Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été à la mesure de l’homme ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez [supporter], mais avec la tentation il fera aussi l’issue, afin que vous puissiez la supporter » 1 Corinthiens 10. 13.
Chacun de nous connaît des tentations et des mises à l’épreuve dans sa vie sur la terre. La Bible nous montre que toutes les tentations n’ont pas la même origine. Selon d’où elles proviennent, la Parole de Dieu nous donne différentes instructions sur la façon de nous comporter. C’est ainsi que nous pouvons être préservés tout au long du voyage de la foi.
– Il y a des tentations qui viennent de l’intérieur. Elles sont issues de notre vieille nature mauvaise et cherchent à nous pousser à pécher. La Bible nous dit que, lorsque cela arrive, nous devons être conscients que nous sommes morts au péché (Rom. 6. 11). Nous ne devons pas acquiescer à ces tentations.
– Les tentations nous approchent aussi de l’extérieur. Ce sont les incitations à pécher qui viennent du monde. Autrefois, Joseph a été tenté de commettre la fornication dans la maison de Potiphar. Selon la Bible, lorsque nous rencontrons cette sorte de tentation, il n’y a qu’une seule chose à faire : fuir immédiatement ! (1 Cor. 6. 18 ; 10. 14).
– Quelquefois, le diable aussi nous attaque. C’est une tentation qui vient d’en-bas. Il veut semer le doute dans nos cœurs au sujet de Dieu et de sa Parole, et nous éloigner du droit chemin. Dans ce cas, la Bible nous appelle à résister à l’ennemi par la Parole de Dieu. Il s’enfuira alors de nous (Jac. 4. 7).
– Il y a aussi dans nos vies des épreuves qui viennent d’en-haut. C’est lorsque Dieu Lui-même nous met à l’épreuve. Il le fait, dans sa sagesse, pour nous éduquer pour Lui-même. Il veut que notre foi devienne plus visible. Dans cette mise à l’épreuve, nous devons persévérer avec humilité. (Jac. 1. 2 et 3 ; 1 Pier. 5. 6).
« Les biens du riche sont sa citadelle ; la ruine des misérables, c’est leur pauvreté » Proverbes 10. 15.
« Celui-là tombe qui se confie en ses richesses ; mais les justes verdissent comme la feuille » Proverbes 11. 28.
Autrefois les cités fortifiées étaient des lieux sûrs. C’était les plus riches qui y habitaient, parce que les pauvres n’en avaient pas les moyens. Habiter en ville signifiait avoir un rang social élevé. Le verset de Proverbes 10. 15 ne dit pas seulement que le riche habite dans la ville fortifiée, mais il affirme que sa fortune est comme cette ville fortifiée. En quelque sorte, notre richesse peut devenir notre identité et, en conséquence, notre idole. Dans le récit de l’homme riche et Lazare (Luc 16. 19 à 31), le nom de l’homme riche ne nous est pas donné. Il est appelé « le riche » parce que tout ce qu’il était se résumait dans sa richesse et son statut social. Si nous identifions une personne avec ses biens, nous risquons de considérer le pauvre comme réellement inférieur au riche. Quelle pensée honteuse !
Si nous nous définissons par rapport à nos biens et que, tout à coup, nous en sommes privés, il ne reste plus rien de notre personnalité. Au contraire, celui qui est sage possédera toujours un trésor : « La crainte de l’Éternel » (És. 33. 6). Pour ceux qui croient au Seigneur Jésus, le Sauveur est le bien le plus précieux (voir 1 Pier. 2. 7).
– Seigneur, il suffit de peu pour que je fasse de mon statut social mon identité personnelle. Mon travail, mon compte en banque, mon cercle d’amis, peuvent prendre trop de place dans mon cœur. Aide-moi à ne me confier qu’en toi seul !
La vraie richesse : pouvoir donner -1
« Tel disperse, et augmente encore ; et tel retient plus qu’il ne faut, mais ne fait que s’appauvrir. L’âme qui bénit sera engraissée, et celui qui arrose sera lui-même arrosé. Celui qui retient le blé, le peuple le maudit ; mais la bénédiction sera sur la tête de celui qui le vend » Proverbes 11. 24 à 26.
« Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème largement moissonnera aussi largement » 2 Corinthiens 9. 6.
Le texte ci-dessus affirme que, plus nous distribuons nos richesses, plus nous en accumulons ; au contraire, plus nous cherchons à les garder égoïstement pour nous, plus elles s’évanouissent. Comment cela est-il possible ? Un exemple tiré de l’agriculture nous aidera à comprendre ce qui semble être un paradoxe : plus on répand de semence, plus la récolte sera abondante. Les petites graines se transforment en une riche moisson de produits consommables et commercialisables. De la même manière, nous comprenons que l’argent est une semence qui peut être transformée en vraie richesse, mais seulement s’il est dépensé généreusement – « Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème largement moissonnera aussi largement » (2 Cor. 9. 6).
Cela ne signifie pas que plus nous donnons d’argent, plus nous en gagnerons. En fait, ce que nous donnons avec sagesse, que ce soit matériellement ou spirituellement, pour aider notre prochain en difficulté, c’est ce qui produira une vraie richesse : une vie transformée pour les autres, et une meilleure santé spirituelle pour nous-même. C’est ainsi que nous marcherons sur les traces de Celui qui a tout donné, jusqu’à sa propre vie, afin de nous attirer à Lui.
– Seigneur Jésus, tout ce que tu m’as donné en mourant sur la croix a eu pour résultat la résurrection et la vie éternelle, et m’a procuré une bénédiction immense et éternelle. Donne-moi la foi pour suivre tes traces, pour savoir donner une partie de mes biens, mais aussi pour consacrer une partie de mon temps aux autres. Je pourrai ainsi voir ta grâce et ta vie se développer dans ceux qui nous entourent.
La vraie richesse : pouvoir donner -2
« [Celui qui a] l’œil bienveillant sera béni, car il donne de son pain au pauvre » Proverbes 22. 9.
« Qui méprise son prochain pèche, mais heureux celui qui use de grâce envers les malheureux ! » Proverbes 14. 21.
En quoi consiste la bénédiction de celui « qui a l’œil bienveillant » ? En premier lieu, celui qui porte sur les autres un regard bienveillant et généreux éloigne de nous l’égoïsme et l’envie de posséder nos biens exclusivement pour notre propre usage. En outre, la bénédiction dont parle ce verset de Proverbes 22 consiste avant tout à vivre concrètement l’amour selon Dieu. Nous nous sentons riches et satisfaits quand nous aimons et que nous sommes aimés. La générosité est un acte d’amour envers Dieu et envers les autres ; si nous la mettons en pratique, l’argent ne sera plus une monnaie d’échange permettant d’obtenir un certain statut social ou le pouvoir, mais il deviendra un moyen d’exprimer notre amour.
Nous aimons le Seigneur lorsque nous considérons nos biens comme étant sa propriété et que nous les utilisons pour des projets selon son cœur.
Nous aimons notre prochain lorsque nous nous servons de nos biens pour guérir et fortifier les autres.
Plus nous donnerons à ceux qui sont dans le besoin, plus nous ressemblerons à Jésus Christ, qui a donné par amour sa propre vie.
– Seigneur, il n’y a qu’une seule « monnaie d’échange » qui ait une grande valeur : c’est l’amour. Ne permets pas que je privilégie la sécurité financière aux dépens de l’amour. Aide-moi à utiliser mon argent par amour pour les pauvres, ceux qui ne te connaissent pas, les membres de ma famille et les croyants qui sont dans le besoin.
La vraie richesse : pouvoir donner -3
« Qui donne au pauvre ne manquera de rien, mais qui détourne les yeux sera comblé de malédictions » Proverbes 28. 27.
« Qui opprime le pauvre outrage Celui qui l’a fait, mais celui qui l’honore use de grâce envers l’indigent » Proverbes 14. 31.
Si un croyant est généreux, il ne sera jamais dans le besoin, « il ne manquera de rien ». De la même manière, dans les Évangiles, Jésus promet que si nous perdons des biens à cause de Lui, nous en retrouverons beaucoup d’autres, « en ce temps-ci, cent fois autant » (voir Marc 10. 29 à 31). Cela ne veut pas dire que ceux qui font preuve de générosité s’enrichissent, mais plutôt que Dieu ne reste pas débiteur envers ceux qui acceptent de faire des sacrifices pour aider les autres, et qu’Il pourvoira à leurs besoins. Ces donateurs éprouveront même la joie qui découle du partage de leurs propres biens avec les frères et sœurs de l’Assemblée, montrant ainsi, d’une manière pratique, l’amour chrétien. La générosité qui les anime leur procure des bénédictions qui ne sont pas nécessairement de caractère matériel, mais certainement spirituel – « un trésor dans le ciel » (Marc 10. 21).
L’Église primitive nous montre l’exemple d’une vie communautaire vécue sous le signe de l’amour et de la générosité réciproques, de sorte que personne n’était dans le besoin : « La multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme ; et personne ne disait d’aucun de ses biens qu’il lui appartenait en propre ; mais tout était commun entre eux » (Act. 4. 32).
– Seigneur, ce n’est pas ta volonté que je vive de manière individualiste, d’autant plus que cela me rend vulnérable. Change mon cœur et fortifie l’Assemblée, afin que nous, ton peuple, nous puissions montrer réellement que nous sommes membres les uns des autres.
Simplicité, satisfaction et générosité
« Éloigne de moi la vanité et la parole de mensonge ; ne me donne ni pauvreté ni richesse ; nourris-moi du pain qui m’est nécessaire, de peur que je ne sois rassasié, et que je ne te renie et ne dise : Qui est l’Éternel ? et de peur que je ne sois appauvri, et que je ne dérobe, et que je n’outrage le nom de mon Dieu » Proverbes 30. 8 et 9.
L’argent peut nous égarer, soit que nous en ayons, soit que nous n’en ayons pas. Les pauvres peuvent être tentés de commettre un délit pour obtenir de l’argent. Se sentant injustement exclus de la prospérité économique, ils pourraient éprouver le désir, selon eux justifié, d’obtenir leur « part du gâteau » d’une manière illégale ou violente.
Le Seigneur parle de notre pain quotidien (Mat. 6. 11) et l’apôtre Paul nous exhorte à être contents d’avoir de quoi nous nourrir et nous vêtir (1 Tim. 6. 7 et 8), ce qui signifie estimer suffisant le fait d’avoir un style de vie modeste. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que les chrétiens devraient se dépouiller de tout ce qui n’est pas strictement indispensable ? Pas nécessairement, parce qu’il faut qu’il y ait des chrétiens à tous les niveaux et dans tous les domaines de la société. Mais nos maisons, nos vêtements et notre style de vie devraient refléter, dans notre environnement, une certaine forme de sobriété, et nous permettre d’être généreux.
Considérer ce que nous possédons comme un instrument au service des autres, est un comportement conforme aux enseignements bibliques. Et nous, vivons-nous sobrement afin de pouvoir être généreux avec ceux qui sont dans le besoin ?
– Seigneur, ne permets pas que je considère mes biens comme des trésors personnels, ni ma relation avec toi comme un moyen d’obtenir des avantages matériels. Incite mon cœur à faire de toi mon trésor le plus précieux et à considérer mes biens comme un moyen d’être à ton service.
Une dette envers notre prochain
« Ne refuse pas le bien à celui à qui il est dû, quand il est au pouvoir de ta main de le faire. Ne dis pas à ton prochain : Va et reviens, et je te donnerai demain, quand tu as de quoi donner » Proverbes 3. 27 et 28.
Est-ce que nous connaissons une personne âgée qui n’a pas les moyens de payer quelqu’un pour l’aider dans les travaux domestiques, ou un voisin qui ne peut pas assumer le coût des études de ses enfants ? S’il nous est possible d’aider ces personnes financièrement, ou par des services que nous pourrions leur rendre, notre responsabilité est de le faire. Pourquoi ? Dans les versets ci-dessus, l’expression « à qui il est dû » implique que nous avons des devoirs envers les personnes qui sont dans le besoin.
Le monde appartient à Dieu. S’Il nous accorde des biens matériels, des facultés intellectuelles ou des dons spirituels, cela ne signifie pas que ces choses nous appartiennent. Nous devons gérer ce que Dieu nous a confié comme Il le désire. « Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme de bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu » (1 Pier. 4. 10).
On attribue les paroles suivantes à l’évêque Basile de Césarée (329-379) : « Le pain que nous conservons appartient à ceux qui ont faim ; les vêtements dans nos armoires, à ceux qui sont nus ; l’or que nous avons caché… à ceux qui sont dans le besoin. C’est pourquoi, chaque fois que nous avons eu l’occasion d’aider les autres et que nous avons refusé de le faire, nous leur avons fait du tort ».
– Seigneur, l’avis général m’assure que tous mes biens m’appartiennent, mais je viens de comprendre que c’est une erreur. Fais que j’en sois bien persuadé, afin que je puisse marcher sur les traces de ton Fils, qui a distribué sa richesse aux autres sans limite : « Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ : pour vous, lui qui était riche a vécu dans la pauvreté, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » (2 Cor. 8. 9).
Et David « alla avec ses hommes à Jérusalem contre les Jébusiens, habitants du pays ; ceux-ci dirent à David : Tu n’entreras pas ici ; mais les aveugles et les boiteux te repousseront ; – pour dire : David n’entrera pas ici. Mais David prit la forteresse de Sion ; c’est la ville de David… David habita dans la forteresse, qu’il appela ville de David ; et David bâtit tout autour, depuis Millo vers l’intérieur. David allait grandissant de plus en plus ; et l’Éternel, le Dieu des armées, était avec lui » (2 Sam. 5. 6 et 9 et 10).
Le règne de David est établi sur toutes les tribus d’Israël, et déjà l’intérêt des peuples avoisinant Jérusalem se manifeste – les uns pour reconnaître sa domination, les autres pour se révolter, et plus tard se soumettre temporairement (voir : 8. 6 et 10. 6). Le roi de Tyr, envoie « des messagers à David, avec des bois de cèdre, des charpentiers, ainsi que des tailleurs de pierres pour les murailles ; et ils bâtirent une maison à David » (5. 11). Contrairement, les Philistins cherchent à se saisir de lui mais l’Éternel les livre en sa main. Lors d’une deuxième attaque, David interrogea l’Éternel qui lui dit : « Tu ne monteras pas ; contourne-les par derrière, et tu viendras contre eux vis-à-vis des mûriers. Dès que tu entendras sur le sommet des mûriers un bruit de gens qui marchent, alors tu t’élanceras, car alors l’Éternel sera sorti devant toi pour frapper l’armée des Philistins. Et David fit ainsi, comme l’Éternel le lui avait commandé » (v. 23 et 24).
Nous sommes édifiés en constatant que David consulte l’Éternel pour savoir comment agir en face des difficultés – mais aussi attristés de constater qu’après de grandes victoires, il s’appuie sur lui-même, sur son propre jugement, pour ramener l’arche de la maison d’Abinadab à Jérusalem. Cette dernière attitude nous caractérise si facilement, c’est pourquoi veillons à rester attachés au Seigneur pour être dirigés par Lui.
« La première pensée de David, inaugurant son règne, est pour l’arche de l’Éternel. Il rassemble trente mille hommes, l’élite d’Israël, … pour escorter dignement l’arche jusqu’à Jérusalem. Jamais nous ne rendrons trop d’honneur à la Personne du Seigneur Jésus. Seulement cet hommage, ce culte, il faut le Lui rendre avec intelligence et obéissance. Selon l’ordre divin, l’arche aurait dû être « portée sur l’épaule » (Nomb. 7. 9). Mais David et le peuple n’en ont pas tenu compte. À leur avis, un chariot neuf, comme celui qu’avaient employé les Philistins ignorants, ferait beaucoup mieux l’affaire. N’était-ce pas plus pratique que le transport à pied ? Et voilà qu’Uzza, qui a touché l’arche est frappé à mort. Consternation ! Nous ne l’aurions pas cru si coupable. Eh bien, oui ! Dieu veut nous faire comprendre, à nous comme à David, combien il est grave de remplacer ses enseignements par nos bonnes intentions et par nos propres arrangements, spécialement quand il s’agit du culte » (J.K.).
Uzza mort, « David eut peur de l’Éternel en ce jour-là et il dit : Comment l’arche de l’Éternel entrerait-elle chez moi ? David ne voulut pas prendre l’arche de l’Éternel chez lui, … il la fit détourner dans la maison d’Obed-Édom, le Guitthien » (2 Sam. 6. 9 et 10).
Il y a une différence entre la crainte et la peur de l’Éternel. La peur paralyse : Adam après avoir péché dit « : J’ai entendu ta voix, … et j’ai eu peur, … et je me suis caché » (Gen. 3. 10) ; Lot habita dans une caverne car « il eut peur d’habiter dans Tsoar » (19. 30) ; Moïse, après avoir tué l’Égyptien, « eut peur, et… s’enfuit » (Ex. 2. 14). En contraste, pour les enfants de Dieu, dans la crainte de l’Éternel, « il y a la sécurité de la force, et… un refuge pour ses fils » (Prov. 14. 26). Par avance, l’Esprit Saint parle de Christ : « son plaisir sera la crainte de l’Éternel » (És. 11. 3). Lorsqu’Il « habita au milieu de nous », il pouvait dire, en regardant à son Père : « Je fais toujours ce qui lui est agréable » (Jean 1. 14 ; 8. 29). Pour nous, la crainte de l’Éternel, c’est le respect et le souci de ne pas déshonorer Celui qui nous a créés et rachetés. « La conséquence de l’humilité, de la crainte de l’Éternel, c’est la richesse, et la gloire, et la vie » (Prov. 22. 4).
« L’arche de l’Éternel demeura trois mois dans la maison d’Obed-Édom, le Guitthien ; et l’Éternel bénit Obed-Édom et toute sa maison » (2 Sam. 6. 11). L’arche représentait la présence de l’Éternel au milieu de son peuple. Elle était faite de bois de sittim, plaquée d’or au-dedans et au-dehors avec un couronnement d’or tout autour. Elle représentait par avance la parfaite humanité de Christ, le bois de sittim, et sa divinité, l’or. Moïse devait mettre « dans l’arche « les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu » (Ex. 31. 18). Quant à Christ, nous lisons : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 8).
Comme couvercle pour l’arche : « un propitiatoire d’or pur » et au-dessus, deux chérubins faits « d’or battu ». Ils étaient placés, étendant leurs ailes en haut et « couvrant de leurs ailes le propitiatoire » ; leurs faces, l’une vis-à-vis de l’autre, « tournées vers le propitiatoire » (voir : Ex. 25. 17 à 20). À Moïse, l’Éternel dit : « … je me rencontrerai là avec toi et je parlerai avec toi de dessus le propitiatoire » (v. 22).
Le sang d’un taureau pour la maison d’Aaron et le sang d’un bouc pour le peuple étaient aspergés une fois par an « sur le propitiatoire et devant le propitiatoire » (Lév. 16. 14 à 16). En image, les péchés étaient couverts et Dieu pouvait être propice ou favorable à son peuple. L’arche et le propitiatoire sont pour nous une image frappante de Christ, dans sa personne et dans son œuvre. Dans sa vie, Il a magnifié la loi et l’a rendue « grande et honorable » (És. 42. 21) ; par sa mort, Il est la propitiation – ou présenté ainsi : « pour propitiatoire, par la foi en son sang ». C’est ainsi que Dieu est juste quant à sa sainteté pour justifier « celui qui est de la foi en Jésus » (Rom. 3. 25 et 26).
Les chérubins représentent les gardiens de la sainteté de Dieu. David et le peuple étaient allés à Kiriath-Jéarim « pour en faire monter l’arche de Dieu, l’Éternel, qui siège entre les chérubins, et dont le nom est placé là » (1 Chron. 13. 6). Dans une première tentative, ils sont rappelés à la sainteté de Dieu. Trois mois plus tard, ils s’y prendront de façon convenable. Pour nous, en application, honorons la présence du Seigneur dans nos vies, par une marche fidèle – et dans l’assemblée, que tout soit à sa gloire, car Il a promis sa présence, une présence bénie. Oui, « L’Éternel bénit Obed-Édom et toute sa maison ».
Chers frères et sœurs, pour terminer ce sujet et commencer l’année, j’aimerais m’attarder sur le disciple et apôtre Jean.
La première rencontre mentionnée est celle-ci : « Il passa plus loin et vit deux autres frères, Jacques le [fils] de Zébédée, et Jean son frère, dans la barque avec Zébédée leur père, en train de raccommoder leurs filets, et il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent » (Mat. 4. 21 et 22). Jésus vient d’appeler deux pêcheurs, Simon et son frère André, et maintenant il en appelle deux autres, Jacques et Jean. À l’appel du Messie, ils quittent tout pour le suivre. Quelle confiance, quelle foi, quelle détermination ! Nous retrouvons ce quatuor de frères un peu plus tard : « Et aussitôt, en sortant de la synagogue, ils allèrent avec Jacques et Jean dans la maison de Simon et d’André. Or la belle-mère de Simon était couchée, avec de la fièvre ; aussitôt ils lui parlèrent d’elle. S’approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servait » (Marc 1. 29 à 31). Ils assistent à la sollicitude de leur maître et à cette guérison instantanée.
« Puis il monte sur une montagne et appelle à lui ceux qu’il voulait ; ils vinrent à lui, et il en établit douze pour être avec lui, pour les envoyer prêcher et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons : Simon (il le surnomma Pierre) ; Jacques le [fils] de Zébédée et Jean le frère de Jacques (il les surnomma Boanergès, ce qui signifie : fils de tonnerre) » (Marc 3. 13 à 17). Étonnant ce surnom de fils du tonnerre ! Cela concerne-t-il leur caractère ?
Plus tard, au ch. 5. 35 à 43, nous trouvons la résurrection de la fille de douze ans de Jaïrus, le chef de la synagogue. Moment privilégié pour trois disciples. « Il ne permit à personne de le suivre, sinon à Pierre, à Jacques, et à Jean le frère de Jacques » (v. 37). Ils ont assisté à ce miracle extraordinaire. Nous retrouvons ces trois mêmes disciples au milieu d’un tableau exceptionnel. « Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les mène seuls à l’écart, sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux ; ses vêtements devinrent brillants, d’une extrême blancheur, tels qu’aucun foulon sur terre ne peut ainsi blanchir » (Marc 9. 2 et 3). Ils ont vu Moïse et Élie, puis ils ont entendu Dieu dire : « - Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » (v. 7). En commençant « son » évangile, Jean pourra témoigner : « Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous (et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité » (Jean 1. 14). L’apôtre Pierre écrira dans sa deuxième épître (1. 16 à 18) : « En effet, ce n’est pas en suivant des fables ingénieusement imaginées que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais parce que nous avons été témoins oculaires de sa majesté. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir. Cette voix venue du ciel, nous-mêmes nous l’avons entendue quand nous étions avec lui sur la sainte montagne ». Ils ont vu quelque chose de la gloire du Fils de Dieu, un moment inoubliable pour eux !
Un peu plus tard, nous entendons Jean s’adresser au Seigneur : « Jean lui répondit : – Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom et qui ne nous suit pas ; nous le lui avons défendu, parce qu’il ne nous suit pas. Jésus leur dit : - Ne le lui défendez pas ; car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et qui puisse, aussitôt après, mal parler de moi ; en effet, celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (Marc 9. 38 à 40). Gardons-nous de mépriser, de rejeter ceux qui « ne nous suivent pas », ceux qui « ne marchent pas avec/comme nous » !
Dans l’épisode suivant, nous avons une demande étonnante venant de Jacques et de Jean (et de leur mère – cf Mat. 20. 20). « Alors Jacques et Jean, fils de Zébédée, viennent à lui et lui disent : - Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous tout ce que nous te demanderons. Il leur dit : - Que voulez-vous que je fasse pour vous ? Et ils lui dirent : - Accorde-nous d’être assis, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire » (Marc 10. 35 à 37). Les autres disciples en sont indignés. Le Seigneur les remet tous à leur place et nous donne à nous aussi une leçon : « et celui d’entre vous qui voudra devenir le premier sera l’esclave de tous. Car aussi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour un grand nombre » (Marc 10. 44 et 45).
En Marc 13, nous voyons de nouveau les deux couples de frères ensemble, poser une question au Seigneur concernant les choses qui vont arriver après. Il va leur parler de la destruction du temple, des tribulations futures, du retour en gloire du Seigneur. Et il nous dit encore à tous : « Prenez garde, veillez et priez (v. 33).
Nous arrivons maintenant au 3ème moment particulier entre le Seigneur et les trois disciples déjà mentionnés. « Ils arrivent à un endroit appelé Gethsémané. Il dit à ses disciples : – Asseyez-vous ici, jusqu’à ce que j’aie prié. Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean » (Marc 14. 32 et 33). On peut dire que c’est un rendez-vous manqué, parce que ces trois disciples choisis par le Seigneur se sont endormis. Par la voix prophétique, le Seigneur dit dans Psaume 69. 21 : « L’opprobre m’a brisé le cœur, et je suis accablé ; j’ai attendu que [quelqu’un] ait compassion [de moi], mais il n’y a eu personne… et des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvé ». Voilà l’état de notre cœur !
Penchons-nous maintenant sur deux moments touchants entre Jean et son maître. Le premier se trouve dans Jean 13. 21 à 26 : « Ayant dit cela, Jésus fut troublé dans [son] esprit et rendit témoignage : – En vérité, en vérité, je vous le dis : l’un de vous me livrera. Les disciples se regardaient donc les uns les autres, perplexes, [se demandant] de qui il parlait. Or l’un de ses disciples, que Jésus aimait, était à table, tout contre le sein de Jésus. Simon Pierre lui fait alors signe de demander qui était celui dont il parlait. Lui, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : – Seigneur, qui est-ce ? Jésus répond : - C’est celui à qui je donnerai le morceau après l’avoir trempé ».
Avez-vous vu où se trouve Jean ? Il est dans le sein du Seigneur ! N’est-ce pas la plus belle place ? Les autres disciples sont agités, craintifs, dans l’incompréhension totale, pendant que Jean jouit du calme et de la tranquillité près de son Seigneur. C’est à Jean que s’adressent les disciples. N’est-il pas le disciple qui se nomme à cinq reprises « le disciple que Jésus aimait » ? (Jean 13. 23 ; 19. 26 ; 20. 2 ; 21. 7 et 20).
Chers amis, il y a, là sur son cœur, de la place pour chacun d’entre nous !
Le Seigneur nous invite tous : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
La tendresse du Seigneur se voit aussi en Marc 9. 36 et 10. 16 : « Il prit alors un petit enfant, le plaça au milieu d’eux ; et l’ayant pris entre ses bras… » ; « Puis, après les avoir pris entre ses bras, il posa les mains sur eux et les bénit ».
Ta divine tendresse,
Jésus, puissant Berger,
M’entoure en ma détresse…
Sur ton cœur tu me portes,
Faible et souvent lassé ;
Tes mains douces et fortes
Me tiennent enlacé.
Près de toi je veux vivre,
Cœur qui souffris pour moi !
(Hymnes et Cantiques n°133)
Dans tes bras éternels,
Dieu Fort d’éternité,
Tu nous tiens à l’abri…
(Hymnes et Cantiques n°196)
… Pour nous brûle son cœur,
ce cœur plein de tendresse
(ancien Hymnes et Cantiques n°63)
Tiens-nous près de ton cœur…
De toi nous approcher est toute notre envie
(Hymnes et Cantiques n°61)
Même en la sombre vallée,
Tu te tiens tout près de moi,
Et mon âme est consolée
De se sentir avec toi.
(Hymnes et Cantiques n°189)
Mon Dieu, plus près de toi…
C’est le cri de ma foi…
Dans le jour où l’épreuve
Déborde comme un fleuve,
Garde-moi près de toi !
Tout près de toi !
Tiens-moi, dans ma douleur,
Tout près de toi.
Alors que la souffrance
Fait son œuvre en silence,
Toujours plus près de toi,
Seigneur, tiens-moi !
Plus près de toi, toujours…
Donne-moi ton secours,
Soutiens ma foi.
Que Satan se déchaîne,
Ton amour me ramène
Toujours plus près de toi,
Plus près de toi !
Mon Dieu, plus près de toi
Dans ton chemin !
Garde-moi près de toi
Tenant ta main.
Pèlerin, prends courage !
C’est la fin du voyage…
(Hymnes et Cantiques n°248)
Le deuxième moment touchant, surprenant, entre Jean et son Seigneur a lieu dans un endroit inattendu…
« Et il sortit, portant sa croix, [et alla] au lieu [dit] le Crâne, appelé en hébreu Golgotha, où ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit aussi un écriteau qu’il plaça sur la croix, avec cette inscription : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, parce que le lieu où Jésus avait été crucifié était près de la ville ; il était rédigé en hébreu, en grec, en latin. Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent alors à Pilate : – N’écris pas : Le roi des Juifs, mais que lui a dit : Je suis le roi des Juifs. Pilate répondit : - Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. Les soldats, quand ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. [Ils prirent] aussi la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée tout d’une pièce depuis le haut. Ils dirent donc entre eux : – Ne la déchirons pas, mais tirons au sort pour savoir à qui elle sera. Afin que soit accomplie l’Écriture : Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et sur ma robe ils ont jeté le sort. C’est ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, [femme] de Clopas, ainsi que Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère et le disciple qu’il aimait se tenant à côté, dit à sa mère : - Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : – Voilà ta mère.
Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19. 17 à 27).
Oui, c’est au pied de la croix que se passe cette scène insolite. Jésus est cloué sur la croix, dans de grandes souffrances physiques, et là, il pense à sa mère qui a besoin de réconfort et de soutien. Il la remet aux bons soins de Jean. Pourquoi ne recommande-t-il pas sa mère à ses frères et sœurs, les autres enfants de sa mère… n’était-ce pas à eux de s’occuper d’elle ? Il préfère confier sa mère au disciple qui vivait dans son amour, qui vivait de son amour, qui se savait être aimé par Lui et qui croyait en Lui. Ses frères et sœurs ne croyaient, à ce moment-là, pas encore en Lui. Quel honneur, quelle marque de responsabilité, de confiance et d’amour de la part du Seigneur envers son disciple !
Ces deux moments de tête-à-tête entre le Seigneur et son disciple Jean me touchent profondément : voir le cœur humain du Seigneur partager des moments d’intimité, au milieu de moments douloureux, avec un disciple, dont il apprécie les sentiments et à qui il peut faire confiance. Je pense que le plus grand bonheur du Seigneur, c’est de trouver des cœurs qui apprécient grandement – je voulais écrire « à sa juste valeur », mais cela ne sera possible qu’au ciel – son amour et la grandeur de son sacrifice ; en voyant des âmes réaliser qu’elles sont perdues et se confier en son amour ; en voyant des chrétiens vivre pleinement dans son amour, et répondre à son amour en le faisant aussi rayonner autour d’eux. Est-ce que je réalise à quel point le Seigneur m’a aimé et m’aime en ce moment même ? Puis-je dire avec l’apôtre Paul : « l’amour du Christ nous étreint » ? (2 Cor. 5. 14) => MERCI, Seigneur.
Quelle profonde tristesse, pour lui, de voir si peu d’amour, si peu de reconnaissance, quand ce n’est pas une ingratitude totale, si peu de zèle, si peu de cœurs brûlants parmi ses rachetés !
« Jésus répondit : - Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? »(Luc 17. 17).
Cher racheté du Seigneur, qu’en est-il de toi ? Quel est ton « degré » de reconnaissance, de louange et d’adoration pour ton Sauveur, pour ton Dieu et Père ? En quoi se traduit-il dans ta vie de tous les jours ? Et chez moi ?
« pour que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs, [et que vous soyez] enracinés et fondés dans l’amour, afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur et la profondeur et la hauteur – et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance -, afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Éph. 3. 17 à 19).
« – Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même » (Luc 10. 27).
« Seigneur, tu sais que je t’aime » (Jean 21. 15,16 et 17).
Tu m’as aimé, Seigneur,
avant que la lumière
Brillât sur l’univers…
Mon Dieu, tu m’as aimé,
quand, sur la croix infâme,
On vit de Jésus-Christ le corps inanimé ;
Quand, pour me racheter de l’éternelle flamme,
Ton saint Fils a porté les crimes de mon âme,
Mon Dieu, tu m’as aimé !
Tu m’aimeras toujours !
Ni Satan, ni le monde,
De cet amour jamais n’arrêteront le cours ;
Où le mal abonda, la grâce surabonde :
À ton amour, ô Dieu,
que mon amour réponde,
Toi qui m’aimes toujours !
(Hymnes et Cantiques n°151)
Recevez toute mon affection en Jésus Janvier 2026.
Éric et Ruth rentraient de l’école du dimanche. Tous deux portaient des habits bien usés, bien minces et leurs souliers auraient eu grand besoin d’être ressemelés. Il faisait froid, aussi les enfants, au lieu de flâner en ville comme ils le faisaient parfois, se dépêchaient-ils de rentrer à la maison. Là, le poêle était chaud, grâce à toutes les pommes de pin et au bois qu’ils avaient ramassés pendant l’été. Qu’il fera bon dans la chambre bien chauffée !
– Dis, quelle belle histoire elle nous a racontée ! s’écria Ruth, rompant tout à coup le silence. C’était beau, ces oiseaux noirs qui apportaient à manger au prophète !
– Les oiseaux noirs sont des corbeaux, répliqua son frère, et c’est le prophète Élie. Pourquoi n’appelles-tu pas les choses par leur nom ? Et notre monitrice nous a dit : de la viande et du pain !
– Oh ! c’est la même chose, répliqua Ruth en riant. L’histoire est quand même très belle, même si je ne sais pas les mots justes. Dis, Éric, comme ce serait beau si les corbeaux nous apportaient une fois de la viande ! Il y a terriblement longtemps que nous n’en avons pas eu ! Te rappelles-tu, une fois, nous avons eu chacun une petite saucisse entière ! C’est ça qui était bon !
– Oui, c’était avant, quand papa pouvait encore travailler, répliqua le frère, et son visage s’assombrit tout à coup. Oui, dans ce temps-là, tout allait bien pour nous. Mais maintenant les corbeaux ne nous apporteront rien, tu peux en être sûre, Ruth, ils dévorent eux-mêmes tout ce qu’ils trouvent !
Une expression, presque amère, trop sérieuse pour ses dix ans, passa sur le visage du petit garçon. Ruth remarqua que son frère était triste, et elle chercha quelque chose qui put le consoler. Son petit cœur aimait à être joyeux et à rendre les autres heureux.
– Tu sais, ça ne va quand même pas mal chez nous, répliqua-t-elle gaiement. Maman a dit hier : Aussi longtemps que nous avons de bonnes pommes de terre dans la cave, nous pouvons être reconnaissants.
– Oui, mais tu ne sais pas…
Éric n’acheva pas sa phrase en regardant les yeux brillants de sa petite sœur. Il allait dire : tu ne sais pas qu’il ne reste que bien peu de pommes de terre, et que ferons-nous ensuite ? Il ne voulait pas attrister la petite Ruth, qui n’avait que six ans ! Il l’aimait tendrement, et son caractère si gai lui faisait du bien, à lui que la vie rendait déjà soucieux.
– Viens, nous allons descendre la pente en courant, et nous verrons qui arrivera le premier à la maison, s’écria-t-il. Ça nous réchauffera ! Un, deux, trois, partons !
Et les deux enfants s’élancèrent en riant.
En courant, Ruth oubliera l’histoire des corbeaux et de la viande, pensa Éric. Si elle la raconte, papa sera tout triste et dira encore : ça, ce n’est pas pour nous !
Mais quand Ruth, riant et criant, s’arrêta en disant : Première, parce qu’Éric l’avait laissée le devancer, elle ajouta rapidement :
Dis, Éric, ne crois-tu pas que nous pourrions prier pour que les corbeaux nous apportent quelque chose ? Peut-être pour la fête de papa !
– Je t’ai déjà dit que les corbeaux n’apportent plus rien maintenant, mais maman sera contente si nous lui chantons le nouveau cantique que nous avons appris.
– Oh oui ! et la petite entra joyeuse dans la pauvre petite maison, située en dehors du faubourg de la ville, en pensant au chant qu’elle venait d’apprendre.
Chez les Dériaz, on entrait d’abord dans la cuisine, puis dans la chambre. Madame Dériaz était debout devant le fourneau potager et remuait la soupe. Quand les enfants entrèrent, une expression joyeuse passa sur son visage généralement soucieux.
– Oh maman ! c’était beau aujourd’hui, s’écria Ruth vivement. Madame Dériaz sourit et dit :
– Eh bien, tu nous le raconteras en dînant. Entrez dans la chambre et allez voir qui y est assis !
Elle avait un air si mystérieux en disant cela que les enfants se précipitèrent sur la porte.
– Oh papa ! s’écrièrent-ils ensemble.
Depuis de longues semaines, leur père restait au lit, bien malade, souffrant tellement que souvent il ne pouvait pas même supporter la vue de ses enfants. Cela avait été un temps bien triste pour tous. Et maintenant, voilà qu’il était assis, soutenu par des coussins, près du poêle chaud, et il se réjouissait de voir leur étonnement.
– Papa, mais c’est une fête de te voir debout, s’écria la petite fille !
– Je le trouve aussi, répondit le père, si pâle encore, tout en la regardant tendrement. Hier déjà et avant-hier je me suis levé, une demi-heure premièrement, puis toute une heure pour vous faire cette surprise aujourd’hui.
– Est-ce que tu mangeras, avec nous, à table, comme avant ?
– Oui, à table, avec vous, répondit le père en riant.
Les yeux d’Éric brillèrent aussi de joie.
– Oh maman ! puisque c’est fête, pouvons-nous mettre une nappe sur la table ? s’écria-t-il et sa mère donna joyeusement son consentement.
Vivement, les deux enfants mirent le couvert, et tous s’assirent gaiement à table. Après la soupe, il y eut des pommes de terre et des haricots séchés. Monsieur Dériaz mangea peu de chose, et sa femme pas beaucoup plus.
– Si je pouvais au moins te donner un peu de viande, cela te ferait du bien. Mais je ne veux pas commencer à faire des dettes, dit-elle.
Ruth s’écria :
– À l’école du dimanche, on nous a raconté quelque chose de très beau ! Il y avait un homme qui avait faim, mais de gentils oiseaux noirs lui ont apporté à manger de la bonne viande !
– Élie a dû s’enfuir à cause du méchant roi qui voulait le tuer, s’écria Éric, et Dieu l’a caché au bord du torrent, et là, les corbeaux lui ont apporté du pain et de la viande.
– Dis, papa, ce serait bien si cela nous arrivait aussi, continua la petite.
– À coup sûr, dit le père en souriant amèrement. Mais cela ne risque pas de nous arriver comme au prophète Élie ! Personne ne pense à nous !
Éric pencha la tête. Cela lui faisait toujours tellement mal d’entendre son père parler ainsi. Et il savait que sa mère en souffrait aussi. C’est pourquoi il aurait préféré que Ruth ne raconte pas son histoire. Elle aurait mieux fait de chanter, son père aimait toujours l’entendre.
– C’est une très belle histoire, Ruth, dit madame Dériaz, mais n’as-tu pas dit que vous aviez appris un nouveau cantique ?
De sa voix claire, Ruth entonna joyeusement :
Au-delà du ciel bleu, bien loin de cette terre
Pour nous, jeunes enfants, qui connaissons Jésus,
Il est un doux repos dans la maison du Père,
Où le péché, la mort, la douleur ne sont plus.
La maman joignit doucement sa voix à celle de l’enfant, et les yeux si sombres du père s’éclairèrent aussi :
– Je l’ai aussi appris quand j’étais petit garçon, dit-il pensivement.
Hélas, avait-il trop présumé de ses forces, ou était-il resté trop longtemps debout ? La fièvre le saisit et il dut de nouveau garder le lit. La mère aussi avait l’air chaque jour plus triste et fatiguée.
– Si seulement je pouvais donner à papa quelque chose de fortifiant, dit-elle un soir à son petit garçon. Mais, voilà, c’est impossible. Et bientôt nous n’aurons plus de pommes de terre ! Que ferons-nous après ? C’est tout juste si je puis gagner assez pour acheter du pain et du lait !
– Nous pouvons prier, dit Éric en levant vers sa mère des yeux sérieux. À l’école du dimanche, on nous dit que ça aide.
– Oui, mon petit, je le fais toujours, répondit-elle doucement. Et je suis heureuse que tu le fasses avec moi.
– Ruth prie aussi, dit Éric timidement, et pense, maman, elle croit encore que les corbeaux nous apporteront une fois quelque chose de bon !
– Laisse-la croire cela, car rien n’est impossible à Dieu.
Les jours s’écoulaient, monotones, peut-être angoissants pour M. et Mme Dériaz, mais Ruth ne se laissait pas abattre par la tristesse qui régnait au logis. Elle racontait avec entrain les histoires qu’elle entendait à l’école du dimanche et ne fut même pas impressionnée quand son père lui dit un jour avec impatience :
– Cesse un peu avec toutes tes histoires ! Tout ça, c’est bon pour les gens riches
– Ah mais non ! papa, répondit-elle, les yeux étincelants. C’est pour nous que Jésus est né dans une étable, il n’avait qu’une crèche pour berceau : tu vois, il est venu surtout pour les pauvres gens !
Et le soir, quand Éric et sa sœur se glissaient dans leur lit, dans la petite chambre, derrière la cuisine, Ruth disait souvent :
– Dis, je voudrais bien savoir ce que Dieu nous enverra pour la fête de papa ! Peut-être un peu de viande, ne crois-tu pas ?
« Si seulement c’était possible », pensait le petit garçon.
La veille de ce jour d’anniversaire, attendu avec tellement d’impatience, les enfants furent invités à la fête de l’école du dimanche. Leur mère ne pouvait pas les accompagner, elle ne voulait pas laisser son mari seul aussi longtemps. Mais les enfants lui promirent de tout lui raconter !
En partant, Éric portait un grand panier de linge que Mme Dériaz avait lavé et raccommodé afin de gagner quelque chose, et en rentrant, les enfants étaient allés reprendre la corbeille vide. Ils placèrent soigneusement au fond le petit paquet reçu à la fête, mais Ruth ne voulut pas lâcher son beau pain d’épice.
– Nous le mangerons demain pour le dessert, s’écriait-elle gaiement, les gens riches ont toujours du dessert ! Demain nous serons riches !
Mais Éric avait le cœur bien lourd : « Aujourd’hui nous avons cuit nos dernières pommes de terre. Papa ne le sait pas, Ruth non plus. Que mangerons-nous demain ? Et la petite dit que nous serons riches ! Oh ! mon Dieu, viens donc à notre aide ! »
– Regarde, Éric, il y a des pommes de terre sur la route !
Et vraiment, une, deux, trois pommes de terre, et là-bas encore plus, étaient dispersées sur la route solitaire. Tout le long du chemin, il y en avait, toutes éparpillées !
C’était sans doute ces deux personnes tirant une charrette, là-bas, qui les perdaient peu à peu. On va vite les ramasser, fut la première pensée du petit garçon.
Mais il lui sembla entendre la voix de sa mère lui disant : « Quoiqu’il arrive, nous voulons être honnêtes, même si nous sommes devenus si pauvres ».
D’une voix étranglée par l’émotion, il s’écria :
– Il nous faut courir après ces gens là-bas, et leur dire qu’ils perdent leurs pommes de terre.
C’était un grand garçon et une jeune fille, bien enveloppés dans de grandes pèlerines foncées ; ils venaient sans doute de s’apercevoir de leur perte, car ils s’étaient arrêtés et le jeune homme tâtait chacun de ses sacs.
– Vous perdez vos pommes de terre, lui cria Éric de loin.
Et vite, il en ramassa quelques-unes qu’il mit dans son panier. Ruth posa soigneusement son pain d’épice sur une borne, au bord de la route, et imita son frère.
– Nous allons vous aider, s’écria-t-il.
Les deux jeunes gens regardèrent la mine pâle des deux enfants, leurs vêtements si minces ; ils chuchotèrent entre eux, puis le garçon leur dit avec bienveillance :
– Nous devons nous dépêcher, c’est déjà tard. Nous avons assez de pommes de terre ; j’ai rattaché le sac ; et si vous le voulez, vous pouvez ramasser ce qui est tombé !
S’ils le voulaient ! Éric leva ses yeux brillants de joie et s’écria de tout son cœur :
– Que Dieu vous le rende mille fois !
– Et c’est un beau souhait ! s’écria la jeune fille. Allons, Fred, dépêchons-nous maintenant.
– Je vous remercie aussi mille fois ! cria Ruth de sa voix claire et joyeuse.
Puis les enfants se hâtèrent de ramasser une à une toutes les belles pommes de terre. Leur panier était presque plein. Par-dessus Ruth posa son petit paquet d’école du dimanche, et son pain d’épice, et s’écria triomphalement :
– Voilà un vrai cadeau d’anniversaire pour papa !
– Maman sera contente quand elle le verra, Éric, tandis qu’ils portaient à deux la grosse corbeille. Tu sais, Ruth, nous avons mangé aujourd’hui nos dernières pommes de terre. Et voilà, Dieu nous en a donné ce soir !
– As-tu vu les longues pèlerines que portaient ces gens ? Ils avaient l’air de gros corbeaux qui battaient des ailes quand ils sont partis. Tu sais, c’est comme dans l’histoire d’Élie. Tant pis si ce n’est pas de la viande, des pommes de terre, c’est bien aussi !
Ce fut aussi l’avis de leur mère quand les enfants arrivèrent avec leur charge et, très excités, lui racontèrent leur aventure. Il lui sembla que c’était une preuve que Dieu continuerait à les aider.
Or c’est ce qui arriva. Le lendemain, Mme Dériaz soupait avec ses enfants quand on heurta à la porte. Ruth venait de répéter qu’elle n’avait jamais mangé d’aussi bonnes pommes de terre que celles que les « corbeaux » leur avait apportées. Vite elle courut ouvrir. Sa maîtresse d’école du dimanche était là, avec deux autres demoiselles. Elles portaient une grande corbeille pleine de mystérieux paquets…
La monitrice raconta que, dernièrement, elle avait remarqué l’air soucieux et triste d’Éric. Elle s’était informée de la situation de la famille, avait appris la longue maladie de M. Dériaz. Des amis, qui ne voulaient pas être nommés, avaient prêté leur concours, et, comme Ruth avait raconté le dimanche précédent que c’était bientôt l’anniversaire de son papa, ils avaient voulu que ce soit un vrai jour de fête. Maintenant les enfants pouvaient déballer. Et que virent-ils ! Une boîte de fortifiant pour leur père, et pour eux de bons souliers, une veste chaude pour leur maman, et tant d’autres belles choses si utiles. Pour finir, un gros saucisson ! Ruth sauta de joie et s’écria :
– C’est comme l’histoire d’Élie au torrent !
Éric et sa mère racontèrent alors comment Ruth avait toujours attendu que les corbeaux d’Élie leur apportent quelque chose parce qu’ils en avaient tellement besoin. Et la monitrice s’écria gaiement :
– Quel bonheur que Dieu ait permis que nous soyons les corbeaux !
Il y avait encore une enveloppe pour M. Dériaz, et Ruth fut chargée de la lui apporter dans son lit. Quand il l’ouvrit, il trouva un billet de cent francs et quelques mots : « Le Seigneur pense à nous et nous bénit ! »
De chaudes larmes jaillirent alors de ses yeux, roulant sur ses joues amaigries, et il s’écria :
– Maintenant je sais que Dieu existe. Il ne nous a pas oubliés, et Il peut me rendre la santé. Aujourd’hui je crois de nouveau !
Effectivement, à partir de ce jour-là, il alla mieux, et bientôt il put reprendre son travail. Il n’oublia jamais ce merveilleux jour d’anniversaire où il fut si vivement conscient que : « Le Seigneur pense à nous ».
L’histoire des corbeaux d’Élie fut toujours celle que Ruth préféra entre toutes, et dernièrement encore elle disait à son père :
– Quand je serai grande et que j’aurai des enfants, je leur raconterai comment Dieu nous a exaucés. Ils en seront contents, et je leur raconterai aussi l’histoire du prophète et des corbeaux !
Au milieu d’une forêt dense de Silésie se trouvait une petite maison isolée, entourée d’un joli jardin parfaitement entretenu. Elle était habitée au commencement du siècle dernier par la famille de Gruner, garde général des forêts ; cette famille se composait d’une vieille grand-mère, de sa fille, de son gendre et d’une petite fille d’environ sept ans. La paix et le bonheur semblaient régner sous ce toit. Les époux avaient recueilli leur mère devenue veuve, et elle les aidait autant qu’elle le pouvait dans le ménage et pour élever leur enfant. Il y avait pourtant une ombre à ce joli tableau : les deux femmes étaient très pieuses et s’efforçaient d’inculquer à la petite Émilie la crainte de Dieu et l’attachement au Seigneur Jésus ; le garde général ne s’y opposait pas, les laissant libres de lire la Parole de Dieu et de prier, mais il refusait de s’associer à leur lecture biblique quotidienne. Il se croyait plus sage que Dieu, et souriait avec pitié lorsque sa belle-mère et sa femme cherchaient à lui dire quelle force, quelle joie, quelle paix elles trouvaient dans la lecture de la Bible et dans la communion de leur Sauveur.
La jeune femme soupirait souvent en songeant à l’indifférence et à l’incrédulité de son mari, mais depuis huit ans qu’elle l’avait épousé, il semblait n’avoir fait aucun progrès spirituel.
Nous sommes en automne ; la soirée est sombre ; le vent mugit et secoue la petite maison forestière jusque dans ses fondements. Gruner n’est pas encore rentré de la ville voisine où il a été conduire plusieurs braconniers qu’il était parvenu à capturer, non sans peine. Le plus redoutable d’entre eux avait cependant réussi à se dérober à toutes les poursuites ; on le savait caché dans les forêts d’alentour, mais on n’avait pas pu l’attraper. Le garde général avait dû accompagner gendarmes et braconniers pour faire sa déposition ; d’ordinaire il revenait avant la nuit ; ce soir-là, la lampe était allumée depuis longtemps, et il n’était pas encore revenu. Les deux femmes tricotaient sans relâche, interrompant de temps à autre leur travail pour tendre l’oreille, sans se communiquer leurs craintes : toutes deux songeaient au braconnier, resté libre, et qui certainement était au courant de ce qui concernait ses compagnons. N’avait-il pas poussé l’audace jusqu’à faire dire à Gruner, par un paysan, qu’il saurait se venger et lui faire payer cher le mal qu’il leur avait fait, à lui et à ses camarades ? Aussi était-il bien naturel que, pendant leur veillée solitaire, Madame Gruner et sa mère aient eu de l’appréhension. Qu’y avait-il, en effet, de plus probable, de plus naturel même, que le bandit saisisse cette occasion pour attenter aux jours du garde général au moment où celui-ci venait de livrer ses prisonniers à la justice ?
– Ma chère fille, dit enfin la vieille mère, pourquoi nous inquiéter et nous tourmenter ainsi ? Ne savons-nous pas que Dieu est puissant pour garder celui que nous aimons ? Au lieu de prévoir tous les malheurs possibles et imaginables, unissons nos supplications pour demander à Dieu de ramener bientôt celui qui nous est cher.
Anna fut de l’avis de sa mère ; elle prit sa Bible, sa précieuse Bible, apportée de la maison paternelle et l’ouvrit au Psaume 71.
« En toi, Éternel ! j’ai mis ma confiance : que je ne sois jamais confus ! Dans ta justice, délivre-moi et fais que j’échappe ; incline ton oreille vers moi et sauve-moi. Sois pour moi un rocher d’habitation, afin que j’y entre continuellement ; tu as donné l’ordre de me sauver, car tu es mon rocher et mon lieu fort.
« Mon Dieu ! fais-moi échapper de la main du méchant, de la main de l’injuste et de l’oppresseur. Car toi tu es mon espérance, Seigneur Éternel ! ma confiance dès ma jeunesse…
« Ô Dieu ! ne te tiens pas loin de moi ; mon Dieu, hâte-toi de me secourir ! » (v. 12).
Après cette lecture, les deux femmes se mirent à genoux, et prièrent d’abord pour l’absent aimé, puis pour les pauvres, les malades, les malheureux, pour ceux qui méditaient le mal et que Dieu pouvait arrêter et convertir. Elles se relevèrent fortifiées et calmées.
Peu après, des pas rapides se firent entendre au-dehors et le forestier rentra chez lui.
Le souper fut vite mis sur la table et le garde raconta, tout en mangeant, les événements de la journée. Retenu à la ville plus tard qu’il ne l’avait prévu, Gruner avoua qu’en venant il avait été assailli de pressentiments funestes, et qu’il n’avait respiré librement qu’en retrouvant les siens.
– Nous aussi, dit Anna, nous avons été bien angoissées, mais nous t’avons si instamment recommandé à Dieu, que nous étions sûres qu’il te ramènerait sain et sauf.
– Tout de même, j’ai plus de confiance dans mes braves chiens et dans ma carabine que dans tes prières, ma chère femme ; et pour te prouver qu’il ne faut jamais négliger de sages précautions, je vais fermer soigneusement toutes les issues de la maison et lâcher nos chiens, qui nous garderont mieux que des prières.
Anna soupira, mais elle eut la sagesse de ne pas répondre, et se contenta de faire monter une muette mais ardente supplication vers Celui qui tient les cœurs dans sa main ; il lui semblait triste que, dans un pareil moment, après une semblable délivrance, Gruner pût encore méconnaître l’intervention miséricordieuse de Dieu.
La maison fut soigneusement fermée ; tous les habitants allèrent se coucher et furent bientôt endormis. Ils ne furent donc pas témoins de la scène qui se passa un moment plus tard dans la salle à manger qu’ils venaient de quitter. Un homme sortit en rampant de dessous le canapé ; ses cheveux en désordre, sa barbe hérissée, ses yeux ardents, ses habits déguenillés, lui donnaient un aspect effrayant. Il regarda de tous côtés, tendit l’oreille ; aucun bruit, aucun mouvement ne se fit entendre. Il posa sur la table un grand couteau bien affilé et saisit la Bible laissée à portée. Il la considéra avec un respect superstitieux. La clarté de la lune pénétrait par une ouverture du volet et éclairait seule la scène que nous décrivons. L’homme essaya de lire, mais en vain ; il referma le saint volume en restant un moment pensif et irrésolu. Ses yeux lançaient des éclairs, et semblaient tour à tour pleins de colère ou d’attendrissement ; sa main s’avançait vers le couteau qu’il avait posé près de lui. Tout à coup ses traits se détendirent, son regard s’adoucit ; il ouvrit doucement, tout doucement la fenêtre, puis le volet, se retourna, saisit la Bible et se glissa hors de la croisée avec une telle dextérité que les chiens même ne s’en aperçurent pas. L’instant d’après, il sautait par-dessus la palissade et s’enfonçait en pleine forêt.
Quand, le lendemain matin, le forestier et sa famille entrèrent dans la salle à manger, ils furent bien surpris de trouver la fenêtre ouverte et le couteau-poignard sur la table. On parcourut toute la maison, on fit des perquisitions en tous sens sans découvrir un seul objet manquant. Seule la Bible de famille, à laquelle Anna tenait tellement, avait disparu.
Un voleur eut remporté mille objets plutôt qu’un, avant de choisir une Bible. Qui donc avait pu s’introduire dans la maison ? Le mystère ne put être éclairci. Gruner se douta-t-il du danger qu’il avait couru avec les siens ? nul ne le sut ; mais il est certain qu’à partir de ce jour-là, il ne haussa plus les épaules quand sa femme lui parla de l’efficacité de la prière et de la protection que Dieu accorde à ses enfants, et il finit par assister à la lecture biblique quotidienne de la famille.
On n’entendit plus parler du braconnier qui, cela va sans dire, ne mit pas ses menaces à exécution ; il avait disparu de la scène de ce monde, pendant que ses anciens complices expiaient leurs méfaits en prison. Les années succédèrent aux années, la famille Gruner continuait à vivre tranquillement, et finit même par oublier cette terrible nuit et le danger imminent dont Dieu l’avait délivrée.
Le duché de Mecklembourg-Schwerin est parsemé d’un grand nombre de lacs de différentes dimensions qui donnent au pays un aspect agréable. Le plus étendu est le lac Muritz qui mesure 4000 mètres de long sur 1200 et 1500 mètres de large. De grandes et épaisses forêts entourent ces étangs, mais il y a peu de villages. Des chaumières isolées rappellent de loin en loin au voyageur qu’il n’est pas dans le désert.
L’année 1813 amena dans ces contrées, d’ordinaire si calmes et solitaires, un bouleversement complet. Les Français, repoussés par les armées coalisées, profitaient des forêts et des lacs pour disputer pied à pied le terrain à leurs ennemis. Les Prussiens résolurent de cerner une de ces forêts et d’en déloger les occupants. L’affaire fut meurtrière et les deux armées laissèrent sur le champ de bataille bien des blessés et des morts. Parmi ceux qui respiraient encore était un officier étendu au bord du lac. Ses camarades, le croyant mort, l’abandonnèrent pour se lancer à nouveau à la poursuite de l’ennemi. Ce malheureux n’était autre que le garde général Gruner, appelé sous les drapeaux depuis quelque temps.
Une balle l’avait frappé en pleine poitrine. Il gisait seul, sans secours, mourant de soif, et la nuit approchait, quand un pêcheur vint amarrer son bateau tout près du blessé ; il se pencha sur lui, s’assura qu’il respirait encore ; il siffla doucement pour appeler son camarade qui sortit des roseaux avec précaution et, à eux deux, ils transportèrent le blessé dans leur barque. Ils traversèrent ainsi le lac et vinrent aborder près du hameau où habitait le pêcheur.
Le pêcheur et sa femme cédèrent leur lit au mourant ; heureusement ils avaient quelque expérience des soins à donner aux blessés et se mirent en devoir de panser l’officier. Pendant de longues semaines ils eurent peu d’espoir de sauver Gruner ; la fièvre le minait et la blessure ne se refermait pas. Enfin le dévouement de ces braves gens fut couronné de succès : l’officier put quitter son lit et il parlait de retourner chez lui, où sa femme et son enfant étaient bien inquiètes.
Quelle ne fut pas la surprise de Gruner lorsqu’un jour il vit entrer dans sa chambre sa fidèle Anna et sa chère Émilie ! Le pêcheur les avait averties de la maladie si grave du forestier et les avait invitées à venir le rejoindre pour hâter sa convalescence.
Pour comble de délicatesse, le pêcheur et sa femme se retirèrent chez des voisins afin de laisser la famille Gruner savourer à son aise les joies du revoir ; mais ils étaient toujours à proximité quand il s’agissait d’un service à rendre.
Les semaines qui suivirent furent des semaines bénies. Non seulement la santé de Gruner se rétablissait et se fortifiait de jour en jour, mais son cœur s’ouvrait de plus en plus à l’Évangile.
La paix de Dieu était entrée dans son âme ; il avait reconnu son état de pécheur devant Dieu et avait compris aussi que le sang de Christ purifie de tout péché ; en outreil avait fait l’expérience personnelle de la puissance efficace de la prière.
Enfin la convalescence s’acheva, et Gruner songea à rentrer chez lui ; il exprima sa reconnaissance au pêcheur et le pressa beaucoup de lui permettre de le dédommager de toute la peine et de toutes les dépenses qu’il lui avait occasionnées.
– Je ne puis rien accepter, répondit le pêcheur, car c’est moi qui suis votre créancier ; jamais je ne pourrai vous rendre ce que vous avez fait pour moi. En parlant ainsi il sortit d’une armoire un livre dont les feuillets étaient bien usés, et qu’Anna reconnut aussitôt : c’était sa chère Bible, celle qui avait si mystérieusement disparu.
– Vous devinez maintenant ce que je vais vous avouer, reprit le pêcheur ; je suis le braconnier, qui pendant si longtemps ai mis le désordre dans votre pays ; vous aviez capturé mes compagnons et vous les aviez livrés à la justice ; je ne respirais plus que vengeance pendant que vous alliez les conduire à la ville ; j’avais profité de votre absence pour me glisser dans votre maison et me cacher sous le canapé ; je comptais, au milieu de la nuit, vous surprendre dans votre sommeil et vous égorger sans pitié. Pendant que j’attendais l’heure propice à l’accomplissement de mon crime, votre mère et votre femme, inquiètes de votre absence, et redoutant, à juste raison, ma violence et ma haine, prirent cette Bible, lurent à haute voix le Psaume 71, et prièrent. Quand je les entendis exprimer leur confiance en Dieu qui pouvait les garder, puis prier pour les pécheurs, pour ceux qui méditaient de faire le mal, une voix se fit entendre, la voix de ma conscience si longtemps étouffée, même s’il m’en coûtait de renoncer à une vengeance qui me paraissait légitime. Le combat fut rude, mais Dieu avait entendu les supplications de ces pauvres femmes ; il eut pitié de moi. Je saisis le volume sacré et je m’enfuis, non seulement de votre maison, mais de votre région. Je suis venu me réfugier ici ; j’ai lu, relu, médité et finalement compris les leçons contenues dans la Bible. J’ai accepté les vérités de l’Évangile ; je crois en mon Sauveur, dont les mérites ont effacé mes fautes. Ma femme m’a puissamment aidé à changer de vie ; je désire désormais vivre et mourir en chrétien. Reprenez votre précieuse Bible, et conservez-nous toujours une place dans votre souvenir et dans vos prières.
Le premier soir que Gruner rentra dans sa maison, ce fut lui qui, d’une voix émue, lut le Psaume 71 et il s’arrêta avec recueillement sur ce passage : « Mais toi, tu es mon puissant refuge. Ma bouche est pleine de ta louange et de ta magnificence, tout le jour » (versets 7 et 8). Puis il ajouta avec ferveur : « Mon âme, bénis l’Éternel, et n’oublie aucun de ses bienfaits ! » (Ps. 103. 2).
« Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants : elle atteint jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur. Il n’y a aucune créature qui soit cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 12 et 13).
Un jeune chrétien était étudiant dans un collège de Californie. Son professeur et ses condisciples étaient tous incrédules, chose très commune de nos jours.
Seul, ayant l’école entière contre lui, et seulement le Seigneur Jésus pour le défendre, il était exposé au ridicule et au mépris. On le traitait d’insensé, terme que, en réalité, Dieu appliquait à ses persécuteurs : « L’insensé a dit en son cœur : Il n’y a pas de Dieu ». (Ps. 14. 1).
Finalement son professeur, qui ne s’occupait pas du Dieu de la Bible, déclara : « La seule façon de trancher cette question est que l’étudiant chrétien écrive un article pour défendre la Bible, et je choisirai un autre étudiant de la classe pour présenter l’autre côté ». Il choisit évidemment quelqu’un qu’il considérait comme des plus capables de réfuter n’importe quel argument qu’avancerait son adversaire, et qui de plus haïssait la Bible.
La date de la controverse fut fixée. L’étudiant incrédule se prépara avec acharnement pendant que le chrétien cherchait en Dieu la sagesse, selon l’exhortation de Jacques 1. 5 : « Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et elle lui sera donnée ».
Le jour de la controverse arriva enfin. La salle de cours était remplie d’une foule impatiente. Avec un courage tranquille, qui venait de son humble confiance en Dieu, qu’Il l’aiderait, l’étudiant chrétien cita de nombreuses portions de la Bible elle-même.
Puis l’orgueilleux professeur appela fièrement son champion. Un profond silence se fit dans l’auditoire lorsque le prétendu avocat de l’incrédulité s’avança. Avec un calme peu ordinaire, il dit :
« Honorable professeur et condisciples, j’ai pensé qu’il était inutile de mettre par écrit les résultats auxquels je suis arrivé. Je vais donc vous dire oralement à quoi mes recherches ont abouti. En premier lieu, soyez assurés que j’ai passé de nombreuses heures à une étude approfondie de la Bible pour prouver son caractère peu véridique. J’ai cherché diligemment des contradictions possibles, mais n’en ai trouvé aucune. Afin que vous sachiez combien mes recherches ont été soigneuses, je vous dirai que j’ai lu trois fois entièrement le Nouveau Testament et seize fois l’évangile de Jean. Plus je lisais et j’étudiais ce Livre, plus j’étais convaincu qu’il n’était pas d’origine humaine. Les déclarations de la Bible étaient si sublimes et pénétrantes qu’un sentiment de condamnation commença à s’emparer de moi ; il me semblait lire un livre écrit spécialement pour moi. Je fus convaincu ; je compris mon péché et ma folie, et maintenant je crois fermement que la Bible est la Parole de Dieu. Non seulement cela, mais maintenant j’ai accepté Jésus Christ pour mon Sauveur ».
Qui pourra imaginer l’effet produit par la droiture de ces recherches et par cette franche confession ? Peut-on s’étonner que le visage du professeur ait changé de couleur ? L’assistance était consternée et muette d’étonnement. Après un silence pénible, le professeur incrédule, décontenancé, congédia l’auditoire.
(Jésus dit) : « Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent » Matthieu 5. 44.
Qui sont nos ennemis dans notre vie ?
Ils peuvent se présenter comme des personnes hostiles qui nous veulent du mal ou qui essaient de nous nuire. Ils peuvent aussi se trouver dans tout ce qui nous empêche de faire des progrès dans notre vie chrétienne, une contrariété, un caractère faible, de mauvaises habitudes. Et Satan s’en sert pour nous attaquer, pour chercher à nous séduire et à nous nuire, en faisant naître des doutes en nous.
Le géant Goliath était un féroce ennemi d’Israël, mais Dieu s’est servi de son attaque pour montrer sa grandeur. Et Il donna à David, un jeune berger qui n’avait aucune expérience de la guerre, la foi pour le vaincre. Ainsi, Dieu donna à son peuple une victoire éclatante, en le délivrant des ennemis qui l’assaillaient et le terrorisaient.
Le combat entre David et Goliath illustre nos luttes contre les « géants » que nous devons vaincre dans notre vie. Ces ennemis nous contraignent à être prudents et sages, et donc à veiller et prier sans cesse, en nous confiant toujours dans la force de Dieu.
Il est possible que les personnes qui veulent vous faire du mal, sans le savoir ou volontairement, vous aient au contraire aidé à vous approcher de Christ, et même à aimer vos ennemis et à bénir Dieu : exactement l’opposé de ce que l’on pourrait penser ! Dieu ne veut pas vous éviter les ennemis : Il veut resplendir dans votre vie à travers les victoires que vous obtenez en vous confiant en Lui.
« L’homme qui ne gouverne pas son esprit est une ville en ruine, sans murailles » (Prov. 25. 28).
Autrefois, les murailles d’une ville avaient une importance capitale : empêcher l’ennemi d’y pénétrer pour tout détruire et en prendre le contrôle. Une personne qui ne se contrôle pas est comparée à une ville sans murailles !
Se maîtriser, c’est contenir ou contrôler ses envies, ses émotions, ses passions. La maîtrise de soi concerne tous les domaines de la vie.
Le manque de maîtrise de soi fait malheureusement souvent partie de ces péchés que nous estimons facilement comme acceptables. Nous les tolérons parce que nous les considérons comme inévitables du fait de notre caractère, ou de notre environnement familial. Mais, parce que nous les tolérons, nous nous rendons plus vulnérables pour tomber dans d’autres péchés que nous estimons plus graves (même si chaque péché est grave aux yeux de Dieu). La colère peut par exemple conduire à la brutalité verbale ou physique.
Chacun peut réfléchir aux domaines dans lesquels il manque de cette retenue, à laquelle le chrétien est appelé. Mais souvenons-nous que les croyants ont le secours du Saint Esprit qui leur donne le désir et la capacité de se maîtriser. Nous pouvons progresser uniquement par la puissance de Dieu et l’action du Saint Esprit en nous.
« Le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi » (Gal. 5. 22 et 23). Notre responsabilité n’est pas d’essayer par nous-mêmes de nous améliorer, mais de prier Dieu de nous délivrer de ce qui nous rend vulnérables.
« Ne crains pas ; car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux » 2 Rois 6. 16.
Pendant la nuit, l’armée syrienne a entouré la ville de Dothan afin de capturer le prophète Élisée. Quand le serviteur de l’homme de Dieu se réveille, au matin, il voit les armées étrangères tout à l’entour. Il a peur et s’écrie : « Hélas ! mon seigneur, comment ferons-nous ? » (2 Rois 6. 15).
C’est aussi le cas dans nos vies, lorsque nous nous trouvons soudain face à un énorme problème. Pendant la nuit, pour ainsi dire, nous sommes confrontés à quelque chose qui nous effraie et nous submerge complètement. Alors, nous nous demandons : Que devons-nous faire, maintenant ?
La première chose que fait Élisée, c’est d’encourager son serviteur effrayé : « Ne crains pas ; car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux ». Nous faisons aussi cette expérience dans les difficultés. Le Seigneur ranime notre courage en nous rappelant les réalités de la foi par sa Parole : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31). « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33).
Deuxièmement, Élisée prie pour son serviteur : « Éternel, je te prie, ouvre ses yeux, afin qu’il voie » (v. 17). Dieu entend sa requête et ouvre les yeux du jeune homme. Il voit maintenant que les montagnes sont pleines de chevaux et de chars de feu tout autour d’Élisée !
C’est comme cela que le Seigneur veut ouvrir les yeux de notre foi dans nos difficultés, afin que nous le reconnaissions, Lui et son aide. Celui qui a toute autorité dans le ciel et sur la terre nous entoure et nous protège tous les jours (Mat. 28. 18 à 20).