LA PRIÈRE EXAUCÉE (2)

William Sutherland avait treize ans lorsqu’il apprit à connaître Jésus comme son Sauveur. Depuis ce moment, il cherchait souvent à être seul afin de passer quelques minutes à prier le Seigneur.

À l’âge de quatorze ans, William entra au service d’une banque comme commissionnaire. Le banquier découvrit bientôt que le garçon était honnête et il lui confia de grandes sommes. Une de ses courses le conduisit à une ville industrielle éloignée de plusieurs kilomètres ; il devait y apporter la paye des ouvriers d’un moulin. Un après-midi, comme il se préparait à partir, sa mère lui dit :

– Mon fils, je crains beaucoup de te voir partir par ce chemin solitaire avec tant d’argent.

– Oh ! maman, ne t’inquiète donc pas, répondit le garçon gaîment, en montant son poney. Tu sais que j’ai fait ce chemin bien des fois sans que rien ne m’arrive.

– Oui, je le sais, répliqua la bonne femme, mais aujourd’hui j’ai peur. Je prierai pour toi jusqu’à l’heure où tu dois arriver à destination.

William lui dit au revoir et se mit en route, sifflant et chantant le long du chemin. Mais comme il s’approchait du chemin solitaire qui devait le conduire à travers la forêt, une peur étrange le saisit et il se demanda ce qu’il devait faire. Alors il entendit en lui-même une voix douce qui lui disait : « Prie ». Cette voix, il l’avait entendue bien des fois et il avait appris à lui obéir. Il s’avança jusqu’à la lisière du bois, descendit de son poney et se mit à genoux près d’un buisson.

« Seigneur Jésus », dit-il à haute voix, « je ne sais pas pourquoi, mais j’ai bien peur. Prends soin de moi pendant que je traverse ce lieu solitaire. Je sais que tu le feras, parce que tu as écrit dans ton livre : « Je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas ».

Et pendant qu’il était agenouillé là, seul avec Dieu, tout sentiment de crainte disparut. Il se leva, remonta sur son poney et continua son chemin, le cœur léger. Il remit le rouleau d’argent au contre-maître du moulin et revint le lendemain sain et sauf à la maison.

Sa mère l’attendait à la porte.

– Mon fils, dit-elle, quelque chose de curieux m’est arrivé hier pendant que tu étais absent. J’étais très occupée, mais bientôt je cessai mon travail, me mis à genoux et priai pour toi. Je sentais que tu étais en danger et que je devais demander à Dieu de te garder. Je priai ainsi pour toi jusqu’à ce que je fusse certaine que tu étais tout à fait en sûreté.

Alors William lui raconta ce qui lui était arrivé et comment il pria Dieu de le garder lorsqu’il entrait dans le bois solitaire. Dans la suite ils s’entretinrent encore souvent de cette expérience étrange, et ils se demandaient ce que cela pouvait bien signifier.

William continua à travailler dans la banque pendant quelques temps, puis il quitta l’établissement pour entrer au collège et après avoir bien passé ses examens, il se consacra au service du Seigneur.

Un jour William reçut une lettre venant d’une ville éloignée. « Je suis très malade », lui écrivait quelqu’un, « et je ne guérirai pas. Je dois vous voir et vous dire quelque chose de très important avant de mourir. Je vous prie de venir aussi vite que possible ». La lettre était signée « un ami ».

William était très embarrassé, car il ne connaissait personne dans la ville en question. Mais il fit ce qui était son habitude depuis bien des années, il présenta la chose à Dieu par la prière. Une voix sembla lui dire avec insistance : Va, quelqu’un est en détresse et comme serviteur de Dieu tu dois aider chaque âme qui demande du secours. « Mais après qui demanderai-je en arrivant ? » Et la voix répondit : Va seulement ; Dieu prendra soin du reste.

Alors William prit un train pour la ville éloignée. Quand il descendit du wagon, un monsieur vint directement vers lui et demanda :

– Êtes-vous M. Sutherland ?

– Oui, je le suis, répondit William.

– On m’a demandé de vous rencontrer à la station, dit l’étranger. Je suis allé à chaque train pendant la semaine passée. Ayez la bonté de me suivre.

Bientôt après il fit entrer William dans une chambre où se trouvait un malade. Celui-ci tendit la main et dit d’une voix faible.

– Êtes-vous M. Sutherland ?

– Oui, dit William, où donc nous sommes-nous rencontrés, et que puis-je faire pour vous ?

– Vous ne m’avez jamais vu, répondit le malade, et moi, je ne vous ai vu qu’une fois il y a bien des années. On vous avait confié une grande somme d’argent que vous deviez remettre à un certain moulin. En un endroit solitaire de la route, vous êtes descendu de votre poney et vous avez prié Dieu de vous protéger. Vous en souvenez-vous ? J’entendis votre prière. J’étais caché dans les buissons, mon fusil dirigé contre votre cœur. Je voulais vous tuer, prendre votre argent et votre cheval et m’en aller ainsi. Mais pendant que vous priiez, mes yeux s’obscurcirent, je ne savais ce que cela signifiait, mais je crus que Dieu envoyait cela pour vous protéger. J’étais assis dans les broussailles, trop faible pour déclencher le fusil et je vous vis vaguement vous en aller, entièrement incapable de vous faire du mal. Ce souvenir m’a continuellement hanté depuis lors ; je ne puis pas rencontrer Dieu sans vous avoir tout avoué. Pouvez-vous me pardonner ?

William, prenant la main du mourant dans la sienne, lui parla de Christ le Sauveur et à la fin la lumière se fit dans cette âme et le pauvre homme apprit que ses péchés étaient pardonnés et qu’il était sauvé. Peu après il s’en alla auprès de son Sauveur et M. Sutherland rentra chez lui le cœur débordant de reconnaissance envers Dieu.

D’après La Bonne Nouvelle 1941

TRADUCTION DE FEUILLETS (171)

« Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi… car mon joug est facile à porter et mon fardeau est léger » Matthieu 11. 29 et 30.

METTRE CE PASSAGE EN PRATIQUE

Il y a là, maintenant, un joug que nous devons prendre. Le joug de Christ était l’obéissance parfaite à son Père. C’était un joug d’amour. De même, pour nous, si nous aimons vraiment Celui qui nous a aimés le premier, nous accepterons volontiers ce joug, ce lien d’amour qui nous attache fermement à Lui. Nous chercherons à Lui obéir. Puis, dans cette association intime, nous pouvons et nous désirons apprendre de Lui, comme étant à ses pieds. Nous trouverons que ce joug est facile à porter. Nous aurons une aide divine tout au long de notre sentier, que le terrain soit uni ou caillouteux.

Si toutefois nous choisissons de nous mettre sous un joug inégal avec des incrédules, comment pouvons-nous prendre également le joug de Christ ? Les deux sont incompatibles. Oubliez ces jougs inégaux. Ils ne peuvent que vous lier aux choses de ce monde et, au moins dans cette mesure, vous faire trébucher sans l’aide divine. Mais quand nous travaillons et sommes chargés, nous pouvons laisser les choses du monde derrière nous et aller à Jésus (Mat. 11. 28). Alors nous pouvons volontiers prendre son joug et nous trouverons qu’il est facile à porter et que le fardeau sera léger. Dieu en soit béni !

D’après The Lord is near janvier 1978

« Aussitôt Jésus, connaissant en lui-même la puissance qui était sortie de lui, se retourna dans la foule, et dit : Qui a touché mes vêtements ? Marc 5. 30.

UN MIRACLE PERSONNEL

Cet épisode n’était pas un grand miracle public comme celui de nourrir cinq mille personnes avec seulement quelques miches de pain. C’était plutôt une brève rencontre entre le Seigneur et une seule personne dans le besoin. Cependant cet épisode illustre ses gloires d’une manière remarquable.

Lui seul, parmi la foule (ou même parmi tous les hommes vivants) aurait pu aider la pauvre femme qui avait dépensé tout son argent chez les médecins et avait perdu tout espoir de guérison. Elle traversa la foule, trouva Jésus, toucha le bord de son vêtement, fut guérie immédiatement, puis entendit des paroles merveilleuses de réconfort de sa part.

Elle était venue à Jésus par la foi en Lui, et son geste de foi forma un lien entre elle et Lui, qui fut une voie par laquelle la puissance vivifiante ruissela de Lui vers le pauvre corps et l’âme malades. Toute la plénitude de la Déité demeurait en Lui. Cela nous rappelle la cruche d’huile dans la maison de la veuve de Sarepta, qui ne cessait de couler, bien que cela n’ait été qu’une ombre de ce qui arrivait à ce moment-là à Capernaüm.

La pleine signification, et l’étendue de ce courant infini de capacité, de donner la vie, vinrent après sa mort, sa résurrection et la descente du Saint Esprit, qui est maintenant, pour tous les croyants, la source d’où couleront des fleuves d’eau vive. Qu’il est merveilleux de savoir que cela continuera dans toute l’éternité, que ces bénédictions ne cesseront jamais de couler de son cœur dans le nôtre !

D’après The Lord is near janvier 1978

« Jah est ma force et mon cantique, et il a été mon salut. Il est mon Dieu, et je lui préparerai une habitation, le Dieu de mon père, et je l’exalterai » Exode 15. 2.

LES CANTIQUES DES CHRÉTIENS

C’est la première fois que, dans la Parole de Dieu, nous lisons un cantique de louange. Les Israélites l’ont chanté parce que Dieu les avait sauvés du jugement par le sang de l’agneau de la pâque, puis les avait délivrés de leurs ennemis en les faisant se noyer dans la Mer Rouge. Ils étaient en sécurité sur leur chemin vers le pays promis, vers la montagne de leur héritage, et leurs cœurs étaient remplis de reconnaissance et de louange. Ils avaient appris à louer et à servir Celui qui les avait rachetés. Le cantique entier parle de Dieu : de ses actions merveilleuses, de sa puissance et de sa gloire. Il avait détruit leur ennemi, Il avait racheté son peuple et Il les guiderait, dans sa bonté, au travers du désert vers Canaan.

Toutes les fois que nous lisons un cantique de louange dans la Bible, cela signifie qu’un nouveau commencement a lieu dans l’histoire du peuple de Dieu. Par exemple, en Nombres 21, nous avons le cantique du puits, ce qui signifie que le voyage dans le désert arriverait bientôt à son terme et que Dieu serait la source des bénédictions. En 2 Samuel 1. 18 nous avons « le chant de l’arc », exprimant la puissance de Dieu pour exécuter ses plans pour son peuple. En Apocalypse 14, le résidu d’Israël chante leur victoire dans le sang de l’Agneau. En Apocalypse 15, les vainqueurs chantent le cantique de Moïse et de l’Agneau. Et enfin, nous entendons les vingt-quatre anciens, en Apocalypse 5, rendre gloire à l’Agneau, qui est seul digne de la recevoir.

Notre but, c’est la maison du Père, l’endroit où le Seigneur Jésus nous a préparé des places. Ce devrait donc être notre désir, déjà maintenant, d’apporter au Seigneur nos sacrifices de louange, « le fruit des lèvres qui confessent son nom ».

D’après The Lord is near janvier 1978

« Paul reprit : Plaise à Dieu que, tôt ou tard, non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m’entendent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à part ces liens » Actes 26. 29.

LE SAINT DÉSIR DE L’APÔTRE PAUL POUR SES PERSÉCUTEURS

Cette rencontre, dans la salle d’audience de Césarée, était un conflit entre la lumière et les ténèbres – entre les principes du monde et ceux du Saint Esprit. Nous admirons le langage direct de Paul, joint à une politesse courtoise, quand il s’adresse aux dignitaires assemblés – dont un roi et un gouverneur. Festus, le gouverneur, était impressionné, mais il considérait le discours de Paul comme étant fanatique. Agrippa, le roi, avait aussi écouté patiemment, et prétendait être touché. Il flatta Paul en s’exclamant : Bientôt tu vas me persuader de devenir chrétien ! C’était évidemment une remarque sarcastique, car ses paroles n’indiquent pas que sa conscience ait été touchée.

Vient alors le noble témoignage de Paul, donné avec droiture et dans la puissance de l’Esprit : « Plaise à Dieu que, tôt ou tard, non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m’entendent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à part ces liens ». En disant cela, il faisait sans doute allusion aux chaînes à ses pieds. C’était le désir chaleureux et sincère d’un homme enchaîné, pour la bénédiction de tous les hommes proches de lui, aussi bien que pour tous ceux qui lisent ceci même aujourd’hui. La connaissance de Christ dans la gloire, que Paul avait apprise quand il rencontra Jésus sur la route de Damas, le rendait infiniment plus heureux que tous les déploiements de richesse et de pouvoir que présentaient les hommes et les femmes devant lui. Il n’était pas le prisonnier d’Agrippa ou de César : il était l’esclave de Jésus Christ, qu’il servait.

Cela est vrai en principe de tout vrai croyant aujourd’hui. Nous sommes ses esclaves. Cependant, cela devrait être vrai, non seulement en principe, mais aussi dans notre caractère et notre marche. De plus, nous devrions tous partager le désir de Paul pour le salut de tous les hommes.

D’après The Lord is near janvier 1978

« Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » Luc 14. 11.

TENIR COMPTE DE LA FIN ?

Quand le Seigneur Jésus était sur la terre, Il prenait la place la plus basse qu’un homme puisse Lui donner ; c’est pourquoi Dieu Lui a donné la place la plus haute au ciel, à sa droite. En contraste avec cela, Satan, autrefois un prince des anges, tenta d’accéder au trône du Tout-Puissant. En conséquence, il tomba moralement et sera bientôt jeté dans les ténèbres du dehors. L’étang de feu a été préparé pour lui et ses anges, pour toujours.

Ce contraste nous impressionne, nous montrant le besoin que nous avons de surveiller les motifs de notre cœur. Comme pour tout homme dans son état de nature, notre vieille nature aime avoir la première place. Les hommes du monde n’ont pas Dieu dans leur cœur. Le même esprit de contentement de soi, qui s’est manifesté lors de la tour de Babel, est actif aujourd’hui parmi les enfants de la désobéissance. L’orgueil et la vanterie caractérisent les gens aujourd’hui. Ils s’efforcent de se faire un nom à eux-mêmes. Toujours plus haut, toujours plus étendu, toujours plus vite, c’est là l’ambition de l’homme, non seulement dans l’espace, mais aussi dans l’expansion commerciale, dans l’expansion des marchés, etc. Un disciple de l’humble Seigneur Jésus participerait-il à cela, étant même un dirigeant ? La terre est la place où la croix du Seigneur Jésus a été dressée, et nous lisons que la terre et ses œuvres seront brûlées. Ce qui restera, c’est l’œuvre du Seigneur. Que recherchons-nous ?

D’après The Lord is near janvier 1978

« Moi, je suis le bon berger : le bon berger laisse sa vie pour les brebis » Jean 10. 11.

LE RÉCIT DU TABLEAU

Je suis né en Afrique du Nord, mais j’ai grandi en France. Extérieurement j’appartenais à l’Islam, mais en réalité j’étais athée. Comme musicien passionné je jouais de plusieurs instruments et composais des chansons. Un jour, le directeur de la compagnie qui publiait de la musique me suggéra d’écrire un morceau. Quand j’ai quitté l’immeuble, il commençait à pleuvoir, et je me suis abrité sous un auvent qui se trouvait devant une église. Quand je suis entré, mes yeux sont tombés sur le portrait d’un homme tenant un agneau dans ses bras. En-dessous du tableau était écrit : Le bon berger donne sa vie pour les brebis.

Cela m’arrêta et je me demandai : Qui accepterait de donner sa vie pour d’autres ? Il y avait un pasteur dans l’église, aussi je lui demandai de m’expliquer le sujet du tableau. Il me donna les quatre évangiles à lire. Il en résulta que j’écrivis un morceau de musique au sujet de la vie de Jésus – bien qu’il n’ait jamais été publié. Apparemment, le sujet était trop discuté pour mon éditeur. Mais pour moi, cela n’avait pas d’importance, parce que Jésus était entré dans ma vie. J’ai arrêté de boire et de fumer. Je n’avais plus aucune envie de passer des heures dans les bars ou à des meetings. Au lieu de cela, je souhaitais retourner en Afrique du Nord et parler de Jésus à ma femme Nora. Elle aussi fit confiance au Seigneur Jésus – ayant aussi fait l’expérience qu’Il répond aux prières.

Maintenant nous servons le Seigneur ensemble et composons des cantiques pour glorifier Dieu, dans la langue berbère, en arabe et en français.

D’après the good Seed mai 2026

(Jésus dit : ) « J’étais nu et vous m’avez vêtu ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus auprès de moi » Matthieu 25. 36.

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, vous me l’avez fait à moi » Matthieu 25. 40.

LA BIBLE, CONSOLATION DES PRISONNIERS

Fiodor Dostoievski (1821-1881), un des plus grands romanciers russes, fut arrêté en 1849 et condamné à mort, étant accusé d’avoir fréquenté un groupe libéral. À la dernière minute, quand le coup allait partir, il reçut la grâce du tsar (cela avait été une exécution feinte). Dostoievski fut alors déporté dans un camp de travail en Sibérie, et là, une femme venue le visiter, lui donna une Bible, dont il ne se sépara plus jamais. Pendant cette période des travaux forcés, il se convertit à Christ, et dès lors sa foi le guida dans sa vie privée, comme écrivain et comme homme politique.

Il a écrit : Il n’y a rien de plus beau, de plus profond, de plus apaisant, de plus senti, de plus courageux et de plus profond que Christ – et à la fin de sa vie il était devenu un chrétien fervent.

Environ un siècle plus tard, le journaliste français Jean-Paul Kauffmann, séquestré au Liban, dut affronter près de trois ans une détention traumatisante. Par bonheur lui aussi avait une Bible, et lorsqu’il fut libéré il dit : La Bible m’a été un support, a nourri ma foi et l’a fortifiée. Cela a été très important…. Quand j’étais découragé, je priais, et le jour suivant quelque petit signe me permettait de remonter la pente. Non pratiquant pendant longtemps, je suis aujourd’hui un fidèle de la Bible. La relire avec un regard neuf, m’a permis de découvrir une œuvre nettement innovante. La Bible a été ma consolation permanente… En réalité j’avais toujours eu la pensée de Dieu dans mon cœur, mais c’est là que je L’ai vraiment trouvé.

D’après il buon Seme juin 2026

L’ATMOSPHÈRE DE LA MAISON CHRÉTIENNE

« Il y avait de la joie en Israël » 1 Chron. 12. 41.

« Mais pour tous les fils d’Israël il y eut de la lumière dans leurs habitations » Ex. 10. 23.

« La maison fut remplie de l’odeur du parfum » Jean 12. 3.

« Pour les Juifs il y avait lumière et joie, allégresse et honneur » Est. 8. 16.

Et dans TA chambre, TON salon, TON appartement, TA maison, y a-t-il cette lumière, cette joie, ce parfum ?

Bonjour et bienvenue à tous dans ce nouveau courrier où nous allons parler de nos maisons et de l’atmosphère qu’il y fait.

Le 1er passage où il est fait allusion à la joie en Israël, c’est lorsque les « hommes de guerre… vinrent à Hébron d’un cœur droit, pour établir David roi sur tout Israël  ; et tout le reste d’Israël » 1 Chron. 12. 39.

Quelqu’un comme David, roi sur tout Israël, n’était-ce pas une source de joie pour tout le pays ? Un homme « qui sait jouer (de la harpe), un homme fort et vaillant, un homme de guerre, qui a l’intelligence des choses, un bel homme, et l’Éternel est avec lui » (1 Sam. 16. 18) ; « il était agréable aux yeux de tout le peuple, même aux yeux des serviteurs de Saül » (18. 5) ; « David était sage dans toutes ses voies » (v. 14) ; « Tout Israël et Juda aimaient David » (v. 16) ; « David prospérait plus que tous les serviteurs de Saül  ; et son nom fut en grande estime » (v. 30). Voilà ce qui était dit de lui bien avant qu’il ne règne !

David est un type, une image du Seigneur Jésus. N’est-ce pas un énorme privilège pour nous d’avoir pour Chef, pour Maître, pour Seigneur, le Fils de Dieu, qui a prouvé son amour pour nous en mourant à la croix pour nous sauver de la mort et de l’enfer ? Mais en plus de cela, il est notre bon Berger, notre Ami, Celui qui prend soin de nous jour après jour, et j’en passe…

N’y a-t-il pas de quoi être reconnaissant et joyeux ? Celui qui entre dans ta maison, dans ta chambre pour passer un moment avec toi, remarque-t-il cette joie ? Lui donne-t-elle envie ? Ou bien fais-tu partie de ces chrétiens qui se plaignent beaucoup, qui ne sont jamais contents, qui arborent un visage insatisfait, triste, morose… Quand tu téléphones à un(e) ami(e), ton interlocuteur craint-il de décrocher en voyant ton nom s’afficher de peur d’entendre une fois de plus tes jérémiades, ton mécontentement ?

Soyons francs, la vie n’est pas toujours facile, et avec l’âge, les handicaps et la maladie, cela ne s’arrange certainement pas. Mais n’avons-nous pas quelque chose de plus que les autres, plutôt quelqu’un : un Sauveur, un Ami qui prend soin de nous, qui nous aime, qui est sans cesse à nos côtés ? Et si tu n’as plus cette joie, c’est probablement parce que tu as laissé ton Ami de l’autre côté de la porte, en-dehors des circonstances de ta vie, finalement loin de ta présence !

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 3. 1 et 4. 4) n’a sans doute pas été écrit pour toi, tu ne dois pas entrer dans les conditions ! Non, les épreuves, les difficultés, les soucis ne doivent pas balayer cette joie loin de nous ; au contraire ! « Ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel est votre force » (Néh. 8. 10).

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3. 20) Le Seigneur veut faire partie de ta vie journalière, mais c’est à toi de désirer partager tes soucis et tes joies. Veux-tu faire comme Zachée, qui le reçut avec joie, lorsque Jésus lui dit : « Il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » (Luc 19. 5) ? « Et tu te réjouiras de tout le bien que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donné, ainsi qu’à ta maison » (Deut. 26. 11).

« Je bénirai l’Éternel qui me conseille ; même durant les nuits mes reins m’enseignent… parce qu’il est à ma droite je ne serai pas ébranlé. C’est pourquoi mon cœur se réjouit, et mon âme s’égaie… ta face est un rassasiement de joie, il y a des plaisirs à ta droite pour toujours. (Ps. 16. 7 à 11).

« Tu l’as rempli de joie par ta face » (Ps. 21. 7). C’est en laissant le Seigneur entrer dans ta chambre, dans ton cœur, qu’il y aura de la lumière dans ton habitation, comme nous l’avons vu dans notre 2ème verset de début.

« L’Éternel sera ta lumière à toujours » (És. 60. 20) ; « L’Éternel est ma lumière et mon salut  : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie  : de qui aurai-je frayeur  ? » (Ps. 27. 1) ; « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jac. 1. 17).

« Vous êtes tous fils de la lumière et fils du jour » (1 Thess 5. 5) ; « Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur  : marchez comme des enfants de lumière (car le fruit de la lumière [consiste] en toute bonté, justice, et vérité) (Éph. 5. 8 et 9).

Bien-aimé, cette lumière divine, luit-elle dans ta chambre, dans ta maison, en manifestant, entre autres, une bonté de Dieu (cf. David dans 2 Samuel 9. 3) ?

Rappelons-nous ce que Jésus lui-même a dit : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située au sommet d’une montagne ne peut pas être cachée. On n’allume pas non plus une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe  ; et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 14 à 16).

Le 3ème verset nous parle de l’odeur du parfum que Marie avait répandu sur les pieds du Seigneur (Jean 12). Elle avait dépensé une fortune pour ce parfum. Trois cents deniers correspondent à trois cents jours de travail d’un ouvrier (comp. Jean 12. 5 et Mat. 20. 2). En tout cas, le résultat est que toute la maison fut remplie de l’odeur du parfum ! Tous ceux qui étaient dans cette maison ou qui allaient y entrer pouvaient sentir ce parfum. Marie a été à cette occasion « la bonne odeur de Christ pour Dieu, à l’égard de ceux qui sont sauvés et à l’égard de ceux qui périssent » (2 Cor. 2. 15). « Le parfum de notre louange, n’est-il pas, Jésus, ton amour ? » (Hymnes et Cantiques n°175 strophe 4).

« Noé bâtit un autel à l’Éternel ; il prit de toute bête pure et de tout oiseau pur, et offrit des holocaustes sur l’autel. L’Éternel sentit une odeur agréable » (Gen. 8. 20 et 21).

Chers amis, quel « air » nos frères et sœurs dans la foi, et les non-croyants respirent-ils dans notre chambre, dans notre maison ? Quel air Dieu, lui-même, respire-t-il ? Un air pur, agréable, rafraîchissant, bon à respirer et qui reflète quelque chose de Christ ? Les murs de ma chambre sont-ils habitués à entendre des chants de joie, des rires heureux, des paroles de louanges à la gloire de Dieu et du Seigneur Jésus ?

Éphésiens 5. 1 et 2 nous exhorte : « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, [comme] offrande et sacrifice à Dieu en parfum de bonne odeur ».

Chers frères et sœurs en Christ, faisons de ce verset 6 des Proverbes une réalité dans nos maisons, visible par tous ceux qui en franchissent le seuil : « Dans la maison du juste il y a un grand trésor » (Prov. 15. 6).

La jouissance de ce trésor dépendra du temps et du plaisir que nous prenons à :

– lire la Bible : « Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » (Ps. 119. 105) ; « Puis ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison » (Act. 16. 32) ;

– à prier : « à la neuvième heure, j’étais en prière dans ma maison… Corneille, ta prière est exaucée » (Act. 10. 30 et 31) ; « Daniel… entra dans sa maison  ; et, ses fenêtres étant ouvertes dans sa chambre haute… il s’agenouillait sur ses genoux trois fois par jour, et priait, et rendait grâces devant son Dieu (Dan. 6. 11).

Dans nos foyers, nous pouvons nous lamenter, nous étendre avec tristesse et découragement sur nos misères (bien réelles), mais nous pouvons aussi faire ce que le Seigneur nous dit : « Va dans ta maison, auprès des tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi, et [comment] il a usé de miséricorde à ton égard » (Marc 5. 19). À moins que toi, tu n’aies jamais bénéficié de sa miséricorde ! Qu’on puisse dire de toi et de moi : « il… alla dans sa maison, glorifiant Dieu » (Luc 5. 25) !

Que le 4ème verset, qui est un peu le résumé de tout ce que nous avons vu, se manifeste quotidiennement dans nos maisons… et sur notre visage !

« La lumière des justes est joyeuse » (Prov. 13. 9) ; « Lève sur nous la lumière de ta face, ô Éternel  ! Tu as mis de la joie dans mon cœur » (Ps. 4. 7 et 8) ; « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera  ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14. 23). « L’un de ses disciples, que Jésus aimait, était à table, tout contre le sein de Jésus » (Jean 13. 23).

Et « si notre maison terrestre – simple tente – est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux » (2 Cor. 5. 1). Dieu en soit éternellement loué !

« Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures…  je vais vous préparer une place… je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14. 2 et 3).

Recevez mes salutations chaleureuses, Marco. Juin 2026.

N’AYEZ PAS HONTE

Charles avait été soigneusement élevé par des parents pieux ; il aimait le Seigneur Jésus, et désirait Lui plaire.

Les premières années de sa vie s’étaient écoulées dans un tranquille petit village, mais maintenant le moment était venu de faire des études plus sérieuses, et ses parents furent obligés de le mettre en pension dans la ville la plus proche.

L’école comprenait une quarantaine d’élèves, dont la plupart étaient plus âgés que Charles. Le soir de son arrivée il se retira dans son dortoir avec ses camarades. Avant de se coucher il désirait lire sa Bible et prier comme il avait l’habitude de le faire à la maison ; mais lorsqu’il vit les autres garçons se hâter d’entrer dans leurs lits en causant et en riant, il n’osa pas prier devant eux.

On ne peut pas s’agenouiller devant des étrangers, se dit-il en lui-même ; j’attendrai de les connaître mieux. Il commença alors à se déshabiller en se disant pour tranquilliser sa conscience : Je puis prier aussi bien dans mon lit, et demain matin je me lèverai pour lire avant que les autres se réveillent.

Mais à peine fut-il au lit qu’il s’endormit profondément et ne se réveilla le lendemain que lorsque ses camarades étaient déjà à moitié habillés. Toutes ses bonnes résolutions furent donc réduites à néant, et il quitta la chambre sans avoir lu la Parole de Dieu ni prié.

Ses nouveaux devoirs occupèrent son esprit pendant la journée, mais il se sentait pourtant malheureux en pensant à ce qu’il avait négligé, et il décida de prendre courage et de ne pas s’inquiéter des garçons et de ce qu’ils pourraient penser de lui. Mais, hélas ! de jour en jour il devint plus craintif et abandonna tout à fait la lecture de la Bible et la prière. Il se tranquillisait lui-même avec la pensée qu’il n’était pas pire que ses camarades, mais il se trompait. Extérieurement il ne se conduisait pas plus mal qu’eux, mais il était plus coupable parce qu’il avait reçu d’autres enseignements qu’eux et savait ce qu’il négligeait.

Charles était devenu le favori, non seulement de ses camarades, mais aussi de ses maîtres. Il était franc et honnête et ne cherchait jamais à s’excuser en donnant une réponse évasive. Ses leçons étaient toujours bien apprises, mais lorsque sonnait l’heure de la récréation, il apportait aux jeux un joyeux entrain. Personne ne le dépassait au saut ou à la course, il savait mieux que tout autre garçon organiser de belles parties.

Un jour de congé, les garçons furent autorisés à faire une excursion dans la forêt. C’était la saison des noisettes et des petits fruits sauvages.

Après en avoir fait une abondante récolte, les enfants s’étendirent sur l’herbe pour se reposer.

– Je ne voudrais pas passer une nuit seul ici, dit l’un des garçons. Il doit faire terriblement sombre sous ces arbres.

– Quel poltron tu es ! dit Charles. Moi, je n’aurais pas peur. Qu’y aurait-il à craindre ?

Un verset qu’il avait appris avec sa mère lui revint en mémoire : « Même quand je marcherais par la vallée de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi » (Ps. 23. 4).

Souvent, lorsque la peur commençait à l’envahir, il s’était répété ce verset qui l’avait toujours tranquillisé, mais à ce moment-là, il lui sembla qu’il ne pouvait penser à Dieu comme à un tendre Père ; et, tout à coup il se sentit pécheur et méritant la réprobation, parce qu’il avait négligé la prière et la lecture de la Bible. Les voix de ses camarades le tirèrent de sa rêverie.

– C’est vrai, Charles n’a peur de rien, disait l’un.

– Moi, je sais ce qui l’effraye, s’écria un autre.

– Quoi ? Qu’est-ce que c’est ? demandèrent-ils tous ensemble.

Et Charles s’avança fièrement pour se défendre.

– Eh bien, je vais vous le dire, continua tranquillement le jeune garçon, et Charles ne peut pas le nier. Il craint la moquerie.

Puis il se tut et regarda fixement Charles qui détourna les yeux et baissa la tête.

– Avant son arrivée, continua le jeune garçon, le maître nous a dit que c’était un garçon pieux qui n’oubliait jamais de lire sa Bible et de prier. Depuis que j’ai su cela, je l’ai observé, mais je ne l’ai jamais vu lire, ni prier, et pourtant je suis dans la même chambre que lui. Maintenant dites-moi pourquoi il ne l’a pas fait depuis qu’il est ici ?

– Oui, c’est vrai, dit un autre, cela montre qu’il avait peur, et sûrement aucun de nous ne se serait moqué de lui.

Pauvre Charles ! Il se tenait immobile, incapable de dire un mot. Jamais auparavant il ne s’était senti pareillement humilié qu’en ce moment où il était justement accusé par ses camarades qui l’admiraient encore un instant avant. Il s’éloigna, pleurant amèrement, parce qu’il savait combien il méritait leur réprobation.

À son retour à l’école il trouva une lettre de sa mère qui lui disait entre autres choses :

J’espère que tu continues à lire la Parole de Dieu et à prier comme tu le faisais à la maison. Je demande constamment à Dieu qu’il te préserve de « la crainte des hommes qui tend un piège » (Prov. 29. 25). Ne donne pas à tes camarades l’impression que tu as honte d’être un enfant de Dieu, et sois sûr qu’en dépit de toutes leurs moqueries, ils te respecteront si tu restes ferme ; mais ils te mépriseront si tu te laisses entraîner au mal par eux ».

Charles lut et relut cette lettre, tandis que les larmes remplissaient ses yeux.

Ô maman, murmura-t-il, tu ne sais pas à quel point j’ai déjà manqué.

Puis il se jeta à genoux, reconnaissant devant Dieu son infidélité et Lui demandant son aide pour tenir ferme désormais.

Un changement manifeste s’est produit dès lors dans la vie de Charles. Il commence et termine chaque journée par la lecture de la Parole de Dieu et la prière. Plusieurs de ses camarades se sont éloignés de lui ; mais d’autres, et parmi eux son accusateur, se sont, au contraire, liés plus intimement avec lui et suivent son exemple.

« Si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait pas honte, mais qu’il glorifie Dieu en ce nom » (1 Pierre 4. 16).

« Ceux qui m’honorent, je les honorerai » (1 Sam. 2. 30).

D’après La Bonne Nouvelle 1935

ÊTES-VOUS PRÊT ?

Jean N. était petit domestique chez un docteur. Celui-ci, qui était un vrai chrétien, prêtait une pièce de sa maison pour des réunions suivies par de nombreux croyants de la ville. Jean était chargé d’ouvrir la porte et de conduire les gens jusqu’à la grande chambre où l’on se réunissait. Aussitôt que la réunion commençait, le jeune garçon s’asseyait près de l’entrée pour écouter.

Un soir, le sujet traité fut : La seconde venue de Christ. On lut plusieurs passages montrant que le Seigneur Jésus reviendra prendre à Lui les siens, c’est-à-dire tous ceux qui, par la foi en Lui, sont lavés de leurs péchés dans son précieux sang ; tandis que ceux qui ne croient pas seront laissés dans ce monde, attendant le jugement final, comme nous l’enseigne la parabole des dix vierges.

Après la réunion, le docteur demanda à Jean :

– As-tu compris ce qui a été dit ?

– Oui, monsieur, répondit-il.

– Sais-tu maintenant ce que fera le Seigneur Jésus lorsqu’Il viendra ?

– Oui, monsieur, répondit-il de nouveau.

– Bien, reprit le docteur. Je désirais justement te dire que, lorsque le Seigneur Jésus viendra, je n’aurai plus besoin de toutes les choses que je possède maintenant, puisque ma famille et moi nous quitterons alors ce monde. Tu pourras donc avoir ma maison si, lorsque le Seigneur vient, tu es encore à mon service.

Jean ne s’attendait pas à une pareille offre, et représentez-vous sa surprise lorsque le docteur ajouta :

– Tu pourras avoir tous mes meubles, la voiture et les chevaux, en plus de tout mon argent.

Jean était si stupéfait qu’il ne put même pas prononcer un mot de remerciement. Cette nuit-là il ne put dormir tant il était excité. Une multitude de pensées se pressaient dans sa tête. Mais tandis qu’il réfléchissait à ses futures richesses, une pensée soudaine traversa son esprit.

À quoi bon la maison, les meubles, la voiture et les chevaux, si le Seigneur Jésus vient chercher les siens et si je suis laissé en arrière pour attendre le jugement ? J’aimerais mieux être une des vierges sages et entrer au ciel avec Lui. Ce doit être terrible d’être laissé avec les vierges folles en dehors, derrière la porte fermée.

À mesure que s’écoulaient les silencieuses heures de la nuit, son cœur battait plus fort en songeant à la vérité qu’il avait entendu exposer. À la fin il ne put le supporter plus longtemps, et, se levant, il alla frapper à la porte du docteur.

– Eh bien, Jean, qu’y a-t-il ? demanda celui-ci.

– Excusez-moi, monsieur, je ne veux pas avoir votre maison lorsque le Seigneur Jésus viendra.

– Vraiment ? demanda le docteur.

– Non, répondit Jean d’un ton décidé, et je ne veux pas non plus votre voiture, vos chevaux et votre argent.

– Alors, mon garçon, que désires-tu donc ?

– Oh ! monsieur, lorsque le Seigneur Jésus viendra, je voudrais être prêt à aller aussi au ciel avec Lui.

Combien le docteur fut heureux d’entendre ces paroles ! Il se leva et emmena Jean dans une autre chambre où ils parlèrent longuement ensemble ; puis ils s’agenouillèrent et le docteur pria pour le jeune garçon ; celui-ci pria aussi à son tour de tout son cœur, reconnaissant ses péchés et disant au Seigneur combien il désirait être sauvé. Le Seigneur et Sauveur qui est toujours prêt, jour et nuit, à accorder le salut et la paix à tout pécheur vraiment repentant, écouta cette instante prière.

Jean trouva la paix en croyant au Seigneur Jésus et à son précieux sang qui « nous purifie de tout péché », selon la Parole de Dieu. Il était prêt maintenant, comme tous les croyants, à recevoir le Seigneur Jésus, et n’avait aucune crainte, mais pouvait dire au contraire : « Amen, viens, Seigneur Jésus ».

D’après La Bonne Nouvelle 1935

SANS NOM

Oberlin voyageait un jour d’hiver dans les environs de Strasbourg. Le froid était intense et une épaisse couche de neige rendait les routes fort impraticables.

Il était à peine arrivé à la moitié de sa course lorsqu’il se sentit envahir par une fatigue insurmontable. Impossible de continuer la marche ; aussi recommandant son âme à Dieu, il s’endormit, ainsi qu’il le croyait, du sommeil de la mort.

Combien de temps cet étrange sommeil avait-il duré ? Il était bien incapable de s’en rendre compte mais eut soudain conscience que quelqu’un le réveillait brusquement et vit un transporteur qui se tenait près de lui, son véhicule à peu de distance.

L’inconnu lui tendit du vin, puis un peu de nourriture et l’esprit du pauvre voyageur se ranima doucement ; l’homme l’aida ensuite à monter sur son véhicule et l’emmena au village voisin où l’on prit soin de lui.

Oberlin ne cessait de remercier son sauveteur et voulut même lui offrir une somme d’argent. Mais ce dernier refusa en disant : C’est tout simplement un devoir de nous aider les uns les autres, et un paiement pour ce service-là serait presque une insulte.

– Mais alors, répondit Oberlin, dites-moi au moins votre nom afin que je puisse toujours me souvenir de vous avec reconnaissance devant le trône de Dieu.

– Je vois, répliqua le transporteur, que vous êtes un serviteur de l’Évangile ; dites-moi donc le nom du bon Samaritain.

– Cela serait impossible, car ce nom n’a pas été laissé à la postérité.

– Eh bien, dit le transporteur, jusqu’à ce que vous puissiez me dire son nom, permettez-moi de vous taire le mien.

Dis peu, sers tous et passe.

D’après La Bonne Nouvelle 1932

VIVRE EN CHRÉTIEN

« Ce fut aussi à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent nommés chrétiens » Actes 11. 26.

Être un chrétien, au sens biblique, signifie avoir une relation de foi avec Jésus Christ. Comment cela se produit-il ? En se tournant consciemment vers Dieu et en prenant une décision personnelle pour le Seigneur Jésus.

Dieu produit alors en nous une nouvelle naissance et nous donne la vie éternelle. L’apôtre Paul explique cette transformation de la manière suivante : « De sorte que, si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17). Cela signifie simplement que l’on est désormais une personne nouvelle, qui en a fini avec son ancienne vie de péché.

Mais être quelque chose n’est pas la même chose que de le vivre pleinement. Dieu veut que nous nous comportions d’une manière conforme à notre nouvelle position. Cela peut se résumer en une phrase : Vivre comme un chrétien signifie représenter Christ. Notre comportement devrait montrer qu’Il est notre vie, que nous croyons en Lui et que nous Lui appartenons.

Le Seigneur Jésus a rencontré des personnes avec amour et les a aidées. C’est pourquoi nous devrions aussi être serviables et penser au bien-être de nos semblables.

Christ a vécu en étant séparé d’un monde sans Dieu. Il en est de même pour nous. Comment pourrions-nous donner la main à un monde qui a crucifié notre Seigneur ?

Jésus faisait toujours la volonté de son Dieu et Père. Nous sommes exhortés aujourd’hui à imiter son obéissance et à faire ce que Dieu nous demande dans la Bible.

D’après « The Good Seed » novembre 2025

LE SECRET D’UNE BONNE JOURNÉE

« Il (Jésus) leur dit encore une parabole pour [montrer] qu’il leur fallait toujours prier et ne pas se lasser » Luc 18. 1.

« Tu as entendu ma voix  ; ne cache pas ton oreille à mon soupir, à mon cri. Tu t’es approché au jour où je t’ai invoqué  ; tu as dit : Ne crains pas » Lamentations 3. 56 et 57.

Le chrétien prie régulièrement Dieu tous les jours. La prière doit être, soit un désir habituel, soit quelque chose de spontané dans les situations dans lesquelles on ressent la nécessité de se tourner vers Dieu. Négliger la prière personnelle conduit à la pauvreté spirituelle, ouvre la porte à toutes sortes d’erreurs ou de fautes, et empêche le chrétien de s’engager à servir Dieu. Au contraire, celui qui prie le Dieu tout-puissant est préparé à remporter la victoire. Que pourrait-il craindre des hommes ou des évènements ? Il sait qu’il est faible et limité, mais que Dieu est sa force et son bouclier (Ps. 28. 7).

Commençons et finissons chacune de nos journées avec le Seigneur, par la prière ; parlons avec Lui dans toutes nos situations ! Ce seront des prières complètes, avec un début et une fin, adressées à notre Père céleste ou à Jésus, notre Seigneur, ou bien un dialogue silencieux. Elles pourront être très courtes, comme une demande de secours immédiat dans un moment difficile. Évitons toute situation qui puisse créer une distance entre Dieu et nous. Ne négligeons pas la prière individuelle, persévérante et confiante, même si cela doit comporter l’interruption de certaines activités, aussi importantes soient-elles.

Les moment passés en prière ne seront jamais perdus ! Et même, pour le croyant qui veut plaire à Dieu, elles sont le prérequis nécessaire à toute activité qui puisse porter du fruit. « Réjouissez-vous toujours ; priez sans cesse ; en toutes choses rendez grâces » (1 Thess. 5. 18).

D’après « Il buon seme » janvier 2026

UNE NUIT EN PLEINE MER

Par une après-midi ensoleillée, quelques enfants de pêcheurs avaient quitté leur village et se dirigeaient vers la plage, en quête de quelque amusement. Ils atteignirent bientôt l’endroit où ils avaient l’habitude de jouer. Non loin de là se trouvait un bateau renversé sur le sable ; on venait de le remettre à neuf, et sa peinture fraîche lui donnait l’air fort engageant.

– Regardez, voilà le bateau de Jacob Willemsen, s’écria l’aîné des garçons ; prenons-le et faisons une petite promenade sur mer. Il n’y a pas de vagues aujourd’hui et on ne sent pas un souffle de vent ; ce sera délicieux.

– Oui, oui, quelle bonne idée ! répondirent en chœur ses camarades.

Un seul d’entre eux fit exception. C’était Charles Sand.

– Ne faites pas cela ! s’écria-t-il. Nous n’avons aucun droit sur ce bateau et nous ne devons pas y entrer sans en avoir demandé la permission.

– Bah ! répliqua le premier interlocuteur. Tu es toujours si craintif. Tu gâtes tous nos plaisirs avec ta stupide phrase : Je n’ose pas.

Et sur ces mots Benjamin, ou Ben, comme l’appelaient ses camarades, renversa le bateau sur le côté et essaya de le pousser en avant. Tous, excepté Charles, s’empressèrent de l’aider.

– Ce dernier, par toutes sortes de remontrances, chercha à détourner ses amis de leur projet, mais Ben se fâcha, l’appela poltron, et lui enjoignit de se taire. Lorsque Charles vit qu’il n’obtenait rien, il s’assit sur le sable et se contenta d’observer tristement la bande d’étourdis. Ceux-ci réunirent toutes leurs forces pour pousser le bateau à l’eau, mais ils découvrirent bientôt que ce n’était pas une tâche facile. Il fallait le faire glisser à travers une large étendue de sable, et son poids rendait le travail difficile. Les plus petits garçons qui avaient déjà sauté dans le bateau, se hâtèrent d’en ressortir pour l’alléger. Quelques-uns semblèrent aussi revenir à de meilleurs sentiments et, suivant l’exemple de Charles, renoncèrent à l’expédition. Le plus jeune de tous, Jean Hagen, qui avait été un des premiers à grimper dans le bateau, essaya aussi d’en redescendre, mais Ben l’en empêcha.

– Reste assis, Jean, dit-il.

– Mais je ne veux plus aller avec vous, répondit Jean, et il cria à Charles de venir l’aider à sortir. Celui-ci s’approcha avec empressement.

– Va-t’en, Charles, cria Ben très excité. Tu n’as pas à t’occuper de mes passagers.

Jean tendit le bras à Charles, et celui-ci sauta dans le bateau, plein de pitié pour son petit camarade. En cet instant, Ben s’écria :

– Tenez-le ferme, vous autres, ne le laissez plus ressortir.

En même temps il faisait un dernier effort pour pousser l’embarcation dans l’eau et cette fois il y parvint. Le sable grinça, et le bateau glissa brusquement dans la mer, laissant à peine le temps à Ben et à deux de ses compagnons de sauter dedans.

– Eh bien, ramène maintenant Jean à terre si tu le peux, Charles, s’écria Ben d’une voix triomphante.

Celui-ci ne répondit pas, mais s’efforça d’atteindre une des rames qui était tombée à l’eau au moment du départ. En vain ! elle flottait de plus en plus loin vers le large. Ben prit peur, mais ne voulut pas le laisser voir, et, saisissant le seul aviron qui restât, il chercha à se diriger par son moyen. Mais il dut bientôt reconnaître l’inutilité, de ses efforts ; poussée par la brise qui soufflait en droite ligne du rivage, l’embarcation s’éloignait visiblement de la côte.

– Je ne peux plus gouverner, dit enfin Ben d’un ton abattu en jetant la rame au fond du bateau. Nous dérivons irrésistiblement vers la pleine mer.

– Oh ! Ben, qu’as-tu fait ? s’écria Charles.

Les enfants se mirent à crier aussi fort qu’ils le pouvaient ; mais leurs camarades s’étaient hâtés de rentrer à la maison, et il n’y avait, aussi loin que s’étendait la vue, aucune créature humaine qui pût les entendre. Ils voyaient bien une barque de pêcheurs à l’horizon, mais elle était trop éloignée d’eux pour qu’ils puissent attirer l’attention de ses occupants. Un des garçons sortit son mouchoir, l’attacha au bout de la rame et agita de temps en temps ce drapeau improvisé pour montrer qu’ils étaient en danger. Mais personne ne parut voir leur signal. Le soir tombait et le bateau continuait à flotter à dérive sur l’immense étendue de la mer. On ne distinguait plus qu’une étroite bande marquant le rivage, et même celle-ci disparut peu à peu dans l’ombre. Le pauvre petit Jean pleurait et réclamait sans cesse sa mère. Charles le prit dans ses bras et fit de son mieux pour le consoler. Bientôt l’obscurité fut complète, et, pour accroître encore la terreur des petits navigateurs, le vent s’éleva et jeta la frêle embarcation de droite et de gauche comme une balle. Les vagues pénétraient par-dessus bord et trempaient les jeunes garçons jusqu’à la peau. Ceux-ci s’occupaient incessamment à vider l’eau à l’aide de leurs casquettes. Mes jeunes lecteurs peuvent se représenter à quel point les enfants étaient fatigués, affamés et effrayés.

– N’as-tu pas peur, Charles ? demanda tout à coup Ben à son ami qui paraissait n’avoir rien perdu de son calme.

– Oui et non, fut la réponse. Je n’ai pas peur quand je pense que Dieu aura soin de nous et veillera sur nous. Il est aussi bien sur la mer que sur la terre.

– Mais Il est si loin de nous, dit Ben, et je suis un si méchant garçon.

Charles essaya de le rassurer aussi bien qu’il le put. Il avait été élevé dans la crainte de Dieu, et de bonne heure avait appris à connaître le Seigneur. En plus d’une occasion il avait reproché à Ben sa mauvaise conduite, et avait cherché à le conduire à Jésus. Mais son camarade n’avait prêté aucune attention à ses exhortations. Pauvre Ben ! Dans le malheur qui les avait frappés, lui et ses compagnons, il était le seul coupable, car c’est lui qui les avait entraînés à partir, et il y avait même contraint Charles et Jean. Peut-être devraient-ils tous succomber. Si même les flots les épargnaient, la faim menaçait de leur préparer une terrible mort. Tout abattu par ces réflexions, Ben restait assis à l’arrière du bateau qui oscillait de nouveau doucement, car le vent s’était calmé. Quelles tristes pensées venaient obséder son pauvre cœur ! Ah oui ! il avait toujours été un méchant garçon. Depuis la mort de sa mère, quelques années auparavant, il semblait que Ben eût mis son honneur à causer tout le déplaisir possible à son père. Durant cette longue nuit, à mesure que le danger et la détresse augmentaient, toute sa vie passée lui revint en mémoire. L’une après l’autre, toutes ses mauvaises actions se dressaient devant son esprit. Combien de fois n’avait-il pas désobéi à son père ! Combien de fois ne l’avait-il pas affligé par sa mauvaise conduite ! Pour la première fois de sa vie, Ben se tourna vers le Seigneur, et par une prière silencieuse, confessa ses nombreux péchés et implora le pardon divin. Ce fut une terrible nuit, mais aussi une nuit bénie pour lui, car durant ces heures d’angoisse, il apprit à se réfugier auprès du Sauveur qui avait donné sa vie pour le racheter.

Lorsque l’aube parut, le regard anxieux des cinq compagnons d’infortune ne découvrit rien que le ciel et la mer. Pendant la nuit le bateau s’était toujours davantage éloigné de terre, et les malheureux enfants ne savaient plus du tout où ils se trouvaient. C’était le dimanche matin. Le petit Jean, qui avait dormi dans les bras de Charles, s’éveilla et scruta en vain l’horizon pour chercher à apercevoir le rivage natal.

– En tous les cas, dit-il après un moment de réflexion, ils vont nous regretter ce matin, à l’école du dimanche. Peut-être sont-ils en train de chanter maintenant. Ne pourrions-nous pas aussi chanter un cantique ?

Sa proposition rencontra l’approbation générale, et bientôt, sur l’étendue des eaux maintenant apaisées, résonnèrent quelques-uns des chants que les garçons avaient appris à l’école du dimanche. À peine le dernier son s’était-il éteint, que Ben se leva résolument, et, fixant un regard sérieux sur le petit cercle de ses camarades, il leur dit :

– Camarades, il faut que je vous dise quelque chose. Tout ce qui est arrivé est de ma faute. Si je ne m’étais pas entêté dans mon projet, nous ne nous trouverions pas maintenant dans ce grand danger. Voulez-vous me pardonner de vous avoir entraînés dans cette aventure ?

La voix lui manqua. Après un instant de silence il tendit la main à Tom, son voisin le plus rapproché, et reprit d’un ton suppliant et d’une voix tremblante :

— Veux-tu me pardonner, Tom, et me donner la main pour me montrer que tu ne m’en veux pas ?

Tom lui tendit la main de bon cœur et les autres suivirent aussitôt son exemple. Il y avait des larmes dans tous les yeux, et un silence solennel régna dans le bateau. À la fin Ben se tourna vers Charles en lui disant :

– Charles, voudrais-tu prier Dieu qu’il nous sauve de ce terrible danger ?

Charles s’agenouilla et pria à haute voix. Ses compagnons s’agenouillèrent auprès de lui et se joignirent à sa prière. Les simples paroles prononcées par le jeune garçon montèrent vers Celui qui entend et comprend les moindres balbutiements de ses enfants. En se relevant, les pauvres petits se sentaient le cœur allégé et fortifié. Ils s’assirent tranquillement sur les bancs et attendirent ce que le Seigneur allait faire. Longtemps ils restèrent ainsi, les yeux fixés sur l’horizon lointain ; mais peu à peu la fatigue les gagna, et l’un après l’autre ils cédèrent au sommeil. Ben résista le dernier. « Il faut que je veille pour les autres », se répétait-il. Mais ses paupières s’alourdissaient de plus en plus, et avant qu’une demi-heure se fût écoulée, il dormait aussi profondément que ses compagnons. Dormez seulement, enfants ! Il y a Quelqu’un qui veille sur vous, qui jamais ne dort, ni ne sommeille.

Laissons maintenant pour un moment nos petits voyageurs et voyons ce qui s’était passé sur la côte pendant ce temps. Aussitôt que Jacob Willemsen s’aperçut de la disparition de son bateau et apprit des garçons que cinq de leurs camarades s’y étaient embarqués sous la direction de Ben, tout le village fut en émoi. L’inquiétude augmenta encore lorsqu’on découvrit la rame perdue que les vagues avaient rejetée sur le rivage. Immédiatement plusieurs bateaux furent envoyés à la recherche des disparus. Mais l’un après l’autre ils revinrent sans avoir rien découvert. L’angoisse des pauvres parents fut à son comble lorsque la nuit tomba sans qu’on eût aucune nouvelle de leurs enfants. Dès que les premières lueurs du jour apparurent, quelques bateaux de pêcheurs quittèrent de nouveau le rivage pour continuer les recherches, accompagnés des ferventes prières de ceux qui restaient. Vers midi l’un des bateliers aperçut avec sa lunette d’approche un point noir à l’horizon. Il commanda à ses hommes de diriger le bateau dans cette direction, et à mesure qu’ils s’en approchaient, ils voyaient se dessiner les contours d’une petite embarcation qui semblait bien être celle qu’ils cherchaient. Abandonnée au gré des vagues, elle dansait sur l’eau comme une coquille de noix. Mais où étaient les garçons ? Aucune tête ne se montrait par-dessus bord pour donner aux arrivants l’assurance que ceux qu’ils cherchaient étaient encore en vie ; aucune main ne s’agitait pour leur souhaiter la bienvenue.

Les deux bateaux se rapprochaient de plus en plus l’un de l’autre. Les pêcheurs pouvaient maintenant lire à l’œil nu à l’arrière du canot le nom de son propriétaire « Jacob Willemsen ». Mais on ne voyait toujours rien remuer à l’intérieur. Qu’est-ce que cela signifiait ? Les garçons étaient-ils tous morts, ou, pendant l’orage de la nuit, avaient-ils été jetés par-dessus bord ? Conduit par une main experte, et rapide comme une flèche, le bateau de pêcheurs fendait les flots. Encore quelques vigoureux coups de rames – et voilà les deux embarcations bord à bord. Mais quel spectacle ! Les cinq compagnons d’infortune étaient couchés paisiblement au fond du bateau, dormant aussi profondément que s’ils avaient été couchés à la maison dans leurs lits chauds. Une ombre d’émotion passa sur les traits des rudes marins, et pendant un moment ils restèrent immobiles sur leurs bancs comme s’ils craignaient de troubler le sommeil des enfants. À la fin pourtant l’un d’eux enjamba le bord et secoua les petits dormeurs par l’épaule. Ceux-ci se redressèrent brusquement et regardèrent autour d’eux avec stupéfaction. Puis, reconnaissant les figures amies, ils tombèrent en pleurant de joie dans les bras de leurs sauveurs. Oui, Dieu soit loué, ils étaient sauvés. Le Seigneur avait entendu leur prière et les avait tirés de danger au moment où ils y pensaient le moins. Les cœurs remplis de reconnaissance, ils prirent place à côté des rameurs et durant le trajet de retour, racontèrent toutes leurs aventures. Ben fit de nouveau une franche confession de sa faute et prit tous les torts sur lui. Cette nuit en pleine mer avait été bénie pour lui.

Lorsque les deux bateaux approchèrent du rivage la joie ne connut pas de bornes. Tout le village était rassemblé sur la plage. C’est avec une profonde reconnaissance envers Dieu que les parents serrèrent sur leur cœur les fils qu’ils avaient cru perdus. Les yeux pleins de larmes, Ben allait de l’un à l’autre implorant le pardon de la mère du petit Jean, des parents des autres garçons. Puis il se tourna vers son père et le pria de lui pardonner toutes ses fautes et ses désobéissances passées. Mes jeunes lecteurs peuvent penser que de tous les côtés on lui accorda de bon gré le pardon qu’il demandait avec tant d’humilité.

Mais mieux que tout cela ; Ben avait trouvé un Sauveur prêt à le recevoir et lui pardonner. Le bon Berger avait pris dans ses bras sa brebis errante et depuis ce jour-là Ben connut le bonheur que rien ne peut troubler ou détruire.

D’après La Bonne Nouvelle 1927

LE MOUSSE DU HAVRE

Un brick français (voilier à deux mâts) longeait les côtes rocheuses de la Bretagne lorsqu’une tempête effroyable s’éleva. Le capitaine, marin expérimenté, un vrai loup de mer, employa tous les moyens en son pouvoir pour maintenir le bâtiment loin du rivage. Mais le tumulte du vent et des vagues était tel que ses efforts demeurèrent inutiles. Le petit navire était poussé toujours plus près des écueils.

La lutte dura vingt-quatre heures. Le capitaine donnait ses ordres que l’équipage exécutait avec une précision digne de tous les éloges. Et cependant tous les matelots savaient que leurs efforts étaient inutiles. L’ouragan ne faisait qu’augmenter et le vent, soufflant du nord-ouest, soulevait des vagues énormes qui semblaient par moments vouloir ensevelir la frêle embarcation sous leurs masses écumantes. Enfin, l’inévitable se produisit.

Un choc affreux, un ébranlement violent, un craquement sinistre, annoncèrent aux passagers et à l’équipage que le brick avait touché. Pris entre deux écueils, il était devenu impossible de le dégager. Bien que la catastrophe fut prévue, la consternation remplit le cœur de chacun. Les passagers surtout étaient affolés. Des appels désespérés se mêlèrent aux hurlements du vent et au fracas des vagues et, comme cela arrive toujours en pareil cas, tous se jetèrent à genoux et implorèrent le Dieu dont ils niaient peut-être l’existence quelques heures auparavant.

– Les embarcations à la mer, commanda le capitaine.

Cet ordre fut immédiatement exécuté, mais à peine les canots eurent-ils été descendus que déjà ils étaient emportés par les vagues. En ce moment le courage des plus vaillants commença à faiblir. Aucun secours humain n’était à espérer. Les flots cruels réclamaient leurs victimes.

– Un seul moyen de salut nous reste encore, mes enfants, clama le capitaine et sa voix avait peine à dominer le tumulte des éléments. L’un de nous doit chercher à gagner la côte à la nage en portant une corde ; s’il y réussit, il établira une communication entre le rivage et nous. C’est une tentative désespérée, mais c’est aussi notre dernière chance.

– Impossible, capitaine, fit le timonier en montrant du doigt les vagues qui se brisaient contre les rochers déchiquetés de la côte. Celui qui tentera l’aventure est un homme perdu.

– Dans ce cas, il ne nous reste rien à faire qu’à mourir, répondit gravement le capitaine.

En ce moment, un enfant se fraya un passage à travers le groupe de matelots et vint se planter devant le capitaine. C’était Jacques, le mousse du bord, un gamin de douze ans, adroit, courageux, téméraire parfois, mais toujours serviable et dévoué et qui avait gagné le cœur de ces rudes marins.

– Que veux-tu donc ? interrogea le capitaine.

– Cet enfant-là, répondit un vieux matelot, veut absolument nager jusqu’à la côte. Il est entêté comme un mulet et ne veut pas comprendre le risque qu’il court.

Très surpris, le capitaine regardait le jeune garçon qui, fort embarrassé, baissait les yeux devant son supérieur. Du regard, il mesura l’enfant de la tête aux pieds, puis répondit brusquement :

– C’est insensé ! Comment un enfant de cet âge pourrait-il entreprendre ce travail de géant ?

Mais Jacques ne se laissa pas si vite décourager.

– Mon capitaine, dit-il, et sa voix enfantine ne tremblait pas, vous ne devez pas laisser courir ce risque à un de vos bons matelots, mais pour moi, qui ne suis qu’un petit mousse, cela a bien moins d’importance. Attachez-moi la corde autour du corps et, avec l’aide de Dieu, j’essayerai.

– L’enfant est-il bon nageur ? interrogea le capitaine.

– Il nage comme une anguille, affirma un des matelots.

– Oui, capitaine, je pourrais remonter la Seine depuis le Havre jusqu’à Paris ! ajouta Jacques.

Le capitaine hésitait. Son regard se reportait sans cesse sur le frêle enfant qui s’offrait à tenter une aventure devant laquelle reculait le plus brave de ses vieux marins. Avait-il le droit d’exposer ce jeune garçon à une mort presque certaine ? Tout en lui se révoltait à cette pensée. Cependant le danger était là, la mort à brève échéance pour cinquante personnes au moins… Enfin, il céda.

Jacques fit immédiatement les préparatifs nécessaires. Mais avant de revêtir la ceinture de sauvetage et de se laisser attacher la corde autour de la poitrine, il se tourna encore une fois vers le capitaine.

– Mon capitaine, comme il est possible que je sois noyé tout à l’heure, j’aurais une faveur à vous demander que vous ne me refuserez pas, je l’espère.

– Certainement pas, mon enfant, répondit le vieux marin profondément ému et, qui déjà regrettait l’autorisation qu’il avait accordée. Parle ! Qu’as-tu encore à me dire ?

Jacques tendit à son supérieur deux pièces de cinq francs enveloppées dans un lambeau d’étoffe.

– Capitaine, si je dois mourir et que vous et les autres soyez sauvés, voulez-vous remettre cet argent à ma mère, au Havre. Dites-lui que je l’aime, elle et mes sœurs, et aussi que je sais auprès de Qui je vais. Tout est bien pour moi. Voulez-vous faire cela, capitaine ?

Le capitaine ne pouvait plus contenir son émotion. D’une voix étouffée, il répondit :

– Bien volontiers, mon fils, si Dieu nous conserve la vie. Si, ce qu’à Dieu ne plaise, tu devais périr pour nous sauver, je te promets que ta bonne mère ne manquera jamais de rien.

– Oh ! s’il en est ainsi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, avec l’aide de Dieu, fit Jacques tout joyeux. Puis il courut de l’autre côté du pont, s’agenouilla derrière un paquet de cordages et, avec une confiance enfantine, se recommanda aux soins du Seigneur Jésus. Se relevant bientôt, il s’approcha du bastingage, prêt à sauter à la mer.

Alors le capitaine n’y tint plus.

– Non, non, s’écria-t-il ; nous ne pouvons consentir à ce que l’enfant s’expose pour nous à un pareil danger. Retenez-le. J’ai eu tort de céder.

– C’est vrai ! retenez l’enfant ! répétèrent les marins. C’est une honte qu’un jeune garçon montre plus de courage que les hommes faits. Retenez-le donc !

Mais il était déjà trop tard. Jacques, prévoyant ce qui allait arriver, coupa court aux délibérations et, d’un bond, se jeta à l’eau. Tous les yeux le suivirent et sur bien des joues tannées par les intempéries, les larmes coulaient sans que les vieux marins songeassent à s’en cacher. Mais, malgré tous les efforts, bientôt on perdit de vue le hardi nageur ; la mer en furie semblait l’avoir instantanément englouti. Enfin un œil exercé crut discerner, tantôt sur la crête d’une vague, tantôt glissant vers l’abîme, un point noir qui paraissait un instant pour disparaître de nouveau. Était-ce un effet de l’imagination, où Jacques nageait-il vraiment vers le rivage ? nul n’aurait osé l’affirmer. Enfin on ne vit plus rien du tout et tous les yeux se fixèrent sur la corde qui se déroulait tantôt avec lenteur, tantôt avec une grande rapidité.

– Quel courageux garçon, disait-on alors ; quel héros ! Puis, quand le mouvement semblait s’arrêter, un gémissement s’échappait de toutes les bouches. « Que Dieu lui soit en aide ! Lui seul peut le sauver ! » et il leur semblait voir le corps du pauvre enfant projeté sans pitié contre les cruels écueils du rivage.

Le temps semblait interminable ! Quelles pensées préoccupaient tous ces malheureux ? Crièrent-ils au Seigneur dans leur détresse ? Nous ne pouvons que l’espérer. Peut-être que l’exemple de Jacques, se jetant à genoux, pour chercher le secours auprès de son Sauveur, parla au cœur et à la conscience de quelques-uns de ces pauvres gens que la mort guettait ! Chaque minute qui s’écoulait voyait le danger s’accroître. L’inaction forcée augmentait encore l’angoisse de ceux qui attendaient. Les vagues s’abattaient sur le bateau avec une violence toujours plus grande et la charpente du bâtiment gémissait sous le choc comme un être humain en proie à la souffrance. La corde se déroulait toujours par saccades. Ainsi une heure entière s’écoula avec une lenteur mortelle.

Tout à coup la corde tomba mollement dans l’eau. Elle n’était plus tendue. Qu’était-il arrivé ? Le nageur a-t-il lâché prise ? N’est-il plus qu’un cadavre ballotté par les flots ? Ou bien a-t-il vaincu les éléments déchaînés et est-il arrivé à bon port ? En cet instant, tous les occupants du navire en détresse, depuis le capitaine jusqu’au plus jeune des matelots étaient préoccupés bien davantage du courageux enfant que de leur propre condition désespérée.

Mais soudain une secousse vigoureuse fit vibrer la corde ; cela se répéta une fois, deux fois, trois fois. Ce n’était donc pas l’effet du hasard, mais bien le signal convenu. Jacques avait atteint la rive. Émus et reconnaissants, matelots et passagers se jetèrent dans les bras les uns des autres.

Cependant le travail n’était pas terminé. Ils se trouvaient encore sur le bâtiment naufragé qui, d’un instant à l’autre, pouvait s’effondrer sous le choc des vagues, et la côte était encore loin. Il n’y avait pas un instant à perdre. A la corde, on attacha solidement un câble et, à un signal donné par les pêcheurs de la côte, accourus à l’appel de Jacques, ce câble fut tiré à terre et solidement fixé à une pointe de rocher, tandis que l’autre extrémité en restait sur le navire. Le reste fut comparativement facile. Munis des bouées de sauvetage, l’un après l’autre les passagers, puis les matelots se risquèrent à se glisser le long du câble. Le chemin était périlleux, mais tous atteignirent le rivage. Le capitaine fut le dernier à abandonner son bâtiment. À peine tous les naufragés furent-ils en sûreté que le bateau s’abîmait dans les flots.

Le petit Jacques tomba gravement malade. L’effort avait été trop grand pour lui. De plus il s’était blessé contre les écueils ; son corps n’était plus qu’une plaie. Mais il supporta patiemment ses souffrances. Dieu l’avait aidé et il conservait une confiance enfantine en Celui qui avait pris soin de lui. Un grand nombre de vies humaines avaient été sauvées par son moyen et il en était profondément reconnaissant.

Sa mère reçut une pension annuelle qui la délivra de tout souci matériel. C’est ainsi que le Seigneur répondit à la prière d’un enfant.

Avez-vous, vous aussi, fait l’expérience de sa bonté et de ses tendres soins ?

D’après La Bonne Nouvelle 1928