SONDEZ LES ÉCRITURES (16)

Conséquences de la venue du Seigneur Jésus dans ce monde (Mat. 10. 34 à 36 ; Luc 12. 49 à 53).

A la naissance du Seigneur Jésus une multitude d’anges louaient Dieu disant : « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! » (Luc 2. 14) Mais nous savons qu’il a été rejeté des hommes méchants, et les siens ne l’ont pas reçu (Jean 1. 11). « Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs… mais nous n’avons eu pour lui aucune estime » (És. 53. 3).

Aussi entendons-nous ces paroles de Jésus : « Je suis venu jeter le feu sur la terre ; et que veux-je, si déjà il est allumé ? » (Luc 12. 49). Ainsi l’effet de sa venue dans le monde fut de déclencher la haine implacable de l’homme, non pas la paix, mais l’épée (Jean 7. 7 ; Mat. 10. 34).

Sous l’impulsion de sa propre volonté, l’homme est inimitié contre Dieu. Il se révolte dès qu’on lui déclare qu’il est sous le jugement de Dieu (Jean 3. 36). En rejetant Jésus les hommes allumaient le feu de ce jugement bien avant son exécution finale par Dieu.

Cependant Jésus est venu dans ce monde pour révéler aux pécheurs l’amour de Dieu. Pour cela Il devait subir le jugement qui devait atteindre les coupables, en passant par le baptême de la mort comme Il l’exprime : « Mais j’ai à être baptisé d’un baptême ; et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12. 50)

Le jugement qui allait s’exécuter sur Lui à la croix pour satisfaire les exigences de la justice et de la sainteté de Dieu, permettrait à Sa grâce de s’exprimer librement à l’égard de tous les hommes et de toucher leur cœur (Rom 5. 21).

Jusqu’à ce que cette œuvre de la rédemption soit accomplie, Il était à l’étroit dans son cœur, car l’amour infini de Dieu en lui était comme contenu douloureusement. Il ne pouvait avoir communion avec les pécheurs qu’Il côtoyait et bien peu avec ses disciples.

Mais après le baptême de Sa mort, si l’homme naturel n’a pas changé, la grâce de Dieu a pu surabonder, et la gloire de Dieu a été magnifiée.

En attendant le jour où le jugement s’exécutera sur tous les méchants pour introduire le règne de justice et de paix du Fils de l’homme, le Seigneur annonce aux siens qu’ils entreraient en conflit avec ceux qui le rejetteraient : « Pensez-vous que je sois venu donner la paix sur la terre ? Non, vous dis-je ; mais plutôt la division. Car désormais ils seront cinq dans une maison, divisés : trois seront divisés contre deux, et deux contre trois… » (v. 51 à 53).

Il en donne l’explication ailleurs. « La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises » (Jean 3. 19 et 20).

Dans bien des familles, lorsque l’Évangile a été reçu de certains membres, il est arrivé que les liens les plus intimes selon la nature ont été brisés. Ceux qui sont restés ennemis de Dieu, dans leur orgueil sont devenus des persécuteurs. Et c’est souvent le chrétien qui est accusé d’avoir causé la division dans sa famille.

Outre l’opposition du monde (2 Tim 3. 12), combien est douloureuse cette hostilité de la part de ceux qui nous sont chers. C’est alors que se réalise cette parole : « les ennemis d’un homme sont les gens de sa maison » (Michée 7. 5 à 7).

Mais le Seigneur peut, dans un tel cas, soutenir ceux qui souffrent pour son Nom, leur accordant toute la patience et la douceur nécessaires en face des opposants, qui peuvent aussi être saisis par la puissance de la grâce divine.

Nécessité de la repentance (Luc 13. 1 à 5).

A partir de deux évènements récents et solennels Jésus exhorte ses auditeurs à la repentance.

Il s’agit d’abord des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec leurs sacrifices (v. 1). Jésus leur dit : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses ? »

Selon l’idée que les Juifs avaient du gouvernement de Dieu, ces Galiléens devaient être très coupables pour avoir subi un tel châtiment. Mais l’état du peuple juif, à cette époque, était tel que ceux auxquels arrivait un malheur ne le méritaient pas davantage que ceux qui étaient épargnés. C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « Non, vous dis-je ; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même manière » (v. 3).

Alors qu’il se croit meilleur que son semblable, l’homme est prêt à conclure que le jugement de Dieu atteint celui qui est touché par un malheur. Mais tout homme est coupable devant Dieu. Le jugement de Dieu doit s’exercer à l’égard des impies. C’est un effet de la grâce de Dieu s’il prolonge le temps de sa patience.

Bien des calamités atteignent certains individus, certaines nations, et ce sont autant de signes précurseurs de ce qui attend tous ceux qui ne se repentent pas. « Aujourd’hui si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur » (Ps. 95. 7 et 8).

Une autre catastrophe est évoquée par le Seigneur à propos de la tour de Siloé qui, en tombant, tua dix-huit personnes : « Croyez-vous qu’ils fussent plus coupables que tous les hommes qui habitent Jérusalem ? Non, vous dis-je ; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous pareillement » (Luc 13. 4 et 5).

Avec quelles compassions le Seigneur adressait-il ses avertissements ! Encore quelques années et cette ville de Jérusalem coupable du sang des prophètes et de nombreux témoins de la foi, subirait un jugement effroyable.

Cela rappelle à tout homme pécheur son inimitié et sa culpabilité devant Dieu. S’il ne se repent pas sur la terre, il ne lui reste plus que le jugement éternel de Dieu.

Les voies de Dieu à l’égard des hommes s’exercent selon deux principes essentiels. S’il y a d’un côté la souveraine grâce donnant la vie éternelle à celui qui croit au Fils (Rom 6. 23), d’un autre côté, le gouvernement d’un Dieu juste s’exerce envers tous les hommes selon ce principe solennel : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal 6. 7 et 8).

T’es-tu repenti et as-tu accepté le salut que Dieu t’offre gratuitement aujourd’hui au début d’une nouvelle année ? Demain il sera peut-être trop tard !

La parabole du figuier stérile (Luc 13. 6 à 9).

A travers la parabole du figuier, le Seigneur présente l’histoire d’Israël, peuple que Dieu avait favorisé de toutes manières. Israël était le figuier planté dans la vigne de Dieu (Joël 1. 7 ; Mat. 21. 18 à 22).

C’est en vain que, depuis trois ans, le propriétaire venait chercher du fruit. Aussi prononce-t-il cette sentence au vigneron : « Coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ? » (v. 7). Pour être coupé, il n’est pas nécessaire de porter de mauvais fruits. Il suffit de ne pas en porter de bons. Le figuier était inutile et encombrait la vigne.

Mais le vigneron propose une ultime tentative dans le souci d’améliorer les conditions de culture du figuier afin de l’aider à porter du fruit : « Maître, laisse-le cette année aussi, jusqu’à ce que je l’aie déchaussé et que j’y aie mis du fumier ; et peut-être portera-t-il du fruit : sinon, après, tu le couperas » (v. 8).

Cette dernière année rappelle tous les soins pleins d’amour, tout le travail patient du Seigneur au sein de son peuple, en vue d’obtenir quelque fruit de l’homme naturel, si cela avait été possible.

Mais cette dernière épreuve manifeste que l’homme dans la chair, malgré toutes ses prétentions religieuses, est totalement incapable de porter du fruit pour Dieu : occupant inutilement la terre, il est démontré qu’il n’y avait plus rien à faire, si ce n’est d’exercer le jugement.

Israël est un échantillon de toute la race humaine pécheresse. A travers ce peuple Dieu a mis en évidence ce qui caractérise toute la descendance d’Adam : aucun fruit pour Dieu. Mais la venue de Jésus dans ce monde a révélé tout l’amour de Dieu pour le pécheur alors qu’Il a en horreur le péché.

Et l’épreuve de l’homme dans la chair se termine à la croix, lorsqu’il commet le crime le plus odieux de l’humanité, la condamnation à mort du Saint et du Juste, « l’unique Fils bien-aimé » (Marc 12. 6 et 7).

Par la mort de Christ, Dieu en a fini avec ce premier homme (És. 2. 22), mais par la foi en cette œuvre expiatoire de la croix, le croyant reçoit une nouvelle nature : il est né de Dieu. C’est ce qu’exprime le Seigneur à Nicodème : « Il vous faut être nés de nouveau » (Jean 3. 7). Seuls ceux qui possèdent la vie éternelle peuvent porter du fruit pour Dieu.

De même, lorsque le Fils de l’homme établira son règne sur la terre, l’Israël de Dieu sera restauré après avoir reconnu comme Messie Celui qu’il a crucifié autrefois. Dieu lui donnera un cœur nouveau et mettra son Esprit au-dedans de lui (Éz. 36. 26 et 27). Et Christ lui adressera cette parole de grâce : « De moi provient ton fruit » (Osée 14. 8). Et toutes les nations de la terre seront bénies à travers Israël.

Guérison d’une infirme un jour de sabbat (Luc 13. 10 à 17).

Luc seul a conservé le récit de cette guérison où le cœur plein de compassion du Seigneur est étreint devant l’infirmité de cette femme venue entendre la parole dans la synagogue. Depuis dix-huit ans elle était courbée par un esprit d’infirmité et ne pouvait nullement se redresser. Elle était liée par Satan. « Et Jésus, la voyant, l’appela et lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il posa les mains sur elle : et à l’instant elle fut redressée, et glorifiait Dieu » (v. 12 et 13).

C’est l’Éternel qui relève ceux qui sont courbés (Ps 146. 8). Ne nous arrive-t-il pas parfois d’être courbés spirituellement, lorsque les choses de la terre accaparent nos cœurs ou que nous nous chargeons de fardeaux que nous aurions pu confier au Seigneur ? (1 Pier. 5. 7). Le Seigneur peut aussi nous délivrer de telles infirmités.

Ce miracle, accompli un jour de sabbat, est l’occasion pour le chef de synagogue de s’indigner vis-à-vis de la foule, même s’il reconnaît à Jésus le pouvoir d’accomplir des miracles. « Il y a six jours où il faut travailler ; venez donc ces jours-là, et soyez guéris, et non pas le jour de sabbat » (v 14).

Le régime de la loi dans lequel le sabbat avait été institué, supposait l’homme capable d’obéissance. Alors il pouvait participer au repos qu’annonçait le sabbat. Jésus seul a pu accomplir la loi (Mat. 5. 17). Sous le système de la loi l’homme naturel ne pouvait être que condamné.

« Le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua » (Rom 7. 11). Aussi le Seigneur est-il venu délivrer l’homme du péché et de l’esclavage de Satan. Comment se serait-Il reposé là où le péché abondait ? Il ne pouvait interrompre son activité de grâce à l’égard des pécheurs, même un jour de sabbat.

Jésus s’adresse alors au chef de synagogue : « Hypocrites ! chacun de vous ne détache-t-il pas de la crèche son bœuf ou son âne un jour de sabbat, et ne les mène-t-il pas boire ? Et celle-ci qui est fille d’Abraham, laquelle Satan avait liée, voici, il y a dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du sabbat ? »

Cette parole confond tous les adversaires de Jésus et les couvre de honte. Ces observateurs de la loi n’hésitaient pas à délier leur bœuf ou leur âne un jour de sabbat, alors qu’ils s’opposaient au travail de la grâce lorsqu’il s’agissait de délivrer une pauvre femme que Satan avait liée depuis si longtemps. Quelle hypocrisie !

Malgré leur religiosité, ces Juifs, dans leur état misérable, étaient eux aussi asservis à la puissance de Satan. Ils ne discernaient pas tout l’amour actif de Jésus qui ne pouvait que s’exprimer, même un jour de sabbat, pour délivrer du joug de Satan une fille d’Abraham (Gal 3. 7).

Dès qu’elle est consciente de sa guérison, sa foi la pousse à glorifier Dieu. « Et toute la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qui étaient faites par lui » (v 17).

Que nous soyons disposés dans nos cœurs à imiter une telle foi !

Christ un avec le Père (Jean 10. 22 à 30).

Le Seigneur dans le temple.

Lors de la fête de la dédicace célébrée à Jérusalem, en hiver, Jésus se promenait dans le temple, au portique de Salomon (v. 22 et 23). Cette fête annuelle, que Moïse n’avait pas ordonnée à Israël, avait lieu en souvenir de la purification du temple, après sa profanation par les idolâtries d’Antiochus Épiphane, roi de Syrie, et violent persécuteur des Juifs.

Jésus, le vrai Salomon, est encore le roi méprisé et rejeté des siens. Les Juifs, faisant fi de la voix de leur conscience, viennent l’entourer pour l’interroger à nouveau : « Jusques à quand tiens-tu notre âme en suspens ? Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous franchement ». Voulaient-ils rendre Jésus responsable de leur incrédulité ? « Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que moi je fais au nom de mon Père, celles-ci rendent témoignage de moi ; mais vous, vous ne croyez pas, car vous n’êtes pas de mes brebis » (v. 24 à 26).

Les Juifs, qui ne croyaient pas, ont rejeté les paroles de Jésus (Jean 8) et le témoignage de ses œuvres (Jean 5 et 9). Il était alors inutile de leur déclarer qu’Il fût le Christ. D’ailleurs, combien sont solennelles ces paroles du Seigneur disant que n’étant pas ses brebis, ils ne croyaient pas. Ils ne faisaient pas partie des élus de Dieu, comme Il l’avait déjà souligné (8. 43 et 44).

Face à cette incrédulité, de nouveau le Seigneur va mettre en évidence les caractères distinctifs de ses brebis et leurs incomparables privilèges. Car maintenant son activité s’exercera envers son troupeau. « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main » (v. 27 et 28).

Les brebis représentent tous ceux qui appartiennent au bon Berger ; ce sont ceux que le Père lui a donnés (v. 29) et c’est Lui qui les a rachetés par sa mort (v. 11, 15, 17 et 18).

Deux traits caractérisent ses brebis : elles écoutent sa voix, ne connaissant pas celle des étrangers (v. 5), et elles le suivent, réponse spontanée à son amour infini. Chaque brebis écoute l’appel irrésistible de son Berger comme Lazare dans le tombeau entendit celui de Jésus (Prov. 20. 12).

C’est l’attrait de sa Personne qui engage la brebis à Le suivre pour Le connaître toujours mieux, s’inspirer de son exemple et Lui obéir de cœur.

Quant au Berger, il connaît ses brebis, chacune par son nom. Ainsi elles ne manquent de rien (Ps. 23. 1). Elles lui sont confiées par le Père. Quel prix ont-elles pour son cœur puisqu’Il a dû laisser sa vie pour elles ! Il leur donne la vie éternelle, vie qui est entretenue dans la connaissance du Père et du Fils (Jean 17. 3).

Cette vie divine et éternelle leur est souverainement accordée comme un libre don de sa grâce. Elles ne peuvent pas périr puisqu’elles ont un sûr abri dans sa main toute puissante. Hélas ! elles peuvent s’égarer, tomber, mais elles ne périront jamais. Il s’agit ici de l’éternelle sécurité des brebis.

Puis son Père, qui les lui a données, est plus grand que tous ceux qui voudraient leur nuire. C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « Personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un » (v. 29 et 30).

Ce passage fait briller la gloire divine de Jésus. Il y a entre le Père et le Fils une parfaite unité de nature pour assurer aux brebis une éternelle sécurité. Qui pourrait les ravir alors qu’elles sont dans la main du Père et dans celle du Fils ?

Si l’un de nos jeunes lecteurs était indécis quant à la certitude d’être une brebis, qu’il écoute la voix du bon Berger. Pourquoi lui résister plus longtemps ?

La maison d’Israël abandonnée par le Seigneur (Luc 13. 31 à 35).

Hostilité d’Hérode.

Sous prétexte de déférence pour Jésus, des pharisiens vinrent L’avertir de s’en aller, car Hérode voulait le tuer. Hérode voilait son animosité avec la ruse d’un renard. Lui, un étranger, de quel droit était-il le roi des Juifs ? Les promesses d’Israël ne le concernaient absolument pas et il ne pouvait que s’opposer à Christ puisqu’il n’avait pas la foi.

Mais Hérode avait une crainte superstitieuse vis-à-vis de Jésus à cause de ses miracles, et sa conscience était tourmentée par le meurtre de Jean le baptiseur (9. 7 à 9). Il utilise astucieusement les pharisiens, dont il connaissait la haine contre Jésus, pour L’engager à s’éloigner du territoire qu’il gouvernait.

Aussi la réponse de Jésus est-elle directement adressée à Hérode dont les intentions ne le troublent pas. « Allez, dites à ce renard : Voici, je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé » (v. 32).

Ce qui importait pour le Serviteur parfait, c’était de faire la volonté de son Père jusqu’à ce qu’Il soit glorifié. Dans une obéissance absolue Il faisait le bien, guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance, sachant qu’au terme d’un tel chemin ce serait sa mort à Jérusalem, comme les prophètes qui l’avaient précédé.

Puis Il ajoute : « Mais il faut que je marche aujourd’hui et demain et le jour suivant, car il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem » (v. 33). Faisant toujours les choses qui plaisent au Père, il ne se préoccupe pas de l’opposition rencontrée, ni des conséquences de sa fidélité.

Puissions-nous cultiver la communion avec le Seigneur pour marcher dans un chemin d’obéissance et compter sur ses ressources divines quand les souffrances inévitables se présenteront !

Plainte du Seigneur sur Jérusalem.

Ayant devant Lui la mort, dont serait coupable la ville rebelle, Jésus déclare : « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (v. 34). C’est l’Éternel de l’Ancien Testament qui parle ici. Lui seul pouvait rassembler Israël par le ministère des prophètes (Jér. 31. 10), mais sous l’angle de sa responsabilité, Israël avait rejeté l’Éternel.

Pourtant avec quel amour et quelle patience le Seigneur avait entrepris de ramener à Lui ce pauvre peuple, mais en vain. Aussi, ayant épuisé les ressources de la grâce, Il allait quitter ce peuple infidèle.

C’est le cœur étreint par la douleur qu’Il doit s’exprimer : « Voici, votre maison vous est abandonnée ; et je vous dis, que vous ne me verrez point jusqu’à ce qu’il arrive que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (v. 35, citation du Ps. 118. 26).

Dans ce temps encore futur, lors de la grande tribulation (Mat. 24. 21), l’Israël de Dieu sera amené à une profonde repentance, regardant vers Celui qui autrefois a été crucifié pour ses transgressions à Jérusalem (Zach. 12. 10).

Ainsi, c’est la grâce qui triomphe. L’homme a tout perdu sur le pied de la responsabilité, mais sur le principe de la grâce, par la foi au sacrifice de Christ, il reçoit un plein salut, une complète délivrance et le vrai bonheur de l’âme rachetée pour l’éternité.

Savez-vous qu’une femme étrangère est venue, par la résolution de sa foi, s’abriter sous les ailes de l’Éternel, le Dieu d’Israël où elle a pu goûter un profond sentiment de la grâce ? C’est Ruth, la Moabite, qui fait partie de la généalogie de Jésus Christ (Ruth 2. 12 ; Matt. 1. 5).

Avons-nous tous fait le choix de Ruth ?

Guérison d’un homme hydropique.

Guérison un jour de sabbat.

Le Seigneur accepte de prendre un repas, un jour de sabbat, chez un des principaux des pharisiens. Docteurs de la loi et pharisiens sont là, l’observant pour essayer de l’embarrasser, mais c’est Lui qui va leur fermer la bouche. Aveuglés par leurs prétentions religieuses, ils n’avaient pas conscience d’avoir devant eux Celui qui sonde les cœurs.

« Et voici il y avait un homme hydropique devant lui » (v. 2). Que va faire Jésus toujours sensible à la misère humaine ? Il va mettre à l’épreuve par une question ces docteurs de la loi. « Est-il permis de guérir, un jour de sabbat ? » (v. 4). Et ils se turent. Et l’ayant pris, Il le guérit, et le renvoya ».

Ainsi Il revendique les droits de la grâce contre le sabbat, signe de l’ancienne alliance (Ex. 31. 17). Et Jésus répondant aux pensées non exprimées, mais qu’Il lisait dans leurs mauvais cœurs, dit : « Qui sera celui de vous, qui, ayant un âne ou un bœuf, lequel vienne à tomber dans un puits, ne l’en retire aussitôt le jour du sabbat ? ». Ainsi le Seigneur une fois encore dénonce leur hypocrisie.

Pour préserver leurs propres intérêts, ils n’auraient pas hésité à transgresser la loi dans son quatrième commandement, en particulier. Alors l’amour et la puissance de Dieu ne pouvaient-ils pas s’exprimer en un jour de sabbat à l’égard de l’homme placé sous les conséquences du péché et en danger de mort ? Les pharisiens avaient ainsi l’occasion d’apprendre ce qu’est la grâce de Dieu, cette grâce dont ils avaient besoin pour eux-mêmes ainsi que chacun de nous. Celui qui se présentait devant eux en était la parfaite expression.

Comment l’homme entrera-t-il dans le repos de Dieu ?

Dieu pouvait-il se reposer en présence du péché entraînant la misère de l’homme, que Lui-même avait créé pour le rendre heureux dans la mesure où il obéirait à sa parole ? L’homme a préféré écouter la voix du tentateur, interrompant follement le repos de Dieu lorsqu’il a mangé du fruit défendu (Gen. 3).

Ainsi l’homme n’entra jamais dans le repos de Dieu. Et lorsque Christ vint sur la terre, pour montrer que le péché était toujours là, il poursuivit son œuvre de grâce en guérissant malades et infirmes et en délivrant les démoniaques, même le jour du sabbat. C’est pourquoi il pouvait dire aux Juifs : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5. 17).

Et dans leur haine fanatique, ils cherchaient à le faire mourir parce qu’Il violait le sabbat. Si l’homme avait gardé la loi, il aurait eu droit au repos, mais il ne pouvait s’y soumettre (Rom. 8. 7). Ainsi la guérison de cet homme, le jour du sabbat, démontrait que toute relation entre l’homme sous la loi et Dieu était rompue.

De son côté l’homme pécheur s’est révélé incapable de jouir du repos après le travail. Et il ne pouvait y avoir de repos pour Dieu face au désordre et à la ruine accumulée par le péché. La justice pouvait-elle se reposer en présence de l’iniquité de l’homme ? Et l’amour pouvait-il se reposer sur une scène où doit s’exercer le jugement ?

Ainsi c’était le bon plaisir de Jésus d’agir en grâce jusqu’à ce que le repos de Dieu dont le sabbat est la figure soit établi sur la base de la rédemption.

Il reste donc un repos pour le peuple de Dieu. « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (Héb. 4. 9, 3). Seule la foi en l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus nous permet d’accéder au repos éternel dans le ciel.

Pour le présent, le croyant goûte le repos de la conscience purifiée par le sang de Christ, en attendant de jouir de celui de la gloire. « Son repos sera gloire » (És. 11. 10). C’est ici le repos de Dieu : « Il se reposera dans son amour » (Soph. 3. 17).

Fais-tu partie de ces bienheureux selon le Psaume 32. 1 et 2 ?

Deux enseignements de la grâce (Luc 14. 7 à 14).

Le choix d’une place.

Au début du chapitre 14 le Seigneur est entré dans la maison de l’un des principaux pharisiens. Ceux qui étaient présents l’observaient avec malveillance. Maintenant c’est à son tour de constater avec tristesse comment les conviés choisissaient les premières places.

N’est-ce pas fréquent dans le monde où l’homme naturel, sous l’impulsion de l’orgueil de la vie, cherche à obtenir toujours plus d’honneur ou la meilleure part ?

Le monde, ayant exclu Dieu, trouve son plaisir à exalter le moi. Dans son activité fébrile, l’homme s’élève contre Dieu, car il a écouté la voix du tentateur au jardin d’Éden : « Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » (Gen. 3. 5). Dès lors c’est le désir d’être quelqu’un, d’obtenir la première place qui ronge le cœur naturel.

Aussi le Seigneur adresse-t-Il aux conviés une parabole : « Mais, quand tu seras convié par quelqu’un à des noces, ne te mets pas à table à la première place, de peur qu’un plus honorable que toi ne soit convié par lui, et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne et ne te dise : Fais place à celui-ci ; et qu’alors tu ne te mettes avec honte à occuper la dernière place » (v. 8 et 9).

Il est intolérable pour la chair d’être mise de côté, dans l’humiliation et le mépris. Elle cherche une place là où « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9. 58).

Mais Dieu a invité le pécheur au festin préparé par son amour. C’est sur la terre, en acceptant la grâce offerte à tous par Jésus, que nous y prenons place. Cette place, nous l’occuperons pendant l’éternité.

Encore faut-il pour cela la sagesse de l’humilité dont le Seigneur donne l’exemple parfait en prenant la dernière place pour venir nous sauver. « Il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom » (Phil. 2. 8 et 9).

C’est en contemplant le modèle parfait que le croyant peut réaliser l’humilité, le renoncement à soi-même, ne recherchant pas sa propre gloire. Si Jésus est l’objet de mon cœur, je puis me contenter de la dernière place ici-bas, car c’est celle où je le rencontrerai.

Le secret du bonheur.

Puis Jésus indique la conséquence de l’abaissement : « Mais quand tu seras convié, va et assieds-toi à la dernière place, afin que, quand celui qui t’a convié viendra, il te dise : Ami, monte plus haut. Alors tu auras de la gloire devant tous ceux qui seront à table avec toi. Car quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé » (v. 10 et 11).

Que nos pensées et nos affections soient concentrées sur Jésus, le modèle incomparable : c’est le secret du bonheur ! Alors nous sommes délivrés de nous-mêmes, des vexations du moi, des convoitises de la chair, n’ayant aucune importance à nos propres yeux.

Jésus s’est abaissé Lui-même jusqu’à la mort ignominieuse de la croix et le monde n’a pas cessé de l’humilier lorsqu’Il est venu sur cette terre. En conséquence Dieu l’a haut élevé et la foi Le contemple dans le ciel, couronné de gloire et d’honneur (Prov. 29. 23).

Es-tu prêt à occuper ici-bas cette place d’humilité dans ton foyer, à l’école ou ailleurs, par amour pour le Seigneur ? Elle nous ouvre le chemin qui conduit à la gloire avec Lui.

Récompense en résurrection.

Ayant appris aux convives à choisir leur place, Jésus va maintenant enseigner son hôte à choisir ses invités. Si l’homme du monde envisage un avantage immédiat sur la terre pour satisfaire son égoïsme, le croyant agit en vue du ciel où, dans la résurrection des justes, il recevra la récompense de sa conduite. « Mais quand tu fais un festin, convie les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles ; et tu seras bienheureux, car ils n’ont pas de quoi te rendre la pareille : car la pareille te sera rendue en la résurrection des justes » (v. 13 et 14).

Ayant reçu la vie de Jésus par la foi en son œuvre expiatoire, le croyant agira selon les aspirations de sa nouvelle nature, caractérisée par l’amour de Dieu et du prochain. S’oubliant lui-même, il recherchera l’intérêt d’autrui (Luc 6. 31 ; 1 Cor. 13. 4 à 7).

Le motif qui nous fait agir est-il l’amour pour le Seigneur, dans la recherche de son approbation, sans être influencé par la récompense ?

Le croyant ne compte pas sur une récompense actuelle, sachant que dans la résurrection des justes, il recevra la juste rétribution de son activité.

Cette résurrection de vie (Jean 5. 28 et 29), ou résurrection d’entre les morts (Act. 4. 2), ou première résurrection (Apoc. 20. 4 et 6) aura lieu plus de mille ans avant celle des méchants pour le jugement. Il y aura donc :

  • La résurrection des saints de l’Ancien Testament et les rachetés du Nouveau Testament lors de la venue du Seigneur (2 Thess. 1. 10).
  • La résurrection des martyrs (selon Apoc. 6. 9, 11, 13 et 15 ; 15. 2 à 4) avant Son apparition en gloire pour régner sur la terre.

Les noces du fils du roi (Mat. 22. 1 à 14).

Invitation des Juifs.

Cette parabole du royaume des cieux annonce le lever du jour où l’Évangile sera proclamé. Dieu est le Roi et Christ est le Fils pour lequel des noces ont lieu. Mais comme les pensées des hommes sont éloignées de celles du Dieu de toute grâce qui envoie Ses esclaves pour convier ceux qui étaient invités aux noces ; et ils ne voulurent pas venir (v. 3).

Ces premiers conviés étaient les Juifs durant le temps où Jésus était sur la terre. Ils refusèrent la bénédiction que le Fils de Dieu leur offrait. Puis, après la mort de Jésus, Dieu envoya encore une fois Ses esclaves, les apôtres, comme on le trouve dans les premiers chapitres du livre des Actes.

Au début, l’Évangile n’a été proclamé qu’aux Juifs. L’invitation du roi correspond bien au langage de l’Évangile : « tout est prêt : venez aux noces » (v. 4 ; Jean 19. 30). Par le sacrifice de Christ à la croix tout était prêt pour que ces coupables reçoivent la grâce qui leur était présentée.

Mais la plupart méprisèrent cette invitation, accaparés par les affaires du monde, tandis que les autres s’opposèrent violemment aux messagers, mettant à mort certains d’entre eux, comme le fidèle témoin Étienne.

Le roi fut irrité du traitement que reçurent Ses messagers et Il envoya ses troupes, faisant périr ces meurtriers et brûlant leur ville. C’est ce qui arriva lorsque l’armée romaine détruisit Jérusalem.

Invitation des nations.

Cependant, grâce insondable, Dieu veut faire participer le pécheur aux noces dont seul Son Fils est digne. Les esclaves seront envoyés vers les nations, car Il désire que des hommes puissent partager Ses propres pensées, Son dessein à l’égard de Son Fils : « Allez donc dans les carrefours des chemins, et autant de gens que vous trouverez, conviez-les aux noces » (v. 9). Ils assemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, tant mauvais que bons, car le salut est suffisant pour les mauvais et il est nécessaire pour les bons. Et la salle des noces fut remplie de gens qui étaient à table (v. 10).

Les apôtres et les disciples de Jésus se sont tournés vers les nations pour leur annoncer l’Évangile (Act. 13. 46).

Pas de robe de noces !

Aujourd’hui encore cette activité se poursuit et « quiconque » est invité à prendre place à cette table préparée par la grâce de Dieu en Christ. Mais hélas ! il y avait quelqu’un qui avait accepté l’invitation sans être vêtu d’une robe de noces. Il avait ainsi refusé d’honorer le fils du roi.

Cela n’échappe pas au regard du roi qui s’adresse à lui : « Ami, comment es-tu entré ici, sans avoir une robe de noces ? Et il eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-le pieds et mains, emportez-le, et jetez-le dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus » (v. 12 à 14).

Dans le temps actuel les invités se mettent à table. Mais pour jouir de ce festin éternel auquel tous les hommes sont appelés, il est nécessaire d’être revêtu de la justice de Christ (Gal. 3. 27 ; És. 61. 10).

Ces personnes venant des carrefours des chemins pouvaient être bien habillées ou en haillons. Mais aux yeux du roi elles étaient aussi mal habillées les unes que les autres, car personne n’avait une robe de noces que seul le roi pouvait procurer.

Devant Dieu toutes nos justices sont comme un linge souillé (És. 64. 6). Rien de ce que l’homme pourrait fournir ne serait convenable dans la présence d’un Dieu saint pour une fête aussi glorieuse.

Mais il est solennel de penser que quelqu’un a refusé ou négligé le vêtement convenable. C’était un homme religieux, mais sans Christ. Il s’était contenté de la profession chrétienne sans posséder la vie divine. Il aura la bouche fermée et, lié pieds et mains, sera jeté dans les ténèbres de dehors, pour subir des tourments éternels (Mat. 25. 46).

Par la foi en Christ.

Cette justice de Dieu dont le croyant est revêtu s’obtient par la foi en Christ, en Son œuvre expiatoire (Phil. 3. 9). Il est ainsi revêtu de Christ qu’il a accepté comme son Sauveur personnel (Rom. 3. 23 à 26). En dehors de Christ mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, il n’y a point de salut.

Ne te contente pas d’habitudes religieuses, d’une simple profession extérieure. Souviens-toi de ce qu’a dit à ses esclaves le père de la parabole au sujet du fils prodigue, repentant : « Apportez dehors la plus belle robe, et l’en revêtez…» (Luc 15. 22). As-tu revêtu Christ ?

Le grand souper (Luc 14. 15 à 24).

Cette parabole est similaire à celle du roi qui fit des noces pour son fils (Mat. 22. 1 à 14). L’enseignement dans les deux cas est le même, bien que les détails diffèrent selon le caractère de l’évangile. En Luc « un homme fit un grand souper et y convia beaucoup de gens. Et à l’heure du souper, il envoya son esclave dire aux conviés : Venez, car déjà tout est prêt » (v 16 et 17).

C’était un grand souper, sans limite de provisions ou d’invitations. Dès le commencement Dieu avait en vue ce souper et il devait avoir lieu quand le Messie s’est présenté aux Juifs à la fin de leur histoire.

1) Première invitation :

Mais hélas ! ces premiers conviés représentant les Juifs avec leurs chefs, lors de la première venue de Jésus sur la terre, s’excusent unanimement. L’un d’eux avait acheté un champ et devait le voir. Un autre avait acquis cinq couples de bœufs et voulait les essayer. Un troisième venait de se marier et ne pouvait venir.

Ces raisons avouées semblent légitimes aux yeux des hommes et, dans ces excuses, il n’y a rien de mal en apparence. Mais dans tous les cas elles manifestent une complète indifférence pour l’invitation au grand souper. Les cœurs sont absorbés par les choses de la terre : les affaires, les biens et la famille.

Ainsi tout ce qui détourne l’homme de Christ, de la vie éternelle, d’une joie céleste, est nuisible pour son âme, mettant en évidence qu’il ne se préoccupe pas de son salut. En face de l’offre de la grâce de Dieu, le cœur naturel de l’homme manifeste à quel point il est opposé aux choses de Dieu (Rom 8. 7).

Ces excuses ne sondent-elles pas nos cœurs ? On entend parfois cette question : quel mal y a-t-il en ceci ou cela ? En réalité, ce qui importe, c’est de savoir si je fais une chose pour Christ et s’Il peut m’approuver en cela.

Ainsi nous avons à prendre garde qu’un objet occupant une place dans notre âme ne parvienne à porter atteinte à la fraîcheur de notre communion avec le Seigneur : pour l’un ce peut être la lecture d’un livre, pour un autre un passe-temps favori, ou une amitié mondaine. De tels objets peuvent même nous dérober le temps à réserver à Dieu.

2) Deuxième invitation :

Après le refus des premiers invités, le maître de maison, en colère, envoie son esclave promptement dans les rues et les ruelles de la ville pour amener les pauvres, et les estropiés, et les aveugles, et les boiteux. Cette ville, où les malheureux sont amenés au festin, représente encore Israël.

Après l’élévation de Jésus dans le ciel, les apôtres devaient être Ses témoins, en commençant par Jérusalem pour amener ceux qui se reconnaîtraient moralement perdus, misérables, pauvres, infirmes, et sans force. Dieu connaît à fond cette misère, et Sa grâce insondable y a richement pourvu par le sacrifice parfait de Son Fils. Quand l’homme était incapable d’aller vers Dieu, c’était l’occasion pour la grâce de Dieu de S’approcher de lui en Christ, d’ôter ses péchés par l’œuvre de la rédemption.

3) Troisième invitation :

Dans Luc, où Christ est connu comme le Fils de l’homme, nous n’avons pas le mauvais traitement des messagers, ni le châtiment de ceux qui les avaient maltraités, ni le jugement de leur ville par le feu. Mais nous pouvons admirer l’humilité du serviteur et la grâce persévérante du maître qui ne peut être satisfait tant que la maison n’est pas remplie.

C’est pourquoi ce troisième appel retentit en faveur des nations : « Va-t-en dans les chemins et le long des haies, et contrains les gens d’entrer afin que ma maison soit remplie ». (v. 23). Ce travail se poursuit encore jusqu’à la venue du Seigneur.

Quelqu’un avait dit au Seigneur : « Bienheureux est celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu ! » (v. 15). Mais Christ parle d’un festin actuel auquel sont conviés tous les pauvres pêcheurs : « Venez, car déjà tout est prêt ». Le Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tim 2. 4).

As-tu pris place au grand souper de la grâce ? Si tu as répondu favorablement, alors tu peux aussi à ton tour, dans un esprit d’humilité, appeler des âmes à entrer pour remplir la maison.

Le disciple de Christ (Luc 14. 25 à 35).

Voyant de grandes foules qui allaient avec Lui, sans doute à cause des paroles de grâce qu’Il venait de prononcer, Jésus précise les conditions selon lesquelles quelqu’un venant à Lui pourra Le suivre, c’est-à-dire être Son disciple.

Ce qui caractérise le disciple, c’est qu’il apprend les enseignements de son maître, puis il lui ressemble dans sa vie pratique. « Il suffit au disciple qu’il soit comme son maître » (Mat. 10. 25) « Tout homme accompli sera comme son maître » (Luc 6. 40).

Ce que demande Jésus à Son disciple (v. 26 et 27) :

Si les affections de famille entrent en conflit avec l’amour voué à Jésus, la force de ce lien devient haïssable (ch. 12. 52 et 53). Ainsi, pour suivre Christ, Son disciple peut être obligé de faire le sacrifice de ses amis, de certains membres de sa famille, et de plus il doit haïr sa propre vie, son « Moi », l’amour de soi-même s’opposant à l’amour de Dieu (Mat. 6. 24).

Puis le Seigneur ajoute : « quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple ». C’était la coutume qu’un condamné à mort porte l’instrument de son supplice jusqu’au lieu de sa crucifixion (Jean 19. 17).

Porter sa croix, c’est réaliser la mort au monde avec ses plaisirs, c’est la mort à tout ce que la chair aime, et le renoncement à toute propre volonté. Alors le disciple peut suivre son maître, l’objet qui captive son cœur. Quel gain inestimable (Phil. 3. 8) !

Calculer la dépense (v. 28 à 30) :

Être disciple de Jésus, Le suivre et L’imiter, prendre conscience de cette parole de Paul : « Je suis crucifié avec Christ », un tel objectif ne peut être atteint par l’homme naturel.

Ce ne peut être l’enthousiasme d’un moment sous l’effet d’une émotion religieuse. Il s’agit premièrement de s’asseoir et de calculer la dépense. Si quelqu’un entreprend de bâtir une tour, il doit s’assurer d’abord qu’il a de quoi l’achever, sinon il risque d’être l’objet de moqueries.

Une profession d’être disciple de Jésus ne suffit pas. Il est nécessaire de connaître ce que sont nos vraies ressources en Christ, et ce que cela implique dans la vie pratique. Sinon nous pourrions nous attirer les railleries justifiées du monde et jeter de l’opprobre sur Christ et sur l’évangile.

Parabole du roi qui part à la guerre (v. 31 et 32) :

Il ne s’agit pas de sous-estimer la puissance de notre cruel adversaire. A la croix, Christ, par Sa mort, a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable (Héb. 2. 14) ; maintenant nous pouvons lui résister, étant fermes dans la foi, tout en étant conscients que nous n’avons aucune force en nous-mêmes (1 Pier. 5. 9).

Il peut nous effrayer par toutes sortes de difficultés qui paraissent insurmontables, ou nous séduire par ses artifices pour que nous nous écartions du sentier de la dépendance du Seigneur. Les forces de l’ennemi sont bien supérieures à celles que nous pouvons lui opposer par nous-mêmes. Mais si nous faisons intervenir le Seigneur, dont la puissance se déploie dans notre infirmité, alors nous pouvons obtenir la victoire.

Que nous soyons gardés, étant présomptueux, de dépasser notre mesure de foi, ou bien, étant remplis de crainte, d’en venir à accepter des compromis avec le monde ! Comme le souligne le verset 33, puissions-nous renoncer à tout ce que nous avons !

Ainsi, notre cœur étant libre, nous pouvons suivre notre Maître, comptant par la foi sur Sa force invincible, sachant qu’Il peut faire face à tout !

Illustration du sel (v. 34 et 35) :

Le vrai disciple est comme le sel (Mat. 5. 13). Il conserve les aliments, les préservant de la corruption, et il leur donne de la saveur (Marc 9. 49 et 51).

Or le péché a tout corrompu sur la terre. Ayant la vie divine, le disciple de Jésus, en suivant son Maître, présentera les caractères du sel par une entière séparation du mal et du monde. Il sera un témoin de Christ. Mais si ces traits de la vie de Jésus ne sont pas reproduits, par infidélité et manque de sainteté, celui qui a professé être le disciple de Jésus ne sert plus à rien. Le sel a perdu sa saveur. Il n’est propre, ni pour la terre, ni pour le fumier, on le jette dehors.

« Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende » (v. 35).

Cher jeune lecteur, es-tu un disciple de Jésus ?

La brebis perdue (Luc 15. 1 à 7 ; Mat. 18. 12 et 13).

Alors que les publicains et les pécheurs étaient attirés par les paroles de grâce de Jésus, les pharisiens et les scribes, hommes religieux et propres-justes, murmuraient, disant : « Celui-ci reçoit des pécheurs, et mange avec eux » (v 2). S’il n’en était pas ainsi, qui serait sauvé ?

Quel contraste entre ceux qui étaient sensibles à l’amour de Dieu s’approchant d’eux pour les délivrer de leur misère, et ceux qui, inconscients de leur véritable état, repoussaient la grâce en rejetant le Sauveur qui offrait Sa grâce à tous.

C’est l’occasion pour le Seigneur Jésus de présenter, en trois paraboles, cette grâce insondable de Dieu, éprouvant de la joie à chercher et à recevoir le pécheur perdu.

Sous trois aspects différents, l’état d’un pécheur est mis en relief : la brebis, la drachme et le fils prodigue, tous trois perdus. Et son salut est obtenu en grâce à la fois par le Fils, le bon Berger, par le Saint Esprit, la femme diligente qui allume sa lampe, et par le Père qui reçoit le pécheur repentant.

La brebis perdue.

Dans la parabole de la brebis perdue, le bon Berger est poussé par une énergie d’amour invincible pour aller à sa recherche. Une seule brebis sur cent… cela ne semble pas avoir beaucoup d’importance ! Mais le berger ne peut tolérer qu’une seule brebis soit perdue.

C’est celle-là qui lui manque. Rien ne l’arrête dans Son dévouement jusqu’à la mort et à la mort de la croix. C’est là qu’Il a trouvé sa brebis. Dans Son amour inlassable Jésus seul connaît le prix d’une âme, et l’incapacité de tout pécheur pour revenir à Dieu.

Le pécheur est comme la brebis égarée qui ne retrouve jamais les traces du troupeau, même si elle souffre, appelle, languit après le berger.

Puis, pour ramener son précieux fardeau à la maison, le berger met sa brebis sur ses propres épaules, bien joyeux. Il n’est question dans cette scène que de la joie du berger. Et la brebis est désormais en sécurité. Qu’importe sa faiblesse, ses craintes, ses fatigues, ses souffrances ! Les épaules toutes-puissantes du berger la portent en un lieu sûr.

Dans un monde corrompu et plein de violence, rappelons-nous cette déclaration réconfortante : « Personne ne la ravira de ma main » (Jean 10. 28).

Comment abandonnerait-il sa brebis, sachant le prix qu’elle lui a coûté ? De retour à la maison, son seul désir est de faire partager la joie de son cœur dont le motif s’exprime dans ces paroles : « J’ai trouvé ma brebis perdue ». Ainsi la joie du ciel est celle de Dieu Lui-même, de l’amour rédempteur.

Quelle louange va retentir dans le ciel lorsque les objets de la grâce de Dieu vont exalter à toujours les gloires de l’Agneau qui a été immolé ! « Il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance » (Luc 15. 7).

C’est la bonté de Dieu dans le don de Son propre Fils qui me pousse à la repentance (Rom. 2. 4), et Dieu trouve Sa joie à faire grâce. C’est au moment où le pécheur accepte Jésus comme Sauveur que la joie éclate dans le ciel.

Ton âme est-elle rachetée ? Éprouves-tu une pleine paix dans la jouissance de l’amour de Dieu pour toi ?

La drachme perdue (Luc 15. 8 à 10).

Dans la parabole de la drachme perdue (pièce de monnaie grecque), nous avons une illustration de l’amour de Dieu en activité pour amener à lui le pécheur. La drachme ignore qu’elle appartient à quelqu’un, qu’elle est perdue. Elle est inerte, indifférente à tout, et ne sert à rien dans les ténèbres et sous la poussière.

C’est l’image fidèle d’un pécheur mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éph. 2. 1, 4 et 5), alors que dans la première parabole, c’est la figure d’un être vivant s’éloignant toujours plus de Dieu, tel que cela est décrit en Romains 3. 9 à 20.

La femme allume la lampe et balaie la maison pour chercher cette drachme. Sa diligence persévérante montre tout l’intérêt qu’elle lui porte. Elle ne ménage pas sa peine jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée. L’amour merveilleux du Berger attire mon cœur, mais il faut que ma conscience et mon cœur soient touchés.

C’est le travail secret du Saint Esprit de donner toute puissance à la Parole de Dieu dans un cœur rempli de ténèbres. Il projette la lumière divine dans les replis les plus cachés de mon cœur, dont il manifeste la méchanceté. Je découvre que je suis un pécheur misérable, perdu, une vile créature.

Si je n’avais pas, au même moment, conscience que Dieu m’aime tel que je suis, ce serait le désespoir. Mais la révélation, par la Parole et le Saint Esprit, de ce que je suis, de tout le mal dont je suis capable, outre les péchés commis, en présence de toute la bonté de Dieu qui sacrifie Son Fils unique pour mes péchés, produit en moi une conviction de péché, une réelle contrition de cœur, l’amertume dans l’âme, pour aboutir à cet aveu : « Maintenant mon œil t’a vu : C’est pourquoi j’ai horreur de moi et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (Job 42. 5 et 6).

Oui, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur amené à la repentance. Il peut alors se reposer par la foi sur la grâce de Dieu.

Nous sommes-nous reconnus dans cette brebis et dans cette drachme, toutes deux perdues ? Elles représentent fidèlement tout homme dans son état naturel, quelle que soit sa dégradation morale. Mais l’œuvre de la rédemption est accomplie, l’amour et la justice de Dieu sont révélés à la croix. « Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).

Suis-je sauvé ou perdu ?

Le fils prodigue (Luc 15. 11 à 19).

Cette parabole admirable met en relief l’amour actif de Dieu envers le pécheur égaré par sa propre volonté et ses convoitises. La grâce du Père s’y exprime librement dans l’accueil de ce fils perdu, et elle y trouve toute sa joie. L’homme pécheur hait la lumière et ne peut supporter la grâce.

Cette grâce place tous les hommes au même niveau moral (Rom. 3. 23), C’est pourquoi le Seigneur choisit le cas d’un homme le plus dépravé que l’on puisse supposer, pour manifester la vraie grâce de Dieu (Ps. 130. 4).

Loin de la maison (v. 11 à 16).

C’est en premier lieu chez le plus jeune fils que s’affirme un mouvement de propre volonté : « Père, donne-moi la part du bien qui me revient ». Son cœur était resté insensible à l’amour et à tous les bienfaits dont il jouissait sous l’autorité et le regard du père qu’il ne peut plus supporter. Il n’a qu’un désir : vivre loin de la maison paternelle ; dégagé de toute contrainte, il serait enfin libre de faire ce qui lui plaît.

Quelle image saisissante de l’homme révolté contre Dieu, fuyant loin de Sa face ! (És. 53. 6).

Le père lui ayant donné sa part, peu de jours après, le jeune homme « s’en alla dehors en un pays éloigné ; et là il dissipa son bien en vivant dans la débauche ». Il peut désormais se laisser aller à ses penchants funestes, ne se rendant pas compte qu’il s’est placé ainsi sous l’esclavage du diable, maître cruel et tyrannique.

Le monde dans lequel nous vivons est loin de Dieu, dans les ténèbres, sous les conséquences du péché. Il est certain que tous les hommes n’atteignent pas le même degré de souillure, mais tous ont péché, ayant tourné le dos à Dieu, et en cela il n’y a pas de différence. Ils se persuadent qu’ils peuvent chercher le bonheur loin de Dieu. Mais que de blessures et de flétrissures à cause du péché !

« Et après qu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là ; et il commença d’être dans le besoin ». Il s’est abreuvé à la coupe des délices du péché. Tant qu’il avait de l’argent, il avait de nombreux compagnons pour se distraire, s’amuser follement, en se plongeant dans le mal. Comme il était loin de la maison de son père !

Mais les ressources s’épuisent jour après jour, jusqu’au moment où il n’a plus rien, et de surcroît une famine sévit dans ce pays-là. Outre son bien dépensé, il a gaspillé son temps, ruiné sa santé, affaibli ses facultés.

Créé pour avoir des relations avec Dieu, l’homme pécheur a rompu tout lien avec son Créateur, et rien dans ce monde ne peut satisfaire les besoins profonds de son âme.

Cependant le jeune homme pense avoir assez de force pour se tirer d’affaire dans le lieu où il s’est égaré. « Il s’en alla et se joignit à l’un des citoyens de ce pays-là, et celui-ci l’envoya dans ses champs pour paître des pourceaux ».

Quelle déchéance pour un Juif : gardien d’animaux impurs ! (Lév. 11. 7). Il s’enfonce toujours plus dans la souillure. Il avait tellement faim qu’il désirait « remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient, et personne ne lui donnait rien ».

Sa situation est désespérée. Rien ne se donne dans le pays éloigné. Tout se vend très cher, au prix de l’âme. Le monde éblouit un instant, mais quand vient la misère, les amis d’autrefois deviennent des ennemis, et personne n’apporte du secours. Le vide au cœur, il meurt de faim.

La repentance (v. 17 à 19).

Mais le travail de Dieu se produit. Car si Dieu a en horreur le péché, il aime le pécheur dans sa détresse morale. Quand le fils prodigue revient à lui-même, il y a tout à coup ce qui l’attire vers la maison de son père : « Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim ! ».

Quel changement subit dans ses sentiments à l’égard de son père ! Il évoque sa bonté, l’abondance de pain dans sa maison, la satisfaction des mercenaires. Pourquoi s’était-il enfui si ce n’est sous l’impulsion de sa propre volonté. Il était bien responsable de sa misère extrême.

Aussi faible que soit sa connaissance de la bonté de son père, il ne peut pas rester plus longtemps là où il est. « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires ».

Sa confession est franche, il reconnaît son péché, et il est conscient de son indignité ; mais il reste encore quelque sentiment de propre justice, car il se contenterait d’être traité comme un mercenaire. Or, sur le plan des mérites il n’a pas plus droit au titre de mercenaire qu’à celui de fils.

Ainsi l’homme pécheur n’a droit qu’au jugement de Dieu et à la condamnation éternelle. Mais par la pure grâce de Dieu et la foi en l’œuvre parfaite de Christ sur la croix, il obtient la position de fils.

La grâce ineffable de son Sauveur a tout fait pour lui. « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! » (2 Cor. 9. 15)

Faites le compte des nombreux objets de distraction, tous plus attrayants les uns que les autres : jeux, sports, mode, excursions, passe-temps favoris, études… Ne peuvent-ils pas nous empêcher de nous arrêter et de nous juger profondément devant Dieu, reconnaissant ce que nous avons fait et ce que nous sommes, dans une vraie repentance ?

Le fils prodigue (Luc 15. 20 à 24).

Le retour à la maison et l’accueil paternel.

« Et se levant, il vint vers son père ». S’il s’était contenté de faire sa déclaration, le fils prodigue serait resté dans sa misère. Mais les fruits d’une vraie repentance sont produits par des actes confirmant les paroles prononcées.

Il se lève, se met en marche vers la maison de son père. Il avance, quels que soient les obstacles du chemin.

Que de pensées assaillent son esprit, que de doutes, d’incertitude quant à la réception ! Certes le père est bon, même pour les serviteurs. Mais lui, dans quelles conditions s’est-il enfui, et de plus, quelle vie débauchée a-t-il menée ensuite ? Son père ne sera-t-il pas irrité, ou bien accepterait-il de le traiter comme un mercenaire ? Et pourtant un désir irrésistible de voir son père s’est allumé dans son cœur.

« Et comme il était encore loin, son père le vit ». L’amour a fait sortir le père. Depuis longtemps il attendait le retour de ce fils égaré. Il faisait le guet, quand tout à coup il aperçoit la silhouette de son enfant, cause de tant de souffrances, de honte et de nuits d’insomnie.

Il est méconnaissable sauf pour son père ; c’est bien lui, tout couvert de lambeaux, et le visage buriné par la misère. Oui, Dieu est amour, et cherche sans cesse à ramener des pécheurs perdus.

Sais-tu qu’il étend encore sa main vers toi si tu es resté sourd jusqu’ici aux appels de sa grâce ? (És. 65. 2)

« Et il fut ému de compassion ». Quelle intense émotion étreint son cœur à la vue de son fils ! Rien ne peut le retenir dans son élan vers lui. « Et courant à lui, il se jeta à son cou et le couvrit de baisers ». Quelle belle expression d’un amour parfait lorsque ce père ouvre ses bras et serre sur son cœur ce fils qui n’a pas encore prononcé une seule parole !

Le baiser est le signe de la réconciliation (2 Cor. 5. 19), la marque de l’amour que Dieu nous porte. Dieu non plus ne fait pas de reproches, mais attend en grâce et se plaît à pardonner, à guérir, à justifier et à donner la vie éternelle, à tout pécheur qui vient à lui, en reconnaissant sa misère.

Maintenant le prodigue fait sa confession : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ». Il ne formule pas la troisième proposition d’être traité comme un mercenaire, car ce serait indigne de toute l’effusion d’amour du père. Il a désormais toute certitude dans cette parfaite grâce. Il en a fini avec lui-même sous l’étreinte de l’amour.

L’entrée dans la maison du festin :

« Mais le père dit à ses esclaves : Apportez dehors la plus belle robe, et l’en revêtez ; et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses pieds, et amenez le veau gras et tuez-le ; et mangeons et faisons bonne chère ; car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé » (v. 22 à 24).

Selon la volonté du père, le fils est revêtu de la plus belle robe avant d’entrer dans la maison, où il ne pouvait pénétrer avec ses haillons. Car là, tout est sainteté, lumière et amour. C’est sur la terre que Dieu est venu, en Christ, rencontrer le pécheur. C’est là, qu’Il le revêt de la robe de la justice divine acquise par le sacrifice expiatoire de la croix. Ceux qui ont foi en cette œuvre sont « justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5. 21 ; És. 61. 10). Ils ont revêtu Christ (Gal. 3. 27). Nul ne pourra entrer au ciel sans être revêtu de cette robe, déjà sur la terre.

De plus, le père fait mettre un anneau à la main de son fils. L’anneau que des époux portent à leur doigt, concrétise leur union indissoluble devant Dieu jusqu’à la mort. Mais pour le pécheur repentant, il s’agit d’une union indestructible, éternelle avec le Père, et son Fils, Jésus Christ, Époux de l’Assemblée. L’occasion nous est encore offerte de nous montrer dignes d’une telle union.

Enfin, le père demande qu’on lui donne des sandales. Les esclaves marchent nu-pieds mais lui, comme fils, chausse des sandales. Ainsi tout enfant de Dieu est rendu capable de marcher en nouveauté de vie, par la puissance du Saint Esprit, d’une manière digne de Dieu (Gal. 5. 25 ; 1 Thess. 2. 12). Rien ne manque à la parure du fils. Tout en lui évoque l’amour de Dieu et les richesses insondables de Christ.

Maintenant dans la maison, tous s’associent au festin de joie que le père a désiré. On tue le veau gras, « et ils se mirent à faire bonne chère ». C’est la joie dans la communion, Dieu seul peut nourrir nos âmes et nous réjouir (Phil. 4. 4). Quelles ineffables délices seront notre part dans l’éternité, celles que Dieu trouve en son Fils bien-aimé !

« Dieu qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ, … et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Éph. 2. 4 à 6). Oui, pour tout pécheur confessant sa culpabilité, il y a un salut parfait par la foi au Fils de Dieu.

Cher jeune lecteur, es-tu revêtu de cette plus belle robe de la justice divine pour pouvoir participer au festin que l’amour de Dieu a préparé dans le ciel ?

D’après La Bonne Nouvelle 1992

UNE ÉNIGME DÉVOILÉE

« Car j’ai porté envie aux arrogants, en voyant la prospérité des méchants » Ps. 73. 3.

« Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours » Ps. 73. 26.

UNE ÉNIGME DÉVOILÉE

Lire le Psaume 73

Qu’il est difficile de se lever chaque matin pour affronter toujours la même épreuve pesante… Quelle douleur de commencer la journée sans savoir si nous pourrons arriver à son terme, si lourd est le poids de la souffrance que nous devrons supporter… Qu’il est décourageant, à la fin d’une journée passée dans l’amertume et les difficultés, de comparer sa propre souffrance avec l’arrogance et l’indifférence de ceux qui ignorent Dieu volontairement et qui pourtant semblent prospérer, comme l’écrit Asaph dans le Psaume 73 : « Voici, ceux-ci sont des méchants, et ils prospèrent dans le monde, ils augmentent leurs richesses » (v. 12).

En réfléchissant sur ce qui lui semble être une injustice, Asaph exprime sa déception personnelle : « Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur » (v. 13). Avec amertume il compare sa triste situation avec celle des incrédules qui paraissent heureux, et il n’y trouve aucune explication plausible, « jusqu’à ce que », comme il l’affirme, il soit « entré dans les sanctuaires de Dieu… : j’ai compris leur fin » (v. 17).

C’est alors que l’esprit d’Asaph s’illumine, que les tourments de son esprit s’évanouissent et que sa conscience se réveille. Il comprend que la prospérité du « méchant » est aussi sa perte, et qu’aucun de ses succès ne survivra. En constatant que Dieu l’a pris par la main pour le conduire près de Lui, dans Sa présence, Asaph s’étonne de s’être senti malheureux. Qu’est-ce qui a changé pour lui ? – Son épreuve est toujours présente, mais maintenant il fait reposer sa foi dans la force, la sagesse et la grâce de Dieu. Et, avec Dieu à ses côtés, il peut Le louer sans réserve, le cœur rempli de joie.

D’après « Il buon seme » – août 2023

TROIS CONTRASTES

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » Éph. 2. 8.

« Christ est la fin de la Loi pour justice à quiconque croit » Rom. 10. 4.

TROIS CONTRASTES

1. La grâce au lieu de la Loi. « La loi est intervenue afin que la faute abonde ; mais là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20). La Loi a montré combien la culpabilité de l’homme envers Dieu est grande. Elle a aussi manifesté clairement que personne ne peut garder les commandements de Dieu pour obtenir la vie éternelle. Parce que la Loi ne peut pas venir en aide au pécheur, Dieu agit en grâce. Il ne demande plus rien à l’homme, mais Il lui offre la vie éternelle par Son Fils qui a souffert et qui est mort sur la croix.

2. La grâce à la place des œuvres. « Si c’est par la grâce, ce n’est plus sur la base des œuvres, autrement la grâce n’est plus la grâce » (Rom. 11. 6). La grâce est en contraste avec les œuvres. Il est impossible pour quiconque de gagner le salut par lui-même en accomplissant des œuvres. Dieu n’acceptera jamais d’œuvres de la part d’un pécheur, aussi sincère que soit son intention. Dieu ordonne au pécheur qu’il se repente et qu’il confesse ses péchés afin qu’il puisse être sauvé par la grâce.

3. La grâce au lieu du paiement. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Tous ceux qui croient sont justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus » (Rom. 3. 23 et 24). L’homme ne peut pas obtenir la rédemption en payant à prix d’or ou d’argent pour cela : elle est entièrement gratuite. Il ne peut être déclaré juste par Dieu que sur le fondement de la grâce, et cela s’il place sa foi dans le Seigneur Jésus qui a payé, par Son sang, le prix de la rédemption « Vous avez été rachetés de votre vaine conduite… non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pier. 1. 18 et 19).

D’après « The Good Seed » juillet 2023

SONDEZ LES ÉCRITURES (15)

L’homme esclave du péché et enfant du diable (Jean 8. 33 à 50).

Au moment où Jésus annonce une pleine délivrance pour tous ceux qui, par la foi, connaissent la vérité, les Juifs, dans leur orgueil national, rétorquent : « Nous sommes la postérité d’Abraham, et jamais nous ne fûmes dans la servitude de personne » (v. 33).

Ces malheureux avaient-ils oublié la fournaise de fer de l’Égypte (Deut. 4. 20), la servitude babylonienne et l’actuel joug des Romains ? N’étaient-ils pas asservis, depuis plus de six siècles, par les nations païennes à cause de leur idolâtrie ?

En réponse à leur affirmation, le Seigneur va montrer, alors qu’ils ont l’illusion d’être libres, qu’ils sont en réalité esclaves de Satan à cause du péché – comme tout homme qui n’est pas encore affranchi par la connaissance de la vérité : « Quiconque pratique le péché est esclave du péché » (v. 34), car « on est esclave de celui par qui on est vaincu » (2 Pier. 2. 19).

Comment être délivré d’une aussi affreuse condition ? En acceptant par la grâce de Dieu et par la foi, le salut que Jésus offre à tout homme reconnaissant sa misère.

Bien qu’étant la postérité d’Abraham selon la chair, comme esclaves du péché, les Juifs n’étaient pas assurés de demeurer dans la maison. Désirant que des fils demeurent dans Sa maison pour toujours, Dieu a envoyé ici-bas Son propre Fils pour délivrer ceux qui étaient les esclaves du péché. « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (v. 36 ; Gal. 5. 1).

La vérité, c’est la Parole du Dieu vivant qui révèle Ses pensées, Sa volonté. Par elle nous connaissons Dieu dans Sa nature : amour et lumière. Mais en outre, une relation intime est établie avec le Fils lui-même ; c’est l’heureuse liberté des enfants de Dieu, c’est Christ qui nous affranchit.

Les Juifs se réclamaient de leur qualité d’enfants d’Abraham (v. 33 et 39). Cela était vrai selon la chair. Mais moralement ils n’étaient pas enfants de celui que l’Écriture appelle le père des croyants (Rom. 4. 11).

C’est la nature de nos œuvres qui met en évidence à quelle famille nous appartenons, soit celle de Dieu, soit celle du diable.

En cherchant à faire mourir le Seigneur, l’Envoyé du Père, qui leur avait dit la vérité, ils accomplissaient les œuvres de leur père, et ils doivent entendre ces paroles solennelles : « Vous avez pour père le diable ». Or les deux caractères de Satan sont bien affirmés : il est le meurtrier dès le commencement, et il est menteur, le père du mensonge (v. 44).

De plus, Satan agit dans le cœur de l’homme par la convoitise, source de toute corruption (1 Jean 2. 16). Il importe de savoir à quelle famille on appartient. Il ne suffit pas d’être enfant de parents chrétiens pour faire partie de la famille de Dieu. Se prévaloir d’un tel privilège est aussi prétentieux – et fatal – que le titre de « postérité d’Abraham » revendiqué par les Juifs qui étaient prêts à mettre à mort Celui qui leur disait la vérité.

Les Juifs, aveuglés par leur haine, auxquels les formes religieuses suffisaient, ne discernaient pas qu’ils avaient devant eux « Dieu manifesté en chair » – Jésus venu en grâce. Il leur est démontré que, malgré leurs propos, ils ne sont pas plus les fils de Dieu qu’ils n’étaient les vrais enfants d’Abraham.

Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi je procède de Dieu et je viens de lui ; car je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé » (v. 42). Un trait distinctif de la vie divine, c’est l’amour : « Quiconque aime est né de Dieu » (1 Jean 4. 7). Si les Juifs avaient eu Dieu pour Père, ils auraient aimé Jésus, l’Envoyé du Père, venu pour dire les paroles de Dieu (v. 25, 26, 28, 38, 40, 45, 46 et 47).

Ce chapitre met l’accent sur la terrible responsabilité des Juifs, de rejeter la Parole de Dieu, mais cela est aussi vrai pour quiconque l’ayant entendue, ne l’a pas crue. Seule la nature divine nous permet de comprendre le langage divin (v. 43 et 47 ; Rom. 10. 17).

L’opposition des Juifs aux paroles de Jésus est de plus en plus déterminée. Ils L’obligent, malgré toute la patience et la grâce qui l’animent, à maintenir les exigences de la vérité. « Mais moi, parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas… Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; c’est pourquoi vous, vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu » (v. 45 et 47).

Hélas ! leur réplique est un blasphème contre Jésus. « Ne disons-nous pas bien que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (v. 48). De tels propos révélaient leur état déplorable en face de Celui qui reste le parfait Modèle de Ses rachetés : « Qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage ; quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pier. 2. 23).

Ses réponses sont empreintes de douceur : « Moi, je n’ai point un démon, mais j’honore mon Père, et vous, vous jetez du déshonneur sur moi. Mais pour moi, je ne cherche pas ma gloire ; il y en a un qui cherche, et qui juge » (v. 49 et 50).

Certes, le Seigneur reste le témoin fidèle et véritable devant ceux qui le rejettent en s’opposant à Ses paroles. A travers l’iniquité de l’homme, la divinité du Seigneur est mise en relief. L’homme, qui se contente d’une religion officielle exaltant son orgueil, ne peut supporter la venue en grâce de Jésus comme la lumière de la vie. Il préfère se débarrasser de ce témoin gênant en le tuant.

N’oublions pas que l’homme dans son état naturel est toujours révolté contre Dieu. « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu » (Rom. 8. 7). Mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rom. 6. 23).

Quelle est notre réponse à la question de Dieu au début d’une nouvelle année : « Qu’as-tu fait de mon Fils ? »

Jésus revendique la gloire de Sa personne (Jean 8. 51 à 59).

Alors qu’Il vient de présenter le jugement de Dieu comme terrible conséquence de Son rejet et du refus de Sa parole qui est la vérité, communiquant la vie éternelle à quiconque la reçoit, Jésus déclare aux Juifs : « En vérité, en vérité, je vous dis : Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra point la mort, à jamais » (v. 51).

La mort éternelle, mentionnée quatre fois dans l’Apocalypse comme la seconde mort, est l’éternelle séparation de Dieu. L’âme immortelle connaîtra, après la résurrection de jugement, les tourments éternels. Si les gages du péché, c’est la mort, le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur (Rom. 6. 23). Dans Sa grâce Dieu offre au pécheur la vie éternelle ; mais la promesse ne concerne que celui qui garde Sa parole venue du ciel en Jésus. Garder Sa parole, c’est m’approprier et retenir par la foi ce qu’elle exprime de l’œuvre de Christ (1 Cor. 15. 3 et 4), c’est la cacher dans mon cœur (Ps. 119. 11) et être gouverné par elle dans ma vie quotidienne, en lui obéissant par amour pour le Seigneur (Jean 14. 23 et 24 ; Apoc. 3. 8).

La réplique des Juifs est immédiate : « Maintenant nous connaissons que tu as un démon… Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? et les prophètes sont morts. Qui te fais-tu toi-même ? » (v. 52 et 53)

Dépourvus de tout discernement à cause de leur incrédulité, ils étaient incapables de prendre conscience de la portée spirituelle de cette précieuse promesse de Jésus chargée de consolation et d’espérance. Certes Abraham et les prophètes étaient bien morts, mais Jésus, plus grand qu’eux tous, les avait appelés et envoyés.

Il est venu dans ce monde pour rencontrer en bonté des pécheurs, Lui, la lumière de la vie, Lui, le Dieu Sauveur. Conscient de Sa gloire, Jésus ne s’en glorifiait pas. C’est Son père qui Le glorifiait – comme son Fils bien-aimé en qui Il trouvait son plaisir – à Son baptême et sur la montagne de la transfiguration (Mat. 3. 17 et 17. 5).

En Le ressuscitant après Sa mort expiatoire, Dieu l’exalte à Sa droite où Il est couronné de gloire et d’honneur (Jean 17. 5 ; Héb. 2. 9). « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27).

Le Seigneur ajoute, en parlant de son Père : « Et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais : et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur, semblable à vous ; mais je le connais, et je garde sa parole » (v. 55).

En dépit de leur profession de connaître Dieu, les Juifs ne connaissaient pas Celui qui glorifiait Son Fils. S’ils distinguaient Dieu des idoles, ils restaient cependant dans leur état de perdition.

Par contre, garder la parole de Dieu, cela signifiait pour Jésus d’achever l’œuvre que le Père lui avait confiée, « étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2. 8).

Pour nous, si nous connaissons réellement le Père, cela sera évident par notre soumission à sa Parole.

« Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; et il l’a vu, et s’est réjoui » (v. 56). Enfants d’Abraham selon la chair, ils n’avaient pas la foi du père des croyants et ne faisaient pas ses œuvres (v. 39). Car ils haïssaient Jésus, alors qu’Abraham s’était réjoui en voyant Son jour.

Dieu avait fait des promesses à Abraham. Il lui donna un fils dans sa vieillesse, Isaac, auquel s’appliquaient les promesses. Lors de l’épreuve de Morija, Abraham, obéissant à Dieu, offre son fils en holocauste ; Isaac, rendu à son père, devient un type de Christ ressuscité. Paul, en citant Genèse 22. 18, déclare que la semence d’Abraham était Christ (Gal. 3. 16) dont Isaac était un type.

C’est par la foi qu’Abraham reçoit la révélation de Dieu, relative au jour où Christ établirait Son règne, lui-même y participant comme ressuscité. Il s’était réjoui du jour où Christ accomplirait les promesses inconditionnelles que Dieu lui avait adressées (Héb. 11. 10).

Les Juifs démontrent par leur réponse que l’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu (1 Cor. 2. 14). « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » Ils attribuent cette parole à son âge comme homme. « Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Avant qu’Abraham fût, je suis » (v. 57 et 58). Jésus n’avait pas exprimé qu’il avait vu Abraham, mais qu’Abraham avait vu son jour, celui de Son règne glorieux. La réponse de Jésus fait ressortir qu’Il est l’Éternel, Celui qui n’a ni commencement, ni fin.

Il s’appelle : JE SUIS, c’est l’existence absolue de Dieu, l’éternité de Son être. Dieu lui-même Se trouvait là dans la Personne de cet Homme méprisé, rejeté. En Apocalypse 1. 4, Il est appelé « Celui qui est, qui était et qui vient ». C’est l’existence continue. Pour Se mettre en relation avec l’homme et accomplir l’œuvre de la croix, Il est entré dans le temps.

Ne pouvant supporter les paroles de Jésus affirmant qu’Il était Dieu, les Juifs prennent des pierres pour Le lapider, accomplissant ainsi les œuvres de leur père, le diable, « meurtrier dès le commencement ». Mais Jésus se cacha et sortit du temple (v. 59).

Pouvaient-ils mettre à mort Celui qui est l’Éternel, quand son heure n’était pas venue, le moment de Se livrer Lui-même ? En face de la lumière et de la vérité divines manifestées en grâce dans la Personne de Jésus, les Juifs, aveuglés par Satan, blasphèment, et dans leur haine implacable veulent faire mourir le témoin fidèle. Comme est solennelle cette parole du Seigneur pour tous ceux qui refusent de croire : « Vous mourrez dans vos péchés » ! (v. 21 et 24).

Jésus est le Fils éternel de Dieu. « Le christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tim. 1. 15). L’homme est perdu. Dieu veut le sauver par la mort de Christ sur la croix. « C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé ».

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Act. 16. 31).

La guérison d’un aveugle (Jean 9. 1 à 23).

Après avoir quitté le temple où les Juifs voulaient le lapider, Jésus vit un homme aveugle dès sa naissance qui était assis et mendiait (v. 8). Incapable de voir Celui qui est la lumière du monde, cet homme misérable se trouve sur le chemin où la grâce souveraine de Dieu va pouvoir s’exprimer librement.

Pensant au gouvernement de Dieu, les disciples interrogent Jésus : « Rabbi, qui a péché : celui-ci, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (v. 2). Certes il est écrit : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7), ce qui signifie que les fautes commises entraînent des conséquences, sur cette terre, pour le coupable (Ex. 20. 5 fin).

Mais la réponse du Seigneur met en relief l’état d’aveuglement moral de l’homme dès sa naissance, avant même qu’il ait commis des péchés. « Ni celui-ci n’a péché, ni ses parents, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui » (v. 3). Il n’était donc pas question de péchés appelant le jugement de Dieu sur cet homme ou sur ses parents. Mais le Seigneur était venu pour accomplir l’œuvre de Dieu qui permettrait de délivrer l’homme de cette cécité morale et spirituelle.

Dieu seul peut donner la vue à un aveugle-né, comme il peut ouvrir nos yeux sur notre état de pécheurs perdus, sur les exigences de Sa justice et de Sa sainteté, sur la nécessité de l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus.

Puis Jésus ajoute : « Il me faut faire les œuvres de Celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (v. 4 et 5).

Tous ceux qui le désiraient pouvaient profiter de la lumière, c’est-à-dire de la présence du Seigneur ici-bas, avant qu’Il ne soit rejeté des hommes. Car les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, leurs œuvres étant mauvaises.

Au sein de ces épaisses ténèbres morales, les rachetés ont à reluire comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie (Phil. 2. 15). Bientôt ce sera l’apparition du Seigneur en gloire avec Ses rachetés pour exécuter Ses jugements sur le monde, puis établir Son règne comme soleil de justice.

Dans le temps présent, le Saint Esprit, descendu sur la terre à la Pentecôte, travaille avec efficacité pour amener des pécheurs à l’acceptation du salut par la foi au Seigneur Jésus, mort sur la croix pour leurs péchés.

La grâce de Dieu daigne nous employer comme collaborateurs de Dieu pour proclamer ce grand salut. Ceux que nous côtoyons chaque jour sont-ils vraiment conscients que nous appartenons à Jésus et que nous désirons qu’ils partagent notre bonheur ?

Ayant dit ces choses, Jésus cracha en terre et fit de la boue de son crachat, et mit la boue comme un onguent sur ses yeux, et lui dit : « Va, et lave-toi au réservoir de Siloé ». L’homme, avec l’énergie de la foi, obéit aussitôt et revient voyant.

Cette boue formée à partir du crachat du Seigneur Jésus – ce qui venait de Lui avec sa vertu divine – mélangé avec la terre (ce qui est humain) évoquait Son humanité. Or comme homme, Jésus était méprisé, et cela représentait un obstacle pour l’homme naturel. C’était comme la boue sur les yeux de l’aveugle.

Mais dès que Jésus est reconnu comme l’Envoyé de Dieu (Siloé), sous l’effet de la Parole (l’eau), c’est la délivrance : la boue tombe, les yeux sont ouverts et la lumière du salut brille. L’œuvre de Dieu s’est accomplie dans cet aveugle-né, et dans tous ceux qui acceptent Jésus comme leur Sauveur.

Merveilleuse grâce de Dieu qui fait passer un pécheur misérable des ténèbres à la lumière ! Dieu a dû envoyer Son Fils unique dans le monde pour sauver des pécheurs. N’oublions jamais de louer notre Dieu pour Son don inexprimable (2 Cor. 9. 15).

Un tel changement ne peut passer inaperçu aux yeux des voisins et connaissances de l’aveugle. Celui qui était auparavant aveugle, assis, inactif et dans l’obligation de mendier, voit maintenant tout clairement, va et vient sans aucun secours.

Au comble de l’étonnement, ils l’interrogent : « Comment ont été ouverts tes yeux ? Il répondit et dit : Un homme, appelé Jésus, fit de la boue et oignit mes yeux, et me dit : Va à Siloé et lave-toi. Et je m’en suis allé, et je me suis lavé, et j’ai vu » (v. 11).

Il peut rendre un témoignage éloquent à ce que Jésus, qu’il ne connaît pas, lui a fait. Sais-tu, lorsque l’occasion se présente, raconter ta conversion, ce que Jésus a fait pour racheter ton âme ? Le Seigneur peut te donner le courage et remplir ton cœur d’une joie intense.

Amené devant les pharisiens qui l’interrogent à leur tour pour savoir comment il avait recouvré la vue, l’homme guéri répète ce que Jésus avait fait pour lui. Certains des pharisiens répliquent : « Cet homme n’est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat », car c’était en un jour de sabbat que Jésus avait opéré ce miracle. Cela constituait pour eux une grave désobéissance à la loi.

D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? » Dans leur perplexité ils interrogent l’aveugle pour qu’il donne son opinion. Il répondit : « C’est un prophète » (v. 18).

Dieu avait parlé à Son peuple par le moyen de nombreux prophètes, et les miracles aussi bien que les paroles de Jésus auraient dû le faire reconnaître comme l’Envoyé de Dieu. Mais seule la foi pouvait faire cela.

Alors les pharisiens interrogent les parents de l’aveugle pour qu’ils rendent leur témoignage. Tout en craignant de dire ce qu’ils pensent, pour ne pas être chassés de la synagogue, ils déclarent les deux choses vraiment importantes : cet homme était leur fils, et il était né aveugle.

Ils ajoutent : « Mais comment il voit maintenant, nous ne le savons pas… il a de l’âge, interrogez-le » (v. 21). Ils se placent du côté des ennemis du Seigneur. Il y a toujours ceux qui préfèrent marcher avec le monde par crainte de l’opprobre s’attachant aux disciples d’un Christ rejeté.

N’ayons pas honte de rendre témoignage au Seigneur devant les hommes (Mat. 10. 32 ; Luc 12. 8).

Qu’aucun de nos lecteurs ne méprise la grâce de Dieu qui lui est offerte aujourd’hui !

Le témoignage de l’aveugle guéri et sa rencontre avec le Fils de Dieu (Jean 9. 24 à 41).

Le seul témoignage des parents reconnaissant leur fils né aveugle empêche les pharisiens de nier ce miracle. Aussi s’empressent-ils de jeter du déshonneur sur le Seigneur par des paroles blasphématoires : « Nous savons que cet homme est un pécheur » (v. 24).

Comme preuve de cette affirmation, ils avaient déjà déclaré : « Cet homme n’est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat » (v. 16). Mais l’aveugle guéri avait répondu, ayant éprouvé la puissance de Sa parole : « c’est un prophète » (v. 17). Maintenant ils lui adressent cette adjuration : « Donne gloire à Dieu ». Ils voudraient le contraindre à penser comme eux au sujet de Jésus.

Et la réponse de l’aveugle guéri, tout empreinte de simplicité et de vérité, s’exprime spontanément : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois » (v. 25). C’était un fait irrécusable, il était sûr de sa guérison, et tous les raisonnements les plus subtils ne pouvaient ébranler ce qu’il avait expérimenté.

Pouvons-nous parler avec une telle assurance de ce que Jésus a fait pour notre âme ? L’apôtre pouvait dire : « je sais qui j’ai cru » (2 Tim. 1. 12), et Job déclarait : « Je sais que mon rédempteur est vivant » (19. 26). Une vraie conversion ne peut pas passer inaperçue.

Afin de recueillir un témoignage qui jetterait du discrédit sur Jésus, les pharisiens interrogent encore l’aveugle guéri sur la manière dont le miracle s’est opéré. « Que t’a-t-il fait ? Comment a-t-il ouvert tes yeux ? » A ces vaines questions il répond spontanément : « Je vous l’ai déjà dit et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous encore l’entendre ? Voulez-vous aussi, vous, devenir ses disciples ? » (v. 27)

Ces paroles qui atteignent leur conscience ne font qu’exciter leur colère et « ils l’injurièrent et dirent : « Toi, tu es le disciple de celui-là ; mais nous, nous sommes disciples de Moïse… mais, pour celui-ci, nous ne savons d’où il est » (v. 28 et 29).

Certes Dieu avait parlé par Moïse, mais ignoraient-ils que Moïse avait parlé de Jésus ? (Deut. 18. 15) Et dans leur mépris de Jésus ils restent incrédules au sujet de Son origine et de Sa parole.

L’aveugle guéri se comporte comme un vrai disciple de Jésus. Les injures des pharisiens le poussent à rendre un témoignage toujours plus net qu’ils ne pourront supporter. Il leur dit : « En ceci pourtant il y une chose étrange, que vous ne sachiez pas d’où il est, et il a ouvert mes yeux. Or, nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux envers Dieu et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. Jamais on n’ouït dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si celui-ci n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (v. 30 à 33).

Ainsi il proclame que Jésus faisait la volonté de Dieu, et qu’il était de Dieu. Quels progrès rapides fait cet homme dans sa foi, pleine de hardiesse, face à l’opposition haineuse des Juifs. Aussi lui expriment-ils leur mépris dans leurs paroles et leur rejet : « Tu es entièrement né dans le péché, et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent dehors » (v. 34).

C’est là qu’il va rencontrer Jésus rejeté avant lui à la suite de Son témoignage fidèle (8. 59).

« Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé dehors, et l’ayant trouvé, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit et dit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Et Jésus lui dit : Et tu l’as vu, et celui qui te parle, c’est lui. Et il dit : Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage » (v. 36 à 38).

Le Seigneur attendait, hors du camp religieux, ce témoin courageux qui avait souffert pour Son Nom, désirant Se révéler à lui, comme l’objet de son cœur. Il ne pouvait demeurer là où son Seigneur avait été rejeté dans Ses paroles (ch. 8) et dans Ses œuvres (ch. 9 et 15. 24).

Remarquons aussi comment le Seigneur s’occupe des jeunes croyants rencontrant l’opprobre du Christ dans le milieu où ils se trouvent. La jouissance de Sa personne et de Son œuvre peut inonder leur cœur de paix et de joie pour affronter victorieusement l’opposition d’un monde d’où ils ont été retirés moralement.

Le Seigneur S’est présenté à l’aveugle guéri comme le Fils de Dieu, l’objet de sa foi. « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 5. 5). Quelle réceptivité dans le cœur de celui auquel Jésus se révèle ! Dès qu’il apprend que Jésus est le Fils de Dieu, il croit et Lui rend hommage. Son Sauveur devient son Seigneur dont il va désormais reconnaître tous les droits sur son cœur par une vie d’obéissance. Cet objet, captivant les affections de son cœur renouvelé, lui communique l’énergie pour résister à l’ennemi et être victorieux du monde.

La foi de l’aveugle guéri s’exprime dans cette parole : « Je crois ». En s’adressant à Jésus comme Seigneur, il reconnaît les droits de Celui qui doit être craint et obéi. Enfin, en Lui rendant hommage, il offre l’adoration qui revient au Fils de Dieu.

Ce sera l’activité éternelle de notre âme dans le ciel. Il suffit à certains croyants de savoir qu’ils sont sauvés, mais ils ne reconnaissent pas Jésus comme Seigneur, retenus peut-être dans les systèmes religieux. Ils ignorent en particulier la présence du Seigneur là où deux ou trois sont assemblés en son Nom (Mat. 18. 20).

Blessés dans leur orgueil religieux, les pharisiens, tout en prétendant y voir clair, sont aveuglés par leur haine à l’égard du Fils de Dieu (v. 39 à 41). Venu dans ce monde comme la lumière, Jésus manifeste l’état d’aveuglement de l’homme, qui a mieux aimé les ténèbres que la lumière, car ses œuvres étaient mauvaises (ch. 3. 19).

Prétendant voir et conduire les autres, ces chefs religieux étaient aveugles. Ce péché, de rejeter la lumière venue dans la Personne du Seigneur, demeurait. Certes Jésus, comme Fils de l’homme, était venu chercher et sauver ce qui était perdu, Encore fallait-il reconnaître son état de perdition et recevoir Sa parole toute puissante, sa Personne glorieuse et son œuvre parfaite, par la foi, dans le cœur.

Chacun de nos jeunes lecteurs peut-il déclarer avec la certitude de la foi : Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois ?

Le bon Berger (Jean 10. 1 à 15).

L’histoire de l’aveugle-né nous a montré que la bergerie juive ne pouvait convenir aux brebis du bon Berger. Cet aveugle guéri, à la suite d’un témoignage fidèle, a été chassé dehors où il écoute la voix de Jésus, le Berger d’Israël, dont il est devenu une brebis.

Ce caractère de bon Berger est l’un des plus précieux pour le racheté, car il rappelle tout à la fois l’amour qui a poussé le Seigneur à donner Sa vie pour les brebis, et les tendres soins qu’Il leur prodigue dans le chemin où Il les conduit sur cette terre.

Jésus déclare aux pharisiens : « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par ailleurs, celui-là est un voleur et un larron. Mais celui qui entre par la porte, est le berger des brebis » (v. 1 et 2).

Israël était la bergerie de Dieu, séparé des nations païennes. La loi de Dieu lui avait été communiquée et il jouissait de nombreux privilèges, matériels et spirituels. Mais cette sainte loi de Dieu, s’adressant à l’homme dans la chair, fut bientôt abandonnée au profit de l’idolâtrie et de toute la corruption qui en résulte.

Au temps où le Seigneur vint au milieu de Son peuple, après le retour de la captivité de Babylone, le formalisme religieux prévalait. Les chefs religieux s’opposaient violemment à Jésus et à Sa doctrine. Ils avaient la prétention d’être des bergers, sans avoir été établis par Dieu.

N’aimant pas les brebis, ils recherchaient avant tout leur profit et leur gloire. Ils portaient le caractère de voleurs s’appropriant tout ce qu’ils pouvaient, en usant parfois de violence – ou de larrons en agissant à la dérobée (Éz. 34. 1 à 10, 19 ; Zach. 11. 4 et 5).

Enfin le Berger annoncé par les Écritures arriva. Il avait les caractères décrits par les prophètes au sujet du Messie. Il s’est assujetti à toutes les ordonnances établies par Dieu, marchant selon la volonté de Dieu. Ayant les qualités d’un bon Berger, quand Il se présente, Dieu lui ouvre (v. 3).

S’il entre dans la bergerie, ce n’est pas pour y laisser Ses brebis. Car le bercail n’était qu’une prison pour protéger les brebis des bêtes sauvages, et il n’y avait là rien à manger. Mais pour paître les brebis, le Berger va les conduire dehors. « Les brebis écoutent sa voix ; et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors ».

Ce qui caractérise une brebis, c’est qu’elle écoute la voix du Berger. Et chaque brebis est connue du Berger par son nom. « Et quand il a mis dehors toutes ses propres brebis, il va devant elles ; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix (v. 4).

Les brebis écoutent et connaissent la voix du Berger. Il sait parler à leur cœur et, se confiant en Lui, elles le suivent hors de l’enceinte religieuse où Il est rejeté. Il suffit à la brebis d’écouter la voix du Berger et de Le suivre. Le Berger pourvoit à tous les besoins de Ses brebis.

L’aveugle-né du chapitre 9 avait bien écouté la voix de Jésus, son Berger : « Va, et lave-toi au réservoir de Siloé », puis ayant été chassé dehors par les Juifs, il rencontre Jésus. Connaissant bien la voix du Berger, les brebis s’enfuient lorsque se fait entendre la voix des étrangers, même si cette voix essaie d’imiter celle du bon Berger.

La voix de Jésus nous est-elle bien connue ?

Puis le Seigneur Se présente comme étant la porte. « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture » (v. 7 à 9). Le vrai Berger était entré par la porte de la bergerie d’Israël, que Dieu lui avait ouverte, pour appeler Ses brebis et les faire sortir de l’enceinte où s’exerçait la malédiction d’une loi enfreinte – ensuite pour les faire entrer dans ce nouvel état de choses qu’est le christianisme : Jésus est Lui-même la porte. Nul ne peut être sauvé que par Lui, et de plus, la brebis connaît une vraie liberté que la loi ne procurait pas.

Enfin elle peut jouir d’une nourriture abondante comme l’évoque le Psaume 23. Les croyants de l’économie de la grâce sont bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ (Éph.1. 3).

Quelle part est celle de la brebis ! Le Berger lui donne la vie, la liberté, la nourriture et la sécurité. Voler, tuer et détruire, tels sont les traits distinctifs des voleurs. Mais par contraste Jésus ajoute : « Moi, je suis venu afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance » !

Tous les croyants avant l’œuvre de la croix possédaient bien la vie de Dieu, mais à la Pentecôte, le Saint Esprit vint, comme Personne divine, baptiser en un seul corps les disciples assemblés, les unissant à Christ, la tête glorifiée dans le ciel.

Dès lors, ils eurent la vie en abondance, cette vie manifestée en Christ venu dans ce monde pour révéler le Père. Une telle vie ne pouvait être communiquée qu’après la résurrection de Christ.

Au verset 11, le Seigneur prend le titre de bon Berger en contraste avec les mercenaires qui avaient la prétention de paître les brebis d’Israël. « Moi, je suis le bon Berger : le bon Berger met sa vie pour les brebis ». C’est la preuve suprême de Son amour pour les acquérir.

Le mercenaire est payé pour soigner les brebis. Il tient à sa vie et à ses gages, et ne se soucie pas des brebis en danger, que le loup enlève et disperse.

Une autre raison pour laquelle le bon Berger met sa vie pour Ses brebis, c’est qu’elles sont placées dans une relation avec Lui, le Berger, comparable à celle qu’Il possède vis-à-vis du Père : « Je connais les miens et je suis connu des miens, comme le Père me connaît et moi je connais le Père » (v. 14 et 15). Si le bon Berger connaît les Siens, quelle doit être alors leur confiance en Lui ? Mais le Seigneur ajoute : « Je suis connu des miens ».

Que le désir ardent de l’apôtre soit le nôtre : « Pour le connaître, lui » (Phil. 3. 10) !

Ainsi le bon Berger donne Sa vie pour Ses brebis (v. 11 et 15), Il donne la vie en abondance à Ses brebis (v. 10 et 28), Il appelle Ses propres brebis par leur nom (v. 3), Il les connaît (v. 14 et 27) et Il les garde (v. 28 et 29). Les brebis écoutent la voix du Berger (v. 4, 16 et 27), elles Le suivent (v. 4 et 27) et elles Le connaissent (v. 14 et 15).

Jeune lecteur, est-ce que tu fais partie du troupeau du bon Berger ?

Le Bon Berger (Jean 10. 16 à 21).

Le Seigneur Jésus vient de déclarer, au début du chapitre, qu’Il est la porte des brebis. C’est en entrant par cette porte qu’elles sont sauvées. Il se présente comme le bon Berger donnant Sa vie pour elles, les conduisant et leur dispensant tous les soins dont elles ont besoin. Que pourrait-Il faire de plus pour leur prouver Son amour infini et Sa tendresse incessante ?

Maintenant, après avoir évoqué Sa mort pour réaliser les conseils de Dieu, Jésus dit : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (v. 16).

L’œuvre de Jésus ne sera pas limitée au peuple juif, mais des croyants d’entre les nations auront part aux bénédictions célestes et éternelles. Le seul troupeau sera constitué de tous ceux qui écoutent Sa voix et auxquels Il communique la vie éternelle. Ces brebis sont rassemblées depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur pour enlever son Église, par le ministère des apôtres et des évangélistes envoyés dans le monde (Mat. 28. 19).

Il y a un seul troupeau, car toutes les brebis ont la même vie, et elles suivent un seul berger dont il leur suffit de connaître la voix. Mais beaucoup de voix se font entendre dans ce monde. Que vont faire les brebis ? « Elles ne suivront pas un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (v. 5).

C’est pour avoir méconnu un tel caractère que bien des brebis ont été dispersées, et que des divisions se sont produites. C’est dans la soumission à la volonté de Dieu, dans l’obéissance à Sa Parole que des brebis pourront suivre le bon Berger, en dehors du monde et de tout système religieux organisé par l’homme.

Au verset 17 le Seigneur prononce une des paroles les plus remarquables du Nouveau Testament : « A cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne ». En donnant Sa vie sur la croix, Jésus donne à Son Père un motif pour L’aimer. Seule une Personne divine pouvait faire cela.

Se donner Lui-même jusqu’à la mort, et reprendre Sa vie en résurrection, revendiquant la gloire du Père, là où régnaient le péché et la mort, cela constituait un nouveau motif à l’affection du Père, même si de toute éternité le Fils était aimé du Père dont Il faisait les délices continuelles (Prov. 8. 30).

Et bien au-dessus de ce qui concerne Ses brebis, dans son dévouement total jusqu’à la mort, dans l’œuvre unique de la croix, Jésus a en vue, avant tout de glorifier Son Père. Ainsi la croix va bien plus loin que le salut des pauvres pécheurs. Elle est au centre de l’univers moral de Dieu.

C’est là qu’une victoire complète et définitive a été remportée. La question du bien et du mal y a été entièrement résolue avec le triomphe parfait du bien. Nos affreux péchés devaient être effacés.

Du côté de l’homme, il y avait la haine contre Dieu révélé en bonté. De plus, Satan soulevait le monde entier contre Christ. Mais en Lui, nous contemplons la perfection de Son obéissance et de Son amour pour le Père ; et en Dieu, c’est la perfection de la justice contre le péché unie à un amour infini.

Ainsi, là où l’homme était assujetti à la mort à cause du péché, Jésus, qui avait la vie en Lui-même, laisse Sa vie pour la reprendre au-delà de la mort, afin d’établir l’homme dans une nouvelle position conforme à la gloire de Dieu.

Désormais le racheté peut jouir de la grâce de Dieu qui pardonne au coupable, de la relation d’enfant de Dieu connu comme Père, de la Personne de Son Fils, de la vie éternelle dans la connaissance du Père et du Fils (Jean 17. 3).

N’oublions pas que l’homme pécheur, ennemi de Dieu, était passible du jugement éternel, ayant offensé la justice et la sainteté de Dieu. Si Dieu exécutait Son jugement, tous les hommes seraient perdus. Mais Jésus, homme parfait, prend la place des coupables et endure tout le poids de la colère de Dieu.

C’est par cette obéissance que Jésus laisse sa vie pour la reprendre (Phil. 2. 8).

Il ajoute : « Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre ; j’ai reçu ce commandement de mon Père » (v. 18).

Seul le Fils de Dieu pouvait obéir ainsi. A plusieurs reprises, les Juifs voulaient se saisir de Lui pour le faire mourir, mais Son heure n’était pas encore venue (Jean 2. 4 ; 7. 30 ; 8. 20). Ils ne le prendront que lorsqu’Il Se donnera Lui-même.

L’œuvre étant accomplie, Il remet lui-même Son esprit entre les mains de Son Père (Luc 23. 46). Toute Sa vie, Sa mort et Sa résurrection sont marquées par l’obéissance. Cet évangile de Jean, qui nous présente Jésus comme le Fils de Dieu, met aussi en relief Son obéissance et Sa dépendance dans toute la perfection de Son humanité.

Comme est glorieux Celui qui nous a sauvés (Apoc. 1. 5 et 6) !

Enfin les Juifs discutent les paroles de Jésus et sont divisés. Certains l’outrageaient jusqu’au blasphème, l’accusant d’être fou et d’avoir un démon. C’était le jugement de l’homme naturel.

D’autres, dont la conscience était touchée jusqu’à un certain point, sensibles à Ses œuvres, disaient : « Ces paroles ne sont pas d’un démoniaque ; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ? » (v. 21).

Que nous soyons gardés dans la crainte du Seigneur pour recevoir dans nos cœurs et par la foi Ses paroles et Son œuvre glorieuse de la croix, par laquelle nous obtenons un salut éternel !

La mission des soixante-dix (Luc 10. 1 à 24 ; Mat 11. 20 à 30 ; 13. 16 et 17).

Le Seigneur Jésus avait déjà envoyé Ses douze disciples pour prêcher le royaume de Dieu et leur avait donné autorité sur les démons avec le pouvoir de guérir malades et infirmes (9. 1 à 6). Maintenant Il désigne soixante-dix autres messagers pour annoncer encore que le royaume de Dieu s’était approché.

Sachant qu’Il Lui restait peu de temps pour passer de ce monde au Père, Il pousse Lui-même des ouvriers dans Sa grande moisson. Sa grâce est inlassable tant que l’heure du jugement n’a pas sonné. Il envoie Ses ouvriers deux à deux devant Sa face dans toutes les villes et les lieux où Il devait Lui-même aller. C’est aussi ce qu’Il avait fait dans Sa sagesse parfaite avec les disciples (Marc 6. 7).

La mission des soixante-dix diffère de celle confiée aux douze disciples, car elle est établie sur la gloire de Jésus révélée dans le chapitre 9, à la suite de Son rejet par les Juifs. Jésus met en relief ce qui est moral et éternel, ce que sera la part des Siens après Son rejet, l’effet de Son témoignage dans le monde et le jugement devant atteindre les Juifs incrédules et rebelles.

Aujourd’hui aussi « le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Corruption et violence caractérisent toutes les classes de la société. L’homme naturel, qui se déclare volontiers tolérant, est indifférent à l’Évangile quand il n’affiche pas ouvertement son incrédulité et son opposition.

Quel spectacle pour Dieu qui voit comme la méchanceté de l’homme est grande sur la terre et appelle Ses jugements ! (Gen. 6. 5,11 et 12). Cependant Il est patient, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pier. 3. 9).

Dieu parle aux hommes par les guerres, les cataclysmes ou différents fléaux des temps modernes. L’Évangile est proclamé par toute la terre, Dieu ordonnant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent, avant l’heure toute proche de Son jugement (Act. 17. 30 et 31).

Devant l’étendue de la moisson, Jésus constate qu’il y a peu d’ouvriers. Aussi invite-t-Il Ses disciples à supplier le Seigneur de pousser des ouvriers dans Son champ, ce qui est toujours vrai aujourd’hui. Comme Seigneur de la moisson, Il se chargera de les appeler, de les former et de les envoyer.

Mais Il ne leur cache pas qu’ils sont comme des agneaux au milieu des loups. Sans défense apparente, ils devaient compter, à cause de ce caractère de douceur et d’humilité, sur la protection du Seigneur, tout en étant exposés à diverses afflictions (2 Cor. 4. 8 et 9).

Ils ne devaient pas se charger de provisions, ni saluer personne en chemin, car le temps pressait. Entrant dans les maisons, ils devaient apporter la paix ; et s’ils y rencontraient un fils de paix, elle reposerait sur lui. Ils avaient aussi pour mission de guérir les infirmes. Par contre, ceux qui ne les recevraient pas, alors qu’ils affirmaient que le royaume de Dieu s’était approché, n’avaient plus rien à attendre, si ce n’est le jugement.

C’est le moment pour Jésus de prononcer des malheurs sur les villes de Galilée où Il avait enseigné et accompli tant de miracles. Le sort de Sodome, malgré son immoralité, et celui de Tyr et de Sidon, sera plus supportable au jour du jugement que celui de Chorazin, de Bethsaïda et de Capernaüm, villes ayant méprisé les grands privilèges accordés.

Aujourd’hui encore c’est le jour de la grâce qui s’achèvera bientôt, soit pour le bonheur des rachetés, soit pour le malheur éternel des incrédules. Le sort d’une âme est fixé définitivement sur la terre.

Les soixante-dix reviennent avec joie pour annoncer au Seigneur qu’ils avaient chassé des démons en Son nom. Et cela conduit Jésus à évoquer le temps où Satan sera chassé du ciel et précipité sur la terre (v. 18 ; Apoc. 12. 7 à 9).

Puis le Seigneur donne autorité à Ses messagers sur toute la puissance de l’ennemi et rien ne leur nuira.

Et Il ajoute : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux » (v. 20). Voilà tous les privilèges d’une position céleste appartenant à ceux qui sont les compagnons de Christ dans la gloire. C’est la place de l’Église. Quelle bénédiction d’être avec le Seigneur dans la Maison du Père ! Le ciel purifié de la présence de Satan, sera leur demeure éternelle.

« En cette même heure, Jésus se réjouit en esprit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (v. 21).

Quelle satisfaction pour Jésus de voir s’accomplir les conseils du Dieu d’amour ! Dieu voulait établir dans une position céleste ces petits qui recevraient Son Fils en toute humilité, dans la simplicité de leur foi. Ces bénédictions célestes sont la part des enfants.

Pour entrer dans cette relation avec Dieu comme Père, il fallait que le Fils vînt sur la terre révéler le Père. Et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, car Dieu seul scrute ce mystère de l’union de la divinité et de l’humanité de Sa Personne.

Ainsi le Père est révélé et les croyants sont introduits dans une relation vitale avec lui, comme Ses enfants. Jésus pouvait s’approcher de l’homme pécheur en grâce, et comme Homme Il a pu donner Sa vie sur la croix pour nous sauver.

C’est bien un changement de dispensation en faveur des croyants qui est annoncé par les paroles de Jésus. Les bénédictions célestes sont la part de l’Église. Dès que l’Église sera enlevée au ciel, une nouvelle dispensation sera introduite pour le peuple terrestre de Dieu. Lui aussi sera béni pendant le millénium sur la base de l’œuvre de Christ.

Le Seigneur souligne la béatitude des disciples qui voyaient et entendaient le Messie, privilège que des prophètes et des rois n’avaient pas connu tout en l’ayant désiré.

Apprécions-nous tous la grâce de croire Dieu et ce qu’il dit ? Le Seigneur pourra-t-il nous dire : « Tu as gardé ma Parole » ? (Apoc. 3. 8)

Les deux plus grands commandements et la parabole du Samaritain (Mat. 22. 34 à 40 ; Marc 12. 28 à 34 ; Luc 10. 25 à 37).

Un homme distingué en Israël, docteur de la loi, rencontre et interroge Jésus. Il a l’intention de l’éprouver par une question, démontrant qu’il était aveuglé par ses prétentions. Peut-être voulait-il mettre le Seigneur dans l’embarras : « Maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? » (v. 25)

Ce besoin de la vie éternelle n’est-il pas plus ou moins conscient dans le cœur de l’homme ? Et ne prouve-t-il pas que l’homme est déchu, qu’il ne possède pas cette vie éternelle ?

Cet homme pensait qu’il pourrait par ses efforts l’obtenir. Mais il ignorait son état de péché, sa totale incapacité à faire le bien, c’est-à-dire des œuvres qui lui mériteraient le pardon de Dieu, le bonheur et l’héritage céleste. Or le cœur de l’homme naturel est trompeur par-dessus tout et incurable (Jér. 17. 9).

Le Seigneur répond par une question adressée à la conscience de son interlocuteur. Rien ne peut être caché à Celui qui sonde les reins et les cœurs. Il lui dit : « Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? » (v. 26). Seule la Parole de Dieu peut donner la réponse à ce désir d’obtenir la vie éternelle.

Certes ce docteur avait la vraie connaissance de la Loi de Dieu. Enseignant cette Loi au peuple, il devait savoir ce que Dieu demande à l’homme.

Dans sa réponse au Seigneur il présente l’essence de la loi, les deux plus grands commandements desquels dépendent la loi tout entière et les prophètes : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée » ; « et ton prochain comme toi-même » (v. 27 ; Mat. 22. 37 à 40).

Le Seigneur approuve ces paroles citées d’une manière intelligente, tout en répétant les paroles de la loi : « Fais cela, et tu vivras » (v. 28 ; Lév. 18. 5). Voilà les exigences de la loi rappelées devant un Dieu présent ! Sa conscience ne l’accusait-elle pas d’avoir négligé tout aussi bien sa responsabilité envers Dieu qu’envers son prochain ? Aussi vient-il demander à Jésus : « Qui est mon prochain ? » n’osant pas parler de son amour pour Dieu. Car aimer son prochain, cela se voit et se connaît.

Alors la question éprouvante le poursuit : Ai-je toujours aimé mon prochain comme moi-même ? La tradition des anciens ne déclarait-elle pas : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi » ? (Mat. 5. 43). Il essaie de se justifier par sa question, mais le Seigneur va lui montrer par une parabole saisissante qui est son prochain.

« Et Jésus, répondant, dit : Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi-mort » (v. 30).

Ce malheureux illustre l’état de tous les hommes, y compris celui du docteur de la loi. L’homme est perdu, sans ressource. Jérusalem rappelle l’état de bénédiction dans lequel Dieu avait placé l’homme à la création. Mais l’homme a écouté la voix de Satan, le menteur, et s’est trouvé à cause de sa transgression sur le chemin qui descend, en figure, à Jéricho, le lieu de la malédiction (Jos. 6. 26 ; 1 Rois 16. 34).

L’homme a perdu l’innocence avec le jardin d’Éden, le bonheur dans la communion avec son Créateur et toute énergie pour faire le bien. Trois hommes rencontrent celui qui a été dépouillé, laissé à demi- mort.

Tout d’abord le sacrificateur et le lévite (v. 31 et 32), représentants du régime de la Loi sous lequel Dieu avait placé Israël. Ainsi, sous la Loi, la ruine totale et irrémédiable de tout homme a été manifestée, sans qu’il soit porté remède à cet état misérable. Comme était nécessaire alors la venue dans ce monde du Rédempteur promis ! Pour que s’exerce la sacrificature lévitique, il fallait offrir des sacrifices ; le lévite ne pouvait qu’enseigner la loi, mais que peut faire ou entendre un homme à demi-mort ?

Vains secours de la religion dont les deux représentants s’en vont, sans apporter le moindre soulagement au malheureux laissé dans son état pitoyable.

« Mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui » (v. 33 et 34).

Qui est ce troisième voyageur ? Un étranger, le Fils de Dieu, venu du ciel pour chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19. 10). Il allait Son chemin, tracé par Dieu. Partant de la crèche de Bethléhem pour rencontrer en grâce tout pécheur. Il s’engageait dans la voie qui Le conduisait à la croix afin d’y subir le jugement de Dieu à cause des péchés.

Il s’approche avec compassion du malheureux sans lui demander de faire quoi que ce soit pour se sauver. C’est Lui qui fait tout ce qui est nécessaire dans la puissance de l’amour divin. Il verse sur ses blessures de l’huile et du vin, emblèmes de la force et de la joie. Puis il le mène sur sa propre bête, à sa place, à l’hôtellerie.

Il y a un lieu sur la terre où les objets de la grâce sont en sécurité en attendant le repos de la maison du Père. Ils sont confiés aux soins d’une personne qui s’occupera d’eux avec intérêt. Pour nous ce lieu est l’Assemblée où il est pourvu à nos besoins par la Parole et la prière.

Puis le lendemain le Samaritain donne deux deniers à l’hôtelier pour qu’il ait soin de l’homme dépouillé et blessé, jusqu’à son retour. En partant, le Seigneur nous a confié à la garde et aux soins d’un divin hôtelier : le Saint Esprit qui nous conduit et nous prépare pour être les compagnons de la gloire de Christ dans le ciel. Le denier représentait le salaire quotidien d’un ouvrier. Si bien qu’en donnant deux deniers, le Samaritain démontre qu’il comptait revenir bientôt.

« Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? » (v. 36). Ou bien : lequel a été ton prochain ? Ce prochain : c’est Jésus, notre Sauveur. Avons-nous joui de Sa grâce et de Sa miséricorde envers nous ? Alors la parole de Jésus prend tout son sens : « Va, et toi fais de même » (v. 37).

User de miséricorde envers le prochain quel qu’il soit, tous les pauvres misérables qui ont besoin de secours, c’est-à-dire tous les hommes, telle est la disposition du cœur de ceux que Jésus a rachetés par la foi en Son sacrifice expiatoire. La loi qui exigeait l’amour ne pouvait le produire. Mais Jésus a voulu ici-bas nous aimer et être notre prochain.

Puissions-nous aimer à notre tour et Dieu et notre prochain, en possédant la vie éternelle animée de la puissance du Saint Esprit !

Le choix de la bonne part (Luc 10. 38 à 42).

A environ trois kilomètres à l’est de Jérusalem, il y avait dans le village de Béthanie, un foyer aimé du Seigneur. Là se trouvait une famille comprenant deux sœurs, Marthe et Marie, et leur frère Lazare. En chemin avec Ses disciples, Jésus entra un jour dans le village où Marthe le reçut chez elle avec toute diligence.

Qui mieux que Jésus aurait pu apprécier ce dévouement ! Marthe s’empresse de bien accueillir cet hôte, digne de tout honneur, dans sa maison. Y a-t-il une place dans nos cœurs pour le Seigneur, une place préparée pour Lui seul ?

Mais Marie, s’étant assise aux pieds de Jésus, écoutait Sa parole (v. 39). C’est ainsi qu’elle manifestait l’attachement de son cœur pour le Seigneur. N’a-t-il pas dit : « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » ? (Luc 11. 28)

Pour Marie, ce qui comptait, c’était Jésus seul. Rien n’avait autant d’importance que ces moments où, dans une attitude humble, à Ses pieds, elle était toute à l’écoute des paroles de grâce sortant de Sa bouche. Aussi laisse-t-elle tout de côté pour se concentrer dans son esprit et dans son cœur sur l’enseignement du Maître.

« La parole du Seigneur demeure éternellement » (1 Pier. 1. 25). La sagesse de ce monde et tous les raisonnements des hommes ne peuvent rien contre les affirmations divines qui demeurent inébranlables. Puissions-nous avoir suffisamment conscience de l’efficacité des paroles de Jésus opérant dans le cœur pour communiquer la vie éternelle, pour nourrir cette vie par la puissance du Saint Esprit et nous révéler la vérité.

Nous sommes engendrés par la parole de la vérité et rendus nets à cause de Sa parole (Jac. 1. 18 ; Jean 15. 3). Il y a dans la Parole une puissance vivante, ce que Marie avait bien saisi par la grâce de Dieu.

Mais Marthe était distraite par beaucoup de service. Or nous sommes exhortés à vaquer au service du Seigneur sans distraction (1 Cor. 7. 35). Le service, tout utile qu’il fût, prenait dans le cœur de Marthe la place qui revenait à Jésus seul. Il devenait un obstacle s’interposant entre le Seigneur et son âme.

Si notre attention est fixée sur Jésus, tout service, quel qu’il soit, sera accompli dans l’humilité et l’obéissance de l’amour. Nous n’avons pas alors le risque de rechercher notre propre importance dans une activité. Étant venue à Jésus, Marthe dit : « Seigneur, ne te soucies-tu pas de ce que ma sœur me laisse toute seule à servir ? Dis-lui donc qu’elle m’aide » (v. 40).

Le prophète Élie dans une phase de découragement avait déclaré : « je suis resté moi seul » (1 Rois 19. 14). Dieu doit alors lui révéler que sept mille hommes en Israël n’avaient pas fléchi le genou devant Baal, se préservant de toute idolâtrie.

Que le Seigneur nous garde de penser que nous sommes seuls à Le servir ! Il y a tous ceux qui, bien connus de Lui, l’invoquent d’un cœur pur, poursuivant la justice, la foi, l’amour, la paix.

« Et Jésus, lui répondant, dit : Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses, mais il n’est besoin que d’une seule ; et Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée » (v. 41 et 42).

Sortant de sa place, Marthe se permet d’adresser une plainte au Seigneur au sujet de sa sœur pour qu’Il partage son souci. Dans un esprit de grâce Jésus adresse une répréhension à Marthe, en l’appelant deux fois par son prénom, ce qui met en relief une intention de l’Esprit quant au contenu du message.

Beaucoup de choses occupaient le cœur de Marthe, y produisant du souci et du tourment, un état d’inquiétude et de peine, tandis qu’une seule chose était nécessaire quand le Maître s’introduisait dans ce foyer comme un ami de la famille. Le choix de Marie était le meilleur : assise aux pieds de Jésus pour capter dans son cœur toutes Ses paroles.

Pensons au choix de Ruth, la Moabite, s’adressant à Naomi : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (1. 16) ; à celui de Moïse : « choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte » (Héb. 11. 25 et 26).

« Qui est l’homme qui craint l’Éternel ? Il lui enseignera le chemin qu’il doit choisir » (Ps. 25. 12). Sur le point de quitter le peuple, Josué lui adresse un appel pressant : « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (24. 15). Il avait pris pour lui-même une inébranlable décision de cœur, et cela n’est possible que pour ceux qui ont choisi la vie (Deut. 30. 19).

Marie avait choisi la bonne part, selon l’estimation du Seigneur, la seule qui importe pour la foi. En réalité, nous ne pouvons bien servir un tel Maître que si nous nous sommes assis à Ses pieds, en toute humilité et soumission pour écouter Sa Parole ; car pour tout service utile, nous avons à être pénétrés dans nos cœurs de la pensée de Christ.

Plus tard, dans la scène de Jean 12, Marthe sert. Elle exerce, sans fausse note, le don de grâce reçu du Seigneur pour le profit de chacun. Celui qui est le plus près de Christ est celui qui le servira le mieux, et sans cette proximité on ne peut le servir. Le Psalmiste pouvait déclarer : « Ma part, ô Éternel, je l’ai dit, c’est de garder tes paroles » (Ps. 119. 57).

Désirons-nous, chers jeunes lecteurs, faire le choix de la bonne part, comme Marie ? N’en sous-estimons pas l’importance, car les conséquences sont pour l’éternité.

Jésus dénonce les formes religieuses (Luc 11. 37 à 54).

Comme Jésus parlait encore, un pharisien lui demande de dîner chez lui. À l’étonnement de son hôte, Jésus se met à table sans se laver les mains, contrairement à la tradition des anciens rappelée en Marc 7. 2 à 6.

L’observance de ces prescriptions cérémonielles donnait à ces pharisiens une apparence de sainteté, alors que Dieu doit déclarer : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi » (Mat. 15. 8 ; Marc 7. 6).

C’est l’occasion pour le Seigneur de prononcer un jugement solennel sur ces conducteurs d’Israël qui se contentaient des formes d’une religion sans vie. Aussi dénonce-t-il cette hypocrisie : « Pour vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au-dedans vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. Insensés ! celui qui a fait le dehors, n’a-t-il pas fait le dedans aussi ? Mais donnez l’aumône de ce que vous avez ; et voici, toutes choses vous seront nettes » (v. 39 à 41).

L’homme substitue des lavages et des rites visibles, dont la chair peut se glorifier, à la pureté du cœur et à l’amour de Dieu et du prochain.

Il est vain de prétendre cacher l’intérieur à Dieu, notre Créateur, par des apparences trompeuses. Le cœur de l’homme doit être tout d’abord purifié (Act. 15. 9, 11 ; 1 Jean 1. 7) pour que se réalise une marche pure et digne du Seigneur.

Tout était pur pour ceux qui manifestaient un amour vrai tout en exerçant la charité. Ce qui souille devant Dieu c’est le péché, la désobéissance aux lois divines.

Toutes choses seront nettes pour ceux qui, étant purifiés, pratiquent le bien. Ayons à faire avec Dieu pour tout ce qui est intérieur, et ce qui est extérieur découlera de l’état du cœur. Jésus seul peut purifier un cœur par la foi en Son sang ; puis, à travers le jugement de soi-même, la marche pourra être en accord avec la pureté de cœur.

Le Seigneur prononce trois malheurs pour dénoncer l’hypocrisie des pharisiens (v. 42 à 44). Ils payaient la dîme sur certaines plantes, d’un coût dérisoire, et ils négligeaient le jugement (c’est-à-dire le discernement de ce qui est juste dans les rapports avec Dieu et avec le prochain) et l’amour de Dieu, source de toutes les vertus.

Ainsi ces pharisiens recherchaient leur propre gloire en occupant les premiers sièges dans les synagogues, et en désirant les salutations dans les places publiques. Les hommes, s’arrêtant aux apparences, pouvaient les considérer comme des saints, alors que Jésus les compare à des sépulcres sur lesquels on marche sans se rendre compte que l’intérieur est plein de corruption.

À l’écoute des paroles de Jésus aux pharisiens, un docteur de la loi lui dit : « Maître, en disant ces choses tu nous dis aussi des injures » (v. 45). Cette intervention incite le Seigneur à déclarer le véritable état de ces docteurs chargés d’enseigner la loi au peuple.

Il est relativement aisé d’exposer les Écritures en exigeant des auditeurs qu’ils se conforment à leur enseignement. Mais ce qui marque davantage celui qui entend une prédication, c’est lorsqu’il constate que l’enseignement est vécu par celui qui le présente.

Mais le Seigneur prononce un premier malheur sur ces docteurs qui chargeaient les hommes de fardeaux difficiles à porter, qu’ils ne touchaient pas d’un seul de leurs doigts.

Ensuite Jésus reproche à ces docteurs de bâtir les tombeaux des prophètes que leurs pères avaient tués. Ils semblaient honorer ainsi ces prophètes, alors qu’ils auraient dû recevoir leur témoignage et accueillir Celui qu’ils avaient annoncé. Et comme ils ne l’avaient pas fait, ils s’associaient à ceux qui les avaient mis à mort.

Le Seigneur leur annonce qu’ils seraient eux-mêmes mis à l’épreuve : « La sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, et ils en tueront et en chasseront par des persécutions : afin que le sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde soit redemandé à cette génération » (v. 49 et 50).

Dieu leur envoya des apôtres et des prophètes avec les disciples que le Seigneur a laissés après Son départ. Ils en tuèrent plusieurs dont le premier fut Étienne. Dans Son discours, il montre quel accueil ils avaient réservé à ceux qui avaient annoncé la venue de Christ (Act. 7).

Si les premiers meurtriers d’un juste s’étaient repentis, reconnaissant leur culpabilité, ainsi que les générations suivantes, Dieu leur aurait pardonné. Mais si les descendants marchent dans la mauvaise voie de leurs pères, au terme de la patience de Dieu, le juste jugement fondra sur eux.

Et ce jugement sera d’autant plus terrible sur les dernières générations qu’elles n’ont tiré aucune leçon des expériences de celles qui les auront précédées.

Enfin le Seigneur adresse un troisième malheur à ces docteurs de la loi qui, par orgueil, enlevaient la clef de la connaissance au lieu de croire et de pratiquer ce qu’ils enseignaient : « Vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché ceux qui entraient » (v. 52).

Après s’être repentis et avoir cru à l’évangile, ils auraient dû, comme Jean le baptiseur, amener les âmes qu’ils instruisaient au Seigneur. Avec quelle tristesse le Seigneur a dû prononcer ces malheurs ; mais selon le propre témoignage des pharisiens, Il était vrai et ne s’embarrassait de personne, ne regardant pas à l’apparence des hommes (Mat. 22. 16). Il reste pour Ses disciples le parfait Modèle.

Gardons-nous de toute fausseté en nous contentant d’un simple formalisme religieux que Jésus condamnait chez les pharisiens. Savez-vous que l’esclave infidèle sera coupé en deux et aura sa part avec les hypocrites ? (Mat. 24. 51).

Malheureusement les scribes et les pharisiens rejettent les avertissements du Seigneur et Lui tendent des pièges, Le provoquant à parler, pour L’embarrasser et Le trouver en défaut. C’est bien notre tendance naturelle de prendre en faute ceux dont nous n’acceptons pas les reproches.

Mais si nous recevons les réprimandes qui nous sont adressées, nous pouvons, avec l’aide du Seigneur, juger ce qui Le déshonore, et nous attacher à faire le bien selon Sa volonté.

Le levain des pharisiens et l’avarice (Luc 12. 1 à 21 ; Mat. 10. 26 à 33 ; Marc 13. 11).

Ayant en vue le témoignage que Ses disciples auraient à rendre après Son départ, Jésus les avertit avant tout, malgré la présence d’une nombreuse foule : « Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens qui est l’hypocrisie ». Ce mal qui pousse l’homme à simuler ce qu’il n’est pas en réalité, à dissimuler ses mauvaises actions par d’autres apparemment bonnes, ce mal agit perfidement pour se développer en ceux qui sont en contact avec lui.

Quant aux pharisiens, ils voulaient paraître plus religieux qu’ils ne l’étaient. De même qu’un peu de levain fait lever la pâte tout entière (Gal. 5. 9), l’hypocrisie contamine et pénètre les pensées, les paroles et les actions de celui qui en est atteint.

En quoi ce mal est-il un danger pour les disciples ? C’est que cette tendance est propre à notre nature humaine. Or Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur, Il nous donne un cœur pur par la foi dans le sang de Christ, et Il attend que notre conduite manifeste que nous vivons en communion avec Lui.

En outre, ceux qui suivent un Seigneur aujourd’hui méprisé peuvent avoir honte de révéler aux yeux du monde leur relation avec Lui. Aussi Jésus encourage-t-Il ceux qu’Il appelle Ses amis à ne pas craindre de Le confesser devant les hommes, quelles que soient les conséquences : les terribles persécutions que connaîtraient les disciples au début de l’ère chrétienne ! Aussi avec une grâce incomparable, Jésus les prépare à affronter ces moments éprouvants avec la hardiesse de la foi, tout en fixant leurs pensées sur les soins de leur Père.

Dieu, qui se préoccupe d’un passereau insignifiant, ne veillerait-il pas avec tendresse sur Ses enfants éprouvés ? Enfin, toute la sollicitude de Dieu envers Ses enfants ressort de cette expression saisissante : « Les cheveux même de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc pas : vous valez mieux que beaucoup de passereau » (v. 6 et 7).

Les rachetés acquis au prix du sang de Christ ont une si grande valeur pour Dieu qu’Il ne cesse de les entourer de Ses soins fidèles. Ils n’ont rien à craindre, si ce n’est de craindre Dieu.

Puis le Seigneur déclare : « Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu » (v. 8 et 9).

Évoquant l’opposition que rencontreraient les disciples après Son départ, Jésus leur dit qu’il sera pardonné à celui qui parlera contre le fils de l’homme, ce qui était le cas des Juifs qui le rejetaient lorsqu’Il était parmi eux. Mais il ne sera pas pardonné à celui qui rejettera le témoignage du Saint Esprit relatif à Jésus ressuscité, annoncé par le ministère des disciples. Ceci eut lieu lors du jugement des Juifs comme nation après le martyre d’Étienne.

Pour leur éviter tout souci lorsque les disciples auraient à rendre témoignage, le Seigneur les rassure en leur disant que le Saint Esprit leur enseignerait ce qu’ils auraient à dire.

Voici quelqu’un de la foule venant interpeller le Seigneur au sujet du partage de l’héritage avec son frère. Tout en refusant d’agir à ce moment-là comme Juge en Israël, le Seigneur va montrer que seule est importante la position de l’âme immortelle devant Dieu.

Il s’attaque à la racine du mal : l’avarice. « C’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent » (1 Tim. 6. 10). « Voyez, et gardez-vous de toute avarice ; car encore que quelqu’un soit riche, sa vie n’est pas dans ses biens » (v. 15). « Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ? » (Mat. 16. 26)

La parabole du riche, et de ses greniers devenus exigus, symbolise cette avidité insatiable d’amasser toujours plus des biens périssables. Accumuler, calculer, établir des projets, il n’en finit pas de raisonner. Aux yeux des hommes il paraissait avisé, prévoyant, mais aux yeux de Dieu c’est un insensé qui se complaît dans son égoïsme.

Il oubliait qu’il dépendait de Dieu pour le rapport des terres et que ses biens, dont il n’était que l’administrateur, appartenaient avant tout à son Créateur. De plus, quant à ses plans d’avenir Dieu n’avait-il pas Son mot à dire ? (Jac. 4. 13 à 16).

Ses biens constituaient son idole, et il n’incluait pas dans ses calculs les droits et la souveraineté de Dieu, les besoins de son prochain et l’éventualité de la mort. Suprême imprévoyance, il négligeait totalement ce qu’il avait de plus précieux : son âme impérissable.

Il pensait lui accorder du bien-être en accumulant des biens matériels pour en jouir égoïstement, pendant les quelques années de sa vie terrestre. Mais son âme est redemandée par Dieu le jour même où il a formulé ses projets. Il a tout perdu, y compris son âme. Et le Seigneur conclut : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche quant à Dieu » (v. 21).

Ils sont toujours nombreux aujourd’hui, ces insensés, insouciants quant au sort éternel de leur âme. Ils oublient que, lors de la création de l’homme, Dieu souffla dans ses narines une respiration de vie, et que l’homme devint une âme vivante, c’est-à-dire immortelle (Gen. 2. 7).

Ainsi à la mort, le corps est confié à la terre dans l’attente de la résurrection, et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné (Éccl. 12. 7). L’homme reste responsable vis-à-vis de son Créateur, ce qui entraîne des conséquences éternelles.

L’homme ayant failli à sa responsabilité par la chute, Dieu, dans Sa bonté, lui accorde un certain temps lors de son passage dans ce monde pour qu’il accepte à travers la repentance, le don de sa grâce : la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rom. 6. 23). Cette vie est dans Son Fils : « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12).

As-tu choisi la vie ?

La confiance en Dieu (Mat. 6. 25 à 34 ; Luc 12. 22 à 32).

Si les richesses détournent facilement le cœur des enfants de Dieu, il peut en être de même des soucis de la vie quotidienne. Le Seigneur, qui connaît les tendances de nos cœurs craintifs, avertit Ses disciples : « Ne soyez pas en souci pour la vie, de ce que vous mangerez ; ni pour le corps, de quoi vous serez vêtus : la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement » (Luc 12. 22 et 23).

Loin de recommander la paresse et l’insouciance à l’égard de la vie présente, Il souligne toute l’importance de la confiance en Dieu pour bannir toute crainte quant à l’avenir. Ainsi le cœur n’est pas détourné de ce qui est prioritaire : la recherche du royaume de Dieu et de Sa justice.

En réalité la vraie prévoyance, c’est de mettre toute sa confiance en Dieu, sachant que Lui s’occupera de nos besoins quotidiens. Lisons ce que David déclare au sujet du juste au Psaume 37. 25. Il y a lieu d’ailleurs de bien distinguer entre les soucis et la prévoyance telle que l’Écriture la recommande en Proverbes 6. 6 à 8 et 30. 25.

Dieu s’occupe de toutes Ses créatures et en particulier de celles qui paraissent les plus insignifiantes. « Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’ont pas de cellier ni de grenier ; et Dieu les nourrit : combien valez-vous mieux que les oiseaux ! » (Luc 12. 24 ; Job 39. 3 ; Ps. 147. 9)

Un oiseau n’a pas de souci pour sa subsistance ; chaque jour il découvre ce que Dieu lui a préparé. Pourquoi un croyant serait-il en souci lorsqu’il connaît l’amour de Dieu ?

Que de petits témoins de la bonté incomparable de Dieu remplissent Sa création ! Sachons les observer avec attention pour que soit entretenue dans nos cœurs une confiance inébranlable en Celui qui est notre Père.

Remarquons aussi l’inutilité des soucis, car souvent nous ne pouvons rien changer à une situation donnée. « Et qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille ? Si donc vous ne pouvez pas même ce qui est très petit, pourquoi êtes-vous en souci du reste ? » (Luc 12. 25 et 26)

L’important n’est pas d’avoir une grande ou une petite taille, mais c’est la vie que Dieu entretient par la nourriture qu’Il fournit aussi bien à l’homme qu’à la bête (Ps. 104. 27 et 28 ; 145. 16).

Puis le Seigneur invite Ses disciples à considérer « les lis, comment ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un d’eux ».

Jésus voudrait que Ses disciples n’aient pas plus de souci que les lis si magnifiquement parés par leur Créateur. « Et si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui au champ et qui demain est jetée dans le four, combien plus vous vêtira-t-il, gens de petite foi ! »

Les lis peuvent être fauchés en un instant, et cependant Dieu s’occupe d’eux. Combien plus prendra-t-Il soin de ceux qui ont été rachetés par le sang précieux de Christ ! (Rom. 8. 32)

Pierre nous donne le secret pour ne pas être assaillis par des inquiétudes : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (5. 7). Et Paul exhorte ses chers Philippiens : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4. 6).

Cependant, quand les disciples redoutent un naufrage sur une mer tourmentée, le Seigneur est obligé de leur dire : « Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi ? » (Mat. 8. 26)

Nous devons reconnaître que dans certaines circonstances nous nous comportons comme les disciples. « Ne recherchez pas ce que vous mangerez ou ce que vous boirez, et n’en soyez pas en peine ; car les nations du monde recherchent toutes ces choses, et votre Père sait que vous avez besoin de ces choses ; mais recherchez son royaume, et ces choses vous seront données par-dessus » (Luc 12. 29 à 31).

Les nations du monde n’ont pas de relation avec Dieu et ne Le connaissent pas comme Père ; c’est pourquoi leur cœur est absorbé par les soucis de la terre. Mais ceux qui connaissent le Père ont le privilège de se confier en Lui, recherchant tout ce qui a trait à Son royaume, cette sphère où les droits de Dieu sont reconnus.

« Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint ». (Rom. 14. 17). Quel contraste avec le monde qui a rejeté Jésus et Son royaume !

Le souci n’est pas nécessaire, car Dieu promet de pourvoir aux besoins de celui qui a choisi la bonne priorité : le royaume de Dieu et Sa justice (Mat. 6. 33). C’est pourquoi le Seigneur répète trois fois : « Ne soyez pas en souci » (Mat. 6. 25, 31 et 34). « Dieu ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité… bienheureux l’homme qui se confie en toi » (Ps. 84. 11 et 12).

La confiance en Dieu est le seul remède contre les inquiétudes du cœur auxquelles l’homme est souvent enclin. Comme ces enseignements sont nécessaires pour vous aussi, soit à l’école, soit dans vos relations avec vos camarades ou vos frères et sœurs !

Sans négliger le travail et les obligations de la vie quotidienne, puissions-nous rechercher premièrement le royaume de Dieu et Sa justice !

D’après La Bonne Nouvelle 1991

SONDEZ LES ÉCRITURES (14)

Un démon que les disciples n’ont pas pu chasser (Mat. 17. 14 à 21 ; Marc 9. 14 à 29 ; Luc 9. 37 à 43)

Au moment où se déroulait la scène glorieuse de la transfiguration, les disciples que Jésus avait laissés étaient en difficulté en présence d’une grande foule et des scribes qui disputaient avec eux.

Alors que Jésus interrogeait ses disciples sur ce qui leur arrivait, un homme s’approche de Lui, se jetant à genoux devant Lui, et lui dit : « Maître, je t’ai amené mon fils qui a un esprit muet, et, partout où il le saisit, il l’agite violemment ; et il écume, et grince des dents, et il devient sec ; et j’ai dit à tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu. Et Lui, leur répondant, dit : Ô génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ». Aussitôt en présence de Jésus, l’esprit malin déchira l’enfant qui, tombant à terre, se roulait en écumant.

En réponse à la demande de Jésus, le père déclara que son fils unique était dans cet état depuis son enfance ; et souvent le mauvais esprit qui l’habitait l’avait jeté dans le feu et dans les eaux pour le faire périr. Dans la détresse qui le torturait, il implore Jésus : « Mais si tu peux quelque chose, assiste-nous, étant ému de compassion envers nous » (Marc 9. 17 à 23).

Le Seigneur est tout à la fois en présence de la puissance de Satan qui cherchait à faire périr cet enfant, et de l’incrédulité des disciples. Quel spectacle affligeant pour son cœur ! Mais, venu en amour ici-bas, il était prêt à délivrer l’homme du terrible esclavage du diable.

Satan est encore le chef de ce monde, mais s’il court çà et là sur la terre et s’y promène (Job 1. 7), il sera jeté dehors (Jean 12. 31). Il est toujours très actif entraînant les hommes à la perdition éternelle par la violence ou par la séduction du péché, mais il ne peut anéantir le peuple de Dieu en ruine, fidèlement représenté par l’état de cet enfant.

Quant aux disciples, le Seigneur réprouve leur manque de foi, sans se départir de l’exercice de sa grâce et de sa puissance. Rien ne peut résister à cette bonté qui s’exprime dans ces paroles du Seigneur : « Amenez-le-moi ». Il ne peut laisser le cri de la foi sans réponse, quelle que soit sa faiblesse.

Tu peux toujours aller à Jésus, lui confier un vrai besoin avec une foi simple. Son cœur plein de compassion ne peut que t’accueillir, et la puissance de son bras te secourir (Ps. 31. 19).

En réponse à la faible foi de ce père si éprouvé le Seigneur déclare : « Le « Si tu peux », c’est : Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit ». Voilà un secret révélé par le Seigneur à ses disciples ! La puissance de Dieu est à la disposition de la foi.

Du côté de Dieu, il n’y a pas de limite au déploiement de la puissance de sa grâce. C’est ainsi que Jésus est venu dans ce monde, Dieu manifesté en chair, pour sauver l’homme pécheur et perdu.

Mais la difficulté est du côté de la foi de l’homme, peu ou pas conscient de sa totale ruine morale. Cependant, si un homme éprouve une vraie conviction de péché, ayant un profond besoin de salut, il lui suffit de croire que Jésus est mort pour ses péchés à la croix (Rom. 4. 25).

Tout éploré, le père angoissé ajoute : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité ». Prenant conscience de son manque de foi cet homme saisit par la foi que Dieu seul peut délivrer. Ce cœur, jusque-là incrédule, est brisé et se confie sans réserve en Celui qui peut guérir.

« Et Jésus, voyant que la foule accourait ensemble, tança l’esprit immonde lui disant : Esprit muet et sourd, je te commande, moi, sors de lui et n’y rentre plus ». Et le démon sortit après avoir crié et déchiré violemment l’enfant qui devint comme mort. Mais Jésus le prit par la main et il se leva.

Les disciples, témoins de cette délivrance, demandèrent au Seigneur lorsqu’il fut entré dans la maison, pourquoi ils n’avaient pas pu chasser ce démon. Jésus leur dit : « Cette sorte ne peut sortir en aucune façon, si ce n’est par la prière et par le jeûne ». Pourtant le Seigneur, en les appelant, leur avait donné autorité sur les esprits immondes (Marc 6. 7).

Leur incrédulité les avait privés de la communion avec Dieu sans laquelle ils ne pouvaient disposer de la puissance de Jésus.

La prière met notre âme en contact avec Dieu en qui nous avons la puissance, la grâce et la sagesse pour l’exercice de tout service. En priant, nous réalisons toute notre faiblesse, notre néant. Nous sommes rejetés sur Dieu qui seul peut et veut agir pour répondre à nos nombreux et divers besoins. Ses ressources inépuisables sont toujours à la disposition de la foi.

Jeûner correspond spirituellement au jugement de nous-mêmes, à la sobriété en toutes choses, pour nous s’abstenir de tout ce qui nourrit la chair par la satisfaction de nos convoitises (1 Jean 2. 15 et 16). Le monde est rempli d’idoles pour répondre à tous les désirs du vieil homme. Mais ce monde apparaît au nouvel homme comme un désert.

Pour servir le Seigneur avec efficacité, combien nous avons besoin d’être gardés de la puissance d’attraction qu’exerce sur le cœur naturel tout ce qui est dans le monde. C’est par la prière et par le jeûne que nous pourrons jouir de la communion avec le Père et avec le Fils et être des vases sanctifiés, utiles au maître, préparés pour toute bonne œuvre (2 Tim 2. 21).

Retenons que le Seigneur se plaît à honorer la plus faible foi face au plus grand obstacle, lorsqu’il dit à ses disciples : « Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là et elle se transporterait ; et rien ne vous serait impossible » (Mat. 17. 20).

Au seuil d’une nouvelle année, n’aurions-nous pas foi en Dieu ? (Marc 11. 22)

Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Mat. 17. 22 et 23 ; Marc 9. 31 ; Luc 9. 43 à 45).

Jésus rappelle à ses disciples que « le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes ; et ils le feront mourir ; et le troisième jour il sera ressuscité. Et ils furent fort attristés ».

Alors que Jésus venait d’exercer sa puissance pour délivrer un démoniaque, les disciples encore impressionnés par la vision de la transfiguration sur la haute montagne, pensaient que le royaume serait bientôt établi en gloire. C’est précisément à ce moment-là que Jésus les entretient de la nécessité de sa mort et de sa résurrection au troisième jour.

C’est en vertu de cette mort qu’une part dans la gloire pouvait leur être attribuée. Les disciples n’avaient pas retenu que le Seigneur parlait de sa mort avec Moïse et Élie, sur la montagne. Cette mort était indispensable pour délivrer l’homme de son état de péché, et l’établir dans la nouvelle création, comme étant en Christ, placé sous les effets bénis de son amour et de sa puissance (2 Cor. 5. 17).

La foi en la mort et en la résurrection de Christ, fondement de tout ce que Dieu a voulu opérer pour des pécheurs, ouvre l’accès à la gloire de Dieu pour l’éternité.

Les disciples sont fort attristés par les paroles de Jésus leur annonçant sa mort. Mais le Seigneur pourra leur dire : « votre tristesse sera changée en joie… Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 20 et 22).

Dès maintenant la joie des rachetés, conséquence de la mort de Christ, est incomparable, « ineffable et glorieuse », en attendant qu’ils soient placés irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie (Jude 24 et 25).

Les didrachmes (Mat. 17. 24 à 27).

C’est au moment où ils arrivent à Capernaüm que Jésus et les disciples rencontrent les agents qui percevaient l’impôt pour le temple, probablement l’impôt que Moïse avait prescrit en Exode 30. 11 à 16, ou peut-être celui fixé par Néhémie (Néh. 10. 32 et 33).

Les receveurs de ces didrachmes demandent à Pierre : « Votre maître ne paie-t-il pas les didrachmes ? Il dit : Oui ». Par cette réponse spontanée Pierre, sans consulter son maître, le met au rang des Juifs zélés.

Dans le système politique et religieux officiel, il ne veut pas qu’on traite son maître comme un étranger. D’ailleurs le Seigneur en tant qu’homme, né sous la loi, dans son chemin d’obéissance et d’humiliation, se soumettait aux ordonnances et aux autorités en place.

Mais par sa réponse, Pierre renie la royauté du Seigneur et la relation qui l’unissait au Père. N’avait-il pas été témoin sur la sainte montagne de la gloire de Sa personne, Lui, le Fils de Dieu et le Fils de l’homme ?

Dès son entrée dans la maison, Jésus, selon sa divine connaissance de toutes choses, s’adresse à Pierre : « Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui reçoivent-ils des tributs ou des impôts, de leurs fils ou des étrangers ? Pierre lui dit : Des étrangers. Jésus lui dit : Les fils en sont donc exempts. Mais, afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer, jette un hameçon, et prends le premier poisson qui montera ; et quand tu lui auras ouvert la bouche, tu y trouveras un statère ; prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi ».

Ici le Seigneur associe son disciple avec Lui dans sa dignité de fils. Il le place dans la même relation que Lui, comme homme, vis-à-vis du Père (Ps. 2. 7 ; Luc 1. 35). Lui est le Fils selon sa propre dignité et nous, ses rachetés, nous sommes fils par la foi en Son œuvre (Jean 20. 17 ; Rom. 8. 15).

Remarquons aussi l’extrême pauvreté du Seigneur qui n’avait même pas un statère sur lui pour répondre à la demande de ceux qui collectaient le tribut (2 Cor. 8. 9).

Le Seigneur explique à Simon que Lui, le Fils du Roi, ne peut être soumis aux impôts. Le Seigneur du temple devait-il payer le tribut du temple ? Ainsi Il unit à cette gloire de fils, comme faisant partie de la même famille, un simple pécheur de la Galilée méprisée, mais aussi chaque croyant, aussi faible soit-il.

Quelle grâce insondable est soulignée dans cette expression de notre cher Sauveur : « Afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer » ! Et sa gloire de Créateur, de Fils de l’homme qui dispose de toutes choses dans sa création, est exaltée quand il commande à un poisson indomptable, du fond de la mer, d’apporter dans sa bouche un statère couvrant exactement le tribut demandé pour Lui et pour son disciple.

Celui qui est notre Sauveur démontre dans cette scène qu’Il sait tout et qu’Il peut tout. Ainsi le Seigneur se soumettait aux lois en vigueur (Rom. 13. 1 et 7), pour éviter tout scandale, n’ayant aucun droit à faire valoir dans ce monde, et en même temps Il magnifie la grâce et la puissance de Dieu.

Nos cœurs ne sont-ils pas profondément remués par ces paroles de Jésus, empreintes de sollicitude : pour moi et pour toi ? Il est venu du ciel pour mourir à la place des coupables, afin de les établir dans la position de fils devant Dieu, semblables à Lui, et avec Lui.

Quelles délices pour son cœur lorsqu’il contemplera en gloire le fruit du travail de son âme et que son amour divin en sera satisfait ! Il amènera plusieurs fils à la gloire qui, dans des corps glorifiés, pourront considérer les perfections infinies de sa Personne, et apprécier les résultats merveilleux de son œuvre à la croix.

C’est en vertu de ses souffrances expiatoires et de sa mort que, par une grâce ineffable, nous pourrons durant l’éternité l’adorer et le louer comme il en est digne, chantant autour du trône de l’Agneau le cantique nouveau.

Sur nous resplendira ta face.

Dans nos cœurs remplis de ta grâce,

Toi seul aura toute la place

A toujours.

Le plus grand dans le royaume des cieux (Mat. 18. 1 à 5 ; Marc 9. 33 à 37 ; Luc 9. 46 à 48).

C’est au moment où le Seigneur vient de les entretenir de ses souffrances et de sa mort, d’après le récit de Marc (9. 30 à 32), que les disciples sont préoccupés de savoir lequel sera le plus grand dans le royaume des cieux ; il en résulte même une dispute entre eux. Ils sont convaincus de faire partie de ce royaume, d’autant plus que Pierre venait de constater dans quelle position élevée il avait été placé avec Jésus.

Puis, dans la maison, le Seigneur qui sonde les secrets des cœurs, les interroge : « Sur quoi raisonniez-vous en chemin ? »

Quelque peu gênés, ils gardaient le silence. « Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 13). Et Il ajoute : « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9. 35).

Celui qui était le Messie d’Israël est venu sur cette terre dans l’abaissement qu’annonce bien le prophète : « Il n’a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, il n’y a point d’apparence en lui pour nous le faire désirer » (És. 53. 2). Ce n’était pas le moment de l’établissement du royaume en gloire.

Combien il est affligeant de penser que les sentiments des disciples étaient si opposés à ceux du Seigneur qui avait devant lui l’œuvre de la croix. L’égoïsme de nos cœurs naturels nous éloigne toujours de la pensée de Christ.

Et Jésus appela auprès de lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant mis entre ses bras leur dit : « En vérité, je vous dis : si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux ».

Il ne suffisait donc pas d’être Juif, descendant d’Abraham, pour être un sujet du royaume. Il fallait être né de nouveau, recevoir une nouvelle nature par la conversion, moyennant la foi au Seigneur Jésus mort pour nos péchés. C’est ce que le Seigneur enseigne à Nicodème en Jean 3. 3 à 6. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création… toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17), mais « la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu » (1 Cor. 15. 50).

Il n’y a point de salut par les œuvres, ni par la seule connaissance des vérités de l’Écriture. Dieu nous communique la vie qui est en Christ par l’action du Saint Esprit et de la vivante et permanente Parole de Dieu (1 Pier. 1. 23). A nous de recevoir par la foi le témoignage des Écritures.

Perdu ou sauvé ! il n’y a pas de condition intermédiaire ! Où passeras-tu l’éternité ? Es-tu converti(e) ?

Le caractère de ceux qui sont convertis, c’est celui d’un petit enfant ; c’est-à-dire qu’ils renoncent à toute prétention, à leurs propres opinions, pour croire tout ce que Dieu dit dans sa Parole, avec la simplicité d’un petit enfant.

Dieu ne peut recevoir l’homme pécheur dans son état naturel, avec son orgueil et sa vanité. « Tout cœur orgueilleux est en abomination à l’Éternel » (Prov. 16. 5). Dieu doit employer toutes sortes de moyens pour briser notre résistance orgueilleuse, et nous amener en toute humilité à accepter le salut qu’il nous offre gratuitement en Jésus.

Puis le Seigneur donne sa réponse à la question des disciples : « Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ». Ne possédant rien, un petit enfant dépend entièrement de ses parents ; ne connaissant rien, il met toute sa confiance en eux ; ne gagnant rien de ses propres mains, il reçoit tout comme un cadeau de leur part.

Pour réussir dans ce monde, il faut être quelqu’un ou quelque chose, il faut en avoir fini avec le caractère du petit enfant. Combien d’enfants aspirent après ce qu’ils estiment être les avantages des adultes ? L’homme se tourne volontiers vers ce qui est grand, haut estimé dans ce monde de vanité (Luc 16. 15).

Dans le royaume de Dieu, il en est tout autrement. Et le Seigneur reste notre modèle parfait. Lui qui est Dieu, possédant la gloire de toute éternité, Créateur de toutes choses, s’est anéanti pour devenir un homme ; prenant la forme d’esclave, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix (Phil. 2. 5 à 11). Dans son amour, Il voulait introduire des hommes dans le royaume de Dieu, dans le ciel même.

Mais c’est encore le temps de son rejet, et celui où ceux qui ont la foi en Lui sont méprisés comme Lui. Et l’humilité, l’abaissement, doivent caractériser ceux qui sont entrés dans le royaume. Ils apprennent ainsi à rechercher la dernière place pour découvrir qu’elle est déjà occupée par Christ, Lui, le Serviteur de tous.

Le chemin dans lequel nous acceptons par la foi de n’être rien, le « moi » étant cloué à la croix, nous conduit à la gloire. N’oublions jamais la place que les hommes ont réservée au Seigneur de gloire quand il est venu dans ce monde, une crèche ; et quand il l’a quitté, une croix.

Enfin le Seigneur ajoute : « et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit ». L’exemple du petit enfant sert au Seigneur à caractériser les siens, qui ont tant de prix pour son cœur (Mat. 25. 34 à 40).

Avec quelle grâce et quelle patience Il nous apprend ce qu’est la vraie humilité qui conduit à la gloire (Prov. 15. 33). C’est être occupé de lui, pénétré de Sa pensée à l’égard des siens, après avoir jugé la chair qui est en nous.

Quelle belle promesse nous est offerte ! Nous avons ici-bas l’occasion de recevoir le Seigneur en recevant l’un de ces petits. L’honneur que Dieu attribuera à chacun sera à la mesure de son dépouillement. Oui, la gloire de Dieu est réservée aux humbles. (Lire Ps. 34. 19 ; 131. 2 ; 51. 17 ; És. 57. 15 ; Mat. 5. 3 ; 10. 40 à 42).

Que la perspective de la gloire éternelle marque toute notre vie présente !

Une récompense (Marc 9. 38 à 41 ; Luc 9. 49 et 50).

Alors que Jésus vient de dire à Ses disciples de recevoir un petit enfant en Son Nom, Jean intervient : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, qui ne nous suit pas ; et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne nous suit pas » (Marc 9. 38).

Comme nos paroles révèlent souvent les dispositions de nos cœurs naturels, cette occupation de nous-mêmes, de notre importance, ces tendances sectaires avec un manque de grâce évident ! Et pourtant, en apparence, les disciples semblent revendiquer la gloire du Maître.

Mais l’expression : « il ne nous suit pas » met l’accent sur un égoïsme de caste qui place au second plan le nom du Seigneur : aussi le Seigneur leur dit : « Ne le lui défendez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom, et qui puisse aussitôt mal parler de moi, car celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (v. 39 et 40).

C’était le temps sérieux où Jésus était de plus en plus rejeté, et accepter ou refuser Sa Personne aurait dû beaucoup plus absorber les pensées des disciples. Ceux qui suivent le Seigneur s’engagent dans un chemin d’obéissance à Sa parole parce que Sa personne exerce un puissant attrait sur leur cœur. Mais il est exclu de voir en cela un mérite quelconque.

Un cœur occupé de lui-même, c’est le terrible fléau de l’égoïsme qui entraîne la jalousie. Mais un cœur occupé de Christ s’élargit, et de saintes affections y sont produites pour Dieu et pour le prochain. Alors se réalise une croissance harmonieuse à la ressemblance de Christ.

Les disciples avaient chassé des démons au nom du Seigneur sans toujours y réussir (v. 28), mais ici ils interdisent à un autre de le faire par étroitesse d’esprit.

Avec quelle grâce le Seigneur s’associe à Ses disciples qui partageaient si rarement Ses pensées. C’est ainsi qu’Il leur dit : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Que dans le chemin où le Seigneur nous appelle à Sa suite, nous soyons gardés de l’étroitesse d’un esprit sectaire, rétrécissant le cœur ! Qu’en toutes choses Il tienne, Lui, la première place (Col. 1. 18).

Que nous apprenions à juger la chair dès son premier mouvement dans notre cœur, et que toute gloire soit donnée au Seigneur Jésus dans nos vies ! Il apprécie tout ce que nous pouvons faire ou dire par amour pour Lui. Qu’y-a-t-il de plus insignifiant qu’une coupe d’eau donnée à un disciple de Christ ? N’est-ce pas à la portée d’un enfant qui connaît Jésus comme son Sauveur ? Pour celui qui le fait humblement, en Son Nom, une récompense est promise.

Nous pensons à la pauvre veuve qui a jeté ses deux pites au trésor du temple. Cette modique somme représentait tout ce qu’elle avait pour vivre (Luc 21. 3). Comme une telle confiance a du prix pour Son cœur !

Les occasions de chute (Mat. 18. 6 à 9 ; Marc 9. 42 à 49 ; Luc 17. 1 à 3).

Maintenant le Seigneur aborde, sur un ton très solennel, le thème des occasions de chute. Quiconque sera une occasion de chute pour un petit enfant qui croit en Lui, « il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une pierre de meule et qu’il fût jeté dans la mer » (Marc 9. 42).

Dieu apprécie toutes choses dans nos vies sur cette terre, en relation avec Son Fils bien-aimé. Alors que les hommes L’ont méprisé et crucifié, Dieu l’a exalté à sa droite.

Le Seigneur souligne l’importance d’entrer dans la vie, c’est-à-dire dans le royaume de Dieu, coûte que coûte. Que le sort d’une âme est sérieux ! Car si les occasions de chute existent pour les petits, il y en a aussi pour chaque individu.

La main, le pied ou les membres, organes si nécessaires, peuvent nous entraîner au péché et à la perte de notre âme. Chacun doit examiner devant Dieu et juger, sans complaisance, tout ce qui peut le détourner d’accepter le salut que Dieu offre gratuitement à quiconque.

La main peut commettre des actes répréhensibles, le pied s’engager dans une voie de désobéissance à la Parole, et l’œil, cette fenêtre de l’âme, peut favoriser par les nombreux appâts de ce monde séducteur l’excitation des convoitises.

Et comme il s’agit d’une question de vie ou de mort à l’égard de l’éternité, une douloureuse amputation doit être pratiquée par le renoncement impitoyable à l’occasion de chute. C’est ce qu’impliquent les verbes : coupe-le, arrache-le.

Réalises-tu toute l’importance de recevoir aujourd’hui la vie éternelle, par la foi en l’œuvre parfaite du Seigneur Jésus mort sur la croix pour tes péchés ?

Quand nous quittons cette terre, le sort de notre âme est fixé pour toujours : ou bien c’est le bonheur éternel avec Jésus, ou bien c’est le feu éternel, ce lieu où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. Ce sont des tourments éternels pour l’âme qui aura refusé la grâce de Dieu. Où passerai-je l’éternité ?

« Chacun sera salé de feu » (v. 49). Dieu a en horreur le mal et Il doit le juger. Pour tous ceux qui sont perdus, c’est le jugement éternel. Le croyant, lui aussi sur cette terre, a des comptes à rendre à Dieu qui juge selon l’œuvre de chacun (1 Pier. 1. 17). Et chacun sera manifesté devant le tribunal de Christ pour recevoir les choses accomplies dans le corps selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal (2 Cor. 5. 10).

De plus, « tout sacrifice sera salé de sel ». En retour des compassions de Dieu, le racheté est exhorté à présenter son corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent (Rom. 12. 1), comme Christ l’a réalisé dans Son humanité parfaite que typifie l’offrande de gâteau. « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous ».

La paix selon Dieu ne peut être réelle et durable qu’en vivant dans la sainteté. Que dès ton jeune âge tu puisses servir le Seigneur par la foi et dans la séparation du mal !

À propos des offenses entre frères et de la présence du Seigneur dans l’Assemblée (Mat. 18. 15 à 20).

Le Seigneur présente ici des principes de toute importance et souvent négligés dans les relations entre frères en Christ. Leur application aurait évité bien des souffrances parmi les enfants de Dieu.

C’est dans un esprit de grâce, d’humilité que doivent se régler les offenses personnelles entre disciples de Jésus. Il s’agit de gagner son frère et non pas de se justifier ou de colporter le mal connu.

Le frère offensé a la responsabilité de parler à celui qui est coupable d’un péché envers lui (Lév. 19. 17). Dans l’amour vrai, il montrera à ce frère qu’il s’est fait du tort à son âme, plutôt que d’insister sur son propre préjudice. Dans bien des cas, cette première démarche fraternelle, accomplie dans la crainte de Dieu, devra suffire.

Par contre, si le frère rencontré n’écoute pas, une autre visite de l’offensé est nécessaire – sans divulguer ce mal – mais en présence d’une ou deux personnes, afin que les faits soient établis devant témoins (Deut. 19. 15). S’il y a encore refus d’écouter, une troisième et dernière étape est envisagée. Il faut en parler à l’assemblée.

Dans le cas où le frère n’accepte pas la répréhension, il sera tenu comme un étranger, un païen et comme un publicain. Il y a rupture de communion avec lui. L’assemblée a la responsabilité et l’autorité de traiter de tels cas.

Qu’un esprit de douceur et d’humilité nous anime envers ceux qui nous ont fait tort. Notre Père n’est-il pas miséricordieux envers nous ? De plus, c’est Dieu qui justifie. Ayons en vue le bien de l’âme du coupable, qui peut être rendu sensible à une démarche empreinte de grâce.

Dès votre jeune âge, évitez, avec le secours du Seigneur, toute médisance et toute calomnie qui sont de véritables fléaux pour le peuple de Dieu, et appliquez-vous à pardonner comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné (Éph. 4. 32).

Le Seigneur montre ici que l’assemblée chrétienne va prendre la place d’Israël comme témoignage de Dieu sur la terre. Avant la mort de Christ, l’assemblée était le peuple d’Israël qui avait pour centre le temple de Jérusalem, dans lequel Dieu avait fait Sa demeure. Mais après le rejet, la mort et l’ascension de Jésus, Israël est mis de côté, et le Seigneur est le centre du rassemblement de Ses rachetés.

Lorsque l’assemblée est réunie au nom de Jésus, Il est présent au milieu d’elle, et les décisions qu’elle prend sont revêtues de Son autorité. Le ciel ratifie ce que l’assemblée lie ou délie sur la terre. L’assemblée est l’unique autorité ecclésiastique que Dieu reconnaisse sur la terre, et le croyant est tenu de s’y soumettre.

Pour que la présence du Seigneur soit une réalité dans une assemblée de croyants, il est indispensable qu’elle Lui soit soumise et que la Parole de Dieu exerce toute son autorité sur les cœurs.

Puis, dans ce rassemblement des deux ou trois, d’accord, selon ce qu’exprime Jésus, pour prier, une précieuse promesse leur est assurée. « Quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ».

Cette promesse est sans limite dans la mesure où nous respectons la condition morale de l’accord de ceux qui sont réunis au nom du Seigneur. Ce commun accord a été réalisé dans la prière d’Actes 4. 24 à 30, pour que la Parole de Dieu soit annoncée avec toute hardiesse. Et c’est le bon plaisir de notre Père de répondre richement à de telles requêtes (Éph. 3. 20 et 21).

Retenons toute l’importance de la réunion de prières !

Ainsi l’assemblée du Dieu vivant (1 Tim. 3. 15) se compose des croyants réunis au nom du Seigneur, selon ce qu’Il déclare : « Car là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux ».

Voilà une promesse inestimable, mais aussi un privilège incomparable pour les rachetés encore ici-bas ! Il y a un lieu sur la terre où un témoignage est rendu dans un rassemblement qui peut être réduit à sa plus simple expression : « deux ou trois ».

C’est au nom du Seigneur Jésus que sont assemblés Ses rachetés. Lui leur assure Sa présence au milieu d’eux, pourvoyant à tout. Il est le seul centre de ces rachetés qui reconnaissent Ses droits, Son autorité sur leurs cœurs. Le Seigneur se plaît à être présent au milieu de ces quelques croyants, sans apparence aux yeux des hommes, sans organisation humaine Ils constituent Son trésor particulier.

Lui se révèle à eux en leur montrant les marques de Ses souffrances en Son corps, ce qu’Il a enduré pour eux à la croix.

Ils se réjouissent en Le voyant par la foi, et leurs cœurs brûlent d’amour pour Lui. Il n’a pas honte de les appeler frères, disant : « J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges » (Héb. 2. 12).

Autour du Seigneur sur cette terre, ils sont dans l’espérance d’être autour de Lui dans la gloire, où tous les rachetés seront réunis pour toujours, chantant le cantique nouveau.

Ceux qui ont été amenés dès leur tendre enfance aux réunions de l’assemblée, dans la présence du Seigneur, ont bénéficié d’un très grand privilège. « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! » (Ps. 133. 1).

Chers jeunes lecteurs, n’abandonnez pas un tel rassemblement pour satisfaire les désirs du cœur naturel, ou par incrédulité, comme Thomas qui voulait voir la marque des clous et mettre sa main dans le côté du Seigneur pour croire en Lui.

Que Dieu ouvre vos yeux sur le Seigneur de gloire, qui doit dire de celui qui se retire : « Mon âme ne prend pas plaisir en lui » (Héb. 10. 38).

Puissiez-vous prononcer les paroles spontanées de Thomas reconnaissant Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20. 29).

Comment pardonner ? (Mat. 18. 21 à 35)

Le Seigneur vient d’expliquer comment, à travers trois démarches possibles, doivent se régler les torts entre frères (Mat. 18. 15 à 17). Cet enseignement suscite sans doute la question spontanée de Pierre au sujet du pardon. De ce fait le Seigneur va traiter avec clarté et autorité ce sujet en l’illustrant par la parabole du serviteur impitoyable.

Voici la question de Pierre : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? »

Malgré la générosité de sa proposition, craignait-il les conséquences malheureuses d’une indulgence excessive ? Jésus lui répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois ». Il montre ainsi qu’il faut pardonner autant de fois que l’occasion se présente, c’est-à-dire toujours.

L’esprit du royaume, c’est d’être imprégné de la grâce qui pardonne. Comme cela est contraire à notre nature adamique ! N’oublions jamais que nous sommes des objets de la grâce : si nous sommes souvent exhortés à nous pardonner les uns aux autres, c’est parce que Dieu nous a pardonné en Christ (Éph. 4. 32 ; Col. 3. 13).

Le roi de la parabole, c’est Dieu qui, selon les droits de Sa justice, veut compter avec Ses esclaves. L’un deux, représentant tout homme dans son état naturel, lui devait la somme extraordinaire de dix mille talents. Or il n’avait pas de quoi payer.

C’est l’image saisissante de l’énorme dette de nos péchés vis-à-vis de Dieu. « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon » (Ps. 49. 7). Devant un Dieu juste et saint, l’homme est un débiteur insolvable.

Selon sa justice le roi devait exiger le paiement ; mais devant la supplication de l’esclave qui, selon sa propre justice, se sentait capable de tout payer, touché de compassion, le roi relâche l’esclave et lui remet sa dette. Celui-ci, oubliant la faveur dont il a été l’objet, dès qu’il sort, rencontre un autre esclave qui lui devait cent deniers, montant dérisoire à côté de la dette qui lui avait été remise.

Selon Matthieu 20. 2, le denier représente le salaire quotidien d’un ouvrier agricole. Impitoyable, il étranglait son compagnon en disant : « Paye, si tu dois quelque chose », et il le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette.

Cette parabole représente fidèlement notre manière de nous comporter en face des petites injustices que nous pouvons avoir à subir. Nous disons que nous avons pardonné, mais n’avons-nous pas parfois de la peine à oublier un tort peut-être bien insignifiant ? Par contre écoutons ce que Dieu déclare à Son peuple : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10. 17).

Le pardon divin, dont nous sommes les objets à cause de la foi au sang précieux de Christ qui purifie de tout péché, nous rend responsables d’exercer la miséricorde auprès de notre frère (Mat. 5. 7 ; Jac. 2. 13).

Selon les lois de Son gouvernement dans Son royaume, Dieu tient compte de la manière dont nous nous comportons vis-à-vis de nos frères. Les compagnons de l’esclave maltraité, extrêmement affligés, rapportèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé. En colère, le maître livre le méchant esclave aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût tout payé.

Le Seigneur ajoute : « Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère » (v. 35). Quand nous sommes victimes d’une injustice, avec tristesse, sachons la confier au Seigneur, au lieu de préparer une vengeance ou de nous livrer à une médisance. Le Seigneur rétribuera chacun selon ses œuvres et selon ses motifs, car Il regarde au cœur.

Les dispensations de Dieu envers les Juifs sont évoquées dans cette parabole. Leur dette envers Dieu était immense. Non seulement ils avaient transgressé la loi, mais ils ont comblé la mesure de leur méchanceté en crucifiant le Fils de Dieu. Et la première parole de Christ sur la croix fut une intercession pour Ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34).

En réponse à cette prière, Dieu avait comme remis la dette au peuple juif, puisqu’Il ne l’a pas frappé immédiatement après la croix. Pierre, par la puissance du Saint Esprit, a présenté l’évangile au peuple : « Repentez-vous donc et vous convertissez pour que vos péchés soient effacés » (Act. 3. 19). Mais cette grâce a été rejetée après le discours d’Étienne, lors de sa lapidation.

En outre, les Juifs s’opposèrent à ce que la grâce, dont ils auraient pu bénéficier pour eux-mêmes, soit offerte aux nations païennes, représentées par l’esclave qui devait les cent deniers. Dans leur jalousie, ils empêchaient les serviteurs de Dieu, comme Paul, de parler aux nations afin qu’elles soient sauvées (1 Thess. 2. 16).

Il n’y avait pas d’autre issue, selon le juste gouvernement de Dieu, que de livrer ce peuple aux mains des Romains pour qu’il soit soumis à un terrible châtiment, et enfin dispersé parmi les nations. La parole de Jacques 2. 13 est ainsi confirmée : « Le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas usé de miséricorde. La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » pour tous ceux qui ont cru au Seigneur Jésus.

Comment suivre Jésus ? (Mat. 8. 18 à 22 ; Luc 9. 57 à 62)

Suivre Jésus peut être un bon désir, mais les conditions requises montrent qu’il ne s’agit pas d’une décision prise à la légère (Mat. 14. 28 à 31). Il est nécessaire d’abord de calculer la dépense, et ensuite de ne pas se laisser arrêter par quelqu’obstacle que ce soit. Jésus n’engage personne à Sa suite par surprise, ou par un élan irréfléchi.

Un scribe faisant partie de l’élite du peuple, à cause de son instruction, s’approche du Seigneur. Gagné à la cause du Christ, n’aurait-il pas pu exercer une grande influence ?

Il se présente avec des paroles qui paraissent montrer de bonnes dispositions : « Maître, je te suivrai où que tu ailles ». La réponse du Seigneur est immédiate : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ».

Remarquons que ce scribe ne répond pas à un appel précis du Seigneur. Voulait-il s’engager après Jésus à cause de l’honneur qu’il pourrait en retirer ? Aussi le Seigneur lui montre-t-Il qu’on ne peut Le suivre que dans un chemin de renoncement, où il suffit au disciple qu’il soit comme son Maître (Mat. 10. 25). Si même les renards et les oiseaux du ciel ont un domicile dans ce monde, le Fils de l’homme, venu du ciel, ne pouvait trouver un lieu de repos ici-bas, dans une création asservie à Satan et souillée par le péché.

Jésus était dans ce monde l’Étranger céleste. Et, dans ce chemin qu’Il a Lui-même frayé, il n’y a aucune satisfaction pour la propre volonté et l’égoïsme.

Il faut faire abandon de ses aises, de tout ce que convoite le cœur naturel, et parfois de ses droits. Mais le Seigneur conduit Ses disciples hors du monde, à la gloire dans laquelle Il est Lui-même entré après Sa résurrection, alors qu’ils ont à vivre en étrangers pour le présent.

Le Seigneur confirme ce qu’Il a déjà exprimé : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour et me suive » (Luc 9. 23).

Puis Jésus appelle un autre homme : « Suis-moi ». Mais une objection se présente, comme un conflit de priorités : « Seigneur, permets-moi d’aller premièrement ensevelir mon père. Et Jésus lui dit : Laisse les morts ensevelir leurs morts ; mais toi, va, et annonce le royaume de Dieu » (Luc 9. 59 et 60).

Nul ne peut suivre Jésus si son cœur est accaparé par les affaires de la vie. Il importe au disciple de reconnaître que le Seigneur seul a des droits absolus sur son cœur. C’est un devoir légitime d’honorer ses parents selon ce que recommande l’Écriture, mais la priorité revient au Seigneur en face des droits de la nature. Il faut premièrement suivre Jésus et Lui obéir (Mat. 10. 37).

Aux yeux de Dieu, le monde est dans un état de mort morale tel qu’une séparation complète est nécessaire pour tout croyant utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre. Jésus nous appelle hors de ce monde dans la puissance de la vie.

Celui qui appartient au Seigneur, enseigné par la Parole de Dieu et le Saint Esprit habitant en lui, éprouvera ce qui est agréable au Seigneur (Éph. 5. 10). La vraie obéissance est sans réserve, sans regret, sans délai.

Y aurait-il dans nos vies quelque chose que nous ferions passer premièrement, avant ce que le Seigneur nous demande : chercher et annoncer le royaume de Dieu ? (Mat. 6. 33 ; 1 Cor. 4. 20) Et celui qui ne marche pas après Lui, sur le chemin qui aboutit au ciel, ne peut se trouver que dans le chemin spacieux qui mène à la perdition (Mat. 7. 13 et 14). Sur quel chemin te trouves-tu aujourd’hui ?

Enfin un autre aussi lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais permets-moi de prendre premièrement congé de ceux qui sont dans ma maison. Et Jésus lui dit : Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière n’est propre pour le royaume de Dieu » (Luc 9. 61 et 62).

Cet homme s’offre de lui-même pour suivre Jésus comme dans le premier cas, et il demande un délai comme dans le second cas. Il n’avait pas rompu de cœur avec ceux qu’il avait laissés dans sa maison. Le Seigneur le compare au laboureur qui trace un sillon en détournant sa vue du travail qui est devant lui. Regardant en arrière, il ne peut que dévier et ne rien faire de bon.

Comme les affections naturelles, les habitudes ou les relations anciennes dans le monde peuvent vite prendre le pas sur l’obéissance due au Seigneur, et nous conduire ensuite à des regards en arrière, à des regrets et parfois à un abandon bien humiliant.

Quoique très naturelle, la demande de cet homme de prendre congé des siens risquait de l’entraîner à se détourner de son dessein par sa famille. Il y a des moments décisifs dans la vie de tout homme en présence de l’évangile, qu’il s’agit de saisir, sous peine de tout perdre. Le Seigneur donne un avertissement solennel à ce propos : « Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17. 32). Elle regarda en arrière et elle devint une statue de sel (Gen. 19. 26). Le monde était dans son cœur et elle périt avec lui.

Fixons nos regards sur Jésus, le Modèle parfait de tout ce qu’Il enseigne. Il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem pour y accomplir sur la croix l’œuvre que le Père Lui avait donnée à faire. « Rien n’arrêta son ineffable amour ».

A cause de la joie qui était devant lui, il a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » (Héb. 12. 2).

Que rien ni personne ne nous détourne du chemin de l’obéissance au Seigneur ; que tout en répondant à Son appel nous soyons plus conscients qu’Il s’est acquis tous les droits sur nos vies ! « Qu’en toutes choses, il tienne lui, la première place » (Col. 1. 18).

Christ et la fête des tabernacles (Jean 7. 1 à 13).

A cause de l’hostilité ouverte des Juifs, Jésus se tenait en Galilée, car en Judée ils cherchaient à Le faire mourir.

Certes ce dessein meurtrier ne pouvait encore se réaliser, car c’est Lui qui se livrerait quand Son heure serait venue (17. 1). L’heure de Sa mort serait le couronnement de son obéissance (Phil. 2. 8) et alors seulement, les hommes méchants pourraient se saisir de Lui.

Le récit précise que la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche. Venu sous le régime de la loi, Jésus allait-Il, selon Deutéronome 16. 16, célébrer cette fête de huit jours ? Typiquement, c’était un événement très important en Israël, avec deux traits essentiels. D’abord il rappelait chaque année, dès l’entrée dans le pays, le pèlerinage d’Israël à travers le désert pendant quarante ans.

De plus, il annonçait l’établissement du règne de Christ où le peuple pourrait exulter de joie et entrer dans le repos qu’il n’avait jamais pu obtenir sous la loi.

C’était la dernière fête de l’année, après la moisson et la vendange, c’est-à-dire après l’exécution du jugement de Dieu. La moisson est la figure du jugement séparant l’ivraie du bon grain et, la vendange, celle de la vengeance exécutée dans le pressoir de Dieu par le Seigneur d’après Ésaïe 63. Le huitième jour évoque l’état éternel selon Apocalypse 21.

Selon Lévitique 23, sept fêtes devaient être célébrées à l’Éternel au cours de l’année. Ces fêtes manifestaient la perfection des voies de Dieu pour rassembler Son peuple et l’introduire dans Son repos.

Le sabbat occupe une place à part, Il est le grand résultat de tout : repos de l’Église dans le ciel, repos d’Israël sur la terre, auquel s’ajoute celui de la création dans la bénédiction à venir. Si le sabbat, jour de repos, se renouvelait tous les sept jours, les autres fêtes étaient annuelles.

À l’origine de toutes ces fêtes, la Pâque (v. 5) représentait la mort de Christ. La fête des pains sans levain (v.6 à 8), qui l’accompagnait pendant sept jours, parlait d’une vie de sainteté dans la séparation de tout mal. Le levain, dans la Parole, est le symbole du péché.

Quant à la gerbe des prémices (v. 9 à 14), elle évoquait la résurrection de Christ, prémices de ceux qui sont au bénéfice de Sa mort.

Et la Pentecôte, cinquante jours plus tard, annonçait le rassemblement des croyants et la descente du Saint Esprit sur la terre (Act. 2). Puis il s’écoulait un intervalle de temps assez long jusqu’au septième mois, correspondant à la dispersion d’Israël parmi les nations après le rejet de son Messie et, en même temps, à la formation de l’Église par le Saint Esprit sur la terre depuis la Pentecôte.

Enfin, après l’enlèvement de l’Église au ciel, Dieu va rassembler son peuple terrestre, ce qu’évoque la fête des trompettes (Nomb. 29. 1) ou de Jubilation (v. 23 à 25), en vue du règne millénaire.

Mais il y aura pour l’Israël de Dieu une grande tribulation et un travail profond de repentance annoncé par le jour des propitiations (v. 26 à 32). Il reconnaîtra comme son Messie Celui qui a été crucifié à Golgotha.

Alors la fête des tabernacles, au quinzième jour (v. 33 à 44), pourra être célébrée dans une joie ininterrompue (Deut. 16. 15) par un peuple restauré et heureux sous le règne de justice et de paix de Christ.

Tout homme en Israël devait se présenter devant l’Éternel trois fois par an : à la Pâque, à la Pentecôte et à la fête des tabernacles. Dieu montrait ainsi qu’il désirait s’entourer d’hommes purifiés par la foi en l’œuvre de Christ pour les rendre heureux dans Sa présence. Cela aura lieu à toujours dans l’état éternel (Apoc. 21. 2 et 3).

Au moment de cette fête des tabernacles, les Juifs cherchent à faire mourir le Seigneur qui devait apporter de telles bénédictions. L’homme animal ne peut entrer dans le dessein de Dieu, d’assurer le bonheur de l’homme sur la base de la rédemption. Les frères de Jésus, représentant les Juifs, ne croyaient pas en Lui non plus, car ils recherchaient, comme le trahissent leurs paroles, la gloire qui vient de l’homme (Jean 5. 44 ; 7. 4 et 5).

Incrédules, ils n’étaient pas conscients qu’Il était le Fils de Dieu, mais ils désiraient qu’Il soit approuvé du monde, et qu’Il déploie Sa puissance pour exalter l’orgueil des Juifs. L’homme naturel cherche toujours à faire valoir ses dons, à se faire un nom dans ce monde pour son profit personnel. Cependant les miracles de Jésus attestaient qu’il était bien le Messie promis à Israël.

Sans l’œuvre de la croix, le Seigneur ne pouvait établir Son règne sur l’homme pécheur et en inimitié contre Dieu. C’est pourquoi Il doit dire : « Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt ». Ils étaient du monde qui ne pouvait les haïr.

Le monde a toujours le temps de se réjouir dans ses fêtes religieuses d’où il exclut le Seigneur et ceux qui ont cru en Lui. C’est pourquoi Il ne pouvait pas monter avec ses frères à la fête.

Mais lorsque ses frères furent montés, alors Lui aussi se rendit à Jérusalem, comme en secret et non dans Sa gloire. Il obéissait aux commandements de la loi, prenant la place des humbles. Il cherchait la gloire de Celui qui L’avait envoyé (v. 18). Serviteur dépendant, Il attend le moment de Dieu pour aller à la fête.

Et là, les opinions du monde les plus diverses s’expriment à Son sujet. Pour les uns Il est homme de bien, et pour d’autres Il séduit la foule. Mais personne ne parlait ouvertement de Lui par crainte des Juifs, à cause de l’opprobre qui aurait pu en résulter.

Aujourd’hui encore, Jésus est méprisé, et prendre position pour Lui, c’est s’exposer au rejet ou même à la persécution de la part du monde.

Vous qui avez accepté Jésus comme votre Sauveur personnel, soyez comme Moïse qui, par la foi, estima l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses en l’Égypte. (Héb. 11. 26).

Jésus à la fête (Jean 7. 14 à 36).

Si Jésus monte à la fête des tabernacles, c’est comme en secret et non pas publiquement. Il se trouvait au milieu d’un peuple incrédule et ne pouvait manifester à ce moment-là Sa puissance et Sa gloire comme Messie. Il ne pourra le faire qu’après l’enlèvement de l’Église au ciel, en faveur d’Israël repentant, qui reconnaîtra Celui qu’il a crucifié. Cependant, en la dernière journée de la fête Il révèle le privilège de celui qui croira en Lui après sa glorification.

Sans se laisser arrêter par la haine des Juifs qui cherchaient à Le faire mourir, Jésus monte au temple où Il enseigne avec une autorité divine. C’est ce qui provoque une première objection des Juifs : « Comment celui-ci connaît-il les lettres, vu qu’il ne les a point apprises ? » (v. 15).

Ils ne pouvaient pas admettre que l’on soit capable de prêcher sans avoir fait des études comme les rabbins. Mais Jésus leur répond : « Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même » (v. 17).

Sa doctrine était du Père, et non pas humaine.

Comment alors discerner que la doctrine ou l’enseignement est de Dieu ? C’est lorsque quelqu’un désire faire Sa volonté. Dieu répondra à ce besoin de Lui obéir en communiquant Sa Parole, qui apportera la lumière et les directions nécessaires. Ainsi la soumission à la volonté de Dieu est le moyen pour le croyant de connaître la vérité.

Conformons notre vie à la volonté de Dieu, décidons dans notre cœur de Lui obéir, selon ces saints désirs que produit le Saint Esprit dans une âme vivifiée – et la lumière de la Parole jaillira !

De plus, l’obéissance à une vérité déjà reçue dans le cœur sera l’occasion pour Dieu de nous révéler d’autres vérités. C’est selon ce principe qu’une âme peut faire des progrès spirituels. La conscience est sondée et le cœur disposé à recevoir la vérité. L’enseignement de Dieu est vrai, il porte le cachet de la sainteté. Dieu est glorifié et l’homme naturel est humilié et condamné.

Si, au contraire, notre volonté propre agit, la Parole de Dieu demeure incompréhensible, car elle est l’expression de la volonté de Dieu opposée à celle de l’homme.

C’est pourquoi les Juifs ne pouvaient comprendre que Jésus venait de Dieu. Ne cherchant pas Sa propre gloire, Il ne parlait pas de Lui-même. Homme toujours dépendant de Celui qui L’avait envoyé, Il ne communiquait que les paroles données par Son Père.

Depuis que Jésus avait guéri l’infirme de Béthesda un jour de sabbat (5. 16), les Juifs dans leur haine fanatique cherchaient à Le faire mourir. Or eux-mêmes violaient la loi en pratiquant la circoncision un jour de sabbat (v. 19).

Prescription légale, cette ordonnance ne pouvait délivrer l’homme de son état de péché, alors que Jésus était venu dans ce monde pour sauver des pécheurs. C’est ainsi qu’Il avait guéri un homme tout entier un jour de sabbat. C’est pourquoi Il déclare : « Ne jugez pas sur l’apparence, mais portez un jugement juste ». Cela ne peut se réaliser que si nous acceptons par la foi le Seigneur, qui pouvait dire : « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données » (17. 8).

L’homme, livré à ses propres opinions, regarde à l’apparence extérieure, mais Dieu regarde au cœur (1 Sam. 16. 7).

Par leurs raisonnements sur ce qu’était Jésus et sur Son origine, les Juifs montraient qu’ils ne voulaient rien de Lui. L’homme, dans son état naturel, est incrédule. Aussi Jésus doit-il crier dans le temple : « Je ne suis pas venu de par moi-même, mais celui qui m’a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, car je viens de lui, et c’est lui qui m’a envoyé » (v. 28).

Savoir qui est Jésus et qui L’a envoyé, voilà ce qui importe ! Ses paroles et Ses œuvres en rendaient témoignage. Quelle responsabilité pour celui qui n’accepte pas Jésus, le Fils de Dieu, comme Sauveur !

Les paroles de Jésus atteignent les consciences mal à l’aise de ses auditeurs et ils cherchent à Le tuer, mais « personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue » (v. 30). Mais il y aura un temps décrété par Dieu seul où Son heure sera venue, celle de Sa mort et de Sa glorification (12. 23 ; 13. 11 ; 17. 1).

Devant les huissiers chargés de Le prendre, Jésus déclare : « Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m’en vais à celui qui m’a envoyé. Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir » (v. 33 et 34).

Il retournerait au ciel où personne ne pourrait Le suivre, sauf tous ceux qui croiraient en Lui et en Son œuvre expiatoire. Cette parole très solennelle de Jésus annonçait un jugement inexorable pour ce peuple, après Son départ. Il y aura un temps où il sera trop tard pour saisir la grâce de Dieu (12. 35 et 36 ; 2 Cor. 6. 2 ; Mat. 25. 10).

Les temps actuels sont marqués par la grâce et la patience de notre Dieu Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4). Mais les hommes élaborent toutes sortes de raisonnements pour ne pas croire.

Ils mettent en question la divinité de Jésus, parfois Sa parfaite humanité, souvent la pleine inspiration par le Saint Esprit de la Parole de Dieu. Ils s’arrêtent aussi aux opinions des hommes religieux, dont les titres sont sanctionnés par des études, ou ils sont rebutés par la conduite des chrétiens inconséquents. Le Seigneur doit leur dire : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (5. 40).

Jésus est-il ton Sauveur ? Crois-tu à la Parole de Dieu qui est la vérité ? Alors le Saint Esprit peut te faire comprendre les paroles du Seigneur Jésus pour le bien de ton âme.

La dernière journée de la fête (Jean 7. 37 à 53).

La fête des tabernacles où l’Israélite ne devait être que joyeux, comportait un huitième et dernier jour appelé « la grande journée de la fête » (v. 37 ; Lév. 23. 36).

Si la fête des tabernacles préfigurait le millénium, dispensation finale pour l’histoire d’Israël et du monde, le dernier jour évoque l’état éternel avec les nouveaux cieux et la nouvelle terre (Apoc. 21. 1). En attendant d’établir Son règne terrestre, le Seigneur, par Son rejet et Sa mort, met un terme à l’histoire du peuple juif responsable, placé sous le régime de la loi, jusqu’à ce que le peuple repentant reconnaisse Celui qu’il a percé et L’accueille comme son vrai Messie.

Le Seigneur a passé le septième jour, appartenant au système légal, dans le sépulcre. Il est ressuscité le huitième jour, introduisant par Sa résurrection un nouvel ordre de choses dont ce jour est le premier. Ainsi, ce n’est pas le septième jour, c’est-à-dire le sabbat, que Jésus se présenta, mais le huitième jour, jour de la gloire de la résurrection.

Il se tint là, et cria disant : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (v. 37 et 38).

L’invitation du Seigneur suppose que quelqu’un a soif, c’est-à-dire qu’il a un profond besoin dans son âme. Au sein de la masse qui allait Le rejeter et Le crucifier, certaines personnes, venant à Christ avec de réels besoins et une vraie conviction de péché, trouveraient une pleine satisfaction dans Sa parfaite grâce. L’âme se désaltère en jouissant d’une joie accomplie dans ce que donne le Saint Esprit.

En vertu de la mort, de la résurrection et de la glorification de Christ, le Saint Esprit a été envoyé sur la terre comme source de vie et de puissance divines dans le croyant. Certes, rien n’est changé du côté de l’homme dont l’iniquité subsiste, ni dans ce monde dont l’inimitié contre Dieu s’affirme toujours plus.

Mais c’est au milieu du désert de ce monde que l’âme est invitée à venir à Christ pour être désaltérée au fleuve de la grâce et goûter déjà sur la terre un bonheur incomparable.

Dans l’expression « des fleuves d’eau vive couleront de son ventre », le Seigneur affirme que celui qui a répondu à Son appel par la foi, tout en étant rassasié pour lui-même, sera un canal pour rafraîchir d’autres âmes autour de lui. Car le ventre ou les entrailles dans la Parole évoquent le siège des affections, la partie sensible aux impressions les plus secrètes.

Le croyant, qui a goûté dans son cœur la grâce et les perfections de Christ, peut transmettre à autrui ce qui l’a rafraîchi. Il s’agit bien des affections renouvelées du cœur et non pas de l’intelligence.

Les affections spirituelles étant exercées, ce besoin de communiquer à d’autres ce qui a été bienfaisant pour l’âme sera spontané sous l’effet de la puissance du Saint Esprit.

A ce sujet nous avons l’explication de l’Écriture : « Or Il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en Lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus, n’avait pas encore été glorifié » (v. 39).

Au préalable, l’œuvre de la rédemption devait s’accomplir pour que le Seigneur entre dans Sa gloire, d’où Il enverrait le Saint Esprit sur la terre pour habiter dans le croyant. L’Esprit est dans le racheté la puissance de la vie nouvelle. Il l’occupe de Christ exalté dans le ciel et le conduit dans toute la vérité (Jean 16. 13 et 14).

Les Écritures avaient annoncé que le Saint Esprit déploierait toute Sa puissance pour la bénédiction d’Israël lorsque Dieu reprendrait Ses relations avec lui (Joël 2. 28 ; És. 44. 3 ; 58. 11). Mais en attendant que le peuple terrestre reconnaisse par la foi son Messie qu’il a rejeté, la part de ceux qui croient au Seigneur dans le temps actuel où Il est méprisé est bien plus excellente, car le Saint Esprit fixe leur cœur sur un Christ céleste, source de toute bénédiction spirituelle et éternelle.

Quelle grâce est accordée à ceux qui, aujourd’hui, viennent à Jésus pour étancher la soif de leur âme et s’abreuver au fleuve de ses délices ! (Ps. 36. 8). Puis, par eux, « des fleuves d’eau vive » coulent vers autrui, dans un monde comparable à un lieu aride pour l’âme, en attendant que Dieu exerce sur lui Ses jugements.

Ces paroles de Jésus ne manquent pas de produire un certain effet sur des gens de la foule, entraînant encore une contestation sur ce qu’Il était (v. 40 à 42). N’ayant pas la foi, ils ne peuvent que raisonner et se diviser.

Certains veulent Le prendre, mais personne ne met les mains sur Lui. Les huissiers chargés de se saisir de Lui sont obligés de reconnaître auprès des sacrificateurs et des pharisiens, sans leur avoir amené Jésus : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (v. 46). Quel beau témoignage !

Occupons la place de Marie assise aux pieds du Seigneur pour écouter Sa parole ! (Luc 10. 39).

Mais les pharisiens sont irrités par cette réponse et déclarent : « Et vous aussi, êtes-vous séduits… Mais cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite » (v. 48 et 49). Ils sont imbus de l’esprit de tout clergé qui veut être un intermédiaire entre Dieu et les hommes au lieu de mettre l’âme en contact direct avec la Parole de Dieu.

Ils ne pouvaient supporter que la foule ait, sur Jésus, une opinion différente de la leur. La seule intelligence humaine ne peut comprendre l’Écriture. La foi, sous l’action de l’Esprit Saint, est indispensable pour en jouir.

Enfin, c’est l’intervention timide de Nicodème (v. 50 et 51) qui, sans doute, n’a pas oublié l’entretien qu’il a eu avec le Seigneur (ch. 3). Cependant il n’a pas eu l’énergie de se séparer du mal puisqu’il était l’un d’entre les pharisiens. Son conseil ne fait qu’exciter leur haine.

Retenons l’injonction toujours actuelle : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » (Jér. 15. 19).

Jésus et la femme adultère (Jean 8. 1 à 11).

Jésus s’était retiré sur la montagne des Oliviers, conscient de ne pas avoir de chez-soi sur la terre, alors que chacun de Ses contestataires s’en allait dans sa maison (Mat. 8. 20).

Et malgré l’opposition haineuse des Juifs qui, rejetant Sa grâce, cherchaient à Le faire mourir, Jésus revient dès le point du jour au temple pour enseigner la Parole de Dieu au peuple.

Les scribes et les pharisiens, hommes religieux, surviennent à ce moment-là et, s’appuyant sur la loi de Dieu, tendent un piège subtil au Fils de Dieu dans le désir pervers de L’embarrasser.

Ils lui amènent une femme ayant commis un grave péché qui, selon la loi, la condamnait à mort (Lév. 20. 10 ; Deut. 22. 22). C’est le cas de tout péché commis par fierté (Nomb. 15. 30 et 31). Ils pensaient mettre ainsi le Seigneur en contradiction, soit avec la loi, soit avec la grâce qu’Il manifestait et enseignait.

Ils déclarent au Seigneur que Moïse a commandé de lapider de telles femmes : « Toi donc, que dis-tu ? Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent de quoi l’accuser » (v. 5 et 6).

Ils ne sont pas conscients qu’ils sont en présence de Dieu manifesté en chair, Celui qui « discerne les pensées et les intentions du cœur » (Héb. 4. 12).

Si Jésus condamnait cette femme coupable, n’était-ce pas en opposition avec la grâce, alors qu’on l’appelait « L’ami des publicains et des pécheurs » ? (Luc 7. 34). N’était-Il pas venu dans ce monde pour « chercher et sauver ce qui était perdu » ? (Luc 19. 10). N’avait-Il pas déclaré : « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’Il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui ? (Jean 3. 17)

Si Jésus prononçait le pardon, n’était-ce pas nier l’autorité de la Loi et porter atteinte à la vérité ? N’avait-Il pas dit : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » ? (Mat. 5. 17). Ne pouvaient-ils pas L’accuser de se compromettre avec le péché, alors que toute Sa vie manifestait son respect de la sainteté de Dieu et de la justice de la loi ?

Mais comme était vaine leur ruse satanique devant le Fils de Dieu ! Ils cherchaient à diriger la pointe de l’épée de l’Esprit vers Jésus, et aussitôt ils en sont transpercés eux-mêmes. Selon Sa sagesse parfaite, le Seigneur leur prouve que cette loi divine les atteint tous, telle une épée sans poignée qui pénètre d’abord celui qui l’utilise.

Jésus ne répond pas immédiatement à Ses interlocuteurs. S’étant baissé, Il écrivait sur la terre ». Ils ne peuvent supporter ce silence et continuent à l’interroger. S’étant relevé, Il leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché, jette la première pierre contre elle ». « Et s’étant encore baissé, Il écrivait sur la terre » (v. 7 et 8).

Le Seigneur donne sa vraie force à la loi. Elle condamne tout homme et le place sous la sentence de mort. Elle défend même le mouvement du cœur en interdisant la convoitise.

La loi qu’ils voulaient appliquer à cette femme coupable, les concernait aussi. Elle met leur conscience à nu. Celui qui l’avait écrite de Son doigt sur les deux tables en Sinaï était là devant eux (Ex 31. 18). « La vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme » (Jean 1. 9).

Convaincus de péché « ils sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ». N’ayant pas accompli la loi, comment pouvaient-ils condamner l’accusée ? Ils redoutent que leurs péchés ne soient révélés devant tous.

Cependant Dieu déclare : « Il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3. 23). N’avaient-ils pas alors l’occasion de saisir la grâce par la foi en Jésus, qui manifestait la lumière de la vie ? (v. 12). Mais, pensant à leur réputation, tous se retirèrent.

« Jésus s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas, va, dorénavant ne pèche plus » (v. 10 et 11).

Nous avons dans cette scène une parfaite expression de la grâce et de la vérité. Celui qui seul était sans péché aurait eu le droit d’exercer le châtiment et Il ne condamne pas la coupable, tout en condamnant sa conduite. Celui qui est déclaré : « Juge des vivants et des morts » était venu dans ce monde comme Sauveur.

Aucun homme n’avait pu accomplir la sainte loi de Dieu, alors Jésus s’offre lui-même à Dieu à la place du pécheur. C’est à la croix que « la bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées » (Ps. 85. 10).

Les accusateurs n’ont pas pu supporter l’effet de la lumière révélant leur état de péché. Selon cette parole de Jésus : « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière » (Jean 3. 19 et 20). S’ils étaient restés auprès de Jésus pour confesser leurs péchés que manifestait la vérité, ils auraient aussi découvert comment la grâce peut tout pardonner et délivrer des coupables d’un jugement mérité. Seule la femme condamnée par ses semblables va pouvoir apprécier cette grâce dans les paroles de Jésus, car elle est restée auprès de Lui. Elle devait encore compter sur la grâce pour réaliser l’injonction du Seigneur : « Va, dorénavant ne pèche plus ».

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1). N’oublions pas cette parole du bon Berger : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais » (Jean 10. 27 et 28).

Jésus, la lumière du monde (Jean 8. 12 à 32).

Jésus vient de confondre les scribes et les pharisiens en atteignant leur conscience par Sa parole, alors qu’ils pensaient Lui tendre un piège. En outre, Il ne condamne pas la femme pécheresse, mais la renvoie avec ces paroles : « Dorénavant ne pèche plus ».

Cette scène illustre l’enseignement qu’Il va donner maintenant : « Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (v. 12). Cette parole proclame la déité du Seigneur Jésus. Car Dieu, dans Sa nature, est Esprit (Jean 4. 24), lumière (1 Jean 1. 5), et amour (1 Jean 4. 8 et 16).

Venant dans le monde plongé dans les ténèbres du péché, Christ, la vraie lumière, éclaire tout homme, comme ce fut le cas pour les scribes et les pharisiens qui n’en profitèrent pas. Ce qui manifeste tout c’est la lumière (Éph. 5. 13). Mais celui qui suit le Seigneur aura la lumière de la vie. C’est bien le cas de Ses brebis qui écoutent Sa voix et Le suivent (Jean 10. 27).

Ainsi la possession de la vie, l’acceptation du salut par la grâce et par la foi, concernent chacun individuellement, si même l’évangile s’adresse à tous les hommes, puisque notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4).

Depuis que l’homme désobéissant a été chassé du jardin d’Éden, le monde est enveloppé de ténèbres morales, à tel point que dans le temps présent Christ est rejeté de ceux qui portent encore Son nom, comme faisant partie de la profession chrétienne.

Mais les appels de la grâce à la fin de l’ère chrétienne sont toujours plus pressants : « Celui qui me suit aura la lumière de la vie ». Nul ne peut suivre et servir deux maîtres. Suivre le Seigneur dans le chemin qu’II a frayé ici-bas implique le renoncement aux vanités de ce monde, aux convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme (1 Pier. 2. 11).

L’âme, ayant Christ pour objet, possède alors la lumière de la vie, la paix et le bonheur dans la jouissance d’une communion intime avec Lui. Ayant sa source en Dieu, la lumière a brillé en Jésus, au sein des ténèbres morales de ce monde, communiquant la vie à ceux qui le reçoivent et le suivent.

En réponse aux paroles de Jésus, les pharisiens lui dirent : « Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n’est pas vrai » (v.13). C’est comme Fils de Dieu, lumière du monde, que le Seigneur affirmait ce qu’il était, alors que les Juifs ne voyaient en lui qu’un homme sans apparence et de ce fait n’acceptaient pas son témoignage.

Mais si Dieu parle, ce qu’Il dit est vrai et Il se révèle par Sa parole. Jésus savait d’où Il venait et où Il allait, après avoir accompli l’œuvre de la croix. Mais les Juifs, en jugeant selon la chair, étaient étrangers à la révélation de Dieu que seule la foi saisit. Tout au long de l’évangile de Jean, le Seigneur Se présente comme l’Envoyé du Père qui, de plus, était avec Lui ; si bien que selon la loi il y avait un témoignage divin (Deut. 17. 6).

A une première question des Juifs : « Où est ton père ? », Jésus répond : « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père ; si vous m’aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père » (v. 19). L’homme naturel, aveuglé par le péché, ne peut connaître Dieu, alors que Son Fils était venu en grâce. « Le monde, ne l’a pas connu. Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11).

Malgré la haine de ces hommes, personne ne Le prit, parce que Son heure n’était pas encore venue (v. 20).

Jésus était venu pour sauver le pécheur mais, rejeté, Il met en relief les conséquences de l’incrédulité de ceux qui ne L’avaient pas reçu : « Si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés » (v. 24).

Ce qui était vrai pour les Juifs de l’époque, l’est aussi pour tous ceux qui, aujourd’hui, refusent d’accepter l’évangile de la grâce de Dieu.

Puis les pharisiens posent leur deuxième question : « Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument ce qu’aussi je vous dis ». Ses paroles étaient la parfaite expression de ce qu’Il était, Son langage Le présentait Lui-même, étant la vérité. Toute Sa vie, Ses pensées, Ses paroles et Ses actes démontraient qu’Il était l’envoyé du Père. Les huissiers du chapitre précédent doivent reconnaître : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (7. 46). Tout ce que Jésus disait ou faisait était en accord avec la volonté de Son Père.

N’y-a-t-il pas parfois un écart sensible entre ce que nous disons ou montrons à notre prochain et ce que nous sommes réellement ?

Malgré Sa solitude le Seigneur pouvait exprimer : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (v. 29). Il était venu dans le monde pour faire la volonté de Dieu. Et dans ce chemin qui Le conduisait à la croix de Golgotha, Il jouissait de toute l’approbation de Son Père. « Comme il disait ces choses, plusieurs crurent en lui » (v. 30). Voilà les effets bénis de la Parole de Dieu qui opère dans les cœurs et dans les consciences, dans un milieu hostile !

« Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (v 31 et 32).

Dès que la foi est communiquée à une âme qui a entendu la Parole de Dieu, une vie nouvelle commence dans laquelle Jésus, d’abord connu comme Sauveur, devient le modèle du jeune disciple. Christ étant l’objet qu’il contemple, il reproduira en paroles et en actes quelques traits de cette vie de perfection morale.

Il importe de persévérer dans la Parole qui nous éclaire quant à la pensée de Dieu en toutes choses. Elle est la vérité dans laquelle nous fait entrer le Saint Esprit, qui sonde les choses profondes de Dieu. La vérité affranchit l’âme du péché, du « moi », du monde, de la loi.

C’est la vraie délivrance, la pleine liberté, par la puissance du Saint Esprit. C’est la vie consacrée au Seigneur dont Paul disait : « Pour moi, vivre c’est Christ ».

D’après La Bonne Nouvelle 1990

BERACA 28 : LES CONFIDENTS DE DIEU

Josué fait partie de ceux qui ont vécu la sortie d’Égypte. Lors de la traversée de la Mer Rouge, il devait avoir environ 40 ans. De ce fait, enfant et jeune homme, il a connu l’esclavage en Égypte. Dans le désert, il est vu en présence de Moïse. Il fut le témoin des murmures répétés de ses compatriotes, comme aussi des réponses de l’Éternel. C’est lui qui est délégué par Moïse pour choisir des hommes pour aller au combat contre Amalek qui était venu faire la guerre à Israël (Ex. 17. 8 à 16). Josué et ses hommes sont sur le champ de bataille, Moïse, Aaron et Hur se trouvent en retrait, intercédant. Sans ce service d’intercession, pas de victoire.

Cette bataille représente, pour les enfants de Dieu, le combat contre la chair. La chair c’est, depuis la chute d’Adam en Éden, la propre volonté de l’homme naturel et pécheur, qui s’oppose à Dieu. Elle « convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces deux sont opposés l’un à l’autre » (Gal. 5. 17). La chair habite le croyant jusqu’à son introduction dans la présence glorieuse du Seigneur, par la mort du corps ou par l’enlèvement. Il est ainsi écrit : « Parce que Jah a juré, l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (v. 16). Si Moïse est vu comme le Sauveur, le législateur et le berger d’Israël, Josué, qui introduira le peuple en Canaan, représente, en type, Christ ressuscité qui, par l’Esprit Saint, nous fait entrer dans les bénédictions spirituelles qui sont dans les lieux célestes.

Les fils d’Israël devaient prendre possession du pays promis à leurs ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob, et cela n’a pas été facile. Nous, croyants et disciples de Jésus Christ, nous combattons avec les secours de l’Esprit Saint, contre « les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes » (Éph. 6. 12). Satan, l’ennemi de Dieu, veut nous empêcher de saisir toute l’étendue des bénédictions résultant de l’œuvre de Christ à la croix. Combien d’hommes et de femmes sont encore prisonniers de fausses doctrines ? Pendant des siècles, nombreux sont ceux qui ont fait des pèlerinages ou vécu cloîtrés dans des monastères pour obtenir la faveur de Dieu ! Et cela se trouve encore de nos jours ! Aucune de ces actions ne peut rendre juste qui que ce soit. Seule la foi en Jésus Christ, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, peut nous donner la vie, selon qu’il est écrit : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (c’est par la grâce que vous êtes sauvés), et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus… Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur la base des œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éph 2. 4 à 9).

Notre place est acquise, notre position en Christ certaine, et notre héritage assuré ! En ce qui concerne les combats spirituels pour jouir de toutes ces choses, Christ est non seulement notre Sauveur, mais aussi notre grand souverain sacrificateur, notre avocat « auprès du Père » (1 Jean 2. 1).

Après le combat contre Amalek, « Moïse se leva, avec Josué qui le servait ; et Moïse monta sur la montagne de Dieu » (Ex. 24. 13 ; 32. 17). C’est proche de Dieu qu’il reçoit la Loi et les ordonnances concernant le culte qui devra être rendu à l’Éternel, « des sacrifices par feu, en odeur agréable », qui anticipent la glorieuse Personne de Christ se donnant entièrement à Dieu, dans Sa vie et dans Sa mort. Pendant les quarante jours d’absence de Moïse, le peuple tombe dans le péché d’idolâtrie. En redescendant de la montagne « Moïse vit que le peuple était dans le désordre ; car Aaron l’avait livré au désordre », et connaissant la sainteté de Dieu, il brise les tables de la Loi et tend une tente en dehors du camp des tribus d’Israël (Ex. 32. 25).

C’est là que l’Éternel apparaîtra à Son peuple dans la nuée : « Et il arriva que, comme Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendit, et se tint à l’entrée de la tente, et l’Éternel parla avec Moïse. Et tout le peuple vit la colonne de nuée se tenant à l’entrée de la tente ; et tout le peuple se leva, et ils se prosternèrent, … Et l’Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle avec son ami ; et Moïse retournait au camp ; et son serviteur Josué, fils de Nun, jeune homme, ne sortait pas de l’intérieur de la tente » (Ex. 33. 7 à 11).

Au cours de la première année dans le désert, le tabernacle est préparé, et le premier mois, le premier jour du mois de la seconde année, Moïse reçoit l’ordre de dresser « le tabernacle de la tente d’assignation » (Ex. 40. 2 ; Nomb. 9. 15). Par la suite, douze espions, un par tribu, sont envoyés pour explorer le pays (Nomb. 13. 18). Remarquons que c’est à ce moment-là que Moïse change le nom d’Osée (délivrance) en Josué (l’Éternel est sauveur) – Nomb. 12. 9 et 17. Josué en fait partie, et de retour, la mission accomplie, les douze rendent compte de la valeur du pays : « vraiment il est ruisselant de lait et de miel, et en voici le fruit. Seulement, le peuple qui habite dans le pays est fort, et les villes sont fortifiées, très-grandes » (v. 28 et 29).

Consternation ! Dix espions sur douze découragent le peuple : « Nous ne sommes pas capables de monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous » (v. 32). Caleb et Josué s’interposent : « Montons hardiment et prenons possession du pays, car nous sommes bien capables de le faire ». La foi fait face à la peur, parce qu’elle se repose sur les promesses de Dieu ! Mais, « tous les fils d’Israël murmurèrent contre Moïse et contre Aaron » et s’en prirent aussi à l’Éternel en se disant « l’un à l’autre : Établissons un chef, et retournons en Égypte » (Nomb. 14. 2 et 4).

Moïse et Aaron tombèrent sur leur face devant toute l’assemblée des fils d’Israël. Josué et Caleb, « déchirèrent leurs vêtements » (v. 5 à 10). Malgré les encouragements qu’ils s’efforcent de donner, les deux conducteurs et les deux serviteurs fidèles sont menacés de mort : « toute l’assemblée parla de les lapider avec des pierres. Et la gloire de l’Éternel apparut à tous les fils d’Israël à la tente d’assignation ». C’est ainsi que Dieu forma Josué pour qu’il puisse prendre la relève lorsque l’Éternel recueillera son cher serviteur Moïse.

La méditation de ce qui est arrivé à ce peuple nous amène à considérer la faiblesse humaine et la force donnée par Dieu pour passer au travers des circonstances, si difficiles qu’elles puissent être. Fortifions-nous « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éph. 6. 10) !

POSITION DE LA FEMME DANS L’ASSEMBLÉE

Dans l’assemblée.

Si on dit : « Il ne s’agit pas d’une réunion d’assemblée » :

Je m’interroge sur l’expression employée dans le verset ci-dessus : « dans les assemblées ». Cette expression a-t-elle le même sens qu’en 1 Cor. 11. 18 ? :

  • « …quand vous vous réunissez en assemblée… ».
  • Ou en 1 Cor. 14. 23 : «…si donc l’assemblée toute entière se réunit ensemble… » 

Dans ces deux cas il s’agit bien d’une réunion d’assemblée avec les caractères mis en évidence entre autres par R.K. Campbell (L’Église : p. 109) ou H.R. (Qu’est-ce qu’une réunion d’assemblée ?).

En revanche, les réunions projetées sont pour l’assemblée groupée pour cette occasion mais sans que soient réalisés les caractères d’une réunion d’assemblée.

Le livre : « Que dit l’Écriture ? » page 318 (question 143) présente les choses de manière plus restrictive : ce ne sont pas les caractères d’une telle réunion qui sont retenus mais le fait que ces réunions soient publiques.

« Mademoiselle Prior, deux choses sont interdites aux femmes, parler dans l’assemblée et enseigner où que ce soit. Pour moi, la question est donc très simple : silence dans l’assemblée et jamais d’enseignement.

Si une réunion d’étude se tient dans une maison privée, et est pratiquement une réunion privée, les sœurs sont libres. Je crois que les convenances les retiendront là où se trouvent les frères, mais comme dans une maison privée, elles ont la liberté de parole. Dès que les frères se réunissent en tant que tels au nom du Seigneur, leur place est le silence ; de même, poser une question peut être, comme vous le dites, un enseignement caché. Une réunion dans la salle de réunion de l’assemblée prend plus ou moins nécessairement le caractère d’une réunion de l’assemblée, si elle est ouverte à tous. Il y a, s’il y a liberté, beaucoup de choses liées à la convenance qui doivent nous guider. « La nature même ne vous enseigne-t-elle pas », dit l’apôtre, et chaque chose est belle à sa place : les femmes en avaient une belle [place] dans les évangiles, et même dans les épîtres. On les trouve attachées à Jésus alors que les disciples ne l’étaient pas, mais c’est leur place à elles – un attachement dévoué à Lui, et non un enseignement public. L’ordre de Dieu apporte plus de progrès que toute supériorité d’intelligence. Quant au fait d’avoir la foi pour se taire, je crois que la confiance dans le Seigneur pouvait les faire se taire lorsqu’elles pensaient devoir parler, mais c’est vraiment une question de décorum, pas de foi. « Je ne permets pas à une femme d’enseigner », etc. Je crois avoir répondu à toutes vos questions dans la mesure où je le sais, et j’espère que le Seigneur pourra vous guider en esprit et en cœur. Bien à vous dans le Seigneur ». 1874. J. N. Darby : Letters : Volume 2, number 166, p 265 https://www.stempublishing.com/authors/darby/letters52166E.html.

Question après cette lecture :

Les réunions ont-elles un caractère public ? (c’est-à-dire : ouvert à tous).

« Mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence » (1 Tim. 2. 12)

Tout le paragraphe dont est issu ce verset pourrait avoir comme titre :

« Position de la femme par rapport à l’homme et position de l’homme par rapport à la femme ».

Dès qu’une femme prend une position de leader devant des hommes, il est clair qu’elle sort de sa place.

D’après B.D.

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La Parole est claire et, en public et en présence des frères, les femmes doivent rester dans le silence. S’attacher à la Parole n’est pas faire preuve de raideur.

Les réunions où frères, sœurs et enfants s’expriment librement ne peuvent avoir le caractère de réunions d’assemblée et on ne trouve pas de telles réunions mentionnées dans la Parole (elles peuvent avoir le caractère de réunions de la famille de Dieu). C’est tout à fait différent lorsque l’apôtre Paul nous enseigne pour les moments où « vous vous réunissez ensemble (en un même lieu) » (1 Cor. 12. 20). Dans ces moments-là, hommes, femmes et enfants ont une place et un rôle différents et seuls les hommes peuvent s’exprimer, comme étant « la bouche de l’assemblée ». Les femmes ont leur mari pour poser des questions (ou, si elles sont veuves ou célibataires, elles peuvent s’adresser à un frère) ; quant aux enfants, leurs parents doivent être leurs principaux interlocuteurs.

« Quant à mon peuple, des enfants l’oppriment, et des femmes le gouvernent. Mon peuple ! ceux qui te conduisent se fourvoient, et détruisent le chemin de tes sentiers » (És. 3. 12). Que le Seigneur nous réveille ! C’est l’Assemblée de Dieu, pas la nôtre, et nous ne devons pas y faire ce qui nous semble bon. Que faisons-nous de 1 Timothée 3. 15 : « Afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » et des enseignements de 1 Corinthiens ?

Ce qui demeure, dans une actualité permanente, c’est la Parole, par laquelle notre Dieu et le Seigneur Jésus s’adressent à nous pour nous rappeler encore et toujours quelle doit être notre conduite, à nous chrétiens sur la terre, dans l’attente de la venue du Seigneur. La Parole nous avertit aussi quant à notre conduite dans ce monde où nous devrions être « la lettre de Christ… écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes », comme aussi « des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi lesquels vous reluisez comme des luminaires dans le monde » (2 Cor. 3. 2 et 3 ; Phil. 2. 15).

Ces préceptes nous sont ainsi rappelés pour que nous vivions ici-bas une vie de piété, dans la crainte (saint respect) et la confiance en Dieu, mais aussi dans l’obéissance, non pas légale, mais du cœur, pour le Seigneur (voir Rom. 6. 17). Le Seigneur veut que nous ayons avec Lui des relations personnelles, intérieures, mais qui manifestent des fruits extérieurs, au-dehors, pour Sa gloire. Chère jeune sœur, que le Seigneur te donne, comme à chacun de Ses enfants, le désir de vivre près de Lui, d’une vie de piété qui l’honorera et qui se verra ici-bas dans ta marche, ton attitude, ta tenue, en tout temps et en tout lieu.

Pourquoi faire ces choses qui nous sont rappelées par nos frères d’autrefois ? On peut toujours discuter, raisonner, voire contester – nous savons, hélas ! si bien le faire, mais ce qui nous est demandé, ce que Dieu attend de tous les Siens, c’est simplement d’obéir à la Parole. Nous disons que nous aimons le Seigneur : montrons-le en étant soumis aux commandements qu’Il nous a donnés.

Dieu Lui-même s’adresse à nous (Deut. 22. 5), le Seigneur sollicite nos affections pour Lui (Jean 14. 15). Les apôtres nous enseignent selon ce que l’Esprit du Seigneur leur a communiqué, pour que nous mettions en pratique ce qu’ils nous apprennent, afin que nous vivions et nous conduisions de façon à plaire au Seigneur à tous égards (Col. 1. 10).

Les apôtres parlent aussi d’une manière particulière aux femmes croyantes, dans des passages tels que 1 Cor. 11. 6 et 7 ; 13 à 15 ; 1 Tim. 2. 9 et 10 ; 1 Pier. 3. 1 à 4. Ces enseignements rappelés aux sœurs sont clairs et faciles à comprendre, puisses-tu y appliquer ton cœur pour les réaliser en un réel témoignage pour Lui. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17).

Pour qui faire ces choses ? Pour tes parents qui peut-être te le demandent, pour les frères qui rappellent parfois ces passages et leur importance ? Oui, certainement, car nous avons à obéir à nos parents (Éph. 6. 1 ; Col. 3. 20), à être « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éph. 5. 21), et aussi soumis aux frères conducteurs qui nous ont enseigné ces choses (Héb. 13. 17 ; 1 Pier. 5. 5). Mais avant tout et plus que tout, ne serait-ce pas pour le Seigneur Lui-même ? Ce qui peut nous motiver dans tout ce que nous faisons, n’est-ce pas le désir de Lui être agréable, plutôt qu’aux hommes (voir 1 Thess. 2. 4) ? « Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage » (Col. 3. 23).

Ce sont nos affections pour Lui qui doivent être engagées pour mettre en pratique les choses qui nous sont enseignées par la Parole de Dieu. Si nous réalisons un peu combien le Seigneur Jésus nous a aimés, nous désirons Lui montrer que nous L’aimons en retour. De quelle manière ? En obéissant à ses commandements (voir Jean 14. 15 et 21). L’obéissance est la première manifestation pratique de l’amour.

Ce n’est certainement pas toujours facile (2 Tim. 3. 12), il y a de l’opprobre, peut-être de la moquerie. Mais, au-dessus de cela, il y a l’approbation du Seigneur et la certitude de Lui être agréable, de Lui plaire (voir Col. 1. 9 et 10).

Réfléchissons à cette parole de l’Eternel qui certainement s’adresse à notre conscience : « Ceux qui m’honorent, je les honorerai, et ceux qui me méprisent seront en petite estime » (1 Sam. 2. 30).

A toi de peser ces choses devant le Seigneur, et de Lui demander de te donner la force de réaliser ce témoignage à Sa gloire, si ton amour pour Lui t’y conduit. Son soutien et Sa bénédiction te sont assurés dans le chemin d’obéissance qu’Il place devant toi.

Voir aussi :

« Courtes exhortations aux jeunes sœurs » – A. Guignard

« Importance et signification profonde de la tenue des sœurs » – C. Pfister.

D’après P. F.

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1 Timothée 2. 11 à 14. « Que la femme apprenne dans le silence ». Le terme traduit par « silence » signifie aussi : « calme, tranquillité, discrétion ». Il est différent du terme utilisé en 1 Corinthiens 14. 34, qui signifie strictement : « se taire » (ou « ne pas parler »), en toute soumission ; mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ; car Adam a été formé le premier, et puis Ève ; et Adam n’a pas été trompé ; mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression ».

Ces versets s’appliquent à une sphère plus étendue que celle des réunions de l’assemblée. Ils parlent de la conduite à avoir lorsque hommes et femmes sont présents, et s’appliquent à tout témoignage public. Ils visent l’enseignement donné en public à un auditoire mixte, car il est question d’user d’autorité sur l’homme. La femme ne doit jamais prendre une place de docteur, ou enseigner dans des réunions composées d’hommes et de femmes, car à ce moment-là l’homme est dans la position de celui qui apprend, ce qui renverse l’ordre divin.

L’homme a été formé le premier, il est le représentant de Dieu et le chef ; il devrait donc maintenir la position légitime qui est la sienne : conduire et enseigner. Ève a pris les devants pour transgresser le commandement de Dieu et a été trompée par Satan, montrant qu’elle était un piètre conducteur ; c’est pourquoi, dans le gouvernement de Dieu, les femmes ne doivent pas prendre la place où s’exerce l’autorité et où se donne l’enseignement. Elles doivent apprendre dans le silence et la soumission. Par conséquent, une femme ne doit jamais occuper, en public, une place de « docteur » reconnu pour enseigner la Parole de Dieu, ni donner l’enseignement dans l’assemblée ou devant un auditoire mixte, où elle se met dans une position d’égalité avec l’homme, ou de supériorité par rapport à lui, car elle usurpe alors l’autorité de l’homme.

Cependant, nous voyons que Tite 2. 3 à 5 exhorte les femmes âgées à enseigner « de bonnes choses » et à instruire les jeunes femmes. Ici, les femmes âgées reçoivent le droit d’enseigner, mais le cercle est bien défini, c’est celui des jeunes femmes ; de plus, l’enseignement a un caractère informel et touche à des sujets pratiques plus ou moins liés à la maison et la famille (v. 4 et 5). Il est tout à fait convenable d’aider des femmes à comprendre les Écritures, et de parler avec elles librement sur la Parole. On ne peut qu’encourager les sœurs à œuvrer diligemment pour le Seigneur dans ces sphères-là. Même le fait de communiquer le message de l’Évangile calmement, dans une conversation privée avec des hommes convient à une femme, si cela est fait avec discrétion et mesure.

Mais on peut facilement glisser et se mettre à donner un enseignement formel, et alors une femme n’est plus à sa place. Si elle entreprend une étude de la Parole en public, même si l’auditoire est composé uniquement de femmes, c’est prendre la place d’un « docteur ».

Expliquer la Bible aux enfants, prier et chanter avec eux, est aussi un service qui convient à des femmes. Cette activité est fondamentale dans le foyer, se continue à l’école du dimanche qui peut être un complément. Il est donc tout à fait convenable que des sœurs donnent l’enseignement dans des classes d’enfants de l’école du dimanche, ou des groupes de jeunes femmes, particulièrement lorsqu’elles dépendent de frères sous la responsabilité desquels elles accomplissent leur service. Prions pour qu’un plus grand nombre de femmes fidèles soient actives pour le Seigneur et encouragées à agir dans ces sphères qui sont leur domaine particulier. Ce besoin se fait vivement sentir et l’œuvre du Seigneur dépérit par manque de sœurs énergiques et dévouées pour accomplir leur service. Que le Seigneur bénisse toutes les sœurs qui sont engagées pour lui dans un service approprié.

Dans l’assemblée

1 Corinthiens 14. 34 à 38 nous donne des enseignements clairs sur la place de la femme dans les réunions d’assemblée. « Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi. Et si elles veulent apprendre quelque chose, qu’elles interrogent leurs propres maris chez elles, car il est honteux pour une femme de parler dans l’assemblée. La Parole de Dieu est-elle procédée de vous, ou est-elle parvenue à vous seuls ? Si quelqu’un pense être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que les choses que je vous écris sont le commandement du Seigneur. Et si quelqu’un est ignorant, qu’il soit ignorant ».

Ici, il est clairement dit qu’une femme ne doit pas parler dans l’assemblée. L’expression « dans l’assemblée », ou « dans les assemblées », est utilisée cinq fois dans ce chapitre, et signifie toujours : les réunions de chrétiens en assemblée, le rassemblement de toute l’église. Dans une telle réunion d’assemblée, les femmes ne doivent pas du tout parler, mais se taire dans la soumission.

En 1 Corinthiens 11. 5, l’apôtre parle d’une femme qui prie ou prophétise. Ce passage autorise cette activité pour une femme, mais n’indique pas où elle devait s’exercer. Le chapitre 14 montre clairement qu’un tel ministère pour les femmes n’est pas permis dans l’assemblée, où elles doivent se taire. Il est donc tout à fait évident que c’est en dehors de l’assemblée qu’une femme peut prier et prophétiser.

En Actes 21. 8 et 9, les compagnons de Paul viennent à la maison de Philippe l’évangéliste ; il avait quatre filles qui prophétisaient. D’après le contexte, il semble bien qu’elles prophétisaient chez elles, et non dans l’assemblée ; c’était tout à fait convenable.

Il est important de remarquer que cette interdiction pour les femmes de parler dans l’assemblée n’est pas simplement la parole de Paul — un célibataire, comme diraient certains — mais que ces choses sont « le commandement du Seigneur » (1 Cor. 14. 37). Et si quelqu’un veut être spirituel et plaire au Seigneur, qu’il (ou elle) reconnaisse que c’est le commandement divin. C’est simplement une question d’obéissance à la volonté de Dieu clairement exprimée. Si l’on essaie de raisonner sur ces versets si simples, si l’on s’obstine dans la propre volonté et la désobéissance, cela montre que le cœur ne désire pas faire la volonté de Dieu et que sa Parole n’est pas respectée.

Les Corinthiens, comme beaucoup aujourd’hui, pensaient peut-être qu’ils étaient libres d’agir à leur guise à ce sujet. L’apôtre leur dit donc : « La Parole de Dieu est-elle procédée de vous, ou est-elle parvenue à vous seuls ? » (14. 36) ; c’est-à-dire : Avez-vous autorité de la part du Seigneur sur ce que vous avez à faire à ce sujet ? Ce n’est pas de vous que vient la Parole du Seigneur, mais à vous. Ils devaient donc se soumettre au commandement du Seigneur donné par l’apôtre.

On dit quelquefois que le mot « parler » dans ce verset signifie : causer, bavarder ou chuchoter pendant le service, et que c’est cela que l’apôtre interdisait. Mais c’est là une affirmation absolument fausse et qui ne peut qu’égarer. Le mot grec utilisé ici et dans tout ce chapitre est « laleo ». Il est traduit par le verbe parler dans tout ce chapitre, et 241 fois dans le Nouveau Testament. Il signifie parler, prendre la parole. Ainsi, de même qu’il est dit : « Que les prophètes parlent, deux ou trois » (v. 29), de même il est enjoint aux femmes de ne pas parler : « Il ne leur est pas permis de parler ». C’est le même mot dans les deux cas.

On dit aussi que cette interdiction pour les femmes de parler dans l’assemblée, n’était valable que pour Corinthe, où les femmes étaient ignorantes, bruyantes, effrontées, et incapables de prendre la parole en public. La première déclaration est tout à fait fausse, et la seconde n’est qu’une supposition. Le début de cette épître aux Corinthiens nous montre que Paul l’adressait « à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe… avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ » (ch. 1. 2).

Cela est catégorique. Les exhortations données dans cette épître n’ont pas une portée simplement locale, mais sont aussi adressées à tous ceux qui se disent chrétiens, où qu’ils soient. Et dans le verset qui nous occupe, l’apôtre dit que les femmes doivent se taire dans « les assemblées ». Il ne dit pas : « dans votre assemblée », mais « dans les assemblées ».

Dans l’assemblée, la femme a une place de soumission et de discrétion, non de direction. Ceux qui participent publiquement, dans l’assemblée, conduisent l’assemblée, que ce soit par la prière, la louange ou l’édification, et cette place de conducteur n’est pas donnée aux femmes.

Beaucoup n’ont pas conscience que, même si un frère prie devant tous, il conduit l’assemblée réunie dans la prière. Ce n’est pas simplement une prière individuelle. Il est le porte-parole de l’assemblée dans la prière ou la louange. Par conséquent, si une femme priait dans une réunion de prière de l’assemblée, ou dans une réunion mixte, elle prendrait une place de conducteur en opposition avec la Parole. En 1 Timothée 2. 8, l’apôtre déclare : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu ». Cette pleine liberté pour prier n’est pas donnée aux femmes.

À cet égard, nous pouvons tirer une leçon de l’histoire d’Anne, en 1 Samuel 1. 9 à 18. Cette femme pieuse priait dans la maison de l’Éternel, alors que les adorateurs étaient assemblés. Remarquons ce qu’il est dit à son sujet : « Anne parlait dans son cœur ; ses lèvres seulement remuaient, mais on n’entendait pas sa voix » (v. 13). Prier à haute voix, dans cette compagnie composée d’hommes et de femmes, n’aurait pas été convenable. Cependant elle pouvait prier dans son cœur ; Dieu l’a entendue et lui a répondu. De même aujourd’hui les femmes peuvent prier et faire monter la louange dans leur cœur au sein de l’assemblée réunie, et joindre leur « amen » aux prières et aux louanges exprimées devant tous ainsi que chanter.

D’après R.K.C.

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Activité des sœurs/filles pendant les rencontres de jeunes :

Quel comportement en public doivent avoir les sœurs/filles pendant les rencontres de jeunes ? En 1 Timothée 2. 12, il est écrit : « Or, je ne permets pas à une femme d’enseigner, ni d’user d’autorité sur l’homme, mais elle doit demeurer dans le silence ». En ce qui concerne le comportement des sœurs dans l’assemblée, nous avons en effet des instructions claires (1 Corinthiens 14. 34).

Qu’en est-il d’une réunion de jeunes, qui est bien une réunion publique, mais pas une réunion en tant qu’assemblée ? A partir de quand commence « l’enseignement » ?

Je suppose qu’il y a au moins un frère responsable dans une réunion de jeunes. Afin de permettre à tous les jeunes de participer aux thèmes, on pourrait de temps en temps attribuer quelques thèmes partiels à certains jeunes. Ceux-ci seraient alors traités par eux et présentés à la réunion de jeunes suivante, accompagnés par le frère responsable.

Enseigner, c’est par exemple :

– La présentation de faits préparés à la maison (travail de recherche) pour le thème de la réunion de jeunes (par exemple, le chrétien et le travail, les caractéristiques de Dieu).

– La présentation d’un personnage de la Bible et son application pratique pour nous aujourd’hui.

Autres réflexions :

Le comportement non biblique des sœurs/filles n’est-il pas aussi de notre faute à nous, frères/garçons, parce que nous « évitons » de traiter certains thèmes ? N’agissons-nous pas à l’encontre de notre responsabilité en tant qu’hommes, ce à quoi nous sommes invités dans 1 Timothée 2. 8 ? (D’ailleurs, ce verset se trouve avant le silence des sœurs).

Frères et sœurs – dans la même relation avec le Seigneur

Il convient tout d’abord de noter que les frères et les sœurs sont tout à fait égaux dans leur relation avec le Seigneur Jésus et avec Dieu le Père : « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni mâle, ni femelle ; car vous tous, vous êtes un dans le christ Jésus » (Gal. 3. 28).

Chaque femme croyante peut et doit donc lire la Parole de Dieu, découvrir les bénédictions spirituelles et en profiter avec autant d’intérêt que, nous l’espérons, tous les hommes croyants. Et toute femme croyante aura besoin de cette préparation spirituelle au même titre qu’un homme croyant, car la foi est extrêmement importante pour la vie personnelle et peut-être aussi pour des tâches particulières dans le mariage et/ou la famille. Priscilla, avec son mari Aquilas, était capable d’expliquer plus précisément la voie de Dieu au grand prédicateur Apollos. « Et il se mit à parler avec hardiesse dans la synagogue. Et Aquilas et Priscilla, l’ayant entendu, le prirent et lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu » (Act. 18.26), et les filles de Philippe pouvaient prophétiser : « Or il avait quatre filles vierges qui prophétisaient » (Act. 21. 9).

Pour cela, ils avaient certainement tous eu besoin d’une préparation spirituelle par la prière et l’acceptation volontaire de la doctrine chrétienne.

Frères et sœurs – même en tant que chrétiens, nous restons dans l’ordre de la création de Dieu

Ce qui peut surprendre l’un ou l’autre, c’est l’enseignement clair du Nouveau Testament selon lequel la relation spirituelle avec les personnes divines, mais aussi avec les chrétiens du sexe opposé, n’abolit pas l’ordre hiérarchique terrestre dans la création. Le chapitre central à ce sujet, 1 Corinthiens 11, décrit clairement l’ordre parmi les hommes qui continue à être en vigueur parmi les chrétiens de Corinthe (et partout dans la chrétienté, cf. 1 Corinthiens 1. 2). « Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu » (1 Cor. 11. 3).

Ce principe est étayé par de nombreux autres passages bibliques et présupposé sans autre discussion. Cela inclut aussi bien le comportement entre mari et femme (Éph. 5. 22 à 33 ; Col. 3. 18 à 20 ; 1 Pier. 3. 1 à 7) que le comportement et le centre de gravité des tâches des femmes et des hommes en général (1 Cor. 11 ; 1 Tim. 2). A cela s’ajoute la déclaration sans équivoque sur le silence des femmes dans les réunions (1 Cor. 14.34). En 1 Timothée 2. 12, il s’agit ici de femmes en général. Les versets 8 et 9 montrent clairement qu’il est question ici des hommes et des femmes en général, car personne ne veut prétendre que seules les femmes mariées se parent de bonnes œuvres ou que seuls les hommes mariés doivent prier en public – voir Paul !

Communication de la foi – pour les sœurs

Si la question se pose de savoir dans quelle mesure et dans quel environnement les sœurs peuvent « communiquer » leur foi, la transmettre et l’échanger, la Parole de Dieu donne ici aussi quelques indications. Les sœurs doivent apprendre « dans le silence et en toute soumission » (1 Tim. 2. 12) ; une femme croyante recevra volontiers un enseignement biblique. Quand ces soirées bibliques sont publiques les sœurs doivent rester dans le silence. L’atmosphère privée à la maison ou dans le petit cercle de visite offre souvent à une sœur une bonne occasion d’apprendre en discutant ou d’échanger des expériences de foi – et là, elle offrira certainement un soutien précieux à son mari/père en lui donnant un passage biblique recherché ou en leur transmettant une pensée (voir Priscilla).

En outre, les sœurs ont toujours la possibilité de prier ensemble et/ou de lire la Parole de Dieu en tant que sœurs. De même, les sœurs plus âgées peuvent et doivent par exemple être des « enseignantes du bien » et donner à leurs jeunes consœurs des instructions pratiques pour la vie conjugale et familiale (Tite 2. 4). Se pourrait-il que dans ce domaine, de nombreuses tâches et opportunités bénéfiques ne sont pas bien exercées/remplies dans nos vies pratiques) ?

Prendre la parole en public ?

Si une réunion de chrétiens rassemble un grand nombre de participants ou si l’événement lui-même a un caractère public, une sœur spirituelle sentira en fait d’elle-même qu’elle doit se tenir à l’écart et, le moment venu, se taire complètement. Même s’il ne s’agit pas d’une réunion en tant qu’assemblée, pour laquelle nous disposons d’une parole claire de Dieu, la Bible montre de manière constante que l’apparition publique est l’affaire de l’homme – et c’est là qu’il est vraiment (appelé) à prier, par exemple, mais aussi à faire des déclarations vraiment spirituelles ! Et si l’homme assume sa tâche, il sera (plus) facile pour la femme d’assumer son attitude de femme. Certains silences ou « se cacher » des hommes/frères ont déjà souvent mis les femmes/sœurs dans des situations difficiles ou les ont peut-être amenées à agir activement de manière inappropriée. Néanmoins, les bons principes de notre Dieu ne sont pas annulés par l’incapacité ou l’inaction de l’homme ou par la supériorité spirituelle (supposée ou réelle) de la femme. C’est précisément dans de tels cas qu’il faut demander au Seigneur la force de remplir sa propre place d’homme ou de femme, malgré les dysfonctionnements existants ou les déficits personnels.

Réunion de jeunes

Il faut tenir compte du fait que les conditions locales sont très différentes. Dans certains endroits, quelques jeunes chrétiens se réunissent à tour de rôle dans les familles pour chanter et lire la Bible. Dans ce cas, une jeune croyante écrira certainement des passages bibliques ou des mots-clés avant ou pendant la rencontre de jeunes et les partagera peut-être aussi, sans pour autant enseigner. L’ensemble de l’événement a un caractère familial, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Mais plus la rencontre de jeunes est importante, plus une chrétienne aura tendance à se tenir en retrait ou/et à renoncer à présenter elle-même des exposés. Si des travaux de groupe sont prévus, une jeune femme croyante partagera peut-être aussi ses notes ou ses pensées dans ces petits groupes. La structuration des pensées bibliques et l’échange en petit comité l’aideront (comme tous les jeunes hommes !) à apprendre pour des tâches ultérieures entre croyants (école de dimanche, mariage, famille, etc.) ou pour son témoignage devant le monde (1 Pier. 3. 5). De même, les sœurs participeront certainement volontiers à un échange sur un thème présenté par un frère. Cependant, tous les participants devraient accepter les éventuelles réticences naturelles des sœurs « silencieuses » et remettre à leur place les interventions bien intentionnées mais déplacées des autres. Mais selon les enseignements du Nouveau Testament, une présentation en public est clairement réservée aux hommes/frères – mais ceux-ci devraient aussi le faire, c’est certainement un bon exercice pour la participation aux réunions en tant qu’assemblée.

Pensées finales

Dans de nombreux domaines de la vie chrétienne, Dieu nous présente un cadre sans donner de « dispositions d’exécution » plus précises. Cela vaut également pour le comportement des sœurs et des frères sauf s’ils sont « clarifiés » par des instructions claires (par exemple, le silence des sœurs lors des réunions ou la prière ou la prophétie la tête couverte) pour notre bénédiction. C’est pourquoi les principes (le « cadre ») doivent être appliqués avec un réel désir de Lui plaire. Reconnaître les limites comme un frère. Et alors, le Seigneur fera en sorte qu’une réunion de jeunes locale se déroule de manière appropriée, de sorte que ces moments soient également une bénédiction pour les participants et l’assemblée locale !

D’après M. S.

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Avoir la tête couverte.

La femme doit se couvrir la tête lorsqu’elle prie ou prophétise, ou quand elle est dans l’assemblée.

L’apôtre donne des instructions en 1 Corinthiens 11. 3 à 16 : « Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu. Tout homme qui prie ou qui prophétise en ayant quelque chose sur sa tête déshonore sa tête, et toute femme qui prie ou qui prophétise la tête découverte, déshonore sa tête, car c’est la même chose qu’une femme qui serait rasée. Car si une femme n’est pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux. Mais s’il est déshonnête pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle soit couverte. Car l’homme, étant l’image et la gloire de Dieu, ne doit pas se couvrir la tête, mais la femme est la gloire de l’homme. Car l’homme ne procède pas de la femme, mais la femme de l’homme ; car aussi l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l’homme. C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise… Jugez-en en vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être couverte ? »

Ces versets nous montrent que Dieu a établi un ordre qu’il voudrait que nous reconnaissions et observions. Ce n’est pas simplement une coutume pour les hommes d’avoir la tête découverte, et pour les femmes d’avoir la tête couverte dans la présence du Seigneur. La Parole donne la raison et la signification de cet ordre.

Dieu est le chef du Christ, Christ est le chef de l’homme, et l’homme est le chef de la femme. Puisque l’homme est l’image et la gloire de Dieu, puisque Christ est son chef, ce serait un déshonneur et une honte pour Christ son chef, s’il avait la tête couverte lorsqu’il prie ou prophétise (c’est-à-dire : parle en public). La gloire de Christ doit être vue et ne doit pas être couverte, spécialement dans l’assemblée.

Mais la femme a été créée pour l’homme et à partir de l’homme ; elle est la gloire de l’homme. Elle doit donc avoir la tête couverte lorsqu’elle prie ou prophétise, car la gloire de l’homme ne doit pas être vue, spécialement dans l’assemblée réunie. C’est la gloire de Christ qui doit être mise en avant, et non pas celle de l’homme.

De plus, le verset 10 nous dit que la femme devrait avoir sur la tête une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise à cause des anges. Il semble que les anges soient témoins de nos actes et auditeurs de nos paroles, mais n’entrent pas dans nos pensées. Donc le témoignage qu’ils peuvent percevoir est quelque chose d’extérieur, de public, et non ce qui se passe dans les cœurs.

 C’est pourquoi elle devrait avoir quelque chose qui lui couvre la tête comme marque de l’autorité de l’homme à qui elle est soumise. Lorsqu’une femme a la tête couverte dans la présence du Seigneur, elle reconnaît que l’homme est le chef que Dieu lui a donné. Une femme qui vient dans la présence du Seigneur sans rien sur la tête montre par là qu’elle veut être comme l’homme et qu’elle ne veut pas prendre une place de soumission. Elle déshonore sa tête, bien qu’elle n’en ait peut-être pas conscience. Même si cela est fait dans l’ignorance, la signification ne change pas.

Les anges sont des spectateurs dans l’assemblée et ils devraient voir que l’ordre établi par Dieu y est respecté. Ils voient l’ordre qui règne au ciel et dans toute la création ; ils ne devraient pas voir de désordre parmi les chrétiens. Le propos de Dieu est que les principautés et les autorités dans les lieux célestes connaissent « la sagesse si diverse de Dieu », « par l’assemblée » (Éph. 3. 10 et 11). Cette « sagesse de Dieu » est le mystère de Christ et de l’Assemblée, dont le type est l’époux (qui est la tête) et l’épouse (qui lui est soumise) (Éph. 5. 22 à 32).

Le fait de se couvrir la tête s’applique aux femmes non mariées comme aux femmes mariées. Dans ces versets de 1 Corinthiens 11, il est parlé de l’homme en général et de la femme en général. Une femme doit donc reconnaître l’autorité de l’homme en général, père ou mari, lorsqu’elle est dans la présence du Seigneur. Elle se couvre la tête pour montrer qu’elle la reconnaît.

La honte d’une tête découverte

« Toute femme qui prie ou prophétise la tête découverte déshonore sa tête, car c’est la même chose qu’une femme qui serait rasée. Car si la femme n’est pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux. Mais s’il est déshonnête pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle soit couverte ».

Dans l’Ancien Testament, lorsqu’une femme avait la tête découverte ou rasée, c’était un signe de honte, comme nous le voyons en Nombres 5. 18, où une femme était l’objet de soupçons de son mari, et en Deutéronome 21. 10 à 13, où une femme belle de figure était emmenée captive par un Israélite. Ici, en 1 Corinthiens 11, l’apôtre dit que si une femme prie ou prophétise, la tête découverte, c’est comme si elle avait la tête rasée. Et puisque c’est un signe de honte d’avoir les cheveux coupés ou rasés, elle devrait avoir la tête couverte. Elle ne doit avoir sur elle aucune marque de honte dans la présence du Seigneur. Le fait qu’elle ait la tête couverte indique qu’elle reconnaît son mari comme son chef et jouit de toute sa confiance.

Notons au passage que, d’après ces versets de 1 Corinthiens 11, il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés, mais « si une femme a une longue chevelure, c’est une gloire pour elle » (v. 15). Ces paroles de l’Écriture devraient régler la question des cheveux coupés pour une femme pieuse.

Une longue chevelure n’est pas ce qui couvre la tête

« La chevelure lui est donnée en guise de voile » (1 Cor. 11.15), c’est-à-dire un ornement donné par la nature pour envelopper sa tête. Il ne s’agit pas ici de ce qui couvre la tête, et dont parle l’apôtre dans les versets précédents. Si la gloire de l’homme doit être couverte dans la présence de Dieu, alors assurément la longue chevelure de la femme, qui est sa gloire personnelle, doit être couverte dans la présence du Seigneur.

Paul établit d’abord la différence entre l’homme et la femme : l’homme devrait avoir la tête découverte et la femme devrait l’avoir couverte. Ensuite il considère les choses du point de vue de la bienséance et de la beauté, en se basant sur la constitution de l’homme et de la femme, différente par nature, et donne cette raison supplémentaire pour qu’elle ait la tête couverte et paraisse devant Dieu comme différente de l’homme. « Jugez-en en vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être couverte ? La nature même ne vous enseigne-t-elle pas ? » (v. 13-14). Même dans le domaine de la nature, Dieu a donné à la femme une longue chevelure comme voile qui la cache. Ce qui convient donc à une femme lorsqu’elle prie Dieu, c’est de se couvrir la tête.

« Pas une telle coutume »

« Si quelqu’un paraît vouloir contester, nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu » (v. 16). L’apôtre venait d’exposer la pensée de Dieu à ce sujet, et au cas où quelqu’un contesterait et raisonnerait, il ajoute simplement : « Nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu ».

C’est souvent dans de petites choses comme le fait de se couvrir la tête ou non, que l’état du cœur est manifesté ; c’est un test pour savoir si la volonté est soumise à Dieu et à sa Parole, ou si elle désire aller à l’encontre de la Parole et suivre la mode et le goût du jour. Les coutumes changent, mais les principes de la Parole de Dieu, dans ce domaine comme dans d’autres, demeurent.

Tenue vestimentaire

Avant de conclure notre étude sur le rôle de la femme d’après les Écritures, nous nous sentons obligés d’ajouter quelques remarques sur le sujet important de sa parure et de ses vêtements. Dieu nous a donné aussi des directives à ce sujet dans sa Parole. D’une façon générale, les femmes d’aujourd’hui se sont écartées honteusement, presque partout, de ces commandements de l’Écriture, et il faut attirer l’attention sur ce que Dieu a dit à cet égard. En 1 Timothée 2. 9 et 10, nous lisons : « Que les femmes se parent d’un costume décent, avec pudeur et modestie, non pas de tresses et d’or, ou de perles, ou d’habillements somptueux, mais par de bonnes œuvres, ce qui sied à des femmes qui font profession de servir Dieu ».

Beaucoup de femmes, et même certaines sœurs, suivent les tendances du monde pour leurs vêtements et leur parure. Elles en viennent à porter des vêtements voyants, indécents, se maquillent, etc.

Bien-aimées sœurs, est-ce en accord avec les versets ci-dessus ? Est-ce une tenue décente ? Ces choses sont-elles caractérisées par la pudeur, la modestie, et par ce qui convient à des femmes pieuses ? Certainement pas. Dans les pays dits christianisés, la mode est dégradante pour les femmes. Par son indécence, elle contribue à réveiller les convoitises les plus basses et incite au péché.

Dieu a en horreur que l’on expose ainsi les parties du corps humain liées à la sexualité. Quand le prophète Ésaïe a averti Babylone du jugement à venir, il a prédit comment Dieu la dévêtirait et exposerait sa honte aux nations. « Relève ta robe, découvre ta jambe, traverse les fleuves : ta nudité sera découverte ; oui, ta honte sera vue. Je tirerai vengeance » (És. 47. 1 à 3). De la même manière, les femmes modernes se rendent méprisables en se découvrant, et exposent ainsi leur honte, même dans les assemblées de chrétiens.

L’assemblée à Laodicée reçoit le conseil d’acheter « des vêtements blancs », afin qu’elle soit vêtue et que la honte de sa nudité ne paraisse pas (Apoc. 3. 18). Bien que ceci soit dit dans un sens spirituel, il semblerait également nécessaire d’adresser ces paroles dans un sens littéral à beaucoup aujourd’hui. La première chose qu’Adam et Ève ont faite après avoir péché, fut de se faire des ceintures pour couvrir leur nudité. De nos jours, les hommes et les femmes semblent se complaire à découvrir leur nudité autant que possible. Qu’il est affligeant de voir que, si les femmes semblent être les premières responsables dans cette triste affaire, les hommes les y poussent en y prenant plaisir. Combien sont vraies les paroles de Sophonie (ch. 3. 5) : « L’inique ne connaît pas la honte ».

Bien-aimées sœurs, écoutons Romains 12. 2 : « Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite ». Souvenons-nous aussi de 1 Corinthiens 6. 19 et 20 : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes pas à vous-mêmes ; car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps ».

D’après R.K.C.

SONDEZ LES ÉCRITURES (13)

Jésus et les Siens dans la tempête (Mat. 14. 22 à 33 ; Marc 6. 45 à 52 ; Jean 6. 16 à 21).

Aussitôt après avoir nourri miraculeusement les cinq mille hommes, Jésus contraignit Ses disciples à monter dans une barque, et à aller devant Lui à l’autre rive, pendant qu’Il renvoyait la foule.

C’est Jean qui donne la raison de cet acte. « Jésus donc, sachant qu’ils allaient venir et l’enlever afin de le faire roi, se retira encore sur la montagne, lui tout seul » (6. 15). Quoique saisi d’admiration par la puissance du Seigneur multipliant les pains, cette foule encore incrédule n’était pas en état d’accueillir Jésus comme prophète et roi. C’est Dieu qui le proclamera Roi au milieu d’un peuple repentant, lorsqu’Il apparaîtra pour régner en puissance (Ps. 2. 6).

Jésus, Homme parfaitement dépendant de Son Père, se retire seul sur la montagne pour prier. Il passe des heures à prier. C’est cet office d’intercesseur qu’Il accomplit depuis Sa résurrection (Rom. 8. 34 ; Héb. 7. 25). Il est au ciel pour exercer la sacrificature à l’égard des Siens qui traversent, sans Lui, ce monde tourmenté. Il est le seul homme dans la gloire jusqu’à ce qu’Il vienne enlever Ses rachetés, Son peuple céleste. Puis Il établira avec eux, sur la terre, Son royaume de justice et de paix.

Craignant que Ses disciples ne se laissent entraîner par l’enthousiasme de la foule, Jésus les oblige à s’embarquer seuls, alors que dans une précédente traversée (Marc 4. 35 à 41) Il était avec eux, quoique endormi.

Il faisait donc déjà nuit, et Jésus n’était pas avec eux, ce qui éprouvait d’autant plus leur foi. Alors qu’ils étaient en pleine mer, un vent de tempête soulève les flots, et le frêle esquif est battu par les vagues.

Cette scène illustre bien ce qu’est le monde agité, sans Dieu, et comment Satan déploie toute sa puissance pour soulever l’opposition des hommes contre les disciples de Jésus. Mais du lieu où Il se trouve, Jésus les voit se tourmenter à ramer, face au vent contraire (Marc 6. 48). Ils étaient dans le chemin de l’obéissance à Sa parole, et pourtant de sérieuses difficultés les assaillent.

C’est déjà la quatrième veille de la nuit, entre trois heures et six heures du matin, et ils n’ont pu effectuer que quelque cinq kilomètres. Ils sont exténués de fatigue et le Seigneur n’intervient pas tout de suite. Pourquoi une telle épreuve ?

Ayant vécu une expérience semblable en Asie, Paul donne une réponse à une telle interrogation : « Nous avons été excessivement chargés, au-delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre. Mais nous-mêmes nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin que nous n’eussions pas confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts » (2 Cor. 1. 8 et 9).

C’est dans le chemin de Sa volonté que nous apprenons à connaître le Seigneur, Sa grâce et Sa puissance.

Bien que confiants dans leurs qualités de marins, et connaissant bien le lac, les disciples avaient besoin de saisir que la puissance du Seigneur opère merveilleusement quand nous prenons conscience que nous sommes sans force.

Voici le moment précis où Jésus vient vers eux, marchant sur la mer. Alors qu’Il voulait passer à côté d’eux, Sa présence sur les eaux agitées ne fait qu’accroître leur frayeur. Dans leur angoisse et leur folle imagination, ils croient que c’est un fantôme. Ils jettent un cri de détresse. Alors Jésus Se fait connaître par sa voix rassurante : « Ayez bon courage ; c’est moi, n’ayez point de peur ».

Quelle parole bienfaisante pour qui connaît Sa voix (Jean 10. 4) ! Moi, ton Berger, ton Sauveur qui t’ai aimé jusqu’à la mort de la croix, qui ne veux que ton bonheur éternel ! Sommes-nous conscients de cette promesse : « Voici, moi je suis avec vous tous les jours » ? (Mat. 28. 20)

Dès qu’il entend la voix de Jésus, Pierre, toujours prompt à intervenir, Lui dit : « Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller à toi sur les eaux. Et Il lui dit : Viens » (Mat. 14. 28). Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller à Jésus.

Ainsi tout est possible à celui qui croit (Marc 9. 23). Parole de puissance divine, dominant la nature, et permettant à un disciple d’être porté par les eaux, selon la mesure de sa foi ! Le Seigneur donne toujours la capacité de réaliser ce qu’Il commande. En dépit d’obstacles paraissant insurmontables, un chemin est frayé à celui qui obéit à Son appel.

Mais Pierre détache ses regards de Jésus et, voyant la force du vent, il a peur, le doute le saisit et il commence à enfoncer. Mais il a encore assez de confiance en Lui pour crier : « Seigneur, sauve-moi ! » Cela suffit pour sa délivrance. « Aussitôt Jésus, étendant la main, le prit et lui dit : Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? »

Retenons que la main puissante du Seigneur est toujours prête à nous secourir quand nous crions à Lui dans la détresse (Ps. 34. 17). Si nous regardons à Lui par la foi, Il a toute puissance pour nous faire marcher sans défaillir.

Quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Tous les disciples sont profondément impressionnés, car la gloire de Dieu éclate dans cette délivrance. Aussi lui rendent-ils hommage en disant : « Véritablement tu es le Fils de Dieu ! » (Mat. 14. 33)

Jean 6. 22 à 59.

Lors de la multiplication des pains (ch. 6. 11), seul miracle relaté dans les quatre évangiles, une grande foule d’environ cinq mille hommes, outre les femmes et les enfants, avait été rassasiée après que le Seigneur eut rendu grâces pour cinq pains d’orge et deux poissons, donnés par un petit garçon.

Dès le lendemain, la foule va à la recherche de Jésus jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvé. Mais le Seigneur, qui lit dans les cœurs, met en évidence les vrais motifs de ceux qui espéraient encore être nourris par Lui. Leur cœur restait incrédule face au miracle démontrant qu’il était l’Envoyé de Dieu. Le Seigneur doit leur dire : « Vous me cherchez… parce que vous avez mangé des pains, et que vous avez été rassasiés ». Ainsi il fait ressortir à quel point l’homme est tourné vers la satisfaction de ses besoins naturels, toujours préoccupé par la nourriture du corps. Mais Jésus veut les rendre sensibles à leur avenir éternel par ces paroles : « Mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde… Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (v. 32, 33 et 35).

Le pain évoque une nourriture nécessaire et complète. Seul Christ, le pain de vie, peut satisfaire pleinement la faim spirituelle de l’âme, qui n’a alors, plus faim et soif des choses du monde. C’est Lui qui communique à l’âme vie, amour, joie, paix et force. Mais pour cela une œuvre de Dieu en nous est nécessaire : croire au Sauveur qu’Il nous a donné (v. 29).

Il ne suffit pas que l’intelligence saisisse le message divin, mais il importe que le cœur et la conscience soient touchés profondément par la nécessité de la mort de Christ. Manger Sa chair, boire Son sang pour avoir la vie éternelle (v. 54), c’est croire en un Christ mort et ressuscité. Sa mort sur la croix pour nos péchés signifie le jugement de Dieu qu’Il a subi à notre place.

Tout pécheur qui mange Sa chair et boit Son sang, acceptant ainsi par la foi l’œuvre de Christ, reçoit aussitôt la vie éternelle. C’est une vie nouvelle, la vie même de Jésus, manifestée dans le racheté. « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (v. 51). Il s’agit là d’une action accomplie une fois pour toutes, comme celle de l’Israélite qui mangeait l’agneau, la nuit de la Pâque.

Mais le Seigneur ajoute : « Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (v. 55 et 56). Il ne s’agit donc pas ici de se nourrir de la mort de Christ pour être sauvé, mais pour être fortifié et jouir d’une communion continue avec le Seigneur, tout en portant les fruits de la vie divine.

Cette vie est nourrie, développée par une action continue selon que l’âme s’approprie les vertus de cette mort. Le croyant sait que ses péchés sont pardonnés par la foi au sang de Christ, il possède la vie éternelle, il est conscient que son « vieil homme » a été crucifié avec Christ (Rom. 6. 6 ; Gal. 2. 20), et il jouit de la communion avec son Sauveur et de sa présence en Lui. « Que le Christ habite par la foi, dans vos cœurs » (Éph. 3. 17). « Portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps » (2 Cor. 4. 10).

Ainsi la vie divine étant reçue est fortifiée, l’âme s’attache au Seigneur, tout en se séparant moralement du monde. En outre, Jésus annonce la résurrection de celui qui a part à sa mort : « Moi je le ressusciterai au dernier jour » (v. 39, 40, 44 et 54).

Le Seigneur ajoute : « Moi, je vis à cause du Père, de même celui qui me mangera… vivra à cause de moi » (v. 57). Il reste le modèle parfait à tous égards, Lui dont la viande était de faire la volonté de Celui qui L’avait envoyé (4. 34).

L’obéissance à Sa volonté n’est-elle pas alors le seul motif de la vie de ceux qui Lui appartiennent ? « C’est ici le pain qui est descendu du ciel, non pas comme les pères mangèrent et moururent : celui qui mangera ce pain vivra éternellement » (v. 58). Le Seigneur résume son enseignement.

Nourrissons nos âmes de Christ en nous occupant de Lui chaque jour par Sa Parole, de Son humiliation, de Ses souffrances, de Sa mort, de Sa résurrection et de Son exaltation à la droite de Dieu dans le ciel ! Apprenons toujours mieux à Le contempler, à Le connaître, pour refléter davantage Sa grâce, Son humilité, Sa douceur, Son obéissance, Sa justice, Sa sainteté, Sa foi (2 Cor. 3. 18) ! Notre vie est liée à la Sienne. En revenant à Lui, notre âme est rassasiée ; en croyant en Lui, elle est désaltérée.

Ainsi le croyant peut se nourrir d’un Christ vivant, de Sa parfaite humanité, après avoir mangé Sa chair et bu Son sang pour avoir la vie éternelle.

Jésus se présente ici comme le Fils de l’homme, le pain de Dieu descendu du ciel pour donner la vie au monde, alors que les pères qui avaient mangé la manne dans le désert, pendant quarante ans, moururent. Il est le Fils de l’homme qui meurt pour donner la vie éternelle et Il est la nourriture quotidienne du croyant qui s’identifie avec Lui dans sa mort.

Ne pouvons-nous pas rendre grâces à Dieu pour Son don inexprimable ? (2 Cor. 9. 15)

Ceux qui se retirent de Jésus (Jean 6. 60 à 71).

Comme Fils de l’homme, Jésus vient de présenter la nécessité de Sa mort pour donner la vie éternelle. « Celui qui me mangera… vivra à cause de moi ». « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle » et « demeure en moi et moi en lui » (6. 57, 54, 56).

Croyant qu’il s’agissait de manger matériellement Sa chair et de boire Son sang, « plusieurs donc de ses disciples, l’ayant entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’ouïr ? » (v. 60)

De tels propos ne soulignent-ils pas l’état d’endurcissement et d’incrédulité du cœur de l’homme ? On peut être dans l’admiration des paroles de Jésus, être touché par Ses miracles et désirer L’imiter comme modèle, sans posséder une foi réelle en Lui : la vie éternelle.

L’homme orgueilleux dans son état naturel ne peut accepter qu’il soit perdu, qu’il ne mérite que la mort comme salaire du péché, et après la mort le jugement de Dieu. Et dans son aveuglement il rejette le seul moyen de salut qui est la mort expiatoire de Christ, à sa place, pour qu’il ait la vie éternelle. Il méprise la grâce qui lui est offerte, en refusant Jésus comme Sauveur, pour se contenter de ses préjugés humains.

Sachant que Ses disciples murmuraient à propos de Ses paroles, Jésus leur dit : « Ceci vous scandalise-t-il ? Si donc vous voyez le fils de l’homme monter où il était auparavant… ? » Ils ne croyaient pas quand Il leur avait dit qu’Il était descendu du ciel (v. 32, 33, 41, 42 et 50), ils murmuraient quand Il leur demande de manger Sa chair et de boire Son sang pour avoir la vie.

C’est Son corps que, comme Fils de l’homme, Il offrait sur la croix pour la vie du monde. Et dans ce même corps, Il allait être élevé dans le ciel après Sa résurrection car, étant rejeté de Son peuple, Son règne sur la terre ne pouvait s’établir à ce moment-là.

Puis Jésus ajoute : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien : les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie » (v. 63).

La chair n’est d’aucun secours pour saisir les paroles de Dieu. La pensée de la chair est la mort, elle est inimitié contre Dieu (Rom. 8. 6 et 7). Les paroles de Dieu se comprennent par l’Esprit qui, opérant dans l’âme, lui communique la vie en abondance, moyennant la foi. Mais le Seigneur savait qu’il y avait parmi ceux qui le suivaient comme disciples, des personnes qui ne croyaient pas, et celui qui Le livrerait. Il les supportait avec beaucoup de patience.

Ils se retirent lorsque les paroles de Jésus, atteignant leur conscience, ne correspondent pas à leurs propres opinions naturelles, aux pensées de la chair. Ils ne faisaient pas partie de ceux que le Père avait attirés à Lui (v. 65 et 44).

Ils étaient insensibles à la grâce qui était offerte à tous, et leur révélait le Père.

Au moment où plusieurs disciples se retirent, ne marchant plus avec lui, Jésus saisit l’occasion de sonder les douze apôtres par une question solennelle : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu » (v. 67 à 69).

C’est sans doute avec tristesse que le Seigneur a vu partir plusieurs de Ses disciples qui s’étaient attachés à Lui pour un temps, avaient profité de Son enseignement, ayant en vue de le pratiquer. Mais une épuration était nécessaire, car Jésus tient moins au nombre qu’à une foi réelle, et à un engagement de cœur pour tous ceux qui Le suivent.

En fait, on ne peut être un vrai disciple de Christ sans avoir la vie qui est en Lui. Aussi Pierre donne-t-il une prompte réponse au nom de tous les douze, pensant que tous sont animés par la foi en Jésus. Le moment est venu de choisir entre Jésus et le grand nombre de ceux qui se sont retirés.

La réponse enthousiaste de Pierre affirme les certitudes de la foi. Ils ne pouvaient trouver la vie éternelle qu’en Lui. Ils croyaient et savaient que Jésus était une Personne divine, le Saint de Dieu, Celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde.

Remarquons bien que la foi précède la connaissance, c’est l’ordre divin que l’homme naturel voudrait toujours inverser. En rapport avec l’obéissance de la foi, le Seigneur déclare : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu » (7. 17).

As-tu saisi la vie éternelle ? As-tu répondu à l’appel du Seigneur concernant chacun de Ses disciples : « Qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi ? » (Jér. 30. 21).

Parlant au nom de tous les disciples, Pierre ne savait pas qui était Judas. Aussi le Seigneur lui fait-il cette terrible révélation : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze, et l’un d’entre vous est un diable ? » (v. 70). Il leur parlait de Judas Iscariote qui allait le livrer.

Comme la conscience de chaque disciple a dû être exercée ! N’oublions jamais que, si nous avons été choisis par le Seigneur, nous avons besoin d’être conscients de notre extrême faiblesse. Seul Il peut nous garder de Le déshonorer.

Puissions-nous être obéissants à Sa parole, soumis à Sa sainte volonté, et toujours conscients que nous sommes les objets de Sa pure grâce ! Que l’exhortation de Barnabas aux nombreux croyants d’Antioche qui s’étaient tournés vers le Seigneur, ait un écho dans notre âme : « Il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur » (Act. 11. 23) !

Les Juifs et la tradition (Mat. 15. 1 à 20 ; Marc 7. 1 à 23).

En lisant les évangiles, nous constatons que le Seigneur Jésus a été confronté tout au long de Son ministère de grâce avec l’opposition croissante des hommes religieux. Ce sont, ici, les scribes et les pharisiens qui, venus de Jérusalem, s’assemblent auprès de Lui.

Ils avaient observé que quelques-uns de Ses disciples mangeaient du pain sans s’être lavé les mains, et ainsi ils les accusent auprès de Lui de transgresser la tradition des anciens.

Cette tradition correspondait à l’origine à des ordonnances détaillées, transmises oralement ou par écrit, d’une génération à l’autre. Avec l’ancienneté, elles étaient sanctionnées par l’autorité humaine qui leur accordait autant de crédit, si ce n’est plus, qu’aux Écritures.

Dans Sa réponse, le Seigneur montre aux pharisiens qu’ils se contentaient d’une piété apparente, tout en suivant les convoitises de leur cœur naturel. Pour démasquer cette hypocrisie qui consistait à paraître pieux et religieux, il cite une parole d’Ésaïe : « Ce peuple-ci m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi ; mais ils m’honorent en vain, enseignant, comme doctrines, des commandements d’hommes » (Marc 7. 7).

Comme est vain le culte des lèvres, alors que le cœur est rebelle vis-à-vis de Dieu ! Gardons-nous d’une religion superficielle qui se contente d’observer des règles humaines, alors que Dieu regarde au cœur !

Puis le Seigneur souligne comment ils annulaient le commandement de Dieu afin de garder leur tradition. Ne pouvant l’accomplir, ils le remplaçaient par des prescriptions rappelant certaines ordonnances de Moïse, dont ils ignoraient le vrai sens. Ainsi ils pratiquaient des lavages extérieurs de personnes ou d’objets, croyant répondre aux exigences d’un Dieu saint.

N’oubliez jamais que la pureté de votre cœur n’est obtenue que par la foi au sang de Christ qui purifie de tout péché (1 Jean 1. 7).

De plus ces pratiques religieuses détournaient ces Juifs de leurs devoirs les plus légitimes. Selon leur tradition, ils croyaient que les dons faits au temple les dispensaient de toute obligation morale envers leurs parents. La parole de Dieu : « Honore ton père et ta mère » (Ex. 20. 12) était annulée par la tradition des hommes.

Le Seigneur met l’accent sur la vanité d’une telle religion de formes, invitant Ses auditeurs à veiller sur ce qui sort du cœur et non sur ce qui entre dans la bouche. Comme il est insensé devant Dieu d’avoir les mains bien lavées et un cœur rempli de souillure ! La véritable souillure n’est-elle pas celle qui vient de notre cœur naturel ? Puissions-nous écouter, comprendre, croire la Parole de Dieu, non seulement pour être sauvés, mais aussi pour être constamment gardés de tout mal ! Sachant que Dieu regarde au cœur, comme il importe que nous jugions à la lumière de la Parole nos pensées, nos motifs, nos tendances et toute souillure qu’elle met en évidence. Puis dans la maison où ils se sont retirés, les disciples perplexes interrogent le Seigneur au sujet de cette souillure venant du dedans, alors qu’ils étaient habitués eux aussi à traiter la souillure sous sa forme extérieure selon les rites du culte juif. Et Jésus doit leur dire : « Vous aussi, êtes-vous ainsi sans intelligence ? »

Puis il indique en détail les choses qui souillent l’homme : « Car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l’impudicité, l’œil méchant, les injures, l’orgueil, la folie. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme » (Marc 7. 21 à 23). Voilà la vérité quant à la méchanceté du cœur humain ! Quelle source de corruption !

Il est profondément humiliant de se rendre compte que notre cœur si mauvais est à l’origine de tout le mal commis dans le monde. Et l’homme foncièrement orgueilleux aime mieux les ténèbres du péché que la lumière projetée par la parole de Dieu sur son état. « Quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière » (Jean 3. 20).

L’homme ne croit pas à sa ruine morale, à son état de totale perdition, alors que Dieu déclare : « Le cœur est trompeur par-dessus tout, et incurable ; qui le connaît ? Moi, l’Éternel, je sonde le cœur, j’éprouve les reins ; et cela pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses actions » (Jér. 17. 9 et 10).

Mais si, du côté de l’homme tout est irrémédiable, la ressource de Dieu existe, et elle est offerte à tous. Jésus, le Fils de Dieu, est venu dans ce monde pour subir à la croix le jugement qui devait atteindre l’homme pécheur, impie, révolté contre son Créateur. « Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8). Dieu peut alors offrir au coupable repentant le pardon de tous ses péchés, et lui communiquer une nature nouvelle, la vie divine, qui, par la puissance du Saint Esprit, accomplit le bien. Le remède de Dieu existe et la foi le saisit.

As-tu accepté par la foi le don de Dieu, et ton cœur est-il lavé de sa souillure par le précieux sang de Christ ?

« Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor. 6. 11).

La femme cananéenne (Mat. 15. 21 à 28 ; Marc 7. 24 à 30).

Le Seigneur vient de dévoiler l’hypocrisie des pharisiens, et ce que produit le cœur incurable de tout homme, capable de tous les vices. Mais cette vérité est intimement unie à l’amour infini de Son cœur pour l’homme, dont Il a donné une manifestation saisissante dans Son incarnation pour venir dans ce monde.

S’Il découvre le mal, c’est pour amener l’homme pécheur à le confesser, à se repentir et à croire à l’Évangile. Maintenant, c’est la grâce de Dieu qui révèle la perversité de son cœur en vue de le sauver. S’il refuse aujourd’hui cette offre de salut, il n’y a plus que la condamnation au jour du jugement, avec les peines éternelles comme terrible conséquence.

En dehors des frontières d’Israël, dans les quartiers de Tyr et de Sidon, où le Seigneur s’est retiré, nous découvrons, dans Ses paroles à une pauvre femme cananéenne, l’amour de Dieu en activité. Là, il n’est plus question de l’homme religieux, avec ses ordonnances, son hypocrisie, ses prétentions. Les besoins sont réels, et la misère profonde.

C’est dans une telle sphère morale que la grâce se déploie. La femme cananéenne avait entendu parler de Jésus et cela lui suffit pour aller à Lui, car elle a la foi en Sa puissance et en Sa bonté.

Il y a encore aujourd’hui bien des âmes qui, éprouvant avec angoisse l’esclavage de Satan, s’engagent dans le chemin de la Cananéenne. Les besoins du cœur ne peuvent être satisfaits par une religion formaliste, par de stériles traditions. Il n’y a qu’une seule issue : aller à Jésus tels que nous sommes.

Le pécheur sans ressource trouve auprès de Lui le pardon des péchés, la grâce, la paix, le repos et le bonheur. Cher jeune lecteur, as-tu ainsi rencontré le Seigneur Jésus ? Son amour est parfait, mais le mal doit être jugé pour que l’âme jouisse d’une pleine délivrance.

Cette femme appartenait à une race maudite qu’Israël, s’il avait été fidèle, aurait dû détruire lors de son entrée en Canaan (Deut. 7. 1 et 2). Or que dit-elle ? : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon ». Le Seigneur ne lui répondit mot.

Pourquoi cette indifférence apparente ? Comme Fils de David, et selon le caractère de l’évangile de Matthieu où Jésus est présenté comme Messie, il n’a rien à faire avec une Cananéenne. Sous ce titre, il s’est présenté à Son peuple Israël pour l’accomplissement des promesses faites aux pères (Rom. 15. 8).

De plus, venant apporter la bénédiction à Israël, Son règne ne pouvait s’établir qu’après la destruction des ennemis de Son peuple. Le Fils de David n’a pas de réponse pour elle !

Un deuxième obstacle se présente pour cette femme dans les propos des disciples qui, pour s’en débarrasser, demandent au Seigneur : « Renvoie-la, car elle crie après nous ». Le Fils de Dieu pouvait-il chasser de sa présence une personne venant à Lui avec une telle détresse, sous l’oppression de Satan ? N’y avait-il pas dans le cœur de Jésus de l’amour pour toute créature s’approchant de Lui avec foi ?

Mais le Fils de David doit répondre : « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Quelle rude épreuve pour cette femme qui n’était pas une brebis d’Israël ! Cependant la foi n’est-elle pas fortifiée face aux obstacles ?

C’est alors qu’elle fait appel à l’amour de Dieu s’élevant au-dessus de toute distinction de races, tout en prenant sa vraie place devant Celui qui est riche en miséricorde. Non ! elle ne pouvait pas être repoussée par le cœur compatissant de Jésus. Le Dieu de grâce est aussi bien le Dieu des nations que le Dieu des Juifs (Rom. 3. 29). « Et elle vint et lui rendit hommage, disant : Seigneur, assiste-moi ». Dans un langage très simple s’affirme une foi pleine de hardiesse. Le Seigneur est vu à Sa vraie place comme Celui qui peut secourir au moment opportun, et celle qui implore son intervention se tient devant Lui dans l’attente de Sa réponse.

Comme est admirable cette foi qui compte sur le Seigneur seul et sur Sa plénitude ! Non seulement Il répond aux besoins pressants du pécheur en purifiant Sa conscience par la foi au sang de Christ, mais aussi à tous les besoins variés de tout racheté effectuant son pèlerinage terrestre.

Or la réponse du Seigneur soumet cette foi à une épreuve ultime dans un creuset brûlant qu’elle pourra supporter. « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ». Le Seigneur maintient les droits du peuple de Dieu, malgré toute sa méchanceté. Et cette femme, par sa réponse, va montrer qu’en acceptant toute son indignité, elle est heureuse de ne dépendre que de la grâce de Dieu : « Oui, Seigneur ; car même les chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants » (Marc 7. 28).

Elle reconnaît tout à la fois qu’elle est une vile créature, et que Dieu est plein de bonté pour répondre à tous les désirs de son cœur. Elle croit à la plénitude de la grâce qui dépasse les limites étroites d’Israël. Elle n’a ni droit, ni promesses, mais comme un chien des nations païennes, elle peut se rassasier des miettes qui tombent sous la table des enfants. Sa foi épurée triomphe de tous les obstacles, la fait pénétrer dans le cœur du Dieu d’amour qui déploie devant elle tous les trésors du ciel.

Quel rafraîchissement pour le cœur du Seigneur Lui-même ! La réponse est immédiate : « O femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie ». Le cœur de Dieu est une source inépuisable de bonté. Que par la foi nous puissions prononcer ce « Oui, Seigneur », et recevoir cette réponse donnée à une âme en communion avec Jésus : « Qu’il te soit fait comme tu veux ! » La foi est la clef qui nous donne accès aux richesses insondables du Christ.

Guérison d’un homme sourd et muet (Marc 7. 31 à 37).

Jésus s’en vint vers la mer de Galilée, à travers le pays de Décapolis, dans cette zone méprisée des Juifs à cause du mélange avec des gens des nations. C’est dans un tel lieu que pouvait s’exercer Son ministère de grâce envers des misérables.

« On lui amène un sourd qui parlait avec peine, et on le prie pour qu’il lui impose la main » (v. 32). Ceux qui accompagnent ce malheureux infirme ont confiance en Jésus pour sa guérison.

Aujourd’hui encore, ne pouvons-nous pas amener au Seigneur, avec prière, des âmes sous l’esclavage de Satan ? N’est-ce pas notre responsabilité comme croyants de les mettre en relation avec le divin Médecin ? Car il est écrit : « Notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 4).

L’état de cet homme est une image du résidu d’Israël, que Jésus isole de la nation incrédule, pour qu’il entende la voix de Dieu et puisse parler de Lui et le louer. L’homme, dans son état naturel, est moralement sourd à tous les appels de Dieu. Seule la voix de la conscience, depuis la chute de l’homme, lui permettait de connaître le bien et le mal. Le coupable est condamné, mais il y a la repentance pour celui qui écoute.

Certes, cette voix peut être étouffée pour celui qui s’engage dans un chemin de propre volonté. Une autre voix se fait entendre dans la création, qui raconte la gloire de Dieu, Sa sagesse, Sa puissance et Sa bonté (Ps. 19. 1 à 6). Dieu se fait entendre aussi par Sa Parole divinement inspirée (Ps. 19. 7 à 11). Elle révèle un Dieu qui est lumière et amour, et l’œuvre rédemptrice de Son Fils en faveur de l’homme pécheur. Dieu a voulu assurer le bonheur éternel de l’homme en dépit de sa chute.

Enfin Dieu nous parle par des épreuves : les fléaux, les maladies, la mort, pour que l’homme prenne conscience de son néant et de la brièveté de son existence terrestre. Comme cet infirme sourd et muet, l’homme est incapable d’écouter ces nombreuses voix par lesquelles Dieu lui parle.

Mais le Seigneur va opérer en grâce à l’égard de cet infirme dont Il connaît la détresse. Il le tire à l’écart hors de la foule (v. 33). De même la conversion d’un pécheur nécessite un contact direct et personnel avec le Sauveur qui va toucher son cœur et sa conscience. Puis Jésus lui mit les doigts dans les oreilles. Il se tient tout près de celui qu’Il veut délivrer, l’amenant à prendre conscience de toute sa misère. Enfin, ayant craché, Il lui touche la langue.

Pour nous délivrer de nos misères, le Fils de Dieu s’est incarné, devenant l’Homme de douleurs, et s’est substitué aux coupables, sur la croix où Il a été fait péché pour nous. « Le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (És. 53. 5).

Jésus regarde vers le ciel (v. 34). Pour l’Homme parfaitement dépendant, la source de l’amour et de la puissance pour délivrer l’homme ruiné ne se trouve qu’en Dieu. « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jac. 1. 17).

Puis Jésus soupira. Comme Il était oppressé dans Son âme, en sondant la misère de l’homme sous les conséquences du péché. Il exprime ainsi toutes les compassions de Son cœur plein d’amour.

Ainsi, du côté de Dieu, les ressources sont inépuisables. Pour nous aussi, quelles que soient nos peines, nous pouvons toujours regarder en haut, avec foi et prière, vers Celui qui comprend nos soupirs.

Enfin la voix toute puissante du Seigneur se fait entendre : « Ephphatha, c’est-à-dire, ouvre-toi » (v. 34). Voilà un ordre divin, une parole de vie, de grâce et de consolation. Elle est le seul remède pour amener le pécheur à la repentance envers Dieu et à la foi au Seigneur Jésus (Act. 20. 21). « L’évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit » (Rom. 1. 16).

La Parole appliquée au cœur par la puissance du Saint Esprit détourne l’âme des ténèbres vers la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu (Act. 26. 18).

« Et aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, et le lien de sa langue se délia, et il parlait distinctement » (v. 35). Il est délivré de ce qui l’empêchait d’entendre et de parler, par la parole souveraine de Jésus. Désormais le cœur peut s’ouvrir à la reconnaissance, à la paix et à l’espérance.

L’homme, dans son incrédulité et son inimitié contre Dieu, a sa langue liée. Non seulement il n’entend pas quand Dieu parle, mais ne peut rien exprimer pour Dieu, car son cœur est fermé à la grâce. Mais dès que le travail de Dieu est opéré en lui, il entend la Parole et jouit de Son amour.

Le pécheur recevant par la foi le message divin, une vie toute nouvelle commence pour lui par l’action du Saint Esprit, qui le conduit dans toute la vérité. Il proclame alors les vertus de Celui qui est son Sauveur et son Seigneur. Tous ceux qui assistent à cette scène doivent reconnaître : « Il fait toutes choses bien ; il fait entendre les sourds et parler les muets » (v. 37).

Et pour tous ceux qui font intervenir Dieu dans les différentes circonstances de leur vie, il y a aussi ce dont la foi prend conscience : « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).

La désobéissance des hommes qui ne respectent pas la défense du Seigneur de publier ce miracle, fait ressortir cette tendance naturelle de nos cœurs à ne pas écouter la Parole de Dieu. Selon le caractère de cet évangile de Marc, « le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (10. 45). Il ne recherchait que la gloire de Son Père (Jean 5. 44 ; 12. 43). Ses miracles étaient accomplis avec un cœur rempli de compassion pour ceux qu’Il délivrait, en ne faisant rien pour Sa propre gloire.

N’est-Il pas digne, Celui qui est mort pour chacun de nous, que nous Lui consacrions nos vies ?

Deuxième multiplication des pains (Mat.15. 29 à 39 ; Marc 8. 1 à 9).

Quittant la région de Tyr et de Sidon, Jésus se rend en Galilée où se trouvaient les pauvres du troupeau, le résidu méprisé des Juifs de Judée. Ainsi ce peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière (Mat. 4. 15 et 16). C’est là que les tendres compassions du Seigneur vont s’émouvoir. Sa puissance divine et Son amour inlassable vont s’exprimer librement une nouvelle fois en rassasiant de pain les pauvres de Son peuple (Ps.132. 15).

Il appelle Ses disciples pour leur dire : « Je suis ému de compassion envers la foule, car voici trois jours déjà qu’ils demeurent auprès de moi, et ils n’ont rien à manger ; et si je les renvoie à jeun dans leur maison, ils tomberont en défaillance par le chemin ; car quelques-uns d’entre eux sont venus de loin » (Marc 8. 2 et 3).

Alors qu’Il vient de guérir de nombreux infirmes – ce qui incite les foules à glorifier le Dieu d’Israël (Mat. 15. 29 à 31) – Son cœur toujours sensible découvre d’autres besoins chez cette grande foule qui n’avait plus rien à manger. N’a-t-Il pas Lui-même connu les rigueurs d’un jeûne de quarante jours au désert lors de la tentation par le diable ? Il en est de même aujourd’hui, alors qu’Il est au ciel : Ses compassions ne cessent pas (Lam. 3. 22), elles sont en grand nombre (Ps. 119. 156) et elles sont grandes (2 Sam. 24. 14). Oui, le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux (Jac. 5. 11). Ésaïe vit Sa gloire et parla de lui, disant : « Certainement, lui a porté nos langueurs et s’est chargé de nos douleurs » (És. 53. 4).

Dans leur raisonnement incrédule, les disciples montrent comme ils étaient oublieux de la puissance que Jésus avait déployée lors de la première multiplication des pains. Leur réflexion fait ressortir leur ignorance quant à Sa personne : « D’où aurions-nous dans le désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ? » (Mat. 15. 33).

Ne ressemblons-nous pas souvent aux disciples au moment des difficultés ? Nous sommes arrêtés par l’insuffisance de nos ressources, constatant alors que nous traversons un désert. L’inquiétude et l’agitation s’emparent de nos cœurs, nous sommes en souci, et nous nous tourmentons de beaucoup de choses, comme l’exprime le Seigneur à Marthe (Luc 10. 41).

Lorsqu’il s’agit de nourriture, de breuvage ou de vêtement, le Seigneur déclare : « Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses » (Mat. 6. 32). Mais dans Sa sagesse et pour stimuler notre faible foi, le Seigneur, toujours conscient de nos besoins, peut estimer qu’un certain délai soit nécessaire avant d’accorder Sa réponse. Aujourd’hui encore Il ne repousse jamais une âme venant à Lui, consciente de sa pénurie et de son infirmité.

Maintenant, le Seigneur demande aux disciples de compter leurs maigres ressources. C’est toujours à partir du peu que nous avons qu’Il veut et peut nourrir Son peuple. Quelle est cette modeste provision ? Sept pains et quelques petits poissons !

Après avoir commandé à la foule de s’asseoir sur la terre, Jésus prend les sept pains et les poissons, rend grâces à Dieu, les rompt, les donne à Ses disciples qui les distribuent à la foule. Il daigne s’associer, et prendre comme collaborateurs Ses faibles disciples, les utilisant comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu.

Toute la foule est rassasiée, et avec les restes, sept corbeilles sont remplies. Admirons cette disposition constante du Seigneur de ne rien gaspiller. Ceux qui avaient participé à ce repas miraculeux étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.

Lors de la première multiplication des pains rapportée dans les quatre évangiles, il y avait cinq pains, douze paniers pleins de restes, et cinq mille hommes nourris. Les disciples sont invités par le Seigneur à donner à manger à la foule avant que la multiplication des pains ait lieu. Le nombre douze dans la Parole est en général en rapport avec une administration que Dieu confie à l’homme (douze tribus, douze disciples) et dans laquelle Il est responsable.

Les faibles ressources de l’homme, représentées par les cinq pains, mises entre les mains du Seigneur, deviennent une abondance toute suffisante pour rassasier cinq mille hommes.

Dans la deuxième multiplication, nous avons le côté de Dieu. Le Seigneur opère selon Sa grâce et Sa toute-puissance divine. Il y a sept pains dans les ressources et sept corbeilles pour les restes. Le chiffre sept rappelle la perfection surhumaine.

Cette intervention miraculeuse du Seigneur, qui ne se lasse pas de déployer toute sa puissance envers ceux qui sont dans le besoin, n’a-t-elle pas lieu de s’exercer aujourd’hui à l’égard des âmes qui périssent, comme aussi à l’égard des croyants ? Seule la Parole de Dieu, appliquée par la puissance du Saint Esprit au cœur et à la conscience, peut répondre parfaitement à ces multiples besoins spirituels. Là encore, le Seigneur se plaît à utiliser de faibles instruments, peut-être même un enfant converti, pour donner au temps convenable une « ration de blé » (Luc 12. 42).

« Que la Parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce » (Col. 3. 16). « Une parole dite en son temps, combien elle est bonne ! » (Prov. 15. 23)

Souvenez-vous que lors de la première multiplication des pains, c’était un petit garçon qui avait les cinq pains d’orge et les deux poissons pour les remettre au Seigneur, et une grande foule a été rassasiée ?(Jean 6. 9)

* Un frère égyptien très fondé nous a expliqué que la première multiplication des pains avait lieu en Israël : les 12 paniers sont en relation avec les 12 tribus.

La 2ème occasion se situe aux confins de la frontière, proche des Nations, les 7 corbeilles parlent de la plénitude divine.

Mais les corbeilles sont beaucoup plus grosses que les paniers (l’apôtre Paul avait été descendu dans une corbeille) – donc ces 7 corbeilles contenaient beaucoup plus que les 12 paniers.

Un signe du ciel refusé et un levain à éviter (Mat. 16. 1 à 12 ; Marc 8. 10 à 21 ; Luc 12. 54 à 57).

De nouveau les pharisiens et les sadducéens, deux sectes adverses, savent s’unir momentanément contre Jésus pour Lui demander, en vue de l’éprouver, un signe du ciel. Ses paroles de vérité et Sa vie irréprochable condamnent leur hypocrisie, leur formalisme et leur matérialisme. Et le Seigneur leur donne une raison de Son refus : ils étaient incapables de discerner la vérité à cause de leur incrédulité.

C’est en soupirant profondément dans Son esprit (Marc 8. 12) que le Seigneur affirme qu’il ne sera pas donné de signe à cette génération méchante.

Dans le cas de l’homme sourd et muet (Marc 7. 34), Il avait soupiré en présence de la misère de l’humanité et il y avait une ressource dans l’expression de Sa grâce et de Sa puissance en guérison. Mais ici, face à l’incrédulité d’hommes religieux, il n’y a pas de remède. Il les laisse en leur rappelant le signe de Jonas comme Il l’avait fait auparavant (Mat. 12. 39 et 40). Ce signe parlait de la nécessité de Sa mort et de Sa résurrection.

Quel sort terrible est réservé à ceux qui rejettent les appels de la grâce pour le salut et le bonheur de leur âme. Les temps actuels de la chrétienté, à la veille du retour du Seigneur, sont comparables à ceux d’Israël, au moment où Jésus était sur le point de quitter ce peuple.

Nous n’avons pas de signe du ciel à espérer avant que se réalise la promesse de la venue du Seigneur pour enlever Son Église. La foi s’affermit dans cette attente. Mais certains hommes religieux comme les pharisiens, ou incrédules, de même que les sadducéens, seront laissés sur terre et livrés à une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge (2 Thess. 2. 11), en attendant que s’exerce le jugement solennel de Dieu à l’égard de tous ceux qui n’auront pas accepté par la foi Jésus comme leur Sauveur personnel.

Cependant, bien des indices confirment que l’Église arrive au terme de son voyage terrestre. Au point de vue moral, c’est la dernière heure, où l’orgueil, l’égoïsme et la propre volonté de l’homme s’affirment de plus en plus, en même temps que se développe l’apostasie chrétienne, c’est-à-dire l’esprit de l’antichrist, qui nie le Père et le Fils (1 Jean 2. 22 et 2 Tim. 3. 1 à 5).

De plus, le retour du peuple juif dans son pays et les nombreux efforts des nations européennes pour s’unir dans les limites de l’ancien empire romain, tous ces indices nous parlent de l’imminence du retour du Seigneur, évènement qui se produira en un clin d’œil. Il sera alors trop tard pour se préparer à rencontrer Dieu. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 8).

Maintenant le Seigneur s’occupe de Ses propres disciples pour les mettre en garde contre le levain des pharisiens et des sadducéens.

Constatant qu’ils avaient oublié de prendre du pain avant de s’embarquer, les disciples supposent dans leur raisonnement que Jésus, en leur parlant du levain, partage leur propre préoccupation. Mais Celui qui lit dans les cœurs est affligé en voyant à quel point les vains raisonnements et les questions matérielles les absorbent.

Comme notre manque de confiance en Lui attriste toujours Son cœur sensible. Aussi Jésus doit leur dire la vérité :

« Pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes, gens de petite foi, sur ce que vous n’avez pas pris de pain ? ». « N’entendez-vous pas, et ne comprenez-vous pas ? Avez-vous encore votre cœur endurci ? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? ayant des oreilles, n’entendez-vous pas ? et n’avez-vous point de mémoire ? Quand je rompis les cinq pains aux cinq mille, combien recueillîtes-vous de paniers pleins de morceaux ? Ils lui disent : Douze. Quand je rompis les sept aux quatre mille, combien recueillîtes-vous de corbeilles pleines de morceaux ? Et ils lui disent : Sept. Et il leur dit : Comment ne comprenez-vous pas ? » (Marc 8. 17 à 21).

Ne sommes-nous pas surpris et peut-être indignés par la stupidité, l’incompréhension des disciples ? Mais, malgré bien des enseignements reçus du Seigneur en écoutant Sa Parole, n’avons-nous pas tendance à leur ressembler ? Ne pourrait-Il pas aussi nous dire en différentes circonstances : « Ne comprenez-vous pas ? ne voyez-vous pas ? n’entendez-vous pas ? Avez-vous votre cœur endurci ? N’avez-vous point de mémoire ? »

Ne sommes-nous pas facilement distraits, inquiets, inconséquents, parfois ingrats, égoïstes, superficiels ? Nous apprenons par cœur certains beaux versets de la Parole, et au moment des multiples tentations d’une journée nous les oublions.

Lors de certains choix, avons-nous le saint désir d’être guidés par cette Parole vivante, avec un exercice de prière, ou bien nous laissons-nous parfois aller au gré des circonstances ou de ce qui nous plaît ?

Puissions-nous nous approprier le secret du psalmiste : « Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » (Ps. 119. 105). La Parole est la source de toute intelligence spirituelle et par sa lumière elle dirige toute la marche du fidèle.

Puis le Seigneur avertit avec patience Ses disciples, les mettant de nouveau en garde contre le levain des pharisiens et des sadducéens, c’est-à-dire contre leur doctrine corruptrice. Bien que différentes l’une de l’autre, ces deux sectes ont en commun ce dangereux levain de l’hypocrisie (Luc 12. 1). C’est ce qui caractérise la religion de la chair qui s’accommode de prescriptions légales, d’une apparence religieuse sans réalité, de la forme de la piété sans sa puissance.

Par ailleurs, les sadducéens se contentaient des raisonnements du cœur naturel qui annulaient toute action de la Parole sur la conscience, et donnaient essor aux convoitises charnelles.

Que nous soyons vrais devant Dieu et devant les hommes dans l’expression de notre foi, et que la Parole de Dieu exerce toute son autorité bienfaisante sur notre cœur et notre conscience !

Guérison de l’aveugle de Bethsaïda (Marc 8. 22 à 26).

Dans leur aveuglement, les Juifs n’avaient rien appris des nombreux miracles opérés par le Seigneur, car ils demandaient encore des signes (v. 11). Les disciples eux-mêmes ne se rendaient pas compte que la puissance divine s’exerçait par ce moyen, et c’est ce que met en évidence le miracle par lequel la vue est donnée à l’aveugle de Bethsaïda.

Avez-vous remarqué que le Seigneur leur pose une série de neuf questions, des versets 17 à 21, à la suite de la deuxième multiplication des pains ? Ainsi souligne-t-il avec douleur l’endurcissement de leur cœur, qui limitait leur compréhension à l’égard de ce que faisait et disait leur Maître ?

Marc est le seul évangéliste relatant ce miracle accompli encore à Bethsaïda, ville qui avait été particulièrement favorisée par la visitation en grâce du Seigneur. C’est là que Sa puissance divine s’était déployée. De plus les trois apôtres, André, Pierre et Philippe appartenaient à cette ville (Jean 1. 45). Mais celle-ci avait méprisé une telle faveur en refusant de se repentir.

Comme sont solennels les reproches du Seigneur à ceux qui rejettent Sa grâce ! (Mat. 11. 20 à 22). Cependant, dans Sa patience qui s’exerce jusqu’à ses extrêmes limites, le Seigneur va encore opérer en grâce et en puissance.

Comme pour le sourd qui parlait avec peine au chapitre 7, on Lui amène un aveugle, et on le prie pour qu’Il le touche. Certes il n’en fallait pas davantage pour Celui qui guérit toutes les infirmités (Ps. 103. 3). Un simple toucher, une parole prononcée par Celui qui est le Maître de la vie, est-ce que cela n’aurait pas suffi ? Mais Jésus agit différemment et la guérison se produit progressivement.

Il prend la main de l’aveugle et le mène hors de la ville, loin de la foule. Il y a tout à la fois une manifestation de compassion dans ce geste du Seigneur, et l’affirmation de la nécessité, pour tout homme, d’un contact personnel avec Jésus. Cet homme, incapable de se diriger, avait besoin d’être conduit.

L’homme, dans son état naturel, est frappé de cécité morale et spirituelle, et, plongé dans les ténèbres du péché, il a besoin d’être retiré à l’écart pour que le Seigneur opère en lui l’œuvre de Sa grâce.

Vis-à-vis de la bourgade de Bethsaïda, cela signifiait aussi que cette ville avait perdu tout droit à être le témoin des œuvres de Christ à cause de son incrédulité. Mais c’est là, à l’écart de la ville, que cet infirme va être l’objet de la puissance curative de Jésus.

Le Seigneur crache sur ses yeux et pose les mains sur lui. Pour opérer la guérison, Il utilise quelque chose qui vient de Lui et contient une vertu divine, la puissance même du Fils de Dieu. Et en posant ses mains sur l’aveugle, Il s’identifiait à lui.

Ce fait annonçait que Jésus était venu dans ce monde pour prendre sur Lui nos péchés, pour être fait péché, et subir à notre place la mort qui en est la terrible conséquence.

Puis Jésus demande à cet homme s’il voyait quelque chose. Sa réponse révèle que le travail n’est pas achevé : « Je vois des hommes, car je vois comme des arbres qui marchent » (v. 24). Pourquoi une telle lenteur dans la guérison de cet homme ? Pourtant il était impossible de douter de la puissance du Seigneur à l’égard de celui qui se trouvait dans une condition si misérable.

Comme un cher serviteur de Dieu l’a exprimé : « Il voulait faire savoir maintenant que la grâce méprisée est sensible ». Va-t-Il renouveler Ses actes de bonté déjà méprisés, sans faire savoir ce qu’Il en éprouve ?

Quant à l’aveugle, il voyait l’homme dans sa grandeur et son orgueil, ce que symbolise l’arbre dans la Parole (Dan. 4. 10 à 18). Et Dieu veut détacher nos regards de l’homme et de sa marche (Éph. 2. 2 et 3). C’est pourquoi Jésus continue à travailler, lui met les mains sur les yeux et l’invite à regarder ; il fut rétabli et voyait tout clairement.

Lorsqu’il voit imparfaitement, cet homme rappelle l’état des disciples au moment où le Seigneur leur reproche leur incrédulité. Sans être dans l’état d’aveuglement de la nation qui rejetait son Messie, les disciples avaient encore une vision confuse. Jésus les avait appelés pour être avec Lui (3. 13 et 14), les séparant de la nation, selon ce qu’Il avait fait avec l’aveugle, le conduisant hors de la bourgade.

C’est là qu’il achèverait Son travail avec toute la patience de la grâce. Après Sa résurrection et le don du Saint Esprit envoyé par Christ glorifié, ils virent tout clairement.

Ensuite Jésus renvoie l’homme guéri en lui disant : « N’entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade » (v. 26). Pour Bethsaïda, le jour de la visitation en grâce était passé. Comme pour Jérusalem, le Seigneur en pleurs pouvait dire : « Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux » (Luc 19. 42). Que restait-il pour celle qui avait méprisé la grâce, si ce n’est le jugement solennel de Dieu ?

Nous aussi, lorsque nous sommes venus à Jésus, nos yeux ont été ouverts et Il a répondu à nos besoins de pécheurs. Sans Lui, notre cas était désespéré. Mais pour ceux dont les yeux ont été ouverts, que voient-ils maintenant ? Sont-ils impressionnés avant tout par la grandeur et l’orgueil de l’homme, ou même par un serviteur de Dieu qui a pu leur être utile ?

Les Corinthiens eux-mêmes regardaient à leurs conducteurs, se réclamant de l’un ou de l’autre comme chef d’école, et ainsi ils avaient des hommes marchant devant eux, ce qui entraînait des dissensions dans l’assemblée (1 Cor. 1. 11 à 13).

L’œuvre n’est pas achevée dans notre âme tant que nos regards sont absorbés par les hommes. Mais quand Jésus est placé devant nos regards, alors nous voyons tout clairement. Nous pouvons être « remplis de la connaissance de Sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle pour marcher d’une manière digne du Seigneur, pour lui plaire à tous égards » (Col. 1. 10).

Nous avons communion avec Dieu au sujet de Celui qui fait les délices de Son cœur, Son unique Fils bien-aimé.

Parmi les nombreux aveugles qui nous entourent, ne pourrions-nous pas en amener un à Jésus, pour que dans la lumière de Sa présence, et à travers un travail progressif de cœur et de conscience, il puisse voir tout clairement ?

Confession de Pierre. L’Assemblée et le Royaume (Mat. 16. 13 à 20 ; Marc 8. 27 à 30 ; Luc 9. 18 à 21).

Maintenant Jésus est seul avec Ses disciples sur le chemin les conduisant vers les villages de Césarée de Philippe, tout au nord de la Palestine.

Alors qu’Il est rejeté des autorités religieuses, Il interroge Ses disciples : « Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme ? Et ils dirent : les uns disent : Jean le baptiseur ; les autres Élie ; et d’autres : Jérémie ou l’un des prophètes ». Les réponses révèlent combien les opinions sont partagées, sans qu’elles manifestent une incrédulité affirmée.

La foule plaçait Jésus au rang des prophètes les plus éminents, mais ces opinions diverses n’exprimaient pas le langage de la foi. Pourtant le Père avait fait entendre Sa voix au sujet de Son Fils lors du baptême de Jean : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17). Lorsque Nathanaël est touché par les paroles de Jésus, il peut déclarer : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu ; tu es le roi d’Israël » (Jean 1. 50).

Puis le Seigneur s’adresse directement à Ses disciples, et cette question, Il la pose à chacun : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? Et Simon Pierre, répondant, dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et Jésus, répondant, lui dit : Tu es bienheureux, Simon Barjonas, car la chair et le sang ne t’ont pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (Mat. 16. 15 à 17).

Réceptif dans son cœur à la révélation du Père, Simon confesse avec hardiesse le beau nom de Celui qui est le Christ, promis aux pères et à Israël. Puis, comme Fils du Dieu vivant, Il possède la vie et la communique aux hommes qui ont la foi en Sa Personne et en Son œuvre rédemptrice.

Bienheureux ceux qui reconnaissent en Jésus Christ leur Sauveur et leur Seigneur ! L’homme naturel avec ses raisonnements subtils ne peut accéder à cette révélation, que seule la foi saisit.

C’est alors l’occasion pour le Seigneur de donner une révélation nouvelle et importante à Pierre : « Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre – ou une pierre – et sur ce roc je bâtirai mon assemblée, et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ».

Dans son épître, Pierre donne une explication à cette expression : « Vous approchant – du Seigneur – comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu, vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle » (1 Pier. 2. 4 et 5). Chaque croyant, par la foi au Fils de Dieu, devient une pierre vivante.

L’Assemblée, que Christ bâtit, est composée de l’ensemble de ces pierres vivantes édifiées sur le seul fondement inébranlable qu’est Sa Personne. Il est le Roc éternel de vie sur lequel Lui-même bâtit son Assemblée pour le ciel et pour l’éternité (Éph. 2. 20 et 21).

Cet édifice a commencé à la Pentecôte, et sera achevé lorsque la dernière pierre sera ajoutée, c’est-à-dire le dernier racheté, avant le retour du Seigneur pour enlever Son Église dans le ciel. Elle apparaît dans la gloire en Apocalypse 21, comme la sainte cité descendant du ciel d’auprès de Dieu, soit pour régner avec Christ pendant mille ans (v. 9 à 27), soit lorsque l’habitation de Dieu est avec les hommes pour l’éternité, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre (v. 1 à 8).

Rien ne peut vaincre ni détruire cette puissance de vie dans le Fils de Dieu. Ainsi la force de Satan, qui détient l’empire de la mort à cause du péché de l’homme, a été brisée lorsque Jésus est entré dans la mort. « Par la mort, Il rendit impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » (Héb. 2. 14). « Il a annulé la mort » (2 Tim. 1. 10). Et « Il est déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1. 4).

Ainsi toute la puissance de Satan ne peut rien contre cette maison spirituelle que Christ bâtit et appelle : « mon assemblée ».

Il n’est pas question ici de l’aspect de la maison de Dieu où l’homme a sa propre responsabilité sur la terre quant à son travail et aux matériaux apportés à cet édifice. Cela, c’est l’enseignement de Paul en 1 Corinthiens 3. Là, l’infidélité de l’homme a entraîné la ruine de l’Église, introduisant des personnes qui, tout en faisant profession de christianisme, n’avaient pas la vie de Dieu. Lors de Sa venue, le Seigneur n’enlèvera que Ses rachetés.

Cher lecteur, en feras-tu partie ?

Enfin le Seigneur évoque un autre résultat de Sa venue ici-bas et de Sa mort, en relation avec la terre : le royaume des cieux. Christ possède un peuple céleste, l’Assemblée, et Il doit régner sur Son peuple terrestre et sur tout l’univers.

En attendant que s’exerce cette domination glorieuse, le royaume s’établit d’une manière mystérieuse sous cette appellation de « royaume des cieux », comme le Seigneur en instruit Ses disciples en Matthieu 13 dans les paraboles. Sous ce caractère de royaume des cieux, le siège du pouvoir est établi dans le ciel, à la suite du rejet du Roi par Israël et par le monde. Ainsi il ne pouvait être introduit qu’à la suite de l’ascension du Seigneur au ciel.

En attendant que Christ établisse sur la terre Son règne en puissance, tous les croyants et tous ceux qui professent le christianisme, ayant la vie de Dieu ou non, sont inclus dans le royaume des cieux dont les principes sont énoncés en Matthieu 5 à 7.

Le Seigneur confie à Pierre une mission spéciale, en lui disant : « Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Mat. 16. 19). Pierre était chargé d’ouvrir, à tous ceux qui reconnaîtraient l’autorité du Seigneur, les portes du royaume, tant Juifs que nations, suite à ses prédications (Act. 2. 36 ; 4. 4 ; 8. 14 à 17 ; 10. 43 à 46).

Nul ne pouvait entrer par la naissance, comme les Juifs, mais par la foi au Seigneur qui était dans le ciel après Sa mort et Sa résurrection. Désormais il était inutile de dire aux Juifs que Jésus était le Christ, un Messie vivant sur la terre, sans être passé par la mort. Seuls ceux qui ont la foi peuvent jouir des bénédictions apportées par Son œuvre à la croix.

Jésus annonçant sa mort (Mat. 16. 21 à 28 ; Marc 8. 31 à 38 ; Luc 9. 22 à 27).

Jésus vient de révéler à Pierre qu’Il bâtirait Son assemblée, et Il parle maintenant du prix qu’Il va payer pour l’acquérir : de grandes souffrances et la mort. Ainsi Dieu pourra accomplir Ses pensées de grâce à l’égard du peuple juif et de tous les pécheurs.

« Dès lors Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, et qu’il souffrît beaucoup… et qu’il fût mis à mort, et qu’il fût ressuscité le troisième jour » (Mat. 16. 21).

La mort du Messie avait été annoncée plusieurs siècles auparavant par les prophètes (És. 53. 7 et 8 ; Dan. 9. 26). Et Jean le baptiseur désigne le Seigneur Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).

Quelle révélation surprenante pour les disciples bien convaincus que Jésus était le Christ, le Messie, et ne voyant que l’établissement de son royaume glorieux ! (Luc 19. 11) L’idée qu’Il serait victime de Ses ennemis et serait mis à mort les stupéfiait.

Entendant parler de Sa mort, « Pierre, le prenant à part, se mit à le reprendre, disant : Seigneur, Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point ! »

Alors qu’il venait de s’exprimer comme oracle de Dieu, proclamant que Jésus était le Fils du Dieu vivant, il essaie maintenant de détourner Christ de Son chemin d’obéissance. Dans l’ardeur de son amour pour Lui et dans le désir de jouir sans délai des gloires du royaume annoncé par les prophètes, il ne peut accepter la nécessité de Sa mort. La réprimande du Seigneur est immédiate et parmi les plus sévères qu’Il ait prononcées : « Va, arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes » (v. 23). Celui que le Seigneur venait de déclarer bienheureux, est maintenant l’instrument de Satan pour s’opposer aux pensées de Dieu. N’est-il pas solennel de constater que nous pouvons posséder une vérité, être enseigné de Dieu, et cependant être opposé aux conséquences qui en résultent dans notre vie pratique ? La chair qui est en nous, si nous ne la jugeons pas, aime les choses qui sont dans le monde, ses plaisirs, ses richesses et sa gloire. Voilà les pensées de l’homme toujours en contradiction avec celles de Dieu !

Pour accomplir Ses conseils, Il était venu « pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Mat. 20. 28).

Pour être gardés de suivre nos propres pensées, même avec les meilleures intentions, laissons-nous sonder et instruire par la vivante Parole de Dieu.

Avec l’annonce de Sa mort, le Seigneur montre aux disciples ce qu’il en coûterait de Le suivre sur ce chemin qui conduit à la gloire avec Lui. Ici-bas, il n’y a qu’un sentier dans lequel Jésus veut engager Ses disciples, celui de Son rejet et pratiquement celui de la mort. « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive : car quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la trouvera ».

Se renoncer soi-même, et prendre sa croix, voilà deux traits essentiels de tout vrai disciple de Jésus dans ce monde. Il s’agit bien sûr de ceux qui possèdent par la foi Sa vie, et l’ont comme objet de leur cœur. Se renoncer soi-même, c’est ne plus vivre pour soi, mais pour Christ (Gal. 2. 20 ; 2 Cor. 5. 15).

L’homme dans son état naturel ne recherche que ses propres intérêts, et ne vit que pour la satisfaction de sa propre volonté, même s’il cherche peut-être à faire du bien à son prochain. Sa nature égoïste le porte à tout centrer sur le moi. Christ est absent de ses propres pensées.

Pierre désirait la gloire sans la souffrance, la couronne sans la croix. Il estimait que la mort de Christ le priverait de cette gloire à laquelle sa chair était attachée. Mais pour amener plusieurs fils à la gloire, Jésus devait passer par les souffrances et la mort de la croix, à cause de nos péchés.

Prendre sa croix « chaque jour » selon l’expression de Luc 9. 23, c’est la mort au monde avec les jouissances variées qu’il procure au cœur naturel par la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie (1 Jean 2. 16).

Celui qui autrefois était condamné à la crucifixion devait porter sa croix jusqu’au lieu du supplice. Ceux qui assistaient à ce spectacle pouvaient estimer qu’il en avait fini avec les choses d’ici-bas.

Ainsi ceux qui nous voient vivre, ne devraient-ils pas reconnaître que nous ne vivons plus pour nous-mêmes et que nous en avons fini avec le monde, tout en suivant un Maître rejeté par lui ? Ne serait-ce pas le caractère de ceux qui jouissent du ciel sur la terre et dont le cœur est là où est leur trésor ? Alors que ceux qui veulent épargner leur vie en lui accordant les convoitises charnelles et mondaines, la perdront pour l’éternité.

« Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ; ou que donnera un homme en échange de son âme ? » Ces paroles solennelles soulignent le prix inestimable d’une âme aux yeux du Seigneur. Toute négligence à cet égard a des conséquences éternelles. C’est dans le temps présent que se décide le sort de notre âme immortelle !

Vivre pour soi-même, aimer le monde et les choses qui y sont, expose une âme à refuser le salut gratuit que Dieu lui offre par la foi en l’œuvre expiatoire de Jésus.

Cher lecteur, L’as-tu accepté pour ton Sauveur personnel ?

Et pour ceux qui appartiennent au Seigneur, trois questions se posent : est-ce que je reconnais réellement Jésus comme mon Maître ? car c’est chaque jour qu’Il m’invite à Le suivre. Quel est le but principal de ma vie ? Un gain éphémère et vain avec une perte irréparable ou une perte minime avec un gain immense et éternel ?

Quelle est mon échelle de valeurs, sachant tout le prix que Jésus attache à une âme ? Aucun effort n’est trop grand à Ses yeux pour le salut éternel d’un pécheur. Qu’un amour ardent nous anime pour les âmes perdues ! Et Jésus ajoute : Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors Il rendra à chacun selon sa conduite » (Mat. 16. 27).

Ayons à cœur de suivre fidèlement le Seigneur !

La transfiguration (Mat. 17. 1à 13 ; Marc 9. 2 à 13 ; Luc 9. 28 à 36).

Le Seigneur vient d’annoncer à Ses disciples qu’un changement de dispensation va résulter de Son rejet et de Sa mise à mort. Tout en s’engageant dans ce chemin qui Le conduisait aux souffrances de la croix, Il veut encourager la foi des Siens en leur montrant qu’il se termine dans la gloire avec Lui.

Ainsi se réalise la promesse du Seigneur : « Il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume » (Mat. 16. 28).

Les trois premiers évangélistes divinement inspirés décrivent cette scène selon leur caractère propre. Matthieu présente le Christ rejeté, prenant Sa position glorieuse de Fils de l’homme. Dans Marc, après le service humble et dévoué de Christ prêchant le royaume, la gloire est annoncée comme la venue du royaume en puissance, et Christ manifesté en gloire sur la terre. Enfin, en Luc, Celui qui est rejeté et doit mourir apparaît dans Sa propre gloire de Fils de l’homme, dans la gloire du Père en tant que Fils de Dieu. Et les saints enseignés du Père entrent dans la gloire magnifique, demeure de Dieu, où ils ont communion avec le Père et avec Son Fils Jésus.

Jésus prit avec Lui les disciples Pierre, Jacques et Jean, les mène à l’écart sur une montagne pour prier (Luc 9. 28). Et Il fut transfiguré devant eux. « Et comme il priait, l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc et resplendissant comme un éclair » (Luc 9. 29).

Il apparaît au regard des témoins éblouis par cette scène, revêtu de majesté et de magnificence, dans cette gloire qu’Il voilait habituellement sous l’humble forme d’esclave.

« Et voici, deux hommes, qui étaient Moïse et Élie, parlaient avec Lui », étant glorifiés comme Lui. Ils représentaient la loi et les prophètes. Moïse avait donné la loi, bientôt violée, et Élie s’était employé à ramener le peuple à son Dieu et à la loi pour son bien, mais en vain. En effet, ils s’adressaient à l’homme dans la chair qui a fini par tuer le Seigneur.

Quel était donc le sujet d’entretien de ces hommes sur cette haute montagne ? Luc seul nous le révèle : « Ils parlaient de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem » (v. 31). Du côté de l’homme, tout était perdu à cause de sa méchanceté incurable. Aussi, pour Dieu tout reposait sur la mort de Son Fils bien-aimé qui endura à la croix le jugement mérité par l’homme pécheur. Les exigences de la justice divine étant satisfaites, Dieu peut agir en grâce et sauver quiconque croit.

Autre conséquence, toute gloire est donnée au Fils dans le ciel et sur la terre. Malgré la splendeur de cette scène, les disciples sont accablés de sommeil, et en Gethsémané, ils étaient endormis de tristesse. Voilà ce qu’il en est de la nature humaine, aussi bien en présence de la gloire, que du spectacle de la souffrance par anticipation du Seigneur allant à la croix.

En se réveillant les disciples voient la gloire de Jésus et, avec Lui, les deux hommes éminents de l’Ancien Testament. Pierre intervient en disant : « Maître, il est bon que nous soyons ici ; et faisons trois tentes : une pour toi, et une pour Moïse, et une pour Élie, ne sachant ce qu’il disait » (Luc 9. 33). Marc ajoute qu’ils étaient épouvantés. Vu l’état d’Israël et du monde, il était impossible de demeurer dans une telle proximité. L’œuvre de la croix était nécessaire.

« Et comme Pierre parlait encore, voici, une nuée lumineuse les couvrit ; et voici une voix de la nuée, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (Mat. 17. 5). Pierre pensait honorer le Seigneur en le plaçant au même rang que ces illustres serviteurs de Dieu. Aussi Dieu le Père, jaloux de la gloire de Son Fils et de Sa suprématie, fait entendre Sa voix pour déclarer toute la satisfaction de Son cœur à l’égard de Son Bien-aimé.

C’est Lui qu’il faut écouter désormais, car Dieu parle dans le Fils. Que dit-il ? « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28). « Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jean 6. 48).

Cette scène grandiose était un aperçu du royaume de Dieu en gloire, auquel seront associés tous les saints célestes et terrestres. Moïse et Élie figurent les premiers, et les trois disciples les derniers. Moïse, ayant passé par la mort, représente les saints ressuscités et Élie, enlevé au ciel sans voir la mort, évoque les croyants transmués à la venue du Seigneur.

Contempler une telle gloire ne pouvait que stimuler la foi des disciples, mais aussi de tous les croyants, pour accepter sur la terre de porter la croix à la suite de Jésus en attendant de partager Son règne.

Tout glorieux qu’aient été Moïse et Élie, Dieu ne voulait pas que l’on confondît Son Fils avec ces serviteurs exceptionnels, comme au baptême de Jean, au moment où Jésus se trouvait au milieu des pécheurs repentants (Luc 3. 21 et 22).

Entendant la voix du Père, les disciples tombèrent le visage contre terre et furent saisis d’une très grande peur. Et Jésus, s’approchant, les toucha et dit : « Levez-vous, et n’ayez point de peur. Et eux, levant leurs yeux, ne virent personne que Jésus seul » (Mat. 17. 6 à 8). Ainsi Moïse et Élie disparaissent et Jésus reste seul. Il est la clé de toutes les Écritures.

Conduits par le Saint Esprit, nous pouvons Le contempler aussi dans la loi et les prophètes (Luc 24. 27). C’est Jésus seul qu’il faut écouter. Bientôt nous Le verrons face à face, dans des corps glorifiés.

Ayant vu un échantillon du royaume établi en gloire, les disciples soulèvent une question concernant le prophète qui devait venir auparavant. Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement ? Le Seigneur répond qu’Élie vient premièrement et rétablira toutes choses (Mal. 4. 5). Avant l’établissement du règne de Christ, un prophète sera suscité, agissant dans l’esprit et la puissance d’Élie pour ramener le cœur du peuple à Dieu, mais le Seigneur parle aussi de Jean le baptiseur venu avant Son apparition en grâce.

Ce qui doit être accompli selon la prophétie, se réalisera avec la même exactitude que les événements ayant déjà eu lieu. Recevons en pleine assurance de foi tout ce que Dieu dit dans sa Parole.

D’après La Bonne Nouvelle 1989

L’AMOUR DE JÉSUS POUR SON DIEU

« Afin que le monde connaisse que j’aime le Père, – et comme le Père m’a commandé, ainsi je fais » Jean 14. 31.

« Parce qu’il a mis son affection sur moi, je le délivrerai ; je le mettrai en une haute retraite, parce qu’il a connu mon nom » Ps. 91. 14.

L’AMOUR DE JÉSUS POUR SON DIEU

Nous avons tendance à penser davantage à l’amour de Jésus pour nous qu’à l’amour qu’Il avait pour Son Dieu. Et pourtant, c’est le tout premier commandement de la Loi, et seul le Seigneur Jésus l’a accompli pleinement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée » (Luc 10. 27). Et cela a été réalisé en Lui d’une manière évidente en toutes choses.

Son amour pour Dieu était le motif constant de Sa conduite et de Ses paroles. Il l’a démontré en toute occasion, non seulement dans les circonstances faciles ou agréables, mais aussi dans les souffrances permanentes qu’Il a connues dans un monde opposé à Dieu. En face de l’hostilité et de la persécution, Il a toujours agi en grâce et en vérité. Il était toujours rempli par l’amour de Celui qui L’avait envoyé et qu’Il révélait.

Même lorsque des hommes haineux ont mis les mains sur le saint Fils de Dieu et L’ont crucifié, nous voyons la perfection de Son amour en ce qu’Il a tout accepté et supporté, sans murmurer. Ensuite, c’est dans une soumission complète à la volonté de Dieu qu’Il s’est offert Lui-même en sacrifice pour le péché, et qu’Il a subi le jugement que nous méritions.

La réponse de Dieu était certaine : « Je le délivrerai ». Il avait vraiment gagné le droit d’être délivré ! Il a été ressuscité, ayant triomphé de la puissance du péché, de la mort et de Satan. Dieu L’a haut élevé et L’a fait asseoir sur Son trône. Il est digne de tout l’honneur et l’adoration que nous pouvons Lui rendre.

« Il s’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé très haut et Lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se plie tout genou… et que toute langue reconnaisse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 8 à 11).

D’après « The Good Seed » octobre 2023

LA MORT DU SEIGNEUR

« Penses-tu que je ne puisse pas prier mon Père, et il me fournira à l’instant plus de douze légions d’anges ? Comment alors pourraient s’accomplir les Écritures, selon lesquelles il faut que cela arrive ainsi ? » Mat. 26. 53 et 54.

LA MORT DU SEIGNEUR

C’est lorsqu’Il a été arrêté, au jardin de Gethsémané, que Jésus Christ a adressé ces paroles à Son disciple Pierre, qui avait tiré l’épée pour défendre son Maître. À première vue il était vraiment difficile d’imaginer que Christ, le Messie promis et le Roi des Juifs, se laisserait capturer par Ses ennemis sans manifester aucune résistance. Il savait ce qui L’attendait ; Il avait parlé de Sa mort et de Sa résurrection clairement et à plusieurs reprises.

Pourquoi le grand Dieu, en qui Jésus se confiait toujours n’intervient-Il pas maintenant en Sa faveur ? Une demande précise de la part du Fils de Dieu était-elle nécessaire ? Et si Jésus fait allusion à plus de douze légions d’anges, est-ce seulement pour rassurer Ses disciples ? Non ! Même si Jésus a dû souffrir la mort par crucifixion, Il demeurait le Seigneur, avec toute la puissance divine à Sa disposition.

Jésus avait spécialement insisté sur les Saintes Écritures qui parlent de la mort du Messie d’Israël et de la raison réelle de Sa mort. Tout avait été annoncé prophétiquement auparavant : Christ devait souffrir pour les coupables et le Dieu saint acceptait Sa mort expiatoire comme sacrifice pour le péché.

Jésus Christ est mort. Les conseils de Dieu, établis dans les Écritures de l’Ancien Testament, devaient s’accomplir. Méditer sur cette vérité dépasse notre entendement.

« Notre Seigneur Jésus Christ… est mort pour nous,… afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui » (1 Thess. 5. 10).

D’après « The Good Seed » août 2023