Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
J’ai tout remis entre tes mains (Venez à Moi n°96)
1.
J’ai tout remis entre tes mains :
Ce qui m’accable et qui me peine,
Ce qui m’angoisse et qui me gêne,
Et le souci du lendemain.
J’ai tout remis entre tes mains (bis).
2.
J’ai tout remis entre tes mains :
Le lourd fardeau traîné naguère,
Ce que je pleure, ce que j’espère,
Et les « pourquoi » de mon chemin.
J’ai tout remis entre tes mains (bis).
3.
J’ai tout remis entre tes mains :
Que ce soit la joie, la tristesse,
La pauvreté ou la richesse,
Et ce que jusqu’ici j’ai craint.
J’ai tout remis entre tes mains (bis).
4.
J’ai tout remis entre tes mains :
Que ce soit la mort ou la vie,
La santé ou la maladie,
Le commencement et la fin.
Car tout est bien, entre tes mains (bis).
Dis tout à Jésus (Venez à Moi n°187)
1.
Es-tu lassé, rempli de tristesse ?
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Son cœur est ouvert à ta voix sans cesse.
Oh ! dis tout à Jésus !
Refrain
Dis tout à Jésus !
Oh ! dis-Lui tout !
Combien son accueil est doux !
Il peut comprendre,
Il aime à t’entendre :
Dis-lui simplement tout ! Refrain.
2.
Il voit tes yeux rougis par les larmes ;
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Il connaît ton cœur, il sait tes alarmes.
Oh ! dis tout à Jésus ! Refrain.
3.
Si ton passé surgit comme une ombre,
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Son sang efface tes péchés sans nombre.
Oh ! dis tout à Jésus ! Refrain.
4
Et pour demain ce que tu redoutes,
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Il est près de toi le long de la route.
Oh ! dis tout à Jésus ! Refrain.
Un jour à la fois…
Je n’suis qu’une femme/un homme, juste une femme/un homme
Aide-moi à croire à ce que je peux être, à ce que je suis
Montre-moi le chemin pour mieux t’aimer/pour progresser
Mon Dieu, pour mon bien
Guide-moi toujours un jour à la fois.
Un jour à la fois, ô mon Dieu
C’est tout ce que je demande
Le courage de vivre, aimer
D’être aimé, un jour à la fois.
Hier, c’est passé, ô mon Dieu
Et demain ne m’appartient pas
Mon Dieu aide-moi, aujourd’hui
Guide-moi un jour à la fois.
Tu m’as tout prêté, la vie et la santé
Je veux croire en toi
En ta grande bonté pour l’humanité
Une voix pour chanter, une âme pour aimer
Aide-moi à vivre, oui, aide-moi à vivre,
Un jour à la fois.
Un jour à la fois, ô mon Dieu
C’est tout ce que je demande
Le courage de vivre, aimer
D’être aimé, un jour à la fois.
De tout cœur, parlons-Lui.
Si l’inquiétude nous poursuit,
Nous pouvons compter sur Lui.
Il veille sur nous, Il nous cajole.
Si tendre est sa Parole
Et les frères qui nous consolent !
Et puisqu’à chaque jour suffit sa peine
Vivons un jour à la fois.
Car demain s’écrira lui-même
Nous gardons la joie.
Un jour à la fois.
Quel bonheur de te connaître,
Ô toi qui ne peut changer,
Mon Sauveur, mon divin Maître,
Secourable et bon Berger !
Tu devances mes besoins ;
Rassuré par ta houlette,
Je m’abandonne à tes soins.
Hymnes et Cantiques n°189
Dans tes bras éternels, Dieu Fort d’éternité,
Tu nous tiens à l’abri du vent, de la tempête
Rien ne peut ébranler
Le cœur humble et soumis qui sur toi seul se fonde.
Hymnes et Cantiques n°196
Et lorsque nous voyons, isolés, sans défense,
Quelque danger surgir,
Cherchant un sûr abri dans ta seule présence,
Te laisser seul agir !
Te laisser seul agir, et, sûrs de ta victoire,
Nous reposer en toi
Hymnes et Cantiques n°206
Il y a des moments dans la vie
Où l’on est triste, où l’on n’est pas content,
C’est pour nous que Jésus a dit,
Déchargez-vous de vos soucis
Sachez que je vous comprends.
Chant pour enfants
Sur ton cœur tu me portes,
Faible et souvent lassé ;
Tes mains douces et fortes
Me tiennent enlacé.
Ah ! tes deux mains percées,
Saignantes sous les clous…
Et des choses souffertes
Gardant le souvenir,
Ces mains restent ouvertes,
Ouvertes pour bénir.
Hymnes et Cantiques n°133
Juin 2024
Chers frères et sœurs en Christ,
Ces deux premiers cantiques « J’ai tout remis entre tes mains » et « Dis tout à Jésus », je les connais bien, depuis que je suis petit, et sans doute que beaucoup d’entre vous, les connaissent aussi.
Mais en les réécoutant et en faisant attention aux paroles, j’ai pris conscience combien peu c’était ma réalité de tous les jours. Si effectivement je lui disais tout ce que j’ai sur le cœur, mes peines et mes joies, et si je mettais réellement tout ce qui concerne ma vie entre ses mains, n’en serait-il pas fini de mes inquiétudes, de mes irritations, de mon amertume, de ma tristesse accablante, de mes découragements, de mon manque d’énergie, de foi, d’amour, de paix et de joie ?
Je demande au Seigneur que ces cantiques redeviennent une réalité pour moi, et s’il en est de même pour vous, qu’Il en soit infiniment béni !
Dire tout à Jésus, notre Bon Berger, raconter tout à notre Père céleste, sous-entend d’avoir une communion intime de tous les jours, de chaque instant avec Lui.
Il est donc primordial de prier et de lire la Bible régulièrement. Mais cela ne suffit pas ; je peux lire tous les jours un passage de la Parole et prier plusieurs fois par jour (notamment pour remercier lors des repas), mais ce n’est pas pour cela que je vais « rencontrer » mon Seigneur ou mon Père. N’est-ce pas trop souvent le cas, nous ne « (re)sentons » rien lors de ces moments et nous continuons notre journée sans changement notoire dans notre état d’esprit, donc dans notre marche ? N’avons-nous pas trop souvent des prières « habitudes », des prières « vaines redites », des prières sans consistance, sans amour, sans foi, sans joie, sans vie ?
Chaque moment passé en prière, ou dans la lecture de versets, devrait nous remplir de paix et de joie parce que nous avons vu le Seigneur, parce que nous avons dialogué avec notre bon et tendre Père. Avant même de demander quelque chose ! Avant même de parler de nous !
(Ré)apprenons à jouir – tout simplement – de l’amour du Seigneur, de la bonté de Dieu, de la grandeur de notre Maître, de la magnificence de notre Créateur. Plaçons-nous entre les mains de notre Sauveur, couchons-nous dans le sein de Jésus, sachant que nous sommes aimés de Lui, comme Jean, l’apôtre de l’amour : « Or l’un d’entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table tout contre le sein de Jésus » (Jean 13. 23).
Que notre premier désir dans la prière et la lecture de la Parole soit de Le rencontrer, Lui, pour partager un moment de communion. Notre cœur sera alors rempli de son amour et nous ne pourrons faire autrement que de faire monter vers Lui des chants de louange, de reconnaissance et d’adoration.
Ensuite, nous aurons toute liberté pour Lui présenter nos manquements, notre faiblesse, nos requêtes, nos soucis, nos craintes, et notre espoir en Lui.
« Es-tu lassé, rempli de tristesse… tes yeux sont rougis par les larmes… ? Il peut comprendre, il aime à t’entendre… Et pour demain ce que tu redoutes => Dis tout à Jésus » : c’est ce qu’a fait Anne, la future maman du prophète Samuel, qui était désespérée de ne pas avoir d’enfants.
Anne… pleurait, et ne mangeait pas… elle avait l’amertume dans l’âme, et elle pria l’Éternel et pleura abondamment… Éternel… ! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante… Et Anne parlait dans son cœur… je suis une femme qui a l’esprit accablé… je répandais mon âme devant l’Éternel… c’est dans la grandeur de ma plainte et de mon chagrin que j’ai parlé… Va en paix ; et que le Dieu d’Israël t’accorde la demande que tu lui as faite ! Et elle dit : Que ta servante trouve grâce à tes yeux ! Et la femme s’en alla son chemin ; et elle mangea, et elle n’eut plus le même visage. Et ils (Anne et son mari) se prosternèrent devant l’Éternel… et l’Éternel se souvint d’elle (1 Sam 1. 1 à 19).
Son mari, bien qu’il l’ait aimée, ne comprenait pas la profondeur de sa peine, et l’autre femme de son mari était méchante avec elle. Chez qui aller exposer sa détresse, qui pouvait la comprendre ? Personne, si ce n’est Dieu qui nous a créés, car « comme un père a compassion de ses fils (ou de ses filles), l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière… la bonté de l’Eternel est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent » (Ps 103. 13,14,17).
Dieu connaît très bien notre situation, mais il attend que nous allions à Lui pour le Lui dire. Il se plaît à nous écouter lorsqu’Il voit que nous désirons Lui faire confiance. Et si notre foi est chancelante, Il la fortifiera.
Écoutez l’appel d’Ésaïe 55 : « Ho ! quiconque a soif, venez aux eaux,… venez… oui, venez… Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra… Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche… Car vous sortirez avec joie, et vous serez conduits en paix » (v. 1, 3, 6 et 12).
Quatre fois, il nous est dit de venir, mais aussi de Le chercher, d’écouter, de L’invoquer. Il nous appelle, mais c’est à nous de Le (re)chercher, c’est-à-dire de nous isoler avec Lui, en laissant tout le reste de côté. Matthieu 6. 6 nous dit : « Entre dans ta chambre, et après avoir fermé ta porte, prie ton Père qui [demeure] dans le secret ». C’est dans le calme et le silence que nous pourrons alors écouter Dieu – en lisant la Parole ou en laissant des versets nous venir à l’esprit, en mettant nos propres pensées de côté, en écoutant aussi notre conscience nous parler, en laissant le Seigneur remplir notre âme. Ensuite, nous serons dans les bonnes dispositions pour invoquer le Seigneur : « priant par toutes sortes de prières et de supplications » (Éph. 6. 18).
Tu es accablé, triste, découragé… ? Ne te laisse pas abattre, il y a une solution pour trouver du repos pour ton âme. Écoute ton bien-aimé Seigneur qui t’appelle et va vers Lui : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
Si tu le fais sincèrement, alors t’arrivera ce qui est arrivé à David en 1 Samuel 30. 6 : « Et David fut dans une grande détresse, car le peuple parlait de le lapider ; car l’âme de tout le peuple était pleine d’amertume… Et David se fortifia en l’Éternel, son Dieu ».
Chers amis, ayons cette habitude de nous adresser à Dieu dans chacune de nos circonstances, plutôt que de nous plaindre, ou d’être angoissés. Oui, cette attitude devrait être un réflexe !
Et dès le matin, nous devrions commencer notre journée de cette manière : « Éternel ! le matin, tu entendras ma voix ; le matin, je disposerai [ma prière] devant toi, et j’attendrai » (Ps. 5. 3). Et si tu n’oublies pas les délivrances et les soins de Dieu envers toi dans le passé, alors tu pourras déclarer : « Et moi je chanterai ta force, et, dès le matin, je célébrerai avec joie ta bonté : car tu m’as été une haute retraite et un refuge au jour où j’étais dans la détresse » (Ps. 59. 16).
« J’ai tout remis entre tes mains : ce qui m’accable et qui me peine, ce qui m’angoisse… Et le souci du lendemain… J’ai tout remis entre tes mains… car tout est bien entre tes mains ».
Que de soucis n’avons-nous pas concernant nos journées et nos lendemains : problèmes de santé, handicap invalidant, difficultés familiales, soucis financiers, voisins difficiles, visites ou séjours à l’hôpital… ! Vous pouvez y rajouter ce qui vous concerne particulièrement… => Dites TOUT À JÉSUS, REMETTEZ TOUT ENTRE SES MAINS… TOUT, ABSOLUMENT TOUT ! C’est si simple et nous le faisons si peu !!! Et le Seigneur doit alors nous faire ce reproche : « Pourquoi êtes-vous en souci ? » (Luc 12. 26). => « Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mat. 6. 34).
Tu te lèves le matin, découragé(e), même sans savoir pourquoi… dis-le à Jésus ! Tu es irrité(e) contre quelqu’un qui t’as fait du tort ou qui t’a agacé… dis-le à Jésus ! Tu dois faire face à un contretemps, à une situation difficile… fais-en part au Seigneur ! Tu es triste en pensant à ton conjoint, ton enfant, ton ami que tu as perdu… dis-le à Jésus ! Tes rhumatismes te font particulièrement mal… dis-le à Jésus ! Tu es stressé(e)… dis-le tout simplement à Jésus !
Tu souffres à cause de tes (petits) enfants non sauvés ou en « décrochage » … remets ce problème entre les mains de Dieu. « Lève-toi, crie de nuit au commencement des veilles ; répands ton cœur comme de l’eau devant la face du Seigneur. Lève tes mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim » (qui se privent du Pain de vie) (Lam. 2. 19). Tu vas peut-être devoir quitter ta maison pour aller en maison de repos… remets tout entre ses mains ! « Je répands devant lui ma plainte, je déclare ma détresse devant Lui » (Ps. 142. 2). => « L’Éternel est près de tous ceux qui l’invoquent… il accomplit le souhait de ceux qui le craignent : il entend leur cri, et les sauve » (Ps. 145. 19).
Tu as peur de vieillir avec tout ce que cela comporte ? Inspire-toi du Psaume 71 : « En toi, Éternel ! j’ai mis ma confiance… Sois pour moi un rocher d’habitation, afin que j’y entre continuellement… tu es mon rocher et mon lieu fort… mon attente… ma confiance dès ma jeunesse. Je me suis appuyé sur toi dès le ventre… tu es le sujet continuel de ma louange… tu es mon fort refuge. Ma bouche est pleine de ta louange [et] de ta magnificence, tout le jour. Ne me rejette pas au temps de [ma] vieillesse ; ne m’abandonne pas quand ma force est consumée… je redirai sans cesse toutes tes louanges. Ma bouche racontera tout le jour ta justice [et] ton salut… J’irai dans la puissance du Seigneur Éternel… Ô Dieu ! tu m’as enseigné dès ma jeunesse… jusqu’à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu ! ne m’abandonne pas, jusqu’à ce que j’annonce ton bras à [cette] génération, ta puissance à tous ceux qui viendront… je chanterai tes louanges ».
Je dis tout à Jésus, je remets tout entre ses mains… c’est très bien, mais ça ne suffit pas ! Je dois lui faire entièrement confiance, avoir une foi inébranlable fondée sur le Rocher, croire fermement en ses promesses, MÊME si je ne vois pas de réponses immédiates, ou selon mes désirs ! « Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l’homme qui se confie en lui ! » (Ps. 34. 8). « Et tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, ils chanteront de joie à toujours, et tu les protégeras ; et ceux qui aiment ton nom s’égayeront en toi » (Ps. 5. 11). As-tu cette joie ?
Cette confiance aveugle en un Dieu tout-puissant et aimant nous donnera une paix royale : « Tu garderas dans une paix parfaite (paix, paix) l’esprit qui s’appuie [sur toi], car il se confie en toi » (És. 26. 3). « Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen » (Rom. 15. 33).
« Demeure tranquille, [appuyé] sur l’Éternel, et attends-toi à lui » (Ps. 37. 7) => c’est la clé du succès. Il nous connaît bien mieux que nous-mêmes, Il connaît à l’avance tous les tenants et les aboutissants de notre vie, Il sait pourquoi nous passons par ces moments qui nous troublent. Il veut que nous allions à Lui, que nous Lui disions tout ce qu’il y a sur notre cœur et dans nos pensées, que nous Lui remettions en paix nos problèmes, nos craintes, que nous nous rapprochions de Lui et jouissions encore plus de son amour. Dans les choses importantes de la vie, MAIS AUSSI dans les petites ; souvent nous ne Lui racontons pas nos « petits » soucis.
Souvent, les choix, les décisions que nous avons à prendre, nous angoissent car nous ne savons pas ce que nous devons faire, et nous pourrions facilement faire un mauvais choix. C’était le cas de Josaphat lorsque des troupes ennemies se sont rapprochées pour combattre. « Ô notre Dieu… il n’y a point de force en nous devant cette grande multitude qui vient contre nous, et nous ne savons ce que nous devons faire, mais nos yeux sont sur toi ! »(lire 2 Chron. 20). Et voici la réponse apaisante de Dieu : « Ne craignez point, et ne soyez point effrayés à cause de cette grande multitude ; car cette guerre n’est pas la vôtre, mais celle de Dieu… tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel [qui est] avec vous… ne craignez pas et ne soyez pas effrayés… et l’Éternel sera avec vous ». N’oublions pas ensuite, lorsque Dieu nous a exaucés ou tranquillisés, de Le remercier, de Le louer, de Le célébrer pour sa bonté !
Peut-être que Josaphat a vécu ou entendu parler de ce que son père Asa avait expérimenté lorsque, dans une situation semblable, il s’était confié en Dieu. Lisons 2 Chroniques 14. 11. « Et Asa invoqua l’Éternel, son Dieu, et dit : Éternel ! il n’y a pas de différence pour toi, pour aider, entre beaucoup [de force] et point de force. Aide-nous, Éternel, notre Dieu ! car nous nous appuyons sur toi… Tu es l’Éternel, notre Dieu ; que l’homme n’ait point de force contre toi ! » Malheureusement, il ne s’est pas toujours appuyé sur Dieu (Voir 2 Chron. 16. 2 et 3). « Tu t’es appuyé sur le roi de Syrie, et… tu ne t’es pas appuyé sur l’Éternel, ton Dieu ». « Asa… dans sa maladie aussi, il ne rechercha pas l’Éternel, mais les médecins ». Ce n’est pas parce qu’à un moment nous avons fait confiance à Dieu, qu’il en sera toujours ainsi. À chaque occasion, dans chaque bataille, pour chaque décision, nous avons à revenir aux pieds du Seigneur pour nous réfugier ou pour rechercher ses forces et sa direction. Restons humbles, dépendants et soumis !
J’ai tout remis entre tes mains => « Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains » (És. 49. 16), et « personne ne les arrachera (mes brebis) de ma main… et personne ne peut les arracher de la main de mon Père » (Jean 10. 28 et 29).
Dis tout à Jésus => « Et les apôtres se rassemblent auprès de Jésus ; et ils lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait ». Et les prenant avec lui, il se retira à l’écart (Marc 6. 30 ; Luc 9. 10).
Chers amis, la suite, Dieu voulant, le mois prochain. Avec mes salutations, Marco.
La ville de Jérusalem est située sur une chaîne de montagnes, s’étendant du nord au midi, à peu près parallèle au fleuve du Jourdain. Les sommets, peu considérables du reste, s’élèvent davantage vers le midi à une trentaine de kilomètres de distance, jusqu’à la ville de Hébron, qui est à une altitude de 924 mètres au-dessus de la Méditerranée, tandis que Jérusalem n’est qu’à 777 mètres.
Mais celle-ci se distingue de toutes les autres villes du pays, et peut-être du monde entier, par le fait qu’elle est entourée d’un ravin profond et large, qui l’enserre de trois côtés, à l’est, à l’ouest et au midi, formant ainsi une forteresse naturelle, près de la source du torrent du Cédron. Du côté du nord, le niveau du plateau se maintient sur une distance considérable.
Ces quelques détails pourront servir à faire mieux comprendre pourquoi la ville est devenue la capitale du royaume, depuis le moment où le roi David est parvenu au pouvoir.
Avant son temps, elle est peu mentionnée dans l’histoire sacrée. Elle avait cependant son roi à elle lorsque les Israélites, sous la conduite de Josué, entrèrent dans le pays de Canaan pour en prendre possession (Jos. 10. 1 à 27). À cette occasion, l’Éternel fit arrêter le soleil et la lune sur la demande de Josué, le capitaine de l’armée Israélite (cf. Hababuk 3. 11).
Quant à Jérusalem elle-même, les Jébusiens y restèrent. La ville était à l’extrémité méridionale du territoire attribué aux Benjaminites ; mais nous lisons, à deux reprises, que les fils d’Israël ne purent pas les en chasser (Jos. 15. 8 et 63 ; 18. 28 ; Jug. 1. 21). Par la suite, il semble que les Jébusiens s’étaient fortifiés sur la colline de Sion, de façon telle que les Israélites en prirent leur parti et ne se donnèrent pas la peine de la leur enlever.
Or, lorsque David fut couronné roi sur tout Israël (à peu près quatre siècles après l’entrée des Israélites dans le pays de Canaan), il tint compte des avantages naturels de l’endroit ; et l’un de ses premiers actes fut de prendre la forteresse de Sion et d’en chasser les Jébusiens pour tout de bon (2 Sam. 5. 6 à 9). Dès lors, Jérusalem entra dans une phase nouvelle. David et son neveu Joab, chef de l’armée, y bâtirent.
Beaucoup plus tard, le roi fit des préparatifs pour les travaux de Salomon, son fils (1 Chron. 11. 7 et 8 ; 2 Chron. 3. 1). Car il échut à Salomon d’y construire le temple magnifique, où il plaça enfin l’arche de l’Éternel, restée jusque-là sous des tentes (2 Sam. 7. 6 ; 1 Rois 8. 1 à 13).
Comme une preuve de la considération accordée aux descendants des Jébusiens, restés après tant d’années dans le pays d’Israël, il suffit de rappeler que l’emplacement du temple fut acheté par David d’un Jébusien, nommé Ornan, à l’occasion de l’autel qu’il devait dresser là, afin que la peste qui dévastait le pays fût arrêtée en réponse à la prière du roi.
L’Éternel s’était servi du prophète Gad dans cette circonstance pour exercer la conscience de David. Et l’Éternel « lui répondit par le feu des cieux sur l’holocauste », alors que l’ange destructeur « remit son épée dans son fourreau ». Quel bel exemple de l’évangile dans son principe élémentaire ! La victime sainte est offerte à Dieu en sacrifice, passant par le feu du jugement divin, et le peuple coupable, par le même fait, en est mis à l’abri (1 Chron. 21. 25 à 22. 1).
Ayant joui de cette réponse à sa prière, David n’avait plus de doutes quant à l’emplacement voulu de Dieu pour la « maison », où l’arche devait rester en permanence. Cependant la construction du temple revint à Salomon, divinement doué d’une sagesse exceptionnelle dans ce but. Commençant en l’an quatre cent quatre-vingt après la sortie des fils d’Israël du pays d’Égypte, il l’acheva en sept ans (1 Rois 6. 1 et 38).
Malgré toutes les faveurs dont il avait joui de la part de l’Éternel, le peuple se tourna constamment vers l’idolâtrie, s’obstinant à ne pas écouter les avertissements continuels des prophètes à cet égard, jusqu’à ce que la patience de Dieu fût épuisée. Alors II en livra dix tribus au roi Shalmanéser, qui les transporta en Assyrie ; et cent trente ans plus tard, Nebucadnetsar détruisit la ville de Jérusalem, et brûla le temple qui avait existé pendant 417 ans.
Pendant soixante-dix ans, le pays resta désolé, jusqu’à la destruction du pouvoir chaldéen par le roi Cyrus, qui permit aux captifs bien disposés de retourner à Jérusalem, et d’y rebâtir un édifice adapté au service divin, mais dénué de la gloire du temple de Salomon. Bien plus tard, il fut beaucoup élargi et embelli par le roi Hérode. Et c’est à ce temple-là que le Seigneur est venu, le reconnaissant comme « la maison de son Père » (Jean 2. 13 à 17).
Hélas, les désordres de tout genre n’y manquaient pas. Quant à l’arche, le signe de la présence de Dieu, il n’en fut plus question après la destruction du temple de Salomon. Mais Jérusalem est restée la capitale du pays, subordonnée alors à la puissance des nations perse, grecque et romaine, successivement. Le service de Dieu ne pouvait plus être que partiel, mais on y offrait des sacrifices, plus ou moins d’après l’ancienne coutume. Quant à ceux qui étaient au pouvoir, tant Pharisiens zélés pour la loi, que Sadducéens, rationalistes endurcis et leurs ennemis déclarés, ils se mirent d’accord pour rejeter le Sauveur, et mettre le sceau à leur iniquité en Le crucifiant.
Dès lors, Jérusalem s’identifie avec le Calvaire. Pour l’avenir encore, tout autant que pour nos jours actuels, c’est la ville « qui est appelée spirituellement Sodome et Égypte, où le Seigneur a été crucifié » (Apoc.11. 8).
On peut y assister d’année en année à des scènes honteuses de superstition, et à des querelles entre les sectes qui se réclament du nom de chrétiennes ; mais il s’y produira des événements plus terribles même que la prise de la ville par les Romains, quarante ans après la mort de Christ.
Nous en avons une description en Zacharie 14. Alors le Seigneur viendra en gloire pour y établir son règne. Il y aura un bouleversement complet de tout le pays, bien que l’emplacement de la ville reste le même, mais elle sera élevée considérablement ; et le nouveau temple se trouvera construit sur une montagne qui n’existe pas encore, à environ quatre ou cinq kilomètres au nord de la ville. Alors « la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer » (Nomb. 14. 21 ; És. 11. 9 ; Habakuk 2. 14).
Le ministère de notre Seigneur Jésus Christ s’est accompli presque exclusivement en Galilée, cette Galilée méprisée par les conducteurs religieux des Juifs. Le Seigneur se rendit quelquefois à Jérusalem à l’époque des fêtes ; mais ce ne fut guère qu’au terme de son service qu’Il visita de nombreux endroits qui n’avaient pas eu auparavant le privilège de Le voir.
Son objectif était alors Jérusalem, en vue de sa mort prochaine ; mais II trouvait bon d’avertir ceux qui pourraient avoir le privilège de Le recevoir le long de sa route, en envoyant devant Lui les soixante-dix messagers dont parle Luc (ch. 9. 51 ; 10. 1).
Remarquons ici que ce n’est que Luc qui rapporte ce voyage avec quelques détails. Matthieu ne mentionne que le fait (ch. 19. 1 et 2), et Marc, de même, ajoutant qu’Il « enseignait encore comme Il avait accoutumé » (ch. 10. 1). Mais dans le récit de Luc, le voyage occupe un tiers du livre, depuis la fin du chapitre 9, jusqu’à la fin du chapitre 19. Et c’est là que se trouvent les précieuses paraboles qui, de tout temps, ont servi d’illustrations de l’évangile de Dieu.
Le lecteur sérieux n’aura pas de difficulté à s’en rendre compte, car l’objectif du voyage est rappelé plusieurs fois par l’auteur du livre. Voyez chapitres 9. 51 et 52 ; 10. 1; 13. 22 ; 17. 11 ; 18 31 à 34 ; 19. 11, 28 et 41. Jean parle de la fin de ce voyage, disant que le Sauveur est allé aux confins de la Judée et par-delà le Jourdain, entre la fête de la Dédicace, en hiver, et la dernière Pâque (ch. 10. 22 et 40 ; 11. 54 et 55).
Il est un passage dans l’évangile de Luc, qui est reproduit aussi en Matthieu 23, montrant le caractère moral de Jérusalem, la ville sur laquelle les soins bienveillants de Dieu avaient été particulièrement prodigués dans le passé. Soit que l’on pense à sa gloire du temps de Salomon, qui y avait construit le temple où l’arche de Dieu fut placée d’une manière définitive, soit que l’on rappelle l’intervention de Dieu en faveur des captifs renvoyés de Babylone sous l’égide des rois de Perse, Cyrus, Darius et Artaxerxès, on ne peut qu’en retirer un sentiment profond de sa fidèle bonté ; et assurément toutes ces choses ont été « écrites pour notre instruction » (Rom. 15. 4).
Toutefois, c’est là, à Jérusalem, plus qu’ailleurs, que l’inimitié naturelle du cœur de l’homme contre Dieu a été mise en évidence. Le Seigneur Lui-même l’exposa en disant : « Il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem ».
Quel témoignage solennel destiné à nous faire comprendre ce qu’est le cœur de l’homme, le cœur naturel de tous les hommes sans exception ! Ne devrions-nous pas y regarder, chacun, comme dans un miroir, pour y trouver la description de notre cœur à nous ?
Voici donc la lamentation du Seigneur, qui suit les paroles que nous venons de citer (Luc 13. 33 à 35) : « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! Voici, votre maison vous est abandonnée ; et je vous dis que vous ne me verrez point jusqu’à ce qu’il arrive que vous disiez : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (cf. Ps. 118. 26).
En Matthieu, ces paroles, adressées aux scribes et aux pharisiens, conducteurs reconnus, et soi-disant orthodoxes, du peuple juif, viennent à la fin du chapitre où le Seigneur expose leur hypocrisie. Gardiens des Écritures Saintes, ils se trouvaient dans une position d’autorité incontestable ; et dans les synagogues, chacun tout naturellement les écoutait. On comprend alors sans peine combien la lutte devenait intense à mesure que le Seigneur s’approchait de Jérusalem.
Plusieurs des chefs avaient déjà comploté sa mort en Galilée, mais dans la capitale, à très peu d’exceptions près, tous étaient d’accord pour se défaire du Christ, faisant valoir le respect qu’on leur témoignait pour détourner le peuple de leur Sauveur, et condamner Celui-ci à mort et, comme un brigand, à la mort de la croix.
Aujourd’hui, presque partout dans la chrétienté, on est porté à ensevelir et à oublier ces faits, afin d’exalter le nom de Christ d’une façon purement humaine, en Le traitant comme un grand réformateur, tout comme Bouddha, Confucius, ou tel autre philosophe célèbre.
Sur ce terrain, le christianisme disparaît, et l’on devient la proie de l’ennemi des âmes ; les païens idolâtres et ceux qui ont une religion peuvent se donner la main avec les chrétiens de nom qui, au fond, ne sont que des incrédules ; tous chemineront ensemble, sur « le chemin spacieux qui mène à la perdition ».
La « porte étroite » sera bientôt fermée pour ce pauvre monde ; hâtons-nous donc d’y entrer tandis qu’il est dit : « Aujourd’hui », afin qu’aucun d’entre nous ne s’endurcisse par la séduction du péché (Héb. 3. 13 ; 4. 7). En suivant le train dont il marche à présent, le monde ne reconnaîtra plus le « chemin resserré qui mène à la vie ». Mais le Sauveur a dit : « Peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mat. 7. 13 et 14).
La pierre de touche partout et pour tous, c’est la croix de Christ ; car si la justice était comptée à un homme d’après les bonnes œuvres qu’il aurait faites et dont Dieu est le seul juge, « Christ serait mort pour rien » (Gal. 2. 21). Sur ce terrain-là, il aurait été impossible que le brigand entre dans le paradis avec le Sauveur (Luc 23. 43). Aussi était-il avant tout nécessaire que la condamnation du Seigneur ait lieu à Jérusalem où était le temple, et par le moyen de ceux qui présidaient aux services qui s’y accomplissaient.
Nous pouvons encore ajouter que, pour l’accomplissement des types et des prophéties de l’Ancien Testament, sa mort devait avoir lieu le jour même de la Pâque, chose que les principaux sacrificateurs voulaient précisément éviter, de crainte qu’il n’y ait un tumulte parmi le peuple (Marc 14. 2).
Mais Christ était le vrai Agneau pascal désigné d’avance lorsque les Israélites sortaient d’Égypte, au commencement de leur histoire nationale (Ex. 12. 2 à 14). Jésus mangea la pâque avec ses disciples pour la dernière fois, le jour même où le type devait avoir son accomplissement dans le royaume de Dieu, et en sa propre Personne sur la croix.
Revenons à présent un peu en arrière pour arrêter notre attention sur les circonstances qui précédèrent le dernier voyage du Seigneur à Jérusalem, dont nous avons parlé plus haut. Vers le terme de son ministère dans ces régions lointaines, Il était allé avec ses disciples à l’extrémité septentrionale du pays, dans le territoire autrefois assigné à la tribu de Dan.
Là se trouvait, dans un emplacement magnifique aux pieds de la montagne de l’Hermon, la ville de Césarée, fondée par Hérode et agrandie par son fils Philippe, tétrarque de l’Iturée (Luc 3. 1). L’endroit était de toute beauté, rempli de sources qui alimentaient le Jourdain.
Dans l’isolement de cette localité retirée, ayant fini son témoignage public, Jésus posa clairement à ses disciples, la question quant à sa propre Personne : « Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme ? » (Mat. 16. 13). On faisait en effet bien des raisonnements sur ce sujet ; car l’humilité du Seigneur était telle qu’Il se faisait le serviteur de tous (Luc 22. 27). En général, on Le comparait à Jean le baptiseur, ou bien aux anciens prophètes dont ils avaient entendu parler. Mais Jésus cherchait de leur part une confession personnelle, disant : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? »
Il fut donné à Pierre de présenter inconsciemment la réponse voulue du Seigneur, qui lui en indique immédiatement l’origine ; elle ne venait nullement des appréciations ou des raisonnements humains, mais directement par l’inspiration de Dieu le Père, dans les cieux : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».
« Le Christ » : cela voulait dire qu’Il était bien Celui dont tous les prophètes avaient parlé, attendu non seulement des Juifs mais de ceux qui étaient en rapport avec eux, comme la femme samaritaine (Jean 4. 25).
« Le Fils », c’est Lui qui seul peut faire connaître Dieu le Père (Jean 1. 18). On ne peut exagérer l’importance de cette déclaration ; toute la certitude de la foi en découle, ainsi que la force morale pour la marche chrétienne. En effet, nous lisons, dans la première Épître de Jean : « Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en Lui, et Lui en Dieu » ; puis : « Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu » et : « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 4. 15 ; 5. 1 et 5).
Remarquons encore que cette question que posait Jésus à ses disciples, est d’un côté l’épreuve quant à l’état réel de tout cœur humain aux yeux du Dieu saint qui connaît et qui scrute tous les cœurs ; et d’autre part, elle met en évidence la valeur intrinsèque de la mort du Sauveur pour ce qui regarde le pardon des péchés et la relation avec Dieu dans laquelle, par sa grâce, Il fait entrer le croyant.
Le croyant est envisagé comme étant « en Christ, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption » (1 Cor. 1. 30). Et c’est en Lui que l’on jouit de la relation actuelle avec le Père, par le moyen du Saint Esprit donné au croyant (Gal. 3. 26 ; 4. 6 et 7 ; 1 Jean 5. 20).
Toutes ces bénédictions merveilleuses rendaient nécessaire la mort du Sauveur ; aussi en parle-t-Il clairement à ses disciples pour la première fois (Mat. 16. 21). Pierre ne pouvait pas le supporter, et Lui dit : « Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point ». Mais Jésus juge ses paroles comme venant de l’adversaire, et insiste sur la nécessité de porter sa croix en Le suivant.
Mais une semaine après, Il prend Pierre et les deux fils de Zébédée sur la montagne afin qu’ils aient le privilège d’y voir sa gloire et d’entendre de leurs propres oreilles le témoignage du Père au sujet de son Fils. Quelle grâce infinie ! Pierre en laisse le récit comme son legs à l’église peu avant sa mort (2 Pier. 1. 16 à 21). « Cette voix venue du ciel », non seulement confirme toutes les prophéties quant au Christ dans l’Ancien Testament, mais elle ouvre encore devant le croyant la réalité et la gloire de la relation avec Dieu dans laquelle le croyant se trouve déjà placé. Jean, l’un des trois témoins, laissé en vie comme le dernier des apôtres, en expose la bénédiction dans son Évangile et dans son Épître.
La mort du Sauveur est donc le centre de tout. En descendant de la montagne, le Seigneur en parle encore à ses disciples, et dès lors, « Il dresse sa face résolument pour aller à Jérusalem » (Luc 9. 36, 44, 45 et 51).
Comme nous avons eu déjà l’occasion de le rappeler, « Sodome et Égypte » représentent l’état de la ville de Jérusalem, dès le moment où le Seigneur y a été crucifié (Apoc. 11. 8). Dans les deux noms, il y a toutefois une porte ouverte à l’action de la grâce souveraine de Dieu : Lot fut retiré de Sodome, et les descendants de Jacob furent retirés d’Égypte.
Au moment de la première captivité, qui dura soixante-dix ans, le prophète Jérémie s’était écrié : « La peine de l’iniquité de la fille de mon peuple est plus grande que la peine du péché de Sodome, qui fut renversée comme en un moment, sans qu’on ait porté les mains sur elle » (Lam. 4. 6).
Quelques années plus tard, comme la durée de la captivité touchait à sa fin, Daniel rappela dans sa prière comment Dieu avait accompli les paroles d’avertissement données par ses prophètes, « en faisant venir sur les Juifs un mal si grand que rien ne s’est fait sous tous les cieux comme ce qui a été fait à Jérusalem » (Dan. 9. 12).
La longue patience de Dieu fut alors épuisée ; mais Il permit aux captifs de rentrer sous les ordres du roi Cyrus, et de rebâtir le temple, afin que le service régulier de l’Éternel y fût rétabli ; seulement, il n’y avait plus d’arche dans le sanctuaire. Quatre-vingts ans plus tard, le roi Artaxerxès permit à Néhémie de rebâtir les murs de la ville.
Mais il ne devait plus y avoir de roi. Dieu l’avait décrété ainsi par le ministère du prophète Jérémie, à l’occasion de la captivité du jeune roi Jéconias, fils de Jehoïakim qui fut gardé en prison à Babylone pendant trente-sept ans. Voici ses paroles : « Inscrivez cet homme comme privé d’enfants, comme un homme qui ne prospérera pas pendant ses jours ; car, de sa semence, nul ne prospérera, assis sur le trône de David, ou dominant encore en Juda » (ch. 22. 30).
Son petit-fils, Zorobabel, remonta de Babylone avec les autres captifs, suivant le décret de Cyrus ; il était reconnu gouverneur, mais non pas roi.
Chose triste à rappeler, l’effet du réveil ne dura pas longtemps. Malgré tous les soins fidèles de Dieu déployés en faveur des captifs, ceux-ci dégénéraient toujours quant à la fidélité envers Lui et sa loi sainte. Néhémie avait assez de peine à maintenir l’ordre à Jérusalem, et le témoignage de Malachie, vingt ans plus tard, ne fait que peser sur la corruption des sacrificateurs. Finalement, lorsque le Seigneur Lui-même entra dans la ville, exactement comme cela avait été annoncé prophétiquement par Zacharie (ch. 9. 9), les chefs ne Le reconnurent pas, et, huit jours plus tard, ils demandèrent à Pilate qu’Il fût crucifié ; c’est-à-dire, qu’ils exigèrent dans son cas la peine réservée aux pires malfaiteurs.
Le châtiment terrible qui s’ensuivit, ainsi que l’état actuel de la ville, toujours incrédule, restent comme un avertissement solennel de la part de Dieu, quant aux jugements qui vont fondre également sur une chrétienté corrompue. Le Seigneur disait déjà aux quatre disciples qu’Il avait choisis en premier lieu, assis alors avec Lui sur la montagne des Oliviers, vis-à-vis du temple : « Il n’y sera point laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas » (Marc 1. 16 à 20 ; 13. 1 à 9). Or tout cela a été accompli à la lettre.
Quelques siècles plus tard, après la chute de l’empire romain, la ville tomba au pouvoir des Musulmans, et tous les efforts des croisades n’ont fait que justifier les paroles prophétiques portant que Jérusalem serait « une pierre pesante pour tous les peuples » (Zach. 12. 3). Et cela n’est pas encore fini.
Beaucoup de passages dans les Écritures indiquent un retour dans leur pays des Juifs à présent dispersés, mais sans le repentir national voulu de Dieu. Les efforts des nations en leur faveur, quelque bien intentionnés qu’ils soient, n’aboutiront qu’à une détresse plus grande (És. 18. 5 et 6).
Car le Seigneur Lui-même va se charger du rétablissement final de son peuple, d’abord des Juifs descendus de Juda et de Benjamin, éparpillés à présent sur toute la terre, et, après cela, du résidu des Israélites transportés anciennement par les rois d’Assyrie, et perdus encore au milieu des habitants de l’Asie, en divers endroits.
Toutefois ce rassemblement glorieux dans l’avenir sera accompagné ou précédé par « un signe » dont parle Ésaïe dans son dernier chapitre, chapitre 66. 19, confirmant ainsi le dernier verset du chapitre 18 : « En ce temps-là, un présent sera apporté à l’Éternel des armées [ le présent ] d’un peuple répandu loin et ravagé, et de la part d’un peuple merveilleux dès ce temps et au-delà, de la part d’une nation qui attend, attend, et qui est foulée aux pieds, de laquelle les rivières ont ravagé le pays,… au lieu où est le nom de l’Éternel des armées, à la montagne de Sion ».
C’est alors que le Psaume 48 aura aussi son accomplissement ; la « montagne de Sion », changée et renouvelée, deviendra le centre d’attraction pour toute la terre.
Or, n’avons-nous pas dans ces voies merveilleuses de Dieu en faveur de son ancien peuple qu’Il avait tiré du pays d’Égypte, une belle illustration de l’évangile de sa grâce présenté à toutes les nations sans distinction, ainsi qu’aux Juifs qui avaient crucifié le Seigneur de gloire ? La longue patience de Dieu brille au-dessus de toutes ses œuvres (Ps. 145. 8 et 9).
« À vous premièrement », dit l’apôtre Pierre aux habitants de Jérusalem, coupables d’avoir « mis à mort le Prince de la vie ». La rémission des péchés leur est présentée, tout d’abord à eux. La résurrection du Sauveur était même la garantie d’un pardon complet, octroyé à tous ceux qui recevraient simplement l’évangile de Dieu (Act. 2. 32 ; 3. 15, 18, 19 et 26).
De même Paul, spécialement envoyé aux nations, ne pouvait jamais oublier les Israélites, « ses parents selon la chair », malgré toute leur haine contre Christ, haine dont son propre cœur à lui avait été rempli avant sa conversion merveilleuse (Rom. 9. 1 à 5 ; 10. 1 à 4). Il le leur avait dit à Jérusalem, au commencement de sa captivité (Act. 22. 3 à 5).
Si Dieu pouvait sauver autant de Juifs au jour de la Pentecôte et plus tard (Act. 2. 1 et 41 ; 4. 4), n’est-Il pas le même aujourd’hui pour recevoir à bras ouverts le pécheur le plus endurci qui, comptant seulement sur l’efficacité de la mort propitiatoire de Christ, se tourne vers Lui dans un vrai repentir ? Dieu veuille que tous nos chers lecteurs qui n’auraient pas encore l’assurance de leur salut, prennent à cœur ces choses !
Nous vivons dans un temps solennel, ou Dieu parle à voix haute aux nations soi-disant chrétiennes, mais, hélas, incrédules pour la plupart. Nous voyons, et nous entendons parler tous les jours, d’horreurs que l’on n’aurait pas cru possibles, d’holocaustes humains, sans qu’un résultat tangible soit apparent ; et malgré tout cela, combien y en a-t-il qui discernent la main de Dieu étendue sur les nations, chrétiennes de nom, qui se sont détournées de Lui, et qui se moquent de sa sainte Parole ?
C’est encore un temps de grâce, et le jugement du monde, annoncé partout dans les Écritures, est prêt à venir. Si l’ancien peuple d’Israël, reconnu de Dieu comme étant à Lui, reste encore incrédule, il en est de même de la chrétienté ; et l’avertissement donné à celui-là, se répète pour celle-ci : « Prépare-toi à rencontrer ton Dieu » (Amos 4. 4 à 12). « Le mystère d’iniquité opère déjà », dit l’apôtre (2 Thess. 2. 7) ; mais Dieu attend encore, jusqu’à ce que son action s’exerce contre « l’inique, le fils de perdition, qui s’oppose et s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est un objet de vénération ».
Puis le Seigneur viendra en Personne pour le juger, lui, en même temps que le chef des puissances de l’occident ; ils seront « tous les deux, jetés vifs dans l’étang de feu embrasé par le soufre, où ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles » (Apoc. 19. 20 ; 20. 10).
Or, le jugement prédit par le Seigneur a été exécuté sur Jérusalem, une quarantaine d’années après l’accomplissement de la promesse faite par les anges à ses disciples, témoins de son ascension dans le ciel.
Après sa résurrection, le Seigneur pensait naturellement à ses disciples. Quarante jours plus tard, s’étant déjà montré à eux en Galilée, Il les conduisit hors de la ville jusqu’à Béthanie, sur la montagne des Oliviers. Puis, en les bénissant, « Il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel » (Luc 24. 50 et 51).
« Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu’il s’en allait (jusqu’à ce qu’une nuée l’emporta de devant leurs yeux), voici, deux hommes, en vêtements blancs, se tinrent là à côté d’eux, qui aussi dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec, vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel » (Act. 1. 9 à 11).
Or cette assurance confirme précisément la prophétie de Zacharie qui parle du jugement des nations assemblées contre Jérusalem aux derniers jours, dont nous approchons à grands pas. Voici ses paroles :
« L’Éternel sortira et combattra contre ses nations comme au jour où il a combattu au jour de la bataille. Et ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers, qui est en face de Jérusalem, vers l’Orient ; et la montagne se fendra par le milieu, etc. » (ch. 14. 3 et 4).
Nous ne nous occupons pas à présent de ce qui suit, nous bornant à relever le fait, que le Seigneur, lors de son retour pour intervenir personnellement en faveur de son ancien peuple au moment de sa plus grande détresse, apparaîtra à l’endroit même où, à la vue de ses disciples, Il quitta la terre après sa résurrection. On ne peut trouver quelque chose de plus précis.
Mais faisons attention aux mots dont se sert le Saint-Esprit ; il s’agit d’une apparition personnelle : « ses pieds se tiendront… ». Les disciples avaient contemplé le Seigneur montant jusqu’à la nuée qui Le cacha à leurs regards. Il s’agit donc, dans ce cas, de choses qui se passent sur la terre.
Par contre, une révélation fut faite à l’apôtre Paul, au moment où il écrivait sa première épître aux Thessaloniciens, portant qu’avant de s’occuper en jugement des choses terrestres, le Seigneur va recueillir auprès de Lui, « dans les nuées », tous ceux qui auront reçu l’évangile de sa grâce : II ressuscitera les morts et changera les vivants, afin que nous soyons tous auprès de Lui pour toujours (1 Thess. 4. 13 à 18, et 1 Cor. 15. 51 à 58).
Quelle précieuse attente pour les croyants. Puissions-nous être trouvés « veillant » !
Nous avons indiqué, d’une façon très sommaire, les châtiments de Dieu qui ont atteint le pays d’Israël et la ville de Jérusalem, à la suite du rejet de Christ, condamné par les chefs de son peuple, à la mort de la croix, ainsi que les effets de ses voies de grâce, basées sur la résurrection du Sauveur, et annoncées au peuple par l’apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte.
Cette fête eut lieu dix jours après l’ascension de Christ, depuis la montagne des Oliviers. La grâce de Dieu eut libre cours alors, car l’évangile annoncé à cette occasion fut béni abondamment, en ce que trois mille parmi les assistants, réunis de tous les pays entourant la Palestine, furent convertis au Seigneur.
Mais cette bénédiction passagère ne fit aucune impression sur les chefs du peuple, incrédules pour la plupart ; les sacrificateurs au pouvoir dans ce moment, étaient des sadducéens rationalistes ou matérialistes. Une forte persécution ordonnée par eux, eut pour effet de chasser de la ville presque tous ceux qui avaient cru lors de la prédication des apôtres. Ceux-ci annoncèrent l’évangile partout où ils allèrent, mais seulement à des Juifs.
Un peu plus tard, quelques-uns du nord de l’Afrique commencèrent à en parler aux Grecs, en sorte qu’à Antioche en Syrie, les disciples de diverses nationalités furent appelés chrétiens (Act. 11. 19 à 26). Dans ce temps-là, Saul de Tarse fut envoyé du Seigneur de manière définie « aux nations » (Act. 22. 21). C’est lui, le premier, qui traversa l’Hellespont, afin de porter l’évangile en Europe.
À tous ces soins de Dieu, nous devons la bénédiction sans prix de connaître sa grâce en faveur des pécheurs. Elle était bien grande en effet, car le brigand crucifié à côté de Christ, qu’il reconnut comme son « Seigneur », en fut le premier exemple. Or, si c’est par la grâce que nous sommes sauvés, ce n’est plus sur le principe des œuvres (Rom. 11. 5 et 6).
Il fallait en effet que Christ passe par la mort, afin de nous ouvrir en justice la porte de la grâce ; car c’est Lui qui porta alors devant Dieu la peine de nos iniquités. La grâce s’unit ainsi à la justice de Dieu, pour nous offrir le salut d’une façon qui Le glorifie. Que son nom soit à jamais béni !
N’oublions pas toutefois que la proclamation de la grâce, de Dieu dans ce monde, devenue aujourd’hui presque universelle, n’empêche nullement l’exécution de ses voies gouvernementales, qui se résument ainsi : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). La dispersion actuelle des Juifs en reste comme une preuve, qui doit parler hautement à la conscience des Gentils, aussi bien qu’à la leur.
Ces deux choses, la dispersion nationale dont nous parlons, et la proclamation de l’évangile, ont commencé à Jérusalem. Mais nous constatons avec joie que si la dernière a eu lieu immédiatement, Dieu attendit une quarantaine d’années avant que se réalisât la prophétie du Seigneur, alors qu’Il pleurait sur la ville, au moment où ses disciples disaient : « Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts ! » (Luc 19. 37 à 44). Comme est solennelle sa lamentation, et quel avertissement pour ceux qui négligent aujourd’hui encore l’évangile de la grâce ! Voici ses paroles :
« Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux. Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées, et t’environneront, et te serreront de tous côtés, et te renverseront par terre, toi et tes enfants au dedans de toi ; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps de ta visitation ».
Le gouvernement de Dieu est aussi redoutable que sa grâce est riche et caractérisée par son insistance miséricordieuse. Il est cependant un précieux passage qui rappelle que la colère de Dieu a un terme. Le psalmiste dit : « Il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur ; le soir, les pleurs viennent loger chez nous, et le matin il y a un chant de joie » (Ps. 30. 5).
Il en sera ainsi pour Jérusalem. Les nations, malgré elles, se voient obligées de s’en occuper, et cela en luttant les unes contre les autres, mais, comme nous l’avons déjà vu leurs machinations n’aboutiront pas. Dieu se chargera du relèvement du peuple et de la ville, d’une façon tout à fait inattendue du monde incrédule.
Ajoutons encore que Dieu n’a pas oublié les restes des dix tribus d’Israël dispersées lors de leur défaite par les rois d’Assyrie, environ 130 ans avant la prise de Jérusalem et sa destruction par Nebucadnetsar, roi de Babylone. Elles sont restées dès lors perdues parmi les nations, et, par conséquent, elles n’ont pas pris part au crucifiement du Seigneur Jésus.
La prophétie de Zacharie, ch. 11, qui indique la trahison de Judas Iscariote, prélude de la condamnation et de la mort du Seigneur, mentionne aussi la mise à part d’Israël, pour qu’il ne participe pas aux résultats moraux du crime de Juda en crucifiant Christ.
La réunion finale des tribus dispersées avec Juda n’aura donc lieu qu’après la « grande tribulation » qui tombera surtout sur les Juifs, c’est-à-dire sur les deux tribus de Juda et de Benjamin. Pour le moment, la « fraternité entre Juda et Israël » est rompue (v. 14). Leur réunion finale est traitée en détail par Jérémie aux chapitres 30 et 31, après la journée de détresse à laquelle il n’y en aura point de semblable (v. 7). En Apocalypse 7. 5 à 8, les noms des dix tribus paraissent entre ceux de Juda et de Benjamin.
Il est à noter que Jérusalem n’est pas mentionnée dans ces deux chapitres de Jérémie ; mais à Zacharie, spécialement suscité, avec Aggée, pour encourager les captifs rentrés dans le pays pour y rebâtir le temple, beaucoup de détails furent donnés. Son chapitre 12 en est occupé tout entier.
Un fait surtout réclame notre attention spéciale, étant deux fois mentionné : c’est que malgré les bouleversements extraordinaires qui vont avoir lieu, l’emplacement actuel de la Jérusalem de l’avenir ne sera nullement changé. Nous lisons : « Jérusalem demeurera encore à sa place, à Jérusalem ». Plus loin, nous trouvons un détail de plus : « Elle sera élevée », mais « elle demeurera en son lieu, depuis la porte de Benjamin jusqu’à l’endroit de la première porte, jusqu’à la porte du coin, et depuis la tour de Hananeël jusqu’aux pressoirs du roi » (ch. 12. 6 ; 14. 10). Que peut-il y avoir de plus précis ?
En rapport avec cela, il est intéressant d’observer la place qu’elle a dans les « cantiques des degrés ». Il y en a quinze : dans cinq, Jérusalem est spécialement mentionnée, trois fois au Psaume 122, une fois aux Psaumes 125, 126, 128. De même, on trouve Sion, sept fois dans cette série de Psaumes. Puis, dans les Psaumes qui suivent, 135 et 137, Jérusalem paraît quatre fois, et Sion trois fois.
Sion était le lieu d’habitation du roi David, où il gardait l’arche de Dieu dans une tente, près de sa demeure, en attendant que le temple fût bâti par son fils Salomon ; et il dit expressément : « L’Éternel a choisi Sion; il l’a désirée pour être son habitation » (Ps. 132. 1 à 3). Puis la réponse de Dieu suit immédiatement : « C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée ».
En outre, le rétablissement des captifs est célébré dans le Psaume 126, de façon que les nations elles-mêmes reconnaissent la fidélité et les soins de Dieu en faveur de son ancien peuple. Les deux derniers versets semblent être une allusion faite à Christ comme divin Semeur, semant avec larmes, mais qui reviendra avec chant de joie, « portant ses gerbes », au jour où Il fera rentrer son peuple racheté dans l’héritage de leurs pères.
Comparez le Psaume 118. 19, où le Seigneur est le seul qui peut entrer en vertu de sa propre justice, et dire : « Ouvrez-moi les portes de la justice ; j’y entrerai, je célébrerai Jah » (c’est-à-dire ce que Dieu est en relation avec son peuple, eu égard à l’immutabilité et à l’éternité de son Être).
Évidemment, il n’y a que Christ qui puisse répondre à cela, ayant pris une forme humaine sur la terre. Ensuite, y étant entré, Il devient Lui-même la porte par laquelle « les justes » peuvent suivre, afin de jouir des bénédictions déjà préparées pour eux. Voyez Jean 10. 7 à 9, où le Seigneur dit : « Je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ».
Pour ce qui regarde la divine moisson, dont nous venons de parler, rappelons-nous que le Seigneur se présente comme le « Semeur », dans les trois premiers Évangiles. Puis, dans le quatrième, Il est la semence même, passant par la mort, afin de porter « beaucoup de fruit » (Jean 12. 24). En Matthieu 13. 37. « Celui qui sème la bonne semence, est le Fils de l’homme ». On retrouve toujours la mort et la résurrection de Christ, comme la clef pour comprendre toutes les merveilles de la grâce de Dieu. Voyez aussi une allusion à la moisson en Jean 4. 35.
Un seul verset du premier chapitre de l’Évangile de Matthieu résume ainsi les siècles écoulés entre l’appel d’Abraham (Gen. 12) et la naissance du Sauveur à Bethléhem.
« Toutes les générations, depuis Abraham jusqu’à David, sont donc quatorze générations ; et depuis David jusqu’à la transportation de Babylone, quatorze générations ; et depuis la transportation de Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations ».
Or Abraham était pèlerin et voyageur dans le pays de Canaan. Il fut donné à David, spécialement nommé par l’Éternel, « un homme selon son cœur » (1 Sam. 13. 14), d’établir Jérusalem comme la capitale du royaume, et c’est là que son fils Salomon bâtit le temple, où fut placée l’arche, « le trône de Dieu ».
L’arche y resta jusqu’à la captivité, et à la destruction du temple et de la ville par Nebucadnetsar, roi des Chaldéens ; car Dieu ne permit pas aux rois d’Assyrie de toucher à la ville de Jérusalem (És. 10. 33 et 34 ; 37. 36 à 38). Tout ce qui restait du peuple juif fut alors transporté à Babylone par les Chaldéens (Habakuk 1. 5 à 10).
Nos lecteurs qui voudront bien se donner la peine d’examiner, dans nos Bibles, la carte des « Quatre empires des nations », lesquelles, depuis la transportation des Juifs à Babylone, ont dominé successivement sur eux, n’auront pas de peine à constater que Jérusalem se trouve au centre des terres dont il est question dans les prophéties : d’abord, depuis les rives de l’Espagne à l’ouest, jusqu’aux limites des conquêtes d’Alexandre, à l’est ; et ensuite dans l’autre sens, depuis le midi de l’Égypte jusqu’aux montagnes de l’Arménie et à la mer Caspienne.
Ne semble-t-il pas tout naturel que le gouvernement à venir, pendant le règne du Seigneur, soit établi à Jérusalem ? Il est bien clair qu’il y aura des bouleversements remarquables dans les temps futurs, surtout au midi de la Palestine, mais l’emplacement de la ville ne sera nullement changé, malgré le fait incontestable qu’elle sera soulevée (Zach. 12 ; 14. 10). Nous en parlerons tout à l’heure.
À cet égard, nous citons d’un opuscule « Le livre du prophète Sophonie », par H. R. les paroles suivantes : « En Sophonie, Jérusalem, comme lieu de naissance du résidu, occupe le premier plan dans la restauration d’un peuple futur, mis à part pour Dieu, du milieu d’un entourage incrédule, corrompu et persécuteur » (Comp. És. 65. 13 à 19).
Le passage d’Ésaïe 18. 4 à 7, bien que les termes en soient symboliques, est précis. Dieu laissera faire jusqu’à ce que la réussite finale des plans des nations intéressées leur semblera assurée ; « la floraison finie », le raisin vert commençant déjà à mûrir, l’indique bien. Mais dans ce moment même, tout sera anéanti ; car il « coupera les pousses avec des serpes, et ôtera les sarments », en sorte que les nations resteront confuses par le renversement de tous leurs complots.
Dieu a d’autres projets en vue, pour la gloire de son Fils bien-aimé.
Pour nous donc, au point de vue de la terre, le grand événement futur est le retour personnel du Seigneur Jésus Christ ici-bas, qui suivra l’enlèvement des saints. Quant à l’Église, c’est-à-dire, les croyants d’entre les Juifs ainsi que d’entre les nations, depuis le moment de la descente du Saint-Esprit sur les disciples au jour de la Pentecôte (Act. 2), elle aura déjà été enlevée à la rencontre du Seigneur dans les airs. Et sans doute, tous les croyants depuis le commencement du monde, bien qu’ils n’appartiennent pas à l’Église, seront ressuscités en même temps. Pour tous ceux-là, leur part est avec Christ dans le ciel ; puis notre foi les considère déjà comme « les esprits des justes consommés » (Héb. 12. 23). C’est la « Jérusalem céleste », qui est « notre mère » (Gal. 4. 26).
Ce ne sera qu’à la fin de cela que le Seigneur commencera à s’occuper personnellement de la terre. Puis Il viendra comme nous l’avons déjà dit sur la montagne des Oliviers : « L’Éternel mon Dieu viendra et tous les saints avec toi » (Zach. 14. 5).
Ce sera un moment de crise à Jérusalem alors que toutes les nations seront rassemblées contre elle, correspondant sans doute au chapitre 19 de l’Apocalypse, où nous voyons que la « bête » – chef reconnu des puissances l’Occident – et le « faux prophète » chef des Juifs apostats, ligués avec la bête, seront « tous deux jetés vifs dans l’étang de feu embrasé par le soufre » (v. 20).
C’est alors que la montagne des Oliviers se fendra par le milieu, comme nous voyons en Zacharie 14. 4. Mais il y aura encore d’autres changements ; car la ville elle-même « sera élevée » (v. 10), bien que sa position géographique ne soit pas changée ; car elle « demeurera en son lieu » (ch. 12. 6 ; 14. 10) cette élévation sera très considérable ; elle embrassera toute cette partie du pays, depuis Guéba, au nord, jusqu’à Rimmon « au midi de Jérusalem ». Si l’on suppose que cet endroit est dans le voisinage de Bethléhem, l’étendue du pays mentionné aurait une vingtaine de kilomètres en longueur, du nord au midi.
Il y aura cependant un autre soulèvement beaucoup plus considérable, savoir « la montagne de la maison de l’Éternel, établie sur le sommet des montagnes, et élevée au-dessus des collines », au nord de Jérusalem, à environ cinq kilomètres du centre de la nouvelle ville de Jérusalem, d’après les mesures données par Ézéchiel (ch. 45. 1 à 6). Le prophète Michée répète, au commencement du chapitre 4, les mots d’Ésaïe 2. 2. Ils s’accordent avec le Psaume 48. 2, qui donne à cette montagne le nom de « Sion », « aux côtés du nord, la ville du grand Roi ».
Or il est à noter que, sauf ce passage, il n’y a pas dans l’Ancien Testament une indication topographique précise de Sion, la forteresse des Jébusiens prise par le roi David. On connaît l’endroit par ses associations, comme « la ville de David » ; et cela est important pour comprendre les allusions continuelles qui lui sont faites dans les Écritures, autant que pour l’intelligence de son avenir prophétique.
Anciennement, Sion était une partie intégrante de la ville de Jérusalem. Dans l’avenir elle en sera détachée, au nord, « une très haute montagne », d’où il fut donné à Ézéchiel de contempler la ville « du côté du midi » (ch. 40. 2). L’ancienne forteresse de Sion était le lieu d’habitation de David ; la Sion de l’avenir est la montagne où le temple d’Ézéchiel sera construit, juste au milieu du carré de la « Sainte offrande élevée », appropriée à l’Éternel, et prise du terrain mis à part, comme la « possession » du futur prince d’Israël, pendant le règne millénaire du Seigneur (Éz. 48. 8 à 22).
Ajoutons que ces changements dans le niveau du terrain ne seront pas limités aux abords de la ville ; car, selon l’arrangement nouveau des tribus dans le dernier chapitre d’Ézéchiel, il faudra qu’il y ait de la place pour que les cinq tribus, au midi de la « possession du prince », puissent s’étendre du côté de l’occident sur un terrain couvert à présent par l’eau de la mer.
« L’Éternel desséchera la langue de la mer d’Égypte », et le Nil reprendra paraît-il son ancien lit, et se jettera dans la Mer Rouge. Les alluvions provenant de tout ce que le Nil a déposé pendant les siècles passés, étant soulevées, seront une riche acquisition pour les tribus méridionales, tandis que celles du nord pourront s’étendre du côté oriental, quand le désert se réjouira et « fleurira comme la rose » (És. 11. 15 ; 35. 1 et 2). Les tribus du midi ne pourront s’étendre du côté oriental ; car les pays de Moab et d’Ammon leur seront conservés (Jér. 48. 47 ; 49. 6).
Quel beau jour, lorsque « la lune rougira, et le soleil aura honte ; car l’Éternel des armées régnera en la montagne de Sion, et à Jérusalem, et devant ses anciens, en gloire » (És. 24. 23). Alors le règne millénaire de Christ commencera ; mais cela ne suppose pas qu’Il restera ici-bas sur la terre pendant ce temps. D’après la dernière moitié du chapitre 21 de l’Apocalypse, il semblerait que la cité terrestre sera éclairée par la gloire de la cité céleste, dont « l’Agneau est la lampe » (v. 23).
La « nouvelle Jérusalem », céleste, représentera tous les rachetés, les « prémices de la terre » déjà réunis autour du Seigneur Jésus dans la gloire. Il est « l’Agneau », par le sang duquel ils sont purifiés et rendus propres pour la présence du Dieu saint.
La ville elle-même, dont les fondements sont les « douze apôtres », représente l’Église glorifiée. Les « portes de perles », sont gardées par douze anges, et sur elles sont écrits les noms des douze tribus des fils d’Israël (v. 12) ; cela nous fait donc comprendre qu’il y aura beaucoup d’âmes sauvées qui jouiront de la cité céleste, mais qui ne constituent pas la cité elle-même.
Tels sont les saints croyants de tous les âges qui, comme Abraham, croyaient en Dieu, et d’autres encore, atteints par les terribles persécutions des derniers jours, après que l’Église aura été enlevée, et que le Seigneur se la sera présentée à Lui-même, comme son épouse (Éph. 5. 25 à 27).
Quant à cet état de choses, la Jérusalem terrestre de l’avenir, éclairée par la cité céleste, nous lisons encore en Zacharie que ce sera « un jour connu de l’Éternel, pas jour et pas nuit ; et au temps du soir il y aura de la lumière » ; puis encore : « l’Éternel mon Dieu viendra, et tous les saints avec toi » (ch. 14. 5 à 7). Quelle réunion glorieuse de tous les croyants !
On a demandé si le Seigneur sera Lui-même sur la terre, pendant le règne de mille ans ?
Nous pensons que les faits déjà mentionnés fournissent la réponse. Il viendra en Personne au commencement pour exécuter le jugement sur « la bête et l’antichrist » (Apoc. 19), et sur leurs armées rangées en bataille contre Jérusalem ; puis Il restera le centre de la cité céleste, son temple, et sa « lampe » (Apoc. 21. 22 et 23).
En outre, le Seigneur dit à ses disciples qui L’avaient suivi en Galilée : « Dans la régénération, quand le fils de l’homme se sera assis sur le trône de sa gloire, vous aussi, vous serez assis sur douze trônes jugeant les douze tribus d’Israël » (Mat. 19. 28). Les douze disciples auront donc une autorité à exercer sur la terre renouvelée, mais cela ne fait pas supposer qu’ils se promèneront ici-bas comme jadis avant d’avoir reçu leurs corps de résurrection. Comparez encore Matthieu 22. 30, où le Seigneur dit positivement que l’on sera alors « comme des anges de Dieu dans le ciel ».
Un autre témoignage vient s’ajouter à ce qui précède, savoir que, pendant les mille ans du règne glorieux du Seigneur sur la terre, il y aura un prince terrestre sur les douze tribus d’Israël de ce temps-là. Celui-là aura une possession à lui, au milieu du pays, s’étendant de la mer, à l’occident, jusqu’à la limite orientale ; elle embrassera les deux côtés du carré central, approprié à la nouvelle ville de Jérusalem, et à la sainte montagne de « Sion ». Le carré, comme nous l’avons vu plus haut, est appelé « la sainte offrande élevée » (Éz. 48. 22).
Envisagée du nord au midi, la possession du prince se trouvera entre la portion assignée à Juda et celle de la tribu de Benjamin.
Dans ce temps-là, il y aura une prolongation de la vie humaine, qui continuera d’ailleurs comme à présent, mais assujettie à un gouvernement de Dieu plus direct (voyez Ps. 101. 6 à 8). Par conséquent on pourra s’attendre à une répétition de vies longues, comme avant le déluge, car celui qui mourra âgé de cent ans, sera estimé un enfant (És. 65. 20).
Rappelons en terminant que toutes ces choses nous sont révélées, non pas pour satisfaire notre curiosité quant à l’avenir, mais plutôt pour nous faire comprendre que le but du Seigneur Jésus, en devenant un Homme ici-bas, était la révélation du nom d’Emmanuel, « Dieu avec nous ». C’est le commencement et la fin de l’Évangile de Matthieu (ch. 1. 23 ; 28. 20).
Dans l’état éternel, « l’habitation de Dieu sera avec les hommes et Il habitera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu » (Apoc. 21. 3). Or ce grand fruit des intentions de Dieu à notre égard devrait être continuellement dans nos pensées.
C’est pour cela que le Sauveur a dit : « Venez à moi et je vous donnerai le repos » – le seul véritable repos de l’âme. Et c’est pour cela que l’évangile est prêché de jour en jour.
Tout au long du livre des Juges, nous retrouvons ce même déroulement : les fils d’Israël s’écartent de leur Dieu pour servir les idoles ; l’Éternel doit les châtier jusqu’à ce qu’ils crient à Lui ; alors, Il leur suscite un juge qui les délivre. Sous la houlette d’Othniel, leur premier juge, « le pays fut en repos quarante ans. Et Othniel, fils de Kenaz, mourut » (Jug. 3. 11).
« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et l’Éternel fortifia Églon, roi de Moab, contre Israël, parce qu’ils faisaient ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel. Et Églon assembla auprès de lui les fils d’Ammon et Amalek, et il alla et frappa Israël ; et ils prirent possession de la ville des palmiers. Et les fils d’Israël servirent Églon, roi de Moab, dix-huit ans » (v. 12 à 14). « Et les fils d’Israël crièrent à l’Éternel ; et l’Éternel leur suscita un sauveur, Éhud, fils de Guéra, le Benjaminite, qui était gaucher » (v. 15).
C’est avec une petite épée à deux tranchants qu’Éhud met hors d’état de nuire Églon, roi de Moab. Cette épée a donné la mort à ce méchant roi qui opprimait les fils d’Israël. L’Épître aux Hébreux compare la Parole de Dieu, vivante et opérante, à une épée à deux tranchants (Héb. 4. 12). Elle est bonne et précieuse pour ceux qui se laissent guider par son moyen, elle condamne et fera périr ceux qui n’auront pas cru. Jésus a dit, de ceux qui ne reçoivent pas ses paroles : « C’est la parole que j’ai dite qui le jugera au dernier jour » (Jean 12. 48 ; Apoc. 19. 13).
Éhud, après avoir mis à mort Églon, roi de Moab, revient vers le peuple. Tout de suite, il « sonnera de la trompette dans la montagne d’Éphraïm ; et les fils d’Israël descendirent avec lui de la montagne, et lui devant eux. Et il leur dit : Suivez-moi, car l’Éternel a livré en votre main vos ennemis, les Moabites. Et ils descendirent après lui, et… ils frappèrent Moab, environ dix mille hommes, tous forts et tous vaillants, et pas un n’échappa. Et en ce jour-là, Moab fut abattu sous la main d’Israël ; et le pays fut en repos quatre-vingts ans » (Jug. 3. 27 à 30).
« Et après Éhud, il y eut Shamgar, fils d’Anath ; et il frappa les Philistins, six cents hommes, avec un aiguillon à bœufs. Et lui aussi sauva Israël » (v. 31). L’arme de Shamgar peut aussi se comparer à la Parole de Dieu, comme le monde la voit : un livre sans aucune valeur apparente. Qu’est-ce qu’un aiguillon à bœufs pour délivrer Israël de l’ennemi ? Pourtant ce simple objet a suffi pour remporter la victoire. L’apôtre Paul écrit, en parlant de la prédication : « nous prêchons Christ crucifié, … pour les nations folie, mais pour ceux qui sont appelés, … Christ la puissance de Dieu » ; et concernant les porteurs de l’Évangile : « Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes » (1 Cor. 1. 23 et 27). Éhud, gaucher, fait penser à la faiblesse de l’homme ; l’aiguillon de Shamgar met en évidence la faiblesse d’un instrument. Les deux mots font ressortir la puissance de Dieu qui délivre ceux qui crient à Lui : « Car toi, Seigneur ! tu es bon, prompt à pardonner, et grand en bonté envers tous ceux qui crient vers toi » (Ps. 86. 5). Si, avec l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu, nous nous opposons à Satan, alors « nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Rom. 8 v. 37).
« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; or Éhud était mort. Et l’Éternel les vendit en la main de Jabin, roi de Canaan, qui régnait à Hatsor ; et le chef de son armée était Sisera, …. Et les fils d’Israël crièrent à l’Éternel ; car Jabin avait neuf cents chars de fer, et il opprima fortement les fils d’Israël pendant vingt ans. Et Debora, une prophétesse, femme de Lappidoth, jugeait Israël en ce temps-là » (ch 4 v. 1 à 4).
L’état du peuple s’était aggravé, à tel point que c’est une femme qui doit remplir l’office de juge. Malgré cela, Debora, « une mère en Israël », reste dans le cadre que Dieu lui assigne. Dans cette perspective, il est de toute importance, pour les jours actuels, de comprendre et d’accepter l’ordre donné par le Seigneur pour la marche de l’Église (l’Assemblée) ; lire : 1 Cor. 14. 34 ; 1 Tim 2. 11 à 15. Debora reste sous son palmier et on vient vers elle. Elle ne va pas de lieu en lieu pour juger les fils d’Israël comme le faisait Samuel. C’est une femme de foi, avec le sentiment profond de l’état humiliant du peuple de Dieu. Elle voit comme une honte, pour les conducteurs d’Israël, dans le fait que Dieu confie une position d’activité publique à une femme au milieu du peuple. Barak est repris par Debora : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, ne l’a-t-il pas commandé ? » (v. 6). Bien qu’il soit cité comme un homme de foi (Héb. 11. 32), il hésite à remplir la mission reçue et dit à Debora : « Si tu vas avec moi, j’irai ; mais si tu ne vas pas avec moi, je n’irai pas ». Et elle répond : « J’irai bien avec toi ; seulement ce ne sera pas à ton honneur dans le chemin où tu vas, car l’Éternel vendra Sisera en la main d’une femme » (v. 9).
« Et Sisera rassembla tous ses chars, neuf cents chars de fer, et tout le peuple qui était avec lui », … « Et Debora dit à Barak : Lève-toi, car c’est ici le jour où l’Éternel livrera Sisera en ta main. L’Éternel n’est-il pas sorti devant toi ? Et Barak descendit du mont Thabor, et dix mille hommes après lui. Et l’Éternel mit en déroute Sisera, et tous ses chars, et toute l’armée, par le tranchant de l’épée, devant Barak ; et Sisera descendit de son char, et s’enfuit à pied » (Jug. 4. 13 à 16). La victoire est totale, Sisera, le chef de l’armée ennemie, est mis à mort dans la maison de Jaël. « Et en ce jour-là, Dieu abattit Jabin, roi de Canaan, devant les fils d’Israël » (v. 23). « Et Debora chanta, … avec Barak, fils d’Abinoam, en disant : parce que des chefs se sont mis en avant en Israël, parce que le peuple a été porté de bonne volonté, bénissez l’Éternel ! Rois, écoutez ! princes, prêtez l’oreille ! Moi, moi, je chanterai à l’Éternel ; je chanterai un hymne à l’Éternel, le Dieu d’Israël. Éternel ! quand tu sortis de Séhir, quand tu t’avanças des champs d’Édom, la terre trembla, et les cieux distillèrent, … » (5. 1 à 5). « Bénie soit, au-dessus des femmes, Jaël, femme de Héber, le Kénien ! Qu’elle soit bénie au-dessus des femmes qui se tiennent dans les tentes ! ». Dieu se servit de Debora et de Jaël pour réveiller les fils de son peuple, et eux, une fois réveillés, prenant leur responsabilité, « ils retranchèrent Jabin, roi de Canaan » (4. 24). Que la foi de ces juges et leur ardeur pour les intérêts du peuple de Dieu nous stimule pour que nous nous attendions au Seigneur et L’attendions des cieux car : « voici, il vient » !
« Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés ; car du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré… Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère » (Mat. 7. 1, 2, 5).
Les paroles de Jésus nous interpellent (texte du jour). Devons-nous rester indifférents au mal et ne pas avertir ceux qui s’y laissent entraîner ? Non, « la crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal » (Prov. 8. 13). « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal » (És. 5. 20).
Mais Jésus notre Seigneur veut ici nous mettre en garde contre l’esprit de jugement, contre cette fâcheuse tendance que nous avons à voir le mal chez les autres et à fermer les yeux sur nos propres fautes. À l’époque de Jésus, cette tendance était très marquée chez les chefs religieux, notamment chez les pharisiens. Nous éprouvons une juste répugnance vis-à-vis de leur attitude hypocrite, mais, soyons honnêtes, parfois nous leur ressemblons un peu ! Soyons donc prudents, et ne pensons pas être à l’abri de cette dérive.
Jésus rappelle aussi que nous « moissonnons ce que nous avons semé » (Gal. 6. 7). Nous récoltons les conséquences de nos actes et de nos paroles, et nous nous exposons à être jugés avec la sévérité dont nous avons nous-mêmes fait preuve dans nos jugements. Il attire encore notre attention sur le fait que tout ce qui n’est pas en ordre dans notre vie personnelle (la poutre dans notre œil) obscurcit notre discernement spirituel, et par conséquent nous disqualifie pour une bonne appréciation des choses chez autrui. Aussi, encourageons-nous à être bienveillants avec nos proches ; quant à nous, laissons-nous sonder par la lumière de Dieu : « Ô Dieu… éprouve-moi, et connais mes pensées » (Ps. 139. 23).
Les rencontres de Jésus : Simon Pierre (Luc 5. 1 à 12)
« Or il arriva, comme la foule se jetait sur lui, pour entendre la parole de Dieu, qu’il se tenait sur le bord du lac de Génésareth. Et il vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Et montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle.
Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Mène en pleine eau, et lâches vos filets pour la pêche. Et Simon, répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet. Et ayant fait cela, ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.
Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider – et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient. Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux .qui étaient avec lui, (à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire ; de même que Jacques et Jean aussi, fils de Zébédée, qui étaient associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes. Et ayant mené les nacelles à terre, ils quittèrent tout et le suivirent ».
Livré à lui-même et à sa science, l’homme ne peut rien ; nous en avons un tableau saisissant dans le récit de la « pêche miraculeuse », qui nous est fait au commencement de Luc 5. Simon et ses associés, Jacques et Jean, avaient fourni un gros effort, ils avaient travaillé toute la nuit mais en vain, car ils n’avaient rien pris. Pourtant ils étaient pêcheurs de métier, ils connaissaient, par expérience, le moment et l’endroit les plus favorables, tous trois étaient bien organisés pour la pêche, ils avaient des nacelles et des filets ; ils ne manquaient ni de méthode, ni de courage ; aussitôt rentrés, nous les voyons occupés à vérifier et à laver leurs filets, en vue d’une nouvelle pêche qu’ils espéraient, sans doute, plus heureuse.
Cependant le Maître est là qui les observe, il les connaît à fond et il va au-devant même des désirs de leur cœur. Montant dans la nacelle de Simon, il s’adresse d’abord à la foule avide de l’entendre, puis, avec son autorité de créateur des mondes et de ce qu’ils contiennent, il dit : Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche.
Simon ne peut s’empêcher de faire remarquer qu’il a travaillé toute une nuit et, à vue humaine, dans les conditions les plus favorables, cependant il obéit, et dans sa confusion, sa foi, si faible soit-elle, ne va pas être déçue : aussitôt lâché, le filet se trouve rempli d’une surabondance de poissons telle qu’il commence à se rompre. Les pêcheurs de l’autre nacelle doivent vite venir se porter au secours du pêcheur émerveillé, et même, les deux nacelles enfoncent sous la charge !
Simon a compris, mais voici que cette pêche merveilleuse qui aurait dû être pour lui un sujet de joie et une bénédiction, devient un sujet de frayeur ; il se jette aux pieds de Jésus : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ». Jésus lui, dit : « Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes ».
Maintenant les choses du monde ne comptent plus, non seulement pour lui, mais aussi pour ses associés ; ils quittèrent tout et le suivirent.
Chers amis, vous est-il arrivé de vous jeter aux pieds du Seigneur et de vous écrier : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ? » Aujourd’hui, c’est encore le temps de la grâce et, comme sur le bord du lac de Génésareth, le Sauveur se tient près de vous et sa voix se fait entendre : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
Vous qui travaillez et qui gémissez, vous qui vous confiez en vous-même, dans votre travail et dans votre science, dans vos biens ou dans vos amitiés, ne restez pas sourds et indifférents aux appels de la grâce. Venez au Sauveur tels que vous êtes, dans vos misères, dans vos infirmités, dans vos péchés, acceptez le salut qui se donne gratuitement à « quiconque » veut.
Ne travaillez pas en vain, seuls, loin de Lui, loin de la bénédiction ; obéissez à sa Parole, confiez-vous entièrement en Lui et non pas dans vos propres ressources. N’a-t-il pas donné sa vie pour vous à la Croix ? Ses mains et ses pieds troués, son côté percé, son sang répandu, tout cela ne parle-t-il pas à votre cœur de l’amour de Christ pour le pécheur ?
Avec Christ vous viendrez à bout de tout ; la bénédiction sera là, dans votre travail, dans vos affaires, et vous pourrez la conserver et en jouir pleinement ; le filet ne se déchirera pas et la nacelle tiendra ; vous serez parfaitement heureux et votre joie débordante sera un témoignage puissant à la gloire de Dieu.
Les rencontres de Jésus : Nicodème (Jean 3)
« Mais il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs. Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui. Jésus répondit et lui dit : en vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?
Jésus répondit : en vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas de ce que je l’ai dit : il vous faut être nés de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Nicodème répondit et lui dit : comment ces choses peuvent-elles se faire ? Jésus répondit et lui dit : Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ?
En vérité, en vérité, je le dis : nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si je vous ai parlé des choses terrestres, et que vous ne croyez pas ; comment croirez-vous, si je vous parle des choses célestes ? Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.
Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises ; mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu ».
Jésus, poursuivant sa carrière terrestre, étonnait la ville de Jérusalem par ses miracles, et quelques-uns de ceux qui en étaient témoins, enthousiasmés par eux, déclaraient croire en lui. Mais, est-il dit, « Jésus ne se fiait pas à eux, car lui-même savait ce qui était dans l’homme ». Que voyait-il donc dans l’homme ? Comment l’appréciait-il ? Sa conversation avec Nicodème nous l’apprend. Elle nous apprend aussi de quoi l’homme, de quelque origine, de quelque pays, de quelque situation sociale qu’il soit, a besoin d’avoir de la foi, non pas en une vague puissance surnaturelle, mais en un Sauveur, et cela parce qu’il est perdu.
Voici un homme intelligent, instruit dans la religion judaïque, dans la Loi de Dieu, que celui-ci avait donnée à son peuple Israël ; il est versé plus que quiconque dans ses exigences, il l’enseigne au peuple. C’est de plus un homme considéré, un chef des Juifs. C’est un sage parmi les plus sages. Il a vu Jésus à l’œuvre. Il a été saisi. Alors que ses collègues, les pharisiens et les principaux du peuple, tiennent Jésus pour un imposteur, lui est convaincu qu’il s’agit d’un prophète authentique, et, poussé par un besoin plus profond qu’il ne le pense lui-même, il se rend auprès de Jésus, secrètement toutefois, de nuit, de peur de se compromettre.
Nicodème croit faire beaucoup et honorer Jésus en mettant pour ainsi dire sa sagesse à son service : « Maître, dit-il, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui ».
Assurément, Nicodème disait vrai. Les miracles montraient en Jésus un envoyé de Dieu, Mais, s’en tenant là, il savait bien peu de chose ! Ce n’est pas la sagesse humaine qui peut nous révéler ce qu’est Jésus.
Jésus met à nu l’ignorance profonde du docteur de la Loi en dévoilant devant lui tout un monde nouveau.
Tout d’abord ceci : que la nature humain incorrigible, impossible à amender, étrangère aux choses de Dieu, est à mettre de côté. En effet, il faut naître de nouveau pour obtenir la faveur divine, entrer dans le royaume de Dieu. On entend souvent parler, de nos jours, du royaume de Dieu, de l’avancement du royaume de Dieu de l’amélioration du monde en vue du royaume de Dieu. Disons nettement, fondés sur la Parole de Dieu, que ce royaume ne peut pas s’établir par le progrès de l’homme, mais par sa mise de côté entière : il faut naître de nouveau pour y entrer.
Une nouvelle naissance ? Nicodème s’étonne. La sagesse humaine élève son « Comment ? »
Il faut être nés de nouveau, répète Jésus, né d’eau et de l’Esprit. Il faut une œuvre nouvelle opérée non par le sang et la chair, mais par la Parole qui purifie, par l’Esprit qui donne la vie Si haut que l’homme paraisse s’élever à se propres yeux, il n’accomplit aucun progrès moral véritable, il n’a aucune entrée dans les choses divines sans la nouvelle naissance.
Le sage Nicodème va d’étonnement en étonnement. « Comment ces choses peuvent-elles faire ? »
Et voici balayées toutes les prétentions de sagesse humaine, même de la sagesse la plus religieuse, la plus orthodoxe comme celle de Nicodème : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ! »
Ah c’est que ces choses sont les choses du ciel. Et qui en parlera, sinon celui qui est descendu du ciel ?
« Tu es un docteur venu de Dieu », avait dit Nicodème. Il ne faut pas en rester là. D’où vient-il, ce docteur ? D’où, cet homme qui parlait comme jamais ne parla aucun homme, qui faisait des miracles que nul autre ne pouvait faire ? Qui était-il ? Nous entendons ici la réponse. Le Fils de l’homme qui est descendu du ciel… et puis : le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Par-là, Jésus énonce le mystère de sa personne, le mystère de la Parole faite chair. Il est un vrai homme, le fils de l’homme, mais descendu du ciel, le Fils de Dieu venu sur la terre, et qui est toujours dans le ciel quoique marchant sur la, terre. Le ciel visite la terre…
Et pourquoi est-Il là ?
Ses miracles et ses paroles rendent témoignage de ce qu’Il est. Mais cela ne sauverait pas l’homme, ne le tirerait pas de son état moral inguérissable, cela ne lui donnerait pas le pardon, le repos, la vie. Cela ne le ferait pas naître de nouveau. Cela ne tirerait pas de la chair pécheresse, la vie de l’Esprit.
Pour donner la vie, il faut que Jésus meure. Il faut que dans sa mort nos péchés soient expiés. « Il faut », reprend-il, « il faut que le fils de l’homme soit élevé, comme Moise éleva le serpent dans le désert, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Le serpent d’airain mis par Moïse sur une perche aux yeux du peuple afin que ceux qui, regarderaient vers lui fussent guéris de la blessure mortelle des serpents brûlants, n’est-ce pas la figure même du péché recevant son jugement ? Le fils de l’homme, Jésus, l’homme parfait, devra être élevé comme tel, traité comme le péché même à la place de l’homme pécheur.
Oh ! mon cher lecteur, avez-vous compris qu’il fallait, pour votre salut à vous, la mort du Sauveur sur la croix, avez-vous cru qu’Il a été fait malédiction pour vous ?
Jésus va plus loin. Il dévoile le secret même de Dieu, le cœur de Dieu ; Il donne le pourquoi de cette œuvre de l’expiation. Il ne parle plus cette fois à l’intelligence, Il ne confond plus la sagesse humaine, Il parle au cœur. Il lui parle de l’amour de Dieu ! « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Qu’ajouter à ce message béni, répété tant de fois, qui a été le moyen de salut de tant d’âmes, et qui vient une fois encore vous offrir ce salut ? Il l’offre à quiconque. Une seule condition est requise : croire. Qui croit au Fils de Dieu a la vie éternelle.
Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie. Dieu a tant aimé le monde… Ils errent, ceux qui représentent sans cesse Dieu comme courroucé, s’acharnant au malheur de sa créature coupable. Non, Dieu veut son bonheur éternel. Il a pour cela donné son propre Fils. Mais il faut être d’accord avec Lui et sur l’état de l’homme, pécheur perdu, et sur la Personne de Jésus, son Fils bien-aimé, le don de son amour. « Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (ch. 3. 18).
C’est Lui qui vous est présenté aujourd’hui, Lui, la lumière du monde. Dans la nuit, elle brillait devant Nicodème. Elle brille maintenant devant vous. Elle éclaire votre état misérable, mais elle vous montre le salut. Voulez-vous la fuir ? Le cœur naturel, d’instinct, la fuit, car la conscience parle, et dans la lumière nos œuvres apparaissent mauvaises. Mais Celui qui a l’autorité de juger, c’est Celui-là même qui sauve, et qui vous appelle à venir à Lui pour avoir la vie.
La fin de l’entretien ne nous est pas rapportée dans les évangiles. Mais nous voyons par la suite (Jean 7. 49 à 52) que Nicodème a compris, qu’il est venu à la lumière. Il est devenu disciple de Jésus, quoique en secret ; il ose élever la voix pour le défendre devant les pharisiens, sans avoir cependant la décision de cœur voulue pour le suivre.
Et plus tard (ch. 20), nous le retrouvons au pied de la croix, le soir du jour où fut consacré le sacrifice, où l’Agneau de Dieu fut offert ; où, comme le serpent de Moïse élevé dans le désert, le Fils de l’homme fut élevé sur la croix. Ses yeux virent son Sauveur mort pour lui ; le soir tombait sur le monde coupable, mais à la face de ce monde, Nicodème put rendre un pieux hommage à Celui qu’autrefois il était venu trouver de nuit, et qu’il retrouvait dans l’immense lumière de la croix.
Ô Christ, ta charité profonde
Touche et pénètre notre cœur !
Tu meurs pour le salut du monde,
Toi seul es notre Dieu Sauveur !
Mon cher lecteur, croyez-vous au nom du Fils unique de Dieu ?
Pécheur, tu marches à la mort et au jugement ; mais Jésus – si tu l’acceptes – a été ton substitut sous la colère, et Il t’offre la vie, par sa mort accomplie.
Ne termine pas ta vie dans la tristesse d’un rebelle, mais dans la joie du croyant qui peut chanter :
Je vois ainsi venir le terme
De mon voyage en ces bas lieux,
Et j’ai l’attente vive et ferme
Du saint héritage des cieux.
Sur moi si la tombe se ferme,
J’en sortirai tout glorieux.
Les rencontres de Jésus : le jeune homme riche (Marc 10. 17 à 27)
« Et comme Jésus sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : Bon Maître, que ferais-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse.
Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix. Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à ses disciples : combien difficilement ceux qui ont des biens entreront ils dans le royaume de Dieu !
Et les disciples s’étonnèrent de ses paroles ; et Jésus, répondant encore, leur dit : enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. Et ils s’en étonnèrent excessivement, disant entre eux : et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu car toutes choses sont possibles pour Dieu ».
Quel empressement, quelle humilité, quelle confiance, caractérisent cet homme riche ! Il accourt au-devant de Jésus, se jette à ses genoux. Comblé des biens de ce monde, il s’incline aux pieds de Celui qui n’a pas même un lieu où reposer sa tête, l’appelant : Bon Maître…
Juif zélé, attentif observateur de la Loi de Moïse, il en a gardé les commandements dès sa jeunesse ; mais il se dit qu’il doit, sans doute, faire plus encore pour « hériter » de cette vie autrefois promise par Dieu à qui accomplirait toute sa volonté. Il s’est gardé du mal, il a honoré ses parents. Que lui manque-t-il ? « Bon Maître, que ferai-je… ? »
Jésus le regarde, – et quel regard tendre et pénétrant ! – appréciant la simple et confiante droiture, les qualités de cet homme jeune et riche. Il lui donne comme une marque d’estime, Une mesure particulière de son amour. Puis il tourne ses pensées vers le chemin étroit qui mène à la vie : une chose te manque, une seule, mais combien importante ! Tu as servi le Dieu de sainteté, sachant qu’Il est lumière, sers-Le maintenant comme le Dieu d’amour, aimant ton prochain comme toi-même ; vends tes biens, tout ce que tu as, donne aux pauvres. Le trésor céleste doit avoir plus de prix pour ton cœur que tous les biens de la terre ! Dès lors, plus rien ne pourra t’empêcher de venir après moi ; tu me suivras, chargeant la croix.
Solennelle instruction ! Mais le Maître, – un bon Maître, en vérité, – n’a-t-il pas prêché d’exemple. Il était riche, terre et ciel Lui appartenant, et Il vit dans la pauvreté, marchant vers la croix, où Il doit mourir pour nous sauver, par un chemin de renoncement et de douleurs. Toutefois, la vie, en résurrection et en gloire, doit en être le terme final. « Jeune homme aimable, viens, suis-moi, charge la croix. Les trésors du ciel, la vie éternelle t’appartiendront ! »
Affligé, le riche se relève et s’en va. Renoncer à tout ici-bas, tout perdre, souffrir, quelle impossibilité ! Ses grands biens, hélas, possèdent son âme plus qu’il ne les possède lui-même ; ses grands biens lui ferment l’entrée du royaume de Dieu.
Et quand les disciples s’étonnent de la parole de Jésus, le Maître regarde tout à l’entour ; ayant tout quitté pour Le suivre, les siens sont là, sa seule richesse présente, chères brebis du troupeau de Dieu dont Il est le Bon Berger… « Enfants, dit-il, combien il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Et ils s’étonnent excessivement : qui donc peut être sauvé, si même les objets de la faveur divine, les riches en Israël, les bénis sur la terre de la promesse, ne peuvent entrer là ? Tout quitter, dit Jésus, tout laisser pour l’amour de moi et l’amour de l’Évangile… Puis, la vie éternelle, après les souffrances, les persécutions même. Mais combien des premiers seront les derniers ; comblés des biens qui passent, ils n’auront pas même la goutte d’eau pour rafraîchir sa langue, que désirait en vain le riche dans les tourments éternels (Luc 16. 24).
Quelles richesses d’ici-bas, ami lecteur, t’ont jusqu’ici barré le chemin du ciel ? Auxquels des biens de ce monde ton cœur s’est-il voué ? Ne sais-tu pas que Jésus dit : « Encore que quelqu’un soit riche, sa vie n’est pas dans ses biens » ? Fortune, honneurs, gloire humaine ; joies légitimes de la famille ; joies de l’esprit fécond en travaux, calculs et projets; quels biens sont ton trésor, ton but, ta raison de vivre ?Où est Jésus en tout cela ? Lui seul est la vie éternelle et Il nous donné cette vie en se donnant Lui-même. « Celui qui a le Fils de Dieu a la vie » (1 Jean 5. 12).
Mais celui qui n’a .pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Le jeune homme riche est venu jusqu’aux pieds du Bon Maître, et il s’en est allé tout triste. L’appât de ses biens fut plus fort que l’appel divin ; il a fait la perte irrémédiable, celle de son âme immortelle, eût-il possédé le monde entier. Il a laissé Jésus, retournant à ses biens pour son malheur éternel.
Bien des fois, peut-être, tu t’es aussi approché de Jésus.
– Viens, suis-moi, disait-Il. Mais te suivre, Sauveur méprisé, c’est connaître la croix et la haine du monde ; c’est la mort à soi-même dans l’entier renoncement ; quel douloureux chemin !
– Viens, suis-moi ! L’appel était pressant et la promesse ferme : trésors du ciel. Ma présence pour l’éternité, joie et bonheur ineffables !
Ah! pourquoi n’as-tu pas répondu ? Que puissant est donc l’attrait d’un présent fugitif et d’incertaines réalisations, qui ne laisseront pas ton cœur satisfait ; car tout le travail de l’homme est pour sa bouche, pour lui-même, et cependant son désir n’est pas satisfait (Eccl. 6. 7).
Écoutez cette histoire véridique. Avant la révolution russe, la fille d’un noble immensément riche, lisant les Saintes Écritures, fut saisie par le récit de l’Évangile qui nous occupe aujourd’hui. Elle vint trouver son père, et lui mettant sous les yeux le Livre divin, demanda :
– Père, le Livre dit-il vrai, toujours ?
– Toujours, mon enfant.
– Si le Livre dit vrai, une chose nous manque. Vends, donne aux pauvres…
Un silence embarrassé ; la flèche du carquois de Dieu fut vite détournée. On parla d’autre chose. Mais le cœur de l’enfant ne connut plus la paix.
Vint la tourmente soviétique. Privée de tous ses biens, sans famille, sans aucune ressource que le pain assuré par un travail mercenaire, la fille de ces nobles déchus, exilée, est maintenant heureuse, plus riche qu’aux temps de sa fastueuse jeunesse. Elle a trouvé Jésus, vie de son âme rachetée. Elle a dès ici-bas cent fois autant, car la paix et la joie que Jésus donne sont infiniment plus précieuses que les biens dont on l’a dépouillée ; cent fois autant, – avec les persécutions qui abondent là-bas pour les chrétiens fidèles, – et vie Éternelle en Jésus son Sauveur.
Dieu, sans doute, ne t’imposera pas une telle épreuve. Mais ce qui importe devant Lui, c’est être prêt à renoncer à tout pour saisir Jésus par la foi et le suivre ici-bas dans le renoncement à soi-même ; car c’est là charger la croix. Lui l’a portée dans toute son horreur ; sur la croix, Il s’est offert, le Juste pour nous injustes, afin de nous amener à Dieu. Et la part des siens ici-bas, de ceux qui vraiment lui appartiennent dans ce monde, c’est de réaliser pratiquement ce dépouillement entier d’un moi qui a pris fin en Lui à la croix.
Ami, qu’un tel chemin, en vérité pénible et redoutable pour ton cœur non renouvelé, non encore amené à la vie divine, ne te fasse point reculer comme le jeune homme riche. S’il te faut, pour l’amour de Jésus, renoncer à ce qui a captivé jusqu’ici toutes tes affections, laisse-toi attirer par la grâce parfaite de Celui qui te dit, une fois encore : viens, suis-moi…
Les rencontres de Jésus : la femme samaritaine (Jean 4)
« Il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assis près la fontaine ; c’était environ la sixième heure. Une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : donne-moi à boire » (car ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres). La femme samaritaine lui dit donc : comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme Samaritaine ? (Car les Juifs n’ont point de relations avec les Samaritains). Jésus répondit et lui dit : si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de eau vive. La femme lui dit : Seigneur, tu as rien pour puiser, et le puits est profond ; où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail ? Jésus lui répondit et lui dit : quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.
La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser. Jésus lui dit : va, appelle ton mari, et viens ici. La femme répondit et dit : je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : tu as bien dit : je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari en cela tu as dit vrai. La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer.
Jésus lui dit : femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous, vous adorez, vous ne savez quoi ; nous, nous savons ce que nous adorons ; car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. La femme lui dit : je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle ».
Habituée au péché où elle s’était plongée, la Samaritaine avait perdu tout sentiment de pudeur ; pour elle, la fidélité n’avait aucune existence réelle et semblait n’être qu’un mot sans valeur ; « la vérité » lui apparaissait vaguement, dans les nuages d’un avenir lointain, quand viendrait « le Messie », dont elle avait entendu parler, mais duquel personne ne savait dire quand Il arriverait. Aussi ne s’en inquiétait-elle pas davantage.
Jamais, dans le monde qui l’entourait, elle n’aurait eu la pensée de chercher la vérité ; en fait de religion, elle ne connaissait que le mensonge, et sa vie intérieure et extérieure en portait l’empreinte. Sa préoccupation était de passer ses jours avec le moins d’ennui possible ; aussi, pour éviter l’expression du mépris des personnes plus honnêtes qu’elle, elle s’en va à la fontaine, puiser de l’eau à midi, heure inaccoutumée aux autres.
C’est là qu’elle rencontre cet étranger inconnu qui allait bientôt opérer un changement radical dans sa vie entière. La réponse de la femme à la première parole que Jésus lui adresse : « donne-moi à boire », montre la difficulté immense, ou plutôt l’impossibilité pour l’homme, d’atteindre un tel cœur, un cœur qui, endurci dans son avilissement, était, en même temps, orgueilleux au point de refuser le plus léger service à un étranger, parce qu’il était Juif.
« Comment, toi, qui es Juif, dit-elle, me demandes-lu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » La femme partageait toute la haine de sa nation contre les Juifs, et leur rendait mépris pour mépris. Sa position morale, si triste soit-elle, ne l’empêchait nullement de manifester cette inimitié.
Comment faire naître, dans une âme animée de semblables sentiments, le désir de connaître la grâce, chose dont elle ignorait la valeur et dont elle ne sentait pas le besoin ? Tel est le problème que nous voyons résolu, dans cette touchante histoire, par l’amour divin du Sauveur. Les paroles de la femme auraient repoussé tout autre, mais elles ne peuvent ni froisser Jésus, ni le détourner de son but. Il voulait gagner ce cœur, et, avec une délicatesse exquise, Il sait y trouver et toucher la corde qui pouvait vibrer.
Sa seconde parole fait ressortir la divine beauté de la première. En ne dédaignant pas de prendre vis-à-vis de la Samaritaine, l’humble attitude de quelqu’un qui demande, le Seigneur lui enseigna quelle est la vraie, la seule manière de recevoir de la part de Dieu, savoir, de demander. Pour cela, il fallait que son orgueil fût humilié. Il la place donc dans la présence de Dieu, non pas en jugement, mais en grâce.
Il voile, pour ainsi dire la tendre répréhension que renferment ses paroles derrière la parfaite bonté du caractère de Dieu qu’Il lui fait entrevoir : « Si tu connaissais, lu dit-Il, le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ».
Quelle profondeur ne trouverons-nous pas dans ces paroles, si nous arrêtons notre pensée sur Celui qui les prononça ! C’était le Fils du Dieu vivant, descendu ici-bas pour nous faire connaître Dieu et nous révéler l’étendue infinie de l’amour dont il jouissait de toute éternité, Lui, le Fils unique dans le sein du Père. C’est Lui, qui pouvant gagner une âme à Dieu son Père, condescend à s’humilier devant une misérable pécheresse telle qu’était la Samaritaine. Le caractère du Dieu qui est amour trouve ainsi sa parfaite expression, dans la manière dont Jésus agit.
Cet appel produit son effet ; mais qu’elles ne sont pas les contradictions étranges du cœur humain ! Plus la misère est grande, plus on voit trop souvent comme une sorte de désespoir qui ôte à l’âme le désir d’en sortir.
La femme se sent mal à l’aise en la présence de Dieu; elle n’aime pas à entendre parler d’un don gratuit qui exclut les efforts de l’homme, et elle se hâte de changer de terrain pour tranquilliser sa conscience.
Ce qui concerne les besoins matériels est plus simple et a pour elle plus d’attraits que ce qui tient à Dieu, et elle s’efforce, si possible, de ramener l’entretien à ce niveau des choses tangibles et pratiques : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond d’où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; et lui-même en a bu, et ses fils et son bétail ? »
Jésus répondit et lui dit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif, mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissante en vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif, et que je ne vienne pas ici pour puiser ».
La réponse du Seigneur dissipe entièrement la défiance du cœur de la Samaritaine ; elle l’amène à se placer elle-même dans la position qu’Il avait d’abord prise pour l’instruire. À son tour, elle demande. Sans doute, elle ne comprend pas encore ce qui est l’objet de sa requête, mais son cœur est gagné par Jésus, et elle est préparée pour recevoir dans sa conscience la sonde divine.
Les dernières paroles de la pauvre femme décèlent son état véritable ; la tristesse cachée qui remplissait son âme se fait jour, et montre combien elle avait besoin de l’eau vive qu’elle demanda. Être obligée de sortir pour puiser de l’eau, exposer sa honte, combien cela devait être pénible, effet, pour celle qui n’osait affronter les regards et les mépris des autres.
Pour la première fois elle rencontre Quelqu’un qui veut bien sympathiser avec sa misère, et son cœur, altéré d’un bonheur qu’elle a vainement cherché dans un monde qui ne le possède pas, trouve un asile dans le cœur de Christ. Elle peut verser sa tristesse dans le cœur de cet étranger inconnu, et, bien qu’elle ignore encore qu’Il était descendu de la gloire du ciel pour rechercher des misérables comme elle, son âme se sent attirée vers Lui.
L’instant était venu de toucher sa conscience Jésus lui dit : « va, appelle ton mari, et viens ici » Elle veut parer le coup et dit : « Je n’ai point mari ». Elle ne savait pas être en la présence Celui qui est la lumière du monde. Jésus lui dit « Tu as bien dit : je n’ai pas de mari ; car tu eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai ».
La conscience de la femme est atteinte et réveillée, et, par-là, une certaine intelligence pénètre dans son âme : « Seigneur, dit-elle à Jésus, je vois que tu es un prophète » elle comprend que les circonstances de sa vie lui sont connues ; ce qui fait sa honte est dévoilé par Celui qui lui a parlé avec une si parfaite bonté ; elle ne peut le quitter mais, se sentant serrée de trop près, elle cherche à détourner la question personnelle en s’engagea dans une polémique religieuse.
Que d’âmes, ainsi remuées dans leur conscience s’efforcent d’échapper de la même manière ! Une forme religieuse en vaut une autre, dit-on, pour quelques différences secondaires, on n’est pas dans une pire position que ceux qui se vantent d’une religion meilleure et plus vraie ; c’est une affaire de convenance, de naissance, d’habitude ou bien d’école où les docteurs doivent décider, et, ceux-ci diffèrent entre eux, qui osera affirmer que l’un a raison plus que l’autre ? Voilà ce que pensent tant de gens de nos jours, et c’est ainsi que pensait la femme samaritaine : « Nos pères, dit-elle, ont adoré sur cette montagne-ci, et vous (vous autres Juifs), vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer ».
Mais le Seigneur ne se laisse point écarter du but qu’Il poursuit. Il fait entendre à la femme des choses nouvelles et glorieuses, dans les profondeurs desquelles elle ne pouvait entrer alors, et qui ne devaient lui être pleinement révélées que plus tard.
Mais ces choses étaient une partie des bénédictions que Dieu donnait gratuitement et que son Fils était venu faire connaître dans ce monde (v. 21 à 23). Connaître Dieu, le Dieu vivant ; le connaître comme Père ; être rendu capable de l’adorer en esprit et en vérité : telles étaient les grandes et merveilleuses choses que Jésus annonçait, à la femme de Sichar.
Elle semblait presque en possession de ces grâces. Le Seigneur de gloire la sollicitait de croire. Mais cela paraissait trop grand, trop excellent pour être vrai ; en tout cas, il semblait que ce fût impossible à réaliser sur l’heure. Comme le roi Agrippa et tant d’autres depuis, elle voulait renvoyer à un autre temps le moment de se rendre et de se soumettre pleinement à la vérité. Ce serait à la venue du Messie, pensait-elle, et jusque-là elle pouvait bien attendre. Voilà son dernier effort contre la grâce, alors qu’elle se trouvait presque entre les bras de son Sauveur. « Je sais, dit-elle que le Messie, qui est appelé le Christ, vient. Quand celui-là sera venu, il nous- fera connaître toutes choses ». Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle ». Telle est la parole suprême de Jésus, et la Samaritaine, forcée dans son demi-retranchement, devient la captive du Seigneur.
L’arrivée des disciples interrompt l’entretien mais l’œuvre de la grâce était accomplie ; ce pauvre cœur, naguère si vide, était rempli et débordait. Le puits, la cruche, tout est oublié. Elle retourne à la ville et dit aux habitants : « venez voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait, celui-ci n’est-il point le Christ ? »
Elle n’a plus rien à cacher maintenant ; elle peut parler hardiment de sa vie passée, car Celui qui connaît tout, qui pénètre au fond des cœurs, lui a révélé les richesses de la grâce de Dieu. Elle ne dit rien des choses nouvelles que le Seigneur lui avait annoncé, et qui auraient été de nature à exciter la curiosité des hommes de Sichar.
C’est la personne même de Christ qui remplit sa pensée ; c’est à Lui qu’elle veut les amener. Sa conscience avait été atteinte, sa vie de péché mise à nu ; par là, elle avait connu le Sauveur ; c’est de la même manière qu’elle veut agir sur les autres. L’amour qu’elle avait trouvé en Christ était un trésor trop grand pour qu’elle le gardât pour elle seule, il fallait qu’elle en fît part à d’autres, et la pauvre pécheresse est transformée en une messagère de la bonne nouvelle.
La lumière et l’amour divins avaient accompli leur œuvre bénie. Un vase de louanges à Dieu le Père avait été cherché et trouvé parmi les plus vils, une race méprisée.
Il y a plus : la grâce qui avait sauvé la Samaritaine, la fait aussi entrer dans cette joie qui est inséparable des activités de l’amour divin – la joie qui remplit le cœur du Berger lorsqu’il retrouve sa brebis perdue et appelle ses amis à se réjouir avec Lui – la joie qui se trouve au ciel devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent Luc 15). Voici ce que nous dit le récit divin :
« Or, plusieurs Samaritains de celte ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux; et il demeura là deux jours. Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde ».
Deux choses étaient indispensables pour avoir cette connaissance personnelle du Sauveur : l’exercice de conscience produit dans l’âme par la lumière qui manifeste tout, en sorte que l’on soit amené à confesser : il m’a dit tout ce que j’ai fait ; puis, l’action bénie de l’amour de Dieu qui attire le cœur, en lui apprenant que le même Jésus qui dévoile les pensées secrètes du pécheur est le Sauveur du monde. En Lui est la lumière ; en Lui est la vie.
Mais, bien que les Samaritains eussent fait la connaissance personnelle du Sauveur, ils n’en sentent pas moins le besoin de faire part à la femme, de la paix qu’ils avaient trouvée en Christ.
Elle conserve la position que la grâce lui avait donnée, celle d’avoir été le héraut de la bonne nouvelle pour la ville de Sichar. D’une manière toute spéciale, elle avait part à la joie du Sauveur du monde.
Qu’il est beau cet amour qui, ayant saisi le cœur d’un pauvre pécheur, le remplit tellement que celui qui vient d’être sauvé n’a rien de plus pressé que d’aller chercher d’autres âmes pour les amener à la source de sa joie nouvelle !
La femme de Sichar reçoit de Jésus la vie éternelle, et elle sera dans la gloire un témoin de ce que l’amour de Dieu a opéré sur la terre.
Bien-aimé lecteur, la même grâce vous est présentée, car c’est maintenant le jour du salut. Ne voulez-vous pas entrer aussi dans la jouissance de cet amour qui a atteint une des plus viles, aussi bien qu’elle avait pu, en d’autres circonstances (Nicodème, Jean) atteindre l’un des plus honorables parmi les hommes, tout en montrant que l’une et l’autre étaient des pécheurs perdus ?
Ne vous laissez pas détourner par la pensée que ces âmes étaient particulièrement favorisées par le Seigneur, tandis que vous êtes privé de leurs avantages. Rappelez-vous que cette histoire se trouve dans la Parole de Dieu, qu’elle est écrite pour vous, s’adressant directement à vous, pour faire voir comment le Dieu d’amour attend pour vous faire grâce (És. 30. 18).
Une remarque en terminant. Nous trouvons dans ce chapitre 4 deux : il faut, une double nécessité, qui sert à mettre en évidence le caractère de l’œuvre de la grâce. « Car Dieu est Esprit, dit le Seigneur Jésus, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » Mais où trouver ces adorateurs réels ? Pour cela, il fallait (v. 4) que Jésus traversât la Samarie et qu’il rencontrât personnellement la femme de Sichar.
Il connaissait la nécessité divine de l’amour qui voulait absolument trouver le chemin du cœur du pécheur même le plus endurci. Il poursuit son but et l’atteint. Quel bonheur pour nous, de savoir que cette nécessité divine est la raison suprême de notre salut, et qu’elle est la cause qui fait que Dieu cherche et trouve encore actuellement sur la terre de vrais adorateurs.
Puissions-nous, cher lecteur, être du nombre de ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité, et être toujours plus pénétrés du caractère qui appartient au véritable culte que demande le Père.
Les rencontres de Jésus : la pécheresse (Luc 7. 36 à 50)
« Et un des pharisiens le pria de manger avec lui. Et entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table. Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum ; et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à les arroser de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum.
Et le pharisien qui l’avait convié, voyant cela, dit en lui-même : Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme que le touche, car c’est une pécheresse. Et Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et il dit : Maitre, dis-le. Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante ; et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus ?
Et Simon, répondant, dit : j’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : tu as jugé justement. Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison ; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum.
C’est pourquoi je te dis : ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu. Et il dit à la femme : tes péchés sont pardonnés. Et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? Et il dit à la femme : ta foi t’a sauvée va-t-en en paix.
« Une femme dans la ville, qui était une pécheresse… » Nous ne savons rien de plus d’elle, de son nom, de sa vie. Elle reste désignée par cette appellation dégradante. « C’est une pécheresse », dit le pharisien Simon. Et Jésus ne scelle pas ses « nombreux péchés ».
Elle avait suivi ses instincts coupables, et cherché le bonheur par des voies impures. Elle avait voulu, comme on dit aujourd’hui, vivre sa vie, la vivre à sa guise, la vivre dans la joie et l’indépendance, sans retenue.
Et, à la fin du, compte, elle avait trouvé ceci : qu’elle était une pécheresse, et que c’était là quelque chose d’affreux. Elle l’avait compris, elle l’avait senti tristement, amèrement. Et le jour où elle s’était trouvée sur le chemin de Celui qui était la sainteté même, l’homme parfait, l’homme divin, Jésus, elle avait vu toute la profondeur de sa misère morale, et son cœur avait éclaté.
Elle n’a pas une parole. Que dirait-elle ? Plaiderait-elle une cause perdue ? Elle est une pécheresse. Ses larmes disent sa repentance, le retour douloureux sur sa vie perdue. Son attitude aux pieds du Maître, derrière, disent son humiliation. Elle ne fait aucun cas d’elle-même, mais attirée par Lui, certaine qu’Il ne la repoussera pas, elle est venue. Elle ne s’est pas laissé arrêter par le mépris public : en plein jour, elle est entrée dans la maison du pharisien, elle a traversé les groupes de gens respectables qui se détournaient… Mais ce qu’elle fait, dit en quel honneur elle tient la personne de Celui qui est là : pour ses pieds, le parfum, indigne même d’oindre sa tête ; et cette gloire de la femme, cette chevelure que si souvent elle avait ornée avec art, elle l’emploie à essuyer les pieds saints sur lesquels coulent ses pleurs.
Que dirait-elle ? C’est de Lui qu’elle attend une parole, la parole libératrice, celle qui donnera la paix à son âme.
Or, quelqu’un a hâtivement, témérairement, porté un jugement sur cette scène. Il l’a fait en lui-même, mais Jésus lit dans les cœurs. Simon le pharisien avait reçu Jésus chez lui : les foules tenaient ce dernier pour un prophète, il faisait des miracles. Par curiosité, peut-être, ou par vague sympathie, ou simplement pour se rendre populaire, Simon invite chez lui l’homme du jour.
Du reste, il ne lui témoigne aucun de ces égards qu’en ce temps et en ce pays on rendait aux hôtes de distinction : pas d’eau pour laver ses pieds, nul baiser de bienvenue, point de parfum pour oindre sa tête. Et maintenant, Simon, regardant la femme aux pieds de Jésus, conclut que s’il était un prophète il ne souffrirait point cet avilissant contact… Une pécheresse !
Jésus prend la parole.
Une parabole limpide place devant son hôte, devant les conviés, devant tous, devant nous, mes chers lecteurs, la question capitale, celle de la dette humaine vis à vis de Dieu : la dette de nos péchés. Simon n’y avait point songé pour lui-même ; il se croyait juste, il était de ceux qui, contents d’eux et de leur valeur morale, pensent que Dieu est bien aise d’agréer leurs bonnes œuvres, et qui n’ont point besoin d’un Sauveur. Ils n’ont jamais pleuré sur leurs péchés ; comment aimeraient-ils Celui qui les pardonne ? Comment le reconnaîtraient-ils ?
Pour eux « il n’y a point d’apparence en lui pour le faire désirer… On n’a pour lui aucune estime ». Simon n’a aucune idée de la gloire de Jésus, encore moins de la grâce. « Celui à qui il est peu pardonné aime peu ». Cela voudrait-il dire que Simon eût peu à se faire pardonner, que quelqu’un, que vous-même soyez si peu pécheur qu’il ne vaille pas la peine de parler de cela, tellement moins pécheur que les autres que le pardon soit pour vous de peu de conséquence ? Dieu vous garde de vous laisse abuser ainsi ! Quiconque s’est réellement vu devant Lui a dit comme Job, l’homme qui, cependant, avait eu une vie parfaite et droite entre toutes : « J’ai horreur de moi ! » (Job 42. 6)
Ce qui est exact, hélas, c’est que des milliers et des milliers d’hommes se croient justes, comme Simon le pharisien et ne pensent, en aucune manière, aux droits de Dieu sur eux, à la dette du péché, qu’ils ne peuvent acquitter. Ils sont en bonne santé, croient-ils, et n’ont pas besoin de médecin. L’Évangile n’a rien à dire à ceux-là, sinon les avertir qu’ils se trompentet les supplier de revenir de leur erreur tandis qu’il n’est pas trop tard, avant de comparaître devant le créancier, Jésus ne les intéresse pas. Ils passent indifférents, à peine un peu curieux, souvent hostiles, auprès de Celui qui est venu du ciel pour chercher et sauver ce qui était perdu.
Mais elle, la pécheresse, elle, perdue, mais vous qui avez senti le poids de vos péchés et qui gémissez sur eux, où irait-elle, où iriez-vous, sinon à Lui ? Ayez en Lui la foi qu’elle montre : pour Simon, Jésus pouvait, tout au plus, être un prophète ; mais un prophète n’aurait pu remettre ses péchés à une pécheresse !
Ce qu’il lui faut, ce qu’elle vient chercher, ce qu’elle trouve, c’est le Sauveur de pécheurs perdus ! Le peu de cas qu’elle fait d’elle-même, l’honneur qu’elle rend à la sainte Personne, prouvent qu’elle a compris pourquoi Il est là, sur la terre, l’Homme parfait, le Fils de Dieu qui s’est fait « l’ami des publicains et des pécheurs ». Elle a compris qu’elle, la pécheresse, est aimée du Sauveur. Et comment son cœur brisé ne déborderait-il pas ? Ce qu’elle fait montre son amour à elle répondant à l’amour dont elle est l’objet.
« Ses nombreux péchés sont pardonnés », dit-Il. Et à elle directement : « Tes péchés sont pardonnés ». C’est là ce qu’il lui fallait, la parole dont elle avait besoin. Quelle grandeur était là, inconnue de ceux qui se trouvaient à table avec Lui et qui murmurent : il y avait là Celui qui peut pardonner les péchés !
La femme a tout écouté, sans mot dire. Objet du débat, elle n’y a pris aucune part. Mais la conclusion est pour elle : « Ta foi t’a sauvée va-t-en en paix ». Voilà ce qu’il lui fallait, la paix. Le pardon est assuré. Il l’est à la foi. Aux témoins, Jésus peut dire que l’amour montré par cette pécheresse prouvait qu’elle avait trouvé le Sauveur et qu’elle était pardonnée de ses nombreux péchés. Mais la cause, le secret de son pardon est dans sa foi.
Elle est venue en pleurant, mais avec foi. Elle a témoigné de son amour pour Celui l’a sauvée. Elle s’en ira en paix.
Je désire m’adresser à ceux dont les péchés ne sont pas pardonnés, pour leur dire : avez-vous eu affaire avec Celui qui les pardonne ? Affaire avec larmes, avec humiliation, avec reconnaissance, enfin, en l’entendant vous dire : « Ta foi t’a sauvé, va-t-en en paix ». Vous avez besoin de croire seulement en Lui, le Sauveur mort sur la croix pour vos péchés. À ce prix, la dette a été acquittée.
Mais je m’adresse à vous aussi, lecteurs chrétiens, qui vous savez pardonnés, car la leçon est grande aussi pour nous. Si nous avons le sentiment de l’immensité de la grâce qui nous a été faite, et si nous avons conscience de ce qu’étaient nos péchés qui ont été expiés, ah, de quel amour devons-nous être étreints envers Celui qui donné sa vie pour nous !
Notre tiédeur coupable à son égard ne vient-elle pas de ce que nous n’avons pas pleuré à ses pieds comme a pleuré la pécheresse ? La sagesse doit être justifiée par ses enfants (v. 35). Notre amour pour Lui doit se voir ; notre attitude doit en témoigner. « Vois-tu cette femme ? » dit Jésus à Simon. Il peut être dit de nous : « Voyez comme ils aiment Jésus », et si nous sommes pénétrés de ceci : il nous a été beaucoup pardonné.
Les rencontres de Jésus : la femme adultère (Jean 8. 3 à 11)
« Et au point du jour, il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui; et s’étant assis, il les enseignait. Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère ; et l’ayant placée devant lui, ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent de quoi l’accuser.
Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Et comme ils continuaient à l’interroger, s’étant relevé, il leur dit : Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant encore baissé, il écrivait sur la terre. Et eux, l’ayant entendu, sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ; et Jésus fut laissé seul avec la femme devant lui.
Et Jésus, s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, dorénavant ne pèche plus ».
La Loi était formelle : « Moïse nous a commandé dans la Loi de lapider de telles femmes ». La Loi donnée par Moïse était la Loi de Dieu, dont les dix commandements expriment les injonctions morales, la Loi sainte, juste, bonne, mais terrible, inexorable pour quiconque la transgresserait. Ayant porté atteinte à la sainteté de Dieu, le transgresseur devait mourir.
Les scribes et les pharisiens, zélés pour la Loi qu’ils enseignaient, ennemis de Jésus qui dénonçait leur hypocrisie, se flattent de le mettre dans une situation critique. Voici une femme coupable selon la loi. L’absoudra-t-il ? Il se trouvera en contradiction avec la Loi divine. La condamnera-t-il ? N’est-ce pas alors se condamner lui-même, qui s’est constitué « l’ami des publicains et des pécheurs » ? Qu’apporte-t-il de nouveau, s’il revendique les droits de la Loi au même titre que les docteurs d’Israël ?
Jésus écoute avec une apparente indifférence leurs accusations pressantes. Il écrit sur la terre… Mais n’était-ce pas là le doigt de Dieu lui-même, le doigt qui, autrefois, avait écrit la Loi sur les tables de Sinaï ? Sans que ses adversaires s’en doutent, le Maître de la Loi est là… Ils insistent. Il se relève et parle.
Il parle comme Celui qui est la vérité. À ceux qui se réclament ainsi de la loi, Il présente la Loi dans toute son étendue, Il donne à cette arme tout son tranchant. Moïse a commandé ? Que l’on exécute sa parole ! Seulement, y a-t-il sur la terre quelqu’un qui puisse saisir cette arme sans en être lui-même blessé ? « Que celui qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ». Et, se baissant de nouveau, Il laisse la Parole divine opérer sur les consciences.
Cette courte phrase, dans sa terrible simplicité, donne, en effet, à la Loi de Moise sa place, comme étant la Loi de Dieu. Et devant elle il n’y a pas de grand et de petit péché, il y a « le péché » qui entraîne toujours la condamnation. Les hommes jugent de la gravité des fautes selon leur appréciation particulière, en se comparant les uns aux autres, toujours à leur propre avantage : il est humain, n’est-ce pas, d’exagérer les fautes de son voisin et d’excuser les siennes propres.
Et d’autre part, il est exact que la société, sous peine de disparaître, doit réprimer les formes les plus grossières du mal, graves par leur répercussion, si l’on veut conserver la famille, la propriété, l’État, il faut bien réprimer l’adultère, le vol, le meurtre, l’immoralité ouverte. C’est dans ce sens que sont faites les lois humaines, et on peut à bon droit s’en référer à la Loi de Dieu.
Mais les fautes soigneusement cachées, les actes secrets qui laissent, si honteux soient-ils, la conduite extérieure satisfaisante aux yeux des hommes, sans parler des intentions mauvaises qui foisonnent dans le cœur, tout cela est-il moins coupable parce que cela ne s’étale pas au grand jour ? Pour Dieu à Qui rien n’échappe, il n’est pas de degrés dans la culpabilité. La simple convoitise qu’interdit le dernier commandement et dont aucun cœur pourtant ne peut se défendre, est aussi grave que le meurtre ou l’adultère. Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la Loi pour les faire (Deut. 27. 26).
Il suffit à la morale humaine que les apparences soient respectées. Mais devant Celui qui sonde les cœurs, dans la lumière qui révèle tout, nul n’osera dire : je suis sans péché. Et la Loi de Dieu, inflexible, juste, vient dire : qui a péché doit mourir.
C’est ainsi que Jésus donne à la Loi toute son autorité. Bien loin d’affaiblir cette loi, Il l’établit, en rangeant sous elle tous les hommes, accusés et accusateurs. Contre tous, le glaive se trouve tourné. Tous sont rendus « inexcusables », comme le dit l’apôtre dans cette épître aux Romains, dont nous recommandons vivement la lecture des premiers chapitres, à cette occasion, montrent précisément avec force qu’il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu.
Les scribes et les pharisiens sont bien forcés de, s’en rendre compte. Mais leur orgueil ne veut pas l’avouer. Silencieusement, sans arguer encore de cette Loi sous le coup de laquelle ils tombent eux-mêmes, ils sortent ; ils ne peuvent supporter cette lumière trop vive. Ils ont leur réputation à conserver, ils ne sauraient s’abaisser à la confession humiliante qu’eux aussi sont des pécheurs. Ils quittent la partie, en commençant par les plus anciens, les plus respectés sans doute, chargés de savoir et d’autorité morale, chargés aussi, hélas, d’un passé de culpabilité qu’ils ne veulent pas avouer.
Jésus reste seul avec la femme coupable. Lui seul, qui est sans péché, a le droit d’user de ce glaive de la Loi que les accusateurs ont laissé tomber de leurs mains impures.
Mais il n’est pas venu sur la terre pour cela.
Certes, Il n’excuse point le péché. Et Il est bien venu à cause du péché de l’homme. Mais s’Il exécute le jugement demandé par la loi, qui subsistera ? Tous, la femme adultère et ses accusateurs dont Lui connaît à fond la vie et la culpabilité, auraient dû être immédiatement balayés par ce jugement. Car Il est venu apporter la grâce, aussi bien que la vérité.
Et la coupable qui est demeurée là, sous la pénétrante lumière, entend des mots de pardon. Le terrain était déblayé du côté des hommes : nul n’avait le droit de la frapper sans se condamner soi-même comme transgresseur de la même loi. Et Jésus, l’Homme Dieu, Jésus, retient le glaive, car s’Il est le seul Juge, Il est d’abord le seul Sauveur.
Il n’enlève rien à la Loi qui avait été donnée par Moïse, mais il y a là un plus grand que Moïse, Celui qui, lui-même, avait donné la Loi à Moïse et qui vient de la grandir à son vrai niveau, le niveau divin, en faisant ressortir par elle l’état de culpabilité de tous les hommes, à commencer par les pharisiens les plus respectés.
Mais Dieu est là justement parce que l’homme ne peut échapper à la condamnation. Il n’y a qu’un moyen pour le soustraire aux justes exigences de la Loi de Dieu : et ce moyen est la rédemption. Jésus est venu pour porter Lui-même la malédiction due à nos péchés. Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous (Gal. 3. 13). Il peut pardonner parce qu’il est venu porter, sur la croix du Calvaire, le châtiment de notre péché.
Quelle puissante leçon dans ce simple récit de l’Évangile ! L’avons-nous tous comprise ? Il nous faut apprendre que nous sommes tous condamnés sans appel par la juste Loi de Dieu que nous avons offensé par nos péchés ; il nous faut ensuite recevoir, par la foi, le pardon de la bouche de Celui qui, ayant seul le pouvoir de nous juger, a, dans son insondable amour, voulu porter Lui-même notre jugement, expier nos péchés, nous sauver.
Connaissons-nous tous Jésus comme notre Sauveur ? Il n’y a de salut en aucun autre.
Les rencontres de Jésus : la femme cananéenne (Mat. 15. 21 à 28)
« Et Jésus, partant de là se retira dans les quartiers de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne de ces contrées-là, sortant, s’écria, lui disant : Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon. Et il ne lui répondit mot. Et ses disciples, s’approchant, le prièrent, disant : renvoie-la, car elle crie après nous. Mais lui, répondant, dit : Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Et elle vint et lui rendit hommage disant : Seigneur, assiste-moi. Et lui, répondant, dit : il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. Et elle dit : oui, Seigneur ; car même les chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus, répondant lui dit : ô femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie ».
Quelle détresse s’exprime dans cette supplication : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! » C’est à Jésus, l’Homme-Dieu compatissant à tous les maux de sa créature souffrante, qu’est adressé cet émouvant appel. Et cette fois, le cri d’une mère angoissée semble rester sans réponse. « Jésus ne lui répondit mot ». La miséricorde dont Il use envers tous lui serait-elle refusée ? Elle crie après les disciples ; peut-être seront-ils plus accessible que le Maître ? « Seigneur, renvoie-la », disent-ils…
Pas de pitié pour cette pauvre femme cananéenne. Elle appartient à une race maudite vouée à l’extermination, car Moïse avait dit au nom de l’Éternel : « Tu ne leur feras pas grâce (Deut. 7. 2). Étrangère aux promesses faites aux Juifs, elle n’a point de droit au secours qu’elle implore en vain du Fils de David, du Messie d’Israël.
Mais elle ne se lasse pas de crier sa peine. Elle sait que Jésus seul peut délivrer sa fille, cruellement tourmentée d’un démon. Sans s’arrêter à l’apparente dureté d’un tel refus, elle se tient là, obstinément confiante en Celui qui peut d’un mot chasser l’esprit malin. Sa douleur est grande, son besoin pressant, et elle est venue pleine d’espoir. Quand Jésus, mettant sa foi à l’épreuve, déclare qu’il est envoyé seulement aux brebis perdues de la maison d’Israël, elle s’approche et lui rend hommage : « Seigneur, dit-elle, assiste-moi ! »
C’est le simple, mais l’émouvant appel d’un cœur de mère brisé par les souffrances de sa fille. Ah ! si le Fils de David ne peut rien pour elle, pauvre étrangère, qu’au moins l’entende le Seigneur de tous ! « Seigneur, assiste-moi ».
Mais l’épreuve se prolonge : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux chiens (aux petits chiens) ». Est-ce vraiment là le langage de Celui qui est doux et humble de cœur ? La suppliante devrait être découragée. Mais parce que ses besoins sont pressants, parce que sa peine est immense, rien ne coûtera à la pauvre femme pour recevoir la réponse ardemment désirée. S’il faut s’abaisser, elle le fera. N’est-elle pas déjà courbée par la douleur ? « Oui, Seigneur, dit-elle ; car même les chiens (les petits chiens) mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ».
Elle comprend, pauvre Cananéenne maudite, que sa place ne peut être qu’aux pieds de la table servie par le Fils de David aux enfants d’Abraham. Elle se tient donc là, prenant l’attitude profondément humiliée de ceux qui ne peuvent attendre que des miettes, mais qui les apprécient comme leur seul espoir et leur seul bien.
Ah ! Seigneur, qu’il y ait quelques miettes pour moi !…
« Ô femme, dit-il, ta foi est grande, qu’il te soit fait comme tu veux ». Et dès cette heure-là sa fille fut guérie.
Grande foi que celle qui pense d’aussi grandes choses du Dieu d’amour. Foi éprouvée, à laquelle Jésus répond, dans la joie de la grâce pressée de se déployer, dès que l’âme chargée de sa misère accepte la seule place où elle puisse être bénie, la place d’une entière humiliation.
Cette place, l’avez-vous prise, cher lecteur ? Autrement dit, votre cœur touché à salut a-t-il accepté la sentence divine : « Tous ont péché » ? (Rom. 3. 23)
De même que cette pauvre Cananéenne n’avait point de droit à la bénédiction des fils d’Israël, de même le pécheur ne peut s’attendre qu’à la miséricorde divine, Mais s’il n’a point d’autre titre à faire valoir que ce titre de pécheur, son seul espoir c’est la grâce du Sauveur : son amour s’exerçant envers ceux qui en sont indignes. Or, cette grâce parfaite a conduit Jésus à opérer une œuvre de salut que tous sont maintenant invités à accepter. Il a fait la paix par le sang de sa croix, et cette paix est l’heureux partage de la foi. Maintenant la justice de Dieu est manifestée, la justice de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous et sur tous ceux qui croient…, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus (Rom. 3. 21 à 25).
La femme cananéenne, par sa touchante insistance, montrait que tout son espoir reposait sur la compassion du Seigneur, même si sa grande foi était mise à l’épreuve. Elle s’attachait de tout son cœur au Seigneur Lui-même, comme Jacob le fit près du gué de Jabbok, disant : « Je ne te laisserai point aller que tu ne m’aies béni ! » Et la bénédiction n’a pas manqué : dès cette heure-là sa fille fut guérie.
Peut-être, cher lecteur, attendez-vous depuis longtemps la réponse divine à votre prière instante : « Ô Dieu, accorde-moi le sentiment de ton pardon ! » Peut-être avez-vous souvent déjà demandé au Seigneur qu’Il vous délivre du poids oppressant de votre péché, du lourd fardeau de votre misère morale ? Dans ce combat douloureux, ne vous lassez pas ; criez sans cesse au Sauveur, qui est prêt à vous répondre, quoi qu’il en paraisse. Il conduit Lui-même le travail de Sa grâce en votre cœur et Il ne laissera pas cette œuvre inachevée.
Puissiez-vous seulement lui confesser toute votre indignité ; quant à sa riche bénédiction, soyez assuré que dès lors Il vous dira : « qu’Il te soit fait comme tu veux ». « Que celui qui veut, dit Jésus, prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 17). Il s’agit du vouloir de l’âme, que rien ne détourne de l’objet de sa foi : Jésus le Sauveur, et qui trouve en Lui seul salut, délivrance et vie éternelle.
Les rencontres de Jésus : le jeune homme riche (Marc 10. 17 à 27 ; voir aussi Mat. 19. 16 à 26 et Luc 18. 18 à 27)
« Et comme il sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : bon Maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse. Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix.
Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à ses disciples : combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! Et les disciples s’étonnèrent de ses paroles ; et Jésus, répondant encore, leur dit : enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. Et ils s’en étonnèrent excessivement, disant entre eux : Et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu ».
Voici un homme dont la situation ici-bas est on ne peut plus enviable. Matériellement, il est riche. Moralement, il est d’une conduite exemplaire ; il peut dire en toute droiture qu’il a observé les commandements de la Loi dans tous ses rapports avec ses semblables. Si quelqu’un croit avoir le droit d’entrer au ciel en raison de sa bonne conduite, c’est bien lui.
Et pourtant il n’est nullement assuré de son avenir, ni parfaitement satisfait de lui-même. Dans son cœur, un trouble persiste. Quelque chose lui manque. Il recherche la certitude de la vie éternelle, à laquelle il est encore étranger ; il voudrait connaître ce qu’il a encore à faire pour l’obtenir. Ni ses richesses, dans lesquelles cependant, en bon Israélite, il pouvait voir un témoignage d’approbation de Dieu, ni sa vie honorable entre toutes aux yeux des hommes ne sauraient lui donner une pleine sécurité. Mais il se croit capable de faire tout ce que Dieu peut exiger.
Or, voici qu’une suprême bénédiction lui est accordée : il fait la rencontre de Jésus, il peut L’entendre ; mieux encore, il nous est dit que Jésus, reconnaissant et appréciant tout ce qu’il y avait d’attrayant chez lui, l’aima. Ah, certes, il est bien près de la porte du ciel à ce moment. Entrera-t-il ?
Il reconnaît que Jésus peut l’enseigner, lui dire enfin ce dont il a besoin. Mais il ne voit en Lui qu’un homme, bon entre les hommes, à qui il peut espérer s’égaler en cultivant ce qu’il y a de bon en lui-même. Aussi Jésus commence par diriger ses pensées vers Celui qui seul est bon, et auprès duquel tout ce qui est humain pâlit. Même le vrai Fils de l’homme, Jésus lui-même, homme parfait, approuvé de Dieu en toutes choses, pouvait dire, dans sa parfaite dépendance : « Tu es le Seigneur, ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi ».
Combien donc les meilleures actions des hommes paraîtront-elles « comme un linge souillé » devant ce Dieu seul bon. Au vrai, si cet homme avait saisi ce qu’avait d’unique la bonté du « bon maître » auquel il s’adresse ici, il aurait reconnu en Lui la divinité descendue ici-bas en grâce.
Sans tarder, Jésus met le doigt sur la « chose qui manque » à cet homme, ce jeune homme, comme l’appelle l’évangile selon Matthieu. Il met en évidence la fêlure de ce cœur, semblable à tous les cœurs d’hommes pécheurs, et incapable du vrai bien devant Dieu. Qui peut supporter l’épreuve de la lumière divine ? Il apparaît vite que ce jeune homme, doué de si belles qualités, n’est en réalité que le misérable esclave de ses richesses.
Pour faire cette épreuve de son cœur, Jésus n’a que quelques paroles à dire :
« Vends tes biens et donne aux pauvres ». On verra ainsi si vraiment tu aimes ton prochain plus que tes richesses.
« Tu auras un trésor dans le ciel ». Il s’agit donc de savoir si tu tiens au ciel plus qu’à tes richesses.
« Et viens, suis-moi ». On verra ainsi quel cas tu fais de moi-même, si tu me préfères, moi, à tes richesses.
Il y a un choix à faire, et ce choix est déchirant pour ce jeune homme. Il s’en va, triste, mais il s’en va. Il préfère ses « grands biens ». Il les préfère à son prochain, il les préfère au ciel, il les préfère à Jésus. Il choisit l’éphémère jouissance des biens d’ici-bas. Il les garde, mais il garde avec eux, inguérissable cette fois, la plaie de son cœur. Ils ne lui donneront pas le bonheur sur la terre : il s’en va tout triste. Et ils le priveront de la bénédiction éternelle.
Lecteur, que préférez-vous ? Ce monde périssable, ou Christ ? Avez-vous la seule chose nécessaire, le trésor dans le ciel, la vie éternelle, et déjà durant cette vie terrestre, le trésor de la connaissance de Jésus – le vrai bonheur ?
En quoi vous confiez-vous ? À quoi que ce soit des « choses qui se voient » ? Richesses, position, considération ? Tout cela n’est que pour un jour, et tout cela ne saurait même remplir votre cœur durant cette vie passagère. Et il y a devant vous l’éternité, au seuil de laquelle il faudra tout laisser. Ne voulez-vous pas y prendre garde ?
Une parabole veut dire une comparaison. Jésus-Christ a raconté, sous ce nom, de courtes histoires se rapportant à des choses visibles et extérieures qu’il comparait ensuite aux choses du ciel qu’on ne peut pas voir. Le Sauveur s’est souvent servi de paraboles pour faire bien comprendre à ses disciples les leçons qu’Il voulait leur enseigner.
Nous allons étudier ensemble quelques-unes de ces paraboles de Jésus. Je vous les raconterai tour à tour dans leurs deux significations, celle qu’on voit et celle qu’il faut chercher ; mais, avant tout, je vous conseille bien de prendre votre Bible et d’y lire chaque fois, attentivement, le récit tel qu’il est écrit dans les Évangiles et indiqué sous le titre de la parabole.
Le semeur (Mat. 13. 3 à 9 ; 4. 8 à 23. Marc 4. 3 à 9, 14 à 20 ; Luc 8. 4 à 15).
Lorsqu’un champ a été bien préparé, un homme arrive avec un sac plein de grains. Il se promène sur le champ en long et en large, son sac ouvert devant lui. Il plonge la main dedans, en retire une poignée de blé et la jette à droite, à gauche et devant lui ; c’est ce qu’on appelle semer.
Eh bien, dans cette parabole, Jésus-Christ nous raconte qu’un homme sortit pour semer. Il jeta le grain à droite et à gauche.
Une grande partie tomba sur le champ qui avait été préparé et contenait de la bonne terre.
Une partie tomba sur le bord du chemin ; l’on y marchait beaucoup, la terre était dure, le grain ne put s’y enfoncer et les oiseaux l’eurent bien vite mangée.
Une autre partie tomba dans un endroit pierreux recouvert d’une mince couche de terre. Le grain ne pouvant pénétrer profondément poussa bien vite une petite tige verte, mais si mince, si chétive, que le soleil s’étant levé brûlant et la petite plante ne se trouvant pas suffisamment nourrie, elle fut bientôt desséchée.
Une autre partie tomba dans un terrain rempli d’épines. C’était probablement la haie qui bordait le chemin. Lorsque le blé sortit de terre, il ne put croître et fut étouffé faute de place, d’air et de soleil. Il y avait là tant d’épines, tant de ronces et de mauvaises herbes !
Voilà ce que j’appellerai le sens visible de la parabole – l’histoire de ce que l’on voit. Maintenant nous allons passer au sens invisible, à l’histoire cachée, et nous verrons ce que Jésus-Christ veut nous enseigner par cette histoire.
La semence, c’est la Parole de Dieu, ce sont les enseignements religieux que nous recevons à l’église, à la maison, à l’école de la semaine ou du dimanche, c’est tout ce qui en un mot, a pour but de faire de nous de vrais chrétiens.
Le champ, c’est le monde, ce sont nos cœurs à nous tous ; c’est là que doit être jeté le bon grain.
Le semeur, c’est Dieu qui répand dans le champ de nos cœurs les bonnes pensées et les bons désirs et nous donne les occasions de chercher à croître dans la sagesse et dans le bien. Le semeur peut également signifier Jésus-Christ qui vient, au nom de son Père, tourner nos regards vers le ciel, nous apprendre à croire en lui et nous sauver par son sacrifice sur la croix.
On peut aussi voir dans le semeur les envoyés de Dieu sur la terre, tous ceux qui s’efforcent de faire le bien, de parler de Dieu, d’instruire les hommes et de leur apprendre à aimer Dieu et à le prier.
Ainsi, mes enfants, le courageux missionnaire qui quitte son pays et sa famille et renonce aux avantages d’une vie civilisée est un des semeurs de Dieu. Il s’en va porter la bonne Parole (la semence) dans les cœurs des païens qui adorent des idoles et ne savent rien de leur Sauveur.
Des enfants eux-mêmes peuvent être des semeurs. N’avez-vous jamais lu ce joli livre traduit de l’anglais : Le ministère de l’enfance ? On y voit que des enfants riches et des enfants pauvres ont, par leur affection, leurs bonnes paroles et leur bon exemple, enseigné là d’autres enfants à aimer Jésus-Christ. Ces enfants-là étaient de petits semeurs dans le champ de Dieu.
Comme le grain a été jeté dans des terrains bien différents, de même aussi la Parole de Dieu tombé dans des cœurs qui ne se ressemblent pas.
Le bord du chemin où la terre est si dure n’a pas été labouré de même aussi bien des cœurs n’ont pas été pénétrés par de bonnes influences, ne se sont pas ouverts à l’action du Saint-Esprit qui, semblable à une charrue, doit labourer le cœur et le préparer à recevoir l’Évangile. Dans cette vie, Dieu a plusieurs manières de nous amener à lui, de toucher et de disposer nos cœurs ; mais si nous refusons de les ouvrir, alors ils s’endurcissent toujours davantage. Souvent ceux qui n’aiment pas à penser à Dieu ferment leur cœur et bouchent leurs oreilles ne voulant pas écouter. Cela les ennuie d’entendre parler de Dieu ; ils aiment mieux penser à leurs affaires ou à leurs amusements ; leur cœur est comme le bord du chemin où le grain de blé ne peut s’enfoncer.
Qu’arrive-t-il alors de ce grain de blé ? Les oiseaux viennent et le mangent. Les oiseaux, c’est le démon, qui est bien content s’il peut détruire en nous la bonne semence, nous détourner de Dieu, nous pousser à l’oublier et nous rendre mauvais et désobéissants comme lui.
« Oh ! que c’est ennuyeux » disait un jeune garçon à son camarade, « d’aller à l’église et d’entendre parler de Dieu ». Et ce méchant garçon allait s’amuser dans la rue tandis que sa mère malade le croyait à l’église. Il la trompait ; ce qui est bien mal. Il fermait son cœur à toutes les bonnes paroles qui lui étaient adressées de la part de Dieu. Il ne pensait qu’à s’amuser et à faire à sa tête. Plus tard, quand il fut devenu homme, il s’entoura de mauvais compagnons, qui peu à peu l’entraînèrent au vol et même au meurtre. Alors il fut pris mis en prison et condamné à mort. Avant de mourir, il se repentit, regretta sa vie passée et dit à ceux qui l’entouraient : « Ne faites pas comme moi, voyez où cela vous mènerait, écoutez les bons conseils et cherchez à aimer Dieu de bonne heure ».
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 15).
Les cœurs légers où rien ne pénètre sont représentés par le terrain pierreux. Tels sont les enfants qui écoutent d’abord ce qu’on leur dit et l’oublient tout de suite après, les hommes qui se laissent détourner du bon chemin par les amusements ou les occupations de ce monde. Comme dans la parabole, la semence est à peine levée que le soleil la brûle c’est-à-dire que la première chose venue leur fait bien vite oublier leurs meilleures résolutions. Ils voudraient bien être chrétiens, mais ils n’en ont pas le temps, ou bien ils ont peur qu’on se moque d’eux. Souvent aussi ce sont les plaisirs qui les détournent de Dieu ; c’est le soleil trop brillant qui dessèche en eux le bon grain.
Un jeune garçon avait été élevé par des parents pieux. Dans la maison on lisait la Bible, on faisait ensemble la prière, soir et matin, et le dimanche il allait à l’église avec sa famille. Quand il fut devenu grand, son père le plaça dans une maison de commerce à l’étranger. Là il eut le malheur de se lier avec des jeunes gens légers qui se moquèrent de lui lorsqu’il parla d’aller à l’église, de prier ou de lire la Bible. Il n’eut pas le courage de les repousser et de faire son devoir ; il écouta leurs mauvais conseils, cacha sa Bible et ne fit plus sa prière. La bonne semence qui commençait à germer fut desséchée dans son cœur ; il devint comme un mondain, léger et moqueur, et causa par sa conduite de grands chagrins à ses parents.
Le terrain rempli d’épines représente les cœurs qui laissent les soucis de ce monde grandir et étouffer chez eux la bonne Parole de Dieu. Nous ne devrions pas le faire, puisque Jésus-Christ nous dit qu’une seule chose est nécessaire. Cette seule chose est d’aimer Dieu et de nous préparer pour la vie éternelle.
Nous négligeons trop souvent d’y penser, nous mettons les choses peu importantes à la place de la seule chose nécessaire. Nous oublions que dans nos vies terrestres rien n’est sûr que la mort. Nous ne sommes pas sûrs d’être heureux ou malheureux, riches ou pauvres ; mais nous sommes sûrs que nous devons tous mourir, les uns de bonne heure, les uns au milieu de la vie, les autres plus tard. Accoutumons-nous à cette pensée ; aimons ce Sauveur qui est venu nous ouvrir le ciel et tâchons de faire autant de bien que possible dans nos courtes vies terrestres.
Même un jeune enfant a le pouvoir d’aider, d’aimer et de faire tout ce qu’il peut pour ceux qui l’entourent. Le roi Salomon a dit : « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11). Il vaut bien mieux d’ailleurs commencer de bonne heure à aimer les choses du ciel, puisque nous ne savons pas combien de temps nous aurons à vivre. La plus longue vie semble courte et vite passée en comparaison de l’éternité. Le vieux Jacob, qui avait cent trente ans lorsque son fils Joseph le présenta au roi d’Égypte, lui dit : « Les jours des années de mon séjournement sont cent trente ans ; les jours des années de ma vie ont été courts et mauvais, et ils n’ont pas atteint les jours des années de la vie de mes pères, dans les jours de leur séjournement » (Gen. 47. 9), et pourtant il n’est pas probable qu’aucun de nous devienne jamais aussi âgé que le patriarche.
Nous devons donc apprendre à aimer tout ce qui nous parle de Dieu. Malheureusement les épines étouffent trop souvent les bonnes pensées.
Comme dans une haie il y a différentes sortes de ronces, d’épines, d’arbustes et de plantes, de même, dans ce monde, il y a bien des espèces variées de choses qui étouffent le bon grain dans nos cœurs. Les épines, c’est tout ce qui nous fait oublier Dieu. Pour les uns, c’est la richesse, les honneurs et les titres de ce monde ; pour d’autres, c’est la pauvreté. Pour quelques-uns ce sont les plaisirs de la jeunesse ; pour d’autres, même l’indifférence de la vieillesse, car il est dit : « Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends point de plaisir » (Eccl. 12. 1).
Quelquefois encore ce sont des talents ou des occupations qui nous absorbent trop, où nous mettons trop notre cœur. Les meilleures choses elles-mêmes peuvent devenir mauvaises, si nous y pensons tant, qu’elles étouffent en nous l’idée de Dieu et du ciel.
Voici un grand prince qui passe ; il possède de si vastes terres, de si beaux domaines ! Ses écuries sont remplies des plus beaux chevaux ; il a beaucoup de monde pour le servir et beaucoup de flatteurs pour lui faire des compliments. Il n’a pas le temps de lire sa Bible ou de penser à Dieu, il faut qu’il donne des fêtes ou qu’il fasse des voyages ; il trouve toujours des excuses, et ses richesses sont les épines qui chez lui étouffent le bon grain.
Un petit garçon avait reçu de son grand-père un joli petit cheval. Il en était si enchanté qu’il ne pensait qu’à son cheval. Il en rêvait la nuit ; il ne faisait plus rien, négligeait ses devoirs, n’apprenait plus ses leçons. Enfin on se vit forcé de le lui reprendre, car si on l’avait laissé, il serait devenu un ignorant et n’aurait jamais rien appris.
Ah ! Il est souvent bien difficile d’empêcher les choses de ce monde de devenir pour nous des idoles que nous aimons par-dessus tout ou des épines qui étouffent le bon grain. Et pourtant il est dit : « Pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre » (Col. 3. 2). Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas aimer tous ceux qui nous sont chers, tous ceux que Dieu nous a donnés à aimer ; mais cela veut dire qu’ilfaut laisser la première place à Dieu dans nos cœurs afin que nos affections de la terre ne soient pas pour nous, des épines étouffant la bonne semence.
Le bon terrain, c’est le cœur bien préparé qui reçoit la Parole de Dieu et chez qui elle rapporte du grain en abondance. Il ne nous est pas possible, à nous si faibles et si mauvais, de devenir tout à coup de bons terrains bien préparés ; mais si nous désirons sincèrement être de vrais chrétiens, si nous le demandons à Dieu de tout notre cœur, Dieu nous accordera notre demande au nom de son Fils, car il est dit : « Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert » (Mat. 7. 7 et 8).
J’ai connu une bonne et excellente dame qui passait sa vie à faire du bien, à consoler ceux qui souffraient et à se rendre utile à tous ceux qui l’entouraient. En traversant sa cour le dimanche, pour se rendre au temple, elle y rencontrait souvent le fils d’une pauvre voisine ; cet enfant passait des heures là, à jouer avec les enfants du voisinage. Un dimanche, cette bonne dame le prit doucement par la main et le mena avec elle à l’église. Elle avait une voix si douce, un si bon sourire ! Ah ! quand on regardait cette figure pleine de paix et de bonté, on ne pouvait s’empêcher de l’aimer ! Ce petit garçon l’aima donc comme tout le monde. Chaque dimanche il l’attendait, et quand il la voyait venir, il mettait sa petite main dans la sienne et allait avec elle à l’église. Elle a semé le bon grain dans ce jeune cœur. À présent elle est heureuse auprès de son Dieu, et le petit garçon est devenu un homme utile, un bon chrétien. Il est le soutien de sa mère et ses chefs sont très contents de son travail et de sa bonne conduite.
Mes chers enfants, demandons à Dieu de permettre que nos cœurs soient de bons terrains et que sa Parole de vie et de lumière change nos vies et les rende utiles et chrétiennes.
Les talents (Mat. 25. 14 ; Luc 19. 12).
Un grand seigneur partit une fois pour un voyage de longue durée. Avant son départ, il fit venir trois de ses principaux serviteurs et leur confia à chacun une somme d’argent.
Le premier serviteur reçut cinq talents. (Le talent, monnaie de compte en usage à cette époque. Il y en avait de deux sortes le talent d’argent et le talent d’or).
Une fois son maître parti, il ne perdit pas de temps, il acheta et vendit, et fit si bien et de si bonnes affaires, que lorsque son maître revint il avait doublé la somme qu’il en avait reçu, c’est-à-dire qu’il avait encore gagné cinq autres talents. Le seigneur fut très content, le remercia et l’invita dans sa maison où il le traita comme son ami.
Le second serviteur qui avait reçu deux talents fit aussi son possible pour gagner et faire rapporter la somme confiée à ses soins. Comme son camarade, lorsque son maitre revint, il se présenta à lui et eut la joie de lui montrer qu’il avait gagné encore une somme égale à celle qu’il avait reçue. Le seigneur bien content lui fit aussi bon accueil et le remercia de ce qu’il avait fait.
Quant au troisième serviteur, c’était un paresseux qui n’aimait à se donner aucune peine ; il était égoïste et jamais l’idée ne lui venait de tâcher de faire plaisir à qui que ce soit, encore moins de se rendre utile à quelqu’un. Son maitre qui probablement le connaissait, ne lui confia qu’un seul talent. Dès qu’il l’eut reçu, il l’enveloppa dans un linge, fit un trou dans son jardin, l’y cacha et ne s’en occupa plus. À l’arrivée du noble voyageur, il se présente devant lui et commença à faire toutes sortes d’excuses et de raisonnements pour couvrir sa paresse et faire croire qu’il n’avait pas tort.
Je connais bien des enfants qui font comme cela : s’ils écrivent une mauvaise page ; c’est la faute du stylo ; s’ils lisent mal, c’est la faute du livre ; si leurs devoirs ne sont pas faits, c’est qu’il y avait telle ou telle raison. C’est toujours la faute de quelqu’un ou de quelque chose, tandis que pour bien dire la vérité c’est le plus souvent la faute du petit personnage lui-même et non pas celle de ce qui l’entoure. Le serviteur osa même accuser son maître d’être dur et injuste.
Mais celui-ci vit clair au milieu de toutes ces mauvaises excuses ; il ne se laissa pas tromper par tant de phrases, lui reprocha sa paresse, et, pour punition de sa négligence, il lui ôta le talent qui lui était confié pour le donner à celui qui en avait déjà dix.
Le Seigneur représente Dieu. Nous sommes les serviteurs.
Les talents qui nous sont confiés, ce sont toutes les occasions que Dieu nous donne de travailler pour Lui. Le temps de son absence, c’est le temps que nous devons passer sur la terre, et son retour, le dernier jour dans lequel il nous demandera compte du bien et du mal que nous aurons fait.
Nous ne recevons pas tous le même nombre de talents, les uns en ont plusieurs, d’autres un seul. Dieu est le maître. Il peut choisir et donner comme bon lui semble. Les talents représentent des choses très différentes, mais qui toutes doivent être employées pour la gloire de Dieu. Si Dieu donne la richesse, Il veut que l’on s’occupe des pauvres, que l’on fasse du bien, qu’on donne avec plaisir et que l’on tâche d’être utile à ceux qui nous entourent. Si nous ne pensions qu’à employer notre argent à nous amuser, à nous acheter toutes sortes de jolis objets et à ne faire plaisir qu’à nous-mêmes, nous serions comme le serviteur inutile et nos richesses comme le talent enfoui dans la terre.
J’ai connu dans mon enfance un vieux monsieur qui vivait tout seul ; il était très-riche et passait sa vie à faire du bien autour de lui. Il donnait beaucoup d’argent à bien des personnes sans en parler. Il fit bâtir un grand et bel asile pour les aveugles, et rendit encore bien d’autres services d’une manière noble et généreuse. Mais il ne pensait pas seulement à être utile, il voulait aussi faire plaisir. Il avait une grande et charmante propriété au bord d’un beau lac ; eh bien ! au lieu de faire comme tant de gens qui mettent une loge de portier à l’entrée et des grilles pour s’enfermer chez eux et de gros chiens pour empêcher les gens d’entrer, il ouvrit toutes ses grilles, ordonna qu’elles ne fussent jamais fermées, et permit, à tous ceux qui voulurent, d’entrer, de se reposer sous les beaux ombrages et d’admirer les fleurs de ses serres. Pendant environ trente ans, tout le monde put jouir de cette belle campagne ; c’était la promenade favorite, on y menait les étrangers, on y allait en famille, et ce bon vieux monsieur n’était jamais plus content que lorsqu’il voyait beaucoup de monde se promener et jouir de sa propriété. Voilà un homme qui s’est fait aimer et respecter de tous et qui a fait un noble usage du talent des richesses. Il est mort maintenant ; sa propriété a été vendue et divisée entre plusieurs propriétaires qui n’ont pas imité son exemple. Ce n’est donc aujourd’hui qu’un petit paradis perdu et il ne reste plus que le souvenir d’une bonté et d’une générosité qui n’ont pas beaucoup d’imitateurs dans ce monde.
Les enfants qui ont beaucoup de joujoux doivent penser à ceux qui n’en ont pas et leur en donner. Le Seigneur Jésus a dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » et c’est bien vrai. Plus vous apprendrez à donner ; plus vous trouverez une douce joie à le faire, tandis qu’il est souvent bien pénible de recevoir.
Si Dieu donne la pauvreté, Il veut qu’on la supporte avec courage et sans envier ceux qui ont ce que nous n’avons pas. Il veut qu’on travaille et qu’on gagne son pain en tâchant de ne pas murmurer et se laisser abattre par les difficultés de la vie. Il y a dans la Bible l’histoire d’un homme nommé Job qui devint bien pauvre. Il ne lui restait plus rien, il était malade et manquait de tout ; eh bien, il employa sa pauvreté à glorifier Dieu. Il donna un bon exemple de patience, de douceur et de résignation, et Dieu fut si content de ce serviteur fidèle qui avait si bien employé le talent de la pauvreté, qu’il lui rendit au double tout ce qu’il avait eu.
Si Dieu envoie la santé, c’est pour que nous apprenions à l’employer au service de nos semblables pour nous montrer gais, actifs, contents et reconnaissants, car c’est un don précieux. Enfants chéris, si Dieu vous donne la santé, soyez aussi complaisants que possible. C’est si gentil de voir de petites filles qui cherchent à être utiles, à rendre tous les petits services qu’elles peuvent à ceux qui les entourent, et des petits garçons qui courent faire des commissions sans grogner, même si cela les dérange au milieu de leurs jeux ! Voilà comment vous pouvez bien employer au service de Dieu le beau don de la santé qu’Il donne volontiers à votre âge. Soyez gais et de bonne humeur, comme des rayons de soleil, pour tous ceux qui vous entourent.
Si Dieu nous envoie la maladie, c’est pour que nous tâchions de le glorifier par notre bon exemple. Un des fidèles serviteurs de Dieu dans notre France, Adolphe Monod, était si malade qu’il allait mourir. Mais au milieu de ses cruelles souffrances, il ne pensait qu’à se réjouir de ce qu’il était chrétien et de ce qu’il allait au ciel. Il disait dans un beau cantique qu’il composa pendant sa maladie :
Que ne puis-je, Ô mon Dieu ! Dieu de ma délivrance !
Remplir de ta louange et la terre et les cieux ;
Les prendre pour témoins de ma reconnaissance,
Et dire au monde entier combien je suis heureux !
La souffrance était dans ses mains comme un talent qu’on employait pour la gloire de son Maître.
Lorsque Dieu envoie l’épreuve, le deuil et le chagrin, c’est pour que nous courbions nos têtes sous sa volonté et que nous apprenions à porter la croix qu’Il nous donne. Il y a souvent des choses que nous voudrions bien avoir et que nous ne pouvons pas obtenir malgré toutes nos prières. Il faut tâcher de se résigner sans murmurer et croire que Dieu sait mieux que nous ce qui nous est nécessaire. Nous le comprendrons un jour.
Chers enfants, vous aurez aussi des chagrins dans vos vies ; rappelez-vous que Dieu vous les envoie pour votre bien, même si vous ne le voyez pas tout de suite. Nous devons tout accepter de la main de notre Dieu, les chagrins aussi bien que les joies, la pluie comme le beau temps, les leçons qui quelquefois vous ennuient, comme les jeux qui vous amusent.
Le temps est aussi un grand talent. Celui-là Dieu le donne à tous ; il faut apprendre à l’employer d’une manière profitable au lieu de le perdre inutilement.
Enfin Dieu nous donne aussi des qualités et des aptitudes très différentes. Toutes sont autant de talents qu’il faut faire valoir pour notre Maître.
Ceux qui auront l’intelligence devront tâcher de répandre la lumière autour d’eux, d’instruire les hommes et de développer en eux le bien. Plus il nous aura été donné, plus aussi il nous sera redemandé. Il est dit dans la Bible : « Et les sages brilleront comme la splendeur de l’étendue, et ceux qui ont enseigné la justice à la multitude, comme les étoiles, à toujours et à perpétuité » (Daniel 12. 3). Ceci s’applique aux serviteurs fidèles qui ont reçu le beau talent de l’intelligence et qui l’auront bien employé au service du Seigneur.
Une petite fille de douze ans, qui était très-intelligente et qui avait bien profité des leçons qu’on lui avait données, sut se rendre très utile, et voici comment. Son père perdit toute sa fortune et se décida à aller vivre en Amérique avec sa famille. C’était dans un endroit où il y avait de grands bois, mais pas d’école. La petite Emma se mit à donner des leçons à ses sœurs plus jeunes qu’elle et les instruisit tant et si bien que, grâce à elle, ses sœurs surent bientôt lire, écrire et compter. Elles seraient restées bien ignorantes, si Emma n’avait pu se rendre utile de cette manière. Ne trouvez-vous pas qu’elle a bien employé le talent de l’intelligence ?
Les uns ont reçu en partage un caractère doux et égal. Salomon dit : qu’« une réponse douce détourne la fureur, mais la parole blessante excite la colère » (Prov. 15. 1) et souvent, par la patience, par la douceur, par un bon exemple, on fait plus de bien que par tous les plus beaux discours du monde.
C’est dans la paix que tu dois vivre,
Enfant de Dieu, disciple du Sauveur ;
Par son Esprit, ton âme doit le suivre
Sur le sentier de la douceur.
Nous n’avons pas tous les mêmes dons; mais ceux que chacun de nous a reçus de Dieu, nous devons les employer à sa gloire en faisant tout le bien que nous pouvons à notre prochain. C’est la meilleure manière de faire rapporter les talents confiés à nos soins.
Prions Dieu de nous aider à en faire un bon usage, afin que lorsqu’il nous en demandera compte, nous ne soyons pas condamnés comme des serviteurs paresseux.
La brebis perdue et la pièce d’argent (Luc 15. 4.)
Lorsque les moutons ont passé toute la journée aux champs et qu’ils rentrent le soir à la bergerie, le berger a soin de les introduire un à un, afin de pouvoir les compter et de bien s’assurer qu’aucun ne manque.
Un berger qui avait cent brebis s’aperçut, un soir, en les comptant qu’il lui en manquait une. Il était bien fatigué, il avait déjà tant marché pendant la journée. Pourtant, il sort aussitôt sans s’inquiéter de sa fatigue, de l’heure avancée, de la nuit qui devenait très-noire. Il était inquiet, il ne pensait qu’à sa pauvre brebis égarée et tout son désir était de la retrouver.
Chers enfants, quand il vous arrive d’être malade, vos parents ne pensent qu’à vous, ils sont bien tourmentés et ne se sentent de nouveau tranquilles que lorsque Dieu a entendu leurs prières et vous a rendu la santé.
Le berger chercha partout ; il chercha longtemps, jusqu’à ce qu’enfin il aperçut la pauvre brebis qui ne savait plus comment s’en sortir. Tout joyeux, il la prend, la met sur ses épaules et la ramène à la maison. On vient à sa rencontre, et toute la famille se réjouit avec lui de ce qu’il avait retrouvé et ramené la pauvre brebis perdue.
Il y avait aussi une femme qui avait gagné dix pièces d’argent. On les appelait des drachmes dans son pays. Vous savez, en effet, mes enfants, que l’argent a des noms différents suivant les pays où l’on se trouve. Un jour, elle se mit à compter ses pièces et trouva qu’il n’y en avait plus que neuf ; une était perdue. Elle ne fit pas comme certains petits enfants de ma connaissance qui ne se donnent pas la peine de bien chercher ce qu’ils ont perdu. Vite, elle allume une lampe et se met à regarder partout, sur la table, dessous, entre les livres, sous le tapis dans les armoires. Elle ne la trouve pas ! Alors que fait-elle ?
Elle prend un balai et se met à balayer bien soigneusement toutes les chambres de la maison. À force de se donner de la peine et de chercher, que voit-elle enfin briller dans un coin d’où elle avait enlevé la poussière ? Sa pièce d’argent ! Elle la ramasse bien vite et se met à crier à ses amies et à ses, voisines d’un ton joyeux : « Venez, venez, vous réjouir avec moi, car j’ai enfin retrouvé la pièce que j’ai tant cherchée ! » et tout le monde vient se réjouir avec elle.
Ces deux paraboles ont le même sens caché. Toutes d’eux nous parlent de l’amour infini de Dieu qui a envoyé son Fils unique dans le monde, afin de chercher et de sauver ceux qui étaient perdus. Dieu nous a créés à son image mais nous avons tous péché, nous avons tous désobéi et nous nous sommes éloignés de Dieu.
Nous sommes tous comme des brebis égarées ou des pièces d’argent perdus jusqu’à ce que notre bon Sauveur nous ait retrouvés et rachetés. Nos âmes immortelles sont si précieuses aux yeux de Dieu qu’Il a jugé nécessaire d’envoyer son Fils sur la terre et de le laisser mourir pour nous afin de nous sauver et de nous faire retrouver le chemin du ciel. Et là-haut dans ce beau ciel, si plein de lumière et de bonheur, les anges qui entourent le trône de Dieu se réjouissent pour chacun de nous qui se repent de ses péchés, qui écoute la voix du bon Berger et retourne à son Dieu.
Comme le berger n’épargne ni peines ni fatigues, comme la femme de la parabole cherche sans s’arrêter, de même le Sauveur nous cherche, nous appelle avec sollicitude et s’efforce de nous attirer à Lui. Nous ne devons pas endurcir nos cœurs, mais nous tourner vers Lui, aller à Lui, car nous n’aurons de paix que lorsque nous serons sous sa garde.
Comme les bêtes sauvages qui sont prêtes à dévorer les pauvres brebis égarées, de même le démon cherche à nous faire tout le mal qu’il peut ; il est plus rusé et plus fort que nous, c’est pourquoi il nous fait bien vite tomber dans le péché quand il nous trouve seuls, comptant sur nos propres forces. Mais si nous mettons toute notre confiance dans notre Sauveur, alors nous savons qu’on ne peut rien nous faire et que nous serons gardés de tout mal. Plus nous aimerons Dieu, plus nous sentirons combien notre cœur est mauvais et, au lieu d’être satisfaits de nous-mêmes nous nous affligerons de ne pas faire davantage pour ce Dieu si plein de bonté envers nous.
Le fils prodigue (Luc 15. 11).
Il y avait une fois un père de famille qui avait deux fils. L’aîné était sage et appliqué, aimait son père et avait du plaisir à se trouver auprès de lui. Mais le fils cadet était si désobéissant, si négligent, qu’il ne donnait aucune satisfaction à sa famille. Lorsqu’il fut grand, il vint trouver son père, et lui demanda de lui donner la partie de sa fortune qu’il lui destinait et de le laisser s’en aller où bon lui semblerait. Le père fut bien triste quand il entendit ces paroles ; mais comme il savait bien que son fils n’écoutait pas ses remontrances et s’ennuyait de rester à la maison, il lui remit une belle somme d’argent et le laissa partir. Le jeune homme s’en alla bien loin de là. Là-bas, il s’installa et trouva bientôt des compagnons de plaisir. Ce n’est pas difficile : il y a tant de jeunes gens qui aiment mieux s’amuser que de travailler ! Les compagnons de jeux se trouvent plus facilement que les compagnons de devoir.
Toutes les nuits, c’étaient des bals, des spectacles ou des soupers ; le jour on se levait tard et l’on ne songeait qu’à se promener ou à s’amuser.
Ce genre de vie dura longtemps jusqu’à ce qu’un matin, le jeune homme en voulant prendre de l’argent dans sa boite, la trouva absolument vide ! Rien, plus rien ; tout son argent avait été dépensé dans des folies et des plaisirs. Il se rassura pourtant et se dit que ses amis lui en prêteraient sans doute. Mais, lorsqu’il leur en demanda, l’un donna une excuse, l’autre une autre et dès qu’ils s’aperçurent qu’il avait dépensé tout son argent, leur amitié s’évanouit, ils ne remirent plus les pieds chez lui et même lui tournèrent le dos, dans la rue, lorsque le jeune homme voulut les saluer et s’approcher d’eux.
Chers enfants qui m’écoutez, souvenez-vous bien que ceux qui nous flattent quand nous sommes riches et heureux, ou qui ne viennent chez nous que pour s’amuser, ne font pas preuve d’une vraie amitié envers nous. Les vrais amis sont ceux qui n’ont pas peur de nous dire la vérité, de nous aider à nous corriger de nos défauts ; ils nous encouragent à faire ce qui est bien et sont prêts à nous consoler si nous sommes tristes, à nous aider si nous sommes dans l’embarras. On n’en a pas beaucoup de ceux-là, mais il faut bien les aimer et les apprécier, car ils sont précieux. Que Dieu vous donne, mes enfants, de vrais amis, pendant le cours de votre vie, et vous garde des compagnons faux et flatteurs.
Vous voyez que ce jeune homme trouva des compagnons, tant qu’il s’agissait de s’amuser, mais dès qu’il tomba dans la peine, pas un ne vint à son secours et il vit bien alors que ce n’étaient que des amis de ses richesses et pas de lui-même. Il fut obligé de vendre tout ce qu’il possédait pour avoir de quoi manger. Il alla se présenter chez plusieurs négociants, les priant de lui donner une place, afin, d’avoir de quoi vivre, mais tous refusèrent. On savait que c’était un jeune homme qui ne pensait qu’à s’amuser ; aussi personne ne se souciait-il de lui donner du travail. Il devint si pauvre et si malheureux qu’un jour, à la campagne, il supplia un paysan de lui donner un emploi. Celui-ci lui fit garder ses porcs. Il dormait sur la paille dans un misérable hangar ; ses habits étaient déchirés. Il était si affamé qu’il s’estimait bien heureux chaque fois qu’il pouvait prendre quelques bribes de la nourriture grossière qu’on donnait aux porcs. Mais souvent on oubliait de lui en donner et alors il n’avait rien à manger. Oh ! comme il était triste, le pauvre garçon ! Souvent il s’asseyait sur une pierre et se mettait à pleurer. Il n’y avait là personne pour le consoler ou lui adresser une bonne parole. Il se tenait là assis dans le champ avec les porcs qui grognaient en cherchant leur nourriture, sans se soucier de son chagrin.
C’est alors qu’il se souvint de la maison de son père. Qu’on y était bien ! Comme tout y était chaud et confortable, propre et bien arrangé ! Quelle abondance de biens ! Comme il avait eu tort de quitter ce bon père qui l’aimait tant, qui l’avait si bien soigné et entouré de tant de sollicitude ! Il l’avait abandonné, il avait été ingrat et égoïste ! Ah ! certainement, tous les plaisirs qu’il avait tant recherchés ne valaient rien en comparaison de la joie et du bonheur tranquille dont on jouissait dans la maison paternelle. Comment avait-il pu abandonner de vrais biens pour des plaisirs passagers, qui ne laissent après eux que du dégoût et de la fatigue ? À force de penser à toutes ces chose-là, il lui vint au cœur un ardent désir de retourner chez son père. Il regretta ses fautes, il pleura d’avoir pu être si négligent si mauvais et d’avoir fait tant de peine à un si bon père, « Oh ! » dit-il tout à coup en sanglotant, « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes mercenaires » (Luc 15. 18 et 19)
Il ramena les porcs à leur étable et annonça, à son maître qu’il voulait partir le lendemain. Avant le lever du soleil, l’enfant prodigue était déjà debout et se mettait en marche. La Bible l’appelle enfant prodigue parce qu’il avait prodigué ou dépensé en choses inutiles tout son argent. Quelle différence entre ce voyage-ci et celui qu’il avait fait pour venir ! Alors, il partait de chez lui bien habillé, bien équipé, la bourse pleine d’or ; tout lui semblait gai et facile ; maintenant il revenait à pied, marchant tout le jour, se reposant seulement quelques heures la nuit, sous une haie au bord de la route. Ses habits étaient déchirés. Il n’avait rien pour se nourrir qu’un morceau de pain noir qu’on lui donnait de temps en temps par charité. N’est-ce pas, mes enfants, que vous auriez mieux aimé, à en juger par la mine, être celui qui partait que celui qui revenait ?
Mais peut-être que Dieu, qui voit au fond de nos cœurs, pensait autrement que vous. Dieu regarde au cœur et non pas à l’apparence. Il voyait que le pauvre garçon qui revenait à pied avec des habits en lambeaux se repentait de ses péchés, son cœur était attristé de tout le mal qu’il avait fait et il se disposait à demander pardon à son père, tandis que le jeune homme riche qui s’éloignait était plein d’orgueil et d’égoïsme. Dieu ne regarde pas aux vêtements que l’on porte, Il regarde aux pensées qu’on a dans le cœur et Il sait si nous cherchons à l’aimer oui ou non.
Le pauvre garçon était encore bien loin de chez lui lorsqu’on vint annoncer au père de famille que son fils, qu’on avait cru perdu, arrivait. Oh ! quelle joie il y eut dans le cœur de ce père ! Il ne pensa plus à tout le chagrin que son fils lui avait causé : toutes les choses pénibles étaient oubliées ; sans attendre, sans hésiter, il se précipite à sa rencontre ; dès qu’il est près de lui, il lui ouvre les bras, le serre sur son cœur et l’embrasse tendrement. Le fils fut si touché de la bonté de son père que toute sa conduite passée lui parut bien plus coupable encore que jamais ; il dit en pleurant : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils » (Luc 15. 21).
Lorsque le père vit son fils ainsi repentant et humilié, il pardonna, oublia tout et ne pensa qu’à se réjouir de son retour. Il fit un grand festin et l’on servit tous les meilleurs plats qu’on put trouver ; il fit revêtir son fils de beaux habits et le présenta avec joie à tous les amis invités au festin.
Au milieu de la fête, le frère aîné, qui était au champ, revient, à la .maison et, tout étonné du bruit, il demande à un serviteur de lui dire ce qui se passe. On lui raconte ce qui est arrivé et lui, au lieu de se réjouir, se met de mauvaise humeur et commence à bouder sans vouloir entrer. Il était envieux, et, lorsque son père sortit pour lui parler, il lui fit ce reproche : « Voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai transgressé ton commandement ; et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ; mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras » (Luc 15. 29 et 30).
Alors le père lui répondit avec douceur : « [Mon] enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; mais il fallait faire bonne chère et se réjouir ; car celui-ci, ton frère, était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Luc 15. 31 et 32).
Cette parabole est si belle, si claire et si facile, qu’il me semble qu’elle n’a pas besoin de bien longues explications.
Le père de famille représente Dieu qui est notre bon Père céleste. L’enfant prodigue, c’est nous tous mes enfants, car nous oublions tous trop souvent notre Dieu ; nous préférons nos distractions à nos devoirs, nos plaisirs, à notre travail. Nous voulons trop souvent faire notre volonté, et nous avons beaucoup de peine à nous soumettre à celle de Dieu.
N’est-il pas vrai qu’il paraît difficile d’obéir, mes chers enfants ? Et pourtant, il faut le faire, puisque nous le devons ; et de même qu’un enfant n’est pas heureux quand il est méchant, de même nous ne serons jamais heureux ni tranquilles, tant que nous n’aurons pas, un sincère repentir de nos péchés et que nous ne nous serons pas retournés du côté de la maison paternelle pour aller demander pardon à notre Père céleste. Oh ! Il faut que nous le fassions tous, chacun de nous, vieux et jeunes, grands et petits ; il faut que nous éprouvions un vrai chagrin pour tout l’orgueil, l’égoïsme et l’étourderie qui sont dans nos cœurs. Tout cela, il faut le dire à Dieu et lui demander pardon. Nous sommes sûrs qu’Il nous pardonnera au nom de son Fils, parce qu’il a promis dans la Bible qu’Il le ferait.
« Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique, ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, – et à notre Dieu, car il pardonne abondamment » (És. 55. 7).
Les deux esclaves (Mat. 18. 23 à 35).
Jusqu’à présent, les paraboles que nous avons lues nous ont enseigné surtout nos devoirs envers Dieu ; en voici qui nous parleront davantage de nos devoirs envers notre prochain. Le devoir c’est ce qu’il faut faire. Le prochain, ce sont tous ceux qui nous entourent, tous ceux que nous voyons. Dieu nous aime ; il est plein de bonté envers nous. Comme Il a pour nous patience, support et indulgence, de même nous devons avoir de l’amour pour notre prochain, tâcher de ne pas nous mettre en colère si on nous offense, de ne pas nous impatienter si on nous ennuie, et de ne pas éprouver de la jalousie si notre prochain a quelque chose que nous ne pouvons pas avoir.
Jésus a dit en Matthieu 18. 28 : « Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers »). Ce n’était qu’une petite somme, bien petite en comparaison de celle qu’il devait lui-même au roi. Le roi venait de lui pardonner. Qu’auriez-vous fait à sa place ? Oh ! n’est ce pas que, dans votre joie, vous auriez aussi pardonné à votre camarade, et vous lui auriez dit que vous ne lui redemanderiez plus les cent deniers ? Eh bien, ce mauvais esclave, au lieu d’agir ainsi, saisit son camarade par le col, l’étrangla presque et lui ordonna de lui payer à l’instant tout ce qu’il devait. N’était-ce pas bien mal ? Aussi ceux qui le virent et l’entendirent furent-ils si indignés de cette conduite qu’ils allèrent le dire au roi.
Celui-ci fit venir aussitôt son esclave et lui dit : « Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié ; n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, comme moi aussi j’ai eu pitié de toi ? » (Mat. 18. 32 et 33) Et son maître, irrité de le voir si mauvais, le fit mettre en prison jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.
Cette parabole nous donne une grande leçon, mes enfants ; elle nous montre, que nous devons agir envers notre prochain comme nous aimerions que Dieu agisse envers nous. Si cet esclave avait été bon avec son camarade et lui avait remis sa dette comme le roi le lui avait fait à lui-même, il n’aurait pas été mis en prison. Le maître c’est Dieu ; l’esclave, c’est trop souvent nous-mêmes ; le compagnon de service de l’esclave, c’est notre prochain. Dieu nous a beaucoup pardonné ! Il a toujours de la patience avec nous, et pourtant nous l’offensons continuellement par nos désobéissances, nos mensonges et nos impatiences.
Jésus-Christ, pendant qu’il était sur la terre, a été pour nous un parfait modèle ; il nous a dit : « Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (Jean 13. 15).
Il est aussi écrit : « Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux ; et ne jugez pas, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés ; acquittez, et vous serez acquittés ; donnez, et il vous sera donné : on vous donnera dans le sein bonne mesure, pressée et secouée, et qui débordera ; car de la même mesure dont vous mesurerez, on vous mesurera en retour » (Luc 6. 36 à 38)
Puisque Dieu nous aime et nous pardonne tant de choses, nous devons aussi aimer notre prochain et lui pardonner s’il nous offense. Or, c’est ce que nous ne faisons pas assez !
Bien des enfants, oubliant toute la bonté de Dieu à leur égard, n’agissent pas toujours avec leur prochain comme ils le devraient. Il y a de grands garçons qui battent de plus petits qu’eux : c’est une honte, cela ! Il y a des petites filles qui sont gourmandes ou qui se disputent, ce qui est très-mal ! Il y a des enfants qui disent des mensonges ; ils oublient que Dieu les entend et qu’ils ne peuvent pas le tromper. Il y a encore des enfants qui ne veulent pas se déranger quand on leur demande un service ; qui sont insolents ou impolis avec les autres ; qui se croient tout permis et ne veulent pas obéir. Tout cela est bien mal ! Chers enfants, quand vous sentez que vous allez vous fâcher ou vous mettre en colère, ou que vous êtes de mauvaise humeur, tâchez de vous arrêter et de penser que Dieu a de la patience et de la bonté envers vous, et qu’à cause de cela, vous devez en avoir aussi envers ceux qui vous entourent. Prions Dieu de nous aider à faire aux autres comme notre Père céleste nous fait à nous-même, et à nous souvenir que nous sommes mauvais et que nous devons avoir delà patience, de la bonté et de la charité vis-à-vis de ceux qui pourraient l’être à notre égard.
Le bon Samaritain (Luc 10. 29 à 37).
Sur un chemin de montagne qui va de Jérusalem à Jéricho dans un endroit écarté et désert, était étendu un pauvre homme. Il avait été attaqué par des voleurs qui lui avaient pris tout ce qu’il possédait et comme il cherchait se défendre, ils l’avaient percé de plusieurs coups et laissé là, sur le chemin. Le sang coulait de ses blessures ; il était dépouillé de son manteau, incapable de se lever ou de continuer sa route. Il avait soif, il avait froid, il se sentait bien mal et se demandait avec angoisse si personne ne passerait par ce chemin avant la nuit, si nul n’aurait pitié de lui et ne viendrait à son aide. De longues heures se passèrent ainsi. Oh ! quand on souffre et qu’on est dans la peine, que le temps semble long ! Le pauvre homme, au milieu de ses souffrances, levait de temps en temps la tête ; il cherchait à voir sur le chemin, mais personne ne voyait. Hélas ! faudra-t-il passer la nuit-là, tout seul, sans appui et sans secours ? Certainement, il en mourra.
Mais non il lui semble voir un point noir sur la route. Ce point se rapproche ; c’est un homme, il le distingue : c’est un de ses compatriotes, un Juif comme lui. Il reconnaît d’aussi loin qu’il le peut, à ses vêtements, que c’est un sacrificateur. Quel bonheur ! Sans doute, ce voyageur va s’arrêter, lui venir en aide, lui donner ses soins. Il est tout près, il regarde le pauvre homme qui gémit en essayant de se soulever: Mais que fait donc le sacrificateur ? Serait-ce possible ? Il l’a bien vu cependant ; mais au lieu de s’approcher il détourne la tête, prend un autre sentier et s’en va sans rien lui dire. Oh ! quel désappointement pour le pauvre blessé ! Comment ! ce sacrificateur n’a pas eu pitié de lui ! Il a passé outre et continué son chemin, et il va le laisser mourir, là, sur le bord de la route, faute de soins et de secours ! Le pauvre blessé pleure et se lamente, mais il ne veut pas se décourager .encore. Qui sait si quelqu’un de plus charitable ne passera pas bientôt…
On dirait qu’il y a encore quelque chose sur la route; tout là-bas… il ne se trompe pas… Oui, c’est quelqu’un d’autre qui vient. Oh ! cette fois-ci il sera secouru. Il reconnaît un lévite. Sans doute, cet homme qui est toujours dans le temple de Dieu aura pitié et compassion de lui. Mais non ! Oh ! quelle déception amère ! Comme le sacrificateur, le lévite se détourne aussi et passe son chemin, froid, cruel, indifférent aux souffrances du pauvre blessé. Ah ! c’est pour le-coup que celui-ci se sent désappointé et désolé dans le fond de l’âme ! Pauvre homme ! n’est-ce pas que c’était bien dur d’être ainsi abandonné pour la seconde fois ? Une longue heure se passe : brisé de douleur; le blessé pleurait et gémissait.
Mais voici de nouveau un voyageur qui apparaît à l’horizon. Le misérable regarde… Hélas ! cette fois c’est un Samaritain. Les Samaritains habitaient un pays au nord de la Judée ; ils croyaient en Dieu, mais ne suivaient pas toutes les pratiques de la loi de Moïse. À cause de cela les Juifs les détestaient plus encore que les païens et ne voulaient rien avoir de commun avec eux. Le blessé n’ose pas même l’appeler. Puisque ses propres compatriotes l’ont délaissé, qu’attendre d’un étranger et, qui pis est, d’un Samaritain ? Sans doute, il va passer tout droit sans même faire semblant de le voir ; et pourtant la nuit approche et il aurait tant besoin de secours !…
Mais si le sacrificateur a été inhumain et hypocrite en faisant semblant de ne pas voir le blessé pour n’avoir pas à le secourir, si le lévite a été bien coupable dans sa cruelle indifférence, le Samaritain, lui, a bon cœur ; il ne peut pas voir souffrir sans chercher à aider et à soulager ceux qui souffrent. Il aime Dieu et tâche de faire aux autres comme il voudrait qu’on lui fasse. À la vue de cet inconnu, étendu là blessé et souffrant sur le chemin, quoique pressé de continuer sa route, il s’arrête, descend de sa monture et, s’approchant, bande ses plaies et y verse de l’huile et du vin. Puis voyant que le pauvre malheureux était trop faible pour marcher, que fait-il ? Il le met sur sa monture, le mène à une hôtellerie et prend soin de lui.
Comme c’était bon, n’est-ce pas, de sa part ! On aurait fait cela à un frère, et cet homme n’était pour lui qu’un étranger, de plus un Juif qui le méprisait et ne voulait rien avoir à faire avec lui ! Mais cela lui est égal ; il ne pense qu’à aider là où on a besoin de son secours et il le fait aussi bien qu’il le peut. Le Samaritain ne pouvait pas s’arrêter là bien longtemps, il devait aller plus loin ; aussi, le lendemain, se prépara-t-il à partir. Mais avant de s’en aller, il tira deux deniers d’argent, les donna à l’hôte et lui dit : « Aie soin de cet homme, et tout ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour ».
Le Seigneur Jésus racontait cette parabole à un jeune docteur de la loi qui lui disait : « Qui est mon prochain ? » Après l’avoir racontée, il lui demanda : « Lequel donc de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? » Et le jeune homme répondit sans hésiter : « C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui ». Il était bien facile de voir, en effet, que le Samaritain était le seul qui eût agi comme il le devait, le seul qui eût été bon et charitable envers le blessé. Jésus lui répondit : « Va et fais la même chose ». Ce qui veut dire que partout où cela nous est possible, nous devons nous employer au service de notre prochain ; partout où nous pouvons faire le bien, il ne faut pas passer outre, mais nous arrêter et agir.
Nous devons regarder tous les hommes comme notre prochain, ceux qui sont pauvres aussi bien que ceux qui sont riches, ceux qui sont dans l’affliction autant que ceux qui sont dans la joie, les petits et les humbles comme les grands et les puissants.
J’ai lu dans un livre bien intéressant l’histoire d’une pauvre petite qui avait été battue et maltraitée dès son enfance. Elle ne se souvenait même plus de ses parents, elle croyait qu’elle avait poussé hors de terre comme un champignon. Tout le monde la méprisait et la traitait durement ; aussi était-elle devenue très rusée et méchante ; elle mentait, elle volait, elle cherchait toujours à rendre le mal pour le mal. Elle fut envoyée dans une maison où était une douce et bonne petite fille nommée Eva.
– Qu’est-ce qui te rend si méchante, Topsy ? lui dit un jour cette petite fille.
Et comme la petite lui répondit qu’il ne valait pas la peine de chercher à devenir meilleure puisqu’elle n’était qu’une enfant que chacun méprisait, que personne n’aimait, et qui n’aimait personne, Eva lui dit :
– Oh! Topsy ! pauvre enfant ! je t’aime, moi ! je t’aime parce que tu n’as ni père, ni mère, ni amis, parce que tu es une enfant pauvre et méprisée… je t’aime, et je voudrais te rendre bonne. Essaie de le devenir pour l’amour de moi !
Et la pauvre petite Topsy fondit en larmes ; l’amour d’Eva avait touché son cœur. Depuis ce jour, elle s’efforça de se corriger de ses défauts et y parvint avec l’aide de Dieu.
Il ne faut pas non plus ne faire du bien qu’à nos amis, il faut en faire aussi aux gens qui n’ont pas de bienveillance envers nous ou qui rendent notre vie pénible et difficile. Jésus dit dans l’Évangile : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et vous persécutent… Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Et si vous ne faites accueil qu’à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? »
Deux petits garçons étaient à l’école ensemble. Charles était jaloux d’Édouard, parce que celui-ci était doux et aimable et se faisait chérir de tout le monde, et aussi parce qu’il était plus appliqué et avait plus de livres et de joujoux que son camarade. Charles animé d’un mauvais sentiment, cherchait dans toutes les occasions à être désagréable à Édouard, à le tourner en ridicule, à se moquer de lui ou même à lui faire du mal. Un jour de congé, en hiver, comme tous les garçons patinaient sur l’étang, Charles s’approcha trop d’un endroit défendu ; la glace se rompt tout à coup, et le voilà qui disparaît dans l’eau. Les garçons effrayés restent là à regarder sans bouger ; mais Édouard ne perd pas sa présence d’esprit : il s’élance, plonge sans hésiter, retire le garçon ,qui se débattait, et avec beaucoup de peine parvient à le ramener au rivage. Charles, qui était resté un bon moment dans l’eau glacée, fut très-malade et eut une forte fièvre. Édouard obtint la permission d’aller le voir ; il passait près de son lit tous les instants qu’il avait de libres, lui faisait la lecture, lui racontait des histoires et cherchait à le distraire et à lui faire du bien. Charles. ne parlait pas beaucoup ; mais un jour, quand il était presque guéri, il se jeta en pleurant dans les bras d’Édouard, lui demandant pardon pour toute sa conduite passée.
– J’ai été si méchant et si injuste envers toi, mon cœur était plein d’envie et de jalousie contre toi, je te détestais j’étais ton ennemi !… et toi tu m’as rendu le bien pour le mal, tu m’as sauvé, la vie tu m’as fait tout le bien que tu as pu. J’ai honte de ma conduite envers toi ; veux-tu me pardonner et m’aider à devenir bon comme toi ?
Édouard l’embrassa, lui promit de l’aider à faire son devoir, et depuis ce temps Charles a toujours été l’ami le plus fidèle et le plus dévoué qu’il ait jamais eu dans sa vie. Si Édouard avait rendu le mal pour le mal, il n’aurait pas touché le cœur de Charles et gagné ainsi un ami.
– Emma, dit une dame, à sa fille, puisque tu sors cette après-midi, je voudrais bien que tu portes ces oranges au petit garçon de notre couturière ; tu sais qu’il a la fièvre ; il est bien malade et désirerait tant en manger. J’ai promis de lui en envoyer le plus tôt possible.
Emma était une bonne fille ; seulement elle n’aimait pas à se déranger ou à faire quelque chose qui lui coûtât de la peine. En ce moment, elle était pressée, ayant mis beaucoup trop de temps à sa toilette et devant aller à une petite réunion chez ses amies. Comme elle se sentait en retard, elle se décida, à laisser dans sa chambre le panier d’oranges qu’elle se promit de porter le lendemain matin en allant à l’école. Elle s’amusa bien chez ses amies, ne revint que le soir et ne pensa plus à l’enfant malade.
Le lendemain matin, lorsqu’elle arriva chez la pauvre femme, elle la trouva pleurant amèrement près du petit lit. L’enfant était mort le matin même. À la vue du panier d’oranges, les larmes de la mère redoublèrent.
– Mon pauvre petit ! Toute l’après-midi, hier, il me demandait si votre mère n’enverrait pas les oranges ; il avait si grande envie d’en manger une ! Cela lui aurait fait tant de plaisir !
Oh ! comme Emma fut fâchée et combien elle regretta d’avoir été égoïste et paresseuse, de n’avoir pensé qu’à son propre plaisir au lieu de faire son devoir envers les autres. Mais il était trop tard maintenant ! Ce fut une leçon pour toute sa vie ; elle ne chercha plus à s’éviter la peine. Chaque fois qu’un devoir lui semblait pénible et difficile à accomplir, elle pensait à ce pauvre petit garçon à qui une orange aurait fait tant de plaisir. Elle se levait alors et faisait vite ce qu’elle devait faire.
Nous ne devons pas non plus fermer les yeux sur les détresses du prochain et faire semblant de ne pas les voir. Dieu nous met dans ce monde pour nous aider les uns les autres. Il place près de nous bien des misères et des tristesses pour que nous essayions de leur venir en aide dans la mesure de nos forces. Chaque fois que nous nous détournons .d’une souffrance, nous écartons de notre tête la bénédiction qu’elle nous eût apportée si nous l’eussions soulagée.
« Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Éternel qui lui rendra son bienfait » (Prov. 19. 17).
« Et quiconque aura donné à boire seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits, parce qu’il est mon disciple, je vous dis en vérité qu’il ne perdra point sa récompense » (Mat. 10. 42).
L’homme riche et le pauvre Lazare (Luc 16. 19 à 31).
Devant une table chargée de mets recherchés, de plats succulents et de vins généreux, un homme jeune encore était assis. Ses vêtements étaient magnifiques et de l’étoffe la plus coûteuse ; il était vêtu de fin lin et de pourpre. Le lin est une plante qu’on tisse et dont on fait des étoffes de tout genre. Les plus fines coûtaient très cher et les gens très-riches avaient seuls les moyens de les acheter et de les porter. Quant à la pourpre, c’était une admirable couleur rouge tirée d’un petit coquillage ; on en teignait la laine. Les rois seuls et les grands seigneurs portaient cette pourpre qu’on préparait dans la ville de Tyr ; située au bord de la mer, dans la Phénicie, pays resserré entre la Méditerranée et le Liban, au nord de la Terre Sainte.
Pour en revenir à notre histoire, il fallait donc que cet homme fût bien riche pour être si magnifiquement vêtu. Sous ses pieds s’étendaient de moelleux tapis ; autour de lui de riches tentures, de beaux tableaux ; des statues de grand prix frappaient les regards ; sur la table étincelait de la vaisselle d’or et d’argent ; partout le grand luxe ; des fleurs aux doux parfums ; une musique délicieuse ; de nombreux esclaves richement vêtus et prêts à satisfaire ses moindres désirs. Avec ses trésors, il pouvait acheter tout ce qu’il voulait et réaliser à l’instant tous ses caprices.
Voici maintenant un autre tableau : à la porte de ce beau palais, étendu sur le pavé de la rue, voyez ce pauvre homme. Ses vêtements sont en lambeaux et tiennent à peine sur son corps décharné ; il est dans la pauvreté la plus affreuse, il manque de tout ; il n’a rien à manger, pas de quoi se vêtir, pas même un endroit où il puisse aller dormir la nuit ; il est même couvert de plaies et les chiens viennent le lécher par compassion. Il voudrait avoir les miettes qui tombent de la table du riche ; il a toujours si faim.
Mes enfants, lequel de ces deux hommes auriez-vous voulu être ? L’homme riche, n’est-ce pas ? Car rien ne devait être plus affreux que de se trouver dans une misère pareille à celle de ce pauvre homme, et pourtant, écoutez ce qui arriva : « Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham » (Luc 16. 22) ce qui veut dire appelé à jouir de la société d’Abraham et à aller au ciel. « Et le riche aussi mourut, et fut enseveli. Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein » » (Luc 16. 22 et 23).
Pourquoi cette différence ? Est-ce donc un péché d’être riche et d’avoir beaucoup de biens ? Est-ce au contraire un grand mérite d’être pauvre et de manquer de tout ? Non, certainement : l’un n’est pas plus un péché que l’autre n’est un mérite, car c’est Dieu qui donne aux uns la richesse et aux autres la pauvreté. Il fait comme Il lui plaît, et les riches ont tort lorsqu’ils méprisent les pauvres parce qu’ils n’ont rien, de même que les pauvres ne doivent pas non plus porter envie aux riches parce qu’il a plu à Dieu de leur donner des biens qu’eux-mêmes ne possèdent pas.
Ce n’est pas d’après notre position sur la terre que nous serons jugés, car c’est Dieu qui décide dans quelle condition nous devons naître ; mais nous serons jugés d’après l’usage que nous en faisons.
Les richesses de l’homme riche l’ont empêché d’être heureux dans le ciel, parce qu’elles lui ont fait attacher son cœur aux choses d’ici-bas. Il a mis tout son cœur dans les jouissances que ses richesses pouvaient lui procurer. « Il se traitait magnifiquement tous les jours » dit le Sauveur, ne se refusant rien, et ne pensant qu’à ses plaisirs. Son cœur n’a pas été accessible à la pitié. Froid et égoïste, l’homme riche se détourna du pauvre et refusa durement de le secourir ! Il laissa là, dans la misère, au froid, dans la boue, sans lui donner ni aide ni appui, ce malheureux qui mourait de faim à sa porte et qui lui demandait seulement un peu de son superflu. Lui, cependant, était assis sur de moelleux divans, mangeait les mets les plus délicats et se reposait dans la mollesse et dans le luxe ! Ah ! ce n’était pas bien, n’est-il pas vrai, mes chers enfants de fermer ainsi son cœur, d’être si impitoyable et si dur…
Pourquoi croyez-vous que le pauvre soit allé au ciel après sa mort ? Est-ce parce qu’il a tant souffert sur la terre ? Non, mes enfants, puisque c’est Dieu qui envoie la souffrance et qu’un peu plus tard ou un peu plus tôt, sous une forme ou sous une autre, chaque homme est appelé à la connaître et a pour devoir de la supporter.
Si donc le pauvre est allé au ciel, c’est qu’au milieu de ses afflictions, il espérait en Dieu et mettait en Lui sa confiance. Il supportait ses maux avec patience, avec résignation, sans murmurer. Il aimait Dieu ; aussi Dieu, qui lit dans nos cœurs, a vu son humilité et son obéissance et, au nom de ce Sauveur qui aime les humbles et les petits, l’a fait entrer dans son repos. Ce pauvre homme, qui s’appelait Lazare, n’avait plus maintenant ni faim ni soif. Il était heureux pour toujours.
« Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation, et ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple ; et celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux. Ils n’auront plus faim et ils n’auront plus soif, et le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur, parce que l’Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Apoc. 7. 14 à 17)
Le riche, qui avait été comblé de jouissances, était maintenant en hadès, loin de Dieu, où il ne pouvait plus espérer ni même se repentir. Il était si tourmenté que, levant les yeux et voyant de loin Abraham et Lazare, il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme » (Luc 16. 24).
Il croyait qu’Abraham, pourrait lui venir en aide et l’appelait père parce que toute la nation juive descendait d’Abraham ; mais celui-ci ne pouvait rien faire pour lui, car il y a un abîme entre le ciel et l’enfer, de sorte que ceux qui voudraient passer ne le peuvent ni d’un côté ni de l’autre. Aussi demandait-il à Abraham d’envoyer Lazare sur la terre pour parler à ses cinq frères et les avertir qu’ils eussent à changer de conduite s’ils voulaient aller au ciel. Mais Abraham le lui refusa encore, ajoutant qu’ils avaient Moïse et les prophètes, et que s’ils ne les écoutaient pas, ils n’écouteraient certainement pas mieux quelqu’un qui viendrait directement à eux du haut du ciel.
L’homme riche fut condamné pour avoir vécu dans l’égoïsme et pour n’avoir aimé ni son Dieu, ni son prochain. Nous serions bien coupables si nous agissions de même ; nous avons plus que Moïse et les prophètes, car nous avons le Seigneur Jésus lui-même qui est descendu du ciel pour nous chercher et nous sauver, et nous serions plus répréhensibles encore que cet homme riche, si nous négligions le salut qui nous est offert.
Une petite fille, appelée Laura, avait été élevée au sein de la plus grande opulence. Elle avait tout ce qu’on peut désirer, abondance de joujoux, de livres, de toilettes. Rien ne lui manquait. Mais, au milieu de tout cela, elle n’était pas heureuse ; elle s’ennuyait, on ne lui avait appris qu’à penser à elle-même : et la pauvre enfant ignorait la douce joie qu’il y a à s’occuper des autres, à donner et à faire plaisir. Voyait-elle un pauvre, elle lui jetait bien quelques sous en passant, mais là se bornait toute sa charité. Les parents de Laura moururent, et. elle alla vivre dans une autre ville, chez une de ses tantes. Elle fut bien étonnée quand elle vit que sa tante faisait venir des pauvres chez elle, leur parlait avec bonté, et s’intéressait à eux. Elle le fut bien plus lorsque sa tante la mena avec elle dans de misérables demeures, et lui fit voir des malheureux qui manquaient de tout.
– Mais, tante, pourquoi n’y envoies-tu pas un domestique au lieu d’y aller toi-même ?
– Parce que je sais, reprit sa tante, que ces pauvres gens auront plus de plaisir à me voir moi-même, et que je pourrai mieux me rendre compte de ce dont ils ont besoin. Jésus nous a dit : « En vérité, je vous dis : En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de ceux-ci [qui sont] mes frères, vous me l’avez fait à moi » (Mat. 25. 40). Si donc nous voulons leur faire du bien, il faut les aimer et se donner la peine d’aller les voir nous-mêmes.
Si Laura avait toujours vécu dans sa première demeure, elle serait probablement devenue une femme égoïste et dure, et ses richesses l’eussent peut-être empêchée l’aller au ciel. Mais Dieu permit que, sous la bonne direction de sa tante, elle apprît à aimer les pauvres et les malheureux, à se dévouer et à se donner. Après une vie passée à faire le bien et à employer sa fortune d’une manière noble et utile, elle mourut heureuse et paisible dans la foi en son Sauveur.
« Mon pauvre enfant, Vous souffrez donc bien ? » Ainsi parlait une dame à un petit garçon de dix ans, étendu sur la paille, pâle et dévoré de fièvre et recouvert seulement d’une mince couverture toute déchirée. Son corps était d’une maigreur effrayante ; une toux sèche lui déchirait la poitrine ; il était malade depuis longtemps, et ne pouvait presque plus rien manger.
– Oh ! oui, madame, répondit-il, mais pourtant je suis, si heureux !
– Qu’est-ce qui vous rend heureux, cher enfant ?
– C’est reprit-il, parce que je sais que le Seigneur Jésus est venu pour nous sauver et qu’Il me prendra près de lui dans son beau ciel, où il n’y aura plus ni douleur, ni tristesse.
Et puis, ajouta-t-il avec un doux sourire, tout le monde est bien bon pour moi ; voyez ce que Philippe m’a apporté ce matin. Et, de son doigt amaigri, il montra à la dame une petite motte de terre sur laquelle croissait un peu de gazon bien frais et bien vert avec une petite pâquerette au milieu.
Philippe était un autre pauvre garçon qui courait toute la journée pour faire des commissions, gagnant ainsi sa vie. On l’avait envoyé de grand matin hors de la ville ; là sur le bord du chemin il avait trouvé et apporté cette petite fleur pour faire plaisir à son petit camarade souffrant.
Rien qu’une petite pâquerette ; direz-vous ! et pourtant cela avait suffi pour réjouir toute la journée le cœur et les yeux du jeune malade, qui n’était pas gâté comme beaucoup d’entre vous et auquel une babiole faisait plaisir !
Mes chers enfants, si vous êtes riches, donnez, donnez joyeusement ; pensez aux pauvres et tâchez de faire du bien autour de vous.
Si vous êtes pauvres, si la vie est dure pour tous ne murmurez pas, c’est Dieu qui le veut ainsi ; priez-le de vous donner patience, force et courage. Mais, riches ou pauvres, souvenez-vous tous qu’une seule chose est nécessaire c’est d’aimer Dieu de tout son cœur et de croire en Jésus-Christ son Fils qui nous aime, et qui est descendu parmi nous pour nous sauver.
Le pharisien et le publicain (Luc 18. 9 à 14).
Qu’il était beau le temple de Salomon à Jérusalem ! Superbe et majestueux, il était là debout, exposé à tous les regards, et brillant aux rayons du soleil sur le Mont Morija ! De tous les quartiers de la cité on l’apercevait, et lorsque le soir arrivait dehors dans la ville sainte, la première chose qui frappait les regards était ce temple dans sa magnificence et dans sa splendeur.
Les Juifs en étaient fiers ; ils l’aimaient comme leur plus glorieux monument, comme le joyau précieux confié à leur garde, comme la maison de leur Dieu, leur maison de prière ! Avez-vous jamais lu, mes chers enfants, la belle prière que fit le roi Salomon lorsque, le temple achevé, il le dédia à l’Eternel, en présence du peuple tout entier, implorant pour la première fois sur ce bel édifice la bénédiction de Dieu ? Vous la trouverez dans le premier livre des Rois, au chapitre 8, en commençant au verset 22.
Entre autres choses, Salomon demande à Dieu d’entendre et d’exaucer toutes les prières qui seront faites dans son temple. Il n’est donc pas étonnant que les habitants de Jérusalem s’y rendissent pour prier.
Un jour, comme les derniers rayons du soleil couchant se reflétaient .sur le marbre et le beau plancher de cèdre et se jouaient dans les rideaux de soie, deux hommes se tenaient debout près du sanctuaire à une petite distance l’un de l’autre. Ils étaient venus, après le travail de la journée, pour invoquer l’Eternel ; mais, s’ils étaient différents de mine et d’aspect, combien leurs requêtes l’étaient aussi.
L’un était un pharisien ; il appartenait à cette secte orgueilleuse qui se croyait bien supérieure aux autres hommes. Les pharisiens prétendaient observer exactement tous les préceptes de la Loi et s’y conformer beaucoup mieux que le reste de la nation.
L’autre était un pauvre publicain. La Judée était alors sous la domination des Romains qui obligeaient les Juifs à leur donner de l’argent. C’est ce qui s’appelle payer un tribut ou une taxe. Les hommes chargés d’aller de maison en maison recueillir la taxe .pour les Romains se nommaient des péagers ; plusieurs d’entre eux étaient injustes et voleurs ; ils demandaient plus qu’il ne leur était dû et gardaient une partie de l’argent pour eux ; les Juifs qui étaient très humiliés d’avoir à payer ce tribut et d’être obligés de se soumettre aux Romains, méprisaient beaucoup les péagers.
Tous cependant n’étaient pas mauvais, comme vous allez le voir par la- conduite de celui dont nous parle notre histoire.
Le pharisien, habitué à rechercher la louange des hommes, se tenait debout au milieu du temple, raide, orgueilleux, satisfait de lui-même, et voici ce qu’il disait à l’Éternel : 0 Dieu ! je te rends grâces de ce que ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ni même aussi comme ce péager ! Il se vantait des vertus qu’il croyait avoir ; il jugeait avec sévérité son prochain ; il racontait tout ce qu’il faisait de bien, et c’est ainsi qu’il parlait à ce Dieu qui connaît nos plus secrètes pensées, qui sait combien le meilleur d’entre nous, est encore plein de péchés, à ce Dieu dont les pensées sont élevées au-dessus de nos pensées autant que les cieux sont élevés par-dessus la terre !
Le pauvre péager, lui, se tenait éloigné à l’entrée, dans l’ombre, n’osant pas s’approcher ; ni même lever les yeux vers le ciel. Il était humblement courbé, se frappant la poitrine et disant : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur ! »
Il sentait profondément combien il était indigne de s’adresser à ce Dieu saint et juste dont les yeux sont trop purs pour voir le mal ! Il sentait qu’il péchait souvent, que même avec les meilleures intentions, il offensait chaque jour son Dieu, et que ce Dieu avait le droit d’être irrité contre lui ; aussi le suppliait-il humblement de ne tenir aucun compte de ses fautes ; mais d’user de miséricorde envers lui.
Chers enfants, vous êtes bien jeunes encore ; et cependant vos consciences vous disent que vous êtes bien souvent désobéissants, paresseux, querelleurs, gourmands, ou grognons. Vous savez que Dieu est bon, saint et pur, qu’Il n’aime pas le mal, que la prière est une demande, et que, lorsque nous nous adressons à Dieu, nous devons le faire avec humilité et respect. Dieu ne veut pas que nous nous vantions dans nos prières, mais que nous lui demandions humblement tout ce dont nous avons besoin. Aussi ne serez-vous pas étonnés que Jésus-Christ, en racontant cette parabole à ses disciples, leur ait dit en parlant du publicain : « Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 18. 14)
Dieu n’aime pas les orgueilleux, mes chers enfants ; souvenez-vous-en ; n’ayez donc pas une trop haute opinion de vos petites personnes et priez Dieu de vous rendre vraiment humbles de cœur, de vous donner cet esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Lui.
Ceux d’entre vous qui ont lu l’histoire ancienne doivent se rappeler qu’il y avait une fois un roi nommé Nebucadnetsar. Il se croyait le plus grand roi de la terre. Or un jour que, dans son orgueil, il était là debout, sur la terrasse de son palais, à se vanter, à rappeler complaisamment toutes les belles choses qu’il avait faites, savez-vous ce que Dieu fit ? Il lui envoya un terrible châtiment pour le punir de son orgueil ; Dieu lui retira tout à coup la raison : Nebucadnetsar devint fou.
Il sortit de son palais et se mit à errer dans les champs, laissant croître sa barbe, ses cheveux et ses ongles ; grattant la terre pour trouver des racines, et mangeant de l’herbe comme les animaux. Il resta dans ce triste état pendant sept ans. C’est ainsi que Dieu punit l’orgueilleux.
Il y a encore, dans l’Ancien Testament, une histoire bien remarquable sur la manière dont Dieu châtie.
Ézéchias roi de Juda, avait été dangereusement malade, .et Dieu, dans sa bonté, l’avait miraculeusement guéri ; mais, nous dit le livre des Chroniques, Ézéchias ne fut pas reconnaissant du bienfait qu’il avait reçu, car son cœur fut élevé.
Devenu un grand roi, il s’enfla d’orgueil. Le roi de Babylone lui ayant envoyé des ambassadeurs, il les promena dans tout son palais, leur montrant toutes ses richesses, et se vantant devant eux de tous ses biens. Après leur départ, Dieu lui envoya le prophète Ésaïe, qui lui annonça qu’en punition de son orgueil, tous ces beaux trésors dont il avait tiré vanité seraient pris pendant la guerre et emportés à Babylone.
Si nous réfléchissons aux belles histoires de la Bible, nous y verrons toujours au contraire que Dieu a constamment choisi les petits et les humbles pour leur confier les plus belles missions.
Joseph, vendu par ses frères, emmené en pays étranger, comme un pauvre esclave, finit cependant par devenir le gouverneur de l’Égypte et le plus puissant seigneur après le pharaon.
Moïse, fils d’un de ces pauvres Hébreux affligés et asservis en Égypte, fut choisi par. Dieu pour être le conducteur d’Israël et retirer son peuple de la servitude.
Samuel, qui n’était qu’un pauvre et tout petit enfant, entendit la voix de Dieu qui s’adressait directement à lui et devint plus tard un des plus grands prophètes d’Israël. David, qui n’était qu’un petit berger tua le géant Goliath et devint roi.
De pauvres pêcheurs du lac de Génésareth furent appelés par Jésus-Christ à devenir ses apôtres, et Jésus-Christ lui-même a voulu naître dans l’humilité et la pauvreté, Lui, qui aurait si bien pu, s’Il l’avait voulu, paraître sur la terre entouré de gloire et de puissance.
Il est si triste de voir un enfant qui se vante sans cesse, qui est constamment occupé de lui-même, tandis que l’on a tant de plaisir, au contraire, à voir un enfant doux et humble, qui ne cherche qu’à être agréable aux autres, et à être poli et aimable envers tous.
La nature elle-même semble nous montrer que, la douceur et l’humilité ont plus d’attrait que les apparences vaines et pompeuses. N’est-ce pas que vous avez du plaisir à cueillir, dans les champs et sous les haies, les petites violettes parfumées qui se cachent modestement dans l’herbe, et que vous trouveriez bien laid un gros bouquet fait avec des tournesols ou d’autres fleurs de ce genre ? Est-ce que vous ne préférez pas les jolis petits agneaux qui gambadent sur le gazon, au lion du désert qui rugit si fort, que tous les animaux épouvantés s’enfuient et se cachent en tremblant ? Et les gracieuses hirondelles qui reviennent chaque printemps, et dont il est si agréable de suivre le vol dans les airs, ne les préférez-vous pas au hardi vautour, qui a l’air si rude et si dur avec son bec crochu et ses yeux fauves ?
Plus nous serons nous détachés de nous-mêmes pour nous occuper utilement du prochain, plus nous serons heureux;aimer, voilà le vrai bonheur en ce monde. Chaque fois que nous avons à choisir entre quelque chose à faire pour le prochain, ou quelque autre chose à faire pour nous-mêmes, accomplissons sans hésiter ce que réclame le bien du prochain, et nous n’en aurons jamais de regret. Que Dieu ôte de vos cœurs, mes chers enfants, l’orgueil et l’égoïsme ; qu’il vous aide à n’avoir pas une trop haute opinion de vous-mêmes et vous donne de pouvoir prier avec la foi et l’humilité du publicain.
« Éternel ! qu’est-ce que l’homme, que tu prennes connaissance de lui ? » Psaume 144. 3.
« Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? » Job 39. 37.
« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant ». Cette pensée de Blaise Pascal rappelle combien l’homme est petit, faible et fragile, si on le compare à l’immense univers qui l’entoure.
Devant le déchaînement des éléments de la nature, ou lorsqu’il faut affronter de graves difficultés, des épreuves, des souffrances, des maladies, la mort… où l’être humain peut-il trouver du secours ?
Dans la Bible, nous voyons le roi David exprimer à plusieurs reprises l’angoisse qu’il éprouve devant la puissance de ses adversaires. Job, par contre, est frappé par toute une série d’épreuves très graves. Mais tous les deux se tournent vers Dieu pour comprendre ce qu’Il veut leur enseigner.
Job demande à Dieu : « Qu’est-ce que l’homme, que tu fasses grand cas de lui, et que ton cœur s’occupe de lui, et que tu le visites chaque matin, que tu l’éprouves à tout moment ? » (Job 7. 17 et 18). Il est profondément conscient de sa propre insignifiance devant Dieu mais, en même temps, à travers les épreuves qui le frappent, il reçoit une grande instruction : lui, une créature aussi peu importante, est l’objet des soins du grand Dieu du ciel et de la terre, du Dieu Tout-puissant !
C’est là une leçon que nous devons aussi apprendre pour nous-mêmes. Fixons nos yeux sur Dieu, afin de Le connaître non seulement comme le Créateur Tout-puissant, mais aussi comme Celui qui nous délivre, le Dieu Sauveur. Il veut nous parler, nous conduire, et instaurer un vrai rapport d’échange de nous avec Lui ; Il veut nous instruire pendant notre vie terrestre, être pour nous un Père qui prend soin de ses enfants.
2. Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme
« Nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la souffrance de la mort, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout » Hébreux 2. 9.
« Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur » 1 Corinthiens 1. 31.
La Bible pose la question et fournit aussi la réponse : « Quand je regarde tes cieux, l’ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as disposées : Qu’est-ce que l’homme, que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, que tu le visites ? » (Ps. 8. 3 et 4). Dieu, le Créateur de l’immense univers, prendrait-il soin de moi, une créature si fragile et insignifiante ? Le texte qui suit est encore plus surprenant : « Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur ; tu l’as fait dominer sur les œuvres de tes mains ; tu as mis toutes choses sous ses pieds » (v. 5 et 6).
Un homme qui domine sur tout l’univers… Qui cela peut-il être ? La réponse se trouve dans les Évangiles : Jésus Christ, le Fils de Dieu, Celui par lequel tout a été créé, dans le ciel et sur la terre.
Comme homme – Fils de l’homme – Il a été fait un peu inférieur aux anges afin de pouvoir mourir et prendre sur Lui le châtiment que nos péchés méritaient. Sur la croix, Jésus a vaincu la mort. Comme étant en même temps Homme et Dieu, Il a été ressuscité et élevé dans le ciel où Il se trouve désormais. « Jésus Christ, qui est à la droite de Dieu (étant allé au ciel), anges, autorités et puissances lui étant soumis » (1 Pier. 3. 21 et 22).
Nous ne voyons pas encore Jésus exercer son autorité sur la terre, car Satan est encore « le chef de ce monde » (Jean 12. 31) à cause du péché qui fait des hommes ses esclaves. Mais Jésus a vaincu Satan et bientôt, lorsqu’Il viendra pour prendre possession du gouvernement du monde, tous Lui seront complètement assujettis. Le croyant qui place sa confiance en Jésus sait qu’il est uni à Lui et qu’il participera à sa gloire à venir.
« Usez de patience » (1 Thess. 5. 14 ; Jac. 5. 7 et 8).
« Possédez vos âmes par votre patience » (Luc 21. 19).
Chers frères et sœurs en Christ,
Nous allons aborder un sujet bien difficile à mettre en pratique, la patience. De la plus tendre enfance jusqu’à l’extrême vieillesse, nous avons des problèmes pour mettre en pratique ce fruit de l’Esprit, de Galates 5. 22 (patience ou longanimité). Nous avons à user de patience avec les autres, mais aussi avec nous-mêmes dans nos épreuves, maladies, infirmités… et plus nous souffrons, plus nous avons besoin de patience, dans l’attente du retour du Seigneur et de la fin de nos misères.
Beaucoup de versets nous en parlent pour notre exhortation ; voyons-en quelques-uns. En effet, comme nous avons besoin de patience ! Et ce passage d’Hébreux 10, nous dit aussi : « Ne rejetez donc pas loin votre confiance, qui a une grande récompense… Car encore très peu de temps, et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas. Or le juste vivra de foi ».
La confiance en Dieu, la foi dans ses promesses, la certitude du prochain retour du Seigneur, sont indispensables pour une marche dans la patience.
L’exhortation à user de patience nous est rappelée dans deux passages. En 1 Thessaloniciens 5. 14, il est d’abord dit : « Avertissez les déréglés, consolez ceux qui sont découragés, venez en aide aux faibles », puis « usez de patience ». Cette patience nous est nécessaire tout particulièrement vis-à-vis de personnes « compliquées », des déréglés, des découragés, des faibles… Nous perdons naturellement vite notre patience avec eux, avec elles !
L’autre passage, dans Jacques 5, nous dit : « Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur. Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il reçoive les pluies de la première et de la dernière saison. Vous aussi, usez de patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche. Ne murmurez pas les uns contre les autres… Mes frères, prenez pour exemple de souffrance (note : ou : mauvais traitement) et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent l’épreuve avec patience. Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, [savoir] que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux.
(note : patience, ailleurs : constance, longanimité, comme en Hébreux 6. 12).
Ce passage nous montre plusieurs choses :
L’attente a une fin certaine et heureuse : le retour du Seigneur.
La patience est synonyme de persévérance (jusqu’à).
Nous avons l’exemple du laboureur qui doit d’abord travailler (son rôle à lui) et puis il lui reste à attendre la pluie bienfaisante qui ne dépend pas de lui.
Ce n’est pas une attente « en se tournant les pouces » mais pour affermir notre cœur.
C’est une attente, une patience heureuse, non pas dans les murmures et les gémissements.
La patience est en général liée à la souffrance.
Nous avons comme exemple les prophètes, qui ont souffert pour le nom du Seigneur (Jérémie, Jean le Baptiseur, sont des exemples marquants).
La patience est synonyme d’endurance, c’est-à-dire de prendre et de supporter les coups durs dans la durée.
Le résultat, la récompense immédiate, actuelle, lorsqu’on vit dans cette patience, c’est la bénédiction de Dieu, c’est-à-dire son approbation, sa douce présence pleinement ressentie et rafraîchissante.
Un dernier exemple de patience est celui de Job. Personnellement, je ne l’aurais pas cité comme exemple de patience, mais Dieu voyait au fond de son cœur, et malgré son incompréhension, son sentiment d’injustice, et l’acharnement de ses amis appelés des « consolateurs fâcheux », jamais il n’a maudit Dieu ni ne s’est révolté contre lui.
L’histoire de Job témoigne surtout de la miséricorde et de la compassion de Dieu.
User de patience est donc une activité permanente, ou plutôt un état d’esprit, qui demande un effort particulier et qui doit devenir une habitude, une constante dans notre vie.
Le 3ème verset du titre : « Possédez vos âmes par votre patience » (ou posséder en acquérant) (Luc 21), est aussi cité dans un contexte de persécutions. La patience est nécessaire pour préserver notre âme d’être troublée (Ps. 6. 3), d’être abattue (Lam. 3. 20), d’être triste (Ps. 119. 28), d’être dans l’amertume (És. 38. 15). Tout cela dans quel but ? « Afin que [mon] âme te loue par des cantiques et ne se taise point. Éternel, mon Dieu ! Je te célébrerai à toujours » (Ps 30. 12).
Bien-aimés qui souffrez, qui passez par l’épreuve, Dieu ne vous oublie pas ! À travers vos circonstances difficiles, Il veut continuer à vous former et à vous rapprocher de Lui. Écoutons l’apôtre Paul, en Romains 5. 3 à 5, qui, comme Job, a passé par des épreuves terribles : « Nous nous glorifions dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience, et la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance ; et l’espérance ne rend point honteux » (Rom. 5. 3 à 5). Et que nous dit Jacques ? (1. 3 et 4) : « Sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien » (Jac. 1. 3 et 4).
Nous pouvons nous glorifier en Christ lorsque les difficultés que nous traversons avec Lui nous amènent à user d’une patience « divine ». Elles nous donneront de l’expérience dans les soins et la tendresse de notre bon Berger, en vue de notre perfectionnement (2 Cor. 13. 9), et nous aideront à attendre « la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu » (Tite 2. 13). La fin du verset est surprenante : « ne manquant de rien » ! Se trouver dans les tribulations et ne manquer de rien… comment est-ce possible ? En mettant en pratique 1 Timothée 6. 8 : « Ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits » et Philippiens 4. 11 et 12 : « Non que je parle ayant égard à des privations, car, moi, j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ».
Qu’est-ce qui nous aidera à user de patience envers tous et dans les difficultés ? « Réjouissez-vous toujours. Priez sans cesse, en toutes choses rendez grâces… n’éteignez pas l’Esprit… retenez ce qui est bon » (1 Thess. 5. 14 à 22).
C’est bien ce que nous lisons en Romains 12. 12 : « vous réjouissant dans l’espérance ; patients dans la tribulation ; persévérants dans la prière » ; Phil. 4. 4 et 5 : « Car le Seigneur est proche ».
La patience se nourrit aussi par la lecture de la Parole de Dieu : « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15. 13).
Nous l’avons dit plus haut, la patience est un fruit de l’Esprit et fait partie d’une chaîne de vertus du croyant. Nous avons à manifester tous ces caractères.
« Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Gal. 5. 22 et 23).
« Joignez à votre foi, la vertu ; et à la vertu, la connaissance ; et à la connaissance, la tempérance ; et à la tempérance, la patience ; et à la patience, la piété ; et à la piété, l’affection fraternelle ; et à l’affection fraternelle, l’amour » (2 Pier. 1. 6).
« Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité vous supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres…. Et par-dessus toutes ces choses, [revêtez-vous] de l’amour… Et que la paix du Christ… préside dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants » (Col. 3. 12).
« Je vous exhorte… à marcher d’une manière digne… avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ; vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 1 à 3).
« Poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit ; combats le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 11).
La patience est une des facettes de l’amour. « L’amour use de longanimité » (1 Cor. 13. 14) et elle est sans doute l’une des vertus les plus difficiles à exercer.
Elle est aussi intimement liée à la foi. Voir plus haut 2 Pierre 1. 6 ; 1 Timothée 6. 11, ainsi que les passages suivants : « Que vous ne deveniez pas paresseux, mais imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent ce qui avait été promis… Et ainsi Abraham – croyant caractérisé par sa foi – ayant eu patience, obtint ce qui avait été promis » (Héb. 6. 12 et 15). À propos de l’assemblée à Thessalonique : « Nous souvenant sans cesse de votre œuvre de foi, de votre travail d’amour, et de votre patience d’espérance » (1 Thess. 1.3) ; « Nous nous glorifions… au sujet de votre patience et de votre foi dans toutes vos persécutions et dans les tribulations que vous supportez » (2 Thess. 1. 4). À l’assemblée de Thyatire, il est dit : « Je connais tes œuvres, et ton amour, et ta foi, et ton service, et ta patience » (Apoc. 2. 19).
Il y a encore deux autres assemblées dont la patience est soulignée :
a) Éphèse – « Je connais tes œuvres, et ton travail, et ta patience… et tu as patience, et tu as supporté [des afflictions] pour mon nom, et tu ne t’es pas lassé » (Apoc. 2. 2 et 3).
b) Philadelphie – « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3. 10). C’est une vertu que nous avons à exercer individuellement, mais aussi collectivement. Suis-je un exemple dans « mon » assemblée locale ?
L’apôtre Paul a, lui aussi, été un exemple de patience à toute épreuve : « Nous recommandant comme serviteurs de Dieu, par une grande patience, dans les tribulations, dans les nécessités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes, par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par l’Esprit Saint, par un amour sans hypocrisie » (2 Cor. 6. 4).
« Certainement les signes d’un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience, [par] des signes, et des prodiges, et des miracles » (2 Cor. 12. 12).
À Timothée, Paul écrit : « Tu as pleinement compris ma doctrine, ma conduite, mon but constant, ma foi, mon support, mon amour, ma patience » (2 Tim 3. 10).
En relisant les versets ci-dessus, je remarque qu’en plus d’être souvent liée à la foi, la patience est encore plus souvent liée à l’espérance. Relisez donc les passages, et vous le remarquerez vous-même. En 1 Thessaloniciens 1. 3, la foi est liée aux œuvres, l’amour au travail, la patience à l’espérance. La foi, l’espérance et l’amour de 1 Corinthiens 13. 13 sont des moteurs.
Notre Père céleste est un « Dieu de patience et de consolation » (Rom. 15. 5) : « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » (Éph. 5. 1). « Que le Seigneur incline vos cœurs à l’amour de Dieu et à la patience du Christ ! » (2 Thess. 3. 5), étant fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et constance, avec joie, rendant grâces au Père (Col. 1. 11 et 12).
Nous avons donc vu quelques exemples de croyants – et d’assemblées – ayant manifesté cette patience, « C’est pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui [nous] enveloppe si aisément, courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 1).
Chers aînés, je vous laisse avec un dernier verset qui vous concerne tout particulièrement et qui couronne notre trilogie : « Que les vieillards soient sobres, graves, sages, sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience » (Tite 2. 2).
Ah ! donne à notre âme
plus de sainteté,
plus d’ardente flamme,
de sérénité ;
plus de confiance
pour rester debout,
plus de patience
pour supporter tout.
Fais qu’elle contemple
sans cesse l’Agneau,
son parfait exemple,
sa croix, son tombeau,
sa grâce fidèle,
son immense amour,
sa gloire éternelle,
son prochain retour.
Jésus, à nos larmes
Tu veux compatir,
de toutes tes armes
viens nous revêtir.
que dans la lumière,
marchant avec toi,
sans cesse en prière,
nous vivions de foi !
Forme à ton service
des cœurs plus joyeux,
prompts au sacrifice,
toujours sous tes yeux
Qui chantent, qui tremblent,
remplis de ferveur ;
des cœurs qui ressemblent
au tien, cher Sauveur.
Hymnes et Cantiques n° 226
Prière : Seigneur, apprends-moi la patience, jour après jour, heure après heure !
– La maison de Dieu, modèle de la maison chrétienne.
– Le mariage, base du couple.
– Le couple, base de la maison chrétienne.
– Les relations entre les parents et les enfants.
– Le rôle d’une maison chrétienne.
Introduction générale
Le sujet de la maison du chrétien peut paraître bien banal. Toutefois, si nous étudions ici un sujet qui touche au quotidien, il touche aussi à l’éternité.
Pourquoi donc un tel sujet ?
– Parce que c’est un sujet qui nous concerne tous : jeunes et moins jeunes, sœurs ou frères, mariés ou célibataires.
– Parce qu’il y a une incidence dans le ciel pour tout ce que nous faisons ici et maintenant.
– Parce qu’il est important aux yeux de Dieu : le mariage est la première institution divine, et le couple est la seule représentation qu’Il nous ait donnée pour nous parler de la relation Christ – l’Assemblée.
– Parce qu’il est, de façon visible, de moins en moins important aux yeux des hommes : unions libres, familles désunies, ses membres ne respectant pas l’ordre de soumission ou d’obéissance établi par Dieu, divorces en constante progression…
– Parce que Satan a une intention négative : il attaque la maison du croyant (groupes de prières pour la désunion des maisons chrétiennes, divorces au sein même des familles chrétiennes) et parallèlement celle de Dieu (divisions de toutes sortes…). Toutes les choses saintes de Dieu sont insupportables pour l’ennemi, c’est pourquoi il les attaque.
LA MAISON DE DIEU, MODÈLE DE LA MAISON CHRÉTIENNE
Par ce premier sujet, de toute importance, parce qu’il touche directement à la Maison de Dieu, nous voudrions montrer que cette maison est étroitement liée (ou interdépendante) à l’état de celle du croyant, et qu’elle en est le modèle (ou plutôt, devrait servir de modèle).
Pourquoi ce sujet est-il si essentiel ?
Parce que, comme nous l’avons déjà dit en introduction générale, les attaques de Satan contre les maisons chrétiennes se font parallèlement à d’autres, dirigées contre celle de Dieu.
Parce que « biologiquement », les deux maisons sont directement liées : point d’assemblées sans familles ou foyers (dont elles sont constituées).
Parce que spirituellement, des familles sont enrichies par leur engagement dans l’Assemblée. Exemple : Obed-Edom et toute sa maison en 2 Samuel 6. 11. Mais inversement, l’Assemblée est elle aussi enrichie : « Des familles unies font des assemblées fortes » a dit quelqu’un ; autrement dit, une assemblée ne peut pas être plus forte que les familles dont elle est constituée…
L’Assemblée de Dieu est présentée dans la Parole sous différents aspects, qui ont chacun une signification : le Corps de Christ nous parle d’unité, l’Épouse, d’amour, le Troupeau, des soins du Berger, la Maison de Dieu (ou l’Habitation de Dieu ou le Temple de Dieu) :
– en tant que famille, d’affection.
– en tant qu’édifice, de stabilité, de solidité (Mat. 16. 18).
A– GÉNÉRALITÉS
LA MAISON DE DIEU
Ses caractères
« La sainteté sied à ta maison, ô Éternel » (Ps 93. 5).
Le temple de Dieu est saint…
Un temple saint dans le Seigneur » (Éph. 2. 21).
« Colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim.3. 15).
« … un Dieu de paix, comme dans toutes les assemblées des saints » (1 Cor.14. 33).
Salutations du Seigneur aux disciples (Jean 20. 19) et des apôtres aux assemblées dans les épîtres.
L’amour nous est montré particulièrement sous l’aspect de la famille de Dieu, et il est souvent présent dans les salutations au début des épîtres.
L’unité. Il y a un Corps mystique, le seul corps de Christ (Éph. 4. 3 à 4).
LA MAISON DU CROYANT
Ses caractères
Un exemple de l’Ancien Testament, celui des Récabites, est un modèle de sainteté pratique.
« … et tels vous êtes » (1 Cor. 3. 17).
Le mari incrédule est sanctifié par la femme… (1 Cor. 7. 14).
« Tes enfants marchant dans la vérité » (2 Jean 4 et 3 Jean 4). Cf. aussi Proverbes 14.11.
« Dans quelque maison que vous entriez, dites premièrement : Paix sur cette maison ! » (Luc 10. 5 et 6 et 1 Sam. 25. 6). Cf. Proverbes 15. 6.
La maison d’Isaac qui, à son début, était marquée par l’amour (Gen. 24. 67), sera, à la fin, marquée par la haine entre les 2 fils…
La maison du croyant est celle de l’unité, mais celle de l’incroyant, à la suite de l’introduction du christianisme, peut être divisée (Luc 12. 51 à 53).
Dieu a choisi, dès l’Ancien Testament, des maisons dans lesquelles son nom est invoqué.
C’est Lui qui « nomme toute famille dans les cieux et sur la terre » (Éph. 3. 15).
Dieu est et reste là aussi le seul vrai architecte.
« Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc » (Mat. 7. 24 et 25).
Le Psaume 127. 1 nous avertit que « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain ». Des ennemis sont là pour « renverser des maisons entières » (Tite 1. 11). Comme les sage-femmes craignirent Dieu, Il leur fit des maisons » (Ex. 1. 21).
Dans le même passage, un parallèle est fait pour que les femmes soient « soumises à leur mari ».
Cette présence, Dieu nous la propose (Luc 19. 5 et Apoc. 3. 20) et nous la Lui demandons (Luc 24. 29).
Ces différents caractères (et d’autres encore), s’ils sont réalisés avec équilibre, vont donner une certaine « atmosphère » à une assemblée ou à une famille chrétienne. Cette atmosphère aura un témoignage positif ou non. On « se sentira bien » ou repris dans un tel endroit, qui sera accueillant pour ceux qui y entrent.
En dehors de ces divers caractères, qui relèvent en grande partie, de notre responsabilité, il y en a d’autres, immuables, car ils font partie des plans éternels de Dieu, et qui relèvent de sa puissance et de son amour. C’est de quelques-uns de ces caractères, dont nous allons parler maintenant.
LA MAISON DE DIEU
C’est un choix divin délibéré, dans ses conseils Dieu a choisi, dès l’Ancien Testament, des maisons dans lesquelles son Nom est invoqué de toute éternité, qui « a choisi Sion et l’a désiré pour être son habitation » (Ps. 132. 13). C’est Lui qui nomme toute famille dans les cieux et sur la terre (Éph. 3. 15).
– L’architecte de cet édifice, c’est Dieu, qui est et reste là aussi le seul vrai Dieu (selon Héb. 11. 10). Pour cela, Il s’est servi de Paul, au début de l’histoire de l’Église (1 Cor. 3. 10).
– Le fondement, c’est Christ, le véritable Roc (Mat. 18. 20), même si, là aussi, Il s’est servi des apôtres, selon Éphésiens 2. 20.
– « Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc » (Mat. 7. 24 et 25).
– La croissance est de Dieu, comme le prouvent divers passages, comme 1 Corinthiens 3. 6 à 9 et Colossiens 2. 19.
Le Psaume 127. 1 nous avertit que « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain ». Mais notre responsabilité est engagée là aussi, comme on le voit en Éphésiens 4. 16, par exemple.
Des ennemis sont là pour « renverser des maisons entières » (Tite 1. 11). Parce que les sages-femmes craignirent Dieu, « Il leur fit des maisons » (Ex. 1. 21).
– En Éphésiens 5. 24, l’Assemblée est vue comme étant « soumise » au Christ, caractère qu’elle porte et qu’elle doit porter !
Enfin, autre caractère – et non le moindre : la présence du Seigneur au milieu d’elle : Matthieu 18. 20.
2 – Les divers membres de la Maison de Dieu
– Le Père : en 2 Corinthiens 6. 18, nous lisons : « Et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, le Tout-Puissant ».
– Le Fils, « fidèle, comme Fils, sur sa maison » (Héb. 3. 6), « grand sacrificateur établi sur la Maison de Dieu » (Héb. 10. 21), « chef… de l’Assemblée », selon Éphésiens 5. 25, « l’héritier de toutes choses », selon Hébreux 1. 2 et Matthieu 21. 38.
– Le Saint Esprit est, entre autres, le lien parfait qui nous unit ensemble, selon Éphésiens 4. 3 et nous unit à Dieu, selon Galates 1. 4 et 6.
– Les « gens de la Maison de Dieu » (Éph. 2. 19) sont considérés sous divers noms dans la Parole :
Des enfants : « le droit d’être enfants de Dieu » nous a été donné par Dieu (Jean 1. 12).
Des fils : « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus » (Gal. 3. 26).
Des frères, nom que « le » Fils « n’a pas honte » de nous donner (Héb. 2. 11 ; Mat. 12. 50).
Des héritiers, selon Romains 8. 17.
Des « pierres vivantes », selon 1 Pierre 2. 5.
Des serviteurs.
LA MAISON DU CROYANT
2 – Les divers membres de la Maison chrétienne
– Les exemples de pères de familles ne manquent pas dans la Parole. Ils sont toujours considérés en même temps comme chefs sur leur maison.
– La réalité de la présence du Saint Esprit dans nos maisons devrait être une chose de plus en plus ressentie, recherchée et goûtée (même si cette présence est assurée individuellement).
Ces termes utilisés ici sont les mêmes pour la maison du croyant. La distinction est toutefois établie (Héb. 12) entre les enfants et les fils, ces derniers héritiers, connaissant clairement les pensées du Père.
C’est là un terme spécifique à la Maison de Dieu.
Une notion essentielle se dégage pour les deux maisons : la complémentarité (1 Cor. 12. 21 à 26), liée aux divers âges spirituels (1 Jean 2), aux diverses fonctions et responsabilités suivant que l’on est un frère ou une sœur (Rom. 12. 6 à 8). Il s’établit donc naturellement une certaine hiérarchie entre les « administrateurs » (1 Cor. 4. 1 et 2), les « anciens » et les « serviteurs », même si nous restons tous égaux quant au sang de Christ !
B – LE FONCTIONNEMENT
LA MAISON DE DIEU
1 – Les diverses fonctions
– L’adoration : « vous-mêmes aussi… êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 Pier. 2. 5).
– L’édification : nous sommes « édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l’Esprit », et « l’accroissement du corps lui-même (se fait) en amour » (Éph. 2. 22 et 4. 16).
– L’accueil, l’hospitalité : l’Assemblée doit être accueillantes envers « ceux du dehors », comme cette « hôtellerie », dont il est parlé en Luc 10. 34, prête à accueillir n’importe quel homme. C’est encore une « ville de refuge » (Nomb. 35 ; Jos. 20).
– Le témoignage de l’Assemblée est rendu principalement à la Table du Seigneur lorsque nous « annonçons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11. 26). Un mauvais témoignage était rendu par l’assemblée à Corinthe (5. 1 ; 11, 18), alors que l’Assemblée est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). Nous avons aussi à « annoncer les vertus » de Christ (1 Pier. 2. 9).
– La prière : « ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples » nous dit l’Éternel en Ésaïe 56. 7. On trouve un exemple d’assemblée en prière en Actes 12. 12.
– L’autorité conférée à une assemblée locale en matière de décision (admission, discipline, etc…) se voit en Mat. 16. 18 -19 et 18. 18, par exemple.
– Les dons individuels qui s’exercent dans le cadre de la Maison de Dieu sont donnés par le divin Donateur pour le bien de tous. Des listes (non exhaustives) de ces dons se trouvent 1 Corinthiens 12 et Romains 12.
– L’attente de l’épouse pour son divin Époux doit être une réalité constante, et son cri d’espoir est de Lui dire : « Viens » (Apoc. 22. 17).
2 – Les responsabilités qui en découlent
– « Prendre soin de l’Assemblée de Dieu » (1 Tim 3. 5) et « paître le troupeau de Dieu » (1 Pier. 5. 2), sont de la responsabilité des surveillants ou des anciens.
– « Savoir comment se conduire dans la Maison de Dieu » (1 Tim. 3. 15) :
– en manifestant l’amour pour croître : Éphésiens 4. 16 : « tout le corps… produit… l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour ».
Par exemple, « faisons du bien… surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10).
Notre modèle de l’amour, c’est Christ :
– « Comme aussi le Christ a aimé l’Assemblée… » (Éph. 5. 25).
– « Celui que le Seigneur aime, Il le discipline » (Héb. 12. 5 à 8).
– en manifestant la vérité : la doctrine doit être « pure » (Tite 2. 8), la séparation, vécue (2 Tim. 2. 19).
– en étant des ouvriers utiles et non pas inutiles, voire nuisibles (1 Cor. 3. 10 à 15, Aggée 1. 8).
Pour cela, plusieurs conditions sont requises :
– ne le faisons pas en étant dans n’importe quel état : David était disqualifié pour bâtir la Maison de l’Éternel car il était « un homme de sang » (1 Chron. 28. 3).
– restons ensemble proches dans le temps et l’espace (cf. Néh. 2).
– et surtout, souvenons-nous que c’est Lui qui bâtit, et que sans Lui, nous ne sommes rien. « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain » (Ps. 127. 1).
– Les « uns les autres » ou « l’un l’autre », nous avons à :
– « Nous parler » (Mal. 3. 16).
– « Se recevoir » (Rom. 15. 7).
– « Se servir » (Gal. 5. 13).
– « Porter les charges » (Gal. 6. 2).
– « Se supporter » (Éph. 4. 2).
– « Être soumis » (Éph. 5. 21).
– « S’aimer » (1 Thess. 4. 9 ; Rom. 13. 8).
– « Se consoler » (1 Thess. 4. 18).
– « S’exhorter » (1 Thess. 5. 11).
– « Nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres » (Héb. 10. 24).
– « Être revêtus d’humilité » (1 Pier. 5. 5).
LA MAISON DU CROYANT
1 – Les diverses fonctions
– L’adoration doit être continuelle (« sans cesse », selon Héb. 13. 15), donc aussi dans les maisons ! C’est d’ailleurs tous les jours que la « corbeille » est préparée, avant d’aller au « lieu que l’Éternel… a choisi » (Deut. 26. 2).
– Dans l’Ancien Testament, les parents devaient « inculquer » les vérités essentielles pour l’édification de leurs enfants.
– Que nos maisons soient des maisons accueillantes envers « ceux du dehors », comme pour « ceux du dedans » ! « N’oubliez pas l’hospitalité » nous exhorte, entre autres, Hébreux 13. 1 ; Luc 8. 16 ; 11. 33.
– La famille de Coré a été un témoignage de la grâce divine, ainsi que tant d’autres. Nous avons à avoir un témoignage clair, « afin que ceux qui entrent voient la lumière » (Luc 8. 16). Nos maisons doivent avoir un aspect différent de celles du monde (ne serait-ce qu’en affichant quelques versets – tel l’Israélite d’autrefois « sur les poteaux et les portes de sa maison » (Deut. 6. 9).
– En 1 Pierre 3. 7, on voit que les prières du couple « ne doivent pas être interrompues ». Daniel « s’en alla à sa maison… pour implorer le Dieu des cieux » (Dan. 2. 17).
– L’autorité du chef de famille lui est aussi conférée par Dieu : il « commande à ses fils » (Gen. 18. 19), il les « discipline », mais sans despotisme. Il les enseigne, avertit ou donne l’instruction.
– Certains dons individuels peuvent s’exercer dans la cadre plus restreint de la maison chrétienne, telles que les prophéties des filles de Philippe en Actes 21. 9. De toute façon, tout don exercé dans l’Assemblée doit être « préparé » dans le cadre de la famille : lire, à ce sujet, Exode 35.
– En famille, l’attente du Seigneur doit être aussi réalisée : Siméon, Anne et « tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient » la consolation d’Israël, Christ (Luc 2).
Notre maison porte-t’elle le caractère de l’attente ?
2 – Les responsabilités qui en découlent
– « Savoir conduire sa propre maison », dans le même passage de 1 Timothée 3. 5 est directement considéré comme un préalable nécessaire pour « prendre soin de l’Assemblée » ! Ceci est valable aussi pour les « serviteurs » (v. 12), et est confirmé pour les anciens en Tite 1. 6 à 9.
– Pas de croissance de la famille sans amour : « comme une nourrice chérit ses propres enfants », comme un père qui exhorte (1 Thess. 2. 7 et 11).
– « Faisons du bien à tous » (donc aussi aux membres de notre famille !)
– « N’irritez pas vos enfants, mais élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éph. 6. 4).
– Il était encourageant pour l’apôtre Jean de constater que les enfants de la dame élue et de Gaïus « marchent dans la vérité » (2 Jean 4 et 3 Jean 4).
– Là aussi, soyons des ouvriers utiles, des aides, de ceux qui « apportent » positivement aux membres de leur famille.
Les mêmes conditions que pour la Maison de Dieu sont indispensables, pour qu’il y ait croissance :
* un état moral qui dénote un esprit de paix.
* une unité d’action dans le combat à mener.
* une réelle dépendance de Dieu : « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain » (Ps. 127. 1).
– Les « uns les autres » ou « l’un l’autre », les responsabilités qui nous incombent dans le domaine familial sont les mêmes que celles que nous trouvons dans le domaine de la Maison de Dieu.
Si nous suivons ces exhortations (listées de manière non exhaustive), et ce, sans acception de personnes, alors les prétendus « problèmes de générations » auront tendance à disparaître, et dans les cas les plus désespérés, nous pourrons nous appuyer sur cette merveilleuse promesse divine : « Il fera retourner le cœur des pères vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères » (Mal. 4. 6).
Conclusion
« Il y a deux maisons qui occupent une place très éminente dans les pages inspirées : ce sont la Maison de Dieu et la maison du serviteur de Dieu. Dieu attache une immense importance à sa Maison ; et cela, à juste titre, parce qu’elle est sienne. Sa vérité, son honneur, son caractère, sa gloire sont inclus dans le caractère de sa Maison ; aussi est-ce son désir que l’expression de ce qu’Il est fasse partie d’une manière évidente de ce qui Lui appartient…
Beaucoup d’âmes peuvent être disposées à comprendre la vérité et l’importance des principes relatifs à la Maison de Dieu, mais il y en a peu, comparativement, qui donnent une attention suffisante aux principes qui doivent gouverner la maison du serviteur de Dieu. Cependant, si quelqu’un posait cette question : « Quelle est la maison qui, après celle de Dieu, a le plus d’importance ? », on lui répondrait indubitablement : « C’est la maison du serviteur de Dieu ». (extraits de « Toi et ta maison ou le chrétien chez lui », par C. H. Mackintosh).
De cette citation, et de notre exposé, nous tirerons donc les deux conclusions suivantes :
– Puisque la Maison de Dieu est celle qui a le plus d’importance à ses yeux, ne devrait-il pas en être ainsi aussi pour nous ? N’avons-nous pas à lui donner la priorité, à « l’élever au-dessus de la première de nos joies » (Ps. 137. 6). C’était d’ailleurs l’état d’esprit d’un David qui, dans un élan d’amour, disait : « Si j’entre dans la demeure de ma maison, si je monte sur le lit où je couche…si je permets à mes yeux de dormir, à mes paupières de sommeiller, jusqu’à ce que j’aie trouvé un lieu pour l’Éternel, des demeures pour le Puissant de Jacob ! » (Ps. 132. 3 à 5)
Plus tard, hélas, ce ne sera plus la priorité des Israélites, qui entendent Dieu leur reprocher, par la bouche d’Aggée : « Est-ce le temps pour vous d’habiter dans vos maisons lambrissées, tandis que cette maison est dévastée ? » (1. 4) Alors, nous voyons au v. 9 que, puisque la priorité pour eux était « la » maison (c’est-à-dire la leur), alors que « ma » maison (c’est-à-dire celle de Dieu) « est dévastée », alors l’Éternel « a soufflé dessus », anéantissant tous leurs efforts. Quel avertissement pour nous, Occidentaux qui, plus de 2000 ans après, nous sommes petit à petit attachés à notre bien-être matériel !
– Puisque, pour Dieu, après sa maison, c’est celle de son serviteur qui a le plus d’importance, ne négligeons pas non plus nos maisons ! Pensons plutôt aux vérités suivantes :
* Sa maison (quant à sa position, et quant au fait que c’est Lui qui la bâtit) nous est présentée comme modèle pour nos maisons. Quel stimulation pour nous à refléter ce modèle !
* Dieu Lui-même nous est un secours des plus importants pour cela. Le monde sans Dieu ne peut comprendre ces choses, essayant de bâtir lui-même ses maisons sans le Divin Bâtisseur, et au mieux avec quelques valeurs morales, de ce fait inefficaces.
Dans un tout récent sondage, il ressort que la famille fait la quasi-unanimité des Européens, 96% d’entre eux voyant en elle une valeur essentielle – valeur, hélas, trop souvent dévalorisée par les faits. Mais dans le même sondage, on découvre que les choses de Dieu (appelées ici la religion) sont laissées loin derrière, en dernière position, avec seulement 39 %. Quelle illusion, l’un ne pouvant pas aller sans l’autre, comme nous l’avons vu !
* Tout ce que nous faisons, disons, pensons, dans nos maisons (choses qui leur donnent une certaine « atmosphère ») a une répercussion immédiate et inévitable sur celle de Dieu (et donc aussi sur son « atmosphère »). Il est, par exemple, illusoire de désirer la paix dans l’Assemblée, si elle n’est pas recherchée et goûtée dans nos maisons. Quel avertissement pour nous !
* Inversement, tout ce que nous faisons, disons ou pensons dans la Maison de Dieu a un effet (positif ou négatif) direct sur nos maisons. Si nous vivons tout pour l’Assemblée, quelle bénédiction pour nos maisons !
* Des deux points précédents, va-t’on en conclure qu’un domaine a plus de conséquences sur l’autre ? Lequel d’entre nous oserait s’avancer sur ce point ? En effet, les « deux maisons » (si l’on peut s’exprimer ainsi, puisqu’elles ne sont pas sur le même plan au niveau des affections divines) sont si intimement liées, si interdépendantes, qu’il est évident que ce qui est fait dans l’une a une conséquence immédiate sur l’autre. La preuve en est que « nous sommes sa Maison » tous les jours de la semaine, et pas seulement le dimanche !
* Enfin, pensons aussi au témoignage vis à vis de ce monde. La Maison de Dieu est un lieu spirituel, « abstrait » pour les gens du monde. Notre maison est située en un lieu géographique précis, concret, visible, souvent plus accessible à tous nos voisins. Ils ont ainsi, plus souvent, notre maison sous les yeux comme exemple. S’y dégage-t’il une atmosphère céleste ? Est-elle le reflet de cette Maison invisible pour les yeux de l’homme naturel ?
LE MARIAGE, BASE DU COUPLE
Le préalable essentiel au mariage chrétien
Dans notre entretien sur le choix de l’épouse, les fiançailles et le mariage, nous supposerons que la question du salut est déjà réglée. Si ce n’est pas encore le cas, chacun a pour lui-même la grande responsabilité de franchir cette étape essentielle de la vie chrétienne.
On voit bien par exemple que le choix d’Ésaü à l’égard du mariage a montré son état véritable. Il choisit d’abord pour femmes deux Héthiennes, ce qui était une véritable provocation (Gen. 26. 34 et 35 ; lire aussi Ex. 34. 11 à 16). Elles furent une amertume d’esprit pour Isaac et Rebecca. Plus tard, il voit son père bénir son frère Jacob et l’aider dans son choix d’une épouse (Gen. 28. 6 à 9). Il perçoit que les filles de Canaan sont mal vues d’Isaac. Alors, cherchant à regagner sa faveur, il va vers Ismaël et prend aussi pour femme une de ses filles. Ses motifs n’étaient pas de ceux que la crainte de Dieu inspire.
L’exemple du monde en la matière, exemple qui peut nous influencer
Ce n’est certainement pas le monde avec sa souillure qui peut nous donner dans ce domaine – comme dans tout autre – une direction convenable. Bien des motifs douteux ou franchement mauvais inspirent bien des mariages dans ce monde, et ils peuvent même se manifester chez des croyants s’ils laissent agir la chair.
Saül donne ainsi Mical à David, dans l’espoir, bientôt déçu, qu’elle lui soit en piège (1 Sam. 18. 21, 25 à 29). Plus tard, David, désobéissant à l’enseignement de la Parole de Dieu, épouse la fille du roi de Gueshur, Maaca. Avait-il des raisons matérielles pour le faire, ou était-ce par orgueil ou par convoitise ? En tout cas, le fruit de cette union sera la naissance d’Absalom, dont nous connaissons la triste histoire (2 Sam. 3. 3).
Nous pensons aussi au cas de Samson. Quels sont ses motifs pour épouser une Philistine, malgré les reproches de ses parents ? « Elle plaît à mes yeux » (Jug. 14. 1 à 3). N’est-ce pas une raison qui joue souvent un grand rôle pour amener un croyant à se placer sous ce que Dieu appelle pourtant « un joug mal assorti » ? (2 Cor. 6. 14)
Les bases sur lesquelles Dieu a institué le mariage
Nous devons retenir les bases sur lesquelles Dieu a établi le mariage et quelles sont donc ses directions à cet égard. « Et l’Éternel Dieu dit : il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Gen. 2. 18). « Et l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, et il dormit ; et il prit une de ses côtes, et il en ferma la place avec de la chair. Et l’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme (Isha) parce qu’elle été prise de l’homme (Ish). C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair (Gen. 2. 21 à 24).
On voit déjà dans ces versets de l’Écriture plusieurs des caractères fondamentaux du mariage dans la pensée divine. La femme est pour l’homme une aide qui lui corresponde, elle a été formée près de son cœur et donnée par Dieu à l’homme.
Désormais cet homme et cette femme sont inséparables devant Dieu : « une seule chair ». Dans la pensée divine, il n’y a pas de divorce. Ailleurs, dans l’Écriture, nous trouvons la confirmation d’un ordre selon Dieu (1 Cor. 11. 3) et des enseignements précis concernant les relations entre les époux (1 Cor. 7. 1 à 5 ; Héb. 13. 4 ; 1 Pier. 3. 7 en particulier) – et sur les relations avec les enfants, question qui sera abordée plus tard.
À propos du célibat
Mais avant de poursuivre ce sujet, il nous paraît opportun de parler du célibat, qui est souvent ressenti comme une frustration par les célibataires, quand ils se comparent à ceux qui sont mariés – et pourtant : « Celui qui n’est pas marié a le cœur occupé des choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur » (1 Cor. 7. 32). Les paroles du Seigneur (Mat. 19. 12) permettent de distinguer trois sortes de personnes :
– celles qui ne s’estiment pas aptes à se marier, par suite d’une infirmité de naissance. Mais la sollicitude du Seigneur est tout particulièrement engagée en faveur de ceux qui sont atteints d’une infirmité, et Il est puissant pour se glorifier en elle (Jean 9. 1 à 3 ; 2 Cor. 12. 9).
– celles qui ont été faites eunuques par les hommes. Ce sont, de nos jours, ceux qui renoncent au mariage, du fait d’ordonnances humaines. Ce qui jadis était opéré corporellement chez l’eunuque, l’est actuellement par des interdictions religieuses, contraires à l’enseignement de la Parole (1 Tim. 4. 3). Nous pensons aux prêtres sur lesquels pèsent cette interdiction, ce qui les conduit parfois vers toutes sortes de désastres moraux.
– celles qui renoncent volontairement au mariage, à la suite d’une décision du cœur de servir le Seigneur sans entraves (1 Cor. 7. 28, 32 et 34).
Les intérêts de Dieu peuvent plus librement remplir la vie d’un célibataire et y produire des effets heureux :
S’il s’agit d’un homme, le Seigneur sera vraiment le centre de sa vie et le désir de son cœur sera de Lui plaire à tous égards. L’apôtre Paul en est un exemple éloquent (1 Cor. 9. 5) et bien des frères à sa suite.
Quant aux jeunes filles célibataires, leur désir sera de garder la sainteté de corps et d’esprit, et de servir pleinement le Seigneur, sans être accaparées par les exigences d’une famille. Le souhait profond de maintes jeunes filles, qui est de se marier, n’est pas exaucé. Il s’ensuit des exercices cachés dont Dieu seul connaît l’intensité. Il sait de quelles sollicitations elles peuvent être l’objet de la part de jeunes gens inconvertis et l’opprobre qu’elles peuvent éprouver dans leur célibat. Mais le Seigneur saura manifester au temps convenable des fruits pour sa gloire dans l’obéissance à tout prix à sa Parole. Dieu bénira finalement les fidèles en contraste avec les épreuves présentes (És. 54. 1 ; 56. 3 à 5).
Selon l’enseignement de 1 Corinthiens 7. 37, celui qui a la conviction que le Seigneur l’appelle à Le servir sans être marié et reçoit la force de rester ferme, ayant pris cette décision dans le secret de son cœur, « fait bien » de rester tel qu’il est. Celui qui accepte sa condition de la main du Seigneur, comme don de grâce, recevra de sa part une vie bien remplie pour Lui.
Le « choix » d’une épouse
Pour le chrétien ayant à cœur de faire la volonté de Dieu, le « choix » d’une épouse sera celui du Seigneur, et non celui de sa volonté propre. En Proverbes 18. 22, il est dit : « Celui qui a trouvé une femme trouvé une bonne chose, et il a obtenu faveur de la part de l’Éternel ». Il s’agit donc de « trouver » celle que Dieu nous destine et non de « choisir » celle que nous voulons.
Cela ne se fera pas sous l’effet d’une impulsion subite. Ce sera le fruit d’un long exercice de prière, dans la dépendance du Seigneur et le respect des enseignements de sa Parole (Prov. 3. 6). Un des points essentiels étant l’amour réciproque, celui-ci doit être l’œuvre de Dieu seul, et Il prend le temps nécessaire pour cela.
On peut conseiller à un jeune frère qui envisage de demander en mariage une jeune fille pour laquelle il éprouve plus que de l’estime, de lire d’abord soigneusement Proverbes 31. 10 à 31. Ce sont les épouses qui bâtissent le foyer. Le prix d’une femme vertueuse est estimé au-dessus des rubis. Avant tout « le cœur de son mari se confie en elle et il ne manquera pas de butin ». « Elle lui fait du bien et non du mal, tous les jours de sa vie » (Prov. 31. 11, 12, 20, 26 et 27). « La femme qui craint l’Éternel, c’est elle qui sera louée » (v. 30).
Il est donc absolument exclu d’épouser une personne incrédule (Amos 3. 3 ; 2 Cor. 6. 14). Ce n’est qu’en se mettant pratiquement au même niveau que celui de l’incrédule que le croyant pourrait trouver une base commune pour marcher ensemble. Il ne peut en résulter que de la tristesse, toutes sortes de misères. Il y a des cas, très rares, où la grâce de Dieu opère. Sinon l’on est uni pour la vie avec quelqu’un qui sera loin de Dieu pour l’éternité ! Voilà des époux qui ne peuvent pas prier ensemble.
Les premiers pas ont souvent de grandes conséquences. Nous sommes en contact, à l’école, au travail avec les inconvertis. Il faut veiller à ne pas se mêler à eux. Être avec eux de pair à compagnon est dangereux car je suis un enfant de Dieu, et peut conduire au mariage. Si une jeune sœur, par exemple, n’accepte pas les attentions d’un incrédule, elle ne se mariera jamais avec lui ! Notre première réaction sera sans doute d’affirmer que jamais l’on n’envisagera un mariage avec un incrédule… Mais les affections qui peuvent se développer dans nos cœurs sont souvent imprévisibles. Attention aux petits commencements ! Comme nous avons besoin de veiller et de prier. Longtemps inaperçues, ces affections peuvent brusquement se révéler fortement enracinées. C’est comme une toile d’araignée, et la confiance en soi, que nous portons tous en nous, aidant, l’on peut se retrouver pris au piège comme Samson (Jug. 16. 20).
Si chacun suit les instructions de la Parole, bien des difficultés seront évitées. Chacun peut se marier avec celui vers qui le Seigneur le conduit, ce sera alors forcément « seulement dans le Seigneur » (1 Cor. 7), c’est-à-dire en reconnaissant son autorité.
Mais il nous faut préciser qu’une autre étape de la vie chrétienne à ses débuts aura normalement une grande influence sur le choix ultérieur d’une épouse. C’est le choix de la compagnie de croyants avec lesquels le Seigneur désire que je me souvienne de Lui dans la fidélité aux enseignements de l’Écriture et le respect de ses droits (Deut. 26. 2 ; Luc 22. 9). Comment pourrait-il y avoir une réelle unité si le mari et la femme, tout en étant l’un et l’autre des enfants de Dieu, n’ont pas la même pensée quant à l’enseignement des Écritures ? À-t-on pris ouvertement position pour le Seigneur en demandant sa place à sa table ? Un compromis, là encore, ne sera pas en bénédiction.
Et si les parents se rendent par conviction personnelle à un rassemblement différent (qui s’est formé ou non sur les bases scripturaires), les enfants aussi seront déboussolés, et peut-être finiront-ils par ne suivre ni l’un, ni l’autre des parents ! La lecture attentive de Nombres 27 et surtout de Nombres 36 place sur notre cœur à chacun cette pensée importante qui a été imposée aux filles de Tselophkhad. L’attachement à l’héritage conduira un cœur fidèle à se marier, selon le commandement de l’Éternel, dans la tribu de ses pères. « Elles deviendront femmes de qui leur semblera bon ; seulement qu’elles deviennent femmes dans la famille de la tribu de leurs pères, afin que l’héritage ne passe pas de tribu en tribu chez les fils d’Israël » (Nomb. 36. 6 et 7).
En pratique, il peut y avoir de grandes différences de personnalités, même entre croyants. Par exemple, une jeune fille élevée dans l’aisance sera-t-elle prête à épouser un jeune homme plutôt pauvre ? Il pourrait y avoir aussi le problème que pose une grande disparité physique (un jeune homme solide et une jeune fille plutôt maladive), sans compter les grandes différences d’âge, de langue, de peuple… Sur le plan spirituel, a-t-on le même désir de se dévouer au service du Seigneur ?
Les chrétiens, tout comme les autres hommes, varient grandement en caractère, en comportement. Leur état spirituel aussi varie beaucoup, et c’est une question importante, dont il faut se préoccuper bien avant le mariage. Sinon, les conjoints peuvent être très malheureux dans leurs relations. Il s’ensuit un triste témoignage devant le monde, et la communion avec le Seigneur laisse beaucoup à désirer.
Les fiançailles
C’est un engagement devant Dieu et les hommes. Un jeune croyant doit être attentif à ne pas s’engager vis à vis d’une jeune sœur, sans avoir à son égard des intentions sérieuses. Il en va de même pour la jeune sœur. C’est déshonorer le Seigneur que de se livrer, comme c’est l’usage dans le monde où nous vivons, au flirt ; et bien des cœurs peuvent être brisés par suite de cette triste conduite,
Répétons que c’est après un temps d’attente et de prière pour connaître la pensée de Dieu, que ce jeune homme et cette jeune fille peuvent se fiancer. Il faut un certain degré de maturité et de ressources pour qu’une nouvelle famille puisse se former sur des bases durables (Prov. 24. 27). L’amour ne résout pas tous les problèmes, en particulier si l’un des conjoints n’est pas assez mûr pour fonctionner sans ses parents. Faute d’études ou d’apprentissage, on peut ne pas avoir de travail qui permette de vivre, et c’est une pierre d’achoppement pour plus d’un mariage pour le jeune homme.
Le temps des fiançailles doit être un temps heureux, où l’on regarde ensemble au moment où on sera unis. C’est un temps sanctionné par l’Écriture (Jér. 2. 2). Pensons à Isaac et Rebecca, à Joseph et Marie. Ces derniers n’étaient pas encore mariés, mais ce moment est anticipé (Mat. 1. 20). « Marie, ta femme ». Il en va de même pour les chrétiens aujourd’hui « fiancés à un seul mari » (2 Cor. 1. 2). Il serait tout à fait inconvenant pour une jeune fille fiancée d’accepter des attentions de la part d’un autre jeune homme. Il en va de même pour un chrétien, s’il se complaît avec un monde souillé (Cant. 7. 13).
Fiancés, nous désirons montrer nos affections, notre amour. Mais il y a dans ce monde des jeux dangereux, des « ambiances » que des enfants de Dieu doivent soigneusement éviter. Manifester des affections est une chose juste et convenable à sa place, mais ce peut-être un piège dangereux pour celui qui se montre imprudent. Un instant de relâchement, un manque de vigilance donnent à notre ennemi et à notre chair, vite complice, l’occasion de se manifester. Les jeunes chrétiens élevés dans ce jour du plus grand relâchement possible dans ce monde, doivent se laisser guider par la Parole de Dieu et non par ce qu’ils peuvent voir autour d’eux. En parlant de ce qui se pratique ouvertement dans ce monde, la Parole parle de bêtes sans raison (Jude 10).
Répétons-le, montrer ses affections est une chose tout à fait convenable à sa place et Dieu nous a donné des capacités pour le faire. Mais une manière déplacée de le faire, et qui tend à se répandre, conduit à gratifier notre chair à bon marché. Ce qui a sa place dans le mariage, ne l’a pas pendant les fiançailles (1 Pier. 2. 11). Demandons au Seigneur de nous garder, nous en recueillerons plus tard les fruits, et le couple goûtera ensemble une joie réelle, celle que Dieu, dans sa grâce, a voulu lui donner de connaître en créant Ève, l’épouse dont Adam avait justement besoin.
LE COUPLE, BASE DE LA MAISON CHRÉTIENNE
Les principes divins
Sur le mariage chrétien
Dieu a voulu comme cacher dans le mariage ses pensées les plus précieuses. Son dessein était d’avoir « une épouse pour son fils » (Gen. 24. 4).
Le mariage est une institution de Dieu. C’est Lui qui prend l’initiative en Genèse 2. 18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Cette pensée sera confirmée par le Nouveau Testament, entre autres en Marc 10. 9 : « Ce que Dieu a uni… ».
Le mariage ne doit pas être rompu par l’homme : « que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10. 9). Il peut être rompu par la mort d’un des deux conjoints, c’est-à-dire par la main de Dieu. Selon 1 Corinthiens 7. 39 : « Si le mari est endormi, elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur ».
Le mariage est pour la terre : « Car, quand on ressuscite d’entre les morts, on ne se marie, ni on n’est donné en mariage, mais on est comme les anges dans les cieux ». (Marc 12. 25).
Le mariage ne confère, en lui-même, aucune grâce qui ait valeur éternelle (voir 1 Cor. 7. 28 à 31). Certes, nous pouvons glorifier le Seigneur dans le mariage et en cela il y a un gain éternel, mais tout autant dans le célibat.
2) Sur le couple
Le couple chrétien est un témoignage devant Dieu et devant les hommes, de ce qu’est l’union de Christ et de l’Assemblée. Voyons ensemble quelques passages fondamentaux.
Genèse 2 : « Dieu forma (ou bâtit) une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme » (Gen. 2. 21 et 22).
– Elle n’est pas tirée de son pied : elle ne sera pas une esclave.
– Elle n’est pas tirée de sa tête : elle ne sera pas le chef.
– Elle est tirée de son côté, c’est-à-dire près de son cœur : elle sera un être aimé.
– Elle ne sera pas une rivale, mais une « aide », un complément à ses côtés.
La chute est intervenue avec ses terribles conséquences, mais Dieu ne change rien à ses pensées et le Nouveau Testament confirme sous la pleine lumière de la révélation, ce que nous n’avions qu’entrevu sous les premiers rayons de cette révélation.
Éphésiens 5 : Le mari est le « chef » de la femme (Éph. 5. 23 ; 1 Cor. 11. 3). Il est le chef (ou tête), car il est une image de Christ qui est le Chef (c’est un titre précieux et glorieux du Seigneur Jésus, souvent mis en évidence dans les épîtres).
La fonction de chef a plusieurs caractères :
– Il domine (voir par exemple Rom. 14. 9).
– Il va devant, il conduit.
– Il commande, selon 1 Thessaloniciens 4. 16. Tout le commandement d’un corps humain est dans la tête. Un corps souffre si la tête ne commande plus. Cette fonction est donc essentiellement positive.
– Il travaille pour le bien et il avertit du danger, selon 1 Thessaloniciens 4. 16.
– Enfin, et ce n’est pas moralement le dernier de la liste, il montre l’exemple.
L’époux, comme Christ, a 3 fonctions, vis à vis de son épouse.
– « Il la sanctifie ». La Parole de Dieu lue, mais aussi les paroles du mari, auront cet effet.
– « Il la nourrit » : pas seulement en apportant par son travail les moyens de subsistance, mais aussi spirituellement. La piété personnelle du mari est donc essentielle.
– « Il la chérit » : dans l’original, ce mot a le sens de consoler.
Dans ce passage, il n’est demandé qu’une chose à l’épouse (comme à l’Assemblée) : la soumission : « Femmes, soyez soumises à vos propres maris comme au Seigneur ; parce que le mari est le chef de la femme… ». La raison biblique qui en est donnée est très claire : « … afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée » (Tite 2. 5). Ce caractère semble, ici, être la condition nécessaire pour que l’épouse (et l’Assemblée dont elle est l’image) puisse profiter pleinement du service d’amour de son mari (service imparfait vu dans le mari – parfait vu en Christ).
« Maris, aimez vos propres femmes ». Il ne pourrait être une image de Christ sans cela. C’est l’exhortation capitale qui lui est faite et qui conditionne les trois fonctions précitées. Cet amour doit être selon Dieu, « versé dans nos cœurs par le Saint Esprit » (Rom. 5. 5 ; Gal. 5. 22), et dans ce cas-là, il s’exercera quelle que soit la réponse à cet amour.
Il n’y a sans doute rien que l’on commande moins à l’homme, et pourtant Dieu nous exhorte environ 25 fois dans le Nouveau Testament à nous aimer l’un l’autre et entre autres : « Maris, aimez vos propres femmes ». L’exhortation est là, de la part de Dieu, reconnaissons humblement que son appel est souvent nécessaire (voir aussi Col. 3. 19).
Une seule fois, en Tite 2. 4, il est dit que les jeunes femmes doivent être « instruites à aimer leurs maris », la chose semblant souvent plus naturelle à une femme qu’à un homme.
1 Pierre 3 : « étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie » (1 Pier. 3. 7). Voici une expression bien touchante pour nous dire que les époux croyants ont une part commune à la grâce de Dieu. Ils ont cet héritage en commun. Sur ce plan-là, ils sont égaux. Mais ils ne le sont pas quant à la nature : la femme est « un vase plus faible, c’est-à-dire féminin ».
Le mari est particulièrement exhorté à ne pas oublier ces deux éléments, « pour que vos prières ne soient pas interrompues ». Le couple est donc appelé à prier d’une façon ininterrompue. Le couple où l’on ne prie pas est, a-t-on dit, « une maison sans toit ouverte à toutes les intempéries ».
1 Corinthiens 7 : « afin que vous vaquiez à la prière, et que vous vous trouviez de nouveau ensemble… » (1 Cor 7. 5). La prière en commun n’enlève nullement la responsabilité et le privilège de la prière individuelle, alimentant la piété personnelle qui viendra renforcer l’unité et la communion du couple.
Ce passage de 1 Corinthiens 7. 3 et 4 nous montre que Dieu a placé des joies particulières dans la vie conjugale, et mari et femme sont exhortés à ne pas se « frustrer » l’un l’autre sans consentement mutuel, ce qui déstabiliserait le couple. « Frustration » ou « consentement mutuel » : il faut toujours choisir la seconde solution « afin que vous vaquiez à la prière ».
« Afin que vous vaquiez à la prière » (v. 5) : le Saint Esprit ne présente pas le couple comme se suffisant à lui-même dans des joies qui pourraient devenir égoïstes, mais se privant « pour un temps » de celles-ci, « d’un consentement mutuel » pour vaquer à la prière, en intercession ou en supplication, pour tous les besoins qui les entourent. Quel équilibre béni mais fragile, car Satan pourrait déséquilibrer le couple par un service spirituel accaparant (fin du v. 5).
Pourquoi l’apôtre Paul nous entretient-il de telles choses ? « Par indulgence, non comme commandement » (v. 6).
B – Quelques exemples de vies conjugales et leurs leçons respectives
Adam et Ève (Gen. 3) : Satan, vu dans le serpent, tente Ève, c’est-à-dire « le vase plus faible ». N’aurait-elle pas dû parler de la proposition du diable à son mari, au lieu de dialoguer avec le serpent ? Pour les choses importantes, une épouse doit s’enquérir de la pensée de son mari, pour qu’ils décident ensemble.
Autre domaine important : le choix du prénom des enfants. Ève n’a pas non plus, semble-t-il, demandé conseil à son mari pour donner les noms de ses enfants (Gen. 4. 1 et 25). Un changement intervient au ch. 5. 3 : c’est Adam qui nomme Seth. Quant à la contradiction apparente entre les chapitres 4. 25 et 5. 3, nous citons G. C. Willis (dans « Aux parents de mes petits-enfants » p. 18 et 19) : « Nous pensons apercevoir quelque chose de cette unité de pensée et d’action à la naissance de Seth, puisque le ch. 4. 25 paraît contredire le ch. 5. 3, tandis qu’ils se complètent ».
Lémec et ses deux femmes (Gen. 4. 23) : c’est le premier homme à avoir deux femmes, ce qui constitue une déviation par rapport à la volonté de Dieu. C’est l’image déplorable d’un couple en révolte contre Dieu, où la chair gouverne (voir v. 23).
Abraham et Sara (Gen. 12 à 23) : c’est le couple sur lequel il nous est donné le plus de détails dans la Parole.
En Genèse 12. 11 à 13, ils conviennent entre eux de dire un mensonge ; un « demi-mensonge » diront les opportunistes, puisqu’elle est sa demi-sœur (fille de son père, mais pas de sa mère), mais Dieu juge que c’est un mensonge. Ils récidiveront en Genèse 20. 2, ce qui est toujours plus grave, mais jugeront le péché en Genèse 20. 12. Toutefois, cela a constitué un mauvais exemple pour leur fils (26. 7). Il est nécessaire de dire la vérité aux autres et aussi au sein du couple.
D’autre part, nous pouvons penser qu’Abraham aimait beaucoup Sara, mais toutefois pas assez pour mourir pour elle : « Ils me tueront » (à la différence de Christ pour l’Assemblée).
En Genèse 16. 2, « Abraham écouta la voix de Sara », ce qui est en l’occurrence la voix de la chair impatiente et aigrie. Ni l’un ni l’autre ne s’attache en ce moment à la sûre promesse de Dieu, et Ismaël naît, ancêtre des Arabes, peuple ennemi d’Israël. Certes, un mari doit écouter la voix de sa femme, mais seulement quand celle-ci « ouvre sa bouche avec sagesse » (Prov. 31. 26). D’autre part, un des conjoints doit relever l’autre quand il est défaillant quant à sa foi (cf. Éccl. 4. 9 et 10).
En Genèse 21. 10 à 12, Sara a recouvré le discernement spirituel de la pensée de Dieu, aussi son mari peut, sur l’ordre divin, écouter sa voix : « Chasse la servante et son fils ». Il faut chasser la chair (non pas quant à sa présence, mais quant à ses manifestations) de nos foyers pour que le Divin Isaac soit à l’honneur.
Isaac et Rebecca (Gen. 25 à 27) : c’est l’image d’un couple qui commence bien, mais finit mal. « Et Isaac pria instamment l’Éternel au sujet de sa femme » (25. 21). Prions pour nos épouses, comme Isaac. Il y a aussi de la piété chez Rebecca : elle consulte l’Éternel (v. 22). Mais les enfants vont désunir ce foyer, par la faute même des parents : « Isaac aimait Ésaü car le gibier était sa viande, mais Rebecca aimait Jacob » (v. 28). Attention aux préférences, non à cause d’Ésaü lui-même mais à cause d’un met. Triste fin : Rebecca va tromper son mari aveugle. Sa dernière parole relevée par l’Écriture est désespérée . « J’ai la vie en aversion… à quoi bon pour moi de vivre » (v. 46). Elle mourra sans revoir son « préféré ».
Jacob et Rachel (et Léa) (Gen. 29 et 30) : « Jacob servit pour Rachel sept années et elles furent à ses yeux comme peu de jours, car il l’aimait » : belle image de Christ qui s’est acquis l’Assemblée. Mais trompé, Jacob a deux épouses, Rachel et Léa, ce qui amène dans ce foyer rivalité, amertume, aigreur, souffrance : ce qui n’est pas selon la pensée de Dieu produit toujours ces résultats. Pour notre avertissement, l’Esprit de Dieu nous rapporte une « scène de ménage » (30. 1 et 2). Jacob dit ici à sa femme une chose juste, mais n’y met pas le bon ton : et nous ? Après ce moment d’aigreur, un travail précieux se fera dans l’âme de Rachel (v 22 et 23) et Dieu donnera Joseph.
Il est précieux de relever que l’amour de Jacob pour Rachel se maintiendra vivant jusqu’au bout de leur course ensemble, et le souvenir en demeurera bien des années après (voir Gen. 48. 7). Un amour fort, malgré des défaillances.
Moïse et Séphora (Ex. 4. 25) : Séphora, n’étant pas du peuple de Dieu quant à son origine, semble heurtée par la pratique de la circoncision. Toute jeune fille apporte avec elle un bagage de coutumes et de sensibilités, lié à sa culture, à son rang social, à la famille où elle a vécu avant le mariage, aux amis qu’elle a fréquentés… Elle devra, dans sa vie conjugale, abandonner certaines de ces choses, surtout si elle s’unit à un serviteur de Dieu. Car l’essentiel, c’est d’avoir ensemble la pensée de Dieu. Séphora s’y soumet quand elle voit son mari en danger de mort, mais vraiment à contrecœur : « Tu m’es un époux de sang » (v. 25).
L’a-t-elle suivi pour sa mission difficile en Égypte ? Il semble que non, puisqu’elle vient avec ses fils et son père vers Moïse à la montagne de Dieu après la sortie d’Égypte (18. 5). À-t-elle rebroussé chemin dans le désert, comme Marc plus tard ? On ne sait pas. Cela nous montre qu’il n’est pas facile de marcher aux côtés d’un serviteur de Dieu, et une jeune fille doit « calculer la dépense » – et aussi en discerner tout le privilège.
Manoah et sa femme (Jug. 13) : Dans ce temps si sombre du livre des Juges, il est précieux de rencontrer un tel foyer. Ce qui les caractérise : communion, intimité, partage. Il est important de se parler entre époux (v. 6, 10, 22 et 23). L’épouse semble ici plus spirituelle que son mari : c’est elle qui le rassure. Remarquez dans sa réponse sa logique de foi. C’est vraiment une femme vertueuse : « le cœur de son mari » a tout lieu de « se confier en elle ». Sa soumission et son effacement sont tels que son nom n’est pas donné, sinon qu’elle est « la femme de Manoah ».
Élimélec et Naomi (Ruth 1. 1 à 3) : Sous la pression de la famine, ils quittent Bethléem pour s’en aller aux champs de Moab, sans consulter Dieu. C’est l’exemple d’un foyer où il n’y a pas de dépendance, pas de prières communes pour demander le vrai chemin à Dieu. Les conséquences en sont tristes.
Elkana et Anne (et Pennina) (1 Sam. 1) : C’est toujours le même constat : il y a souffrance et difficulté supplémentaires, quand l’on s’éloigne de la pensée de Dieu. Nous avons, dans ce foyer, à la fois le spectacle émouvant d’un mari aimant, mais impuissant devant le chagrin et la souffrance de sa femme, dus à une rivalité.
Un bon conseil en pareille circonstance aurait été : « Parles-en directement à Dieu ». C’est ce qu’Anne a fait, obtenant soulagement et délivrance. Dieu donne Samuel, et ce couple sort, nous le voyons, fortifié de ce moment de crise : … « d’année en année, quand elle montait avec son mari pour sacrifier le sacrifice annuel » (2. 19).
Tout mari a devant lui, un jour, une épouse en pleurs ; les raisons en sont plus ou moins graves et plus ou moins cachées : « C’est un vase plus faible, c’est-à-dire féminin ». Souhaitons, en apprenant d’Elkana et d’Anne, que l’issue en soit aussi heureuse que dans leur foyer…
David et ses femmes (2 Sam.) : Dieu a supporté, sous l’ancienne alliance, même chez ses serviteurs, la polygamie, mais cela, sans jamais l’approuver et en laissant les conséquences avoir leur cours. Au foyer de David, c’est surtout la rivalité entre les enfants de ces différentes femmes….
Mais la grande leçon de la vie de David, c’est qu’aucun couple n’est à l’abri de l’adultère (2 Sam. 11) : l’un des conjoints infidèle à l’autre, le mari étant certainement plus exposé à manquer. Nous devons tous nous encourager à être fidèles l’un à l’autre, car c’est « la volonté de Dieu » de 1 Thessaloniciens 4. 3. Veillons aussi à ce que notre attitude ne pousse pas l’autre à l’infidélité…
Achab et Jézabel (1 Rois 21) : « Achab se vendit pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, sa femme Jézabel le poussant » (v. 25). C’est le couple le plus sinistre de la Parole, par leur vie et par leur mort. Celle qui aurait dû être « une aide » « pousse » encore davantage son mari dans le mal.
Job et sa femme : la femme de Job n’est pas « une aide » pour son mari dans l’épreuve mais, alors que naturellement la souffrance tend à nous aigrir, Job répond avec douceur et respect à cette première « consolatrice fâcheuse » : « Tu parles comme parlerait une des insensées… » et non pas : tu es insensée (Job 2. 10). La chair ne répond pas à la chair, ici, comme au foyer de Jacob et Rachel (voir plus haut).
Le Bien-Aimé et la Bien-Aimée du Cantique des Cantiques constituent un sujet trop élevé pour qu’il soit développé ici.
Zacharie et Élisabeth (Luc 1) : le Saint Esprit peut rendre un témoignage précis à la justice pratique de ce couple âgé : « Ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du Seigneur, sans reproche » (v. 6). Toutefois, cette fidélité ne garantit pas l’absence d’épreuves : « Ils n’avaient pas d’enfant » (v. 7). La ressource pour eux, et pour nous en pareil cas : la prière. C’est un merveilleux exemple d’un couple uni, en prières. « Ne crains pas Zacharie, parce que tes supplications ont été exaucées… » et Dieu leur promet Jean. La foi première de ce mari faillira (v. 18 à 20), mais restauré, il prophétisera rempli du Saint Esprit à la gloire de son Dieu (v. 67 à 79). Élisabeth, elle aussi remplie du Saint Esprit (v. 41), se maintient à un niveau élevé.
En somme, c’est un couple âgé (v. 18), uni dans le même discernement de la pensée et de la gloire de Dieu.
Anne et son mari (Luc 2) : « Anne vécut avec un mari sept ans depuis sa virginité et veuve d’environ quatre-vingt-quatre ans » (v. 36). Bien courte vie conjugale – seulement sept ans – hélas interrompue par la mort de son époux, par la volonté de Dieu. Refusera-t-elle d’être consolée ? Elle trouve dans son Dieu une compensation précieuse à sa solitude et son long veuvage est bien rempli à la gloire de Dieu ! Luc 2. 36 à 38 :
– « Elle ne quitte pas le temple… » : la présence de Dieu.
– « … servant Dieu… » : le service de Dieu.
– « … en jeune et en prière nuit et jour… » : une sainte et continuelle relation avec Dieu.
– « … louait le Seigneur… » : une adoration pour Dieu.
– « …parlait de Lui… » : un témoignage pour Dieu.
– « …à ceux qui attendaient la délivrance » : unie à d’autres dans l’espérance de Dieu.
Ananias et Saphira (Act. 5) : ce couple est uni, mais pas pour une bonne cause : « Ananias, de connivence avec sa femme » (v. 2), ment « à l’Esprit Saint » (v. 3), « à Dieu » (v. 4). Ils ont « convenu entre eux de tenter l’Esprit du Seigneur » (v. 9) et leur cœur (v. 3 et 4) est la source de ce manque de droiture.
Dans le domaine matériel, financier (déclarations de tout ordre…!) que d’occasions de frauder comme le monde et comme ces deux conjoints de concert. N’y aura-t-il, comme ici, aucun des deux pour dire : « Je crois qu’il nous faut finalement marcher avec droiture devant le Seigneur, quoiqu’il nous en coûte, maintenant ».
Aquilas et Priscilla : ils sont toujours nommés ensemble dans le Nouveau Testament, et cela à six reprises. Ce sont deux inséparables.
En Romains 16, on voit qu’ils tirent ensemble au joug, « le joug aisé » du Seigneur pour « l’Œuvre du Seigneur », exposant ensemble leur vie pour celle de Paul (v. 4). C’est un couple à qui étaient redevables toutes les assemblées des nations (v. 4) et qui loge l’assemblée (v. 5).
En Actes 18. 26, c’est un couple, qui avec tact et amour, peut apporter un complément précieux à la grande connaissance d’Apollos.
Avaient-ils des enfants, une famille à eux ? Il est possible que non. Mais ils ont œuvré pour la grande famille de Dieu. Avons-nous de l’émotion devant un tel témoignage rendu à ce couple, ou bien parlons-nous encore « de la terre » (Jean 3. 31), mais nous avons envie de dire qu’au tribunal de Christ, le jour des récompenses, ils seront encore côte à côte (comme Abraham et Sara en Hébreux 11).
C – Quelques conseils pratiques
Trois conseils de base peuvent être donnés aux couples :
– Savoir se pardonner (Col. 3. 13). Il serait bien surprenant que la chair agisse partout, sauf au sein du couple. Avons-nous déjà dit à notre conjoint : « Je te demande pardon » ?
– Savoir s’accepter l’un l’autre, accepter l’autre dans ses faiblesses et ses infirmités, sans chercher constamment à les stigmatiser ou à les faire disparaître, sachant que nous-mêmes nous avons d’autres défauts. Ne pas le ou la comparer avec une autre personne. Attention, à ce sujet, aux présences trop proches dans les jeunes foyers (jeunes filles au pair, autre couple dans la maison, etc…).
– Manifester beaucoup de patience et de grâce, en somme le « fruit de l’Esprit » de Galates 5. 22.
Pourquoi l’homme sage a-t-il « foui profondément » pour bâtir sa maison sur le roc ? (Luc 6. 47 à 49) Parce que le fleuve, l’inondation va se jeter tôt ou tard contre sa maison. Ainsi les foyers chrétiens, nos foyers, sont oppressés par Satan et le monde de l’extérieur, et par la chair des conjoints de l’intérieur. Il faut, pour résister, que les fondations soient bonnes (voir « pré-fiançailles » et « fiançailles ») et une vigilance constante, mais surtout la seule grâce de Dieu.
Attention aux petites fissures qui vont s’agrandir, telles dans un barrage… Les choses sont à régler chaque jour ! Éphésiens 4. 26 nous dit : « Que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ». Le mari est particulièrement exposé à « s’aigrir » contre son épouse (Col. 3. 19). Colossiens 3. 12 nous parle de « longanimité », mot qui signifie « long souffle ». Avant de parler, et pour éviter la colère, prenons le temps de respirer ! (voir aussi Job 32. 20)
Mais si une fissure grave est déjà là, que faire ?
Foyers en difficulté
Pouvons-nous aider un foyer en difficulté ? Il est très difficile d’aider un foyer, même si on désire le faire de la part du Seigneur ; si le couple le demande, les choses peuvent être différentes.
Les couples en difficulté devraient avoir la liberté d’aller ensemble voir un frère (ou un autre couple) de l’Assemblée, connu pour sa piété, son expérience de la vie conjugale, et pour sa discrétion, pour lui dire : « Nous ne savons pas ce qui nous arrive, mais depuis quelque temps, nous ne nous comprenons plus… ». Ce frère, peut alors les aider à regarder vers Celui qui « fait tout » (Éccl. 11. 5).
Pourquoi devons-nous régler un conflit conjugal ?
– Parce qu’il est un déshonneur pour Dieu, qui a inscrit dans cette union des choses si merveilleuses.
– Parce qu’il ne fera que s’aggraver et qu’il est un « divorce en puissance », c’est-à-dire une séparation qui n’est pas dans le plan de Dieu (Mat. 19. 9).
– Parce que Satan se cache derrière et cherche à nous diviser.
– Parce que nous sommes tous les deux malheureux.
– Parce que nous rendons malheureux ceux qui nous entourent : « Si un membre souffre, tous souffrent avec lui ».
– Parce que cela ruinerait rapidement notre service pour le Seigneur.
– Parce que nous risquons de troubler nos frères et sœurs dans l’assemblée locale (et affaiblir l’Assemblée).
– Parce que nous sommes appelés à « demeurer » ensemble.
– Parce que le Seigneur le veut, et peut nous aider…
Voilà beaucoup de raisons de nous « réconcilier » (1 Cor. 7. 11) !
Comment devons-nous régler un conflit conjugal ?
– Nous humilier ensemble devant le Seigneur de cet état de choses.
– Lui demander son secours indispensable dans une prière commune.
– Se pardonner les torts. Dire à haute voix à son conjoint : « Je te demande pardon ». Rien ne « débloquera » autant l’autre, et il est bien rare que les torts soient d’un seul côté.
Nous ferons alors l’expérience précieuse de la délivrance que le Seigneur accorde à ceux qui se placent loyalement, droitement devant lui, et nous serons encore plus unis après l’orage qu’avant.
Pourquoi n’avons-nous pas pu régler ce conflit conjugal ?
– Parce que nous n’avons pas dit à notre conjoint : « Viens, nous allons confesser au Seigneur, dans la prière, ce désaccord et Lui demander qu’Il nous aide à trouver une solution.
– Parce que notre orgueil (Prov. 13. 10) ne veut pas céder devant l’autre et nous empêche de dire : « Je te demande pardon ».
– Parce que nous ne le voulons pas vraiment.
– Parce que nous idéalisons le mariage et avons des exigences irréalisables.
À propos des relations d’un jeune foyer avec les parents.
Les parents doivent offrir un espace de liberté au jeune couple. « L’homme quittera son père et sa mère » : « l’homme » car il ne doit pas y avoir deux chefs dans un foyer. Le jeune foyer est dorénavant responsable de ses décisions.
La promiscuité du jeune foyer avec celui des parents a été un sujet de souffrances pour bien des générations. Attention aux « maisons pleines de personnes et de problèmes » (!), selon l’expression d’un frère. Le mariage de leurs enfants doit marquer la fin de l’influence journalière et du contrôle immédiat des parents, ce qui n’empêchera pas aux enfants de les « honorer ».
Divers autres conseils :
Il est nécessaire aussi qu’il y ait de la « transparence » dans le couple : ne rien cacher à sa femme ou à son mari (comme Rachel avec les théraphim : Genèse 31. 32). Exemple : s’il y a une attirance coupable pour une tierce personne, pourquoi ne pas en parler à son conjoint ? Cela donnerait la possibilité de prier ensemble à ce sujet, et le péché serait jugé en son germe… Cela ne veut pas dire quand même qu’il faille tout lui dire (problèmes d’assemblée, compte-rendu « détaillé » des réunions d’administration…).
Donc, ne rien cacher, mais ne pas charger outre mesure inutilement son conjoint. Il faut apprendre à « être vrai dans l’amour » (Éph. 4. 15), et il y a des vérités qui blessent.
Au sujet des combats spirituels à mener : un jeune frère, nouvellement marié, devra-t-il s’engager dans de grands combats spirituels pour le peuple de Dieu ? La sagesse de Dieu dans un passage comme Deutéronome 24. 5 doit être plus sage que la nôtre !
D’autre part, sachons ménager davantage « d’espaces de liberté » pour notre conjoint. Cela demande des petits « sacrifices », des petites attentions de tous les moments.
L’homme doit « se réjouir de la femme de sa jeunesse » (Prov. 5. 15 à 20) – même si elle n’est plus aussi jeune qu’elle ne l’a été. L’épouse cherchera encore « à plaire à son mari » (1 Cor. 7. 34).
Au sujet de l’infidélité (ou adultère) : le mari est certainement plus exposé à ce danger. Son épouse en sera consciente et cherchera à l’aider par les moyens que lui suggérera son amour.
Travail des épouses à l’extérieur du foyer : 1 Timothée 5 et Tite 2 délimitent clairement le cercle premier de la femme : la maison. Mais là aussi, il faut respecter le choix de son épouse, tout en recherchant les véritables motivations (gagner plus d’argent « superflu », augmenter son « standing de vie », avoir son indépendance financière vis-à-vis de son conjoint… ?).
Des solutions intermédiaires peuvent être trouvées, laissant la possibilité de s’occuper de ses enfants (mi-temps, métiers avec des horaires peu contraignants…). Dans tous les cas, ne sacrifions pas notre foyer, mais recherchons son équilibre.
Adoption d’un enfant. L’Écriture ne semble pas la proscrire, puisque le Saint Esprit prend même cette image pour parler de ce que Dieu a fait à notre égard… Toutefois, là aussi, il faut que nous soyons conduits par Dieu et par un dévouement vrai – non pas pour être mû par une volonté propre qui voudrait se procurer ce que Dieu ne nous a pas accordé dans sa sagesse.
Limitation des naissances : Dieu nous a-t-il donné des moyens naturels ? L’abstinence momentanée ne serait-elle pas une forme de « tempérance » (c’est-à-dire de maîtrise de soi) qui est un « fruit de l’Esprit » ? « Contre de telles choses, il n’y a pas de loi » (Gal. 5. 22 et 23).
Pouvons-nous « user » (1 Cor. 7. 31) des moyens mis à notre disposition par le monde moderne ? Chaque couple doit en faire un sujet particulier de prières devant le Seigneur dans la droiture de son cœur. Il nous montrera certainement ce qu’Il approuve ou désapprouve, et cela dans les différentes étapes de la vie du couple.
Deux écueils à éviter :
– Imiter d’autres couples (mêmes chrétiens) sans exercices personnels, et donc faire les choses en l’absence de convictions personnelles.
– Imiter « les principes du monde » (1 Jean 4. 5) qui sont en ce domaine comme en d’autres : tout contrôler, tout gouverner, tout programmer. Et d’ailleurs, Dieu aura tôt fait de nous montrer que, dans ce domaine aussi, Il est celui qui seul décide !
Deux paradoxes à accepter :
– Nous sommes responsables de nos actes dans ce domaine, comme dans d’autres.
– Dieu est souverain : s’il veut nous donner une grande famille, c’est une bénédiction que nous ne devons pas refuser. Les voies de sa sagesse sont merveilleuses (voir le témoignage ci-dessous).
Ainsi, laissons-nous conduire par une telle sagesse.
« … et un petit enfant les conduira » Ésaïe 11. 6.
Sauvés par un nouveau-né
Un de mes plus grands privilèges au cours de mes voyages, est de pouvoir rendre visite à des missionnaires dans le monde entier.
Ceux d’entre nous qui jouissons du confort et de la sécurité de nos maisons en Occident, ne peuvent imaginer ce que peut être la vie d’un missionnaire. Souvent, ils n’ont pas d’eau potable et ne peuvent se procurer que la nourriture la plus simple. Ils sont menacés en permanence par toutes sortes de maladies et d’infections. Certains vivent à des endroits très sauvages, où leur vie est constamment en danger. À ma grande tristesse, mais pour la gloire de Dieu, je dois dire que la liste des hommes et des femmes qui, par amour pour Christ, laissent leur vie sur le champ missionnaire, s’allonge de jour en jour. Ils sont généralement aux premières lignes du front, souvent à des postes isolés, mais ils savent que le Maître qui les y a placés se tient à leurs côtés.
Un jour, j’ai rendu visite à un couple missionnaire qui habitait un coin très retiré de l’Afrique. Leur petite maison était nichée dans un paysage de rêve avec une vue magnifique sur des lacs et des montagnes. Ils possédaient très peu de biens de ce monde, mais ils étaient riches en grâce et vivaient dans un site que beaucoup de gens fortunés auraient payé très cher. Dans leur petite cabane vivaient entassés leurs six enfants, dont le dernier n’avait que quelques mois. « Suivez-moi », me dit la femme du missionnaire en prenant le bébé et en sortant de la maison. « Je voudrais vous raconter une histoire ». Nous nous sommes assises sur un banc. À nos pieds s’étalait un panorama grandiose. On voyait partout des montagnes couvertes de forêts et parsemées de lacs et de cascades.
C’est souvent une lourde charge pour un missionnaire d’avoir une famille nombreuse, me confia-t-elle. Le moment vient où on est obligé d’envoyer ses enfants dans son pays d’origine, parce que par ici il n’y a pas de bonnes écoles. Nous essayons donc d’en profiter au maximum, aussi longtemps qu’ils sont petits.
Elle se tut un instant et regarda l’enfant endormie dans ses bras.
Quand elle reprit, sa voix tremblait d’émotion : quand j’ai appris que j’allais avoir un autre enfant, je me suis rebellée contre Dieu.
Nous avions déjà cinq enfants en bas âge et il ne me semblait pas que c’était juste que je sois obligée d’en porter un sixième. Ma santé n’était pas des meilleures et la perspective de la venue de cet autre enfant me rendait triste et malheureuse ».
Pendant qu’elle parlait, des larmes coulaient sur ses joues.
« Ce n’était donc pas assez d’avoir cinq enfants ? Que n’ai-je pas crié à Dieu ! Par moments, je souhaitais même qu’il me fasse perdre cet enfant.
Puis vint le moment où je devais accoucher. J’étais très faible et il n’y avait pas de médecin dans les parages. Nous n’avions personne pour garder les enfants, aussi mon mari nous a-t-il tous embarqués dans la voiture et conduits dans une ville où il y avait un bon hôpital missionnaire. Nous y sommes restés jusqu’à la naissance du bébé ».
La petite commença à bouger dans ses bras. Elle s’étira, puis se mit à bailler. Elle était si mignonne. La voix de la maman devint très tendre. « En rentrant chez nous avec notre nouveau-né, nous avons appris que pendant notre courte absence, les redoutables Mau Mau avaient fait un raid dans la région et y avaient massacré tous les blancs. Si nous avions été là, ils nous auraient également tués ».
Elle serra le bébé contre sa poitrine. Les larmes coulaient toujours sur son visage. « La petite chérie, c’est Dieu qui l’a envoyée pour nous sauver la vie. Plus jamais, je ne me révolterai contre les voies de Dieu ».
Mariés tous deux inconvertis, j’ai appris à connaître le Seigneur : dois-je quitter mon mari (ou ma femme) incrédule ? Lire attentivement 1 Corinthiens 7. 12 à 17 et 1 Pierre 3. 1.
Le couple et l’argent : Apprenons à vivre avec ce que le Seigneur nous a donné et nous donne, en faisant attention aux dettes (elles ont de bien tristes compagnons en 1 Samuel 22. 2) !
Laissons de la place à la vie de la foi (Mat. 6. 24 à 34). Pour cela, il est important d’avoir sensiblement la même « mesure de foi », sinon il peut y avoir des tensions.
Prières en commun : L’homme, par principe, est la bouche de la femme. C’est lui le chef. L’amen que sa femme dira à ses prières équivaut à un consentement (cf. Nomb. 5. 22). Mais une question se pose : peut-elle prier à voix haute devant lui ? Les avis divergent suivant les couples. C’est justement au couple à décider ensemble, en évitant absolument que le mari « fasse pression » sur la conscience de sa conjointe ! En tout état de cause, la prière orale par les deux est vécue par bien des couples comme une réelle bénédiction.
Et si le rôle est inversé entre l’homme et la femme (celle-ci prenant l’ascendant sur son mari) ? Juges 4. 9 nous dit que ce n’est pas à l’honneur de l’homme qu’il en soit ainsi. Mais là encore, il nous faut nous garder de juger de manière extérieure tel ou tel couple, les torts, dans ce domaine, étant souvent partagés, et rechercher patiemment l’équilibre et l’harmonie voulue par Dieu dans le nôtre.
Le divorce : Quelle que soit notre vision sur ce sujet dont la réalité, hélas, nous environne dans ce monde de toutes parts, il y a des principes simples dont il est important de nous souvenir.
Nous ne pouvons que mettre ce sujet en dernier dans notre exposé, car il est l’échec de tout ce qui a précédé, et il faut qu’il nous apparaisse comme tel. Il n’est pas avant tout l’échec du mariage, mais l’échec de la recherche patiente, volontaire, persévérante, de l’harmonie de la vie conjugale de tous les jours, et cela, bien davantage dans le foyer chrétien. Le divorce est l’accumulation de petits divorces en puissance, de petites fissures non colmatées, de petits péchés non confessés. Le divorce, comme toute division, est un échec global dû à une multitude de petits échecs.
Moïse n’a-t-il pas parlé de lettre de divorce, font remarquer les pharisiens en Matthieu 19. « À cause de la dureté de votre cœur » leur répond le Seigneur. « Au commencement, il n’en était pas ainsi » (v. 7 et 8).
Le Seigneur n’entrevoit-il pas cette possibilité du divorce « pour cause de fornication » (v. 9). Oui, seulement dans l’évangile du Royaume où tout acte d’infidélité est et sera sanctionné (c’est dans ce sens que Dieu prend cette image pour expliquer ses voies gouvernementales en discipline pour son peuple infidèle, mais dans un but de restauration et non pas de rejet définitif. Par exemple : Osée 2. 2, mais v. 14 à 17 ; Ésaïe 50. 1, mais Ésaïe 54. 7). Mais non pas dans l’évangile du Serviteur (Marc 10) où le divorce ruinerait invariablement le service du serviteur du Seigneur.
Dans tous les cas, le divorce définitif n’est jamais présenté dans l’Écriture comme un moyen de régler des conflits conjugaux – encore pire, d’être à un autre. Nous devons plutôt rester ensemble et les régler, selon ce qu’on a dit plus haut…
Conclusion
La sagesse et l’amour de Dieu ont institué le mariage et ordonné la vie conjugale. Il voudra certainement nous aider à réaliser dans nos foyers une bienheureuse harmonie.
Ce sera le plus beau cadeau que nous pourrons donner à nos enfants.
LES RELATIONS ENTRE LES PARENTS ET LES ENFANTS
Introduction
Le foyer chrétien est une sphère privilégiée dans laquelle les relations entre parents et enfants sont appelées à s’exercer dans le Seigneur. Il est remarquable de constater qu’Éphésiens 6. 1 à 4 et Colossiens 3. 20 et 21 placent justement ces relations « dans le Seigneur », c’est-à-dire là où son autorité est reconnue. Cela est de toute importance à considérer, et c’est ce qui nous démarque d’un monde qui vit comme il peut, avec les références qui sont les siennes.
Première partie : enseignements donnés aux enfants vis-à-vis des parents
Ce que Dieu demande aux enfants pourrait se résumer simplement en trois mots : obéir, écouter, honorer. Et ce qu’un enfant apprend là dans sa relation avec ses parents, c’est aussi ce qu’il va être appelé à vivre dans sa relation avec Dieu. Voilà ce qui fait l’importance de ces relations et les place d’emblée à un niveau élevé.
Obéir
L’obéissance n’est pas aujourd’hui un mot à la mode. C’est pourtant la première chose que Dieu demande.
Sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons relevé quelques caractères liés à l’obéissance :
« Enfants obéissez à vos parents ».
– L’obéissance est liée à une autorité reconnue.
– L’autorité suprême, c’est Dieu.
– Dieu a aussi institué des autorités dans le monde pour que l’ordre y soit maintenu. Romains 13. 1 et 2 présente à cet égard un principe général, dont la seule restriction est donnée en Actes 5. 29 : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».
– Dans la famille, cette autorité est confiée aux parents, et en particulier au père. Mais la mère a droit à l’obéissance de ses enfants autant que le père ! Il est écrit en effet : « Enfants obéissez à vos parents ». Voir également Proverbes 30. 17.
« Enfants obéissez… car cela est juste ».
Juste, c’est à dire selon la pensée de Dieu, selon l’ordre voulu de Dieu dans la famille.
« Enfants obéissez… car cela est agréable ».
– Nous voyons habituellement l’obéissance comme une contrainte, une obligation et, à vrai dire, assez peu souvent comme quelque chose d’agréable ! Pourtant la Parole nous montre qu’il y a un véritable bonheur à obéir. Voir Jean 13. 17 et Jean 14. 23.
L’amour est la clé de « l’obéissance agréable ». Quand on aime, tout se fait plus facilement. Et si j’obéis par amour pour mes parents, par amour pour le Seigneur, cela sera (et me sera) agréable dans le Seigneur !
Obéir implique la dépendance et suppose la confiance.
Ne pas obéir, c’est manifester de l’indépendance. Dans le monde, aujourd’hui, on favorise l’esprit d’indépendance. Il faut que, tout jeune, l’enfant affirme sa personnalité ! Mais ce n’est pas du tout ce qu’enseigne l’Écriture ! La Parole veut nous apprendre à ne pas mettre notre volonté propre en avant, mais à la soumettre à la volonté de Dieu, elle nous apprend à dépendre de Lui. Et cela commence à s’apprendre tout jeune… pour pouvoir continuer à le vivre ensuite ! Est-ce un joug insupportable ? Voir Lamentations de Jérémie 3. 27.
C’est quelque chose de très heureux lorsque l’obéissance et la dépendance se vivent dans la confiance. Si je fais confiance à mes parents, j’obéirai beaucoup plus facilement lorsqu’ils vont me demander quelque chose ! Bien sûr, la confiance doit être cultivée, entretenue, développée, et à cet égard la responsabilité des parents est évidente.
Enfin l’obéissance dans la confiance est une grande sécurité pour l’enfant qui obéit. Et c’est aussi ce que Dieu veut que nous apprenions dans nos relations avec Lui !
Comment obéir ?
Obéir « en toutes choses », c’est-à-dire pas seulement quand cela me plaît, ou quand cela correspond à ma pensée ! Il n’y a pas d’exception à l’obéissance d’un enfant à ses parents (sauf celle déjà citée en Actes 5. 29, mais nous ne supposons pas ce cas dans un foyer chrétien).
– Obéir, c’est obéir tout de suite ! Quelqu’un disait : « Obéir lentement, ce n’est pas obéir ! » Retenons à ce sujet l’exemple de l’enfant Samuel, qui obéit aussitôt avec cette expression qui caractérise si bien l’obéissance immédiate : « Me voici ».
– Obéir, c’est aussi obéir sans discuter, sans raisonner ! Là encore l’esprit du monde peut nous influencer à tort, parce que, au fond, discuter c’est déjà refuser d’obéir ! Mais cela ne veut pas dire du tout que l’obéissance doit être inintelligente ! Bien au contraire, elle pourra être pleine de zèle et intelligente, si elle est liée à l’amour et à la confiance.
Depuis quand, et jusqu’à quand obéir ?
– L’obéissance peut être inculquée déjà au tout jeune enfant (voir Prov. 22. 6), et il est normal qu’elle demeure ensuite tant que l’enfant vit dans le foyer de ses parents.
– Plus tard, les choses sont sans doute différentes lorsque l’enfant a quitté le foyer familial. Toutefois la Parole ne nous autorise pas à dire qu’un enfant devenu grand ne doit plus obéir à ses parents. Nous avons ainsi le bel exemple des Récabites qui ont obéi à leur père Jonadab (voir Jér. 35. 6 à 19), et qui ont reçu à cause de cela une bénédiction particulière de la part de Dieu.
Écouter
– Écouter est quelque chose d’essentiel. Nous venons de voir l’importance de l’obéissance, mais pour obéir il faut d’abord savoir écouter !
– L’Écriture est remplie d’exhortations à écouter et à cet égard chacun peut rechercher avec profit ce qu’en dit le livre des Proverbes, par exemple :
* Écouter son père et sa mère : Proverbes 1. 8.
* Écouter, pour être en sécurité : Proverbes 1. 33.
* Écouter, pour être sage : Proverbes 8. 33 ; 15. 31 ; 19. 20 ; 23. 19.
* Écouter, lié à des promesses ou à des bénédictions : Proverbes 4. 10.
– L’Écriture nous donne aussi maints exemples instructifs à considérer. Un des plus beaux est sans doute encore celui du jeune garçon Samuel. Voir 1 Samuel 3. 10.
– En revanche, refuser d’écouter est toujours quelque chose qui a des conséquences graves :
* Le fils indocile de Deutéronome 21. 18.
* Samson, en Juges 14. 3.
* Saül, en 1 Samuel 15. 22.
Honorer son père et sa mère
C’est un des commandements de la loi que Dieu a donnée à son peuple (Ex. 22. 12). Il est rappelé en Éphésiens 6. 23, comme étant le premier commandement lié à une promesse.
– Comment se manifeste l’honneur rendu à ses parents ?
* Par le respect. Le père et la mère ont droit à ce même respect. Voir Lévitique 19. 3 et Deutéronome 27. 16.
* Par le comportement que l’on a à leur égard.
* Dans les paroles. On ne parle pas avec ses parents comme on parle avec ses camarades !
* Cela n’empêche pas du tout la liberté et la communication d’un enfant avec ses parents, mais les contiennent dans un ordre et une convenance qui sont selon Dieu.
* Une marque particulière de l’honneur rendu à ses parents doit se manifester lorsque ceux-ci avancent en âge. Par exemple :
– Se lever devant les cheveux blancs est lié à la crainte de Dieu (Lévitique 19. 32).
– Ne pas avoir de mépris, particulièrement à l’égard d’une mère âgée (Proverbes 23. 22). Rendre à ses parents les soins que l’on en a reçu. C’est aussi un témoignage de reconnaissance. Ne pas le faire, c’est être pire qu’un incrédule ! (1 Tim. 5. 4 et 8).
L’exemple du Seigneur Jésus
En conclusion de cette partie, considérons l’exemple du Seigneur Jésus :
– Enfant, il était soumis à ses parents (Luc 2. 51).
– Il avait l’oreille ouverte pour écouter (Ésaïe 50. 4).
– Il était soumis à la volonté de son Père céleste, faisant continuellement ce qui Lui plaisait (Jean 8. 29).
– Il pouvait dire aussi en vérité : « Moi… j’honore mon Père » (Jean 8. 49).
– Il a encore pris soin de sa mère, alors qu’Il souffrait sur la croix (Jean 19. 26 et 27).
Le Seigneur Jésus reste pour nous le modèle parfait en toutes choses. Sachons Le contempler et apprenons de Lui !
Deuxième partie : enseignements donnés aux parents vis-à-vis des enfants
Si Dieu nous confie des enfants, c’est pour que nous les élevions pour Lui et pour préparer avant tout leur âme pour le ciel.
C’est à la fois une tâche belle et noble, mais difficile, qui demande d’être beaucoup à genoux, pour rechercher la sagesse et le secours auprès du Seigneur.
La prière
– Nous avons déjà vu l’importance de la prière dans un couple (1 Pier. 3. 7). Lorsque les époux deviennent parents, la prière reste la ressource essentielle, vitale.
– Les parents ont déjà le privilège de prier pour leur enfant dès avant sa naissance :
* Anne, pour Samuel (1 Sam. 1. 10, 11 et 20).
* Manoah et sa femme, pour Samson (Juges 13. 8 et 9).
– Après et pendant toute la vie, prier pour ses enfants reste pour les parents un privilège, une nécessité et une responsabilité de tous les moments !
* Job pour ses fils (Job 1. 5).
* Moïse, placé dans la corbeille de roseaux, en image entouré des soins et des prières de ses parents.
La droiture et la soumission à Dieu
– Il faut d’abord être soi-même soumis à Dieu et régler sa propre conduite devant Dieu ; pourrais-je enseigner à mes enfants ce que je ne pratique pas moi-même ? Pourrais-je leur demander d’obéir, si moi-même je n’obéis pas à Dieu ?
– Puis il y a l’exemple pratique que nous donnons chaque jour. Nos enfants nous voient vivre, nous observent… Il nous appartient, à nous parents, d’être vrais, d’être droits dans toute notre manière d’agir, aussi bien que dans nos paroles. L’exemple donné par le père ou la mère est particulièrement mis en évidence dans l’histoire des rois d’Israël et de Juda. Nous retrouvons souvent cette expression « comme son père avait fait », ou « comme son père et sa mère ». Cela souligne bien l’importance de l’exemple que nous donnons à nos enfants !
L’exercice de la discipline. L’éducation
1) Qu’est-ce que la discipline, l’éducation ?
– C’est tout ce que contient le fait d’élever nos enfants.
Élever signifie : conduire, diriger selon une certaine ligne, c’est-à-dire donner une orientation, un but. Quel est le but que nous nous proposons ? Élevons-nous nos enfants pour la terre ou pour le ciel ? Est-ce que Dieu pourrait dire de nous ce qu’Il a dit d’Abraham en Genèse 18. 19 ?
– La discipline, l’éducation, c’est l’ensemble des soins donnés avec amour et bonté mais dans le strict respect de l’autorité et de l’obéissance.
– N’oublions pas non plus que nos enfants sont comme des plantes délicates, que nous avons à entourer de soins, à protéger, à nourrir, avec le désir de leur vrai bien, de leur développement physique aussi bien que de leur développement spirituel.
2) Comment mettre en œuvre cette discipline ?
Nous sommes exhortés à élever nos enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur :
– Selon le modèle que la Parole nous donne, c’est-à-dire celui de notre Père céleste. Voir Hébreux 12. 5 à 11. La manière de faire de Dieu doit être un modèle pour nous.
– En avertissant, en reprenant, et en châtiant si nécessaire.
* Nous ne devons pas négliger cet aspect-là de la discipline et la crainte doit être inculquée à nos enfants.
*·Corriger ne signifie pas seulement châtier, mais c’est d’abord redresser une trajectoire qui n’est pas droite, et nous avons la responsabilité de redresser ce qui va de travers avant qu’il ne soit trop tard.
* Par exemple, nous ne devrions pas tolérer le mensonge, ou la désobéissance, mais reprendre avec fermeté et punir s’il le faut parce que nous pensons au bien de notre enfant ! Voir Proverbes 13. 24 ; 22. 15 ; 23. 13 et 14 ; 29. 15 et 17.
– La Parole nous donne des exemples solennels de manquements à cet égard : celui d’Éli (1 Sam. 2. 3) ou celui de David à propos d’Adonija (1 Rois 1. 6).
– Avec mesure et avec justice : toutefois nous devons agir avec patience et justice, pas sous le coup de la colère, mais en ayant égard à la faiblesse, à la sensibilité de nos enfants. Aussi sommes-nous exhortés à ne pas les provoquer, ni les irriter, afin de ne pas les décourager (Éph. 6. 4 ; Col. 3. 21; Prov. 19. 18).
– Nos enfants ont aussi besoin d’être conduits avec douceur et bienveillance, d’être compris, d’être aidés dans leurs problèmes, dans leurs difficultés.
3) Apporter la nourriture spirituelle
– C’est un aspect essentiel de l’éducation que nous devons à nos enfants. Si nous veillons à la nourriture physique, aux besoins de leur corps, combien nous devrions aussi être attentifs aux soins de leur âme.
– Dans ce service-là, la responsabilité du père de famille est évidente, et il faut premièrement qu’il se nourrisse lui-même de la Parole afin de pouvoir ensuite en faire part aux siens ! Mais la mère n’est nullement exclue de ce service, qu’elle peut exercer particulièrement à l’égard des plus petits, ou lorsque le père est absent de la maison. Voir Deutéronome 6. 7 et 11. 19 ; 2 Timothée 1. 5 ; 3. 15. Le livre des Proverbes est également rempli d’instructions à ce sujet.
– La lecture en famille : À cet égard, ne négligeons jamais de consacrer du temps chaque jour pour la lecture en famille et pour la prière. Ce ne sera jamais du temps perdu !
– Les réunions de l’assemblée : ne manquons pas non plus d’emmener nos enfants aux réunions de l’assemblée. Ils y ont leur place et nous pouvons ainsi leur montrer pratiquement que nous tenons à ces réunions que le Seigneur nous accorde. La Parole nous donne d’ailleurs des exemples propres à nous encourager à cet égard. Exode 10. 9 ; Josué 8. 34 et 35 ; 2 Chroniques 20. 12 ; Joël 2. 16 ; Actes 21. 5.
Cultiver la confiance et la liberté de communication
Sans confiance, on ne peut pas avancer. Sans communiquer librement, on ne peut pas se comprendre.
Veillons donc à entretenir la confiance avec nos enfants. Soyons vrais avec eux. Allons vers eux. Il faut aussi savoir prendre du temps pour venir parler avec eux, tous ensembles peut-être, mais aussi individuellement. Les circonstances de chaque journée peuvent nous fournir mille occasions de nous entretenir avec eux. À nous parents de les découvrir et de bien vouloir prendre le temps pour cela.
Créer une atmosphère heureuse
C’est en veillant à tous ces détails que nous pourrons réaliser une atmosphère heureuse dans nos foyers. La présence du Seigneur doit y être ressentie, goûtée. Cette présence amène à la fois la crainte et la joie :
* La crainte, parce que si nous sommes conscients que le Seigneur est présent dans notre foyer, nous veillerons à ne pas y laisser entrer le monde sous toutes ses formes. Veillons en particulier à toutes les sources auditives ou visuelles dont la facilité de pénétration dans nos maisons en font des dangers majeurs.
* La joie aussi, parce que nous avons des motifs d’être heureux. Savons-nous encore chanter dans nos maisons ? Chanter des cantiques élève notre âme, c’est une source de joie et d’édification, cela chasse les mauvaises pensées, c’est une occasion pour louer le Seigneur ! Et puis il y a toutes les joies simples de la famille que le Seigneur veut aussi nous donner pour que nous soyons reconnaissants !
Les relations avec l’extérieur
– De même que nous devons veiller à ne pas laisser le monde entrer dans nos maisons, nous devons aussi veiller à ne pas laisser aller nos enfants vers le monde ! Faisons attention, en particulier, aux liaisons amicales avec les camarades du monde, même du monde religieux. Ce qui n’est peut-être que simple camaraderie au départ peut ensuite conduire beaucoup plus loin qu’on ne l’aurait pensé ! Nous le savons bien, l’amitié du monde est inimitié contre Dieu. Et 1 Corinthiens 15. 33 déclare que « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs ».
– Prenons donc garde aux petits commencements, même à ce qui paraît tout à fait anodin au début ! Combien de chagrins ont été la conséquence d’un tout petit commencement ! L’exemple de Dina en Genèse 34 montre de façon très solennelle à quoi peut aboutir un de ces petits commencements !
– En contrepartie, en pensant notamment au témoignage que nous sommes appelés à rendre, la porte de notre maison peut sans doute rester ouverte pour accueillir les petits camarades et voisins, du moins si nous avons le désir de leur parler du Seigneur Jésus. Mais là aussi, il importe d’être prudent, et il faut que le Seigneur nous donne la sagesse pour savoir jusqu’où nous pouvons aller et quand nous devons nous arrêter !
– Et puis il y a les rencontres, les compagnies que nous pouvons au contraire favoriser et qui peuvent conduire à des amitiés saines et heureuses dans le Seigneur. Ruth 2. 22. Psaume 119. 63 : « Je suis le compagnon de tous ceux qui te craignent ».
La grâce du Seigneur
C’est notre ressource suprême. Nous en avons besoin continuellement. Nous nous sentons souvent limités, démunis, manquant de sagesse pour élever ces enfants que Dieu nous confie. Mais apportons-les avec foi et confiance au Seigneur en priant beaucoup, et comptons sur sa grâce !
LE RÔLE D’UNE MAISON CHRÉTIENNE
Plan : 1) L’intention de Dieu en regroupant les hommes par familles.
2) Comment le croyant peut répondre à cette intention de Dieu :
A) En témoignage vis à vis :
– des anges.
– du monde.
– dans l’assemblée.
B) Dans son service (l’aspect plus actif) :
– à l’égard du monde.
– de l’assemblée.
– directement pour Dieu.
1 – L’intention de Dieu en regroupant des hommes par familles
a) C’est le reflet, l’image de réalités spirituelles : Dieu veut nous aider à comprendre ces réalités, et à en saisir l’importance, en particulier celles-ci :
– II est notre Père.
– Il nous a engendrés (Jac. 1. 18 ; Jean 1. 18), nous a donné la vie (nouvelle naissance).
– Il nous a adoptés (Éph. 1. 5), nous a donné des droits.
– Puisqu’Il nous a créés à son image et que nous sommes « sa race » (Act. 17. 29), nous Lui ressemblons (Mat. 5. 45) et devons Lui ressembler (1 Pier. 1. 17).
– De plus Il a autorité sur nous, Il s’occupe de nous : Il nous forme, nous corrige, nous discipline (Héb. 12), nous instruit, nous aime (Jean 14. 21 ; 16. 27), et pourvoit à nos besoins.
– Il est aussi le Père de tous (Éph. 4. 6 ; Jac. 3. 9 ; Mal. 2. 10) en tant que Créateur, à la ressemblance duquel a été fait l’homme, et comme Celui qui prend soin de ses créatures.
– Les liens entre les membres de la famille chrétienne illustrent ceux de la famille de Dieu, mais aussi …
– Les liens entre Christ et l’Assemblée (à un niveau plus élevé).
– La nouvelle naissance : Dieu nous associe à la transmission de la vie, pour la formation de ses futurs adorateurs.
b) La famille fait partie de l’ordre que Dieu a donné dans la première création, dès le commencement. C’est la première structure, avant même la chute (mais dans la pensée de Dieu, l’Assemblée date d’avant la fondation du monde). Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix (1 Cor. 14. 33).
c) Continuité dans l’enseignement entre les générations : transmission de la vérité et de la connaissance de Dieu : « Tu les inculqueras à tes fils » (Deut. 6. 7 ; cf. les quatre générations de 2 Timothée 2. 2 et Psaume 78. 5). Éducation des enfants : « Allaite-le pour moi » (Ex. 2. 9). Permettre la transmission de la vie, amener jusqu’à son accomplissement la promesse faite à la descendance de la femme (Gen. 2. 5). Formation par là d’un peuple d’adorateurs, d’où l’importance du service des sages-femmes hébreues en Exode 1, et la récompense correspondante : Dieu leur bâtit des maisons.
d) Par là aussi, dans sa grâce, Dieu satisfait nos besoins :
– intellectuels : partager.
– affectifs : aimer.
– ceux de nos corps : instinct maternel, ne pas « brûler » (1 Cor. 7). Il veut même nous réjouir (Éccl. 9. 9).
Ainsi sa sagesse si diverse est donnée à connaître (cela est dit à propos de l’Assemblée, mais même passage, Éphésiens 3, mentionne la famille, liée au Père). À nous « d’orner » l’enseignement (Tite 2. 10).
2 – Comment le croyant peut-il répondre à cette intention de Dieu ?
Nous sentons combien nous illustrons mal la vérité, et pourtant, nous devons y veiller « afin que la Parole ne soit pas blasphémée » (Tite 2. 5), et cela peut être l’occasion de mettre des personnes en relation avec Dieu. Sa gloire peut et doit être mise en évidence (cf. 1 Rois 10. 7 et 1 Cor. 14. 25).
A. En témoignage :
a) Vis à vis des anges : les anges observent attentivement la façon dont Dieu agit (1 Tim. 3. 16 ; 1 Pier. 1. 12). Tous les anges, pas seulement les anges élus, peuvent voir la sagesse de Dieu (Éph. 3. 10) dans l’assemblée, et dans le respect de l’ordre qu’Il a établi dans la création (1 Cor. 11) pour la place respective de l’homme et de la femme (ce qui se lie au vêtement). Dieu aime se glorifier, vis à vis des anges, de la piété des siens (cf. Job, qui avait, en particulier, grand soin de sa maison : il prie pour ses enfants et se comporte de manière admirable vis à vis de sa femme). Voir aussi l’histoire de la reine de Shéba. Dieu aime à rappeler en Hébreux 11 le comportement de Noé par rapport à sa maison. Veillons aussi à nos paroles, car les anges nous écoutent ! (Eccl. 5. 6).
b) Vis à vis du monde : en face du monde nous pouvons rendre témoignage de la même manière, en vivant notre vie de famille harmonieusement, chacun jouant son rôle à sa place devant Dieu.
Montrons la lumière, sans ostentation, mais sans fuir non plus les occasions de montrer ce qu’est une famille chrétienne, comment elle fonctionne (Sait-on encore dans le monde ce qu’est un père ? L’épanouissement d’une femme mariée passe-t-il nécessairement par une activité professionnelle ?…)
Dans quelle mesure avons-nous à exercer l’hospitalité ? Et l’hospitalité, c’est bien l’amour des étrangers (Héb. 13. 1, littéralement : « que l’amour des frères demeure, mais n’oubliez pas l’amour des étrangers » cf. aussi 1 Timothée 5. 10.
Même un célibataire peut pratiquer l’hospitalité : l’apôtre Paul leur est pour cela un bel exemple en Actes 28. 30 et 31, dans des conditions autrement plus difficiles qu’aujourd’hui !
Le témoignage est possible partout : même dans la « maison de César » un témoignage était rendu à la gloire de Dieu (Phil. 4. 22).
Il y a toutefois bien des points qui peuvent et doivent se voir de l’extérieur, par exemple :
– L’importance des réunions de mariage, c’est l’occasion privilégiée de présenter ces sujets. Dommage qu’on n’en parle guère que là !
– L’occupation du dimanche, qui surprend souvent, et ce n’est pas toujours facile pour nos enfants d’être différents sur ce point. Les voisins voient partir la famille tout entière. Exode 10. 9 : « Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles ». C’est souvent le point de départ de conversations.
Mentionnons encore, en dehors de l’hospitalité, ce que peuvent observer tous ceux qui ont l’occasion d’entrer dans nos maisons : aides ménagères, ouvriers, peintres etc… De l’intérieur, on en voit davantage :
– Une façon de concevoir la famille et le mariage, de prendre des décisions, une maison solide parce que fondée sur le roc : Christ, la Parole. Les liens familiaux ne sont pas vécus de façon égoïste, pour son épanouissement personnel.
– La prière à table, puis le repas vécu dans l’amour (Prov. 15. 17) et avec simplicité (Act. 2. 46) : à ce propos, lorsque nous invitons ne faisons pas forcément des prouesses culinaires !
– La lecture en famille (sans que ce soit forcément une réunion d’évangélisation destinée à la personne incrédule présente !)
– La place de la femme, dans une soumission heureuse et non pas imposée, l’obéissance des enfants…
– La façon de s’occuper de personnes âgées (1 Tim. 5. 4), car cela est agréable devant Dieu.
– Les objets qui y ont de l’importance (És. 39. 4). Attention donc à ce qui y rentre !
En résumé : la lumière dans nos habitations (Ex. 10. 23), vue non seulement par ceux qui sont dans la maison (Mat. 5. 15), mais aussi par ceux qui y entrent (Luc 11. 33).
c) Vis à vis de l’assemblée :
Dans l’assemblée aussi il y a un témoignage à rendre, être en exemple, sans pour autant se présenter forcément comme tels (cf. « Moi et ma maison » de Josué 24 , ou les Récabites en Jérémie 35).
Nous avons là aussi à être des témoins (= une « maison-témoin ») de ce qu’est une maison chrétienne, comme Aquilas et Priscilla. Les vérités sont en général connues parmi les amis de l’assemblée, mais elles ont besoin d’être rendues concrètes. Exemple : les soins réciproques des époux, l’amour du mari pour sa femme, le souci pour la femme d’être un complément utile…
B) Dans son service à l’égard du monde, de l’assemblée et directement pour Dieu
Il est difficile sur certains points de distinguer le service de la maison chrétienne du service individuel. Nous ne pouvons pas découper le christianisme en tranches distinctes.
La famille est toujours concernée par le service du chef de famille, nous le voyons bien dans le cas de familles de missionnaires ou de colporteurs ; nous l’oublions plus facilement dans le cas d’un frère ayant un autre ministère public (prophète, docteur, pasteur, ancien).
Le service actif essentiel de la famille en tant que telle, c’est l’hospitalité. Par nature, l’hospitalité est celle de toute la maison, et il faut qu’elle le soit. Quand les enfants sont petits, il n’est pas question de leur demander leur avis, mais il faudra progressivement les impliquer, en particulier quand ils ont la vie de Dieu. Ce n’est pas facile pour eux d’ouvrir leur chambre à des petits enfants, qui laisseront souvent tout en désordre, de s’occuper d’autres, pendant que les parents parleront entre eux. Il faut en parler avec nos enfants, préparer de telles invitations, prier avec eux pour cela, afin que l’hospitalité soit « sans murmures » (1 Pier. 4. 9).
Elle s’exerce à l’égard des étrangers à la maison de la foi (Gal. 6. 10 et 1 Tim. 5. 10). Cf. Abraham et Lot, qui ne savaient pas qui ils recevaient, et Juges 20. Elle n’attend pas de contrepartie. Les anciens l’exercent (1 Tim. 2 et Tite 2). Elle est l’expression de l’amour pour le Seigneur (Mat. 25 ; Jean 12) et de l’amour fraternel dans l’assemblée.
Dans le cadre de l’assemblée, justement, l’hospitalité est nécessaire aux échanges. Mais là encore tout n’est pas simple, même sur le simple plan matériel : par exemple à l’égard de familles nombreuses, souvent peu reçues. Le problème se pose de savoir s’il vaut mieux recevoir en groupe ou individuellement, le caractère des moments passés ensemble n’étant pas du tout le même dans chaque cas.
Le chef de famille doit être très attentif aux conversations à sa table, elles seront plus faciles à orienter si l’on n’est pas trop nombreux. Il vaut la peine de prier auparavant, individuellement et en famille, pour qu’elles soient heureuses et utiles. Est-ce que le lavage des pieds est quelque chose de vécu et d’apprécié par les visiteurs ? Notre maison se « voue-t-elle au service des saints », comme celle de Stéphanas ? (1 Cor. 16. 15) D’autre part, notre maison rend-elle le témoignage d’être une maison où l’on chante des cantiques ?
Mentionnons la bénédiction qu’il y a à recevoir un frère à l’œuvre (2 Rois 4), ou à loger l’assemblée (Rom. 16. 5, Obed-Edom).
Il reste à citer ce service accompli simplement pour Dieu, qu’est le fait d’avoir des enfants, de les élever « pour Lui » (Ex. 2. 9), de les enseigner et de leur donner un exemple.
Dieu n’est jamais notre débiteur, Il nous bénira toujours si nous sommes fidèles dans ce qu’Il nous a confié, « quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu, cependant il a établi avec moi une alliance éternelle, à tous égards bien ordonnée et assurée ».
« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Jean 3. 16.
AVEUGLE ET SOURD
Dans les montagnes du Liban, une missionnaire invitait chaque soir des enfants pour leur apprendre à lire et profiter de cette occasion pour leur parler du Seigneur Jésus. Mais parmi ceux qui l’écoutaient se trouvait un vieil homme aveugle et sourd.
– Renvoyez-le, lui conseilla une amie, il n’entendra rien de ce que vous direz aux enfants. Il perturbe simplement vos cours avec ses marmonnements.
– Je ne peux pas faire ça, répondit la missionnaire, car alors l’enfant qui le conduit ne viendrait plus non plus.
Le vieil homme continua donc à venir tous les soirs. Alors la missionnaire a eu une idée. Elle lui a pris la main et a écrit le mot « Dieu » à l’intérieur, en caractères arabes. Il l’a compris et l’a répété. Le lendemain, la dame continua et a écrit : « C’est ainsi que Dieu a aimé. » Le troisième jour, elle ajouta : « C’est ainsi que Dieu a aimé le monde. » Cela a continué jusqu’à ce que le vieil homme apprenne tout le texte de Jean 3. 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ».
À partir de ce moment-là, on voyait chaque jour le vieil homme assis près du marché et proclamant ce verset biblique à haute voix. Tous ceux qui passaient pouvaient entendre ce qui avait apporté la paix à son âme et la joie dans son cœur.
D’après Näher zu Dir juin 2024
« Il continua son chemin tout joyeux ». Actes 8. 39.
EN ROUTE – MAIS COMMENT ?
Nous sommes tous en mouvement. Notre vie est comme un voyage vers l’éternité. Tout le monde n’est pas de la même humeur lors de ce voyage.
– Certains avancent avec courage et gaieté. Ils ne savent encore rien des journées chaudes et fatigantes et des nuits sombres de souffrances. Ils sont jeunes et profitent de la vie. D’autres se fraient un chemin avec défi et obstination. Ils sont déterminés à suivre « leur » chemin malgré tous les obstacles. Personne ne doit s’immiscer dans leur vie.
– D’autres encore se traînent, fatigués et apathiques. Ils ont perdu la joie de vivre parce que leur vie est devenue trop difficile et n’offre plus aucune perspective.
– Il y a encore les gens irréfléchis, qui avancent avec la masse sur des sentiers battus. Ils n’ont pas d’objectif propre, mais sont guidés par l’opinion de la majorité.
Le verset du jour parle de quelqu’un qui repartait en voyage avec joie. Le disciple du Seigneur Jésus, Philippe, lui avait annoncé l’évangile, qu’il avait reçu dans son cœur. Sa vie, maintenant, n’était ni un rêve naïf ni un combat acharné. Au contraire, il avait abandonné toutes ses propres voies, ordonné sa vie devant Dieu et s’était remis au Seigneur Jésus. Il avait le pardon des péchés et la paix avec Dieu. C’est pourquoi son cœur était si heureux.
Celui qui emprunte ce chemin et se laisse conduire par Dieu connaîtra la joie du Seigneur, qui ne dépend pas des circonstances. S’il recherche la volonté de Dieu dans la Bible, il peut avancer avec joie vers le but : la Maison du Père.
D’après Näher zu Dir juin 2024
« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres ». Jean 8. 36
L’AMOUR DE SOI
Le tsar de la mode Karl Lagerfeld (1933-2019) s’intéressait aux beaux tissus et aux parfums, mais surtout à lui-même. Lorsqu’on lui a posé une question sur Dieu, il a répondu : cela commence par moi ; cela finit par moi, c’est tout ! Il n’avait pas de place pour Dieu.
Il y a des gens qui ne tournent qu’autour d’eux-mêmes et qui n’ont de place que pour eux-mêmes dans leur vie : ni pour le conjoint, ni pour l’enfant, et certainement pas pour Dieu. Un partenaire n’est le bienvenu que s’il flatte son propre ego – sinon, il est rejeté. Un enfant ne ferait que perturber son propre développement dans la vie : il est rejeté (et souvent avorté). Un Dieu qui formule des normes n’est qu’un facteur perturbateur.
L’égocentrisme – se focaliser sur soi-même – est un problème qui nous touche tous plus ou moins. Lorsqu’il fut promis au premier couple humain : « Vous serez comme Dieu », ils furent trompés et tombèrent dans le péché (Gen. 3. 5). Et si nous sommes honnêtes, nous avouerons que notre propre vie montre aussi exactement cet effet destructeur de notre comportement égoïste : amitiés brisées, mariages rompus, enfants rejetés, vieillissement solitaire… Nous n’avons souvent pas non plus de place pour Jésus-Christ dans notre vie : parce qu’Il nous dérange et nous gêne, parce qu’Il nous dit ce qui est bien et ce qui est mal. Il veut nous libérer de ne penser qu’à notre propre condition ; Il veut guérir, réconcilier et donner ; Il veut élargir notre perspective et nous rendre « vraiment libres ».
Une vie qui ne tourne qu’autour d’elle-même est solitaire et pauvre ; en revanche, une vie transformée et orientée par la foi en Jésus-Christ et son œuvre accomplie sur la croix est libre et riche. C’est une vie qui vaut vraiment la peine d’être vécue, qui se vit dans l’amour et qui a le ciel pour avenir.
D’après die gute Saat juin 2024
« Tu feras un jour à l’arche, et tu l’achèveras en lui donnant une coudée d’en haut ; et tu placeras la porte de l’arche sur son côté ». Genèse 6. 16.
LE TÉMOIGNAGE RENDU PAR NOÉ
Il a été dit que la construction de l’arche par Noé était l’un des plus longs sermons qui aient été prononcés. Noé lui-même est nommé dans la Bible « un prédicateur de justice » (2 Pier. 2. 5). Tout le mépris et le péché qui entouraient Noé ne l’ont pas empêché de faire ce que Dieu lui avait commandé.
Avant que le déluge ne commence, Noé entra dans l’arche par sa seule porte, et Dieu ferma la porte derrière lui. Cela signifiait une sécurité parfaite parce que c’était Dieu qui l’avait fait. Dieu connaissait tout ce qui concernait le jour de jugement proche, ainsi que le jour où l’arche serait ouverte de nouveau. Quand l’arche fut élevée au-dessus des eaux, laissant sans être sauvés tous ceux qui n’y étaient pas entrés, Noé et sa famille étaient parfaitement en paix. Ils restèrent dans l’arche pendant un an et dix jours, et pendant ce temps-là leur foi fut mise à l’épreuve. Mais ils pouvaient regarder vers le ciel par la fenêtre vers Dieu qui les avait sauvés du déluge.
Dieu purifiera à nouveau la terre par le jugement, et il y aura un résidu qui passera par ces grands jugements et sera sauvé pour une terre purifiée. Mais même aujourd’hui nous pouvons nous réjouir dans la sécurité et la protection qui sont trouvées en Christ, Celui qui « nous délivre de la colère qui vient ». Avant que le jugement puisse tomber sur la terre, nous serons enlevés vers la gloire, comme cela est vu en figure par l’enlèvement d’Énoch avant le déluge. Étant encore dans le monde, nous ne sommes pas du monde, mais nous pouvons, même maintenant, jouir de notre relation avec le ciel en attendant notre avenir glorieux.
D’après the Lord is near avril 1985
« Par la foi, Abel offrit à Dieu un meilleur sacrifice que Caïn ; par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu lui-même rendant témoignage à ses dons ; et par celui-ci, étant mort, il parle encore ». Hébreux 11. 4.
UNE FOI QUI ADORE
« Par la foi, Abel offrit à Dieu ». La foi d’Abel le poussa à apporter une offrande à Dieu. Son offrande rend témoignage à l’enseignement complet que Dieu avait donné à Adam et Ève, et eux à leurs enfants, sur la manière de s’approcher de Dieu.
Abel comprit les instructions de Dieu et y fut obéissant. En conséquence, Dieu le reconnut et accepta son sacrifice. Peut-être que le feu de Dieu descendit et consuma l’offrande.
Au tout début de la race humaine, Abel comprit la vérité fondamentale que « sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22). En apportant un agneau – le premier-né de son troupeau – Abel reconnut sa condition de pécheur. L’agneau, une image de Christ, l’Agneau de Dieu, est le symbole de l’innocence et de la soumission de Christ. Dans l’agneau égorgé, Abel reconnaît aussi qu’il est sous la sentence de mort, et montre en même temps son besoin d’un substitut.
Êtes-vous venu à Dieu par la foi, de la manière qu’Il a désignée ? Vous êtes-vous reconnu comme étant mort dans vos fautes et dans vos péchés ? Avez-vous vu dans le Seigneur Jésus Christ l’Agneau de Dieu, Celui qui est votre Substitut, dont le sang a été versé et qui a donné sa vie en rançon pour votre âme ? S’il n’en est pas ainsi, nous vous pressons de venir maintenant – où que vous soyez car maintenant est le temps acceptable, maintenant est le jour du salut (2 Cor 6. 2).
Si vous venez de la manière fixée par Dieu, votre foi sera récompensée, vous serez accepté par Dieu, et Il rendra témoignage à votre être intérieur que vous êtes rendu juste devant Lui. Alors, par la foi, vous pourrez offrir à Dieu le sacrifice de louange, le fruit de vos lèvres, rendant grâces à son nom.
D’après the Lord is near avril 1985
« En vérité, en vérité, je vous dis : celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie ». Jean 5. 24.
L’ASSURANCE, POUR LE PRÉSENT ET L’ÉTERNITÉ
Comme ce verset donne pur réconfort, encouragement et repos à l’âme qui a été troublée par le fait sérieux de ses péchés, et qui est incertaine quant à avoir une relation réelle avec Dieu ! Le Seigneur Jésus parle, avec insistance : « En vérité, en vérité ». Sa Parole est fidèle, elle a la pleine autorité de Dieu, exprimée dans la pleine unité avec le Père qui L’a envoyé. On peut lui faire absolument confiance. Et le Seigneur exprime deux choses simples : d’abord, que l’on doit entendre sa Parole, c’est-à-dire l’accepter honnêtement comment étant vraie. Et deuxièmement, croire que le Père a envoyé le Fils. Fait merveilleux ! – fait vital pour qu’une âme soit sauvée. Car Dieu a envoyé son Fils pour qu’Il meure pour nos péchés et ressuscite d’entre les morts le troisième jour.
Et pour quiconque ces deux choses simples sont vraies, il est maintenant assuré d’avoir la vie éternelle. Assurance précieuse et merveilleuse. Et pour qu’il ne reste aucun doute quant à cette merveilleuse déclaration, le Seigneur ajoute que, quant à l’avenir, tout est parfaitement réglé. À une telle personne est donnée la vie et non le jugement : elle ne viendra jamais en jugement, mais elle est déjà passée de la mort à la vie. Tout dépend, non de quelconques sentiments ou œuvres de la personne, mais de la puissance et de la grâce si grandes du Père et du Fils, auxquelles le croyant fait simplement et réellement confiance.
D’après the Lord is near avril (L.M.G.)
« Le matin venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir ». Matthieu 27. 1.
LA RELIGION ET LA CROIX
Il n’y a rien qui sonde le cœur aussi profondément que la doctrine de la croix – le sentier de Jésus de Nazareth rejeté et crucifié. Cela met à l’épreuve le cœur de l’homme jusque dans ses profondeurs. S’il était seulement question de religiosité, l’homme peut aller très loin ; mais la justice n’est pas Christ. Regardez un moment le palais du souverain sacrificateur, qu’y voyez-vous ? Une rencontre spéciale des conducteurs du peuple.
Vous avez là la religion dans une forme très imposante. Nous devons nous souvenir que ces sacrificateurs, scribes et anciens, étaient regardés par le peuple professant de Dieu comme les grands dépositaires de la connaissance sacrée, comme la seule autorité dans toutes les questions de religion, et comme ayant reçu leur rôle sous Dieu dans ce système qui avait été ordonné par Dieu aux jours de Moïse. Et que faisaient-ils ? Ils « tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir » Il y avait là des hommes religieux, et des hommes instruits et influents au milieu du peuple, et cependant ces hommes haïssaient Jésus, et ils se réunissaient en conseil afin de comploter sa mort – pour Le faire crucifier et Le tuer. Ils étaient capables de parler de Dieu et de son culte, de Moïse et de la loi, du sabbat et de toute la religion juive. Mais ils haïssaient Christ.
Souvenez-vous de ce fait si solennel ! Les hommes peuvent être très religieux, même des conducteurs et des docteurs pour les autres, et cependant haïr le Christ de Dieu. C’est une leçon solennelle à apprendre dans ce palais de Caïphe, le souverain sacrificateur. La religiosité n’est pas Christ ; au contraire, les hommes les plus zélés dans la religion ont souvent été ceux qui ont haï le plus amèrement et avec la plus grande véhémence ce Sauveur béni.
D’après the Lord is near avril 1985 (C.H.M.)
« Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez ». Jean 5. 43.
L’ORGUEIL, LE GRAND MAL CHEZ L’HOMME
Cet orgueil de l’homme qui recherche l’honneur de la part de l’homme est vraiment aveugle. Pourtant ce grand mal prédomine de façon alarmante dans toute notre société aujourd’hui. Sans avoir conscience, honnêtement, d’être sous le regard de Dieu, l’homme devient, d’une part d’une arrogance d’acier et d’autre part d’une ignorance lamentable. Mais le Fils du Dieu, béni, est venu, ne recherchant aucun honneur de la part de l’homme, mais l’honneur qui vient de Dieu seul. Car Il est venu au nom de son Père, recherchant exclusivement l’honneur de son Père. Les hommes fiers et se recherchant eux-mêmes n’ont pas compris cela. Il ne les a pas flattés pour obtenir leur faveur. Ils n’ont pas voulu Le recevoir, car ils n’avaient dans le cœur aucun respect réel pour son Père.
Un autre viendra en son propre nom, faisant honorer son nom, s’exaltant lui-même, et Israël, dans son ignorance, le recevra. C’est, évidemment, « l’homme de péché » de 2 Thessaloniciens 2. 3 à 10, appelé en 1 Jean 2, l’Antichrist. Cet homme étalera l’orgueil de la chair, mais ses prétentions se termineront brusquement dans une humiliation totale. Comment les Juifs pouvaient-ils croire au Fils de Dieu, doux et humble, aussi longtemps qu’ils manifestaient le même orgueil que celui de l’antichrist, recherchant l’honneur de simples humains ? Ils n’avaient pas dans leurs pensées le désir de recevoir l’approbation de Dieu.
Si nous admirons le dévouement parfait de notre Seigneur pour le Père, que son exemple nous impressionne profondément afinque nous puissions rechercher l’approbation de Dieu seul, en L’honorant dans nos actes et nos paroles.
D’après the Lord is near avril 1985 (L.M.G.)
« Notre Sauveur Jésus Christ, qui a annulé la mort ». 2 Timothée 1. 10.
« Dieu l’a ressuscité, en déliant les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle ». Actes 2. 24.
POUR CELUI QUI CROIT EN JÉSUS, LA MORT EST VAINCUE
Tandis que l’Écriture insiste fortement sur la gravité et la puissance de la mort, il y a de nombreux passages qui en parlent en contraste avec la puissante action de notre Seigneur qui en a annulé le pouvoir, en l’éteignant et la désarmant de manière infiniment puissante.
L’homme, dans sa chute, a déshonoré Dieu, et cela a entraîné une grande perte pour lui. La désobéissance et la rébellion ont amené inévitablement mort et jugement. Mais un autre Homme a affronté la mort, non parce qu’elle est inévitable, mais de son propre accord, en humilité et totale obéissance, en parfaite soumission, et en cela « même la mort de la croix ».
Quelle gloire immense et excellente éclaire cette scène sombre de la mort de notre bien-aimé Seigneur. Il a changé la mort en un endroit où Dieu a été glorifié, en une place de triomphe, et en écartant tout adversaire ! Comme Goliath, l’ennemi a été mis à mort par sa propre épée. La captivité a été rendue captive, et la délivrance et la liberté sont venues à ceux qui reçoivent le bénéfice de cet acte sublime de sacrifice et d’amour. L’amour divin s’est montré plus fort que la mort. La force de l’opposition de l’ennemi à Dieu a été le moyen de la contre-attaque de Dieu contre lui !
D’après the Lord is near avril 1985
« Que rien ne se fasse par esprit de parti ou par vaine gloire ; mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres ». Philippiens 2. 3 et 4.
LES RELATIONS ENTRE CHRÉTIENS
La Bible nous montre que la vie de notre pensée est un aspect extrêmement important et vital du fait d’être un chrétien. Ce que nous sommes est largement déterminé par la manière dont nous pensons. Proverbes 23. 7 dit : « Comme il a pensé dans son âme, tel il est ».
Un esprit humble est une part importante du contrôle de son esprit. Cependant, on parle beaucoup plus de la responsabilité de combattre l’orgueil que de mettre cela en pratique. Le passage ci-dessus, de Philippiens 2 nous donne quelques indications sur la manière d’acquérir l’humilité de l‘esprit. Le verset 3 nous donne des conseils très pratiques pour commencer à identifier notre tendance à l’orgueil. Ne pensez jamais que vous êtes meilleur ou plus grand que la personne avec qui vous avez à faire – même si vous êtes plus grand ou plus riche ou plus âgé, ou de figure plus plaisante, ou plus athlétique… En fait, considérez toujours « l’autre » comme plus important que vous-même.
Il est certain que quelques-uns des chrétiens de l’assemblée de Philippe étaient plus doués que d’autres, que certains portaient plus la charge que d’autres, et que certains étaient plus spirituels que d’autres. Et cependant les conseils de Dieu dans cette situation étaient pour chacun, de regarder chaque autre frère comme une personne plus importante que soi !
Vous pouvez être certains que si nous suivions cette ligne de pensée, le problème de l’orgueil serait résolu et que nous aurions plus de contrôle sur notre esprit. Un chrétien fier a l’apparence d’avoir toutes choses, mais l’orgueil non retenu ressort toujours à la vue des autres, par des vagues méchantes, et il est un signe sûr d’un esprit non surveillé devant Dieu.