ENRACINÉ ET FONDÉ

« Que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs, et que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour… » Éphésiens 3. 17.

Dans ce verset de l’épître aux Éphésiens, l’apôtre utilise deux images pour notre vie de foi ; nous les comprenons facilement.

Un arbre bien enraciné : Pour qu’un arbre reste debout quand le vent souffle avec violence, il a développé un solide réseau de racines. On ne peut pas les voir, mais elles sont généralement aussi importantes que son feuillage. C’est par les racines qu’il trouve la nourriture et l’eau pour sa vie et sa croissance. De même nous, chrétiens, nous devrions développer des racines spirituelles par lesquelles nous pouvons prendre de la nourriture pour notre nouvelle vie. Quand le Seigneur Jésus demeure dans notre cœur, et y prend toujours plus de place, quand son amour est devant nous chaque jour d’une manière nouvelle et grandissante, alors notre foi croît et notre confiance en Dieu grandit. Nous sommes alors fermement ancrés en notre Dieu – même lorsque la tempête arrive.

Une maison aux fondations solides : Quiconque construit une maison prend soin d’établir de solides fondations. Ainsi, la maison de notre vie devrait être fondée sur l’amour de Dieu. En Romains 8. 31 à 39, l’apôtre Paul nous dit que rien ni personne ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. Quoiqu’il arrive dans nos vies, Dieu est pour nous. Il a prouvé son amour envers nous lorsque son Fils est mort pour nous sur la croix. Dans cette conscience que le Seigneur Jésus nous aime, nous pouvons commencer chaque journée en nous confiant en Lui. C’est un ferme fondement sur lequel nous pouvons nous tenir en sécurité – spécialement dans un monde changeant et incertain.

D’après « The Good Seed » – août 2024

CE QUI EST ÉTERNEL

« Confiez-vous en l’Éternel, à tout jamais ; car en Jah, Jéhovah, est le rocher des siècles » Ésaïe 26. 4.

Dans le monde où nous vivons, tout se passe en accéléré et il devient particulièrement évident que tout sur la terre est passager. Ce qui était à la mode hier peut être déjà dépassé aujourd’hui. En tant que chrétiens, nous devons bien réaliser que les valeurs morales telles que la fidélité et la constance disparaissent progressivement de la société. Même l’ordre mis en place par Dieu à la création est rejeté comme n’étant plus au goût du jour.

Dans cet environnement changeant, ce qui subsiste pour toujours nous donne une profonde paix et une vraie sécurité :

– « La parole de notre Dieu demeure à toujours » (És. 40. 8). La Bible conserve toute sa valeur. Les gens peuvent la mettre en question ou l’attaquer, cependant Dieu maintient sa Parole. Nous devons croire fermement en ses déclarations.

– « Moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main » (Jean 10. 28). Par la foi au Fils de Dieu, nous possédons la vie éternelle. Personne ne peut nous ôter ce don. Pour le temps et l’éternité, nous sommes à l’abri dans la main du Seigneur Jésus.

« Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, … vous rendra accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable » (1 Pier. 5. 10). Nous sommes en route pour la gloire éternelle dans le ciel. Dans sa grâce, Dieu fera en sorte que nous atteignions cette destination sains et saufs.

D’après « The Good Seed » juillet 2024

BILLY

Jeune encore, Billy avait été engagé au service de M. Williams, médecin réputé, qui résidait à Londres dans une splendide maison de maître.

M. Williams, un chrétien vivant, invitait régulièrement des amis à venir chez lui pour lire et étudier la Parole de Dieu. Ces réunions se passaient dans la grande salle à manger et tout le personnel de la maison y assistait, Billy aussi, bien sûr.

Un soir, un évangéliste, ami du docteur, fut invité et annonça la bonne nouvelle du salut. Comme à l’accoutumée, les employés furent conviés.

L’orateur parla du Seigneur Jésus, du prochain moment où tous les croyants de la terre partiraient à sa rencontre en l’air pour être pour toujours avec Lui.

Billy, très sérieux, écoutait attentivement, mais ce langage lui était étranger car il ne connaissait pas encore Jésus comme son Sauveur personnel.

La réunion prit fin. Les auditeurs se dispersèrent et le maître de maison retourna dans son bureau.

Billy, selon son habitude, heurta un peu plus tard à sa porte pour s’enquérir d’un éventuel service à rendre.

– Tout va bien, merci, répondit le docteur; bonne nuit !

Au moment de refermer la porte, Billy s’entendit appeler.

– Billy, dit M. Williams, as-tu bien compris ce que tu as entendu ce soir ?

– Certainement, monsieur, affirma Billy sans bien réfléchir à la question.

– Je viens de penser à une chose, continua le médecin. Si le Seigneur Jésus vient ce soir, je n’aurai plus besoin de cette maison, alors tu pourras l’avoir.

Les yeux de Billy brillèrent d’émerveillement. Il pouvait à peine en croire ses oreilles. Posséder une maison pareille !

– Et puis, Billy, il y a aussi la voiture, parce que, tu vois, le chauffeur est un croyant, de même que tout le personnel de la maison. Ils partiront tous à la rencontre du Seigneur Jésus quand II viendra chercher les siens. Tu seras donc le seul à rester en arrière, alors tu pourras aussi avoir la voiture.

Billy en resta bouche bée et ne put qu’articuler péniblement :

– Je vous remercie beaucoup, monsieur, bonne nuit ! Puis il se dirigea vers sa chambre à coucher.

Tandis qu’il se déshabillait, Billy repensait à la chance inouïe, incroyable qui lui arrivait. Quel avenir insoupçonné j’ai devant moi…

Je vais devenir un homme important ! se répétait-il.

Une fois dans son lit, Billy éteignit la lumière. Il était fatigué, et pourtant il ne pouvait s’endormir. Ces mots « tu seras le seul qui resteras en arrière » résonnaient sans relâche à ses oreilles. Il se tournait et se retournait sans pouvoir dormir. Billy se sentait de plus en plus malheureux. Il savait bien que, devant Dieu, il était un pécheur, et que Dieu condamnait le péché. Le Seigneur Jésus allait revenir, et lui, il resterait en arrière… Il subirait les jugements qui devaient arriver… Dans son angoisse, il se leva.

Il était près de minuit. Le docteur achevait son travail, quand on frappa à sa porte.

– Entrez ! cria-t-il aussitôt, et la porte s’ouvrit doucement pour laisser passer un Billy tout bouleversé.

– Monsieur, implora-t-il sans préambule, je ne veux pas la maison, pas non plus la voiture… je veux partir avec vous et les autres… je veux être prêt si le Seigneur Jésus vient !

Ce cri d’angoisse réjouit M. Williams. Il expliqua à Billy que lui était un pécheur perdu, mais que Dieu avait donné son Fils unique et bien-aimé pour que Billy ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Ils s’agenouillèrent et prièrent ensemble. Le cœur tourmenté de Billy s’ouvrit à l’amour de Jésus, mort sur la croix pour ses péchés, et il ressentit une paix profonde. Billy savait maintenant que ni la maison ni la voiture ne lui donneraient le bonheur, mais qu’il partirait avec tous les croyants à la rencontre du Seigneur.

Billy retourna dans sa chambre. Seul, dans la nuit, il remercia de tout son cœur Jésus, son Sauveur, de l’avoir si merveilleusement aimé. Il s’endormit bientôt profondément.

Toute sa vie, Billy n’oublia jamais cette nuit-là !

D’après La Bonne Nouvelle 1993

GLORIFIER DIEU

I. Pourquoi ai-je été créé ? Quel est le but ultime de ma vie ?


A. Nous sommes créés pour la gloire de Dieu (pour glorifier Dieu dans nos vies).
a) 1 Corinthiens 10. 31 : « Donc que vous mangiez, que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ».
b) Ésaïe 43. 7 : « Chacun qui est appelé de mon nom, et que j’ai créé pour ma gloire, que j’ai formé, oui, que j’ai fait ».


B. Nous sommes appelés à trouver nos délices dans le Seigneur pour toujours.
Psaume 37. 4 : « Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien  ; habite le pays et repais-toi de fidélité ; fais tes délices de l’Éternel, et il te donnera les demandes de ton cœur ».


II. Comment devons-nous comprendre la gloire de Dieu ? (Définition)
La gloire de Dieu est composée de deux parties :


A. La gloire intrinsèque
1. Elle est inhérente à la déité (ça fait partie de sa nature) Il ne faut pas confondre déité et divinité. S’’il s’agit de la « nature divine » – ce qu’est Dieu, c’est la déité ; s’il s’agit des caractères divins, c’est la divinité.
a) Éphésiens 1. 17 : « … le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire… »
b) Actes 7. 2 : « … Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham … »
2. C’est la somme de toutes ses perfections et attributs
a) Apocalypse 1. 8 : « Moi, je suis l’alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, et qui était, et qui vient, le Tout-puissant ».
b) Luc 1. 47, 49 et 50 : « … Mon esprit s’est réjoui en Dieu mon Sauveur, … et son nom est saint ; et sa miséricorde est de générations en générations sur ceux qui le craignent ».
c) 1 Jean 4. 8 : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour ».
3. Il est « le Dieu de gloire », mais Il a bien d’autres caractères : « le Dieu d’amour », « le Dieu de toute consolation », « le Dieu d’éternité », etc.
a) Ésaïe 42. 8 : « Je suis l’Éternel : c’est là mon nom ; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées ».
b) Genèse 41. 40 : « Toi, tu seras sur ma maison, et tout mon peuple se dirigera d’après ton commandement ; seulement quant au trône, je serai plus grand que toi ».
Ici, nous voyons que Pharaon a tout donné à Joseph, sauf son trône, qui ressemble à sa gloire. Donner son trône à Joseph signifiait le faire roi et dirigeant et placer Joseph au-dessus de Pharaon. Le trône, c’est surtout la majesté et la domination ; cependant il est parlé du « trône de sa gloire » (Jér. 14. 21 ; Mat. 19. 28 ; 25. 31… ).
c) Ésaïe 14. 13 à 15 : « Et toi, tu as dit dans ton cœur : Je monterai aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de *Dieu, et je m’assiérai sur la montagne de l’assignation, au fond du nord. Je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très-haut. Toutefois, on t’a fait descendre dans le shéol, au fond de la fosse ».
Ici, nous voyons la chute de Satan à cause de son orgueil après avoir pensé qu’il pouvait avoir la gloire de Dieu pour lui-même.
Cela nous montre que Dieu est zélé pour sa gloire et ne permettrait jamais à quiconque de la lui enlever. (voir És. 42. 8 et 48. 11).
Cette gloire intrinsèque ne peut être ni augmentée ni diminuée par aucune de ses créatures.
4. C’est l’éclat de Dieu et son trône. Quant au trône, il y a le trône de Dieu (sur lequel Christ est actuellement assis), mais aussi le trône de Christ Lui-même, sur lequel Il s’assiéra plus tard.
a) Apocalypse 21. 23 : « Et la cité n’a pas besoin du soleil ni de la lune, pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’illumine, et l’Agneau est sa lampe ».
b) Psaume 21. 5 : « Sa gloire est grande dans ta délivrance ».
c) Jérémie 14. 21 : « … n’avilis pas le trône de ta gloire… ».
C’est comme les rayons du soleil qui éclairent l’obscurité autour. Ce sont les rayons du soleil qui ne peuvent exister sans lui…
Il convient également de noter que lorsque Moïse revint de la montagne avec son visage brillant et reflétant la gloire de Dieu, il dut mettre un voile pour couvrir son visage parce que le peuple ne pouvait pas le regarder. (Ex. 34. 29 à 35).


B. La gloire apportée à Dieu par sa création.
a) Psaume 19. 1 : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains ». Dieu glorifié par Christ. La gloire que Christ a apportée à Dieu par sa vie et sa mort, « refaisant » l’histoire de l’homme et s’offrant à Dieu en sacrifice sur la croix ? Par exemple : « Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17. 4).
En rapport avec la gloire de Dieu en Christ, quelqu’un a écrit : « Les gloires et les perfections de Dieu ont été manifestées dans la Personne de son Fils ».


III. Qu’est-ce que c’est, glorifier Dieu ? (Définition)


A. Appréciation
1. Donner la priorité à Dieu avant toute autre chose
Matthieu 6. 33
« Mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus ».
2. Mettre Dieu au plus haut de nos préoccupations (dans nos pensées)
Psaume 97. 9 : « Car toi, Éternel, tu es le Très-haut sur toute la terre ; tu es fort élevé par-dessus tous les dieux ».
Psaume 73. 25 : « Qui ai-je dans les cieux ? Et je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi ».
Psaume 86. 9 et 10 : « Toutes les nations que tu as faites viendront et se prosterneront devant toi, Seigneur ! et elles glorifieront ton nom. Car tu es grand, et tu fais des choses merveilleuses ; tu es Dieu, toi seul ». Les nations n’ont pas mis Dieu « au plus haut de leurs préoccupations », mais se sont plutôt détournées de Lui ; elles seront amenées plus tard à glorifier Dieu à cause de ce qu’Il fait au temps du Millénium.


B. Adoration
1. Adoration quotidienne (piété)
2. Adoration divine (culte)
a) Apocalypse 4. 10 et 11 : « Les vingt-quatre anciens tomberont sur leurs faces devant celui qui est assis sur le trône, et se prosterneront devant celui qui vit aux siècles des siècles ; et ils jetteront leurs couronnes devant le trône, disant : Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance ; car c’est toi qui as créé toutes choses, et c’est à cause de ta volonté qu’elles étaient, et qu’elles furent créées ».
b) 1 Chroniques 16. 29 : « Familles des peuples, rendez à l’Éternel, rendez à l’Éternel la gloire et la force ! Rendez à l’Éternel la gloire de son nom ; apportez une offrande et entrez devant lui ; adorez l’Éternel en sainte magnificence ».
c) Psaume 50. 23 : « Celui qui sacrifie la louange me glorifie ».
d) 1 Chroniques 29. 14 : « Et qui suis-je, et qui est mon peuple, que nous ayons le pouvoir d’offrir ainsi volontairement ? car tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons ».

C. Affection
a) Deutéronome 6. 5 : « Et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force ».
b) Matthieu 22. 37 et 38 : « Il lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le grand et premier commandement ».

c) Jean 12. 42 et 43 : « Toutefois plusieurs d’entre les chefs mêmes crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils ne le confessaient pas, de peur d’être exclus de la synagogue ; car ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu ».
D. Soumission (dévouement)
1. Consacrer, dédier notre vie à Dieu
Rom 14. 7 et 8 : « En effet, aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même : car si nous vivons, c’est en ayant égard au Seigneur ; et si nous mourons, c’est en ayant égard au Seigneur ; donc, que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes au Seigneur ».
2. Obéissance absolue avec humilité
a) Actes 5. 29 : « Et Pierre et les apôtres, répondant, dirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
b) 2 Corinthiens 10. 5 : « Renversant les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, amenant toute pensée captive à l’obéissance du Christ ».

4. Pourquoi devons-nous glorifier Dieu ?


A. Parce que nous avons été créés pour sa gloire
Ésaïe 43. 7 : « Chacun qui est appelé de mon nom, et que j’ai créé pour ma gloire, que j’ai formé, oui, que j’ai fait ».


B. Parce qu’Il nous donne la nourriture, la santé, répond à nos besoins…
Psaume 100. 3 : « Sachez que l’Éternel est Dieu. C’est lui qui nous a faits, et ce n’est pas nous ; nous sommes son peuple, et le troupeau de sa pâture ».


C. Il a tout fait et possède tout
a) 1 Chroniques 29. 11 : « À toi, Éternel, est la grandeur, et la force, et la gloire, et la splendeur, et la majesté ; car tout, dans les cieux et sur la terre, est à toi. À toi, Éternel, est le royaume et l’élévation, comme Chef sur toutes choses ».
b) Romains 11. 36 : « Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! À lui soit la gloire éternellement ! Amen ».
c) Apocalypse 4. 11 : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance ; car c’est toi qui as créé toutes choses, et c’est à cause de ta volonté qu’elles étaient, et qu’elles furent créées ».


D. Si les créatures au-dessus et au-dessous de nous glorifient Dieu, qui sommes-nous alors pour ne pas lui rendre gloire ? Pourquoi l’homme se dispense-t-il de glorifier Dieu ?
a) Ésaïe 43. 20 : « La bête des champs me glorifiera, les chacals et les autruches ; car j’ai donné des eaux dans le désert, des rivières dans le lieu désolé, pour abreuver mon peuple, mon élu ».

b) Apocalypse 5. 11 à 13 : « Et je vis : et j’ouïs une voix de beaucoup d’anges à l’entour du trône et des animaux et des anciens ; et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers, disant à haute voix : Digne est l’agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction. Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre, et au-dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont, disant : À celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! »
c) Ésaïe 6. 3 : « Et l’un (Séraphin) criait à l’autre, et disait : Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire ! »


E. Parce qu’Il nous a rachetés par son sang
1 Corinthiens 6. 20 : « Car vous avez été achetés à prix ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps ».
Nous avons à réaliser le prix payé, et donc nous devons glorifier Dieu dans notre corps.

5. Comment pouvons-nous glorifier Dieu ?


A. En visant sa gloire, en en faisant notre but ultime dans la vie, et en la priorisant comme la première et la dernière chose au-dessus de toutes les autres choses.
Jean 8. 50 et 54 : « Mais pour moi, je ne cherche pas ma gloire … Jésus répondit : Si moi je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien… »
Le Seigneur Jésus n’a jamais cherché sa propre gloire sur terre. Il a constamment apporté la gloire à Dieu le Père.

B. Par contentement
1. En nous contentant du fait que la gloire et la volonté de Dieu passent avant notre propre gloire et nos propres besoins, même s’il s’agit de nourriture et de nécessités.
a) Matthieu 26. 39 : « … toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux ».
b) Jean 12. 28 : « Père, glorifie ton nom. Il vint alors une voix du ciel :  Et je l’ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau ».
2. En se contentant du fait d’être éclipsé par les œuvres des autres pour que la gloire de Dieu brille.
Philippiens 1. 15 à 20 : « Quelques-uns, il est vrai, prêchent Christ par envie et par esprit de dispute ; mais d’autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent par amour, sachant que je suis établi pour la défense de l’Évangile, tandis que ceux-là, animés d’un esprit de dispute, annoncent Christ par des motifs qui ne sont pas purs et avec la pensée de me susciter quelque tribulation dans mes liens. Qu’importe ? De toute manière, que ce soit pour l’apparence, que ce soit sincèrement, Christ n’est pas moins annoncé : je m’en réjouis, et je m’en réjouirai encore. Car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit de Jésus-Christ, selon ma ferme attente et mon espérance que je n’aurai honte de rien, mais que, maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort ».
3. En étant satisfait de ce que nous avons et de là où nous sommes (Reconnaissance pour toutes choses).
a) Hébreux 13. 5 : « Que votre conduite soit sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement ».
b) Philippiens 4. 11 et 12 : « Non que je parle ayant égard à des privations, car, moi, j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances ou je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations ».
c) Luc 17. 15 à 18 : « Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ; et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain. Et Jésus, répondant, dit : Les dix n’ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf, où sont-ils ? Il ne s’en est point trouvé qui soient revenus pour donner gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger ».
d) Luc 13. 13 : « Et il posa les mains sur elle : et à l’instant elle fut redressée, et glorifiait Dieu ».


C. Par la confession sincère du péché
1. La confession glorifie Dieu parce qu’elle révèle et annonce qu’Il est saint et juste dans tout ce qu’Il fait.
a) Josué 7. 19 : « Josué dit à Acan :  Mon fils, je te prie, donne gloire à l’Éternel, le Dieu d’Israël, et rends-lui louange ; déclare-moi, je te prie, ce que tu as fait ; ne me le cache pas ».
b) Néhémie 9. 33 : « Mais tu es juste dans tout ce qui nous est survenu, car tu as agi avec vérité, et nous, nous avons agi méchamment ».
2. Une confession glorifie Dieu si elle est faite librement et non forcée.
Luc 15. 18 et 19 : « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ».
3. Au lieu d’une confession complète, Adam a blâmé Dieu de lui avoir donné la femme, dénonçant ainsi la sagesse, la justice et la souveraineté de Dieu, apportant ainsi la honte à Dieu au lieu de la gloire.
Genèse 3. 12 : « Et l’homme dit : La femme que tu m’as donnée pour être avec moi, elle, m’a donné de l’arbre ; et j’en ai mangé ».


D. En croyant et en ayant la foi
a) Romains 4. 20 : « Et il ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par incrédulité, mais il fut fortifié dans la foi, donnant gloire à Dieu ».
b) 1 Jean 5. 10 : « Celui qui croit au Fils de Dieu, a le témoignage au-dedans de lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur, car il n’a pas cru au témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils ».
c) Jean 3. 33 : « Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai ».


E. En ayant du zèle pour la gloire de Dieu
Psaume 69. 9 ; Jean 2. 17 : « Car le zèle de ta maison m’a dévoré, et les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi ». « Et ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore ».


F. En portant des fruits et en faisant de bonnes œuvres
a) Philippiens 1. 11 : « Étant remplis du fruit de la justice, qui est par Jésus Christ à la gloire et à la louange de Dieu ».
b) Jean 15. 8 : « En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et vous serez mes disciples ».
c) Matthieu 5. 16 : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».
d) 1 Pierre 2. 12 : « Ayant une conduite honnête parmi les nations, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, à cause de vos bonnes œuvres qu’ils observent ».

Ne pas porter de fruits n’honore pas Dieu.
Les exemples du figuier en Matthieu 21. 19 et 20 :
« Et voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; et il n’y trouva rien que des feuilles ; et il lui dit : Que jamais aucun fruit ne naisse plus de toi ! Et à l’instant le figuier sécha ».
Luc 13. 6 à 9 : « Et il disait cette parabole : Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne ; et il vint y chercher du fruit, et il n’en trouva point. Et il dit au vigneron : Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point : coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ? Et répondant, il lui dit : Maitre, laisse-le cette année aussi, jusqu’à ce que je l’aie déchaussé et que j’y aie mis du fumier ; et peut-être portera-t-il du fruit : sinon, après, tu le couperas ».


G. En témoignant et en annonçant son Nom, sa Divinité et son salut
a) Psaume 102. 21 : « Afin qu’on annonce dans Sion le nom de l’Éternel, et sa louange dans Jérusalem ».
b) 2 Corinthiens 4. 13 : « Or, ayant le même esprit de foi, selon ce qui est écrit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé, nous aussi nous croyons, c’est pourquoi aussi nous parlons ».


H. En vivant pour Dieu
a) Romains 14. 8 : « Car si nous vivons, c’est en ayant égard au Seigneur ; et si nous mourons, c’est en ayant égard au Seigneur ; donc, que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes au Seigneur ».
b) Philippiens 1. 20 : « … selon ma vive attente et mon espérance, que je ne serai confus en rien, mais qu’avec toute hardiesse, maintenant encore comme toujours, Christ sera magnifié dans mon corps, soit par la vie, soit par la mort ».
c) 1 Jean 2. 6 : « Celui qui dit demeurer en Lui, doit lui-même aussi marcher comme Lui (Jésus) a marché ».


1. Vivre dans la sainteté
a) 1 Thessaloniciens 4. 7 : « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais dans la sainteté ».
b) Hébreux 12. 14 : « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur ».


2. Vivre dans la piété
a) 1 Timothée 6. 6 et 11 : « Or la piété avec le contentement est un grand gain ».
« Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience la douceur d’esprit ».
b) Tite 2. 12 : « … nous instruisant pour que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement et pieusement ».


3. Vivre dans la justice
a) Romains 8. 10 : « Mais si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice »
b) 2 Corinthiens 3. 9 : « Car si le ministère de la condamnation a été gloire, à plus forte raison le ministère de la justice abonde-t-il en gloire ! » Le « ministère de justice » est un ministère qui annonce la justice et glorifie ainsi Dieu.


4. Marcher par l’Esprit et non par la chair
 Galates 5. 16, 25 et 26 : « Mais je dis : Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair… Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit. Ne soyons pas désireux de vaine gloire… ».


I. En marchant joyeusement au milieu des souffrances
a) 1 Thessaloniciens 1. 6 : « Et vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur, ayant reçu la parole, accompagnée de grandes tribulations, avec la joie de l’Esprit Saint ».

b) Psaume 100. 2 : « Servez l’Éternel avec joie, venez devant lui avec des chants de triomphe ».


J. Par nos louanges
Dans l’Ancien Testament, dans Hébreux, la louange est associée à la glorification de Dieu.
a) Psaume 86. 12 : « Je te célébrerai de tout mon cœur, Seigneur, mon Dieu ! et je glorifierai ton nom à toujours ».
b) Psaume 145. 21 : « Ma bouche dira la louange de l’Éternel ; et que toute chair bénisse son saint nom, à toujours et à perpétuité ». Le Psaume 145 est essentiellement un psaume de louanges. Mais cette louange exalte – entre autres – la gloire de Dieu dans sa grandeur, ses œuvres, son royaume (allusion au millénium et à la gloire de Christ, le Roi – voir v. 5, 11 et 12 : « Je parlerai de la magnificence glorieuse de ta majesté, et de tes actes merveilleux » ; « Ils parleront de la gloire de ton royaume… afin de faire connaître ses actes puissants et la magnificence glorieuse de son royaume ».
c) Hébreux 13. 15 : « Offrons-donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ».


K. Dans notre vie naturelle et quotidienne (dans la fidélité)
a) 1 Corinthiens 10. 31 : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ».
b) Colossiens 3. 22 à 24 : « Esclaves, obéissez-en toutes choses à vos maîtres selon la chair, ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes, mais en simplicité de cœur, craignant le Seigneur. Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage : vous servez le Seigneur Christ ».


L. Par l’évangélisation
a) Ésaïe 52. 7 : « Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte des nouvelles de bonheur, qui annonce le salut, qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! »
b) Marc 16. 15 : « Et il leur dit : Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création ».

M. Par nos souffrances, nos persécutions et nos tribulations pour la diffusion de l’Évangile.
Les souffrances des premiers saints ont glorifié Dieu et ont permis à l’évangile de se répandre dans le monde entier. Beaucoup prient « que cette coupe passe », mais rares sont ceux qui disent « que ta volonté soit faite ».
a) Jean 21. 18 et 19 : « … Or il dit cela pour indiquer de quelle mort il glorifierait Dieu. … »
b) 2 Corinthiens 11. 23 à 33 (les difficultés, souffrances, et persécutions de Paul).
c) Psaume 50. 15 : « Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai et tu me glorifieras ». Le croyant se tourne vers Dieu dans la souffrance. Cette confiance est récompensée et il est délivré. Il rend alors gloire à Dieu qui a répondu à sa prière.

N. En rendant la gloire à Dieu
Nous devons rendre gloire à Dieu dans tout ce que nous faisons et accomplissons. Et nous cacher sous le voile de l’humilité et ne pas nous louer nous-mêmes, mais plutôt transférer tout ce que nous avons fait à Dieu et le laisser porter la robe de la louange.
a) Psaume 115. 1 : « Non point à nous, ô Éternel ! non point à nous, mais à ton nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta vérité ».
b) Jean 3. 30 : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue ».
c) Actes 3. 12 à 15 : « Et Pierre, voyant cela, répondit au peuple : Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci ? Ou pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété ? Le Dieu d’Abraham et d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré, et que vous avez renié devant Pilate, lorsqu’il avait décidé de le relâcher. Mais vous, vous avez renié le saint et le juste, et vous avez demandé qu’on vous accordât un meurtrier ; et vous avez mis à mort le prince de la vie, lequel Dieu a ressuscité d’entre les morts ; ce dont nous, nous sommes témoins ».
Il convient de mentionner ce qui est arrivé à Hérode, dans Actes 12. 21 à 23, lorsque l’ange du Seigneur l’a frappé parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu après que le peuple israélite ait dit : « Voix d’un dieu et non pas d’un homme ! »

D’après Réunion de jeunes près de Pau Mars 2025

PRIEZ POUR CEUX QUI VOUS FONT DU TORT

Avez-vous déjà vu une ferme bernoise ? Son toit immense descend presque jusqu’à terre et cette coiffe protectrice lui offre une agréable fraîcheur pendant les chaudes journées d’été.

Dans une ferme du canton de Berne vivait une famille heureuse. Les parents et les enfants connaissaient l’amour de Dieu. Ils aimaient le Seigneur Jésus de tout leur cœur.

Pourtant une ombre planait sur leur vie. Comme ils ne s’associaient pas aux fêtes du village et se réunissaient le dimanche dans une petite ville voisine avec d’autres chrétiens, les villageois les regardaient avec méfiance. On n’aime pas les gens différents des autres. « Ils se croient meilleurs que nous », disait-on. L’été, quand ils chantaient des cantiques devant leur maison, les voisins ricanaient. Peu à peu l’animosité grandissait, et même à l’école, Anne et Pascal se sentaient mis à l’écart.

Un jour d’automne, alors que le ciel s’assombrissait, Pascal fit irruption dans la cuisine.

– Papa, dit-il, j’ai vu des gens sur le toit. Qu’est-ce qui se passe ? Il m’a semblé qu’ils ôtaient des tuiles.

– En es-tu bien certain ? Je n’ai pas fait venir d’ouvriers. Notre toit est en bon état.

Monsieur S. sortit de la maison et aperçut en effet au faîte du toit quelques jeunes gens. Ils lui tournaient le dos et ne virent pas le propriétaire, affairés qu’ils étaient à enlever une à une les tuiles. Il comprit qu’on lui jouait un tour.

Il fit semblant de n’avoir rien vu, et rentra pensif dans la grande cuisine où sa femme préparait le thé.

– C’est trop fort, s’écria Anne, lorsque le père de famille raconta ce qui se tramait. Il va pleuvoir dans notre maison. Ces garçons, ils faut les punir, appeler la police…

– Non, ma fille, ce n’est pas le bon moyen, dit le père. Le Seigneur nous dit de ne rendre à personne mal pour mal. J’ai vu, ma chère femme, que tu avais préparé une magnifique tarte aux pommes pour ce soir. Mets-la sur la table. Sors la glace au chocolat et apporte encore tous les meilleurs biscuits que nous avons. Je vais inviter ces jeunes à prendre le thé avec nous.

Ébahis, les enfants regardaient leur père sans mot dire.

Monsieur S. sortit par la porte de derrière. L’un des jeunes gens venait de sauter du toit. À la vue du propriétaire, il s’apprêtait à prendre ses jambes à son cou, mais le fermier l’arrêta d’un geste.

– Bonjour, Robert, dit-il, je te reconnais, tu es le fils du boucher. Alors ! mon toit vous intéresse ? A votre âge, on aime grimper, explorer, je vous comprends. Mais maintenant, appelle tes camarades. Nous venons de préparer un bon goûter en votre honneur. Faites-nous le plaisir d’accepter notre invitation. Ainsi nous ferons connaissance.

Fort mal à l’aise, le jeune homme restait muet, cloué au sol malgré lui. Finalement la bienveillance du fermier l’emporta. D’un bond il fut sur le toit et héla ses complices.

Ils descendirent lentement et regardèrent le fermier avec méfiance. « Avait-il vu ce qu’ils étaient en train de faire ? » se demandaient-ils. L’un d’eux prétendit qu’il devait rentrer chez lui.

– Pas de ça, mes garçons, je ne vous retiendrai pas longtemps. Vous nous feriez de la peine en refusant notre invitation, puisque nous avons tout préparé. Allez ! Entrez vite ! L’air fraîchit. Un bon goûter vous réchauffera.

Bientôt chacun trouva place autour de la grande table de cuisine.

– Mes amis, dit le fermier, nous avons l’habitude de remercier Dieu avant chaque repas.

Monsieur S. inclina la tête et dit :

– Notre Dieu, notre Père, nous te remercions pour la joie que tu nous donnes aujourd’hui. Veuille bénir chacun de nos invités. Amen !

Monsieur et Madame S. se montrèrent ensuite si chaleureux et pleins d’entrain que les langues se délièrent. Les garçons firent honneur aux gâteaux de toutes sortes qu’on leur offrait généreusement.

Anne et Pascal, entraînés par la gaieté de leurs parents, oubliaient leur rancœur. Le fermier qui avait fait un voyage en Afrique sut captiver ses hôtes par ses récits.

Il faisait encore jour lorsqu’on se sépara. Les garçons firent semblant de reprendre la route, puis, au bout d’un moment, ils revinrent à pas de loup, montèrent sans bruit sur le toit et remirent une à une toutes les tuiles qu’ils avaient enlevées. Ils venaient de poser la dernière, lorsque la pluie se mit à tomber.

Le lendemain, à midi, Pascal, ruisselant de pluie, entra comme un ouragan dans la ferme.

– Maman, cria-t-il, imagine-toi qu’à l’école tout a changé. Mes camarades m’ont demandé de jouer avec eux pendant la récréation.

– Et moi, dit Anne, j’ai aussi quelque chose à raconter. Sylvie, la sœur de Robert, m’a prêté son stylo-effaceur. Jusqu’ici elle m’a toujours ignorée.

Peu à peu l’atmosphère du village se transforma. Plus de malveillance ! Plus de paroles aigres ! L’amour avait triomphé du mal.

D’après La Bonne Nouvelle 1990 – R. Demaurex

LA QUESTION DE LA PAYSANNE

Il y a quelques années, un conférencier athée parcourait les campagnes, s’efforçant de semer le doute parmi les populations, en prouvant comme il est peu raisonnable de croire en Dieu et de considérer la Bible comme la Parole de Dieu.

Or, un soir, alors qu’il se croyait le maître de la situation, il lança un défi au Dieu tout-puissant.

– S’il y a un Dieu, s’écria-t-il, qu’Il se révèle Lui-même en frappant à mort le conférencier.

Comme rien ne se produisait, il se tourna vers ses auditeurs en ajoutant :

– Voyez, il n’y a pas de Dieu !

Une petite paysanne, un châle sur la tête, se leva alors et s’adressa directement à l’orateur.

– Monsieur, dit-elle, je ne sais pas répondre à vos arguments, votre savoir dépasse le mien. Vous êtes un homme instruit, tandis que je ne suis qu’une paysanne. Comme vous avez une intelligence très supérieure, répondez, je vous prie, à ma question. Je crois en Christ depuis bien des années ; je me suis réjoui dans le salut qu’Il m’a offert, et je trouve une grande joie dans la lecture de la Bible. Si, lorsque je viendrai à mourir, j’apprends qu’il n’y a pas de Dieu, que Jésus n’est pas le Fils de Dieu, que la Bible n’est pas la vérité, et qu’il n’existe ni salut, ni ciel ; dites-moi, Monsieur, qu’aurai-je perdu en croyant en Christ durant ma vie ?

L’assistance attendait, anxieuse, la réponse qui ne vint qu’au bout de quelques minutes.

– Madame, dit enfin l’incrédule, vous n’aurez absolument rien perdu.

– Monsieur, continua la paysanne, vous avez été aimable de répondre à ma question. Permettez-moi d’en poser une autre. Quand ce sera votre tour de mourir, si vous découvrez que la Bible dit la vérité, qu’il y a un Dieu, que Jésus est son Fils, qu’il y a un ciel et un enfer, dites-moi, Monsieur, qu’aurez-vous perdu ?

Immédiatement, l’assemblée d’un bond fut sur ses pieds, acclamant la paysanne ; quant au conférencier, il ne trouva pas de réponse.

La Bible qualifie de tels hommes dinsensés, lorsqu’elle nous dit au Psaume 14. 1 : « L’insensé a dit en son cœur : Il n’y a point de Dieu ». Qu’il est solennel pour celui qui est sur le seuil de l’éternité d’être appelé un fou. La vraie sagesse nous fait comprendre que Dieu, étant juste et saint, doit punir le péché ; cette sagesse nous pousse à croire que le jugement annoncé d’avance va tomber sur ce monde à cause de la méchanceté de l’homme. Si vous êtes sage, vous chercherez l’abri qui nous est offert contre cette destinée terrible, et vous trouverez un refuge en Jésus Christ qui veut être votre Sauveur.

D’après La Bonne Nouvelle 1990

MÉCONTENTEMENT

– Oh ! quelle horrible pluie ! Est-ce qu’elle ne s’arrêtera jamais ? s’écriait Émilie Clardon, fillette de dix ans, en se penchant d’un air malheureux vers la fenêtre.

Le temps avait été fort sec depuis longtemps, et voilà que justement ce samedi, jour où Émilie avait compté faire une belle course en montagne, la pluie était venue et tombait à verse ! Les averses succédaient aux averses, la rue était devenue un véritable ruisseau et il ne pouvait être question de sortir.

– On ne peut rien faire ! dit la fillette d’un ton mécontent.

– Ce n’est pourtant pas tout de sortir, lui dit sa mère en souriant. Tu sais bien qu’on désirait beaucoup la pluie pour la campagne ! Elle fera le plus grand bien, et nous devons être reconnaissantes qu’elle soit enfin venue.

– Moi, je ne la désirais pas du tout, car elle nous empêche de faire la course que tu nous avais promise.

– C’est vrai, mais nous pourrons la faire une autre fois et, certainement, ma fillette peut être heureuse en restant à la maison ! dit Mme Clardon en attirant tendrement Émilie vers elle.

Il n’y a pas beaucoup d’enfants qui aient une maison aussi agréable que celle d’Émilie. Quelques jours auparavant, elle était rentrée de pension, et était arrivée dans une nouvelle maison de campagne que ses parents venaient de louer pour l’été et qui présentait tous les agréments imaginables : Émilie avait pour elle seule une jolie chambre dans laquelle elle avait pu loger tout ce qui lui appartenait ; ses parents lui portaient la plus tendre affection, et pourtant elle était souvent de mauvaise humeur – c’est-à-dire chaque fois que quelque chose la contrariait !

Émilie sentit pourtant qu’elle avait tort, et, donnant un baiser à sa mère qui la serrait affectueusement contre elle, elle lui dit :

– Oh ! oui, maman, je peux bien être heureuse à la maison.

Néanmoins, elle retourna à la fenêtre, et resta là à regarder tomber la pluie d’un air bien malheureux.

Tout à coup, elle dit :

– Je ne comprends pas pourquoi Céline ne m’a pas écrit depuis longtemps ! C’est une paresseuse, n’est-ce pas, maman ?

– Il me semble que c’est plutôt toi qui lui dois une lettre. Si tu la lui écrivais maintenant ?

– Oh ! non, ce n’est pas à moi de le faire ! De toute façon, je n’ai pas envie d’écrire.

Mme Clardon soupira ; elle avait espéré que sa fille aurait profité de cette idée et aurait été ainsi agréablement occupée.

L’après-midi s’écoula donc fort lentement et tristement. Mais vers la fin, la pluie cessa, le vent chassa les nuages, et le soleil brilla sur toute la nature, de manière à la faire resplendir sous les gouttes de pluie qui restaient sur les arbres.

– Oh ! que c’est beau ! dit Émilie.

– Oui, ma chérie, et puisque le temps se lève, nous allons mettre manteaux et bottes, et je te mènerai voir une pauvre petite fille dont j’ai fait récemment la connaissance.

Quelques instants plus tard, mère et fille cheminaient ensemble. Le soleil continuait à briller, et elles pouvaient admirer les champs qui, à droite et à gauche du sentier, étaient remplis de violettes répandant leur parfum.

Elles arrivèrent à une maisonnette précédée d’un tout petit jardin. Une femme était occupée à étendre sur une corde placée entre deux arbres quelques vieux linges qu’elle venait de laver.

Mme Clardon s’approcha d’elle, et lui dit :

– Nous n’avons que quelques minutes à vous donner, madame Grand, car il est déjà tard ; mais voilà, Émilie serait bien aise de voir votre petite fille.

La femme, reconnaissante de cette visite, alla ouvrir la porte de la maisonnette, y fit entrer Émilie puis revint auprès de Mme Clardon.

C’était la première fois qu’Émilie entrait dans une maison de pauvres gens et ce qu’elle vit la remplit d’une pénible surprise. La chambre dans laquelle elle pénétra était presque remplie par un lit, une chaise et une table. Il y avait heureusement une petite fenêtre sur laquelle fleurissait une azalée blanche.

Émilie s’en approcha aussitôt, car elle ne vit d’abord personne dans la chambre ; mais un petit mouvement du côté du lit attira son attention et elle vit qu’il était occupé.

Une enfant de son âge y était couchée ; son visage pâle et maigre était marqué par une profonde souffrance, mais elle sourit en voyant Émilie et la pria de s’asseoir.

– Merci, dit celle-ci en se laissant tomber sur la chaise placée à côté du lit, tout en regardant vers la porte pour voir si sa mère n’arrivait pas.

Il y eut un moment de silence, puis Émilie dit :

– Tu es malade ?

– Oh ! oui, mais il y a deux ans, j’étais aussi bien que toi !

– Comment cela t’est-il arrivé ? demanda Émilie avec intérêt.

La pauvre enfant eut bientôt raconté son histoire.

Son père était mort lorsqu’elle était encore toute petite. Sa mère, depuis lors, avait gagné sa vie comme elle le pouvait, tantôt faisant des ménages, tantôt cueillant des dents-de-lion ou du cresson d’eau pour les vendre au marché. Un jour que Laurette revenait de l’école, elle vit sa mère penchée sur le bord d’un ruisseau profond pour cueillir du cresson qui y croissait en abondance. Celle-ci se pencha trop à un certain moment, perdit l’équilibre et tomba, au grand effroi de sa fillette qui arrivait en courant. Arrivée au bord de l’eau, elle vit sa mère qui, à moitié plongée dans l’eau, ne pouvait reprendre pied. Laurette se glissa jusqu’à elle, lui tendit la main, et grâce à son aide, sa mère parvint à sortir de l’eau. Mais, chose extraordinaire, dès ce moment-là, Laurette n’avait plus pu marcher : elle arrivait de loin, était en grande transpiration et l’eau froide du ruisseau l’avait saisie d’une telle manière qu’elle en était restée paralysée !

– Et n’es-tu pas bien malheureuse ? demanda Émilie, après avoir entendu ce triste récit, et jeté un coup d’œil autour d’elle.

– Oh! non, répondit Laurette, je suis très heureuse au contraire.

– Mais que fais-tu tout le jour ?

Je suis toujours occupée. Souvent je lis, car j’ai toujours ma Bible à côté de moi. J’aime aussi à apprendre par cœur des versets qui m’encouragent, comme celui-ci : « Rejetant sur Lui tout votre souci, car Il a soin de vous ». Mais j’ai encore d’autres livres qu’on me prête, puis je tricote, car heureusement mes mains ne sont pas paralysées. Quand maman en a le temps, elle reste auprès de moi et nous causons, et quand elle est au travail, j’admire la campagne sous les rayons du soleil.

– Mais quand il pleut comme aujourd’hui ?

– Alors je m’amuse à regarder tomber les gouttes de pluie, et je me réjouis en pensant à tout le bien que fera cette pluie, d’abord à la campagne, puis pour alimenter les fontaines, les rivières et le lac. J’aime mieux le soleil, mais j’aime pourtant aussi la pluie, car je sais qu’« Il fait toutes choses bien ».

Mme Clardon étant entrée, cela mit fin à la conversation des deux fillettes. Elle parla affectueusement à la jeune malade, puis prit congé et partit avec Émilie.

Celle-ci fut silencieuse pendant tout le trajet du retour à la maison. Ce qu’elle avait vu et entendu lui avait fait grande impression et elle poussa un soupir de soulagement en rentrant chez elle. Sa mère l’examinait en silence, espérant que le spectacle qu’elle avait eu sous les yeux lui ferait une impression durable, car Laurette l’avait frappée par sa résignation joyeuse.

Le lendemain soir, la famille se rendit comme à l’ordinaire à la réunion. Émilie avait l’habitude d’écouter – ce que ne font pas tous les enfants – et quand elle entendit : « La piété avec le contentement est un grand gain », elle pensa à Laurette et rougit en pensant à elle-même !

Elle écouta avec encore plus d’attention que de coutume et garda dans son cœur ces paroles. Elle demanda à Dieu d’ôter de son cœur ces désirs égoïstes qui la faisaient souffrir, elle et aussi les autres, et de lui donner cette « piété avec le contentement qui est, en vérité, un grand gain ».

D’après La Bonne Nouvelle 1990

LE COLPORTEUR

« En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5. 24).

Un soleil brûlant dardait ses rayons sur la rue principale de Montalbojero, village espagnol de la Province de Tolède. Rares étaient les passants qui se risquaient dehors à cette heure-là. Pour jouer, les enfants recherchaient l’ombre des maisons ou mieux encore, celle du châtaignier de la petite place, dont l’épais feuillage interceptait le soleil.

Sur la route poudreuse venant du village voisin, un petit homme s’avançait pourtant, l’air bien décidé. La sueur ruisselait sur son visage et le lourd fardeau qu’il portait sur son dos semblait devoir l’épuiser.

– En voilà un qui sait se servir de ses jambes ! chuchotaient certains de derrière leurs volets. À le voir ce n’est certes pas la première fois qu’il porte un baluchon sur son dos.

L’échine courbée, ses cheveux blancs en broussaille, ainsi que sa barbe, le classaient au-delà de la cinquantaine. Ses rides profondes parlaient d’une vie de labeur et de soucis. Il marchait pourtant si allègrement qu’il semblait être en pleine force de l’âge et habitué à courir les chemins. Toutefois un observateur eut tôt fait de reconnaître en lui l’intellectuel penché sur ses livres. Ses yeux intelligents brillaient derrière ses lunettes et ses traits étaient ceux d’un homme instruit, malgré son apparence villageoise.

Comme il approchait de la première maison du village, une jeune femme parut sur le seuil de sa porte.

– Carmen ! appela-t-elle, va me chercher 300 grammes de farine chez le marchand.

En entendant un bruit de pas, elle tourna la tête et aperçut, tout étonnée, le petit homme qui s’avançait vers elle. Il détacha aussitôt le sac de son dos et le déposa sur le perron. Un peu méfiante, la jeune femme répondit à son gracieux bonjour.

– Permettez, gentille dame, qu’à votre porte je me repose un peu. Cette charge est lourde et le soleil brille si fort aujourd’hui qu’elle me semble plus lourde encore, et le chemin plus long.

Sur ces mots, il enleva son chapeau, ses lunettes et s’essuya le front.

– Je viens du village voisin où ils ne m’ont pas pris grand chose. Ces braves gens ne savent pas l’or que ce fardeau contient, et quels précieux trésors ils pourraient obtenir pour peu d’argent.

– Oh là ! Vous transportez de l’or et des choses précieuses avec vous et vous voulez nous les offrir ! Me voilà bien curieuse de voir ce que vous apportez, s’écria la jeune femme.

L’idée d’un nouveau brillant à fixer dans ses cheveux ou à sa robe l’enflammait déjà, et ses yeux fixaient le gros sac noir posé à ses pieds.

– Ce que vous vous attendez à trouver chez moi, vous ne le trouverez pas, dit le colporteur devinant une pensée de coquetterie, pourtant c’est un trésor encore plus grand ! Si vous avez un petit moment pour moi, je vous le montrerai. Pendant que je dénoue mon colis, me feriez-vous le plaisir de m’apporter une gorgée d’eau fraîche ? J’ai vraiment très soif.

– Oh ! bien volontiers. Sur ces mots, la jeune femme disparut dans sa maison, laissant notre petit homme ouvrir son sac.

Attirés par la conversation, quelques enfants assis à l’ombre de la maison finirent par s’approcher. Les volets d’en face s’étaient entrouverts, laissant deviner deux têtes de jeunes filles, puis celle d’une femme âgée. Toutes trois entourèrent bientôt le vendeur.

Lorsque Mme Toveredo – c’est ainsi que se nommait la famille de la première maison du village – arriva avec sa cruche d’eau fraîche, elle trouva toute une rangée de livres étalés sur les marches du perron. La plupart étaient reliés en noir. Plusieurs enfants en feuilletaient déjà, et les jeunes filles y jetaient un coup d’œil par-dessus leurs têtes.

– Voyez, mes enfants, expliquait l’étranger, dans ce livre vous trouverez de belles histoires du Seigneur Jésus, notre Sauveur. Il vous faut le lire ou vous le faire lire par votre papa ou votre maman. Le livre est justement ouvert à la page où il est raconté comment le Sauveur laissait venir à lui les petits enfants pour les bénir.

– Juan et José, cria la petite Carmen à deux garçons aux boucles noires qui descendaient la rue. Venez vite ! Il y a de beaux livres avec des images.

Les deux garçons se mirent à courir et aussitôt s’exclamèrent en voyant les gravures :

– Dis ! Carmen, demande à ta maman d’acheter ce livre. Fais-le, oui… s’il te plaît. La nôtre n’a pas d’argent. Il est plein d’images et tu pourrais nous le prêter.

Le colporteur s’était tu et observait petits et grands qui, tour à tour, prenaient, feuilletaient et lisaient l’un ou l’autre des volumes. Les gens partaient, puis revenaient avec d’autres. Quelle joie pour lui de constater cet intérêt croissant ! Il en oubliait sa fatigue. On parlait déjà de celui qu’on allait choisir…

Quant à Mme Toveredo, elle s’en allait, déçue.

– Est-ce cela que vous appelez de l’or ou des trésors ? Vous avez éveillé ma curiosité tout d’abord, et je croyais que vous alliez m’offrir des merveilles… et voilà que ce ne sont que des livres !

– Mais, dit un vieillard, il me semble que ce sont de bien bons livres. Dans celui-ci, il y a de beaux cantiques et des versets de la Bible. Dans celui-là – et il le tenait près de ses yeux fatigués pour mieux y lire – oh ! si seulement je l’avais eu l’année dernière quand j’ai dû accompagner ma femme et mon fils à leur tombe, il m’aurait certainement encouragé.

– Si vous cherchez de la consolation, mon ami, dit le colporteur, voici le meilleur de tous les livres, la source de toutes consolations, la pure vérité à travers tous les temps jusqu’en l’éternité, par delà la vie et la mort. J’ai aussi ce même livre, plus petit et meilleur marché, mais pour vous celui-ci serait meilleur avec ses gros caractères, et il donnerait moins de fatigue à votre faible vue.

Tandis qu’il sortait une grande Bible du fond de son sac et la tendait au vieillard, il ne remarqua pas qu’une haute silhouette s’avançait vers lui. C’était une autorité de l’endroit que l’on avait averti de l’arrivée du colporteur. Un coup d’œil au grand livre et sa décision fut prise. Furieux, il arracha le livre des mains du vieillard et se mit à les invectiver tous :

– N’avez-vous rien d’autre à faire qu’à flâner sur la rue, à vous laisser endoctriner par un étranger douteux, à regarder sa camelote par laquelle il veut vous tromper ? Que voulez-vous faire avec tous ces livres ? Devez-vous absolument vous encombrer de ce qu’un prédicateur ambulant et mal élevé se plaît à vous vanter ?

– Toi, étranger, veux-tu ensemencer nos paisibles vallées avec le doute et l’incrédulité ? N’as-tu pas honte ? Tu exerces un commerce malhonnête et douteux. On devrait te mettre en prison !

Sur ces mots, tremblant de colère, ses larges mains empoignèrent le grand livre déjà ouvert, en firent sauter la reliure, ce qui partagea le livre en deux parties. Il les lança sur la route et les foula de ses pieds.

Les assistants étaient épouvantés. Aucun d’eux ne risqua une réplique. Lorsque le colporteur essaya de se justifier, l’homme haussa la voix de telle façon que personne ne put se faire entendre. Quelques personnes s’éclipsèrent. Les enfants ramassaient déjà quelques pierres pour les lancer au colporteur.

Vous repoussez la Parole de Dieu et sa vérité – ces mots furent jetés à la foule en déroute – mais vous ne pourrez pas éteindre l’Esprit ! Le temps viendra où vous languirez après ces trésors, où vous aurez faim de cette Parole que je vous offre aujourd’hui, mais alors vous la chercherez en vain ! Puisse ce livre, foulé à cette heure, vous amener encore tous au salut, vous consoler dans vos peines et vous donner en partage une paix spirituelle. C’est la prière que j’adresse à mon Sauveur pour chacun de vous.

Sur ces mots, il empaqueta ses livres, chargea le ballot sur son dos et, poursuivi par les malédictions des villageois, il quitta les lieux.

Sur ces entrefaites arriva Pedro, le tenancier de la petite échoppe du village. Toujours à l’affût de ce qui pourrait lui être utile, il ramassa le gros livre déchiré et l’emporta dans son magasin. Ce n’était pas pour le lire, oh ! non, les livres ne l’intéressaient pas. Il ne courait pas après ce genre de trésors dont le colporteur avait parlé. Pour lui, seul l’argent avait de la valeur. Il avait la conscience en repos, car il n’était pas plus mauvais que les gens du village, et ne toucherait jamais au fruit défendu. Mieux valait donc trouver une fin utile à ce gros livre. Ces larges feuilles pourraient être pliées en forme de cornets pointus et contenir soit du sel, de la farine, du sucre ou du riz, soit même encore des boutons, des aiguilles et d’autres choses encore. Il n’y avait donc aucun mal à utiliser ce bon papier, pensait le marchand. Après l’avoir débarrassé de la poussière de la route, il l’emporta à la maison.

– Juan et José ! que lisez-vous avec tant d’intérêt sur ce bout de papier déchiré ? demanda Bomarilla, le vieillard qui, deux jours plus tôt, avait été sur le point d’acheter le gros Livre du colporteur.

– Grand-papa, c’est un récit où le Sauveur dit à ses disciples : « Laissez venir à Moi les petits-enfants et ne les empêchez pas ». Ils devaient êtres de vilains hommes ceux qui empêchaient les enfants de s’approcher de Jésus. Lui, pourtant ne demandait qu’à les bénir !

Plus loin, c’est encore l’histoire d’un jeune homme riche auquel Jésus conseille de donner son argent aux pauvres, puis de Le suivre.

De l’autre côté de la page, il est raconté comment Jésus guérit un aveugle. Grand-papa, crois-tu qu’Il pourrait aussi t’aider ? Alors ta vue ne baisserait plus !

– D’où avez-vous donc cette feuille ?

– De Pedro, l’épicier. Il y a emballé le fromage que nous avons acheté pour maman.

– Montrez un peu ! Et grand-papa prit la feuille, la lut et la relut, puis la glissa dans la commode où il gardait ce qu’il avait de plus précieux.

– Quand vous retournerez chez Pedro, demandez-lui s’il a encore des feuilles de ce genre pour qu’il en emballe ce que vous achèterez. Je les lirai volontiers. Mes forces faiblissent et m’obligent à arrêter mon travail de bonne heure.

C’est ainsi que plusieurs pages de la grande Bible arrivèrent dans la maison de Bomarilla. Il apprit par l’épicier lui-même d’où elles venaient, et ce dernier l’engagea vivement à ne pas les lire. Mais ces pages faisaient toute la joie du vieillard. Il lut le passage de Jésus en prière à Gethsémané, récit dont il ne pouvait se détacher. Il apprit aussi par cœur le verset 25 du Psaume 73 : « Qui ai-je dans les cieux ? Je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en Toi ! »

Quant aux deux garçons, la petite Carmen eut l’occasion de leur lire « la résurrection du fils de la veuve de Naïn », récit qui leur fit une forte impression.

– Oh ! s’écrièrent-ils, si Jésus avait été là l’année dernière, Il nous aurait certainement rendu notre père !

La petite Carmen rapporta encore bien des pages à la maison et se mit à les lire soigneusement, maintenant qu’elle savait les trésors qu’elles contenaient.

Mme Toveredo les lisait aussi, ce qui la rendait pensive. Mais tous ces lecteurs se taisaient, de peur d’éveiller l’attention des autres. Seule Mme Toveredo osa se confier à M. Bomarilla. Ils se mirent à échanger leurs feuilles et souvent même à les lire ensemble. Oh ! si seulement le colporteur revenait, se disaient-ils, nous lui achèterions volontiers tout le livre !

J’ai encore quelques économies, pensait le vieillard, cela devrait suffire. Ma belle-fille aurait aussi de la joie à lire et à posséder ce Livre le jour où je fermerai les yeux. Toutefois, j’aimerais bien m’en réjouir avant… Le colporteur, bien sûr, ne veut plus revenir, nous l’avons si mal reçu. Il nous avait avertis qu’un jour nous aurions faim de la Parole de Dieu, une faim que rien ne pourrait apaiser. Et nous y voilà aujourd’hui…

Des semaines s’étaient écoulées, et avec elles, la chaleur de l’été avait disparu. Un soleil d’arrière-automne éclairait maintenant la route conduisant à Montalbojero.

C’est alors que le messager de l’Évangile se remit en route dans la direction du village, son lourd chargement sur le dos.

Dès la première maison, il aperçut les enfants occupés à leurs jeux. Tout à coup, deux jeunes garçons se séparèrent du groupe et s’élancèrent à sa rencontre :

– Te voilà enfin ! Grand-papa t’attend depuis si longtemps ! Il était tout triste en pensant que tu ne reviendrais jamais. Il s’est assis souvent à l’ombre de cet arbre pour t’attendre. Mais maintenant viens, viens vite ! Nous devons te conduire tout de suite chez lui.

Le colporteur ne comprit pas le motif de la salutation exubérante et chaleureuse de Juan et de José. Il avait déjà un long chemin derrière lui, mais malgré sa fatigue, il se laissa entraîner par eux. La rue du village était déserte. Il arriva donc à la maison de Bomarilla sans avoir rencontré personne… bien que suivi par beaucoup d’yeux dissimulés par les persiennes. Il en était encore à s’étonner lorsqu’il fut introduit dans une maison.

– Grand-papa, le voilà ! Nous te l’amenons !

Bomarilla entendit les deux garçons entrer avec un étranger, mais l’obscurité de la chambre basse et ses yeux fatigués ne lui permirent pas de reconnaître le colporteur.

– Qui m’amenez-vous ? demanda-t-il, en s’avançant lentement vers celui qui entrait. Alors un grand sourire éclaira son visage.

– Est-ce vous ? Êtes-vous réellement celui que j’attends depuis si longtemps ? Ah ! que Dieu vous bénisse ! Qu’Il fasse que vous ayez apporté le grand Livre ! Donne-moi ce Livre ! Mes économies suffiront certainement à le payer. Rien ne coûtera trop cher pour ce qui fait la consolation et la joie de ma vieillesse.

– J’ai bien apporté le Livre, si c’est bien de la Bible que vous parlez, celle que je vous ai montrée jadis. Mais expliquez-moi donc ce qui se passe. Vous ne l’avez jamais lue puisque cela vous était défendu. Comment cela se fait-il que vous la désiriez si fort aujourd’hui ?

– Comment cela ? Pas lue ? s’écria Bomarilla. J’en ai lu bien des pages ! Votre livre avait été déchiré, mais ramassé par l’épicier. Il l’a utilisé pour envelopper les marchandises achetées par ses clients. Les enfants d’abord, les adultes ensuite se sont mis à le lire. Regardez ! Voilà toutes les feuilles que j’ai recueillies et gardées avec le plus grand soin. Il y en a un bon nombre, pourtant beaucoup manquent encore.

Tandis qu’ils parlaient, Mme Tovoredo arriva avec sa petite Carmen.

– Il n’est plus question aujourd’hui d’or, d’argent, de pierreries ou d’ornements précieux, s’écria-t-elle. Non ! il s’agit de quelque chose de bien meilleur, et que je suis sûre de trouver chez vous.

À leur plus grande surprise, d’autres habitants du village trouvèrent le chemin de la maison de Bomarilla. Ils avaient vu arriver le colporteur, mais la crainte de leurs voisins les avaient rendus timides et craintifs et ils n’avaient pas osé le recevoir.

Pourtant chacun voulait le « Livre », car des quelques feuilles qu’ils avaient lues, ils désiraient aujourd’hui posséder la Bible entière.

Le cœur du colporteur débordait de reconnaissance. Il n’était qu’un bien modeste serviteur du Dieu fort et de son Évangile, et Dieu dans Sa grâce, lui faisait cueillir des fruits de ses efforts. Il sortit donc de son sac des Bibles, des cantiques, de beaux récits chrétiens pour jeunes et plus âgés et les vendit tous. Enfin Bomarilla l’invita à rester quelques jours chez lui afin de lui lire et de lui expliquer, ainsi qu’à d’autres, les merveilleuses certitudes trouvées dans la Parole de Dieu. Chaque jour les retrouvait attentifs et le cœur ouvert à l’Évangile.

Bien des années se sont écoulées. Bomarilla et le fidèle messager de l’Évangile sont depuis longtemps auprès du Seigneur. Juan a repris le service du colporteur à travers le pays. José et Carmen forment un couple heureux qui vit au village. Dans leur maison plusieurs familles se rassemblent chaque dimanche, ainsi qu’aux jours de fête du village de Montalbojero. Ils lisent alors ensemble l’Écriture Sainte. José la leur explique et, entraînés par la voix de Carmen, ils chantent et exaltent d’un même cœur l’amour de leur Sauveur.

« Tes témoignages… sont la joie de mon cœur » (Ps. 119. 111).

« Tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15. 16).

D’après La Bonne Nouvelle 1990

LE BRIGAND SICILIEN

Une brillante journée d’automne touchait à sa fin, et les derniers rayons du soleil éclairaient une route étroite courant à travers une plaine du centre de la Sicile – cette île ressemblant à un ballon de football placé juste au bout de la botte italienne ! Sur ce chemin, un voyageur solitaire, chargé d’un lourd ballot, marchait à grands pas. Il était fatigué, car il avait bien travaillé dans une ville située à quinze kilomètres environ, et il lui en restait encore plusieurs à parcourir pour arriver à sa destination, qu’il n’atteindrait pas avant la nuit.

Soudain, le galop d’un cheval se fit entendre, et bientôt apparut un cavalier au regard farouche, le visage encadré d’une barbe noire, coiffé d’un feutre aux larges ailes et chaussé de longues bottes munies d’éperons ; une longue pèlerine noire flottait autour de lui. En arrivant près du piéton, il arrêta sa monture.

– Bonsoir, Monsieur ! dit le voyageur.

Le cavalier ne répondit pas. Il mit pied à terre et regarda bien en face son compagnon. Enfin il demanda d’un ton impérieux :

– Quel est ton métier ? Que portes-tu dans ce sac ?

– Des livres, Monsieur !

– Ah ! je t’attrape, à la fin ! C’est toi qui parcours le pays, en répandant partout des livres pernicieux qui corrompent les gens simples. Dieu merci, je t’ai enfin rejoint ! Je vais commencer par brûler les livres, puis je te tuerai. En disant cela, il ouvrit son manteau ; deux pistolets étaient fixés à sa ceinture.

Mets ton sac ici, et va chercher des branches pour allumer le feu. Surtout, ne t’avise pas de t’enfuir, car alors je tire sans pitié. En disant cela, il prit un des pistolets et le brandit sous nez du prisonnier.

Le colporteur – car c’en était un – comprit qu’il était tombé dans les mains d’un des nombreux brigands qui détroussent les gens inoffensifs. Pensant qu’il valait mieux se taire pour le moment, il s’éloigna et revint bientôt, chargé d’une brassée de bois mort. Quand le feu fut allumé, il faisait nuit, et le captif estima que le moment était venu de s’expliquer.

– Monsieur, dit-il, je voudrais obtenir une faveur avant que mes livres ne soient brûlés et que je ne soit mis à mort. Permettez-moi de vous lire quelques passages de mes différents volumes !

– Ce n’est que juste, déclara le brigand ; assieds-toi là, et commence !

Il s’assit lui-même près du feu et revolver au poing, il écouta la lecture. Le colporteur prit place en face de lui, puis animé d’une sainte audace et d’une grande foi, il prit un évangile de Luc et commença : « Un homme descendant de Jérusalem à Jéricho, tomba au milieu des voleurs !… » L’attention du brigand fut éveillée, mais il ne manifesta aucun mécontentement ; au contraire, il écouta jusqu’au bout la lecture de la parabole du bon Samaritain.

– J’aime cette histoire, déclara-t-il, nous ne brûlerons pas ce livre, mets-le de côté. Puis vint le tour de l’évangile de Matthieu, chapitre 5. « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne tueras point, mais… » Le lecteur continua jusqu’à ce que son compagnon l’interrompe en disant :

– Cela suffit ! Il n’y a rien de mauvais là-dedans, mets-le de côté !

Le colporteur prit ensuite un Nouveau Testament et il lut le 13ème chapitre de la 1ère épître aux Corinthiens ; ce merveilleux cantique de l’amour chrétien avait une expression plus belle encore, dans cette langue musicale qu’est l’italien. Le brigand était dans l’extase : « Que c’est beau ! s’écria-t-il. Que c’est vrai ! L’amour est plein de bonté,… il n’est pas envieux,… il ne cherche pas son intérêt,… il ne soupçonne pas le mal !… « Eccellentissimo ! » Non, certes, nous n’allons pas brûler ce livre-là ! Mets-le ici et lis autre chose. Le colporteur continua sa lecture, en prenant les livres les uns après les autres et toujours le bandit s’écriait : « Il ne faut pas brûler celui-ci ! » « Je n’ai plus de livres à lire » déclara enfin le serviteur de Dieu.

Alors le brigand s’écria d’un ton tranchant : « Pas de bêtises ! hein ? Livre-moi immédiatement tes mauvais livres. Je veux voir ce que tu vends au villageois pour les corrompre moralement.

– Mais, Monsieur, je vous l’affirme, je n’en ai pas d’autres !

– Mon pauvre ami, reprit le cavalier, ne mens pas, car c’est un jeu dangereux ! Il se leva et prit le sac du colporteur. Il était vide ! Alors il fouilla tous ses vêtements et ne trouva rien. Il finit par rire en concluant :

– Bravo ! Tu peux partir ! Mais prends garde à toi ; si jamais je te prends à vendre de mauvais livres, je t’abats comme un chien !

Là-dessus, il se remit en selle et disparut. Le colporteur rassembla ses volumes et reprit son chemin en remerciant Dieu de l’avoir protégé. En arrivant au village, il se rendit dans une auberge pour y passer la nuit. Le lendemain, après le déjeuner, il alla sur la place du marché, son sac sur le dos. Il avisa un groupe d’hommes entourant un joli baudet qui était à vendre !

– Bonjour, Messieurs ! dit-il, permettez-moi de vous lire quelque chose à propos de notre Seigneur Jésus Christ.

– Avec plaisir, répondirent ces hommes, et ils se tournèrent vers le nouveau venu.

Quelle belle occasion de leur faire connaître l’histoire du Sauveur entrant triomphalement à Jérusalem, assis sur le dos d’un ânon, que personne n’avait encore monté. Ce récit intéressa vivement les auditeurs et l’un d’entre eux demanda le prix du livre.

– Deux sous ! dit le colporteur.

– C’est bon marché, je le prends !

Mais avant qu’il ait pu tirer son argent de sa poche, une voix s’écria : « Prenez garde ! mes amis, cet homme est un imposteur, il ne faut pas lire ses livres ! »

Ce fut le signal d’une émeute. Immédiatement les avis se partagèrent. Mais le plus grand nombre se mit contre le messager du Seigneur. À bas ! l’hérétique !, criait-on. À mort le blasphémateur ! Lapidez-le ! Hommes et femmes abandonnant leurs affaires, se groupèrent autour de lui, le maudissant et le menaçant. Cela devenait inquiétant !

Tout à coup, un cavalier traversa la place du marché au galop de sa monture et s’arrêta près du groupe en rumeur. Il avait un regard farouche, une barbe noire encadrait son visage, il était coiffé d’un feutre aux larges ailes et chaussé de longues bottes munies d’éperons. Une longue pèlerine noire flottait autour de lui. Tout le monde au village le connaissait, la plupart des habitants en avaient peur.

– Arrêtez ! cria-t-il, et laissez cet homme tranquille !

– Mais Monsieur, hasarda quelqu’un, il essaie de vendre de mauvais livres ; il mérite d’être lapidé.

Alors, le brigand, du haut de sa monture, se mit à haranguer la foule. Il raconta ce qui s’était passé la veille et il dit en manière de conclusion : Ces livres sont bons. Laissez donc cet homme tranquille. Celui qui s’avisera de le toucher, devra régler son compte avec moi !

Plusieurs années après, le colporteur toujours actif et bien vivant, fut surpris de recevoir une lettre venant d’Amérique. Elle contenait ces lignes : « Mon cher ami ! Vous rappelez-vous d’avoir été arrêté, un soir sur la route, par un brigand ? C’était moi, mais je ne suis plus un malfaiteur. Je ne vous ai jamais oublié, non plus que les paroles que vous m’avez lues sur le bord du chemin. Dieu soit loué, elles m’ont arrêté dans ma mauvaise voie et je suis sauvé ! »

« Béni soit le Seigneur… le Dieu qui nous sauve ! » Psaume 68. 20.

D’après La Bonne Nouvelle 1990

LA BIBLE AUX ENCHÈRES

Il y a bien longtemps vivait, dans un petit village de Thuringe, un pauvre sabotier tellement pieux qu’on l’avait nommé « le pieux sabotier ». Il était si pauvre qu’il habitait avec sa femme une chaumière délabrée qui n’avait qu’une pièce et une cuisine. Cette pièce servait tout à la fois d’échoppe, de salle à manger et de chambre à coucher. Le soir, on tirait le lit au milieu de la chambre à cause de la pluie qui entrait par le toit défoncé.

Dans cette pauvre demeure, un petit garçon fit son apparition, puis un autre, si bien que les parents ne savaient plus où faire dormir les enfants. Henri, l’aîné, couchait sur un matelas par terre, et le plus petit, Georges, dans un lit beaucoup trop court et beaucoup trop étroit pour lui ; tantôt ses pieds passaient entre les barreaux, tantôt il se redressait brusquement et se cognait la tête en haut du lit.

Mais malgré leurs nuits agitées, les enfants étaient bien portants et gais, parce qu’ils passaient presque toute leur vie au grand air.

Ils n’avaient pas une profusion de jouets. Un cheval de bois, grossièrement taillé dans une bûche par leur père, un tambour, donné par un voisin… et ils étaient heureux.

Dans la chaumière, il y avait un oiseau chanteur en cage, qui tenait compagnie au savetier pendant ses longues heures de travail où il était immobile. C’était un merle. Et Georges, quand il voyait le merle se percher pour dormir, en mettant sa tête sous son aile, l’enviait bien souvent. « Comme ils ont de la chance, les oiseaux ! », disait-il, « leur lit est toujours assez grand pour eux ».

Lorsque la femme du savetier entendit ce propos, elle résolut d’acheter un lit pour ses enfants. Elle économisa sou par sou.

Enfin un matin, la savetière dit à son mari : « Arnold, voilà l’occasion d’acheter un lit pour les enfants ».

Le savetier eut l’air perplexe.

– Acheter ! dit-il, et comment ? avec quel argent ?

– Eh ! bien !, dit la femme malicieusement, imagine-toi que j’ai mis de côté 17 écus, je pense que cela suffira. J’ai entendu dire qu’on va vendre à la foire de F… tous les meubles de la maison G… Tu iras la semaine prochaine, et tu trouveras certainement un lit avec toute sa literie.

Henri et Georges avaient entendu cette conversation.

Imaginez leur joie ! Un lit ! Ils auraient enfin un lit ! Une fois, Georges avait été malade et on l’avait couché pendant la journée dans le lit de ses parents ; il avait trouvé délicieux de pouvoir étendre ses jambes, de pouvoir se retourner sans se cogner les coudes ou la tête. Oh ! comme il avait bien dormi !

– C’est vrai, Maman ? s’écria-t-il, j’aurai un lit ? un vrai lit ?

– Oui, mon pauvre petit, ton père ira l’acheter la semaine prochaine !

La semaine parut bien longue à Georges et à Henri. Dix fois par jour ils demandaient comment serait leur lit, et quand le père irait l’acheter. Enfin le jour vint, le père partit de bon matin pour la foire. Henri allait dix fois par heure regarder s’il ne voyait pas sur la route son père et son lit.

Pendant ce temps, le pieux savetier était arrivé à la foire de F… Beaucoup de monde, beaucoup de mouvements, des ânes, des charrettes, des bestiaux !

– Bonjour, Maître B…, lui criait-on. Ce n’est pas pour acheter des moutons ou des ânes que vous êtes ici !

– Non, répondait le savetier, c’est un lit qu’il me faut.

– Des lits ? il y en a assez, vous trouverez bien votre affaire !

Le savetier regarde, il voit les objets destinés à la vente : meubles, vaisselle et voici un grand lit. C’est bien le lit qu’il faudrait aux enfants, pas trop grand, car il n’y a pas beaucoup de place pour le mettre mais pourtant assez grand pour y coucher deux enfants. Le lit est en bon état, bien propre. Il a un bon matelas, des couvertures, des édredons.

La vente n’a pas encore commencé. Le savetier s’approche assez gauchement d’un employé du commissaire-priseur.

– À combien pensez-vous que ce lit par là pourra bien être vendu ?

– Oh ! répond l’homme, ça peut bien monter à 15 ou 16 écus. C’est du bon, vous savez, ça vient d’une bonne maison.

Le cœur du savetier saute de joie. Il regarde déjà comment il pourrait emporter sur son dos le lit et toute la literie. Il est pourtant assez fin pour ne pas trop laisser voir son désir d’acheter. Il s’éloigne donc un peu et se mélange à la foule qui commence à s’amasser autour de la vente. Le commissaire-priseur arrive.

Un, deux, trois, la vente commence. C’est d’abord une table, puis un buffet, et puis d’autres objets sans intérêt pour le pauvre savetier.

Enfin l’employé expose à la vue des acheteurs un gros livre.

– Qu’est-ce que c’est que ça ? ricane le voisin du pieux savetier.

– Un livre de messe ! crie quelqu’un.

– Une bible du dix-septième siècle, de quarante et un centimètres de long et toute illustrée, dit le commissaire-priseur, qu’est-ce que vous offrez pour la Bible ? J’ai un demi écu… un demi-écu pour la Bible…

L’épicier Grégoire lève la main. Il a besoin de papier pour faire des sacs et il sait que les vieux livres sont imprimés sur du bon papier.

– J’ai un écu pour la Bible… Un écu pour la Bible… crie le commissaire.

– Ça fera de beaux cornets pour tes pruneaux ! crie un loustic à l’épicier.

Le pieux savetier dresse l’oreille. Va-t-on vraiment déchirer cette Bible ? Une impulsion intérieure lui fait lever la main. Le commissaire, de son regard rapide, l’a vu.

– Un écu et demi… J’ai un écu et demi, Messieurs, vous n’y pensez pas, un beau livre illustré avec une reliure de cuir !

– Pour ce qu’elle contient, c’est encore trop ! crie quelqu’un. Le pieux savetier est indigné. Sa conscience se met de la partie.

La Bible est la parole de Dieu, déclare-t-il, en haussant le ton.

On aurait dit que la bande de moqueurs n’attendait que cette occasion. Le cabaretier, connu pour son incrédulité, se met à faire monter l’enchère.

– Deux écus pour la Bible ! crie le commissaire-priseur. Le pieux savetier lève la main.

– Trois écus !…

Les enchères montent, accompagnées de quolibets, de moqueries et de blasphèmes. Décidément, le savetier ne peut se résigner à laisser tomber le livre sacré entre ces mains profanes. Les moqueurs ont résolu de le faire monter, ils sont nombreux contre lui… mais lorsqu’ils voient l’enchère approcher de seize écus, ils se regardent. La plaisanterie va leur coûter cher ! Elle a assez duré. Si cet imbécile veut payer un prix pareil, libre à lui. Le dernier enchérisseur, le plus acharné, le cabaretier, pousse jusqu’à seize écus et demi. Le savetier lève la main.

– Dix-sept écus, cria le commissaire-priseur, dix-sept écus… personne ne dit rien ? Personne ne dit plus ? Adjugé ! dix-sept écus.

Le maillet implacable s’abat, le pauvre savetier doit donner ses dix-sept écus, amassés avec tant de peine, en échange du livre, qui lui est remis au milieu des éclats de rire.

C’est le cœur bien triste qu’il reprend le chemin de la maison.

– Voilà papa ! dit tout à coup Henri, distinguant dans la nuit tombante la silhouette bien connue de son père.

– Mais, Maman, il n’a pas de lit !

– C’est sans doute qu’il l’aura fait apporter par un voisin qui a une charrette. Tu comprends bien que c’est lourd à porter à dos d’homme.

La porte s’ouvre, le père entre. Il pose sur la table un paquet.

– Et le lit, quand est-ce qu’il arrivera. Papa ? dit Henri.

– Je n’ai pas acheté de lit, répond le savetier.

– Pas de lit, crie la mère, et pourquoi ?

– C’est à cause de la Bible. Et il se mit à raconter à sa femme, stupéfaite et furieuse, l’histoire de la folle enchère.

– Je ne pouvais pourtant pas, dit-il en guise d’excuse, laisser la Bible aux mains de ces impies.

Le repas du soir fut absorbé dans un silence impressionnant. Tout le monde était triste : le père d’abord, la mère très irritée, et les enfants pleurant de déception. Il fallut que Georges reprît son pauvre petit lit trop court et qu’Henri se remît sur son matelas par terre. Cependant le cœur du pieux savetier était tranquille, il croyait qu’il avait fait son devoir et accompli la volonté de Dieu.

À huit heures, le lendemain matin, un grand coup retentit à la porte. La savetière ouvre, son mari étant déjà depuis longtemps à son établi.

– Bonjour ! Madame, dit une voix joviale, je viens au sujet du lit…

Le savetier lève les yeux de dessus son ouvrage, et regarde attentivement celui qui vient d’entrer dans la pièce. C’est un gros meunier du voisinage, riche et sans enfants.

– Si vous saviez la nuit que j’ai passée ! dit-il en se tournant vers le savetier. J’étais à la vente hier, à F., et j’ai raconté à ma femme ce qui s’est passé à propos de la Bible. Elle m’a fait une scène ! Je ne vous dis que ça ! Elle m’a traité de lâche. Et c’est vrai, Maître B., que j’ai été lâche. C’est moi qui aurais dû acheter la Bible. Alors ma femme m’a dit : « Tu vas aller dans la chambre d’amis, tu prendras un des deux lits qui sont là, avec le matelas, le lit de plumes, l’édredon et tout, et tu le porteras au plus vite chez Maître B. ».

Le savetier et sa femme écoutaient avec stupéfaction la déclaration du meunier. Celui-ci reprit :

– Et voilà, là, sur la route, le domestique qui amène tout ça dans la charrette, et vous nous ferez grand plaisir en acceptant ce cadeau pour vos enfants.

Lorsque Henri rentra de l’école, il trouva un beau lit, bien installé dans un coin de la grande chambre. Ce soir-là, le père lut, dans la grande Bible de dix-sept écus, le Psaume 37 : « Confie-toi en l’Eternel et pratique le bien…. Fais de l’Eternel tes délices, et Il te donnera les demandes de ton cœur ».

D’après La Bonne Nouvelle 1990

d’après M. L. Br. l’arrière petit-fils du « pieux savetier »