L’ASSEMBLÉE ICI-BAS

1 Timothée 3. 14 et 15.

Matthieu 18. 15 à 20.

1 Corinthiens 12.

Éphésiens 4. 1 à 16.

Nous avons à considérer la position et la mission de l’Assemblée, la marche pratique dans les assemblées, ainsi que les ressources dont elles disposent pour y faire face.

Il semble que 1 Timothée 3. 15 contienne la substance de ce sujet. Ce verset présente, d’une part, l’Assemblée du Dieu vivant comme colonne et soutien de la vérité et, d’autre part, attire l’attention sur la conduite qui convient dans la Maison de Dieu.

Nous n’aurons jamais une idée assez élevée de ce qu’est l’Assemblée pour le cœur de Dieu. L’Écriture nous dit que c’est « le mystère caché de tout temps en Dieu » (Éph. 3. 9). De toute éternité Dieu avait cette pensée dans son cœur.

L’Assemblée est vue comme liée à la gloire de son Fils. Nous trouvons ce mystère en figure dès le chapitre 2 de la Genèse quand Dieu déclare : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Dieu a tout fait pour la gloire de son Fils et Il lui a donné une épouse : l’Assemblée ; Dieu la voyait déjà selon le propos de son cœur, unie à Christ, l’épouse, la femme de l’Agneau (Apoc. 21. 9).

La position de l’Assemblée est céleste. Elle est bâtie sur un Roc et ce Roc c’est Christ lui-même, le Fils du Dieu vivant (Mat. 16. 16). Elle est vue au-delà de la mort, comme fruit de l’œuvre de Christ. Sa formation commence le jour de la Pentecôte quand le Saint Esprit est descendu sur la terre comme Personne divine.

Son fondement est un Christ mort et ressuscité, « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » ; elle est vue déjà dans les lieux célestes en Christ. Quelle est la mission qui lui incombe ? Elle a ici-bas un témoignage à rendre, elle est appelée à présenter Dieu et Christ à ce monde, en tant qu’elle est la colonne et le soutien de la vérité.

L’Assemblée est l’Assemblée du Seigneur. Elle est appelée à manifester que Christ est au milieu d’elle et que l’Esprit est libre d’y agir. Elle doit garder le dépôt qui lui a été confié : la Parole. « Ta Parole est la Vérité ». Par son moyen, un témoignage à l’unité du Corps est rendu, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous. Et, de fait, l’ensemble du Corps est appelé « le Christ » (1 Cor. 12. 12).

Ce témoignage ne peut être rendu que dans la séparation, car, de nos jours, la Maison de Dieu est devenue « la grande maison » de 2 Timothée 2. 20. Aussi la position qui convient maintenant pour ceux qui sont fidèles, c’est de rester séparés. « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2. 19).

Nous devons être pénétrés de ce qu’est l’Assemblée si nous voulons réaliser d’une manière pratique une marche digne de l’appel dont nous avons été appelés (Éph. 4. 1).

D’après ce passage de Timothée, nous voyons donc l’Assemblée présentée comme une demeure, comme une habitation de Dieu par l’Esprit. Ce n’est pas le seul endroit où elle est vue ainsi. Nous pouvons rapprocher ce passage de celui, bien connu, de la fin du chapitre 2 des Éphésiens. Les saints y sont présentés comme une habitation, un temple qui croit pour l’avenir, préparé par l’Esprit (v. 21).

Mais aussi, ce qui est également précieux, le verset suivant déclare que les saints sont déjà présentement une habitation de Dieu par l’Esprit. Cette pensée, évidemment, est méconnue d’un grand nombre de croyants, dans ce monde. C’est ce qui distingue au point de vue responsabilité un frère instruit à ce sujet : Sa marche, sa conduite doivent être en rapport avec la connaissance qu’il possède.

Voilà la raison pour laquelle le besoin de ces lectures se fait sentir dans les assemblées où les jeunes prennent leur place dans le témoignage et ont besoin d’être instruits. Car les responsabilités sont toujours en rapport avec la position.

Pour le chrétien perdu dans une masse de professants, le point important est sa marche personnelle devant Dieu et devant les hommes. Mais il se pose peu de questions quant à la marche collective. Des chrétiens peuvent ainsi être isolés toute leur vie. Tandis qu’une assemblée locale connaît d’autres exercices liés au témoignage collectif des saints. C’est ce que nous allons considérer.

Il est très important de retenir que l’Assemblée est une habitation de Dieu. Dans une demeure celui qui donne le caractère, le ton, c’est le chef de la maison. Il est responsable de maintenir sa gloire, son honneur, son caractère dans la maison où il habite. Retenons donc cette pensée que dans l’Assemblée celui qui y habite qui en est le Chef absolu, c’est Dieu.

Ce n’est pas en nous comparant les uns aux autres que nous verrons juste, mais en rapportant toutes choses à Dieu. Ceci est tout à fait nécessaire car notre tendance à tous, surtout si nous sommes depuis longtemps dans l’Assemblée, c’est de considérer le rassemblement local comme un groupement de chrétiens se suffisant à lui-même. Au contraire, nos pensées et nos cœurs doivent toujours être tournés vers Dieu, sinon Dieu sera oublié et l’homme, lui, ne le sera pas.

Nous trouvons souvent dans la chrétienté des croyants vivants, pieux, fidèles, mais il est tout à fait frappant de voir qu’ils ignorent complètement la pensée de Dieu quant à l’Église. Si l’on s’entretient avec eux de l’Assemblée corps de Christ, habitation de Dieu, ils ne comprennent pas. Pour plusieurs de ces chrétiens l’Église c’est leur église.

L’apôtre dans le chapitre 3 des Éphésiens parle de mystère maintenant révélé. C’est un privilège que Dieu nous ait accordé d’être instruits sur cette révélation de ce qu’est l’Église. Mais nous pouvons bien nous humilier d’avoir été si infidèles pour en montrer la puissance en témoignage. Nous avons besoin d’être exercés, réveillés, pour faire connaître dans ce monde les caractères de l’Assemblée.

Deux faits essentiels caractérisent la vraie Église : la possession de la vie divine par chacun de ses membres et la présence du Saint Esprit habitant et agissant en elle.

Quels sont la nature et le caractère de Celui qui a fait l’Assemblée sa maison ? Si nous les connaissons nous aurons immédiatement une foule d’instructions à l’égard de la conduite qui convient pour ceux qui constituent cette maison. Or nous savons que Dieu est amour et qu’Il est lumière, qu’Il est saint, qu’Il est juste. L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité et la vérité c’est Christ qui nous fait connaître le Père et sa pensée. La vérité à soutenir est doctrinale et aussi morale.

L’Assemblée ne doit pas supporter quelqu’un qui serait très sain au point de vue moral et qui serait infidèle au point de vue doctrinal. Et l’inverse est vrai également. Une assemblée locale qui ne tiendrait pas ces deux points se disqualifierait comme assemblée de Dieu. Individuellement d’ailleurs, le danger existe pour tout croyant d’abandonner ainsi d’une manière ou d’une autre toute la vérité.

Les serviteurs dont le Seigneur s’est servi pour remettre ces vérités en lumière ont été exercés pour être fidèles à tous points de vue. C’est cet équilibre qui a fait la qualité de leur témoignage, qui leur donne cette plénitude qui n’avait pas été retrouvée depuis le temps des apôtres, même au temps de la Réforme. À la Réforme, en effet, il y eut plus de puissance, mais un développement doctrinal moins profond et moins complet. À Philadelphie, le Seigneur se présente comme le Saint et le Véritable (Apoc. 3. 7).

1 Timothée 3. 15 : « Pour que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu… ». Cette question de la marche pratique nous amène à considérer Éphésiens 4 : « Je vous exhorte… à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés ». L’épître aux Éphésiens nous présente un appel individuel et un appel collectif.

Nous y trouvons des vérités doctrinales importantes dont la méconnaissance est une des causes principales de la ruine. Nous y voyons les conseils de Dieu quant à Christ, quant à l’homme. Ce que Dieu a pensé pour nous et ce qu’Il a voulu nous donner comme position : « Ainsi, il nous a élus en Lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables devant Lui en amour » (1. 4). Dès maintenant Dieu nous voit tels. Il nous a introduits dans une relation nouvelle : Il nous a adoptés pour Lui par Jésus Christ (v. 5), selon le bon plaisir de sa volonté.

Christ, lui, sera le centre. Le propos de Dieu c’est de « tout réunir en un dans le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui était sur la terre, en lui » (v. 10). « L’espérance de son appel » (v. 18). Ce que nous serons effectivement en gloire n’a pas encore été manifesté (1 Jean 3. 2), mais nous sommes déjà en Christ. Toutefois, le conseil de Dieu n’est pas encore achevé puisque nous ne sommes pas entrés dans la gloire avec Christ. C’est pourquoi il est ainsi parlé de l’espérance de son appel.

Il s’agit d’un appel collectif quand, à la fin de ce chapitre, l’Assemblée est présentée comme la plénitude de Celui qui remplit tout en tous (v. 23). Elle est le Corps de Christ que Dieu forme actuellement. Le chapitre 2 touche à l’unité de famille (v. 18 et 19) et à la fin nous avons la pensée d’un temple saint qui croît dans le Seigneur (v. 21).

Le chapitre 3 n’est qu’une parenthèse et le chapitre 4 fait suite directement au chapitre 2. La marche est aussitôt présentée, une marche digne de l’appel. Ces pensées doivent être présentes à nos cœurs et à nos esprits pour que nous les vivions pratiquement. Si nous voulons marcher ainsi, il faut boire à la source, et jouir de la communion de l’amour de Christ. Il y aura un accroissement du Corps selon la pensée de Dieu.

Le chapitre 3 se termine par une prière de l’apôtre : « Je fléchis les genoux devant le Père – dit-il – … afin que… Il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit quant à l’homme intérieur… que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour » (v. 14 à 18).

On peut noter le parallélisme entre le passage de la première épître à Timothée et les versets considérés à la fin du chapitre 2 et au début du chapitre 4 de l’épître aux Éphésiens. Les exhortations du commencement de ce chapitre 4 découlent de l’affirmation que Dieu habite dans l’Assemblée.

Donc les enseignements les plus pratiques ne sont pas une morale bien qu’ils en aient les effets. Les préceptes chrétiens visent à rapprocher pratiquement le chrétien de Dieu. Nous avons tendance à prendre les choses à la légère. Nous nous prévalons souvent d’appartenir à Dieu pour l’éternité, alors que bien des choses maintiennent dans la pratique une distance entre Dieu et notre cœur.

L’Assemblée, colonne et soutien de la vérité, n’est pas un noyau de personnes d’élite, mais l’ensemble de tous les croyants, sans distinction, du plus modeste en apparence au plus doué au point de vue spirituel. L’assemblée locale est l’expression de l’Assemblée tout entière.

Qu’il y ait des différences dans les services, dans les dons, les qualifications, l’Écriture elle-même nous le dit, mais l’Assemblée colonne et soutien de la vérité, c’est l’ensemble de tous les chrétiens. Voilà ce que Dieu dit devant tous les hommes, devant tous les anges, devant tout l’univers. Où donc Dieu a-t-il désiré manifester sa présence et faire briller sa gloire d’une manière infiniment supérieure à tout ce qui précédait ? Dans l’Assemblée.

Une poignée de frères sans instruction mais qui seraient fidèles à la Parole dans leur comportement, dans leur marche, seraient l’expression de l’Assemblée de Dieu, même s’il leur était impossible de toujours justifier doctrinalement ce qu’ils savent.

Il nous faut citer Éphésiens 3. 10 : « Afin que la sagesse si variée de Dieu soit maintenant donnée à connaître aux pouvoirs et aux autorités [qui sont] dans les lieux célestes, par le moyen de l’assemblée… ». Qui connaît Dieu ? Les vrais croyants, qui seuls possèdent la vie divine. Eux seuls sont ainsi qualifiés pour être des témoins.

Mais les chrétiens sont vus dans l’Écriture comme un ensemble. C’est l’Assemblée qui est la colonne et le soutien de la vérité ; un chrétien isolé ne l’est pas. L’Assemblée n’enseigne pas, ce sont les dons. Mais les dons ne sont pas colonne et soutien de la vérité. L’Assemblée est appelée à juger dans toutes les questions de bien et de mal. C’est la présence du Seigneur au milieu d’elle qui la qualifie pour cela, comme nous le voyons en Matthieu 18.

C’est pourquoi Satan trouve une poignée de chrétiens fidèles beaucoup plus gênante que des milliers de chrétiens dispersés. Aussi il s’acharne contre ces témoignages qui subsistent et qu’il voudrait détruire. Il nous faut insister sur ce point car l’on rencontre des âmes troublées en constatant que dans l’Assemblée il y a des luttes, des combats pour la vérité et qu’il en résulte des heurts, même des départs… Ces âmes ne comprennent pas pourquoi l’on défend tel ou tel point et certaines seraient tentées d’abandonner le rassemblement pour un milieu où l’on soulève moins de questions.

Mais ces luttes sont souvent le fruit du travail de l’Ennemi qui cherche à nous amener à abandonner telle ou telle vérité en assurant qu’elle est sans importance, secondaire pour tout dire. Si une brèche est ouverte, il s’empressera de l’élargir. Mais ne nous décourageons pas de ce que l’Ennemi travaille contre le témoignage Que la grâce de Dieu nous accorde assez de fidélité et de fermeté pour garder le dépôt qui nous a été confié.

II n’y a pas de conflits dans une masse de gens qui dorment tous. D’ailleurs, l’Écriture nous montre qu’il y avait déjà des questions qui se posaient dès le commencement, justement parce que c’était le témoignage (ex. Ananias et Sapphira). Dans le monde chrétien l’on peut très bien faire comme ceux-ci et recevoir de la louange au lieu d’un blâme. Le cas de Corinthe est également instructif pour nous.

Dieu ne supporte pas le mal en sa présence et nous n’avons pas à le supporter. Dans certains milieux chrétiens l’on prétend que seul le coupable est souillé et par suite qu’il est seul responsable, de sorte qu’on ne lui refuse même pas la cène. Un tel enseignement est Intolérable dans l’Assemblée de Dieu, Il est contraire à la sainteté de la présence de Dieu, et à la vérité de l’Écriture. L’assemblée qui accepte une telle erreur n’est plus colonne et soutien de la vérité.

Des difficultés peuvent survenir, soit parce que la vérité est battue en brèche, soit parce que nos rapports entre frères et sœurs ne sont pas ce qu’ils devraient être et que nous perdons de vue l’exhortation : « Marcher d’une manière digne de l’appel ». Si nous avions toujours présente à l’esprit la pensée que l’Assemblée est une habitation de Dieu par l’Esprit, que Dieu est amour et qu’Il est aussi lumière, nous serions plus exercés dans nos cœurs. Il nous faut garder aussi l’unité de l’Esprit, réaliser que nous sommes membre d’un seul corps. Nous proclamons cette vérité, mais il faut en tirer les conséquences pratiques.

Cette figure du corps humain est bien remarquable. Dans le corps humain il n’y a pas d’action qui ne soit dirigée par la tête et même s’il s’agit de ces mouvements que nous appelons instinctifs, il y a cependant une impulsion, si courte soit-elle, donnée par la tête. À plus forte raison pour un acte volontaire dit réfléchi. À tel point que si une personne avait le cerveau paralysé, elle devrait rester dans l’inaction, elle serait incapable d’accomplir un acte quelconque. Cette vérité devrait être réalisée dans l’Assemblée, tout ce qui s’y fait devrait être non le fruit de notre propre volonté, mais de celle du Seigneur, chef du corps, de l’Assemblée. C’est la tête qui commande, c’est elle qui dirige.

Dans le corps humain les membres s’entraident. Si la tête commande d’aller prendre tel ou tel objet, les yeux ne se refuseront pas à le regarder, les pieds à se diriger vers lui et les mains à le saisir. Cette entraide tout à fait normale dans le corps humain, manque souvent dans le corps de Christ.

Il y a des pensées de jalousie et une mésentente qui entravent la marche. Tout ceci est une source de faiblesse et une cause de trouble. D’ailleurs, un membre qui ne remplit pas sa fonction naturelle, qui reste inactif, s’atrophie et finit par se paralyser. Toute l’Assemblée en souffre.

Le Seigneur est l’exemple parfait. Il a été séparé de tout mal, constamment guidé par un amour profond pour son Père. Tel a été son témoignage vis-à-vis de ce monde et nous devons, nous aussi, rendre le même témoignage, conduits par l’amour pour le Père et pour la vérité de Dieu.

Ne perdons pas de vue que le corps de Christ est composé de tous les croyants. Si la fidélité au Seigneur nous pousse à nous séparer de beaucoup de croyants (en particulier pour la cène), n’ayons pas de mauvaises pensées à leur égard. Nous devrions nous montrer plus humbles que nous ne le faisons. Il n’y a pas de chrétiens au monde qui ne devraient être plus humbles que les frères. L’humilité n’est pas le fruit d’un effort accompli par un chrétien, sinon elle serait une chose gagnée par l’homme. L’humilité est une grâce comme toutes les vertus chrétiennes. Et c’est l’une des premières : « L’Éternel est dans le palais de sa sainteté… que toute la terre fasse silence devant lui » (Hab. 2. 20).

Qu’est-ce qui peut faire taire la chair ? La présence de Dieu. Dieu connaît ceux qui sont vraiment humbles. Il n’est pas trompé par l’apparence et il donne la grâce aux humbles. Que dans l’Assemblée l’un des traits essentiels soit une vraie humilité. « Qu’il y ait en vous cette pensée qui a été dans le Christ Jésus… ».

Dans les réunions, dans la présence de Dieu, les frères peuvent se retremper, se rafraîchir. Mais nous n’avons pas le droit d’être durs vis-à-vis des chrétiens qui vivent dans des milieux où existent des organisations officielles. À l’occasion nous avons à expliquer avec crainte pourquoi nous ne les suivons pas. Mais nous ne devons pas les juger – dans le mauvais sens du mot. Nous déplorons cet état de choses. Que de fois, au contraire, nous portons des jugements supérieurs, oubliant que sur bien des points la marche de ces personnes condamnerait facilement la nôtre.

Un de nos conducteurs disait : « Les frères ont le droit de penser à eux-mêmes avec un mépris silencieux ». Que chaque assemblée locale manifeste cette humilité qui est un trait de la vérité morale.

À la cène, la fidélité la plus élémentaire nous conduit, en rompant le pain, à penser à tous les saints avec amour, Nous avons à y penser ailleurs aussi. Peut-être nous faut-il élargir un peu nos pensées pour ne pas tomber dans un sectarisme toujours coupable. Tous les chrétiens dans une localité ont en principe le droit de participer à la cène. La difficulté vient, de ce que l’Écriture nous montre que dans le désordre actuel il faut exercer un contrôle sur la vie pratique et sur la marche.

Doit-on reconnaître un don dans l’église catholique, protestante ou baptiste ? Sans nul doute, mais nous ne devons pas confondre l’amour et la communion. C’est une distinction vraie même dans l’Assemblée, encore qu’il soit souhaitable de toujours pouvoir réaliser un haut degré de communion.

À plusieurs reprises, Paul se plaît à associer Démas aux salutations qu’il adresse aux assemblées (Col. 4. 14 ; Philémon 24). Et pourtant, il vient un moment où l’apôtre en parle avec une sécheresse surprenante et voulue. C’est que Démas était devenu mondain (2 Tim. 4. 10). La communion entre Paul et Démas avait baissé, mais un de nos conducteurs disait qu’il ne doutait pourtant pas que Paul aurait donné sa vie pour Démas.

Une assemblée locale n’est pas un rassemblement de chrétiens qui se réunit contre d’autres. Il ne faut pas que ce soit dans l’esprit des frères. Le Seigneur n’était contre personne et pourtant tout le monde était contre Lui. Il ne faut pas s’attendre à ce que le monde aime davantage Dieu manifesté au milieu des saints qu’il ne l’a aimé en Christ (Act. 28. 22).

Il est impossible qu’une assemblée de Dieu ne soit pas contredite et elle le sera dans la mesure où, justement, elle sera fidèle. L’amour vrai nous commande de nous séparer de tout mal. Qu’un corps de témoins fidèles soit taxé de sectarisme, c’est presque inévitable. Donc sur ce point il ne doit y avoir aucun trouble pour le fidèle, qui est ainsi jugé, mais il peut y avoir le cas où cette accusation serait justifiée.

Celui qui est vraiment sectaire détruit ainsi l’unité de l’Esprit. Et il doit être rejeté après un premier et un second avertissement (Tite 3. 10).

À la fin du livre des Juges, le désordre était général. Chacun faisait ce qui était bon à ses propres yeux (Jug. 21. 25). Lorsqu’il y a des tendances diverses, il faut s’attendre au Seigneur, il faut montrer de l’humilité. Quelqu’un peut paraître sectaire beaucoup plus par la manière que par le fond de ce qu’il défend.

On peut redire une fois de plus combien nous sommes privilégiés, entre beaucoup de croyants, d’avoir à notre disposition l’Écriture et aussi des dons écrits qui nous restent, bien que leurs auteurs soient maintenant auprès du Seigneur. Nous y trouverons souvent des réponses aux questions qui se posent dans l’Assemblée si nous sommes assez humbles pour les accepter.

Quant aux activités parmi les saints, un point de toute première importance c’est de réaliser de façon profonde la communion avec le Seigneur. Alors le service est fait avec intelligence et dans la grâce. Il faut aussi beaucoup de patience, c’est aussi l’une des premières vertus chrétiennes. Souvent nous laissons agir la chair et les bons effets du service sont compromis. La communion avec le Seigneur nous fera trouver celle de l’Assemblée, ce qui est désirable pour l’accomplissement de tout service.

On entend quelquefois dire que du moment que l’Assemblée ne sert pas elle-même, il n’est pas nécessaire de rechercher sa communion. C’est une grave erreur. S’il y a, d’une part, la responsabilité personnelle du serviteur devant le Seigneur, il y a, d’autre part, une dépendance mutuelle entre les membres du corps. La communion avec Dieu est avant tout précieuse, mais il est bon de rechercher aussi la communion des saints. Dans cette communion nous pourrons servir à la gloire du Seigneur et d’une façon utile au Maître.

C’est ce que nous présente Éphésiens 4. Nous y trouvons les dons d’évangéliste, de pasteur et de docteur. À cet égard, les frères, qui ont été instruits dans la vérité de l’Assemblée corps de Christ et qui de ce fait savent ce qu’est le témoignage, ont une responsabilité toute particulière. Il s’ensuit qu’ils ne peuvent pas s’associer pour l’évangélisation à des frères et sœurs attachés à telle ou telle dénomination chrétienne.

Ces derniers, tout en annonçant souvent l’Évangile avec simplicité et en pureté, ne vont pas au-delà du salut de l’âme. Notre service va plus loin. Nous devons amener une âme à comprendre qu’elle fait partie du corps de Christ. Si d’autres oublient le corps de Christ c’est souvent parce qu’ils ne connaissent pas cette vérité. Les frères ont la responsabilité de présenter un évangile complet.

Cette question du service et des dons est très importante. Nous avons lu deux passages à ce sujet ; il y en a deux autres : 1 Pierre 4 et Romains 12. Dans l’épitre aux Éphésiens les dons sont vus comme donnés par la Tête du corps, le Seigneur montrant qu’Il édifie son corps, qu’Il bâtit son Église.

Dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 12, ce sont des manifestations spirituelles. Mais je voudrais simplement faire remarquer que dans les quatre passages c’est le Seigneur qui remplit les siens de dons. Et c’est une merveille pour les anges de voir que les hommes ont un service à accomplir de la part du Seigneur. Mais tout dépend du Seigneur et du Saint Esprit. C’est un principe de toute première importance. Il n’y a pas d’initiative humaine. La pensée initiale et la réalisation pratique viennent de Lui. Tout frère ou toute sœur exercé sur ce point apprend qu’en dehors de ce que le Seigneur fait, rien ne compte.

Il arrive aussi que nous péchions par paresse, par la recherche de nos aises, à cause aussi de nos occupations dans la vie présente. Donc il y a deux dangers extrêmes et nous devons avoir les yeux ouverts pour les discerner. D’abord la paresse : ne pas faire valoir le talent qui nous a été confié. Ensuite manquer de dépendance, vouloir agir, ne pas s’attendre au Seigneur, à Celui qui produit en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir (Phil. 2. 13). De Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses (Rom. 11. 36). Tout est de Dieu, nous sommes des collaborateurs dans son travail, mais tout bien produit vient de Lui seul.

L’Assemblée est le domaine du Saint Esprit et la sphère où, seule, son action est légitime. Dieu veuille nous aider à ne pas gêner son action bénie. Nous pouvons remarquer que l’apôtre parle tout d’abord des pasteurs. Le Seigneur chérit son Assemblée. Il la nourrit et la sanctifie. Nous sommes des instruments dans sa main, il pourrait se passer de nous. Soyons des instruments dociles, soumis à sa volonté, gardés de toute volonté propre.

Les soins pastoraux manquent dans les rassemblements. Nous ne savons pas prendre assez de temps pour visiter et apporter la Parole du Seigneur donnant ainsi parfois la réponse – sans peut-être jamais le savoir ici-bas – à un besoin de l’âme. Il faut nous intéresser aux âmes des saints. Il fût dit à Archippe : « Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur, afin que tu l’accomplisses » (Col. 4. 17).

Nous disons quelquefois : Je n’ai rien reçu, je suis incapable, je suis un pauvre croyant qui a plutôt besoin de recevoir que de donner. Nous sommes ainsi des membres inactifs en danger d’atrophie et de paralysie. Pourtant Dieu veut y apporter un remède, il nous appelle certainement à remplir un service. Par trois fois, au début et à la fin du chapitre 12 et au début du chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens, nous trouvons la même exhortation « Désirez avec ardeur des dons spirituels ». Est-ce notre cas à chacun ? Demandons-le Lui par la prière.

L’apôtre Jacques dit dans son épître : « Vous avez d’ardents désirs… » (4. 2). Hélas ce sont ceux de la chair. Nous nous contentons trop souvent de profiter des dons que le Seigneur a suscités dans son Assemblée. Demandons avec persévérance à Dieu par la prière ses dons. Que ce ne soit pas pour nous enorgueillir d’une position particulière dans l’Assemblée, mais pour servir le Seigneur avec amour, zèle et crainte aussi, pour le bien des âmes et celui de l’Assemblée.

La sacrificature est-elle un don ? Tous les saints sont sacrificateurs. Le sacrificateur est un adorateur. C’est une position, un état, elle est supérieure à un don. Les évangélistes, les pasteurs, les docteurs, les prophètes sont des lévites. Les dons sont pour la terre, ils ne s’exerceront plus dans le ciel, tandis que l’activité sacerdotale, elle, n’aura pas de fin. Les fils d’Aaron occupaient une place supérieure à celle des autres fils de Lévi.

Le don de pasteur est le plus important et aussi le plus rare. Le docteur a affaire à des vérités. Il doit « découper droit » et veiller à exposer la vérité avec ordre, sans confusion. Le pasteur, lui, a affaire à des âmes, soit pour les nourrir, soit pour les soigner (bien que le docteur aussi nourrisse les âmes). Une âme a toujours besoin de Christ, qu’elle soit en bon état ou qu’elle soit malade. Le pasteur doit s’intéresser à son état, lui apporter une parole à propos. Les soins préventifs, les soins curatifs sont donnés par le pasteur. Alors une âme est consolée, fortifiée, sanctifiée et aussi soignée et guérie. Le don de pasteur peut s’exercer aussi en public par le ministère de la Parole.

Que faut-il entendre par « selon la mesure du don de Christ » ? (Éph. 4. 7). Dieu ne s’est pas contenté de nous arracher au bourbier où nous gisions et de nous justifier mais il nous a revêtus d’une livrée de serviteurs : ce sont les dons. Le Seigneur a arraché des mains de Satan ceux qui étaient ses esclaves et en a fait ses serviteurs. Telle est sa grâce.

Nous pouvons remarquer que ces dons sont vus comme des personnes. Il ne s’agit pas d’une qualification abstraite : le doctorat, le pastorat… mais du pasteur, du docteur. Une telle personne, nous devons la reconnaître là où elle est, même, au sein de la chrétienté. Il faut reconnaître Dieu dans les saints dans la mesure où il s’y manifeste. Nous sommes tenus de le faire. C’est très grave quand un chrétien ne reconnaît pas ce que Dieu a donné à un autre frère. C’est une grande cause de misère dans les assemblées. Aussi grave que de se moquer comme jadis d’un Élie ou d’un Élisée.

Un peu partout dans les Assemblées, on a besoin d’entendre ces avertissements. On ne s’improvise pas docteur. On ne s’arroge pas cet honneur. Rejeter un don c’est rejeter le Seigneur. Les frères qui le font ne mesurent pas la folie qui les emporte. C’est un devoir facile pour la foi et agréable de reconnaître les dons. Ne pas le faire est très grave et nous pensons en particulier aux frères qui ne reconnaissent pas les dons qui se manifestaient chez des personnes maintenant retirées de la scène et qui sont avec le Seigneur. C’est un bien sérieux égarement. En lisant de tels écrits nous pouvons y reconnaître l’effet des dons de docteur, de pasteur, de prophète. Dans la mesure où je suis droit devant Dieu, je ne puis manquer de faire ainsi.

Plusieurs ont reçu un don et ils reculent ensuite devant les conséquences. Car pour tout don et pour tout service, il ne suffit pas de l’avoir reçu, mais il faut du dévouement et de la consécration.

« Faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, en veillant sur lui, non par contrainte, mais de plein gré » (1 Pier. 5. 2).

L’ancien est une charge locale, tandis qu’un don est pour tout le corps. Un pasteur à La Rochelle l’est aussi partout, et de même pour un docteur et un prophète.

Le conducteur est un don ; il est difficile qu’il soit tel sans être pasteur ou docteur. Il a un ascendant moral qui lui est donné de la part du Seigneur. Il a un discernement spirituel qui le rend propre à conduire selon l’autorité morale que Dieu lui a donnée. Hélas nous sommes dans des temps comparables à ceux des Juges. Trop souvent chacun prétend voir le chemin aussi clairement que quiconque sans tenir compte des autres.

Ézéchiel 34. 4 : « Vous n’avez pas fortifié les [brebis] faibles, et vous n’avez pas guéri celle qui était malade, et vous n’avez pas bandé celle qui était blessée, et vous n’avez pas ramené celle qui était égarée, et vous n’avez pas cherché celle qui était perdue ». Nous avons ici quelques-unes des activités du pasteur et en tout premier lieu le service du pasteur c’est de paître les brebis du troupeau et de les fortifier.

L’Ennemi nous affaiblit d’abord et il nous attaque ensuite. Si cette activité pastorale était exercée encore aujourd’hui, nous ne verrions pas tant de doctrines étrangères et tant d’activités qui n’ont pas la sanction de la Parole, tant il est vrai que la carence de pasteurs favorise l’apparence des maux les plus divers.

Le Seigneur lui-même est appelé le Bon Berger (Jean 10), le grand Pasteur des brebis (Héb. 13. 20), le souverain Pasteur (1 Pier. 5. 4).

Quelle chose sérieuse de prendre une initiative quelconque de son propre chef et d’y persévérer ! Si le témoignage des derniers jours commençait aujourd’hui, on pourrait comprendre qu’il y ait des hésitations. Mais nous avons derrière nous toute une pléiade de témoins, des générations de croyants qui ont marché et servi le Seigneur. Est-il convenable d’effacer tout ce témoignage d’un trait de plume ? Dieu lui-même nous donne la réponse : « Souvenez-vous de vos conducteurs… et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7).

L’imitation machinale et routinière est aussi un autre danger. L’installation tranquille et paresseuse dans une situation de fait extérieure est un mal très grand. Marchons par la foi en tenant compte de tout ce que le Seigneur nous a donné. Le service des pasteurs, des docteurs et des prophètes a pour effet de tenir les saints en éveil. Car on peut continuer à faire en dormant ce que l’on faisait l’année précédente en étant réveillé. Voilà un constant danger. D’où la nécessité et l’utilité des différents services dans le Corps.

Mais les dons sont en vue du perfectionnement des saints pour les amener à comprendre leur position en Christ, à remplir une œuvre de service, à atteindre l’état d’homme fait. Ainsi le corps s’édifie. Aussi les dons seront-ils maintenus jusqu’à la fin. L’évangéliste s’avance et prêche l’Évangile. Une âme entend le message et le reçoit par la foi, la lumière se fait en elle. Elle est rachetée.

Maintenant c’est au tour du pasteur et du docteur de s’occuper d’elle, car elle a beaucoup à apprendre. Et tout d’abord elle doit être affranchie, c’est-à-dire réaliser que le croyant est mort et ressuscité avec Christ. Ce ne sont pas de vaines formules, mais une vérité admirable. C’est le chemin merveilleux de la liberté chrétienne : l’affranchissement. Le croyant enseigné apprendra également la vérité relative à l’Assemblée et au témoignage.

Les chrétiens ont besoin d’autre chose que d’entendre dire pendant toute une vie qu’ils sont sauvés. Il faut leur ouvrir les chemins de la liberté. Ce n’est pas l’effet d’un raisonnement mais le travail du Seigneur qui persuadera un croyant que le monde est mauvais. Il a des ouvriers, des pasteurs et des docteurs pour faire ce travail et Il s’en sert. Si ces soins pastoraux ne sont pas donnés, les âmes se referment sur elles-mêmes ou tombent dans le sommeil ou encore oublient la purification de leurs péchés d’autrefois. Elles seront sans force pour résister aux tentations, n’ayant pas de discernement spirituel. Bien plus, elles succomberont à la tentation et accepteront une offre qui leur est faite sans se rendre compte qu’elles font un faux-pas.

L’Adversaire ne se présente pas toujours avec des choses grossières que nous repousserions. Mais il se présente avec des ruses subtiles et il commence par des choses qui paraissent insignifiantes et pourtant ce sont des petits commencements qui peuvent finalement conduire à de grands désastres. Si nous avions d’abord fait des stages dans certaines sphères de la chrétienté, nous serions plus reconnaissants et plus désireux de connaître ce qu’il nous a donné par le moyen de ses serviteurs, au lieu de nous conduire comme des enfants gâtés.

Nous sentons mal nos besoins. « Vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal » (Jac. 4. 2 et 3). Il y a beaucoup de problèmes dans la vie de tous les jours et l’assurance – dernier recours – d’aller un jour au ciel ne suffit pas pour les résoudre. Écoutons l’exhortation : « Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).

Dans les périodes de crise, quand un gouvernement est embarrassé pour assurer la subsistance d’une population, il fait appel à des succédanés. Nous ne trouvons rien de semblable dans l’Écriture. Le sain enseignement ne doit pas être remplacé par un mélange de notre cru. Nous devons manger des pains sans levain. Il nous faut le Christ de Dieu et nul autre. Nous savons où conduit toute production de l’esprit de l’homme telle que la théologie. Un vrai pasteur nous présentera la Parole, la Vérité, Christ enfin.

On pourrait poser la question : Si quelqu’un n’a pas l’un de ces dons, s’il n’est pas spécialement qualifié pour un tel service, pourra-t-il cependant travailler à l’édification du corps ? Il a certainement une responsabilité à cet égard ainsi que l’indique la fin du passage : « Gardant la vérité dans l’amour, nous croissions en tout jusqu’à lui qui est le chef, le Christ, de qui tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure qui le soutient, produit, selon l’action de chaque partie dans sa mesure, la croissance de ce corps pour être lui-même édifié en amour » (Éph. 4. 15 et 16).

L’édification du corps par lui-même se produit sous l’impulsion donnée par la tête. La croissance ne doit pas être tellement en nombre mais plutôt en profondeur ; c’est ce que nous devons rechercher. Chacun doit prendre garde à l’activité qui est sienne pour aider à cette croissance harmonieuse.

On peut très bien, sans être ni pasteur ni docteur, accomplir toutes sortes de services pour le bien de tous. Une sœur peut faire une visite qui apportera un très grand bien à l’âme de la personne visitée. Un frère présentera de la doctrine au cours d’une réunion, comme l’eût fait un docteur, ou des exhortations pratiques qui auront elles aussi un effet heureux semblable à celui qu’aurait eu le don d’un pasteur.

Un jeune frère disait qu’un pasteur doit être un frère d’un certain âge et d’expérience, pour être à même de comprendre les exercices de conscience et de cœur de ses interlocuteurs. Cela n’a rien d’absolu et un jeune frère ou une jeune sœur peut être appelé à exercer un ministère pastoral auprès d’un autre jeune dont il sera mieux à même de comprendre les circonstances.

Dans le chapitre 4 des Éphésiens, nous avons les dons en Christ. Le chapitre 12 de la première aux Corinthiens nous présente les dons de l’Esprit qui fournit ce qui est nécessaire pour l’édification du corps en vue de l’utilité, distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît (v. 7 et 12).

Quelle est la différence entre le docteur et le prophète ? Le prophète présente la Parole, conduit par Dieu qui connaît les besoins exacts de sorte que l’âme se trouve placée en contact avec Dieu. Ce frère peut se trouver dans la localité pour la première fois, mais l’effet de son ministère est tel que les âmes seront atteintes et portées à dire : Ce message était pour moi.

On comprend pourquoi il est dit : « Désirez avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser » (1 Cor. 14. 1). C’est la parole dite en son temps qui correspond aux besoins du moment. L’âme est saisie et se sentant manifestée devant Dieu, a les yeux ouverts sur ses voies. L’âme est placée devant Dieu. Elle peut emporter sa bénédiction sans que le serviteur ne sache jamais ni désire même le savoir. Les réunions sont irremplaçables, les négliger c’est risquer de perdre l’occasion de recevoir toutes sortes de bénédictions. Combien de chutes peuvent être expliquées par un relâchement, soit de ceux qui exercent le don, soit de ceux qui ont à écouter.

Le prophète agit en relation avec les circonstances du moment, révèle la pensée de Dieu et met ainsi l’âme en présence de Dieu lui-même. Il peut réveiller des âmes par son ministère. Les réunions que nous avons n’ont pas lieu entre nous, mais nous sommes devant Dieu et autour du Seigneur (Mat. 18). En conséquence, toutes les bénédictions sont possibles. Nous recevons tous ainsi dans le secret de nos cœurs un avertissement salutaire qui peut nous arrêter dans un chemin mauvais ou nous encourager.

Mais Dieu ne peut pas approuver un mauvais état chez ses enfants et Il s’en occupe. Outre la lecture personnelle de la Parole, les réunions sont, répétons-le, irremplaçables. Il n’y a pas de meilleure ressource pour répondre à tant de maux qui sont l’indice d’un état morbide des âmes.

À propos des réunions, il faut bien insister sur un point : À savoir qu’elles sont tout autre chose qu’une réunion de croyants pour la lecture de la Parole en commun. Il faut que tous réalisent ce privilège, cette faveur, d’être réunis autour du Seigneur. Gardons-nous de penser que nous n’avons qu’à nous attendre à un frère. L’apôtre insiste sur la diversité des dons de l’Esprit. Il faut qu’il y ait un exercice chez les frères pour que chacun apporte ce qui vient de l’Esprit.

Si nous nous attendions au Seigneur avec simplicité, nous éprouverions davantage ce qu’est une réunion d’assemblée. Nous serions rafraîchis, restaurés, nous goûterions l’onction de l’Esprit. Le but de Dieu dans les réunions – dans toutes les réunions – c’est de nous faire jouir de sa présence. « Ta présence est le bien suprême ». Le but de tout ministère est d’amener les saints dans cet état. Il y a une qualité de joie supérieure dans la réalisation collective de la présence de Dieu.

Les réunions d’administration ne sont pas exclues de ces considérations. Ce ne sont pas des réunions d’assemblées. Mais elles peuvent être très heureuses et se terminer par une note d’actions de grâces. Il faut y voir autre chose que des frères désireux de s’occuper de l’assemblée. Nous devons y réaliser la présence du Seigneur, ses directions. Tout ce qui concerne son Assemblée a de l’importance à ses yeux et dans ces réunions peuvent s’exercer certains dons de l’Esprit : la parole de sagesse, de connaissance, de foi.

Quelqu’un qui a un don doit le savoir. Il est le serviteur des autres, jamais leur maître. Personne n’est directeur. C’est au Seigneur que nous avons affaire. Beaucoup de chrétiens ont trouvé que c’était irréalisable. Alors, manquant de foi, ils ont créé des cadres. La foi, elle, s’attend à Dieu pour toutes les questions.

Ceux qui prient beaucoup sont les meilleurs serviteurs. Ce service caché ne risque pas au moins d’être encensé. C’est un service très important et que rien ne limite. Il peut être accompli toujours et partout. Le travail de l’apôtre Paul était peut-être dû à la prière persévérante d’une sœur ignorée. Actuellement on a plus de peine à accepter la faiblesse, à se contenter de n’être rien, de n’avoir rien, de tout devoir à Dieu continuellement.

Aussi fait-on appel aux valeurs humaines, aux puissances humaines. Or c’est le Saint Esprit qui convertira une âme ou qui l’édifiera et ce n’est pas tous les instruments que l’on peut employer. Dieu se sert de tout, Il peut le faire. Mais pour le chrétien dans l’Assemblée, mille questions se posent sans cesse ailleurs, qui pour lui sont réglées dans son cœur.

Les anciens sont là pour maintenir l’ordre moral, bien qu’ils puissent aussi enseigner. Il n’y a pas d’anciens officiels. Les dons viennent directement du Seigneur. Le mot même de don exclut l’idée de transmission. Dans la chrétienté, des surveillants ou des anciens on en a fait des évêques. En réalité, des frères peuvent avoir cette qualification d’anciens. « Si quelqu’un aspire à la charge de surveillant, il désire une œuvre bonne » (1 Tim. 3. 1).

L’ancien veille sur l’ordre extérieur, la tenue générale et individuelle. Il n’agit pas avec rigueur mais avec bonté, connaissant les faiblesses de la nature humaine sans en tolérer tous les excès. Le service d’un ancien peut être extrêmement utile. Son action est publique ou cachée. Il cherche à redresser avant qu’il n’y ait des manifestations publiques. C’est un ministère pastoral. Il avertit pour garder un bon ordre dans l’Assemblée. C’est une charge locale pour laquelle un ensemble de qualités sont requises (1 Tim. 3).

On ne doit pas confondre l’ancien ou le frère âgé. Il peut se faire que ce dernier ne soit pas qualifié moralement, tandis qu’un jeune frère peut l’être comme ce fût le cas pour Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse ».

Ils sont conduits par la grâce de Dieu avec fidélité, avec amour, à agir souvent en tête à tête avec les saints. Ils ne se complaisent pas à étaler les défaillances, les misères, car l’amour couvre une multitude de péchés. Les anciens couvrent donc tout ce qui peut être couvert et découvrent quand Dieu Lui-même découvre.

L’amour ainsi peut se montrer en empêchant qu’un mal devienne public, tandis que la médisance n’est jamais selon Dieu. Elle n’est pas dans l’esprit chrétien qui, lui, considère avec larmes la chute d’un autre. Elle se complaît avec malignité et méchanceté à faire connaître les fautes des autres. Dieu ne se réjouit pas si l’un de ses enfants tombe, Il en est déshonoré.

Quand il y a des défaillances, tous doivent-ils être mis au courant, ou seulement quelques-uns ? Tout dépend de quoi il s’agit. Supposons qu’une personne ait péché et que personne ne l’ait su. Elle s’en ouvre à quelqu’un. Si la restauration est évidente, s’il n’y a pas eu de scandale public, ce péché peut être couvert. Des frères le gardant sur eux devant Dieu.

Mais s’il y a eu scandale public, c’est différent, les consciences ont été troublées. Des frères graves peuvent examiner la chose avec l’intéressé et devant Dieu. Mais il n’est pas du tout nécessaire que tout soit découvert devant l’Assemblée. Il y a toujours un danger à s’occuper du mal.

Porter les charges les uns des autres ne signifie aucunement porter les souillures. Il faut que l’assemblée porte ce qui est mauvais devant le Seigneur, mais c’est le coupable qui reste le coupable et qui parfois doit être exclu. « Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes » (1 Cor. 5. 13). Il ne faut pas identifier les frères innocents avec celui qui est coupable.

Dans l’assemblée il n’y a pas d’un côté des juges et de l’autre un coupable. Elle se purifie, donc elle n’était pas pure, mais il ne faut pas affaiblir le péché du coupable. Ce qui est important, c’est d’avoir du discernement pour voir la gravité et les conséquences de l’acte commis. Le sacrificateur attendait (Lév. 13). Il faut veiller à ne pas mettre au jour ce qui n’est pas d’une extrême gravité et, d’autre part, ne pas affaiblir la gravité du mal devant Dieu. Il faut avoir en horreur le mal. Demandons à Dieu d’entretenir ce sentiment en nous.

Quand on exclut quelqu’un, ce devrait être avec larmes, avec humiliation. On ne se débarrasse pas d’un frère. Un homme peut devenir un méchant de bien des manières. Ce n’est pas toujours facile à discerner.

L’assemblée à La Rochelle n’est pas qualifiée pour s’occuper d’un cas qui se présente à Bordeaux. Or une décision prise dans une assemblée locale engage toutes les assemblées. Supposez donc que l’on ait exclu une personne par passion. Quelle chose grave ! Il faut agir en sacrificateur, c’est-à-dire se tenir dans la présence de Dieu dans le sanctuaire. Sinon on risque d’être influencé par des passions, des partis pris, des coalitions d’intérêts ou de se montrer indifférent. Si la chair agit, tout mal est possible (Jac. 5. 19 et 20).

La décision de « lier » ou de « délier » est prise par l’assemblée et non par les frères. Il faut que les sœurs aient l’occasion, la possibilité d’exprimer leur pensée. Matthieu 18. 20 nous montre la gravité d’une décision dans l’assemblée, le saint tremblement qui convient.

Mais nous avons deux grandes ressources, la prière et la présence du Seigneur. La décision est prise au nom du Seigneur, c’est là ce qui en fait la valeur ; il faut donc que sa présence soit effectivement réalisée par l’Assemblée qui doit prendre une décision. Comme la décision de l’Assemblée engage toutes les assemblées du monde, il n’est pas interdit en principe de pouvoir consulter un frère d’une autre Assemblée, mais c’est localement que la décision est prise.

D’après le faux principe des assemblées indépendantes, on voudrait qu’un frère exclu à Bordeaux ne le soit pas à La Rochelle. Or un frère n’est pas membre d’une assemblée locale, mais de l’Assemblée universelle. Abandonner l’enseignement scripturaire, c’est ouvrir la porte au désordre. Si une assemblée locale ne juge pas le mal dans son sein, des frères d’autres assemblées peuvent intervenir auprès des frères de la localité.

Mais là où la question devient plus éprouvante, c’est de savoir comment une assemblée doit se comporter vis-à-vis d’une autre assemblée où un désordre s’est installé et s’est maintenu. Quelle ressource scripturaire aurons-nous dans ce cas si grave où une assemblée tolère ou soutient le mal ? Sur quel principe pouvons-nous et devons-nous agir à son égard ?

Sur le principe fondamental et immuable dont la force a été sentie par tous les croyants de toutes les dispensations : la séparation du mal. Pour obéir à cette injonction divine, point n’est besoin de l’attribution d’un pouvoir quelconque. La Parole tout entière est là pour éclairer la conscience du chrétien. C’est pourquoi puisqu’on n’excommunie pas une assemblée, on s’en sépare.

D’après Études à La Rochelle 1962

TRADUCTION DE FEUILLETS (156)

« La multitude de ceux qui avaient cru étaient un cœur et une âme » Actes 4. 32.

EXPRESSIONS IDIOMATIQUES TIRÉES DE LA BIBLE

Les personnes très proches, qui s’aiment et se comprennent parfaitement, sont souvent décrites comme « n’ayant qu’un seul cœur et qu’une seule âme ». Ces liens sont indéfectibles : chacun soutient l’autre et tous deux recherchent un équilibre harmonieux pour éviter les conflits. Cette expression, d’origine biblique, décrit un idéal dans nos relations interpersonnelles.

Aux débuts du christianisme, cependant, ce précepte était plus qu’un idéal : c’était une réalité. Les premiers chrétiens formèrent une communauté de personnes d’origines, de classes sociales et de personnalités diverses. Mais grâce à leur foi commune dans le Seigneur Jésus-Christ, ils surmontèrent ces différences. Ils veillaient à ce que rien ne trouble la paix de cette communauté. Leurs semblables pouvaient constater qu’ils suivaient le commandement de Jésus, qu’il avait proclamé peu avant sa mort : « À ceci tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35).

La Bible montre qu’une seule personne peut surmonter les différences et unir les peuples malgré leur diversité : Jésus-Christ. Seule la foi en Lui crée une telle relation, qui commence ici-bas et se poursuit pour l’éternité. Les chrétiens ne sont jamais seuls : outre leur Seigneur au ciel, ils savent qu’ils sont unis à tous les vrais croyants sur terre. Et un jour, ils seront tous réunis à Jésus-Christ au ciel.

D’après die gute Saat février 2026

« Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait chasse la crainte, car la crainte comporte du tourment ; et celui qui craint n’est pas accompli dans l’amour » 1 Jean 4. 18.

L’AMOUR PARFAIT DE CHRIST POUR SES RACHETÉS

L’amour parfait de Jésus chasse la crainte, parce que « comme il est, nous sommes aussi dans ce monde ». Cela, est-ce quand Il est mort ? Non. Quand Il était dans un état de perfection ? Non « dans ce monde ».

Je ne connais rien de plus doux pour le cœur que de voir cet Homme sans égal, qui a été dans la mort, mais qui est remonté au ciel à la droite de Dieu – et d’entendre l’apôtre dire : « comme il est, nous sommes aussi dans ce monde ». Comment est-Il ? Est-Il de l’autre côté de la mort ? Nous aussi. Est-Il là où aucun péché ne peut Le toucher ? Nous aussi. Fait-Il les délices du Père ? Nous aussi. Si vous croyez cela, vous aurez la vie, la paix, la puissance, et la hardiesse au jour du jugement. Je serai près de Lui en ce jour-là. Il est Celui qui a subi mon jugement sur la croix.

Le Seigneur nous conduit à nous reposer sur Lui, et ainsi à marcher dans la jouissance de son amour jusqu’à ce que nous Le voyions face à face.

D’après The Lord is near septembre 1988 (W.T.P. Wolston)

« Moïse étendit sa main vers les cieux, il y eut d’épaisses ténèbres dans tout le pays d’Égypte pendant trois jours… mais pour tous les fils d’Israël il y eut de la lumière dans leurs habitations » Exode 10. 22 et 23.

LA LUMIÈRE DU CROYANT

Croyant, avez-vous remarqué comme il fait sombre dans le monde incrédule autour de vous ? Jouissez-vous de la lumière dans votre habitation ? Avez-vous remarqué comment la lumière brille dans les ténèbres et les chasse ? Et cela est le message que nous avons entendu de Lui, et que nous vous annonçons, c’est que « Dieu est lumière, et il n’y a en Lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5)

Vous chagrinez-vous, dans votre habitation bien éclairée, pour ceux qui sont perdus dans les ténèbres ? Leur souhaitez-vous, en conséquence, de sortir des ténèbres et de venir dans la lumière ? Votre lumière, chez vous, est-elle claire ? L’avez-vous cachée sous le boisseau ? Ou bien, la lumière brille-t-elle, attirant ceux qui sont dans les ténèbres ? Jésus a appelé et a dit : « Moi, [la] lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne reste pas dans les ténèbres » (Jean 12. 44 à 46).

D’où vient la lumière qui brille dans les habitations des enfants de Dieu ? Elle vient de l’Agneau qui est dans la maison. Alors que l’Égypte était dans les ténèbres et la mort (Ex. 12. 12 et 13), les fils d’Israël demeuraient dans la lumière et la vie, et cela, à cause du sang de l’agneau. Jean lie ces types quand il écrit que l’Agneau de Dieu est aussi la lumière qui brille dans les ténèbres (Jean 1. 36, 5). Si vous voulez avoir plus de lumière dans votre habitation, de la lumière pour tous ceux qui y habitent et entrent là, écoutez l’Agneau qui dit : « Moi, Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12).

D’après The Lord is near septembre 1988 (L.J. Ondrejack)

« Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre. Je viens bientôt ; tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » Apocalypse 3. 10 et 11.

LES CROYANTS ENLEVÉS

Cette promesse si précieuse à l’assemblée de Philadelphie est destinée à tous ceux qui sont sauvés par la pure grâce de Dieu. Ils ont gardé la parole de la patience de Christ, attendant avec confiance Celui qui a été rejeté par les hommes, pour prendre ensuite son trône de grande gloire et puissance – et en attendant, supportant patiemment les souffrances du temps présent. Ils n’auront pas à supporter les souffrances de la grande tribulation qui éclatera très bientôt sur le monde des impies, pour éprouver ceux qui ne sont que des habitants de la terre.

Les paroles du Seigneur Jésus sont très claires : « Moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve ». Ce n’est pas qu’ils seront préservés à travers l’heure de l’épreuve, mais gardés en-dehors d’elle. Il n’est pas dit non plus qu’ils seront protégés au cours de l’heure de l’épreuve, mais gardés en-dehors d’elle. Il n’est pas dit non plus qu’ils seront gardés hors de l’épreuve, mais gardés hors de l’heure, du temps même de l’épreuve. Cela n’est possible que parce qu’ils seront complètement retirés de la terre. Telle est la vérité merveilleuse concernant la véritable Église de Dieu, l’Assemblée, qui est composée de tous les vrais croyants dans le Seigneur Jésus Christ.

Le chapitre 4 de 1 Thessaloniciens déclare, de manière merveilleuse, le moyen par lequel cela sera accompli. Le monde ne comprendra pas ce qui arrive ; mais le Seigneur Lui-même descendra du ciel. Non seulement les croyants vivants seront enlevés pour Le rencontrer en l’air, mais les morts en Christ seront ressuscités en premier, de sorte que, avec les vivants, ils seront enlevés, pour être emmenés loin au-dessus de tous les cieux, vers la maison du Père.

D’après The Lord is near septembre 1988 (L.M. Grant)

« Ma colombe, [qui te tiens] dans les fentes du rocher, dans les cachettes des lieux escarpés, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage est agréable » Cantiques des cantiques 2. 14.

UN CŒUR ENGAGÉ DANS LA PRIÈRE

Dans le dernier chapitre de l’Apocalypse, après que le Seigneur ait parlé de Lui-même comme « Moi, Jésus » – Celui qui est le même, hier, aujourd’hui, et éternellement – il y a une réponse d’affection de la part de l’Église envers Lui : « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens ». Et ensuite Il ajoute : « Oui, je viens bientôt », et l’épouse répond : « Amen, viens, Seigneur Jésus ».

Nous devrions désirer prier intelligemment et être capables de nous adresser à notre Dieu et Père par l’Esprit, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ou, dans les cas convenables, d’adresser des prières, des supplications, et des actions de grâce au Seigneur Jésus. Il faut faire la distinction, en nous adressant au Père ou au Fils, comme lorsque nous parlons du Père envoyant et donnant son Fils – et du Fils se donnant Lui-même pour nous.

Il serait bon, toutefois, d’ajouter un mot d’encouragement ici. Nous n’empêcherions pas le plus faible croyant de prier – et de prier sans crainte de commettre des erreurs. Le Père comprend le cœur, et même si nos expressions peuvent être erronées, Il aime entendre ces souffles créés par l’Esprit et s’adressant à Lui comme Père. Le Seigneur aussi connaît tout de notre fragilité et de notre manque de compréhension. Les expressions d’un cœur rempli ou d’un cœur chargé ont plus de sens que l’exactitude intellectuelle d’un cœur froid ou les prières de routine au sujet de difficultés en général. Puisse le Seigneur nous donner de la ferveur d’esprit dans nos prières et nos louanges, et aussi nous donner la mesure pour nous exprimer plus en accord avec sa Parole.

D’après The Lord is near septembre 1988

« J’ai vu la fin de toute perfection ; ton commandement est très étendu » Psaume 119. 96.

« Tu as commandé tes témoignages avec justice, et parfaite fidélité » Psaume 119. 138.

SONDER LA PAROLE DE DIEU, ET MARCHER SUIVANT SES ENSEIGNEMENTS

Le premier passage est la déclaration de celui qui a passé beaucoup de temps à lire la Parole de Dieu qu’il a entre les mains et qu’il garde dans son cœur. L’auteur de ce psaume 119 emploie le mot commandement pour exprimer l’idée de l’autorité de la Parole de Dieu dans son entier, plutôt que de la limiter aux dix commandements que Dieu avait écrits sur des tables de pierre et donnés à Moïse. Le psalmiste, dans ses méditations, prend conscience de sa propre incapacité à comprendre l’étendue de tout ce que Dieu a dit, car par lui-même, et même au travers de ses études, l’homme ne peut jamais sonder les profondeurs de Dieu. Le seul moyen, pour comprendre les choses de Dieu et en jouir, c’est par le ministère du Saint Esprit, qui nous ouvre la Parole et présente Christ à notre cœur. Ce ministère est vraiment extrêmement vaste, mais c’est celui dont le plus faible enfant de Dieu peut jouir.

Le psalmiste, dans le deuxième passage, est à nouveau impressionné et attiré quand il médite sur la Parole de Dieu. Cette fois-ci, c’est la fidélité extrême de Dieu qui est devant lui. La Parole de Dieu n’est pas le produit de la volonté, de l’imagination, de la tradition, ou d’une activité quelconque de l’esprit humain. Dieu, qui a inspiré de saints hommes à rapporter ses témoignages, a agi avec droiture et une entière fidélité en nous les donnant. Il veille sur sa Parole et l’accomplira. De plus, Il a envoyé le Saint Esprit pour nous donner la compréhension de la Parole. Cependant, ce ne sera que lorsque nous serons dans la maison du Père, au ciel, que nous la connaîtrons dans toute sa plénitude.

Mais maintenant, c’est le moment, pour nous, de marcher dans la lumière qu’Il nous a donnée dans sa Parole.

D’après The Lord is near septembre 1988 (E. Gast)

« Vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté dans le pays à tous ses habitants : ce sera pour vous un jubilé » Lévitique 25. 10.

« La rédemption de la possession acquise » Éphésiens 1. 14.

COMMENT ÊTRE LIBÉRÉ DE L’ESCLAVAGE

La terre, aussi bien que l’humain, est l’objet de la rédemption. Elle a déjà été achetée, et au temps propre, elle sera rachetée ou délivrée. C’est le sujet des deux côtés de la rédemption connus dans l’Écriture – la rédemption par le prix et la rédemption par la puissance.

Mais bien que la terre soit rachetée, elle n’est pas encore délivrée. Elle est encore sous « la servitude de la corruption » (Rom. 8. 21). Elle a été rachetée à prix, mais pas encore par puissance. Nous attendons donc la « rédemption » de ce qui est déjà une « possession acquise ».

Cette vérité brillante et heureuse, ce mystère trouvé au milieu des mystères de Dieu, a eu ses garanties et ses ombres dans les Écritures de l’Ancien Testament.

L’ordre du Jubilé semble présenter cette double rédemption – par prix et par puissance. Lévitique 25 nous enseigne que, pendant toute la période des quarante années, la possession perdue d’un Israélite pouvait être achetée par les parents de l’héritier, et ainsi rachetée, ou rapportée, à la famille à laquelle, selon Dieu, elle avait appartenu. Mais si cela n’était pas fait, elle retournerait à l’héritier dans la cinquantième année – le Jubilé – sans être achetée.

Ces deux ordonnances paraissent mettre en vue ce mystère : la rédemption par l’argent ou la rédemption par la puissance. Le parent pouvait racheter avec de l’argent ; le Jubilé rachèterait sans argent, en vertu de son propre titre, en vertu de cette force, ou de cette autorité qui lui avait été donnée par Celui qui était le Dieu d’Israël et le Seigneur du pays. Nous-mêmes attendons encore d’être rachetés par la puissance. La venue du Seigneur accomplira cela.

D’après The Lord is near septembre 1988

« Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix » Jean 14. 27.

LA PAIX QUE JÉSUS NOUS DONNE

Quand nous comparons différents aspects de la paix, cela nous aide, de remarquer que, en Jean 14. 27, le Seigneur distingue entre la paix qui nous est laissée et celle qui nous est donnée.

« Je vous laisse la paix », c’est la paix avec Dieu quant à la question du péché. Il a fait la paix par le sang de sa croix, et en a annoncé la bonne nouvelle, quand Il s’est tenu au milieu des siens, le soir du jour de sa résurrection, et les a salués par ces paroles : « Paix vous soit ». Il leur a montré aussi ses mains et son côté, comme témoignage de l’œuvre qui avait été accomplie. Puis il leur a donné la mission d’aller vers les autres avec cette parole (Jean 20. 19 à 21). C’était le précieux legs de sa mort. Nous le recevons (Rom. 5. 1) lorsque nous croyons au témoignage de Dieu quant au fait qu’Il a été livré pour nos offenses et ressuscité pour notre justification. C’est la paix de la conscience. Il ne pouvait pas en parler comme étant la sienne : Il n’en avait jamais eu besoin – nous, oui, et Il l’a faite et nous l’a laissée.

Mais le Seigneur poursuit, pour parler d’un caractère plus profond de paix : « Je vous donne ma paix ». C’est la paix qu’Il avait toujours en marchant avec le Père, la paix calme et sans trouble dans laquelle Il se reposait dans l’amour du Père et se soumettait entièrement à tout ce que ses voies comportaient. Il la caractérise comme étant sa paix, et l’a donnée pour qu’elle soit absolument à nous. En fait, Il ne donne pas comme donne le monde ; mais Il donne comme nous amenant dans la possession de sa paix avec Lui-même. C’est ici appliqué à sa paix, mais le principe est vrai de tout ce qu’Il donne – comme sa joie (Jean 15. 11), sa gloire, et la place qu’Il a dans l’amour de son Père (Jean 17. 22 à 26).

D’après The Lord is near septembre 1988

« Malheur à moi ! je suis perdu ! car moi je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car [aussi] mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées » Ésaïe 6. 5.

N’ÊTRE RIEN POUR ÊTRE RENDU UTILE

Nous voyons ici l’Éternel préparant un vaisseau à honneur pour son usage. Ésaïe est d’abord amené dans cette sainte lumière dans laquelle il voit tout clairement, exactement comme cela est ; et aussitôt il s’écrie, terriblement alarmé : « Je suis perdu ». Dites-vous de lui : Quel homme malheureux ? Non, car c’est la voie dans laquelle sont conduits tous ceux que Dieu désire employer. La lumière qu’Il fait briller révèle toujours en nous tous, d’abord, que tout est un chaos, « désolation et vide » (Gen. 1. 2). Cependant cette lumière est toujours bonne. Il en était ainsi de Job, de Daniel, de Saul de Tarse, de Jean à Patmos, et d’Ésaïe. Saint ou pécheur, Juif ou Gentil, roi ou paysan, – tous humiliés au même niveau de la poussière dans cette lumière.

Ésaïe se rend compte immédiatement que ce sont ses lèvres qui sont impures, pas seulement celles de ses voisins. Il est fait de la même argile que les autres (Rom. 9. 21). Dans la lumière de cette gloire « il n’y a pas de différence, car tous ont péchés et n’atteignent pas » à cette gloire.

Il n’est pas meilleur qu’un autre, pas plus que le brigand sur le Calvaire ne l’était plus que son compagnon, car il était aussi un brigand. Le publicain dans le temple n’était pas meilleur que le pharisien. La seule différence, c’était que le publicain et le brigand repentant confessaient qu’il n’y avait pas de différence – les autres ne le faisaient pas. Mais malheureusement, après avoir été sauvés nous agissons souvent comme si nous étions meilleurs !

Mais confesser qu’il n’y a pas de différence fait une si grande différence quant à apporter une bénédiction au lieu d’une malédiction, un baiser au lieu d’un coup, le ciel au lieu de l’enfer. C’est, invariablement, à un degré plus ou moins grand, la condition nécessaire pour toute bénédiction ou utilité.

D’après The Lord is near septembre 1988

« Heureux les humbles en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux » Matthieu 5. 3.

QU’EST-CE QU’ÊTRE HUMBLE D’ESPRIT ?

Qu’est-ce que cela signifie, d’être humble (litt : simple) en esprit ? A première vue, cette expression ne suggère rien de positif ou de béni, mais c’est seulement parce que nous ne la comprenons pas. Elle ne signifie pas de manquer d’esprit ou d’enthousiasme. Cela suggère plutôt la pensée de l’humilité de l’esprit. C’est une personne qui n’a pas de ressources spirituelles en elle-même et en est consciente. Quelques exemples de cela peuvent nous aider à mieux comprendre.

1. Le publicain qui s’écriait : « Ô Dieu, aie compassion de moi, un pécheur », reçut la bénédiction de retourner dans sa maison, justifié. Il fait un grand contraste avec le pharisien fier, dont les platitudes ne dépassaient pas ses lèvres. Les humbles en esprit ne sont pas des propre-justes.

2. Considérez la femme de Canaan, dont l’appel au secours à Jésus comme Fils de David semblait tomber dans des oreilles sourdes. Comment le Fils de David, envoyé aux brebis perdues de la maison d’Israël, pouvait-il aider une Cananéenne maudite ? Mais quand sa grande pauvreté d’esprit la poussa à prendre la place d’un chien, se satisfaisant des miettes qui tombent de la table du Maître, elle fut richement bénie et sa fille fut guérie. Les pauvres en esprit ne sont pas vantards.

3. Le Seigneur met dans la lumière, l’assemblée tiède de Laodicée par des paroles fortes : « Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien – et tu ne sais pas que toi tu es le malheureux et misérable, pauvre, aveugle, et nu » (Apoc. 3. 17). Les Laodicéens n’étaient pas humbles en esprit, et donc ils se vantaient par des paroles creuses. Les humbles en esprit ne se vantent pas.

Êtes-vous humble en esprit ?

D’après The Lord is near septembre 1988 (G.W. Steidl)

« Heureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » Matthieu 5. 4.

LE DEUIL SELON LA PENSÉE DE DIEU

Dans un temps de pensées creuses et de gaieté superficielle, il y en a peu qui mènent deuil. Mais précisons les termes. Le deuil, ce n’est pas d’abord de la tristesse, ou une disposition morbide. Il semble que ce soit un chagrin spécial réservé à des situations critiques, et qu’il résulte en bénédiction et réconfort selon les paroles de notre Seigneur citées dans le passage ci-dessus.

Considérons quelques personnes, dans la Bible, qui ont mené deuil :

1. Le prophète Samuel a mené deuil sur le roi Saül quand il devint évident que Saül avait rejeté la parole de l’Éternel et ne pouvait plus régner sur Israël pour la gloire de Dieu. Bien que ce chagrin ait eu un effet profond sur Samuel, il eut le réconfort d’oindre un successeur à Saül dans la personne de David, un homme selon le cœur de Dieu, qui apporterait gloire et prospérité à Israël. Avec tous les fils d’Israël au cœur pur, il regardait vers un temps où l’Éternel serait la lumière éternelle de son peuple et où les jours de deuil prendraient fin (És. 60. 20).

2. Néhémie menait deuil pour le résidu de Juifs méprisés et affligés qui étaient revenus à Jérusalem depuis la captivité à Babylone. Mais ce deuil se changea en joie quand Dieu lui permit de demeurer au moins dix années au milieu de ce résidu. Il fut grandement béni par la bonne main de l’Éternel sur lui, et il amena le peuple à reconstruire la muraille de Jérusalem, à renouveler l’alliance et à restaurer la morale au milieu d’eux.

Dieu cherche encore ceux qui mènent deuil parmi son peuple, ceux qui partageront son chagrin sur leur éloignement de Lui ; et alors, sa bénédiction et son réconfort viendront quand Il agira en réponse à leurs prières, et les emploiera pour ramener son peuple à Lui-même.

D’après The Lord is near septembre 1988 (G.W. Steidl)

TOUT POUR CHRIST !

« Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » Philippiens 3. 8.

Dans le chapitre 3 de l’épître aux Philippiens, l’apôtre Paul commence par énumérer les avantages dont il jouissait en tant que Juif, avant de connaître Jésus. Du point de vue moral et religieux, il se sentait comblé, ayant reçu les préceptes nécessaires – et, quant à l’observation de la Loi de Moïse, il ne pouvait rien se reprocher.

Un jour, alors qu’il était en route vers Damas, où il se rendait pour persécuter les chrétiens, Jésus lui apparut. C’était Celui qu’il rejetait de toutes ses forces. En cet instant, Paul comprit que Jésus était ressuscité et que, dans le ciel, Il resplendissait de majesté divine.

Cette rencontre extraordinaire le bouleversa et transforma radicalement sa vie, inversa son échelle de valeurs et son appréciation des choses : ce qu’il considérait jusque-là comme un gain et le remplissait d’orgueil et de zèle contre Jésus, était devenu « comme des ordures ». Tout ce qui avait été important à ses yeux disparut, et maintenant, dans sa vie, il ne restait que Christ. C’était justement pour Lui, pour ce Sauveur qui l’avait tant aimé, qu’il valait la peine de vivre !

À partir de ce jour mémorable, Paul courut « droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (v. 14), et il ne se laissa plus jamais distraire par quoi que ce soit d’autre.

Amis lecteurs, Christ remplit-Il et possède-t-Il notre cœur, au point que nous accepterions de tout perdre (ou peut-être seulement quelque chose qui nous paraît indispensable) pour vivre chaque jour dans sa présence ?

D’après « Il buon seme » octobre 2025

CHRIST, UN MODÈLE À CONTEMPLER

« Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » 2 Corinthiens 3. 18.

Au chapitre 34 de l’Exode, Moïse vient de passer quarante jours avec Dieu sur le mont Sinaï. Lorsqu’il redescend et arrive au camp où se trouve le peuple, il est obligé de mettre un voile pour cacher son visage, car « la peau de son visage rayonnait parce qu’il avait parlé avec Lui » (voir Ex. 34. 28 à 35). À cette époque, seul Moïse pouvait demeurer dans la présence de Dieu ; c’est Lui qui l’avait appelé.

Depuis que l’œuvre de la croix a été accomplie, tous les croyants peuvent contempler le Seigneur Jésus par la foi, sans aucune crainte, dans l’attente de le voir bientôt au ciel.

Dieu, notre Sauveur, veut que nous Lui donnions la place centrale dans notre vie et que nous ressemblions chaque jour un peu plus à notre parfait modèle, son Fils Jésus Christ : « Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né parmi beaucoup de frères » (Rom. 8. 29).

Le verset de 2 Corinthiens 3. 18 parle d’une transformation. Que devons-nous faire pour être « transformés » ? Simplement contempler Jésus par la foi et diriger constamment nos pensées vers Lui, qui est dans la présence de Dieu. Nous apprendrons ainsi à le connaître et à l’aimer toujours plus, et cette contemplation imprimera, peut-être à notre insu, un caractère céleste à toute notre vie, comme cela est arrivé à Moïse. Quand nous serons enfin introduits dans la merveilleuse présence de Dieu, dans le ciel, nous serons parfaitement conformes à Christ.

« Nous savons que, quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3. 2).

D’après « Il buon seme » octobre 2025

CHRIST, CENTRE ET SOUTIEN DE NOTRE FOI

« Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, [la] foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » Galates 2. 20.

Au moment de sa conversion à Jésus Christ, le chrétien prend conscience qu’il est libéré de sa propre culpabilité et qu’il est rendu juste devant Dieu. Il a « la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ » (Rom. 5. 1). Jésus, en qui il a cru, devient le centre de sa nouvelle vie, son but et sa motivation.

L’apôtre Paul en est un exemple pour nous : Jésus Christ, son Sauveur et Seigneur, était tout ce qui comptait pour lui. Le reste n’avait plus d’importance. Il disait : « Pour moi, vivre, c’est Christ, et mourir, un gain » (Phil. 1. 21). Dans l’attente d’être au ciel avec Lui, Paul vivait sur la terre pour son Maître, cherchant à le servir, à l’honorer et à Lui plaire à tous points de vue.

Si Jésus Christ est au centre de la foi, Il devient aussi le soutien de la foi elle-même. Jésus dit : « Comme le Père [qui est] vivant m’a envoyé, et que moi, je vis à cause du Père, de même celui qui se nourrira de moi, celui-là aussi vivra à cause de moi » (Jean 6. 57). Se « nourrir » de Christ signifie Lui parler chaque jour par la prière, et l’écouter par la lecture de la Bible ; cela veut dire entrer dans ses pensées et assimiler ses paroles afin d’apprendre à le connaître plus intimement.

Jésus est la source de la vie et de la foi, et le canal qui nous relie à cette source : celui qui croit en Lui vit par la foi en Lui et dépend de Lui.

« Le juste vivra par sa foi » (Habakuk 2. 4).

D’après « Il buon seme » octobre 2025

TRADUCTION DE FEUILLETS (155)

« Lave-moi pleinement de mon iniquité et purifie-moi de mon péché » Psaume 51. 2.

DE LA LUMIÈRE DES ÉTOILES À LA LUMIÈRE DU SOLEIL

Raza, un Birman instruit, trouve un petit livre à la gare de sa ville natale, apparemment égaré par un voyageur. En le feuilletant rapidement, il voit qu’il s’agit d’un recueil de poésie. À son insu, il tient en réalité le Livre des Psaumes, qui fait partie de l’Ancien Testament, première partie de la Bible.

Intrigué, il se met à lire. Bien que les Psaumes proviennent d’une époque très ancienne et d’une culture qui lui est étrangère, il les trouve attirants. Il se rend bientôt compte que leurs thèmes restent d’actualité : ils parlent de Dieu, Créateur du ciel et de la terre, de sa justice, de sa grâce et de sa sollicitude, ainsi que des êtres humains qui expriment leur désir ardent de pardon et de libération.

Avant même d’avoir fini de lire le livre, Raza détruit ses idoles et décide de ne servir que le Dieu qu’il a trouvé dans les Psaumes. Le verset biblique du jour, tiré du Psaume 51, devient sa prière quotidienne : « Aie pitié de moi, ô Dieu… ».

Un jour, il rencontre un missionnaire chrétien qui lui offre un Nouveau Testament. Il lit alors les Évangiles avec une grande attention. Les Psaumes lui avaient montré que Dieu est prêt à lui pardonner et à le racheter. Dans le Nouveau Testament, il comprend désormais le fondement du pardon divin : Dieu a puni son Fils Jésus-Christ, par sa mort sur la croix, pour les péchés de ceux qui croient en Lui.

Raza accueille avec gratitude cette bonne nouvelle. Enfin, il a la certitude que Dieu lui a pardonné tous ses péchés. Fou de joie, il témoigne : Jusqu’à présent, je vivais à la lumière des étoiles, mais maintenant le soleil s’est levé pour moi !

D’après die gute Saat février 2026

« La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » Jean 1. 17.

« La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » Tite 2. 11.

OFFRE VALABLE POUR TOUS

La grâce de Dieu n’est pas un don offert seulement à certaines personnes. Elle est pour tous.

La Bible nous enseigne que la grâce est la bienveillance inconditionnelle de Dieu envers nous. Elle est la réponse de son amour à notre hostilité. Elle est la main tendue de Dieu qui cherche à nous attirer à Lui.

La grâce de Dieu ne peut nous être offerte que parce que le Seigneur Jésus-Christ a porté sur Lui-même le jugement que les pécheurs perdus méritent pour leurs péchés.

On peut croire ou ne pas croire, accepter ou refuser la grâce de Dieu, mais la grâce elle-même demeure absolument valable. Elle émane de la volonté divine. On ne peut pas la mériter ; on ne peut que la recevoir.

Et qui a besoin de la grâce ? Absolument tout le monde. Quiconque ne connaît pas encore le Seigneur Jésus-Christ comme son Sauveur a besoin de la grâce de Dieu pour venir à Lui et recevoir la vie éternelle.

Et ceux qui connaissent déjà le Christ comme leur Sauveur ont besoin de vivre pour sa gloire.

Qui que nous soyons, nous ne méritons jamais les bénédictions de Dieu : nous les recevons par sa grâce. Et celui qui reconnaît avec gratitude avoir reçu l’abondante grâce de Dieu reçoit aussi la force de vivre selon sa volonté.

D’après die gute Saat février 2026

« Dieu a voulu leur faire connaître quelle est la richesse de la gloire de ce mystère parmi les nations : Christ en vous, l’espérance de la gloire » Colossiens 1. 27.

CHRIST DANS LES SIENS

Si vous pouvez avoir confiance quand tous, autour de vous, doutent de Lui, proclamant qu’Il n’est pas digne de confiance, si vous pouvez espérer en Christ, bien que tous vous abandonnent, et qu’ils disent que ce n’est pas à vous de faire cela ;

Si vous pouvez vous attendre à Dieu, sans souhaiter vous hâter, ou, étant beaucoup employé, rester humble ;

Ou si vous êtes éprouvé, et que vous ne vous en souciez pas, mais restiez dans sa volonté souveraine ;

Si vous pouvez dire : Tout va bien, quand vous avez de la peine,

Et que la mort vous a ravi ceux qui vous étaient les plus chers ;

Si vous pouvez sourire quand de dures épreuves sont devant vous,

Et que vous soyez satisfait même si votre lot est morne ;

Si vous pouvez être insulté et ne jamais murmurer,

Ou être tenté et ne pas vous laisser aller à pécher,

Si vous pouvez lutter pour le droit et rester le plus ferme,

Ni perdre la bataille quand vous devriez la gagner ;

Si vous pouvez vraiment désirer son apparition,

Et diriger donc votre cœur sur les choses d’en-haut ;

Si vous pouvez parler pour Christ en dépit de la moquerie,

Ou montrer de l’amour à celui qui est le moins aimable ;

Si vous pouvez entendre l’appel de Dieu, de travailler,

Et répondre : Oui, avec soumission et confiance,

Et aller dire l’histoire du Sauveur

À des âmes dans les ténèbres sur la poussière du désert ;

Si vous pouvez prier quand les flèches de Satan sont très fortes,

Et suivre le chemin de la foi plutôt que de la vue,

Ou marcher avec Dieu, même si son chemin est le plus long,

Et n’en pas dévier, ni à gauche ni à droite ;

Si vous désirez que Lui seul vous remplisse,

Que vous vous souciez de ne vivre et de n’être que pour Lui

Alors ce n’est pas vous, mais Christ qui vit en vous,

Et cela, Oh ! enfant de Dieu, c’est la victoire !

D’après The Lord is near septembre 1988

« Ô Dieu ! tu es mon Dieu ; je te cherche au point du jour ; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, dans une terre aride et altérée, sans eau » Psaume 63. 1.

SEUL DIEU PEUT ÉTANCHER LA SOIF DU CHRÉTIEN

David écrivit ce psaume dans le désert de Juda, un pays littéralement sec et désolé, un pays qui n’offrait pas le rafraîchissement après lequel le cœur de l’homme aspire. Ses expériences solitaires, dans des scènes autant privées de confort et de prospérité, étaient destinées par Dieu à lui enseigner que le monde lui-même est un désert aride au point de vue spirituel, dans lequel aucune véritable bénédiction ne peut se trouver, qui rafraîchisse le cœur de celui qui a connu la douceur de la grâce de Dieu. Il doit chercher son rafraîchissement en dehors de cela – dans le Dieu vivant.

Le croyant, à travers de telles choses, apprend que Dieu n’est pas lointain, Il n’est pas simplement un Créateur impersonnel de l’univers, n’ayant que peu d’intérêt dans ses créatures. Il apprend à connaître Dieu comme son propre Dieu, et son cœur est conduit à Le rechercher de bonne heure, sans retard. Car le temps où la privation est ressentie, est le temps où la douceur de la présence de Dieu doit être recherchée. Dans de telles occasions, où l’on est seul avec Dieu, l’âme assoiffée trouvera son plaisir dans le réconfort de la communion avec Lui.

Trop souvent, des croyants se laissent aller au découragement et à la dépression par la vie du désert. Ils ressentent peut-être le manque de communion avec d’autres qui aiment le Seigneur : ils croient avoir besoin de l’excitation de circonstances heureuses. Cependant, il se peut que le Seigneur les ait mis dans des circonstances complètement différentes, pour qu’ils apprennent à voir leur besoin de la précieuse communion de son amour et de sa bonté.

Si alors, avec foi, nous crions au Dieu vivant, Le désirant comme dans « une terre aride et altérée, sans eau », les résultats seront bien meilleurs que ce à quoi nous nous étions attendus. Notre âme sera rafraîchie et remplie de sa bonté.

D’après The Lord is near septembre 1988 (L.M. Grant)

« Celui-là me glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » Jean 16. 14.

JÉSUS CHRIST POUR NOUS, MAINTENANT ET POUR TOUJOURS

La Parole de Dieu lie l’âme à Christ tel qu’Il était et qu’Il est. Elle nous donne un Christ écrit.

Quand nous lisons, en Matthieu 5 : « Bienheureux les humbles en esprit », nous pensons tout de suite : Qui fut aussi humble en esprit que Christ ? « Bienheureux ceux qui sont doux », Qui fut aussi doux que Lui ? « Bienheureux ceux qui procurent la paix » ; c’est lui qui donne la paix, le vrai Prince de paix.

La première chose, bien sûr, c’est de L’avoir comme le Christ vivant, pour le salut de l’âme. Ensuite, par la Parole de Dieu écrite, nous comprenons spirituellement qui est Christ. La Parole écrite est la simple expression de Christ Lui-même, de Celui qui était l’image même de Dieu, qui « devint chair et habita au milieu de nous » (Jean 1. 14). Et quand nous avons ainsi le témoignage de l’Esprit quant à Christ, notre cœur s’attache à Lui comme étant le « Saint et le « Véritable » (Apoc. 3. 7).

Ainsi, le Christ trouvé dans la Parole gouverne nos affections ; car nous n’osons pas, et ne voudrions pas être sans ce Christ écrit, ou nous en distancer. Ce lien vivant avec un Christ vivant est notre seule sauvegarde contre ceux qui nous séduiraient.

Un Christ saint, en qui nous avons la vérité, est l’assurance morale forte et bénie de l’âme quand une chrétienté mélangée et sans vie est impuissante contre l’erreur, et quand les mêmes causes rendent l’Église professante incapable de discerner un vrai sentier, quand il n’y a pas assez de foi pour se passer du monde, et où le mélange est partout.

Alors, un Christ saint et véritable est le guide sûr et l’appui de l’âme. En conséquence, si mon cœur est lié au Christ de la Parole écrite, le Christ que j’aurai aimé ici-bas sera le même Christ que j’attends pour qu’Il vienne me prendre là-haut.

D’après The Lord is near septembre (J.N. Darby)

« Si Christ n’a pas été ressuscité, alors notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine » 1 Corinthiens 15. 14.

LA BASE ASSURÉE DU CHRISTIANISME

Nous avons toléré trop longtemps un pseudo-évangile de pensées sentimentales plutôt que de réalité historique. Nous avons permis que la conversion chrétienne soit caricaturée comme un saut de foi aveugle. Nous sommes restés paresseux devant amis et ennemis qui disaient des choses ridicules, telles que : La Bible est remplie de pensées religieuses nobles, mais elle n’est pas fiable au point de vue historique et scientifique ; ou bien : Cela n’a pas vraiment d’importance que Dieu existe réellement au ciel ou juste dans nos esprits, aussi longtemps que nous sommes réconfortés par l’idée de Dieu ; ou encore : Ce n’est pas important que Jésus Christ soit ressuscité corporellement du tombeau. Tout ce qui importe, c’est que nous suivions son enseignement et son exemple.

Non-sens ! Si le christianisme n’est pas fondé dans l’histoire de l’espace et du temps, c’est une farce horrible, et une mystification cruelle. Si la Bible ne supporte pas l’investigation historique et scientifique, ses enseignements moraux et éthiques perdent leur sens et leurs conséquences.

S’il n’y a pas un Dieu qui est à la fois infini et pouvant être connu, alors Karl Marx a raison : La religion n’est que l’opium du peuple, et ses superstitions doivent être abandonnées. Si Jésus Christ n’est pas la Vérité, alors Il n’est pas du tout vrai. En fait, si Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ; nous sommes les plus misérables de tous les hommes. Mangeons, buvons, et soyons joyeux, car demain nous mourrons. La vie est absurde.

Mais, loué soit Dieu, Christ est ressuscité. Nous pouvons nous exclamer avec l’apôtre Paul, triomphalement : « Je sais qui j’ai cru ». Nous pouvons affirmer avec Pierre, que nous avons une parole certaine de prophétie. Et avec Jean nous pouvons connaître Celui qui est dès le commencement, et savoir, en conséquence, que nous avons la vie éternelle. C’est là le vrai christianisme.

D’après The Lord is near septembre 1988 (G.W. Steidl)

« C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé très haut et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, terrestres, et infernaux » Philippiens 2. 9 et 10.

L’ABAISSEMENT VA DEVANT LA GLOIRE

Le Seigneur Jésus, béni, a pris la place la plus basse, mais Dieu Lui a donné la place la plus haute. Il s’est fait n’être rien, mais Dieu L’a fait être tout. Il a dit : « Je suis un ver, et non point un homme », mais Dieu l’a placé comme Chef sur toutes choses. Il est allé dans la poussière même de la mort, mais Dieu L’a placé sur le trône de la Majesté dans les cieux.

Qu’est-ce que tout cela nous enseigne ? Cela nous enseigne que la voie pour monter, c’est de descendre. C’est une grande leçon – et que nous avons grand besoin d’apprendre. Cela nous éviterait en fait d’avoir de l’envie et de la jalousie, des disputes et de la vaine gloire, de se croire important, et de s’occuper de soi-même. Il est certain que Dieu exaltera ceux qui, dans l’esprit et la pensée de Christ, prennent une place d’abaissement ; et d’autre part, Il abaissera aussi certainement ceux qui cherchent à être quelqu’un.

Oh ! N’être rien ! C’est la vraie liberté, le vrai bonheur, la vraie hauteur morale. Et alors, quelle immense puissance d’attraction dans celui qui ne fait rien de sa propre personne ! Et d’autre part, comme est repoussant un esprit qui veut être en avant, qui joue des coudes, qui se vante lui-même !

Que cela est complètement indigne pour celui qui porte le nom de Celui qui s’est fait n’être rien ! Ne pouvons-nous pas considérer comme une vérité absolue que l’ambition ne peut pas vivre en présence de Celui qui s’est fait n’être rien ? Un chrétien ambitieux est une contradiction évidente.

D’après The Lord is near septembre 1988 (C.H. Mackintosh)

« Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien ; habite le pays, et repais-toi de fidélité » Psaume 37. 3.

« Je m’en allai comblée, et l’Éternel me ramène à vide » Ruth 1. 21.

LA VOIE DU REPENTIR

Il semble qu’Élimélec et Naomi ne connaissaient rien du Psaume 37. 3 cité plus haut.

« Je m’en allai » dit Naomi. Elle reconnaît là que c’était de sa volonté qu’ils avaient quitté Bethléhem. Elle ne blâme pas son mari Élimélec. Peut-être qu’elle se souvenait comment elle l’avait poussé à faire quelque chose au sujet de la famine, ou comment elle avait influencé ses pensées en lui parlant des champs fertiles de Moab. Peut-être que c’était elle qui avait suggéré qu’ils partent en Moab. Nous le supposons, car l’Écriture ne nous le dit pas.

Quelle que soit la part qu’Élimélec ait prise dans leur départ de Bethléhem, Naomi n’en parle pas, mais elle reconnaît sincèrement son péché dans cette affaire. Nous essayons souvent de blâmer les autres ou les circonstances pour nos péchés, nos manquements, et notre bas état spirituel.

Naomi était partie comblée, et elle revient sans rien qu’un cœur brisé et un esprit contrit. En cela, sans qu’elle en ait bien eu conscience alors, elle était plus riche qu’elle ne le savait. Nous lisons au Psaume 34. 19 : « L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l’esprit abattu ». C’est seulement quand nous revenons à nous-mêmes, en confessant nos péchés, que Dieu peut agir en nous.

Naomi disait : « Je m’en allai comblée, et l’Éternel me ramène à vide ». Qu’en est-il alors si le Seigneur nous ramène à vide ? C’est seulement pour qu’Il puisse nous remplir de quelque chose de meilleur. Vous vous souvenez du fils prodigue de la parabole, en Luc 15 : il partit avec son contentement de soi, son orgueil, sa propre volonté, et avec ses possessions matérielles, et il revint à la maison à vide. Mais son père lui donna la plus belle robe et des sandales, et le combla de la meilleure nourriture.

Notre Père céleste désire faire de même pour nous quand nous avons quitté son sentier.

D’après The Lord is near septembre 1988

« Use de grâce envers moi, ô Dieu ! Use de grâce envers moi, car en toi mon âme se réfugie, et sous l’ombre de tes ailes je me réfugie, jusqu’à ce que les calamités soient passées » Psaume 57. 2.

LA PROTECTION DU SEIGNEUR CONTRE TOUTES LES CALAMITÉS

« L’Éternel le couvrira tout le jour » (Deut. 33. 12). Dans le pays de la promesse, la tribu de Benjamin occupait une petite parcelle de territoire proche de Jérusalem. Ils pouvaient ainsi, pour ainsi dire, être couverts par l’ombre de la demeure terrestre de l’Éternel. Le Seigneur Jésus Lui-même donna une belle illustration de la vérité que ces paroles expriment quand, se lamentant sur Jérusalem, Il décrivait la bénédiction que ceux-là refusaient : « Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Luc 13. 34). Ils ne désiraient pas sa présence ni sa bénédiction, et Il déclara solennellement que la maison sous les ailes de laquelle Benjamin avait demeuré, était désolée.

Mais que la figure est belle, et que son application est précieuse pour ceux qui acceptent d’être rassemblés par Lui ! Des ennemis peuvent environner, mais aucun ne peut toucher la couvée sans attaquer d’abord l’oiseau parent. Oh ! Croyant, pourquoi trembles-tu quand tu es assailli par des ennemis et des tentations ? Il faudrait d’abord que Celui qui vit pour toi soit assailli et vaincu avant que tu puisses être renversé.

La protection n’est pas non plus la seule idée dans l’image. Si nous sommes sous l’ombre de son aile, nous sommes là où nous sommes gardés dans la conscience de la chaleur de son cœur. C’est une chose bénie, que notre Seigneur sache comment faire tourner tout en bienfait, qu’Il fasse, des temps très sombres de tribulation et de persécution, l’occasion de manifester davantage son amour !

Dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous aime.

Repousse le souci, appuie-toi sur ton Guide,

Sa miséricorde sans bornes pourvoira :

Aie confiance, et ton âme confiante connaîtra

Que Christ est sa vie, et Christ, son amour.

D’après The Lord is near septembre 1988

ACTES 4. 23 à 37 – 5. 1 à 11

En Jean 20. 19 et suivants, nous avons le premier rassemblement après la résurrection). Au début des Actes, nous avons vu un autre rassemblement de disciples autour du Seigneur, et les paroles qu’il leur adresse.

Puis, Il est enlevé sur la nuée et l’ange leur dit : « Ce Jésus qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière… ». Ils se rassemblent alors dans la chambre haute, pour la prière. Puis, au début du chapitre 2, le Saint Esprit, comme personne divine, descend sur la terre. L’Assemblée de Dieu naît ce jour-là.

Ensuite, nous sont décrits les premiers jours, si beaux, de cette Assemblée. Un état de fraîcheur et de vie remarquable se manifestait et l’Esprit opérait avec puissance dans des cœurs occupés du Seigneur. « Le Seigneur ajoutait tous les jours à l’Assemblée ceux qui devaient être sauvés ». Les croyants d’alors étaient vraiment remplis de la vie de Christ. Mais quand un état de choses répond à la pensée de Dieu, l’Ennemi est aussitôt à l’œuvre, pour ruiner ce que la grâce a produit. Il livre des assauts répétés pour troubler et détruire. Son œuvre est la même encore maintenant, dans les derniers jours de l’histoire de l’Assemblée sur la terre.

Dans les chapitres 3 et 4, l’Ennemi porte contre l’Assemblée successivement quatre attaques, venues de l’extérieur. Tout d’abord, il cherche à faire attribuer à l’homme ce qui est de Dieu. « Et Pierre, voyant cela, répondit… Pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété ? » (Act. 3. 12).

Cette ruse de l’Ennemi a été pour l’homme une cause de faiblesse dès le commencement. Puis, il emploie la persécution contre les saints : dans le chapitre 4. 3, nous lisons : « ils mirent les mains sur eux ». Au verset 5, le nombre des adversaires augmente. Enfin, dans les versets 16 à 18, il leur est défendu avec menaces de parler et d’enseigner de quelque manière que ce soit, au nom de Jésus.

L’Ennemi est actif. Par ces quatre efforts, il cherchait à affaiblir le témoignage et à empêcher l’œuvre du Seigneur ; mais la puissance de Dieu est plus grande. Satan, dans chacune de ces quatre circonstances, fait une œuvre trompeuse, car chaque fois ses plans sont déjoués et des fruits sont produits. C’est une pensée encourageante pour nous, mais cela ne doit pas nous empêcher d’être vigilants.

« Jugez s’il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu » (v. 19), disent les apôtres Pierre et Jean. Leur désir est de continuer le travail que Dieu leur a confié. Mais, au lieu de se diriger immédiatement de ce côté, ils viennent d’abord vers l’Assemblée réunie, pour présenter ensemble, d’une manière convenable, leurs exercices à Dieu.

Cette expression « vers les leurs » est magnifique. Elle nous montre que les croyants sont appelés à marcher ensemble dans l’unité, et cela en contraste avec la masse du peuple. Nous trouvons dans la Parole plusieurs expressions semblables : Colossiens 4. 9 : « Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres » ; Tite 3. 14 : « Que les nôtres aussi apprennent à être les premiers dans les bonnes œuvres ». Ces expressions désignent les saints par opposition à l’ensemble du peuple. Il y a donc une séparation marquée. Le croyant fait partie d’un corps.

Ces passages nous montrent que Dieu à opéré un transfert d’Israël a un centre nouveau qu’il est en train de former. Il provoque la rupture définitive d’un lien qu’il avait établi. Tout est consommé lors de la destruction de Jérusalem, un nouvel ordre de choses est créé. À la sphère chrétienne sont transférées les bénédictions divines qui jusqu’ici reposaient sur Israël ; les bénédictions de ce nouveau peuple ne sont plus terrestres mais célestes.

L’apôtre Paul, investi d’une mission spéciale de la part de Dieu, en précisera, par la suite, la structure organique. Mais l’assemblée est née avant le ministère de Paul. Ce changement fondamental que Dieu a opéré en se servant d’hommes en qui le Saint Esprit habite, a produit chez les Juifs un conflit et du désarroi. La mauvaise nature de ce peuple s’est manifestée ; Dieu est ainsi pleinement justifié dans le jugement qu’Il prononce et exécute sur lui.

Ce peuple nouveau n’est donc pas terrestre mais céleste, c’est pourquoi le Saint Esprit descend habiter au milieu des hommes. Quand les croyants seront enlevés de la terre, le Saint Esprit la quittera aussi pour n’y plus revenir de la même manière. En effet, il y aura encore la dernière pluie de la saison (Joël 2. 23).

Le conflit se déroule, ici, entre la chair religieuse, la religion officielle (donnée à l’origine par Dieu) et la nature divine, don de Dieu lui-même. Plus tard Paul sera aux prises avec le monde païen, mais ici il est question du judaïsme. L’Église a été formée au commencement par un noyau juif.

Lent à exécuter le jugement final, Dieu fait retentir plusieurs appels à la nation juive. En lisant le chapitre 3 du livre des Actes, nous pouvons dire que si les Juifs avaient répondu à l’appel de Pierre, le Seigneur serait revenu immédiatement. Mais une fois Étienne mis à mort, il n’est plus temps de se repentir ; tout est fini.

Le fait historique, final, visible sera la destruction de Jérusalem. Ce conflit, nous le retrouvons à des degrés divers, chaque fois que Dieu a voulu, au cours des siècles, établir par l’action du Saint Esprit, à la place d’un état corrompu, quelque chose qui réponde à sa pensée (réveils). La chair enracinée dans sa religion formelle manifeste toujours les mêmes sentiments. Avec le verset 47 du chap. 2 des Actes apparaît un nouveau monde, celui des enfants de Dieu. « Le lieu où ils étaient assemblés » (Act. 4. 31) n’est plus le temple.

Les disciples viennent donc vers les leurs « et leur rapportèrent tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit » (ch. 4. 23). Ils accomplissent un service dans le monde, mais cela ne les conduit pas à penser, bien au contraire, qu’ils en ont seuls la responsabilité et que l’assemblée n’a rien à y voir. Non, l’assemblée est, elle aussi, engagée dans le service que remplissent ceux qui en font partie.

Les disciples lui exposent donc leurs difficultés ; une attitude différente serait une grave erreur. Il est bon qu’il y ait assez de communion dans l’assemblée pour que les serviteurs soient portés sur nos cœurs, par la prière, au trône de Dieu. Sans qu’il soit besoin de discuter pour savoir s’il faut convoquer une réunion de prières, aussitôt la prière jaillit de tous les cœurs, spontanément ; « ils élevèrent (au pluriel) d’un commun accord, leur voix (au singulier) à Dieu ». C’est la voix de toute l’assemblée ; nous voyons ainsi ce qu’était la communion au commencement.

Le principe de la séparation est accompli dans les faits, par Dieu et pour lui. Mais la séparation, par habitude ou par convention, n’a aucune valeur aux yeux de Dieu. Elle est aussi individuelle. Il est souhaitable, bien sûr, que les enfants de parents chrétiens dont la séparation est réelle, soient tenus dans une séparation extérieure ; mais en ce qui les concerne, cette attitude est sans valeur pour Dieu. Car la séparation doit être le fruit du travail de l’Esprit dans le cœur. Elle sera alors intelligente, réalisée avec un discernement divin et n’aura rien de conventionnel.

L’on ne se sépare pas pour la simple raison que d’autres l’ont fait ; la séparation extérieure de toute une vie ne conduit pas au ciel. Cette séparation est plus difficile à réaliser aujourd’hui, car elle doit s’opérer au sein même de la sphère chrétienne. Si nous n’étions qu’une poignée de chrétiens au milieu des païens, ce serait plus facile. Soyons assurés que le chrétien qui abandonne le principe de la séparation abandonne un principe vital.

Ces hommes avaient certainement de proches parents juifs, ils n’étaient que quelques-uns au milieu de la masse, mais ils ne raisonnent pas. Ils sont éclairés, ils sont heureux. Quand le Saint Esprit agit, on ne se pose pas de question. L’approbation secrète du Seigneur – et c’est la meilleure – ne nous manquera pas. Quand nos devanciers ont commencé leur ministère, ils n’étaient que cinq, ils n’avaient pas de plan, ils ne pensaient même pas à l’évangélisation du monde. Aucun d’eux n’envisageait – ils l’ont souvent déclaré dans leurs écrits – un tel élargissement de leur témoignage. La foi, c’est Dieu en activité et rien d’autre.

Ce n’étaient pas les meilleurs docteurs, ces hommes sortis du milieu du peuple : Pierre était, sinon illettré, du moins un homme simple. Sur le terrain religieux juif, ils auraient été battus ; mais la puissance de Dieu délivre leur cœur de toute considération humaine ou religieuse. La dépendance, la sagesse, le courage, l’humilité sont des qualités spirituelles qu’aucun docteur ne peut enseigner. Rien ne surpasse la communion avec Dieu et avec Christ, ni pour le temps ni pour l’éternité. Que Dieu accorde aux assemblées des saints cette communion !

Le principe de la séparation est divin : dès le commencement de la Genèse, Dieu sépare la lumière d’avec les ténèbres. C’est lui qui nous rend capables de participer au lot des saints dans la lumière, nous ayant délivrés du pouvoir des ténèbres (Col. 1. 12). L’assemblée ne peut avoir de communion avec le monde professant. Quand Moïse dressa la tente d’assignation hors du camp (Ex. 33. 7), seuls, ceux qui cherchaient l’Éternel sortaient avec lui. Nous pouvons avoir une certaine communion avec des personnes de milieux chrétiens, considérés isolément, avoir de la joie ensemble dans le Seigneur à l’occasion de rencontres, mais nous n’avons pas communion avec eux sur le terrain où ils demeurent, pour des raisons que nous ne pouvons pas toujours expliquer.

Notre séparation doit être vigilante, mais nous devons en même temps embrasser tous les saints dans les pensées de nos cœurs. « Afin de comprendre avec tous les saints… », dit Éphésiens 3. 18. À la fraction du pain nous proclamons que nous sommes un seul corps : un vrai équilibre entre la séparation et une certaine largeur de cœur justifient l’existence d’un témoignage établi sur le terrain de l’unité du Corps.

Le passage de Jérémie 15. 19 : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » concerne le ministère. L’assemblée n’enseigne pas, elle n’évangélise pas (comme on l’entend dire), elle est un témoignage. Mais ceux qui la composent sont pasteurs, docteurs… ils sont appelés chacun individuellement par le Seigneur. Les saints ne se poussent pas les uns les autres dans le service, mais les prières de l’assemblée sont désirables.

Manquer de séparation est dangereux ; car le Seigneur nous appelle à nous maintenir dans la vérité ; il est dit, en effet, de l’Assemblée qu’elle est « la colonne et le soutien de la vérité ». Nous devons aimer tous les frères de la même manière, mais nous ne pouvons pas le leur montrer toujours de la même façon. Ne confondons pas amour et communion. Certes, nous sommes frères, recevant tous de Dieu la vie, mais chacun doit être exercé pour rechercher le lien de la communion.

Dans le passage de Jérémie cité tout à l’heure, nous trouvons aussi un mot d’ordre pratique : « Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ». La Parole de Dieu n’envisage qu’une seule position celle qui est décrite dans le livre des Actes : en un même lieu, d’un même cœur, autour d’une même personne. Si un croyant n’a pas compris cela, c’est peut-être par ignorance ou parce qu’il est tombé dans un piège de l’Ennemi.

Veillons donc avec amour et intelligence, gardés dans la présence de Dieu. Les témoins du siècle passé n’ont fait pression sur personne, mais la grâce et la piété en eux étaient si grandes que, sans employer la force de persuasion ou tout autre moyen plus ou moins avouable, d’autres chrétiens ont été attirés. L’Ennemi essaye de nous faire fléchir, de nous faire abandonner cette position. Elle ne saurait être maintenue par des moyens humains. Si elle ne correspond pas à un état de cœur ce n’est qu’un système, et le plus mauvais de tous.

Les premiers croyants savaient pourquoi ils étaient assemblés, établis par la puissance de Dieu sur un nouveau terrain, pour rendre témoignage à la vérité. L’assemblée peut être un pôle d’attraction pour d’autres chrétiens si elle garde ce caractère de vérité.

Les premiers croyants connaissaient pratiquement la puissance de Dieu. Quand les apôtres viennent leur dire ce qu’ils ont souffert de la part des chefs du peuple, ils n’ont qu’une pensée : s’adresser à Celui qui est plus puissant qu’eux tous. Ces hommes méchants ne peuvent s’assembler, en définitive, que pour faire ce que la main et le conseil de Dieu ont décidé. Ainsi l’Ennemi fait toujours une œuvre qui le trompe, Dieu a le dernier mot, Lui qui donne aux siens l’énergie pour accomplir des prodiges et des miracles par le nom de Jésus.

Le verset 24 cite un exemple remarquable de réunion de prières en assemblée. Ce fut la seule période où sur la terre les chrétiens réalisèrent l’unité et la communion visibles, en contraste avec cette pauvre association des hommes de ce monde, (v. 26) « réunis ensemble contre le Seigneur et contre son Christ ». Le monde peut organiser une opposition terrible contre le témoignage (des nations se déchaînent, des chefs se réunissent…), mais les disciples sont assemblés dans la paix (v. 29).

Leurs armes ne sont pas charnelles, ils sont dans une position bénie, dans la dépendance de Dieu, ils se confient en Lui. Dans l’ancienne économie, nous trouvons des attitudes semblables : par exemple celle des trois jeunes Hébreux devant la fournaise de feu ardent, celle de Daniel jeté dans la fosse aux lions : « Dieu que nous servons peut nous délivrer… » (Dan. 3. 17). De même aussi David se présente devant le géant au nom de l’Éternel.

Quelle est la réponse à la prière des croyants ? Dieu leur donne de la hardiesse pour annoncer la Parole, et ils sont remplis de l’Esprit Saint (Éph. 5. 18). Au verset 8, c’était Pierre qui en était rempli, mais ici c’est toute l’assemblée. Rien ne contriste le Saint Esprit, il peut agir librement, ses effets se manifestent non seulement au dehors mais également au dedans.

Quand le mal se fait jour (ch. 5), l’assemblée est en bon état et Pierre peut agir rapidement, selon Dieu. Le mal est aussitôt jugé, le terrain est sain, Dieu peut donner une réponse puissante. Sans doute n’étaient-ils pas instruits de la doctrine touchant le vieil homme et le nouvel homme, mais dans la pratique ils tenaient la chair pour morte, ce qui est très supérieur à la simple théorie.

Remplis de l’Esprit, ils avaient une remarquable intelligence des pensées de Christ. Aujourd’hui, nous ne manquons pas d’enseignement, toutefois, l’interdit est installé dans l’Église et Dieu ne peut donner de réponse aussi puissante. Même à Philadelphie le Seigneur déclare : « Tu as peu de force… ». Tout notre titre physique et moral doit être sous l’influence du Saint Esprit. Les actes des apôtres, a-t-on dit, sont les actes du Saint Esprit.

Maintenant le jour est bien avancé, mais nous sommes toujours sous le même régime, même si bien des choses se sont passées depuis lors. Le Saint Esprit est toujours présent et actif, opérant en puissance ou en grâce. Car tout ce qui est selon Dieu est produit par l’Esprit Saint. Quelle atmosphère de sérénité et de pureté, lumineuse nous trouvons dans ces passages ! Nous soupirons après cet état que nous n’avons pas retrouvé.

Cette perfection se réalise au milieu du mal actif. La seule mission de l’assemblée est d’être le vase que remplit l’Esprit de grâce. Aujourd’hui, combien de serviteurs errent loin de la vérité ! Il convient d’en souffrir comme Christ lui-même. S’il y a tant de confusion dans nos esprits, c’est que nous jugeons selon nos propres pensées, au lieu de considérer avec prière l’enseignement de l’Écriture dans toutes les circonstances. Si nous agissions toujours selon la Parole avec un esprit de soumission, nous serions comblés de bénédictions. Les difficultés dans le service viennent de ce qu’on ne le réalise pas.

L’équilibre entre la ferveur intérieure et l’activité extérieure est une chose admirable, mais rare. Si la ferveur diminue, l’âme est malade et elle cherche une compensation dans l’activité extérieure. Inversement, l’inactivité extérieure est souvent le fruit d’une paresse intérieure. Le chemin de Dieu n’est ni l’un ni l’autre.

Si je ne suis pas dans un état de paix et de joie en Dieu, je ne guérirai pas en me jetant dans une activité que j’aurais personnellement choisie à l’avance. Mais la communion me conduira à agir selon sa volonté. Ce qui fait souvent défaut, c’est une vie secrète de prière et de méditation : l’âme n’est pas nourrie de Christ.

L’Assemblée doit être un ensemble fermé aux influences du dehors et du dedans (activité de la chair), mais ouvert aux besoins de tous. C’est la clef de tout le témoignage. Dans ces passages nous voyons des serviteurs qui vont, qui viennent et meurent même s’il le faut pour le nom du Seigneur.

Le dernier paragraphe du chapitre 4 montre un état semblable à celui du dernier paragraphe du chapitre 2. L’état reste bon à Jérusalem malgré les assauts de l’Ennemi. Les mêmes ressources sont à notre disposition, la puissance de Dieu est toujours au service de la foi. « La multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme » (v. 32). Cette expression est remarquable.

Dans sa prière, le Seigneur avait demandé au Père : « Qu’ils soient un comme nous nous sommes un ». Ce chapitre nous donne, ensuite, des détails sur la manière dont il était répondu aux besoins qui pouvaient se présenter. Tout était apporté aux pieds des apôtres, ainsi il n’y avait aucune personne nécessiteuse.

Dans les chapitres 5 et 6, l’Ennemi porte de nouveaux assauts contre l’assemblée, dont deux de l’intérieur cette fois : le mensonge d’Ananias (ch. 5) et les murmures des Hellénistes (ch. 6) ; et un troisième de l’extérieur : c’est une nouvelle persécution. Plus l’état est bon dans une assemblée et plus il faut veiller de peur qu’elle ne tombe. Ici, personne ne leur avait enseigné à agir de la sorte ; ils n’avaient pas reçu d’éducation chrétienne. Un fruit de l’Esprit spontané et collectif est produit, chose rare et précieuse.

Qu’un homme marche avec Dieu, c’est difficile mais que plusieurs ensemble marchent pour Lui, c’est encore plus difficile ; mais l’Esprit de Dieu agit pour nous conduire dans un chemin d’obéissance. Il est impossible, comme certains le prétendent, que ce soit Lui qui guide dans tout autre chemin.

La Parole de Dieu est notre seule règle, mais pour la comprendre il faut le Saint Esprit. Alors, les disciples ne possédaient pas encore le Nouveau Testament, mais ils étaient enseignés directement par le Saint Esprit et par les apôtres, témoins oculaires de la vie du Seigneur. Ils avaient certainement de grands exercices de piété où la chair et ses pensées étaient mises de côté. Les cœurs étaient seulement occupés de la gloire de Dieu.

Par un effet de la puissance de l’Esprit, effet plus étonnant que les miracles, avait disparu en eux le ressort caché contre lequel toutes les générations ont lutté : l’égoïsme. Seule une main divine pouvait atteindre et détruire cette forteresse. De façon générale, cet égoïsme ne disparaît qu’avec la vie du corps. Mais ici, Dieu agissant, il n’est plus en activité et pourtant le corps n’est pas mort.

C’est une méditation humiliante de constater où nous en sommes à cet égard, mais elle produit dans nos cœurs de la louange envers Dieu qui nous supporte. La vie d’un chrétien devrait être exempte d’égoïsme, ce qui est à notre portée. Seul l’amour divin bannit l’égoïsme : « N’oubliez pas la bienfaisance et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Héb. 13. 16). Tout autre amour a pour racine le « moi ». Nous en avons la manifestation pénible dans la scène suivante avec Ananias et Sapphira. Mais Pierre lui, fait passer l’amour et la gloire de Dieu avant toute autre considération.

Nous pourrions même chercher à faire des progrès spirituels en ayant pour but notre propre gloire. L’homme naturel est perdu, irrémédiablement. Nous disons souvent qu’il faut revenir à ce qui était dès le commencement. Cette pensée est vraie tant du point de vue doctrinal que du point de vue moral. Des exercices journaliers sont nécessaires pour chacun d’entre nous.

Deux remarques sur la fin du chapitre 4. Ce qui caractérise les saints de tous les temps (Dieu le produit en eux), c’est l’exercice de la puissance spirituelle. L’imitation de l’état heureux que nous trouvons décrit ici (un cœur et une âme) qui a été tentée parfois, est condamnée d’avance. Nous pourrions décider à la fin de cette réunion de réaliser cet état dans la pratique, mais nous irions vers un échec lamentable si cette décision n’est que la manifestation de notre volonté propre et non un effet de la puissance spirituelle.

L’essentiel est donc que nous soyons exercés à puiser à la source de la puissance pour avoir Dieu avec nous. Ce n’est pas dans la sphère de l’activité extérieure qu’il est le plus difficile de mettre de l’ordre, mais dans notre propre cœur. Nos efforts pour faire le bien n’ont de prix pour Dieu que s’ils proviennent d’une profonde communion avec Lui, sinon nous désobéirions en voulant tout de même agir ainsi. Vouloir le bien que Dieu veut, voilà la perfection.

Nous nous posons parfois la question : Quel bien y a-t-il en ceci ou cela ? Le bien s’identifie avec l’accomplissement de la volonté de Dieu. Il est bon que nous pesions ces choses devant Dieu, car nous pourrions nous égarer sans nous en rendre compte. Montrez-nous un homme « plein » de Christ, cet homme sera prêt à faire tout ce que Dieu lui demandera. Qu’est-ce que le témoignage ? C’est la manifestation de la gloire de Dieu, de sa volonté en toutes choses.

L’homme, même sous sa meilleure apparence, n’est rien. Il est difficile de rejeter les bonnes intentions d’un frère. Pourtant elles sont plus condamnables que celles d’un incrédule. Faire quelque chose qui ne correspond pas à la volonté de Dieu, c’est renouveler l’offense de Caïn. Dieu n’a pas frappé Christ pour rien, il y avait des raisons solennelles à cela.

Actes 5. 1 à 11

L’Ennemi ne peut supporter un tel état de choses dans l’Assemblée et se propose de détruire le témoignage ; il se sert de cette manifestation d’amour fraternel (dernier paragraphe du ch. 4) pour apporter le mal. Il donne à Ananias et Sapphira le désir de manifester extérieurement un dévouement qui ne correspond pas à une réalité intérieure : c’est de l’hypocrisie et du mensonge.

Dans l’Assemblée de Dieu, le mal ne devrait jamais pénétrer : s’il pénètre, il doit être jugé ; il n’est pas possible de le tolérer. Il peut y avoir de la faiblesse, des infirmités, dans ce cas il faut du support les uns à l’égard des autres. Mais si du mal se manifeste, une désobéissance caractérisée à la volonté de Dieu, un jugement immédiat est nécessaire.

C’est le Saint Esprit qui révèle le mal pour qu’il puisse être jugé. Il arrive dans une assemblée qu’un mal ne soit pas discerné par manque de puissance spirituelle. Le Saint Esprit est entravé dans son activité. Meilleur est l’état d’une assemblée et plus rapidement le mal est manifesté. Dans le cas qui nous occupe, cet état était tel que le mal est immédiatement mis à jour et jugé. Chacun d’entre nous doit prier constamment, demandant à Dieu de manifester le mal qui pourrait exister. Ainsi l’assemblée rendra témoignage à Celui qui est le Saint et le Véritable.

Un nom brille, qui nous est cher : Barnabas, qui était plein de qualités chrétiennes. Son exemple doit nous amener à de sérieuses réflexions. Il participe ici pleinement à cette démonstration d’amour fraternel. Mais plus tard il fléchira sous l’influence des liens de parenté (Marc) et de l’attachement à son pays (Chypre) (Act. 15. 39). Alors le rideau tombe sur son histoire et il n’en est plus parlé. Les qualités présentes d’un chrétien ne sont pas un gage de ce qu’il sera plus tard. La seule sûreté pour un croyant est de rester dans la dépendance et dans la crainte de Dieu, jour après jour, se confiant dans sa grâce.

Satan est menteur et meurtrier dès le commencement. Jusqu’ici le péché avait revêtu la forme de la violence mais maintenant il se montre sous l’aspect de la corruption, du mensonge et de l’hypocrisie, armes plus redoutables que la violence. Tous les saints sont sujets à des manquements, d’un effet localisé sans doute mais qui requiert de leur part un exercice quotidien de confession à Dieu. Ces manquements causent bien sûr du dommage, mais après notre repentir sincère, Dieu peut agir positivement sur notre âme, pour y produire le bien. Dieu ne sème pas comme nous au milieu des épines.

Mais ici le péché menace la vie de la collectivité. C’est un exemple solennel de péché à la mort. Il est remarquable de penser que si l’on nous avait demandé de prévoir le péché fondamental par lequel Satan chercherait à détruire l’Église, nous n’aurions pas pensé à ce demi-mensonge (calcul intérieur, duplicité du cœur). Chez les fidèles, l’égoïsme était banni du cœur. Chez Ananias il n’en est pas de même. Il désire garder une part de l’argent, tout en laissant croire qu’il donne le tout.

Tu conserveras l’argent tout en acquérant une bonne réputation, lui suggère l’Ennemi. C’est un péché à la mort (1 Cor. 11. 30 ; 1 Jean 5. 16). Il entraîne la mort gouvernementale du corps ; ce croyant est devenu impropre pour le témoignage, Dieu intervient et le retire. Grande est la responsabilité de l’assemblée à l’égard du péché. Si la discipline convenable n’est pas exercée, le Seigneur intervient et retire celui à l’égard duquel l’assemblée n’a pas fait son devoir. Des frères spirituels pourront garder la certitude intérieure que Dieu est intervenu.

Ananias met en péril la qualité du témoignage. Veillons à ne pas montrer un niveau spirituel qui n’est pas en réalité le nôtre. Si nous nous tenons dans la présence de Dieu, nous ne courrons pas ce risque et nous aurons même une sainte horreur de paraître ce que nous ne sommes pas. Que Dieu nous garde d’entraîner un croyant à une activité quelconque : témoignage, service. Ne connaissant pas son niveau spirituel réel, n’ayant pas à son égard un amour intelligent, nous risquons de lui nuire, de fausser toute sa vie.

La sphère du témoignage doit être telle que des âmes qui aiment Dieu et qui sont en règle avec Lui puissent y trouver leur bonheur, tandis que les autres seront dans la crainte. Ainsi l’Assemblée doit être à la fois un centre d’attrait et un objet de crainte (Act. 5. 13 à 15). Trop de familiarité ou trop d’effroi au sujet de l’Assemblée de Dieu est une chose anormale. Dieu est amour – caractère qui attire les cœurs – mais il est aussi lumière et la lumière donne de la crainte.

Tous ceux qui entrent dans le témoignage doivent avoir la vie de Dieu. Ce n’est pas l’âme qui a le plus de connaissance, mais celle qui aime Christ qui fera le plus de progrès. Être attaché à Jésus voilà le secret d’une marche fidèle.

Quand Il était sur la terre avec ses disciples, le Seigneur leur donna avant tout cet enseignement important : « Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens qui est l’hypocrisie » (Luc 12. 1).

Ananias et Sapphira croyaient que les pensées de leur cœur resteraient toujours cachées. Mais tout ce qui est caché sera révélé, soit dès ici-bas, soit du moins devant le tribunal de Christ. Dieu désire que notre témoignage extérieur soit le reflet de notre être intérieur. L’homme regarde à l’apparence extérieure, mais Dieu regarde au cœur, personne ne peut le tromper.

Le Seigneur est au milieu de l’assemblée, c’est de Lui qu’elle reçoit la valeur de sa position. La vérité n’est pas un ensemble de dogmes, quelque chose d’abstrait, mais c’est tout ce qui concerne Christ. Sentir en présence de Dieu notre infidélité, est une forme peu élevée de la vérité, mais une forme tout de même de cette vérité.

Si nous sentons que bien des choses ne sont pas convenables dans l’assemblée qui doit être devant Dieu la colonne et le soutien de la vérité, il nous faut le confesser avec humiliation et Dieu l’appréciera. Le comble de l’aveuglement, c’est de voir l’Église, après toutes ses infidélités, prétendre qu’elle est l’Église de Dieu.

Nous n’avons jamais eu l’intention de rétablir l’Église du commencement, ont pu dire nos devanciers. Mais ils ont mené deuil sur son état de ruine et s’en sont humiliés. Devant une telle attitude, le Seigneur peut retenir son jugement.

Maintenir le caractère de l’Assemblée en réalisant la présence de Dieu au milieu d’elle est fondamental. Ananias et Sapphira ont pensé qu’ils avaient seulement affaire à des hommes. Si nous cherchons à être approuvés par les hommes, nous ne serons pas sur le terrain de l’Assemblée. C’est l’habitation de Dieu ; si nous l’avons compris, notre marche pratique sera exercée en vue de la sainteté.

Il est remarquable que les deux difficultés survenues dans l’Église au commencement aient été relatives à des questions matérielles. Dans sa pauvreté, Pierre répond au boiteux qui lui demandait l’aumône : « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne » (Act. 3. 6). Le travail de Dieu s’accomplit indépendamment des ressources matérielles. Sans doute Dieu prend plaisir à de tels sacrifices, mais le témoignage ne vit pas de cela, le service ne s’exécute pas par ce moyen.

Dans la scène qui ouvre ce chapitre, la pureté des affections pour Dieu a failli être altérée. La chair par ses désirs souille. Elle n’est jamais aussi dangereuse que revêtue d’un manteau religieux. Elle est moins à craindre dans ses manifestations grossières. Si quelqu’un avait manqué de discernement spirituel, il aurait dit :  Ananias et Sapphira, quels gens vertueux ! La chair religieuse est louée et flattée, on lui attribue un caractère entièrement opposé au sien.

Soyons exercés pour ne pas frustrer Dieu de sa gloire. Voilà une pensée qui doit diriger particulièrement les frères qui agissent dans l’assemblée. Puissions-nous faire ce que Dieu veut et rien d’autre. Ce sera la source d’un profond bonheur. Nous connaîtrons la communion et l’approbation de Dieu. Les disciples, simples et humbles, s’oublient eux-mêmes, ils sont tout occupés à chercher la gloire de Dieu.

Quel contraste saisissant entre le cœur des disciples (rempli du Saint Esprit) et le cœur d’Ananias (rempli de Satan). C’est l’Ennemi qui, en produisant en eux l’amour de l’argent, est à l’origine de leur fraude. La Parole, contrairement à ce que nous aurions sans doute tendance à faire, n’affaiblit pas la portée de cet acte. Ils avaient dans leur cœur une idole qu’ils n’avaient pas combattue. « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Il est toujours dangereux de nourrir une idole (amour de l’argent, amour de la gloire). Satan est derrière la scène. Nous découvrons souvent un tel état à l’origine des égarements doctrinaux.

Le service lui-même pourrait devenir une idole. L’apôtre Paul ne dit pas : Pour moi, vivre c’est servir, mais « Pour moi, vivre c’est Christ ». Et pourtant quel service que le sien ! Mais il n’y avait pas dans son âme de brèche par laquelle Satan pouvait avancer la pointe de son épée. En Jésus, notre modèle, la chair n’existait pas. Qui a été humble comme Lui, quel cœur a été plus attaché à Dieu ? Quand Satan a voulu le détourner de sa route par des choses agréables ou terribles (Gethsémané), Jésus dans son obéissance parfaite a triomphé.

L’Ennemi cherche donc à détourner les fidèles par deux sortes d’embûches : il leur présente de grands obstacles dans le chemin (persécutions ou difficultés) et des choses agréables à côté du chemin. Ses ruses sont plus dangereuses que ses violences parce que nous savons parfois si peu les discerner. Ces exhortations ne sont pas pour nous décourager, mais elles sont pour notre instruction. Nous pouvons compter sur Dieu dans le chemin, si nous désirons l’avoir avec nous.

Ses ressources sont infinies quand nous confessons nos manquements et que nous Lui donnons gloire. « Il est fidèle et juste pour nous pardonner » (1 Jean 1. 9). Mais si notre cœur est endurci, il ne reste place que pour le jugement. « Pour ce péché-là, je ne dis pas qu’il demande… » (1 Jean 5. 16). Dans le cas d’Ananias et de Sapphira le jugement était nécessaire parce qu’ils n’étaient plus propres à rendre témoignage et aussi pour le bien de toute l’assemblée afin de garder ceux qui auraient pu broncher à leur tour.

Cette discipline a deux grandes conséquences. D’abord elle a en vue la restauration du coupable (mais ici, dans ce cas particulier, nous ne la trouvons pas, car il est retiré de ce monde). Puis la purification de l’Assemblée. Une grande crainte s’empare de tous, les âmes réalisent que Dieu habite au milieu de la congrégation. Il se produit un grand déploiement de puissance spirituelle. Des personnes de l’extérieur qui auraient voulu se joindre au témoignage s’en vont. Elles n’y avaient pas leur place, elles ne peuvent supporter la sainteté de la présence de Dieu. D’autres au contraire sont attirées.

Les choses ne sont pas réglées dans l’assemblée du fait qu’une personne qui marchait dans le péché ne vient plus au rassemblement. Il faut que l’assemblée se purifie en « ôtant le méchant » du milieu d’elle (1 Cor. 5) et qu’elle exerce la discipline vis-à-vis du pécheur impénitent. Nous comprenons quelle importance cela donne aux chrétiens – ne seraient-ils qu’une poignée – qui vivent sur le terrain de la vérité pratique, glorifiant ainsi le Seigneur. On a pu le dire : quelques âmes décidées, attachées au Seigneur valent mieux qu’un millier de traînards. La qualité spirituelle et morale des âmes est essentielle dans le témoignage.

La crainte de Dieu est une vérité d’une importance exceptionnelle dans toute l’Écriture. Joignons à un saint tremblement la confiance et le sentiment de la gloire de Dieu. Nous sommes si versatiles, que l’approbation ou la désapprobation de notre entourage risque d’avoir de l’influence sur nos cœurs. Mais si nous avons la crainte de Dieu, il aura la première place dans nos cœurs. Le besoin pressant qu’une âme a de Christ est le meilleur des indices d’un état spirituel satisfaisant. Je cherche mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis (voir Jean 20. 13). Dans un tel cœur, au milieu du sommeil environnant, les affections sont vivantes.

Nos conducteurs ont reçu des menaces et des offres, mais ils n’avaient devant eux qu’un objet, Christ ; et leur carrière s’est poursuivie. Quand un chrétien souffre selon Dieu, il en parle au Seigneur, il est gardé dans un bon état. Nous ne sommes pas l’Assemblée, mais l’assemblée locale a la responsabilité d’être l’expression de l’Assemblée universelle qui comprend tous les croyants mais ne contient pas un seul professant.

Dans les jours de ruine où nous sommes parvenus, il faut, comme aux jours d’Esdras, montrer sa généalogie. Il faut veiller à ce que ne pénètre pas dans l’assemblée quelqu’un qui n’ait pas la vie de Dieu. Nous devons nous recevoir, certes, mais à la gloire de Dieu (Rom. 15. 7).

À cette époque, la Parole nous dit que « d’entre les autres, nul n’osait se joindre à eux » (Act. 5. 13). Remarquons le contraste des deux expressions : « les leurs » désignant ceux de l’assemblée et « les autres » ceux du dehors. Il y avait une telle lumière dans le rassemblement des saints que ceux qui n’étaient pas de Dieu n’osaient pas se joindre à eux. Mais « des croyants d’autant plus nombreux se joignaient au Seigneur » (v. 14).

Ils ne le faisaient pas pour la simple raison que les habitudes de ceux qui se trouvaient dans ce milieu leur plaisaient, mais parce qu’ils avaient compris que le Seigneur était là. Toute pression que nous exercerions sur quiconque serait donc mauvaise. Il faut laisser s’écouler le temps nécessaire pour que l’exercice soit produit, Dieu donnant de la lumière. Ne cherchons pas à précipiter les choses.

Si le Seigneur venait ce soir, est-ce que tous ceux qui font partie du corps extérieur de l’assemblée et qui ont joui de privilèges extérieurs partiraient avec Lui ? Nous avons donc eu des défaillances.

L’Assemblée (de Dieu plutôt que des saints) est une habitation de Dieu par l’Esprit. C’est le grand enseignement qui se dégage de tout cela. C’est le chef de maison qui donne à la maison son caractère, et s’il y a du désordre, il rejaillira sur lui. Ananias et Sapphira ont joué avec les vérités de Dieu et ils l’ont payé de leur vie ; d’autres pourront le payer de leur salut éternel.

« Ceux qui me méprisent, seront en petite estime » (1 Sam. 2. 30). Dans la chrétienté, nous entendons dire que n’importe qui peut prendre la cène sous sa propre responsabilité. C’est ignorer ou braver l’Écriture. Nous comprenons l’incalculable importance du témoignage. Mais si Dieu ne veillait sur nous, nous aurions tous sombré dans le grand courant chrétien.

La culpabilité des uns n’établira pas l’innocence des autres. Tous les frères et toutes les sœurs sont responsables à l’égard de l’assemblée et de ceux qui sont spécialement en danger de broncher.

C’est aussi par le moyen d’un mensonge (péché d’Acan) que Satan a cherché à détruire le peuple de Dieu dès son premier pas sur la terre promise (type des lieux célestes).

Une assemblée ne peut pas vivre si ceux qui la composent sont plongés dans l’indifférence. Dieu ne permet pas que les choses aillent toutes seules. Si la négligence, la nonchalance, le laisser-aller sont des attitudes coutumières, Dieu produit des exercices pour nous délivrer d’un si mauvais état.

Nous ne saurions trop insister sur l’importance de la prière individuelle et collective. Si nous priions chaque jour pour le bien de l’assemblée, des changements s’accompliraient sans même que nous nous en rendions compte. La vie de l’assemblée n’est pas une succession de dimanches, mais une suite de jours avec tous les exercices que cela comporte.

Une des assemblées les plus connues au siècle dernier était celle de Plymouth en Angleterre. L’amour y coulait à flots et on la citait en exemple ; elle servit même à désigner les frères. Mais la paresse aidant, il s’y introduisit des désordres très graves. Le travail de l’Ennemi y fut tel qu’il ne devint plus possible à un fidèle de continuer à en faire partie.

Nous connaissons des cas précis où un mal grave a été porté à la connaissance d’un frère par le Seigneur. L’idée d’une visite par exemple s’était imposée de façon pressante à l’esprit de quelqu’un ; la visite fut faite, au cours de laquelle la personne visitée fut amenée à confesser des fautes jusqu’alors complètement cachées. Nous voyons comment Dieu prend soin de son assemblée.

Ici, les frères apportaient franchement leurs biens. Ananias avait été témoin de tout ce travail de la grâce, mais il n’avait pas rejeté malgré cela l’idole qui était dans son cœur. Certains actes sont pour des frères le fruit d’un travail intérieur accompli par Dieu. Mais d’autres les imitent sans être passés par les mêmes exercices.

Ananias n’a peut-être pas voulu se singulariser en étant le seul à ne rien apporter. L’ennemi lui a suggéré un moyen terme, lui laissant croire que les choses pourraient très bien aller ainsi. Mais Pierre, dirigé par Dieu, met le doigt sur la racine du mal. Sapphira n’avait pas su se séparer de son mari dans cette iniquité. Elle est frappée comme lui.

« Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons affaire ». Gardons donc devant Dieu une bonne conscience (1 Tim. 1. 5).

D’après Études à La Rochelle 1961

TRADUCTION DE FEUILLETS (154)

« Veillez donc à marcher soigneusement, non pas comme dépourvus de sagesse, mais comme étant sages, saisissant l’occasion, parce que les jours sont mauvais » Éphésiens 5. 15 et 16.

UNE LIGNE DE CONDUITE JUDICIEUSE

En tant que chrétiens croyants, nous vivons dans un monde qui se détourne de Dieu. De plus, notre temps sur terre est compté. Bientôt, le Seigneur Jésus reviendra nous chercher et nous emmènera auprès de Lui au ciel. Tant que nous sommes ici-bas, Dieu veut que nous L’honorions par notre conduite. Cela exige une vie sage.

Le monde qui nous entoure est dangereux. Il cherche à nous influencer par ses idées impies et à nous distraire par ses nombreuses tentations. Nous ne pouvons échapper complètement à cette influence, car nous vivons encore dans le monde. Mais comment y faire face avec sagesse ? Un verset de la Bible nous éclaire : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse » (Prov. 9. 10). Si nous craignons de déplaire au Seigneur, nous devons être sages dans nos relations avec le monde et agir selon ce principe : le strict nécessaire, le strict minimum.

Notre temps est généralement bien rempli. Nous avons de nombreuses activités : le travail, la vie de famille et les réunions chrétiennes. À cela s’ajoutent quelques heures de temps libre. Bien sûr, nous avons aussi besoin de repos. Cependant, nous devons nous interroger sur la valeur de l’utilisation de notre temps. Examinons chacune de nos actions à la lumière de l’éternité ! Cela nous conduira à un usage judicieux de notre temps.

D’après Näher zu Dir février 2026

« Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu ; je te fortifierai ; oui, je t’aiderai ; oui, je te soutiendrai par ma main droite, la main de ma justice » Ésaïe 41. 10.

NE CRAIGNEZ PAS

La Bible nous exhorte plus d’une centaine de fois à ne pas avoir peur. Dieu sait combien il est facile pour nous d’avoir peur.

L’une des causes de la peur est le doute. Il alimente notre insécurité et notre anxiété. Lorsque nous remettons en question ou doutons de ce que Dieu a prévu et promis pour nous, la peur s’installe. Si nous ne parvenons pas à surmonter ces doutes, la peur prendra le dessus.

Que pouvons-nous y faire ? Souvenons-nous consciemment que, en tant que croyants, nous appartenons au Seigneur et sommes en sécurité entre ses mains ! Il nous fait une merveilleuse promesse : « Ne crains rien, car je t’ai racheté ; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » (És. 43. 1). Accueillons personnellement cette assurance, qui s’applique à tous les siens : « Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main » (Jean 10. 28). Dans la prière du Seigneur Jésus au Père, nous trouvons la confirmation que nous Lui appartenons : « Je ne fais pas de demandes pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi » (Jean 17. 9).

En tant que croyants, nous appartenons au Seigneur. Il prend soin de nous. Sa puissance et son amour nous suffisent. Devrions-nous alors douter de ses promesses ? Non, certainement pas ! « Ne crains point, car je suis avec toi ».

D’après Näher zu Dir février 2026

« N’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes comme quelques-uns ont l’habitude de faire, mais nous exhortant l’un l’autre » Hébreux 10. 25.

ABSENCE OU PRÉSENCE AUX RÉUNIONS CHRÉTIENNES

Quelqu’un a dit, un dimanche matin :

C’est aujourd’hui le jour du culte

où je devrais me trouver ;

mais j’ai eu une semaine chargée,

et je me pose la question :

Est-ce que je vais rester à la maison, ou sortir ?

Qu’est-ce que je vais faire ?

Quelqu’un a dit, un dimanche soir :

Ce soir, réunion d’évangélisation !

Qui va prêcher ? M. Untel

Euh ! Il n’est pas très brillant

Et en plus, il va pleuvoir.

Ce serait bien ennuyeux ;

Je crois que je vais écrire ces lettres

Avec mon beau stylo neuf.

Quelqu’un a dit, un mardi soir :

C’est la réunion d’études,

Mais je suis tellement fatigué,

Je n’ai presque plus de forces.

Il est vrai que c’est dans une heure

Que la réunion commencera ;

Aussi, ai-je le courage ? Non, je crois que,

Ce soir je reste à la maison.

Quelqu’un a dit tout à coup,

Un jeudi soir, par hasard :

La réunion de prières, c’est ce soir,

Et elle est bien prévue pour moi ;

Est-ce que j’y vais ? Mais je suis épuisé,

Même sans être vraiment malade

Non, je crois que je vais rester à la maison,

Et laisser les autres y aller s’ils le veulent.

Quelqu’un d’autre, juste en même temps,

A parlé de la même façon,

Et ainsi les pauvres réunions en ont souffert

C’est bien certain !

Les réunions souffrent, ai-je dit ?

Mais qu’en est-il du Seigneur ?

Les pauvres excuses de chacun,

Apportent-elles de la joie à son cœur ?

Quelqu’un a pris une bonne résolution,

Ce même jour :

Dès maintenant je ne manquerai plus

Les différentes réunions.

Nous retiendrons cette parole :

« N’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes ».

Et ainsi, quant à nous,

Il n’y aura plus de plaintes.

D’après the Lord is near août 1988

« Et de la nuée vint une voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. Au moment où la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul » Luc 9. 35 et 36.

JÉSUS, LE PREMIER ET LE DERNIER

Il fut permis aux disciples de voir la gloire de Christ sur la sainte montagne avant le moment de sa manifestation. Ils ne comprirent pas alors la portée de cette scène. Nous-mêmes, n’ayant pas été appelés à la contempler avec eux, nous ne la connaissons que par leur témoignage. Mais nous possédons déjà une scène de gloire, car il est dit : « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18).

Pierre oubliait la prééminence de Christ aussi longtemps qu’il voyait Moïse et Élie. Il dit : « Faisons trois tentes ». En fait, il voulait mettre la loi et les prophètes au même niveau que Christ en les associant avec Lui ; et beaucoup d’entre nous faisons de même. L’Esprit dirige son regard vers la gloire du royaume ; la chair abaisse cette gloire au niveau de l’homme déchu. Les disciples entendent ce que la présence du Fils appelle des lèvres du Père, une parole qui nous permet d’entrer dans le secret de son cœur : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ».

Telle est notre bénédiction présente. Il nous a été permis de partager le secret du Père. Une telle intimité avec Lui ne pourra pas être dépassée même dans l’état éternel – bien que, alors, nous en jouirons pleinement. Nous verrons alors tout le déploiement de la gloire de Christ ; nous serons vus dans cette gloire ; mais maintenant nous sommes les dépositaires des pensées du Père révélant le Fils – le Père révélé par le Fils. En écoutant cette voix, nous apprendrons toujours plus ce que le Père est pour Lui et pour nous.

D’après the Lord is near août 1988 (H. Rossier)

« Demeure avec moi, ne crains pas ; car celui qui en veut à ma vie, en veut à ta vie, et près de moi tu seras bien gardé » 1 Samuel 22. 23.

LA PROTECTION DU SEIGNEUR

« Tu seras bien gardé ». Mentionner la sécurité fait penser au danger, et nous nous demandons : À quel danger étions-nous exposés ? Comme pécheurs, nous étions exposés au jugement de Dieu. Tous les péchés méritaient la perdition éternelle – et nous aurions été dans l’étang de feu, si l’amour de Dieu n’avait pas pourvu à un lieu d’habitation de parfaite sécurité. Nous étions incapables de pourvoir à une telle protection. Toutes nos œuvres, tous nos efforts ne pouvaient écarter les coups de la justice. Qu’est-ce qui pouvait le faire ? Cherchons la réponse dans l’histoire d’Israël.

Le chapitre 12 d’Exode est bien connu comme celui qui rapporte la dernière plaie, et la plus grave, sur l’Égypte. Il parle de la nuit solennelle où, au travers de tout le pays, il n’y avait pas une maison où la mort n’était pas entrée. Dieu agissait en jugement selon son propre caractère. Dans les maisons de tous les Égyptiens, le premier-né était mort. Pour les maisons d’Israël, l’agneau avait été mis à mort – la mort était tombée en sacrifice sur la victime sans défaut, au lieu du premier-né. Le sang de l’agneau avait été aspergé sur la porte, et ainsi ceux qui, autrement, seraient tombés sous les coups de l’Éternel, étaient en parfaite sécurité même au milieu de ses jugements. Dieu avait dit : Quand je verrai le sang…

Toutes les tribus étaient à l’abri pendant la nuit de la pâque, et ensuite Dieu les amena hors de l’esclavage et les délivra de tous les ennemis dangereux du désert. Quand ils furent près d’entrer dans le pays, Dieu parla d’un lieu d’habitation de sécurité. Heureux peuple !

Il est trois fois heureux, celui qui, par la valeur du sang de Jésus, a Dieu pour justification et protecteur jusqu’à ce que tout danger soit passé et qu’il arrive dans la demeure lumineuse de la paix !

D’après the Lord is near août 1988

« Heureux ceux qui sont doux, car c’est eux qui hériteront de la terre » Matthieu 5. 5.

LA FORCE DANS LA FAIBLESSE

Mao Tsé Tung enseignait que le pouvoir sort du canon d’un fusil. Sa philosophie est partagée par des millions d’humains qui voient l’affirmation de soi et « faire feu contre le feu » comme le seul moyen d’obtenir ses droits et d’hériter leur part de la terre. De telles personnes confondent habituellement la douceur avec la faiblesse, et la voient comme la caractéristique des masses écrasées, défaites et désolées. Elles se moquent des paroles de notre Seigneur.

Mais qui sont ceux qui sont doux ? Qui sont ces puissantes myriades qui triomphent au travers d’une défaite apparente et qui, en s’abaissant, s’élèvent à des hauteurs de gloire ? Leur force est comme un puissant fleuve qui ne se perd pas et ne détruit pas les autres en débordant par-dessus ses rives et en devenant une inondation destructive – mais comme un feu dans un foyer, qui donne de la chaleur et de la lumière, plutôt que de la destruction dans une forêt.

Voici Moïse, conduisant les milliers d’Israël au travers des hurlements de la solitude du désert, supportant leur rébellion et leurs murmures, leur manque de reconnaissance, et même les reproches insensés de ceux qui étaient ses plus proches. Avec douceur il se rejetait sur l’Éternel, regardant à Lui seul comme son bouclier et son protecteur. L’Écriture le nomme « très doux, plus que tous les hommes » (Nomb. 12. 3). Héritera-t-il le pays ? Moïse n’est pas entré dans le pays et n’en a pas « hérité ». Sa part a été de le voir tout entier depuis la montagne et dans la proximité de Dieu.

Mais par-dessus tout, il y a le Seigneur Jésus, qui parle de Lui-même comme étant « doux et humble de cœur » et qui promet le repos à ceux qui prennent sur eux son joug et apprennent de Lui (Mat. 11. 29). Sa douceur s’est manifestée jusqu’à la mort de la croix. Bientôt Il régnera sur toute la terre, partageant son héritage avec ceux qui ont souffert, dans la faiblesse, pour son nom. En vérité, ceux qui sont doux hériteront de la terre !

D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)

« Et le peuple parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d’Égypte pour mourir dans le désert ? Car il n’y a pas de pain, et il n’y a pas d’eau, et notre âme est dégoûtée de ce pain misérable » Nombres 21. 5.

LE CŒUR HUMAIN EST FONCIÈREMENT OPPOSÉ À DIEU

Voici la description du cœur humain – de votre cœur et du mien. « Le peuple parla contre Dieu ». C’est ce que nous faisons toujours, chaque fois que nous grommelons et que nous nous plaignons au sujet de nos circonstances. Il n’était question que de pain et d’eau – de manger et boire. Ils imaginaient que Dieu les avait amenés hors de l’Égypte pour mourir, alors que, en fait, Il les avait délivrés des fours à briques et des surveillants, afin qu’ils puissent Lui célébrer une fête dans le désert.

Il en était donc tout le contraire de ce qu’ils disaient – et il en est toujours ainsi de nos cœurs incrédules quand nous les écoutons : ils nous disent toujours les pires mensonges – et du caractère le plus grave – des mensonges quant à Dieu, quant à son caractère, quant à sa nature, quant à ses actes et ses voies. Toutes nos plaintes au sujet de nos circonstances sont des mensonges quant à Dieu.

Et d’où viennent toutes ces plaintes ? Du père du mensonge – du serpent ancien, le diable – de celui-là même qui entra dans le jardin d’Éden et poussa nos premiers parents à être mécontents de leurs circonstances. Il leur fit croire que Dieu n’avait pas de bonté – qu’ils n’étaient pas aussi bien traités qu’ils auraient dû l’être. Le serpent parla contre Dieu. C’est ce qu’il a toujours fait – ce qu’il fait toujours – et fera toujours.

Souvenons-nous de cela. N’oublions jamais que tous les murmures, toutes les plaintes, c’est vraiment parler contre Dieu. C’est la voix du serpent par les lèvres de l’homme. Il enfonce d’abord l’épine du mécontentement dans le cœur – puis les paroles de mécontentement viennent des lèvres. Nous parlons contre Dieu.

D’après the Lord is near août 1988

« Christ Jésus… s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé très haut » Philippiens 2. 5 à 9.

L’ABAISSEMENT DU SEIGNEUR JÉSUS

Voici le remède divin contre l’envie et la jalousie, les disputes et la vaine gloire, contre l’intérêt pour soi-même dans toutes ses formes hideuses. L’auteur inspiré introduit dans nos cœurs l’Homme sans égoïsme, humble, obéissant, Jésus Christ. Il était Celui qui possédait toute la puissance au ciel et sur la terre. La majesté et la gloire divines étaient siennes. Il était Dieu sur tous béni à toujours. Par Lui toutes choses ont été créées, et par Lui elles subsistent. Et cependant Il est apparu dans ce monde comme un homme pauvre – un serviteur – Celui qui n’avait pas un lieu où reposer sa tête. Les renards et les oiseaux, créatures formées par Lui, étaient mieux protégées que Lui, leur Créateur. Ils avaient un lieu pour se reposer. Lui n’en avait pas. Il n’a pas recherché à se faire une réputation.

Il n’a jamais pensé à Lui-même. Il pensait aux autres, prenait soin d’eux, travaillait pour eux, pleurait avec eux, les servait ; mais Il ne fit jamais une chose pour Lui-même. Nous ne Le trouvons jamais prenant soin de se fournir de quoi que ce soit. Sa vie était celle d’un parfait renoncement. Lui, qui était tout, s’est fait n’être rien.

Il faisait un contraste parfait avec le premier Adam qui, n’étant qu’un homme, pensa à se faire être comme Dieu, et devint l’esclave du serpent. Le Seigneur Jésus, qui était le Dieu très-haut, prit la place la plus basse parmi les hommes. Il est absolument impossible que quelque homme puisse jamais prendre une place aussi basse que Jésus. La Parole dit : « Il s’est anéanti Lui-même ». Il est descendu si bas que personne ne pouvait Le mettre plus bas. Il est « devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ».

D’après the Lord is near août 1988 (C. H. Mackintosh)

« Comme David arrivait à Mahanaïm, Shobi, fils de Nakhash, de Rabba-des-fils-d’Ammon, et Makir, fils d’Ammiel, de Lodebar, et Barzillaï, le Galaadite, de Roguelim, amenèrent des lits, des bassins, des vases en poterie, du froment, de l’orge, de la farine, du grain rôti, des fèves, des lentilles, des grains rôtis, du miel, du caillé, du petit bétail, et des fromages de vache, pour David et pour le peuple qui était avec lui, pour qu’ils en mangent, car ils disaient : Le peuple a faim, il est fatigué, et il a soif dans le désert » 2 Samuel 17. 27 à 29.

LE DÉVOUEMENT DES AMIS DE DAVID

Quel encouragement pour David ! Il est beau et heureux de trouver une telle affection sincère, et à un tel moment ! Nos jours ne sont-ils pas sombres, et le vrai David n’est-Il pas encore rejeté ? Et quelles occasions innombrables il y a de montrer notre amour et notre dévouement pour Celui qui nous a aimés et s’est donné Lui-même pour nous !

Pensez à la manière dont de tels actes touchent le cœur du Seigneur. Qu’est-ce pour Lui, de voir une âme en sympathie avec ses pensées et son cœur, comme ces aides pour David ? C’est certainement une grâce précieuse, dont le parfum remplit la maison, et dont le souvenir ne sera jamais oublié – ou à Gaïus, le bien-aimé, dont la maison était un refuge pour ceux qui sortaient pour servir le Seigneur, en ne prenant rien de ceux des nations. N’est-ce rien ? Soyez assuré que tout cela est gardé en mémoire par le vrai David, et aura sa place et sa récompense quand Il rappellera ses trésors et leurs actions.

Quelle belle galerie de tableaux que la Parole de Dieu ! Elle comblera l’étudiant qui la regardera avec son Maître, et admirera, avec la lumière et l’enseignement du Saint Esprit, ces beaux caractères qu’Il Lui a plu de donner pour notre instruction et notre contemplation, afin que nous soyons remplis de leur esprit, et que nous imitions leur foi, leur amour, et leur piété.

D’après the Lord is near août 1988

« Car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement » Colossiens 2. 9.

LA DIVINITÉ ET L’HUMANITÉ DU SEIGNEUR JÉSUS CHRIST

La vérité extraordinaire exprimée dans ce passage est telle qu’elle fait que toute créature, dans l’univers, courbe son cœur dans l’adoration et la louange devant le Seigneur Jésus Christ, le Fils éternel du Père éternel. La perfection de son humble humanité fut reconnue par Marie, Sa mère, et d’autres, qui vinrent en contact avec Lui – et cependant sa vie, tranquille et normale, était celle d’un enfant obéissant lors de sa croissance. Mais la réalité de sa gloire divine brillait toujours, bien que voilée en quelque mesure, de sorte qu’elle n’attirait pas particulièrement l’attention. Tout ce qu’Il faisait, en tout temps, était en parfaite communion avec son Père. Quand sa mère, sans sagesse, Lui fit des reproches, alors qu’Il n’avait que douze ans, Il dut la reprendre doucement, en lui disant : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon père ? » (Luc 2. 49).

Comment est-il possible que la déité absolue et la véritable humanité soient unies en une seule Personne ? C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre, car c’est un miracle dans lequel Dieu seul peut pénétrer. Mais dans le saint Enfant de la crèche de Bethléem, Dieu était manifesté en chair. Toute la plénitude de la Déité habitait corporellement dans ce petit Enfant béni, et cette même plénitude demeurera en Lui à toujours !

En Lui nous avons le privilège d’être témoins de toute la gloire de Dieu. Dieu ne s’est pas révélé personnellement d’une autre manière. C’est seulement quand Il a été manifesté en chair que les anges ont eu le privilège de voir Dieu (1 Tim. 3. 16). Car aucune créature ne peut voir Dieu d’une autre manière que lorsqu’Il est révélé dans la Personne de son Fils. Ne sommes-nous pas tout à fait satisfaits de contempler ce Seigneur de gloire béni, saint et précieux, pleinement révélé ? C’est notre joie d’adorer Celui en qui toute la gloire de Dieu demeure corporellement.

D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)

« Éternel ! tu m’as sondé et tu m’as connu » Psaume 139. 1.

DIEU NOUS CONNAÎT PARFAITEMENT

Toutes les pages de notre cœur sont ouvertes les yeux de Dieu. Est-ce qu’Il vous lit, et qu’Il s’occupe de toutes les pensées et des désirs de votre cœur ? Il connaît toute notre faiblesse, et nous devons la reconnaître aussi. Si Jean est à ses pieds en Apocalypse 1. 17, c’est en fait pour que le Seigneur puisse lui dire : Je te toucherai et te ferai sentir ce qu’est ma force, mais tu dois ressentir ta propre faiblesse. Tous ceux qui connaissent Christ ont un sens toujours plus profond de cela à mesure qu’ils avancent. Mais tout le long de la traversée du désert nous avons le Seigneur pour nous, nous disant : Tu ne peux pas faire un pas sans moi, et je marche devant toi.

Oh ! Que dans tout le chemin, dans toutes nos circonstances ici-bas, vous et moi, nous nous tournions toujours vers le ciel, sachant que nous pouvons avoir toute la sympathie du cœur de ce Christ vivant là-haut ! Lui, un Homme vivant, est là-haut, avec un cœur et un esprit qui l’ont conduit à entrer dans toutes les circonstances des siens. Chaque croyant, individuellement, chacun dans ses propres circonstances, est l’objet de ses pensées. Il peut être occupé d’Étienne, de Saul, de Pierre, et de Jacques au même moment. Pouvez-vous dire : Je connais la sympathie du cœur de Christ ; je sais comment Il m’a relevé, et m’a toujours soutenu depuis lors ?

La seule chose, pour nous garder dans la conscience de notre entière faillite, c’est d’avoir la lumière des yeux de ce Seigneur béni brillant dans notre cœur, et mettant à nu tout ce qui est contraire à sa pensée.

La paix qu’Il donne ne brille jamais aussi bien qu’au milieu des eaux de tempête ici-bas. Lui, comme étant ma paix, vient entre moi et tout ce qui me cause du souci, en disant : Tu viendras bientôt à un autre endroit ; tu n’es pas destiné à la terre, mais à moi. Il m’appellera par mon nom et me prendra dans la gloire.

D’après the Lord is near août 1988

« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été à la mesure de l’homme ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » 1 Corinthiens 10. 13.

RENDRE DOUCES LES EAUX AMÈRES

Vous êtes donc arrivés à Mara, et avez trouvé amères les eaux de cet endroit. Vous avez déjà appris que ce monde n’est maintenant qu’un désert – une terre sèche et altérée, avec une grande famine et point d’eau. Mais il semble que le Seigneur vous conduit près d’une source dans le désert, et vous avez, plus que jamais, envie de boire. Mais lorsque vous goûtez aux eaux, et vous les trouvez amères ; vous ne pouvez pas les boire, et vous criez au Seigneur. Moïse a fait ainsi en Exode 15 et rappelez-vous comment l’Éternel a répondu à ce cri : « L’Éternel lui montra un bois, et il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces ». Il ne créa pas une chose nouvelle pour l’occasion, en répondant à cette nouvelle difficulté par une nouvelle action de puissance miraculeuse ; mais Il dirigea le regard de Moïse sur quelque chose qui était déjà sur les rives mêmes des eaux de Mara, qui avait l’effet de rendre douces les eaux amères.

Maintenant, chers compagnons de pèlerinage, que demandez-vous au Seigneur de faire pour vous dans cette nouvelle épreuve ? De créer quelque chose de nouveau sur la terre pour répondre à votre cas ? De ramener l’objet chéri dont Il vous a privé, ou d’ôter tout de suite la lourde épreuve qui est un poids pour votre esprit et vous accable ? Est-ce là son habitude ? Non, je vais prier le Seigneur pour vous, afin que, si c’est vers des eaux amères qu’Il vous conduit, Il vous montre le Bien-aimé dont la présence en amour et sympathie peut les rendre douces. Non pas un nouveau Sauveur, mais « Celui qui était dès le commencement » – qui est le même qu’Il était hier et le sera toujours.

D’après the Lord is near août 1988 (G.V. Wigram)

« J’ai fait la perte de toutes (choses) et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ, et que je sois trouvé en lui, n’ayant pas ma justice qui vient de la Loi, mais celle qui est par la foi en Christ » Philippiens 3. 8 à 14.

BIEN COURIR LA COURSE CHRÉTIENNE

Le coureur des Jeux Olympiques doit fixer les yeux sur le but s’il veut gagner le prix. Mais quel est le but ? Le but, pour vivre comme un chrétien, c’est de connaître le Seigneur. Comment apprenons-nous à mieux connaître le Seigneur ? La réponse est évidente : En passant du temps avec Lui ! En s’impliquant dans ses intérêts ! Nous devons passer du temps avec le Seigneur, étudier et méditer sa Parole, et Lui parler dans la prière pour avoir une relation croissante. Cinq minutes par jour ne suffisent pas pour avoir une relation de connaissance ! Il n’y a pas de raccourci !

Apprendre à connaître le Seigneur est lié à la marche par la foi en Lui et dans la puissance de sa résurrection. Cette puissance incroyable est disponible pour nous, mais son flux est limité par notre manque de foi et de confiance en Lui. Croyez-vous que le Seigneur pourrait débuter un ministère sur votre campus ou dans votre voisinage à travers vous ? Avancez avec foi, et non seulement vous ferez l’expérience de sa puissance, mais vous Le connaîtrez mieux !

Accepter de souffrir pour le nom de Christ est une partie essentielle d’une connaissance plus profonde de sa Personne. Nous n’avons pas à courir deçà-delà en recherchant des épreuves et des persécutions, mais nous pouvons être certains qu’elles viendront sous une forme ou une autre si nous marchons avec le Seigneur. Que vos règles élevées d’éthique, comme chrétien, soient connues, et la mer de votre vie deviendra peut-être un peu orageuse. Mais dans l’orage vous apprendrez à connaître le Seigneur et sa présence avec vous.

Apprendre à connaître le Seigneur toujours plus était ce que l’apôtre Paul désirait plus que toute autre chose. Est-ce votre but ? En vue du prix glorieux qui nous attend, avançons vers le but !

D’après the Lord is near août 1988

JEAN 4

L’évangile de Jean présente la personne du Seigneur Jésus sous son caractère de Fils de Dieu : c’est le Fils de Dieu venu dans ce monde, venu ici-bas comme un homme, Des quatre évangiles, c’est celui qui, semble-t-il, nous présente le caractère le plus élevé de la personne du Seigneur Jésus. Il présente un caractère particulièrement attachant.

Lire, méditer l’évangile de Jean, y considérer les différents aspects de la personne du Seigneur Jésus sous son caractère de Fils de Dieu venu dans le monde, c’est extrêmement précieux, et le faire donnera à nos âmes ; sans aucun doute, une riche bénédiction : le Fils de Dieu venu dans ce monde : l’évangile du Fils de Dieu ! Nous pouvons dire que cet évangile nous présente le Fils de Dieu dans l’intimité.

Dans la première partie, nous avons les intimités du Fils de Dieu avec le pécheur. Il n’y a aucun évangile qui, comme Jean, nous présente le Seigneur opérant seul ; les disciples sont comme laissés de côté dans la première partie de cet évangile.

Nous ne voyons pas, dans Jean, le Seigneur appeler et envoyer les disciples comme nous le trouvons dans Matthieu ou dans Marc. Nous ne le voyons pas envoyer les soixante-dix comme nous le trouvons dans Luc. Le Seigneur travaille dans l’intimité avec le pécheur : Il est seul. Sans doute, le Seigneur parle et s’adresse à des foules, mais nous trouvons surtout, des entretiens personnels et individuels du Seigneur avec le pécheur.

Et puis, dans la deuxième partie de l’évangile, son ministère public étant terminé, nous avons les intimités du Fils de Dieu avec ses disciples. À partir du chapitre 13, le Seigneur est avec ses disciples. C’est à eux qu’Il parle pour leur révéler le cœur du Père, pour leur parler de la maison du Père, des secrets de la maison du Père, de la joie de la maison du Père ; c’est une scène d’intimité de la vie du Seigneur avec ses disciples.

Dans la première partie, le contact est individuel, c’est au singulier, c’est l’intimité du Seigneur avec le pécheur.

Dans la deuxième, c’est au pluriel, c’est le Seigneur au milieu de ses disciples, avec eux ; Il veut rassembler les siens.

Il faut que le Seigneur soit seul avec une âme pour la sauver, la délivrer, mais sa pensée est de rassembler ensuite les siens, de se trouver au milieu d’eux pour leur parler du Père, de la maison du Père, pour leur ouvrir son cœur, comme Il le fait dans les chapitres 13 et suivants de cet évangile.

Au chapitre 4, nous assistons à l’un de ces entretiens tout à fait remarquables du Seigneur avec une âme : le Seigneur dans l’intimité avec cette pauvre pécheresse, une femme dont le monde ne voulait pas, qui était tenue à l’écart, mais à laquelle le Seigneur va se faire connaître. Le Seigneur va être manifesté dans cette scène dans la méditation de laquelle Dieu veut nous faire discerner les gloires de cette personne adorable.

Pourquoi est-il écrit que le Seigneur ne baptisait pas ? C’est encore le temps du baptême de Jean ; Jean baptisait les disciples pour les inviter à suivre le Christ vivant sur la terre ; c’était le baptême de la repentance ; ceux qui étaient baptisés au Jourdain confessaient par là leur péché et étaient invités et exhortés à suivre le Christ vivant sur la terre : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché ». Il n’était pas encore question du baptême chrétien qui est le signe de la mort de Christ.

Le baptême de Jean de même que celui que les disciples du Seigneur effectuaient en son nom montrait que Dieu faisait auprès des Juifs un essai pour voir s’ils sauraient reconnaître et suivre Jésus vivant. Cet essai, dont le résultat n’a pas surpris Dieu, s’est soldé par un échec. Alors le Seigneur annonce : « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure il demeure seul » (Jean 12. 24).

Si le baptême est mentionné au commencement du chapitre 4 ce n’est pas pour attirer l’attention sur le baptême auquel on a tendance, dans plus d’un endroit, à donner une importance qu’il n’a aucunement, mais bien plutôt sur l’état du cœur des pharisiens qui avaient entendu dire : « Jésus fait et baptise plus de disciples que Jean » et dont nous savons qu’ils étaient pleins de jalousie à l’égard du Seigneur ; le Seigneur savait dans quel esprit ces rapports avaient été faits et reçus.

Les pharisiens avaient envoyé des émissaires et leurs rapports excitaient leur jalousie. Cela a pénétré le cœur du Seigneur et sans doute a contribué à provoquer sa lassitude dont il est question quelques versets plus loin ; Il était fatigué du chemin. Nous savons combien les souffrances morales influent sur les forces physiques, et combien cela devait se vérifier dans un homme divin, infiniment sensible, car le Seigneur était infiniment sensible – les Psaumes nous l’enseignent – à ce qu’on pensait de lui et à ce qu’on disait de Lui.

Arrêtons quelques instants notre attention sur les rencontres de Jésus en tête à tête qui sont caractéristiques de cet évangile. La valeur immense de ces récits, de ces faits historiques mais divinement présents, c’est qu’ils révèlent, dans une instruction définitive, éternelle, la façon dont Dieu le Fils et une âme se rencontrent.

Différents suivant l’état des âmes, ils constituent des tableaux d’une éternelle vérité : c’est Nicodème, le docteur instruit quant à l’ancienne alliance – une rencontre de Dieu avec une âme qui s’était appliquée à être fidèle à ce que Dieu avait donné antérieurement ; nous savons ce qui en résulte et quelle lumière jaillit de cette rencontre ! – ; c’est la femme de notre chapitre – rencontre pleine d’une lumière merveilleuse révélant que le dessein divin va bien au-delà du salut du pécheur, c’est, au chapitre 5, la rencontre de Dieu avec l’infirme de Béthesda, une âme dans sa misère et son incapacité absolue, absolument sans aucune ressource devant les exigences de la loi.

Au chapitre 8, c’est la rencontre de Dieu avec une âme condamnée à mort par la loi.

Au chapitre 9, avec l’aveugle-né, les ténèbres et la lumière se rencontrent.

Ces récits nous élèvent à une hauteur incomparable, c’est la hauteur de Dieu vis à vis d’hommes dans des états différents dans chaque cas il jaillit des vérités immortelles en même temps qu’une instruction pratique permanente sur la façon dont les serviteurs – les chrétiens donc – ont à rencontrer les âmes… car un chrétien représente Dieu. Ces faits ont donc, d’une part, une valeur morale exceptionnelle et, d’autre part, une instruction pratique pour les serviteurs ; or les chrétiens sont tous serviteurs.

Dieu fait toujours très bien son travail ; nous voyons qu’il l’a fait parfaitement en Christ et nous devrions être des instruments qui permettent à Dieu de faire de la même manière son travail, quelles que soient les âmes auxquelles nous avons affaire.

Dans toutes les rencontres dont nous venons de parler, qu’il s’agisse du docteur de la loi qui ne connaît rien des vérités de la nouvelle naissance (ch. 3), de l’homme dans sa misère morale (ch. 4), de l’homme incapable de se servir de la loi (ch. 5), de l’homme dans son état d’aveuglement spirituel (ch. 9) et même de l’homme dans son état de mort morale (ch. 11), eh bien, le Seigneur est là pour répondre au besoin de l’homme dans quelque état qu’il se présente ; Il le fait toujours avec grâce, vérité : « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » et mises en évidence de cette manière, elles font resplendir devant nous la gloire morale du Fils de Dieu.

Cet abaissement de Jésus se trouve dans l’évangile de Jean en même temps que les traits brillants de sa grandeur présentée continuellement dans les faits. Ici, Il est lassé du chemin. Voilà celui sur qui repose toute la gloire des conseils de Dieu : un homme lassé du chemin, qui n’a rien, pas d’argent, pas de relations, pas d’influence, qui ne peut s’appuyer sur rien, qui paraît le plus faible de tous les hommes; les hommes influents sont contre lui !

Il n’a pas un lieu où moralement reposer sa tête tandis que les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des demeures ! Voilà ce devant quoi il faut s’arrêter ! Un jour viendra où « la gloire de Dieu couvrira la terre comme les eaux couvrent le fond de la mer » mais, pour la foi, la gloire morale de Jésus remplit déjà et la terre et le ciel, et c’est cette gloire qu’il nous est donné de contempler dans ces scènes. Quand Dieu s’abaisse, Il est aussi grand que quand Il s’élève, et même, en un sens, davantage.

Ceci ressort particulièrement dans cet évangile qui ne fait pas mention de l’abaissement du Seigneur, mais où l’on voit cet abaissement dans les faits. Remarquons en effet que lorsque le Seigneur s’abaisse pour laver les pieds des disciples Il ne se déclare pas serviteur mais plutôt « Seigneur et Maître » : « vous m’appelez Seigneur et Maître, et vous dites bien car je le suis ».

À ce propos, soulignons qu’il nous faut toujours chercher, dans l’Écriture l’intention du Saint Esprit ; si nous suivons le courant de l’intention du Saint Esprit, nous recevons beaucoup plus largement le bénéfice de la portion que nous lisons. Nous sommes trop disposés à tout mélanger, alors qu’il y a une intention particulière dans chaque portion de l’Écriture, ce qui constitue une diversité infinie, dans une unité absolue. Pour discerner quelque chose de cette diversité, il faut lire beaucoup l’Écriture et la lire comme il faut.

On a toujours du profit, lorsqu’on lit une portion des Écritures, à considérer les vérités d’ensemble présentées dans cette portion. Dans un évangile, par exemple, il faut voir la pensée de l’Esprit de Dieu dans l’ensemble de cet évangile et dégager, conduits par l’Esprit de Dieu, les grandes lignes de la pensée qui nous est présentée.

Quelque portion des Écritures que nous considérions, nous devons en rechercher la portée générale et nous serons conduits à nous arrêter ensuite sur les détails. Souvent – généralement même, pourrait-on dire – cette vue d’ensemble d’une portion de l’Écriture nous manque et cela nous fait perdre beaucoup dans la méditation.

Le Seigneur avait donc quitté la Judée ; c’était un lieu, au milieu d’Israël, où on aurait pu penser qu’il trouverait la justice ; il ne l’avait pas trouvée, de sorte qu’il quitte la Judée et s’en va vers la Galilée, pays des pauvres du troupeau ; c’est là que le Seigneur a rempli la plus large partie de son ministère.

Il fallait qu’Il traversât la Samarie – la Samarie impure – ; Il ne va pas là pour chercher la justice ; Il va y apporter la grâce et en même temps la vérité – les deux sont inséparables – Il va rencontrer une âme dans sa misère profonde, une âme qui ne peut rien lui apporter, mais à laquelle Il va se révéler lui-même. Il va déployer pour elle tous les trésors de sa grâce en même temps qu’Il va lui ouvrir les yeux sur son véritable état ; c’est selon l’ordre divin et, en fait, cela caractérise le ministère du Seigneur.

Cela doit caractériser aussi le service que nous sommes appelés à remplir encore aujourd’hui à l’égard d’âmes qui se trouvent dans ce monde et dans la misère morale : parler de la grâce, mais, en même temps, présenter la vérité.

Nous allons voir, dans les versets suivants, comment le Seigneur agit pour atteindre la conscience de la Samaritaine car il faudra qu’Il en arrive là, qu’Il réveille la conscience de cette personne ; ce n’est que lorsque la conscience est réveillée que le travail de Dieu peut s’effectuer, qu’il s’agisse d’ailleurs d’une personne inconvertie ou d’un croyant qui a besoin d’être restauré : il faut toujours un travail de conscience. Le Seigneur va agir de manière à atteindre la conscience de cette femme.

La première parole que le Seigneur lui adresse c’est : (v. 7) : « Donne-moi à boire ». Le Seigneur va se servir de ses propres circonstances et des circonstances de cette femme pour se révéler à elle et ouvrir ses yeux sur son état. C’est souvent la manière d’agir du Seigneur envers nous : Il se sert d’une circonstance pour se révéler à nous et pour ouvrir nos yeux sur notre propre état. De plus, la Parole qu’Il adresse à cette femme fait ressortir quelque chose de la gloire de son abaissement : Celui qui est le Créateur des mondes, celui qui a dit : que la lumière soit et la lumière fut, est là, un homme assis au bord du puits.

Créateur des mondes, l’eau qu’Il réclame à cette femme c’est lui qui l’a créée ; cette femme elle-même est une de ses créatures ; et le Seigneur, qui aurait pu agir comme créateur, comme Seigneur, s’adresse à cette femme dans une demande qu’Il lui adresse : « Donne-moi à boire ».

L’attitude du Seigneur et sa parole font briller quelque chose de sa gloire dans son abaissement mais cette femme est incapable de discerner cette gloire. Nous verrons comment elle répond à la demande du Seigneur.

À Nicodème, qui était un docteur, le Seigneur parle comme le docteur suprême, révélateur de toute la vérité. Dans son entretien avec lui Il ne cède devant rien. Il lui parle avec une netteté qui paraît même dure. Ici, le chemin merveilleux que le Seigneur fraye lui-même pour atteindre la conscience et le cœur est différent.

Il y a là une instruction pour tout service, c’est bien évident. Il prend cette femme au point où elle en est ; jamais une instruction n’est reçue dans une âme lorsqu’elle est au-dessus de l’état de celle-ci. La vérité n’est d’aucun effet sur l’âme lorsqu’elle est au-dessus de l’état pratique de cette âme. C’est toujours vrai. Le Seigneur ne se présente pas à cette femme comme un docteur, mais comme le Sauveur suprême, Il se met à la portée de cette âme, à son niveau.

Voilà le service. Il lui parle de ce qu’elle peut comprendre ; la porte d’entrée, Il la prend sur le terrain de ses pensées courantes. C’est toujours ainsi qu’un vrai service s’effectue. La doctrine la plus sûre, si c’est une doctrine qui reste théorique, est d’un effet nul ; elle doit s’appliquer à l’état précis de l’âme à laquelle elle est présentée.

C’est difficile d’avoir un contact avec une âme, un contact réel ; c’est loin d’être facile, c’est même impossible sans que la grâce de Dieu le produise. Trouver vraiment le point de contact entre la vérité que nous pouvons avoir à dire selon Dieu et l’état d’une personne avec qui nous entrons en rapport n’est pas une chose qui se fait sans exercice. C’est pourquoi nos travaux sont si souvent stériles.

Il nous arrive, à nous, de consoler une âme qui a besoin d’être reprise, et d’avertir une âme qui a besoin d’être consolée, ce qui n’est pas le travail de Dieu. Il nous arrivera d’insister sur la grâce vis à vis d’une âme endurcie et rebelle à laquelle il faudrait une autre parole que celle-là. Il nous arrivera de présenter uniquement la responsabilité à une âme dont la conscience est très délicate et tourmentée qui aurait besoin d’une autre parole.

Trouver le point de contact vital d’une âme est fondamental dans le service spirituel. Il faut souvent beaucoup de patience, d’exercice préalable, en tout cas il faut être appelé de façon précise au service considéré.

Marc 4. 33 : « Il leur annonçait la parole, selon qu’ils pouvaient l’entendre ».

Que de fois un frère, ou une sœur, bien intentionné, aura fait un travail négatif. C’est très délicat !

Le Seigneur est là, très humble, lassé du chemin ; Il présente une demande ; Il se met extérieurement au-dessous d’elle et comme dépendant d’elle. Quelle humilité ! quelle beauté morale !

Il est en effet frappant de constater que le Seigneur occupe cette âme en premier lieu de questions matérielles. Elle est venue avec une cruche pour puiser de l’eau ; elle a besoin d’eau pour se désaltérer ; le Seigneur lui-même est fatigué du chemin, Il a soif. Voilà les circonstances matérielles, les besoins physiques, le Seigneur parle de cela à cette femme.

Il désire lui parler d’autre chose, mais Il commence par là ; Il ne veut pas lui dire une parole qui risquerait de la rebuter, de la faire partir ; Il cherche d’abord à la gagner. Se plaçant comme au-dessous d’elle, Il lui présente une requête, presque une prière : « Donne-moi à boire ».

Au lieu de s’empresser à lui donner un peu d’eau, elle a des questions à poser : « Comment, toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme samaritaine ? » Voilà le cœur humain manifesté avec ses questions, ses pourquoi, ses comment, et tout le long de cette scène nous verrons que cette femme a toujours une objection à faire, un comment ou un pourquoi ou un doute elle a toujours une question à poser.

Le Seigneur ne plane aucunement au-dessus de l’âme qu’Il veut servir. Cette tendance de vouloir planer au-dessus de ceux qu’on prétend servir est universelle et ceux qui veulent servir le Seigneur doivent y prendre garde en s’occupant des autres. Si nous faisons état de nos capacités, de notre niveau social, de notre pouvoir matériel, de nos connaissances, nous ne suivons pas l’exemple du Seigneur et nous risquons fort de ne rien apporter à la personne que nous désirons servir. Le dépouillement de soi est indispensable !

Ce n’est pas une petite chose qu’entrer dans la sphère où évolue une âme et d’y entrer d’une façon telle que la confiance naisse dans cette âme. Le Seigneur est avec cette femme comme s’Il n’avait eu que cela à faire, comme si tout son service s’était réduit à cette rencontre ; Il s’y consacre entièrement ; c’est ce dévouement complet qui nous manque beaucoup aussi et qui nous ferait nous enquérir avec un intérêt sincère et profond des circonstances de ceux à qui nous avons affaire, même si ce sont des inconvertis. Il n’y a pas d’autre entrée auprès d’elles. Tandis que parler comme d’une position supérieure n’est jamais le service du Seigneur.

Nous sentons que nous mettons le doigt sur bien des choses qui enlèvent à la valeur et à l’efficacité du service. Il est très facile de faire différents services ; il l’est beaucoup moins de faire un bon service, un service obscur, sans témoins. Nous aimons les témoins. Or, le travail de Dieu se fait, en général, dans un tête à tête.

Que de fois c’est au cours d’une conversation patiente, sage, dépendante, que le Seigneur révèle ou fait la brèche par laquelle entrera la bénédiction. Ici le Seigneur qui n’avait rien à apprendre quant à l’état de cette femme, bien entendu, nous montre de quelle façon on doit avoir des rapports avec une âme. Rappelons que l’état pratique du serviteur est plus important que les circonstances du service.

Il convient toujours d’avoir dans le service le sentiment que c’est l’œuvre du Seigneur, son travail à lui qui doit être accompli, le travail de Dieu ; si nous n’en avons pas le sentiment profond, si nous ne le réalisons pas pratiquement, notre service sera vain. Pour parler à un cœur, à une conscience, il faut connaître l’état de ce cœur et il n’y a que Dieu qui le connaisse ; par conséquent le serviteur ne peut atteindre utilement la personne à laquelle il s’adresse que s’il est gardé dans la crainte de Dieu, dans la dépendance du Seigneur ; alors le Seigneur lui donnera la parole à propos qui pourra, sinon immédiatement atteindre et toucher le cœur et la conscience, du moins commencer le travail que Dieu y accomplit, parce que ce travail ne se fait généralement pas en une fois.

Il faut de la patience et, dans cette scène, nous voyons avec quelle patience le Seigneur agit : sans faire un reproche à cette femme, sans lui dire : mais, je t’ai demandé à boire… pourquoi est-ce que tu ne me donnes pas un peu d’eau ? pourquoi as-tu une question à poser, un comment ? Nicodème avait dit « comment » quand le Seigneur ouvre les yeux du docteur de la loi sur l’état de ruine du vieil homme. Qu’Il lui présente les vérités de la nouvelle naissance ou qu’Il demande à boire à une Samaritaine, la première réponse, chaque fois, c’est « comment » ; l’homme est toujours prêt à raisonner, toujours prêt à dire « comment ».

Eh bien, le Seigneur ne se laisse rebuter ni par le « comment » de Nicodème, ni par le « comment » de la femme samaritaine et Il continue son travail. Il a une autre parole à dire à cette femme, c’est celle que nous avons au verset 10 : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive ».

Le Seigneur présente le don de Dieu, d’une part, et, d’autre part, Il se présente lui-même comme le Donateur. Dans le chapitre 3, le don de Dieu, c’est la personne même du Fils : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » au chapitre 4, c’est le Saint Esprit dont l’eau est une figure : « fontaine d’eau, jaillissant en vie éternelle » ; et en parlant à cette femme de l’eau, en lui demandant à boire, le Seigneur voulait la conduire à la connaissance de ces vérités concernant le Saint Esprit comme « fontaine d’eau, jaillissant en vie éternelle : « Si tu connaissais le don de Dieu et celui qui te parle… » ; le Seigneur ne dit pas : qui je suis, l’expression aurait pu être dans sa bouche, mais Il se présente en grâce.

Il est là dans l’humilité la plus profonde : « qui est celui qui te parle » – et Il n’ajoute pas : tu lui eusses donné de l’eau aussitôt, non, mais « tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ». Ensuite, Il va lui parler de l’eau vive, fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.

Dans le travail de Dieu l’amour est en exercice (Jean 3. 16). Que ses serviteurs montrent aussi l’amour divin en exercice ; c’est l’amour divin qui conduit le Seigneur vis à vis de cette âme.

C’est l’amour qui sait servir à la gloire de Dieu. Le Seigneur a gagné la confiance de cette femme. Elle a connu qu’Il n’était pas un Samaritain, qu’Il était un Juif, et elle a dit : tiens, voilà quelqu’un qui ne me méprise pas, qui ne me fait pas sentir sa supériorité. Cette attitude du Seigneur ne nous juge-t-elle pas ?

La manière de faire du Seigneur nous étonne ; elle étonne la femme, elle étonne les disciples : « ils s’étonnaient de ce qu’il parlait avec une femme ». C’est tellement la tendance naturelle du cœur de l’homme d’établir des règles, des principes, des façons de faire selon ses propres pensées, que lorsque le Seigneur Jésus se présente et qu’Il va directement au cœur, Il étonne ; cela, en effet, nous sonde !

Dans l’esprit de la femme samaritaine, il s’agit simplement des distances que la vanité de l’homme établit entre les diverses classes de personnes, quelles qu’elles soient (ici, c’est sur le plan religieux, entre Juifs et Samaritains).

Eh bien, le souci que nous devons avoir, c’est de ne pas faire sentir une distance quelle qu’elle soit. Quand nous serons remplis de l’amour de Dieu par le Saint Esprit nous le réaliserons. On ne le réalise pas une fois pour toutes ; il faut être exercés. On ne peut le réaliser qu’en se tenant pour soi-même dans la présence de Dieu.

Cela fait ressortir toute l’abomination des hiérarchies ; c’est une abomination affreuse. « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » ; c’est un principe immuable dont on doit se souvenir continuellement.

Avant de pouvoir servir selon l’exemple du Seigneur, il faut avoir été à la place de la Samaritaine, avoir eu affaire avec lui. Si nous sommes abreuvés par cette eau vive dont Il parle, alors, l’Esprit de Christ nous fera passer par-dessus les distances qui peuvent exister, fera disparaître tous les préjugés et les pensées des hommes.

Et cet abaissement, cette humilité réelle, parfaite, dont le Seigneur nous donne l’exemple ne peut pas être le fruit d’une décision volontaire. L’imitation de l’humilité n’est pas meilleure aux yeux de Dieu qu’un orgueil découvert. Il faut faire très attention à cela. De même, l’imitation du dévouement n’a aucune valeur aux yeux de Dieu. Les seules choses qui comptent aux yeux de Dieu, c’est ce dont nous voyons les traits brillants, parfaits, en Christ, c’est ce que Dieu produit en nous, « ce qui était vrai en lui et ce qui est vrai dans les siens » : le dévouement produit par Dieu, l’humilité produite par Dieu, manifestations du nouvel homme toujours et jamais du vieil homme ; ces choses manquent beaucoup aujourd’hui parmi nous ; il faut bien le dire, elles sont beaucoup perdues parmi les frères par rapport à des générations antérieures.

La nature de nos devanciers n’était pas meilleure, mais ils avaient plus d’exercice pour que les fruits de la réalité divine soient manifestés. Aujourd’hui nous suivons le même chemin, extérieurement : on travaille, on sert, mais la qualité n’est plus la même parce qu’on ne boit pas aux mêmes sources. Ne nous encourageons donc pas à une imitation humaine du dévouement, à une imitation humaine de l’humilité ; tout cela disparaîtra, mais encourageons-nous à réaliser l’humilité que la présence de Dieu produit dans le croyant et qui se traduit par le dévouement dans la dépendance.

L’influence de la Parole et de l’Esprit, même sur l’homme naturel, est indiscutable, les familles des chrétiens ont un caractère différent de celui des familles des inconvertis même si tous les membres ne sont pas chrétiens, il y a une influence extérieure dont ils bénéficient. Dans les milieux où la Bible est lue elle imprime un cachet connu dans le monde entier ; mais cela n’implique en aucune manière un effet vital. Il y a là inconsciemment une imitation, un reflet de la nature divine.

Mais nous, croyants par grâce, gardons-nous d’imiter des choses extérieures c’est du dedans au dehors que nous devons les réaliser, c’est au-dedans que le travail de la grâce de Dieu doit se faire et quel travail que celui de la grâce de Dieu en nous !

En 1 Corinthiens 15. 10, Paul peut dire : « J’ai travaillé beaucoup plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi ».

Un serviteur peut avoir fait une visite, rencontré une âme dans un mauvais état et accompli dans la dépendance le service du Seigneur et ensuite faire tout le contraire ; on n’a pas un état acquis pour toujours ; la dépendance dans le service doit être un exercice constant. Le danger des habitudes existe en tout, dans le service en particulier ; le Seigneur n’avait pas d’habitudes. La vie chrétienne n’a pas une seule habitude.

Il est bien écrit : « ceux qui, par le fait de l’habitude, ont les sens exercés à discerner le bien et le mal », mais cela veut dire : par la pratique, nous n’avons pas à vivre d’habitudes. Le service n’est pas un métier ; s’il devient un métier, il n’est plus un service. Mais dans la chrétienté, on a trouvé plus commode de transformer les services en professions, alors que le service chrétien suppose, comme la vie chrétienne elle-même, un exercice constant.

Au reste, nous voyons bien, par la diversité des attitudes du Seigneur combien il faut être, à nouveau, dans chaque cas, dépendant.

Il peut arriver qu’on recule devant un service à accomplir parce qu’on recule devant l’exercice préalable qu’il suppose. Dans ce cas, on est paresseux. Une vie de service, c’est une vie de communion continuelle avec le Seigneur ; pour servir il faut être avec lui avant l’accomplissement du service, pendant celui-ci, et ensuite, car ensuite, il y a des dangers, quand le service a été accompli. Servir, c’est être avec lui.

Remarquons que nous ne sommes pas appelés à choisir les services à accomplir. Le Seigneur n’a pas choisi ; tout son service était celui qui était tracé devant lui. Nous n’avons pas à choisir et que de fois, néanmoins, nous le faisons. Ne reculons pas devant une visite ou un service parce que nous avons peu d’affinités avec la ou les personnes intéressées, ou bien parce que ce service nous appellerait à aller dans l’ombre et que nous aimons nous mettre en relief. Le Seigneur place devant nous le secret d’un grand bonheur : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé ».

D’autre part, le dévouement manque beaucoup. Il faut un après-midi pour aller faire une visite, pendant qu’on fait cela on ne fait pas autre chose. Ou bien, même si on n’a pas autre chose à faire, on peut préférer sa quiétude à la peine que, toujours, suppose une visite.

Un autre enseignement nous est donné ici : le Seigneur est seul ; il n’y a pas d’entraînement dans le service ; on peut sans doute s’encourager et faire le service à deux cela se voit, bien sûr ; mais le service à deux n’exclut en aucune manière la dépendance pour chacun.

C’est pour cela que le service à deux est beaucoup plus difficile à réaliser que le service individuel à cause de la tendance à marcher l’un avec la foi de l’autre. C’est très difficile de réaliser la dépendance individuelle dans un service à deux.

On a un peu tendance aujourd’hui, même parmi nous, à pousser des personnes dans le service ; nous ne trouvons jamais cela dans l’Écriture ; on ne doit ni s’y pousser soi-même ni en pousser d’autres ; on fait broncher quelqu’un en le poussant au service ; sa foi peut n’être pas au niveau que le service suppose.

Le fait qu’un service à deux soit très difficile à remplir ne veut pas dire qu’il ne puisse pas être rempli. Notons que le Seigneur a envoyé ses disciples deux à deux, mais remarquons aussi que cela donnait au message qu’ils annonçaient, un message final, un caractère officiel : deux témoins de la part du Seigneur.

Dans un service à deux, les deux ne sont généralement pas sur le même plan. L’esclave de Jonathan portait ses armes ; en apparence il n’a pas fait grand-chose ; c’était un soutien pour Jonathan ; cela correspond à un ami qui prie pour le service d’un serviteur. Quand Paul travaillait, avec Barnabas, ils n’étaient pas sur le même plan, il n’y avait pas de jalousie entre eux, chacun avait sa part, celle de Paul était plus en vue ; c’était bien pour lui que Barnabas soit avec lui. Timothée a travaillé avec Paul, un jeune avec un plus âgé ; le plus jeune était formé en collaborant au service de celui qui était plus âgé.

Les exemples sont instructifs par leur diversité, et instructifs à l’égard du sujet qui nous occupe ; Marc a commencé et n’a pas tenu et même Barnabas, une personne de si grande valeur, se sépare d’avec Paul (Act. 15. 39 et 40). Et Paul peut dire qu’il n’y a personne que Timothée qui soit animé d’un même esprit avec lui. Le service à deux était donc difficile même en ce temps-là.

Le Seigneur appelle un serviteur ; chaque serviteur est appelé spécialement ; cela n’exclut pas les collaborations, au contraire ; mais elles ne peuvent être heureuses que si chacun a été appelé comme s’il avait été seul. Quelqu’un peut suivre un serviteur, et ce peut être selon la volonté de Dieu, pour son instruction, cela peut faire partie de l’école de Dieu. Il n’y a pas de règle, évidemment, sauf la règle de la dépendance.

Nous lisons que Paul a voulu que Timothée aille avec lui, mais nous lisons aussi que le don de grâce du service lui avait été donné par prophétie et par l’imposition des mains du corps des anciens. Certainement l’Esprit a parlé le premier, comme c’est le cas aussi à Antioche. Là où il y a de la piété il y a des vocations qui viennent de Dieu, comme nous le trouvons en Ésaïe 6 : « qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? Et je dis : Me voici, envoie-moi ». C’est Dieu qui l’envoie.

Ce fait que l’appel doit être de Dieu est d’autant plus important à considérer qu’on a tendance à l’oublier. Tout serviteur doit accomplir son service par sa foi personnelle, même s’il le fait en collaboration avec d’autres ; il doit l’accomplir par sa foi personnelle, ce qui exclut les entreprises générales, collectives, pour lesquelles on s’accommode d’un mélange de personnes dont certaines peuvent être appelées et d’autres pas.

Nous ne trouvons pas d’entreprises générales de service dans l’Écriture et cette remarque est de toute importance aujourd’hui. Le Seigneur est le Maître du service et c’est de lui que tous dépendent et doivent dépendre directement ; cela n’exclut d’ailleurs pas le secours matériel donné pour le service et qui manifeste la communion à son sujet.

Aujourd’hui, dans ce monde, on voit de plus en plus des directions collégiales et cette tendance gagne du terrain dans les milieux chrétiens, parce que la conformité au monde les envahit de plus en plus ; cette méthode dans l’œuvre de Dieu est en opposition avec ce que l’Écriture nous enseigne.

En aucun cas, un frère ne doit pousser un frère mais il peut lui aider. Si le premier frère a du discernement et qu’il craigne Dieu, il peut dire : voilà, un jeune frère qui a reçu du Seigneur quelque chose ; il priera d’abord pour lui, l’encouragera, mais sans le pousser ; pousser quelqu’un c’est le faire broncher, c’est le placer dans une position dans laquelle il n’est pas appelé.

Et cela est le cas, à plus forte raison, si l’on veut entreprendre des activités collectives au milieu des frères, peut-être même avec des éléments qui ne sont pas de vrais chrétiens. Comme cela est dangereux ! Ce ne serait pas selon l’Esprit. il faut, au départ, et uniquement, la volonté du Seigneur, alors que dans une entreprise la chair est encouragée au lieu d’être combattue ; les entreprises sont généralement fondées sur l’existence et le jeu de la volonté personnelle qui est en dehors de la dépendance et de l’obéissance au Seigneur.

Nous devons bien désirer qu’il y ait, dans les assemblées, une ambiance telle que l’Esprit puisse s’exprimer comme dans l’assemblée d’Antioche où il y avait des prophètes et des docteurs (Act. 13. 2). « Et comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit : Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés ». Ce ne sont ni les prophètes ni les docteurs qui ont envoyé Barnabas et Saul ; mais une atmosphère de piété a permis à l’Esprit d’exprimer clairement la volonté divine c’est en cela, que ces serviteurs ont été aidés.

Il existe deux grands dangers relativement à l’activité dans le service : le premier, c’est d’être porté à dire : comme Dieu fait tout, je ne fais rien – c’est la chair qui dit cela. Dans ce cas, on est paresseux purement et simplement. N’oublions pas que Dieu fait par les siens comme dans les siens, c’est scripturaire.

L’autre danger, opposé, c’est d’entreprendre et de faire sans un réel, constant et profond exercice. Que Dieu nous garde de ces deux dangers ! Car si nous voulons remplacer la paresse par un zèle volontaire, par du dévouement humain, un mélange de qualités humaines, cela n’est certainement pas selon Dieu.

Il est certain qu’une atmosphère de piété est évidemment désirable, d’une manière générale, dans les assemblées. L’Esprit peut alors agir sans être contristé et si, peut-être nous avons à souffrir de faiblesse et de manquement dans l’exercice du service, d’une activité selon Dieu, cela vient de ce que, d’une manière générale, notre niveau spirituel a baissé et de ce que l’état des assemblées ne correspond pas à ce qu’il devrait être, selon la pensée de Dieu ; cela a une répercussion inévitable sur le travail, sur l’activité des serviteurs, et cela peut être un obstacle au déploiement de la puissance de l’Esprit par le moyen de ceux que le Seigneur veut employer dans son œuvre.

Il y a donc une responsabilité d’ensemble, une responsabilité de chacun comme faisant partie de l’assemblée du Seigneur. Il faut que chacun y pense si nous voulons que l’œuvre du Seigneur puisse s’accomplir par le moyen de ceux qu’il a qualifiés pour cela.

Puisque nous parlons de service, rappelons enfin la parole du Seigneur que : « Nul ne peut servir deux maîtres » qu’il nous soit donné de nous arrêter devant tout ce qu’elle comporte et que nos seuls motifs soient vraiment, véritablement, l’amour du Seigneur, exclusif de toute pensée, volonté ou intérêt personnels !

Nous avons considéré le début de l’entretien du Seigneur avec la femme samaritaine et nous avons été conduits à dégager quelques pensées en rapport avec le service du Seigneur et la manière dont il l’accomplit, et nous avons considéré comment ses gloires ont brillé dans son abaissement et dans la façon dont il a rempli ici-bas son service. Nous l’avons vu s’adressant à la femme samaritaine, lui présentant une demande en rapport avec ses circonstances mêmes, une demande qui n’a aucun écho dans le cœur de cette femme, qui ne l’amène pas à donner, mais qui provoque de sa part une question : Comment…?

Le Seigneur poursuit son travail et s’adressant à son intelligence lui dit ce verset que nous avons considéré : « Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ». C’est en quelque sorte une explication que le Seigneur lui donne ; Il ne lui parlait plus de l’eau qui était dans le puits, mais d’une eau vive, le Saint Esprit, fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.

Cette femme ne comprend pas davantage, son intelligence est fermée et cela montre bien que si nous voulons faire comprendre à quelqu’un par l’intelligence les vérités de l’évangile, nous n’aboutirons généralement pas au résultat que nous désirons ; l’intelligence humaine ne peut pas saisir les choses de Dieu, elle ne peut pas les comprendre une intelligence renouvelée peut seule entrer dans le domaine des choses divines et, pour que l’intelligence d’une personne soit renouvelée et puisse entrer dans ces choses, il faut d’abord que cette personne ait cru.

Il faut d’abord croire, c’est le premier point. Quand nous avons cru, alors notre intelligence spirituelle peut s’ouvrir et les choses de Dieu nous sont révélées : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jean 11. 40). C’est le principe que nous trouvons partout dans l’Écriture. L’intelligence d’un incrédule ne peut donc pas recevoir les choses de Dieu même si elles sont expliquées de la façon la plus claire et la plus compréhensible ; elles restent un domaine fermé à l’intelligence de l’homme.

Cette femme ne comprend pas, elle pose encore une autre question : d’où as-tu donc cette eau vive ? Elle n’a pas compris que l’eau vive dont le Seigneur lui parle ici, c’est autre chose que l’eau du puits. « Tu n’as rien pour puiser, le puits est profond, d’où as-tu donc cette eau vive ? » Alors Jésus souligne la différence entre l’eau du puits qui ne désaltère pas à jamais et l’eau qu’il peut donner, et qui désaltère à jamais.

La femme ne comprend toujours pas et l’effet des paroles du Seigneur n’est pas encore de l’attacher à lui-même, de produire en elle la foi qui s’attache à un objet ; au contraire, elle ne voit que la possibilité pour elle de ne plus être obligée de revenir à la fontaine. « Donne-moi cette eau afin que je ne revienne pas ici pour puiser ».

Il n’y a aucun attachement produit pour la personne du Seigneur. En fait il n’y a encore aucun sentiment de produit dans le cœur de cette femme ; il faudra que sa conscience soit atteinte pour que le travail de Dieu se fasse en elle ; et c’est bien là l’important, quand Dieu s’adresse à quelqu’un, il faut que la conscience soit atteinte ; alors le travail de Dieu peut se faire dans le cœur.

Eh bien, le Seigneur va toucher la conscience de cette femme et en même temps son cœur. Il est merveilleux de voir la délicatesse du Seigneur vis-à-vis de cette femme : il agit avec grâce et vérité. La vérité lui est présentée mais par celui qui est amour elle est présentée avec une touchante douceur, sans aucun reproche ; le Seigneur lui montre qu’Il connaît tout son passé, mais Il lui a montré auparavant combien Il s’intéresse à elle. Après s’être adressé à elle, lui ayant montré qu’Il ne méprise pas le triste état où elle est, sans lui avoir fait le moindre reproche, Il lui présente la vérité en des termes tellement simples et naturels que la femme est convaincue et touchée.

L’homme inconverti ne peut connaître ni la paix, ni le repos tant que la question de son péché n’a pas été réglée, de même un croyant qui a manqué ne peut pas connaître la communion avec le Seigneur ni avoir la connaissance de ses pensées tant que la question de son manquement n’a pas été réglée.

Le début de l’entretien du Seigneur avec la femme samaritaine, cet échange de paroles empreint de beaucoup de délicatesse de la part du Seigneur, est un heureux acheminement pour arriver au résultat que le Seigneur voulait produire, mais ce résultat ne sera produit que lorsque cette femme sera placée en présence de son péché.

Il paraît surprenant qu’après ce que le Seigneur a dit à cette femme sur l’eau du puits de Jacob et sur la fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle, tout aussitôt le Seigneur, comme interrompant, en quelque sorte, l’entretien, lui dise : « Va, appelle ton mari et viens ici ». Quel rapport cela avait-il avec ce qui précédait ? En apparence il n’y en avait aucun ; mais, en fait, c’était le nœud de tout. « Va, appelle ton mari », et le Seigneur ajoute aussitôt, car Il ne repousse pas : « Viens ici ». Il veut la placer dans la lumière.

« Tu veux la vérité dans l’homme intérieur » (Ps. 51. 8) – mais en même temps il déploie le trésor de sa grâce. S’il l’appelle à venir devant lui, ce n’est pas pour la condamner mais bien plutôt parce qu’Il veut user de grâce. Seulement, il ne peut user de grâce que quand il y a la confession des péchés. Cette confession des péchés n’est pas produite tout de suite chez cette femme ; elle éprouve une certaine honte et la honte souvent cache le mal ; elle n’ose pas confesser son péché ; elle répond : « je n’ai pas de mari ». C’est une flèche que le Seigneur a lancée dans sa conscience : « Va, appelle ton mari et viens ici » ; la femme écarte la flèche : « Je n’ai pas de mari ».

Elle pense avoir réglé la question, avoir évité que son passé soit mis à nu, que son état soit dévoilé, mais aussitôt le Seigneur lui montre qu’Il est au fait de tout, qu’Il connaît toutes choses, qu’elle ne peut rien lui cacher. « Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari, en cela tu as dit vrai », en cela seulement. Alors, la femme est convaincue ; elle a été amenée par la parole du Seigneur en présence de celui aux yeux de qui toutes choses sont nues et découvertes, de sorte qu’elle pourra dire un peu plus tard : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».

Le Seigneur n’agit pas toujours exactement de cette façon ; cette femme était accablée, puisqu’elle venait au puits au milieu du jour, c’est-à-dire à l’heure à laquelle elle devait ne rencontrer personne. Elle avait honte et n’osait pas rencontrer ses semblables. Cela explique la manière dont le Seigneur s’occupe d’elle. Sa situation était publiquement connue et elle en portait la honte, de sorte qu’elle était, à cet égard, spécialement sensible ; le moindre manque de tact spirituel, moral, aurait effarouché cette âme et l’aurait fait fuir.

Mais il peut y avoir des cas où il faut moins de ménagements ; il y a une grande variété d’états d’âme, et, par conséquent, une grande variété dans la façon dont on doit s’occuper de quelqu’un ; c’est là d’ailleurs le grand secret des soins pastoraux qui constituent un des services les plus difficiles, par cela même ; ils requièrent une science que le Seigneur seul peut donner. Mais quels que soit le processus et, l’ensemble de ces soins, le résultat doit être le même, en fin de compte ; deux éléments fondamentaux doivent être touchés : le cœur, et la conscience, ou la conscience et le cœur ; et la restauration – ou bien la conversion – ne sont pas des réalités tant que la conscience n’a pas été atteinte. Il faut tenir cela très ferme.

En ce qui concerne les personnes inconverties qui sont comme des morts à l’égard de Dieu et sourds à ses appels, ils n’ont rien que la mort en eux, comment pourraient-ils être touchés si ce n’est par la conscience qui constitue une brèche, une porte, un passage pour la lumière divine ? On ne saurait trop insister sur ce point.

Dieu n’a pas permis que l’homme tombe en chute sans acquérir cette faculté mystérieuse, universelle, qui échappe à l’analyse, qui se trouve chez les païens les plus endurcis comme chez les chrétiens les plus endurcis par la profession chrétienne et comme chez les chrétiens les plus spirituels, ce fait mystérieux qui fait partie de l’homme : la conscience. C’est là la supériorité de l’homme et, en même temps, la démonstration permanente de sa chute. Il a une conscience, elle peut être endurcie, obscurcie, mais elle est là. Toute lumière dans l’homme entre par la conscience, ne l’oublions jamais.

La femme samaritaine se met à discourir ; le Seigneur lui parle de choses profondes ; elle le suit en apparence sur ce terrain ; de même, bien des personnes parleront volontiers des mystères de Dieu, de Dieu, de l’Église, elles suivront le chrétien sur ce terrain, mais attention ! Que Dieu accorde à ce chrétien de mettre, pour ainsi dire, le doigt sur sa conscience en prononçant une parole qui tout à coup va les atteindre au vif dans leur conscience, leurs discours s’arrêtent. L’homme raisonne, il peut disserter très savamment et très habilement, il a un esprit, une intelligence – il est très fier de les avoir – il se croit supérieur par cela ; il l’est ; mais il a une autre faculté, et c’est celle sur laquelle Dieu agit, c’est la conscience : tu as fait ceci, cela ; nous allons en parler.

Aucun homme ne résiste à cela, pas un seul homme n’accepterait que ce qu’il a fait soit publié sur les murs de sa maison ; personne ne pourrait supporter cela, plutôt la mort ! Discourir sur le mal, sur l’enfer, sur Dieu, tout le monde le fait, c’est une forme d’intellectualisme qui existe du haut en bas de l’échelle sociale mais s’entendre dire : tu es un pécheur, nous allons mettre à nu ton état de péché, dire un peu ce que tu fais, c’est insupportable absolument.

Pour confesser un manquement, une faute, il faut que la grâce de Dieu le produise. Nous parlons d’une confession selon Dieu, car il y a des confessions humaines. Judas a dit : « J’ai péché » et il va se pendre ; le Pharaon, Saül, disent : « J’ai péché », cela ne les a pas fait changer. Leur conscience parlait, mais ils n’étaient pas, moralement, dans la présence de Dieu. Retenons donc ceci, qu’il y a en n’importe quel homme, qu’il soit très dur, très orgueilleux, ou très fort pour parler, un élément sur lequel les chrétiens peuvent agir, si Dieu veut l’amener à sa connaissance.

Quand quelqu’un a été touché par Dieu dans sa conscience, il parle moins, l’abondance de ses paroles est tarie, son habileté à parler et à discourir sur tous les sujets, même sacrés, prend fin ; cette âme se trouve devant Dieu ; elle a vu… elle se trouve devant celui qui lui fait voir ce qu’elle est, et cela personne ne le supporte à moins qu’il réalise la présence de Dieu.

Nous avons besoin, comme chrétiens, de nous en souvenir ; c’est le nœud, le cœur de la question. Nous sommes tous très forts pour disserter sur la question générale du bien et du mal, mais lorsqu’il s’agit de moi, c’est un tête à tête que l’on ne recherche pas. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est facile à dire ; mais réaliser combien moi je suis vil, c’est autre chose !

Ce travail de la conscience doit être très profond ; le Seigneur ne se contente pas d’un travail superficiel ; le travail a commencé dans la conscience de la Samaritaine quand Il lui a dit : « Va, appelle ton mari et viens ici ». Cette parole était une flèche atteignant sa conscience ; mais le travail de la conscience commençait seulement ; la femme essaie de secouer la flèche et de s’échapper en disant : « Je n’ai pas de mari ».

Le Seigneur poursuit son travail, Il sonde la conscience, Il va plus loin ; Il montre à cette femme qu’Il est au fait de tout, qu’Il sait tout parfaitement ; les hommes de son entourage ne savaient pas si elle avait eu trois, quatre ou cinq maris. Le Seigneur connaît tout et peut dire à cette femme : « Tu as eu cinq maris » ; voilà le travail de conscience approfondi et qui amène cette femme dans la lumière de Dieu ; de sorte qu’elle peut dire : « Je vois » ; ses yeux sont ouverts ; « Je vois que tu es un prophète ».

Mais souvent, quand une âme est amenée là, elle cherche à s’isoler ou essaie de détourner la conversation. Souvent, quand une âme est ainsi travaillée dans sa conscience, qu’elle est placée en présence du péché et que ce travail de la conscience se fait de plus en plus profond, elle cherche à détourner la pointe de l’épée en parlant de sujets religieux ; il semble bien que cette femme ait abordé un tel sujet pour détourner l’entretien : « Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites que c’est à Jérusalem qu’il faut adorer ».

Bien des personnes aujourd’hui posent la question : Où faut-il se réunir ? Comment vous réunissez-vous ? Comment adorez-vous ? Et pourquoi y a-t-il tant de dénominations chrétiennes et où est la vérité ?

Voilà une discussion religieuse engagée pour détourner la pointe de l’épée afin que le travail de conscience ne se fasse pas. Eh bien, le Seigneur produira un travail de conscience complet ; il saura l’accomplir jusqu’au bout dans la conscience de cette femme et les résultats en seront manifestés.

Ne pensons pas que ce travail de conscience accompli dans cette femme doive être moins profond chez un homme qui a eu une marche extérieure impeccable et qui n’aura pas sombré dans les péchés qui avaient marqué ou rempli la vie de cette femme ; c’est là que l’erreur est si courante. Nous n’avons pas besoin de nous être jetés dans le fossé pour apprendre ce que nous sommes ; et le Seigneur doit nous atteindre d’une façon aussi profonde qu’Il atteint cette femme, même si nous sommes de très braves gens, comme en général, dans la moyenne, c’est le cas des chrétiens aux yeux des hommes, et ces chrétiens, hélas, écoutent souvent complaisamment ces déclarations approbatives : Ce sont de braves gens, sérieux ; ils ne font pas de bruit.

Nous, nous recevons cela comme un encens. Mais le Seigneur ne nous parle pas comme cela ! Et même si ce témoignage rejaillit sur son peuple à la gloire du Seigneur, ce sera justement parce que lui nous aura tenu un autre langage et nous ne nous jugerons pas ainsi ; nous n’aurons pas eu nécessairement des irrégularités de conduite comme celles de cette femme, mais nous aurons eu certainement des péchés aussi graves.

Il y a d’ailleurs un péché courant, grave, universel, que nous nourrissons tous très volontiers et qui s’appelle l’orgueil ; il a mille visages ; de plus il y a la racine de tous les péchés : la volonté propre ; elle est la racine de tous les péchés, petits et grands, et il faut que le Seigneur nous aide à juger cette racine, et c’est d’autant plus difficile qu’on croit être un très brave homme, approuvé à droite et à gauche ; on a besoin de recevoir une flèche qui aille jusqu’au fond de la conscience.

Paul dit : « Je sais qu’en moi c’est-à-dire en ma chair il n’habite point de bien » ; il ne dit pas : nous savons ; car ce n’est pas un fait général pour les chrétiens, mais : je sais. Le Seigneur avait mis le doigt sur les ressorts qui étaient à la base de l’activité de Paul. Cela est certainement plus rare aujourd’hui ; c’est une leçon qui, nous le sentons, est moins profondément et moins largement apprise et enseignée qu’autrefois.

Si nous désirons jouir du Seigneur, nous devons avoir une expérience semblable à celle de cette femme ; nous goûterons alors la joie qui a rempli son âme. Son âme est remplie de joie. Veut-on voir l’exemple d’une libération ? En voilà une ; les chaînes de cette femme sont brisées sur-le-champ. Si nous voulons connaître une telle libération, demandons au Seigneur qu’il nous atteigne dans tous nos ressorts secrets.

Nos devanciers nous ont enseigné, cette leçon si sérieuse ; lisons-les, ils nous le disent encore ; d’autres, qui ne l’ont pas écrit, nous l’ont appris verbalement. Mais on dira que tous les chrétiens sont plus que parfaits d’un seul coup, qu’ils vont être bien contents de ce qu’ils sont. Précisément, seuls les chrétiens qui savent ce qu’ils sont dans leur nature, et qui en gardent conscience, peuvent se glorifier en Christ (2 Cor. 12. 5).

Nous avons rappelé plus d’une fois ceci : Les frères ont le privilège de pouvoir penser à eux avec un mépris silencieux, voilà ce que nos devanciers ont dit, au lieu d’avoir une bonne opinion de nous parce que nous sommes des gens sérieux, penser à nous avec un mépris silencieux, ce qui n’empêchera pas que le Seigneur fasse son travail en nous et que nous puissions dire comme cette femme : Je connais celui qui est mort sur la croix, Il est celui même qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; Il m’a donné de l’eau vive qui est le symbole et le secret du bonheur.

Voilà bien pourquoi nous avons moins de joie que les frères qui nous ont enseignés, parce que nous sommes contents de nous-mêmes alors que nous devrions seulement nous glorifier en Christ. Cet état, dont nous avons à nous éloigner, s’est déjà trouvé il y a bien longtemps ! Job a dû apprendre à s’en juger : c’était un homme intègre, extérieurement sans tâche, et tout le monde le louait ; seulement, il le savait et il se louait lui-même. Il faut lire ce livre. Le Seigneur s’occupe de lui et lui envoie une série de désastres, et Job reste aussi fidèle qu’avant ; à la fin de ses désastres Job était encore plus content de lui parce qu’il pouvait dire, comme Satan le lui suggérait : tu as tenu bon, tu as été fidèle à Dieu, tu es un homme comme il n’y en a pas d’autres.

Mais Dieu lui envoie une autre sorte d’épreuve sous la forme de ses consolateurs fâcheux, et le fond du cœur de Job est manifesté. Alors Dieu met le doigt-sur la conscience de Job, et Job est amené à dire en quelque sorte : Il m’a dit tout ce que j’ai fait ; et « J’ai horreur de moi ». Il n’y a rien de comparable dans la vie chrétienne à cette forte et indispensable leçon ; c’est un progrès d’une valeur, d’une importance qui ne sont surpassées que par la conversion. Voilà ce que nous devrions rechercher.

Les frères devraient être des exemples d’hommes qui proclament, par leur façon d’être : L’homme, en lui-même, le vieil homme, c’est fini ; Dieu en a assez, nous aussi. Et quand nous annonçons la mort du Seigneur, le dimanche, nous n’annonçons pas seulement que le Seigneur est mort pour nous ouvrir le ciel, mais que si Jésus est mort, nous aussi nous sommes morts avec lui, ayant été condamnés à mort ; nous proclamons notre condamnation à mort et en même temps notre résurrection en lui.

Il n’y a pas grand bien dans des condamnés à mort : Voilà ce que nous avons à apprendre. Que le Seigneur nous garde tous, frères et sœurs, dans cette orientation et y engage les jeunes. Tout ce qui ne reconnaît pas cela, c’est de la fumée pour les narines, comme dit le prophète.

Que personne n’hésite à considérer de près ces choses Ce n’est pas en les regardant de loin qu’on fait des progrès, mais en les regardant de près… Chacun a beaucoup de choses à apprendre.

Ce qui marquait cette femme, c’était l’inconduite ; mais, encore une fois, l’égoïsme, n’est-ce pas également un affreux péché. Et ce qui mène le monde : l’orgueil, la bonne opinion de soi ! Et l’amour du monde, les mille formes de l’amour du monde, l’amour des grandeurs, de ce qui est grand parmi nous ! alors que nous proclamons dans la mort de Christ que tout ce qui paraît grand dans l’homme est mis à mort.

Dans l’Ancien Testament, deux fois au moins (à propos du lépreux et de la génisse rousse) on mettait ensemble dans la mort le cèdre et l’hysope et l’écarlate, ce qui est grand, ce qui est petit et ce qui est brillant aux yeux des hommes. Sommes-nous exercés sur tous ces points, chers amis ? Est-ce que nous luttons contre nos tendances ou est-ce que nous les nourrissons ? Voilà toute la question !

Lutter contre elles, c’est avoir Dieu avec soi, et l’on est heureux ; si on les nourrit, on a en cela même, Dieu contre soi. Nous devrions être les témoins permanents, ayant appris cela de la part du Seigneur comme Il l’apprit à cette femme, que le premier Adam est mort ; c’est un homme mort ; nous ne connaissons que le dernier Adam, le second homme venu du ciel. Si les frères ne savent pas cela avec réalité, ils n’ont pas de raison d’être !

La femme samaritaine a conscience d’avoir entendu de la bouche du Seigneur la parole de Dieu ; elle a conscience que c’est Dieu qui lui a parlé. Les prophètes étaient porteurs de la parole de Dieu et elle dit : « Je vois que tu es un prophète ». Celui qui prononce de la part du Seigneur, au moment même où il lui enseigne à le faire, la parole qui atteint la conscience, a placé l’âme en présence de Dieu, il lui a apporté une parole de Dieu, et cette âme a conscience que c’est, non pas un serviteur, mais Dieu qui lui a parlé ; elle considère ainsi le serviteur comme un prophète.

C’est aussitôt après, comme nous l’avons remarqué, que cette femme introduit la controverse en évoquant la rivalité religieuse qui existait entre Garizim et Jérusalem. « Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer ». Elle ne se doutait pas que, malgré les réponses qu’elle pouvait faire et le désir qu’elle avait d’échapper à l’action qui s’opérait en elle et atteignait au fond de sa conscience, le Seigneur poursuivrait son travail à travers tout cela.

C’est encourageant pour nous de savoir que le Seigneur poursuit son travail en nous et que « Celui qui a commencé en nous une bonne œuvre l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » malgré l’opposition plus ou moins marquée que nous pouvons y faire. Cette femme ne se doutait pas qu’elle allait entendre de la bouche du Seigneur les paroles si élevées qui nous sont rapportées ici. Il pourrait sembler que le Seigneur aurait dû choisir un apôtre distingué comme Pierre ou Jean, ou Nicodème, ou un Joseph d’Arimathée, ou d’autres encore… c’est une femme samaritaine qu’Il a choisie pour lui révéler ces vérités si importantes et si bénies concernant le culte, pour lui dire ces paroles que nous rappelons si souvent : « Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité ».

C’est la femme samaritaine qui a entendu de telles paroles de la bouche du Seigneur ! et cela nous dit en particulier que ces vérités concernant le culte peuvent être données à connaître – c’est très important à remarquer – à quelqu’un dès que sa conscience a été touchée, à toute âme qui a été amenée à la connaissance de son état de péché, qui peut dire : Seigneur, je vois. Elle a en effet du discernement spirituel parce que sa conscience a été réveillée.

Le Seigneur a déjà présenté les vérités concernant la nouvelle naissance (ch. 3) et le Saint Esprit, fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. Pour adorer, il faut non seulement être né de nouveau, mais aussi la puissance de l’Esprit Saint ; c’est par le Saint Esprit seul que nous pouvons adorer, selon la pensée de Dieu, en esprit et en vérité.

Remarquons en outre que c’est le Père qui désire être adoré. Il faut aujourd’hui connaître Dieu comme Père pour pouvoir l’adorer comme Il le désire. Et cela rend d’autant plus évident que si quelqu’un du monde peut assister au culte des enfants de Dieu, il ne peut pas y prendre part. Si on voulait associer le monde au culte des enfants de Dieu, ce serait un feu étranger.

D’autre part, si les vérités concernant l’adoration que nous trouvons dans ce chapitre avaient été révélées par le Seigneur à Nicodème, à ce personnage plein de science qui n’était pas le premier venu, ou à un autre homme haut placé, c’eût peut-être été décourageant pour la masse des chrétiens ou simplement pour ceux qui sont pénétrés du sentiment de leur misère. On aurait pu penser qu’une classe privilégiée, une élite seule aurait le droit, ou plutôt le privilège de l’adoration.

Mais Dieu choisit la femme la plus méprisée pour faire connaître sa pensée à ce sujet et cela nous fait comprendre que le privilège de l’adoration est offert à ceux qui ont été les plus misérables, et c’est tout à fait ce qu’il faut. Ceux qui useront le mieux du privilège de l’adoration, ceux qui adoreront le mieux, ce sont ceux qui savent le plus profondément ce qu’ils étaient et ce que Dieu a fait d’eux. Ces pauvres pécheurs, comme cette femme, on les verra dans la gloire de Dieu ; on verra les immenses richesses de la grâce, ce qui est d’ores et déjà un motif d’adoration.

Dans sa réponse, la femme samaritaine montre que, pour elle, ce que le Seigneur dit est revêtu d’une autorité divine qui la saisit. Il en est ainsi chaque fois qu’un service fidèle est accompli, en particulier le service de prophète par lequel, sans même que celui qui l’exerce connaisse l’état d’âme de l’auditoire auquel il s’adresse, des âmes pourront être atteintes avec le sentiment d’une autorité divine… non pas seulement par la prédication des vérités mais par leur application à leur conscience.

C’est exactement le service du prophète tel que nous le trouvons en 1 Corinthiens 14 et c’est un service si utile qu’il est dit : « Désirez avec ardeur des dons spirituels et surtout de prophétiser ».

Il serait très désirable que ce service s’exerce dans le rassemblement des saints, réalisant un travail profond et profitable dans les âmes et pour l’état général des assemblées. C’est ainsi que la parole ne glisse pas sur l’âme, et on n’est pas dans le même état après qu’avant. Il faut prier pour que la présence du Seigneur soit réalisée (le Seigneur est présent en esprit) et l’Esprit Saint nous fait réaliser sa présence.

Nous n’avons pas le Seigneur comme il se trouve dans cette scène du chapitre 4, mais nous l’avons mieux dans ce sens que l’Esprit Saint nous fait réaliser sa présence, de sorte que ce travail accompli vis-à-vis de cette femme peut se produire de la même façon dans le rassemblement. Pourquoi les réunions ne seraient-elles pas aussi heureuses et avec des effets aussi marqués que dans cette scène ?

Il n’y a pas de raisons pour qu’il n’en soit pas de même ; il faut avoir beaucoup à cœur le bien des âmes et, pratiquement, leur bien dans et par les réunions. Combien il serait désirable que, pour chaque réunion, les frères et sœurs prient à l’avance chacun chez soi ; les frères et les sœurs ne veulent-ils pas être exercés à cet égard !

Est-ce, que, souvent, les personnes qui demandent à prendre leur place à la table du Seigneur ne la demandent pas uniquement pour obtenir un privilège, ou même simplement une sorte de laissez-passer pour toutes les assemblées ? C’est triste quand il en est ainsi. Prendre sa place, c’est aussi s’engager sur un chemin de service et de dévouement.

Il n’y a pas une jeune sœur, un jeune frère ou une sœur ou un frère âgé qui ne devrait avoir à cœur de façon précise le bien de chaque réunion… ou alors pourquoi nous réunissons-nous ? Voilà une des raisons pour lesquelles il y a de la langueur dans une réunion d’assemblée : on oublie de prier le Seigneur pour qu’Il nous fasse réaliser sa présence là, au milieu de nous. Il est là, selon sa promesse, Il n’a pas changé et Il veut nous faire éprouver sa présence comme dans cette scène.

Nous comptons trop sur nos habitudes de nous réunir, on oublie que le Seigneur doit être là et sa présence réalisée et ainsi, nous aggravons notre état. Nous sommes appelés à réaliser un grand travail de cœur relativement aux réunions, comme Epaphras qui combattait toujours par ses prières. Il ne faut pas croire que les frères qui parlent sont les seuls à porter les responsabilités des réunions ; chacun les a. Il faut dire cela aux jeunes qui demandent leur place : qu’êtes-vous ? Une aide ou une entrave ?

L’activité des frères qui prennent la parole sera précisément utile dans la mesure où il y aura eu un exercice collectif, des prières de la part de chacun des frères et sœurs à propos des réunions et de la vie de l’assemblée. Cet exercice, sans doute, manque beaucoup dans les assemblées ; le travail de l’Esprit est entravé, on agit par habitude ; il y a des frères qui ont l’habitude d’agir et quelquefois se font violence pour dire quelque chose alors qu’ils n’ont rien à dire.

Mais si la plupart des cœurs étaient exercés et savaient s’attendre au Seigneur, le Seigneur ne pourrait pas ne pas répondre à l’attente des siens ; ayons des consciences exercées à cet égard ! Il est particulièrement frappant que nous ayons ici d’abord l’exercice de la conscience et ensuite les vérités concernant le culte. Nous trouvons cette même succession de pensées à propos de la cène. Avant d’instituer la cène le Seigneur adresse aux disciples une parole qui avait précisément pour but de produire cet exercice de conscience : « L’un d’entre vous me livrera. Et, en étant fort attristés, ils commencèrent, chacun d’eux, à lui dire : Seigneur est-ce moi ? » (Mat. 26. 21).

L’exercice de conscience est nécessaire avant chaque réunion, pour chaque réunion et d’une manière spéciale pour la réunion de culte. Il faut que les consciences soient exercées et que nous soyons dans la présence de Dieu avec des consciences purifiées par le travail de la Parole de Dieu.

Pourquoi ne voyons-nous pas davantage de conversions nettes ? Pourquoi ne voyons-nous pas généralement, au milieu de nous, le travail du Seigneur s’effectuer comme dans cet entretien direct du Seigneur avec la Samaritaine ? C’est sans doute parce que nous ne savons pas laisser le Seigneur s’occuper d’une âme et que nous nous plaçons facilement entre l’âme et le Seigneur comme si nous nous estimions absolument indispensables.

Le Seigneur peut se servir de serviteurs, mais il peut s’en passer ; les serviteurs ne sont rien en eux-mêmes. Si nous étions vraiment exercés pour toutes nos réunions et dans nos rapports avec les âmes au contact desquelles Dieu nous place, nous pourrions être, à l’occasion, ce par quoi une âme peut être bénie. Sur ces points, nous péchons et manquons de diverses manières ; soit que nous nous contentions de présenter des lieux communs sans aucun intérêt pour les âmes, soit que nous présentions les choses à rebours.

Ce n’est pas en couvrant d’une approbation affectueuse quelqu’un qui a besoin d’être atteint dans sa conscience que nous lui serons en aide ; le Seigneur ne fait pas ainsi avec la Samaritaine ; Il ne lui présente pas une désapprobation dure, mais Il sonde sa conscience, la lame acérée de la Parole est entrée dans cette âme et c’est ce qui est indispensable ; aucun travail n’est fait sans cela. Il s’agit de vie ou de mort, du ciel ou de l’enfer ; c’est sérieux à un degré infini. Le Seigneur prenait son travail au sérieux. Il nous faut faire ainsi.

Il nous sera demandé compte de la façon dont nous aurons associé la grâce et la vérité. Il y va du salut d’une âme, de son sort éternel ! Remplissons notre service avec crainte et humilité, laissons le Seigneur faire son travail et prions-le en intercesseurs, ne contribuons pas à faire qu’une âme passera à la légère sur ce sur quoi Dieu ne veut pas qu’elle passe à la légère. Nous savons par expérience – plus ou moins pauvrement hélas – que c’est ainsi qu’entre dans une âme la bénédiction, le bonheur, Dieu lui-même.

Cette parole : « Seigneur, je vois que tu es un prophète » prononcée par la femme samaritaine après que le Seigneur eut mis à nu devant elle son état, nous fait comprendre que tout ce qui concerne la vieille nature en nous doit être mis de côté avant qu’il soit question du culte. Il faut que la Parole agissant dans le cœur et la conscience produise pratiquement un effet destructif de tout ce qui est du vieil homme en nous ; la chair qui, devant Dieu, a pris fin à la croix de Christ, n’a aucune place dans le culte ; si elle se manifeste, c’est, de toute évidence, un feu étranger offert sur l’autel et non pas le culte en esprit et en vérité.

Nous savons comment l’Éternel est intervenu lorsque Nadab et Abihu présentèrent un feu étranger sur l’autel. Qu’il n’agisse plus de la même manière aujourd’hui, ne veut pas dire qu’il puisse accepter ce que l’homme dans la chair pourrait prétendre lui présenter. C’est dans la puissance de la vie nouvelle, par l’Esprit de Dieu, que le croyant peut adorer. Le Saint Esprit, cette eau vive dont parlait le Seigneur à la femme, agit pour développer les affections du nouvel homme et pour produire ce culte qui monte vers Dieu, vers le Père, comme un parfum de bonne odeur : Dieu est connu comme Dieu, ses droits sont reconnus, maintenus – où l’ont-ils été d’une manière plus grande, plus profonde qu’à la croix de Christ ?

C’est là qu’ils ont été revendiqués – la position du croyant devant Dieu est connue et, d’autre part, la relation avec Dieu comme Père est goûtée – par l’Esprit nous disons : « Abba » c’est-à-dire : Père. Ainsi nous pouvons rendre culte par la puissance de l’Esprit, adorer le Père en esprit et en vérité.

On prétend quelquefois dans la chrétienté que Dieu n’a pas donné dans sa Parole d’enseignements concernant le culte et que la chose est laissée à la responsabilité de chacun. Eh bien, c’est absolument faux. Ce passage nous montre, à l’évidence, que Dieu, dans sa Parole, s’est exprimé de façon que sa pensée puisse être connue des siens, et qu’ils réalisent, dans la puissance de l’Esprit qui juge tout ce qui est de la chair en nous et qui développe les activités du nouvel homme, ce culte en esprit et en vérité qu’il attend de ses chers enfants.

Ces révélations, semble-t-il, ne touchent guère la femme samaritaine ; il ne semble pas qu’elle soit entrée dans ce que le Seigneur a présenté ; il semble qu’elle avait abordé le sujet pour essayer d’arrêter ce travail de conscience (un travail de conscience est toujours douloureux), et quand le Seigneur a exposé ces vérités si élevées concernant l’adoration, cette femme ajoute : « Je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu il nous fera connaître toutes choses ».

Elle semble donc ne pas recevoir entièrement ce que le Seigneur lui dit, elle semble ne pas être convaincue et elle attend la venue du Messie pour régler toutes choses. C’est alors que le Seigneur se présente à elle et se fait connaître à elle. C’est une personne qu’elle a maintenant devant elle : « Je le suis, moi qui te parle » ; après toutes les questions qu’elle a posées, le travail opéré en elle, le Seigneur se présente à elle comme une personne et c’est une personne qui va maintenant captiver son cœur. Le travail que le Seigneur devait produire en elle est achevé et cette femme va pouvoir s’engager dans un service pour le Seigneur. Ce travail fait, elle peut servir.

Cette femme laisse là sa cruche dans laquelle on peut voir le symbole de ses occupations qui formaient la sphère bornée de sa vie, l’image d’une misère sans nom pour un être humain créé à l’image morale de Dieu, son horizon était là et la voilà arrachée à cette misère ! Et puis, elle, qui jusque-là se cachait, va au-devant des hommes sans avoir honte ; la joie qui la remplit ou la laboure remplace la honte qui la faisait se cacher. C’est toujours un bon signe.

La présence de Dieu nous fait faire des choses que jamais nous n’aurions cru pouvoir faire ; c’est une puissance qui est au-delà de toute puissance humaine, et si une âme n’a pas connu quelque chose de cela on peut douter que le travail de Dieu se soit accompli en elle.

Nous chantons parfois que « l’amour éternel, insondable de Jésus Christ m’arrache à la mort, à la terre ». Il faut peser ce que cela veut dire ; est-ce que c’est vrai qu’Il m’arrache à la mort, à la terre, à moi-même ? sinon nous sommes de faux riches, nous paraissons être riches et nous sommes pauvres pratiquement : nous paraissons avoir des trésors plein les mains et en réalité nous ne les avons pas saisis.

Nous avons considéré différents caractères du service en parlant du service du Seigneur maintenant nous allons trouver une femme qui va s’engager dans ce service, elle va être un ouvrier dans cette ville où elle avait été méprisée.

Il peut paraître que le Seigneur aurait pu choisir d’autres instruments pour annoncer l’évangile dans cette ville que cette pécheresse eh bien, c’est elle qui sera l’ouvrier qualifié, envoyé par le Seigneur pour annoncer l’évangile dans cette ville, c’est à elle qu’Il a annoncé les vérités concernant le culte, c’est elle qui va présenter Christ aux âmes.

Elle était venue auprès du Seigneur au puits de Sichar avec une cruche vide ; elle s’en va le cœur rempli et son fardeau ôté, entièrement dégagée de ce qui pesait sur sa conscience, entièrement libérée, dans la puissance de la vie nouvelle qu’elle possède maintenant et elle peut dire aux hommes de la ville : « Venez ». Elle les invite à venir à lui : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». La grâce et la vérité sont la substance du message qu’elle présente.

Elle reprend les paroles du Seigneur que nous trouvons dans le premier chapitre : « Venez et voyez » ; c’est la parole même que le Seigneur avait dite aux deux disciples de Jean qui le suivaient. Elle reprend les paroles du Seigneur « Venez, voyez », comme l’a fait aussi Philippe en parlant à Nathanaël ; elle veut amener à Christ les hommes de la ville et les placer dans la lumière de Dieu – les amener à Christ, non pas pour que leur vie passée et tout ce qui les caractérise soit caché, mais qu’au contraire tout soit mis dans la lumière de Dieu : « Un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».

Autrefois, elle se cachait, s’isolait de tous, avait peur de se montrer, ne voulait pas qu’on parle de sa misère, de son péché ; maintenant elle n’a aucune honte : « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». Quel travail s’est accompli chez cette femme : Elle a été sondée par la puissance de la Parole, sa conscience a été profondément atteinte et elle a été amenée en présence de la personne de Christ. Elle connaît les vérités concernant l’adoration, elle est maintenant un serviteur qualifié par le Seigneur pour présenter son évangile.

Il semble opportun de revenir sur la question du culte qui est la caractéristique du témoignage du Seigneur quel qu’il soit, qui devrait être un caractère distinctif, essentiel de tous les chrétiens considérés individuellement comme enfants de Dieu.

Dans l’Ancien Testament le service sacerdotal était réservé aux sacrificateurs : Aaron et ses fils, selon un choix que Dieu avait fait ; eux seuls avaient le droit de toucher aux choses saintes ; pour les autres il y avait une distance, les lévites venaient d’abord et ensuite, encore plus loin, le peuple ; tandis que maintenant, les vrais croyants, quelque jeunes qu’ils soient, font partie de la famille sacerdotale, c’est-à-dire de la famille qui offre les sacrifices ; le mot sacrifice signifie : ce par quoi on est approché de Dieu. Chaque chrétien est appelé à être adorateur et devrait le savoir.

Dans une assemblée locale – expression de l’Église tout entière, frères et sœurs sont des adorateurs, des sacrificateurs.

Ils ont le privilège, le droit par grâce, d’entrer dans la demeure de Dieu ; le voile est déchiré maintenant et nous entrons dans les lieux saints ; le culte s’offre dans les lieux saints, il se rend dans le ciel même, exclusivement dans le ciel, c’est le service céleste et éternel.

Notre cantique est juste : « Nous entrons dans le ciel même pour t’adorer en ce jour ». Nous sommes sur la terre quant à nos corps, mais par la foi et spirituellement, nous jouissons du ciel et cela n’est pas une illusion ; notre âme peut être remplie de ce qui est dans le ciel, et ce qui peut le produire c’est le Saint Esprit et la Parole ; nous réalisons la présence de Dieu par le Saint Esprit ; ce sont des réalités, c’est divin.

Vous ne ferez jamais comprendre à un inconverti ce que c’est que d’être né de nouveau ni qu’un chrétien jouit de la relation d’enfant de Dieu ; de même que vous ne saurez faire comprendre à quelqu’un qui ne sait ce qu’est l’adoration quelle est la joie d’entrer dans le ciel même, une joie d’une qualité telle qu’il n’y a pas de joie plus grande pour les croyants, c’est une joie goûtée dans les lieux saints.

C’est la joie suprême parce que, dans les lieux saints, nos âmes sont remplies de Dieu et non pas par un effort de pensée, mais par la plénitude du Saint Esprit qui nous fait jouir de ce qu’est Dieu, nous remplit de ce qu’est Dieu et c’est de cette plénitude que jaillit la louange, l’adoration de nos cœurs qui se répandent en actions de grâces ; ceci n’est pas une doctrine, c’est une activité, un état d’âme : nous contemplons Dieu, moralement parlant, et ce n’est pas du mysticisme mais une réalité vivante et puissante dans l’âme.

Rendre culte n’est pas à proprement parler bénir Dieu parce qu’on est lavé dans le sang de Christ et le remercier parce qu’on est sauvé ; le culte est plus que cela, c’est la joie que le cœur des saints ne peut pas contenir quand ils jouissent de Dieu, c’est une effusion des cœurs que Dieu remplit ; cela sera réalisé en perfection dans le ciel. Le culte est évidemment lié à l’offrande de Christ, sans laquelle nous n’aurions pas de sacrifice spirituel à présenter ; voilà pourquoi la cène est liée au culte ; mais on peut adorer en dehors de la célébration de la cène. Il serait souhaitable que dans des réunions comme celle-ci il y ait une part d’adoration pour le Père et le Fils… Mais gardons-nous des vaines redites et des formules sans réalités !

Le culte de la famille sacerdotale qu’est l’Église devrait jaillir spontanément. Voilà pourquoi il est parlé de l’eau qui jaillit : manifestation de l’activité du Saint Esprit. On ne devrait jamais savoir d’avance ce qu’on pourra avoir à exprimer au culte, et le frère qui ouvre la bouche est la bouche de l’assemblée, il n’exprime pas ses pensées à lui. C’est pourquoi c’est l’état général de l’assemblée qui importe dans la réalisation du culte et des services divers dans l’assemblée.

C’est à ce service de l’adoration que nos devanciers tenaient peut-être le plus, considérant que c’était le caractère essentiel du témoignage ; on trouve déjà ce trait distinctif chez les croyants revenus de la captivité de Babylone. La première chose qu’ils font c’est de relever l’autel. Le peuple de Dieu est un peuple choisi pour adorer Dieu ; Dieu d’abord, les services autres que le sien après, tandis qu’on fait souvent, hélas ! le contraire.

Et dans la chrétienté, même dans les milieux évangéliques, tous les autres services passent avant, de telle manière que l’adoration manque absolument. Or, si un seul service devait subsister sur la terre, il est évident que, pour tous les chrétiens, ce devrait être le service vis à vis de Dieu, pour la joie de Dieu, sa gloire et notre joie en lui.

Mais Dieu seul peut délivrer de cette erreur qui consiste à attribuer plus de valeur au service dont l’homme est l’objet qu’à celui dont Dieu seul est l’objet.

En adorant Dieu, les saints ont ce sentiment profond que le premier Adam est éliminé à jamais ; ne lui reconnaissons aucune place et soyons exercés pour l’éliminer pratiquement. Nous ne pouvons pas adorer le dernier Adam qui est mort sur la croix, qui est maintenant dans la gloire et en même temps reconnaître le premier Adam ; notre cœur ne peut pas être un temple qui offre une place pour l’un et pour l’autre. Le cœur de l’Église ne le peut pas non plus.

Il n’y a rien qui conserve ce sentiment de la mise de côté du premier Adam, avec ses qualités comme avec ses péchés, comme l’esprit d’adoration. Voilà pourquoi la mise de côté du premier Adam est une chose abandonnée dans beaucoup de milieux chrétiens : on trouve que cela va trop loin ; cela va, en effet, très loin, puisque la mise de côté de l’homme est complète. Puissions-nous être exercés pour faire des progrès dans ce sens.

«  Nous… rendons culte par l’Esprit de Dieu » nous dit l’apôtre Paul (Phil. 3. 3). L’Esprit Saint conduit le culte en esprit et en vérité, nous présente les gloires de Christ les perfections et la grandeur de son œuvre, et nous le disons au Père ; il ne peut pas y avoir de culte rendu selon la pensée de Dieu autrement que par l’activité du Saint Esprit ; il n’est pas une aide, car seul il peut produire dans le cœur des adorateurs ce parfum agréable au cœur du Père ; on ne peut rendre un culte réel à Dieu si ce n’est par l’Esprit de Dieu.

La cène est le centre du culte : la mort du Seigneur. C’est ce dont elle nous parle, toujours actuelle devant Dieu. Au ciel, au milieu du trône, nous verrons l’Agneau (le sacrifice) comme immolé (c’est à dire sa mort). Nous venons alors avec une conscience purifiée, reconnaissant, en célébrant la cène, que Christ est mort et que nous sommes morts avec Lui. Par ailleurs, Pour la gloire de Dieu, il n’y a rien de plus grand.

C’est ainsi seulement que nous pouvons adorer, le nouvel homme, la vie nouvelle dans le croyant, manifestant ce fruit de la puissance de l’Esprit de Dieu : la louange montant comme un encens de bonne odeur. Mais nous devrions adorer sans cesse ; le croyant, individuellement, peut adorer constamment et il devrait le faire, le cœur du croyant devrait sans cesse être rempli de reconnaissance et faire monter vers Dieu des louanges incessantes : « Offrons donc par lui sans cesse à Dieu » – non pas seulement le dimanche matin à la réunion de culte – un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ».

Et comme nous l’avons dit nous pouvons être amenés à rendre culte dans les réunions d’édification, ou d’entretiens sur la Parole, ou dans les réunions de prières. Cependant, n’oublions pas que chaque réunion a son caractère propre : si, dans le culte, nous offrons à Dieu nos sacrifices de louange, dans la réunion de prières nous nous adressons à Lui pour demander et dans la réunion d’édification nous recevons de Lui.

Il est très important – et il faut le souligner – d’être débarrassé dans le culte de ce qui nous concerne, non pas seulement de la chair, mais des pensées les meilleures que nous ramenons à nous-mêmes. Souvent, hélas, notre culte ne va pas au-delà de ce qui nous concerne, nous parlons de notre délivrance, de nos privilèges, de nos bénédictions, de ce que Dieu a fait pour nous par l’œuvre de Christ et, en fait, nous n’avons pensé qu’à nous.

Il arrive souvent que la réunion de culte est terminée sans que nous ayons vraiment présenté Christ à Dieu, selon ce qu’Il est pour lui, ni exalté le nom de Christ, ni proclamé la grandeur de son œuvre, ni célébré ses gloires. Oui, il arrive souvent que la réunion soit terminée sans que nous ayons effectivement célébré les gloires du Père et du Fils, nous n’avons pensé, avec égoïsme, qu’à notre propre délivrance, à nos propres bénédictions. Dans ce cas, nous avons, sans doute exalté la grâce dont nous avons été et sommes les objets, mais le culte doit aller beaucoup plus loin.

Si vraiment nous entrons dans le ciel, si nous jouissons du sanctuaire, alors nous contemplerons Christ et nous ne parlerons que de lui à Dieu le Père, nous exalterons son nom ; parlant de l’œuvre de la croix, nous ferons briller sa gloire, la gloire de Dieu, du Père, et nous pourrons ainsi, dans toute la puissance de l’Esprit, faire monter dans le sanctuaire des accents qui exalteront le Père et le Fils.

L’adorateur devait autrefois – et ce n’est pas écrit seulement pour Aaron et ses fils, mais pour nous au moins autant que pour eux – se garder de toutes boissons fortes et choses semblables. Nous devons donc, pour être adorateurs, pour réjouir le cœur du Père, le cœur de Christ, et pour goûter notre joie, cette joie qui est aussi la source de notre force la plus sûre, nous devons veiller à rejeter tout ce qui est représenté par ces boissons fortes, toute excitation, tout ce qui nourrit la chair, (nous ne parlons pas ici de la chair caractérisée par des choses que tout le monde rejette et condamne, mais nous en parlons dans ce qu’elle a d’apparemment noble et excellent et dont elle se vante) veillons de même à rejeter toute mondanité…

Voilà de grandes entraves au culte. Nous devrions être des gens parfaitement dépouillés d’eux-mêmes et très heureux de l’être, parce que, si nous sommes dépouillés de ce que la chair et le monde nous donnent, eh bien, dans la même mesure, nous serons remplis de Dieu, de Christ. Et s’il en est ainsi, le culte jaillira de nos cœurs sans effort vers le Père et vers le Fils.

Dans l’adoration que nous sommes appelés à réaliser, le Père a la première place et ceci, sans qu’il soit fait de règle, nous porte à considérer que la réunion de culte commencera normalement par la louange au Père. Au lieu de cela, nous voyons parfois des réunions de culte dans lesquelles nous n’adorons pas le Père… On louera l’Agneau, on adorera le Seigneur, mais il n’y aura rien pour le Père.

Cela arrive plus souvent de nos jours que dans les jours où il y avait plus de forces : il est toujours plus difficile de rendre culte au Père ; cela suppose la jouissance de notre relation avec le Père, un état d’âme plus élevé, la jouissance de la liberté des enfants de Dieu, du Père lui-même. Dans les cantiques des milieux évangéliques extérieurs au témoignage, la louange au Père tient très peu de place et les cantiques que nous possédons, quoique plus spirituels, trahissent eux-mêmes que nous savons bien peu présenter la louange au Père. Or « il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père » (Apoc. 1. 6), et dans les versets que nous considérons le Seigneur parle d’adorer le Père en esprit et en vérité.

Si nous étions en meilleur état, si nous nous tenions au niveau spirituel, moral, qui est celui du sanctuaire – nous ne devrions pas en avoir d’autre – certainement la louange au Père tiendrait une plus grande place ; les sentiments exprimés seraient plus simples, il y aurait plus d’effusion, nos accents seraient plus spontanés. Le culte n’est pas un exposé de doctrine. Adorer, c’est exprimer – fût-ce sans paroles – à la fois la joie, l’amour, la reconnaissance… la joie dans la contemplation de Dieu, et une joie qui s’exprime en parlant à Dieu. Ce n’est pas proprement qu’on parle de Dieu, on parle à Dieu, au Seigneur et c’est le privilège le plus élevé.

Que le culte soit le bouillonnement du cœur pour Dieu (Ps. 45. 1) ne veut pas dire qu’il soit le fruit de la sentimentalité, bien au contraire. La sentimentalité n’est autre chose que l’excitation de la chair, c’est ce à quoi conduit l’abus du vin et des boissons fortes, spirituellement parlant. Tandis que le vrai culte vient du cœur renouvelé du fidèle, dans lequel l’Esprit du Seigneur agit, et qui s’ouvre devant Dieu.

Si dans le Deutéronome, l’adorateur devait rappeler, à la gloire de Dieu, l’état duquel il avait été tiré et s’il nous appartient de faire de même, il ne convient pas, pour autant, de s’appesantir, dans le culte, sur les infirmités qui nous caractérisent ; ce n’est pas le moment d’en être occupé. C’est une chose humiliante que nous sachions si peu adorer dans nos jours de la fin. L’adoration est relative à ce que Dieu est : on bénit Dieu pour ce qu’il est, et ce que Dieu est, est inépuisable pour l’âme : nous rendrons culte à Dieu éternellement.

Nous louons le Père qui a ressuscité Jésus et l’a fait asseoir à sa droite, juste et glorieuse récompense des souffrances qu’Il a endurées, et nous louons le Fils. Quelle merveille que d’entrer dans ces pensées ! comme cela nous sort de tout ce qui est de l’homme et de la terre ! Dans quel monde cela nous fait entrer ! Dans quel univers ! Dans quelle éternité ! Et c’est ainsi que, lorsque nous reprenons contact avec les réalités de la vie sur la terre, eh bien cette entrée dans le ciel nous a beaucoup aidé à traverser les choses en étant moins entamés par elles nous sommes très heureux en Dieu ; c’est un grand secret, peut-être le seul vrai secret pour être gardé de tout ce qui nous égare si facilement.

Oui, quelle heureuse portion que celle de l’adorateur, quelle source de joie, de force, de sanctification ! On a pu dire que Dieu s’en sert pour nous renouveler, nous faire faire des progrès. Dieu se sert pour cela de trois grands moyens principalement : la prière, la Parole et aussi le culte, la cène.

Ne faisons pas du christianisme un ensemble de vérités, une sorte de catéchisme, dont nous pouvons penser qu’il nous abritera, nous aidera à traverser les difficultés, les tentations ; le christianisme, c’est : Dieu avec nous, Christ en nous. Voilà ce qu’est le christianisme : Christ en nous pour réaliser le ciel, tout en étant sur la terre.

Quelqu’un disait : montrez-moi un homme plein de Christ, alors je vous montrerai un homme qui saura comment adorer.

Nous pouvons donc, nous humilier de ce que, dans la profondeur du travail de cœur et de conscience et dans l’intelligence de la position où la grâce nous a amenés comme enfants du Père et adorateurs, nous soyons si peu avancés. Nous avons si peu, d’une part, cette connaissance profonde de nous-mêmes, de ce que nous sommes, comme une conviction qui devrait aller croissant d’un jour à l’autre – c’est le secret du bonheur – et, d’autre part, l’intelligence de notre position auprès du Père et devant lui comme adorateurs.

On dirait que, dans les jours de déclin où nous sommes arrivés, le ciel s’est refermé pourtant Jésus l’a ouvert… On dirait que, dans les jours de ruine où nous sommes, nous ne voulons pas suivre le Seigneur dans le ciel, nous sommes rétifs à suivre le Seigneur dans le ciel, de même qu’à le suivre sur la terre, portant sa croix !

Quand nous nous arrêtons devant certains cantiques, nous disons : quel chrétien que celui qui a composé ces cantiques ! Quel état d’âme extraordinaire ! Combien je me sens loin de cela ! Comment se fait-il que des chrétiens aient eu le cœur assez débordant pour exprimer cela ! Nous nous sentons souvent repris lorsque nous chantons leurs cantiques… par exemple ce verset : « Descends du ciel, nos âmes te désirent… ».

La présence du Seigneur devrait être aussi tangible et réelle pour nous qu’elle l’était pour cette femme samaritaine, nous devrions peut-être même en avoir le sentiment plus profond parce que le Saint Esprit est en nous. Il est bon de nous arrêter, chacun pour soi, sur ces paroles : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux », et de les peser un peu devant Dieu. Si nous réalisions vraiment la présence du Seigneur, on ne pourrait pas se résoudre à s’en aller, on trouverait les réunions trop courtes, alors qu’on les trouve souvent trop longues…

Seulement, le niveau de la réunion de culte, dans laquelle nous sommes appelés à goûter d’une manière toute spéciale la présence du Seigneur, correspond, d’une façon générale, au niveau spirituel de l’assemblée. Nous pouvons bien désirer que nos réunions de culte aient un caractère plus élevé, que notre culte réponde mieux à la pensée de Dieu ; eh bien, pour cela, il faut que le niveau spirituel de l’assemblée s’élève, nos âmes étant davantage nourries de Christ.

Si nous habitons et possédons en réalité les lieux célestes et en recueillons les fruits, c’est à dire s’il y a une vie spirituelle nourrie chez les frères et chez les sœurs – ce qui suppose le jugement de soi-même réalisé soigneusement chaque jour -, nous goûterons chaque jour la paix et la joie du sanctuaire et, le dimanche, nous pourrons vraiment réaliser ensemble, par l’Esprit, le service d’une sainte sacrificature, pour offrir sans distraction d’esprit « des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ ».

Ainsi, lorsque, dans un rassemblement, nous souffrons du caractère du culte, commençons par considérer où nous en sommes, et avant tout où nous en sommes nous-mêmes personnellement ; il peut y avoir autour de nous des plaies à soigner, à panser, et c’est un travail qui échoit à ceux que le Seigneur a qualifiés pour cela ; mais en dehors des cas particuliers qui peuvent nécessiter l’exercice de soins pastoraux nous avons à réaliser chacun pour soi le jugement de nous-mêmes.

Si chacun des frères et sœurs réalisait cela et désirait vivre chaque jour plus près de Christ, le niveau de nos réunions de culte s’élèverait et nous réaliserions bien davantage, pour la gloire et la satisfaction de Dieu – et ce serait aussi notre indicible bonheur – ce que doit être le culte chrétien.

On a dit avec juste raison que le culte se rend dans le ciel, or il ne peut entrer dans le ciel que des fruits venant de Dieu ; nous avons à recueillir ces fruits dans une vie de communion avec Dieu. Remarquons, d’ailleurs, qu’il n’y a plus de religion terrestre depuis que Jérusalem a été détruite : l’Église s’est installée sur la terre, mais Dieu condamne cette position. Le seul Sauveur et Seigneur qu’il reconnaisse aujourd’hui est au ciel. Dieu rétablira la religion terrestre mais plus tard, pour le millénium.

Revenons un peu à la rencontre du Seigneur avec la Samaritaine : c’est en vivant près du Seigneur qu’on sent combien son cœur est sensible. Au commencement de ce récit, nous le voyons lassé du chemin, attristé de l’état de la Samaritaine, de la dureté du cœur de l’homme ; à la fin, le Seigneur est réjoui, en sorte qu’il parait oublier la faim du corps. Les disciples lui disent : « Rabbi, mange ». Il leur répond : « Moi, j’ai de la viande à manger que vous, vous ne connaissez pas » : faire la volonté de son Père, et, en rapport avec la scène que nous considérons, lui appeler des adorateurs.

Nous pouvons apprendre aussi par cette scène que les joies excellentes que nous trouvons avec Dieu, avec le Seigneur, sont exemptes de mysticisme, d’excitation ; le Saint Esprit nous fait garder l’équilibre. Nous pouvons avoir des joies supérieures en Dieu et en même temps être maintenus dans le meilleur équilibre, et même rendus sobres dans la marche de tous les instants.

Si nous étions dépendants il y aurait dans le culte un ordre pour ainsi dire parfait, pour la gloire de Dieu et pour la joie parfaite de nos âmes. On verrait quelque chose d’une beauté, d’une pureté, d’une grandeur incomparables qui ne tiendraient pas aux personnes qui sont là – tous de misérables pécheurs par eux-mêmes – mais qui tiendraient à la présence de Dieu. Soyons exercés à cet égard !

Le travail accompli par le Seigneur dans le cœur et la conscience de cette femme (dont le péché a été manifesté, découvert, dont la conscience a été atteinte) a révélé à celle-ci quelque chose de la personne du Seigneur. Elle a été amenée à la connaissance du Seigneur et elle a été instruite des vérités concernant l’adoration, l’adoration du Père en esprit et en vérité ; c’est ainsi qu’elle est devenue une servante zélée pour son Maître.

Le travail du cœur et de la conscience a précédé le service ; il devrait toujours en être ainsi. Elle a donc proclamé une heureuse nouvelle dans cette ville et l’évangile ainsi prêché a atteint plusieurs personnes puisqu’il nous est dit que « plusieurs des Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Le travail accompli par le Seigneur a conduit cette âme à faire entendre l’heureuse nouvelle.

Voilà un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il pas le Christ ? Elle a été placée en présence de Dieu, elle a connu Dieu révélé en Christ et d’autres âmes sont atteintes à leur tour ; voilà comment s’opère l’œuvre du Seigneur, comment le Seigneur se glorifie, et désormais les âmes s’attachent à lui : on le prie de demeurer là. C’est sa personne qui est recherchée et quand ils sont venus vers lui, ils le prient de demeurer avec eux ; le Seigneur y reste deux jours. Il est l’ouvrier, le serviteur parfait ; Il reste là deux jours ; d’autres seraient restés peut-être beaucoup plus longtemps, auraient dit voilà un champ d’activité : Ils auraient recherché la gloire qui vient des hommes.

Lui reste deux jours, Il est le serviteur parfaitement dépendant ; son service étant accompli dans cette ville des Samaritains, Il continue la mission qui lui est confiée, Il s’en va plus loin… Pendant deux jours l’œuvre de la grâce s’est accomplie et beaucoup plus de gens crurent à cause de ses paroles, de sorte qu’ils purent dire à la femme : « ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons, car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde ». Tout est à la gloire du Seigneur ; c’est sa gloire qui est proclamée tout disparaît pour mettre en évidence la gloire du Seigneur et c’est le résultat auquel devrait aboutir tout service accompli pour lui.

Comme cette scène nous le montre, la réalisation de la présence de Dieu ne fait en aucune manière appel aux ressources de l’homme ni à des éléments matériels. Dans l’économie Lévitique, les services religieux et les vêtements des sacrificateurs étaient somptueux, cela distinguait un homme ; il n’y a plus rien aujourd’hui qui distingue extérieurement un sacrificateur ou le service religieux lui-même. Et même les ressources de l’homme constituent des choses que l’on sent incompatibles avec cette sainte et glorieuse présence. Il n’est pas hors de propos de le rappeler aujourd’hui.

Dieu n’a besoin de rien d’extérieur et non seulement dans l’adoration, mais d’une façon générale, la puissance de Dieu et sa gloire sont purement, exclusivement, spirituelles. Dieu fait son travail. Il se sert d’instruments, de serviteurs, de servantes, mais Il ne se sert pas en eux de ce qui honore et glorifie le premier Adam ; Il se sert du nouvel homme. Il convient de méditer ce principe, cela règle beaucoup de choses.

Pourquoi aussi, par exemple, disons-nous : Je ne peux pas aller avec ces chrétiens…, tout en ayant ce sentiment profond, spontané : ils sont supérieurs à bien des égards, mais je ne peux m’associer à ce qu’ils font, à la manière dont ils le font, je ne peux pas… connaissant Dieu comme je le connais ? Et il ne faut jamais chercher à convaincre la volonté d’un homme ; Dieu brise la volonté d’un homme, jamais Il ne la convainc.

On pourrait dire aussi un mot de cette parole merveilleuse : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » ; dans notre petite mesure, cela devrait être vrai de chacun de nous ; nous avons une viande à manger, une nourriture qu’aucun homme du monde ne connaît. C’est le secret de la vie du chrétien.

Cette portion de l’Écriture nous a montré comment le parfait Serviteur s’adressait à, la conscience et au cœur de sa créature pour l’amener à « rendre culte par l’Esprit », à « adorer le Père en esprit et en vérité »… Puissions-nous, à l’exemple de cette femme, saisir la pensée de Dieu, et réaliser que notre part, présente et éternelle, est celle d’heureux adorateurs !

D’après Réunion d’études à La Rochelle 1958

PRENDRE SOIN LES UNS DES AUTRES

« Dieu a composé le corps… afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui » 1 Corinthiens 12. 24 à 26.

« Portez les charges les uns des autres, et ainsi accomplissez la loi du Christ » Galates 6. 2.

Il n’est pas toujours facile de mettre en pratique l’enseignement contenu dans ces versets, même dans le groupe de chrétiens avec lequel le croyant se retrouve habituellement.

Pourtant la Parole de Dieu nous appelle à vivre cet enseignement avec l’ensemble de tous les croyants. Le Seigneur désire que nous prenions conscience de la dimension universelle de la famille de Dieu et de ce qui nous lie à tous ses enfants, connus ou inconnus, quelle que soit leur origine.

Sommes-nous capables de prêter attention aussi aux croyants que Dieu nous accorde de rencontrer occasionnellement ? Quelques-uns peuvent se sentir incompris, même par les croyants, ou se trouver peut-être en marge de la société actuelle. Ils sont pourtant des enfants de Dieu et, comme tels, ils ont une grande valeur pour Lui « qui a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui (Jésus) ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16). Puisque Dieu les aime, ne serions-nous pas sensibles à la solitude, à la souffrance et aux difficultés qui les affligent ? Sommes-nous capables de les considérer sans préjugés, comme des frères et des sœurs aimés de Dieu ?

Dans diverses parties du monde, les chrétiens sont persécutés ouvertement et violemment, ou sont la cible de moqueries et de vexations. Ne manquons pas d’apporter notre soutien à ces frères ! L’exhortation suivante est valable et actuelle pour chacun de nous : « Ainsi donc, tant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10). « Quiconque aura donné à boire seulement un verre d’eau fraîche à l’un de ces petits, en qualité de disciple, en vérité, je vous dis : il ne perdra pas sa récompense » (Mat. 10. 42).

D’après « Il buon seme » – mars 2025