Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
Nous avons considéré, entre autres vérités, celle relative à la position de séparation qui est celle du témoignage et, en fait, nous avons dégagé les enseignements qui découlent de cette position de séparation. Le passage de 2 Timothée 2. 20 établit la position de séparation du témoignage.
Ce n’est pas parce que les frères, les sœurs ont eu la pensée de se réunir en dehors des dénominations chrétiennes déjà existantes et des organismes officiels que le témoignage a été constitué ; la pensée de Dieu, dès le commencement, était d’avoir un témoignage et le Saint Esprit travaille pour rassembler les âmes autour de Christ ; le témoignage se définit dans la sainteté, la vérité, l’amour, car l’Esprit est l’Esprit saint, l’Esprit de vérité, l’Esprit d’amour et garder l’unité de l’Esprit ne peut être réalisé en dehors du maintien de l’amour, de la sainteté de la vérité.
Et si dans la suite de l’histoire de l’Église, le témoignage du commencement a été terni par l’infidélité des témoins, Dieu, cependant, ne s’est jamais laissé sans témoignage au cours des siècles ; au travers des jours les plus sombres, Dieu a toujours eu ses témoins.
L’histoire de l’assemblée, telle que nous l’avons dans les chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, nous montre cette histoire de l’Église responsable depuis les premiers jours d’Éphèse jusqu’à la fin.
Le témoignage est établi dans la séparation. 2 Timothée 2 nous dit tout d’abord dans les versets que nous avons lus : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » ; ne pourrions-nous pas être préoccupés en disant mais pourquoi sommes-nous séparés ? Il y a des enfants de Dieu partout, pourquoi tant de barrières ? C’est une pensée qu’on entend souvent exprimer et on trouve chez beaucoup le désir de démolir les barrières afin que les enfants de Dieu soient un.
Sans doute la pensée de Dieu c’est que ses enfants soient un, unis, mais unis dans l’amour et dans la vérité. Il n’y a pas d’unité selon la pensée de Dieu en dehors d’un tel terrain. Il y a, sans doute, des barrières qui ont été élevées et qu’il faudrait jeter par terre, toutes celles qui résultent des pensées des cœurs naturels : orgueil, propre volonté, esprit sectaire autant de barrières qui doivent être démolies. Mais il y en a qui ont dû être placées et qui doivent être maintenues pour que le témoignage soit réalisé d’une manière pratique sur ce terrain de sainteté et de vérité et la Parole nous le déclare ici dans ces passages.
Nous pourrions être préoccupés en pensant à tous les enfants de Dieu dispersés çà et là ; mais la Parole nous dit : « le Seigneur connaît ceux qui sont siens » ; le Seigneur sait quels sont ceux qui lui appartiennent dans tous les milieux de la chrétienté sur la surface entière de ce monde ; Il les connait, ils font partie de l’Assemblée universelle et le Seigneur nourrit et chérit cette assemblée, il la purifie par le lavage d’eau par la Parole, il en prend soin, il connaît ses brebis nom par nom et prend soin de chacune d’entre elles.
C’est une pensée consolante : le Seigneur connait. Et notre responsabilité à nous est définie par cette invitation : « qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ». Voilà la responsabilité des fidèles. Ne nous mettons pas en peine ; s’il y a tant de croyants dans tant de dénominations, avec lesquels nous ne pouvons pas marcher et que Dieu connait, notre responsabilité, comme dans Hébreux 13. 13, est une responsabilité individuelle : « qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ».
Nous avons rappelé quels sont les principes qui caractérisent le camp : propre volonté ; Hébreux 13. 13 est lié aux deux versets qui le précèdent : « Christ a souffert hors de la porte » et le croyant est crucifié avec lui, c’est la fin de l’homme dans la chair.
Eh bien, tout ce qui porte la marque de la volonté de l’homme dans son état naturel, la chair, tout cela c’est l’iniquité. L’homme va dans ce chemin de propre volonté, celle-ci n’est pas toujours, en apparence mauvaise ; elle est mauvaise dans son principe parce que c’est la volonté de l’homme ; mais en apparence elle n’est pas toujours mauvaise.
Nous parlions de la bonne volonté de l’homme, celle-ci est une chose mauvaise dans son principe parce que c’est la volonté de l’homme : pratiquement la Parole de Dieu est bien maintenue sur certains points, elle n’est pas rejetée, mais elle n’est pas acceptée tout entière du commencement à la fin ; on ajoute, retranche, on tord les Écritures (souvent « à sa propre destruction »).
Si un croyant a compris qu’il se trouve dans un milieu ou, malgré de très belles apparences, il y a, au fond, de tels principes, sa responsabilité devant Dieu c’est de se retirer de l’iniquité s’il prononce le nom du Seigneur, c’est-à-dire s’il reconnaît les droits du Seigneur comme Chef de l’assemblée, il est responsable de se retirer de ce milieu et ensuite de se rassembler – non pas de rester isolé, mais de se rassembler – de « poursuivre la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ».
Voilà le rassemblement sur le terrain de la sainteté et de la vérité avec un seul but qui doit être poursuivi par tous ceux qui ont compris leur responsabilité de se séparer de l’iniquité et de se rassembler sur un terrain de sainteté et de vérité. Cela nous conduit au service et nos versets nous disent comment on peut être « un vase à honneur sanctifié, utile au maitre, préparé pour toute bonne œuvre ».
Il est bon de retenir ce qui nous a été dit sur ce qu’est l’iniquité, parce que volontiers on s’en tiendrait à la manifestation de choses que la conscience naturelle réprouve ; sans doute ce que la conscience naturelle réprouve est de l’iniquité et ne saurait être toléré, supporté dans l’Église, d’une façon générale dans le royaume de Dieu ; mais l’iniquité va beaucoup plus loin.
On peut très bien nous dire et on pouvait dire à nos devanciers les plus sérieux, les plus dévoués, les plus pieux… et on aurait pu dire à l’apôtre Paul : Mais, Paul, toi aussi tu as la chair – il aurait dit : J’ai la chair – mais il nous montre de quelle façon il traitait la chair en lui (la chair, non pas le corps physique) ; il nous montre aussi de quelle façon le Seigneur lui aidait à la tenir par terre il avait une écharde pour la tenir par terre ; pour être un bon témoin il avait une écharde.
Et, ainsi que cela s’est vérifié souvent dans le témoignage du Seigneur, plus le témoignage est selon le Seigneur, plus le Seigneur s’emploie à tenir les témoins qui le composent serrés de près ; il ne veut pas que l’on donne gloire à Dieu d’un côté et gloire à l’homme de l’autre.
L’iniquité donc, d’une façon générale, c’est la présence de la chair tolérée ou même encouragée dans le christianisme pratique ; au fond, l’iniquité, c’est la chair, partout. Nous ne trouvons, bien sûr, aucun lieu au monde ou là chair ne soit pas, aucun groupe de chrétiens au milieu duquel la chair ne se manifeste pas d’une manière ou d’une autre – il n’y aura qu’au ciel qu’elle aura entièrement disparu mais une grande différence intervient, qui fait que le Seigneur encourage, approuve, aide à discerner la chair, l’iniquité, et à la désapprouver.
Voilà ce qui fait un état de choses que le Seigneur aime, dont il s’occupe pour le purifier davantage. Tandis que là où un corps de chrétiens est établi avec, au départ et comme fondement, l’excitation de la chair, fût-ce sous ses formes supérieures, la chair ainsi étant nourrie et des droits lui étant plus ou moins reconnus, le Seigneur n’approuve pas cela. Il se pourra qu’il le supporte ; mais un chrétien éclairé par la Parole ne s’engage pas sur ce chemin-là, il ne veut pas perdre sa vie ; nous n’avons pas deux vies à vivre. Quand le chemin est fini, nous n’avons pas d’occasion pour le recommencer, c’est ce qui fait que c’est si sérieux.
Si, par notre volonté agissante, nous établissons quelque chose qui n’est pas selon le Seigneur, nous pourrons peut-être aller toute notre vie comme cela, et nous apercevoir trop tard, peut-être seulement au tribunal de Christ, que nous avons perdu notre vie.
Nous voyons donc que le principe défini par le mot iniquité va très loin. Nous ne parlons pas ici comme des gens qui ne courraient pas le danger d’admettre l’iniquité, car nous sommes tous ici sous le danger de la tolérer, tous également. Et ce n’est pas le rassemblement extérieur qui nous garde, la connaissance non plus ; Dieu seul nous garde.
Un autre enseignement qui est évident dans l’invitation « qu’il se retire de l’iniquité… » c’est que nous n’avons pas à balayer toute la terre, toute la chrétienté de l’iniquité, nous avons à nous retirer de l’iniquité. C’est de la prétention que de vouloir établir la paix sur la terre par l’évangile et c’est anti scripturaire.
Ce l’est aussi de vouloir rétablir l’Église dans son état primitif. Ce serait, dans un sens, faire quelque chose comme Caïn, toute proportion gardée, que de lever son front et ses yeux vers Dieu comme si l’Église était dans l’éclat de ses premiers jours, alors qu’il vaut mieux mettre le front dans la poussière et arroser le sol de nos larmes, vu l’état de l’Église. Cette dernière attitude est celle que le Seigneur aime !
Si on nous dit que c’est de la prétention de se séparer et qu’en cela nous jugeons les autres, nous pouvons répondre : pourquoi vous séparez-vous des malfaiteurs et des criminels ?
C’est une règle d’or divine que la séparation du mal– mal moral ou doctrinal. Se séparer du mal, c’est faire la déclaration publique que Dieu est contre cela, et s’en tenir le plus loin possible ; c’est aussi faire l’aveu de sa faiblesse, ce qui est exactement l’opposé de l’orgueil. Un des hommes les plus pieux que nous ayons connu a pu dire : Si j’avais été avec des voleurs, je serais probablement devenu un voleur. En voilà un qui n’avait pas confiance en lui ! c’est ce qu’il faut.
C’est le plus pieux des hommes qui réalisera qu’il est capable de commettre quelque mal que ce soit. La conséquence pratique de tout ceci, c’est que je me sépare et que je demande à Dieu de me garder de toutes les occasions dans lesquelles je montrerais ce que je suis par nature ; c’est une règle d’or pour les jeunes chrétiens comme pour les vieux, pour les individus comme pour une assemblée.
Un point à souligner, parce que bien des croyants séparés s’imaginent un peu que cette séparation est réalisée en vertu d’une quelconque supériorité sur les autres chrétiens (et c’est ce qui est beaucoup reproché aux croyants réunis au nom du Seigneur, cette séparation leur est beaucoup reprochée et on estime qu’ils la maintiennent parce qu’ils se croient supérieurs aux autres, ce qui est une grave erreur).
C’est que la séparation n’est pas une position de supériorité, mais une position d’obéissance à la Parole à laquelle nous sommes conduits parce qu’elle nous enseigne à obéir et parce que nous réalisons quelque peu ce que nous sommes et ce que Dieu désire pour nous.
En résumé, le chemin que Dieu trace au croyant c’est la séparation de l’iniquité, séparation du mal, et puis, sur le terrain de la séparation, la poursuite du bien : « Poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ».
Un cœur pur c’est celui dans lequel la Parole a opéré, dont les motifs sont sanctifiés et qui peut ainsi produire, par la puissance de Dieu, des fruits qui sont à la gloire de Dieu. Ces fruits devraient être constamment portés par ceux que la grâce du Seigneur a rassemblés sur le terrain de la séparation ; et c’est ce qui ferait la puissance du témoignage.
La chrétienté est comparée à une grande maison dans laquelle il y a des vases à honneur et des vases à déshonneur. Ce qui caractérise les vases à honneur, c’est : « si quelqu’un se purifie de ceux-ci », voilà ce qui les caractérise : se purifier des vases à déshonneur. Ce n’est pas parce qu’il a des qualités morales plus élevées, plus belles, c’est parce qu’il se purifie du mal, des vases à déshonneur, alors il est un vase à honneur préparé pour le service du Maître ; il peut être utile au Maître. Pour être utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre vraiment utile selon la pensée de Dieu, il faut que cette séparation soit réalisée et maintenue.
Rappelons que les bonnes œuvres, Dieu les a « préparées à l’avance afin que nous marchions en elles » ; il les prépare lui-même et il prépare le serviteur pour les accomplir. Ce passage nous dit comment le serviteur peut être ainsi préparé pour accomplir les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance.
La séparation du mal ne se limite pas au terrain du rassemblement, elle a une portée générale. Sans elle, on ne peut avoir l’intelligence des pensées de Dieu. Si on ne se sépare pas du mal, la lumière fait défaut, si on se sépare du mal, Dieu donne la lumière. Dieu donne toujours de la lumière quand on à fait un pas avec la lumière précédemment donnée.
Se séparer du mal peut coûter ; si nous y sommes exhortés, c’est que ce n’est pas une tendance naturelle. Se séparer de certains maux grossiers, c’est une chose toute admise, mais mettre de côté la volonté de l’homme et les choses agréables qui sont dans l’homme, ce n’est pas toujours facile. Mais si nous voulons nourrir l’homme et en même temps glorifier Dieu, nous n’aurons jamais la lumière, jamais le même discernement dans l’âme.
Voilà pourquoi il y a des âmes qui ne font pas de progrès ; elles piétinent parce qu’elles ne font jamais le pas décisif qui les ferait entrer dans la lumière ; elles ne se retirent pas pour des raisons diverses, on peut avoir de très fortes affections auxquelles il faut plus ou moins renoncer.
On a vu des chrétiens parmi nous – c’est moins courant aujourd’hui, et pourtant, ne faut-il pas refaire le même chemin moralement – on a vu des chrétiens, appelés par le Seigneur, rompre avec des choses très chères pour entrer dans le témoignage.
Le Seigneur a voulu les retirer de choses qu’il n’approuve pas, même s’il supporte et même s’il bénit. Si le Seigneur bénit quelque chose, cela ne veut pas dire qu’il l’approuve ; s’il bénit une assemblée fidèle – s’il y en a une – cela ne veut pas dire qu’il bénisse tout ce qui s’y fait.
« Se retirer, fuir et poursuivre » (2 Tim. 2. 19 à 22). Deux attitudes négatives : se retirer, fuir ; et puis une positive : poursuivre. Mais combien de chrétiens – et cela nous arrive à tous, dans les détails – voudraient saisir ce qui est bon sans se retirer de quelque chose dont le Seigneur pourtant nous dit qu’il ne l’aime pas !
Pensons à ce que le Seigneur, durant sa vie, a dit pour chacun, et que ses paroles tombent dans notre cœur ; nous pouvons bien les méditer en baissant la tête : « Si quelqu’un aime quiconque plus que moi, il n’est pas digne de moi ».
C’est écrit ; on peut commenter, disserter, ce que les générations ont fait les unes après les autres, alors que c’est simple comme la lumière du jour et que cela nous jugera quand nous paraîtrons devant le Seigneur. Un chrétien, jeune enfant, comprendrait cela ; on n’a pas besoin d’être un docteur dans les vérités : « Celui qui aime quiconque plus que moi n’est pas digne de moi et ne peut être mon disciple ».
Les raisons qui auront retenu des chrétiens ici ou là seront un jour manifestées de même que celles du manque de dévouement des frères qui les aura portés à s’écarter du chemin tracé ; on les connaîtra, elles gisent souvent très profond dans le cœur et on couvre souvent cette carence des affections vraies pour Christ par de l’activité ; on entreprend parce qu’on ne sait pas obéir ; et pourquoi n’obéit-on pas ? parce qu’on n’aime pas.
L’obéissance, c’est l’amour, c’est le renoncement ; et on ne peut pas aimer et avoir sa volonté ; avoir une volonté, c’est s’aimer soi, donc ce n’est pas aimer Dieu. Nous touchons aux ressorts profonds qui nous font mouvoir. Ce n’est pas à coups de discussions que nous aurons la lumière ; c’est lorsque nous nous placerons devant Dieu que Dieu nous aidera à voir les motifs qui nous faisaient aller ici ou là, faire ceci ou cela, et nous fera sentir que nous nous recherchions nous-mêmes au lieu de chercher Christ et nous serons jugés de cette façon.
On ne sera pas jugé d’après ce qu’on aura fait, d’après l’extérieur, mais le Seigneur jugera « les secrets des cœurs selon mon évangile », dit Paul. Si nous entreprenons une œuvre et que ce ne soit pas l’obéissance à Christ – et nous pouvons passer notre vie à cela – nous serons repris par le Seigneur une fois, ou l’autre, et au moins devant son tribunal.
Qu’est-ce qu’un cœur pur ? C’est un cœur qui n’a que Dieu pour objet. La connaissance des frères même nous enflera si nous n’avons que cela et elle ne nous gardera pas quand Satan nous présentera quelque chose à côté du chemin, mais la connaissance de Dieu n’enfle pas parce qu’elle apporte Dieu dans l’âme et avec Dieu dans l’âme la chair est tenue en échec, elle ne l’est jamais autrement, nulle part.
Lisons Matthieu 6. 22 et 23. Si ton œil est simple (n’a qu’un objet) ton sens moral sera plein de lumières si ton œil est méchant – non pas si ton œil est double, car c’est une iniquité pour ceux qui appartiennent au Seigneur de donner leurs affections à un autre objet que lui, qui devient une idole – « Ton corps tout entier sera ténébreux » ; « si donc la lumière qui est en toi est ténèbres combien seront grandes les ténèbres ! » Cela explique le manque de discernement spirituel. Il y a tel manque de discernement qui vient du mal et qui conduit à appeler bien ce qui est mal et à faire ce qui est mal croyant faire le bien.
Un cœur pur, c’est un cœur qui a été purifié par la vérité : « Ayant donc purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur » (1 Pier. 1. 22),et cette purification par l’obéissance à la vérité, c’est donc la Parole reçue dans le cœur, non pas seulement entendue, mais effectivement reçue et mise en pratique : l’obéissance à la vérité ; cette parole reçue dans le cœur et mise en pratique gouverne les pensées du cœur et les oriente vers un seul objet qui est Christ : « sortons vers lui ».
Voilà l’objet qui captive le cœur et amène l’âme à sortir hors du camp. Voilà le même objet présenté ici dans notre passage et conduisant le fidèle à réaliser cette position de séparation, poursuivant la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur.
Nourrir la grandeur humaine dans l’Église, c’est une iniquité. Si l’on considère les plus belles choses humaines comme des éléments de valeur dans le christianisme, c’est une iniquité, les puissances humaines, lorsqu’elles sont comptées comme ayant de la valeur dans le christianisme, l’Église, c’est une iniquité ; la puissance de l’argent s’exerçant dans l’Église, c’est une iniquité.
Voilà pourquoi, dans tous les temps, mais surtout dans l’Église nous trouvons que le témoignage de Dieu et du Seigneur est un témoignage abaissé, pauvre, sans force ; et s’il y en a quelques-uns dans ce témoignage qui soient nobles, quelques-uns… (1 Cor. 1. 26), eh bien, s’ils sont des témoins fidèles, le Seigneur commence par les abaisser ; c’est ce que l’on a toujours vu. Retenons cela, car c’est de toute importance.
On n’appelle pas mal la grandeur humaine et nous sommes portés à la mettre dans le même plateau de la balance que les choses élevées selon Dieu il ne doit pas en être ainsi ; il nous faut regarder cela dans la crainte de Dieu et bien en face. De même, les capacités humaines n’ont de valeur que dans la mesure où Dieu se sert du vase, et la puissance de l’argent devrait être nulle dans l’Église.
Un serviteur du Seigneur du siècle dernier qui était sollicité de se faire inscrire dans un groupe de chrétiens dans lequel il y avait quelque chose à payer pour être inscrit, a su répondre : Pierre n’aurait pu être des vôtres : « Je n’ai ni argent, ni or ».
L’influence de l’argent dans l’église professante est devenu considérable. Dieu fasse qu’elle ne joue pas dans le témoignage où elle peut se manifester de beaucoup de façons. Nous n’avons pas à parler de riches et de pauvres – bien qu’on puisse en parler sans blesser personne, aucunement ; le pauvre n’a pas à envier le riche ou il est en mauvais état ; mais que Dieu nous accorde de ne reconnaître dans le christianisme, dans le royaume de Dieu, que les seules grâces qui comptent, celles de l’Esprit Saint.
Les moyens humains pour prêcher l’évangile ou édifier quelque chose au nom du Seigneur, notamment l’argent, c’est plus que dangereux. L’apôtre Paul était pauvre. Moïse était un grand homme, et pourtant ce n’était pas la période du christianisme, – et Dieu commence par lui faire renoncer à tout il était très grand, vice-roi d’Égypte pour ainsi dire ; il aurait pu dire : ma fortune, mon pouvoir, ma situation, je vais m’en servir pour Israël ; Israël va connaître un heureux moment : Dieu le fait partir de là.
Nous avons connu d’autres serviteurs qui, au siècle dernier – il faut le dire aux jeunes qui ne le savent pas, qui l’ignorent, et c’est triste – des serviteurs du Seigneur qui, ayant une haute naissance, une très grande fortune, un immense avenir selon les hommes, au lieu de se servir de tout cela en faveur du témoignage, ont tout abandonné et sont devenus pauvres sur le-champ.
(Disons vite qu’il ne faut pas le faire si ce n’est pas par la foi et que si quelqu’un voulait penser à restaurer les choses comme elles étaient dans l’Église primitive (Act. 2. 44 et 45) qu’il sache qu’il faudrait autre chose que la vérité : la puissance !)
On voit parmi nous des tendances à faire appel à des moyens humains et matériels ; prenons garde avec le plus grand soin ! Ce que le Saint Esprit ne fait pas n’est pas fait et sera défait. C’est un très grand danger qu’une puissance comme celle de l’argent joue dans l’Église du Seigneur ; les frères qui ont de l’argent ont affaire au Seigneur, l’Écriture nous enseigne à cet égard ; mais nous parlons ici de l’atmosphère morale et spirituelle qui doit caractériser l’Église, le témoignage.
Un frère disait à juste titre qu’à certains égards les richesses matérielles dans l’Église pouvaient être considérées comme un malheur. Tenons compte du danger qu’il y a d’oublier Dieu ; on dit qu’on se confie en Dieu, mais, au fond, on se confie en beaucoup de choses.
On veut de grands moyens pour prêcher la Parole et diffuser les Écritures ! Autrefois, les apôtres allaient à pied ; autrefois, il y avait trois mille convertis au cours d’une prédication ; aujourd’hui, avec de très grands moyens, quels sont les fruits ?
Soyons exercés pour ne pas mêler à la vie de l’assemblée des éléments qui ne sont pas de Dieu : ce doit être un exercice partout et pour chacun. Remarquons que d’autres choses que la fortune, peuvent être aussi néfastes ; l’attention de chacun doit être attirée sur ce point.
Un frère disait que l’argent du monde n’a pas cours dans le domaine de la grâce. Et l’on pense quelquefois qu’on peut l’utiliser pour accomplir ce qu’on voudrait être l’œuvre de Dieu !
C’est extrêmement sérieux cela ; aussi est-ce le devoir et la responsabilité de notre génération – pour parler selon l’expression des Actes – de redire ce que nous avons reçu, car ce que nous venons de dire, nous l’avons reçu de ceux qui nous ont enseignés depuis le commencement du témoignage et nous pouvons le dire d’après l’Écriture. Nous dégageons notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui sont plus jeunes.
Il est très dangereux d’innover. On a peine à croire que ce soit l’humilité qui conduise quelqu’un à faire des innovations.
Puisque nous parlons du terrain tout à fait pratique et actuel du témoignage, rappelons que nos devanciers, non seulement étaient exercés à l’égard des éléments de puissance qui sont néfastes pour le témoignage – et chacun peut bien s’en humilier – mais que, lorsqu’ils ont rencontré dans leur chemin personnel les grandes difficultés qu’ils ont connues, ils ont déclaré qu’il y avait eu relâchement quant à la piété, quant à l’absence de mondanité et cela dans la vie courante, sans même parler de la vie de l’Église.
Nous pouvons donc nous humilier nous-mêmes beaucoup pour les mêmes motifs et veiller continuellement sur ces points. Pourrions-nous demander l’appui du monde et de l’argent du monde pour un témoignage qui est contre le monde ? Nous ne serions pas droits vis-à-vis du monde.
Ce courant de pensées nous conduit au dernier passage que nous avons lu dans 1 Chroniques.
Qu’est-ce que c’est que l’arche, et qu’est-ce que c’est que porter l’arche ? L’arche est un type de Christ, elle était faite de bois de sittim, recouverte d’or, ce qui nous présente le caractère du Seigneur, parfaitement homme et parfaitement Dieu, et c’est le témoignage que nous sommes appelés à présenter dans ce monde : le témoignage c’est Christ, Dieu sur toutes choses, béni éternellement, venu ici-bas comme homme, Dieu manifesté en chair ; Christ homme ici-bas, Christ dans sa mort, Christ dans sa résurrection glorieuse. Porter Christ, présenter Christ dans ce monde, voilà le témoignage.
Nous avons déjà considéré que Christ, comme objet du cœur, nous appelle à sortir vers lui hors du camp. Nous avons, rappelé qu’un cœur pur est orienté vers Christ, et le témoignage c’est Christ. Ainsi nous sommes responsables de présenter Christ dans ce monde et de porter Christ comme autrefois, au travers des étapes, le peuple d’Israël portait l’arche, d’étape en étape ; nous sommes appelés à porter Christ chacun individuellement et à plus forte raison et essentiellement comme témoignage collectif.
Quels sont les moyens par lesquels nous pouvons présenter Christ à ce monde ? Les moyens humains sont mis en évidence dans le chapitre 13 : un chariot trainé par des bœufs. Combien cela paraissait infiniment supérieur aux moyens que Dieu avait indiqués. Dieu avait donné des enseignements pour porter l’arche : Elle ne devait être portée par personne, excepté par les Lévites et parmi les fils de Lévi chacun avait son service particulier ; le chapitre 4 des Nombres nous donne des enseignements détaillés sur ce sujet.
Quelqu’un a eu l’idée de faire porter l’arche par un chariot tiré par des bœufs. Quelle joie, que de cantiques sont chantés ! Il semble que le bruit des chants et des cantiques eût étouffé une protestation s’il s’en était élevé une c’étaient les moyens humains en apparence, c’était tellement beau, tellement réjouissant ! Si quelqu’un avait voulu rappeler à ce moment les enseignements de la Parole, sa voix eut été étouffée aussitôt ; on aurait dit oui, mais nous avons trouvé beaucoup mieux.
On pense que la fin justifie les moyens ; eh bien, la Parole nous montre ce qui s’est produit : les bœufs ont bronché, cela n’était jamais arrivé avec les Lévites. Pourquoi ? parce que, comme il l’a fait ensuite, Dieu aida les Lévites. Les Lévites avaient le secours de Dieu, la puissance de Dieu était avec eux pour porter le témoignage. Les bœufs ont bronché, voilà ce à quoi conduit l’utilisation des moyens humains, et pour essayer de retenir l’arche, quelqu’un élève la main, il est frappé aussitôt, c’est la brèche d’Uzza et David est irrité contre l’Éternel. Voilà le résultat produit.
Il faut que les cœurs soient ramenés à l’obéissance à la Parole, que l’arche soit portée par les Lévites selon l’enseignement que l’Éternel avait donné au peuple et alors Dieu aida les Lévites, la bénédiction est accordée au peuple, l’arche est amenée dans le lieu préparé pour elle, et nous voyons le cantique de louange, d’action de grâces qui peut être chanté ; à ce moment-là tout est à la gloire de Dieu.
Voilà un enseignement important qu’il faut retenir et qui devrait nous amener à savoir nous défier de tous les moyens humains, de tout ce qui est de l’homme pour aller, avec les ressources de Dieu, selon les enseignements de la Parole qui ne changent pas, qui sont les mêmes dans tous les temps, aussi bien aujourd’hui qu’aux premiers jours de l’histoire de l’Église.
Les passages de 2 Timothée nous mettent en garde également contre cet emploi des moyens humains ou contre les associations qui peuvent nous paraître favorables à la propagation de l’évangile ou à la présentation du témoignage : c’est lorsque le vase à honneur se purifie des vases à déshonneur qu’il est un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre ; la préparation se fait dans la séparation et non pas dans les associations que la Parole condamne.
On pense fortifier le témoignage, on pense obtenir des résultats meilleurs et l’on perd de vue que l’on ne peut aller qu’à un résultat opposé de celui que l’on cherche. On cherche peut-être ces résultats avec les meilleures bonnes intentions, les meilleurs désirs, certainement, cela n’est pas mis en question mais les désirs de nos cœurs, ce n’est pas la pensée de Dieu.
« Nous ne l’avons pas », dit David, « recherché conformément à l’ordonnance ». Il met le doigt sur la plaie : pourquoi les bœufs avaient-ils bronché ? pourquoi une brèche avait été faite ? pourquoi David s’était irrité contre l’Éternel ? Parce que « nous ne l’avons pas recherché conformément à l’ordonnance ».
Si nous faisons bien des choses sans les faire conformément à l’ordonnance nous risquons d’aller au-devant d’expériences de même nature.
Tous les frères sont bien d’accord, en général, pour reconnaître et déclarer que dans le salut de leur âme, tout est de Dieu. Cette vérité a été gardée, non seulement comme vérité abstraite, générale, mais comme vérité sentie dans le cœur… et pas seulement chez les frères mais la vérité qui consiste à sentir qu’une fois chrétiens nous avons besoin de Dieu pour tout faire, aussi bien que nous avons eu besoin de Dieu pour être sauvés, cette vérité est beaucoup plus longue à apprendre parce qu’elle va de pair avec la connaissance de soi-même et celle-ci ne s’acquiert pas en un jour.
On a besoin de Dieu pour le servir et si on le sait vraiment, on n’aura pas de plan, on n’ira pas créer un comité ; des comités, un groupe de sages qui étudieront telle ou telle affaire en vue d’une action à entreprendre, nous ne trouvons pas cela dans l’Écriture ; nous ne trouvons pas cela dans le témoignage du Seigneur, chez nos devanciers. Que l’on se consulte entre soi, oui ; tous les serviteurs et les servantes qui ont cherché à obéir à l’Écriture ont consulté ensemble le Seigneur et cela ne veut pas dire consulter le Seigneur que le prier pour apaiser sa conscience et continuer à faire comme on voulait faire avant ; nous le trouvons à la fin de Jérémie comme exemple frappant.
Le peuple dit à Jérémie : Consulte l’Éternel. L’Éternel dit de rester – et il voulait aller en Égypte – Oh ! mais nous ne ferons pas ce que tu dis ; ce n’est pas vrai, l’Éternel ne l’a pas dit, tu veux nous détruire. Et ils avaient demandé à Jérémie de prier pour connaître la volonté de Dieu. Jérémie savait que leur décision était arrêtée d’avance et la réponse de Dieu n’y a rien changé. Que de fois cela arrive ! Gardons-nous de cela.
On pourrait mettre en doute l’appel d’un frère évangéliste qui aurait besoin d’être encadré d’une dizaine d’autres frères (sauf pour l’aider par la prière). S’il est appelé à un service, il a affaire à son Maître qui l’aidera par les prières des saints, sans aucun doute, mais pas par un bras de chair ; et dans le service de la Parole les frères peuvent dire que le soutien du serviteur, à quelque degré que ce soit, c’est le Seigneur ; on ne doit pas en connaître d’autre ; c’est Lui seul qui ne manque pas, on doit aller avec le Seigneur dans ce que l’on fait : service dans l’assemblée, visite, etc. il faut aller avec le Seigneur. On n’édifie pas une œuvre ; on suit le Seigneur, sinon on pèche.
Il y a là une différence radicale quant à l’état de l’âme ; et on peut demander au Seigneur qu’il nous encourage et encourage ceux qui viennent, les frères devant qui se présentent des responsabilités, qu’il encourage, enseigne les frères à avoir beaucoup affaire au Seigneur et à s’encourager mutuellement à cela, si un frère pousse un autre frère au service, il pèche et en fait pécher un autre, bien qu’on puisse engager quelqu’un à avoir affaire au Seigneur. Chercher le Seigneur, se tenir près du Seigneur, voilà ce que nous avons y rechercher en vue de le réaliser continuellement ; c’est difficile, cela ; c’est cela qui est exerçant.
Il n’est pas possible que des chrétiens ou un chrétien simple, humble, droit, exercé, pieux, craignant et aimant le Seigneur, il n’est pas possible que s’il s’attend au Seigneur, le Seigneur ne lui réponde pas d’une manière ou d’une autre. Même si on fait des maladresses (qui n’en fait pas !), le Seigneur aide.
Il ne faut pas oublier que l’un des caractères de l’Église est aussi celui qui caractérise la femme, la soumission : elle est soumise au Christ.
Au sujet des questions matérielles dans l’Église, rappelons-nous que nous les trouvons dans les Actes, presque toujours d’une façon triste, d’une façon douloureuse. La première fois, c’est Ananias et sa femme ; la fois suivante, c’est une discussion à propos de distribution de biens matériels, la grâce a encore pris le dessus ; un peu plus loin, Simon voulait acheter avec l’argent le pouvoir d’imposer les mains en vue de la réception du Saint Esprit ; on le comprend, il avait des habitudes païennes. La puissance intellectuelle aussi est un danger.
Il n’y a pas de plus grands égarements que ceux des intellectuels qui ne sont pas gardés par Dieu ; ils s’avancent dans des hérésies plus que les autres, leur esprit étant plus puissant ; c’est un fait historiquement reconnu.
Nos devanciers, je désire le répéter ici parce que beaucoup n’ont peut-être pas les documents pour cela, et Dieu veuille faire qu’ils se les procurent – ont toujours encouragé à retenir que le témoignage du Seigneur est caractérisé par la petitesse, par le sentiment profond et vivant de son néant ; – il n’est rien – l’homme, le chrétien le plus insignifiant par nature a besoin d’apprendre cela, car sans la grâce de Dieu agissant puissamment personne ne se croit rien, chacun se croit quelque chose. Job l’a confessé pour lui-même.
Pouvons-nous venir à la réunion qui est le centre de la vie pratique du témoignage – la réunion du culte -, prendre part à la cène qui fait que nous nous identifions à la mort du Seigneur et, en même temps, glorifier, mettre en évidence le vieil homme que Dieu a tué à la croix !
Bien que ce ne soit pas notre sujet, rappelons encore une fois, en rapport avec la séparation, que ce qui caractérise aussi le témoignage selon l’Écriture c’est qu’il est établi sur le terrain de l’unité du corps. Le seul pain que nous rompons parle du corps tout entier de Christ ; nous pensons à tous les chrétiens du monde quand nous rompons le pain ; seulement nous ne pouvons pas avoir communion avec eux, parce que nous avons à garder les droits et la gloire du Seigneur, à garder la table du Seigneur pure du mal.
On peut dire que les caractères du témoignage dans les jours auxquels nous sommes parvenus, c’est qu’il est composé par ceux qui sentent vraiment la ruine, qui la portent dans leur cœur, qui mènent deuil, qui sont gouvernés par la Parole et par l’Esprit de Dieu, qui se séparent de l’iniquité et qui attendent le Seigneur.
Ce sont là les différents caractères du témoignage fidèle dans les jours de la fin. Et cela ne peut en aucune manière être compatible avec ce qu’on voudrait faire parfois du témoignage : un témoignage nombreux, ayant grande apparence ; tout au contraire – Juges 7 l’enseigne – le témoignage dans les jours de la fin est peu nombreux, il a peu d’apparence.
L’accroissement que nous pouvons désirer dans le témoignage, c’est surtout un accroissement spirituel : que les âmes soient nourries de Christ, que l’Esprit opère avec puissance, que l’Esprit demeure un Esprit de puissance (2 Timothée) ; dans les jours les plus sombres de l’histoire du témoignage, c’est cette puissance que nous avons à rechercher.
Et l’œuvre de Dieu s’accomplit par la puissance de son Esprit bien davantage qu’avec les ressources que l’homme peut-mettre en avant. Les ressources et les moyens que l’homme peut mettre en avant auront comme résultat d’empêcher le déploiement de la puissance de l’Esprit. De telle sorte qu’en les mettant en avant pour obtenir de grands résultats, on empêchera souvent le travail que Dieu voudrait accomplir dans la puissance de son Esprit.
On peut redire aussi ce que nous avons reçu, qui nous a été enseigné à l’égard du témoignage : c’est qu’il n’a pas été suscité d’abord en vue de l’évangélisation, quoique, grâces à Dieu, il y a eu et il y a des frères évangélistes (y en aurait-il davantage, personne ne s’en plaindrait si c’est Dieu qui les appelle).
Mais le témoignage est, avant tout, – le témoignage des derniers jours – pour la proclamation de la gloire du Seigneur, de sa personne, de l’intégrité de la Parole de Dieu, son intégrité totale : « Tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom » ; les œuvres de Philadelphie – comme disait quelqu’un – étaient trop sous la surface pour qu’on puisse les voir, elles n’étaient pas apparentes, mais bien chères à Christ parce qu’elles donnaient la preuve de l’amour qui est d’obéir.
On peut désirer et demander que le Seigneur produise cela, que les frères et les sœurs qui viennent n’oublient pas ces choses ; que le témoignage est un témoignage à la gloire du Seigneur, à sa vérité, à sa personne dans les temps de la ruine générale et de l’iniquité dans la chrétienté.
Rappelons aussi ce qui a été dit en face de certaines tendances à méconnaître ce que le Seigneur a confié au témoignage, c’est que le Seigneur pourra remplacer ses serviteurs par d’autres, ses témoins par d’autres et que ce sera, pour les premiers, une immense perte.
Il ne faudrait pas que le désir de répandre l’évangile et d’amplifier le mouvement pour la diffusion de l’Évangile qui s’est dessiné au siècle dernier, lors du réveil de Philadelphie – car il ne faut pas perdre de vue que l’origine de ce grand mouvement d’évangélisation est né précisément dans le réveil de Philadelphie – il ne faudrait pas que ce désir d’évangélisation, extrêmement heureux en soi, conduise à penser que l’assemblée est une sorte d’association pour la propagation de l’évangile.
En un certain sens, l’assemblée est bien sur la terre pour faire briller la lumière du témoignage et présenter Christ, incontestablement, mais sans doute pas de la manière à laquelle on pense en général : l’évangélisation par parole, c’est en un certain sens une évangélisation assez facile ; d’ailleurs dans le service on peut dire que tout est facile, quand le service est réalisé suivant la pensée de Dieu, avec son secours.
Mais nous sommes appelés à une évangélisation beaucoup plus difficile, une évangélisation en actes. L’assemblée est, dans ce monde, et vis-à-vis du monde, la colonne et le soutien de la vérité.
Les personnes inconverties qui sont amenées dans une réunion d’assemblée devraient voir un organisme vivant, dans son fonctionnement, chacun remplissant le service et la fonction pour lesquels Dieu l’a appelé, un organisme fonctionnant tout entier dans la dépendance de l’Esprit et par la puissance de l’Esprit, de telle manière qu’il soit manifeste que le Seigneur est présent au milieu de ces deux ou trois réunis en son nom, de sorte que ces personnes, comme nous trouvons en 1 Corinthiens 14, puissent tomber sur leur face en disant : « Dieu est véritablement parmi vous ».
On recherche de grands moyens d’évangélisation aujourd’hui. Je suis toujours frappé de voir que parmi les grands moyens dont on parle, on ne pense pour ainsi dire jamais à celui-ci, qui est le grand moyen et qui est le meilleur selon Dieu : une assemblée, quand la présence du Seigneur est réalisée, quand tout est fait en obéissance à la Parole, ou chacun fonctionne à sa place, où l’on sent la vie de Dieu, la puissance et l’activité de l’Esprit et où un homme inconverti peut réaliser qu’il a été amené dans la présence de Dieu.
Voilà l’évangélisation la plus puissante. Ayons à cœur de la réaliser vraiment, alors Dieu pourra déployer une puissance spirituelle qui amènera des âmes à la connaissance de Christ c’est cela qu’il nous faut désirer, et nous travaillerons à l’œuvre de Dieu, nous poursuivrons l’œuvre de Dieu dans son assemblée avec les moyens de Dieu et avec l’assurance que nous aurons la bénédiction de Dieu et pour chacun des frères et sœurs et pour l’assemblée ; la bénédiction débordera au dehors et tous ceux qui seront mis en contact avec l’assemblée éprouveront qu’il y a là la bénédiction de Dieu.
C’est ce qui s’était passé pour Thessalonique : le témoignage avait retenti de chez les Thessaloniciens en tous lieux. Le simple attachement au Seigneur dans l’assemblée est un témoignage de puissance extraordinaire.
Ils n’avaient pourtant pas des moyens bien rapides à ce moment là pour faire connaître la vérité au bout du monde, alors qu’aujourd’hui on préconiserait volontiers les moyens ultra-modernes et ultra-rapides ! Dieu se sert de tout, mais l’état des Thessaloniciens et ce qui en est résulté doit parler à nos consciences !
Considérons 1 Jean 5. 1 à 5. La position de séparation que la grâce de Dieu nous a amenés à connaître et qui est selon l’enseignement de la Parole ne peut pas nous conduire à nous isoler, dans les affections de nos cœurs, de tous deux qui constituent la famille de Dieu.
« Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui », voilà ce qui caractérise l’enfant de Dieu en quelque milieu chrétien qu’il se trouve ; nous aimons les enfants de Dieu parce que nous aimons Dieu. Mais comment manifester cet amour ? « Par ceci nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements ».
Ce passage appuie ce qui a été dit, que c’est dans l’obéissance à la Parole et par l’obéissance à la Parole que nous pouvons aimer tant d’enfants de Dieu dispersés dans de multiples dénominations chrétiennes. Ce n’est pas en perdant de vue la position de séparation que nous pouvons leur manifester un amour selon Dieu.
La pierre de touche de l’amour selon Dieu c’est l’obéissance à la vérité, le maintien de la vérité c’est en cela et par cela que nous pourrons vraiment montrer aux enfants de Dieu que nous les aimons ; et cela suppose bien entendu, qu’on leur soit utile en saisissant l’occasion. Cette expression des Éphésiens s’applique non pas seulement à la présentation de l’évangile ; elle signifie certainement saisir toutes les occasions de manifester la vie que nous possédons, et nous pouvons le faire dans un amour vrai en parlant à nos frères, à nos sœurs, en leur montrant les enseignements de la Parole sans chercher à en faire des prosélytes.
Dans la présentation de l’évangile, il y a comme une contrainte à exercer : « contrains les gens d’entrer » ; mais en ce qui concerne le témoignage, jamais nous ne devrions le faire. Nous pouvons être utiles à quelqu’un qui se trouve dans un milieu comme Thyatire et qui possède la vie de Dieu, mais nous irions peut-être à l’encontre de la pensée de Dieu si nous voulions le contraindre à quitter son milieu ; nous ne savons pas quelle est la pensée de Dieu à cet égard.
Nous pouvons lui être utiles en lui présentant la pensée de Dieu relativement au rassemblement, mais laissons Dieu accomplir son œuvre et amener cette âme, s’il le trouve bon. Nous ne pouvons être utiles à une âme que dans la mesure où nous maintiendrons ce terrain de séparation. C’est là l’appel de Jérémie 15. 19 : « Qu’ils reviennent vers toi, mais toi ne retourne pas vers eux ».
Nous voyons dans ces versets comme dans les chapitres qui précèdent comment Jérémie avait pensé surtout au peuple au lieu de penser à la gloire de l’Éternel et ce sont souvent les sentiments qui remplissent nos cœurs : nous pensons aux enfants de Dieu, au peuple de Dieu, en perdant de vue la gloire de Dieu.
L’Éternel doit dire au prophète : « Si tu te retournes, je te ramènerai, tu te tiendras devant moi ». Il ne pouvait être un instrument pour le bien du peuple de Dieu qu’en recherchant la gloire de Dieu de sorte qu’en revenant vers Jérémie il se tournait vers Dieu : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche ».
On a dit que la position de Jérémie était analogue à la position du fidèle de nos jours parce que Jérusalem allait être détruite et parce que Jérémie est appelé à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. On dira que Jérémie était un prophète, mais l’enfant de Dieu est aujourd’hui dans une position plus proche de Dieu que celle dans laquelle était Jérémie : il a le Saint Esprit, l’Esprit d’adoption, toute l’Écriture, la révélation de toutes les pensées de Dieu ; ce n’était pas la position de Jérémie.
Le danger aujourd’hui, c’est que l’on fasse boire du vin aux prophètes et que les prophètes ou les nazaréens que nous sommes appelés à être n’aient plus le discernement nécessaire pour séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. Sachons prier pour que le Seigneur suscite des serviteurs et des servantes qui maintiennent cette séparation de ce qui est précieux de ce qui est vil. C’est le vin qui ôte le discernement ; tout ce qui enivre, tout ce qui nourrit la chair que nous avons.
Si celle-ci n’est pas combattue, si elle est nourrie, le discernement s’en va et on appelle pur ce qui est impur. Le discernement va toujours avec la séparation dumonde, retenons-le. Le discernement spirituel est toujours lié, non pas à la somme de connaissances sûres, exactes, des vérités, mais à la séparation du monde ; c’est un fait qui a toujours été reconnu.
Plus la séparation est réalisée, plus il y a de discernement et la séparation est réalisée dans la mesure où le caractère céleste du croyant est compris, retenu, mis en pratique comme aussi le caractère céleste de l’assemblée.
Si l’assemblée réalise sa position hors du camp et dans les lieux célestes, elle pourra y trouver la puissante action de l’Esprit de Dieu, elle sera nourrie des choses célestes, la spiritualité se développera et il y aura alors ce sain discernement des choses ; il est nécessaire dans les jours actuels de veiller plus que jamais, car l’ennemi ne nous présente pas des choses que l’on sent devoir rejeter immédiatement ; l’ennemi, très rusé et très subtil, nous présente des choses qui ont de très belles apparences, qui paraissent bonnes et il est difficile de voir, derrière ces apparences remarquables, la réalité des choses, et l’ennemi nous égare ainsi et nous fait perdre la jouissance des choses célestes.
Il faut donc réaliser notre position dans les lieux célestes en Christ, non seulement le christianisme pratique dans les circonstances du désert mais aussi le caractère céleste du christianisme et c’est dans cette mesure que, nourris de la nourriture excellente, prenant la nourriture solide qui est pour les hommes faits, nous aurons les sens exercés à discerner le bien et le mal, alors, nous n’appellerons pas bien ce qui est mal, nous saurons tout de suite voir ce qui est à rejeter malgré les plus belles apparences et Dieu nous montrera son chemin, un chemin de dépendance, d’humilité, de fidélité ; Dieu nous enseignera ce qu’est la vie de la foi, la vie de tous les jours dans le sentier où il n’y a rien de l’homme, où tout ce qui est du vieil homme est jugé, mis de côté, mais où il y a la puissance d’une vie nouvelle, d’une vie céleste.
Ce qui est vil, c’est ce qui est de nous-mêmes, de l’homme naturel quel qu’il soit, où que ce soit, chez n’importe qui, voilà ce qui est vil. Quand on est jeune (même jeune chrétien), on est porté à se laisser éblouir – et cette illusion va souvent bien loin dans la vie – par les éléments brillants de l’homme qu’on met ensemble avec ce qui est de Christ et on est étonné que des chrétiens plus âgés soient si stricts dans leur séparation ; puis, quand on a fait du chemin, on voit ce qu’est l’homme, ce qu’on est, ce qu’est le monde et on dit : combien ils avaient raison, ces chrétiens, d’appeler vil ce qui ne paraissait pas tel quand on était jeune ; c’était vil, entièrement, l’homme était vil, nous sommes vils entièrement.
On a beau avoir de très bonnes apparences et par surcroît être imprégnés très fortement de christianisme et du christianisme le plus authentique, l’homme reste vil. Ce qui est précieux, c’est Christ et seulement Christ (un Christ glorieux dans sa vie et dans sa mort) et tout ce qui est du Christ. La vie divine dans un chrétien, voilà qui est précieux parce que c’est Christ dans un homme, quelqu’un qui est lié à Christ est un homme séparé.
Dieu ne fait pas de mélange : un peu de l’homme naturel et puis le reste du Christ. Non, il n’y a que deux hommes pour Dieu, le premier et le second ; Adam et le dernier Adam. Tout ce qui est du premier Adam est vil ; tout ce qui est de Christ est précieux, que ce soit dans la vie, le service, l’activité, les manifestations.
Tous ceux qui ont un certain âge ont connu des moments dans leur vie où ils étaient plus qu’étonnés, peinés de découvrir chez les frères plus âgés qu’eux, ayant du poids, des appréciations un peu décevantes et décourageantes ; mais, arrivés à l’âge que ces frères avaient alors, nous sentons que ces frères avaient pleinement raison ; la condamnation de tout ce qui est de l’homme, c’est une merveilleuse délivrance collective comme individuelle, il n’y a pas de plus grand progrès à souhaiter que celui-là. Mais comme disaient nos anciens : en avoir fini avec soi-même, c’est long ! Il faut faire des progrès en cela.
Voilà ce qui a caractérisé le témoignage. Il ne s’agit pas de vanter l’homme ; laissez l’homme tranquille, laissons-le où il est ; il est dans son tombeau, il y est très bien. Et la gloire de Christ remplira notre âme et, en contemplant Christ à face découverte, nous serons transformés en la même image, de gloire en gloire.
Je pense à un mouvement qui s’est produit il y a bien des dizaines d’années pour l’évangélisation, connu par le monde chrétien entier. Au début il y avait là des hommes extrêmement dévoués qui ne prétendaient à rien et qui allaient partout prêcher l’évangile, prêcher Christ. Là il y avait quelque chose à la gloire de Christ de tout à fait remarquable ; il n’y avait pas un témoignage, il avait des témoins qui prêchaient le salut aux pauvres pécheurs.
Mais cet ensemble et ce mouvement-là s’est lassé de souffrir et il s’est agrandi et a reçu les honneurs du monde, les honneurs officiels dans la personne de son chef, de sorte que l’opprobre de Christ sur ce mouvement a cessé ; et qu’a fait ce témoignage ? Que fait ce mouvement ? – je ne dis pas qu’il n’y ait pas encore des ouvriers qui continuent ce mouvement mais cette sève du début a tari ; il fait des œuvres publiquement, connues et reconnues ; il fait de la charité extérieure.
Tenir dans le témoignage toute une vie et tenir jusqu’à ce que le Seigneur vienne, tenir dans le sentier de l’humilité, de la séparation avec Christ, est-ce cela qui suffit pour l’âme ? Ce n’est pas une petite chose, cela ; c’est une mise à l’épreuve des affections, du cœur. Et sans nul doute les frères et les sœurs qui ont été gardés dans ce chemin ont joui du Seigneur au terme de cette carrière, ils n’ont pas regretté que le Seigneur les ait tenus séparés ; ils ont plutôt regretté plus d’une fois de n’avoir pas réalisé assez la séparation intelligente, dévouée envers d’autres, envers tout le monde, mais d’abord dévouée à Christ. Nous aurons bien assez de regrets à la fin de notre vie sans avoir à y ajouter celui d’un abandon positif de ce que le Seigneur nous avait donné.
On peut encourager aussi les jeunes, ceux qui ont maintenant la trentaine, et même moins, à beaucoup lire la Parole, les écrits des frères, – nous le leur disons, j’espère en toute humilité et en toute affection fraternelle et amour – beaucoup lire les écrits des frères avec régularité, piété, prière. La vie du chrétien peut en être entièrement changée, on fait des progrès et c’est ainsi que le Seigneur forme des ouvriers.
On disait autrefois à l’égard de tel ou tel frère qu’ils étaient bien fondés dans la vérité relativement au témoignage. Que le Seigneur veuille nous faire désirer cela, veuille produire le désir, le vouloir, mais aussi le faire.
Ps. 102. 1 à12 : Prière de l’affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l’Éternel.
« Éternel, entends ma prière, et que mon cri vienne jusqu’à toi ! Ne me cache pas ta face ; au jour de ma détresse, incline vers moi ton oreille ; au jour où je crie, hâte-toi, réponds-moi. Car mes jours s’évanouissent comme la fumée, et mes os sont enflammés comme un brasier. Mon cœur est frappé, et il est desséché comme l’herbe ; car j’ai oublié de manger mon pain. À cause de la voix de mon gémissement, mes os s’attachent à ma chair. Je suis devenu semblable au pélican du désert ; je suis comme le hibou des lieux désolés. Je veille, et je suis comme un moineau solitaire sur un toit… Mes jours sont comme l’ombre qui s’allonge, et je deviens sec comme l’herbe ».
Ps. 6. 3 à 8 : « Use de grâce envers moi, Éternel ! car je suis défaillant ; guéris-moi, Éternel ! car mes os sont troublés. Mon âme aussi est fortement troublée… Et toi, Éternel ! jusqu’à quand ? Reviens, Éternel ! délivre mon âme ; sauve-moi à cause de ta bonté… Je suis fatigué à force de gémir ; toute la nuit je baigne ma couche [de mes pleurs], je trempe mon lit de mes larmes. Mon œil dépérit de chagrin, il a vieilli… »
Ps. 69. 4 : « Je suis fatigué de crier ; ma gorge est desséchée ; mes yeux se consument, pendant que j’attends mon Dieu ».
Bonjour mes chers amis,
Une année vient de se terminer. Une nouvelle année a commencé. On t’a souhaité, le jour de l’an et les jours suivants, une bonne année, une bonne santé, et plein de bonnes et de belles choses ! Certains l’ont fait par politesse, d’autres avec beaucoup d’affection. Nous sommes maintenant un mois plus tard… rien n’a changé par rapport à l’année passée. Les journées se déroulent de la même manière, elles sont monotones, sans attraits, sans lueur d’espoir ou de changement dans ta condition. Vu ton âge, vu tes handicaps, tu n’as plus de perspective d’avenir réjouissante. Tu as peu de visites, tu es de plus en plus solitaire, tu n’as plus de quoi te réjouir, tu es devenu morose, découragé, tu as souvent mal, si ce n’est pas dans ton corps, c’est dans ton âme… aucun soulagement durable. Les jours passent et se ressemblent. À quoi bon vivre ? Plus ou peu de sujets pour se réjouir ; que des ennuis, que de la misère !
– Oui, vas-tu peut-être me répondre, ce qu’on peut lire dans ces psaumes correspond pas mal à mon état d’esprit : je suis las, vraiment las ! D’ailleurs le Prédicateur l’avait dit : « Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends pas de plaisir » (12. 1). Je suis dans cette situation, et ça dure déjà depuis si longtemps… je n’ai plus rien à espérer !
Chère brebis affligée du Seigneur… penses-tu vraiment que ton Sauveur veut te laisser dans cet état de tristesse et de désolation ? Est-ce que le Dieu d’amour, qui a voulu t’adopter et être ton Père, désire te voir dans cette situation où tu ne prends plus plaisir à rien ?
Il y a pourtant QUELQU’UN en qui tu peux prendre plaisir : « Comme le pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé entre les fils ; j’ai pris plaisir à son ombre, et je m’y suis assise ; et son fruit est doux à mon palais. Il m’a fait entrer dans la maison du vin ; et sa bannière sur moi, c’est l’amour » (Cant. 2. 3 et 4).
À force de regarder autour de toi, ou en toi, tu ne fixes plus les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi (voir Héb. 12. 2). Le Seigneur est pourtant à tes côtés et il veut être ta protection, ton secours, ton ombre, ta paix. « L’Éternel est celui qui te garde ; l’Éternel est ton ombre, à ta main droite » Ps. 121. 5. C’est à toi à faire cette prière : « Use de grâce envers moi, ô Dieu ! use de grâce envers moi ; car en toi mon âme se réfugie, et sous l’ombre de tes ailes je me réfugie, jusqu’à ce que les calamités soient passées » Ps. 57. 2.
Les « calamités » vont peut-être durer jusqu’à la fin, mais tu peux les supporter courageusement, joyeusement, avec le Seigneur, dans sa présence vivifiante. En comptant sur Lui, en t’appuyant sur Lui… « Qui est celle-ci qui monte du désert, s’appuyant sur son bien-aimé ? » (Cant. 8. 5).
Dans la situation dans laquelle tu te trouves, quelle qu’elle soit, tu peux choisir de dire ceci : « ma vie se consume dans la tristesse, et mes années dans le gémissement » (Ps. 31. 11) ou ceci : « Car tu as été mon secours, et à l’ombre de tes ailes je chanterai de joie » (Ps. 63. 8).
Il s’agit d’une décision personnelle, de TON CHOIX ! Tu ne peux sans doute rien changer à ton état, mais tu peux changer ta manière de réagir et d’appréhender la réalité : près du Seigneur ou éloigné du Seigneur ! Tu peux dire : « le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié » (2 Tim. 4. 17), ou Dieu doit constater : « leur cœur est très éloigné de moi » Mat. 15. 8 !
Quand as-tu, la dernière fois, écouté/chanté des cantiques ? Combien cette activité est rafraîchissante, encourageante et joyeuse pour l’âme ! Chanter les gloires, la bonté, la tendresse, les soins, l’amour du Seigneur ; nous rappeler les passages de la Parole de Dieu en chants, en récits ; mais aussi nous ramener en arrière dans les jours de notre jeunesse (voir le passage déjà évoqué plus haut dans l’Ecclésiaste), en nous nourrissant de ces souvenirs agréables… combien cela fait du bien au cœur et à l’âme. Réécoutez vos cantiques d’enfants et appréciez la fraîcheur, la joie enfantine qui était la vôtre à ce moment-là !
Il est malsain de regarder en arrière avec nostalgie – tout était mieux avant, ma santé, l’assemblée etc. – mais on peut regarder derrière soi pour s’encourager : « je me souviendrai de tes merveilles d’autrefois, je penserai à toute ton œuvre et je méditerai tes actes » Ps. 77. 12 et 13.
En fait, il y a deux chemins qui s’offrent à toi : 1) gémir, te plaindre, te lamenter, te morfondre dans ta tristesse, rester « sur terre », penser à tout ce qui ne va pas, et la liste risque de s’allonger toujours plus, ou 2) chanter des cantiques, louer Dieu, le remercier, l’adorer, et regarder en haut, en attendant le retour du Seigneur. Loin de moi de minimiser vos difficultés, vos souffrances qui sont réelles. Mais permettez-moi de vous encourager – de m’encourager – par les exemples de Paul et Silas dans Actes 16. 22 à 24. « La foule s’ameuta contre eux ; et les préteurs, ayant fait arracher leurs vêtements, donnèrent l’ordre de les fouetter. Après leur avoir fait donner un grand nombre de coups, ils les jetèrent en prison, en commandant au geôlier de les tenir sous bonne garde. Celui-ci, ayant reçu un tel ordre, les jeta dans la prison intérieure et fixa sûrement leurs pieds dans des entraves »
En lisant cette scène, nous réalisons combien intensément ces deux disciples du Seigneur souffraient physiquement. Toi et moi, nous nous serions probablement lamentés, nous aurions pleuré sur nous-mêmes. Eux, ils ont fait « taire » leurs souffrances par des cantiques de louanges. Ils ont « surmonté, ils ont recouvert, ils ont effacé, ils ont oublié » leur douleur, en ne pensant plus à eux-mêmes, mais à Dieu et à sa gloire : « Vers minuit, Paul et Silas, en priant, chantaient les louanges de Dieu ; et les prisonniers les écoutaient » (v. 25).
S’ils l’ont fait, c’est que c’est aussi possible pour nous, avec la grâce et la puissance d’En-haut. Et quel témoignage puissant rendu aux autres prisonniers et au geôlier ! Ne négligeons pas notre témoignage vis-à-vis de nos voisins, de nos enfants et petits-enfants… et du personnel soignant qui entend nos récriminations… ou notre joie en Jésus !
« C’est pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui [nous] enveloppe si facilement, courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement, lui qui, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu. Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas lassés, étant découragés dans vos âmes » Hébreux 12. 1 à 3. Regardons au Seigneur, notre Bon Berger, notre Modèle, notre puissant Maître et suivons son exemple – même de loin !
Nous avons relevé, au début, quelques causes de découragements : peu de visites, journées monotones, solitude etc. Tu attends quelque chose venant des autres, et ça se comprend aisément. Mais ce que tu ne reçois pas des autres… donne-le, toi, aux autres ! Fais, toi, des visites encourageantes (en personne ou par téléphone), intéresse-toi aux besoins, aux soucis des autres (tu oublieras momentanément les tiens), coupe ta solitude en allant vers les autres, en rendant service, ou « tout simplement » en priant pour eux. Tu feras d’une pierre deux coups, même trois coups : tu feras du bien aux autres, tu te feras du bien à toi-même, et surtout, tu serviras le Seigneur ! Tes journées et tes nuits s’illumineront, ton cœur reprendra espoir, ta joie reviendra égayer ton visage.
Ne subis plus, bouge-toi, lève-toi, agis ! Alors tu prospéreras, si tu prends garde à pratiquer les statuts et les ordonnances que l’Éternel a prescrits à Moïse pour Israël. « Fortifie-toi et sois ferme ; ne crains pas et ne t’effraie pas… lève-toi et agis, et l’Éternel sera avec toi » (1 Chron. 22. 13 et 16) ; « L’Éternel le soutiendra sur un lit de souffrances. Tu transformeras tout son lit quand il sera malade » (Ps. 41. 4) ; « soyez transformés par le renouvellement de [votre] intelligence, pour que vous discerniez ce qu’est la bonne, agréable et parfaite volonté de Dieu » (Rom. 12. 2) ; « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18).
« Quand mon cœur s’aigrissait, et que je me tourmentais dans mes reins, j’étais alors stupide… tu m’as tenu par la main droite ; Tu me conduiras par ton conseil et, après la gloire, tu me recevras. Qui ai-je dans les cieux ? Je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi. Ma chair et mon cœur sont consumés ; Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours. Car voici, ceux qui sont loin de toi périront ; tu détruiras tous ceux qui se prostituent en se détournant de toi. Mais, pour moi, m’approcher de Dieu est mon bien ; j’ai mis ma confiance dans le Seigneur, l’Éternel, pour raconter tous tes faits » (Ps. 73. 21 à 28).
Recevez mes salutations fraternelles, Marco. Février 2026.
Retour en arrière pour mieux avancer, grâce à nos cantiques d’antan…
Bon Sauveur, Berger fidèle,
Conduis nos pas chaque jour,
Et, pour la vie éternelle,
Garde nous dans ton amour.
Refrain. Béni sois-tu, tendre Maître !
Jésus, nous sommes à toi ;
Qu’à toi seul nous voulions être :
Soutiens notre faible foi.
Remplis notre âme de zèle
Et porte-nous dans tes bras
Jésus bénit et protège
Ceux qui marchent par la foi ;
Il les garde de tout piège,
Dans leurs cœurs il met sa loi.
Heureux qui peut le connaître,
L’aimer et dire en tout temps :
C’est à lui qu’on ne peut être
Ni trop tôt, ni trop longtemps.
S’il veut bénir la jeunesse,
Il guide encor l’âge mûr ;
Dans la paix, dans la détresse,
Il est l’abri le plus sûr.
À lui venons nous soumettre,
Et disons, toujours contents,
Qu’à Jésus on ne peut être
Ni trop tôt, ni trop longtemps.
Le Seigneur m’aime,
Bonheur suprême,
Le Seigneur m’aime,
Il est amour !
Refrain.Je redirai toujours :
Le Seigneur m’aime, (bis)
Il est amour !
Ouvre mes yeux, (bis)
et je verrai les merveilles,
qui sont dans ta loi (bis)
Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus (bis)
Et je marche jusqu’au bout,
Par la foi et malgré tout.
Je sais qu’un jour mes yeux verront Jésus.
Oh ! que ta main paternelle
Me bénisse à mon coucher !
Et que ce soit sous ton aile
Que je dorme, ô bon Berger ! (bis)
Seigneur, j’ai fait ma prière ;
Sous ton aile, je m’endors,
Heureux de savoir qu’un Père
Plein d’amour veille au-dehors (bis)
Ta Parole est une lampe à mes pieds
Et une lumière, et une lumière.
Ta Parole est une lampe à mes pieds
Et une lumière sur mon sentier.
Je pars pour un très long voyage,
Mais je ne suis pas seul en chemin.
J’avance tout plein de courage,
Car Jésus me tient par la main.
C’est le voyage de la vie,
Qui commence quand on est petit …
Un jour, laissant tous mes bagages,
Au ciel j’arriverai tout heureux.
Ce sera la fin du voyage,
L’entrée dans le palais de Dieu
Dans mon cœur un beau soleil brille ;
Son rayon doux et joyeux
Répand un éclat qui scintille ;
C’est la présence de Dieu.
Oh ! quel beau soleil dans mon âme !
Il éclaire, illumine tout.
À ses rayons mon cœur s’enflamme
Et je vais chantant partout.
Joie, joie, mon cœur est plein de joie, (bis)
Mon Sauveur est tout près de moi,
C’est pourquoi mon cœur est toujours plein de joie.
Quand tout va bien,
Ou quand tout va moins bien,
Regarde à Jésus,
Car il est près de toi.
Oui, quand tout va bien,
Ou quand tout va moins bien,
Quand tout va de travers,
Regarde à Jésus.
Quand tout est gris,
Et quand rien ne va plus,
Regarde à Jésus,
Car il est près de toi.
Oui, quand tout est gris,
Et quand rien ne va plus,
Pour trouver le secours,
Regarde à Jésus.
Jésus me demande d’être
Un rayon de soleil,
Qui gaiement fasse connaître
Son amour sans pareil.
Refrain. Un rayon de joie,
Un doux rayon de soleil,
Que Jésus envoie,
Oh ! Quel bonheur sans pareil !
Comme un petit luminaire
Dans la plus sombre nuit,
Que je réjouisse, éclaire,
Mes voisins, mes amis.
Refrain. Aide-moi donc à sourire,
Toujours de bonne humeur.
Que tout mon être respire
Ton amour, ta chaleur !
Refrain. Oh ! que m’oubliant moi-même,
Je ne m’efforce plus
Que d’être pour ceux que j’aime
Un reflet de Jésus.
Refrain. Que Jésus m’emploie,
Et qu’il me rende pareil
Aux rayons de joie,
Aux doux rayons du soleil !
Seigneur, la nuit va tomber ;
A genoux, je vais prier.
Pour ton secours à chaque heure,
Oh ! merci, merci, Seigneur.
Cantiques pour enfants
Ces cantiques d’enfants évoquaient aussi parfois, sans qu’on y fasse alors attention, l’âge avancé. Que le Seigneur nous aide à retrouver cette fraîcheur et cette joie en Jésus, cette confiance et cette foi en Dieu. Et si à cette époque reculée de notre vie, le retour du Seigneur n’était pas trop envisagé ; combien plus maintenant nous devrions l’attendre avec espérance et avec joie !
« Nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera notre corps d’abaissement en la conformité du corps de sa gloire » Philippiens 3. 20 et 21.
« … et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » 1 Thessaloniciens 4. 17.
Le Seigneur Jésus a promis aux siens une place avec Lui et près de Lui : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; s’il en était autrement, je vous l’aurais dit, car je vais vous préparer une place » (Jean 14. 2 et 3).
– Quand le Seigneur Jésus reviendra-t-Il ? Nous ne le savons pas, parce qu’Il ne nous a pas indiqué une date précise ; mais Il a dit : « Voici, je viens bientôt » (Apoc. 22. 12). Cet évènement se produira avant les jugements de la fin des temps, car il est écrit : « Je te garderai de (litt. : hors de) l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3. 10). Mais n’oublions pas que « un jour est devant le Seigneur comme 1 000 ans, et 1 000 ans comme un jour » (2 Pier. 3. 8).
– Comment reviendra-t-Il ? « Le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec [la] trompette de Dieu, descendra du ciel » (1 Thess. 4. 16). Il ne viendra pas sur la terre, mais s’arrêtera « dans les nuées » (v. 17).
– De quelle manière nous prendra-t-Il ? « Les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ; puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air » (1 Thess. 4. 16 et 17).
– Comment devons-nous l’attendre ? « Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mat. 25. 13). « Le Seigneur est proche ; ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 5 à 7).
« Car nous voyons à présent au travers d’un verre, obscurément, mais alors face à face. À présent je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu » 1 Corinthiens 13. 12.
Ce texte de la 1ère épître aux Corinthiens est basé sur le contraste entre deux adverbes : « maintenant » (ou « à présent »), qui nous montre la vie du chrétien sur la terre, et « alors », qui se réfère à son avenir céleste et éternel.
« Alors », c’est le moment où tous les croyants seront enlevés au ciel et vivront éternellement avec leur Sauveur.
« Maintenant », nous voyons comme à travers un verre semi-transparent, d’une manière confuse. Quoique le croyant voie Jésus par la foi (Héb. 2. 9), sa vision est encore floue et l’image qui en résulte est imprécise, comme celle que renvoie un miroir opaque. « Nous savons qu’étant présents dans le corps, nous sommes absents du Seigneur, car nous marchons par la foi, non par la vue » (2 Cor. 5. 6 et 7). Mais « alors », la foi fera place à la vue et nous le verrons, avec admiration, face à face, tel qu’Il est, et nous Lui serons rendus semblables (1 Jean 3. 2).
« Maintenant », nous connaissons « en partie ». Notre perception de la réalité céleste est partielle, parce que nous sommes limités dans notre corps, notre esprit et nos facultés. « Alors », nous connaîtrons pleinement comme nous avons été connus.
Avant de laisser les siens, le Seigneur affirme : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17. 3). Connaître sans limitation le Père et le Fils qui nous ont connus sera une source de joie sans fin !
Déjà maintenant, pendant sa vie sur la terre, le croyant qui vit au contact de Dieu se transforme et transmet sa lumière aux autres : « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3. 18). « Alors » les croyants verront la gloire de Dieu.
Nous pouvons comparer la condition actuelle du croyant à celle d’une chenille contrainte à se traîner sur la terre jusqu’à ce que, sa métamorphose étant accomplie, et qu’elle soit devenue un papillon, elle découvre les grands espaces dont elle était exclue dans sa condition initiale.
Le sujet qui est proposé aujourd’hui à notre méditation, à nos entretiens, est d’un très grand intérêt pratique ; il intéresse, en effet, notre vie pratique individuelle et la vie pratique des assemblées.
Nous sommes placés au sein de la chrétienté, nous en faisons partie ; ce serait une erreur de croire que nous sommes en dehors de la chrétienté ; ce serait également une erreur de croire qu’il n’y a des enfants de Dieu que parmi ceux qui se rassemblent avec nous autour du Seigneur, autour de sa table.
Il faut nous rappeler que l’Assemblée universelle est composée de tous ceux qui sont nés de nouveau, de tous ceux dans lesquels la Parole et l’Esprit de Dieu ont opéré et qui sont ainsi placés dans une position nouvelle devant Dieu, le connaissant comme un Père.
Il y a des enfants de Dieu dispersés dans ce monde, dans de multiples dénominations chrétiennes, au sein de la profession chrétienne précisément, et avec eux se trouvant bien d’autres personnes qui portent peut-être le nom de Christ mais qui n’ont pas autre chose qu’une profession chrétienne. Il y a une distinction à faire dans la chrétienté entre la simple profession sans la vie et la profession qui est accompagnée de la vie.
Il n’y a pas de milieu chrétien, même pas de témoignage constitué par la grâce de Dieu qui puisse penser que lui seul groupe tous les enfants de Dieu, c’est-à-dire ceux qui possèdent la vie de Dieu. Il faut donc que nos cœurs soient assez larges pour embrasser dans nos affections tous ceux auxquels nous sommes unis par des liens indestructibles, tous ceux qui ont une même foi un même Sauveur et une même espérance et cela quel que soit le degré de leur connaissance et de leur développement spirituel.
Il peut se faire que bien des croyants dans des dénominations chrétiennes soient peu avancés dans la connaissance de la vérité, qu’ils connaissent simplement les vérités du salut, peut-être même ne jouissent-ils pas du salut, ils n’en sont pas moins des enfants de Dieu ; et quand, le premier jour de la semaine nous rompons le pain à la table du Seigneur, nous sommes heureux d’embrasser dans .nos pensées, en rompant le pain, la multitude des croyants dispersés dans maintes dénominations chrétiennes et qui font partie du seul corps dont nous parle le pain qui est sur la table, puisqu’ils sont lavés dans le sang de Christ.
Que nos cœurs soient assez larges, soyons gardés de tout esprit sectaire, aimons les enfants de Dieu où qu’ils se trouvent ! Il peut y avoir et il y a des degrés de communion, mais que nos cœurs réalisent que nous sommes une même famille, que « le Saint Esprit, le Fils, le Père, à notre foi tout est commun ».
L’écueil sur lequel nous venons d’arrêter notre attention c’est celui de ne pas voir les enfants de Dieu dans toutes les dénominations chrétiennes et de manifester un certain sectarisme. Que nous soyons gardés de tout esprit sectaire ! que nos cœurs soient larges !
Mais il y a un autre écueil : c’est que nous nous laissions entraîner par les sentiments de nos cœurs – sentiments qui sont selon Dieu, qui découlent de la possession de la vie de Dieu car « quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui » – ce qui pourrait nous faire perdre de vue les vérités concernant le témoignage, la position dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés et tout ce qui découle de cette position de témoignage.
Celle-ci nous est donnée absolument par grâce, par pure grâce, et Dieu fasse que nos cœurs soient gardés de s’enorgueillir de la part qui nous a été ainsi faite. Il n’y a là, en effet, aucune gloire pour nous, aucun mérite pour nous ; nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Soyons gardés de le penser !
Il peut y avoir des chrétiens beaucoup moins avancés dans la connaissance de la vérité et qui manifestent beaucoup plus de piété que nous-mêmes. Soyons gardés de toute pensée d’orgueil, mais apprécions les vérités concernant le témoignage et la position du témoignage ; c’est la grâce de Dieu qui nous invite à cela et que la marche pratique, individuelle et collective, corresponde à une telle position !
Mais comment maintenir, dans la vie pratique individuelle et dans la vie de l’assemblée, des rapports selon Dieu avec les croyants qui nous entourent et qui font partie de telle ou telle dénomination chrétienne ? Les deux écueils sont devant nous : d’une part, manquer d’amour pour eux, d’un amour selon Dieu, et, d’autre part manifester, au contraire, dans notre marche, une largeur de vue qui ne correspondrait pas à l’enseignement de la Parole et perdre ainsi de vue la position de séparation dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés et qui est selon Dieu et les enseignements de la Parole de Dieu.
On a résumé ces pensées dans une expression souvent employée : « le fidèle doit marcher dans ce monde dans un sentier étroit avec un cœur large ». Voilà le principe qui définit nos rapports avec les croyants de toutes les dénominations chrétiennes. Mais il faut appliquer le principe, et c’est dans l’application de ce principe que se posent les difficultés de tous les jours, pourrait-on dire, et que nous avons besoin de sagesse, de discernement spirituel ; nous avons besoin d’être dépendants, d’être-gardés, d’être conduits.
Différents passages ont été proposés à notre méditation pour examiner ce sujet ; d’autres pourront être proposés également au cours de nos réunions. Nous désirons dépendre de Dieu, être conduits par son Esprit et si, dans la dépendance de l’Esprit, d’autres passages sont proposés, nous nous y arrêterons pour les considérer, car nous désirons trouver et présenter l’enseignement de la Parole de Dieu sur ce sujet d’un grand intérêt pratique.
Rappelons tout d’abord ce que chacun doit savoir, c’est que l’Église a été formée à la suite de la descente du Saint Esprit et par cette descente même, elle n’a pas commencé avant que le Seigneur fût présent comme homme à la droite de Dieu, et ceci lie l’Église à un Christ céleste. C’est la base de toutes les vérités qui caractérisent l’Église : l’Église est céleste et c’est bien faute d’avoir gardé cela dans son cœur qu’elle a pris un visage et un caractère terrestres.
Au commencement de l’Église, nous voyons un moment de son histoire où elle brille d’une manière éclatante ; ils étaient un petit nombre portant les caractères de la beauté morale de l’Église, sans tache. Et si nous voulons percevoir réellement ce qu’est la situation actuelle, et en tirer les conséquences, il ne faut rien moins que nous reporter à cette origine pratique de l’Église, dépeinte dans le début du livre des Actes. Rien ne montre mieux la déchéance.
Ceux qui la formaient à ce moment-là étaient, dans l’ensemble, des Juifs, sortis du judaïsme. Nous savons aussi que pendant un certain temps, il y a eu des chrétiens qui pratiquaient à la fois le judaïsme et le christianisme, et que même des docteurs enseignaient qu’il fallait garder le judaïsme. C’est pourquoi nous avons l’exhortation dans Hébreux 13 : « Sortons vers lui hors du camp ».
Mais cette expression-là ne s’adresse pas seulement aux juifs devenus chrétiens, car l’histoire de l’Église, depuis son origine, montre très clairement hélas ! trop clairement- qu’elle est devenue un camp. Ainsi, l’appel s’adresse aux fidèles dans le temps actuel, comme d’ailleurs dans d’autres temps à sortir du camp.
L’Église est devenue un camp, non pas le camp juif, mais le camp chrétien et l’expression, ne l’oublions pas, a avant tout une portée religieuse beaucoup plus que proprement mondaine, bien que les deux soient étroitement liées. Eh bien, au cours des siècles, il y a eu des fidèles qui sont sortis du camp, individuellement, mais il doit être difficile, historiquement parlant, de découvrir une réponse collective a cet appel à sortir du camp sauf toutefois la réponse que Dieu a produite au siècle dernier.
Il y a eu, a ce moment-là, une réponse collective caractérisant un groupe de témoins bien défini dans l’histoire et bien défini dans l’Écriture, un groupe de chrétiens qui, ayant des oreilles pour entendre ce que l’Esprit disait, ont réalisé ensemble ce que c’était que sortir du camp. C’est le réveil que le Seigneur a suscité au siècle dernier, et qu’aucun frère, aucune sœur, si vraiment il a conscience de ce qu’il est, ne devrait ignorer et dont il ne devrait pas ignorer la portée.
Il est impossible d’’admettre qu’un frère ou une sœur puisse déclarer qu’il aime le Seigneur s’Il ne s’enquiert pas avec soin de ce témoignage que le Seigneur a produit au siècle dernier et dont la présence de ce frère ou de cette sœur dans le rassemblement est extérieurement la continuité ; je dis extérieurement.
On voit, dans le monde, chez tous les peuples et dans les familles, une diligence soutenue, pour s’enquérir des faits marquants, importants de la famille ou du pays ; on nous a appris les grands faits, de l’histoire de notre pays, chacun de son pays ; on a soin de nous lier à cela ; on sait que l’état d’un peuple est lié à cette connaissance. Un peuple, pratiquement, ne subsiste pas sans cela, il n’aurait pas d’unité morale ni de continuité dans l’histoire.
Eh bien, c’est un fait peut-être douloureux à placer devant notre méditation, que nous, chrétiens qui faisons partie du témoignage, nous ne montrons, pas la même ardeur (qui est, au fond, une ardeur des affections, une ferveur des affections pour savoir ce que le Seigneur a fait, relativement au témoignage, pour connaître son travail et savoir, par conséquent, la position qui est la nôtre aujourd’hui).
Et cette étude aurait pour effet de produire de la diligence pour sonder la pensée du Seigneur dans l’Écriture et aussi pour considérer ce que le Seigneur a fait dans les temps qui nous ont précédés. Il en résulterait certainement du profit, non seulement pour chacun, mais pour le témoignage tout entier.
Une autre pensée, liée à celle-là et qui est une vérité qui traverse toute l’Écriture, c’est que nous sommes devant Dieu, devant le Seigneur, responsables non pas seulement dans ce que nous réalisons d’un vrai christianisme mais, également responsables de la position extérieure que nous avons. Un frère, une sœur, et même à un autre degré quelqu’un qui suit les réunions simplement, fidèlement, est responsable de la position qu’il a dans le témoignage ; il est plus responsable que quelqu’un qui n’a jamais vécu dans le témoignage et qui n’en a jamais eu connaissance.
Nous serons toujours jugés d’après notre position extérieure ; même le serviteur incrédule, comme il est écrit, est appelé serviteur, pourtant c’était un incrédule ; il sera jugé comme serviteur car il a prétendu être un serviteur : Tu t’es réclamé de mon nom comme étant le nom de ton maître, tu seras jugé d’après la position même que tu as réclamée. C’est un principe absolument universel.
Par conséquent, nous, frères, nous sommes responsables selon la position où nous nous trouvons ; et nous sommes les descendants de ceux qui nous ont instruits ; nous sommes donc responsables de savoir ce qu’ils nous ont enseigné ; d’autant plus que ce que nos conducteurs nous ont enseigné n’est pas une chose qui a jailli à ce moment-là comme fruit d’une révélation nouvelle qui leur aurait été donnée ; en aucune manière ; nos conducteurs nous ont instruits en nous faisant remonter au point où le Seigneur les a fait remonter, c’est-à-dire au commencement.
Certains trouvent peut-être que le christianisme commence à vieillir et que le témoignage commence à vieillir ! le témoignage a 200 ans ; quant aux vérités du témoignage selon le Seigneur elles en ont bientôt deux mille, mais elles restent aussi valables qu’au premier jour !
Le peuple d’Israël est appelé un camp et cette expression correspond à la position du peuple rangé comme une armée autour du tabernacle. Ce caractère d’Israël s’est conservé ; en fait, jusqu’à la croix ; moralement, il prend fin à la croix. Nous savons toutefois qu’il s’est poursuivi encore un peu après, en réponse à l’intercession du Seigneur sur la croix, mais, effectivement, ce caractère a cessé d’exister comme reconnu de Dieu après la lapidation d’Étienne.
Ayant rejeté le témoignage d’Étienne, Israël est mis de côté et, dès lors, les vérités concernant l’assemblée, cette assemblée dont l’existence a commencé le jour de la Pentecôte vont être pleinement révélées par le ministère de Paul. Dès ce moment, c’en est fini du camp comme témoignage de Dieu sur la terre : il n’est plus question du peuple rassemblé autour du tabernacle par des cérémonies extérieures, mais il est question d’âmes à rassembler autour de Christ ; il est question d’un berger qui rassemble son troupeau, il est question d’un rassemblement par la puissance de l’Esprit de Dieu.
Et la pensée de Dieu est définie par ces mots : « Sortons vers lui hors du camp ». Dans le domaine chrétien, comme cela a été rappelé tout à l’heure, l’homme a fait un camp ; alors que Dieu a mis de côté tout ce qui caractérise le camp et a établi un ordre de choses nouveau, un rassemblement par la puissance de l’Esprit.
L’homme a fait un camp et ce camp est dans la chrétienté : un monde religieux, un domaine dans lequel on entre par des cérémonies extérieures, par une profession de foi, un domaine dans lequel on peut entrer sans être né de nouveau et dans lequel convertis et inconvertis sont mis sur le même pied. Voilà ce qui caractérise le camp aujourd’hui ; voilà quels sont les caractères généraux du camp.
Eh bien, Dieu désire avoir un témoignage au sein de ce monde et au sein de la chrétienté. Il adresse un appel aux âmes à sortir vers Christ, car Christ est le centre qui rassemble des témoins pour constituer un témoignage : « Sortons vers lui ». Les âmes sont appelées à sortir vers Christ, car Christ est le centre qui rassemble des témoins pour constituer un témoignage : « Sortons vers lui ».
Les âmes sont appelées à sortir parce que la puissance de Christ et du nom de Christ les attire, et si le nom de Christ attire l’âme, c’est parce que l’Esprit a opéré, a travaillé dans le cœur, de sorte que l’Esprit rassemble ainsi les âmes autour de Christ, et c’est là le témoignage. « Sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ». Il a été méprisé dans ce monde, il l’est encore et nous serons méprisés comme il l’est lui-même.
Cet appel de Hébreux 13. 13 a retenti d’une manière tout à fait particulière il y a un peu plus d’un siècle, et nos devanciers sont sortis « vers lui hors du camp ». Il faut penser quelquefois à ce qu’ont pu être leurs exercices pour réaliser cette position de séparation à laquelle nous attachons quelquefois peu de prix et peu de valeur.
Pensons à ce que cela a dû être pour nos devanciers, qui se trouvaient effectivement dans le camp et chez lesquels l’Esprit de Dieu a travaillé, opéré pour les amener à sortir vers Christ hors du camp. Il y a eu certainement des luttes, des combats, des douleurs.
Mais quand la puissance de l’Esprit de Dieu opère, il y a ce qui permet de passer sur tout ce que le cœur peut éprouver et la fidélité à Christ prime tout ; et c’est ce qui a conduit nos devanciers à sortir vers lui hors du camp pour réaliser pratiquement la position de témoignage que Dieu enseigne aux siens. Car, la pensée de Dieu, c’est que les siens dans ce monde soient ses témoins et ce qu’il voudrait c’est que tous ceux qui possèdent la vie divine sortent vers Christ hors du camp, portant son opprobre.
Lorsque nous disons qu’il serait d’un grand profit que les frères et sœurs considèrent de près ce qu’a été le travail du Seigneur, dans les générations d’origine du témoignage en particulier, nous ne nous écartons pas de l’Écriture ; l’esprit général de l’Écriture confirme cela, et ce même chapitre nous parle de nos conducteurs dont nous avons à imiter la foi ; nous souhaitons donc que l’examen de ce qu’a été la naissance du témoignage soit l’objet du désir de beaucoup.
Remarquons bien que cet appel à sortir du camp et les expressions analogues ne sont pas avant tout des développements doctrinaux, mais bien, d’abord, des appels que l’Esprit adresse au cœur et à la conscience. Et la façon dont on y répond ou dont on n’y répond pas est révélatrice du vrai état du cœur à ce moment-là.
Beaucoup de chrétiens ont entendu le cri : « Sortons hors du camp » que des fidèles ont fait retentir non pas avant tout en développant la doctrine, mais en marchant suivant la doctrine qu’ils avaient connue (c’est l’appel vécu). Pourquoi, à ce moment-là, tous les chrétiens n’ont-ils pas suivi un appel qui n’est pas un appel d’homme ? – Et il y a eu des hommes extrêmement dévoués et pieux, dans beaucoup de milieux. Il n’est pas dit : sortez vers tel ou tel ; mais « sortons vers Christ hors du camp ».
Pourquoi ne sont-ils pas sortis ? Dieu le sait. Et il en est ainsi dans toutes les générations, et cela de beaucoup de manières ; l’un reçoit dans son cœur avec profit une parole, un appel, une exhortation, un enseignement, et sur l’autre la même parole passe sans effet : c’est révélateur de l’état de l’âme de l’un et de l’autre.
Nous pouvons encore remarquer que si nos devanciers ont écouté cet appel à sortir hors du camp il nous faut peut-être aujourd’hui lancer un appel à veiller pour ne pas y rentrer ! Ne retournons pas dans le camp, restons dehors !
Une autre remarque : c’est que dans l’épître même où nous trouvons l’appel « Sortons hors du camp », il est dit « entrez dans le ciel même », et c’est bien là les deux caractères fondamentaux de la position de tout vrai croyant : entrer dans le ciel même et y demeurer ; et, il est impossible de réaliser l’entrée et l’habitation dans le lieu saint, avec ce que cela comporte, si on ne sort pas en même temps du camp et si on ne reste pas dehors.
Le lieu très saint et la position hors du camp se touchent ; et c’est une vérité extrêmement importante pour la vie morale et la vie spirituelle, non seulement des individus, mais des assemblées.
Notre position est liée au fait que, d’une part, Christ a souffert hors de la porte, rejeté du camp, et que, d’autre part, il est entré dans les lieux saints pour nous, nous ayant acquis une rédemption éternelle ; la position du croyant maintenant découle de ce grand fait qu’il est appelé à sortir vers Christ hors du camp et à entrer dans les lieux saints, à jouir de ce fait que sa position est dans les lieux célestes.
Ce côté céleste du christianisme est extrêmement important et on peut dire qu’il n’est guère connu dans le camp ; on pourrait même peut-être aller jusqu’à dire qu’il est méconnu. Il y a peut-être, dans le camp, de très belles apparences, un beau christianisme terrestre, la Parole de Dieu n’est pas rejetée, on l’accepte sur bien des points – pas sur tous – car on se réunit suivant des règles humaines, il y a un ministère qui est un ministère établi par l’homme, tant de choses qui sont en fait une désobéissance à la Parole, une méconnaissance de ce que la Parole nous enseigne.
Il n’y a donc qu’une acceptation partielle de la Parole ; et la connaissance et la jouissance de la position céleste du croyant, de la position céleste de l’assemblée et de tout ce qui découle d’une telle position est pratiquement méconnue. Or, ce sont des choses importantes que la Parole nous révèle et que le croyant est appelé à réaliser en sortant vers lui hors du camp.
Il faut rappeler cela aujourd’hui dans les assemblées, parce que la tendance universelle, du fait de la faiblesse, est de ne penser qu’à un christianisme terrestre, à ce que l’on fera sur la terre on ne pense guère qu’au service terrestre ; il y en a un, ce n’est pas le premier et ce n’est pas ce qui est la source de tout.
La réalisation pratique sur la terre du fait de sortir vers lui du camp conduit, de toute évidence, au lieu ou il a promis sa Présence.
De là l’importance de cette merveilleuse parole qui, précisément, au siècle dernier a été mise beaucoup en avant et à propos de laquelle il y a eu bien des échanges de pensées. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » ; on ne pouvait pas pardonner à nos conducteurs de mettre en avant à ce point là, et ils ont répondu : ne voyez-vous pas que c’est une parole qui est valable pour tous les temps, quelque grande que soit la ruine.
Rien d’organisé, aucune organisation ecclésiastique : le témoignage des derniers jours n’a pas de prétention ecclésiastique mais se caractérise par la recherche et la découverte de Christ quand tout est en ruine.
Le camp a été un ensemble de choses juif, il faut le dire, institué par Dieu pour mettre l’homme à l’épreuve, pour montrer si le peuple juif – une classe d’hommes choisis, soignés et entourés de privilèges – c’était le peuple d’Israël dont Dieu s’occupait spécialement au milieu du monde – porterait des fruits. Dieu voulait, en lui donnant d’immenses privilèges (les prophètes, la Parole) montrer si l’on pouvait tirer, de l’homme quelque bien.
Il y avait là des sacrificateurs et des rapports du peuple avec Dieu. Il y avait des instructions divines, celles-ci étaient indirectes et incomplètes, ce que démontre le fait que le voile n’était pas déchiré, mais malgré cela les juifs avaient des rapports avec Dieu qu’ils étaient les seuls à avoir. C’était une mise à l’épreuve, elle s’est liquidée à la croix, c’est fini, on n’en parle plus.
Eh bien, la grave prétention du camp chrétien, son grave péché, à quelque degré qu’il se présente – et il peut se trouver même dans une assemblée si elle prend le caractère du camp et oublie ce qu’est l’assemblée aux yeux de Dieu – ce grave péché est celui-ci, d’avoir oublié que le monde religieux aussi bien que le monde dans sa généralité a été moralement jugé définitivement à la croix, c’est d’avoir rétabli, sous l’étiquette chrétienne, ce dont Dieu avait dit : c’est fini.
C’est une offense à Dieu qui est là, permanente à ses yeux, et que les témoins appelés par le Seigneur ont sentie et à propos de laquelle ils ont mené deuil toute leur vie. Ils ont dit : où y a-t-il un chemin, en face de cette offense, de cet outrage aux yeux de Dieu que constitue le fait de rétablir devant lui une chose qu’il a condamnée et de laisser croire, d’une façon plus grave que celle de Caïn qu’on peut faire quelque chose quand Dieu a dit qu’on ne pouvait rien faire, où est le chemin à suivre pour être agréable au Seigneur ? Le chemin, c’était de quitter tout cela ; c’est toujours le même.
Toutes les fois que, dans une assemblée ou dans notre vie personnelle, dans nos rapports entre nous et dans les assemblées, dans le témoignage, toutes les fois que nous faisons quelque chose qui a l’air de donner à l’homme du crédit, de la valeur, de la capacité à produire du fruit, nous reprenons dans ces choses-là l’esprit du camp, l’esprit de Caïn. Cela va très loin.
Dieu en a assez de l’homme, et le fidèle, aussi, en a assez.
Prenons garde que nos affections, notre amour pour les enfants de Dieu qui peuvent se trouver dans. le camp, ne nous conduisent pas à perdre de vue le véritable caractère du camp et de ce qu’il est aux yeux de Dieu.
On a insisté sur la double action de la Parole et de l’Esprit de Dieu. On ne saurait trop insister sur cette double action de la Parole et de l’Esprit, elles vont de pair non seulement pour apporter la vie nouvelle mais aussi pour former le croyant, l’instruire, l’enseigner. Elles vont de pair dans l’assemblée. Eh bien, ce côté est-il retenu dans la chrétienté ?
Nous ne voulons pas dire, certainement, que l’Esprit de Dieu n’agisse pas dans le camp. L’Écriture nous enseigne que l’Esprit souffle où il veut ; mais y a-t-il dans le camp la reconnaissance du ministère de l’Esprit, de la dépendance de l’Esprit dans tout ce qui règle la vie du rassemblement ?
Est-ce qu’il n’y a pas, au contraire, le service de l’homme, un service préparé, organisé à l’avance suivant des rites reconnus, suivant un ordre de choses organisé de telle manière qu’effectivement il n’y a pas la libre action de l’Esprit, par le moyen de la Parole afin que soient apportées dans le rassemblement édification, exhortation et consolation selon les enseignements même de cette Parole ? C’est encore un des caractères du camp qu’il est bon de ne pas perdre de vue.
Que Dieu ait eu la pensée d’avoir un témoignage à part alors même que le camp d’Israël existait, Exode 33 nous le montre déjà. Moïse dresse la tente hors du camp, loin du camp. Dieu annonçait à l’avance qu’un témoignage serait établi plus tard hors du camp.
La tente d’assignation que Moïse dressait était une figure du témoignage hors du camp. Les fidèles qui avaient à cœur la gloire de l’Éternel sortent vers la tente, et c’est le témoignage qui est rendu et qui est visible et doit être visible pour tous ceux qui étaient encore dans le camp (Ex. 33. 7). Et l’Éternel met le sceau sur l’acte de Moïse, la gloire de l’Éternel vint et la nuée descendit sur la tente d’assignation.
« Moïse prit une tente et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp, et il l’appela la tente d’assignation. Et il arriva que tous ceux qui cherchaient l’Éternel sortirent vers la tente d’assignation qui était hors du camp ».
La fin de ce paragraphe d’Exode 33 nous présente deux vérités importantes qu’il faut rappeler aussi : Josué, qui représente la puissance de l’Esprit de Christ, ne sortait pas de l’intérieur de la tente. C’est là la place du fidèle. Mais Moïse retournait au camp. Pouvons-nous penser que Moïse retournait dans le camp parce qu’il avait conservé l’esprit du camp après avoir dressé la tente d’assignation ? C’est impossible. Moïse retournait dans le camp parce qu’il avait un service à y accomplir.
Si un serviteur a effectivement de la part de Dieu un service à remplir il peut entrer dans le camp et le remplir dans le camp dans la mesure où le Seigneur l’appelle à y aller, mais, bien entendu, gardé, préservé de l’esprit du camp, séparé du camp comme Moïse, en fait, l’était.
Mais soulignons qu’il y a un grand danger pour les jeunes frères qui désirent servir le Seigneur en allant dans le camp. Il a été rappelé que nous devons marcher dans un chemin étroit avec un cœur large ; nous trouvons tout cela dans ce verset 13 d’Hébreux 13 : « ainsi donc, sortons vers lui hors du camp », c’est là le chemin étroit, « portant son opprobre », c’est le fait d’un cœur large ; le Seigneur Jésus était dans l’opprobre avec un cœur large.
« Car Dieu a tant aimé le monde… ». Voilà le cœur large du Fils de Dieu. Tout cela doit être véritablement mis en pratique avec la force que nous pouvons trouver, non pas en nous-mêmes car il n’y en a pas, mais dans l’Esprit Saint qui est en nous.
Le camp va très bien à la chair, elle y est à son aise parce que la chair n’est pas seulement mondaine, mais elle est aussi religieusement mondaine. La chair s’accommode très bien du camp parce que le camp ne signifie pas sa mort. Tandis que le christianisme de Dieu – le témoignage du Seigneur par conséquent – est fondé notamment sur le fait que la chair est morte, que l’homme est tué. Dieu ne reconnaît que le nouvel homme, lié à l’homme ressuscité et glorifié qui est Christ, et tout à sa source, en Christ.
Tout ce qu’est l’homme selon la nature avec ses prétentions religieuses et ses capacités naturelles pour servir Dieu est mis à mort. Mais alors le nouvel homme a affaire à Christ et dépend de lui. Voilà les traits fondamentaux de la position du témoignage. C’est ce que la chair ne peut pas supporter et cela est manifeste chez beaucoup de chrétiens et également en chacun de nous à des degrés divers ; car nous sommes loin d’être aussi conséquents et fidèles que nos devanciers quant à la réalisation de la position hors du camp. Mais qu’il nous soit donné en tout cas de réaliser que la position de l’assemblée, d’une assemblée locale, c’est celle-là.
On dit : mais vous qui prétendez être sortis du camp et vous tenir dehors, vous avez la chair en vous aussi ! Oui, nous l’avons, nous l’aurons jusqu’à la fin. On nous dit : vous avez à la faire mourir. Bien entendu, nous sommes d’accord, mais nous ne partons pas avec la pensée que la chair peut quelque chose, et nous savons qu’elle ne peut rien, non pas en vertu d’un raisonnement mais nous partons avec cette vérité fondamentale que la chair devant Dieu et aux yeux de la foi est à considérer comme absolument incapable, religieusement comme autrement, et que tout ce qui tend à lui donner de l’importance aux yeux de Dieu, tout ce qui laisserait supposer qu’elle a de la valeur aux yeux de Dieu, nous considérons tout cela comme faux et comme venant de l’Ennemi.
Voilà ce qu’au moins on devrait garder, comme vérité de départ dans les rassemblements, et si nous la gardons dans notre cœur, Dieu nous aidera à réaliser pratiquement cette mise de côté de l’homme qui aime tant avoir une apparence religieuse et édifier toutes sortes de choses étrangères à la pensée de Dieu comme ou le constate en prenant connaissance de l’histoire de l’église professante.
Nos devanciers n’ont rien eu en eux ; ils n’ont pas eu de testament à faire, ils n’ont pas eu d’église à léguer ; ils ont servi le Seigneur jusqu’à la mort. Voilà des serviteurs et voilà des témoins ! Ils n’ont rien laissé de visible, sauf ce que le Seigneur a produit par leur travail, des hommes de cœur attachés à Christ ; mais ce fruit était pour Christ et non pas pour les hommes ; ils n’ont pas eu un troupeau ni une église à eux.
Dans le camp, il y a des églises, des troupeaux à un tel ; hors du camp il n’y a rien de tout cela, il n’y a que Christ.
C’est une différence morale immense et une source de bonheur infini. Plus l’homme est mis de côté, religieusement parlant et collectivement parlant, plus Dieu bénit, plus les saints sont heureux.
Arrêtons-nous pour considérer ce que veut dire cette expression : portant son opprobre. En liaison avec tout ce qui vient d’être dit, ce témoignage du Seigneur et dans tous les temps, la fidélité des individus et des corps de chrétiens a été inséparable du mépris du camp. Avec le camp, il n’y a pas d’opprobre ; les juifs se sont vantés que leur religion était la première du monde c’était la première, en effet, et cette première religion du monde a constitué un corps solide de pharisiens et ce solide corps de pharisiens a été le premier, le plus constant ennemi de Dieu !
Là où il y a l’exercice de la foi et de la fidélité, il y aura de l’opprobre jeté sur les fidèles pour les tenir humbles et petits, petits en fait et petits à leurs propres yeux. C’est une grâce immense lorsque Dieu nous pénètre véritablement dans nos cœurs, nos consciences et nos esprits, que nous ne sommes rien du tout ; c’est un des plus grands dons de grâce que Dieu puisse nous faire ; c’est ce qui nous manque aujourd’hui dans les assemblées, et c’est ce qui fait que l’on tend à penser au témoignage au point de vue extérieur et à ceci et cela au lieu de penser qu’on n’est rien du tout.
D’autre part, il est un fait connu, que le témoignage, là où il a été fidèle, a été toujours mis au ban du monde ; il s’est tenu à l’écart du monde et le monde le lui a bien rendu, et le monde le lui rendra toujours.
On a toujours fait la différence, et le monde religieux, en particulier, l’a faite, entre un groupe de témoins fidèle et un groupe mélangé. C’est ce qui fait que beaucoup d’entre nous ont connu des exemples où le Seigneur, appelant quelqu’un dans une famille, pour être à lui et le suivre, la famille, parfois chrétienne, apprenant qu’un de ses membres voulait suivre le témoignage que l’on méprise, disait : va ici ou là, mais chez ceux-là, jamais !
Il y a un opprobre lié au nom de Christ, partout ou ce nom est porté, nous n’y pouvons rien, c’est un fait absolu ; là où Jésus est aimé, recherché, il y a l’opprobre de la part du monde, que celui-ci soit religieux ou non.
Tandis que le camp est pratiquement reconnu officiellement dans le monde ; il a une place dans le monde. Rappelons, à l’inverse, l’expression d’Actes 28. 22 : « cette secte, il nous est connu que partout on la contredit » ; ce qu’on appelait « cette secte », c’était le témoignage aux jours de Paul, avec tous les caractères qu’il présentait alors, et l’opprobre était connu et goûté d’une manière bien autrement grande qu’il ne l’est aujourd’hui.
Mais le croyant, individuellement, n’a rien à perdre d’aimer le Seigneur et de le suivre. En Jean 14, il est dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui ». C’est une bénédiction individuelle – la bénédiction collective est décrite, notamment, au Psaume 133 : « C’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ».
Cette expression si simple, connue de chacun parmi nous : « Sortons vers lui hors du camp » et dont nous pouvons demander à Dieu qu’il nous la fasse bien peser ne nous invite pas à en entraîner d’autres ; nous n’avons pas à dire : « Sortez vers Christ ». Rien ne nous autorise à en entraîner d’autres ; la foi obéit à la parole : « Sortons » ; c’est une question de foi pratique. Pourquoi certains ne veulent pas sortir, Dieu le sait. Mais répétons que ce à quoi nous avons à veiller, c’est de ne pas retourner en esprit ou en fait dans le camp ; en y retournant une assemblée perdrait son caractère d’assemblée de Dieu.
Cependant, le cœur large que doit avoir l’enfant de Dieu qui est, sorti du camp doit lui permettre de rendre témoignage auprès de ceux qui n’en sont pas sortis parce qu’ils ne connaissent pas les vérités que la plupart d’entre nous, connaissons dès le jeune âge.
Et si nous disons que nous ne sommes pas appelés à en entraîner d’autres, à faire du prosélytisme (les frères fidèles n’en ont jamais fait et ont écrit maintes fois que nous n’avons pas à en faire) nous disons aussi qu’aider, instruire, expliquer la position et la marche est un devoir de tout temps.
Ce fait de « sortir hors du camp » devrait être réalisé moralement par tout enfant de chrétien qui est converti et qui entre dans le témoignage, il devrait y avoir pour lui autre chose qu’une simple imitation des exemples, même bons, qu’il a ; il est souhaitable que ce travail là se fasse et c’est peut-être une des causes de la faiblesse actuelle, que ce travail n’ait pas été réalisé par tous les enfants de chrétiens entrés dans le témoignage.
Et peut-être qu’une certaine tendance à retourner dans le camp vient de ce que cet exercice n’a pas eu lieu, de ce qu’on n’a pas compris effectivement ce que c’est que le camp et ce que c’est que sortir vers Christ hors du camp.
Quand les exercices nécessaires n’ont pas eu lieu, quand on se trouve dans le témoignage parce qu’on est né de parents déjà dans le témoignage et que l’on fait seulement comme eux, on est en danger de perdre de vue à la fois le caractère du témoignage et celui du camp et de retourner facilement dans le camp et en croyant bien faire, souvent.
Il faut avoir vraiment un service à remplir de la part du Seigneur pour aller dans le camp ; si nous allons dans le camp sans avoir conscience d’y aller pour remplir un service de la part du Seigneur, sans que ce soit pour éclairer, instruire une âme et lui montrer ce que la Parole nous enseigne, nous sommes en danger de nous laisser attirer et entraîner. Il faut veiller.
Et il y a un autre point de vue très important à cet égard : dans tout contact avec le camp et dans toute activité au milieu de lui, absolument, ce qui est dangereux et certainement mauvais, c’est tout ce qui risque, de jeter de l’équivoque sur le caractère du témoignage. C’est pourquoi un frère doit faire très attention sur ce qui dans sa façon de faire peut jeter de l’équivoque sur la position et les caractères du témoignage.
Il risque en effet de jeter de l’équivoque vis-à-vis de ceux qui sont dans le témoignage et ceux qui sont dehors. Si nous avons, une position séparée et que nous sachions pourquoi, nous sommes inconséquents et infidèles lorsque nous faisons quelque chose qui contribue à obscurcir pour d’autres le sens de cette position et sa valeur, ou alors nous sommes tout à fait, nous-mêmes, inconséquents, en mauvais état ou alors nous boitons des deux côtés et nous ne sommes plus rien de la part de Dieu.
La valeur du témoignage, son sens aux yeux du Seigneur, pour son cœur, pour sa gloire, réside en ceci qu’il est en face de tout ce en quoi il y a des choses que Dieu produit et approuve mais qui n’est pas institué selon l’Écriture sainte. Le témoignage c’est cela ; s’il n’a pas cette attitude-là, il n’a plus de sens, il vaut mieux qu’il disparaisse. Toute équivoque à cet égard est grave et c’est ce qui fait que des frères refusent de donner la main d’association, pratiquement, quant au service – et nous l’avons tous fait – pour ne pas engager le caractère du témoignage.
Dire à quelqu’un qui est dans le camp et à qui nous voudrions être utiles : Évidemment, nous sommes séparés, nous allons dans une salle de réunions différente le dimanche mais, vous savez, de cœur nous allons avec vous, nous avons un même Sauveur, une même espérance, nous sommes enfants de Dieu. Ainsi marcher avec lui, aller avec lui, oublier sous prétexte d’avoir un cœur large que nous avons à maintenir une position de séparation, c’est manifester un amour qui n’est pas selon Dieu parce que cet amour n’est pas selon la vérité ; il nous manque le sel de la vérité et nous ne serons jamais utiles à quelqu’un qui est dans le camp en agissant et en parlant de cette manière.
Autrement nous faisons croire que cette position de séparation est quelque chose qui n’a aucune importance et devrait être oubliée. On dit quelquefois qu’il faudrait que toutes les barrières soient jetées par terre ; nous ne serons jamais utiles à quelqu’un qui est dans le camp si nous agissons et parlons de cette manière.
La position de ceux qui sont dans le camp est d’autant plus grave que, pratiquement, ils donnent la main au monde et la main du monde est une main rouge du sang de Jésus ; être dans le camp, c’est donner la main au monde, d’une façon ou d’une autre, c’est avoir une attitude qui approuve ce forfait qui est là sur le monde, dont le monde aura à rendre compte, ce forfait d’avoir versé le sang de Jésus.
Comme disait un frère, si des personnes dans telle ou telle localité avaient craché hier à la figure de mon père, est-ce que j’irai leur faire des amabilités ? C’est ce que le monde a fait à Christ ; de sorte que la séparation directe ou indirecte du monde c’est une question de cœur ; il ne s’agit pas d’être très savant dans les Écritures ; avant tout c’est une question de cœur, bien que la doctrine et l’enseignement aident au cœur à avoir de la lumière et à la suivre. Voilà où nous sommes touchés quand nous mondanisons religieusement ou autrement.
Dans le camp on emploie – et cela risque d’être imité dans le témoignage si l’on n’y prend pas garde – des moyens que Dieu ne peut pas approuver : Dieu n’approuve jamais la volonté de l’homme, même lorsqu’elle se propose, apparemment au moins, un bon but, on le voit bien dans l’Écriture.
La question est pour nous : qu’est-ce que Christ veut ? où est Christ, que nous puissions l’avoir. Comme Marie de Magdala : Je cherche mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis (voir Jean 20. 13).
Nos devanciers ont pu dire cela ; ils ont cherché ici ou là, ils trouvaient bien Christ, mais pas tout le Christ des Écritures, pas tout entier ; il le leur fallait tout entier et il faut Christ tout entier au fidèle ; il ne nous faut pas un Christ à moitié, simplement un Christ mort sur la croix, mais il nous faut aussi, dans le témoignage, un Christ vivant, un Christ glorieux, et qui peut revenir aujourd’hui. Si Christ revient aujourd’hui, je ne penserai pas à fonder une religion sur la terre. Voilà le Christ de Dieu, comme il est écrit dans Luc, voilà la pierre de touche !
Et il est incontestable que si tous les chrétiens, mis au courant de la vérité divine, instruits à l’égard de cette vérité, étaient droits et n’avaient pas d’autre motif que l’amour de Christ, tous marcheraient dans ce chemin-là ; il y en a beaucoup qui n’y marchent pas parce qu’ils n’y sont pas instruits et qu’ils sont enfoncés dans les ténèbres. Mais s’ils étaient tous instruits et droits, ils marcheraient tous là, il n’y a pas deux sentiers.
Nous laissons à Dieu le soin de démêler les raisons pour lesquelles il y a tant de chemins divers mais, comme disait un chrétien si j’ai trouvé le chemin de Christ, je ne vais pas chercher les chemins qui vont se perdre dans le désert, je n’ai pas besoin de les essayer tous. Il faut savoir où nous sommes.
Et le fait que l’Esprit de Dieu peut travailler et opérer dans le camp n’affaiblit en rien la portée de ce que nous avons dit au sujet du camp : l’Esprit souffle où il veut.
Rappelons à cet égard la pensée exprimée il y a déjà longtemps : l’Esprit souffle où il veut, mais moi je dois obéir. La responsabilité du croyant c’est d’obéir si l’Esprit de Dieu agit et opère dans le camp et si des fruits sont produits, des âmes amenées à la connaissance de la vérité, réjouissons-nous, même quand l’Évangile est prêché par esprit de parti. L’apôtre Paul faisait ainsi (Phil. 1. 18). Mais se serait-il jamais associé à ceux qui prêchaient l’Évangile par esprit de parti ?
Dans une scène de l’Ancien Testament, on voit Eldad et Médad prophétiser dans le camp – il n’était certes pas question de le leur interdire – Moïse ne pouvait que s’en réjouir et, pourtant, qui plus que Moise était séparé du camp, de l’esprit du camp ? (Nomb. 11).
Ils auraient dû être autour de la tente, car c’est la place que devait occuper le témoignage (v. 24) ; ils avaient perdu de vue l’ordre de Moïse, et n’avaient pas pris la position de témoignage que devaient occuper les anciens, « et ils prophétisèrent dans le camp. Et un jeune homme courut et rapporta cela à Moïse, disant : Eldad et Médad prophétisent dans le camp. Et Josué, fils de Nun, qui servait Moïse… dit : Mon seigneur Moïse empêche-les » ; il eût voulu que Moïse les empêchât de parler. « Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout le peuple de l’Éternel fût prophète ; que l’Éternel mit son Esprit sur eux ! »
Nous ne pouvons donc que nous réjouir si l’Esprit de Dieu souffle dans le camp, y accomplit du travail et si nous voyons des hommes qui agissent comme autrefois Eldad et Médad et si des fruits sont manifestes mais cela ne peut en aucune manière nous autoriser à méconnaître ce qu’est l’esprit du camp et la position du témoignage que nous avons à maintenir.
Un caractère désirable pour les frères et les sœurs, c’est l’humilité, être vidé de soi, de ses désirs, de ses pensées ; nous ne visons pas les mauvaises pensées, mais les pensées de vouloir quelque chose, cela est beaucoup plus subtil et tenace comme nous le savons les uns et les autres par expérience, Ne rien vouloir, s’attendre au Seigneur, ne rien organiser ; que Dieu nous donne de prendre garde à cela dans les assemblées, ne rien, absolument rien organiser.
Hors du camp, une seule puissance compte : l’Esprit de Dieu ; dans le camp il y a plusieurs puissances : celle de l’Esprit qui habite dans les vrais chrétiens, et la chair qui, elle, est en chacun. Dans le camp on la nourrit, hors du camp on la juge ; voilà l’immense différence ; dans le camp on nourrit la chair, il faudra dans le camp qu’un homme soit très instruit et qu’il ait fait de fortes études pour pouvoir s’occuper des choses de Dieu ; on le sait assez, cela ; s’il n’a pas passé cette épreuve et s’il ne s’est pas soumis à des disciplines humaines, cet homme ne peut pas s’occuper des choses de Dieu.
Il est vrai, à cet égard, que Dieu se moque des hommes ; il remplit un homme d’un don et cet homme prêche, présente la Parole sans passer par personne ; mais dans le camp, les capacités humaines sont prisées, elles sont cultivées et elles sont présentées comme indispensables au travail de Dieu. Voilà le camp ; et alors on organise et on fonde, nous le savons tous. Nous ne voulons pas manquer de charité, mais la vie du témoignage étant en jeu, il nous faut regarder les choses telles qu’elles sont, non pas pour juger ou critiquer qui que ce soit, mais être mis en garde. Hors du camp, en principe rien de soi.
Et s’il y avait des frères, des sœurs qui enseignaient qu’il faut avoir fait telles études pour être un serviteur du Seigneur, certains, grâces à Dieu, s’élèveraient encore contre cela, au moins quant au principe, quoique pas toujours peut-être avec la puissance et la sagesse désirables. Voilà les différences, pratiquement, tangibles et très importantes.
Qu’il y ait des défaillances et qu’il y ait des puissances autres que l’Esprit qui agissent hors du camp, bien sûr, mais il n’y en a qu’une qui soit reconnue : c’est celle de l’Esprit Saint. Le Seigneur peut donner à des frères, à des sœurs, cette autorité, cette puissance spirituelles. Malheur à ceux qui ne la reconnaîtraient pas.
En même temps, il y a le danger que la chair se mêle de tout cela, malheur à celui qui nourrirait la chair et ne la combattrait pas. Voilà la grande différence quant à l’état moral. Combattre la chair en soi hors du camp, voilà ce que nous avons à faire et que nous aurons à faire jusqu’à la fin ; mais le terrain doit être celui-là : la mise à mort de la chair et la dépendance du Seigneur et de l’Esprit Saint. Voilà pratiquement la grande différence.
Et cela se traduit profondément dans l’état de puissance intérieure. Nous n’avons pas besoin d’insister, mais si nous avions ou si une assemblée ou des frères d’une assemblée avaient des tendances à vouloir organiser quoi que ce soit sans l’Esprit…! Il n’y a qu’une chose qui doit s’édifier, il n’y a qu’un édifice, qu’une Assemblée qui soit légitime en tout temps, c’est l’Église, et le témoignage en est l’expression dans le témoignage, dans l’Assemblée, rien n’est de l’homme.
On nous dira : il y a bien de l’homme ! Oui, mais ce qu’il fait dans l’assemblée doit être considéré comme une faute et il faut s’en humilier ; c’est un péché ; il n’y a que ce que l’Esprit produit qui doit être reconnu par les fidèles. Que Dieu nous donne de le retenir !
Avec le déclin, dans le déclin, lorsque la puissance spirituelle hors du camp baisse, lorsque le Saint Esprit agit avec moins de force parce que la chair n’est pas jugée de la même manière, voilà que les caractères du camp reparaissent et ce qui était condamné comme principe à l’origine risque de reparaître comme principe et non pas comme acte de détail. Les tendances à vouloir organiser, bâtir quelque chose qui n’est pas ce que le Seigneur bâtit peuvent reparaître.
Que le Seigneur nous donne de prendre garde, à nous qui sommes plus âgés, mais aussi aux jeunes. Si les jeunes frères veulent être fidèles, qu’ils ne sortent pas de ce sentier. Ils ont pris le départ, que le Seigneur leur donne de ne pas sortir du sentier ou tout est de Lui.
N’édifions rien d’autre. N’admettons rien qui n’ait pas les caractères propres à l’assemblée de Dieu, soit enseignement, soit activité (en dehors du service individuel vis-à-vis des hommes). Dans son service un frère évangéliste travaille pour édifier l’assemblée, il est un instrument par lequel les âmes sont ajoutées à l’assemblée, s’il fait autre chose que cela, il fait mal. Nous avons à veiller de près à tout ce qui germe dans le sens des tendances dont nous venons de parler.
L’Église devrait être – et le témoignage a été – nous pouvons le dire – et le témoignage devrait être – le vase du déploiement de la grâce et de la puissance du Saint Esprit et rien d’autre, Sans doute le Seigneur se sert d’un frère, d’une sœur ; un frère a plus de capacités qu’un autre, mais les capacités qu’il a sont les capacités du vase ; le vase est ce qu’il est mais pour qu’il puisse être employé par l’Esprit, il faut que Dieu le brise d’abord ; le vase avec une volonté est pour le camp, le vase sans volonté est un vase hors du camp.
Certains frères ont été, au point de vue capacités, éminents, très au-dessus de la moyenne des hommes, d’une capacité très supérieure : Dieu a dû commencer par les briser entièrement, la capacité est restée, la volonté est partie ; ils pouvaient servir hors du camp.
D’ailleurs, le service, qu’il s’agisse d’un service individuel ou d’un service dans l’assemblée, ne peut être réalisé que dans une dépendance constante, incessante du Saint Esprit et dans une vie qui est une vie de foi tout cela est incompatible avec l’esprit d’organisation qui est en fait la négation du travail de l’Esprit de Dieu et de la réalisation de la vie de la foi qui attend de Dieu et de Dieu seul les directions pour le service à accomplir, pour le service de chaque jour soit dans l’assemblée, dans la vie de l’assemblée, et dans tout le service que nous pouvons avoir à remplir dans ce monde.
Cela touche à tous les points de la vie, de l’activité. C’est un fait digne de remarque que les apôtres – et nos devanciers dans leur mesure – n’ont laissé aucun héritage relativement à eux-mêmes. Des œuvres de charité organisées, nous n’en voyons pas ; nous n’en trouvons pas traces ; c’est tout à fait remarquable. Nous ne voyons pas d’ailleurs que le Seigneur se soit employé à guérir les maux dont souffrait l’humanité, sauf tout ce qu’il rencontrait.
Il n’a jamais encouragé ses disciples à fonder des œuvres philanthropiques ! C’est à remarquer. Eh bien l’Église a perdu ce chemin ; elle l’a abandonné. Quand la foi baisse, on remplace la puissance spirituelle par de bonnes activités qui sont des œuvres destinées à soulager l’humanité ; nous voyons cela. Que ce ne soit pas une mauvaise chose, d’accord, mais ce n’est pas. le témoignage proprement chrétien.
Que chaque chrétien soit appelé à soulager la misère autour de lui, dans la mesure du possible, c’est évident mais ce doit être fait pour la gloire de Dieu, sinon ce sera pour la gloire de l’homme.
Un chrétien, un de nos devanciers disait même ceci – c’était au moment où l’on s’occupait de la suppression de l’esclavage : si l’Église s’occupait de ces questions d’esclavage, elle manifesterait l’esprit du monde. Cela ne veut pas dire qu’on ne souhaite pas le soulagement ; mais le diable peut se servir de cela pour voiler aux yeux des hommes une chose bien plus terrible que la maladie, la pauvreté, l’esclavage ! celle d’être jeté dans la géhenne.
L’église, les frères, chrétiens fidèles, ont à présenter l’évangile dans sa pureté, la vérité dans sa pureté.
Dans le camp, certains disent : il n’y a pas d’enfer. Hors du camp, on dit : il y a un enfer. Voilà pourquoi le fidèle ne peut pas ne pas sortir du camp ; il ne le fait pas pour les hommes, mais pour Dieu. Si nos devanciers se sont séparés et si d’autres après eux sont restés séparés, ce n’est pas sans raison et ce n’est pas sans y avoir pensé… et séparés de la façon la plus stricte, sauf tout ce qui peut s’appeler le service d’amour individuel ne compromettant en rien ce caractère de séparation qui n’est pas une séparation voulue par l’homme mais une séparation par Dieu et pour Dieu.
On a fait allusion aux œuvres philanthropiques qui n’ont pour but que de soulager les misères. Voici ce que l’on peut encore dire à ce sujet : d’abord quant au but, nous ne devons jamais employer un mauvais moyen, quelque excellent que soit le but ; jamais Dieu ne nous autorise à faire cela ; Dieu emploie les moyens qu’Il veut ; nous ne pouvons pas employer un mauvais moyen et en tout premier lieu notre volonté pour un but, quelque excellent qu’il soit. En second lieu pour servir, et quel que soit le service, celui-ci doit mettre en œuvre, en jeu, la foi personnelle, ou alors c’est péché.
Lisons le livre des Actes, considérons les caractères du service tels qu’ils nous sont présentés dans ce livre qui nous montre le début de l’histoire de l’Église sur la terre et cherchons-y quelque justification de tout ce que nous voyons aujourd’hui se développer dans la chrétienté, nous n’y trouverons rien. Regardons la manière dont servait un apôtre Paul, par exemple, regardons-le tout le long de son service : il va à Philippes, il y demeure quelques jours et le Seigneur lui donne l’occasion d’annoncer l’évangile, et de quelle manière !
Il va à Corinthe, il fait des tentes, il travaille de ses propres mains, et il discourt dans la synagogue ; il va à Éphèse, la synagogue lui est fermée, il enseigne dans l’école de Tyrannus ; partout il est conduit par l’Esprit du Seigneur, sa vie est de foi, de dépendance journalière rien qui attire les regards de l’homme, rien qui cherche à être étalé d’une manière qui puisse séduire les cœurs tout est fait dans la crainte, le tremblement, il saisit l’occasion sans jamais la provoquer, mais il est assuré que Dieu la donnera, la fournira au moment opportun.
De sorte qu’il est manifeste que le travail c’est le travail de Dieu, que l’œuvre c’est l’œuvre du Seigneur ; il y a des fruits qui sont produits et le livre des Actes nous dit quels ils sont. C’est cela qu’il nous faut réaliser. Nous sommes parvenus dans des temps où l’on cherche de grandes choses dans tous les domaines, c’est ce qui caractérise l’esprit du monde ; aujourd’hui on veut ce qui est grand, et cet esprit du monde gagne même le témoignage et on en arrive à désirer de grandes choses !
Soyons petits, ne perdons pas de vue la faiblesse de notre foi, réalisons notre pauvreté et allons suivant la mesure de foi que Dieu nous a départie ; laissons les résultats aux mains de Dieu ; ce ne sont pas les résultats que nous, nous pourrons penser produire qui ont de la valeur, mais ce sont ceux que Dieu produira ; Il se glorifiera dans notre faiblesse, dans notre infirmité ; la puissance est de lui et quand le vase est brisé, alors il est manifeste que la puissance est de Dieu et non pas de l’homme ; c’est le véritable service selon Dieu tel qu’il nous l’enseigne.
Ne cherchons pas ce que nos cœurs peuvent penser souhaitable, désirable, mais retenons ce que Dieu nous présente dans sa Parole, dépendant de Dieu, dépendant de l’Esprit, réalisant un peu mieux chaque jour ce qu’est la vie de la foi. Alors, nous pourrons être des serviteurs utiles au Maitre.
Arrêtons-nous sur 2 Timothée 2 (v. 21) et lisons ce que la Parole nous dit du serviteur utile au Maître.
Les actions collectives – puisqu’on y fait allusion – sont toujours une chose très sérieuse parce que la foi est individuelle et qu’elles peuvent faire marcher quelqu’un bien au-dessus de sa foi.
Prenons le cas d’un frère s’associant des frères et sœurs et d’autres personnes parmi lesquelles très probablement des personnes non converties pour un service équivalent à la prédication de l’évangile. Voilà un frère qui entraîne des inconvertis à prêcher l’évangile ! Est-ce selon Dieu, cela ? En aucune manière.
Quant à la charité proprement dite, on ne peut y engager quelqu’un car il faut que la charité procède d’un mouvement réel du cœur produit par le Seigneur, qu’il y ait du dévouement. S’occuper des pauvres, par exemple : Nos devanciers ont dit : individuellement, oui.
L’un écrit : Je me suis toujours occupé des pauvres. C’est le chemin de Christ de s’occuper des pauvres : visiter les pauvres, les affligés. Il dit : Je, il n’a pas cherché à les rendre riches. Les pauvres sont plus accessibles à la vérité, parce qu’ils en ont besoin davantage, ils ont plus de misère, ils ne sont pas meilleurs, mais il y a des brèches ouvertes dans leur cœur ; s’occuper des pauvres, des misérables dans ce monde, c’est le chemin du chrétien, mais c’est une question de foi effective et de dévouement personnel.
Nos devanciers n’ont rien organisé collectivement, on peut chercher dans toute leur vie ; les apôtres ne l’avaient pas fait non plus. Prenons bien garde à ne pas innover et si nous innovons nous risquons bien de le faire d’une façon qui ne soit pas selon ce qui nous a été enseigné et qui ne serait pas approuvée par les serviteurs que nous avons eus comme conducteurs.
Le témoignage est, dans sa définition, un corps de chrétiens humbles et petits, qui n’est pas classé dans le monde religieux, qui n’a aucune place officielle.
Nous avons donc à être en garde à la fois contre le danger de passer à côté des douleurs sans s’en occuper, et celui d’oublier la mission essentielle du témoignage qui est de présenter la grâce de Dieu, Christ, le salut, à des âmes qui, sans la réception de celui-ci, seront toujours misérables, même si leur pauvreté disparaît.
« Use de grâce envers moi, ô Dieu, selon ta bonté ; selon la grandeur de tes compassions, efface mes transgressions » Psaume 51. 3.
LES CÔTÉS OBSCURS
Nous écrivons tous un livre, le livre de notre vie. Si chaque jour ne remplit qu’une seule page, cela formera tout de même un livre épais de plusieurs milliers de pages. Que contiendra-t-il ?
Certaines pages débordent de joie et de bonheur. Elles racontent de beaux moments et des expériences heureuses.
Certaines pages sont pleines de suspense et de drame ! Combien de dangers et de batailles nous avons traversé !
Certaines pages portent clairement des traces de larmes. Elles témoignent de la souffrance, de la douleur, du chagrin et de la solitude.
D’autres pages relatent certaines de nos erreurs. Elles révèlent notre égoïsme et nos injustices.
Ces derniers points pèsent lourdement sur notre conscience, car les péchés que nous avons commis nous accusent. Nous essayons de les cacher aux autres. Mais devant Dieu, tout est révélé. Il ne passe rien sous silence.
Dieu, qui nous connaît parfaitement, nous aime malgré les épreuves de notre vie. Il veut pardonner tous nos péchés car son Fils, Jésus-Christ, les a rachetés par sa mort. C’est pourquoi, dans son amour, Dieu nous appelle à confesser nos fautes et à accepter le Seigneur Jésus par la foi, comme notre Sauveur personnel.
Dieu accomplit sa promesse envers tous ceux qui répondent à son appel : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).
D’après Näher zu Dir janvier 2026
« Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » Psaume 46. 2.
REFUGE ET FORCE
Mieux nous connaissons Dieu, plus il nous est facile de Lui faire confiance. Dans les épreuves et les tribulations, Il est notre plus grand secours.
Dieu est notre refuge lorsque le diable nous assaille de doutes. L’ennemi remet parfois en question la vérité de la Bible. Ou bien il tente de nous convaincre que Dieu ne nous aime pas, et que c’est pour cela que notre vie est si difficile. Face à de telles attaques, réfugions-nous en Dieu par la prière. Il nous offre la meilleure protection. En Lui, nous trouvons un courage nouveau pour croire en sa parole et nous reposer dans son amour.
Dieu est notre force, nous permettant de demeurer actifs et inébranlables dans notre foi. Par nos propres forces, nous ne pouvons rien faire pour la gloire du Seigneur, ni résister indéfiniment à la tentation. Mais grâce à la force que Dieu nous donne chaque jour, nous sommes capables de suivre courageusement le Seigneur Jésus malgré l’opposition. Par sa Parole, Il veut nous fortifier et raviver notre foi. C’est pourquoi encourageons-nous à la lecture régulière de la Bible.
Dieu est facile à trouver dans le besoin, et son aide est abondante pour tous les problèmes. Souvenons-nous-en afin que, dans une situation difficile, nous puissions immédiatement nous tourner vers Lui. Au lieu de chercher nous-mêmes une solution, adressons-nous directement à Dieu, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue.
D’après Näher zu Dir janvier 2026
« Les richesses ne profitent de rien au jour de la colère, mais la justice délivre de la mort » Proverbes 11. 4.
UNE MACHINE À BILLETS
Aujourd’hui marque le 120ème anniversaire de la naissance de l’armateur grec Aristote Onassis. À sa mort à Paris, le 15 mars 1975, à l’âge de 69 ans, il figurait parmi les hommes les plus riches du monde. Onassis repose sur une île grecque lui appartenant, auprès de son fils unique, décédé deux ans plus tôt dans un accident d’avion. Au moment de son décès, son épouse, veuve du président américain Kennedy, se trouvait à New York. Seule sa fille Christina était à ses côtés.
Sans aucun doute, nombreux étaient ceux qui enviaient Onassis pour sa richesse et son influence. En fait, d’un point de vue matériel, son parcours est l’une des plus belles réussites du 20ème siècle.
Mais à quoi cela lui a-t-il servi ? Il devait bien se rendre à l’évidence : il n’avait pas trouvé le bonheur. Peu avant sa mort, il confia à un ami : « J’étais une véritable machine à faire de l’argent. J’ai passé ma vie comme dans un tunnel doré, les yeux rivés sur la sortie censée mener au bonheur. Mais le tunnel semblait interminable ».
Beaucoup d’autres humains vivent comme dans un tunnel. Il ne s’agit pas forcément de gagner de l’argent ; bien d’autres activités nous donnent cette impression d’être enfermés dans un tunnel. La vie se concentre alors sur un point précis où le vrai bonheur est censé enfin commencer : Quand j’aurai enfin une promotion dans mon entreprise… ; Quand nous aurons notre propre maison…
Mais le chemin du bonheur est sans fin ! Nous ne pouvons trouver la véritable satisfaction et le bonheur que lorsque Jésus-Christ demeure dans notre cœur. Et ce bonheur ne peut alors jamais nous être ravi, ni par la pauvreté, ni par la maladie, ni par la mort.
D’après die gute Saat janvier 2026
« Ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire les eaux de Mara, car elles étaient amères : c’est pourquoi on appela ce [lieu] du nom de Mara… [Moïse] cria à l’Éternel qui lui enseigna un bois ; il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces » Exode 15. 23 à 25.
LE BOIS QUI ADOUCIT LES EAUX AMÈRES
Aucune chose nouvelle ne vint du ciel ou ne poussa de la terre pour adoucir les eaux de Mara pour les pauvres pèlerins assoiffés. Mais en réponse à l’appel de Moïse, l’Éternel lui montra un bois qui avait déjà été là bien avant que les eaux aient été goûtées. De même, le Saint Esprit qui est avec vous et en vous, exerce ce bienheureux office en prenant les choses du Seigneur Jésus et en vous les montrant (Jean 16. 14 et 15), vous amenant à voir ce qu’Il est pour vous, et à en jouir. Alors, au lieu de Naomi devenant Mara, comme on le voit en Ruth 1. 20, Mara deviendra Naomi – c’est-à-dire plaisante.
Le Seigneur qui vous a conduits aux eaux amères est le même Berger qui vous a fait passer à sec à travers les eaux de la Mer Rouge de la mort et du jugement, qui sont maintenant derrière vous pour toujours. Il est Celui qui, quand Il le juge sage, vous conduira près des eaux calmes et douces, de l’oasis d’Élim. Et s’Il vous guide maintenant vers Mara, Il y est allé avant vous, et a planté un arbre de douceur à votre portée.
Il se peut que le monde ait goûté quelque chose de l’amertume de l’eau, et lui ait donné un nom ; il n’est pas donné de nom à l’arbre de guérison, car ils n’ont pas découvert sa valeur. L’Esprit du Seigneur est avec vous pour vous montrer que le Seigneur Jésus est suffisant et précieux, et plus que suffisant pour vos désirs les plus profonds. Il vous a annoncé à l’avance Mara : « Vous avez de la tribulation dans le monde » (Jean 16. 33) mais Il est Lui-même toujours près et disponible comme le grand adoucisseur des peines, en nous disant « afin qu’en moi vous ayez la paix » (Jean 16. 33).
D’après the Lord is near août 1988
« Ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme… Dieu nous l’a révélé par Son Esprit » 1 Corinthiens 2. 9 et 10.
LA PAROLE DE DIEU RÉPOND À TOUS LES BESOINS
Ni une éducation religieuse ni l’intelligence naturelle ne peuvent ouvrir les trésors des Écritures. Mais l’Esprit de Dieu les ouvre aux cœurs humbles et croyants. Toutefois, même ceux-là trouvent dans la Bible beaucoup de choses qu’ils ne peuvent pas comprendre. En fait, plus ils croissent dans la grâce et la connaissance de Christ, plus ils sont impressionnés par les profondeurs inconnues de la Parole de Dieu. Ils commencent à s’identifier avec l’astronaute qui, tout excité, pénètre, par des télescopes toujours plus performants, pour trouver seulement que de nouvelles merveilles de l’univers sont prévues mais pas clairement discernées par les dernières découvertes.
Il y a quelque temps, j’ai participé à une réunion où nous avons étudié 1 Chroniques 11 et 12.Nous y avons admiré les belles illustrations de Christ et des siens. Mais après des heures d’une heureuse étude de la Bible, avons-nous pensé ensuite que nous avions épuisé le sens du passage ? Tout au contraire ! Nous n’avions fait qu’en effleurer la surface.
Telles sont les merveilles et les gloires de la Parole de Dieu. C’est comme un étang inépuisable dans le désert, où l’oiseau peut se satisfaire d’une petite gorgée, et où l’éléphant peut s’abreuver de toute sa soif. Le petit enfant en Christ peut lire et comprendre la Parole de Dieu parce qu’il a l’onction de la part du Saint et qu’il connaît toutes choses. Et le croyant âgé de cinquante ans peut se reposer avec bonheur sur cette même Parole, connaissant Celui qui est dès le commencement.
D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)
« De Benjamin il dit : le bien-aimé de l’Éternel ! il habitera en sécurité auprès de lui ; [l’Éternel] le couvrira tout le jour, et il habitera entre ses épaules » Deutéronome 33. 12.
CROIRE DIEU AVEC SIMPLICITÉ DE CŒUR
Dans ce beau chapitre du Deutéronome, il n’y a pas de bénédiction plus brillante que celle pour Benjamin. Nous pouvons bien la considérer comme indiquant les bénédictions qui, maintenant, sont pour celui qui croit en Jésus. La bénédiction de Benjamin, comme celle de tout Israël, était d’abord d’un caractère temporel, tandis que la nôtre est céleste et spirituelle. Cependant, l’une peut être interprétée comme donnant une indication simple et belle de l’autre.
Le bien-aimé de l’Éternel. Benjamin était un fils de chagrin, et fut nommé ainsi par sa mère (Ben-oni : Gen. 35. 18). Cependant, ici il est parlé de lui comme l’objet de l’amour de l’Éternel.
« L’homme est né pour la misère » (Job 5. 7). Mais qu’il est précieux de savoir que nous sommes « les bien-aimés de Dieu » (Rom. 1. 7). Toutes les bénédictions que nous possédons proviennent de cela. L’homme, quand il est éveillé au sens de son besoin, et qu’il désire posséder la bénédiction de Dieu, regarde à son propre cœur, espérant y trouver l’amour pour Dieu qui peut être le fondement de la bénédiction qu’il désire. Hélas ! Il est amèrement déçu. Dans sa misère, il s’écrie :
C’est une chose que je désire tellement savoir et souvent cela me cause des pensées anxieuses :
Est-ce que j’aime le Seigneur, ou non ?
Est-ce que je suis à Lui, ou non ?
L’Écriture répond ; « En ceci est l’amour : non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4. 10). Ne cherchons donc pas à édifier quoi que ce soit sur notre amour pour Lui, mais réjouissons-nous en ceci, c’est que nous sommes les objets de son amour immuable et éternel.
D’après the Lord is near août 1988
« Je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur, à cause de qui j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » Philippiens 3. 8.
TOUT PERDRE DES CHOSES DE LA TERRE, MAIS GAGNER CHRIST
Paul avait un but qui lui fut arraché sur son chemin vers Damas, mais il en eut un autre qui lui fut donné. Il déposa l’un pour prendre l’autre. Dieu ne demande jamais à l’un des siens d’avancer dans la vie sans but. Notre vie est beaucoup formée par le caractère de l’objectif que nous avons devant nous, et cela n’est jamais aussi vrai que dans la vie des chrétiens.
Nous devons avoir un objectif ; Dieu le sait, et quel objet il nous a donné – Celui dont ce pauvre monde ne connaît rien ! Dieu a placé un objet pour nous : une Personne, et cette Personne, c’est le Fils de Dieu. L’apôtre pouvait parler du « Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Dans la course de la vie de Paul sur la terre, il y avait non seulement de la détermination pour son but, mais de l’amour et de l’affection, tous centrés sur l’Objet devant lui.
Remarquez que l’apôtre ne dit pas Christ Jésus le Seigneur, mais mon Seigneur. L’apôtre Paul ressentait dans son âme que le Seigneur Jésus Christ était son Seigneur. Que signifie cela ? Celui qui avait l’autorité absolue sur sa vie. Retiendrions-nous quelque chose loin de Lui ? Ne prendrons-nous pas tout ce que nous avons – le meilleur de ce que nous avons – ambitions et désirs, pour les mettre à ses pieds en disant « Mon Seigneur » ? Thomas a fait cette confession : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Si nous Lui apportons tout et mettons tout dans sa main en disant : Maintenant, Seigneur Jésus, je te remets tout. Tu seras le seul but de ma vie. Une vie vécue avec cette pensée dans l’âme peut-elle être perdue ? Ce sera plutôt un bonheur !
D’après the Lord is near août 1988
« Ton peuple sera [un peuple] de bonne volonté, au jour de ta puissance, en sainte magnificence. Comme la rosée née de l’aurore, tes jeunes gens viendront vers toi » Psaume 110. 3.
LA BÉNÉDICTION À VENIR POUR ISRAËL
Ces paroles sont adressées par l’Éternel au Seigneur de David, le Seigneur Jésus Christ, comme le montre le premier verset. Celui dont Dieu avait dit avant sa naissance ; « C’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 21) – Lui ne pouvait pas dire que son peuple serait « de bonne volonté » au jour de sa profonde humiliation. À ce moment-là, Israël, son propre peuple, ne L’a pas reçu, mais plutôt L’a crucifié de sa propre volonté.
Des siècles ont passé. Le jour de la puissance de Christ est encore à venir, et Israël est encore rebelle. Sa longue patience a été merveilleuse ; mais très bientôt Il prendra sa grande puissance et régnera. Quel changement se produira quand la nation, traversant les terribles souffrances de la Grande Tribulation, aura devant elle ce même Seigneur Jésus venant sur les nuées du ciel ! Une nation sera comme née en un jour (És. 66. 8), quand les âmes se courberont à ses pieds dans une profonde repentance. L’entêtement et la rébellion disparaîtront, et le peuple deviendra des serviteurs de bonne volonté de Celui qu’on leur avait appris à haïr pendant des siècles. Quelle sainte splendeur, en vérité !
Le matin de brillante lumière du soleil se lèvera pour Israël. « La rosée de ta jeunesse », la puissance rafraîchissante de l’Esprit de Dieu apportera un regain de vigueur et de joie qui remplacera la décrépitude et la misère qui ont longtemps affligé une nation adonnée à l’obscurité de l’incrédulité.
Il est certain, aujourd’hui, que tout enfant de Dieu devrait aussi se réjouir de cultiver un caractère de bonne volonté pour obéir à Celui qui s’est prouvé si plein de grâce et d’amour, et pour Le servir – en nous souvenant que nous sommes, déjà aujourd’hui, liés à Celui duquel vient la rosée rafraîchissante du Saint Esprit.
L’apôtre écrivant à la dame élue insiste surtout sur trois choses : la vérité – l’amour – l’obéissance (inséparables).
La table du Seigneur. Le seul corps. Le seul pain. La cène.
Se retirer. Poursuivre. Persévérer (2 Tim. 2)
Quel est le centre de notre rassemblement ?
Matthieu 18. 19 et 20. 1 Corinthiens10. 16 à 22.
1 Corinthiens 11. 20 à 34.
2 Timothée 2. 14 à 26.
Nous avons, dans ces passages, une expression qui doit retenir tout particulièrement notre attention, c’est l’Assemblée de Dieu. Parce qu’ils ne célébraient pas dignement la cène, il pouvait être reproché aux chrétiens de mépriser l’Assemblée de Dieu, dont il nous est dit que Dieu se l’est acquise au prix du sang de son Fils (Act. 20. 28).
L’Assemblée de Dieu est totalement distincte du monde. L’apôtre, dans cette même épître aux Corinthiens, distingue nettement l’Assemblée et puis les juifs et les grecs. L’Assemblée est quelque chose de tout à fait différent, tout à fait en dehors de la religion juive et des nations.
C’est également l’Assemblée de Christ. « Sur ce roc, je bâtirai mon assemblée ». « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 18 et 16). L’Assemblée que Christ a aimée, pour laquelle Il s’est livré, dont Il s’occupe et qu’Il se présentera bientôt.
Il est bien nécessaire que nous ayons devant nous cette réalité de l’Assemblée de Dieu. Il y a une Assemblée de Dieu sur la terre qui sera bientôt dans le ciel et elle se composera alors de tous les croyants de la période entre la Pentecôte et la venue du Seigneur. Mais elle est présentement sur la terre et l’enseignement du ch. 12 de cette même épître nous le montre particulièrement. Elle est formée de tous ceux qui appartiennent au Seigneur par les liens de la vie nouvelle et qui ont été baptisés du Saint Esprit, qui ont part au baptême par un seul Esprit, de sorte qu’ils sont montrés comme étant un seul corps, qui est le corps de Christ (expression trouvée au ch. 10).
Cette Assemblée est donc en fait dispersée par toute la terre, les membres du corps de Christ dispersés de telle manière, dans l’état présent des choses, que comme nous l’avons trouvé dans le ch. 2 de la 2ème épître à Timothée, seul le Seigneur connaît ceux qui sont siens. Ils ne sont pas tous reconnaissables mais Lui les connaît.
La réalité, le fait de l’Assemblée de Dieu sur la terre, du corps de Christ sur la terre, que l’on peut montrer aussi comme la famille de Dieu sur la terre, existe. Que son unité ne soit pas apparente comme elle devrait l’être, c’est notre faute à tous, c’est le résultat des manquements qui se sont produits dès le début et qui se sont multipliés et aggravés de siècle en siècle pour aboutir à la confusion actuelle. Mais, quelle que soit cette confusion, l’unité des chrétiens existe. L’Assemblée de Dieu existe, quand on parle aujourd’hui de vouloir faire l’Église, ou faire l’Assemblée de Dieu, c’est réellement nier l’œuvre de Dieu Lui-même, c’est nier ce qui existe.
Il faut donc bien partir de cette notion fondamentale d’une unité que nous n’avons pas à faire, mais qui est faite, seulement que nous avons à réaliser, que nous avons à garder dans la mesure où cela est placé devant nous et s’il s’agit alors des rassemblements effectifs, c’est-à-dire de chrétiens, d’enfants de Dieu qui se réunissent, le seul fondement ou le seul terrain sur lequel ce rassemblement visible peut s’opérer ne peut être que cette unité de l’Assemblée de Dieu telle que Christ la voit, telle que Dieu la voit, telle qu’elle existe dans ce monde et si nous nous rassemblons ainsi, ce doit être selon les vérités qui nous sont enseignées concernant cette Assemblée de Dieu, cette Église.
On pourra dire que nous sommes appelés à nous rassembler comme si toute l’Église était là, comme doit se rassembler, se montrer, l’Église toute entière et comme expression de l’Église.
Il y a deux grands écueils dont il faut bien nous garder. Le premier serait de dire : nous sommes l’Église, nous sommes l’Assemblée. C’est oublier qu’il y a beaucoup de membres du corps de Christ, de vrais croyants qui appartiennent effectivement à l’Assemblée de Dieu et que nous ne connaissons pas et qui en font partie tout aussi bien que nous-mêmes. L’autre grand écueil, c’est de dire : nous sommes dans la confusion générale, nous sommes une Église.
Si nous nous rassemblons sur le terrain de l’unité du corps, nous ne pouvons nous dire ni l’Église, ni une Église. Mais le grand privilège et la grande possibilité offerte à tous les croyants aujourd’hui comme dans tous les temps et par conséquent aussi notre responsabilité à cet égard, c’est de nous réunir comme l’Église tout entière devrait se réunir.
Dans les passages que nous avons, il n’est nulle part question d’un effort à faire de notre part pour créer l’Assemblée, pour la former. Il est question simplement d’appliquer ce qui nous est enseigné, de jouir de ce privilège, de nous trouver là comme faisant partie d’un tout formé dans la puissance de Dieu par l’opération de l’Esprit, sous la Seigneurie de Christ. C’est le ch. 12 et rien d’autre.
Nous ne voulons pas former l’Assemblée, même pas former une Assemblée locale, mais nous venons exprimer cette unité, ce qui est tout autre chose. Comment l’exprimer ? Avant tout, par ce seul pain exprimant le seul corps, cette participation à ce qui parle de la communion du sang de Christ, et la communion du corps de Christ.
Ensuite, nous avons, dans les rapports entre croyants, à nous souvenir sans cesse que nous sommes membres du même corps. Garder l’unité de l’Esprit (Éph. 4. 3), agir toujours les uns à l’égard des autres comme faisant partie du même corps et ayant le même Esprit, de sorte que cette réalité, ce fait de l’existence du corps de Christ retentisse sur toute la vie chrétienne, et cela, nous le perdons de vue, assurément.
Comment ne pas nous souvenir que, dès que nous parlons de ces grandes choses et de cette expression de l’unité du corps, ce qui nous a été rappelé tout à l’heure prend toujours son importance capitale. Comment la vérité, l’amour, l’obéissance se sépareraient-ils de la réalisation de ce qui est le corps de Christ ?
Cette expression du corps du Christ, elle se fait particulièrement là, à sa table, où l’on se souvient de Lui. Ce souvenir touche le cœur, engage les affections et nous rappelle aussi, quant à la table du Seigneur, ce caractère de sainteté qui est celui de la Personne bénie qui rassemble et dont nous rappelons la mort en exprimant l’unité de son corps.
Alors la vérité est là, qui ne permet pas d’associer cette expression de l’unité du corps de Christ avec un mal connu, moral ou doctrinal. De là la séparation qui nous est prescrite dans le passage de Timothée. : « Qu’il se retire… » (2 Tim. 2. 19) non pas pour rester seul, mais pour se lier ensuite avec ceux qui, d’un cœur pur, poursuivent la justice, la foi, l’amour. Toutes ces choses vont ensemble.
Elles nous deviendront toujours plus précieuses à mesure que nous réaliserons qu’il ne s’agit pas là de l’application froide de certains principes, qu’il ne s’agit pas là de théories, de règlements, d’organisations, mais de l’expression de quelque chose de vivant : le corps de Christ, et ceci exprimé lorsque Lui-même est là, au milieu des siens, le souvenir de Lui-même, « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux (Mat. 18. 20).
Que l’unité de ton Église est belle,
Seigneur Jésus, qu’elle plaît à tes yeux !
Dans ton amour tu t’es livré pour elle :
Tu veux l’avoir près de toi dans les cieux.
Cantique 20 strophe 1
Qu’est-ce qu’une secte ? C’est un rassemblement de gens autour d’une pensée particulière, d’une doctrine particulière. Dans le Nouveau Testament, nous avons le terme employé d’une part à l’égard de divers groupements religieux ou philosophiques parmi les juifs : secte des pharisiens la plus exacte de notre culte, dit l’apôtre Paul en rappelant qu’il avait été pharisien.
Quant au christianisme, quant à la chrétienté, l’expression est employée également dans la Parole déjà dans les Actes, l’apôtre Paul parlant devant le gouverneur : « selon la Voie qu’ils appellent secte » (Act. 24. 14). Ce sont les juifs qui appelaient ainsi à tort le christianisme une secte. De même, à la fin du livre des Actes, les juifs disent : « de cette secte, nous savons que partout on la contredit » (Act. 28. 22). C’est dans le livre des Actes que le terme est le plus employé, je crois 6 fois. Ensuite dans les épîtres, on le trouve à trois reprises et toujours dans un sens défavorable. Nous l’avons vu. En 1 Corinthiens 11. 19, il s’agit ici du résultat de divisions parmi les croyants, parce que certains entraînaient après eux des disciples.
Nous le trouvons – et c’est là que le sens du mot secte apparaît sous son jour le plus défavorable – en Galates 5, lorsqu’il est parlé des fruits de la chair, des œuvres de la chair, les sectes sont nommées parmi elles. « parmi lesquelles sont les divisions, les sectes, les envies ».
Enfin, en 2 Pierre 2. 1 : « il y a eu aussi de faux prophètes parmi le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs, qui introduiront furtivement des sectes de perdition ». Ce sont des enseignements – particuliers entraînant des disciples, les séparant du reste des croyants. D’après la Parole de Dieu les sectes sont un fléau de l’Église de Dieu.
Dans la chrétienté, le sens est plus ou moins étendu. Prenons garde de ne pas être une secte. Si nous prétendions être une Église entre beaucoup d’autres, nous serions une secte dans le sens le plus défavorable du terme.
Cela n’enlève rien, tout au contraire, à l’obligation qui est faite au fidèle de se séparer du mal, ce qui est tout autre chose.
Dieu s’est toujours conservé un témoignage, s’est toujours formé un témoignage. Nous avons été occupés, ces jours derniers, du peuple juif. L’histoire de ce dernier étant terminée, en tous cas sur les bases qui étaient au début, Dieu est intervenu pour établir un témoignage d’un autre genre. C’est le mystère de l’Assemblée, caché dès les siècles. Les prophètes ne le connaissaient pas (Éph. 3).
Du moment où Dieu aurait décidé de n’avoir plus de témoignage dans ce monde, il n’y aurait plus de raison pour que ce monde continue. Il a remplacé le passé par l’Assemblée, avec laquelle nous sommes assez familiers, mais sur laquelle nous avons beaucoup à apprendre, et même ceux des chrétiens qui ne sont pas jeunes. Cette Assemblée est formée par le Saint Esprit unissant tous les saints en un seul corps, La distinction entre juifs et autres, qui était indispensable au temps du judaïsme et qui conditionnait pour le juif sa fidélité vis-à-vis de Dieu, est abolie entièrement.
Dieu n’a plus un peuple terrestre choisi. Il appelle parmi tous les peuples, toutes les langues, toutes les nations, des croyants pour qu’ils soient membres de son Assemblée. Ce travail est accompli par l’Esprit, Jésus étant caché, étant à la droite de Dieu, a envoyé l’Esprit et le travail de l’Esprit pendant cette période, c’est de former l’Assemblée de Dieu, dont l’origine et les destinées sont célestes. Elle est provisoirement une maison terrestre, elle est le vase du déploiement de la gloire de Dieu dans le monde.
Elle est vue dans l’Écriture de trois façons :
– Une habitation de Dieu par l’Esprit.
– Le corps de Christ.
– L’Épouse de Christ.
Il n’y a pas de position, dans ce que Dieu confie à l’homme, de laquelle il ne découle une responsabilité. L’Assemblée aussi n’a pas manqué à cette règle divine et elle a été soumise à cette responsabilité. Elle est déchue de sa position de fidélité. Elle est tombée très tôt. Les difficultés de nos jours, pour ceux qui veulent comprendre ce qu’est l’Assemblée, viennent de ce que l’Assemblée est dans un état de désordre sans remède possible.
Mais alors, ce qui reste, c’est la Parole de Dieu, la pensée de Dieu à l’égard de l’Assemblée et nous revenons donc au commencement, à la pensée de Dieu ; et dans les derniers jours, Dieu a ouvert un chemin pour que puisse être réalisée partiellement sa pensée de toujours à l’égard de l’Assemblée.
Il n’y a pas de membres de l’Assemblée locale. Quand un homme est converti et scellé, il fait partie de l’Assemblée universelle. Il en est un membre. On ne trouve jamais dans l’Écriture qu’un chrétien était membre de l’Assemblée d’Éphèse ou de Corinthe. Il fait partie de l’Assemblée universelle. Il est entré dans ce corps, il a reçu le Saint Esprit. Tant qu’un chrétien n’a pas le Saint Esprit, il ne fait pas partie du corps, donc de l’Assemblée.
Voilà une différence importante entre la vie et le sceau, fait qui, paraît-il, suscite parfois une certaine surprise. Cela est déclaré en toutes lettres dans l’Écriture et cela a des conséquences.
Au commencement, tous les chrétiens étaient ensemble, nous le savons. Matériellement, cela est devenu très vite impossible ; il est impossible que tous les chrétiens du monde se réunissent en un même endroit. Voilà pourquoi nous trouvons dans l’Écriture la formation scripturaire de groupes dont chacun représente l’Assemblée universelle. Ce sont les assemblées locales.
Il est impossible que les chrétiens soient ensemble et même se connaissent ; il était difficile que les saints de l’Achaïe connussent les saints de Jérusalem ou d’autres endroits. Il y avait là des difficultés qui surgissaient de la nature des choses. Dieu, dans sa sagesse et dans sa grâce, a résolu la question, a levé la difficulté en établissant des groupes, des assemblées locales, chaque assemblée locale représentant l’Assemblée universelle.
2 Corinthiens 12. La conséquence immédiate c’est que les assemblées ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais il y a une entière dépendance entre les assemblées et chacune représente l’Assemblée universelle. Par exemple, pour une admission ou une exclusion, il est impossible de consulter tous les chrétiens du monde ; pour cela, en principe, il le faudrait. L’autorité pour prendre ces décisions a été confiée aux assemblées locales.
Chaque assemblée représente l’Assemblée universelle et par conséquent, il y a un point d’une très grande importance, dont la négligence est la cause de bien des misères dans les assemblées de nos jours. C’est qu’unedécision d’une assemblée locale était valable pour toutes les Assemblées, quand bien même il fût impossible de les consulter toutes ; mais en principe, toutes les assemblées du monde ont voie de consultation dans les décisions d’une assemblée.
Cela est une application de l’unité du corps au groupe dont chacun représente l’Assemblée universelle dans une localité donnée.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, c’est-à-dire que l’Assemblée est la manifestation dans le monde, pendant la période chrétienne, de toute la vérité révélée dans l’Écriture. Une assemblée locale a cette responsabilité et cette mission. Si elle n’est pas colonne et soutien de la vérité (sans doute la perfection n’est nulle part) si elle n’est pas établie sur ce terrain là, il sera difficile de dire qu’elle est l’expression de l’Assemblée universelle.
Nous disons d’une assemblée locale qu’elle représente l’Assemblée de Dieu. On dit quelquefois qu’elle est l’Assemblée de Dieu. On vient de nous dire avec opportunité qu’il faut éviter cela et chasser de nos esprits toute pensée qui nous conduirait à dire : l’assemblée de X. est l’Assemblée de Dieu. Elle en est l’expression, oui, si elle est sur le terrain que l’Écriture définit. Une personne reçue ici est reçue en principe dans toutes les assemblées du monde et, de là, la nécessité de cette pratique que nous n’avons pas inventée : les lettres de recommandation.
Une secte est un ensemble de chrétiens que nous supposons authentiques, tous vrais chrétiens, mais qui, dans les principes de son établissement, admet des pensées humaines ou abandonne une partie des pensées divines. Ce qui n’est pas secte, c’est ce qui est fondé entièrement sur la Parole de Dieu et exclusivement sur elle.
« Rejette l’homme de parti (ou : sectaire) après un premier et un second avertissements » (Tite 3. 10). Un homme peut être sectaire, un chrétien qui peut être animé du désir d’introduire des principes personnels étrangers à l’Écriture. On peut dire sectaire, par exemple, à propos du baptême ; on met le baptême en avant. Nous ne devons pas nous effrayer si des chrétiens fidèles sont appelés sectaires. Un ensemble de chrétiens que Dieu considère comme l’assemblée locale représentant l’Assemblée universelle, qui est très fidèle, ne doit pas s’émouvoir s’il entend qu’on le traite comme une secte.
À cela doit se lier l’exercice constant, chez les frères et les sœurs, de ne pas mériter son appellation. Nous avons besoin de faire attention.
Une assemblée locale représente donc tous les chrétiens du monde, mais il ne faut pas nous attendre ce que tous les chrétiens qui nous entourent viennent sur ce terrain-là ; cela est une grande épreuve et une grande douleur – pour les affections spirituelles. Si, lorsque nous rompons le pain, le dimanche, nous n’avons pas devant nous ce que le Seigneur a devant Lui, à savoir l’ensemble de tous les chrétiens du monde, dans notre esprit, nous sommes sectaires.
Quelle importance il y a à ne pas avoir l’esprit sectaire, c’est-à-dire, à ne pas être les esclaves d’une pensée particulière !
Or, se réunir selon que la Parole l’enseigne sur ce fondement de l’unité du corps, autour de la Personne du Seigneur Jésus, qui est le seul centre et s’il s’agit du culte en exprimant l’unité du corps, c’est évidemment aux antipodes du sectarisme. Nous commençons à être sectaires quand nous considérons cela comme un principe propre aux frères qui nous met à part dans chrétienté.
Il y a des croyants dans l’Église catholique, dans le protestantisme. Ils font partie du même corps. Ce qui est important, c’est de préserver dans toute la mesure où nous le pouvons la sainteté du nom du Seigneur et cela s’appelle la séparation du mal.
Le terme qui, dans la Parole, est traduit par secte veut dire : le résultat d’un choix ; c’est l’esprit humain faisant un choix entre des vérités et groupant des gens autour d’une pensée.
Les expressions locales de ce qui a été appelé à juste titre l’Assemblée universelle, ces assembles locales sont l’expression de l’Assemblée de Dieu. Il faut quand même, si nous employons l’expression de l’assemblée de X., il faut que la vérité demeure dans notre esprit. Nous ne trouvons pas dans la Parole l’assemblée d’Éphèse, mais « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » (1 Cor. 1. 2).
Nous trouvons le terme assemblée de Dieu appliqué à une assemblée locale, mais toujours dans le sens qu’elle n’est là que l’expression de l’Assemblée universelle.
1 Corinthiens 12. 27 : « Vous êtes le corps de Christ et ses membres chacun en particulier ». Nous avons les assemblées de Dieu (ch. 11. 16). Il s’agit des assemblées locales, chacune d’elles étant l’expression de la seule assemblée du corps de Christ.
Ce qui est courant dans la chrétienté, c’est qu’on est membre d’une Église. C’est en opposition absolue avec ce que la Parole nous enseigne.
Dans la chrétienté, on parle de la communion de l’Église universelle, on entend par là tous ceux qui font profession d’être chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont baptisés, mais l’Assemblée de Dieu est composée de membres vivants, baptisés du Saint Esprit. Cette confusion est courante et nous avons bien besoin d’y prendre garde. Nous n’avons pas le droit d’appeler Église chrétienne l’ensemble de la chrétienté.
L’Église universelle est employée de façon coupable par la profession sans vie et sera traitée comme ayant usurpé le nom d’Église. Lorsque la véritable Église, c’est-à-dire ceux qui ont la vie, sera enlevée au ciel, il ne restera que la profession sans vie et cela conduira à la grande Babylone, lorsque l’unité de nom sera faite. Ce sera celui de la grande prostituée du chapitre 17 de l’Apocalypse.
Il est dangereux aussi de dire que nous sommes les frères ; les questions d’appellation ne doivent pas nous préoccuper. Si nous disons que nous sommes les frères, c’est accaparer à notre avantage ce qui déborde bien largement le petit nombre qui se connaissent et qui ont le privilège de se réunir. C’est toute l’Assemblée de Dieu qui est composée des frères, mais ils sont dispersés dans la confusion actuelle. Par la grâce de Dieu, nous sommes des frères. « Honorez tous les hommes, aimez tous les frères » (1 Pier. 2. 17).
Cette appellation de frères traduisait, dans les années précédentes, un degré de communion. Nous pouvons saisir l’occasion pour signaler la différence qu’il y a entre l’amour et la communion. S’il y a dans le voisinage, un chrétien connu comme tel, il a en principe le droit de venir rompre le pain à la table du Seigneur, le dimanche, comme le plus excellent des frères de la localité.
Du moment où il accepterait cela, il tombe tout de suite sous le coup des disciplines qui régissent un groupement local, qui est l’expression de l’assemblée de Dieu, c’est-à-dire comme on l’a rappelé tout à l’heure, la séparation du mal doctrinal et c’est ainsi que nous arrivons à 1 Corinthiens 10.
Un tel homme qui a tout à fait le droit, comme n’importe qui, de prendre la cène, doit être instruit sur la vérité et une fois instruit, les saints sont responsables d’agir à son égard suivant son comportement devant la vérité qui lui a été enseignée. Il ne peut pas mettre le rassemblement local en communion avec le système dans lequel il continue à vivre et en particulier en y prenant aussi la cène. Ce sont des choses qu’il est bon de rappeler aux jeunes.
Tout chrétien a sa place là, mais d’un autre côté, dans les jours de ruine, les fidèles ont le devoir de maintenir ce très grand principe : la sainteté de la table du Seigneur. C’est ce que nous trouvons en 1 Corinthiens 11. Quant à la moralité, la conduite et au point de vue religieux en 1 Corinthiens 10.
En ce qui concerne l’amour et la communion, si nous rencontrons un chrétien dans un milieu quelconque, nous le reconnaissons comme tel et nous pouvons avoir avec lui une libre communion sur pas mal de points. Nous avons à aimer ce chrétien comme nous aimons un frère avec lequel nous marchons depuis 50 ans.
Nous pouvons demander que notre cœur s’élargisse et que nous pensions à tous ces enfants de Dieu et les aimions tous autant. Le Seigneur les aime autant et le Père les aime autant. Ce serait alors du sectarisme de cœur de ne pas les aimer autant. Nous avons le devoir, vis-à-vis de ces personnes-là, par notre marche, ou à l’occasion par la Parole, de leur dire que le terrain sur lequel ils se trouvent n’est pas le terrain de la vérité.
La communion donc, avec ces personnes, n’atteint pas le degré que nous avons avec un frère avec lequel nous marchons, mais l’amour que nous avons pour cette personne peut atteindre le même niveau. Ce même amour à l’égard de ces personnes nous force à leur faire sentir que nous ne pouvons pas aller avec elles pour des raisons scripturaires.
Nous aimons Dieu et nous aimons ses enfants, et nous aimons les enfants de Dieu quand nous aimons Dieu (1 Jean 5. 2). Il est impossible d’aimer un chrétien si nous ne l’aimons pas dans la vérité et si nous manifestons de l’amour à son égard en faisant fléchir des principes de la vérité divine. Nous n’aimons plus.
Les versets sont encourageants pour les fidèles, parce qu’ils les engagent à surmonter la souffrance que leur cause le fait qu’ils sont obligés d’avoir de la réserve envers des chrétiens qu’ils aiment et de ne pas aller avec eux dans le chemin où ceux-ci marchent. Nous devrions penser à tous ces chrétiens dispersés, en souffrant, en éprouvant de la douleur.
C’est une cause de souffrance pour le Seigneur de voir tous les siens dispersés comme ils le sont. Nous devons accepter le gouvernement sous lequel Il nous tient, gouvernement de cette dispersion ; et ne pensons pas que nous verrons le rétablissement de l’Église primitive. Nos devanciers n’ont jamais cherché à faire cela d’ailleurs, ils n’en avaient aucunement l’intention. Ne pensons pas que nous pourrons rétablir l’Église primitive. Si des frères, dans un endroit, ont à cœur de réaliser l’Assemblée de Dieu, colonne et soutien de la vérité, Dieu amènera là des personnes qu’Il voudra y conduire. Si nous étions plus fidèles, nous verrions cela plus fréquemment.
Si nous avons le sentiment qui a été exprimé, à l’égard des nombreux chrétiens, véritables enfants de Dieu, dispersés dans tous les systèmes de la chrétienté, il y aura cette souffrance qui sera quelque chose de tout différent de la hauteur, pour ne pas dire davantage, avec laquelle il arrive que nous les traitions et c’est une chose à laquelle nous avons besoin de faire grande attention. Ces attitudes de supériorité, comme si nous avions quelque mérite à avoir été mis à part, sont très graves.Que Dieu nous donne d’avoir un cœur large dans le chemin étroit.
Les personnes chrétiennes, parmi les frères, qui ont une tendance à élargir le chemin, sont extrêmement coupables et constituent un danger pour ce qui est le témoignage. Le témoignage, c’est l’expression de la pensée de Dieu dans le christianisme, du conseil de Dieu, de l’œuvre de Dieu dans le christianisme.
Mais ce danger existe, les tendances à élargir existent. D’autre part, c’est peut-être une réaction non justifiable, une réaction à des tendances étroites coupables. S’il y a de la piété dans un groupe de chrétiens, dans un rassemblement local, s’il y a de la piété, de la crainte de Dieu, le Seigneur aide à réaliser cet équilibre entre les deux. Le témoignage fait son chemin entre ces deux dangers extrêmes, c’est-à-dire que le Seigneur l’y conduit.
Ce sont des questions d’une très grande importance de nos jours. Ne pensons pas qu’un rassemblement local peut vivre d’habitudes et de traditions. Un rassemblement local vit de foi dans chacun de ses membres, de piété, de crainte de Dieu. C’est bien un danger qu’après tant d’années de témoignage derrière nous, nous en soyons réduits bien des fois à agir d’une façon machinale et sans avoir été exercés personnellement sur la vérité. C’est probablement pour cela qu’on nous a proposé cette méditation.
« Là où deux ou trois sont assemblés… ». Comme chacun le sait bien, cette parole du Seigneur vient après la réunion de prières, en rapport avec la prière : « si deux sont d’accord… ». À ce propos, le Seigneur donne ce principe valable pour tous les temps, cette ressource immanquable et extérieurement si facile à réaliser. Il n’est question ni de lieu, ni d’édifice, ni de hiérarchie, ni d’organisation quelconque, ni de nombre, puisque cela est réduit à l’expression la plus simple : deux ou trois, et la présence du Seigneur est assurée là où on est assemblé en son nom.
Il est le Saint et le Véritable. Voilà la ressource dans les temps les plus fâcheux. Il est toujours le Même. Qu’il s’agisse de vérité, qu’il s’agisse d’amour, c’est en Lui que nous trouvons l’expression parfaite de tout cela. Il est Celui qui est venu apporter la grâce et la vérité, Il est Celui dont l’amour l’a mené à se livrer pour les siens, Il est Celui qui a glorifié Dieu en toutes choses et qui est maintenant glorifié.
Nous avons la réalisation du rassemblement le plus béni qui ait eu lieu sur la terre, lorsqu’aussitôt après la résurrection, Jésus a accompli la promesse que nous avons ici. Lorsque le soir de ce jour-là, les siens ont été rassemblés en son nom, ils étaient rassemblés autour de Celui qu’ils avaient connu comme leur Maître, mais c’était son nom qui les réunissait : Jésus vint… et les disciples se réjouirent (voir Jean 20. 19 et 20).
Depuis, tous les rassemblements au nom du Seigneur ont été marqués de la même précieuse faveur, la même précieuse bénédiction.
Nous l’avons ici en rapport avec la réunion de prières et cette évocation d’une réunion de prières est liée même à cette autorité confiée à l’Assemblée. « Tout ce que vous lierez sur la terre… ». Cela étant amené par les difficultés entre frères, l’Assemblée agit en dernier ressort.
C’est le principe qui est posé, ce qui est dit de l’Assemblée s’applique à l’Église chrétienne telle que Paul la désignera. L’Assemblée a une autorité qui s’exerce précisément pour le bien de ses membres, pour que soit rétabli entre ceux qu’une contestation a divisés, une harmonie, une communion ; si cela n’est pas possible, une décision doit être prise par l’Assemblée elle-même. Nous avons là le principe de tout ce qui est administration par l’Assemblée.
L’attitude demandée à l’égard de ceux du dehors se trouve dominée, commandée par ce fait que le Seigneur est là avec l’autorité qui Lui appartient. Il y a une autorité dans l’Assemblée qui découle de la seigneurie de Christ et alors, combien il est solennel de prendre une décision au nom du Seigneur, combien il est solennel aussi de dire que nous sommes rassemblés au nom du Seigneur.
L’Assemblée n’est pas infaillible, mais elle a une autorité parce que le Seigneur est là. Que de fois il peut nous arriver de dire que nous sommes réunis au nom du Seigneur ou réclamer la présence du Seigneur au milieu de nous sans qu’en fait nous éprouvions ou réalisions que nous sommes réunis au nom du Seigneur. Là encore, que la routine, les accoutumances ne nous troublent pas ! Nous avons besoin d’y prendre garde.
Il nous arrive de dire : le Seigneur nous donne rendez-vous, il faut que nous y allions. C’est l’inverse de ce que nous avons ici. « Là où deux ou trois sont… ». Quant à l’attitude prise vis-à-vis de ceux du dehors, ce ne doit être que l’application de ce que nous avons ici. Ce n’est pas un corps particulier au sein du grand corps de Christ ou de la chrétienté qui fonctionne pour admettre celui-ci ou celui-là selon qu’on a des affinités avec lui ou pas.
Il s’agit d’un rassemblement au nom du Seigneur qui agit vis-à-vis de ceux qui sont et de ceux qui désirent faire partie conformément à ce qu’exige le nom du Seigneur et la sainteté de la table du Seigneur.
Les frères ne sont pas l’Assemblée. Deux ou trois frères ne sont pas l’Assemblée. Tous les frères du rassemblement local ne sont pas l’Assemblée. C’est l’ensemble des frères et des sœurs qui constituent l’assemblée de la localité, qu’ils soient habituellement présents au rassemblement local ou pas. Ce n’est pas du tout superflu de le rappeler.
L’activité administrative du rassemblement local est d’une très grande importance. Dans un rassemblement local, le Seigneur agit soit pour le développer, soit pour l’entretenir et l’édifier. Il agit par les dons. Ce n’est pas notre sujet. Pour le bon ordre de l’assemblée locale, en principe, il devrait y avoir des anciens, non pas officiels, mais revêtus par le Seigneur de qualification de ce genre.
Un rassemblement de chrétiens authentiques n’est pas à l’abri de toutes sortes de misères, de désordres, et même hélas ! de scandales.
Cela suffirait à nous rappeler avec plus de force encore ce qui nous a été dit tout à l’heure. Les frères n’ont pas à lever la tête ; au contraire, ils ont à la baisser plus que tous les chrétiens du monde entier. Étant donné ce qu’ils ont entre les mains, ils sont bien loin d’être fidèles comme le sont les chrétiens dans certains milieux qui nous feront honte quand leur vie sera manifestée. Nous nous réjouissons à cette pensée qu’il y a des saints qui, en apparence, sont bien moins privilégiés que nous et auront donné beaucoup de joie au Seigneur. Cela nous garde d’une étroitesse de cœur.
Il est donc nécessaire qu’une vigilance s’exerce pour l’ordre dans l’Assemblée, l’ordre de toutes manières. Qu’est-ce que l’ordre ? Nous le trouvons dans l’épître aux Corinthiens. Dieu est un Dieu d’ordre. Cela suffit à répondre à bien des questions à propos de ce qui se passe ailleurs. Qu’est-ce que l’ordre en tous points ? La volonté de Dieu.
Comme nous avons tous notre volonté propre, il y a toujours, dans le rassemblement des saints, des questions plus ou moins graves qui finissent par surgir. Si nous sommes réunis au nom du Seigneur et autour du Seigneur, par conséquent, c’est la présence du Seigneur qui régit tout ce qui doit se passer.
Les décisions sont réglées par l’assemblée comme telle. Les frères peuvent savoir beaucoup de choses et n’en dire qu’une partie, car il n’est pas nécessaire de tout étaler, mais l’assemblée doit en savoir assez pour qu’une admission ou une exclusion soit prononcée au nom du Seigneur par l’assemblée réunie exprès pour cela, toute entière, frères et sœurs.
La valeur de ces décisions, de ces actes administratifs : une réception ou le fait d’ôter un méchant, la valeur de l’acte et son sens, réside dans le fait de la présence du Seigneur dans l’Assemblée.
Est-ce que la présence du Seigneur est assurée en dépit de tout ce qui peut se passer quelquefois ? Où est l’assemblée d’Éphèse aujourd’hui ? Nous avons l’air de nous réclamer de la présence du Seigneur comme si automatiquement elle était assurée pour toujours. Ce n’est pas vrai du tout.
« Repens-toi… sinon j’ôterai ta lampe de son lieu, à moins que tu ne te repentes » (Apoc. 2. 5). C’est donc très sérieux. Veillons à ce que l’assemblée soit exercée pour réaliser cette présence dans son sein ; cela se fait par l’action du Saint Esprit, par la Parole de Dieu et les effets de la présence du Seigneur. Une assemblée exercée sera très heureuse et sera marquée par un caractère de gravité remarquable de la présence de Dieu car, où Dieu est, la chair est tenue en bride.
« L’Éternel est dans le palais de sa sainteté, que toute chair fasse silence devant Lui » (Ps. 11. 4).
Lorsque la présence du Seigneur est réalisée, nous sommes bien obligés de reconnaître que les joies que le Seigneur nous donne sont les joies les plus propres à nous fortifier dans la foi, dans le chemin pendant la traversée de ce désert.
L’assemblée elle-même n’a pas de pouvoir, mais elle a un devoir. Ce devoir est en rapport précisément avec ce dont le Seigneur l’investit. Il s’agit de l’autorité du Seigneur, il s’agit de l’action de l’Esprit dans l’assemblée mais c’est l’assemblée comme telle qui a à prendre des décisions et c’est là son devoir, le devoir toujours en rapport avec la position où l’on est placé, aussi bien que la relation dans laquelle on est mis.
En rapport avec les points essentiels qui ont été présentés, l’assemblée doit recevoir ceux que le Seigneur reçoit et elle est dans l’obligation douloureuse sans doute d’ôter du milieu d’elle ceux que le Seigneur appelle « les méchants ». Voilà les deux côtés : faire entrer ; exclure.
Romains 15. 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ».
1 Corinthiens 5. 12 et 13 : « Est-ce à moi de juger ceux du dehors… Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes ».
Premier devoir, heureux entre tous. Le second, douloureux et humiliant. Mais, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de rendre au Seigneur ce qui Lui est dû.
Pratiquement aussi, il est très important de laisser à l’Assemblée tout le temps nécessaire pour que les exercices aient lieu dans un cas et dans l’autre. Il arrive hélas fréquemment que la chose ne se réalise pas.
Cet oubli du fait que l’assemblée comme telle a affaire au Seigneur, qu’elle doit être exercée dans sa conscience devant le Seigneur, fait que des désordres s’ensuivent et bien des douleurs. Il faut respecter la conscience de l’assemblée et, à priori, penser que c’est la présence du Seigneur dans l’assemblée qui produit des exercices et des réserves chez des saints.
Il se peut que ce ne soit pas toujours le cas, mais s’attendre au Seigneur est toujours le grand point. D’autre part, c’est aussi là qu’il est important qu’il n’y ait pas d’esprit de parti.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité, elle est aussi la colonne et le soutien du fait qu’il n’y a en elle ni homme, ni femme, ni Grec, ni Juif. Voilà la vérité. Ce n’est pas peu de chose que d’être réunis sur ce terrain là, et c’est tellement vrai que beaucoup de chrétiens refusent de s’engager sur un pareil terrain parce qu’ils aiment mieux un état plus mélangé. Le mélange est très commode, il réunit des choses qui sont de Dieu et des choses qui sont de l’homme.
Ces dernières, nous les reconnaissons et les apprécions tous. Mais, dans le domaine propre de l’Assemblée, ces éléments là n’ont pas de place. Personne ne peut contester cela. Nous pouvons reconnaître que nous avons manqué sur bien des points d’une manière ou d’une autre. Considérons mieux ce que c’est que d’être réunis au nom du Seigneur pour tous les actes administratifs et pour tout autre chose.
Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’une exclusion, fait très douloureux, il faut encore, peut-être plus que pour une admission, qu’il y ait tout l’exercice nécessaire et ne découvrir devant tous que le minimum du mal commis, seulement ce qui est nécessaire pour que ce mal pèse sur l’assemblée comme il se doit. Le grand principe, c’est que l’assemblée soit laissée libre pour être exercée tout le temps nécessaire. Quand le moment est venu pour prendre ainsi cette décision au nom du Seigneur, cette décision que Lui-même revêtira de son sceau sera approuvée dans le ciel.
L’assemblée n’a jamais la place d’un juge. Chers frères et sœurs, c’est hélas souvent que l’on a l’impression que les frères agissent là en juges, en justiciers. Sur ce point là, comme sur pas mal d’autres, peut-être que des personnes qui ont une certaine tendance à critiquer nos devanciers feraient bien de lire un peu mieux ces derniers, et ils verront que ce sont ceux-là qui nous ont toujours mis en garde contre les dangers de droite ou de gauche, en particulier pour un acte d’exclusion.
Ils nous disent avec une fidélité qui est celle de leur dévouement pour le Seigneur et pour les saints : une assemblée ne doit jamais s’ériger en juge et quand elle exclut quelqu’un, elle ne doit pas le faire comme des juges qui condamnent un coupable. Il faut que ce soit dans un esprit de brisement, d’humiliation et l’assemblée prend sur elle la faute du coupable ; c’est quelqu’un qui a fait partie de l’Assemblée, c’est un mal qu’elle peut confesser comme étant sien.
En outre, chacun des frères et des sœurs de l’assemblée doit se connaître assez pour se rendre compte qu’en aucun cas, l’attitude d’un juge indemne ne lui convient, mais bien plutôt l’attitude contraire.
L’exclusion est toujours le terme final de tous les exercices de discipline et a pour dessein de la part du Seigneur et pour l’assemblée elle-même la restauration du fidèle. L’assemblée n’a donc qu’une chose à faire, à mener deuil, parce qu’elle a été obligée de se séparer de quelqu’un qui a vécu dans son sein. Sûrement, nous avons tous en cela quelque chose à apprendre : la dureté ne sied pas aux saints.
Nous sommes tous très misérables. Dans l’assemblée, nous devrions en avoir le sentiment plus qu’ailleurs. Cela d’ailleurs ne nous fera pas fléchir quand il s’agira de prendre un acte et quand on sentira que le moment est arrivé qu’on ne peut plus supporter la présence de quelqu’un dont on est obligé de dire : il est un méchant.
Si le terme est employé dans la Parole quant à une action exercée de la sorte dans l’assemblée, c’est en rapport avec la discipline à l’intérieur de l’assemblée. Il y a une discipline fraternelle qui a pour objet de juger le mal de sorte qu’il soit ôté et, dans ce sens, les frères sont appelés à juger. « Ceux du dedans, vous les jugez vous-mêmes ». Quand vient le moment où il faut ôter le méchant, il n’y a plus d’exercices de discipline, c’est l’exécution d’un acte profondément douloureux. Il devrait en être ainsi pour nous. Autrement dit, il n’y a plus de discipline possible à leur égard. Nous n’avons plus à nous occuper de ces choses pour les juger ensemble. Il faut nous séparer de celui qui a été entraîné par Satan dans un tel état.
L’apôtre reprochait aux Corinthiens d’être enflés d’orgueil. L’esprit de jugement paraît être chez nous la manifestation de cet esprit d’orgueil. « Vous n’avez pas plutôt mené deuil ».
Une décision d’assemblée lie les autres assemblées. L’unité du corps entraîne cela.
L’exercice de la discipline de l’assemblée, de quelque action que ce soit, revêt ainsi une importance particulière et doit être envisagé avec une solennité d’autant plus grande que cela ne lie pas seulement l’assemblée locale, mais l’ensemble de l’Assemblée de Dieu.
Seulement le même principe de l’unité du corps fait que, dans les autres assemblées locales, des chrétiens appartenant à d’autres assemblées locales que celle où les décisions ont été prises, s’ils sont amenés à connaître des circonstances que l’assemblée locale qui a pris la décision ne connaît pas ou peut être à voir les choses d’une certaine manière plus juste, plus conforme à la vérité que l’assemblée qui a pris la décision, ils ont individuellement et l’assemblée peut avoir collectivement à présenter à cette assemblée locale, dans l’amour et avec toute la prudence et toute la patience nécessaire, les observations nécessaires pour que celle-ci examine devant le Seigneur, si elle ne se serait pas trompée, car l’autorité de l’Assemblée ne veut dire en aucune manière infaillibilité.
C’est une mauvaise pratique que de recevoir, dans un rassemblement local, une personne qui a été exclue d’un autre, nous savons bien qu’elle a cours et justement parmi des chrétiens qui, par ailleurs, ont de grandes qualités chrétiennes, mais avec lesquels nous ne pouvons pas avoir communion à cause de cela.
Si un frère est exclu pour mauvaise conduite dans l’assemblée de X. et qu’on le reçoive à Y. nous voyons tout de suite que le chemin est ainsi frayé à tous les maux possibles, l’installation du mal dans les groupes chrétiens, puisqu’il n’y a plus de jugement. On voit, si cela se généralisait, à quels désordres cette pratique pourrait conduire ; elle détruit la conscience des individus et des assemblées elles-mêmes.
Il peut arriver aussi que l’on doive se séparer d’une assemblée. Rappelons à ce sujet, qu’on n’excommunie pas une assemblée. Une assemblée locale a, de la part du Seigneur, un droit d’action dans son sein. Elle exclut un frère ou une sœur qui fait partie de cette assemblée locale et c’est un devoir.
On ne trouve pas que ce devoir de l’assemblée s’étende de cette manière là à une autre assemblée. On n’excommunie donc pas une assemblée.
Sur quel principe peut-on faire reposer le fait que l’on se sépare de cette assemblée ? Excommunication d’une assemblée par une autre n’est pas dans l’Écriture. Excommunication d’un chrétien, ceci est dans l’Écriture. Sur quels principes une assemblée qui marche avec le Seigneur peut-elle agir vis-à-vis de l’assemblée dont l’état est sans remède ? Sur le grand principe établi par la Parole : « Qu’il se retire de l’iniquité » (2 Tim. 2. 19).
Celui qui prononce le nom du Seigneur, individu ou groupe chrétien, reçoit l’injonction de se séparer de l’iniquité (ce principe de la séparation, d’ailleurs, peut s’appliquer même à un chrétien professant, qui est plus responsable qu’un païen, à cet égard là).
L’assemblée se sépare du mal en obéissant à ce principe qui traverse toute la Bible. Ceux qui ont affaire à Dieu doivent toujours avoir pour souci, de la part de Dieu, de se séparer du mal, ou alors ils se placent eux-mêmes sous le gouvernement de Dieu.
Une assemblée qui, sciemment, soutient le mal, perd, si elle persiste dans cette attitude son caractère d’assemblée.
Ce principe d’assemblée est bien établi dans la 2ème épître à Timothée.
La première face du sceau : « le solide fondement de Dieu demeure,… le Seigneur connaît ceux qui sont à lui ». Voilà le côté encourageant pour nous. Deuxième face : « Qu’il se retire de l’iniquité ».
D’un autre côté, nous avons vu, dans la première épître aux Corinthiens, ch. 10, le devoir du croyant, individuellement, puis des croyants ensemble, de ne pas associer la table du Seigneur à ceux qui déshonorent le nom du Seigneur. Il y a là l’expression de la communion.
La communion est la réalisation en commun de nos privilèges, qui ne peut pas se faire dans tous les cas. L’apôtre établit que la table du Seigneur et la participation à la table du Seigneur expriment l’unité du corps, mais la communion du corps de Christ, la communion du sang de Christ.
L’exemple est pris du culte d’Israël : « ceux qui mangent du sacrifice n’ont-ils pas communion avec l’autel ? » (1 Cor. 10. 18).
Il y a un même caractère moral qui est exprimé collectivement.
Or, dit l’apôtre, vous ne pouvez pas mettre la table du Seigneur en communion avec la table des démons. Ceci est dit en rapport avec l’idolâtrie. Le fait de s’associer à des païens qui, eux, voyaient quelque chose derrière l’idole et sacrifiaient aux démons et non à Dieu, mettait ces chrétiens en communion avec les idoles ; par là même, ils mettaient la table du Seigneur à laquelle ils participaient, en communion avec cette table des démons.
Aujourd’hui, nous n’avons plus à faire avec des idoles de la sorte. Le principe demeure. Gardons-nous d’appeler table des démons quelque table que ce soit dans la chrétienté – mais le principe demeure. Être en communion avec ceux qui participent à une table : autrement dit, lorsqu’un rassemblement de croyants prend la cène du Seigneur, réuni à une table et admet des doctrines, qui ruinant les fondements du christianisme ou tolère ouvertement, sciemment, en toute connaissance de cause, un mal moral déclaré, il se trouve souillé. Participer à cette table-là c’est participer à cette souillure, c’est se trouver dans le même cas que ces croyants.
On peut penser être responsable seulement individuellement, mais non, nous engageons la table du Seigneur. « Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses et n’édifient pas » (1 Cor. 10. 23). C’est le principe moral, général, mais là s’ajoutait tout ce que faisaient ces gens qui voulaient appartenir à la table du Seigneur et en même temps se permettre d’aller chez les démons.
Dans les admissions, nous ne devons pas nous contenter de savoir qu’il y a la vie en ceux qui demandent à prendre leur place. Il faut aussi se demander comment ils comprennent cela. Connaître leur position ecclésiastique aussi bien que leur conduite morale. Il s’agit là d’obéissance à la Parole.
Pas de communion entre deux frères et qui, pourtant, l’expriment pratiquement à la table du Seigneur ? Nous nous retrouvons ici dans le cas de Matthieu 18.
La séparation, qui a caractérisé tout témoignage et dans les derniers jours aussi bien, n’est pas un principe inventé. On a souvent l’air d’avoir accusé des chrétiens, des frères, d’avoir inventé cela. C’est l’Écriture qui trace ce chemin. On comprend qu’il y ait bien des chrétiens qui aient de la peine à s’engager dans ce chemin-là et à rompre des liens avec des chrétiens, d’ailleurs qui peuvent être très pieux et très dévoués. Nous en souffrons aussi tout particulièrement.
Il ne faut pas croire que cette position de séparation, on puisse la tenir de gaîté de cœur. Au contraire, nous devons accepter cela comme un châtiment du Seigneur à la suite des infidélités qui ont été commises depuis le commencement dans l’Église et de celles que nous avons tous commises nous-mêmes.
Si nous étions plus fidèles, il est bien évident qu’on verrait beaucoup plus de chrétiens être groupés par le Seigneur autour de Lui ; la séparation à laquelle nous sommes appelés n’a rien qui nous permette de nous élever et faire de nous des pharisiens. C’est une séparation douloureuse, humiliante, une séparation avec larmes, mais la Parole est là, elle est notre ressource, notre consolation et notre lumière dans ce chemin de la séparation.
Si c’était une séparation de forme que nous héritons, des attitudes que nous avons vues chez d’autres qui nous ont devancés, attitudes qui étaient chez eux le fruit de la foi et de la piété, nous risquerions d’avoir seulement de l’imitation, et c’est contre quoi nous avons à lutter, chacun et dans les assemblées, ou alors ce serait bien triste si nous ne faisions qu’imiter les actes de ceux qui nous ont devancés.
La fidélité dans les derniers jours conduit inévitablement à la séparation.
Heureusement que l’Écriture est là. Si elle n’était pas là, il est bien évident que nous irions, nous aussi, partout, et ce serait bien plus agréable, humainement parlant.
Paroles d’un frère qui nous a beaucoup enseignés : on lui demandait : si vous alliez selon votre cœur, vos sentiments, qu’aimeriez-vous le mieux, où iriez-vous ? Oh ! certainement pas avec les frères.
Seulement, c’était là que le Seigneur le voulait et c’est là que son amour s’exerçait avec les frères et il a été là en bénédiction.
La pensée des frères du Plateau a été de considérer, dans la première épître aux Corinthiens, la responsabilité du croyant dans l’Assemblée et le ministère de l’Esprit dans l’Assemblée, sans peut-être faire une étude suivie de l’épître toute entière.
L’introduction de l’épître est déjà quelque chose de toute importance. La première épître aux Corinthiens est, entre toutes les épîtres de Paul, celle qui traite de la manière la plus directe, la plus profonde et pratique à la fois, la question de l’ordre dans ce qui porte ici-bas le nom d’Assemblée de Dieu.
Avant de parler de questions précises particulières dont il avait à entretenir les Corinthiens, avant de leur parler de tant de choses qui, parmi eux, n’étaient pas convenables dans l’Assemblée de Dieu, des désordres, des scandales, des souillures, avant toute chose – et c’est l’objet des versets ci-dessus – il replace devant eux quelle est l’excellence de leur position comme saints, individuellement et comme Assemblée, en Christ, devant Dieu, de la part de Dieu, l’excellence de ce que Dieu a fait, de ce qu’Il a donné et de ce qu’Il fera. Il commence par là.
Et cela seul serait pour nous un enseignement du plus haut prix. Toutes les fois que nous parlons de l’Assemblée, que nous nous occupons de l’Assemblée, qu’il y a une activité de l’Assemblée, il importe que nous revenions toujours au point de départ, à ce que Dieu a voulu, à ce qu’Il a fait et ce qu’Il fera, à la pensée de Dieu, au conseil de Dieu, à l’amour de Dieu.
Le caractère de Dieu est ici imprimé à l’Assemblée ; c’est « l’Assemblée de Dieu ». Il y avait une « assemblée de Dieu à Corinthe ». Il y avait un ensemble de gens qui se rassemblaient et qui pouvaient être appelés « l’Assemblée de Dieu ».
C’était quelque chose d’entièrement nouveau alors, dans un monde païen, monde marqué par tout le déploiement et toutes les prétentions de la sagesse humaine, mais aussi tout le débordement d’une immoralité dont précisément cette ville de Corinthe était comme un symbole, ville à la fois très riche et très dissolue, riche en temples aussi bien qu’en toutes sortes de choses matérielles, mais l’un des lieux par excellence du paganisme dans ce qu’il avait de plus brillant. Il y avait aussi une synagogue, où Paul a prêché (Act. 18).
Mais voici qu’il y avait là maintenant autre chose : une Assemblée de Dieu, « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » ; une expression visible – et responsable, mais comblée de dons et de privilèges – de ce qui peut être appelé « l’Assemblée de Dieu ».
Elle est caractérisée par Dieu Lui-même, par ce que Dieu est, et elle est appelée alors à marcher en rapport avec ce que Dieu a révélé de Lui-même en Christ. Il ne s’agit pas de nous, lorsque nous parlons de l’Assemblée : il s’agit de Dieu et de l’Assemblée de Dieu ; ce n’est pas notre caractère qui est à mettre en avant, c’est le caractère de Dieu. Et il semble que cela prend un relief particulier quand nous pensons à cette Assemblée « à Corinthe ».
C’était une assemblée jeune ; elle existait depuis trois ou quatre ans au plus quand Paul a dû leur écrire cette lettre. Elle avait été enseignée par Paul, par Apollos, certainement aussi par des docteurs venus des milieux juifs, par Céphas. Ils avaient reçu des dons de grâce. Ils avaient été enrichis en toute parole et toute connaissance. En peu de temps, ils avaient certainement appris beaucoup.
Mais ils n’avaient pas la Parole telle que nous l’avons : ils n’avaient pas l’épître aux Éphésiens, ni celle aux Colossiens, ni celle aux Romains. Seules les deux épîtres aux Thessaloniciens avaient été écrites. Cela explique dans une mesure cette ignorance dans laquelle beaucoup se trouvaient, malgré la connaissance dont ils étaient fiers.
Cela nous amène à dire et à confesser combien nous sommes plus responsables et moins excusables qu’ils ne l’étaient. S’ils avaient été enrichis en toute parole et toute connaissance, qu’avons-nous entre les mains ? La Parole toute entière : et tout ce qui, génération après génération, réveil après réveil ; selon les opérations de l’Esprit de Dieu et la sagesse de Dieu a été remis en lumière suivant les besoins. Combien sommes-nous plus privilégiés que-les Corinthiens !
Or, nous sommes vite disposés à leur jeter la pierre, à dire : comme ils jouaient puérilement avec les dons qu’ils avaient reçus… ils s’enorgueillissaient des dons reçus. Mais que dire de l’esprit auquel nous ne participons que trop, qui est l’esprit de Laodicée, qui ne dit pas : Dieu m’a enrichi, mais : « je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien ».
Car, nous sommes à l’autre extrémité de l’histoire de-l’Église sur la terre. Mais, pour les Corinthiens à ce moment-là, à la mise en route de ces assemblées formées dans le monde païen, aussi bien que dans nos temps, ce qui importe, c’est de revenir à ce que Dieu a établi.
Et dans ces versets, bien qu’ils fassent appel sans cesse à notre responsabilité, il y a, on peut dire, uniquement ce qui est de la part de Dieu.
C’est notre responsabilité de maintenir cela et de le faire ensemble. Il faut d’abord marcher individuellement. Dieu nous a donné une position et tout ce qui est nécessaire pour nous y maintenir. Le niveau n’a pas changé ; la sainteté du nom de Christ est toujours la même, c’est nous qui en abaisserions vite le niveau.
Mais les ressources sont immenses, infinies ; elles vont jusqu’à « la journée de notre Seigneur Jésus Christ » et tout est fondé, d’un côté sur les conseils de Dieu, de l’autre sur sa fidélité dans ses voies pour amener toutes choses à l’accomplissement de ses desseins.
Dans ce chapitre tout particulièrement, le nom qui domine est celui de Dieu Lui-même. Paul est apôtre appelé « par la volonté de Dieu ». L’assemblée qui est à Corinthe, c’est l’assemblée de Dieu. Plus loin, quand l’apôtre rend grâce à Dieu, il parle de « la grâce de Dieu qui vous a été donnée » ; puis « Dieu est fidèle » ; puis ensuite, il sera question de ce qu’il a plu à Dieu, en contraste avec la folie des hommes, puis de « Dieu qui a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les choses sages ». Enfin, l’apôtre dira ce que nous, les croyants, ce que vous, les Corinthiens, « vous avez été faits de la part de Dieu ».
Alors, quand il est question de l’Assemblée de Dieu, nous voyons à quelle hauteur nous nous trouvons placés, quelle dignité est conférée à une assemblée, qui est « l’Assemblée de Dieu ». Il est plus souvent parlé, dans la Parole, de « l’assemblée de Dieu » que de « l’assemblée de Christ » ; ici, en contraste aussi bien avec le monde païen qu’avec le peuple juif. C’est certainement la pensée à laquelle nous avons toujours à revenir, que l’Assemblée n’est pas notre chose, qu’elle n’est pas une réunion de chrétiens selon leurs meilleures intentions, leur meilleure volonté. Elle est l’assemblée de Dieu, elle n’est pas l’assemblée des hommes.
L’épître aux Éphésiens nous fait connaître de la plus complète manière le conseil de Dieu quant à l’Église, l’Assemblée, et la position de celle-ci ; elle affirme les choses de la façon la plus forte et la plus sensible. La position des chrétiens, de l’Église, est aussi immuable que la volonté de Dieu. Dans l’épître aux Éphésiens, nous avons la nature, le caractère, la constitution de l’Assemblée ; c’est là que nous apprenons qu’elle n’avait pas été connue auparavant. C’est Paul, et Paul seul, qui a fait connaître l’Assemblée. Mais, quelque élevé que soit le point de vue présenté dans l’épître aux Éphésiens, le Saint Esprit descend aux exhortations les plus ordinaires.
Mais, dans l’épître aux Corinthiens, dans la première surtout, l’Assemblée nous est présentée sous un jour extrêmement instructif. Nous y avons l’Assemblée, pour ainsi dire « portes et fenêtres ouvertes ». Nous voyons ce qui se passe, pratiquement, dans une assemblée comme celle de Corinthe. Et nous comprenons alors combien ces instructions sont opportunes, car ce qui se passe à Corinthe, dans cette ville cultivée et corrompue, se reproduit bien des fois, et surtout de nos jours où la culture et les « progrès », comme on les appelle, se manifestent d’une façon frappante. Le développement de la culture, de la civilisation, va de pair avec le développement de la volonté de l’homme et de la corruption.
L’assemblée de Corinthe vivait dans cette atmosphère, qui l’influençait particulièrement. Cela est encore vrai aujourd’hui. Chacun qui est exercé dans son assemblée peut se rendre compte de quelle manière le monde actuel produit de profonds ravages dans l’état des saints, l’état intérieur, et leur comportement collectif : la culture, la richesse – les frères n’ont jamais été aussi riches qu’aujourd’hui ; ce n’est pas un avantage.
Alors, aussi, nous sommes extrêmement reconnaissants envers le Seigneur qu’Il nous ait donné ces récits, ces faits, l’histoire de Corinthe dans des faits sans lesquels, si nous n’avions pas cette épître, nous pourrions être tout à fait découragés et nous pourrions nous demander s’il existe au monde, en ce jour, une assemblée digne de ce nom, étant donné les choses qui se manifestent dans les rassemblements des saints.
Eh bien, avec Corinthe, et dans la manière dont le Seigneur s’occupe d’un état qui n’était pas brillant, nous pouvons trouver des encouragements et des instructions pour pouvoir allier la grâce à la vérité, comme c’est fait dans toutes ces lignes. La grâce fermerait les yeux sur tout, et Dieu ne ferme les yeux sur rien. Il nous dit tout ce qui se passe là ; et les choses écrites ici sont telles que ceux qui ne veulent pas écouter Dieu disent que la Bible n’est pas faite pour être mise entre toutes les mains.
Et pourtant la Bible est faite pour toutes les mains. Grâce soient rendues à Dieu de ce qu’Il veut nous élever jusqu’à Lui pour que nous sachions descendre dans toutes les circonstances qui ne peuvent pas ne pas se produire dans les assemblées des saints. Dieu ne veut pas que nous fermions les yeux. Il nous enseigne à les ouvrir, mais avec un esprit que Lui veut nous donner. Si la vérité doit être à l’œuvre, la grâce est liée à elle, elles ne se séparent jamais.
Nous n’avons pas à reculer devant les tableaux donnés là, au contraire. Dieu est toujours pratique envers nous. Il ne nous donne jamais une vérité haute sans qu’Il en fasse découler des conséquences élémentaires. Nous en avons besoin tous les jours. Et Dieu veuille que ce sujet soit profitable à chacun de nous et aux assemblées auxquelles nous nous rattachons.
Une assemblée ne se tient pas debout seule, ni par la vertu des frères et sœurs ; la chair est plus forte que tous les frères et toutes les sœurs, mais elle n’est pas plus forte que Dieu. Le monde est plus fort que tous les frères, mais il n’est pas plus fort que Dieu. C’est notre ressource, la seule.
Et dans ce chapitre – il est impossible de séparer le préambule de ce qui suit – nous voyons que si Dieu met l’Église à une position si élevée, position assurée pour toujours, nous voyons à cause de quoi Il a pu faire cela, et nous voyons ce qu’Il a fait pour chaque croyant qui fait partie de cette assemblée : la destruction de l’homme ; du premier Adam rempli de prétentions autant que de vices, sa destruction par la croix de Christ.
Et c’est pourquoi ceux qui sont des membres de cette Assemblée, sont des personnes chez lesquelles, en tous lieux et dans tous les temps, Dieu avait produit une transformation intérieure, fondamentale. Il les avait liés à Christ. Il leur a donné de saisir Christ, et par là de trouver en Christ sagesse, justice, sainteté, rédemption. Ces problèmes ne pouvaient pas être éludés, sans quoi jamais Dieu n’aurait pu amener quiconque dans sa présence glorieuse.
Dans ce chapitre, Dieu montre de quelle façon l’homme a été annulé. C’est une chose importante, et dont nous reparlerons aussi. C’est intéressant, parce que Corinthe était une ville brillante aux yeux du monde. On se vante aujourd’hui de la civilisation grecque, on s’y reporte volontiers, on y conduit les générations qui viennent. Le Seigneur nous conduit à ce qu’Il a donné, Lui, à Corinthe, non pas à ce que le monde à donné à Corinthe, et pour tous les saints de Dieu, dans tous les temps ; voilà la culture que Dieu donne à ses saints, celle que nous avons à rechercher avec diligence.
« Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur ». Il y a aussi des philosophes, des moralistes, des théologiens de nos jours, partout, de toute nature et de toute espèce, et des gens qui enseignent des vérités dites chrétiennes et qui sont la destruction de la vérité chrétienne. Mais ceux qui sont liés à Christ sont personnellement dans une position inchangeable, fixée pour toujours.
L’Assemblée ne comprend pas que les chrétiens parmi les frères mais les chrétiens où qu’ils soient. Si nous ne pensons pas à cela, nous sommes sectaires de cœur. Mais ayons le cœur aussi large que Dieu, – ce qui doit être. Nous devons avoir nos pieds dans le sentier très étroit de la séparation de tout ce qui est du monde, de la chair : tout cela a été condamné à la croix. Mais n’oublions jamais. que dans cette localité, il y a sûrement beaucoup de personnes qui font partie de l’Assemblée, sans bien savoir ce qu’est l’Assemblée. Nous devons penser à elles. Tout cela s’adresse à elles.
C’est une épître très importante de nos jours ; elle nous instruit quant à la vie pratique de l’Assemblée. C’est là que nous voyons qu’on doit ôter le méchant ; nos conducteurs ont appliqué cela, mais ils nous montrent dans quel esprit cela doit être fait. Cette seule pensée montre que la position de ceux qui limitent la responsabilité d’une faute à celui qui l’a commise bravent l’Écriture.
Dans tout ce premier chapitre, nous avons la destruction des prétentions de l’homme. C’est important pour la jeunesse chrétienne. Les frères et sœurs plus âgés qui l’entourent ne l’aident pas toujours, nous pouvons le reconnaître. Le Seigneur veut les convaincre de ce fait, fondamental pour la carrière chrétienne, que si Jésus est mort pour le chrétien, pour lui assurer son salut, le chrétien est mort avec Christ, et toute la volonté du chrétien est détruite. Un chrétien n’a pas le droit de faire sa volonté : voilà la perfection chrétienne. Et si nous étions tels, bien des choses ne se verraient pas dans les assemblées.
La grâce présente le conseil de Dieu, la pensée de Dieu quant aux saints et quant à son Assemblée ; avec le secours de l’Esprit, tournons-nous toujours vers les Écritures.
À la fin de ce premier paragraphe, nous lisons que « Dieu… est fidèle ». Fidèle à ses conseils immuables, parce qu’Il les a conçus Lui-même et pour sa propre gloire ; fidèle à ses promesses : dans le Christ Jésus, elles sont « oui et amen » ; fidèle à son conseil de grâce à notre endroit, nous accompagnant comme saints et prenant soin de nous comme Assemblée, dans bien des circonstances où, comme on vient de le dire, nous risquerions d’être désemparés, cherchant en vain dans les archives de l’expérience chrétienne, ou dans nos propres expériences chrétiennes, la sûre ligne de conduite. Et cette fidélité de Dieu produit dans nos cœurs la confiance.
Y aurait-il possibilité de découragement pour ceux qui portent le deuil, qui mènent vraiment deuil sur l’état présent de l’Assemblée ? Des sujets à humiliation, certes. Et nous ne porterons jamais trop le deuil de ces circonstances, en confessant la part que nous avons prise à la faiblesse et à l’infidélité. Là nous sommes dans le chemin du Seigneur. Mais le sentiment que l’Assemblée est l’Assemblée de Dieu, la certitude que le fondement qu’Il en a posé lui-même (ce qu’en 2 Timothée 2. 19, Paul appelle « le fondement de Dieu »), la certitude qu’il est inébranlable parce qu’il est divin, voilà qui garde nos cœurs de tout découragement. L’apôtre revient à cette parole : « Dieu est fidèle ».
Au résidu remonté de la captivité, qui avait eu un élan de cœur – il y avait eu de la joie, du dévouement ; puis l’ennemi était entré dans la place, les avait conduits à perdre de vue les droits de Dieu ; interrompant le travail de sa maison, ils étaient allés s’occuper de leurs propres maisons – nous savons comment l’Esprit de Dieu, par le moyen d’Aggée, produit en eux des sentiments de vraie contrition et renouvelle en eux le sentiment de la consécration.
Alors, après avoir réveillé, fait des reproches, présenté la nécessité d’un redressement, voilà que Dieu s’approche d’eux et les rassure : « Ne craignez pas ; ma Parole et mon Esprit demeurent au milieu de vous », et il porte leurs regards vers la gloire dernière de la maison et vers la Personne de Celui qui l’occupera dans les jours près d’être manifestés, quand « les cieux béniront la terre et que la terre répondra aux cieux ».
Chers frères et sœurs, si en toute droiture, humilité, nous portons le fardeau de circonstances qui nous affligent, si nos cœurs confessent en toute vérité devant Dieu la part que nous y avons prise, voici que, dès l’entrée de cette épître si riche en instructions, mais aussi en reproches, il est dit : « mépriseriez-vous l’Assemblée de Dieu ? » Voilà que Dieu affirme sa fidélité envers Lui-même et envers ce qu’Il a établi.
Dieu nous rappelle ses ressources, il applique comme de nouveau à nos âmes cette Parole, qui est sa parole à Lui, pour qu’il ne reste rien de nous-même, mais nous présente Christ, son Envoyé ici-bas, Celui dont l’œuvre ici-bas est le fondement sûr de ce qui s’appelle l’Assemblée de Dieu.
Cette épître peut se résumer par ces mots : « l’ordre dans l’Assemblée de Dieu – l’ordre dans la Maison de Dieu ».
Une maison revêt le caractère de celui qui en est le chef, qui l’a bâtie. De sorte qu’on n’a pas de peine à discerner – le monde le premier – dans cette maison, le caractère de celui qui en est le chef. Dieu va nous dire tout ce qui, dans nos maisons, par notre faute, ne porte pas son caractère. Il avait bien des égarements à reprendre, et il va mettre le doigt sur ce qui laisse à désirer et donnera le moyen d’y remédier. Il peut ramener toute âme à l’obéissance qui lui est due.
Que Dieu nous accorde de penser à ces choses en toute soumission, en toute humilité, mais en toute confiance. « Dieu est fidèle ».
Corinthe a disparu, il y a longtemps. Éphèse aussi, et les autres assemblées de ces époques-là. Quel est le chemin qu’a suivi l’Église, depuis ce temps jusqu’au siècle dernier ? Ce serait un sujet intéressant à pouvoir considérer, mais des devoirs plus pressants nous appellent.
En rapport avec cette fidélité de Dieu, qui heureusement est éprouvée en tous temps par la foi, nous sommes au bénéfice de l’œuvre que Dieu, dans sa fidélité, a accomplie il y a maintenant pas mal de dizaines d’années, et par laquelle ont ressurgi dans le monde chrétien des rassemblements. Ils étaient fondés sur les principes donnés par l’Écriture au temps des apôtres. Sans donner de développement sur ce point, je désire insister sur l’extrême importance de ce fait historique, et le lier à une parole du Seigneur, dans laquelle se montre la fidélité de Dieu et la fidélité de Christ à l’égard de l’Église ; elle a été un point d’appui et elle peut être un point d’appui pour nous tous, cette parole du Seigneur dans l’évangile, souvent citée : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).
Voilà un fait merveilleux et en rapport avec ce qui nous a été dit du résidu revenu, quoiqu’il n’ait pas été aussi spectaculaire que ce qui s’est produit par exemple à la Réforme, le fait merveilleux que la grâce de Dieu, du Dieu fidèle, que ce que le Saint Esprit à produit au siècle dernier : il a conduit des âmes fidèles à retrouver dans des jours de ruine l’essentiel des bénédictions du commencement, sauf la différence entre ces temps de la fin et ceux du commencement, qui réside surtout dans le fait qu’il ne pouvait plus y avoir la même puissance. Mais c’est le même Esprit, le même terrain. Et les rassemblements qui ont été produits, qui existent encore – en tout cas s’ils ont été formés sur le terrain scripturaire – sont dans la même position qu’étaient les assemblées au temps de l’apôtre Paul.
Ceci donne un aperçu de l’immense importance du rassemblement fondé sur le terrain scripturaire, l’immense prix pour Dieu Lui-même et le Seigneur.
Pourquoi la puissance n’est pas, et ne peut pas être la même ? Parce que, depuis les temps des apôtres, trop de péchés, trop de choses répréhensibles se sont produites dans la chrétienté et contristent le Saint Esprit, pour que la puissance du Saint Esprit puisse se déployer comme autrefois. Mais, en grâce, les fidèles de nos jours peuvent goûter les bienfaits apportés par l’Esprit à un rassemblement par le ministère de la Parole, si les cœurs sont droits.
L’Assemblée a toujours existé depuis la Pentecôte. Dans les temps les plus sombres de son histoire sur la terre, il y a toujours eu, par la grâce de Dieu, des croyants, il y a toujours eu des enfants de Dieu ; peut-être entraînés par des enseignements erronés dans les pires ténèbres, mais il y en a toujours eu ; il y a une continuité dans cette histoire ; il y a toujours eu le travail de Dieu, de l’Esprit de Dieu, pour réveiller, appeler, vivifier des âmes.
L’Assemblée, si nous la considérons quant la pensée de Dieu, quant à ce qu’elle est pour Dieu, pour Christ a toujours existé. Mais, comme cela a été rappelé, par la faute des hommes, par l’incurie de ceux qui avaient à nourrir les âmes par tout ce qui s’est glissé parmi les saints et qui a supplanté l’action de l’Esprit, la manifestation visible de l’Assemblée sur la terre, on peut dire qu’elle a été, d’une manière générale totalement interrompue pendant des siècles et des siècles.
Nous disons d’une manière générale parce que nous ne savons pas tout ce que Dieu a pu produire, permettre, ici et là, ce qu’Il a pu reconnaître, les quelques rassemblements de croyants très ignorants, très simples, mais réunis malgré tout au nom du Seigneur.
Mais puisqu’Il nous a fait l’immense grâce d’avoir reçu un enseignement qui est bien celui du Saint Esprit éclairant la Parole dans nos temps et en vue du retour du Seigneur, nous sommes placés en présence de ceci : Dieu a voulu, et Il veut, qu’il y ait maintenant des rassemblements de chrétiens exprimant ce qu’est l’Assemblée de Dieu.
Et voilà notre responsabilité ; elle a été celle des chrétiens de tous les temps ; elle est devant nous d’une manière toute particulière ; elle se lie à la grâce de Dieu qui a ainsi opéré dans les derniers jours.
De même que, dans ce temps-là, l’apôtre inspiré pouvait écrire aux Corinthiens (1. 4) : « Je rends toujours grâce à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, de ce qu’à tous égards, vous avez été enrichis en lui en toute parole et toute connaissance » eh bien, de même nous pouvons dire, dans les temps où nous sommes, que ce réveil, celui du cri de minuit, ce réveil merveilleux a été par l’Esprit de Dieu. Nous en sommes des bénéficiaires et il nous en sera demandé compte.
Nous sommes ramenés, ici, à ce-qui dès le commencement, a été placé devant les saints quant à l’Assemblée et quant à ce que les saints rassemblés doivent montrer sur cette terre, c’est-à-dire les caractères d’une Assemblée de Dieu, non pas d’une assemblée des hommes. L’épître est adressée « à l’Assemblée de Dieu qui est à Corinthe », mais pas seulement à elle : « … avec tous ceux-qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre », qui invoquent ce Nom et reconnaissent sa seigneurie, qui sont placés là non pas selon leur propre volonté, d’après leurs propres efforts, mais de par le conseil de Dieu en Christ.
Première chose : « sanctifiés dans le Christ Jésus » – voilà le propos de Dieu – et qui ensuite ont été l’objet d’un appel particulier, distinct, de Dieu : « saints appelés ». Ensuite, au v. 9 : « … appelés à la communion de son Fils » ; v. 24 : -« … ceux qui sont appelés ». Aussi (v. 26) leur est-il recommandé de considérer leur appel : « Car considérez votre appel, frères… ». Ah ! ce n’est pas de la volonté de l’homme, de la volonté de la chair ; c’est de la puissance de Dieu.
Et Dieu met à la disposition des siens, de ceux qui sont sanctifiés, saints par appel et maintenant appelés à vivre dans cette séparation, dans cette sainteté, toutes les ressources nécessaires. On ne saurait trop insister là-dessus, parce que nous sommes toujours tentés de rabaisser le niveau en considérant l’état où nous sommes. Dieu dit : je n’ai rien à faire avec l’état où vous êtes, sinon pour vous amener à le juger. Dieu dit : C’est mon Assemblée, portant mon caractère. C’est ainsi qu’elle sera dans la gloire.
Dans l’Apocalypse, nous voyons l’Assemblée qui descend du ciel ; c’est l’avenir sans doute, mais, c’est ce qui est placé devant nous. Nous attendons la révélation de notre Seigneur Jésus Christ, et nous avons besoin d’être assurés que l’Assemblée de Dieu aura bien ce terme glorieux. Oui ! Pourquoi ? Parce qu’il s’agit des conseils de Dieu. Mais comment attendre cette révélation de Jésus Christ, quand nous sommes sans cesse ramenés si bas, quand nous nous trouvons dans un état si déplorable ? Vous pensez avoir quelque force en vous, quelque énergie.. ? Non.
Mais, il y a quelqu’un qui est fidèle, et qui a la puissance de vous affermir jusqu’à la fin, pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ (v. 8) c’est-à-dire sa manifestation en gloire au milieu de ce monde, « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10).
La ressource est là ; il n’y en a point en nous-mêmes, il n’y en aura jamais. Ce que nous sommes, ce que nous étions dans notre état de nature, incapables et indignes, nous le trouvons plus loin. Et il a fallu l’appel de Dieu, la grâce de Dieu. Quant à notre état précédent, notre état naturel, nous étions voués à la mort, dignes de mort, et nous avons été mis à mort. Le vieil homme est entièrement mis de côté.
La promesse est sûre : « il vous affermira jusqu’à la fin ». Comment se fait-il que nous boitions à chaque pas, que nous parlions, avec tant de raisons, de notre faiblesse, de nos misères ? Parce que nous ne saisissons pas la promesse dans sa valeur sa simplicité et nous n’en savons pas tirer les conséquences pratiques.
Toutes les promesses sont toujours faites à la foi, pas à l’homme naturel. C’est la foi qui s’empare des promesses. Ce qui nous manque au premier chef, c’est la foi, c’est de nous emparer des paroles de Dieu et de paroles d’encouragement comme celles-ci et comme celles qui terminent l’épître de Jude (v. 20) : « Or, à celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez et de vous placer irréprochables devant sa gloire dans l’allégresse ». Que notre foi saisisse ces choses ! Elles sont écrites pour notre encouragement.
Mais, c’est à la lumière même de ces expressions de la grâce de la puissance de Dieu – ce qu’Il a fait de vous : corme individus, des saints ; comme ensemble, une assemblée de Dieu ; l’excellence de tout ce qu’il vous a donné demeure : la Parole, les dons nécessaires ; par ce côté-là, tout est parfait. C’est à la lumière de cela que les manquements, les souillures, les inconséquences apparaissent sous leur vrai jour comme le produit du vieil homme : « Vous êtes encore charnels » (3. 2).
L’apôtre met en relief ces divisions sur le plan de l’enseignement (doctrine) ; ils se réclamaient de docteurs différents et on comparait et on rivalisait, on se rangeait sous un nom : « moi, je suis de Paul ; et moi, d’Apollos ; et moi, de Céphas ; et moi, de Christ ». – comme si Christ était un docteur parmi les autres ! – « Le Christ est-il divisé ? » D’un mot, l’apôtre met en lumière la vérité fondamentale, essentielle, celle que l’on oublie parce que l’on s’attache à des portions de vérités auxquelles alors s’ajoute facilement l’erreur et ainsi peut se former une secte, une division, telle que nous l’avons ici : l’homme est mis en avant au lieu de Christ.
C’est pourquoi la croix de Christ est présentée ensuite. Paul dit : mon service n’était pas de faire des adeptes à ma doctrine, mais présenter Christ Lui-même. Et qu’est-ce que présenter Christ ? C’est présenter au monde Celui que le monde a mis en croix. Voilà ce que la sagesse du monde et la religion des Juifs ont produit : ils ont crucifié Christ Lui-même.
Mais cette parole de la croix, elle est la puissance de Dieu, qui est folie à ceux qui périssent. « … la folie de la prédication ». Il s’agit pour les hommes de mettre en regard de leur propre sagesse, de leurs propres pensées, de leur religion, la présentation d’une personne, Personne dans laquelle Dieu est venu révéler son amour, sa puissance pour le salut des âmes, et glorifier ainsi sa propre sagesse.
Celui que le monde a mis en croix, c’est Celui par qui nous obtenons le salut, et « nous prêchons Christ crucifié ». Or, c’est ce Christ qui vous a été fait – à vous qui avez cru en cette Personne, qui avez reçu simplement cette parole qui est folie pour la sagesse humaine – la prédication de la croix – c’est un tel Homme qui vous a été fait de la part de Dieu Lui-même, sagesse, justice, sainteté, rédemption (1. 30).
Vous avez un sujet de gloire désormais. Le croyant a un sujet de gloire. Dans ce monde, on se glorifie facilement de ses relations, de ses ascendances, de ses mérites – tout cela est quelque chose de bien pauvre au regard même d’une sagesse humaine. Mais pouvoir se glorifier dans le Seigneur, pouvoir dire : il y a quelqu’un qui est pour moi, que Dieu a fait pour moi sagesse, justice, sainteté, rédemption, tout ce dont j’avais besoin et que je ne trouvais pas en moi, quel sujet de gloire !
Alors, appelés d’une telle Personne, d’un tel Nom, que comptent Paul, Apollos, Céphas, le nom de Christ Lui-même si on le rabaisse, comme c’est le cas aujourd’hui, à un conducteur d’hommes, à un moraliste ? Se glorifier dans le Seigneur !
Et c’est ainsi que, dès le début de cette épître, donnant le ton à toute l’épître, l’apôtre inspiré place ce qui est, visiblement, sur la terre, un rassemblement d’hommes, de gens, sur ce plan infiniment élevé de l’Assemblée de Dieu. Voilà ce que vous êtes : vous n’avez pas à marcher de façon à l’être, mais vous êtes l’Assemblée de Dieu et vous avez à marcher comme l’étant. C’est tout autre chose que ce que bien souvent nous serions tentés de rechercher.
On peut souligner encore un point relatif au v. 2. On le retrouve au ch. 12. C’est un point d’une immense valeur. L’apôtre s’adresse, au v. 2, aux croyants de Corinthe et aussi à « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre ». Et au ch. 12 : « vous êtes le corps de Christ ». Chacun pourra étudier cela d’un peu plus près, mais nous voyons là une vérité que nous citons quelquefois et une pensée que nous devrions tous avoir : c’est qu’une assemblée locale est la représentation de l’Assemblée toute entière.
Au début, tous les chrétiens étaient en un même lieu. C’était réalisable. Et puis, le nombre augmentant, cette réalisation devenait impossible. Le Seigneur a pourvu à cela en établissant des rassemblements locaux. Nous trouvons ici que chacun d’eux représentait l’Assemblée universelle ; c’est encore plus vrai lorsque les chrétiens sont disséminés un peu partout.
Une assemblée locale établie par le Seigneur, qu’Il approuve et reconnaît, représente l’ensemble de tous les chrétiens du monde, de tous les milieux. L’assemblée de cette localité représente l’ensemble de tous les chrétiens de la localité, mais plus largement l’Assemblée universelle.
Conséquence pratique : une admission ou une exclusion est automatiquement valable pour tous les rassemblements du monde et l’existence de lettres de recommandation confirme cela.
Il est hautement souhaitable que les frères et les sœurs plus jeunes sondent les Écritures. Sinon, qu’ils ne chantent pas comme ils le font, et nous tous avec eux, que nous aimons le Seigneur : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole » – toute la Parole. Que faisons-nous souvent ? Nous ne prenons même pas la peine de lire le travail d’ouvriers du Seigneur, ouvriers de première force, d’une très grande fidélité. Nous pouvons encourager les jeunes à remonter à cette source-là.
Nous avons aussi été frappés de l’insistance avec laquelle ces conducteurs – ils sont dignes de ce nom – revenaient à ces questions de rassemblement, du terrain de l’unité du corps, question de la position des chrétiens et de l’Église en Christ, en dehors du monde, et en dehors de la chair (car la chair et le monde ne se confondent pas toujours). En avançant, nous nous rendons compte un peu plus de la valeur de ces serviteurs, de ces chrétiens attachés aux fondements de la vérité. Veuille le Seigneur faire que l’étude de la vérité attire nos cœurs. L’engagement ne se réalise pas sans des renoncements : vous ne vous engagez pas dans des études humaines sans réaliser souvent pendant de longues années, de sévères sevrages. À combien plus forte raison, et par la foi, vaut-il la peine de savoir se sevrer, parce qu’on a des motifs divins de le faire.
Ce v. 2 et le v. 27 du ch. 12 sont peut-être les deux seuls passages dans l’épître qui nous donnent d’une manière positive l’importance du rassemblement local. N’y aurait-il qu’une seule assemblée que le Seigneur reconnaisse, elle représenterait à elle seule l’assemblée universelle.
Un chrétien n’est pas à lui seul « colonne et soutien de la vérité », même pas un apôtre, mais l’assemblée seule. Dans des jours de désordre inouï comme les nôtres, un rassemblement local doit se comporter comme si toutes les assemblées du monde avaient suivi fidèlement les enseignements que le Seigneur a donnés par les apôtres : ils ne sont jamais périmés, ils sont une vérité éternelle dans leur valeur et dans leur application pratique pour tous les temps de l’histoire de l’Église ici-bas.
Le Saint Esprit nous élève toujours à la hauteur de Dieu ; c’est toujours la bonne façon de voir la vérité, de la voir comme Dieu – soit qu’il s’agisse de notre anéantissement comme homme, soit qu’il s’agisse de notre élévation en Christ.
Nous nous sommes demandés, nous aussi : mais où ont puisé ces docteurs qui ont fait ces écrits si riches ? Ils étaient des travailleurs, ils vivaient simplement. Heureux serviteurs ! Heureux chrétiens ! car ils nous intéressent autant comme chrétiens que comme serviteurs. On ne peut s’attribuer le don d’un autre, mais on est exhorté à imiter sa foi. La fidélité est supérieure à tout don. La reproduction de la vie de Christ dans un individu est supérieure à tout don, parce que c’est Dieu dans l’homme et c’est le seul vrai témoignage.
La valeur d’un rassemblement scripturaire réside en ceci : c’est que le Seigneur est là ; Dieu est là. Éphésiens 2. 22 : « vous êtes une habitation de Dieu par l’Esprit ». La qualité humaine de ceux qui forment le rassemblement est d’une importance nulle. On nous ferait croire qu’il y faut des élites. Dieu se charge de les appeler. Et la qualité du témoin est le fruit de l’attachement au Seigneur. Christ doit suffire.
Nous n’en sommes pas là, mais comme application; nous retrouvons ce qui est dit ici. S’il est parlé de ce que Dieu a fait en Christ et par Christ, de ce que Christ est pour nous, c’est pour nous montrer la nécessité de cette élimination du moi avec ses capacités et ses qualités aussi bien que ses défauts. Un frère très aimable peut n’être pas du tout spirituel. Ce ne sont pas les qualités naturelles qui donnent la supériorité à un croyant ; c’est la présence de Dieu dans un homme, par le Saint Esprit, qui l’ait que cet homme est spirituel.
Plus les chrétiens sont évangéliques et bibliques (près de la Bible) plus ils sont divisés. Nous avons à courber la tête devant cela, mais nous avons à chercher et à suivre le sentier que le Seigneur a maintenu pour le jour de tous les désastres.
Il y a un-sentier. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Mais « assemblés en son nom » sous-entend l’activité de la foi.
Le Saint Esprit savait bien qu’il y avait des disputes à Corinthe. Et les disputes qui n’ont pas une origine doctrinale ne sont pas moins nuisibles. Le remède, c’est que chacun revienne à la vérité que le Seigneur est la seule ressource pour la vie pratique du croyant comme Il a été sa seule ressource pour qu’il puisse devenir tel.
Ne se glorifier qu’en Dieu ! Frères et sœurs, nous savons combien vite percent des pensées de satisfaction, même quant à notre fidélité, quant à notre service indiscutablement reçu du Seigneur. Il faut veiller à ne pas nous glorifier autrement que dans le Seigneur. Cela exige un exercice quotidien de la part de chacun.
Les troubles dans les assemblées, en dehors des questions de doctrine, proviennent toujours de ce que la chair perce, se montre, que quelqu’un que ses capacités mettent en avant oublie qu’il n’est rien aux yeux du Seigneur et ne doit être rien à ses propres yeux. Il y a des remèdes divins pour que les maux trouvent une guérison : ce n’est pas une morale, c’est Christ prenant dans le cœur une place qu’Il n’avait pas ou qu’Il avait perdue.
Toute la vie chrétienne de l’individu, de l’Église, se joue dans le cœur des saints et dans leur conscience.
Et alors, aussi, nous devons nous aider. Supposons qu’un frère s’imagine tout à coup qu’il est un chef, qu’il ait cette pensée dans son cœur ; s’il ne le juge pas, il peut se troubler et troubler les autres. C’est un mal de tous les temps.
On n’a pas Dieu avec soi quand on en est là et quand on ne l’a pas avec soi, on l’a contre soi, parce que Dieu n’est jamais indifférent à ce que nous sommes. L’apôtre réalise qu’il n’est rien ; il écrit : « ni celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose » (3. 7).
Et nous avons eu des frères et des sœurs qui nous ont fait sentir cela, cette réalisation de Christ en eux qui élimine le moi, sans qu’un effort personnel soit à l’origine de cela, mais la grâce divine. Ils manifestaient cette vie de Christ. L’apôtre disait : Je ne suis rien, que le premier des pécheurs. Cette place est prise par lui. Heureux Paul, heureux homme ! « Je suis moins que le moindre des apôtres ».
Quels que soient nos services, quelle que soit la fidélité avec laquelle nous pouvons les accomplir, que Dieu nous fasse la grâce d’être remplis du sentiment croissant de notre néant. C’est le bon état. Il n’y a pas de bonheur pareil sur la terre au milieu des exercices et des peines.
Et lorsque des corps de chrétiens, de vrais chrétiens, ont été établis, édifiés par la volonté des hommes pour former un rassemblement qui n’est pas fondé sur la vérité de l’unité du corps de Christ dans la condamnation du premier Adam, dans la recherche de la présence du Seigneur seul et de sa gloire seule, sans qu’aucun homme ait le droit de s’attribuer dans cette présence une parcelle de cette gloire, alors un tel groupement est condamné. Dieu peut bénir la foi et il le fait. Mais ce terrain là n’est pas scripturaire. L’Assemblée rend le témoignage dans le monde entier que le premier Adam est condamné entièrement. Et si même des frères tendent à faire d’eux un certain centre, ils ont dévié du chemin de la vérité.
Le Seigneur est la seule tête du corps, le seul chef de l’assemblée. De la tête, qui est unique, et seulement d’elle découlent toutes les grâces nécessaires pour tous les temps, pour tous les services, évangélisation comprise ; si ce n’est pas le Seigneur qui envoie un évangéliste, il n’est pas un évangéliste fidèle.
C’est le Seigneur qui commande ; nous n’avons tous qu’à obéir. Il n’y a pas de place meilleure que celle-là.
Mais aussi, lorsqu’un frère ou des frères ont une tendance à exercer une activité indépendante, ils s’écartent du chemin que le Seigneur a tracé. Les frères sont instruits quant au sens à la valeur du rassemblement autour du Seigneur. Rassemblés autour de Jésus, c’est reconnaître sa seigneurie seule, sans qu’aucune autre autorité vienne intercepter la gloire du Seigneur.
Vous frustrez un frère si votre service fait que vous vous interposez entre lui et le Seigneur. Nous frustrons les âmes si nous nous plaçons, d’une manière ou d’une autre, entre ces âmes et le Seigneur, quand nous cherchons, même sans nous en rendre compte, à détourner sur nous ce qui est dû au Seigneur seul. Ceci est d’une bien grande importance de nos jours.
Je voudrais seulement attirer l’attention sur ce qui a été l’objet de la prédication de l’apôtre, ce qui est à la base de toute connaissance de Christ, de Dieu par Christ, comme aussi de nous-mêmes : Jésus Christ crucifié.
Si l’homme naturel, la chair, est mis à sa place – et non seulement ici quant à ses prétentions religieuses et à sa sagesse, Juifs d’un côté, païens de l’autre, mais quant à toute la vie, toutes les activités, toutes les pensées, toutes les tendances, – c’est par la croix de Christ. « Jésus Christ crucifié ». « … afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine ».
Un des triomphes de Satan a été de faire de la croix, la croix de Christ, un élément du monde, de mondaniser la croix. Il n’y a qu’à regarder autour de nous pour voir ce qu’il en est dans la chrétienté et ce que représente la croix d’une manière générale.
Mais la croix de Christ – plus que cela : Jésus Christ crucifié ! – Galates 2. 20 : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ».
Galates 6. 14 : « Qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde ».
Sur la croix : Jésus Christ crucifié nous, dans son amour. Sur la croix, le monde crucifié ; Christ victorieux clouant le monde sur la croix même où le monde a pensé se débarrasser de Lui.
Mais puissions-nous réaliser que, « par la croix de Christ, moi je suis crucifié au monde ».
Ch. 2.
Sans revenir sur ce qui a été présenté, je rappellerai seulement cette distinction qui a été faite, et qu’il ne faut pas oublier, entre l’Assemblée de Dieu qui existe quoi qu’il en soit de ce que manifestent les enfants de Dieu ici-bas, l’Assemblée de Dieu telle qu’elle existe selon son conseil, son propos, en vertu de l’œuvre accomplie par le Seigneur Jésus sur la croix et par l’opération de l’Esprit de Dieu dans le monde pour amener des âmes et les vivifier.
Ce grand fait de l’Assemblée de Dieu qui existe, qui a existé de tous temps depuis la Pentecôte jusqu’au moment où elle sera enlevée de cette terre pour la révélation en gloire du Seigneur Jésus, c’est quelque chose de parfait, selon la pensée de Dieu : elle est en Christ ; de même que chaque croyant vu en Christ, vu par Dieu en Christ se trouve là dans une position inaltérable, une position de perfection qui est celle de la position même de Christ. Et d’un autre côté, cette Assemblée de Dieu, l’Église, les croyants sur la terre sont appelés à en réaliser l’existence, à la montrer.
Et les ressources ne manquent pas à cet égard, mais la responsabilité est engagée. Dieu, selon sa parfaite sagesse et à la fois dans sa fidélité, dans sa grâce et dans le maintien constant de ses droits, suivant les temps, les époques, a permis qu’il y ait sur la terre des expressions de cette Assemblée de Dieu.
On peut dire que les croyants sont appelés à marcher ensemble ici-bas selon ces caractères de l’Assemblée de Dieu qui sont les caractères de Dieu Lui-même révélés en Christ. Que les croyants y aient manqué, que nous continuions, hélas, à y manquer, c’est également un fait. Mais la grâce de Dieu, et tout particulièrement dans les temps où nous sommes, a permis que des croyants, réveillés à cette pensée qui est celle de l’Esprit même, de l’existence de l’Assemblée, aient le privilège de croyants se réunissant au nom du Seigneur Jésus de vivre ensemble comme l’Assemblée de Dieu. Dieu a permis qu’il y ait des expressions locales, là où il l’a trouvé bon, de l’Assemblée de Dieu.
L’assemblée de Dieu, dans son acception locale, n’est que l’expression de l’Assemblée que nous pouvons appeler l’Assemblée universelle (bien que l’expression ne se trouve pas dans la Parole appliquée à l’Église), qui n’est pas visible par les hommes dans son intégralité. Mais alors, c’est à la fois le privilège, et comme toujours la responsabilité, de ceux que le Seigneur rassemble comme une Assemblée de Dieu, assemblée locale, de manifester les caractères de l’Assemblée de Dieu, d’être ce que l’ensemble de tous les croyants devraient être dans ce monde.
Comment y répondre ? Il n’y a aucune force en nous. Dieu nous a parlé, dans sa Parole, de ses ressources, de ses promesses, de sa fidélité. Mais nous sommes mis également en présence – c’est une grâce de sa part – de ce en quoi nous manquons, et des dangers qui n’ont pas tardé à se montrer dans les assemblées locales du début comme celle de Corinthe ; dangers, fautes et manquements qui se retrouvent aujourd’hui. Et combien réels sont aujourd’hui le manque d’unité pratique, le manque de pensée commune des croyants, les divisions !
Et nous avons l’exhortation d’être « parfaitement unis dans un même sentiment et dans un même avis » (1. 10). Il semble que ce soit une impossibilité. Effectivement, si nous ne pensons qu’à ce que nous sommes, pour peu que nous nous connaissions, nous disons : c’est impossible. Et pourtant, nous y sommes appelés ; et pourtant, le témoignage par excellence de l’Assemblée, c’est cela ; ce devrait être l’expression même de cette Assemblée de Dieu, l’Assemblée visible dans les quelques-uns – le nombre importe peu – se réunissant simplement au nom du Seigneur, comme appartenant à l’Assemblée de Dieu.
Or, ce qui est placé devant les Corinthiens ici et devant nous aujourd’hui, c’est le moyen de revenir à ce qui a été vu un instant au tout début de l’histoire de l’Assemblée ici-bas, quand les frères et les sœurs n’avaient qu’une pensée, qu’une âme. Et Dieu, dans sa Parole, et l’Esprit de Dieu par la Parole emploie comme moyen ceci : il place devant nous ce que Dieu a voulu, ce que Dieu a fait ; ce qu’Il a fait de nous, ce qu’Il veut faire pour sa gloire. C’est à cette lumière que nous voyons ce que nous sommes appelés à juger.
Les Corinthiens se trouvaient divisés. Ayant reçu beaucoup de dons, de connaissances, ils se rangeaient derrière des chefs d’école, des docteurs auxquels ils étaient particulièrement attachés ; ils suivaient des hommes. Ils étaient enseignés par l’Esprit il y avait les dons de grâce, mais leur cœur charnel était là et ils s’enorgueillissaient d’appartenir, l’un à Paul, l’autre à Apollos, l’autre à Céphas et l’autre à Christ. Je suis de celui-ci, c’est-à-dire d’un homme. Si hautement qualifiés qu’ils fussent – et qu’il s’agisse de Paul, Apollos ou Céphas, ils étaient bien remarquablement qualifiés – ils n’étaient que des hommes, et ainsi en fait, certains rabaissaient Christ à n’être qu’un homme, un chef d’école.
Alors, l’apôtre vient leur dire, de la part de Dieu : vous, vous dites : je suis de celui-ci, de celui-là ; mais vous oubliez une chose, c’est que, ce que vous êtes pour moi, c’est moi qui l’ai voulu, moi qui l’ai fait ; vous êtes quelque chose pour moi à cause, non pas d’un grand docteur qui est venu vous enseigner ici-bas, mais à cause de mon Fils bien-aimé, qui est, venu sur la terre parce que vous étiez des pécheurs, qui est mort sur la croix. Et toutes les prétentions sont mises à néant : c’est le tout de cette épître. Voilà quant à vous-mêmes. Mais Dieu a choisi, non pas les choses qui ont de l’apparence dans ce monde – tout cela est jugé par la croix de Christ – ; la folie de la prédication de la croix aux yeux des hommes, c’est la sagesse et la puissance de Dieu. Tout est de Dieu.
Mais alors, vous ayant tirés d’un tel état, au prix de la croix de Christ, Dieu a fait de vous des êtres nouveaux en Christ, vus, en Christ. Alors, vous n’êtes pas de Paul, ni d’Apollos, ni de Céphas, ni de Christ comme un grand docteur ici-bas ; vous êtes de moi-même. Au v. 30, l’expression est aussi forte que possible : « vous êtes de Lui dans-le Christ Jésus ».
Ah ! à cette lumière-là, vis-à-vis de ce niveau-là, que comptent les affirmations « je suis d’un tel » ? Tous sont réduits au même dénominateur, mis en présence de Celui qui les a dénommés d’un bien autre nom que Paul, Céphas ou Apollos. Le nom de Christ est là. Quant à vous-mêmes dans la chair, il n’y a rien, absolument mais j’ai pour vous quelqu’un en qui je vous vois, et c’est Christ. « Vous êtes de lui dans le Christ Jésus » – voilà comment Dieu vous voit. Et puis, ce Jésus Christ nous a été fait de la part de Dieu « sagesse, et justice, et sainteté, et rédemption ».
On a à cœur d’insister sur ce contraste : « Je suis de… » et « vous êtes de Dieu dans le Christ Jésus ». Et puissions-nous nous souvenir qu’aux yeux de Dieu, nous sommes de Lui, non pas des hommes ; nous ne suivons pas des hommes.
Tout le travail humain, dans le domaine religieux comme dans les autres, est pour la gloire de l’homme, pour élever tel ou tel ; et les hommes qui s’élèvent, en réalité, suivent les pensées du cœur humain, de chacun de nos cœurs, et en même temps ils se trouvent portés par des hommes qui se glorifient en quelqu’un d’entre eux.
Car, ce n’étaient pas Paul, Apollos, Céphas, qui se glorifiaient par la grâce de Dieu, ils avaient été gardés dans l’humilité. Ils devaient avoir à lutter beaucoup (1 Cor. 12) mais nous ne voyons pas qu’ils s’élevaient. C’est une tendance de tous les temps, et c’est un des moyens par lesquels Satan a particulièrement réussi à ruiner le témoignage en amenant des divisions par les frères, les sœurs manifestant plus de sympathie, d’affection charnelles pour tel ou tel plutôt que pour tel ou tel autre.
Ainsi, Dieu nous amène à élever nos pensées, – non pas les pensées de la chair, mais celles du nouvel homme – au niveau de ses propres pensées. Et pour cela, après nous avoir, quant à nous-mêmes, quant à la chair, réduits à néant, placés dans la mort par la croix de Christ, ainsi disqualifiés de ce dont les hommes pouvaient se réclamer, après nous avoir parlé de notre position en Christ, voilà qu’il vient nous dire, dans ce ch. 2 qu’il y a dans le croyant, individuel, et dans l’Église, l’Assemblée, il y a d’une manière toute nouvelle ; depuis l’ascension et la glorification de Christ, Celui que Christ, depuis la gloire, a envoyé sur là terre. Il y a ici-bas à l’œuvre, dans le monde pour en tirer des âmes, dans l’Assemblée pour la gloire de Christ et la gloire de Dieu en Christ, il y a l’Esprit de Dieu.
Et ce ch. 2 est rempli de cette pensée de l’Esprit de Dieu, dans sa puissance, sa sagesse, sa pénétration, dans ce qu’il a à la fois de profond et d’heureux, de doux et de solennel en même temps, mettant à nouveau de côté toute sagesse humaine. Dans le premier chapitre, la sagesse du monde est confondue par la croix de Christ ; au ch. 2, c’est l’Esprit de Dieu en contraste avec l’esprit de l’homme, Dieu Lui-même parlant de Jésus Christ crucifié, qui apparaît comme vivant, non pas aux incrédules, mais aux croyants amenés à comprendre qu’ils ne sont rien quant à eux-mêmes, et qu’ils ont tout en Christ, qui ont été amenés à juger le vieil homme comme Dieu le juge, pour arrêter leurs regards sur Jésus seul.
Alors le Saint Esprit, dans de tels croyants, peut parler la sagesse de Dieu, une sagesse divine. Mais cela suppose qu’on le laisse agir. L’apôtre peut donner son propre exemple quant à son ministère à Corinthe. Lorsque l’Évangile avait été proclamé pour la première fois et que l’Assemblée avait été formée : quant à lui-même, extérieurement, pas de belle apparence, pas de langage qui attira, pas de démonstration d’éloquence. Cela encore n’était que l’extérieur. Car l’apôtre peut parler de ce qu’il ressentait à ce moment là : au-dedans, crainte, tremblement.
En Actes 18, nous voyons Paul à Corinthe en butte à l’opposition non seulement de la part des païens, mais surtout de la part des Juifs. Le Seigneur Lui-même l’encourage. Voilà l’apôtre aussi bas que possible, dans la faiblesse quant à lui-même, mais heureuse faiblesse parce que c’est dans cette faiblesse là que se déploie la puissance du Saint Esprit, et il peut dire (v. 4) : « … ma parole et ma prédication n’ont pas-été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l’Esprit ».
C’est l’Esprit de Dieu qui avait sorti les Corinthiens de leur paganisme et avait constitué une Assemblée de Dieu à Corinthe. Or le rôle du Saint Esprit, le consolateur des croyants (Jean 14. 15 et 16) est de les occuper de Christ, de glorifier Christ : « celui-là me glorifiera, car il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » (Jean 16. 14). Il n’agit pas à la gloire de l’homme, mais à la gloire de Dieu en Christ. Il demande à agir toujours davantage et à donner aux croyants, et à l’Assemblée, tout le développement qui serait si heureux, si béni pour eux, une anticipation du ciel, et si glorieux pour Christ et pour Dieu Lui-même.
Mais cela demande l’obéissance à cet Esprit et que la liberté lui soit donnée. Lui a toujours sa puissance ; il n’en a jamais été démuni ; l’Esprit Saint est aussi puissant aujourd’hui qu’au temps des apôtres. Aujourd’hui, au milieu d’une chrétienté qui ne lui fait pas sa place, qui a mis l’homme à sa place, il déploie une puissance qui est toujours la même pour sauver des âmes et pour parler aux croyants et à nos consciences ; si seulement nous le laissions agir, si nous lui laissions la place dans nos cœurs, dans nos vies, dans l’Assemblée !
C’est là être « parfaits ». « Nous parlons sagesse parmi les parfaits » (v. 6) ; ce ne sont pas ceux qui sont arrivés à être tellement saints dans la pratique qu’ils ne pèchent plus jamais ; mais ce sont des gens qui ont bien compris qui ont fait leur compte que « en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien » et que tout ce qu’ils ont, ils l’ont en Christ. Si nous ne sommes pas parmi ceux-là, nous sommes charnels ; nous nous laissons encore guider, gouverner par la chair, par le vieil homme. Pour « parler sagesse » il faut parler à des hommes spirituels. Est-ce que nous ne souhaiterions pas cela ?
Ce que Dieu veut pour nous, c’est que Christ soit glorifié ; que l’Esprit soit libre d’agir dans les croyants de telle manière que ce qui s’exprime, ce qui se montre, l’activité des saints, soit non pas la pensée humaine, mais la pensée même de Christ.
Christ, nous a été fait sagesse à nous aussi, non pas aux grecs seulement, mais à nous, dans notre 20ème siècle qui peut se vanter de dépasser les grands siècles de l’antiquité. Pour la jeunesse d’aujourd’hui, dite chrétienne ou qui désire l’être, ces déclarations sont de toute importance. En Christ, nous avons la réponse à toutes les questions fondamentales ; ailleurs nous n’en avons pas une.
Il n’y a pas une des questions qui harassent les esprits des hommes, leurs cœurs, leurs consciences, pas une des questions redoutables, qu’ils ne peuvent et n’osent pas considérer en face, à laquelle Christ, dans sa Personne et son œuvre, ne peut répondre. Et pour la création c’est de Lui que nous tenons la lumière. De sorte que le chemin du chrétien ne consiste pas à essayer tous les chemins des hommes, mais à suivre le chemin que Christ indique.
Il ne va pas passer toute sa vie à essayer tous les chemins qui ne mènent à rien et perdre ainsi sa vie, et risquer ainsi de perdre son âme. Christ ouvre un chemin. Heureux qui peut le prendre au départ de sa vie. C’est là la sagesse de Dieu.
Christ est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. Le chrétien qui vit avec le Seigneur a un jugement moral qu’on ne trouvera nulle part ailleurs ; sur le sens de la vie, de la mort, sur le bien et le mal, sur les vraies valeurs, le chrétien a sur ces points une lumière définitive ; il l’a, et peut croître dans cette connaissance ; il est sur le chemin où l’on croît dans cette connaissance. Il y a des certitudes reçues définitivement, pas par l’acquisition des sciences humaines ; c’est Christ qui est la source de la révélation de la pensée de Dieu sur tout ce qui est nécessaire.
C’est d’une bien grande importance pour les jeunes. L’apôtre peut dire qu’il est inutile qu’ils aillent chercher la vérité dans les livres des philosophes : c’est un grand danger, d’abord, et cela n’aboutit à rien de bon. Ils sont tous capables de faire douter sur tous les points, et pas un n’est capable de communiquer une assurance sur quelque point que ce soit. Dieu donne l’assurance et la certitude sur tous les points.
La rédemption, c’est ce par quoi Christ nous tire de cet état dans lequel nous gisons de par notre nature, caractérisé par l’erreur, la violence, la corruption, l’inimitié contre Dieu. Étant dans l’impossibilité de se tirer d’affaire tous seuls, les hommes ne font, d’une génération à l’autre, que s’enfoncer de plus en plus dans les ténèbres.
Comme nous désirerions que la jeunesse soit persuadée de cela ! On ne peut pas l’être sans être chrétien et encore il faut avoir affaire au Seigneur pour que cette conviction divine croisse. Alors, on voit les choses sous un autre jour.
Christ nous a abattus entièrement. Christ nous a élevés parfaitement. Il nous a détruit et Il nous a établis. Voilà ce qu’a fait l’œuvre de Christ.
En dehors du christianisme, il n’y a pas une lumière dans le monde. C’est effrayant, mais comme c’est vrai ! Tous les sages finissent souvent dans des conditions qu’on ne publie pas, mais quand il arrive qu’on en a connaissance, on est saisi d’effroi en pensant à toute cette fausse sagesse humaine.
Un point évidemment caractéristique de l’Assemblée de Dieu, de ce corps de personnes, hommes aussi hommes que les autres, un point caractéristique de ce corps d’hommes formé par Dieu, c’est évidemment la présence du Saint Esprit.C’est le fait caractéristique de la période chrétienne. Il y avait des croyants avant, il y en aura après, mais aucun qui soit dans l’état où se trouvent les chrétiens, période au cours de laquelle les croyants qui en font partie sont appelés aux plus hautes destinées ; pas plus tard, mais présentement.
C’est le privilège de l’Assemblée de posséder déjà la réalisation de ses très hautes destinées ; nous pensons beaucoup au ciel ; nous avons besoin d’avoir des choses pour la terre et Dieu nous a donné le ciel sur la terre. Rien moins. Et c’est cela qu’il nous faut à tout prix, sinon nous serons des chrétiens mondains et larges, et s’élargissant toujours, et par l’insuffisance de ressources spirituelles pratiques, cherchant en vain à se satisfaire par ce que le monde donne.
Le Saint Esprit est là, dans chaque croyant et dans l’Église toute entière, il habite dans la maison de Dieu. C’est la présence de cette Personne divine qui définit la responsabilité de tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur. Les chrétiens professants seront jugés plus sévèrement que les païens, parce qu’ils ont habité la maison de Dieu, devenue une grande maison.
Le Père et le Fils sont objet, le Saint Esprit est agent. C’est pourquoi nous ne prions pas le Saint Esprit, On prie par l’Esprit, on rend grâce, on agit, on sert par l’Esprit. Toutefois nous nous rappelons aussi que les trois Personnes de la déité sont très généralement engagées ensemble dans les activités divines. La jeunesse chrétienne doit étudier l’Écriture, et chacun pour soi-même.
Le Saint Esprit est donc l’agent dans la vie de l’individu. Ce qu’il ne produit pas dans un individu n’est pas reconnu de Dieu. N’abaissons pas la mesure, elle est celle-là. Et d’une façon générale, plus nous acceptons de franche volonté ce que Dieu dit, quelque difficile que cela paraisse, plus nous serons bénis, toujours.
Le Saint Esprit est aussi celui qui agit dans l’Église. Dieu n’a chargé aucun homme de prendre la direction de l’Assemblée. Le Seigneur s’en charge, du commencement à la fin. Et tous ceux qui font partie de l’Assemblée, dans le sens large du mot, ce qui est vrai de tout croyant scellé, tous ceux-là ont à dépendre du Saint Esprit.
Notre sujet est l’Assemblée, assemblée locale et Assemblée universelle. Dans une assemblée locale, représentant l’Assemblée universelle, le Saint Esprit est celui qui produit ce qui est à la gloire de Dieu, du Seigneur, et pour la bénédiction des saints. C’est Lui seul qui peut le faire. Nous avons donc à veiller à ce qu’il ne soit pas attristé dans l’Assemblée.
La marche individuelle est déjà quelque chose de compliqué et n’est utile et à la gloire de Dieu que dans la mesure où le Saint Esprit est actif dans un chrétien ; si je manque, le Saint Esprit est attristé, me voilà sans force, en chute ; si la grâce n’intervenait, il n’y aurait pas de limite à cette descente. Le Saint Esprit est la puissance de la vie dans le croyant, qui a la vie divine, mais qui doit toujours être dépendant. Le Seigneur Lui-même nous en donne l’exemple : le Saint Esprit l’a dirigé dans tout ce qu’Il a pensé ; dit et fait ; Il était l’Homme de l’Esprit, comme on l’a dit ; Il a été oint de l’Esprit etc… de puissance au commencement de sa carrière.
Alors, chers frères et sœurs, chers amis chrétiens, veillons chacun pour son compte, à ne pas attrister le Saint Esprit. C’est très vite fait. Des frères l’ont dit : une pensée folle l’attriste. La vigilance est de rigueur. Mais, c’est une douce loi, parce que c’est la condition d’un chemin heureux, chemin sûr d’une carrière faite au milieu de toutes les tempêtes de la vie, mais avec le secours de l’Esprit, c’est-à-dire du Seigneur qui agit dans les saints par le Saint Esprit. Nous avons des ressources suffisantes.
Mais on ne peut pas dissocier l’état de l’assemblée de celui des individus ; il dépend de l’état pratique des individus qui la composent. (On n’est pas membre d’une assemblée locale, on est membre du corps ; on fait partie d’une assemblée locale ; un chrétien est membre de l’Assemblée universelle).
Alors, pour le bien d’une assemblée locale, l’exercice quotidien et soutenu de chacun est absolument indispensable, sinon un chrétien peut attrister l’Esprit, alourdir l’atmosphère des réunions ou rompre l’unité de l’Esprit, comme nous trouvons dans l’épître aux Éphésiens. Et c’est justement de cela que nous souffrons dans les assemblées. Quand la piété baisse, la chair fait des siennes, dans la vie de chacun et dans les rassemblements. Quand il y a des troubles, il y a à l’origine des causes, publiques ou cachées – la plupart du temps secrètes – un frère a des attaches mondaines un relâchement dans ses voies, ou il nourrit dans son cœur des pensées qui ne sont pas bonnes à son égard. Tout cela gâte l’atmosphère de l’assemblée à laquelle on se rattache, et trouble l’état de l’Assemblée en général. On nous en a parlé, et combien c’est important. Chacun de nous a à se juger, et non pas à se contenter d’éliminer de sa vie un mal que la conscience naturelle condamne.
La mesure du bien et du mal pour le chrétien, c’est le sanctuaire de Dieu – pas moins. Dans la mesure où nous vivons dans le sanctuaire, nous avons le sentiment du bien et du mal, et nous nous apercevons que tel comportement, qui nous paraîtrait supportable, devient insupportable quand nous sommes dans la présence de Dieu. Un peu de légèreté, de vanité, de folie, choses qui sont monnaie courante, que de choses nous tolérons et supportons, dont, si le Seigneur était là visible, nous sentirions immédiatement qu’elles ne conviennent pas dans sa présence. Il n’est pas là visible, la règle est la même.
Il semble que nous tous, dans ces derniers jours, nous manquons de ce sérieux heureux, le seul état heureux où l’on a affaire au Seigneur, à Dieu notre Père, par la grâce et par la puissance de l’Esprit, pour que la chair soit détectée dans ses détails, et ainsi pratiquement éliminée. Il n’y a pas un d’entre nous qui n’ait pas besoin d’être exercé devant le Seigneur à cet égard. S’il en était ainsi, beaucoup de maux qui surgissent ne verraient pas le jour.
C’est le bienfait de la présence, dans une assemblée de personnes, frères ou sœurs, pas nécessairement très qualifiées mais pieuses, qui vivent dans le sanctuaire. « Là-haut, dans la maison du Père, en Toi, Jésus, j’ai tous les biens, tous les trésors du sanctuaire… ». C’est une réalité possible, c’est une réalité offerte, et à propos de quoi il nous sera demandé compte. Notre atmosphère à chacun, dans quelle mesure est-elle beaucoup plus mondaine qu’elle n’est celle du sanctuaire ?
N’allons pas chercher plus loin la cause de nos douleurs. Dans le sanctuaire, c’est la perfection, et c’est l’unité des pensées et des sentiments que ne peut pas ne pas produire la présence de Dieu. Avec Dieu on a la force, on voit clairs on a la lumière, on a la sagesse, on a tout.
Mais ce serait faire une insulte à Dieu que de laisser supposer que c’est seulement dans une réunion qu’on a le privilège de parler de ces choses ou d’en jouir. Cela nous est offert tous les jours. Quelle est notre vie à chacun, a cet égard ? De quel côté notre cœur se tourne-t-il ? Le Seigneur le sait. Les infidélités, la légèreté sur ce point ont leur incidence dans la vie du témoignage, et ont peut-être, par leur multiplicité, les plus fortes conséquences quant à l’état du témoignage.
La vie chrétienne, on nous l’a répété, est faite de détails ; on n’a pas besoin d’avoir commis un vol, d’avoir menti, pour nuire à l’Assemblée de Dieu (bien que ces choses, évidemment, le font). Il suffit de choses beaucoup plus anodines en apparence dans l’état de chacun pour que le niveau de l’assemblée baisse ; et alors, l’ennemi qui est toujours aux aguets saura entrer pour faire son travail.
Et puis, il y a dans le rassemblement lui-même une vigilance quant à notre état intérieur. L’apôtre Paul était instruit et cultivé, mais la source de son activité n’était pas en cela ; en lui, c’était le nouvel homme qui agissait, la croix de Christ était appliquée à la chair et à son orgueil. Tel était le secret de sa vie et de son service. Nous ne pouvons être fidèles et utiles autrement. Paul (Apollos à coup sûr, Pierre sûrement aussi) bien loin d’encourager l’esprit, de parti qui se manifestait chez les Corinthiens, le condamne en lui et le reprend chez les autres.
Qu’il nous soit donné, à tous et à chacun, et surtout aux frères qui ont des charges et des services, de lutter avec toutes les forces que la grâce donne, contre tout ce qui pourrait encourager la tendance de faire de l’homme un centre. Si le Seigneur n’est plus le centre, on quitte le terrain de la vérité.
Le verset, que même les enfants connaissent par cœur, de Matthieu 18. 20 : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » exprime que c’est le Seigneur qui compte, qui gouverne. Il est le Seigneur et nous sommes là comme des gens amenés dans sa présence. S’il y avait une seule assemblée au monde qui réalise cela d’une façon fidèle, quel puissant témoignage en résulterait, comme on savait en tous lieux des Thessaloniciens qu’ils attendaient le Seigneur.
Nous nous tourmentons pour faire connaître la vérité aux âmes oubliant souvent qu’avant de faire, il est beaucoup plus important pour nous d’être ; d’être là où II nous a placés et dans l’état où Il voudrait que nous fussions. C’est beaucoup plus difficile. Et si un frère, dans une assemblée, est légitimement reconnu et qualifié comme ayant un service, que le Seigneur le garde, et nous garde. tous dans ce sentiment que nous ne sommes exactement rien. Qu’il nous garde de nous enfler et de nous préoccuper de nous-mêmes.
Un frère est le serviteur de tous jusqu’à sa mort. Il pourrait n’être payé en échange que d’une très mauvaise monnaie, il doit être le serviteur de tous jusqu’à sa mort et il doit être content de n’être que cela. Nous sommes les domestiques de la foi.
Dans l’Église, il n’y a pas de chef humain, pas de roi, pas d’autorité, – sauf morale, c’est-à-dire, celle que donne la manifestation de la présence de Christ dans un homme. La manifestation du Saint Esprit dans un homme, malheur à celui qui ne la reconnaît pas.
Dans le même ordre d’idées, se manifeste aussi ce grand mal qu’est l’égoïsme : l’égoïsme individuel, ou de groupe, de clan, quelquefois même pour du service. Tout cela ne peut qu’être ruineux pour l’Assemblée de Dieu. Au début, ils étaient « un cœur et une âme ». Nous ne prétendons pas retrouver ces beaux jours, hélas ! mais nous avons à nous rappeler que la mesure n’est pas autre que celle-là.
Nous n’avons pas la force de réaliser cela aujourd’hui, mais nous avons à veiller à ne pas laisser se développer un esprit de clan, d’organisation, de comité. Un comité, ce n’est pas la foi. La foi compte sur Dieu, quels que soient les problèmes. Une réunion de trois ou quatre frères exercés pour présenter une affaire au Seigneur, ce peut être une très bonne chose, mais cela n’est pas un comité. Un comité ne règle rien. C’est toujours le Seigneur qui doit diriger. « Il produit en vous le vouloir et le faire ». Tout est dit en deux mots.
Que le Seigneur nous soit en aide ! Il ne nous a pas abandonnés nous l’aurions mérité bien des fois – ceux qui sont plus âgés le ressentent plus que d’autres – mais ne nous moquons pas de Dieu. Le plus grand péché de la chrétienté, c’est de méconnaître la présence du Saint Esprit ; alors on organise, on agit comme s’Il n’était pas là. C’est un outrage qui est déjà puni par un aveuglement croissant. Certains brûlent ce qu’autrefois ils ont adoré et qu’ils auraient dû continuer à reconnaître. Pratiquement, ils éliminent les serviteurs de Dieu qui ont souffert et lutté pour la vérité que le Seigneur leur a donné de mettre au jour.
Ne pensons pas que le Seigneur maintient l’intelligence, la perception spirituelle de sa pensée quand on se moque de Lui, ce qu’on peut faire simplement en méprisant ce qu’Il a dit, et en cherchant à se tirer d’affaire autrement que de la manière qu’Il a indiquée.
Paul ne préparait pas ses discours d’après ce que nous trouvons là. Il paraîtrait que, dans certaines régions de témoignage des derniers jours, on s’est laissé aller à cette erreur, à cette faute. « Paroles enseignées de l’Esprit », au moment même. Pierre dit : « parler comme oracle de Dieu ». Ce n’est pas parler avec les oracles de Dieu, ou même comme les oracles de Dieu, mais « comme oracle de Dieu » (1 Pier. 4. 11).
Paul ne préparait pas ses discours ; nous non plus. Mais il doit y avoir pour les frères une préparation morale, pour que le Seigneur les vide de ce qui est en eux, de ce qui peut les embarrasser dans leurs services. Il y a aussi une préparation plus lointaine et continue. Un frère qui n’est pas occupé des choses de Dieu et de la Parole n’est pas prêt pour accomplir un service. Il faut qu’il y ait cette préparation de longue haleine, spirituelle et morale, continue – sans se placer sous un joug dur – mais c’est à cette condition que, dans l’Assemblée, le Saint Esprit a sa liberté et peut agir, chacun étant à sa place pour que le rassemblement soit rafraîchi, consolé, édifié, et que la présence du Seigneur soit goûtée. Il n’y a rien au-dessus de cela comme bénédiction pour les saints.
Pour l’individu comme pour l’assemblée, il y a toujours deux choses à distinguer : la position, qui est immuable ; elle ne dépend que de l’œuvre de Christ ; elle est celle du chrétien parce qu’il a cru véritablement, il a la vraie foi ; de même pour la position de l’Assemblée en Christ. Voilà une chose qui dépend exclusivement de Dieu, de l’œuvre de Dieu, soit en dehors de nous, soit en nous. Elle est à distinguer de l’état pratique.
Notre état est loin d’être toujours à la hauteur de notre position. C’est le grand problème de la vie du chrétien. Normalement, en avançant dans sa carrière, son état se rapproche toujours plus de la réalisation de sa position en Christ. C’est là faire des progrès. De même pour une assemblée.
L’Esprit ici insiste sur cette position dans laquelle sont les saints : sagesse, justice, sainteté, rédemption… parce que lorsqu’ensuite Il s’occupe des tristes exploits des chrétiens eux-mêmes et met le doigt sur leur conscience à cet égard, ils pourraient risquer d’être troublés et de se demander s’ils sont de vrais chrétiens. Il pose le principe et ensuite s’emploie à améliorer l’état des saints qui se sont écartés. Si on voyait un chrétien en mauvais état, qui traite à la légère son manquement, ce n’est pas de ce côté-là qu’il faudrait lui présenter : « Christ vous a été fait, de la part de Dieu, sagesse, justice, sainteté et rédemption » parce que cela pourrait l’endurcir dans son mauvais état.
Il y a d’autres passages pour réveiller sa conscience endurcie. Les Corinthiens ont répondu à ce que Paul leur a dit sans les ménager. Ce n’est pas à l’honneur des Corinthiens que cela soit inscrit dans la Parole éternelle ; c’est quelque chose de bien solennel. Mais les manquements de tous les chrétiens seront aussi, au moment convenable, tous manifestés.
La façon dont l’apôtre parle aux Corinthiens, d’un bout à l’autre de cette épître, est marquée à la fois par ce sérieux, cette gravité qui est propre à atteindre la conscience, cette vérité qui n’hésite pas à mettre à nu et à appeler par leur nom les choses les plus humiliantes et les plus affligeantes ; et d’autre part, il parle toujours avec un amour profond, véritable. Tout à la fois, il leur fait honte, et il dit : « mais je n’écris pas pour vous faire honte ».
Il s’agissait pourtant de choses qui auraient été propres à toucher profondément l’apôtre personnellement, dans ce qu’il était lui-même, savoir qu’on méprisait quelque peu (et certains même beaucoup) son ministère, pour se prévaloir de dons marquants auprès desquels il semblait que la parole de l’apôtre fût bien peu de chose. Alors, il peut leur dire (4. 8) : « Déjà vous êtes rassasiés ; déjà vous êtes riches ; vous avez régné sans nous ».
Or, au v. 14 : « Ce n’est pas pour vous faire honte que je vous écris ces choses, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. Car même si vous aviez dix mille maîtres dans le Christ, vous n’avez cependant pas beaucoup de pères, car moi je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile ». Il est obligé de rappeler que, alors qu’eux étaient sages en Christ, « nous, nous sommes fous pour l’amour de Christ », vous êtes forts, nous sommes faibles, « vous en honneur, mais nous dans le mépris… nous souffrons la faim et la soif… nous sommes devenus comme les balayures du monde et le rebut de tous jusqu’à maintenant » (v. 10 à 13). Voilà de quoi faire honte aux Corinthiens qui se glorifiaient dans ce qu’ils avaient reçu et dans les dons de grâce dont ils faisaient parade.
Or, dit l’apôtre, je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour que remède soit apporté à un tel état, pour que vous vous ressaisissiez, que vous receviez les bénédictions dont vous vous frustrez.
C’est un père qui écrit à ses enfants, et sans doute il est obligé de les morigéner et même de leur parler avec sévérité. Mais, dit-il, je voudrais bien aller à vous uniquement avec un esprit de douceur, non pas avec la verge. Il ne met pas en avant son autorité d’apôtre. C’est un père parlant à des enfants bien-aimés le langage de l’amour, et aussi un langage qui convient selon l’âge, la responsabilité, l’état, selon le stade de ces progrès dont il a été question tout à l’heure.
Il y avait parmi eux des croyants de différents développements. Parlant à l’ensemble, il doit leur dire : dans l’ensemble, comme assemblée, vous vous conduisez comme des enfants ; des enfants en Christ, et même « de petits enfants en Christ » (3. 1), et il laisse percer le grand regret de ne pouvoir leur développer comme son cœur le désirerait, toutes les bénédictions qui leur appartiennent et dont ils ne savent pas s’emparer parce qu’ils veulent satisfaire leurs propres cœurs, leur vieil homme.
De sorte qu’il ne peut pas leur donner de la nourriture comme il le désirerait « je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait à boire, non pas de la viande, car vous ne pouviez pas encore la supporter, et même maintenant, vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore charnels ». Ils devraient se conduire en rapport avec ce qu’ils ont déjà reçu. Mais, s’ils sont encore de petits enfants, qu’au moins ils se montrent, comme de petits enfants, soumis à leur père ; conduisez-vous d’une manière digne de Dieu qui vous a appelés, dont vous êtes devenu les enfants, encore bien ignorants sur bien des choses. Alors, l’apôtre les enseigne avec douceur, mais en restant à ce stade de petits enfants.
Ce n’était pas que l’Esprit de Dieu n’ait pas travaillé parmi eux et en eux, non seulement par le déploiement de manifestations de puissance, des miracles, des guérisons, des langues, mais par un travail intérieur : la nouvelle naissance et la vivification d’âmes qui pouvaient ensuite se réjouir en Christ.
Mais il semble qu’ils n’étaient pas allés bien loin dans la jouissance des choses célestes, des trésors du sanctuaire. Dieu « nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ », mais comme nous sommes loin d’en jouir. Et il y a un état qui est celui où se trouvaient la majorité des Corinthiens, et où se trouvent une multitude de véritables enfants de Dieu, qui ne sont pas allés au-delà du pardon de leurs péchés, du fait qu’ils ont Jésus pour Sauveur, qu’ils ont une assurance pour l’éternité, que s’ils meurent, ils vont auprès du Seigneur – et même, pour la plupart, c’est beaucoup plus vague.
« .. je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ». Non pas qu’il ait parlé uniquement de la croix de Christ, uniquement de Jésus lorsqu’il était sur la croix, mais tout ce qu’il avait présenté concernait Jésus Christ, se rapportait à cette Personne que le monde a mise en croix et que Dieu a glorifiée.
Il ÿ a bien d’autres sujets que Paul était capable de développer à ceux qui pouvaient l’entendre, que le Saint Esprit pouvait et voulait développer à des croyants, seulement il fallait qu’il y ait eu certains progrès.
Il y a des étapes marquantes dans la vie spirituelle des croyants, résultant de l’activité du Saint Esprit en eux. Et il y a ce stade dont il est question ici : « Nous parlons sagesse parmi les parfaits ». Il s’agit d’un état spirituel où quelqu’un a saisi, compris qu’il ne peut avoir aucune confiance en lui-même dans la chair, mais qu’il a tout en Christ. C’est ce que l’apôtre exprimait aux Philippiens quand il leur écrivait (3. 3) : « nous… qui n’avons pas confiance en la chair ».
Il y aura sans doute encore bien des expériences à faire, mais on a porté avec Dieu, par l’Esprit de Dieu, selon la Parole de Dieu, sur son moi et sur la chair, le jugement que Dieu même a porté. Ah ! il a fallu dire : « Misérable homme que je suis » et on rend grâce à Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. Et alors le Saint Esprit peut présenter Christ et le présente d’une manière nouvelle. Si vraiment on a saisi que, n’ayant rien en soi, on a tout en Christ, le Saint Esprit n’est pas là pour nous ramener continuellement en face de nous-même : est-ce que vraiment il n’y a rien en moi… non. Il dirige nos regards sur Christ, parce que, si nous avons tout en Christ, cela suppose que nous n’avons rien en nous. Il faut réaliser l’un pour réaliser l’autre.
Tout ce qui est en opposition avec la sagesse humaine, avec tout ce que les hommes prétendent offrir pour le développement de l’esprit de l’homme pour l’élever, pour l’amener même à connaître Dieu – à quoi ne prétend pas l’esprit de l’homme !… et en réalité il est capable de bien des choses – mais il ne peut pas dépasser ses propres limites. Et même s’il prend dans son fonds bien des choses dont ensuite il se vante, tout cela reste du domaine de la pauvre créature qui s’est éloignée de Dieu, et qui est livrée aux ténèbres quant à elle-même ; et la preuve a été faite de ce que la sagesse humaine peut donner, et de l’impossibilité où elle est d’entrer en quelque mesure que ce soit, dans la connaissance des choses de Dieu : elle a crucifié Jésus Christ.
Jésus, son nom d’homme. Christ, le nom sous lequel son peuple aurait dû le recevoir. Et tout montrait qu’il était Celui que les Écritures avaient annoncé. Jésus Christ a été crucifié. Le monde s’en est débarrassé. La croix de Christ est là. Mais qu’est-Il maintenant ?
Quel contraste dans les deux appellations que nous trouvons dans ce ch. 2 ! D’abord, au v. 3 : « Je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié ». Et puis, v. 8 : le monde, les chefs de ce siècle, les représentants les plus qualifiés de la culture de l’humanité, ils ont « crucifié le Seigneur de gloire ».
Il est le Seigneur. Il est revêtu de la gloire. Il amènera à la gloire ceux qui sont au bénéfice de son œuvre, ceux qui participent de sa vie, ceux en vue desquels Dieu avait des pensées datant d’avant la fondation du monde. « Le Seigneur de gloire ». Ah ! si la sagesse humaine avait eu la moindre idée de la gloire divine et de la qualité de la Personne, qui est faite maintenant « le Seigneur de gloire », eut-elle pensé à le crucifier ? L’opposition est totale, absolue : la sagesse humaine n’a rien vu.
On a fait appel à la jeunesse, mais aussi à nous tous, à tous les âges. Plus que jamais, chacun dans son coin est sollicité par les voix du monde et la sagesse du monde à tous les degrés, avec des prétentions très diverses. Nous avons à jauger la sagesse humaine à cette mesure de la gloire de Dieu et de la dignité du Seigneur de gloire.
Mais si cela ne compte pas pour le monde et pour la sagesse humaine, nous, croyants, comment les apprécions-nous ? L’apôtre « parlait sagesse parmi les parfaits ». Il avait des paroles de sagesse. Nous n’avons qu’à lire l’épître aux Éphésiens, et d’autres, pour voir qu’il avait été appelé à présenter la sagesse de Dieu « en mystère », c’est-à-dire absolument inconnue du monde et des plus sages du monde, mais choses mises à la disposition des hommes spirituels. Apprécions-nous ces choses, dont l’Esprit veut nous entretenir ?
L’Esprit de Dieu connaît les choses de Dieu. Et à qui peut-il les communiquer ? À ceux qui ont reçu la vie, la vie de l’Esprit ; comment ? par l’Esprit lui-même, et par les moyens que Lui trouvera bon d’employer : serviteur, Parole, message écrit, mais toujours des moyens spirituels, des canaux de l’Esprit lui-même. La sagesse humaine ne communique jamais, la pensée de l’Esprit, ce n’est pas possible. C’est une eau pure, qui ne peut garder sa pureté que dans des canaux purs.
Et puis, pour recevoir ces choses – l’apôtre ne pouvait pas les communiquer à des chrétiens charnels, c’est-à-dire chez qui la chair empêchait les progrès spirituels ; ils étaient animés par les pensées de l’homme naturel, bien qu’ils eussent la vie de l’Esprit. Alors, il s’agit pour nous d’être dans cet état pratique où l’Esprit a sa libre action, où il n’y a rien de nous-mêmes, de la sagesse humaine.
On attend tout de Dieu, Celui qui donne, car il nous est dit (v. 12) : « … nous avons reçu non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont-été librement données par Dieu ». Pas des choses que nous puissions acquérir, connaître par notre propre étude, sinon l’étude de la Parole de Dieu, sous l’action de l’Esprit de-Dieu, dans la prière, l’humilité, l’obéissance, dans le sentiment de notre incapacité totale quant à nous-mêmes.
Dieu donne. En Romains 8. 32, nous lisons : « Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec Lui ? » Mais, c’est à titre de don de grâce, c’est à recevoir comme donné par Dieu seul.
Que Dieu, nous accorde de rechercher cet état spirituel où, réalisant que nous n’avons rien en nous et tout en Christ, nous recevions par l’Esprit de Dieu ce qu’Il communique Lui-même, mais seulement à des vases remplis de l’Esprit : « Soyez remplis de l’Esprit ». Une eau pure, provenant d’une source pure, coulant dans des canaux purs, et parvenant dans des réceptacles purs. Voilà ce que Dieu veut donner à des hommes sur la terre. « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ… ».
Recevoir ces choses, en jouir, n’est-ce pas le ciel sur la terre ? Et si ces choses sont placées devant nous, n’est-ce pas pour que nous en apprécions la valeur, et que nous nous demandions : vraiment, je mépriserais ces choses d’un prix infini pour les vanités trompeuses, éphémères, souillées de ce monde ?
Je désirerais insister sur l’importance de ce passage qui a joué un rôle immense dans le service qu’ont accompli les ouvriers du Seigneur au commencement du témoignage des derniers jours. Ils ont eu des ennemis de tous côtés, car la vérité, dans ce monde, personne ne lui ouvre le chemin, au contraire, les obstacles lui sont multipliés. Le chemin du témoignage exercé à la fidélité est le plus difficile qui soit, tellement que des frères en viennent à souhaiter un chemin plus large.
Ce passage, extrêmement remarquable (1 Cor. 2. 12 à 14) nous donne les trois étapes de l’activité divine, dans sa communication à l’homme de la vérité de Dieu :
– v. 12. La révélation à Paul ici des choses à lui données par Dieu. Paul a reçu par l’Esprit cette révélation.
– v. 13. Il l’a communiqué par l’Esprit et par l’Esprit seulement.
– v. 14 et 15. Cette communication est reçue par l’Esprit seulement, donc en fait, par ceux en qui cet Esprit vit et agit.
La révélation au vase inspiré; la communication de cette révélation faite à lui seul, communication qui est l’Écriture ; et la réception par une âme de cette communication, sont trois opérations divines et toutes les trois indispensables pour qu’une âme soit rendue à même de posséder les pensées de Dieu.
Toute cette activité divine est absolument hors de la portée de l’esprit de l’homme, quelque capable qu’il puisse être.
Le Saint Esprit est celui sans lequel aucun bien ne peut se faire dans l’Assemblée ni ailleurs : enseignement, exhortations, culte en tout premier lieu, appel aux âmes inconverties.
Sans prétendre à une perfection pratique, que nous n’atteindrons pas, ne prenons pas notre parti du laisser-aller. Nous avons à être exercés pour tout : faire une lecture par l’Esprit, indiquer un cantique par l’Esprit, nous sentons bien souvent quand il en est ainsi ou non. Plus un croyant est spirituel, plus il le sent ; le ministère doit être par l’Esprit. Les réunions d’administration même ne peuvent être profitables que si le Saint Esprit agit et s’il est contristé, nous avons à nous humilier et attendre pour qu’il reprenne son action.
Il y a ici trois catégories d’hommes : spirituel, animal, charnel. L’homme animal, c’est l’homme inconverti. On est saisi de constater dans quelles ténèbres se trouvent des esprits même distingués et capables è l’égard des choses divines. Pas de vie, pas le Saint Esprit : pas d’intelligence !
Ch. 3.
Dans le premier chapitre, l’apôtre avait établi de la manière la plus forte qu’il y avait, pour les chrétiens, un seul sujet de se glorifier, c’était dans le Seigneur. Les Corinthiens avaient oublié cela, car ils se glorifiaient dans les docteurs qui les avaient enseignés. « Vous êtes de Dieu ».
Dieu s’occupe des siens, d’un côté en appliquant la croix – et cela met de côté toutes les prétentions de l’homme – et de l’autre, présentant Christ qui nous a été fait sagesse, justice, sainteté et rédemption. Ensuite, l’apôtre établit que les croyants ont d’autant moins de raison de se réclamer de chefs, même de vrais serviteurs de Dieu, que tous ces serviteurs ne sont que des exécuteurs de la pensée de Dieu, des moyens employés par l’Esprit même, et des ouvriers dépendants d’un même Maître. Ce qui compte, c’est ce que Dieu donne par le Saint Esprit.
Le chapitre 3 insiste essentiellement sur le travail accompli ici-bas par des serviteurs dépendants d’un même Maître et appelés à administrer les mêmes trésors pour le bien des élus. Il leur est demandé d’être fidèles. Seulement, intervient alors l’état du cœur, de la conscience et de l’esprit de ceux qui sont appelés à recevoir. Ces apôtres, ces serviteurs de Dieu, ont été appelés à communiquer ces choses excellentes, mais comment les recevoir ? La responsabilité des serviteurs est grande.
L’apôtre doit leur dire : Comment avez-vous profité de ces ministères divers, mais donnés par le moyen du même Esprit et par le même Dieu ?… mais je vous ai présenté Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. Les Corinthiens n’étaient pas encore en état d’en profiter comme Dieu le voulait. L’apôtre aurait voulu communiquer des choses plus profondes concernant les gloires de Christ et tous les mystères se rapportant à sa Personne. Mais les Corinthiens n’étaient pas en état de recevoir ces choses.
Il y avait eu arrêt dans leur développement spirituel. L’apôtre ne pouvait pas parler de cette sagesse dont il parlait parmi les parfaits, c’est-à-dire ceux qui ont compris que tout est en Christ et qui n’ont aucune confiance en la chair. Les choses spirituelles ne peuvent être reçues que par des âmes spirituelles, c’est-à-dire dans lesquelles l’Esprit occupe une telle place qu’il puisse y apporter ses révélations bénies. Des cœurs et des esprits débarrassés des choses humaines, des choses de la terre, et où les choses saintes, comme dans des vases purs, peuvent être déposées.
Fin du chapitre 2 et début du chapitre 3 : distinction entre trois catégories de personnes :
– L’homme animal ou l’homme naturel.
Ce sont évidemment tous les hommes inconvertis, qui n’ont que leur âme reçue de la descendance d’Adam, mais dans laquelle le Saint Esprit ne peut pas agir. Il n’y a pas la vie nouvelle. Cette âme a ses propres pensées. Son domaine est celui des choses visibles, son intelligence appliquée aux choses terrestres, mais cela n’a rien à faire dans les choses de Dieu. L’esprit de l’homme connaît les choses de l’homme.
Si les autres hommes ne peuvent porter leur regard dans le fond d’une âme, n’oublions pas que Dieu y porte le sien, qu’il n’y a pas de domaine qui lui soit caché, que les choses profondes de l’homme sont sondées par Dieu et que nul ne peut échapper à ce regard. Cela est sérieux et solennel pour quelqu’un qui serait encore dans cet état naturel, c’est-à-dire n’ayant pas la vie nouvelle.
– À l’opposé, il y a celui qui est appelé l’homme spirituel, qui est spirituel et qui discerne toutes choses. L’homme spirituel, c’est celui chez qui l’action de l’Esprit est assez libre pour que cette communication soit effective. Ceux chez qui les pensées de la chair n’empêchent pas cette action bienfaisante de l’Esprit prenant de ce qui est à Christ pour l’annoncer aux siens et cela pour la gloire du Christ et non pas pour la gloire de l’homme.
– Puis, entre ces deux catégories si opposées, l’homme animal et l’homme spirituel, nous avons ceux que l’apôtre appelle des hommes charnels.
Un homme charnel, c’est un chrétien, un croyant. Seulement, c’est un croyant chez lequel les pensées de la chair, les impulsions de la chair, les pensées qui sont encore celles de l’homme animal, empêchent que cette âme qui devrait être et pourrait être ouverte à ces choses spirituelles, puisse en jouir. Cette capacité de la vie nouvelle n’est pas employée. Nous restons toujours avec nos deux natures dans un seul être : la vieille nature et la nouvelle nature, qui nous a été donnée par la nouvelle naissance. Si ce qu’il y a en nous de charnel se déploie, comment les choses spirituelles seraient-elles alors connues ?
« Vous êtes encore charnels » (ch. 3. 2) . A cet égard, les Corinthiens sont considérés ici tels que l’apôtre les avait connus lorsqu’il était au milieu d’eux et lorsqu’il les enseignait au début de son ministère. Il doit dire : « Je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ ». Cela est normal qu’au tout début, ces Corinthiens qui sortaient du paganisme et n’avaient pas encore reçu d’enseignements, sauf les premiers éléments du christianisme, soient encore dans la faiblesse qui est propre au petit enfant.
L’apôtre leur avait donné la nourriture toute élémentaire qui leur convenait, afin que la vie de l’Esprit se développât, pour que ces éléments charnels soient rapidement surmontés par l’action de l’Esprit et qu’ils deviennent peu à peu des hommes spirituels, mais il doit leur dire : Où en êtes-vous maintenant ? Vous ne vous êtes pas développés comme vous auriez dû et, comblés de toutes sortes de dons de grâce comme vous l’avez été, vous n’avez pas fait de véritables progrès dans la connaissance de Christ.
Ce qui vous a été donné, vous l’employez pour vous-mêmes et vous vous glorifiez des instruments dont Dieu s’est servi pour votre accroissement. Vous vous laissez gouverner par ce qui caractérise la chair, alors que vous devriez l’avoir jugée et vous devriez marcher comme des hommes spirituels. Je ne puis pas encore vous communiquer les choses excellentes.
Ce chapitre 3 établit que c’est en Christ seul que nous avons à nous glorifier, mais aussi que toutes choses nous appartiennent car nous appartenons à Christ. Les serviteurs que Dieu emploie sont là pour que, précisément, les choses de la terre soient mises de côté. Il s’agit de ne pas marcher à la manière des hommes mais comme des hommes spirituels, comme des saints par la grâce de Dieu.
Lorsqu’on a affaire à quelqu’un qui est nouvellement converti, authentiquement converti, il n’y a pas lieu de s’étonner si ce nouveau converti est encore charnel. Il n’y a là rien qui puisse surprendre. Et si l’on a un service à accomplir à l’égard de cette personne, c’est de l’aider à faire des progrès et à passer à un autre stade de la vie spirituelle, comme l’épître de Jean nous l’apprend.
Dieu nous connaît bien et Il ne nous trompe pas et II ne dit pas que, quand quelqu’un est converti, tout ce qu’Il veut faire en lui est fini. La conversion est une fin si l’on veut, mais elle n’est pas vue dans le Nouveau Testament comme une fin dans les pensées de grâce de Dieu. C’:est un commencement aussi, c’est ce que, dans l’ensemble de la chrétienté on a perdu de vue et il arrive alors que nombre de chrétiens sont charnels toute leur vie, mais nous n’avons pas besoin d’aller chercher ailleurs pour en voir.
Nous pouvons souligner en passant la grande importance de l’enseignement dans les soins à donner aux âmes qui sont au Seigneur, les soins à donner au troupeau du Seigneur. Là, tout de suite, apparaît la responsabilité des parents à leur place et des frères et des sœurs dans le rassemblement. Y pensons-nous ? Il. arrive que l’on entend, au culte, des actions de grâce qui ne dépassent pas le stade de la conversion. Comment s’étonner alors que le développement n’ayant pas été produit, les manifestations charnelles aient lieu ?
L’apôtre traite ce sujet en toute bonne conscience et nous devons le considérer de près et l’imiter à cet égard. Il s’était toujours défendu de se faire un centre, le centre d’un groupe quelconque de chrétiens. On peut dégager un enseignement pour les chrétiens eux-mêmes, afin que, nous tous, nous nous attachions au Seigneur et que, quel que soit l’instrument par lequel nous avons pu être amené au Seigneur, cet instrument ne soit pas celui auquel nous nous attachons, bien qu’il puisse y avoir des affections particulières, et c’est tout à fait légitime.
Mais, il est très important que les serviteurs du Seigneur veillent continuellement sur eux-mêmes pour qu’on ne s’attache pas à eux et qu’ils ne soient pas le centre de l’activité qu’ils déploient.
Et alors, il n’est pas étonnant que le caractère charnel des saints se manifeste ensuite. Il n’est pas étonnant qu’il y ait là une source de dissension entre les frères et les sœurs.
Ici, le caractère charnel est sur le plan religieux. Il peut se manifester dans d’autres domaines. Sur le plan religieux, c’est probablement le plus grave par les conséquences qu’il a sur l’état général des saints, l’état du témoignage. Le témoignage est aussi ce par quoi le Seigneur maintient la vérité que Lui seul est le centre digne d’être honoré, recherché, aimé, servi, adoré.
Nous n’avons pas deux cœurs : un pour nous attacher au Seigneur et un autre pour nous attacher à l’homme, bien que nous puissions être attaché à des frères. C’est notre devoir de ne pas leur faire de mal. Nous pouvons rendre cette justice à ceux qui nous ont enseignés, à ces conducteurs du commencement, c’est qu’ils se sont effacés devant leur Maître, ils n’ont jamais dit : mon troupeau, mon œuvre, bien qu’il y ait eu un travail qui était le leur, et ils ont travaillé dans l’esprit qui est dit ici et dont nous tous, frères, nous devons demander à Dieu qu’Il nous en imprègne.
Il ne sert de rien de nous lamenter sur nos misères et sur la ruine. Il faut aller aux ressources qui sont données. Tant que le Seigneur n’a pas abandonné les siens, les ressources sont à leur portée. Celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien, le seul qui compte, c’est Dieu qui donne l’accroissement.
Y aurait-il autant de misères, de larmes et de craintes si dans le cœur de chaque frère, de chaque sœur, et de tous, cette pensée était maintenue, gravée, et vivante par l’Esprit de Dieu. Ce n’est que Dieu qui peut faire cela. Vous ne pouvez pas vous débarrasser de vous-même et Dieu ne vous demande pas de le faire. Les remèdes à nos maux sont de tous les temps. Ils sont les mêmes que du temps de Corinthe ; nous n’en avons pas d’autres. Dire, d’une manière plus ou moins claire ou sous-entendue, que la vérité a vieilli et que ce que l’on nous a enseigné est périmé et n’est plus ce qu’il faut à la jeunesse qui monte, nous disons : alors, il ne nous reste plus qu’à délaisser la Bible.
Il n’y a pas deux christianismes. Que, les jeunes chrétiens ne fassent pas trébucher des serviteurs en les entourant d’une manière qui dépasse ce qui est selon le Seigneur et que les serviteurs eux-mêmes s’attachent à avoir dans leur cœur Christ et, par suite, le sentiment que l’on n’est rien du tout. Heureux Paul et heureux ceux à qui il a été donné de marcher sur ses traces !
Dans le monde religieux, il y a des écoles, des églises. Une Église, c’est un groupement. Il y a des chefs à la tête, souvent toute une hiérarchie, tandis que dans le troupeau du Seigneur qu’Il conduit Lui-même, dont II est le centre, chacune des brebis du troupeau regarde au Seigneur. Tout le monde est heureux de reporter au Seigneur tout ce qui se fait. Soyons bien sûrs que jamais rien de bien ne se fait autrement que par le Saint Esprit. Ces passages sont d’une extrême importance de nos jours où le moi tend à s’affirmer de plus en plus. Toute puissance, sagesse, énergie, qui n’est pas de Dieu, doit être considérée comme mauvaise et chacun doit demander la grâce nécessaire pour la rejeter.
Que le Seigneur nous accorde la grâce d’être gardés de tout esprit de parti et de vaine gloire ! Il n’y a pas de partisans dans l’Écriture ; il y a des enfants de Dieu, des rachetés de Christ, avec Christ comme centre. Fuyons tout ce qui tend à nous attacher à un autre centre que Christ. Que nous nous rappelions que l’existence pratique d’un rassemblement local et des rassemblements dépend de l’application des vérités qui nous sont données à l’égard de l’Assemblée. Il n’y a pas de chefs, et pas de descendance dans l’assemblée. Chacun a reçu la vie du Seigneur, est un enfant de Dieu, est à sa place un serviteur.
Mais une autre influence, individuelle ou familiale, ou ayant d’autres sources, cela est introuvable dans l’Écriture. L’oubli de cela produit des maux sans nombre. Nous avons le privilège de pouvoir être autour du Seigneur tous ensemble, comme membres de la famille de Dieu et comme étant des membres du corps de Christ, devant pour toutes choses, nous attendre au Seigneur, pour le service et pour les réunions, même pour les réunions d’administration, bien que celles-ci ne soient pas des réunions d’assemblée, puisqu’elles ne comprennent que des frères.
L’apôtre était un homme très distingué. Il y a eu des chrétiens extrêmement distingués, dont le bonheur fut de n’être rien, et le Seigneur s’est servi d’eux comme Il l’entendait. Si le vase avait la capacité (les capacités sont différentes) le Seigneur emploie le vase pour l’objet qu’Il a en vue. Vase de grande capacité ou de petite capacité, l’un et l’autre ne peut être utile au Maître que dans la mesure où il est mû par la main de son Maître.
Tant de maux seraient évités ou guéris très vite si nous pensions à cela ! Quelqu’un disait, au siècle dernier : Je ne suis pas étonné de voir beaucoup de maux et beaucoup de misères dans les assemblées. J’en vois au temps des apôtres, mais la différence entre ce temps là et ceux de nos jours, c’est qu’il y avait beaucoup plus de puissance, parce qu’il y avait plus de piété.
C’est bien ce qui manque le plus. Ce qui a baissé, ce qui nous manque tellement, c’est simplement la foi. La piété, après tout, c’est la foi dans la pratique, c’est ce lien entre l’âme et Dieu connu personnellement. Dieu craint, Dieu reconnu, adoré, Dieu en qui on se confie, à qui on remet toutes choses, Dieu à la place de l’homme.
C’est bien remarquable de voir, dans le chapitre 1er : « de Dieu » dans tout ce qui concerne cette assemblée à Corinthe. Ici, nous retrouvons Dieu qui donne l’accroissement. S’il s’agit des apôtres, nous sommes collaborateurs de Dieu. Voilà la véritable humilité, en même temps que l’expression de la plus grande dignité qui soit conférée à des hommes ici-bas : collaborateurs avec Dieu. Nous travaillons avec Dieu, ce n’est pas notre œuvre et ce n’est pas selon un programme à nous, mais il s’agit de l’œuvre de Dieu. Dieu qui en dirige l’exécution, qui nous appelle à cet honneur d’y travailler. Voilà pour les serviteurs.
Ceux parmi lesquels l’apôtre travaillait, c’est le champ dans lequel les serviteurs qui sont envoyés déploient leur activité : vous êtes le labourage de Dieu, ces croyants dans lesquels Dieu travaille par le Saint Esprit. C’est l’œuvre dans ses moyens d’exécution, dans son développement propre, comme un champ qu’on laboure, sillon après sillon ; comme un travail matériel où l’ouvrier emploie différents instruments selon les instructions reçues et en vue d’un but donné. L’apôtre peut dire : nous sommes entrés dans ce travail, mais ce n’est pas le nôtre, c’est celui de Dieu.
« Vous êtes l’édifice de Dieu ». Ici, l’assemblée locale à Corinthe, quelque chose de visible aux yeux des hommes et où Dieu habite. Vous êtes l’habitation de Dieu par l’Esprit. C’est ce qui est vu des hommes dans ce qui est édifié, quelque chose de nouveau sur la terre et portant le sceau de Dieu Lui-même, mais confié à la responsabilité de ceux auxquels Dieu confie un travail différent de l’un à l’autre, en vue d’un seul et même édifice. C’est l’assemblée de Dieu vu sous ce caractère de maison construite sur la terre.
Quand il s’agit du Seigneur édifiant Lui-même, il n’est pas question d’agents, d’ouvriers, mais tout est vu en perfection : « Je bâtirai mon assemblée, les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ». C’est là un travail que le Seigneur poursuit et qui est parfait. De même, en Éphésiens 2, il est parlé de la maison qui s’élève, l’édifice sera bientôt parfait ; la maison vue sur la terre, mais comme habitation de Dieu par l’Esprit, que le Seigneur Lui-même établit. Pas d’intermédiaires, toutes les pierres sont là, selon la pensée de Dieu. De même, en 1 Pierre 2 : « vous êtes édifiés une maison spirituelle ». C’est le Seigneur qui édifie et il ne se mêle là que des matériaux auxquels il n’y a rien à reprendre, vu du côté de Dieu, ce sont des pierres vivantes.
Mais quand il, s’agit du côté de l’édifice vu des hommes, avec une responsabilité donnée à différents ouvriers, les choses sont différentes. Alors, notre incapacité propre, tout ce que nous sommes en danger de produire venant de notre propre fond, de la chair, tout cela est mis en avant.
A côté de ce qui subsistera quand le feu viendra mettre à l’épreuve tout ce qui aura été ainsi construit, tout ce qui est la pensée du Seigneur, il y a hélas, le bois, le chaume, tout ce qui porte notre pauvre marque humaine et qui sera consumé par le feu. Alors, l’apôtre, en quelques mots d’une grande énergie et d’une grande portée, peut dire : « que chacun considère comment il édifie dessus ».
Le fondement est posé, Christ Lui-même étant le roc. Le fondement de l’Assemblée sur la terre a été posé par les apôtres et ce fondement, c’est Jésus Christ, maîtresse pierre de coin, pierre d’angle. C’est toujours la même pensée. Jésus Christ mort, ressuscité, vainqueur de Satan, du monde, de la mort. Rien ne peut prévaloir et le fondement subsiste et ne peut pas être attaqué. La maison est devenue une grande maison (2 Tim. 2), le solide fondement de Dieu demeure. C’est là la ressource pour tous les temps. Le fondement ne peut pas être détruit, mais alors, que chacun considère comment il édifie dessus. Cela demandera de l’énergie, un exercice continuel et une attention qui devrait être aussi continuelle.
Il y a un encouragement : chacun recevra sa propre récompense, selon son propre travail, c’est-à-dire selon la façon dont il aura accompli le travail dont il aura été chargé. Le Seigneur seul peut apprécier la manière dont il a été accompli.
Ce que nous avons donc à faire, dans le travail du Seigneur, dans l’Assemblée et pour elle, c’est de ne pas nous écarter des vérités fondamentales, afin que le travail de Dieu soit fait par Lui et pour Lui, à sa gloire. Dans la grande maison, il y a toutes sortes de matériaux, dont le plus grand nombre ne résistera pas au feu et personne n’oserait dire que, dans l’ensemble des rassemblements des saints, tous les éléments qui, visiblement en font partie, ont été amenés à cet état représenté par ces trois mots qui les rend propres pour la présence de Dieu : l’or, l’argent, les pierres précieuses.
Ces matériaux ne sont produits que par le travail de Dieu dans une âme et les serviteurs sont responsables de présenter la vérité pour que ce travail soit produit. Ce n’est pas eux qui le produisent, mais ils sont responsables de ce qu’ils disent et de ce qu’ils font à cet égard, responsables de présenter la vérité.
Une âme n’est pas en rapport avec Dieu si elle n’est pas dans un état comme représente l’or, l’argent et les pierres précieuses.
Le travail du serviteur, travail que le Seigneur bénit, est tout autre chose qu’une simple éducation chrétienne. L’éducation chrétienne n’amène pas à cet état là. Nous sommes responsables de maintenir que le sang de Jésus seul rend quelqu’un digne de se tenir devant Dieu et que, par la foi en l’œuvre de Christ, une âme est passée de cet état de mort à un état tel que Dieu la considère avec faveur. Ce qu’est le salut, ce qu’est un chrétien sauvé, tout cela doit être enseigné dans l’assemblée avec beaucoup de précision. Les conséquences en découlent.
Une personne ne peut être introduite dans le témoignage public de l’Assemblée que si on découvre en elle les caractères représentés par ces images, caractères produits par le Seigneur en elle. C’est alors une pierre vivante, c’est une personne qui peut entrer dans l’Assemblée.
Proclamons avec force et netteté que l’homme est entièrement perdu. Il faut la foi du cœur, la foi qui est un don de Dieu (non pas une foi de « tête ») le fruit de l’opération de Dieu dans une âme. Alors, quand l’âme est liée à Christ, les caractères donnés ici lui appartiennent. C’est un matériau qui ne sera pas détruit par le feu. Mais ce qui n’est que l’effet d’habitudes religieuses parmi nous comme ailleurs, ne résistera pas au feu.
Il faut prendre les choses avec simplicité, mais aussi beaucoup de sérieux et ne pas avoir peur de demander à une âme si vraiment elle connaît le Seigneur et s’il y a un doute, il faut laisser le temps d’examen nécessaire. Nous avons à laisser à l’assemblée tout le temps nécessaire pour l’examen d’une demande, pour que l’on voie si cette âme a autre chose que des connaissances même bibliques, pour voir si elle a véritablement Christ. Quelqu’un qui n’a pas Christ n’a rien. Il n’est pas toujours facile de discerner un vrai chrétien de quelqu’un qui ne fait que ressembler à un chrétien. Mais si nous savions nous attendre au Seigneur, Il nous éclairerait.
Plus loin, nous voyons ceux qui détruisent le temple de Dieu. C’est plus grave. Quelqu’un a écrit ceci : Si je vais dans une assemblée, établie sur le terrain de la vérité, et que je trouve là des personnes en communion qui n’ont pas la vie, que ferais-je ? J’irai quand même dans ce rassemblement, mais je me comporterai à l’égard de ces personnes comme je crois devoir le faire devant le Seigneur. Le grand point pour un rassemblement, c’est la sûreté du terrain du rassemblement.
Le même serviteur du Seigneur disait ceci : Je vois un groupe de chrétiens, tous chrétiens, mais réunis sur un terrain sectaire (un homme est à la tête), je ne pourrai aller avec eux.
Corrompre le temple de Dieu, c’est plus grave, c’est le travail de l’hérésie et tout ce qui peut tendre à une dissidence.
Quand nous parlons d’admission, comprenons bien qu’il ne s’agit, en aucune manière, d’admettre quelqu’un dans une église meilleure que les autres ou dans un groupement de chrétiens qui valent mieux que d’autres. La seule question qui se pose est celle du fondement et ensuite d’être conséquent avec ce terrain sur lequel se trouvent les croyants, en n’oubliant jamais que ce n’est pas pour eux-mêmes qu’ils administrent les choses, mais qu’ils administrent là ce qui appartient à l’assemblée, c’est-à-dire tous les croyants connus de Dieu seul.
Édifier avec du bois, du chaume, ce n’est pas seulement porter atteinte au témoignage, mais à l’Assemblée de Dieu, ce dont le rassemblement local n’est qu’une expression. Et encore, dans une localité, le rassemblement de deux ou trois au nom du Seigneur n’est que l’expression, par rapport à l’ensemble, de ce que Dieu voit comme son Assemblée dans cette localité.
C’est toujours à ce niveau là qu’il nous faut voir les choses, le niveau de Dieu Lui-même.
Dans l’épître à Timothée, il nous est enseigné comment nous conduire à l’intérieur de la maison de Dieu. Dans cette maison, il y a des vases à honneur et d’autres à déshonneur. Ce n’est pas tout à fait le sujet que nous avons ici. Il s’agit ici de la contribution, par la grâce, de Dieu, que nous sommes appelés à apporter à l’édification de ce qu’est l’assemblée de Dieu, la maison de Dieu, l’édifice de Dieu.
Qu’il s’agisse d’un apôtre, ou d’un Aquilas ou Priscilla, qui enseignent dans leur maison, il s’agit toujours de la présentation de la vérité chrétienne par l’Esprit, par le moyen d’hommes et de femmes vivant ici-bas et alors, la question de la substance ainsi enseignée, voilà ce qui importe. Cela concerne aussi bien les doctrines, les enseignements que les résultats de ces enseignements, c’est-à-dire les personnes qui sont amenées et qui sont caractérisées par ce qu’elles ont reçu.
Actes 18. 24 à 26. Quand Apollos vient et qu’il parle avec puissance, certainement le Saint Esprit l’avait amené là et il est dit qu’Aquilas et Priscilla lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu. Avec toute sa connaissance, toute sa foi et sa piété, tout son zèle et toute son ardeur, Apollos risquait d’introduire un faux enseignement dans l’assemblée de Dieu, d’apporter de mauvais matériaux.
Mais Aquilas et Priscilla sont fidèles pour lui enseigner la voie de Dieu et lui est assez humble pour se laisser enseigner. Il pourra ainsi apporter de vrais et bons matériaux à l’édification sur le fondement que Paul avait posé. Ensuite, Paul peut s’associer à Apollos. L’apôtre insiste sur ce fait : c’est Dieu qui donne l’accroissement.
Puissions-nous travailler ensemble à cette œuvre, qui est celle du Seigneur, à l’édifice qui est l’édifice de Dieu, ne regardant pas à ce que chacun a reçu pour lui-même, mais à ce que l’autre a reçu, de façon à ce que tout soit employé pour le vrai bien des âmes, la gloire de Dieu et le témoignage sera rendu tel que le Seigneur le demande.
Il ressort de ce passage qu’il y a trois catégories d’ouvriers il y a de bons ouvriers, qui recevront la récompense de leur travail, avec une œuvre qui n’aura pas été détruite lorsque le feu mettra tout à l’épreuve. Il y a aussi de mauvais ouvriers qui, pourtant, sont des chrétiens, mais qui ont été eux-mêmes mal enseignés ou qui se sont laissé séduire ou entraîner par leurs propres pensées ou leur propre cœur et n’ont pas apporté de bons matériaux. L’ouvrage, même s’il a paru être de bonne qualité, se révèle vain par la mise à l’épreuve par le feu. Tout sera consumé, il ne restera rien. Un tel ouvrier, se rendant compte de cela, peut en éprouver beaucoup d’amertume et peut arriver à douter de sa qualification pour servir, et même à douter de son salut. Mais, dit l’apôtre, quoi qu’il en soit, il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu.
La troisième catégorie, ce sont les corrupteurs, ceux dont il doit être dit : quelqu’un corrompt le temple de Dieu. Quelle chose ! Là, ce sont des éléments religieux, destructeurs de la Parole, qui détruiraient le fondement s’il était possible, mais il demeure, par la grâce de Dieu. Il est dit d’Hyménée et Philète « dont la parole ronge comme une gangrène, qui renverse la foi de quelques-uns ». Voilà des éléments destructeurs de la foi, destructeurs de la vérité chrétienne et entraînant des hommes après eux.
Dieu sait ce qu’il en est de chacun, mais la Parole est donnée ici avec toute sa solennité : « Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira ». Et la raison qui en est donnée ici : « Le temple de Dieu est saint et tels vous êtes ».
S’il y a dans les assemblées des frères et des sœurs qui sont spécialement exhortés à tenir compte de cela, c’est bien évidemment les plus âgés, les plus anciens dans la foi ; ce sont ceux-là qui sont responsables d’avoir d’abord appris pour eux-mêmes, dans le fond de leur âme, quelque chose de ces vérités, qui ne sont pas et ne seront jamais agréables à recevoir par la chair. Jamais la chair n’acceptera d’être anéantie. Et pourtant, c’est le point de départ du raisonnement de l’Esprit Saint dans tous ces passages.
Ne pas avoir l’air sage dans ce siècle, mais être traité comme un fou, c’est pourtant cela. Plus un chrétien aime le Seigneur, a affaire à Lui, plus il est une énigme pour le monde, pour les sages de ce monde. Qu’il nous soit donné, dans les assemblées, de nous aider mutuellement à réaliser cette position, cet état intérieur, qui conduit à laisser au Seigneur la première place dans l’assemblée, devant qui les considérations d’un autre ordre doivent s’effacer.
Nous avons tous constaté que des difficultés ont surgi faute d’avoir prêté attention à ces vérités fondamentales. Ainsi, si le Seigneur nous apprend quelque chose de cela, nous pouvons être en aide à d’autres et nous devrions nous aider mutuellement dans les assemblées, non pas nous exciter à nous faire valoir, mais nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres, c’est-à-dire à ce qui est du Seigneur et, à l’occasion, nous laver les pieds mutuellement quand la chair s’est manifestée. Elle peut se manifester d’une manière violente ou d’une manière très douce et pas toujours très droite. Tout cela, ce n’est pas Christ.
Quand on a le Seigneur, on a tout ce qui est au Seigneur. Nous pouvons aider les plus jeunes, si nous sommes ainsi en rapport avec le Seigneur, à se méfier des faux jugements, des illusions des jeunes chrétiens, des illusions quant aux valeurs humaines, quant aux valeurs mondaines. Les jeunes ne peuvent pas avoir le jugement qu’ils auront plus tard, ils sont encore charnels au sens qu’on nous a donné. C’est pourquoi ce n’est pas la jeunesse qui a la responsabilité première.
Seul a de la valeur dans l’Assemblée ce qui vient de Christ, ce qui est de Dieu.
Que ces déclarations si fortes qui sont données là à l’égard de ce qui est spirituel ou de ce qui est charnel, ou à l’égard de la sagesse du monde et des valeurs du monde, que nous y pensions un peu. Il ne doit pas être très facile à un frère très riche d’oublier toujours qu’il est très riche ; ou à un frère qui a de hautes capacités d’oublier toujours qu’il les a, et pourtant ce devrait être l’exercice de l’un et de l’autre. Celui qui plaît au Seigneur, c’est quelqu’un qui a le sentiment que, hors du Seigneur, il ne peut rien faire, rien de bon, ni dans son service privé, ni dans l’assemblée.
Que le Seigneur nous accorde à tous de prier beaucoup pour chaque rassemblement local, que l’ennemi s’acharne à faire disparaître comme témoignage.
Ch. 4.
Nous avons donc, avec ce chapitre, la terminaison de ce qui constitue une longue introduction. Nous avons là l’autorité de l’apôtre, pour intervenir dans des questions de discipline, d’ordre de conduite pratique dans l’assemblée à Corinthe. Chacune de ces questions demandant non seulement que l’apôtre agisse avec autorité et puissance, mais aussi en témoignant de son attachement aux Corinthiens et, par-dessus toutes choses, enseignant à propos des cas particuliers qu’ils auraient à examiner, la vérité de Dieu en Christ, élevant ainsi toutes choses au niveau convenable, c’est-à-dire de la gloire et de l’autorité du nom de Christ, du bien permanent de l’Église, des besoins qui seraient ceux de cette Église durant tous les temps, de sorte que cette épître a sa valeur pour nous tous.
L’apôtre avait déjà dû rappeler aux Corinthiens ce qu’est l’Assemblée de Dieu, son caractère, tout ce qu’elle a reçu. Il fallait d’autre part que l’apôtre rappelât et maintînt que Dieu avait donné des apôtres pour le service que lui était prêt à continuer à l’égard de ces Corinthiens. Lui, Paul, était un de ces apôtres, il avait des collaborateurs que l’Esprit Saint lui avait donné et il pouvait parler avec autorité à Corinthe.
Il rappelle aussi qu’il n’y avait qu’une source d’autorité, d’enseignement de puissance ; et que, malheureusement, l’état des chrétiens était tel qu’il fallait rappeler cela d’une manière toute particulière, parce qu’il y avait des divisions et qu’il se formait des écoles de doctrine derrière l’un ou derrière l’autre.
Ce que l’on pouvait déjà comprendre dans les chapitres précédents se présente ici avec plus de netteté, savoir que cet état de choses à Corinthe était aggravé par des gens qui se présentaient comme des docteurs et comme ayant des capacités pour conduire l’assemblée et amenaient ainsi ces Corinthiens à mettre en doute le ministère de l’apôtre et même à mépriser sa personne et son ministère.
On est frappé de voir de quelle manière l’apôtre est amené à parler à ces Corinthiens : J’ai beaucoup de choses à vous dire et j’ai l’autorité pour le faire. Si j’allais vers vous maintenant, il me faudrait employer la verge, mais je voudrais que vos cœurs soient gagnés à ce que j’ai à vous dire avec amour, avec douceur, vous parlant comme un père. Il faut donc que vous reconnaissiez que c’est comme serviteur de Dieu que j’agis à votre égard. Je vous ai rappelé ce qu’est une assemblée de Dieu et combien c’est affligeant qu’il y ait là des divisions, ce qui prouve que vous êtes encore charnels.
Vous avez oublié que la croix de Christ mettait entièrement de côté le vieil homme et vous le laissez produire ses tristes fruits. Vous avez oublié la part qui vous est faite en Christ et ce que c’est que la sagesse de Dieu, qui devrait être votre richesse, votre joie, et non pas la glorification des uns et des autres, vous glorifiant de connaissances qui peuvent être réelles, mais dont le résultat n’est pas cette vie de dévouement, d’humilité, de consécration à Christ, ce qui devrait être le fruit d’un véritable ministère. Il y a des gens qui vous troublent.
L’apôtre ramène ainsi les choses dans la lumière de la Parole de Dieu, sous l’autorité de Christ, et chacun est ramené à sa place. L’apôtre se présente comme administrateur de Dieu, serviteur de Christ, n’ayant pas de comptes à rendre aux hommes.
« Ne jugez rien avant le temps. Celui qui me juge, c’est le Seigneur ». Il fallait attendre le moment où le Seigneur mettrait tout en lumière et donnerait à chacun sa louange. S’étant ainsi présenté devant Dieu, l’apôtre peut ensuite se présenter directement devant les Corinthiens. C’est la première fois qu’il le fait du façon directe. Il se place en parallèle avec ceux qui cherchent leur propre gloire.
Ayant des dons spirituels remarquables, de grandes connaissances qui vous donnent une haute opinion de vous-mêmes, vous pensez vous établir sur la terre comme un groupe si favorisé de toutes manières qu’il peut fermer les yeux sur les désordres qui peuvent s’y produire. Au chapitre 5, on voit ce qu’il en est. Et nous, les apôtres, nous sommes dans la souffrance, dans la faiblesse, dans le mépris, mais c’est ainsi que le serviteur prend place à la suite de Celui qui n’a pas brillé dans ce monde. Il les amène à avoir honte, bien que, dit-il : « Je n’écris pas pour vous faire honte, mais pour toucher vos cœurs, pour que, vous détournant de ceux qui vous conduisaient ainsi à un christianisme relâché et mondain, vous soyez mes imitateurs » (v. 16).
Nous voyons, dans ce chapitre, tout un ensemble de considérations du serviteur de Christ dans la soumission au Seigneur, dans le vrai attachement de l’apôtre pour ceux qu’il peut appeler ses enfants, le complet détachement de lui-même dont il donne ici l’exemple. Ceci est d’une très grande instruction pour nous, dans tous les temps, et plus que jamais dans les temps auxquels nous sommes parvenus, où l’on recherche l’homme. C’est en fait l’exaltation du vieil homme.
Pour un vrai serviteur de Christ, un bon dispensateur de ce que Dieu veut faire connaître des mystères cachés jusqu’ici, ce qui importe, ce n’est pas que de tels serviteurs soient renommés, qu’on courre après eux, mais c’est qu’ils soient fidèles à Celui qui les a envoyés, Celui duquel ils administrent les biens. Ce terme peut être aussi « économe ». Le serviteur, c’est celui qui est au-dessous de quelqu’un qui lui commande sa tâche.
Dans le chapitre précédent, l’apôtre aurait pu tout aussi bien, au lieu de dire Paul et Apollos, parler de tel ou tel docteur qui était venu à Corinthe, qui les enseignait et les détournait de. Christ, mais il ne le fait pas. Littéralement : J’ai transporté la chose d’eux sur moi-même et sur Apollos.
Des serviteurs fidèles ne peuvent pas se considérer autrement qu’étant au service des saints.
Les développements précédents présentent davantage les opérations divines, opérations vis-à-vis de l’homme et opérations qui ont source dans la personne et l’œuvre de Christ. Le christianisme a été diffusé et les instruments de la diffusion étaient des hommes. Paul, en particulier, n’était pas seulement un instrument de diffusion comme d’autres, mais il avait été le vase choisi pour la révélation, puis pour la communication, par inspiration.
Paul, en définitive, seul parle de l’Église. C’est lui qui la fait connaître. C’est ce à quoi il fait allusion aussi au début du chapitre quand il dit : pensez ce que vous voulez, j’ai reçu communication de la pensée de Dieu, je la fais connaître, c’est une affaire qui, en fin de compte, ne regarde que moi seul vis-à-vis de Dieu et mon affaire, c’est de faire connaître fidèlement ce que j’ai reçu. Mais il ne veut pas dire qu’il échappera au contrôle des frères. Nous ne pouvons pas nous abriter derrière des paroles qui sont ici pour dire : personne n’a rien à voir à ma façon de travailler.
Paul avait reçu une mission qui lui était absolument propre, personne ne pouvait se mettre à côté de lui pour dire qu’il avait reçu les révélations et qu’il les avait transmises par inspiration ; cela s’était fait par lui. Il n’y avait qu’à diffuser la vérité, à être un bon administrateur des choses qu’il avait reçues, un bon administrateur au milieu des hommes.
L’apôtre dit cela, en passant, sans insister. Cela lui est arrivé d’autres fois de rappeler que c’est Dieu qui lui a assigné un travail. Ce n’est pas moi qui me suis fait apôtre, c’est Dieu. De même, de nos jours, lorsque Dieu appelle un frère et le qualifie comme docteur, cela se passe entre lui et le Seigneur. Cela ne veut pas dire que les frères ne peuvent pas avoir à considérer de quelle façon le serviteur s’acquitte de sa tâche, car nous ne devons pas oublier que nous sommes bien faibles et infidèles et que nous avons besoin de nos frères parfois pour nous redresser dans notre service.
Paul a bien souvent été malmené. Dans le chapitre 4, on a dit qu’il y avait là les manifestations, le jeu des sentiments d’un cœur très noble blessé par l’ingratitude des Corinthiens. Cela fait partie des éléments que le Seigneur met dans la coupe que nous avons à boire.
Mais alors, ce qu’il y a de très intéressant dans ce chapitre c’est ce que nous voyons inséré entre ce qui précède et ce qui suit ; l’apôtre, ainsi traité de la part des Corinthiens, apprend à connaître ce que son Maître a connu. Qui s’est tenu près de Jésus à la croix ? Personne. Parmi ses disciples, même l’un fut un traitre ; c’était une épreuve peu ordinaire.
N’imaginons pas que le serviteur fidèle sera toujours approuvé. Ce chapitre nous montre que si Paul a enseigné si nettement que le premier Adam était entièrement annulé par le christianisme, l’instrument dont le Seigneur s’est servi pour révéler ces vérités et les faire connaître par inspiration, ce serviteur était, moralement parlant, à la hauteur de sa tâche. C’est ce qu’il y a d’admirable. Il pouvait être le héraut de la vérité qu’il annonçait, parce que cette vérité produisait en lui des effets à la hauteur de cette vérité. C’est un principe pour nous tous, n’est-ce pas, serviteurs ? Nous ne pouvons en bonne conscience parler des choses saintes que dans la mesure où elles ont eu, dans notre cœur et notre conscience, de l’effet.
Heureux serviteur Paul ! Calomnié à Corinthe et ailleurs… s’il n’avait pas été appelé à cette tâche, il n’y eût pas tenu, mais il était moralement préparé. Une chose par quoi le Seigneur l’avait formé, c’est qu’il avait été pris en train de persécuter l’assemblée jusqu’à la mort et il se considérait par là comme le premier des pécheurs. Le Seigneur l’a ainsi brisé.
Paul a été fidèle dans l’administration qui lui fut confiée. « Je n’ai pas frelaté la Parole de Dieu ». Il l’a donnée comme il l’avait reçue. Nous ne sommes-pas inspirés, nous, mais nous sommes responsables de donner la vérité comme elle nous a été enseignée. C’est très important de nos jours : ne pas frelater la vérité, ne pas la mélanger avec l’erreur. Nous avons tous à veiller à la pureté des doctrines enseignées ; toute indifférence à cet égard serait une grave infidélité.
Le christianisme est quelque chose de pratique en toutes choses. Le ministère n’est pas la chose la plus importante chez un chrétien, mais c’est son propre état moral et spirituel. Paul nous parle autant par son comportement moral que par les vérités qu’il nous fait connaître. Voilà un homme soumis à toutes sortes d’épreuves, son équilibre n’est pas perdu pour autant, parce que le Seigneur lui aide et lui accorde la force d’accomplir sa tâche fidèlement, ce qui n’est jamais facile.
Considérons l’état de ce serviteur : il était sans ressource ne possédant rien On penserait de nos jours que si l’on n’a pas de grands moyens, on ne peut rien faire. La grande affaire, c’est de laisser agir le Saint Esprit qui seul fait l’œuvre.
Il ne faut pas penser que l’apôtre Paul ne souffrait pas de la manière dont on le traitait ainsi, au contraire, il en était profondément atteint dans ses affections. Ne pensons pas que le Seigneur était insensible à ce que lui faisaient les hommes. Il a senti cela d’une manière d’autant plus profonde que sa perfection même le rendait infiniment sensible à tout. Toutes ses souffrances étaient le résultat de ce qu’était une nature parfaitement, divinement, infiniment sensible au moindre mal. C’était une souffrance pour le Seigneur dont nous n’avons guère l’idée, endurcis comme nous le sommes, à cause de notre mauvaise nature.
On peut aussi admirer le ménagement avec lequel Paul, de la part du Seigneur, traite sans les nommer ceux qui étaient coupables de cet esprit de parti.
La grâce et la vérité vont ensemble. N’étouffons pas la vérité par la grâce et non plus n’éteignons pas la grâce par la dureté de la vérité. Paul a de la grâce, sa façon d’agir est admirable, mais nous voyons quand même qu’il tient dans la main un instrument qui donnerait autre chose que des manifestations de tendresse et d’approbation, un instrument qui pourrait produire de très durs effets chez les Corinthiens. Plus loin, nous voyons qu’il était capable de livrer un homme à Satan. Quelle belle chose que le christianisme ! Quand on abuse de la vérité, voilà la grâce. Quand on abuse de la grâce, voilà la vérité. La grande affaire pour nous, c’est de savoir ce que le Seigneur veut à chaque circonstance.
Dans la seconde épître, on voit que du bien avait été produit à Corinthe, que la première lettre avait eu de l’effet, chez un grand nombre, et en particulier, les points sur lesquels l’apôtre avait donné son sentiment et ses ordres de par l’Esprit Saint. En cela, il avait été obéi et il peut louer les Corinthiens de leur obéissance. Mais il restait toujours – et cela dût rester encore dans la suite et dans d’autres assemblées, et jusqu’à la fin de sa vie – cette situation si pénible à son cœur, cette blessure dont il a été question dans le premier chapitre : la présence de l’activité d’éléments qui sapaient non seulement l’autorité de l’apôtre, mais sa personne et son ministère. Aussi, on le voit reprendre dans la seconde épître cette question de son ministère et de tout ministère.
Ce que nous n’avons ici qu’en quelques mots est développé dans la 2ème épître aux Corinthiens (ch. 3 et 4) mais l’apôtre y revient dans les derniers chapitres et étant amené, inspiré pour cela, à plaider sa cause avec un langage qu’il qualifie lui-même de langage insensé tellement l’ennemi restait à l’œuvre et ses instruments actifs pour ruiner, si possible, la parole de l’apôtre et en empêcher les effets.
Il serait intéressant de voir ce que l’apôtre dit de son ministère et de ce que cela entraîne pour lui, et de cette mort à laquelle il était livré tous les jours pour l’amour de Jésus, la vie de Jésus se manifestant dans sa chair mortelle. Il peut dire : cette fois, je viens et je crains que quand j’arriverai, je ne vous trouve pas tels que je voudrais. Tout n’avait pas été réglé et essentiellement cette question des mauvais ouvriers et des faux apôtres qui travaillaient contre Paul, étant des instruments de Satan et travaillant contre le nom de Christ. De sorte qu’il peut dire que quand il viendrait, il n’épargnerait pas. Il userait alors de cette autorité, cette puissance apostolique dont par lettre, il avait pu parler à ces Corinthiens.
Mais, de façon pratique pour nous, quel exemple que celui qui est placé là devant nous : je vous supplie d’être mes imitateurs, « Pour vous, ne jugez rien avant le temps ». C’est la tendance à nous juger les uns les autres, en nous targuant d’une autorité, d’un discernement que nous n’avons pas.
S’il s’agit de juger le mal, c’est autre chose, les manifestations du mal auxquelles nous serions coupables d’être indifférents, car cela concerne tous les croyants. Nous devons alors rechercher ensemble, dans l’humilité, le remède au mal et nous juger ensemble. C’est un côté extrêmement important.
Notre action commune et notre action individuelle, dans l’exercice d’une saine et heureuse discipline fraternelle, doivent avoir pour résultat d’amener telle personne, dont la conduite laisse à désirer, qui donne de l’inquiétude, l’amener à se trouver elle-même dans la présence du Seigneur et à se laisser juger par Lui.
« Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur ». Nous avons chacun à être fidèle dans le service que lu Seigneur nous confie. Nous devons avoir affaire avec le Seigneur pour connaître le service que nous avons reçu de Lui, ensuite être fidèle vis-à-vis de Lui, quoi qu’en pensent les hommes.
La première chose c’est de n’avoir rien sur la conscience, dit l’apôtre. S’il avait eu des manquements, ils avaient été confessés et jugés. C’est quelque chose de n’avoir rien sur la conscience. Pouvons-nous poursuivre notre service lorsque le Seigneur nous reprend ? Si quelque chose ne va pas en moi, Il me le montrera. Toutefois, cela n’annule en aucune manière : « Prenez garde les uns aux autres » (Héb. 10). La sainte et vigilante attention que nous avons à nous porter les uns aux autres, dans l’amour, dans l’humilité, chacun estimant l’autre supérieur à soi-même, de façon à pouvoir porter ensemble ce qui est à porter et poursuivre la course, nous attendant à Lui moment après moment.
Un jour, tous les secrets des cœurs seront manifestés. Paul en reparle en 2 Corinthiens, quand il parle du tribunal de Christ. Il marche dans le sentiment qu’il est conduit par le Seigneur, il est comme déjà devant le tribunal de Christ. Quelquefois, ces conseils des cœurs sont manifestés sur la terre, le Seigneur permettant que cela soit fait aux yeux des autres, que se révèle la faute, par exemple, d’avoir nourri dans son cœur des pensées de jalousie ou d’orgueil. Qu’en sera-t-il quand les conseils des cœurs seront manifestés ?
A propos des matériaux, il a été dit : « Si l’ouvrage de quelqu’un qu’il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense ». Voilà quant aux choses visibles, au travail extérieur dans ses résultats. Mais quant aux conseils des cœurs, quant aux mobiles qui nous font agir, il est dit : « Chacun recevra sa louange de la part de Dieu ». Il y aura une riche entrée, mais aussi des entrées bien pauvres. Il y aura une voix de louange pour le serviteur fidèle, non pas le plus encensé, mais celui dont la fidélité cachée aura été connue, appréciée par le Seigneur Lui-même : « Bien, bon et fidèle esclave » et il y aura peut-être de plus petites louanges de la part de Dieu là où il y aura eu de grandes louanges de la part des hommes.
La question de juger est très importante, parce qu’elle se présente pour nous. D’une part, il est dit : « Ne jugez pas ». D’autre part, il est dit : « Jugez ». Dans les évangiles, le Seigneur dit : « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés ». Dans cette épître, il est dit : « Jugez ceux du dedans ». L’Assemblée locale doit avoir le caractère de Dieu Lui-même. Dieu est lumière, Dieu est amour. Tout ce qui ne répond pas à ce qui est en Dieu, à sa nature essentielle, tout ce qui ne correspond pas à ces deux caractères de la nature de Dieu, cela ne devrait pas se voir parmi les saints.
Nous avons, pas mal de choses à juger, chacun pour son compte. L’apôtre pouvait dire : c’est Dieu qui a tout fait. Voilà ce qui donne une bonne conscience pour un serviteur, avoir ce sentiment qu’on est appelé par le Seigneur, qu’on a affaire à Lui, et comment cela se prouve-t-il aux autres ? Le Seigneur s’en charge. S’il y a des opposants, il faut avoir affaire au Seigneur, s’attendre à Lui qui a la haute main sur tout et qui peut apprendre à son serviteur à dépendre davantage. On n’a qu’à s’en remettre au Seigneur. Un frère disait : Je n’ai jamais vu que le service de quelqu’un qui vit beaucoup avec le Seigneur dans sa communion ne soit pas reçu dans l’ensemble. Les serviteurs ont donc à vivre très près du Seigneur, chacun pour son compte.
On ne peut pousser quelqu’un. Il n’est peut-être pas qualifié pour un service, il n’est peut-être pas prêt quant à l’état de son âme On risquerait de le faire broncher et de lui causer beaucoup de mal. Le serviteur doit marcher et servir en dépendant de son Maître ; le reste, c’est l’affaire du Seigneur. Nous ne pouvons pas juger ce qui se passe dans le cœur de nos frères, mais il faut juger ce qui se manifeste. Mais, ce qui se manifeste dans la vie d’un frère, d’une sœur, nous le jugeons d’autant plus que nous sommes plus spirituels, mais avec plus de grâce et non dans un esprit de jugement ; ceci est un mal dangereux auquel on est d’autant plus porté que l’on est moins spirituel.
Ceux dont la vie est aux trois-quarts mondaine sont parfois les premiers à porter un jugement qu’ils voudraient définitif, alors qu’il faut être dans un état autre pour porter un jugement sain et juste. On juge ce qui est manifestée ; un mal est là, il faut le juger. Mais il faut le faire avec le Seigneur.
Que les frères qui ont une certaine autorité ne se laissent pas entourer par une sorte de phalange de personnes qui, à l’occasion, les flattent et les poussent. Que le Seigneur nous garde en cela ! L’apôtre s’appliquait à être ce qu’il enseignait. C’était tout. Quelle admirable chose ! Il est très humiliant de voir que ce que nous disons dépasse parfois ce que nous réalisons intérieurement. S’il y a des frères qui sont qualifiés pour un service, il nous faut les reconnaître et nous sommes heureux de les reconnaître.
Un serviteur doit garder son indépendance. Paul le réalisait. On pouvait chercher à l’influencer en présentant quelque avantage. Il s’en détournait. On pouvait le mettre en prison, le calomnier, il restait fidèle. Quel brillant témoin ! Des hommes sont allés au bûcher pour suivre les traces de leur Maître. Une honnêteté morale, foncière, caractérisait Paul.
Tout ce que nous tolérons dans notre vie et qui n’est pas selon Christ, c’est un manque d’honnêteté morale. Que le Seigneur nous encourage, chers frères, chers jeunes, croyants ! L’humilité, la patience, l’absence de toute mondanité, une séparation pour Christ et avec Christ, voilà la gloire d’un chrétien. La fortune ne l’embarrassait pas, Paul. Moïse non plus, dans d’autres temps. Car la vie divine est, au fond, toujours la même. C’est une question de foi personnelle.
Nous suivons Paul de très loin. Nous sommes des imitateurs très pâles de ce modèle. Le christianisme devrait-il être changé et adapté au siècle ? Mais où trouve-t-on cela ? Il risque de s’éteindre en puissance dans le cœur des chrétiens mondains, mais il est en lui-même aussi vivant et aussi puissant aujourd’hui qu’au temps de l’apôtre Paul, et le Seigneur offre à chacun l’occasion de le montrer.
Si nous avons été appelés par le Seigneur et faisons valoir ce qu’Il nous a confié, restons près de Lui, Il donnera sa bénédiction. Il ne faut pas dépasser sa mesure. Pour l’accomplissement des charges, il faut aussi une grande dépendance du Seigneur et être à sa place. Cela est vrai pour un ancien, un serviteur, une servante. Chacun a besoin d’être dépendant continuellement et cela n’est pas pénible.
L’humilité profonde : voilà ce qui a caractérisé le modèle de celui qui a pu dire ici : soyez mes imitateurs.
Ici, ce n’est pas tellement la faute des conducteurs qui est mise en avant, mais celle de ceux à qui l’apôtre s’adresse directement. Qu’est-ce qui nous délivre de cet esprit de parti ? Avoir la pensée de Christ, nous glorifier dans le Seigneur. Il y a des sujets de gloire pour les croyants : nous nous glorifions dans les tribulations. Là, il n’y a pas place pour nous-mêmes, mais seulement place pour Celui en qui on se glorifie.
Paul était un architecte et d’autres doivent édifier sur le fondement. Il y a une grande diversité dans les activités chrétiennes, mais ici l’accent est mis sur l’unité de leur service, sur le soin qu’ils doivent montrer dans la fidélité à ce que chacun a reçu du Seigneur. Les Corinthiens avaient reçu en abondance des dons de grâce et ils se glorifiaient de les exercer.
L’apôtre est obligé de leur dire : il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que vous soyez satisfaits et vous passez légèrement sur les désordres moraux qui sont là, parmi vous. Avez-vous l’entendement si obscurci ? Est-ce le temps pour l’Église de paraître triomphante ? La part de l’Église est céleste. L’Église sera l’Épouse unie au Roi, mais ce sera sur une terre où aura passé le jugement. Jusque là, l’Église est étrangère ici-bas.
Nous, les apôtres, non seulement nous ne régnons pas, mais nous sommes exposés à toutes les persécutions et nous sommes voués à la mort. Le Seigneur a été livré à la mort et maintenant nous, les derniers, nous sommes aussi voués à la mort. L’apôtre a donné sa vie pour Christ et, sans doute, il y a eu, en même temps, d’autres martyrs qui ont donné leur vie. L’apôtre peut dire : nous sommes mis à la dernière place et nous sommes dans le mépris.
Le reproche qu’il leur adresse est plein d’amour : vous comportant comme vous le faites, vous vous associez à tout ce que le monde fait à notre égard; vous méprisez à ce point les serviteurs de Christ. Quant à nous-mêmes, nous n’avons pas d’autre désir que de contribuer dans le chemin où nous avons été placés, être fidèles, quoiqu’il puisse nous en coûter.
Quel tableau nous avons dans ces versets 10 à 13 ! C’était le plus fidèle reflet de Christ qui avait pu être donné. Que le Seigneur nous donne de ne pas oublier ce tableau, qui est celui du christianisme qui l’a toujours honoré. Qu’Il nous donne de ne jamais faire passer le service avant le Seigneur, quel que soit le service ou quelle que soit la charge. Les manifestations de cette faute sont fréquentes. Un frère qui a beaucoup de dons peut finir par ne penser qu’à ses dons, c’est-à-dire à lui-même tandis que s’il est avec le Seigneur, il ne pense pas à ses dons, il pense au Seigneur.
« Pour moi, vivre c’est Christ » disait l’apôtre. Le christianisme rend heureux, aussi bien aujourd’hui qu’alors, lui seul rend heureux et donne à la vie un sens. Sans le christianisme, la vie n’a pas de sens. Il répond aux questions philosophiques les plus redoutables.
Si, dans l’Assemblée, il y avait un frère qui ait une activité dissidente, on ne peut pas appeler cela bien et on ne ferait pas son devoir si on ne l’appréciait pas comme on doit l’apprécier. Fermer les yeux sur cette affaire est une infidélité. Les choses ne s’arrangent pas toutes seules. Le Seigneur peut guérir, mais Il nous engage dans des exercices à propos de cela parce qu’Il veut que nous apprenions à connaître la chair par ses perfidies et que nous appréciions les ressources qui sont en Lui.
Fermer les yeux sur un mal de ce genre, ce serait n’aimer ni l’Assemblée ni le Seigneur ni le coupable. Cette sorte d’indépendance crée un esprit de parti et est un germe de division. Ce fut une des marques de la ruine du peuple quand il en fut venu à appeler le bien mal et le mal bien.
L’Assemblée est la colonne et le soutien de la vérité dans tous les domaines. Si un frère prend la place de Christ, ce n’est pas agir selon la vérité : il attire à lui-même des disciples comme les pharisiens qui attiraient les disciples après eux. Un frère ne devrait jamais, dans son cœur, penser à former un troupeau autour de lui : nous sommes responsables de le discerner et de le dire.
Attachons-nous à la vérité comme à Dieu Lui-même. Il faut que chacun apprenne pour lui-même et fasse le chemin pour lui-même. Sinon celui qui suit en imitant peut être perdu ou alors, si c’est un chrétien, c’est un traînard. L’apôtre Paul était un chrétien décidé ; il avait beaucoup de souffrances, mais il n’avait pas que cela. Il avait devant lui la louange que lui donnera le Seigneur. « Chacun recevra sa louange de la part de Dieu ». Ici-bas, les louanges se trompent souvent d’adresse. Nous risquons même de nous adresser la louange à nous-mêmes, ce qui est encore la pire des choses.
Ce cher apôtre Paul était un homme pauvre. Peut-être n’aurions-nous pas été heureux de frayer avec lui ? On aime plutôt ce qui brille. Pour la foi, il y avait de quoi être extrêmement honoré d’avoir à faire à un homme pareil, et mieux encore, d’avoir à faire à Celui duquel il était lui-même l’imitateur.
Ayons des relations vivantes avec le Seigneur. Est-ce les relations que nous recherchons dans notre vie ? Sinon, lesquelles ? Notre christianisme ne peut pas ne pas être marqué par nos relations.
Mais Paul était comme les balayures du monde ; voilà une brillante position. On ne pouvait s’y tromper : la position était sans équivoque. il n’était plus nécessaire de rappeler l’exhortation : « N’aimez pas le monde » à quelqu’un qui était comme les balayures du monde.
L’enseignement et la force de la Parole de Dieu sont rendus manifestes dans cet homme-là. Nous devrions être la vérité vécue. Que le Seigneur nous donne de faire des progrès. Il y a toujours des progrès à faire, mais il faut se tenir dans le chemin où l’on en fait. Il ne faut pas être dans celui où l’on recule.
Ce cher apôtre, dans ce chemin de souffrance, de renoncement, avait des compensations inexprimables. Il nous en fait connaître quelques-unes. Il a eu une extase. Il n’est pas dit qu’il en ait eu d’autres (2 Cor. 12). Il a été ravi au troisième ciel. C’est un encouragement pour un homme qui souffre ! Ce n’était pas un mystique, mais cet évènement a marqué ensuite sa carrière.
Mais il a eu aussi d’autres expériences : « Tous m’ont abandonné, mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié ». Quelle parole aussi : « Je puis toutes choses en Celui qui me fortifie ». Impossible d’abattre un tel homme. Il était pauvre et enrichissait tout le monde. Le christianisme apporte la vérité totale. Le véritable état du monde s’est manifesté à l’occasion du christianisme ; partiellement avant avec les prophètes, mais, après la croix, toute la vérité à été prêchée et vécue dans ces hommes. Cela reste, c’est toujours la seule vérité.
Toutes les fois que nous cherchons à nous associer avec ce que le monde donne, nous nions cette vérité vécue des apôtres, Ces derniers, moralement parlant ; dans la succession des opérations divines vis-à-vis de l’homme. Le terme final, le règlement complet et définitif, le jugement moral de ce qu’est le monde et de ce qu’est l’homme, a été donné dans le christianisme, d’abord en Christ, et ensuite par ses serviteurs, et le Seigneur a permis que leur vie, leur témoignage pratique et vivant, fussent à la hauteur de l’immensité de la vérité qui était apparue. Rien comme le christianisme n’a passé sur le monde. Combien c’est vrai ! Et vous voudriez chercher autre chose ! Un christianisme mélangé avec toutes sortes de pensées humaines et mondaines ?
L’apôtre n’enviait rien. Il a tout abandonné au départ et il ne s’est pas laissé embarrasser en cours de route. Il n’a pas repris en cours de route ce qu’il avait abandonné au départ. Quelle heureuse carrière !
Si nous n’avions pas cet homme, nous ne connaîtrions pas la mesure de la vie chrétienne dans un homme, ayant les mêmes passions que nous. Dieu a permis que le christianisme ait été vécu dans cet homme pour que nous ayons une expression du christianisme presque entièrement réalisé dans un homme ayant les mêmes passions que nous. Par nature, il aimait ce que nous aimons, il aimait la vanité du monde, les plaisirs…
Que le Seigneur nous donne de ne jamais oublier que le christianisme est toujours vivant ! Ne le réduisons pas à des connaissances de mémoire. Le christianisme, c’est Christ vivant dans les siens. Nous sommes facilement routiniers ; souvent, nous avons l’esprit de la tradition, l’esprit de ceux qui se réclament du privilège de descendre de générations antérieures. Les enfants de frères doivent faire le chemin pour eux-mêmes. Heureux sont-ils d’avoir des parents convertis mais la foi est individuelle, la foi qui sauve et la foi pour toute la carrière ici-bas.
Le fils prodigue dit à son père : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils » Luc 15. 21.
LE RETOUR DU FILS PRODIGUE
Le fils confesse son péché, mais il est interrompu par son père avant qu’il puisse parler – comme il en avait l’intention – d’être un ouvrier. Il fut bienvenu et traité comme un fils. Pas un mot de reproche ne sortit de la bouche de son père affectionné. Son retour et sa confession étaient les témoins de sa repentance, et immédiatement un cœur plein d’amour répand cet amour sur l’objet de son affection. C’est la manière dont s’exprime l’amour.
Triomphe béni de la grâce ! Heureux tableau de la grâce de notre Dieu ! Et que connaissez-vous de tout cela ? Avez-vous jugé et confessé votre passé ? Savez-vous ce que c’est que d’être réconcilié avec Dieu, d’être reçu dans ses bras éternels ? Avez-vous reçu le baiser de la paix et de la réconciliation ?
Et le père dit aux serviteurs : « Apportez dehors la plus belle robe, et l’en revêtez ; mettez-lui un anneau au doigt et des sandales aux pieds ; puis amenez le veau gras et tuez-le ; mangeons et réjouissons-nous ». La grâce abonde. Pour celui qui est réconcilié, seul le meilleur de toutes choses satisfera un cœur de père. Ce n’était pas la question de ce que le fils méritait, mais d’un cœur plein d’amour étant satisfait en bénissant son objet. Grâce merveilleuse ! Et c’est là la manière d’agir de notre Dieu. Tout ce que l’amour peut concevoir et que la grâce peut donner est prodigué à tout pécheur qui revient à Lui. Revêtu de la plus belle robe du ciel ; scellé de l’Esprit Saint pour le jour de la rédemption ; propre à marcher devant Lui, c’est maintenant la joie et le privilège de tout enfant de Dieu, de nous réjouir avec un Père aimant sur les immenses richesses de sa grâce.
C’est ainsi qu’un pécheur est réconcilié avec Dieu. Êtes-vous réconcilié ?
D’après the Lord is near août 1988
« Heureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » Matthieu 5. 8.
QUI PEUT VOIR DIEU ?
Un capitaine surprit un mousse agenouillé en prière dans sa cabine. D’un ton bourru, le vieux loup de mer attrapa le garçon par le col et le redressa devant lui. Puis il hurla : « Dieu n’existe pas ! Tout cela n’est que pure invention de lâches. Montrez-moi Dieu ! Je ne l’ai jamais vu ».
Le mousse n’en eut pas honte. Calmement, il répondit : « Capitaine, heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Sans voix, le capitaine regarda le garçon. Puis, plongé dans ses pensées, il quitta la cabine.
Il est vrai que tant qu’une personne n’a pas le cœur pur, elle ne peut voir Dieu, et encore moins avoir une relation harmonieuse avec Lui. On peut argumenter et se contredire autant qu’on veut. Dieu ne se révèle qu’à ceux qui se prosternent devant Lui et croient en sa parole.
Dans la Bible, il nous montre que par la foi nous recevons un cœur pur (Act. 15. 9) . Cela fait référence à la foi personnelle en Jésus-Christ, qui a donné sa vie pour nous sur la croix.
Si nous croyons au Seigneur Jésus, nous serons purifiés de tout péché par son sang (1 Jean 1. 7).
Si nous croyons au Fils de Dieu, la vie éternelle nous est donnée (1 Jean 5. 13).
Ainsi, nos cœurs sont purifiés et renouvelés. Désormais, par la lecture de la Bible, nous apprenons à mieux connaître Dieu.
D’après Näher zu Dir janvier 2026
« En effet, la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui obtenons le salut, elle est la puissance de Dieu » 1 Corinthiens 1. 18.
LE MESSAGE DE LA CROIX
Il y a environ 2000 ans, Jésus-Christ fut conduit de Jérusalem au lieu d’exécution. Là, les soldats romains le clouèrent sur une croix de bois comme un criminel. Ainsi, il fut rejeté par le peuple, malgré tout le bien qu’il leur avait fait. Telle fut leur réponse à son amour !
Comment réagit le crucifié ? Il endura la terrible douleur sans se rebeller. Il garda le silence face aux moqueries des spectateurs, même si leur raillerie le transperçait jusqu’au plus profond de son être. Au lieu de résister, il pria pour ses bourreaux. Son amour était plus fort que leur haine !
Lorsque Jésus-Christ était sur la croix, il fit nuit pendant trois heures, en plein midi. Durant ce laps de temps, le crucifié souffrit pour les péchés des autres. Il subit le jugement de Dieu pour tous ceux qui croient en lui. Telle est l’insondable grandeur de l’amour du Rédempteur !
Après ces trois heures terribles, Jésus-Christ s’écria : « C’est accompli ! » (Jean 19. 30). Puis il mourut. Par sa souffrance et sa mort sur la croix, il a posé les fondements du salut éternel de l’humanité. Quiconque croit en lui sera sauvé !
Ce glorieux message de la croix s’adresse à tous les peuples du monde. C’est pourquoi nous vous demandons : venez au Seigneur Jésus aujourd’hui ! Confessez-lui vos péchés et croyez en son sacrifice expiatoire sur la croix !
D’après Näher zu Dir janvier 2026
« C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même ; et je ne me souviendrai pas de tes péchés » Ésaïe 43. 25.
EFFACÉS
– Maman, dit Finn à sa mère, je ne comprends pas ce qu’il arrive de tous les péchés que Dieu pardonne. Est-ce qu’ils sont juste mis de côté pour un temps, et qu’ils vont tout à coup réapparaître un jour ?
– Eh bien, qu’est-ce qui est arrivé de tous les dessins que tu as faits sur ton ardoise, hier ? lui répond sa mère.
– Ils ont disparu. Je les ai effacés avec mon éponge.
– Tu vois, explique la maman, c’est exactement ce qui arrive de nos péchés quand nous les confessons à Dieu. Ils sont effacés et ne reviendront jamais.
C’est ce que dit la Bible, dans le verset ci-dessus. C’est une déclaration glorieuse qui donne un réconfort éternel. Dieu attend que nous nous tournions vers Lui, que nous Lui confessions honnêtement nos fautes, et Il nous les pardonne parce que le Seigneur Jésus est mort pour nous.
Nous pouvons affirmer avec confiance que le Sauveur a pris sur Lui-même, sur la croix, la punition pour nos péchés. Sa mort est le fondement de justice sur lequel Dieu accomplit sa promesse et efface notre culpabilité. Son pardon est valable pour l’éternité parce qu’Il ne se souviendra plus jamais de nos péchés.
« Si nous confessons nos péchés, il (Dieu) est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).
D’après the good Seed janvier 2026
« Et Quand la couche de rosée se leva, voici sur la surface du désert quelque chose de fin, de granuleux, quelque chose de fin comme la gelée blanche sur la terre. Les fils d’Israël le virent… les fils d’Israël recueillirent, l’un beaucoup, l’autre peu… La maison d’Israël donna à [cette nourriture] le nom de manne. Elle était comme de la semence de coriandre, blanche, et avait le goût d’un gâteau au miel » Exode 16. 14, 17 et 31.
UN PEU À LA FOIS
L’israélite ramassait une portion de manne et c’était une quantité tout à fait suffisante pour lui, selon son appétit. « Celui qui avait beaucoup n’eut pas trop ; et celui qui avait peu, n’en manqua pas » (Ex. 16. 18).
Recherchons-nous des grâces spéciales ? – de grandes révélations de Christ ? Et négligeons-nous de rassembler et de conserver les petites grâces et les révélations de Lui-même qui sont parsemées sur notre chemin tout le jour, et dans lesquelles nous apprenons à connaître le cœur de Celui qui les a semées autour de nous de tous côtés. Mes yeux pourraient-ils errer à la recherche d’une grande quantité, quand le désert est parsemé de tous côtés autour de moi de petites fractions ? Les ai-je rassemblées aujourd’hui ? Si c’est le cas, j’en ai plus que pour mon appétit, j’ai « toutes choses » et en abondance, j’en ai certainement assez.
L’âme va se retrouver à désirer du poisson, des oignons, et de l’ail, si elle perd son temps à chercher une grosse portion de manne. La vie ici-bas est faite de petites choses, et l’âme trouve Christ dans les petites choses ; et en Le trouvant, je m’attache à Lui et me nourris de Lui, et cela me rend toujours plus fort.
D’après the Lord is near août 1988
« Or sache que dans les derniers jours il surviendra des temps difficiles : les hommes seront égoïstes, avares, … n’aimant pas le bien, … amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu » 2 Timothée 3. 1 à 4.
LES HOMMES DES DERNIERS JOURS
Le mot moderne pour l’amour de soi, c’est le narcissisme (un mot qui vient de la mythologie grecque). Narcis était un beau jeune homme, fier de sa propre beauté, qui finit par tomber amoureux de son propre reflet dans une mare, et en devint l’esclave. C’est un bon exemple de toute personne dont l’amour pour soi-même dégénère en une multitude d’autres convoitises, en particulier l’amour de l’argent et l’amour du plaisir. Le monde gémit sous les souffrances et la mort causées par ceux qui s’aiment eux-mêmes.
L’antidote à l’égoïsme, c’est l’amour de Dieu – reçu d’abord par des pécheurs perdus qui se tournent vers Christ pour être sauvés – et ensuite débordant de leur cœur racheté vers les autres. Le chapitre 4 de l’épître aux Éphésiens décrit ce qui arrive dans la vie d’une personne quand l’amour de Dieu remplace l’égoïsme : La fausseté est remplacée par la véracité ; l’amertume, la haine et le ressentiment sont refusés par le cœur et disparaissent avec le diable qui les y a introduits.
Le vol est remplacé par un travail honnête, qui permet aux cœurs aimants de partager avec ceux qui sont dans le besoin.
Les mauvaises paroles disparaissent de la langue et du cœur, à mesure que l’Esprit de Dieu remplit les cœurs et les bouches de paroles qui édifient et encouragent les autres.
Quel programme de vie ! Pourquoi est-ce que nous déshonorerions Dieu – et nous-mêmes – par les fruits misérables de l’égoïsme ?
D’après the Lord is near août 1988 (G.W. Steidl)
« Car, du fait qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés » Hébreux 2. 18.
LE SECOURS ASSURÉ DE CHRIST DANS NOS TENTATIONS
Au tout début de son parcours public dans les Évangiles, le Seigneur a dû rencontrer les tentations de Satan dans le désert. Sa perfection est vue en ce qu’Il a souffert, étant tenté. Pour Lui, Lui présenter quoi que ce soit de contraire à Dieu ne produisait que de la souffrance. Pour nous – si nous ne nous estimons pas, par la foi, comme étant morts au péché, et marchant dans l’Esprit comme puissance de la délivrance que Christ a accomplie pour nous – il y a, à la tentation venant de l’extérieur, la réponse horrible de la chair en nous. Il n’y avait rien de tel quant à Lui : Il souffrait d’être tenté, ce qui est l’opposé absolu de pécher. « Celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché », comme le dit Pierre dans sa première épître (ch. 4. 1) – en nous exhortant à nous armer de cette même pensée que Christ. Nous serons tentés, mais seulement jusqu’au point où, dans notre faiblesse, nous nous rangeons du côté de Dieu contre nous-mêmes – en refusant le mal, le puissant secours du Seigneur venant nous soutenir. Autrement, la faiblesse sans son support dégénérerait en propre volonté et péché.
Dans ses vêtements de gloire et de beauté, Aaron portait en type les noms des fils d’Israël gravés sur les pierres d’onyx sur les épaules de force, et aussi sur le pectoral de jugement sur son cœur. Nous avons la réalité de ces deux choses lorsque nous considérons le Souverain Sacrificateur de notre confession. Car en plus de la force pour nous secourir, comme dans le chapitre 2, le chapitre 4 d’Hébreux nous apporte la merveilleuse sympathie de son cœur.
D’après the Lord is near août 1988
« Tu es un jardin clos, ma sœur, ma fiancée » Cantique des cantiques 4. 12.
L’ÉGLISE, PRÉCIEUSE POUR SON SAUVEUR ET SEIGNEUR
Le Cantique des cantiques lève le voile et nous permet d’être témoins des profondes affections de l’Éternel pour Israël, et en particulier pour ceux qui se tourneront vers Lui par la foi dans les derniers jours. En plus de cette application, nous voyons aussi dans le récit la relation d’amour entre Christ et l’Église. Le verset ci-dessus décrit ses pensées au sujet de celle qu’Il aime, l’Assemblée, son épouse. Toutes ses affections sont centrées sur elle. C’est pour elle qu’Il mourut (Éph. 5. 25). Il s’est donné pour elle, pour l’avoir pour Lui-même. Au milieu des conflits et du péché, il y a une compagnie de personnes dans le mondequi sont comme un « jardin clos » pour Lui. La beauté de ce jardin apporte de la joie au cœur de son Propriétaire, et n’est que pour Lui. Et il y a des sources dans ce jardin, mais elles sont fermées pour tous sauf pour Lui-même. Elle, sa fiancée, donne du rafraîchissement à son Bien-aimé. Son cœur est comme une fontaine pour Lui. Son plaisir est dans ceux qui sont à Lui.
Nous devons aussi nous attendre au vent du Nord. Les rafales de l’hiver représentent les conditions adverses que nous rencontrons chaque jour, l’opposition réelle que les chrétiens doivent affronter. L’Esprit de Dieu emploiera toutes ces conditions adverses pour répandre au dehors le parfum de cet amour, produit dans nos cœurs, afin que d’autres puissent reconnaître ce que le Seigneur est pour nous, et puissent, de plus, se rendre compte, par notre comportement, de l’œuvre du Bien-aimé dans nos cœurs. Mais cela commence par un jardin clos : pas de partage de notre amour et de nos affections avec d’autres !
D’après the Lord is near août 1988
« Beaucoup de taureaux m’ont environné… des chiens m’ont environné » Psaume 22. 13 et 17.
« Les liens de la mort m’ont environné » Psaume 18. 4.
LES SOUFFRANCES DU SEIGNEUR JÉSUS SUR LA CROIX
Le langage du Seigneur Jésus est vu, de manière prophétique, dans ces deux psaumes, qui expriment les sentiments profonds de son esprit dans les souffrances qu’Il endura. Les nombreux taureaux sont les dirigeants, forts dans leur caractère bestial, brutal et cruel, frappant ou secouant avec leurs cornes, ou piétinant la victime de leur haine vindicative. Qu’il est tragique de voir les scribes, les principaux sacrificateurs, et les pharisiens, ceux dont la connaissance de la Parole de Dieu aurait dû les placer au premier plan pour rendre honneur au Seigneur Jésus, unis pour Le persécuter cruellement !
Mais des chiens l’ont environné – le bas peuple, comme des chiens dans la rue, rassemblés par la vue de sa détresse, ajoutant leurs aboiements dans un chœur discordant d’inimitié, contre Celui qui souffrait, humble et patient. Ceux-là sont les masses insouciantes, sans réflexion, poussées par l’opinion populaire, prêtes à suivre n’importe quelle direction où leur humeur volage peut les conduire, inconscients de l’horrible énormité de leur honteux mépris pour le Fils éternel de Dieu !
Cependant, plus que cela, « les liens de la mort l’ont environné » Lui, qui est Lui-même la vie, est volontairement descendu dans la poussière de la mort. Ni les taureaux ni les chiens ne pouvaient le mettre à mort, mais Il a été Lui-même entouré des cordeaux serrés de cet ennemi terrible de l’homme. Portant nos péchés en son corps sur le bois, souffrant infiniment plus en cela que par la persécution de tous les hommes, Il a laissé sa vie, en mourant pour nos péchés.
Grâce merveilleuse et sans égale d’un cœur qui ressentait tout plus qu’aucun autre ne le pourrait jamais. Comme Il est digne d’une adoration éternelle – qu’Il recevra dans un jour à venir ! Cependant, nous qui sommes sauvés par sa grâce, nous pouvons déjà Lui rendre l’adoration et l’honneur, en attendant de le voir face à face.
D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)
« Je chanterai à mon bien-aimé un cantique de mon bien-aimé, sur sa vigne : Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau fertile. Et il en travailla le sol, en ôta les pierres et la planta de ceps excellents ; il bâtit une tour au milieu d’elle, et y fabriqua aussi un pressoir ; il s’attendait à ce qu’elle produise de bons raisins, mais elle produisit des raisins sauvages » Ésaïe 5. 1 et 2.
COMMENT PRODUIRE DE BONS FRUITS
La vigne est la maison d’Israël, de laquelle on attend de bons fruits, mais au lieu de cela, ce qui semblait d’abord être un bon cep s’est montré être un cep sauvage. C’est exactement ce qui est arrivé à Israël, la plante de ses délices – s’est produit avec l’homme comme race, lui aussi, « la plante de ses délices » (És. 5. 7). Dieu a chanté un chant d’amour et de joie sur lui, à sa création, car le passage de Genèse 1. 27 est vraiment un chant d’amour. « Dieu créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu ; il les créa homme et femme ».
Hélas, ce chant s’est aussi transformé en chagrin, car après quatre « jours » de mise à l’épreuve, il peut être dit de lui aussi, que « il sent déjà, car il est là depuis quatre jours » (Jean 11. 39). Il en est ainsi du pauvre premier Adam.
Dieu peut bien être loué pour le dernier Adam. Le cantique à son sujet ne cesse pas et – merveille des merveilles ! – nous avons une part avec Lui en cela. Et en demeurant en Lui, qui est le vrai Cep, vous et moi pouvons porter un fruit tel qu’il sera à la gloire du Père, et Lui donne de la joie – mais cela, d’aucune autre manière.
D’après the Lord is near août 1988
« Car aussi Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort en chair, mais vivifié par l’Esprit ; c’est aussi par l’Esprit qu’il alla prêcher aux esprits qui sont en prison, qui ont été autrefois désobéissants, quand la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé, tandis que se construisait l’arche, dans laquelle un petit nombre, soit huit personnes, furent sauvées à travers l’eau » 1 Pierre 3. 18 à 20.
L’APPEL DE DIEU EST DONNÉ AUX VIVANTS
Beaucoup d’enseignements erronés au sujet de Christ prêchant aux esprits qui sont en prison ont été basés sur une mauvaise application de ce passage. Souvenons-nous que l’apôtre Pierre écrivait à des Juifs chrétiens qui n’étaient qu’une petite compagnie méprisée, sauvés hors de l’ensemble de la nation. C’était comme s’il disait : Ne soyez pas découragés : même dans les jours où Noé prêchait, quand la patience de Dieu attendait aussi longtemps, huit personnes seulement ont été sauvées.
C’était l’Esprit de Christ en Noé qui leur prêchait avant le déluge, quand ils étaient encore en vie. Nous avons la même expression en 1 Pierre 1. 11 : « l’Esprit de Christ » dans les prophètes de l’Ancien Testament rendait témoignage à l’avance des souffrances de Christ et des gloires qui suivraient. En Genèse 6. 3, nous avons le contraste entre la chair et l’Esprit de Dieu : « Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair ».
L’idée que Christ alla prêcher aux esprits en prison entre sa mort et sa résurrection est tout à fait erronée. Mais les esprits des hommes auxquels le témoignage fut rendu par Noé dans ses jours sont maintenant « en prison », attendant le jugement, parce qu’ils étaient incrédules quant au témoignage donné par l’Esprit de Christ par le moyen de Noé quand ils étaient en vie.
D’après the Lord is near août 1988
« Je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » Philippiens 3. 14.
GAGNER LA COURSE
Les athlètes ont déjà le regard fixé sur les prochaines Olympiades, et s’entraînent pour cela. Quel est le but de ces hommes et femmes intensément occupés ? Est-ce le prix de la médaille d’or, ou le désir d’atteindre le but devant tous les autres ? Bien que le prix et le but soient en relation étroite, et que tous deux motivent l’athlète, ils sont distincts l’un de l’autre. Le concurrent olympique doit fixer les yeux sur le but et non pas sur le prix s’il veut gagner le prix.
Pensons au prix. Comme la médaille d’or, le prix est donné au gagnant à la fin de la course. Or, quel est le prix pour nous, chrétiens, à la fin de la vie, quand nous serons appelés à la maison – au ciel ? Est-ce le salut ? Non ! Nous commençons la course avec le salut. Sans le salut nous ne pourrions même pas faire partie de la course ! Le prix, alors, est-il notre entrée au ciel ? Eh bien, il en fait partie, mais il y a plus que notre admission au ciel. Nous allons voir le Seigneur dans toute sa gloire et partager avec Lui dans cette gloire pour toujours.
Notre gloire à venir n’est pas comme un bouquet de halos dorés que nous mettons en réserve, et ensuite porterons au ciel afin d’attirer l’attention sur nous-mêmes. Notre gloire à venir est toujours vue comme liée, sans pouvoir en être séparée, à la gloire de Christ. Notre gloire individuelle proviendra de sa gloire et lui sera absolument liée. Comme la médaille d’or autour du cou de l’athlète apporte de la gloire à son pays d’origine, de même les couronnes de gloire que nous gagnerons apporteront de la gloire au ciel à notre Roi. Nous devons nous souvenir que la couronne de récompense n’est pas le diadème royal d’un roi, donné par naissance, mais la preuve de la victoire d’un athlète triomphant, gagnée par la course !
D’après the Lord is near août 1988
« Une clochette d’or et une grenade, une clochette d’or et une grenade, sur les bords de la robe, tout autour » Exode 28. 34.
LA VIE ET LE TÉMOIGNAGE CHRÉTIENS
Comme étant sacrificateurs, nos vêtements devraient être décorés de clochettes et de grenades, tout autour de la bordure de notre vêtement. On remarquera d’abord les clochettes parce qu’on les entendra de loin. Elles parlent de notre témoignage ou de notre profession de foi. Les grenades parlent du fruit, ou de la vie pratique, de ce qui est vu plutôt qu’entendu. Ce n’est pas sans but que l’Éternel donna ces indications pour le vêtement du sacrificateur.
Ce serait une grave erreur pour nous, de faire retentir le bas de notre vêtement seulement avec les clochettes. Nous pourrions alors faire beaucoup de bruit, mais ce ne serait que du bruit (1 Cor. 13. 1 à 3) – et sans donner le témoignage du fruit. Nous serions comme les pharisiens, qui se montraient beaucoup mais sans actions. Nous serions hypocrites, sans vie pratique pour témoigner de nos prédications. De même, ce serait aussi une grave erreur de ne mettre que des grenades : nous serions alors comme ceux qui, aujourd’hui, prônent l’évangile social, actifs continuellement dans les bonnes œuvres, mais sans rendre aucun témoignage qu’ils sont de Lui et pour Lui. Éphésiens 2. 8 à 10 nous dit que nous ne sommes pas sauvés par les œuvres – mais plutôt que, étant sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, nous avons été créés pour les bonnes œuvres.
C’est d’abord la clochette, ensuite la grenade.
Le dessein divin alterne donc les clochettes et les grenades. Avec toute profession de foi entendue par l’oreille, il devrait y avoir aussi la vie pratique visible pour les yeux. Le vêtement de notre service de sacrificateur est-il en accord avec le plan de Dieu ? Si nous affirmons avoir l’Esprit, nos fruits le montrent-ils ?
D’après the Lord is near août 1988
« Parce que tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ; et la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » 1 Jean 5. 4 et 5.
LA MONDANITÉ, L’ENNEMI DU CROYANT
La mondanité est un mal terrible pour le croyant. Ce qui est difficile, c’est de maintenir la proximité avec Christ, que le monde voudrait venir empêcher. Je suis alors réceptif à toutes sortes d’erreurs, car je ne prendrai pas soin d’être droit si je ne me tiens pas près de Christ.
Guéhazi, à la cour du roi, est un triste spectacle. Son cœur avait absorbé l’esprit du monde, et il était capable de raconter au monde des récits des actions puissantes de l’Esprit. Le monde a besoin qu’on lui parle, et on lui parlera de religion s’il ne peut pas avoir autre chose.
Tout ce que je sais du sentier du monde, de son esprit, de ses affections et de sa conduite, c’est qu’il a crucifié mon Seigneur – non seulement dans ses affections et ses convoitises, mais que, par des mains cruelles il a crucifié mon Maître. Supposez que ce soit juste hier que vous avez vu Ponce Pilate, le gouverneur, et les sacrificateurs et les anciens mettant à mort Christ – seriez-vous heureux, aujourd’hui, d’avoir communion avec eux ? La tache du sang de Christ est aussi fraîche, à la vue de Dieu, que si elle datait de hier. Le temps qui s’est écoulé depuis ne fait pas de différence dans sa culpabilité morale.
La question, donc, c’est : est-ce que je vais me mettre sous le pouvoir de ce monde, ou vais-je le surmonter ? Quand Christ était ici-bas, dans toute la beauté et la grâce attirante dans lesquelles Dieu le Père pouvait trouver ses délices, on ne trouvait pas, dans le monde, une pensée ou un sentiment d’intérêt ou de sentiments communs avec Lui.
D’après the Lord is near août 1988 (J.N. Darby)
« Balaam… dit : Celui qui entend les paroles de Dieu, et qui possède la connaissance du Très-haut, qui voit la vision du Tout-puissant, qui tombe et qui a les yeux ouverts » Nombres 24. 16.
VOIR LES CROYANTS COMME DIEU LES VOIT
Si je regarde le peuple de Dieu depuis le haut des collines, je le verrai comme Dieu le voit, revêtu de toute la beauté de Christ – accomplis en Lui – acceptés dans le Bien-aimé. C’est ce qui me permettra de m’accommoder avec eux, de marcher avec eux, d’avoir communion avec eux, de m’élever au-dessus de leurs particularités, de leurs manquements, de leurs fautes et de leurs infirmités. Si je ne les contemple pas depuis cette hauteur, je suis certain que je fixerai mes yeux sur un point ou un autre, insignifiant, et cela détruira complètement ma communion et refroidira mes affections.
Dans la dernière de ces paraboles de Balaam, nous atteignons, pour ainsi dire, la plus haute fissure des rochers, d’où nous pouvons discerner les rayons de la gloire qui dore l’horizon. « Alors il prononça son discours sentencieux : Balaam, le fils de Béor, dit : … je le verrai, mais pas maintenant : je le regarderai, mais pas de près. Une étoile surgira de Jacob, et un sceptre s’élèvera d’Israël, il transpercera Moab d’un côté à l’autre et détruira tous les fils de tumulte » (Nomb. 24. 15 à 17).
Dans la première parabole, le peuple est vu dans la séparation, demeurant seul. Puis, à mesure que Balak continue à déplacer d’un endroit à l’autre le prophète corrompu et avide, nous nous trouvons conduits d’une hauteur à l’autre, jusqu’à ce que nous nous trouvions au sommet lui-même et contemplions les plaines de gloire dans toutes leur longueur et leur largeur, s’étendant loin au-delà des limites de la vision des mortels.
Puissions-nous demeurer en esprit sur le haut des rochers ; puissions-nous avoir toujours les « yeux ouverts », entendre les paroles de Dieu, et avoir la connaissance du Très-Haut ; et puissions-nous ne voir que « la vision du Tout-puissant ».
D’après the Lord is near août 1988 (C.H. Mackintosh)
« D’en haut il étendit [sa main], il me prit, il me tira des grandes eaux ; il me délivra de mon puissant ennemi et de ceux qui me haïssaient ; car ils étaient plus forts que moi » Psaume 18. 17 et 18.
LE SEIGNEUR JÉSUS SOUFFRANT LA MORT SUR LA CROIX
Ce psaume contemple le Seigneur Jésus descendant dans les eaux profondes des souffrances et de la mort du Calvaire, entouré par des ennemis qui ne connaissaient rien de la raison extraordinaire de cette humble soumission à une telle mort. Ils n’avaient donc aucun intérêt pour ce merveilleux sacrifice qu’Il accomplissait au moment même où des hommes s’unissaient contre Lui dans la moquerie et le mépris.
Satan et les hommes, dans leur opposition amère, faisaient tout ce qu’ils pouvaient contre Lui ce jour-là. Plus que cela, Dieu, dans sa justice absolue, L’abandonnait pour qu’Il souffre dans une agonie solitaire, portant le péché et la culpabilité des péchés de beaucoup. Mais en même temps, le cœur du Père trouvait ses délices dans ce sacrifice précieux et parfait, et L’aimait parce qu’Il avait donné sa vie.
Quand tout fut terminé, les hommes scellèrent le tombeau pour rendre la victoire aussi certaine qu’ils le pouvaient.
Mais ils avaient oublié Dieu ! Christ avait été crucifié en faiblesse, et ceux qui étaient forts dans leur orgueil charnel pensaient qu’ils avaient triomphé. Mais Dieu s’approcha d’en-haut, et Le fit sortir des eaux profondes, Le délivrant de son puissant ennemi. Alors la force de la chair devint une misérable faiblesse. Les soldats, au tombeau, furent terrifiés et sans force ; les dirigeants, en entendant la nouvelle, furent frappés et effrayés, et s’appuyèrent, pour s’en blanchir, sur une fausse déclaration évidente. Dieu L’avait ressuscité d’entre les morts ! Celui qui avait souffert est le Vainqueur ! Il n’est plus mis en question que tout genou devra se ployer, et que toute langue devra reconnaître que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. Si les ennemis tremblent, les croyants se réjouissent et adorent en sincérité le Père et le Fils.
D’après the Lord is near août 1988 (L.M. Grant)
« Mais il n’est besoin que d’une seule (chose), et Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée » Luc 10. 42.
VIVRE LA VIE CHRÉTIENNE DE MANIÈRE ÉQUILIBRÉE
Il y a bien des années, un jeune chrétien parlait à un chrétien âgé de la grande valeur des livres – des livres de ministère sur les Écritures – d’une manière telle qu’il insistait sur leur côté intellectuel. Le vieillard répondit : Jeune homme, le Seigneur veut la vérité dans la marche, et pas seulement dans les livres. C’était une leçon salutaire pour lui, et pour nous tous !
Nous nous hâtons, maintenant, d’ajouter qu’il n’y a rien de mauvais à lire de la bonne doctrine qui nous est parvenue comme un héritage pieux. Dieu veuille que ces précieuses vérités qui ont été préservées pour nous par le moyen de la page écrite soient davantage lues. L’Écriture est tristement négligée aujourd’hui. Une telle lecture et sa méditation se perdent rapidement, tandis que les choses du monde sont lues avec plaisir. La raison qui fait que beaucoup de chers enfants de Dieu n’ont pas de croissance dans leur âme, c’est la triste négligence, dans leurs demeures, quant à la lecture de la Parole de Dieu et du ministère écrit disponible.
L’ennemi de votre âme cherchera à empêcher cette lecture et cette méditation en vous occupant tellement d’autres choses qu’il vous restera peu de temps ; mais il est quelquefois nécessaire de mettre du temps de côté pour cette occupation très importante. Nous trouvons du temps, en général, pour manger nos repas même si nous sommes très occupés ; serons-nous moins diligents pour nous assurer que nos âmes sont nourries ? En général, nous pouvons avoir du temps pour un repas spirituel si nous le désirons. Il se peut que nous devions choisir entre cela et autre chose mais souvenez-vous que le Seigneur approuvait le choix de Marie comme la bonne part : être assis à ses pieds et écouter sa parole.
« Nous avons envoyé Timothée, notre frère et compagnon d’œuvre au service de Dieu dans l’évangile du Christ, pour vous affermir et vous encourager dans votre foi » 1 Thessaloniciens 3. 2.
Les croyants à Thessalonique vivaient dans un environnement difficile. Leurs compatriotes incrédules les méprisaient et les persécutaient parce qu’ils s’étaient tournés vers le Dieu vivant et croyaient au Seigneur Jésus. L’apôtre Paul était en souci pour eux à cause de cela. Seraient-ils capables de résister à la pression ? Persévéreraient-ils dans leur confiance en Dieu ? Pour les soutenir dans leur foi, il leur avait envoyé Timothée, qui devait les affermir et les encourager.
Notre propre foi peut aussi être ébranlée par un évènement douloureux dans la vie, ou par la pression croissante de ce monde sans Dieu. C’est pourquoi nous avons grand besoin d’être affermis et encouragés par la Parole de Dieu.
– Affermis : grâce à une bonne instruction biblique nous gagnons en stabilité spirituelle. Nous chercherons alors à tenir ferme avec le Seigneur en dépit des difficultés, comme nous le lisons en Philippiens 4. 1 : « Restez ainsi fermes dans le Seigneur, bien-aimés ». Nous apprenons aussi, par la Parole de Dieu, que les difficultés font partie de la vie d’un chrétien. Ainsi, la vérité biblique fortifie notre confiance en Dieu.
– Encouragement : En nous rappelant les promesses de Dieu, nos cœurs sont encouragés. Savoir que le Seigneur est avec nous dans nos difficultés nous fortifie. La pensée de son retour renouvelle aussi notre courage : Il nous enlèvera du monde et nous prendra au ciel. Alors, tous les problèmes auront disparu. C’est pourquoi nous devons continuer à Lui faire confiance – jusqu’à ce qu’Il vienne.