LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (2)

Nous voici au commencement d’une nouvelle année. J’aime à penser que vous ne la commencez pas sans bénir le Seigneur pour toutes Ses bontés envers vous pendant celle qui vient de s’écouler.

Le psalmiste disait : Mon âme, bénis l’Éternel ! Et que tout ce qui est au dedans de moi bénisse son saint nom !

J’espère aussi que vous continuerez à lire « la Bonne Nouvelle » et aurez à cœur d’écouter les enseignements du grand-père. Autre chose encore, je suppose que cette année il y aura de nouveaux lecteurs de notre petite publication : à ceux-ci, nous dirons de ne pas se décourager si parfois il s’y trouve des choses qu’ils ont de la peine à comprendre.

À tous, je recommanderai de beaucoup prier : demandez à Dieu toutes les choses dont vous avez besoin. Peut-être qu’il ne vous les donnera pas immédiatement, mais soyez bien assurés qu’Il vous entend et qu’Il vous exaucera au moment fixé par Sa sagesse. Priez sans cesse, nous est-il dit. (1 Thess. 5. 17.) Souvenez-vous que jamais on ne perd son temps quand on prie.

Maintenant, nous allons continuer le récit de la vie d’Abraham. Vous vous souvenez de ce que je vous ai déjà dit de cet homme remarquable qui a été appelé ami de Dieu (Jac. 2. 23). C’est un beau et glorieux titre que Dieu lui a donné. Si Dieu l’a ainsi honoré, c’est que lui a honoré l’Éternel par sa foi, son obéissance et son entière confiance en Lui.

Aujourd’hui nous voulons nous occuper de ce qui nous est dit de lui dans le chapitre 22 du livre de la Genèse. Là, Dieu nous raconte comment Abraham a obéi lorsque Dieu lui a demandé d’aller offrir son fils bien-aimé en holocauste sur la montagne qu’Il lui indiquerait.

Abraham a obéi sans tarder. De bon matin il s’est levé et a tout préparé, et il est parti vers le lieu que l’Éternel lui avait indiqué. Arrivé sur la montagne, il bâtit l’autel, arrange le bois, lie son fils, le met sur l’autel et prend le couteau pour égorger Isaac.

À ce moment-là l’Éternel l’arrête. En faisant ces choses, Abraham avait montré sa foi et son obéissance. Cela suffisait. Sa foi avait été éprouvée, et l’épreuve qu’elle venait de traverser en avait manifesté toute la beauté.

Vous savez qu’on éprouve l’or pour s’assurer qu’il ne contient aucun alliage d’un métal quelconque. Pour cela les orfèvres soumettent l’or à l’action de certains acides. Si l’or est pur, il reste dans tout son éclat, il ne change pas, mais s’il est mélangé à d’autres métaux il se détériore et se ternit.

Or la foi est plus précieuse que l’or, c’est pourquoi Dieu l’éprouve.

Vous pouvez penser combien l’épreuve d’Abraham était douloureuse. Il aimait tendrement son fils unique. En l’offrant en holocauste, il devait le sacrifier entièrement.

L’holocauste était un sacrifice qui devait être entièrement consumé. Abraham, en sacrifiant ainsi son fils, montrait qu’il aimait l’Éternel, qu’il se confiait en Lui, qu’il savait que l’Éternel pouvait le lui ressusciter d’entre les morts.

Ces choses sont de toute beauté. La foi est quelque chose de merveilleux, elle est toujours accompagnée de l’obéissance à la parole de Dieu.

Souvenez-vous que croire et obéir vont toujours ensemble. Nous comprenons que l’Éternel s’est plu à bénir Son serviteur Abraham et que Dieu se plaît ainsi à nous raconter comment Son serviteur L’a honoré.

En nous donnant ce récit, Dieu aussi a voulu, à l’avance, nous faire connaître ce que ce devait être pour Lui que de sacrifier Son Fils unique et bien-aimé lorsqu’Il est mort sur la croix. Si l’ange de l’Éternel a arrêté la main d’Abraham lorsqu’il allait frapper son fils, personne n’a pu arrêter la main de Dieu lorsqu’il a sacrifié Son Fils sur le mont Calvaire. De fait, Isaac n’a pas dû mourir, mais le Fils unique est mort entre deux malfaiteurs : le Père L’a sacrifié pour des méchants. Quel amour que l’amour de Dieu pour vous et pour moi !

Maintenant je vais vous demander de montrer votre foi : vous aussi, de même qu’Abraham, vous avez à le faire. Abraham a cru que Dieu pouvait ressusciter son fils. Vous, croyez-vous que Dieu a pu ressusciter d’entre les morts Jésus, notre Seigneur, qui est mort pour nos fautes et est ressuscité pour notre justification ? Si vous croyez vraiment cela, vous êtes sauvés, déclarés justes par Dieu Lui-même.

Lisez vous-mêmes le premier verset du chapitre 5 de l’épître aux Romains et le verset 9 du chapitre 10 de la même épître. Alors dites-moi : Êtes-vous sauvés ? Si vous croyez vraiment, vous pouvez sans crainte répondre : Oui, je suis sauvé : Dieu l’a dit.

Ce matin, avant le lever du soleil, je suis allé faire une longue promenade dans la campagne. Je puis bien vous dire que j’ai eu beaucoup de plaisir à me trouver ainsi seul au milieu des œuvres du Dieu créateur. Tout ce qu’Il fait est merveilleux, et nous avons à admirer toutes Ses œuvres et à Lui en donner gloire.

Les cieux racontent Sa grandeur, et l’étendue annonce l’ouvrage de Ses mains ; et Il fait toutes choses pour Sa gloire, car Sa bonté demeure à toujours.

Je ne puis vous raconter tout ce que j’ai vu, ni vous faire part de toutes les choses qui ont rempli mes pensées. Il faudrait bien un livre entier pour le faire. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir des merveilles trop nombreuses pour pouvoir les raconter, mais les jouissances que j’ai éprouvées m’engagent à vous recommander de vous lever toujours de bon matin. C’est une chose beaucoup plus importante que vous ne le pensez.

Vous vous souvenez, sans doute, qu’Abraham s’est levé de bon matin lorsque l’Éternel lui a dit d’aller offrir son fils en holocauste sur la montagne de Morija. Cherchez vous-même dans votre Bible et vous y verrez combien de fois il y est question de se lever de bon matin.

Vous y verrez aussi que le Seigneur Jésus, le divin Modèle, se levait le matin longtemps avant le jour et se retirait dans un lieu désert, et Il priait là (Marc 1. 35). Si nous voulons lire la Parole de Dieu avec profit pour nos âmes, il faut le faire de bon matin ; c’est aussi le moment le plus favorable pour la prière et la méditation. Prenez donc cette bonne habitude dès votre jeune âge et jamais vous ne le regretterez.

Maintenant, nous voulons continuer notre lecture du livre de la Genèse. Aujourd’hui ce sera le chapitre 28. Vous verrez que, dans ce chapitre, le Saint Esprit nous raconte l’histoire de la mort et de l’enterrement de Sara, la femme d’Abraham.

Elle a vécu cent vingt-sept ans. C’est une longue vie. Nous ne voyons jamais maintenant des personnes qui atteignent un âge aussi avancé, mais quoi qu’il en soit, il arrive un jour où nous devons quitter cette terre, car il n’y a pas d’espoir pour l’homme de demeurer ici-bas. Soyez bien pénétrés de cette pensée solennelle que, même un jeune enfant peut être appelé à mourir, même subitement. De là l’importance qu’il y a pour chacun de nous, de savoir où nous irons lorsque nous quitterons cette terre. Serez-vous avec le Seigneur Jésus, ou serez-vous perdu pour l’éternité ?

Celui qui croit au Seigneur Jésus a la vie éternelle. Si son corps doit être déposé dans la poussière, son âme est avec le Seigneur Jésus, ce qui est de beaucoup meilleur. Quant à ceux qui sont perdus, lisez le chapitre 16 de Luc v. 19 à 31. Là vous serez renseignés mieux que je ne saurais le faire : c’est affreux.

Abraham a pleuré sa femme et a mené deuil sur elle. Quel monde que celui dans lequel nous sommes : la mort, les larmes et le deuil !

C’est la désobéissance d’Adam qui a amené toutes ces choses. Ainsi qu’il est écrit : Par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé à tous les hommes en ce que tous ont péché (Rom. 5. 12). Mais celui qui croit, sait qu’il ressuscitera bientôt dans un corps glorieux semblable au corps de la gloire du Seigneur Jésus.

Abraham connaissait le Dieu qui ressuscite les morts. Il avait montré sa foi lorsqu’il avait sacrifié son fils sur la montagne de Morija. Il savait que lui et les siens auraient une part dans le règne glorieux de Christ. L’Éternel lui avait promis ce bon pays dans lequel il était, et il savait que Dieu était fidèle et puissant pour accomplir Sa promesse.

C’est pourquoi il achète des fils de Heth le champ et la caverne qui s’y trouvait pour la posséder comme sépulcre assuré pour lui et les siens. Là furent enterrés Abraham, Sara, Isaac, Rebecca, Jacob et Léa. Tous ceux-là auront part à la première résurrection. Je dis première, car de fait il y en aura une seconde. Il y aura la résurrection des justes, et la résurrection des méchants, autrement dit la résurrection de vie et la résurrection de jugement (Jean 5. 29). Donc, tous ceux qui ont été enterrés dans le sépulcre d’Abraham, auront part à la première résurrection, car ils ont cru Dieu et ont montré leur foi par leurs œuvres. Je vois que je vous donne une bien grande leçon aujourd’hui. Tâchez de vous souvenir de tout ce que je vous ai enseigné. Que Dieu vous garde.

En commençant, j’aimerais vous donner un petit conseil. Lorsque vous ouvrez votre Bible, placez auprès de vous une feuille de papier et un crayon et, au fur et à mesure que vous lisez, notez sur cette feuille ce qu’il vous sera donné de comprendre dans votre lecture. Ce sera peut-être fort peu de chose, mais ainsi vous le retiendrez mieux et le souvenir vous en restera.

C’est ainsi que procédait un serviteur de Dieu qui avait acquis une connaissance extraordinaire des Écritures et dont les écrits ont été et sont encore en bénédiction à bien des saints.

Après cela vous pouvez consulter les ouvrages qui vous feront mieux comprendre ce que vous avez lu. C’est le moyen de rendre vraiment profitable votre lecture et de ne rien perdre de ce que le Seigneur vous aura donné. Dans le livre des Proverbes, il nous est dit qu’il y a ce qui se perd faute de règle (ch. 13. 23).

Maintenant, nous allons lire le chapitre 24 de la Genèse. Souvent, j’ai été surpris de la longueur extraordinaire de ce chapitre. Il n’a pas moins de soixante-sept versets, alors que le premier chapitre de ce livre nous raconte la création des cieux et de la terre dans un court chapitre de trente et un versets. Souvent, il faut fort peu de mots pour nous donner de grandes leçons. D’autres fois, Dieu se donne la peine de nous raconter une des scènes de la vie journalière avec une quantité de détails auxquels nous n’aurions pas pensé. Il est grand et merveilleux dans tout ce qu’Il fait.

Ces détails, surtout dans le chapitre qui nous occupe, nous montrent Sa tendre sollicitude envers les Siens. Nous sommes précieux à Son cœur et tout ce qui nous concerne L’intéresse et a pour Lui de l’importance. C’est, je pense, une des grandes leçons que nous pouvons retirer de la lecture de ce chapitre.

L’Éternel aimait son fidèle serviteur Abraham, et il n’aurait pas voulu que, dans cette maison pieuse, une femme qui soit un sujet de souffrance devint la compagne de son fils Isaac. C’est pourquoi il a tout préparé en vue du mariage de ce fils bien-aimé d’Abraham, et il conduit le serviteur par le vrai chemin pour trouver Rebecca, la femme qu’Il lui destinait.

Il n’aurait pas voulu qu’une fille de Heth qui ne connaissait pas l’Éternel et n’était ni capable de marcher par la foi, ni d’apprécier les grandes et précieuses promesses de l’Éternel, fît son entrée dans les tentes d’Abraham. Comment les uns et les autres auraient-ils pu être heureux dans de telles conditions ? Cela aurait été impossible.

Il est de toute évidence que ceux qui connaissent le Seigneur Jésus ne peuvent s’unir avec ceux qui ne Le connaissent pas. Comme il est écrit : on ne peut pas se mettre sous un joug mal assorti avec des incrédules (2 Cor. 6. 14).

Vous avez remarqué que, dans notre chapitre, nous voyons un grand nombre de personnes qui défilent, pour ainsi dire, devant nos yeux : Abraham, son serviteur, Isaac et d’autres. Cherchez-les vous-mêmes et notez-les sur votre papier. Il nous semble que nous les connaissons, que nous les voyons, car la description qui nous est faite d’eux est si simple et si vivante. C’est Dieu qui nous les fait connaître.

Notez, je vous prie, ce que vous pensez de chacun d’eux et, dans notre prochaine leçon, je vous dirai de mon côté quelques-unes des choses qui m’ont intéressé. Ainsi vous pourrez comparer et voir jusqu’à quel point le Seigneur nous a conduits dans cette étude dans le même courant de pensées. Vous avez tout un mois pour méditer sur ces choses. Je termine aujourd’hui en vous donnant un verset qui m’a été rappelé il y a plus de quarante-cinq ans par un de mes chers amis : c’est 1 Timothée 4. 15.

J’aimerais bien savoir combien d’entre vous ont pris des notes au sujet du chapitre 24 du livre de la Genèse, comme je vous l’avais proposé lors de ma dernière leçon. Cela m’intéresserait de savoir aussi ce que vous avez trouvé dans ce chapitre. Malheureusement les lecteurs de la « Bonne Nouvelle » sont trop nombreux pour qu’il me soit possible de voir toutes ces petites annotations.

Ce qui me suffit, c’ est de savoir que ceux qui ont fait ce travail y ont certainement trouvé de la bénédiction pour leurs âmes, car jamais on ne s’occupe de la Parole de Dieu sans en retirer un profit réel.

Un serviteur de Dieu trouvait, il y a déjà longtemps, que la Bible est comme un arbre sur lequel il y a toujours des fruits mûrs pour nourrir nos âmes. Vous ne sauriez croire combien de fois déjà j’ai lu ce précieux chapitre qui nous occupe dans ce moment.

Vous avez sans doute remarqué que plusieurs personnages défilent, pour ainsi dire, devant nos yeux. Le premier mentionné est Abraham, c’est de lui que nous nous occuperons aujourd’hui.

Vous vous souvenez que plusieurs fois déjà je vous ai parlé de lui ; Dieu se plaît à honorer ceux qui se sont confiés en Lui. Il confesse leurs noms avec satisfaction et raconte ce qu’ils ont fait pour Lui. La mémoire du juste est en bénédiction, mais le nom des méchants tombe en pourriture. Cherchez vous-même le verset que je viens de vous citer ; il se trouve dans le chapitre 10 du livre des Proverbes. Vous ne voudriez pas que, lorsque vous aurez quitté cette terre, votre nom soit un objet de répulsion ou de mépris.

Abraham, nous est-il dit, était vieux, avancé en âge. Pendant une longue vie, il a été fidèle et a gardé toujours la foi qui l’a caractérisé dès que Dieu l’a appelé.

Il ne suffit pas de bien commencer, mais aussi, il faut aller jusqu’au bout de la course, ne pas se laisser décourager par les difficultés, ou arrêter par les peines et les souffrances du chemin.

Autre chose : l’Éternel l’avait béni en toutes choses. Dieu est bon envers les Siens et ceux qui se confient en Lui ne manquent d’aucun bien. Il y avait une différence entre les bénédictions qu’Abraham possédait et celles que le Seigneur donne aux Siens maintenant.

Les biens d’Abraham étaient matériels et pour la terre. C’étaient des troupeaux, des serviteurs, des servantes, et d’autres choses semblables. Les nôtres sont spirituels, et dans les cieux. Ils sont infiniment supérieurs à tout ce que possédait Abraham. Lui, il jouissait de ce que l’Éternel lui avait donné et ne désirait rien d’autre pour lui-même et pour son fils. Aussi il ne voulait à aucun prix que son fils retourne dans le pays dont il était sorti. Les biens du pays de Canaan étaient mille fois plus précieux à ses yeux que ceux qu’il avait laissés à Ur des Chaldéens.

Si vous avez des parents qui connaissent le Seigneur, vous ne pouvez rien désirer de meilleur pour vous-même. Souvent, nous voyons des enfants qui désirent une position plus élevée que celle de leurs parents : une autre profession, une position plus aisée, peut-être plus brillante aux yeux des hommes. Pauvres insensés que ces jeunes gens ! N’avez-vous pas entendu chaque jour vos parents rendre grâces au Seigneur pour les choses qu’ils ont reçues de Lui ? Vous ne voudriez pas mépriser ces choses pour lesquelles ils rendaient grâces avec des cœurs pleins de reconnaissance !

Évidemment, vos parents ont eu des peines et des difficultés, et des moments où leur foi a été soumise à de rudes épreuves, mais le Dieu fidèle le permettait pour leur profit. Ces épreuves de la foi sont nécessaires. Malgré ces épreuves, vos parents étaient reconnaissants. Ne le seriez-vous pas si ce même Dieu et bon Père vous donnait la même part qu’à eux ?

L’ambition et la convoitise font beaucoup de mal. Demandez au Seigneur qu’Il vous garde de ce piège que l’ennemi tend souvent sur le chemin des jeunes. La piété et le contentement sont un grand gain. Soyez bien assurés que ce qui brille dans le monde ne donne pas le bonheur. Voudriez-vous une grande place dans un monde où votre Seigneur n’a trouvé qu’une crèche et une croix ? Que Dieu vous garde du mal.

La parole de Dieu est infinie, et aussi longtemps que nous serons sur la terre nous n’en connaîtrons que les bords.

Par exemple, nous pourrions méditer longtemps sur ce qui nous est dit d’Abraham dans ce chapitre 24 de la Genèse dont nous nous sommes occupés déjà plusieurs fois, de sorte qu’aujourd’hui encore je veux vous parler de ce qui nous est dit de lui par la bouche de son serviteur.

Il raconte, dans la maison de Béthuel, que son maître Abraham lui avait dit : « L’Éternel devant qui je marche enverra son ange avec toi et fera prospérer ton voyage ». Avez-vous pensé à ce que veulent dire ces mots : marcher devant Dieu ? Vous vous souvenez qu’il nous est dit d’Énoch qu’il marcha avec Dieu. Si vous ouvrez votre Bible au chapitre 17 du premier livre des Rois vous y verrez qu’Élie dit à Achab : « L’Éternel devant qui je me tiens est vivant qu’il n’y aura ces années-ci, ni rosée, ni pluie, sinon à ma parole ! »

Vous remarquez la différence qui se trouve dans ces trois expressions. Abraham avait marché devant Dieu, ce qui revient à dire que toute sa vie était entièrement manifestée à Dieu, qu’il n’y avait rien de caché. Si quelqu’un marche devant nous, ses faits et gestes, nécessairement, nous sont connus.

La vie d’Abraham était pour ainsi dire comme un livre ouvert devant Dieu ; il n’y avait rien de caché ni de ténébreux. Il parlait à l’Éternel de tout ce qu’il faisait et de tout ce qui le concernait. Certainement, il lui avait parlé du mariage de son fils Isaac et il savait que l’Éternel conduirait dans son choix le serviteur qu’il envoyait. Il ne dit pas : J’espère, mais : Il enverra son ange avec toi et il fera prospérer ton voyage.

Jacob, à la fin de sa vie (Gen. 48. 15) peut dire que ses pères Abraham et Isaac avaient marché devant l’Éternel, mais il ne peut pas dire qu’il en ait fait autant, loin s’en faut. L’Éternel avait été fidèle, mais son pauvre serviteur ne l’avait guère été. Aussi sa vie presque tout entière s’était écoulée en étant sous la discipline de l’Éternel. Bien des souffrances avaient été sa part à cause de sa propre volonté qui était toujours en activité et à cause des moyens détournés qu’il employait pour arriver à ses fins.

Prenez donc note, je vous prie, des enseignements que vous recevez par ce moyen, et, dès votre jeune âge, prenez la bonne habitude de ne rien faire sans Dieu.

Chaque matin, demandez-Lui de vous garder et de vous conduire. Chaque soir, mettez-vous à genoux et rendez-Lui compte de tout ce que vous avez dit et fait. Surtout, ne négligez jamais de lui confesser vos fautes, et rendez-Lui grâce pour tous les bienfaits qu’Il a répandus sur vous pendant la journée. C’est ainsi que vous marcherez devant Dieu.

Élie, lui, se tenait devant Dieu. Étant ainsi sans cesse dans cette solennelle présence, il était initié aux pensées de Dieu.

C’est en vous tenant sans cesse devant un maître que vous apprenez de lui. De la même manière, lorsqu’un enfant se tient continuellement devant son père, dans sa compagnie habituelle, il connaîtra de ce père bien des choses qu’ignorera un enfant qui préfère sans cesse aller jouer avec des camarades.

Dans le cas qui nous occupe, Élie avait ainsi appris ce que l’Éternel allait faire à l’égard de Son peuple Israël. Il savait que Sa main allait le frapper à cause de ses fautes, et de quelle manière il voulait le faire. C’est aussi dans la présence de l’Éternel qu’il avait acquis le courage nécessaire pour rendre un fidèle témoignage devant l’impie roi Achab. Sans aucune crainte, il se présente devant lui et lui dit ce qui allait arriver.

Enfin, Énoch marchait avec Dieu. Lorsque vous faites une promenade avec quelqu’un que vous aimez, vous marchez avec cette personne. Ce sont d’heureux moments. En marchant ainsi ensemble, vous êtes occupés et vous jouissez des mêmes choses. C’est ce que nous pouvons appeler une heureuse communion. Énoch était occupé des choses dont Dieu Lui-même était occupé ; ses pensées étaient les Siennes. Tout en étant encore sur la terre, il était un homme céleste. Il vivait pour ainsi dire dans les cieux. Aussi il n’y a rien de surprenant que Dieu l’ait ravi de ce monde, comme nous l’avons déjà vu lorsque nous nous sommes occupés de lui il y a quelque temps.

Vous retiendrez bien ces trois choses dans votre cœur. Que Dieu vous accorde la grâce de les mettre en pratique dès votre jeune âge. En agissant ainsi, vous pouvez être assurés que vous serez heureux sur la terre. Cela ne vous empêchera pas d’avoir des épreuves, mais rien ne pourra vous ravir votre bonheur.

Après nous être occupés d’Abraham, nous allons nous entretenir aujourd’hui de son serviteur. C’est lui qui occupe la plus grande place dans le récit que nous considérons dans la Genèse, ch. 24. Ce fut un serviteur fidèle. Si nous désirons nous-mêmes servir fidèlement le Seigneur, nous apprendrons bien des choses en considérant sa manière d’être et de faire.

Vous savez qu’en 1 Thessaloniciens 1, il nous est dit que nous avons été convertis des idoles vers Dieu pour servir le Dieu vivant et vrai et pour attendre des cieux Son Fils, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient. Si vous savez que le Seigneur Jésus est votre Sauveur et qu’Il est mort pour vous sur la croix, vous pouvez attendre chaque jour Sa venue et même dire : Seigneur Jésus, viens. Croyez bien qu’il ne trompera pas celui qui du fond de son cœur lui dit : Viens. Et soyez bien assurés qu’Il vous prendra quand il viendra sur les nuées du ciel.

En attendant cet heureux moment, vous avez à Le servir, chaque jour. Servir, c’est là le précieux privilège de tous ceux qui L’attendent. Le serviteur d’Abraham est placé devant nos yeux comme un bel exemple à suivre.

Une première chose que j’aimerais vous faire remarquer, c’est que le nom de ce serviteur ne nous est pas donné. Nous pouvons penser que c’était Éliézer de Damas dont parle Abraham (Gen. 15. 2), mais la chose ne nous est pas dite. Lorsqu’il arrive chez Béthuel, il ne dit pas : Je suis tel et tel. Non, il revendique un seul titre pour lui-même : Je suis serviteur d’Abraham. Lui n’était rien à ses propres yeux, son seigneur était tout pour lui.

Nous avons là une grande leçon à retenir si nous voulons servir fidèlement le Seigneur. Il est de toute importance que nous ne soyons rien à nos yeux, et que le Seigneur soit tout, que tout se fasse pour Sa gloire ; pas d’autres motifs, pas d’autre but que Lui. Sitôt qu’un serviteur a quelque importance à ses propres yeux, il ne peut être qu’un mauvais serviteur ou un serviteur nuisible.

Autre chose : le serviteur d’Abraham était un serviteur obéissant. Son maître lui avait dit d’aller, il va. Pourtant il était âgé et son maître le chargeait d’une mission pénible et difficile. S’il avait voulu raisonner, il aurait pu dire à Abraham : Tu sais que je suis âgé ; tu as d’autres serviteurs plus jeunes et plus forts que moi, ils seront plus capables de supporter les fatigues du long voyage que tu me proposes. Rien de cela, Il fait ses préparatifs et il se met en route.

Souvent nous aimerions faire des choses que le Seigneur ne nous a pas commandées, et ne pas faire les petites choses qu’Il place devant nous chaque jour.

Apprenez la grande leçon de l’obéissance en tout temps. Premièrement envers vos parents, et si vous êtes fidèles, le Seigneur pourra vous confier d’autres services plus importants. Nous avons toujours à commencer par de petites choses.

Un de mes amis me racontait autrefois qu’il avait une jeune servante fidèle qui aimait le Seigneur, Or, un jour il la trouva qui balayait la chambre en ayant les yeux pleins de larmes. « Qu’avez-vous donc ? » questionna-t-il. « Je suis si heureuse de balayer cette chambre pour le Seigneur », fut sa réponse. C’était des larmes de joie qui remplissaient ses yeux. Cette chère jeune fille avait bien compris la leçon que je vous donne dans ce moment. Elle n’était à ses yeux qu’une pauvre servante, mais ce qu’elle faisait, même l’humble service qui lui était confié, elle le faisait pour son Seigneur, par amour pour Lui, et cela lui suffisait. Puissiez-vous être fidèles comme cette jeune fille.

Nous reparlerons encore une autre fois du serviteur d’Abraham.

Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit du serviteur d’Abraham. Aujourd’hui je veux vous faire remarquer d’autres choses qui le concernaient. Puissions-nous, vous et moi, en faire notre profit et, par ce moyen, apprendre à être de plus fidèles serviteurs du grand Roi des rois.

Vous avez sans doute remarqué que le serviteur d’Abraham était un homme de prière. Arrivé au lieu où son seigneur l’envoyait, il a fait reposer ses chameaux et il s’est mis à prier. Avant d’agir, il s’adresse à Celui qui seul pouvait faire prospérer son voyage.

Souvenez-vous que vous avez à prier en tout temps et pour toutes choses. Si pour une chose ou pour une autre, vous sentez que vous ne pouvez pas prier, ne faites pas cette chose. Elle est mauvaise. Il n’est pas toujours possible de se mettre à genoux, pour prier, mais toujours, où que nous soyons, nous pouvons élever nos cœurs vers le Seigneur. Il nous est dit, au v. 45, qu’il priait dans son cœur. Nous pouvons le faire nous aussi en tout temps, même au milieu de nos occupations, de nos allées et de nos venues.

Le grand Dieu des cieux et de la terre connaît les pensées les plus secrètes de nos cœurs et veut bien nous répondre lorsque, dans un danger, dans une tentation, nous lui disons : garde-moi, conduis-moi. Un soupir même qui monte vers Lui est entendu. Il est évident que, lorsque la chose est possible, nous avons à nous retirer dans notre chambre, à nous mettre à genoux et à répandre nos âmes devant Lui.

Voyez aussi comment la prière du fidèle serviteur d’Abraham a été exaucée : avant même qu’il eût achevé de parler, voici qu’arriva celle qui était la réponse même à sa prière. Cela nous fait penser à ce qui nous est dit dans le prophète Ésaïe : « Avant qu’ils crient, je répondrai, et pendant qu’ils parlent, j’exaucerai » (ch. 65. 24.)

Il se peut que Dieu ne réponde pas immédiatement, Il lui arrive même souvent de faire attendre sa réponse, mais jamais nous ne devons douter de Sa fidélité. Il est dit, à propos de la prière, de ne douter nullement, car celui qui doute est semblable au flot de la mer agitée par le vent et jeté çà et là ; or que cet homme ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur (Jac. 1. 6 à 8).

Vous remarquez aussi comme la prière de ce fidèle serviteur est simple et précise. Il dit à Dieu, en toute liberté et toute simplicité, ce qu’il fait et ce qu’il désire. Pas de grands mots, pas de phrases bien arrangées, mais le simple exposé de ses désirs.

Il est important, lorsque nous nous adressons à Dieu, d’user de peu de paroles. Vous sauriez bien, si vous vous adressiez à un grand personnage, être respectueux et vous ne diriez devant lui que ce qui est absolument nécessaire. A combien plus forte raison devez-vous le faire lorsque vous vous adressez au grand Dieu des cieux et de la terre. Présentez-lui donc vos prières simplement et en toute humilité et révérence. Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles.

Pour résumer, si vous désirez servir le Seigneur d’une manière qui lui soit agréable, priez beaucoup, faites-le en peu de mots, d’une manière simple, claire et précise. Ne mettez jamais en doute la fidélité de Dieu à répondre à vos prières, même s’il faut attendre la réponse ou si cette réponse est toute différente de ce que vous aviez pensé. Il nous aime et Il est plus sage que nous.

Aujourd’hui c’est spécialement aux petites filles que je désire m’adresser en vous parlant de Rebecca. Il est évident que les petits garçons peuvent écouter. Ils y trouveront, eux aussi, de l’instruction pour ce qui les concerne.

Vous remarquez que, dans le chapitre 24 de la Genèse que nous étudions depuis quelque temps, Rebecca occupe une grande place. Elle descend à la fontaine, et là elle trouve un étranger qu’elle ne connaissait pas. Il lui demande de l’eau. Vite elle abaisse sa cruche de dessus son épaule pour lui donner à boire, et non seulement cela, mais aussi elle lui offre volontairement de lui abreuver ses chameaux.

Souvent les enfants sont peu serviables, manquent de dévouement et aiment à s’épargner de la peine. Rebecca aurait pu dire : cet étranger est bien hardi de me demander ainsi de l’eau. Elle aurait aussi pu dire, après lui en avoir donné : j’ai bien fait mon devoir envers lui. Rien de tout cela, elle aime à servir et elle se dépense sans compter pour les autres, même pour des inconnus.

Chers jeunes amies, souvenez-vous qu’un esprit de dévouement est un des plus beaux ornements d’une jeune fille. L’égoïsme et la recherche de soi-même ne conviennent nullement à celles qui aiment le Seigneur – Lui qui a été le Serviteur parfait, obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix, Lui qui, par amour pour nous, a sacrifié même Sa propre vie. Ne craignez jamais de rendre un petit service lorsque la chose vous est possible, même si ce service vous coûte quelque peine ou quelque renoncement.

Rebecca a été richement récompensée de ce qu’elle a fait pour cet étranger qu’elle ne connaissait pas. Non seulement elle a reçu les bracelets et l’anneau, mais aussi elle a eu l’honneur d’entrer dans la famille d’un grand serviteur de Dieu, Abraham lui-même.

Croyez-moi, l’égoïsme et la recherche de soi-même ont souvent fait beaucoup de mal à un grand nombre d’enfants.

Une autre chose qui nous est rapportée de Rebecca, c’est sa décision. Une fois que la volonté de Dieu à son égard a été manifestée, sans hésiter elle a dit : J’irai. Voici deux petits mots qui ont une grande valeur aux yeux de Dieu. Avant d’agir, dans une chose ou dans une autre, attendez de savoir quelle est la volonté de Dieu dans cette circonstance. Lorsque cette volonté vous est connue, n’hésitez pas, obéissez, quoi qu’il puisse vous en coûter.

Dieu dans Sa Parole nous donne des enseignements au sujet de toutes choses. Si quelquefois vous ne savez que faire, cherchez dans votre Bible, avec prière, ce qu’Il dit au sujet des choses qui vous concernent, et obéissez à cette Parole sans que rien ne vous arrête.

Rebecca, après avoir dit : J’irai, est partie dès le lendemain, quittant ainsi son père, sa mère, son frère et le pays de sa naissance : elle a fait comme Abraham autrefois.

Enfin, une troisième chose que j’aimerais vous faire remarquer, c’est son humilité. Il nous est dit que Rebecca était très belle. La beauté est une chose que les petites filles envient souvent. Souvenez-vous que c’est Dieu lui-même qui vous a formées et que, dans Sa sagesse, Il vous a donné le visage qu’Il a voulu ; Il l’a fait comme Il l’a trouvé bien. Si donc il vous semble que vous êtes moins favorisées sous ce rapport que quelques-unes de vos camarades, n’en soyez nullement jalouses. Si c’est le contraire, ne vous en enorgueillissez pas. Souvenez-vous que Dieu résiste aux orgueilleux et qu’Il donne la grâce aux humbles. Or la grâce de Dieu est tout ce que nous pouvons désirer de plus précieux.

Nous venons de dire que Rebecca était très belle ; loin d’en tirer vanité, elle se couvre d’un voile lorsqu’elle rencontre Isaac. Elle cache sa propre beauté aux yeux des autres. N’oubliez jamais la belle leçon d’humilité qu’elle vous donne en agissant ainsi. Souvenez-vous de ce qui nous est dit de la femme vertueuse dans le chapitre 31. 30, du livre des Proverbes. « La grâce est trompeuse et la beauté est vanité ; la femme qui craint l’Éternel, c’est elle qui sera louée ». J’aime à penser que vous n’oublierez jamais les trois grandes leçons que vous donne Rebecca.

Je vois que ce chapitre 24 du livre de la Genèse est comme une mine inépuisable. Il contient tant de choses précieuses ! Il me souvient d’un temps où ce chapitre m’était presque entièrement fermé. Ce n’est qu’après l’avoir lu bien des fois qu’il s’est ouvert et que j’ai pu connaître un peu les richesses qu’il contient.

Si parfois une page de la Parole vous paraît obscure, ne vous découragez pas, relisez-la souvent, pensez-y, méditez-la. C’est là le secret pour faire des progrès dans la connaissance des choses que l’œil n’a pas vues, que l’oreille n’a pas entendues et qui ne sont pas montées au cœur de l’homme, mais que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. Souvenez-vous de ce qui est écrit dans 2 Timothée 2. 7 : « Considère ce que je dis ; car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses ».

Cela dit, nous allons nous occuper du frère de Rebecca. Il se nommait Laban. Lorsqu’il vit l’anneau et les bracelets qui étaient aux mains de sa sœur, il vint vers le serviteur d’Abraham et lui dit : « Entre, béni de l’Éternel, pourquoi te tiens-tu dehors ? car j’ai préparé la maison et de la place pour les chameaux ».

Vite il a su apprécier la valeur des bijoux qui avaient été donnés à sa sœur. Un seul coup d’œil l’avait renseigné. Avec un étranger, possédant de telles richesses et donnant de tels bijoux en échange d’un peu d’eau, il n’aurait certainement rien à perdre en le recevant sous son toit.

Laban estimait les biens périssables, il pensait que ces choses étaient vraiment la bénédiction de l’Éternel. Il oubliait que les biens éternels ont seuls de la valeur. Les choses visibles avaient plus de prix pour son cœur que les invisibles qui, semble-t-il, ne l’occupaient guère.

Plus tard on trouve chez lui une âpreté au gain caractéristique d’un homme qui ne connaît pas le Seigneur. Pendant vingt ans, il rivalise de ruse et de tromperies avec son propre neveu Jacob pour avoir des troupeaux. Ses propres filles disent de lui : « Avons-nous encore une portion et un héritage dans la maison de notre père ? N’avons-nous pas été réputées par lui des étrangères ? car il nous a vendues, et a même toujours mangé notre argent ».

Lisez à ce sujet ce qui est dit de cet homme dans les chapitres 29 et 31 de la Genèse. Vous remarquez aussi que dans la maison de Béthuel, c’est Laban qui dirige et qui commande tout comme s’il avait été le chef de la maison. Au verset 32 c’est lui qui dit au serviteur d’Abraham : « Parle ». Pourtant, c’était à Béthuel de prendre la parole. Au v. 50 c’est Laban et Béthuel qui lui répondent au lieu que ce soit Béthuel seul, car Rebecca était sa fille.

Il arrive quelquefois, dans certaines familles, que les fils, une fois qu’ils deviennent grands, prennent insensiblement l’autorité et la direction dans la maison paternelle ; cela amène toujours tôt ou tard des choses fâcheuses.

Je pourrais vous citer de bien tristes exemples que j’ai vus de mes propres yeux, mais cela nous porterait trop loin pour aujourd’hui. On ne peut pas renverser impunément les choses que Dieu a établies : c’est le père qui a reçu l’autorité et les fils doivent lui être soumis et l’honorer. Ainsi les fils seront à la place que Dieu leur a départie et ils pourront profiter des enseignements et de l’expérience acquise par leur père. « Honore ton père et ta mère. C’est là le premier commandement avec promesse, afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre » (Éph. 6. 1 et 2).

Laban semblait avoir oublié ces choses. De fait, il a été un mauvais fils, un mauvais père et un mauvais maître. Il a été dur envers les siens et envers ses serviteurs. L’amour des richesses a étouffé en lui tout bon sentiment. Avec cela, nous trouvons encore des idoles dans sa maison (Gen. 31. 19).

Que Dieu nous garde de lui ressembler. Chers enfants, prenez bien garde à tous les enseignements que Dieu nous donne dans Sa bonne Parole. En le faisant nous connaîtrons ce qui convient à Sa gloire.

Vous vous souvenez sans doute de ce que je vous ai dit de Laban. Cet homme peu intéressant connaissait l’Éternel, mais la connaissance qu’il avait de Lui n’avait guère d’influence sur sa vie de chaque jour.

Nous voulons nous occuper aujourd’hui d’Isaac, le fils bien-aimé d’Abraham dont je vous ai déjà parlé autrefois lorsque son père est allé l’offrir en holocauste sur la montagne de Morija.

Il nous est dit dans notre chapitre qu’il venait d’arriver du puits de Lakhaï-Roï. Vous allez dire : Voici un drôle de nom. En effet, vous savez que les langues diffèrent beaucoup les unes des autres. Ces deux mots veulent dire : Le Vivant qui se révèle. Savez-vous quel est ce Vivant qui se révèle et qui désaltère nos âmes ? Lisez, je vous prie, à ce sujet dans l’évangile de Jean au chapitre 4, le v. 14 et au ch. 7 les v. 37 à 39. Vous comprendrez ainsi facilement de quoi il est question, et que ce puits est une image de Christ, Lui le Vivant. Lorsque nous nous approchons de Lui, nous sommes toujours désaltérés dans nos âmes. Il est Lui-même la source des eaux vives, ou si vous préférez des eaux qui donnent la vie. Vous connaissez sans doute le beau cantique :

Source de lumière et de vie,

Source de grâce pour la foi,

Repos, bonheur, paix infinie,

Nous les avons trouvés en toi.

Source d’amour, toujours nouvelle,

Qui jaillis pour nous du saint Lieu

De ta plénitude éternelle,

Tu nous remplis, source de Dieu !

Heureux celui qui près du fleuve,

Arbre vivant par Toi planté,

Prend racine et croit et s’abreuve

De ses eaux, dans l’éternité !

Il porte son fruit et prospère,

Sa vigueur croit de jour en jour !

Heureux celui qui, sur la terre,

Boit à la source de l’amour !

La première fois qu’il est question de ce puits, c’est lorsque Agar, la servante égyptienne, errait dans un désert. L’ange de l’Éternel la trouva près de cette fontaine. L’ange de l’Éternel, dans l’Ancien Testament, est toujours une manifestation du Seigneur Jésus avant Sa venue dans le monde, comme vous avez appris à Le connaître dans les évangiles.

Là l’ange de l’Éternel dit à Agar : « D’où viens-tu, et où vas-tu ? » Vous êtes-vous posé une fois dans votre vie ces deux questions ? D’où viens-tu ? Où allez-vous ? Il y a le ciel et l’enfer. Dans lequel de ces deux endroits allez-vous ?

N’avez-vous jamais désobéi à vos parents ? N’êtes-vous jamais allés là où vous ne devriez pas aller ? Ne faites pas comme une jeune personne à laquelle j’avais parlé de son âme et qui a dit après mon départ : « Il devrait bien me laisser tranquille ». Pauvre malheureuse ! Quelques années plus tard, voyant qu’elle allait mourir, elle a dit : « Lequel des deux va m’emporter ? » Ces deux, je n’ai presque pas besoin de le dire, étaient, l’un le Sauveur, l’autre le diable. Elle ne savait donc pas où elle allait : terrible condition pour une âme en présence de l’éternité.

Agar avait donc trouvé près du puits de Lakhaï-Roï un Dieu Sauveur qui s’était révélé à elle et son âme avait été délivrée. Isaac connaissait le puits, il y allait et il méditait après s’être désaltéré à ses eaux rafraîchissantes.

Maintenant il n’est pas nécessaire de faire un long voyage dans le désert pour trouver le Seigneur Jésus, Il se révèle à nous dans Sa parole. Lorsque vous la lisez, vous êtes comme auprès du puits. Vous pouvez méditer les grandes choses contenues dans ce saint livre. En le faisant, votre âme est désaltérée. Si vous lisiez au chapitre 25. 11, vous verriez qu’Isaac, après la mort de son père, est allé habiter près du puits. C’est là qu’il se tenait habituellement. Heureux ceux qui savent toujours se tenir près du Seigneur Jésus. J’espère que vous avez compris la leçon un peu difficile à expliquer du puits de Lakhaï-Roï.

Aujourd’hui, nous terminerons l’histoire d’Abraham en vous racontant sa mort et son enterrement. Il a vécu cent soixante-quinze ans. C’est une longue vie. Il était âgé de soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Charan. Il a donc vécu exactement cent ans après avoir tout quitté pour obéir à l’Éternel. Pendant ce long temps il a pu montrer par sa manière de faire que les promesses de l’Éternel valaient mieux pour lui que tout ce qu’il avait abandonné.

Il est dit dans l’épître aux Hébreux que, s’il s’était souvenu du pays d’où il était sorti, il aurait eu du temps pour y retourner. Pendant tant d’années, il ne lui est pas venu à la pensée de retourner à Ur des Chaldéens.

Pourtant, c’était une grande cité dans laquelle il y avait bien des choses propres à attirer le cœur d’un homme. Depuis quelques années, on pratique sur l’emplacement de cette cité des fouilles qui mettent à jour bien des choses intéressantes. Je ne puis pas vous raconter ces choses maintenant, désirant vous occuper d’Abraham et non du pays qu’il a quitté.

Pour Abraham, une tente et des troupeaux, les promesses de l’Éternel, et un autel pour adorer, valaient mieux que toutes les beautés de la grande ville qu’il avait abandonnée. En agissant ainsi, il montrait sa foi par ses œuvres. Il voyait ce qui est invisible et il contemplait déjà les glorieuses réalités de la cité céleste de laquelle Dieu est l’architecte et le Créateur. C’est la seule cité qui subsistera éternellement.

Depuis longtemps Ur des Chaldéens n’est plus qu’un monceau de ruines que l’on fouille avec curiosité. Si Abraham s’était attaché à ces choses, que lui resterait-il ? Rien. Et avec cela il aurait fait la perte de son âme, tandis que maintenant, il est présent avec son Sauveur et bientôt il va entrer glorieux dans la cité céleste. Les portes vont s’ouvrir devant lui et, avec tous ceux qui ont cru, nous pourrons chanter :

Là, j’entrerai sauvé par grâce.

Abraham, donc, après avoir attendu pendant cent ans, est mort sans avoir rien obtenu. Croyez-vous qu’il ait perdu quelque chose d’avoir attendu si longtemps ? Non, le Dieu fidèle lui donnera infiniment plus qu’il n’aura jamais osé espérer. Il était rassasié de jours; nous est-il dit. Il ne désirait plus rien sur la terre. Heureux départ ! – qui fait contraste avec celui de pauvres malheureux qui disent qu’ils ne veulent pas mourir, qu’ils ne veulent pas mourir !… La mort impitoyable les emporte : ils auraient dû profiter du temps que Dieu leur avait donné.

Isaac et Ismaël, les fils d’Abraham, l’ensevelirent dans la caverne de Macpéla, dont je vous ai déjà parlé autrefois. Vous remarquez la simplicité de cet enterrement. Devant le sépulcre de la foi, de vaines cérémonies, de longs discours pour raconter tout ce qu’Abraham avait fait, n’auraient pas été à leur place. La vie du patriarche avait suffisamment parlé, il n’y avait rien à ajouter. Dans cet enterrement tout s’est passé comme il convenait chez des personnes qui ont leur part en dehors des choses d’un monde qui passe.

Que des hommes pécheurs qui ne connaissent pas Dieu, ni Sa grâce, fassent de longs discours devant la fosse d’un de leurs semblables, qu’ils fassent de somptueux tombeaux qui cachent l’affreuse réalité de la mort, cela ne convenait pas pour l’homme de foi qui s’appelait Abraham.

Cet ensevelissement m’a souvent fait penser à l’enterrement du seul Juste, le Seigneur Jésus, le Prince de la vie. Il nous est dit que Nicodème et Joseph d’Arimathée déposèrent Son corps dans un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été déposé. Les deux fils d’Abraham enterrèrent le père des croyants. Deux disciples ont enterré le Seigneur de gloire.

Que ces choses sont belles dans leur simplicité ! Enfants, aimez les choses simples, ce sont celles qui sont grandes et belles aux yeux de Dieu.

Nous voici de nouveau à la fin d’une année. Comme le temps passe ! Lorsque nous sommes jeunes comme vous, il semble que nous avons un grand avenir devant nous. Mais lorsque nous arrivons aux limites de la vie, nous pouvons dire comme un vieillard qui avait près de quatre-vingt-dix ans : la vie, ce n’est rien ! Le psalmiste, bien mieux encore, disait : « Tu m’as donné des jours comme la largeur d’une main, et ma durée est comme un rien devant toi » (Ps. 39. 5).

Vous vous souvenez que lors de notre dernier entretien, nous avons parlé de la mort d’Abraham. Vous vous êtes peut-être demandé ce que fit Isaac après la mort de son père ? Il avait vu ce que son père avait fait et entendu ce qu’il lui avait enseigné. En fils obéissant et soumis il était resté dans le pays de la promesse auprès de son père.

Une fois qu’il a été seul et libre de tous ses mouvements, il aurait pu dire : certainement mon père s’est trompé. Voilà, il est resté dans l’attente dans ce pays et l’Éternel ne lui a rien donné. Le voilà mort et il n’a rien possédé de ce pays promis. Il aurait pu dire aussi : L’Éternel n’a pas accompli Sa promesse, je vais retourner à Ur des Chaldéens. Pourquoi donc rester ici comme un étranger, lorsque je pouvais être un citoyen honoré de cette grande ville ? Là-bas je retrouverai les choses que mon père y a laissées et dans lesquelles mes ancêtres ont cherché leur plaisir autrefois.

Rien de tout cela. Isaac reste dans le pays de la promesse. Il y reste étranger comme son père. En agissant ainsi, il montre qu’il possédait la même foi que lui et que les promesses de l’Éternel avaient aussi du prix pour son cœur, et qu’il était lui aussi disposé à attendre aussi longtemps que son Dieu le trouverait bon.

C’est un bel exemple de foi de la part d’un homme qui a cru Dieu. Nous comprenons que Dieu se plaît à honorer de tels hommes ; c’est pourquoi il a fait inscrire son nom dans la galerie des grands hommes de foi. Hébreux 11, où il est mentionné deux fois : v. 9 et 20.

La majorité d’entre vous ont des parents qui croient au Seigneur Jésus et qui vous parlent de Lui. Possédez-vous la même foi que vos parents, et avez-vous la même espérance qu’eux ?

Pour en avoir la certitude, rien n’est plus simple. Au chapitre 10 de l’épître aux Romains, v. 17, il nous est dit que la foi est de ce qu’on entend et de ce qu’on entend par la Parole de Dieu. Croyez simplement ce que Dieu dit ? Il nous rend témoignage qu’il n’y a pas de justes, pas même un seul (Rom. 3. 10). Admettez-vous cela ? Il nous dit aussi que Son Fils unique et bien-aimé est mort pour nos fautes et ressuscité pour notre justification (ch. 4. 25). En d’autres termes, Il a été puni à notre place. Croyez-vous ces choses ?

Enfin, le Seigneur est monté au ciel pour nous y préparer une place et Il va revenir chercher ceux qui L’attendent. L’attendez-vous ?

Voici l’année qui va se terminer. C’est peut-être la dernière avant la venue de notre Sauveur. Il vient bientôt. Puissiez-vous tous ensemble dire : Viens Seigneur Jésus. C’est là le plus ardent désir de votre vieux grand-père pour chacun de vous et le vœu qu’il peut vous adresser en cette fin d’année.

D’après La Bonne Nouvelle 1935

BERACA 29 : JOSUÉ

Avec Beraca 28, nous avons considéré l’influence positive de Moïse sur la vie de Josué. Une nouvelle étape va commencer pour lui, à la suite du départ de Moïse. « Et il arriva, après la mort de Moïse, serviteur de l’Éternel, que l’Éternel parla à Josué, fils de Nun, qui servait Moïse, disant : Moïse, mon serviteur, est mort ; et maintenant, lève-toi, passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je leur donne à eux, les fils d’Israël » (Jos. 1. 1 et 2).

Nous l’avons vu combattant contre Amalek (Ex. 17. 9 et 10).

Nous le voyons apprenant la grâce en face de la force de sa jeunesse, lorsque « l’Esprit reposa » sur Eldad et Médad, qui prophétisèrent dans le camp. Alors, « Josué, fils de Nun, qui servait Moïse, … répondit et dit : Mon seigneur Moïse, empêche-les. Et Moïse lui dit : Es-tu jaloux pour moi ? Ah ! que plutôt tout le peuple de l’Éternel fût prophète ; que l’Éternel mît son Esprit sur eux ! » (Nomb. 11. 28 et 29). Comprendre que d’autres puissent servir le Seigneur est une épreuve nécessaire pour la santé spirituelle du peuple de Dieu. Josué voulait se porter à la défense de Moïse, mais il est repris par lui. Cette discipline peut parfois paraître difficile, mais l’accepter, dans la pensée donnée par le roi David est une bénédiction : « Que le juste me frappe, c’est une faveur ; qu’il me reprenne, c’est une huile excellente ; ma tête ne la refusera pas » (Ps. 141. 5). Apprendre, au temps voulu par le Seigneur, à laisser agir la génération montante est aussi en bénédiction. Il y a un contraste frappant entre les fils d’Israël, sur lesquels l’Esprit agissait occasionnellement et les croyants dans la période de la grâce. Depuis la descente du Saint Esprit, tous les enfants de Dieu, lors de leur nouvelle naissance, en sont scellés. Le corps des croyants en est l’habitation (Éph. 1. 13 ; 1 Cor. 6. 19). Soyons vigilants afin de ne pas attrister le Saint Esprit de Dieu, par lequel nous avons été scellés (voir Éph. 4. 30).

Nous voyons Josué servant Moïse, et montant avec lui sur la montagne de Dieu (Ex. 24. 13 ; 33. 11 ; Nomb. 11. 28). L’Esprit Saint dira de Caleb et de Josué : « Ils ont pleinement suivi l’Éternel » (Nomb. 32. 12). Au terme de sa course, Moïse s’adresse au peuple qu’il avait conduit pendant quarante années dans le désert. Il rappelle leurs infidélités, leur manque de foi, mais magnifie la grâce de Dieu « … tu as vu que l’Éternel, ton Dieu, t’a porté comme un homme porte son fils, dans tout le chemin où vous avez marché, jusqu’à ce que vous soyez arrivés en ce lieu-ci. Mais, dans cette circonstance, vous n’avez pas cru l’Éternel, votre Dieu, … et il entendit la voix de vos paroles et fut courroucé, et jura, disant : Si aucun de ces hommes, de cette génération méchante, voit ce bon pays que j’ai juré de donner à vos pères ! … excepté Caleb, fils de Jephuné : lui, le verra, et je lui donnerai, et à ses fils, le pays où il a marché, parce qu’il a pleinement suivi l’Éternel. Contre moi aussi l’Éternel s’irrita, à cause de vous, disant : Toi non plus, tu n’y entreras pas. Josué, fils de Nun, qui se tient devant toi, lui, y entrera ; fortifie-le, car c’est lui qui le fera hériter à Israël » (voir Deut. 1. 31 à 38).

Quels ont dû être les derniers mois de communion entre Moïse et Josué ? Certainement moments bénis ! L’Éternel avait insisté : « Commande à Josué, et fortifie-le et affermis-le » (Deut. 3. 28).

Élisée vivra des circonstances semblables lors du départ d’Élie, qu’il avait assisté pendant quelques années : « et il arriva, comme ils allaient marchant et parlant, que voici un char de feu et des chevaux de feu ; et ils les séparèrent l’un de l’autre ; et Élie monta aux cieux dans un tourbillon » (2 Rois 2. 11).

Moïse monta seul au sommet du Pisga, « l’Éternel lui fit voir tout le pays… Et Moïse, serviteur de l’Éternel, mourut là dans le pays de Moab, selon la parole de l’Éternel. Et il l’enterra dans la vallée, … et personne ne connaît son sépulcre » (Deut. 34. 1, 5 et 6). « Et il arriva, après la mort de Moïse, serviteur de l’Éternel, que l’Éternel parla à Josué, fils de Nun, qui servait Moïse, disant : Moïse, mon serviteur, est mort ; et maintenant, lève-toi, passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays ». « Seulement fortifie-toi et sois très-ferme, pour prendre garde à faire selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t’a commandée ; ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu prospères partout où tu iras ». (Jos. 1. 1, 2 et 7). L’Éternel ajoute : « Ce livre de la loi… Médite-le jour et nuit » (v. 8).

Ce nouveau paragraphe est tiré d’une étude par Henri Rossier (1835-1928) : « Il faut donc, en plus de l’énergie divine, un soin diligent à s’approprier les pensées de Dieu. Il dit : Médite-le afin de lui obéir. Est-ce bien là notre but quand nous étudions la Parole ? Souvent nous aimons à la lire pour nous instruire, et l’instruction est bonne ; d’autres fois pour enseigner les autres, chose excellente en son lieu ; mais, je le répète, la lisons-nous d’habitude dans le but d’y obéir diligemment ? S’il en était ainsi, comme cela changerait tout le cours de la vie des chrétiens ! Il y a des chrétiens qui lisent un chapitre (hélas ! un verset peut-être) chaque matin, comme une sorte d’amulette qui doit les garder pendant la journée. Est-ce là méditer la Parole jour et nuit ? – Et nos occupations ? direz-vous. Mais je demande : Est-ce que, tout au travers de vos occupations, la Parole vous nourrit de la part de Dieu, pour la jouissance de vos âmes, et pour vous guider dans le chemin de Christ ? Voilà le moyen de « réussir dans nos voies et de prospérer » (H. R.).

Pour entrer en Canaan, deux grands obstacles devaient être franchis. Il fallait traverser le Jourdain et, sur l’autre rive était la forteresse redoutable de Jéricho. Josué y envoie deux espions. Ils y rencontrent Rahab et prennent conscience de la puissance de Dieu opérant dans le cœur de cette femme. Elle a entendu ce que Dieu avait fait pour les fils d’Israël.Elle a cru en Lui et protège les deux espions. Ces derniers apprennent à quel point le peuple de Jéricho a peur. La suite est un chemin de foi pour Rahab, pour Josué, pour le peuple : « Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, … par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas » (Héb. 11. 30). La grâce brille pour cette femme, la puissance de Dieu va se manifester en délivrance pour son peuple. Nourrissons nos âmes de la Parole de Dieu, afin de marcher « de force en force » (Ps. 84).

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (1)

Lorsque vous commencez votre vie ici-bas, il y a une quantité de choses que vous voyez et que vous ne comprenez pas ; c’est pourquoi se trouve continuellement dans votre bouche ce mot : Pourquoi ? Que de fois, dans ma longue carrière, je vous ai entendus dire : Pourquoi ceci ? Pourquoi cela ?

Au fur et à mesure que vous grandirez, il y aura pour vous d’autres pourquoi beaucoup plus importants que ceux qui vous préoccupent maintenant.

J’aimerais, dès le début, vous avertir qu’il y a un livre, un seul, qui répond à toutes les questions qui peuvent se poser dans la vie d’un enfant, aussi bien que dans celle d’un homme fait.

Ce livre est le livre de Dieu, Sa parole ; ou en d’autres termes, la Bible On l’appelle de ce nom, qui veut dire le livre, parce que de fait, il est le Livre unique.

Souvenez-vous bien de cela et ne cherchez nulle part ailleurs la solution aux questions qui peuvent vous préoccuper ou vous troubler. Bienheureux ceux qui gardent ses témoignages, qui Le cherchent de tout leur cœur, dit le psalmiste (Ps. 119. 2).

Il n’est pas nécessaire d’être intelligent, ni d’avoir fait de grandes études, pour comprendre la Bible ; elle s’adresse à tous, même aux jeunes. Il suffit de deux choses pour en profiter : la lire et la croire.

Le Seigneur Jésus, quand Il était sur la terre, se réjouissait de ce que le Père avait caché ces choses aux sages et aux intelligents et qu’Il les avait révélées aux petits enfants (Mat. 11. 25). Réjouissez-vous donc de ce que la Bible soit pour vous et pour ceux qui vous ressemblent.

Je me souviens d’avoir parlé autrefois avec un homme qui avait fait de grandes études et qui avait lu beaucoup de livres. Malgré cela il n’était pas heureux, bien au contraire. Il cherchait encore la réponse à des questions nombreuses et angoissantes qui le rendaient malheureux. Voyant l’inutilité de plusieurs de ses livres, il les avait mis de côté, et il se demandait ce qu’il devait faire.

Je lui fis remarquer qu’il y avait un seul livre, la Bible, qu’il devait consulter. Il passa des mois entiers à la lire, à la méditer, et à prier. C’est ainsi qu’il apprit à connaître ce que toutes les bibliothèques du monde n’auraient pas pu lui enseigner.

Donc, pour résumer notre première leçon : Lisez la Bible, lisez-la avec attention et prière, et cela dès votre enfance, et tous les pourquoi qui sont dans votre cœur trouveront leur réponse. Peut-être qu’il vous faudra attendre longtemps, mais certainement Dieu, par Son saint livre, vous fera connaître tout ce qui pourra vous rendre parfaitement heureux.

Aujourd’hui, j’aimerais attirer votre attention sur une quantité de choses intéressantes qui sont sous vos yeux chaque jour, sur bien des merveilles qui souvent passent inaperçues d’un grand nombre d’enfants et même de grandes personnes.

Ce sont des choses qui sont bien propres à parler à nos cœurs et à nous amener à méditer, à réfléchir, à nous faire comprendre tout le sérieux et toute l’importance de notre courte vie ici-bas ; elles sont bien propres aussi à nous réjouir.

Certainement, vous avez déjà admiré le soleil, qui chaque jour traverse les cieux. Je sais même que vous l’aimez. Il vous réchauffe, il vous réjouit ; il semble qu’un voile de tristesse vous enveloppe lorsque, pour un moment, un nuage vient le dérober à vos yeux.

Je sais aussi que, plus d’une fois, vous avez contemplé la lune. Tous les enfants aiment à voir ce disque d’argent qui répand une douce lumière durant la sombre nuit. Plus d’une fois un rayon de la lune est venu briller sur votre lit, quelquefois même il semblait qu’elle vous regardait par la fenêtre lorsque vous alliez vous endormir.

Le soir vous voyez aussi les brillantes étoiles qui sont dans le ciel. Alors même que je suis âgé, je ne me lasse jamais de les contempler. Que de fois j’ai été réjoui en les voyant ! Avez-vous remarqué comment elles semblent marcher dans l’espace, chacune à sa place, comme une gigantesque armée ? Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à entrouvrir votre fenêtre par une belle soirée, à vous asseoir et à les contempler. Ainsi vous verrez bientôt que celles qui sont à l’Occident disparaissent tandis que d’autres apparaissent à l’Orient, avancent toujours dans la même direction et finissent par disparaître elles aussi pour faire place à d’autres astres. Cela n’est-il pas merveilleux ?

Maintenant, abaissez vos regards vers la terre, et là aussi vous verrez bien des choses intéressantes.

Au printemps, les chauds rayons du soleil font fondre la neige, ce tapis blanc qui avait couvert la terre. À sa place, voici l’herbe verte qui commence à pousser ; un peu partout des fleurs qui éclosent. Voyez comme elles sont jolies ! D’où peuvent-elles bien avoir tiré les belles couleurs dont elles sont ornées ? Y avez-vous songé ?

Un autre jour, voici les hirondelles qui arrivent, vous ne savez d’où. Pendant de longs mois leurs nids ont été déserts et silencieux. Un beau matin, les voici qui gazouillent, qui s’affairent pour remettre en bon état leurs anciennes demeures. Qui leur a dit que le printemps était arrivé, et qui leur a montré le chemin qu’elles devaient suivre pour retrouver leurs nids ?

Que vous dire des papillons qui voltigent autour des fleurs, dans lesquelles ils viennent chercher le miel avec lequel ils se nourrissent ? Savez-vous que l’an passé les chenilles qui se traînaient par terre sont devenues des chrysalides qui semblaient mortes et ont passé l’hiver sans nourriture et sans mouvement, et que de ces chrysalides sont sortis ces brillants papillons aux grandes ailes parées de couleurs si vives ? Savez-vous comment ces choses se font ?

Avez-vous regardé de près les mouches aux formes si diverses ? Avez-vous observé leurs ailes qui se meuvent avec tant de rapidité ?

Il n’y a pas jusqu’aux araignées dont vous avez peur, qui ne soient de vraies merveilles. Voyez un peu comment cet insecte prépare sa toile. C’est un joli filet qu’il tend pour attraper les mouches qui lui servent de nourriture. Qui lui a enseigné comment il doit tisser et quels sont les endroits où sa chasse sera fructueuse ?

Je ne puis que vous mentionner quelques-unes de ces merveilles qui sont autour de nous chaque jour. Ouvrez vous-même vos yeux et vous en verrez bien d’autres.

Maintenant, j’aimerais vous poser une question : Comment se font toutes ces choses ? qui est-ce qui donne la vie à tous les êtres animés ? Vous savez bien que toutes choses sont faites par quelqu’un. C’est le boulanger qui fait le pain que vous mangez, vous le savez ; et il ne vous viendrait pas à la pensée que l’horloge du village se soit placée d’elle-même dans le clocher, ni qu’elle marche toute seule, sans que personne ne vienne la remonter.

Qui donc a fait toutes les grandes choses qui sont dans les cieux et sur la terre ? Savez-vous quel est son nom ? C’est Dieu, le grand Dieu, Fort et Tout-Puissant. Il est merveilleux.

Ne voulez-vous pas l’aimer, puisque c’est lui qui fait lever sur vous Son soleil ? Ne voulez-vous pas Lui donner gloire puisqu’Il fait tant de merveilles ? Bénissez-Le chaque jour. C’est de ce Dieu que j’aimerais vous parler dans nos prochaines leçons. Comme je serais heureux si, dès votre enfance, vous saviez admirer toutes Ses merveilles et Le louer chaque jour.

La dernière fois, je vous ai parlé d’un Dieu Tout-Puissant qui a fait toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre.

Ce Dieu nous a donné un livre : la Bible, dont je vous ai déjà parlé, dans lequel Il nous enseigne à l’égard de toutes choses.

Nous voulons aujourd’hui nous occuper de la première page de Son livre. C’est là qu’Il nous décrit comment Il a créé les cieux et la terre. Créer, c’est faire quelque chose à partir de rien. Dieu seul peut créer. Il a simplement parlé, et les mondes sont venus à l’existence.

L’homme peut faire beaucoup de choses, mais pour cela il lui faut toujours ce que nous appelons la matière première. Un menuisier peut faire des tables, des chaises et beaucoup d’autres objets, mais il lui faut du bois pour cela. Un maçon peut bâtir des maisons, mais sans des pierres ou des briques, cela lui est impossible.

Quel Dieu puissant, grand et glorieux ! Les cieux racontent Sa grandeur, et l’étendue l’ouvrage de Ses mains, nous dit le psalmiste (Ps. 19. 1).

Le premier verset de la Bible nous dit : Au commencement Dieu créa les cieux et la terre (Gen. 1. 1). Que ce premier verset est merveilleux, allez-vous dire. Oui, certainement. Par lui nous apprenons à connaître les origines de toutes les choses que nous voyons. Par ce simple verset, nous en savons plus que tout ce que contiennent les livres des hommes sur ce sujet.

Souvenez-vous que les 31 160 autres versets de la Bible sont aussi merveilleux que celui-ci ; mais il faut que Dieu, par la puissance du Saint Esprit, ouvre les yeux de nos cœurs pour que nous puissions voir les merveilles qu’ils contiennent.

Vous avez remarqué que hier, lorsque vous vous êtes couchés, tout était noir, on ne voyait rien et maintenant vous distinguez nettement les maisons, les champs, les montagnes, etc. C’est ce que nous appelons les ténèbres et la lumière ou, si vous comprenez mieux, la nuit et le jour.

Autrefois les ténèbres couvraient la terre, mais Dieu a dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. Autrefois tout était noir. Mais depuis ce moment-là, on voyait toutes choses. Dieu a séparé la lumière d’avec les ténèbres. Il appela les ténèbres, nuit ; et la lumière, il l’appela jour. Depuis lors, il y a la nuit et le jour. Le soir, tout devient noir ; le matin la lumière vient éclairer toutes choses. Il fait bon dans la lumière. Dieu vit qu’elle était bonne. C’est ce que Dieu fit le premier jour de la création.

Le second jour, Dieu a séparé les eaux. Une partie des eaux est au-dessus de nous, l’autre partie est sur la terre. Le lac que vous voyez, les rivières, les mers sont les eaux qui sont sur la terre ; les nuages sont les eaux qui sont au-dessus de nous. Ces eaux tombent sur la terre sous la forme de pluie, de neige ou de grêle. Les eaux qui sont sur la terre remontent vers le ciel, sous la forme de vapeurs et y deviennent des nuages. C’est ce Dieu sage et grand qui a établi toutes ces choses. Voyez avec quelle sagesse Il a tout ordonné et tout calculé avec une précision absolue. Les eaux qui s’évaporent et montent vers le ciel représentent exactement la même quantité que celle qui tombe sur la terre.

Oui, écoutez ces choses, et contemplez les œuvres merveilleuses du Dieu Fort. Comment un mortel comprendrait-il le balancement des nuages et connaîtrait-il les œuvres merveilleuses de Celui qui est parfait en connaissance ? (Job 37. 16). Il est digne que nous Lui donnions gloire et que nous Lui chantions :

A toi louange, honneur,

Tout-puissant créateur.

Ces choses ont été faites le deuxième jour.

Après cela, le puissant Créateur a rassemblé les eaux qui sont sur la terre, de manière qu’elles forment des lacs et des mers. Il leur a assigné la place qu’elles ont à occuper. Les montagnes se sont élevées, les vallées se sont abaissées et les eaux se sont réunies là où Il l’a voulu. C’est ce Dieu sage qui a dessiné la forme de chaque montagne et qui a prescrit les limites de chaque lac et de chaque mer. Ici, a-t-il dit à la mer, s’arrêtera l’orgueil de tes flots. Tu viendras jusqu’ici et tu n’iras pas plus loin. (Job 28. 11).

C’est Lui qui fait croître l’herbe verte dans les champs et qui a donné la vie à tous les arbres de la terre. A chacun il donne une semence qui, mise en terre, devient une plante de la même espèce que celle de laquelle elle provient. Jamais un grain de blé n’a pu produire autre chose que du blé, et jamais d’un pépin de pomme mis en terre n’est sorti autre chose qu’un pommier ; ainsi qu’il est écrit : La plante portant de la semence, l’arbre fruitier portant du fruit selon son espèce, ayant sa semence en soi (Gen. 1. 11). Tout cela est très bon. C’est le troisième jour que Dieu a fait ces choses. Un jour qui avait, comme les autres, un soir et un matin.

Ce Dieu qui a fait la terre est aussi Celui qui a fait le soleil, la lune et les étoiles. Il a fixé à chacun des astres sa place dans les cieux et Il a ordonné à tous le chemin qu’ils ont à suivre dans l’espace. Conduits par Sa sagesse et soutenus par Sa main puissante, ils marchent silencieusement de jour et de nuit, revenant à la même place et à la même heure avec une précision qui n’a jamais été égalée par les plus excellents chronomètres dont se glorifient les horlogers. C’est ainsi qu’ils marquent le temps, les jours, les mois et les années. Ainsi les saisons se succèdent sans interruption selon une sagesse divine. C’est le quatrième jour que Dieu fit toutes ces merveilles.

Le cinquième jour, Il a fait les oiseaux et les poissons. Voyez comme les oiseaux sont jolis, quelle beauté dans leur plumage aux couleurs les plus charmantes. Les savants qui ont étudié les oiseaux en ont compté environ huit mille espèces. Toutes ces espèces diffèrent les unes des autres ; et toutes ont des habitudes, des mœurs variées.

Quant aux poissons et aux autres animaux qui sont dans les eaux, il est impossible d’en connaître le nombre. Que se passe-t-il au fond des grandes eaux ? Dieu seul le sait. Il voit toutes Ses créatures, Il les nourrit ; Il retire leur souffle, et ils expirent et retournent à leur poussière (Ps. 104. 29).

Savez-vous que le grand Dieu voit toutes choses, que toutes vos actions, vos pensées, même les plus secrètes, lui sont parfaitement connues ? Votre souffle est dans Ses mains. Si vous étiez appelés aujourd’hui à quitter cette terre, si votre souffle vous était retiré, où iriez-vous ? Y avez-vous pensé ?

Le sixième jour, Dieu a fait les animaux de la terre : les brebis, les bœufs, tous les quadrupèdes, et tout animal qui rampe sur la terre ; et en dernier lieu, l’homme. Il a tout préparé d’avance pour qu’il ne manque rien à l’homme lorsqu’il serait sur la terre et pour qu’il soit heureux au milieu de cette belle création.

La lumière brillait sur lui, les eaux rafraîchissantes le désaltéraient, les fruits exquis qui croissaient en abondance sur les arbres le nourrissaient. Le brillant soleil réjouissait son cœur et réchauffait la terre. Les oiseaux dans les airs, les poissons dans les eaux et les animaux de la terre étaient tous sous Sa domination. Enfin, Ève, sa compagne, partageait son bonheur.

Tout était très bon et Dieu, le septième jour, pouvait se reposer de toutes Ses œuvres. Que tout cela était beau ! Mais il faut que je m’arrête, je vois que ma troisième leçon est bien longue. J’espère que vous vous en souviendrez.

Je pense que vous n’avez pas oublié ce que je vous ai raconté la dernière fois que nous nous sommes rencontrés ; au commencement Dieu a fait les cieux et la terre. Aujourd’hui j’aimerais vous engager à lire le chapitre 2 du livre de la Genèse. Cela vous aidera à comprendre ce que je veux vous expliquer maintenant.

Tout ce que Dieu avait fait était très bon. Il avait créé un homme et une femme. L’homme s’appelait Adam, la femme Ève. Afin qu’ils puissent être heureux sur la terre, Dieu avait planté un merveilleux jardin, le jardin d’Éden, aussi appelé le paradis terrestre. Le chapitre 2 de la Genèse nous en donne la description.

Il y avait des arbres agréables à voir, qui portaient des fruits bons à manger. Ces fruits étaient pour la nourriture de l’homme. Les animaux se nourrissaient de l’herbe verte de la terre.

Ce jardin était arrosé par quatre rivières. Voulez-vous vous souvenir de leurs noms ? La première s’appelait Pishon, la deuxième Guihon, la troisième Hiddékel, et la quatrième, l’Euphrate. Les deux premières de ces rivières ont disparu, nous ne savons pas ce qu’elles sont devenues, la troisième coule encore : c’est le Tigre ; la quatrième porte encore le nom d’Euphrate. Vous la trouverez facilement sur une carte de l’Asie.

Le livre de l’Apocalypse, au ch. 16. 12, nous apprend que les eaux de cette rivière tariront bientôt. Dieu fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Il change les fleuves en désert et les sources d’eau en sol aride (Ps. 107. 33).

Vous remarquez en lisant votre Bible que, souvent, elle nous parle des fleuves, des rivières, des torrents, et même des ruisseaux. Nous n’avons pas le temps aujourd’hui de nous occuper de ce sujet, mais vous pouvez vous-même, un jour que vous en aurez le temps, prendre une concordance et rechercher tous les passages où il est question des cours d’eau. Cela vous intéressera. Vous remarquerez que plusieurs d’entre eux sont une image de la grâce de Dieu. Elle coule comme un fleuve qui ne s’épuise et ne tarit jamais, dit un cantique bien connu.

Dieu avait placé Adam dans le beau jardin pour le cultiver et le garder. Vous voyez que, même dans le paradis, le travail est une bonne chose, une chose ordonnée de Dieu. La paresse est toujours malsaine et elle est la source de bien des maux.

Le livre des Proverbes, qui nous enseigne comment nous avons à nous conduire sur la terre, nous met souvent en garde contre ce vice. Je vous citerai un passage où il en est question : « Va vers la fourmi, paresseux ; regarde ses voies et sois sage. Elle n’a ni chef, ni surveillant, ni gouverneur, elle prépare en été son pain, elle amasse pendant la moisson sa nourriture. Jusques à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir, et ta pauvreté viendra comme un voyageur, et ton dénuement comme un homme armé » (Prov. 6. 6 à 11).

Nous ne savons pas comment Adam a cultivé le jardin, mais hélas ! nous savons qu’il l’a bien mal gardé. Depuis longtemps il est perdu et nul ne saurait le retrouver. Il est inutile de vouloir chercher le bonheur sur la terre.

Mais il y a un paradis céleste dans lequel le Seigneur Jésus va introduire les Siens dans peu de temps. Tous ceux qui ont trouvé en Lui leur Sauveur y seront pour toujours avec Lui.

Vous trouverez la description de ce paradis dans les premiers versets du chap. 20 du livre de l’Apocalypse. Vous verrez que nous y retrouvons plusieurs des choses qui étaient dans le jardin d’Éden : le fleuve, l’arbre de vie, les fruits. J’aime à penser que vous vous réjouissez tous à la pensée d’y entrer bientôt. Comme tout y sera beau ! Plus de maladies, plus de malédiction, plus de nuit. Le Seigneur Dieu fera briller Sa lumière sur tous les bienheureux habitants de ce saint lieu. Je vous ferai remarquer que l’Éternel Dieu du livre de la Genèse, c’est le Seigneur Dieu du livre de l’Apocalypse.

Dieu fit venir vers Adam tous les animaux, pour voir comment il les nommerait, et tout nom que l’homme donna à un être vivant fut son nom. Vous voyez par ce fait quelle était la sagesse et l’intelligence extraordinaires d’Adam. Aujourd’hui, des savants étudient les animaux, mais quelle peine cela leur donne ! Ils passent toute leur vie dans cette étude.

Dieu a établi Adam seigneur sur toute la création. C’est lui qui dominait sur toutes les œuvres de Dieu. En cela il était une image de Christ qui est appelé le dernier Adam (1 Cor. 15. 45.) et qui régnera bientôt sur tout l’univers. Lisez à ce sujet le Psaume 8 qui nous parle de ces temps heureux. Vous remarquerez que ce sont les petits enfants qui loueront le Seigneur dans ce jour glorieux. En attendant, employez la voix qu’Il vous donne pour chanter des cantiques à la gloire de Son nom.

J’aimerais avoir toujours d’heureuses histoires à vous raconter ; malheureusement pour aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Au contraire, c’est un bien triste récit que je dois vous faire. Malgré votre courte vie, vous avez vu déjà bien des choses douloureuses. Il vous est arrivé de verser des larmes. Vous avez vu des personnes malades, et d’autres qui étaient dans le deuil. Vous êtes-vous demandé d’où cela pouvait provenir, quelle était la cause de toute la souffrance qui est sur la terre ?

Cette souffrance peut vous paraître étrange, et cela d’autant plus que la dernière fois que je vous ai parlé, je vous avais dit que Dieu a voulu que l’homme soit heureux sur la terre et qu’il avait planté un beau jardin dans lequel Adam avait tout ce que son cœur pouvait souhaiter. Pourquoi ne sommes-nous plus dans le paradis ? Pourquoi la mort, la souffrance et les larmes ? Y avez-vous songé ? Cela ne provient que d’une seule chose : la désobéissance d’Adam.

Auriez-vous pensé que de désobéir une seule fois pouvait avoir de telles conséquences ? Certainement pas, et même je crains bien que vous n’ayez déjà désobéi à vos parents plus d’une fois.

Lisez vous-même le chapitre 3 du livre de la Genèse ; là vous verrez qu’un ennemi redoutable, Satan, s’est introduit dans le beau jardin d’Éden, sous la forme d’un serpent, et a engagé Ève à manger du fruit d’un arbre qui était au milieu du jardin, et dont l’Éternel avait défendu de manger le fruit. Probablement qu’il semblait à Ève que c’était peu de chose que de prendre du fruit qui ne lui appartenait pas, et d’en manger alors même que cela lui était défendu. En faisant ainsi, elle méprisait la sainteté de l’Éternel. Elle aurait dû obéir et dire : L’Éternel l’a défendu. Je ne le ferai pas.

Jamais nous ne sommes trop simples en présence du mal. Souvenez-vous de cette parole qui se trouve dans l’épître aux Romains, ch. 16. 19 : Soyez simples quant au mal. Lorsque vous voyez du mal ou lorsque vous pensez qu’il y en a, détournez-vous-en avec horreur. Le mal est une offense à la sainteté de Dieu ; il a les yeux trop purs pour voir le mal. Le mal, quel qu’il soit, porte toujours avec lui ses funestes conséquences déjà dans le monde, et bien plus dans l’éternité. Ayez en horreur le mal.

Ève a donc mangé du fruit défendu et elle en a donné à son mari, qui, lui aussi, en a mangé. Souvent, lorsque nous faisons le mal, nous entraînons aussi d’autres personnes à faire de même – et quelles peuvent en être les conséquences ? Nous ne le savons pas.

Adam a été grandement coupable. Au lieu de reprendre sa femme, il a fait comme elle. Hélas ! Les conséquences en furent bien tristes pour tous deux ! Ils furent chassés du paradis ; et voici des épines et des ronces qui ont poussé sur la terre ; le travail devient pénible, la souffrance vient gâter toutes nos joies, et la mort nous ravit ceux que nous aimons.

Voici bientôt dix mille ans que l’homme pleure loin d’un paradis perdu et d’un bonheur qu’il ne peut retrouver.

J’espère que ce que je viens de vous dire aura pour résultat de vous amener à avoir peur du mal, à fermer vos oreilles aux insinuations de Satan, qui vient souvent nous dire : Tu peux bien faire ceci, cela. Ce n’est pas très mal ; nul ne le verra. Criez au Seigneur ; Lui seul peut vous garder. Faites comme le divin Modèle qui disait : Garde-moi, ô Dieu, car je me confie en toi » (Ps. 16. 1).

Maintenant, je ne veux pas vous laisser sous le coup d’une trop grande tristesse, et je veux terminer en vous parlant du Dieu d’amour qui, malgré tout, veut que nous soyons heureux.

Pour cela, Il a préparé un autre paradis, non pas sur la terre, mais dans les cieux. Vous en trouverez la description dans les premiers versets du ch. 22 du livre de l’Apocalypse Vous y retrouverez le fleuve ; ses eaux donnent la vie à ceux qui s’y désaltèrent.

L’arbre de vie y est aussi ; ses fruits nourrissent les heureux habitants de ce saint lieu, ses feuilles guérissent de toutes les maladies que la désobéissance d’Adam et Ève ont amenées dans ce pauvre monde. Comme tout y est beau ! Plus de souffrances, plus de mort, plus de cris, plus de larmes. Pour pouvoir entrer dans le paradis de Dieu, il faut être lavé de tous ses péchés dans le sang de l’Agneau qui est mort pour nous sur la croix.

Adam a eu deux fils après avoir été chassé du paradis. L’aîné s’appelait Caïn, le second Abel. Abel paissait le menu bétail et Caïn était laboureur. Ces deux fils d’Adam étaient ce que nous appellerions des hommes religieux ; mais chacun d’une manière bien différente.

Caïn, oubliant ce qui s’était passé lorsque son père avait désobéi à l’Éternel, oubliant aussi ses propres péchés et la sainteté de ce Dieu qui avait été offensé par ces choses mauvaises, vient se présenter devant Lui comme si tout allait bien, et apporte des fruits de la terre qui était maudite.

Vous comprenez vous-même que l’Éternel ne pouvait pas le recevoir ainsi ; aussi, nous est-il dit : À Caïn et à son offrande, il n’eut pas égard (Gen. 4. 5).

Si vous aviez offensé un de vos voisins, pensez-vous que, quelques jours après, vous pourriez aller chez lui comme si tout allait bien entre vous ? Vous savez bien que cela ne serait pas possible. Il faudrait auparavant qu’une réconciliation ait lieu entre vous.

Tôt ou tard, il vous faudra avoir affaire avec Dieu, car nous devons tous être manifestés devant le tribunal de Dieu (Rom. 14. 10). Y avez-vous pensé ? Que Lui apporterez-vous dans ce jour solennel ? Vos bonnes œuvres ? Le fruit de votre labeur ? Si vous n’avez que cela, vous êtes perdus ; Dieu ne pourra que vous rejeter, vous et ce que vous apportez, comme Il l’a fait pour Caïn.

Tout au contraire, Abel offre à Dieu les premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. Pour pouvoir offrir cette graisse, il a dû nécessairement sacrifier ces premiers-nés et répandre leur sang. En agissant ainsi, Abel reconnaissait toute la sainteté de Dieu, toute l’horreur du péché, et la nécessité de la mort d’une victime prenant sa place, pour qu’il puisse s’approcher de Dieu.

L’épître aux Hébreux nous apprend que c’est par la foi qu’Abel a fait ces choses. Il ne s’agissait donc pas de savoir ce que Abel avait fait, mais de ce qu’il avait cru. Si Dieu avait rendu témoignage à Abel, il aurait dû dire qu’Abel était un pécheur, comme tous les hommes, car il est écrit qu’il n’y a point de juste, pas même un seul (Rom. 3. 10).

Mais Dieu, nous est-il dit, rend témoignage à ses dons. Le sang des premiers-nés qui avaient été offerts parlait d’avance du sang précieux de Christ qui purifie de tout péché. Dieu voyait une image du sang de Son propre Fils et Il a tenu Abel pour juste à cause de ce sacrifice qu’Il a pu agréer. Ainsi Abel, étant mort, nous parle encore, et nous enseigne comment nous pouvons être justes devant le Dieu saint et par conséquent en paix devant Lui.

Qu’en est-il de chacun de vous ? Savez-vous que vous êtes des pécheurs ? Il y a deux témoins qui sont là pour vous accuser. Le premier, c’est Dieu, qui connaît les cœurs, et qui dit qu’il n’y a point de juste, ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut. Le second, c’est votre conscience qui vous accuse d’avoir fait plusieurs choses mauvaises.

Peut-être que vous avez une fois désobéi à vos parents, que vous vous êtes mis en colère, que vous avez eu de mauvaises pensées ou d’autres choses encore. Dieu le sait, vous ne pouvez rien Lui cacher, Je pense donc que vous êtes d’accord et que vous reconnaissez que vous êtes un pécheur. C’est une chose profondément humiliante que d’être obligé d’en venir là, mais Dieu veut que nous soyons vrais devant Lui.

Ceci étant établi, il vous faut simplement croire ce qu’Il dit au sujet du sang de Son Fils : Il purifie de tout péché (1 Jean 1. 7). Ayant cru cela, vous pourrez chanter avec joie ce beau cantique :

Lavés dans ton sang, ô Jésus !

Ils sont blanchis, sans nulle tache.

Ils étaient autrefois perdus,

Et maintenant ton sein les cache.

Qui les ravirait de tes bras ?

Qui troublerait leur confiance,

Quand ils ont la ferme assurance

Que ton amour ne change pas ?

En terminant, je veux encore vous dire que Caïn était irrité et que, comme ils étaient aux champs, Caïn se leva contre son frère et le tua. Pauvre Caïn, qui n’avait pas voulu se reconnaître comme un pécheur devant Dieu et qui est devenu un meurtrier. La haine dans le cœur est le premier pas vers le meurtre. Il est écrit que celui qui hait son frère est un meurtrier. Ayez donc en horreur toute pensée de haine. Criez au Seigneur, Lui demandant de vous garder de tout mal. Lui seul peut le faire.

J’espère que vous vous souviendrez de ces choses et que vous ferez votre profit de l’histoire de ces deux frères, dont l’un était un juste, l’autre un meurtrier.

Je pense que vous vous souvenez de Caïn qui a tué son frère, et que vous vous êtes demandé ce qu’il a fait depuis lors et ce qu’il est devenu. Au lieu de s’humilier de son crime, de le confesser à Dieu et de Lui en demander pardon, il s’en est allé de devant la présence de l’Éternel et a cherché à être le plus heureux possible loin de Lui. En agissant ainsi, il s’est grandement trompé, car on ne peut pas être heureux en ayant sur soi ses péchés et en ayant une mauvaise conscience.

Si vous avez mal agi en que chose, je vous conseille de le confesser à Dieu sans retard. Il est écrit : Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. Cherchez même ce passage, il se trouve dans le premier chapitre de la première épître de Jean. Nous lisons aussi ailleurs : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine (És. 1. 18).

Caïn, une fois qu’il a été loin de Dieu, s’est construit une ville qu’il appela du nom de son fils. Il pensait que dans une ville, il serait plus heureux qu’à la campagne. Dans les villes il y a bien des choses qui plaisent aux regards et qui, dans une mesure, satisfont aux convoitises du cœur de l’homme, mais soyez bien assurés que la ville cache bien des misères et de la souffrance, plus que vous ne sauriez le penser. Si je vous disais tout ce que j’y ai vu, vous auriez peut-être de la peine à me croire.

Caïn pensait aussi acquérir du renom et de la gloire en donnant à la ville le nom de son fils. Certainement vous connaissez des rues qui portent des noms de quelques grands hommes. Pensez-vous cela les a rendus heureux ? Certainement pas, peut-être qu’ils en ont eu un instant de satisfaction, qui ne les a pas empêchés de mourir, et s’ils sont morts sans Sauveur, leur gloire passagère n’atténuera en aucune manière leur tourments éternels.

Les descendants de Caïn marchèrent dans le même chemin que leur père. Tous ne furent pas des meurtriers, mais nous ne les voyons pas revenir à Dieu. L’un d’entre eux prit deux femmes, désobéissant ainsi à ce que Dieu avait « établi ». C’est lui qui nous a laissé le premier poème que nous connaissons. Il n’est pas long, mais il nous en dit suffisamment pour nous faire connaître l’état de son cœur. Le voici :

Ada et Tsilla, écoutez ma voix ;

Femmes de Lémec, prêtez l’oreille à ma parole :

Je tuerai un homme pour ma blessure,

Et un jeune homme pour ma meurtrissure.

Si Caïn est vengé sept fois,

Lémec le sera soixante-dix fois.

Comme vous le voyez, c’est un misérable poème que celui-ci. Au lieu de louer l’Éternel comme le fit le roi David, qui était le doux psalmiste d’Israël, Lémec étale dans ses vers la méchanceté et le meurtre qui étaient dans son cœur.

Si vous aimez lire la poésie, lisez, je vous prie, le livre des Psaumes. Si vous saviez combien de milliers de personnes ont été consolées, encouragées, et même ont versé des larmes de bonheur en lisant ce livre, cela vous encouragerait certainement à en faire votre lecture habituelle.

La Bible de votre grand père a les feuilles toutes jaunies là où se trouve ce livre, tant il en a tourné et retourné les pages, pages qui sont toujours nouvelles pour lui. Puissiez-vous, vous aussi, y trouver autant de joie qu’il en a trouvé pour lui-même.

Un autre des descendants de Caïn habita dans des tentes et eut des troupeaux. Dans la maison d’un autre, on jouait de la flûte et de la harpe. Un autre enfin fut forgeur de tous les outils en airain et en fer. Ce sont des choses qui ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais souvenez-vous qu’elles ne peuvent pas rendre l’homme heureux .sur la terre.

Salomon était un grand roi qui a fait de grandes choses, et il les a faites avec sagesse. Après avoir tout essayé, il a dû dire : « Vanité des vanités ! tout est vanité et poursuite du vent. Quel profit a l’homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil ? » Lisez vous-même les deux premiers chapitres du livre de l’Ecclésiaste et là vous verrez ce que Salomon a fait et quel en a été le résultat pour lui-même. Après cela, lisez le psaume 32, et dès les premiers versets, vous verrez comment un homme peut être bienheureux. Vous verrez aussi le contraste entre les choses de la terre et le bonheur que Dieu seul peut donner.

Aujourd’hui je vous dirai des choses qui vous étonneront un peu, mais que vous pouvez croire sans arrière-pensée, car c’est Dieu Lui-même qui me les a apprises dans Son saint Livre. Or Dieu est le Dieu de vérité, Il ne trompe personne. Vous pouvez mettre en doute la parole des hommes, mais vous n’avez jamais le droit d’émettre la moindre objection au sujet de ce qui est écrit dans la Bible.

Les hommes d’autrefois vivaient beaucoup plus longtemps que maintenant. Le chapitre 5 du livre de la Genèse nous donne les noms de plusieurs hommes dont la vie fut extraordinairement longue : Adam qui vécut 930 ans, son fils Seth 912 ans, un autre, Methushélah, 969 ans. C’est lui qui, de tous les hommes que nous connaissons, a vécu le plus longtemps. Malgré cette longue vie, il a dû mourir comme tous les autres.

L’histoire de tous les hommes sur la terre se termine par ces mots : puis il mourut. Car il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement (Héb. 9. 27).

Nul ne peut se soustraire à cette loi inexorable qui est la conséquence du péché de l’homme (Rom. 5. 12). Que l’on soit un grand roi sur la terre ou un pauvre esclave, il faut mourir un jour.

Job, dans son livre, nous en parle d’une manière poétique et si merveilleuse que je ne puis faire autrement que de vous transcrire ce passage : « Là les méchants ont cessé leur tumulte, et là ceux dont les forces sont épuisées par la fatigue sont en repos ; les prisonniers demeurent ensemble tranquilles, ils n’entendent pas la voix de l’exacteur. Là sont le petit et le grand, et le serviteur libéré de son Maître » (Job 3. 17 à 19).

Mais ce qui est le plus extraordinaire dans le chapitre qui nous occupe, c’est que, parmi tous les hommes qui y sont mentionnés, il y en a un qui fait exception à la règle commune, c’est Énoch.

De lui il n’est pas écrit qu’il mourut, mais que Dieu le prit. Il fut enlevé pour qu’il ne vit pas la mort, nous dit l’épître aux Hébreux (ch. 11. 5).

Quelle chose extraordinaire : ne pas avoir eu besoin de mourir ! Quelle part précieuse au-delà de toute expression ! Si la fin d’Énoch a été différente de celle des autres hommes, c’est qu’aussi sa vie avait été différente de celle du grand nombre.

Il y a eu un changement radical dans sa vie. Depuis l’âge de 65 ans, il a marché avec Dieu. C’est ce qu’il n’avait pas fait auparavant. Ce fut là le moment de sa conversion. Depuis ce moment-là, toute sa vie s’est passée avec Dieu. Tout en étant encore sur la terre, il était un homme céleste. Il n’est donc pas surprenant que Dieu l’ait recueilli dans le ciel.

La part d’Énoch est bien digne d’envie. N’aimeriez-vous pas, vous aussi, aller ainsi au ciel sans avoir à passer par la mort ? Que ne donneraient pas certaines personnes pour ne pas avoir à rencontrer un jour cette messagère qui les effraie ? Eh bien ! si vous croyez que le Seigneur Jésus est mort pour vous, qu’Il a été puni à cause de vos péchés, vous pouvez L’attendre du ciel chaque jour, car Il a dit à Ses disciples : Je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi.

« Car le Seigneur Lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange, et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 16 et 17).

Lorsqu’on croit au Seigneur Jésus, on a la vie éternelle, et quand on possède la vie éternelle, on n’attend plus la mort mais, ainsi que nous venons de le voir, on attend le Seigneur qui nous introduira dans le ciel.

En attendant, il se peut que le croyant déloge pour être avec Christ, ce qui est de beaucoup meilleur. Là, dans le repos, tous ceux qui nous ont devancés attendent le grand jour glorieux où tous ensemble nous serons introduits dans le séjour éternel de la paix et du bonheur. Attendez le Seigneur chaque jour. Il vient bientôt : Il l’a promis. Cela vaut beaucoup mieux que de vivre mille ans sur la terre et finir par mourir.

Je pense que plus d’une fois vous avez contemplé l’arc aux brillantes couleurs qui se montre parfois dans le ciel dans un jour de pluie : l’arc-en-ciel, comme nous l’appelons. Je ne saurais vous dire combien j’aime à le voir et comme mon cœur se réjouit en le contemplant. Savez-vous que cet arc rappelle de grandes choses ? Il y a bien longtemps qu’il a brillé pour la première fois dans la voûte céleste.

La terre avait été détruite par les eaux du déluge. Je suis certain que la plupart d’entre vous ont entendu parler de ce cataclysme, et que même plusieurs d’entre vous ont lu le récit que Dieu nous en a fait dans les chapitres 6 à 9 du livre de la Genèse. Je ne vous le répéterai pas ici, vous pouvez encore le relire vous-même.

Souvenez-vous que jamais on ne perd son temps en lisant les Écritures. Je ne vous cache pas qu’il m’arrive assez souvent de relire la même portion de la Bible pendant des semaines consécutives. C’est là le vrai moyen pour trouver les richesses qu’elle contient. L’apôtre Paul disait à son enfant Timothée : Considère ce que je dis, et le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses.

La méchanceté de l’homme avant le déluge était si grande que Dieu s’en est affligé dans Son cœur et a dû détruire toute âme vivante à cause de Sa sainteté, qui ne peut supporter le mal. C’est une pensée bien solennelle qui est propre à nous faire haïr le mal sous toutes ses formes. Il y a aussi quelque chose qui est bien propre à nous réjouir, c’est que Dieu a les yeux sur les justes, et qu’Il est fidèle pour les délivrer même dans les plus grandes calamités.

Lors même que le déluge a dû venir sur toute la terre, Dieu a donné à un homme qui se nommait Noé un moyen pour échapper à la mort qui allait atteindre tous les hommes de son temps. Noé, nous est-il dit, était juste, il était parfait parmi ceux de son temps, et il marchait avec Dieu comme son arrière-grand-père Énoch dont je vous ai parlé. Dieu dit à Noé de faire une arche et lui a donné toutes les indications nécessaires pour sa construction et sur ce qu’il avait à faire pour échapper au terrible jugement qui allait fondre sur toute la terre. Noé a obéi et a été sauvé, lui, sa femme, ses fils et les femmes de ses fils.

Qu’ils devaient être heureux au jour où tous sont sortis de l’arche sains et saufs ! Après cela Dieu a promis à Noé que jamais il ne détruirait plus la terre par les eaux du déluge, et que tant que dureraient les jours de la terre, les semailles et les moissons, le froid et le chaud, l’été et l’hiver, et le jour et la nuit, ne cesseraient pas. Comme signe de cette alliance, il a mis l’arc dans la nuée. Dieu le voit et Il se souvient de Sa promesse.

Ce fait n’est-il pas de toute beauté ? Depuis si longtemps, Il met Son arc dans la nuée lorsque la pluie vient sur la terre, et Il se souvient de Sa promesse. Lorsque vous verrez l’arc-en-ciel, vous vous souviendrez de ce que je viens de vous raconter.

Maintenant, je ne puis pas terminer sans vous avertir que si Dieu a dit qu’il n’y aurait plus de déluge sur la terre, Il a dit aussi, et cela longtemps après, que la terre serait de nouveau détruite, non plus avec de l’eau, mais par le feu.

Dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement, et cela à cause de la méchanceté de l’homme qui a mis à mort le Fils de Dieu et aussi à cause du refus de Sa grâce, grâce qu’il fait annoncer depuis bientôt deux mille ans.

Le moyen d’échapper à ce jugement plus terrible que le premier, c’est de se repentir et de croire à la bonne nouvelle que le Seigneur est mort pour nous sauver, et que celui qui croit en Lui a la vie éternelle et ne vient pas en jugement. J’aime à penser que vous tous vous échapperez ainsi à ce jugement. Lorsque vous verrez de nouveau un arc-en-ciel, vous vous souviendrez des enseignements que votre grand-père vous a donnés aujourd’hui concernant le merveilleux phénomène qui se voit dans le ciel lorsque la pluie vient sur la terre.

Vous savez que tous les hommes ne parlent pas le même langage. Presque chaque pays a une langue différente, et même quelques-uns en ont plusieurs. Par exemple en Belgique on en entend deux, en Suisse trois ou quatre. Dans le monde entier, on en compte plus d’un millier. Vous êtes-vous demandé pourquoi toutes ces langues, et si elles ont toujours existé ?

Il n’en a pas toujours été ainsi : le commencement du chapitre 11 du livre de la Genèse nous apprend qu’autrefois toute la terre avait une seule langue et les mêmes paroles. Ce devait être bien agréable et beaucoup plus facile qu’aujourd’hui où il nous faut étudier longuement avant de pouvoir parler deux ou trois langues, pour nous faire comprendre dans d’autres pays que celui dans lequel nous sommes nés.

Voici donc ce qui est arrivé. Dieu avait dit à Noé et à ses fils de multiplier et de remplir la terre. Malheureusement, l’homme n’aime pas à obéir, les enfants non plus. Je suis bien certain que plus d’une fois vous avez désobéi à vos parents.

Après que les fils de Noé eurent eu une nombreuse postérité, les hommes se dirent l’un à l’autre : Bâtissons une ville et une tour dont le sommet atteigne jusqu’aux cieux, et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre.

Leur volonté bien arrêtée était donc de désobéir à l’ordonnance de l’Éternel et de ne pas remplir la terre. Souvenez-vous qu’on ne peut jamais désobéir impunément à Dieu. C’est ce que durent apprendre à leurs dépens les hommes de ce temps-là, et bien d’autres après eux. Alors l’Éternel confondit leurs langages et alors tous parlaient des langues différentes les unes des autres, et ils étaient incapables de se comprendre les uns les autres. Ce que ces pauvres gens devaient être surpris et confus !

C’est pourquoi leur ville a été appelée « Babel » ce qui veut dire confusion. Ne pouvant donc plus se comprendre entre eux, ils cessèrent de bâtir leur ville. Alors l’Éternel les dispersa sur toute la surface de la terre. Au lieu d’être dispersés par un acte d’obéissance, ils l’ont été par un jugement de Dieu. C’est de ce moment-là que datent les nations et les langues que nous voyons encore aujourd’hui dans le monde entier.

Maintenant je vais encore vous raconter au sujet des langues, une chose merveilleuse qui a eu lieu lorsque le Saint Esprit est descendu sur la terre, le jour de la Pentecôte. Il est descendu sur chacun des apôtres sous la forme de langues divisées, comme de feu, et depuis ce moment-là ils purent parler les langues des personnes qui étaient avec eux et leur annoncer le merveilleux évangile de Dieu, et cela sans avoir appris ces langues. Le Seigneur voulait que cette bonne nouvelle puisse être entendue par tous sans aucun obstacle. À ce moment-là les conséquences de la folie de l’homme à Babel avaient disparu pour un temps.

Quel témoignage était ainsi rendu par ces pauvres pécheurs illettrés, mais remplis de la puissance du Saint Esprit ! Lisez à ce sujet le chapitre 2 du livre des Actes. Ce pouvoir miraculeux a duré un certain temps chez les disciples ; puis il s’est perdu. Du reste, l’apôtre Paul l’avait annoncé d’avance, en disant : « Y a-t-il des langues ? elles cesseront » (1 Cor. 13. 8).

Autre chose : ce qui est à la confusion de l’homme, Dieu s’en sert pour Sa propre gloire. Bientôt des hommes de toutes tribus, et langues, et peuples, et nations seront réunis autour du trône du Seigneur Jésus et Lui donneront gloire. Que ce sera beau et merveilleux d’entendre ainsi toutes ces langues diverses qui, à l’unisson, loueront le Seigneur. Ce sera un concert comme jamais on n’en entendit de pareil dans toute l’histoire du monde.

Votre vieux grand-père sera du nombre de ceux qui chanteront les gloires de l’Agneau. Il se réjouit en pensant à ce moment, et son ardent désir est de voir là-haut aussi tous les lecteurs de la Bonne Nouvelle, et d’y entendre leurs voix. C’est pourquoi chaque mois il vous donne ces courtes leçons.

Je vous ai déjà parlé de plusieurs hommes remarquables : Adam, Abel, Énoch, Noé. Aujourd’hui, j’ai l’intention de vous faire faire connaissance avec un des hommes que Dieu s’est plu à honorer, Abraham. Ce nom veut dire père d’une multitude. Dieu lui avait promis une postérité comme les étoiles en nombre et comme le sable qui est sur le rivage de la mer, lequel ne peut se compter.

Abraham, autrefois, habitait la ville d’Ur en Chaldée. C’était une grande ville, une ville extraordinaire de laquelle on retrouve maintenant des ruines remarquables qui nous font connaître son ancienne splendeur. Cette cité a été détruite, et pendant fort longtemps on ne connaissait même plus son emplacement.

Dieu a voulu que ces dernières années elle soit retrouvée. Les fouilles qui s’y font amènent au jour bien des choses qui viennent confirmer les enseignements de la Parole de Dieu. Nous ne pouvons pas en parler ici, peut-être y reviendrons-nous dans une autre circonstance. A Ur on adorait les idoles. Quelle folie que de se prosterner devant des figures de bois, de pierre, d’argent ou d’or ! C’est Satan qui se sert de ce moyen pour détourner les hommes du seul vrai Dieu, ce Dieu qui a fait les cieux et la terre, qui donne à tous la vie et la respiration et qui a envoyé Son Fils bien-aimé dans le monde pour nous sauver.

C’est du milieu de cette idolâtrie que Dieu est venu tirer Abraham. Il l’a appelé, lui a fait de grandes et précieuses promesses. Abraham a cru Dieu, il Lui a obéi. Il a tout quitté et il est parti, ne sachant pas où il allait, se laissant conduire par le Dieu Tout-Puissant. Ce n’était pas peu de chose que de quitter le lieu de sa naissance, ses parents, ses amis, mais la parole de l’Éternel lui a suffi, et jamais il n’a regretté d’avoir écouté cette parole.

Abraham avait soixante-quinze ans lorsqu’il est allé dans le pays de Canaan, et c’est à l’âge de cent soixante-quinze ans qu’il y est mort – de sorte que, s’il s’était souvenu du pays d’où il était sorti, s’il avait regretté de l’avoir quitté, il aurait eu du temps pour y retourner.

Lorsqu’il fut arrivé dans le pays, l’Éternel lui dit de regarder vers les cieux et de compter les étoiles s’il pouvait les compter ; et il lui dit : Ainsi sera ta semence. Il crut l’Éternel, qui lui compta cela à justice, ou si vous préférez, l’Éternel le tint pour juste puisqu’il L’avait cru. S’il s’agit de ce que nous avons fait, il n’y a pas de justes, non, pas même un seul. Mais Dieu, dans Sa grâce, veut bien justifier ou tenir pour justes ceux qui croient Sa parole. Abraham donc a cru ce que Dieu lui avait dit, et maintenant ce même Dieu demande aux hommes de croire en Son Fils bien-aimé, et celui qui croit est justifié par Lui, ainsi qu’il est écrit : Il justifie celui qui est de la foi de Jésus.

La foi peut être soumise à diverses épreuves pour la fortifier. Celle d’Abraham a dû traverser de rudes épreuves, mais jamais il n’est revenu en arrière. Aussi Dieu s’est plu à l’honorer.

Lisez le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux. Là vous verrez les noms de plusieurs hommes que Dieu s’est plu à honorer en parlant de leur foi. C’est comme la liste des grands hommes de foi de l’Ancien Testament. Au milieu de ces noms, nous voyons briller celui d’Abraham.

Là il nous est dit que Dieu n’a pas honte d’eux, savoir d’être appelé leur Dieu, car Il leur a préparé une cité, la cité céleste de laquelle Il est l’architecte et le fondateur.

Vous pouvez lire la description de cette cité dans le chapitre 21. 9 à 27 du livre de l’Apocalypse. Elle est merveilleuse : tout ce qu’il y a de riche, de beau, de précieux est employé pour nous en faire connaître les splendeurs. Certes elle vaut mille fois mieux qu’Ur de Chaldée qui n’a subsisté que pour un temps et qui a été détruite. Abraham et tous ceux qui croient y auront leur part pendant l’éternité.

Certainement vous désirez y entrer. Faites comme Abraham, croyez Dieu et Sa Parole.

Avant de terminer notre leçon, j’aimerais que vous chantiez le petit cantique bien connu :

Cité d’or, ô ville sainte !

Qui foulera tes parvis ?

Qui, dans ta céleste enceinte,

Près de Dieu peut être admis ?

Le pécheur, de ses souillures,

Dans le sang du Christ lavé,

Seul franchit tes portes pures,

Il est saint, il est sauvé.

Nous avons déjà parlé ensemble d’Abraham, de sa foi, de son obéissance à l’Éternel. Nous reviendrons plusieurs fois sur ce sujet, car c’est lui qui occupe la plus grande place dans le livre de la Genèse. Nous voulons parler aujourd’hui d’une des circonstances les plus heureuses de sa longue vie.

Vous vous souvenez que l’Éternel lui avait promis une postérité nombreuse. Mais voilà qu’il devenait âgé, très âgé, Sara, sa femme aussi et ils n’avaient pas d’enfants. Sa foi était ainsi mise à l’épreuve pendant bien des années. Malgré cela, l’Éternel n’oubliait pas Ses promesses envers Son serviteur.

Ce fut lorsqu’il était âgé de cent ans que ce fils longtemps attendu fit son entrée dans le monde. Quelle joie et quelle reconnaissance devaient remplir le cœur de ces deux pieux vieillards !

Oui, Dieu ne trompe personne. Il fait bon se reposer sur les déclarations de Sa parole. Ne doutez jamais de Lui, quelles que soient les circonstances par lesquelles Il trouvera bon de vous faire passer. Soyez bien assurés que jamais vous ne serez confus si vous vous confiez en Lui.

Votre vieux grand-père pourrait vous, raconter bien des délivrances dont il a été l’objet, et bien des réponses qu’il a reçues de la part de Dieu pendant sa longue vie. Aussi il peut vous dire : croyez la parole du Seigneur et vous vous en trouverez toujours bien. Espérez en Lui contre toute espérance et vous verrez des merveilles.

Abraham appela son fils Isaac, ce qui veut dire « Rire ». Il y a plusieurs choses qui provoquent le rire chez les hommes. Souvent nous entendons le rire des moqueurs : misérable rire que celui-là. Dans le chapitre 21 de la Genèse qui nous rapporte la naissance d’Isaac, nous voyons le fils de la servante d’Abraham qui se moquait d’Isaac. Certes Dieu se moque des moqueurs.

Il y a aussi le rire de l’incrédule. On ne croit pas ce que Dieu dit et on rit. C’est aussi un misérable rire que celui-là. Sara elle-même a eu ce rire à un moment donné. Lisez à ce sujet le chapitre 18 du livre de la Genèse.

L’Éternel venait annoncer à Abraham qu’il allait accomplir Sa promesse, et Sara, qui écoutait vers la porte de la tente, a ri en elle-même, pensant sans doute qu’elle était trop âgée pour avoir des enfants, comme si une chose était trop difficile pour Dieu. Mais lorsque Isaac est né, c’était le rire de la foi que celui d’Abraham et de Sara. Elle dit : Dieu m’a donné sujet de rire, quiconque l’entendra rira avec moi. C’est un rire de joie, le rire de la récompense de la foi.

Nous pouvons être assurés, si nous nous confions en Dieu, que tôt ou tard nous pourrons dire avec le psalmiste : Quand l’Éternel rétablit les captifs de Sion, nous étions comme ceux qui songent. Alors notre bouche fut remplie de rire et notre langue, de chants de joie; alors on dit parmi les nations : l’Éternel a fait de grandes choses pour ceux-ci l’Éternel a fait de grandes choses pour nous ; nous en avons été réjouis.

Abraham, lui aussi, commençait à voir de grandes choses et le commencement de l’accomplissement des promesses de l’Éternel ; aussi la joie remplissait sa maison et il fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré. C’était un jour de fête, tandis que pour la servante et son fils, ce fut un jour de tristesse. Ils furent tous deux chassés de la maison d’Abraham.

Il faut que je m’arrête pour aujourd’hui. Si le Seigneur n’est pas venu, nous aurons de nouveau l’occasion de reparler d’Abraham et d’Isaac son fils. Je vous engage à lire le récit que Dieu nous en donne dans le livre de la Genèse et je vous ferai remarquer plusieurs choses que Dieu veut nous enseigner par ce moyen.

Lorsque vous lisez la Parole, il arrive souvent que vous y trouvez des choses que vous ne comprenez pas. Que cela ne vous arrête pas, lisez quand même, et tôt ou tard, au moment où cela vous sera utile, ces pages s’éclaireront et vous comprendrez pourquoi elles ont été écrites. Ne riez jamais du rire de l’incrédulité parce que vous ne comprenez pas.

D’après La Bonne Nouvelle 1934

SONDEZ LES ÉCRITURES (21)

Première manifestation de Jésus devant Pilate (Mat. 27. 1 et 2. 11 à 14 ; Marc 15. 1 à 5 ; Luc 23. 1 à 5 ; Jean 18. 28).

Voici le lever d’un jour à nul autre semblable dans l’histoire du monde. Le corps des anciens du peuple, principaux sacrificateurs et scribes, tiennent conseil contre Jésus pour le faire mourir. Précédemment le sanhédrin l’avait accusé de blasphème, car il avait confirmé qu’il était le Christ, le Fils de Dieu (Mat. 26. 63 à 66).

Après l’avoir lié, ils le conduisent au prétoire où se trouve Pilate, le gouverneur romain détenteur de l’autorité civile. Lui seul peut prononcer la mise à mort. Ces chefs du peuple ne veulent pas entrer au prétoire pour ne pas se souiller chez un incirconcis, car ils voulaient manger la pâque (Jean 18. 28).

Pour eux la souillure cérémonielle est plus grave que le meurtre de leur Messie. Ils observent les formes d’une religion instituée par Dieu, tout en résistant à la vérité, à tel point qu’ils mettront à mort, ce jour même, celui qui est le véritable Agneau de Dieu, Christ notre pâque.

Mais les chefs religieux, dans leur ruse, comprennent qu’ils ne peuvent pas invoquer des motifs religieux auprès du procureur romain pour l’inciter à condamner Jésus. Ils l’accusent de pervertir la nation, de défendre de donner le tribut à César, se disant être lui-même le Christ, un roi.

Avec de tels arguments dont les deux premiers étaient faux, ils pensaient exciter la jalousie de Pilate, accusant Jésus d’être un rival de César. Quelques jours auparavant le Seigneur avait répliqué qu’il fallait rendre les choses de César à César (Luc 20. 25).

Parmi toutes les allégations exprimées, Pilate ne retient que celle relative à la royauté. Il lui dit : « Toi, tu es le roi des Juifs ? » Et répondant, il lui dit : « Tu le dis ». En présence de l’autorité religieuse, Jésus s’est déclaré Fils de Dieu et fils de l’homme, et devant l’autorité civile il reconnaît être le Roi d’Israël.

Malgré la réponse affirmative Pilate ne semble pas convaincu d’avoir en face de lui un usurpateur du pouvoir romain. Bien plus, frappé par la noblesse morale de l’accusé silencieux, il le déclare innocent : « Je ne trouve aucun crime en cet homme » (Luc 23. 4).

Craignant de ne pas réaliser leur dessein meurtrier, les Juifs renforcent leur insistance, apprenant à Pilate que leur accusé était galiléen. Aussitôt le gouverneur saisit cette occasion pour se dérober et renvoyer Jésus à Hérode, tétrarque de Galilée.

Comparution devant Hérode (Luc 23. 8 à 12).

Cet événement n’est rapporté que par l’évangéliste Luc. Ayant entendu parler de Jésus, de son ministère de grâce en Galilée, auprès des pauvres du troupeau, Hérode espérait voir quelque miracle opéré par lui. Ce n’était pas par un besoin de sa grâce qu’il désirait cette rencontre, mais bien poussé par une curiosité à laquelle s’ajoutait de la crainte.

Au moment où le Seigneur avait envoyé ses disciples en mission pour évangéliser et guérir les infirmes, la rumeur en était parvenue à la connaissance d’Hérode qui éprouva un certain malaise dans sa conscience. Elle lui reprochait d’avoir décapité Jean, homme juste et saint. Plus tard Jésus qualifie Hérode de renard, lorsque les pharisiens Lui révèlent son dessein de le tuer. Mais c’est l’occasion pour Jésus de parler de sa mort à Jérusalem (Luc 13. 31 à 34).

Bien qu’interrogé longuement par Hérode, Jésus reste silencieux. Et malgré les véhémentes accusations des principaux sacrificateurs et des scribes, le tétrarque de Galilée, tout comme le procureur romain, rendent témoignage à l’innocence de Jésus.

Cependant Hérode avec ses troupes le traite avec mépris, se moquant de lui. En signe de dérision, il le revêt d’un vêtement éclatant et le renvoie à Pilate. Dès ce jour Pilate et Hérode deviennent amis, alors qu’ils étaient auparavant en inimitié.

Voilà une amitié fondée sur des sentiments de haine communs à l’égard du Fils de Dieu, homme parfait dont ils ont proclamé l’innocence. N’est-ce pas une preuve suffisante de l’inimitié foncière du cœur de l’homme contre Dieu ?

Deuxième comparution devant Pilate.

Barabbas libéré, Jésus condamné (Mat. 27. 13 à 25 ; Marc 15. 6 à 14 ; Luc 23. 13 à 24 ; Jean 18. 29 à 40).

Pilate reste perplexe devant l’accusé dont la dignité et l’innocence lui inspirent une certaine crainte. Il a la conviction d’être en présence d’un juste, surtout après le témoignage de sa femme et celui de sa conscience (Mat. 27. 19 à 24). Il sait aussi que les chefs du peuple, assemblés auprès de lui, l’ont livré par envie, avec une haine implacable. « Qui subsistera devant la jalousie ? » (Prov. 27. 4)

Jean précise que Pilate est sorti trois fois vers les Juifs pour les apaiser (18. 29 à 38 ; 19. 4) alors que Luc, à trois reprises, présente le témoignage de l’innocence de Jésus par Pilate (23. 4, 14 et 22).

Il ne voudrait pas commettre l’infamie de condamner un innocent. C’est pourquoi il utilise un subterfuge : selon la coutume, de relâcher à la fête un prisonnier. Et par quatre questions posées aux Juifs, excités par la jalousie des chefs religieux, le choix de relâcher Barabbas, un meurtrier et un rebelle, est fixé (Mat. 27. 17, 21 à 23).

La crucifixion de Jésus est exigée par Son peuple, qui peut revendiquer les conséquences du crime le plus odieux de l’histoire de l’humanité (Mat. 27. 25). En livrant Jésus à leur volonté, pour contenter la foule, Pilate, représentant le pouvoir absolu de Rome, étouffe la voix de sa conscience. Le juge, par lâcheté, condamne un innocent à être crucifié.

Ainsi tous les hommes, aussi bien les Juifs que les nations, unis dans une haine commune, sont responsables d’avoir crucifié le Seigneur de gloire. Jésus a rendu témoignage à la vérité (Jean 18. 37). Il a été condamné par l’homme pour la vérité.

Mais selon les conseils de Dieu, Jésus devait porter nos péchés en Son corps sur la croix pour nous racheter par Son sang précieux, qui purifie de tout péché.

Est-il ton Sauveur ?

La fin de Judas (Mat. 27. 3 à 10).

Les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple viennent de tenir conseil contre Jésus pour Le faire mourir. Au moment où ils Le livrent à Ponce Pilate, le gouverneur, Judas se présente. Par son moyen ils ont pu réaliser leur dessein pervers.

Constatant que son Maître était condamné, Judas tourmenté par un vrai remords, reporte les trente pièces d’argent, somme pour laquelle il avait livré le Seigneur. Il fait sa confession : « J’ai péché en livrant le sang innocent ».

D’autres hommes ont formulé un aveu semblable, sans la vraie repentance, fruit de la foi. On peut citer le Pharaon (Ex. 9. 27), Balaam (Nomb. 22. 34), Acan (Jos. 7. 20), Saül (1 Sam. 15. 24). Comme Judas, tous ces hommes sont morts dans leurs péchés.

La réplique des interlocuteurs de Judas est cinglante et sans pitié : « Que nous importe ! tu y aviseras ». Judas pouvait supposer que Jésus se dégagerait sans peine de ceux qui voulaient se saisir de Lui, comme ce fut plusieurs fois le cas (Jean 8. 59 ; 10. 39). Mais cette fois Jésus est condamné, et Judas est saisi d’un désespoir fatal. Jetant l’argent dans le temple, le misérable va se pendre, perdant sa vie et son âme immortelle.

Avertissement solennel pour notre conscience : voilà où peut conduire l’amour de l’argent. Pierre décrit cette fin en Actes 1. 17 à 20.

Insensibles au remords de Judas et à l’innocence de Jésus, dans la dureté de leur cœur, les principaux sacrificateurs ont maintenant un scrupule. Ils ne veulent pas que l’argent du traître soit affecté au trésor sacré, car c’est le prix du sang. Ils décident alors d’acheter le champ du potier pour la sépulture des étrangers. Il est appelé le champ du sang, pour proclamer que du sang innocent a été versé par des coupables.

Ainsi ces hommes misérables réalisent une prophétie les concernant (Zach. 11. 12 et 13). Mais ce champ inculte et stérile sera destiné à être un cimetière. Pourtant, lorsque les Juifs ont mis à mort leur Messie, il n’y a plus lieu d’observer une séparation d’avec les étrangers. Dieu allait bientôt disperser Son peuple parmi les nations.

Outrages des soldats (Mat. 27. 26 à 31 ; Marc 15. 15 à 20 ; Jean 19. 1 à 7).

Pilate vient de déclarer devant les Juifs qu’il ne trouve aucun crime en Jésus (Jean 18. 38). Cependant il le fait fouetter par ses soldats qui se moquent de Lui. Par dérision, ayant tressé une couronne d’épines, ils la mettent sur Sa tête avec un roseau dans Sa main droite. Puis ils Le revêtent d’un vêtement de pourpre en Lui adressant un hommage cynique : « Salut, roi des Juifs ! ». Et ils Lui donnent des soufflets.

Dans cette scène d’outrages, nous pouvons considérer « Celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12. 3). « Il a été opprimé et affligé… comme une brebis muette devant ceux qui la tondent, et il n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53. 7). Et les soldats du gouverneur, ayant craché contre Lui, prirent le roseau et Lui en frappaient la tête.

Ces hommes avilis et durs, sans cœur et sans conscience, mettent le comble à leur iniquité à l’égard du saint Fils de Dieu. Ainsi se vérifie la parole de Job : « le juste parfait est un objet de risée » (12. 4).

N’oublions pas de quoi est capable notre cœur naturel, sous l’influence de Satan. Que notre prière soit sans cesse : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » (Ps. 16. 1).

Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre. Et Pilate dit aux Juifs : « Voici l’homme ». C’est notre Sauveur, honni de tous et rejeté, mais aussi l’Homme des conseils de Dieu qui, sous le jugement inexorable de Dieu, représente l’homme perdu, coupable et souillé.

Par la mort de Jésus sur la croix, Dieu en a fini avec l’homme en Adam, et exalte à Sa droite l’Homme Christ Jésus auquel sont associés pour l’éternité des hommes sauvés et parfaits. Quelle réponse glorieuse est donnée à la question du Psaume 8. 4 !

Quand les principaux sacrificateurs et les huissiers virent Jésus, ils s’écrièrent : « Crucifie, crucifie-le ! » Une nouvelle fois Pilate proclame Son innocence, mais les Juifs insistent : « selon notre loi il doit mourir, car il s’est fait Fils de Dieu » (Jean 19. 7).

Jésus condamné par Pilate (Jean 19. 8 à 16).

Cette révélation que Jésus pourrait être le Fils de Dieu, après la proclamation de Sa royauté, ne fait qu’accroître les craintes de Pilate. Il redoute de condamner un tel prisonnier.

Les paroles mêmes du Seigneur sont revêtues d’une autorité morale attestant qu’Il est le maître de la situation. Pilate, malgré sa mauvaise conscience et tout en évoquant son autorité, doit entendre cette affirmation : « Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi, s’il ne t’était donné d’en haut » (v. 11). Le magistrat païen apprend alors par quelle autorité il est établi (Rom. 13. 1).

Encore une fois, Pilate tente de relâcher Jésus à la suite de Ses dernières paroles. Il n’a aucune prise sur cet accusé extraordinaire. Mais les Juifs renforcent leurs cris en présentant un dernier argument : « Si tu relâches celui-ci, tu n’es pas ami de César ; quiconque se fait roi, s’oppose à César » (v.12).

Le gouverneur, assis sur le tribunal, à la sixième heure du jour de la Préparation de la Pâque, pose une dernière question : « Crucifierai-je votre roi ? » Les chefs religieux répondent : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ». Ils ont fait leur choix, qui met en évidence leur apostasie.

Redoutant les représailles des Juifs et le blâme de César, Pilate sacrifie délibérément l’Innocent. Il a préféré plaire aux hommes et renier sa responsabilité devant Dieu. Il commet ainsi l’acte le plus ignoble et le plus injuste de l’histoire de l’humanité. Ainsi les Juifs, comme les nations, partagent la responsabilité du crime le plus odieux qui ait jamais été commis.

Toi qui es accablé par une souffrance injuste, que cette parole te console : « Christ à souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2. 21).

Jésus crucifié (Mat. 27. 32 à 56 ; Marc 15. 21 à 41 ; Luc 23. 26 à 49 ; Jean 19. 17 à 37).

Jésus conduit au supplice et crucifié (Mat. 27. 32 à 38 ; Marc 15. 21 à 28 ; Luc 23. 26 à 34 ; Jean 19. 17 à 24).

Dans le récit de Jean, où le Saint Esprit excelle à présenter la dignité du Fils de Dieu, il précise que « Jésus sortit portant sa croix ». Il se dirige vers Golgotha, le lieu où il va être cloué sur cette croix. Les autres évangélistes signalent, sans en donner la raison, que les soldats contraignirent un certain homme, Simon, Cyrénéen… qui passait par là, venant des champs, de porter sa croix. Cela fait penser à ces paroles prononcées par Jésus : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et me suive » (Luc 9. 23).

Écoutons ce que Paul enseigne au sujet de la croix : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20).

Sur le chemin conduisant au Calvaire, une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et pleuraient, le suivaient (Luc 23. 27). Avaient-elles l’intuition des graves conséquences résultant de la condamnation à mort d’un innocent ? Certes, elles manifestent une certaine sympathie, prises de pitié devant un tel spectacle. Mais le Seigneur les invite à pleurer sur elles-mêmes et sur leurs enfants, à l’annonce du jugement à venir.

La repentance était le seul moyen d’y échapper. Christ a souffert pour nous sous le jugement de Dieu, évoqué à propos du « bois vert », et le feu inextinguible dévorera « le bois sec » des Juifs apostats.

Maintenant, l’homme met le comble à sa haine contre Dieu, en crucifiant Jésus entre deux malfaiteurs. Il est compté parmi les iniques (Marc 15. 28), comme Ésaïe l’avait prophétisé (53. 12).

Alors que Jésus avait refusé le vinaigre mêlé de fiel, au moment même où Il éprouve en Son corps les premières douleurs de la crucifixion, Il intercède pour Ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). A l’outrage cruel des hommes répond une expression sublime de la grâce. Le Seigneur donne à leur meurtre le caractère d’un homicide par mégarde, pour lequel une ville de refuge était accessible (Jos. 20 ; Act. 3. 17).

Cette intercession, révélant les compassions divines, trouvera sa réponse quelques jours plus tard, lorsque des milliers d’âmes, par la prédication des apôtres, seront amenées à la repentance envers Dieu et à la foi au Seigneur Jésus (Act. 2. 41 et 47 ; 4. 4).

Enfin les soldats font le partage des vêtements, sauf de la tunique qui était sans couture, tissée tout d’une pièce depuis le haut jusqu’en bas, et sur laquelle le sort est jeté selon la prophétie du Psaume 22. 18. Quelle image saisissante de la parfaite justice de Christ, dans Sa marche, Son témoignage, Son service !

De plus, l’écriteau placé sur la croix, tout en soulignant la culpabilité des Juifs exigeant la mort de leur roi, met l’accent sur ce qu’est le Seigneur : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs (Jean 19. 19 à 24). Et malgré l’opposition des chefs du peuple, Pilate maintient son inscription, accomplissant à son insu le dessein de Dieu.

Jésus exposé aux injures de tous (Mat. 27. 39 à 44 ; Marc 15. 29 à 32 ; Luc 23. 35 à 43).

Toutes les classes de la société humaine sont représentées aux abords de la croix de Jésus. Elles sont unanimes pour l’insulter par des sarcasmes, provenant de cœurs remplis d’une haine implacable attisée par Satan. L’humiliation du saint Fils de Dieu est complète, mais Il souffre en silence tout ce qu’Il endure de la part des hommes, physiquement et moralement.

À la croix, la perversité de l’homme, vile créature, atteint son point culminant (Act. 2. 23 ; 5. 30). Jésus a enduré la croix, la contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même, mais Il a méprisé la honte (Héb. 12. 2 et 3). Malgré tout, l’Esprit donne ces récits avec sobriété, et c’est l’esprit prophétique qui nous traduit ce que le Seigneur éprouvait dans Son âme (Ps. 22. 11 à 21).

Ceux qui passaient par là, les gens ordinaires, assistent à ce spectacle qu’est le scandale de la croix (Gal. 5. 11). A partir d’un faux témoignage émis devant le sanhédrin (Mat. 26. 61), leur défi moqueur concerne en réalité le corps du Seigneur lorsqu’Il déclara : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai » (Jean 2. 19). Il annonçait ainsi Sa mort et Sa résurrection.

L’autre défi de cette foule anonyme touche à la gloire divine de Jésus : « Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix » (Mat. 27. 40). Mais Jésus reste là par amour pour tous ceux qu’Il voulait sauver.

Associés à la foule, les chefs religieux, la classe cultivée du peuple, ajoutent leurs propres moqueries : « Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même ». Ils profanent la gloire du Sauveur du monde (Jean 4. 42). Cloué sur une croix infâme, « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).

Puis ils adressent un défi insolent à la gloire royale de Jésus : « Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! » (Marc 15. 32 ; Mat. 27. 42). Or la foi est de ce qu’on entend par la Parole de Dieu et non de ce qu’on voit (Rom. 10. 17). Si Jésus était descendu de la croix à ce moment-là, nous serions encore morts dans nos péchés.

Enfin, le dernier défi est relatif à la gloire morale de Jésus : « Il s’est confié en Dieu, qu’il le délivre maintenant, s’il tient à lui » (Mat. 27. 43).

Quelle provocation de mettre en doute l’amour de Dieu pour Son Fils bien-aimé, qui s’est toujours confié en Lui (Ps. 16. 1). À deux reprises ce défi est démenti dans la vie de Jésus (Mat. 3. 17 ; 17. 5), bien qu’il soit annoncé prophétiquement (Ps. 22. 8). C’est précisément parce que Dieu trouvait Son plaisir en Christ qu’Il L’a délivré de la mort et ressuscité par Sa gloire (Ps. 18. 19 ; Rom. 6. 4).

De plus les brigands, qui avaient aussi été crucifiés avec lui, l’insultent de la même manière. Condamnés avec raison par les hommes à cause de leurs crimes, ils osent joindre leurs propos grossiers à ceux des blasphémateurs. Soutenu par un amour invincible, le Seigneur reste muet. Il était là pour offrir Sa vie en rançon pour plusieurs.

Fais-tu partie de ces bienheureux rachetés, sauvés par la grâce et par la foi ?

Jésus crucifié (Luc 23. 39 à 43 ; Jean 19. 25 à 27 ; Mat. 27. 45 à 49 ; Marc 15. 33 à 36).

Conversion du brigand (Luc 23. 39 à 43).

Deux brigands ont été crucifiés avec Jésus, un de chaque côté, alors que Lui est au milieu. Malgré les douleurs et la honte d’un tel supplice, malgré la voix atténuée de sa conscience endurcie, et sachant qu’il est au terme de sa vie, l’un des malfaiteurs continue d’injurier Jésus disant : « N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ».

Même un mourant peut mépriser le Seigneur. Il représente la classe des hommes impénitents, refusant la grâce de Dieu s’offrant à eux dans le Sauveur mourant à leur côté. Il est perdu pour l’éternité.

Mais soudain le langage du deuxième malfaiteur change complètement. Il traduit une profonde conviction de péché, en se condamnant lui-même tout en justifiant Jésus. Sa conscience réveillée, il devient à l’égard de son compagnon d’infortune un prédicateur de justice. Il le reprend : « Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? » (v. 40)

Tout à coup il est animé par la crainte d’un Dieu juste et saint qui, tout en haïssant le péché, aime le pécheur. Cette crainte de Dieu, commencement de la sagesse et de la connaissance, mène à la vie (Prov. 9. 10 ; 1. 7 ; 19. 23). Sans hésiter il reconnaît sa propre culpabilité : « Et pour nous, nous y sommes justement, car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises ». Ce sont les signes évidents du travail de Dieu dans une âme.

Maintenant qu’il a rendu son témoignage à son compagnon, il se tourne vers son Sauveur proclamant Sa sainteté et Sa justice. Il parle comme s’il avait connu toute la vie de Christ. « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (v. 41). Au moment où tous les hommes étaient d’accord pour condamner le Seigneur, il répond de Lui et revendique Sa gloire, malgré la honte d’une croix, car il Le connaît. Par l’action de l’Esprit, son cœur et son esprit sont absorbés par la Personne de Christ.

Il exprime alors sa demande : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (v. 42). Qui, dans la honte d’une croix, oserait demander qu’on se souvienne de lui ? Toutefois il reconnaît Jésus comme Seigneur et croit en Sa résurrection, pour qu’Il puisse lui donner une part dans Son royaume.

Selon Romains 10. 9 il confesse Jésus comme Seigneur et croit dans son cœur que Dieu le ressuscitera d’entre les morts. Il est sauvé par la foi en la grâce du Seigneur donnant sa vie en rançon pour plusieurs, et il croit en la gloire à venir de Son royaume. Cette parole du brigand repentant a dû être un baume pour le cœur meurtri de Jésus (Ps. 110. 7).

La réponse du Seigneur surpasse ce qu’il espérait : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (v. 43). Encore quelques instants de souffrance intense, mais il n’en parle pas, car Jésus remplit son cœur de grâce. Le jour même, son âme rachetée sera avec Christ dans le paradis, c’est-à-dire le troisième ciel, comme l’indique Paul (2 Cor. 12. 2 à 4).

Cette parole révèle pour la première fois que l’âme d’un croyant après la mort du corps, connaît un état conscient de bonheur ineffable avec Jésus (2 Cor. 5. 8 ; Phil. 1. 23).

Jésus et sa mère (Jean 19. 25 à 27).

Près de la croix de Jésus se tenaient quelques femmes, parmi lesquelles se trouvait sa mère. Elles ont le cœur brisé par la souffrance, assistant impuissantes à ce spectacle de la crucifixion de Jésus. Elles savent bien qu’Il est victime de la haine implacable du monde. Selon la prophétie de Siméon, une épée transperce l’âme de Marie (Luc 2. 35).

Jésus savait ce qui se passait dans son cœur. Maintenant que Son heure est venue, dans un calme parfait, Il prend soin de sa mère, donnant essor à Ses sentiments humains. « Voyant sa mère et le disciple qu’il aimait se tenant là, il dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère » (v. 26 et 27).

Celui qui jouissait de l’amour du Seigneur pouvait comprendre la douleur de cette mère, sympathiser avec elle et la consoler en lui parlant de ce qu’II avait fait et enseigné. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. « L’amour est plein de bonté » (1 Cor. 13. 4).

L’abandon de Dieu (Mat. 27. 45 à 49 ; Marc 15. 33 à 36).

Après tant de blessures physiques et morales subies de la part d’hommes méchants, Jésus va connaître l’abandon de Dieu pendant les trois dernières heures de la croix. C’est la souffrance suprême, infiniment plus profonde que tout ce qu’Il a enduré jusque-là. Il porte « l’éternité de notre châtiment ».

Au moment où le soleil brille de tout son éclat, depuis la sixième heure (midi), il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure. Un voile de ténèbres dérobe cette scène à tous les regards. Dans une solitude totale, fait péché pour nous, alors qu’Il n’avait pas connu le péché, notre cher Sauveur rencontre la colère inexorable d’un Dieu juste et saint. Obéissant jusqu’à la mort, victime parfaite, Christ endure l’abandon de Dieu.

La nature sainte de Dieu est glorifiée dans la nécessité d’un tel sacrifice, et Son amour est exalté dans l’offrande volontaire d’un tel don. Qu’est-ce qui soutenait notre cher Sauveur lorsqu’Il traversait ces heures terribles et insondables de l’expiation ? – La perfection de Son amour invincible pour Son Père et pour Ses élus.

Matthieu et Marc sont les seuls évangélistes rapportant le cri d’angoisse poussé par Jésus vers la neuvième heure : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46 ; Marc 15. 34). C’est la parole centrale, la quatrième parole de la croix, annoncée environ dix siècles auparavant par l’Esprit prophétique (Ps. 22. 1). Une réponse à ce cri est donnée au verset 3 du même psaume : « Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d’Israël ».

Seuls des hommes sauvés par la grâce et par la foi en l’œuvre de Christ sont appelés à être de vrais adorateurs. N’oublions jamais ce que le rachat de nos âmes précieuses Lui a coûté, et que désormais nous puissions offrir, par Lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges ! (Héb. 13. 15)

Jésus crucifié.

J’ai soif (Mat. 27. 47 à 49 ; Marc 15. 35 et 36 ; Jean 19. 28 et 29).

Quelques-uns de ceux qui se tenaient aux abords de la croix ont entendu le cri chargé d’angoisse de Jésus, au terme des trois heures de l’expiation. Toute la rigueur du jugement de Dieu pesait sur Lui, qui était abandonné de Celui en qui Il se confiait toujours.

Sans comprendre les paroles sorties de la bouche de notre cher Sauveur, ces hommes donnent une interprétation à ce cri : « Il appelle Élie, celui-ci ! Et aussitôt l’un d’entre eux courut et prit une éponge, et l’ayant remplie de vinaigre, la mit au bout d’un roseau », pour Lui donner à boire.

Il devait supposer que Jésus était tourmenté par la soif intense des crucifiés. C’est à ce moment-là que le Seigneur prononça la cinquième parole : « J’ai soif » (Jean 19. 28). Ainsi se réalisent les Écritures (Ps. 22. 15 ; 69. 21), par le moyen des soldats et à leur insu.

Ayant pris le vinaigre, Jésus est bien conscient que toutes les prophéties le concernant sont accomplies et que l’œuvre de la rédemption est achevée pour la gloire de Dieu. Il a bu la coupe que le Père lui avait donnée, avant d’entrer dans la mort.

« C’est accompli » (Jean 19. 30).

Maintenant Jésus peut prononcer une parole, la sixième, d’un prix inestimable : « C’est accompli ». Il met ainsi le sceau de son approbation divine à son œuvre par laquelle nous avons le salut éternel. « Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10. 14).

De telles affirmations éliminent les doutes qui pourraient ébranler une âme faible. L’expression : « C’est accompli » était aussi utilisée pour déclarer qu’une dette était acquittée. Dieu est glorifié et le pécheur sauvé par la foi en cette œuvre accomplie une fois pour toutes. Quiconque croit au Fils de Dieu a la vie éternelle ; ses péchés sont expiés.

La mort du Seigneur et ses conséquences immédiates (Mat. 27. 50 à 53 ; Marc 15. 37 et 38 ; Luc 23. 45 et 46 ; Jean 19. 30).

Enfin, ayant reçu ce commandement de Son Père, Jésus va donner Sa vie par un dernier acte d’obéissance. Il entre volontairement dans la mort. Luc indique la septième parole prononcée par le Seigneur sur la croix : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (23. 46), alors que Jean précise : « Ayant baissé (ou reposé) la tête, il remit son esprit » (19. 30).

Au moment où la communion avec Son Père est exprimée, par un acte divin, Il détache Son esprit de Son corps pour le lui remettre en toute confiance. Ayant jeté un grand cri, Jésus expire, non pas à la manière des hommes, mais en pleine possession de Ses forces. Cette mort est surnaturelle. Ainsi par le cri de victoire de Jésus, la défaite de Satan est proclamée. « Par sa mort, Jésus a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ».

À ce moment-même, différents événements extraordinaires se produisent. Le voile du temple se déchire en deux par le milieu depuis le haut jusqu’en bas, donnant accès au lieu très saint, dans la présence immédiate de Dieu.

Ce privilège est désormais accordé à tout pécheur sauvé par la foi en l’œuvre de Christ. Il peut user de cette pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair (Héb. 10. 19 et 20). Par cet acte divin se termine l’économie de la loi.

Matthieu ajoute que la terre trembla et que les rochers se fendirent. À la voix puissante de son Créateur dont les hommes ont décidé la mise à mort, la terre est ébranlée. Mais, fondé sur l’œuvre de Christ à la croix, un royaume inébranlable sera établi un jour.

Enfin les sépulcres s’ouvrirent : et beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent après la résurrection de Christ, « prémices de ceux qui sont endormis » (1 Cor. 15. 20). Ils apparurent à plusieurs. Ainsi la mort est vaincue et libère quelques-uns de ses prisonniers. La puissance de Dieu en résurrection est exaltée comme le Seigneur l’avait annoncé (Jean 12. 28).

Témoignage du centurion (Mat. 27. 54 ; Marc 15. 39, Luc 23. 47).

Le centurion, chargé de veiller sur Jésus avec ses soldats, est frappé de constater comment cette mort anormale s’est produite. Jésus avait expiré avec force, alors que les crucifiés succombent à la suite d’une longue et douloureuse agonie. Il ne peut que s’écrier : « Certainement cet homme était Fils de Dieu ».

Ce païen, touché dans sa conscience, attribue une telle mort à la puissance divine. Cette expression met en relief le mystère de l’incarnation. Seul Jésus, vrai homme et vrai Dieu, pouvait accomplir l’œuvre de la rédemption.

Luc rapporte un autre témoignage du centurion qui glorifie Dieu, face à cette mort impressionnante, disant : « En vérité, cet homme était juste » (23. 47). Il joint sa voix à celle du brigand repentant pour proclamer la justice de Celui que Luc présente comme le Fils de l’Homme.

Dieu se sert de deux hommes, un brigand et un païen, pour rendre un témoignage complet à la gloire morale de Son Fils crucifié.

Que peux-tu déclarer au sujet du Seigneur Jésus ?

Jésus crucifié.

Dernier outrage au corps de Jésus (Jean 19. 31 à 37).

A l’approche du sabbat, et dans le but de respecter le rituel de leur religion, les Juifs demandent à Pilate de hâter la fin des suppliciés en leur rompant les jambes. Ce sabbat était grand, car il succédait au jour où l’agneau pascal était sacrifié et il coïncidait avec le premier jour de la fête des pains sans levain.

La loi prescrivait qu’on devait ensevelir le jour même un condamné à mort qu’on avait pendu à un gibet, pour ne pas souiller le pays (Deut. 21. 22 et 23).

Venus pour rompre les jambes des crucifiés, par leur geste brutal les soldats accomplirent, à leur insu, la parole prononcée par Jésus au brigand converti (Luc 23. 43). Mais voyant que Jésus était déjà mort, ils ne mutilèrent pas Son corps comme pour les deux malfaiteurs. Cependant « l’un des soldats lui perça le côté avec une lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau ».

Le coup de lance du soldat romain est le dernier outrage de l’homme en révolte contre Dieu. Il met en évidence que Jésus était bien mort pour sauver des pécheurs, par les deux signes que la grâce de Dieu offre à tout homme.

Le sang expie les péchés, fait propitiation pour l’âme (Héb. 9. 14 ; Lév. 17. 11). Il évoque la mort dans son caractère expiatoire et répond aux exigences de la justice divine à l’égard de notre culpabilité. Dieu déclare juste celui qui a la foi au sang de Christ (Rom. 3. 24 et 25).

L’eau, symbole de la Parole de Dieu, purifie le pécheur (Tite 3, 5). Elle parle de la mort de Christ mettant fin à notre état de souillure et de mort morale. Elle répond aux exigences de la sainteté de Dieu (Jean 15. 3, Éph. 5. 26 ; 1 Jean 5. 6 à 8).

Témoin oculaire de cette scène, Jean affirme la véracité de ce qu’il exprime à son lecteur pour qu’il s’approprie, par la foi, l’efficace du sang de Christ purifiant de tout péché.

Croire en un Sauveur mort, ce que souligne le sang séparé du corps, est le moyen divin pour obtenir la vie éternelle. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle » (Jean 6. 54).

Au moment où le corps inanimé de Jésus est encore cloué sur la croix, Dieu parle par les Écritures de l’Ancien Testament : « Pas un de ses os ne sera cassé » (Ex. 12. 46 ; Ps. 34. 20). Et une autre écriture dit : « Ils regarderont vers Celui qu’ils ont percé » (Zach. 12. 10).

Cette dernière parole peut faire penser à tous ceux qui jettent aujourd’hui un regard de foi au Calvaire (Nomb. 21. 9 ; Jean 3. 14 et 15), et elle aura un accomplissement futur (Apoc. 1. 7). A la fin, Israël repentant se lamentera sur Lui, comme sur un fils unique.

L’ensevelissement du corps de Jésus (Mat. 27. 57 à 61 ; Marc 15. 42 à 47 ; Luc 23. 50 à 56 ; Jean 19. 38 à 42).

Le prophète Ésaïe annonce cet événement en ces termes : « On lui donna son sépulcre avec les méchants ; mais il a été avec le riche dans sa mort » (53. 9). Dieu veille à ce qu’il soit pris soin du corps de Son Fils bien-aimé par deux disciples de Jésus qui jusque-là ne s’étaient pas manifestés ouvertement pour Lui. Maintenant ils sont remplis de hardiesse face au crime odieux commis par leur nation.

Joseph d’Arimathée était un homme riche (Mat. 27. 57), un conseiller honorable (Marc 15. 43), un homme de bien et juste qui attendait le royaume de Dieu (Luc 23. 50), disciple de Jésus, en secret toutefois par crainte des Juifs (Jean 19. 38).

Animé de courage, il obtient de Pilate la permission d’ôter le corps de Jésus. Au début du ministère de Jésus, Nicodème, chef des Juifs, était venu à Lui de nuit pour l’interroger. Plus tard il avait essayé de Le défendre devant les pharisiens (Jean 7. 50 à 52). Maintenant il vient à Golgotha, apportant une abondance d’aromates pour embaumer le corps de Jésus avec un saint respect et selon tous les honneurs dus à un descendant de David.

Ainsi le corps du Seigneur n’est pas mis au rang des transgresseurs, ni avec les méchants. Mais les mains de ces deux honorables fils d’Israël l’enveloppent de linges avec les aromates, l’entourent d’un linceul et le déposent dans un sépulcre neuf, taillé dans le roc et proche de Golgotha.

Dieu se sert des personnes et des circonstances au moment opportun, en faveur des Siens, pour accomplir Sa volonté.

Puis Joseph roula une pierre contre la porte du sépulcre. Et des femmes étaient là, assises et regardant où on mettait le corps de Jésus (Marc 15. 47).

La garde du sépulcre (Mat. 27. 62 à 66).

Le jour du sabbat, le corps de Jésus reste dans la tombe. Les chefs du peuple se souviennent d’une parole prononcée par Jésus et qui les inquiète. Aussi s’assemblent-ils auprès de Pilate en lui rappelant que ce « séducteur » disait : « Après trois jours je ressuscite ».

Jésus ne leur avait-il pas donné le signe de Jonas ? (Mat. 12. 40). N’avait-il pas ressuscité Lazare ? La haine de ces hommes religieux mais incrédules, poursuit Jésus jusque dans le sépulcre qui sera scellé et gardé par leurs soins.

Vaines précautions qui ne serviront qu’à mettre en relief l’éclatante réalité de la résurrection, la mort ne pouvant retenir le Prince de la vie, le Fils du Dieu vivant qui avait déclaré : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jean 11. 25) et aussi : « À cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne » (Jean 10. 17). En la reprenant, Il donne la vie à tous ceux pour lesquels Il est mort.

Fais-tu partie de ces bienheureux rachetés ?

Résurrection du Seigneur Jésus (Mat. 28. 1 à 7 ; Marc 16. 1 à 9 ; Luc 24. 1 à 12 ; Jean 20. 1 à 16).

Apparition de l’ange (Mat. 28. 1 à 4).

Marie de Magdala et Marie, mère de Jacques, étaient présentes lors de l’ensevelissement de Jésus (27. 61). Observant le repos du sabbat, elles s’empressent de venir au sépulcre, au « crépuscule du premier jour de la semaine ». La journée juive s’achevait au coucher du soleil. Tout paraît être dans le même état que la veille : la garde est en place et la pierre obturant le tombeau est scellée. Non sans inquiétude, elles reviendront de bonne heure le lendemain pour embaumer le corps de Jésus.

Pendant la nuit, un grand tremblement de terre se produisit, et un ange du Seigneur, descendant du ciel, vint et roula la pierre, et s’assit sur elle. Son aspect était comme l’éclair, et son vêtement blanc comme la neige. La terre tremble lorsque Jésus, Son créateur, entre dans la mort, et de nouveau elle est ébranlée lorsqu’Il ressuscite par la puissance de Dieu.

Comme était vaine la précaution des Juifs faisant sceller la pierre tombale ! Dès que l’ange est là, le sceau est rompu et la pierre roulée. Le tombeau est ouvert afin que des témoins puissent se succéder et constater que le corps de Jésus n’est plus là.

La mort est vaincue, c’est le triomphe de la résurrection. Devant un tel spectacle, les gardiens tremblèrent et devinrent comme morts de peur.

Témoignage de l’ange aux femmes (Mat. 28. 5 à 7 ; Marc 16. 1 à 8 ; Luc 24. 1 à 11).

Revenant au sépulcre de bon matin avec leurs aromates, les femmes découvrent que la pierre est roulée. Étant entrées, elles ne trouvent pas le corps du Seigneur Jésus. Alors qu’elles étaient en grande perplexité, voici deux anges en vêtements éclatants de lumière. Elles s’épouvantèrent mais furent rassurées, malgré leur ignorance, par les paroles de l’ange : « N’ayez point de peur… vous cherchez Jésus le crucifié… il est ressuscité, comme il l’avait dit… allez promptement, et dites à ses disciples qu’il est ressuscité des morts » (Mat. 28. 5 à 7).

Elles constatent que le corps n’était plus là. Puis elles sont chargées d’un message pour les disciples, afin qu’ils aillent en Galilée où ils rencontreraient le Seigneur.

Le Seigneur ressuscité, mais invisible (Luc 24. 12 ; Jean 20. 1 à 10).

Ici l’évangéliste Jean, sous l’inspiration divine de l’Esprit, fixe son attention sur Marie de Magdala, parmi les autres femmes citées dans les autres évangiles. Comme il faisait encore nuit, elle vint au sépulcre dès le matin, toute seule.

Marie est attachée à Celui qui l’a délivrée d’un terrible esclavage. Si elle ne trouve pas son Seigneur, ce monde n’est plus pour elle qu’un véritable désert. Quand elle voit que la pierre est ôtée du sépulcre, elle court aussitôt vers les disciples Pierre et Jean pour les informer.

Ses paroles révèlent son ignorance, son manque d’intelligence et de foi, malgré son dévouement de cœur pour Celui qu’elle aimait : « On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où on l’a mis ». Pierre et Jean accourent immédiatement au sépulcre pour vérifier ces propos. Comme elle, eux non plus n’avaient pas saisi que Jésus devait ressusciter d’entre les morts.

Pierre entrant dans le sépulcre voit, à terre, les linges qui enveloppaient Son corps, et le suaire qui avait été sur sa tête, plié en un lieu à part. Pas de précipitation, tout est rangé avec soin.

Jean aussi entre dans ce tombeau vide, « vit et crut ». Et il est précisé : « ils ne connaissaient pas encore l’Écriture, qu’il devait ressusciter d’entre les morts ». Manquant d’intelligence spirituelle, ils peuvent retourner chez eux.

Comme eux, ne sommes-nous pas parfois « lents de cœur à croire » ? (Luc 24. 25)

Marie et les anges (Jean 20. 11 à 13).

« Mais Marie se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait ». Sans son Seigneur, le monde n’est pour elle qu’un sépulcre vide. Comme elle se baissait dans le tombeau, elle voit deux anges, un à la tête et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché. Ils expriment un témoignage divin à la résurrection de Christ. Aussitôt ils interrogent Marie, qui ne paraît pas effrayée par leur présence, tellement elle est absorbée par son deuil et son amour. « Femme, pourquoi pleures-tu ? »

Sa réponse spontanée est touchante, malgré son ignorance : « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis ». Jésus ne peut que répondre à un attachement aussi fort.

Marie rencontre Jésus (Marc 16. 9 ; Jean 20. 14 à 16).

En se retournant, Marie voit Jésus, qu’elle ne reconnaît pas et Il lui pose la même question que les anges, tout en ajoutant : « Qui cherches-tu ? ». Prenant Jésus pour le jardinier, elle répond : « Si toi tu l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, je l’ôterai ».

Sans le nommer, elle pense que son interlocuteur connaît qui est l’objet de son cœur. Comme l’a exprimé un homme de Dieu : « Son affection lui donne le droit de disposer du Seigneur ».

Aussitôt le bon Berger appelle Sa brebis par son nom : « Marie ! » Elle reconnaît Sa voix et la réponse est immédiate : « Rabboni, c’est-à-dire Maître ! » Elle cherchait parmi les morts Celui qui est vivant. Ce court dialogue souligne l’amour parfait de Jésus pour Marie, mais aussi tout l’amour de Marie pour son Seigneur. Elle a été la première à voir le Seigneur ressuscité (Marc 16. 9).

Pouvons-nous dire en vérité : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » ? (1 Jean 4. 19)

Seigneur Jésus ne t’aimerions-nous pas ?

Toi qui donnas pour nous ta vie.

Jésus à la rencontre des deux disciples d’Emmaüs (Luc 24. 13 à 35 ; Marc 16. 12 et 13).

Sur le chemin d’Emmaüs (Luc 24. 13 à 24).

En ce premier jour de la semaine proclamant la victoire de Jésus ressuscité, deux disciples, tournant le dos à Jérusalem, s’en allaient sur le chemin conduisant à Emmaüs. Le cœur rempli de tristesse, ils s’en retournent à leurs champs.

Avec la mort de leur Messie, ils avaient perdu toute espérance terrestre pour Israël. Tout en cheminant, ils s’entretiennent et raisonnent ensemble au sujet des événements récents qui s’étaient déroulés à Jérusalem.

« Jésus lui-même, s’étant approché, se mit à marcher avec eux ». Ils ne le reconnurent pas parce que « leurs yeux étaient retenus ». Leurs cœurs étaient absorbés par leurs propres raisonnements.

Et voilà que ce mystérieux compagnon s’intéresse à eux, à leur affliction. N’est-il pas Celui qui lit dans les cœurs ? Il leur dit : « Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et vous êtes tristes ? » Quelqu’un pouvait-il ignorer ce qui venait de se passer ? Il s’agissait de Jésus le Nazaréen, prophète puissant en œuvre et en parole qui venait d’être condamné à mort et crucifié.

Ils espéraient qu’il délivrerait Israël du joug des Romains et qu’Il établirait Son règne glorieux sur la terre. Pourtant, à plusieurs reprises le Seigneur avait parlé, au cours de Son ministère, de la nécessité de Sa mort et de Sa résurrection, mais ces propos n’avaient pas été saisis par la foi. Ils sont étonnés aussi par le message de quelques femmes qui ont trouvé le sépulcre vide, et de plus, des anges leur ont assuré qu’Il était vivant.

Alors Jésus ne peut que constater leur ignorance liée à leur incrédulité : « O gens sans intelligence et lents de cœur à croire toutes les choses que les prophètes ont dites ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? » (v. 26). C’était une nécessité que Jésus donne Sa vie pour l’abolition du péché par Son sacrifice, et pour expier les péchés de tous Ses rachetés (Héb. 9. 26 à 28).

Jésus révélé dans toutes les Écritures (Luc 24. 25 à 27).

« Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent ». Nul autre ne pouvait parler ainsi. « Qui enseigne comme lui ? » (Job 36. 22). Il leur ouvrait les Écritures.

C’est le thème le plus précieux que de découvrir Christ à travers toute la Parole. Il est en particulier la clé de l’Ancien Testament. Lui-même pouvait dire : « Sondez les écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39).

Comment connaître le Seigneur si ce n’est en recevant avec douceur cette parole vivante ?

Tous les glorieux conseils de Dieu et ce qu’espéraient les disciples, c’est-à-dire le règne du Messie sur la terre, étaient fondés sur ce fait unique : la mort de Christ, offert comme victime expiatoire.

Tous les sacrifices qui avaient précédé n’étaient que des types de celui de Christ. Dieu Se devait, pour Sa gloire, d’exercer Son juste jugement sur l’homme pécheur, car personne n’aurait été sauvé sans l’œuvre de la rédemption.

Il fallait donc que Jésus souffrît sur la croix, sous le jugement divin et pour la gloire de Dieu, pour ouvrir le ciel à des pécheurs sauvés par la grâce et par la foi. Il fallait aussi qu’Il entre dans Sa gloire, dans le ciel, et non dans Son royaume terrestre qui sera établi après l’enlèvement de l’Église.

Jésus à Emmaüs (Luc 24. 28 à 35).

Ils arrivent à l’endroit prévu et vont s’arrêter, mais « Jésus fit comme s’il allait plus loin ». Il ne s’invite pas comme dans le cas de Zachée (Luc 19. 5). Néanmoins, ces cœurs éprouvent un attrait irrésistible pour cet étranger qu’ils supplient : « Demeure avec nous, car le soir approche et le jour a baissé ».

Ils ont besoin de jouir de Sa présence, d’écouter Ses paroles qui leur font du bien. Ils Le forcèrent. Le Seigneur ne peut que répondre à une telle insistance. « Et il entra pour rester avec eux ».

Pendant qu’ils étaient à table, Lui étant leur invité, Il remplit cependant le rôle de maître de maison. C’est Lui qui rendit grâces, rompit le pain et le leur distribua. À ce moment précis « leurs yeux furent ouverts, et ils le reconnurent ; mais lui devint invisible et disparut de devant eux » (v. 30 à 32).

Ils le reconnurent dans cet acte que le Seigneur avait déjà accompli quelques jours auparavant, leur disant : « Faites ceci en mémoire de moi ». À Emmaüs, ce n’était pas la Cène dominicale, mais le pain rompu ne rappelait-il pas la mort du Seigneur nécessaire pour le salut de l’homme ?

Leurs yeux sont ouverts, ils Le reconnaissent comme le Christ ressuscité. Mais s’Il devint invisible, la flamme de leur amour pour Lui a été ravivée. C’est ce qu’ils éprouvent, disant entre eux : « Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait par le chemin, et lorsqu’il nous ouvrait les écritures ? » (v. 32)

Que la Parole de Dieu produise de tels effets dans nos cœurs, sous l’action du Saint Esprit !

A l’heure même, ils comprirent qu’ils devaient retourner à Jérusalem où les disciples étaient assemblés, et leur transmettre le témoignage de la résurrection du Seigneur qui S’était révélé à eux dans la fraction du pain. Ils peuvent parler de ce qu’ils ont vu et entendu (Act. 4. 20). Jésus remplit leur cœur.

Le message de Marie de Magdala aux disciples de Jésus (Jean 20. 17 et 18).

Dès que Jésus s’est révélé à Marie, il lui déclare : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».

Le Seigneur doit arrêter l’élan spontané de Marie qui, l’ayant retrouvé vivant, pensait reprendre des relations juives avec lui. Elle ignorait tout des conseils de Dieu, de la nouvelle relation et de la nouvelle position dans lesquelles sont introduits désormais les saints, fondées sur la mort et la résurrection de Jésus.

Ils auront communion par la foi avec un Christ élevé dans le ciel et glorifié. Tant que l’œuvre de la rédemption n’était pas accomplie, Dieu ne pouvait pas établir de telles relations avec l’homme naturel.

Le Seigneur confie à Marie ce précieux message à transmettre aux disciples. Elle doit leur annoncer Sa résurrection et la nouvelle relation établie entre Dieu et les hommes.

Comme homme, Jésus seul possédait cette relation, et par la foi en Sa mort et Sa résurrection, des hommes pourront jouir d’une telle part. Dès lors il dit : « J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges » (Héb. 2. 12).

Marie s’acquitte promptement de sa mission. Elle transmet ce qu’elle a vu et entendu à « ceux qui avaient été avec lui, qui étaient dans le deuil et pleuraient » (Marc 16. 10). Apprenant qu’Il vivait et qu’Il avait été vu d’elle, ils ne le crurent point.

Comme Marie, n’avons-nous pas quelque chose à communiquer du Seigneur après avoir vécu dans Son intimité ?

Le Seigneur apparaît aux disciples (Marc 16. 14 ; Luc 24. 36 à 43 ; Jean 20. 19 à 23).

Venu au milieu des disciples, le Seigneur leur donne la paix (Luc 24. 36 ; Jean 20. 19).

C’est le soir du premier jour de la semaine, jour mémorable où le Seigneur Jésus a été ressuscité d’entre les morts. Les portes du lieu où les disciples se trouvaient réunis, ont été fermées par crainte des Juifs qui venaient de crucifier le Seigneur. Les disciples d’Emmaüs ont fait le récit des choses qui étaient arrivées.

Tout à coup « Jésus vint, et se tint au milieu d’eux. Et il leur dit : Paix vous soit ! ». Son corps spirituel n’est pas soumis aux lois de la nature, de même qu’à Emmaüs, où Il devint invisible et disparut de devant les deux disciples.

Quoique courante chez les Juifs, cette salutation est pleine de signification en relation avec l’œuvre de la rédemption. Il a fait la paix par le sang de sa croix (Col. 1. 20). C’est lui qui est notre paix (Éph. 2. 14).

Avant d’aller à la croix, Il a prononcé ces paroles : « Je vous donne ma paix » (Jean 14. 27). Au soir de ce premier dimanche, quel beau tableau de la première assemblée autour du Seigneur, comme Lui-même l’a exprimé : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20) !

Les preuves de la résurrection du Seigneur (Luc 24. 37 à 43 ; Jean 20. 20).

Tout effrayés et remplis de crainte, les disciples croyaient voir un esprit. Mais le Seigneur les rassure en leur montrant Ses mains, Ses pieds et Son côté. Il n’y avait pas de doute possible, Il était bien Celui qui avait été crucifié. Les marques de Ses souffrances permettent de L’identifier comme Celui qui a donné Sa vie pour eux.

Il en sera de même du résidu juif des derniers jours lorsqu’il reconnaîtra Celui qu’ils ont percé (Zach. 12. 10 ; 13. 6). Et dans le ciel, la louange des rachetés sera entretenue par la contemplation de l’Agneau qui apparaîtra comme immolé (Apoc. 5. 6).

Le corps de Jésus, homme ressuscité, est désormais spirituel (1 Cor. 15. 44). Il dit à Ses disciples : « Touchez-moi, et voyez ; car un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j’ai ». Ce corps était ainsi identifié avec le corps dans lequel il avait participé « au sang et à la chair », pour souffrir et mourir en rançon pour plusieurs (Héb. 2. 14).

Et le Seigneur mangea devant eux un morceau de poisson et quelque peu d’un rayon de miel. Il était bien ressuscité corporellement, au milieu d’eux. Dès lors la joie remplit leur cœur. Pour la deuxième fois, Il prononce ces paroles si précieuses : « Paix vous soit ».

Le Seigneur donne une vie nouvelle et confie une responsabilité à Ses disciples (Jean 20. 21 à -23).

Ayant la paix avec Dieu (Rom. 5. 12), les disciples sont envoyés par le Seigneur dans le monde, comme Lui-même l’avait été par le Père. Alors Il souffle en eux la vie de résurrection qui, en vertu de Sa mort, est une vie nouvelle, car « le Fils vivifie ceux qu’il veut » (Jean 5. 21). Ressuscité, Il devint un esprit vivifiant (1 Cor. 15. 45). Il insuffle la vie du nouvel homme à ceux qui avaient cru en Lui.

Toutefois ce n’était pas le Saint Esprit comme Personne, qui descendra le jour de la Pentecôte et les remplira, mais c’était la puissance de la vie de Jésus ressuscité, leur accordant la capacité d’agir et de servir.

Puis le Seigneur confère à Ses disciples l’autorité de remettre ou de retenir les péchés. Ainsi ils pourront certifier que les péchés de tous ceux qui reçoivent Jésus comme Sauveur sont pardonnés, et déclarer à ceux qui ne croient pas que leurs péchés ne le sont pas.

Ainsi Pierre retient les péchés de Simon, le magicien, en Actes 8. 20 et 21 et remet ceux de Corneille en Actes 10. 47. Il reste toujours vrai que Dieu seul a le pouvoir de pardonner les péchés. Mais les disciples sont rendus capables de discerner celui qui a cette vie ou ne l’a pas. (Le Seigneur seul connaît ceux qui sont siens ; nous possédons bien la vie de l’Esprit, mais il nous est difficile de dire d’un chrétien si c’est un croyant ou pas).

Possèdes-tu le pardon de tes péchés ?

Message du Seigneur ressuscité aux disciples (Luc 24. 44 à 49).

C’est dans un corps spirituel que Jésus, ressuscité, est apparu aux disciples qui ont été rassurés en voyant les marques indélébiles de Ses souffrances. Il leur rappelle ce qu’Il leur avait déjà dit avant Sa mort, comme aussi aux deux disciples d’Emmaüs, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de Lui dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les Psaumes soient accomplies. Tout était arrivé selon les Écritures.

« Alors il leur ouvrit l’intelligence pour entendre les Écritures ».

Jean rapporte que le Seigneur ressuscité souffla en Ses disciples, et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ». Ayant une vie nouvelle communiquée par le Saint Esprit, ils comprendront désormais les Écritures divinement inspirées (Jean 16. 14 ; 2 Tim. 3, 16).

Témoins des faits qu’ils avaient vus et des paroles qu’ils avaient entendues, les disciples sont chargés d’une nouvelle mission par le Seigneur : « Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem ».

L’économie de la loi avait pris fin, et ce n’était pas le temps d’établir le royaume en gloire. L’évangile de la grâce et de la gloire, annonçant la mort expiatoire et la résurrection de Christ, devait être prêché à toutes les nations, à partir de Jérusalem, la ville qui a tué bien des prophètes et crucifié son Messie.

Du côté de l’homme ce qui est ordonné, c’est la repentance (Act. 17. 30). La repentance est un profond travail de conscience dans le jugement que l’on porte, avec Dieu, sur soi-même et sur ses actions passées, avec l’abandon de son ancienne conduite. C’est une manifestation de la foi. Elle est un don de Dieu pour accéder à la vie (Act. 11. 18).

Convaincue de péché, se reconnaissant perdue, l’âme reçoit alors, par la foi, l’efficace de l’œuvre de Christ accomplie à la croix. Le croyant peut ensuite jouir du pardon de ses péchés sur la base du sacrifice de Christ.

Enfin le Seigneur annonce la venue prochaine du Saint Esprit comme Personne divine et comme puissance, pour agir et s’acquitter de la nouvelle mission de la grâce avec sagesse, et selon la connaissance qui leur était révélée. Ils devaient demeurer à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils soient revêtus de cette puissance d’en haut, présentée ici comme la promesse du Père.

Cette venue, vérité essentielle du christianisme, est aussi attribuée au Seigneur après Sa glorification (Jean 15. 26) et au Saint Esprit Lui-même (Jean 16. 8). Cet événement se produira en Actes 2.

Le deuxième dimanche.

Le soir du dimanche où Jésus ressuscité était venu au milieu des disciples réunis, Thomas, l’un des douze, était absent. Les autres disciples s’empressent de lui dire : « Nous avons vu le Seigneur ». Il avait manqué l’occasion bénie de Le voir et d’entendre Ses paroles : « Paix vous soit », prononcées à deux reprises.

Son cœur reste incrédule et raisonne : « A moins que je ne voie en ses mains la marque des clous, et que je ne mette mon doigt dans la marque des clous, et que je ne mette ma main dans son côté, je ne le croirai point ».

La première rencontre de Jésus avec les disciples, le jour de Sa résurrection, évoque l’économie actuelle de la grâce. Le Seigneur au milieu des Siens leur communique la paix acquise par le sang de la croix, une vie nouvelle par la puissance du Saint Esprit, puis Il les envoie dans le monde comme témoins pour Lui.

Huit jours après, Thomas est présent avec les autres disciples réunis. Il préfigure le résidu juif qui, plus tard, reconnaîtra son Messie comme Celui qu’ils ont percé (Zach. 12. 10). Il croira en Le voyant. Par son incrédulité, Thomas s’est privé des privilèges de l’Église que Christ ressuscité lui avait communiqués.

En considérant les marques des clous et la trace de la lance du soldat romain, les doutes du résidu juif comme ceux de Thomas disparaîtront, et il prononcera ces paroles sublimes : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est le langage de la foi reconnaissant la divinité de Jésus.

Enfin Jésus dit à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ». Ceux que le Seigneur déclare bienheureux ont le privilège d’appartenir à l’économie présente de la grâce et ils croiront en se reposant uniquement sur Sa Parole.

Comme l’exprime Pierre, ils aiment Celui qu’ils n’ont pas vu, ils croient en Lui dans le temps de Son rejet (1 Pier. 1. 8). Il est leur Sauveur et leur Seigneur qu’ils attendent du ciel pour qu’Il les introduise dans la Maison du Père. Leur part est céleste avec Jésus dans la gloire. Déjà ils Le contemplent par la foi (2 Cor. 3. 18).

Fais-tu partie de ces bienheureux qui n’ont point vu et qui ont cru ?

Troisième manifestation du Seigneur ressuscité aux disciples (Jean 21. 1 à 14).

La pêche miraculeuse (v. 1 à 3).

Avant Sa crucifixion Jésus avait déclaré à Ses disciples : « Après que j’aurai été ressuscité, j’irai devant vous en Galilée » (Mat. 26. 32). Sept d’entre eux sont bien arrivés en Galilée, près de la mer de Tibérias, mais ne semblent pas préoccupés par cette rencontre fixée par le Seigneur.

Ils vont reprendre leurs occupations antérieures, au point de départ où le Seigneur les avait rencontrés. Il leur avait adressé Son appel au moment où ils jetaient un filet dans la mer : « Venez après moi, et je vous ferai pécheurs d’hommes » (Mat. 4. 19).

Mais la chair est faible et impatiente. Elle ne peut pas attendre que le Seigneur Se présente. Pierre entraîne les six autres disciples sur une barque pour la pêche. Les efforts de ces sept hommes expérimentés, leur capacité de marins, ne servent à rien. « Cette nuit-là ils ne prirent rien ». Comment serait fructueux un travail accompli sous l’impulsion de la propre volonté ? Au matin, près du rivage ils arrivent fatigués, découragés et affamés.

Une nouvelle apparition du Seigneur (v. 4 à 7).

C’est à ce moment-là que le Seigneur Se présente sur la rive du lac, sans qu’ils Le reconnaissent et Il les interroge avec compassion, connaissant leur déception : « Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non ». Alors Il leur indique l’endroit précis où ils devaient jeter le filet qui se remplit aussitôt de gros poissons. C’est le côté droit de la barque désigné par le Seigneur, à deux cents coudées environ de terre, près du Maître.

Ils avaient travaillé péniblement toute la nuit en vain, sans Lui, et maintenant, quand ils obéissent à la parole de Jésus, le filet renferme une grande quantité de poissons. Quelle leçon pour nous ! Les disciples ont reconnu la stérilité de leurs efforts. Ils ont écouté Jésus leur indiquant le lieu où jeter le filet et ils recueillent une provision surabondante.

Le dîner avec Jésus ressuscité (v. 8 à 14).

Arrivés sur la berge, que voient les disciples ? De la braise, et du poisson mis dessus, et du pain. Jésus leur a préparé ce repas. Il leur dit : « Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre ». Et après que Pierre eut tiré le filet, ils sont accueillis par ces paroles : « Venez, dînez ».

Le Seigneur n’avait pas besoin de leurs poissons ; il daigne néanmoins partager avec eux le fruit de leur travail. C’est la communion avec le Maître ressuscité, reconnu en premier par le disciple que Jésus aimait, c’est-à-dire Jean.

Cette scène au bord de la mer de Tibérias a un caractère prophétique. Les poissons sur la braise symbolisent le résidu juif subissant l’épreuve de la grande tribulation, avant que les nations reçoivent l’évangile du royaume (ce qu’évoque la prise de poissons par les disciples). Alors pourra s’établir sur la terre le règne millénaire de Christ.

Complète restauration de Pierre (Jean 21. 15 à 17).

Pierre avait renié trois fois le Seigneur dont le regard plein de grâce et de vérité avait produit les pleurs amers du repentir (Luc 22. 61 et 62). Puis il avait eu un contact intime et personnel avec le Seigneur ressuscité (Luc 24. 34 ; 1 Cor. 15. 5).

Mais pour accomplir en toute liberté le service qui lui serait confié, une restauration publique devant les autres disciples était nécessaire. N’oublions pas que le Seigneur avait prié pour Pierre afin que sa foi ne défaille pas, et qu’il puisse après son retour fortifier ses frères (Luc 22. 32).

Après le dîner, le divin Pasteur, avec une délicatesse parfaite, sans lui faire de reproches à l’égard des fautes passées, va sonder le cœur de Son disciple à trois reprises en l’appelant par son ancien nom : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? ». Le Seigneur veut l’amener à juger la source du mal, la confiance en soi (Marc 14. 29). La réponse de Pierre est immédiate : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime », marquant ainsi son attachement pour lui.

Et il donne la même réponse aux deux premières interrogations du Seigneur qui lui confie Ses brebis et Ses agneaux pour en prendre soin.

Mais la troisième question du Seigneur attriste Pierre qui, profondément remué, s’en remet à l’appréciation de Celui qui sonde les reins et les cœurs : « Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime ».

La chair en nous doit être jugée constamment pour éviter des rechutes, et permettre au Saint Esprit d’agir avec puissance sur la vie divine pour manifester les gloires morales de Christ.

Délivré de toute confiance en lui-même, jouissant sans entraves de l’amour du Seigneur, il entend la voix de son Maître : « Pais mes brebis ». Désormais il pourra dispenser tous les soins dont le troupeau du bon Berger aura besoin, le conduire et lui donner la nourriture appropriée. C’est dans la mesure où nous jouissons de la grâce que nous pouvons en parler à d’autres.

Retenons de cet entretien que l’amour pour le Seigneur est le vrai motif pour tout service utile. Tous les croyants ont besoin de soins pastoraux et de nourriture spirituelle, qu’ils soient jeunes ou plus avancés dans la foi.

Ceux qui composent le troupeau du Seigneur, agneaux ou brebis, Lui appartiennent. Il les forme pour le service auquel Il les destine, et Il met à l’épreuve leur engagement de cœur pour Lui (Jér. 30. 21 fin).

Fais-tu partie du troupeau du Seigneur ?

Pierre et Jean (Jean 21. 18 à 23).

Dans un élan de confiance en lui-même, Pierre avait déclaré au Seigneur qui l’avertissait des intentions de Satan : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort » (Luc 22. 33). Peu de temps après, ces paroles avaient été démenties par un triple reniement. Mais le Seigneur a sondé à fond le cœur de Son cher disciple après avoir prié pour lui.

Ayant perdu toute confiance en lui-même, Pierre a reçu une marque de confiance du Seigneur, qui remet à ses soins pastoraux les agneaux et les brebis de Son troupeau, ce qu’Il avait de plus précieux sur la terre.

Maintenant l’occasion est renouvelée à Pierre de glorifier Dieu dans sa mort, en suivant son Maître, après avoir accompli son ministère auprès des chrétiens d’origine juive, comme il le fait dans ses deux épîtres.

Puis le Seigneur adresse à Pierre une injonction : « Suis-moi » (v. 19). Tout comme Lui, l’apôtre allait connaître la souffrance du rejet de la part de la nation juive, après lui avoir adressé plusieurs appels à recevoir Celui qu’elle avait renié et crucifié. Au terme d’un ministère consacré au Seigneur, il allait laisser sa vie pour Lui, pour entrer dans le paradis et être avec Lui.

Ainsi le ministère de Pierre parmi les Juifs prend fin avec l’histoire de ce peuple placé sous le jugement de Dieu pour avoir mis à mort son Messie et rejeté le témoignage des apôtres.

Enfin Pierre, se retournant, voit suivre le disciple que Jésus aimait et il demande : « Et celui-ci que lui arrivera-t-il ? » Le Seigneur répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?

Le ministère de Jean se prolongera jusqu’à l’apparition du Seigneur pour établir son règne sur la terre. C’est lui qui adressera les lettres aux sept assemblées d’Asie en Apocalypse 2 et 3, mettant en évidence la faillite de l’Église responsable sur la terre tout au long de son histoire qui se termine par son jugement et celui du monde. Alors s’accomplira pour Christ cette parole : « Il faut qu’il règne » (1 Cor. 15. 25).

Apparition de Jésus en Galilée (Mat. 28. 18 à 20 ; Marc 16. 15 à 18).

Jésus ressuscité a fixé à Ses disciples un rendez-vous en Galilée, et l’ange avait déclaré aux femmes : « Là vous le verrez ». Le Seigneur se présente à ces quelques-uns qui L’aiment pour leur confier une mission de toute importance. Toute autorité Lui a été donnée dans le ciel et sur la terre, et l’évangile de la grâce sera prêché à toute la création.

Les apôtres devaient aller faire disciples toutes les nations et les baptiser pour le nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. De plus, ils devaient les enseigner à garder toutes les choses que Jésus leur avait commandées. (De jeunes âmes comme les vôtres peuvent bien saisir la nécessité d’obéir aux paroles de Jésus).

Enfin le Seigneur ajoute une précieuse promesse : « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle », c’est-à-dire jusqu’à l’établissement du royaume en gloire.

Dans sa prison à Rome, l’apôtre Paul a réalisé cette promesse : « Le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié » (2 Tim. 4. 17). Aujourd’hui encore, l’Évangile est annoncé à toutes les nations et le baptême chrétien pratiqué. « Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; et celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16. 16).

Crois-tu au Seigneur Jésus ?

L’ascension du Seigneur (Marc 16. 19 et 20 ; Luc 24. 50 à 53).

Jésus mena Ses disciples dehors jusqu’à Béthanie, et « levant ses mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel ». Dans les derniers jours de Son ministère, le Seigneur se retirait dans ce village en dehors de Jérusalem, c’est-à-dire du système juif.

Il y avait dans ce lieu des cœurs qui jouissaient de son amour (Jean 11. 5), dans une communion intime avec Lui. Là, plus que partout ailleurs, Il avait été compris et honoré. En ce lieu et au moment où Il bénit Ses chers disciples, le ciel s’ouvre pour Le recevoir. « Et eux, lui ayant rendu hommage, s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ».

Ils devaient attendre là que se réalise la promesse de la venue de l’Esprit. « Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu ». Leur cœur est rempli de joie et de louange.

Maintenant, le Seigneur élevé dans le ciel est assis à la droite de Dieu. Sur la terre Il a glorifié le Père en accomplissant l’œuvre de la rédemption. Et dans le ciel Il remplit un service sacerdotal dans Son intercession toujours efficace pour les Siens encore sur la terre.

Marc précise qu’Il coopère avec Ses disciples, confirmant la parole par des signes qui l’accompagnaient (16. 20). Si les signes spectaculaires sont bien plus rares aujourd’hui, il y a encore des miracles de la grâce transformant des vies et des caractères à la suite d’une conversion authentique.

Conclusion (Jean 20. 30 à 31 ; 21. 24 et 25).

En terminant son évangile, Jean précise que ces choses ont été écrites pour que la foi les saisisse. Par le témoignage des Écritures et l’action du Saint Esprit, il importe de croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et de recevoir la vie par Son nom.

Toutes les paroles et les actes de Jésus ont une portée infinie. La Personne du Fils de Dieu est insondable (Mat. 11. 27). Ce qui est fini ne peut contenir ce qui est infini. Dans les quatre évangiles divinement inspirés, Dieu nous a révélé Son Fils bien-aimé, l’Homme Christ Jésus, notre Sauveur et notre Seigneur.

Il est glorieux au regard de la foi et se tient tout près de ceux qu’Il a rachetés par Son sang précieux et qui attendent Sa venue pour les introduire au ciel.

D’après La Bonne Nouvelle 1997

SONDEZ LES ÉCRITURES (20)

Le Fils de l’homme glorifié (Jean 13. 31 à 33).

Parfaitement sensible à la trahison de Juda, qui vient de sortir après avoir reçu le morceau trempé de son Maître, Jésus est désormais tout occupé de la croix où serait glorifié le Fils de l’homme. C’est pourquoi Il déclare : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui » (v. 31).

C’est un évènement unique dans les annales de l’histoire de l’éternité qui s’est déroulé à la croix où, dans la honte, brille d’un éclat sans pareil la gloire morale du Fils de l’homme, de notre cher Sauveur. Les bénédictions qui en découlent nous transportent jusqu’aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre. Et Dieu est parfaitement honoré dans Sa nature par cette œuvre unique de la rédemption.

Comment concilier la justice, la sainteté, la vérité d’un Dieu qui a en horreur le péché, avec Son amour infini envers le pécheur ? Cela était absolument impossible en dehors de la croix, où ce que Dieu est a été parfaitement révélé. Jésus y a subi le jugement de Dieu qui devait atteindre les hommes coupables dont la haine était attisée par Satan.

En Christ fait péché, nous découvrons la perfection de Son obéissance, et dans l’abandon de Dieu ressort la plénitude de Son amour invincible. Christ seul, dans Ses souffrances, met en évidence la perfection dans l’Homme, tout en magnifiant Dieu dans Sa nature et Ses attributs. Satisfait dans Sa justice et Sa sainteté, Dieu peut déployer Sa grâce envers le pécheur repentant.

Dieu ayant été glorifié dans l’œuvre du Fils de l’homme, va Le glorifier en Lui-même sans attendre l’établissement de Son règne futur. Trois jours après la mort de Jésus, Dieu Le ressuscite, et quarante jours plus tard Il L’exalte à Sa droite comme homme dans le ciel.

Ayant été fait péché sous le jugement de Dieu, après avoir traversé la mort, le Fils de l’homme, le dernier Adam, occupe Sa place en justice à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur. Dieu démontre ainsi Sa suprême satisfaction dans l’œuvre parfaite de Son Fils.

Dans l’immédiat, personne ne pouvait suivre Jésus. Lui seul pouvait subir le jugement d’un Dieu juste et saint, Lui seul pouvait affronter la mort et vaincre cette puissance de Satan, puis être admis comme l’Homme des conseils de Dieu dans Sa gloire. Ce qui était vrai pour les Juifs (Jean 7. 34 à 36), l’était aussi pour les disciples (13. 33).

Conséquence glorieuse de Son œuvre à la croix, Jésus ne restera pas seul comme homme dans le ciel. Bientôt Il sera entouré de cette multitude de rachetés qui célébreront, dans l’éternel accord, les gloires de Sa Personne et de Son œuvre expiatoire (Apoc. 5. 9 et 10).

Le commandement nouveau (13. 34 à 38).

Lorsque Jésus ne sera plus avec eux, comment donc pourront être reconnus Ses disciples ?

Un signe caractéristique le permettra : l’amour des uns pour les autres. C’est ce qui ressort de Ses paroles : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (v. 34 et 35).

Quel exemple parfait, le Seigneur étant auprès d’eux, ne leur avait-Il pas donné ? Avec un amour inlassable, Il les avait écoutés, supportés, gardés, enseignés. Ils n’avaient manqué de rien, étant les témoins et les bénéficiaires de ses nombreux bienfaits. Jésus restait pour eux l’expression et le modèle du commandement nouveau.

Sous la loi il était prescrit d’aimer son prochain comme soi-même (Lév. 19. 18 et 34). Mais l’homme naturel dans son égoïsme foncier, a démontré qu’il était incapable d’aimer ainsi. Et aujourd’hui, seule la vie divine communiquée à la nouvelle naissance peut, avec la puissance du Saint Esprit répondre à ce commandement du Seigneur. « L’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5).

C’est ainsi que l’amour de Jésus est manifesté dans la vie des Siens, dans leurs rapports mutuels. Christ est leur vie. C’est ce qui apparaissait parmi les disciples d’Antioche qu’on nomma chrétiens (Act. 11. 26). Relisons les caractères de cet amour en 1 Corinthiens 13. 4 à 8.

Au lieu de se laisser imprégner par les dernières paroles du Seigneur, Pierre fait valoir son propre dévouement dans le désir de suivre le Seigneur dès maintenant. Et Jésus doit l’avertir solennellement : « Tu laisseras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te dis : Le coq ne chantera point, que tu ne m’aies renié trois fois » (v. 36 à 38).

Dans sa nature spontanée, tout en aimant sincèrement le Seigneur, Pierre était loin de se connaître lui-même. Il n’était pas conscient de sa faiblesse, de sa vulnérabilité, et ce peut être aussi notre cas dans certaines circonstances. Son langage trahit sa confiance en lui-même, en son amour pour le Seigneur. Et il apprendra la leçon humiliante de ce que vaut la chair sous l’impulsion de Satan.

Elle nous conduit toujours à renier le Seigneur. Mais grâce à la victoire de Christ sur le péché et sur la mort, et à la perte de toute confiance en lui-même, il sera accordé au disciple restauré, selon son désir, de suivre son Maître dans le sentier de l’obéissance où il laissera sa vie pour Lui.

Es-tu un disciple de Jésus, et désires-tu répondre à son appel : « Toi, suis-moi » ?

Les consolations de Christ pour Ses disciples (Jean 14. 1 à 14).

Le Seigneur, à la fin du chapitre 13, vient de faire plusieurs révélations à Ses disciples : Il va les quitter bientôt, Judas va Le trahir et Pierre Le renier. De tels événements atteignent douloureusement leurs cœurs troublés et les plongent dans le désarroi. C’est pourquoi, au chapitre 14, le Seigneur leur communique réconfort et consolation dans des entretiens pleins de tendresse qui les concernent directement, mais aussi tous ceux qui croiraient en Lui par leur parole.

Attirés par les grâces de Christ, ils étaient heureux dans Sa présence, mais attristés à la pensée de Son départ. L’absence de Christ dans un monde mauvais ne pouvait qu’affliger des cœurs attachés à Lui. Il veut les unir à Lui par la foi dans la nouvelle place qu’Il va occuper auprès du Père dans Sa maison, les mettre en relation avec le Père dans le ciel et les placer sous la conduite et l’assistance du Saint Esprit sur la terre.

La maison du Père (v. 1 à 3).

Discernant la tristesse de cœur des disciples laissés dans ce monde alors qu’Il n’avait pas établi Son royaume en gloire, le Seigneur va les rassurer en fixant leur cœur vers Lui, là où Il s’en allait. Il se présenterait désormais à eux comme l’objet de foi. « Que votre cœur ne soit pas troublé ; vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (v. 1).

Ils croyaient bien en Dieu qu’ils n’avaient jamais vu, et maintenant le Seigneur allait disparaître à leurs regards pour entrer comme homme dans la gloire. C’est là qu’ils pourront Le contempler par la foi (2 Cor. 3. 18), et en L’aimant, se réjouir d’une joie ineffable et glorieuse (1 Pier. 1. 8). Ainsi, dans la gloire, Christ devient le soutien du cœur de Ses disciples, leur réconfort infaillible, quelles que soient leurs circonstances.

Maintenant, autre source de consolation, Jésus parle de la maison du Père : « Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures ; s’il en était autrement, je vous l’eusse dit, car je vais vous préparer une place » (v. 2). La maison du Père réservée à des pécheurs sauvés par grâce, quelle bénédiction ineffable !

Plusieurs demeures, cela signifie qu’il y aura de la place pour tous les rachetés, et qu’ils ne les quitteront plus jamais dès que le Seigneur les y aura introduits. Ils y seront avec lui, dans Son intimité, là où rien ne viendra plus troubler le bonheur des élus. C’est un lieu béni, la retraite cachée de l’amour.

Par Son sacrifice sur la croix Christ a préparé les Siens pour cette place dans la maison de Son Père, et par Sa présence dans la gloire Il prépare la place pour les Siens.

Puis le Seigneur annonce Son retour pour prendre les Siens auprès de lui, dans la maison du Père (v. 3). Après les souffrances, les épreuves, les combats, les misères de la terre, le bonheur suprême ne sera-t-il pas d’être pour toujours avec Lui ? Et Lui-même exprime l’intime désir de Son cœur, avoir les Siens, Son trésor, en Sa compagnie.

Jésus, le chemin pour aller au Père (v. 4 à 14).

Alors que nous sommes en chemin n’ayant pas encore atteint la maison du Père, nous avons le privilège de connaître le Père, de Le voir, de venir à Lui pour Lui présenter nos requêtes, au nom de Christ. Mais les disciples ne comprennent pas que Jésus est la révélation de Dieu comme Père, sujet essentiel de l’évangile de Jean. C’est pourquoi Il leur dit : « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi » (v. 6).

Jésus est le seul chemin pour aller au Père et pas seulement au ciel. « Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1. 18). Il est la vérité, car Il révèle le Père dans Sa personne, Ses paroles et Ses œuvres, tout en manifestant à la lumière ce qu’est l’homme, le monde, le bien et le mal. Et Il est la vie pour que nous jouissions de tout ce qu’Il nous révèle, ce qui est inaccessible à l’homme naturel.

En venant au Père par Christ, nous possédons la vie éternelle, et une place nous est préparée dans la maison du Père. Connaître le Fils, c’est connaître le Père. C’est pourquoi le Seigneur déclare : « Dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu » (v. 7).

« Celui qui m’a vu, a vu le Père » (v. 8 à 14).

Les propos de Thomas et de Philippe mettent en évidence leur ignorance, car ils se bornent à des considérations matérielles. Et le Seigneur voudrait les entretenir de ce qui est saisi par la foi. Aussi va-t-Il sonder le cœur de Son disciple et le nôtre en même temps. « Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ? » Puis Il ajoute : « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (v. 9).

Le Père est révélé dans le Fils. C’est l’identité parfaite du Père et du Fils. « Moi je suis dans le Père, et… le Père est en moi » (v. 10). Personne divine distincte du Père, Jésus, tout en étant homme sur la terre, manifestait le cœur du Père, par la grâce, la sagesse et la puissance s’exprimant librement dans Ses paroles et Ses œuvres.

Puis le Seigneur révèle à Ses disciples qu’après Son départ celui qui croirait en Lui ferait les œuvres qu’Il a faites et même des œuvres plus grandes. C’est ce qui s’est passé dans le livre des Actes, par la puissance du Saint Esprit envoyé par Christ glorifié (Act. 2. 41 et 43 ; 4. 4 ; 5. 15 ; 19. 12). Enfin le Seigneur fait une précieuse promesse : « Quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils » (v. 13).

Il ne s’agit pas d’une vaine redite. Ce qui est demandé au nom du Seigneur implique son accord, en vue d’une réponse selon Sa volonté, mais suppose aussi Son absence. Et le motif par excellence de toutes nos prières ne devrait-il pas être que le Père soit glorifié dans le Fils ?

Les consolations de Christ pour ses disciples (Jean 14. 15 à 31).

La venue du Consolateur (v. 15 à 20).

Attristés par le prochain départ de Jésus, les disciples avaient besoin d’être consolés. Le Seigneur s’y emploie avec amour et patience. Au lieu de s’affliger, le moyen de Lui prouver leur amour était d’obéir à Ses commandements.

Toutefois, conscient de leur peine, Il leur fait une des plus précieuses promesses, source d’une vraie consolation, en leur annonçant la venue d’un autre Consolateur pour être avec eux éternellement, « l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ».

La présence du Saint Esprit sur la terre comme Personne divine est le grand fait du christianisme. Il a été envoyé par le Père à la suite de l’œuvre de la rédemption et de la glorification de Jésus (Jean 7. 39). Le Seigneur précise : « Il demeure avec vous, et il sera en vous » (v. 17). Ainsi les disciples connaîtraient ce Consolateur, comme ils avaient dû connaître le Père dans le Fils, lorsque Jésus avait été au milieu d’eux. L’Esprit Saint remplacerait Christ auprès des disciples pour les consoler, les soutenir, les fortifier.

Le Seigneur l’appelle un autre Consolateur parce que Lui demeure le Consolateur céleste, l’Intercesseur dans la gloire (Héb. 7. 25).

Le Seigneur vient de présenter les caractéristiques morales préparant l’âme à bénéficier de la présence du Saint Esprit : la foi qui croit en Jésus (v. 12), la dépendance s’exprimant par la prière en Son nom (v. 13 et 14), l’amour qui s’attache à Sa personne et l’obéissance en gardant Ses commandements (v. 15). Dès lors, des effets bénis sont produits par la présence de l’Esprit.

Jésus déclare à Ses disciples : « vous me verrez » (v. 19). Christ serait révélé à l’âme rachetée comme l’objet de sa foi, une Personne vivante dans le ciel. C’est Sa présence spirituelle. En Le voyant ainsi les croyants vivraient, ce qui nécessitait Sa mort expiatoire pour qu’ils obtiennent, par la foi, la vie éternelle, une vie nouvelle découlant de la Sienne.

Un autre effet de cette présence de l’Esprit est annoncé par le Seigneur. « En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous ». C’est la nouvelle position des disciples : être en Christ dans la gloire, et Christ en eux, ce qui implique leur responsabilité de témoins.

Aimer le Seigneur, lui obéir, et recevoir l’enseignement de l’Esprit Saint (v. 21 à 26).

Envisageant la responsabilité de Son disciple, le Seigneur met l’accent sur les communications de la grâce dépendant de sa conduite. Celui qui aime vraiment le Seigneur obéit. « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime… il sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui » (v. 21).

Ces bénédictions, accessibles à chaque croyant, dépendent néanmoins de sa marche dans le renoncement à soi-même et la séparation du monde.

Jude, occupé de l’espérance juive, s’arrête à une manifestation extérieure du Messie, alors qu’Il est déjà rejeté de Son peuple. Cette intervention permet au Seigneur de renforcer ses affirmations : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (v. 23).

Les commandements du Seigneur trouvent leur expression dans toute Sa vie, Ses paroles et Ses actes. Il reste le modèle incomparable pour tous ceux qui possèdent Sa vie, par la foi.

Puissions-nous croître dans la connaissance de Sa personne, appréciant la parfaite harmonie de Ses gloires morales.

Rappelons qu’il y a quelque chose de plus intime dans la parole du Seigneur que dans Ses commandements, qui impliquent l’obéissance positive quant aux détails de notre marche. Sa Parole s’adresse à l’intelligence spirituelle qui discerne la volonté du Seigneur pour Lui plaire à tous égards (Col. 1. 9 et 10).

Sa parole est aussi celle du Père (v. 24). Elle déclare tout ce que Jésus est venu révéler de Son Père, de Ses conseils pour le ciel et le monde à venir. L’attachement à Sa parole prépare la demeure du Père et du Fils dans le cœur des disciples.

Dans cet heureux état, l’Esprit Saint envoyé sur la terre au nom de Christ est libre de leur enseigner toutes choses, et de leur rappeler toutes les choses que Jésus leur a dites (v. 26). Il liera leur cœur à Christ dans la gloire, exaltant Sa personne, éveillant leurs affections pour Lui (ch. 14), ouvrant leur bouche en témoignage envers Lui (ch. 15), et les soutenant face à l’opposition du monde (ch. 16).

Le Seigneur marque ici de Son sceau la divine inspiration des évangiles. Le Saint Esprit a composé chaque évangile à partir d’un thème exaltant les gloires de Christ, les auteurs ne s’étant pas bornés à une restitution de leurs souvenirs.

Ainsi Matthieu présente le roi, le Messie promis à Israël, Marc, le serviteur parfait, le prophète, Luc, le Fils de l’homme, et Jean, le Fils de Dieu. Le Saint Esprit est toujours sur la terre et dans le croyant pour l’instruire.

Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix (v. 27).

Jésus a fait la paix par le sang de Sa croix (Col. 1. 20) et la conscience du racheté est rendue parfaite. Tous ceux qui ont la foi en Son œuvre expiatoire, ont la paix avec Dieu. Puis le Seigneur désire les introduire dans la jouissance de Sa propre paix.

Il s’agit de la paix du cœur qu’Il éprouvait en communion constante avec Son Père, étant ici-bas, en dehors de l’abandon de Dieu sur la croix. Il nous donne Sa gloire, Sa paix, Sa joie, tout en continuant à en jouir Lui-même. C’est pourquoi Il ne donne pas comme le fait le monde qui ne possède plus ce qu’il a donné.

Enfin le Seigneur confie à Ses disciples que le vrai amour pour Lui ne peut que se réjouir de Son propre bonheur en allant au Père, comme homme véritable, tout en étant un avec le Père. Il annonce la venue de Satan, chef de ce monde, pour que soit annulée sa puissance à la croix. Son obéissance parfaite au commandement de Son Père jusqu’à la mort est la preuve éternelle de Son amour infini pour Lui et pour Ses chers rachetés.

Si tu appartiens au Seigneur, montres-tu que tu l’aimes en lui obéissant ?

Instructions du Seigneur à ses disciples dans le monde (Jean 15. 1 à 15).

Le Seigneur vient de communiquer de vraies consolations à Ses disciples attristés par l’annonce de Son prochain départ. Après Son œuvre rédemptrice, ils pourront jouir de la communion avec Lui dans la gloire, avec le Père révélé par le Fils, et avec le Saint Esprit envoyé d’auprès du Père. A la fin du chapitre 14 il leur dit : « Levez-vous, partons d’ici » (v. 31). Il va poursuivre Son entretien avec Ses disciples comme étant vus dans le monde où Il allait les laisser.

Du fruit porté pour la gloire du Père (v. 1 à 8).

Le Seigneur se présente à Ses disciples par ces paroles : « Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le cultivateur ». Enseignés par les psaumes et les prophètes, ils pouvaient savoir qu’Israël était un cep transporté d’Égypte (Ps. 80. 8 et 9), une vigne dont l’Éternel avait pris soin (És. 5. 1 à 7), un cep exquis (Jér. 2. 21).

Ayant mis de côté les nations idolâtres, Dieu appela hors d’Égypte Israël, Son peuple, à la suite de la rédemption, et l’introduisit en Canaan pour le combler de Ses faveurs. Placé dans de telles conditions il devait rapporter du fruit en obéissant à la loi donnée par Moïse.

Mais cette vigne ne rapporta que des raisins sauvages, image des fruits que l’homme pécheur produit dans sa mauvaise nature. Il n’y avait rien pour Dieu. Des prophètes se sont alors levés, envoyés par l’Éternel, pour proclamer les jugements de Dieu sur ce peuple, en différentes étapes.

A la croix, par la mort de Christ, Dieu a prononcé le jugement sur l’homme en Adam responsable de ses actes, mais aussi sur Israël dans la chair.

Dès lors Christ est le vrai cep, remplaçant Israël sur la terre. Et les sarments attachés au cep représentent tous ceux qui font profession d’être Ses disciples. C’est pourquoi le Seigneur parle de deux espèces de sarments, évoquant ceux qui ont la vie éternelle révélée par le fruit, et ceux qui ne l’ont pas et sont jetés dehors et brûlés. Ne produisant pas de fruit, ils sont inutiles (Éz. 15. 3 et 4).

Dans son sens spirituel, le fruit est la manifestation de Christ dans le croyant. Alors que Christ a été élevé dans le ciel, Dieu est glorifié lorsque les traits moraux de Christ sont reproduits dans la vie des Siens sur la terre. C’est un privilège pour tout croyant, quel que soit son âge, de refléter les grâces de Christ en Le contemplant dans la gloire (2 Cor. 3. 18). La Parole mentionne les neuf traits du fruit de l’Esprit en Galates 5. 22.

Mais comment ce fruit est-il produit ? Le Seigneur indique différents moyens. Tout d’abord il y a les soins du Père, le divin cultivateur qui nettoie le sarment pour qu’il porte plus de fruit. C’est Sa fidèle discipline pour éliminer ce qui nuit à la manifestation des grâces de Christ. Le but de Dieu est de produire le fruit paisible de la justice en ceux qui lui sont soumis, avec la paix et la sainteté, tout en jouissant de la grâce de Dieu (Héb. 12. 10, 11, 14 et 15).

C’est ainsi qu’à travers des épreuves amères, la souffrance, résultat des circonstances adverses, et le brisement de la volonté propre, du fruit est produit, plus de fruit, beaucoup de fruit, pour la gloire du Père.

De plus le Seigneur ajoute : « vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite » (v. 3). Il les avait entretenus de la nécessité d’être nés d’eau et de l’Esprit (3. 5), déclarant aussi : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et sont vie » (6. 63). Par l’opération de la Parole et du Saint Esprit ils étaient en relation vitale avec Jésus, condition essentielle pour porter du fruit.

En lavant les pieds de Ses disciples, Il les avait rendus attentifs au fait que « celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ». Et Il avait précisé à Pierre : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (13. 10, 8). C’est la purification pratique opérée par la Parole afin de jouir de la communion avec Lui.

Enfin le Seigneur indique un secret pour que la vie de Ses disciples soit féconde : « Demeurez en moi, et moi en vous » (v. 4 et 5). Il ne suffit pas d’être un sarment, c’est-à-dire de porter le nom de chrétien. Seul le fruit prouve l’existence de la vie nouvelle. Bois de peu de valeur, le sarment est léger, poreux, brûlant facilement ; sa seule utilité est de laisser passer la sève pour que du fruit soit produit. Aussi le Seigneur précise-t-il : « séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (v. 5).

Demeurer en Christ, n’est-ce pas l’intime proximité de cœur, une communion continue avec Lui, comme l’objet absorbant les pensées et les affections. Si tel est le cas, les fruits exquis de la vie divine apparaîtront spontanément, quelques traits de ressemblance morale avec le parfait Modèle. Cela suppose une vie de dépendance de Christ. D’un côté le sarment reste attaché au cep nourricier, et de l’autre il laisse circuler la sève abondante alimentant le fruit.

Effets bénis de la communion avec Jésus (v. 9 à 15).

Le vrai disciple de Jésus, vivant dans une communion habituelle avec Lui, va connaître de précieuses bénédictions. S’attachant à Ses paroles, il sera rempli de la connaissance de Sa volonté pour exprimer des prières en accord avec ce que Lui désire, dans l’assurance de leur exaucement (v. 7 et 16). Beaucoup de fruit sera porté pour glorifier le Père (v. 8).

Le Seigneur donne ensuite une condition pour demeurer dans Son amour : c’est de garder Ses commandements, obéir comme Lui à l’égard du Père (v. 9 et 10). Amour et obéissance sont indissociables. Il en résulte alors une joie accomplie, parfaite, pour le disciple comme pour le Seigneur lui-même.

Puis le Seigneur donne un commandement précis : « Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés » (v. 12 et 17). La mesure est élevée puisqu’il s’agit de l’amour du Seigneur, manifesté dans le don de Sa vie pour les siens. Quel renoncement absolu ! (1 Jean 3. 16). Mais comme est précieuse alors la marque de Son approbation pour ceux qu’Il appelle Ses amis ! (v. 14 et 15).

Instructions du Seigneur à Ses disciples dans le monde (Jean 15. 16 à 27).

Mettant de côté le système juif, terrestre, auquel avaient été attachés les disciples, le Seigneur s’applique désormais à les préparer en vue de cette nouvelle compagnie chrétienne dont ils feraient partie, comme le fruit de Ses souffrances et de Sa mort expiatoires.

Laissée pour un temps sur la terre, cette compagnie céleste aurait pour but de Le représenter comme Homme dans la gloire.

Le Seigneur a souligné quelques traits moraux de cette compagnie, composée exclusivement de tous ceux qui sont sauvés par la grâce et par la foi.

Elle est aimée de Christ comme le Père L’a aimé (v. 9 et 10).

Elle possède la joie accomplie de Christ, indépendante des circonstances (v. 11).

L’amour de l’un pour l’autre, selon Son commandement, peut s’exprimer jusqu’à laisser sa vie pour ses amis (v. 12 et 13). Par leur obéissance au Seigneur, de tels disciples sont déclarés être Ses amis, auxquels Il témoigne toute Sa confiance en leur livrant Ses secrets (v. 14 et 15). Ils ont été choisis par Lui pour porter du fruit qui demeure (v. 16) – et parce qu’ils connaissent la volonté du Père, leurs prières au nom du Seigneur sont exaucées.

Quel tableau admirable ! C’est ce que réalisaient les apôtres et ceux qui, au début de l’ère chrétienne, ayant cru, étaient un cœur et une âme (Act. 4. 32).

La haine du monde contre les disciples (v. 18 à 21).

Tout en jouissant de privilèges inestimables, les disciples étaient chargés par le Seigneur d’une mission dans le monde où Il allait les laisser. Il les prévient qu’ils y rencontreraient la haine et la persécution des hommes révoltés contre Dieu.

Le monde, dont Satan est le chef, est un vaste système organisé par l’homme pécheur ayant rejeté Dieu. Très tolérant pour toute fausse religion, il se caractérise par l’éloignement de Dieu et la haine contre Christ. Lors du ministère du Seigneur, il y avait le judaïsme corrompu, et aujourd’hui les croyants rencontrent surtout l’opposition du monde d’une chrétienté également corrompue.

Pourquoi une telle haine ? Le Seigneur avertit Lui-même Ses disciples : « Vous n’êtes pas du monde… moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait » (v. 19). Puis Il donne un autre motif : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi… Ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom » (v. 20 et 21). Voilà les souffrances auxquelles pouvaient s’attendre ceux qui confesseraient le nom de Jésus.

Les manifestations de la grâce souveraine de Christ déclenchent l’irritation implacable de l’homme religieux, qui pense être agréable à Dieu par ses efforts et ses mérites. Cela ressort tout à fait dans la parabole du fils prodigue envers lequel la miséricorde et la grâce du père excitent toute la haine du fils aîné (Luc 15. 11 à 32). Ne soyons pas surpris si le monde nous hait et nous persécute à cause de notre conduite dans l’amour du prochain et la séparation du mal, et à cause d’un témoignage sans équivoque rendu au Seigneur Jésus, notre Sauveur, comme étant l’Envoyé du Père. « L’esclave n’est pas plus grand que son maître » (v. 20).

Est-ce que nos vies attestent que nous avons été choisis par le Seigneur, hors du monde, de ses attraits, de ses plaisirs et de sa méchanceté ?

Avons-nous honte de confesser ce beau nom ? « Si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2. 12). Méditons ces passages : Matthieu 5. 10 à 12 ; 1 Pierre 3. 14 à 17 ; 4. 14 et 16 ; 1 Jean 2. 15 et 16 ; Jacques 4. 4 ; Romains 12. 2.

La mise en évidence du péché du monde (v. 22 à 25).

A travers tous les moyens mis en œuvre par Dieu pour produire quelque bien dans l’homme, il s’est avéré que son état est irrémédiablement mauvais (És. 2. 22). L’épreuve ultime de Dieu a été l’envoi dans ce monde de Son « unique Fils bien-aimé » (Marc 12. 6 à 8).

Les paroles et les œuvres du Seigneur ont laissé les hommes, et le peuple juif en particulier, sans excuse pour leur hostilité, leur persécution, ou leur ignorance. « Maintenant ils n’ont pas de prétexte pour leur péché, … ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père ». Ainsi une parole écrite dans la loi s’accomplissait : « Ils m’ont haï sans cause » (v. 23 et 24 ; Ps. 35. 11).

C’est au moment où Dieu manifeste Sa grâce parfaite en Christ que l’homme Lui exprime toute son inimitié en crucifiant « le Juste par excellence » (Job 34. 17).

La puissance divine pour rendre témoignage (v. 26 et 27).

Ceux qui composent la compagnie chrétienne paraissent peu nombreux, si faibles et si vulnérables ! Au début, le Seigneur les envoyait comme des agneaux au milieu des loups (Luc 10. 3). Le témoignage pour Christ pourra-t-il se perpétuer dans un tel monde rempli de haine vis-à-vis de Christ et de Son Père ? Le Seigneur affirme que ce sera possible par la toute-puissance de l’Esprit de vérité, Personne divine envoyée par le Père, de Sa part, après Sa résurrection et Son exaltation dans le ciel.

Le Seigneur précise : « Celui-là rendra témoignage de moi ». Malgré toute la faiblesse et les défaillances des disciples, l’opposition acharnée du monde, le Saint Esprit rendra témoignage sur la terre – où Il est descendu le jour de la Pentecôte – de la gloire du Fils dans le ciel. Et le Seigneur ajoute : « Vous aussi, vous rendrez témoignage ; parce que dès le commencement vous êtes avec moi ». Ils seront les témoins oculaires de Sa vie ici-bas devant les hommes.

C’est bien ce qu’exprime l’apôtre Jean dans sa première épître (1. 1 à 4). Et les Actes des Apôtres mentionnent ce double témoignage rendu à Christ (5. 32 ; 7. 55, 56 et 52, 53). Il y aura donc un témoignage rendu à Christ tant que les chrétiens seront laissés dans ce monde, car le Saint Esprit demeure avec eux et en eux, dans toute Sa puissance divine.

Jésus envoie le Saint Esprit (Jean 16. 1 à 15).

Au chapitre 13 de l’évangile de Jean, Jésus a lavé les pieds de Ses disciples pour qu’ils jouissent de la communion avec Lui. Au chapitre 14 Il a consolé leurs cœurs, attristés par l’annonce de Son départ. Au chapitre 15, Il ouvre leurs lèvres pour qu’ils Lui rendent témoignage.

Enfin au chapitre 16, l’Esprit de vérité les instruira pour qu’ils ne soient pas découragés par les persécutions inévitables dans le monde qui allait crucifier leur Maître.

L’hostilité du monde religieux (v. 1 à 4).

A la fin du chapitre 15, le Seigneur vient d’avertir Ses disciples qu’ils seront haïs du monde et persécutés à cause de Son Nom. Comme ce serait humiliant si, après s’être engagés comme Ses témoins, ils étaient scandalisés, trouvant à travers leurs combats et leurs souffrances une occasion de chute, en reniant leur foi.

L’exclusion de la synagogue des Juifs, la perspective d’une mort violente sous l’effet d’un fanatisme religieux sont prédites par le Seigneur. Le Juif aussi bien que le chrétien de nom, dans leur orgueil, ne veulent pas accepter la grâce que Dieu offre à tout homme, en reconnaissant Jésus comme Sauveur et Seigneur, auquel est due l’obéissance. Se contentant d’une religion rituelle dont l’homme déchu peut se glorifier, tout en prétendant servir le vrai Dieu, ils refusent la nécessité de la mort de Christ à la croix ; après les trois heures de l’expiation où Il porta l’éternité de notre châtiment.

Combien de chrétiens, confessant Jésus comme leur Sauveur, ont été persécutés et mis à mort par des Juifs, des païens, mais aussi par des chrétiens de nom. Au sein d’un christianisme corrompu, cette parole solennelle du Seigneur s’est souvent réalisée : « Quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu… parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi » (v. 2 et 3).

Le départ de Jésus avantageux pour les disciples (v. 5 à 7).

Dès que Jésus leur annonce Son départ, la tristesse envahit le cœur des disciples, car selon la nature ils sont occupés de ce qu’ils vont perdre. Certes, pour le moment, tout était perdu pour Israël à cause du rejet de son Messie. Mais, pour tous ceux qui recevraient Jésus par la foi, quels avantages inestimables seraient leur part après l’œuvre de la rédemption.

Cependant, aucun d’entre les disciples ne songe à lui demander : Où vas-tu ? Aller auprès du Père sera un gain pour leur foi, car le Saint Esprit, divin Consolateur envoyé du ciel par Jésus glorifié, sera ici-bas avec eux et en eux. Il s’emploiera à proclamer le témoignage de Sa gloire céleste, de Son amour envers eux, et à entretenir Ses relations avec eux.

Nous aussi, nous sommes affligés au moment où certaines épreuves nous surviennent, et nous oublions que Dieu, dans Son amour, veut nous faire du bien à la fin.

Témoignage du Saint Esprit envers le monde (v. 8 à 11).

La présence du Saint Esprit ici-bas, après la Pentecôte, entraînera de graves conséquences pour le monde démontré coupable d’incrédulité vis-à-vis de Christ. « Le Saint Esprit convaincra le monde de péché… parce qu’il ne croit pas en moi » (8. 9).

Ce n’est pas ici la conviction qui atteint la conscience individuelle pour vivifier un pécheur. L’Esprit est venu dans le monde pour démontrer son état d’incrédulité dans le rejet de Christ. De la part de Dieu, Il adresse au monde cette question : Qu’as-tu fait de mon Fils ?

Tout pécheur, qui reçoit par la foi Jésus comme Sauveur, est né de Dieu, mais il n’y a point de salut pour le monde qui, comme système, a rejeté Christ. Le Saint Esprit convainc le monde de justice parce que Jésus s’en va à son Père et qu’on ne Le voit plus ici-bas.

Jésus, le Saint et le Juste, a été couvert d’opprobres et condamné comme méritant la mort, aussi bien par la foule que par les autorités religieuses et le pouvoir civil et militaire. Ce fut la suprême injustice ! Le Saint Esprit venu dans ce monde est le témoin que Dieu a reçu dans la gloire l’Homme Christ Jésus. Le monde ne verra plus le Christ en grâce, mais en jugement.

Un troisième témoignage du Saint Esprit, c’est de convaincre le monde de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé. A l’instigation de Satan, le monde a mis à mort le Seigneur de gloire. Mais c’est dans la mort de Christ que Satan a perdu son pouvoir (Héb. 2. 14). Sa tête a été brisée (Gen. 3. 15). Après le règne de Christ il sera jeté définitivement dans l’étang de feu et de soufre avec tous ceux qu’il aura entraînés à la perdition éternelle (Apoc. 20. 10 et 15).

Le témoignage du Saint Esprit à l’égard des chrétiens (v. 12 à 15).

Délivrés de ce présent siècle mauvais, les disciples de Jésus seront instruits par le Saint Esprit. Étant présent sur la terre, dans le corps de chaque croyant et dans l’assemblée, Il conduira les rachetés dans toute la vérité (Jean 14. 6 ; 17. 17), les mettant en relation avec un Christ vivant et céleste.

De plus, Il annoncera les choses qui vont arriver (v. 13). Ainsi, tous les livres du Nouveau Testament sont divinement inspirés : les évangiles (14. 26), les Actes (15. 26-27), les épîtres (16. 13) et l’Apocalypse (16. 13, fin).

La fonction de prédilection de l’Esprit sera de glorifier Christ. « Il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. Tout ce qu’a le Père est à moi » (v. 14 et 15). Il se plaît à déployer devant les yeux de notre cœur les gloires et les richesses insondables de Christ, comme Fils, comme Roi, comme Fils de l’homme, comme « Chef sur toutes choses à l’assemblée » (Éph. 1. 22). Ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, nous est révélé et communiqué par Son Esprit. Puissions-nous réaliser cette heureuse disposition de l’âme :

Fermant l’oreille à tout vain bruit,

En silence mon âme écoute

La douce voix de ton Esprit.

Les dernières paroles de Jésus à Ses disciples (Jean 16. 16 à 33).

Après la promesse de l’envoi du Saint Esprit, Jésus revient à l’instant présent, en évoquant Son départ signifiant Sa mort. Car le Seigneur devait retourner à Son Père pour que Ses chers disciples, laissés dans le monde, puissent profiter du ministère du Saint Esprit. Il prépare leurs cœurs aux changements qui suivraient les grands événements dont Il les entretient.

Tristesse et joie des disciples (v. 16 à 22).

Les disciples ne comprennent pas les paroles du Seigneur, car ils raisonnent : « Nous ne savons ce qu’il dit ». S’en aller, Le revoir ; aller auprès du Père, ces paroles leur paraissent incompréhensibles. Pourtant Jésus leur avait clairement annoncé Son élévation auprès du Père pour leur envoyer le Saint Esprit, et ainsi ils Le reverraient par la foi en entrant dans une communion intime avec Lui (7. 39 ; 14. 18, 19 et 28 ; 16. 7, 13 à 15).

Mais le Seigneur répond à leur besoin d’explications en leur déclarant que leurs cœurs seraient d’abord envahis par la tristesse, puis peu de temps après, remplis de joie. En effet quelle affliction mêlée de pleurs serait la leur, lorsqu’ils perdraient Celui pour qui ils avaient tout abandonné, et ainsi leur espérance juive s’effondrerait. Par contre, le monde se réjouirait de s’être débarrassé du Témoin fidèle à la vérité, aimant mieux les ténèbres que la lumière (3. 19).

Puis en leur disant qu’ils Le reverraient, le Seigneur ajoute : « mais votre tristesse sera changée en joie », de même qu’une femme toute réjouie de mettre un enfant au monde oublie son angoisse au moment de la naissance.

En revoyant le Premier-né d’entre les morts ressuscité et vivant, le cœur des disciples se réjouirait (20. 19) d’une joie permanente que personne ne pourrait leur ravir. Une telle joie est en relation avec la vie qui a triomphé de la mort pour toujours, introduisant la nouvelle création (2 Cor 5. 17). Seuls les disciples revirent Christ, après Sa résurrection.

Bientôt les rachetés ressuscités ou transmués verront le Seigneur de gloire dans le ciel. Dans cette attente les Siens se réjouissent maintenant de Le contempler par la foi, sous l’action du Saint Esprit demeurant en eux (14. 19). « Nous voyons Jésus… couronné de gloire et d’honneur » (Héb. 2. 9).

Le Père Lui-même vous aime (v. 23 à 27).

L’objet du Seigneur est de mettre Ses disciples en relation directe avec Son Père. C’est ce que confirme le message dont Il charge Marie de Magdala le jour de Sa résurrection (20. 17). Il les entretient d’une grâce ineffable qui serait le fruit de l’Esprit en eux : « toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, il vous les donnera… demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie ».

Ayant la même vie que Christ et le Saint Esprit, ils partageraient Ses pensées, Ses désirs et pourraient obtenir tout ce qu’ils demanderaient au Père. Faisant appel aux ressources inépuisables de Son Père, ils goûteraient une plénitude de joie dans les réponses divines.

Jusque-là le Seigneur avait présenté Son enseignement à l’aide de paraboles et d’allégories. Mais dès l’apparition du jour nouveau introduit par la résurrection, il leur parlerait ouvertement du Père. Unis au Père dans une relation d’amour, ils pourront formuler directement leurs demandes au Père au nom de Son Fils, avec la certitude d’être exaucés.

Et Jésus précise : « Le Père lui-même vous aime ». Ils sont aimés du Père comme Lui-même. Ils n’ont pas besoin d’un médiateur entre Dieu et eux. Ils pouvaient être assurés de tout l’intérêt de Dieu pour eux. Ils avaient aimé Christ, et avaient cru qu’il était sorti d’auprès de Dieu comme le Messie.

Enfin le Seigneur prononce dans un verset qui pourrait être le résumé de l’évangile de Jean, une déclaration capitale : « Je suis sorti d’auprès du Père, et je suis venu dans le monde ; et de nouveau je laisse le monde, et je m’en vais au Père ». Ainsi Il affirme Son origine divine, Sa mission dans le monde et Son retour auprès du Père.

Venu du Père qu’Il avait pleinement révélé, Il a accompli l’œuvre de la rédemption pour que Ses disciples, par la foi, possèdent la même relation que Lui. Ayant glorifié son Père sur la terre, Il retournerait auprès de Lui. Ainsi les Siens pourraient comprendre qu’il était avantageux qu’Il s’en aille auprès du Père pour leur envoyer le Consolateur, l’Esprit Saint.

Dernier avertissement et précieux encouragement (v. 29 à 33).

Les disciples ont l’impression de comprendre les paroles ouvertes du Seigneur. Mais comme ils saisissaient peu ce que signifiait Sa mort, et les souffrances qu’Il endurerait pour eux sur la croix !

Tout en croyant, comme le reconnaît Jésus, ils étaient assez inconscients de leur propre faiblesse. C’est pourquoi ils sont avertis qu’ils seraient dispersés chacun chez soi, laissant le Seigneur seul, à l’heure de Son épreuve. Mais Lui se réfugie en Son Père : « Je ne suis pas seul, car le Père est avec moi ». Le Père et le Fils sont ensemble à l’approche du sacrifice de Golgotha.

En les quittant, le Seigneur donne aux Siens une parole de réconfort. Il ne leur promet pas une vie exempte d’épreuves. Que de sujets de trouble aussi bien en eux-mêmes que dans le monde persécuteur ! Mais une certitude leur est donnée au sein même de leur tribulation, ils auraient en Christ une paix parfaite.

Cette parole bienfaisante adressée aux disciples nous concerne aussi : « Ayez bon courage, moi, j’ai vaincu le monde ».

Au cours des trois chapitres précédents, Jésus a préparé Ses disciples à Son prochain départ, à une communion spirituelle avec Lui. Il leur a parlé du Père, et maintenant Il va intercéder pour eux auprès de Lui. Il épanche Son cœur dans le sein du Père au sujet de ceux qu’Il Lui a donnés. Ils sont identifiés avec Lui dans Sa propre position devant le Père et à l’égard du monde. Il considère l’œuvre de la rédemption, base d’une telle bénédiction, comme étant achevée.

Cet entretien sublime est peut-être sans égal dans toutes les Écritures, par son intimité, sa profondeur et sa portée. Le Seigneur y exprime trois désirs essentiels :

– que le Père soit glorifié dans le Fils,

– que Christ soit glorifié dans les Siens encore sur la terre, et enfin

– que Ses rachetés soient glorifiés avec Lui.

Jésus demande d’être glorifié (Jean 17. 1 à 5).

Levant les yeux vers le ciel, et se situant au-delà de Sa mort, le Seigneur évoque l’heure de Sa glorification. Ayant parfaitement glorifié Dieu sur la terre dans l’humiliation, Il désire le glorifier dans la nouvelle position qu’Il va occuper dans le ciel. Aussi formule-t-Il Sa demande à Son Père : « Père glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie ». Il sera l’homme parfait dans la gloire.

Dieu lui avait donné autorité sur toute chair, c’est-à-dire la puissance, avec le droit de l’exercer. C’est ainsi que la gloire de Dieu s’est déployée lors de la résurrection de Lazare. Jésus a fait usage de Sa puissance pour la seule gloire de Dieu.

Certes Il exercera Son autorité en jugement pour établir Son règne (Jean 5. 27). Mais maintenant Il l’emploie pour donner la vie éternelle à ceux que le Père Lui a donnés. Rien ne pourra L’empêcher d’accomplir les conseils divins pour communiquer cette vie à tous ceux qui doivent être sauvés.

Ceux qui possèdent la vie éternelle, ayant cru en l’œuvre de la croix, connaissent le seul vrai Dieu et Son Fils Jésus Christ. Ils jouissent d’une communion intime avec les Personnes divines. Cette vie éternelle, c’est Christ lui-même (1 Jean 5. 20). Par leurs infidélités, ces disciples peuvent perdre la jouissance de la communion avec le Père et avec son Fils, mais pas la relation vitale d’enfants de Dieu.

Seul le Seigneur peut dire : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre ». En Lui Dieu a été manifesté en chair. Dieu a trouvé Son plaisir dans Son Fils bien-aimé, révélant en perfection Sa grâce, Sa lumière, Sa justice, Sa sainteté et Sa vérité. Et sur la croix Il a glorifié Dieu dans tous Ses attributs.

Par anticipation Il déclare : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire ». La justice de Dieu est satisfaite vis-à-vis du péché, et Dieu révèle Son amour pour le pécheur.

Maintenant Jésus demande à être glorifié de la gloire éternelle qu’Il possédait comme Fils unique auprès de Son Père avant de venir dans ce monde. Mais désormais, c’est avec Sa gloire de Fils de l’homme, acquise par Son obéissance jusqu’à la mort de la croix, qu’Il S’assiéra à la droite de Dieu dans le ciel.

Les hommes que le Père a donnés à Jésus (v. 6 à 8).

Quels sont ces hommes que Dieu a donnés à Son Fils ? Ils sont tirés du monde où, tout en appartenant au Père, ils étaient privés de toute relation avec Lui. Ils sont appréciés par Christ comme le don du Père. Il leur a révélé le nom du Père, tout ce qu’est le Père. Il les a introduits dans une relation d’amour comme Ses enfants (1 Jean 3. 1).

Le Seigneur se plaît à souligner les traits caractéristiques de cette compagnie. Ils ont gardé la Parole du Père, révélant qui Il est.

Ils ont connu que tout ce que Jésus leur avait donné venait du Père.

Ils ont reçu Ses paroles, les communications divines.

Ils ont connu que Jésus était sorti d’auprès du Père, Lui le Fils de Dieu.

Ils ont cru que c’était le Père qui L’avait envoyé.

Le propos de Dieu était d’avoir des pécheurs sauvés par grâce placés avec Lui dans la même relation que son Fils.

Les demandes de Jésus pour les Siens (v. 9 à 13).

Tout d’abord le Seigneur indique les motifs pour lesquels Il prie au sujet de ceux que le Père Lui a donnés. Ils sont à Toi, et je suis glorifié en eux. Ils n’ont pas cessé d’être au Père, vu que le Père les avait donnés au Fils, dans un intérêt commun ; car ce qui est au Père est au Fils, et ce qui est au Fils est au Père.

Avec quelle grâce insondable le Seigneur affirme qu’Il est glorifié dans les siens laissés dans un monde impie que Lui-même allait quitter ! Comme il importait que le Père prenne soin d’eux pour qu’ils reproduisent les traits de Sa parfaite humanité.

Le Seigneur exprime Sa première demande pour les Siens : « Père saint, garde-les en ton nom ». Laissés dans un monde de corruption et de violence, les disciples de Christ avaient besoin d’être gardés dans la sainteté que la nature de Dieu requiert (1 Pier. 1. 16). Le nom de Dieu ne peut être associé au mal.

Jésus prononce ensuite Sa deuxième requête : « qu’ils soient un comme nous ». C’est l’unité de pensée, de but et d’action des disciples. La mesure en est élevée, puisqu’il s’agit de l’unité du Père avec le Fils dans tout ce qu’Il a pensé et fait.

Seul le Saint Esprit, envoyé par le Seigneur glorifié, pourrait réaliser une telle unité. Quand Il était auprès d’eux, le Seigneur avait protégé Ses disciples dans un monde mauvais, à l’exception de Judas, le fils de perdition, pour que l’Écriture soit accomplie. Mais élevé dans la gloire, Il ne cessera pas de les garder. Ils sont remis aux tendres soins de l’amour du Père, afin qu’ils possèdent la joie accomplie de Christ.

Jésus s’adressant au Père (Jean 17. 14 à 26).

Les disciples et le monde (v. 14 à 19).

Jésus vient d’exposer les relations des disciples avec le Père, quand Il ne serait plus avec eux ici-bas. Maintenant Il évoque leurs rapports avec le monde. En les envoyant dans le monde, Il leur confie la Parole du Père en témoignage, pour Le révéler en grâce, et faire connaître le Père Lui-même et Son Fils.

Leur présence dans le monde mettait en évidence qu’il y avait des hommes en relation avec le Père. Cette parole vivante, c’est Christ, la vérité. Identifiés à Jésus, ils n’étaient pas du monde et le monde les haïssait. Christ, comme l’Étranger céleste, n’avait rien de commun avec le monde.

Placés devant le Père dans la même position que celle du Fils comme Homme sur la terre, les disciples avaient la révélation du nom du Père, le don de la Parole du Père, l’assurance de Ses soins et la joie de Christ, mais aussi l’opprobre de Christ de la part du monde.

Après avoir demandé que les disciples soient gardés dans la sainteté et manifestent l’unité, comme le Père et le Fils sont un, le Seigneur exprime deux autres requêtes.

Il désire qu’ils soient gardés du mal qui règne dans ce monde, dont Satan est le Chef. Une mission leur était confiée dans ce monde, c’est pourquoi Il ne demande pas qu’ils soient ôtés du monde.

Le monde présente un danger permanent pour tout disciple de Jésus appelé à Le représenter ici-bas, ce qui excite la haine de Satan. Le monde est un vaste système organisé par le diable pour satisfaire toutes les convoitises de l’homme naturel. Aussi le Seigneur demande-t-Il : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité… Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux soient sanctifiés par la vérité ». Il s’agit ici de la sanctification pratique, par laquelle le croyant progresse dans le dépouillement de tout ce qui n’est pas selon Dieu dans les pensées, les habitudes et la marche.

Le Seigneur présente ici deux moyens à cet effet : l’obéissance à la Parole qui est la vérité, et Jésus lui-même comme l’objet du cœur de Ses rachetés qui peuvent Le contempler dans la gloire où, Homme ressuscité, Il allait prendre place. La vérité vivante est en Lui (Éph. 4. 21), car Il révèle le Père.

Mais n’oublions pas qu’en vertu de la foi en l’œuvre de Christ, nous avons en premier lieu, et pour toujours, la sanctification de position devant Dieu, c’est-à-dire une mise à part pour Lui (1 Cor. 1. 30 ; 6. 11 ; Héb. 10. 10).

Jésus fait des demandes pour ceux qui croiront par la parole des disciples (v. 20 et 21)

Maintenant, Jésus prie pour ceux qui croiront en Lui par le témoignage des apôtres qu’Il envoyait dans le monde. A travers les siècles qui se succéderont, Il pense à tous ceux qui constitueront Son assemblée, fruit de Ses souffrances endurées à la croix. A ce propos Il formule de nouveau une requête pour l’unité des Siens composant un cercle plus vaste.

L’Évangile sera annoncé à toutes les nations, à des hommes de toutes conditions. Ceux qui le recevront par la foi posséderont en commun la nature divine, les distinguant du reste de l’humanité. Ils seront tous un comme le Père est dans le Fils et le Fils dans le Père.

Ils auront communion avec le Père et avec le Fils, et les uns avec les autres selon 1 Jean 1. 3 et 7. C’est l’unité de communion de la famille de la foi, qui devait être rendue visible au monde, pour qu’il croie que le Père a envoyé le Fils. Si une réponse trop brève a été donnée à cette prière en Actes 4. 32, nous restons humiliés en pensant aux divisions des chrétiens.

Les saints glorifiés avec Christ (v. 22 à 26).

Enfin, considérant la gloire à venir, le Seigneur demande que les Siens soient glorifiés avec Lui. Il déclare : « La gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée ».

Glorifié sur la terre par Son Fils, Dieu L’a glorifié comme Fils de l’homme (Jean 13. 31). Et c’est cette gloire qui leur est attribuée. En vertu de Son œuvre rédemptrice, ils jouissent d’une même position et des mêmes privilèges que Lui. Ce sera leur part à toujours, réalisant parfaitement cette unité en gloire, comme le Père et le Fils sont un. Christ seul sera vu dans les Siens, de même que le Père a été pleinement manifesté dans le Fils.

Si longtemps divisés sur la terre, les saints seront consommés en un dans la gloire où ils apparaîtront avec Christ durant le règne millénaire.

Alors le monde connaîtra que Celui qu’il a méprisé et haï sur la terre, est l’Envoyé du Père. De plus il verra que les rachetés, quoique ayant été persécutés, sont aimés du Père selon l’amour qu’Il a pour Son Fils.

Mais les saints seront placés dans une sphère de bénédiction bien plus intime dans le ciel, que celle de la gloire du règne millénaire manifestée au monde. Le Seigneur l’affirme par ces paroles. « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire ».

Voilà tout le désir du cœur du Seigneur pour les Siens. Certes, comme Fils, il a une place unique auprès du Père. Il y a un amour et une connaissance du Père qui lui appartiennent exclusivement, dès avant la fondation du monde. Mais les Siens, ayant discerné que le Fils était l’envoyé du Père pour Le faire connaître, auront une part ineffable dans l’intime relation avec le Père et avec le Fils.

Que Christ, Celui que le Père aime, ait toute sa place dans nos affections ! Qu’Il soit visible dès maintenant dans la vie des Siens, c’est là tout Son désir, en attendant que cela soit pleinement réalisé dans la gloire céleste !

Derniers avertissements aux disciples (Mat. 26. 30 à 35 ; Marc 14. 26 à 31 ; Luc 22. 31 à 39, Jean 13. 36 à 38).

Lorsqu’ils sortent de Jérusalem pour aller à la montagne des Oliviers, Jésus annonce à Ses disciples qu’ils seraient tous scandalisés et que Sa mort entraînerait leur dispersion, selon la prophétie de Zacharie : « frappe le berger, et le troupeau sera dispersé » (13. 7).

Dans Son amour immuable le bon Berger avait pris soin de Son petit troupeau. Mais maintenant Il devait mourir, être frappé de Dieu, subissant Son jugement à la place des rachetés, afin qu’ils possèdent la vie en abondance. Dès lors, ces brebis faibles et craintives, voyant le Berger frappé, se disperseraient dans leur désarroi. Cependant, plein de sollicitude pour les Siens, le Seigneur leur fixe un rendez-vous en Galilée lorsque, vainqueur de la mort, Il sera ressuscité.

Seul l’évangile de Luc donne quelques détails particuliers de l’entretien de Jésus avec Pierre. Son caractère naturel portait ce disciple à se confier en la chair, malgré un réel amour pour son maître. Aussi le Seigneur le prévient-il en l’interpellant deux fois par son ancien nom.

Satan a demandé de pouvoir cribler les disciples comme le blé. Par cette image, le Seigneur évoque la nécessité d’une pénible épreuve, pour éliminer la balle, ce qui est vain, et conserver le froment, ce qui est de Dieu. Et le Seigneur ajoute au disciple vulnérable : « Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ».

Si la chute de Pierre, dans son reniement du maître paraissait alors inévitable, à travers les larmes d’une vraie repentance, la restauration serait le résultat de l’intercession du Souverain Sacrificateur. Désormais il pourra fortifier ses frères, jouissant pour lui-même de la parfaite grâce de Christ.

Mais pour le moment, il est plein de confiance en lui-même dans son amour pour le Seigneur : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort ». Son énergie naturelle ne peut lui permettre de résister au moment de la tentation. Et le maître doit lui annoncer son triple reniement avant le chant du coq. Quelle solennelle leçon pour nous !

Dans son amour inlassable, le Seigneur avertit Ses disciples des événements douloureux devant se produire au cours de cette nuit mémorable. Jusque-là ils n’avaient manqué de rien, comme ils doivent le reconnaître, bien qu’ayant été envoyés sans ressources humaines. Le maître avait pourvu à tous leurs besoins et avait gardé ceux que le Père lui avait donnés (Jean 17. 12).

Mais quel changement lors de Son départ, Lui qui allait être compté parmi les iniques et les laisser seuls dans un monde qui L’a crucifié ! Ils devraient assumer eux-mêmes les difficultés du chemin, prévoir leurs provisions et assurer leur protection.

Prenant Ses paroles à la lettre, ils ne discernent pas pour le moment l’esprit de ce qu’il leur disait. Sans leur faire de reproche, le Seigneur termine par ces paroles : « C’est assez ».

L’angoisse de Gethsémané (Mat. 26. 36 à 46 ; Marc 14. 32 à 42 ; Luc 22. 40 à 46).

Traversant le torrent du Cédron, Jésus arrive selon Sa coutume au jardin de Gethsémané de la montagne des Oliviers, et Il y entre avec Ses disciples. Après les avoir invités à s’asseoir, Il leur dit : « Priez afin que vous n’entriez pas en tentation » (Luc 22. 40). Implorer le secours divin en cette heure solennelle était une nécessité pour ceux qui accompagnaient leur maître.

Puis Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, qui avaient été témoins de sa puissance en résurrection (Luc 8. 51) et de Sa gloire de Fils de l’homme lors de Sa transfiguration (Luc 9. 28). Et Il commença à être saisi d’effroi et fort angoissé. Et Il leur dit : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ; demeurez ici et veillez » (Marc 14. 33 et 34).

C’est le moment où Il va donner la preuve suprême de Sa consécration à la volonté du Père. Cette volonté avait toujours fait les délices de l’homme parfait. Et Son âme n’est-elle pas saisie d’effroi en sachant qu’Il allait passer par la mort, salaire du péché ?

Son angoisse infinie n’est-elle pas liée au fardeau du péché qu’Il devra porter en Son corps sur le bois de la croix ?

Et cette profonde tristesse qui étreint Son âme jusqu’à la mort n’est-elle pas en relation avec l’abandon de Son Dieu pendant les trois heures de l’expiation ?

Puis Il s’éloigne des trois disciples encore d’un jet de pierre et se met à genoux, tombant sur Sa face pour prier à trois reprises, comme le soulignent Matthieu et Marc. Luc met l’accent sur la profondeur de la souffrance de Christ par anticipation des heures terribles de la croix.

Satan qui détient le pouvoir de la mort, se présente de nouveau pour empêcher Jésus d’entrer dans sa forteresse. Il veut L’effrayer. Et l’homme parfait ne pouvait désirer boire la coupe de la colère de Dieu contre le péché. Mais dans Son obéissance absolue Il ne pouvait que désirer accomplir toute Sa volonté.

Il exprime ainsi Sa prière : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! » (Marc 14. 36). En réponse à une telle soumission : « un ange du ciel lui apparut, le fortifiant » (Luc 22. 43). Et Celui qui souffrait ainsi était le Créateur des anges.

« Et étant dans l’angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre ».

Luc seul donne ces détails faisant ressortir l’humanité du Seigneur dans l’intensité de Ses souffrances à Gethsémané. S’étant levé de Sa prière, Il vint vers Ses disciples endormis de tristesse – ce qu’il constate les trois fois. Et Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez ».

Il reste seul pour traverser les angoisses de la mort, ici en communion avec Son Père. Soumettant Sa volonté d’homme parfait à la volonté parfaite de Son Père, Il accepte de boire la coupe reçue de Sa main, ce que traduisent ces paroles : « Que ta volonté soit faite ». Jusqu’au bout, les perfections de Jésus brillent d’un éclat incomparable.

N’est-il pas digne que nous nous attachions à Lui, ce cher Sauveur, de tout notre cœur ?

L’arrestation de Jésus (Mat. 26. 47 à 56 ; Marc 14. 43 à 52 ; Luc 22. 47 à 53, Jean 18. 2 à 11).

Trahison de Judas (Mat. 26. 47 à 50 ; Marc 14. 43 à 45 ; Luc 22. 47 et 48 ; Jean 18. 2 et 3).

Sachant ce qui devait Lui arriver, Jésus vient de déclarer à Ses disciples : « Le fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs… voici, celui qui me livre s’est approché ».

Alors que les autres disciples s’étaient endormis de tristesse à Gethsémané, Judas a déployé une activité diabolique pour livrer son maître, moyennant trente pièces d’argent (Luc 22. 3 ; Mat. 26. 15). Le voici à la tête d’une grande foule avec des épées, des bâtons, des lanternes et des flambeaux, de la part des principaux sacrificateurs, des scribes et des anciens. Pour désigner le Seigneur, le traître a choisi un signe convenu avec ses hommes. Il met le comble à sa perfidie. Il s’approche en disant : « Rabbi, Rabbi ! » et lui donne le baiser empressé de l’hypocrite.

Jésus adresse encore à Son disciple deux questions formulées avec grâce et vérité : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Mat. 26. 50), et « Judas, tu livres le fils de l’homme par un baiser ? » (Luc 22. 48). Mais le cœur du traître dont Satan avait déjà pris possession paraît insensible. Il était trop tard.

Quel solennel avertissement est donné par Judas, « le fils de perdition » ! (Jean 17. 12)

Jésus entre les mains des hommes (Mat. 26. 51 à 56 ; Marc 14. 46 à 52 ; Luc 22. 49 à 54 ; Jean 18. 4 à 11).

Le Seigneur, présenté comme le Fils de Dieu dans l’évangile de Jean, s’avance vers cette compagnie de soldats et les huissiers. Ils sont venus Le chercher, Le connaissant sous le titre méprisé de Nazaréen. Par deux fois Il se présente avec l’autorité divine : « C’est moi ». Sa puissance souveraine accomplit la prophétie du Psaume 27. 2 : « Ils reculèrent et tombèrent par terre ».

Mais Jésus ajoute pour protéger Ses chers disciples : « Si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci ». Dépassant Sa propre souffrance, il veille avec soin sur Ses brebis.

En voyant cette troupe menaçante mettre les mains sur Jésus, ceux qui l’entouraient lui disent : « Seigneur, frapperons-nous de l’épée ? » Et selon son impulsion naturelle, Pierre sort son épée, frappe Malchus, l’esclave du souverain sacrificateur et lui emporte l’oreille. Mais le Seigneur plein de grâce, en guérissant le blessé, reprend Pierre : « Remets l’épée dans son fourreau ».

Il lui révèle aussi que le Père aurait pu mettre à Sa disposition plus de douze légions d’anges. Or un seul ange, en une nuit, a pu détruire cent quatre-vingt-cinq mille hommes (2 Rois 19. 35). Mais avec une parfaite dignité, Jésus accomplit les Écritures qui disent qu’il faut qu’il en arrive ainsi.

Son obéissance par amour et Son entière soumission ne s’expriment-elles pas dans ces paroles : « La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18. 11) Alors tous les disciples Le laissèrent et s’enfuirent comme Il le leur avait annoncé en Jean 16. 32. Devant une telle épreuve ils succombent.

Ensuite Marc seul mentionne le cas d’un jeune homme vêtu d’une toile de fin lin, désirant suivre Jésus. Ne sera-t-il pas traité comme le Seigneur Lui-même ? Au moment où ils le saisissent, cette toile reste entre leurs mains et il leur échappa dans sa nudité. La seule profession chrétienne représentée par le vêtement ne suffit pas pour suivre un Christ rejeté. La foi est nécessaire avec la puissance du Saint Esprit.

Comparution devant Caïphe (Mat. 26. 57 ; 27. 1 ; Marc 14. 53 ; 15. 1 ; Luc 22. 54, 66 à 71 ; Jean 8. 12 ; 14. 19 à 24).

Le Seigneur vient de prononcer ces paroles solennelles à ceux qui Le saisirent et Le lièrent : « C’est ici votre heure et le pouvoir des ténèbres » (Luc 22. 53). Ils l’amenèrent premièrement à Anne, beau-père de Caïphe, souverain sacrificateur cette année-là.

Jésus se présente comme « la brebis muette devant ceux qui la tondent » (És. 53. 7). Il se livre lui-même comme le parfait Serviteur, obéissant jusqu’à la mort de la croix. Dans l’excellence de Sa dignité il comparaît devant Caïphe qui l’interroge sur Ses disciples et Sa doctrine. Sachant que Son rejet entraîne la mise de côté du système judaïque, Jésus s’en réfère à Son ministère public : « J’ai toujours enseigné dans la synagogue, et dans le temple… Pourquoi m’interroges-tu ? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m’ont entendu » (Jean 18. 20 et 21).

Le témoignage rendu et le service accompli étaient terminés. De même dans la chrétienté le temps est proche où l’évangile de la grâce ne sera plus proclamé. Quel sort terrible sera la part de l’âme qui l’aura rejeté !

Pensant que Jésus avait manqué de respect envers le souverain sacrificateur, l’un des huissiers lui donne un soufflet. Aussitôt un appel est adressé à sa conscience : « Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jean 18. 23). Méprisé et maltraité, Jésus domine moralement tous ceux qui le jugent.

Dans le dessein bien déterminé de le faire mourir, le sanhédrin (conseil et tribunal suprême des Juifs) cherche un motif pour le condamner. Mais l’Homme parfait demeure irréprochable et il ne leur reste plus qu’à trouver « quelque faux témoignage » ayant une apparence de crédibilité. Deux faux témoins se présentent déclarant : « Celui-ci a dit : je puis détruire le temple de Dieu, et en trois jours le bâtir » (Jean 2. 19 à 22). Jésus garde le silence devant cette fausse assertion.

Mais ce qui entraîne la condamnation de Jésus, c’est Son affirmation solennelle devant Caïphe qui vient de l’adjurer de dire s’Il est le Fils de Dieu. De plus, comme Fils de l’Homme assis à la droite de la puissance, Il viendra sur les nuées en gloire (Mat. 26. 63 et 64).

La sentence est prononcée à l’unanimité : « Il mérite la mort ». Alors ces cœurs remplis de haine et de mépris donnent libre cours à leur méchanceté : « Ils lui crachèrent au visage et lui donnèrent des soufflets ; et quelques-uns le frappèrent » (Mat. 26. 67).

Considérons Celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même, afin que nous ne soyons pas las, étant découragés dans nos âmes (Héb. 12. 3).

Sommes-nous déterminés à suivre les traces d’un tel Modèle ? (1 Pier. 2. 21 à 23)

Le reniement de Pierre (Mat. 26. 69 à 75 ; Marc 14. 66 à 72 ; Luc 22. 55 à 62 ; Jean 18. 15 à 18, 25 à 27).

Si les quatre évangiles nous entretiennent du triple reniement de Pierre, cela met en évidence tout l’intérêt attaché par le Saint Esprit à ce récit, non pas pour accabler ce cher disciple, mais pour sonder nos cœurs et manifester le caractère trompeur de la chair.

Un jour ou l’autre nous devons apprendre que notre cœur naturel est trompeur par-dessus tout et incurable (Jér. 17. 9), mais aussi comme est grande la bonté du Seigneur dans Ses soins à l’égard des Siens pour les restaurer !

Qu’est-ce qui a conduit Pierre au reniement du Seigneur qu’il aimait ? malgré les avertissements du Seigneur, certains propos ou comportements de Pierre trahissaient la confiance en soi. Si nous ne nous jugeons pas nous-mêmes, Satan sait très bien exploiter nos tendances pour nous faire tomber.

Pierre a été entraîné dans une contestation avec les autres disciples pour savoir lequel serait estimé le plus grand (Luc 22. 24). En contraste, le Maître, humble de cœur, se présente comme Celui qui sert.

Alors que le Seigneur priait instamment en Gethsémané, Pierre, manquant de vigilance, s’était endormi de tristesse. Et le Maître doit lui dire : « Simon, tu dors ? Tu n’as pas pu veiller une heure ? Veillez et priez afin que vous n’entriez pas en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible » (Marc 14. 37 et 38).

Puis, lorsque Jésus se livre Lui-même, restant muet comme un agneau devant celui qui le tond, Pierre, sous l’effet d’une violence charnelle, tire son épée et frappe Malchus, l’esclave du souverain sacrificateur, lui coupant l’oreille droite. Et Matthieu note que tous les disciples laissèrent Jésus et s’enfuirent (Mat. 26. 56).

Enfin lorsque le Seigneur professe la vérité avec calme et détermination devant Ses ennemis, Pierre Le renie à trois reprises. Outre les insultes et les outrages des hommes méchants qui lui crachent au visage et Le frappent de leurs mains, Jésus doit éprouver douloureusement, dans Sa sensibilité parfaite, le reniement de Son disciple qu’Il avait déjà prévenu. Satan avait demandé à cribler les disciples comme le blé. La prompte réplique de Pierre avait révélé cette confiance en lui-même : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort » (Luc 22. 33).

Le reniement : « Je ne connais pas cet homme ».

Quand les soldats emmenèrent et conduisirent Jésus dans la maison du souverain sacrificateur, « Pierre suivait de loin » (Luc 22. 54). Jean, qui connaissait le souverain sacrificateur, fut admis dans le palais, mais sortit pour demander à la portière de laisser entrer Pierre. Arrivé dans la cour intérieure, Pierre vit un feu allumé par les esclaves et les huissiers, car il faisait froid ; et il s’assit pour se chauffer avec eux, dans la compagnie des ennemis de Christ.

La portière fut la première à défier Pierre, venant à lui, alors qu’il était assis dehors, dans la cour, devant le feu. Elle le regarda et dit : Et toi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. Et il le nia, disant : Je ne sais ni n’entends ce que tu dis (Marc 14. 66 à 68).

Mal à l’aise dans sa conscience, Pierre sort dehors dans le vestibule au moment où le coq chante, premier avertissement annoncé par le Seigneur (Marc 14. 68).

La seconde fois, c’est encore une servante qui le vit et dit aux autres qui étaient là : « Celui-ci est de ces gens-là » (Marc 14. 69). Et il le nia de nouveau avec serment : « Je ne connais pas cet homme ! » (Mat. 26. 72)

Enfin, environ une heure après, c’est le troisième assaut de l’ennemi dont les instruments sont « ceux qui se trouvaient là ». Ils lancent leur défi au pauvre disciple qui se chauffait avec eux : « Certainement, toi, tu es aussi de ces gens-là ; car aussi ton langage te fait reconnaître ; car aussi tu es Galiléen ».

Et un dernier témoin, parent de Malchus, se présente : « Ne t’ai-je pas vu, moi, dans le jardin avec Jésus ? » ; « Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet homme ! » (Mat. 26. 73 à 75). Et aussitôt le coq chanta pour la seconde fois. Et le Seigneur, se tournant, regarda Pierre ; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comment il lui avait dit : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois.

Brisé dans son cœur, atteint dans sa conscience par le regard attristé du Seigneur, regard de grâce et de vérité, Pierre sort dehors et pleure amèrement. (Marc 14. 72 ; Luc 22. 60 à 62). Il verse les larmes d’une vraie repentance.

C’est le début du travail de la grâce en restauration pour le disciple qui prend conscience de la gravité de son iniquité. L’intercession d’amour du Seigneur a permis que sa foi ne défaille pas. Il est gardé du désespoir qui atteindra Judas. Avec quelle promptitude Jésus ressuscité désire une rencontre personnelle avec Pierre pour lui montrer tout l’intérêt qu’il lui porte (Luc 24. 34), en attendant sa restauration complète en Jean 21.

Nous sommes tous concernés par le reniement de Pierre. Nous ne pouvons pas éviter le contact avec le monde, qu’il s’agisse de l’école, du travail ou de toute autre occasion de rencontre.

Puissions-nous, comme le jeune Daniel, arrêter dans notre cœur de ne pas nous souiller ! Le chemin selon Dieu n’est-il pas de fuir les compagnies mondaines, et les lieux où nous ne pouvons pas rendre témoignage au Seigneur ?

Conscients de notre faiblesse, comptons sur le Seigneur pour ne pas le renier par nos actes, nos paroles ou nos silences. Il veut nous enseigner par Sa Parole et Son Esprit à Lui être fidèles. Lui-même est le témoin fidèle et véritable (Apoc. 3. 14).

D’après La Bonne Nouvelle 1996

SONDEZ LES ÉCRITURES (19)

Parabole des cultivateurs de la vigne (Mat. 21. 33 à 41 ; Marc 12. 1 à 9 ; Luc 20. 9 à 16).

Les cultivateurs de la vigne.

Cette parabole retrace l’histoire d’Israël sous le régime de la loi. En raison des privilèges dont il était entouré, ce peuple avait la responsabilité de porter du fruit pour Dieu. Le maître de maison qui planta une vigne, c’est Dieu. La vigne représente Israël, comme l’indique l’Ancien Testament : Psaume 80. 8 à 17 ; Ésaïe 5. 1 à 7 ; 27. 2 ; Jérémie 2. 21.

L’Esprit de Dieu souligne tous les soins de Dieu à l’égard de Sa vigne : « Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? » Mais cette vigne n’a produit que des raisins sauvages. N’est-ce pas là l’image fidèle de l’homme dans son état naturel ?

Israël était un échantillon de la race humaine dont Dieu s’est occupé en vain. L’homme déchu est incapable de produire du fruit pour Dieu. Mais le Seigneur Jésus s’est présenté comme le vrai cep, élu selon les conseils de Dieu, Se substituant à Israël. Et tout sarment demeurant en Lui peut porter du fruit pour glorifier Son Père (Jean 15).

La parabole met surtout l’accent sur la responsabilité, la haine et la culpabilité des chefs religieux. C’est à eux que Dieu avait loué Sa vigne, Israël. Lorsque la saison des fruits approcha, le Maître envoya ses esclaves aux cultivateurs pour recueillir ses fruits. Mais ces méchants cultivateurs, « ayant pris ses esclaves, battirent l’un, tuèrent l’autre, et en lapidèrent un autre. Il envoya encore d’autres esclaves en plus grand nombre que les premiers, et ils leur firent de même ». C’est ainsi que furent souvent traités, sous l’économie de la loi, les prophètes envoyés successivement par l’Éternel à Son peuple.

Ces hommes de Dieu étaient suscités quand Israël se détournait de l’Éternel pour servir les idoles, et ils avaient pour mission de ramener leur cœur au vrai Dieu et à Sa sainte loi comme le fit Élie (1 Rois 18. 36 à 40). La Parole rapporte comment Zacharie, fils de Jéhoïada, a été lapidé sur ordre du roi Joas, alors qu’il venait de délivrer un message solennel au peuple (2 Chron. 24. 20 à 22). Et le Seigneur parle de Jérusalem comme de la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés (Mat. 23. 37).

Enfin, dernière ressource de Sa grâce, Dieu envoya Son « unique fils bien-aimé » (Marc 12. 6), ajoutant ces paroles : « ils auront du respect pour mon fils ». « Voyant le fils, les cultivateurs raisonnèrent entre eux, disant : Celui-ci est l’héritier, tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. Et l’ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent ». Ainsi l’état incurable des conducteurs religieux et du peuple est pleinement démontré.

C’est à la croix que s’achève l’économie de la loi, comme aussi l’épreuve de l’homme responsable. Révolté contre Dieu, l’homme pense être maître de ce monde, dont Satan est désormais le chef.

Puis le Seigneur interroge Ses interlocuteurs dans l’évangile de Matthieu, quant au sort à réserver à ces méchants cultivateurs. Ils sont amenés par leur réponse à prononcer leur propre jugement. En effet, lors de la destruction de Jérusalem par les Romains, ces Juifs ont péri misérablement.

De plus, la vigne a été louée à d’autres cultivateurs. Désormais Dieu opère dans le cœur de l’homme par Sa Parole et Son Esprit pour lui communiquer une vie nouvelle, et obtenir du fruit. Israël est mis de côté comme peuple, et le salut par la foi en l’œuvre de Christ est offert à tout homme.

La maîtresse pierre du coin (Mat. 21. 42 à 46 ; Marc 12. 10 à 12 ; Luc 20. 17 à 19).

Se référant aux Écritures, le Seigneur rappelle aux Juifs quelles seront les conséquences de Son rejet (Ps. 118. 22 et 23). Les bâtisseurs sont surtout les conducteurs du peuple – et la pierre rejetée, le Seigneur Jésus.

Par Sa mort expiatoire, Christ devient la maîtresse pierre du coin, fondement d’une maison spirituelle composée de pierres vivantes : les croyants issus d’entre toutes les nations (1 Pier. 2. 5 à 7, 9). Tout ce que Dieu réalise en Christ, pierre choisie et précieuse, est merveilleux pour la foi. A l’aube du millénium, une nation naîtra en une fois (És. 66. 8), passant par la repentance et la nouvelle naissance (Éz. 36. 27). C’est l’Israël de Dieu accueillant son Messie pour le règne millénaire.

Le Seigneur annonce un double jugement des méchants cultivateurs. Lors de la destruction de Jérusalem en l’an 70, Israël, comme nation, a été brisé par les armées romaines. Le royaume de Dieu leur a été ôté. De plus, tous les désobéissants heurtant contre la Parole, Christ, seront aussi brisés (1 Pier. 2. 8).

Le deuxième jugement, annoncé par le Seigneur, entrera en vigueur après la période de la grâce et l’enlèvement de l’Église. Christ sera encore présenté aux Juifs. Mais au lieu de tomber sur la pierre, c’est la pierre, Christ venant du ciel, qui tombera sur eux et les broiera.

Le Seigneur évoque probablement la pierre détachée sans main, qui détruira le dernier empire des nations, l’empire romain, avec son chef et leurs associés : les Juifs apostats ayant à leur tête l’Antichrist (Dan. 2. 34, 35 et 45).

Reconnaissant que le Seigneur parlait d’eux par ces paraboles, les principaux sacrificateurs et les pharisiens cherchaient à Le saisir pour Le faire mourir. Mais ils n’osèrent pas à cause des foules qui Le tenaient pour un prophète. Dans une scène précédente, tout le peuple se tenait suspendu à Ses lèvres pour L’entendre (Luc 19. 48).

Pour toi, mon enfant, la voix de Jésus a-t-elle un écho dans ton cœur ? Est-il ton Sauveur ?

Le tribut de César (Mat. 22. 15 à 22 ; Marc 12. 13 à 17 ; Luc 20. 20 à 26).

Culpabilisés par les paroles du Seigneur atteignant leur conscience (Mat. 21. 45), les pharisiens se voient dans l’obligation de s’allier aux hérodiens, qu’ils détestaient, pour surprendre Jésus dans Ses paroles.

Luc nous révèle leur intention de Le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur. Unis dans une haine commune, ils veulent prendre le Seigneur en défaut. Mais ils seront jugés eux-mêmes, malgré toute leur ruse, par Celui dont la sagesse est parfaite dans tous Ses actes et toutes Ses paroles.

Ils ignorent que la sagesse du monde est folie devant Dieu (1 Cor. 3. 19 ; Job 5. 13) et ils seront pris dans leur propre piège. Que le cœur de l’homme est méchant, en présence de Celui qui est la grâce et la vérité !

Les pharisiens tenaient à conserver les privilèges de la nation juive, sa religion, ses traditions, et il leur était insupportable d’être assujettis aux Romains. Par contre, les hérodiens étaient favorables à l’autorité romaine, ainsi qu’à la protection d’Hérode.

Quoique opposées dans leurs principes, ces deux classes viennent à Jésus avec des flatteries sur Son intégrité pour Lui poser une question insidieuse : est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? La réponse de Jésus n’allait-elle pas Le discréditer aux yeux du peuple ou de César ?

Si le Seigneur donnait Son accord pour payer l’impôt à César, il était en contradiction avec Lui-même comme Messie, roi d’Israël et Libérateur de la domination romaine.

Dans le cas contraire II soutenait la révolte contre l’autorité romaine et s’exposait à être livré à César par le moyen des hérodiens.

Aussitôt Jésus, connaissant leur méchanceté, dénonce leur hypocrisie puisqu’ils veulent L’enlacer dans Ses paroles, tout en cherchant à Le flatter.

Alors Jésus demande à voir une monnaie du tribut. Ces représentants du peuple doivent avouer eux-mêmes qu’il s’agit de l’effigie de César. La monnaie utilisée leur rappelait leur asservissement au pouvoir romain, à cause de leurs péchés.

Homme parfait, le Seigneur donne la réponse pleine de sagesse : « Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu ». Atteints dans leur conscience, ils ont la bouche fermée et se retirent.

Ainsi ces Juifs, placés sous le gouvernement de Dieu, sont invités à rendre à César ce qui lui était dû par suite de leurs infidélités. Mais le Seigneur saisit cette occasion pour souligner toute l’importance de leurs devoirs envers Dieu, qu’ils honoraient de leurs lèvres, avec un cœur fort éloigné de Lui (Mat. 15. 8).

Le Seigneur nous adresse aussi un avertissement. La soumission aux autorités en place est requise du croyant dans la mesure où il ne désobéit pas à Dieu (Rom. 13. 1 et 7 ; Act. 5. 29). Puissions-nous honorer Dieu comme Il en est digne en le craignant et en vivant de foi ! (Héb. 10. 38).

Les sadducéens et la résurrection (Mat. 22. 23 à 33 ; Marc 12. 18 à 27 ; Luc 20. 27 à 40).

Les sadducéens, une troisième secte des Juifs, se présentent à Jésus. Ils ont l’intention de Le confondre par une question spécieuse (trompeuse, qui séduit par une fausse apparence de vérité) au sujet de la résurrection, en laquelle ils ne croyaient pas.

Ils lui exposent le cas d’une femme qui, selon la loi de Moïse, avait eu sept maris, c’est-à-dire sept frères qui moururent les uns après les autres, sans laisser de postérité, en ayant tous eu la même femme (Deut. 25. 5 à 10). Dans la résurrection, lequel des sept sera le mari de cette femme ?

Ils pensent embarrasser Jésus et mettre en question la foi en la résurrection.

C’est l’occasion pour le Seigneur de relever la double erreur de ces incrédules : « Vous errez, ne connaissant pas les Écritures, ni la puissance de Dieu ». Et l’incrédulité moderne repose sur les mêmes bases. Celui qui cite les Écritures sans le secours du Saint Esprit ne peut que se fourvoyer dans une fausse interprétation. N’ayant pas la révélation de Dieu, l’incrédule ignore la toute-puissance de Dieu comme elle s’affirme dans la résurrection des morts.

La mort n’est pas un terme à l’existence des hommes. Selon l’expression d’Exode 3. 6, Dieu était toujours le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, longtemps après leur mort. Morts pour les hommes, ils vivaient pour Dieu, ce qui impliquait leur résurrection à venir. Serviteur parfait, le Seigneur fait appel à l’autorité des Écritures pour présenter cette vérité fondamentale.

Ici Il ne parle que de la première résurrection, celle des justes, qui seront ressuscités d’entre les morts (Marc 12. 25). Ce qui appartient à la première création, telle l’institution divine du mariage, ne se poursuit pas dans le ciel. Après la résurrection, les relations naturelles prennent fin avec la vie terrestre, et sont remplacées par une condition spirituelle, céleste et glorieuse.

Christ remplira tous les cœurs et occupera toutes les pensées, dans le repos éternel d’une activité parfaite.

Pour Dieu tous vivent (Luc 20. 38). A la création, Dieu a formé l’homme d’un corps tiré de la terre et d’une âme vivante, par le souffle divin (Gen. 2. 7). Par le péché, la mort est réservée à tous les hommes. (Héb. 9. 27). Le corps retourne à la terre, et l’esprit, la partie immatérielle de notre être, à Dieu qui l’a donné (Éccl. 12. 7).

Ainsi la mort ne constitue qu’une séparation provisoire du corps et de l’âme. A la résurrection ils seront à nouveau réunis. Mais pour les croyants, c’est la résurrection de vie dans la félicité éternelle, lors de la venue du Seigneur ; et pour les incrédules, c’est la résurrection de jugement (Jean 5. 28 et 29), dans les tourments éternels, après le règne de mille ans (Apoc. 20. 10 à 15).

Ne te laisse pas égarer par les raisonnements trompeurs des sadducéens du christianisme, mais reçois simplement par la foi cette grande vérité de la résurrection, fondement de l’espérance chrétienne (Rom. 10. 9 ; 1 Cor. 15. 16, 17 et 20).

Question de Jésus aux pharisiens (Mat. 22. 41 à 46 ; Marc 12. 35 à 37 ; Luc 20. 41 à 44).

Jésus Christ, fils de David.

C’est au tour de Jésus de poser aux pharisiens assemblés une question relative à Sa gloire divine. Vont-ils reconnaître Ses droits de Seigneur d’après les Écritures (Rom. 10. 12) ou bien choisiront-ils de rester ignorants ?

Dans un premier temps, le Seigneur leur demande : « Que vous semble-t-il du Christ ? – de qui est-il fils ? » Ils lui disent : De David (Mat. 22. 42). Les scribes savaient que le Messie devait être un descendant de David (Jér. 23. 5 ; És. 9. 6 et 7 ; 1 Chron. 17. 11 à 13 ; Ps. 89. 3 et 4, 35 et 36).

Mais Jésus leur pose une autre question embarrassante en relation avec le Psaume 110. 1 : « Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? » Maintenant ils n’ont rien à répondre et leur confusion est telle qu’ils n’osent plus l’interroger. Leur ignorance est liée à leur incrédulité.

Seule la foi pouvait discerner la nature divine de Christ. Jésus Christ est bien le fils de David, selon la chair, comme Sa généalogie le précise (Mat. 1. 1 et Luc 1, 32). Il est aussi Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous » (És. 7. 14 ; Mat. 1. 23). Cette origine divine est clairement affirmée en Michée 5. 2 et dans le Psaume 2. 7, au moment de Son incarnation.

Venu ici-bas, Jésus n’a pas occupé le trône de David, mais les hommes L’ont méprisé, rejeté et crucifié. Lui-même s’est abaissé, étant devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix. Mais Dieu, L’ayant ressuscité, L’a exalté dans le ciel sur Son trône, et Lui attribue la domination sur toutes choses, en attendant de mettre Ses ennemis sous Ses pieds. C’est alors qu’Il régnera sur Israël. Son peuple le reconnaîtra comme son Messie, Celui qu’il avait autrefois retranché (Dan. 9. 26).

Dans leur incrédulité tenace, ces pharisiens rejettent la sagesse qui les confond. Ils préfèrent entretenir la haine de leur cœur contre Jésus, dans le désir de Le faire mourir. Ils veulent se débarrasser du témoin fidèle et véritable, inconscients de leur état de perdition. Que de personnes leur ressemblent aujourd’hui, se fiant à leur intelligence naturelle. Elles rejettent la vérité divine qui sonde leur cœur et leur conscience, et n’éprouvent pas le besoin d’être sauvées par la foi en l’œuvre expiatoire de Christ.

Par contre, la foi a toujours su reconnaître Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant (Jean 1. 42 ; Mat. 16. 16). Ainsi Jésus, quoique méprisé, était le Seigneur de David, et Son fils selon la chair. Il est le Fils de Dieu, et le Fils de l’homme, héritier de toutes choses (Héb. 1. 2). Ainsi Jésus glorifié, à la droite de Dieu dans le ciel, est la source de toute bénédiction pour Ses chers rachetés.

Les deux pites de la veuve (Marc 12. 41 à 44 ; Luc 21. 1 à 4).

Assis vis-à-vis du trésor du temple, Jésus regardait comment la foule jetait de la monnaie au trésor Ce regard pénétrant de Jésus ne considère pas seulement la main qui donne, mais aussi les motifs secrets du cœur.

Parmi les riches qui donnaient beaucoup, il découvre une pauvre veuve qui jeta deux pites, somme équivalant à cinq centimes environ. Selon l’estimation des hommes, quelle offrande insignifiante, comparée aux dons de ceux qui, fortunés, donnaient de leur superflu ! Mais ce qui compte, c’est l’appréciation du Seigneur : « cette pauvre veuve a jeté plus que tous les autres… de sa pénurie, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Dieu apprécie nos dons en fonction de ce que nous gardons pour nous-mêmes, et non d’après ce que nous offrons. Cette veuve n’a rien conservé pour elle-même. Le Seigneur se plaît à révéler un tel dévouement, la beauté morale d’un tel acte de foi. Elle devait désormais se confier en Dieu pour obtenir sa subsistance, puisqu’elle avait donné ses dernières ressources (1 Tim. 5. 5).

Comme elle, puissions-nous être pénétrés de la bonté de Dieu, pour L’honorer, en Lui offrant ce qui vient de Lui ! David offrant volontairement des trésors pour la maison de l’Éternel déclare : « Tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 14 à 17). Ce qui explique la riche libéralité des assemblées de la Macédoine, malgré leur profonde pauvreté, c’est que ces saints s’étaient donnés premièrement au Seigneur (2 Cor. 8. 1 à 5).

Ne sommes-nous pas exhortés à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent ? (Rom 12. 1). C’est l’entière consécration de nos vies à Dieu, en retour de Ses compassions.

Dans le mouvement du cœur de cette veuve qui ne possédait que deux pites, il y a un encouragement pour ceux qui ne disposent que de faibles ressources. Le Seigneur apprécie encore dans ce cas tout don fait par amour pour Lui. Comme l’exprime l’apôtre : « Si la promptitude à donner existe, elle est agréable selon ce qu’on a, et non pas selon ce qu’on n’a pas » (2 Cor. 8. 12). Puissions-nous réaliser en pratique ce que nous chantons parfois :

« Seigneur, toi qui pour nous t’offris en sacrifice,

Remplis-nous de ferveur pour mettre à ton service

Nos jours, nos biens, nos corps, nos cœurs ».

N’oublions pas, chers amis, les paroles de Jacques : « Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? » (2. 5)

Que la foi opérante par l’amour nous anime jusqu’au retour du Seigneur !

Jésus censure les scribes et les pharisiens.

Sa lamentation sur Jérusalem. (Mat. 23 ; Marc 12. 38 à 40 ; Luc 20. 45 à 47).

Jésus met en garde les foules et les disciples contre les scribes et les pharisiens (Mat. 23. 1 à 12).

Jésus vient de réduire au silence les différentes catégories de ses adversaires. Maintenant il prononce un discours où Il commence par avertir les foules et les disciples contre les scribes et les pharisiens. Il les condamne bien plus sévèrement qu’il ne l’a jamais fait à l’égard d’un publicain ou d’un pécheur.

Il dénonce en vérité le mal qui les ronge : l’hypocrisie religieuse. Matthieu seul a conservé l’ensemble de ce discours, alors que Marc et Luc n’en donnent que quelques fragments.

Quelle responsabilité est celle de ces foules averties par le Seigneur au sujet de ces conducteurs qui les pousseront, quelques jours plus tard, à exiger la crucifixion de leur Messie ! Le Seigneur commence par reconnaître que le peuple doit garder la loi de Moïse, et l’accomplir comme ces chefs religieux le leur enseignent.

Mais leur conduite contredit cette loi, et ils ne se préoccupent pas de lui obéir. C’est pourquoi le Seigneur déclare : « ils disent et ne font pas » (v. 3). Ils chargent les autres de fardeaux pesants et difficiles à porter (v. 4) – mais Lui, Jésus, donne le repos à ceux qui sont chargés (11. 28).

Ne sommes-nous pas parfois concernés par ces paroles ?

Connaissant certaines vérités de l’Écriture, et étant capables, à l’occasion, de les communiquer à d’autres, sommes-nous prompts à les mettre en pratique ? (Jean 13. 17).

Puis le Seigneur souligne leur vanité, par leur désir d’être vus des hommes et d’occuper la première place. Dans les repas, les synagogues ou les places publiques, partout ils revendiquent la place honorifique en tant que rabbis, c’est-à-dire maîtres. Ils se contentent d’une apparence religieuse sans réalité, en élargissant les franges de leurs vêtements et leurs phylactères, (bandes de parchemin sur lesquelles on inscrivait des passages de la loi) (Deut. 6. 8 ; 11. 18).

En contraste, que voyons-nous dans la vie du Seigneur sur la terre ? De la crèche jusqu’à la croix, Il s’abaisse toujours plus, prenant la dernière place. Serviteur avant d’être conducteur, nul ne s’est abaissé comme Lui. Il revendique la gloire de Dieu seul. Pour Lui s’est réalisé ce qu’il exprime ici : « Quiconque s’abaissera sera élevé » (v. 12 ; Phil. 2. 6 à 11).

Les sept malheurs prononcés contre les scribes et les pharisiens (v. 13 à 36).

Au début de Son ministère, le Seigneur a prononcé neuf béatitudes pour les fils du royaume. Maintenant Il annonce sept malheurs condamnant les chefs religieux des Juifs, qui sont sur le point de réclamer Sa mort, ayant rejeté Sa Personne et Ses œuvres de grâce.

Toujours opposés à Jésus tout au long de Son ministère, ils tiennent à conserver leur position en vue, au milieu du peuple, utilisant le système légal pour nourrir leur orgueil. Ainsi ils ferment le royaume des cieux devant les hommes, n’y entrant pas eux-mêmes, mais empêchant les autres d’y entrer.

Pour pénétrer dans ce royaume, la soumission à l’autorité de Christ, reconnu comme roi, est nécessaire. Il faut devenir « comme les petits enfants » (Mat. 18. 3).

Hypocrites dans leur position, ces conducteurs religieux, ces chefs du peuple, l’étaient aussi dans leur zèle déployé pour recruter des adeptes de la religion juive parmi les nations (v. 15). Et ce nouveau prosélyte était deux fois plus « fils de la géhenne » que les pharisiens qui l’avaient gagné à leur cause. II avait, à travers leur hypocrisie, des traits plus marqués qu’eux, comme étant passible des tourments éternels de l’enfer.

Puis le Seigneur leur reproche, dans le troisième malheur (v. 16 à 22), d’introduire des ordonnances imaginaires à propos d’une certaine manière de faire des serments. Ils discréditent ainsi ce qui a une réelle valeur aux yeux de Dieu, la maison de Dieu, au profit des choses matérielles : l’or du temple, l’autel de Dieu. Ils ne retiennent que l’offrande.

Cette religion, qui s’arrête aux objets matériels, ne manque pas d’attrait pour l’homme naturel. De plus, dans le quatrième malheur, Jésus souligne leur exactitude scrupuleuse dans les petits détails sans importance, alors qu’ils délaissent les choses plus importantes de la loi : le jugement, la miséricorde et la fidélité.

Certes, payer la dîme était une prescription de la loi (Deut. 14. 23 à 29), même si la dîme n’était pas fixée sur des herbes. Un tel formalisme peut bien convenir à un incrédule. Mais pratiquer ce qui est juste, être enclin à la miséricorde comme l’est notre Père dans les cieux (Luc 6. 36), et ne pas douter de la fidélité de Dieu, ne peut découler que de la vie divine dans un croyant.

Ainsi à quatre reprises le Seigneur dénonce leur aveuglement, eux qui coulaient le moucheron et avalaient le chameau.

Quant aux deux autres malheurs (v. 25 à 28), sans aucun ménagement et dans son indignation, Jésus lève le masque de ces pharisiens, qui trompent la confiance des simples. Leur hypocrisie consiste à vouloir paraître justes aux hommes. Semblables à des coupes et des plats nettoyés au dehors, ils sont pleins de rapine et d’intempérance au dedans. Usant de leur autorité, ils s’approprient ce qui ne leur appartient pas, et manquent de sobriété. C’est à partir d’un cœur purifié par la foi en Christ et en son œuvre, qu’une pureté extérieure peut être manifestée.

Et le Seigneur les compare ensuite à des sépulcres blanchis, faisant ressortir qu’ils sont corrompus intérieurement, morts aux yeux de Dieu, malgré des apparences trompeuses (Ps. 51. 6 ; 2 Cor. 5. 10).

Enfin, en bâtissant des tombeaux aux prophètes que leurs pères idolâtres ont tués, ils oublient que ces prophètes ont annoncé la venue de Christ qui, au milieu d’eux, est rejeté et bientôt mis à mort (v. 29 à 36). Ainsi ils portent les mêmes caractères moraux que leurs pères, et comblent leur mesure. Serpents, race de vipères, comment pourraient-ils échapper au jugement éternel ?

Lamentations sur Jérusalem (v. 37 à 39).

Jésus va laisser déserte cette maison de Dieu qui n’est plus que leur maison. Il aurait bien voulu offrir à cette ville de Jérusalem l’occasion de se réfugier sous Ses ailes, mais Il doit déclarer : « vous ne l’avez pas voulu ». Il ne serait plus vu jusqu’à ce qu’ils disent : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Ps. 118. 26).

As-tu répondu aux appels de la grâce ?

Discours depuis la montagne des Oliviers.

Avènement du Fils de l’homme et le royaume (Mat. 24. 1 à 31 ; Marc 13. 1 à 27 ; Luc 21. 5 à 28).

Les chapitres 24 et 25 de Matthieu, comme aussi les parties correspondantes des évangiles de Marc et de Luc, abordent une succession d’événements prophétiques annoncés par le Seigneur, depuis Son départ jusqu’à l’établissement du royaume.

Question des disciples concernant le temple (Mat. 24. 1 à 3 ; Marc 13. 1 à 4 ; Luc 21. 5 à 7).

Les disciples voudraient faire partager au Seigneur leur admiration pour la belle apparence extérieure du temple qu’Il vient de quitter, étant rejeté de Son peuple (Mat. 23. 38 ; 24. 1) : « Maître, regarde, quelles pierres et quels bâtiments ! » (Marc 13. 1)

Mais le Seigneur avait déjà déclaré que cette maison de prière était devenue une caverne de voleurs (Mat. 21. 13). Et maintenant Il répond à Ses disciples que, malgré sa splendeur, ce temple serait entièrement détruit. C’est le sujet que Luc seul développe avec la destruction de Jérusalem par les Romains.

Intrigués par cette affirmation du Seigneur, quatre disciples Pierre, Jacques, Jean et André lui ont exprimé trois demandes : « Dis-nous quand ces choses auront lieu, et quel sera le signe de ta venue et de la consommation du siècle ». Le Seigneur donne Sa réponse, en parties distinctes, avec des avertissements et des exhortations appropriés aux besoins des disciples, au cours du temps s’écoulant jusqu’à Son retour en gloire.

Prédictions relatives à la destruction de Jérusalem (Luc 21. 8 à 24).

A cause de Son rejet, le Seigneur avait prédit les châtiments terribles devant tomber sur Israël et sur le monde. Mais si la masse du peuple reste incrédule, le Seigneur connaît ceux qu’Il a rachetés, et les avertit à l’avance des temps difficiles qu’ils auront à traverser.

Plusieurs exhortations se succèdent : prenez garde aux séducteurs se réclamant de mon nom (v. 8) ; ne vous épouvantez pas par les guerres et les bruits de guerre (v. 9) ; mettez dans vos cœurs de ne pas vous préoccuper à l’avance de votre défense vis-à-vis de vos adversaires (v. 14) ; possédez vos âmes par votre patience, en présence de vos persécuteurs (v. 19).

Luc s’occupe du jour où Jérusalem sera environnée d’armées. Les disciples devront fuir pour éviter de périr lors de la prise de la ville par Titus et par les Romains en 70. Et c’est ce qui s’est produit effectivement pour tous ceux qui ont profité des recommandations du Seigneur.

Dès lors, Jérusalem est foulée aux pieds pendant que dure le temps des nations. Dieu avait retiré le gouvernement du monde à Israël pour l’attribuer aux nations. Ce qui est primordial dans ces événements prophétiques, c’est l’histoire actuelle et future du peuple terrestre de Dieu.

Un commencement de douleurs (Mat. 24. 4 à 14 ; Marc 13. 5 à 13).

Les prophéties du Seigneur, en Matthieu et en Marc, envisagent les événements de la fin, lors de Son apparition en gloire, pour introduire Son royaume sur la terre par des jugements. Ce sera la consommation du siècle qui se déroule depuis la mort de Christ. C’est le temps où le dieu de ce siècle, Satan, aveugle les pensées des incrédules pour les entraîner vers la perdition.

Jésus relate ici ce qui se produira peu avant la fin. Le témoignage des disciples en ce temps-là aura le même caractère, et affrontera les mêmes circonstances que celui rendu au Seigneur au moment de Son départ.

Les disciples sont avertis contre les séducteurs préparant la venue de l’Antichrist. Dieu exercera Ses jugements envers les hommes trompeurs et violents : guerres, famines, pestes et tremblements de terre. Ce sera un commencement de douleurs pour la réalisation des voies de Dieu. Les persécutions des disciples de Christ, à cause de Son nom, seront multipliées. L’iniquité prévaudra et l’amour de plusieurs sera refroidi ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin connaîtra la délivrance.

Dans ce temps-là l’évangile du royaume sera prêché à toutes les nations, préparant ceux qui le recevront pour le royaume terrestre de Christ (Mat. 24. 14).

L’Esprit de Dieu passe sous silence le temps actuel de la grâce, où l’Église est rassemblée depuis la Pentecôte en Actes 2 jusqu’à la venue du Seigneur pour l’enlever au ciel.

La grande tribulation et la venue du Fils de l’homme (Mat. 24. 15 à 31 ; Marc 13. 14 à 27 ; Luc 21. 25 à 28).

C’est après l’enlèvement de l’Église que se situe ce temps d’épreuve effrayant dont la durée de trois ans et demi est annoncée par Daniel (9. 27). Si ces jours n’avaient pas été abrégés, nulle chair n’aurait pu être sauvée. Ce sera la grande tribulation ou la détresse de Jacob (Jér. 30. 7).

Le signe distinctif marquant le début de cette période sera l’idole, appelée abomination, établie dans le lieu saint, devant laquelle les Juifs apostats, ayant à leur tête l’Antichrist, se prosterneront sous peine de mort (Apoc. 13. 15).

L’Antichrist séduira les nations, souillera le temple (v. 15), et persécutera avec une rage diabolique les fidèles qui devront s’enfuir sans tarder. Accédant à leur prière, Dieu préparera lui-même leur fuite.

Nous pouvons admirer toute la sympathie de Jésus à l’égard de ces fidèles dont beaucoup seront martyrs pour Son nom. Ses exhortations ne peuvent être que profitables pour nous ; persévérez (v. 13), priez (v. 20), veillez (v. 42). Le culte idolâtre de l’Antichrist entraînera une désolation totale en Israël.

Lors de l’apparition subite du Fils de l’homme, le temps de la patience de Dieu ayant pris fin, le châtiment s’exercera inexorablement contre les incrédules, aussi bien parmi les Juifs que parmi les nations. Toute la terre sera purifiée par des jugements.

Le peuple élu et les nations ayant accepté l’évangile du royaume, entreront dans les bénédictions du règne de justice et de paix, comme la terre n’en aura jamais connu.

Discours de la montagne des Oliviers.

Avènement du Fils de l’homme et le royaume (Mat. 24. 32 à 51 ; Marc 13. 28 à 37 ; Luc 17. 26 à 36 ; 21. 28 à 38).

Après les enseignements prophétiques de Jésus à Ses disciples sur Sa venue et les événements préalables, Il les rend attentifs aux caractères des fidèles et de leur service, au cours de la période se situant entre Son départ et Son retour pour établir Son règne sur la terre. Ainsi nous sommes concernés par ces enseignements du Seigneur.

Exhortations à la vigilance pour attendre le retour du Seigneur (Mat. 24. 32 à 44 ; Marc 13. 28 à 32 ; Luc 21. 28 à 33 ; 17. 26 à 36).

Pour signaler la certitude et l’imminence de Son apparition en gloire, Jésus évoque la parabole du figuier, image d’Israël. Lorsque son rameau est tendre et qu’il pousse des feuilles, c’est le signe que l’été est proche.

Pour le peuple juif reprenant vie, cet été rappelle le règne de Christ après l’hiver affreux de l’incrédulité et de la méchanceté de l’homme. Avec quelle sainte ferveur les fidèles attendront-ils le lever du soleil de justice ! (Mal. 4. 2)

La génération incrédule et perverse des Juifs au temps du Seigneur ne changera pas dans son opposition à Christ jusqu’au temps de la fin, où elle sera jugée lors de Sa venue. D’ailleurs Moïse avait déjà dénoncé le caractère d’une telle génération (Deut. 32. 5 et 20). Mais elle passera, de même que le ciel et la terre.

Seules les paroles de Jésus ne passeront point, comme aussi toute la Parole inspirée (1 Pier. 1. 23 à 25). Mais il s’agit de croire tout ce que Dieu nous dit, en particulier quant à l’avenir de ce monde, aux bénédictions réservées à la foi, et au jugement éternel pour ceux qui ont refusé de se repentir.

Le moment précis de l’apparition en gloire du Fils de l’homme est connu du Père seul, ce secret étant réservé à Sa propre autorité. Dieu permet que nous soyons dans l’ignorance de ce jour pour que ceux qui l’attendent soient maintenus dans un état de vigilance continuelle.

Car le danger est grand de s’endormir spirituellement, nos cœurs étant appesantis par la gourmandise et les convoitises de la chair, l’ivrognerie et tout ce qui ôte le sens, les soucis de la vie (Luc 21. 34).

Le jour du Seigneur sera celui d’une tribulation universelle et subite. Il surprendra entièrement le monde incrédule et insouciant. Il en sera comme aux jours de Noé. En construisant son arche, il annonçait sans équivoque que des jugements allaient atteindre les hommes impies, assoiffés de jouissances terrestres. Le déluge vint et « les fit tous périr ».

Luc parle des jours de Lot où il n’est plus question de se marier ; on recherchait aussi les plaisirs terrestres et les intérêts matériels jusqu’au jour où « il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr ».

Il en sera de même au jour où le Fils de l’homme sera manifesté (Luc 17. 26 à 30). Une distinction très nette est formulée entre ces incrédules qui seront pris pour les jugements, et ceux qui, ayant mis leur confiance dans le nom du Seigneur, seront laissés pour les bénédictions du règne.

Remarquons toutefois la différence avec ce qui se passera lors de l’enlèvement de l’Église. Le Seigneur enlèvera tous les vrais enfants de Dieu. Seuls seront laissés ceux qui subiront le jugement lors de Son retour en gloire.

N’oublie pas que tu peux avoir des parents chrétiens, et ne pas être un enfant de Dieu !

Ces enseignements solennels du Seigneur ont pour but de nous inciter, comme rachetés, à une attente persévérante de Son retour qui se produira en un clin d’œil (1 Cor. 15. 52). Marc met en relief l’importance de prendre garde (13. 5, 9, 23, 33), de veiller (13. 33 à 35, 37) et de prier (13. 33).

Attendre le Seigneur avec la patience de la foi ne peut que révéler notre amour pour Lui, notre dévouement dans l’obéissance à Sa Parole. Comme le maître de la maison, soyons déterminés à ne pas nous laisser ravir ce que nous possédons par grâce.

L’esclave fidèle et prudent et le méchant esclave (Mat. 24. 45 à 51 ; Marc 13. 34 à 37).

A la lumière du passage de Marc 13. 37 nous sommes concernés par l’enseignement du Seigneur : « Ce que je vous dis, à vous, je le dis à tous : Veillez ».

La maison aujourd’hui représente l’ensemble des chrétiens. Tous ceux qui se réclament du nom de Christ sont appelés à Le servir, comme esclaves établis par le maître sur les domestiques de sa maison pour leur donner de la nourriture en son temps. Le Seigneur a en vue le ministère de la Parole parmi les chrétiens (Act. 20. 28 ; 1 Tim. 1. 12).

Deux qualités sont requises de ces esclaves : la fidélité pour ne pas s’écarter des enseignements connus de l’Écriture, et la prudence, c’est-à-dire la sagesse communiquée par le Saint Esprit pour répondre aux besoins et aux circonstances de chacun.

L’esclave, ayant servi selon la volonté du maître dans l’attente de son retour, sera déclaré bienheureux. Il sera établi sur tous les biens de son maître au jour de son règne glorieux.

Mais des hommes au sein de la maison peuvent occuper une place de serviteurs, perdant de vue le retour du maître. Ils disent dans leur cœur : « Mon maître tarde à venir ».

Ils vont alors se comporter de manière opposée à la volonté du Seigneur. Ils ne se soucient nullement de leurs responsabilités, maltraitent leurs compagnons de service, dominent avec dureté sur les âmes, tout en s’associant aux plaisirs de ce monde et aux ivrognes.

Combien de serviteurs infidèles, revendiquant une autorité religieuse, dans l’oubli du retour du Seigneur, se sont levés au cours de l’histoire de l’Église, se compromettant avec un monde caractérisé par la corruption et la violence. Le maître les traite comme de méchants esclaves. Ils partageront le terrible sort des hypocrites, là où seront les pleurs et les grincements de dents, les tourments éternels. Ils sont jugés selon la position qu’ils auront occupée eux-mêmes.

Retenons les déclarations impératives du Seigneur : Soyez prêts, prenez garde, veillez, et priez. Lui-même dit à chacun des siens : « Je viens bientôt » (Apoc. 22. 7, 12 et 20).

La parabole des dix vierges (Mat. 25. 1 à 13).

À la rencontre de l’époux (v. 1).

Le Seigneur présente la dixième et dernière parabole du royaume des cieux. Elle traite de la responsabilité individuelle pendant l’absence de Christ. Le roi est caché dans les cieux après avoir été rejeté du monde.

C’est le temps où ceux qui l’ont reçu lui rendent témoignage par le Saint Esprit, envoyé sur la terre à la Pentecôte, jusqu’au retour du Seigneur pour enlever Son Assemblée. Le royaume des cieux comprend une sphère plus étendue que l’Assemblée, tout en l’incluant.

Cette parabole peut donc s’appliquer aux saints de la période actuelle, à la veille du retour de Jésus. Le début de la parabole souligne l’élan spontané des premiers chrétiens qui, très tôt, ont été instruits quant à cette vérité. Les Thessaloniciens s’étaient tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils (1. 9 à 10).

Ces croyants du début de l’ère chrétienne étaient sortis à la rencontre du Seigneur. Ils avaient quitté, soit le système judaïque condamné, soit le paganisme plongé dans l’idolâtrie.

Les dix vierges (v. 2 à 5).

Le Seigneur compare le royaume des cieux, selon la coutume orientale de l’époque, à dix vierges sorties à la rencontre de l’époux. Arrivant de nuit vers la salle de festin, l’époux était escorté et éclairé sur son parcours par des jeunes filles. Ce service accompli, elles avaient le privilège d’entrer avec lui aux noces.

Ces dix vierges ayant pris leurs lampes, représentent ceux qui, ayant entendu l’Évangile proclamé en tous lieux, ont fait profession de christianisme. Ils sont sortis pour attendre le Seigneur. Mais hélas ! de bonne heure se sont glissées parmi les croyants des personnes ayant embrassé le christianisme comme religion, sans avoir été vivifiées.

N’ayant pas la puissance du Saint Esprit pour manifester les traits de la vie divine, elles sont représentées par les cinq vierges folles qui avaient des lampes sans huile pour les alimenter.

N’était-il pas inconséquent de s’engager à projeter de la lumière, peut-être toute une nuit, sans prendre l’huile nécessaire ? (v. 3 ; Rom. 8. 8 et 9)

Par contre, les cinq vierges prudentes avaient pris de l’huile dans leurs vases, bien conscientes de leur service. Elles évoquent ceux qui, dans la chrétienté, ont la vie de Dieu et dont le Saint Esprit, habitant en eux, fait briller les caractères dans l’attente du retour de Christ (1 Jean 2. 20 et 27 ; 2 Cor. 1. 21 et 22 ; Éph. 1. 13 ; 1 Cor. 6. 19 ; Phil. 2. 15 et 16).

Mais les chrétiens dans leur ensemble n’ont pas persévéré dans cette attente. L’Église a perdu la réalisation de sa vocation céleste, se laissant séduire par le monde. Le sommeil spirituel dans lequel ont sombré les chrétiens a duré bien des siècles. C’est bien ce que souligne le Seigneur : « elles s’assoupirent toutes et s’endormirent » (v. 5).

Le cri de minuit (v. 6 à 9).

« Mais au milieu de la nuit il se fit un cri : Voici l’époux ; sortez à sa rencontre » (v. 6).

Ce cri de minuit a retenti au début du dix-neuvième siècle, lors d’un réveil produit par le Saint Esprit. Cette vérité du retour du Seigneur pour enlever Son Église, perdue de vue depuis de nombreux siècles, a été remise en lumière, produisant ses effets sanctifiants. Les croyants étaient appelés à sortir cette fois de l’état de sommeil dans lequel la chrétienté était plongée par manque de vigilance (2 Cor. 6. 17).

Tant que les vierges étaient endormies, on n’aurait guère pu distinguer les prudentes des folles. Mais au réveil, la différence est évidente lorsqu’elles apprêtent leurs lampes. Les lampes de celles qui n’avaient pas d’huile avec elles s’éteignirent aussitôt.

Que peut apporter une religion sans vie ? L’huile manque et il n’y a pas de lumière pour le Seigneur, ce que le Saint Esprit peut seul produire. Angoissées, « les folles dirent aux prudentes : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent » (v. 8). En accord avec ce qu’elles avaient fait elles-mêmes, les vierges prudentes renvoient les folles à la source, là où elles pouvaient obtenir de l’huile.

Il est impossible au croyant, possédant la vie divine, scellé du Saint Esprit, de communiquer cette vie à quiconque, aussi cher qu’il lui soit. C’est l’œuvre exclusive de Dieu. Cependant il importe que les fidèles soient réveillés pour avertir leurs proches, parfois de simples professants (Rom. 13. 11 et 12 ; 1 Thess. 5. 4 à 8).

L’entrée des noces (v. 10 à 13).

Pendant que les vierges folles allaient acheter de l’huile, « l’époux vint ; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces » (v. 10). Leur service accompli, elles vont occuper leur place avec l’époux dans la salle des noces.

Mais pour celles qui n’étaient pas prêtes, une parole terrifiante fixe leur sort éternel : « Et la porte fut fermée ». Nul ne pourra l’ouvrir. C’est la séparation définitive entre ceux qui, dans la lumière, jouissent d’un bonheur ineffable, et ceux qui, dans les ténèbres du dehors, ont pour partage les pleurs et les grincements de dents.

Malgré les supplications incessantes des vierges folles, le Seigneur leur répond : « En vérité, je vous dis : je ne vous connais pas » (v. 12 ; 7. 23). II les considère comme des étrangers pour lui, car il connaît ceux qui sont siens (2 Tim. 2. 19).

L’exhortation terminant la parabole nous concerne de très près : « Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (v. 13). Nous parvenons au terme du jour de la grâce. Que nos cœurs soient vigilants pour attendre celui qui nous dit : « Je viens bientôt » (Apoc. 3. 11).

Le temps appartient à Dieu seul. Aujourd’hui est le jour favorable pour accepter le salut que Dieu offre gratuitement. Demain risque d’être trop tard.

Suis-je prêt pour la venue du Seigneur Jésus ?

Jugement des nations à la venue du Fils de l’homme (Mat. 25. 31 à 46).

Après avoir montré toute l’importance de la vigilance et de la fidélité du serviteur dans l’attente de Son retour, Jésus reprend le récit prophétique des temps de la fin, interrompu aux versets 30 et 31 du chapitre 24, lors de l’apparition glorieuse du Fils de l’homme pour son peuple terrestre.

Apparition du Fils de l’homme en gloire (v. 31).

Actuellement le Seigneur est dans le ciel, assis à la droite de Dieu, jusqu’à ce que Ses ennemis soient mis pour marchepied de Ses pieds (Héb. 10. 12 et 13). Bientôt Il va se lever pour les détruire en vue d’établir Son règne de justice et de paix.

Il commencera par exterminer les armées de l’empire romain avec leur chef, « la bête », et le faux prophète ou l’Antichrist qui sera à la tête des Juifs apostats (Apoc. 19. 11 à 21).

Puis le Fils de l’homme exercera un terrible châtiment envers les nations voisines d’Israël, liguées avec l’ennemi implacable, l’Assyrien ou roi du Nord, oppresseur du peuple de Dieu (Ps. 83 ; És. 29. 5 à 7 ; Éz. 38 et 39 ; Zach. 14. 2 et 3).

Enfin le Fils de l’homme s’assiéra sur le trône de Sa gloire pour juger les nations subsistant au temps de Son apparition.

Jugement séparatif (v. 32 et 33).

Après les jugements guerriers, le Fils de l’homme, assis sur Son trône établi en paix, jugera les nations vivant à ce moment-là, et auxquelles l’évangile du royaume avait été annoncé. Selon une sagesse infaillible pour discerner et séparer, Il prononcera Son jugement judiciaire et individuel.

Tel un berger, il séparera les brebis d’avec les chèvres, en deux groupes distincts, et les conséquences de Son jugement seront éternelles, comme pour le jugement des morts, devant le grand trône blanc, après le millénium (Apoc. 20. 11 à 15).

Dans les deux cas les hommes sont jugés selon leurs œuvres, manifestant en public l’état des cœurs, mais aussi à quel point le jugement de Dieu est justifié.

Les brebis, que le berger connaît et met à Sa droite, représentent ceux qui ont écouté et reçu les messagers du roi leur ayant prêché l’évangile du royaume, tout en subissant des privations, des afflictions et des persécutions. Le Seigneur semble évoquer ici l’accueil réservé à Ses propres disciples annonçant le royaume de Dieu (10. 40 à 42), et dont la mission sera reprise par le résidu pieux de la nation juive des temps de la fin.

Ces messagers, le Seigneur les appelle « mes frères » (v. 40). Cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière (24. 14) à ceux qui n’auront pas entendu l’évangile de la grâce. C’est l’éternelle bonne nouvelle dont le thème est présenté en Apocalypse 14. 6. Il aura pour but de disposer les cœurs, après un travail de conscience, à recevoir le Roi de gloire pour entrer dans Son royaume. Les chèvres caractérisées par l’indépendance et l’indifférence vis-à-vis des messagers du Roi, seront placées à sa gauche pour leur malheur éternel.

Bénédiction des justes (v. 34 à 40).

Ces justes, appelés les bénis du Père, hériteront avec le Fils de l’homme du royaume préparé dès la fondation du monde. Ils connaîtront sur la terre purifiée par les jugements un bonheur parfait, car alors régneront la justice et la paix (5. 6 et 9).

Le Seigneur n’oublie pas comment, auparavant, ils ont sympathisé avec la souffrance de ses messagers de l’évangile du royaume, ils se sont identifiés avec eux dans leurs privations et leurs persécutions. Le Seigneur tient compte de tout ce qui est fait à l’un des Siens, comme si cela s’adressait à Lui-même. Saul ignorait qu’il persécutait le Seigneur dans la gloire, en poursuivant de sa haine ceux qui croyaient en Lui (Act. 9. 5).

Le Seigneur déclare que, en recevant les envoyés du Roi, en croyant leur message, c’était comme s’ils L’avaient accueilli Lui-même. Déclarés justes, ils entreront dans la vie éternelle, un bonheur ineffable sous le règne de Christ (v. 46).

Mais ces justes n’ont pas conscience d’avoir rendu de tels services au Roi. N’ayant pas agi pour une récompense, leur vrai motif était l’amour pour le Seigneur, sans qu’ils s’en soient rendu compte. Les occasions de servir le Seigneur aujourd’hui sont multiples, quel que soit notre âge, si nous Lui appartenons.

Puissions-nous poser la deuxième question de Saul sur le chemin de Damas : « Que dois-je faire, Seigneur ? » (Act. 22. 10) ! N’oublions pas non plus que Dieu prépare à l’avance les bonnes œuvres que nous accomplissons pour Lui (Éph. 2. 10). Le Seigneur disait à Ses disciples : « Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie, me reçoit » (Jean 13. 20).

Malédiction des injustes (v. 41 à 46).

Ceux que le Roi maudit et envoie dans le feu éternel ne sont pas condamnés pour avoir persécuté et emprisonné Ses serviteurs, mais pour les avoir ignorés, n’ayant pas pris soin d’eux, tout en opposant un refus à l’évangile du royaume. Le Seigneur révèle leur indifférence coupable, s’Il ne relève pas même une hostilité déclarée.

Prêtons une sérieuse attention à ce que Dieu nous dit par sa Parole, sinon « comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? » (Héb. 2. 3). Un même sort atteindra tous ceux que Dieu n’a pas inscrits dans le livre de vie : le feu éternel que Dieu a préparé pour le diable et ses anges. Il n’y a que deux issues possibles pour l’homme après la mort : les tourments éternels ou la vie éternelle pour les justes.

As-tu la vie ? (Deut. 30. 19).

Complot contre Jésus (Mat. 26. 1 à 5 ; Marc 14. 1 et 2 ; Luc 22. 1 et 2).

Le Seigneur vient de terminer Ses discours en public. Maintenant Il déclare en toute simplicité à Ses disciples ce qui va arriver. « La Pâque est dans deux jours, et le Fils de l’homme est livré pour être crucifié ». Il veut fixer leurs pensées sur Ses souffrances et Sa croix.

Vrai Agneau de la Pâque, Il devait souffrir et mourir afin d’accomplir les conseils de Dieu, et obtenir une rédemption éternelle pour tous ceux qui accepteraient par la foi Son œuvre parfaite. Il va se livrer Lui-même en sacrifice volontaire, pour glorifier Dieu et sauver Son assemblée, c’est-à-dire Son épouse et les croyants de toutes les économies.

Ainsi se réalisera ce que le serviteur hébreu exprimait en type : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre » (Ex. 21. 5).

Assemblés dans le palais du souverain sacrificateur, appelé Caïphe, les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tiennent conseil pour exécuter leur dessein criminel. Mais ils voudraient éviter de faire mourir Jésus pendant la fête, craignant les foules attirées à Jérusalem à cette occasion. En effet, les foules tenaient Jésus pour un prophète (Mat. 21. 46), et elles prenaient plaisir à L’entendre (Luc 19. 48).

Malgré toute la ruse de ces hommes religieux voulant éviter le tumulte parmi le peuple, seul ce que Dieu a décrété s’accomplira. Et Jésus annonce Lui-même Sa crucifixion avant que ces hommes au cœur dur et à la conscience cautérisée n’aient pris leur décision. Dieu avait arrêté à l’avance que Christ, la vraie Pâque, serait sacrifié ce jour-là.

Trahison de Judas (Mat. 26. 14 à 16 ; Marc 14. 10 et 11 ; Luc 22. 3 à 6).

Satan a préparé un instrument pour exécuter le complot inique des chefs du peuple. C’est Judas, l’un des douze disciples choisis par le Seigneur. Pourquoi ce choix de Judas ? Sans doute pour mettre en évidence les perfections morales de Jésus tout au long de Son ministère, s’exerçant en présence d’un homme dont Il savait qu’il Le livrerait.

En outre la Parole fait ressortir aussi la différence cruciale entre le remords de Judas, dont l’issue fatale est dans le malheur éternel, et la repentance d’un Pierre croyant, ayant renié son Maître qui avait prié pour lui afin que sa foi ne défaille pas.

Judas avait respiré l’odeur du parfum répandu sur les pieds de Jésus à Béthanie, mais son cœur endurci par l’amour de l’argent, malgré ses égards apparents pour les pauvres, était indifférent en présence d’une telle scène d’adoration. La proximité du Seigneur, si utile aux autres disciples, n’avait aucun effet sur le cœur et la conscience de Judas. Il avait nourri secrètement une convoitise au lieu de la juger. Avare, il devient voleur, hypocrite, puis il va trahir son Maître pour de l’argent.

Judas étant dominé par le péché, Satan va prendre possession de lui, celui qu’il a fasciné : « Et Satan entra dans Judas » (Luc 22. 3). Dès lors, dans cet état effrayant, il peut mettre à exécution son funeste projet. Il aborde les sacrificateurs en vue de négocier le prix qui lui serait payé pour leur livrer Jésus. Ils lui comptèrent trente pièces d’argent, le prix d’un serviteur sous la loi (Ex. 21. 32), « le prix magnifique » auquel Jésus a été estimé par les chefs du peuple (Zach. 11. 13).

Célébration de la Pâque (Mat. 26. 17 à 20 ; Marc 14. 12 à 17 ; Luc 22. 7 à 18).

Voici venu le moment de célébrer la dernière Pâque de la vie de Jésus ici-bas. Elle fut alors observée selon sa pleine signification, car Celui qui l’avait instituée était là pour y participer. Le lendemain, Il serait Lui-même le véritable Agneau de Dieu mourant sur la croix.

Pour les préparatifs de la Pâque, rien n’est laissé à l’initiative des disciples. C’est Jésus qui fixe tout : le moment, la manière, le lieu.

Les disciples, par leur question, montrent que le choix appartient au Seigneur.

N’est-ce pas à Lui que revient le choix d’un lieu de rassemblement pour les Siens ? Et tout est simple lorsqu’on s’attend à Lui. N’a-t-Il pas la connaissance de toutes choses ?

Un homme portant une cruche d’eau vient à la rencontre de Pierre et de Jean envoyés par le Seigneur. N’est-ce pas la figure du Saint Esprit procurant les rafraîchissements de la Parole de Dieu ?

Le maître de la maison était connu du Seigneur et son cœur était disposé à reconnaître les droits de son Maître. C’est pourquoi il offre une grande chambre garnie à Celui qui n’avait pas de « lieu où reposer sa tête ».

Quand l’heure fut venue, Jésus se mit à table avec les douze apôtres en leur disant : « J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous avant que je souffre ». Dans Son amour parfait, Il exprime un besoin de Son cœur. Et Il ajoute qu’Il n’en mangerait plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu (Luc 22. 16).

Cette pâque marquait la fin du régime de la loi, de toute relation du Seigneur avec Son peuple selon la chair. Et le sacrifice de Christ serait le fondement des bénédictions de la terre pour Israël et les nations, mais il introduisait aussi un nouvel état de choses célestes.

Puis le Seigneur prit la coupe accompagnant la pâque, rendit grâces et dit : « Prenez ceci et le distribuez entre vous, car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu » (Luc 22. 17 et 18). Il ne pourrait participer au vin, symbole de la joie en Israël, que dans un temps à venir, lorsque le royaume serait établi en gloire, sous le règne du Fils de l’homme.

En vertu de l’œuvre de la croix, Sa joie sera accomplie en relation avec Son peuple terrestre (Soph. 3. 17) et avec Son peuple céleste lors du repos éternel.

« Toi-même tu verras ce que ton cœur réclame :

De ton œuvre à la croix le fruit mûr et parfait ;

Tu jouiras, Seigneur, du travail de ton âme,

Et ton amour divin en sera satisfait »

(Hymnes et Cantiques N° 64 strophe 4).

Jésus lave les pieds des disciples (Jean 13. 1 à 11).

L’amour immuable de Christ (v. 1).

Ayant achevé Son service pour le monde ; le Seigneur va s’occuper de Ses disciples dans les chapitres 13 à 17, leur donnant des enseignements, des promesses et des consolations en vue de Son départ. Il ne s’occupe plus du monde, sinon pour prononcer sa condamnation.

Jésus étant rejeté de la terre, l’heure est venue pour Lui de passer de ce monde au Père.

Pourra-t-Il, après l’œuvre de la croix, comme Homme glorifié dans le ciel, continuer à entretenir des relations avec Ses disciples ? L’Esprit de Dieu donne ici la réponse : « Jésus… ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin », c’est-à-dire tant qu’il y aura des rachetés ayant besoin de Ses soins sur la terre.

Son amour parfait demeure actif en faveur des Siens. Il veut leur donner une part avec Lui, dans une nouvelle position, alors « qu’il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu ». Il reste leur serviteur en amour et ne les abandonnera pas (Ex. 21. 2 à 6). Ni l’horreur de la croix, ni la joie de s’en aller au Père n’ébranlent Son amour pour les siens.

Judas déterminé dans sa trahison (v. 2).

Or pendant qu’il était à souper avec Ses disciples, le diable met dans le cœur de Judas de Le livrer. Cette mention semble renforcer la beauté de la scène qui suit. Tout est contraste entre l’amour et la haine, entre le Sauveur et Satan, entre les Siens et le traître.

Jésus accomplit l’œuvre d’un esclave (v. 3 à 5).

Le Seigneur savait ce qui pourrait priver les Siens de la jouissance de leur part avec Lui, là dans le ciel où Il allait être élevé : c’est le péché attaché à leur marche dans ce monde souillé, rempli de corruption et de violence. Comme est précieuse cette communion les unissant à Lui dans la gloire – et pourtant elle peut être interrompue à tout instant dès qu’ils pèchent !

C’est pourquoi le Seigneur, en vue de rétablir la jouissance de cette communion, va laver les pieds des disciples, accomplissant l’humble service d’un esclave. Jésus « se lève du souper et met de côté ses vêtements ; et ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il verse de l’eau dans le bassin, et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint ».

L’eau versée dans le bassin représente un effet de la Parole de Dieu. Elle applique la mort au vieil homme et à ses actes. Rien de la nature adamique ne subsiste devant Dieu. C’est pourquoi la mort de Christ était nécessaire. De Son côté percé par la lance du soldat romain sortit du sang et de l’eau. Le sang expie les péchés et l’eau purifie de tout ce que l’homme est en Adam.

Lorsqu’un croyant contracte une souillure, fruit de la nature pécheresse, sous l’effet de la Parole atteignant son cœur et sa conscience, par la puissance du Saint Esprit, il jugera ce péché en le confessant, et sera pleinement purifié. C’est le service actuel que le Seigneur accomplit pour les Siens, en amour, de la gloire où Il se trouve (Jean 5. 3 ; Éph. 5. 26 ; 1 Jean 1. 9).

Il n’est pas question ici du sang, car le sujet traité est la pureté et non l’expiation. Le sang parle de la mort de Christ dans son caractère expiatoire et répond aux exigences de la justice divine. L’eau répond aux exigences de la sainteté, la mort de Christ mettant fin à notre état de souillure.

L’ignorance de Pierre (v. 6 à 10).

Pierre se sentant indigne d’avoir les pieds lavés par le Seigneur Jésus déclare : « Tu ne me laveras jamais les pieds ». Jésus lui répond : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi », une part avec Christ dans la nouvelle position qu’Il allait occuper dans le ciel. Aussitôt Pierre voudrait qu’Il lui lave aussi les mains et la tête. Et Jésus ajoute : « Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ; et vous, vous êtes nets » (v. 10).

Le premier lavage du corps tout entier correspond à la nouvelle naissance opérée par la Parole et la puissance du Saint Esprit (Jean 3. 5 et 6). La chose est faite une fois pour toutes, comme dans le cas de l’aspersion du sang. Mais par manque de vigilance, en traversant ce monde, le croyant peut se souiller.

C’est alors que le Seigneur intervient pour lui laver les pieds. Remplissant Son office d’avocat auprès du Père, Il le purifie en l’incitant à se juger constamment à la lumière de la Parole qu’Il applique à sa conscience (Héb. 10. 22 ; 1 Jean 2. 1). Alors la souillure de la conscience est ôtée, et la communion avec Dieu rétablie. Mais comme sacrificateur, le Seigneur est toujours vivant pour intercéder auprès de Dieu afin d’obtenir la grâce et le secours qui nous sont nécessaires dans notre faiblesse et notre infirmité, pour que nous ne péchions pas (Héb. 4. 14 à 16).

Déjà sous la loi nous avons, pour l’exercice de la sacrificature, ce qui correspond en type au lavage des pieds. Lors de leur consécration, les sacrificateurs étaient lavés tout entiers (Ex. 29. 4 ; Lév. 8. 6). Ainsi le croyant, au bénéfice de l’œuvre de la croix, est purifié de ses péchés une fois pour toutes.

Mais pour entrer dans le tabernacle, afin d’y accomplir leur service quotidien, il leur suffisait de se laver les mains et les pieds à la cuve d’airain (Ex. 30. 17 à 21). Ils ne devaient plus être lavés entièrement.

Ainsi le croyant qui a péché a besoin d’être purifié dans sa conscience, et le Seigneur, utilisant l’eau de la Parole, l’amène à juger sa faute et les causes de celle-ci.

Le traître mis à part (v. 10 et 11).

Le Seigneur déclare que Judas n’était pas net. Sa conscience n’avait pas été atteinte par la Parole, bien qu’il l’ait entendue. Il n’avait pas la foi en la parole du Seigneur. Il est perdu pour l’éternité. Quel solennel avertissement !

Soumets-toi à l’action de la Parole sur ton cœur et sur ta conscience, soit pour avoir la vie éternelle, soit pour être restauré si tu as péché comme croyant.

Le Seigneur institue la Cène (Mat. 26. 26 à 29 ; Marc 14. 22 à 25 ; Luc 22. 19 et 20).

Vous êtes nombreux à constater, chaque dimanche, que l’assemblée se souvient de la mort du Seigneur à l’aide de deux signes visibles de ce sacrifice, que sont le pain et le vin versé dans une coupe. Ces deux éléments sont placés sur une table, autour de laquelle des frères et des sœurs en Christ sont rassemblés pour commémorer ce sacrifice parfait.

Quelle est la signification de la Cène, repas du soir, institué par le Seigneur Jésus pour Ses disciples ?

L’institution de la Cène.

Alors qu’il était à table avec Ses disciples, Jésus institua le souvenir de Sa mort. Il allait accomplir, sur la croix, ce que préfigurait la fête de la Pâque. Il vient de célébrer avec eux la dernière des sept pâques citées par la Parole. Désormais, après Son sacrifice, la Cène parlerait d’une œuvre accomplie – alors que la Pâque annonçait une œuvre future, lorsque l’Agneau de Dieu, sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, serait immolé pour expier nos péchés (1 Pier. 1. 19 et 20).

Ainsi la Pâque n’avait plus sa raison d’être, car l’ancien ordre de choses sous le régime de la loi arrivait à son terme. Dès lors, le Seigneur institue Son souper en souvenir de Sa mort.

Le pain, corps du Seigneur.

Le corps représenté par le pain rompu, et le sang versé, par le vin de la coupe, parlent de la mort du Seigneur. Le sang séparé du corps, c’est la mort. Le Seigneur a désiré que Ses rachetés, pendant le temps de Son absence, se souviennent de Sa mort jusqu’à ce qu’il vienne (1 Cor. 11. 26).

Le cœur du racheté n’est-il pas sensible à cette demande du Seigneur : « Faites ceci en mémoire de moi » ?

« Ayant pris un pain, et ayant rendu grâces, Il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, mangez… Ceci est mon corps, qui est donné pour vous » (Mat. 26. 26 ; Luc 22. 19). Par Son geste le Seigneur évoque toutes les souffrances qu’il allait endurer à la croix, jusqu’à la mort, dans Son corps formé par Dieu.

N’a-t-Il pas porté nos péchés en son corps sur le bois de la croix (1 Pier. 2. 24) ? Après avoir souffert de la part des hommes, Il est frappé de Dieu, subissant le terrible châtiment qui devait nous atteindre pour l’éternité. Quel amour insondable Le soutenait pour affronter les trois heures sombres de l’abandon de Dieu et de l’expiation !

Le pain rompu chaque dimanche rappelle au cœur des Siens que Son corps a été donné pour eux, offert en sacrifice.

Mais le seul pain symbolise aussi, selon une révélation donnée à Paul par le Seigneur dans la gloire, le corps spirituel de Christ formé de tous Ses rachetés, vivifiés et scellés du Saint Esprit. Ils sont unis à Lui comme les membres d’un seul corps dont Il est la tête glorifiée dans le ciel (1 Cor. 10. 17 ; 12. 13).

Le sang de la nouvelle alliance versé pour plusieurs.

Ensuite le Seigneur prend la coupe, et ayant de nouveau rendu grâces, Il la donne à Ses disciples en disant : « Buvez-en tous. Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour plusieurs en rémission de péchés » (Mat. 26. 27 et 28).

La première alliance avait été établie entre Dieu et Israël en Sinaï. Le peuple s’était engagé à la légère à faire tout ce que l’Éternel lui avait commandé, et cette alliance avait été ratifiée par le sang des taureaux (Ex. 24. 8 ; Héb. 9. 20). Mais Israël a transgressé cette alliance (Osée 8. 1), il est condamné à mort par cette loi.

De plus, lorsque Jésus s’est présenté, Il a été crucifié. L’homme, ayant failli à sa responsabilité, ne peut s’attendre qu’au jugement de Dieu. Mais la justice de Dieu ayant été pleinement satisfaite par le sacrifice de Christ à la croix, la grâce de Dieu peut sauver le pécheur qui se repent, et établir pour Israël une nouvelle alliance fondée sur le sang de Christ (Jér. 31. 31 à 34 ; Héb. 8. 6 à 13), et dans laquelle Dieu seul S’engage. Bientôt Israël va connaître les bénédictions terrestres découlant de cette nouvelle alliance, quand l’Église sera enlevée au ciel.

Le sang de Christ a été versé pour plusieurs en rémission de péchés. Ces plusieurs concernent tous ceux qui, par la foi, acceptent l’efficace du sang de Christ, qu’ils appartiennent à Israël ou aux nations. Il n’y a pas d’alliance pour les chrétiens. Seuls les rachetés du Seigneur, dont les péchés ont été pardonnés par la foi au sacrifice de Christ, peuvent se souvenir de Sa mort.

Nul ne devrait être admis à la Table du Seigneur s’il n’a pas la certitude d’être sauvé par la grâce et par la foi. Par contre, tout racheté, en communion à la Table du Seigneur, ne devrait pas se priver du privilège de répondre au désir du Seigneur de se souvenir de Sa mort, en dehors d’un motif approuvé par Lui.

Le vin nouveau dans le royaume.

En Luc 22. 17 et 18, le Seigneur reçoit, au début du repas de la Pâque, une première coupe, instituée semble-t-il par la tradition juive, et après avoir rendu grâces Il la remet à Ses disciples sans y participer Lui-même. Il déclare alors : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu ».

Ce fruit de la vigne, le vin, évoque la joie de Dieu et des Siens. Israël selon la chair n’a pu réjouir le cœur de Dieu. Il faut attendre l’établissement du royaume de justice et de paix. Jésus goûtera cette joie avec Ses disciples au ciel, d’une manière nouvelle, et non sur la terre réservée à ceux qui seront soumis au règne de Christ.

Si tu appartiens au Seigneur, ne peux-tu pas dès maintenant préparer ton cœur pour ce jour où, conscient de ta responsabilité, tu pourras te souvenir de la mort du Seigneur ?

L’exemple de Christ pour nous (Jean 13. 12 à 20).

En lavant les pieds de Ses disciples, le Seigneur a voulu leur montrer, en figure, comment Il accomplirait un service d’amour à leur égard, dans la gloire où Il allait entrer. Ayant repris Ses vêtements et Se remettant à table avec eux, il va les sonder par une question : « Savez-vous ce que je vous ai fait ? »

Il est le modèle parfait de ceux qui possèdent la vie par la foi en Son sacrifice expiatoire. Ainsi leur suggère-t-Il de suivre Son exemple en se lavant les pieds les uns aux autres. Reculer devant un service aussi humble serait en contradiction avec ce que Lui leur a fait, Lui, le Seigneur auquel obéissent Ses disciples, et le Maître qui les enseigne.

Un vrai croyant, souillé par un péché commis, peut être restauré par l’action de la Parole et du Saint Esprit produisant une réelle conviction de péché, accompagnée de la confession à Dieu. A cet effet un disciple du Seigneur Jésus, s’inspirant de Son exemple, peut accomplir un tel service dans l’amour et la vérité, en utilisant l’Écriture à bon escient.

Il y a lieu de préciser qu’une offense personnelle nécessite la confession du coupable auprès de la personne lésée. Lorsque le mal est jugé selon toute son horreur, l’âme découvre comme tout à nouveau l’amour immuable de Dieu, se repent dans l’humiliation, et jouit comme auparavant de la communion perdue. Toute trace de souillure est ôtée.

L’amour, pour notre frère coupable d’un péché qui l’a souillé, pourrait-il nous laisser indifférents ? Ne devrait-il pas nous pousser à nous mettre à ses pieds pour lui aider à recouvrer la communion interrompue, lui, le frère pour lequel Christ est mort ? Dans une autre circonstance ce sera peut-être lui qui viendra à notre secours pour que nous jugions devant Dieu une faute commise.

C’est aux objets de Sa grâce que le Seigneur, ayant en vue le bien des Siens, déclare : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (v. 17). « C’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil 2. 13).

Il ne suffit pas de savoir ou de vouloir, mais il s’agit d’agir en toute humilité, en nous jugeant nous-même pour présenter la Parole, véritable miroir de l’âme, révélant la faute et les dangers encourus par celui que l’ennemi a surpris (Gal. 6. 1 et 2).

Maintenant le Seigneur, sachant que l’Écriture devait s’accomplir (Ps. 41. 9), déclare que l’un de Ses compagnons allait le trahir. Tout en étant choisi par Lui, il était un diable (Jean 6. 70).

Malgré cela, les disciples avertis ne devaient pas douter que Jésus était bien le Seigneur en qui ils avaient cru. Et recevoir quiconque était envoyé de Sa part, c’était Le recevoir Lui-même ainsi que Son Père qui L’avait envoyé.

Judas dénoncé (Jean 13. 21 à 30).

Troublé dans son esprit et profondément attristé, le Seigneur informe solennellement Ses disciples : « l’un d’entre vous me livrera » (v. 21). Les disciples ne sachant pas de qui il s’agissait, cette parole les atteint dans leur conscience et les met en perplexité. Chacun d’eux n’était-il pas capable d’accomplir une telle trahison ? N’avaient-ils pas affaire à Celui qui sonde les reins et les cœurs (Apoc. 2. 23), et connaît notre cœur incurable ? (Jér. 17. 9 et 10)

Seule la Parole vivante et opérante peut nous aider à nous juger comme Dieu le fait (Héb. 4. 12 et 13) pour que nous soyons gardés de satisfaire une convoitise charnelle.

Jean, le disciple que Jésus aimait, comme il se désigne à cinq reprises dans son évangile, était à table dans le sein de Jésus, près de Son cœur, pour recevoir Ses intimes communications. Pierre, plus éloigné, lui fait signe de demander duquel Il parlait. Jean, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, interroge le Seigneur.

Ne désirons-nous pas occuper la place de Jean, tout près du Seigneur, pour connaître Ses secrets ? Mais ici, c’est un terrible secret que le Seigneur révèle à Ses disciples : « C’est celui à qui moi je donnerai le morceau après l’avoir trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote » (v. 25 et 26). Le Seigneur donne par ce geste une dernière marque de confiance, comme un maître de maison, autrefois, l’exprimait à l’un de ses conviés considéré.

Le cœur de Judas reste insensible en face de cette dernière manifestation d’amour du Seigneur. Endurci par l’amour de l’argent – car il était voleur et portait la bourse (Jean 12. 6) – après avoir reçu le morceau trempé, Satan entra en lui. Quel sort terrible !

Ce qui souligne la responsabilité de Judas, c’est qu’il a vécu longtemps dans la proximité de Jésus, le Juste parfait. Jésus accomplissait Son ministère d’amour sans se lasser, offrant la grâce à tous, allant de lieu en lieu, faisant le bien.

Comme les autres disciples, Judas n’avait manqué de rien, entouré des mêmes soins, de la même bonté et de la même confiance. Mais il est resté insensible dans son cœur et dans sa conscience.

Séduit par Satan, il sera entraîné dans les tourments éternels, avec ce titre que lui donne le Seigneur : le fils de perdition (Jean 17. 12).

On peut s’habituer à entendre la Parole, tout en lui résistant jusqu’au moment où il sera trop tard, malgré le remords que l’on peut ressentir.

« Ayant reçu le morceau, il sortit aussitôt : or il était nuit » (v. 30). C’est au moment où le Seigneur prononçait Ses dernières paroles à Ses disciples que le traître réalisa promptement son affreux forfait. Moralement cette nuit était bien plus intense que celle qui recouvrait la terre. Pour Judas, elle ne cessera pas, comme pour ceux qui auront rejeté Jésus, le Sauveur.

L’as-tu accepté comme la lumière du monde, comme ton Sauveur personnel ?

D’après La Bonne Nouvelle 1995

SONDEZ LES ÉCRITURES (18)

Les ouvriers de la vigne (Mat. 20. 1 à 16).

Cette parabole fait suite à la question de Pierre posée au chapitre précédent (v. 27). Il attendait du Seigneur une promesse de récompense, vu qu’il avait tout quitté pour le suivre, comme d’ailleurs les autres disciples.

Répondant à Son appel, Christ était le vrai motif de leur engagement. Cependant la récompense, pour un travail accompli, n’est jamais un droit, mais un encouragement lorsque le disciple s’est engagé dans le chemin pour l’amour de Christ. Si nous oublions que tout est grâce dans l’économie présente, nous risquons d’accuser Dieu d’injustice.

Cette parabole fait ressortir la souveraineté de Dieu qui dispense ses dons, ses récompenses, comme Il lui plaît. Il est bon et juste dans tout ce qu’Il fait.

L’engagement des ouvriers.

Un maître de maison engage des ouvriers pour un certain travail dans sa vigne. Avec les ouvriers de la première heure, il convient du prix d’un denier par jour. Puis il sort encore à la troisième, à la sixième, à la neuvième heure, et même à la onzième heure, c’est-à-dire une heure avant la fin de la journée.

Chaque fois il rencontre sur la place du marché des ouvriers qui ne faisaient rien, et il les envoie avec ces paroles : « Je vous donnerai ce qui sera juste » (v. 4 et 7). Ils s’en vont dans la vigne sans convenir d’un prix. Nous comprenons qu’ils s’en remettent à l’appréciation du maître, ayant confiance en sa justice et en sa bonté.

Mécontentement des ouvriers de la première heure.

Le soir étant venu, à la demande du maître, l’intendant commence par payer les ouvriers de la onzième heure en leur donnant un denier. Quand les ouvriers de la première heure se présentent, ils croyaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. Voyant cela, ils ne purent s’empêcher de murmurer contre le maître, disant : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as faits égaux à nous qui avons porté le faix (fardeau) du jour et la chaleur » (v. 12).

Le maître, en leur rappelant ce qui avait été convenu, ajoute : « Mais je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ton œil est-il méchant parce que moi je suis bon ? » (v. 14 et 15)

Ces ouvriers de la première heure n’avaient pas lieu de se plaindre, ayant reçu le denier convenu, mais ils ne pouvaient accepter de voir les autres recevoir autant qu’eux, surtout ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure. Quel ouvrier n’aurait pas tenu de semblables raisonnements ?

La bonté de Dieu révèle que l’homme est toujours prêt à accuser Dieu d’injustice ; mais « le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? » (Gen. 18. 25) Il est souverain pour attribuer ses biens comme cela Lui convient.

Dans sa grâce, Il appelle des ouvriers à la onzième heure et leur donne autant qu’à ceux qui ont été appelés plus tôt. Car les derniers venus ont eu confiance en sa parole, en sa justice et en sa bonté. C’est ce qu’Il apprécie par-dessus tout. Ainsi les derniers sont les premiers, et les premiers les derniers.

Enseignement de la parabole en relation avec les voies de Dieu.

Les ouvriers de la première heure tombés d’accord avec le maître sont une figure d’Israël sous le régime de la loi, alors que les ouvriers de la onzième heure représentent les nations, étrangères aux alliances de la promesse, et qui étaient les objets de la grâce de Dieu.

Paul est arrivé tard dans l’œuvre, s’estimant le moindre des apôtres, mais il peut déclarer : « J’ai travaillé beaucoup plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » (1 Cor. 15. 10).

Gardons-nous de nous comparer les uns aux autres selon les dons reçus du Seigneur. Il sait estimer le travail accompli pour Lui, mais il apprécie encore plus la foi en Lui, en Sa parole, en Son amour et en Sa sagesse. Cette foi opérante par l’amour ne se préoccupe pas de la récompense. L’ouvrier est satisfait d’occuper la place assignée par Dieu, comptant sur la grâce pour être envoyé travailler fidèlement dans Sa vigne, même si le jour est avancé.

De plus, il apprécie la grâce communiquée aux autres par le moyen des dons que Dieu leur a confiés. Il était dit aux Hébreux : « Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore » (6. 10). « Chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail » (1 Cor. 3. 8).

Cela est arrivé aux premiers appelés, mais n’oublions pas que la grâce récompense au-delà de tout mérite du travail, grand principe de tout vrai service accompli pour l’amour du Seigneur.

Avez-vous remarqué l’inversion de la sentence entre le début de la parabole (19. 30) et la fin (20. 16) : « Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers les derniers » ? Dans le premier cas est évoquée la pensée de l’homme demandant une récompense, et dans le dernier il s’agit de la souveraineté du Dieu qui se plaît à bénir selon les richesses de Sa grâce et de Sa bonté. Ouvriers de la onzième heure, puissions-nous répondre à l’appel du Seigneur en comptant sur sa pure grâce pour le servir en toute humilité (Act. 20. 19).

En chemin, montant à Jérusalem (Mat. 20. 17 à 28 ; Marc 10. 32 à 45 ; Luc 18. 31 à 34).

Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Mat. 20. 17 à 19 ; Marc 10. 32 à 34 ; Luc 18. 31 à 34).

A plusieurs reprises déjà, Jésus avait entretenu ses disciples de ses souffrances, de sa mort et de sa résurrection. Maintenant ils étaient en chemin, montant à Jérusalem où Il allait mourir sur une croix infâme. Stupéfiés et remplis de crainte, ils le suivaient.

C’est alors qu’Il leur parle à nouveau des choses qui vont Lui arriver : la trahison de Judas, sa condamnation par les principaux sacrificateurs et les scribes, les Juifs le livrant aux nations, à Pilate et à ses soldats, les injures, les coups de fouet, les crachats, la crucifixion avec sa mort et, au troisième jour, sa résurrection. N’avait-il pas dressé sa face résolument pour aller à Jérusalem ? (Luc 9. 51)

Méditons avec un saint recueillement ces paroles du Seigneur Jésus en nous disant : « Cher Sauveur tu as tant souffert pour moi ! »

Luc précise que les disciples ne comprirent rien à ces choses ; et cette parole leur était cachée (18. 34). Ils étaient encore tout occupés de la gloire du royaume qu’ils allaient partager avec Lui, comme Il le leur avait déclaré au chapitre précédent. Mais ils ne comprenaient pas que le chemin pour y arriver passait par la croix, où Il devait mourir après avoir souffert sous le jugement de Dieu.

Fondement de toutes nos bénédictions présentes et futures, cette œuvre marque-t-elle toute notre vie ?

Demande des fils de Zébédée (Mat. 20. 20 à 24 ; Marc 10. 35 à 41).

Les paroles de Jésus, relatives à ses souffrances et à sa mort, n’auraient-elles pas dû sensibiliser le cœur des disciples et y produire une vraie sympathie ?

Pourtant deux d’entre eux, Jacques et Jean, fils de Zébédée, accompagnés de leur mère, expriment le désir d’occuper une place d’honneur dans le royaume, étant assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, dans sa gloire. Ne traduisaient-ils pas ainsi leur égoïsme, leur ambition charnelle, la vanité incurable du cœur naturel ?

La réponse du Seigneur manifeste qu’Il est le parfait Serviteur, obéissant à la volonté de son Père. Il allait bientôt boire la coupe des souffrances et subir le baptême de la mort. Et c’était à ceux qui le suivraient dans un chemin de renoncement, de souffrances et de mort pour l’amour de son Nom, que seront attribuées des places d’honneur dans le royaume, par le Père ; car Jésus garde sa place de Serviteur.

Certes Jésus seul a traversé les souffrances et la mort expiatoires. Mais ceux qui le suivent seront identifiés avec Lui dans sa réjection, pouvant aller jusqu’au martyre pour certains chrétiens.

Cela nous fait penser à Paul, dont le cœur était attiré par Christ vers la gloire (Phil. 3. 10 et 11). Le chemin qui conduit à la gloire passe par la croix (Act. 14. 22 ; Rom. 8. 17 ; 1 Pier. 4. 12 et 13).

Ces paroles du Seigneur prennent tout leur sens pour son disciple : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu’un me sert, le Père l’honorera » (Jean 12. 26).

Nous savons que Jacques fut le premier des apôtres à donner sa vie pour son Maître (Act. 12. 2) et Jean, qui se désigne par l’expression touchante « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13. 23), a consacré toute une longue vie à Son service. Le Seigneur avait déclaré à ses disciples qu’ils seraient assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël (Mat. 19. 28).

Jacques et Jean soulèvent l’indignation des dix autres disciples. Mais le Seigneur saisit cette occasion pour déployer sa parfaite grâce.

La vraie grandeur des disciples de Jésus (Mat. 20. 25 à 28 ; Marc 10. 42 à 45).

En appelant les disciples auprès de Lui, avec une patience incomparable, le Seigneur va leur donner, ainsi qu’à chacun de nous, une leçon d’humilité. Il met en contraste la grandeur selon les hommes et la grandeur selon Dieu, sur cette terre.

Ceux qui gouvernent les nations dominent sur elles, et les grands de ce monde usent d’autorité, mais le Seigneur ajoute : « Il n’en est pas ainsi parmi vous, mais quiconque voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et quiconque d’entre vous voudra devenir le premier, sera l’esclave de tous » (Marc 10. 42 à 44).

Parmi les disciples de Jésus, la vraie grandeur c’est de prendre l’humble place de celui qui sert les autres, tout en servant le Seigneur (Col. 3. 23 et 24). Souvenons-nous de Celui qui s’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, et que Dieu a haut élevé, Lui donnant un nom au-dessus de tout nom (Phil. 2. 8 à 11).

C’est le parfait modèle, source de la grâce nécessaire pour être l’esclave de tous, c’est-à-dire de n’importe qui, du plus faible, du plus misérable, du plus vil, comme de chacun. Une telle leçon a d’autant plus de prix que Jésus la donne sur le chemin le conduisant à la croix.

Au verset 45, le Seigneur donne une signification à sa mort. Il va donner sa vie en rançon pour plusieurs. Ces plusieurs sont tous les rachetés placés au bénéfice de son œuvre expiatoire (Héb. 9. 28).

Fais-tu partie de ces plusieurs ?

Par contre, il est écrit en 1 Timothée 2. 6, que l’homme Christ Jésus s’est donné Lui-même en rançon pour tous. C’est la propitiation. La rançon ayant été payée, Dieu est favorable à tout homme qui peut venir à Jésus, le Sauveur.

Ainsi, le Seigneur meurt pour payer notre rançon, et nous apprendre à aimer et à servir (Éph. 5. 2).

Guérison des deux aveugles de Jéricho (Mat. 20. 29 à 34 ; Marc 10. 46 à 52 ; Luc 18. 35 à 43).

Les deux aveugles.

Poursuivant son chemin vers Jérusalem, Jésus, suivi d’une grande foule, sort de Jéricho. C’était la première ville rencontrée par les fils d’Israël après leur traversée du Jourdain. Cette ville avait été longtemps frappée de malédiction.

Avec ce double miracle commencent les dernières scènes de la vie de notre cher Sauveur sur la terre, et sa dernière présentation à Israël, comme Fils de David, le vrai Roi de ce peuple.

Assis au bord du chemin, mendiant, deux aveugles, dans un complet dénuement, apprennent que Jésus passait. Un ardent désir les pousse à s’écrier : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ».

Tout en reconnaissant sa dignité qu’ignoraient les pharisiens (Mat. 22. 41 à 46), ils sont convaincus qu’il peut répondre à leur besoin. Malgré l’opposition de la foule qui essaie de les faire taire, dans leur persévérance ils crient d’autant plus fort : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ». Ils saisissent l’ultime occasion où le Fils de David montait pour la dernière fois à Jérusalem.

Matthieu – l’évangile du Messie, du Roi d’Israël – est le seul à signaler la présence des deux aveugles, deux témoins de la grâce et de la puissance de Jésus répondant à leur foi. Car par la bouche de deux ou trois témoins toute chose sera établie (Deut. 19. 15). Cela avait son importance pour les Juifs attachés à la loi.

Par contre Marc dénomme l’un de ces aveugles : Bartimée. Devant son insistance pour implorer sa pitié, Jésus le fait appeler. Aussitôt, jetant loin son vêtement, il se lève en hâte et vient à Lui. Spontanément il se débarrasse de toute entrave pour aller au plus vite près de Celui qui peut le guérir.

Le Seigneur met à l’épreuve la foi de ces deux aveugles par sa question : « Que voulez-vous que je vous fasse ? Ils lui disent : Seigneur, que nos yeux soient ouverts. Et Jésus, ému de compassion, toucha leurs yeux ; et aussitôt leurs yeux recouvrèrent la vue ; et ils le suivirent » (Mat. 20. 32 à 34).

C’est l’exemple saisissant d’une âme éprouvant le besoin ardent d’être sauvée et qui trouve son Sauveur par la foi en Jésus, avec le pardon et la paix, malgré tous les obstacles rencontrés. Quel privilège ensuite de suivre Jésus, par amour, sur le chemin conduisant à la gloire éternelle !

Cher lecteur, possèdes-tu le salut de ton âme par la foi en Jésus après avoir été convaincu de péché et de ton état de perdition ?

Sur le plan prophétique, malgré l’aveuglement du peuple, aux derniers jours, un résidu d’Israël aura les yeux ouverts pour reconnaître par la foi son vrai Messie, le Fils de David, son Roi.

Zachée (Luc 19. 1 à 10).

Aux abords de Jéricho, Jésus vient de guérir deux pauvres aveugles qui, sauvés par la grâce et par la foi, n’ont qu’un désir : Le suivre dans son chemin. Maintenant Jésus, en grâce, s’introduit dans une maison de cette ville maudite, et y apporte le salut.

Jésus approche Zachée.

Zachée éprouvait un besoin intense : « il cherchait à voir Jésus, quel il était », et pourtant que d’obstacles se dressaient sur son chemin.

Chef de publicains, il collectait les impôts pour les Romains et cette position déshonorante lui valait le mépris des Juifs, supportant mal leur asservissement aux nations.

Riche, il faisait partie de ceux dont le Seigneur venait de dire : « Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! » (18. 24)

Petit de taille, il est conscient de son incapacité naturelle, et la foule qui entoure Jésus l’empêche de réaliser son désir. Mais qu’importe, il surmonte toute crainte de l’opinion de ses semblables, court et monte sur un sycomore pour Le voir. Mais il ne pouvait échapper au regard de Jésus qui l’interpelle : « Zachée, descends vite ; il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ».

C’est le langage de la grâce qui comble bien au-delà de tout ce qu’il pouvait supposer, celui que Jésus appelle par son nom. Zachée saisit, par la foi, l’aujourd’hui de Dieu.

Jésus entre dans la maison de Zachée.

Obéissant avec promptitude au Seigneur, Zachée l’accueille avec joie dans sa maison. Mais tous ceux dont les cœurs sont remplis de propre justice murmurent, disant qu’il était entré chez un pécheur pour y loger.

Or chaque fois que Jésus entrait dans un foyer, n’était-ce pas chez un pécheur ? Quelle dureté marque le cœur de l’homme étranger à la grâce !

Dans l’entretien où Zachée ouvre son cœur au Seigneur apparaissent et sa délicatesse de conscience et sa générosité, malgré sa fausse position. Mais cela ne pouvait le sauver. Il était inutile de se justifier.

S’abstenant de toute accusation, Jésus parle uniquement du salut venu à cette maison. Zachée était par la foi fils d’Abraham, et le Fils de l’homme était venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Le verbe « chercher » absent en Matthieu 18. 11, où il s’agit des petits enfants, évoque le travail de conscience d’une âme qui s’est égarée, étant responsable devant Dieu des péchés commis. À travers une profonde repentance envers Dieu, elle découvre son état de perdition et son besoin d’un Sauveur qu’elle reçoit comme un petit enfant croyant simplement ce qu’on lui dit.

Ainsi l’égarement n’est pas mis en compte avant l’âge de la responsabilité. Seule la foi en Jésus a sauvé Zachée.

Cher lecteur est-ce bien ton cas ?

La parabole des mines (Luc 19. 11 à 27).

En réponse aux pharisiens qui l’interrogeaient pour savoir quand, viendrait le royaume de Dieu, Jésus avait déclaré : « Voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17. 21). Alors qu’Il était près de Jérusalem, ceux qui Le suivaient pensaient que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître à la suite de cette parole : « Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).

Or pour sauver le pécheur, Jésus devait d’abord être rejeté de son peuple, souffrir et mourir pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Ainsi le royaume de Dieu ne pouvait qu’être différé comme le montre la parabole des mines. Avant son établissement, la terre sera purifiée par les jugements.

La mission confiée aux dix esclaves (v. 11 à 14).

« Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne » (v. 12 et 13).

Cet homme noble, c’est Jésus, qui après son rejet comme roi (v. 14), va aller au ciel, ce pays éloigné. Comme homme glorifié, Il reçoit le royaume, étant investi de la domination universelle, puis II reviendra revendiquer ses droits de souverain sur la terre.

Au moment où Il remet sa mine, quel écho a l’injonction du maître dans le cœur de chaque serviteur : « Trafiquez jusqu’à ce que je vienne ? » Chaque serviteur est responsable vis-à-vis du Seigneur de ce qui lui a été donné. Comment va-t-il se conduire à l’égard du dépôt remis par le maître ? Sera-t-il fidèle à sa parole ou oisif ?

Dans cette parabole chaque esclave reçoit le même don, une mine. Cela ne nous parle-t-il pas des dons en relation avec la profession du christianisme ? Quel cas faisons-nous de la Parole de Dieu à la portée de tout chrétien, des opérations du Saint Esprit venu comme personne divine sur la terre depuis la Pentecôte ?

Le vrai croyant conscient de sa responsabilité quant à ce qu’il a reçu, par la grâce de Dieu, va faire fructifier le don du maître au temps de son absence ; vivre de toute parole de Dieu, proclamer la vérité dans le monde et dans l’assemblée, exalter Christ dans sa vie, par la puissance du Saint Esprit, tout en attendant avec ferveur son retour.

Sans doute les fruits produits seront différents selon le zèle de chaque esclave.

Dans les concitoyens exprimant leur haine de l’homme noble par leurs paroles : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (v. 14), ressort la culpabilité des Juifs. Jésus a été rejeté comme roi (Jean 19. 15) et condamné à la crucifixion. Puis après sa mort, malgré les discours de Pierre et d’Étienne manifestant toute la patience de Dieu, dans le livre des Actes, le peuple juif dans son ensemble a confirmé le refus définitif de son roi.

C’est aussi le comportement de tout incrédule vis-à-vis de Christ.

L’appréciation du maître et la rétribution des esclaves fidèles (v. 15 à 19).

A son retour le maître désire savoir combien chacun avait gagné par son trafic pour le rétribuer en conséquence.

Dans cette parabole la responsabilité de l’esclave est bien soulignée à partir du don reçu de la part du maître. L’amour pour le maître absent que l’on sert, va produire le dévouement et la fidélité.

Le premier esclave, loin de s’attribuer quelque mérite à son travail, reconnaît que la mine du maître a produit dix mines. En ce qui nous concerne, le bien que Dieu produit dans nos vies est le fruit de sa pure grâce. Le maître donne aussitôt son appréciation : « Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très-peu de chose, aie autorité sur dix villes » (v. 17).

Sa récompense sera d’exercer l’autorité sur autant de villes qu’il a gagné de mines. Ici le Seigneur est vu comme roi venant établir son royaume. Puissions-nous aussi nous consacrer aux intérêts du Seigneur, alors qu’Il est encore rejeté et absent de cette terre ! Sa récompense sera à la mesure de notre dévouement.

Le deuxième esclave présente à son maître le profit de son travail, soit cinq mines, et reçoit la récompense correspondant à sa mesure de fidélité, étant établi sur cinq villes. Ce que nous aurons acquis ici-bas dans la jouissance personnelle de Christ, de sa grâce, et dans les résultats d’un service fidèle envers Lui, nous le conserverons pour le ciel.

Le sort réservé à l’esclave infidèle (v. 20 à 26).

Le troisième serviteur est méchant, car il ne connaît pas son maître, l’estimant sévère, exigeant, et injuste. Il n’a rien fait pour lui, tout en proclamant son autorité.

Il portait bien le titre d’esclave, tout comme bien des chrétiens qui se contentent de la seule profession, sans avoir la vie divine, c’est-à-dire la foi en l’œuvre de Christ. Il est reproché au méchant esclave, économe infidèle, de ne pas avoir mis son argent à la banque pour qu’il soit retiré avec l’intérêt.

Si son jugement n’est pas prononcé, toutefois son sort sera assimilé à celui des ennemis du roi (Mat. 25. 30). La mine lui sera ôtée et donnée à celui qui a les dix mines.

Ainsi plus on est fidèle dans la mise en valeur de ce que le Seigneur nous a confié, plus on reçoit, déjà ici-bas, et pour l’éternité. Mais si un homme énonce la vérité qui lui a été présentée, sans qu’elle soit accompagnée d’une foi réelle, cela même qu’il a lui sera ôté.

Le jugement des ennemis du roi (v. 27).

Les ennemis du roi qui n’ont pas voulu de son règne sont amenés et tués devant lui. Ce jugement solennel frappera les Juifs incrédules et apostats, génération issue de celle qui rejeta le Seigneur, tout en ayant les mêmes caractères.

Ne craignons pas l’opprobre de Christ au temps de son rejet. Que nous soyons fidèles dans l’administration de ce qu’Il nous a confié ! Bientôt nous aurons en partage sa joie et son autorité dans le royaume.

Parabole des talents (Mat. 25.14 à 30).

Cette parabole, souvent mise en rapport avec celle des mines (Luc 19. 11 à 27), souligne toute l’importance du service pour ceux que le Seigneur emploie. Elle se rattache à la parabole précédente pour présenter deux aspects de la vie chrétienne : servir le Seigneur en l’attendant, comme le réalisaient les jeunes croyants Thessaloniciens (1 Thess. 1. 9 et 10).

Avant son départ, le Maître remet ses biens à ses esclaves (v. 14 et 15).

Le Seigneur s’en va hors du pays, c’est-à-dire d’Israël, et confie à ses propres esclaves une partie de ses biens pour qu’ils les fassent prospérer au cours de son absence. Rejeté par les hommes, Christ a quitté cette terre. Les biens qu’il a distribués à ses esclaves, selon sa sagesse et sa souveraineté, sont liés à sa venue ici-bas pour accomplir l’œuvre de la croix.

Il appartient au Maître d’adapter le don à la capacité du vase, si bien que l’un reçoit cinq talents, un autre deux, et un autre un. Tous n’ont pas la même capacité, ni le même don comme en Luc 19, à propos des mines où il est question de la responsabilité du serviteur. Mais ils ont le même Seigneur et devraient avoir le même zèle pour Le servir.

Le Maître n’exprime pas ici ce qu’ils doivent faire des talents reçus, car tout est grâce dans l’exercice des dons, dès l’instant où il y a la connaissance de son cœur plein de bonté.

Ne négligeons pas le don que nous avons reçu, même s’il ne s’agit que d’un talent. Ne devrions-nous pas plutôt nous attribuer cette parole : « Qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? » (1 Cor. 4. 7). Ainsi nos facultés naturelles et spirituelles constituent nos capacités, et le don de grâce est communiqué par le Maître à chacun selon sa propre capacité.

L’objectif de l’esclave fidèle ne sera-t-il pas de faire fructifier un tel don qu’il soit grand ou petit, à la gloire de son Seigneur ? Des dons de grâce différents à l’adresse des croyants sont énumérés en Romains 12. 6 à 16.

Comment les esclaves ont utilisé les biens du Maître ? (v. 16 à 18).

Conscients que les intérêts du Maître leur ont été confiés, deux esclaves fidèles ont fait valoir les talents reçus. Celui qui avait eu cinq talents, a pu en acquérir cinq autres, et celui qui avait reçu les deux, en gagne deux autres. Avec la même diligence ils ont doublé ce qu’ils avaient reçu au départ, sans avoir la même capacité.

Mais quel contraste avec l’esclave infidèle n’ayant reçu qu’un talent ! Il s’est contenté de le cacher dans la terre, au lieu de s’en servir dans l’intérêt de son Maître que, malgré toutes ses prétentions, il ne connaissait pas.

Appréciation du Maître à son retour et récompense des esclaves fidèles (v. 19 à 23).

A son retour, longtemps après, le Maître règle compte avec ses esclaves. Ils avaient eu du temps pour faire valoir les talents reçus de sa main. Leur amour pour le Maître soutenait leur fidélité, leur patience et leur persévérance.

Nous serons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal (2 Cor. 5. 10).

Les deux premiers esclaves ayant doublé les sommes confiées, entendent chacun la même appréciation du Maître : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (v. 21 et 23). Matthieu met l’accent sur la fidélité. Ces deux esclaves, outre leur établissement dans le royaume, reçoivent la suprême récompense : entrer dans la joie du Maître qu’ils ont aimé et connu, tout en le servant.

Destinée de l’esclave inutile (v. 24 à 30).

Le troisième esclave avait caché le talent du Maître dans la terre. Il n’a rien fait, c’était un paresseux. De plus il est déclaré méchant, car il ne connaissait pas son Maître et sa bonté, n’ayant aucune confiance en lui, méprisant même le don reçu.

Il accuse son Maître de dureté, d’injustice, prétendant le connaître, alors qu’il est le seul à ne pas le connaître. Il professe être un esclave tout en étant incrédule. Il ne reconnaît ni les droits de Dieu, ni son amour.

Cet esclave représente tous ceux qui possèdent des privilèges chrétiens sans en jouir d’une manière vitale. Ils ont la profession sans la vie de Dieu. Ils perdent tout ce qui leur a été confié, comme cela est confirmé au v. 29, et en Hébreux 6. 4 à 6. Dieu fait une distinction entre les dons reçus et la grâce opérant dans le cœur.

Le talent de l’esclave infidèle est donné à celui qui en avait dix. Ainsi ceux qui sont fidèles obtiennent toujours davantage. C’est comme étant inutile que l’esclave méchant et paresseux est condamné. Il est jeté dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents (v. 30). C’est le jugement éternel.

Toi qui appartiens au Seigneur Jésus, puisses-tu faire valoir pour sa gloire le don que tu as reçu. La récompense par excellence du fidèle sera de partager la joie du Maître.

Hélas ! caché dans une aride terre,

Plus d’un talent, Seigneur, n’a rien produit !

Autour de nous, notre faible lumière

N’a pas brillé pour éclairer la nuit.

Oh ! puissions-nous pendant la dernière heure,

Porter du fruit pour toi, travailler tous

Jusqu’au moment d’entrer dans ta demeure.

Réveille-nous, Seigneur, réveille-nous !

(Hymnes et Cantiques n°244 strophe 3)

Le souper de Béthanie (Mat. 26. 6 à 13 ; Marc 14. 3 à 9 ; Jean 12. 1 à 11).

Un souper pour le Seigneur (Jean 12. 1 et 2).

Alors que se trame à Jérusalem le complot meurtrier des méchants (Mat. 26. 3 à 5), un repas est préparé pour le Seigneur par les siens dont le cœur est rempli de son amour. Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie. On lui fit là un souper.

Même si Lazare, le mort que Jésus avait ressuscité d’entre les morts, est présent, ce repas est toutefois préparé en l’honneur du Maître qui y occupe la place centrale.

L’Esprit de Dieu dans l’évangile de Jean déroule une scène symbolique des résultats bénis découlant de l’œuvre expiatoire de Jésus et de son triomphe remporté sur la mort. La preuve en est donnée dans la résurrection de Lazare.

Jésus apparaît ici comme le Prince de la vie (Act. 3. 15) et comme le roi de gloire (Ps. 24. 7 à 10).

Lazare est un type de la résurrection future d’Israël (Éz. 37), et Marthe représente ceux qui, traversant vivants la grande tribulation, entreront dans le règne millénaire de Christ, sur la base de sa mort et de sa résurrection.

En attendant que le peuple terrestre jouisse des bénédictions le concernant, les rachetés de l’économie (période) présente de la grâce goûtent une précieuse part dans l’intimité avec leur Seigneur.

Ils Lui rendent culte par l’Esprit, réalisant par grâce différents caractères de la vie chrétienne, comme les représentent Lazare, Marthe et Marie.

« Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui ». C’est l’expression de la communion. Mort et ressuscité, il avait reçu une vie nouvelle.

C’est aussi le cas de chaque racheté du Seigneur. Mort au monde et au péché, il vit à Dieu (Rom. 6. 10 et 11).

Lazare ne prononce pas une parole, mais il lui suffit d’être là où est son Seigneur pour partager avec lui ce repas. Il est le témoin bien vivant de ce que Jésus a fait pour lui.

« Marthe servait ». Elle exerçait sans bruit le don de grâce reçu du Seigneur. Autrefois le Seigneur l’avait blâmée, car elle était distraite par beaucoup de service (Luc 10. 40). Jésus n’était pas son seul objet. Maintenant qu’elle le connaît comme la résurrection et la vie (Jean 11. 25 à 27), elle sert, de cœur, spontanément (Col. 3. 23).

Acte de foi et d’amour de Marie (Jean 12. 3).

Marie réalise le privilège par excellence de la vie chrétienne : l’adoration, le culte, ayant Jésus pour seul Objet, alors que dans le souper fait en son honneur, la communion est avec Lui et le service accompli pour Lui.

« Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum ».

Comme quelqu’un l’a exprimé : « Jésus seul remplit son âme, elle fixe les yeux sur Lui ; son cœur ne bat que pour Lui, ses mains et ses pieds sont d’accord avec ses yeux et son cœur. Elle oint les pieds de Jésus, et Lui essuie les pieds avec ses cheveux, la gloire de la femme » (1 Cor. 11. 15).

Consciente de la dignité de Celui qui est Dieu manifesté en chair, son geste démontre que ce parfum pur de grand prix n’a pas encore assez de valeur pour demeurer sur les pieds adorables de son Sauveur. Mais en l’essuyant, Marie en imprègne sa chevelure, et le parfum remplit de son odeur toute la maison.

Dans cet acte de foi et d’amour, le cœur s’épanche comme le parfum du vase brisé, procurant au Seigneur un rafraîchissement bienfaisant avant les heures terribles de la croix.

Dans les évangiles de Matthieu et de Marc, Marie n’est pas nommée. C’est une femme qui, dans les deux cas, répand le parfum sur la tête du Seigneur.

Selon le caractère de Matthieu, elle oint la tête du Roi, fils de David, le Messie rejeté, au moment où Il va mourir. Son parfum se répand de la tête sur le corps du Seigneur (Mat. 26. 12). Par une intuition spirituelle, elle discerne que le corps de Jésus sera enseveli, mais avec l’assurance qu’Il ne pourra rester dans le tombeau.

Dans l’évangile de Marc, le parfum est répandu sur la tête du Prophète et du parfait Serviteur, venu sur la terre pour accomplir la volonté de Dieu dans l’œuvre de la rédemption (Marc 14. 3). Et cette gloire n’est pas moindre que celle du Roi.

Dans l’évangile de Jean, Marie, dans sa muette ferveur, ne pouvait oindre que les pieds du Fils de Dieu. Selon son habitude elle occupe sa place aux pieds du Seigneur (Luc 10. 38 ; Jean 11. 32).

Intervention des disciples et approbation du Seigneur (Jean 12. 4 à 8).

Indignés, les disciples reprennent vivement la femme qui a osé faire la perte d’un tel parfum estimé par Judas Iscariote à trois cents deniers. Selon eux, on aurait pu distribuer cet argent aux pauvres. Mais l’Écriture précise que Judas était voleur, et qu’il avait la bourse et portait ce qu’on y mettait. En fait, pour lui, l’amour de l’argent passait avant les pauvres (1 Tim. 6. 9 et 10).

Mais le Seigneur honore Marie de son approbation devant tous. Elle a fait une bonne œuvre envers Celui qui doit déclarer : « Permets-lui d’avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture ».

Ce privilège n’a pas été accordé aux femmes venues au tombeau vide pour embaumer le corps du Seigneur avec les aromates, car Il était déjà ressuscité.

Sans négliger l’exercice de la bienfaisance (Gal. 6. 10), offrons sans cesse au Seigneur un sacrifice de louanges, sachant combien Il apprécie l’adoration d’un cœur qui l’aime.

Les chefs du peuple veulent faire mourir Lazare, car après sa résurrection plusieurs des Juifs croyaient en Jésus. Ne voulaient-ils pas se débarrasser d’un témoin gênant ? Mais Dieu poursuit son œuvre en dépit de l’incrédulité des hommes.

Entrée de Jésus à Jérusalem (Mat. 21. 1 à 11 ; Marc 11. 1 à 11 ; Luc 19. 29 à 44 ; Jean 12. 12 à 19).

Jésus acclamé comme Roi entre à Jérusalem.

Jésus, accompagné de ses disciples, s’approche de Jérusalem. Arrivant à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Il envoie deux de ses disciples chercher dans le village voisin, l’ânon sur lequel Il devait faire son entrée à Jérusalem, comme Zacharie l’avait prophétisé (9. 9).

Tout en sachant qu’Il allait mourir près de cette ville qui tue les prophètes, Jésus se présente ici à son peuple dans l’humilité et la grâce, comme le Roi, le fils de David. L’ânesse et l’ânon sont à sa disposition, au moment voulu, et le propriétaire répond au besoin du Seigneur.

Dans cette scène éphémère tout semble se soumettre à l’autorité du Seigneur.

La citation en Matthieu 21. 5 (de Zacharie 9. 9), ne retient que le caractère de débonnaireté du Seigneur et omet les deux expressions : « Il est juste et ayant le salut », c’est-à-dire qu’il exécutera le jugement à l’égard de ses ennemis, et comme Sauveur, il délivrera le résidu pieux de son peuple. Mais ce n’était pas encore le temps où le Fils de l’homme viendrait sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire (Mat. 24. 30).

Dans sa souveraineté le Seigneur savait qu’un ânon était tenu en réserve pour lui seul (Luc 19. 30), et les disciples l’amenèrent à Jésus. Ayant jeté leurs vêtements sur l’animal, ils mirent Jésus dessus. Et une immense foule étendit ses vêtements sur le chemin, et d’autres coupaient des rameaux des arbres, les répandant sur la voie royale qui conduisait le fils de David dans la ville du grand Roi.

N’y avait-il pas dans cette scène une esquisse de la fête des tabernacles, annonçant le Millénium ?

À la descente de la montagne des Oliviers, la multitude des disciples se réjouissant par l’Esprit, se mit à louer Dieu disant : « Hosanna (mot signifiant  « Sauve, je te prie ») au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts » (Mat. 21. 9 ; Marc 11. 9 et 10 ; Luc 19. 37 et 38).

C’est la prophétie remarquable du Psaume 118. 22, dont l’accomplissement se réalisera entièrement à l’entrée du règne millénaire. Mais maintenant, à cause du rejet de Christ, la paix est ôtée de la terre, alors qu’elle avait été proclamée à sa naissance, par les anges aux pauvres du troupeau (Luc 2. 14).

Désormais Christ ressuscité, élevé dans le ciel, est notre paix (Éph. 2. 14). Et lorsqu’Il régnera sur la terre, « Lui sera la paix » (Michée 5. 5).

Luc fait ressortir le contraste entre la joie communicative des disciples et les réactions incrédules des pharisiens s’opposant au témoignage rendu au fils de David, le roi, le Messie promis. Et Jésus répond : « Si ceux-ci se taisent, les pierres crieront » (19. 40). Au moment du rejet de son Fils, Dieu ne pouvait pas se taire. Un témoignage à la gloire du Messie devait être proclamé, en accord avec les Écritures.

Si Jésus entre dans la ville avec le calme de sa majesté royale, toutefois l’élan enthousiaste des foules qui l’accompagnent est de courte durée. La réalité de leur foi va être testée en réponse à une question posée : « Qui est celui-ci ? » Elles déclarent : « Celui-ci est Jésus, le prophète, qui est de Nazareth de Galilée » (Mat. 21. 11). Réponse exacte certes, mais qui pouvait être celle de personnes n’ayant pas la foi.

Jésus pleure sur Jérusalem et signale son sort (Luc 19. 41 à 44).

En présence de la ville bien-aimée, Jésus ressent douloureusement les souffrances qui l’atteindraient, parce qu’elle n’avait pas connu le jour de sa visitation en grâce, par son roi.

Cette vision de la cité, renversée par terre avec ses enfants, fait couler les larmes de l’homme de douleur, étreint par l’Esprit de grâce. L’Éternel n’avait-il pas déclaré à ce peuple : « Oh ! si tu avais fait attention à mes commandements, ta paix aurait été comme un fleuve » (És. 48. 18).

Que de fois le Seigneur avait voulu rassembler les enfants de cette cité, comme une poule ses poussins sous ses ailes et ils ne l’avaient pas voulu ! (Luc 13. 34)

Il ne restait plus que le jugement destructeur en l’an 70, lors du siège des Romains par Titus, mais aussi, après l’enlèvement de l’Église, celui qui aura lieu lors des évènements de la fin, avant l’instauration du règne de Christ.

Nous sommes confondus par la patience de Dieu à l’égard de son peuple et envers le monde ; et pourtant Dieu n’est pas indifférent à tout le mal commis par l’homme, et à toute la souffrance poignante qui en résulte. « Le Seigneur est patient… ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

Le message de Jésus présenté au début de son ministère reste toujours actuel : « Repentez-vous et croyez à l’évangile » (Marc 1. 15).

L’as-tu reçu par la foi ?

Mais pour le maintien en équilibre de ses perfections, Dieu devra mettre un terme au déploiement de sa grâce, afin d’exécuter ses jugements, même si c’est son œuvre étrange et son travail inaccoutumé (És. 28. 21). L’homme ne peut pas toujours se moquer de Dieu et résister aux appels de sa grâce impunément.

Cependant, tant que dure l’économie de la grâce, appliquons-nous à exercer la miséricorde et la patience envers tous, comme Dieu notre Père nous en donne l’exemple parfait.

L’évangéliste Marc est seul à préciser que Jésus entra « dans le temple ; et après avoir promené ses regards de tous côtés sur tout, comme le soir était déjà venu, il sortit et s’en alla à Béthanie avec les douze » (11. 11). Rien n’échappe à son regard scrutateur. Sans prononcer une parole, Il ne peut que s’éloigner de la cité incrédule et rebelle pour trouver refuge avec ses disciples auprès de ceux qui L’aiment et ont été témoins de la puissance de la résurrection.

Peux-tu dire en vérité au Seigneur : « Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi » ? (Cant. 7. 10)

Jésus purifie le temple (Mat. 21. 12 à 17 ; Marc 11. 15 à 19 ; Luc 19. 45 à 48).

De retour à Jérusalem, dès le matin, Jésus entre dans le temple. Il va déployer son autorité royale pour purifier Sa maison.

Ceux que le Seigneur chasse du temple (Mat. 21. 12 et 13).

Après sa présentation comme Roi à Jérusalem, Jésus se rend au temple, centre religieux de ce peuple. Son zèle pour la maison de son Père le porte à purifier ce lieu profané par la présence de vendeurs et d’acheteurs qu’Il chassa.

On peut penser que le trafic et le change de la monnaie pratiqués dans le temple trouvaient une justification dans ce qu’énonçait la loi en Deutéronome 14. 24 à 26. Ceux qui venaient de loin pour sacrifier à l’Éternel pouvaient acheter du bétail ou des colombes sur place. Et des hommes impies avaient profité de ces dispositions légales pour faire de l’enceinte du temple une caverne de voleurs, se livrant à de honteuses escroqueries, déshonorant le nom de Dieu.

Sous une forme interrogative l’Éternel avait déjà fait ce reproche à leurs pères en Jérémie 7. 11. Mais le Seigneur rappelle quelle était la destination de cette maison d’après les Écritures : « Ma maison sera appelée une maison de prière » (És. 56. 7). Cela sera pleinement réalisé lors de la deuxième venue du Seigneur pour établir sa bénédiction selon cette prophétie.

Aujourd’hui encore il est extrêmement grave de corrompre le temple actuel de Dieu dans lequel le Saint Esprit habite. Quiconque le fait sera détruit (1 Cor. 3. 17). Des maux semblables à ceux dénoncés par le Seigneur ont affecté la chrétienté. On a estimé que la piété est une source de gain et l’apôtre déclare : « C’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent » (1 Tim. 6. 5 à 10).

En Apocalypse 18. 21 à 23 sont présentés les terribles jugements devant atteindre ce qui est appelé la maison de Dieu sur la terre, là où le mal a été toléré et le monde s’est infiltré.

Guérison des infirmes (Mat. 21. 14).

Alors qu’Il vient d’intervenir avec autorité contre le mal introduit dans la maison de son Père, Jésus se met aussitôt à la disposition de ceux qui, conscients de leur état, éprouvent le besoin d’aller à Lui. Il s’agit des aveugles et des boiteux.

De tels infirmes étaient privés du privilège de servir dans le sanctuaire comme sacrificateurs selon Lévitique 21. 18. Il leur était interdit d’entrer dans la maison lorsque David prit la forteresse de Sion (2 Sam. 5. 8). Mais le vrai Fils de David, posant ses pieds en Sion, accueille en grâce ces infirmes et les guérit en exerçant sa puissance divine.

Dans ces infirmes nous avons deux traits de l’homme naturel. Il est incapable de voir et de marcher selon Dieu. Mais il lui suffit d’aller à Jésus dans une entière confiance en sa grâce et en sa puissance pour être délivré.

Louange des enfants et protestations des chefs religieux (Mat. 21. 15 à 17).

Au moment où Jésus manifestait le cœur de Dieu plein de grâce pour l’homme infirme et pécheur, voilà des enfants dont le cœur était rempli de louanges, et ils criaient dans le temple : « Hosanna au Fils de David ! »

C’était l’écho des cris jetés par les foules entourant le Seigneur lors de son entrée royale à Jérusalem. Mais les principaux sacrificateurs et les scribes à la vue des merveilles qu’Il faisait, et à l’écoute des accents de louanges des enfants, en furent indignés et dirent à Jésus : « Entends-tu ce que ceux-ci disent ? » Mais Jésus leur dit : Sans doute ; n’avez-vous jamais lu : « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tettent, tu as établi ta louange ? » (Ps. 8. 2)

Malgré l’opposition de l’homme incrédule, Dieu accomplit ce qui est son bon plaisir, et reçoit la louange de ce qui est petit et faible. Force et louange sont produites par Lui et pour Lui.

En présence des œuvres merveilleuses de Jésus et du témoignage qui Lui est rendu, ces hommes religieux restent endurcis dans leur cœur rempli de haine, ennemis de la vérité qui les condamne. Jésus les laisse, sort de la ville rebelle et s’en va à Béthanie, le lieu où Il est aimé de quelques cœurs dévoués ; mais quel sort terrible est réservé à celui qui rejette la grâce de Dieu !

Ces petits enfants qui avaient entendu que Jésus était le Fils de David n’ont pas besoin de beaucoup d’explications pour exprimer spontanément la louange annoncée prophétiquement au Psaume 8. Il en est ainsi de ceux qui reçoivent dans la simplicité d’une foi vraie, la Parole de Dieu.

Pensons à la réponse immédiate de l’aveugle-né guéri, lorsque le Seigneur s’est révélé à lui comme le Fils de Dieu : « Je crois Seigneur ! Et il lui rendit hommage » (Jean 9. 35 à 38). « Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai… Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 33 et 36).

Cher jeune lecteur, possèdes-tu la vie éternelle ?

Le figuier stérile maudit (Mat. 21. 18 à 22 ; Marc 11. 12 à 14 ; 20 à 26).

Malédiction prononcée par Jésus sur le figuier (Mat. 21. 18 et 19 ; Marc 11. 12 à 14).

Comme Jésus sortait de Béthanie, il eut faim. Et, voyant de loin un figuier, il s’en approcha pour voir s’il y trouverait des figues, mais il ne vit que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Voyant cela, il dit : « Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi. Et ses disciples l’entendirent ».

Le figuier est une figure du résidu d’Israël, revenu en Canaan après la captivité babylonienne pour accueillir son Messie. Le figuier était planté dans la vigne du Seigneur, représentant la nation dans son ensemble (Luc 13. 6). Lorsque le roi se présente, il ne trouve que des feuilles. Ce n’était pas la saison des figues, s’écoulant d’août à octobre.

Pourquoi est-ce que Jésus le maudit puisque ce n’était pas la saison des figues ? Or on sait que des figues précoces peuvent apparaître au printemps (saison à laquelle se rapporte le récit), en particulier dans les vallons abrités. On comprend l’étonnement de Jésus de ne trouver aucune figue sur cet arbre vigoureux, couvert de feuilles.

Stérile, ce figuier est l’image d’Israël et de l’homme dans la chair, dont Dieu s’est occupé à travers son peuple terrestre, avec beaucoup de soin, comme l’évoque le prophète : « Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? » (És. 5. 4) L’histoire d’Israël, c’est notre histoire écrite de la main de Dieu.

Avec quelle patience et quelle grâce il a supporté ce peuple qui, se plaçant volontairement sous le régime de la loi, n’a produit que des feuilles, une profession religieuse, une apparence de piété, sans fruit pour Dieu ! Ayant rejeté et crucifié Christ, lapidé Étienne, il est mis de côté pour toujours.

L’homme naturel doué de facultés admirables, en donnant essor à son génie, se surpasse sans cesse dans le domaine des sciences et des techniques. Quelle humiliation de constater, à la fin de la civilisation chrétienne, que sur le plan moral et spirituel il est un arbre sec, stérile pour Dieu ! L’imagination de son cœur est mauvaise dès sa jeunesse (Gen. 8. 21). Il est incurable. La seule issue pour lui est la repentance.

Or Dieu veut du fruit comme l’exprimait le Seigneur : « En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit » (Jean 15. 8). Mais la nature de l’homme en Adam et celle d’Israël sous la loi est incapable d’en produire.

Le temps de la loi n’était pas celui de la saison des fruits. Seul le temps de la grâce peut en produire en abondance. Le vieil homme étant condamné définitivement à la croix, Dieu communique une nouvelle nature sur le principe de la foi. Elle produit le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22) et de même, sur le pied de la grâce, l’Israël de Dieu sera restauré à la fin.

Puissance de la foi (Mat. 21. 20 à 22 ; Marc 11. 20 à 24).

Le lendemain matin, passant près du figuier maudit la veille par le Seigneur, les disciples constatent qu’il est séché depuis les racines. Le jugement de Dieu l’avait frappé d’une manière surnaturelle, et Pierre en fait la remarque au Seigneur.

N’est-ce pas une image frappante du jugement solennel de Dieu à l’égard de notre nature pécheresse ? Pour la foi il a été porté par Christ à la croix.

S’Il cherche dans votre cœur les fruits d’une vraie repentance, les trouvera-t-Il ?

Jésus répondit à Pierre : « Ayez foi en Dieu », c’est-à-dire appuyez-vous sur la fidélité immuable de Dieu, en dépit de ce qui peut sécher et disparaître autour de vous. La foi est cette faculté spirituelle du croyant qui reçoit la Parole de Dieu dans son cœur (Jean 3. 33 ; Rom. 10. 17).

Puis le Seigneur ajoute : « Quiconque dira à cette montagne : Ôte-toi, et jette-toi dans la mer, et qui ne doutera pas dans son cœur, mais croira… tout ce qu’il aura dit lui sera fait… Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait » (Marc 11. 23 et 24).

Les paroles aussi bien que la prière sont l’expression d’une foi authentique qui reçoit ce qu’elle désire, en accord avec la volonté de Dieu.

La montagne est le symbole d’une grande puissance terrestre, d’un obstacle à surmonter, d’une difficulté à vaincre, mais la foi dispose de la puissance de Dieu et peut obtenir tout ce qu’Il approuve.

En rapport avec le jugement prononcé par Jésus sur le figuier, l’exhortation adressée aux disciples prévoit l’opposition acharnée des Juifs qu’ils affronteraient après son départ (1 Thess. 2. 14 à 16). Seule la foi triompherait.

Mais Israël à cause de son incrédulité a été comme une montagne jetée dans la mer des nations, après la destruction de Jérusalem par les Romains en 70.

Dieu exauce la prière de la foi. Ce principe est de toute importance pour notre marche, notre service, nos combats. Il importe de vaincre par la foi, en bannissant le doute et en fixant nos yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi (c’est à dire : Celui qui amène la foi à son accomplissement). Il suffit à la foi de faire intervenir Dieu dans l’attente de sa réponse dont elle est assurée.

Pour cela la communion avec un Dieu d’amour est à cultiver soigneusement. C’est pourquoi le Seigneur ajoute une nouvelle condition : l’esprit de pardon envers ceux qui ont pu nous léser (Marc 11. 25 et 26).

Il s’agit ici du pardon gouvernemental et non du pardon des péchés que Dieu octroie une fois pour toutes à ceux qui acceptent par la foi l’œuvre expiatoire de Christ. Dans son juste gouvernement Dieu tient compte de la conduite des siens. Il n’approuve jamais le mal dans nos voies. Le péché porté à notre connaissance doit être confessé et abandonné pour que nos prières soient exaucées (Prov. 28. 13 ; 1 Jean 1. 9).

Si quelqu’un te fait tort, pardonne-lui, et n’oublie pas de confesser ta faute à quelqu’un que tu as offensé. « Vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éph. 4. 32).

Les dernières paroles de Jésus en public (Jean 12. 20 à 36).

Des Grecs désirent voir Jésus (v. 20 à 26).

Au moment où le service public de Jésus est presque achevé, et avant qu’Il laisse Sa vie sur la croix, Dieu permet qu’un triple témoignage soit rendu à différentes gloires de Son Fils :

– Sa gloire de Fils de Dieu est manifestée lors de la résurrection de Lazare (Jean 11. 41 à 44).

– Puis Il est reconnu par une grande foule comme le Fils de David, le roi d’Israël entrant à Jérusalem (Jean 12. 12 et 13).

– Enfin la demande des Grecs, hommes des nations, fournit l’occasion au Père de proclamer la gloire de Jésus comme Fils de l’homme qui jugera le monde et son chef – mais ceux qui croiront en Lui participeront aux bénédictions de Son règne.

Après Son rejet comme Messie, Jésus ne pouvait pas porter le titre de Fils de l’homme sans passer par la mort, pour régner sur tout l’univers et introduire des hommes avec Lui dans la gloire. Mais sans avoir besoin de mourir, Il était Fils de Dieu (Luc 1. 36) et Fils de David (Mat. 1).

Ces Grecs, venus à Jérusalem pour adorer pendant la fête, expriment à Philippe leur désir de voir Jésus, au moment où les principaux sacrificateurs tiennent conseil pour Le faire mourir. Puis André étant informé, les deux disciples le disent à Jésus qui donne comme réponse : « L’heure est venue pour que le Fils de l’homme soit glorifié » et pour cela, Sa mort était nécessaire.

Le grain de blé tombant en terre devait mourir pour porter beaucoup de fruit, des grains de la même nature que la semence. Quoique en vertu de Son humanité parfaite Il aurait pu remonter au ciel tout seul – comme artisan des conseils de Dieu – Il s’engage à porter le jugement de la multitude de rachetés dont Il s’entourera au ciel.

Puis le Seigneur souligne les conséquences immédiates de Sa mort pour les compagnons de Sa gloire (v. 25 et 26). Le suivre implique le fait de charger sa croix, c’est-à-dire la mort au péché et au monde. C’est abandonner une vie de vanité, en portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre corps (2 Cor. 4. 10).

N’y a-t-il pas trop de personnes qui veulent servir le Seigneur, faire de grandes choses pour Lui, évangéliser même, et qui redoutent de Le suivre dans un chemin de fidélité où elles rencontreront l’opprobre des systèmes religieux, tout comme le Maître l’a connu au sein du Judaïsme ?

Le Seigneur, modèle parfait, a ouvert aux Siens un chemin en dehors du monde. Si nous nous souvenons de Son amour le poussant à venir nous sauver, en subissant le terrible jugement de Dieu qui devait nous atteindre, alors nous ne pouvons pas désirer ici-bas une autre part que la Sienne.

Prière de Jésus dans le pressentiment de Sa mort et réponse du Père (v. 27 et 28).

Troublé dans Son âme, le Seigneur éprouve le sentiment angoissant quant à la coupe amère que le Père Lui donnerait à boire : être abandonné d’un Dieu juste et saint, lorsqu’Il porterait nos péchés en Son corps sur la croix et donnerait Sa vie en rançon pour plusieurs.

Mais aussitôt l’homme parfait se soumet à la volonté parfaite de Son Père en disant : « Père, glorifie ton Nom » (v. 27). Là où l’homme pécheur avait déshonoré le nom de Dieu, Il accomplit l’œuvre de la rédemption, revendiquant à tout prix la gloire de Dieu. Dans Son amour invincible Il permet à des coupables repentants de pouvoir jouir de l’amour de Son Père pendant l’éternité.

Aussitôt une voix vint du ciel : « Et je l’ai glorifié et je le glorifierai de nouveau ». Glorifié lors de la résurrection de Lazare, Il allait l’être encore par la résurrection de Christ Lui-même (Rom. 6. 4). Ayant délié les douleurs de la mort, il n’était pas possible qu’Il fût retenu par elle.

Si ce cher Sauveur a enduré la mort pour d’autres, Il en sortira vainqueur en vertu de Ses propres perfections.

Interventions de la foule et avertissements de Jésus (v. 29 à 36).

A la foule étonnée d’entendre cette voix, Jésus annonce les conséquences solennelles de Sa mort et de Sa résurrection :

– Le jugement du monde qui se condamne définitivement en rejetant le Seigneur de gloire.

– La puissance de Satan, chef de ce monde, est brisée pour toujours, il sera jeté dehors ;

– Enfin, la croix où mourut le Sauveur reste le point d’attraction pour tous les hommes à la place d’un Messie vivant pour les Juifs seulement.

« Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » (v. 32).

La croix de Christ marque la rupture complète avec le monde. Il n’y avait plus de place pour Lui sur la terre qui Le rejetait. Mais acceptant par amour de prendre sous le jugement de Dieu la place de l’homme pécheur, Il ne pouvait être élevé dans le ciel qu’en passant par la mort.

Sur la croix Il est situé entre le ciel et la terre. Rappelons que l’autel d’airain où l’on offrait les sacrifices à l’Éternel était dans le parvis, mais en dehors du tabernacle. C’était le lieu de rencontre entre le Dieu saint et l’homme pécheur.

A l’approche de Son départ, le Seigneur annonce à Son peuple que la lumière était là pour peu de temps. Croire en la lumière, c’était être fils de la lumière.

De même aujourd’hui, à la fin du jour de la grâce, l’Esprit Saint dit : « Si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 7). « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi » (Éph. 2. 8).

Est-ce ton cas, cher jeune lecteur ?

Endurcissement du peuple et dernier avertissement du Seigneur (Jean 12. 37 à 50).

Les derniers versets du chapitre 12 de Jean marquent la fin du ministère public de Christ auprès du peuple juif. Malgré l’incrédulité obstinée de cette nation, Jésus adresse un dernier appel à ceux qui avaient été les témoins de Ses miracles et les auditeurs de Son enseignement.

Endurcissement de la nation juive (v. 37 à 43).

« Et quoiqu’il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne crurent pas en lui » (v. 37). C’est à propos de l’eau devenue du vin aux noces de Cana que Jésus manifesta Sa gloire ; et Ses disciples crurent en lui (2. 11).

En proie au doute au fond de sa prison, Jean le baptiseur envoie deux de ses disciples auprès de Jésus, qui leur confie un message pour lui : « Allez, et rapportez à Jean les choses que vous entendez et que vous voyez : les aveugles recouvrent la vue les boiteux marchent ; les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l’évangile est annoncé aux pauvres » (Mat. 11. 4 et 5).

Ces miracles prouvaient que Dieu était en Christ, qu’Il était l’envoyé du Père pour délivrer Son peuple. Et malgré le déploiement de puissance divine, le peuple dans son ensemble a persisté jusqu’à maintenant dans l’incrédulité, même si quelques-uns crurent en Lui au cours de Son ministère.

Déjà le prophète Ésaïe pose la question dans le chapitre qui évoque le chemin de l’homme de douleurs rejeté de Son peuple et souligne l’incrédulité de la nation en prononçant le jugement de Dieu : « Qui a cru à ce que nous avons fait entendre, et à qui le bras de l’Éternel a-t-il été révélé ? » (53. 1)

Quels ont été les effets produits par Son enseignement, et la vue de Ses miracles, sur l’ensemble de la nation ?

Et l’évangéliste ajoute : C’est pourquoi ils ne pouvaient croire parce qu’Ésaïe dit encore : « Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, afin qu’ils ne voient pas des yeux, et qu’ils n’entendent pas du cœur, et qu’ils ne soient convertis, et que je ne les guérisse » (6. 9 et 10).

Ces paroles peuvent nous étonner. Elles font ressortir que la longue patience de Dieu envers ce peuple, dans le déroulement de son histoire, était à son terme. En envoyant Son Fils dans le monde, le dessein de Dieu n’était pas d’endurcir et de vouer les hommes à la perdition éternelle, mais de les sauver. Et Jésus avait offert à tous la grâce et le salut.

Mais le jugement de Dieu commence à s’exercer là où Sa miséricorde rencontre une incrédulité et un endurcissement invétérés. Nous avons ainsi la preuve effrayante de la complète dépravation du cœur de l’homme.

Lorsque le prophète prononce l’aveuglement judiciaire du peuple, il est précisé : « Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui » (v. 41 ; És. 6. 1 à 5). Celui que le prophète considère dans toute Sa majesté et Sa sainteté est bien le Seigneur Jésus, Celui qui serait crucifié quelques jours plus tard.

Ainsi l’épreuve de l’homme, et pas seulement du Juif, est terminée à la croix. L’homme a condamné le Saint et le Juste : un homme parfait, Dieu manifesté en chair, apportant la vie, la lumière et l’amour. L’homme pécheur ayant rejeté une telle grâce, Dieu devait à Sa gloire d’exécuter Son jugement.

Mais, insondable mystère de la grâce, Jésus a subi le jugement de Dieu à la croix pour sauver d’indignes humains, ceux qui se repentent et acceptent par la foi cette œuvre rédemptrice.

Il est ajouté que plusieurs chefs crurent en Lui mais que, craignant les pharisiens, ils ne le confessaient pas, aimant la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu (v. 42 et 43). Or selon Romains 10, 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ».

Ce passage souligne bien l’importance de la confession de bouche du Seigneur Jésus. Ne craignons pas d’affirmer que nous appartenons au Seigneur, si cela est vrai.

Dernier appel du Seigneur en public (v. 44 à 50).

Ce dernier appel de Jésus constitue un condensé de l’évangile selon Jean. Il rappelle Sa mission en venant dans le monde, avec l’inévitable jugement atteignant celui qui le rejette.

Celui qui croit en Lui et Le voit, croit et voit Celui qui l’a envoyé, c’est-à-dire Son Père, dont Il est la parfaite expression.

Ensuite Jésus déclare : « Moi, je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (v. 46). La lumière révèle Dieu et dévoile l’état de l’homme (8. 12 ; 9. 5). Celui qui croit en Jésus a la lumière de la vie. Il est délivré des ténèbres, du pouvoir de Satan (Col. 1. 13).

De plus, le Seigneur n’est pas venu pour juger, mais afin de sauver le monde.

Touchés par les paroles de Jésus, les Samaritains crurent et connurent qu’Il est véritablement le Sauveur du monde (4. 42).

Enfin le Seigneur annonce le jugement inexorable, au dernier jour, pour celui qui Le rejette et ne reçoit pas Ses paroles. C’est Sa parole qui prononcera cette condamnation. Or le Père qui L’a envoyé, Lui a commandé ce qu’Il devait dire et comment le dire. Ses paroles et Ses actes étaient la parfaite expression de Dieu Lui-même, en grâce.

Le commandement de Dieu, c’est de croire au nom de Son Fils Jésus Christ (1 Jean 3. 23) et celui qui croit à son nom a la vie éternelle (1 Jean 5. 13). « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

As-tu la vie éternelle ?

L’autorité de Jésus (Mat. 21. 23 à 27 ; Marc 11. 27 à 33 ; Luc 10. 1 à 8).

Jaloux de leur autorité officielle comme conducteurs du peuple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens survinrent auprès de Jésus alors qu’Il enseignait et évangélisait dans le temple. Ils lui disent : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ? »

Il venait de purifier le temple, et durant Son ministère Il agissait et parlait avec une puissance divine à laquelle ils ne pouvaient s’opposer (Marc 1. 22 et 27).

La double question de ces chefs religieux se présente comme un défi agressif à l’autorité de Jésus. Il leur était insupportable de penser que leur influence auprès du peuple pouvait être affaiblie par l’autorité divine de Jésus.

Le Seigneur leur répond par une question qui va les plonger dans l’embarras. « Le baptême de Jean, d’où était-il ? du ciel, ou des hommes ? »

Un trait pénétrant de vérité transperce leur conscience. Ils sont livrés à leur propre raisonnement, soulignant leur détermination à ne pas croire.

S’ils avaient accepté le caractère céleste de la mission de Jean, ils étaient condamnés par les paroles de ce fidèle témoin de Dieu qu’ils n’avaient pas crues (Mat. 3. 7 à 12). Jean n’avait-il pas été envoyé de Dieu ? (Jean 1. 6 ; Luc 7. 26 à 28). Il avait annoncé le Messie, L’avait vu, et le Seigneur le déclare le plus grand des prophètes. Ainsi, accepter le baptême de Jean et son ministère comme étant de Dieu conduisait à reconnaître l’autorité divine de Jésus. Ceux que Jean baptisait étaient convaincus de péché à l’écoute de sa prédication et se repentaient. Ils étaient prêts à croire au Sauveur annoncé par Jean.

Si les chefs religieux rejetaient le baptême de Jean, le considérant comme étant des hommes, ils craignaient le peuple, car tous estimaient que Jean était réellement un prophète.

En réalité ces hommes tenaient à leur influence et voulaient préserver leur popularité, car « ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu » (Jean 12. 43).

Ne pouvant répondre au dilemme posé par Jésus, ils n’ont pas d’autre issue que d’avouer leur ignorance humiliante et leur totale incompétence, disant : « Nous ne savons ». Et le Seigneur leur répond : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses ».

C’était inutile, vu leur incrédulité obstinée. Le Seigneur leur ferme la bouche et ils étaient disqualifiés pour émettre quelque appréciation que ce soit sur Sa mission.

Ainsi est démontrée cette parole de l’Écriture : « La sagesse de ce monde est folie devant Dieu » et les raisonnements des sages sont vains devant Celui qui les prend dans leurs ruses (1 Cor. 3. 19 et 20).

Parabole des deux fils (Mat. 21. 28 à 32).

Maintenant le Seigneur, à l’aide d’une parabole que seul Matthieu mentionne, va soumettre à leur jugement le misérable état dans lequel ces chefs religieux se trouvent.

C’est un effet de Sa grâce que de leur fournir l’occasion de se condamner eux-mêmes, ce qui était relativement facile sous le régime de la loi, à la seule lumière des dix commandements et en particulier du dixième (Ex. 20. 1 à 17).

L’homme adresse les mêmes paroles à ses deux enfants. « Mon enfant, va aujourd’hui travailler dans ma vigne ». Il y a dans cette demande, tout à la fois l’expression de la tendresse et de l’autorité d’un père honoré par l’obéissance de son enfant.

Dans l’Ancien Testament la vigne évoque Israël sous la loi qui déclarait : « Celui qui aura fait ces choses vivra par elles » (Gal. 3. 12). Mais nulle chair n’a jamais été justifiée par des œuvres de loi.

Ce n’est pas l’obéissance complète qui caractérise ces deux enfants.

Le premier oppose un refus catégorique, mais plus tard il se repent et obéit. Il représentait en Israël, les pécheurs endurcis et les publicains ne se préoccupant pas de la loi. Mais au puissant appel à la repentance de Jean le Baptiseur, ils eurent du remords. S’ils ne pratiquaient pas la loi de Moïse en croyant les paroles de Jean, ils étaient concernés par cette parole de Jésus : « La sagesse est justifiée par ses enfants » (11. 19).

Le second enfant fait une belle profession en paroles, mais désobéit. Les principaux sacrificateurs et les anciens avaient apparemment une conduite honorable. Ils se contentaient d’une profession religieuse sans la foi. Avec la prétention d’aller travailler à la vigne de Dieu, ils ne firent rien. Mis de côté, il n’y avait pour eux d’autre issue que le jugement.

L’état misérable de l’homme désobéissant l’exposait à une condamnation éternelle. Mais « là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20).

Dieu n’attend plus de l’homme naturel qu’il fasse quelque chose, mais qu’il croie ce qu’Il dit par le moyen de Ses serviteurs comme Jean. Aujourd’hui il suffit de croire au Seigneur Jésus qui a expié nos péchés sur la croix pour être sauvé (Act. 16. 31).

As-tu accepté le salut gratuit que t’offre la grâce de Dieu ?

D’après La Bonne Nouvelle 1994

QU’EST-CE QUE LA PROVIDENCE ?

« Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » Rom. 8. 28.

QU’EST-CE QUE LA PROVIDENCE ?

Dire qu’un évènement est providentiel, c’est reconnaître qu’il est opportun et inespéré. Un chrétien verra l’action de Dieu là où d’autres verront l’effet du hasard. Mais le hasard n’existe pas. Dieu conduit souverainement, avec autorité, sagesse et amour, toutes les situations dans lesquelles se trouvent ceux qui Lui ont confié leur vie.

La Bible n’emploie pas le mot « providence », mais elle affirme que Dieu veille sur les hommes qui s’interrogent sur la façon dont Dieu agit dans le monde, et comment Il pourvoit à leurs besoins et à ceux de toutes Ses créatures.

Le chrétien sait que les circonstances ne sont pas fortuites dans la vie d’une personne ; Dieu Lui-même les dirige ou les permet. « Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a pas commandée ? » (Lam. 3. 37). Dieu aime chaque individu et Il s’occupe personnellement de lui, afin d’user de grâce et de bonté envers lui ; Il désire l’attirer à Lui.

Le croyant qui a placé sa foi dans le Seigneur Jésus sait que toute sa vie est conduite par un Dieu qui l’aime et qui désire lui faire du bien. Il sait qu’il fait partie de « ceux qui sont appelés selon son dessein », même s’il est conscient de la faiblesse de son propre amour pour Dieu.

« Oh ! que ta bonté est grande, que tu as mise en réserve pour ceux qui te craignent, et dont tu uses devant les fils des hommes envers ceux qui se confient en Toi ! » (Ps. 31. 19).

D’après « Il buon seme » – septembre 2023

IL N’Y A PAS DE CRÉATION SANS CRÉATEUR

« (Dieu) fait la grande Ourse, Orion, et les Pléiades… Il fait de grandes choses qu’on ne saurait sonder, et des merveilles à ne pouvoir les compter » Job 9. 9 et 10.

« Quand je regarde tes cieux, l’ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as disposées : Qu’est-ce que l’homme, que tu te souviennes de lui… ? » Ps. 8. 3.

IL N’Y A PAS DE CRÉATION SANS CRÉATEUR

Dieu donne d’innombrables preuves de Son existence à celui qui ouvre les yeux pour les voir. Plus la science moderne sonde les mystères de l’univers, plus elle démontre l’existence d’un Créateur. L’idée ne viendrait à personne qu’une navette spatiale soit capable de s’élever dans l’espace, de tourner en orbite autour de la terre et d’atterrir au lieu et à l’heure prévus, sans la contribution de l’ingéniosité des mathématiciens, des physiciens, des ingénieurs en électronique et des informaticiens. Que dire alors devant la multitude des astres qui gravitent dans le cosmos avec une précision rigoureuse ?

On a dit aussi qu’il faut infiniment plus de naïveté pour croire que l’univers est sorti spontanément du néant, qu’il n’en faut pour croire en un Dieu Créateur.

Certains scientifiques ont calculé que le soleil émet, en une seconde, la puissance de dix milliards de bombes nucléaires. Dans la partie de l’univers qui nous est accessible, des milliards d’étoiles émettent de l’énergie, et cela ne représente qu’une partie infinitésimale de l’immensité inconnue, devant laquelle on est pris de vertige.

Le monde que nous découvrons grâce au microscope est aussi incroyable que le monde cosmique. Le microscope électronique révèle la beauté, l’ordre et l’harmonie de l’infiniment petit, qui n’est pas moins extraordinaire que l’infiniment grand. Oui, la grandeur de notre Créateur est magnifique. Apprenons à rester humble devant Lui, en Lui rendant l’honneur qui Lui est dû !

D’après « Il buon seme » – août 2023

SONDEZ LES ÉCRITURES (17)

Le fils prodigue (Luc 15. 25 à 32).

Le fils aîné.

Malheureusement le père ne peut faire partager entièrement toute sa joie. Quelqu’un se tient en dehors de cette scène où l’amour avait tout préparé pour la joie de chacun. C’est le fils aîné, qui s’indigne, non sans raison, de la vie dissolue de son frère, tout en refusant de s’associer aux sentiments de grâce de son père.

Quoique près, il ne veut pas entrer. « Or son fils aîné était aux champs ; et comme il revenait et qu’il approchait de la maison, il entendit la mélodie et les danses ; et, ayant appelé l’un des serviteurs, il demanda ce que c’était. Et il lui dit : Ton frère est venu, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré sain et sauf. Et il se mit en colère et ne voulait pas entrer » (v. 25 à 28).

Peut-être pouvait-il se dire : « A quoi bon accomplir de bonnes œuvres, avoir une conduite honnête, si ce débauché, le déshonneur de toute sa famille, est ainsi reçu ? » Comme son orgueil était froissé !

Ce fils aîné représente la classe des pharisiens et des scribes, murmurant et disant à propos du Seigneur Jésus : « Celui-ci reçoit des pécheurs et mange avec eux » (v. 2). Hommes revêtus de propre justice, contents d’eux-mêmes, ils s’enorgueillissaient de leur bonne conduite, de leurs traditions religieuses.

Jésus étant la parfaite expression de la grâce, ils ne cessaient de Le contredire et de Le haïr. Ils ne pouvaient supporter la grâce qui pardonne les transgressions. Ils n’éprouvaient nul besoin de grâce et de pardon, s’estimant irréprochables.

De même aujourd’hui, qu’ils sont nombreux ceux qui s’imaginent pouvoir mériter le ciel par des œuvres ! Ils s’estiment ne pas être assez mauvais pour avoir besoin d’un Sauveur. Quel contraste avec ceux qui sont humiliés devant Dieu par leur propre état : « toutes nos justices sont comme un vêtement souillé » (És. 64. 6) ! Il n’y aura au ciel que des objets de grâce. L’as-tu compris ?

Mais la grâce invite les propres-justes, ces gens représentés par le fils aîné. « Et son père étant sorti, le pria ». Le père agit comme pour son fils prodigue, il va dehors, à la rencontre du fils aîné pour lui demander de venir au festin. Dans le livre des Actes, l’évangile est annoncé en premier lieu aux Juifs. Mais ils n’acceptèrent pas cette grâce qui accordait aux nations la même faveur qu’à eux (Act. 13. 46 ; 1 Thess. 2. 15 et 16).

Malgré l’insistance du père, le fils aîné lui répondit : « Voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai transgressé ton commandement ; et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ; mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras » (v. 29 et 30).

Voilà le langage de la propre justice et celui d’un égoïsme obstiné ! Dans la maison de son père il avait le sentiment d’accomplir un service d’esclave, comptant les années de labeur. Quelle est la valeur de l’obéissance sans amour ?

Il reproche à son père, alors qu’il avait la jouissance de tous ses biens, de ne pas lui avoir donné de récompense, pas même un chevreau, peu de chose à côté du veau gras !

Sans amour pour son père, il n’a que haine et mépris pour son frère, le désignant par l’expression : « celui-ci, ton fils » (1 Jean 4. 20 et 21). Aurait-il donc pu faire bonne chère avec ses amis, alors que son frère était perdu ? Quelle dureté et quel aveuglement dans un cœur insensible à la grâce !

Israël, semblable au fils aîné, imbu de sa propre justice, n’appréciait pas ses immenses privilèges, fermant son cœur à l’amour de Dieu. L’homme naturel ne comprend pas que Dieu justifie gratuitement par Sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, par la foi en Son sang (Rom. 3. 24 et 25).

Réponse du père.

« Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; mais il fallait faire bonne chère et se réjouir ; car celui-ci, ton frère, était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (v. 31 et 32).

Tout à la joie d’avoir retrouvé son fils perdu, le père agit selon son amour, le traitant lui aussi comme son enfant. Comme il souhaite que ce fils aîné s’associe à sa joie ! Mais son égoïsme et sa propre justice constituent un obstacle qui paraît infranchissable.

Le cœur du peuple terrestre, malgré tous ses privilèges (Rom. 9. 4 et 5) s’était endurci et s’éloignait toujours plus de Dieu, rejetant le salut par la foi en l’œuvre de Christ, persécutant ceux qui prêchaient l’évangile aux nations. Mais la grâce étant apparue ici-bas en Christ, cherche inlassablement des pécheurs pour les sauver. Il n’y aura au ciel que des pécheurs sauvés par grâce et une joie éternelle remplira tous les cœurs.

En feras-tu partie ?

Ainsi, ces trois paraboles de Luc 15 font ressortir toute l’activité des trois Personnes de la Déité : celle du Fils, le bon berger à la recherche de sa brebis perdue ; celle du Saint Esprit projetant la lumière de la Parole dans le monde pour trouver l’homme mort dans ses fautes et dans ses péchés ; celle du Père dont l’amour accueille le plus misérable des pécheurs repentants.

Dans les trois cas, une joie qui désire être partagée, remplit le cœur de Celui qui a trouvé de tels objets de la grâce (v. 5, 6, 7, 9, 10 et 32).

L’économe infidèle (Luc 16. 1 à 13).

Dans cette parabole, l’enseignement de Jésus concerne Ses disciples. Quel usage peuvent-ils faire des biens de la terre sous l’économie de la grâce, où les bénédictions du croyant sont célestes, spirituelles et éternelles ? Sous la loi, la faveur de Dieu s’exprimait, à l’égard de l’Israélite obéissant, par une abondance de biens matériels et terrestres (Deut. 28. 1 à 14).

Or ne sommes-nous pas conscients que, tout en possédant les biens célestes et permanents, nous nous attachons facilement aux choses de la terre ?

L’infidélité de l’économe (v. 1 et 2).

« Il y avait un homme riche qui avait un économe ; et celui-ci fut accusé devant lui comme dissipant ses biens ». Les biens appartiennent au maître. Et l’économe doit les administrer pour le compte de son maître. De même, « la terre est au Seigneur et tout ce qu’elle contient » (1 Cor. 10. 26 ; Ps. 24. 1 ; Aggée 2. 8) ; et l’homme y avait été placé par Dieu pour gérer Ses biens. Or « ce qui est requis dans des administrateurs, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle » (1 Cor. 4. 2).

Mais au lieu de faire fructifier tout ce que Dieu lui avait confié, en obéissant à son Créateur, l’homme a dissipé les biens de son maître et en a disposé pour son profit personnel.

L’épreuve, à laquelle Israël a été soumis par Dieu sous la loi, a mis en relief cette effrayante infidélité de l’homme, qui s’est montré entièrement indigne de la confiance que Dieu avait placée en lui comme économe.

Et le maître, l’ayant appelé lui dit : « Qu’est-ce que ceci que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration ». L’épreuve de l’homme est close. Dieu ne peut plus avoir confiance en lui, et Il se doit de le traiter comme un infidèle. Il est renvoyé, ayant perdu sa place, mais pas les biens qu’il gérait. Désormais Dieu agira en grâce envers tous les hommes en envoyant Jésus dans le monde.

La prompte résolution de l’économe (v. 3 à 7).

Destitué de son administration, l’économe se livre à quelques brèves réflexions au sujet de son avenir. Voici une occasion à saisir encore dans le présent, et elle ménagera son avantage dans l’avenir ! Après avoir rejeté les moyens qu’il ne peut accepter, tout à coup il pense aux débiteurs de son maître et les appelle auprès de lui. Son habileté montre qu’il a pris au sérieux la parole de son maître. Par écrit, il déduit une partie de leur dette à chacun, selon des critères financiers qu’il sait apprécier. Plus tard, il compte ainsi avoir des amis et être reçu dans leurs maisons.

La louange du maître (v. 8).

Le maître loue la prudence de son économe, tout en le qualifiant d’injuste. Car après avoir dilapidé les biens de son maître, il s’était encore tiré d’affaire aux dépens de ce dernier. Mais ce qui est à retenir, c’est sa prévoyance.

Les croyants peuvent employer, en vue de leur avenir, les biens terrestres qui appartiennent tous à Dieu. Sans doute, comme hommes responsables devant Dieu, ils sont considérés comme des économes infidèles.

Et le Seigneur ajoute que les hommes de ce monde sont plus prudents que les fils de la lumière. Mais tout Son désir est que les croyants imitent un tel savoir-faire dans le domaine spirituel.

Le conseil du Seigneur aux disciples (v. 9).

« Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand vous viendrez à manquer, vous soyez reçus dans les tabernacles éternels ». Que sont ces richesses injustes – sinon les biens terrestres que l’homme déchu a utilisés pour satisfaire ses convoitises, oubliant que tout appartient à Dieu ?

Elles sont injustes, car elles sont mal employées par le gérant qui se les est appropriées. Mais le croyant, mû par la crainte de Dieu, va employer, par amour pour les autres, pour la gloire du Seigneur, et en vue du ciel, ces biens pour un peu de temps encore entre ses mains, tout en sachant que Dieu en est le propriétaire.

De manière imagée, ce sont ces amis qui se font les disciples de Jésus, c’est-à-dire en réalité de Dieu Lui-même. Tout ce que le Seigneur nous confie sur la terre peut être transformé en bénédictions éternelles.

Réflexions déduites de la parabole (v. 10 à 13).

« Celui qui est fidèle dans ce qui est très petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand ; et celui qui est injuste dans ce qui est très petit, est injuste aussi dans ce qui est grand ». Les richesses injustes, ce qui est très petit, ce qui est à autrui, représentent les choses terrestres et temporelles qui nous sont prêtées au cours de notre courte vie dans ce monde, pour les gérer en toute fidélité envers notre Maître.

Cela nous prépare pour administrer fidèlement ce qui est grand, les vraies richesses, ce qui est à nous, c’est-à-dire les richesses spirituelles, impérissables, toutes les gloires de Christ. Et tout ce qui est à Christ est à nous (Rom. 8. 17). Mais si nous sommes infidèles dans l’administration des choses d’ici-bas, en nous les appropriant, ce sera aussi le cas pour le domaine spirituel (1 Tim. 6. 17 à 19 ; 1 Pier. 1. 4) ; 2 Pier. 1. 3 et 4).

L’économe infidèle prétendait servir tout à la fois son maître, et l’argent avec tout ce qu’il procure. Ainsi le Seigneur met-il en garde Ses disciples en affirmant : « Nul ne peut servir deux maîtres ». Il est impossible de servir Dieu et les richesses de ce monde (Mat. 6. 24).

Qui as-tu choisi d’aimer et de servir ? Quel maître domine sur ton cœur ?

L’homme riche et Lazare (Luc 16. 14 à 31).

Les pharisiens se moquent de Jésus (v. 14 à 18).

Avares, les pharisiens se moquèrent du Seigneur, car il venait de leur déclarer qu’on ne peut servir deux maîtres à la fois : Dieu et les richesses (v. 13 et 14). Ils étaient esclaves des biens terrestres qui accaparaient leur cœur. Aussi Jésus leur dit-il : « Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes ; mais Dieu connaît vos cœurs : car ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (v. 15).

Déployant un zèle scrupuleux pour leur religion, afin d’être bien considérés des hommes, ils ne recherchaient que leur propre gloire, sans se soucier de donner à Dieu la place qui Lui revient. Or toute idole, ce qui prend la place de Dieu dans nos cœurs, est une abomination.

La loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean. Mais la loi ayant été violée et les prophètes rejetés, Dieu introduit une nouvelle économie, Son royaume. Pour y entrer il fallait user de violence, c’est-à-dire rompre avec le système légal au terme duquel les jugements allaient fondre inexorablement sur les Juifs refusant la grâce (v. 16 et 17).

Le riche et Lazare (v. 19 à 22).

Le Seigneur illustre Ses affirmations par une parabole : « Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement. Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères, et qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères » (v. 19 à 21).

Bien que voyant son prochain, pauvre et malade, couché à sa porte, le riche employait pour lui-même, dans le luxe, l’égoïsme et la gourmandise, ces biens de la terre appartenant à Dieu, et qu’il était responsable d’administrer pour Lui et en vue du ciel. Il n’est question ni de l’impiété du riche, dont le nom n’est pas cité, ni de la piété de Lazare dont le nom signifie « secours de Dieu ».

Ces deux hommes représentent deux classes de personnes dans ce monde. Ceux qui, voulant jouir du présent, sacrifient l’avenir, préférant à Dieu les plaisirs que procurent les biens de ce monde, et ceux qui renoncent à tout en vue de l’avenir. Une telle inégalité subsiste jusqu’au moment où un même sort les atteint tous, tôt ou tard – la mort inéluctable pour les fils des hommes. Au-delà du tombeau l’âme connaît aussitôt les conséquences permanentes de son choix sur la terre.

Au-delà de la mort (v. 23 à 31).

Maintenant Jésus lève le voile sur l’au-delà, et tout est changé. « Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli » (v. 22).

Lazare, le pauvre auquel personne ne s’intéressait sur la terre, est transporté dans le sein d’Abraham, symbole de la félicité la plus élevée pour un Juif.

Pour le chrétien, la part est plus excellente encore : « Nous serons toujours avec le Seigneur » et « Être avec Christ, … est de beaucoup meilleur » (1 Thess. 4. 17 ; Phil. 1. 23).

Quant au riche, ce qui le concerne est très bref : « Il fut enseveli ». Point de part avec Dieu, et pourtant il ne cesse pas d’exister. Il est déjà dans un lieu de tourment évoqué à quatre reprises dans ce passage.

En hadès, lieu invisible où vont les âmes après la mort, il voit de loin Lazare dans le sein d’Abraham. « Et s’écriant, il dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme » Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux ; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté » (v. 24 et 25). Si seulement il pouvait un peu apaiser la soif ardente qui le dévore, un peu d’eau du bout du doigt de Lazare pour rafraîchir sa langue !

Sur la terre il avait possédé à profusion les biens, les plaisirs et les honneurs, mais il n’avait rien pu emporter outre-tombe (1 Tim. 6. 7). Il n’avait devant lui que les tourments éternels.

Par contre, pour Lazare, qui s’était confié en Dieu pour supporter sa misère et ses maux, c’est la consolation d’un bonheur ineffable pour son âme.

Abraham ajoute une autre raison au refus d’accéder à la demande du riche : « Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous » (v. 26). Il y a un gouffre infranchissable entre le paradis (ch. 23. 43) et le lieu de tourment.

C’est sur la terre que se décide le sort éternel d’une âme – que l’on peut être sauvé par la foi en l’œuvre parfaite du Seigneur Jésus à la croix. Il a enduré le jugement que nous avions mérité. « C’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2 ; 5. 20). Si la grâce offerte par Dieu est rejetée, après la mort, c’est le jugement (Héb. 9. 27).

Peux-tu déclarer par la foi : Jésus est mon Sauveur ? Il n’y a que ces deux possibilités : le bonheur près de Jésus, ou le malheur loin de Lui.

Conscient que pour lui-même il est trop tard, le riche voudrait que Lazare aille avertir ses cinq frères pour les inciter à la repentance et leur éviter ce lieu de tourment. Cette dernière demande est aussi rejetée, car seule la foi en la parole de Dieu peut communiquer la vie divine par un travail profond de cœur et de conscience, et non par un miracle spectaculaire à travers une résurrection d’entre les morts. « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent » (v. 27 à 31).

Il est donc nécessaire de se repentir sur la terre pour aller au ciel, et la Parole de Dieu est un témoignage suffisant et complet pour l’homme pendant sa vie sur la terre.

Foi et obéissance du serviteur (Luc 17. 5 à 10).

Foi du disciple (v. 5 et 6).

Le Seigneur vient d’entretenir Ses disciples de la malédiction réservée à ceux qui sont en piège à des petits, plus faibles qu’eux, et de la nécessité de toujours pardonner à un frère qui se repent d’un péché commis. Habitués au régime de la loi sous lequel l’homme naturel se glorifie, ils considèrent que les principes du royaume énoncés par Jésus demandaient une réelle énergie de foi. C’est pourquoi ils ne peuvent s’empêcher de Lui dire : « Augmente-nous la foi » (v. 5).

Et Lui leur répond : « Si vous avez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à ce mûrier : Déracine-toi et plante-toi dans la mer ; et il vous obéirait » (v. 6). Bien que très petit, le grain de moutarde renferme la vie. De même la vie de la foi, en faisant intervenir Dieu, obtient ce qui est impossible à la nature. Car pour Dieu rien n’est impossible.

Cependant la foi discerne ce qui est selon la volonté de Dieu, dans une vie de communion intime avec Lui, et s’engage dans un chemin d’obéissance à la Parole. Elle sait alors qu’elle obtiendra les choses qu’elle a demandées (1 Jean 5. 14 et 15). Dans Sa réponse, le Seigneur montre qu’il ne s’agit pas avant tout d’une certaine mesure de foi, mais de sa vitalité, au moment où elle compte sur Dieu seul.

Quelle que soit ta difficulté, si par la foi tu te confies en ton Dieu, tu feras l’expérience de David : « Fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur… confie-toi en lui, et lui, il agira » (Ps. 37. 4 et 5). Une foi exercée ne peut qu’être fortifiée.

L’obéissance du serviteur (v. 7 à 10).

Si la foi dispose de toute la puissance de Dieu, elle ne peut s’exprimer que dans l’obéissance à Sa volonté. Et le Seigneur souligne toute la valeur de ce principe de l’obéissance par une comparaison empruntée à la vie courante de l’époque.

Il considère le cas d’un maître qui, ayant un esclave labourant ou paissant le bétail, lorsqu’il revient des champs ne lui dit pas de se mettre à table ; mais il lui demande, au contraire, de lui apprêter le souper et de le lui servir ; après cela l’esclave pourra manger et boire. Puis le Seigneur dit du maître : « Est-il obligé à l’esclave de ce qu’il a fait ce qui lui avait été commandé ? Je ne le pense pas. Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites : Nous sommes des esclaves inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait » (v. 9 et 10).

Dès que nous connaissons la volonté de Dieu, nous n’avons pas à nous interroger pour savoir si nous avons assez de foi, mais il nous appartient d’obéir de cœur et promptement, sans y ajouter quelque raisonnement que ce soit. L’esclave, dont tout le temps appartient au maître, en rentrant des champs, au lieu de prendre son repos en mangeant et buvant, lui obéit en lui préparant son repas et en le lui servant.

Il arrive que, ayant discerné la volonté de Dieu, nous redoutions de nous engager dans un tel chemin à cause des conséquences douloureuses que nous pressentons : le mépris, l’opprobre, et parfois la persécution pour le nom du Seigneur. Combien de martyrs ont préféré mourir comme leur Maître, plutôt que de désobéir à la parole de Dieu !

L’esclave a fait ce qui avait été commandé. Il ne peut prétendre mériter quoi que ce soit de la part de son maître, car il est sa propriété. De même, le croyant appartient au Seigneur. Il est Son esclave à cause du prix payé pour son rachat. Il ne vit plus pour lui-même, mais pour Celui qui pour lui est mort et a été ressuscité (2 Cor. 5. 15). Tout son être est, par amour, consacré au Seigneur, car il peut déclarer : « le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal. 2. 20). Désormais, animé d’un esprit de grâce, il ne peut que se dévouer et obéir, car il connaît la volonté du Seigneur.

« Nous sommes des esclaves inutiles ».

C’est l’humilité qui nous convient dans ce service, ce que nous devons penser de nous-mêmes, comme esclaves de Christ. Si le Seigneur daigne Se servir de nous comme de Ses instruments, c’est une grande faveur. Mais il peut aussi nous mettre de côté lorsque nous nous sommes enflés d’orgueil, et c’est un effet de sa miséricorde. N’oublions pas cette parole du Seigneur, parfaitement obéissant à Son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8. 29).

C’est dans la jouissance de l’amour du Seigneur que notre foi peut s’affirmer en toute hardiesse, et que l’obéissance à la Parole de Dieu peut être pratiquée dans une marche selon Sa volonté, sans nous mettre en souci pour les conséquences.

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21). Écoutons ce qui est écrit dans le rouleau du livre : « Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10. 7). Serviteur parfait, Jésus a été obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix (Phil 2. 8).

La résurrection de Lazare (Jean 11. 1 à 27).

Ce chapitre 11 présente le témoignage rendu au Fils de Dieu dans la résurrection de Lazare.

Jésus est informé de la maladie de Lazare (v. 1 à 4).

Il y avait à Béthanie, village proche de Jérusalem, un foyer hospitalier où le Seigneur se retirait volontiers. Il abritait deux sœurs, Marthe et Marie, et leur frère Lazare.

C’était pour le cœur du Seigneur affligé par l’incrédulité et la haine des Juifs, l’occasion d’y être rafraîchi. Marthe se dévouait dans le service pour recevoir ses hôtes, alors que Marie, assise aux pieds de Jésus, écoutait Sa parole. Et le Seigneur doit déclarer qu’elle avait choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée (Luc 10. 39 à 42).

Cette part de Marie peut être aussi la vôtre, vous qui avez entre vos mains la Parole de Dieu.

Le Seigneur aimait chaque membre de cette famille, qui lui était très attachée. Comme cela peut se produire dans tout foyer, à un moment donné, l’épreuve est survenue par la maladie de Lazare. Que vont faire les deux sœurs de Béthanie ? Elles désirent transmettre leur peine à Jésus là où Il se trouve.

Remarquons toute la délicatesse de sentiments exprimée dans le message : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade » (v. 3). Il n’y a pas de requête formulée, pas de demande au Seigneur pour qu’Il vienne guérir le malade aimé de Lui, mais l’expression de toute leur confiance en Son amour parfait et en Son autorité.

Mais ce récit nous apprend ce qui était prioritaire pour Jésus, l’obéissance à la volonté de Son Père dans une dépendance constante de Lui, et non pas Son affection pour les Siens.

Il aurait pu, comme dans le cas du fils malade du seigneur de la cour à Capernaüm, par une seule parole, guérir Lazare à distance. Mais ce n’était pas selon la volonté de Son Père. Aussi Jésus reste-t-Il au lieu où Il se trouvait, tout en déclarant : « Cette maladie n’est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (v. 4).

Cette maladie n’aura pas pour résultat définitif la mort, mais la gloire de Dieu dans le déploiement de Sa puissance et de Son amour, par le triomphe de la vie sur la mort.

La mort de Lazare (v. 5 à 16).

L’œuvre plus grande que la guérison de Lazare, c’était bien sa résurrection d’entre les morts. « Or Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare » (v. 5), et c’est après avoir énoncé cette déclaration que l’évangéliste ajoute : « Il demeura encore deux jours au lieu où il était » (v. 6) ; puis Jésus propose à ses disciples de retourner en Judée (v. 7), tout en connaissant la haine meurtrière des Juifs envers Lui.

Le Seigneur nous dicte ici une double leçon, que la foi est appelée à saisir dans tous les temps : Veillons à ne pas nous laisser guider par nos sentiments, ou arrêter par la crainte des hommes. Écoutons ce que l’Esprit prophétique exprime au sujet de Christ : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8).

Jésus était la lumière de la vie. Le temps où Il accomplissait la volonté de Son Père, au cours de Son séjour ici-bas, c’était pour Lui le jour (v. 9 et 10). Quel modèle parfait pour nous dans Son humanité. C’est en faisant la volonté de Dieu que nous marchons dans la lumière.

Puis Jésus précise à Ses disciples : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais pour l’éveiller » (v. 11). C’est dans un tel langage incompréhensible pour les disciples qu’Il parle de la mort, la comparant à un sommeil, car Il détenait le pouvoir de ressusciter les morts. Puis Il leur dit ouvertement : « Lazare est mort ; et je me réjouis, à cause de vous, de ce que je n’étais pas là, afin que vous croyiez. Mais allons vers lui » (v. 14 et 15).

Les disciples allaient être les spectateurs des effets de la puissance de la vie dans le lieu même de la mort, conséquence du péché. Et leur foi dans le Fils de Dieu en serait affermie.

Thomas, surtout connu pour son incrédulité quant à la résurrection de Jésus, montre, par une brève intervention, qu’il aimait son Maître résolu à aller en Judée. « Allons-y, nous aussi, afin que nous mourions avec lui » (v. 16).

Jésus rencontre Marthe (v. 17 à 27).

Au moment où Jésus arrive à Béthanie, le corps de Lazare était déjà dans le sépulcre depuis quatre jours. Quel que soit l’état de corruption de ce corps, rien n’empêchera le Seigneur de manifester qu’Il est la résurrection et la vie. Et les Juifs venus pour consoler les deux sœurs affligées seraient aussi les témoins privilégiés de ce que Jésus allait faire.

Apprenant l’arrivée de Jésus, Marthe va au-devant de Lui. Toujours prompte à intervenir, elle Lui dit « Seigneur, si tu eusses été ici mon frère ne serait pas mort ; mais même maintenant je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera » (v. 21 et 22).

Sa foi en la puissance de Dieu permet au Seigneur de lui donner une révélation nouvelle : « Ton frère ressuscitera » ; et elle répond : « Je sais qu’il ressuscitera en la résurrection, au dernier jour ». Elle croyait à la résurrection générale, mais ignorait la résurrection d’entre les morts.

Ayant en vue tous les hommes, « Jésus lui dit : Moi, je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra ; et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais. Crois-tu cela ? Elle lui dit : Oui, Seigneur, moi je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (v. 25 à 27). Celui qui croit en Jésus, la résurrection et la vie, quoique mort, vivra, sera ressuscité ; et celui qui vit, étant présent dans son corps, ne mourra point à jamais.

C’est ce qui se produira à la venue du Seigneur pour enlever son Église et tous les croyants endormis dans la foi en Jésus.

As-tu une telle espérance ?

La résurrection de Lazare (Jean 11. 28 à 44).

Marie vient à la rencontre de Jésus (v. 28 à 32).

En appelant secrètement sa sœur, Marthe est consciente que la place de Marie était d’être auprès du Maître, discernant qu’elle n’était pas à la hauteur des pensées de Jésus, tout en le confessant comme le Christ, le Fils de Dieu (v. 27).

Aussitôt Marie se lève promptement pour aller, non pas au sépulcre, mais là où Jésus était. Dans le deuil elle a besoin de Lui.

Remarquons son attitude spontanée et familière. Dès qu’elle Le voit, elle se jette à Ses pieds. Ne nous incite-t-elle pas à imiter un tel mouvement de foi lorsque nous sommes éprouvés ? Dans les trois scènes où l’Écriture parle d’elle, elle occupe toujours cette place (Luc 10. 42 ; Jean 12. 3). Elle prononce alors ces paroles : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort ».

Si elle regarde en arrière, comme c’est souvent le cas de ceux qui sont dans le deuil, ses paroles montrent qu’elle connaissait la puissance du Seigneur. Mais elle ne peut qu’exprimer sa peine, montrant à quel point la mort dominait son esprit.

Frémissement et pleurs de Jésus (v. 33 à 35).

Jésus, voyant Marie pleurer, ainsi que les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit et se troubla. Quelle peine profonde mêlée d’indignation est produite dans l’âme du Seigneur à la vue du pouvoir de la mort sur l’esprit de l’homme !

Jésus avait dit à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (v. 25). Il détenait une puissance invincible pour délivrer l’homme des conséquences affreuses et éternelles du péché. Et pour que cette puissance s’exerce en faveur des croyants, Il devra entrer dans la mort, jugement de Dieu, et en sortir vainqueur dans Sa résurrection d’entre les morts.

Mais Il éprouve en même temps, dans Sa sensibilité humaine parfaite, la douleur intense causée par la mort. Puis il leur dit : « Où l’avez-vous mis ? Ils lui disent : Seigneur, viens et vois. Jésus pleura » (v. 34 et 35).

L’homme de douleurs visite la vallée des larmes. Il pleure avec ceux qui pleurent sous les conséquences désastreuses du péché. Pourtant l’homme est le chef-d’œuvre du Créateur. Mais la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché (Rom 5. 12). Comme nous saisissons peu à quel point le Seigneur était étreint dans Son cœur et accablé dans Son esprit, en constatant le malheur dans lequel le péché avait plongé l’homme.

En voyant Jésus verser des larmes, les Juifs donc dirent : « Voyez comme il l’affectionnait. Mais quelques-uns d’entre eux dirent : Celui-ci, qui a ouvert les yeux de l’aveugle, n’aurait-il pas pu faire aussi que cet homme ne mourût pas ? » (v. 36 et 37). Comme les raisonnements de l’homme l’égarent ! Il admet que Jésus aurait pu repousser le jour de la mort de Lazare, mais il ignore qu’Il possède, comme Fils de Dieu, la puissance triomphante de la vie sur la mort pour en délivrer l’homme.

Quel baume bienfaisant pour les sœurs de Béthanie dans le deuil lorsque Jésus pleure avec elles, même s’il y avait une raison infiniment plus profonde à ces larmes.

Lorsque la mort ravit un bien-aimé du Seigneur à une famille de croyants, ils sont assurés de la parfaite sympathie de Jésus, tant humaine que divine. Encore aujourd’hui, alors qu’Il est dans la gloire, Son cœur compatissant peut consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit.

Jésus au sépulcre de Lazare (v. 38 à 44).

A la demande de Jésus d’ôter la pierre de la grotte où reposait le corps de Lazare, Marthe ne peut s’empêcher d’intervenir : « Seigneur, il sent déjà, car il est là depuis quatre jours. Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (v. 38 à 40).

Était-il plus difficile au Seigneur de ressusciter un corps dans un état de corruption plus ou moins avancé, qu’un corps qui n’était pas encore dans cet état, ou qu’un corps réduit en poussière ? Non, celui qui croit verra la gloire de Dieu déployée en résurrection à l’égard des croyants, et sur-le-champ envers Lazare.

Pour exercer Sa puissance divine, Jésus éprouve le besoin de dépendre de Son Père auquel Il s’adresse devant tous : « Père, je te rends grâces de ce que tu m’as entendu. Or moi je savais que tu m’entends toujours ; mais je l’ai dit à cause de la foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que toi, tu m’as envoyé. Et ayant dit ces choses, il cria à haute voix : Lazare, sors dehors ! Et le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller » (v. 41 à 44).

Ressuscité par la voix toute-puissante de Jésus, Lazare sort ; et pour lui permettre de marcher librement, il fallait le délier. Désormais il pouvait vivre en ressuscité. Mais Lazare a dû mourir une seconde fois, étant encore sur la terre.

Par contre, lorsque les saints endormis seront ressuscités par le Seigneur, ils revêtiront un corps semblable au Sien comme homme ressuscité et glorifié. Ce corps spirituel est incorruptible, hors d’atteinte du pouvoir de la mort.

Ainsi Jésus, le Fils de Dieu, se présente dans ce chapitre comme la résurrection et la vie. Il a le pouvoir de donner la vie à ceux qui sont morts ; or l’homme, dans son état naturel, est mort moralement dans ses fautes et ses péchés. Sauvés par la grâce, nous avons été vivifiés ensemble avec le Christ et ressuscités ensemble (Éph. 2. 5).

Peux-tu joindre ta voix à celle de tous les rachetés pour louer éternellement le Seigneur Jésus ?

La résurrection de Lazare (Jean 11. 45 à 57).

Effets du miracle de la résurrection de Lazare (v. 45 et 46).

Plusieurs Juifs venus auprès de Marie, témoins de la résurrection de Lazare, miracle le plus impressionnant de cet évangile, crurent en Jésus. Celui qui est la résurrection et la vie relève d’entre les morts un homme dont le corps était déjà atteint par la corruption. Par Sa parole toute-puissante Il donne une preuve irréfutable de Sa nature divine.

Ces Juifs rappellent les paroles des Samaritains déclarant à la femme du puits de Sichar : « Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (4. 42).

Mais d’autres Juifs allèrent rapporter aux Pharisiens ce que Jésus venait de faire (v. 46). Ils ne pouvaient qu’exciter la jalousie et la colère de ces ennemis acharnés. Ne découvrons-nous pas ici la dureté de nos cœurs naturels incurables ? Les miracles du Seigneur étaient pour certains « une odeur de mort pour la mort » (2 Cor. 2. 16).

Réunion du sanhédrin, conseil et prophétie de Caïphe (v. 47 à 52).

Le tribunal suprême des Juifs est convoqué par les principaux sacrificateurs et les Pharisiens dès qu’ils sont informés de ce miracle notoire. Ils dirent : « Cet homme fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons ainsi faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et ôteront et notre lieu et notre nation » (v. 47 et 48).

Ils semblent redouter qu’en suivant Jésus, le peuple ne suscite une répression sanglante de la part des Romains. Devant l’attrait des foules pour le ministère de grâce de Christ, ils craignent surtout que leur prestige en soit terni.

En réalité, c’est la crucifixion du Seigneur qui entraînera la destruction de Jérusalem et la dispersion de la nation par les Romains. Rejeté comme Messie, Jésus ne pouvait pas établir Son règne glorieux à ce moment-là, selon la prophétie de Daniel (7. 27, 14).

Caïphe, le souverain sacrificateur, donne son avis en disant : « Il nous est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas » (v. 49 et 50). Voilà les calculs de la sagesse humaine qui, craignant l’influence du Seigneur sur les foules, pensait que cela soulèverait l’hostilité de Rome.

Mais Dieu, qui domine tous les événements, se sert de Caïphe pour énoncer une vérité que le Saint Esprit nous communique : « Il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés » (v. 51 et 52).

La restauration future d’Israël aura lieu quand ce peuple reconnaîtra, dans la repentance, Jésus comme son vrai Messie, regardant à Celui qu’ils ont crucifié (Zach. 12. 10 ; És. 53. 5 et 6). En attendant que tout Israël soit sauvé, il faut que la plénitude des nations soit entrée (Rom. 11. 25 et 26).

En vertu du sacrifice de Christ, Dieu ordonne maintenant à tous les hommes de se repentir et d’accepter Jésus comme Sauveur (Act. 17. 30 et 31 ; 4. 12). De plus, le Saint Esprit descendu ici-bas à la Pentecôte comme conséquence de la mort et de la glorification de Christ, unit entre eux, par Sa puissance, tous les enfants de Dieu possédant la vie éternelle et la même foi en Jésus. Ils constituent une seule famille, un seul Corps, le Corps de Christ, l’assemblée de Dieu (Éph. 4. 4 ; 1. 23).

Décision du sanhédrin et attitude de Jésus. Pâque des Juifs (v. 53 à 57).

« Depuis ce jour-là donc, ils consultèrent ensemble pour le faire mourir » (v. 53). Après le rejet de Ses paroles (ch. 8), de Ses œuvres (ch. 9), Dieu manifeste encore de façon éclatante toute Sa puissance divine à Son Fils par la résurrection de Lazare. Par une seule parole divine, un homme sort du tombeau où il était enseveli depuis quatre jours.

Bien que témoins de ce triomphe de la vie sur la mort, et du ministère de grâce et de puissance du Seigneur, les Juifs, fidèles représentants de toute la race humaine, sont unanimes pour condamner le seul Homme parfait comme méritant la mort (Act. 3. 14 et 15). C’est à la croix que la méchanceté du cœur de l’homme s’est pleinement affirmée. « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu » (Rom. 8. 7).

Étant ennemis, nous ne pouvons être réconciliés avec Dieu que par la mort de Son Fils (Rom. 5. 10). Dieu en a fini avec l’homme en Adam, à la croix où Christ a subi le jugement qui devait l’atteindre, « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 15 et 16).

Désormais un nouvel homme sort de la mort par la résurrection de Christ. Il est en Christ et appartient à la nouvelle création.

Dès lors Jésus se retire près du désert, dans une ville appelée Éphraïm où il séjourne avec Ses disciples. Tout en connaissant le décret des chefs du peuple, Il sait aussi que Son heure n’était pas encore venue, quoique toute proche. Les Juifs montent à Jérusalem pour se purifier avant la fête de Pâque. Ce serait la dernière avant l’offrande de l’Agneau de Dieu, Sa mort sur la croix.

Aujourd’hui encore les hommes se contentent souvent d’une apparence religieuse au sujet de Christ, mais certains reçoivent Jésus comme leur Sauveur et désirent Le suivre dans un chemin de renoncement à soi-même et en se séparant du monde qui L’a crucifié (Luc 9. 23).

As-tu fait ce dernier choix ?

Les dix lépreux (Luc 17. 11 à 19).

La rencontre (v. 11 à 13).

Tout en se rendant à Jérusalem, Jésus traversait la Samarie et la Galilée. « Comme il entrait dans un village, dix hommes lépreux le rencontrèrent ; et ils s’arrêtèrent de loin ; et ils élevèrent la voix, disant : Jésus, maître, aie pitié de nous ! »

Ces malheureux lépreux étaient exclus par la loi de toute communication avec leurs semblables (Lév. 13. 45 et 46). Ils étaient atteints de cette terrible maladie, très contagieuse et incurable. Dieu seul pouvait les guérir. Ils étaient regroupés pour se prodiguer mutuellement les soins que tout le monde leur refusait. Ils se tiennent à distance pour élever leur voix et implorer la pitié de Jésus.

La guérison (v. 14).

En les voyant, Jésus leur dit : « Allez, montrez-vous aux sacrificateurs. Et il arriva qu’en s’en allant, ils furent rendus nets ». Les sacrificateurs seuls pouvaient constater la guérison d’un lépreux et le réintégrer dans ses privilèges au milieu de son peuple (Lév. 13. 2 ; 14. 3 ; Mat. 8. 4).

La parole de Jésus met à l’épreuve leur foi par l’obéissance à ce qu’Il leur demande. Et c’est en se dirigeant vers les sacrificateurs qu’ils sont rendus nets. Ils ont montré ainsi leur confiance en la parole du Seigneur qui supposait leur guérison. En chemin ils étaient bien conscients de leur guérison dont ils n’eurent pas le moindre doute.

Le comportement du Samaritain (v. 15 et 16).

« Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ; et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain ».

Voilà un homme qui avait moins de lumière que ses neuf compagnons Juifs, tous guéris comme lui. Cependant son cœur est saisi par la grâce lorsqu’il constate sa délivrance miraculeuse. Il ressent profondément ce besoin de revenir à Celui qui est la source de cette grâce insondable : Cela est prioritaire pour lui par rapport aux prescriptions de la loi et au rôle des sacrificateurs. Son cœur est rempli de louange, il glorifie Dieu à haute voix, et vient se jeter aux pieds de Jésus, qu’il estime digne de toute sa reconnaissance.

Lui seul entendra les paroles réconfortantes du Seigneur : « Lève-toi, et t’en va ; ta foi t’a sauvé » (v. 19). Un nouveau jour se lève dans sa vie. Par la foi il a connu son Sauveur et a pu donner gloire à Dieu, lui un étranger. Un lien indestructible l’unit à son Seigneur.

« Et les neuf, où sont-ils ? » (v. 17).

Ils avaient bien été guéris, mais restaient attachés au système légal. D’ailleurs, ne s’étaient-ils pas strictement conformés aux paroles de Jésus ? Cependant n’est-ce pas avec tristesse que Jésus pose la question ? L’ingratitude de ceux qui appartenaient à Son peuple ne Le laissait pas indifférent. « Mais plusieurs qui sont les premiers seront les derniers, et des derniers seront les premiers » (Mat. 19. 30). Le Seigneur a déjà mis en évidence dans une parabole le contraste entre le sacrificateur, le lévite et le bon Samaritain (Luc 10. 31 à 37).

L’instruction actuelle du récit des dix lépreux.

La lèpre est une figure saisissante du péché dans son caractère de souillure. Et tous les hommes ont péché. Ils ne peuvent être sauvés que par la grâce et par la foi en l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus et en Son sang qui purifie de tout péché (1 Jean 1. 7).

L’homme samaritain représente tout croyant qui, dans un état normal, conscient de la grâce infinie dont il est l’objet pour être sauvé, offre au Père un culte qui Le glorifie, L’adore en esprit et en vérité. Il adresse aussi sa louange à Christ pour Son œuvre accomplie une fois pour toutes à la croix.

Et le Saint Esprit, descendu sur la terre, va occuper son cœur et ses pensées des conséquences glorieuses de cette œuvre parfaite. Être aux pieds de Jésus pour l’exalter est désormais tout son bonheur. Il possède Celui qui est la source de la vie, de la lumière, de la grâce et de la puissance.

Aujourd’hui encore, bien des personnes sauvées ne sont pas libérées des systèmes établis par l’homme. Elles sont guéries comme les neuf, mais restent asservies aux ordonnances légales, leur dérobant les gloires variées de Christ. Elles sont privées de cette vraie joie, liée à la jouissance de la grâce, qui permet à l’âme de s’épanouir spirituellement.

Veillons aussi à ne pas laisser accaparer nos cœurs par tout ce qui pourrait les détourner de Christ. Contemplons notre céleste Objet qui nous a rachetés à si grand prix ! Il en résultera des conséquences immédiates selon 2 Corinthiens 3. 18.

Parabole de la veuve et du juge inique (Luc 18. 1 à 8).

Persévérance dans la prière (v. 1).

Le Seigneur vient d’avertir Ses disciples qu’ils auront à traverser un temps de très grande détresse, avant l’instauration du royaume de Dieu en gloire, lors de l’apparition subite du Fils de l’homme. Certains d’entre eux devront laisser leur vie comme martyrs.

Dans l’attente de la délivrance, le Seigneur montre que la ressource des justes aux derniers jours sera de persévérer dans la prière, sans se lasser, c’est-à-dire sans se décourager. Certes, en tout temps cette instruction conserve toute sa valeur (Rom.12. 12 ; Col. 4. 2 ; 1 Thess. 5. 17). C’était l’attitude du Seigneur Lui-même en présence de Ses adversaires (Ps. 109. 4).

Dieu éprouve la foi, amène l’âme à se confier en Lui seul plutôt que dans la bénédiction. Sans réponse de la part de Dieu, elle persévère dans les supplications, malgré l’opposition de l’adversaire (Rom 8. 25).

La parabole.

Pour les convaincre de l’exaucement de leurs prières, le Seigneur établit un contraste entre le comportement d’un juge inique de ce monde et le Dieu de grâce, ému de compassion envers ses élus qui crient à Lui.

« Il y avait dans une ville un certain juge qui ne craignait pas Dieu et qui ne respectait pas les hommes ; et dans cette ville-là il y avait une veuve, et elle alla vers lui, disant : Venge-moi de mon adversaire. Et il ne le voulut pas pour un temps. Mais après cela, il dit en lui-même : Quoique je ne craigne pas Dieu et que je ne respecte pas les hommes, néanmoins, parce que cette veuve m’ennuie, je lui ferai justice, de peur que, revenant sans cesse, elle ne me rompe la tête » (v. 2 à 5).

Cette veuve représente ceux qui, dépourvus de toutes ressources humaines, sont rejetés sur Dieu seul. Elle persévère dans sa requête jusqu’à ennuyer le juge inique, et elle obtient ce qu’elle désirait. Combien plus ceux qui implorent leur Dieu avec foi recevront-ils l’exaucement de leurs demandes en dépit des obstacles ?

« Et le Seigneur dit : Écoutez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et il use de patience avant d’intervenir pour eux ? » (v. 6 et 7)

Lors de la grande tribulation (Mat. 24. 21 ; Marc 13. 19), le résidu pieux en Israël connaîtra la délivrance de Dieu en sa faveur. Il fera appel au Juge de toute la terre (Gen. 18. 25). Celui-ci ne fera-t-il pas ce qui est juste en réponse au cri de la foi ? La détresse de ce résidu juif mettra en relief sa confiance en son Dieu et sa patience. Elle le préparera moralement, par la repentance, pour le royaume de Dieu.

Tant que Dieu n’intervient pas, c’est que selon Sa sagesse, Il a des motifs pour user de patience. Dieu reste parfait dans toutes Ses voies, agissant en grâce, en justice et en sainteté. Il mesure aussi bien l’intensité que la durée de l’épreuve de la foi, toutes choses travaillant ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Ps 57. 2 ; Rom. 8. 28).

Le Seigneur déclare à Simon que Satan avait demandé à cribler les disciples comme le blé et il ajoute : « mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Luc 22. 31 et 32). Dieu veut manifester dans Ses élus un état qui leur permette d’obtenir une pleine bénédiction. « Mais le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre ? » (v. 8) : Question bien solennelle ! L’homme a la responsabilité de répondre.

Le Seigneur évoque ce temps où l’apostasie juive atteindra son apogée dans un rejet délibéré de la vérité révélée concernant Christ et Son œuvre.

Il en est de même aujourd’hui dans la chrétienté, là où l’on s’est contenté de la seule profession. Dans quel état d’oubli de Dieu se trouve le monde chrétien ! Mais du côté des élus de Dieu, y aura-t-il persévérance jusqu’à la fin, cette vraie foi appuyée sur Dieu seul, malgré toutes les persécutions ? Certes ils crieront dans leur détresse, mais la question du Seigneur semble révéler que leur foi ne sera pas à la mesure de la glorieuse délivrance apportée par le Fils de l’homme. Cela rappelle la question de Jésus à Pierre délivré des eaux où il enfonçait : « Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mat. 14. 31)

Les temps difficiles auxquels nous sommes parvenus, à la veille du retour du Seigneur, offrent quelque analogie avec ceux du résidu juif avant sa délivrance finale. Bien des cris et des prières ferventes montent vers Dieu en face de la misère physique et morale envahissant l’ensemble de l’humanité. Et que d’épreuves douloureuses au sein du peuple de Dieu !

Mais c’est aussi le temps où la patience de notre Seigneur est salut. Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pier. 3. 9). De plus il prépare Son Assemblée en la sanctifiant et en la purifiant avant son enlèvement (Éph. 5. 26). Et ensuite auront lieu les jugements sur l’église apostate, et sur ceux qui, restés sur terre, auront refusé l’évangile de la grâce de Dieu.

Par contre, pour le résidu juif, le Fils de l’homme commence par juger ces méchants oppresseurs des élus de Dieu qui seront épargnés pour régner avec Christ sur la terre.

Puissions-nous prendre au sérieux l’exhortation du Seigneur pour les temps actuels : Prions toujours, sans nous lasser, dans une réelle confiance en notre Dieu Tout-puissant (Dan. 6. 27 ; Ps 34. 7).

Le pharisien et le publicain (Luc 18. 9 à 14).

Le Seigneur adresse cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s’ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien.

Aucun homme ne peut cacher au Seigneur de tels sentiments lorsqu’ils sont entretenus dans le cœur : c’est l’esprit du pharisien. « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras » (Jér. 17. 5). Et Dieu déclare par la voix de la sagesse : « Je hais l’orgueil et la hauteur » (Prov. 8. 13). « L’orgueil va devant la ruine » (Prov. 16. 18). « Qui méprise son prochain pèche » (Prov. 14. 21).

La confiance en soi, l’estime excessive de soi entraînant le mépris du prochain, caractérisaient ces auditeurs de Jésus, qui s’opposaient à Son enseignement marqué par la grâce et la vérité.

La prière du pharisien (v. 11 et 12).

Deux hommes, un pharisien et un publicain, montèrent au temple pour prier. Dieu avait déclaré : « Ma maison sera appelée une maison de prière » (És. 56. 7). Un homme en prière exprime sa confiance en Dieu. Mais quelle est la valeur de la prière de ceux qui se confient en eux-mêmes et en leur propre justice ?

Les pharisiens constituaient une secte parmi les Juifs, propres-justes et zélés, attachés à la lettre de leur interprétation de la loi, et à leur tradition dont l’application annulait la parole de Dieu (Marc 7. 13).

En tout temps la religion de la chair prive Dieu de ce qui Lui est dû, et elle nourrit l’orgueil de l’homme (Col. 2. 23). Ces pharisiens étaient les ennemis les plus acharnés de Christ.

Le pharisien se tient à l’écart, séparé des pécheurs qu’il méprise, s’estimant ne pas être comme le reste des hommes. Aveuglé par son orgueil, il n’a pas conscience que tous les hommes ont péché et que tout le monde est coupable devant Dieu (Rom. 3. 9 et 19).

Il s’adresse bien à Dieu, mais n’a rien à lui demander. Que pourrait-il obtenir ? (Jac. 4. 2). Dans l’étalage de sa propre justice, il énumère devant Dieu le mal qu’il ne fait pas, se vante du bien qu’il fait, et rend grâces de ne pas ressembler aux autres hommes, ou même au publicain. Il se mesure d’après le reste des hommes et non selon la loi de Dieu.

« Tout cœur orgueilleux est en abomination à l’Éternel » (Prov.16. 5).

Et le Seigneur ajoute : « Ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16. 15). « Qui détourne son oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est une abomination » (Prov. 28. 9).

Depuis la chute en Éden, l’homme a toujours eu la tendance à s’élever dans son cœur, à s’estimer supérieur à son prochain, et même à chercher à être l’égal de Dieu. Il n’y a aucun péché que Dieu condamne plus fortement que l’orgueil. L’orgueil attire Son jugement. « L’Éternel démolit la maison des orgueilleux » (Prov. 15. 25).

Nous connaissons le cas du chef de l’empire chaldéen, Nébucadnetsar, dont le cœur s’éleva et l’esprit s’endurcit jusqu’à l’orgueil. Destitué de sa dignité royale, il devint comme une bête, jusqu’à ce qu’il connût que le Dieu Très-haut domine sur le royaume des hommes (Dan. 4. 30 à 37 ; 5. 18 à 21). « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » (Jac. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 5).

La prière du publicain (v. 13).

Les publicains étaient méprisés des Juifs, car ils s’étaient mis au service des Romains pour percevoir des impôts, et ils le faisaient souvent avec dureté et injustice. Ils sont fréquemment mentionnés avec les pécheurs (Mat. 9. 10 et 11 ; 21. 31 et 32). Mais Jésus était l’ami des publicains et des pécheurs qui se repentaient et acceptaient par la foi la grâce de Dieu, comme Matthieu et Zachée (Mat. 11. 19 ; 9. 9 ; Luc 19. 9 et 10).

« Le publicain, se tenant loin ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur » (v. 13).

Quelle ardente supplication et quelle humble confession ! Son attitude, ses regards, ses actes et ses paroles révèlent sa contrition de cœur, son humilité à cause de ses péchés par lesquels il a offensé Dieu. Il a besoin du pardon d’un Dieu dont il éprouve la miséricorde, tout en se condamnant lui-même.

Chaque détail de cette prière très courte, véritable cri de l’âme, le concernait lui-même, comme pécheur, et Dieu comme Celui qui doit être apaisé, rendu propice.

Enseignés par l’Écriture, nous savons que le sang de Jésus nous purifie de tout péché : c’est le moyen de la grâce de Dieu pour nous justifier (1 Jean 1. 7 ; Rom. 3. 24 et 25).

Les résultats (v. 14).

Le Seigneur déclare au sujet du publicain « qu’il descendit en sa maison, justifié plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé ». Celui qui prend sa place devant Dieu comme pécheur perdu est élevé au rang du pécheur repentant, sauvé par grâce.

Alors que celui qui se drape dans sa propre justice, met en relief ses mérites et se complaît dans la haute opinion qu’il a de lui-même tout en méprisant le reste des hommes, montre qu’il n’a pas besoin de Dieu ; il sera abaissé sous le jugement éternel.

Considérons l’abaissement de Christ jusqu’à la mort de la croix et Son exaltation par Dieu dans le ciel (Phil. 2. 7 à 11).

Il est certain que la propre justice déplaît à Dieu et que l’humilité à cause de notre péché Lui est agréable. Nous sommes-nous approchés de Dieu un jour comme le publicain ?

Jésus et Ses disciples en chemin vers Jérusalem (Mat. 19. 1 à 15 ; Marc 10. 1 à 16 ; Luc 18. 16 et 17).

Au terme de Son ministère en Galilée, Jésus s’achemine désormais vers Jérusalem pour y accomplir l’œuvre de la rédemption. Il est près des confins de la Judée, au-delà du Jourdain. De grandes foules le suivent et, dans Ses compassions, Il est toujours prêt à guérir les malades.

Selon Sa coutume, Il continue à enseigner, sachant bien qu’un jour, après Sa mort et Sa résurrection, des fruits seraient produits par le Saint Esprit dans certains cœurs.

Question au sujet du mariage et du divorce.

Des pharisiens viennent au Seigneur pour l’éprouver. Hommes religieux, observateurs scrupuleux de la loi, ils pensent l’embarrasser par leur question au sujet du divorce, le mettant en contradiction avec Moïse.

Ils lui demandent : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce soit ? » Si Jésus reconnaît que Moïse avait permis le divorce (Deut. 24. 1 à 4), Il doit préciser toutefois que c’était à cause de leur dureté de cœur.

Le premier couple humain a été formé par Dieu avant la chute de l’homme. Mais le péché étant entré dans le monde, l’orgueil, l’égoïsme et la propre volonté de l’homme ont endurci son cœur. Les relations les plus intimes ont été altérées par le péché, ce qui explique les mesures adoptées par Moïse.

Ainsi l’homme a démontré qu’il était incapable de vivre à la hauteur de la perfection des relations établies par Dieu au commencement. C’est en considérant ce que Dieu a fait et comment Il l’a fait à l’origine que l’on est instruit de Sa pensée sur toute chose.

C’est ce principe important que le Seigneur souligne à propos du mariage, pour que l’homme, animé de la crainte de Dieu, s’y conforme. « Mais au commencement de la création, Dieu les fit mâle et femelle : c’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère et sera uni à sa femme, et les deux seront une seule chair… Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10. 6 à 9 ; Gen. 2. 24).

Ainsi le Seigneur ne cautionne pas la répudiation, ce que confirme la parole solennelle de Malachie 2. 16. Avec quel profond exercice de prière un jeune croyant doit-il envisager son mariage pour avoir l’approbation du Seigneur, car cet acte engage toute sa vie ultérieure ! Un tel lien ne peut se dissoudre que par la mort, selon l’enseignement de la Parole.

Devant le rappel de ce que Dieu avait institué au commencement, les disciples réagissent en disant : « Si telle est la condition de l’homme vis-à-vis de la femme, il ne convient pas de se marier ». Mais le Seigneur ajoute : « Tous ne reçoivent pas cette parole, mais ceux à qui il est donné » (Mat.19. 10 et 11).

Il voulait parler du célibat positif pour Dieu, qui ne peut être réalisé que par la puissance du Saint Esprit. Un croyant peut vivre en dehors des liens du mariage, pour le royaume de Dieu, même si cela est exceptionnel. Mais le mariage est institué par Dieu et cette relation est à respecter là où elle existe.

Mépriser le mariage, ce qui est fréquent aujourd’hui, est d’une extrême gravité, c’est s’opposer au plan de Dieu (Héb. 13. 4).

N’avez-vous pas de nombreux camarades, enfants de parents divorcés, dont le cœur est broyé par la souffrance liée au départ du foyer de l’un des parents ?

Que ce spectacle douloureux vous fasse apprécier le bonheur d’appartenir à un foyer chrétien !

Jésus et les petits enfants.

« Alors on lui apporta de petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât ; mais les disciples reprenaient ceux qui les apportaient » (Mat. 19. 13). La grâce incomparable rayonnée par Jésus, Ses sentiments à l’égard des petits enfants, disposaient leurs parents à les Lui amener pour que Sa bénédiction repose sur eux.

Comme il était précieux pour Son cœur d’accueillir ces petits, venant spontanément à Lui en toute simplicité, humilité et confiance ! L’évangéliste Marc relève l’indignation du Seigneur face aux reproches des disciples. Ils pensaient sans doute que le Seigneur avait des choses plus importantes à faire que de s’occuper de petits enfants : quelle douleur pour le cœur du Seigneur de constater que Ses disciples étaient loin de partager Ses pensées !

Aujourd’hui encore, allez à Jésus. Il veut vous bénir.

Nous admirons la réponse du Seigneur : « Laissez venir à moi les petits enfants ; ne les en empêchez pas ; car à de tels est le royaume de Dieu… quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point » (Marc 10. 14 et 15). Le Seigneur se plaît à souligner la place prioritaire des petits enfants dans Son cœur. Remarquons les mentions fréquentes de Matthieu à leur égard (11. 25 ; 18. 1 à 14 ; 19. 13 à 15, 21, 15 et 16).

Ce que Jésus appréciait chez ces petits êtres, c’est qu’ils recevaient Ses paroles en toute simplicité, donc le royaume de Dieu pour y entrer. Comme tout être humain, ils possédaient la nature pécheresse, mais leur cœur naturel n’était pas encore endurci par le contact avec le monde, le mal, les raisonnements subtils et rusés des hommes.

Le petit enfant, sans être innocent, est plus ou moins sensible au péché. Il n’a pas encore cette inimitié contre Dieu qui caractérise foncièrement l’homme responsable, dont la conscience lui fait connaître le bien sans qu’il puisse l’accomplir, et le mal qu’il est toujours porté à commettre ; c’est pourquoi le Seigneur avertit solennellement tous ceux qui empêchaient, pour des raisons diverses, ces chers petits de venir à Lui.

Et en même temps Il les cite en exemple à ceux qui entraient dans le royaume de Dieu. Les pensées du Seigneur envers les petits enfants et ceux qui leur ressemblent n’ont pas changé.

Es-tu entré dans ce royaume de Dieu ? Fixe toute ton attention sur cette scène où Jésus prend ces petits enfants entre Ses bras, pose Ses mains sur eux et les bénit, comme si tu étais l’un d’eux. Jésus t’aime et veut te sauver aujourd’hui.

Jésus aime les petits ;

Dans Ses bras Il les a pris,

Alors que sur le chemin,

Il allait, faisant du bien.

« Oh ! merci, merci, Seigneur,

Tu nous aimes, quel bonheur » !

Un jeune homme riche (Mat.19. 16 à 30 ; Marc 10. 17 à 31 ; Luc 18. 18 à 30).

Comme Jésus sortait sur la route, un homme accourut, et se jeta à genoux devant Lui. Matthieu précise qu’il était jeune, et Luc, qu’il était un chef du peuple. Il paraissait sérieux, bien disposé, s’approchant avec une grande déférence vis-à-vis du Seigneur qu’il considérait comme un grand rabbi.

L’entretien avec le Seigneur.

Le jeune homme pose sa question : « Bon maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? » Il ne parle pas d’être sauvé. C’est un Juif, désirant faire quelque chose, accomplir un commandement qu’il ignore, pour obtenir la vie éternelle.

Il considérait le Seigneur comme un homme bon parmi les fils d’Adam déchus, auquel lui-même et d’autres auraient pu ressembler. Il ne se rendait pas compte de la ruine de l’homme, de son incapacité à faire le bien (Ps. 14. 3), et il ne voyait pas en Jésus, le Fils de Dieu qui seul est bon. Le Seigneur était venu du ciel parce qu’il n’y avait personne de bon sur la terre, et que personne ne pouvait hériter de la vie éternelle par ses propres œuvres (Rom. 3. 12).

La loi promettait la vie ici-bas à celui qui l’observait (Lév. 18. 5). Ainsi le Seigneur place-t-il ce jeune homme devant la loi, en lui citant les commandements relatifs aux rapports de l’homme avec son prochain. Il l’épargne en ne citant pas les trois premiers et le dixième commandement. La réponse est immédiate : « Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse ». Que me manque-t-il encore ? Il n’avait ni tué, ni commis adultère, ni volé, ni prononcé de faux témoignage, il avait honoré ses parents. Cependant il reconnaît ne pas posséder la vie éternelle.

Le Seigneur apprécie les qualités morales de cet homme comme Marc le souligne : « Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima et lui dit : Une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix » (10. 21).

C’est cette parole qui va sonder le véritable état de son cœur, révélant sa convoitise secrète. Il a affaire à Celui qui connaît et éprouve le cœur, aux yeux de qui toutes choses sont nues et découvertes (Héb. 4. 13). L’amour des richesses gouverne le cœur de ce jeune homme, malgré ses dispositions naturelles aimables. Au fond de son cœur existe cette vile convoitise de l’or, ressort de sa propre volonté.

Affligé par cette parole du Seigneur, il s’en alla tout triste. Il préfère les biens de ce monde, ses aises, lui-même, à Dieu manifesté en grâce et en vérité. Luc précise qu’il était extrêmement riche (18. 23). Il enfreint le premier commandement (Mat. 22. 37 et 38), car ses richesses étaient son idole.

Seule la foi pouvait tout abandonner pour suivre Jésus avec l’assurance d’obtenir des biens meilleurs et permanents dans le ciel.

Combien de personnes seront perdues pour avoir préféré à Jésus quelques vanités, quelques frivolités, les plaisirs d’un jour et les honneurs de ce monde !

Le danger des richesses.

« Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à Ses disciples : Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! » (Marc 10. 23). Cette parole provoque l’étonnement des disciples, car sous la loi les richesses étaient un signe de la faveur de Dieu à l’égard des justes.

Ainsi ceux qui les possédaient pouvaient-ils s’attendre à entrer dans le royaume. La réponse de Jésus signale un danger : « Enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (v. 24). La confiance dans les richesses constitue un réel obstacle, même si certains se laissent détourner par des choses futiles.

« Et qui peut être sauvé ? » demandent les disciples excessivement étonnés. « Et Jésus, les ayant regardés, dit : Pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu ». L’homme est perdu. Il ne peut rien faire pour obtenir la vie éternelle.

C’est alors que Dieu intervient en grâce pour le pécheur, au moyen de la croix de Jésus. La foi seule discerne cette ressource divine et obtient le salut. L’œuvre accomplie par Jésus est parfaite et complète. La justice de Dieu est sur tous ceux qui croient. Le besoin d’un salut venant de Dieu est bien établi, aussi bien que l’état de perdition de tout homme.

As-tu saisi pour toi-même ce grand salut ?

Ceux qui ont tout quitté.

A la suite de ce que le Seigneur venait de dire au jeune homme riche et aimable, Pierre lui dit : « Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ». Jésus, répondant, dit : « En vérité, je vous dis : Il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant, maisons, et frères, et sœurs, et mères, et enfants, et champs, avec des persécutions, et dans le siècle qui vient, la vie éternelle » (Marc 10. 29 et 30).

Avec le sacrifice de ce qui a le plus de prix pour le cœur humain, ceux qui se confient en Dieu recevront, déjà ici-bas, au centuple, aussi bien en relations fraternelles qu’en bénédictions spirituelles, ce qui a été abandonné pour l’amour du Seigneur.

Les persécutions sont aussi annoncées comme conséquence de la haine contre Dieu et du rejet de Christ, mais le don inestimable de Dieu sera la vie éternelle en gloire.

Que sont nos petits renoncements à côté du sacrifice suprême de notre cher Sauveur ? Mais le Seigneur connaît les motifs de nos cœurs. Aussi suivons-Le par amour, sans nous soucier des récompenses.

Retenons cette parole solennelle : « plusieurs qui sont les premiers seront les derniers ; et les derniers seront les premiers ».

D’après La Bonne Nouvelle 1993