HUMILITÉ

« Car, du fait qu’il a souffert lui-même (Jésus), étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » Hébreux 2. 18.

« Que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même » Philippiens 2. 3.

(Jésus dit : ) « Je suis doux et humble de cœur » Matthieu 11. 29.

« Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » 1 Pierre 5. 5.

– La véritable humilité ne consiste pas à avoir une mauvaise opinion de soi-même, mais à penser à soi le moins possible.

– Prendre conscience de nos erreurs et nous confier dans le pardon de Dieu nous rend humbles. Ce qui nous maintiendra dans l’humilité, c’est la certitude que Dieu est plein de grâce et qu’Il nous aime inconditionnellement quelle que soit notre condition.

– Un ouragan peut déraciner des arbres, mais il n’a aucun pouvoir sur la touffe d’herbe. La tentation de l’orgueil n’a aucune prise sur celui qui est humble.

– Plus nous nous tenons près de Dieu, plus nous nous sentons petits dans la présence de sa majesté. C’est cela seulement qui nous aidera à estimer les autres supérieurs à nous-même (voir Phil. 2. 3).

– Un chrétien humble ne s’offense de rien et fait attention à n’offenser personne. Il est toujours prêt à rendre service aux autres, parce qu’Il a appris de Jésus combien il est gratifiant de servir.

– Les branches qui portent le plus de fruits sont celles qui plient le plus bas : accomplir les bonnes œuvres que Dieu a préparées pour nous, nous aidera à rester humbles.

– Plus le courant est fort, plus le lit du fleuve est profond. De même, plus nous ressentirons le sentiment de la grâce de Dieu, plus nous serons humbles.

D’après « Il buon seme » – mai 2013

FORTIFIE-TOI ET SOIS FERME

« Attends-toi à l’Éternel  ; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme : oui, attends-toi à l’Éternel » Psaume 27. 13.

L’exhortation « Fortifie-toi et sois ferme » est adressée, dans la Bible, à deux croyants qui avaient des missions difficiles à remplir.

– Dieu avait désigné Josué comme successeur de Moïse. Il allait devoir conduire le peuple dans le pays de Canaan, ce qui n’allait pas être une tâche facile. Moïse le savait par sa propre expérience. C’est pourquoi il encourage Josué : « Fortifie-toi et sois ferme ; car toi, tu entreras avec ce peuple dans le pays que l’Éternel a juré à leurs pères de leur donner, et toi, tu le leur feras hériter. Et l’Éternel est celui qui marche devant toi ; lui, sera avec toi ; il ne te laissera pas et il ne t’abandonnera pas  : ne crains pas, et ne t’effraie pas » (Deut. 31. 7 et 8).

– David, le roi, avait fait des préparatifs importants pour la construction du temple de Jérusalem. Selon le décret de Dieu, c’est son fils, Salomon, qui allait devoir se charger de cette grande œuvre. Afin de soutenir Salomon dans ce travail important, son père l’encourage par ces paroles : « Fortifie-toi, sois ferme et agis ; ne crains pas et ne t’effraie pas ; car l’Éternel Dieu, mon Dieu, sera avec toi : il ne te laissera pas et ne t’abandonnera pas, jusqu’à ce que soit achevé tout l’ouvrage du service de la maison de l’Éternel » (1 Chron. 28. 20).

Ces paroles encourageantes s’appliquent aussi à nous. Nous devons parfois faire face à des tâches difficiles, qui nous submergent. Mais nous avons l’assurance et le réconfort de savoir que le Seigneur sera avec nous.

D’après « The Good Seed » mai 2025

LA CONFIANCE RÉCOMPENSÉE

Un des premiers colons dans l’Amérique occidentale fut un juge nommé White ; c’était un homme pieux, et en même temps courageux, hardi et décidé dans tous ses actes.

Le lieu où il s’établit était situé dans une épaisse forêt ; tout autour habitaient les tribus des Indiens. À la famille du juge se rattachait sa fille, une jeune veuve, qui depuis la mort de son mari habitait chez son père, avec son fils, un charmant et robuste petit garçon âgé de quatre ans. Le colon intelligent jugea comme son premier devoir de se gagner si possible les cœurs des Indiens qui vivaient dans son voisinage. Pour cela, il chercha à entrer en relations avec leurs chefs et de conclure avec eux des traités qui pussent amener une amitié durable.

Il fit tout son possible pour témoigner de ses honnêtes sentiments.

La plupart des chefs, par curiosité, et aussi en partie par cupidité, entrèrent en négociation avec le blanc inconnu. White ne manquait pas de faire des présents ; ainsi il parvint peu à peu à se rendre les Indiens favorables et à les décider à faire avec lui une alliance amicale. Un seul, et précisément le plus puissant et le plus influent, celui à l’amitié duquel White tenait le plus, se tenait encore éloigné. Il s’appelait Sachem. Toutefois, notre ami ne perdait pas l’espoir de le gagner lui aussi. À différentes reprises, il envoya un messager chez lui, et un jour celui-ci apporta la nouvelle réjouissante que le puissant chef apparaîtrait lui-même le jour suivant pour traiter avec White.

Le lendemain matin, à l’heure indiquée, le chef arriva en effet, revêtu de tous les signes de la dignité de son rang. Sur sa tête, il portait la couronne bien connue de plumes d’aigles. Autour de son cou pendait une chaîne garnie des griffes d’un ours. Sa veste à franges et ses pantalons étaient en cuir, et aux pieds, il portait des mocassins garnis de perles ; une large fourrure complétait ce pittoresque accoutrement. Reçu avec tous les honneurs dus à son rang, Sachem fut introduit dans la maison.

« Quel est le désir de mon frère ? » demanda le chef avec dignité après qu’on se fut assis.

« Nous désirons, répondit calmement White, vivre en paix parmi nos frères rouges et leur apporter les riches bénédictions de la civilisation chrétienne. En retour, nous leur demandons seulement leur estime et leur amitié ».

Le chef écouta d’un air impassible ; puis, après un instant de silence, il répondit d’un ton solennel : « Les paroles de mon frère blanc sonnent très bien, mais il promet davantage qu’il ne demande ; quel gage donnera-t-il que ses paroles sont vraies ? »

« N’ai-je pas, répliqua White, eu confiance, pour ma vie et celle des miens, dans les bons sentiments de mes frères rouges et ainsi témoigné combien je tiens à leur amitié ? Qu’est-ce que mon frère désire de plus de moi ? »

« Je vais le dire à mon frère, » répondit le chef avec force. « Un témoignage aussi simple de confiance ne me suffit pas ; j’exige de mon frère une preuve de sa confiance personnelle ».

En disant ces mots, il prit dans ses bras le petit Alfred, qui déjà, depuis un long moment, admirait l’étranger et s’amusait à manier les décorations colorées que celui-ci avait à son pourpoint ; puis le chef ajouta :

« Mon frère me témoignera sa confiance en m’abandonnant pour trois jours ce petit garçon aux cheveux dorés. Je donne ma parole à mon frère, de le lui ramener sain et sauf ».

La mère de l’enfant, qui avait déjà observé avec une frayeur secrète les mouvements de l’Indien, devint pâle comme la mort en entendant ses dernières paroles. Et quand elle vit les yeux noirs, étincelants du chef, dirigés sur elle, elle ne put pas se dominer plus longtemps. Poussant un cri d’effroi, elle se précipita sur son enfant, le prit dans ses bras et s’enfuit vers la sortie ; pourtant son père, qui lui-même était effrayé de la proposition de l’Indien, mais qui savait bien que ce moment était très important, la retint et lui dit en anglais :

« Marguerite, écoute-moi un instant, je t’en prie. Ton petit garçon est aussi bien le mien que le tien ; aussi tu peux en être sûre, je ne permettrai jamais qu’on lui fasse le moindre mal. Mais, dans ce moment, nous ne pouvons pas montrer de la défiance au chef, car tout alors serait perdu. Dieu, qui a gardé notre cher enfant jusqu’à présent, sera aussi son protecteur dans la tente du chef. Et nous, qui avons abandonné nos vies entre les mains des Indiens, ne devons-nous pas confier à leur garde notre petit AIfred pour trois journées ? »

Les paroles intelligentes du père ne manquèrent pas de produire leur effet ; la jeune femme comprit que, si elle ne voulait pas offenser l’Indien à mort et en faire son ennemi pour toujours, elle devait céder à son désir. Aussi, elle s’avança vers le chef, en tenant ses lèvres fortement comprimées, afin de cacher sa douleur et son anxiété puis elle posa l’enfant sur les genoux de l’Indien. Mais alors, subjuguée par ses sentiments, elle éclata en pleurs. Il sembla presque qu’un trait de compassion passa sur le visage de fer de l’Indien, quand il regarda un instant l’affligée. Il prit l’enfant qui avait l’air de se plaire en la compagnie de l’homme rouge et, le tenant par la main, disparut peu après dans la forêt.

Des heures d’attente angoissante s’écoulèrent lentement dans la maison du colon. La pauvre mère ne faisait que se demander quel pouvait être le sort de son petit Alfred. Que faisait-on de lui ? Était-il soigné et caressé, comme il y était habitué ? ou bien subissait-il un mauvais traitement, des coups, ou même des tortures ? Ces affreuses gens n’essayeraient-ils peut-être pas d’en faire un des leurs et de le tatouer ? La pauvre mère se tourmentait sans cesse par de telles questions. Son pauvre cœur agité n’était pas capable de se confier avec foi à Celui qui domine toutes choses et qui incline comme des ruisseaux d’eau les cœurs des hommes, même ceux des incrédules.

Le grand-père s’efforçait de consoler sa pauvre fille, mais bien qu’il parvint à ne montrer aucune inquiétude, il n’était pas toutefois sans souci. Il se fiait bien de tout son cœur à la main puissante de Dieu qui protégea Joseph parmi les Ismaélites et se tint près de lui dans la prison, qui délivra Daniel de la fosse aux lions et fit sortir les trois jeunes gens sains et saufs de la fournaise ardente. Bien d’autres exemples lui revenaient en mémoire des soins de Dieu et de délivrances opérées par sa grâce ; mais malgré tout, toujours cette question pleine d’angoisse surgissait sans cesse à son esprit : N’était-ce pas imprudent et insensé de confier le petit garçon innocent aux mains des cruels Indiens ?

Ainsi s’écoulèrent deux jours et trois nuits. Enfin le dernier jour apparut. Mais combien le soleil était lent à s’avancer dans le ciel ! Le cœur de la pauvre mère tremblait dans une attente angoissante. L’heure de midi s’approchait et l’on n’apercevait pas encore les deux êtres attendus avec tant d’impatience. L’après-midi se passa, mais toujours pas de traces du chef et de l’enfant. Toute en pleurs, la pauvre mère, presque au désespoir, se tenait à genoux à l’endroit où elle avait remis l’enfant à l’Indien.

Le juge aussi était tourmenté par une profonde inquiétude et s’accusait amèrement. Il ne pouvait rester un seul instant à la même place : il errait de la chambre à l’écurie, puis sur le chemin que Sachem avait pris avec l’enfant trois jours avant. Mais aussi loin que ses yeux puissent regarder, il n’apercevait rien.

La forêt silencieuse se dressait devant lui, noire et impénétrable.

Le soleil allait se coucher et déjà White se demandait s’il ne devait pas se mettre en route pour aller réclamer son enfant à l’Indien. Mais soudain ses yeux pénétrants aperçoivent entre les arbres les plumes d’aigle qui ornaient la tête de Sachem. Il se précipita dans la maison pour l’annoncer à sa fille.

Le lecteur peut se figurer avec quels sentiments fut reçue sa nouvelle. La joie était presque trop grande pour le cœur de la mère. La jeune femme s’élança dehors en poussant un cri de joie et un instant après le petit Alfred était dans les bras de sa mère, ivre de bonheur. Il était habillé en Indien, avec un bouquet de plumes sur la tête et des décorations de toutes les couleurs aux bras et aux jambes.

« Mon frère blanc a gagné, dit le chef calmement, la paix et l’amitié existeront entre lui et ses frères rouges ».

En disant ces mots, il se détourna et disparut dans l’ombre des arbres. Quant au colon et aux siens, ils vécurent calmement et en paix au milieu des tribus des Indiens.

C’est une histoire simple, mais saisissante, n’est-ce pas, mes chers jeunes amis ? Mais ne vous souvenez-vous pas d’une autre, bien plus saisissante encore et avant tout beaucoup plus importante ? Vous savez bien ce que j’entends. Dans notre histoire, la mère et le grand-père ont confié leur cher enfant à un Indien, afin de s’assurer par ce moyen une vie tranquille dans une forêt dangereuse.

Mais Dieu a abandonné son bien-aimé Fils unique entre les mains d’hommes méchants, sachant bien d’avance qu’ils le maltraiteraient et le tueraient. Pourquoi a-t-il fait cela ? Pour lui-même ? Non, mais bien pour vous, par amour pour vous, afin que vous puissiez avoir une vie tranquille et heureuse par la foi au sang de Christ et à sa mort expiatoire.

Mes chers amis, avez-vous déjà une fois rendu grâces au Dieu bon et fidèle, qui a livré son Fils entre les mains des pécheurs, pour vous sauver de la perdition éternelle ? Et l’avez-vous reçu, l’Agneau de Dieu, pour votre Sauveur ? C’est de votre réponse à cette question que dépend votre salut éternel. « Qui croit au Fils, a la vie éternelle, mais qui ne croit pas au Fils, ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ». C’est une parole magnifique, mais en même temps extrêmement sérieuse. Que voulez-vous choisir ? « La vie éternelle » ou la « colère de Dieu » ? Décidez-vous encore aujourd’hui pour la première, de peur qu’une destruction subite ne vienne sur vous et que vous ne soyez perdu à toujours !

D’après La Bonne Nouvelle 1907

CHARBONS ARDENTS

Un vieux pêcheur rentrait à la maison ; il venait de la forêt qui était, à ce moment-là, toute dégarnie de ses belles feuilles. Engourdi par le froid, il portait sur son dos une lourde charge de bois sec. Il avançait péniblement sur le sentier couvert de neige ; ce sentier passait devant la maison du garde-forestier et franchissait ensuite un pont de bois, pour aboutir à sa pauvre chaumière. Le vieillard allait poser son pied sur le pont quand il fut forcé de s’arrêter en entendant crier : Halte ! tout près de lui. Le garde-forestier, un homme grossier et dur, avait aperçu le vieillard avec sa charge.

– Halte, mon vieux, répéta-t-il, où avez-vous trouvé ce bois ? Il ne vous appartient pas ! Vous l’avez volé !

Le vieillard, effrayé, lui répondit :

– Non, je ne l’ai pas volé.

– N’ajoutez pas encore à cela un mensonge ! cria le garde en colère ; hier pour la première fois j’ai coupé du bois dans la forêt : il y est resté, et c’est vous qui l’avez pris. Posez-le à terre.

– Non, répliqua le pêcheur, je l’ai recueilli dans la forêt, morceau après morceau, honnêtement, et comme il est permis de le faire.

Mais tout ce qu’il put dire, ne servit de rien. Le tyran arracha brutalement le bois de dessus les épaules du vieillard et le jeta dans la rivière.

– Qu’ainsi la querelle soit terminée, cria-t-il ensuite en se moquant, et en jetant un dernier regard railleur au vieillard. Puis il rentra chez lui, laissant le pauvre homme qu’il venait de priver cruellement du fruit de son pénible travail. Affligé, le vieux pêcheur le regarda s’en aller, puis rentra en pleurant dans sa chaumière.

Quelques jours plus tard, le temps changea ; il fit chaud et la neige fondit ; la couche de glace qui avait recouvert l’eau par places se fendit et des quartiers de glaçons plus ou moins gros descendirent la rivière ; celle-ci grossit rapidement. Le pont en bois était en danger d’être emporté : les glaçons frappaient avec fracas les piliers vermoulus. Le pêcheur était occupé à réparer sa barque ; de temps en temps, il regardait le pont, en secouant la tête ; il savait que ce dernier ne pourrait pas résister longtemps à ces terribles coups. Soudain, il aperçut Frédéric, le petit garçon du garde-forestier, qui se préparait à le franchir. Notre vieil ami lui cria de ne pas aller plus loin, car il mettait sa vie en danger. Pendant qu’il parlait encore, la voix furieuse du père de l’enfant retentit de l’autre côté de la rivière : « Passe rapidement, lui dit-il, le pont ne va pas encore se briser ; n’écoute pas ce vieux radoteur, mais viens vite ».

Frédéric obéit. Le pont trembla et vacilla ; plusieurs coups frappèrent successivement les piliers, et subitement arriva ce qui était à redouter : un fracas assourdissant, les vagues s’élevant en écumant, et en même temps des cris aigus d’angoisse. Le pont céda et fut emporté par le courant, et avec lui aussi le malheureux enfant qui criait au secours d’une voix déchirante. Il se cramponnait encore solidement à une poutre, mais risquait fort d’être assommé par les pièces de bois et les glaçons.

Au désespoir, le père courait au bord de la rivière en criant et se tordant les mains.

Et que fit le vieux pêcheur ? Avec le courage et la force d’un jeune homme, il lança sa barque contre les vagues qui s’élevaient toujours plus haut, pénétra au milieu des glaçons et des poutres et parvint, avec l’aide de Dieu, à saisir l’enfant, à l’arracher aux eaux qui allaient l’engloutir et à le ramener sain et sauf à l’autre rive.

– Voici, je vous ramène votre fils, dit-il alors d’un ton affectueux au garde-forestier, comme vous voyez, il n’est qu’épuisé par la peur et l’émotion. Portez-le vite à la maison et dans son lit.

Le père se tenait là silencieux. Il n’osait pas lever les yeux vers le sauveur de son fils.

– Pardonnez-moi, noble vieillard, parvint-il enfin à dire, pendant qu’un torrent de larmes lui coulait sur les joues, pardonnez-moi ma conduite détestable à votre égard !

– Qu’ai-je encore à vous pardonner ? répliqua amicalement le vieux pêcheur. Ne me suis-je pas assez vengé ?

Le lecteur peut s’imaginer que les rapports entre les deux hommes furent à l’avenir différents de ce qu’ils avaient été auparavant. Le vieux pêcheur avait su comment amonceler des charbons ardents sur la tête de son ennemi ; il avait agi dans l’esprit et selon le commandement de Jésus-Christ : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent et faites du bien à ceux qui vous haïssent ».

D’après La Bonne Nouvelle 1907

TRADUCTION DE FEUILLETS (170)

« Vous avez l’onction de la part du Saint et vous connaissez tout… L’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous » 1 Jean 2. 20 et 27.

ÊTRE GARDÉS FIDÈLES À LA PAROLE

Ces paroles ont été écrites par l’apôtre Jean âgé aux petits enfants – ceux qui étaient récemment convertis. Il leur dit ensuite : « Petits enfants, c’est la dernière heure ». Nous savons par cela comme il est important que le Saint Esprit rende même de jeunes croyants familiers avec le caractère du temps dans lequel nous vivons, le temps où des doctrines anti-chrétiennes se répandent rapidement, afin que les croyants fidèles soient soigneusement maintenus (ou ramenés) à ce qui était dès le commencement, Christ Lui-même.

Remarquez que ce conseil n’est pas donné seulement aux pères (les hommes âgés et ayant l’expérience de la vérité), mais à tous les enfants de Dieu. Il leur est dit qu’ils ont l’onction de la part du Saint, c’est-à-dire le témoignage de la naissance, de l’œuvre, de la croix, de la résurrection et de l’ascension au ciel de Jésus Christ, que le Saint Esprit a rendu à leur cœur et dans leur cœur. Avoir accepté cela et avoir foi dans ce témoignage les met à part et les rend saints.

Puisque l’Écriture affirme clairement que le Saint Esprit et cette onction demeurent en nous, croyants, pour toujours, il serait erroné pour nous de prier comme le faisait David : « Ne m’ôte pas ton esprit de sainteté » (Ps. 51. 13). Nous, comme croyants, sommes scellés, et habités par le Saint Esprit, et Il est pour nous les arrhes (l’avance de paiement comme garantie) de notre rédemption, de notre héritage à venir. Il nous accompagne pendant que nous sommes sur cette terre, et nous rappelle constamment la valeur précieuse de la personne et de l’œuvre du Sauveur. Il est aussi notre capacité pour comprendre les choses célestes que nul œil n’a vues, que nulle oreille n’a entendues, et qui ne sont jamais montées au cœur de l’homme par des voies naturelles.

D’après The Lord is near janvier 1978

« Sois pour moi un rocher d’habitation, afin que j’y entre continuellement » Psaume 71. 3.

« Seigneur, auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jean 6. 68.

LE SECOURS DU SEIGNEUR NE MANQUE JAMAIS

Un croyant très malade écrivait ceci : Je suis reconnaissant qu’il y en ait encore quelques-uns qui pensent à moi. Je suis certain qu’ils font cela par amour pour le Sauveur. Une chose est tout à fait certaine : tout est grâce. Plus d’une fois j’ai pu voir comme Il vient avec grâce pour m’aider. Cela a toujours été un grand réconfort dans ma solitude. Je suis habituellement seul dans ma chambre parce que les visites sont rares. Il y a aussi des moments où je pleure beaucoup. Mais quand je me laisse aller à pleurer, si je m’attache à Lui, quand je Lui dis : Seigneur, ne suis-je pas ton enfant ? S’il te plaît, aide-moi comme tu l’as promis et comme tu l’as déjà fait – alors Il vient toujours m’aider. C’est tellement merveilleux qu’on ne peut pas l’exprimer avec des paroles. Je ne pouvais pas chanter avant qu’Il me réconforte ainsi, mais ensuite je chante réellement. Il peut réconforter mieux qu’une mère. J’ai éprouvé cela bien des fois.

Oui, qu’il est précieux d’avoir un endroit où se réfugier ! Ce jeune homme était paralysé depuis l’âge de 16 ans. Mais sa lettre montre qu’il savait où se cacher dans le Seigneur, où il cherchait et trouvait toujours la paix, bien que quelquefois avec des larmes. Le Seigneur est véritablement « un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » (Ps. 46. 1). « Il y aura un homme qui sera comme une protection contre le vent et un abri contre l’orage, comme des ruisseaux d’eau dans un lieu sec, comme l’ombre d’un grand rocher dans un pays aride » (És. 32. 2).

D’après The Lord is near janvier 1978

L’ANCRE DE MON ESPOIR

Deux amis ont organisé régulièrement un stand biblique dans le but de répandre l’Évangile. Un jour, ils reçurent le message suivant :

Je vous encourage à continuer à faire connaître votre position aux personnes sans espoir et à diffuser la bonne nouvelle. Beaucoup de gens se portent bien matériellement, mais n’ont pas d’objectif clair dans la vie. J’en faisais partie aussi.

Je viens d’une famille chrétienne et j’avais de bons amis. Matériellement, je ne manquais de rien, mais j’étais malheureux depuis des années. Finalement, j’ai décidé de tourner le dos à la communauté chrétienne fréquentée par mes parents. Je n’étais tout simplement plus convaincu que la vie dans une telle communauté avait un sens. Au lieu de cela, je pensais que croire en Dieu suffirait. Je me suis intéressé à différentes religions et philosophies, mais je n’en avais aucune ; cela ne m’a apporté aucun soutien intérieur.

Cependant, il y a environ deux ans, j’ai vécu une crise qui m’a transformé. J’ai étudié l’Évangile de Dieu et découvert que seul le Dieu de la Bible est capable de nous libérer du péché. Et tout ce qui me séparait de Lui, Jésus-Christ l’a pris sur Lui. Cette ferme conviction est l’ancre de mon espérance. J’ai maintenant la certitude : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est mort sur la croix pour endurer le châtiment de mes péchés. Puis Jésus est ressuscité des morts. Savoir cela me rend infiniment heureux.

Aujourd’hui, le stress et les soucis quotidiens ne me privent pas de la certitude que Jésus me conduira en toute sécurité… Votre service pour le Seigneur m’a beaucoup aidé.

BERACA 74 : LE ROI SALOMON

À la suite des seize parutions sur le roi David, comment passer sous silence le règne de Salomon, son fils, sans s’arrêter sur les instructions que nous pouvons tirer de son parcours ? David, au terme de sa vie, réunit le peuple « et dit à toute la congrégation : Salomon, mon fils, le seul que Dieu ait choisi, est jeune et délicat, et l’ouvrage est grand, car ce palais n’est pas pour un homme, mais pour l’Éternel Dieu » (1 Chron. 29. 1). Il introduit son successeur en parlant de ce qui lui tient à cœur, « la maison de l’Éternel ». Des biens que l’Éternel lui a accordés, il en a donné en abondance, pour la construction de cette maison appelée aussi « le temple ». Il s’est réjoui de ce que les chefs de tout ordre, ainsi que le peuple, ont offert volontairement. Une prière d’actions de grâces s’élève de son cœur et une requête bien légitime : « Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac, et d’Israël, nos pères, garde ceci à toujours dans l’imagination des pensées du cœur de ton peuple, et dirige leurs cœurs vers toi. Et donne à mon fils Salomon un cœur parfait, pour garder tes commandements, tes témoignages et tes statuts, et pour tout faire, et pour bâtir le palais que j’ai préparé » (v. 18 et 19).

« Et David dit à toute la congrégation : Bénissez l’Éternel, votre Dieu. Et toute la congrégation bénit l’Éternel, le Dieu de leurs pères ; et ils s’inclinèrent, et se prosternèrent devant l’Éternel et devant le roi. Et, le lendemain de ce jour, ils sacrifièrent des sacrifices à l’Éternel, et offrirent des holocaustes à l’Éternel : mille taureaux, mille béliers, mille agneaux, et leurs libations ; et des sacrifices en abondance pour tout Israël. Et ils mangèrent et burent devant l’Éternel ce jour-là, avec une grande joie ; et pour la seconde fois ils établirent roi Salomon, fils de David, et l’oignirent pour l’Éternel comme prince, et Tsadok comme sacrificateur » (v. 21 à 22).

« Et Salomon s’assit sur le trône de l’Éternel, comme roi à la place de David, son père, et il prospéra ; et tout Israël lui obéit. Et tous les chefs et les hommes forts, et aussi tous les fils du roi David, se soumirent au roi Salomon. Et l’Éternel agrandit Salomon à un très-haut degré aux yeux de tout Israël, et lui donna une majesté royale telle qu’aucun roi avant lui n’en avait eu en Israël » (v. 23 à 25).

Les règnes de ces deux rois forment un tout. David fut un type de Christ rejeté, puis accédant au trône et assujettissant progressivement les nations qui cherchaient, encore et toujours, à s’opposer au peuple de Dieu. Il s’agit des Philistins, des Moabites, des Syriens, des Édomites et des fils d’Ammon (1 Chron. 19 et 20). Tous les ennemis traditionnels d’Israël assujettis par David préfigurent le moment où Dieu assujettira toutes choses à Christ et mettra ses ennemis pour marchepied de ses pieds (voir Héb. 1. 13 ; Ps. 110. 1 ; Héb. 2. 8 ; Ps. 8. 4 à 6). Salomon, lui, est un type de Christ glorifié dans son règne promis et annoncé (Ps. 72 ; 1 Cor. 15. 25). Par David, Dieu manifesta sa grâce envers un peuple rebelle. Nous voyons cela quand la colère de l’Éternel s’était embrasée contre Israël et que beaucoup mouraient : David, sur l’aire d’Arauna, qui est le mont Morija, bâtit un autel à l’Éternel, « et la plaie fut arrêtée de dessus Israël » (2 Sam. 24. 1 et 25 ; 2 Chron. 3. 1).

Il y a un contraste immense entre le mont Morija et le mont Sinaï. Lorsque la loi fut donnée à Moïse, « la montagne de Sinaï fumait, parce que l’Éternel descendit en feu sur elle » (Ex. 19. 18) ; cette loi condamnait quiconque la transgresserait, et quand Moïse descendit de la montagne, avec les tables « écrites du doigt de Dieu », trois mille hommes moururent à cause du veau d’or qu’Aaron avait fait et que le peuple adorait (Ex. 31. 18 ; 32. 28). En contraste, sur le mont Morija, le feu, venu du ciel, consume l’holocauste et la plaie s’arrête. L’holocauste est une image frappante de Christ, qui « à cause de la transgression de mon peuple, a été frappé » (És. 53. 8). Morija, sur lequel sera bâti le temple, parle de la grâce. Si la loi a été donnée par Moïse, « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » et par Lui, en vertu de sa mort et de sa résurrection, Dieu donne la vie éternelle à « quiconque croit en Lui » (Jean 1. 17 ; 3. 16).

David a reçu des promesses, en ce que : « L’Éternel a juré à David en vérité, il n’en reviendra pas : Je mettrai du fruit de ton ventre sur ton trône » (Ps. 132. 11). Et si David a rendu « par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient » (1 Pier. 1. 11), l’apôtre Paul, dans son discours à Antioche de Pisidie, présente la mort de Christ et ajoute : « Or [que Dieu] l’ait ressuscité d’entre les morts, pour ne devoir plus retourner à la corruption, il l’a dit ainsi : « Je vous donnerai les grâces assurées (immuables) de David » (Act. 13. 34 ; És. 55. 3).

Les fils de Coré, conduits par l’Esprit de Christ, l’ont exprimé ainsi : « L’Éternel donnera la grâce et la gloire ; il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité » (Ps. 84. 11). La grâce a été donnée en David et par anticipation, à Morija, parce que « l’Éternel a choisi Sion ; il l’a désirée pour être son habitation : C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée » (v. 13 et 14). La gloire est vue lorsque Salomon monte sur le trône. Il est ce « roi de justice et aussi… roi de paix » à l’instar de Melchisédec (Héb. 7. 2), annonçant par avance la gloire d’un plus grand que lui, Christ qui est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc. 22. 13).

Naissance de Salomon : « Bath-Shéba…, enfanta un fils, et il appela son nom Salomon (pacifique) ; et l’Éternel l’aima ; et il envoya par Nathan le prophète, et l’appela du nom de Jedidia (bien-aimé de l’Éternel), à cause de l’Éternel » (2 Sam. 12. 24 et 25).

Les événements précédant l’accession de Salomon au trône : Adonija, un des fils de David, s’élève dans son cœur et se fait proclamer roi à la place de son père. Pour ce faire, il a corrompu Joab, chef de l’armée, et Abiathar, chef de la sacrificature. Bath-Shéba rappelle à David sa promesse concernant Salomon, son fils (1 Rois 1. 17). Alors, devant David et tout le peuple, Salomon est proclamé roi ; Tsadok sera chef de la sacrificature, et Benaïa, chef de l’armée. « Et les jours de David s’approchèrent de la mort ; et il commanda à Salomon, son fils, disant : … Fortifie-toi, et sois un homme ; et prends garde à ce qui doit être observé devant l’Éternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies, en gardant ses statuts, et ses commandements, et ses ordonnances, et ses témoignages, comme il est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses » (1 Rois 2. 1 et 2).

GÉRER DES POSSESSIONS

« Donnez, et il vous sera donné » Luc 6. 38.

Ce qui est à moi est à moi : c’est de l’égoïsme. Les gens insistent sur ce qui leur appartient. Ils essaient jalousement de protéger leurs possessions de l’atteinte des autres. Le Seigneur Jésus nous avertit des conséquences : « Faites attention, et gardez-vous de toute avarice ; car quelqu’un a beau être dans l’abondance, sa vie ne dépend pas de ses biens » (Luc 12. 15).

Ce qui à toi est à toi : C’est ce qui est juste ! Paul attachait une grande importance à cela dans son ministère. Il ne demandait jamais d’aide. À ce sujet, il pouvait dire aux croyants de Thessalonique : « Vous êtes vous-mêmes témoins – Dieu l’est aussi – que notre conduite envers vous qui croyez a été sainte, juste, irréprochable » (1 Thess. 2. 10).

Ce qui est à toi est à moi : cela, c’est de l’injustice ! Une personne considère que ce qui appartient à ses semblables est quelque chose à quoi il peut prétendre et il vit des ressources d’autrui. L’apôtre nous reprend : « Que celui qui volait ne vole plus, mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses propres mains ce qui est bon, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (Éph. 4. 28).

Ce qui est à moi est à toi : C’est de la générosité ! Dieu Lui-même nous donne le meilleur exemple de cela. Il n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous. Nous devons maintenant être ses imitateurs et partager ce que nous avons avec les autres. N’oublions pas les paroles du Seigneur Jésus : « Il est plus heureux de donner que de recevoir » (Act. 20. 35).

D’après « The Good Seed » mai 2025

COMPTER SUR DIEU

« Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence  » Proverbes 3. 5.

« … rejetant sur lui tout votre souci, car il prend soin de vous » 1 Pierre 5. 7.

Nous sommes souvent inquiets : difficultés qui s’accumulent, problèmes, incertitudes quant au lendemain… et l’anxiété nous assaille…

Et pourtant, le Seigneur Jésus a prononcé ces paroles si rassurantes : « Ne soyez pas en souci pour votre vie… Observez les oiseaux du ciel : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n’amassent dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit… Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mat. 6. 25 et 26 et 34).

Ces textes sont clairs, mais il nous est difficile de les appliquer à notre vie quotidienne ! Et pourtant Dieu nous connaît, avec nos faiblesses, nos doutes, notre peu de foi ; et Il désire que nous mettions toute notre confiance en Lui, pour le jour présent et pour le lendemain. Il nous donne même un ordre très clair : « Ne vous inquiétez de rien ». De rien ! Petits soucis ou angoisses pesantes, rien n’échappe à l’attention bienveillante de notre Père céleste ! Il veut simplement que nous lui disions ce qui nous rend perplexes, que nous Lui parlions par la prière : « En toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 6 et 7).

Même si les difficultés ne disparaissent pas, nous savons que Dieu écoute notre prière, et sa paix remplira nos cœurs. Il est le Père tout-puissant qui nous aime et qui a tout sous son contrôle. Confions-nous en Lui, en comptant sur son amour et sa fidélité.

D’après « Il buon seme » janvier 2026

QUATRE SIGNES

1. Le signe du petit enfant dans la crèche

« L’ange leur dit : - N’ayez pas peur, car voici, je vous annonce une bonne nouvelle, un grand sujet de joie… Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et ceci en est pour vous le signe : vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche » Luc 2. 10 à 12.

Dans les Évangiles, nous trouvons quatre signes par lesquels on peut reconnaître le Seigneur Jésus Christ. Le premier parle de sa naissance, le deuxième nous est donné au moment de son arrestation, le troisième nous est proposé dans sa mort, et le quatrième annonce son glorieux retour.

Considérons d’abord le premier de ces signes, qui se rapporte à sa naissance. Après avoir fait un long voyage de Nazareth à Jérusalem, Joseph et Marie arrivent à Bethléhem, la ville natale de Joseph, afin d’y être recensés. Ils ne trouvent pas de place à l’hôtellerie, et Marie doit donner naissance à l’enfant Jésus dans un endroit destiné aux animaux : une étable. C’est alors qu’un ange apparaît à d’humbles bergers et leur annonce la merveilleuse naissance du Sauveur. Dans quel palais trouvera-t-on Celui dont la venue avait été annoncée par plusieurs prophètes ? L’ange leur donne un signe pour Le reconnaître : Il est couché dans une mangeoire, là où l’on mettait le foin pour les animaux de l’étable. Pas de danger de se tromper ! Cette nuit-là, à Bethléhem, un seul nouveau-né est couché dans une mangeoire : Jésus !

Ce signe distinctif met en valeur son humanité : un nouveau-né a besoin de soins, d’un endroit pour dormir. Il témoigne aussi de sa pauvreté : ses parents, de condition modeste, ont dû se contenter de cet endroit inhabituel. Quel signe, aussi, à travers tous les temps ! Dans le monde entier, après deux-mille ans, lorsqu’on parle d’un nouveau-né couché dans une crèche, tous comprennent qu’il s’agit de Jésus. Ce signe d’humanité et de pauvreté du Fils de Dieu venu au monde nous touche-t-il ?

2. Le signe du baiser de Judas

« Celui qui le livrait leur avait donné un signe : Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui  ; saisissez-le. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : - Je te salue, Rabbi. Et avec empressement, il lui donna un baiser. Jésus lui dit : - Ami, c’est pour cela que tu es venu ! » Matthieu 26. 48 à 50.

Le deuxième signe que nous trouvons dans les Évangiles à propos de Jésus est donné par le disciple Judas. Depuis deux jours, il cherche une occasion favorable pour trahir son Maître et le livrer aux autorités (Mat. 26. 16). Judas et les autres disciples partagent avec Jésus le repas de la Pâque, dans une salle qui leur a été réservée, à Jérusalem. Là, Jésus démasque le traître ; celui-ci, quittant le repas au début de la nuit (Jean 13. 30), se rend d’abord chez les principaux sacrificateurs, puis se met à la tête d’une grande foule, armée et menaçante, avec des gardes et les principaux chefs religieux. Puis il conduit cette foule dans le jardin où Jésus avait l’habitude de se rendre avec ses disciples ; mais c’est la nuit et malgré les lanternes et les flambeaux, il n’est pas facile de reconnaître le visage de Jésus parmi les autres. Pour le désigner, Judas choisit un signe d’amitié : il L’embrasse. Quel geste honteux pour trahir le Fils de Dieu ! Jésus lui dit alors : « Judas, tu livres le Fils de l’homme par un baiser ? » (Luc 22. 48), puis Il lui adresse de douces paroles qui aurait dû atteindre la conscience du traître : « Ami, c’est pour cela que tu es venu ! » (Mat. 26. 50), montrant ainsi que, jusqu’à la fin, Il aimait Judas.

Cet amour de Jésus est l’amour divin qui s’adresse à tous les hommes, à moi, à vous.

C’est ce même amour qui, quelques heures plus tard, Lui fera prononcer cette extraordinaire prière en faveur de ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34).

3. Le signe de Jonas

« Une génération méchante et adultère recherche un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe du prophète Jonas. Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » Matthieu 12. 39 et 40.

Le troisième signe nous parle de la mort et de la résurrection de Jésus. Ses contemporains voulaient voir plus de miracles, avoir d’autres preuves de sa puissance divine. Toutefois, Jésus avait donné suffisamment de témoignages du fait qu’Il était le Messie promis, particulièrement par des guérisons déjà annoncées dans l’Ancien Testament, comme celles de personnes aveugles, sourdes, boiteuses, muettes (voir És. 35. 5 et 6). Refuser ces témoignages et demander quelque chose d’autre, c’était une manifestation évidente de refus et d’incrédulité. Alors, le Seigneur Jésus renvoie ces incrédules au « signe de Jonas ».

Ce prophète de l’antiquité, après avoir passé trois jours dans le ventre d’un poisson, qui l’avait ensuite rejeté vivant sur la terre ferme, s’était rendu dans la ville de Ninive pour annoncer que Dieu allait détruire la ville si les habitants ne se repentaient pas du mal qu’ils faisaient. Ces pécheurs crurent au sérieux du message du prophète et, dit Jésus, « ils se sont repentis à la prédication de Jonas » (Mat. 12. 41). Jésus dit aussi que Jonas lui-même « fut un signe pour les Ninivites » (Luc 11. 30).

La délivrance miraculeuse du prophète hors du ventre du poisson doit avoir impressionné les auditeurs… Jésus se servit de cet évènement qu’ils connaissaient bien, pour annoncer sa mort, sa mise au tombeau – trois jours et trois nuits « dans le sein de la terre » – et sa résurrection. C’était là le plus grand signe.

Jésus invite chacun personnellement à s’interroger, à se tourner vers Lui et à croire en Lui : Il est plus grand que Jonas (Mat. 12. 41), Il est le Fils de Dieu, le Sauveur du monde.

4. Le signe du Fils de l’homme

« Alors paraîtra le signe du Fils de l’homme dans le ciel ; alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire » Matthieu 24. 30.

Le quatrième signe concerne le retour glorieux de Jésus Christ sur la terre ; c’est le signe du « Fils de l’homme ». Le Seigneur Jésus se nomme souvent ainsi (plus de quatre-vingt fois dans les évangiles). Ce titre évoque son humanité. Pour ses contemporains, qui se connaissaient comme le charpentier de Nazareth, l’expression « Fils de l’homme » pouvait sembler naturelle. Ce qui l’était moins, c’était son titre de « Fils de Dieu », qu’ils découvraient par ses paroles et ses actions. Mais pour Dieu, qu’Il est merveilleux que le Fils éternel du Père soit apparu sur la terre comme un fils d’homme ! Dans la bouche d’une Personne divine, le titre de « Fils de l’homme » rappelle la grandeur infinie du Dieu qui s’est abaissé. Au tribunal, le souverain sacrificateur s’adresse ainsi à Jésus : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : - Tu l’as dit. De plus, je vous dis : Dorénavant vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel » (Mat. 26. 63 et 64).

Jésus cite deux textes de l’Ancien Testament, indiquant par là à ses accusateurs que le titre de Fils de l’homme n’est pas seulement le signe de son humanité, mais qu’il est aussi un titre de gloire, parce que Lui, comme homme, sera assis à la droite de Dieu (Ps. 110. 1) et qu’Il viendra sur les nuées des cieux (Dan. 7. 13).

Jésus Christ reviendra « avec puissance et une grande gloire » sur la terre où Il a été autrefois crucifié. Lui qui était le Fils de l’homme au milieu de nous, sera alors reconnu par tous comme le Fils de Dieu.

D’après « Il buon seme » avril-mai 2025

BÉNI SOIT DIEU ! C’EST MERVEILLEUX

C’était par une triste soirée d’automne. La pluie tombait à torrents, et le vent soufflait avec violence. Mais dans la petite chaumière de Jean X., tout était paisible. La famille était réunie pour prier et bénir Dieu avant d’aller se coucher.

S’il avait fait jour, vous n’auriez pu vous empêcher d’admirer la situation de cette humble demeure, entourée de collines et de bois aux grands ombrages dont le feuillage se colorait des teintes riches et variées de l’automne. La chaumière était entourée d’un jardin propre et bien tenu, montrant toute l’habileté et les soins de celui qui le cultivait. En effet, Jean X. avait toujours été connu pour faire tout à fait bien ce qu’il entreprenait, et, de plus, il avait un goût particulier pour le jardinage.

Or lorsque des parents sont exacts et soigneux en toutes choses, montrant qu’ils introduisent Christ dans leur vie de chaque jour, faisant tout comme pour le Seigneur, le plus souvent les enfants suivent leurs traces. Quand un enfant voit que sa mère considère comme un mal aux yeux de Dieu d’être malpropre, négligent ou sans soin, sur sa personne ou dans la maison, et qu’elle estime que « toutes choses » doivent être faites « avec bienséance et avec ordre, » même dans le plus humble appartement ou dans la plus petite maison, cet enfant-là ne peut que faire comme elle qu’imiter sa maman. Il apprend bientôt qu’il y a « une place pour chaque chose, » et que « chaque chose, » pour une personne d’ordre, « doit être à sa place ». Il en était ainsi chez Jean X. Les parents aimaient tendrement leurs enfants, mais ils leurs faisaient mettre strictement en pratique le principe, que tout ce qui vaut la peine d’être fait, vaut la peine d’être bien fait.

Ce principe était aussi appliqué dans leurs réunions familiales. C’était délicieux d’entendre cette famille chanter les louanges de Dieu. Leurs voix pleines, soutenues par les sentiments qui remplissaient leurs cœurs, exprimaient en de douces mélodies la confiance et la gratitude envers le Seigneur pour tous les bienfaits qu’Il leur accordait.

Cependant, ce soir-là, même un observateur peu attentif aurait pu remarquer une note plaintive dans leur chant, et quelque anxiété sur leurs visages. Qu’était-il arrivé ? Qu’est-ce qui pouvait abattre ainsi cette famille pieuse, aimante et, d’ordinaire, si paisiblement heureuse ? Nous allons l’apprendre. L’hymne est achevée, tous s’agenouillent, et le père de famille répand son cœur devant le Père qui est dans les cieux. Écoutons la prière qu’il prononce à peu près en ces termes :

« Notre Père céleste, nous nous prosternons humblement devant toi et nous venons te prier. Nous te remercions pour ce grand privilège de pouvoir répandre nos cœurs en ta présence. Nous te rendons grâces de ce que tu as envoyé ton cher Fils Jésus qui est mort pour nous, afin d’effacer nos péchés. Et nous te remercions pour ta gracieuse promesse.

Tu nous dis : « Confie-toi en l’Éternel, et pratique le bien ; habite le pays, et repais-toi de fidélité, et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur ». Et maintenant, Seigneur, nous plaçons devant toi notre situation. Tu connais notre peine. Tu sais, Seigneur, que ton serviteur n’a pas eu de travail toutes ces dernières semaines, que nous ne savons pas comment avoir du pain. Ô Seigneur, tu sais aussi que nous n’avons rien eu à manger depuis midi, et que nous n’avons rien pour demain matin. Seigneur, tu t’es montré plein de grâce et de miséricorde envers nous dans le passé, et tu nous as bénis bien plus que nous ne le méritions, nous, pauvres créatures pécheresses. Mais, Seigneur, regarde vers nous dans ta bonté, et donne à nos chers enfants et à nous-mêmes la nourriture nécessaire. Seigneur, nous savons que tu peux le faire. Accorde-nous maintenant la grâce de nous confier en Toi pour être secourus et aussi celle de pouvoir te servir et t’aimer davantage, pour l’amour de Jésus-Christ. Amen ! ».

Quand le père se releva, des larmes coulaient sur ses joues brunies. Il embrassa ses enfants et leur recommanda d’aller tout droit au lit et de s’endormir tranquilles, parce que le Seigneur répondrait certainement à sa prière d’une manière ou d’une autre. Les parents eux-mêmes gagnèrent leur lit, et bientôt, malgré la faim, un profond sommeil s’empara d’eux tous ; car « il donne le sommeil à son bien-aimé » (Ps. 127. 2.)

Vous vous demandez sans doute, cher lecteur, quelle était la profession de Jean, et comment il en était venu à une position si précaire. Il y a plusieurs années, avant que les machines n’aient été inventées et perfectionnées comme elles le sont maintenant, la profession de tisserand à la main était très commune. Dans beaucoup d’endroits, vous n’auriez entendu en passant dans les rues, que le bruit de la navette courant d’un côté du métier à l’autre. La soie, la laine, et d’autres matériaux étaient tissés sur ces métiers en châles ou en autres objets semblables, et l’ouvrage était très solide et souvent aussi très beau.

Mais depuis l’introduction des machines à vapeur, le tissage à la main a été presque entièrement mis de côté, parce que l’ouvrage est fait beaucoup plus rapidement et à meilleur marché dans les usines. Jean était tisserand et vivait à l’époque où les machines commençaient à se répandre. Son métier à tisser était dans la partie supérieure de la maison, et, ouvrier habile, il travaillait activement quand il trouvait quelque ouvrage à faire, mais, malgré ses efforts, il avait de la peine à en obtenir. Il n’avait cependant jamais été réduit à une extrémité semblable à celle où il était au jour de notre récit, et c’était une grande épreuve pour lui de voir sa femme et ses enfants manquer du nécessaire.

S’étant levés de bon matin, le jour suivant, Jean et sa femme remercièrent Dieu de leur avoir donné un sommeil si rafraîchissant au milieu de leur malheur. Bientôt les enfants descendirent l’un après l’autre, sans la moindre ombre sur leurs figures, car ils se disaient entre eux : « Papa a prié le Seigneur hier soir de nous donner à manger. Il a dit à Jésus que nous avions faim, et il a dit aussi qu’il était sûr que Dieu nous enverrait quelque chose ».

Lorsque tous furent arrivés dans la cuisine, le père dit : « Nous rendrons grâces au Seigneur et nous le prierons comme d’habitude » et bientôt les voix firent entendre le cantique :

De quoi t’alarmes-tu mon cœur ?

Ranime ton courage.

Souviens-toi de ton Créateur ;

Ta tristesse l’outrage.

Car le Dieu Fort

Règle ton sort,

Enfant du Dieu suprême ;

Il te connaît, Il t’aime.

Bannis donc, mon cœur, les soucis,

Car la douleur t’abuse ;

Après t’avoir donné son Fils,

Est-ce que Dieu refuse

À son enfant

Le vêtement,

Le toit, le pain, la vie ?

Crains-tu qu’il ne t’oublie ?

L’hymne sembla les encourager et les réjouir d’une manière étonnante, et, leur petite réunion terminée, Jean dit à sa femme : « Eh bien, Marie, prépare la table pour le déjeuner ».

« Mais nous n’avons rien » répondit-elle tristement.

« N’importe » dit-il ; « mets le couvert, afin que nous soyons prêts. Soyons comme attendant que le Seigneur nous envoie ce qu’il nous faut ».

Le couvert fut mis, les enfants prirent leurs places, le père rendit grâces, mais il n’y avait toujours rien à manger. Et Jean dit : « Le Seigneur ne peut manquer à sa promesse. Nous attendrons à table qu’Il la remplisse ».

Le Seigneur est vraiment admirable dans ses voies et riche en moyens. Ils n’étaient pas assis depuis longtemps, lorsqu’un bruit de roues se fit entendre et une voiture s’arrêta devant la maison. Qui pouvait venir de si grand matin ? C’était bien pour eux cependant, car un fort coup fut frappé à la porte, comme si l’on était bien pressé. Quand la porte fut ouverte, un monsieur parut, disant : « Voilà un sac de farine que je vous apporte, et un morceau de lard, du sucre et du thé et autres petites choses. J’espère que cela vous sera utile ».

« Mais, Monsieur, » dit Jean, « comment saviez-vous que nous étions dans le besoin ? Je suis sûr de n’en avoir parlé à personne ».

« Comment je l’ai su ? Eh bien, je savais que vous n’aviez guère eu de travail dernièrement ; mais ce n’est pas la seule raison qui m’a fait vous apporter les choses. Le fait est que, quand j’allai hier soir me coucher, je commençai à penser à vous et à votre famille, et je me dis : « Je suis sûr qu’ils doivent être dans la gêne, car il a eu peu à faire ces derniers temps ». Je me mis au lit, mais je ne pus dormir de toute la nuit. C’était comme si quelqu’un me disait : « Porte quelque chose au pauvre Jean : il meurt de faim ». J’essayai de chasser cette pensée et de m’endormir, mais ce fut inutile, Je me levai donc de grand matin, j’allai à la chambre aux provisions et je vous ai apporté tout cela. Maintenant, dites-moi, n’étiez-vous pas gênés ? »

« C’est merveilleux, » dit Jean, et il raconta à son bienveillant visiteur comment, la veille, ils n’avaient plus rien à la maison, et comment ils avaient prié et ensuite profité d’un bon sommeil ; puis, comment le matin ils s’étaient mis à table attendant leur déjeuner, et alors ne pouvant plus se contenir, il fondit en larmes, mais en larmes de joie et de reconnaissance, disant : « Béni soit Dieu ! c’est merveilleux ! Merci, oh ! merci aussi à vous, monsieur ».

Et le déjeuner fut bientôt prêt, et ils se mirent à table, ne cessant de répéter : « Béni soit Dieu ! »

Ainsi Dieu bénit la foi de son humble serviteur, pourvut à ses besoins, et répondit à sa prière d’une manière à laquelle il ne se serait jamais attendu.

Le bras de Celui qui multiplia l’huile et la farine de la veuve à Sarepta, est toujours aussi puissant, et nous pouvons, avec confiance, rejeter sur Lui tout notre souci, car il prend soin de nous (1 Pierre 5. 7).

D’après La Bonne Nouvelle 1893