SONDEZ LES ÉCRITURES (12)

Les paraboles du trésor et de la perle de très grand prix (Mat. 13. 44 à 46).

A partir des trois paraboles de l’ivraie, du grain de moutarde et du levain, le Seigneur traite l’apparence extérieure du royaume, car l’activité pernicieuse de Satan et l’infidélité de l’homme ne manqueraient pas de gâter le travail du divin Semeur.

Mélange de bien et de mal, manifestation d’une grande puissance sur la terre, fausses doctrines aux principes corrupteurs, voilà comment ce royaume des cieux se présenterait à la vue du monde.

Puis Jésus entrant dans la maison s’adresse à Ses disciples, et par les trois autres paraboles montre ce qu’Il a cherché et trouvé pour Son cœur dans le royaume vu sous son aspect intérieur, selon les desseins de Dieu.

« Encore, le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ, qu’un homme, après l’avoir trouvé, a caché ; et de la joie qu’il en a, il s’en va, et vend tout ce qu’il a, et achète ce champ-là » (Mat. 13. 44). Dans le champ, figure du monde, un homme qui représente le Seigneur Jésus a découvert un trésor.

Or dès le chapitre 3 de la Genèse, le diable ayant séduit l’homme, l’a entraîné, ainsi que toute sa descendance, dans la désobéissance à Dieu. Ce caractère de rébellion contre Dieu s’est affirmé en Caïn et sa famille, sous l’instigation de Satan, qui a usurpé son titre de chef de ce monde. Mais au sein de cette humanité déchue, Christ avait discerné un trésor particulier.

Au moment même de la création de la terre et de l’univers, ce qui remplissait Son cœur nous est révélé par l’Esprit : « J’étais ses délices tous les jours, toujours en joie devant lui, me réjouissant en la partie habitable de sa terre, et mes délices étaient avec les fils des hommes » (Prov. 8. 30 et 31). Si, par suite du péché, le diable exerçait son tyrannique pouvoir sur l’homme, une telle misère n’a pas repoussé son amour : Il voit toute la valeur de ce trésor dans les conseils de Dieu.

Pour obtenir Son royaume parmi les hommes, Christ a dû vendre tout ce qu’Il avait, tout laisser en venant dans ce monde. Il s’est anéanti Lui-même, prenant la forme d’esclave. Renonçant à Ses droits de Messie, Il a vécu dans la pauvreté (2 Cor. 8. 9). Étant trouvé en figure comme un homme, Il s’est abaissé Lui-même jusqu’à la mort de la croix pour acheter le champ afin de posséder le trésor.

A cause de la joie qui était devant Lui, Il a enduré la croix (Héb. 12. 2). Il a remporté une victoire définitive sur l’Ennemi, délivrant ses captifs qui ont changé de maître. Et ce trésor, tiré du champ, est composé de tous les Siens comme autant de pièces précieuses.

Il n’y a rien de comparable à cette expression sublime de l’amour de Jésus donnant Sa vie pour acquérir le trésor de Son cœur. Il les a achetés pour Dieu par Son sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation.

Il y a aussi ceux qui, d’entre les nations, reviennent de la grande tribulation, ayant lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau, et ceux du résidu d’Israël, qui auront été achetés de la terre (Apoc. 5. 9 ; 7. 14 ; 14. 3).

Bientôt le Seigneur fera valoir Ses droits sur ce monde, et le trésor encore caché sera manifesté en gloire, lorsqu’il sera « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10).

« Encore, le royaume des cieux est semblable à un marchand qui cherche de belles perles ; et ayant trouvé une perle de très grand prix, il s’en alla, et vendit tout ce qu’il avait, et l’acheta » (v. 45 et 46).

Jésus est ce marchand expert dans l’estimation des belles perles. Israël était et sera une belle perle, et il peut y en avoir d’autres. Mais l’Église est pour l’éternité la perle de très grand prix, l’épouse de Christ, la femme de l’Agneau. Elle est l’unique, destinée à refléter Sa céleste beauté ; et le Seigneur vend tout ce qu’Il avait pour l’acheter. « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (Éph. 5. 25).

La perle fine est tirée d’un être vivant, l’huître, qui au fond des mers a été blessée par un grain de sable. Entre le manteau et la coquille, le mollusque sécrète autour du corps étranger de minces couches de nacre, formant cette perle pendant six ans. Ce qui lui donne toute sa valeur et sa beauté, c’est son poids, sa couleur, sa régularité, sa forme et son éclat.

Quelle image saisissante de l’amour ineffable de Christ pour Son assemblée ! Il a enduré les souffrances insondables du jugement de Dieu à la croix, déclarant : « les eaux m’ont environné jusqu’à l’âme, l’abîme m’a entouré, les algues ont enveloppé ma tête » (Jonas 2. 6). Acquise par son propre sang, Il se présentera l’assemblée à Lui-même, glorieuse… sainte et irréprochable. « Car nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os » (Éph. 5. 30).

Les yeux de notre cœur ne seraient-ils pas ouverts pour sonder les profondeurs de Son amour pour l’Église ? Nous ne pouvons qu’être émerveillés et adorer.

Avons-nous pensé que chaque racheté du Seigneur fait partie de cette perle de très grand prix, acquise par Ses souffrances et Sa mort sur la croix ? N’est-Il pas digne alors que nous Lui présentions nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, notre service intelligent ? (Rom. 12. 1 ; 1 Cor. 6. 19 et 20).

Les saints de Macédoine s’étaient donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur (2 Cor. 8. 5) et Paul avait fait la perte de toutes choses, les estimant comme des ordures afin de gagner Christ (Phil. 3. 8). C’est la part de ceux qui, ayant Jésus comme Sauveur, L’ont saisi comme le seul objet de leur cœur, en attendant que cela soit pleinement réalisé dans la gloire, quand nous le verrons dans toute Sa beauté… peut-être cette année ? Es-tu prêt ?

La parabole du filet (Mat. 13. 47 à 52).

Rappelons que les trois dernières paraboles de ce chapitre, adressées uniquement aux disciples, révèlent les pensées de Dieu et le but du Seigneur dans le royaume. Pour la joie de Son cœur, Christ a acheté le monde pour posséder le trésor, c’est-à-dire les Siens. Saisi par la beauté morale de l’Église, Son amour l’engage à renoncer à tous Ses droits de Messie, de Fils de David et de Fils de Dieu sur la terre, pour donner Sa vie sur la croix en vue d’acquérir cette perle de très grand prix et de goûter le fruit du travail de Son âme.

« Encore, le royaume des cieux est semblable à une seine jetée dans la mer et rassemblant des poissons de toute sorte ; et quand elle fut pleine, ils la tirèrent sur le rivage, et s’asseyant, ils mirent ensemble les bons dans des vaisseaux, et jetèrent dehors les mauvais » (v. 47 et 48). La seine est une espèce de très long filet de pêche que l’on traîne dans l’eau sur les fonds sableux peu profonds.

Le royaume des cieux est comparé à ce filet qui, jeté dans la mer, rassemble toute sorte de poissons, bons et mauvais. Depuis la venue du Seigneur sur terre, le filet de l’évangile est jeté dans la mer des peuples. Résultat de cette prédication, le christianisme a été adopté comme religion par des masses. Il suffit d’avoir été baptisé pour porter le titre de chrétien, que l’on possède la vie de Jésus ou non. Hélas, tous les chrétiens de nom ne sont pas d’authentiques croyants correspondant aux bons poissons de la parabole.

Aujourd’hui l’évangile est annoncé dans tous les pays du monde entier, et l’Esprit de Dieu opère avec puissance par le moyen des pêcheurs pour rassembler les saints.

Selon ce que le Seigneur avait exprimé, les pêcheurs sont ces serviteurs à l’œuvre pour séparer, selon l’intention divine, les bons poissons. C’est ainsi qu’Il appela Ses disciples : « Venez après moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (4. 19).

Outre le fait de rassembler toute sorte de poissons en tirant le filet sur le rivage, les serviteurs sont responsables d’une deuxième opération, le triage des bons poissons. Comment auront-ils le discernement spirituel du dessein divin ? Ce ne peut être que par la Parole de Dieu.

Le bon poisson est pourvu de nageoires et d’écailles, selon Lévitique 11. 9 à 12. Le vrai chrétien peut se diriger en remontant le puissant courant de ce monde, et résister à l’influence du milieu dans lequel il évolue (1 Jean 5. 4).

Ayant l’intelligence de ce qui réjouit le cœur de Dieu, les serviteurs ne s’occupent que de ce qui est bon. Ils rassemblent les rachetés du Seigneur autour de Lui, en dehors de toute association mondaine et de tout système religieux institué par l’imagination des hommes. Comme il en a déjà été question dans la parabole de l’ivraie, les ouvriers du Seigneur n’ont pas à s’occuper des mauvais, ni pour les combattre, ni pour les juger ou les exterminer. Certes, le salut par la foi en Jésus doit être prêché à tous les hommes, mais la parabole ne présente pas ce sujet.

Ensuite le Seigneur évoque le jugement solennel des méchants : « Il en sera de même à la consommation du siècle : les anges sortiront, et sépareront les méchants du milieu des justes, et les jetteront dans la fournaise de feu : là seront les pleurs et les grincements de dents » (v. 49 et 50).

Ainsi le travail des anges est toujours en relation avec les méchants, pour exécuter la volonté de Dieu dans son juste gouvernement. Les mauvais sont ôtés de la terre pour que puisse s’établir le royaume en gloire. La période de la grâce aura pris fin pour faire place au temps du jugement, tout proche maintenant.

Avez-vous remarqué que le Seigneur utilise les mêmes expressions dans les deux paraboles de l’ivraie et du filet pour décrire cette fournaise de feu où seront les pleurs et les grincements de dents pendant l’éternité ? (v. 42 et 50)

Ainsi le sort des incrédules est décrit avec une précision effrayante s’ils persistent à refuser le salut offert gratuitement par la foi en Jésus. Leur part sera le feu éternel préparé pour le diable et ses anges, alors que les justes seront pour toujours avec le Seigneur. Les maudits s’en iront dans les tourments éternels et les justes dans la vie éternelle, la bienheureuse félicité (Mat. 25. 41 et 46).

As-tu choisi la vie ? (Deut. 30. 19). « Quiconque croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

Comme Il le déclarait à Ses disciples, Jésus nous pose la même question : « Avez-vous compris ces choses ? Ils lui disent : Oui, Seigneur » (v. 51). Il avait bien dit aux Siens qu’il leur serait donné de connaître les mystères du royaume des cieux (v. 11).

Seul le Saint Esprit, venant habiter dans le croyant, pourrait en donner une réelle compréhension. Et Jésus précise que « tout scribe qui a été fait disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui produit de son trésor des choses nouvelles et des choses vieilles » (v. 52). Le scribe représente ceux qui connaissaient et interprétaient les textes de l’Ancien Testament.

Devenu disciple du royaume des cieux, il ajoute aux révélations précédentes, les enseignements du Seigneur, notamment ceux des paraboles de ce chapitre. Les choses vieilles concernent le royaume annoncé par les prophètes, établi plus tard en gloire, alors que les choses nouvelles révèlent la forme cachée que ce royaume a prise par suite du rejet du roi. Quel trésor inestimable est accordé à ces disciples du royaume, dès à présent et pour l’avenir ! Que notre foi s’approprie de telles richesses !

La tempête apaisée (Mat. 8. 18, 23 à 27 ; Marc 4. 35 à 41 ; Luc 8. 22 à 25).

L’événement qui nous occupe ce mois-ci est relaté dans trois évangiles avec quelques détails particuliers dans chaque récit.

C’était le soir d’un jour où le Seigneur avait enseigné une grande foule près de la mer, par des paraboles (Marc 4. 1 et 2). Jésus avait dit à ses disciples : « Passons à l’autre rive ».

Après avoir renvoyé la foule, ils s’embarquent prenant Jésus, comme il était, c’est-à-dire sans préparatifs, mais toujours avec son amour invariable, sa puissance divine et ses saintes exigences. Ainsi les disciples pouvaient supposer que, dans la compagnie de Jésus, ils étaient à l’abri de toute difficulté.

Et ils prirent le large. Or comme ils voguaient, voici une grande tourmente s’éleva sur la mer, en sorte que le bateau était couvert par les vagues et il s’emplissait déjà d’eau. La mer de Galilée, située bien au-dessous du niveau de la mer et entourée de montagnes, est connue pour ses tempêtes violentes et subites. Devant un tel péril, les disciples, pour la plupart des pêcheurs habitués à affronter la mer, étaient saisis de peur.

Or Jésus se trouvait à l’arrière du bateau. Marc ajoute qu’il s’était endormi sur un oreiller. Une main prévenante l’avait mis à sa disposition, pensant à toute sa fatigue de la journée. Ce sommeil de Jésus est un trait de son humanité. Il traduit la tranquillité et la paix de Celui qui, près de son Dieu, peut jouir d’un peu de repos, malgré le grand tourbillon de vent et les assauts multipliés des vagues.

Confiant en son Dieu, le psalmiste pouvait déclarer : « Je me coucherai, et aussi je dormirai en paix ; car toi seul, ô Éternel ! tu me fais habiter en sécurité » (Ps. 4. 8).

Ainsi, quoique présent, Jésus ne prévient pas la tempête. Et s’Il dormait, les disciples n’avaient-ils pas avec eux le Créateur du monde ? Mais Sa seule présence ne leur suffit plus, car ils sont effrayés par le danger qui les tourmente si violemment.

Les promesses divines, pour le résidu d’Israël éprouvé, n’étaient-elles pas aussi pour eux ? « Car moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur… Ne crains pas, car je suis avec toi » (És. 43. 3 et 5). Mais l’angoisse avait envahi leur cœur et tout espoir d’en sortir par leurs propres efforts et leur propre sagesse était réduit à néant. « Ils montent aux cieux, ils descendent aux abîmes : leur âme se fond de détresse » (Ps. 107. 26).

Devant cette situation critique, il n’y a plus qu’une seule issue : s’approcher de Jésus et Le réveiller. Et leur cri de détresse n’a-t-il pas un écho dans nos cœurs, nous rappelant une circonstance vécue dans notre vie ?

Pour les uns, c’est : « Maître, ne te mets-tu pas en peine que nous périssions ? » (Marc 4. 38) ; pour les autres : « Maître, maître, nous périssons » ! (Luc 8. 24), et encore : « Seigneur, sauve-nous ! nous périssons » (Mat. 8. 25). Ils ne savent pas comment Jésus peut les sauver – mais c’est bien Lui qui avait dit : « Passons à l’autre rive du lac ». Malgré toute leur angoisse, ils sont unanimes pour avoir recours à Jésus qui seul peut les délivrer.

Alors la voix toute puissante du Seigneur se fait entendre. Il commande en maître, reprend le vent, et s’adresse à la mer : « Fais silence, tais-toi » (Marc 4. 39 ; Job 38. 11).

Quelle majesté ! Quelle puissance divine ! Jésus est le Fils de Dieu, le Créateur des mondes, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance (Héb. 1. 2 et 3). Celui qui a établi les lois de la nature est capable de rétablir l’équilibre des éléments déchaînés. Et il se fit un grand calme.

Puis Jésus s’occupe de Ses disciples, leur disant : « Pourquoi êtes-vous ainsi craintifs ? Comment n’avez-vous pas de foi ? Et ils furent saisis d’une grande peur, et ils dirent entre eux : Qui donc est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent ? » (Marc 4. 40 et 41).

Les disciples croyaient en Jésus, car ils Le suivaient ; mais sondés par l’épreuve, leur foi cède à la peur. Ne leur ressemblons-nous pas parfois ? Et le reproche du Seigneur ne nous concerne-t-il pas ? Seule la foi active peut dissiper la crainte des circonstances.

Le manque de foi des disciples n’apparaît-il pas au moment où, dans leur frayeur, ils ont pensé qu’ils allaient périr avec leur Maître ? Et cependant, ils n’étaient pas plus en danger au fort de la tempête qu’au temps où la mer était calme, car Jésus était avec eux. Il ne pouvait être englouti par les eaux.

N’oublions pas cette promesse divine : « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).

Devant des difficultés, apparemment insurmontables, Dieu veut nous apprendre pratiquement que Son amour, Sa puissance et Sa sagesse sont toujours à la disposition de la foi. Il peut apaiser toute agitation de nos cœurs avant même parfois, que ne soient maîtrisés les orages et les tempêtes envoyés subitement par Satan.

Si tu as pris Jésus à bord de ton frêle esquif, tu es en sécurité. Quelle que soit l’adversité, Il est ton Sauveur et ton Seigneur tout puissant ! L’apôtre déclare que la mort même a perdu son aiguillon et devient un gain (1 Cor. 15. 55 à 57 ; Phil. 1. 21). Jésus est avec nous et il est pour nous jusqu’à ce que nous ayons atteint le céleste rivage.

« Il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient » (Ps. 107. 29 et 30). « Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force » (És. 30. 15).

Guérison de deux démoniaques (Mat. 8. 28 à 34 ; Marc 5. 1 à 20 ; Luc 8. 26 à 39).

Par Sa seule parole, le Seigneur Jésus vient d’exercer Sa puissance pour calmer les éléments de la nature. Vents et tempête sont apaisés aussi bien que le cœur des disciples.

Maintenant, il a affaire avec la violence effrayante de Satan. Deux malheureux Gadaréniens, possédés d’une multitude de démons, dominant leur volonté, sortent des sépulcres où ils demeuraient. Ils étaient très violents, et personne ne pouvait passer par ce chemin-là. Les évangélistes Marc et Luc ne mentionnent que l’un des deux démoniaques, appelé Légion, peut-être à cause de la gravité de son cas, mais aussi de son service après sa délivrance.

Cet incident nous donne un aperçu de ce monde invisible, quoique bien réel, des principautés, autorités et dominateurs des ténèbres, une puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes (Éph. 6. 12).

Souvent, quand Légion avait été lié de fers aux pieds et de chaînes, il avait rompu les chaînes et mis les fers en pièces, et personne ne pouvait le dompter. Les démons habitant cet homme le rendaient furieux, lui communiquant une force extraordinaire ; se faisant du mal à lui-même, il ne pouvait que nuire à ses semblables.

Quelle figure saisissante de la déchéance morale de l’homme pécheur ! Entraîné par le diable, victime de ses convoitises charnelles et de ses passions infâmes, c’est en vain que les hommes ont essayé de le maîtriser, de combattre les excès de tout genre (Gal. 5. 19 à 21).

Malgré toutes les règles morales imposées par la société, le cœur de l’homme reste pervers, incurable, toujours porté à rompre tout lien.

Alors que nous nous serions détournés, effrayés par un tel forcené, Jésus ne le repousse pas et le rencontre dans sa nudité, car il ne pouvait cacher son véritable état aux yeux de Dieu.

Quel spectacle horrible que celui de l’homme asservi à Satan ! Parce qu’il a écouté la voix du tentateur qui mettait en doute la parole de Dieu, il ne pouvait en résulter pour lui que souffrances, oppression, corruption et mort. Et la terre, par suite du péché de l’homme, est devenue un vaste cimetière.

En voyant Jésus, l’homme possédé depuis longtemps de plusieurs démons, se jeta devant Lui en s’écriant : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut ? Je te supplie, ne me tourmente pas. Car Jésus avait commandé à l’esprit immonde de sortir de l’homme » (Luc 8. 28 et 29).

Alors que les hommes ne discernaient pas la gloire divine de Jésus, les démons le reconnaissent comme le Fils de Dieu, le Juge qui les condamnera aux tourments éternels. Jacques lui-même précise que les démons croient, et qu’ils frissonnent (2. 19).

Le démoniaque déclare qu’il s’appelle Légion, car beaucoup de démons étaient entrés en lui. Savez-vous qu’une légion romaine au temps du Seigneur comportait environ 6000 soldats ? C’était un très grand malheur pour cet homme que d’être tombé sous une telle domination.

Quoiqu’il en pense, l’homme n’est pas libre, mais il est esclave de Satan, qui le gouverne en satisfaisant tous les désirs du cœur naturel par toutes les choses qui sont dans le monde (1 Jean 2. 15 et 16).

Et il y avait là un grand troupeau de pourceaux paissant sur la montagne. Contraints de sortir de cet homme, et redoutant d’aller dans l’abîme des tourments, ces démons demandent à Jésus d’entrer dans ce troupeau. Avec sa permission, ils sortirent de l’homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se rua du haut de la côte dans le lac et fut étouffé.

Voyant ce qui était arrivé, les gardiens du troupeau s’enfuirent et racontèrent dans la ville et dans les campagnes ce qui était arrivé. Aussitôt les habitants vinrent et trouvèrent assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus, l’homme délivré des démons.

Quelle bonne part est celle de cet homme dans la présence de son Sauveur ! Mais au lieu de se réjouir d’un tel miracle, les habitants effrayés déplorent la perte du troupeau de pourceaux, ces animaux impurs que la loi interdisait de manger. Aussi demandent-ils à Jésus de s’en aller de leur territoire.

Les hommes pécheurs préfèrent la domination de Satan, ce maître dur et cruel, à la présence et la puissance de Jésus. Ils ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises (Jean 3. 19).

Comme notre cœur naturel est insensible à la grâce, et dans son égoïsme, peu accessible à la souffrance de notre prochain ! Pour assurer nos aises, nos intérêts, n’allons-nous pas parfois jusqu’à désobéir à la Parole ?

Au moment où Jésus s’en allait dans la barque, celui qui avait été délivré de l’esprit immonde lui exprime son désir de Le suivre, dans l’attachement de son cœur. Il sait qu’il a été l’objet d’une grâce ineffable. Mais Jésus le renvoya disant : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a usé de miséricorde envers toi » (Marc 5. 19).

Il s’en alla, et se mit à publier tout ce que Jésus lui avait fait. C’est la volonté du Seigneur que nous rendions témoignage à ce que Sa grâce a fait pour nos âmes.

Parler de Lui à nos proches, dans notre famille, à nos camarades d’études ou de travail, c’est-à-dire à ceux qui nous connaissent et observent notre conduite, voilà ce qui plaît au Seigneur, en attendant qu’Il nous appelle auprès de Lui. Comme il importe que tout témoin du Seigneur ait une conduite en accord avec ses paroles !

Peux-tu raconter ce que le Seigneur Jésus a fait pour ton âme ? (Ps. 66. 16)

Une guérison et une résurrection (Mat. 9. 18 à 26 ; Marc 5. 22 à 43 ; Luc 8. 40 à 56).

Rejeté du territoire des Gadaréniens, Jésus, le parfait Serviteur, aborde à l’autre rive du lac où une grande foule se rassemble auprès de Lui. Ému de compassion, Il était tout disposé à recevoir l’appel de la foi.

Un chef de synagogue, nommé Jaïrus, vient et se jette aux pieds de Jésus, le suppliant instamment, disant : « Ma fille est à l’extrémité ; je te prie de venir et de lui imposer les mains, afin qu’elle soit sauvée, et qu’elle vive » (Marc 5. 21 à 23). Et Jésus s’en alla avec lui, suivi par une grande foule qui le pressait.

Du sein de cette foule, une femme s’approche. Elle était atteinte, depuis douze ans, d’une maladie incurable, ayant beaucoup souffert d’un grand nombre de médecins. Alors qu’elle avait dépensé en vain tout son bien, son état allait en empirant. Point de guérison, son cas restait désespéré.

Mais elle avait entendu parler de Jésus. Aussi vient-elle par derrière et touche Son vêtement, consciente, et de son impureté et de son profond besoin de guérison. Dans l’assurance de sa foi, elle disait : « Si je touche, ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie ». Et aussitôt elle connut en son corps qu’elle était guérie du fléau.

Jésus, sachant que de la puissance était sortie de Lui, demanda qui l’avait touché. Ses disciples lui dirent : « Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m’a touché ? » Voyant qu’elle n’était pas cachée, effrayée et tremblante, la femme vint et se jeta devant lui, et lui déclara toute la vérité, comment elle avait été guérie instantanément. Et Jésus lui dit : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie ; va-t’en en paix » (Luc 8. 45 à 48).

Cette femme n’avait reculé devant aucune dépense pour recouvrer la santé de son corps. Elle représente tous ceux qui voudraient obtenir le salut par les œuvres et leurs propres efforts, pour s’en glorifier ensuite (Éph. 2. 9). « Dieu… nous a sauvés… non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein, et sa propre grâce » (2 Tim. 1. 9).

Cette femme, à bout de ressources, épuisée et ruinée, touche le vêtement de Jésus et sa foi tire bénéfice de la puissance divine qui la guérit aussitôt.

II ne suffit pas de connaître Jésus par la seule intelligence humaine. Celui qui vient à Lui avec une profonde conviction de péché – Le saisissant par la foi pour son Sauveur personnel – obtient le pardon, la paix, la délivrance.

La femme, voyant que rien ne peut être caché au Seigneur, se jette à Ses pieds : la meilleure place pour dire toute la vérité.

Le Seigneur établit ainsi cette âme dans une relation personnelle avec Lui et lui donne toute l’énergie nécessaire pour rendre témoignage devant le monde et confesser en public ce qu’Il a fait pour elle. Mais aussi, quel réconfort pour sa foi lorsqu’elle entend les paroles de Jésus : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie : va-t’en en paix » (Luc 8. 48). Heureuse dans Son amour, elle connaît désormais Celui qui s’est révélé à son âme, guérissant son infirmité (Ps. 103. 3).

Le délai causé par l’intervention de cette femme a éprouvé la foi de Jaïrus, car sa fille unique de douze ans était sur le point de mourir. Et comme Jésus parlait encore, des messagers viennent annoncer la mort de cette enfant. Mais aussitôt une parole de Jésus vient affermir la foi de ce père angoissé : « Ne crains pas, crois seulement » (v. 50).

Il y avait en Jésus un amour incomparable face à l’état misérable de l’homme, et une puissance invincible pour délivrer les captifs de Satan qui détenait le pouvoir de la mort. Qu’est-ce que Dieu demande de l’homme, si ce n’est la foi ? Cela est vrai pour le pécheur travaillé dans sa conscience, mais aussi pour le croyant dans toutes ses épreuves.

Arrivé à la maison, Jésus ne permet à personne d’entrer si ce n’est aux trois disciples Pierre, Jacques et Jean, ainsi qu’aux parents de la jeune fille. Il veille à ne pas satisfaire la curiosité d’une foule incrédule. Il ne cherche pas à établir Sa popularité. Seule compte pour le parfait Serviteur l’approbation du Maître.

Comme tous pleuraient et se lamentaient sur la jeune fille, il leur dit : « Ne pleurez pas, car elle n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui, sachant qu’elle était morte ».

Comme dans le cas de Lazare (Jean 11. 11 à 15), le Seigneur parle de la mort du croyant comme d’un sommeil, car notre Sauveur a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile (2 Tim. 1. 10).

Puis, la prenant par la main, Jésus cria, disant : « Jeune fille, lève-toi. Et son esprit retourna en elle, et elle se leva immédiatement ; et il commanda qu’on lui donnât à manger ». Quelle joie pour le cœur des parents !

Voilà une résurrection qui rappelle celle de tous les morts en Christ lors de la venue du Seigneur pour enlever Son Église, alors que les croyants vivants seront changés pour revêtir leur corps de gloire. Nous attendons que se réalise cet événement (1 Cor. 15. 51 à 54 ; 1 Thess. 4. 13 à 18).

En figure, ces deux récits présentent l’œuvre du Seigneur Jésus venant sur cette terre. Comme pour la fille de Jaïrus, Il s’est approché d’Israël à l’état de mort, pour lui apporter la guérison. Mais la mort a frappé Israël selon la chair et tout homme pécheur.

Cependant le Seigneur possède toute puissance pour opérer la résurrection nationale de ce peuple à la fin. En attendant, tous ceux qui reconnaissent leur état de misère morale peuvent, comme la femme qui toucha Jésus, venir à Lui par la foi, saisir la grâce et être sauvés.

Trois guérisons. Compassions de Jésus (Mat. 9. 27 à 38).

La grâce toute puissante de Jésus ressuscitait des morts et guérissait toute maladie et toute langueur. C’est ainsi que Dieu donnait une pleine démonstration de la venue du Messie promis à son peuple, le vrai roi d’Israël.

Voici deux aveugles qui suivent Jésus, criant et disant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! » (v. 27)

Leur foi dans le Messie d’Israël est affirmée par leur cri et par leur persévérance à venir à Lui jusque dans la maison malgré leur cécité. Jésus leur dit : « Croyez-vous que je puisse faire ceci ? » Voilà la seule condition qui leur est posée. Et la réponse est spontanée, tellement leur besoin de guérison est intense : « Oui, Seigneur ».

Quel écho ont de telles paroles dans le cœur du Seigneur ! Ne démontrent-elles pas une entière soumission de l’âme à Sa volonté ? Quelles bénédictions en sont les conséquences dès maintenant et pour l’éternité !

Alors Jésus toucha leurs yeux, disant : « Qu’il vous soit fait selon votre foi ».

Et leurs yeux furent ouverts (v. 29 et 30).

Ces aveugles rappellent l’état moral de l’homme déchu devant Dieu, mais aussi celui d’Israël à la venue du Seigneur. Jésus, la lumière du monde, ne pouvait exercer Sa puissance en guérison qu’en réponse à la foi. Aussi L’entendons-nous déclarer : « Celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12).

Contrairement à la volonté du Seigneur, les aveugles répandirent sa renommée dans tout le pays. Jésus ne cherchait pas la gloire venant des hommes, évitant d’attirer la curiosité des foules ; mais que notre obéissance Lui soit agréable : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21).

« Et comme ils sortaient, voici, on lui amena un homme muet, démoniaque. Et le démon ayant été chassé, le muet parla » (v. 32).

Dans son état naturel, l’homme pécheur est muet comme il est aveugle. Il ne connaît rien des choses magnifiques de Dieu, des perfections de Jésus et de Son œuvre et il ne peut les voir et en parler.

Mais le Seigneur, plein de miséricorde, intervient pour délivrer le malheureux du joug de Satan. Quel réconfort pour ceux qui l’avaient amené à Jésus ! Maintenant sa langue est déliée pour parler de Celui qui l’a délivré de l’esclavage de Satan. Désormais il peut exalter la grâce et la puissance de Dieu, utilisant pour le bien ce don merveilleux qui lui a été rendu. Ne devait-il pas s’approprier la prière de David : « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, veille sur l’entrée de mes lèvres » ? (Ps. 141. 3)

« Et les foules s’en étonnèrent, disant : Il ne s’est jamais rien vu de pareil en Israël ; mais les pharisiens disaient : Il chasse les démons par le chef des démons » (v. 33 et 34).

L’admiration des foules provoque la jalousie des pharisiens, dont le cœur incrédule est rempli de haine à l’égard de Jésus. Comme ils se sentent jugés par Sa vie parfaite et rayonnante de grâce !

Ces hommes religieux se contentaient des formes de la piété pour mettre en relief leur prestige aux yeux des hommes. Dans la dureté de leur cœur, ils ont l’audace d’attribuer à Satan, le prince des démons, la puissance du Fils de Dieu. C’est ce grave péché, appelé le blasphème contre l’Esprit, qui ne sera pas pardonné aux hommes (12. 31).

Malgré toute la méchanceté des chefs du peuple qui le rejetaient, Jésus poursuit Sa carrière où Sa patiente bonté peut encore s’exercer avec Sa puissance divine. Il continue à enseigner dans leurs synagogues, à prêcher l’évangile du royaume et à guérir toute maladie et toute langueur (v. 35). Son cœur est ému de compassion, car Il discerne les nombreux besoins des foules, et porte en parfaite sympathie les souffrances des hommes.

Il réalise « qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger ». Ces brebis d’Israël, sans vrai berger, étaient privées de direction, de protection et de nourriture, d’où leur état d’épuisement et de souffrance. Les conducteurs d’Israël, sacrificateurs, scribes et pharisiens, dans la recherche de leurs propres intérêts, étaient des pasteurs qui détruisaient et dispersaient le troupeau (Jér. 23. 1 et 2 ; Éz. 34. 1 à 10).

Face à cette infidélité, Jésus, le bon Berger présenté à Son peuple, est rempli de sollicitude pour les faibles, les malades, les méprisés et les pauvres du troupeau. Chacun pouvait venir à Lui avec sa détresse et avec la certitude d’être accueilli, compris et guéri. N’a-t-Il pas dit : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » ? (Jean 6. 37)

Ainsi Jésus voit que la moisson est grande et qu’il y a peu d’ouvriers. Son œil embrassait les campagnes déjà blanches pour la moisson (Jean 4. 35). Pour celui qui, convaincu de péché, réalise toute sa misère morale, il n’y a qu’une seule issue : se jeter dans les bras du Sauveur. Mais pour la moisson, il faut des ouvriers qui, mûs par l’amour des âmes, les conduisent à la source de la grâce et de la vie, c’est-à-dire à Christ.

C’est pourquoi Jésus déclare à ses disciples : « Suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson » (v. 38). Tout vrai serviteur est un collaborateur de Dieu (1 Cor. 3. 9).

C’est à nous de demander des ouvriers et à Dieu seul de les envoyer après les avoir formés à Son école. Ayant foi en Jésus, notre première et constante activité ne reste-t-elle pas la prière selon la volonté du Seigneur de la moisson ?

Mission des douze disciples (Mat. 10. 5 à 42 ; Marc 6. 5 à 13 ; Luc 9. 1 à 6).

Ému de compassion envers les foules délaissées comme des brebis sans berger, Jésus avait demandé à Ses disciples de supplier le Seigneur de la moisson de pousser des ouvriers dans Sa moisson. Maintenant Il appelle ses propres disciples, nommés apôtres ou envoyés.

Il les envoie deux par deux pour annoncer aux brebis perdues de la maison d’Israël que le royaume des cieux s’est approché. Et il leur donne l’autorité de chasser les démons et de guérir toute maladie et toute langueur.

Cette mission, confiée aux douze apôtres, était celle du Seigneur Lui-même dont l’activité est résumée en Matthieu 4. 23 à 25.

Cet évangile du royaume est la bonne nouvelle annonçant aux hommes que le royaume de Dieu sera établi sur la terre. Il sera de nouveau prêché, après l’enlèvement de l’Église, à tous ceux qui n’auront pas entendu l’évangile de la grâce proclamé aujourd’hui, depuis la mort du Seigneur jusqu’à Son retour.

Ceux que le Seigneur envoie dans Son champ, Il les a tout d’abord appelés à Son école, où ils ont été formés, disciplinés, instruits. Pendant un certain temps ils sont avec Lui (Marc 3. 14). Puis vient le temps où il suffit au disciple d’être comme son Maître.

On peut supposer que des leçons essentielles ont été apprises : incapacité totale de la chair, mais ressources inestimables de la grâce, de la puissance et de la sagesse de Dieu. C’est alors que le disciple peut être envoyé par le Seigneur de la moisson, qui Lui seul peut indiquer le moment du départ, le champ de travail à celui qu’Il a préparé. C’est Lui qui conduira, soutiendra et encouragera Ses serviteurs tant que durera leur mission.

Dans la première partie de Son discours (Mat. 10. 5 à 15), le Seigneur donne à Ses disciples des recommandations spéciales pour le temps qui s’écoulera avant Sa mort ; leur mission immédiate concernait Israël auquel Jésus se présentait comme Messie.

La puissance selon laquelle Il établirait son royaume était à l’œuvre pour renverser celle de Satan, délivrer l’homme des conséquences du péché et pourvoir à la subsistance des messagers envoyés par le roi.

Pas de provisions pour le chemin, car l’ouvrier est digne de sa nourriture. Le peuple sera mis à l’épreuve à l’écoute de la bonne nouvelle de l’approche du royaume des cieux. Tous ceux qui la recevraient jouiraient de la paix promise. Et là où les disciples ne seraient pas reçus, ils devraient secouer la poussière de leurs pieds en témoignage contre cette maison, ou contre la ville qui les rejetterait. Le sort de Sodome et de Gomorrhe, villes impies, sera plus supportable au jour de jugement que celui de ceux qui, au lieu d’accueillir leur Messie, l’auront mis à mort.

Au terme de la patience de Dieu, Israël fut rejeté et dispersé parmi les nations jusqu’au jour où, repentant, il reconnaîtra son vrai Messie. Alors l’Israël de Dieu sera sauvé par la foi au sacrifice de Christ.

Puis le Seigneur donne des instructions générales dans la deuxième partie de son discours, pour la période s’écoulant entre Sa première venue et Son apparition glorieuse comme Fils de l’Homme (Mat. 10. 16 à 42).

Chrétien ou juif pendant la tribulation, le vrai disciple est exposé à l’opposition acharnée d’un monde inique et pervers (Mat. 10. 17 et 18). C’est l’opprobre du Christ, inévitable pour celui qui rend fidèlement témoignage à un Christ que le monde a rejeté en Le crucifiant.

L’homme dans son état naturel est inimitié contre Dieu, haïssant la lumière et la vérité qui le jugent. Dans de telles circonstances, le Seigneur envoyait Ses disciples comme des brebis au milieu des loups. Il leur fallait la prudence des serpents, c’est-à-dire la sagesse de Dieu pour éviter les pièges de leurs ennemis, et la simplicité de la colombe pour agir sans calcul, en laissant à Dieu les conséquences.

Comme sont précieux les encouragements du Seigneur lorsqu’Il déclare : « Ne soyez pas en souci comment vous parlerez, ni de ce que vous direz… car ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous » (Mat. 10. 19 et 20).

Cela est d’autant plus vrai que l’on a affaire à l’hostilité de sa propre famille (v. 36). Mais il suffit au disciple qu’il soit comme son Maître, n’ayant aucune crainte face à la haine des hommes, car il y aura un jour où Dieu mettra tout en lumière.

Dieu seul doit être craint, comme Juge qui peut détruire et l’âme et le corps, en enfer.

De plus Dieu prend soin des Siens et rien n’arrive sans Sa volonté. « Les cheveux même de votre tête sont tous comptés », et « vous valez mieux que beaucoup de passereaux », oiseaux insignifiants que votre Père céleste nourrit (Mat. 6. 26).

Enfin le Seigneur met en relief l’importance de Le confesser devant les hommes, et les conséquences qui en résultent dans ce monde. Mais Lui-même confessera devant Son Père, dans le ciel, Ses témoins fidèles.

Outre le courage moral pour faire face à l’opposition du monde, Jésus demande à Son disciple un engagement total, une vraie consécration du cœur. Cela est bien souligné par ces paroles : « Celui qui aime père ou mère plus que moi, n’est pas digne de moi » (v. 37).

De plus Jésus invite Son disciple à prendre sa croix pour venir après Lui. Instrument des condamnés à mort, cette croix rappelle qu’on en a fini avec le monde et ses plaisirs, et qu’on a renoncé à toute volonté propre pour le seul motif : l’amour de Jésus.

Il y aura une récompense pour ceux qui auront reçu les messagers du Seigneur : un prophète, un juste, un de ces petits en qualité de disciple. Aujourd’hui encore, accepter Jésus, recevoir Sa Parole par la foi, suffit pour obtenir ce salut qui a coûté à notre cher Sauveur les souffrances expiatoires de la croix.

Martyre de Jean le Baptiseur (Mat. 14. 1 à 12 ; Marc 6. 14 à 29).

Les passages cités concernent la fin tragique d’un fidèle témoin de la vérité ; Jean le Baptiseur, précurseur du Seigneur Jésus.

Vrai Nazaréen dès sa naissance, il est resté séparé pour Dieu jusqu’à sa mort. Écoutons le témoignage du Seigneur : « Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous ne l’avez pas cru » (Mat. 21. 32).

Marc précise que Hérode le craignait, le sachant homme juste et saint (6. 20). En effet Jean n’avait pas craint de lui dire : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ». Hérodias, femme corrompue, ne pouvait supporter cette condamnation de la part de l’homme de Dieu, aussi nourrissait-elle le désir de s’en débarrasser. Pour satisfaire la convoitise de la chair, Hérode commet cette injustice, de faire prendre Jean et de le faire lier dans une prison à cause de Hérodias, la femme de Philippe, son frère ; car il l’avait épousée (Marc 6. 17).

Ainsi, à la corruption se lie la violence qui s’exprime déjà dans le désir du meurtre (Mat. 14. 5 et Marc 6. 19).

Tout d’abord cette haine était refrénée par la crainte des foules tenant Jean pour un prophète, et par ailleurs Hérode redoutait de nuire à sa renommée.

De plus, il éprouvait un certain respect pour Jean à cause de son autorité morale d’homme de Dieu.

Mais la haine de Hérodias dominant ses passions va triompher de tous les obstacles. Car si Hérode avait quelques scrupules à l’égard de Jean, il n’avait aucune force pour rompre avec ses péchés. Son opposition à la vérité le poussera à sacrifier celui qui la proclame.

Voici un jour favorable, comme Satan sait en préparer à l’aide de ses instruments. Hérode célébrait l’anniversaire de sa naissance, offrant un somptueux repas à ses grands seigneurs où, à travers ses richesses étalées, il exalte l’orgueil de la vie (1 Jean 2. 16). La fille de Hérodias entre, danse, plaît à Hérode et à ceux qui sont à table avec lui. La convoitise des yeux est excitée dans le cœur du roi qui promet par serment, dans sa folie, de lui donner tout ce qu’elle demanderait.

Entraînée par sa mère et habituée à satisfaire ses caprices, cette jeune fille légère entre avec empressement et demande sur le champ que lui soit apportée dans un plat la tête de Jean le Baptiseur.

Est-il possible que le cœur tendre d’une jeune fille puisse formuler une telle demande ? Ne sommes-nous pas rendus attentifs à ce que peut manifester, sous l’impulsion de Satan, le cœur naturel de tout homme ? (Marc 7. 22 et 23 ; Jér. 17. 9 et 10 ; Gal. 5. 19 à 21).

Le roi en fut très attristé, mais par amour-propre, à cause des serments et de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas rejeter sa requête. Comme Satan sait retenir sa victime dans son filet et étouffer la voix de la conscience !

Dans sa lâcheté, Hérode donne l’ordre de satisfaire cette demande, prenant la responsabilité d’un crime odieux. Ainsi la séduction d’une danse valait pour lui la vie d’un prophète.

Jean est décapité dans la prison et sa tête est apportée dans un plat et donnée à la jeune fille qui la porte à sa mère. Bienheureux Jean qui, aux yeux de Dieu, achève sa course en vainqueur, après avoir rempli sa mission de précurseur du Messie d’Israël !

Quant à son misérable meurtrier, il ne peut pas oublier le crime affreux qu’il a commis Lorsqu’il entend parler de Jésus et de ses miracles, il dit à ses serviteurs : « C’est Jean que j’ai fait décapiter ; il est ressuscité d’entre les morts » (Marc 6. 16). Malgré son endurcissement, cet homme est perplexe, car sa conscience l’accuse.

En outre, parler de la résurrection ne peut qu’accroître son désarroi, face au jugement qui l’attend. C’est le malaise de tout homme qui fuit la lumière de Dieu parce que ses œuvres sont mauvaises. Et la lumière de Dieu, à travers les paroles de Jean, avait éclairé la conscience d’Hérode et suscité la haine de Hérodias, en soulignant son inconduite.

Les disciples de Jean vinrent, enlevèrent son corps pour l’ensevelir. « Précieuse, aux yeux de l’Éternel, est la mort de ses saints » (Ps. 116. 15). « Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur… ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent » (Apoc. 14. 13). Puis les disciples rapportèrent à Jésus ce qui était arrivé. Leur cœur bien attristé trouve auprès de lui une parfaite sympathie. N’est-Il pas près de ceux qui ont le cœur brisé ? (Ps. 34. 18) Quel écho a dû avoir dans le cœur de Jésus l’annonce de la mort de Son précurseur ! N’était-ce pas pour Lui l’approche des heures terribles de la croix à la suite de son propre rejet ?

Satan a toujours déployé beaucoup d’énergie pour se débarrasser des fidèles témoins de la vérité, mais cela n’empêche pas Dieu d’accomplir Ses desseins. Et la couronne de vie est promise à ceux qui auront été fidèles jusqu’à la mort, par Celui qui a été mort et qui a repris vie. Il déclare : « Voici, je suis vivant aux siècles des siècles » (Apoc. 2. 10, 8 ; 1. 18).

Mais quelle responsabilité pour ceux qui ont rejeté Christ et refusé la grâce qui leur a été présentée au cours de leur vie terrestre ! Qu’il est dangereux d’étouffer la voix de la conscience !

C’est à la lumière de la Parole de Dieu que tout pécheur découvre son état misérable, sa perdition totale. Et la grâce qui apporte le salut en Christ, lui présente toute l’efficace du sang de Jésus qui purifie de tout péché.

Quelle délivrance lorsqu’une conscience est purifiée par la foi en l’œuvre de Christ ! Elle peut alors jouir de la paix avec Dieu (Rom 5. 1). Un indicible bonheur remplit son âme.

Cher jeune lecteur, peux-tu t’approprier par la foi ces deux versets du Psaume 32. 1 et 2 ?

Un infirme guéri au réservoir de Béthesda (Jean 5. 1 à 9).

Dans le récit que le Saint Esprit nous relate, Jésus monte à Jérusalem lors d’une fête des Juifs. Ce n’était plus les fêtes de l’Éternel comme elles sont décrites en Lévitique 23, car le Seigneur du temple est rejeté depuis le chapitre 1er de cet évangile. Cependant cela n’empêche pas le Seigneur Jésus d’exercer en grâce Sa puissance divine.

Il vient auprès de la porte des brebis, où se trouvait un réservoir d’eau appelé en hébreu Béthesda, ce qui signifie : « maison de miséricorde ». Dans les cinq portiques étaient couchés une multitude d’aveugles, de boiteux et de gens qui avaient les membres secs, attendant le mouvement de l’eau (v. 2 et 3).

Quel douloureux spectacle de la misère humaine s’offrait aux regards de Celui qui ne pouvait qu’être ému de compassion dans Son cœur infiniment sensible !

Chacune de ces infirmités mettait en évidence un aspect de l’état moral de l’homme en chute : sa totale incapacité de voir, d’entendre, de marcher, et d’agir selon la pensée de Dieu.

Mais Jésus est là avec Sa bonté toute puissante, tout proche de ce triste tableau de l’état de Son peuple, et rien de cette misère profonde ne rebute Sa grâce. « C’est Lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités » (Ps. 103. 3).

Malgré les multiples preuves de l’infidélité du peuple, Dieu continuait patiemment à exercer Sa miséricorde. À ce réservoir de Béthesda, Il envoyait, à certaines époques, un ange qui agitait l’eau et le « premier donc qui entrait après que l’eau avait été agitée, était guéri, de quelque maladie qu’il fût pris » (v. 4).

Au milieu de tous ces infirmes évoquant l’état de l’homme sous les terribles conséquences du péché, il y en avait un dont l’état désespéré le constituait un fidèle représentant de l’homme sous la loi.

Toute guérison paraissait impossible pour lui. Sans ami, sans aide, sans raison d’espérer, il était là, tout près des eaux miraculeuses sans pouvoir en profiter. Une année après l’autre il en avait vu qui, guéris, étaient rentrés chez eux tout joyeux. Mais lui, infirme depuis trente-huit ans, n’avait aucune force propre pour se jeter dans les eaux bienfaisantes. Pour avoir cette force, il aurait dû être guéri !

L’état de cet homme est une figure saisissante de l’homme auquel la loi déclarait : « Fais cela, et tu vivras » (Luc 10. 28). Or le péché qui ronge l’homme lui enlève toute capacité de faire le bien. Il est sans force, impie, pécheur, ennemi de Dieu (Rom. 5. 6, 8 et 10). Si Dieu n’intervient pas en dehors de lui, il est voué au jugement éternel.

Or, grâce insondable, Dieu a envoyé Son Fils dans le monde pour sauver les pécheurs, pour que nous vivions par lui (1 Tim. 1. 15 ; 1 Jean 4. 9).

Voyant cet infirme couché là, et sachant qu’il était dans cet état déjà depuis longtemps, Jésus lui dit : Veux-tu être guéri ? « Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne qui, lorsque l’eau a été agitée, me jette dans le réservoir ; et, pendant que moi je viens, un autre descend avant moi » (v. 6 et 7). Comme il sait bien décrire sa condition pitoyable !

L’homme pécheur ne se soumet pas à la loi de Dieu, il ne le peut pas. Personne ne peut accomplir la loi. L’expérience a été faite avec l’homme avant la venue de Christ. La réponse du malheureux infirme démontre bien qu’il n’y a qu’une seule issue : la pure grâce de Dieu. Il en a besoin et la désire de tout son cœur.

C’est elle maintenant qui fait entendre sa voix toute puissante. Jésus dit à l’infirme : lève-toi, prend ton petit lit, et marche. Et aussitôt l’homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha (v. 8 et 9). C’est Jésus qui fait tout, mais il appartenait à cet homme de croire ces paroles qui produisent la guérison immédiate.

Quel contraste entre la loi qui exige de l’homme de faire quelque chose pour vivre, et la grâce de l’Évangile qui le sauve gratuitement, moyennant la foi ! La vie divine lui est communiquée pour marcher à la gloire de Dieu. Et pour chacun de nous il y a cette parole de Jésus : celui qui croit en moi a la vie éternelle (Jean 6. 47). Grâces à Dieu pour le don inexprimable de Son Fils ! Il n’y a point de salut en dehors de la foi en Jésus et en Son œuvre parfaite, pour tout homme atteint de la cruelle morsure du péché.

Conscients de la misère que le péché a entraînée dans ce monde, et confondus par la grande miséricorde du Seigneur Jésus pour nous sauver par grâce, n’avons-nous pas une dernière leçon à retenir de ce récit ? Ce sont les dernières paroles du Seigneur à cet homme qui semblent nous la donner. « Après ces choses, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu es guéri, ne pèche plus, de peur que pis ne t’arrive » (v. 14).

Certes cet homme est placé sous le juste gouvernement de Dieu, comme l’étaient les Juifs subissant les conséquences en châtiment de leurs péchés. Mais en outre, Jésus est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité (2 Cor. 5. 15).

Vivre pour Jésus, ayant en horreur le mal, veillant sur nos propres voies, n’est-ce pas la conséquence normale de L’avoir accepté comme Sauveur ?

Si tu n’es pas encore converti, saisis l’occasion que Jésus t’offre aujourd’hui d’obtenir le pardon éternel de tes péchés, et si par grâce tu appartiens au Seigneur, sache que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Rom. 8. 28).

Un infirme guéri au réservoir de Béthesda (suite) (Jean 5. 1 à 9).

Quelques gloires du Seigneur Jésus (Jean 5. 10 à 30).

C’était un jour de sabbat que Jésus avait guéri l’homme impotent, près du réservoir de Béthesda. Voyant l’infirme guéri porter son petit lit, les Juifs ne manquent pas de manifester leur opposition et de lui dire : « Il ne t’est pas permis de prendre ton petit lit » (v. 10).

Le sabbat prescrit dans le quatrième commandement de la loi, a été ordonné pour Israël au moment où Dieu lui a donné la manne à manger dans le désert. Et il est rappelé quand le Dieu saint exprime Son désir d’habiter dans un sanctuaire au milieu de Son peuple.

Le septième jour était le sabbat de repos, consacré à l’Éternel, signe de l’alliance perpétuelle de Dieu avec Son peuple. Il est aussi introduit avant que soient présentées les sept fêtes solennelles où l’Éternel convoquait les Siens (Ex. 20. 8 à 11 ; 16. 28 à 30 ; 31. 13 à 17 ; Lév. 23. 2 et 3). Dieu voulait faire participer Son peuple à Son repos, le rafraîchissement qu’Il éprouve dans Son œuvre achevée.

Pour jouir de ce repos, Israël avait à garder les commandements de l’Éternel. Or le péché est entré dans le monde, et par le péché la souffrance, la misère et la mort. L’homme sans Christ cherche en vain le repos, et toute son activité appelle le jugement de Dieu.

Seul le peuple de Dieu goûtera le vrai repos de la rédemption à cause de l’infinie satisfaction que Dieu a éprouvée dans la Personne et l’œuvre de Son Fils bien-aimé (Héb. 4. 3, 9 à 11).

La contradiction haineuse des Juifs donne l’occasion à Jésus, dans Sa réponse, de révéler quelques-unes de Ses gloires, en commençant par parler du travail de Sa grâce, disant : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (v. 17).

En face de la ruine terrible de la première création, il n’y a point de repos, ni pour le Père, ni pour le Fils. Depuis la chute de l’homme, Dieu travaille pour le délivrer de son état de péché. Dieu est amour et a toujours en vue le bonheur de Sa créature.

Dans leur orgueil, les Juifs étaient conscients que le non-respect du sabbat soulignait l’effondrement de tout le système légal, et leur propre condamnation. Pour leur prestige religieux, ils tenaient à observer le sabbat, sans se préoccuper de sa vraie signification.

L’indignation les pousse à chercher à faire mourir Jésus qu’ils accusaient de violer le sabbat et de Se faire égal à Dieu, car Il L’appelait Son Père, étant un avec Lui. Mais là où le péché et la souffrance se manifestaient, le Fils, en communion avec le Père, ému de compassion, ne pouvait être inactif, même un jour de sabbat.

Comme cela a été écrit : « le Dieu d’amour ne peut se reposer dans la misère, ni le Dieu de sainteté dans le péché ». Et quel travail d’amour que celui de Jésus s’offrant comme « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (1. 29)

Une autre gloire ressort de l’union intime du Fils avec Son Père, ce que révélaient parfaitement Ses œuvres et Ses paroles. Dans Son affection infinie pour Son Fils, le Père partage tous Ses desseins avec Lui en vue d’une unité d’action. « Le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’il fait lui-même, et lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci afin que vous soyez dans l’admiration » (v. 20).

Guérir l’infirme de Béthesda n’empêchait pas cet homme de rester sous le régime de la loi et sous les conséquences du péché. Mais Jésus possède en Lui-même, tout comme le Père, la puissance de vivifier un homme mort dans ses fautes et dans ses péchés (v. 21).

Tout le message merveilleux de l’évangile est affirmé dans le verset 24. Jésus donne aujourd’hui la vie éternelle à tous ceux qui croient en Lui. Depuis qu’Il était ici-bas, jusqu’à Son prochain retour, c’est l’heure de la grâce. Elle aura bientôt duré vingt siècles.

Il exercera encore cette puissance dans une heure future pour ressusciter les morts (v. 28 et 29), soit en résurrection de vie pour ceux qui, ayant cru en Lui, auront pratiqué le bien, soit en résurrection de jugement devant le grand trône blanc, pour ceux qui auront fait le mal (Apoc. 20. 11 à 15).

En outre, le Père ne juge personne, mais a donné tout le jugement au Fils. C’est comme Fils de l’Homme, qu’après avoir été humilié et méprisé ici-bas, Il reçoit le pouvoir de juger. Ainsi le Fils est honoré de deux manières, soit en vivifiant des morts, soit en exerçant le jugement (v. 21 et 22).

Comme est admirable l’œuvre de la grâce souveraine à l’égard du racheté ! Mort spirituellement, il reçoit par la foi la vie qui est en Christ ; et ayant mérité le juste jugement de Dieu il ne vient pas en jugement (v. 24). Celui qui S’est anéanti Lui-même, prenant la forme d’esclave, étant trouvé en figure comme un homme, qui S’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix ; c’est Celui que Dieu a haut élevé, Le plaçant à la tête des hommes comme juge (Phil. 2. 7 à 11).

Enfin, une autre gloire de Jésus est relevée dans les versets 19 et 30. C’est celle de Sa parfaite obéissance.

Les écrits prophétiques l’avaient déjà annoncée depuis longtemps : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8). Il n’y a eu sur la terre qu’un seul Homme qui ait glorifié Dieu tout au long de Sa vie par une obéissance positive. Aussi Dieu fait-il entendre Sa voix à deux reprises pour déclarer toute la satisfaction de son cœur : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17 ; 17. 5).

Travail d’amour, parfaite jouissance de l’amour du Père comme Son unique Fils bien-aimé pour accomplir le ministère d’un serviteur obéissant, puissance de vie communiquée à ceux qui se reconnaissent morts dans leurs péchés, exercice du jugement sur tous ceux qui auront rejeté Sa grâce, voilà quelques-unes des gloires appartenant à notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. « Combien grande est sa bonté ! et combien grande est sa beauté ! » (Zach. 9. 17)

Que cette parole de l’Écriture ait un écho en chacun de nos cœurs : « Il est ton Seigneur : adore-le ! » (Ps. 45. 11).

Quatre témoignages rendus à Jésus (Jean 5. 31 à 47).

Devant le refus obstiné des Juifs de Le reconnaître comme le Fils de Dieu, l’Envoyé du Père, Jésus ne veut pas rendre témoignage de Lui-même (v. 31). Mais il fait appel à quatre témoignages rendus à Son sujet.

Le premier est celui de Jean le baptiseur, qui a proclamé la vérité, et annoncé la venue de Celui dont il ne s’estimait pas digne de délier la courroie de la sandale (1. 27).

C’est lui qui, en voyant venir Jésus, s’exclame : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » ; puis lors de la descente du Saint Esprit, il déclare : « Celui-ci est le Fils de Dieu » (1. 29 et 34).

C’est l’occasion pour le Seigneur d’honorer le plus grand des prophètes en disant : « Celui-là était la lampe ardente et brillante, et vous, vous avez voulu vous réjouir pour un temps à sa lumière » (v. 35).

Après quatre siècles de silence de Dieu, la voix d’un prophète se fait entendre pour annoncer la venue du Messie au milieu de Son peuple. Ce puissant témoin de la vérité avait bien déclaré que le royaume des cieux s’était approché, mais il prêchait aussi la nécessité de la repentance pour accueillir le roi.

Puis Jésus présente un deuxième témoignage, celui de Ses œuvres : « Mais moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m’a données pour les accomplir, ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé » (v. 36).

Ces œuvres divines que Jésus seul pouvait accomplir révélaient la puissance et les compassions de Dieu. Ses délices étaient avec les fils des hommes pour leur redonner santé, vie et consolation.

Comme l’envoyé du Père, en constante communion avec Lui, Il pouvait dire : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (8. 29). L’eau changée en vin aux noces de Cana (ch. 2), la guérison du fils du seigneur de la cour (ch. 4) et de l’infirme du réservoir de Béthesda (ch. 5), ces actes d’amour accompagnés de paroles de grâce et de réconfort démontraient qu’Il accomplissait en perfection l’œuvre de Celui qui L’avait envoyé (4. 34).

Puis le Seigneur donne un troisième témoignage : « Et le Père qui m’a envoyé, Lui, a rendu témoignage de moi ». Après le baptême de Jésus, « Voici une voix qui venait des cieux, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).

Dans une autre circonstance, lors d’une prière de Jésus, la voix du Père se fait entendre, mais la foule a cru que c’était un coup de tonnerre ou la parole d’un ange. Et Jésus leur dit : « Cette voix n’est pas venue pour moi, mais pour vous » (ch. 12. 30).

Mais il doit déclarer aux Juifs au sujet de Son Père : « Jamais vous n’avez entendu sa voix, ni vu sa figure ; et vous n’avez pas sa parole demeurant en vous ; car celui-là que lui a envoyé, vous vous ne le croyez pas » (v. 37 et 38). Ainsi, le témoignage du Père ne peut être entendu et compris que de ceux qui croient en Son Fils unique (6. 45 ; 1. 18).

Enfin les Écritures représentent le quatrième témoignage, selon ce que Jésus leur dit : « Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi ; et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (v. 39 et 40).

Jésus, le Fils de Dieu, est la clé des Écritures (Luc 24. 27). Le rejeter, tout en se vantant de posséder la Parole pour avoir la vie éternelle, était absolument insensé. On ne peut avoir la vie éternelle par la seule connaissance littérale des Écritures. La Parole conduit à Christ, le Sauveur des pécheurs, le Fils de Dieu, et « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (3. 36).

C’est l’occasion pour le Seigneur de mettre en relief trois causes d’incrédulité. Ces Juifs n’avaient pas d’amour vrai pour Dieu (v. 42 et 43), sinon ils auraient reconnu Son Envoyé, et la conséquence terrible est qu’ils recevraient l’Antichrist venant en son propre nom.

De plus, ils recherchaient la gloire et l’approbation des hommes (v. 44) et non la gloire de Dieu qui déclare à l’homme qu’il est perdu et qu’il a besoin d’un Sauveur (12. 43 ; 1 Jean 4. 14).

Enfin, ils n’avaient pas la vraie foi aux Écritures inspirées de Dieu (v. 45 à 47). Or Moïse, dont ils se glorifiaient, avait annoncé la venue de Christ, disant : « L’Éternel, ton Dieu, te suscitera un prophète comme moi, du milieu de toi, d’entre tes frères ; vous l’écouterez » (Deut. 18. 15). Et Jésus ajoute : « Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? » (v. 47).

Remarquons la distinction faite par le Seigneur entre ce qui est écrit, ayant une application permanente, et ce qui est parlé pour le moment où cela a été dit. Certes tout ce que Dieu dit aux hommes, quel que soit le mode de communication, est marqué par l’autorité divine. Mais tout n’a pas été rapporté dans la Bible, dont les différents livres constituent les Écritures divinement inspirées (2 Tim. 3. 16 ; Jean 21. 25).

Dieu nous a communiqué par de saints hommes de Dieu, poussés par l’Esprit Saint, tout ce qu’il était nécessaire de savoir pour le salut de notre âme, notre pèlerinage terrestre et notre avenir éternel en gloire. Sondons les Écritures qui rendent témoignage du Seigneur Jésus.

Retour de mission des apôtres. Première multiplication des pains (Mat. 14. 13 à 21 ; Marc 6. 30 à 44 ; Luc 9. 10 à 17 ; Jean 6. 1 à 15).

De retour de la mission que le Seigneur leur avait confiée, les apôtres se rassemblent auprès de Lui ; et « ils lui racontèrent tout : et tout ce qu’ils avaient fait, et tout ce qu’ils avaient enseigné. Et il leur dit : Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu » (Marc 6. 30 et 31).

Ce compte-rendu des disciples au Maître était bien opportun. Certes toute la joie de leur succès les excite. Mais ce qui compte par-dessus tout, c’est l’appréciation du Seigneur sur tout ce que nous faisons et disons. C’est bien aux pieds du Seigneur que nous pouvons apprendre à mieux Le servir, en recevant de Lui toute la sagesse nécessaire.

Maître incomparable, Serviteur parfait, Jésus sait comment Il peut accueillir Ses chers disciples. Connaissant la fatigue qu’entraîne tout service, Il leur dit de venir à l’écart, dans un lieu désert, pour s’y reposer un peu. C’est là qu’ils pourront goûter la communion avec Lui, et les rafraîchissements que procurent Sa présence et la connaissance de Sa volonté.

Car ils sont en ce lieu avec Lui, loin des vains bruits du monde, de son agitation, de ses distractions et de son angoisse. Avec quelle grâce Il leur procure un peu de repos ! Le lieu est désert, mais Lui est là et ils sont rassemblés autour de Lui.

C’est dans une retraite cachée avec Jésus que nous pouvons apprendre les plus belles leçons morales, en partageant Ses pensées et Ses sentiments. Ainsi nos cœurs s’ouvriront pour répondre aux besoins des autres en comprenant leurs peines et leurs joies.

Nous pouvons librement tout confier à Jésus car Il ne renvoie jamais personne à vide, et Il prend soin de chacun des Siens avec Son inlassable amour. De plus, Jésus veut montrer à Ses disciples qu’il convient au serviteur, quand sa mission est accomplie, de se retirer à l’écart dans la solitude, loin des regards des hommes et de leur éventuelle approbation, pour être seul avec Lui.

Mais le repos ici-bas est de courte durée. Apprenant que le Seigneur était parti, les foules le suivirent, le voyant de loin dans la barque.

Devant l’ampleur des besoins, le cœur de Jésus est ému de compassion envers ces âmes qui étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger. Il guérit leurs infirmes et se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Pouvait-il Se reposer en constatant toutes les misères affligeant les hommes sous les conséquences du péché ? Seule Sa parole pouvait sauver celui qui la recevait par la foi, alors que les miracles, par une manifestation de puissance divine, préparaient l’âme à écouter l’enseignement.

« Et comme l’heure était déjà fort avancée, ses disciples venant à lui, disent : Le lieu est désert et l’heure est déjà fort avancée, renvoie-les » (Marc 6. 35).

Ne venaient-ils pas de prêcher l’évangile ? Et maintenant l’incrédulité de leur cœur s’affirme dans une requête où l’égoïsme domine. N’avaient-ils pas avec eux Celui qui, autrefois, avait nourri tout un peuple traversant le désert pendant quarante ans ? Préparer un repas pour cinq mille hommes faisait partie de ce qui est possible pour Dieu.

Malgré tous les obstacles – heure tardive, lieu désert, absence de ressources – la foi peut toujours compter sur Dieu, sur Sa puissance et Ses compassions, sur Ses ressources inépuisables. « Rien n’élargit le cœur comme une foi simple et rien ne le rétrécit davantage que l’incrédulité ».

Confondant tous les raisonnements des disciples, voilà l’injonction du Seigneur : « Vous, donnez-leur à manger ». Malgré ce qu’ils manifestent de leur cœur naturel, Il désire les utiliser comme les canaux de Sa grâce pour rassasier cette foule. Alors qu’ils sont préoccupés par des ressources matérielles et visibles, le Seigneur les conduit à compter leurs maigres ressources : cinq pains d’orge et deux poissons, la provision d’un petit garçon.

Ce que Dieu a donné va être utilisé avec Sa bénédiction, pour les besoins du moment. « Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et regardant vers le ciel, il bénit, et rompit les pains et les donna à ses disciples, afin qu’ils les missent devant eux ; et il partagea les deux poissons entre tous. Et ils mangèrent tous, et furent rassasiés » (Marc 6. 41 et 42 ; Ps. 132. 15).

Ainsi Jésus nous enseigne que nous ne devons pas mépriser ce qui a été donné par Dieu, et que nous pouvons compter ensuite sur Sa bénédiction pour multiplier ce que nous Lui avons apporté, même si cela paraît insignifiant.

Après qu’ils furent rassasiés, Jésus dit à ses disciples : « Amassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu… et ils remplirent douze paniers » (Jean 6. 12 et 13).

Non seulement le Seigneur répond aux besoins réels, mais il donne beaucoup plus, et cependant rien n’est gaspillé. Quelle grâce et quelle sagesse parfaites ! Quel contraste avec l’homme, tantôt avare, tantôt prodigue ! Mais en Jésus nous avons le parfait modèle. Il est notre vie. Que le Christ habite, par la foi, dans nos cœurs ! (Éph. 3. 17)

Toute manifestation de la vie de Jésus en nous est agréable à Dieu, notre Père. Puissions-nous obéir simplement à ce que le Seigneur nous demande et faire l’expérience qu’Il multiplie richement ce qu’Il nous a déjà confié !

D’après La Bonne Nouvelle 1988

SONDEZ LES ÉCRITURES (11)

Le sermon sur la montagne (Mat. 5. 17 à 48).

Jésus continue Son discours en affirmant Son entière soumission à l’autorité des Écritures, intitulées ici « la loi et les prophètes ».

Il énonce ainsi ce principe : « Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (v. 17). Pas un iota, pas un seul trait de lettre ne passera que tout ne soit accompli. Certes, Jésus est venu apporter la grâce et révéler le Père, mais les exigences d’un Dieu juste et saint subsistent. Le Seigneur a été parfaitement obéissant à tous les commandements de la loi.

Toutes les prophéties messianiques ont eu leur accomplissement en Lui, et par Sa mort sur la croix, Il nous a rachetés de la malédiction de la loi ; étant devenu malédiction pour nous (Gal. 3. 13). Les scribes et les pharisiens se contentaient d’observer certains rites religieux pour être vus des hommes, mais laissaient les choses plus importantes de la loi, le jugement, la miséricorde et la fidélité (23. 23). Ainsi celui qui mépriserait la loi et les prophètes serait exclu du royaume des cieux.

Que ces paroles du Seigneur Jésus atteignent notre cœur et notre conscience ! Il va mettre en évidence le contraste entre les exigences de la loi et ce qu’Il demande, Lui. La loi condamnait essentiellement les actes des deux principes immoraux de l’humanité : la violence et la corruption. Jésus regarde maintenant le mal dans le cœur, car rien ne peut échapper à Son œil scrutateur.

La Loi disait : « Tu ne tueras point » (Ex. 20. 13). Mais Jésus précise que si quelqu’un se met en colère légèrement contre son frère, il est passible du jugement aussi bien que celui qui a tué.

« Quiconque hait son frère est un meurtrier » (1 Jean 3. 15). Se mettre en colère, prononcer une parole blessante, c’est une offense à la gloire de Dieu. Une pensée haineuse, un désir de vengeance ne surgissent-ils pas très rapidement dans nos cœurs, démontrant bien que là est la source du mal, comme le Seigneur l’exprime en Matthieu 15. 19 et 20. Déjà Salomon pouvait dire à Dieu : « Tu connais, toi seul, le cœur de tous les fils des hommes » (1 Rois 8. 39).

Puis le Seigneur entretient les disciples, aux versets 23 et 24, de la nécessité de rechercher dès que possible la réconciliation avec un frère offensé. La première raison, c’est que cela constitue un obstacle à la communion avec Dieu.

N’étant pas en règle avec mon frère, je ne puis offrir à Dieu le culte qui Lui est agréable. Nul ne peut s’approcher réellement de Dieu s’il retient dans son cœur un mal non jugé. De plus, une offense non réglée est un poison dans les relations fraternelles et peut entraîner des conséquences plus graves encore.

Jésus adresse ensuite un avertissement à Israël, qui, par son iniquité, avait obligé Dieu à se constituer sa partie adverse (v. 25 et 26). Christ ayant été rejeté et crucifié, la seule issue sera le jugement pour Israël jusqu’à ce qu’il ait payé le dernier quadrant, valeur représentant le quart d’un sou romain (És. 40. 1 et 2).

Alors que le Seigneur souligne fréquemment la nécessité d’user de grâce envers les autres, Il maintient Ses exigences envers nous-mêmes. Tout ce qui nous incite au mal et nous fait broncher est nuisible à notre âme. Il vaut mieux l’ablation d’un membre, si utile soit-il, plutôt que la perdition (v. 29 et 30). Quand il s’agit de préserver la vie, n’est-on pas prêt à sacrifier un organe aussi précieux que l’œil ?

Pour nous détourner du Seigneur, l’ennemi de nos âmes sait bien nous présenter quelque chose d’agréable au bord du chemin. N’hésitons pas à nous séparer énergiquement, pour l’amour de Jésus, de tout ce qui nous entraîne à pécher.

Les paroles du disciple de Jésus qui se tient dans la sainte présence de Dieu, n’ont pas besoin d’être accompagnées d’un serment. La loi déclarait : « Vous ne jurerez pas par mon nom, en mentant ; et tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu » (Lév. 19. 12). Jacques confirme cet enseignement en disant : « Que votre oui soit oui, et votre non, non » (5. 12).

Le Seigneur rappelle que, sous la loi, il était écrit : « Œil pour œil, dent pour dent » (Ex. 21. 24). Ce qui caractérise désormais les débonnaires et les miséricordieux, c’est qu’ils manifestent la douceur de la grâce, n’insistant pas sur leurs droits, car ils connaissent Dieu comme Père et possèdent sa nature pour faire du bien à tous. Face au méchant qui les frappe sur la joue droite, ils lui présentent aussi l’autre.

Au regard de l’injustice, ils peuvent donner leur manteau qui, sous la loi, ne devait pas être pris en gage (Ex. 22. 26 et 27). A l’obligation de faire un mille avec quelqu’un, Jésus invite ses disciples à doubler la mesure. C’est un encouragement à aller au-delà de ce qui est demandé, même si de telles exigences paraissent injustes.

Loin d’un esprit de vengeance, ceux qui suivent Jésus peuvent, par la foi, la puissance du Saint Esprit et la grâce invincible remplissant leurs cœurs, aimer leurs ennemis, bénir ceux qui les maudissent, faire du bien à ceux qui les haïssent, et prier pour ceux qui leur font du tort et les persécutent. Seul l’amour de Dieu versé dans leur cœur par le Saint Esprit peut produire de telles dispositions.

Ils sont les fils de leur Père qui est dans les cieux, usant de bonté et de miséricorde envers tous les hommes, faisant lever Son soleil chaque jour et envoyant la pluie sur les justes et les injustes.

Et le Seigneur termine cet enseignement par ces paroles : « Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (v. 48). Le principe de notre conduite n’est-il pas de cultiver un esprit de grâce envers tous ? La mesure de Dieu pour nous est élevée, parfaite. Comme cela nous exerce à une sainte vigilance sur nos actes, nos paroles, nos pensées et tous les mouvements de nos cœurs.

Dieu seul peut nous dire par Sa Parole notre véritable état moral. Sachons nous humilier dans la confession de nos fautes, chaque fois que nous avons bronché, et alors nous pourrons nous joindre à ceux qui n’aiment pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité (1 Jean 3. 18). « Celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1 Jean 4. 21).

Vous qui appartenez au Seigneur, n’avez-vous pas à expérimenter les caractères du disciple du royaume, à la maison, à l’école, dans vos rapports de frères ou de sœurs, de camarades ? Ne pouvez-vous pas rendre grâces d’avoir été délivrés de la loi : « œil pour œil, dent pour dent », par Jésus Christ ?

Désirez de tout votre cœur vivre la responsabilité de la grâce. « Bien-aimés, aimons-nous l’un l’autre, car l’amour est de Dieu » (1 Jean 4. 7).

Le sermon sur la montagne (Mat. 6. 1 à 18 ; Luc 11. 2 à 4).

Dans ce chapitre 6, le Seigneur enseigne à Ses disciples comment s’exerce la piété envers Dieu : par la prière et le jeûne, et par la piété envers les hommes dans la pratique de l’aumône et du pardon.

N’avait-Il pas déjà évoqué le vrai motif des bonnes œuvres ? « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 16). Ainsi « quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor. 10. 31). Voilà ce que Dieu approuve, Lui à qui nous aurons à rendre compte, et de nos actes et de nos paroles. Ne lit-Il pas en chacun de nos cœurs au niveau des vrais motifs qui nous font agir ?

« Prenez garde de ne pas faire votre aumône devant les hommes, pour être vus par eux ; autrement vous n’avez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux » (v. 1). Faire l’aumône, c’est exercer la miséricorde, faire un don par amour pour quelqu’un dans la misère ou le malheur. Cela peut être à la portée d’un enfant.

Le Seigneur, s’élevant contre la manière dont les pharisiens pratiquaient l’aumône, souligne que tout ce qui est fait par égoïsme et par amour de notre propre gloire reste sans valeur aux yeux de Dieu. De telles actions ont déjà leur récompense, ayant attiré l’admiration et la louange des hommes.

Par contre, Dieu n’est pas injuste pour oublier même un verre d’eau froide donné à l’un de Ses disciples (10. 42 ; Héb. 6. 10). « Ton Père qui voit dans le secret te récompensera » (v. 4). Il n’est pas dit quand et comment se réalisera cette promesse. Puisses-tu goûter de quelle joie profonde Dieu remplit le cœur de celui qui donne par amour et en pureté ! Dieu aime celui qui donne joyeusement (2 Cor. 9. 7).

On a souvent rappelé que « le bien ne fait pas de bruit, et le bruit ne fait pas de bien ». N’est-il pas difficile que la main gauche ne sache pas ce que fait la droite ? Et pourtant, c’est ainsi que le Seigneur illustre notre manière de donner et de faire le bien. Lui seul devrait s’en apercevoir. Retenons que la récompense de Dieu est en proportion de la fidélité et de l’amour avec lesquels le disciple aura honoré son maître.

Jésus aborde ensuite le sujet de la prière, exercice de piété qui nous met en relation avec Dieu – tout en rejetant le mobile hypocrite d’être vu des hommes.

Certes, la prière en public est bien recommandée par le Seigneur en Mat. 18. 19, mais elle suppose l’accord de ceux qui prient pour obtenir la réponse de Dieu. Celui qui prie s’adresse simplement à Dieu et non pas aux hommes.

Vous qui connaissez le Seigneur comme votre Sauveur, votre vie de prière commence dans la solitude de votre chambre. Vous pouvez vous adresser à Dieu à haute voix. Il est bon d’être seul avec Dieu, loin de tout vain bruit et de toute distraction. Vous pouvez lui exposer avec ferveur, en toute humilité, vos vrais besoins, tous vos soucis, vos difficultés, vos peines et vos sujets de reconnaissance.

Nous sommes aussi mis en garde contre les vaines redites. Gagnerons-nous la faveur de Dieu par de nombreuses paroles ?

De quelle efficacité peuvent être des prières apprises par cœur et répétées avec une certaine routine ? Ne risquons-nous pas de nous contenter de phrases bien formulées, alors que, par une répétition machinale elles seraient vides de sens ? Puissions-nous prier avec foi, exposant nos besoins brièvement, avec précision et en toute simplicité et spontanéité, comme nous le faisons avec nos parents ! « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (v. 8).

Néanmoins, « quiconque demande, reçoit… et à celui qui heurte, il sera ouvert » (7. 8). Nous honorons Dieu par l’expression de notre dépendance et de notre confiance en Lui.

Puis le Seigneur enseigne une prière aux disciples. Elle concerne ceux qui attendaient l’établissement du royaume, mais aussi tous ceux qui ont à cœur l’esprit de prière, en tenant compte de tout ce que Dieu a révélé aujourd’hui à Son peuple.

Hélas ! dans la chrétienté, cette prière est prononcée par beaucoup comme une vaine redite, bien que nous puissions adhérer dans nos cœurs à ce qu’elle exprime. Mais, selon les désirs de l’Esprit de Dieu créés dans notre âme, nous pouvons librement formuler des demandes à notre Père.

Le Seigneur pouvait dire : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15. 7).

Vous remarquerez que les trois premières requêtes ont en vue la gloire de Dieu. N’est-ce pas une indication pour commencer nos prières ? Le nom de Dieu évoque tout ce qu’Il est (Ex. 34. 5 à 7), et Le sanctifier, c’est L’exalter au-dessus de tout autre nom.

La quatrième demande concerne nos besoins matériels, entretenant une dépendance quotidienne vis-à-vis de Celui qui nourrit même les oiseaux.

Enfin, c’est l’exposé de nos besoins spirituels en rapport avec nos péchés, nos faiblesses et tous les dangers qui nous menacent sans cesse. Ainsi le disciple de Jésus désire éviter tout ce qui nuit à la communion avec son Dieu, et il a besoin de la protection divine pour être préservé de chute et gardé de faire le mal. Que nous soyons aussi animés de l’esprit de pardon vis-à-vis de notre prochain, sachant quelle est la grandeur de la dette que Dieu nous a remise en vertu de la foi au sacrifice expiatoire de Son Fils.

Nous voudrions vous indiquer comment peut être exprimée simplement une prière s’inspirant de ce que vous lisez dans la Parole de Dieu. Ainsi, à partir de l’exhortation d’Éphésiens 4. 32 : mon Dieu, accorde moi d’être bon envers les autres, compatissant, leur pardonnant comme Toi tu m’as pardonné en Christ. Et nous pourrons ainsi, en lisant attentivement une portion de l’Écriture, découvrir de nombreux sujets de prières.

Puissions-nous prendre conscience que Dieu s’occupe de tout ce qui nous concerne jusque dans les plus petits détails ! « Les cheveux même de votre tête sont tous comptés » (Mat. 10. 30). Retenons dans nos cœurs cette parole du Seigneur Jésus : « Prie ton Père qui demeure dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera » (6. 6).

Le sermon sur la montagne (Mat. 6. 19 à 34 ; Luc 11. 34 à 36 ; 12. 22 à 34).

À la lecture attentive des versets qui vous sont proposés, vous pouvez découvrir que Jésus met en garde Ses chers disciples contre deux pièges qui peuvent détourner leur cœur de Dieu : les richesses, et les soucis de la vie de chaque jour.

Le chrétien a un avenir céleste, une priorité : le royaume de Dieu, et pour le présent, il met sa confiance en Dieu. Seule la foi peut réaliser de tels objectifs.

« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille gâtent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent » (Mat. 6. 19). Le Seigneur met en opposition les biens matériels et les biens spirituels. Et toute préoccupation du chrétien pour acquérir des trésors sur la terre est insensée, car tout y est vanité, destiné à être détruit.

En outre, les soucis de ce siècle et la tromperie des richesses étouffent la Parole, et elle est sans fruit (13. 22). Il est certes normal pour un croyant de pourvoir à ses besoins et à ceux de sa famille (2 Thess. 3. 12) ; mais il est toujours vrai que c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent, et la convoitise à l’égard des biens matériels peut entraîner beaucoup de douleurs (1 Tim. 6. 10).

Mais comment gagner des trésors incorruptibles dans le ciel ? Écoutons la réponse du Seigneur en Jean 6. 27 et Mat. 10. 40 à 42 et 19. 21. Lisons aussi 1 Tim. 6. 17 à 19 et 1 Cor. 15. 58.

« Là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (v. 21). Un trésor ? Est-ce un amas d’or, d’argent, de pierres précieuses ou de grandes richesses ? Pas seulement ! C’est aussi tout ce qui captive le cœur : un objet particulier ou une personne, que ce soit un camarade ou un ami.

Chacun peut se poser la question : Y a-t-il quelque chose sur cette terre qui attire mon cœur aujourd’hui et occupe toutes mes pensées ? Il ne faut pas être très âgé pour constater que le cœur suit le trésor. En outre, tout ce qui est de la terre peut disparaître d’un instant à l’autre et priver le cœur de son objet.

Ainsi notre conduite sera marquée par ce que nous aimons. Si Jésus vivant dans le ciel est le trésor aimé de mon cœur, l’objet que je contemple par la foi, je pourrai traverser ce monde comme un étranger et un pèlerin, désirant une meilleure patrie, c’est-à-dire une patrie céleste (Héb. 11. 13 à 16 ; Col. 3. 1 à 3).

Par contre, si j’accumule des biens terrestres dans la cupidité qui est l’avidité de posséder quoi que ce soit (Éph. 5. 3), je peux perdre de vue mon espérance céleste, en risquant fort de ne pouvoir achever ma course chrétienne. Seul Jésus, comme le vrai trésor, peut satisfaire les besoins de mon cœur et le remplir d’un bonheur ineffable.

« Si donc ton œil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière ; mais si ton œil est méchant, ton corps tout entier sera ténébreux » (v. 22 et 23). L’œil simple ne voit qu’un objet, Christ. C’est le cas de celui qui a reçu Jésus par la foi, comme Dieu l’a révélé. Son corps tout entier est illuminé (2 Cor. 3. 18 et 4. 6). Laissant de côté tout raisonnement, il lui suffit de connaître la pensée de Christ.

Mais l’œil méchant qui rejette Christ considère plusieurs objets à la fois. L’âme aime mieux les ténèbres que la lumière. Elle est étrangère à la vie de Dieu et l’entendement est obscurci (Éph. 4. 17 à 19). Si la lumière de l’évangile ne produit pas d’effet, le cœur incrédule reste dans les ténèbres, et comme les ténèbres sont grandes !

Certes, la lumière brillera au jour du jugement, mais ce sera pour condamner tous ceux qui n’ont pas cru au Fils de Dieu. Quelle grâce pour celui qui accepte Jésus comme Sauveur dès aujourd’hui ! Il est lumière dans le Seigneur (Éph. 5. 8). Cette lumière pénètre tout son être et produit ses multiples effets en témoignage auprès de ceux qui sont encore dans les ténèbres.

« Nul ne peut servir deux maîtres… vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (v. 24). Aucun esclave n’obéit à deux maîtres. Nul ne peut échapper à la nécessité de faire son choix, même si parfois nous entendons ce défi d’êtres révoltés contre toute autorité : « Ni Dieu ni maître » ! Puisqu’on ne peut servir qu’un seul Maître, lequel servons-nous ? C’est toujours celui que nous aimons, auquel nous nous attachons, et l’autre maître sera haï, méprisé. Un cœur attaché au monde, aux richesses que Jésus désigne ici par Mammon, abandonnera le Dieu vivant et vrai.

Mais en refusant de servir Mammon, de posséder les richesses que ce monde offre, ne va-t-on pas s’exposer à manquer de ce qui est nécessaire pour la vie présente ? N’y a-t-il pas des raisons de se faire du souci ? « Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ? » La recherche inquiète de notre subsistance peut tarir notre confiance en la bonté de Dieu.

Le Seigneur prévient cette disposition naturelle à l’inquiétude. A trois reprises, Il nous invite à ne pas nous mettre en souci pour notre vie (v. 25, 31 et 34).

Jésus met alors en relief plusieurs motifs de confiance en Dieu. La vie est plus que la nourriture qui l’entretient, et le corps plus que le vêtement qui le couvre. Observons dans la nature Ses soins touchants envers des créatures insignifiantes, les oiseaux du ciel, qui ne s’amassent pas de provisions pour les rassembler dans un grenier. « Votre Père céleste les nourrit » (v. 26) (Ps. 104. 27 ; 145. 15 et 16).

Pourquoi valons-nous beaucoup mieux qu’eux ? C’est que nous avons une âme rachetée par la foi au sang de Christ, et la faculté de connaître Dieu pour nous confier en Lui. De plus, le souci que nous nous faisons est totalement inutile, et ne peut rien changer à une situation déterminée, comme le fait d’ajouter une coudée à sa taille (v. 27).

Nous pouvons admirer la beauté dont Dieu a revêtu les lis des champs, que Salomon dans toute sa gloire ne pouvait égaler, et comment Dieu s’occupe d’eux alors qu’ils peuvent être fauchés en un instant.

On peut comprendre que Dieu pourvoit à tous les besoins des Siens pour lesquels Il a donné son Fils (Rom. 8. 32). Il est donc bien inutile de se faire du souci (Phil. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 7), car nous serions semblables aux nations qui n’ont aucune espérance en Dieu. Dès que le doute assaille nos cœurs, nous manquons de confiance en Dieu, et c’est là la source de toutes nos inquiétudes. Mais le Seigneur vient nous rassurer : « À chaque jour suffit sa peine » (v. 34).

« Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ; mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (v. 32 et 33).

Avons-nous accordé cette priorité à Dieu ?

Le sermon sur la montagne (Mat. 7. 1 à 12 ; Luc 6. 37 à 42 ; 11. 5 à 13, 27 à 28).

Alors que le Seigneur aborde la fin de Son discours commencé au chapitre 5 de Matthieu, traitant de la conduite à observer à l’égard de notre prochain, Il souligne une tendance fréquente de nos cœurs naturels à juger les autres. « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés », et en Luc, il est ajouté : « Ne condamnez pas, afin que vous ne soyez pas condamnés » (6. 37).

Ne sommes-nous pas prompts à relever les défauts de nos semblables dans un esprit de critique et de condamnation, allant jusqu’à juger les motifs qui les font agir ? Ainsi, en abaissant autrui, nous nourrissons la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes, et nous nous mettons à la place de Dieu, à qui seul appartient le jugement. « Tu es inexcusable, ô homme, qui que tu sois qui juges ; car en ce que tu juges autrui, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu commets les mêmes choses » (Rom. 2. 1).

Jésus indique deux motifs pour ne pas juger notre prochain. Tout d’abord, nous serons jugés selon la mesure que nous utilisons pour les autres, et rien n’échappe au juste gouvernement de Dieu. Et de plus, en relevant les fautes de nos frères, le fétu ou la paille dans leur œil, nous sommes en général aveugles quant à nos propres péchés bien plus graves, la poutre dans notre œil.

Puissions-nous saisir l’injonction du Seigneur : « Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux » (Luc 6. 36).

Mais ce précepte du Seigneur n’enlève rien au discernement que tout chrétien doit avoir pour apprécier la valeur morale de certains actes, à la lumière de la Parole de Dieu (v. 6 et 15 ; 1 Cor. 5. 12 ; 1 Thess. 5. 21 ; 1 Jean 4. 1).

Un passage nous enseigne dans quel esprit doit s’exercer ce discernement : « Quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur » (Gal. 6. 1).

Ce discernement est nécessaire au sujet des choses saintes, les vérités de l’Écriture que nous avons à présenter aux hommes qui nous entourent en saisissant l’occasion de Dieu, tout en évitant de les profaner. «Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, ni ne jetez vos perles devant les pourceaux » (Mat. 7. 6).

La corruption de certains hommes est telle que le Seigneur les compare à des animaux impurs. « Pour ceux qui sont souillés et incrédules, rien n’est pur, mais leur entendement et leur conscience sont souillés » (Tite 1. 15). Dans certains cas, l’ennemi de nos âmes pourrait exciter la haine et la violence de ces hommes impies contre le disciple de Jésus.

Le Seigneur insiste ensuite sur quelques promesses relatives à la prière, dont l’importance est inestimable (Mat. 7. 7 à 11 ; Luc 11. 5 à 13). Ce sujet tient une grande place dans l’enseignement et la vie de Jésus, ainsi qu’à travers toute l’Écriture.

Après avoir indiqué comment prier et affirmé que notre Père sait de quoi nous avons besoin, en Matthieu 6, le Seigneur incite Ses disciples à formuler leurs requêtes avec une ardeur soutenue, persévérante. Il emploie trois impératifs au temps présent, démontrant que cette action peut se poursuivre sans relâche : demandez… cherchez… heurtez…

Et il ajoute aussitôt trois promesses d’un prix infini, car elles dépendent de notre Père qui ne peut donner que de bonnes choses à ceux qui les lui demandent : « il vous sera donné… vous trouverez… il vous sera ouvert » (Mat. 7. 7 et 8).

Avons-nous vraiment le saint désir d’exploiter ainsi chaque jour les richesses inépuisables de notre Dieu ? Demandons selon nos besoins, cherchons ce que le nouvel homme en nous désire avec ardeur, heurtons quand notre désir devient de l’importunité. La pensée du Seigneur, c’est que nous priions sans cesse, en tout temps et en tout lieu.

L’évangéliste Luc rapporte une illustration de cet enseignement de Jésus sur la prière (Luc 11. 5 à 8). C’est la parabole des trois amis. Sur le minuit quelqu’un reçoit la visite d’un ami arrivé de voyage, alors qu’il n’a rien à lui offrir. Malgré l’heure tardive, il va auprès d’un de ses amis et lui demande : « Ami, prête-moi trois pains ». Voilà l’exemple d’une prière simple, brève, précise, correspondant à un vrai besoin.

Mais l’ami sollicité et dérangé ne paraît pas disposé à accéder à cette demande. C’est pourquoi il répond : « Ne m’importune pas ; la porte est déjà fermée, et mes enfants sont au lit avec moi ; je ne puis me lever et t’en donner ». Mais Jésus ajoute : « Je vous dis que, bien qu’il ne se lève pas et ne lui en donne pas parce qu’il est son ami, pourtant, à cause de son importunité, il se lèvera et lui en donnera autant qu’il en a besoin ».

Cet homme s’est laissé fléchir par l’insistance de son ami exprimant sa pénurie et l’urgence de son besoin. Ayons alors toute confiance dans les réponses de notre Dieu et Père aux prières ferventes de la foi. De plus, ne craignons pas de l’importuner, car Son oreille est toujours ouverte pour entendre notre cri.

Dieu connaît notre incapacité, notre manque de ressources, et Il est toujours disposé à répondre à nos besoins, à toute demande en accord avec Sa volonté (1 Jean 5. 14 et 15). Il ne répondra pas toujours selon tous nos désirs, mais sûrement selon Son amour et Sa sagesse, ayant en vue le bien de nos âmes et la satisfaction de nos besoins spirituels.

Un père ne donnera pas à son fils une pierre inutile, s’il lui demande un pain, ni un serpent dangereux, s’il demande un poisson, ni un scorpion venimeux, s’il demande un œuf. Le Seigneur veut nous assurer de l’efficacité de la prière en évoquant les sentiments paternels d’un homme pour son enfant.

Et pourtant, si l’homme dont le cœur est méchant agit ainsi, combien plus notre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les Lui demandent. Parmi ces bonnes choses, il est question du don du Saint Esprit, en Luc. Puisqu’Il est descendu ici-bas le jour de la Pentecôte, comme Personne pour habiter dans l’assemblée et en chaque croyant (1 Cor. 3. 16 ; 6. 19), nous n’avons plus à Le demander.

« Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes » (Mat. 7. 12). Telle est la règle d’or de tout enfant de Dieu envers autrui. « L’amour est la somme de la loi » (Rom. 13. 8 à 10 ; Lév. 19. 18). Si cette loi royale, selon Jacques 2. 8, était réellement appliquée, il n’y aurait plus de procès, plus besoin de gendarmes ni de prison !

N’oublions pas que l’on reconnaît un vrai disciple de Jésus à ce trait fondamental : «A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35). Mais, pour cela, il faut être né de nouveau.

Possèdes-tu ce trésor incomparable, la vie que Jésus donne, c’est-à-dire la vie éternelle (Jean 5. 24) ?

Le sermon sur la montagne (Mat. 7. 13 à 29 ; Luc 6. 46 à 49 ; 13. 24 à 30).

En terminant Ses discours, le Seigneur adresse des avertissements incisifs à Ses chers disciples, et à tous ceux qui, dans la foule, les entouraient, mais aussi à chacun de nous qui lisons ces versets. La question essentielle est de savoir qui peut entrer dans le royaume des cieux et comment on reconnaît ceux qui en sont les citoyens.

« Entrez par la porte étroite » (Mat. 7. 13) ou « luttez pour entrer par la porte étroite » (Luc 13. 24). Le titre d’enfant d’Abraham ne permet pas d’entrer dans ce royaume. Jésus, humilié et crucifié, est la porte. Il suffit de croire en Lui en confessant son état de péché.

La bonne porte est étroite, car tout orgueil doit être anéanti, toute propre volonté brisée et tout égoïsme banni. On y entre dépouillé de la chair et de la propre justice. Bien qu’il y ait deux portes, il n’y a qu’un moyen d’être sauvé : c’est la foi au seul nom de Jésus (Act. 4. 12).

Il est toujours vrai que : « étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mat. 7. 14) – malgré cette parole de Jésus que « celui qui cherche, trouve ». Pourquoi cela ? C’est que le cœur naturel de tout homme est porté au mal et ne recherche que des plaisirs charnels ou la satisfaction de ses ambitions terrestres.

Il n’est nul besoin de chercher la porte large, car on y entre facilement avec tout ce que l’homme naturel désire, tolère, y compris les traditions religieuses du passé. Mais elle débouche sur ce chemin spacieux qui conduit à la perdition éternelle.

Sur quel chemin te trouves-tu ?

As-tu répondu à l’appel de Jésus pour entrer par la porte étroite et t’engager avec foi dans le chemin étroit qui mène à la vie ? N’a-t-il pas dit : « Moi, je suis la porte », et « Moi, je suis le chemin » (Jean 10. 7 et 9 ; 14. 6) ?

Ou bien as-tu cédé à la puissance d’attraction du chemin spacieux, entraîné irrésistiblement par des camarades sympathiques, mais pervers, par des lectures séduisantes, mais malsaines, par des études ou un sport qui accaparent tout ton temps et ton cœur ?

Et pourtant, il y a ce qui est utile et même nécessaire pour assurer notre subsistance dans ce monde. Que Dieu nous accorde d’être vigilants, attentifs aux enseignements de l’Écriture sainte. Ayons à cœur d’éprouver ce qui est agréable au Seigneur pour faire Sa volonté, en rejetant tout ce qui attire le cœur naturel dans ce monde. Relisons avec soin le passage qui nous met en garde contre l’amitié du monde et l’amour des choses qui s’y trouvent (1 Jean 2. 15 à 17).

Puis, une nouvelle fois, le Seigneur invite Son disciple à faire preuve de discernement tout en évitant l’esprit de jugement. Comment détecter les faux prophètes se présentant comme les porteurs de la Parole de Dieu alors qu’ils n’auraient pas été envoyés par Lui ?

Les habits de brebis évoquent une parure extérieure de douceur et d’humilité, alors que le cœur est rempli de violence et d’avarice pour s’approprier ce qui appartient à autrui, tout en apportant de faux enseignements. Ils se présentent peut-être avec des paroles séduisantes ou flatteuses. Mais Jésus assure à deux reprises qu’il est possible de déceler ces loups sous leur masque : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (v. 16 et 20).

Le fruit permet de déceler à quelle espèce d’arbre il appartient. Malgré toutes les apparences, si rien n’est produit pour Dieu, le sort de cet arbre est d’être coupé et jeté au feu.

Le fruit de quelqu’un, c’est ce qui est manifesté dans sa vie, qu’il s’agisse de ses œuvres ou de l’influence exercée sur les autres (Gal. 5. 22). Ainsi, les épines ne produisent pas des raisins, ni les chardons, des figues. Tout arbre bon ou mauvais se reconnaît à ses fruits. Et ce principe s’applique à ceux qui professent la vérité ou propagent l’erreur.

Retenons que « le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice et vérité » et que les disciples de Jésus sont appelés à marcher dans l’amour et comme des enfants de lumière (Éph. 5. 9, 2, 8).

Outre ceux qui trompent les autres, ces faux ouvriers, il y a aussi ceux qui se trompent eux-mêmes en s’accommodant d’une profession religieuse. Il ne suffit pas de dire : Seigneur, Seigneur, et même d’avoir prophétisé, chassé des démons, et fait beaucoup de miracles au nom du Seigneur.

Le déploiement d’une puissance surnaturelle n’est pas une pierre de touche suffisante pour accréditer un serviteur envoyé par Dieu. Ce qui compte pour Jésus, c’est de faire la volonté de son Père qui est dans les cieux. C’est l’obéissance à toute la Parole qui manifeste l’œuvre de Dieu dans une âme vivifiée par le Saint Esprit.

Quelle parole solennelle le Seigneur adresse à ces hommes qui se seront contentés des apparences de la piété sans en connaître la réalité ! « Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité » (v. 23).

Le Seigneur prend soin aussi d’avertir le résidu juif à venir, qui traversera les temps très éprouvants de la grande tribulation avant Son apparition en gloire pour le règne millénaire. C’est à propos de cette période qu’Il déclare : « Il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes ; et ils montreront de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus » (Mat. 24. 24).

En conclusion de Son discours, le Seigneur rend Ses auditeurs attentifs à toute l’importance d’écouter Ses paroles et de les mettre en pratique. Il illustre Son propos par une image saisissante : l’homme prudent, qui a fondé sa maison sur le roc après avoir creusé profondément (Luc 6. 48), correspond à celui qui met en pratique les paroles du Seigneur. La pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé contre cette maison, et elle est restée fermement établie sur le roc. La maison de l’homme insensé, fondée sur le sable, a subi les mêmes épreuves et n’a pas pu résister, et sa chute a été grande.

Tel est celui qui ne met pas en pratique ce qu’il entend du Seigneur. La seule fondation solide est le roc de la Parole de Dieu qui demeure éternellement. Et « personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ » (1 Cor. 3. 11).

Mais tout ce qui est basé sur le sable mouvant des opinions, des raisonnements et des sentiments des hommes sera renversé. Le résultat est une ruine éternelle. L’épreuve nécessaire révèle la valeur du fondement. Précisons que l’homme est sauvé par la grâce et par la foi, sans œuvres de loi. Mais les œuvres opérées par la foi démontrent qu’une âme est sauvée. Faire la volonté de Dieu, c’est mettre Sa Parole en pratique.

Jésus s’adressait aux foules avec une autorité divine. Il y avait un parfait accord entre ce qu’Il disait et ce qu’Il faisait. C’est en témoin fidèle qu’Il parlait de ce qu’Il connaissait et de ce qu’Il avait vu (Jean 3. 11). Pour répondre aux profonds besoins des hommes, « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17).

Que les paroles de Jésus touchent notre cœur et notre conscience ! « Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants… et elle discerne les pensées et les intentions du cœur » (Héb. 4. 12).

Une guérison et une résurrection (Mat. 8. 5 à 13 et Luc 7. 1 à 17).

À l’issue des discours prononcés sur la montagne, ayant mis en évidence les caractères moraux des sujets de Son royaume, le Seigneur entre dans Capernaüm pour y accomplir Son ministère de grâce et de puissance auprès de ceux qui étaient placés sous les conséquences du péché : les infirmités, les maladies et la mort.

Il était ainsi démontré qu’« Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous », était au milieu de Son peuple. Il était le « Même » que Celui qui autrefois, ayant rendu douces les eaux amères de Mara, avait déclaré à son peuple après trois jours de marche dans le désert : « Je suis l’Éternel qui te guérit » (Ex. 15. 26).

En lisant les évangiles, nous pouvons admirer le parfait équilibre dans le ministère de Jésus entre Son message et Ses œuvres (Mat. 4. 23). Ses actes d’amour et de puissance confirmaient Son enseignement dispensé avec une autorité divine.

Dans son deuxième discours du livre des Actes, Pierre affirme, par la puissance du Saint Esprit, que Jésus le Nazaréen était un Homme approuvé de Dieu auprès des Israélites par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu avait faits par lui au milieu d’eux (2. 22).

Les miracles, faits extraordinaires, merveilleux, n’obéissant pas aux lois de la nature, accréditaient la venue du Fils de Dieu dans ce monde pour y accomplir l’œuvre de la rédemption. Il pouvait délivrer les hommes de la maladie et de la mort. Le vrai miracle est toujours en accord avec la Parole de Dieu pour exalter la grandeur, la puissance et la gloire de Dieu.

La parole de Siméon, en Luc 2. 32, a déjà son accomplissement à l’égard de Jésus comme « lumière pour la révélation des nations ». Alors qu’Il entrait dans les murs de Capernaüm, un centurion, officier romain, lui fait savoir par les anciens des Juifs que son esclave était paralysé, horriblement tourmenté, sur le point de mourir.

Quelle noble conduite est celle de cet étranger, qui, dépourvu d’égoïsme, manifeste un intérêt affectueux pour son esclave, entreprenant cette démarche auprès de Jésus !

Une foi vivante anime cet homme, une foi telle que Jésus n’en avait pas trouvé de semblable en Israël. Il avait entendu parler de Jésus et il savait qu’il pouvait compter sur Sa grâce et Sa puissance divine.

La connaissance du Dieu d’Israël avait porté cet homme à s’intéresser aux Juifs, leur bâtissant lui-même une synagogue. Il aimait les Juifs, parce qu’ils étaient en relation avec le vrai Dieu, et pourtant leurs infidélités à ce Dieu qu’ils prétendaient servir les avaient asservis à l’autorité romaine.

Un autre trait remarquable du centurion, produit par la crainte et l’amour de Dieu, c’est son humilité. Alors que les Juifs affirment : « Il est digne que tu lui accordes cela », c’est-à-dire la guérison de son serviteur, lui-même s’estime indigne d’aller vers Jésus ou de Le recevoir sous son toit. Il prend la vraie place d’un étranger, indigne des faveurs divines, alors que les Juifs étaient le peuple de Dieu.

Enfin, sa foi très hardie s’exprime dans les paroles adressées au Seigneur : « Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ; car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité d’autrui, ayant sous moi des soldats ; et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon esclave : Fais cela, et il le fait (Mat. 8. 7 à 10).

Le Seigneur relève une si grande foi qui apprécie l’excellence de Sa Personne. Car Lui était tout à la fois l’Homme parfaitement dépendant de son Père, et le Fils de Dieu ayant toute autorité par Sa seule parole.

Pour cet étranger, la maladie était l’occasion pour le Seigneur d’exercer Son autorité divine alliée à une grâce incomparable. L’œil de la foi voit toujours de la même manière que Dieu voit.

Le Seigneur peut dès lors parler de l’introduction des nations dans le royaume, alors que les Juifs, se prévalant de privilèges extérieurs, ne pourraient y accéder sans la foi. « Et je vous dis que plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents (Mat. 8. 11 et 12).

Ainsi le Seigneur souligne qu’on ne peut hériter de la bénédiction du royaume que par la foi. C’était un privilège d’être un descendant d’Abraham, et celui d’être un enfant de chrétiens n’est pas moins grand, mais cela ne peut donner le droit d’entrer dans le royaume. Seule la foi qui reçoit le témoignage de Dieu a part à cette grâce. Le Seigneur répondit au centurion : « Va, et qu’il te soit fait comme tu as cru ; et à cette heure-là son serviteur fut guéri » (Mat. 8. 13).

Dans la scène émouvante qui suit, voici deux cortèges qui se croisent près de la ville de Naïn. Jésus, le Prince de la vie, rencontre une foule considérable, accompagnant un cercueil. Spectacle saisissant de la douleur humaine, on portait dehors un mort, fils unique de sa mère, et elle était veuve.

Double brisement pour le cœur de cette femme, elle accompagnait au tombeau l’être qui lui était le plus cher, son dernier appui sur la terre. Impitoyable, la mort vient de frapper à deux reprises dans ce foyer. Elle n’épargne même pas une veuve, mère de ce seul fils.

À la vue d’une telle détresse, le cœur de Jésus ne peut qu’être ému de compassion. Le Seigneur la voyant, lui dit : « Ne pleure pas ». Lui seul pouvait prononcer de telles paroles, sachant ce qu’Il allait faire. Car outre Sa sympathie parfaite, Il détenait une puissance divine pour rappeler à la vie celui que la mort avait emporté. « Et s’approchant, il toucha la bière ; et ceux qui la portaient s’arrêtèrent ; et il dit : jeune homme, je te dis, lève-toi. Et le mort se leva sur son séant, et commença à parler ; et il le donna à sa mère » (Luc 7. 14 et 15).

Quelle autorité et quelle majesté dans les paroles de Jésus ! Le mort lui obéit. « Il fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Rom. 4. 17).

Dans les récits évangéliques, le Seigneur ressuscite deux autres morts (Luc 8. 54 ; Jean 11. 43). En donnant ce fils ressuscité à sa mère, il tarissait ses larmes. Les témoins de cette résurrection sont tous saisis de crainte et glorifient Dieu disant : « Un grand prophète a été suscité parmi nous, et Dieu a visité son peuple » (v. 16). Ainsi Dieu est connu comme Il ne l’avait jamais été auparavant.

Et cette puissance de résurrection sera manifestée de manière encore plus glorieuse en Christ, car Il est les prémices de ceux qui sont endormis (1 Cor 15. 20).

C’était toujours en vue de faire du bien que Jésus opérait Ses miracles, mais ils attestaient aussi la puissance de Dieu pour préparer les âmes à entendre la parole leur apportant le salut. En délivrant les malheureux de la maladie, des infirmités et de la mort, Il démontrait qu’Il pouvait les délivrer du péché, cause de toutes ces misères. « Notre Sauveur Jésus Christ a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile » (2 Tim 1. 10).

Message de Jean et témoignage de Jésus à Jean (Mat. 11. 2 à 19 et Luc 7. 18 à 35).

Jean le Baptiseur, au fond de la prison d’Hérode, entend parler des œuvres de Jésus, de Ses miracles. Ne vient-Il pas de ressusciter le fils unique de la veuve de Naïn ? (Luc 7. 15). Jésus semble le laisser dans sa captivité. Ne pourrait-Il pas exercer Sa puissance divine pour délivrer Israël et son prophète ?

Envoyé comme précurseur du Messie, il avait fidèlement prêché le baptême de repentance en rémission de péchés. Jésus était-il bien le Messie promis selon ce que Jean avait annoncé ? (Mat. 3. 11 et 12 ; Jean 1. 23 à 37 ; 3. 27 à 34)

Certes, dans un vrai renoncement à lui-même et conscient de la majesté du Seigneur, il avait déclaré : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue ». Mais si certaines prophéties s’accomplissaient, ce n’était pas le cas pour d’autres (Luc 4. 19 et 21), et sa prison restait close. Que fallait-il penser des Écritures proclamant le jugement des impies avec la venue du Messie ? Et le Seigneur n’établissait pas Son royaume en gloire.

Aussi Jean charge-t-il deux de ses disciples d’un court message auprès de Jésus, traduisant sa perplexité et un certain découragement : « Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Luc 7. 20). À ce moment-là Jésus guérit plusieurs personnes de maladies et de fléaux et de mauvais esprits, et Il donna la vue à plusieurs aveugles.

La réponse de Jésus aux deux messagers met l’accent avec douceur sur la défaillance de Jean. « Allez, et rapportez à Jean les choses que vous avez vues et entendues : que les aveugles recouvrent la vue, que les boiteux marchent, que les lépreux sont rendus nets, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, et que l’évangile est annoncé aux pauvres. Et bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé en moi » (Luc 7. 22 et 23).

La grâce et la puissance que déployait Jésus ici-bas pour le bien, démontraient pleinement qu’Il était le Messie annoncé par le prophète Ésaïe (35. 5 et 6 ; 61. 1). Mais ce que Jean n’avait pas saisi, c’est que le Messie serait rejeté comme Son précurseur, et même retranché, selon l’expression de Daniel 9. 26.

Avant d’exécuter Ses jugements sur un peuple rebelle et apostat, en vue d’établir son règne de justice et de paix sur la terre, Il devait, par Sa mort expiatoire, introduire une nouvelle dispensation pour rassembler le peuple céleste de Dieu. Et tous ceux qui avaient la foi en Jésus ne pouvaient qu’accepter Son rejet actuel avec toutes ses conséquences. Bienheureux celui qui ne serait pas scandalisé par Son abaissement et Son humiliation, en tenant ferme dans sa foi. Ces paroles de Jésus durent dissiper les doutes du cœur de Jean.

N’hésitons pas à confier à Jésus nos problèmes, nos interrogations. Par une parole, Il saura enlever toute crainte de nos cœurs et affermir notre foi en Lui et en Ses promesses face à nos difficultés. Gardons-nous de douter de la puissance du Seigneur pour tout ce qui paraît être une victoire actuelle de Satan : l’état de ruine de l’Église, les nombreuses persécutions des chrétiens en divers pays, le développement du mal sous ses deux traits essentiels, la violence et la corruption, avec une indifférence de plus en plus marquée pour l’Évangile. Malgré toute l’infidélité de l’homme, le Seigneur enlèvera au ciel son Église composée de tous les vrais croyants où qu’ils soient, et après avoir purifié la terre par de terribles jugements, Il apparaîtra pour établir Son règne glorieux pendant mille ans.

Maintenant que les messagers de Jean s’en sont allés, Jésus rend témoignage devant la foule au plus grand des prophètes. De tous les prophètes ayant annoncé la venue de Christ, il est le seul à L’avoir vu, l’ami de l’époux tout réjoui d’entendre Sa voix (Jean 3. 29).

L’admiration de Jésus pour ce serviteur exceptionnel est tout à fait remarquable. Était-il comme un roseau agité par le vent, se laissant fléchir par toutes sortes d’influences ? Non ! son courage et sa fidélité à Dieu avaient imprégné tout son message. Il ne portait pas les habits précieux de ceux qui habitent dans les maisons des rois, car il était consacré à son Dieu, renonçant à tout confort pour servir son maître. N’était-il pas en prison pour avoir dit la vérité ? Et comme précurseur de Christ, il est plus grand qu’un prophète. Il avait été annoncé par la prophétie de Malachie (3. 1), plus de quatre siècles à l’avance. Il devait venir devant Dieu « dans l’esprit et la puissance d’Élie » (Luc 1. 17).

Mais le Seigneur ajoute que « le moindre dans le royaume des cieux est plus grand que lui » (Mat. 11. 11). Jean faisait partie du siècle de la Loi, et Jésus introduisait une nouvelle dispensation, appelée le royaume de Dieu où tout est justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint (Rom. 14. 17).

Ce royaume était caractérisé par des bénédictions spirituelles, célestes et éternelles. On y entre par la nouvelle naissance (Jean 3. 3 et 5). C’est la sphère où les droits de Dieu sont reconnus. Tous les croyants de l’économie de la grâce ont un tel privilège. Aujourd’hui, c’est le temps de la souffrance pour tous ceux qui reconnaissent les droits du roi que le monde rejette ; mais ils régneront avec Christ quand Son royaume sera établi en gloire.

Ensuite Jésus déclare que « depuis les jours de Jean le Baptiseur jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est pris par violence, et les violents le ravissent » (Mat. 11. 12). Sous l’économie de la loi et des prophètes, Israël était le peuple de Dieu. Mais à cause de son impiété, de sa rébellion contre Dieu, de nouvelles dispositions devaient être prises.

Jean fut envoyé pour annoncer l’établissement du royaume, et le seul moyen d’y entrer : la repentance. Confirmant cet enseignement, Jésus pouvait dire : « Luttez pour entrer par la porte étroite » (Luc 13. 24).

Quels sont ces violents ? Ce sont ceux qui, renonçant au seul titre d’enfant d’Abraham et, rejetant toute propre justice, se repentent devant Dieu, confessent leurs péchés, se reconnaissent pécheurs perdus et, acceptant par la foi la grâce de Dieu en Christ, sont éternellement sauvés.

Dieu permet qu’il y ait des obstacles sur le chemin de celui qui se repent, mais l’énergie de la foi peut tout surmonter. Nous sommes toujours dans un monde qui a rejeté le Seigneur Jésus. « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 5. 5).

Il y a toujours deux catégories de personnes qui se manifestent quand Jésus parle. Celles qui justifient Dieu, étant d’accord avec Lui pour se condamner elles-mêmes, et celles qui rejettent le conseil de Dieu contre elles-mêmes. Chaque lecteur doit pouvoir affirmer de quel côté il se trouve.

Le Seigneur compare alors la génération privilégiée à laquelle Il s’adresse à de petits enfants assis dans les marchés qui s’empressent de contredire les propositions de leurs camarades. Les complaintes lugubres de Jean, et le son mélodieux de la flûte évoquant la venue en grâce du Fils de l’homme, avaient été entendus sur les places publiques. Mais Israël, comme nation, n’a pas voulu s’humilier et se repentir dans le premier cas et se réjouir dans le second. Seul un résidu, selon la grâce, a reçu ce double témoignage, et ainsi « la sagesse a été justifiée par ses enfants ».

Tous ceux qui ont cru se rangent parmi les enfants de la sagesse parce qu’ils ont écouté sa voix. Cette voix est celle de Dieu dans toutes les Écritures : Que dit-elle ? Bienheureux l’homme qui m’écoute… ! Bienheureux ceux qui gardent mes voies ! (Prov. 8. 34, 32)

Une pécheresse pardonnée (Luc 7. 36 à 50).

Un des pharisiens invita Jésus à manger avec lui. Luc est le seul évangéliste à rapporter cette circonstance et ce n’est pas la seule fois où Jésus acceptait d’entrer chez un pharisien (11. 37 ; 14. 1). N’avait-il pas déclaré : « Le fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs » ? (v. 34).

Puis le Seigneur précise que « les enfants de la sagesse justifiaient Dieu, en acceptant son témoignage en Christ, tout en se condamnant eux-mêmes ».

« Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum ; et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à les arroser de ses larmes, et les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum » (v. 38 et 39).

Seule la grâce rayonnante du Seigneur poussait cette femme à franchir le seuil de la maison du pharisien pour se jeter aux pieds de Celui qui attire irrésistiblement son cœur. Jésus est son unique ressource.

Elle a le profond sentiment qu’il ne la méprisera pas et ne la repoussera pas, et que Sa miséricorde pouvait répondre à son besoin. Comme le Seigneur a été sensible à chacun de ses gestes, à ses marques d’amour démontrant à quel point elle appréciait les grâces et la dignité de Sa personne.

Consciente qu’elle peut se livrer sans réserve à la grâce inépuisable de son Sauveur, elle arrose Ses pieds des larmes d’une vraie repentance et les essuie avec sa chevelure dénouée, la gloire de la femme. Certes, elle n’a pas encore la connaissance du plein pardon de ses péchés.

En couvrant ses pieds de baisers, elle donne une expression touchante de son amour reconnaissant, car Jésus est désormais l’unique trésor de son cœur. Et le parfum répandu n’exalte-t-il pas la grandeur de Celui qu’elle honore comme le Seigneur ? Elle Lui offre l’hommage de son cœur qui sera délivré pour toujours du poids écrasant de sa culpabilité. Elle ne prononce pas une seule parole, mais ses actes attestent de la plus noble manière qu’elle a beaucoup aimé.

Simon observe cette scène comme un vrai pharisien. Comment cette femme, connue pour sa vie dissolue, ose-t-elle pénétrer dans sa maison, sans invitation ? Ce qu’elle fait avec autant de hardiesse soulève une prompte indignation dans le cœur de Simon, qui se livre à un raisonnement incrédule. Il dit en lui-même : « Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme qui le touche, car c’est une pécheresse » (v. 39).

Voilà le jugement impitoyable du propre juste. Ayant une bonne opinion de lui-même, il n’éprouvait aucun besoin de pardon. De plus, en homme légal, il ose juger selon la justice humaine, que Jésus n’était même pas un prophète. Jésus n’attire pas son cœur, car Il représente ceux dont parle Ésaïe : « Il est méprisé et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (53. 3).

Par une parabole, Jésus va montrer à Simon qu’il sait lire les pensées du cœur sans que rien ne soit exprimé en paroles. Il connaît les péchés de la femme et Il sait ce que le pharisien pense de Lui et d’elle.

« Et Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire… Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante ; et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus ? Et Simon, répondant, dit : J’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : Tu as jugé justement » (v. 40 à 43).

Simon, dans son aveuglement, ignorait qu’il avait une dette vis-à-vis de Dieu manifesté en Christ. Et pourtant, il n’avait même pas reçu Jésus selon les égards habituels en orient : pas d’eau pour les pieds du voyageur fatigué, pas de baiser de bienvenue pour l’hôte, pas d’onction d’huile pour la tête de Celui qui est digne de tout honneur ! Alors que la femme, consciente d’être un grand débiteur à cause de ses nombreux péchés, exprime humblement le respect, la gratitude, l’amour débordant de son cœur brisé.

Par contre, celui qui doit le moins à ses propres yeux, n’apprécie pas la grâce du pardon, il aime peu. Or les deux débiteurs n’avaient pas de quoi payer. Nul ne saurait acquitter un seul péché en dehors de Dieu. Tous les hommes sans exception sont insolvables. L’unique issue, c’est que le créancier remette la dette à tous les deux, faisant grâce à l’un comme à l’autre. « Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8). « Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, c’est le don de Dieu » (Éph. 2. 8). Voilà la bonne nouvelle proclamée encore aujourd’hui aux hommes pécheurs !

Jésus précise à Simon : « c’est pourquoi je te dis : Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé… Et il dit à la femme : Tes péchés sont pardonnés » (v. 47 et 48). Cette femme aimait Jésus à cause de la grâce qu’elle avait discernée en Lui, tout en étant profondément convaincue de péché par l’action de l’Esprit de Dieu dans sa conscience.

Cette grâce produisait en elle l’horreur du péché, et un amour saint avant même que le pardon soit prononcé par le Seigneur. La conscience d’un Dieu qui fait grâce attire le pécheur travaillé par ses péchés et repentant.

Jésus ne se préoccupe pas des remarques de ceux qui l’entourent dans la maison du pharisien, et adresse à la femme une parole divine d’un prix inestimable qui résonne dans son cœur comme la douce mélodie de la grâce : « Ta foi t’a sauvée, va-t-en en paix » (v. 50). Malgré le grand amour exprimé par cette femme, c’est uniquement par la foi qu’elle est sauvée. La foi en Jésus l’avait amenée à Ses pieds, discernant en Lui son Sauveur.

C’est ce que Pierre confirme à tous ceux qui sont rassemblés chez Corneille : « Par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés » (Act. 10. 43). « Et il n’y a de salut en aucun autre » (Act. 4. 12).

Pour qu’il en soit ainsi, Jésus devait se livrer Lui-même en rançon pour plusieurs, subissant à la croix ignominieuse, de la part d’un Dieu juste et saint, tout le jugement que méritait le péché. C’est par la foi en cette œuvre expiatoire que la lourde dette de nos péchés peut être acquittée.

As-tu reconnu dans l’histoire de la pécheresse, dont le nom n’est pas mentionné, ta propre histoire ? Elle ne concerne pas les indifférents, les propres justes, les incrédules, mais ceux qui sont convaincus de péché dans la lumière de Dieu, ayant besoin du pardon que Jésus offre aujourd’hui même à tous ceux qui se repentent en se tournant vers Lui.

Et plus nous sommes conscients d’avoir offensé la gloire de Dieu par nos péchés, plus nous aimerons Celui qui pardonne. Quel écho a cette parole de Jésus dans notre cœur : « Lequel… l’aimera le plus ? »

Jésus avec les siens et face à ses adversaires (Luc 8. 1 à 3 ; 11. 14 à 28 ; 12. 10 ; Mat. 12. 22 à 32 ; Marc 3. 28 à 30).

La lecture des trois premiers versets de Luc 8, mentionnés uniquement par cet évangéliste, nous suggère ce que Pierre annonce dans l’un de ses discours en Actes 10. 38 : « Jésus qui était de Nazareth, comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui ».

Jésus, le Fils de l’homme, était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple (Luc 24. 19). Il passait par les villes et les villages, prêchant et annonçant le royaume de Dieu et partout rayonnaient sa lumière et sa bonté.

Ce royaume est la sphère morale où s’exerce le gouvernement de Dieu. Si le ciel est le siège du pouvoir, la terre est le domaine où s’exerce cette domination. L’autorité de Jésus y est reconnue par ceux dont les péchés ont été pardonnés et qui ont été guéris d’esprits malins et d’infirmités. Ceux qui sont nés de nouveau appartiennent à ce royaume (Jean 3. 3 et 5) caractérisé par la justice, la paix et la joie dans l’Esprit Saint (Rom. 14. 17).

Les douze apôtres étaient avec Jésus (Luc 8. 2). Ils étaient les témoins publics appelés par la grâce de Dieu et envoyés par le Seigneur lui-même pour prêcher le royaume de Dieu et guérir les infirmes (Luc 9. 1).

N’avait-il pas dit : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jean 20. 21) ? C’est Lui qui les avait choisis et établis, afin qu’ils aillent et portent du fruit (Jean 15. 16).

L’autre classe de personnes entourant Jésus, c’était des femmes qui avaient été délivrées d’esprits malins et d’infirmités. Elles étaient les témoins personnels de la puissance du royaume et profondément attirées vers Lui dans leur cœur ; elles le suivaient et l’assistaient de leurs biens (v. 3). Leur dévouement était l’heureuse conséquence de ce que Lui avait fait pour elles.

Sept démons habitaient Marie de Magdala et Jésus les avait chassés. Reconnaissante pour cette merveilleuse délivrance, son cœur brûlait d’amour pour son Seigneur.

Ne sommes-nous pas touchés par un tel attachement aux abords du tombeau ? (Jean 20. 11 à 18).

Nous ne pouvons qu’admirer l’abaissement profond du Seigneur, son obéissance absolue à son Père. Toujours dépendant, il acceptait d’être assisté par ces humbles femmes, alors qu’il était le créateur des cieux et de la terre, soutenant toutes choses par la parole de sa puissance, Lui devant qui tout genou se ploiera et toute langue confessera qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 10 et 11).

Étant en forme de Dieu, Jésus s’est anéanti lui-même pour venir ici-bas comme un homme humble et débonnaire. Il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. Il a été élevé sur cette croix pour que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Il a « porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pier. 2. 24). Il a subi de la part de Dieu le jugement qui devait nous atteindre.

Quelle grâce insondable nous était destinée ! L’avons-nous appréciée et reçue dans notre cœur ? Une réponse positive nous engage alors à traduire notre reconnaissance en offrant à Dieu des sacrifices de louanges, sans oublier la bienfaisance et de faire part de nos biens, « car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Héb. 13. 15 et 16).

C’est à propos de la guérison d’un démoniaque aveugle et muet que Jésus est confronté avec ses adversaires, les pharisiens (Mat. 12. 22 à 32 ; Luc 11. 14 à 28).

Craignant les effets d’une puissance divine évidente, ils dirent : « Celui-ci ne chasse les démons que par Béelzébul, chef des démons ». Aussitôt le Seigneur met en évidence leur égarement et comment le dieu de ce siècle avait aveuglé leurs pensées : « Et si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même ; comment donc son royaume subsistera-t-il ? »

Le Seigneur ne pouvait chasser les démons, que par la puissance du Saint Esprit. Car avant d’exercer son ministère de grâce, il avait lié l’homme fort, en remportant une pleine victoire sur cet adversaire lors de la tentation, au désert, citant à trois reprises la Parole de Dieu. Dès lors, il pouvait piller ses biens en délivrant ceux que Satan avait asservis à sa puissance.

Chaque fois que Jésus chassait les démons, il démontrait que le royaume de Dieu était parvenu à ce peuple. Lors de son apparition comme Fils de l’homme, il établira son royaume en gloire par le déploiement de la même puissance.

Attribuer à Satan la puissance par laquelle le Seigneur chassait les démons constituait un péché d’une extrême gravité. C’était le blasphème contre le Saint Esprit qui ne serait pas pardonné. Certes « tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes… Et quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir » (Mat. 12. 31 et 32).

Les premières paroles que Jésus prononce sur la croix correspondent à une prière en faveur de ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). Nous savons quelle réponse Dieu a donnée à ces paroles au début du livre des Actes. Par exemple, en un seul jour, trois mille âmes environ sont amenées à la repentance et à la foi au Seigneur Jésus (Act. 2. 41).

Mais s’opposer à la puissance du Saint Esprit, en la traitant comme étant la puissance de Satan, cela ne pourrait être pardonné ni dans ce siècle, c’est-à-dire le siècle de la loi dans lequel se situaient les Juifs de l’époque, ni dans le siècle à venir, celui où le Seigneur établirait son royaume en gloire. Ainsi un tel blasphémateur était passible du jugement éternel (Marc 3. 29).

Comme nation, les Juifs se sont placés sous les conséquences d’un tel péché, après la Pentecôte, n’acceptant pas le témoignage du Saint Esprit rendu à Christ par ses disciples. Le rejet du message d’Étienne par une résistance volontaire à l’Esprit Saint, a entraîné la dispersion de ce peuple parmi les nations.

Nous vivons aujourd’hui dans cette période privilégiée de la grâce où l’évangile est proclamé à tous les hommes : « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 36). Puis Jésus ajoute : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (Luc 11. 23).

Le test d’un bon service, c’est de travailler et de rassembler avec Jésus dans la soumission à l’autorité de sa Parole. Que nous soyons de ces bienheureux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! (Luc 11. 28).

Jésus face à ses adversaires, et avec sa vraie famille (Mat. 12. 33 à 50 ; Luc 6. 45 ; 11. 24 à 32 ; 8. 19 à 21 ; Marc 3. 31 à 35).

Au chapitre 11 de l’évangile de Matthieu, le Seigneur met en évidence son propre rejet selon ce qui est écrit : Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11). Et le chapitre 12 ne fait que confirmer cette opposition ouverte en particulier de la part des pharisiens qui tiennent conseil contre Lui pour le faire périr (v. 14).

Ce rejet si douloureux pour le cœur de Jésus est constaté à propos du jour du sabbat au cours duquel, Lui, le Fils de l’homme, Seigneur du sabbat, se permettait d’exercer la miséricorde. Puis, c’est l’accusation perverse des pharisiens disant que Jésus chassait des démons par Beelzébul, blasphème impardonnable contre le Saint Esprit.

A partir des propos iniques des pharisiens, l’occasion est donnée au Seigneur de rappeler toute l’importance de la Parole pour révéler l’état du cœur. L’arbre est connu par son fruit… car de l’abondance du cœur la bouche parle (v. 33 et 34).

Comment les pharisiens étant méchants pouvaient-ils dire de bonnes choses ? Si nos esprits sont habités par de mauvaises pensées non jugées, nos lèvres seront promptes à les exprimer en paroles.

N’est-il pas solennel de réaliser que « de toute parole oiseuse qu’ils auront dite, les hommes rendront compte au jour du jugement ; car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (v. 36 et 37) ? Par contre, si notre cœur est occupé de Christ, comme Anne la prophétesse, « nous parlerons de Lui » (Luc 2. 38).

Quelqu’un qui croit dans son cœur en Jésus, comme Seigneur, acceptant son œuvre rédemptrice, et qui Le confesse de sa bouche, est sauvé (Rom. 10. 9 et 10). C’est l’œuvre de Dieu en lui, par laquelle la vie divine lui est communiquée par l’opération de la parole de Dieu et du Saint Esprit. Dès lors, ses pensées sont formées par la Parole de Dieu.

De ce bon trésor sont produites de bonnes choses. Aussi « recevez avec douceur la parole implantée qui a la puissance de sauver vos âmes » (Jac. 1. 21). « Qui surveille sa bouche garde son âme » (Prov. 13. 3).

Conscients de toute l’importance qu’il y a de veiller sur nos paroles, ne devrions-nous pas exprimer fréquemment cette prière : « « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, veille sur l’entrée de mes lèvres » (Ps. 141. 3) ?

A la suite des paroles sévères de Jésus, les scribes et les pharisiens, méchants et incrédules, ont l’audace de lui demander un signe prouvant sa mission divine.

Et pourtant le Seigneur venait de guérir un démoniaque aveugle et muet (v. 22). Les foules elles-mêmes disaient : « Celui-ci serait-il le fils de David ? » (v. 23).

Aussi devant un tel aveuglement Jésus refuse-t-il d’accéder à leur demande. Un autre miracle n’aurait pas changé les dispositions de leur cœur à son égard. Le Seigneur ne leur donne pas d’autre signe que celui de Jonas, qu’un grand poisson engloutit et rejeta vivant. Il annonçait ainsi sa mort, son séjour dans la tombe et aussi sa résurrection. « Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (v. 40 et Jonas 2. 1).

Malgré toutes ses œuvres d’amour le signalant comme le vrai Messie promis à son peuple, ces hommes, religieux et rebelles aux appels de la grâce, ne voulaient rien de Jésus. Ils étaient plus coupables que les hommes méchants de Ninive qui, à la prédication de Jonas, se sont repentis (Jonas 3. 5). La reine de Shéba témoignera contre cette génération au jour du jugement, car, attirée par la sagesse de Salomon, elle était venue des bouts de la terre.

Or ce mépris de Jésus, le divin prédicateur et la Sagesse par excellence, ne pouvait qu’aggraver leur condamnation au jour du jugement. Combien Jonas et Salomon s’estompent devant le Seigneur de gloire !

Puis, par un tableau saisissant, Jésus évoque l’état immonde de cette génération incrédule aux derniers jours (v. 43 à 45).

Le démon, sorti de l’homme, rappelle l’idolâtrie à laquelle Israël s’était adonné. Ce dernier avait obligé Dieu à l’exiler à Babylone, le siège même de l’idolâtrie du monde, caractérisée par l’adoration des démons. De retour de captivité, avec son temple rebâti, son culte rétabli, ce peuple paraissait en ordre. C’est alors que le Seigneur vint pour habiter sa maison, mais il en fut rejeté. Cette maison restait vide, balayée de l’idolâtrie, ornée des formes du culte lévitique. Elle était prête à recevoir une puissance de mal, beaucoup plus effrayante que la première, ce que représente l’association avec les sept autres démons bien plus méchants que le premier.

De retour dans son pays, le peuple juif reste incrédule par rapport à Christ, comme il l’était au temps où Jésus vint sur la terre. Aujourd’hui, le Messie reste caché dans les cieux.

Les Juifs retrouveront le culte lévitique dans un temple reconstruit jusqu’au moment où sera manifesté l’Antichrist, l’homme de péché, le fils de perdition, l’inique qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu. « Lui-même s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (2 Thess. 2. 3 et 4).

Ce seront les temps terribles de l’apostasie et de la grande tribulation (Mat. 24. 21). Cette idolâtrie de la fin entraînera un jugement solennel du peuple apostat par l’ennemi redoutable, appelé dans l’Écriture : l’Assyrien ou roi du nord, qui sera lui-même anéanti par le Seigneur (Dan. 8. 23 à 25 ; Éz. 38 et 39 ; És. 10. 56 ; 28 et 29 ; Zach. 14. 1 à 5). Le résidu croyant sera délivré par Christ pour être introduit dans le règne millénaire de son vrai Messie, le Fils de David.

Alors que Jésus parlait aux foules, sa mère et ses frères se tenaient dehors cherchant à lui parler. Nous savons par ailleurs que ses frères ne croyaient pas en Lui non plus avant sa mort (Jean 7. 5). Et Jésus s’adressant à son messager dit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Et étendant sa main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères ; car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère » (Mat. 12. 48 à 50).

D’après le passage parallèle de Luc, faire la volonté de son Père, équivaut à écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique (8. 21).

Jésus, rejeté, ne pouvait plus avoir de relations avec son peuple incrédule représenté par sa mère et ses frères. Ainsi en sera-t-il d’Israël selon la chair, le peuple terrestre de Dieu, qui s’est exclu, dans l’endurcissement de son cœur, de la bénédiction de recevoir son vrai Messie.

Mais de nouvelles relations pourront être établies avec ceux qui recevront sa parole et se soumettront à la volonté de son Père. Désormais Dieu agira par sa parole opérant dans le cœur, pour constituer son peuple céleste, issu de toute tribu, et langue, et peuple et nation.

Peux-tu te joindre de cœur à ceux qui chantent ce cantique : « A celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » ? (Apoc. 1. 5 et 6)

La parabole du Semeur (Mat. 13. 1 à 23 ; Marc 4. 1 à 20, 24 et 25 ; Luc 8. 4 à 15 et 18).

L’évangile de Matthieu rapporte que Jésus, sortant de la maison, s’assit près de la mer (13. 1). Rejeté par Israël aux chapitres 11 et 12, il prend une nouvelle position pour s’adresser aux foules rassemblées autour de lui sur le rivage, alors qu’il était monté sur une nacelle. Il n’attend plus de fruit de sa vigne, figure d’Israël (Ps. 80. 8 à 16) qui, placé sous la loi, n’a produit que des raisins sauvages (És. 5. 1 à 7).

Malgré les conditions privilégiées accordées à ce peuple, il a été prouvé que l’homme dans son état naturel est incapable de porter du fruit pour Dieu (Ps. 53. 3). Dieu change alors de disposition. Il sème sa Parole dans les cœurs. Si elle est reçue par l’action de l’Esprit et par la foi, la vie divine est communiquée, et, dans ses multiples manifestations, du fruit est produit à la gloire de Dieu.

Le champ concerné par ces semailles n’est pas Israël seulement, mais toute l’humanité figurée par la mer (És. 17. 12 et 13 ; 57. 20). Si le cœur de l’homme est ce terrain sur lequel la Parole est répandue, il y a cependant différents états du cœur en présence de la divine semence.

Jésus dit beaucoup de choses aux foules par des paraboles : « Voici un semeur sortit pour semer… » (Mat. 13. 3 à 9). Écoutons le message qui nous est adressé aujourd’hui : « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10. 17).

Des quatre terrains, un seul produit du fruit pour Dieu, ce qui met en relief les nombreux obstacles pour que la parole de Dieu soit reçue, dans un cœur par la foi. Seule la parole de vie, divine semence, peut produire la nouvelle naissance (Jean 3. 5 à 8), communiquer la nature divine (2 Pier. 1. 4), régénérer (1 Pier. 1. 23). Mais le cœur de l’homme dans son état naturel est trompeur par-dessus tout, et incurable (Jér. 17. 9). Il ne produit que de mauvais fruits attirant le jugement de Dieu en condamnation.

Avant même d’obtenir une explication, les disciples demandent au Seigneur pourquoi il parlait aux foules en paraboles. La réponse montre que cette manière cachée de s’exprimer était liée au fait que le cœur du peuple s’était endurci (Mat. 13. 15). Sous l’action de sa propre volonté il avait bouché ses oreilles, fermé ses yeux et son cœur depuis qu’Ésaïe, le prophète, l’avait annoncé plus de sept siècles auparavant (És. 6. 9 et 10).

Après avoir méprisé tout ce temps de la patience de Dieu, ce peuple finit par rejeter son Messie lorsqu’il lui a été présenté. En Marc 4. 30, le Seigneur donne une indication à travers une interrogation : « Comment comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? »

Par un récit emprunté à la vie ordinaire ou à la nature, domaine du vrai et du possible, il dégage une vérité morale et spirituelle qui est comparée, assimilée à cet événement. Ce royaume ne pouvait s’établir en gloire tant que le roi était rejeté de son peuple. Pour le moment, il prend une forme mystérieuse dont Jésus entretient les siens dans son enseignement.

Seuls les disciples de Jésus, l’ayant accepté comme Sauveur et Seigneur, peuvent entrer dans la connaissance du mystère du royaume des cieux.

Le Seigneur apprécie dans notre cœur le vrai désir de comprendre ce qu’il dit et il donnera son explication au moment opportun. Lisons et relisons avec prière le saint Livre, chaque jour, avec persévérance, sachant que « le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14).

Cher jeune lecteur encore inconverti, aujourd’hui Jésus, le Fils de Dieu, t’offre sa grâce, son pardon, sa paix et toutes les bénédictions accordées à ceux qui reconnaissent la valeur et la nécessité de son œuvre expiatoire. Remettre à demain ce choix capital pourrait être fatal.

Maintenant Jésus va expliquer aux siens cette parabole du Semeur en donnant les raisons de la stérilité des trois premiers terrains.

Dans le premier cas, la semence tombe le long du chemin. Cela correspond au cœur qui ne comprend pas la parole qu’il a entendue, car il est indifférent, incrédule, distrait par toutes sortes de préoccupations qui insensibilisent la conscience. Il y a les études, le travail, les affaires de la vie, les loisirs très attrayants et très diversifiés aujourd’hui. Et que dire de la coupe des délices du péché ? Ce cœur est dur comme un chemin dans lequel tout le monde passe et repasse. La divine semence ne peut y pénétrer, si bien que Satan, le méchant, s’empresse de la ravir, « de peur qu’en croyant ils ne soient sauvés » (Luc 8. 12).

L’excuse très fréquente n’est-elle pas : Je n’ai pas le temps ? Et ainsi Satan, le menteur et le meurtrier, entraîne ses victimes insouciantes vers l’abîme de l’éternelle perdition. Mais béni soit Dieu, Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs (1 Tim. 1. 15).

La semence répandue sur les endroits rocailleux concerne les auditeurs de la Parole qui la reçoivent aussitôt avec joie. Une certaine émotion a saisi l’âme, les sentiments ont été touchés. Mais la conscience n’a pas été travaillée en profondeur par la conviction de péché, provoquant une tristesse selon Dieu et une repentance à salut.

Il n’y a pas de racine, pas beaucoup de terre, pas d’humidité, d’où la sécheresse quand le soleil de la tribulation ou de la persécution apparaît. Il n’y avait que l’apparence de la foi et « au temps de la tentation ils se retirent » (Luc 8. 13). Par contre, le croyant qui a reçu le Christ Jésus, le Seigneur, est enraciné et édifié en lui, affermi dans la foi, à travers toutes les épreuves (Col. 2. 6 et 7).

Dans la troisième catégorie, la semence est tombée entre les épines, dans un sol déjà encombré. Si la Parole a pénétré plus profondément et malgré quelques effets visibles, l’âme manque d’énergie pour vaincre les nombreux soucis de ce siècle.

Que de questions : que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi seront-nous vêtus ? Et puis il y a l’amour des richesses trompeuses, des plaisirs vains, que le monde offre pour répondre à toutes les convoitises insatiables du cœur humain. Privée d’air et de lumière, la jeune plante progressivement étouffée par les épines, ne produit aucun fruit. « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15).

Enfin le quatrième terrain, c’est la bonne terre, une conscience labourée par Dieu, par la vérité. La Parole a été entendue, comprise par la foi, reçue en toute soumission. Elle est retenue dans un cœur honnête et bon, disposé à obéir.

S’il y a du fruit, ce n’est pas grâce au terrain (1 Jean 5. 19), mais à la divine semence tombée dans un terrain préparé par Dieu. L’âme a été convaincue de sa culpabilité, de sa souillure dans la présence de Dieu qui est juste et saint. Elle a prononcé ces paroles du prophète : « Malheur à moi ! car je suis perdu » (És. 6. 5). Le cœur et la conscience ont été atteints. Et le fruit porté avec patience vient manifester la présence de la vie divine (Gal. 5. 22 ; Éph. 5. 9 et 10 ; Phil. 1. 11).

Les croyants sont aussi concernés par l’enseignement de cette parabole qui s’applique « toutes les fois que quelqu’un entend la parole » (Mat. 13. 19).

Le racheté du Seigneur ne peut pas perdre son salut, mais ne peut-il pas s’habituer à entendre la Parole sans y prendre garde, et laisser son cœur s’endurcir ? Ne peut-il pas fléchir sous la séduction des subtiles tentations de l’ennemi, ou se laisser accaparer par les affaires de la vie ? Les épines de ce monde ne peuvent-elles pas encombrer son cœur, créer une somnolence spirituelle, et l’empêcher de porter du fruit pour Dieu ? Écoutons les avertissements du Seigneur : « Prenez garde à ce que vous entendez » (Marc 4. 24), « Prenez donc garde comment vous entendez » (Luc 8. 18).

La parabole de l’ivraie (Mat. 13. 24 à 30, 36 à 43).

Le chapitre 13 de l’évangile de Matthieu présente sept paraboles dont la première est celle du semeur. Nous y avons vu comment le Seigneur opère pour produire du fruit.

Les six paraboles suivantes traitent des résultats de ces semailles dans le monde jusqu’à l’établissement du royaume en gloire. C’est le temps où l’Église est formée sur la terre, et où le royaume est établi alors que le roi, rejeté de son peuple, est caché dans le ciel.

Les trois premières paraboles adressées aux foules exposent l’aspect extérieur du royaume des cieux, tel que les hommes peuvent le voir. Jésus annonce comment par l’infidélité des hommes et l’activité insidieuse de Satan, la récolte dans ce monde serait altérée.

Les trois dernières paraboles font ressortir ce qui est de Dieu au sein d’un tel état de choses. Le cœur de Christ peut apprécier ce qui est d’un prix incomparable à ses yeux, ses rachetés, son Église. Ces dernières paraboles sont communiquées en secret aux disciples, soit dans la maison, lorsqu’ils demandèrent l’explication de celle de l’ivraie.

Tandis que seuls les enfants d’Israël constituaient un royaume pour Dieu, il en est maintenant autrement. Pour faire partie du royaume de Dieu, il faut être né de Dieu (Jean 1. 13), passer par la nouvelle naissance (Jean 3. 3 à 5). Cette opération de l’Esprit de Dieu est produite par la foi en la Parole de Dieu reçue dans le cœur. Appartiens-tu en réalité au royaume de Dieu ?

Jésus leur proposa une autre parabole, disant : « Le royaume des cieux a été fait semblable à un homme qui semait de bonne semence dans son champ. Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie parmi le froment, et s’en alla. Et lorsque la tige monta et produisit du fruit, alors l’ivraie aussi parut » (Mat. 13. 24 à 26).

Cette parabole présente le mélange constitué par la présence de croyants et de personnes qui font profession de christianisme, ayant été baptisées, mais n’ayant pas la vie de Dieu.

Il y a dans ce champ, comme le souligne le Seigneur, la bonne semence, c’est-à-dire les fils du royaume, et l’ivraie représentant les fils du méchant (v. 38).

Depuis le temps du Seigneur et des apôtres annonçant la Parole en toute pureté, les hommes, par manque de vigilance, car ils dormaient, ont permis à l’ennemi de semer l’ivraie. Ils ont laissé s’introduire dans la chrétienté des fausses doctrines et des personnes ne possédant pas la vie de Dieu. Et aujourd’hui partout où la parole est semée, l’ivraie a tout envahi.

On comprend que les esclaves devant ce mélange visible se soient proposé d’arracher l’ivraie. Mais le Seigneur leur dit : « Non, de peur qu’en cueillant l’ivraie, vous ne déraciniez le froment avec elle. Laissez-les croître tous deux ensemble jusqu’à la moisson » (v. 29 et 30). N’ayant pu empêcher l’ennemi de semer l’ivraie, comment ces hommes infidèles auraient-ils pu enlever l’ivraie sans arracher le froment ?

Ainsi l’ennemi avec toute sa ruse a réussi à introduire les fils du méchant parmi les fils du royaume. Il ne s’agit pas ici de païens ou de Juifs, mais de ceux qui ont la forme de la piété et en ont renié la puissance. Ils ne possèdent pas cette vie caractérisée par la pratique de la justice et l’amour des frères (1 Jean 2. 29 ; 4. 7).

Ce mélange de fidèles et d’âmes égarées par Satan constitue la chrétienté, subsistant jusqu’à la venue du Seigneur. Et loin de se conformer aux injonctions du Seigneur, les hommes ont déclenché dans la chrétienté de terribles persécutions et, sous prétexte d’extirper l’ivraie, ils ont souvent ôté le froment.

Il n’appartient pas aux hommes d’exercer le jugement sur ceux qui n’ont pas la vie, d’exterminer ceux qu’on estime hérétiques. C’est le temps où Dieu proclame sa grâce. Par contre pour obéir à la Parole, il est impératif que le fidèle aujourd’hui se sépare du mal et du monde (2 Tim. 2. 19, 22 et 23 ; 2 Cor. 6. 17 ; 7. 1 ; 1 Jean 2. 15).

C’est au temps de la moisson que s’effectuera le triage confié aux anges, figurés dans la parabole par les moissonneurs. Ce sera le jugement séparant les méchants des justes, selon la parole du Seigneur aux moissonneurs : « Cueillez premièrement l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler, mais assemblez le froment dans mon grenier » (v. 30).

Le Seigneur précise à ses disciples que cette séparation aura lieu à la consommation du siècle, événement qui précède l’établissement du royaume en gloire.

Déjà l’ivraie se lie en bottes par toutes sortes d’associations liant les hommes entre eux, qu’il s’agisse des incrédules affirmés ou de ceux qui se prétendent chrétiens sans avoir été vivifiés par la Parole de Dieu. Mais le disciple de Jésus, averti par son Maître, se tient séparé de ces bottes d’ivraie, n’ayant rien à faire avec ces systèmes associatifs qui annoncent l’imminence du jugement. Avant que l’ivraie ne soit brûlée, le froment est recueilli dans le grenier, image de l’enlèvement de tous les croyants dans le ciel.

En donnant ses explications aux disciples, dans la maison, le Seigneur ajoute de nouveaux développements dans les versets 40 à 43 pour le temps où les jugements s’exerceront à l’égard des méchants : « Comme donc l’ivraie est cueillie et brûlée au feu, il en sera de même à la consommation du siècle. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils cueilleront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise de feu : là seront les pleurs et les grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ».

Au terme du temps de sa patience, le Seigneur venu une fois sur la terre, comme le semeur, va envoyer ses anges pour enlever de son royaume tous ceux qui auront été un sujet de scandale, et qui, dans une marche sans frein et sans loi, auront refusé de se soumettre à l’autorité du roi rejeté et caché dans le ciel. La seule issue pour eux sera la fournaise ardente dans la tristesse d’un remords éternel et l’irritation que rien ne pourra apaiser.

Par contre combien est précieuse la part des justes ! Ils sont vus ici dans la partie céleste du royaume, le royaume de leur Père, où ils jouissent de la même relation que le Fils bien-aimé. Leur position est bien plus glorieuse que celle occupée sur la terre dans le royaume établi en gloire. Resplendissants comme le soleil, ils reflètent la gloire de Christ. Comme les objets de sa pure grâce pendant l’éternité, rien ne viendra plus troubler le bonheur des élus.

L’ivraie nous rappelle aussi un enseignement pratique concernant ce que l’ennemi peut semer dans notre cœur. Tel livre que j’ai pu lire à l’insu de mes parents, tel spectacle auquel j’ai assisté sans leur consentement, tels propos de camarades pervers… Rien ne se passe dans l’immédiat, mais plus tard l’ivraie germe…

On peut assister à la lecture de la Parole en famille, aux réunions fidèlement, et cependant à un certain âge des convoitises s’allument, des raisonnements et des doutes assaillent l’esprit, l’ennemi a semé l’ivraie et les résultats alarmants apparaissent au bout de quelque temps. Quelle sera l’issue d’une telle vie ? (Lire Éccl. 12. 1).

D’après La Bonne Nouvelle 1987

SONDEZ LES ÉCRITURES (10)

La femme de Samarie (Jean 4. 19 à 42).

Vous vous souvenez de cet entretien du Seigneur Jésus avec la femme Samaritaine, au moment où sa conscience est sondée par la vérité, et que son cœur, en même temps, est attiré par le sentiment de la bonté de Dieu.

Elle prend conscience que Jésus connaît toute sa vie passée, et dans la lumière où elle est placée, elle découvre toute sa culpabilité. Mais par la grâce de Dieu qui opère dans son cœur, elle peut être délivrée et jouir d’un plein pardon. En déclarant à Jésus qu’Il est un prophète, elle démontre qu’elle accepte par la foi la Parole de Dieu tout entière.

Maintenant cette Samaritaine introduit ses coutumes religieuses, tout en cherchant à savoir quel est le lieu où il faut adorer. Elle déclare : « Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer » (v. 20). Malgré sa vie de péché, elle exprime des besoins en présence de Celui qui est l’Envoyé du Père, le Fils de Dieu.

Jésus lui répond : « Femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous, vous adorez, vous ne savez quoi ; nous, nous savons ce que nous adorons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (v. 21 à 24). Voilà le culte que Dieu attend maintenant !

Il ne s’agit plus de ramener un peuple idolâtre au culte de l’Éternel comme s’y employaient les prophètes autrefois. En outre, Jérusalem et Samarie peuvent disparaître entièrement, comme appartenant au système de la loi dans lequel Dieu restait caché derrière le voile, empêchant l’homme de s’approcher.

La religion de formes et de cérémonies est mise de côté. Désormais Dieu est révélé en Christ, comme Père, alors que la loi révélait ce que l’homme devait être.

Ainsi le culte doit répondre à la nature de Dieu, car Dieu est esprit – et à la révélation qu’Il a donnée de Lui-même en Christ qui est le chemin, la vérité et la vie. La grâce et la vérité vinrent par Jésus-Christ, qui a parfaitement exprimé ce que Dieu est : amour et lumière. Seuls ceux qui ont la vie de Dieu peuvent adorer le Père. Car adorer Dieu, c’est Lui offrir ce qui Lui est dû, ce qui est impossible pour l’homme naturel révolté contre Lui.

L’homme en Christ peut présenter à Dieu ce qu’il a reçu, ce que Dieu lui a donné. David avait saisi cela lorsqu’il déclare : « Ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 14).

En Genèse 22, ce thème est évoqué pour la première fois dans ces paroles d’Abraham : « Moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ». Qu’offrait-il à l’Éternel ? Ce que Dieu lui avait donné, son unique fils bien-aimé.

Ainsi nous adorons le Père en Lui présentant Son Fils, les gloires et l’excellence de l’œuvre de Son Fils.

La femme samaritaine a pu entrer dans ce qu’est l’adoration, en connaissant le don de Dieu, et qui était Celui qui lui demandait à boire. C’est en Christ que le Père cherche de vrais adorateurs, et qu’Il les forme pour les rendre capables d’exercer ce saint service dès ici-bas, qui continuera dans le ciel en perfection et pendant l’éternité.

L’adoration est fondée sur un sacrifice : pour nous, celui de l’Agneau de Dieu offert une fois pour toutes sur l’autel de la croix. Nous contemplons les perfections de la Victime et nous adorons, conduits par l’Esprit, en dehors de toute forme matérielle et de toute tradition. Et il importe que nous dépendions de la Parole qui est la vérité.

« La femme, lui dit : je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. Jésus lui dit : Je le suis moi qui te parle » (v. 25 et 26).

C’est l’heure de la grâce pour cette femme, car le Seigneur lui révèle qu’elle peut participer au privilège du culte adressé au Père. La lumière jaillit dans son âme, car Celui qui se révèle à elle est le Christ. Les eaux vivifiantes de la grâce coulent pour rafraîchir son cœur desséché.

Consciente de son état de péché, elle croit que Jésus est le Christ, elle est née de Dieu (1 Jean 5. 1). Les disciples eux-mêmes n’entrent pas dans l’œuvre de la grâce opérée par le Seigneur dans les cœurs, la révélation du Père dans le Fils.

« La femme donc laissa sa cruche et s’en alla à la ville, et dit aux hommes : venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il point le Christ ? » (v. 28 et 29). Quelques instants auparavant elle avait honte de rencontrer ses semblables, et maintenant, oubliant sa cruche, symbole de toute sa peine, elle va vers les hommes de la ville, car sa conscience a été atteinte par la Parole de Dieu.

Dans la jouissance du pardon de ses péchés, elle est aussitôt une messagère de bonnes nouvelles. Jésus remplissait son cœur, elle parle spontanément de Lui. Jésus connaissait à fond sa triste vie passée, et, dans Sa lumière, elle a saisi que la grâce avait tout pardonné.

C’est encore le temps où la lumière et l’amour, la grâce et la vérité s’exercent à l’égard de tout pécheur. Et celui qui reçoit le pardon et la paix, peut devenir un vrai adorateur, tel que le Père en cherche.

L’appel saisissant de cette femme incite les hommes de Sichar à sortir de la ville pour venir à Jésus. Un vrai serviteur amène toujours les âmes à Christ.

En le priant de manger, les disciples ne comprennent pas de quel aliment leur Maître venait de se rassasier. Ils supposent que quelqu’un lui avait apporté à manger. Ce repas que les Juifs Lui avaient refusé par incrédulité, Il l’avait trouvé en communiquant la grâce à une pauvre pécheresse de la Samarie assoiffée de paix, de repos et de bonheur. À l’écoute de Ses paroles, elle avait cru en Lui.

Jésus leur dit : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (v. 34). Plus de dix siècles à l’avance, l’Esprit de Dieu, parlant de Christ, annonce cette déclaration : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8).

Parfaitement obéissant à l’amour du Père, Jésus trouvait tout Son plaisir à sauver des pécheurs, à les amener à Dieu comme des enfants bien-aimés, constitués adorateurs.

À partir de la conversion de cette femme de Samarie, Jésus voit les campagnes blanches pour la moisson. Et c’est l’occasion pour Lui d’ajouter que le semeur et le moissonneur se réjouiront ensemble en voyant le fruit produit.

Entre les semailles et la moisson un certain temps s’écoule. Le travail de Dieu s’opère souvent en plusieurs étapes par le moyen de différents serviteurs. Mais un jour, l’œuvre de Dieu est évidente à tous, et la joie remplit le cœur de tous ceux qui ont participé à cette activité.

Toi qui es sauvé par grâce, sais-tu que tu peux faire partie de la chaîne de ces ouvriers en distribuant un traité avec prière, en citant par cœur un passage des Écritures au moment choisi par Dieu ? Il y aura pour toi l’occasion de participer à la joie du Maître.

Comment recevoir Jésus ? (Jean 4. 30 à 54)

Vous avez remarqué que la femme samaritaine, touchée dans son cœur et sa conscience, est allée aussitôt rendre témoignage aux habitants de la ville.

Son message clair et concis était fondé sur le fait qu’elle avait rencontré Jésus, qui lui avait dévoilé en quelques mots toute sa vie intime, une vie de péché. Cet homme qui lui avait communiqué la grâce et la vérité ne pouvait être que le Christ annoncé par les prophètes. Elle avait eu affaire avec Celui qui sonde les cœurs et les reins (Ps. 7. 9) et connaît les secrets du cœur (Ps. 44. 21). Cela est tout aussi vrai pour chacun de nous aujourd’hui.

En entendant ce témoignage simple et percutant, plusieurs Samaritains de cette ville-là crurent en Jésus. Ils crurent à cause de la parole de cette Samaritaine.

Voilà un moyen que Dieu peut employer pour amener des âmes au Seigneur Jésus qui seul donne la vie éternelle ! Elle n’avait qu’un désir, exprimer le bonheur de son âme délivrée de l’esclavage du péché.

Ne pouvons-nous pas, si nous sommes réellement convertis, déclarer à nos camarades ce que Jésus a fait pour notre âme, raconter simplement dans quelles circonstances nous sommes nés de nouveau ?

L’apôtre Paul pouvait exhorter Timothée à faire l’œuvre d’un évangéliste (2 Tim. 4. 5).

Un fruit est produit, car la bonne nouvelle a été annoncée et reçue dans les cœurs sans être accompagnée d’un miracle comme dans la scène suivante. Un miracle est un fait extraordinaire n’obéissant pas aux lois de la nature. Les Samaritains vinrent à Jésus.

Le vrai ministère de la Parole attache les âmes à Christ, soit les inconvertis pour recevoir la vie divine, soit les croyants pour l’édification, l’exhortation et la consolation.

« Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux ; et il demeura là deux jours. Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (v. 41 et 42).

Jésus, en s’adressant à la Samaritaine, s’était révélé comme le Christ, le Messie, venu pour Israël seulement (v. 26), mais les hommes de la ville le reconnaissent comme le Sauveur du monde (v. 42). L’apôtre Jean fait écho à cette déclaration : « Nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde » (1 Jean 4. 14).

As-tu une foi personnelle en Jésus ? Quiconque croit au Fils de Dieu a la vie éternelle (Jean 3. 36). Le croyant véritable se reconnaît à quelques traits distinctifs : il confesse ses péchés et ne pratique pas le péché (1 Jean 1. 9 et 3. 9) ; il garde la Parole de Dieu et lui obéit (1 Jean 2. 3 à 6) ; il aime son frère et pratique la justice (1 Jean 2. 10 et 29) ; il n’aime pas le monde et il en est victorieux (1 Jean 2. 15 et 5. 4).

Ainsi notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4). Il a envoyé Son Fils dans le monde afin que le monde fût sauvé par Lui (Jean 3. 17). Notre foi repose sur la Parole de Dieu, et l’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu (Rom. 8. 16).

Après avoir consacré deux jours à ces Samaritains assoiffés de vérité, Jésus vient en Galilée où il ne reçoit pas le même accueil qu’à Sichar. Si les Samaritains avaient cru à Sa parole, « les Galiléens le reçurent, ayant vu toutes les choses qu’il avait faites à Jérusalem pendant la fête » (v. 45).

C’est sans doute une allusion à la Pâque de la fin du chapitre 2, où plusieurs crurent en Son Nom, contemplant les miracles qu’Il faisait. Mais Jésus ne se fiait pas à eux et témoignait qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays (v. 44).

N’oublions pas que le Seigneur est honoré quand nous croyons en Lui, en Sa Parole, et que nous Lui obéissons. Aujourd’hui, la Parole de Dieu est complète, et les miracles ne sont plus nécessaires comme preuves vis-à-vis des incrédules pour accréditer le christianisme dans le monde, ou pour confirmer aux Juifs que leur Messie était au milieu d’eux. La foi en la Parole de Dieu suffit pour le salut d’un mourant ou d’une âme en détresse.

Puis Jésus vient à Cana de Galilée où Il rencontre un seigneur de la cour en peine pour son enfant qui allait mourir. Ce père prie Jésus de descendre pour le guérir. Le roi, qu’il servait, ne lui était d’aucun secours dans sa détresse, et il a recours à Celui qui était connu dans son pays comme le charpentier de Nazareth.

Dans la souffrance qui étreint son cœur, il va apprendre à prier pour exposer son besoin avec insistance.

« Jésus donc lui dit : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point » (v. 48). Ce reproche concerne tout à la fois ce père, et les Galiléens attirés par des miracles, alors que les Samaritains crurent à cause de la Parole de Jésus.

Ce père angoissé renouvelle avec insistance sa requête sans être rebuté par la sévérité apparente du Seigneur. Jésus lui dit : « Va, ton fils vit. Et l’homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s’en alla » (v. 49 et 50). Cette foi en la puissance des paroles de Jésus pour guérir, est de la même nature que celle des Samaritains. Il croit sans voir les effets immédiats. La Parole de Jésus lui suffit. Il obéit, s’en va sans être accompagné de Jésus comme il l’avait désiré.

Sa foi sera éprouvée jusqu’au moment où ses serviteurs viennent à sa rencontre, lui rapportant la guérison de son enfant à l’heure même où Jésus lui avait parlé. « Et il crut, lui et toute sa maison » (v. 53). La foi, produite par la Parole du Seigneur, est encouragée par le miracle.

« Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée » (v. 54). Lors du premier miracle de Cana, l’eau avait été changée en vin, évoquant la joie que le Seigneur procurerait à Israël, établi dans le règne millénaire après un temps d’affliction pour sa purification.

Par contre, le second miracle parle de l’état du peuple juif au moment où Jésus lui est présenté. Alors que ce peuple allait mourir, tous ceux qui, par la foi, recevaient les paroles de Jésus, profiteraient de la grâce, et la vie leur serait communiquée. « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12).

Jésus à Nazareth (Luc 4. 16 à 30).

Jésus revient en Galilée dans la puissance du Saint Esprit pour y accomplir fidèlement Son ministère d’amour auprès des hommes. Après avoir vaincu l’adversaire par la Parole, au désert, Il se présente comme l’homme obéissant, prêt à communiquer le message de Dieu aux pauvres du troupeau, dans cette région méprisée des Juifs.

C’est là, dans l’obscurité, qu’Il dispense Ses nombreux bienfaits, prêche la parole de Dieu dans les synagogues et annonce au peuple la délivrance. Et Sa renommée se répandit par tout le pays environnant. Il était glorifié par tous, mais gardé dans l’humilité, étant en communion avec Son Père et étreint par Son amour infini pour les pécheurs.

Le Seigneur vint à Nazareth, la ville où il avait été élevé. Quel témoignage rendons-nous auprès de ceux qui nous connaissent, à la maison, dans notre voisinage, à l’école, là où se déroule notre vie quotidienne ? Ne manquons-nous pas parfois de courage pour exprimer simplement notre foi auprès de nos camarades, des membres de notre famille qui, par ailleurs, peuvent être les témoins de nos défaillances ?

Par contre, Jésus entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume. Avons-nous aussi, le jour du Seigneur, la sainte habitude de nous réunir avec Ses rachetés pour rendre culte en esprit et en vérité, et pour méditer une portion des Saintes Écritures ?

Jésus se leva pour lire. Il est animé d’un saint zèle pour déployer le rouleau du prophète Ésaïe. Il trouve le passage du chapitre 61 où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres ; il m’a envoyé pour publier aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour renvoyer libres ceux qui sont foulés, et pour publier l’an agréable du Seigneur » (v. 18 et 19 ; voir És. 61. 1 et 2 et 42. 7).

Que de fois ce court passage de deux versets avait-il été lu, mais jamais comme il le fut ce jour-là ! Car non seulement c’était la lecture de l’Écriture par le divin Docteur, mais c’était son accomplissement par le Messager de la grâce. Et ayant ployé le livre, Il s’assit et se mit à leur dire : « Aujourd’hui cette écriture est accomplie, vous l’entendant » (v. 21).

Ce n’était pas une lecture au hasard. Il avait trouvé celle qui était nécessaire, au moment voulu de Dieu, et la présentait de la manière convenable. Cette grâce, comme un fleuve inépuisable, coulait pour les pauvres, les prisonniers, les infirmes, les malades. Jésus est la parfaite réponse aux besoins profonds de tout pécheur. Il sauve, il est plein de miséricorde. Il ne rejette personne.

À l’écoute des paroles prononcées par Jésus, les yeux de tous ceux qui étaient dans la synagogue étaient arrêtés sur lui (v. 20). N’était-il pas le prophète annoncé par Moïse dont l’Éternel déclare : « Je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai » ? (Deut. 18. 18)

Philippe le présente à Nathanaël comme Celui dont les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth (Jean1. 46). Les paroles lues à Nazareth exprimaient exactement ce qu’a été ici-bas toute Sa vie consacrée à Dieu.

Oint du Saint Esprit, Il accomplissait son œuvre de grâce, s’adressant à l’homme déchu, loin de Dieu. Sous l’effet de sa propre volonté, l’homme s’est détourné de Dieu et il est tombé entre les mains des voleurs qui l’ont dépouillé, couvert de blessures (Luc 10. 30). Jésus vient du ciel annoncer l’évangile aux pauvres.

Sous l’esclavage de Satan, l’homme impuissant gémit, et il est aveugle, car le péché lui enlève tout discernement. Jésus apporte la vraie délivrance aux hommes. Il brise leurs chaînes, ouvre les portes de leurs prisons, leur donne la vue et les libère de leurs oppressions. Il introduira, en ouvrant leurs yeux aux réalités de la foi, Son règne glorieux appelé ici « l’an agréable du Seigneur ».

Les hommes de Nazareth s’étonnent des paroles de grâce qui sortent de sa bouche. Ils ne sont pas sensibles aux accents de la grâce, mais plutôt à l’origine modeste du Seigneur en disant : « Celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph ? Et il leur dit : Assurément vous me direz cette parabole : médecin, guéris-toi toi-même ; fais ici aussi dans ton pays toutes les choses que nous avons ouï dire qui ont été faites à Capernaüm ».

Et il dit : « En vérité, je vous dis qu’aucun prophète n’est reçu dans son pays » (v. 23 et 24). Le cœur aimant du Seigneur ne pouvait qu’être brisé par la rébellion des hommes qui Le repoussaient avec mépris. Comme sont réelles les paroles du résidu repentant d’Ésaïe 53 : « Il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (v. 3). Un cœur rempli d’orgueil ou de propre justice ne peut pas apprécier la beauté du Seigneur. Seule la foi pouvait découvrir les gloires morales de Jésus, Le recevoir comme le Messie promis, annoncé par les prophètes.

Quel que soit l’accueil que les hommes Lui réservent, la grâce de Dieu est encore présentée au peuple par la venue du Seigneur. Mais si les Juifs rejettent Jésus, la grâce s’étendra aux nations.

Il en fut de même au temps du prophète Élie, alors qu’Israël idolâtre était sous le jugement de Dieu. Cette grâce débordait les frontières du pays d’Israël. Si le Seigneur était oint pour annoncer de bonnes nouvelles à ceux qui ont le cœur brisé, alors une veuve de la Sidonie et un lépreux de Syrie sont aussi concernés comme quiconque. Réalisant leur indignité, la veuve de Sarepta et Naaman, à travers un brisement douloureux, ont saisi pour eux-mêmes la grâce et la miséricorde de Dieu (1 Rois 17 ; 2 Rois 5). Ils sont les témoins de deux miracles : la résurrection d’un enfant et la guérison d’un lépreux.

L’homme méprise la grâce de Dieu tout comme il rejette Jésus qui vient de Nazareth. Comprenant les paroles du Seigneur, les hommes de la synagogue sont remplis de colère et le chassent hors de la ville pour le mener sur le bord escarpé de la montagne, de manière à L’en précipiter. Ils n’ont qu’un désir, se débarrasser du Témoin fidèle et véritable.

Combien peu nous savons apprécier les voies merveilleuses de la grâce ! Le cœur de l’homme est trompeur et incurable, et Dieu en connaît les profondeurs : un abîme de mal (Jér. 17. 9 et 10).

N’oublions pas de contempler Jésus dans Son abaissement volontaire jusque dans la misère de l’homme, le rencontrant là où Il est dans sa pauvreté, sa captivité, son aveuglement et son oppression. Jésus est toujours l’Homme parfait dans cette scène où se déploie Sa grâce, bien que la contradiction des Juifs ne puisse qu’affliger Son cœur et Le rejeter sur Son Père pour faire Sa volonté à tout prix.

Appel des disciples.

La pêche miraculeuse (Mat. 4. 18 à 22 ; Marc 1. 16 à 20 ; Luc 5. 1 à 11).

Dans les récits similaires des deux premiers évangiles, il apparaît que Jésus voulait s’associer des compagnons dans l’œuvre d’amour qu’il entreprenait au milieu de Son peuple. Tout en marchant le long de la mer de Galilée, Il vit Simon et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs. « Et Jésus leur dit : Venez après moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. Et aussitôt, ayant quitté leurs filets, ils le suivirent » (Marc 1. 16 à 18).

Les disciples ne pouvaient pas mesurer la portée d’un tel appel, mais seulement reconnaître toute leur incapacité pour y répondre. Jésus voulait amener à Lui-même des pêcheurs repentants, en les retirant d’un monde agité, figuré par la mer.

Dans l’évangile de Jean (1. 35 à 43), nous avons assisté aux premiers entretiens de Jésus avec Ses disciples. André était un disciple de Jean le baptiseur. Ayant entendu son maître parler de Jésus, il Le suivit. Puis ayant trouvé son propre frère Simon, il l’amena à Jésus qui changea son nom en celui de Pierre.

On peut supposer qu’après ce premier contact, ils aient repris leur activité. Maintenant Jésus adresse un appel spécial pour le service de « pêcheurs d’hommes ».

En quelques mots, nous avons toute la préparation du serviteur de Dieu : il est appelé par le Seigneur, il Le suit et il est enseigné par Lui. Puissions-nous faire quelques progrès à Son école, apprenant à Le connaître et à vivre dans Son intimité ! N’a-t-Il pas dit : « Apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » ? (Mat. 11. 29)

En vivant près de Lui, les disciples pouvaient discerner les motifs qui Le poussaient à faire le bien, à se dévouer dans la dépendance de Son Père et l’obéissance à Sa volonté.

Comment être utiles au Seigneur, si ce n’est en écoutant Sa voix, en Le suivant humblement chaque jour, et en L’imitant, Lui le modèle parfait ? Vous voyez comme il est important, après avoir cru, de demander à Dieu qu’Il nous accorde de pratiquer les enseignements de Sa Parole.

Allant un peu plus loin, Jésus vit Jacques et Jean qui raccommodaient des filets dans une nacelle avec leur père Zébédée et des gens à gage. « Aussitôt il les appela ; et laissant leur père Zébédée dans la nacelle… ils s’en allèrent après lui » (Marc 1. 19 et 20).

Aucune objection ne sort de leurs lèvres, et aucun obstacle ne les empêche de répondre, sans délai, à l’appel du Seigneur. L’autorité de Jésus l’emporte sur l’attraction des liens naturels et sur les intérêts matériels.

Les disciples furent appelés à tout quitter pour suivre le Seigneur, mais vous qui avez la vie en Jésus, vous pouvez aussi Le glorifier et Le servir humblement là où Il vous a placés, dans le foyer, à l’école ou ailleurs. C’est ainsi que nous pouvons orner en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur (Tite 2. 10).

Mais c’est l’évangéliste Luc qui relate l’appel particulier de Simon Pierre, se jetant aux genoux de Jésus dans une profonde conviction de péché, la vraie repentance d’une âme placée dans la présence d’un Dieu saint.

Jésus se tenait au bord du lac de Génésareth, alors que la foule se jetait sur Lui pour entendre la Parole de Dieu. Cela paraît être une belle attitude, mais ce n’est pas encore l’heureux état où cette Parole atteint le cœur et attache l’âme par sa divine autorité à Christ.

C’est alors que Jésus vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. « Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Et montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle. Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche » (v. 2 et 4).

Pierre et André avaient déjà rencontré Jésus, L’avaient entendu parler, et L’avaient reconnu comme le Messie, mais n’avaient pas encore quitté leurs occupations quotidiennes. Seule la Parole toute puissante peut engager une âme à marcher entièrement avec Christ.

L’injonction du Seigneur était impérative. L’obéissance à la parole de Jésus ne pouvait qu’entraîner une bénédiction. « Ceux qui font leur travail sur les grandes eaux, ceux-là voient les œuvres de l’Éternel, et ses merveilles dans les eaux profondes » (Ps. 107. 23 et 24) : « Et Simon, répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet » (v. 5).

Il est connu que la nuit est une période favorable pour la pêche, mais ici c’était toute une nuit de travail infructueux. Cela rappelle tous les vains efforts de l’homme sans Dieu, mais avec le Seigneur, et quelles que soient les circonstances, du fruit est produit pour Lui.

À la parole de Jésus, ils lâchent leur filet et le miracle se produit : « Ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider ; et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient » (v. 7).

Ces pêcheurs découvrent que là où l’homme ne peut rien, le Maître qui possède « tout ce qui est sous les cieux » peut tout. Il est Celui qui commande aux poissons de la mer (Ps. 8. 6 et 8).

Il apparaît aussi dans cette pêche miraculeuse que l’homme naturel est incapable de profiter de la bénédiction divine. En un instant, tout pouvait disparaître dans les flots : barque, poissons et pêcheurs. Seule la foi au Seigneur Jésus permet de recevoir la bénédiction de Dieu. Il fallait pour cela l’œuvre expiatoire du Sauveur pour que l’homme, né de nouveau, puisse accomplir ces bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles (Éph. 2. 10).

« Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus, disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire » (v. 8 et 9).

Pierre est placé dans la présence de Dieu, faisant la découverte de son état de péché. Sa conscience est atteinte, il fait sa confession, et Christ se révèle à son âme. Dans la crainte de Dieu qui l’anime, Pierre déclare : « Retire-toi de moi » ; mais en même temps, il reste prosterné aux pieds de Jésus. La grâce l’avait attiré vers Christ, mais il était convaincu de sa totale indignité. C’est la rencontre de Dieu et de l’homme.

Ésaïe lui-même, en présence de Jéhovah sur Son trône, s’écria : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures »… Purifié par le contact de ses lèvres avec le feu du jugement de Dieu, il lui fut dit : « ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » (És. 6. 1 à 7).

« Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes » (v. 10). Cette parole s’adressait en grâce au cœur de Simon. Oui, Jésus venait pour porter le jugement de Dieu que l’homme avait mérité. De plus, Pierre serait employé par la grâce de Dieu pour tirer des hommes de ce monde de péché, et les amener à Dieu pour connaître la joie du salut. C’est ainsi que, en Actes 2. 41, environ trois mille âmes reçoivent la parole annoncée par Pierre devenu pêcheur d’hommes. Maintenant la foi des trois disciples est enhardie pour répondre à l’appel du Seigneur : « ils quittèrent tout et le suivirent ».

Que sommes-nous prêts à quitter pour suivre Jésus ?

Des guérisons à Capernaüm (Marc 1. 21 à 34 ; Luc 4. 31 à 41).

Jésus et Ses disciples vinrent à Capernaüm un jour de sabbat. Étant entré aussitôt dans la synagogue, Jésus enseignait. Le parfait Serviteur de Dieu est tout occupé aux affaires de Son Père, se dévouant dans une inlassable activité que le chapitre 1er de Marc souligne bien. Vous pouvez noter que l’adverbe « aussitôt » est répété onze fois dans ce chapitre.

Tantôt Jésus enseignait, tantôt Il se consacrait à une activité d’amour. Oint de l’Esprit Saint et de puissance, Il a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec Lui (Act. 10. 38).

Pour servir selon la volonté de Dieu, contemplons le Seigneur dans Sa vie d’homme parfait sur la terre. En lisant les Évangiles, ne pouvons-nous pas reconnaître : Voilà un homme qui n’a jamais rien fait pour lui-même ? Il était toujours prêt à répondre en grâce à tous les besoins des hommes, servant Son Dieu en toute fidélité.

Les auditeurs dans la synagogue s’étonnaient de Sa doctrine ; car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes (Marc 1. 22). Seule la parole de Dieu, présentée par le Saint Esprit, exerce une réelle autorité sur le cœur et sur la conscience.

L’apôtre Paul pouvait dire aux Corinthiens : « Nous parlons, non point en paroles enseignées de sagesse humaine, mais en paroles enseignées de l’Esprit, communiquant des choses spirituelles par des moyens spirituels (1 Cor. 2. 13).

Jésus Lui-même était la puissance et la sagesse de Dieu, et rien en Lui ne s’opposait à la libre action du Saint Esprit. Dieu manifesté en chair était là au milieu des hommes, qui ne pouvaient que reconnaître cette autorité, même s’ils refusaient de s’y soumettre. Aujourd’hui aussi la Parole de Dieu que vous lisez possède une puissance divine pour opérer un vrai travail dans votre âme. Puissiez-vous la recevoir avec toute bonne volonté, l’examinant chaque jour avec foi et avec prière, comme le faisaient les Béréens en Actes 17. 11 !

La présence du Seigneur dans cette synagogue, aussi bien que Ses paroles empreintes d’une autorité divine, mettent au jour un homme possédé d’un esprit immonde. C’était un démon qui habitait ce malheureux.

Celui-ci s’écria disant : « Ha ! qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je te connais, qui tu es : le Saint de Dieu » (Marc 1. 24).

Les anges qui ont été entraînés dans la chute de Satan sont les démons dont Jacques déclare qu’ils croient et frissonnent (2. 19). Ils savent que Jésus est le Fils de Dieu, leur Créateur et leur Juge. Il n’y a pas de pardon pour eux et la pensée d’un jugement inexorable les fait trembler. Par contre, pour l’homme coupable, il y a le pardon de Dieu s’il accepte de croire en Jésus comme son Sauveur, confessant ses péchés et reconnaissant son état de pécheur perdu. « Mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3. 18).

« Jésus tança le démon, disant : Tais-toi, et sors de lui. Et l’esprit immonde, l’ayant déchiré et ayant crié à haute voix, sortit de lui. Et ils furent tous saisis d’étonnement… disant : Qu’est ceci ? Quelle doctrine nouvelle est celle-ci ? Car il commande avec autorité, même aux esprits immondes, et ils lui obéissent » (Marc 1. 25 à 27).

La parole toute puissante de Jésus chasse les démons, comme elle peut créer le monde ou le réserver pour le feu au jour du jugement, ou apaiser les flots en furie (Héb. 11. 3 ; 2 Pier. 3. 7 ; Marc 4. 39).

L’homme, au jardin d’Éden, a préféré écouter la voix du tentateur et se placer sous les conséquences de sa désobéissance à Dieu. Jusqu’à la mort, il reste l’esclave du péché sous l’influence de Satan et des démons.

Mais Jésus, vrai Serviteur de Dieu, est venu dans ce monde pour arracher l’homme à la puissance de son cruel adversaire. Pour cela Sa mort expiatoire était nécessaire. Chaque racheté peut déclarer : le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi.

Nous constatons que le Seigneur refuse le témoignage du diable et des démons. Mais par Sa seule parole, Il libère le captif. C’était la puissance de Dieu dans l’homme, triomphant de Satan. Aujourd’hui encore, la grâce qui sauve le pécheur est offerte à tous. N’attendons pas qu’il soit trop tard !

N’oublions pas que l’autorité du Seigneur, par sa parole, se manifestait dès le début de son ministère de différentes manières : Il appelait ses disciples à le suivre, les engageant pour le service, Il les enseignait ainsi que les foules, et Il chassait les démons par la puissance du Saint Esprit.

En sortant de la synagogue, Jésus entra dans la maison de Simon et d’André. Or la belle-mère de Simon était couchée, ayant la fièvre. « Et aussitôt ils lui parlent d’elle. Et s’approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; et aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servit » (Marc 1. 29 à 31).

Cette maladie évoque l’état d’agitation dans lequel se débat l’homme pécheur, loin de Dieu. « II n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants » (És. 57. 21).

Ayant mauvaise conscience, l’homme cherche en vain dans ce monde un bonheur illusoire. C’est une course effrénée pour accroître ses performances dans tous les domaines. Il a soif de vitesse, de pouvoir, de plaisirs mondains, de gloires humaines. L’exploration du cosmos nourrit son orgueil sans limites. Cette fiévreuse activité le dévore jusqu’à la mort, salaire du péché. Et après la mort, c’est le jugement éternel. Mais Jésus est venu lui annoncer la bonne nouvelle de la paix.

Ce Sauveur humble et débonnaire lui offre le salut par la foi en Son sacrifice. C’est alors que l’homme trouve le repos de la conscience et du cœur. Ses péchés étant expiés, il jouit d’une pleine paix en Christ, d’un bonheur incomparable.

Comme la belle-mère de Pierre, il est sauvé pour servir le Seigneur en toute confiance. « De faibles qu’ils étaient ils furent rendus vigoureux » (Héb. 11. 34).

Rien ne peut résister à la puissance libératrice de Jésus. « Comme le soleil se couchait, on lui apporta tous ceux qui se portaient mal, et les démoniaques… et il en guérit plusieurs qui souffraient de diverses maladies, et chassa plusieurs démons » (Marc 1. 32 à 34). Serviteur dépendant de Son Dieu, Jésus accomplissait Sa volonté dans toute Son activité.

Puissions-nous suivre Ses traces pour quelque service que ce soit !

Guérison d’un lépreux et d’un paralytique (Mat. 8. 1 à 4 ; 9. 1 à 8 ; Marc 1. 40 à 2. 12 ; Luc 5. 12 à 26).

Jésus de Nazareth, oint de l’Esprit Saint et de puissance, poursuivait Son chemin, allant de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui (Act. 10. 38).

À travers les miracles de Jésus, c’était toute la bonté de Dieu qui se déployait avec puissance. Quel amour constant motivait toutes Ses œuvres parmi les hommes ! Il y avait enfin sur la terre un Homme qui donnait gloire au Dieu d’amour.

Un seul miracle a fait exception, la malédiction prononcée sur le figuier stérile. L’épreuve de l’homme en Adam est faite. Il ne peut produire aucun fruit pour Dieu. Il doit naître de nouveau en recevant la vie éternelle.

« Et il arriva, comme il était dans une des villes, que voici un homme plein de lèpre ; et voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant : Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. Et étendant la main, Jésus le toucha, disant : Je veux, sois net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui » (Luc 5. 12 et 13).

Jésus s’approche en grâce et en puissance. Il est Emmanuel, Dieu avec nous. Ne s’était-il pas présenté à Israël sorti d’Égypte avec ces paroles : « Je suis l’Éternel qui te guérit » ? (Ex. 15. 26)

Lorsque Naaman, le lépreux, donne à lire la lettre du roi de Syrie, le roi d’Israël doit dire : « Suis-je Dieu, pour faire mourir et pour faire vivre, que celui-ci envoie vers moi pour délivrer un homme de sa lèpre ? » (2 Rois 5. 7) Celui qui, en Israël, était atteint de lèpre, devait être exclu du camp comme impur. Cette terrible maladie rongeait jusqu’à la mort. Elle était incurable. L’Éternel seul pouvait la guérir. Elle est une image saisissante du péché dans son caractère de souillure.

Seule la foi au sang de Christ permet à un homme d’être purifié de tout péché. Ici, l’homme plein de lèpre avait discerné en Jésus la puissance divine toute suffisante pour le délivrer, mais il n’avait pas la certitude que Jésus veuille le guérir. Rien d’étonnant dans un monde où l’égoïsme prévaut ! Mais le Seigneur s’avance avec Sa puissance et Son amour. Il peut et Il veut guérir celui qui sent sa misère. Ému de compassion, Il est animé d’une volonté d’amour.

En outre, Jésus touche le malade de Sa main, sans être souillé Lui-même ; car il est Dieu manifesté en chair, un vrai Homme tout près des hommes, pour les délivrer de l’esclavage de Satan. Les paroles de grâce sortent de ses lèvres : le malade est aussitôt nettoyé de sa lèpre. Dieu seul pouvait prononcer de telles paroles : « Je veux, sois net ».

Maintenant Jésus commande à l’homme guéri de ne le dire à personne : « mais va et montre-toi au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a ordonné ». En constatant la guérison de ce lépreux, faite par Jésus, le sacrificateur avait le témoignage que l’Éternel était au milieu de Son peuple. Il n’y avait plus qu’à se conformer aux prescriptions de Lévitique 14.

Mais Jésus se tenait retiré dans les déserts et priait (Luc 5. 16). Voilà l’Homme dépendant et obéissant qui se confie en Dieu pour Le glorifier et exercer Son ministère de grâce au milieu des pécheurs !

C’est au moment où Jésus annonçait la Parole dans la maison, à Capernaüm, que quatre hommes apportent sur un lit un homme paralysé. Il est précisé en Luc que « la puissance du Seigneur était là pour les guérir ». Quelle incomparable faveur pour ces hommes de pouvoir recourir à la puissance de Jéhovah toujours à la disposition de la foi !

Ce qui est mis en relief, c’est la persévérance de ces hommes. Ils cherchent à l’introduire et à le mettre devant Lui. « Et ne trouvant pas par quel moyen ils pourraient l’introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et le descendirent par les tuiles, avec son petit lit, au milieu, devant Jésus. Et voyant leur foi, il dit : Homme, tes péchés te sont pardonnés » (Luc 5. 18 à 20).

Dieu seul peut parler ainsi, comme l’affirme le Psaume 103. 3 : « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités ». En Israël, sous l’effet du gouvernement de Dieu, celui qui était atteint par une infirmité avait commis certains péchés. Ainsi la guérison d’un tel homme coïncidait avec le pardon des péchés.

La paralysie est une figure marquante de la totale incapacité de l’homme à faire quoi que ce soit pour avoir la vie, à cause du péché. « Car Christ, alors que nous étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies » (Rom. 5. 6). Ainsi ceux qui possèdent par grâce la vie divine peuvent apporter un « paralytique » à Jésus. Il est toujours prêt à exercer Sa puissance et Son amour pour guérir.

N’y a-t-il pas de multiples occasions à saisir ? Un traité d’évangélisation à distribuer avec foi, combattre dans la prière pour une âme précieuse qui n’est pas encore en règle avec Dieu, parler de Jésus à un pécheur en détresse… Qui engage son cœur pour être un porteur de paralytique ?

Certes, c’est le Seigneur qui produit un tel désir dans le cœur, pour qu’il se traduise par des actes. Si nous ne pouvons convertir personne, il nous appartient de montrer le chemin du salut, par exemple à l’aide de quelques versets de l’Écriture connus par cœur.

Ayant entendu les paroles de Jésus, les scribes et les pharisiens accusent le Seigneur de proférer des blasphèmes. Ils n’acceptaient pas que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même. Alors Jésus, connaissant leurs raisonnements, leur dit : « Pourquoi pensez-vous du mal dans vos cœurs ? Car lequel est le plus facile, de dire : Tes péchés sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés… ; alors il dit au paralytique : Lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison » (Mat. 9. 1 à 8).

Les péchés étant pardonnés, le corps était délivré de son infirmité. Le paralytique se leva aussitôt, et ayant pris son petit lit, sortit en la présence de tous. Il s’en alla dans sa maison, glorifiant Dieu.

Les témoins de ce miracle sont saisis d’étonnement, et glorifiaient Dieu ; et ils furent remplis de crainte, disant : « Nous avons vu aujourd’hui des choses étranges ». Mais il ne suffit pas de recevoir de fortes impressions sur ce qu’a fait Jésus. Seule la foi en Lui peut sauver notre âme et nous délivrer de la paralysie du péché.

Lévi (Mat. 9. 9 à 17 ; Marc 2. 13 à 22 ; Luc 5. 27 à 39).

Nous avons déjà constaté qu’en longeant le bord de la mer de Galilée, Jésus avait appelé quatre disciples à Le suivre, alors qu’ils étaient en pleine activité, jetant leurs filets dans la mer ou les raccommodant (Marc 1. 16 à 20).

Maintenant, en passant de nouveau près de cette mer, Jésus vit un publicain, nommé Lévi, assis au bureau de recette. Et il lui dit : Suis-moi. Et quittant tout, il se leva et le suivit. C’est donc en plein travail que Lévi (dénommé Matthieu en Mat. 9. 9) entend l’appel irrésistible de Jésus. C’est ce Lévi qui fera partie des douze disciples que le Seigneur établit « pour être avec Lui, et pour les envoyer prêcher, et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons » (Marc 3. 13 et 15).

Ce compagnon de travail, que Jésus a choisi, était un homme méprisé des Juifs à cause de son occupation de péager. Car les publicains percevaient des impôts pour le compte des Romains, s’enrichissant aux dépens du peuple, qui les haïssait et les mettait au rang des plus viles créatures. L’activité de ces péagers rappelait aux Juifs leur servitude sous le joug romain.

Quelle puissance divine émane de la voix de Jésus pour qu’un homme puisse tout abandonner et Le suivre aussitôt ! Mais aussi comme Dieu est honoré par l’obéissance de la foi ! En suivant un tel Maître, l’âme découvre chaque jour les manifestations de Sa bonté qui demeure à toujours. Quelle vie transformée chez Lévi qui, auparavant était centré sur son propre intérêt, alors que désormais Jésus est l’objet de son cœur !

Comme quelqu’un l’a exprimé : « La grâce détache Lévi de l’amour de l’argent pour en faire un apôtre, et l’amour de l’argent détache Judas de Jésus pour en faire un apostat ». N’oublions pas que Lévi, dénommé Matthieu, retracera un jour, sous la divine inspiration du Saint Esprit, sa propre histoire et celle de son Seigneur dans le premier évangile qui porte son nom.

La réponse de Lévi a des effets immédiats. Il lui fit un grand festin dans sa maison. Remarquons que ce n’est pas d’abord pour les publicains et les pécheurs qu’il le fit, même s’il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens avec eux à table. Il lui suffit d’être près de Jésus, en communion avec Celui dont le plaisir est d’accueillir en grâce des pécheurs repentants.

Seuls les scribes et les pharisiens murmurent contre les disciples, disant : « Pourquoi mangez-vous.et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » (Luc 5. 30). Dans leur propre justice, ils ne peuvent saisir la grâce de Dieu que Jésus apportait à ceux qui se repentent. C’est pourquoi Jésus leur répondit : « Ceux qui sont en santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance » (Luc 5. 31 et 32).

Les propres justes sont ceux qui ont une bonne opinion d’eux-mêmes. Ils estiment ne pas avoir besoin de la grâce, et ils ne la connaissent pas. Mais Jésus est venu en grâce au milieu des pécheurs pour les sauver. Dans Sa pureté et Sa sainteté absolues Il pouvait toucher un lépreux sans se souiller. De même Il peut délivrer un pécheur qui se reconnaît tel et se repent.

Qu’est-ce que la repentance ? Ce n’est pas seulement juger les fruits du vieil homme, de la mauvaise nature dont nous avons hérité à notre naissance. C’est aussi porter un jugement complet sur le moi à la lumière de Dieu, à la suite de la réception du témoignage des Écritures (Rom. 7. 18 ; Job 42. 6). C’est une œuvre de l’Esprit dans l’âme.

Réveillé dans sa conscience, un tel homme juge ses voies et se juge lui-même dans la présence de Dieu. Il est d’accord avec Dieu, s’engage dans le chemin de la repentance et de la foi. Aujourd’hui encore, Dieu dans Sa bonté et Sa patience pousse l’homme à la repentance. Qu’aucun de nos jeunes lecteurs ne méprise cette bonté de Dieu ou ne compte trop sur elle en laissant passer le temps !

Dans Sa miséricorde, Dieu doit opérer un travail pénible pour amener quelqu’un à reconnaître son état de péché et de perdition. Mais parvenue à la conviction de péché, cette âme peut accepter simplement par la foi, l’efficace du sang de Christ qui purifie de tout péché : le salut obtenu par la mort de Christ sur la croix.

Les objets de la grâce ont part à la paix et à la joie. Quel moment inoubliable pour ces publicains et ces pécheurs à table chez Lévi avec Jésus. Quelle joie remplissait le cœur des disciples autour de leur Maître ! Mais les disciples de Jean et les pharisiens ne paraissaient pas sensibles à la grâce venue en Jésus. Ils interrogent encore Jésus et lui demandent pourquoi Ses disciples ne jeûnent pas comme eux-mêmes. Et Jésus répond : « Pouvez-vous faire jeûner les fils de la chambre nuptiale pendant que l’époux est avec eux ? » (Luc 5. 34)

Les disciples de Jésus avaient l’époux avec eux. Assimilés aux fils de la salle de noce, ils ne pouvaient pas jeûner à ce moment-là. Ils ne pouvaient que se réjouir dans leurs cœurs de la présence de Jésus au milieu d’eux. Ils avaient le Messie annoncé par les prophètes, mais aussi Celui qui, venu du ciel, allait procurer à l’homme pécheur la joie du salut, un bonheur éternel.

Mais des jours devaient venir où l’époux leur serait ôté par la violence de ceux qui haïssaient Jésus jusqu’à le condamner comme méritant la mort. Ce sera pour les disciples le temps du jeûne, selon ce qu’exprime le Seigneur : « Vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; et vous, vous serez dans la tristesse… Vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 20 et 22).

C’est en dehors de la présence de Christ que le monde se réjouit, mais le croyant n’est heureux qu’en vivant dans la proximité de son Seigneur. Malgré les épreuves il peut se réjouir toujours dans le Seigneur (Phil. 3. 1 ; 4. 4).

À l’aide de la parabole relative au morceau neuf ajouté au vieil habit, et du vin nouveau versé dans de vieilles outres, Jésus explique qu’on ne peut mélanger le système légal que les Juifs voulaient conserver avec celui de la grâce qu’Il apportait. « La pièce prise du neuf ne s’accordera pas avec le vieux » (Luc 5. 36).

Les formes de la religion légale ne peuvent s’accorder avec la joie, la puissance et la liberté de la grâce vivifiante. On ne pouvait que perdre le vin nouveau en le mettant dans de vieilles outres, celles du judaïsme.

Remarquons aussi comme nous avons facilement tendance à mélanger la loi et la grâce au lieu d’accepter simplement que nous avons reçu, et grâce sur grâce. L’homme préfère ce qui exalte la chair, c’est-à-dire le vieux système légal. La grâce s’adresse au pécheur coupable, perdu, sans force. Elle le justifie gratuitement et le sauve. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5. 17).

Le Fils de l’homme, Seigneur du sabbat (Mat. 12. 1 à 21 ; Marc 2. 23 à 28 et 3. 1 à 12 ; Luc 6. 1 à 11).

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé, et ses disciples ayant faim, se mirent à arracher des épis et à manger des grains. La loi de Moïse autorisait l’Israélite à pénétrer dans le champ de son prochain pour y arracher des épis, sans les couper avec une faucille (Deut. 23. 25). Mais les pharisiens font remarquer au Seigneur que ses disciples accomplissaient cela un jour de sabbat, disant que c’était interdit par la loi (Ex. 31. 14 et 35. 2 et 3) [de fait, ce n’était pas explicitement une œuvre de service, donc il semble que les pharisiens interprétaient la loi en la durcissant].

En lisant le chapitre 2 de Marc vous remarquerez que, pour la quatrième fois, le Seigneur rencontre l’opposition des scribes et des pharisiens. Et chaque fois l’adverbe interrogatif : « pourquoi » est prononcé, manifestant la rébellion du cœur de l’homme religieux vis-à-vis des paroles et des actes du Seigneur et de ses disciples. C’est à propos de la guérison du paralytique (v. 6), du repas donné par Lévi (v. 16), et de la question du jeûne (v. 18).

Fréquemment les adversaires de Jésus cherchaient des motifs d’accusation contre Lui à cause de l’inobservance du sabbat. « Voici, pourquoi font-ils, le jour du sabbat, ce qui n’est pas permis ? » (v. 24)

Le sabbat, mot qui signifie « repos », était le septième jour en lequel Dieu se reposa de toute son œuvre en création, lorsqu’elle fut achevée (Gen. 2. 2 et 3). Après la rédemption opérée par le sacrifice de l’agneau pascal, et après la traversée de la mer Rouge, Dieu institua pour son peuple Israël le sabbat, comme une alliance perpétuelle (Ex. 16. 22 à 30 et 31. 13 à 17). Il manifestait son désir d’introduire l’homme dans son repos.

Parmi les dix commandements de la loi, le sabbat consacré à l’Éternel était le quatrième (Ex. 20. 8 à 11). Et l’Éternel avait déclaré : « Vous garderez mes statuts et mes ordonnances, par lesquels, s’il les pratique, un homme vivra » (Lév. 18. 5). Mais Israël a péché par incrédulité et par désobéissance, et n’a pas pu entrer dans le repos de Dieu. Il fallait la venue de Jésus dans ce monde pour mettre de côté tout le système de la loi que l’homme était incapable d’accomplir et, en particulier, l’ordonnance du sabbat. Cela se pouvait à travers l’œuvre de la croix et la foi au sacrifice sanglant de Jésus.

En opérant bien souvent ses miracles le jour du sabbat, Jésus démontrait combien le système légal était impropre aux desseins de Dieu de faire participer, par la grâce, l’homme à Son repos.

La réponse de Jésus à l’accusation des pharisiens est tirée de l’Écriture. Il cite l’exemple de David qui, poursuivi par Saül, entra dans la maison de Dieu et prit des pains de proposition que seuls les sacrificateurs avaient le droit de manger (Lév. 24. 5 à 9). Il en mangea avec ses hommes.

L’observance des ordonnances légales n’avait plus sa raison d’être au temps où le roi selon le cœur de Dieu était méprisé. Le souverain sacrificateur use de miséricorde (1 Sam. 21. 1 à 6).

Tout comme David, Jésus est rejeté. Et le Seigneur ajoute que les sacrificateurs, officiant dans le temple le jour du sabbat, n’étaient pas coupables, parce que le temple justifiait et sanctifiait leur activité (Nomb. 28. 9 à 10). Et la présence de Jésus au milieu du peuple, comme le Fils de Dieu, représentait quelque chose de plus grand que le temple.

Jésus cite alors cette parole d’Osée 6. 6 : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice » pour démontrer que les pharisiens n’auraient pas dû condamner les disciples qui n’étaient pas coupables.

En appliquant à la lettre une règle de la loi, ils ne comprenaient pas tout le plaisir que Dieu éprouvait dans la miséricorde et non dans les sacrifices. Dieu était en Christ, agissant en grâce envers Israël, et à l’égard de tous les hommes. Il ne pouvait se reposer en présence de la détresse de l’homme sous les terribles conséquences du péché. Comment ce peuple pouvait-il observer le sabbat et rejeter Celui qui était le Seigneur du sabbat et son Sauveur ?

Pour être sauvé, un Juif devait croire en Jésus, le rejeté, et ne pas se contenter d’observer vainement les ordonnances légales. Fait pour l’homme, le sabbat ne lui avait servi de rien. Le Fils de l’homme, étant Seigneur du sabbat, pouvait en disposer à son gré.

Un autre jour de sabbat, Jésus entra dans la synagogue et Il enseignait. Et il y avait là un homme dont la main droite était sèche. Les scribes et les pharisiens L’observaient pour voir s’Il le guérirait ce jour-là, afin de l’accuser. Connaissant leurs pensées, Jésus ordonna à l’homme de se lever devant tous et Il leur dit : « Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat, ou de faire du mal ? de sauver la vie, ou de tuer ? »

La loi pouvait-elle condamner l’amour délivrant, ce jour-là, un homme de son infirmité ? Point de réponse à la question de Jésus. L’homme pécheur, en qui il n’y a rien de bon, ne peut supporter la grâce émanant de la vie parfaite du Seigneur. C’est la grâce qui délivre de la condamnation éternelle, par la foi en l’œuvre expiatoire de Christ, qui a pris notre place sous le jugement de Dieu.

Devant le silence de ses observateurs, Marc précise que Jésus, les ayant regardés avec colère, était affligé de l’endurcissement de leur cœur. Mais cela n’arrête pas l’exercice de son amour et il dit à l’homme : Étends ta main. Cette parole toute puissante de Jésus fait, malgré tout, appel à la foi de cet homme conscient de son infirmité. Soumis à l’ordre impératif du Seigneur, il étendit sa main qui fut rétablie.

Le cœur infiniment sensible de Jésus souffrait intensément face à l’orgueil et à l’égoïsme d’hommes religieux, qui étaient prêts à sauver une bête plutôt qu’un homme, le jour du sabbat !

La main droite de cet homme était inutile, incapable d’accomplir quoi que ce soit. Cette main, rendue saine comme l’autre, est désormais propre à faire le bien dans l’activité et le dévouement pour le Seigneur. Ne sommes-nous pas exhortés à vivre paisiblement, à travailler de nos propres mains pour marcher honorablement envers ceux de dehors, tout en n’ayant besoin de personne ? (1 Thess. 4. 11 et 12)

Les mains de l’apôtre Paul avaient été employées pour ses besoins, pour les personnes qui étaient avec lui et pour secourir les faibles. Nous aussi nous devons nous souvenir des paroles du Seigneur qui a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir (Act. 20. 34 et 35).

L’Écriture souligne l’hypocrisie des pharisiens qui n’acceptaient pas que Jésus fasse le bien un jour de sabbat, alors qu’ils complotaient son meurtre. Puissions-nous avoir en horreur le mal et tenir ferme au bien, en exerçant la miséricorde joyeusement ! (Rom. 12. 9, 8).

Appel des douze apôtres (Mat. 9. 35 à 10. 4 ; Marc 3. 13 à 19 ; Luc 6. 12 à 16).

Jésus accomplissait Son ministère avec un amour inlassable, allant par toutes les villes et par les villages, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute maladie et toute langueur. Sa puissance divine et Sa grâce ineffable étaient toujours en exercice à l’égard de tous ceux qui en éprouvaient le besoin.

Malgré l’opposition croissante des conducteurs religieux du peuple, Il se mettait constamment à la disposition de la foi. « Et voyant les foules, il fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Mat. 9. 36).

Mais Lui était le bon berger, annoncé en Ézéchiel 34 comme celui qui prendrait soin de ses brebis, en contraste avec les mauvais pasteurs. C’est Lui qui déclare : « Moi-même je paîtrai mes brebis ; et moi je les ferai reposer… La perdue, je la chercherai, et l’égarée, je la ramènerai, et la blessée, je la banderai, et la malade, je la fortifierai » (v. 15 et 16).

C’est alors qu’Il dit à Ses disciples : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers : suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson » (Mat. 9. 37). Tout en sondant le misérable état moral des hommes de Son temps, Jésus voyait les prémices d’une grande moisson d’âmes (Jean 4. 35).

C’est toujours à travers les besoins profonds de nos âmes que le chemin est frayé vers le Sauveur. Mais pour la moisson, il faut des ouvriers conduisant les âmes à la source de la vie, de la lumière et de l’amour, des serviteurs de Dieu pour proclamer la bonne nouvelle : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 17).

Constatant qu’il y avait si peu d’ouvriers, le Seigneur invite Ses disciples à prier que leur nombre soit accru. C’est Dieu seul qui suscite, forme et envoie Ses serviteurs, mais Il compte sur les prières de Ses disciples pour que Son œuvre se poursuive. Il désire ainsi que nous soyons Ses collaborateurs (1 Cor. 3. 9), soit que nous intercédions, soit que nous agissions dans Sa dépendance.

A nous de supplier pour des ouvriers, à Dieu seul de les pousser dans Sa moisson aujourd’hui encore. Écoutons cette parole de Dieu s’adressant à chacun de nous : « Qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi ? » (Jér. 30. 21).

Maintenant Jésus met en pratique ce qu’Il vient d’énoncer. C’est l’évangéliste Luc qui met en relief la façon dont Il s’en alla sur une montagne pour prier. Et Il passa toute la nuit à prier Dieu.

Il voulait envoyer des hommes dans Son travail et les animer d’une puissance divine pour accomplir une œuvre semblable à la Sienne. Lui-même n’était-il pas l’Envoyé du Père ? Comme en toutes choses Jésus reste notre parfait modèle.

Que nos cœurs soient saisis par Son enseignement et attirés par Son exemple de dépendance et d’obéissance vis-à-vis de Son Père !

Comme Homme il voulait être conduit par Dieu pour le choix de Ses apôtres, ou envoyés. Pour cela une nuit de prière était nécessaire. Puissions-nous persévérer dans la prière, veillant en elle avec des actions de grâces ! (Col. 4. 2).

Ne devons-nous pas constater parfois combien nous nous lassons trop rapidement dans ce précieux service de l’intercession ? Et pourtant nous sommes là à la source de la sagesse, de la puissance et de l’amour en vue d’un service utile pour le maître.

Et quand le jour fut venu, Il appela Ses disciples, c’est-à-dire ceux qui suivent le maître, qui apprennent de lui. Il en choisit douze qu’Il nomma apôtres. Marc précise qu’Il appelle ceux qu’Il voulait. L’initiative vient de Lui seul, après avoir consulté uniquement Son Dieu. Vont-ils répondre librement, spontanément ? « Et ils vinrent à lui », abandonnant leurs occupations antérieures, se renonçant eux-mêmes. Ils quittèrent tout et le suivirent (Luc 5. 11).

Marc, l’évangile du parfait Serviteur, donne deux raisons à ce choix des apôtres : « Il en établit douze pour être avec lui, et pour les envoyer prêcher, et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons » (3. 14).

Être avec Lui pour contempler Sa Personne, entendre Sa voix, jouir de Sa présence et de Sa communion, partager Sa vie, selon ce que Lui-même exprimera : « Apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » (Mat. 11. 29). Plus tard, après la résurrection du Seigneur, « voyant la hardiesse de Pierre et de Jean… ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus » (Act. 4. 13).

Ainsi Jésus confie à Ses apôtres une importante mission. Pourrait-Il demander quelque chose à Ses disciples sans leur donner le moyen de l’accomplir ?

Vous remarquerez que la prédication tient la première place aussi bien dans l’activité du Seigneur que dans celle des apôtres. C’est que Dieu accomplit Son œuvre dans le cœur et la conscience des hommes par Sa Parole. « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11. 28).

Pour toute activité confiée à un serviteur de Dieu, il est deux principes fondamentaux d’une valeur permanente : « Séparés de moi, dit Jésus, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4. 13).

La liste des apôtres est citée quatre fois dans le Nouveau Testament, dans Matthieu, Marc, Luc et Actes 1. Qui sont ces hommes que Jésus envoie dans Sa moisson ? Des pêcheurs, un péager, des hommes sans apparence et, parmi eux, il y a un traître, Judas Iscariote toujours en fin de liste. Il faisait partie de ceux que Jésus avait choisis afin que l’Écriture soit accomplie (Jean 13. 18). Quel avertissement solennel nous adresse cet homme, remplacé en Actes 1 par Matthias !

Puis ce sont ces hommes que Jésus envoya vers toutes les nations en Matthieu 28. 16 à 20. Depuis la Pentecôte, l’édifice qui croît pour être un temple saint dans le Seigneur, selon les pensées de Dieu, est fondé sur les apôtres et prophètes, Jésus Christ Lui-même étant la maîtresse pierre du coin (Éph. 2. 20).

Et dans la gloire, la muraille de la sainte cité a douze fondements sur lesquels sont écrits les noms des douze apôtres de l’Agneau (Apoc. 21. 14). Lire Apocalypse 22. 14.

Les béatitudes (Mat. 5. 1 à 12 ; Luc 6. 20 à 26).

Les paroles de Jésus rapportées dans les chapitres 5 à 7 de l’évangile de Matthieu constituent un message appelé généralement le sermon sur la montagne.

Bien que prononcées en différentes occasions comme cela apparaît dans l’évangile de Luc, ces paroles sont réunies en un seul discours plein de force et de majesté par l’Esprit de Dieu inspirant l’évangile du Messie. Elles constituent la charte du Roi d’Israël, s’adressant aux disciples et aux foules qui les entouraient (Mat. 5. 1 ; Luc 6. 20).

Après avoir commencé de prêcher, en disant : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché », Jésus va instruire Ses disciples sur la nature et les principes moraux de ce royaume, tout en présentant les caractères de ceux qui en feront partie.

Ainsi se réalise une partie de Sa mission comme l’avait annoncée Ésaïe : « Par sa connaissance mon serviteur juste enseignera la justice à plusieurs, et lui, il portera leurs iniquités » (53. 11). C’est là le double aspect de l’œuvre de Christ : enseigner les héritiers du royaume dans la justice, et porter les péchés de plusieurs en livrant son âme à la mort. Dans le royaume tout doit être conforme au caractère du Père qui est dans les cieux.

Jésus commence son sermon en proclamant certains hommes bienheureux. L’Ancien Testament se termine par une malédiction (Mal. 4. 6), l’Évangile commence par une bénédiction.

Ces béatitudes, au nombre de sept, se divisent en deux parties. Dans les quatre premières il est surtout question de la justice, et dans les trois suivantes de la miséricorde. Puis, à la fin, deux béatitudes résument le tout, la première répondant à la justice et la seconde à la miséricorde. Ces deux thèmes constituent les sujets principaux des Psaumes.

Toute la Parole nous rappelle que Dieu a en vue le bonheur de l’homme et indique le secret pour l’atteindre. Mais ceux que le Seigneur appelle bienheureux ne sont pas ceux que le monde désignerait ainsi. De plus il ajoute : « le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 14).

« Bienheureux les pauvres en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux » (v. 3). Le Seigneur désigne ainsi les humbles qui ont eu une rencontre personnelle avec Dieu. Placés dans Sa présence, ils ont fait abandon de leurs propres pensées pour recevoir par la foi celles de Dieu telles que la Parole les révèle.

Et Dieu doit déclarer à l’homme déchu : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (És. 55. 8). Ces pauvres en esprit, comme de petits enfants, ne raisonnent pas. Ils ne s’appuient pas sur leur intelligence naturelle pour mettre en question la Parole de Dieu. Leur foi est nourrie de cette Parole, ils possèdent le royaume (Mat. 11. 25 ; 18. 3 et 19. 14).

Entendons le propos de l’homme riche qui vivait sans Dieu : « Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais grande chère » (Luc 12. 19). C’était un insensé qui, amassant des trésors pour lui-même, n’était pas riche quant à Dieu. Son âme ne vivait pas de toute parole sortant de la bouche de Dieu (Mat. 4. 4).

Ces pauvres en esprit sont dépendants de Dieu, ils se renoncent eux-mêmes pour mieux servir leur Maître en faisant ce qu’Il dit (Mat. 16. 24). Dieu est la source de leurs joies (Ps. 16. 5 et 6). Ils reçoivent les richesses que Christ leur donne par Sa mort et Sa résurrection : vie, grâce, justice, paix, repos et bonheur de l’âme rachetée.

« Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (v. 4). Comment ne pas être affligés en constatant les terribles conséquences du péché dans ce monde ? La maladie, la mort entrent dans chaque foyer.

Avec sa sensibilité parfaite, jamais émoussée par le péché, nous pouvons supposer ce que fut la souffrance de Jésus traversant ce monde. Il pouvait déclarer : « Et moi, je suis affligé et pauvre » (Ps. 40. 17). « Lui a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs » (És. 53. 4).

Serions-nous indifférents devant la souffrance et la misère de l’homme ? Ceux qui mènent deuil aujourd’hui, sachant que Jésus a été rejeté de ce monde, seront consolés demain. « Les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée » (Rom. 8. 18). « Si nous souffrons avec lui » (Rom. 8. 17), « nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2. 12).

« Bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront de la terre » (v. 5). Ils sont animés d’une bonté qui se déploie jusqu’à ses extrêmes limites, sans jamais devenir de la faiblesse. Ils sont occupés de la douceur et de la débonnaireté de Christ qui a dit : « Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29).

Modérés, ils montrent toute douceur envers tous les hommes (Tite 3. 2). Ils n’insistent pas sur leurs droits (Phil. 4. 5). Lorsque le roi fera valoir Ses droits, alors ils hériteront de la terre.

Nous sommes exhortés à marcher d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés, avec toute humilité et douceur, avec longanimité, nous supportant l’un l’autre dans l’amour (Éph. 4. 1 et 2).

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c’est eux qui seront rassasiés » (v. 6). Ils ont l’ardent désir de vivre une vie selon la volonté de Dieu, rendant à chacun ce qui lui est dû. Ils ne trouvent pas la justice dans ce monde, mais la violence et la corruption. En priorité, avec le royaume de Dieu, ils recherchent Sa justice (6. 33). La promesse est certaine pour la foi : ils seront rassasiés, lors du règne de Christ.

Quelle réponse apporte à un tel besoin l’Évangile, puissance de Dieu en salut à quiconque croit ! Dieu y montre sa justice en justifiant celui qui est de la foi de Jésus (Rom. 3. 21 à 26).

Les béatitudes (Mat. 5. 1 à 12 ; Luc 6. 20 à 26).

« Bienheureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite » (v. 7).

Parce qu’ils ont connu leur propre misère (Prov. 28. 13, Éph. 2. 4 à 8), leur cœur est sensible à la détresse de leur prochain. Ils agissent selon un principe de grâce qui aura sa récompense dans la miséricorde de Dieu.

Le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs, c’est celui qui a usé de miséricorde envers lui, ce bon Samaritain qui, ému de compassion s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin (Luc 10. 30 à 37).

Si nous avons expérimenté la miséricorde de Dieu, nous serons tout disposés à user de miséricorde envers notre prochain, par exemple en lui annonçant l’évangile de Dieu dès que l’occasion se présente. Et nous attendons la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle (Jude 21). Quelle délivrance, effet de la miséricorde de Dieu, sera celle du résidu pieux d’Israël traversant la grande tribulation pour entrer dans le règne millénaire de Christ ! (Zach. 10. 6)

« Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » (v. 8). Le cœur pur n’a qu’un objet : Dieu. Ses motifs sont éprouvés à Sa lumière. Il a affaire à Celui qui juge, par Sa Parole, les pensées et les intentions du cœur (Héb. 4. 12). Le cœur est le siège des affections et il peut aimer toutes sortes d’objets.

Tous ceux qui appartiennent au Seigneur, étant purifiés de tout péché par Son sang, comprennent que Dieu ne peut pas tolérer de rival dans leur cœur. Y a-t-il quelque chose ou quelqu’un qui prend la place de Christ dans mon cœur ?

Il est bien écrit : « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23). « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Ceux qui sont purs de cœur verront Dieu. Dans Sa présence, ils sont en communion avec Lui, connaissant Ses pensées. Ils ont le secret d’un bonheur ineffable (1 Cor. 13. 12 ; 1 Jean 3. 2 et 3 ; Apoc. 22. 4).

« Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu » (v. 9). Ils appliquent le précepte : « autant que cela dépend de vous, vivant en paix avec tous les hommes » (Rom. 12. 18).

Justifiés sur le principe de la foi, ils ont la paix avec Dieu. Ils jouissent de la paix du cœur qui peut alors rayonner dans leur vie. Ils possèdent la paix de Dieu et seront manifestés comme les fils du Dieu de paix (Rom. 15. 33 ; Phil. 4. 9 ; 1 Thess. 5. 23).

Vous qui avez accepté Jésus comme Sauveur, que vous puissiez avec Son secours et par la prière procurer la paix là où vous êtes, dans le foyer, à l’école, au bureau ou à l’atelier. Par contre, ceux qui causent des divisions ne servent pas notre Seigneur Christ (Rom. 16. 17 et 18).

« Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux » (v. 10). Ces croyants sont mis en demeure d’accomplir leur devoir malgré l’opposition rencontrée dans ce monde où l’iniquité prévaut.

De quelle énergie n’ont-ils pas besoin pour être fidèles dans toutes les relations où ils sont placés, en rejetant le mal, et en faisant le bien selon ce qui est écrit : « Ayez en horreur le mal, tenez ferme au bien » (Rom. 12. 9).

Pour eux, céder devant la pression du mal est un reniement de la vérité. Vous qui possédez la vie de Dieu, sachez que « même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11). « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (Ps. 119. 9).

Pourquoi ceux qui pratiquent le bien, la justice, sont-ils persécutés ? N’est-il pas écrit : « Tous ceux… qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés » ? (2 Tim. 3. 12). C’est le Seigneur Jésus qui donne la réponse : « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises » (Jean 3. 19 et 20).

Le Seigneur propose une récompense à ceux qui souffrent pour la justice : « le royaume des cieux leur appartient ».

« Vous êtes bienheureux quand on vous injuriera, et qu’on vous persécutera, et qu’on dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense est grande dans les cieux ; car on a persécuté ainsi les prophètes qui ont été avant vous » (v. 11 et 12).

Il s’agit ici des souffrances les plus nobles que des croyants puissent endurer, les souffrances pour Christ. C’est l’amour pour Jésus qui anime toute leur vie. Au milieu d’un monde qui Le rejette toujours, ils se déclarent sans hésiter pour Lui. Leur récompense est grande dans les cieux, en proportion de la fidélité et de l’amour avec lesquels ils ont souffert pour Son Nom. Elle est présentée comme une marque d’encouragement et n’atténue en rien la glorieuse vérité du salut par grâce et par la foi (Rom. 3. 24 à 26 et 4. 5).

Le Seigneur a pris soin d’avertir Ses disciples : « L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi… Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé » (Jean 15. 20 à 25).

Et Pierre ajoute : « En tant que vous avez part aux souffrances de Christ, réjouissez-vous, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec transport. Si vous êtes insultés pour le nom de Christ, vous êtes bienheureux, car l’Esprit de gloire et de Dieu repose sur vous » (1 Pier. 4. 13 à 16).

Dans un monde ennemi de Dieu, après que leur Maître ressuscité fut élevé de la terre, les apôtres furent bientôt soumis aux inévitables persécutions qu’Il avait annoncées. Ils sont battus et il leur est interdit de parler au nom de Jésus. Mais eux se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le Nom ; et ils ne cessaient tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus comme le Christ, dans le temple et de maison en maison (Act. 5. 41 et 42).

Et le Seigneur rappelle que les prophètes qui avaient précédé les disciples avaient eux aussi connu de semblables persécutions à cause de leur foi, comme cela est évoqué en Hébreux 11. 36 à 38.

N’ayons pas honte de rendre témoignage au Seigneur Jésus aujourd’hui, nous qui avons une espérance céleste. Demain il y aura d’autres témoins au milieu du peuple juif apostat, un résidu pieux qui traversera la grande tribulation et entrera dans le règne de Christ sur la terre. Que nos yeux soient fixés sur Jésus, le témoin fidèle et véritable !

Le sermon sur la montagne (Mat. 5. 13 à 16 ; Marc 9. 50 et 51 ; Luc 14. 34 et 35 et 11. 33).

Après avoir examiné les caractères et la portion de ceux qui seront dans le royaume, à travers les neuf béatitudes prononcées au début du chapitre, le Seigneur Jésus ajoute deux traits distinguant Ses disciples au moyen de deux comparaisons : le sel et la lumière.

Il souligne aussi quelle est la responsabilité de Ses disciples envers les hommes. Par des images simples et claires, le Seigneur énonce une leçon valable pour chaque croyant possédant la vie divine, du plus jeune au plus âgé. Chacun porte en lui-même les traits caractéristiques de la vie de Jésus qui le différencient du monde qui l’entoure.

Combien ce que nous sommes par la grâce de Dieu importe plus que ce que nous disons ou faisons. Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12).

« Vous êtes le sel de la terre » (Mat. 5. 13). Remarquons bien qu’il n’est pas écrit : « Vous devez être le sel de la terre ». Le sel avait une valeur considérable au temps de Jésus. Il donne de la saveur aux aliments, conserve leur pureté et les préserve de la corruption.

De même le vrai disciple de Jésus a un effet analogue sur son entourage. Il a de la saveur et il en donne. Par sa présence au milieu du monde, il exerce une influence empêchant la corruption. Et pourtant il n’appartient pas à ce monde et, séparé du mal par fidélité au Seigneur, il est comparable au sel de la terre.

Et le Seigneur ajoute : « Mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes ». Si le croyant ne se sépare pas du mal, il est disqualifié comme témoin du Seigneur et il se mêle au monde qui a crucifié son Sauveur. Il n’a plus sa raison d’être. Il ne sert à rien. Retenons cet avertissement si solennel de Jésus.

Dans le passage parallèle de Marc (9. 51) il est dit : « Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix entre vous ». Le Seigneur a en vue ici les relations entre les disciples, qui peuvent être aussi gâtées par la tolérance vis-à-vis des manifestations de la chair, en vue d’être agréables les uns aux autres et par souci de ne pas faire de peine en disant la vérité.

Le croyant est exhorté à contrôler, à l’aide de la Parole, non seulement sa conduite, ses actes, mais aussi ses paroles selon ce qui est écrit : « Marchez dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion. Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (Col. 4. 5 et 6).

Le Seigneur seul peut donner une telle sagesse et un tel équilibre dans nos vies si, conscients de notre faiblesse, nous les lui demandons avec foi. « Poursuivez toujours ce qui est bon, et entre vous, et à l’égard de tous les hommes » (1 Thess. 5. 15).

Ainsi la paix selon Dieu est réalisée au sein même d’une vie de sainteté. « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur » (Héb. 12. 14). Que nous soyons de ceux qui, par leur conduite et leurs paroles, font naître une vraie soif de Christ chez ceux qui nous côtoient, afin qu’ils aillent à Jésus pour être rafraîchis et désaltérés par l’eau de la vie, au fleuve de la grâce !

« Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée » (Mat. 5. 14). Alors que le sel éloigne de la corruption, la lumière chasse les ténèbres ; elle sert à éclairer, à révéler, à guider, à réjouir le cœur (Jean 5. 35). « Ce qui manifeste tout, c’est la lumière » (Éph. 5. 13).

Le Fils de Dieu, dans ce monde, était la vraie lumière qui éclaire tout homme. Jésus se présente à plusieurs reprises comme la lumière du monde (Jean 3. 19 ; 8. 12 ; 9. 5 ; 12. 35, 36 et 46). Mais « les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière… mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu » (Jean 3. 19 à 21).

Comme la lune réfléchit la lumière du soleil, le disciple de Christ manifeste la lumière qui émane de la vraie source : « Dieu est lumière » (1 Jean 1. 5). Comme cela a été exprimé : « La lumière est absolue dans sa nature, de manière à exclure tout ce qui n’est pas elle-même ».

S’adressant à la foule, Jésus disait : « Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez fils de lumière » (Jean 12. 36). C’est bien par la foi en Jésus que nous sommes fils de lumière.

Et concernant les croyants d’Éphèse, le Saint Esprit déclare : « Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière (car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité), éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (Éph. 5. 8 à 10).

Mais cette lumière doit briller dans la nuit, telle une lampe placée sur son pied, et non sous le boisseau qui intercepterait tout rayonnement. Le boisseau, ancienne mesure de capacité, est le symbole des affaires de la vie qui accaparent si facilement nos cœurs et empêchent trop souvent notre lumière d’être manifestée.

Un autre obstacle signalé par Marc est le lit sous lequel une lampe peut être placée (4. 21). Il n’est rien d’autre que la paresse et le manque de vigilance. Entendons cet appel solennel : « Réveille-toi, toi qui dors… et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).

La lumière, c’est ce que Dieu est, la pureté parfaite, c’est toute manifestation de la vie de Dieu devant les hommes. « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 16).

Déjà cette lumière luit pour tous ceux qui sont dans la maison, notre famille, ou ceux qui font partie de la maison de Dieu. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11). Ces bonnes œuvres sont le fruit de la vie divine, de la foi opérante par l’amour, en chaque racheté séparé de tout mal pour Dieu.

Le monde peut-il reconnaître la vie et l’amour de Jésus en chacun de nous ? Si c’est le cas, alors notre Père peut être glorifié. Puissions-nous être de ces enfants qui n’aiment pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité ! (1 Jean 3. 18)

Ne craignons pas non plus de confesser le Seigneur avec l’énergie de la foi devant les hommes. Que ce souhait de l’apôtre se réalise en chacune de nos vies ! « Que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie » (Phil. 2. 15 et 16).

D’après La Bonne Nouvelle 1986

LE FILS BIEN-AIMÉ DU PÈRE

« Et voici une voix qui venait des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » Mat. 3. 17.

LE FILS BIEN-AIMÉ DU PÈRE

À deux reprises, dans la vie du Seigneur Jésus sur la terre, la voix de Dieu s’est faite entendre pour déclarer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ».

La première fois, c’est sur la rive du Jourdain, quand Jésus s’est fait baptiser par Jean le Baptiseur (Mat. 3. 17). La seconde fois, c’est sur la montagne où Il a été transfiguré, Son visage devenant resplendissant comme le soleil (Mat. 17. 5).

Le regard de Dieu suit continuellement ce qui se passe sur la terre. Depuis le début de l’histoire de l’homme sur la terre, Il a toujours eu sous les yeux le spectacle du péché qui marque toute chose de son empreinte malfaisante.

Aucun être humain n’a jamais mérité l’approbation de Dieu. Seul le Seigneur Jésus, l’Homme obéissant à la volonté divine jusqu’au sacrifice de Sa propre vie (Jean 10. 17, 18), a reçu ce témoignage de l’approbation divine : « J’ai trouvé mon plaisir en lui ».

C’était la première fois que Dieu exprimait Sa pleine satisfaction au sujet d’un homme. Ainsi, en Christ, se trouvait accompli ce que les anges avaient proclamé à Sa naissance : « Sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! » (Luc 2. 14).

Jésus, le Fils bien-aimé du Père, quoique possédant la puissance de Dieu, est venu sur la terre « prenant la forme d’esclave » (Phil. 2. 7). Il est devenu véritablement Homme, tout en demeurant le Fils éternel de Dieu, absolument sans péché. Sa vie a été parfaite et sans aucun reproche.

Inclinons-nous devant le témoignage d’un tel amour manifesté dans la Personne unique du Seigneur Jésus ; et, comme l’a dit la voix venant du ciel : Écoutons-le ! (Mat. 17. 5).

D’après « Il buon seme » août 2023

JÉSUS EST LE FILS DE DIEU

« Nathanaël lui répondit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu » Jean 1. 49.

« (Marthe) lui dit : Oui, Seigneur, moi je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui vient dans le monde » Jean 11. 27.

« Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle » 1 Jean 5. 20.

JÉSUS EST LE FILS DE DIEU

Ces passages de la Bible montrent la divinité de Jésus Christ :

– « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu » Jean 1. 1. Le Seigneur Jésus, appelé ici « la Parole », ou « le Verbe », existe depuis toujours et, quoiqu’Il soit distinct du Père, Il forme une unité avec Lui : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10. 30).

– « L’Éternel m’a dit : Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré » (Ps. 2. 7). À la relation éternelle qui existe entre le Père et le Fils s’ajoute une nouvelle relation entre Jésus homme et Dieu le Père.

Dieu Le reconnaît comme Son Fils lorsqu’Il naît sur la terre, ainsi qu’en d’autres occasions de Sa vie :

– À Sa naissance, l’ange déclare à Marie : « Tu enfanteras un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut… celui qui naîtra, saint, sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1. 31, 32 et 35).

– À Son baptême, une voix venue du ciel déclare : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).

– Plus tard, la même voix se fait entendre sur la montagne de la transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (Mat. 17. 5).

– Près de la croix, quand Jésus crie à haute voix, le centurion romain déclare : « Véritablement, cet homme était Fils de Dieu » (Marc 15. 39).

– Sa divinité est démontrée aussi lors de Sa résurrection : Jésus est déclaré « Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1. 4).

– Enfin, Sa place dans la gloire est celle de Fils de Dieu, à la droite du Père (Héb. 1. 3).

« Nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père » (Jean 1. 14).

D’après « Il buon seme » décembre 2023

TRADUCTION DE FEUILLETS (60)

Je t’ai cherché de tout mon cœur, ne me laisse pas m’égarer de tes commandements. Ps. 119. 10.

LA PAROLE DE DIEU EST VIVANTE

Dix jours avant sa sortie de prison, Ben est bien conscient des dangers qui l’attendent dehors. Durant son emprisonnement, il a trouvé Dieu et a accepté Jésus comme son Sauveur. Il sait qu’il aura maintenant particulièrement besoin de la protection et de l’aide de Dieu.

Lors de sa dernière réunion biblique avec d’autres prisonniers qui ont également trouvé Jésus, Ben demande des passages bibliques adaptés à sa situation. Et en fait, chacun peut apporter quelques versets qui sont récemment devenus importants pour lui. Léon se souvient du Psaume 136. 1 : « Célébrez l’Éternel ! Car il est bon, car sa bonté demeure à toujours ! »

Un autre cite Nahum 1. 7 : « L’Éternel est bon, un lieu fort au jour de la détresse, et il connaît ceux qui se confient en lui. » Les yeux de Ben brillent. Cela lui donne du courage ! Marc suggère alors de lire le Psaume 139. Il en lit deux fois quelques versets : « Tu connais quand je m’assieds et quand je me lève, tu discernes de loin ma pensée… Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ; éprouve-moi… et conduis-moi dans la voie éternelle » (v. 2, 23 et 24). Ce sont exactement les versets dont Ben a besoin. Il prend un stylo et les souligne dans sa Bible.

Enfin, Bob lit un verset de l’épître aux Romains : « C’est Christ qui est mort, bien plus, qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous ! » (Rom. 8. 34). Ben est heureux quand il entend cela : Christ, au ciel, intercède pour lui ! C’est pour lui la meilleure protection dans sa « nouvelle » vie.

Les versets lus renforcent et encouragent Ben. Oui, la Parole de Dieu est vivante et s’adresse directement aux circonstances de notre vie !

D’après die gute Saat janvier 2024

Jusqu’à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu’aux cheveux blancs je vous porterai… moi, je porterai, et moi je chargerai sur moi et je délivrerai. Ésaïe 46. 4.

LA SOLITUDE (PAS SEULEMENT) DANS LA VIEILLESSE

Une journaliste voulait faire l’expérience directe de ce que signifie être vieux. On l’a aidée à se transformer en conséquence. Me voilà, écrit-elle plus tard, retraitée anonyme, légèrement courbée, appuyée sur un bâton. Ni frêle, ni impétueuse…

Et quelles expériences a-t-elle fait ? Elle marche dans les rues. Étant citadine, elle n’a pas d’attentes particulières. Mais la réaction des passants dépasse toutes ses craintes : C’est comme si je n’existais pas. Les gens me regardent comme si j’étais de l’air. Avec difficulté, la femme parvient à trouver une place dans le café bondé pour faire l’expérience de la proximité humaine. Mais personne ne lui prête la moindre attention. Une phrase de poète lui vient à l’esprit : « La vieillesse n’est pas ennuyeuse parce que c’est là que s’arrêtent nos joies, mais parce que c’est là que s’arrêtent nos espoirs ». La journaliste a beaucoup de mal à terminer son expérience.

Et pourtant, il en va de même pour chaque personne, qu’elle soit jeune ou âgée : personne ne supporte d’être seul ou abandonné. Mais même s’il n’y avait plus personne pour vous dans le monde entier, il reste toujours le Dieu grand et miséricordieux, qui veut être très proche de vous. Il veut vous sauver et vous porter. Il veut être avec vous dans la solitude.

De nombreux chrétiens vieillissants, ainsi que des jeunes célibataires, peuvent témoigner que Dieu est réellement proche d’eux et les soutient. Cependant, le chemin qui mène à Dieu ne passe que par Jésus-Christ. Sans Lui, vous êtes séparé de Dieu, désespéré et seul. Jésus-Christ veut sortir les gens de cette situation : Il est l’espoir pour les désespérés.

D’après die gute Saat janvier 2024

Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert ! Psaume 32. 1.

Bienheureux l’homme dont la force est en toi, et ceux dans le cœur desquels sont les chemins frayés. Psaume 84. 5.

RECHERCHER LE BONHEUR ?

Le vrai bonheur dépend de notre relation avec Dieu. Sa Parole, la Bible, nous indique comment l’obtenir :

Pour être heureux, nous devons savoir que nos péchés sont pardonnés : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés » (1 Jean 1. 9). Alors nous sommes réconciliés avec Dieu et avons la paix avec Lui. Il nous déclare justes et fait de nous Ses enfants.

Pour être heureux, nous devons aussi nous libérer de la peur de la mort, qui est la peur de « l’après » : où serai-je après ma mort ? La Bible a également une réponse à cette question. Quiconque croit en Jésus-Christ « a la vie éternelle ». La vie éternelle est plus que l’existence éternelle que chaque personne possède, qu’elle soit libre penseuse ou qu’elle adhère à une religion. Non, la « vie éternelle » est une vie de la plus haute qualité. Elle place une personne dans une relation heureuse avec Dieu et pour toujours.

D’autre part, être heureux ne signifie pas que tout se passera bien dans la vie. Mais quiconque a trouvé le bonheur en Jésus-Christ sait que Jésus est toujours avec lui, même et surtout dans les difficultés quotidiennes.

Lorsque notre relation avec Dieu est clarifiée, lorsque nous savons que nos péchés sont pardonnés par la foi en Jésus-Christ et que nous avons donc la paix, alors nous avons Dieu à nos côtés, et nous pouvons en toute confiance remettre entièrement entre Ses mains notre présent et notre avenir. Avoir l’approbation de Dieu pour notre vie signifie être vraiment heureux, ou bienheureux, comme le disent les versets du jour.

D’après die gute Saat janvier 2024

Afin qu’il (Jésus) délivre tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, tenus en esclavage. Hébreux 2. 15.

Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création ; les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles. 2 Corinthiens 5. 17.

LA PEUR DE LA MORT

Quand j’avais 10 ans, j’ai soudain été conscient que la vie avait une fin. C’était au moment de la mort de mon grand-père. En plus d’une grande tristesse, j’étais envahi par un vide complet qui ne me quittait pas. En désespoir de cause, j’ai essayé de le remplir par du tabac, de la drogue et de l’alcool. J’étais malheureux, seul et terrifié par la mort.

J’ai entendu parler de Jésus-Christ dans un camp d’été. Je me suis dit : « C’est Lui qui peut me libérer de mes peurs et de mon vide intérieur ! » Mais comme je ne voulais pas abandonner ma drogue, j’ai vite repoussé cette pensée.

À l’âge de 23 ans, j’ai été mis en prison pour trafic de drogue. Alors j’ai recommencé à prier. J’ai aussi lu la Bible, mais sans en retirer grand chose. Après ma libération, Dieu a fait en sorte que quelqu’un m’invite dans une église chrétienne. Ce que j’y ai entendu dans la Bible a frappé ma conscience. J’ai immédiatement été conscient que j’étais un pécheur et que je méritais un châtiment éternel. Mais alors, j’ai aussi appris comment je pouvais être libéré de cette terrible situation : il me suffisait de croire en Jésus-Christ et de Lui faire confiance parce qu’Il avait payé ma dette sur la croix ! Et c’est ce que j’ai fait !

À partir de ce moment-là, toute ma vie est devenue différente. J’ai abandonné ma consommation d’alcool et de drogues et j’ai trouvé un travail convenable. J’ai également demandé pardon à ceux à qui j’avais fait du tort. Aujourd’hui, je peux appeler Dieu mon Père. Je sais que mes péchés sont pardonnés. Ma vie a pris un sens et je n’ai plus peur de la mort.

Guillaume B.

D’après die gute Saat janvier 2024

Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’homme Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. 1 Timothée 2. 5.

UNE CONVERSATION TÉLÉPHONIQUE SUR DES QUESTIONS DE FOI

Quelqu’un m’a téléphoné au sujet de questions de foi. Finalement, il m’a demandé : « Êtes-vous un fondamentaliste ?

– Que voulez-vous dire par là ? ai-je répondu.

– Eh bien, croyez-vous que la Bible soit littéralement inspirée par Dieu ? Puis il a poursuivi : J’ai visité toutes sortes d’églises et de groupes chrétiens et j’ai découvert que tous croient en quelque chose de différent. Cela m’a amené à la conclusion que la croyance en Dieu repose uniquement sur des expériences purement personnelles. Ce que dit la Bible n’est pas si important pour moi. Je crois en Dieu, c’est l’essentiel. Jésus-Christ ne me dit rien.

De nombreuses personnes ont certainement des expériences et des pensées semblables à celles de cet homme. Le problème, c’est qu’une telle croyance repose sur un fondement très fragile. Nous ne pouvons avoir des expériences avec Dieu que lorsque nous Le rencontrons là où Il s’est révélé aux hommes. De simples opinions sur Dieu n’ont pas de valeur. Si chacun pouvait créer son propre dieu, ce dieu ne mériterait même pas d’être appelé « dieu » ; il n’existerait que dans le fantasme.

La Bible est la seule et grande source fiable d’informations sur Dieu. C’est la Parole de Dieu. Quiconque cherchera sérieusement en trouvera la confirmation. Quiconque s’appuie sur ce fondement comprendra bientôt ce qu’est Jésus-Christ : Il est le Médiateur entre Dieu et les hommes. Nous avons besoin de ce Médiateur parce que nous sommes tous pécheurs. Et sans Lui, personne ne peut venir à Dieu (1 Tim. 2. 5 : verset en-tête).

D’après die gute Saat janvier 2024

Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, qui est Jésus Christ. 1 Corinthiens 3. 11.

LA TOUR LA PLUS PENCHÉE DU MONDE

Pendant longtemps on a pensé que ce titre appartenait à la Tour de Pise. Mais les habitants de la Frise orientale avaient mieux. La tour de l’église dans le village de Suurhusen, en Frise orientale, dans la municipalité de Hinte, est considérée comme étant la tour la plus penchée du monde. À une hauteur de 27.37 mètres, la tour dépasse la verticale de 2. 47 m. ce qui a une inclinaison de 5.19 degrés. En comparaison, la Tour de Pise a seulement une inclinaison de 3.97 degrés.

La construction de l’église de Suurhusen remonte au 13ème siècle. La tour fut ajoutée en 1450. Elle repose sur un fondement de bûches de chêne qui se sont conservées dans l’eau pendant des siècles. Quand les terres voisines furent drainées, au 19ème siècle, le niveau de l’eau baissa et les bûches de chêne commencèrent à pourrir. Le fondement se délita et la tour se pencha.

C’est donc le fondement qui compte ! L’apôtre Paul aussi parle de cela dans le verset ci-dessus. Là aussi, il est question de l’édification de l’Église, non pas de la construction de bâtiments, mais dans le sens figuré, de la construction de l’église de Jésus Christ. Et, pour la vie de l’individu, comme pour celle de l’Église, il n’y a qu’un fondement approprié et solide : Jésus Christ lui-même !

C’est pourquoi il est tellement important que Jésus Christ ne soit pas repoussé à l’arrière-plan dans notre vie personnelle ni dans notre vie de communion dans l’église. Il faut que Christ soit prêché et que nous tenions ferme à tout ce à quoi le Nouveau Testament rend témoignage au sujet du Fils de Dieu. Sinon, les choses se déliteront ! C’est pourquoi : « Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts… selon mon évangile » (2 Tim. 2. 8).

D’après the good Seed janvier 2024

Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qui sont méprisées et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont – afin que personne ne se glorifie devant Dieu. 1 Corinthiens 1. 27 à 29.

LA SAGESSE DE DIEU N’EST PAS CELLE DE L’HOMME

Le Seigneur Jésus est le pivot de tous les conseils de Dieu en grâce. Le signe de l’accomplissement de la promesse, et de Sa présence dans le monde était « un petit enfant … dans une crèche », la chose la plus faible et la plus humble. C’est l’emblème de la faiblesse absolue : un petit enfant qui pleure parfois, la chose la plus faible sur la terre. Pensée infinie, moralement, bien que méprisable aux yeux du monde.

Qu’il est difficile d’accepter que l’œuvre de Dieu et de Son Christ soit toujours dans la faiblesse ! Les chefs du peuple voyaient en Pierre et Jean des hommes illettrés et du commun. La faiblesse de Paul à Corinthe était l’épreuve de ses amis, l’insulte de ses ennemis, sa fierté pour lui-même. La puissance du Seigneur s’accomplit dans la faiblesse. L’épine dans la chair rendait Paul méprisé, et il estimait que ce serait mieux si elle était ôtée. Il avait besoin d’apprendre cette leçon : « Ma grâce te suffit » (2 Cor. 12. 9).

C’est la manière d’agir de Dieu, si nous pouvons dire, de choisir les choses faibles. Tout doit reposer sur la puissance de Dieu, sinon l’œuvre de Dieu ne peut pas s’accomplir selon Sa pensée. On a du mal à croire que l’on doit être faible pour faire l’œuvre de Dieu ; mais Christ a été crucifié en faiblesse, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme. Pour l’œuvre de Dieu, nous devons être faibles, afin que la force soit de Dieu. Cette œuvre demeurera quand toute la terre aura disparu.

D’après the Lord is near août 1984

Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël ; l’Éternel, son Dieu, est avec lui, et un chant de triomphe royal est au milieu de lui. Nombres 23. 21.

MISE EN GARDE CONTRE TOUT LE DOMAINE DÉMONIAQUE

Ces déclarations divines au sujet du peuple terrestre de Dieu furent données par la bouche de Balaam un méchant ennemi de Dieu et du peuple de Dieu. Il peut nous être difficile de comprendre son histoire si nous ne lisons que le récit historique dans les Nombres. Mais en 2 Pierre 2. 15 et Jude 11, nous lisons que, tandis que Balaam était motivé par la convoitise d’une réponse en argent, il fut obligé par Dieu d’exprimer les paroles de Dieu. Ce n’est pas le seul exemple dans la Parole, où Dieu emploie un homme méchant pour exprimer, contre sa volonté, de précieuses vérités. Un autre cas semblable est celui de Caïphe, le souverain sacrificateur, un ennemi acharné de Christ, prédisant la nécessité et les résultats de la mort de Christ pour le peuple.

Il est réconfortant pour nous d’apprendre, par le récit au sujet de Balaam, qu’il n’y a pas de pouvoir d’enchantement contre ceux que Dieu a choisi par grâce. Les principautés et les autorités, les pouvoirs des ténèbres, les puissances spirituelles de méchanceté (Col. 2. 15 ; Éph. 6. 12) ont été dépouillés à la croix. Le tombeau vide de Christ est la preuve et le triomphe visibles de Sa victoire. Aucune malédiction ne peut plus nous atteindre.

L’occultisme, les relations avec les démons, les devins, et toute autre forme de relations avec les mauvais esprits se sont infiltrés dans le monde, et spécialement dans la chrétienté. Tout enfant de Dieu devrait être en garde contre des relations même innocentes avec de telles choses et avec leur influence. Résistons au diable quand il tente de nous enserrer dans ces pratiques.

D’après the Lord is near août 1984

Vous m’invoquerez, et vous irez, et me supplierez, et je vous écouterai ; et vous me chercherez, et vous me trouverez, car vous me rechercherez de tout votre cœur. Jérémie 29. 12 et 13.

UN CŒUR PUR POUR RECEVOIR UNE RÉPONSE À NOS PRIÈRES

Quelle promesse précieuse est donnée dans ces versets : « Vous prierez, et je vous écouterai ; vous chercherez, et vous me trouverez ». Mais nous devons remarquer que c’est « de tout votre cœur ».

Les lèvres peuvent souvent parler beaucoup pendant que le cœur est complètement ailleurs. L’Éternel a dit à propos d’Israël autrefois par Ésaïe : « Ce peuple… ils m’honorent de leurs lèvres… et leur cœur est éloigné de moi » (És. 29. 13). La prière véritable doit venir du cœur. L’une des raisons pour lesquelles le Seigneur permet que nous passions par des difficultés, c’est pour que nous apprenions à Le prier du cœur. Nous voyons souvent dans la Parole de Dieu que c’est quand le peuple passe par de graves épreuves qu’il crie à l’Éternel et que l’Éternel les entend : leur cri à l’Éternel est une prière venant vraiment du cœur.

Mais le cœur doit aussi être éprouvé avant qu’il puisse prier. Nous lisons au Psaume 66.18 : « Si j’avais regardé l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas écouté ».

Prier du cœur et avoir un cœur pur sont deux choses nécessaires pour que nous puissions nous attendre à avoir des réponses à nos prières. Nous lisons en Hébreux 10 : « Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints… approchons-nous avec un cœur vrai… purifiés d’une mauvaise conscience » (v. 19 et 22).

Ainsi, nous devons apprendre à prier avec persévérance, et à prier d’un cœur vrai avec un sens réel du besoin. C’est seulement alors que nous pouvons nous attendre à des réponses à nos prières.

D’après the Lord is near août 1984 (A.B.)

Que les vivants sachent que le Très-haut domine sur le royaume des hommes, et qu’il le donne à qui il veut, et y élève le plus vil des hommes. Daniel 4. 17.

En ces jours-là… parut un décret de César Auguste, ordonnant de recenser toute la terre habitée. (Le recensement lui-même se fit seulement pendant que Cyrénius était gouverneur de la Syrie) Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth. Luc 2. 1 à 4.

LES VOIES DE DIEU QUANT À LA TERRE

Quand il plaît à Dieu de s’occuper Lui-même du monde et de ce qui s’y passe, il est merveilleux de voir comment Il agit et l’enseignement qu’Il donne. Il n’y a pas d’accord, mais une opposition entière entre Ses voies et celles des hommes. L’empereur et son décret ne sont que des instruments insignifiants.

César Auguste agit par rapport à ses sujets. Cependant il est, sans le savoir, le moyen d’accomplir la prophétie, que Jésus devrait naître à Bethléhem. Le cours entier du monde est en dehors de l’ordre de pensées de Dieu. Le fait important pour Lui et pour Son royaume ici-bas, c’est la naissance du petit enfant à Bethléhem, mais l’empereur n’y pensait pas. Le décret met le monde en mouvement, et Dieu accomplit Ses pensées ici-bas.

Que c’est merveilleux ! Le monde entier est en mouvement pour faire arriver cet évènement, nécessaire pour l’accomplissement de la prophétie, que le pauvre charpentier, avec sa future épouse, soient dans la cité de David, et que l’héritier de David naisse là et à ce moment-là. Et cela est d’autant plus frappant, que le recensement lui-même ne fut fait que quelques années plus tard, quand Cyrénius était gouverneur de la Syrie. Dieu accomplit Son dessein d’amour, mais l’homme était aveugle devant cela. Qui se souciait de remarquer ce pauvre Juif, bien qu’il fût de la maison et de la lignée de David ? Les choses qui sont totalement indifférentes à l’homme remplissent le cœur et les yeux de Dieu.

D’après the Lord is near août 1984 (J.N.D.)

Et elle (Ruth) glana dans le champ jusqu’au soir, et elle battit ce qu’elle avait glané, et il y eut environ un épha d’orge. Ruth 2. 17.

LA NOURRITURE DIVINE

Ruth était travailleuse et active de caractère, car elle désirait profiter de tout ce que la grâce divine avait mis à sa portée. Elle glana jusqu’au soir. Sommes-nous aussi diligents ?

Ruth battit aussi les épis qu’elle avait glanés. Le grain ne pousse pas sans paille. Mais la paille n’est pas une nourriture pour l’être humain. Il doit toujours y avoir de la paille dans les messages et les méditations. Les illustrations sont données pour faire comprendre une vérité ou un principe, et quelquefois il est nécessaire de répéter deux ou trois fois quelque chose afin que ce soit compris et retenu. D’autre part, nous avons tous certaines faiblesses en nous exprimant. Quelquefois celui qui parle essaie de se rendre intéressant et populaire. Il essaie de dire des choses de manière différente de tous les autres, ou bien il présente des choses nouvelles. Il peut y avoir alors tellement de paille que nous devrons faire un effort pour trouver le grain.

Il n’y a qu’un moyen d’apporter beaucoup de grain. « Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu ; si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ » (1 Pier. 4. 11). Les termes de celui qui parle doivent être, non seulement en accord avec les paroles de Dieu, mais être dites selon la volonté de Dieu, exprimés au moment et à l’endroit où Dieu veut qu’ils soient prononcés.

Il arrive que nous ne rapportions chez nous que la paille après avoir été à une réunion. Nous nous souvenons des faiblesses et des imperfections de celui qui a parlé, ou peut-être que nous nous rappelons la forme extérieure plaisante du message. Mais Ruth n’était pas intéressée par la paille. Elle battit l’orge parce que c’était cela qu’elle voulait pour le tamiser et l’emporter à la maison. Seul l’orge était une véritable nourriture.

D’après the Lord is near août 1984 (H.L. Heijkoop)

Ils étaient extrêmement étonnés et disaient : Il fait toutes choses bien ; il fait entendre les sourds et parler les muets. Marc 7. 37.

ACCOMPLIR UN SERVICE SELON LA PENSÉE DE CHRIST

Ce magnifique évangile de Marc nous parle de service. Cependant, ni ici, ni dans quelqu’autre partie des Écritures, nous ne trouvons d’activité philanthropique, ni d’œuvres seulement pour le mérite ou de charité aux yeux des hommes. Nous ne trouvons pas non plus quoi que ce soit d’organisé selon la manière que la chair et le monde aiment employer.

Tout, dans l’œuvre du Seigneur, est l’activité de Dieu en grâce, puissance et sagesse. Elle est fournie à l’homme dans les divers besoins de son âme, de son cœur, de sa conscience, de son corps et de ses circonstances, que ce soit pour son salut ou pour le délivrer du péché, ou pour sa consolation et sa formation comme étant une nouvelle créature en Christ. Tout doit être à la propre satisfaction de Dieu. Ce sera alors aussi pour le bien éternel de l’homme, l’admiration des anges, et la confusion de l’adversaire et de tous ses démons.

Partout où ce fidèle Serviteur allait, Dieu était avec Lui. Il « a passé de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance, car Dieu était avec lui » (Act.10. 38). Et il devrait en être de même de tout serviteur fidèle.

Ce que le Seigneur désire de la part de l’homme, c’est la foi pour discerner les choses selon Sa volonté, et ne compter que sur Lui, d’un cœur droit, en agissant toujours dans Sa dépendance. Rien dans ce service ne peut être laissé à notre propre jugement, à notre volonté, nos désirs, nos ressources, nos idées, ou nos principes personnels, comme si chacun de nous, dans Son service, pouvait faire ce qui semble bon à ses yeux. Non, en vérité, dans Son service, « Voici, écouter est meilleur que sacrifice » (1 Sam. 15. 22). « Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute » (1 Rois 3. 9) était la prière de Salomon.

D’après the Lord is near août 1984

Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par la prière et la supplication avec des actions de grâces. Philippiens 4. 6.

COMMENT RESTER EN PAIX

Ne s’inquiéter de rien, prier en toutes choses – presque le contraire de ce que nous nous trouvons quelquefois en train de faire. Dieu ne nous enseigne pas à être indifférents ou insensibles au sujet des problèmes ou des épreuves. Il nous parle d’une chose que nous ne devons jamais faire, et d’une autre que nous devons toujours faire. Nous ne devons jamais nous inquiéter, parce que cela fait toujours du mal, et n’aide jamais. Nous devons toujours prier, parce que Dieu a toujours une solution à notre problème, et peut – et le fait – faire sortir beaucoup de bien de nos épreuves si nous les lui apportons par la prière.

Remarquez les mots « toutes choses ». Nous risquons de penser que ce ne sont que certains problèmes qui doivent être apportés au Seigneur. Quel réconfort quand nous nous attachons à ces mots « toutes choses ». Cela comporte les problèmes spirituels, les problèmes de santé, les problèmes financiers ; les problèmes au travail, à la maison, et dans l’assemblée. Nous aurons moins besoin de batailler avec nos enfants si nous combattons plus avec le Seigneur dans nos prières pour eux. Nous leur devons cela. Un peu d’exhortation avec les frères, avec beaucoup d’intercession pour eux est meilleur que beaucoup de longs sermons.

Le cœur qui est plein d’amour pour le Seigneur court à Lui avec ses besoins, et le Seigneur se réjouit de répondre aux requêtes de celui-là. « Parce qu’il a mis son affection sur moi, je le délivrerai ; je le mettrai en une haute retraite, parce qu’il a connu mon nom. Il m’invoquera, et je lui répondrai ; dans la détresse je serai avec lui : je le délivrerai et le glorifierai » (Ps. 91. 14 et 15)

D’après the Lord is near août 1984

Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de sobre bon sens. 2 Timothée 1. 7.

LE TÉMOIGNAGE COURAGEUX

Personne ne veut être appelé un lâche. Plus d’un jeune prendra une cigarette, ou essaiera même la marijuana pour éviter d’être qualifié de lâche. Et les adultes ne sont pas différents. Combien d’hommes d’affaires boivent en public parce qu’ils ont peur de se faire remarquer.

Malheureusement, toutes les actions de ce genre ne font que prouver que nous sommes réellement des lâches. Ce n’est que quand nous résistons à la pression de nos pairs et au conformisme social, en tenant ferme à nos convictions, quel qu’en soit le prix, que nous nous dépouillons des vilains vêtements de la lâcheté.

Lorsque l’apôtre Paul écrivait à son jeune frère Timothée, il était conscient que Timothée avait devant lui beaucoup de pressions et de difficultés. Il le mettait en garde quant au coût de rester fidèle à Dieu dans les jours mauvais ; il l’encourageait par les ressources infaillibles auxquelles Dieu pourvoit ; et il l’exhortait à tenir ferme pour le témoignage du Seigneur.

Comment faire cela ? En identifiant et en employant ces choses que Dieu nous a données, et qui sont l’opposé même de la lâcheté.

La puissance de Dieu en nous nous rend capables d’agir contre la marée. Elle fait de nous des témoins efficients pour Christ, même au milieu de ceux qui nous ridiculisent ou qui s’opposent à nous.

L’amour. Les lâches n’ont pas d’affection. Ils pensent à eux-mêmes et agissent en conséquence. L’amour de Dieu dans nos cœurs nous permet de penser aux autres et de chercher à les aider quoi que ce soit que cela nous coûte.

Le sobre bon sens. Le bon sens d’un lâche le pousse à se mettre en sûreté et à éviter les ennuis. Le sobre bon sens qui vient de Dieu donne de l’équilibre dans les pensées et de la discipline pour soi-même. Nous appuyant sur cela, nous apprenons à perdre notre vie en Dieu, afin de la trouver véritablement.

D’après the Lord is near août 1984 (G. W. Steidl)

Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Éphésiens 2. 8.

LE SALUT EST UN DON DE DIEU

Un jeune homme apposa une affiche devant une maison vide qu’il possédait :

CETTE MAISON SERA DONNÉE GRATUITEMENT A LA PREMIÈRE PERSONNE QUI SE PRÉSENTERA.

Il se passa plusieurs jours avant que personne ne se présente pour la maison. En fait, les gens croyaient que c’était une plaisanterie, et n’imaginaient pas que le propriétaire ait l’intention d’en faire cadeau à qui que ce soit.

Mais quelques jours plus tard vint un vieux bonhomme. Il salua le propriétaire avec un grand sourire, et lui demanda si quelqu’un était déjà passé avant lui.

– Pourquoi ? demanda le jeune propriétaire. Que voulez-vous dire ?

– Oh, répondit le vieux, à propos de votre maison rue de la Locuste.

– Non, dit le propriétaire. Il n’y a encore eu personne ; mais vous n’imaginez pas que je donnerais ma maison à un vieux comme vous, ou bien ?

Le vieillard se gratta la tête, son visage s’éclaira, et il répondit : Eh bien, je ne suppose pas que vous allez renier votre promesse, même pour un vieux bonhomme comme moi.

Le jeune homme était bien surpris par le vieux bonhomme, et avec un grand éclat de rire il s’exclama : Eh bien, vous méritez d’avoir la maison, et vous l’aurez. Je ne peux pas me permettre de renier ma parole, même avec un vieux bonhomme comme vous.

La foi en Dieu et en Sa Parole est aussi simple que la foi du vieil homme dans la parole du jeune homme. Dieu est trop riche pour vendre le salut, et l’homme, trop pauvre pour l’acheter.

Mais comme nous l’avons vu, la grâce nous apporte le salut, et la foi s’approprie ce qu’offre la grâce.

D’après the Lord is near janvier 1984

BERACA 27 : LES CONFIDENTS DE DIEU

Suite et fin sur Moïse :

Qu’il est touchant de suivre les épreuves de ce serviteur de Dieu dont l’Esprit Saint déclare à la suite de sa mort : « Et il ne s’est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse, que l’Éternel ait connu face à face, selon tous les signes et les merveilles que l’Éternel l’envoya faire dans le pays d’Égypte contre le Pharaon et tous ses serviteurs et tout son pays, et selon toute cette main forte, et selon tous les terribles prodiges que fit Moïse aux yeux de tout Israël » ! (Deut. 34. 10 à 12)

Quelle vie de combats ! Non pas un combat comme celui de David contre Goliath, ou tant d’autres avec des épées. Il dut faire face aux murmures des fils d’Israël, ces révoltes du cœur naturel. Alors, quelle arme utilisa-t-il ? Ce fut l’intercession dans la présence de l’Éternel ! Sa guerre n’était pas « contre le sang et la chair » mais contre Satan s’opposant à Dieu (Éph. 6. 12).

À deux reprises, l’Éternel lui dit qu’Il devrait détruire ce peuple et tout recommencer avec lui : à l’occasion du veau d’or, et du rejet d’entrer en Canaan. Que fit Moïse ? Était-il rempli d’orgueil pour dire : je suis là ? Non ! Il est tellement associé de cœur à son peuple qu’il intercède en faveur des rebelles. Deux raisons fondamentales sont évoquées :

1) Comment l’Égypte et les autres nations estimeront-elles un Dieu qui n’a pas pu faire ce qu’Il avait dit qu’Il ferait ? Elles diront : « Parce que l’Éternel ne pouvait pas faire entrer ce peuple dans le pays qu’il leur avait promis par serment, il les a tués dans le désert. Et maintenant, je te prie, que la puissance du Seigneur soit magnifiée » (Nomb. 14. 16 et 17).

2) La seconde raison se trouve en ce que Moïse s’offre à la place du peuple : « Et Moïse retourna vers l’Éternel, et dit : Hélas ! ce peuple a commis un grand péché, et ils se sont fait un dieu d’or. Et maintenant, si tu pardonnes leur péché… ; sinon, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit » (Ex. 32. 31 et 32).

« Et je me prosternai devant l’Éternel, comme au commencement, quarante jours et quarante nuits ; je ne mangeai point de pain et je ne bus point d’eau, à cause de tout votre péché que vous aviez commis, en faisant ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, afin de le provoquer à colère ; car j’eus peur de la colère et de la fureur dont l’Éternel était courroucé contre vous, pour vous détruire ; et l’Éternel m’écouta aussi cette fois-là. Et l’Éternel fut fort irrité contre Aaron, pour le détruire ; et j’intercédai aussi pour Aaron, en ce temps-là » ; et je suppliai l’Éternel, et je dis : Seigneur Éternel ! Ne détruis pas ton peuple, et ton héritage, que tu as racheté par ta grandeur, que tu as fait sortir d’Égypte à main forte ! » (Deut. 9. 18 à 20, 26).

C’est ainsi que Moïse est, par anticipation, un type du Seigneur Jésus qui dira en Son temps : « Moi, je suis le bon berger : le bon berger laisse sa vie pour les brebis… ; à cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie afin que je la reprenne… » (Jean 10. 11 à 18). Sept fois, nous voyons Moïse suppliant afin d’obtenir grâce pour ce peuple infidèle, et en plus, deux autres fois particulières : la première pour délivrer son frère Aaron de la colère de l’Éternel, et la seconde en faveur de sa sœur Marie qui s’était élevée contre lui et qui était devenue lépreuse. Quelle leçon pour nous qui, voyant notre frère ou notre sœur faire une faute, avons trop souvent une pensée de jugement au lieu de nous « prosterner devant l’Éternel » ! (Deut. 9. 25)

Retraçons les nombreuses étapes qui ont marqué ce serviteur de Dieu : Quarante années à la cour de l’Égypte, qu’il a quittée « ayant estimé l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte » (Héb. 11. 26).

Quarante années derrière le désert à garder les moutons de son beau-père, pour apprendre qu’il n’était rien par lui-même et que Dieu peut toutes choses.

Quarante années dans le désert, à cause de l’infidélité d’un peuple pourtant délivré de l’esclavage. De là il montera sur le mont Sinaï pour recevoir la loi et les ordonnances concernant le tabernacle, cette maison d’or, et le culte rendu au seul vrai Dieu.

À la fin de ce long pèlerinage, marqué par tant d’épreuves, il faillira, exaspéré, en frappant le rocher par deux fois alors qu’il devait seulement lui parler, pour que l’eau jaillisse une fois de plus dans le désert. Pour nous, l’image donnée par le rocher frappé en Horeb parle de la mort de Christ, tandis que la seconde occasion nous amène devant le trône de la grâce que Christ occupe comme Homme ressuscité et glorifié. La mort de Christ ne peut être renouvelée ! Son œuvre à la croix est parfaite. (À comparer : Ex. 17. 6 ; Nomb. 20. 8 et Héb. 10. 10 ; 1 Pier. 3. 18).

Au buisson ardent, Moïse avait été seul avec Dieu. Terre sainte, où le grand JE SUIS se révélait, et donnait à Son serviteur la mission de délivrer le peuple de l’esclavage de l’Égypte.

Au Sinaï, le législateur avait été seul avec l’Éternel, deux fois quarante jours.

Dans la fente du rocher, il avait appris à connaître Ses pensées de grâce (Ex. 33. 22).

Dans la tente d’assignation, quand Moïse entrait « pour parler avec Lui, il entendait la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire qui était sur l’arche du témoignage, d’entre les deux chérubins ; et il Lui parlait » (Nomb. 7. 89). Arrivé au terme de son service, il instruit Israël par un cantique : « Je proclamerai le nom de l’Éternel : attribuez la grandeur à notre Dieu ! Il est le Rocher, son œuvre est parfaite ; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle, et il n’y a pas d’iniquité en lui ; il est juste et droit » (Deut. 32. 3 et 4).

Sur le sommet du Pisga, à l’heure du départ, l’Ami fidèle est là, présent aux côtés de Son serviteur : « l’Éternel lui fit voir tout le pays… Je te l’ai fait voir de tes yeux, mais tu n’y passeras pas » (Deut. 34. 1 et 4).

Sur la sainte montagne, il sera vu apparaissant en gloire avec Élie, pour parler avec Lui, Jésus, et s’entretenir « de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem » (Luc 9. 30). Bientôt, face à face, nous verrons Celui qui est mort pour nous et, devant Lui, nous chanterons le cantique nouveau.

SONDEZ LES ÉCRITURES (9)

« Donne-moi ton cœur » (Prov. 23. 26).

Au fil des mois écoulés, nous avons pu examiner les récits bibliques de différents enfants. Comme vous avez pu le remarquer, aucune histoire n’est semblable. Nous avons pu admirer combien souvent le travail de Dieu dans le cœur d’un enfant peut être profond, et avoir des conséquences durables et heureuses sur toute sa vie.

Certains enfants ont pu être employés pour Dieu dans leur faiblesse même. Ce fut le cas de la petite fille d’Israël transportée jusqu’en Syrie pour y proclamer la bonne nouvelle du salut par grâce à son maître Naaman (2 Rois 5).

Nous avons vu aussi ce jeune garçon apportant au Seigneur sa maigre provision de cinq pains d’orge et deux poissons qui, placés entre des mains toutes puissantes, ont permis de nourrir toute une foule d’environ cinq mille hommes (Jean 6).

D’autres enfants ont été ressuscités par un miracle démontrant que Dieu a tout pouvoir pour donner la vie à un mort. Ce fut le cas du fils de la Sunamite, elle qui, dans l’amertume de son âme pouvait dire par une foi invincible : « tout va bien ».

Le Seigneur a ressuscité la fille de Jaïrus, qui, possédant une nouvelle vie, reçoit la nourriture dont elle a besoin (Luc 8. 54 à 56). Dans le cas du fils unique de la veuve de Nain, à la voix puissante du Fils de Dieu, le mort se leva de son séant et commença à parler : Il devint un témoin pour la gloire de Dieu (Luc 7. 11 à 16).

Certains jeunes gens isolés ont pris une ferme décision dans leur cœur pour Dieu. Ce fut le cas de Joseph et de Daniel qui ont été gardés purs de toute souillure de chair et d’esprit. Le premier déclare : « comment pécherais-je contre Dieu ? » alors que le second arrêta dans son cœur de ne pas se souiller par les mets délicats du roi. D’autres enfants ont été mis à part pour Dieu dès avant leur naissance. Nous pensons à Samson, à Samuel, à Jean le baptiseur qui ont été élevés par des parents pieux, loin des influences mondaines.

Quelques enfants ont été formés dans le secret de leur enfance pour régner sur le peuple de Dieu. Nous pouvons citer David dont Dieu déclare qu’il est un homme selon son cœur qui fera toute Sa volonté (Act. 13. 22).

On peut aussi ajouter Joas qui commença à régner étant âgé de sept ans. « Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, tous les jours que Jehoïda le sacrificateur, l’instruisit » (2 Rois 12. 2).

Quant à Josias, il monta sur le trône dès l’âge de huit ans, et l’Écriture souligne aussitôt qu’il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, et marcha dans toute la voie de David, son père, et ne s’en écarta ni à droite ni à gauche (2 Rois 22. 2).

Citons enfin Ismaël, fils d’Abraham, qui est une figure du vieil homme qui n’est pas changé par la venue d’Isaac. « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean 6. 63). « Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3. 6). Il n’y a qu’un remède : « chasser le fils de la servante », c’est-à-dire avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses… et avoir revêtu le nouvel homme (Éph. 4, 22 à 24).

Quel est donc aujourd’hui, au seuil d’une nouvelle année, le message de la Sagesse pour tout enfant ? N’est-ce pas : « Mon fils, donne-moi ton cœur » ? (Prov. 23. 26).

Pour la vie de notre corps terrestre, le cœur est un organe essentiel. Pas de vie possible s’il s’arrête. Et sur le plan spirituel, le cœur est le siège des affections et des motifs. S’il est vrai que nous sommes invités à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu (Rom. 12. 1), une telle consécration ne peut être arrêtée que dans le cœur renouvelé du racheté. Pourquoi Dieu demande-t-il le cœur de ses fils et de ses filles ? N’est-ce pas pour le remplir de son amour ?

Jésus frappe à la porte du cœur en disant : « Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui… » (Apoc. 3. 20). Aurais-tu une part plus excellente que la présence de Jésus dans ton cœur ? Ne déborde-t-il pas alors de bonheur ?

Certes Dieu nous a donné un cœur pour Le connaître (Jér. 24. 7), mais Il désire le posséder pour orienter Lui-même toute notre vie.

Mais notre cœur est perméable à toutes sortes d’influences. Il est vulnérable : une vigilance continuelle est nécessaire, car un objet quel qu’il soit peut prendre la place de Christ. C’est pourquoi Dieu déclare : « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23).

Satan, le grand adversaire, est l’ennemi de nos âmes. Il utilise toutes sortes d’artifices et de ruses pour nous faire broncher, et pourtant nous sommes sauvés par la grâce, par la foi en la vertu du sang de Christ. Il ne pourra jamais nous ravir de la main du bon Berger ; mais par ses séductions subtiles, il essaie d’accaparer le cœur en offrant des choses qui paraissent belles et bonnes ; et le Seigneur aura la seconde place et bientôt la dernière.

Savez-vous que nous sommes caractérisés par ce que nous aimons ? Ce qui remplit nos cœurs influence notre conduite, nos pensées, nos paroles et nos actes. Ou bien Christ est vu dans nos vies, ou bien c’est le moi dont les trois piliers sont : l’orgueil, la propre volonté et l’égoïsme.

Les trois clés de Satan pour séduire le cœur des hommes sont : la convoitise des yeux, la convoitise de la chair et l’orgueil de la vie. Puissions-nous vaincre l’ennemi en nous appuyant, comme le Seigneur, sur la Parole de Dieu, tout en réalisant l’exhortation : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2. 15).

Ève dans le jardin a écouté la voix du tentateur, tout en désobéissant à son Créateur qui l’avait comblée de bienfaits. Le monde est rempli de choses attrayantes pour notre cœur. Si quelque chose m’éloigne du Seigneur Jésus, ne devrais-je pas le rejeter ? Est-il glorifié si je fais ceci ou cela, si je vais dans tel lieu où Lui ne pourrait pas m’accompagner ?

Regardons au Seigneur, fixons les yeux sur Lui. « Toute sa personne est désirable ». Comme Lui, dans la sincérité du cœur, exprimons cette prière : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » (Ps. 16. 1). Puissions-nous tout confier au Seigneur dans nos vies, « et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 7).

Il n’y a plus de place pour le monde quand Jésus remplit un cœur.

Le baptême de Jésus.

Nous nous proposons, si Dieu le permet, de considérer dorénavant quelques scènes des Évangiles qui présentent la personne glorieuse du Seigneur Jésus, venu en grâce, comme l’Homme-Dieu : au milieu des pécheurs.

Dieu, qui est lumière et amour, a voulu se révéler en Christ. « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ. Personne ne vit jamais Dieu. Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1. 17).

Celui qui est le Fils de Dieu, l’Envoyé du Père, est aussi le Fils de l’homme, le Prophète, le Serviteur par excellence, le Témoin fidèle. L’homme pécheur l’a rejeté, alors que Jésus se présentait à lui dans son humanité parfaite, humble et débonnaire. Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises.

Mais ce rejet a été le moyen par lequel le salut est offert à quiconque. La rédemption était nécessaire, et pour la gloire de Dieu et pour le salut de l’homme.

Jésus a été le glorieux rédempteur au terme d’une vie toute entière consacrée à Dieu et au bien de l’homme. « Le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde » (1 Jean 4. 14). Peux-tu dire avec certitude : Jésus est mon Sauveur, Il est mort pour moi ?

Les quatre évangiles présentent la vie du Seigneur dans ses actes et ses paroles. Au cours de ces quatre récits, Ses gloires variées, en une parfaite harmonie, Le rendent précieux à nos âmes.

Dans l’évangile selon Matthieu Il est présenté comme étant le Messie promis au peuple d’Israël : « Voici, ton roi vient à toi », dit le prophète (Zach. 9. 9).

Marc souligne les traits du Serviteur : « Voici, mon serviteur agira sagement », dit un autre prophète (És. 52. 13).

Quant à Luc, il place devant nous Celui qui a été l’homme parfait (Zach. 6. 12), le second homme, le dernier Adam, remplaçant Adam, l’homme qui avait péché. Il a hérité, sur le fondement de la rédemption, de tout ce qui a été perdu par le premier homme. Par sa mort sur la croix Il est à même de sauver quiconque croit et acquiert le droit de dominer sur tout l’univers, selon que l’annonce le psaume 8.

Jean enfin présente le Fils de Dieu, l’Envoyé du Père, Dieu manifesté en chair, le Créateur de toutes choses (És. 40. 10).

A l’aide de quatre récits inspirés par l’Esprit de Dieu, les évangélistes rapportent la vie parfaite de Jésus en relation avec le caractère propre de chaque évangile. Petit enfant, Il a vécu à Bethléhem. Il a grandi à Nazareth.

Au cours de son ministère, Dieu l’ayant oint de l’Esprit Saint et de puissance, Il a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui (Act. 10. 38). Puis, pour nous donner la vie éternelle, Il est mort sur la croix, nous rachetant par son précieux sang.

Ayant environ trente ans, Jésus quitte l’atelier de Nazareth où Il exerçait la profession de charpentier (Marc 6. 3). Il se rend auprès du Jourdain, là où Jean le Baptiseur adressait de vibrants appels à la repentance auprès du peuple, pour le préparer à recevoir le Seigneur et lui donner la connaissance du salut.

Jean baptisait ceux qui croyaient ses paroles et confessaient leurs péchés. Mais voici que Jésus demande, lui aussi, à être baptisé. Jean, qui Le reconnaît, dit : « Moi, j’ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! » (Mat. 3. 14).

En accueillant Jésus, il avait dit : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29). Jésus n’avait donc aucun péché à confesser, Il n’avait par conséquent nul besoin de se repentir.

Pourquoi donc un tel baptême ? Écoutons Sa réponse : « Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d’accomplir toute justice ».

Cette scène met en relief le mystère ineffable de la grâce. Jésus, s’associant aux pécheurs repentants, donne son approbation à ceux qui s’humiliaient devant Dieu. Il est écrit : « C’est à celui-ci que je regarderai : à l’affligé, et à celui qui a l’esprit contrit et qui tremble à ma parole » (És. 66. 2).

Ainsi Jésus trouve son plaisir en ceux qui se repentent. Au cours de son ministère Il s’occupera de ces petits, de ces pauvres, de ces méprisés de la terre. Il était juste qu’ils fussent baptisés et Jésus les accompagnait en grâce dès leurs premiers pas dans ce chemin nouveau.

Et maintenant nous assistons à un spectacle merveilleux. Il s’est produit pour la première fois sur la terre. « Et Jésus, ayant été baptisé, remonta aussitôt, de l’eau ; et voici, les cieux lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venir sur lui. Et voici une voix qui venait des cieux, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 16 et 17).

Est-il possible, que l’homme parfait soit confondu avec les autres hommes ? Non, Dieu proclame qu’Il Le reconnaît comme étant son Fils. Il déclare son amour pour Lui, car Il est l’homme de ses conseils et les délices de son cœur. Dieu a pu trouver son plaisir dans l’Homme Christ Jésus, ce qu’Il n’avait jamais trouvé en aucun homme.

Dans ce passage sublime, la Trinité est révélée. Le Père envoie le Saint Esprit sur la personne du Fils. Une telle révélation est caractéristique du christianisme. Le Fils révèle le Père, car personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils (Mat. 11. 27).

Le Saint Esprit est le sceau par lequel Dieu rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (Rom. 8. 16). Dans cette intime relation avec Dieu nous avons part aux bénédictions les plus excellentes, les bénédictions célestes.

Quant au Seigneur, scellé du Saint Esprit en vertu de ses propres perfections, Il entreprendra son ministère auprès des hommes souffrant sous les conséquences du péché.

Pour le chrétien le Saint Esprit vient habiter en son corps à la suite de l’œuvre rédemptrice de la croix. Sur Lui, en tout point parfait, l’Esprit de Dieu descend comme une colombe, symbole de pureté, de grâce et d’humilité.

Quel plaisir trouves-tu dans le Seigneur Jésus ? Est-Il ton Sauveur, ton Berger, ton Ami, ton Seigneur ? N’est-Il pas digne que tu l’honores sur cette terre en vivant pour Lui dans l’attente de Son retour ?

Les trois tentations de Jésus (Mat. 4. 1 à 11 ; Marc 1. 12 et 13 ; Luc 4. 1 à 14).

« Or Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert, étant tenté par le diable quarante jours » (Luc 4. 1 et 2).

Dans la scène précédente, nous avons contemplé le Seigneur Jésus prenant sa place de serviteur au milieu des pécheurs repentants, ces excellents de la terre qui faisaient toutes ses délices selon l’expression du Psaume 16.

Puis le ciel s’étant ouvert sur Lui, Il avait été reconnu du Père comme son Fils bien-aimé. A la suite de son baptême, il fut scellé du Saint Esprit pour subir comme homme la tentation de Satan.

Adam, placé dans un jardin de délices en Éden, comme chef de la création, jouissait d’un bonheur parfait, dans un état d’innocence. Comme créature de Dieu, il était responsable d’observer la défense de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, mais il pouvait manger librement de tout autre arbre du jardin. Malgré ces heureuses circonstances, il succombe à la tentation de Satan qui a réussi par son mensonge à semer le doute dans son cœur au sujet de l’amour de Dieu.

Par l’intermédiaire de sa femme, il fut tenté de considérer comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, en connaissant le bien et le mal. Il désobéit à Dieu en écoutant le tentateur. Se plaçant follement sous le pouvoir de ce maître dur et cruel, il entraîne toute sa race dans le péché et dans la mort.

Le fruit défendu était bon à manger, un plaisir pour les yeux et désirable pour rendre intelligent. L’homme est vaincu par la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie.

Mais dès la chute de l’homme, Dieu annonce la défaite de Satan car la semence de la femme lui briserait la tête (Gen. 3. 15). C’est pourquoi Christ, le second Homme, envoyé du ciel par son Père, s’est présenté à l’homme pécheur.

Le monde sous les conséquences du péché n’est rien d’autre qu’un désert habité par les bêtes sauvages. En entrant dans un tel monde, Jésus déclare : « Voici, je viens… c’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 7 et 8). Il est prêt à servir son Dieu étant plein de l’Esprit. Mais tout d’abord il doit rencontrer l’Adversaire dans le désert où il est tenté pendant quarante jours de jeûne.

Le nombre quarante dans la Parole est en rapport avec l’épreuve complète de l’homme. Mais Jésus, comme homme parfaitement obéissant, dans la solitude du désert et dans une extrême faiblesse, a vaincu Satan par l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. Il est notre Modèle parfait pour toutes nos tentations extérieures venant de l’Ennemi.

Nul d’entre vous n’ignore que Satan, le tentateur, cherche continuellement à nous pousser au mal, essayant de nous séduire par ses ruses (2 Cor. 11. 3 ; 1 Thess. 3. 5).

Il sait utiliser habilement le monde attrayant pour nous éloigner de Dieu (1 Jean 2. 15 à 17) et les convoitises de la chair selon ce que déclare Jacques 1. 14 : « Chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise… enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort ». Mais « Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pouvez supporter, mais avec la tentation il fera aussi l’issue afin que vous puissiez la supporter » (1 Cor. 10. 13).

Étant donné notre faiblesse, notre ressource n’est-elle pas de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation ? (Mat. 26. 41).

Devenu homme, Christ a souffert lui-même, étant tenté en toutes choses comme nous à part le péché. Il est à même de secourir ceux qui sont tentés et de sympathiser à leurs infirmités (Héb. 2. 18 et 4. 15).

Participant au sang et à la chair, Jésus a tout ressenti avec un cœur d’homme d’une sensibilité parfaite. Homme de douleurs, Il a connu le trouble, la tristesse, l’angoisse. Outre les souffrances morales, Il a éprouvé nos infirmités, la fatigue, la faim et la soif. Il a rencontré la contradiction des pécheurs contre lui-même et les artifices de l’Ennemi. Tenté par le diable, tenté par les hommes méchants et même par ses disciples, rien ne lui a été épargné.

C’est au moment où Jésus a faim, après quarante jours de jeûne, que Satan essaie de le faire dévier du chemin de l’obéissance à la Parole de Dieu. N’était-il pas venu pour faire la volonté de Dieu et délivrer l’homme pécheur de l’esclavage du diable ?

Alors que Dieu venait de proclamer que Jésus était son Fils bien-aimé, Satan ose lancer son défi : « Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain » (Luc. 4. 3). Vous comprenez certainement que Jésus aurait pu satisfaire sa faim, comme le suggérait Satan, en commandant que la pierre devienne du pain. Mais n’ayant pas une parole de son Père, Il aurait agi selon une volonté propre, indépendante de Dieu. Cela était impossible pour l’Homme parfaitement dépendant, car Il faisait toujours les choses qui plaisent au Père (Jean 8. 29).

Jésus ne pouvait céder à la subtile perfidie du diable et il ne raisonne pas avec lui. Sa réponse s’appuie sur les déclarations de l’Écriture : « Il est écrit que l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu » (Luc 4. 4 ; Deut. 8. 3).

L’obéissance à Dieu est prioritaire par rapport à la satisfaction des besoins légitimes de son corps. La dépendance de Jésus était telle qu’il s’attendait à son Père pour recevoir sa nourriture. Il faisait tout pour la gloire de Dieu (1 Cor. 10. 31).

N’oublions pas que l’homme a une âme précieuse dont la seule nourriture bienfaisante est la Parole de Dieu. Satan est impuissant devant celui qui utilise la Parole écrite et lui obéit. Si elle demeure en nous, nous pourrons vaincre le méchant comme Jésus l’a fait (1 Jean 2. 14). « Celui qui est né de Dieu se conserve lui-même, et le méchant ne le touche pas » (1 Jean 5. 18).

Quelle leçon pour chacun de nous ! Il est possible de réduire Satan au silence par un seul verset cité dans la puissance de l’Esprit.

Vous remarquerez aussi combien il est important de méditer, de connaître et de garder dans son cœur toute la Parole de Dieu.

Lisons et relisons les Saintes Écritures. Apprenons par cœur de précieux versets pour résister au diable, étant fermes dans la foi (Jac. 4. 7 ; 1 Pier. 5. 9).

Cette première citation du Seigneur rappelle que Dieu avait donné à son peuple affamé la manne comme nourriture du désert. La Parole doit être pour nous comme le pain que nous consommons pour les besoins de nos corps. C’est elle qui nourrit notre âme. Elle inspire nos pensées, nos paroles et nos actes, guide toute notre vie.

Jésus a vaincu Satan comme Homme obéissant, avec la seule arme qui est aussi entre nos mains : la Parole écrite. Puissions-nous écouter dans une humble dépendance toute parole qui sort de la bouche de Dieu ! « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11. 28).

Les tentations de Jésus (Mat. 4. 1 à 11 ; Marc 1. 12 et 13 ; Luc 4. 1 à 14).

Lors de la première tentation, Jésus a triomphé de l’adversaire par l’obéissance simple et ferme, réalisant que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Il était soutenu par une confiance parfaite dans le sentier de l’obéissance. En toute dépendance, Jésus vit de la Parole et dans sa confiance en Dieu, Il se refuse de le tenter en le mettant à l’épreuve pour s’assurer de sa fidélité.

Vous remarquerez que les deux dernières tentations sont inversées par les deux évangélistes Matthieu et Luc. Le premier donne probablement l’ordre historique. Lorsque Jésus a dit : « Va-t’en Satan », l’ennemi n’a plus rien à répliquer. Par contre, Luc présente les tentations selon un ordre moral. Commençant par la tentation charnelle correspondant à ce qu’exigent les besoins du corps, il continue par la tentation mondaine et achève par la tentation spirituelle, la plus subtile des trois.

Malgré son premier échec, le diable poursuit ses assauts. Il mena Jésus « sur une haute montagne, lui montrant, en un instant, tous les royaumes de la terre habitée. Et le diable lui dit : Je te donnerai toute cette autorité et la gloire de ces royaumes ; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi » (Luc 4. 5 à 7).

Le monde et toute sa gloire, objet de la convoitise de l’homme, est bien le domaine de Satan, à la suite de la chute de l’homme qui a transgressé la parole de Dieu en Éden. C’est sur ce terrain que Satan a voulu amener Jésus, le tentant par la gloire du monde.

Mais Jésus aura un jour, comme Fils de l’homme, la domination de tout l’univers ; les royaumes du monde Lui seront assujettis et Il recevra la gloire et l’honneur des nations (Dan. 7. 13 et 14 et Apoc. 21. 26). Ce sera la conséquence de son obéissance jusqu’à la mort de la croix où la victoire sur Satan est définitivement remportée.

Jésus ne pouvait pas recevoir cette gloire du diable, ni lui rendre hommage. Refusant de reconnaître l’autorité de l’adversaire, Il se soumet entièrement à l’autorité de la Parole écrite. Pour la deuxième fois il déclare : « Il est écrit » : « Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Deut. 6. 13).

Que la crainte et l’amour de Dieu demeurent dans nos cœurs avec toute leur puissance sanctifiante pour que toute gloire revienne à Celui qui seul est digne d’être adoré et servi en toute pureté !

En essayant de détourner Jésus de la croix, Satan pensait retenir l’héritier et l’héritage sous son pouvoir. Mais il fallait que le Christ souffrît avant d’entrer dans sa gloire (Luc 24. 26). Pour établir son royaume, il fallait sa mort et sa résurrection.

Pour nous aussi, héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, c’est le temps de l’humiliation : « si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui (2 Tim. 2. 12 ; Rom. 8. 17).

(Note du lecteur : souffrir, d’une manière générale, nous conduit au règne ; souffrir avec lui nous conduit à la gloire avec lui).

L’ennemi essaie de nous tenter en se servant de tout ce qui tend à nous élever dans le monde : honneurs, richesses, pouvoir… Puissions-nous résister à ces séductions, sachant que quand Christ qui est notre vie, sera manifesté, alors nous aussi nous serons manifestés avec lui en gloire (Col. 3. 4).

Avec quelle énergie de foi Abraham refuse les offres du roi de Sodome ! (Gen. 14. 21).

Que nous gardions le caractère de pèlerins et d’étrangers dans ce monde ! Comment pourrions-nous accepter les avantages mondains, l’amitié du monde que Satan offre si nous devions perdre la communion avec Dieu ? Rappelons-nous sans cesse que notre Modèle a vaincu Satan non par une puissance divine, mais par son obéissance à la Parole de Dieu.

Enfin Satan amena Jésus à Jérusalem, et le plaça sur le faîte du temple et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas ; car il est écrit : « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, pour te garder ; et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre » (Ps. 91. 11 et 12).

Remarquons avec quelle audace Satan peut citer l’Écriture. Il n’est jamais plus dangereux que dans ce cas-là. Le psaume évoqué exprime une promesse divine selon laquelle le Messie serait gardé par Dieu, malgré toute la puissance du mal.

Satan se garde bien de citer le verset 13 qui rappelle sa défaite, mais il incite le Seigneur à vouloir obtenir les promesses de Dieu en dehors du chemin de l’obéissance. C’est pourquoi le Seigneur répond aussitôt : « Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » (Deut. 6. 16).

Certes la confiance de Jésus dans les promesses divines est inébranlable, comme Il l’exprime dans le Psaume 16. 1 : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi ». Jésus n’avait pas besoin de mettre Dieu à l’épreuve pour savoir si ce qu’Il disait était vrai.

Si j’ai foi en Dieu, je compte sur Lui pour le moment où sa promesse se réalisera sans que ma volonté propre ait à intervenir. Que la grâce nous soit accordée, jour après jour, de marcher avec la hardiesse de la foi dans le chemin de l’obéissance en regardant uniquement à Celui qui a dit : « Moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » ! (Jean 8. 29).

Nous pouvons toujours compter sur les promesses divines et sur la protection de Dieu tant que nous sommes dans le chemin de sa volonté, c’est-à-dire de l’obéissance à sa Parole. Relisons ce remarquable Psaume 91 dont nous pouvons souligner deux expressions s’appliquant au Messie : « Parce que toi tu as mis l’Éternel, mon refuge, le Très-haut, pour ta demeure, aucun mal ne t’arrivera… parce qu’il a mis son affection sur moi, Je le délivrerai » (v. 9 et 14).

Jésus, homme dépendant, plein de l’Esprit Saint, jouissait intimement de l’amour de Dieu. C’était son secret. Pour nous, l’amour de Dieu s’exprime par la mort de son Fils et il est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint (Rom. 5. 8, 5). Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, ni de l’amour de Christ. Vivons dans cet amour, n’adressant pas à Dieu le défi de la méfiance et de l’incrédulité !

Toutes les ruses de Satan ne font que mettre en relief les perfections morales du Seigneur Jésus : obéissance, dépendance et confiance en Dieu seul. En toutes choses cet homme parfait reste notre modèle. Que nos yeux soient fixés sur Lui seul qui réglait sa conduite d’après la Parole de Dieu, agissait dans la puissance du Saint Esprit et gardait comme seul motif dans son cœur la volonté de Dieu.

Ayant accompli toute tentation, le diable se retira d’avec lui pour un temps. Et Jésus s’en retourna en Galilée, dans la puissance de l’Esprit pour y exercer son ministère de grâce (Luc 4. 13 et 14), tout comme il était plein de l’Esprit Saint en venant dans le désert pour y être tenté.

Puisque Dieu trouvait tout son plaisir en cet homme parfait, comment nos cœurs ne seraient-ils pas touchés par les grâces de Sa personne ?

Jésus, l’Agneau de Dieu (Jean 1. 29 à 40).

Vous devez savoir que l’évangile de Jean révèle Dieu lui-même dans la Personne de son Fils. « Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (v. 18). Nous voici devant la Parole qui était auprès de Dieu, et qui était Dieu.

Cette Parole créatrice, source de la vie et de la lumière, est venue dans le monde. C’est le mystère de la piété : « la Parole devint chair… (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité » (v.14).

Ainsi dès le premier chapitre ses gloires personnelles, éternelles, actuelles et futures sont déployées par le Saint Esprit. Cependant nous lisons avec tristesse que le monde ne l’a pas connu et que les siens ne l’ont pas reçu. Mais tous ceux qui l’ont reçu par la foi, dans leur cœur, sont appelés enfants de Dieu (v. 12).

Par son ministère, Jean Baptiste devait préparer le chemin du Seigneur et le présenter aux hommes. Quand il voit Jésus venant à lui, il dit : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (v. 29).

C’est bien l’Agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde (1 Pier. 1. 19 et 20). Il est l’Envoyé du Père, venant accomplir l’œuvre de notre salut, et régler devant Dieu et pour les hommes la terrible question du péché.

Il vint s’offrir à Dieu en sacrifice. Cette figure symbolique de l’« Agneau » évoque la sainte victime, l’innocence sans protection livrée à l’inimitié et au rejet des hommes pécheurs.

Cet Agneau de Dieu ôte le péché du monde : cela implique toute son œuvre à la croix, mais aussi tout ce qu’Il opère par sa mort, la réconciliation de toutes choses avec Dieu pour l’instauration du règne millénaire, et l’établissement des nouveaux cieux et de la nouvelle terre dans lesquels la justice habite. Ainsi le péché est ôté devant Dieu, l’œuvre étant parfaitement accomplie, mais certains résultats sont encore futurs.

En lisant l’Ancien Testament, on peut être frappé par les nombreux sacrifices offerts pour les péchés. Ils ne pouvaient en effacer un seul, mais ils rappelaient constamment que le péché est entré dans le monde et a régné par la mort.

Ni l’agneau pascal qui a préservé les Israélites de la mort en Égypte, ni les différents sacrifices présentés à Dieu ne pouvaient sauver les âmes. C’est pourquoi il fallait que l’Agneau de Dieu soit immolé.

Une sainte victime devait prendre la place des coupables sous le jugement de Dieu pendant les trois heures sombres de l’expiation, alors que Dieu l’avait abandonné.

As-tu vu dans l’Agneau de Dieu, le Fils de Dieu crucifié, ton Sauveur ? En présence de la croix peux-tu déclarer : Christ a pris ma place, Il est mort pour moi, pécheur ?

Dans son témoignage, Jean présente un deuxième aspect de l’œuvre du Seigneur Jésus : il annonce qu’Il baptise de l’Esprit Saint. Plusieurs d’entre vous savent que ce baptême a eu lieu le jour de la Pentecôte (Act. 2. 1 à 4).

Pour que le Saint Esprit, comme Personne soit envoyé sur la terre, dans l’Assemblée et dans le croyant, il fallait que Christ soit glorifié (Jean 7. 39), c’est-à-dire que l’œuvre de la rédemption soit achevée.

Dès qu’un pécheur accepte par la foi l’évangile, le Saint Esprit vient habiter en son corps (Éph. 1. 13) pour lui donner l’assurance, la connaissance et la jouissance des révélations divines (1 Cor. 2. 10 à 16). Car les choses de Dieu sont révélées, communiquées et reçues par l’Esprit.

Nous avons ensuite un autre témoignage de Jean à l’égard de Jésus. « Le lendemain encore, Jean se tint là, et deux de ses disciples ; et regardant Jésus qui marchait, il dit : Voilà l’Agneau de Dieu ! Et les deux disciples l’entendirent parler, et ils suivirent Jésus » (v. 35 à 37).

Maintenant, c’est Jésus qui est l’objet du cœur de Jean. Il exprime toute sa joie et sa satisfaction en contemplant la marche de l’homme parfait qui est le Fils de Dieu. Le témoignage de Jean est chargé d’amour et de puissance. La dignité et les grâces de Jésus captivent son cœur. Ses paroles produisent un puissant effet : les disciples s’attachent à Jésus et le suivent.

Que votre cœur s’attache à Jésus pour le suivre ! (Ps. 63. 8). Ne désire-t-Il pas gagner nos affections à tel point que nous ne puissions pas rester loin de Lui ?

Il est le Fils bien-aimé du Père, les délices de son cœur. Jean accepte d’être mis de côté pourvu que Jésus soit exalté. L’humilité de ce serviteur ressort du fait qu’il se contentait d’être une voix pour Dieu, et maintenant ses propres disciples suivent Jésus.

Jean pourra dire : « Il faut que lui croisse et que moi je diminue » (Jean 3. 30). Il avait enseigné ses disciples à prier (Luc 11. 1), et maintenant il les amène à Jésus, car son cœur est tout imprégné de Son amour, de Sa grandeur et de Sa beauté. Il rend témoignage à sa Personne et à son œuvre.

Dès lors, l’attrait du Seigneur est irrésistible pour ces deux disciples. A leur tour, ils ont besoin d’une relation personnelle et intime avec Celui qui est l’Agneau de Dieu. Puissions-nous parler l’un à l’autre du Seigneur Jésus et nous encourager à Le suivre, étant animés d’un saint zèle !

« Jésus se retournant, et voyant qu’ils le suivaient, leur dit : Que cherchez-vous ? » C’est la première parole de Jésus, une interrogation s’adressant à notre cœur pour que soit précisé le vrai mobile qui l’anime.

La réponse très claire des disciples ne se fait pas attendre : « Rabbi, où demeures-tu ? Il leur dit : Venez et voyez. Ils allèrent donc et virent, où il demeurait ; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là : c’était environ la dixième heure » (v. 39 et 40).

Au bénéfice de l’œuvre de Christ, son disciple est uni à Lui. Sa personne adorable produit le désir de demeurer avec Lui. Les disciples quittent tout ce qui leur était précieux auparavant. Ils répondent à l’invitation spontanée du Seigneur : Venez et voyez.

Quel jour béni pour eux au-delà de la neuvième heure, la dernière heure de la croix ! Peu importe le lieu où ils se trouvaient puisqu’ils étaient auprès de Jésus. Ils avaient besoin de sa présence et d’entendre ses paroles. Il leur expliquait sans aucun doute dans toutes les écritures les choses qui le regardent.

Vous qui lisez la Parole de Dieu, n’oubliez pas en la sondant avec le secours du Saint Esprit d’y contempler Celui qui en est la clé : le Seigneur Jésus.

Et pour ceux qui n’auraient pas répondu à son appel, voici encore une cordiale invitation :

Ah ! si tu n’as pas vu la grâce et la puissance

De cet Agneau divin qui mourut sur la croix,

Accours : sa douce voix t’appelle avec instance ;

Regarde et crois !

Suivre Jésus (Jean 1. 41 à 52).

Vous vous souvenez du double témoignage rendu par ce fidèle serviteur, Jean Baptiste, au sujet de l’œuvre du Seigneur Jésus : « Voilà l’Agneau de Dieu » (v. 29 et 36) et « C’est celui-là, qui baptise de l’Esprit Saint » (v. 33). Avec quelle sainte joie et quelle réelle satisfaction il prononce de telles paroles !

A peine l’Agneau de Dieu est-il présenté aux deux disciples de Jean que ceux-ci Le suivent, car Jésus a gagné leur cœur. Quelle énergie de foi et d’amour est nécessaire pour suivre le Seigneur dans son dévouement, son obéissance, sa confiance en Dieu, sa marche, son témoignage et son service ! Mais le disciple qui le suit ne peut que déclarer : « Toute Sa personne est désirable » (Cant. 5. 16).

Jésus exerce une puissance d’attraction irrésistible sur le cœur renouvelé de son racheté qui comprend la nécessité de se séparer du monde et du mal. En regardant Jésus marcher, nous contemplons le parfait modèle faisant toujours les choses qui plaisent à Dieu (Jean 8. 29).

Ayant trouvé en Jésus l’objet de son cœur, André désire faire connaître le bonheur de son âme. Il s’adresse à son propre frère Simon avec ces paroles : « Nous avons trouvé le Messie » (v. 42).

André avait été dans la présence de Celui annoncé par Daniel, le prophète, (9. 25 et 26) comme le Messie, l’Oint. Selon le Psaume 2, le Messie doit être établi dans sa gloire ici-bas et, par la puissance de l’Esprit Saint reposant sur Lui, Il délivrera son peuple afin d’établir son royaume.

Puis André mène son frère à Jésus. Voilà l’exemple de ce que dit et fait un disciple effacé ! Il agit, sans faire de bruit, auprès des siens. Notre première activité pour le Seigneur, quand nous sommes nés de nouveau, peut s’exercer simplement dans le cadre de notre foyer en ayant en vue le bien des âmes que nous approchons chaque jour.

Jésus va maintenant s’occuper de Simon. Il pose son premier regard sur lui, un regard pénétrant qui lit dans le cœur. Et selon l’autorité divine qu’Il détient, Il s’adresse à lui : « Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre) » (v. 43). En changeant le nom de ce nouveau disciple, il révèle la position qu’il occuperait comme pierre de l’édifice construit par Christ et fondé sur sa Personne glorieuse (Mat. 16. 18).

Nous venons de souligner quelques aspects essentiels de la vie du croyant actuellement. Il contemple Jésus dans sa marche pour connaître ses perfections, le suit, demeure avec Lui et parle de Lui à ceux qu’il approche.

Avec le verset 44, nous sommes introduits dans une autre période – le second jour – qui suit l’histoire de l’Église, c’est-à-dire l’économie de la grâce envisagée dans les versets précédents. Jésus renoue des relations avec son peuple terrestre à partir d’un petit résidu qui le reconnaît comme le Fils de Dieu, le roi d’Israël.

Lorsque Jésus rencontre Philippe, deux mots suffisent pour engager son cœur : « Suis-moi » (v. 44). « Or Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe trouve Nathanaël et lui dit : Nous avons trouvé celui duquel Moïse a écrit dans la loi et duquel les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth » (v. 45 et 46).

Après l’enlèvement de l’Église, Dieu poussera au sein de la nation juive, rentrée dans son pays, des serviteurs qui proclameront l’évangile du royaume. Ils révéleront que le Christ, autrefois rejeté et crucifié à Jérusalem, doit venir établir son règne de justice et de paix.

Philippe représente ces témoins et il va vers Nathanaël, figure du résidu juif, trouvé sous le figuier, arbre symbolisant Israël dans les Écritures. Ces fidèles messagers auront à faire avec l’incrédulité du peuple, comme celle de Nathanaël : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (v. 47). Mais Philippe lance son appel direct, une parole semblable à celle du Maître à l’égard des disciples de Jean (v. 40) : « Viens et vois » (v. 47).

« Jésus vit Nathanaël venir vers lui, et il dit de lui : Voici un vrai Israélite, en qui il n’y a pas de fraude. Nathanaël lui dit : D’où me connais-tu ? Jésus lui répondit et lui dit : Avant que Philippe t’eût appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais. Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu ; tu es le roi d’Israël » (v. 48 à 50).

Quelle révélation pour Nathanaël d’être en présence d’un Dieu qui connaît toutes choses et en particulier sonde le cœur de tout homme ! Le voile de l’incrédulité est levé, car il y a de la droiture dans le cœur de Nathanaël et il peut à son tour contempler la gloire de Jésus. C’est ce que fait aussi Thomas lorsqu’il reconnaît Jésus ressuscité, à la vue de ses blessures, et lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20. 28).

Jésus continue à révéler ses gloires à celui qui croit. C’est pourquoi il ajoute à Nathanaël : « Tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme » (v. 51 et 52).

Durant le millénium, Christ ne sera pas seulement connu comme le roi d’Israël restauré, mais Il apparaîtra aussi comme dominant sur l’univers tout entier dans sa gloire de Fils de l’homme, telle que le proclame le Psaume 8.

Le Fils de l’homme établira une relation entre les cieux et la terre et il sera servi par les anges montant et descendant sur Lui, comme ce fut le cas pour Jacob dans le songe de Genèse 28. Et le gouvernement du règne millénaire sera exercé par le Fils de l’homme et non par les anges aussi glorieux soient-ils, car toute suprématie Lui revient à cause de l’œuvre de la rédemption. Déjà, par la foi, nous voyons Jésus couronné de gloire et d’honneur (Héb. 2. 9).

Ce chapitre nous a occupés de nombreux titres de gloire du Seigneur Jésus. C’est un sujet inépuisable. Il est la Parole, Dieu, Créateur, vie, lumière, Fils unique, Agneau de Dieu, Fils de Dieu, le Messie ou Christ, Jésus, Roi d’Israël, Fils de l’homme.

S’Il est appelé à gouverner le monde entier, comme Fils de l’homme, n’est-il pas précieux à nos cœurs de Le reconnaître aujourd’hui comme notre cher Sauveur et le Seigneur de notre vie. Chacun de nos lecteurs peut-il en toute certitude joindre sa voix à la voix de Jean : « Voilà l’Agneau de Dieu ! » (v. 36)

Puissions-nous Le suivre fidèlement, alors qu’Il est encore méprisé, en attendant d’être autour de Lui pour Le contempler dans toute sa gloire pendant l’éternité.

Les noces de Cana (Jean 2, 1 et 2).

« Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là. Et Jésus fut aussi convié à la noce, ainsi que ses disciples » (Jean 2. 1 et 2).

Nous n’avons guère de détails sur cette noce. Rien n’est déclaré au sujet des époux, ni des parents et amis présents, si ce n’est que Jésus et ses disciples y étaient invités.

C’est un privilège de pouvoir tout partager avec le Seigneur dans les différentes circonstances de notre vie. Le Seigneur serait-il libre de dire à chacun de nous comme à Zachée : « Il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » ? (Luc 19. 5). Et il est ajouté que Zachée le reçut avec joie.

« Et le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin. Jésus lui dit : Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira ».

La mère de Jésus évoque Israël d’où Christ est issu. Parmi ce peuple, ceux qui avaient reconnu le Seigneur comme Messie s’attendaient à voir son règne établi. Mais dans son infidélité, cette nation s’était détournée de Dieu au temps où Jésus vint sur la terre. Dans un tel état le vin ne pouvait que manquer. En effet, le vin dans l’Écriture est le symbole de ce qui procure la joie, qu’il s’agisse de Dieu ou des hommes (Jug. 9. 13 ; Ps. 104. 15).

Bien que présenté à son peuple, le Messie n’a pas été reçu des siens. Méprisé, rejeté, Il fut crucifié par ceux auxquels Il venait apporter le bonheur qui leur faisait défaut. C’est seulement au moment de l’établissement du règne millénaire que Dieu procurera à son peuple terrestre la jouissance des bénédictions fondées sur l’œuvre expiatoire de Christ.

Jésus devait livrer son âme à la mort. Il l’exprime dans la réponse à sa mère : « Mon heure n’est pas encore venue ». C’est l’heure de Sa mort fréquemment annoncée dans cet évangile (7. 30 ; 8. 20 ; 12. 23 et 27 ; 13. 1 ; 17. 1).

La mort de Christ était indispensable pour en finir avec l’homme en Adam et résoudre entièrement la terrible question du péché devant la justice et la sainteté de Dieu. Seul l’Agneau de Dieu sans défaut et sans tache pouvait se substituer au pécheur sous le jugement inexorable de Dieu. Alors la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes (Tite 2. 11), aussi bien au peuple juif qu’à toutes les nations.

Cher jeune lecteur, as-tu reçu dans ton cœur ce grand salut que Dieu offre aujourd’hui à quiconque croit en la vertu du sang précieux de Christ ? Si ta réponse est positive, une joie accomplie peut inonder ton cœur, selon ce que le Seigneur exprime en Jean 15. 11.

Dans son insistance confiante, la mère de Jésus s’adresse aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira » (v. 5). N’est-ce pas le secret de toute bénédiction dans le chemin de la foi ? Dans une autre circonstance, le Seigneur dira : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (13. 17). « C’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil. 2. 13).

Puissions-nous goûter la joie que procure une prompte obéissance au Seigneur ! Avec quelle sainte énergie devrions-nous garder la parole de Celui qui est le Saint et le Véritable ! (Apoc. 3. 8).

En lisant un chapitre des évangiles chacun ne peut-il pas s’interroger : Qu’est-ce que le Seigneur me dit ? Même si nous ne comprenons pas toujours le but de Jésus, soyons assurés que, dans son amour, Il fait tout concourir pour notre bien.

« Or il y avait là six vaisseaux de pierre, pour tenir de l’eau, placés là selon l’usage de la purification des Juifs, pouvant recevoir chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit : Emplissez d’eau les vaisseaux. Et ils les emplirent jusqu’au haut. Et il leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maître d’hôtel » (v. 6 à 8).

C’était le temps où le cœur du peuple, et surtout de ses chefs orgueilleux remplis de haine pour Jésus, était semblable aux vases de pierre dans leur endurcissement. Si la mort de Christ était indispensable, il fallait aussi une œuvre profonde de repentance et de purification à travers un travail de conscience.

Aux derniers jours, les fils d’Israël regarderont vers Celui qu’ils ont percé et ils se lamenteront comme pour un fils unique (Zach. 12. 10 à 14). Dans l’affliction et la souffrance, ils jugeront toute leur idolâtrie passée et le rejet de leur Messie. Et alors leur détresse sera changée en joie à la venue du Seigneur. L’eau deviendra du vin, un vin bien meilleur que le premier.

Pour nous aussi, nous ne pouvons goûter la joie de l’Esprit qu’en nous jugeant nous-mêmes.

Vous remarquerez l’étonnement du maître d’hôtel qui, à l’image de l’homme naturel, estime qu’il faut servir le bon vin le premier et puis le moindre quand on a bien bu (v. 10). C’est bien ainsi que l’homme, dès sa jeunesse, s’empresse de jouir de tout ce qu’offre la vie sur cette terre : plaisirs, richesses et honneurs. Puis avec l’âge se présenteront les soucis, les déceptions, les tristesses et enfin au déclin de la vie, la mort, toutes les conséquences du péché. Le meilleur vin a été bu le premier.

Mais Dieu opère tout autrement : amenant l’homme à constater son entière incapacité à faire le bien. Il agit en grâce et en puissance pour nous donner la vie qui est en Christ, un salut glorieux, source de joies intarissables et éternelles.

Comme l’exprimait un cher frère : « nous sommes enclins à ne nous réjouir qu’avec parcimonie ». Rien dans ce monde de vanités ne peut être comparé à ce que Dieu donne, un bonheur infini, inaltérable pour l’âme rachetée.

« Jésus fit ce commencement de ses miracles à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire ; et ses disciples crurent en lui » (v. 11). Il apporte la bénédiction et la joie millénaires. Les disciples sont une image du résidu juif accueillant le Seigneur à son apparition pour le règne. C’est le troisième jour que ce miracle a lieu pour introduire la joie que goûtera l’Israël de Dieu.

La purification du temple (Jean 2. 13 à 25).

La scène que décrit le passage proposé à notre lecture et à notre méditation, se déroule au début du ministère du Seigneur Jésus. Seul l’évangéliste Jean la présente, alors que les trois autres évangélistes racontent la purification du temple à la fin de ce ministère, après l’entrée triomphale du Messie à Jérusalem (Mat. 21 ; Marc 11 ; Luc 19).

Nous pouvons être frappés par le déploiement de l’autorité et de la puissance de Christ. Lors de la noce de Cana, Jésus a magnifié la gloire de sa grâce dans le cercle d’une famille, pour y remplir les cœurs d’une sainte joie. Maintenant Il est manifesté publiquement dans le lieu même où Dieu a placé son Nom, le temple où Il désire demeurer au milieu de son peuple.

N’avait-Il pas déclaré lors de la dédicace du temple de Salomon : « Mes yeux et mon cœur seront toujours là » ? (2 Chron. 7. 16) Par un acte d’autorité divine, Celui qui est plus grand que le temple (Mat.12. 6) va faire de l’ordre dans sa maison, en chassant ceux qui faisaient de la religion un trafic. Maintenant, Il est manifesté comme étant la vérité.

C’est au moment où la Pâque des Juifs était proche que Jésus monta à Jérusalem. Ce n’était plus « la Pâque de l’Éternel » (Ex. 12. 11), mais à trois reprises elle est désignée par Jean : « la Pâque des Juifs » (2. 13 ; 6. 4 ; 11. 55). Le caractère de fête à l’Éternel avait été perdu, car le peuple se trouvait avec ses chefs religieux dans une condition morale misérable, et il avait rejeté Celui que l’Éternel lui avait envoyé (Jean 1. 11).

Jésus trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs qui y étaient assis. Ces animaux étaient vendus aux Juifs, venus de régions lointaines pour célébrer la fête, désireux d’offrir des sacrifices (Deut. 14. 24 à 26).

Les changeurs fournissaient la monnaie légale du temple contre des monnaies étrangères et avaient l’occasion de se livrer à un trafic en pratiquant des taux de change abusifs.

Animé d’une sainte indignation en voyant une telle profanation de la maison de Dieu, Jésus fit un fouet de cordes et les chassa tous hors du temple, et les brebis et les bœufs ; et il répandit la monnaie des changeurs et renversa les tables. Et il dit à ceux qui vendaient les colombes : « Ôtez ces choses d’ici ; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic » (v. 15 et 16).

Ces paroles rappellent celles qu’Il prononça à l’âge de douze ans à ses parents : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » (Luc 2. 49).

Quelle perfection tout au long de sa vie dans ses sentiments constants à l’égard de Son Père, de Son Nom, de Sa maison, et de Sa gloire ! « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1. 18).

Habituellement le Seigneur exerce, en toute humilité, son ministère de grâce et de dévouement auprès des âmes en détresse : par une parole, un contact ou une main tendue, faisant du bien et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; mais ici, Il fait usage de sa puissance pour purifier le temple. Ainsi est préfigurée une autre purification qu’Il accomplira lors de sa seconde venue pour établir le règne millénaire (Mal. 3. 1 et 2).

Lors de cette venue glorieuse, Il remplira de joie le cœur de son résidu ayant traversé la grande tribulation et, à travers des jugements, Il purifiera le temple souillé par les Juifs apostats, pour que le culte soit rendu à Dieu dans le saint lieu. Ce lieu sera aussi une maison de prière pour tous les peuples selon Ésaïe 56. 6 et 7.

En assistant à cette scène, les disciples se souviennent de ce qui était écrit : « Le zèle de ta maison me dévore » (Ps. 69. 9). Son ardent dévouement pour la maison de son Dieu, pour son service et pour ses intérêts, Le conduira à une obéissance absolue jusqu’à la mort de la croix.

Quelle souffrance étreignait son âme à la vue de ces hommes profanant le temple, ayant le cœur asservi à des idoles, oubliant que Dieu, à travers la repentance, désire faire entendre sa voix dans le recueillement de sa présence !

Que le zèle du Seigneur pour la maison de son Père puisse nous stimuler ! Puissions-nous nous encourager par ces paroles : « Suivons-le tous animés d’un saint zèle ! ».

Vous avez sans doute constaté combien rapidement nos affections pour le Seigneur peuvent s’affaiblir. Retenons ce que le Seigneur déclare à l’assemblée d’Éphèse : « J’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour » (Apoc. 2. 4).

Le corps du racheté du Seigneur est le temple du Saint Esprit. « Vous n’êtes pas à vous-mêmes ; car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Cor. 6. 19 et 20). Le Seigneur veut nous délivrer de toute mauvaise habitude, mettre de l’ordre dans nos cœurs afin qu’ils soient gardés de toute idole, et occuper nos pensées de Sa personne et de son œuvre. Le Saint Esprit pourra alors agir en nous avec puissance et nous faire apprécier les richesses insondables du Christ et l’amour du Père.

Surpris de l’autorité du Seigneur en purifiant le temple, les Juifs lui demandent un miracle justifiant son droit à l’exercer. Jésus ne répond pas à leur attente, mais leur donne le signe de sa mort et de sa résurrection par ces paroles : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs donc dirent : on a été quarante-six ans à bâtir ce temple, et toi, tu le relèveras en trois jours ! Mais lui parlait du temple de son corps » (v. 19 et 20).

Jésus était, désormais sur la terre, le vrai temple de Dieu. Par Lui, Dieu habitait au milieu de son peuple, même s’Il reconnaissait le temple comme la maison de son Père.

Cette réponse de Jésus met en évidence la gloire de sa personne divine, ce qui est en accord avec le caractère de l’évangile de Jean. Passant par la mort, c’est Jésus lui-même qui relève le temple de son corps : Il ressuscite le troisième jour. Il laisse sa vie et Il la reprend : Il a le pouvoir de la laisser et de la reprendre (Jean 10. 17 et 18).

Et ses disciples, après sa résurrection, se souvinrent de ses paroles. « Ils crurent à l’écriture et à la parole que Jésus avait dite » (v. 22). Ainsi les paroles de Jésus ont la même valeur que les Écritures.

Les versets 23 à 25 ont un caractère bien solennel, soulignant qu’il est possible de croire superficiellement, par l’intelligence, le cœur et la conscience n’étant pas touchés. Jésus connaît tous les hommes, Il connaît ce qui est dans l’homme. Il connaît la nature morale de l’homme. C’est à ceux qui reconnaissent leur état de perdition, qu’il n’existe pas de bien en eux, qu’Il donne la vie et le pardon. « Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5. 24 ; Rom. 10. 17).

Nicodème (Jean 3. 1 à 12).

Le sujet que nous souhaiterions étudier avec vous, vous concerne tous sans exception. Il est traité au cours d’un entretien remarquable entre le Seigneur Jésus et un des chefs des Juifs, nommé Nicodème. Il s’agit de la nouvelle naissance.

« Mais il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs. Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » (v. 1 et 2).

Pourquoi Nicodème vient-il à Jésus qui est la vie et la lumière ? Il y a un vrai besoin dans son cœur qui le pousse à faire cette rencontre. Pourtant Jésus ne se fiait pas aux hommes qui croyaient en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait. Il connaissait à fond ce qui était dans l’homme (2. 23 à 25).

Nicodème désire sans doute recevoir plus de lumière sur ce que Jésus enseignait, car il Le reconnaissait comme un docteur venu de Dieu.

S’il vient à Jésus de nuit, comme le souligne Jean 3. 2 à 7 ; 7. 50 et 19. 39), c’est que son besoin est réel, même s’il redoute l’opprobre du monde et des chefs religieux. Aller à Jésus de nuit pour écouter sa parole est préférable que de ne pas y aller du tout, car Lui-même a dit : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » (6. 37). Plus tard, Nicodème ne craindra pas d’affirmer la hardiesse de sa foi pour ensevelir le corps de Jésus avec des aromates (19. 39 à 42).

Si Nicodème, tout religieux qu’il fût, ne connaissait encore rien de la vérité, le Seigneur sondait le vrai besoin de son âme : recevoir la vie éternelle, une autre nature que celle de l’homme en Adam. C’est pourquoi Jésus affirme de manière absolue un premier principe de la vérité, propre à heurter les idées juives de Nicodème : « En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (3. 3).

Si on entre dans le royaume des hommes par la naissance naturelle, une nouvelle naissance est nécessaire pour entrer dans le royaume de Dieu. Le Seigneur ne s’adresse pas à l’intelligence de l’homme et Nicodème ne voit qu’avec les yeux de la chair. C’est pourquoi Jésus ajoute une explication : « Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (v. 5 et 6).

La chair, dans ce passage, c’est la nature pécheresse de l’homme qui le caractérise depuis la chute au jardin d’Éden. Elle est inimitié contre Dieu, elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle ne le peut pas (Rom. 8. 7). Dès que nous lui permettons d’agir, nous commettons des péchés. La chair ne peut pas être améliorée, elle reste toujours la chair qui ne peut voir ni entrer dans le royaume de Dieu.

Nicodème est l’exemple de ce que la chair peut produire de meilleur : pharisien, chef des Juifs, docteur d’Israël, saisi d’admiration pour Jésus, croyant à ses miracles. Et cependant il ne comprend rien aux paroles de Jésus : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (v. 4). Il est étonné (v. 7). « Comment ces choses peuvent-elles se faire ? » (v. 9). Et Jésus lui déclare : « tu ne connais pas ces choses ? » (v. 10)… « vous ne recevez pas notre témoignage » (v. 11).

Nicodème, comme chacun de nous, doit être né d’eau et de l’Esprit pour entrer dans le royaume de Dieu, sphère morale où les droits de Dieu sont reconnus et dans lequel on entre par la nouvelle naissance. « Car le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14. 17).

En Jésus, sur la terre, on voyait le royaume de Dieu moralement et en puissance. Si Christ avait été reçu, le royaume aurait été établi sur la terre. Cela aura lieu quand il reviendra. En attendant, ce royaume existe moralement sur la terre. Tous ceux qui sont nés de nouveau en font partie, en jouissent par la puissance du Saint Esprit, et sont appelés à en manifester les caractères dans leur vie.

Pour la nouvelle naissance, une œuvre divine est indispensable. Comme pour la première création que Dieu sortit du néant, il faut l’opération de la Parole et de l’Esprit pour la nouvelle création.

A cause de son action purificatrice, la Parole est comparée à « l’eau ». L’homme est moralement purifié par l’application de la Parole de Dieu qui juge tout par la puissance du Saint Esprit. De nouvelles pensées et affections sont produites et la conscience est purifiée. Une autre nature toute nouvelle, qui vient de Dieu, est communiquée avec d’autres goûts et d’autres désirs, selon la volonté souveraine de Dieu. Le Saint Esprit est la source de cette vie nouvelle.

Le Seigneur pouvait dire à ses disciples (à l’exclusion de Judas) : « Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite » (Jean 15. 3).

Et à propos de l’assemblée : Il la sanctifie, en la purifiant par le lavage d’eau par la parole (Éph. 5. 26).

Sur la croix, lorsqu’un des soldats perça le côté du Seigneur avec une lance, aussitôt il en sortit du sang et de l’eau (Jean 19. 34). C’est l’expiation par le sang et la purification par l’eau. « Ce qui est né de l’Esprit est esprit » et participe de la nature divine : Par cette nouvelle vie spirituelle, l’homme entre dans le royaume de Dieu.

Voilà une vérité absolue soulignée par le Seigneur : « Il vous faut être nés de nouveau » (v. 7) ! C’est une nécessité impérative à cause de la nature pécheresse de l’homme en Adam, soit de chacun de nous dès notre naissance.

Maintenant Dieu agit par son Esprit, selon cette expression : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (v. 8). Remarquons que ce verset concerne tout homme et non pas seulement le Juif. C’est tout le grand mystère de la piété, selon 1 Timothée 3. 16, reçu dans le cœur.

Nicodème ne comprenait pas ces choses, annoncées pourtant par Ézéchiel 36. 24 à 26. Sans la nouvelle naissance, Israël ne pouvait entrer dans le règne millénaire. Il ne suffisait pas d’être enfant d’Abraham, selon la chair, pour être au bénéfice des promesses. Car l’état de péché du Juif, comme de tout homme, offensait le Dieu juste et saint.

Bien que docteur d’Israël, Nicodème était ignorant à l’égard des pensées de Dieu et de son propre état devant Lui.

Ainsi personne ne pouvait recevoir le témoignage de Jésus venu du ciel en parfaite communion avec son Père : « Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu » (v. 11 et 12). La foi était indispensable pour recevoir ce témoignage. « Comment croirez-vous, si je vous parle des choses célestes ? »

Les choses terrestres concernaient le règne de Christ sur la terre, objet de la prophétie. Les choses célestes, non révélées dans l’Ancien Testament, sont relatives à la partie céleste du royaume et à la vie éternelle. Voilà ce que Jésus annonçait tout en venant accomplir l’œuvre de la croix !

Cher jeune lecteur, as-tu répondu, par la foi, à l’appel de Jésus ? Es-tu né de nouveau ?

Nicodème (Jean 3. 13 à 21).

Dans la première partie de l’entretien du Seigneur Jésus avec Nicodème, nous avons vu l’absolue nécessité pour l’homme d’être né de nouveau s’il veut voir le royaume de Dieu ou y entrer.

Cette nouvelle nature, qui diffère entièrement de la vieille nature, est produite par la parole de Dieu appliquée à la conscience par la puissance du Saint Esprit.

Comme vous pouvez le constater par expérience, notre nature adamique est mauvaise, corrompue et incapable de toute amélioration. C’est alors que l’âme regarde à Jésus, croit en Lui et reçoit la vie éternelle. Jésus Lui-même déclare : « Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jean 6. 47).

En venant sur la terre, Jésus, « le Fils de l’homme qui est dans le ciel », apportait la connaissance de ce qui est dans le ciel. Mais comment l’homme pouvait-il en profiter ? Ayant rompu tout lien avec Dieu par sa désobéissance, cet homme pécheur était perdu, coupable et souillé. Il ne pouvait se tenir devant Dieu et par conséquent il n’y avait pour lui aucun accès possible au ciel. Et pourtant, Dieu dans son dessein de grâce voulait y avoir des hommes sauvés et parfaits.

C’est pourquoi Jésus va présenter à Nicodème la nécessité de Son œuvre rédemptrice, empruntant à l’Ancien Testament un symbole remarquable et bien connu de son interlocuteur.

Le signe de sa mort était clairement annoncé en Nombres 21. 5 à 11. Israël, ayant murmuré contre Dieu dans le désert, fut châtié par le terrible fléau de la morsure des serpents brûlants. Il mourut un grand peuple. Alors le peuple se repentit, confessa son péché, et supplia Moïse d’intercéder pour lui. En réponse à cette requête, le serviteur de Dieu reçut l’ordre d’élever sur une perche un serpent d’airain. Et tous ceux qui, ayant été mordus, crurent la promesse de Dieu en regardant le serpent d’airain, furent guéris.

De même, tous les hommes sont mortellement atteints par le péché. Le remède qui procure la guérison est présenté par Jésus : « Il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (3. 15).

Il n’y a qu’un moyen pour répondre aux exigences d’un Dieu juste et saint, offensé par le péché de l’homme : il faut que le fils de l’homme soit élevé sur la croix (8. 28 ; 12. 32 et 33). Il faut Sa mort expiatoire pour ôter le déshonneur causé à Dieu par le péché. Jésus, le Fils de l’homme, prend la place des coupables sous le jugement de Dieu. « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5. 21).

Ainsi, Jésus est mort afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas dans son péché, comme les Israélites coupables au désert, mais qu’il ait la vie éternelle. Le serpent d’airain est un type de Celui qui a été fait péché pour nous sur la croix.

L’airain est le symbole de la justice de Dieu exigeant le jugement contre le péché. Le serpent d’airain élevé sur une perche ne rappelait-il pas le jugement sur ce qui avait entraîné la mort du peuple ? Il suffisait au mourant de jeter un regard de foi vers lui pour être sauvé. Et tout pécheur repentant obtient par la foi le pardon de Dieu, la délivrance de Son jugement et la vie éternelle.

Sans la foi, le pécheur, sous les conséquences de la morsure du serpent ancien, ne verra pas la vie, et la colère de Dieu demeure sur lui. Il portera les conséquences éternelles de ses péchés.

Avec le verset 16 nous avons le résumé de tout l’évangile ! Que le Saint Esprit l’inscrive en chacun de vos cœurs ! Si vous ne l’avez pas encore fait, apprenez-le par cœur.

Dans le don inexprimable de Jésus sur la croix, il y a la révélation de l’amour éternel de Dieu. Cet amour est la source d’un si grand salut. « Dieu a tant aimé le monde », un monde déchu, révolté contre Lui. C’est à toute l’humanité sous les conséquences du péché qu’un tel amour était destiné.

Dieu, qui est amour, a donné son Fils unique, ce qu’Il avait de plus cher. Il n’a pas épargné son propre Fils, mais L’a livré pour nous tous. Comment ne nous fera-t-Il pas don aussi, librement, de toutes choses avec Lui ? (Rom. 8. 32)

« Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8). Le même chapitre rappelle que Christ est mort pour des impies et des ennemis. C’est pour les délivrer et leur communiquer la vie éternelle, que Dieu a abandonné Son propre Fils.

Pour que tout homme ne périsse pas dans son péché, il lui suffit de croire en Son Fils. Il ne méritait que le jugement éternel, mais pour le sauver, Dieu a fait tomber ce jugement sur son Fils unique. « Grâces à Dieu pour son don inexprimable » (2 Cor. 9. 15).

Chacun de nous ne peut-il pas dire : Dieu a voulu me sauver, me donner la vie éternelle, la paix, le bonheur et la gloire pour l’éternité ? Et le monde ne sera pas jugé sans avoir été aimé.

La vie éternelle implique non seulement le pardon et la réconciliation avec Dieu, mais une participation de la nature divine selon 2 Pierre 1. 4. C’est une vie impérissable, par laquelle il est possible d’être parfaitement heureux dès maintenant par la connaissance du Père révélé dans le Fils et par l’opération du Saint Esprit.

C’est le Seigneur Lui-même qui déclare : « C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17. 3).

Remarquons que lorsqu’il s’agit de posséder la vie éternelle, le verbe avoir est au présent (3. 15, 16 et 36 ; 5. 24 ; 6. 40, 47 et 54 ; 1 Jean 5. 13). Nous avons la vie éternelle dès que nous acceptons par la foi Jésus comme notre Sauveur personnel.

Tu peux te demander : Qui me fera savoir si je possède la vie éternelle ? – Personne ne peut te donner cette conviction, personne, sinon Dieu Lui-même par Son Esprit. « L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu » (Rom. 8. 16). Que nos yeux soient ouverts sur les immenses et bienheureuses perspectives de la vie éternelle !

Le verset 17 souligne le dessein de l’amour de Dieu : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui » (3. 17). Dieu est propice à tous les hommes, mais selon le verset 18, seul « celui qui croit en lui n’est pas jugé ». Et celui qui ne croit pas demeure sous le jugement.

La venue de Jésus dans ce monde a fait ressortir la responsabilité et la culpabilité de l’homme. La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises (3. 19). De plus « quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière… mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu » (3. 20 et 21).

Qu’en est-il de vous ? Êtes-vous de ceux qui sont venus à la lumière et qui ont cru à l’amour de Dieu pour être sauvés ?

Deux témoignages rendus à Jésus (Jean 3. 22 à 36).

En lisant attentivement les versets proposés à notre méditation, vous discernerez que les deux témoignages sont rendus au Seigneur Jésus par Jean-Baptiste et par Jean, l’écrivain inspiré de l’évangile.

Pour eux, Christ remplit la terre, le ciel, leur propre cœur et l’éternité. Ils connaissent ses titres glorieux : Seigneur, Christ, Prophète, Agneau de Dieu, Fils de Dieu, Époux.

Pour Jean-Baptiste, Jésus vient du ciel. Il est au-dessus de tous. Venant après lui, Il est avant lui. Il ne s’estimait pas digne de délier la courroie de Sa sandale (Jean 1. 27).

Quant à Jean l’évangéliste, il se désigne comme « le disciple que Jésus aimait », étant à table dans son sein pour jouir de son amour (Jean 13. 23).

Nous ne pouvons apprécier les gloires de Jésus que dans la mesure où nous ne sommes rien à nos propres yeux et où nos cœurs sont étreints par son amour.

Les disciples de Jean ne réalisent pas le même renoncement que leur maître et ils paraissent être animés d’une certaine jalousie en voyant Jean perdre son importance au profit de Christ. Mais Jean, en toute humilité et avec une profonde satisfaction, fait ressortir le contraste existant entre son ministère et celui de Jésus.

Il leur répondit : « Un homme ne peut rien recevoir, à moins qu’il ne lui soit donné du ciel. Vous-mêmes, vous me rendez témoignage que j’ai dit : ce n’est pas moi qui suis le Christ, mais je suis envoyé devant lui. Celui qui a l’épouse est l’époux ; mais l’ami de l’époux, qui assiste et l’entend, est tout réjoui à cause de la voix de l’époux ; cette joie donc, qui est la mienne, est accomplie » (Jean 3. 27 à 29).

Ainsi Dieu se révèle à l’homme qui reçoit la vérité. Jean a rendu son témoignage. Il souligne le contraste de position entre lui et Jésus. Il était simplement le précurseur envoyé devant le Messie. De plus, il existe une différence de relation, car Jean-Baptiste est l’ami de l’époux, alors que Christ était l’époux.

Entendre la voix de l’époux, Le voir, lui procurait une joie complète. Bien que placé dans une relation inférieure, il réalisait une joie parfaite, car le Seigneur était l’objet de son cœur.

Tous les chrétiens véritables font partie de l’Église. Mais la joie de Jean-Baptiste n’était-elle pas plus profonde que celle de beaucoup d’entre nous ?

Tout son bonheur était dans le renoncement de lui-même, ses yeux étant fixés sur l’Époux. « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue » (v. 30). Voilà le langage de l’homme de Dieu parvenu au terme de l’économie de la loi ! C’est lui qui introduit Christ sur la scène.

Jean s’efface pour laisser toute la place à Jésus. Ce qui compte pour lui, c’est que toute gloire soit donnée à Jésus. Il a rendu son témoignage, réuni ses propres disciples autour de Christ. Désormais, il cède la place au Seigneur.

Si Jésus remplit nos cœurs et nos pensées, nous connaîtrons quelque chose des sentiments d’humilité et de dévouement qui animaient Jean. Que Christ soit exalté dans nos corps, dans toutes nos voies et nos circonstances !

La part actuelle du croyant, ses bénédictions, ont un caractère céleste, comme conséquence de la mort et de la résurrection du Seigneur. Même pendant le règne millénaire, les croyants ne connaîtront pas des privilèges aussi élevés.

Puis le prophète poursuit en disant : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est de la terre, et parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous ; et de ce qu’il a vu et entendu, de cela il rend témoignage ; et personne ne reçoit son témoignage » (v. 31 et 32).

Jean était celui qui est de la terre, parlant de la part de Dieu en rapport avec la terre. Mais Jésus était celui qui vient d’en haut, le Fils éternel, au-dessus de tous et de tout. Il était le fidèle témoin des choses célestes, Lui, l’objet de toutes les affections du Père.

Et l’homme, dans son état naturel, créature déchue, ne pouvait pas recevoir son témoignage, à moins que l’œuvre de Dieu ne s’accomplisse dans son cœur. C’est pourquoi il est écrit : « Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai ; car celui que Dieu a envoyé parle les paroles de Dieu, car Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure » (v. 33 et 34).

Jésus exprimait parfaitement ce qu’est Dieu dans un homme, Ses pensées, Son amour, Ses paroles. Celui qui recevait Son témoignage scellait que Dieu était vrai. Voilà ce qui définit la foi en Dieu ! Jésus avait reçu le Saint Esprit dans toute Sa plénitude, non par mesure comme pour les prophètes qui étaient sous Son action momentanée, étant saisis par Lui (Jug. 14. 6). Le prophète Ésaïe, annonçant l’arrivée du Messie, déclare : « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel » (És. 11. 2).

Le témoignage de Jean se termine en magnifiant Christ, en Lui laissant toute la place. Jésus n’est-Il pas digne d’occuper chacun de nos cœurs, leur communiquant un bonheur ineffable ?

Maintenant, Jean présente le grand sujet de son évangile : la révélation du Père et du Fils, et la vie éternelle (v. 35 et 36).

Après le baptême au Jourdain, au moment où l’Esprit de Dieu venait de descendre sur Lui, la voix de Dieu s’est fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17). « Le Père aime le Fils, et a mis toutes choses entre ses mains » (v. 35).

Au moment où Jésus se présente pour accomplir Ses conseils éternels, Dieu déclare toute la satisfaction de Son cœur. Et celui qui est le bon Berger peut ajouter : « A cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne » (Jean 10. 17).

Par la venue de Jésus dans ce monde et par Son sacrifice expiatoire, par la révélation du Père dans le Fils, tout homme est soumis à une épreuve définitive. « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (v. 36).

Le seul moyen de salut, c’est la foi en Jésus. Dieu veut sauver le pécheur et lui donner la vie éternelle dès aujourd’hui. Mais celui qui refuse de croire mourra dans ses péchés, car il demeure sous la colère de Dieu. Solennelle réalité ! Dieu a remis toutes choses entre les mains de son Fils, tout ce qui concerne le salut des pécheurs et l’exercice de Ses jugements. Le sort éternel de l’âme est fixé sur la terre.

Quelle réponse ai-je donnée à la question de Jésus à l’aveugle-né : « Crois-tu au Fils de Dieu » ? (Jean 9. 35)

La femme de Samarie (Jean 4. 1 à 19).

Alors que le ministère de Jean s’achève, Jésus, abandonnant la Judée à cause de la jalousie des Juifs, va commencer Son service public au sein de la Galilée méprisée. Son chemin d’homme dépendant de Dieu devait passer par la Samarie. Il fallait qu’Il traverse ce lieu où Dieu Le conduisait pour Se manifester à de pauvres pécheurs perdus, assoiffés de pardon, de paix et de bonheur.

Depuis le premier chapitre de cet évangile, le Seigneur est rejeté par Son peuple, les brebis perdues de la maison d’Israël. Il s’adresse alors à quiconque a soif, pour qu’il prenne gratuitement de l’eau de la vie (Apoc. 22. 17). Le fleuve de la grâce répand encore ses eaux vivifiantes dans le monde entier et n’arrêtera son cours qu’au retour du Seigneur.

Aujourd’hui, Dieu sollicite le pécheur de se repentir et de recevoir la foi en Jésus mort pour ses péchés. Demain sera peut-être trop tard pour toi qui n’as pas reçu Jésus pour ton Sauveur personnel. Ne veux-tu pas répondre dès maintenant à l’appel pressant de ton Sauveur ?

Jésus vient dans une ville de la Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à Joseph, son fils. Ce lieu appartenait à la tribu d’Éphraïm. « Il y avait là une fontaine de Jacob ». Aux environs de midi, Jésus était assis au bord du puits. A ce moment-là, une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. Le Fils de l’homme, fatigué du chemin, altéré sous la chaleur du jour, n’a d’autre place que le bord de ce puits où Il est assis.

Pour avoir un peu d’eau, il dépend de quiconque se présenterait, d’une pauvre femme de Samarie, isolée, rejetée de la société. Fatiguée de la vie, elle avait choisi cette heure-là pour être à peu près sûre de ne rencontrer personne. Mais Jésus était là, isolé Lui aussi, car personne ne Le comprenait, pas même Ses disciples.

Ne venait-Il pas dans ce monde impie comme l’Envoyé du Père, l’expression parfaite du bien au milieu du mal, l’amour dans un monde d’égoïsme, la lumière au milieu des ténèbres ? Sa grâce seule pouvait découvrir des besoins dans une âme et la satisfaire pleinement.

Jésus lui dit : « Donne-moi à boire ». Quel étonnement pour cette femme ! Voilà un Juif qui se met à sa portée en lui parlant de ce qu’elle connaît, elle, une Samaritaine ! Il accepte de lui être redevable. C’est la bonté de Dieu qui s’emploie à gagner la confiance de l’homme pécheur, qui est sans relations avec Lui depuis la désobéissance d’Adam, au jardin d’Éden. Quel abaissement, quelle humiliation de la part de celui qui est le Fils de Dieu !

Outre sa propre misère, cette femme sait que les Juifs n’ont point de relations avec les Samaritains et elle exprime sa surprise : « Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme Samaritaine ? »

Les Samaritains étaient issus de peuples étrangers que Shalmanéser, roi d’Assyrie, avait amenés à Samarie à la place des Israélites transportés en Assyrie (2 Rois 17. 24). Ils avaient abandonné l’idolâtrie des étrangers, et en se réclamant de Jacob, ils prétendaient suivre la loi de Moïse, s’adonnant à un culte mélangé sur le mont Garizim. Dans leur haine contre Jésus, les Juifs L’accusaient d’être un Samaritain et d’avoir un démon (Jean 8. 48).

Mais Jésus poursuit Son entretien avec une bonté inlassable. « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dis : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive » (v. 10).

Des paroles de grâce sortaient de sa bouche (Luc 4. 22). Dieu se fait connaître désormais comme Celui qui donne, alors que sous la loi II exigeait de l’homme pécheur une vie en accord avec Ses commandements. La loi fit ressortir la transgression de l’homme, sa totale incapacité pour l’accomplir. Sous les justes exigences de la loi, l’homme perdu et coupable est éternellement condamné. Mais maintenant Dieu, qui est amour et lumière, se révèle en Christ comme Celui qui donne le Saint Esprit, la grâce et la vie. Il agit selon la puissance de Son amour, pour sauver des pécheurs et les rendre éternellement heureux dans Sa présence. Dieu donne au pécheur repentant le pardon, la paix, le repos, le bonheur et une joie éternelle.

Celui qui parlait à cette femme était « Dieu manifesté en chair », le Créateur de l’eau qu’Il lui demandait, et pourtant, dans Son suprême abaissement, il dépend de cette femme pour en boire. Elle ignorait qui était cet homme qui pouvait lui procurer de l’eau vive.

Nous pouvons admirer la patience de Jésus pour que pénètrent, dans ce cœur souillé par le péché, la lumière et l’amour divins. Tout occupée de l’eau qu’elle venait chercher, elle réplique à Jésus : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où as-tu donc cette eau vive ? » (v. 11)

Elle ne peut s’empêcher de formuler une comparaison : « Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; et lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail ? »

L’eau du puits de Jacob fait penser à tout ce que le monde offre pour satisfaire les convoitises et les passions des hommes : richesses, plaisirs, honneurs. Loin d’être comblés, ces désirs sont sans cesse accrus. C’est pourquoi Jésus déclare : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (v. 13 et 14).

Le cœur naturel s’abreuvant aux différents puits de ce monde reste altéré, inassouvi, mais l’eau vive que Jésus donne désaltère à jamais l’âme qui possède une jouissance présente de la vie éternelle par la puissance du Saint Esprit.

« Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser » (v. 15). Elle voudrait s’épargner la peine de venir sans cesse puiser de l’eau à ce puits. Son intérêt est soutenu, son cœur est attiré par Jésus qui ne la méprise pas. Il a gagné sa confiance, même si elle n’a pas compris ce qu’est cette eau vive, car l’homme naturel ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu (1 Cor. 2. 14). C’est ainsi que la grâce ouvre un chemin à la vérité, qui sonde l’état de perdition de tout homme. Sans la grâce, cette vérité ne pourrait être supportée.

Maintenant le Seigneur adresse une flèche à la conscience de cette femme : « Va, appelle ton mari, et viens ici ». La femme répondit et dit : « Je n’ai pas de mari ». Jésus lui dit : « Tu as bien dit : Je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai » (v. 16 à 18).

Cette femme est placée dans la lumière de Dieu, qui veut la vérité dans l’homme intérieur. Où fuirait-elle loin de sa face ? Sa seule réponse est : « Seigneur, je vois que tu es un prophète » (v. 19). C’est au moment de la chute de l’homme en Éden que la conscience, la faculté de discerner le bien et le mal, lui a été communiquée. Sous l’effet de la Parole de Dieu, le pécheur réalise sa culpabilité, son état de perdition et accepte la grâce qui lui est offerte (Gen. 3. 22). L’œuvre que le Seigneur opère dans la conscience et le cœur est complète. Ai-je eu cette rencontre avec Jésus qui m’a dit tout ce que j’ai fait ? (v. 29).

D’après La Bonne Nouvelle 1985

SONDEZ LES ÉCRITURES (8)

Jésus, enfant au temple (Luc 2. 21 à 35).

Nous avons évoqué, la dernière fois, le bonheur d’une âme en communion avec Dieu au sujet de Son Fils bien-aimé venant dans ce monde.

Sommes-nous de ceux qui peuvent s’associer de cœur aux louanges des humbles bergers de Bethléhem qui donnent gloire à Dieu en voyant le petit enfant Jésus emmailloté et couché dans une crèche ? Tenons-nous devant cette crèche « pour y lire à genoux l’ineffable mystère de ce suprême abaissement » !

L’enfant reçoit le nom de Jésus le jour de sa circoncision, selon les coutumes juives, mais aussi selon les desseins de Dieu communiqués par l’ange Gabriel. Et il est fait à l’égard de cet enfant tout ce que prescrivait la loi du Seigneur. « Quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi » (Gal. 4. 5).

Au temps fixé, les parents de Jésus le portent au temple à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon ce qui était déclaré en Exode 13. 2, 12 et 15, car tout premier-né en Israël appartenait à l’Éternel (Ex. 22. 29). Les premiers-nés d’Israël n’avaient-ils pas été épargnés lors de la destruction de ceux des Égyptiens ? Jésus était réellement ce premier-né, saint au Seigneur.

Puis, selon Lévitique 12, un sacrifice de purification devait être offert pour Marie. Les deux oiseaux sacrifiés font ressortir dans quelle pauvreté naquit Celui qui est le Fils de Dieu (2 Cor. 8. 9).

Maintenant, c’est à de pieux vieillards que le petit enfant Jésus est présenté dans le temple. Dieu ne choisit pas les principaux du peuple, mais ceux qui, en toute humilité, vivent dans l’attente patiente d’une délivrance pour Israël.

Siméon, homme juste et pieux, attendait la consolation d’Israël (v. 25) c’est-à-dire le Christ. Il veillait sur sa conduite à l’égard de tous les hommes et cultivait d’heureuses relations avec Dieu, étant très attentif à ce que le Saint Esprit lui révélait. C’est ainsi qu’il avait été averti divinement qu’il ne verrait pas la mort, que premièrement il n’eût vu le Christ du Seigneur. L’Esprit parlait à Siméon de Jésus, et Siméon attendait la consolation d’Israël. Sa foi lui faisait embrasser tout le peuple de Dieu, dont une grande partie était en captivité.

« Siméon vint par l’Esprit dans le temple » (v. 27). « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit » (Gal. 5. 25). Cet homme de Dieu entre dans le temple, au moment où les parents de Jésus apportaient le petit enfant. Quelle belle expression de dépendance de l’Esprit ! N’est-il pas écrit aussi : « Soyez remplis de l’Esprit » ? (Éph. 5. 18)

Pour Siméon, l’Esprit Saint était sur lui – quant à nous, Il habite en nous. Car après la mort, la résurrection, l’exaltation de Jésus dans la gloire, le Saint Esprit a été envoyé comme Personne divine ici-bas pour habiter le corps de tout croyant et également l’Assemblée (Jean 15. 26 ; 1 Cor. 6. 19 et 3. 16).

Quelle suprême satisfaction éprouve le vieillard Siméon lorsqu’il étreint dans ses bras le petit enfant ! Il ne voit personne que Jésus seul. Celui qui est le Messie de Son peuple est aussi le Fils de Dieu. Le cœur de Siméon tressaille d’un bonheur ineffable. Il contemple Celui qui est le « salut de Dieu », conscient de toute Sa grandeur et de toute Sa majesté bien qu’apparaissant dans l’extrême faiblesse d’un petit enfant.

Écoutons les paroles de Siméon, qui a le monde entier comme perspective : « mes yeux ont vu ton salut, lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples : une lumière pour la révélation des nations, et la gloire de ton peuple Israël » (v. 30 à 32).

Notre Dieu Sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 4). Ce grand salut est offert à chacun de nos lecteurs aujourd’hui. Christ est la lumière pour tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. Et la gloire d’Israël sera manifestée lorsque le Fils de David s’assiéra sur Son trône et que Jérusalem sera le centre de la bénédiction de toute la terre.

Toi qui lis ces lignes, as-tu jeté un regard de foi sur Jésus crucifié, et peux-tu déclarer avec conviction : Jésus est mon Sauveur, Il est mort pour moi, pécheur perdu ? En acceptant ce grand salut que Dieu t’offre gratuitement, tu peux goûter dès aujourd’hui le bonheur qu’Il donne à Ses élus.

Les paroles de Siméon soulignent bien que toutes les nations seraient au bénéfice de la faveur divine. Elles font écho à cette prophétie d’Ésaïe 49. 6 : « Je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre ».

Apprécions-nous assez la grâce de Dieu dans le don de Jésus ? Car tout en assurant la gloire revenant à Israël, objet des promesses et des prophéties, le salut était désormais présenté à toutes les nations qui étaient sans Christ, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde. « Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ » (Éph. 2. 13).

Siméon bénit Joseph et Marie, qui s’étonnaient des choses qui étaient dites de Jésus parce qu’ils n’avaient pas encore compris quelles étaient les gloires de cet enfant, ni les conséquences de Sa venue au milieu des hommes.

Puis le vénérable vieillard dit à Marie : « Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira » (v. 33 et 34). Ainsi Jésus serait une occasion de chute pour ceux qui le rejetteraient à cause de l’inimitié du cœur humain contre Dieu, de son incrédulité à la Parole de Dieu.

Cependant, pour tous ceux qui le recevront par la foi, Il sera Celui qui les relèvera. Le signe que l’on contredira ne nous fait-il pas penser à la contradiction que Jésus endurera de la part des pécheurs contre Lui-même ? (Héb. 12. 3). N’a-t-Il pas été l’homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur ? « Il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (És. 53. 3).

« Une épée transpercera ta propre âme » (v. 35). Quelle souffrance fut celle de Marie, témoin de tout ce que Jésus endura lorsque, rejeté des Siens, Il fut cloué sur la croix au terme d’une vie parfaite.

C’est aussi en face de la croix que les pensées de plusieurs cœurs sont révélées. Il y a toujours ceux qui s’opposent à l’Évangile, et ceux qui acceptent par la foi le salut que Dieu offre en Jésus Christ. Il n’y a pour Dieu que ces deux classes d’hommes : sauvés par grâce ou perdus pour l’éternité. N’oublions jamais qu’en laissant crucifier Son propre Fils, Dieu de son côté, révèle pleinement l’amour infini de Son cœur.

Puissions-nous, comme Siméon, attendre le Seigneur et Le contempler dans toutes Ses gloires ! (2 Cor. 3. 18). Notre souhait, au seuil d’une nouvelle année, c’est que chacun puisse dire dans son cœur en présence de Jésus crucifié : mes yeux ont vu ton salut. « Le Fils de Dieu… m’a aimé et… s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 20).

Jésus, enfant au temple (Luc 2. 36 à 38).

Ce sont de pieux et fidèles vieillards qui accueillent le petit enfant Jésus alors que ses parents l’apportent au temple pour faire à Son égard ce qui était prescrit par la loi.

Dieu les fait sortir de leur retraite où ils ont vécu dans une intime communion avec Lui, inconnus des hommes mais bien connus de Lui. Le cœur étreint par la grâce de Dieu, ils rendent un témoignage vivant au Seigneur, qu’ils attendaient comme le Messie promis à Son peuple pour sa délivrance.

Siméon savait ce que Christ était pour son âme. Quel intérêt pieux n’avait-il pas porté aux prophéties proclamant sa venue ! Il avait eu l’inestimable privilège de prendre entre ses bras ce petit enfant en bénissant Dieu. Et enfin, il peut parler des effets de Sa présence dans le monde.

Par la puissance du Saint Esprit, cet Enfant remplissait son cœur de paix, de joie et de reconnaissance. Il pouvait désormais quitter cette terre, ayant vu le Christ du Seigneur.

Maintenant, c’est Anne qui survient au même moment où le petit enfant Jésus est porté dans les bras de Siméon. Prophétesse, elle pouvait communiquer la Parole de Dieu, et son message s’accordait avec ses œuvres et le témoignage des Écritures.

Elle était fort avancée en âge et veuve depuis longtemps. Son cœur avait été brisé par les épreuves douloureuses de la vie. Elle aurait pu aussi être accablée par l’état d’incrédulité et d’infidélité du peuple, qui se contentait de la forme de la piété. Non ! Elle ne sombre pas dans l’amertume, le découragement et la révolte contre Dieu. Sa foi s’est enracinée profondément dans l’amour de Dieu. Elle sait que Dieu, dans Sa fidélité, ne fait pas couler une larme de trop sur le visage de ceux qu’Il aime.

Malgré son grand âge, elle n’avait pas cessé d’espérer. Son affection pour le Seigneur est conservée dans toute sa fraîcheur. C’est pourquoi elle L’attend avec patience. Elle n’est pas triste, car son cœur est tout occupé du Messie venant pour délivrer son peuple. « Elle ne quittait pas le temple » (v. 37).

Son cœur est attiré par la présence du Seigneur, dans Sa maison. N’avait-elle pas passé en ce lieu la plus grande partie de sa vie de jeûnes et de prières ? Tout Israélite pieux n’aspirait-il pas après un tel bonheur, une telle paix ? Relisez l’expression de tels sentiments dans plusieurs Psaumes (23. 6 ; 26. 8 ; 27. 4 ; 84. 1, 2, 4 et 10). Cette vie de communion avec le Seigneur nous permet de discerner Sa beauté et de faire des progrès dans Sa connaissance. La source secrète de l’amour, de la joie et de la paix, pour Anne, c’était le temple.

« Elle servait Dieu en jeûnes et en prières, nuit et jour ». Retenons bien ce que Dieu apprécie dans le service de cette pieuse femme : une vie de prières accompagnée du jeûne qui nous parle de la séparation du monde et de tout ce qui l’anime dans son esprit.

Elle ne prenait pas part aux plaisirs mondains. Elle pouvait, comme le psalmiste, s’adonner à la prière, respiration de son âme (Ps. 109. 4). Connaissez-vous cette parole appliquée à Élie : « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16) ? Pour Anne, servir Dieu, c’était prier. Voilà son intense activité dans le secret !

Elle avait besoin de s’approcher de Dieu pour Lui rendre grâces et pour Lui exposer simplement toutes ses requêtes dans une réelle soumission à Sa volonté, avec un esprit de supplications, mais aussi dans la confession de fautes connues.

Pratiquez-vous la prière individuelle dans une relation intime avec Dieu connu comme votre Père ? Assistez-vous de cœur à la réunion de prières de l’assemblée ?

Pensez au jeune Samuel qui, dès sa plus tendre enfance, se prosternait devant l’Éternel. Puissiez-vous parler avec Dieu, Lui ouvrir votre cœur !

C’est enfin la rencontre avec le petit enfant. Sa piété la conduit vers Lui au moment même où Il est porté dans le temple. Quel couronnement de toute une vie de foi : voir Jésus ! Son cœur est rempli de louange envers le Seigneur. Anne appartenait à la tribu d’Aser dont le nom signifie : « heureux ».

La bénédiction de Jacob relative à ce fils est remarquable : « d’Aser viendra le pain excellent ; et lui, il fournira les délices royales » (Gen. 49. 20). « Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront sans cesse ! (Ps. 84. 4). Le Seigneur seul est digne d’être loué. C’est la note pure et élevée du cantique d’Anne. Elle goûtait une plénitude dans sa louange qui avait pour thème le Seigneur. Ce sera aussi le thème excellent de la louange céleste des rachetés.

N’est-il pas écrit : « Celui qui sacrifie la louange me glorifie » (Ps. 50. 23) ? Quelle satisfaction pour le cœur du Seigneur ! Voilà une femme très âgée qui, malgré ses infirmités, adore d’un cœur pur par la puissance du Saint Esprit !

Pour nous, Jésus est Celui qui nous a rachetés par Son sang. Il est éternellement digne de toute reconnaissance. Dès maintenant ce cantique nous appartient : « À celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang… à Lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! » (Apoc. 1. 5 et 6)

« Elle parlait de Lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance » (v. 38). Remarquez l’ordre divin. Anne louait le Seigneur et ensuite elle parlait de Lui. Ce sont les vrais adorateurs que Dieu qualifie par Sa grâce pour être Ses témoins.

Anne connaît le Seigneur, car Il remplit son cœur et elle parle spontanément de Celui qu’elle aime. N’est-il pas écrit : « De l’abondance du cœur la bouche parle »? (Luc 6. 45).

Elle connaissait aussi tous les cœurs qui, à Jérusalem, aspiraient après la délivrance. Tout son bonheur, c’était de leur parler de Lui. Nous retrouvons l’esprit du résidu pieux de Malachie 3. 16 : « Ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu… Ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées ». Quel encouragement devait procurer Anne à tous ceux qu’elle rencontrait ! Quelle sainte activité de l’âme : Le connaître, Lui, et parler de Lui au moment où Il allait être manifesté à Son peuple.

Puissions-nous imiter Anne dans l’expression de sa foi ! Que nos cœurs soient remplis de l’amour de Christ. Louons le Seigneur à la veille de son retour !

Ce cantique, c’est Toi qui le remplis,

Toi qui mourus pour moi sur une croix infâme,

Et qui veux m’amener dans le séjour béni

Avec Toi, ô Sauveur de mon âme.

Jésus enfant (Mat. 2).

Comme nous l’avons déjà précisé, c’est dans la ville royale de Bethléhem que Jésus naquit, Lui, l’héritier au trône de David, ainsi que le prouve Sa généalogie du chapitre 1er. Et le chapitre 2 met l’accent sur le contraste entre l’attitude des sages de l’Orient à Son égard et l’indifférence de Son peuple à Sa venue, sauf les quelques âmes pieuses de Luc 2 qui l’attendaient de tout leur cœur.

Dieu a pris soin d’honorer Son Fils par ces mages, qui, ayant observé une étoile dans l’Orient, saisirent, en confirmation de la prophétie de Nombres 24. 17, que le roi des Juifs était né.

Arrivés à Jérusalem, ils posent la première question du Nouveau Testament : « Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde ?… nous sommes venus lui rendre hommage » (v. 2). Question bien troublante pour le cruel Hérode, qui occupe le trône injustement selon Deutéronome 17. 15, car c’était un étranger venant d’Édom.

D’ailleurs tout Jérusalem est maintenant troublé avec lui. Il est triste de constater que le peuple juif n’attendait pas son Roi, son Messie.

Mais n’y a-t-il pas aujourd’hui beaucoup de chrétiens qui n’attendent pas vraiment la deuxième venue de Jésus pour enlever Son Église ?

Dès l’annonce de cette nouvelle, Hérode assemble tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple pour s’enquérir du lieu de naissance du Christ.

Remarquons la réponse tirée des Écritures : « À Bethléhem de Judée » ; car il est ainsi écrit par le prophète : « Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es nullement la plus petite parmi les gouverneurs de Juda, car de toi sortira un conducteur qui paîtra mon peuple Israël » (v. 6 ; Michée 5. 2). Cette prophétie et celle de Daniel 9. 25 démontraient que l’heure était venue pour la naissance du vrai roi, le Fils de David. Et au lieu de la joie, c’est le trouble, car la présence de Dieu est insupportable pour l’homme pécheur.

Les scribes à Jérusalem sont capables de citer les Écritures pour indiquer où devait naître le Messie, mais ils ne s’engagent pas eux-mêmes sur le chemin qui y conduit. Quelle leçon solennelle pour nous ! Nous pouvons avoir une connaissance purement intellectuelle de la Parole de Dieu et une vraie sécheresse dans nos cœurs. Nous possédons la Parole de Dieu qui annonce clairement que le Seigneur vient bientôt. Quel effet cette vérité exerce-t-elle dans nos cœurs ?

Informé maintenant par les textes prophétiques, Hérode appelle secrètement les mages pour savoir quand l’étoile leur était apparue. Puis il les envoie à Bethléhem en leur demandant de revenir auprès de lui, lorsqu’ils auraient trouvé le petit enfant pour que lui-même aille lui rendre hommage. Mais son seul souci n’était-il pas de faire périr un tel rival ? Connaissant le pieux désir des mages, Dieu les conduit sûrement jusqu’à Bethléhem.

Alors qu’ils étaient en chemin, l’étoile qu’ils avaient vue dans l’Orient leur apparut, alla devant eux, et se tint au-dessus du lieu où était Jésus. « Et quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une fort grande joie. Et étant entrés dans la maison, ils virent le petit enfant avec Marie sa mère ; et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des dons, de l’or, et de l’encens, et de la myrrhe » (v. 10 et 11).

En Luc, ce sont d’humbles bergers qui éprouvent la sainte joie de voir le Seigneur à Sa naissance, car Son peuple ne L’attendait pas. Ici, en Matthieu, ce sont des sages d’entre les nations, venus de loin, qui ont le privilège de rendre hommage au vrai Roi des Juifs en lui offrant les honneurs correspondant à Sa dignité, alors que Son peuple n’était pas en état de le faire.

Quoique méconnu et méprisé de la masse du peuple, notre cher Sauveur est apprécié, recherché et honoré par quelques cœurs qui sont tout réjouis en Le voyant. Remarquons qu’il en est encore ainsi aujourd’hui.

C’est le petit enfant que les nobles visiteurs de l’Orient désirent voir, et non pas le lieu où Il habite, la modeste maison de Joseph. S’ils avaient raisonné, ils auraient pu s’attendre à rencontrer le roi des Juifs dans un palais à Jérusalem. Toute leur joie, c’est de contempler l’objet de leur foi, en se prosternant devant lui pour lui rendre hommage.

Cette scène rappelle celle du règne de Christ où « les nations se béniront en lui, et en lui elles se glorifieront » (Jér. 4. 2). « Oui, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront » (Ps. 72. 11). Ouvrant leurs trésors, les mages lui offrent de l’or, symbole de la justice divine, de l’encens évoquant toute l’infinie satisfaction que Dieu a éprouvée dans la vie de Son Fils sur la terre, un parfum de bonne odeur, et de la myrrhe, emblème des souffrances de Christ.

Avertis divinement en songe, les mages ne retournent pas vers Hérode, mais ils se retirent dans leur pays par un autre chemin (v. 12). N’y a-t-il pas aussi un nouveau chemin pour celui qui est venu par la foi à son Sauveur ? « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17).

Pour se soustraire aux desseins criminels d’Hérode, Joseph obéit à l’injonction divine de fuir en Égypte avec le petit enfant et sa mère. C’est le moyen de Dieu pour protéger le petit enfant et la foi le saisit. Mais ce voyage correspond à la prophétie d’Osée 11. 1 : « J’ai appelé mon Fils hors d’Égypte ».

Jésus a voulu suivre le même chemin que Son peuple autrefois, mais comme le vrai Israël de Dieu, et tout à Sa gloire.

Voyant que les mages s’étaient joués de lui, Hérode, en colère, fit tuer tous les enfants de Bethléhem et de son territoire, depuis deux ans et au-dessous. Il est l’instrument de Satan qui a toujours essayé d’empêcher que se réalise la prophétie selon laquelle la semence de la femme devait lui briser la tête (Gen. 3. 15). N’avait-il pas utilisé le Pharaon, en Exode 1. 15 à 22 et Athalie, en 2 Rois 11. 1 à 3 ? Pensons à la douleur de ces mères de Bethléhem lors du massacre de leurs enfants ! Dieu les a recueillis auprès de Lui. Ils sont les premiers martyrs pour Christ et seront manifestés comme tels durant l’éternité.

Puis, après la mort d’Hérode, Joseph se retira dans une ville méprisée de Galilée, Nazareth, où Jésus vécut humblement, inconnu des hommes, avant Son ministère public.

Ainsi Jésus a été le vrai Nazaréen, séparé, dans une entière consécration à Dieu (Nomb. 6). Sur le tronc d’Isaï, il a été une branche portant du fruit pour Dieu (És. 11. 1). Contemplons la gloire morale de Jésus de Nazareth : « Toute sa personne est désirable ».

L’enfance de Jésus se déroule à Nazareth de Galilée, où Joseph et Marie habitaient. C’est de cette ville que Nathanaël, un vrai Israélite, pouvait dire à Philippe : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1. 47)

Dans ce monde, sous les conséquences du péché de l’homme, Dieu a choisi les choses faibles, celles qui sont méprisées, pour manifester Sa gloire (1 Cor. 1. 27 à 31). C’est dans ce lieu même que « l’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui » (v. 40).

Avec quelle sobriété l’évangéliste Luc nous entretient de l’enfance de Jésus à Nazareth, entre Sa naissance et l’âge de douze ans. Toute la faveur de Dieu reposait sur Lui, car Il est le Fils de Dieu, mais aussi l’Enfant parfait avançant vers la stature de l’homme parfait. Cet enfant grandissait, étant toujours sage, faisant toutes choses bien.

A chaque saison de sa vie, Jésus est pour Son disciple le Modèle incomparable. Petits et grands, nous pouvons fixer sur Lui nos yeux. Il est précieux pour notre cœur de garder ce que l’Esprit de Dieu nous révèle sur l’enfance et la jeunesse du Seigneur. Ce sont quelques rayons de Sa gloire morale qui ne pouvaient être cachés partout où Il se trouvait.

Vous qui êtes à l’aube de votre vie, cette scène unique de l’enfance de Jésus vous donne en quelques traits ce qui est agréable à Dieu à votre âge. Jésus a vécu les années qui vous sont accordées maintenant, depuis la naissance jusqu’à l’adolescence, « vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché » (1 Pier. 2. 22).

Certes, Il a été fait en toutes choses semblable à nous, à part le péché. Il était absolument saint et pur, parfaitement juste dans toutes Ses relations, tout en cheminant à travers un monde corrompu et plein de violence, une terre où tout est gâté par le péché, dont la conséquence ultime est la mort.

Si nous sommes droits devant Dieu, que constatons-nous, si ce n’est un contraste entre la vie de Jésus et la nôtre ? Nos actes, nos paroles et nos pensées ne démontrent-ils pas à l’évidence que la source du mal est dans notre cœur ? Que d’expériences humiliantes montrant ce que nous sommes dans notre nature pécheresse ! « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rom. 7. 24).

Il se peut que quelques-uns d’entre vous soient parfois découragés en découvrant que « le cœur est trompeur par-dessus tout et incurable » (Jér. 17. 9). Mais c’est Dieu Lui-même qui nous déclare cela. N’est-ce pas pour que, par la foi, nous acceptions la délivrance qu’Il nous offre en dehors de nous, de nos propres efforts pour essayer de faire le bien ?

L’issue, c’est de regarder au Seigneur Jésus, en jetant ce cri de victoire d’une âme délivrée : « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur » (Rom. 7. 25). Je ne puis rien faire de bien sans l’aide du Seigneur Jésus. Rendu conscient qu’il n’habite point de bien en moi, je regarde à Celui qui m’a sauvé et qui me délivre du mal qui est en moi et autour de moi.

C’est là que s’applique une des vertus de la croix de Jésus : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2. 19 et 20). C’est alors que j’ai constamment besoin de me confier en Dieu, de recevoir à chaque instant la force nécessaire pour Le glorifier. Ce besoin de dépendance de Dieu s’exprime dans la prière, et je contemple la vie de Jésus dans la Parole de Dieu.

Une telle vie peut-elle être la part d’un jeune enfant qui sait que ses péchés ont été lavés dans le sang précieux de Jésus ? Oui, car tout croyant reçoit le Saint Esprit, Dieu, venant habiter son corps.

C’est par la puissance de cet Esprit qu’un tel enfant est rendu capable de marcher comme Christ a marché (1 Jean 2. 6). Le Saint Esprit agissant en lui, son âme fait ses délices de la vie de Jésus et peut reproduire quelques traits de Sa sainte humanité. Puissions-nous être conscients, à chaque pas, que c’est Dieu qui « opère en nous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil. 2. 13) !

Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem à la fête de Pâque. Et, à l’âge de douze ans, Jésus y monta avec eux. Puis, ayant accompli les jours de la fête, ils s’en retournèrent, alors que l’enfant Jésus demeura à Jérusalem. Mais Joseph et sa mère ne s’en aperçurent point.

Cependant, après avoir marché le chemin d’un jour, ils ne le trouvèrent pas parmi leurs parents et leurs connaissances. Retournant à Jérusalem, ils le trouvèrent, au bout de trois jours, « dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l’entendaient s’étonnaient de son intelligence et de ses réponses » (v. 41 à 46).

Nous admirons la perfection de l’enfant Jésus vis-à-vis des docteurs du temple. Selon ce qu’exprime le Psaume 119. 99, Son intelligence et Sa sagesse étaient infiniment supérieures à celles de tous ces docteurs réunis. Remarquons qu’Il ne les enseigne pas, mais observe le comportement d’un enfant parfait, en les écoutant et les interrogeant.

Voilà le Modèle ! Il y a un âge pour écouter, poser des questions. Méditons cette parole qui s’applique au Serviteur parfait : « Chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne » (És. 50. 4). Jésus ne sort pas de la place qui sied à un enfant de son âge : exemple d’humilité qu’un jeune enfant peut vivre par la foi.

Puis, quand Sa mère qui ne comprend pas ce comportement, dévoilant ainsi ce qu’il en est de la nature humaine, le reprend, Il doit répondre : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » (v. 49)

Enfant parfait, il fait toujours la volonté de Son Père qui est dans le ciel. Il a conscience de cette relation avec Lui. Son cœur Lui est totalement dévoué. N’était-il pas écrit de Lui : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » ? (Ps. 40. 8)

Maintenant, Jésus retourne à Nazareth avec Ses parents. Il leur était soumis. Pendant dix-huit ans encore, Il demeure auprès d’eux et accomplit la volonté de Son Père, en Le servant à la maison, dans une obéissance absolue.

Nous ne pouvons faire la volonté de notre Père qu’en aimant le Seigneur Jésus, qui a donné Sa vie pour chacun de nous. Comment apprendre la soumission, l’obéissance, si ce n’est en considérant la vie de Jésus ?

Ce n’est pas en regardant à nous-mêmes ou à ceux qui nous entourent que nous ferons des progrès dans la vie de la foi. Fixons les yeux sur Jésus, apprenant à tout lui confier : nos peines, nos difficultés, nos joies. La clé du vrai bonheur n’est-elle pas de tout vivre avec Jésus ? Pourrait-il être dit de nous par les hommes qui nous observent : « Ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus » ? (Act. 4. 13)

Enfance et adolescence de Jésus (Luc 2. 40 et 52).

Nous souhaitons insister sur les deux versets de l’évangile de Luc mettant en relief les caractères moraux de Jésus pendant Son enfance et son adolescence, pour que nos cœurs en soient imprégnés par le Saint Esprit.

Jusqu’à l’âge de douze ans, il est déclaré que « l’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui » (2. 40). Puis, jusqu’à l’âge de trente ans, l’appréciation divine est celle-ci : « Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (2. 52).

Quel spectacle merveilleux pour le ciel et pour la terre de voir la croissance harmonieuse de cet Enfant parfait ! Dès Sa plus tendre enfance, aucune mauvaise pensée n’effleura Son esprit, et Son cœur était le siège de pures et saintes affections pour son Père.

En S’abaissant pour faire la volonté de Dieu ici-bas, Il Se soumit au développement naturel et graduel de tout enfant, semblable à nous en toutes choses à part le péché. Il n’a pas commis de péché (1 Pier. 2. 22), il n’a pas connu le péché (2 Cor. 5. 21), et il n’y a point de péché en Lui (1 Jean 3. 4). Sa vie humaine parfaite avait une origine divine.

Durant Sa vie entière, Jésus était « le Fils unique qui est dans le sein du Père » (Jean 1. 18), et « le fils de l’homme qui est dans le ciel » (Jean 3. 13). Dans Son amour insondable, Il a consenti à devenir homme au milieu des hommes, leur apportant la grâce et la vérité, et prenant sur Lui-même les terribles conséquences de leur désobéissance, sous le jugement d’un Dieu juste et saint.

Le premier trait que souligne le Saint Esprit, c’est que cet enfant était rempli de sagesse. Cependant il n’était pas encore oint du Saint Esprit pour accomplir Son ministère parmi les hommes. Mais à chaque phase de Son existence ici-bas, tout est marqué par la sagesse d’en-haut : pure, paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits (Jac. 3. 17).

Plusieurs d’entre vous ont dû constater qu’à l’école des hommes « Beaucoup d’étude lasse la chair » (Éccl. 12. 12). L’homme déchu est dévoré par la soif de connaître toutes sortes de matières, bien qu’il ne parvienne pas à la connaissance de la vérité par ses propres efforts.

Mais seule la connaissance que recherchait Jésus était celle qui convenait au sanctuaire dans une relation intime avec Son Père. Connaître Dieu, les hommes et soi-même, discerner la conduite à tenir en toutes circonstances, et comment agir pour la gloire de Dieu en toutes choses, voilà ce qui caractérise la sagesse ! Ne sommes-nous pas enseignés par la grâce de Dieu à vivre dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement ? (Tite 2. 12)

Tel était Jésus enfant, adolescent et homme parfait. Tout en ayant conscience qu’Il était le Fils de Dieu, Il cachait Sa gloire divine sous le voile de Sa chair. Il s’était anéanti pour être dans l’humble condition d’un faible enfant sur la terre. Et, dans ce nouveau mode d’existence, rien ne pouvait rompre l’harmonie de Ses perfections maintenues dans un parfait équilibre. Il était la Sagesse éternelle dont les délices étaient dans les fils des hommes (Prov. 8. 31).

De Jésus seul, il pouvait être affirmé qu’Il était « rempli de sagesse ». Certes le mal se manifestait autour de Lui, mais le méchant ne le touchait pas et le mal ne l’atteignait pas. Accomplir la volonté de Son Père, être occupé de Ses affaires dans Son temple, voilà ce qui faisait le bonheur de Son âme ! Son cœur était gouverné par la Parole de Dieu. La loi n’était-elle pas au-dedans de ses entrailles ? (Ps. 40. 8)

Cet enfant est le Fils unique de Dieu, le Créateur des mondes, Celui qui reçoit l’hommage des anges – et Il a vécu dans la pauvreté, l’humilité, au sein de l’obscure demeure du charpentier de Nazareth.

Et maintenant que Jésus est ressuscité et glorifié dans le ciel, Il peut, en sympathie, partager les sentiments d’un enfant qui se confie en Lui, Il comprend sa faiblesse et ce qui le fait souffrir. Il sait ce que peuvent être tous les exercices liés à cet âge. Nous pouvons compter sur Son intercession, car Il est un fidèle et miséricordieux souverain sacrificateur.

La faveur de Dieu était sur Lui. Il était le bon plaisir de Dieu dans les hommes (Luc 2. 14). Il était toujours agréable à Dieu, vivant en pleine communion avec Lui. Dieu éprouvait une entière satisfaction dans le Fils de Son amour qui Le glorifiait à chaque étape de Sa vie, tout en étant ignoré du monde. Sa parfaite humanité est évoquée dans ce gâteau de fleur de farine pétrie à l’huile, sans levain, avec de l’encens, offert sur l’autel en sacrifice par feu, qui exhalait une odeur agréable à l’Éternel (Lév. 2). N’était-ce pas la consécration de toute Sa vie à Son Dieu ?

Il était aussi en faveur auprès des hommes, car tout était moralement beau en Lui et dans Sa vie. Il attirait l’admiration et la faveur des hommes qui découvraient Sa grâce, Son humilité, Sa justice, Sa pureté, Sa sainteté, Sa douceur, l’absence en Lui de toute trace d’égoïsme, Son cœur était toujours accessible à tous. Il pouvait être dit de Lui : « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11).

Le temps n’était pas encore venu où Jésus, oint de la puissance du Saint Esprit pour Son ministère, allait atteindre la conscience des hommes et mettre en relief l’inimitié de leur cœur (Rom. 8. 7).

Fixons les yeux sur Jésus, en sondant les Écritures qui nous révèlent ses gloires.

Toi seul es notre sagesse

Notre vie et notre paix,

Notre asile en la détresse,

Notre salut à jamais.

L’aveugle-né (Jean 9).

C’est au moment où Jésus passait, après avoir quitté le temple où les Juifs voulaient le lapider, qu’Il voit un homme aveugle dès sa naissance.

Quelle détresse poignante, et pour ses parents, qui avaient pu se réjouir de sa naissance, et pour cet enfant privé de l’usage de ses yeux dès son arrivée dans ce monde ! Dieu ne nous a-t-il pas donné des yeux pour découvrir Sa puissance, Sa sagesse et Sa bonté dans les œuvres de la création, et pour prendre connaissance de Ses pensées et de l’œuvre de la rédemption en lisant les Saintes Écritures ?

Lorsque nous possédons nos cinq sens et un libre usage de nos membres, n’est-ce pas à Dieu que nous le devons ? Écoutons ce que déclare le doux psalmiste d’Israël : « Je te célébrerai de ce que j’ai été fait d’une étrange et admirable manière. Tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le sait très-bien » (Ps. 139. 14).

Ne serions-nous pas ingrats en oubliant de remercier Dieu pour tout ce qu’Il nous a donné ? Beaucoup d’entre nous sont comblés de bénédictions, de bienfaits, de privilèges. Comment employons-nous les facultés, l’intelligence et la mémoire que nous avons reçues de Dieu ?

Puissions-nous joindre notre voix à celle de David : « Mon âme, bénis l’Éternel, et n’oublie aucun de ses bienfaits » (Ps. 103. 2), ou déclarer comme Paul : « Qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? » (1 Cor. 4. 7) !

Que nous soyons gardés de penser que tout ce que nous avons reçu soit un dû ou, parfois, le fruit de nos propres efforts ! Pour chacun de nous, il y aura cette parole solennelle en rapport avec tout ce que Dieu nous a confié : « Rends compte de ton administration » (Luc 16. 2). Dieu veuille faire que, étant étreints par l’amour de Christ, nous ne vivions plus pour nous-mêmes, mais pour celui qui pour nous est mort et a été ressuscité (2 Cor. 5. 15).

Ainsi, tout ce que nous avons reçu du Seigneur, nous sommes responsables de l’employer pour Lui, en vue de Le servir toujours mieux. Il est écrit : « Livrez-vous vous-mêmes à Dieu… et vos membres à Dieu, comme instruments de justice » (Rom. 6. 13).

Ainsi, comme vous le savez, il y a des enfants privés de l’usage de certains membres, de certaines facultés. Vous en connaissez qui sont aveugles, ne pouvant jouir de la lumière, de l’éclat du soleil, ni des beautés de la nature. D’autres sont paralysés, d’autres doivent rester alités des mois, même des années. Enfin, d’autres sont sourds ou muets ou ne peuvent pas lire bien des récits intéressants ou s’amuser comme vous le faites en toute liberté. Quelle affliction pour leurs parents à la découverte de telles infirmités !

La seule issue n’est-elle pas de se tourner vers Dieu pour Lui demander la force d’accepter, sans comprendre bien souvent, Ses voies insondables ?

L’aveugle-né de notre récit était assis et mendiait au moment où Jésus le voit. Toute sa vie d’enfant, toute sa vie d’adolescent, toute sa vie d’homme, toute sa vie sans voir… Quelle longue souffrance avant de rencontrer Celui qui est la lumière du monde !

La question des disciples vous surprend-elle ? « Maître, qui a péché : celui-ci, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jean 9. 2). La loi en Exode 20. 5 ne rappelle-t-elle pas ce principe du gouvernement de Dieu, où chacun porte dans ce monde les conséquences de ses fautes ? Mais Jésus répond : « Ni celui-ci n’a péché, ni ses parents ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui » (v. 3).

Cet aveugle et ses parents avaient certainement péché comme chacun de nous. Mais cette infirmité rappelait d’une manière saisissante l’aveuglement moral de tout pécheur dès sa naissance. L’homme ne voit pas son véritable état à la lumière de Dieu. Il est perdu, coupable et souillé. « Toute la tête est malade et tout le cœur défaut. Depuis la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien en lui qui soit saint » (És. 1. 5 et 6).

Incapable de faire le bien, il est très actif pour faire le mal. « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19). Mais Jésus est venu « afin que ceux qui ne voient pas, voient » (Jean 9. 39). Dieu a envoyé dans ce monde « son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ».

Jésus cracha en terre et fit de la boue de Son crachat, et mit la boue comme un onguent sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va, et lave-toi au réservoir de Siloé » (nom qui signifie « Envoyé »). Ayant foi en la parole divine, l’aveugle obéit, alla se laver au réservoir, et il revint voyant.

Avec la boue sur ses yeux, cet aveugle a dû prendre conscience d’autant plus de son infirmité. Quand Dieu nous fait sentir toute notre misère morale, notre état de pécheur ; quelle paix et quelle délivrance lorsque les paroles de Jésus pénètrent notre cœur et notre conscience : « Celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle ! » (Jean 5. 24). « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, guérit toutes tes infirmités » (Ps. 103. 3). « Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui » (1 Jean 4. 9).

La boue formée par le Seigneur évoque le mystère de l’incarnation de Celui qui est tout à la fois le Fils de Dieu et l’Homme parfait. Seule l’âme obéissante, acceptant Jésus comme l’Envoyé de Dieu, reçoit la lumière et la vie.

Remarquez comment cet homme guéri sait raconter clairement ce que Jésus a fait pour lui. Il rend témoignage à Celui qui l’a délivré. Il connaît son nom, Jésus (v. 11), il sait que c’est un prophète, porteur de la Parole de Dieu (v. 17), et que Dieu L’écoute à cause de Sa piété et de Son obéissance (v. 31). Comme les progrès d’une âme peuvent être rapides lorsqu’elle connaît Jésus et qu’elle l’aime comme son Sauveur et son Seigneur !

Que ton cœur soit sensible au témoignage rendu avec hardiesse par cet aveugle guéri : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois » (v. 25). Il est passé des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu. Il possède l’assurance du salut. Son langage est sans équivoque. Il a la foi en Jésus.

Cher jeune lecteur, possèdes-tu la même certitude pour ton âme ? Peux-tu l’exprimer sans hésitation et avec bonheur ? Si oui, alors tu peux rendre grâce à Dieu pour son don inexprimable.

Le témoignage personnel de l’aveugle guéri entraîne son expulsion de la synagogue. Il connaît le même rejet que Celui qui l’a guéri, c’est l’opprobre de Christ. Il rencontre l’inimitié d’un monde religieux. C’est alors que Jésus vient à sa rencontre et Se révèle à lui comme étant le Fils de Dieu. Jésus parle à son cœur et il Lui rend hommage. Il est délivré pour adorer.

Si tu connais Jésus comme ton Sauveur, Il est digne que tu L’adores comme ton Seigneur, car tu as été racheté en vertu de Son sang précieux qui a coulé de Son côté percé (1 Jean 1. 7).

Le fils du seigneur de la cour (Jean 4. 46 à 54).

Après avoir séjourné deux jours en Samarie, où plusieurs crurent en lui et le reconnurent comme le Sauveur du monde, Jésus se rend en Galilée où Sa présence est nécessaire.

C’est à Cana où il avait fait Son premier miracle, l’eau changée en vin, qu’Il rencontre un seigneur de la cour (officier du roi) dont le fils était gravement malade. Quelle détresse dans ce cœur de père pour qu’il fasse appel au secours de Celui qui était connu comme le charpentier de Nazareth !

Ce père avait dû constater la totale impuissance de l’homme pour apporter la guérison, car que pouvait faire même l’homme le plus puissant ? Cet officier sait que Jésus est venu en Galilée. Il saisit l’occasion qui lui est offerte d’aller à Jésus et de lui exposer son besoin urgent. Il presse Jésus de descendre à Capernaüm pour guérir son fils, car celui-ci s’en va mourir. Il ne connaît pas la vertu d’une seule parole de Jésus pour guérir à distance un malade.

Quel contraste avec la grande foi du centurion de la même ville (Luc 7. 7), qui ne s’estimait pas digne de recevoir le Seigneur chez lui, et qui se contentait d’une parole de Jésus pour que soit guéri son esclave qui lui était fort cher.

Cet officier s’approche de Jésus avec un saint respect, en toute humilité, conscient de sa propre indignité. Sous l’impulsion d’une foi vivante, il a le sentiment de la puissance de Dieu en amour, il a le sens de l’autorité divine détenue par Jésus. Qu’Il soit grand pour chacun de nos cœurs ! Puissions-nous nous approprier ces paroles de l’Écriture : « Fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » ! (Héb. 12. 2).

Malgré la faiblesse de sa foi, le seigneur de la cour va vers Jésus et le prie de guérir son fils. A l’école de la souffrance, conscient de sa totale impuissance, cet homme apprend à prier et même à supplier le Seigneur pour la délivrance de son enfant. Il recherche Celui qui a dit : « Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert » (Mat. 7. 7). Il n’est pas un désir, une perte, un besoin dont nous ne puissions Lui parler, tout en ayant en vue l’accomplissement de Sa volonté.

Avez-vous été arrêtés quelques jours par la maladie, mis à l’écart sur un lit de souffrances sans savoir quelle en serait l’issue ? C’est le moment pour Dieu de nous amener par un travail de cœur et de conscience à scruter nos voies, nos vies, dans Sa sainte présence.

Lorsque notre volonté propre est brisée après bien des révoltes et que, comme l’enfant sevré auprès de sa mère, nous nous soumettons humblement à la volonté parfaite de Dieu, alors Dieu peut intervenir, nous adressant cette parole dans le secret du cœur : « C’est de par moi que cette chose a eu lieu » (1 Rois 12. 24). Certes, nos plans peuvent être contrariés, mais les desseins de Dieu se réalisent, car Il est fidèle et juste dans toutes ses voies. Relisez Psaume 41. 3.

Ce père angoissé avait peut-être été attiré vers Jésus, ayant entendu parler de Ses compassions et de Sa puissance. Maintenant il est en présence de Celui qui guérit tous les maux. Il a devant lui le Fils de Dieu qui pourra déclarer : « Cette maladie n’est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu » (Jean 11. 4).

Jésus donc lui dit : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point » (v. 48). Il s’agit donc de croire la parole de Dieu et non pas de voir, car « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10. 17).

« Plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous les hommes » (Jean 2. 23 et 24). Retenons ce que le Seigneur dit à Thomas : « parce que tu m’as vu, tu as cru, bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (Jean 20. 29). Les Samaritains ont cru la parole de Jésus sans qu’Il n’ait fait aucun miracle parmi eux ; par contre, à Cana de Galilée, le Seigneur est sollicité d’accomplir un deuxième miracle.

Mais le seigneur de la cour insiste pour que Jésus descende avant que son fils ne meure. La mort, « le roi des terreurs », plane sur cette chambre d’enfant. Quelle douleur pour des parents au chevet d’un fils aimé qui se meurt ! Jésus est venu dans ce monde pour rendre impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ; et pour délivrer tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient pendant toute leur vie, assujettis à la servitude (Héb. 2. 14 et 15).

Jésus ne peut pas laisser une telle détresse sans réponse. C’est pourquoi il dit au père : « Va, ton fils vit » (v. 49). « Et l’homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s’en alla » (v. 59). Il apprécie maintenant la puissance de la parole de Jésus qui annonce la guérison de son fils. Il jouit immédiatement de la même bénédiction que les Samaritains.

Avec quelle simplicité la foi s’exprime ! Cet homme reçoit la parole de Jésus, et aussitôt il obéit, s’en retournant chez lui. Certes sur le chemin descendant à Capernaüm, il a pu être parfois en proie au doute, malgré toute la foi qui l’animait. Mais Dieu, dont, les compassions sont grandes, envoie à sa rencontre ses serviteurs chargés de la bonne nouvelle que son fils vivait. Alors sa foi, bien faible au départ, est fortifiée, car il apprend que la fièvre avait quitté son fils à la septième heure, au moment précis où Jésus lui déclarait : « Va, ton fils vit ».

Ainsi Jésus n’est pas descendu avec lui, pour mettre à l’épreuve sa foi naissante. Et maintenant il a la confirmation merveilleuse que Dieu donne toujours à la foi quand elle est engagée tout d’abord sur une parole divine.

Cet homme devient un témoin pour le Seigneur dans son propre foyer. Il est ajouté : « Et il crut, lui et toute sa maison » (v. 53). Ceux qui nous voient vivre, et qui entendent nos paroles, nous reconnaissent-ils pour avoir été avec Jésus ? Pouvons-nous leur communiquer quelques gloires morales de Sa vie ?

« Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 11 et 12). Possèdes-tu la vie éternelle ?

Un enfant démoniaque (Mat. 17. 14 à 21 ; Marc 9. 14 à 29 ; Luc 9. 37 à 43).

Ce récit rapporté dans trois évangiles, concerne un pauvre enfant possédé d’un démon, un esprit muet et sourd, qui le faisait cruellement souffrir. Il était victime de l’effrayante puissance de Satan, notre cruel adversaire. Il était sujet à de violentes crises nerveuses, car cet esprit démoniaque le faisait tomber fréquemment dans le feu et dans l’eau.

Alors que Jésus descendait de la montagne où il avait été transfiguré en gloire aux yeux de ses trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, un homme en détresse avait amené aux autres disciples son fils tourmenté par un démon. Il les avait bien suppliés pour la délivrance de son enfant, mais ils n’avaient pu le guérir. Et pourtant le Seigneur avait déjà donné autorité à Ses disciples sur les esprits immondes pour les chasser (Mat. 10. 1).

Ils étaient entourés d’une grande foule, et des scribes disputaient avec eux. Beaucoup de paroles, beaucoup de bruit, mais point de guérison… l’échec le plus complet !

Sortant de la foule, un homme s’approcha de Jésus et se jeta à genoux devant lui, en disant : « Maître, je t’ai amené mon fils qui a un esprit muet, et, partout où il le saisit, il l’agite violemment ; et il écume, et grince des dents, et il devient sec ; et j’ai dit à tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu » (Marc 9. 17 et 18).

Dans son angoisse accrue par l’impuissance des disciples, ce père raconte d’une manière bien émouvante toute l’histoire de son enfant, victime de la terrible puissance de l’ennemi. Et c’était son fils unique selon le récit de Luc.

Nous manquons sans doute de sensibilité spirituelle en présence de la puissance que Satan exerce sur l’homme déchu. Dès son jeune âge il est disposé à faire le mal, à trouver son plaisir en ceux qui le commettent, et il est incapable de faire le bien selon Dieu. Muet, il est dans l’impossibilité de prier ou d’adorer Dieu ; sourd, il ne peut écouter la voix de Dieu qui nous a parlé dans le Fils.

Sous l’emprise de Satan, l’homme pécheur est entraîné à la violence et à la folie, et il est placé sous la terreur de la mort, salaire du péché.

Affligé par le manque de foi des disciples, Jésus ne peut que les blâmer : « Ô génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ! ». Le Seigneur ne peut jamais approuver notre incrédulité, et en même temps Sa puissance et Son amour font face à notre misère. Il est celui qui seul peut délivrer, sauver notre âme.

Au moment où cet enfant est amené à Jésus, le démon le déchire et, tombant à terre, il se roulait en écumant. – « Combien y a-t-il de temps que ceci lui est arrivé ? » demande Jésus. Le père répond : « dès son enfance ; et souvent il l’a jeté dans le feu et dans les eaux pour le faire périr ; mais si tu peux quelque chose, assiste-nous, étant ému de compassion envers nous » (Marc 9. 19 à 22).

Deux puissances s’affrontent maintenant. Celle de Satan qui, meurtrier dès le commencement, cherche à porter atteinte à la vie de l’enfant. Et il y a la puissance de Dieu, manifestée en amour dans la Personne du Seigneur Jésus venu dans ce monde, pour délivrer ceux que le diable avait asservis à sa puissance.

La question de Jésus amène le père à souligner l’état désespéré de son enfant. Malgré sa faible foi apparaissant dans ses doutes vis-à-vis de la puissance du Seigneur, il s’en remet à Ses compassions. L’homme laissé à lui-même ne peut rien contre la puissance redoutable de Satan. Il ne peut être que sa victime.

Le Seigneur connaissait toute la douleur de ce pauvre père, mais il désire que sa foi s’affermisse en Sa puissance et en Son amour. C’est pourquoi Jésus lui dit : « Le « Si tu peux », c’est : Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit ». Voilà la flèche divine qui transperce ce cœur. Cet homme est touché dans son âme, il fond en larmes et s’écrie : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité ».

Le but du Seigneur est atteint. Il va pouvoir opérer la guérison, car cet homme se confie maintenant en la puissance du Sauveur. C’est ce profond travail du Seigneur dans le cœur et la conscience qui importe. Il le produit dans une âme qui a de vrais besoins, à travers quelques questions qui sondent le fond du cœur.

Le Seigneur voulait amener cet homme à croire tout simplement, et alors toute Sa puissance est à la disposition de la foi. Crois-tu au Seigneur Jésus pour être sauvé ? Peux-tu dire : Il est mort sur la croix pour moi, pécheur ?

Jésus peut intervenir. Il reprend le démon avec une autorité divine : « Esprit muet et sourd, je te commande, moi, sors de lui et n’y rentre plus ». Quoique sourd, ce démon doit obéir. Il sort après avoir crié et violemment déchiré l’enfant qui devint comme mort. Mais Jésus, le prince de la vie, le prend par la main, le redresse et il se lève. Ainsi nous avons en Jésus toutes les ressources pour résister avec succès à Satan. Mais n’ayant aucune force en nous-mêmes, nous ne pouvons vaincre qu’en faisant appel, par la foi, à la puissance du Seigneur.

Entrés dans la maison, seuls avec Jésus, Ses disciples lui demandèrent : « Pourquoi n’avons-nous pu le chasser ? » Et il leur répondit : « Cette sorte ne peut sortir en aucune façon, si ce n’est par la prière et par le jeûne » (Marc 9. 28 et 29). L’obstacle n’est jamais du côté du Seigneur, mais dans l’incrédulité des disciples.

Ainsi le Seigneur nous enseigne le secret de la puissance pour un service efficace : la foi qui s’appuie sur Dieu, la prière qui, dans la confiance en Lui, fait mouvoir Son bras, et le jeûne spirituel par lequel, dans le jugement de nous-mêmes, nous nous abstenons de ce que le monde nous offre, de ce qui excite la chair. C’est dans ce climat de piété qu’une communion intime est entretenue avec Dieu.

En priant, nous sommes en contact avec Dieu, qui nous communique la puissance, la grâce, la foi, le discernement de Sa volonté, la patience. Mais aussi nous avons conscience de notre faiblesse et de notre néant, ce qui nous rejette sur Dieu seul, dont les ressources sont à la disposition de la foi. Dieu a-t-il répondu à tes prières ?

Tout enfant converti désire servir le Seigneur. C’est dans la prière et le jeûne qu’un service peut être utile pour Lui. Mais prenons garde à l’influence du monde dans nos vies ! « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4. 4).

Le vieil homme a tout ce qu’il désire dans le monde. Puissions-nous veiller et prier, étant sobres en toutes choses ! Il n’y aura pas alors d’entraves dans nos vies, qui pourront être consacrées au Seigneur. Seul Dieu peut nous dispenser l’énergie de la foi nécessaire pour marcher dans la séparation du mal, en faisant le bien. Et selon notre mesure de foi, ne pourrons-nous pas dire avec l’apôtre : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » ? (Phil. 4. 13).

La fille de Jaïrus (Mat. 9. 18 à 26 ; Marc 5. 21 à 43 ; Luc 8. 40 à 56).

Le récit proposé à votre lecture, rapporté dans trois évangiles, concerne un miracle accompli par le Seigneur Jésus au sujet de la fille d’un chef de synagogue dénommé Jaïrus. C’était une fille unique, d’environ douze ans et elle était sur le point de mourir.

A cet âge-là nous ne pensons pas volontiers au fait que Dieu puisse redemander notre âme. Et pourtant c’est environ l’âge où l’être humain devient responsable devant Dieu, ayant acquis la connaissance du bien et du mal.

Dieu vous adresse cette parole : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives… en aimant… ton Dieu, en écoutant sa voix, et en t’attachant à lui » (Deut. 30. 19 et 20).

Ainsi chacun peut s’interroger : si Dieu devait aujourd’hui me rappeler à lui, suis-je en règle avec Lui au sujet de mes péchés, ai-je foi au Seigneur Jésus mort pour moi sur la croix ?

Quelle angoisse étreignait le cœur de Jaïrus, lorsqu’il vint à Jésus et se jeta, à ses pieds pour le supplier instamment de venir dans sa maison et de guérir son enfant, une fille unique ! Ne sommes-nous pas invités à rejeter sur lui tout notre souci, car il a soin de nous ? (1 Pier. 5. 7). Le Seigneur sondait cette détresse dans ce cœur de père dont la fille était à l’extrémité. Sans délai, il se rend à la maison du chef de synagogue, accompagné de la foule qui le serrait de tous côtés.

Comme Jésus parlait encore, il vient quelqu’un de chez le chef de synagogue, lui disant : « Ta fille est morte, ne tourmente pas le Maître. Mais Jésus, l’ayant entendu, lui répondit, disant : Ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée » (Luc 8. 50). C’est ainsi que se réalise la prophétie d’Ésaïe qui, parlant de Jésus plus de sept siècles avant Sa naissance, avait annoncé que Dieu lui donnerait la langue des savants pour qu’il sache soutenir par une parole celui qui est las (ch. 50. 4).

Dans toutes nos détresses, le Seigneur désire que nos cœurs se tournent vers Lui avec foi. Dans une autre circonstance, Il peut dire à Ses disciples : « Ayez foi en Dieu. En vérité, je vous dis que quiconque dira à cette montagne : Ôte-toi, et jette-toi dans la mer, et qui ne doutera pas dans son cœur, mais croira que ce qu’il dit se fait, tout ce qu’il aura dit lui sera fait. C’est pourquoi je vous dis : tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez, et il vous sera fait » (Marc 11. 22 à 24).

Tout ce qui apparaît comme une montagne, symbole d’une grande puissance terrestre, ou comme un obstacle quelconque, peut disparaître dans la mer par la foi en Dieu. Cette foi s’exprime dans la prière qui traduit notre besoin de dépendre de Dieu et de nous confier en Lui. C’est ainsi que la foi peut user de la puissance de Dieu pour Le servir avec efficacité.

Et pour pouvoir compter sur Dieu, nous avons à veiller sur l’état de nos âmes de sorte que rien ne vienne faire obstacle dans nos cœurs au déploiement de la puissance divine. Dieu veut en particulier que nous nous pardonnions les uns aux autres, comme Lui-même aussi, en Christ, nous a pardonné (Éph. 4. 32).

Cette parole consolante de Jésus à Jaïrus nous indique un secret de la vie chrétienne, lorsque nous sommes soumis à certaines épreuves. S’il y a sur notre chemin un obstacle, en apparence insurmontable, ayons foi en Dieu qui a la puissance de l’ôter. Sommes-nous prêts à voir les merveilles que la puissance divine peut opérer en réponse à notre confiance en Dieu ?

Arrivé à la maison, Jésus ne permit à personne d’entrer, sinon à Pierre, à Jacques et à Jean, et aux parents de la jeune fille. En même temps il met dehors les joueurs de flûte, et la foule qui faisait un grand bruit.

Pour ceux qui sont dehors, il y a une porte fermée entre le Seigneur et eux. Ils peuvent raisonner, discuter, se disputer, pleurer même, mais ils ne sont pas admis dans la présence du Seigneur.

Lorsque, ressuscité, le Seigneur S’est manifesté à Ses disciples, le premier jour de la semaine, les portes du lieu où ils se trouvaient étaient fermées également. Mais pour ceux qui sont dans la maison, ils seront les témoins d’une scène où le Prince de la vie va déployer en grâce sa puissance infinie. Ils vont Le voir, entendre Sa voix, jouir d’une intime communion avec Lui.

Jésus prit la jeune fille par la main et cria : « Jeune fille, lève-toi. Et son esprit retourna en elle, et elle se leva immédiatement ; et il commanda qu’on lui donnât à manger. Et ses parents étaient hors d’eux ; et il leur enjoignit de ne dire à personne ce qui était arrivé » (Luc 8. 54 à 56).

La voix puissante de Jésus donne la vie. Il a pu dire à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra » (Jean 11. 25). La puissance de la résurrection est en Lui. Puis le Seigneur, dans Ses tendres soins, commande aux parents de donner à manger à leur fille. Elle avait besoin de force pour pouvoir marcher.

Ainsi lorsque nous avons reçu, par grâce, la vie qui est en Christ, nous avons besoin de la nourrir chaque jour par la Parole de Dieu. Notre âme est alors fortifiée dans la foi. La lecture en famille des Saintes Écritures, comme aussi l’indispensable lecture personnelle, nous apportent ce pur lait intellectuel par lequel s’effectue notre croissance spirituelle. Dieu, par sa Parole, répond à tous les besoins de nos âmes.

Cette jeune fille est aussi l’image d’Israël qui, quoique mort devant Dieu, dort seulement. Dans un jour très proche maintenant, Jésus viendra établir Son règne de justice et de paix sur la terre.

De la même manière qu’Il éveilla la fille de Jaïrus, Il va tirer Son peuple terrestre de la mort morale dans laquelle il est tombé après avoir rejeté et crucifié son Messie. Mais aujourd’hui tous ceux qui L’invoquent par la foi sont sauvés (Rom. 10. 13).

Un petit garçon (Jean 6. 1 à 15).

Le récit biblique proposé à votre méditation nous rapporte le miracle de la multiplication des pains, le seul qui soit mentionné dans les quatre évangiles (Mat. 14, Marc 6 et Luc 9).

Après avoir guéri des malades, le Seigneur Jésus est de nouveau ému de compassion en voyant une grande foule venant à Lui, alors que le lieu était désert, l’heure déjà fort avancée, et il n’y avait rien à manger.

Quelle situation désespérée ! Mais ce lieu désert dépourvu de toute nourriture n’évoque-t-il pas ce que le monde offre à l’homme déchu ? Rien ne peut l’aider à se dégager de sa misère, rien ne peut nourrir son âme. Le fils prodigue en Luc 15, loin de la maison de son père, sous le coup d’une grande famine, commença à être dans le besoin, et personne ne lui donnait rien. Quelle détresse !

Mais le Seigneur savait ce qu’II allait faire, car l’extrémité de l’homme est l’occasion pour Dieu d’intervenir en grâce et en puissance. N’est-Il pas l’Éternel de l’Ancien Testament déclarant : « Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres » ? (Ps. 132. 15)

Jésus va sonder le cœur de son disciple par une question : « D’où achèterons-nous des pains, afin que ceux-ci mangent ? » La réponse de Philippe est immédiate : « Pour deux cents deniers de pain ne suffirait pas, pour que chacun en reçût quelque peu » (v. 5 à 7). Ne lui ressemblons-nous pas ? Au lieu de compter sur la puissance divine, nous estimons les ressources humaines. Philippe doit constater qu’une grande somme d’argent ne suffit pas.

Un autre disciple, André, lui dit : « Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » A son tour, André souligne toute l’insuffisance des ressources.

Nous avons ici une leçon capitale à retenir. Dès qu’une difficulté se présente ou qu’une épreuve nous atteint, nous mesurons comme Philippe notre incapacité pour y faire face, ou nous comptons comme André nos maigres ressources qui ne peuvent satisfaire le besoin. Ne devrions-nous pas plutôt dire, comme Josaphat autrefois, dans la détresse : « Il n’y a point de force en nous… nous ne savons ce que nous devons faire, mais nos yeux sont sur toi ? » (2 Chron. 20. 12).

Job lui-même, au terme de son épreuve, déclare à Dieu : « Je sais que tu peux tout » (42. 2).

Puissions-nous nous appuyer fermement sur le Seigneur seul, jour après jour, sachant qu’Il ne nous abandonnera pas au moment où nous affronterons quelque difficulté que ce soit. Tout ce qui nous amène à Ses pieds pour implorer Son secours est bienfaisant pour notre âme. Vous pouvez rencontrer une difficulté à l’école, être arrêté par la maladie, ou connaître une déception amère, confiez cette peine au Seigneur, vous attendant à Son intervention pour faire travailler toutes choses en vue de votre bien (Rom. 8. 28).

L’évangéliste Jean seul présente ce petit garçon qui détenait sa petite provision d’un jour : cinq pains d’orge, deux poissons. Quel contraste avec ce qui était nécessaire pour nourrir cette grande foule !

Cet enfant aurait pu raisonner en se disant : A quoi bon donner ces piètres ressources totalement insuffisantes ! Ne devrais-je pas plutôt satisfaire ma faim ? Non ! rien de cela n’apparaît, mais il accède volontiers à la demande du Seigneur : « Apportez-les moi ici » (Mat. 14. 18). Il ne garde rien pour lui-même, mais tout est apporté à Jésus. Ainsi, rien de ce que nous possédons ne nous appartient. Cela nous est confié afin que, comme de fidèles administrateurs, nous le fassions valoir pour le Seigneur.

Ne méprisons pas le jour des petites choses (Zach. 4. 10). Le Seigneur commence souvent par nous confier de très petites choses qui, lorsqu’elles sont faites par amour pour Lui, peuvent devenir entre Ses puissantes mains, une source de bénédictions multipliées pour d’autres. « Celui qui est fidèle dans ce qui est très petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand » (Luc 16. 10).

Avons-nous à cœur de commencer notre journée avec le Seigneur Jésus, en Lui confiant tous nos besoins, nos difficultés, nos peines, dans une prière fervente ? Ne désire-t-Il pas diriger chacun de nos pas, ouvrant nos yeux sur ce qu’Il a préparé pour nous à chaque instant du jour ? C’est ainsi que nous pouvons vivre humblement l’aujourd’hui de Dieu. On reconnaissait Pierre et Jean pour avoir été avec Jésus (Act. 4. 13).

A l’école, en relation avec les camarades ou les maîtres, à la maison, en contact avec les membres de la famille, dans nos allées et venues avec ceux que nous côtoyons, n’y a-t-il pas une succession de « bonnes œuvres » préparées par le Seigneur afin que nous marchions en elles ? Un bon exemple à donner, une parole affectueuse, un regard bienveillant, renoncer à quelque chose pour le Seigneur, rendre témoignage à Celui qui est lumière et amour, que d’occasions à saisir par la foi ! Puissions-nous être conscients que nous sommes sauvés pour servir Celui qui nous a aimés le premier !

Que nous soyons encouragés par l’exemple de ce petit garçon ! Les cinq pains et les deux poissons suffirent, entre les mains du Seigneur, à rassasier cinq mille hommes, outre les femmes et les enfants. Rien n’est trop insignifiant aux yeux du Seigneur quand nous le Lui apportons avec foi. Il le fera fructifier. Et avant tout, répondons sans réserve à Celui qui nous dit : « Mon fils, donne-moi ton cœur, et que tes yeux se plaisent à mes voies » (Prov. 23. 26).

« Et après qu’ils furent rassasiés, Jésus dit à ses disciples : « Amassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu » (v. 12). Ils remplirent douze paniers des morceaux qui étaient de reste. Ainsi le Seigneur a utilisé ce qu’avait le petit garçon et l’a multiplié miraculeusement de manière à rassasier cette grande foule et à recueillir une abondance de restes.

Sachons nous servir de ce que le Seigneur nous a donné, aussi faible que cela soit. Ne sachant pas comment Il va faire, la foi est exercée, et Il agira en bénédiction pour d’autres. Notons aussi Son désir que rien ne soit perdu. Cette abondance ne justifie pas la prodigalité, pas plus que l’économie n’autorise l’avarice.

Sachons éprouver jusque dans les petits détails ce qui est agréable au Seigneur.

Sachons recueillir les restes et communiquer à d’autres l’enseignement de la Parole qui a édifié nos âmes. Gardons dans nos cœurs cette parole : « Si la promptitude à donner existe, elle est agréable selon ce qu’on a, non selon ce qu’on n’a pas » (2 Cor. 8. 12).

La fille de la Syrophénicienne (Mat. 15. 21 à 28 et Marc 7. 24 à 30).

Dans les passages proposés à votre lecture nous avons le récit bien touchant d’une femme de foi qui vient exposer sa détresse au Seigneur.

Jésus s’était retiré dans les quartiers de Tyr et de Sidon, au nord de la Galilée. Il considérait ces villes, étrangères aux alliances de la promesse (Éph. 2. 12), comme moins coupables que celles de Galilée dans lesquelles le plus grand nombre de Ses miracles avaient été faits (Mat. 11. 22 et 23).

C’est dans ce lieu qu’une femme syrophénicienne, dont la fille avait un esprit immonde, ayant entendu parler de Lui, vint et se jeta à Ses pieds. Consciente de Sa dignité, de Sa puissance et de Son amour, elle s’approche de Lui avec confiance.

N’est-il pas l’homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur ? (És. 53. 3). Son cœur n’est-il pas ému de compassion à l’égard de tous les affligés ?

Cette femme appartenait à la race maudite des Cananéens qu’Israël aurait dû exterminer selon Deutéronome 7. 1 et 2. Mais la grâce de Dieu est là en Christ, et elle outrepasse les frontières d’Israël pour répondre aux besoins profonds des âmes en détresse.

Cette femme s’écria, lui disant : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon » (Mat. 15. 22). Comme Fils de David, titre en relation avec les Juifs, Il n’avait rien à faire avec une Cananéenne, Il ne pouvait qu’exercer le jugement à son égard. C’est pourquoi Il ne lui répondit mot. Quelle épreuve pour cette femme affligée ! Point de réponse.

C’est alors que les disciples, ennuyés par l’insistance de cette étrangère, poussés par un certain égoïsme, interviennent auprès de Jésus Lui-même disant : « Renvoie-la, car elle crie après nous ». Le Seigneur aurait-il pu repousser une faible créature, souffrant sous l’oppression de Satan ? Son cœur n’était-il pas rempli d’amour pour tous ceux qui venaient à Lui avec foi ? Quel contraste avec le cœur des disciples manquant de sensibilité et d’intelligence spirituelle !

Le Seigneur leur répond : « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Cette femme était de Canaan, elle n’était pas une brebis d’Israël. Nouvelle épreuve pour cette étrangère qui doit être amenée à prendre sa vraie place en toute humilité devant Celui qui est Dieu manifesté en chair.

Cette femme ayant entendu le dialogue entre les disciples et le Seigneur, sa foi, loin d’être vaincue, s’enhardit et, dans une expression pleine de ferveur, elle rend hommage au Seigneur, disant : « Seigneur, assiste-moi ».

Voilà une demande courte, précise, déterminée. La foi compte sur l’amour et la puissance du Seigneur. Pour elle, c’est la seule issue pour répondre à sa détresse. Voilà une prière en trois mots que le plus jeune d’entre vous peut prononcer avec foi.

Il plaît au Seigneur que nous Le fassions intervenir dans les circonstances de notre vie. Il peut et veut donner ce qui est bon pour chacun de nous. Puissions-nous éprouver que « les compassions de Dieu ne cessent pas ; elles sont nouvelles chaque matin » (Lam. 3. 23) ! Puissions-nous imiter la foi vivante de cette Cananéenne !

L’appel au secours de cette mère affligée provoque la réponse du Seigneur : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ». Une dernière fois cette parole affine la foi de cette femme au creuset ardent de l’épreuve. Quand Jésus parle, Sa parole est encore plus éprouvante que Son silence.

La réplique de la Cananéenne met en évidence la pureté et l’intelligence de sa foi. Elle manifeste toute l’adhésion d’un cœur soumis à l’autorité du Seigneur : « Oui, Seigneur ; car même les chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Ainsi elle reconnaît qu’elle n’a aucun droit, aucun mérite.

Le pain des enfants représentait tous les privilèges appartenant à Israël seul, comme peuple de Dieu, et tous les bénéfices que la venue du Messie lui octroyait. Et cette femme, dont la foi est affermie par la nécessité, n’ayant d’autre ressource que le secours du Seigneur, accepte l’humiliation de sa position de Cananéenne.

Ruth elle-même, qui avait trouvé grâce aux yeux de Boaz, doit déclarer : « je suis une étrangère » (Ruth 2. 10). Pour la syrophénicienne, le profond sentiment de la grâce l’amène à la certitude qu’elle peut être rassasiée par les miettes tombant de la table des maîtres.

Comme est admirable la sagesse du Seigneur ! Dans Sa dureté apparente Il amène cette femme à occuper sa vraie place devant Dieu, acceptant toute la vérité quant à elle-même : des chiens qui mangent des miettes sous la table de leurs maîtres.

Que de grâces nous sont accordées lorsque nous pouvons, après peut-être bien des débats intérieurs, prononcer dans une entière soumission de cœur ces paroles : Oui, Seigneur. Cela signifie un plein accord avec les paroles de Jésus. Présenté à Israël comme Messie, Il conserve ce caractère face aux étrangers. Et comme Dieu s’approchant en grâce de Sa créature déchue, Il ne repousse aucun de ceux qui viennent à Lui, conscients de leur indignité, de leur état de perdition, mais aussi attirés par la bonté gratuite de Dieu.

La foi peut triompher de toutes sortes d’obstacles pour rencontrer la grâce de Dieu qui répond à son besoin.

Méphibosheth, confondu par la bonté de Dieu dont David use envers lui, déclare : « Qu’est ton serviteur, que tu aies regardé un chien mort tel que moi ? » (2 Sam. 9. 8). Et David le fait asseoir à sa table avec les fils du roi pour manger le pain continuellement.

Nous avons un Sauveur parfait dont l’œuvre expiatoire, accomplie une fois pour toutes, permet à Dieu de faire grâce à des pécheurs perdus qui se repentent. Puissiez-vous goûter individuellement toute la plénitude de la grâce de Dieu !

Maintenant Jésus peut répondre : « Ô femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie ».

Quel bonheur pour cette femme d’obtenir la réponse à sa foi ! De plus Dieu S’est révélé en Christ. Qu’elle est admirable, cette grâce de Dieu qui offre le salut à tous les hommes selon ce qui est écrit : « Car il n’y a pas de différence de Juif et de Grec, car le même Seigneur de tous est riche envers tous ceux qui l’invoquent ; car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » ! (Rom. 10. 12 et 13).

Cher jeune lecteur, es-tu venu à Jésus, lui confessant tes péchés pour obtenir un plein pardon ? C’est aujourd’hui que tu peux être délivré de ta culpabilité. Demain pourrait être trop tard !

L’enfant Timothée (2 Tim. 1. 1 à 6 et 3. 14 à 17).

Nous souhaiterions considérer ce que la Bible rapporte de l’enfance de Timothée. L’apôtre Paul l’appelle « mon véritable enfant dans la foi » (1 Tim. 1. 2), « mon enfant bien-aimé » (2 Tim. 1. 2).

Au temps de sa jeunesse, Timothée habitait en Asie-Mineure, à Derbe et à Lystre. Selon Actes 16. 1, sa mère Eunice, juive croyante, s’était mariée avec un Grec, contrairement aux prescriptions de la loi de Moïse (Deut. 7. 3). De plus, le Nouveau Testament nous met en garde contre l’union avec un incrédule (2 Cor. 6. 14).

La grand-mère Loïs et la mère de Timothée, Eunice, étaient toutes deux animées d’une foi sincère et s’étaient appliquées à instruire le jeune Timothée dans la connaissance des écrits de l’Ancien Testament, seule partie des Saintes Écritures que l’on pouvait se procurer en ce temps-là.

Cet enfant avait été élevé sous la discipline et les avertissements du Seigneur, dans une atmosphère de piété, de foi et d’amour. Jeune garçon, il avait été instruit selon la règle de sa voie (Prov. 22. 6).

Comme sont importantes l’éducation et les influences qu’un jeune enfant reçoit dans les premières années de sa vie ! Dès l’enfance Timothée connaissait les « Saintes Lettres », c’est-à-dire la Parole de Dieu. Loin de se laisser peut-être arrêter par son mari, Eunice avait appliqué l’exhortation de Deutéronome 6. 6 à 9 : « Ces paroles, que je te commande aujourd’hui, seront sur ton cœur. Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ».

Mais ce pieux enseignement ne suffisait pas. Une œuvre divine dans l’âme de cet enfant devait se produire. Le cœur et la conscience étant atteints, il devait passer par la nouvelle naissance sous l’action de la Parole et du Saint Esprit.

Ce fut probablement lors du premier passage de Paul et de Barnabas dans les villes d’Iconium, de Lystre et de Derbe que ce jeune enfant fut mis en contact avec l’évangile, puissance de Dieu en salut à quiconque croit (Rom. 1. 16). C’est là qu’une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent et, en même temps, que les serviteurs de Dieu furent violemment persécutés (Act. 14. 5 et 19).

Timothée avait pleinement compris les persécutions et les souffrances que Paul avaient endurées (2 Tim. 3. 10 et 11). En persévérant dans la foi, il était averti « que c’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (v. 22).

Ainsi cette foi personnelle au Seigneur Jésus, comme le seul Sauveur, scelle que Dieu est vrai. Et en toute simplicité nous pouvons annoncer ce message aux hommes perdus : « Qui croit au Fils a la vie éternelle, mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

Timothée avait été marqué par une conviction personnelle et se laissa former par une méditation régulière de la Parole de Dieu. Quelques années plus tard, lorsque Paul effectua son deuxième voyage à Lystre et à Derbe, il rencontra Timothée, connu comme disciple, ayant un bon témoignage des frères de la localité. C’est alors que Paul, l’ayant pris, l’emmène avec lui pour servir dans l’évangile comme un enfant sert son père (Phil. 2. 22). Les fruits de la vie divine avaient été remarqués par ceux qui approchaient Timothée. Il mettait en pratique les paroles de Jésus : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive » (Mat. 16. 24).

Plus tard, Paul à la fin de sa vie pourra déclarer à son enfant dans la foi : « Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises, et que, dès l’enfance, tu connais les Saintes Lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 3. 14 et 15).

Toi qui, comme Timothée, as la connaissance des Saintes Lettres, as-tu la foi personnelle au Seigneur Jésus ? Si ta réponse est affirmative, tu peux croître dans la piété en te séparant du mal et du monde, pour être un vase utile au maître, quel que soit ton âge et le service à remplir.

Le disciple, aussi jeune soit-il, est imprégné de l’enseignement du Maître. « Il suffit au disciple qu’il soit comme son maître » (Mat. 10. 25). Le secret d’une vie fructueuse pour le Seigneur n’est-il pas de pratiquer ce que l’on a saisi de la Parole de Dieu ?

« Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta Parole » (Ps. 119. 9).

C’est un privilège inestimable pour toute la vie que d’avoir entre les mains, dès le plus jeune âge, la Parole de Dieu pour la lire, la méditer dans son cœur. Éprouves-tu le besoin de la lire chaque jour, avec prière, alors que tes facultés sont encore intactes ?

« Recevez avec douceur la parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes… mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement » (Jac. 1. 21 et 22). Il est écrit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mat. 4. 4).

C’est au moment où Jérémie déclare : « Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » que Dieu lui répond : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » (Jér. 15. 16 et 19). Voilà le vrai témoin pour Dieu formé par Sa parole !

Quelle place tient dans ta vie la Parole du Dieu vivant ? Considérons la manière régulière dont nous prenons nos repas, et chacun de nous mange pour son propre besoin. Il nous arrive parfois d’être tenaillé par une faim intense. Ne devrions-nous pas apporter encore plus de soin à l’égard de notre âme immortelle qu’à l’égard de notre corps ? Notre négligence ne va-t-elle pas parfois jusqu’à laisser périr de faim notre âme, alors que nous sommes accaparés par des choses vaines ? Écoutons les paroles de l’apôtre : « Sois le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté… attache-toi à la lecture…, occupe-toi de ces choses ; sois-y tout entier » (1 Tim. 4. 12, 13 et 15).

Nourri dès son enfance des Saintes Lettres, Timothée a pu être « un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 2. 21). Il a pu faire « l’œuvre d’un évangéliste », accomplir « pleinement son service » (4. 5), être « un bon soldat de Jésus Christ » (2. 3). Fais-tu partie de ceux qui estiment que la Parole de Dieu est le trésor le plus précieux ?

D’après La Bonne Nouvelle 1984

L’HOMME CHRIST JÉSUS

« Il (Jésus) dut, à tous égards, être rendu semblable à ses frères » Héb. 2. 17.

« Nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » Héb. 4. 15.

L’HOMME CHRIST JÉSUS

Le Fils de Dieu est devenu véritablement un Homme, exactement comme nous. Comme un tel fait met en évidence Sa bonté et Sa sympathie ! Il y a cependant des gens qui exploitent cette vérité pour propager de fausses doctrines, disant que Jésus a pris sur Lui notre nature de péché, et qu’ainsi Il pouvait pécher. Il est donc essentiel que nous tenions ferme le clair et sain enseignement des Saintes Écritures à cet égard.

Les apôtres Pierre, Paul et Jean nous donnent tous les trois le même enseignement sur ce sujet. Ils ne diffèrent que sur ce sur quoi ils mettent l’accent, et ces différences sont en harmonie avec le ministère et la propre personnalité de chacun d’entre eux.

– Pierre était un homme d’action : il présente Christ comme un exemple pour la marche du chrétien et Il nous présente Celui « qui n’a pas commis de péché » (1 Pier. 2. 22). Le Seigneur Jésus n’a jamais commis de péché. Tout vrai croyant admet cela comme un fait irréfutable. Même Ses adversaires n’ont pas pu Le convaincre de péché (Jean 8. 46). Et Pilate a dû confirmer Son innocence à trois reprises (Luc 23. 4, 15 et 22).

– Paul était un intellectuel versé dans les Écritures. Son témoignage relativement à Christ est : « Celui qui n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5. 21). Cette déclaration va plus loin que celle de Pierre. Elle montre que, sans aucune exception, toutes les pensées et tous les motifs de Christ étaient sans péché.

– Nous avons enfin Jean, celui des douze apôtres qui connaissait le plus intimement le Seigneur Jésus. Il a été conduit à écrire : « il n’y a pas de péché en lui » (1 Jean 3. 5). Cela va encore plus loin que de ne commettre aucun péché ou de ne pas l’avoir connu. Jésus était la véritable offrande de gâteau, dans laquelle il n’y avait aucune trace de levain (voir Lév. 2. 4, 5 ; 6. 9 et 10).

D’après « The Good Seed » août 2023