LA PRIÈRE DU CHRÉTIEN

« Quand tu pries, ne sois pas comme les hypocrites, car ils aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense. Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, et, après avoir fermé ta porte, prie ton Père qui [demeure] dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » Matthieu 6. 5 et 6.

En tant que chrétien, que puis-je apprendre sur la prière dans ces paroles du Seigneur Jésus ?

Ma prière s’adresse à Dieu, mon Père, ou au Seigneur Jésus. C’est à Lui que j’adresse mes requêtes et mes actions de grâces. Il ne s’agit pas de transmettre un message à d’autres – dans ma propre famille ou à d’autres croyants. Sinon, comme les Pharisiens, je ne ferais que chercher à impressionner les gens par ma prière.

Ma prière devrait être exprimée sans que je sois perturbé. C’est pourquoi j’ai besoin d’un endroit approprié, un moyen de me retirer de la vie quotidienne (la fameuse « chambre » – voir Mat. 6. 6).

Ma prière est comme une « conversation » familière entre moi et Dieu. La prière me donne l’occasion de parler personnellement avec Dieu au sujet de questions et de besoins importants, et de les Lui présenter. En prière, je peux demander à Dieu son aide, sa bénédiction, sa miséricorde. Cela fait que je me sens très petit devant moi-même et aussi devant les autres.

Le Seigneur Jésus ne dit pas que je ne puisse prier que lorsque je suis seul (Mat. 6. 6). Je peux aussi prier quand je conduis ou au travail, par exemple. Je peux le prier partout et en tout temps.

Et encore un point étonnant : Dieu veut même me récompenser pour ma prière. Prier, c’est reconnaître que j’ai besoin de Dieu pour tout, pour chaque pas. Mais le simple fait que je prenne conscience de cela est apprécié et récompensé par mon Père qui est dans les cieux. Comment cela ? – Peut-être par le fait même qu’Il écoute ma prière.

Quel don merveilleux que la prière ! Est-ce que j’en fais usage ?

D’après « The Good Seed » avril 2025

TRADUCTION DE FEUILLETS (107)

« Et il arriva, après trois jours, qu’ils (les parents de Jésus) le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant » Luc 2. 46.

LE CARACTÈRE BÉNI DE TOUTE LA VIE DU SEIGNEUR JÉSUS

Dieu avait confié un trésor extraordinaire à Joseph et Marie, d’avoir l’enfant Jésus, son Fils bien-aimé, comme faisant partie de leur famille. Dans ce passage, nous trouvons le Seigneur Jésus, comme enfant âgé de douze ans, absorbé dans les affaires de son Père. Apprécions-nous les choses de notre Père, et en sommes-nous occupés ? Cherchons-nous à être formés par Lui, à avoir les mêmes intérêts que Lui ?

Il peut y avoir des moments, dans notre vie – même de longues périodes, malheureusement – où nous nous contentons d’une forme de religion sans puissance, parce que nous L’avons perdu, Lui. Nous suivons la coutume de la fête, (qui peut être correcte en elle-même), mais nous L’avons perdu de vue. Et même quand nous nous en rendons compte, nous essayons de Le trouver au milieu de « la troupe des voyageurs ». Un groupe entier peut même être caractérisé par de telles influences, de telles pratiques, et des routines, et ainsi L’oublier, Lui, même en faisant des suppositions exactes.

Mais dans le verset ci-dessus, nous avons des choses selon la pensée de Dieu : une scène au temple, où le Seigneur Jésus est au milieu.

Nous voyons aussi, ici, les perfections du Seigneur comme jeune garçon à l’âge de douze ans, dans sa réponse à la question pleine de reproches de sa mère, Marie. Et quelle réponse parfaite : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » Occupé à cela, Il était le Centre réel. Bien que son âge l’ait empêché de prendre la première place de manière publique, cependant, Il était moralement le Premier, le véritable centre de toute cette belle scène.

Seigneur béni, que Tu es parfait ! Puissions-nous apprendre de Toi et suivre Ton exemple !

D’après the Lord is near mai 1987

« La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » Tite 2. 11.

LA GRÂCE DE DIEU

En lisant le texte biblique d’aujourd’hui, nous pouvons nous poser la question : la grâce de Dieu a-t-elle une « date d’apparition » ?

– Oui ! Avec la venue de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, sur la terre comme Être humain, avec sa mort sur la croix et sa résurrection, un long « jour » de grâce a commencé – un temps qui n’est plus caractérisé par la loi, mais par la grâce.

La loi signifie que l’homme doit faire quelque chose pour être accepté par Dieu – mais il ne le peut pas.

La grâce proclame que Dieu a tout fait pour le salut des pécheurs. Pendant ce long « jour » qui dure encore aujourd’hui, Dieu offre à tous les hommes sa grâce pour le salut.

L’accès au salut est donc accessible à tous. Mais seuls ceux qui se repentent de leurs péchés, confessent leur culpabilité à Dieu et croient en Jésus-Christ comme leur Sauveur seront réellement sauvés et recevront le pardon de leurs péchés.

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour un grand nombre » (Marc 10. 45).

« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2. 8).

D’après Näher zu Dir mars 2025

« Ils viennent ensuite à Bethsaïda ; on lui (à Jésus) amène un aveugle et on le prie de le toucher. Il prit la main de l’aveugle et le mena hors du village » Marc 8. 22 et 23.

LES LEÇONS À TIRER DE LA GUÉRISON DE L’AVEUGLE

Voyons les circonstances particulières de la guérison de cet aveugle à Bethsaïda. Le Seigneur Jésus avait souvent accompli des miracles là, qui rendaient témoignage de sa gloire divine. Cependant les gens méprisaient la lumière du ciel et ne se repentaient pas. Mépriser la grâce a pour résultat le juste jugement ; le Seigneur avait prononcé un malheur sur la ville. Mais sa miséricorde demeure à toujours ! Comment pouvait-Il retenir sa miséricorde à l’égard d’un pauvre homme aveugle dans le besoin, même là où Il avait été tellement méprisé ?

Cette guérison est accomplie d’une manière remarquablement différente de toutes les autres guérisons rapportées dans les Évangiles. Le Seigneur, avec tendresse, prend l’aveugle par la main et le conduit hors du village pour s’en occuper loin de la foule incrédule. Moïse avait agi de même en Exode 33, quand il avait dressé la tente d’assignation hors du camp, après qu’Israël ait offensé la sainteté de Dieu. Cependant, ceux qui, individuellement, recherchaient la communion avec Dieu, pouvaient y aller, pour être dans la présence de Dieu, séparés du mal dans le camp.

Le Seigneur aurait pu accomplir la guérison par une parole, mais Il guérit cet homme par étapes. Cependant, Il fait toutes choses bien. Non seulement Il restaure la vue de l’homme ; mais Il lui donne aussi la capacité de distinguer et de discerner clairement. Il a fait de même pour nous, nous donnant d’abord de Le voir, puis nous donnant aussi la sagesse pour discerner entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre la vérité et l’erreur, les choses terrestres et les choses célestes.

Ne méprisons pas les témoignages de Dieu comme les hommes de Bethsaïda. Laissons plutôt le Seigneur nous conduire par la main au lieu où Il peut s’occuper de nous et nous aider selon la grâce et la tendresse de Son cœur plein d’amour.

D’après The Lord is near juin 1987

« De là vient aussi qu’il (le Seigneur Jésus) peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui : il est toujours vivant afin d’intercéder pour eux » Hébreux 7. 25.

NOTRE SAUVEUR, JÉSUS CHRIST, EST UNIQUE

Nous ne connaissons jamais la force de l’amour du Seigneur Jésus, notre grand souverain Sacrificateur, jusqu’à ce que nous nous soyons appuyés sur Lui avec un fardeau de tentations, de peines et de craintes. Alors nous prenons conscience et faisons l’expérience qu’Il est l’Homme égal à Dieu, l’Homme de la droite de Dieu, qu’Il a fait fort et puissant pour qu’Il sauve complètement ceux qui viennent à Dieu par Lui. Alors nous ressentons qu’Il connaît la peine trop lourde pour l’aide humaine. Il peut comprendre. Et nous faisons l’expérience de la merveilleuse tendresse, de l’amour plein de compassion, de la sympathie parfaite de Celui qui est affligé dans toute notre affliction et qui intercède continuellement pour nous dans les lieux très-hauts.

Un tel souverain Sacrificateur est à nous au ciel – tout-puissant, connaissant toutes choses, plein d’amour, glorieux dans sa sainteté, sa puissance et sa vérité ; inexprimablement plein de grâce et de compassion. Il est un véritable Homme, ayant souffert et triomphé comme Homme, et plein de sympathie maintenant avec les siens comme un Homme sur le trône, nous amenant en Lui-même – Jésus – l’océan de l’amour divin. Car bien qu’Il soit véritablement Homme, connaissant les limitations de l’humanité, ses épreuves, ses fardeaux, ses faiblesses, et ses peines, la plénitude de la Déité habite en Lui. Il est notre Sauveur, notre Ami et notre Guide, Celui qui nous aime éternellement, l’Époux de nos âmes – aussi bien dans l’ombre que dans le soleil, au milieu de nos défaites et de nos victoires, de nos peines et de nos joies : « Jésus Christ est le Même, hier, et aujourd’hui, et éternellement » (Héb. 13. 8).

D’après The Lord is near juin 1987

« Quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva » Tite 3. 4 et 5.

LE PLAN DE SALUT DE DIEU

Ce passage, d’où sont pris ces versets, présente un beau tableau du grand salut de Dieu. Voyons-en les détails.

Le matériel de Dieu

Dieu commence avec un matériel bien pauvre. Le verset 3 décrit la condition misérable de ceux qu’Il sauve : « insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre ». Cette liste bien laide décrit exactement toute personne non convertie.

Le motif de Dieu

Nous ne comprenons peut-être pas cela, mais nous pouvons bien nous en réjouir. Dieu s’est proposé de montrer de l’amour et de l’affection à ses créatures rebelles, en envoyant son Fils unique et bien-aimé dans le monde pour mourir pour eux. Sur le Calvaire, Christ « a souffert pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pierre 3. 18).

La méthode de Dieu

Trois choses sont mentionnées au verset 5 : Sa miséricorde, le lavage de la régénération, le renouvellement du Saint Esprit. Toutes les trois sont données entièrement par Dieu. Nos propres œuvres de justice ne contribuent en rien à notre salut, bien que nous devions accepter ce salut par la foi.

Le chef-d’œuvre de Dieu

Ceux que Dieu justifie par sa grâce deviennent ses héritiers. Que notre Dieu Sauveur est merveilleux !

D’après The Lord is near juin 1987

« Lui (Jésus) se tenait à l’écart dans les déserts et priait » Luc 5. 16.

SERVIR DANS LA DÉPENDANCE DU SEIGNEUR

Tout service pour le Seigneur doit être accompli dans sa dépendance.

La prière, dans la vie du Seigneur Jésus quand Il était sur la terre, nous montre sa dépendance parfaite de Celui qui L’avait envoyé pour accomplir l’œuvre du salut.

Dès l’enfance Il avait le désir d’être occupé des affaires de son Père. Au cours de toute sa vie Il a démontré ce qu’est la véritable dépendance. Il s’est volontairement renoncé à Lui-même et a pris la forme d’esclave. Oui, le Seigneur Jésus est apparu comme Celui qui est saint, dans un monde plein de corruption et d’égoïsme. Il est venu pour servir.

Quelquefois des personnes dans le besoin cherchaient son aide, comme nous le lisons dans le verset 12 de ce chapitre. L’homme couvert de lèpre souhaitait que le Seigneur le guérisse de cette maladie terrible. Le Seigneur, dans sa grâce, exerça son autorité sur les effets du péché, et dit : « Je veux, sois net ».

Notre bien-aimé Seigneur était Dieu manifesté en chair. Mais qu’il est beau de voir ici ce même Seigneur exercer son pouvoir divin comme un Serviteur dépendant du Père ! Tout de suite après cet épisode, le Seigneur se retira dans le désert, où Il priait, son service étant accompli. Il ressentait le besoin d’être seul, en communion avec son Père. Nous sommes souvent fervents dans la prière avant d’accomplir un service particulier auquel nous sommes appelés pour le Seigneur. La vraie dépendance recommande aussi notre service dans les mains de Dieu après qu’il a été accompli.

Peu après cela, le Seigneur Jésus se consacra de nouveau à l’enseignement des foules, et la puissance de Dieu était là pour les guérir. C’est là aussi une leçon pratique pour nous. Tout notre service doit découler de cœurs dépendant de Lui ; sans Lui nous ne pouvons rien faire. Prenons exemple de la vie de prière du Seigneur Jésus quand Il vivait et servait sur la terre.

D’après The Lord is near juin 1987

« Et tu diras en ce jour-là : Je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, et ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé » Ésaïe 12. 1.

L’HISTOIRE IMPRESSIONNANTE D’ISRAËL

Après des siècles de désobéissance, de rébellion, de peine et de souffrances pour la malheureuse nation d’Israël, un tel langage sortant de leurs lèvres sera vraiment merveilleux. La colère de l’Éternel envers eux avait de bonnes raisons, car leurs nombreuses années de refus de sa parole apportée par ses serviteurs les prophètes, et de rébellion contre elle – en étaient arrivées au rejet du Fils de Dieu qui était venu en grâce, en humilité et en bonté telles que le monde n’en avait jamais vues. Ils dirent à Pilate, avec arrogance : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » (Mat. 27. 25). Les conséquences terribles de cela ont été pires que ce qu’ils avaient pu imaginer. Ils ont été éparpillés jusqu’aux extrémités de la terre, et ont souffert plus qu’aucun peuple. Méprisés et persécutés par de nombreuses nations, des millions d’entre eux ont été cruellement mis à mort.

Durant ces dernières années, beaucoup sont retournés dans leur propre pays. Cependant la haine de nombreuses nations est encore contre eux, en particulier de la part des pays voisins de leur très petit pays. Leurs peines semblent être interminables. L’Éternel est-Il encore en colère contre eux ? – Oui, car malgré toutes les souffrances qu’ils ont endurées, ils refusent toujours absolument de reconnaître Jésus comme le Fils de Dieu, le vrai Messie d’Israël. En conséquence ils n’ont pas à cœur de confesser leur terrible culpabilité, d’avoir crucifié Celui que Dieu avait envoyé.

Mais des souffrances bien pires les attendent avant que, enfin, ils se courbent devant le Fils du Dieu béni. Il leur faudra endurer des tribulations telles que le monde n’en a jamais vues, pendant lesquelles deux-tiers d’Israël seront mis à mort. Mais le résidu, avec une repentance sincère, sera humilié et recevra ce Sauveur plein de grâce et d’amour, et ils prendront conscience qu’Il est l’Éternel Lui-même – et leur louange à son nom sera vibrante et incessante.

D’après The Lord is near juin 1987 (L.M. Grant)

« Ton bien-aimé, qu’est-il de plus qu’un autre bien-aimé, que tu nous adjures ainsi ? Mon bien-aimé est blanc et vermeil, un porte-bannière entre dix mille » Cantiques des cantiques 5. 9 et 10.

LE SEIGNEUR JÉSUS EST AU-DESSUS DE TOUS DANS SA VALEUR ET SON AMOUR

Nous ne serons jamais protégés des contrefaçons, des attractions et des tentations de ce monde, jusqu’à ce que nous connaissions Celui qui les met toutes dans l’ombre pour nous. Il y a deux puissances, dont l’une commande tout être humain : l’une, c’est le monde, l’autre, c’est Christ. Et nous pouvons être certains que nous ne sommes pas protégés de l’une si nous n’avons pas trouvé l’autre.

Je suis souvent bien étonné de constater qu’il y a si peu de cette intimité bénie, simple et personnelle avec Christ, qui se réjouit en Lui comme en une Personne, pas seulement une doctrine à son sujet. On ne connaît guère plus de Lui que s’Il n’était qu’une simple doctrine ; on a peu conscience qu’Il est un Homme vivant sur le trône de Dieu dans les cieux – une Personne divine qui peut combler tous les désirs du cœur, et que je connais comme étant Dieu dans un Homme – ce qui est merveilleux.

Je connais Dieu en Jésus. Comment puis-je connaître Dieu autrement ? Je ne peux connaître Dieu que dans cette Personne bénie, ce qui est merveilleux. Un véritable Homme, l’Homme Lui-même, réellement homme, et pourtant le Dieu tout-puissant. Je le répète pour nous, nous ne sommes pas à l’abri, nous ne sommes pas en sécurité, nos cœurs ne sont pas protégés jusqu’à ce que Christ soit le seul – et Celui qui commande – sur son trône. Quand c’est le cas, et qu’Il est là personnellement, nous avons les bons motifs, et le bon ressort, et la puissance réelle pour marcher et témoigner pour Lui ici-bas. Christ recherche cela – notre cœur – c’est-à-dire nous-mêmes.

D’après The Lord is near juin 1987

« Le Seigneur dit encore : Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, fortifie tes frères » Luc 22. 31 et 32.

L’ÉPREUVE, CHEMIN DE LA BÉNÉDICTION

Le Seigneur a vraiment la bénédiction en vue. C’est l’objectif dont Il ne s’écarte jamais. Quand arrivent des temps particuliers d’épreuve, la conscience de la faiblesse visible partout, et l’amour que nous avons les uns pour les autres, nous feraient désirer de chercher à nous en échapper, pour nous et pour les autres. Mais, grâce à Dieu, cela est aussi vain que peu sage, et incrédule. Satan crible le froment de Dieu, et il est vraiment bien sérieux d’avoir à faire avec lui, mais le crible est la méthode de purification qui est ordonnée.

Voyez Simon Pierre, comme un bon exemple de cela dans les Évangiles : il était en grand danger, et le Seigneur lui avait annoncé qu’il tomberait, et cependant le crible ne peut pas lui être épargné. « J’ai prié pour toi » lui a dit le grand Intercesseur – non pas pour qu’il ne soit pas criblé, ni même pour qu’il ne tombe pas – mais, « moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, fortifie tes frères. » Il résulterait du bien de ce criblage de Satan, même pour celui qui aurait pu paraître avoir complètement failli.

Quel réconfort pour nous en cela, soit que nous pensions à nous-mêmes ou à d’autres ! Il se peut que le Seigneur, dans sa grande bonté, ait une œuvre à faire pour Lui, prête à être mise entre nos mains. Que c’est extraordinaire si, tout d‘abord, il Lui plaisait de nous faire apprécier, par le chagrin et la souffrance, la valeur d’être criblé par Satan ! Il nous ferait peut-être même trouver notre voie à travers notre propre confiance en nous-mêmes et notre imprudence, comme le fit Pierre.

D’après The Lord is near juin 1987

« Amendez vos voies et vos actions, et je vous ferai demeurer dans ce lieu » Jérémie 7. 3.

ACCORDONS NOS VOIES POUR POUVOIR NOUS TENIR DANS LA PRÉSENCE DE DIEU

Jérémie reçut instruction de la part de l’Éternel, de se tenir à la porte du temple par laquelle le peuple passait pour adorer l’Éternel. Le prophète emploie ici un langage fort : « Amendez vos voies et vos actions ». Leurs manières d’agir, apparemment, ne correspondaient pas à ce qu’ils professaient.

Dans tous les domaines de la vie, ils étaient déficients quant aux normes et aux exigences de Celui qu’ils venaient adorer.

Le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas différent du Dieu du Nouveau Testament. L’apôtre Pierre, dans ses épîtres, est très occupé de la sainteté du Seigneur. Quel déshonneur nous accumulons sur la tête de notre bien-aimé Sauveur quand notre marche n’est pas en accord avec ce que nous professons. Où nous trouvons-nous ? La lecture de Jérémie 7 nous interpelle fortement, si nous avons l’esprit ouvert et que nous laissons la Parole parler à notre cœur et à notre conscience. Le Saint Esprit nous l’appliquera pendant que notre Seigneur au ciel prie pour nous, afin que nous ne manquions pas de marcher en Lui étant agréables.

Amender nos voies et nos actions aura un grand effet sur notre bonheur et notre joie dans le Seigneur Jésus. La promesse pour le peuple, au temps de Jérémie, était qu’ils demeureraient à Jérusalem, l’endroit que Dieu avait choisi. Le désir des fils de Coré, qui ont écrit le Psaume 84, était de demeurer dans la maison de Dieu pour Le louer sans cesse, restant toujours dans la présence de l’Éternel. Quelle joie et quelle bénédiction pour le croyant aujourd’hui, de demeurer en Lui ! Cela donne la paix dans les temps très troublés où nous vivons. Écoutons donc aussi la voix du Seigneur par Jérémie, amendons nos voies et ainsi demeurons avec Lui.

D’après The Lord is near juin 1987

« C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie. Je parle comme à des personnes intelligentes : jugez vous-mêmes de ce que je dis » 1 Corinthiens 10. 14 et 15.

MÊME UN CHRÉTIEN PEUT TOMBER DANS L’IDOLÂTRIE

Il serait faux de dire que tomber dans l’idolâtrie est chose impossible pour un chrétien. Cependant, c’est exactement ce que faisaient les Corinthiens. Ils disaient qu’ils savaient qu’une idole n’était rien, et en conséquence cela ne leur faisait rien de manger de la viande qui avait été offerte à des idoles païennes. Ils pensaient qu’ils pouvaient même aller un pas plus loin, et s’asseoir et manger dans les temples d’idoles. L’apôtre, au contraire, maintient le principe que l’on prend part ainsi à un mal que l’on n’a peut-être pas fait soi-même, et spécialement dans les choses saintes. La vraie sagesse dans de tels cas, c’est de s’en tenir absolument à l’écart.

C’est de l’intelligence spirituelle, de participer, ou même de donner l’apparence de participer, à ce qui est faux du point de vue religieux. Il est vain de plaider que le cœur n’est pas réellement engagé dans ce en quoi l’on se permet extérieurement – non seulement sur le plan moral, mais aussi parce que cela méprise Christ et que l’on feint d’ignorer les ruses de Satan. Le chrétien n’est-il pas racheté de l’esclavage de l’ennemi ? N’a-t-il pas été acheté à prix pour glorifier Dieu ? L’apôtre dit immédiatement aux Corinthiens de se juger eux-mêmes, en les mettant dans la présence de l’institution centrale et actuelle de la communion dans l’assemblée. Où était maintenant leur compréhension pratique de cela ?

D’après The Lord is near juin 1987

« VOICI, JE ME TIENS À LA PORTE ET JE FRAPPE »

– Maman, maman ! s’écria le petit Willy Kramer, un dimanche vers midi, en entrant bruyamment dans la cuisine. Maman ! a-t-on frappé à la porte ce matin ?

– Que veux-tu dire, mon chéri ? répondit Madame Kramer, qui préparait le repas.

– Est-ce que quelqu’un a frappé à la porte ?

– Pas que je sache, dit la mère. Personne n’est venu ici ce matin.

– Le prédicateur a dit, continua le petit, qu’il y a quelqu’un qui va partout, qu’il frappe à chaque porte et qu’il apporte quelque chose à chacun. Et il a dit qu’il faut faire bien attention pour entendre quand il frappe et lui ouvrir aussitôt, parce qu’autrement, il s’en va et ne revient plus jamais.

L’enfant était très animé, ses joues étaient toutes rouges. Ce qu’il avait compris de la prédication de ce matin était tombé dans son cœur et remplissait toutes ses pensées.

– Eh bien, dit la mère, personne ne peut dire que nous n’ouvrons pas quand on frappe à notre porte. Je n’ai jamais fait attendre quelqu’un dehors. S’il vient ici, je lui ouvrirai tout de suite. Mais ce matin, je n’ai pas quitté la cuisine un seul instant, et si l’on avait frappé, même doucement, je l’aurais certainement entendu.

Willy poussa un soupir de soulagement ; mais tout à coup, il reprit :

– Maman, il est peut-être venu hier ?

– Dans ce cas, il faudra qu’il revienne, car hier je n’étais pas à la maison, répliqua Madame Kramer avec impatience. Mais de qui veux-tu donc parler ? Qui est-ce qui frappe ainsi de porte en porte ?

Willy hésita.

– Je ne sais pas, dit-il enfin à mi-voix, le prédicateur a seulement dit qu’il venait frapper à la porte de chacun.

– Je n’ai pas entendu dire qu’il soit venu dans le voisinage, dit Madame Kramer, et s’il avait apporté des cadeaux, on me l’aurait certainement dit. Qu’est-ce qu’il apporte ? Est-ce de l’argent ?

– Non, je ne crois pas que ce soit de l’argent. Mais le prédicateur répétait toujours qu’il fallait que chacun le laisse entrer.

– Il n’avait pas besoin de le dire. Ce serait bien impoli et bien ingrat de laisser dehors un tel visiteur. Mais Willy, tu aurais dû être plus attentif, afin de pouvoir me dire ce qu’il apporte réellement.

– Le prédicateur a dit que c’était quelque chose dont chacun a besoin, répondit Willy.

– Il semble avoir fait une étrange prédication aujourd’hui, remarqua Madame Kramer. Est-ce tout ce dont il a parlé ?

– Je crois que oui, maman. Dans le passage de la bible il n’y avait que cela, et j’ai été tout le temps tourmenté en pensant qu’il pourrait venir avant que je sois de retour à la maison.

– Ah ! il en a été question dans le texte ? Tu aurais dû me le dire tout de suite. Madame Kramer avait l’air si contrariée en disant cela que, pendant un moment, Willy n’osa plus parler. Mais il avait le cœur trop rempli de ce qu’il avait entendu.

– C’est très vrai, maman, répéta-t-il. Le prédicateur l’a dit plus d’une fois, qu’il va partout. Je suis sûr que c’est vrai.

– Bah ! dit la mère avec impatience, tu as mal compris. Ne dis donc plus de telles folies. Je parlerai une fois au prédicateur et je lui dirai que c’est ridicule de raconter de telles histoires.

Pauvre Willy ! Il était tout triste d’entendre sa mère parler ainsi. Le discours du prédicateur lui avait paru si beau, si saisissant, et il avait parlé si sérieusement… Il lui semblait même qu’il avait regardé plus d’une fois vers le banc où Willy était assis. Il était tout à fait convaincu que bientôt quelqu’un viendrait frapper à la porte et apporterait quelque chose de très beau, et il désirait ardemment que ce soit ce dimanche-ci, pendant que tous seraient à la maison.

Enfin le père arriva et tous trois se mirent à table.

– Willy a entendu aujourd’hui une étrange prédication, dit Madame Kramer.

– De quoi y était-il question ? demanda amicalement le père, qui estimait qu’une promenade était plus agréable et plus salutaire pour lui que d’écouter un discours pendant une heure. Peux-tu me répéter le texte, mon petit ?

– Le texte ! dit Madame Kramer en riant. Ah oui ! Willy est revenu tout agité à la maison avec un drôle de conte, disant qu’il y a un monsieur qui va de maison en maison frapper à la porte et qu’il apporte un cadeau à chacun. As-tu jamais entendu pareille folie ?

– Mais oui, papa, interrompit le petit. Le prédicateur dit que c’est réellement ainsi ! Je voudrais que tu aies été là et que tu l’aies entendu.

– Des choses semblables n’arrivent pas, dit Madame Kramer. Qui a déjà entendu un prédicateur raconter de telles folies ? Willy l’a sûrement mal compris.

– Non, non, papa, dit Willy ; les yeux pleins de larmes. Vois-tu, il a lu le texte dans la Bible, et il nous a dit qu’il fallait faire bien attention quand on frapperait. Sinon, il pourrait passer et ne plus jamais revenir.

– Eh bien, sois tranquille mon enfant, dit calmement le père. Nous avons de bonnes oreilles et nous l’entendrons bien.

Quand le repas fut terminé, Willy se leva, appuya avec confiance sa tête sur l’épaule de son père et lui dit :

– Papa, n’as-tu pas une Bible ?

– Oui ; il doit y en avoir une ici, mais je ne sais pas où elle est. Mais tu ne vas pas te fatiguer la tête à lire la Bible ; ce serait trop difficile pour toi.

– Tu l’as sans doute déjà lue en entier, n’est-ce pas, papa ?

Le père réfléchit un moment et dit :

– Non, mon petit; mais ton grand-père, oui. Il lisait très souvent dans la Bible. Moi, j’ai toujours dû beaucoup travailler et j’ai eu trop peu de temps pour lire.

Willy se tut et resta pensif pendant un moment. Puis il dit :

– Si tu avais ta Bible ici, tu le trouverais bien tout de suite.

– Trouver quoi ?

– Mais le passage où il est dit que quelqu’un vient frapper à la porte. Peut-être pourrais-tu même nous dire s’il viendra aujourd’hui. Puis, avec un regard suppliant, il ajouta : – Ne crois-tu pas que tu pourras voir dans la Bible quand il viendra et ce qu’il nous apportera ?

Le père secoua la tête.

– Non, mon enfant, dit-il. Je ne le crois pas. Mon père connaissait la Bible d’un bout à l’autre, et s’il y avait lu quelque chose de si étrange, il n’aurait pas manqué de m’en parler. Mais pourquoi ne le demanderais-tu pas cet après-midi à la monitrice de l’école du dimanche ? Elle saura peut-être t’expliquer la chose.

– Eh quoi ! dit la mère. Vas-tu soutenir le petit dans sa folie ?

– Et si nous ne recevons jamais le cadeau ? osa objecter Willy.

– Va, va, apprends ton cantique, dit Madame Kramer avec impatience. Cela vaudra mieux que de parler de choses auxquelles tu ne comprends rien.

Une demi-heure plus tard, Willy était assis à sa place habituelle à l’école du dimanche. Cette fois, la prière et le cantique lui parurent durer bien longtemps. Dès que la monitrice eut dit : « Amen ! », il laissa sortir ce qui remplissait son cœur et demanda :

– S’il vous plaît, Mademoiselle, voudriez-vous me dire à quelle heure il viendra et ce qu’il apportera ?

La monitrice, presque effrayée en voyant l’agitation de l’enfant et son visage tout rouge, lui demanda :

– Que veux-tu dire, Willy ?

– Je pensais que vous le sauriez, dit Willy tout déçu. Et mon père le pensait aussi. Je veux parler de ce monsieur dont le prédicateur a dit ce matin qu’il vient frapper à toutes les portes, et mon père croyait que vous sauriez où se trouve le passage qui le dit.

La monitrice qui avait assisté à la prédication comprit ce que voulait dire Willy, et quand elle vit son visage sérieux et la curiosité éveillée chez ses camarades, elle pensa qu’il valait mieux laisser de côté la leçon préparée pour ce dimanche, et répondre à la question du petit Willy. Elle raconta alors aux enfants, devenus bien attentifs, beaucoup de choses concernant cet Ami divin qui, avec tant de patience, vient frapper au cœur de chacun, et qui pourtant est si souvent laissé dehors. Elle leur parla de son grand amour, de sa merveilleuse bonté, même envers ceux qui le haïssaient. Elle leur dit comment les méchants le maltraitèrent et le clouèrent enfin sur la croix. Elle leur affirma aussi que ceux qui recevaient cet hôte béni avaient leurs cœurs remplis de paix et de joie.

Willy écouta avec la plus grande attention. Il ne saisit pas tout ce que la monitrice disait, mais il comprit que ce qu’il avait dit était vrai, que c’était dans la Bible et qu’il pouvait attendre du ciel, à chaque instant, celui qui vient frapper à la porte. À la fin de l’heure, il pria la monitrice de lui écrire sur un billet le passage où il était parlé de quelqu’un qui frappe à la porte, afin que son père puisse le chercher et le lire.

– A-t-il déjà frappé à ta porte, Mademoiselle ? lui demanda-t-il quand elle eut écrit le passage sur un morceau de papier. Une expression de joie se peignit sur ses traits lorsqu’elle répondit avec émotion :

– Oui, Willy, mais d’abord, j’ai été très méchante ; je ne voulais pas le laisser entrer. Et comme il ne cessait pas de frapper, je lui ai ouvert et il est entré, et alors je suis devenue plus heureuse que je ne l’avais jamais été de ma vie. En disant cela, des larmes brillaient dans ses yeux.

Les enfants étaient tous profondément émus, aucun n’osait dire un mot. Mais Willy était tellement intéressé qu’il ne put s’empêcher de lui poser encore une question.

– Est-il resté longtemps chez toi ? demanda-t-il, en arrêtant sur elle un regard qui la pénétra jusqu’au fond du cœur. Elle mit son bras autour du cou de l’enfant et, le serrant contre elle, elle lui dit avec sérieux :

Il reste toujours avec nous, mon cher petit.

Willy était satisfait. Il prit brusquement congé de sa monitrice et courut d’un trait à la maison.

il y arriva tout essoufflé en criant :

– C’est vrai, papa ; c’est vrai ! La demoiselle a dit que tout est vrai, et elle a écrit pour toi le passage.

– Qu’est-ce qui est vrai ? demanda Monsieur Kramer en grommelant, car la brusque arrivée de Willy l’avait réveillé en sursaut de sa sieste. Sa femme, qui lisait un journal, comprit vite ce que son fils voulait dire, et en mettant sa bouilloire sur le feu, elle dit :

– Voilà ce que c’est que de l’avoir encouragé à poser des questions à sa monitrice !

– Mais c’est vrai, maman. Il a déjà frappé à sa porte ! Elle me l’a dit elle-même.

Willy s’arrêta un instant, pendant que le père jetait à sa femme un regard d’étonnement, puis il continua :

– Je lui ai demandé de m’écrire le verset. Le voilà, papa. Elle nous a aussi dit qu’il fallait faire bien attention quand il frappait, que d’abord elle n’avait pas ouvert, et qu’il est toujours revenu frapper, et qu’enfin elle lui a ouvert, et qu’alors elle est devenue très heureuse. Et vois-tu, papa, quand elle nous a dit cela, elle pleurait de joie.

– Qui est-ce donc qui veut venir ? interrompit la mère avec impatience. Ce n’est sûrement qu’une parabole, comme on dit.

– Non, non, maman ; c’est la vérité.

Monsieur Kramer regarda encore sa femme, qui dit :

– Dis-nous donc enfin qui est celui qui vient !

C’est le Seigneur Jésus Christ, répliqua l’enfant avec un grand sérieux et d’un ton plein de respect.

Madame Kramer ne dit rien ; mais son mari, arrêtant les yeux un instant sur Willy, lui dit :

– Et celui-là, la demoiselle l’a vu, dis-tu ?

Le petit hésita un moment : il ne se rappelait pas si la monitrice avait dit cela.

– Je ne sais pas au juste, répondit-il tranquillement. Mais bientôt il ajouta comme en triomphe :

– Bien sûr papa, qu’elle doit l’avoir vu. Ouvrir la porte à quelqu’un sans le voir, c’est impossible, n’est-ce pas ?

– En cela tu as bien raison, répondit le père. Et il tomba dans de profondes réflexions. Involontairement il se rappelait tant de choses qu’il avait entendues de son père, un homme pieux, tranquille et modeste, qui, à l’occasion, savait parler à sa famille des vérités qu’il avait apprises dans la Parole de Dieu. Willy aussi avait gardé le silence, mais bientôt il reprit :

– Papa, s’il venait pendant la nuit, pourrais-tu l’entendre si tu dormais ?

– Non, mon petit. À moins que l’on ne frappe très fort, je ne peux pas entendre quand je dors.

Willy regarda son père avec anxiété, mais bientôt ses traits se détendirent et, tout heureux, il dit :

– Papa, nous avons un gros marteau à notre porte. Il nous réveillera certainement, même en ne frappant pas très fort. Car il ne peut pas frapper fort, vu qu’il a des plaies aux mains.

– Des plaies aux mains ? demanda Monsieur Kramer, tout étonné.

– Oui, papa; des hommes méchants lui ont planté de gros clous aux mains et aux pieds. N’est-ce pas terrible, papa ?

– À présent, je te comprends, répondit Monsieur Kramer. Oui, on l’a pendu à une croix entre deux malfaiteurs. Mon père m’a souvent raconté cela, mais il y a longtemps que je n’en ai plus entendu parler. Mon père connaissait la Bible du début à la fin.

– Alors il savait bien qu’il allait partout frapper aux portes. A-t-il aussi frappé à la porte du grand-père ?

– Non mon petit, je ne le crois pas ; en tout cas il ne m’en a jamais parlé.

– Avez-vous maintenant assez babillé ? interrompit Madame Kramer d’un ton moqueur. Venez, asseyez-vous, le repas est prêt.

Monsieur Kramer fut bien soulagé d’échapper ainsi aux questions embarrassantes de son petit garçon. Après le repas, un voisin entra et on ne reparla plus de ces choses ce soir-là.

Quelques heures plus tard, un silence profond régnait dans tout le village, et dans la maison des Kramer, tous dormaient. Tout à coup, Willy se réveilla et s’assit sur son lit, les yeux grand ouverts, tandis que son cœur battait fort. Avait-il rêvé ou était-ce une réalité ? Il lui semblait avoir entendu frapper doucement mais distinctement à la porte de la maison. Il écouta un instant sans oser respirer, puis soudain, il sortit de son lit et courut dans la chambre voisine où dormaient ses parents.

– Papa, dit-il doucement, papa, lève-toi vite ; il a frappé. Et comme il ne recevait pas de réponse, tout tremblant d’émotion, il répéta plus fort : Papa, réveille-toi ! J’ai entendu frapper tout doucement, comme Mademoiselle l’a dit. Descends vite lui ouvrir.

– Quoi ? Qu’y a-t-il ? demanda Monsieur Kramer encore à moitié endormi et en se frottant les yeux. Quelle heure est-il ? Il n’est pas encore cinq heures ; il fait tout sombre. Sa femme se réveilla aussi, s’assit tout effrayée dans son lit et demanda :

– Qu’est-ce qui se passe ? Qui a parlé ?

– J’ai entendu frapper à notre porte, papa, dit de nouveau le petit. J’en suis sûr, car cela m’a réveillé. Je t’en prie, papa, viens vite lui ouvrir la porte.

– A-t-on jamais entendu parler d’une chose pareille ! s’écria Madame Kramer toute fâchée. Comment ! Il parle encore de la prédication ! Dépêche-toi de retourner au lit si tu ne veux pas être puni. En tout cas, tu n’iras plus écouter ce prédicateur. Effrayer ainsi un enfant, c’est trop fort.

Tout triste, le pauvre Willy retourna se mettre au lit, et ses parents se recouchèrent pour achever leur nuit de sommeil. Mais tout à coup, le père se réveilla en sursaut en criant :

– Qu’est-ce que l’on entend ?

Sa femme et lui écoutèrent.

– Ce n’est que la pluie qui frappe contre les vitres, dit la femme impatientée. Il pleut fort, et c’est tout ce que l’on entend. Vraiment, je crois que tu es bientôt aussi agité que Willy.

De nouveau le silence se fit dans la chambre, mais Willy avait aussi entendu le bruit de la pluie et était toujours plus inquiet. « Hélas ! » se disait-il, « il est peut-être dehors attendant qu’on lui ouvre. Que pensera-t-il de nous si nous le laissons à la pluie alors que nous sommes dans nos bons lits ? » Cette pensée devint si insupportable au cœur du pauvre enfant qu’il sauta de nouveau en bas de son lit et retourna dans la chambre de ses parents.

– Papa, dit-il en sanglotant. Il pleut si fort ; ne veux-tu pas te lever pour le faire entrer ? Il sera tout mouillé et aura froid ; peut-être ne sait-il pas où aller ?

– Comment ! te voilà encore, cria la mère. Tu me le paieras demain. Retourne vite au lit.

– Oh ! papa, fais-le entrer, dit Willy en pleurant. Il pleut tellement ; peut-être qu’il partira et ne reviendra plus chez nous.

Un mouvement se fit dans le lit.

– Tu ne veux quand même pas te lever pour faire la volonté de l’enfant, dit Madame Kramer à son mari.

– Oui, ma femme ; mais ce n’est que pour tranquilliser le pauvre enfant. Reste seulement au lit.

– Il ne manquerait plus que cela, que je me lève aussi, répliqua-t-elle en colère. Voilà une belle éducation !

Monsieur Kramer mit ses pantoufles, prit Willy dans ses bras, descendit l’escalier, ouvrit la porte toute grande, et regarda comme si lui-même attendait quelqu’un.

– Tu vois bien qu’il n’y a personne, dit-il à l’enfant. Willy soupira de soulagement et s’avança tant qu’il put sur les bras de son père, cherchant à percer la nuit de son regard, mais il ne vit rien. La pluie tombait encore doucement, mais les nuages se séparaient et, çà et là, laissaient paraître quelques étoiles brillantes.

– Papa, dit doucement Willy, il est peut-être retourné au ciel. Les étoiles sont si claires ; on dirait qu’il y a juste la place pour passer entre elles. Penses-tu que Dieu l’a rappelé près de lui ?

Monsieur Kramer ne savait que répondre.

– À cette heure de la nuit, personne n’est dehors, dit-il enfin. Regarde comme tout est tranquille.

– Alors ce n’est pas lui qui aura frappé, n’est-ce pas ? Il aurait bien attendu qu’on soit venu lui ouvrir. Il savait bien que nous étions tous au lit. Peut-être qu’il reviendra demain, quand la pluie aura cessé. Sais-tu où il est maintenant ?

– Je pense qu’il est là où il a toujours été, répondit Monsieur Kramer en hésitant. Mon père m’a enseigné qu’il est au ciel. Je ne peux t’en dire plus. On a peut-être une nouvelle Bible depuis que j’étais jeune garçon.

– Oui ; autrement tu aurais su qu’il va partout. N’aimerais-tu pas le voir venir chez nous, papa ?

Monsieur Kramer aurait-il aimé le voir face à face, celui dont Willy parlait si simplement et avec tant de confiance ? Il ne pouvait se résoudre à répondre « oui », mais il hésita à l’avouer à Willy. Celui-ci en aurait été bien étonné. Les enfants ne comprennent pas tout le sérieux de telles questions, et comme elles peuvent parler à la conscience. Ils ne savent pas comme la lutte incessante et pénible pour l’existence ici-bas absorbe les pensées, et comme il est difficile, pour un homme, de rester dans le droit chemin. Ne recevant pas de réponse, Willy continua :

– Papa, tu ne sais pas comme il est bon. La monitrice nous disait qu’il ne désire pas savoir si quelqu’un a fait peu ou beaucoup de mal, qu’il est toujours prêt à pardonner, et qu’il veut que chacun soit heureux et puisse entrer au ciel.

– Eh bien, je pense que toi tu y entreras certainement, mon petit, car il me semble que la monitrice veut faire de toi un prédicateur.

– Mais papa, je n’aimerais pas aller au ciel sans toi, ni sans maman. Il faut aussi que tu y viennes. Je ne peux pas y aller seul ; j’aimerais que tu me tiennes par la main. La monitrice dit qu’il reçoit tous ceux qui viennent à lui.

– Bien, bien, dit Monsieur Kramer pour le calmer, peut-être irons-nous tous ensemble. Mais maintenant il nous faut vite retourner au lit, car il fait froid.

Willy regarda encore une fois vers le ciel étoilé et dit doucement :

– Bonne nuit, mon cher Seigneur Jésus ! Le père ferma la porte, prit son petit garçon en haut et le posa dans son lit. Willy mit les bras autour du cou de son père et, lui donnant un baiser, il lui dit :

– Je t’aime tant, cher papa ! Je suis bien triste qu’il n’y ait eu personne, mais quand il viendra, je lui raconterai que tu es venu ouvrir la porte pour qu’il ne reste pas à la pluie.

Le cœur de Monsieur Kramer était ému.

– Je ne suis pas un si bon papa, dit-il. Mais quand un homme doit tellement travailler pour subvenir honnêtement aux besoins des siens, il est peut-être excusable. Après avoir posé un baiser sur le front de son petit garçon, il retourna dans sa chambre.

– Eh bien, y avait-il quelqu’un ? demanda Madame Kramer d’un ton moqueur.

– Non, il n’y avait personne, pour autant que j’aie pu voir. Mais pour le moment dormons, car je suis fatigué.

Le lendemain matin, Madame Kramer aurait dû, pour être franche, confesser qu’elle était mal à l’aise. En réfléchissant à tout ce qui s’était passé la veille et durant la nuit, elle ne pouvait se cacher qu’elle avait commis une grosse faute. Elle sentait qu’elle s’était opposée à son enfant qui avait cherché de la sympathie auprès d’elle dans une chose qui occupait vivement son jeune esprit. Elle cherchait à se persuader que tout cela n’était qu’une folie et une absurdité, et cependant son cœur maternel la condamnait. Elle découvrait aussi que son Willy n’était plus tout à fait vis-à-vis d’elle ce qu’il était auparavant. Ce n’est pas qu’il soit devenu désobéissant ou méchant, au contraire ; mais elle s’aperçut à plusieurs reprises que sa confiance en elle n’était plus la même, et qu’il s’était attaché à son père plus qu’il ne l’avait été jusque-là. Monsieur Kramer n’était pas tendre de nature et ne recherchait pas les caresses ; mais maintenant, un lien tout nouveau semblait s’être formé entre lui et l’enfant. Madame Kramer se fit de sérieux reproches et regrettait même que Willy ne lui pose plus de questions sur le sujet qui l’intéressait tellement. Que le cœur du petit en soit aussi rempli qu’au commencement, elle le savait ; mais il s’efforçait de ne plus en parler devant elle. Elle regrettait de s’être montrée si impatiente envers son unique enfant, et de l’avoir éloigné d’elle, alors que jusque-là elle avait été tout pour lui.

Quand, à midi, son mari rentra, et comme Willy était allé faire une commission, elle commença d’elle-même à parler de la chose.

– Je n’ai jamais vu, dit-elle, un enfant être pareillement rempli d’une pensée. Je n’y comprends rien, mais ce n’est sûrement qu’une absurdité.

– Je ne sais pas si ce n’est qu’une absurdité, répliqua Monsieur Kramer d’un air réfléchi ; bien que j’admette qu’il n’ait pas tout bien compris, et que tout ne soit peut-être pas vrai.

– Rien n’est vrai, répondit vivement Madame Kramer, qui aurait aimé trouver une excuse à sa manière d’agir envers son enfant. Mais, ajouta-t-elle, il n’est pas responsable d’avoir raconté de telles folies et de s’en être pareillement agité. En tout cas, il n’est plus le même enfant qu’auparavant.

– Je ne sais pas qu’en penser, remarqua Monsieur Kramer ; je n’ai autrefois rien entendu de pareil, et pourtant mon père était un homme pieux qui connaissait bien sa Bible.

– Et qui disait toujours la vérité, ajouta la mère. Je me demande ce qu’il aurait dit de cette histoire.

– C’est bien étrange, dit encore Monsieur Kramer. Willy disait que c’était dans la Bible. En tout cas, ce n’était pas dans la sienne, car il me l’aurait dit. Il la lisait beaucoup, et jamais je ne l’ai entendu dire une méchante parole. Je n’étais pas à la maison quand il est mort, après une courte maladie ; mais on m’a dit que sa fin avait été si heureuse ! Oui, c’était vraiment un homme bon.

– Comme toi, répondit Madame Kramer, car je ne désire pas un meilleur mari que toi.

– Non, ma femme. Je ne suis pas toujours ce que je devrais être. Mais c’est le moment de retourner à mon travail. Quand Willy reviendra, envoie-le-moi : j’ai trouvé un joli nid d’oiseau et je suis sûr qu’il sera content de le voir.

Il s’éloigna d’un bon pas, et ce fut seulement quand il eut disparu que sa femme remarqua qu’il avait oublié sur la table sa pipe toute bourrée, chose qui ne lui était jamais arrivée depuis qu’ils étaient mariés.

Lorsqu’il rentra le soir, il fut tout étonné de trouver sur la petite table près de la fenêtre, un livre qu’il reconnut immédiatement à sa reliure noire.

– Hé ! s’écria-t-il, voilà la Bible de mon père ! Il y a bien une dizaine d’années que je ne l’avais vue.

– Je l’ai cherchée, parce que tu m’en as tant parlé, dit sa femme, et j’ai aussi pensé que Willy serait content.

Elle essuya du coin de son tablier la poussière de dessus ce précieux livre. Si à ce moment-là Monsieur Kramer avait regardé sa femme avec attention, il se serait aperçu qu’elle avait les yeux rouges. Avait-elle pleuré ?

Tout à coup, elle entendit d’en haut la voix de Willy qui allait se coucher.

– Maman, maman ! Je voudrais te dire quelque chose.

Presque effrayée, elle dit :

– Qu’y a-t-il encore, Willy ?

– Maman, j’avais complètement oublié de te dire de me réveiller quand il viendra.

– Oui ; je te le promets. Maintenant sois sage et couche-toi.

– Et vous ferez bien attention, n’est-ce pas ? Papa, je voudrais aussi te demander de ne pas pousser le verrou d’en haut. Il faut tellement de temps pour tirer les deux verrous que cela le ferait attendre trop longtemps.

– Bien mon petit, dit le père ; cette nuit, je ne pousserai aucun des verrous.

– Merci papa ; bonne nuit maman. Et tout heureux, il se retira dans sa chambre et se coucha.

Les parents retournèrent à la cuisine et, après un moment, Monsieur Kramer, regardant sa femme, lui dit :

– Donne-moi ce livre et dis-moi ce qu’il y a d’écrit sur le billet que la monitrice a donné à Willy. Il tira de sa poche de gilet un petit morceau de papier qu’il donna à sa femme. Madame Kramer lut : « Apocalypse 3, verset 20 », et son mari se mit à chercher dans la Bible depuis le commencement, car il la connaissait bien peu ou même pas du tout. Naturellement, cela prit un bon moment, mais enfin il trouva le livre et le chapitre. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant le verset indiqué souligné à l’encre rouge !

– C’est mon père qui doit avoir fait cela, se dit-il en lui-même. Il connaissait donc bien ce verset et le trouvait très important. Et d’une voix presque tremblante, il se mit à lire : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi ». Ils en croyaient à peine leurs yeux et leurs oreilles. Willy avait donc raison ; c’était comme il l’avait dit. Comment avait-il bien pu retenir le passage dans sa jeune mémoire ? Se trouvait-il dans la vieille Bible du grand-père ? Ces questions étaient maintenant résolues. Un silence solennel régnait dans la chambre.

Qu’est-ce qui poussa Mademoiselle Rollen, la monitrice de l’école du dimanche, à passer justement ce soir-là chez les Kramer, en retournant chez elle, pour apporter à Willy un petit Nouveau Testament qu’elle pensait d’abord ne lui donner que le dimanche ? Elle n’aurait pu le dire. C’était, certes, une main invisible qui conduisait ses pas vers la demeure des parents de son petit élève. Comme il était déjà tard, elle voulait seulement donner le livre et poursuivre son chemin. Mais lorsqu’elle eut frappé deux coups avec le lourd marteau de la porte, elle entendit comme un cri de joie à l’intérieur, puis des pas précipités vers la porte qui s’ouvrit. Et elle vit devant elle Monsieur Kramer tout étonné, tenant dans ses bras Willy en pyjama, et Madame Kramer qui, d’un air effrayé, regardait par-dessus l’épaule de son mari.

– Papa, c’est Mademoiselle Rollen ! s’écria Willy tout joyeux. Mademoiselle, est-ce qu’il viendra ce soir ? Oh ! comme je serais content qu’il vienne pendant que nous sommes tous réveillés !

Si Mademoiselle Rollen avait premièrement l’intention de repartir tout de suite, il ne s’agissait plus d’y penser. Il lui fallut absolument entrer et s’asseoir dans la petite cuisine. Là, devant elle sur la table, se trouvait la Bible et tous trois la regardaient comme s’ils attendaient quelque chose d’elle. Entendre frapper à la porte, au moment où ils venaient de lire le passage de l’Apocalypse, avait été pour les parents comme un coup qui avait retenti dans leur cœur. Et il fut donné à notre amie d’aider à pousser les verrous rouillés qui, depuis si longtemps, avaient tenu ces cœurs fermés.

Pendant un long moment, ils restèrent assis ensemble, le saint Livre ouvert devant eux, et Mademoiselle Rollen eut beaucoup à faire pour répondre aux questions de Willy et de ses parents. Il semblait à ceux-ci que le jour commençait enfin à luire, comme après une longue nuit d’obscurité. Que leur vie passée leur apparaissait tout d’un coup autre qu’ils ne l’avaient pensé ! Jusqu’alors, ils avaient cru être de très bons et honnêtes gens, et voilà qu’ils apprenaient qu’ils étaient des pécheurs souillés et perdus, qui avaient besoin d’un Sauveur. Les voies miséricordieuses du Seigneur, qui avait heurté à la porte de leur cœur d’une manière si frappante, les remplissaient à la fois d’admiration et de crainte.

Ce soir-là fut comme un tournant dans la vie de la famille Kramer. Il semblait au père que des écailles lui tombaient des yeux. De nombreux passages qu’il avait entendus du grand-père Kramer, « qui connaissait sa Bible d’un bout à l’autre », revenaient avec force à sa mémoire, avec un tout autre sens et une autre portée. Il ne pouvait pas comprendre qu’il ait pu être aussi aveugle et aussi insensible ensuite. Depuis ce moment, on le vit chaque soir lisant et relisant sa vieille Bible.

Un jour, Mademoiselle Rollen se trouvait chez ses nouveaux amis, près de qui elle était toujours la bienvenue. Willy, comme d’habitude, était assis près de son père, tandis que sa mère était occupée à quelque ouvrage ménager. Après s’être entretenus quelque temps du sujet qui leur était maintenant devenu si précieux, Willy saisit tout à coup la main de son père en lui disant :

– N’est-ce pas, à présent nous irons tous ensemble au ciel, toi, maman et moi ?

– Oui, mon enfant, répondit son père tout ému ; oui, nous y serons ensemble, puisque le Seigneur nous a fait connaître sa grâce.

Ensuite il pria la monitrice de leur lire le chapitre 3 de l’Apocalypse. Il était devenu leur passage de prédilection, parce que le Seigneur, qui ne se lasse pas de frapper à la porte des cœurs des pauvres pécheurs si insensibles et si sourds à sa voix, s’en était servi pour leur parler la première fois, les réveiller de leur sommeil spirituel, et pour entrer chez eux.

Mademoiselle Rollen prit la vieille Bible et lut lentement le chapitre tout entier. Tous trois écoutèrent avec un profond recueillement. Leur cœur sentait qu’à eux aussi avaient été donnés gratuitement l’or passé au feu, la robe blanche et le nouveau nom. Ils savaient que leurs oreilles avaient entendu la voix du bon Berger et que les yeux de leur âme avaient vu Celui dont le nom est « Merveilleux », car c’était d’une manière merveilleuse qu’Il les avait attirés à Lui et que, dans ses infinies compassions, il s’était souvenu d’eux. Il était entré dans leur humble demeure comme un hôte bienvenu, pour ne plus jamais les quitter ; et sa précieuse Parole y était désormais lue, entendue et appréciée.

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi ».

– Est-il déjà entré chez toi, cher jeune lecteur ? Certainement qu’il a déjà frappé plus d’une fois. Lui as-tu ouvert la porte de ton cœur ? Aujourd’hui, en ce moment, il frappe encore – ouvre-Lui, toi qui ne l’as pas encore fait, de peur qu’Il ne passe pour ne plus revenir !

D’après La Bonne Nouvelle 1998

« NE CRAINS PAS, CAR JE SUIS AVEC TOI »

Ces événements se sont déroulés dans un pays où il était interdit de posséder une Bible.

Sur le quai de la gare, Alex s’apprête à prendre le train. Il a reçu pour mission de transporter secrètement des Bibles dans la ville voisine. Il monte dans le train et pose sa valise dans le filet à bagages. Il se trouve d’abord presque seul dans son compartiment, mais peu à peu, d’autres voyageurs le rejoignent. Il connaît fort bien le trajet qu’il va faire, mais jamais il ne lui a paru aussi long qu’aujourd’hui. Quelques personnes entament une conversation avec lui, mais son esprit est ailleurs : ses pensées reviennent sans cesse à sa valise. Que se passerait-il si la police en découvrait le contenu ? Son imagination travaille. Il n’aurait pas été plus effrayé s’il avait transporté de la dynamite ! C’est alors que deux versets lui viennent à l’esprit : « La Parole de Dieu est vivante et opérante… » et « Ne crains pas, car je suis avec toi ». Il se met à prier silencieusement, demandant l’aide du Seigneur. Pourquoi devrait-il avoir peur ? Ne sert-il pas le Dieu vivant qui dirige toutes choses ?

Tout à coup, une idée traverse son esprit comme un éclair : « Quitte le train un arrêt plus tôt que prévu ! » Pourquoi donc ? Ne serait-ce pas absurde de descendre en pleine campagne et de continuer à pied avec une valise qu’il peut à peine porter ? Mais plus il approche de l’arrêt en question, plus l’idée devient certitude : « Tu dois descendre ! » Il saisit alors sa valise, quitte le train et se met à marcher. « Pourvu que personne ne me remarque avec ma valise si lourde ! » Tandis qu’il traîne tant bien que mal son bagage, le doute l’assaille : N’aurait-il pas agi trop vite ? Mais en son for intérieur, une voix lui murmure à chaque pas : « Ne crains pas, ne crains pas ! »

Soudain, il entend une voiture s’approcher derrière lui. Instinctivement, il lève le pouce pour faire de l’auto-stop. Lorsqu’il prend conscience, à son grand effroi, qu’il s’agit d’une voiture de police, il est déjà trop tard. L’auto s’arrête, l’agent baisse sa vitre et lui demande sa destination. Que peut bien faire Alex ? Il n’a pas le choix et répond courageusement : « Je dois me rendre dans la prochaine ville ». « Bien, c’est justement là que nous allons. Montez dans la voiture, mais faites vite, car nous sommes pressés ! » Alex s’installe sur la banquette arrière, sa valise à côté de lui. Curieusement, il se sent parfaitement calme. Il comprend que la suite repose entièrement entre les mains de Dieu. Les policiers ignorent totalement leur passager et discutent entre eux. Apparemment, ils sont en route pour arrêter quelqu’un. Cette procédure n’a rien d’inhabituel dans ce pays, aussi Alex ne prête pas davantage attention à leur conversation. Mais soudain, il entend une remarque qui lui fige le sang dans les veines. Le policier qui tout à l’heure l’a invité à monter dans le véhicule presse son collègue qui conduit : « Dépêche-toi un peu, sinon nous ne serons pas à temps pour l’arrivée du train. Imagine-toi un peu la tête du type lorsqu’il se fera coffrer à peine descendu du train, avec sa valise pleine de Bibles ! Ha ! Ha ! Ha ! »

À ce moment-là, ils atteignent les premières maisons de la ville. Alex tremble de tous ses membres, et lorsque l’agent se tourne vers lui et lui demande : « Où devez-vous vous rendre au juste ? », Alex doit rassembler tout son courage pour pouvoir lui répondre : « Vous pouvez me laisser aux prochains feux, je ferai le dernier bout à pied ».

Déjà la voiture est loin, mais Alex reste encore un moment comme pétrifié au bord de la route. « Si Dieu ne m’avait pas parlé d’une manière aussi claire », se dit-il « j’aurais été arrêté par la police. Quelqu’un a dû me trahir, mais Dieu a déjoué ses plans ! » À nouveau, cet encouragement lui revient à l’esprit : « Ne crains pas, car je suis avec toi ! » Dieu a veillé sur lui, il en est certain !

Alex prend sa valise et se rend aussi vite que lui permet le poids de son bagage à l’adresse où il doit livrer sa précieuse marchandise. Une fois parvenu à bon port, il raconte son aventure. Ses amis remercient tout d’abord Dieu du plus profond de leur cœur pour sa protection. Puis, naturellement, ils ouvrent la valise. Beaucoup d’entre eux se réjouissent d’avoir enfin leur propre Bible, la Bible étant en effet un cadeau extrêmement rare pour eux, et d’un si grand prix !

D’après La Bonne Nouvelle 1998

LA FOI DE JEAN SÉBASTIEN BACH

Jean-Sébastien Bach (1685-1750) est né à Eisenach en Allemagne. Comme de nombreuses biographies le confirment, il nous a laissé un exemple très vivant de musicien et de compositeur ayant la crainte de Dieu.

Comment Bach vivait-il sa foi ? – En contraste avec d’autres compositeurs, sa foi et son œuvre étaient étroitement liées. Par sa musique, il voulait rendre honneur à Dieu. Un biographe remarque au sujet du contenu spirituel de ses cantates : « Bach n’a jamais oublié ce que signifiaient les mots péché, culpabilité, mort, et l’expérience de ce qui est éphémère ». C’est pourquoi il pouvait s’exprimer au sujet du pardon et de la rémission des péchés. Nous trouvons dans ses œuvres, manifestés d’une façon si évidente, les contrastes de la vie humaine, de la culpabilité – de l’expérience du pardon et de la mort.

Ainsi ce n’était pas par pure routine qu’il terminait chacune de ses œuvres en apposant les initiales « S.D.G. » (Soli Deo Gloria = À Dieu seul soit la gloire. On trouve aussi souvent sur ses manuscrits les lettres « J. j » (Jesu juva = Jésus aide).

La Bible de Bach

Sa bibliothèque se composait de livres sur la théorie musicale et d’écrits chrétiens. Tandis que les premiers ont été conservés par ses enfants, les écrits chrétiens n’ont pas été gardés, par manque d’intérêt. C’est pour cela qu’ils ont disparu, à l’exception de sa Bible qui a réapparu aux États-Unis. Il s’agit d’une édition de 1681, en trois volumes, traduite par Martin Luther. Elle contient des commentaires bibliques dérivés des écrits de Luther. Cette Bible est d’autant plus intéressante que des annotations personnelles de Bach y figurent en marge.

Bach commente notamment le passage de 2 Chroniques 5. 13 de la manière suivante : « La présence de Dieu et sa grâce sont toujours assurées, lorsqu’une telle musique pleine de ferveur y est jouée ».

Bach et l’expulsion des Salzbourgeois

En 1732, l’archevêque de Salzbourg ordonna à tous ses sujets qui avaient accepté la foi évangélique luthérienne de quitter l’archevêché dans les huit jours. Ainsi, un temps de souffrances débuta pour les croyants. Les Salzbourgeois débarquèrent alors en foules nombreuses à Leipzig. La population de cette ville les accueillit à bras ouverts. Un des dimanches suivants, on chanta pour la première fois la cantate de Bach intitulée : « Donne ton pain au pauvre ». Le texte de cette cantate démontre clairement que le message de Bach va bien au-delà de l’amour pour le prochain. En plus des exigences « Donne, donne ton pain au pauvre, et emmène chez toi ceux qui sont dans la misère. Si tu vois quelqu’un qui est nu, apporte-lui un vêtement… », ces paroles dirigent les pensées de l’auditeur vers l’offrande à Dieu. Pour Bach, il s’agit « de ressembler à son Créateur alors que nous sommes encore sur la terre, et de le faire dans l’ombre », car « le Dieu riche nous fait part de ses abondantes bénédictions, c’est lui aussi qui nous a donné le souffle de vie ».

Bach nous fournit donc un bel exemple d’équilibre. Sans rester insensible aux besoins matériels et corporels de son prochain, il s’efforçait de montrer également que Dieu seul peut apporter le remède à tous les besoins. Bach comprenait de quelle façon Dieu s’adresse à l’homme, et il l’a interprétée par le moyen de la musique.

D’après La Bonne Nouvelle 1998

JOHN WESLEY

Au feu ! au feu ! Une vieille maison de bois est en flammes à Epworth (Angleterre). C’est là que Samuel Wesley vit avec sa nombreuse famille. Conscient du danger, il a pu s’enfuir à temps avec les siens, sauf John, un petit garçon de six ans, qui dort encore à poings fermés. Lorsqu’il se réveille et se rend compte du danger, il se met à crier à l’aide, d’une manière qui fend le cœur. Son père essaie de le secourir, mais il est retenu par des flammes infranchissables. Et comme il a perdu tout espoir de sauver son fils de cette mort cruelle, il se met à genoux dans la rue et le remet aux soins du Seigneur. Dans sa miséricorde, Dieu intervient. Un homme monte sur les épaules d’un autre, parvient à saisir l’enfant et le met en sécurité. Samuel Wesley déborde de reconnaissance. Il réunit ses voisins, se remet à genoux, mais cette fois pour rendre grâces à Dieu.

Le projet de Satan a ainsi échoué, John étant destiné à accomplir une grande œuvre. Mais il avait encore à apprendre de nombreuses leçons, avant d’être prêt à faire la volonté de Dieu.

La mère de John fit de son mieux pour l’encourager dans les choses importantes et elle lui enseigna à mener une vie honnête. Aussi bien à l’école de Londres qu’au collège d’Oxford, il manifesta une conduite honorable et fut promu pasteur. Mais malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à trouver la paix et la joie qui découlent du pardon divin.

Il partit en Amérique du Nord, accompagné de son frère Charles, dans le but d’annoncer l’Évangile aux Indiens. Mais les deux frères n’étaient eux-mêmes pas convertis, et leur entreprise se termina par un échec.

John revint en Angleterre, découragé et désespéré. Il dut prendre conscience que servir Dieu par sa propre force conduit toujours à une expérience décevante.

À cette époque, il décrivit son état d’âme dans son journal intime. Il admit que, malgré tout son savoir, ses bonnes œuvres, ses aumônes et ses prédications, il n’était qu’un pécheur perdu ayant besoin de pardon. Il désirait sincèrement trouver la paix et la certitude du salut, d’autant plus qu’il avait appris que son frère Charles s’était converti.

Un tournant se produisit dans sa vie alors qu’il se trouvait au rassemblement d’Aldersgate Street. On y lisait l’introduction à l’épître aux Romains de Martin Luther. Tandis que le prédicateur décrivait le changement que Dieu produit chez celui qui croit en Christ et à son œuvre à la croix, le cœur de John s’enflamma. Il reconnut l’unique chemin du salut, reçut la certitude du pardon de ses péchés et commença immédiatement à rendre témoignage de sa foi en Christ.

Après avoir enfin trouvé le salut et la paix, John Wesley se mit aussitôt à annoncer l’Évangile.

Beaucoup d’auditeurs furent outrés par ses prédications. C’est pourquoi on lui interdit de présenter la Parole dans bien des églises de Londres. Cette opposition conduisit John en Allemagne, où il fut particulièrement béni par les prédications d’un menuisier, Christian David. Le fier ecclésiastique était maintenant disposé à écouter la vérité sortant de la bouche d’un croyant sans formation théologique.

Personne n’est à même de décrire l’œuvre de John Wesley, consacrée à Dieu. Quelles misères et quels dangers n’a-t-il pas connus ? Ni la neige, ni la glace, ni le brouillard ni la pluie ne l’empêchaient de se déplacer pour apporter la bonne nouvelle. Il affrontait avec un courage inébranlable des malfaiteurs qui étaient décidés à l’assassiner. Il fut agressé par des foules excitées par des hommes brutaux. Il fut accusé par de faux témoins, on lui lança souvent des pierres. Il poursuivit toutefois fidèlement son chemin au service de Christ. Ni l’âge ni la maladie ne purent le retenir. Il disait : « Aussi longtemps que Dieu m’accordera la force pour accomplir mon travail, je dois en faire usage ».

Des foules furent attirées par ses prédications, qui ont été au nombre de 42 000, la dernière alors qu’il avait 88 ans. Des communautés, constituées à la suite de ses prédications, se formaient dans toute l’Angleterre, le pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande. Il voyagea en Hollande et en Allemagne, et prêcha partout. Durant le temps de son service pour le Seigneur, il couvrit plus de 160 000 km, parfois à cheval, souvent à pied, et lorsqu’il fut plus âgé, en diligence.

Alors qu’il effectuait son dernier voyage pour aller présenter la Parole, il prit froid et déclina rapidement. Il disait à ceux qui venaient l’entourer : « Au revoir, l’essentiel, c’est que Dieu soit avec nous. Il laisse aller son serviteur en paix ».

À sa mort, des centaines de milliers de personnes s’étaient converties par son moyen. Ce puissant réveil produit par Dieu préserva l’Angleterre des résultats dévastateurs de la révolution, qui causa tant de victimes en France.

En réactivant l’intérêt pour l’évangile du salut, John Wesley et d’autres ont posé les bases nécessaires à la propagation de la vérité concernant l’Assemblée, les prophéties et par-dessus tout la grandeur de la révélation de Dieu dans le Christ Jésus.

Comme nous pouvons être reconnaissants que ce jeune garçon d’Epworth ait été sauvé d’une mort prématurée !

D’après La Bonne Nouvelle 1998 (Frank Wallace)

BERACA 54 : SAMUEL, DERNIER JUGE ET PREMIER PROPHÈTE

« Depuis le jour où l’arche vint demeurer à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années ; alors toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel. Samuel dit à toute la maison d’Israël : Si de tout votre cœur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Ashtoreths, attachez fermement votre cœur à l’Éternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins » (1 Sam. 7. 2 et 3).

Où était le prophète pendant ces vingt années ? Certainement au milieu du peuple de Dieu. Il n’est pas parlé de culte rendu à l’Éternel, et ce temps apparaît comme un temps d’affliction pour l’âme. Le Psaume 107 le décrit bien : « Ils étaient affamés et assoiffés, leur âme défaillait en eux. Alors ils crièrent à l’Éternel dans leur détresse, et il les délivra de leurs angoisses, et les conduisit dans un chemin droit » (v. 5 à 7).

Au moment voulu, le serviteur de l’Éternel apparaît pour leur rappeler la volonté de Dieu. « Les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Éternel seul ». Se purifier de ce qui est inconvenant aux yeux de Dieu était le chemin vers la restauration. Ces actions, émanant de cœurs vrais, permirent à Samuel d’agir : « Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous. Et ils s’assemblèrent à Mitspa et ils puisèrent de l’eau qu’ils répandirent devant l’Éternel ; ils jeûnèrent ce jour-là, et dirent en ce lieu : Nous avons péché contre l’Éternel. Et Samuel jugea les fils d’Israël à Mitspa » (1 Sam. 7. 5 et 6). Le chemin de la restauration passe toujours par la confession. Dieu est lumière, il ne veut pas que nous marchions dans les ténèbres ; alors, « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier… » (1 Jean 1. 9).

Sachant les fils d’Israël assemblés à Mitspa, les Philistins se regroupent pour la guerre et, devant cette menace existentielle, « les fils d’Israël dirent à Samuel : Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins. Samuel prit un agneau de lait et l’offrit tout entier à l’Éternel en holocauste ; Samuel cria à l’Éternel pour Israël, et l’Éternel l’exauça » (v. 8 et 9). La délivrance est venue du ciel car, au moment où Samuel offrait l’holocauste, l’Éternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute, et ils furent battus devant Israël.

La victoire remportée, « Samuel prit une pierre qu’il plaça entre Mitspa et le rocher ; il l’appela du nom d’Ében-Ézer, et dit : L’Éternel nous a secourus jusqu’ici » (v. 12). « La main de l’Éternel fut sur les Philistins pendant tous les jours de Samuel. Les villes que les Philistins avaient prises sur Israël retournèrent à Israël, depuis Ékron jusqu’à Gath ; Israël délivra aussi leur territoire de la main des Philistins. Et il y eut paix entre Israël et l’Amoréen » (v. 13 et 14). « Et Samuel jugea Israël tous les jours de vie ». Il allait d’année en année faire le tour, à Béthel, et à Guilgal, et à Mitspa, et jugeait Israël dans tous ces lieux-là ; puis il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là aussi il jugeait Israël ; il bâtit là un autel à l’Éternel » (15 à 17).

Cinq noms sont à retenir : Ében-Ézer, Béthel, Guilgal, Mitspa et Rama.

– Ében-Ézer (pierre de secours) : il est bon de se souvenir des délivrances passées et de savoir que le Seigneur viendra à notre secours, encore et toujours, si nous marchons humblement devant Lui. Pour Israël, une prise de conscience des péchés commis, accompagnée d’une vraie humiliation par des pleurs et un jeûne à Mitspa, était indispensable. Ainsi, l’Éternel pouvait exaucer l’intercession de Samuel et manifester sa puissance en délivrance. Le serviteur dresse une pierre pour qu’un témoignage demeure. Il était important que quiconque passerait devant, soit rendu intelligent pour marcher dans un chemin droit – un témoignage pour la génération montante comme les douze pierres, tirées du Jourdain, que Josué dressa à Guilgal.

– Béthel : De Rama, quittant sa demeure, Samuel, juge et prophète, se rendait à Béthel pour juger les fils d’Israël. Béthel (maison de Dieu) a une signification bien édifiante. C’est là que Jacob s’était arrêté, sous la voûte étoilée, pour passer la nuit. Des menaces de mort, émises par son frère, l’obligeaient à entreprendre un long voyage. Les circonstances si difficiles qu’il traversait étaient le fruit de ses mauvaises actions. Malgré cela, Jacob avait reçu la bénédiction paternelle et se trouvait être dans le plan de Dieu. C’est à Béthel qu’il eut la visite de l’Éternel – un premier contact véritable avec le Dieu d’Abraham et d’Isaac, son père, qui lui donne des promesses accompagnées de la certitude d’une présence dans sa vie : « Voici, je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras et je te ramènerai dans cette terre-ci, car je ne t’abandonnerai pas » (Gen. 28. 15). Jacob dressa la pierre qui lui avait servi d’oreiller et versa de l’huile dessus. Plus tard dans sa vie, il reçoit l’ordre de retourner habiter à Béthel et d’y bâtir un autel. Il a compris la sainteté de la présence de Dieu et donne des ordres à sa maison pour s’y présenter sans aucune trace d’idolâtrie.

– Guilgal : est sur le rivage du Jourdain. Ce lieu nous parle de notre mort et de notre résurrection avec Christ. Josué avait dressé douze pierres en témoignage de la délivrance. Le peuple était définitivement hors de portée de l’opprobre de l’Égypte. Là, les fils d’Israël ont été circoncis, image pour nous de notre séparation des principes de ce monde pour vivre une vie nouvelle à la gloire de Dieu.

– Mitspa : représente le chemin de la restauration en passant par l’humiliation, le jeûne et l’intercession, comme cela est vu au début de cet article.

– Rama : était la résidence de Samuel. Là, il avait son autel qui représente la communion avec Dieu. Aujourd’hui, nous n’avons pas littéralement d’autel, en ce sens que notre relation est spirituelle et que les vrais adorateurs adorent « le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent » (Jean 4. 23). Samuel faisait « le tour d’année en année » ; cette phrase nous appelle à la fidélité dans le service. Savoir écouter, savoir donner la parole à propos, savoir intercéder, tel est l’instruction de ces mots : « Et Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie ». Dans cet état d’esprit, nous porterons les charges les uns des autres, et ainsi nous accomplirons « la loi du Christ » (Gal. 6. 2).

LE TUNNEL

« Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » Proverbes 4. 18.

Dans le Sud-Ouest de la France, une ancienne voie de chemin de fer qui reliait les gares de Puyoo à Saint-Palais sur une distance d’environ 29 kilomètres, a été transformée en « voie verte » sur la section reliant Puyoo à Salies-de-Béarn. Elle est utilisée maintenant pour la promenade des cyclistes et piétons sur près de 8 kilomètres. À un moment, cette voie emprunte un tunnel de presque 850 mètres de long. À pied, il faut environ 10 minutes pour en effectuer la traversée.

Entrée dans l’obscurité

Lorsqu’on arrive devant la voûte d’entrée et qu’on pénètre à l’intérieur du tunnel, on se trouve dans l’obscurité. On franchit la voûte de 6 mètres de haut et on commence à avancer dans le tunnel. On s’enfonce dans le noir, dans l’inconnu… On hésite à poursuivre car on ne voit rien, mais il n’y a pas d’autre chemin, alors il faut avancer… On se rend compte combien la lumière est précieuse pour voir où on va – comme aussi dans la vie chrétienne. On peut se demander, comme Job autrefois : « Par quel chemin se distribue la lumière ? » (Job 38. 24) Et on se rappelle alors avec reconnaissance que ce chemin, c’est Jésus Lui-même – « le chemin, et la vérité, et la vie » (Jean 14. 6) – et que, par la foi en Lui, nous sommes venus au Père qui « nous a rendus capables d’avoir part au lot des saints dans la lumière » (Col. 1. 12).

Après quelques pas dans l’obscurité, le sombre tunnel s’illumine soudain sur une centaine de mètres. On peut avancer ainsi jusqu’au tronçon suivant qui s’allume à son tour au moment où nous y parvenons. Le chemin que nous parcourons s’éclaire et se dévoile ainsi petit à petit. De la même manière, le Seigneur nous ouvre le chemin jour après jour et nous comprenons que le lendemain ne nous appartient pas ; Il le préparera pour nous. Nous n’avons pas besoin d’être en souci pour le jour qui vient (voir Mat. 6. 34).

Vers le but

Après avoir marché pendant une minute ou deux, on s’arrête pour regarder en arrière : une partie du chemin est encore éclairée, celle que nous venons de franchir. Dans notre marche chrétienne, si nous considérons le chemin parcouru depuis que nous sommes venus au Sauveur, nous nous souvenons de nos manquements, de nos faux pas… mais aussi de la miséricorde divine, du support et du soutien de notre Seigneur, qui nous a accompagnés et secourus à chaque pas, malgré nos faiblesses.

On avance encore un peu, et on s’aperçoit alors que la lumière s’est éteinte derrière nous, un moment après que nous soyons passé… on entrevoit encore la lumière du jour, à l’entrée du tunnel, au loin, mais le chemin parcouru a disparu dans l’obscurité. Ce que nous avons laissé derrière nous n’est plus visible et, pour ainsi dire, effacé. Cela ne nous fait-il pas penser aux paroles de l’apôtre Paul : « Je fais une [seule] chose : oubliant ce qui est derrière et tendant avec effort vers ce qui est devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Phil. 3. 14). Avons-nous, comme l’apôtre, un (seul) objectif, une (seule) pensée : atteindre le but, qui est Christ dans la gloire du ciel ?

« Je cours droit au but », dit l’apôtre avec l’énergie que donne une sûre espérance. Dans le tunnel, tout est sombre autour de nous et seul le faible éclairage nous indique le chemin, qui s’illumine au fur et à mesure que nous avançons. Alors, il nous faut aller de l’avant, oubliant ce qui est derrière nous et nous tournant résolument vers ce qui est devant. Nous pouvons nous souvenir que nous étions « autrefois ténèbres », lorsque nous vivions et marchions dans le péché ; mais maintenant, nous sommes « lumière dans le Seigneur » et nous marchons « comme des enfants de lumière… éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (Éph. 5. 8 à 10).

Le croyant suit Celui qui est la lumière (Jean 8. 12) et qui lui fraye le chemin dans l’obscurité morale de ce monde. Il met ses pieds dans l’empreinte de ses pas, la Parole de Dieu illumine son chemin : lumière à mon pied, elle éclaire ma marche ; lampe à mon sentier, elle me montre le chemin (Ps. 119. 105). C’est ainsi que notre marche sur la terre pourra être « digne du Seigneur afin de lui plaire à tous égards » (Col. 1. 10).

Marcher par la foi vers le but

Le tunnel décrit une longue courbe, ce qui fait que, pendant un temps, on ne voit plus l’entrée et on ne voit pas encore la sortie. On est comme immergé dans le tunnel. Il n’y a plus que la lumière fragile des néons pour nous montrer le chemin, et l’assurance que nous allons revoir la lumière du jour dans quelques instants. Dans la vie du croyant, il y a ainsi des moments où l’on a l’impression de ne pas savoir où l’on est et où on va. On se trouve dans une situation difficile, un temps d’épreuve, et nous pensons peut-être : « Qui nous fera voir du bien ? » Mais le croyant demande alors : « Lève sur nous la lumière de ta face, ô Éternel ! » (Ps. 4. 7). Nous savons qu’il y aura une issue (voir 1 Cor. 10. 13) ; Dieu l’a déjà prévue pour nous, mais elle nous est cachée. Alors nous comprenons que le croyant ne marche pas par la vue, mais par la foi. Ce qui est devant lui, il n’en a pas la connaissance, mais il sait que Dieu a préparé son chemin, que « tout travaille pour le bien de ceux qui aiment Dieu ».

Ami croyant, vous traversez peut-être un sombre tunnel dans votre vie ; prenez courage : le Seigneur Jésus est avec vous (Mat. 28. 20). Il marche devant les siens, se tient à leur côté et Il est leur arrière-garde. Quelle assurance de pouvoir s’appuyer sur sa promesse : « Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu. Je te fortifierai, oui, je t’aiderai ; oui, je te soutiendrai par ma main droite, la main de ma justice… Car moi, l’Éternel, ton Dieu, je tiens ta main droite, [moi] qui te dis : Ne crains pas, moi je t’aiderai » (És. 41. 10, 13) ! Alors, sentant sa main puissante qui nous affermit, nous pouvons dire comme le psalmiste autrefois : « Je suis toujours avec toi : tu m’as tenu par la main droite » (Ps. 73. 23) ; « ta main droite me soutient » (Ps. 63. 9).

Même si nous ne voyons pas la sortie du tunnel, toutefois nous savons qu’elle se rapproche alors que nous avançons. Nous avons l’assurance que le moment va arriver où nous allons à nouveau apercevoir la lumière qui nous indiquera que le but est près d’être atteint. Le chemin du croyant n’est-il pas semblable à cela ? Il demande foi et patience, et dans le cœur l’espérance certaine que nous allons bientôt arriver à destination. L’apôtre aura ces belles paroles : « Or une espérance qu’on voit n’est pas une espérance : ce que quelqu’un voit, pourquoi aussi l’espère-t-il ? Mais si ce que nous ne voyons pas, nous l’espérons, nous l’attendons avec patience » (Rom. 8. 24 et 25). Notre « patience d’espérance » va bientôt être récompensée : le Seigneur vient, selon qu’Il l’a promis (Apoc. 22. 20).

Regarder en haut

Dans notre traversée du tunnel, si on lève les yeux, on ne voit que la voûte sombre ; le ciel nous est caché. On sait qu’il est au-dessus de nous, mais on ne le voit pas. Parfois, dans des moments difficiles de la vie, nous ne voyons plus le ciel où se trouve le Seigneur Jésus, notre aide et notre secours. Nous ne voyons pas au-delà et au-dessus de nos circonstances. Nous nous demandons peut-être alors : « J’élève mes yeux… d’où viendra mon secours ? » Mais la foi sait répondre à cette question, et elle répond elle-même : « Mon secours vient d’auprès de l’Éternel » (Ps. 121. 1). « Ayez foi en Dieu », nous dit le Seigneur Jésus (Marc 11. 22). Demandons-Lui qu’Il ouvre nos yeux et, comme le serviteur du prophète, nous verrons alors autour de nous les armées de l’Éternel qui nous protègent et nous secourent (voir 2 Rois 6. 17).

Dans le tunnel, le sol n’est pas très régulier, et l’eau qui coule de la voûte et des murs produit des flaques qu’on ne discerne pas. Il faut donc être attentif pour ne pas risquer de trébucher ou de marcher dans l’eau. Dans notre cheminement sur la terre, il peut y avoir bien des embûches que nous tend l’ennemi de nos âmes. Il cherche à nous faire trébucher et tomber (Jean 11. 10). Les occasions de chute et les pièges sont nombreux dans la vie du croyant. Comment en être gardés ? La Parole de Dieu est notre guide et notre soutien pour une marche sûre dans un monde ennemi « Soutiens-moi selon ta parole, et je vivrai » (Ps. 119. 116). Notre Dieu Lui-même, qui nous a délivrés de la mort éternelle – et il nous délivrera encore (1 Cor. 1. 10) – est Celui qui nous gardera dans sa lumière, afin que nous ne trébuchions pas dans les ténèbres. David pouvait écrire : « Éternel  ! enseigne-moi ton chemin et conduis-moi dans [le] sentier aplani, à cause de mes ennemis » (Ps. 27. 11) ; « Car tu as délivré mon âme de la mort : [ne garderais-tu] pas mes pieds de trébucher, afin que je marche devant Dieu dans la lumière des vivants  ? » (Ps. 56. 14). Sachons nous appuyer sur le bras puissant de Celui qui nous aime, afin de marcher d’un pas ferme et sûr – comme la bien-aimée du Cantique des cantiques, montant du désert « s’appuyant sur son bien-aimé (Cant. 8. 5).

Pas d’échappatoire

Dans le tunnel, on ne peut s’écarter ni à droite, ni à gauche car on est entre deux murs. Il y a un chemin tracé et il n’est pas possible de prendre à droite ou à gauche. N’en est-il pas ainsi du chemin que le Seigneur Jésus a tracé pour nous sur la terre ? Un chemin étroit, mais qui conduit directement vers Lui. Dans le livre des Proverbes, le père avertit son fils : « N’incline ni à droite ni à gauche ; éloigne ton pied du mal » (Prov. 4. 27 ; voir aussi Deut. 5. 32 et 33). Le chemin dans lequel le Seigneur invite chacun de nous à le suivre (Jean 21. 19 et 23) est peut-être difficile – combien le sien l’a été ! – mais c’est celui de la bénédiction : « Heureux l’homme dont la force est en toi, [et ceux qui ont] dans leur cœur des chemins tout tracés » (Ps. 84. 6). C’est le chemin opposé à celui de la propre volonté, mais c’est le seul chemin dans lequel le croyant sera béni et heureux en Christ.

Il faut avancer droit devant soi, pas à pas, jusqu’à ce qu’on arrive au bout du tunnel, pour y trouver le plein jour et le prix à gagner, la récompense du vainqueur que Christ Lui-même donnera à ceux qui, comme les témoins de la foi d’autrefois, auront couru « avec patience la course qui est devant eux » (Héb. 12. 1).

Dans des circonstances difficiles de la vie, on souhaiterait pouvoir s’échapper, en sortir – et nous réalisons que ce n’est pas possible. Mais ne vaut-il pas mieux pour nous traverser un « tunnel » dans notre vie dans la compagnie du Seigneur Jésus, plutôt que faire un grand détour sans Lui ? N’est-ce pas au plus profond de l’épreuve, s’il nous faut peut-être même marcher « par la vallée de l’ombre de la mort », que l’on ressent d’une manière toute particulière ce que David avait expérimenté avec son divin Berger : « Je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi » (Ps. 23. 4).

Marcher de force en force

Nous ne nous arrêtons pas lorsque nous traversons le tunnel. Les ténèbres n’attirent pas le croyant, il ne s’y sent pas dans son élément. Il réalise qu’il n’a pas de part commune avec elles (voir 2 Cor. 6. 14 – comparer Gen. 1. 4 : « Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres »). Le racheté n’est « pas de la nuit ni des ténèbres », il est un « fils de la lumière et fils du jour » (1 Thess. 5. 5). Il est exhorté à n’avoir « rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres » (Éph. 5. 11) mais plutôt à les rejeter (Rom. 13. 12).

Ainsi, on ne s’attarde pas dans le tunnel, mais on poursuit son chemin vers l’avant, à la lumière qui nous vient d’en haut : « Marchez pendant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne s’emparent pas de vous ; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va » (Jean 12. 35). Pour nous, nous ne faisons que passer dans ce monde, mais nous suivons Celui qui nous a précédés et nous a ouvert le chemin vers « le séjour de la lumière » ; nous avons en Lui « la lumière de la vie » et, en le suivant, nous ne marchons pas dans les ténèbres (Jean 8. 12).

Lorsque nous sommes dans le tunnel, nous réalisons que « ce n’est pas ici un lieu de repos » (Michée 2. 10). Il n’y a pas, ici où là, un banc sur lequel on peut s’asseoir et souffler un moment. On ne peut pas s’attarder, il faut poursuivre son chemin jusqu’au bout. Nous devons imiter Gédéon et ses hommes, « fatigués, mais poursuivant toujours » (Jug. 8. 4). Fortifié par le Seigneur, nous marcherons « de force en force » jusqu’à ce que nous paraissions devant Lui au jour de sa venue (Ps. 84. 5 et 8).

Nous trouvons le courage pour continuer à avancer lorsque nous pensons à ce qui nous attend lorsque nous serons arrivés. Nous savons que bientôt l’obscurité fera place à la lumière et cela nous remplit de détermination et d’espoir. Lorsque, au bout du chemin, nous verrons sa face, nous serons rassasiés d’une joie éternelle (Ps. 16. 11).

L’espérance de la gloire

Le chemin se poursuit, vers l’issue du tunnel, là où la lumière du jour brille avec éclat. Nous pensons alors à ce que sera le « plein jour », lorsque nous serons enlevés « à la rencontre du Seigneur, en l’air », pour être « toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 17). Enfin arrivés, nous serons

Toujours dans la lumière de la Maison du Père !

Toute ombre a disparu devant l’éclat du jour.

Et, bien loin de la terre, notre âme tout entière

Goûtera, près de Lui, le repos de l’amour.

(Hymnes et Cantiques n° 167)

On marche alors dans la pénombre, à la faible lumière des néons placés sur les murs du tunnel, soutenu par la pensée de la venue du Seigneur Jésus pour nous prendre auprès de Lui. Là où Il est, nous y serons aussi, avec Lui, et nous verrons éternellement sa beauté et sa gloire dans la pleine lumière de la gloire de Dieu (voir Jean 17. 24 ; Apoc. 21. 23). Quelle espérance encourageante alors que le monde autour de nous est plongé dans les ténèbres morales du péché !

Confiance en Dieu

On arrive enfin au bout du tunnel… On voit de mieux en mieux la lumière du jour « qui va croissant, jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4. 18), et devant laquelle la lumière des néons pâlit. À la sortie du tunnel, la pleine lumière du jour est là ; elle nous paraît plus resplendissante que jamais, après que nous en avons été privé pendant la traversée. La nature autour de nous, nous paraît plus belle qu’avant.

Lorsqu’on a cru en Jésus et en son œuvre rédemptrice, on est moralement « retiré du présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4) et on réalise ce qu’est devenu le monde pour le croyant : un système « qui est plongé dans le mal » (1 Jean 5. 19), dans les ténèbres morales du péché et dominé par Satan. S’il n’est plus « du monde », le croyant est toujours « dans le monde » (Jean 17. 14, 16 et 11). Il doit y marcher, il a devant lui la course chrétienne, et c’est un peu comme s’il traversait un sombre tunnel. Mais Dieu, dans sa grâce, fait briller sa lumière sur lui dans l’obscurité du monde, afin de le guider jusqu’à ce qu’il arrive dans « la lumière resplendissante » de sa présence dans le ciel.

Alors qu’il suit son chemin sur la terre, le croyant n’en connaît pas le terme. S’il traverse un sombre « tunnel », il n’en connaît pas la longueur et n’en voit pas la sortie. Mais il se confie en son Dieu et reçoit de Lui la lumière, la direction, les instructions, pour chaque pas de sa marche. Le croyant est quelqu’un de dépendant, d’obéissant et confiant, comme l’a été son divin Modèle sur cette terre – « Christ a souffert pour vous, vous laissant un Modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2. 21).

La lumière de sa face

Veuille le Seigneur nous donner à chacun de le suivre en gardant les yeux fixés sur Lui (Héb. 12. 2), le modèle et le guide, dans un chemin qui sera à l’honneur de notre Dieu, et dans lequel Il marchera avec nous (Luc 24. 15). Quelle assurance, quelles que soient les difficultés du chemin – les « tunnels » à traverser -, de savoir qu’Il est passé dans ce chemin avant nous et qu’Il nous tient par la main sans jamais nous lâcher ! Bientôt, nous verrons la lumière de sa face, qui brillera sur nous dans le bonheur éternel du ciel. Amis croyants, prenons courage, s’il nous faut traverser un « tunnel » dans notre vie, nous avons l’espérance et l’assurance que :

Mais le chemin se termine dans ce pays glorieux

Où luit ta beauté divine, ô Sauveur victorieux.

Là, bonheur incomparable, adorant, glorifiés ;

Nous serons rendus semblables à toi pour l’éternité !

(Hymnes et Cantiques n° 176)

Ph. F. avril 2025

LES PATINS DE RENÉ

– René, dit Mme Dumas, cours au village et rapporte-moi tout ce que j’ai inscrit sur cette liste. Voilà cent francs, ne les perds pas.

Le petit garçon eut vite fait d’arriver au village. L’épicier prit la liste, lui remit les denrées, et René paya avec le billet de cent francs. Comme il était pressé, il prit toute la monnaie dans sa main, puis tout de même, craignant de perdre quelque chose, il s’arrêta, posa son sac, et se mit en devoir de mettre cet argent en sûreté. Mais quoi ! l’épicier s’était trompé. René avait en main deux billets de cinquante francs et de la menue monnaie – il y avait cinquante francs de trop !

– Quelle chance, se dit René, je vais pouvoir acheter des patins ! Grand-père dit que la glace portera encore quinze jours, cela en vaut la peine. Ce sont les camarades qui vont être étonnés ! Et puis je ne vais pas acheter des patins en fer-blanc qui se tordent, non, je trouverai bien, pour ce prix-là, des patins en acier.

– Cet argent n’est pas à toi, fit une voix intérieure, M. Cordier s’est trompé, il faut le lui rendre.

– M. Cordier ne s’apercevra jamais qu’il lui manque cinquante francs, dit le tentateur, j’ai vu son tiroir plein de billets.

– Et si on te demande d’où viennent ces patins ? Il faudra que tu mentes ?

– Je dirais que j’ai trouvé cinquante francs, ce sera presque vrai, c’est une espèce de trouvaille, ça. Et puis je laisserai mes patins chez mon ami Louis, et mes parents ne sauront même pas que j’en ai.

– Cet argent n’est pas à toi.

– Ce serait idiot de laisser échapper une si bonne occasion, continuait le tentateur. M. Cordier n’avait qu’à faire attention ! S’il a été assez bête pour se tromper, je serais encore plus bête en lui rendant l’argent.

La conscience se tut, et René se dirigea vers le magasin de jouets où de beaux patins étincelaient dans la devanture.

– Où vas-tu, René, dirent des camarades qui admiraient les splendeurs qui s’étalaient en l’honneur du Nouvel-An.

– Je vais acheter des patins, dit René fièrement. À ce moment l’horloge de la mairie sonna onze coups.

– Je n’ai pas le temps, s’écria le petit garçon, maman attend ces provisions, mais je reviendrai !

Soudain, en repassant devant l’épicerie de M. Cordier, il s’arrêta. Sa conscience protestait et le mettait mal à l’aise.

Tu es un voleur si tu gardes ces cinquante francs. Entre vite et rends cet argent.

René rougit. Comment avait-il pu penser garder ce billet ! Il ouvrit la porte de l’épicerie et se dirigea vers la caisse où M. Cordier faisait des additions.

– Monsieur, dit-il en lui tendant le billet de cinquante francs, vous m’avez donné ce billet en trop.

– Tu en es sûr ?

– Oh ! oui, dit l’enfant, maman m’avait donné cent francs, votre note était de quarante-deux francs, et voilà la monnaie que vous avez mise dans ma main.

L’épicier compta. L’enfant avait raison.

– Mon pauvre enfant, je suis désolé, tu as dû revenir de chez toi pour me donner cet argent, tu aurais pu attendre à demain.

René rougit.

– Non, je me suis aperçu de la chose quand j’ai quitté votre magasin, mais, d’abord… j’ai cru… qu’avec cet argent… je pourrais acheter des patins… et puis, j’ai compris que ce serait voler…

C’est dur d’avouer qu’on a presque été un voleur !

– Tu as bien fait, mon petit, c’est vrai que je ne me serais pas aperçu que ce billet manquait à ma caisse, mais tu aurais perdu plus que moi, et tu en aurais souffert toute ta vie peut-être. Quand on n’écoute pas sa conscience, elle finit par se taire, et c’est terrible. Mais tu es un brave enfant, et je vais te faire un cadeau.

Tout en parlant, l’épicier avait pris sur un rayon un paquet enveloppé de papier brun. C’était un peu lourd et à travers une déchirure du papier brillait un métal.

– Je viens de recevoir des patins, ils sont excellents. Je crois que cette paire te conviendra.

– Je ne les mérite pas, dit René confus, je n’ai fait que mon devoir.

– Prends-les, ça me fera plaisir, insista M. Cordier, et puis dans deux ou trois ans, quand tu quitteras l’école, viens me trouver si tu as besoin de travail.

Ceci s’est passé il y a plusieurs années. René est devenu le commis, puis l’associé de M. Cordier. Il n’a jamais regretté d’avoir obéi à sa conscience.

D’après La Bonne Nouvelle 1993

LE PETIT GABRIEL ET SA BIBLE

Un petit garçon était absorbé dans la lecture d’un livre qu’il avait devant lui. De temps à autre, il laissait échapper un soupir, qui seul troublait le grand silence de la chambre. À la fin, il ferma le livre et resta plongé dans ses réflexions.

La porte s’ouvrit et son père entra. C’était un grand et bel homme. Il s’approcha et jeta un regard indifférent sur le volume. « Quoi ! des contes encore, Gabriel, tant de lecture n’est pas bonne pour toi, mon garçon ».

L’enfant s’élança dans les bras de son père, mais la tristesse se reflétait encore sur sa figure pâle.

– Papa, dit-il en entourant de ses bras le cou de son père et en appuyant ses boucles dorées sur sa large épaule, est-ce que ce sont des contes ou des histoires vraies, dans ce gros livre ?

– Quel est ce livre, mon garçon ? Il prit le gros volume : « C’est une Bible », ajouta-t-il d’un air de dédain. « Il n’y a rien là qui puisse intéresser un petit garçon comme toi ». Et il le remit en place.

Mais Gabriel ne garda pas le silence.

– Il est question d’un homme qu’on a battu, continua-t-il ; on lui a craché au visage, mis sur la tête une couronne d’épines, et on l’a pendu sur une croix.

– Qu’est-ce que cela te fait ! répliqua le père, ne sachant que répondre et détournant les yeux du regard suppliant de son petit garçon.

– Je désire savoir si c’est vrai, et pourquoi on l’a pendu sur la croix. Était-il un bien méchant homme ?

Le père fut troublé. Il connaissait l’histoire du Sauveur ; il savait fort bien que Christ avait souffert pour un monde coupable. Sa femme, une aimable chrétienne que Dieu avait rappelée à Lui, lui avait souvent parlé du Sauveur. Mais ce sujet le remplissait de pensées dures et rebelles.

Hélas, semblable à beaucoup d’autres, le père de Gabriel n’avait jamais reconnu qu’il était un pécheur devant Dieu. C’était un homme moral, respectable, honnête devant tous, mais tristement ignorant de Dieu. Il n’avait jamais pris conscience de sa culpabilité devant ce Dieu saint et juste. Il ne pensait à Lui que comme à un Maître dur. Une grande épreuve était tombée sur lui par la mort prématurée de son épouse qu’il aimait beaucoup, et il attribuait ce malheur à un manque d’amour de la part de Dieu, ne voyant rien au-delà de son égoïsme. Pour ce cœur ignorant et rebelle, Dieu n’était pas un Dieu d’amour, mais Celui qui avait ravi son plus grand trésor, ne laissant autour de lui que des ténèbres sur lesquelles jamais la lumière ne brillerait.

Il déposa par terre son petit garçon et, les sourcils froncés :

– Non, Gabriel, ce n’est pas vrai. Maintenant, va jouer dehors et ne me pose plus de sottes questions.

En dépit d’un calme apparent, sa conscience n’était pas à l’aise. Mais ce père pensait peu qu’une autre épreuve était sur son chemin ; elle le frappa comme éclate un orage terrible en plein été.

Dans la chambre, il fait sombre, les rideaux sont tirés, il règne un silence de mort qu’interrompent seuls des gémissements. Le petit Gabriel est dans son lit, les joues brûlantes et les yeux brillants de fièvre.

– Ô papa ! je vois les gouttes de sang sur son front ! Pourquoi l’ont-ils tué ?

« C’est une histoire qu’il a lue juste avant de tomber malade », dit le père au docteur qui le questionnait du regard.

– Eh bien, tenez-le tranquille, dit le docteur en quittant la maison, je reviendrai cet après-midi.

Aussitôt que la porte fut fermée, le père s’assit au chevet de son petit garçon, attentif aux différentes expressions de sa figure attristée jusqu’à ce que ses yeux brûlants se ferment, et qu’il tombe dans un profond sommeil.

Qui pourrait dire les pensées de ce père veillant son enfant ? Il se rappelait son mensonge avec une honte écrasante. Mais ce n’était que le point de départ, une de ces choses dont Dieu se sert pour montrer à un homme sa condition réelle de pécheur perdu. Pour la première fois, il avait conscience de sa culpabilité.

Au seuil de l’Éternité, toute sa vie passa devant lui, et il lui parut que chaque pensée, chaque parole et chaque action l’accusait devant Dieu. Il reconnut avoir mis de côté Dieu dans tous les détails de son existence, dont il avait été jusqu’alors si satisfait. Le sentiment écrasant d’avoir, non seulement oublié Dieu, mais même de l’avoir méprisé dans son cœur, l’accablait. Il reconnaissait maintenant pour la première fois qu’il était un pécheur devant Dieu. Il apprenait que Dieu est lumière et qu’en Lui il n’y a point de ténèbres. Mais cette lumière le condamnait et, sachant qu’il le méritait, il était disposé à se laisser condamner.

Ignorant la bonté de Dieu, il considérait l’épreuve présente comme un châtiment de sa rébellion.

– Ô Dieu, j’ai péché contre toi, murmura-t-il, dans l’agonie des regrets et de la repentance. Prendras-tu l’enfant comme tu as pris la mère ?

Mais non ; les voies de Dieu ne sont pas nos voies ! Une heure après, le petit Gabriel se réveilla sans fièvre et paisible.

Le cœur plein de reconnaissance, le père se pencha vers lui et plaça sa petite tête sur son épaule. La réalité de son repentir se manifesta tout de suite. Il ne pouvait pas renvoyer un instant l’aveu de la vérité à son enfant.

– Gabriel, dit-il avec affection, je sais que l’histoire que tu as lue te préoccupe. Ce n’est pas un conte, mon enfant.

Il était étrange de voir comment la douce histoire de la croix, avec son amour profond et sa compassion infinie, avait pris possession de ce petit garçon isolé dans cette demeure loin sur la montagne. Aux paroles de son père, il leva des yeux avides de savoir.

– Qui est-il, papa ? demanda-t-il.

C’est Jésus Christ, le Fils de Dieu, répondit le père profondément ému.

Quelle signification brillait dans ces mots : Jésus Christ le Fils de Dieu ! Il est le Fils de Dieu, il doit être le don de Dieu, et s’il est le don de Dieu à un monde ruiné et coupable, il doit y avoir miséricorde auprès de Dieu pour le pauvre pécheur. Jésus Christ était-il l’expression de cet amour ? Toute l’histoire de la croix, le Juste souffrant pour les coupables, Christ, l’Agneau de Dieu, le Substitut du pécheur subissant le jugement de Dieu, ces pensées merveilleuses, d’autres encore vinrent remplir, comme un fleuve de bénédictions, l’âme de ce père. Il crut « du cœur » et sa bouche le confessa. Il reçut le salut.

« Jésus Christ » … répéta son fils, tandis que ses pensées se reportaient à sa tendre enfance. Que ce nom lui était familier alors ! Comme il l’avait souvent entendu des lèvres de celle qui maintenant était avec son Sauveur bien-aimé.

– Pourquoi l’ont-ils tué, papa ? demanda-t-il.

– Ô Gabriel, répondit le père en serrant son petit garçon dans ses bras. Il mourut pour toi, pour moi et pour tous afin que nous puissions être sauvés et passer l’éternité avec Lui.

Là, dans cette chambre obscure où la mort avait presque fait son apparition, ce père raconta à son fils l’antique et merveilleuse histoire de Jésus et de son amour. Elle apporta la joie au cœur naïf de l’un, au cœur endurci de l’autre. Comme le volume négligé depuis si longtemps devint précieux à tous les deux ! Ils apprirent chaque jour à connaître l’amour de Celui qui avait quitté les demeures célestes pour venir dans ce pauvre monde et y mourir afin que ceux qui croient en l’efficacité de son sang puissent recevoir la vie éternelle.

« Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors » (Jean 6. 37).

D’après La Bonne Nouvelle 1993