TRADUCTION DE FEUILLETS (145)

« Dieu ne voit-il pas mes voies et ne compte-t-il pas tous mes pas ? » Job 31. 4.

« Tous ceux qui s’attendent à toi ne seront pas déçus »  Psaume 25. 3.

SUR L’OCÉAN DE LA VIE

Un petit groupe de pêcheurs partit en mer pour pêcher au large des côtes mexicaines. Soudain : panne de moteur. Et ils n’avaient pas de radio. Leur embarcation dériva au large. Pendant neuf mois, ils errèrent, se nourrissant d’eau de pluie et de poisson cru, jusqu’à ce que, début août 2006, ils soient finalement repérés et secourus par un thonier taïwanais à quelque 4 500 milles nautiques de leurs côtes. L’un des rescapés raconta : – Nous n’avons pas perdu espoir d’être sauvés, car nous savions que Dieu est tout-puissant. Nous avons lu la Bible ensemble et prié pour nous donner du courage les uns aux autres.

Chaque vie humaine est comme une petite barque ballottée sur l’océan de l’existence. Les épreuves sont comme des vagues qui menacent de faire chavirer notre navire. Mais ces pêcheurs mexicains savaient qu’ils étaient entre les mains de Dieu. Ils avaient confiance en son amour et sa miséricorde et n’ont pas été déçus. Dans la Bible, nous lisons : « L’Éternel est bon ; il est un refuge au jour de la détresse, il prend soin de ceux qui se réfugient en lui » (Nahum 1. 7).

Lorsque nous essayons de mener notre vie tout seuls, nous affrontons les défis et les difficultés du quotidien, démunis et isolés. Mais Dieu est aux côtés de ceux qui L’aiment, même dans les moments difficiles. Il se sert de ces épreuves pour nous prouver qu’Il tient ses promesses, telles qu’elles sont écrites dans la Bible. Ceux qui ont confiance en Lui sont fortifiés dans leur cœur et ne craignent rien. Dieu nous donne sa paix, qui surpasse toute intelligence, afin que nos cœurs et nos pensées soient protégés (voir Ps. 112. 7 et 8 ; Phil. 4. 7).

D’après die gute Saat décembre 2025

« Un cœur joyeux illumine le visage ; mais un cœur triste brise l’esprit » Proverbes 15. 13.

ÉCRIT SUR TOUT SON VISAGE

Dans une zone piétonne d’une grande ville, une foule de gens se presse, certains font leurs courses, d’autres se rendent au travail ou profitent de leur pause déjeuner. Beaucoup semblent pressés ; rares sont ceux qui prennent le temps de s’arrêter.

Il y a tant de monde, tant de visages. Certains sont indifférents, d’autres moqueurs, d’autres encore, curieux. Et puis il y en a certains – et ils se distinguent – dont les visages sont vides, tristes, sans vie, sans espoir. Le verset du jour dit : « Quand le cœur est troublé, l’esprit est brisé ». Que de chagrin se lit sur les visages des passants en ce seul jour : chagrin des projets anéantis, des rêves brisés, des occasions manquées, des amitiés détruites, des familles déchirées !

« Un cœur joyeux » – combien de personnes le souhaitent, l’attendent avec impatience, tout en sachant combien ce souhait est utopique – du moins, si elles tentent de l’atteindre par elles-mêmes.

Mais il en est Un, Dieu, qui a une solution pour les cœurs brisés et meurtris. Il peut et veut les guérir, panser les blessures infligées par la vie ou par autrui. Ce Dieu tout-puissant, qui s’est fait homme en Jésus-Christ, invite tous ceux qui sont marqués par la vie et leur dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos ». Son repos engendre la joie, car Il donne une paix qui ne peut être comprise et vécue qu’en ayant Jésus. Et cette paix demeure, même si les épreuves de la vie restent difficiles et éprouvantes (Ps. 147. 3 ; Mat. 11. 28 ; Jean 14. 27).

Désirez-vous que votre cœur soit rempli de joie ? Venez à Jésus !

D’après die gute Saat décembre 2025

« Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez ce qui est en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » Colossiens 3. 1.

REGARDER EN HAUT VERS LE SEIGNEUR JÉSUS

La gloire et la grandeur de Milford Sound, au sud-ouest de la Nouvelle Zélande, est plus facile à apprécier qu’à décrire. Des murailles de pure roche, souvent couvertes d’un épais tapis de mousse, de buissons, et même d’arbres, se dressent, abruptes, à une hauteur de plus de 1500 mètres. Des chutes d’eau, descendant en cascades sur des centaines de mètres le long des falaises, s’ajoutent à ce déploiement impressionnant de la création de Dieu.

En me déplaçant au milieu de cette beauté naturelle, je fus frappé par les paroles du guide : Regardez vers le haut, sinon vous manquerez beaucoup de la beauté. Cela me rappela immédiatement le verset ci-dessus : « Cherchez ce qui est en haut ». Car, si les touristes manquent de voir la beauté naturelle de ce parc, en négligeant le conseil du guide, combien plus les chrétiens ne voient pas la grandeur spirituelle en négligeant la Parole de Dieu !

Il est vrai que la vaste pièce de séjour offre des sièges confortables, un abri contre la pluie, et aussi une vue limitée ; mais l’enthousiasme est pour ceux qui regardent en haut, et dont les yeux sont remplis de la gloire.

Pourquoi tellement de croyants, parmi nous, préfèrent-ils le confort terrestre ?

D’après the Lord is near juin 1988

« Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul reçoit le prix ? Courez de manière à le remporter… C’est donc ainsi que je cours, non pas à l’aveuglette » 1 Corinthiens 9. 24 à 26.

LA COURSE CHRÉTIENNE, SES CONDITIONS, SON BUT

L’apôtre Paul compare souvent les progrès du chrétien à une course à pied, en se servant d’exemples qui montrent que ce qu’il compare est basé sur son expérience personnelle. Par exemple, dans sa lettre aux Philippiens, Paul décrit l’attitude nécessaire pour faire un bon départ : « oubliant les choses qui sont derrière » et « tendant avec effort vers ce qui est devant ». C’est ainsi que le coureur doit avoir en vue le but et la récompense qui sont devant lui (Phil. 3. 13 et 14). En tant que chrétiens, plus tôt nous estimons le vieil homme comme mort, mieux nous courrons. Plus nous tendrons vers Christ, plus notre course aura un sens. Plus nos yeux seront fixés sur le but, mieux nous serons capables de poursuivre la course.

En Hébreux 12. 1, Paul donne, à celui qui court la course de la foi, deux moyens d’améliorer son endurance. Premièrement, estimez tout, soit comme des ailes, soit comme un poids, et débarrassez-vous de ce dernier. Deuxièmement, gardez votre regard fixé sur le chef de la course. En suivant Jésus, nous devons nous rendre compte qu’il est plus aisé de courir la course si nous ne portons pas des bagages inutiles, et si nous gardons toujours devant les yeux celui qui court devant les autres.

Dans les versets ci-dessus, Paul mentionne une discipline très importante pour gagner la course : courir avec assurance. Nous aurons du mal à bien courir si nous ne sommes pas certains dans quelle course nous courons, qui nous suivons, comment courir, ou pourquoi nous courons. Si nous ne sommes pas assurés quant à notre salut, quant à notre doctrine, nos ressources, ou notre sanctification, nous nous trouverons peut-être en train de courir spirituellement sans but. Si c’est le cas, nous ne pourrons jamais proclamer avec l’apôtre : « J’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Tim. 4. 7).

D’après the Lord is near juin 1988

« Ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu » Jean 12. 43.

LA GLOIRE DE DIEU AVANT TOUT

Ceux qui combattent les batailles du Seigneur doivent s’attendre à ne recevoir aucune reconnaissance.

Ils doivent s’attendre à ne pas être du tout encouragés par l’espoir d’une louange humaine. Si vous faites exception, en pensant que les enfants de Dieu vous loueront quoi qu’en puisse dire le monde, attention ! Aussi longtemps que le respect de leur part est votre motivation, vous pouvez les pousser dans le monde, et trouver le monde en eux, et semer pour la chair en semant pour avoir leur approbation ; et vous ne leur ferez pas de bien, ni eux à vous.

Ne pas être compris du monde n’est pas la seule incompréhension que le chrétien doit s’attendre à connaître dans son travail. Il doit s’attendre à ce que même ses frères le voient de manière peu claire, et être déçu quant à leur sympathie et leur approbation. L’homme de Dieu doit marcher seul avec Dieu ; il doit se contenter de savoir que le Seigneur sait. Et il est tellement reposant, pour l’homme naturel en nous, de retomber sur des manières humaines, des pensées humaines, de la sympathie humaine, que nous nous trompons souvent nous-même en pensant que c’est de l’amour fraternel, alors que c’est seulement de la sympathie terrestre d’un être comme nous. Vous devez suivre Celui qui était laissé seul, et comme Lui, vous devez vous réjouir de ce que vous n’êtes pas seul parce que le Père est avec vous, afin que vous puissiez donner gloire à Dieu.

D’après the Lord is near juin 1988

« Voici, le Seigneur l’Éternel viendra avec puissance, et son bras dominera pour lui. Voici, son salaire est avec lui, et sa récompense devant lui. Comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux et les portera dans son sein ; il conduira doucement celles qui allaitent » Ésaïe 40. 10 et 11.

ISRAËL ET LE MESSIE

Comment Israël pouvait-il manquer de voir, dans cette prophétie, que leur Messie serait l’Éternel Lui-même ? Bien sûr, cela se réfère au jour à venir de gloire merveilleuse, quand Il viendra avec puissance – non pas au jour de sa venue en grâce et en humilité, quand Il ne vint pas ici-bas pour régner, mais pour donner le bel exemple de la beauté de l’humble soumission, et pour donner sa vie en rançon pour beaucoup. En réalité, la merveille de cette œuvre est plus grande que celle de son règne de gloire à venir, comme même de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament en témoignent.

Mais alors, les brebis dispersées d’Israël seront assemblées à nouveau par la tendre main du Berger.

Car, bien qu’Il vienne avec puissance et gouverne avec vérité et justice absolues, cependant Il nourrira son troupeau avec bonté, rassemblant les agneaux de son bras, et conduisant doucement les petits. Quel contraste avec les bergers du passé au cœur froid, qui se nourrissaient eux-mêmes au lieu de nourrir le troupeau (Éz. 34) – et le faux berger, l’Antichrist, qui abandonnera le troupeau quand viendront des difficultés (Zach. 11. 17).

Nous, cependant, avons connu ses soins de Berger dans des circonstances d’épreuve, de besoins, et de peine, où Il s’identifiait avec un peuple éprouvé et affligé, l’Église, qu’Il aime.

Si au moins Israël avait reconnu dans le Seigneur Jésus les précieuses caractéristiques morales du Berger fidèle, l’histoire d’Israël aurait pu être très différente ! Mais ces choses étaient cachées à leurs yeux, et nous avons été bénis à leur place. Cependant nous aussi nous nous réjouirons quand, à la fin, Israël, avec une repentance sincère, recevra son Messie béni avec louange et adoration.

D’après the Lord is near juin 1988 (L.M. Grant)

« Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » Ésaïe 6. 6 et 7.

PURIFIÉS PAR LES SOUFFRANCES DE NOTRE SEIGNEUR

Nous pouvons, en fait, voir sa gloire, même dans ce charbon ardent. Et Il brûle. Nous pouvons dire qu’Il connaît encore le jugement du feu. Qu’il touche, même légèrement, les lèvres impures, et aussitôt toute iniquité est ôtée. Nous devons toutefois nous souvenir que le mot employé pour toucher ne contient pas la pensée d’un contact ordinaire et sans effet.

Le charbon ardent est alors notre Seigneur Jésus Christ, non pas sur un trône haut et élevé, mais élevé sur la croix. Son peuple n’était pas prêt à Le recevoir comme son Roi. Ils avaient bien besoin de Lui d’une autre manière, et son amour devait répondre à ce besoin. Aussi, Il quitte le trône, pour ainsi dire et, se posant sur l’autel, Il devient l’Agneau pascal – le charbon ardent.

Mais cela doit être beaucoup plus que sur nos lèvres maintenant. Cela était tout à fait en relation avec le caractère de cette dispensation-là – dans laquelle tout était extérieur – que les lèvres d’Ésaïe doivent être touchées, car les lèvres sont la manifestation extérieure de ce que nous sommes réellement (Mat. 12. 37). Mais c’est l’homme intérieur qui doit être maintenant touché par ce charbon. Car ce charbon, c’est notre Seigneur Jésus souffrant, brûlant, étant consumé à cause de l’impureté de notre cœur. Si cela touche le cœur, le péché est à la fois ôté de devant Dieu, et haï par celui qui en était coupable. Alors les lèvres peuvent faire une confession joyeuse, à salut, et être employées pour le service.

D’après the Lord is near juin 1988

« Il en toucha ma bouche (le charbon ardent), et dit : … ton iniquité est ôtée… Et j’entendis la voix du Seigneur qui disait : Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? Et je dis : Me voici, envoie-moi » Ésaïe 6. 7 et 8.

LA MISSION DU CROYANT VERS LES PÉCHEURS

Nous n’avons pas à voir le prophète Ésaïe, ici, comme prenant la place d’un pécheur non pardonné : il était certainement un saint longtemps avant ce moment. Ce n’est pas sa régénération qui est vue ici en figure, mais sa préparation pour être employé par le Maître. Et cela ne signifie pas non plus que nous ne sommes pas régénérés du fait que, nous aussi, apprenons la même leçon douloureuse et humiliante, mais utile, de sainteté, dans la corruption complète de tout ce qui est de notre chair. Nous ne devons pas confondre deux vérités : il y a une purification qui est accomplie immédiatement par la grâce divine – et une autre, qui est progressive, dont la responsabilité nous est affirmée en 2 Timothée 2. 21 : « Si quelqu’un se purifie de ceux-ci (les vases à déshonneur) » Mais la même Personne est le moyen de sainteté dans les deux cas ; c’est « le charbon ardent », Christ souffrant pour le péché, et comme fait péché. Ainsi, le vase à honneur est préparé pour être employé par le Maître.

La question : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » n’est pas adressée aux multitudes de créatures du ciel tombées, car il y aurait eu un chœur de volontaires parmi ces créatures angéliques, criant : Envoie-moi ! Mais non, elles sont silencieuses. Aucun séraphin ne répond.

Aucun chérubin, ne se présente non plus, puisqu’il y a un homme qui est, non seulement un vaisseau à honneur, mais qui, étant purifié, a été ainsi sanctifié et est propre pour le service du Maître. Aucun des ministres qui font sa volonté ne pourrait maintenant être envoyé pour cette mission vers les hommes pécheurs. Seul un homme dont les lèvres ont été impures peut aller vers un peuple aux lèvres impures.

Se peut-il que ce soit pour cela que vous et moi soyons laissés ici-bas ?

D’après the Lord is near juin 1988

« Je ne vous impose pas d’autre charge ; seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme jusqu’à ce que je vienne » Apocalypse 2. 24 et 25.

RESTER FIDÈLES À CE QUE NOUS AVONS REÇU

Ces paroles furent adressées à des croyants de la ville de Thyatire. Elles n’étaient pas adressées à tous les croyants de la même manière. Le Seigneur faisait une différence. Pourquoi cela ? Certains avaient refusé une doctrine qui ne venait pas de Dieu. Ils rejetaient l’enseignement d’une femme qui séduisait des chrétiens dans cet endroit, les poussant à l’immoralité et l’idolâtrie. Ils voyaient le mal qu’il y avait dans cette doctrine, le rejetaient complètement, et s’attachaient aux paroles du Seigneur Jésus.

La chrétienté s’est beaucoup éloignée de la vérité de la Parole de Dieu. Même de vrais croyants, aujourd’hui, sont souvent enlacés dans des religions faites par les hommes, et ne comprennent pas l’appel réel d’un disciple de Christ.

Mais au cours des âges, Dieu a préservé un résidu fidèle, dont le désir est de se nourrir de la Parole de Dieu et d’agir avec foi dans cette Parole. L’Esprit de Dieu rassemble autour de la Personne de Christ ces croyants faibles mais fidèles. Leur souci premier n’est pas ce que les hommes attendent d’eux. Leur cœur et leurs affections sont tournés vers le Seigneur et ils désirent Lui plaire. Ils parlent souvent de Lui. Il est leur objet. Ils désirent retenir dans leur cœur ce qu’ils ont : le Seigneur Lui-même, sa Personne au milieu d’eux, et la puissance de sa présence.

D’après the Lord is near juin 1988

« As-tu trouvé du miel, manges-en ce qu’il t’en faut, de peur que tu n’en sois repu, et que tu le vomisses » Proverbes 25. 16.

« Que tes paroles ont été douces à mon palais, plus que le miel à ma bouche » Psaume 119. 103.

LIRE LA BIBLE DE LA BONNE MANIÈRE

Ces proverbes prennent tout leur sens pour nous quand nous les appliquons à notre lecture de la Bible. Elles renforcent notre appréciation de l’Écriture et nous poussent à conserver un désir constant pour la fraîcheur et la vitalité de la Parole de Dieu.

Comme tous les autres dons de la part de Dieu, même sa Parole peut être mal employée. Nous faisons cela quand nous la lisons mal à propos et égoïstement, dans le seul but d’augmenter notre connaissance intellectuelle. Nous pouvons aussi nous tromper en la lisant seulement superficiellement ou même dans un esprit de critique, au lieu que ce soit pour notre instruction et notre correction, comme son Auteur le désirait. Dans ces deux cas, nous pouvons devenir saturés de la Bible, et perdre notre désir pour sa puissance vivifiante. Nous en sommes devenus rassasiés.

La vérité divine doit être acceptée, méditée, et assimilée pour qu’elle se manifeste dans notre vitalité spirituelle. Notre cœur et notre conscience sont souvent secs et insensibles. Cela prend du temps, en général, pour que l’Esprit de Dieu applique la Parole de telle manière que nous y devenions attentifs et réceptifs. Si cela ne s’est pas produit, nous sommes en danger d’avoir l’esprit gonflé.

Un bon moyen pour savoir si nous avons lu la Bible de la bonne manière, c’est de nous demander honnêtement si le Seigneur Jésus a été exalté dans notre âme par notre lecture. Méfions-nous aussi de méthodes d’interprétation tordues et compliquées, qui font appel à l’intellect et nourrissent notre orgueil.

Combien cela vivifierait notre vie spirituelle si, avant et après avoir lu la Parole de Dieu, nous nous agenouillions pour adorer et prier devant son Auteur !

D’après the Lord is near juin 1988

« Et la gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous, nous sommes un » Jean 17. 22.

L’AMOUR INSONDABLE DE CHRIST POUR LES SIENS

En Jean 17, nous avons beaucoup de merveilleux aperçus, comme celui-ci, dans le cœur du Seigneur Jésus. Ici, dans sa prière, le Seigneur Jésus ne prie pas seulement pour ses disciples, mais comme Il le dit au verset 20 : « Ce n’est pas seulement pour eux que je fais des demandes, mais aussi pour ceux qui croient en moi par leur parole ». Quelle grâce merveilleuse, cher ami croyant : cela inclut vous et moi.

Dans le verset ci-dessus, le Seigneur Jésus nous dit que la gloire qu’Il a reçue du Père, Il nous l’a donnée à son tour. Pensez donc ! La gloire de Christ, nous la possédons maintenant, nous tous qui, par la foi, avons reçu Jésus Christ comme Sauveur et Seigneur.

Qu’est-ce que cette gloire que nous avons reçue du Seigneur ? Les versets 22 et 23 nous donnent la réponse. Il y a deux choses qui ressortent ici : 1) Afin que nous soyons un, comme Christ et le Père sont un. 2) Que, par cette unité, nous soyons rendus parfaits, c’est-à-dire que nous croissions dans la ressemblance de Christ – et aussi que le monde puisse savoir que le Père a envoyé le Fils, et que le Père nous a aimés tout comme Il aimait le Seigneur Jésus.

Ces deux vérités – que nous sommes un avec le Seigneur Jésus et avec le Père – et que le Père nous aime comme Il aime Christ – je crois qu’elles font partie de la gloire que Christ nous a donnée en possession présente. Je dis font partie de la gloire, car qui peut mesurer l’étendue complète de la gloire qui nous est donnée dans le Seigneur Jésus Christ ? Comme il est dit en Éphésiens 1. 3 : Dieu « … qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ».

N’est-ce pas extraordinaire que Christ, dans sa grâce, daigne partager sa gloire avec de tels que vous et moi ?

D’après the Lord is near juin 1988

« Je suis le compagnon de tous ceux qui te craignent, et de ceux qui gardent tes préceptes » Psaume 119. 63.

ÉVITER LES MAUVAISES COMPAGNIES

Ceux qui appartiennent à Christ doivent être très soigneux quant aux personnes dont ils font leurs amis. Nous devons être aimables et polis avec tout le monde, mais il est désastreux quand des chrétiens choisissent pour leurs amis ceux qui n’aiment pas le Seigneur.

Un certain paysan vit un grand nombre de corbeaux piquant la semence qu’il avait semée dans l’un de ses champs. Il prit son fusil et tira dessus. Tous les oiseaux s’envolèrent sauf un, qui resta sur le sol, blessé. Le paysan alla voir l’oiseau blessé, et trouva, bien étonné, que c’était son perroquet qu’il aimait bien. Il s’était sauvé de sa cage, et avait volé pour rejoindre les corbeaux dans le champ. Son aile était cassée à cause du coup de fusil. Le paysan le releva doucement, en lui disant : Tu vois, Polly, voilà ce que c’est que d’être en mauvaise compagnie.

Il mit le perroquet blessé caché dans son manteau et retourna vers sa maison ; quand il en approcha, sa petite fille courut au-devant de lui. – As-tu abattu des corbeaux, Papa ? demanda-t-elle.

– J’ai tiré sur Polly !  dit le fermier. Avant qu’il puisse expliquer à sa fille ce qui s’était passé, le perroquet sortit la tête de dessous le manteau et cria : Mauvaise compagnie ! Mauvaise compagnie !

Chrétien, ne recherchez pas la compagnie de « corbeaux », car vous serez certainement blessé – c’est-à-dire, ne vous liez pas avec des amis mondains. Ils vous feront du mal. L’un des conseils de David à mémoriser, c’est : « Le cœur pervers se retirera d’auprès de moi : je ne connaîtrai pas le mal » (Ps. 101. 4). Ce n’est pas que nous ne devions par avoir à faire avec eux dans le travail ou acheter dans leurs magasins. Il nous est dit d’être aimables et d’aimer même nos ennemis. Nous devrions toujours être prêts à aider en cas de besoin, et à rendre un bon service toutes les fois que nous le pouvons. Mais cela est très différent de se faire des amis de personnes qui ne sont pas des chrétiens.

D’après the Lord is near juin 1988

« Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, de sorte que vous soyez guéris. La fervente supplication du juste peut beaucoup » Jacques 5. 16.

NE PAS CESSER DE PRIER

Un maréchal-ferrant rentra chez lui depuis sa forge, dans l’Ohio, un samedi soir, et s’assit pour le repas. C’était un homme pieux qui, avec sa femme, parrainaient une jeune fille dans une école missionnaire en Inde. Une lettre juste reçue de l’Inde avait été placée sur son assiette. Il l’ouvrit et commença à la lire. Son visage s’assombrit et il dit : Femme, je ne peux pas manger mon souper. Il faut que je prie. Il entra dans sa chambre à coucher, et commença à prier et à supplier comme Élie.

La lettre en question apportait de mauvaises nouvelles. Le missionnaire parlait de cette jeune fille, qui résistait à tous les efforts d’aide spirituelle. Elle était devenue dure et incorrigible, et non seulement elle résistait à Christ pour elle-même, mais elle en empêchait d’autres de L’accepter.

À moins qu’un changement se produise sans délai chez cette fille, écrivait le missionnaire, ils seraient obligés, pour protéger les autres jeunes filles, de la renvoyer tout à fait de l’école. Le maréchal-ferrant entra dans sa chambre à coucher et pria.

Or le samedi soir dans l’Ohio, est dimanche matin en Inde, à cause de la distance en longitude. Comme on le sut plus tard, ce dimanche matin-là, la dame missionnaire rassembla sa classe de filles pour l’école du dimanche, comme d’habitude. La leçon, cependant, n’avait pas beaucoup avancé quand, sans raison apparente, la fille incorrigible sauta de son siège vers le sol, se jeta en larmes au pieds de la missionnaire, et pleura en s’adressant au Sauveur. Les autres jeunes filles étaient très impressionnées. L’une après l’autre, elles suivirent son exemple, et le salut vint à la classe entière ce matin-là. Une énergie de vie avait été déclenchée par la prière dans l’Ohio, et il en était résulté que de grandes choses étaient arrivées en Inde.

D’après the Lord is near juin 1988

« Les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est l’espérance de son appel, quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints » Éphésiens 1. 18.

LA MERVEILLE DE LA GRÂCE DU SEIGNEUR JÉSUS POUR LES SIENS

Que Christ, dans toute sa grandeur et sa gloire, soit tellement pour moi, n’est même pas aussi surprenant que le fait que, malgré toute ma faiblesse, ma souillure et ma nature pécheresse, je le sois, moi, autant pour Lui.

Vous aurez sans doute remarqué, en lisant le Cantique des cantiques, la progression que fait la fiancée. Elle dit d’abord : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » (ch. 2. 16). Puis elle ajoute : « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (ch. 6. 3). La première chose qu’elle apprécie, c’est la pensée de ce qu’Il est pour elle ; la deuxième chose, dans la croissance de son âme, c’est ce qu’elle est pour lui, et ensuite elle relie les deux, avec la troisième déclaration : « Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi » (ch. 7. 10). Elle découvre qu’elle est nécessaire pour sa joie : Vous et moi sommes nécessaires pour la joie et la gloire de Christ.

D’après the Lord is near juin 1988

« Et comme le soleil se couchait, un profond sommeil tomba sur Abram ; et voici, une frayeur, une grande obscurité tomba sur lui » Genèse 15. 12.

LE SOMMEIL D’ABRAHAM, TYPE DE LA MORT DE CHRIST

Abram avait demandé à l’Éternel une preuve claire qu’il posséderait le pays, comme Dieu le lui avait promis. Comme base de cette assurance, Dieu lui dit d’offrir trois animaux et deux oiseaux. Ils sont tous des types du grand sacrifice du Seigneur Jésus, chacun d’eux insistant sur différents aspects de ce sacrifice. Car la bénédiction qui était promise à Abram reposait, non sur l’œuvre d’Abram, mais entièrement sur le grand sacrifice du Seigneur de gloire. Chacun des trois animaux devait aussi être âgé de trois ans, ce qui indiquait que Christ devrait être ressuscité.

Ensuite Dieu plongea Abram dans un profond sommeil, et il vint sur lui l’horreur de grandes ténèbres. Cela ne nous enseigne-t-il pas que le sacrifice de Christ n’était pas seulement un sacrifice ? Le profond sommeil est certainement typique de la mort. L’horreur de grandes ténèbres nous rappelle les terribles ténèbres qui couvrirent le pays au moment de la croix de Christ – types de la lumière de Dieu cachée pour Lui quand Il souffrait l’horreur d’être abandonné de Dieu.

On trouve aussi là la prophétie des souffrances et des ténèbres qui viendraient sur Israël avant qu’il soit libéré de l’Égypte – et au-delà de cela, les souffrances et les ténèbres de la période de tribulation à venir pour cette malheureuse nation, avant la lumière de la venue du Seigneur Jésus venant en puissance et avec une grande gloire.

Mais ce qui est prédominant dans tout cela, c’est le fait que la certitude de la bénédiction à venir, en ce qui concerne Abram et sa descendance dépend de tout ce qui est impliqué dans l’œuvre merveilleuse de la croix du Calvaire – le grand sacrifice du Seigneur Jésus, sa mort expiatoire, l’horreur terrible des ténèbres du jugement de Dieu qu’Il a supportée, et la réalité merveilleuse de sa résurrection d’entre les morts.

D’après the Lord is near juin 1988 (L.M. Grant)

COMMENT EST-CE QUE JE COMMENCE LA JOURNÉE ?

« Et moi je chanterai ta force et, dès le matin, je célébrerai avec joie ta bonté  ; car tu as été pour moi une haute retraite et un refuge au jour où j’étais dans la détresse » Psaume 59. 17.

La vie de David est en danger. Saül est sur ses talons. Pourquoi cela ? Parce que la sympathie que Saül éprouvait initialement pour le jeune homme qui avait vaincu le géant Goliath, s’est transformée en pure haine. Un jour, Saül a fait surveiller la maison de David pendant la nuit afin de pouvoir le tuer le lendemain matin ! Sa femme l’a appris et elle a pu le prévenir. David s’est échappé de justesse après s’être sauvé par la fenêtre (1 Sam. 19. 11 et 12).

Tel est l’arrière-plan du Psaume 59. Au milieu de cette situation qui mettait sa vie en danger, David a fait une fois de plus l’expérience de l’intervention de Dieu. Profondément touché par la grandeur de Dieu, il décide de le remercier pour sa bonté au début de chaque journée, à partir de ce moment-là. En cela, il est un bon exemple pour nous.

Si nous commençons la journée comme David, il sera plus facile pour nous de faire face même aux tâches qui (nous poussent dans nos retranchements) qui exigent de nous le maximum de nos forces. Comme David, souvenons-nous toujours à nouveau des moments où nous avons fait l’expérience de la bonté de Dieu, afin de pouvoir regarder avec courage vers l’avenir.

Personnellement, je reconnais qu’il y a beaucoup de choses pour lesquelles je peux remercier Dieu – premièrement et avant tout, pour m’avoir donné la vie éternelle par le Seigneur Jésus. Je suis reconnaissant du fait que, même dans les situations les plus difficiles, je ne suis pas seul. Dieu ne laissera pas un fardeau trop lourd peser sur moi (1 Cor. 10. 13). Il est près de moi quand je l’invoque par la prière (Ps. 145. 18). Aujourd’hui même je peux compter sur sa bonté. Je sais qu’Il me connaît parfaitement (Ps. 139. 1 à 3).

Dans le cas de David, bien qu’il ait exprimé sa reconnaissance, tous ses problèmes n’ont pas été résolus immédiatement. Sa situation est restée inchangée dans un premier temps. En fait, les longues années de fuite devant Saül venaient juste de commencer. Néanmoins, il ne s’est pas découragé, mais il a compté sur Dieu : une attitude qui a été récompensée.

D’après « The Good Seed » avril 2025

L’ASSEMBLÉE de DIEU (2)

MATTHIEU 16. 13 à 20.

Les versets que nous venons de lire constituent, en quelque sorte l’introduction du sujet qui nous est proposé : l’Assemblée de Dieu.

Il y a, dans ce monde, de multiples associations.

Genèse 11 nous montre ce que fut le premier effort des hommes pour former une vaste association sans Dieu. Les langues divisées leur furent envoyées comme expression du jugement de Dieu. Nous, qui faisons partie de la seule « association divine » – si cette expression nous est permise – prenons soin de nous écarter de toutes les associations humaines.

Actes 2 nous donne « l’acte de naissance » de l’Assemblée. C’est pour former l’Assemblée – cette association divine dont nous venons de parler – que les « langues divisées » furent envoyées. À Babel, l’homme montrait qu’il n’avait nul besoin de Dieu ; à la Pentecôte, Dieu donnait la preuve qu’Il avait « besoin » de l’homme. Il voulait proclamer sa grâce, rassembler en un ses enfants dispersés et, pour cela, Il allait s’adresser aux hommes en parlant à chacun son langage, Le Saint-Esprit était envoyé pour former l’Assemblée (cf. Gen. 24).

C’est en Matthieu 16. 18 que nous avons la première mention de l’Assemblée. Elle est bâtie sur un fondement inébranlable : le Fils du Dieu vivant. Aucun autre ne peut être posé :

1 Cor. 3. 11 – L’Assemblée est posée ; bâtie sur un tel fondement : Celui qui est vivant aux siècles des siècles, Celui qui a été mort et qui est vivant (Apoc. 1. 17 à 20). Ce fondement est donc au-delà de la mort ; cela détermine le caractère céleste de l’Assemblée et donne la certitude que « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ».

L’Assemblée est par conséquent le domaine de la vie. Bâtie sur « le Christ, le Fils du Dieu vivant », la « pierre vivante » de 1 Pierre 2. 4, elle est formée de « pierres vivantes », de tous ceux qui, nés de nouveau, possèdent la vie de Dieu (depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur). C’est une « maison spirituelle » (1 Pier. 2. 5), l’habitation de Dieu par l’Esprit (Éph. 2. 22) – Maison de Dieu, elle est l’Assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité (1 Tim. 3. 15). Le terme « maison » implique un ordre, des règles établies, l’autorité d’un Chef.

La sainteté et la vérité sont les deux caractères essentiels de cette maison ; Celui qui est « fils sur sa maison » (Héb. 3. 6) est le « Saint, le Véritable » (Apoc. 3. 7).

Il est bon de s’arrêter sur la valeur que cette maison a pour le cœur de Dieu et pour le cœur de Christ. C’est le prix payé qui lui donne cette valeur (Act. 20. 28 ; Éph. 5. 25).

Ici, dans notre passage, le Seigneur dit : « mon assemblée ». Combien l’assemblée est chère à son cœur.

Nous devons aimer l’assemblée – c’est le secret de la prospérité – et demander sa paix (Ps. 122. 6), être comme les gardiens d’Ésaïe 3. 6 et 7.

En Matthieu 16. 18, nous avons le côté du travail personnel du Seigneur, ouvrier divin. En 1 Pierre 2. 3 à 5, la foi intervient ; elle opère dans le cœur et l’âme s’approche. C’est sans doute la pensée de Matthieu 16. 18 qui est la plus précieuse ; ce « roc », le Fils du Dieu vivant, c’est la puissance de la vie tenant en échec la mort. Christ est entré dans la mort, mais Il en a triomphé, Il est ressuscité, Il est la « pierre vivante ». Cette « pierre » est présentée comme « un sûr fondement », Une « pierre éprouvée » – et elle l’a été – (la note, dans nos Bibles, renforce cette pensée : un fondement bien fondé).

Psaume 87. 1 à 3 : « Des choses glorieuses sont dites de toi, cité de Dieu… ». Combien cela doit nous donner un sentiment élevé de ce qu’est l’Assemblée de Dieu. Ayons donc à cœur l’Assemblée, la vie de l’Assemblée, l’administration de l’assemblée, c’est son assemblée.

De qui est-elle composée ? De tous ceux qui ont la vie de Dieu, qui sont nés de nouveau, depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur. Le rassemblement de ceux qui sont nés de nouveau doit être réalisé dans l’obéissance à la Parole ; il ne suffirait pas de grouper tous les croyants d’une localité pour constituer l’assemblée locale ; il faudrait encore que, dans ce rassemblement, tout soit fait dans l’obéissance à la Parole.

Dans les jours auxquels nous sommes parvenus, il y a la plupart du temps plusieurs rassemblements dans une même localité et les enfants de Dieu sont souvent dispersés dans ces divers rassemblements. Ceux-là seuls qui sont réunis en obéissance à la Parole constituent l’expression de l’Assemblée dans cette localité. Ils sont réunis au nom du Seigneur, reconnaissant sa souveraine autorité.

Lecture de 1 Corinthiens 1. 1 à 3

Nous venons de voir qu’il ne suffit pas de rassembler les chrétiens d’une localité pour qu’ils soient reconnus comme assemblée de Dieu; il faut en outre qu’ils obéissent à la parole ; il faut connaitre et mettre en pratique les enseignements de la 1ère épitre aux Corinthiens, qui a été appelée « la constitution de l’Assemblée ». On a dit qu’il n’y avait aucune épître dont l’adresse fut aussi générale et dont cependant les prescriptions fussent aussi méconnues. Elle est adressée « à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » (malgré l’état dans lequel se trouvait l’assemblée de Corinthe, l’apôtre la considère toujours comme assemblée de Dieu) « avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, et leur Seigneur et le nôtre ». Il n’y a aucune limitation, ni de temps, ni de lieu. Tous les enseignements qu’elle contient – nous allons en considérer quelques-uns – sont donc pour nous encore aujourd’hui. Il était bon de le souligner en commençant.

Actes 2. 42 à 47 nous dépeint les caractères qui étaient manifestés dans les premiers jours de l’histoire de l’Église. Foi vivante et profession étaient alors inséparables. On a pu dire qu’à l’origine « la maison couvrait le corps ». Mais le déclin est vite apparu : Ananias et Sapphira (Act. 5), puis les « loups redoutables » et « les doctrines perverses » (Act. 20). Cet état est décrit dans la 2ème Épitre à Timothée, la 2ème Épitre de Pierre et l’Épitre de Jude. Le mal a fait des progrès de plus en plus rapides et aboutira, après l’enlèvement de l’Église de Christ, à l’apostasie finale.

Bien que la « maison » soit devenue « une grande maison », nous sommes cependant responsables de réaliser ce que doit être la maison de Dieu (1 Tim. 3. 15). Les enseignements de la 1ère Épitre à Timothée, de la 1ère Épitre aux Corinthiens sont applicables encore aujourd’hui. « Deux ou trois » réunis au nom du Seigneur, dans l’obéissance à ces enseignements, seront devant le monde le témoignage de ce qu’est cette maison de Dieu. Ils auront le privilège de maintenir le témoignage confié à l’Assemblée.

Il faut souligner quelques expressions d’Actes 2. 42 à 47. « Persévérer dans la doctrine et la communion des Apôtres » : nous avons besoin de demeurer fermement attachés à ce que l’apôtre appelle « la saine doctrine » ou « le sain enseignement » (2 Tim. 4. 3 ; Tite 1. 9 à 11). La Parole ajoute : « et toute âme avait de la crainte » – sainte crainte de déplaire à Dieu. Sa présence était réalisée. (voir 1 Pierre 1. 17) : Deux motifs nous feront réaliser cette conduite dans la crainte : 1. Le gouvernement de Dieu dans sa famille (v. 17). 2. Le prix que le Seigneur a dû payer pour nous racheter (v. 18 à 21).

Quel beau tableau que celui de l’état des assemblées au commencement : Actes 9. 31. Elles marchaient « dans la crainte du Seigneur ». C’est ainsi qu’il y avait accroissement « par la consolation du Saint-Esprit ». Rien n’entravait l’action puissante de l’Esprit.

Rappelons encore ce que nous avons déjà dit relativement à la paix de l’assemblée, puisque Actes 9. 31 nous montre ce premier caractère : « les assemblées… étaient en paix ». « Poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l’édification mutuelle » (Rom. 14. 19). « Les assemblées étaient en paix, étant édifiées… ».

2 Timothée 2. 22 nous exhorte à poursuivre la paix. Mais la paix ne vient pas en premier lieu. Il y a d’abord « la justice » – en contraste avec l’injustice (ou iniquité) du verset 19. C’est la justice pratique réalisée dans la séparation d’avec les « vases à déshonneur ».

Il y a ensuite « la foi », non pas la foi pour le salut car elle serait alors nommée avant la justice, mais l’ensemble des vérités que la Parole nous enseigne et que la foi saisit, auxquelles on obéit. Puis l’apôtre parle encore de l’amour, qui est ce qui caractérise la vie divine. Après, seulement, vient la paix. La paix ne peut être recherchée au détriment des caractères divins ; il faut, avant tout, la séparation, l’obéissance aux enseignements de la Parole, la manifestation des caractères de Christ qui nous conduira à être « imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » (Éph. 5. 1).

Voir, à cet égard, Jacques 3. 17 : « la sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite paisible… ». Psaume 119. 63 : « Je suis le compagnon de tous ceux qui te craignent et de ceux qui gardent tes préceptes ». Le croyant n’est pas considéré comme devant rester isolé, mais il est exhorté à se grouper « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur », c’est-à-dire délivré de tout autre motif que plaire au Seigneur (cf. 2 Tim. 2. 19 à 22).

Lecture de 1 Corinthiens 3. 9 à 17.

La 1ère Épitre aux Corinthiens est comme encastrée entre la croix (ch. 1) et la gloire (ch. 15). Le chemin du chrétien a son point de départ à la croix et aboutit à la gloire.

A – Dans les deux premiers chapitres, nous avons ce qui est à la base de l’ordre chrétien dans la maison de Dieu. Qu’est-ce qu’un chrétien ?

1. Quelqu’un qui en a fini avec sa condition d’homme dans là chair – elle a pris fin à la croix de Christ ;

2. Une nouvelle création (1. 30) ;

3. Quelqu’un qui possède le Saint-Esprit.

Telle est ici la définition d’un chrétien. Elle est différente dans d’autres portions des Écritures ; elle est chaque fois en rapport avec le sujet qui est développé.

(Par exemple, dans l’épître aux Philippiens, un chrétien, c’est celui qui a Christ pour justice (« trouvé en Lui » – 3. 9), pour objet (« le connaitre, Lui » 3. 10) et pour Espérance (« lui être rendu semblable » 3. 11 à 13).

B – L’ordre qui convient à la Maison de Dieu (ch. 3 à 9).

1. Fondement sur lequel elle est posée – Notre responsabilité d’édifier dessus. ch. 3.

2. Service à accomplir dans cette Maison – Ministères. ch. 4.

3. Tout doit être en ordre. Aucune souillure ne doit y être tolérée. ch. 5.

4. Pas de querelles – l’amour. ch. 6.

5. Pleine liberté, mais pas de propre volonté (9. 21) – Liberté :

– Quant au mariage, mais seulement dans le Seigneur. ch. 7.

– Quant à ce que nous mangeons, mais sans être une occasion de chute. ch. 8.

– Quant au service, mais dans la dépendance du Maître. ch. 9.

C – Parenthèse du Chapitre 10. 1 à 13 : la profession chrétienne.

D – Le Corps de Christ. Chapitre 10. 14 à 14.

Ch. 10. Table du Seigneur.

Ch. 11. Cène du Seigneur.

Ch. 12. Doctrine des dons de l’Esprit.

Ch. 13. Mobile qui doit toujours les faire agir.

Ch. 14. Dons en exercice.

E – La résurrection. Chapitre 15.

Dans le chapitre 3 (v. 9 à 17) nous avons l’édification de la Maison, en rapport avec la responsabilité des ouvriers. C’est par suite de leur infidélité que la maison est devenue « une grande maison » (2 Tim. 2).

Le verset 10 renferme un sérieux « prends garde » : « que chacun considère comment il édifie dessus », c’est-à-dire sur le fondement qui est Christ. Nous avons tous un service dans la chère assemblée de Dieu. Sommes-nous des aides ou des entraves ? Une médisance, un propos déplacé peuvent nuire à l’assemblée. Aimons-nous l’assemblée ? Tout est là.

« Que chacun ». Savons-nous discerner, chacun, notre responsabilité dans ce travail d’édification de la Maison ? Lorsque le temple fut construit, certains étaient occupés à porter les fardeaux, d’autres à tailler la pierre sur la montagne. (Cf. 1 Rois 5. 15 et suivants). Les enseignements de Nombre 4 sont aussi à retenir : les fils de Kéhath, ceux de Guershon et ceux de Merari avaient chacun leur service particulier.

Le verset 7 nous montre que nous ne sommes rien. Et cependant le verset 9 nous dit que nous sommes « collaborateurs de Dieu ». Les serviteurs forment un tout (v. 6); au service d’un même Maitre, ils travaillent à la même œuvre. Différents dans leur service, ils tendent au même but. Chacun a son propre travail et le Seigneur apprécie la façon dont le service est réalisé. C’est là la chose importante : « comment il édifie dessus » (v. 10). La récompense n’est pas pour le don mais pour la manière dont il est employé (v. 8).

Dans les versets 12 à 17, on l’a remarqué, il y a 3 catégories d’ouvriers :

1. De bons ouvriers, qui font du bon ouvrage. Ils édifient or, argent, pierres précieuses ;

2. De vrais ouvriers qui font du mauvais ouvrage. Ils apportent du bois, du foin, du chaume ;

3. De mauvais ouvriers qui corrompent le temple de Dieu. Ils sont détruits.

Oublier que la puissance de Dieu s’accomplit dans l’infirmité fait l’ouvrier qui n’accomplit pas du bon ouvrage. Attirer des disciples après soi (Act. 20. 30), c’est le travail du mauvais ouvrier. Le bon ouvrage, c’est lier les âmes à Christ (Jean 1. 35 à 37). Pour cela, il faut avoir le sentiment de n’être rien (cf. Jean 3. 30).

Verset 13 : « le jour » a trait au jugement.

« en feu » : tout ce qui n’est pas de Dieu dans notre travail sera consumé. Tout ce qui, dans notre travail, aura été le produit de l’activité de la chair, disparaîtra.

Versets 16 et 17 : Au chapitre 6. 19, le « temple » est la personne même du croyant. Ici, c’est collectif : l’ensemble des croyants constitue la Maison de Dieu. Dieu habite dans cette demeure par son Esprit.

« Si quelqu’un corrompt… ». C’est la fausse doctrine ; l’abandon des vérités fondamentales du christianisme. Dieu détruira le mauvais ouvrier (Note du traducteur: « corrompre » et « détruire » sont la traduction du même mot grec). Ce sont les « doctrines perverses » d’Actes 20. 30).

Le temple de Dieu est saint, caractérisé essentiellement par la sainteté :

a) – L’Esprit Saint y habite. Dieu est là, le Dieu saint.

b) – Ceux qui constituent cette maison sont saints (« tels vous êtes »).

Que rien ne vienne ternir ce caractère de la maison de Dieu.

Sainteté – Vérité (cf. Apoc. 3. 7). L’assemblée est appelée à maintenir la vérité au milieu de ce monde. Si nous négligeons une vérité, ce n’est plus la vérité. Il est d’ailleurs remarquable de constater qu’une vérité négligée laisse la porte ouverte à l’erreur : l’ennemi lui substitue de fausses doctrines.

La sainteté doit nous caractériser non seulement dans notre conduite individuelle, mais encore dans l’assemblée, maison de Dieu sur la terre (cf. Éz. 43. 10 à 12 – Éph. 2. 21).

Revenons sur les versets précédents :

Verset 13 – « Révélé en feu » – Lisons Marc 9. 40. « Chacun sera salé de feu » : tout ce qui est de la chair doit rencontrer le feu du jugement, soit que nous nous jugions ici-bas, soit que nous éprouvions une perte devant le tribunal de Christ. Il est à craindre que le tribunal de Christ ne soit pas assez une réalité pour chacun de nous.

Verset 14 – la récompense. Verset 15 : la perte éprouvée. C’est la parabole des talents (Mat. 25 et Luc 19). Ce n’est pas tant à la quantité du travail fait que le Seigneur regarde ; c’est surtout à sa qualité. La qualité sera toujours le fruit de nos affections. Pour porter du fruit pour le Seigneur, il nous faut demeurer attachés à Lui (Jean 15).

Aggée 1. 5 à 7, 2. 15 à 18 : Nous avons cinq fois l’expression « considérez bien vos voies »- la note dit : « mettez votre cœur à » : il faut que le cœur soit engagé pour travailler à l’édification de la maison.

Zacharie 6. 9 à 14 : Trois hommes ont eu à cœur d’apporter des dons (argent et or) – cf. 1 Cor. 3. 12) pour la maison de l’Éternel. Ces dons serviront à faire des couronnes qui seront placées sur la tête de Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur – type de Christ. Ce que nous pourrons faire, ce que nous pourrons apporter dans le travail d’édification de la maison sera à la gloire de Christ. Quelle pensée encourageante. Mais aussi (v. 14), il y aura une récompense pour ces fidèles : « les couronnes seront pour Hélem… ». Précieuse récompense pour le service de ces fidèles, service accompli dans un temps de ruine.

Lecture de 1 Corinthiens 5. 6 à 13 ; Matthieu 18. 15 à 20.

Dans les chapitres précédents, nous avons la responsabilité des ouvriers ; dans le chapitre 5 celle de l’Assemblée, toujours en rapport avec la sainteté qui convient à la Maison (3. 16 à 17). Les Corinthiens ne savaient probablement pas encore comment il fallait agir à l’égard du « méchant » et ce n’est pas pour ne pas l’avoir exclu de la communion que l’apôtre les reprend; c’est parce qu’ils n’avaient pas « mené deuil ». C’est par là qu’il convient de commencer : l’assemblée doit s’humilier, lorsque le mal est mis au jour. L’apôtre va montrer à l’assemblée de Corinthe de quelle manière elle doit agir à l’égard du coupable et ensuite quelle est la conduite à tenir vis à vis de celui qui a été mis hors de communion, mais auparavant il met en lumière le fait que l’assemblée est solidaire du mal commis en son sein (cf. Josué 7. 1 et 11 à 13). Nous sommes membres d’un même corps ; la solidarité est plus grande encore, peut-être, qu’elle pouvait l’être pour Israël – et cependant les expressions de Josué 7. 1 à 13 montrent bien que tout Israël était coupable du péché d’Acan.

Il convenait ensuite dans l’humiliation, d’agir, d’exercer la discipline. La discipline est une chose grave et solennelle. Ce n’est pas le jugement d’un coupable, c’est « une prérogative de l’amour », a-t-on dit. Car, en effet, elle doit être exercée non pas seulement pour se purifier du mal, mais aussi en vue de la restauration de celui qui doit être exclu. C’est en agissant ainsi que nous manifesterons que nous l’aimons d’un amour vrai.

Il y a trois disciplines différentes :

1 – Discipline fraternelle – (Mat. 18. 15 à 17). « Si ton frère a péché contre toi… ». Il convient d’aller le trouver, dans un esprit de grâce et non de jugement, avec le désir de « le gagner ». Si cette discipline demeure inefficace, il n’est pas dit que l’assemblée doit exclure le coupable : « qu’il te soit comme un homme des nations… », c’est-à-dire : n’aie plus rien à faire avec lui. La règle de conduite est individuelle, la position qui en résulte est individuelle aussi. La chose rendra peut-être nécessaire l’exclusion par l’assemblée, mais pas dans tous les cas.

2.- Discipline paternelle – (Gal. 6. 1). Là, il convient d’agir comme un père le ferait à l’égard d’un enfant qui se conduit mal. Le « père » n’est pas dans la position de « l’enfant » ; il y a, a-t-on dit, supériorité en grâce et en sagesse. C’est généralement à l’égard d’un mal secret – pour en prévenir la manifestation – que cette discipline s’exerce. Il faut, pour cela, être « spirituel », aimer les frères et l’assemblée. Combien peu nous savons exercer la discipline paternelle. Si un tel service était mieux compris et réalisé, on n’aurait guère à exercer la discipline du Fils sur sa maison.

3.- Discipline du Fils sur sa maison. L’assemblée est responsable de l’exercer, afin de garder pure la maison. Le mal n’est pas manifesté, dans le ch. 7 de Josué, parce que le peuple n’était pas dans un bon état : ce qui le caractérisait, c’était la confiance dans la chair (v. 3 à 5). Le mal caché d’Acan était le moyen, pour Dieu, de faire ressortir le mal caché du cœur du peuple. On a dit qu’il n’y avait pas un seul cas de discipline d’Église qui ne soit à la honte de tout le corps. Une assemblée ne saura jamais exercer la discipline, si elle ne réalise pas d’abord qu’elle doit s’identifier avec le mal de l’individu.

Verset 6 : « un peu de levain ». Si nous tolérons un peu de levain – principe du mal – ce « peu » de levain fera « lever la pâte toute entière ». Le mal fait des progrès rapides. On tolère le mal, parfois, parce qu’il n’y en a qu’«un peu », et puis les résultats sont désastreux. Souvent on hésite quand il faudrait agir et le mal fait des progrès effroyables.

Ce passage est aussi dans l’Épitre aux Galates (ch. 5. 9) à propos des ordonnances de la Loi. Dans notre chapitre, l’expression est employée au sujet de la chair. Un péché (mal moral) toléré dans l’assemblée exerce son influence corruptrice sur tout l’ensemble. Le légalisme agit de même.

L’assemblée est responsable d’ôter le levain (v. 7), le méchant (v. 13). Il y a dans le Deutéronome, pour ce qui concerne le peuple d’Israël, une parole souvent répétée : « Tu ôtera le mal du milieu de toi » (voir 13. 5, 17. 7, 19. I9, 21. 18 à 21, 22. 21, 22 et 24, 24. 7), et aussi dans les Juges (22. 13). Remarquons que le « méchant » n’est pas retranché du corps ; il est placé en dehors de la communion de l’assemblée, On ne peut pas retrancher un membre du corps.

Un mot à nos jeunes, en passant : surveillons nos lectures ; là aussi, « un peu de levain fait lever la pâte toute entière ». Surveillons toutes nos lectures, même celles intéressant les choses de Dieu. Il nous faut chercher la vérité à sa source, et c’est la Parole.

Verset 7 : Le « vieux levain » c’est le péché qui est « vieux », entré dans le monde par la désobéissance d’Adam, ou encore l’action de la vieille nature.

« … Comme vous êtes sans levain ». Cette expression peut sembler en contradiction avec ce que vient d’écrire l’apôtre : « Ôtez le vieux levain ». L’assemblée devait ôter « le vieux levain », le mal qui était dans son sein ; le mal exclu elle serait « une nouvelle pâte ». Ce qui nécessitait cette purification, c’est que l’assemblée est en elle-même une chose sainte. L’assemblée de Corinthe était une assemblée de Dieu ; elle appartenait à Christ et, étant en Lui, elle était « sans levain ». Elle était telle comme résultat du sacrifice de Christ, notre Pâque.

Verset 8. La fête des pains sans levain durait 7 jours. Elle suivait la célébration de la Pâque (cf. Lév. 23. 4 à 8 ; Deut. 16. 1 à 4 et Exode 12. 15 à 20, v. 19 principalement). « Célébrons la fête », celle des pains sans levain qui figure tout à la fois les 7 jours de la semaine et le temps complet de notre vie ici-bas. Ce n’est pas la Pâque, qui est la fête ; elle en est seulement le point de départ : voir Nombres 23. 16 et 17. Il ne s’agit pas, dans ce passage, de la cène ; c’est notre vie qui doit être une fête perpétuelle, une fête de sainteté pratique selon Dieu et pour Lui.

Les chapitres 13 et 14 du Lévitique nous présentent, en rapport avec le sujet qui nous occupe, des enseignements qu’il est bon de rappeler brièvement. Il est question, dans ces deux chapitres, de la lèpre, de la purification du lépreux. Nous avons là, en type les voies de Dieu en vue de la purification d’un pécheur encore inconverti, et aussi en vue de la restauration d’un croyant en chute (le lépreux faisait partie du peuple terrestre de Dieu. Il devait être placé hors du camp, en raison d’un mal qui aurait souillé le peuple).

– Au ch. 13. 1 à 46 nous avons la lèpre comme image du mal moral dans quelqu’un qui fait partie de l’Assemblée.

– Au ch. 13. 47 à 59 nous avons la lèpre comme image du mal moral dans les habitudes et les circonstances de quelqu’un qui fait partie de l’Assemblée.

Au ch. 14. 33 à 53 nous avons la lèpre comme image du mal moral dans l’Assemblée elle-même.

Au ch. 14. 33 à 53 nous avons la lèpre comme image du mal moral dans l’Assemblée elle-même.

Ch. 13.1 à 46. Sans entrer dans les détails, remarquons seulement avec quelle vigilance, avec quelle patience, le sacrificateur devait remplir son service. Il ne devait pas se contenter de ce qui lui avait été dit ; il devait voir par lui-même : « le sacrificateur verra … » (v. 3, 5, 6, 7 etc…). Quelqu’un ne devait pas être mis dehors quand sa place était dedans ; mais, d’autre part, celui qui devait être exclu ne pouvait demeurer dans le camp d’Israël. La place du lépreux était « hors du camp » ; il était « impur » (v. 45 et 46) et cela « tout le temps que la plaie sera en lui ». C’est l’exercice de la discipline tel que nous l’avons en 1 Cor. 5, la mise hors de communion du méchant.

Les versets 12 et 13 paraissent renfermer un paradoxe : quand la lèpre avait couvert « toute la chair » du lépreux, « de la tête aux pieds », il était déclaré pur. L’enseignement de ces deux versets est celui-ci : quand le pécheur a pris sa vraie place devant Dieu, dès que son véritable caractère est manifesté, la question est réglée (cf. Ps. 32. 3 à 5). Celui qui en a fini avec lui-même est restauré; il a jugé son péché jusqu’à la racine du mal.

Ch. 13. 47 à 59. La lèpre du vêtement est une image du mal dans nos habitudes. Dès que nous découvrons chez nous une mauvaise habitude, il nous convient de l’abandonner, de « brûler le vêtement » (v. 51 et 52). Dans certains cas cependant, avant de « brûler » le vêtement, il fallait le laver – image de l’action de la Parole – et attendre sept jours pour s’assurer des effets de la Parole (v. 54). Si cette action s’avérait inefficace, (s’il y a quelque chose d’irrémédiablement mauvais dans nos habitudes), il fallait brûler le vêtement (v. 55). Par contre, si l’effet de la Parole sur la conscience conduit à l’abandon du mal, il est possible de rester dans la situation où nous étions, les habitudes mauvaises ayant été laissées de côté (v. 56).

Ch. 14. 33 à 53. Lèpre dans une maison – La maison est ici le type d’une assemblée. Il convenait, après une investigation patiente d’arracher les pierres lépreuses (v. 40). Lorsque le mal apparaissait incurable, le bâtiment devait être démoli (v. 43à 45). Par contre, si l’enlèvement des pierres souillées arrêtait les progrès du mal, la maison était purifiée par l’application du sang et pouvait être habitée à nouveau. L’assemblée de Corinthe était une « maison » composée de « pierres spirituelles » : l’apôtre avait discerné, dans ses murs, des symptômes qui nécessitaient l’intervention du « sacrificateur ». Il demande aux Corinthiens d’arracher la « pierre lépreuse », « d’ôter le méchant », de « racler la maison au-dedans » (Lév. 14. 41). 2 Corinthiens 7. 6 à 11 nous donne le résultat : la plaie a été arrêtée. Lévitique 14. 1 à 32 nous parle de la purification du lépreux.

– Pourrait-on dire quelque chose relativement aux expressions de 2 Corinthiens 7. 1 : « purifions-nous nous-mêmes… achevant la sainteté dans la crainte de Dieu » ?

– Il faut lier ce 1er verset du chapitre 7 à la fin du chapitre 6. Dans les derniers versets du chapitre 6, il est question d’une sainteté collective : sainteté de position au verset 16 – sainteté pratique au verset 17 (cela correspond à Josué 7 – voir 1 Cor. 3. 16 à 17). Le sentiment de la position dans laquelle l’œuvre de Christ nous a placés doit nous conduire à réaliser pratiquement la séparation – la sainteté pratique. Une conséquence doit en découler pour chacun : la sainteté individuelle (7. 1). Ce verset correspond à Josué 5. Souillure de chair = mal moral, souillure d’esprit = mal doctrinal, Le mal doctrinal est souvent plus difficile à discerner et à juger. Or, il faut veiller à ce que le mal doctrinal ne vienne pas faire des ravages dans l’assemblée.

1 Corinthiens 5. 11 à 13. Nous avons ici : la conduite à tenir à l’égard de celui qui a été placé hors de communion.

On peut avoir affaire avec les hommes du monde, mais on ne doit plus conserver, avec celui qui a été exclu de la communion, les relations ordinaires de la vie courante (rapprocher Jean 17. 15 et 1 Cor. 5. 13). On ne peut pas prendre un repas avec celui qui a été mis hors de communion. Maintenir avec lui des relations fraternelles serait une contrefaçon de l’amour, un faux amour, de l’indifférence quant au mal. Ce serait mépriser l’autorité de l’assemblée (dont nous parle le passage en Matthieu 18) et entraver la restauration du coupable, par conséquent lui faire du mal alors qu’on a le désir de lui faire du bien.

Tant que l’assemblée n’a pas ratifié son amour envers lui, l’apôtre n’appelle pas « frère » celui qui a été placé hors de la communion ; il l’appelle « un tel homme » (2 Cor. 2. 6).

Si nous continuons à avoir des relations fraternelles avec celui qui a été exclu de la communion, en fait nous n’acceptons pas la décision que l’assemblée a prise à son égard. Nous manifestons du mépris pour l’autorité que l’assemblée détient de la part du Seigneur (Mat. 18. 18). C’est – ce passage nous le montre – comme une délégation qui est donnée, par le Seigneur, à l’assemblée (c’est pourquoi elle a la responsabilité et le pouvoir d’exercer la discipline du « Fils sur sa maison ». Il ne s’agit pas de la pensée des frères, d’une décision des frères, mais de la pensée du Seigneur. Ce qui est lié dans le ciel doit être lié dans mon cœur.

La grâce du Seigneur est telle qu’il donnera à l’assemblée ce qui est sa pensée, dans cet Esprit de puissance, et d’amour, et de conseil – et Il est fidèle.

2 Timothée 1. 7 nous dit quelle est la véritable sauvegarde : « un esprit de puissance et d’amour et de conseil » – la note, dans nos Bibles, dit « et de sobre bons sens ». Ce qui importe – et c’est l’enseignement du passage lu en Matthieu 18 – c’est que l’assemblée agisse au nom du Seigneur.

– Il faut sans doute se garder d’agir avec précipitation ?

– Bien sûr. La précipitation est charnelle et nous venons de voir qu’il convient d’agir, conduits par l’Esprit de Dieu et au nom du Seigneur. Matthieu 18. 19 et 20 nous présentent les deux ressources qui nous préserveront d’une action précipitée.

Verset 18 – Décision de l’assemblée, ratifiée dans le ciel.

Verset 19 – La prière.

Verset 20 – La présence du Seigneur.

Si nous sommes dans l’esprit de dépendance dont la prière est l’expression – si nous sommes gardés dans le sentiment de la présence du Seigneur, rien ne sera fait avec précipitation ; au contraire, il nous sera accordé de prendre une décision qui aura la sanction du ciel (v. 18). Cela donnera du sérieux et de la solennité à toutes les décisions d’assemblée.

– Quelle doit être, alors, l’attitude à observer ?

– La soumission, même si nous pensons que l’assemblée s’est trompée. L’insoumission de celui qui a été exclu de la communion manifestera qu’il y avait quelque chose à redresser chez celui à l’égard duquel l’assemblée a dû agir. Elle sera, en fait, la justification de l’action de l’assemblée même si, dans la forme de cette action, certaines choses laissaient à désirer. Une décision d’assemblée, humblement reçue, a toujours connu une sanction du Seigneur par la suite.

Soyons humbles, dépendants du Seigneur, soumis à l’assemblée comme dépendante du Seigneur. Plaçons au-dessus de tout, la gloire du beau nom du Seigneur.

Lecture de 1 Corinthiens 10. 14 à 22

L’Assemblée nous est présentée, dans la Parole, sous différents caractères :

1. Maison de Dieu – C’est son habitation par l’Esprit (Éph. 2. 22). La maison sera l’habitation éternelle de Dieu lorsqu’Il sera tout en tous, dans l’état éternel (Apoc. 22. 3).

2. Corps de Christ – Dieu « L’a donné (Christ) pour être Chef sur toutes choses à l’assemblée qui est son corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous » (Éph. 1. 22 et 23). Quel mystère. L’Homme Christ Jésus, venu sur la terre, ayant souffert pour nous et pour glorifier son Dieu et Père, est maintenant l’Homme glorifié dans le ciel. Un des résultats de son œuvre est celui-ci : ses rachetés, fruits de sa victoire, lui sont associés et, par la puissance de l’Esprit envoyé du ciel, forment son corps – corps dont Il est la tête, le chef.

3. Épouse de Christ – Ici, c’est le côté des affections. Il a aimé l’Assemblée et s’est livré lui-même pour elle… (Éph. 5. 25 à 27). Vrai Adam venu dans le monde, Il a tout accompli, tout donné pour avoir cette assemblée comme son Épouse pour l’éternité. Maintenant est encore le temps où tout se forme, les noces de l’Agneau n’ont pas encore eu lieu ; elles seront le couronnement de tout le désir d’amour du cœur du Seigneur. Aujourd’hui, ce jour n’étant pas encore venu, l’apôtre peut dire : « Je vous ai fiancés à un seul mari… » (2 Cor. 11. 2).

Dans l’Épitre aux Éphésiens, l’apôtre présente l’Assemblée sous tous ses aspects, sauf un. Elle est : le corps de Christ (1. 23), un temple saint que le Seigneur lui-même édifie (2. 19 à 21 ; cf. Mat. 16. 16 à 18), l’habitation de Dieu par l’Esprit (2. 22), l’Épouse de Christ (v. 24 à 27). Dieu confie aussi l’édification de sa maison ici-bas a ceux qui en font partie ; c’est ce que nous avons vu hier dans le chapitre 3 de cette 1ère Épitre aux Corinthiens, Même considéré sous cet aspect, l’édifice est toujours le temple de Dieu (cf. Luc 19. 46). La maison de Dieu responsable est le seul aspect qui ne soit pas présenté dans l’Épitre aux Éphésiens. C’est celui que nous avons dans les deux Épitres à Timothée et dans l’Épitre à Tite.

À partir du verset 14 du chapitre 10 de la 1ère Épitre aux Corinthiens, passage que nous venons de lire, nous laissons le sujet de la Maison de Dieu, présenté dans les chapitres précédents (et celui de la profession, ch. 10. 1 à 12), et c’est du Corps qu’il est question. Sauf dans deux passages (Éph. 1. 22, où le corps est vu selon le plein résultat des conseils de Dieu, et Col. 1. 18, où le corps est vu d’une manière générale, sans distinction de temps, ni de lieu), le Corps de Christ est considéré comme étant sur la terre (Éph. 4 ; Rom. 12). 1 Corinthiens 12. 27 nous montre l’assemblée à Corinthe comme le « corps de Christ » : c’est la manifestation du corps dans une assemblée locale.

1 Corinthiens 10. 14 à 22 nous donne des enseignements très importants pour ce qui concerne le rassemblement des saints. La réunion locale de l’assemblée de Dieu est la manifestation du Corps de Christ. (Aujourd’hui, en raison des divisions survenues dans la chrétienté, les rachetés de Christ sont dispersés au sein de maintes dénominations, de sorte que ceux qui sont assemblés au nom du Seigneur ne sont plus que l’expression de l’assemblée dans une localité). C’est donc comme membres du corps de Christ que nous sommes appelés à nous rassembler. Et, malgré la ruine de l’Église, nous pouvons proclamer l’unité du Corps de Christ à la table du Seigneur.

Nous avons vu que tous les membres sont solidaires ; si un croyant a péché, l’assemblée tout entière est appelée à s’en humilier. Cette solidarité des membres du corps est réalisée à la table du Seigneur. En participant à une table – quelle qu’elle soit – nous nous rendons solidaires (que nous le voulions ou non – que nous le sachions ou non) du mal qui peut s’y trouver. La communion est réalisée à la table du Seigneur (comme d’ailleurs à toute table à laquelle on participe). Celui qui va d’une table à l’autre met ces diverses tables en communion les unes avec les autres.

Si à la cène du Seigneur se rattache une responsabilité individuelle (1 Cor. 11. 28), à la table du seigneur se lie une responsabilité collective (1 Cor. 10. 17). La table est dressée sur le terrain de l’unité du Corps ; elle est la table du Seigneur, de Celui qui est le Saint et le Véritable (Apoc. 3. 7). Elle doit donc être gardée de toute souillure ; la sainteté doit être préservée, la vérité maintenue – tout ce qui est en opposition avec ces deux caractères n’a pas de place à la table du Seigneur. De cela découle la responsabilité de l’assemblée en rapport avec la Table du Seigneur.

Verset 4. L’apôtre exhorte les Corinthiens à « fuir » la fornication (6. 18), l’idolâtrie (10. 14). Le mal moral, le mal doctrinal sont des choses que le croyant doit fuir. Une idole, c’est tout ce qui empêche un inconverti de venir à Christ et un croyant d’être fidèle. Lors de notre conversion, nous nous sommes – comme les Thessaloniciens – « tournés des idoles vers Dieu ». Ruth avait réalisé cela ; Orpa, au contraire, tourne le dos au vrai Dieu et s’en va « vers son peuple et vers ses dieux », vers ses idoles. Pour les Corinthiens, il y avait un grave danger : s’asseoir à la table des démons, là où se trouvaient ceux qui sacrifiaient à de faux dieux, à des idoles. Aussi l’apôtre leur adresse cette exhortation : « Fuyez l’idolâtrie ».

« Je parle comme à des personnes intelligentes ». Les Corinthiens étaient en mesure de comprendre l’enseignement qu’allait leur donner l’apôtre. Mais nous pouvons sans doute ajouter cette pensée : l’intelligence, dans les Écritures, est généralement liée à la séparation du mal. « Se retirer du mal, est l’intelligence » Job 28. 28). « La connaissance du Saint est l’intelligence » Proverbes 9. 10). L’intelligence selon Dieu nous conduira toujours à la séparation du mal.

– Pourquoi l’ordre est-il différent en Luc 22. 14 à 20 ; 1 Corinthiens 10. 16 et 17 ; 1 Corinthiens 11. 23 à 26 ?

Luc 22. 14 à 20. L’ordre est celui-ci : « une coupe » (que le Seigneur reçoit) – un pain – qu’Il prend – et la coupe. La « coupe » qu’Il reçoit n’est pas la « coupe de la Pâque ». Ni Exode 12, ni Deutéronome 16 ne parlent de la coupe dans la célébration de la Pâque. Cette coupe avait été ajoutée par les Juifs, aux ordonnances de la Pâque et, en fait, en faussait le caractère ; c’était la méconnaissance du véritable caractère de la Pâque – fête dans laquelle il n’était pas question de joie, mais « d’herbes amères » de « pains d’affliction ». Le Seigneur, vrai nazaréen de Dieu, est sevré de toute joie terrestre ; Il attend la venue du royaume pour goûter cette joie. Homme obéissant, Il maintient le caractère de la fête telle qu’elle a été instituée et Il écarte – semble-t-il la coupe qu’il reçoit (en tout cas, Il n’en boit pas v. 17 et 18). Puis, Il institue la fête, le mémorial qui, pendant son absence, rappellera aux siens qu’Il est mort pour eux sur la croix du calvaire et que son sang précieux a été versé pour ôter leurs péchés.

1 Corinthiens 10. 16 et 17. La coupe est donnée en premier lieu – ou, plus exactement, nommée d’abord, car il est question là du corps de Christ ; pour en faire partie, pour être un membre du corps, il faut être lavé dans le sang de Christ.

1 Corinthiens 11. 23 à 26. Ici, nous avons le pain, puis la coupe.

Le Seigneur rappelle, du haut de la gloire ce qu’Il avait fait quand Il était ici-bas « le pauvre ». Combien ce souvenir est précieux à son cœur. Comme Il désire que les siens se souviennent de Lui pendant son absence.

La table du Seigneur est donc la manifestation publique de ce qu’est l’Assemblée de Dieu comme Corps de Christ, par le moyen de ses rachetés, unis en un seul corps, le seul pain qui est sur la table étant la manifestation de l’unité du Corps. Quand nos devanciers – il y a de cela plus de cent ans – ont été réveillés et amenés à comprendre ces vérités, il n’y avait pas de table dressée, au sens scripturaire du mot. La cène se prenait dans bien des dénominations chrétiennes. Les frères de ce début du temps du Réveil éclairés par l’Esprit de Dieu, enseignés par la Parole, sont sortis vers Lui, hors du camp – selon les expressions de Hébreux 13 – et ont dressé « l’autel sur son emplacement », comme autrefois le résidu fidèle (Esd. 3. 2 à 4). Cette table n’est pas la table des frères, mais la Table du Seigneur. Tout racheté de Christ y a sa place, dans les conditions qui ont été rappelées, c’est-à-dire : séparation de tout mal moral et doctrinal, sur le terrain de sainteté et de vérité ; où seront manifestés les caractères de Celui qui est le Saint et le Véritable.

La table du Seigneur et la table des pains de proposition sont deux choses différentes. D’ailleurs, à cette dernière, il fallait 12 pains pour représenter Israël, un seul peuple. L’expression « Table du Seigneur » ne se trouve qu’une fois dans l’Ancien Testament (Mal. 1. 12), et dans le Nouveau Testament, l’Esprit de Dieu n’en abuse pas, sans doute afin que nous y prêtions attention (on pourrait faire la même remarque pour l’expression « Fils unique »).

A la table du Seigneur, se rattache l’idée de communion, tandis que la cène est le mémorial. L’apôtre cite, dans notre passage, trois exemples de communion qui est exprimée dans l’acte de manger (en rapport avec les 3 classes de personnes : l’Église, Israël et les nations – cf. v. 32).

1. A la Table du Seigneur, la communion est exprimée.

2. Israël avait communion avec l’autel en participant aux sacrifices de prospérités (Lév. 3. 11 ; 21. 6 etc…)

3. Ceux qui mangeaient et buvaient dans les temples païens s’identifiaient avec la table et la coupe des démons. Derrière l’idole, il y a Satan ; derrière tout ce qui nous détourne de Christ, il y a l’activité de l’adversaire.

Il ne faudrait pas dire que les tables qui ne présentent pas le caractère de la table du Seigneur sont les « tables des démons ».

Un frère a appelé la cène prise dans les diverses dénominations chrétiennes, la « Cène du Sauveur ». L’expression est-elle juste ?

Laissons-lui son nom de cène, de souper.

Une table dressée dans telle ou telle dénomination chrétienne – et qui ne présente pas le caractère de table du Seigneur – est une table de l’homme.

« Communion » signifie : même part, part commune. Le Seigneur nous associe à Lui dans son triomphe, dans tous les résultats de sa victoire. « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jean 1. 3). Avoir une part avec Christ n’est qu’un des aspects de la communion ; cette part est celle de tous les croyants. La communion va plus loin : c’est avoir mêmes pensées, mêmes affections à l’égard d’un même objet. Notre communion avec le Père : quels délices Il trouve en son Bien-aimé, le Fils de son amour, Celui qui L’a glorifié dans sa vie et dans sa mort. Celui qui fait la joie de son cœur fait aussi la joie de nos cœurs : notre communion est avec le Père. Elle est aussi avec Christ : Celui qui a été délivré d’entre les cornes des buffles fait connaitre le nom du Père à ceux qu’Il n’a pas honte d’appeler ses frères. Et, au milieu de l’assemblée, Il chante ses louanges. Nous louons avec Christ, ayant part avec Lui, communion avec Lui dans cette louange qui monte vers le Père. Et puis, nous avons communion les uns avec les autres. Si nous ne pouvons recevoir tous les croyants à la table du Seigneur (sainteté et vérité doivent y être maintenues) nous devons cependant embrasser dans nos pensées et dans nos affections tous ceux qui font partie du corps de Christ, la multitude des rachetés sur la face de la terre, qui n’ont pas compris leur position mais qui sont lavés dans le sang de l’Agneau. Nous sommes ainsi l’organe de l’Église entière.

Peut-on appliquer à la cène le passage de Jean 6. 46 à 59 ?

« Manger sa chair » et « boire son sang » ne parle pas de la cène, mais de la mort de Christ, que nous nous approprions par la foi. La cène parle de ce dont parle Jean 6, mais Jean 6 ne parle pas de la cène. Si l’application que l’on fait parfois de Jean 6 à la cène était juste, aucun de ceux qui ont pris la cène ne serait perdu et, le serait, celui qui ne l’a jamais prise (cf. Jean 6. 53 et 54).

Pensons à ce qu’est, pour le cœur de Christ, le fait que nous sommes l’organe de l’Église entière. C’est souvent peu senti. Prenons garde de ne pas limiter l’Église aux deux ou trois réunis autour du Seigneur ; faisons-nous l’organe de l’ensemble des rachetés ; ce sera une consolation pour le cœur du Seigneur et une joie pour le notre. C’est un point sur lequel il faut insister, qui nous éloignera du sectarisme, et qui sera en témoignage vis-à-vis de ceux de nos frères qui ne sont pas en communion avec nous.

Nos cœurs sont brisés de ce que nous ne pouvons pas recevoir à la table de Seigneur tous les croyants. Nous ne pouvons pas recevoir ceux qui marchent dans le mal moral ou qui professent de fausses doctrines ; nous ne pouvons pas davantage recevoir ceux qui s’associent à eux (cf. Nomb. 19. 22). Il n’est pas possible de recevoir à la table du Seigneur un enfant de Dieu qui est en communion à une table souillée par le mal moral ou doctrinal. Romains 15. 7 nous dit : « Recevez-vous les uns les autres à la gloire de Dieu ». Serait-ce recevoir quelqu’un à la gloire de Dieu, s’il apportait de la souillure à la table du Seigneur ? (voir les enseignements de Aggée 2. 11 à 13).

Une chose s’impose à nos cœurs : il y a une logique parfaite dans les choses de Dieu. Nos devanciers ont, nous l’avons vu, rétabli l’autel sur son emplacement ; ils ont suivi, pour le faire, la direction de l’Esprit de Dieu – ils ont souffert. Et nous, nous méconnaîtrions – en nous laissant aller à l’esprit du jour – ce qui a été alors la pensée de l’Esprit (et non « la pensée des frères », qui est une expression inexacte). Nous comprenons l’importance qu’il y a de maintenir la table du Seigneur hors de toute souillure. Évidemment, cela pose des problèmes difficiles… Il faut regarder à Dieu avec prières et marcher dans le chemin de l’obéissance à la Parole.

Il serait tellement facile de donner la cène à tous les croyants et de marcher avec tous sans distinctions. Cela ne demanderait aucun exercice. Au contraire, obéir à la Parole nécessite un exercice continuel.

Le Seigneur veut maintenir des témoins aussi bien à Thyatire qu’à Sardes – églises qui demeurent jusqu’à la venue du Seigneur (Apoc. 2. 24 à 28 ; 3. 4 et 5). Notre responsabilité est de présenter la vérité de Dieu concernant le rassemblement autour du Seigneur, à sa table – mais nous agirions à l’encontre de la pensée divine si nous cherchions à contraindre un croyant à se retirer de Thyatire ou de Sardes, alors qu’il est l’un des témoins que Dieu veut y maintenir, Laissons agir le Seigneur Lui-même, qui saura placer ce croyant là où Il le veut.

Quel sujet de reconnaissance envers Dieu quand nous rencontrons, au milieu de Thyatire ou de Sardes, un croyant possédant la vie de Dieu. Marchons ensemble le plus loin possible, dans tout ce qui unit nos cœurs, sans perdre de vue toutefois les enseignements de 2 Timothée 2. 19 à 22, Dans nos rapports avec ces frères, ne cherchons pas la discussion, mais ce qui unit. Faisons comme Anne, parlons de lui à tous ceux qui attendent la délivrance.

– Lecture de 1 Corinthiens 11. 20 à 34.

Le Seigneur était ici-bas le « pauvre », Il n’avait pas un lieu où reposer sa tête, pas un lieu où rassembler les siens, Il a, dû emprunter « une grande chambre garnie ». Et c’est alors qu’allant à la croix, la nuit dans laquelle Il fut livré, Il a institué le précieux mémorial de ses souffrances et de sa mort. Du haut de la gloire Il a voulu rappeler ce mémorial à l’apôtre Paul, tant ce souvenir est précieux à son cœur.

L’apôtre avait besoin d’une révélation spéciale. Lors de l’institution de la cène, en Actes 2 également, les vérités concernant l’unité du corps de Christ n’étaient pas connues. Ceux qui prenaient la cène jouissaient alors du mémorial de la mort de leur Sauveur, mais ignoraient qu’en le faisant ils annonçaient « la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il vienne ». L’apôtre avait l’administration du mystère de l’assemblée corps de Christ ; il avait donc besoin d’une révélation spéciale en rapport avec le service qui devait être le sien.

L’apôtre, conduit par l’Esprit de Dieu, saisit l’occasion des désordres survenus à Corinthe, lors de la célébration de la cène, pour donner les enseignements dont nous avions besoin. S’ils ne peuvent plus se produire tels qu’ils existaient à Corinthe, les désordres qui peuvent se manifester aujourd’hui proviennent de la même source et conduisent aux mêmes résultats, aussi les enseignements de 1 Corinthiens 11 sont-ils très importants à considérer.

La cène est tout à la fois un mémorial (v. 24 et 25) et un témoignage (v. 26). Le témoignage, c’est Christ et, relativement à son œuvre, Christ nous est présenté :

1. Mort et ressuscité (A cela se rattachent la rémission des péchés, la justification, la paix avec Dieu, notre position de rachetés de Christ et d’enfants de Dieu).

2. Assis à la droite de Dieu et ayant envoyé ici-bas le Saint-Esprit. (A cette position de Christ se rattachent les vérités concernant l’Église, maison de Dieu et corps de Christ).

3. Comme Celui qui vient, Espérance chrétienne.

Ce témoignage est confié aux rachetés de Christ. Il est individuel et collectif. La cène, témoignage collectif, présente ces trois caractères : témoignage à sa mort et à sa résurrection, à l’unité du corps, à son prochain retour.

Les trois fêtes de Deutéronome 16 nous rappellent cela :

a) v. 1 à 8 – La Pâque – sa mort expiatoire.

b) v. 9 à 12 – La Pentecôte – rassemblement de l’Église.

c) v. 13 à 17 – La fête des Tabernacles – son retour glorieux.

Le mot « Seigneur » est employé ici avec insistance. Il se trouve environ 40 fois dans cette 1ère Épitre aux Corinthiens. Le verset 26 nous dit : « Vous annoncez la mort du Seigneur ». Quelle pensée. Le Prince de la vie, le Seigneur de gloire a voulu entrer dans la mort. Nous avons, d’une part, la gloire de sa personne ; d’autre part, la profondeur de son humiliation. Celui qui est ainsi entré dans la mort est maintenant couronné de gloire et d’honneur – voir Hébreux 2. 9. (Au ch. 16. 22 le jugement est prononcé sur celui qui n’aime pas le Seigneur ; ce jugement aura son exécution lors de son apparition en gloire).

Nous sommes ses rachetés, nous jouissons de la part qu’Il nous a faite, nous avons communion avec Lui. Mais Il est Seigneur et tous ses droits sont reconnus.

« En mémoire de moi » (v. 24 et 25). Quelle douceur dans ces mots. Nous nous souvenons non pas de Christ dans la gloire – ce ne serait pas un souvenir – mais d’un Christ mort. Nous rappelons ce qu’Il a été sur la croix, son corps livré, son sang précieux répandu. Par la mort, Il a vaincu celui qui avait le pouvoir de la mort ; c’est-à-dire le diable. Nous nous souvenons de Christ dans sa mort, cette mort précieuse aux yeux de Dieu. Ce mémorial parle à nos cœurs.

Soyons sobres de paroles à cette table. En prenant le mémorial de sa mort, il est superflu de développer de longues considérations sur sa vie ici-bas. C’est un muet langage qui parle au cœur du racheté. « La nuit-dans laquelle Il fut livré » : Il nous a laissé un tel souvenir dans un tel moment.

Combien sa mort touche le cœur. « Laissez-moi mon Sauveur mort, a dit J.N.D., c’est de Lui que j’ai besoin ».

Verset 28. Beaucoup trop de croyants s’abstiennent volontairement de venir prendre la cène. Pour certains, c’est de l’indifférence. N’abandonnons pas le rassemblement de nous-mêmes (Héb. 10. 25). D’autres assurent qu’ils lisent la Bible et se souviennent du Seigneur chez eux. C’est oublier que nous venons pour le Seigneur, et non pour nous. C’est oublier le désir qu’Il a exprimé, et perdre de vue le témoignage collectif.

Certains s’abstiennent en raison de l’état de tel ou tel, avec lequel ils disent ne pas « être libres ». C’est juger l’assemblée, se croire plus sage qu’elle… La Parole nous enseigne ce que nous avons à faire dans des cas semblables (voir par exemple, Matthieu 18. 15 à 17 ; Galates 6. 1 ; Jean 13. 14).

Il en est enfin qui ne se sentent pas « dans un état convenable ». Et certes, c’est chose grave. Que Dieu nous garde de venir prendre la cène dans un état moral qui ne serait pas en harmonie avec ce qu’elle nous rappelle. Manger le pain, boire la coupe du Seigneur indignement, consistait pour les Corinthiens dans le fait qu’ils faisaient de la cène un repas ordinaire où ils satisfaisaient leur appétit charnel jusqu’à l’excès (v. 20 à 22) ne discernant pas le corps du Seigneur dans la cène. En prenant la cène, son œuvre accomplie se présente à nous ; nous réalisons qu’il n’y a rien d’aussi précieux pour nos cœurs que sa mort – elle est précieuse pour Dieu Lui-même (Jean 10. 17). C’est ainsi que nous discernons le corps du Seigneur.

Manger et boire indignement, c’est aussi s’approcher avec un cœur qui n’est pas exercé par toutes les vérités qui se rattachent à la mort de Christ. C’est venir par habitude, venir sans s’être jugé. Si quelqu’un a commis un péché ignoré de tous, quelle responsabilité il assume en prenant la cène. Il est coupable à l’égard du corps et du sang du Seigneur. Il mange et boit un jugement contre lui-même. Quand Christ est mort (c’est ce que nous annonçons en prenant la cène) Dieu a condamné le péché dans la chair (Rom. 8. 3) : si j’apporte le péché en venant prendre la cène, je me trouve dans un état que Dieu doit juger.

Le jugement peut aller jusqu’à la mort du corps (v. 30 ; cf. 1 Jean 5. 16). C’est la discipline et non la condamnation (qui est réservée aux incrédules).

Pour aller rendre culte – c’est à l’autel d’or que le véritable culte est rendu – il faut d’abord passer à la cuve d’airain. Nous l’oublions souvent et c’est pour cela que notre culte est parfois si faible (voir Ps. 26. 6). L’eau de la cuve d’airain est la figure de la Parole agissant sur nos cœurs et nos consciences pour nous purifier de toutes les souillures contractées durant la semaine.

Lecture de 1 Corinthiens 9.

Les chapitres 12 à 14 forment un tout :

Dans le chapitre 12, nous avons la doctrine des dons, au chapitre 13, le mobile qui doit faire agir les dons, au chapitre 14, l’exercice de ces dons dans l’Assemblée.

Nous avons dans le chapitre 12, la relation des membres du Corps entre eux, le fonctionnement de chacun d’eux, le but vers lequel tous doivent tendre, la source de laquelle dépend leur activité. Cette source, c’est le Saint-Esprit. Au début du chapitre, l’apôtre met en garde les Corinthiens contre le danger des manifestations spirituelles qui avaient lieu dans le paganisme (v. 1 à 3). Les manifestations spirituelles viennent de deux sources différentes : les unes du Saint-Esprit, les autres des démons. Un esprit satanique peut faire des miracles, mais le Saint-Esprit fera toujours ce que les mauvais esprits ne feront jamais : le Saint-Esprit reconnait l’autorité du Seigneur Jésus (cf. Act. 16. 16 à 18 : cette servante dit : « Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut » ; elle n’aurait ni pu, ni voulu dire : « Ces hommes sont les esclaves du Seigneur ».

Il s’agit ici en 1 Corinthiens 12. 3, non de la conversion, mais de l’enseignement (cf. 1 Jean 4. 1 à 6).

Il est une question que chaque croyant devrait se poser : suis-je dans un rassemblement où la présence personnelle du Saint-Esprit comme Personne divine est reconnue – où sa libre action est acceptée ? Là où il n’en est pas ainsi, ce n’est pas l’assemblée de Dieu. Il y a, sur la terre, une personne divine qui veut pourvoir à tout dans le rassemblement des saints et nous occuper de la gloire de Christ. Voudrions-nous mettre Dieu de côté et laisser agir l’homme ?

Du côté des démons, l’unité est impossible. Au contraire, le Saint-Esprit est un et, s’il y a diversité, c’est dans l’unité. Diversité des dons, mais un même Esprit ; diversité des services, mais un même Seigneur ; diversité des opérations, mais un même Dieu (v. 4 à 6). Cette diversité des dons, des services, des opérations nous conduit à considérer, chacun, notre responsabilité de discerner la fonction qui nous est dévolue dans le corps, étant gardés de chercher à imiter un autre ou de le jalouser. L’ayant discernée, nous sommes appelés à remplir cette fonction « en vue de l’utilité » ; en Éphésiens 4. 12, il est dit « en vue du perfectionnement des saints », qui servira à « l’édification du corps ».

Cette fonction ne sera remplie pour l’« utilité » que si elle l’est dans la dépendance de l’Esprit. Si la présence de Dieu par l’Esprit est vraiment réalisée au milieu de nous, aucune action ne sera exercée dans l’assemblée parce qu’il y a liberté d’agir, ce serait l’action de la chair, mais tout sera fait dans la crainte et sous l’action puissante de l’Esprit. Il n’y a ni prospérité, ni bénédiction, en dehors de la puissance de l’Esprit dans le rassemblement.

Il vaut mieux garder le silence que laisser agir la chair. Dieu peut se servir de ce silence pour produire dans les cœurs un saint exercice qui conduira à la bénédiction.

Un grand mal, c’est de ne pas être satisfait de la place que le Seigneur nous donne. La grande affaire, c’est de discerner celle qui est la nôtre et d’y demeurer, fidèles, dépendants, prêts à servir. Nous désirons la vie et la prospérité des assemblées ; nous ne pourrons l’avoir en dehors du chemin que nous venons de rappeler. Avant d’exercer quelque action que ce soit, demandons-nous quel profit il en résultera pour l’assemblée.

Quelle pléiade de serviteurs y avait-il autour du grand apôtre des nations. Chacun était satisfait de la place qui lui était assignée ; il n’y avait entre eux ni jalousies, ni compétitions. Prenons bien garde qu’en déplaçant un membre du corps nous amenons le plus grand dommage au fonctionnement du corps.

Nous avons trois fois, dans ces chapitres, l’expression « avec ardeur » (12. 31 ; 14. 1 et 12). Nous devons avoir le désir ardent de servir l’assemblée en vue de l’utilité, de remplir le service qui nous a été confié. Ce qui ne veut pas dire que nous avons à désirer le don qui nous parait le plus grand, mais celui pour lequel nous avons été qualifiés par Dieu. Il faut pour cela un exercice constant. Cherchons sa face, ayons le cœur exercé.

La vie chrétienne est une vie d’exercice et de dépendance. L’amour, par exemple, ne peut être manifesté sans qu’il y ait exercice ; nous sommes appelés à aimer tous les saints et même tous les hommes, mais les manifestations n’en seront pas les mêmes à l’égard de tous. La réception à la table du Seigneur, voilà encore un saint exercice avec le Seigneur. C’est Lui qui doit nous montrer la place qu’Il nous assigne dans le corps (cf. Nomb. 4). Le service le plus précieux pour le cœur du Seigneur est celui qui est rempli pour Lui, avec fidélité et dans la crainte.

Nous avons besoin de cet exercice dans le rassemblement – où nous avons parfois l’habitude de nous reposer sur deux ou trois frères – même dans les réunions de prières et dans les réunions de culte. Chaque croyant est un adorateur – et s’il est vrai que les sœurs doivent garder le silence, chacun des frères peut être appelé à exprimer la louange de l’assemblée, agissant dans la dépendance de l’Esprit. De même, dans les réunions de prières, où l’on ne devrait pas voir deux classes de frères : ceux qui ont l’habitude de prier, et ceux qui ont l’habitude de se taire. Gardons-nous de toute routine. Et pour cela laissons-nous diriger par le Saint-Esprit, afin que chacun fonctionne à sa place, soit dans le silence, soit par l’activité. Même dans une réunion d’édification, un frère qui prononcera les cinq paroles que l’Esprit lui donne édifiera l’assemblée, alors que celui qui en exprime dix mille, qui ne viennent pas de l’Esprit, fatiguera l’assemblée et n’apportera aucune édification. Et si celui qui a cinq paroles à donner par l’Esprit les retient, il éteindra l’Esprit, comme celui qui en prononce dix mille de son propre fonds. Tout ce qui ne vient pas de l’Esprit est en pure perte. Que Dieu nous donne d’être exercés à cet égard. Chacun a sa propre responsabilité. Puissions-nous y faire face en vue de la bénédiction de l’assemblée.

Nous avons vu, dans le verset 3, le caractère essentiel d’un enseignement qui provient du Saint-Esprit, Tout enseignement qui tendrait à rabaisser les gloires de Christ n’est pas de l’Esprit. La puissance de l’adversaire, qui se manifestait alors, est encore aujourd’hui en activité. L’esprit d’erreur tend à se développer ; 1 Jean 4. 1 à 6 nous en donne les caractères, par opposition à ceux de l’Esprit de vérité. L’Esprit est serviteur, Il ne parle pas de Lui-même, ce qui signifie : de sa propre autorité (Jean 16. 13). Il prend les choses de Christ pour nous les communiquer, Il nous conduit dans toute la vérité. Les petits enfants ayant « l’onction de la part du Saint » connaissent toutes choses (1 Jean 2. 20).

Le rôle normal du Saint-Esprit est donc de prendre ce qui est de Christ pour en nourrir nos âmes. Mais la condition essentielle, pour jouir de ce que nous donne l’Esprit, est que nos cœurs soient en ordre.

Ici, l’Esprit doit reprendre les Corinthiens, tandis qu’Il est libre d’agir dans l’Épitre aux Éphésiens. L’Esprit est un parfait ouvrier mais quand Il vient dans son « atelier » pour y faire son travail, Il trouve tout en désordre. C’est alors un esprit de répréhension. Il est obligé de nous reprendre au lieu de prendre de ce qui est à Christ pour nous le communiquer. Tout cela s’applique à l’état de nos cœurs (sont-ils en ordre ?) et à l’état de l’assemblée (est-elle en ordre ?).

Versets 8 à 10. Énumération des dons. Par suite de La ruine de l’Église, certains ont disparu : les dons de grâce de guérisons, les opérations de miracles, les langues. C’est seulement au début de l’histoire de l’Église qu’ils furent donnés pour être des signes aux incrédules (14. 22 et Marc 16. 15 à 20) et accréditer ceux qui présentaient l’Évangile, alors que la Parole n’était pas encore complète. Ces dons ont cessé par la suite.

Parole de connaissance : C’est un don qui permet de recueillir la vérité par une étude approfondie de la Parole. C’est la connaissance des Écritures, des textes.

Parole de sagesse : Ici, l’âme est occupée non seulement de l’Écriture, mais encore de Celui qui l’a donnée. C’est par la connaissance de la Parole, entrer dans la connaissance de Lui-même, Celui qui est la sagesse de Dieu. Celui qui a « la parole de sagesse » est un père au point de vue spirituel.

La Foi : Ce n’est pas, dans ce passage, la foi qui sauve (elle est commune à tous les croyants) ! c’est la force qui vient d’une entière confiance en Dieu et qui permet de surmonter les difficultés, Celui qui a « la foi » peut réconforter les frères en leur rappelant ce que sont les ressources divines.

La prophétie : Ici, il s’agit du discernement des choses futures (exemple : Act. 11. 27 et 21. 10).

Discernements d’esprits : Discerner l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur. Il y a des cas parfois difficiles pour lesquels des frères particulièrement doués à cet égard, ayant un tel discernement, peuvent être utiles.

Le verset 28 nous montre les dons placés « dans l’assemblée ». Il s’agit de la prospérité de l’assemblée, de la bénédiction de l’ensemble. Dans ce verset, il est aussi question des « aides » : il ne s’agit pas seulement de l’édification de l’assemblée quand elle est réunie, mais de la vie de l’assemblée. Les sœurs sont souvent des « aides » par la prière et l’intercession ; leur foi agissant, elles attendent patiemment que Dieu, qui aime l’assemblée, intervienne.

La « foi », comme nous l’avons vu est quelque chose d’extrêmement précieux. C’est une confiance entière en Dieu, qui aboutit à une attente patiente. Dieu qui aime son assemblée pourvoira à tous les cas qui se présentent. Josué et Caleb ont été des exemples d’hommes de foi, vigoureux. Débora, elle aussi, se lève dans un temps de ruine ; elle a la foi qui compte sur Dieu – bel exemple pour les sœurs appelées à être des « aides » dans les moments difficiles. Au sujet des Galates, l’apôtre avait confiance dans le Seigneur (Gal. 5. 10). Il est en « perplexité à leur sujet » (4. 20) mais, tout de même, confiant. C’est bien souvent le manque de confiance qui nous caractérise. La confiance doit nous guider dans toute notre action.

Verset 12. Les membres du corps sont liés si intimement les unes aux autres et à la Tête, glorifiée dans le ciel, que l’ensemble est appelé « le Christ ». Les membres sont plusieurs, ils sont différents, mais ils forment un seul corps.

Il n’est pas exact de dire qu’un croyant est membre de telle ou telle assemblée ; cette expression est inconnue à la Parole. Prenons garde aux expressions erronées que l’on emploie par habitude ; l’ennemi en arrive ainsi à accréditer des erreurs – on est, parfois, tellement accoutumé à une expression que l’on considère comme juste la pensée qu’elle exprime. Le croyant est membre du corps de Christ. Le corps n’est pas formé par un groupement d’assemblées ; il est formé des membres, qui sont les croyants (v. 27), de sorte que les assemblées locales ne sauraient être ni autonomes ni indépendantes.

Cette vérité du corps de Christ est d’une importance capitale ; elle a été enseignée à Paul sur le chemin de Damas. Une voix s’est fait entendre à lui, en réponse à la question qu’il a posée : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 6). Si nous faisons souffrir, tout le corps souffre – que nous en ayons conscience ou non, que nous le voulions ou non. Et la Tête souffre aussi, siège de l’intelligence et des facultés, elle souffre peut-être plus intensément encore. Est-ce que cette pensée ne devrait pas briser nos cœurs, si nous sommes une cause de souffrance dans l’Assemblée de Dieu ?

Verset 13. Dans la chrétienté, des croyants pieux et sincères, aimant le Seigneur, demandent une nouvelle effusion de l’Esprit : Ce « baptême » a été fait, une fois pour toutes, le jour de la Pentecôte. Ce « baptême » est un acte collectif. Lorsque quelqu’un est né de nouveau, il se trouve rendu participant de toutes les bénédictions qui découlent de ce baptême de l’Esprit.

« Abreuvés » c’est le Rocher frappé – et ce rocher est le Christ (1 Cor. 10. 4).

Lecture du Psaume 133.

Le Saint-Esprit nous est présenté, dans la Parole, sous quatre caractères principaux :

a) Baptême du Saint-Esprit – fait collectif qui a eu lieu le jour de la Pentecôte.

b) Sceau – Cachet de Dieu, apposé sur le croyant, comme étant sa propriété (Éph. 1. 13 – scellés après avoir cru, 4. 30 en vue de la rédemption de notre corps).

c) Onction – Double sens :

1. Consécration pour un service (c’est ainsi qu’elle est envisagée dans l’Ancien Testament et en Actes 10. 38).

2. Capacité de l’intelligence pour recevoir et comprendre les choses de Dieu (1 Jean 2. 20).

d) Arrhes – Certitude des choses qui sont encore à l’état d’espérance.

Cf. 2 Cor. 1. 21 : oints.

2 Cor. 1. 22 : scellés.

2 Cor. 5. 5 : arrhes.

« Baptisés » a un caractère collectif. « Abreuvés » aussi, dans ce sens : nous avons tous bu à cette source de vie, comme Israël dans le désert (1 Cor. 10. 4), mais il y a peut-être un côté individuel : c’est boire à la source vivifiante, c’est l’eau qui monte de Jean 4. 14, et l’eau qui descend de Jean 7. 38. « Abreuvé », c’est être rendu personnellement participant de toutes les bénédictions spirituelles. Philémon buvait à la source et pouvait ainsi rafraichir les entrailles des saints.

Il est un mot qui revient souvent dans ce chapitre, c’est le mot « unité ». Comment réaliser l’unité du corps, si chacun des membres n’est pas à la place qui lui est assignée pour y remplir la fonction qui lui est dévolue ?

Le verset 25 nous dit : « afin qu’il n’y ait point de division dans le corps ». Les membres doivent s’entraider et non se combattre. Sachons réaliser la dépendance qui convient des uns à l’égard des autres – et que chacun a besoin de son frère. Les membres les plus faibles sont parfois les plus utiles. Les jalousies, les intrigues dans l’assemblée, voilà ce qui peut amener la division.

Le verset 14 nous montre qu’un seul membre n’est pas le corps ; les versets 15 et 16, qu’un membre peut n’être pas satisfait du service qui est le sien ; les versets 17 et 18, que chaque fonction est nécessaire à la vie du corps – tous les membres ne peuvent avoir le même rôle à remplir ; Dieu a donné une tâche à chacun et c’est avec une sagesse parfaite qu’Il a placé les membres dans le corps « comme Il l’a voulu ». Serions-nous mécontents de ce qu’Il a fait ? Les versets 19, 20 et 21 nous montrent ensuite qu’il n’est pas un membre qui puisse dire à un autre : tu es inutile, je n’ai pas besoin de toi. Les membres sont dépendants les uns des autres. Et (v. 22), les membres les plus faibles sont nécessaires.

Tout ce qui précède ne pourra être réalisé que par l’action puissante de l’Esprit de Dieu. Pour remplir la fonction qui nous est assignée, nous avons besoin d’être abreuvés de l’Esprit. Et ce n’est pas seulement le premier jour de la semaine qu’il nous faut boire à la source, c’est d’une façon constante, chaque jour de notre vie. Le croyant doit vivre de la vie de l’Esprit ; il doit goûter la fraicheur de la source et s’y désaltérer lui-même en buvant à longs traits. Le Saint-Esprit le nourrira de Christ. S’il en est ainsi, dans le rassemblement, chacun occupant sa vraie place, exerçant le service qui peut lui être confié, l’Esprit ne sera entravé en rien dans son activité. Quelle bénédiction il y aura alors.

Versets 25 et 26. Si chacun est à sa place et y remplit sa fonction la sollicitude que nous devons avoir les uns à l’égard des autres sera manifestée. Nous devons avoir « un égal soin » les uns des autres. Comme cela ferme la porte à l’esprit de parti. L’union est la contrefaçon de l’unité. Nous n’avons pas à faire l’unité, mais à la garder ; elle a été faite une fois pour toutes à la Pentecôte, c’est le travail de Dieu (Éph. 4. 3).

Le verset 26 mérite d’arrêter particulièrement notre attention. « Si un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui ». Cela ne signifie pas tant : si un croyant est dans l’épreuve les autres doivent sympathiser avec lui – mais plutôt : la souffrance d’un membre du corps est la souffrance de tout le corps.

C’est une réalité et il ne peut pas en être autrement, étant donné le lien qui unit les différents membres en un seul corps. Cette vérité est-elle connue et comprise ? Si vraiment elle l’est, avec quelle sympathie nous entrerons dans les circonstances de celui qui souffre. Nous sentirons réellement sa souffrance et cela donnera à notre sympathie le caractère qu’elle doit avoir. Ce sera tout autre chose que quelques banales paroles de circonstances… Et savons-nous nous réjouir avec ceux qui se réjouissent ? Pas toujours. C’est humiliant et c’est triste. Si nous réalisions vraiment l’unité du corps, les liens qui nous unissent aux membres du corps et à la Tête glorifiée dans le ciel, nous réaliserions par là même ce que nous venons de considérer en rapport avec ce verset 26.

Lecture de Hébreux 2. 18 et 4. 14.

La sympathie à l’égard de nos frères devrait se manifester devant le trône de la grâce. C’est là que nous pouvons porter les fardeaux les uns des autres, les déposer, demander le secours du Seigneur, faire appel à sa vraie sympathie pour ceux qui souffrent.

Le point de vue des Hébreux et de la 1ère Épitre aux Corinthiens n’est pas le même. Dans la 1ère Épitre aux Corinthiens, nous avons le corps de Christ sur la terre tandis que la Tête du corps est glorifiée dans le ciel. La souffrance de l’un des membres du corps atteint, bien entendu, tous les membres (qu’ils le sachent ou non, qu’ils le réalisent ou non), mais aussi la Tête. Et Celui qui est la Tête du corps ne peut pas ne pas sentir ce qui atteint l’un des membres. Un autre membre pourra ne pas réaliser la souffrance qui touche tel ou tel, mais il n’est pas possible que la Tête n’éprouve pas ce qu’un membre a éprouvé. Encore ceci : la Tête, siège de l’intelligence, des facultés, de la sensibilité, sentira beaucoup plus que n’importe quel membre du corps (voir Act. 9. 5). Dans l’Épitre aux Hébreux, il s’agit de la sympathie de Christ comme Souverain sacrificateur (nous n’avons pas ce côté dans le chapitre 12 de la 1ère Épitre aux Corinthiens) ; Il nous porte sur son cœur et Il sympathise avec ceux qui souffrent.

En Jean 4, nous le voyons lassé du chemin. Il sait relever le courage de celui qui est las (És. 50. 4). Il sait, parce qu’Il a appris ; Il a été homme ici-bas….

Verset 27. C’est l’assemblée de Corinthe, qui est appelée ici « le corps de Christ ». C’est la manifestation de ce corps dans une assemblée locale. Si, aujourd’hui, notre rassemblement n’est plus celui de tous les enfants de Dieu, sans exception, se trouvant dans la localité, l’assemblée est cependant représentée par les deux ou trois réunis au nom du Seigneur, sur le terrain de l’unité du corps, dans l’obéissance à la Parole.

Verset 28. Nous avons ici trois dons – apôtres, prophètes, docteurs – qui ont été appelés « fondamentaux » (Éph. 2. 20).

Apôtres. Leurs écrits nous restent. Nous y avons les vérités fondamentales du christianisme.

Prophètes (voir Rom. 16. 26). Aujourd’hui c’est parler de la part de Dieu, comme « oracle de Dieu », conduit par l’Esprit, appliquant la Parole aux besoins du moment.

Docteurs. Qui enseignent, expliquent les Écritures, « exposant justement (ou : découpant droit) la parole de la vérité » (2 Tim. 2. 15).

Les dons de « miracles », les « dons de grâce de guérisons », les « diverses sortes de langues » sont les dons qui ont cessé. Les « aides » et les « gouvernements » sont des dons secondaires, qui subsistent encore et ont une application occasionnelle et particulière, comme la « parole de sagesse » ou la « parole de connaissance ».

Tous les frères – bien qu’ayant reçu, chacun, un don de grâce à faire valoir, une fonction propre, une capacité pour le service (1 Cor. 12. 7 à 11 – Rom. 12. 3 à 6, Éph. 4. 7 à 16) – n’ont pas un ministère spécial se rattachant à des « dons de grâce plus grands » (v. 31) : v. 29 et 30. Mais l’apôtre leur dit : Désirez-les « avec ardeur » ces dons de grâce plus grands. Non pour se rechercher soi-même ou pour s’en glorifier, mais pour l’édification de l’assemblée (ch. 14). Alors est ouvert le « chemin bien plus excellent » : l’amour. C’est par amour que l’on sert, par amour pour le Seigneur, amour pour son assemblée, amour pour tous les saints.

D’après Quelques notes recueillies aux réunions d’études sur la Parole – Saint-Agrève et Les Brus Août 1948

COMMENT ACCEPTER UNE RÉPRÉHENSION

« Ne reprends pas le moqueur, de peur qu’il ne te haïsse ; reprends le sage, et il t’aimera. Donne au sage, et il deviendra encore plus sage ; enseigne le juste, et il augmentera son savoir » Proverbes 9. 8 et 9.

« La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse » Psaume 111. 10.

Le verset des Proverbes ci-dessus montre comment le fait de reprendre quelqu’un ou de lui donner un avertissement, n’est pas toujours bien accepté par celui à qui on l’adresse.

Nous trouvons avant tout le type du moqueur, qui n’admet pas la répréhension. Dans la Bible, le moqueur est un homme arrogant et présomptueux, qui agit avec « colère et orgueil » (Prov. 21. 24). « Le moqueur n’aime pas celui qui le reprend ; il ne va pas vers les sages » (Prov. 15. 12) et il pourrait même réagir avec haine. Au contraire, le sage, sachant qu’il n’est pas parfait et désirant progresser, remercie celui qui le reprend, parce que cela lui permet de mûrir dans son comportement et sa vie intérieure. « Que le juste me frappe, c’est une faveur ; qu’il me reprenne, c’est une huile excellente ; ma tête ne la refusera pas » (Ps. 141. 5). Il apprend ainsi à se corriger afin de ressembler toujours plus au Seigneur Jésus, modèle de bonté, de patience et d’humilité.

Posons-nous sincèrement la question : Comment réagissons-nous lorsque nous recevons une répréhension de la part de nos parents, de notre conjoint, d’un frère ou d’une sœur dans la foi ?… Sommes-nous suffisamment humbles pour accepter la répréhension et la considérer devant Dieu afin de modifier notre conduite si nécessaire ? Ou bien la refusons-nous comme injustifiée, parce que nous pensons que nous n’avons rien à apprendre de la personne qui nous a repris, ou simplement parce que nous pensons avoir raison ?

Et lorsque nous-même, nous devons adresser une répréhension, agissons-nous avec douceur et amour, après avoir demandé à Dieu de nous donner la sagesse pour le faire ?

D’après « Il buon seme » septembre 2025

L’ŒUVRE DU DOCTEUR BARNARDO

Le nom du docteur Barnardo reste attaché, en Angleterre, aux nombreuses institutions destinées à accueillir l’enfance abandonnée, à laquelle il se consacra entièrement dès l’âge de vingt et un ans et jusqu’à sa mort.

Né à Dublin en 1845, le petit Tom eut des débuts pénibles, causant de graves soucis à ses parents ; à deux ans, il tomba dangereusement malade, les médecins le considéraient même comme perdu, mais son excellente constitution reprit le dessus et le bébé fut sauvé. Pendant ses années d’école, ses professeurs le jugeaient un « élève difficile », au caractère vif, fougueux, et qui ne témoignait d’aucune capacité particulière. Peu après avoir commencé à gagner sa vie, une heureuse expérience spirituelle le transforma, au sujet de laquelle il écrira par la suite : « Je fus converti à l’âge de dix-sept ans ; cet événement, par la grâce de Dieu, demeure pour moi quelque chose de réel et d’effectif. J’ai vécu depuis lors dans une atmosphère de prière ».

Désireux de servir son Maître, le jeune homme s’occupa d’évangélisation dans les bas quartiers de Dublin ainsi que d’un refuge pour les enfants délaissés. Au bout de quatre ans, se croyant appelé à être missionnaire en Chine, il s’inscrivit comme étudiant à l’hôpital de Londres, mais il logeait en dehors. Là aussi, il employait ses heures de liberté à prêcher l’Évangile et s’intéressait à l’enfance misérable des mauvais quartiers de la grande ville. Un jour qu’il vendait des Bibles à l’entrée d’une salle publique, il fut assailli par des individus agressifs ; en dépit de nombreuses contusions et de deux côtes cassées, il ne se découragea pas. La même année, une épidémie de choléra éclata et il se dépensa sans compter auprès des victimes ; il eut à soigner entre autres un meneur connu d’une bande de voyous, nommé William Notman. Quelque temps après, ce dernier se rendit, dans l’intention d’y faire du scandale, à une réunion présidée par Barnardo ; il reconnut le médecin, fut couvert de honte, puis se convertit et devint plus tard un aide infatigable pour son bienfaiteur.

Dans ses pérégrinations, Tom découvrit une fois une cabane en planches qu’il pu louer à bas prix ; il la répara, l’arrangea de façon à y créer une atmosphère avenante et l’ouvrit comme refuge pour enfants miséreux. Un soir qu’il allait fermer la porte et partir, il vit un petit garçon en guenilles blotti près du feu. « C’est le moment de rentrer à la maison », dit doucement le médecin. L’enfant alors supplia qu’on le laissât rester, ajoutant : « Je n’ai pas de maison, Monsieur ; je n’ai pas d’amis et je n’habite nulle part ». Interdit et incrédule, le docteur questionna le garçonnet ; Jim Jarvis raconta une histoire authentique d’enfant abandonné, sans foyer, et qui dormait où il pouvait. Mais plus douloureuse encore fut la révélation que lui fit Jim en lui parlant de ses camarades qui vivaient dans les mêmes conditions ; Tom ayant manifesté le désir d’en juger par lui-même sans tarder, ils partirent tous deux, Jim conduisant son nouvel ami à travers un dédale de rues sordides jusqu’à ce qu’ils atteignent un mur élevé. Ayant réussi à l’escalader, ils virent onze garçons endormis, les pieds dans une rigole, protégés seulement, contre le vent qui soufflait, par les maigres haillons qui couvraient leurs corps frêles. Frappé d’horreur par ce spectacle, Barnardo ramena Jim chez lui, lui prépara un repas et lui donna un lit pour la nuit.

Peu après, lors d’une réunion où l’un des orateurs manquait, Barnardo fut prié de le remplacer. Encore impressionné par ces scènes de détresse, le jeune médecin profita de cette occasion unique pour entretenir son auditoire de ce qui le préoccupait. Ses paroles simples et convaincantes émurent grandement le public, si bien qu’à la fin de la séance, une jeune fille vint lui offrir pour les orphelins tout ce que contenait son porte-monnaie : soit vingt-sept centimes. Le lendemain la presse présentait un compte rendu de cette conférence dans l’espoir de rendre le monde attentif à cette situation. Cet article tomba sous les yeux du comte de Shaftesbury, chrétien éminent et pionnier de nombreuses réformes sociales. Pour en savoir davantage et connaître plus de détails, il invita aussitôt à dîner le témoin entreprenant et courageux et convoqua également quelques amis. Poussé à prouver ses dires, Barnardo entraîna cette société de gens élégants et raffinés dans un labyrinthe de rues misérables ; il leur montra sous une bâche 73 garçons endormis, vêtus de guenilles, et dont l’âge variait entre 7 et 17 ans. Le comte et ses amis emmenèrent ces pauvres enfants dans une auberge voisine, ouverte toute la nuit, où ils furent réconfortés par un substantiel repas, le premier probablement depuis plusieurs jours. Promettant son appui, Lord Shaftesbury pressa le jeune homme à rechercher les directions de Dieu quant à sa carrière future. Ébranlé, mais se croyant toujours appelé à partir pour la Chine lointaine, Barnardo se mit à prier avec ferveur et fut finalement convaincu que Dieu désirait le voir consacrer sa vie aux enfants abandonnés.

Ainsi, en 1867, à l’âge de 22 ans, le docteur Barnardo fit un premier essai en ouvrant un asile pour enfants dans l’East End, le quartier de Londres le plus misérable. Trois ans après, sa foi l’engagea dans une nouvelle entreprise, le premier refuge pour garçons, entièrement dépendant de dons volontaires. Un jour, un jeune garçon, surnommé Carotte, demanda à être hospitalisé ; bien à contre-cœur, Tom dut refuser vu le manque de place, mais il donna à l’enfant un peu d’argent en lui disant de revenir une semaine plus tard ; avant que les huit jours soient écoulés, deux ouvriers trouvèrent le pauvre Carotte mort de faim et de froid. Profondément troublé par ce tragique incident, Barnardo fit apposer un écriteau sur la porte de la maison, portant ces mots :

L’entrée ne sera refusée à aucun enfant abandonné.

Tel est le principe qui gouverna ses institutions depuis lors, et qui les régit aujourd’hui encore. Lorsque les garçons atteignaient l’âge de sortir de l’établissement qui les avait recueillis, le docteur trouvait encore moyen de les suivre et de s’occuper d’eux. C’est ainsi que, par groupes, un grand nombre d’entre eux partirent pour le Canada, où ils pouvaient parfaire leur éducation et où ils étaient préparés en vue de leur établissement dans ce grand pays.

En 1873, Barnardo acheta une belle propriété à Limehouse, aux environs immédiats de Londres ; il la convertit en un centre missionnaire, et y créa également un foyer pour les ouvriers qui trouvaient là du café et des repas à bon marché ; enfin l’évangéliste venait y prêcher le dimanche soir et quelquefois dans la semaine devant un public nombreux.

La même année, il épousait Syrie Elmslie et eut deux fils et deux filles. Bien qu’autoritaire et emporté, Barnardo aimait les enfants et jouissait de leur compagnie, jouant et gambadant avec eux chaque fois qu’il en trouvait le temps dans sa vie surchargée. En 1905, exténué par un travail incessant en faveur d’enfants sans feu ni lieu, cet intrépide chrétien mourait d’une maladie de cœur à l’âge de soixante ans.

Son œuvre de charité subsiste ; innombrables sont encore aujourd’hui les orphelins qui, grâce à lui, trouvent un asile, une maison accueillante. Quelle reconnaissance ne doivent-ils pas avoir envers l’homme qui répondit à l’appel de Dieu, mettant en pratique ces paroles de Jésus : « En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de ceux-ci qui sont mes frères, vous me l’avez fait à moi » (Mat. 25. 40). Le Sauveur du monde a témoigné d’un amour beaucoup plus grand, Lui qui ne délaisse personne, et ne méprise personne, en donnant sa vie pour nous afin de nous sauver et de nous acquérir une vie éternelle. C’est ce qu’Il dit de Lui-même : « Personne n’a un amour plus grand que celui-ci : que quelqu’un laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 13).

D’après Almanach Évangélique 1958

JÉSUS SEUL

Lorsque Léonard de Vinci, l’illustre peintre, peignait sa fameuse fresque de la Cène, il avait toujours pour but de mettre en évidence aux yeux du public la figure du Sauveur.

Mais il avait placé sur la table une coupe ciselée à laquelle il travailla pendant trois semaines. Lorsqu’il exposa sa peinture, il remarqua que ses admirateurs se précipitaient pour voir de plus près cette coupe : « Voyez comme elle est remarquablement faite ! Quel peintre que Léonard ! »

Cela dura quelques jours puis, un soir, alors que tout le monde s’était retiré, Vinci prit son pinceau et d’un trait puissant effaça pour toujours cette image : « Personne, dit-il, ne doit plus admirer autre chose que le Christ ! »

D’après Almanach Évangélique 1958

DIEU EST PARTOUT

Avec nous : « On appellera son nom Emmanuel, ce qui, interprété, est : Dieu avec nous » Matthieu 1. 23.

Pour nous : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Romains 8. 31.

En nous : « Celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu en lui » 1 Jean 4. 16.

Devant nous : « L’Éternel est celui qui marche devant toi » Deutéronome 31. 8.

Derrière nous : « Le Dieu d’Israël sera votre arrière-garde » Ésaïe 52. 12.

Au-dessus de nous : « D’en haut il étendit sa main, il me prit » Psaume 18. 16.

Au-dessous de nous : « Au-dessous de toi sont les bras éternels » Deutéronome 33. 27.

Autour de nous : « L’Éternel est autour de son peuple dès maintenant et à toujours » Psaume 125. 2.

D’après Almanach Évangélique 1959

AVANT QU’ILS CRIENT, JE RÉPONDRAI (ÉSAÏE 65. 24)

Au printemps 1875, Hudson Taylor, le fondateur de la mission en Chine, se trouvait sur le quai de la gare de Brighton, attendant le train qui devait le ramener à Londres. Il fut accosté par un prince russe qui lui proposa de voyager ensemble.

– Mais je voyage en troisième classe, dit le missionnaire.

– Mon billet m’autorise à faire de même, fut la réponse courtoise.

Ils se trouvèrent seuls dans leur compartiment, et aussitôt, le comte Bobrinsky sortit son portefeuille en disant :

– Permettez-moi de vous donner quelque chose pour votre œuvre en Chine.

Lançant un coup d’œil sur le chèque qu’on lui tendait, M. Taylor eut le sentiment qu’il devait y avoir une erreur – la valeur était de cinquante livres sterling.

– Vous pensiez me remettre cinq livres, dit-il aussitôt ; laissez-moi vous rendre ce chèque, il est de cinquante livres.

– Je ne peux pas le reprendre, répondit le donateur, non moins surpris. J’avais bien l’intention de donner cinq livres, mais Dieu doit avoir le désir que vous en receviez cinquante, aussi je ne peux pas le reprendre.

Impressionné par cet incident, M. Taylor, arrivé à Londres, se rendit immédiatement au centre de la mission, où se tenait précisément une réunion de prières. Un paiement devait être fait en Chine, et il manquait quarante-neuf livres pour pouvoir l’effectuer. Ceux qui avaient connaissance de la chose se sentirent appelés à en faire un sujet de prière, et pendant qu’ils faisaient cette demande, M. Taylor arriva et posa le chèque de cinquante livres sur la table.

« Avant qu’ils crient, je répondrai, et pendant qu’ils parlent, j’exaucerai ».

D’après Almanach Évangélique 1959

TRADUCTION DE FEUILLETS (144)

« C’est pourquoi nous ne nous lassons pas ; mais, même si notre être extérieur dépérit, toutefois notre être intérieur est renouvelé de jour en jour » 2 Corinthiens 4. 16.

À L’EXTÉRIEUR ET À L’INTÉRIEUR

Avec l’âge, les plaisirs de la vie perdent de leur attrait. Notre force mentale et physique déclinant, nous manquons souvent d’intérêt et d’énergie pour faire les choses que nous faisions dans notre jeunesse.

Pour ceux qui connaissent Jésus-Christ comme leur Sauveur et Seigneur, la vérité du verset d’aujourd’hui se révèle : le corps, l’être extérieur, peut s’affaiblir et se « détériorer » lentement – et ce processus est inévitable -, mais l’« être intérieur », connecté au monde invisible, est mystérieusement « renouvelé » chaque jour. Le fait que cet être intérieur puisse rester vibrant et frais malgré l’âge et la maladie est illustré par l’expérience suivante, dont je me souviens encore très clairement.

Je rendais visite à un ami âgé atteint de la maladie d’Alzheimer. Nous nous connaissions bien depuis de nombreuses années. Récemment, en essayant de converser avec lui, j’avais constaté que beaucoup de ses propos étaient incohérents. Mais lorsque j’évoquais Jésus-Christ, il répondait parfaitement normalement, et tout ce qu’il disait sur les sujets bibliques prenait sens. Comment l’expliquer ? D’une part, probablement parce qu’il avait beaucoup étudié ces sujets par le passé, et qu’avec l’âge, le passé est souvent plus présent que le présent. D’autre part, je suis fermement convaincu que c’était parce que l’Esprit de Dieu, qui habitait en lui, avait renouvelé son être intérieur. Ainsi, mon vieil ami pouvait encore se réjouir des vérités bibliques, même si son esprit n’était plus clair. Dans sa jeunesse, il s’était « souvenu de son Créateur » et avait aligné sa vie sur la Parole de Dieu (Eccl. 12. 1). C’est pourquoi il pouvait maintenant en récolter les fruits.

D’après die gute Saat novembre 2025

« Et le soleil se levait sur lui comme il passait Péniel ; et il boitait sur sa cuisse » Genèse 32. 31.

UN JOUR NOUVEAU POUR JACOB

Plus tôt dans ce chapitre, nous lisons qu’il faisait nuit, et que Jacob était seul. C’était le temps, pour Dieu, de lutter avec lui. C’était un moment, pour Jacob, qui changerait sa vie, un temps où Dieu le fit quitter son sentier d’égoïsme et suivre le sentier de Dieu. Dieu changea sa vie – et son nom – comme preuve : Jacob devint Israël. Jacob signifie : Il prendra par le talon, et parle de sa vie depuis la naissance, quand il prit d’abord les choses par sa propre main. Israël, son nouveau nom, parle de la suite de sa vie après ce tournant, et signifie : Il sera prince de Dieu. Ce changement, toutefois, prit du temps pour se manifester.

S’il avait marché dans l’indépendance avant ce moment-là, une lutte d’une nuit avec Dieu le rendit dépendant ; et il avait la preuve de sa dépendance. Il ne marchait plus avec sa propre force. Il marchait maintenant en boitant, ce qui lui rappellerait toujours que toute sa force, son caractère et sa puissance étaient les dons de Dieu, non pas des œuvres, de peur qu’il ne s’enorgueillisse (Éph. 2. 9). Après cette rencontre, il aurait pu dire ce que l’apôtre écrira plus tard : « Lorsque je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 10).

Depuis ce jour-là, Jacob marcherait en boitant sur sa hanche. Parce qu’il avait été touché par Dieu, la chair était froissée ; et maintenant, en figure, il pouvait dire qu’il était mort et que sa vie était cachée avec Christ (cf. Col. 3. 3). Le passage nous dit qu’il passait Péniel (qui veut dire : face de Dieu), ce qui signifie qu’il se tournait vers Dieu. Quand nous faisons cela, le soleil se lève réellement sur nous et modifie notre marche pour toujours. Quelle bénédiction, que la chair boîte continuellement, pour prouver que la puissance en nous est de Christ et non pas de nous-même.

D’après the Lord is near mai 1988

« Et Moïse fit un serpent d’airain, et le mit sur une perche ; et il arrivait que, lorsqu’un serpent avait mordu un homme, et qu’il regardait le serpent d’airain, il vivait » Nombres 21. 9.

LE SEUL MOYEN D’AVOIR LA VIE

La seule possibilité de vivre était de regarder vers le serpent d’airain. Cela ne servait à rien de regarder à soi-même. L’Israélite n’y pouvait voir qu’une créature mordue, blessée, mourante. Il pouvait essayer de guérir la blessure – il pouvait faire le beau rêve d’aller mieux, et une fois guéri, de penser à regarder. Il pouvait raisonner quant à l’utilité de regarder à ce serpent d’airain, là-bas ; il pouvait s’étonner du bien que cela ferait, simplement de le regarder. Mais tout cela était vain – absolument vain. Il n’y avait qu’un moyen pour vivre, qui était divin et parfait – c’était un regard de foi vers le remède de Dieu. Jusqu’à ce que ce regard soit porté, rien n’était fait. Quand le regard était porté sur le serpent d’airain, il ne manquait rien. Un regard de foi réglait toute la question.

Mais chacun devait regarder, et regarder pour lui-même. Personne ne pouvait regarder pour autrui – personne ne pouvait regarder par procuration. C’était une chose absolument individuelle. Toute personne mordue pouvait regarder. Ce qui lui en donnait le droit, c’était d’avoir été mordu.

Mais il devait regarder pour vivre. Il était réduit au remède de Dieu – enfermé pour la foi.

Il en était ainsi pour l’Israélite mourant, dans le camp, autrefois. Et il en est ainsi pour le pécheur mourant, maintenant. Le Fils de l’homme a été élevé sur la croix – le grand remède de Dieu – son seul remède. Toutes les âmes qui en sentent le besoin sont bienvenues pour regarder. Mais chacun doit regarder – ou périr. Il n’y a pas de moyen terme. Regarder et vivre – regarder ou mourir. Un seul regard suffit ; il n’y en a pas besoin d’un deuxième. Au moment où une âme regarde avec foi à Jésus, elle passe de la mort à la vie – la vie éternelle. « Le Fils de l’homme doit être élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ».

Nouvelles glorieuses ! Nouvelles célestes ! Précieux message ! Puissent de nombreuses oreilles être ouvertes pour entendre, de nombreux cœurs pour comprendre, des yeux nombreux à porter ce regard donnant la vie !

D’après the Lord is near mai 1988

« Étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » Romains 5. 10.

LA VIE DU CHRÉTIEN A SON ORIGINE DANS LA MORT DE CHRIST

Pendant trois ans et demi les habitants de Judée et de Galilée avaient été témoins de quelque chose qui n’avait jamais été vu sur la terre : une vie vécue en complète dépendance de Dieu et en service entier pour les hommes. La Parole était véritablement devenue chair. Le Seigneur de gloire était venu sur la terre, apportant vie, espoir et salut aux victimes du péché et de Satan.

Mais comment cela ? Par sa vie parfaite ? Même si son exemple de ne faire que du bien est sans égal dans l’histoire humaine, il ne pouvait pas résoudre le problème du péché. En fait, ses perfections ne font qu’accentuer notre caractère de pécheurs.

Et qu’en est-il de son enseignement ? On a dit que, si tous les hommes sur la terre commençaient aujourd’hui à vivre les paroles du discours sur la Montagne, la situation désespérée de l’humanité changerait d’un jour à l’autre. Les guerres cesseraient. Il n’y aurait plus de préjugés. La pauvreté et la famine seraient rapidement résolues. L’utopie deviendrait réalité. Mais cela n’est pas arrivé. Le fait de connaître les enseignements de Christ n’a pas pour résultat l’obéissance à ces préceptes.

Le remède au péché ne se trouve pas dans la naissance, la vie, les enseignements, ou les miracles de notre Seigneur Jésus Christ. Il se trouve dans sa mort. Voyez le témoignage de Pierre. Attiré à Christ étant jeune homme, il avait absorbé ses enseignements, avait été témoin de ses miracles, et avait contemplé sa gloire. Et tout cela ne le rendait pourtant pas propre à la présence de Dieu. Pierre décrit son propre salut – et le nôtre – quand il écrit au sujet de Christ : « qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts au péché nous vivions pour la justice » (1 Pier. 2. 24). La vie, pour le chrétien, est le résultat de la mort de son Sauveur.

D’après the Lord is near mai 1988

« Ta parole est bien affinée, et ton serviteur l’aime » Psaume119. 140.

« Les paroles de l’Éternel sont des paroles pures, un argent affiné dans le creuset de terre, coulé sept fois » Psaume 12. 6.

LA BIBLE, PAROLE DE DIEU

Avec quelle insistance Dieu nous assure de la pureté de sa Parole – les soixante-six livres de notre Bible. La Bible est un Livre absolument unique – la Parole de Dieu, destinée à nous apporter joie et bénédiction.

Nous ne pouvons pas agir avec la Bible de la même manière que nous le faisons avec d’autres livres. Ce n’est pas à nous de la publier, la corriger, l’augmenter, et l’adapter pour qu’elle corresponde aux normes approuvées par le monde. La traduction que nous employons peut contenir des mots qui paraissent inhabituels au lecteur occasionnel. Mais de tels mots, comme justification, propitiation, régénération, ou réconciliation sont inhabituels seulement parce que l’homme pécheur n’a jamais expérimenté les bénédictions qu’ils expriment. Le fait qu’ils soient inhabituels provient de son ignorance et de son état de pécheur, non pas d’une erreur de la part de Dieu.

Tout ce qui est véritablement de Dieu dépasse la plus haute intelligence naturelle. Nous devrions être comme le psalmiste qui disait qu’une telle excellence ne faisait que le stimuler à aimer d’autant plus la Parole de Dieu. Quand nous aimons la Parole de Dieu de tout notre cœur, nous saurons mieux l’employer comme l’épée aiguisée de l’Esprit.

D’après the Lord is near mai 1988

« Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade. Dès qu’il l’apprit, Jésus dit : – Cette maladie n’est pas pour la mort, mais en vue de la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » Jean 11. 3.

LE SEIGNEUR JÉSUS DOMINE LA MORT

Le chapitre 11 de l’évangile de Jean s’ouvre sur une scène de misère humaine. La maladie entre dans la chère famille de Béthanie, et la voix de santé et de reconnaissance, dans leur foyer, a fait place aux pleurs, à la lamentation et à la douleur. Mais Celui qui a le plus de tendresse et de sympathie, est calme au milieu d’eux ; car Il a en Lui-même la vue de la résurrection, qui Lui fait voir au-delà de la chambre de maladie et de la tombe. Quand Jésus entendit que Lazare était mort, il resta deux jours de plus à l’endroit où Il était. Mais quand la maladie se termine par la mort, Il commence son trajet dans la vue pleine et claire de la résurrection. Cela rend son voyage ferme et sans incidents. Et lorsqu’Il approche de la scène du deuil, Il est toujours le même. Le résultat, il va sans dire, vient au bon moment, pour justifier ce calme de son cœur, et le retard apparent de sa venue.

Mais la certitude de la résurrection, bien qu’elle ait donné une direction particulière aux pensées de Jésus, n’empêchait pas son cœur d’être sensible aux chagrins des autres. Car Il n’avait pas d’indifférence, mais de l’élévation. Et tel est toujours l’état de la foi. Jésus pleure avec les pleurs de Marie et de ses proches. Toute son âme était dans la lumière du soleil de ces régions sans mort qui sont bien loin du tombeau de Béthanie ; mais elle pouvait descendre dans la vallée des larmes, et pleurer avec ceux qui pleuraient.

D’après the Lord is near mai 1988

« À qui donc comparerez-vous Dieu, et à quelle ressemblance l’égalerez-vous ?… À qui donc me comparerez-vous et serai-je égalé ? dit le Saint ? » Ésaïe 40. 18 et 25.

LES SOINS DE DIEU POUR LES CROYANTS

Le peuple de Dieu, dans ce jour-là, limitait Dieu, dans ses pensées, par leur idée erronée pécheresse et pleine de doute : que Dieu ne pouvait pas – ou ne voulait pas – prendre soin d’eux. De plus, le fait qu’ils doutaient et ne croyaient pas, limitait ce que Dieu pouvait faire pour eux. Il en est de même aujourd’hui en ce qui concerne Dieu et l’homme. Nous limitons Dieu par notre incrédulité. Nous Le limitons en oubliant ce qu’Il a déjà fait pour nous.

Tous les vrais enfants de Dieu sont prêts à reconnaître qu’il a été répondu à leurs besoins par la providence merveilleuse de notre Père céleste plein de grâce. Cependant, quand nous sommes confrontés à un besoin urgent, quand toutes les échappatoires hors d’une grande difficulté semblent bouchées, quand de sombres nuages de trouble nous menacent, annonçant la tempête, alors le doute s’insinue. Nous sommes alors facilement tentés de limiter même la puissance divine pour nous délivrer, ou au moins de mettre en question le désir du Seigneur d’intervenir dans cette crise.

N’est-il pas étonnant que, malgré toutes nos expériences passées, les promesses en grâce, et l’assurance de sa sagesse et de sa toute-puissance, nous soyons encore tellement prêts à Le limiter au moment du besoin et à céder au découragement ?

Un bon antidote à cet esprit de doute et d’oubli de Dieu – péché que nous avons tous commis – c’est la parole biblique Ében-Ézer – qui signifie : La pierre de secours. Dieu avait donné à Israël une grande victoire sur l’ennemi de toujours : les Philistins. Pour commémorer la victoire, le prophète Samuel prit une pierre, la dressa, et la plaça entre Mitspa et le rocher, et il appela son nom Ében-Ézer, et il dit : L’Éternel nous a secourus jusqu’ici ». Cette pierre en mémorial rappelait au peuple de Dieu que, en cet endroit, et jusqu’en ce jour-là, Dieu avait aidé son peuple – et les avait aidés de manière toute-puissante, miraculeuse et pleinement suffisante.

D’après the Lord is near mai 1988

« Encore, le royaume des cieux est semblable à un marchand qui cherche de belles perles : ayant trouvé une perle de très grand prix, il s’en est allé, a vendu tout ce qu’il avait, et l’a achetée » Matthieu 13. 45 et 46.

L’ÉGLISE, UNE PERLE POUR LE CŒUR DU SEIGNEUR JÉSUS

Le royaume des cieux est vu sous plusieurs aspects. Celui de ce passage est certainement très précieux pour tout cœur de croyant. Le marchand, ici, ne peut être que le Seigneur Jésus Christ. La valeur de la perle qu’Il trouva était si grande pour Lui qu’Il vendit tout ce qu’Il avait pour acheter la perle. La perle n’est certainement pas tout croyant individuellement ; mais de même que nous lisons « un troupeau », « un seul corps » – tous deux, symboles précieux de l’Église de Dieu, de même la perle est une autre manière de désigner l’Église entière.

Cette belle perle d’un si grand prix nous enseigne que l’Église est un ornement de grande valeur pour le Seigneur Jésus. On dit que les perles conservent leur lustre en étant portées, et le Seigneur aime porter son Église près de son cœur. C’est une perle, non pas plusieurs, car Dieu ne reconnaît pas de divisions dans son Église, mais se réjouit dans une vraie unité.

Mais comment une perle se forme-t-elle ? Une particule étrangère (peut-être un grain de sable) s’insinue entre une huître et sa coquille. Une substance appelée nacre est déposée par l’huître autour de la matière étrangère, qui devient ainsi une chose de grande beauté. Que la grâce de Dieu est précieuse, qui transforme des pécheurs mauvais tels que nous en un joyau d’une beauté telle qu’elle réjouit le cœur de notre Seigneur Jésus Christ !

Si nous voyons, dans le seul troupeau, des croyants, dans l’unité, dépendants du Berger, et dans le seul corps, les membres prenant soin les uns des autres – dans la seule perle il nous est rappelé la joie pure du cœur du Seigneur Jésus quand Il contemple la beauté de son Église.

D’après the Lord is near mai 1988 (L.M. Grant)

« Bien-aimés, alors que je m’empressais de vous écrire au sujet de notre commun salut, je me suis trouvé dans la nécessité de vous écrire pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints » Jude 3.

LE COMBAT POUR LA FOI

En Esdras 8, un homme plein de la Parole de Dieu quitte Babylone, accompagné par d’autres Juifs, pour monter à Jérusalem. Beaucoup de trésors sont placés dans leurs mains, même les vases de la maison de Dieu. Remarquez comment il met ces trésors dans les mains de douze sacrificateurs, qui doivent les conserver jusqu’à ce qu’ils arrivent à Jérusalem. Et de la même manière que Dieu les ramena là à son centre, Il a aussi ramené de nombreux chrétiens à une connaissance de sa vérité.

La vérité qui est donnée à chacun de nous, nous devons la garder, car lorsque nous paraîtrons devant Lui, nous devrons rendre compte de tout ce qu’Il nous a donné. Ici, l’or et l’argent, en grande quantité, étaient mis dans les mains de ces sacrificateurs. Ils désirent agir avec foi, en se confiant dans la puissance de leur Dieu pour les protéger. Ils débutent ainsi leur voyage à travers le désert, où les ennemis et les voleurs abondent.

Aucun homme n’a plus de voleurs à rencontrer que celui qui a la vérité en quelque mesure que ce soit. Si Dieu nous a donné quelque chose de sa vérité, nous devons lutter contre les attaques de ce monde. Il y a des combats tout le long du chemin en relation avec ces choses. Mais allons-nous renoncer ? Non ! Voyez, ces douze sacrificateurs sont des hommes qui reçoivent de Dieu la force dont ils ont besoin pour être fidèles dans ce qui leur est confié. Sommes-nous devant Dieu quant à ce qu’Il nous a confié ? Nous devons marcher avec Lui et avoir foi en Lui. Et si nous avons perdu quelque chose de ces trésors précieux, que Dieu ranime notre âme !

D’après the Lord is near mai 1988

« Épaphras, qui est des vôtres, esclave du Christ Jésus, vous salue ; il combat toujours pour vous par ses prières » Colossiens 4. 12.

L’IMPORTANCE DE LA PRIÈRE RÉGULIÈRE

Le soleil brille sur l’eau et attire de l’humidité qui se forme en nuages. Les vents poussent ces nuages vers un autre endroit. Petit à petit ils s’ouvrent en averses rafraîchissantes sur quelque endroit desséché. De même, du cœur d’un de ses enfants attentifs sur la terre, Dieu attire des prières qui montent au ciel et sont conservées comme encens dans des encensoirs d’or (Apoc. 8. 3 et 4). Ensuite l’Esprit du Seigneur prend ces prières et les élève, jusqu’à ce que, comme un nuage, elles flottent au-dessus d’un endroit sombre, et au temps propre, tombent à salut en averses de grâce et de puissance sur des cœurs meurtris et avides ; la prière change-t-elle quelque chose ? Oui, certainement ! Mais une telle prière n’est pas chose aisée, pas un simple passe-temps ; c’est une œuvre épuisante, un travail de l’âme. Cela nous prendra tout entiers. Il ne fait pas de doute qu’il est plus facile de donner pour les missions, ou même de partir comme missionnaire, que de prier efficacement pour les missions. Nous avons besoin d’aller à l’école de prière de Christ et d’y apprendre de nombreuses leçons de concentration et de persévérance.

Cela prendra aussi beaucoup plus de temps que la plupart d’entre nous avons l’habitude de consacrer à la prière. Et cela exigera un sacrifice, de repousser de côté beaucoup d’autres bonnes choses qui remplissent notre vie. Trouvez-vous facile d’avoir du temps pour une prière paisible ? Non, et vous n’en trouverez jamais. Le diable agira dans ce sens. Ceux qui destinent la prière à des temps libres ou à des impulsions ne seront jamais des intercesseurs efficaces. Nous devrons, comme les premiers apôtres, « persévérer dans la prière » (Act. 6. 4). Nous avons besoin de faire de la prière notre priorité, et de protéger nos temps de prière contre les exigences d’autres choses.

D’après the Lord is near mai 1988

UNE RENCONTRE INOUBLIABLE AVEC JÉSUS (4)

Chers frères et sœurs,

Nous allons continuer notre sujet sur des rencontres avec le Seigneur en évoquant trois frères et sœurs, Lazare, Marthe et Marie, du village de Béthanie. Ils avaient l’habitude de se côtoyer. En Jean 11. 5, il est d’ailleurs écrit : « Or Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare » (Lire Luc 10. 38 à 42, Jean 11 et Jean 12. 1 à 8).

Quel bonheur d’être aimé du Seigneur ! Il est beau de lire de Salomon qu’ « il était aimé de son Dieu » (Néh. 13. 26), et en 2 Samuel 12. 24 que « l’Eternel l’aima ». Que nous puissions, chacun, dire comme l’apôtre Paul : « le Fils de Dieu… m’a aimé et …s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20).

Commençons par Marthe. Dans Luc 10, il est dit qu’elle le reçut dans sa maison et qu’elle était occupée par beaucoup de service (Luc 10), et dans Jean 12, chez Simon, qu’elle servait à table ; les deux fois en présence du Seigneur. C’était donc une femme hospitalière et qui ne rechignait pas à travailler pour les autres. Mais dans Luc 10, il est précisé qu’elle était distraite à cause de ce travail, et Jésus lui fait ce reproche : « -  Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu te tourmentes de beaucoup de choses ». C’est très bien de servir, et nous ne pouvons pas lui ôter ce mérite. Mais dans cette occasion-ci où le Seigneur enseignait, elle aurait dû interrompre son activité pour l’écouter. Sachons, nous aussi, choisir la bonne part et ne pas rater les occasions de l’écouter !

Lazare, lui, va connaître un moment rare et privilégié dans sa vie. Alors que la maladie l’a emporté, il va expérimenter la puissance de la résurrection lorsque Jésus va crier à haute voix : Lazare, sors dehors ! Quelle rencontre miraculeuse ! Belle scène aussi dans Jean 12, Marc 14 et Matthieu 26, où nous voyons, à la même table que le Seigneur Jésus, Lazare le mort que Jésus avait ressuscité d’entre les morts et Simon le lépreux (qui avait été guéri, sinon il aurait dû se tenir à l’écart de tout le monde). Le ciel sera rempli d’ex-malades et d’ex-morts qui se tiendront autour de leur Sauveur dans la louange !

Parlons maintenant de Marie. Sa sœur Marthe s’était plainte auprès de Jésus, qu’elle l’avait laissée seule pour servir. Mais que faisait-elle donc ? Marie… s’étant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole. Le Seigneur, qui certes, appréciait les services rendus par Marthe, lui répond concernant sa sœur : « Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée ».

Puissions-nous être attentif lorsque le Seigneur nous parle par sa Parole, et ne pas être distrait de quelque manière que ce soit.

Marie et Marthe vont connaître la peur lorsque leur frère Lazare tombe malade. Leur première et juste réaction : « Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : –  Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade » (Jean 11. 3). Mais Jésus ne fait rien pour le guérir, et Lazare meurt ! Est-il insensible ? Les a-t-il abandonnés ?

Non, mais Il avait une raison importante pour ne pas agir tout de suite. « L’ayant entendu, Jésus dit : –  Cette maladie n’est pas pour la mort, mais en vue de la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11. 4). Ce qui animait Jésus c’est la recherche de la gloire de Dieu. Ceci devrait nous animer, et pas notre « bien-être ».

Finalement il se met en route. C’est d’abord Marthe qui va à sa rencontre, et Marie entend sa sœur lui dire « –  Le maître est là, et il t’appelle. Celle-ci, dès qu’elle l’eut entendu, se leva en hâte et vint à lui. (Jésus n’était pas encore arrivé dans le village ; il était au lieu où Marthe l’avait rencontré). Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison, et qui la consolaient, virent que Marie s’était levée en hâte et qu’elle était sortie  ; ils la suivirent, en disant : Elle va au tombeau pour y pleurer. Quand Marie fut venue là où était Jésus, elle le vit, se jeta à ses pieds et lui dit : –  Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Quand Jésus la vit pleurer, et les Juifs qui étaient venus avec elle pleurer, il frémit en [son] esprit et se troubla » (Jean 11. 28 à 33). Vient ensuite le plus court verset de la Bible, qui touche nos cœurs : Jésus pleura. Quelle sollicitude, quelle compassion, quel amour !

Nous voyons à plusieurs reprises le Seigneur être ému de compassion, notamment lorsqu’il rencontre une veuve dont le fils unique va être porté en terre. Lui aussi, il va le ressusciter (Luc 7. 11 à 17). Il est aussi plein de compassion pour nous. Non, notre Père céleste n’est pas insensible à nos épreuves, à nos souffrances, à nos deuils, car il est le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation « qui nous console dans toute notre affliction » (2 Cor. 1. 4). Nous avons un tendre Père qui nous entoure dans nos détresses… « Qui est-ce qui nous séparera de l’amour du Christ ? Tribulation, détresse, persécution, famine, dénuement, péril, épée ?… Au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis assuré que ni mort, ni vie, ni anges, ni pouvoirs, ni choses présentes, ni choses à venir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rom. 8. 35 à 39). Nous sommes assurés de son amour, de ses soins et de ses consolations dans nos peines et dans nos difficultés. Et si nous (ré) apprenons cette leçon, si nos épreuves nous rapprochent de Dieu, alors la suite du verset de 2 Corinthiens 1. 4 se réalisera : « afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont affligés de quelque manière que ce soit, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés par Dieu ». Nous serons alors des témoins de sa grâce et une aide pour les autres croyants passant par ces moments douloureux !

Le Seigneur va ensuite ressusciter Lazare. Quelle joie, quel émerveillement, quelle explosion de reconnaissance et de louange pour ses sœurs. Jamais ceux qui ont assisté à ce miracle ne vont l’oublier !

Une 3ème rencontre significative entre Jésus et Marie, nous est rapportée trois fois.

« Alors Marie, qui avait pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux : et la maison fut remplie de l’odeur du parfum » (Jean 12. 3).

« Comme Jésus était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux, et qu’il était à table, une femme vint, avec un vase d’albâtre [plein] d’un parfum de nard pur de grand prix. Ayant brisé le vase d’albâtre, elle répandit le parfum sur sa tête » (Marc 14. 3).

« Comme Jésus était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux, une femme, qui avait un vase d’albâtre plein d’un parfum de grand prix, s’approcha de lui et le répandit sur sa tête alors qu’il était à table. Voyant cela, les disciples en furent indignés et dirent : –  À quoi bon cette perte ? Car ce [parfum] aurait pu être vendu pour une forte somme et donné aux pauvres. Jésus, le sachant, leur dit : –  Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Elle a fait une bonne œuvre envers moi. Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais moi, vous ne m’avez pas toujours. Car cette femme, en répandant ce parfum sur mon corps, l’a fait en vue de ma mise au tombeau. En vérité, je vous le dis : Partout où cet évangile sera prêché, dans le monde entier, on parlera aussi de ce que cette femme a fait, en souvenir d’elle » (Mat. 26. 6 à 13).

Elle a épargné une grande somme d’argent, et peut-être dépensé toutes ses économies, pour acheter un parfum de très grand prix et le « gaspiller » (suivant l’avis des disciples) sur le corps de son cher Sauveur. Et toute la maison fut remplie de l’odeur du parfum qui émanait de la personne du Seigneur Jésus.

Quel encens rare et sans mélange

T’offriraient les tiens en retour ?

Le parfum de notre louange

N’est-il pas, Jésus, ton amour.

(Hymnes et Cantiques n°175).

Tout ce que nous faisons pour le Seigneur est digne de louange et sera récompensé dans le ciel. Alors passons au-dessus des critiques de ceux qui croient bien penser, qu’ils soient non-croyants ou… chrétiens !

Dans les trois scènes où nous voyons Jésus avec Marie, elle se trouve à ses pieds : pour l’écouter, pour lui faire part de sa peine et de son incompréhension et ensuite pour l’adorer. Cela ne nous fait-il pas penser à nos trois réunions d’assemblée où nous sommes invités par le Seigneur pour l’édification, pour la prière, pour l’adoration ? C’est à ses pieds que nous recevrons les bénédictions.

Arrêtons-nous maintenant sur l’apôtre Paul. Étrange, allez-vous me dire, Il n’a pas connu le Seigneur lorsque celui-ci marchait sur la terre avec ses disciples ! C’est vrai, mais pourtant lui aussi a rencontré Jésus.

« C’est ainsi que je me rendais à Damas… quand en chemin, en plein midi, je vis… une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil, qui resplendit du ciel autour de moi et de ceux qui faisaient route avec moi. Comme nous étions tous tombés à terre, j’entendis une voix qui s’adressait à moi en langue hébraïque : –  Saul  ! Saul  ! pourquoi me persécutes-tu ? Il t’est dur de te rebeller contre les aiguillons. Et moi je dis : –  Qui es-tu, Seigneur ? Le Seigneur dit  : –  Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds ; car je te suis apparu afin de te désigner comme serviteur et témoin, aussi bien des choses que tu as vues que de celles pour la révélation desquelles je t’apparaîtrai  : je te mets à part du milieu du peuple et des nations  ; et je t’envoie vers eux pour ouvrir leurs yeux, pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu  ; pour qu’ils reçoivent le pardon des péchés et une part avec ceux qui sont sanctifiés, par la foi en moi (Act. 26. 12 à 18 + chapitres 9 et 22). Barnabas a raconté comment, sur le chemin, il (Saul) avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé (Act. 9. 27). Cette rencontre très particulière a bouleversé la vie de cet ancien persécuteur des chrétiens, qui est devenu lui-même un grand persécuté ! De grand défendeur de la Loi il est devenu grand défenseur de la foi.

Et toute sa vie nous montre la proximité qu’il avait avec son Seigneur.

Actes 23. 11 : « le Seigneur se tint près de lui et dit : –  Aie bon courage » ;

– 2 Timothée 4. 17 : « le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié » ;

– Philippiens 1. 21 et 23 « pour moi, vivre, c’est Christ… être avec Christ, c’est de beaucoup, meilleur ».

Que nous puissions exprimer les mêmes paroles !

Avec mes meilleures salutations, Marco. Décembre 2025.

Ta présence est le bien suprême…

Ton cœur dispense…

Repos, bonheur, parfaite paix.

Hymnes et Cantiques n°161 strophe 2