
1. Le signe du petit enfant dans la crèche
« L’ange leur dit : - N’ayez pas peur, car voici, je vous annonce une bonne nouvelle, un grand sujet de joie… Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et ceci en est pour vous le signe : vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche » Luc 2. 10 à 12.
Dans les Évangiles, nous trouvons quatre signes par lesquels on peut reconnaître le Seigneur Jésus Christ. Le premier parle de sa naissance, le deuxième nous est donné au moment de son arrestation, le troisième nous est proposé dans sa mort, et le quatrième annonce son glorieux retour.
Considérons d’abord le premier de ces signes, qui se rapporte à sa naissance. Après avoir fait un long voyage de Nazareth à Jérusalem, Joseph et Marie arrivent à Bethléhem, la ville natale de Joseph, afin d’y être recensés. Ils ne trouvent pas de place à l’hôtellerie, et Marie doit donner naissance à l’enfant Jésus dans un endroit destiné aux animaux : une étable. C’est alors qu’un ange apparaît à d’humbles bergers et leur annonce la merveilleuse naissance du Sauveur. Dans quel palais trouvera-t-on Celui dont la venue avait été annoncée par plusieurs prophètes ? L’ange leur donne un signe pour Le reconnaître : Il est couché dans une mangeoire, là où l’on mettait le foin pour les animaux de l’étable. Pas de danger de se tromper ! Cette nuit-là, à Bethléhem, un seul nouveau-né est couché dans une mangeoire : Jésus !
Ce signe distinctif met en valeur son humanité : un nouveau-né a besoin de soins, d’un endroit pour dormir. Il témoigne aussi de sa pauvreté : ses parents, de condition modeste, ont dû se contenter de cet endroit inhabituel. Quel signe, aussi, à travers tous les temps ! Dans le monde entier, après deux-mille ans, lorsqu’on parle d’un nouveau-né couché dans une crèche, tous comprennent qu’il s’agit de Jésus. Ce signe d’humanité et de pauvreté du Fils de Dieu venu au monde nous touche-t-il ?
2. Le signe du baiser de Judas
« Celui qui le livrait leur avait donné un signe : Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui ; saisissez-le. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : - Je te salue, Rabbi. Et avec empressement, il lui donna un baiser. Jésus lui dit : - Ami, c’est pour cela que tu es venu ! » Matthieu 26. 48 à 50.
Le deuxième signe que nous trouvons dans les Évangiles à propos de Jésus est donné par le disciple Judas. Depuis deux jours, il cherche une occasion favorable pour trahir son Maître et le livrer aux autorités (Mat. 26. 16). Judas et les autres disciples partagent avec Jésus le repas de la Pâque, dans une salle qui leur a été réservée, à Jérusalem. Là, Jésus démasque le traître ; celui-ci, quittant le repas au début de la nuit (Jean 13. 30), se rend d’abord chez les principaux sacrificateurs, puis se met à la tête d’une grande foule, armée et menaçante, avec des gardes et les principaux chefs religieux. Puis il conduit cette foule dans le jardin où Jésus avait l’habitude de se rendre avec ses disciples ; mais c’est la nuit et malgré les lanternes et les flambeaux, il n’est pas facile de reconnaître le visage de Jésus parmi les autres. Pour le désigner, Judas choisit un signe d’amitié : il L’embrasse. Quel geste honteux pour trahir le Fils de Dieu ! Jésus lui dit alors : « Judas, tu livres le Fils de l’homme par un baiser ? » (Luc 22. 48), puis Il lui adresse de douces paroles qui aurait dû atteindre la conscience du traître : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Mat. 26. 50), montrant ainsi que, jusqu’à la fin, Il aimait Judas.
Cet amour de Jésus est l’amour divin qui s’adresse à tous les hommes, à moi, à vous.
C’est ce même amour qui, quelques heures plus tard, Lui fera prononcer cette extraordinaire prière en faveur de ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34).
3. Le signe de Jonas
« Une génération méchante et adultère recherche un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe du prophète Jonas. Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » Matthieu 12. 39 et 40.
Le troisième signe nous parle de la mort et de la résurrection de Jésus. Ses contemporains voulaient voir plus de miracles, avoir d’autres preuves de sa puissance divine. Toutefois, Jésus avait donné suffisamment de témoignages du fait qu’Il était le Messie promis, particulièrement par des guérisons déjà annoncées dans l’Ancien Testament, comme celles de personnes aveugles, sourdes, boiteuses, muettes (voir És. 35. 5 et 6). Refuser ces témoignages et demander quelque chose d’autre, c’était une manifestation évidente de refus et d’incrédulité. Alors, le Seigneur Jésus renvoie ces incrédules au « signe de Jonas ».
Ce prophète de l’antiquité, après avoir passé trois jours dans le ventre d’un poisson, qui l’avait ensuite rejeté vivant sur la terre ferme, s’était rendu dans la ville de Ninive pour annoncer que Dieu allait détruire la ville si les habitants ne se repentaient pas du mal qu’ils faisaient. Ces pécheurs crurent au sérieux du message du prophète et, dit Jésus, « ils se sont repentis à la prédication de Jonas » (Mat. 12. 41). Jésus dit aussi que Jonas lui-même « fut un signe pour les Ninivites » (Luc 11. 30).
La délivrance miraculeuse du prophète hors du ventre du poisson doit avoir impressionné les auditeurs… Jésus se servit de cet évènement qu’ils connaissaient bien, pour annoncer sa mort, sa mise au tombeau – trois jours et trois nuits « dans le sein de la terre » – et sa résurrection. C’était là le plus grand signe.
Jésus invite chacun personnellement à s’interroger, à se tourner vers Lui et à croire en Lui : Il est plus grand que Jonas (Mat. 12. 41), Il est le Fils de Dieu, le Sauveur du monde.
4. Le signe du Fils de l’homme
« Alors paraîtra le signe du Fils de l’homme dans le ciel ; alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire » Matthieu 24. 30.
Le quatrième signe concerne le retour glorieux de Jésus Christ sur la terre ; c’est le signe du « Fils de l’homme ». Le Seigneur Jésus se nomme souvent ainsi (plus de quatre-vingt fois dans les évangiles). Ce titre évoque son humanité. Pour ses contemporains, qui se connaissaient comme le charpentier de Nazareth, l’expression « Fils de l’homme » pouvait sembler naturelle. Ce qui l’était moins, c’était son titre de « Fils de Dieu », qu’ils découvraient par ses paroles et ses actions. Mais pour Dieu, qu’Il est merveilleux que le Fils éternel du Père soit apparu sur la terre comme un fils d’homme ! Dans la bouche d’une Personne divine, le titre de « Fils de l’homme » rappelle la grandeur infinie du Dieu qui s’est abaissé. Au tribunal, le souverain sacrificateur s’adresse ainsi à Jésus : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : - Tu l’as dit. De plus, je vous dis : Dorénavant vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel » (Mat. 26. 63 et 64).
Jésus cite deux textes de l’Ancien Testament, indiquant par là à ses accusateurs que le titre de Fils de l’homme n’est pas seulement le signe de son humanité, mais qu’il est aussi un titre de gloire, parce que Lui, comme homme, sera assis à la droite de Dieu (Ps. 110. 1) et qu’Il viendra sur les nuées des cieux (Dan. 7. 13).
Jésus Christ reviendra « avec puissance et une grande gloire » sur la terre où Il a été autrefois crucifié. Lui qui était le Fils de l’homme au milieu de nous, sera alors reconnu par tous comme le Fils de Dieu.
D’après « Il buon seme » avril-mai 2025