BILLY

Jeune encore, Billy avait été engagé au service de M. Williams, médecin réputé, qui résidait à Londres dans une splendide maison de maître.

M. Williams, un chrétien vivant, invitait régulièrement des amis à venir chez lui pour lire et étudier la Parole de Dieu. Ces réunions se passaient dans la grande salle à manger et tout le personnel de la maison y assistait, Billy aussi, bien sûr.

Un soir, un évangéliste, ami du docteur, fut invité et annonça la bonne nouvelle du salut. Comme à l’accoutumée, les employés furent conviés.

L’orateur parla du Seigneur Jésus, du prochain moment où tous les croyants de la terre partiraient à sa rencontre en l’air pour être pour toujours avec Lui.

Billy, très sérieux, écoutait attentivement, mais ce langage lui était étranger car il ne connaissait pas encore Jésus comme son Sauveur personnel.

La réunion prit fin. Les auditeurs se dispersèrent et le maître de maison retourna dans son bureau.

Billy, selon son habitude, heurta un peu plus tard à sa porte pour s’enquérir d’un éventuel service à rendre.

– Tout va bien, merci, répondit le docteur; bonne nuit !

Au moment de refermer la porte, Billy s’entendit appeler.

– Billy, dit M. Williams, as-tu bien compris ce que tu as entendu ce soir ?

– Certainement, monsieur, affirma Billy sans bien réfléchir à la question.

– Je viens de penser à une chose, continua le médecin. Si le Seigneur Jésus vient ce soir, je n’aurai plus besoin de cette maison, alors tu pourras l’avoir.

Les yeux de Billy brillèrent d’émerveillement. Il pouvait à peine en croire ses oreilles. Posséder une maison pareille !

– Et puis, Billy, il y a aussi la voiture, parce que, tu vois, le chauffeur est un croyant, de même que tout le personnel de la maison. Ils partiront tous à la rencontre du Seigneur Jésus quand II viendra chercher les siens. Tu seras donc le seul à rester en arrière, alors tu pourras aussi avoir la voiture.

Billy en resta bouche bée et ne put qu’articuler péniblement :

– Je vous remercie beaucoup, monsieur, bonne nuit ! Puis il se dirigea vers sa chambre à coucher.

Tandis qu’il se déshabillait, Billy repensait à la chance inouïe, incroyable qui lui arrivait. Quel avenir insoupçonné j’ai devant moi…

Je vais devenir un homme important ! se répétait-il.

Une fois dans son lit, Billy éteignit la lumière. Il était fatigué, et pourtant il ne pouvait s’endormir. Ces mots « tu seras le seul qui resteras en arrière » résonnaient sans relâche à ses oreilles. Il se tournait et se retournait sans pouvoir dormir. Billy se sentait de plus en plus malheureux. Il savait bien que, devant Dieu, il était un pécheur, et que Dieu condamnait le péché. Le Seigneur Jésus allait revenir, et lui, il resterait en arrière… Il subirait les jugements qui devaient arriver… Dans son angoisse, il se leva.

Il était près de minuit. Le docteur achevait son travail, quand on frappa à sa porte.

– Entrez ! cria-t-il aussitôt, et la porte s’ouvrit doucement pour laisser passer un Billy tout bouleversé.

– Monsieur, implora-t-il sans préambule, je ne veux pas la maison, pas non plus la voiture… je veux partir avec vous et les autres… je veux être prêt si le Seigneur Jésus vient !

Ce cri d’angoisse réjouit M. Williams. Il expliqua à Billy que lui était un pécheur perdu, mais que Dieu avait donné son Fils unique et bien-aimé pour que Billy ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Ils s’agenouillèrent et prièrent ensemble. Le cœur tourmenté de Billy s’ouvrit à l’amour de Jésus, mort sur la croix pour ses péchés, et il ressentit une paix profonde. Billy savait maintenant que ni la maison ni la voiture ne lui donneraient le bonheur, mais qu’il partirait avec tous les croyants à la rencontre du Seigneur.

Billy retourna dans sa chambre. Seul, dans la nuit, il remercia de tout son cœur Jésus, son Sauveur, de l’avoir si merveilleusement aimé. Il s’endormit bientôt profondément.

Toute sa vie, Billy n’oublia jamais cette nuit-là !

D’après La Bonne Nouvelle 1993