Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
Les enfants qui habitent sur les bords de la mer connaissent les phares ; la plupart en ont vu ; mais ceux qui demeurent à la campagne ou dans les villes ne savent peut-être pas ce que c’est. Je vais vous le dire.
Un phare est une haute tour bâtie tout près de la mer, à l’extrémité d’une jetée. Il y a aussi des phares élevés sur des rochers isolés, tout entourés d’eau, à quelque distance des côtes et où on ne peut arriver qu’en bateau. Tout en haut de la tour il y a une petite chambre vitrée, où sont de grandes lampes qu’on allume le soir et qui brûlent toute la nuit. Cette lumière s’étend très loin sur la mer. Quand les bateaux approchent des côtes dans l’obscurité, les marins voient la lumière du phare et savent qu’elle indique un port ou bien un écueil. Cette clarté leur sert à se diriger dans les ténèbres et à éviter les bas-fonds, les bancs de sable sur lesquels le bateau pourrait s’échouer.
Chaque phare avait autrefois un gardien, un homme qui y demeurait ; il allumait les lampes et veillait à ce qu’elles ne s’éteignent pas. Aujourd’hui les phares sont munis de lumière électrique, mais autrefois les lampes étaient alimentées avec de l’huile ou du pétrole. C’est dans ce temps-là que se passa la petite histoire que je veux vous raconter.
Il y avait une fois un homme et sa petite fille qui habitaient un phare situé sur une côte déserte et dangereuse. Lorsque la marée était haute, on ne pouvait atteindre le phare à cause des vagues qui se brisaient autour de lui.
Un jour le gardien s’en était allé au village, laissant sa fillette seule dans le phare. Comme il s’apprêtait à regagner sa demeure, il fut saisi par de méchants hommes qu’on appelle des « naufrageurs » et qui voulaient l’empêcher d’aller allumer ses lampes. Ils espéraient que, dans l’obscurité, quelque navire viendrait s’abîmer contre les écueils de la côte et qu’ils pourraient en recueillir le butin.
Ils retinrent le pauvre homme jusqu’à la marée montante. Enfin, ils le laissèrent partir et le malheureux se tenait sur le rivage tout désolé. La nuit était sombre ; le vent soufflait en tempête ; les vagues venaient se briser contre le phare ; pas moyen de s’aventurer sur les flots et la lanterne n’était pas allumée.
Et que faisait la fillette pendant ce temps ! Vous ai-je dit qu’elle n’avait que huit ans ? Lorsqu’elle vit que son père ne rentrait pas, elle fut très triste. Elle n’avait pas peur pour elle-même car elle savait que Dieu veillait sur elle, mais elle tremblait pour les pauvres marins. Avant que la nuit tombât tout-à-fait, elle avait vu des voiles à l’horizon, et elle savait que si les lampes n’étaient pas allumées, les bateaux feraient probablement naufrage.
Dans sa détresse, elle se mit à genoux et supplia le Seigneur de lui dire ce qu’elle devait faire. Alors cette très petite fille se mit à gravir laborieusement le long escalier tournant qui conduisait jusqu’à la lanterne. Elle était souvent montée là-haut avec son père, mais jamais seule. Arrivée au sommet de la tour, elle essaya d’allumer les lampes. Efforts inutiles ; elle était beaucoup trop petite pour les atteindre.
Elle redescendit le long escalier et avec mille peines réussit à hisser jusque dans la lanterne une table et une chaise sur lesquelles elle grimpa ; alors, en se tenant sur la pointe des pieds, l’enfant put atteindre les lampes.
Encore un instant et la lumière jaillit, éclairant la mer en tourmente, remplissant de joie le cœur du pauvre père, mais couvrant de confusion les méchants naufrageurs.
Au matin, lorsque le gardien put regagner le phare, il trouva la fillette endormie sur les marches de l’escalier, tout près de la lanterne. Il la prit tendrement dans ses bras.
– C’est toi qui as allumé les lampes ? demanda-t-il.
– Oui, papa, répondit l’enfant, c’est le Seigneur qui m’a aidé à le faire.
Et ensemble ils se mirent à genoux et remercièrent Dieu pour ses tendres soins.
C’était à T., une petite ville, en Irlande. Un matin, les portes de la maison d’école s’étaient ouvertes, comme d’habitude pour livrer passage à la troupe joyeuse des élèves, garçons et filles, qui se dispersèrent de tous côtés avec des cris et des rires sans fin. Chacun regagna la maison paternelle ; seule, une fillette semblait se tenir à l’écart de l’allégresse générale. Silencieuse et absorbée, les yeux fixés droit devant elle, elle marchait entre deux compagnes qui, comme elle, habitaient hors de ville. L’enfant paraissait réfléchir à quelque chose que venait de lui dire l’instituteur. Celui-ci était un serviteur de Dieu, et jamais comme ce matin-là, il n’avait insisté auprès de ses petits élèves sur la nécessité de la conversion.
Enfin, la fillette rompit le silence :
– C’est pourtant bien sérieux ce que le maître nous dit, que tous nous devons posséder l’assurance du pardon de nos péchés pour pouvoir entrer au ciel et que le Saint Esprit seul peut nous donner cette assurance.
– C’est vrai, répondit une de ses compagnes, et je suis terriblement effrayée à cette pensée ; si seulement je savais comment on peut être sûre.
– Mes parents ne m’en ont jamais parlé, fit la troisième fillette ; tout ce que j’ai à faire c’est de répéter matin et soir la prière qu’ils m’ont enseignée.
– Je n’avais jamais entendu pareille chose, reprit Jenny ; mais ce doit être vrai. Le maître est un homme pieux qui ne saurait nous tromper. Si j’avais osé, je lui aurais demandé comment on obtient le pardon de ses péchés. J’ai si peur ! Pensez donc, si nous devions mourir subitement comme notre voisine, la petite Marie ! Nous nous en irions sans avoir la certitude que le Seigneur Jésus a porté nos péchés et alors nous serions perdues pour l’éternité.
Pendant cette conversation, le ciel s’était couvert et à peine Jenny avait-elle achevé sa phrase que de grosses gouttes de pluie commencèrent à tomber. Les enfants cherchèrent un refuge contre l’averse sous un arbre à l’épais feuillage. Elles restèrent longtemps assises, serrées les unes contre les autres, sans prononcer une parole. Il était évident que l’Esprit de Dieu travaillait dans ces jeunes cœurs. La pluie tombait maintenant à torrents et les nuages s’assombrissaient toujours. Ce fut Jenny qui parla la première.
– Savez-vous, dit-elle doucement, ce que j’ai lu un jour dans la Parole de Dieu : « Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande reçoit ; et celui qui cherche trouve, et à qui frappe, il sera ouvert » (Luc 11. 9 et 10). C’est Dieu lui-même qui l’a dit et Dieu ne peut pas mentir. Ne pensez-vous pas que ce serait une bonne chose si, toutes ensemble, nous Lui demandions le pardon de nos péchés ?
– J’y avais déjà pensé, fit l’une des deux autres fillettes, mais laquelle de nous peut prier ? Moi, je ne sais que les prières que j’ai apprises par cœur.
– J’essayerai, dit Jenny, et elle s’agenouilla. Les deux autres suivirent son exemple. L’enfant commença en hésitant ; mais elle priait avec insistance et à mesure qu’elle parlait, le Seigneur, qui lui avait mis au cœur le besoin de s’adresser à Lui, plaçait aussi les paroles sur ses lèvres. Quelle prière que celle-là ! Que n’avons-nous pu l’entendre ! Mais, il est une oreille qui l’entendit, un cœur qui la comprit, et ce cœur, là-haut dans le ciel, est plein de grâce et de compassion. Le Seigneur n’a-t-il pas dit : « Si donc vous, qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? »
En vérité, le cœur du Père avait perçu le soupir de ces petits enfants. La prière achevée, les fillettes se regardèrent avec des yeux remplis de larmes de joie, elles se jetèrent dans les bras les unes des autres avec un sentiment tout nouveau de tendresse et de confiance ; à ce spectacle si touchant, qui aurait douté que le salut ne fût entré dans ces jeunes âmes ?
– Le Seigneur Jésus a porté tous mes péchés, s’écria joyeusement Jenny. Je sais maintenant qu’Il m’aime et que je suis à Lui. Oui, j’en suis absolument certaine.
Ses deux compagnes exprimèrent la même assurance. La joie rayonnait sur leurs visages. Ce que leur maître croyant leur répétait depuis des mois était devenu une réalité pour leurs âmes. Il avait suffi de quelques minutes pour que leur intelligence spirituelle soit illuminée et pour qu’elles saisissent le salut. Une foule de passages bibliques qu’elles connaissaient depuis longtemps, mais qui jusqu’alors étaient restés lettre morte pour elles, leur revenaient maintenant à la mémoire et remplissaient leur cœur d’un bonheur inexprimable.
La pluie avait cessé depuis longtemps sans que les fillettes s’en fussent aperçues. Ce n’est que lorsque les ombres du soir commencèrent à tomber qu’elles réalisèrent avec quelle rapidité le temps avait passé. Elles abandonnèrent en hâte l’asile où Dieu leur avait donné l’assurance de son grand amour et coururent à la maison.
La demeure de la petite Jenny était la plus éloignée des trois. Déjà, en franchissant le seuil de la cuisine, la fillette vit à l’expression du visage de sa mère que sa rentrée tardive ne serait pas excusée.
– Où es-tu restée si longtemps, enfant désobéissante ? cria la mère ; tu ne te gênes pas pour babiller et t’amuser pendant que tes frères et sœurs se tuent au travail. Parle ! où étais-tu ?
Puis, avant que la petite ait eu le temps de répondre, la main rude de sa mère lui administra une gifle retentissante, tandis que la question se répétait à un diapason toujours plus élevé :
– Parleras-tu, fainéante ? où es-tu allée ?
Au même instant le père entra et demanda la cause du courroux maternel.
– Demande-le lui toi-même, cria la femme. Est-il admissible que cette petite prétentieuse se permette de rôder pendant des heures comme s’il n’y avait pas de travail à la maison ? Ne t’ai-je pas défendu une fois pour toutes de t’attarder en chemin ? Cela, je ne le supporterai jamais !
– Mais la pluie, maman ! sanglota Jenny.
– Quoi ? la pluie ? rétorqua la mère, au comble de l’irritation ; et sa main se leva pour la seconde fois. Le père l’arrêta.
– Où es-tu restée après que la pluie s’est arrêtée ? demanda-t-il. Dis la vérité, où t’es-tu attardée ? Je t’ai cherchée sur le chemin de l’école, mais en vain.
L’enfant rougit jusqu’à la racine des cheveux. Son embarras n’échappa pas à la mère qui se mit à crier de plus belle :
– Là, ne vois-tu pas ? Comme elle rougit ! Elle a mauvaise conscience ! Encore des babillages ou des sottises, sans doute !
– Oh ! non, maman, répondit enfin Jenny, d’une voix douce, mais ferme. Nous n’avons pas babillé aujourd’hui ; nous avons prié !
– Non, cela dépasse les bornes ! cria la femme, hors d’elle. Quoi, stupide créature, crois-tu te tirer d’affaire par un mensonge ? Prier ! Viens, c’est moi qui t’apprendrai…
– Dis la vérité, Jenny ! interrompit le père. L’enfant leva sur lui ses yeux candides et répéta qu’elle et ses compagnes avaient prié parce que le maître leur avait dit qu’elles devaient avoir l’assurance du pardon de leurs péchés ; Jenny raconta tout ce qui s’était passé avec une telle chaleur que le père écouta avec stupéfaction, tandis que la mère elle même sentait diminuer sa colère. Cependant un instant après, l’irritation la reprit.
– Pas de contes, interrompit-elle avec violence. Quoi, tu aurais prié, petite menteuse que tu es ! Qui t’a appris à prier, je voudrais bien le savoir ? Viens ici ; je veux entendre de mes propres oreilles si tu peux prier. Arrive ! joins les mains un peu vite et prie ; sans quoi je saurai bien faire taire ta langue menteuse !
L’enfant obéit ; elle s’agenouilla et pria à haute voix : Ô Seigneur Jésus ! aie pitié de ma pauvre maman et pardonne-lui tous ses péchés, pour qu’elle ne soit pas perdue pour l’éternité. Oui, Seigneur Jésus tu as été si bon pour tous les hommes, même pour tes ennemis. Tu peux donner à ma maman un cœur nouveau pour qu’elle apprenne à t’aimer et à te prier. Je t’en supplie, exauce-moi ! Ne repousse pas maman loin de toi et ne la laisse pas mourir dans ses péchés !
L’enfant s’arrêta un instant. Peut-être craignait-elle quelque nouvelle violence de la part de sa mère. Mais celle-ci, comme changée en statue, ne quittait pas des yeux l’enfant agenouillée. À la colère avait fait place une profonde stupéfaction. Peu à peu son visage, empourpré par la rage, devint pâle comme la mort. Un silence solennel régnait dans la pièce. Une larme brillait dans l’œil du père. Son cœur était rempli de sentiments étranges, inconnus jusqu’à ce jour. Sans presque se rendre compte de ce qu’il disait, il s’écria : Continue, continue, mon enfant ! Prie aussi pour ton pauvre père ; il est un misérable pécheur. Ne t’arrête pas, Jenny !
Et la petite recommença à prier. Ses paroles étaient simples, enfantines, mais par la puissance du Saint Esprit, elles brisèrent la cuirasse d’airain qui recouvrait le cœur de ses parents. La mère se mit à pleurer et à sangloter ; le père se retira doucement et se jeta à genoux dans la chambre voisine ; enfin, Jenny se trouva enveloppée dans les bras de sa mère qui la couvrait de baisers tout en la suppliant de lui pardonner sa brutalité. C’était une scène vraiment émouvante.
Le Seigneur, dans sa miséricorde, avait touché la conscience des parents de Jenny. La nuit se passa en prières. La Bible, oubliée depuis longtemps, fut tirée de sa cachette. La petite Jenny lisait, sans se lasser, chapitre après chapitre, et ses parents écoutaient, suspendus à ses lèvres.
Lorsque l’aube parut, le premier rayon de la grâce de Dieu pénétra dans le cœur des parents. Leurs yeux furent ouverts et ils virent Celui qui a porté en son corps sur le bois la condamnation due au pécheur ; dans une joyeuse assurance ils purent s’écrier avec l’apôtre : « Ayant donc été justifiés sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5. 1).
Cher jeune lecteur, mon histoire est terminée. Pour toi aussi, il n’est qu’un chemin pour trouver le salut et la paix. À toi aussi, il te faut la lumière du Saint Esprit pour voir l’abîme effroyable qui s’ouvre sous tes pieds et pour te faire comprendre qu’en Jésus seul se trouvent le salut, la vie, le bonheur éternel. Oh ! tourne-toi, comme Jenny, vers Celui qui veut te sauver et te donner la paix et le repos dont ton cœur a besoin.
Dans la maison où vivait une petite fille, il y avait une trappe que l’on ouvrait lorsqu’on voulait descendre dans la cave. On descendait par un escalier, mais la cave était très sombre.
Un jour que cette trappe était ouverte, la petite fille se mit à regarder en bas ; tout était noir et elle ne voyait personne. Elle appela :
– Papa !
– Oui, je suis ici. Viens !
– Mais je ne te vois pas !
– Je le sais, mais moi je te vois, et je suis ici. Approche-toi du bord de la trappe, saute et je te recevrai dans mes bras.
– Je n’ose pas ! J’ai peur de tomber.
– Mais tu tomberas dans mes bras !
– Papa ! je ne te vois pas !
– Je le sais, mais moi je te vois ! Allons, saute !
La petite fille hésita un instant ; mais son père lui dit :
– Viens !
Elle sauta dans le trou sombre, et tomba tout droit dans les bras de son père.
Le jour suivant, comme le père était dans la cave de nouveau, il entendit sa petite fille qui criait :
– Papa es-tu là ?
– Oui.
– Alors je viens !
Et à peine était-il prêt à la recevoir, que son enfant se jeta dans ses bras.
Ceci est une image de la foi. Je vais à Jésus et je crois en Dieu, qui l’a livré pour mes péchés, non parce que j’éprouve quelque chose dans mon cœur, mais simplement parce que le Seigneur me dit : Viens !
La petite fille ne voyait pas son père, mais elle entendait sa voix, et elle eut le courage de se jeter hardiment dans le trou sombre. Et où tombait-elle ? Dans les bras de son père.
Et vous, ne vous jetterez-vous pas maintenant dans les bras de Jésus ? Il vous aime, et il dit : Venez à moi ! Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi.
Un soir d’automne en 1848, dans une petite ville industrielle, un brave et pieux tisserand, connu par son habileté au travail, regagnait à pas lents sa demeure. Il habitait un modeste appartement, situé au rez-de-chaussée d’une vaste maison. Le logis se trouvait même légèrement en contre-bas de la rue ; il se composait de deux pièces seulement, petites et sombres, mais bien tenues et surtout d’une propreté méticuleuse.
Sa femme et ses cinq enfants l’attendaient avec impatience et, quand on le vit arriver, un joyeux brouhaha se fit entendre. Les deux cadets s’élancèrent au-devant de leur père et se cramponnèrent si vivement à ses genoux qu’il ne pouvait plus avancer, tandis que les aînés criaient : Papa ! Papa ! voici papa !
La mère, qui préparait le repas du soir, s’interrompit dans son travail pour aller à la rencontre de son mari. Mais ce soir-là le pauvre tisserand avait le cœur très gros. Sans mot dire, il posa sur la table le salaire de la semaine et s’assit sans pouvoir réprimer un profond soupir. Puis il passa la main sur son front, tout en caressant tendrement les deux petits enfants qui ne le quittaient pas et paraissaient très étonnés de son silence, car, en temps ordinaire, il n’y avait pas d’homme plus joyeux que leur père, surtout quand il rentrait le samedi soir, la semaine terminée, avec la perspective d’un dimanche paisible et heureux au sein de cette famille à laquelle il était admirablement dévoué.
Sérieusement inquiète, la mère prit l’argent de dessus la table et regarda son mari dans le blanc des yeux. Comme il ne disait toujours rien, elle finit par s’écrier :
– Mais parle donc ! Dis-moi ce qu’il y a ! Tu sembles avoir un souci terrible et accablant. Tu n’as pourtant pas été…
– Sois tranquille, ma pauvre amie, répondit l’ouvrier d’une voix ferme, mais qui laissait deviner sa douleur. Le Seigneur est toujours le même et son amour ne change pas. Mon patron m’a donné mon congé, ainsi qu’à un bon tiers des ouvriers.
– Mais non ! s’écria la brave femme. Ton congé, à toi ? Ce n’est pas possible. Alors tu n’auras plus de travail et nous n’aurons pas de pain ! Non, ce ne peut être vrai ! Voici quinze jours à peine que ton patron t’a félicité de ton zèle et t’a cité en exemple aux autres ouvriers. Et c’est comme cela qu’il te récompense des treize années que tu as passées à son service. C’est…
– Ne t’aigris pas, ma chérie, interrompit son mari. Je n’y comprends rien moi-même. Le chemin est plein de ténèbres. Lorsqu’on commença à faire l’appel de ceux qui devaient être renvoyés, je me disais qu’en tous cas mon nom ne serait pas prononcé, parce que le directeur de la fabrique m’a toujours témoigné jusqu’ici une préférence marquée ; puis, tout à coup, je m’entendis appeler. Tu peux te figurer l’effet que cela produisit sur moi. Lorsque je me fus enfin ressaisi, j’allai chez le directeur et lui représentai humblement que j’avais été longtemps à son service et qu’il m’avait toujours témoigné la satisfaction la plus complète quant à mon travail. Puis, comme il ne me répondait pas, je le priai de me dire le motif de mon renvoi, question qui se légitimait d’autant mieux qu’il gardait d’autres employés beaucoup moins anciens que moi. Mais le directeur, sans même me regarder, me dit froidement : Ce qu’il y a de plus clair, c’est que je n’ai plus d’ouvrage pour vous. Vous avez là votre salaire pour la prochaine quinzaine. Prenez-le et retirez-vous. Nous ne nous reverrons plus.
La mère éclata en sanglots. Les aînés des enfants entouraient leur père, l’air consterné, et retenaient à grand-peine leurs larmes, sans bien se rendre compte encore de ce qui arrivait, tandis que les plus jeunes pleuraient bruyamment, ne pouvant comprendre ce qui se passait. Le père pouvait à peine garder sa contenance, bien qu’il sût très bien – et sa foi était grande – que tous les cheveux de sa tête étaient comptés, ainsi que ceux de ces êtres qu’il aimait d’un amour si intense ; amour qui semblait redoubler de profondeur en ce moment où les circonstances prenaient pour eux tous une tournure si tragique.
– Ne pleurez pas, réussit-il à dire enfin, comme s’il n’y avait pas un Dieu dans les cieux, un Dieu qui est au-dessus de tout. Hier matin nous avons lu ces mots dans sa Parole : Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez (Mat. 6. 8). Ces mots ont pris pour moi une réalité toute particulière. Ils m’avaient frappé déjà quand nous les lisions et je comprends maintenant pourquoi.
Puis il se tourna vers sa femme et ajouta :
– Mère, sais-tu ce qui est la chose la plus nécessaire ? Prions ensemble et avec ferveur, pour que l’amour de Dieu soit répandu toujours davantage dans nos cœurs. Nous sommes des enfants de Dieu. Réalisons ce que veut dire cela pour nous en cet instant même, en remettant sur lui tout notre souci, car il a soin de nous. Il ne nous oubliera pas, surtout au moment de l’épreuve. Si ce grand malheur nous frappe, ou du moins ce que nous considérons comme tel, c’est lui qui l’a permis, et dans son amour immense envers nous. Il sait ce qu’il nous faut et fera tourner même ceci à notre bénédiction présente et éternelle.
Aux aînés des enfants il dit encore :
– J’espère que vous allez renoncer à toute chicane, à toute querelle. Que de fois vous avez montré de l’indifférence à l’égard du Seigneur, de sa Parole et de la prière ! Maintenant il vous prend sous sa discipline ; j’aime à croire que vous prêterez une attention sérieuse à ses avertissements.
Le lendemain étant un dimanche, le tisserand se rendit au culte avec tous les siens. Le Seigneur bénit abondamment les paroles qui y furent dites et le brave homme rentra chez lui encouragé et fortifié. Il put remettre son chemin en pleine confiance au Seigneur et réalisa comme une certitude la ferme espérance qu’il avait que tout irait bien. Le lundi matin, il sortit de bonne heure pour rendre visite à plusieurs chefs d’ateliers et de fabriques et leur demander du travail. Mais il rentra le soir, abattu et découragé : personne n’avait d’occupation à lui donner. Toute la semaine passa ainsi, sans lui apporter la moindre lueur d’espoir, malgré ses démarches incessantes de tous les côtés. Les circonstances très troublées de cette époque, jointes à l’incertitude politique, obligeaient chacun à restreindre ses dépenses ou bien interdisaient, même aux plus entreprenants, de se risquer à étendre leur champ d’activité industrielle ou commerciale. C’est ainsi que nombre d’ouvriers manquaient de travail et de pain.
Un matin, la femme de notre tisserand posa sur la table la soupière pleine ; à la place de chacun elle mit deux petits morceaux de pain, puis elle dit tristement :
– Nous n’avons plus un sou dans la maison, plus une miette de pain dans l’armoire, plus un atome de farine à la cuisine. Si nous ne faisons pas de restes à notre déjeuner, nous aurons consommé en même temps notre dîner et notre souper.
Profondément peinés de ces paroles, les trois aînés des enfants se regardèrent longtemps en silence ; ensuite l’un d’eux dit :
– Moi, je n’ai pas faim ; je ne veux rien manger. Le petit frère et la petite sœur prendront ma part.
Puis les enfants se firent signe des yeux l’un à autre, comme s’il y avait quelque chose à faire contre la faim. Cependant ils ne se mirent pas à leurs devoirs d’école, mais restèrent debout devant la table. Leur père leur dit d’un ton plein de confiance :
– Nous allons manger avec foi autant qu’il nous sera nécessaire à chacun. Il est inutile de souffrir de faim, faute de confiance dans les tendres soins du Seigneur qui ne manqueront jamais envers les siens. Sa miséricorde ne connaît pas de limites et ses bontés se renouvellent chaque matin. Nous les éprouverons, je n’en doute pas un instant.
Tous se mirent donc à table et mangèrent avec appétit le repas frugal, mais substantiel, que la mère avait préparé. Et, quand ils eurent terminé, il se trouva qu’il y avait encore un peu de reste. Le père rendit grâces au Seigneur, selon son habitude ; puis il prit son chapeau et se prépara à reprendre ses courses en quête de travail. Il dit même presque gaiement :
– On m’a fixé ce matin un rendez-vous chez un directeur de fabrique. Je vais de ce pas chez lui. N’en doutez pas : je suis sûr que je reviendrai tout à l’heure avec une bonne nouvelle.
Puis il sortit et les enfants prirent le chemin l’école. La mère avait moins de confiance. Cependant elle fitmonter une ardente prière vers le Seigneur lui demandant d’augmenter sa foi et de prendre soin d’eux tous dans cette heure de détresse amère. Réconfortée par cet instant de recueillement, si court qu’il eût été, elle ouvrit la fenêtre pour suivre des yeux son mari et ses enfants qui s’éloignaient, puis elle se mit à vaquer à ses devoirs domestiques. Tout à coup elle entendit quelque chose tomber sur le plancher. Elle crut tout d’abord que le cadet des enfants, un bébé encore au berceau, en était tombé, mais il reposait paisiblement. Les deux autres jouaient sans bruit dans un coin : il ne leur était rien arrivé d’anormal. Soudain elle aperçut, sous la table, le corps d’une pie morte, qu’un mauvais garnement avait lancé depuis la rue par la fenêtre restée ouverte. Se voyant reconnu, il se sauva à toutes jambes, tout en criant avec effronterie :
– Gardez cela pour vous ! Vous aurez au moins de quoi manger.
La brave femme avait appris, en vivant en communion avec le Seigneur, la valeur de la prière ; elle savait lui remettre tous ses soucis et n’ignorait pas non plus que ceux qui lui appartiennent doivent apprendre le pardon des injures ; qu’ils doivent aussi se taire quand on les outrage et présenter la joue gauche lorsqu’on les a frappés sur la droite. Mais les paroles outrageantes du gamin la blessèrent au cœur ; elle ne put se contenir, d’autant plus que l’allusion qu’avait faite le garçon, sans s’en douter, à leur triste situation, la lui rendait particulièrement poignante. Elle fondit en larmes et n’avait pas encore retrouvé son calme quand son mari rentra. Il revenait à pas lents et le cœur bien gros : la démarche sur laquelle il avait compté avait échoué comme toutes les autres et son visage l’annonçait suffisamment, sans qu’il fût nécessaire de le questionner sur ce qui s’était passé.
– Vois ! s’écria sa femme en l’apercevant. Nous sommes déjà devenus la risée de nos voisins. Ils ne savent que trop ce qui en est de nous. C’est la goutte de trop ; j’en ai le cœur brisé.
Sans rien dire, le tisserand ramassa le cadavre de l’oiseau. Les deux petits enfants s’approchèrent timidement de leur père, craignant que la pie ne fût pas vraiment morte et qu’elle ne cherchât à les piquer de son bec affilé. Il se préparait à jeter l’oiseau par la fenêtre, pour que sa femme ne l’eût plus sous les yeux, quand, en l’examinant de plus près, il fut frappé de l’aspect étrange du volatile.
– La pauvre bête est morte de faim, dit-il au bout d’un moment. Mais non, ajouta-t-il aussitôt, elle a un goitre et un goitre singulièrement gros et dur. Qu’y a-t-il donc ? Ou bien elle était malade, ou bien elle a avalé quelque chose qui l’a étranglée.
Il prit son canif et fit une incision dans le cou de l’oiseau. À sa profonde surprise, il en retira un collier d’or, garni de pierres précieuses. Il suffit d’un peu d’eau pour le nettoyer et lui rendre son éclat primitif. La bonne femme ne pouvait se lasser de l’admirer en le voyant déposer sur la table, tout étincelant au soleil. Jamais un objet pareil n’avait été vu dans cette humble chambre.
– Dieu soit loué, s’écria enfin le tisserand, de ce que ce méchant gamin ait choisi notre fenêtre pour y jeter cet oiseau ! Celui à qui appartient cette belle parure a sûrement assez à manger. Peut-être, si je réussis à en retrouver le propriétaire, cela nous vaudra-t-il aussi deux jours au moins de nourriture.
Il courut chez un bijoutier de ses amis pour lui raconter tout ce qui s’était passé et lui demander si, par aventure, il savait à qui appartenait ce collier. Sans répondre immédiatement, le bijoutier l’examina longuement, le soupesa avec soin, compta et recompta les pierres précieuses et les perles, puis il dit d’un ton profondément sérieux, comme s’il voulait donner une valeur particulière à chacun des mots qu’il articulait :
– Mon cher ami, tu as là de quoi te réjouir. Tu as fait une trouvaille qui vaut plus que son pesant d’or. Ce collier appartient à la fille de M. le directeur de la fabrique où tu travaillais jusqu’à ces jours derniers. C’est moi qui l’ai monté ; voilà ma marque. Il y a quinze jours, il vint chez moi et me raconta que ce collier, auquel sa fille tenait comme à la prunelle de ses yeux, avait disparu. On l’a cherché dans toute la maison, au jardin, mais sans succès, et l’on a fini par se convaincre qu’un voleur doit l’avoir dérobé. Il m’a donc prévenu de la chose, afin que, si on venait m’offrir cette parure, pour l’acheter ou la taxer, je puisse immédiatement en aviser la propriétaire. Porte-la-lui donc toi-même !
Le tisserand partit aussitôt, le cœur joyeux, du côté de son ancien atelier. Il se sentait d’autant plus heureux qu’il avait ainsi l’occasion, après le renvoi injustifié dont il avait été l’objet, de rendre à son maître le bien en retour du tort qu’il avait subi. Mlle M. poussa un cri de joie lorsque le tisserand lui remit le collier et s’en fut en hâte appeler son père qui se fit raconter l’histoire jusque dans les moindres détails.
– Petit bandit ! s’écria la jeune fille, en voyant la pie morte. Tu criais : Au voleur ! toute la journée et c’est toi qui l’étais. Mais ton larcin t’a coûté cher et tu t’en tires à moins bon compte que tes camarades voleurs qui, en général, s’ils perdent souvent la liberté, gardent au moins la vie.
Pendant ce temps, le directeur de la fabrique demeurait silencieux et semblait profondément préoccupé. À la fin, il tendit la main à son ancien employé, qui ne l’avait jamais vu si humble ni si avenant, et lui dit :
– Mon cher ami, pardonnez-moi ! Je vous ai fait grand tort, car je vous ai soupçonné du vol de cet objet. Je ne puis me pardonner, à moi-même d’avoir agi de la sorte envers vous, après les longues années de fidèles services que vous avez passées chez moi. Je veux simplement vous expliquer ce qui est arrivé, mais je ne vous le dis pas pour ma justification. Vous êtes le seul des ouvriers qu’on ait vu passer devant la fenêtre de ma fille le jour où cette parure a disparu. Cette fenêtre étant au rez-de-chaussée, c’est ainsi que, bien à tort, nous avons laissé des soupçons tomber sur vous. Tout ce que je puis faire pour réparer l’injustice dont vous avez été victime, c’est de vous reprendre à l’instant même à mon service. Vous y resterez aussi longtemps que vous en aurez les forces. Je vais donner l’ordre de vous payer sur le champ le salaire auquel vous auriez eu droit pendant ces quinze jours d’absence et, dès aujourd’hui, vous recevrez une paie double de celle dont vous bénéficiiez jusqu’à maintenant.
Le brave tisserand ne trouva pas de mots pour exprimer sa reconnaissance. Il se hâta de rentrer chez lui pour raconter aux siens le miracle que le Seigneur avait opéré en leur faveur. Ensemble ils s’agenouillèrent pour rendre grâces au Père des miséricordes de qui descend sur les siens tout don parfait et qui s’était servi du cadavre d’un oiseau pour donner du pain à ses enfants, parce qu’ils avaient mis leur confiance dans sa bonté infinie.
« Ne soyez pas en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus : la vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Observez les oiseaux du ciel : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n’amassent dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup mieux qu’eux ? » (Mat. 6. 25 et 26.)
« Car, du fait qu’il a souffert lui-même (Jésus), étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » Hébreux 2. 18.
« Que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même » Philippiens 2. 3.
(Jésus dit : ) « Je suis doux et humble de cœur » Matthieu 11. 29.
« Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » 1 Pierre 5. 5.
– La véritable humilité ne consiste pas à avoir une mauvaise opinion de soi-même, mais à penser à soi le moins possible.
– Prendre conscience de nos erreurs et nous confier dans le pardon de Dieu nous rend humbles. Ce qui nous maintiendra dans l’humilité, c’est la certitude que Dieu est plein de grâce et qu’Il nous aime inconditionnellement quelle que soit notre condition.
– Un ouragan peut déraciner des arbres, mais il n’a aucun pouvoir sur la touffe d’herbe. La tentation de l’orgueil n’a aucune prise sur celui qui est humble.
– Plus nous nous tenons près de Dieu, plus nous nous sentons petits dans la présence de sa majesté. C’est cela seulement qui nous aidera à estimer les autres supérieurs à nous-même (voir Phil. 2. 3).
– Un chrétien humble ne s’offense de rien et fait attention à n’offenser personne. Il est toujours prêt à rendre service aux autres, parce qu’Il a appris de Jésus combien il est gratifiant de servir.
– Les branches qui portent le plus de fruits sont celles qui plient le plus bas : accomplir les bonnes œuvres que Dieu a préparées pour nous, nous aidera à rester humbles.
– Plus le courant est fort, plus le lit du fleuve est profond. De même, plus nous ressentirons le sentiment de la grâce de Dieu, plus nous serons humbles.
« Attends-toi à l’Éternel ; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme : oui, attends-toi à l’Éternel » Psaume 27. 13.
L’exhortation « Fortifie-toi et sois ferme » est adressée, dans la Bible, à deux croyants qui avaient des missions difficiles à remplir.
– Dieu avait désigné Josué comme successeur de Moïse. Il allait devoir conduire le peuple dans le pays de Canaan, ce qui n’allait pas être une tâche facile. Moïse le savait par sa propre expérience. C’est pourquoi il encourage Josué : « Fortifie-toi et sois ferme ; car toi, tu entreras avec ce peuple dans le pays que l’Éternel a juré à leurs pères de leur donner, et toi, tu le leur feras hériter. L’Éternel est celui qui marche devant toi ; lui, sera avec toi ; il ne te laissera pas et il ne t’abandonnera pas : ne crains pas, et ne t’effraie pas » (Deut. 31. 7 et 8).
– David, le roi, avait fait des préparatifs importants pour la construction du temple de Jérusalem. Selon le décret de Dieu, c’est son fils, Salomon, qui allait devoir se charger de cette grande œuvre. Afin de soutenir Salomon dans ce travail important, son père l’encourage par ces paroles : « Fortifie-toi, sois ferme et agis ; ne crains pas et ne t’effraie pas ; car l’Éternel Dieu, mon Dieu, sera avec toi : il ne te laissera pas et ne t’abandonnera pas, jusqu’à ce que soit achevé tout l’ouvrage du service de la maison de l’Éternel » (1 Chron. 28. 20).
Ces paroles encourageantes s’appliquent aussi à nous. Nous devons parfois faire face à des tâches difficiles, qui nous submergent. Mais nous avons l’assurance et le réconfort de savoir que le Seigneur sera avec nous.
Un des premiers colons dans l’Amérique occidentale fut un juge nommé White ; c’était un homme pieux, et en même temps courageux, hardi et décidé dans tous ses actes.
Le lieu où il s’établit était situé dans une épaisse forêt ; tout autour habitaient les tribus des Indiens. À la famille du juge se rattachait sa fille, une jeune veuve, qui depuis la mort de son mari habitait chez son père, avec son fils, un charmant et robuste petit garçon âgé de quatre ans. Le colon intelligent jugea comme son premier devoir de se gagner si possible les cœurs des Indiens qui vivaient dans son voisinage. Pour cela, il chercha à entrer en relations avec leurs chefs et de conclure avec eux des traités qui pussent amener une amitié durable.
Il fit tout son possible pour témoigner de ses honnêtes sentiments.
La plupart des chefs, par curiosité, et aussi en partie par cupidité, entrèrent en négociation avec le blanc inconnu. White ne manquait pas de faire des présents ; ainsi il parvint peu à peu à se rendre les Indiens favorables et à les décider à faire avec lui une alliance amicale. Un seul, et précisément le plus puissant et le plus influent, celui à l’amitié duquel White tenait le plus, se tenait encore éloigné. Il s’appelait Sachem. Toutefois, notre ami ne perdait pas l’espoir de le gagner lui aussi. À différentes reprises, il envoya un messager chez lui, et un jour celui-ci apporta la nouvelle réjouissante que le puissant chef apparaîtrait lui-même le jour suivant pour traiter avec White.
Le lendemain matin, à l’heure indiquée, le chef arriva en effet, revêtu de tous les signes de la dignité de son rang. Sur sa tête, il portait la couronne bien connue de plumes d’aigles. Autour de son cou pendait une chaîne garnie des griffes d’un ours. Sa veste à franges et ses pantalons étaient en cuir, et aux pieds, il portait des mocassins garnis de perles ; une large fourrure complétait ce pittoresque accoutrement. Reçu avec tous les honneurs dus à son rang, Sachem fut introduit dans la maison.
« Quel est le désir de mon frère ? » demanda le chef avec dignité après qu’on se fut assis.
« Nous désirons, répondit calmement White, vivre en paix parmi nos frères rouges et leur apporter les riches bénédictions de la civilisation chrétienne. En retour, nous leur demandons seulement leur estime et leur amitié ».
Le chef écouta d’un air impassible ; puis, après un instant de silence, il répondit d’un ton solennel : « Les paroles de mon frère blanc sonnent très bien, mais il promet davantage qu’il ne demande ; quel gage donnera-t-il que ses paroles sont vraies ? »
« N’ai-je pas, répliqua White, eu confiance, pour ma vie et celle des miens, dans les bons sentiments de mes frères rouges et ainsi témoigné combien je tiens à leur amitié ? Qu’est-ce que mon frère désire de plus de moi ? »
« Je vais le dire à mon frère, » répondit le chef avec force. « Un témoignage aussi simple de confiance ne me suffit pas ; j’exige de mon frère une preuve de sa confiance personnelle ».
En disant ces mots, il prit dans ses bras le petit Alfred, qui déjà, depuis un long moment, admirait l’étranger et s’amusait à manier les décorations colorées que celui-ci avait à son pourpoint ; puis le chef ajouta :
« Mon frère me témoignera sa confiance en m’abandonnant pour trois jours ce petit garçon aux cheveux dorés. Je donne ma parole à mon frère, de le lui ramener sain et sauf ».
La mère de l’enfant, qui avait déjà observé avec une frayeur secrète les mouvements de l’Indien, devint pâle comme la mort en entendant ses dernières paroles. Et quand elle vit les yeux noirs, étincelants du chef, dirigés sur elle, elle ne put pas se dominer plus longtemps. Poussant un cri d’effroi, elle se précipita sur son enfant, le prit dans ses bras et s’enfuit vers la sortie ; pourtant son père, qui lui-même était effrayé de la proposition de l’Indien, mais qui savait bien que ce moment était très important, la retint et lui dit en anglais :
« Marguerite, écoute-moi un instant, je t’en prie. Ton petit garçon est aussi bien le mien que le tien ; aussi tu peux en être sûre, je ne permettrai jamais qu’on lui fasse le moindre mal. Mais, dans ce moment, nous ne pouvons pas montrer de la défiance au chef, car tout alors serait perdu. Dieu, qui a gardé notre cher enfant jusqu’à présent, sera aussi son protecteur dans la tente du chef. Et nous, qui avons abandonné nos vies entre les mains des Indiens, ne devons-nous pas confier à leur garde notre petit AIfred pour trois journées ? »
Les paroles intelligentes du père ne manquèrent pas de produire leur effet ; la jeune femme comprit que, si elle ne voulait pas offenser l’Indien à mort et en faire son ennemi pour toujours, elle devait céder à son désir. Aussi, elle s’avança vers le chef, en tenant ses lèvres fortement comprimées, afin de cacher sa douleur et son anxiété puis elle posa l’enfant sur les genoux de l’Indien. Mais alors, subjuguée par ses sentiments, elle éclata en pleurs. Il sembla presque qu’un trait de compassion passa sur le visage de fer de l’Indien, quand il regarda un instant l’affligée. Il prit l’enfant qui avait l’air de se plaire en la compagnie de l’homme rouge et, le tenant par la main, disparut peu après dans la forêt.
Des heures d’attente angoissante s’écoulèrent lentement dans la maison du colon. La pauvre mère ne faisait que se demander quel pouvait être le sort de son petit Alfred. Que faisait-on de lui ? Était-il soigné et caressé, comme il y était habitué ? ou bien subissait-il un mauvais traitement, des coups, ou même des tortures ? Ces affreuses gens n’essayeraient-ils peut-être pas d’en faire un des leurs et de le tatouer ? La pauvre mère se tourmentait sans cesse par de telles questions. Son pauvre cœur agité n’était pas capable de se confier avec foi à Celui qui domine toutes choses et qui incline comme des ruisseaux d’eau les cœurs des hommes, même ceux des incrédules.
Le grand-père s’efforçait de consoler sa pauvre fille, mais bien qu’il parvint à ne montrer aucune inquiétude, il n’était pas toutefois sans souci. Il se fiait bien de tout son cœur à la main puissante de Dieu qui protégea Joseph parmi les Ismaélites et se tint près de lui dans la prison, qui délivra Daniel de la fosse aux lions et fit sortir les trois jeunes gens sains et saufs de la fournaise ardente. Bien d’autres exemples lui revenaient en mémoire des soins de Dieu et de délivrances opérées par sa grâce ; mais malgré tout, toujours cette question pleine d’angoisse surgissait sans cesse à son esprit : N’était-ce pas imprudent et insensé de confier le petit garçon innocent aux mains des cruels Indiens ?
Ainsi s’écoulèrent deux jours et trois nuits. Enfin le dernier jour apparut. Mais combien le soleil était lent à s’avancer dans le ciel ! Le cœur de la pauvre mère tremblait dans une attente angoissante. L’heure de midi s’approchait et l’on n’apercevait pas encore les deux êtres attendus avec tant d’impatience. L’après-midi se passa, mais toujours pas de traces du chef et de l’enfant. Toute en pleurs, la pauvre mère, presque au désespoir, se tenait à genoux à l’endroit où elle avait remis l’enfant à l’Indien.
Le juge aussi était tourmenté par une profonde inquiétude et s’accusait amèrement. Il ne pouvait rester un seul instant à la même place : il errait de la chambre à l’écurie, puis sur le chemin que Sachem avait pris avec l’enfant trois jours avant. Mais aussi loin que ses yeux puissent regarder, il n’apercevait rien.
La forêt silencieuse se dressait devant lui, noire et impénétrable.
Le soleil allait se coucher et déjà White se demandait s’il ne devait pas se mettre en route pour aller réclamer son enfant à l’Indien. Mais soudain ses yeux pénétrants aperçoivent entre les arbres les plumes d’aigle qui ornaient la tête de Sachem. Il se précipita dans la maison pour l’annoncer à sa fille.
Le lecteur peut se figurer avec quels sentiments fut reçue sa nouvelle. La joie était presque trop grande pour le cœur de la mère. La jeune femme s’élança dehors en poussant un cri de joie et un instant après le petit Alfred était dans les bras de sa mère, ivre de bonheur. Il était habillé en Indien, avec un bouquet de plumes sur la tête et des décorations de toutes les couleurs aux bras et aux jambes.
« Mon frère blanc a gagné, dit le chef calmement, la paix et l’amitié existeront entre lui et ses frères rouges ».
En disant ces mots, il se détourna et disparut dans l’ombre des arbres. Quant au colon et aux siens, ils vécurent calmement et en paix au milieu des tribus des Indiens.
C’est une histoire simple, mais saisissante, n’est-ce pas, mes chers jeunes amis ? Mais ne vous souvenez-vous pas d’une autre, bien plus saisissante encore et avant tout beaucoup plus importante ? Vous savez bien ce que j’entends. Dans notre histoire, la mère et le grand-père ont confié leur cher enfant à un Indien, afin de s’assurer par ce moyen une vie tranquille dans une forêt dangereuse.
Mais Dieu a abandonné son bien-aimé Fils unique entre les mains d’hommes méchants, sachant bien d’avance qu’ils le maltraiteraient et le tueraient. Pourquoi a-t-il fait cela ? Pour lui-même ? Non, mais bien pour vous, par amour pour vous, afin que vous puissiez avoir une vie tranquille et heureuse par la foi au sang de Christ et à sa mort expiatoire.
Mes chers amis, avez-vous déjà une fois rendu grâces au Dieu bon et fidèle, qui a livré son Fils entre les mains des pécheurs, pour vous sauver de la perdition éternelle ? Et l’avez-vous reçu, l’Agneau de Dieu, pour votre Sauveur ? C’est de votre réponse à cette question que dépend votre salut éternel. « Qui croit au Fils, a la vie éternelle, mais qui ne croit pas au Fils, ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ». C’est une parole magnifique, mais en même temps extrêmement sérieuse. Que voulez-vous choisir ? « La vie éternelle » ou la « colère de Dieu » ? Décidez-vous encore aujourd’hui pour la première, de peur qu’une destruction subite ne vienne sur vous et que vous ne soyez perdu à toujours !
Un vieux pêcheur rentrait à la maison ; il venait de la forêt qui était, à ce moment-là, toute dégarnie de ses belles feuilles. Engourdi par le froid, il portait sur son dos une lourde charge de bois sec. Il avançait péniblement sur le sentier couvert de neige ; ce sentier passait devant la maison du garde-forestier et franchissait ensuite un pont de bois, pour aboutir à sa pauvre chaumière. Le vieillard allait poser son pied sur le pont quand il fut forcé de s’arrêter en entendant crier : Halte ! tout près de lui. Le garde-forestier, un homme grossier et dur, avait aperçu le vieillard avec sa charge.
– Halte, mon vieux, répéta-t-il, où avez-vous trouvé ce bois ? Il ne vous appartient pas ! Vous l’avez volé !
Le vieillard, effrayé, lui répondit :
– Non, je ne l’ai pas volé.
– N’ajoutez pas encore à cela un mensonge ! cria le garde en colère ; hier pour la première fois j’ai coupé du bois dans la forêt : il y est resté, et c’est vous qui l’avez pris. Posez-le à terre.
– Non, répliqua le pêcheur, je l’ai recueilli dans la forêt, morceau après morceau, honnêtement, et comme il est permis de le faire.
Mais tout ce qu’il put dire, ne servit de rien. Le tyran arracha brutalement le bois de dessus les épaules du vieillard et le jeta dans la rivière.
– Qu’ainsi la querelle soit terminée, cria-t-il ensuite en se moquant, et en jetant un dernier regard railleur au vieillard. Puis il rentra chez lui, laissant le pauvre homme qu’il venait de priver cruellement du fruit de son pénible travail. Affligé, le vieux pêcheur le regarda s’en aller, puis rentra en pleurant dans sa chaumière.
Quelques jours plus tard, le temps changea ; il fit chaud et la neige fondit ; la couche de glace qui avait recouvert l’eau par places se fendit et des quartiers de glaçons plus ou moins gros descendirent la rivière ; celle-ci grossit rapidement. Le pont en bois était en danger d’être emporté : les glaçons frappaient avec fracas les piliers vermoulus. Le pêcheur était occupé à réparer sa barque ; de temps en temps, il regardait le pont, en secouant la tête ; il savait que ce dernier ne pourrait pas résister longtemps à ces terribles coups. Soudain, il aperçut Frédéric, le petit garçon du garde-forestier, qui se préparait à le franchir. Notre vieil ami lui cria de ne pas aller plus loin, car il mettait sa vie en danger. Pendant qu’il parlait encore, la voix furieuse du père de l’enfant retentit de l’autre côté de la rivière : « Passe rapidement, lui dit-il, le pont ne va pas encore se briser ; n’écoute pas ce vieux radoteur, mais viens vite ».
Frédéric obéit. Le pont trembla et vacilla ; plusieurs coups frappèrent successivement les piliers, et subitement arriva ce qui était à redouter : un fracas assourdissant, les vagues s’élevant en écumant, et en même temps des cris aigus d’angoisse. Le pont céda et fut emporté par le courant, et avec lui aussi le malheureux enfant qui criait au secours d’une voix déchirante. Il se cramponnait encore solidement à une poutre, mais risquait fort d’être assommé par les pièces de bois et les glaçons.
Au désespoir, le père courait au bord de la rivière en criant et se tordant les mains.
Et que fit le vieux pêcheur ? Avec le courage et la force d’un jeune homme, il lança sa barque contre les vagues qui s’élevaient toujours plus haut, pénétra au milieu des glaçons et des poutres et parvint, avec l’aide de Dieu, à saisir l’enfant, à l’arracher aux eaux qui allaient l’engloutir et à le ramener sain et sauf à l’autre rive.
– Voici, je vous ramène votre fils, dit-il alors d’un ton affectueux au garde-forestier, comme vous voyez, il n’est qu’épuisé par la peur et l’émotion. Portez-le vite à la maison et dans son lit.
Le père se tenait là silencieux. Il n’osait pas lever les yeux vers le sauveur de son fils.
– Pardonnez-moi, noble vieillard, parvint-il enfin à dire, pendant qu’un torrent de larmes lui coulait sur les joues, pardonnez-moi ma conduite détestable à votre égard !
– Qu’ai-je encore à vous pardonner ? répliqua amicalement le vieux pêcheur. Ne me suis-je pas assez vengé ?
Le lecteur peut s’imaginer que les rapports entre les deux hommes furent à l’avenir différents de ce qu’ils avaient été auparavant. Le vieux pêcheur avait su comment amonceler des charbons ardents sur la tête de son ennemi ; il avait agi dans l’esprit et selon le commandement de Jésus-Christ : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent et faites du bien à ceux qui vous haïssent ».
« Vous avez l’onction de la part du Saint et vous connaissez tout… L’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous » 1 Jean 2. 20 et 27.
ÊTRE GARDÉS FIDÈLES À LA PAROLE
Ces paroles ont été écrites par l’apôtre Jean âgé aux petits enfants – ceux qui étaient récemment convertis. Il leur dit ensuite : « Petits enfants, c’est la dernière heure ». Nous savons par cela comme il est important que le Saint Esprit rende même de jeunes croyants familiers avec le caractère du temps dans lequel nous vivons, le temps où des doctrines anti-chrétiennes se répandent rapidement, afin que les croyants fidèles soient soigneusement maintenus (ou ramenés) à ce qui était dès le commencement, Christ Lui-même.
Remarquez que ce conseil n’est pas donné seulement aux pères (les hommes âgés et ayant l’expérience de la vérité), mais à tous les enfants de Dieu. Il leur est dit qu’ils ont l’onction de la part du Saint, c’est-à-dire le témoignage de la naissance, de l’œuvre, de la croix, de la résurrection et de l’ascension au ciel de Jésus Christ, que le Saint Esprit a rendu à leur cœur et dans leur cœur. Avoir accepté cela et avoir foi dans ce témoignage les met à part et les rend saints.
Puisque l’Écriture affirme clairement que le Saint Esprit et cette onction demeurent en nous, croyants, pour toujours, il serait erroné pour nous de prier comme le faisait David : « Ne m’ôte pas ton esprit de sainteté » (Ps. 51. 13). Nous, comme croyants, sommes scellés, et habités par le Saint Esprit, et Il est pour nous les arrhes (l’avance de paiement comme garantie) de notre rédemption, de notre héritage à venir. Il nous accompagne pendant que nous sommes sur cette terre, et nous rappelle constamment la valeur précieuse de la personne et de l’œuvre du Sauveur. Il est aussi notre capacité pour comprendre les choses célestes que nul œil n’a vues, que nulle oreille n’a entendues, et qui ne sont jamais montées au cœur de l’homme par des voies naturelles.
D’après The Lord is near janvier 1978
« Sois pour moi un rocher d’habitation, afin que j’y entre continuellement » Psaume 71. 3.
« Seigneur, auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jean 6. 68.
LE SECOURS DU SEIGNEUR NE MANQUE JAMAIS
Un croyant très malade écrivait ceci : Je suis reconnaissant qu’il y en ait encore quelques-uns qui pensent à moi. Je suis certain qu’ils font cela par amour pour le Sauveur. Une chose est tout à fait certaine : tout est grâce. Plus d’une fois j’ai pu voir comme Il vient avec grâce pour m’aider. Cela a toujours été un grand réconfort dans ma solitude. Je suis habituellement seul dans ma chambre parce que les visites sont rares. Il y a aussi des moments où je pleure beaucoup. Mais quand je me laisse aller à pleurer, si je m’attache à Lui, quand je Lui dis : Seigneur, ne suis-je pas ton enfant ? S’il te plaît, aide-moi comme tu l’as promis et comme tu l’as déjà fait – alors Il vient toujours m’aider. C’est tellement merveilleux qu’on ne peut pas l’exprimer avec des paroles. Je ne pouvais pas chanter avant qu’Il me réconforte ainsi, mais ensuite je chante réellement. Il peut réconforter mieux qu’une mère. J’ai éprouvé cela bien des fois.
Oui, qu’il est précieux d’avoir un endroit où se réfugier ! Ce jeune homme était paralysé depuis l’âge de 16 ans. Mais sa lettre montre qu’il savait où se cacher dans le Seigneur, où il cherchait et trouvait toujours la paix, bien que quelquefois avec des larmes. Le Seigneur est véritablement « un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » (Ps. 46. 1). « Il y aura un homme qui sera comme une protection contre le vent et un abri contre l’orage, comme des ruisseaux d’eau dans un lieu sec, comme l’ombre d’un grand rocher dans un pays aride » (És. 32. 2).
D’après The Lord is near janvier 1978
L’ANCRE DE MON ESPOIR
Deux amis ont organisé régulièrement un stand biblique dans le but de répandre l’Évangile. Un jour, ils reçurent le message suivant :
Je vous encourage à continuer à faire connaître votre position aux personnes sans espoir et à diffuser la bonne nouvelle. Beaucoup de gens se portent bien matériellement, mais n’ont pas d’objectif clair dans la vie. J’en faisais partie aussi.
Je viens d’une famille chrétienne et j’avais de bons amis. Matériellement, je ne manquais de rien, mais j’étais malheureux depuis des années. Finalement, j’ai décidé de tourner le dos à la communauté chrétienne fréquentée par mes parents. Je n’étais tout simplement plus convaincu que la vie dans une telle communauté avait un sens. Au lieu de cela, je pensais que croire en Dieu suffirait. Je me suis intéressé à différentes religions et philosophies, mais je n’en avais aucune ; cela ne m’a apporté aucun soutien intérieur.
Cependant, il y a environ deux ans, j’ai vécu une crise qui m’a transformé. J’ai étudié l’Évangile de Dieu et découvert que seul le Dieu de la Bible est capable de nous libérer du péché. Et tout ce qui me séparait de Lui, Jésus-Christ l’a pris sur Lui. Cette ferme conviction est l’ancre de mon espérance. J’ai maintenant la certitude : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est mort sur la croix pour endurer le châtiment de mes péchés. Puis Jésus est ressuscité des morts. Savoir cela me rend infiniment heureux.
Aujourd’hui, le stress et les soucis quotidiens ne me privent pas de la certitude que Jésus me conduira en toute sécurité… Votre service pour le Seigneur m’a beaucoup aidé.
« Mais, alors que nous venions de souffrir et d’être maltraités à Philippes, comme vous le savez, nous avons eu toute hardiesse en notre Dieu pour vous annoncer l’évangile de Dieu avec beaucoup de grands combats » 1 Thessaloniciens 2. 2.
LES RICHESSES DE L’ÉVANGILE
Dans le texte ci-dessus il est parlé de « l’évangile de Dieu ». Cela nous rappelle son origine. Ce n’est pas un message que des gens ont inventé. Non, il vient de « notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 3 et 4).
En 2 Corinthiens 10. 14, l’apôtre Paul parle de « l’évangile du Christ ». Là, il s’agit du contenu de cette bonne nouvelle. C’est une Personne, le Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu. Sa naissance, sa vie, sa mort, sa résurrection, et son ascension sont les pierres angulaires de l’évangile.
En Actes 20. 24, il est appelé « l’évangile de la grâce de Dieu ». Ce terme désigne le caractère du message. Nous ne pouvons pas gagner une place au ciel. Nous ne sommes sauvés que par la grâce, au moyen de la foi dans le Seigneur Jésus.
Quiconque accepte cette bonne nouvelle par la foi reçoit le pardon des péchés. Il devient un enfant de Dieu, lié au Seigneur Jésus dans le ciel, et peut attendre un avenir glorieux avec Lui. L’évangile n’est-il pas un don merveilleux de Dieu pour nous ?
D’après the good Seed mai 2026
« Fais-moi marcher dans ta vérité et enseigne-moi, car tu es le Dieu de mon salut ; c’est à toi que je m’attends tout le jour » Psaume 25. 5.
ÊTRE DÉPENDANT DU SEIGNEUR EN TOUTES CHOSES
Chaque croyant a besoin d’apprendre son incapacité dans la présence du Seigneur. Dieu encourage les humbles, et rien n’est plus précieux que de voir un humble enfant de Dieu marchant dans une proche dépendance de son Dieu et Père. Trop souvent nous raisonnons sur les décisions quotidiennes de la vie, au lieu de demander au Seigneur de nous guider et de nous diriger. Ne changez jamais vos circonstances en fonction de vos propres décisions, mais attendez jusqu’à ce que Dieu vous ait montré clairement ce que vous devez faire. S’Il veut que vous alliez ailleurs ou s’Il désire changer vos circonstances, Il ouvrira le chemin. N’oubliez pas, cependant, qu’Il ouvrira la porte devant vous et la fermera aussi derrière vous. Il est bon de surveiller l’ouverture aussi bien que la fermeture de la porte. Si vous n’êtes pas certain que le pas qui est devant vous est du Seigneur, il vaut mieux attendre. Dieu le montrera clairement. Cependant, si des pensées spirituelles claires et simples sont en jeu, alors, n’hésitez pas. Accomplissez la volonté de Dieu, quelles qu’en soient les conséquences.
Ce sont là des conseils que nous devons suivre. Si nous avançons sans connaître la volonté de Dieu, nous serons victimes des circonstances. Dieu désire nous guider par sa propre sagesse infinie, à cause de son nom. Notre prière devrait être : « Regarde s’il y a en moi quelque voie de malheur, et conduis-moi dans la voie éternelle » (Ps.139. 24). La vraie dépendance du Seigneur est la voie la plus prudente et la plus sûre, pour échapper aux ruses de Satan.
D’après The Lord is near janvier 1978
« Il y a telle voie qui semble droite à un homme, mais des voies de mort en sont la fin » Proverbes 14. 12.
POUR FAIRE UN CHOIX DE VIE, ASSURONS-NOUS DE SON BUT FINAL
Nous avons souvent à prendre des décisions importantes, mais nous trouvons difficile de savoir quoi faire. Nos actes ont toujours des conséquences, non seulement pour nos circonstances pratiques, mais aussi pour notre bonheur et notre contentement personnels. Mais, puisque nous sommes des enfants de Dieu, dans lesquels l’Esprit habite, nous avons le grand privilège, en recherchant sa sûre direction, de pouvoir éviter de prendre de mauvaises décisions.
Lot est un exemple de celui qui est à un carrefour fatal. Abraham avait donné le choix à Lot. Lot abaissa son regard sur le pays devant lui, qui était bien arrosé, fertile, particulièrement propice pour son occupation comme gardien de troupeaux, promettant de bons résultats de ses efforts. Il est vrai que les habitants étaient méchants et sans Dieu, mais par ailleurs cela semblait être un bon choix.
Aussi « Lot leva les yeux et vit toute la plaine du Jourdain, qui était arrosée partout » (Gen. 13. 10). Il aurait dû regarder à l’Éternel et prier : Seigneur, montre-moi le chemin. Au lieu de cela, il fit son choix sans l’Éternel, et cela le conduisit dans la misère et la pauvreté spirituelle.
Nous devons tous apprendre de cet exemple. Les deux décisions les plus importantes dans notre vie de chrétiens sont le choix d’un travail et celui d’un conjoint pour la vie. Dieu le sait et Il ne manquera jamais de nous conseiller, si nous Lui demandons sincèrement, par la prière, de nous guider, sans en avoir déjà décidé dans notre esprit. Quelquefois nous Lui demandons seulement d’approuver nos propres idées. Recherchons-nous notre propre satisfaction ou l’honneur et le plaisir du Seigneur ? « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus » (Mat. 6. 33).
D’après The Lord is near janvier 1978
« Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » Luc 23. 43.
LE SALUT OFFERT À TOUS PAR LA FOI EN JÉSUS CHRIST
Lorsque nous méditons sur le salut du malfaiteur sur la croix, nous nous exclamons : Voyez la grâce d’en-haut atteindre des pécheurs condamnés à mourir ! Comment ce criminel pouvait-il donc être à même d’entrer dans le paradis ? La seule raison, c’est que Dieu Lui-même devait racheter une telle personne, lui ôtant ses vêtements sales et lui ouvrant la porte.
Dieu commence son œuvre de rédemption en amenant à la repentance un rebelle coupable. Il lui fait ensuite entendre la bonne nouvelle que ses péchés ont été portés et jugés sur la croix du Calvaire, de sorte qu’ils peuvent être pardonnés avec justice. Quand le pécheur croit cela, il trouve que le voile entre lui et Dieu a été déchiré, et que les portes du paradis lui sont ouvertes.
Le brigand repentant avait dit : Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. Cela signifiait qu’il souhaitait participer à sa résurrection. Il était convaincu que l’Homme innocent sur la croix à côté de lui sortirait du tombeau pour régner dans son royaume. Mais les paroles du Seigneur allaient bien plus loin que les souhaits du brigand. Il n’avait pas à attendre le temps du royaume. Sa place ne serait pas seulement terrestre : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » – le troisième ciel, la place où habite Dieu ! Quelle grâce ! La même grâce qui a été donnée à ce criminel est aussi votre seul espoir, votre seule voie pour entrer dans le paradis céleste avec le Sauveur.
D’après The Lord is near janvier 1978
« Apportant tout empressement, joignez à votre foi, la vertu ; à la vertu, la connaissance ; à la connaissance, la maîtrise de soi ; à la maîtrise de soi, la patience » 2 Pierre 1. 5 et 6.
ÊTRE PATIENT
Nous sommes très souvent exhortés, dans la Parole de Dieu, à être patients et à endurer. Mais la patience, dans le verset ci-dessus, ne vient pas naturellement ou même en s’y exerçant, ou en se contrôlant par sa propre volonté. C’est la patience que nous voyons dans le sentier de notre Sauveur, à travers le monde et jusqu’à la croix – aussi bien que dans sa position actuelle dans le ciel à la droite de Dieu. Il s’attendait patiemment à l’Éternel quand Il offrait son dos à ceux qui le frappaient et ses joues à ceux qui lui arrachaient le poil. Il se remettait à Celui qui juge justement. Avec la même patience Il attend maintenant le jour où ses ennemis seront mis pour marchepied de ses pieds. Se soumettant volontairement et patiemment à la volonté de Dieu, ne se débattant pas pour échapper aux conditions variables du sentier, souffrant paisiblement l’injustice et la méchanceté des autres, n’insistant pas sur ses droits, attendant le temps où Dieu accomplirait ses promesses – toutes ces choses étaient l’excellence qui caractérisait le sentier du Seigneur sur cette terre. C’était le joug qu’Il portait et qu’Il désire aussi partager avec nous.
Quelques-uns de ces traits sont vus dans une faible mesure dans la vie de David. Bien qu’il ait été l’oint de Dieu, il n’accéda pas au trône pendant le règne de Saul. Il connut la haine et la persécution, mais ne rendait pas la pareille. Il attendait patiemment que son jour vienne.
Dieu aussi cherche à trouver en nous ce beau trait de patience, divinement formé. C’est le contraire de notre hâte naturelle, de nos murmures et de l’impatience de notre cœur, mais nous l’apprenons du Seigneur et dans la manière dont Il nous conduit.
D’après The Lord is near janvier 1978
« Tu mangeras, et tu seras rassasié, et tu béniras l’Éternel, ton Dieu, à cause du bon pays qu’il t’a donné » Deutéronome 8. 10.
ÊTRE RECONNAISSANT
Le peuple d’Israël, après avoir joui et profité de la bonté de Dieu, devait louer son grand Nom. Dieu prend plaisir à être entouré de croyants qui sont tellement remplis de la conscience de sa bonté qu’ils débordent de reconnaissance. Celui qui demeure au milieu des louanges d’Israël dit « Celui qui sacrifie la louange me glorifie » (Ps. 50. 23). Même l’expression la plus faible de reconnaissance monte vers le trône de Dieu comme une odeur agréable.
La louange et l’adoration nous conviennent plus qu’à Israël. En fait c’est le plus élevé de tous nos devoirs envers Dieu. « Offrons donc, par lui (Jésus), sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13. 15). Il n’y a rien qui contribue autant à l’honneur et à la gloire de notre Dieu que la reconnaissance dans le cœur de ses rachetés. C’est un grand privilège de bien agir et de communiquer la bonne nouvelle à d’autres, mais ce qui est encore plus précieux au cœur de Dieu, c’est notre reconnaissance envers Lui. Un moment viendra où il ne sera plus nécessaire d’accomplir de bonnes œuvres, mais où notre louange durera toute l’éternité.
Nous jouissons souvent de nos bénédictions et oublions notre Bienfaiteur. Approchons-nous de Lui personnellement, Lui notre fidèle Dieu et Père plein d’amour, en Le remerciant avant tout pour le don inexprimable de son Fils bien-aimé. Nous étions autrefois ignorants et aveugles, maintenant nous Le connaissons et avons son Esprit Lui-même en nous. Il écoute nos louanges, si faibles soient-elles. Il n’importe pas que le chant soit agréable : Il désire une reconnaissance réelle du cœur.
D’après The Lord is near janvier 1978
« Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules » 2 Corinthiens 6. 14.
TENIR COMPTE DE L’AVERTISSEMENT
Ce commandement concernant le joug mal assorti est l’un des commandements les plus précis du Nouveau Testament. Cependant il est souvent négligé par des croyants aujourd’hui.
Ce commandement signifie simplement que les croyants ne doivent pas se lier avec des incroyants. Deutéronome 22. 10 nous dit : « Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne attelés ensemble ». Ces deux animaux pouvaient être ensemble dans un champ, mais ils ne devaient pas être liés ensemble par un joug pour labourer un champ. Ils n’étaient pas adaptés l’un à l’autre. Le bœuf, fort et lent, épuiserait et tuerait bientôt l’âne plus rapide mais plus faible. De même, bien que des croyants et des incrédules puissent s’associer à l’école et au travail, le croyant ne doit pas se lier avec un incrédule. Un tel lien est clairement interdit par Dieu, comme on le voit dans le verset ci-dessus. Ce lien ne serait pas équilibré du point de vue spirituel.
Le modèle le plus évident d’un joug inégal est celui du mariage d’un croyant avec un incrédule. Un tel lien est clairement interdit par Dieu, comme on le voit dans le verset ci-dessus. La vie de misère et de perte de puissance spirituelle, pour de nombreux chrétiens qui se sont liés ainsi, témoigne de la vérité de Galates 6. 7 : « On ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera ». Évitez les jougs mal assortis.
D’après The Lord is near janvier 1978
« Quelle relation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? Et quel accord de Christ avec Béliar ? Ou quelle part a le croyant avec l’incrédule ? Et quelle compatibilité y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ?… C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur » 2 Corinthiens 6. 14 à 17.
ÊTRE SÉRIEUX DANS NOS RELATIONS
Sur le même thème nous voyons, par ce qui est mis en contraste, le genre de choses dont nous devons nous séparer. La justice ne peut pas demeurer avec l’iniquité sans que la justice soit compromise : Je ne tiens pas compte, je ferme les yeux, sur le fait qu’une personne n’est pas sauvée, parce que j’ai du plaisir, j’y gagne, cela me donne du prestige… Le seul moyen pour que la lumière soit manifestée, c’est qu’elle soit entièrement séparée d’avec les ténèbres.
De même pour nous : au lieu de nous lier avec des incroyants, nous devons être séparés d’eux au point de vue spirituel et moral. Nous sommes le temple de Dieu et ses serviteurs, alors que les incrédules ne s’intéressent qu’à eux-mêmes – à se gratifier eux-mêmes. Une idole, c’est une chose quelconque qui s’interpose entre une personne et Dieu. De plus, nous ne devons même pas toucher la chose impure – ne pas jouer avec le monde et voir jusqu’où nous pouvons aller vers un joug inégal sans être visiblement impliqués. Nous devons plutôt être clairement séparés de ces choses. Plairons-nous à Dieu dans cette question importante, ou discuterons-nous de nos actions pour obtenir un bien imaginé d’un joug avec les incroyants ?
D’après The Lord is near janvier 1978
« Moi je vous recevrai ; et je serai pour vous un père, et vous, vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur, le Tout-puissant » 2 Corinthiens 6. 17 et 18.
ÊTRE EN COMMUNION AVEC DIEU
Nous avons vu, ce qu’on peut appeler le côté négatif du commandement.
Nous voyons maintenant le côté positif, le résultat positif d’obéir à ce commandement : c’est une communion spéciale avec Dieu. Nous sommes certainement ses enfants, mais ici il y a l’idée d’une proximité particulière entre Dieu et nous, déjà maintenant sur la terre.
En Jean 14. 21 à 23, nous lisons « Celui qui a mes commandements et qui les garde… sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui… Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui ». Ces deux versets montrent comme une progression de communion personnelle et spirituelle entre Dieu et nous, et nous donnent ainsi plus de compréhension dans le sens du passage. Il est important de garder les commandements précis de Dieu. Cela apporte la communion et la bénédiction. Mais même une communion et une bénédiction complètes viennent de garder sa parole – la pensée de Dieu, la pensée et l’intention derrière le commandement. Les détails ne sont pas toujours donnés dans sa parole écrite, mais par le Saint Esprit nous pouvons connaître et garder les détails selon sa pensée, et il en résultera une bénédiction particulière.
À la suite des seize parutions sur le roi David, comment passer sous silence le règne de Salomon, son fils, sans s’arrêter sur les instructions que nous pouvons tirer de son parcours ? David, au terme de sa vie, réunit le peuple « et dit à toute la congrégation : Salomon, mon fils, le seul que Dieu ait choisi, est jeune et délicat, et l’ouvrage est grand, car ce palais n’est pas pour un homme, mais pour l’Éternel Dieu » (1 Chron. 29. 1). Il introduit son successeur en parlant de ce qui lui tient à cœur, « la maison de l’Éternel ». Des biens que l’Éternel lui a accordés, il en a donné en abondance, pour la construction de cette maison appelée aussi « le temple ». Il s’est réjoui de ce que les chefs de tout ordre, ainsi que le peuple, ont offert volontairement. Une prière d’actions de grâces s’élève de son cœur et une requête bien légitime : « Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac, et d’Israël, nos pères, garde ceci à toujours dans l’imagination des pensées du cœur de ton peuple, et dirige leurs cœurs vers toi. Et donne à mon fils Salomon un cœur parfait, pour garder tes commandements, tes témoignages et tes statuts, et pour tout faire, et pour bâtir le palais que j’ai préparé » (v. 18 et 19).
« Et David dit à toute la congrégation : Bénissez l’Éternel, votre Dieu. Et toute la congrégation bénit l’Éternel, le Dieu de leurs pères ; et ils s’inclinèrent, et se prosternèrent devant l’Éternel et devant le roi. Et, le lendemain de ce jour, ils sacrifièrent des sacrifices à l’Éternel, et offrirent des holocaustes à l’Éternel : mille taureaux, mille béliers, mille agneaux, et leurs libations ; et des sacrifices en abondance pour tout Israël. Et ils mangèrent et burent devant l’Éternel ce jour-là, avec une grande joie ; et pour la seconde fois ils établirent roi Salomon, fils de David, et l’oignirent pour l’Éternel comme prince, et Tsadok comme sacrificateur » (v. 21 à 22).
« Et Salomon s’assit sur le trône de l’Éternel, comme roi à la place de David, son père, et il prospéra ; et tout Israël lui obéit. Et tous les chefs et les hommes forts, et aussi tous les fils du roi David, se soumirent au roi Salomon. Et l’Éternel agrandit Salomon à un très-haut degré aux yeux de tout Israël, et lui donna une majesté royale telle qu’aucun roi avant lui n’en avait eu en Israël » (v. 23 à 25).
Les règnes de ces deux rois forment un tout. David fut un type de Christ rejeté, puis accédant au trône et assujettissant progressivement les nations qui cherchaient, encore et toujours, à s’opposer au peuple de Dieu. Il s’agit des Philistins, des Moabites, des Syriens, des Édomites et des fils d’Ammon (1 Chron. 19 et 20). Tous les ennemis traditionnels d’Israël assujettis par David préfigurent le moment où Dieu assujettira toutes choses à Christ et mettra ses ennemis pour marchepied de ses pieds (voir Héb. 1. 13 ; Ps. 110. 1 ; Héb. 2. 8 ; Ps. 8. 4 à 6). Salomon, lui, est un type de Christ glorifié dans son règne promis et annoncé (Ps. 72 ; 1 Cor. 15. 25). Par David, Dieu manifesta sa grâce envers un peuple rebelle. Nous voyons cela quand la colère de l’Éternel s’était embrasée contre Israël et que beaucoup mouraient : David, sur l’aire d’Arauna, qui est le mont Morija, bâtit un autel à l’Éternel, « et la plaie fut arrêtée de dessus Israël » (2 Sam. 24. 1 et 25 ; 2 Chron. 3. 1).
Il y a un contraste immense entre le mont Morija et le mont Sinaï. Lorsque la loi fut donnée à Moïse, « la montagne de Sinaï fumait, parce que l’Éternel descendit en feu sur elle » (Ex. 19. 18) ; cette loi condamnait quiconque la transgresserait, et quand Moïse descendit de la montagne, avec les tables « écrites du doigt de Dieu », trois mille hommes moururent à cause du veau d’or qu’Aaron avait fait et que le peuple adorait (Ex. 31. 18 ; 32. 28). En contraste, sur le mont Morija, le feu, venu du ciel, consume l’holocauste et la plaie s’arrête. L’holocauste est une image frappante de Christ, qui « à cause de la transgression de mon peuple, a été frappé » (És. 53. 8). Morija, sur lequel sera bâti le temple, parle de la grâce. Si la loi a été donnée par Moïse, « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » et par Lui, en vertu de sa mort et de sa résurrection, Dieu donne la vie éternelle à « quiconque croit en Lui » (Jean 1. 17 ; 3. 16).
David a reçu des promesses, en ce que : « L’Éternel a juré à David en vérité, il n’en reviendra pas : Je mettrai du fruit de ton ventre sur ton trône » (Ps. 132. 11). Et si David a rendu « par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient » (1 Pier. 1. 11), l’apôtre Paul, dans son discours à Antioche de Pisidie, présente la mort de Christ et ajoute : « Or [que Dieu] l’ait ressuscité d’entre les morts, pour ne devoir plus retourner à la corruption, il l’a dit ainsi : « Je vous donnerai les grâces assurées (immuables) de David » (Act. 13. 34 ; És. 55. 3).
Les fils de Coré, conduits par l’Esprit de Christ, l’ont exprimé ainsi : « L’Éternel donnera la grâce et la gloire ; il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité » (Ps. 84. 11). La grâce a été donnée en David et par anticipation, à Morija, parce que « l’Éternel a choisi Sion ; il l’a désirée pour être son habitation : C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée » (v. 13 et 14). La gloire est vue lorsque Salomon monte sur le trône. Il est ce « roi de justice et aussi… roi de paix » à l’instar de Melchisédec (Héb. 7. 2), annonçant par avance la gloire d’un plus grand que lui, Christ qui est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc. 22. 13).
Naissance de Salomon : « Bath-Shéba…, enfanta un fils, et il appela son nom Salomon (pacifique) ; et l’Éternel l’aima ; et il envoya par Nathan le prophète, et l’appela du nom de Jedidia (bien-aimé de l’Éternel), à cause de l’Éternel » (2 Sam. 12. 24 et 25).
Les événements précédant l’accession de Salomon au trône : Adonija, un des fils de David, s’élève dans son cœur et se fait proclamer roi à la place de son père. Pour ce faire, il a corrompu Joab, chef de l’armée, et Abiathar, chef de la sacrificature. Bath-Shéba rappelle à David sa promesse concernant Salomon, son fils (1 Rois 1. 17). Alors, devant David et tout le peuple, Salomon est proclamé roi ; Tsadok sera chef de la sacrificature, et Benaïa, chef de l’armée. « Et les jours de David s’approchèrent de la mort ; et il commanda à Salomon, son fils, disant : … Fortifie-toi, et sois un homme ; et prends garde à ce qui doit être observé devant l’Éternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies, en gardant ses statuts, et ses commandements, et ses ordonnances, et ses témoignages, comme il est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses » (1 Rois 2. 1 et 2).