
À la suite des seize parutions sur le roi David, comment passer sous silence le règne de Salomon, son fils, sans s’arrêter sur les instructions que nous pouvons tirer de son parcours ? David, au terme de sa vie, réunit le peuple « et dit à toute la congrégation : Salomon, mon fils, le seul que Dieu ait choisi, est jeune et délicat, et l’ouvrage est grand, car ce palais n’est pas pour un homme, mais pour l’Éternel Dieu » (1 Chron. 29. 1). Il introduit son successeur en parlant de ce qui lui tient à cœur, « la maison de l’Éternel ». Des biens que l’Éternel lui a accordés, il en a donné en abondance, pour la construction de cette maison appelée aussi « le temple ». Il s’est réjoui de ce que les chefs de tout ordre, ainsi que le peuple, ont offert volontairement. Une prière d’actions de grâces s’élève de son cœur et une requête bien légitime : « Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac, et d’Israël, nos pères, garde ceci à toujours dans l’imagination des pensées du cœur de ton peuple, et dirige leurs cœurs vers toi. Et donne à mon fils Salomon un cœur parfait, pour garder tes commandements, tes témoignages et tes statuts, et pour tout faire, et pour bâtir le palais que j’ai préparé » (v. 18 et 19).
« Et David dit à toute la congrégation : Bénissez l’Éternel, votre Dieu. Et toute la congrégation bénit l’Éternel, le Dieu de leurs pères ; et ils s’inclinèrent, et se prosternèrent devant l’Éternel et devant le roi. Et, le lendemain de ce jour, ils sacrifièrent des sacrifices à l’Éternel, et offrirent des holocaustes à l’Éternel : mille taureaux, mille béliers, mille agneaux, et leurs libations ; et des sacrifices en abondance pour tout Israël. Et ils mangèrent et burent devant l’Éternel ce jour-là, avec une grande joie ; et pour la seconde fois ils établirent roi Salomon, fils de David, et l’oignirent pour l’Éternel comme prince, et Tsadok comme sacrificateur » (v. 21 à 22).
« Et Salomon s’assit sur le trône de l’Éternel, comme roi à la place de David, son père, et il prospéra ; et tout Israël lui obéit. Et tous les chefs et les hommes forts, et aussi tous les fils du roi David, se soumirent au roi Salomon. Et l’Éternel agrandit Salomon à un très-haut degré aux yeux de tout Israël, et lui donna une majesté royale telle qu’aucun roi avant lui n’en avait eu en Israël » (v. 23 à 25).
Les règnes de ces deux rois forment un tout. David fut un type de Christ rejeté, puis accédant au trône et assujettissant progressivement les nations qui cherchaient, encore et toujours, à s’opposer au peuple de Dieu. Il s’agit des Philistins, des Moabites, des Syriens, des Édomites et des fils d’Ammon (1 Chron. 19 et 20). Tous les ennemis traditionnels d’Israël assujettis par David préfigurent le moment où Dieu assujettira toutes choses à Christ et mettra ses ennemis pour marchepied de ses pieds (voir Héb. 1. 13 ; Ps. 110. 1 ; Héb. 2. 8 ; Ps. 8. 4 à 6). Salomon, lui, est un type de Christ glorifié dans son règne promis et annoncé (Ps. 72 ; 1 Cor. 15. 25). Par David, Dieu manifesta sa grâce envers un peuple rebelle. Nous voyons cela quand la colère de l’Éternel s’était embrasée contre Israël et que beaucoup mouraient : David, sur l’aire d’Arauna, qui est le mont Morija, bâtit un autel à l’Éternel, « et la plaie fut arrêtée de dessus Israël » (2 Sam. 24. 1 et 25 ; 2 Chron. 3. 1).
Il y a un contraste immense entre le mont Morija et le mont Sinaï. Lorsque la loi fut donnée à Moïse, « la montagne de Sinaï fumait, parce que l’Éternel descendit en feu sur elle » (Ex. 19. 18) ; cette loi condamnait quiconque la transgresserait, et quand Moïse descendit de la montagne, avec les tables « écrites du doigt de Dieu », trois mille hommes moururent à cause du veau d’or qu’Aaron avait fait et que le peuple adorait (Ex. 31. 18 ; 32. 28). En contraste, sur le mont Morija, le feu, venu du ciel, consume l’holocauste et la plaie s’arrête. L’holocauste est une image frappante de Christ, qui « à cause de la transgression de mon peuple, a été frappé » (És. 53. 8). Morija, sur lequel sera bâti le temple, parle de la grâce. Si la loi a été donnée par Moïse, « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » et par Lui, en vertu de sa mort et de sa résurrection, Dieu donne la vie éternelle à « quiconque croit en Lui » (Jean 1. 17 ; 3. 16).
David a reçu des promesses, en ce que : « L’Éternel a juré à David en vérité, il n’en reviendra pas : Je mettrai du fruit de ton ventre sur ton trône » (Ps. 132. 11). Et si David a rendu « par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient » (1 Pier. 1. 11), l’apôtre Paul, dans son discours à Antioche de Pisidie, présente la mort de Christ et ajoute : « Or [que Dieu] l’ait ressuscité d’entre les morts, pour ne devoir plus retourner à la corruption, il l’a dit ainsi : « Je vous donnerai les grâces assurées (immuables) de David » (Act. 13. 34 ; És. 55. 3).
Les fils de Coré, conduits par l’Esprit de Christ, l’ont exprimé ainsi : « L’Éternel donnera la grâce et la gloire ; il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité » (Ps. 84. 11). La grâce a été donnée en David et par anticipation, à Morija, parce que « l’Éternel a choisi Sion ; il l’a désirée pour être son habitation : C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée » (v. 13 et 14). La gloire est vue lorsque Salomon monte sur le trône. Il est ce « roi de justice et aussi… roi de paix » à l’instar de Melchisédec (Héb. 7. 2), annonçant par avance la gloire d’un plus grand que lui, Christ qui est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc. 22. 13).
Naissance de Salomon : « Bath-Shéba…, enfanta un fils, et il appela son nom Salomon (pacifique) ; et l’Éternel l’aima ; et il envoya par Nathan le prophète, et l’appela du nom de Jedidia (bien-aimé de l’Éternel), à cause de l’Éternel » (2 Sam. 12. 24 et 25).
Les événements précédant l’accession de Salomon au trône : Adonija, un des fils de David, s’élève dans son cœur et se fait proclamer roi à la place de son père. Pour ce faire, il a corrompu Joab, chef de l’armée, et Abiathar, chef de la sacrificature. Bath-Shéba rappelle à David sa promesse concernant Salomon, son fils (1 Rois 1. 17). Alors, devant David et tout le peuple, Salomon est proclamé roi ; Tsadok sera chef de la sacrificature, et Benaïa, chef de l’armée. « Et les jours de David s’approchèrent de la mort ; et il commanda à Salomon, son fils, disant : … Fortifie-toi, et sois un homme ; et prends garde à ce qui doit être observé devant l’Éternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies, en gardant ses statuts, et ses commandements, et ses ordonnances, et ses témoignages, comme il est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses » (1 Rois 2. 1 et 2).