BIEN GARDÉE

Avant le départ

À Bâle, non loin de la terrasse qui longe le Rhin, s’élève une grande maison en pierre. Là, par une belle matinée de juillet, M. Féland, bien installé dans son fauteuil, tenait, déployé devant lui, un immense journal derrière lequel son visage disparaissait. En face de lui était assise Mme Féland.

De temps en temps elle versait de l’eau qui chantait dans la bouilloire sur le café parfumé. Le déjeuner allait commencer. Bientôt la porte s’ouvrit et deux petites filles entrèrent. Elles étaient suivies par une grande jeune fille qui manifesta une certaine inquiétude en voyant la petite Rita traverser la chambre en trois sauts, prendre son élan, et d’un bond, venir se percher sur le genou de son papa. Puis, fourrant sous le grand journal sa petite tête bouclée, elle dit d’un ton espiègle :

– Oh ! papa, je te trouverai bien ! Quand partirons-nous pour la Gemmi ?

Le papa mit de côté son journal et embrassa la fillette.

– Commence par dire bonjour, petite sauterelle, et après nous verrons les projets de voyage.

À présent que le grand journal ne lui cachait plus son papa, Rita lui passa ses deux bras autour du cou et lui dit tendrement bonjour. Pendant ce temps, sa sœur Hélène se tenait tranquillement debout à côté du fauteuil de son père. Il se tourna pour donner à sa fille aînée le baiser qu’elle attendait, après quoi elle s’assit sagement à table.

– Si tu allais aussi à ta place ? dit le papa à Rita qui ne faisait pas encore mine d’abandonner son perchoir.

– J’y vais tout de suite, papa, déclara Rita en s’affermissant sur son genou. Je voulais seulement attendre que tu aies dit quand nous irons à la Gemmi.

– Dès que maman aura fait les malles.

Rita se laissa glisser à terre et se précipita vers sa maman.

– Oh ! alors maman, nous ferons les malles aujourd’hui ! S’il te plaît, maman, fais-les tout de suite, dit Rita en cajolant sa mère. Je t’aiderai, et Hélène t’aidera aussi, et Mademoiselle Hohlweg aussi, et nous pourrons partir demain.

L’été précédent, M. et Mme Féland, au cours d’un voyage, avaient passé par le chemin de la Gemmi, qui les avait conduits du Valais dans le canton de Berne. Cette course leur ayant plu d’une façon toute particulière, ils avaient résolu d’y revenir l’année suivante avec les enfants et Mlle Hohlweg.

Ils avaient fait la connaissance du guide Gaspard à qui ils communiquèrent leur projet, ainsi que leur désir de louer un logement de vacances plutôt que d’aller à l’hôtel. Gaspard leur avait alors offert son chalet, situé à une petite distance de la route de la Gemmi, sur une pente verdoyante où passait le sentier. Il lui était facile de louer son chalet pour quelques mois, car il passait presque tout l’été en courses avec les étrangers, tandis que ses deux fils gardaient les troupeaux sur l’alpe ; quant à sa femme, elle pouvait occuper la petite chambre sous le toit et rendre des services à la famille Féland.

On arrangerait pour les hôtes la grande salle et les deux chambres à coucher. Cette proposition venait à point pour M. et Mme Féland. Après avoir donné un coup d’œil au chalet, ils décidèrent de le retenir pour l’été de l’année suivante. Cette nouvelle, ainsi que les descriptions des belles prairies, des hautes montagnes couvertes de neige, des verts alpages et des troupeaux de vaches bien haut dans les pâturages, avaient fait sur les enfants une très grande impression.

Depuis longtemps Rita ne pouvait plus attendre le jour du départ. Déjà pendant l’hiver, elle avait répété tous les jours la même question : « Maman, est-ce que l’été va bientôt venir ? » L’été était venu, et il ne se passait pas de jour sans que Rita ne fît entendre ses paroles impatientes : « Quand partirons-nous pour la Gemmi ? »

Le jour vint enfin où la maison Féland prit l’air d’un champ de foire. Des vêtements de tous genres étaient étalés dans les chambres, en si grande quantité qu’on ne pouvait plus s’asseoir nulle part. Petit à petit, tout cela alla s’engouffrer dans trois grandes malles, et deux jours après la famille Féland prit place dans la voiture. Hélène, rayonnante d’une joie silencieuse, s’assit entre sa maman et Mlle Hohlweg, Rita à côté de son papa. On partait pour le grand voyage, on allait à la Gemmi !

  • Sur la route de la Gemmi

Non loin de la route qui mène au col de la Gemmi, un chemin plus étroit s’engage dans la forêt et aboutit bientôt à un endroit d’où le regard plonge, en frissonnant, vers le fond d’un précipice que forment d’abruptes parois de rochers. Par une belle soirée d’été, un petit garçon s’en venait le long de ce chemin. Il tenait à la main une grosse fleur rouge qu’il avait sans doute cueillie dans la forêt et la contemplait de temps à autre avec admiration.

Parvenu à la lisière du bois, il s’engagea dans le petit sentier qui monte à gauche par les prairies au flanc verdoyant de la montagne. Sur cette pente s’élevaient deux chalets peu éloignés l’un de l’autre et ayant chacun, par derrière, une petite dépendance, évidemment destinée à abriter le bétail. L’une de ces étables était plus grande que l’autre ; le chalet lui-même, muni d’une porte battante neuve, avait l’air plus vaste et mieux construit.

C’était celui du guide Gaspard qui l’habitait avec sa femme et ses deux garçons. Le plus petit des deux chalets, avec sa vieille porte vermoulue et son toit en bardeaux, appartenait au porteur Martin, un homme de haute taille qu’on appelait partout, à cause de sa carrure, « le solide Martin ». Il avait une femme et quatre petits enfants, et dans l’étable, deux chèvres, dont le lait servait à nourrir toute la famille.

Durant l’été, surtout quand le temps était beau, le solide Martin faisait une recette raisonnable. Il servait de porteur aux voyageurs qui passaient la Gemmi.

Ce soir-là, les deux fils de Gaspard se tenaient devant leur porte, visiblement occupés par une affaire importante. Ils examinaient, palpaient, comparaient avec le plus grand sérieux deux objets qu’ils tenaient à la main. Le petit garçon qui s’approchait s’arrêta court et se mit à considérer ce qui se passait devant chez Gaspard.

– Studli ! viens voir ! lui cria l’un des deux frères.

Studli s’approcha et demeura frappé de stupeur à la vue de l’objet qu’on lui présentait.

– Regarde ce que le père nous a rapporté de la foire de Berne ! continua l’aîné des garçons. Et tous deux élevèrent bien haut leur cadeau pour mieux le faire voir. Quelle merveille s’offrit aux regards de Studli !

Chœppi et Joerg brandissaient chacun un grand fouet dont le manche, à la fois solide et flexible, était orné de bandelettes de peau rouge enroulées ; le fouet lui-même était fait de longues lanières de cuir tressées ; il se terminait par un cordon rond et serré, en soie jaune, avec un mouchet au bout. Cette mèche était destinée à produire des claquements merveilleux. Studli regardait les fouets sans mot dire ; il n’avait jamais rien vu de si magnifique.

– À présent, écoute ça ! dit Chœppi en cinglant l’air de son fouet.

Joerg l’imita aussitôt et des claquements formidables résonnèrent dans toute la vallée, répercutés par les échos de la montagne. Il semblait à Studli qu’on ne pouvait rien imaginer de plus grand et de plus beau au monde.

– Oh ! si j’avais aussi un fouet avec une mèche jaune, fit-il en poussant un profond soupir lorsque les claquements cessèrent enfin.

– Oui, tu pourras attendre longtemps ! lui répondit fièrement Chœppi.

Puis il s’en alla avec un dernier et formidable claquement pour faire admirer son fouet à d’autres gens. Joerg lui courut après. Mais Studli demeura immobile en les regardant s’éloigner. Un poids bien lourd pesait maintenant sur son cœur insouciant.

Rien au monde ne lui faisait envie comme un fouet. Qui sait combien de temps il serait resté à la même place, si la porte de la maison ne s’était ouverte derrière lui pour livrer passage à une femme tenant un gros balai à la main.

– Où sont les garçons, Studli ? demanda-t-elle aussitôt.

– Ils sont partis avec les fouets, répondit Studli qui pensait encore à la même chose.

– Cours leur dire de rentrer, mais vite ! lui ordonna la femme. Il faut qu’ils partent de grand matin pour l’alpe. C’est demain soir que les étrangers doivent arriver et il y a encore beaucoup à faire. Dépêche-toi d’aller le leur dire, Studli.

Le petit garçon obéit et courut de toutes ses forces dans la direction où il avait vu partir les deux autres. La femme se mit à nettoyer et à frotter dans tous les coins avec son balai. C’était la femme de Gaspard, la mère de Chœppi et de Joerg.

Le matin même était arrivée une lettre de M. Féland annonçant son arrivée avec sa famille pour le lendemain soir.

Devant la vieille porte de l’autre chalet, à l’endroit où le sol avait été foulé et durci comme une aire, le père Martin s’efforçait, à l’aide d’une lourde hache, de fendre en petits morceaux une grosse souche noueuse pour que la mère eût de quoi faire une flambée.

En face de lui se tenaient en rang d’oignons Martheli, Friedli et Betheli qui le regardaient travailler en ouvrant tout grands leurs yeux graves. Studli, l’aîné, arriva à son tour, prit place à côté des autres et écarquilla aussi les yeux, car il ne manquait pas une occasion de regarder là où il y avait quelque chose à voir. Cependant le père, désignant du doigt des bûchettes entassées à terre, dit d’une voix remarquablement douce et affectueuse pour un homme de cette stature :

– Tiens, Studli, prends-les deux par deux sur ton bras et porte-les à la cuisine pour que ta mère puisse cuire les pommes de terre.

Studli fit tout de suite ce qui lui était commandé, et grâce à ce travail il put oublier un peu sa déception. Mais plus tard, lorsqu’il fut étendu dans le lit étroit où il couchait côte à côte avec son petit frère Friedli, il ne s’endormit pas tout de suite comme d’habitude. Son grand chagrin lui revenait toujours à l’esprit, et avec de grands soupirs il se disait encore :

– Oh ! si seulement j’avais un fouet avec une mèche jaune !

  • On fait connaissance

Dès l’aube, le jour suivant, de furieux claquements de fouet se firent entendre. Depuis quatre heures, Chœppi et Joerg étaient debout devant leur porte, attendant les vaches que l’on devait amener de plusieurs côtés pour les conduire à l’alpe où se rassemblait le grand troupeau. Tous deux devaient y passer l’été en qualité de bovairons et ils s’en réjouissaient si fort, qu’ils ne pouvaient faire assez de bruit pour témoigner leur satisfaction.

La mère leur boucla à chacun un havresac sur le dos en leur recommandant de se bien conduire, puis ils se mirent en route avec les vaches, tandis qu’elle rentrait dans le chalet. Alors recommença le grand balayage de la veille, suivi d’un époussetage minutieux dans tous les coins et recoins de la maison. La journée entière y passa. Elle s’arrêta enfin pour faire du regard une dernière inspection générale.

Cette fois tout reluisait : les fenêtres, du haut en bas ; la table, dont le dessus était une large plaque d’ardoise ; les bancs placés le long des murs ; enfin tout, jusqu’au plancher.

À ce moment-là,, la femme aperçut un groupe de gens qui montaient le chemin de la vallée. Elle grimpa en toute hâte le petit escalier conduisant à la mansarde, attacha sur sa robe un tablier propre et redescendit se placer sur le seuil de la porte pour recevoir ses hôtes. En tête venait un mulet chargé de trois malles. Gaspard aida le muletier à les décharger et à les porter à la maison.

Puis ce fut le tour de M. et Mme Féland d’entrer dans le chalet, suivis des deux enfants qu’accompagnait leur institutrice. À peine entrée, Rita courut de côté et d’autre, absolument ravie de tout ce qu’elle voyait : la maisonnette en bois avec le petit banc à côté de la porte, les prairies pleines de fleurs, les ruisseaux dans l’herbe, et surtout le reflet d’or du couchant sur les hauts rochers et les sapins. Tout était si nouveau et lui paraissait si beau I Hélène aussi, plongée dans l’admiration, regardait autour d’elle dans une muette extase.

– Oh ! regarde, regarde ! On peut s’asseoir contre le mur tout le tour de la chambre. Oh ! viens voir où l’on monte par ici !

Et Rita grimpa d’un pied agile les marches qui montaient derrière le poêle et aboutissaient à une ouverture au plafond par où l’on pénétrait dans la chambre à coucher. Quelle charmante découverte ! De cette chambre on passait dans la suivante, où il y avait aussi deux lits.

Cette deuxième pièce ouvrait sur un petit palier d’où un escalier de bois ramenait du côté opposé à la salle d’en bas. On pouvait ainsi faire le tour de la maison aussi souvent qu’on voulait. Rita n’aurait pu dire ce qui l’enchantait le plus. Plus tard, lorsqu’elle fut dans son grand lit, Hélène près d’elle dans l’autre, et que maman eut prié avec ses fillettes et leur eut dit bonsoir, Rita dit avec un soupir de contentement intime :

– Cette fois nous sommes à la Gemmi !

De belles journées d’été se succédèrent. Au bout de très peu de jours, Hélène et Rita avaient déjà découvert dans les environs toutes les jolis endroits où l’on pouvait s’établir pour passer agréablement les heures de l’après-midi ; vers le soir seulement on faisait une promenade avec papa et maman.

Rita, il est vrai, tenait beaucoup plus à aller à la découverte de nouveaux endroits qu’à s’installer quelque part. Généralement Hélène s’asseyait sur la mousse tendre au pied des sapins ou sur le vert tapis du pâturage en pente, en se réjouissant de voir venir Mlle Hohlweg pour leur lire ou leur raconter une belle histoire ; tandis que Rita, prise subitement de quelque nouvelle idée, éprouvait tout de suite le besoin de s’en aller.

Maman, pendant ce temps, restait au chalet avec M. Féland, car le mauvais état de sa santé l’obligeait à se reposer souvent. Dès que Rita voyait Mlle Hohlweg sortir de la maison avec la corbeille de tricotages, il lui venait à l’esprit toutes sortes de jolis endroits où il ferait si beau se rendre, et avant même que Mlle Hohlweg ait eu le temps de s’asseoir, la petite déclarait qu’elle avait beaucoup de choses pressantes à dire à son papa. En un clin d’œil elle rentrait à la maison, prenait place sur les genoux de son père et lui faisait part de ses projets.

– Oh ! papa, s’il te plaît, pose ton livre un tout petit moment ! Je veux seulement te dire quelque chose.

Le papa acquiesça à sa demande et se disposa à écouter attentivement.

– Vois-tu, papa, continua Rita, déjà hier et aujourd’hui encore, j’ai vu un petit garçon qui se tient devant le chalet là-bas, et il ouvre de grands yeux en regardant toujours de notre côté. Il faut absolument que j’aille une fois lui demander pourquoi il fait comme ça et comment il s’appelle.

Le papa convint que cette course était obligatoire et sur le champ Rita la mit à exécution.

Devant la porte d’en face, Studli, debout à la même place qu’une heure auparavant, regardait toujours vers la maison du voisin Gaspard ; car depuis l’arrivée des étrangers il y avait sans cesse quelque chose de nouveau et d’intéressant à voir. Lorsque Rita arriva, elle se planta droit devant lui, les mains derrière le dos.

– Qu’est-ce que tu veux voir, depuis le temps que tu regardes de l’autre côté ? demanda-t-elle.

– Rien, répliqua Studli.

– Comment t’appelles-tu ?

– Studli.

– Quel âge as-tu ?

– Sais pas.

– On doit savoir son âge. Viens te mettre à côté de moi, comme ça.

Rita s’approcha de Studli et regarda par-dessus son épaule. Il était un peu moins grand qu’elle, mais bien plus solidement campé.

– Tu n’es pas aussi grand que moi, dit Rita ; tu es encore assez petit. Moi, je vais avoir sept ans. Toi, tu as peut-être six ans, puisque tu es encore si petit.

Studli accepta de bonne foi cette démonstration ; il ne savait pas qu’il avait sept ans passés et qu’il s’était développé en large plus qu’en long.

Rita reprit son interrogatoire :

– Que fais-tu toute la journée, Studli ?

Studli réfléchit très longuement. Il dit enfin :

– Je sais où il y a des fleurs rouges !

Cette parole tomba comme une étincelle sur le cœur de Rita. Instantanément elle se représenta un buisson de fleurs flamboyantes quelque part dans la forêt, et de toute son âme elle convoita ces fleurs miraculeuses.

– Où, Studli, dis ? Où sont-elles, ces fleurs ? Viens, nous irons vite les chercher.

Rita avait déjà saisi Studli par la main et l’entraînait avec elle. Studli la suivit, mais avec lenteur.

– Là-bas, dit-il enfin en désignant du doigt la forêt qui tapissait l’autre versant.

– Oh ! il faut aller dans la grande forêt ? s’écria Rita, impatiente de s’y rendre et tirant Studli de toutes ses forces.

– Oui, et ensuite toujours plus loin, ajouta Studli d’un ton réfléchi et sans presser le pas.

Mais Rita le tirait de plus en plus fort. Dans son imagination elle voyait déjà un chemin à travers le bois sombre, et derrière les arbres de grosses fleurs rouges brillant d’un éclat extraordinaire.

– Allons, Studli, viens donc, criait-elle en le pressant toujours plus vivement.

Il fallait passer devant la maison de Gaspard. Le papa de Rita était sur le pas de la porte ; il venait voir où sa petite fille restait si longtemps, Rita faisant tous ses efforts pour tirer Studli.

– Hé ! Hé ! n’allons pas si vite, petite sauterelle ! s’écria le papa. Viens ici. Où voulais-tu entraîner ton nouvel ami ?

– Oh ! papa, lui expliqua Rita avec volubilité, il sait où il y a de si belles fleurs rouges dans la forêt, et nous allons en chercher !

– Non, non, pas de ça, dit le papa en prenant Rita par la main. Nous allons maintenant promener avec maman. Pour cette fois ton petit ami ira tout seul chercher les fleurs ; il te les apportera et il aura une grosse beurrée.

En disant ces mots, M. Féland rentra dans le chalet avec sa fillette ; puis quelques instants après toute la famille ressortit, le père, la mère, Mlle Hohlweg, Hélène et Rita, et l’on se mit en route pour une promenade le long du chemin ensoleillé de la vallée. Quant à Studli, il resta planté à la même place jusqu’à ce qu’on ne distingue plus rien de la société ; alors seulement il fit volte-face et s’en retourna du côté de sa maison.

  • Une nuit terrible

Le lendemain, à l’heure où Mme Féland avait coutume de se reposer, Mlle Hohlweg s’achemina vers une place ombragée près du chalet pour y passer une bonne heure à lire et à tricoter avec les enfants. Hélène était déjà tranquillement installée sur son siège de mousse. Rita, debout devant elle, lui décrivait avec feu un buisson couvert de fleurs rouges comme des flammes qui étincelaient au milieu des arbres de la forêt.

– Assieds-toi maintenant, Rita, et tiens-toi tranquille. J’ai une belle histoire à vous lire, dit Mlle Hohlweg.

Mais Rita était trop remplie de ses fleurs, de la forêt, et de toutes les choses qu’elle voyait en imagination. L’exhortation de Mlle Hohlweg resta sans effet.

– Il faut que j’aille vite vers papa, j’ai une quantité de choses à lui dire, déclara Rita en prenant sa course du côté du chalet.

Lorsqu’un temps assez long se fut écoulé, comme l’enfant ne reparaissait pas, Mlle Hohlweg dit, un peu inquiète :

– Va vite à la maison, Hélène, et appelle Rita, afin qu’elle ne réveille pas maman. Votre père doit être déjà parti ; il a dit à dîner qu’il avait une longue course en vue.

Hélène courut au chalet ; mais elle aussi demeura si longtemps sans revenir, que Mlle Hohlweg prit le parti d’entrer elle-même voir ce qui se passait. Le silence régnait partout. Personne dans la grande salle, personne à la cuisine. Mlle Hohlweg monta le petit escalier et entra doucement dans la chambre des enfants ; elle était vide.

Par la porte entrouverte on pouvait regarder dans la chambre à coucher des parents. Mme Féland était seule, étendue sur son lit, les yeux fermés, Mlle Hohlweg ressortit. Elle rencontra Hélène qui descendait du grenier. Elle avait cherché sa sœur dans tous les coins de la maison, derrière le tas de bois et dans la mansarde de la femme de Gaspard ; Rita n’était nulle part.

Mlle Hohlweg descendit en courant jusqu’à l’étable où l’on entendait quelque bruit. La femme de Gaspard y était occupée à faire la litière des chèvres. Quand on s’informa auprès d’elle de la petite Rita, elle dit l’avoir vue peu de temps auparavant entrer au chalet. Mais où pouvait-elle être allée ensuite ?

Mlle Hohlweg et Hélène recommencèrent leurs recherches de chambre en chambre, puis tout autour de la maison. La femme aidait activement ; elle voyait bien que l’institutrice était en grand souci ; mais nulle part on ne trouva trace de l’enfant.

La femme courut au chalet des voisins ; peut-être les gens avaient-ils aperçu Rita. La porte était fermée, elle ne vit personne autour du chalet silencieux. Il lui revint alors à l’esprit que ce jour-là Martin faisait les foins en haut sous les rochers, et que toute la maisonnée l’avait accompagné ; elle revint avec cette nouvelle.

Mlle Hohlweg, déjà craintive de nature, s’inquiétait toujours davantage.

– Oh ! que n’ai-je couru tout de suite après la petite, répétait-elle en soupirant.

Mais cela ne servait à rien. Que fallait-il faire ? Où devait-on chercher Rita ? Ne se serait-elle pas échappée pour courir jusqu’au pied des rochers où travaillaient Martin et sa famille ? Qui sait si elle n’avait pas voulu suivre le petit gamin avec lequel on l’avait vue la veille.

Plus Mlle Hohlweg y réfléchissait, plus cela lui paraissait probable. Il faudrait envoyer tout de suite quelqu’un aux foins avant qu’on soit obligé d’en parler à Mme Féland.

La femme de Gaspard, toujours complaisante, s’offrit à y aller et à redescendre le plus vite possible, tout en faisant observer que le chemin était long et pénible, et qu’elle mettrait plus de temps qu’on ne le croyait en mesurant la distance à l’œil. Le chemin était beaucoup plus long, en effet, que Mlle Hohlweg ne se le représentait, et longtemps avant que la brave femme pût être de retour, Mme Féland descendit pour faire une promenade avec les enfants. Il fallut tout lui avouer.

Dans le premier moment de terreur, elle voulait partir, aller elle-même n’importe où à la recherche de son enfant. Cependant Mlle Hohlweg était si persuadée que Rita s’était enfuie avec le petit garçon et que la femme allait la ramener, que Mme Féland finit par se calmer en attendant le retour de la fugitive.

Enfin, au bout de deux longues heures, la femme arriva, échauffée, hors d’haleine, mais elle était seule, sans Rita. Martin et toute sa famille étaient montés aux rochers de grand matin pour faire les foins. Depuis la veille, personne de chez eux n’avait vu la fillette.

Le désespoir de la pauvre mère éclata alors.

– Oh ! si au moins mon mari était ici ! s’écria-t-elle. Où prendre des gens pour chercher mon enfant ?

La femme proposa d’aller dans les chalets environnants chercher du monde pour commencer des recherches avant la tombée de la nuit.

– Le malheur c’est qu’ils sont tous aux foins ! ajouta-t-elle.

Cependant elle se mit tout de suite en route.

Hélène, qui commençait à comprendre ce qui pouvait être arrivé, se mit à pleurer amèrement :

– Oh ! maman, si Rita était tombée dans le torrent qui fait un si terrible fracas ! Ou si elle était dans la forêt sans pouvoir retrouver son chemin ! sanglotait-elle. Allons-y tout de suite, maman, elle a horriblement peur, j’en suis sûre.

C’était aussi l’idée de sa mère. Elle prit Hélène par la main et se dirigea du côté de la forêt avec une rapidité dont elle n’aurait pas été capable en temps ordinaire. Mlle Hohlweg courait derrière elles sans trop savoir ce qu’elle faisait.

Les heures s’écoulèrent l’une après l’autre. Des femmes, des enfants, s’étaient répandus dans toutes les directions à la recherche de Rita, sans que personne n’ait retrouvé sa trace. La nuit tombait.

Enfin M. Féland rentra. Sa femme, bouleversée, le mit au courant de ce qui s’était passé. Il la tranquillisa, lui conseillant de prendre quelque repos, pendant que lui-même organiserait des recherches. Mlle Hohlweg et Hélène reçurent aussi l’ordre d’aller dans leur chambre ; on les avertirait aussitôt qu’on aurait des nouvelles de Rita.

M. Féland se rendit ensuite chez Martin. Lui aussi avait d’emblée fait la supposition que Rita était partie avec son petit camarade de la veille. Martin sortait justement de chez lui ; il savait déjà qu’un enfant s’était perdu et il se disposait à se joindre aux autres pour aller à sa recherche.

Aux questions de M. Féland, il expliqua qu’il avait été toute la journée aux foins, avec sa femme et ses enfants et que, par conséquent, personne de chez lui n’avait vu la petite fille.

M. Féland eut alors l’idée que Rita avait pu s’éloigner seule, soit, comme elle lui en avait fait elle-même la proposition, pour grimper quelque part sur les rochers, soit pour s’enfoncer plus avant dans la grande forêt. Il décida aussitôt que Martin rassemblerait tous les hommes du voisinage qui, munis chacun d’une lanterne, se diviseraient en deux escouades.

Les uns monteraient explorer les rochers et les hauteurs voisines, tandis que les autres parcourraient la forêt en tous sens. Lui-même voulut se joindre à ces derniers, bien résolu à poursuivre les recherches jusqu’à ce qu’on eût retrouvé l’enfant. Et les hommes s’éloignèrent dans l’obscurité.

Mme Féland entendit les heures sonner l’une après l’autre à la vieille horloge de la salle d’en bas. Jamais de sa vie une veille ne lui avait paru si longue, ni la nuit se traîner si lentement. Elle ne put fermer l’œil. Au moindre bruit dans le voisinage, elle se relevait en sursaut en se disant : « Les voilà qui ramènent l’enfant ? Mais dans quel état ? Morte ou vivante ? »

Dans son angoisse, elle ne pouvait même plus prier et ne faisait que murmurer : « Seigneur, protège mon enfant, Seigneur, rends-moi mon enfant ! »

Cependant personne ne reparaissait. De temps en temps, Hélène, qui ne pouvait pas dormir non plus, se glissait dans la chambre sur la pointe des pieds pour voir si sa maman reposait. Trouvant chaque fois Mme Féland tout éveillée, elle lui demandait :

– Oh ! maman, prions encore Dieu de garder Rita et de la ramener bientôt !

La mère y consentait de tout son cœur ; Hélène s’agenouillait près du lit et suppliait Dieu de préserver Rita de tout malheur et de conduire son papa jusqu’à elle. Puis elle se retirait doucement dans sa chambre et regagnait son lit.

Ainsi s’écoula cette longue nuit. Le soleil parut au-dessus des montagnes, rayonnant sur les alpages et les forêts comme s’il n’avait que de la joie à annoncer à la terre entière. Mme Féland s’affaissa épuisée sur ses oreillers. La lassitude l’emporta enfin sur le chagrin ; un léger assoupissement arracha pour quelques instants la pauvre mère aux angoisses de l’incertitude et de l’attente.

  • Le lendemain matin

M. Féland, pâle et défait, s’acheminait vers sa demeure aux rayons d’or du soleil levant. Ses vêtements portaient les traces visibles des fourrés et des épines au travers desquels il avait passé. Mme Féland entendit tout de suite son pas.

– Ramènes-tu l’enfant ? s’écria-t-elle, palpitante d’anxiété.

Il s’approcha, s’assit au chevet de sa femme et courbant la tête dans ses deux mains, il dit :

– Je reviens seul. Je n’ose plus espérer, je ne sais plus que penser. Après cette longue nuit, dans quel état sera-t-elle ? La trouverons-nous encore vivante ?

– Oh, papa, fit alors Hélène qui venait d’entrer sans bruit, Dieu a sûrement gardé notre Rita. Maman et moi nous l’avons tant prié cette nuit !

Le père se leva.

– Nous avons battu la forêt dans toutes les directions, dit-il, il est impossible que l’enfant y soit. À présent nous allons descendre dans les gorges du torrent.

Ce fut d’une voix tremblante que M. Féland prononça ces derniers mots. Pour lui, la supposition que l’enfant avait pu tomber au fond des gorges devenait de plus en plus une certitude. Il avait recommandé à Martin de faire servir aux hommes un bon déjeuner, afin qu’ils soient, sitôt après, en état de recommencer les recherches ; de grand jour il serait plus facile d’explorer le lit encaissé du torrent.

Quand M. Féland entra chez Martin, les hommes étaient encore à table, discutant vivement entre eux des tentatives qui restaient à faire. Studli, debout à côté de son père, était tous yeux et toutes oreilles.

M. Féland s’assit près de Martin. Le silence se fit aussitôt ; tous voyaient bien quelle angoisse il avait au cœur. Tout à coup Studli fit sans s’émouvoir :

– Je sais bien où elle est, moi.

– Il ne faut pas parler pour ne rien dire, Studli, dit son père avec sa douceur habituelle. Tu n’en peux rien savoir, puisque tu étais là-haut aux foins quand elle s’est égarée.

M. Féland s’informa où l’on trouverait des cordes et autres choses nécessaires. Pendant qu’on agitait cette question, Studli répéta à mi-voix mais très distinctement :

– Je sais bien où elle est, moi.

M. Féland se leva, prit Studli par la main, et lui dit avec bonté :

– Regarde-moi, mon garçon, et réponds bien à ce que je vais te demander. Sais-tu quelque chose de ma petite fille ?

– Oui, fut la réponse laconique.

– Alors, parle, mon garçon ! As-tu vu l’enfant ? Où est-elle allée ? continua M. Féland dans une agitation croissante.

– Je ferai voir, répondit Studli en se dirigeant vers la porte.

Tous se levèrent en échangeant des regards interrogateurs. Ils ne savaient s’ils devaient prendre au sérieux cette démarche probablement inutile. Cependant M. Féland suivait le petit garçon sans aucune hésitation.

– Studli, Studli ! fit alors Martin comme pour l’avertir à temps, il me semble presque que tu promets une chose que tu ne pourras pas tenir !

Mais Studli trottait toujours d’un pas délibéré ; M. Féland marchait derrière lui. Les hommes suivirent, non sans hésitation. Lorsqu’ils virent le petit garçon se diriger droit sur la forêt, ils s’arrêtèrent et l’un dit :

– C’est tout à fait inutile de retourner là-bas. Nous avons fouillé partout et nous n’avons rien trouvé. Nous n’y allons pas.

Martin rapporta ces paroles à M. Féland, en ajoutant que lui-même ne se fiait pas au dire de son garçon. Cependant, comme Studli continuait imperturbablement son chemin, M. Féland et Martin se décidèrent à le suivre. Studli entra tout droit dans la forêt ; puis il tourna brusquement à gauche dans la direction des vieux sapins, entre lesquels on distingua quelque chose de rouge.

Studli dirigea ses pas de ce côté, sans se laisser arrêter par les broussailles et les épines. Il arriva à une petite clairière où s’épanouissaient plusieurs grosses touffes de fleurs écarlates. Là, il s’arrêta et regarda autour de lui d’un air déconcerté. Il s’était évidemment attendu à trouver Rita à cette place.

Toutefois il se remit en marche du même pas assuré. Les buissons fleuris se faisaient plus rares, mais de plus en plus beaux. Devant chacun Studli s’arrêtait un instant, regardait autour de lui et reprenait son chemin toujours sur la gauche.

– Non, Studli, ne va pas plus loin, lui cria enfin son père. Par ici nous arrivons tout droit à la grande paroi de rochers.

Au même moment on aperçut entre les arbres comme un buisson ardent ; c’était le soleil qui éclairait d’énormes touffes de fleurs d’un rouge resplendissant. Studli y courut et arriva droit au bord des rochers qui tombaient à pic au fond du précipice.

Il promena son regard tout alentour, puis se pencha par-dessus le buisson pour voir jusque tout au bas des rochers. M. Féland s’était arrêté derrière lui. Il n’y avait plus d’espoir ; le sentier cessait brusquement et l’enfant n’avait pas été retrouvée.

Martin saisit son garçon par le bras pour le retirer de cette place dangereuse.

Alors Studli, de son ton sec :

– Elle est là en bas.

M. Féland s’élança en avant et s’inclina au-dessus de l’abîme ; une pâleur mortelle se répandit sur ses traits. Il recula de quelques pas et dut s’appuyer contre un arbre tant ses genoux tremblaient. Il fit signe à Martin qui n’avait pas lâché Studli.

Martin s’approcha du bord et plongea son regard dans le précipice. Quelques buissons pendaient ici et là dans le vide ; à une grande profondeur, seule une saillie de rocher formait comme une étroite corniche sur laquelle gisait une petite créature immobile.

– Mais oui, la voilà ! murmura Martin bouleversé par cette vue. Mais vit-elle encore, ou bien… ?

Il n’acheva pas. Un regard jeté sur M. Féland lui ferma les lèvres. Celui-ci semblait près de succomber ; il se contint cependant.

– Martin, fit-il d’une voix étranglée, il n’y a pas de temps à perdre. Que l’enfant fasse le moindre mouvement, et elle roule dans l’abîme. Qui veut descendre ? Qui va la chercher ?

Les autres hommes s’approchèrent à leur tour. Sans espoir, mais poussés par la curiosité, ils avaient fini par suivre de loin leur petit guide. L’un après l’autre ils se penchèrent au-dessus de la paroi verticale.

– Écoutez, vous tous, dit M. Féland dont la voix tremblait, il n’y a pas un instant à perdre. Lequel veut descendre, lequel veut essayer ?

Les hommes se regardèrent, mais tous demeurèrent sans répondre. L’un d’eux s’avança une seconde fois, jeta un coup d’œil dans le vide, puis haussant les épaules, il s’éloigna.

– Si l’on était sûr qu’elle vit encore ! fit un autre. Mais on risque sa propre vie pour ne trouver peut-être qu’un cadavre.

– Qui vous dit que l’enfant n’est pas vivante ? s’écria M. Féland hors de lui. Et si elle vient à remuer, elle est irrévocablement perdue. Oh ! n’est-il donc pas possible de la sauver ?

– Si elle vivait encore, il y a longtemps qu’elle serait au fond du précipice, fit observer l’un des hommes ; on ne peut pas rester comme ça sans bouger. Et puis, monsieur, à quoi servirait la meilleure récompense à celui qui roulerait au fond ?

Ils se retirèrent l’un après l’autre avec des haussements d’épaules significatifs. M. Féland regarda autour de lui d’un air désespéré. Tout secours l’abandonnait.

– J’irai moi-même ! s’écria-t-il comme fou. Dites-moi seulement comment je dois m’y prendre.

Alors Martin s’approcha de lui.

– Non, monsieur, dit-il avec calme, cela ne se peut pas, il y aurait deux vies perdues au lieu d’une, c’est certain. Mais moi j’irai, avec l’aide de Dieu. Moi aussi j’ai des petits enfants, et je sais ce que monsieur doit ressentir.

Avant même d’avoir tout dit, Martin s’était mis en devoir de nouer solidement la grosse corde autour d’un tronc d’arbre, car il était résolu à rapporter au père son enfant, morte ou vive. Il ôta sa casquette, pria tout bas, s’attacha à la corde, l’empoigna d’une main sûre et se laissa glisser le long du rocher.

Il toucha bientôt à l’étroite corniche. De la main gauche il se cramponna solidement à la corde et chercha le long du rocher un point d’appui pour ses pieds nus, afin de pouvoir du bras droit saisir l’enfant et l’enlever. Il s’en approcha tout doucement de crainte que, si elle vivait encore, elle n’aie pas peur ; or, il suffirait d’un mouvement trop brusque pour tout perdre au dernier moment. Rita gisait immobile.

Martin s’inclina en avant et étendit sur elle la large paume de sa main. À l’instant même, Rita fit un rapide mouvement pour se retourner et elle serait inévitablement tombée dans l’abîme, si la main de Martin ne l’eût retenue à temps. Elle tourna seulement la tête et fixa sur l’homme deux grands yeux étonnés.

– Dieu soit loué et béni ! fit Martin en poussant un soupir de soulagement. Répète-le aussi, petite, si toutefois tu peux encore parler.

– Oh ! oui, je peux très bien parler. Dieu soit loué et béni ! répéta Rita d’une voix claire et fraîche.

Martin regardait avec stupéfaction l’enfant qu’il retrouvait absolument intacte.

– Il faut que tu sois particulièrement chère à notre Seigneur, car il a fait pour toi un miracle. Ne l’oublie pas tant que tu vivras, ma petite ! dit-il avec ferveur.

Puis, de son poignet vigoureux il souleva l’enfant.

– Voilà ! À présent passe tes deux bras autour de mon cou et serre fort, comme si j’étais ton papa. Moi, je ne peux pas te tenir, tu vois ; je n’ai pas trop de mes deux mains pour remonter.

– Oui, oui, je me tiendrai bien, certifia Rita en étreignant Martin si fort, qu’il pouvait à peine respirer. Mais comme il était content !

Il entreprit alors de se hisser le long de la paroi de rochers. Ce fut une rude besogne ; le sang lui coulait des mains et des pieds ; de temps à autre il s’arrêtait pour reprendre des forces.

En haut, M. Féland et les hommes, penchés par-dessus le rebord, ne respiraient plus en suivant les mouvements de Martin qui se balançait sur l’abîme. Tiendra-t-il bon ? Atteindra-t-il le bord ? Ou bien les forces vont-elles lui manquer au dernier moment ? S’il allait glisser et disparaître avec l’enfant dans le noir précipice !…

Il montait, montait toujours… Encore le dernier bout, contre un effrayant rocher à pic… Enfin !…

– Dieu soit loué ! fit Martin à bout de respiration en posant le pied sur la terre ferme. Il écarta de son cou les bras de l’enfant et la déposa dans ceux du père qui tremblait d’émotion.

M. Féland ne put rester debout. Il s’assit, et tenant sa petite fille sur ses genoux, il la regarda sans parler, comme s’il pouvait à peine croire à son bonheur.

– Oh ! papa, je suis si contente ! dit Rita en passant ses deux bras autour du cou de son père. Mais je savais bien, ajouta-t-elle, que tu viendrais me chercher ce matin.

Martin s’était retiré à l’écart. Les mains jointes, il contemplait le père et l’enfant et des larmes de joie coulaient le long de son visage hâlé. Studli se serrait contre lui en le tenant bien fort par la main ; il avait compris que son père venait de courir un terrible danger.

M. Féland, prenant sa petite fille sur son bras, s’avança alors vers Martin. Il dit d’une voix émue en tendant la main au sauveteur de Rita :

– Vous comprendrez, Martin, que je ne vous aie pas exprimé tout de suite ce qui remplit mon cœur. Je vous remercie comme peut le faire celui à qui l’on vient de rendre la vie. Jamais je n’oublierai que vous avez mis vos jours en danger pour sauver mon enfant.

Ils se donnèrent une bonne poignée de main et Martin répondit :

– C’est pour moi une bien belle récompense d’avoir pu vous rapporter la fillette saine et sauve.

– Je vous reverrai plus tard, Martin. Pour le moment il faut que nous retournions auprès de ma femme, dit M. Féland en se mettant en route avec sa fillette sur dans les bras. À sa suite marchaient les autres hommes, et Martin tenant Studli par la main.

– À présent, Studli, dis-moi comment tu savais que la petite fille s’était égarée là-bas ?

– Elle voulait aller voir les fleurs rouges, répliqua Studli.

– Ah ! Mais qu’est-ce qui t’a donné l’idée de marcher droit aux rochers pour la trouver ?

– Puisqu’elle n’était pas vers le premier buisson, c’est qu’elle avait été plus loin, parce qu’à mesure qu’on avance, les fleurs sont toujours plus belles, et à la fin le plus beau buisson est au bord du rocher. Mais je ne savais pas qu’elle était tombée, expliqua Studli.

M. Féland avait atteint le seuil de sa demeure. Il entra et ouvrit la porte de la chambre à coucher. Hélène, toujours assise près du lit, serrait dans les siennes la main de sa mère. Celle-ci, épuisée de fatigue, demeurait immobile, les paupières closes. M. Féland s’approcha et déposa Rita au beau milieu du lit.

– Bonjour maman ! As-tu bien dormi ? fit Rita de la même voix joyeuse avec laquelle chaque matin elle venait souhaiter le bonjour à sa maman.

Celle-ci ouvrit les yeux et regarda l’enfant avec stupeur. Puis soudain, la saisissant des deux mains, elle la pressa avec transports contre elle, tandis que des larmes de joie, d’une indicible joie, inondaient son visage. Elle ne pouvait prononcer une parole, mais dans son cœur elle ne cessait de remercier Dieu.

Hélène serrait de toutes ses forces la main de sa petite sœur et ne se lassait pas de répéter :

– Est-ce bien toi, Rita ? Où étais-tu toute seule, cette nuit ? Petit à petit le père raconta où l’on avait retrouvé Rita et comment Martin avait exposé sa vie pour sauver celle de l’enfant.

Mme Féland frissonna d’horreur à cette description. En se représentant le terrible danger dans lequel sa petite fille avait passé la nuit dernière, elle la pressa contre elle avec un redoublement de tendresse.

– Oh Rita, n’es-tu pas à moitié morte de frayeur ? lui demanda Hélène qui refoulait à grand-peine des larmes de pitié.

– Oh ! non, je n’ai pas du tout eu peur, répliqua gaiement Rita. À présent je vais vous raconter comment tout s’est passé.

Premièrement j’ai voulu entrer vers papa lui demander si je pouvais aller avec Studli chercher les belles fleurs rouges. Mais papa était déjà parti. Alors j’ai pensé qu’il me permettrait bien, puisque la première fois je n’avais pas pu. Ensuite je suis allée chez Studli, et lui aussi était parti. Alors je me suis dit : « Je trouverai bien les fleurs toute seule, Studli m’a expliqué par où il fallait passer ».

Je suis montée dans le bois et pendant bien longtemps j’ai cherché, cherché, sans rien découvrir. Tout à coup j’ai vu quelque chose de rouge à travers les arbres et j’ai couru de ce côté. D’abord il n’y avait pas beaucoup de fleurs et elles n’étaient pas belles. Comme Studli avait dit qu’on traversait des broussailles et qu’on allait toujours plus loin, j’ai continué à marcher, et il y avait toujours plus de fleurs, et à la fin il y en avait des masses sur un immense buisson tout rouge.

Elles brillaient tellement ! J’ai voulu les prendre toutes, toutes, et voilà que tout à coup je suis tombée ! Et après, j’étais étendue sur une pierre. Mais c’était très étroit, alors je me suis bien serrée contre le rocher et je me suis dit : « Je vais me tenir bien tranquille, papa viendra me chercher ». Seulement j’étais fatiguée, il faisait déjà un peu nuit, et j’ai pensé qu’il fallait dormir en attendant que papa vienne me chercher le matin. J’ai pensé aussi qu’il fallait faire ma prière et demander à Dieu d’envoyer des anges pour me garder pendant que je dormirai. Alors j’ai fait ma prière :

– Seigneur Jésus, garde papa, maman et Hélène. Rends-moi sage et obéissante. Garde-moi de tout mal, et fais que je ne tombe pas plus bas, et je te prie envoie papa me chercher. Amen.

– Après cela j’ai très bien dormi jusqu’à ce que l’homme soit venu. J’ai tout de suite pensé que c’était papa qui l’envoyait.

En entendant ce récit, la mère palpitait d’émotion. M. Féland, lui, ne pouvait cacher son contentement.

– À partir d’aujourd’hui, ma petite sauterelle ne fera plus un pas seule hors de la maison, déclara-t-il en dissimulant sa joie sous le ton le plus grave qu’il pût trouver.

Cependant maman voulait savoir tout, bien exactement, et son mari ne lui avait pas encore raconté par qui la petite troupe des explorateurs avait été mise sur la bonne voie.

À cette question M. Féland pensa tout à coup à Studli et se rappela que c’était lui, au fond, qui avait le premier découvert Rita.

– Ce brave garçon ! Il nous faut le récompenser tout particulièrement, dit-il.

Rita s’empara aussitôt de l’idée avec enthousiasme et se laissa glisser à bas du lit afin de la mettre plus vite à exécution.

Mais quelle récompense donner à Studli ? Que pouvait-elle bien lui porter sur l’heure ?

– Il faut qu’il dise lui-même de quoi il aurait envie, déclara M. Féland. Nous saurons ainsi ce qui peut lui réjouir le cœur.

– Est-ce que je peux aller tout de suite vers lui ? demanda Rita avec empressement.

Papa voulut l’accompagner, afin de s’entendre avec Martin au sujet de la gratification à donner aux hommes.

Rita sauta de joie tout autour de la chambre. Elle était remplie de grands projets pour Studli.

– Mais papa, demanda-t-elle, s’il avait envie d’une ménagerie avec les plus grands animaux qu’on puisse trouver ?

– Il l’aura, lui fut-il répondu.

– Mais papa, recommença-t-elle aussitôt, s’il dit qu’il voudrait un costume turc avec un sabre recourbé, comme celui de cousin Charles ?

– Il l’aura également.

– Oh ! mais papa, pense ! s’il demandait une immense forteresse et douze boîtes de soldats comme ceux qu’on a donnés à Charles ?

– Il les aura.

Alors Rita s’élança comme une flèche vers le chalet de Martin.

Studli se tenait devant la porte.

– Viens Studli ! lui cria-t-elle, tu peux demander tout ce qu’il y a de plus beau au monde !

– Ça ne sert à rien, fit-il d’un air abattu.

– Mais oui, ça sert à quelque chose, répliqua vivement Rita. Papa a dit que, puisque c’est toi qui m’as trouvée, tu n’as qu’à souhaiter ce que tu veux et tu l’auras. À présent, réfléchis bien et après tu me diras.

Petit à petit Studli parut comprendre de quoi il s’agissait. Il jeta encore sur Rita un regard scrutateur comme pour s’assurer que tout cela était bien sérieux, puis avec un grand soupir :

– Un fouet avec une mèche jaune, dit-il enfin.

– Mais non, Studli, ce n’est rien du tout ! répartit aussitôt Rita toute fâchée. Il ne faut pas demander des choses comme ça. Réfléchis encore une fois à ce qu’il y a de plus beau au monde ; c’est ça qu’il faut souhaiter !

Studli se remit docilement à réfléchir. Il soupira de nouveau profondément et répéta :

– Un fouet avec une mèche jaune.

Au même instant M. Féland sortait du chalet avec les hommes. Ceux-ci s’éloignèrent en exprimant force remerciements. Martin resta debout sur le pas de porte.

– Je ne vous ai encore rien offert, Martin, lui dit M. Féland. C’est à vous avant tous les autres que je voudrais témoigner ma gratitude, mais de manière à vous faire un grand plaisir. Dites, y a-t-il quelque chose que vous désirez particulièrement ?

Martin tourna plusieurs fois son bonnet entre ses mains. Il dit enfin en hésitant un peu :

– Il y a longtemps que j’ai une envie, une grande envie, mais je n’ose pas dire ce que c’est. Non, non, cette idée n’aurait pas dû me venir.

– Exprimez-la en toute liberté, reprit M. Féland d’un ton encourageant, peut-être pourrais-je contribuer à la réalisation de votre vœu.

– J’ai toujours pensé, continua Martin encore hésitant, que le tout serait d’arriver une fois, comme le voisin, à pouvoir acheter une vache. Il y a assez de foin pour la nourrir et je n’aurais plus alors de souci pour l’entretien du ménage.

– C’est bon, Martin, nous nous reverrons, dit simplement M. Féland.

Puis, prenant Rita par la main, il s’en retourna avec elle à la maison.

– Et ton ami Studli, de quoi a-t-il envie ? demanda-t-il chemin faisant.

– Oh ! ce n’est qu’un nigaud ! s’écria vivement Rita. Il veut absolument un fouet avec une mèche jaune ! Ce n’est rien du tout.

– Mais si, c’est bien quelque chose, affirma le père. Vois-tu, chaque enfant a ses joies à lui. Un fouet tel qu’il le désire fera tout autant plaisir à Studli, qu’à toi la plus belle chambre de poupées.

Rita se rendit à ce raisonnement et, une fois convaincue, elle attendit avec la plus vive impatience l’arrivée de l’objet tant désiré.

Dès le lendemain, M. Féland s’en alla en expédition jusqu’au bourg du bas de la vallée. Rita, qui savait pourquoi, en dansa de joie tout le matin.

Avant de partir, papa avait eu bien soin d’enjoindre à sa petite sauterelle de ne pas sortir seule de la maison. Mlle Hohlweg avait aussi reçu de sévères instructions à cet égard.

Du reste, après le bouleversement et les terreurs par lesquels elle avait passé durant la nuit précédente, elle n’avait besoin d’aucune recommandation. Elle s’était même promis de ne plus perdre Rita de vue un seul instant, ce qui, en pratique, n’allait pas manquer de lui paraître un peu difficile.

Deux jours plus tard, Martin et sa famille venaient de prendre place autour d’un plat de pommes de terre fumantes, lorsqu’un fort beuglement se fit entendre devant le chalet ; il se répéta une seconde, puis une troisième fois.

– Il paraît que la vache de Gaspard s’est détachée, fit Martin en se levant pour aller la rattacher.

Studli voulait naturellement voir de ses propres yeux ce qui se passait. Il courut après son père. Derrière lui vinrent aussitôt Martheli, Friedli et Betheli, et la mère suivit pour les ramener tous.

En sortant de sa maison, le père Martin s’arrêta saisi d’étonnement ; autour de lui les enfants ouvraient des yeux démesurés. La maman, arrivant à son tour, joignit les mains dans une muette extase.

À l’angle du chalet était attachée une vache rousse au poil reluisant, aussi grosse et aussi belle que si elle sortait de l’étable du plus riche paysan.

Elle portait, attaché à l’une de ses cornes, un grand fouet avec une solide lanière blanche, terminée par une épaisse mèche en soie jaune qui étincelait comme de l’or au soleil.

Au manche du fouet était fixé un papier sur lequel on pouvait lire en grosses lettres : « Pour Studli ».

Martin détacha le fouet et le tendit à son garçon.

– Tiens, voilà pour toi, dit-il.

Studli tenait dans la main son fouet ! Ce qu’il y avait, à ses yeux, de plus beau, de plus enviable au monde était maintenant en sa possession. Outre le fouet il y avait aussi une vache, qu’on pourrait mener à l’alpe en faisant claquer la mèche comme Joerg et comme Chœppi !

Studli, enveloppant son fouet d’un long regard rayonnant, le serra avec force contre sa poitrine comme pour dire : « Aucune puissance sur terre ne saurait m’en séparer ! »

Martin et sa femme ne se lassaient pas de contempler le superbe animal. Cette vache était-elle vraiment à eux ? Cela leur paraissait un miracle.

Enfin Martin prit la parole :

– Elle beugle parce qu’elle voudrait être débarrassée de son lait. Studli, va chercher les bols. Pour aujourd’hui, nous allons nous régaler.

On remplit deux grands bols d’un lait frais et écumant qu’on posa sur la table à côté des pommes de terre. Puis toute la famille accompagna en triomphe la Rousse à son étable.

De l’autre côté, devant le chalet du voisin Gaspard, se tenaient M. Féland et ses enfants. Ils avaient voulu assister de loin à la réception qu’on ferait à la vache ; Rita tenait absolument à savoir l’effet que produirait le fouet sur Studli, dont elle avait elle-même écrit le nom en gros caractères.

Dès que Mme Féland fut remise de ses grandes émotions, toute la famille se rendit par la forêt jusqu’au bord du précipice, afin de rendre grâce à Dieu d’une manière spéciale au lieu même où Il avait si visiblement étendu sa puissante main sur l’enfant.

ARNASOUK OU LA CHASSE AUX PHOQUES EN HIVER

C’était vers la fin juin, à Nain, au pays des Esquimaux, dans la froide contrée du Labrador. (Les frères Moraves se sont établis dès 1770 au Labrador, où ils ont fondé cinq stations : Nain, Lloffenthal, Okkak, Hébron et Tsohar).

Le temps était beau, le vent très frais. Arnasouk dit adieu à sa mère, à son vieux père infirme, et part une heure après le lever du soleil.

Arnasouk est un jeune homme de quinze ans. Un fort harpon sur l’épaule, il s’avance sur la mer terriblement gelée. Ici, que lecteur reporte les yeux sur la première ligne de ce récit s’il y a bien le mot juin, et si ce n’est pas janvier qu’il faut lire. Non, c’est bien juin, le beau mois de juin, si doux, si fleuri chez nous, mais qui, au Labrador, est encore l’hiver.

De temps en temps Arnasouk s’arrête. Il se couche sur la surface unie, et prête l’oreille. Que veut-il ? Que cherche-t-il ? Ce qu’il cherche, ce qu’il désire ardemment, c’est un phoque ; un phoque qui ramènerait quelque abondance dans sa pauvre demeure et pourrait fournir pour longtemps de la nourriture à sa famille, composée de quatre personnes : Arnasouk, son père Boas, Ylikik, sa mère, et Lydia, sa jeune sœur.

Les phoques, qui se nomment aussi veaux marins, sont en effet d’assez gros animaux. Ils ont, au lieu d’écailles de poissons, des poils comme les veaux. Ils ont de grands yeux très doux et de courtes pattes faites pour nager plutôt que pour marcher, mais avec lesquelles ils se traînent tant bien que mal sur le sol.

En avez-vous déjà  vu ? On en montre quelquefois dans les zoos. C’est à Palerme, en Sicile, que j’ai vu pour la première fois un phoque vivant. J’ai, au Labrador, de bons amis qui m’avaient souvent parlé des phoques lorsqu’ils m’écrivaient, et quand je lus sur une affiche en italien : « On montre un phoque vivant, à telle rue, tel numéro, de dix heures du matin à six heures du soir », je m’empressai de m’y rendre.

Le pauvre animal faisait pitié. Dieu l’a créé pour les mers glaciales, et la chaude Sicile l’étouffait. On avait beau le tenir dans une espèce de cave dallée, et l’asperger sans cesse d’eau aussi fraîche que possible, cette eau pour lui était tiède. Son regard tendre semblait implorer la sympathie, et il poussait de petits cris pareils à ceux d’un nouveau-né. Peu s’en fallut que les larmes ne me viennent !

Vous avez entendu parler du chameau, si précieux aux Arabes du désert, qui s’abreuvent de son lait, se nourrissent de sa chair, et de ses poils tissent leurs vêtements. Eh bien, Dieu, qui n’oublie personne, a pourvu de même, avec le phoque, à tous les besoins des Esquimaux. Sa chair et son huile sont leurs mets de prédilection.

Cette huile sert également à éclairer leurs habitations, et à cuire les aliments. De ses os ils fabriquent leurs armes, leurs ustensiles. Sa peau imperméable est un vêtement très chaud ; elle forme aussi leurs tentes et la couverture de leurs lits. Chacun connaît les peaux de phoque utilisées par les skieurs.

Aux approches de l’hiver, les phoques se réunissent dans l’extrême Nord et s’avancent en troupe serrée vers des contrées un peu plus méridionales, telles que le Groenland et le Labrador. C’est une migration semblable à celle des oiseaux. Les habitants des mers ont reçu comme ceux de l’air cet instinct de changer de climat à l’automne et au printemps. Vous trouverez là-dessus dans les livres d’histoire naturelle des détails intéressants aux articles « Morue, Sardine, Hareng ».

C’est au moment de cette migration que les Esquimaux, dressant aux places favorables des engins particuliers de pêche, font leur provision de phoques pour l’hiver. Si, à cette époque-là, l’Esquimau est malade, ou si, par suite de quelque circonstance, la pêche a manqué en partie, l’hiver sera, pour lui, bien difficile à passer.

Pourtant il y a encore une ressource. Bien que la mer soit pendant plusieurs mois cachée sous une glace épaisse de trois mètres soixante, il ne se passe guère de jour en hiver, au Labrador, où l’on ne prenne un ou deux phoques. Ce n’est plus précisément une pêche. Il n’est pas question de filets ; c’est plutôt une chasse.

Le phoque, comme la baleine, est amphibie. Il vit habituellement dans l’eau ; mais il ne pond pas d’œufs : ses petits naissent vivants et se nourrissent du lait de leur mère. Pour respirer, il a besoin de venir de temps en temps à l’air libre.

L’été, l’on voit souvent apparaître à la surface de l’eau le museau d’un phoque. Mais l’hiver, avec les quatre mètres de glace ? Dieu y a pourvu. Avec une merveilleuse promptitude, le phoque, tournant sur lui-même, perce cette croûte et vient humer une provision d’air qui lui servira pour quelques heures.

Le bruit particulier que font alors les phoques est bien connu des Esquimaux. Ils le discernent à une grande distance. C’est pourquoi notre ami Arnasouk appliquait par intervalles son oreille sur la glace, et écoutait. Il avait déjà marché pendant plus d’une heure sur la mer, quand enfin il crut distinguer quelque chose.

Il fait encore cent pas, écoute de nouveau ; c’est bien cela. Il s’avance alors avec précaution et finit par se traîner à plat ventre sur la glace. Le bruit cesse parfois et recommence. Évidemment le phoque n’a rien qui le presse. Peut-être aussi est-il fatigué ou capricieux, qui sait ?

J’ai un bon moment à attendre, se dit Arnasouk et il ramène son capuchon sur ses oreilles car le vent est vif et piquant. Il amoncelle en hâte la neige tombée la veille et, s’en faisant comme un mur du côté du vent, il se couche contre cet abri. Le harpon détaché, il le mit dans la main droite. Aussitôt que le son, devenant plus clair, l’avertirait qu’il ne resterait plus qu’une couche très mince à percer, Arnasouk se lèvera, lancera fortement le fer aigu et, s’il a le bonheur d’atteindre l’animal, il agrandira le trou de son mieux, pour l’amener à lui.

Il espère aussi qu’en faisant sur la glace un certain signal qui s’entend de fort loin, quelque autre pêcheur viendra l’assister dans cette opération difficile.

En attendant, Arnasouk est couché au pied de son mur de neige. Il pense à son père, à sa mère, à sa bonne petite Lydia qui avait encore si faim hier en se couchant, et il dit : « Mon Dieu tout-puissant, permets, s’il te plaît, que je puisse atteindre le phoque, le rapporter à Nain, et réjouir le cœur de mes pauvres parents. Toutefois, que ta volonté se fasse et non la mienne ! »

Le temps s’écoule. Voilà plus d’une demi-heure que le phoque n’a pas bougé. Arnasouk comprend qu’il faut renoncer. Le soleil a paru derrière des nuages ; l’ombre du pêcheur et du mur de neige se sera projetée sur la glace. Il n’en faut pas plus pour effaroucher un phoque « Allons ! courage ! Reprenons notre course ! Dieu permettra bien que j’en trouve un autre ; ou bien ce même phoque ira faire son trou plus loin ».

Le jeune esquimau se relève. Il regarde du côté de la maison paternelle. Il lui semble que les montagnes qui dominent Nain sont extrêmement éloignées, il n’a guère marché qu’une heure et elles paraissent à plusieurs kilomètres. Un soupçon lui traverse l’esprit. Une histoire que lui a raconté Boas se dresse devant son souvenir. Il court du côté de la terre. L’idée se concrétise bientôt.

Voici ce qui s’est passé : à la fin juin, dans ces contrées, la grande mer est dégelée, mais les baies, les golfes demeurent encore prisonniers. Quelquefois une seule nuit suffit pour les dégager. C’est lorsque Dieu envoie un violent orage. Alors l’agitation de la mer libre se communique à l’eau des golfes. Cette eau frémit, opprimée comme un esclave dans ses chaînes. On entend un mugissement sourd, solennel ; puis tout à coup un fracas épouvantable.

La glace se fend de tous côtés, et par ces fissures les vagues s’élancent, blanches et écumeuses, à une hauteur effrayante. C’est un spectacle saisissant, m’ont dit mes amis du Labrador, et devant lequel l’homme se sent bien petit. Le vent pousse vers la haute mer cette glace brisée.

En quelques heures il n’en reste plus trace ; la vie reprend dans le golfe, et l’on entend de nouveau le doux clapotement des vagues sur les cailloux du rivage, véritable musique pour l’oreille qui en a été privée pendant huit mois. D’autres fois, c’est lentement que la chose s’opère. De larges fragments de glace se séparent peu à peu sans bruit, sans effort, pendant des semaines, et le déblaiement n’est pas toujours terminé au mois de juillet.

C’est précisément ce qui venait de se passer dans ce jour. La glace sur laquelle se trouvait Arnasouk s’était doucement détachée de la masse, et le vent de la terre poussait au loin ce fragment qui pouvait être grand comme l’une de nos places publiques. C’est là aussi ce qui avait fait abandonner au phoque son entreprise, puisqu’il atteignait la surface et l’air sans se donner trop de peine.

En quelques pas notre ami s’est trouvé au bord de son glaçon. Une immense distance le sépare de la glace solide. Il pâlit. Arnasouk ne sait pas nager. Boas aurait dû le lui enseigner, car les kayaks, ou les canots des Esquimaux sont sujets à chavirer. Boas a renvoyé de jour en jour : nous ferons cela le mois prochain, la semaine prochaine… Et cela ne s’est pas fait du tout.

« Oh, si pourtant mon père m’avait appris à nager ! » s’écrie le pauvre garçon. Mais aussitôt il se repent de cette espèce de reproche. Lui-même y a aussi apporté de la négligence ; il pouvait apprendre avec ses camarades. D’ailleurs à quoi servent ces regrets du passé ? Arnasouk se tourne vers Celui qui est notre ressource dans toutes nos détresses. « Mon Dieu, tu peux me ramener à Nain quand même je ne sais pas nager. Sauve-moi, si c’est Ta volonté ! Ramène-moi vers mon père et vers ma mère ! »

Rassemblant alors toutes ses forces, Arnasouk pousse trois cris prolongés. C’est le cri de détresse des Esquimaux. Il écoute. Personne ne répond. Le vent qui vient de terre emporte au loin sa voix. Il se remet à genoux : « Mon Dieu ! Si personne ne m’entend, toi tu m’entends. Je t’en prie, au nom de Jésus, ramène-moi vers mon père et ma mère ! » Il se relève.

Le vent fraîchit, le glaçon s’éloigne toujours plus rapidement. Arnasouk est triste, transi. Il fait plusieurs fois en courant, pour se réchauffer, le tour de son domaine. Le soleil baisse à l’horizon, et dore les montagnes de glace, de teintes si splendides que, même en ce moment, il ne peut s’empêcher de s’écrier : « Que c’est beau ! »

Puis ce passage de l’Évangile lui revient à l’esprit : « Et il s’en alla encore, et pria pour la troisième fois, disant les mêmes paroles » (Mat. 26. 44). Arnasouk s’agenouille de nouveau. « Mon Dieu, je te prie, au nom de Jésus-Christ, de me ramener auprès de ma sœur, de mon père et de ma mère ».

Et plus bas il ajoute : « J’ai bien faim ! » Et il demeure à genoux sur son glaçon flottant, séparé du monde entier mais sûr que son Père céleste le suivait du regard, et qu’il ne lui arriverait rien sans Sa volonté. Les yeux fermés, il repassait dans son esprit tous les récits de prières exaucées qu’il avait entendu faire aux missionnaires.

Arnasouk se relève avec le secret espoir que le vent aurait changé de direction, et le pousserait maintenant vers la terre. Il ouvre les yeux… Non ! Les montagnes de Nain se sont encore éloignées. Il soupire et, en se retournant, il aperçoit un rocher qui s’élève au-dessus des eaux.

Ce rocher, c’est une île, une île souvent abordée en été, une île bien connue pour la quantité de canards qui y viennent pondre leurs œufs et élever leur jeune famille. Arnasouk sourit en son cœur. « Merci, mon Dieu », dit-il. II comprend que la fin de sa prière va être exaucée.

Quelques minutes après, il touche au rivage. Quelque chose lui dit qu’il ne doit pas abandonner aux vagues ce glaçon où il a été béni. Il le fixe, je ne saurais vous dire comment. Puis, aux dernières lueurs du crépuscule, il se met en quête, répétant tout bas : « Mon Dieu, aide-moi à trouver, aide-moi à trouver »…

Notre pauvre affamé n’a pas longtemps à languir. Au détour d’un rocher, dans une petite anse bien abritée, il reconnaît des nids de canards ; il en compte une douzaine et ces nids contiennent chacun plusieurs œufs. Voilà sa subsistance assurée ! « Merci, merci, mon bon Père céleste ! » Il prend un œuf, puis un second; puis un troisième, et se sent restauré.

Un œuf tout cru vous paraît peut-être un triste régal. D’abord, je vous dirai que c’est meilleur que vous ne pensez. Si vous étiez restés tout le jour sans manger, vous le trouveriez excellent. Puis les Esquimaux ne sont pas aussi difficiles que nous car, pendant tout l’hiver, ils ne mangent guère que du poisson sec et du gras de phoque. Avec la nuit cependant le froid devenait insupportable. Vous et moi nous aurions été fort embarrassés pour trouver un abri.

Arnasouk n’eut pas un instant d’embarras. Prenant le coutelas qu’un Esquimau porte toujours à sa ceinture, il se mit à tailler de gros quartiers de neige qu’il posait en rond les uns sur les autres. Il avait soin de ne pas les tailler carrés ; un des côtés était plus petit, en sorte qu’en s’élevant, ces quartiers figuraient non pas une tour, mais une ruche haute à peu près comme un homme.

Arnasouk la termina avec un quartier d’une forme particulière, et qui formait la clef de voûte. L’ouvrage terminé, il fit sa prière du soir. Il se sentait plus que jamais près de son Père céleste, et il Lui recommanda ses parents, Le suppliant de permettre qu’ils ne soient pas trop inquiets pour lui. Il le fit avec tant d’insistance qu’il ne douta pas d’être exaucé. Il se glissa ensuite dans l’igloo, attira à lui un bloc réservé pour fermer l’entrée et s’endormit d’un sommeil paisible.

Bientôt il rêva que le temps était subitement revenu au grand froid, la mer de nouveau gelée, et qu’il s’acheminait sans obstacle depuis son île à Nain. Peut-être pensez-vous que ce rêve lui vint naturellement, parce que, tout en dormant, il sentait le froid pénétrer ses membres. Détrompez-vous ! Arnasouk n’avait pas plus froid que vous dans votre lit sous une couverture de laine.

Certaines tribus d’Esquimaux demeurent, l’hiver entier, dans des abris de neige, et il y fait si chaud qu’ils s’y tiennent à demi vêtus. Souvent, à la chasse, Arnasouk avait passé quelques nuits sous ce précieux abri que Dieu a réservé à ses enfants du nord, et si Boas avait négligé de lui apprendre à nager, il l’avait, en revanche, rendu habile à se construire en un clin d’œil une petite maison de neige.

Notre ami se réveilla ; sa première pensée est pour son Dieu et ses parents. Sa toilette n’est pas longue. Il pousse le bloc qui sert de porte et, en sortant, effarouche un vol d’oiseaux aquatiques qui s’enfuie bruyamment. Il jette avec émotion les yeux sur la mer ; son rêve se serait-il réalisé ?

Arnasouk mettait peut-être à ses rêves un peu trop d’importance. Il tenait cela, je pense, de sa bonne vieille mère, quelque peu superstitieuse. Le temps était plus doux que la veille, et l’eau bleue légèrement ridée par une brise de printemps. Le glaçon amarré était demeuré à son poste.

Arnasouk ne perd pas courage. « Eh bien, se dit-il, c’est la volonté de Dieu ; il pourvoira. Encore trois semaines, et la baie de Nain sera libre de glaces ; nos pêcheurs reprendront leurs kayaks et mon Dieu en dirigera bien un vers mon île ! »

Il déjeune comme il avait soupé la veille ; puis il veut faire le tour de son domaine. C’est le moment, paraît-il, de la ponte d’une foule d’oiseaux de mer ; partout il aperçoit des nids et dans ces nids quatre, cinq, jusqu’à dix et douze œufs. « Allons, je ne mourrai pas de faim ». Et il croit se rappeler qu’il a lu dans la Bible un passage en ces termes : « Tu dresses devant moi une table» (voir Ps. 23. 5).

Une chaîne de rochers qui traverse l’île dans sa largeur arrête ses pas. Ces rochers ne sont ni très hauts, ni très abrupts ; il en entreprend l’escalade. Arrivé au sommet, il s’assied pour jouir d’une vue magnifique. À une petite distance, au midi, se dressent deux immenses montagnes de glace. Portées par les flots, poussées par la brise, elles oscillent légèrement. L’une est animée par des oiseaux au plumage varié qui se poursuivent en chantant. L’autre, plus grande que toutes nos églises et aussi élevée que leur clocher, était couverte de neige.

Fondue par le soleil déjà chaud, cette neige retombait sur la glace azurée et dans la mer d’un bleu plus profond, en cascades d’une éclatante blancheur. C’était un spectacle saisissant. Cependant, au pied même du rocher, Arnasouk croit distinguer quelque chose qui lui donne une vive émotion. Il descend à la hâte la pente escarpée. Il est en bas, il approche, ses yeux ne l’ont pas trompé. Il a devant lui une longue pièce de bois, débris de quelque naufrage, et que les courants ont poussée dans cette anse. Une pièce de bois ! Vous vous attendiez peut-être à autre chose. Quelle joie peut donc lui causer cette pièce de bois ?

Vous avez pu déjà vous apercevoir que notre jeune Esquimau ne manquait pas d’intelligence. Il avait ce qu’on appelle le coup d’œil prompt, et saisissait immédiatement les avantages à tirer de telle ou telle situation. Cela est chez ses compatriotes, moins rare que nous ne serions portés à le penser.

Eh bien, dans cette pièce de bois Arnasouk vit une rame, dans un glaçon un radeau, et Dieu l’aidant, il embrassait déjà sa mère. Avec son coutelas, la pièce fut façonnée en une forte rame, travail long et bien autrement difficile que n’avait été la maison de neige. Il prenait des forces dans les nids de canards et de mouettes ; il en prenait dans la prière, l’action de grâce. Jamais Arnasouk n’avait autant prié, autant rendu grâces qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent !

Ce ne fut pas sans peine qu’il gravit la chaîne rocheuse, traînant après lui sa rame. Il était déjà presque en haut quand elle lui échappe, glisse, bondit, et en trois sauts vient retomber sur la grève. Arnasouk ne murmura pas, ne s’impatienta pas. Il redescendit, recueillit en quantité une espèce de jonc marin, fort et souple, abondant au Labrador ; en tressa une corde suffisamment longue, la lia à sa rame ; de l’autre extrémité il se fit une ceinture autour du corps, et recommença son ascension.

Lorsque, bien fatigué, il atteignit son abri de glace, le soleil allait se coucher. Il aurait été imprudent d’entreprendre de nuit une navigation aussi hasardeuse. Pourtant Arnasouk avait bien envie de partir pour rejoindre, ce soir même, ses pauvres parents et les rassurer !

Il hésita, s’agenouilla pour chercher conseil, et sentit que son devoir était d’attendre au lendemain. Il renouvela avec insistance sa demande : que Dieu veuille bien calmer l’anxiété de son père, et, puisque sa mère tenait tant à ses rêves, lui en envoyer un qui lui montre son Arnasouk vivant et bien portant. Puis, après le repas du soir, il se blottit dans l’igloo et ne tarda pas à oublier les fatigues de la journée.

Le lendemain, le soleil trouva Arnasouk occupé à remplir délicatement son capuchon de peau de phoque des plus beaux œufs qu’il pût trouver. Le capuchon fut bientôt plein. Il aurait aimé en rapporter davantage à sa mère. Un moment il eut l’idée de ramasser de ces mêmes joncs dont il s’était fait une corde et d’en tresser un grand panier. Avec un peu de peine il y serait parvenu. N’avait-il pas vu souvent Mikak et même Lydia faire de ces paniers ?

Mais l’ouvrage serait long. Savait-il, ensuite le temps qu’il mettrait à diriger son radeau de glace ? Sa mère n’aimerait-elle pas mieux recevoir quelques œufs de moins, même n’en point recevoir du tout, et revoir son fils aujourd’hui même ? Après avoir rendu grâces à Dieu pour tout ce qu’Il avait fait pour lui dans cette île, qu’Arnasouk n’allait pas quitter sans émotion, il détacha le glaçon, monta dessus, y déposa délicatement son capuchon avec sa charge et, appuyant la rame contre le rocher, s’éloigna du bord.

Vous ne serez pas surpris si je vous disais que, sans soulever de vagues, le vent, assez fort, le poussait tout droit sur Nain. Vous le croirez facilement, parce que vous êtes persuadés que c’était la volonté de Dieu de le ramener chez lui sain et sauf.

La navigation fut donc facile, mais dura plus de quatre heures. Les phoques venaient se jouer autour du glaçon ; on eût dit qu’ils comprenaient n’avoir, ce jour-là, rien à craindre du jeune pêcheur. L’un d’eux sembla s’attacher à sa fortune et le suivit jusqu’au terme du voyage. Était-ce le même qu’il avait épié naguère, son harpon à la main, tandis que l’animal faisait son trou dans la glace ?

Le terme du voyage, ce n’était pas encore Nain. Nain ne pourrait pas, de bien des semaines, être abordé en bateau. Depuis l’endroit où le golfe se resserrait brusquement, la glace s’étendait toujours plus loin. C’est contre cette masse solide que le glaçon d’Arnasouk vint heurter. Ce petit coup sec fit tressaillir son cœur. Il dit adieu à ce glaçon, instrument pour lui des bontés de Dieu et, portant à la main le capuchon plein d’œufs et sur l’épaule la rame qu’il voulait garder en souvenir, il s’achemina le cœur léger.

Je ne vous décrirai pas l’arrivée d’Arnasouk, le bonheur de ses parents, les cris de joie de Lydia. Vous pouvez aisément vous les représenter. J’ajouterai seulement que Boas et Mikak n’avaient pas été sérieusement inquiets. Ils avaient toujours cru au fond du cœur que leur fils leur serait rendu. Encore en cela, son Père céleste, en qui il s’était confié, avait exaucé la prière d’Arnasouk.

QUATRE QUESTIONS DIFFICILES

M. B. assistait un jour aux examens que l’on faisait passer aux élèves d’une école. Mais ce n’était pas une école ordinaire comme celles que vous connaissez ; car elle était uniquement destinée aux sourds-muets.

Vous comprendrez donc sans peine que les examens s’y faisaient d’une tout autre manière que dans les autres écoles. Chaque écolier avait une ardoise sur laquelle le professeur inscrivait une question, et l’enfant devait écrire sa réponse au-dessous.

Un petit garçon à la physionomie heureuse et expressive attira spécialement l’attention de M. B. qui éprouva le désir de lui poser quelques questions. Il écrivit donc sur l’ardoise :

– Mon cher enfant, vous voyez le soleil et la terre autour de vous ; la nuit vous avez pu voir la lune et les étoiles ; pouvez-vous me dire comment tout cela a été fait ?

Le petit garçon n’eut pas plutôt lu ces lignes qu’il donna immédiatement sa réponse écrite :

« Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ».

M. B., satisfait de cette réponse, écrivit une nouvelle question plus difficile que la première :

– Mais d’où viennent toutes les souffrances, les peines, et la mort que vous voyez autour de vous ?

A cela l’enfant répliqua :

« Le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort ».

M. B. fut surpris d’avoir obtenu une réponse aussi correcte, et jugea utile de poursuivre son interrogatoire en posant une troisième question : « Pouvez-vous m’indiquer un moyen par lequel l’homme peut être délivré de tout ce péché et de ses conséquences ? »

La réponse ne se fit pas attendre :

« Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché ».

De plus en plus étonné et satisfait, M. B. écrivit encore :

– Je ne vous poserai plus qu’une question. Pouvez-vous me dire pourquoi vous êtes incapable d’entendre et de parler, alors que tant d’autres enfants autour de vous peuvent le faire ?

C’était là une question délicate, car cela devait rappeler au petit garçon son infirmité et par suite l’attrister. Pourtant il ne parut pas troublé le moins du monde, et avec un heureux sourire inscrivit sa réponse :

« Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi ».

C’est là une parole de l’Écriture, bien plus, une parole prononcée par le Seigneur Jésus Lui-même.

Il n’est pas étonnant que M. B. ait été surpris : ce petit garçon était sourd et muet, et pourtant il avait été capable de répondre à quatre questions difficiles mieux que n’auraient pu le faire tous les philosophes du monde. En outre, malgré son infirmité, il était heureux et content, parce qu’il avait ajouté foi aux grandes vérités qu’il avait apprises dans la Bible.

La Bible est pleine d’instruction pour tous, grands et petits, et les enfants auraient bien tort de penser qu’elle est trop difficile pour eux. S’ils la lisent attentivement, en demandant à Dieu de les enseigner, Il les instruira par Son Esprit, en sorte qu’ils puissent réellement devenir « sages à salut ».

Les petits garçons et les petites filles posent souvent des centaines de questions au sujet de choses qu’ils ne peuvent pas tout à fait comprendre, et nous sommes heureux de voir qu’ils sont avides de s’instruire ; mais qu’il est plus important de devenir sages quant aux choses éternelles.

« Si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et il lui sera donné » (Jac. 1. 5).

Notre petit sourd-muet avait fait bon usage de ses yeux et avait lu soigneusement les Écritures, car c’est là qu’il avait puisé toutes ses réponses. Son exemple ne devrait-il pas nous remplir de confusion, nous qui sommes en possession de tous nos sens et qui ne connaissons pourtant pas la Parole de Dieu aussi bien que lui ?

La Bible est vraiment un livre merveilleux, car elle contient des réponses à toutes les questions que nous pourrions poser. Vous vous souvenez que la reine de Sheba, lorsqu’elle vint visiter Salomon, lui posa toutes sortes de questions difficiles, et qu’il sut répondre à chacune de ces questions.

Nous n’avons plus un Salomon, mais nous possédons « la vivante et permanente Parole de Dieu » (1 Pier. 1. 23). Tous les autres livres passeront, le ciel et la terre même passeront, mais « la Parole du Seigneur demeure éternellement.. Or c’est cette Parole qui vous a été annoncée » (1 Pierre 1. 25).

LES ÉVÉNEMENTS DE LA FIN DES TEMPS À LA LUMIÈRE DE LA PAROLE DE DIEU

Avant-propos

« Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche ! » Apocalypse 1. 3.

Par cet article, nous désirons donner un court aperçu des événements essentiels que les écrits prophétiques de la Parole de Dieu nous révèlent sur « les choses qui vont arriver » (Apoc. 1. 19). La prophétie occupe une grande partie de la Parole de Dieu, de la Genèse à l’Apocalypse. Il n’est donc pas possible dans le cadre de ce petit travail d’être exhaustif et d’examiner ou même de citer tous les passages qui traitent des choses à venir. Pour compléter et approfondir ce grand sujet, chacun est invité à consulter les nombreux ouvrages qui ont été écrits, depuis le « Réveil » produit par la grâce de Dieu il y a environ 200 ans, jusqu’à nos jours.

Il y a aussi « des choses… difficiles à comprendre » (2 Pier. 3. 16), et nous ne sommes pas capables de tout expliquer. Il y a des choses que Dieu nous fait connaître – et elles sont nombreuses – mais il y en a d’autres qui nous demeurent cachées et qui sont connues de Dieu seul (Deut. 29. 29). Ainsi, « nous connaissons en partie » seulement (1 Cor. 13. 9), et cela doit nous garder dans l’humilité lorsque nous abordons la Parole de Dieu et le grand sujet des évènements qui vont se produire dans un temps qui approche rapidement.

Nous désirons simplement que ces quelques lignes nous conduisent à nous intéresser toujours plus à la Parole de Dieu dans son ensemble, et à la prophétie en particulier. Et cela, parce que Christ en est l’objet. Que nos yeux soient dirigés sur la Personne de notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ qui vient bientôt ! Dans cette attente :

« Nous avons la parole prophétique rendue plus ferme, et vous faites bien d’y être attentifs (comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur), jusqu’à ce que le jour commence à luire et que l’Étoile du matin se soit levée dans vos cœurs ; sachant tout d’abord qu’aucune prophétie de l’écriture ne s’interprète elle-même. Car la prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 19 à 21).

LES ÉVÈNEMENTS DE LA FIN DES TEMPS

à la lumière de la Parole de Dieu

« L’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus » Apocalypse 19. 10.

Le verset d’Apocalypse 19 cité en tête de ces lignes est de toute importance lorsqu’on a le désir d’étudier la prophétie dans la Parole de Dieu.

Ce verset dirige nos regards et nos pensées sur la Personne du Seigneur Jésus. Le livre de l’Apocalypse est particulièrement un livre de prophétie, de révélation d’évènements à venir : « Écris… les choses qui doivent arriver » (Apoc. 1. 19), mais nous ne devons jamais perdre de vue Celui que Dieu et l’Esprit veulent toujours mettre en évidence : le Seigneur Jésus.

Il est bon de s’intéresser à la prophétie (Apoc. 1. 3), mais nous ne devons pas voir seulement les évènements à venir qu’elle nous décrit ; nous devons voir la Personne de Jésus et ses gloires, actuelles et futures.

La prophétie est ainsi un témoignage qui est rendu à Jésus Lui-même, car tout, dans la Parole de Dieu, nous Le présente. Le témoignage est au sujet de Jésus, il est l’esprit même de toute prophétie.

Les choses qui doivent arriver

« Écris donc… les choses qui doivent arriver après celles-ci ». Apocalypse 1. 19.

L’évènement que tous les vrais croyants attendent, c’est le retour du Seigneur Jésus pour les emmener au ciel. Il a promis à ses disciples, avant d’aller à la croix, qu’Il reviendrait pour les prendre auprès de Lui, « afin que là où moi, je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14. 3). Dans le dernier chapitre de la Bible, Il rappelle encore par trois fois cette promesse aux siens, sûre et certaine : « Je viens bientôt » (Apoc. 22. 7, 12 et 20 ; voir encore Apoc. 3. 11). Il n’y aura pas d’évènement particulier annonçant sa venue, Il peut venir d’un instant à l’autre, sans préavis. Qu’Il nous trouve prêts pour ce moment, attendant et veillant, priant et servant !

Mais que se passera-t-il sur la terre, après que les croyants auront été enlevés « à la rencontre du Seigneur, en l’air » ? (1 Thess. 4. 16 et 17) Que vont devenir la terre et les hommes qui y resteront alors que tous les croyants (morts et vivants) l’auront quittée, lorsque « ce qui retient » (la présence de l’Assemblée) et « celui qui retient » (le Saint Esprit), ne seront plus présents ici-bas ?

Dieu, dans sa Parole, et en particulier dans le livre de l’Apocalypse, nous révèle « les choses qui doivent arriver », c’est-à-dire ce qui va se produire sur la terre après que l’Église aura été enlevée et introduite au ciel dans la présence du Seigneur Jésus. Mais les écrits prophétiques, Daniel, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et ceux que l’on appelle « les petits prophètes », ainsi que les Psaumes, nous instruisent eux aussi sur ce qui va se passer alors sur la terre, pour Israël tout d’abord – ce peuple qui appartient à Dieu et qui Lui est cher – et aussi pour les nations en rapport avec le peuple terrestre de Dieu.

La fin du temps de la grâce de Dieu

Le temps de la grâce

« Voici, c’est maintenant le temps favorable ; voici, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2).

Le chapitre 9 du livre de Daniel comporte, dans les versets 24 à 27, un passage très important concernant les évènements prophétiques passés et à venir. Nous apprenons par le prophète que, depuis le retour des Juifs de Babylone pour rebâtir Jérusalem, jusqu’à la venue du Seigneur Jésus sur la terre, il s’est écoulé 69 « semaines d’années », soit 483 ans. (Voir Compléments : 1. La 70ème semaine – Daniel 9. 24 à 27).

À la fin de cette période, Christ est crucifié : « le Messie sera retranché et n’aura rien » (ou : n’aura pas de successeur) (Dan. 9. 25 et 26).

Avec la venue du Fils de Dieu sur la terre, la grâce vient – avec la vérité – au milieu des hommes (Jean 1. 14 et 17). C’est « l’an agréable du Seigneur » qui commence, comme Jésus l’annonce Lui-même (Luc 4. 18). Après la mort, la résurrection et la glorification au ciel du Seigneur Jésus, le Saint Esprit vient habiter dans l’Église et dans les saints (Act. 2). La période de « la Loi » (qui a duré environ 1500 ans) est définitivement close et celle de la grâce se prolonge depuis environ 2000 ans.

Le temps de la grâce se situe entre les deux moitiés du verset 26 : « le messie sera retranché et n’aura rien », c’est le rejet et la crucifixion du Messie d’Israël ; « … le … prince qui viendra », c’est le chef de l’Empire romain reconstitué après l’enlèvement de l’Église (Voir plus bas : Le chef de l’Empire romain).

À la clôture de la « parenthèse » de la grâce, qui peut se produire d’un instant à l’autre, le Seigneur viendra pour les siens (c’est la Parousie) : tous les justes morts depuis Adam seront enlevés au ciel, avec les croyants « morts en Christ » et les vivants qui composeront l’Assemblée de Dieu alors sur la terre. Ce sera la fin de la période de l’Église (ou : Assemblée) sur la terre, qui a commencé au jour de la Pentecôte, 50 jours après la résurrection du Seigneur Jésus (voir Act. 2. 1 à 4).

Après le temps de la grâce

« Mais, au sujet des temps et des saisons, frères… vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit… » (1 Thess. 5. 1 et 2).

Alors, à partir du moment où l’Église et le Saint Esprit auront quitté la terre, « l’année de la faveur de l’Éternel » sera suivie du « jour de la vengeance de notre Dieu » (És. 61. 2) pour les nations de la terre. (Signalons que pour les Juifs, « l’année de la faveur » signifie le Millénium, période qui suivra les jugements du jour de la colère de Dieu).

Si les descendants des 10 tribus sont dispersés à ce jour parmi toutes les nations, le retour des Juifs issus des 2 tribus de Juda et Benjamin en Palestine (commencé en 1948 avec la création de l’État d’Israël) s’accentue actuellement. Ils reviennent petit à petit dans leur pays, avec des richesses mais dans l’incrédulité. Au milieu de ces apostats (ceux qui auront abandonné Dieu), il y aura un résidu de « craignant Dieu » qui attendront le Messie et son royaume. Les « maskillim » (sages) les enseigneront (Dan. 12. 3 et 10).

Le temple (détruit par les Romains en l’an 70) sera rebâti, avec « le sacrifice et l’offrande » (Dan. 9. 27), selon les anciens rites mosaïques. Cela ne signifie pas que le temple doive être reconstruit avant l’enlèvement de l’Église. L’Écriture ne le dit pas et nous n’avons pas à attendre cela. Cependant, il est possible que la construction débute avant l’enlèvement de l’Église. Le temple sera achevé dans la courte période dont nous ne connaissons pas la longueur, qui se déroulera entre l’enlèvement de l’Église et le début de la 70ème semaine. Les Juifs offriront des sacrifices, observeront fêtes et sabbats – mais tout cela dans l’incrédulité.

La 70ème semaine de Daniel 9

« Comprends donc la parole, et sois intelligent dans la vision : Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville… » Daniel 9. 23 et 24.

Lorsque Gabriel vient vers lui pour lui parler, le prophète Daniel confesse, dans une prière remarquable, le péché d’Israël envers son Dieu (Dan. 9. 20 à 23). Par le moyen d’une vision, l’ange va lui faire connaître des évènements importants, à venir encore au temps de Daniel, mais pour certains, accomplis à notre époque, et pour d’autres encore futurs. Nous allons essayer de donner quelques explications des paroles de l’ange à Daniel.

Les évènements décrits du verset 24 jusqu’au milieu du verset 26 sont ceux qui se sont accomplis dans le passé pour nous (les 69 semaines). Les évènements qui sont dévoilés à partir de la seconde moitié du verset 26 et au verset 27, se dérouleront dans un avenir qui est aujourd’hui très proche (la 70ème semaine), qui suivra l’enlèvement de l’Église dans le ciel.

Nous allons détailler maintenant quelque peu ce que seront les évènements qui vont se produire pendant cette période de temps, durant laquelle de nombreux jugements vont tomber sur la terre et sur ceux qui l’habitent, et spécialement sur les Juifs des deux tribus de Juda et Benjamin, qui sont celles qui ont rejeté et mis à mort leur Messie, et qui seront alors en Palestine et à Jérusalem. (pour plus de détails sur ce que signifie la 70ème semaine et ce que sont les 69 précédentes, voir Compléments : 1. La 70ème semaine – Daniel 9. 24 à 27).

Le chef de l’Empire romain 

« Et il [le prince qui viendra – v. 26] confirmera une alliance avec la multitude [pour] une semaine ; et au milieu de la semaine [litt. : à la demi-semaine] il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; et à cause de la protection des abominations [il y aura] un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et [ce qui est] décrété soient versés sur la désolée (la [ville] dévastée) » Daniel 9. 27.

Ce passage du prophète Daniel présente un personnage qui jouera un rôle très important dans les évènements des 7 années qui suivront l’enlèvement de l’Église. « Le prince qui viendra » désigne le chef de l’Empire romain reconstitué. Il nous est décrit en Apocalypse 13. 1 à 8. (Voir plus bas : Les instruments de Satan).

« La multitude », ce sont les Juifs apostats qui concluront une alliance avec lui, pour une durée de 7 ans, afin d’être protégés contre l’Assyrien – qui est « le Roi du Nord », le « désolateur » ; « la désolée » étant la ville de Jérusalem. Le Psaume 83, par exemple, nous montre l’objectif de plusieurs nations ennemies d’Israël, qui est de le détruire : « Ils ont dit : Venez, et exterminons-les du milieu des nations, et qu’on ne se souvienne plus du nom d’Israël » (Ps. 84. 2 à 7). C’est d’ailleurs déjà aujourd’hui, le désir proclamé de plusieurs nations du Proche-Orient.

Le peuple juif apostat s’alliera donc avec le chef politique de l’Empire romain reconstitué et sa puissance militaire. Cette alliance est décrite comme étant « une alliance avec la mort », « un pacte avec le shéol » (És. 28. 15) car, d’une part elle sera rompue brutalement par le chef de l’Empire romain au bout de trois ans et demi, et d’autre part elle n’empêchera pas l’Assyrie – le « bâton de la colère » de Dieu contre son peuple (És. 10. 5) – d’envahir Israël et de dévaster Jérusalem (És. 28. 18 et 19). Cette alliance scelle le début de la dernière semaine d’années avant la fin du temps. (Au sujet de l’Assyrie, voir Compléments : 6. Notes sur l’Assyrien).

Jugements et persécutions

« L’Éternel a un débat avec les nations, il entre en jugement avec toute chair. » Jérémie 25. 31.

La « 70ème semaine » s’ouvrira par des jugements, lorsque le Seigneur Jésus, « le lion qui est de la tribu de Juda », « l’agneau qui se tenait là, comme immolé », prendra le livre de la main de Dieu et en rompra les sceaux l’un après l’autre. (Apoc. 5. 1 à 10). Le 7ème sceau introduira les 7 trompettes, puis suivront les 7 coupes qui seront les 7 dernières plaies (Apoc. 8 à 16). Les séries de jugements successifs sont donc typifiés par : 7 sceaux, le dernier introduisant 7 trompettes, la dernière introduisant 7 coupes. Le découpage de ces différents jugements successifs entre les deux parties de la semaine n’est pas toujours présenté exactement de la même manière par les commentateurs qui ont écrit sur l’Apocalypse. (Voir Compléments : 3. Les jugements de l’Apocalypse).

« L’évangile du royaume » sera prêché pendant la durée de cette semaine d’années (soit 7 ans, partagée en deux parties de 3 ans ½ chacune). Cet évangile sera différent de l’évangile de la grâce annoncé aujourd’hui afin d’amener des âmes au salut par la foi au Seigneur Jésus. Le temps de la grâce étant terminé, Dieu donnera aux hommes une possibilité d’entrer dans le royaume terrestre de Christ. Ainsi l’évangile du royaume annoncera la venue du Roi, qui viendra du ciel pour établir son royaume millénaire sur la terre. Les témoins juifs qui annonceront cette bonne nouvelle seront persécutés pendant tout le temps de leur témoignage.

– Durant la 1ère partie de la semaine, les jugements tomberont sur une partie de la terre, essentiellement l’empire romain occidental. Ces jugements semblent correspondre aux sept sceaux et aux six premières trompettes (Apoc. 6 à 9).

– Le milieu de la semaine sera marqué par plusieurs évènements importants, dont la venue de Satan sur la terre, car il sera alors chassé du ciel où il se trouve jusque-là. Le règne de Christ est annoncé à la septième trompette (Apoc. 11. 15 à 19). Elle annonce « la fin du mystère de Dieu » (Apoc. 10. 7) et introduit les derniers jugements de la fin de la colère de Dieu (Apoc. 15. 1 à 8) ;

– Au cours de la 2nde demi-semaine, des jugements de forte intensité tomberont sur toute la terre habitée. Ces jugements aggravés correspondent aux « sept coupes » de la colère de Dieu, les sept dernières plaies des derniers jugements (Apoc. 15 et 16).

– La fin de la semaine de 7 ans verra le terme des souffrances et la délivrance pour le peuple de Dieu, ainsi que les derniers jugements sur ses ennemis et les ennemis du Seigneur. (Voir Compléments : 3. Les jugements de l’Apocalypse).

Nous allons maintenant essayer de donner davantage de détails sur les évènements qui se produiront pendant cette « semaine d’années ».

A. 1ère demi-semaine – « un commencement de douleurs »

« Toutes ces choses sont un commencement de douleurs… » Matthieu 24. 8.

L’Église gardée « hors de l’épreuve »

« Je te garderai [hors] de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière… » Apocalypse 3. 10.

C’est le Seigneur Jésus Lui-même qui appelle cette période de temps : « un commencement de douleurs » (Mat. 24. 8). Il y aura alors sur la terre des guerres, « des famines, des pestes, des tremblements de terre en divers lieux » (v. 6 et 7). Dans le livre de l’Apocalypse, ce temps est désigné comme étant « l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 3. 10).

Précisons tout de suite que la 70ème semaine d’années commencera un peu de temps après l’enlèvement de l’Église. Il ne fait aucun doute que l’Église ne traversera pas ce temps d’épreuve. Le Seigneur lui a promis : « Je te garderai [hors] de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 3. 10 – voir 1 Thess. 1. 10). Après le départ pour le ciel de tous les croyants, morts et vivants, et du Saint Esprit, (qui est actuellement dans l’Assemblée et dans chaque croyant) (1 Thess. 4. 16 et 17), les choses se mettront rapidement en place. Dieu reprendra ses relations avec son peuple terrestre, mais par le moyen des jugements. La signature de l’alliance entre l’empire de Rome et les Juifs marquera le début de la « semaine ».

Après l’enlèvement de l’Église, il y aura une courte période de temps dont la durée ne nous est pas connue. Puis commenceront les jugements finaux de la « semaine d’années ». La fin de la semaine sera suivie d’une autre courte période de jugements complémentaires.

Les instruments de Satan

Deux personnages, instruments de Satan, apparaîtront au grand jour à ce moment-là. Ce seront les deux formes que prendra le pouvoir du mal. Ils sont tous les deux appelés des « bêtes », car ils n’auront aucune relation avec Dieu. Ils auront tout pouvoir sur les habitants de la terre. Le premier aura le pouvoir politique, le second, le pouvoir religieux.

La 1re bête : elle est décrite en Apocalypse 13. 1 à 10. C’est à la fois un homme, qui viendra d’entre les nations (la mer, qui représente les nations – Apoc. 13. 1) et qui sera le chef de l’Empire romain reconstitué à ce moment-là, et en même temps la confédération de 10 nations (Apoc. 17. 11 à 13), avec la « petite corne » à sa tête (voir Dan. 7. 7 et 8 ; 19 à 21 ; 24 et 25). Les 10 rois (chefs de gouvernement), donneront leur pouvoir au chef de l’Empire romain (Apoc. 17. 13). Celui-ci tiendra son pouvoir de Satan lui-même : la bête « monte de l’abîme » (Apoc. 17. 8), et « le Dragon (Satan) lui donna sa puissance et son trône, et un grand pouvoir » (Apoc. 13. 2). La « bête » exercera ce pouvoir sur « tous ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 13. 7 et 8). Tous les hommes seront contraints de lui rendre hommage, ainsi qu’à son image que l’Antichrist dressera dans le temple de Jérusalem (Apoc. 13. 4, 8, 14 et 15 ; 19. 20).

Plusieurs autres passages de la Parole nous donnent des informations concernant cette 1ère « bête ». Voir : Apocalypse 17. 10 à 18 ; 19. 19 et 20 ; Daniel 9. 7 à 11 ; 19 à 21 ; 23 à 26. Elle est appelée « le roi de Babylone » en Ésaïe 14. 4.

« L’autre bête » : elle est décrite en Apocalypse 13. 11 à 18. C’est l’Antichrist, qui sera le chef religieux adjoint au chef politique (la 1re bête). Voir 2 Thessaloniciens 2. 9 ; Daniel 11. 37 ; Genèse 49. 16 et 17 ; Daniel 11. 36 ; Ésaïe 8. 21 ; 30. 33 ; 57. 9. Cet homme sera un Juif, probablement issu de la tribu de Dan. Il exercera tout le pouvoir du chef de l’Empire romain qu’il soutiendra et secondera. Il s’opposera violemment tout ce qui est appelé Dieu et se présentera lui-même comme étant Dieu (2 Thess. 2. 4) !

L’Antichrist est typifié par : Abimélec (Jug. 9) ; Saül (1 Sam. 8 à 31) ; Absalom (2 Sam. 15 à 19) ; Achab (1 Rois 16 à 18) ; Achaz (2 Rois 16) ; Shebna (És. 22. 15) ; Sédécias (Jér. 39 et 52) ; Haman (Esther 3 à 7) ; Hérode (Mat. 2) ; le voleur (Jean 10. 10 à 13).

L’Antichrist est appelé par plusieurs noms différents : l’Antichrist (1 Jean 2. 18 à 22) ; l’homme de péché ; le fils de perdition (2 Thess. 2. 3) ; l’inique (2 Thess. 2. 8) ; une autre bête (Apoc. 13. 11 à 16) ; le faux prophète (Apoc. 16. 13 ; 19. 20 ; 20. 10) ; le berger insensé et le pasteur de néant (Zach. 11. 15 à 17) ; l’homme de sang et de tromperie (Ps. 5. 6) ; le roi (Dan. 11. 36 ; És. 8. 21 ; 30. 33 ; 57. 9) ; le méchant (Ps. 10 ; 109. 2 ; 112. 10) ; celui qui vient en son propre nom (Jean 5. 43).

B. « À la demi-semaine » 

« Au milieu de la semaine, il [le chef de l’Empire romain] fera cesser le sacrifice et l’offrande » Daniel 9. 27.

C’est le moment où commencera « le jour de la colère » de Dieu (Soph. 2. 2 et 3 ; Rom. 2. 5). Les jugements de cette période seront plus rigoureux et implacables que ceux de la 1ère demi semaine (« l’heure de l’épreuve ») et s’étendront à toute la terre. Ce sera alors le temps de « la grande tribulation », qui comprendra les jugements décrits en Apoc. 10 à 19.

Le milieu de la semaine sera marqué par plusieurs évènements :

– Satan sera précipité du ciel sur la terre (Apoc. 12. 7 à 9). « Malheur à la terre et à la mer, car le diable est descendu vers vous, étant en grande fureur, sachant qu’il a peu de temps » (Apoc. 12. 12) – il ne lui reste que 3 ans ½ avant d’être lié dans l’abîme où il sera hors d’état de nuire pendant 1000 ans (Apoc. 20. 1 à 3). Il va se servir de ses deux instruments, politique et religieux, le chef de l’Empire romain et l’Antichrist. Nous aurons donc là une « triade » du mal. Le « dragon » (Satan) donnera un grand pouvoir à la première « bête » (le chef politique) qui pourra agir pendant « quarante-deux mois ». Elle blasphémera contre Dieu, fera la guerre aux saints (sur la terre) et les vaincra (voir Apoc. 13. 1 à 10). « L’autre bête » (le chef religieux) se donnera l’apparence d’un agneau mais parlera « comme un dragon » (Satan) (Apoc. 13. 11) et exercera « tout le pouvoir » de la 1re bête devant les hommes, qu’elle séduira par des miracles (Apoc. 13. 12 à 14).

– L’alliance sera rompue (Dan. 9. 27 ; És. 28. 18) – cela afin que les fausses religions de la chrétienté apostate et du judaïsme fassent place à l’adoration de la bête et de son image établie dans le temple. Tout service religieux sera supprimé. Ceux qui refuseront la marque de la bête (Apoc. 13. 16 à 18) seront le résidu juif croyant et les Gentils qui auront accepté l’évangile du royaume (Mat. 10. 13) prêché par quelques-uns du résidu juif dans les villes d’Israël.

– l’Antichrist se présentera aux Juifs comme leur Messie et sera reçu par eux comme leur roi. Il s’établira à Jérusalem, s’assiéra au temple de Dieu et se présentera lui-même comme étant Dieu (2 Thess. 2. 4) ! Antiochus Épiphane avait autrefois placé une image de Jupiter dans le temple (170 av. J.C) ; il était alors un type de l’Antichrist qui établira « l’abomination de la désolation » dans le temple de Jérusalem (Mat. 24. 15 ; Marc 13. 14 ; Dan. 9. 27 ; Apoc. 13. 14 et 15). « L’abomination de la désolation », ou « l’idole qui désole », « ce qui dévaste », qui entraînera la ruine, sera la représentation (statue, image 3D, holographe… ?) de la bête romaine placée dans le temple de Jérusalem pour y être adorée.

– La Bête romaine et l’Antichrist (la puissance politique et la puissance religieuse), se ligueront pour persécuter les saints et tenter de les anéantir (Apoc. 13. 5).

– Le résidu juif refusera d’adorer la bête et n’acceptera pas sa marque. Il sera terriblement persécuté. Ces Juifs seront des témoins pour Dieu face à l’idolâtrie, sous la protection de Dieu. Plusieurs subiront le martyre. Certains d’entre eux – le « résidu » (ou : reste) fidèle – s’enfuiront de Jérusalem, vers les montagnes de Judée, en Moab, au Liban et vers d’autres villes de la Palestine. Ils y annonceront « l’évangile du royaume », qui sera ainsi « prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations » (Mat. 24. 14). Cependant certains d’entre eux resteront dans Jérusalem où ils seront des témoins de Dieu qui les protégera (voir plus bas : Les témoins).

– La fausse église sera détruite, le système religieux sans vie de la chrétienté professante, appelé symboliquement « la grande Babylone » (Babylone signifie confusion). Ce système rassemblera toutes les personnes non sauvées issues du catholicisme, du protestantisme et aussi des orthodoxes et de toutes les nombreuses religions qui se disent chrétiennes. Tous seront unifiés sous l’autorité de Rome après que tous les vrais croyants auront été enlevés et qu’il ne restera plus sur la terre que des incrédules – même s’ils professeront peut-être encore être chrétiens, aucun n’aura la vie de Dieu.

Ce système terrestre opposé à Dieu et à son peuple dans tous les âges, est symbolisé par :

– Une femme (Jésabel), « la grande prostituée », vue ainsi comme une grande puissance religieuse ;

– Une ville, « Babylone la grande », « la grande ville », vue ainsi comme puissance politique (Rome), économique et culturelle.

Ce système religieux sans la vie de Dieu aura dominé au début de la semaine sur l’Empire romain et sur le monde (voir l’image de Apoc. 17. 3 et 18). Il y aura, pendant un temps, une association entre la fausse église (Babylone) et l’anti-église (Empire Romain). Mais cette association prendra fin brutalement lorsque les 10 rois (gouvernements) qui se seront placés sous l’autorité de la Bête et lui auront donné leur pouvoir (Apoc. 17. 12 et 13), se retourneront contre la fausse église pour la détruire (Apoc. 17. 16 et 17). Elle sera dépouillée de ses immenses richesses, ses crimes et ses mensonges seront dévoilés. Il est probable que la chrétienté apostate prendra ainsi fin en même temps que l’abolition du service juif dans le temple. Il n’y aura alors plus aucune religion dans le monde, sinon celle de l’adoration de la bête romaine.

La destruction de la fausse église est décrite en Apocalypse 17. 1 à 7 et 18. 1 à 24.

Au chapitre 17, nous trouvons un premier jugement, exercé par « les dix cornes » (v. 12), c’est-à-dire les dix rois ou chefs de gouvernement qui régneront ensemble. La fausse église aura dominé sur l’Empire romain qui l’a soutenue (v. 7) et sur « les rois de la terre » (v. 18). Elle aura eu une influence mondiale sur les hommes (v. 15). Mais, d’un seul coup, la situation est totalement renversée et les rois, qui auront donné leur pouvoir à la Bête romaine, se tourneront alors contre la fausse église, « haïront la prostituée et la rendront déserte et nue » et tout pouvoir sera désormais entre les mains de l’empire romain (v. 16, 17). Ces événements auront probablement lieu à la fin de la première demi-semaine. Le champ sera libre pour l’Antichrist et la « bête » romaine, qui se présenteront comme étant Dieu (ou : comme un dieu), et auxquels tous devront rendre hommage ainsi qu’à Satan (le « dragon ») (2 Thess. 2. 4 ; Apoc. 13. 4, 8 et 15).

Au chapitre 18, nous voyons un second jugement, exercé par Dieu Lui-même. Il jugera définitivement « la grande prostituée qui corrompait la terre par sa fornication » (Apoc. 19. 2). Et « Babylone la grande ville… ne sera plus trouvée » (18. 21). La fausse église, qui aura persécuté et mis à mort les saints (v. 24), ses abus et les horreurs qu’elle aura commis, ses péchés « amoncelés jusqu’au ciel » (v. 5), ses orgueilleuses prétentions (v. 7), ses immenses richesses (v. 16), ses liaisons impures avec les puissants de la terre (v. 3, 9), ses trafics avec les grands, ou les « marchands de la terre » (v. 11 à 14, 23), tout cela sera entièrement détruit.

Ce second jugement sera quelque peu postérieur au premier, car il arrivera avec la 7ème coupe de colère, qui sera versée à la fin de la grande tribulation (voir 16. 17 à 19). Il se situera donc chronologiquement à la fin de :

C. La 2nde demi-semaine

« Ce sera un temps de détresse tel, qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps-là. Et en ce temps-là ton peuple sera délivré » Daniel 12. 1.

« Car alors il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant et qu’il n’y en aura jamais. Et si ces jours-là n’avaient été abrégés, nulle chair n’aurait été sauvée ; mais, à cause des élus, ces jours-là seront abrégés » Matthieu 24. 21 et 22.

« Hélas ! que cette journée est grande ! Il n’y en a pas de semblable ; et c’est le temps de la détresse pour Jacob, mais il en sera sauvé » Jérémie 30. 7.

Trois ans et demi d’épreuve

« … le parvis… a été donné aux nations, et elles fouleront aux pieds la cité sainte quarante-deux mois » Apocalypse 11. 2.

Dans cette 2nde et dernière partie de la « semaine », les évènements se précipiteront. Les jugements sur la terre se feront plus intenses. Ils n’atteindront plus uniquement l’Empire romain, mais ils s’étendront à toute la terre. La persécution et la souffrance des Juifs atteindra son comble.

Les jugements de Dieu seront :

Contre Israël, et ce sera pour eux un temps de tribulation (ou : d’affliction) (Mat. 24. 21 et 22), appelé aussi dans la Parole « la détresse de Jacob » (Jér. 30. 7) ;

Contre les nations et ce sera pour elles « le jour de la colère » (Apoc. 6. 17 ; Soph. 2. 2 et 3).

À plusieurs reprises la Parole mentionne la durée précise de cette période de temps : une demi-semaine, 42 mois, 1260 jours, « un temps, des temps, et la moitié d’un temps ». La grande tribulation sera l’épreuve du reste pieux du peuple Juif par ces derniers jugements, afin de l’amener à se repentir et à reconnaître son Messie.

La « bête » romaine, revêtue d’une énergie donnée par Satan, persécutera et fera la guerre contre les saints pendant toute cette période, par l’intermédiaire de son allié, l’Antichrist, qui sera à Jérusalem, et les habitants du monde lui rendront hommage (Apoc. 13. 5 à 7). Les habitants de la terre seront séduits par les miracles et les signes que « l’autre bête » (l’Antichrist) accomplira. Il dressera une image de la 1ère bête, qui parlera et possédera la respiration (mais elle n’aura pas la vie, car seul Dieu peut la donner). Tous les hommes rendront hommage à cette représentation du chef de l’Empire romain. Quant à l’Antichrist, « l’homme de péché », il « s’assiéra lui-même au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (2 Thess. 2. 4) !

Les hommes sur la terre devront aussi recevoir une marque de leur appartenance à la bête par « une marque sur leur main droite ou leur front ». Ceux qui refuseront d’adorer la bête romaine et son image, ou la marque de leur dépendance entière à sa domination, seront persécutés et mis à mort (Apoc. 13. 13 à 18). Cependant, tous ne mourront pas : Dieu protégera les Juifs opprimés dans Jérusalem (Dan. 12. 1) et maintiendra en vie des Gentils qui auront accepté l’évangile du royaume. Nous avons déjà vu aussi que plusieurs se seront enfuis, au début de cette 2nde période d’épreuve, dans les montagnes et le désert (Mat. 24. 15 à 21 ; Apoc. 12. 6, 13 à 17 – voir És. 26. 20). (Voir plus haut : Le résidu Juif).

« À cause des élus », le Seigneur abrégera dans sa grâce ce temps de terribles tribulations (voir Mat. 24. 22 ; Rom. 9. 27 et 28). Ces « élus » seront le « résidu » (ou : reste) du peuple juif qui sera épargné par le Seigneur et sauvé à travers la grande tribulation. Il les rassemblera tous ensemble par le moyen de ses anges, en vue de la bénédiction millénaire sur la terre (Mat. 24. 31).

Les témoins

« Et je donnerai puissance à mes deux témoins, et ils prophétiseront mille deux cent soixante jours… » Apocalypse 11. 3.

Ils seront suscités juste avant la moitié de la semaine, au moment de la sixième trompette (voir 9. 13 puis 11. 2 à 13, après la parenthèse du ch. 10). Leur mission est annoncée en rapport avec le fait que « les nations fouleront aux pieds la cité sainte » (Apoc. 11. 2 ; Luc 21. 24 – Jérusalem sera la proie de l’Assyrien et de l’empire romain). Ainsi, pendant 1260 jours, c’est-à-dire pendant toute la durée de cette 2nde demi-semaine, deux témoins puissants envoyés par Dieu prêcheront le royaume de Dieu et annonceront la venue de Christ (2 est le chiffre du plus petit témoignage recevable (Nomb. 35. 30 ; Deut. 17. 6 ; Mat. 18. 16 ; 2 Cor. 13. 1) – plusieurs commentateurs pensent qu’il est possible que 2 soit ici un chiffre symbolique ; ces témoins seront donc peut-être plus nombreux).

Une fois qu’ils auront accompli leur mission de témoignage, Dieu permettra que « la bête qui monte de l’abîme » – l’empire romain et son chef – fassent la guerre aux deux témoins. Ils les vaincront, et les mettront à mort (Apoc. 11. 7 ; 13. 7 ; Dan. 7. 21). Leurs corps seront exposés à la vue du monde entier pendant 3 jours et demi. Mais ensuite, ils ressusciteront et monteront au ciel devant les yeux stupéfaits du monde entier (Apoc. 11. 11 et 12).

Ainsi, de nombreux témoins fidèles seront mis à mort pendant cette période d’épreuve terrible, mais ceux qui seront préservés à travers la grande tribulation entreront dans le royaume millénaire.

D. Fin de la semaine

L’apparition

« … L’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » Tite 2. 13.

« Toutes les tribus de la terre… verront le fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire » Matthieu 24. 30.

« … l’apparition de sa venue » 2 Thessaloniciens 2. 8.

La fin de cette semaine de jugements sera marquée par la venue du Seigneur sur la terre, en puissance et en gloire. C’est son apparition, ou « épiphanie ». Personne ne l’aura vu lorsqu’Il sera venu chercher les siens à sa première venue (« parousie »), par laquelle Il aura enlevé au ciel les siens, morts et vivants, sans venir Lui-même sur la terre. Mais lors de son apparition pour délivrer son peuple Israël et établir son règne de 1000 ans sur la terre, tout le monde Le verra – et particulièrement les Juifs qui reconnaîtront alors leur Messie, Celui qu’ils avaient « percé », mis à mort autrefois sur une croix (Apoc. 1. 7). (Voir Compléments : 4. Les 3 phases de l’apparition du Seigneur).

L’indignation

« Encore très peu de temps, et l’indignation sera accomplie et ma colère dans leur destruction » Ésaïe 10. 25.

« Tu parcourus le pays avec indignation, tu foulas les nations avec colère » Habakuk 3. 12.

Les 7 années de jugement et d’épreuve se termineront à l’apparition du Seigneur en gloire – c’est la fin du « temps de détresse » pour Israël (És. 40. 2 ; Jér. 30. 7 ; Dan. 12. 1) – et par les jugements finaux qui précéderont immédiatement l’établissement du royaume millénaire. Les ennemis d’Israël et du Seigneur seront tous détruits. Les évènements préparatoires à l’établissement du Millénium ne se dérouleront pas en un seul instant. C’est pourquoi une période de temps supplémentaire sera nécessaire pour que le Seigneur soumette tous ses adversaires et ceux de son peuple terrestre.

Ces évènements importants suivront donc la fin de la dernière demi-semaine et prépareront l’établissement d’Israël en paix dans son pays, et le trône du Messie en Sion. Le fait qu’ils se succéderont les uns aux autres est probablement la raison des 30 et 45 jours dont nous parle le prophète Daniel (Dan. 12. 11 et 12). Cette période permettra le plein établissement de la bénédiction de l’ordonnance du royaume. Elle est appelée dans l’Écriture « l’indignation » (És. 10. 5 et 25) et durera donc 75 jours, à la suite immédiate des trois ans et demi de la 2nde demi-semaine. Daniel 12. 11 et 12 nous permet d’effectuer le calcul suivant : depuis le milieu de la 70ème semaine, on a 1260 + 30 + 45 = 1335 jours.

« L’indignation » (colère intense, fureur – voir És. 26. 20 ; 30. 27), c’est d’abord l’indignation de Dieu contre Israël, pécheur et idolâtre. Dieu emploiera comme instruments l’Assyrie et les nations qui entourent Israël (Ps. 83. 4 et 5). Puis ce sera l’indignation contre ces nations, en jugement (És. 10. 24 et 25 ; Dan. 8. 19 ; 11. 36 ; Nah. 1. 5 et 6 ; Soph. 3. 8).

Les ennemis de Dieu et de son peuple qui seront détruits pendant cette période précédant immédiatement le règne de Christ seront :

– L’Empire romain : son chef, l’antichrist, et toutes leurs armées (Apoc. 19. 19 à 21) ;

– Le roi du Nord – ou « Assyrien » – ses alliés et toutes leurs armées (Dan. 8. 23 à 25 ; 11. 40 à 45) ;

– La Russie et ses alliés – « Gog » (Éz. 38 et 39) ;

– Édom et les nations voisines d’Israël (Zach. 9. 13 à 16).

(Voir Compléments : 5. Les batailles de la fin).

À la fin des 1335 jours, « l’affaire » sera « achevée et abrégée en justice » (Rom. 9. 28) par le Seigneur. Ce sera alors enfin la pleine bénédiction du millénium.

Nous allons détailler un peu les différents jugements de cette courte période de temps sur les ennemis du Seigneur et d’Israël.

Les jugements de l’indignation : 1. La coalition occidentale – la « Bête » et l’Antichrist

« … la Bête fut capturée, et avec elle, le faux prophètes… Ils furent tous deux jetés vivants dans l’étang de feu embrasé par le soufre » Apocalypse 19. 20.

Ce premier événement se produira chronologiquement entre le 1er et le 2nd siège de Jérusalem par le roi du Nord, l’Assyrien.

Pendant que le roi du Nord, après avoir pris Jérusalem, poursuit ses conquêtes jusqu’en Égypte, Satan, accompagné de ses deux instruments (le chef de l’Empire romain et l’Antichrist), assemblera une immense armée parmi tous les hommes de la terre, et ils viendront dans le pays d’Israël. Toutes ces puissances de méchanceté, c’est-à-dire la bête, les rois de la terre et leurs armées, seront alors assemblées « pour livrer combat à celui qui était assis sur le cheval et à son armée » – c’est-à-dire le Seigneur et ses saints (Apoc. 19. 11 à 16 ; 17. 14). Ce peuple immense remplira la vallée de Meguiddo (lieu des multitudes), « au lieu appelé en hébreu Armaguédon (colline de Meguiddo) » (Apoc. 16. 16). Mais il n’y aura pas de combat, car le chef de l’Empire romain et l’Antichrist seront pris et jetés dans l’étang de feu par le Seigneur Lui-même, et les armées de l’Empire romain seront détruites par le feu qui descendra du ciel (voir Apoc. 19. 19 à 21). Comme annoncé par le prophète Daniel, « la pierre » tombera alors sur « les pieds d’argile et de fer » de la statue du rêve de Nebucadnetsar (Dan. 2. 34 et 35, 45).

C’est le commencement du « jour du Seigneur » qui prendra publiquement pouvoir et autorité sur le ciel et la terre. Ce « jour » se terminera après le Millénium, le jugement des morts et la dissolution de la terre actuelle.

Les jugements de l’indignation : 2. L’Assyrien

« Et il arrivera que, quand le Seigneur aura achevé toute son œuvre contre la montagne de Sion et contre Jérusalem, je visiterai le fruit de l’arrogance du cœur du roi d’Assyrie et la gloire de la fierté de ses yeux » Ésaïe 10. 12.

Lorsque la mission de l’Assyrien sera terminée, le courroux de Dieu contre Israël cessera. « Quand le Seigneur aura achevé toute son œuvre contre la montagne de Sion et contre Israël », quand sa colère contre son peuple apostat et idolâtre sera apaisée (voir És. 40. 2), alors Il anéantira l’instrument dont Il s’était servi, et qui aura montré une fierté et un orgueil indescriptibles (És. 10. 12). La « colère de l’Éternel » prendra fin avec l’anéantissement de l’Assyrien, et non pas avec celui de l’Antichrist et de l’empire romain, lesquels auront déjà été jugés préalablement.

Auparavant, tout à la fin de la semaine – « au temps de la fin » -, le « roi du midi » (l’Égypte et ses alliés), attaquera la Palestine dans le but de prendre Jérusalem (Dan. 11. 40 à 45 ; Jér. 46. 3 à 9). Mais en même temps, le « roi du Nord » (l’Assyrie et les nations alliées, toutes vassales de la Russie) lèvera une immense armée terrestre et maritime, et combattra contre l’Égypte. L’Assyrien remportera la victoire, se dirigera ensuite vers Jérusalem en ravageant la Palestine et en détruisant tout sur son passage ; il « inondera et passera outre ; et il viendra dans le pays de beauté » (Dan. 11. 40). L’Antichrist s’enfuira de Jérusalem pour trouver protection auprès du chef de l’Empire romain (Zach. 11. 17).

Le roi du Nord dressera un premier siège contre Jérusalem (ce sera le châtiment de Dieu contre les Juifs apostats – És. 10. 5 et 6). L’alliance que les Juifs avaient faite avec le chef de l’Empire romain ne les protégera pas. L’Assyrien envahit la Palestine (És. 8. 5 à 8 ; 10. 5 et 6) et la ville sera prise (voir És. 28. 15). Le roi du Nord y entrera, la ravagera (És. 28. 18 et 19) et tuera les deux tiers des Juifs qui s’y trouvent ; la masse apostate juive sera détruite ; la moitié de la ville sera emmenée en captivité (Zach. 13. 8 ; 14. 1 et 2 ; És. 64. 10 et 11).

L’Assyrien poursuivra son chemin en dévastant tout le pays jusqu’en Égypte, mais certains pays lui échapperont (Édom, Moab, Ammon (Dan. 11. 41) – leur jugement final aura lieu par le moyen des 12 tribus réunies). À la suite « des nouvelles de l’orient et du nord » (Dan. 11. 44), il reviendra en fureur vers Jérusalem, pour détruire et tuer. Il dressera une seconde fois le siège contre la ville – probablement dans les 30 jours qui suivront les 3 ans ½ de la dernière semaine d’années – mais il sera subitement détruit par le Seigneur qui apparaîtra sur la montagne des Oliviers (Dan. 11. 45 ; És. 14. 24 à 27 ; 30. 31 à 33 ; 31. 8 et 9 ; Michée 5. 5 et 6). Ce sera le châtiment de Dieu contre l’Assyrien (És. 10. 12). Le résidu qui demeurait à Jérusalem sera sauvé par l’intervention du Seigneur.

(Au sujet de « l’Assyrien, voir Compléments : 6. Notes sur l’Assyrien).

Les jugements de l’indignation : 3. La Russie et ses alliés

« Et il arrivera, en ce jour-là, que je donnerai là à Gog un lieu pour sépulcre en Israël » Ézéchiel 39. 11.

Pendant la période de « l’indignation », Gog (la Russie) et ses immenses armées (Perse (Iran), Puth (Libye), etc.) va monter « du fond du Nord » pour attaquer les 12 tribus qui viennent de trouver le repos dans leur pays (Éz. 38 et 39 ; És. 36 et 37). Le Seigneur ne permettra pas que Jérusalem soit prise une fois de plus. Un tremblement de terre soudain et d’autres catastrophes naturelles amèneront la chute de Gog sur les montagnes d’Israël (Éz. 38. 19 à 22). C’est « le jour de la vengeance de l’Éternel ». Ces armées seront tellement nombreuses qu’il faudra 7 mois pour ensevelir Gog et ses multitudes (Éz. 39. 12 à 16) !

La restauration d’Israël

« En ce temps-là ton peuple sera délivré » Daniel 12. 1.

Lorsque le Seigneur descendra du ciel avec ses armées célestes, Il sera vu sur la montagne des Oliviers ; Il se montrera aux Juifs du résidu fidèle de Juda restés à Jérusalem. Ils s’humilieront, mèneront deuil et seront rétablis dans la communion avec leur Messie (Zach. 12. 10 à 14). Ceux qui L’auront vu apporteront aux Juifs cachés dans les montagnes les nouvelles concernant le retour du Seigneur à Jérusalem. Ils sortiront alors de leurs cachettes. Israël sera délivré de ses ennemis et restauré. Ainsi que l’Écriture l’a annoncé, « Tout Israël sera sauvé » – « le Libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété » (Rom. 11. 26 ; És. 59. 20).

La restauration d’Israël aura lieu en deux phases :

1. Les 2 tribus (Juda et Benjamin), coupables de la mort du Seigneur, se repentiront lorsqu’elles verront leur Messie apparaître sur la montagne des Oliviers pour les délivrer, à l’issue de la grande tribulation (voir Zach. 12. 8 à 14). La repentance de Juda et Jérusalem sera l’accomplissement prophétique du grand jour des expiations (Lév. 23. 26 à 32). Il s’agit du « résidu » qui n’aura pas accepté la domination de l’Antichrist et « la marque de son nom » (Apoc. 13. 16 et 17) et qui seront préservés par le Seigneur à travers les grandes souffrances qu’ils endureront à cause de leur fidélité (voir Zach. 13. 8 et 9 ; 12. 10 à 14).

2. Les 10 tribus (appelées Éphraïm) sortiront, par la puissance de Dieu, des pays où elles se trouveront, et seront ramenées en Palestine. Elles seront « épurées » dans le chemin du retour par Dieu qui entrera en jugement avec elles. Les rebelles à Dieu périront dans le chemin, les autres entreront dans la terre d’Israël (voir (Éz. 20. 33 à 38). Ces « tribus perdues » d’Israël, dispersées aujourd’hui dans le monde entier, constitueront « le reste d’Israël » (voir Jér. 32. 37 ; És. 49 ; 54. 7 ; Zach. 6. 6 à 12). Les réchappés entreront dans leur pays dans la joie (És. 49. 12 et 13).

Les 12 tribus seront alors rassemblées et constitueront à nouveau un seul peuple (És. 11. 11 et 12 ; 27. 12 et 13). Ils reconnaîtront le Seigneur comme leur Messie et leur Sauveur. Le Seigneur établira avec elles « une nouvelle alliance » (És. 55. 3 ; Jér. 31 ; 37. 26 ; Héb. 8. 6 à 12 ; 10. 16 et 17 ; Rom. 11. 26). Les épreuves traversées les auront préparées à entrer dans les bénédictions milléniales où ils connaîtront joie, paix, prospérité sous le règne béni du Seigneur.

Le jugement des nations voisines d’Israël

« Qui est celui-ci, qui vient d’Édom, de Botsra, avec des habits teints en rouge, celui-ci qui est magnifique dans ses vêtements, qui marche dans la grandeur de sa force ? » Ésaïe 63. 1.

Édom (Botsra) et les nations voisines d’Israël seront vaincues par Éphraïm (Israël) et Juda retrouvés. Édom sera totalement détruit (És. 11. 14 ; 34. 5 à 15 ; Éz. 35) – en fait, c’est le Seigneur Lui-même qui anéantit Édom à Botsra : voir Ésaïe 63. 1 à 6. Les jugements exécutés par les Juifs (Éphraïm et Juda réunis) sont mentionnés en Zacharie 9. 13 à 16 ; 12. 6 ; 14. 14.

Le jugement des nations, ou « des vivants »

« Et il jugera au milieu des nations, et il prononcera le droit à beaucoup de peuples » (És. 2. 4).

Ce jugement des hommes vivants sur la terre aura lieu à l’apparition en gloire du Seigneur (Matt. 25. 31 et 32 ; 13. 40 et 41) sur la terre, dans la vallée de Josaphat (Joël 3. 1, 2, 12 à 14).

Après que le Seigneur aura délivré le résidu juif des persécutions de la grande tribulation (voir Mat. 24), Il s’assiéra sur son trône comme Roi et Juge et procédera aux jugements des nations auxquelles l’évangile du royaume aura été annoncé (Mat. 24. 14 ; Joël 3. 2 et 12). Il opérera une séparation entre le bien et le mal, et déterminera qui entrera dans le Royaume. Le sort des nations sera prononcé en fonction de l’accueil que chacun aura donné aux envoyés du Seigneur, des Juifs convertis dans la période qui suivra l’enlèvement de l’Église. Jésus les appelle « les plus petits… qui sont mes frères » (Mat. 25. 40 et 45). Dans les persécutions et la souffrance, ils auront répandu l’évangile du royaume. Il s’agira pour les hommes sur la terre, de prendre position par rapport au Fils de l’homme.

Ceux qui auront reçu les représentants de Christ du dernier jour, et auront accepté l’évangile du royaume, auront leur récompense et entreront « dans la vie éternelle » (v. 46), c’est-à-dire dans le règne millénial de Christ. Ces sauvés sont appelés les brebis. Ceux qui ne les auront pas reçus et auront ignoré cet évangile connaîtront les peines et tourments éternels loin de Dieu ; ils sont appelés les chèvres (v. 45 et 46).

Tous les jugements préparatoires au règne de Christ seront alors terminés. Après les 45 jours, ce sera enfin la pleine délivrance, où tous seront heureux et bénis. Le règne de paix de Christ se déploiera sur toute la terre.

Le Millénium – un règne de justice et de paix

« Voici, un roi régnera en justice » (És. 32. 1).

Le Millénium sera la période durant laquelle Christ régnera sur la terre et dans le ciel. Christ régnera sur la terre et dans le ciel (le Royaume a une partie céleste – appelée « le royaume du Père », et une partie terrestre, appelée « le royaume du Fils de l’homme ». Le Millénium est appelé la « plénitude des temps », (Éph. 1. 10), durant lequel la domination universelle du Seigneur remettra tout en ordre. Tous les principes qui auront échoué et se seront effondrés entre les mains des hommes, dans toutes les dispensations précédentes (en Israël aussi bien que dans les nations), seront établis et maintenus dans une grande gloire et une justice sans faille entre les mains du « second homme ». En sa main « le plaisir de l’Éternel prospérera » (És. 53. 10) dans une administration parfaite de toutes choses.

La volonté, le plaisir, le propos de Dieu pour « l’administration de la plénitude des temps », se réaliseront : tout sera « réuni en un, …, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre », sous l’autorité de Christ (Éph. 1. 9 et 10). Christ sera vu par tous comme le Roi de toute la terre, Celui que Dieu avait en vue depuis toujours « J’ai oint mon roi sur Sion » (Ps. 2. 6).

Le règne de Christ sera unique, dans sa durée et dans le fait qu’il sera un règne de justice et de paix, comme jamais le monde n’en a connu. Christ sera le vrai Melchisédec, roi de justice et roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix (Gen. 15. 18 ; Héb. 7. 1 à 3) ; Il sera « sacrificateur sur son trône » (Zach. 6. 13) ; « Et lui sera la paix » (Michée 5. 5). Son sceptre sera « un sceptre de droiture » (ou : de justice) et « de fer » (Ps. 45. 6 ; 2. 9) par lequel Il gouvernera avec une pleine autorité les bons et les méchants (Ps. 101. 6 à 8). Les saints célestes régneront avec Christ. (Voir Compléments : 7. Les saints célestes qui régneront avec Christ).

Pendant les mille ans de son règne, Christ aura tout le gouvernement sous sa main (És. 9. 6). Sa domination sera universelle. Il mettra tout en ordre sous son autorité suprême. Il jugera en justice et droiture (Ps. 72. 1 à 4 ; És. 11. 4 et 5).

Bien que réprimé par le sceptre de la puissance de Christ, il y aura encore du péché pendant cette période, mais il sera jugé chaque matin (Ps. 101. 7 et 8 ; Soph. 3. 5 ; Ps. 34. 16). Il en résultera que, malgré toute la bénédiction de ce temps de règne de paix de Christ, la mort subsistera néanmoins. Ceux qui mourront seront des pécheurs, des méchants (És. 65. 20 ; Ps. 101. 7 et 8), parmi ceux qui naîtront pendant le Millénium et qui n’auront donc pas la « nouvelle naissance ». Les croyants « nés de nouveau », quant à eux, ne connaîtront pas la mort.

La gloire de Dieu se manifestera alors d’une façon visible :

– dans les cieux par la « sainte cité » qui descendra du ciel, « ayant la gloire de Dieu » (Apoc. 21. 10). « La sainte cité, Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu » (Apoc. 21. 9 à 22. 5). Elle sera vue au-dessus de la Jérusalem terrestre, formant une relation entre le ciel et la terre.

– sur la terre, par une nuée et une fumée sur chaque demeure de Sion (És. 4. 5). Dieu demeurera au milieu de son peuple par cette gloire visible (Zach. 2. 10).

Pendant le Millénium, l’Assemblée sera le saint réceptacle du pouvoir divin pour gouverner la terre.

Pour les Juifs sur la terre, ce sera alors le « temps du rétablissement de toutes choses », les « temps de rafraîchissement » qu’ils avaient autrefois refusé en rejetant définitivement Jésus Christ (début des Actes). Le pays leur sera partagé en héritage selon les 12 tribus. Ils seront en paix, en repos et en sécurité dans une terre agrandie (Ps. 72. 8 ; Éz. 47. 15 à 21 ; És. 54. 2 et 3) selon les promesses faites à Abraham et dans les limites fixées sous Moïse et Josué (Deut. 1. 7 ; 11. 24 ; Jos. 1. 4).

Les nations converties s’attacheront à l’Éternel ; elles seront son peuple, elles L’aimeront et Le serviront (És. 56. 6 ; Zach. 2. 11 ; Ps. 47. 9 ; Dan. 7. 14 ; Soph. 3. 9 ; Ps. 72. 11). Elles s’uniront au peuple « du Dieu d’Abraham » pour une louange commune (Ps. 47. 9). Israël sera alors à la tête des nations qui les honoreront (Soph. 3. 19 et 20) et les serviront.

La ville de Jérusalem sera particulièrement glorieuse et honorée. Elle sera le centre du gouvernement du royaume du Fils, capitale de la terre, centre de toute bénédiction pour Israël mais aussi pour toutes les nations.

Sur la montagne de Sion sera érigé un nouveau temple ; la gloire de l’Éternel le remplira (Éz. 43. 4 et 5). Il sera « une maison de prière pour tous les peuples » (És. 56. 7 – comp. Mat. 21. 13 ; Zach. 8. 20 à 22). Le Prince – descendant de David sera le représentant du Seigneur sur la terre. Il aura une place de prééminence parmi le peuple. Il entrera et sortira devant l’Éternel, il s’assiéra devant l’Éternel et mangera en sa présence (Éz. 44. 3). Il aura une fonction sacerdotale (Éz. 45. 17). Les Lévites, descendants de Tsadok, effectueront leur service dans le sanctuaire de Dieu (Éz. 44. 15 et 16 ; voir 1 Rois 1. 11. Les sacrifices seront en souvenir de celui qui a été offert par Christ à la croix une fois pour toutes (et non pas l’annonce de ce sacrifice comme sous l’ancienne alliance) (Jér. 17. 26 ; Éz. 43. 18 à 27 ; 45. 18 à 20).

La terre – et même toute la création qui, aujourd’hui, « soupire et est en travail », sera affranchie de la servitude de la corruption, et libérée des conséquences de la malédiction (Gen. 3. 17 et 18 ; Rom. 8. 19 à 22 ; Ps. 67 ; Ps. 72). Elle sera exceptionnellement fertile (Amos 9. 13 ; Ps. 72. 16) et connaîtra la prospérité. Elle sera comblée de richesses par le fleuve de Dieu (Ps. 65. 9 à 13). Le désert deviendra un champ fertile, le pays autrefois désolé sera labouré et couvert de végétation (Éz. 36. 34 ; És. 41. 18 et 19).

La création animale participera à la bénédiction milléniale. Les instincts sauvages des animaux seront changés et ils ne présenteront plus de danger pour l’homme ; ils ne se dévoreront plus entre eux (És. 11. 6 à 9 ; 35. 9 ; 65. 25 ; Éz. 34. 25). (Voir Compléments : 8. Qui entrera dans le royaume millénaire ?)

Après le Millénium et avant « l’état éternel »

« Il faut qu’il règne, jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » 1 Corinthiens 15. 25.

Le règne de justice et de paix de Christ a une durée limitée à 1000 ans. Il devra donc se terminer. Que se passera-t-il ensuite ?

Plusieurs évènements auront lieu dans la période qui suivra immédiatement le règne de 1000 ans :

– Satan libéré de sa prison et délié, rassemblera des hommes « des quatre coins de la terre » pour les conduire à une ultime révolte contre Dieu et « rassemblés pour le combat ». Ils seront dévorés par le feu. « Le diable qui les avait égarés » sera jeté pour l’éternité dans « l’étang de feu et soufre » (Apoc. 20. 7 à 10).

– Le ciel et la terre actuels seront détruits et remplacés par « un nouveau ciel et une nouvelle terre. En fait, nous ne savons pas s’ils seront littéralement détruits ou s’ils seront entièrement nettoyés et purifiés, comme cela a eu lieu pour la terre lors du déluge. Hébreux 1. 10 à 12, citant le Psaume 102, dit : « … la terre et les cieux… eux, ils périront… ils vieilliront tous comme un habit, tu les plieras comme un vêtement, et ils seront changés » (voir encore 2 Pier. 3. 10 et 12 ; Apoc. 20. 11 ; 21. 1).

– Le jugement des morts : c’est dans un lieu indéterminé (puisque la terre et le ciel actuels auront disparu), devant « le grand trône blanc » (Apoc. 20. 11), qu’aura lieu le solennel jugement de tous les morts incrédules, chacun selon ses œuvres. La description de leurs caractères se trouve en Apocalypse 21. 8. Des livres seront ouverts devant le Seigneur, dans lesquels toutes leurs œuvres mauvaises seront trouvées écrites. Mais leurs noms ne se trouveront pas dans « le livre de vie ». Les morts seront alors jetés dans « l’étang de feu », c’est « la seconde mort », la séparation éternelle d’avec Dieu (Apoc. 20. 15). (Voir encore Act. 17. 31 ; Apoc. 20. 5 et 7).

L’état éternel

« Ensuite la fin » … « Dieu… tout en tous » (1 Cor. 15. 24 et 28)

L’éternité s’ouvrira alors, dans laquelle le temps aura pris fin. La Parole de Dieu s’ouvre avec la création des cieux et de la terre dans le temps (Gen. 1) qui rompt l’éternité « passée » et elle se clôt avec la fin du temps dans l’état éternel (Apoc. 21. 1 à 8). La parenthèse temporelle qui aura commencé avec Adam et aura vu la venue du Fils de Dieu sur la terre et sa mort sur la croix, se terminera avec la fin du royaume millénaire de Christ sur la terre, pour faire place à nouveau, et définitivement, à l’éternité.

Le Seigneur Jésus remettra le royaume à Dieu le Père (1 Cor. 15. 24). Il l’aura administré en perfection pendant les 1000 ans de son règne, Il aura aboli « tout pouvoir, toute autorité et toute puissance » (1 Cor. 15. 24). Dieu aura mis « tous ses ennemis sous ses pieds » (Ps. 110. 1, rappelé 6 fois dans le Nouveau Testament). Alors le Fils, en tant qu’Homme, sera de nouveau soumis comme Il l’était sur la terre ; mais Il reste « sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5), un avec le Père (Jean 10. 30).

La mort – le dernier ennemi – aura été abolie (1 Cor. 15. 26) et jetée dans l’étang de feu (Apoc. 20. 14) ; toutes les souffrances liées au péché auront alors disparu : « il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées » (Apoc. 21. 4).

Toutes choses seront faites nouvelles par Dieu (Apoc. 21. 5). Un nouveau ciel (atmosphérique) est créé, ainsi qu’une nouvelle terre (sans mer, donc avec des conditions de vie différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui) sur laquelle les hommes convertis et ainsi nés de nouveau habiteront, et Dieu avec eux.

Les croyants appartenant à l’Assemblée – c’est-à-dire tous les croyants depuis la descente du Saint Esprit sur la terre jusqu’à l’enlèvement de l’Église à la venue du Seigneur – de Actes 2 jusqu’à 1 Thessaloniciens 4. 17 – seront « pour toujours avec le Seigneur », dans le repos, le bonheur et la gloire du ciel.

L’Église, c’est-à-dire les saints de la période de la grâce, constitueront – seront – la sainte cité, l’Épouse éternelle de Christ. Elle descendra désormais du ciel (sa destinée céleste est ainsi soulignée) mais elle ne viendra pas sur la nouvelle terre (comp. Apoc. 21. 2 et 10). Elle demeurera à toujours en relation avec la terre. Dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre (Apoc. 21. 1), la justice habitera (2 Pier. 3. 13). Dieu Lui-même habitera (tabernaclera) avec les hommes. (Apoc. 21. 3) par l’intermédiaire de la sainte cité.

Tous les jugements sont effectués. Des êtres célestes, terrestres et infernaux, tous plient le genou devant Lui, et « toute langue reconnaît que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 10 et 11).

Toutes les paroles de Dieu sont accomplies : « C’est fait » – elles sont achevées, accomplies (Apoc. 21. 5).

Ce sera alors « la fin », c’est-à-dire la fin du temps et le commencement de l’état éternel dans lequel « Dieu (Père, Fils et Saint Esprit) sera tout en tous » (voir 1 Cor. 15. 24 à 28).

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Compléments

La 70ème semaine – Daniel 9. 24 à 27.

v. 24. « Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville, pour clore la transgression, et pour faire propitiation pour l’iniquité, et pour introduire la justice des siècles, et pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le saint des saints ». v. 25. « Et sache, et comprends : depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem jusqu’au Messie, [le] prince, il y a sept semaines et soixante-deux semaines ; la place et le fossé seront rebâtis, et [cela] en des temps de trouble. v. 26. « Et après les soixante-deux semaines, [le] Messie sera retranché et n’aura rien ; et le peuple du prince qui viendra, détruira la ville et le lieu saint et la fin en sera avec débordement ; et jusqu’à la fin [il y aura] guerre, un décret de désolations. v. 27. « Et il confirmera une alliance avec la multitude [pour] une semaine ; et au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l’offrande ; et à cause de la protection des abominations (idoles), [il y aura] un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et [ce qui est] décrété soient versés sur la [ville] dévastée ».

Dans les versets 24 à 27 du chapitre 9 de Daniel, les « semaines » dont il est fait mention à six reprises, sont des « semaines d’années », c’est-à-dire que : 1 semaine = 7 ans. Il s’ensuit donc que les 70 semaines recouvrent une période de : 70 x 7 = 490 ans. Nous comprenons par la prophétie que 69 « semaines » sont passées – soit 483 ans – et que 1 semaine reste à venir pour compléter la période.

Nous vivons actuellement dans un temps intermédiaire, qui dure depuis près de 2000 ans, à l’issue duquel le Seigneur enlèvera son Église au ciel. Dieu reprendra alors ses relations avec Israël sur la terre et le préparera par l’épreuve à recevoir son Messie qui viendra le sauver. Ce peuple est actuellement dans l’endurcissement de cœur envers son Messie, car « la plénitude des nations » n’est pas encore entrée au ciel, ce qui va se produire à la venue du Seigneur Jésus pour les siens lorsque le dernier de ceux que le Seigneur ajoute à son Assemblée sera venu à Jésus (voir Rom. 11. 22 à 32 ; Act. 2. 47).

Les temps des nations

La période de 7 ans encore à venir, appelée la 70ème semaine, complète et termine ce que la Parole de Dieu appelle le – ou les – « temps des nations » (Éz. 30. 3 ; Luc 21. 24), c’est-à-dire le temps où le gouvernement est confié aux Gentils et non pas à Israël. L’infidélité et l’incrédulité du peuple de Dieu étant finalement parvenues à leur comble, Dieu met de côté son peuple pour une période de temps. Le peuple est alors appelé « Lo-ammi » – « pas mon peuple » (Osée 1. 9). Israël est tout d’abord, transporté en Assyrie par Shalmanéser en -721, Juda quelques années plus tard, est transporté à Babylone en -606).

Cette longue période de temps a commencé avec Nebucadnetsar et l’Empire Babylonien (-606 à -538) ; elle a été suivie par l’Empire Médo-Perse (-538 à -331), puis par l’Empire Grec d’Alexandre le Grand (-331 à -168). Puis ce sont les Romains qui ont pris l’ascendant (-168 à 476 – empire romain d’occident – et 1453 – empire romain d’orient). Ces 4 grands empires nous sont décrits en Daniel 2 et 7 :

Daniel 2 nous présente l’histoire générale passée des royaumes successifs des nations représentés par la statue du rêve de Nebucadnetsar.

Daniel 7 nous présente l’histoire de ces 4 empires en rapport avec Israël, le peuple de Dieu, dans les terribles « bêtes » du rêve du prophète.

Le temps de la domination des nations se terminera lorsque le Seigneur Jésus viendra établir son règne sur la terre, par la destruction de l’Empire romain reconstitué à la fin des temps, et qui dominera lors de la 70ème semaine dont nous parle Daniel 9. Le royaume du Seigneur Jésus sera « un royaume qui ne sera jamais détruit » (Dan. 2. 44), c’est-à-dire qu’il se prolongera sans heurt durant 1000 ans, jusqu’à ce que le Seigneur Jésus le remette à Dieu (1 Cor. 15. 24).

Israël (les 10 tribus) sera alors, dès la venue en gloire de Christ, de nouveau l’objet de la miséricorde de Dieu ; une abondante bénédiction viendra sur lui. Pendant la longue période du temps des nations, il aura été appelé « Lo-Ammi » – pas mon peuple. (Israël d’abord, transporté en Assyrie en -721 ; Juda ensuite, transporté à Babylone en 606). Désormais, Dieu l’appellera « Rukhama » – elle a [obtenu] miséricorde – et « Ammi » – mon peuple (Osée 1. 10 et 11 ; 2. 1).

Le temps de la domination des nations sur la terre se situe de part et d’autre de la parenthèse de la période actuelle de la grâce, qui se situe donc entre la 69ème et la 70ème semaine. Pendant la période de la grâce, le temps n’est pas compté ; il est indépendant de l’ordre prophétique des évènements concernant Israël et de ses rapports avec les 4 monarchies. C’est le temps de la formation de l’Église. Cette période a commencé le jour de la Pentecôte qui a suivi l’œuvre du Seigneur à la croix (probablement en l’an 32 après J.C), et elle se prolonge depuis bientôt 2000 ans… Après l’enlèvement de l’Église, l’Empire romain qui n’existait plus depuis bien longtemps, renaîtra et dominera à nouveau sur les nations.

C’est dans un temps de confusion et de désordre parmi les nations, que plusieurs pays s’associeront pour former une confédération de 10 nations de l’Occident (il est possible que le nombre 10 soit ici symbolique, comme étant le nombre de la responsabilité de l’homme). Cette confédération de nations régnera en association avec le chef de l’Empire romain, à qui les dix rois (ou gouvernants) donneront puissance et pouvoir (Apoc. 17. 12 et 13). Ce sera alors la renaissance de l’ancien empire romain, annoncé par la prophétie. Le chef suprême de l’Empire romain reconstitué et qui dominera à nouveau, est appelé dans l’Apocalypse, la « Bête », – « la bête qui était et qui n’est pas et va monter de l’abîme… » (voir Apoc. 17. 8, 10 et 11). Ce terme désigne en même temps celui qui en sera la tête politique, le chef. Voir Daniel 2. 41 à 43 ; 7. 7, 8, 19 à 25 ; Apocalypse 13. 1 à 9.

Mais le Seigneur Jésus Lui-même, à son apparition, détruira cet empire, ses armées et son chef (Dan. 2. 34, 35, 44, 45 ; 7. 9 à 14). Ce sera la fin du « temps des nations » et l’établissement du glorieux règne de justice et de paix du Seigneur Jésus – « un royaume qui ne sera jamais détruit » (Dan. 2. 44 ; 7. 27).

Les 69 semaines

Depuis l’émission du décret d’Artaxerxès (-445 avant J.C) autorisant la reconstruction de Jérusalem, jusqu’à l’entrée solennelle du Messie à Jérusalem comme Prince et Roi de Juda (Mat. 21. 5, comparez avec Zach. 9. 9 – 32 après J.C) – on compte 483 ans (69 x 7 = 483).

– Début de la période : 7 semaines (49 ans) : reconstruction de Jérusalem et de la muraille (voir Néh. 2 : le décret relatif à la reconstruction de Jérusalem).

– 7 et 62 semaines : « Depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, le prince, il y a 7 et 62 semaines : « la place et le fossé seront rebâtis, et cela en des temps de trouble » (Dan. 9. 25).

– Après les 62 semaines (donc à la fin de la 69ème) : Christ est rejeté et mis à mort (« le Messie sera retranché et n’aura rien » – ou : n’aura pas de successeur). À la croix, la 69ème semaine de Daniel est accomplie (Dan. 9. 26).

La période qui suit ne fait pas partie de ces semaines mais se trouve comme une parenthèse entre la 69ème et la 70ème semaine. C’est la période de la grâce de Dieu qui dure encore aujourd’hui et se clôturera à la venue du Seigneur Jésus pour prendre les siens auprès de Lui. Après la mort du Messie, la destruction de Jérusalem (70 après J.C.) et toute une série de malheurs devaient avoir lieu, qui ne sont pas inclus dans ces deux semaines (Dan. 9. 26). Les 7 ans qui doivent compléter cette période de 490 ans sont donc encore à venir (483 + 7 = 490).

La 70ème semaine

– Début de la semaine : La 70ème semaine commencera après que Christ sera venu pour prendre l’Église auprès de Lui – et avec elle tous les rachetés des temps antérieurs (Héb. 11. 40). Cette semaine est partagée en 2 demi-semaines d’années de 3 ans et demi chacune.

– 1ère ½ semaine : Elle commencera quand la grande masse du peuple apostat aura conclu une alliance avec le Chef de l’Empire Romain pour 7 ans. Il se déroulera un court laps de temps entre l’enlèvement de l’Église et le début de la semaine. Sa durée exacte n’est pas mentionnée dans la Parole, peut-être du fait que certains événements achèveront de se mettre en place durant cette courte période. Mais le fait qu’il est parlé à plusieurs reprises du milieu de la semaine implique que cette 70ème semaine est partagée en deux parties égales.

– Les Juifs (Juda et Benjamin) rentrés dans leur pays, auront de nouveau une existence politique (c’est le cas depuis 1948) ; le temple sera rebâti (la construction débutera peut-être avant même l’enlèvement de l’Église), les ordonnances rétablies sous la protection de l’Empire Romain.

– 2ème ½ semaine : Elle commence lorsque Satan est précipité du ciel (Apoc. 12. 7 à 9). Le chef de l’Empire romain (1ère Bête) rompt l’alliance avec les Juifs. L’Antichrist (2ème Bête), dresse la statue du Chef de l’Empire romain dans le temple (« l’idole qui désole ») et se fait adorer comme Dieu, étant salué comme Messie par le peuple apostat. Cette période correspond aux 7 coupes d’Apocalypse 16, les derniers jugements de la colère de Dieu (Apoc. 15. 1). Sa durée exacte est précisée à de nombreuses reprises dans l’Apocalypse (Apoc. 11. 2 et 3 ; 12. 6 et 14 ; 13. 5) et en Daniel 7. 25 ; 12. 7.

Chronologie sommaire de l’enlèvement de l’Église à l’éternité à venir

– Le Seigneur Jésus vient d’un instant à l’autre chercher les siens : résurrection des justes endormis, les vivants partent avec eux à la rencontre du Seigneur, en l’air (1 Thess. 4. 16 et 17).

– Le Tribunal de Christ devant lequel paraissent tous les croyants (Rom. 14. 10 à 12 ; 2 Cor. 5. 10).

– Le Jugement et la destruction de la fausse église (Apoc. 17 et 18).

– Les Noces de l’Agneau (Apoc. 19. 7 à 9). Christ se présentera son épouse à Lui-même dans le ciel, « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable », « vêtue de fin lin, éclatant [et] pur » (Éph. 5. 27 ; Apoc. 19. 7 à 9).

– Les jugements : les 7 sceaux, les 7 trompettes et les 7 coupes (Apoc. 6 à 16).

– Le début de l’heure de l’épreuve: 1ère ½ semaine – un commencement de douleurs.

– Satan jeté sur la terre : à la demi-semaine (Apoc. 12. 7 à 12).

– La grande tribulation : 2nde ½ semaine. (42 mois ; 1260 jours ; un temps, des temps et une moitié de temps).

– À la fin des 3 ans ½ : l’apparition de Christ (Apoc. 19. 11 à 16). Il descend du ciel en puissance et en gloire (Apoc. 19. 11 à 16 ; Jude 14 et 15 ; Mat. 24. 29 et 30), accompagné des saints et des anges (1 Thess. 3. 13 ; 2 Thess. 1. 7). La venue de Christ sur la terre aura pour conséquences :

– Le jugement des nations (les puissances de l’Ouest) à Armaguédon (vallée de Meguiddo) où Satan et ses acolytes ont assemblé « les rois de la terre et leurs armées » – la confédération occidentale ; élimination de la bête et du faux prophète (jetés dans l’étang de feu) et de leurs armées (Apoc. 19. 19 à 21 ; 16. 13 à 16) ; leur jugement aura lieu probablement entre les deux sièges de Jérusalem par l’Assyrien ; Christ les vaincra et anéantira « l’inique… par l’apparition de sa venue » (2 Thess. 2. 8) ;

– Satan lié dans l’abîme pour 1000 ans (Apoc. 20. 1 et 2) ;

– La destruction de « l’Assyrien », le « Roi du Nord » et ses armées, qui monteront contre Jérusalem alors qu’Israël est en sécurité dans son pays, dans la période qui suit la fin de la grande tribulation (És. 29. 1 à 14 ; 14. 24 à 27 ; 30. 31 à 33 ; 31. 8 et 9 ; Dan. 11. 40 à 45), c’est-à-dire les 75 jours de « l’indignation » (Mich. 5. 6 ; Nah. 1. 5 et 6 ; Soph. 3. 8 – voir Dan. 8. 23 à 25 ; 12. 11 et 12). C’est lorsque l’Assyrien revient dresser le siège contre Jérusalem, entre la mer Méditerranée et la sainte ville, qu’il sera détruit. Christ descend sur la montagne des Oliviers qui se fend en deux parties (Zach. 14. 3 et 4) ;

– La destruction de Gog (la Russie) et ses alliés sur les montagnes d’Israël, au « jour de la vengeance de notre Dieu » (Éz. 38 et 39 ; És. 61. 2 ; 63. 1 à 6) pendant la période de « l’indignation » ;

– La délivrance finale d’Israël ;

– Le jugement des nations autour d’Israël (Tyr, Sidon, la Philistie), qui l’avaient autrefois asservi, dans la vallée de Josaphat (Josaphat signifie : l’Éternel juge) – (Joël 3. 2 et 12 ; Jér. 25. 30 à 38). Le peuple d’Israël est rassemblé dans son pays et délivré de tous ses ennemis ;

– Le jugement judiciaire des nations – ou : des vivants – dans la vallée de Josaphat (Joël 3. 1 et 2, 12), en fonction de leur attitude envers les envoyés du Seigneur qui auront prêché « l’évangile du royaume » (Mat. 24. 14) dans la période qui aura précédé la venue de Christ en gloire. Christ est assis sur le trône de sa gloire et les nations sont assemblées devant Lui (Mat. 25. 31 à 46).

– Le Millénium : la période du règne de justice et de paix du Seigneur ; la sainte cité, Jérusalem, descendant d’auprès de Dieu (Apoc. 21. 4 et 5 ; 21. 9 à 27 ; 22. 1 à 5).

– Après les 1000 ans : Satan délié et la dernière révolte des hommes contre Dieu – Gog et Magog -, Satan, la mort et le hadès jetés dans l’étang de feu (la 2nde mort – Apoc. 20. 7 à 10). (Le « hadès » est le lieu où se trouvent les âmes des hommes incrédules après leur mort, appelé le « shéol » dans l’Ancien Testament ; les âmes des justes vont au paradis).

– Le jugement des morts devant le « grand trône blanc » : ils seront jetés dans l’étang de feu – c’est la seconde mort – (Apoc. 20. 11 à 15).

– Les nouveaux cieux et la nouvelle terre selon la promesse de Dieu (2 Pier. 3. 13 ; És. 65. 17 ; Apoc. 21. 1), dans lesquels la justice habitera ; la sainte cité, nouvelle Jérusalem ; Dieu habite avec les hommes ; c’est l’état éternel (Apoc. 21. 2 à 8), « Dieu tout en tous » (1 Cor.15. 28).

Les jugements de l’Apocalypse

Trois fois sept jugements vont tomber sur la terre après l’enlèvement de l’Église et avant l’apparition du Seigneur en gloire. Ils sont symbolisés par 7 sceaux (Apoc. 5. 1) ; 7 trompettes (Apoc. 8. 1) et 7 coupes (Apoc. 16. 1).

On peut proposer la succession des jugements comme suit :

– 1ère ½ semaine : les 7 sceaux et les 6 premières trompettes (jugements sur les Juifs et les nations – sur le monde occidental) – Apoc. 6. 1 à 17 ; 8. 1 à 9, 21.

– À la ½ semaine : la 7ème trompette, « la fin du mystère de Dieu », l’annonce du royaume millénaire – Apoc. 10. 5 à 7 ; 11. 15 à 18.

– 2nde ½ semaine : les 7 coupes (jugements universels finaux – sur toute la terre) – Apoc. 15. 1 à 16, 21.

Les jugements des 7 coupes, les dernières plaies, correspondent au temps de la colère. « En elles le courroux de Dieu est accompli » – ou : achevé, consommé (15. 1).

Les 3 phases de l’apparition du Seigneur

La période qui se situe entre la fin des jugements de « la 70ème semaine » de Daniel (Dan. 9) et le début du règne millénaire de Christ, sera marquée par la venue du Seigneur, sur la terre, en puissance et en gloire. C’est son apparition, ou « épiphanie ». Personne ne l’aura vu lorsqu’Il sera venu chercher les siens à sa première venue (« parousie »), par laquelle Il a enlevé les siens, morts et vivants, au ciel, sans Lui-même venir sur la terre. Tout le monde Le verra (Apoc. 1. 7) lors de son apparition pour délivrer son peuple Israël et établir son règne de 1000 ans sur la terre.

Cette apparition de Christ se déroulera en trois phases :

– Il vient du ciel, accompagné des armées célestes (comme spectateurs des gloires de Christ en ce jour) pour frapper les nations, avec la Bête romaine et le faux prophète, l’Antichrist (Apoc. 19. 19 à 21 ; Zach. 14. 5) ;

– Il apparaît aux fidèles du résidu juif sur la montagne des Oliviers, et les délivre de l’Assyrien (Zach. 14. 3 et 4). C’est alors qu’ils Le reconnaissent comme leur Messie, celui qu’ils auront percé ». Ils sont profondément humiliés et repentants ; ils sont rétablis dans la communion avec Lui. Toutes les conditions sont dès lors réunies, et

– Il vient dans sa gloire avec tous les saints pour établir son règne de justice et de paix (Apoc. 19. 11 à 19 ; Zach. 14. 5).

5. Les batailles de la fin 

Le Seigneur remportera quatre batailles successives – trois avant l’établissement du Millénium, la dernière après les 1000 ans de son règne :

– Sur la coalition des puissances de l’Ouest assemblées par Satan, le chef de l’Empire romain et l’Antichrist à Armaguédon (Apoc. 16. 16 ; 19. 19 à 21), la vaste plaine de Jizréel ;

– Sur l’Assyrien – ou : le Roi du Nord (Dan. 8. 25 ; 11. 45) – à « la fin de l’indignation » (Dan. 8. 19) ;

– Sur « Gog du pays de Magog » – Russie, Perse (Iran), Puth (Libye), etc. – les ennemis « du fond du Nord » (Éz. 38. 15) ; cette puissance venue du Nord est appelée « Gog » en Ézéchiel 38 et 39. Le prophète nous décrit les évènements qui se produiront dans la période de « l’indignation », juste à la fin de la 70ème semaine et avant le Millénium ; Israël sera déjà en sécurité dans son pays ;

– Sur « Gog et Magog » – ne pas confondre avec « Gog du pays de Magog ». Cette expression est utilisée pour indiquer le très grand nombre des hommes que Satan rassemblera « des 4 coins de la terre » et poussera à la révolte (Apoc. 20. 7 à 10).

6. Notes sur « l’Assyrien »

L’Assyrien est envoyé par Dieu et utilisé comme « un bâton » (És. 10. 24) contre le peuple juif, en réponse à deux faits :

1. La mise en place de l’image de la bête romaine dans le temple à la demi-semaine – « l’abomination qui cause la désolation », ou l’idole qui désole (Dan. 11. 31) ;

2. … l’apostasie totale et générale de son peuple : le rejet de Dieu et du Seigneur Jésus, l’abandon de tout ce qui s’y rapporte. On voit quelle était déjà autrefois la conduite des Juifs en Ésaïe 2. 8.

« L’Assyrien », ou « le Roi du Nord », est personnifié par celui que l’ange Gabriel appelle « un roi au visage audacieux » en Daniel 8. 23 à 25. Nous voyons qu’une grande puissance lui sera donnée (v. 24) et sa fin nous est décrite au v. 25 : « il sera brisé sans main », c’est-à-dire par une intervention divine (v. 11 et 45). Il sera à la tête d’une immense armée (Dan. 11. 40). Ainsi, le terme « l’Assyrien » désigne en même temps le « roi » et la confédération d’une grande multitude de peuples, soutenue par la puissance de la Russie.

Dans son orgueil et son incrédulité, « l’Assyrien », se croyant invincible, s’élèvera contre « le prince des princes », c’est-à-dire le Seigneur Lui-même ; mais il sera vaincu car le Seigneur le « brisera » (Dan. 8. 25) ; la Russie, qui le soutenait, ne viendra pas à son aide et « il viendra à sa fin » (Dan. 11. 45 – voir encore És. 10. 12 ; 31. 8 et 9).

Le jugement par l’Assyrien est appelé la « consomption » (vient du mot consumer – traduit aussi par destruction, anéantissement). Ce seront des jugements sur les Juifs et les nations environnantes (Dan. 9. 27 ; És. 10. 22 et 23 ; 28. 22). « Ha ! L’Assyrie, bâton de ma colère ! Et le bâton qui est en leur main, c’est mon indignation ! Je l’enverrai contre une nation profane ; et je lui donnerai un mandat contre le peuple de ma fureur, pour [le] butiner et pour [le] piller et pour le fouler aux pieds comme la boue des rues » (És. 10. 5…).

Les « nouvelles » (Dan. 11. 44) qui amèneront l’Assyrien à revenir de l’Égypte en Palestine pourraient être :

– Le retour des 10 tribus à Jérusalem, qui combattent jusque sur son territoire (Joël 3. 11 ; Zach. 9. 11 à 16 ; 10. 3 à 6…) ;

– L’avance des armées des puissances de l’Ouest qui arriveront pour reprendre Jérusalem (Apoc. 16. 13 à 16) ;

– Le jugement dans le pays d’Édom par Israël ; Édom, Moab et les fils d’Ammon (Dan. 11. 41), ceux qui auront échappé à l’Assyrien. Dieu va se servir de son peuple pour exécuter le jugement sur ces peuples (És. 25. 14). Voir Jér. 49. 17 ; Éz. 35. 14.

L’Assyrie sera « ravagée avec l’épée » par ceux de Juda qui étaient demeurés de reste après le 1er passage de l’Assyrien et qui combattront contre les troupes d’occupation laissées par le roi du Nord. Voir Zach. 14. 2 et 14 ; Michée 5. 5.

Ésaïe 30. 33 nous donne le sort final de l’Assyrien. Il sera jeté dans « l’étang de feu », là où sera « le roi », c’est-à-dire l’Antichrist (ainsi que la « Bête » romaine, Satan et ses anges – Apoc. 19. 20 ; 20. 10). « Topheth » – historiquement la vallée des fils de Hinnom, ou la Géhenne – est une image de « l’étang de feu ».

7. Les saints célestes qui régneront avec Christ

On peut distinguer 3 catégories de ces saints :

1. Une compagnie assise sur des trônes ; ceux qui ont été ressuscités ou changés à la venue de Christ (1 Thess. 4. 16 et 17 ; 1 Cor. 15. 51 à 54). Ce sont les « anciens » de l’Apocalypse.

2. Les martyrs morts avant les persécutions de la Bête (Apoc. 6. 9 à 11), durant la 1ère demi-semaine, sous le règne de la fausse église (Babylone).

3. Les martyrs mis à mort par les persécutions de la Bête lors de la 2nde demi-semaine, sous le règne de la Bête et de l’Antichrist (les « deux témoins » en font partie) (Apoc. 13. 15 et 11. 7).

8. Qui entrera dans le royaume millénaire ?

Lorsque Christ établira son royaume sur la terre, tous les croyants encore vivants à la fin des jugements y entreront. Ce seront ceux qui auront cru lorsqu’ils auront entendu l’évangile du royaume prêché pendant la « semaine » de jugements et qui auront survécu à ces terribles épreuves. Ils constitueront trois groupes de personnes :

1. Le résidu de Juda qui aura traversé la grande tribulation Ce sont les 144000 « achetés » d’Apocalypse 14. 1 à 5 ;

2. Un résidu d’Israël. Lors du retour des 10 tribus de tous les lieux de la terre où ils étaient dispersés, ceux qui auront été purifiés en chemin atteindront Jérusalem. Ce sont les 14400 « scellés » d’Apocalypse 7. 4 à 8 ;

3. Une grande foule des nations qui sera constituée de ceux qui auront reçu l’évangile du royaume ; ils viennent de la grande tribulation et auront été conservés en vie jusqu’à la fin de la « semaine ». Nous les voyons en Apocalypse 7. 9.

Ph. Fuzier

JÉSUS RÉPOND À TROIS PERSONNES QUI VEULENT LE SUIVRE

Lire Luc 9. 57 à 62

« Quelqu’un lui dit (à Jésus) : Je te suivrai où que tu ailles. Jésus lui dit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas de lieu où reposer sa tête » Luc 9. 57 et 58.

Alors qu’Il est en chemin vers Jérusalem, de retour de la Samarie, Jésus rencontre une personne qui se propose de Le suivre « où qu’Il aille ». Jésus l’écoute, mais Il reconnaît dans son interlocuteur une volonté superficielle, fondée sur une émotion passagère. Devenir un disciple de Jésus, ce n’est pas seulement adhérer à une idéologie ou Le suivre dans ses déplacements : c’est un changement de vie radical, c’est savoir prendre sur soi sa propre croix, se considérer comme étant mort à ce monde.

Jésus a quitté la Maison de son Père pour venir sur cette terre et sa vie a été marquée par la souffrance : Il n’a pas eu un endroit où se reposer, Il a baissé (litt. : reposé) sa tête seulement lorsqu’Il a rendu son esprit en mourant sur la croix (Jean 19. 30). Luc ne nous dit pas quelle a été la décision prise par cette personne, c’est comme s’il laissait devant chacun de nous le choix de décider à quel prix nous sommes disposés à suivre le Seigneur.

Jésus dit « Suis-moi » à une deuxième personne. Si la première était trop précipitée dans son affirmation, celle-ci, par contre, temporise en donnant une réponse apparemment raisonnable : Je dois avant tout ensevelir mon père, puis je te suivrai. Mais Jésus lui montre ce qu’est la priorité du vrai disciple : c’est l’annonce du royaume de Dieu (v. 60). Ses paroles sont solennelles : « Laisse les morts ensevelir leurs morts ».

Une troisième personne déclare vouloir suivre Jésus, comme la première ; mais, comme la deuxième, elle ignore l’ordre des priorités et elle veut faire quelque chose avant de réaliser ce qu’elle s’est proposé : prendre congé des siens. Jésus lui répond qu’il est impossible de tracer un sillon droit si, après avoir mis la main à la charrue, on regarde en arrière. Regarder en arrière, comme l’a fait la femme de Lot, signifie avoir des regrets, et expose ainsi au risque de ne pas persévérer dans notre service pour le Seigneur.

Il est Dieu : son invitation à Le suivre doit avoir la priorité absolue.

D’après « Il buon seme » – janvier 2024

JÉSUS CHRIST ÉLEVÉ A LA DROITE DE DIEU

« L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » Psaume 110. 1.

Comme plusieurs autres psaumes, le psaume 110 parle prophétiquement du Seigneur Jésus. Sa gloire, comme Homme élevé à la droite de Dieu, son autorité comme juge et souverain, et son sacerdoce éternel, sont les sujets de ce psaume.

Le 1er verset de ce psaume montre la place que Dieu a donnée à l’Homme Christ Jésus : la place d’honneur, à sa droite. Ce qui touche particulièrement nos cœurs, c’est que le Seigneur Jésus a été élevé à une telle hauteur à cause de son humiliation. C’est la réponse de Dieu à l’humiliation et à la réjection que le Seigneur a connues ici-bas.

Ce que Dieu désire, c’est que son Fils reçoive toujours l’honneur qui Lui est dû. Quoi que les hommes puissent penser de Lui, Le rejetant et ayant une piètre opinion de Lui, Dieu mettra son Fils à la place d’honneur et de gloire. C’est pour cela qu’Il L’a fait asseoir à sa droite après que l’œuvre de la rédemption a été accomplie. Cette place élevée assure au Seigneur le droit de régner sur tout l’univers. Il dira à ses disciples après sa résurrection : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre » (Mat. 28. 18).

Le Seigneur, cependant, attend encore que Dieu mette ses ennemis sous ses pieds. Alors Jésus de Nazareth, le méprisé, le rejeté, s’assiéra sur son propre trône à Jérusalem, où sera le siège de son gouvernement sur la terre. La gloire et l’honneur que Dieu avait destinés à son Fils seront vus de tous. Personne ne pourra alors mettre la main sur Lui ; tous plieront les genoux devant Lui.

D’après « The Good Seed » – décembre 2023

DES QUESTIONS

C’est dans le paradis terrestre, ce lieu de délice où l’Éternel Dieu avait placé l’homme, que, pour la première fois, une question a été posée. Satan, le père du mensonge, est venu lui dire : « Quoi Dieu a dit… » – cette question odieuse qui venait insinuer le doute et l’incrédulité dans le cœur d’une créature qui était parfaitement heureuse dans un jardin où tout était très bon.

Hélas ! depuis le jour néfaste où l’homme a écouté la voix de son ennemi, tout bonheur a été perdu. Il a peur de son Créateur, il s’enfuit et se cache de Lui ; les ténèbres ont envahi son âme, mille questions se pressent chaque jour dans son cœur et restent sans réponse : tout, pour lui, est vague, incertain et souvent effrayant, et cela même en présence des manifestations de la bonté de Dieu.

Or, que le doute et l’incrédulité sont angoissants ! Pas de certitudes, pas de paix et, par conséquent, pas de bonheur ; la face du Dieu bienheureux est comme voilée devant les yeux de tous ceux qui osent douter de sa Parole.

Six mille ans ont passé depuis que Satan est venu en Éden, mais la mauvaise semence qu’il a jeté dans le cœur de l’homme y lève encore et y produit avec abondance ses fruits amers et mortels. Depuis qu’Adam a été chassé du Paradis, Dieu a parlé bien des fois, mais sa parole a toujours rencontré des oreilles fermées et des cœurs endurcis.

Noé, prédicateur de justice, a annoncé le jugement par les eaux du déluge ; Moïse a donné la Loi sainte, juste et bonne ; les prophètes ont parlé au nom de l’Éternel, et chaque fois en vain. Les hommes du temps de Noé ont péri dans les eaux du déluge ; nul n’a observé la Loi ; et la voix des prophètes a retenti sans rencontrer d’écho. Ésaïe a pu dire : Qui a cru à ce que nous avons fait entendre ?

Chaque fois, c’était le : « Quoi Dieu a dit… » du jardin d’Éden dans son insolence, mais aussi dans ses terribles conséquences. Après les prophètes, le Fils de Dieu, Lui-même, la Parole faite chair, est venu au milieu des hommes ; Il leur a parlé de la part du Père, mais Lui aussi a rencontré le doute et l’incrédulité.

Les pharisiens disaient : « Pourquoi ? » ; le docteur de la Loi disait : « Comment ? » ; le gouverneur : « Qu’est-ce que la vérité ? » et sortait avant d’avoir la réponse ; un des disciples disait : « Je ne croirai point ». Le « Quoi, Dieu a dit… » était dans toutes les bouches.

Enfin, le Saint Esprit est venu rendre témoignage à un Christ glorifié et à la valeur de son œuvre à la croix : un salut plein et gratuit est annoncé à tous les hommes, en vertu du sang qui a été répandu en rémission des péchés. Les uns disent : « Je me suis toujours bien conduit » ; les autres : « Je veux changer de conduite » ; d’autres : « Dieu est trop bon pour envoyer des hommes en enfer ».

Sous une forme ou une autre, c’est toujours le : « Quoi Dieu a dit… » du commencement ; et les uns et les autres se privent ainsi du grand salut de Dieu. Qui nous dira tout le malheur qui a été et qui sera la part de ceux qui ont écouté les subtilités de l’Ennemi et qui ont osé mettre en doute ce que Dieu a dit !

Où es-tu ?

La voix de l’Éternel-Dieu se fait entendre dans le jardin d’Éden : « Où es-tu ? » Il semble que c’est un père plein d’amour qui appelle son enfant bien-aimé. Pourquoi donc ne répond-il pas et ne vient-il pas au-devant de lui avec joie et reconnaissance ?

« J’ai eu peur et je me suis caché ». Voilà la triste réponse. Oui, Adam avait désobéi, il avait acquis une mauvaise conscience, tout son bonheur s’était enfui, en un mot, il était perdu. Où était-il donc ? Il était caché derrière les arbres du jardin. Oh ! Que sa folie était grande ! Comment se cacher aux yeux de Celui devant Lequel toutes choses sont nues et découvertes ?

Le roi David l’a exprimé par l’Esprit Saint dans le Psaume 139 : « Où irai-je loin de ton esprit ? et où fuirai-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au shéol, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aube du jour, si je fais ma demeure au bout de la mer, là aussi ta main me conduira et ta droite me saisira. Et si je dis : « Au moins les ténèbres m’envelopperont », alors la nuit est lumière autour de moi. Les ténèbres même ne sont pas obscures pour me cacher à toi, et la nuit resplendit comme le jour, l’obscurité est comme la lumière ».

Pauvre Adam ! Il était tombé dans un abîme sans fond, et avec lui il a entraîné toute sa race. Le psalmiste en avait bien conscience, lorsqu’il disait : « Je t’ai invoqué des lieux profonds, ô Éternel » (Ps. 130. 1).

Un jour, dans notre vie, avons-nous vu que nous étions perdus, sans espoir de pouvoir nous tirer nous-mêmes de la condition dans laquelle nos péchés nous avaient placés ? C’est une découverte effrayante.

Oui, encore aujourd’hui, Dieu vient dire à chacun de nous : « Où es-tu ? » C’est la bonté de Dieu qui venait chercher Adam, et c’est la même bonté qui vient nous appeler. Le Bon Berger veut sauver sa brebis égarée, il la cherche avec diligence, car elle est chère à son cœur. Lorsqu’il l’a trouvée, elle peut répondre avec une indicible joie à la solennelle question « Où es-tu ? » : « Sur les épaules du Bon Berger ».

Elle n’est plus perdue, elle est en pleine sécurité, elle ne peut plus s’égarer, car c’est lui qui la porte sur ses propres épaules. Bientôt, elle pourra dire : « Je suis dans la maison de Dieu comme un olivier vert ». Elle a été tirée de l’abîme et amenée dans les demeures célestes, là où jamais aucun mal ne l’atteindra plus. Quel contraste avec cet homme qui doit dire : « Je suis tourmenté dans cette flamme » . Il n’a pas même une goutte d’eau pour rafraîchir sa langue. Oh ! Où est-il donc pour toujours ? On n’ose y penser.

Qu’as-tu fait ?

L’Éternel-Dieu avait placé Adam dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. De quelle manière l’a-t-il cultivé ? Dieu n’a pas trouvé bon de nous le dire, mais, par contre, nous savons qu’il l’a fort mal gardé : l’Ennemi est venu, l’homme a écouté sa voix ; l’aide qui lui correspondait a pris du fruit défendu et lui en a donné : tous deux en ont mangé. « Qu’est-ce que tu as fait ? », lui dit l’Éternel.

Hélas ! En transgressant le commandement de l’Éternel et en obéissant à Satan, il a tout gâté, tout perdu. Son bonheur s’est enfui, toute sa race a été entraînée dans le malheur, la souffrance et la mort. Un seul pécheur a détruit beaucoup de bien, nous est-il dit. Plus tard, Caïn, le fils d’Adam, tua son frère Abel et, de nouveau, l’Éternel a dit : Qu’as-tu fait ? ». Il avait répandu le sang du juste. Quelle chose affreuse !

Depuis lors, ces mots retentissent comme un cri douloureux aux oreilles de tous les hommes. C’est comme une terrible accusation à laquelle il ne saurait échapper. Qui donc, parmi les fils des hommes, n’a pas violé les saintes lois de Dieu ? Qui oserait se vanter de n’avoir jamais désobéi ?

Soyons bien assurés que la mesure de la sainteté de Dieu n’a pas changé et qu’une seule désobéissance, aujourd’hui, est aussi grave à ses yeux qu’au commencement, Il ne change ni ne se renie. J’aimerais que nous soyons tous pénétrés par le fait que le péché est odieux à ses yeux, et que ces mots : « Qu’as-tu fait ? » pénètrent profondément dans nos cœurs, afin que nous puissions dire avec le roi David : « Je connais mes transgressions, et mon péché est continuellement devant toi. Contre toi seul j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mauvais à tes yeux ; afin que tu sois justifié quand tu parles, trouvé pur quand tu juges » (Ps. 51. 4).

Quelqu’un, sans doute, va se récrier et dire « Je n’ai pas, comme David et Caïn, répandu le sang de mon semblable ». C’est possible, mais Adam, lui aussi, n’avait pas tué lorsqu’il fut chassé du paradis : il avait désobéi ; et nous, nous avons tous désobéi. Serions-nous assez insensés, pour penser pouvoir entrer dans le paradis céleste, alors qu’Adam, à la suite d’une seule désobéissance, a été chassé du paradis terrestre ?

Voulons-nous encore écouter la voix de Satan qui vient nous dire : « Après tout, tu n’es pas plus mauvais qu’un autre ; Dieu est trop bon pour t’envoyer en enfer. Il te recevra bien tel que tu es : tu n’as ni tué ni volé ». Mon cher lecteur, dites-moi, je vous en prie : que s’est-il passé lorsque le seul Juste, le seul Homme parfait a été crucifié entre deux malfaiteurs ? Un seul homme a-t-il pris sa défense ?

Par conséquent, tous les hommes étaient coupables de ce meurtre ; tous en étaient solidaires, sauf le meurtrier qui était pendu à côté de lui. Lui a dit : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ». Oserions-nous dire que nous sommes meilleurs que ceux qui entouraient la croix, railleurs indifférents ? Du reste, n’est-il pas écrit que celui qui hait son frère est un meurtrier (1 Jean 1. 15) ? Qui d’entre nous n’a jamais eu une pensée de haine ?

Oui, le « Qu’as-tu fait ? » retentit à nos oreilles aujourd’hui comme au commencement afin que, les uns et les autres, saisis de componction, nous disions : « Que ferons-nous ? » La réponse ne se fera pas attendre : « Repentez-vous ! » C’est là ce que nous devons tous faire, car il est écrit que : « Dieu ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act. 17. 30). Après cela, Dieu nous fera connaître ce qu’Il fait : Il pardonne, Il sauve.

Alors nous pourrons chanter devant les hommes et dire : « J’ai péché et j’ai perverti la droiture, et il ne me l’a pas rendu. Il a délivré mon âme pour qu’elle n’allât pas dans la fosse et ma vie verra la lumière » (Job 33. 27 et 28). Nous connaîtrons le bonheur de celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert. Le « Qu’as-tu fait ? » remplira nos cœurs de reconnaissance et nos bouches de louange, et à ce « Qu’as-tu fait ? », nous répondrons « Qu’est-ce que Dieu a fait ? »

Où l’avez-vous mis ? (Jean 11. 33)

Quatre mille ans après la création, Celui qui avait tiré du néant les cieux et la terre est venu dans le monde. Par un miracle de sa puissance, II a revêtu un corps semblable à celui qu’Il avait formé pour Adam. Ainsi, Il vint vers ceux qu’Il aimait. C’est une manifestation touchante et précieuse de sa grâce pour tous ceux qui ont des yeux pour Le contempler et des cœurs pour L’aimer.

Lorsqu’Il arrive au village de Béthanie où habitaient ceux qui lui étaient particulièrement chers, Il les trouve tous dans les larmes : les Juifs pleuraient, Marthe pleurait, Marie pleurait : quelle cène ! Il y avait bien de quoi pleurer, car Lazare, son ami, n’était plus au milieu de ceux qui l’affectionnaient. « Où l’avez-vous mis ? » leur dit-Il. « Viens et vois ». Hélas ! Ils l’avaient mis dans le sépulcre. Il était là depuis quatre jours et la corruption s’était déjà emparée de son corps : il sentait déjà. Il y avait bien de quoi frémir en voyant où sa créature était tombée et où le péché l’avait mise.

Combien ces mots : « Où l’avez-vous mis ? » sont poignants dans la bouche de Celui qui avait mis l’homme dans un lieu de délices où tout était très bon. Que s’était-il passé depuis lors ? Hélas ! Vous qui pleurez (ils sont nombreux, aujourd’hui, ceux qui versent des larmes), vous qui considérez l’horreur d’une terre où tout a été gâté par le péché, vous qui ne savez où trouver de la consolation, voyez les larmes versées par le Sauveur ; sachez qu’Il sympathise d’une manière parfaite.

Si vous croyez en Lui, vous verrez sa gloire. Allez à Lui avec toutes vos peines ; il n’en est point de trop grandes pour qu’Il ne puisse les ôter, il n’est pas de plaies trop saignantes pour qu’Il ne puisse les guérir.

Viens âme qui pleures,

Viens à ton Sauveur.

Dans tes sombres heures,

Dis-lui ta douleur.

Il est Celui qui aime, il est aussi Celui qui délivre ; Il est la résurrection et la vie. Celui qui croit en lui, encore qu’il soit mort, vivra ; et quiconque vit, et croit en lui, ne mourra point à jamais. Croyez-vous cela ?

Il est venu jusqu’au sépulcre où Lazare avait été déposé, et à sa voix puissante, voici que ce dernier sort du tombeau. Jésus a triomphé de toute la puissance de la mort, Il a fait tarir toutes les larmes et Il a rempli tous les cœurs d’une joie inexprimable. Il nous a dit : « Je reviendrai ».

Bientôt Il accomplira sa promesse et redescendra des cieux : alors tous ceux qui ont cru en Lui ressusciteront, et ceux qui seront trouvés vivants sur la terre ne mourront point à jamais. Quelle espérance glorieuse, au-delà de toute expression ! En attendant, Il recueille nos larmes dans ses vaisseaux, Il réjouit les siens même au sein des pires souffrances ; Il les met dans le secret de sa tente et les cache à l’ombre de ses ailes, là où ils chantent de joie.

Qui donc est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent ? (Marc 4. 41)

Parmi les nombreuses questions que nous trouvons dans la Parole de Dieu, il n’en est peut-être pas une qui, au premier coup d’œil, semble plus facile à résoudre que celle qui est en tête de notre article. Interrogeons un enfant quelconque et demandons-lui qui peut commander aux vents et à la mer ; sans aucune hésitation il répondra : C’est Dieu.

Oui, nul ne peut commander aux éléments en furie si ce n’est Celui qui a créé toutes choses, qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains et qui a dit à la mer : « Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ». Mais voici que la question se complique singulièrement lorsque nous considérons Celui qui parlait avec une telle autorité et puissance.

Il était un Homme au milieu des autres hommes, un Homme fatigué dans une barque ballottée sur une mer orageuse ; il profitait de la traversée pour prendre un peu de repos après une journée de labeur et, la tête posée sur un oreiller, Il dormait profondément. À son réveil, comme si c’était pour Lui la chose la plus naturelle, Il reprend le vent, et dit à la mer : « Fais silence, tais-toi ; et le vent tomba, et il se fit un grand calme ».

Maintenant, la question qui paraissait si simple au début devient singulièrement difficile, mystérieuse, angoissante même. Il semble que toutes les questions qui agitent, et souvent troublent notre pauvre humanité, ne sont rien en présence de celle qui se place devant nous dans ce moment. Au lieu d’une solution, c’est une multitude de questions nouvelles qui se pressent dans nos cœurs : Dieu est-il donc devenu un Homme ? Comment a-t-Il pu s’anéantir d’une telle manière ? Pourquoi venait-Il donc au milieu des hommes ? Quel accueil a-t-Il donc reçu de la part de sa créature ? Pourquoi n’est-Il plus sur la terre ?

Des questions, des questions sans nombre se multiplient au fur et à mesure que nous cherchons à y répondre. Le trouble même s’empare de nos âmes en y pensant : Qui nous donnera la réponse à toutes ces questions ? Y avons-nous pensé ? Avons-nous trouvé la clef du plus grand de tous les mystères ? Qui cherche trouve, et c’est dans la Parole de Dieu elle-même qu’est la réponse. La sagesse humaine ne saura jamais nous la donner, mais la simple foi en ce que Dieu a dit nous suffit. Dieu est devenu un homme. Nous le croyons, sans le comprendre, et nous adorons !

Il est venu tout près de nous, avec sa grande puissance, pour nous délivrer de toutes nos détresses, pour calmer les flots d’une mer en furie, et pour donner un grand calme, non seulement dans les circonstances de ceux qui sont avec Lui, mais aussi dans leurs pauvres cœurs agités.

Ils ont crié au Seigneur dans leur détresse, et Il les a fait sortir de leurs angoisses ; Il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient. Qu’ils célèbrent le Seigneur pour toute sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes !

Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? (Ps. 22. 1)

Depuis trois mille ans, des myriades d’hommes pieux se sont penchés sur la question qui maintenant est devant nos yeux. Plus ils l’ont considérée, plus le point d’interrogation qui la termine devient démesurément grand. Il est posé sur la terre et il semble toucher aux cieux.

Le plus profond des mystères en présence duquel l’humanité entière se soit jamais trouvée, la plus angoissante des questions est là, devant qui se donne la peine de réfléchir. Est-il possible qu’un juste se soit pleinement confié en Dieu et que ce Dieu l’ait abandonné ? Se peut-il que ce Dieu juste et saint ait fermé ses oreilles et son cœur lorsqu’Il Lui disait dans son rugissement : « Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure » ?

Des chiens l’avaient environné, une assemblée de méchants l’avait entouré ; on avait percé ses mains et ses pieds : personne ne l’a secouru, et son Dieu l’a mis dans la poussière de la mort. Qui nous fera entendre la voix de la sagesse, et où se trouve le révélateur des secrets qui nous donnera la réponse à cette énigme ? Les interprétations ne sont-elles pas à Dieu ?

C’est donc vers Lui que nous avons à aller, à Lui que nous devons nous adresser. Si en tout temps nous savions Lui parler de toutes nos circonstances et de nos difficultés, quelle serait notre sagesse et comme nous serions heureux ! sa parole est la lumière qui seule peut nous éclairer dans notre chemin au milieu d’un monde où tout est ténébreux : « Par ses préceptes je suis devenu intelligent », disait le psalmiste (Ps. 119. 104).

Considérons maintenant notre question à la lumière de cette Parole. Et tout d’abord, qui a dû dire : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Le Psaume 22 nous dit que ses mains ont été percées, que ses vêtements ont été partagés, et que sur sa robe on a jeté le sort. Ces quelques renseignements sont pleinement suffisants pour nous Le faire connaître, car le chapitre 27 de l’évangile de Matthieu nous apprend que c’est Jésus, et cela sans erreur possible. C’est bien de Lui que nous parle notre Psaume.

Maintenant, posons la question à fond et demandons-nous, vous et moi, mon cher lecteur : pourquoi Jésus a-t-Il supporté tant de maux ? Pourquoi a-t-Il été abandonné de son Dieu lorsqu’Il était sur la croix du Calvaire ? Toute intelligence humaine se tait ; tous les sages mettent leurs mains sur leur bouche, l’homme juste se révolte ; il n’y a que le cœur, le cœur d’un coupable qui puisse répondre. Qui d’entre nous peut le faire ?

Lecteur ! avez-vous dit : c’est pour moi ! Le juste a souffert pour les injustes afin de les amener à Dieu ! Voici la réponse du Dieu d’amour : Il a abandonné son Fils unique et bien-aimé afin de sauver des méchants. Nous comprenons que le Père et le Fils seront adorés éternellement par une multitude de pauvres coupables qui seront la réponse au cri douloureux qui est monté depuis la croix de Golgotha.

Quelles sont ces blessures à tes mains ? (Zach. 13. 6)

Le prophète Zacharie, dans le commencement de son livre, contemple des visions extraordinaires qu’il est incapable de comprendre. Ce sont des choses que nulle sagesse humaine ne saurait nous expliquer. Que fait le prophète en présence de cela ? Va-t-il prétexter son incapacité et rester dans son ignorance, comme le font bien des personnes en présence de toutes les merveilles contenues dans la Parole de Dieu ? Non ! Il veut savoir, il veut comprendre, car il sait que celui qui cherche trouve, et que celui qui demande reçoit.

Aussi, à chaque nouvelle scène qui se déroule devant ses yeux, il demande ; et à chaque instant, dans les premières pages de son livre, nous lisons : « Que sont ceux-ci ? Que viennent-ils faire ? Où vas-tu ? Que sont ces choses ? » et d’autres questions semblables. Même il ne craint pas de confesser son ignorance, et lorsque le messager céleste lui disait : « Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? Il répond, en toute humilité : « Non, mon Seigneur ».

Il est toujours vrai que Dieu résiste aux orgueilleux et qu’Il donne la grâce aux humbles. Il cache ses merveilles aux sages et aux intelligents et Il les révèle aux petits enfants. Zacharie, le prophète, savait que c’est d’en-haut que vient la lumière, aussi ce n’est pas en bas qu’il regarde pour avoir la réponse à ses questions, c’est vers le ciel qu’il dirige ses yeux : « Et je levai les yeux ; et, de nouveau, je levai les yeux », dit-il souvent. C’est là le secret de toute connaissance. En agissant ainsi, nous apprenons à connaître les paroles des sages et leurs énigmes.

Après avoir contemplé les visions de l’Éternel, Zacharie entend ses oracles : « Et la parole de l’Éternel des armées vint à moi », lisons-nous souvent, depuis le chapitre 7 de son livre. Après avoir entendu la voix de l’Éternel, il peut enseigner ses semblables et leur dire : « Ainsi dit l’Éternel, mon Dieu ». Ainsi, il a fait de merveilleux progrès dans la connaissance de Dieu.

Pourquoi resterions-nous dans l’ignorance lorsque nous avons la clef de la connaissance ? Ne vaut-il pas la peine de rechercher les choses dans lesquelles des anges désirent de regarder de près ?

Les pages de notre petite feuille ne seraient pas suffisantes pour méditer la prophétie de Zacharie ; mais, au milieu de toutes les merveilles qu’elle contient, il est pourtant une question, de nature à toucher tous les cœurs, et j’aimerais attirer sur elle l’attention de tous nos lecteurs. La question est celle-ci : « Quelles sont ces blessures à tes mains ? » (13. 6).

Nous l’avons mise en tête de ces lignes et pensons que la réponse ne présente aucune difficulté pour personne ; que tous peuvent répondre sans aucune hésitation : « Ce sont les blessures qui sont dans les mains de Christ, les blessures de la croix ». Elles sont devant les yeux de tous les hommes le témoignage, combien puissant, de son amour ; d’un amour qui L’a fait se sacrifier pour des méchants ; amour plus grand que toute la méchanceté de sa créature.

Vous et moi, nous avons à les considérer. Avons-nous pensé à Celui qui a été ainsi meurtri pour nos iniquités et blessé pour nos transgressions ? De quelle manière avons-nous répondu à cet amour ? Pouvons-nous chanter en adorant :

Au milieu du trône

Les tiens te verront ;

Aucune couronne

Ne manque à ton front.

Et tes mains percées

Montrent à la fois,

Les douleurs passées,

L’amour de la croix.

D’après Le Salut de Dieu 1931

DIEU EN TOUTES CHOSES

Le bras de Dieu

« Nul n’est comme le Dieu de Jeshurun, qui est porté sur les cieux à ton secours… Le Dieu d’ancienneté est ta demeure, et au-dessous de toi sont les bras éternels » (Deut. 33. 27).

« Toi, tu domines l’orgueil de la mer ; quand ses flots se soulèvent, Toi tu les apaises… à Toi est le bras de puissance, ta main est forte » (Ps. 89. 9 et 13).

« Éternel, use de grâce envers nous… Sois leur bras tous les matins, et notre salut au temps de la détresse » (És. 33. 2).

Moïse, le conducteur fidèle, est arrivé au terme de sa vie. Il n’y aura plus ses bras qui ont porté le peuple d’Israël durant le long voyage au désert. Mais il y aura toujours les bras de Dieu, du Dieu fidèle, les bras éternels qui ne feront jamais défaut.

Ce Dieu est le Dieu Tout-puissant. À Lui est le bras de puissance ! À Lui la mer obéit ! Il domine l’orgueil de la mer. Nous en avons deux exemples aux jours de l’Évangile : le vent se lève, les vagues remplissent la nacelle des disciples. Le Seigneur Jésus dort, car Il est parfaitement homme. Puis II se lève et dit à la mer : « Fais silence, tais-toi ! Le vent tombe, il se fait un grand calme, parce qu’Il est parfaitement Dieu (Marc 4. 39).

Une autre fois, on est à nouveau sur la mer. Le vent est contraire. Le Seigneur Jésus vient alors, marchant sur les flots, et Il s’adresse aux disciples : « Ayez bon courage ; c’est Moi ; n’ayez point de peur. Et il monta vers eux dans la nacelle et le vent tomba » (Marc 6. 50). Il est vraiment Dieu, Celui qui domine l’orgueil de la mer.

Il y a aussi des orages, des tempêtes dans notre vie. Qu’il nous soit donné de regarder à notre Dieu, à Celui qui est plus puissant « que les puissantes vagues de la mer » ! (Ps. 93. 4)

Avec Ésaïe, le prophète, nous disons « Éternel, use de grâce envers nous : nous nous sommes attendus à Toi ». En pensant à nos frères et sœurs éprouvés, nous redisons encore : « Sois leur bras tous les matins » (És. 33. 2).

Dieu prépare

La grâce de notre Dieu est grande. Durant l’éternité nous en chanterons les immenses richesses. Alors que nous étions des vases de colère tout préparés pour la destruction, Il a fait de nous des vases de miséricorde qu’Il a préparés d’avance pour la gloire (Rom. 9. 22 et 23). Il nous a amenés à Lui, de sorte que maintenant, nés de Lui, nous sommes à Lui. Nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles (Éph. 2. 10).

Tout le long du chemin, Il prend soin de ses enfants dans les moindres détails de leur existence. C’est Lui qui prépare la terre, qui prépare la pluie pour la terre, qui prépare les blés. Le pain de tous les jours nous est ainsi assuré et, en confiance, nous pouvons élever notre âme à Lui et dire : « Tu prépares mon lendemain » (Ps. 65. 9 ; Ps. 147. 8).

L’affliction ne manque pas pour le racheté du Seigneur ; l’épreuve est là pour fortifier sa foi. Mais il n’est pas abandonné ; il fait l’expérience des consolations divines, de ces biens que, dans sa bonté, Dieu a préparés pour l’affligé (Ps. 68. 10).

Chaque enfant de Dieu a un service à accomplir ; et, pour que nous l’accomplissions à sa gloire, Il nous forme et nous discipline comme autrefois son serviteur Jonas. C’est Lui qui prépara le grand poisson, c’est Lui qui prépara le kikajon, c’est Lui qui prépara le ver, c’est Lui encore qui prépara le doux vent d’orient (Jonas 2. 1 ; 4. 6 à 8).

C’est ainsi que les sentiments de nos cœurs sont mis en évidence et que nous voyons nos faiblesses, notre indépendance, notre désobéissance, notre volonté propre, notre découragement, qui peuvent nous amener à dire : « Mieux me vaut la mort que la vie ». Dieu veuille que nous nous laissions façonner par Lui pour que nous soyons des vases à honneur, sanctifiés, utiles au maître, préparés pour toute bonne œuvre (2 Tim. 2. 21) !

Nous ne sommes que de passage ici-bas. Jésus, par son œuvre, est allé nous préparer des places dans le ciel : « Je vais vous préparer une place », a-t-Il dit ; « et si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi » (Jean 14. 2 et 3). Étrangers et forains sur la terre, semblables à ceux qui ont vu de loin et salué les choses promises, nous marchons vers le ciel, notre vraie patrie, notre pays natal, car c’est là que Dieu nous a préparé une cité (Héb. 11. 16).

Comme II le fit jadis pour Israël, II envoie devant nous un ange pour nous garder dans le chemin et pour nous amener dans le lieu béni qu’Il a préparé (Ex. 23. 20), et que nous allons occuper bientôt. Alors se réalisera la parole du cantique de Moïse anticipant la gloire millénaire : « Tu les introduiras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel ! le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi » (Ex. 15. 17). Telle sera la part du peuple terrestre de Dieu – la nôtre, céleste, est plus élevée.

Une fois que le Seigneur Jésus sera venu chercher son Église, ses jugements fondront sur la terre. Le jour de sa colère approche ! Il a déjà préparé son trône pour le jugement (Ps. 9. 7) ; ce qui est préparé pour l’impie et l’incrédule se hâte (Deut. 32. 35).

Il va renouer ses relations avec son peuple Israël, mais la plupart courront après un autre (Ps. 16. 4). Seul un petit résidu restera fidèle au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il aura beaucoup à souffrir au travers de la grande tribulation mais, au désert, il trouvera un lieu de repos préparé par Dieu pour qu’il soit nourri là mille deux cent soixante jours (Apoc. 12. 6).

Ceux d’entre les nations qui recevront le petit résidu du peuple de Dieu auront une part au refuge de Christ ! « Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde », leur sera-t-il dit devant le trône du Fils de l’homme.

Mais ceux qui ne se seront pas occupés de Lui seront chassés : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Mat. 25. 34 et 41). Topheth, la géhenne, le feu éternel, est préparé depuis longtemps ; il est préparé pour le roi aussi, dit le prophète, pour l’antichrist, (És. 30. 33).

Une fois que la terre aura été purifiée, le Seigneur établira son règne. Il vient pour régner, sa sortie est préparée comme l’aube du jour (Osée 6. 3) – un matin sans nuages – et les nations marcheront par sa lumière, selon qu’il est dit : « J’ai préparé une lampe à mon Oint » (Ps. 132. 17).

Alors sera parfaitement réalisé ce que dit Siméon en prenant le petit enfant dans ses bras : « Mes yeux ont vu ton salut, lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples : une lumière pour la révélation des nations, et la gloire de ton peuple Israël » (Luc 2. 31). L’Église dans le ciel, et Israël sur la terre, avec toutes les nations soumises, chanteront la gloire du Seigneur et célébreront la magnificence du Roi dans un cantique nouveau.

Ce cantique, nous le commençons déjà ici-bas. Le Seigneur en est digne. Nous avons tous les motifs de le faire, en pensant à « ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, ce que l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Cor. 2. 9).

Que son saint nom en soit béni à toujours !

Dieu encourage dans les évangiles

Avant de quitter ses chers disciples, le Seigneur Jésus leur dit ces paroles bénies : « Vous avez de la tribulation dans le monde, mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33).

Durant son séjour sur la terre, souvent cette parole fut sur ses lèvres : « Aie bon courage ! » :

– À un paralytique, porté par plusieurs, Il dit : « Aie bon courage, mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (Mat. 9. 2). Il a cru, son âme est sauvée, son corps est guéri ; il peut dès lors se lever, prendre son petit lit et aller de l’avant avec courage en comptant sur son Sauveur.

– À une femme pauvre, tourmentée par une perte de sang depuis douze ans, Il dit aussi : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie; va-t’en en paix » (Luc 8. 48). Elle venait de toucher le bord de son vêtement, de la puissance était sortie de Lui, elle se sentit guérie instantanément.

– À Bartimée, l’aveugle, assis sur le bord du chemin, Il fait dire : « Aie bon courage, lève-toi, Il t’appelle » (Marc 10. 49). Jetant loin son vêtement, celui-ci se lève en hâte, vient à Jésus et recouvre la vue ; dès lors, il suivra son Sauveur dans le chemin avec la force que Lui seul peut fournir.

Comme ces trois infirmes, nous avons trouvé le Seigneur. Dans sa grâce, Il nous a attirés à Lui et nous a appris à Le connaître comme Celui qui sauve et qui guérit. Dans les épreuves et les difficultés de la vie qui ne manquent pas, Il est là, encore aujourd’hui, pour nous dire : « Aie bon courage ! »

Rappelons en terminant la nuit de la tempête : Jésus marche sur la mer de Galilée. Il passe à côté de la nacelle où ses disciples se tourmentent à ramer. Il se met à parler avec eux et leur dit ces paroles si touchantes : « Ayez bon courage, c’est Moi ; n’ayez point de peur » (Marc 6. 50).

Oui c’est Lui qui est avec nous et qui sera avec nous jusqu’à la fin.

L’apôtre Paul

Plus tard, mais cette fois du haut de la gloire, ces mêmes paroles retentirent pour l’apôtre Paul : « Aie bon courage ! »

– Après avoir failli être mis en pièces pour son peuple, il vit le Seigneur se tenir près de lui dans la solitude de la forteresse et lui dire : « Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome » (Act. 23. 11).

– Il part donc pour l’Italie ; mais la navigation ne tarde pas à être périlleuse. Les vents sont contraires, un courant particulièrement violent descend de l’île de Crête, le navire est battu par la tempête, de sorte que durant plusieurs jours toute espérance de pouvoir se sauver fut ôtée.

Alors un ange apparaît de nuit à l’apôtre confiant et lui dit : « Ne crains point, Paul : il faut que tu comparaisses devant César ; et voici, Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi. C’est pourquoi, ô hommes, ayez bon courage ; car je crois Dieu, et je sais que la chose arrivera comme il m’a été dit » (Act. 27. 24 et 25). Effectivement la chose se réalisa à la lettre : ils arrivèrent tous dans l’île de Malte sains et saufs.

– Après un séjour de trois mois dans cette île, ils remirent la voile, et les frères de Rome vinrent à leur rencontre jusqu’au Forum d’Appius. Ce dut être une entrevue bien précieuse. Aussi l’Écriture dit-elle : « et Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage » (Act. 28. 15).

Ainsi, chers amis, vous voyez que dans ce livre des Actes, le Seigneur, ses saints anges et ceux qui sont plus grands que les anges, c’est-à-dire les frères, s’unissent pour souhaiter d’un seul cœur « bon courage » au grand apôtre des nations, au prisonnier de l’Évangile.

Écoutons ce que nous dit le livre de la Sagesse : « Si tu perds courage au jour de la détresse, ta force est mince » (Prov. 24. 10). Le Seigneur est pour nous. Il a promis de nous garder. Nous ne devrions pas nous décourager. Souvenons-nous de la parole du prophète : « Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force » (És. 30. 15).

Si nous passons par des moments difficiles en suivant notre divin Maître, n’oublions pas que « Il a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même » afin que nous ne soyons pas las, étant découragés dans nos âmes (Héb. 12. 3).

L’apôtre Paul aussi désirait recevoir de bonnes nouvelles de ses chers Philippiens afin d’avoir « bon courage » (Phil. 2. 19). Il ne cherchait pas ses propres intérêts, mais ceux de son Maître. D’autre part il sentait le besoin d’exhorter les croyants à Éphèse à ne pas perdre courage à cause des afflictions qu’il devait endurer pour eux (Éph. 3. 13).

Imitons ce pieux roi de Juda, Josaphat, qui, au milieu d’un temps d’affreuse idolâtrie, prit courage dans les voies de l’Éternel (2 Chron. 17. 6). Des années auparavant, Josué avait lui aussi reçu la force de la part de Dieu pour mener son peuple à la victoire sur Jéricho. Devant eux, est-il dit, « le courage d’aucun homme ne se soutient plus » (Jos. 2. 11).

Que nous dit l’apôtre Paul ? « Au reste, frères, réjouissez-vous; perfectionnez-vous ; soyez encouragés ; ayez un même sentiment ; vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous » (2 Cor. 13. 11).

Ayons à cœur de vivre de telles exhortations, et nous serons rendus capables de consoler ceux qui sont découragés, de venir en aide aux faibles, d’user de patience envers tous (1 Thess. 5. 14). Il en résultera de la gloire pour notre Seigneur, du bien pour l’Assemblée du Dieu vivant, de la joie pour nos âmes !

Le Dieu de paix

Dieu seul possède la paix en Lui-même, Lui seul à le pouvoir de la communiquer à d’autres.

À sept reprises, dans les épîtres, il est parlé du Dieu de paix.

– « Or, que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen » (Rom. 15. 33). L’apôtre Paul, après de nombreux exercices, a vu son chemin de monter à Jérusalem. La décision a été prise. Dieu lui accorde sa paix à cet égard. Son désir maintenant est que le même Dieu de paix soit aussi avec les frères auxquels il s’adresse.

– « Or le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds ! » (Rom. 16. 20) Il est à noter qu’il n’est pas parlé ici du Dieu Fort ou du Dieu Tout-puissant. Il est parlé du Dieu de paix, parce que Satan fait tout pour troubler la paix parmi les frères et causer des divisions (v. 17). Un jour cet ennemi redoutable sera détruit sous leurs pieds. À eux la victoire sera donnée.

– « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Cor. 14. 33). L’apôtre souligne tout d’abord que les esprits des prophètes sont assujettis aux prophètes. Nous ne pouvons pas donner libre cours à nos propres pensées ou à nos sentiments naturels dans le cadre de l’action dans l’assemblée. Il faut qu’il y ait un contrôle de nous-mêmes, réalisé dans la dépendance de l’Esprit de Dieu. Si ce contrôle n’existe pas, il y aura du désordre. Or Dieu est un Dieu de paix, de cette paix qui résulte de l’ordre dans l’exercice d’un ministère selon Lui.

– « Vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous » (2 Cor.13. 11). Pour connaître la présence du Dieu de paix, il importe entre autres que nous vivions en paix. Comment pourrait-il en être ainsi, si les mésententes, les intrigues et les querelles nous divisent ?

« Faites ces choses, et le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4. 9). Il y a certaines choses qui doivent occuper nos pensées, et tout d’abord les choses qui sont vraies, les choses qui ont trait à la vérité. Qu’est-ce donc que la vérité ? C’est ce que Dieu est (sa nature), ce que Dieu pense (son Esprit), ce que Dieu dit (sa Parole). C’est ce que le Seigneur, Lui, la Vérité, nous a révélé en plénitude. C’est cela que l’on pouvait voir dans l’apôtre. S’il en est de même pour nous, nous pourrons alors réaliser la présence du Dieu de paix.

– « Or le Dieu de paix Lui-même vous sanctifie entièrement » (1 Thess. 5. 23). Il est à noter qu’il n’est pas parlé du Dieu saint ou du Dieu très saint, mais du Dieu de paix, car Il est Celui qui veut nous amener à la jouissance de sa paix. Or une telle paix ne peut se connaître que dans un chemin de mise à part pour Lui, de complète séparation de ce qui n’est pas à sa gloire.

– « Or le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis… vous rende accomplis en toute bonne œuvre pour faire sa volonté » (Héb. 13. 20). Ce Dieu, qui a ressuscité le Seigneur Jésus, a le pouvoir de nous faire marcher paisiblement dans le chemin des bonnes œuvres préparées par Lui-même. Il y a d’autre part son œuvre à Lui : faisant en nous ce qui est agréable devant Lui, par Jésus Christ. N’est-Il pas digne de toute gloire aux siècles des siècles ?

Et, comme conclusion de ce que la Parole de Dieu dit du Dieu de paix, nous citons le vœu de l’apôtre : « Or le Seigneur de paix lui-même vous donne toujours la paix en toute manière. Le Seigneur soit avec-vous tous ! » (2 Thess. 3. 16)

Dieu console

Dieu, notre Père, nous console. N’est-Il pas le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation ? (1 Cor. 1. 3)

Le Seigneur Jésus, Dieu le Fils, en Lui se trouve toute consolation (Phil. 2. 1), et par Lui notre consolation abonde (2 Cor. 1. 5).

Le Saint Esprit, le Consolateur promis – l’Esprit de vérité qui procède du Père – rend témoignage de la Personne de Christ (Jean 15. 26).

Les Écritures : « C’est ici ma consolation dans mon affliction, que Ta Parole m’a fait vivre » (Ps. 119. 50). L’apôtre Paul confirme : « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant, ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation des Écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15. 4).

Nous sommes dans un monde triste à tous égards ; c’est la vallée de l’ombre de la mort. Mais le Bon Berger est avec nous ; sa houlette et son bâton, ce sont eux qui nous consolent (Ps. 23. 4).

Du haut de la montagne, le Seigneur Jésus déclare : « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (Mat. 5. 4). Puis par Ésaïe, le prophète, Il nous redit : « C’est Moi, c’est Moi qui vous console ! » (És. 51. 12). Il aime à nous mener à l’écart, à nous parler au cœur et à nous dire de bonnes paroles, des paroles de consolation (Osée 2. 14 et Zach. 1. 13).

Le Seigneur, enfin, aime à diriger nos regards en haut, loin de la terre où l’on pleure, là où Il est, et là où, sans fin et sans ombre, nous jouirons d’une consolation éternelle (2 Thess. 2. 16). Alors, comme quelqu’un que sa mère console, nous serons consolés dans la cité céleste (És. 66. 13).

Qu’il nous soit donné de jouir de Lui et de redire dans l’élan de notre cœur : « Tes consolations ont fait les délices de mon âme » (Ps. 94. 19).

Ton Nom est un parfum répandu (Cant. 1. 3)

Nom de Jésus que nul ne sonde,

Nom du Dieu Fort d’Éternité,

Et de l’Agneau, Sauveur du monde,

Et de l’Homme ressuscité.

Le Nom du Seigneur est un parfum répandu – et cela, au travers de toute la Parole de Dieu. Au premier livre déjà, Jacob, luttant avec l’Ange de l’Éternel, demande à savoir son Nom (Gen. 32. 29). L’Ange lui répond seulement : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? » et II le bénit là. Il le bénit, il pouvait le bénir en vertu déjà de l’excellence de ce nom qui ne serait révélé que plus tard.

Moïse, se rendant vers le Pharaon, veut savoir le nom de Celui qui l’envoie. « Je suis Celui qui suit, dit l’Éternel, c’est là mon nom éternellement » (Ex. 3. 14). C’est le nom qui exprime la pérennité de son être, de Celui qui existe toujours, qui est Dieu d’éternité en éternité.

Manoah désire savoir quel est l’hôte mystérieux qui lui rend visite : « Quel est ton nom, afin que nous t’honorions ? » L’Ange de l’Éternel lui répond par une autre question : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux » (Jug. 13. 18). C’était en effet un nom merveilleux, c’est-à-dire caché, qui ne pouvait être donné à connaître que plus tard.

Agur, confessant son ignorance totale des choses saintes, désire savoir également quel est le Créateur des éléments de l’univers, l’air, l’eau, la terre. « Quel est son nom, demande-t-il, et quel est le nom de son fils, si tu le sais ? » (Prov. 30. 4) Il pose la question, mais il n’y a pas de réponse donnée. Mais aussi, dans cette question posée, la Personne d’un Dieu le Fils est entrevue.

Le prophète Ésaïe, saluant l’arrivée du divin Enfant, auteur de la gloire à venir, annonce qu’il sera appelé : « Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (És. 9. 6) – noms empreints de majesté, et dont le premier, « Merveilleux », cache encore un nom plus doux, qui va être révélé bientôt.

En effet, le Nouveau Testament est à peine ouvert que nous apprenons ce nom caché : « Livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mat. 1. 1).

C’est le nom de Jésus, le nom qui sauve. « Tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 21).

L’apôtre Pierre peut dire aux anciens du peuple : « Il n’y a de salut en aucun autre, car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Act. 4. 12).

Le Nom de Jésus est aussi le Nom qui rassemble, car le Seigneur Lui-même le dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon Nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).

Nom qui rassemble, en ton absence,

Tes rachetés autour de Toi .

Ce sera encore au Nom de Jésus que bientôt tout genou des êtres célestes et terrestres et infernaux se ploiera et que toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 10).

Nom souverain, que Dieu le Père

Établira Seigneur de tout,

Devant qui cieux, enfer et terre

Un jour courberont les genoux.

Quant au racheté, reçu dans le temple de son Dieu, il sera écrit sur lui le nom de son Dieu, et le nom de la cité nouvelle, et un nouveau nom, le nom de Jésus, de Jésus glorifié (cf. Apoc. 3. 12).

Nom nouveau, suprême partage

Des rachetés victorieux,

Nom que l’Église, d’âge en âge,

Portera dans les nouveaux cieux.

D’après La Bonne Nouvelle 1993

LE BERGER DE NOS ÂMES (1 Pier. 2. 25)

Introduction

L’activité pastorale ou le travail des bergers a été l’une des premières activités de l’homme. Les patriarches, déjà, ont été des bergers. Abel paissait le menu bétail, Abraham et Isaac, Jacob et ses fils, avaient de nombreux troupeaux (Gen. 4. 2 ; 13. 7 ; 26. 10 ; 46. 32). Job ne possédait pas moins de sept mille brebis, plus des chameaux, des bœufs, des ânesses (Job 1. 3).

Plusieurs conducteurs en Israël ont été également des bergers. Moïse faisait paître le bétail du sacrificateur de Madian, son beau-père (Ex. 3. 1). Le roi David a été pris des parcs des brebis pour paître Jacob, le peuple de Dieu (Ps. 78. 70). Le prophète Amos, qui était d’entre les bergers de Thekoa, déclare qu’il n’était pas prophète, mais qu’il gardait le bétail (Amos 1. 1 ; 7. 14).

Ce rappel des bergers d’autrefois nous amène à Celui qui a été et qui est le Berger suprême, au Seigneur Jésus Lui-même, Seigneur de gloire. Il se présente aux pharisiens d’Israël, conducteurs prétentieux du peuple, comme étant le bon berger : « Moi, je suis le bon berger » et annonce aussitôt qu’Il s’en va mourir : « le bon berger met sa vie pour les brebis » (Jean 10. 11 et 15).

Mais aussi Il ressuscitera, ce que confirme l’auteur de l’épître aux Hébreux (13. 20), en déclarant que le grand pasteur (ou berger) des brebis a été ramené d’entre les morts par le Dieu de paix. L’apôtre Pierre enfin annonce que le souverain pasteur (ou berger) sera un jour manifesté en gloire et, avec Lui, tous ceux qui se seront occupés avec vigilance du troupeau de Dieu (1 Pier. 5. 4).

En attendant que s’accomplisse une telle espérance, nous sommes conscients que notre Seigneur, fidèle et bon berger, s’occupe des siens. Nous parlerons de ses diverses activités ici-bas et, comme l’indique le livre de l’Apocalypse, jusque dans la vie éternelle.

Tu vins du ciel, Berger fidèle,

Chercher ici-bas tes brebis,

Leur donner la vie éternelle

Et les conduire au paradis.

Le berger cherche et trouve une brebis égarée

Plusieurs passages de la Parole de Dieu parlent d’une brebis qui s’est égarée et qui a été retrouvée. Le Seigneur Jésus Lui-même en parle à deux reprises : dans l’évangile selon Matthieu et l’évangile selon Luc.

Dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 12, Jésus dénonce l’attachement de l’homme à ce qui n’est que tradition. Les pharisiens prétendaient se conformer aux ordonnances de la Loi, au point qu’ils Lui reprochent de guérir en un jour de sabbat un homme atteint d’une atrophie de la main.

Le Seigneur alors de leur répondre : « Quel sera l’homme d’entre vous, qui aura une brebis et qui, si elle vient à tomber dans une fosse un jour de sabbat, ne la prendra et ne la relèvera pas ? Combien donc un homme vaut-il mieux qu’une brebis ! » (v. 12)

Si donc on ne tenait pas compte du jour du sabbat quand il s’agissait de sauver une brebis, combien plus Dieu travaillerait-Il tous les jours pour sauver l’homme tombé moralement très bas ! Le psalmiste pouvait déjà célébrer Celui qui avait sauvé son âme du shéol profond (Ps. 86. 12).

Jésus dit alors à l’infirme de tendre la main. Celui-ci obéit : il étendit sa main, et elle fut rendue saine comme l’autre. Ayant cru, il a été guéri. Cela montre donc que c’est par la simple foi au Seigneur Jésus qu’on est sauvé, et non pas par l’observance de quelque forme religieuse.

Dans l’évangile selon Luc, au chapitre 15, le Seigneur dénonce la propre justice de l’homme, lequel prétend ne pas avoir fait de mal dans sa vie : pourquoi donc devrait-il se repentir ? La Parole de Dieu déclare : « Nous avons tous été errants comme des brebis » (És. 53. 6). Et que dit le berger, quand il a trouvé la brebis qui s’était égarée ? « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue. Je vous dit qu’ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance » (v. 7).

Ce n’est donc pas en observant certaines traditions ou en se croyant sans reproche qu’on sera sauvé. On ne le sera que par un seul moyen : la repentance. N’est-ce pas là l’ordre que Dieu donne ? « Dieu ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act. 17. 30).

Plus tard l’apôtre, lors de ses paroles d’adieu à Milet, rappellera qu’il n’a cessé d’insister auprès de quiconque sur la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus Christ (Act. 17. 30 ; 20. 21). N’y a-t-il pas lieu de noter que ce fut là le premier appel de notre Seigneur, entrant dans son ministère : « Repentez-vous et croyez à l’Évangile » ? (Marc 1. 15)

Le berger prend soin de ses brebis

Nombreux sont les passages du saint Livre qui parlent des soins de Dieu à l’égard des siens. De tels soins sont souvent comparés à ceux d’un berger pour son troupeau.

Jacob, arrivant au terme de sa vie, fait appel à la bénédiction de Celui qui a été son berger dès le jour de sa naissance jusqu’aux jours de sa vieillesse (Gen. 48. 15). Moïse, en son dernier cantique, rappelle que Dieu a pris soin de son peuple, le conduisant çà et là (Deut. 32. 10). Le patriarche Job déclare que Dieu lui a donné la vie et que ses soins ont gardé son esprit (Job 10. 12).

David, le doux psalmiste d’Israël, proclame les soins de son Dieu quand il dit : « L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien ». Le Psaume 23 est, en effet, un tableau admirable des soins de Dieu vis-à-vis de ceux qui Lui appartiennent : repos et rafraîchissement de l’âme, direction assurée quant au chemin à suivre, présence du berger aux heures sombres de la vie, communion avec Lui dans un monde hostile. Le psalmiste peut bien dire : « Ma coupe est comble » ! (v. 5)

Il est d’autres psalmistes qui ont réalisé que Dieu était leur berger. Asaph prie et dit : « Berger d’Israël ! prête l’oreille, Toi qui mènes Joseph comme un troupeau » (Ps. 80. 1). Un autre certifie que c’est Lui qui est notre Dieu ; et nous, nous sommes le peuple de sa pâture et les brebis de sa main (Ps. 95. 7).

Les prophètes ont également rendu un témoignage éloquent à la fidélité des soins de l’Éternel. Alors que de mauvais pasteurs ne se sont pas enquis des brebis de son peuple, le prophète Ézéchiel, entre autres, dit : « Me voici, moi, et je rechercherai mes brebis, et j’en prendrai soin… je les ferai paître dans un bon pâturage… je les ferai reposer, dit le Seigneur, l’Éternel » (34. 6, 11, 14 et 15).

Le Seigneur Jésus Lui-même enfin, après avoir dénoncé l’indifférence et l’égoïsme des chefs du peuple qui ne se mettaient pas en souci des brebis, se présente comme étant le bon berger : « Je connais les miens… et je mets ma vie pour les brebis » (Jean 10. 13 à 15). Heureux sommes-nous d’appartenir à un tel Berger ! Nous pouvons librement rejeter sur Lui tout notre souci. N’est-il pas en effet Celui qui a soin de nous ? (1 Pier. 5. 7)

Jésus Christ est pour nous

et toujours avec nous :

Demeurons constamment

près d’un Berger si doux.

Le Berger conduit les brebis de son troupeau

Moïse, avant de s’en aller, a exprimé le vœu qu’il y eût après lui un homme qui conduisît le peuple d’Israël, afin que « l’assemblée de l’Éternel ne soit pas comme un troupeau qui n’a pas de berger » (Nomb. 27. 17).

Au temps des rois, un prophète du nom de Michée a dû dire à Achab, conducteur impie du peuple de Dieu : « J’ai vu tout Israël dispersé sur les montagnes comme un troupeau qui n’a pas de berger » (1 Rois 22. 17).

Du Seigneur Lui-même l’Évangile dit que, voyant les foules, il fut ému de compassion, car elles étaient lasses et dispersées. N’ayant pas de conducteurs selon Dieu, elles étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger (Mat. 9. 36).

Dieu, par contre, n’a cessé de s’occuper de son peuple pour le conduire dans le droit chemin. Moïse, au terme de sa vie, regardant au passé, déclare : « Il le trouva… et il le conduisit çà et là, il prit soin de lui, il le garda… l’Éternel seul l’a conduit » (Deut. 32. 10).

C’est ce que rappellera plus tard le psalmiste : « Il fit sortir son peuple comme des brebis et les mena comme un troupeau dans le désert ; et il les conduisit sains et saufs » (Ps. 78. 52). Il en sera de même dans l’avenir : « Voici le Seigneur viendra avec puissance… Comme un berger il paîtra son troupeau… il conduira doucement celles qui allaitent » (És. 40. 11).

David rend, de l’Éternel qui est son berger, ce témoignage : « Il me conduit dans des sentiers de justice à cause de son nom ». Il continuera par la suite à prier son Dieu : « À cause de ton nom mène-moi et conduis-moi… Que ton bon Esprit me conduise dans un pays uni » (Ps. 23. 3 ; 31. 3 ; 143. 10).

Vers le terme de son ministère, le Seigneur Jésus, Seigneur de gloire, a dit à deux reprises : « Moi, je suis le bon Berger. Il appelle ses propres brebis par leur nom et les mène dehors. Il va devant elles, Il les conduit. Il les connaît. Le connaissant, elles le suivent » (Jean 10. 4). Il est venu leur apporter la vie, la vie éternelle, la vie en abondance. Heureux sommes-nous d’être des brebis d’un tel troupeau !

Nous sommes conduits par le divin Berger. Il est à souhaiter que nous sachions apprécier de telles bénédictions, que le prophète énonçait déjà en déclarant : « L’Éternel te conduira continuellement et rassasiera ton âme dans les sécheresses… tu seras comme un jardin arrosé » (És. 58. 11).

Le berger garde les brebis de son troupeau

Garder les brebis d’un troupeau n’est pas la moindre des activités d’un berger. La Parole de Dieu en parle plus d’une fois. Dans l’Ancien Testament par exemple, il est parlé de Jacob qui, pour une femme, Rachel, garda les troupeaux (Osée 12. 13). Et dans le Nouveau Testament, lorsque la naissance du Sauveur est annoncée, il est parlé de bergers gardant leurs troupeaux durant les veilles de la nuit (Luc 2. 8).

Le Seigneur Jésus, pensant à ses brebis, à celles qui écoutent sa voix et qui Le suivent, déclare comme elles sont gardées sûrement : « Personne ne les ravira de ma main,… personne ne peut les ravir de la main de mon Père » (Jean 10. 28 et 29).

Le peuple d’Israël est souvent comparé à un troupeau gardé par son Dieu : « Mon troupeau, le troupeau de ma pâture, dit le Seigneur, l’Éternel » (Éz. 34. 31). « II le garda, dit Moïse en ses dernières paroles, comme la prunelle de son œil » (Deut. 32. 10). Josué, au terme de sa vie, rend hommage à Celui qui les a gardés dans tout le chemin par lequel ils avaient marché (Jos. 24. 17). Le roi David, arrivé à un âge avancé, parle de ceux qui glorifient leur Dieu : « ils seront gardés à toujours » (Ps. 37. 28). Et son fils, le roi Salomon, certifie : « Quand tu dormiras, Il te gardera » (Prov. 6. 22).

Un prophète a été chargé d’annoncer que Dieu, à la fin des jours, reprendrait ses relations avec son peuple terrestre : « Il gardera Israël comme un berger garde son troupeau » (Jér. 31. 10). Il sera alors vu que ce peuple demeure son peuple, le peuple de sa pâture, les brebis de sa main (Ps. 95. 7).

Considérant enfin le témoignage des apôtres, nous entendons l’apôtre Paul attestant que la paix de Dieu gardera nos cœurs dans le Christ Jésus (Phil 4. 7). L’apôtre Pierre, de son côté, certifie que nous sommes gardés par la puissance de Dieu, par la foi (1 Pier. 1. 5).

N’avons-nous pas de nombreuses raisons de proclamer avec l’apôtre Jude la réalité de cette puissance en adorant : « Or, à Celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez… au seul Dieu, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, force et pouvoir, dès avant tout siècle, et maintenant, et pour tous les siècles ! Amen » ? (Jude 24 et 25)

Le berger rassemble les brebis de son troupeau

Rassembler les brebis de son troupeau est l’une des activités obligatoires d’un berger. Il ne saurait tolérer la dispersion de ses brebis. Il sait que son devoir est de les rassembler.

Tel est le désir de Dieu à l’égard de ceux qui Lui appartiennent. Si nous pensons tout d’abord à son peuple terrestre, le peuple d’Israël, nous apprenons selon les Écritures qu’Il le rassemblera à la fin des jours. Nombreux sont les prophètes qui parlent d’une telle espérance. Le prophète Ésaïe dit en effet : « Comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux » (40. 11). Et le prophète Jérémie : « Et moi, je rassemblerai le reste de mon troupeau… je le ferai retourner à leurs pâturages… il n’en manquera aucun, dit l’Éternel » (23. 3).

Le prophète Ézéchiel annonce : « Je les rassemblerai, et les amènerai dans leur terre… je les ferai paître dans un bon pâturage… Moi-même, je paîtrai mes brebis, et moi, je les ferai reposer dit le Seigneur, l’Éternel» (34. 13). Le prophète Michée, encore, certifie que ce rassemblement aura lieu : « Je te rassemblerai certainement, Jacob, tout entier » (2. 12), et le prophète Sophonie confirme cette promesse : « Je vous amènerai dans ce même temps où je vous rassemblerai, car je ferai de vous un nom et une louange parmi tous les peuples de la terre » (3. 20).

Il est intéressant de lire ce que dit un autre prophète, qui attribue l’initiative de ce rassemblement aux enfants d’Israël eux-mêmes. L’Esprit de Dieu aura fait son œuvre dans leur cœur : « Et les fils de Juda et les fils d’Israël se rassembleront et s’établiront un chef » (Osée 1. 11). Ils reconnaitront pleinement l’autorité de leur Messie, de Celui que leurs ancêtres auront rejeté et mis à mort.

Le Seigneur Jésus Lui-même enfin a aussi parlé d’un tel rassemblement, quand un jour Il sera vu tel que le Fils de l’Homme venant avec une grande puissance et avec gloire : « Il rassemblera ses élus… depuis le bout de la terre jusqu’au bout du ciel » (Marc. 13. 27).

Le bon Berger, notre Seigneur, n’est pas venu seulement pour rassembler les brebis du peuple juif, de son peuple terrestre. Il est venu aussi dans le but de rassembler les brebis d’entre les nations. Il le dit Lui-même : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi… et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10. 16). Le souverain sacrificateur Caïphe ne prophétisera-t-il pas un peu plus tard, que Jésus allait mourir… non seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés ? (Jean 11. 52)

Nous avons vu que, dans les jours à venir, Dieu rassemblera les enfants de son peuple terrestre, selon que l’annonce le prophète : « Je susciterai sur eux un pasteur qui les paîtra… lui les paîtra, et lui sera leur pasteur » (Éz. 34. 23).

Mais actuellement un autre peuple est formé, un peuple céleste, l’Église ou l’Assemblée du Dieu vivant, que les apôtres appellent le troupeau de Dieu, la famille de Dieu, le corps et l’Épouse de Christ, la Maison de Dieu.

Dans l’attente d’être à jamais auprès du Seigneur, dans la gloire du ciel, les enfants de Dieu ont le privilège et le devoir de se rassembler ici-bas autour de Lui, en son nom, selon qu’il est écrit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).

Il existe donc une réunion d’assemblée. L’apôtre Paul en parle à Corinthe, par exemple, quand il écrit : « Quand vous vous réunissez en assemblée » ou « Quand donc vous vous réunissez ensemble » (1 Cor. 11. 18 et 20). Une réunion de famille, une réunion de chant, une réunion de jeunes, ne sont pas des réunions d’assemblée, lesquelles sont caractérisées par la présence même du Seigneur Jésus au milieu de ceux qui sont assemblés en son nom.

Comme il est à désirer que nous aimions l’assemblée, recherchant toujours son bien ! Notre Seigneur, qui l’a aimée et qui s’est livré Lui-même pour elle (Éph, 5. 25), n’est-Il pas digne d’un service dévoué, constant, plus particulièrement pour l’assemblée à laquelle nous nous rattachons ? Qu’Il veuille dans sa grâce nous rendre conscients, jeunes et moins jeunes, de nos responsabilités à l’égard de ce qui est son témoignage !

Le berger fait reposer les brebis de son troupeau

L’une des préoccupations d’un berger digne de ce nom est de veiller au repos des brebis qui lui sont confiées. Le psalmiste peut dire de Celui qui est son berger : « Il me fait reposer dans de verts pâturages » (Ps. 23. 2). David, dans ce passage, lie la pensée du repos à celle de la nourriture. Son fils, le roi Salomon, en rapport avec la crainte de Dieu, s’exprime de même : « La crainte de l’Éternel mène à la vie, et l’on reposera rassasié » (Prov. 19. 23).

Le chrétien a d’inestimables privilèges. Il possède le repos de la conscience, il goûte le repos du cœur, il s’avance vers le repos éternel. Et, quant à la vie de tous les jours, le Seigneur sait que nous avons besoin de périodes de repos. N’a-t-Il pas dit un jour à ses disciples qui avaient beaucoup travaillé : « Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert et reposez-vous un peu » ? (Marc 6. 31)

Il est à souhaiter que nous cultivions la communion avec notre Berger qui, au moment voulu, donnera ce qui est nécessaire, soit l’heure du service, soit le temps du repos.

La Sulamithe nous est donnée en exemple. Elle demande : « Dis-moi, toi qu’aime mon âme, où tu pais ton troupeau, où tu le fais reposer à midi ». Il lui est répondu : « Si tu ne le sais pas… sors sur les traces du troupeau, et pais tes chevreaux près des habitations des bergers » (Cant. 1. 7 et 8). Puissions-nous rechercher la présence de telles habitations, là où l’assemblée se réunit, là où le Seigneur suscite des bergers qui, de sa part, donnent la nourriture dont nos âmes ont besoin !

Il y a un contraste saisissant dans le rappel des paroles de l’Éternel, évoqué par le prophète en présence de son peuple : « C’est ici le repos, faites reposer celui qui est las ; et c’est ici ce qui rafraîchit. Mais ils n’ont pas voulu entendre » (És. 28. 12).

Aujourd’hui est le temps des travaux, des efforts, le temps où l’on peine. Mais le jour vient où tout cela passera. Alors se réalisera – et pour toujours – la promesse énoncée par un autre prophète quant à l’avenir de son peuple : « Je les ferai reposer en sécurité » (Osée 2. 18).

Un berger protège les brebis de son troupeau

Veiller sur les brebis de son troupeau est certes l’un des premiers devoirs du berger. Elles peuvent être attaquées par divers ennemis, des bêtes fauves par exemple, comme la Parole de Dieu le montre. Il y est parlé entre autres du lion et du loup.

C’est ainsi qu’un prophète fait mention du peuple d’Israël comme étant une brebis pourchassée par les lions et même dévorée (Jér. 50. 17). Un autre prédit que Dieu sauvera les fils d’Israël comme le berger sauve sa victime de la gueule du lion (Amos 3. 12).

Le Seigneur Jésus, d’autre part, compare les conducteurs infidèles du peuple à des loups qui ravissent les brebis et les dispersent. Ils n’ont nullement cherché à les protéger, alors que le bon Berger s’en est occupé au point de mettre sa vie pour elles.

L’apôtre Paul, plus tard, exhortera les anciens de l’assemblée à Éphèse à prendre garde à eux-mêmes et à tout le troupeau, car des loups redoutables allaient entrer parmi eux, n’épargnant pas l’assemblée de Dieu que les anciens, eux, avaient à paître (Act. 20. 29). Un autre apôtre exhorte aussi les anciens, c’est-à-dire ces croyants lourds de poids moral, à paître de bon gré le troupeau de Dieu, et cela dans l’attente de la manifestation glorieuse du souverain Pasteur, le fidèle et bon Berger (1 Pier. 5. 2).

Ces divers passages montrent comme sont actifs nos ennemis. « Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pier. 5. 8). Nous avons un urgent besoin de la protection de notre Dieu, comme le patriarche des jours d’autrefois, entouré de toutes parts d’une haie de protection (Job 1. 10).

Le Seigneur, qui nous a sauvés, veut nous protéger au cours des nombreux dangers que nous courons. Le prophète n’a-t-il pas annoncé sa venue, la venue d’un Homme qui serait comme une protection contre le vent et un abri contre l’orage ? (És. 32. 2). Ne sommes-nous pas encouragés par l’assurance du psalmiste, quand il déclare : « Tous ceux qui se confient en toi se réjouiront et chanteront de joie à toujours » – et pourquoi cela ? – « Tu les protégeras » !

Le berger fortifie les brebis affaiblies de son troupeau

C’est le prophète Ézéchiel qui déclare que l’Éternel est Celui qui fortifie les brebis malades de son peuple en contraste avec les mauvais pasteurs dont il doit être dit : « Vous n’avez pas fortifié les brebis faibles » (34. 4). Nous ne devons pas oublier qu’en fait, tout croyant par nature est un être faible. Il n’a aucune force en lui-même.

Déjà au sujet d’Aaron, le souverain sacrificateur, il est écrit qu’il était lui-même aussi enveloppé d’infirmité (Héb. 5. 2). David, conscient de sa faiblesse, pouvait dire : « L’Éternel est la force de ma vie ». Et encore : « Toi, tu es ma force » (Ps. 27. 1 ; 31. 4). À la fin de sa vie, il dira à son fils : « Fortifie-toi… l’Éternel Dieu, mon Dieu, sera avec toi, Il ne te laissera point » (1 Chron. 28. 20). Conscients donc que le Seigneur est la source unique de notre force, nous sommes exhortés, personnellement, à nous fortifier en Lui et dans la puissance de sa force (Éph. 6. 10), et aussi pour pouvoir fortifier les mains lassées (És. 35. 3).

L’apôtre Paul lui-même a dû réaliser sa faiblesse. Souffrant d’une infirmité, – physique probablement – d’une écharde dans la chair, il a supplié trois fois le Seigneur de l’en délivrer. Il a entendu alors cette réponse suprême : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité ». Fortifié, il prend courage et peut déclarer ce qu’il a appris au cours de l’épreuve : « Quand je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 9 et 11).

Notre bon Berger est aussi le grand Pasteur des brebis. Ramené d’entre les morts, Il est maintenant assis à la droite de Dieu le Père. Comme nous aimons à le dire dans un cantique, son cœur Lui présente ses brebis chéries. D’en haut Il veut bien nous accorder la force qui est indispensable pour que nous marchions, servions, combattions à sa gloire. Il est réellement digne de toute gloire : À Lui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen (Héb. 13. 20 et 21).

La tonte des brebis

La Parole de Dieu parle fréquemment des pasteurs et des bergers, elle parle nécessairement des tondeurs des brebis et des agneaux.

Au livre de la Genèse, il est parlé de Laban qui s’en alla tondre son menu bétail au pays de Canaan (Gen. 31. 19). Un peu plus tard nous apprenons que Juda, fils de Jacob, s’est rendu à Thimna, où l’on tondait ses troupeaux (Gen. 38. 12).

Au jour de David, nous faisons connaissance avec un homme du nom de Nabal, qui possédait de nombreux troupeaux. Quand David le vit, il était occupé à tondre ses moutons (1 Sam. 25. 4).

Nous rappelons encore le passage bien connu, où le prophète annonce la venue du Messie, du Seigneur Jésus, et révèle le chemin de souffrances qu’Il aurait à suivre. Il a souffert de la part des hommes et de la part de Dieu Lui-même. Il a été méprisé, délaissé des hommes, l’Homme de douleur de qui on a détourné sa face, pour Lequel on a eu aucune estime.

Il a souffert de la part de Dieu, dont il est écrit qu’il Lui a plu de le meurtrir. Pensée insondable que nous ne comprendrons jamais ! « Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent et il n’a pas ouvert sa bouche. Il a été retranché de la terre des vivants » (És. 53. 7).

Et c’est la lecture de ce passage qui, par le moyen de Philippe, a amené un homme fort riche à connaître le Seigneur Jésus. Il lisait un passage des Écritures, Ésaïe 53, et, à partir de ce passage, il a appris à connaître Jésus. Dès ce moment-là, il a pu poursuivre son chemin tout joyeux (Act. 8. 32 à 39).

Le Seigneur Jésus, le souverain pasteur de nos âmes dans l’éternité

Les titres de la gloire à venir de notre Seigneur sont nombreux. Le livre de l’Apocalypse Le présente comme étant le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, le Tout-puissant entrant dans son règne (Apoc. 17. 14 ; 19. 6 et 16).

Autrefois le prophète L’avait vu comme étant l’Ancien des jours, vêtu de blanc, auquel une domination éternelle a été donnée (Dan. 7. 22). Puis, tout à la fin de l’Ancien Testament, Il apparaît comme étant le Soleil de justice (Mal. 4. 2). Plus tard l’apôtre verra son visage brillant comme le soleil quand il luit dans sa force (Apoc. 1. 16).

Tels sont quelques traits essentiels de la gloire de Jésus, du Fils de l’Homme qui, sur cette terre, aura souffert et aura été mis à mort. C’est Lui qui, durant les jours de sa chair, se sera présenté comme étant le bon Berger qui met sa vie pour les brebis. Il est descendu dans la mort, Il vit éternellement. Durant l’éternité nous serons occupés de Lui qui, dans son amour pour Dieu et pour ses brebis, se sera livré pour elles.

Il est au livre de l’Apocalypse un passage qui rappellera sans cesse ce qu’auront été ses soins à l’égard de ses rachetés cheminant ici-bas. L’Agneau les paîtra, les rafraîchira, les consolera : « L’Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (7. 17).

C’est là une pensée merveilleuse ; que la cause de tant de chagrins et de larmes versées sur cette terre sera enfin arrivée à son terme. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine ; et la mort ne sera plus (Apoc. 21. 4). C’est là la consolation éternelle dont parle l’apôtre Paul (2 Thess. 2. 16) et dont le Berger de nos âmes nourrira nos cœurs à jamais.

D’après La Bonne Nouvelle 1991

LE CANTIQUE NOUVEAU

Un chrétien, qui a été un serviteur fidèle du Seigneur, posait un jour la question suivante : combien de cantiques chantons-nous durant notre vie ici-bas ? Il lui a été répondu : de nombreux cantiques ! – Et dans le ciel combien en chanterons-nous ? Il répondit lui-même à cette question : un cantique, un seul, celui que la Parole de Dieu appelle le cantique nouveau.

Introduction

L’expression « un cantique nouveau » se rencontre neuf fois dans les Écritures : dans les Psaumes, dans le livre du prophète Ésaïe et dans l’Apocalypse. À ce sujet, une réponse doit être donnée, au préalable, à trois questions :

– Quel sera l’Objet de ce cantique ? C’est Dieu Lui-même et personne d’autre : l’Éternel dans l’Ancien Testament, l’Agneau de Dieu dans le Nouveau Testament. Il est dit en effet dans le premier des neuf passages : « Célébrez l’Éternel… chantez-lui un cantique nouveau » (Ps. 33. 3). Et dans le dernier : « Voici l’Agneau se tenant sur la montagne de Sion… ils chantent un cantique nouveau devant le trône » (Apoc. 14. 1 et 3).

– Où ce cantique sera-t-il chanté ? Soit dans le ciel comme il est écrit au chapitre 5 de l’Apocalypse, soit sur la terre comme l’indiquent, entre autres, les divers psaumes qui en parlent.

– Par qui sera-t-il chanté ? Par les croyants de toutes les économies, ressuscités ou transmués, présentés par le symbole des anciens de l’Apocalypse. Ils célébreront l’œuvre de la croix, la mort et la résurrection de Jésus, la victoire qu’Il aura remportée sur toute la puissance de Satan, le malin, afin d’acheter « pour Dieu par son sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation, une multitude d’adorateurs » (H.R.).

Les croyants de l’économie actuelle chantent maintenant déjà, par anticipation, le cantique nouveau. Ressuscités avec Christ, devenus des êtres célestes, ils peuvent, dans l’imperfection il est vrai, exprimer la louange éternelle dont bientôt retentiront les espaces incommensurables des cieux en haut et les vastes champs de la terre en bas (C.H.M.).

Considérons maintenant les différents passages de la Parole de Dieu qui font mention d’un cantique nouveau.

  • Psaume 33

« Exultez en l’Éternel, vous justes !… chantez-lui un cantique nouveau » (v. 1 à 3). Ces versets font suite au dernier verset du Psaume 32 : « Réjouissez-vous en l’Éternel, et égayez-vous, justes ! ». Le croyant est invité à se réjouir parce qu’il sait qu’il est un juste, c’est-à-dire un être justifié, un être rendu juste par la grâce de Dieu.

Il peut dire au début de ce psaume : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée… l’homme à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité » (v. 1 et 2). Il y a pardon de la part de Dieu, mais aussi confession, notons-le, de la part du pécheur : « Je t’ai fait connaître mon péché… et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 5). Il n’y a donc pas de pardon réel sans confession préalable.

La doctrine de la justification par la grâce de Dieu et par la foi est développée dans l’épître aux Romains : « Étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire par la foi en son sang » (Rom. 3. 24). Puis, au chapitre 4, verset 7, le Psaume 32 est cité.

Connaissant pour nous-mêmes une telle œuvre, nous sommes alors en mesure de chanter le cantique nouveau à la gloire de Celui qui a été livré pour nos fautes et qui a été ressuscité pour notre justification (Rom. 4. 25).

Le Psaume 33 montre que nous avons encore d’autres motifs de célébrer notre Dieu : la puissance de sa parole en création (v. 6), son autorité absolue (v. 9), la permanence de son conseil (v. 11), sa toute-connaissance des habitants de la terre et de leurs œuvres (v. 14), enfin sa grande bonté qui remplit la terre (v. 5). Celui qui voit tous les fils des hommes veut bien abaisser son regard sur ceux qui s’attendent à une telle bonté.

N’est-Il véritablement pas digne que nous chantions le cantique nouveau à la gloire de son nom, le nom de Celui qui nous a justifiés, et qui maintenant intervient dans nos circonstances en nous délivrant, en nous aidant, en nous protégeant, en voulant nous réjouir tous nos jours ? (v. 18 à 22).

  • Psaume 40

Si le Psaume 33 (avec le Psaume 32), en rapport avec l’invitation à chanter le cantique nouveau, nous a parlé de justification, le Psaume 40, par contre ne nous parle pas d’une œuvre accomplie, en rédemption ou en expiation par exemple. Il nous parle de la Personne de Christ, de sa résurrection en particulier. D’emblée, notre Seigneur déclare prophétiquement : « Il m’a fait monter hors du puits de la destruction, hors d’un bourbier fangeux… Et Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu » (v. 2 et 3).

Il a été écrit que le Psaume 40 est le tableau de toute l’histoire de Christ (H. R.). Il dit d’abord ce que furent sa venue et sa vie ici-bas : « Voici, je viens… c’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (v. 7 et 8). La perfection de sa personne en obéissance et en soumission est là devant nous.

Dans les versets qui suivent, nous avons la perfection de son service : « J’ai annoncé ta justice… je n’ai point célé ta bonté et ta vérité dans la grande congrégation » (v. 9 et 10). Enfin la perfection de son dévouement nous est présentée, d’un dévouement qui a été jusqu’à la mort, plus encore jusqu’à faire siennes nos iniquités dans le sacrifice de Lui-même. Il ajoute : « Mon cœur m’a abandonné » (v. 12).

Abandonné de ses disciples, abandonné de son Dieu, Il l’a été encore de son propre cœur. Il a donc connu la mort, la passion de la mort, mais Il n’y est pas demeuré. Il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père (Rom. 6. 4).

Ayant été sauvé de la mort, exaucé à cause de sa piété, Il loue aussitôt. Comment loue-t-Il ? Nous l’avons vu au début de notre Psaume : « Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu » (v. 3). Dans l’expression d’une telle louange Il n’est pas seul. Il y associe les siens, qu’il s’agisse d’un résidu fidèle en Israël, ou de l’assemblée chrétienne naissante. Le Psaume 22 développe cette vérité en déclarant que Dieu est l’objet de l’adoration, et que c’est Christ, l’Homme ressuscité, qui entonne la louange.

Tel est le cantique nouveau que nous avons le bonheur de chanter. Il est nouveau parce qu’en rapport avec la position nouvelle de Christ à la suite de sa résurrection, et en rapport aussi avec la condition nouvelle du croyant, lequel est désormais ressuscité avec Christ. C’est là la louange qu’il nous est donné d’exprimer, sur la terre déjà, avec notre Seigneur, à la gloire de Dieu notre Père.

  • Psaume 96

Le Psaume 96 est, à la suite des Psaumes 33 et 40, une nouvelle invitation à chanter un cantique nouveau. Il fait partie de l’ensemble des Psaumes 93 à 100, qui annoncent l’établissement du règne de Christ sur la terre. L’expression « L’Éternel règne ! » y revient en effet fréquemment.

Le Psaume 93. 1 commence par ces mots : « L’Éternel règne, Il s’est revêtu de majesté ». Au Psaume 94. 20 il est parlé d’un trône d’iniquité, qui fait contraste avec le trône de l’Éternel, dont la justice et le jugement sont les bases (97. 2).

Au Psaume 95, le peuple d’Israël est invité à chanter à haute voix à Celui qui est un grand Roi par-dessus tous les dieux (v. 3).

Aux Psaumes 96. 10 et 97. 1, non seulement la nation d’Israël, mais toutes les nations de la terre sont appelées à louer l’Éternel qui entre dans son règne et qui va juger le monde avec justice.

Au Psaume 98. 6 toute la terre pousse des cris de joie devant le Roi.

Au Psaume 99. 1, l’Éternel, qui est entré dans son règne, établit le siège de son gouvernement : Il est assis entre les chérubins.

Le Psaume 100. 3, enfin, nous apprend ce que sera la louange universelle exprimée, tant par toute la terre que par Israël, le troupeau de sa pâture, à Celui qui est Dieu, bon et fidèle.

Il est donc parlé au Psaume 96, d’un cantique nouveau : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! » (v. 1). Les thèmes en sont élevés : son salut, sa gloire, ses œuvres merveilleuses, sa majesté et sa magnificence, sa force et sa beauté, telles qu’elles sont admirées en son sanctuaire, la gloire de son nom (v. 2 à 9). Vraiment notre Seigneur est grand et fort digne de louange ! (v. 4).

La joie ne manque pas d’accompagner une telle adoration. Tout, dans l’univers, est invité à se réjouir : les cieux, la terre, la mer. Même les champs et les forêts sont personnifiés pour proclamer cette louange : tous les arbres de la forêt chanteront de joie (v. 11 et 12).

Tel est le cantique nouveau qui, aux jours paisibles et heureux du millénium, sera chanté sur la terre. Il ne s’agira plus d’un cantique ancien, tel que le cantique de Moïse qui magnifiait la délivrance d’un peuple privilégié. Tout aura changé lorsque régnera le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, dominant sur toutes les familles des peuples (v. 7). On comprend qu’en cette scène entièrement nouvelle, la louange ne pourra s’exprimer que par un cantique nouveau.

  • Psaume 98

Avec le Psaume 98 se poursuit la glorieuse prophétie du règne de l’Éternel, telle qu’elle est présentée au cours des Psaumes 93 à 100. Il se divise en deux parties : les versets 1 à 3 et les versets 4 à 9.

Comme au Psaume 96, il y a d’abord une invitation à chanter à l’Éternel un cantique nouveau. Puis, dans les versets 1 à 3, les motifs d’un tel cantique sont précisés : les choses merveilleuses que Dieu a faites, son salut, la délivrance opérée en faveur de son peuple (v. 1), sa justice révélée aux yeux des nations (v. 2), sa bonté et sa fidélité envers la maison d’Israël (v. 3).

Les merveilles de Dieu, selon le témoignage des Écritures, sont souvent le thème de la louange des hommes de Dieu. Moïse, le conducteur, peut dire après avoir traversé la mer Rouge : « Qui est comme Toi… ô Éternel ? Qui est comme Toi… opérant des merveilles ? » (Ex. 15. 11).

Asaph, le psalmiste, de même : « Toi, tu es le Dieu qui fais des merveilles » (Ps. 77. 14). Un prophète aussi annonce le temps où les enfants d’Israël loueront le nom de leur Dieu qui aura fait des choses merveilleuses pour eux (Joël 2. 26). Il a été donné enfin à un apôtre d’entendre le cantique de Moïse – le cantique ancien, et le cantique de l’Agneau – le cantique nouveau : grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, Dieu, Tout-puissant… ô Roi des nations ! (Apoc. 15. 3)

Dans la deuxième partie du Psaume 98, versets 4 à 9, en retour de telles merveilles retentissent des appels réitérés à la louange universelle. « Toute la terre » et la mer sont invités à pousser des cris de joie, d’allégresse et de triomphe avec la harpe, avec des trompettes et le son du cor, devant le Roi, l’Éternel (v. 6). Toutes les familles de la terre viendront se prosterner devant le Roi, l’Éternel des armées (Zach. 14. 17).

Même les éléments de la nature, comme au Psaume 96, sont personnifiés : les fleuves et les montagnes chantent de joie ensemble devant l’Éternel qui vient pour juger la terre avec justice et droiture (v. 8 et 9).

Une voix de cantique, celle du cantique nouveau ! (v. 5). Tel sera le cantique qui, un jour, sera chanté sur cette terre, à la gloire de notre Seigneur Jésus Christ, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, par un peuple restauré, auquel un cœur nouveau et un esprit nouveau auront été donnés (Éz. 36. 26).

  • Psaume 144

Comme les Psaumes 33, 40, 96 et 98, que nous avons considérés jusqu’à présent, le Psaume 144 fait également mention d’un cantique nouveau : « Ô Dieu ! je te chanterai un cantique nouveau ; je te célébrerai sur le luth à dix cordes » (v. 9). Ce verset est comme la charnière, le point de jonction entre l’enseignement des versets qui précèdent (v. 1 à 8) et celui des versets qui suivent (v. 10 à 15).

Dans les versets 1 à 8 le psalmiste parle de deux sujets : ce que Dieu est pour lui et ce qu’est l’homme. Dieu est son rocher, son lieu fort, sa haute retraite, son bouclier, son refuge, Celui qui l’enseigne, qui le délivre et qui le conduit à la victoire. Quant à l’homme, il est peu de chose. Ses jours passent comme une ombre. Il est un être vain dans ses paroles, menteur dans ses actes (v. 3 à 8). « Qu’est-ce que l’homme, dit le psalmiste, que tu tiennes compte de lui ? » Cette réflexion a déjà été émise par Job : « Qu’est-ce que l’homme, que tu fasses grand cas de lui ? » (Job 7. 17) et par David au Psaume 8 : « Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui ? »

Alors l’auteur de notre Psaume, regardant à son Dieu et saluant le jour d’une prochaine délivrance, s’exclame en disant : « Ô Dieu ! je te chanterai un cantique nouveau ».

Dans la deuxième partie du Psaume (v. 10 à 15), tandis qu’on est encore dans la lutte, le psalmiste continue à faire appel à la délivrance (v. 10 et 11). Puis il demande à son Dieu de riches bénédictions en rapport avec les nécessités de la vie présente. Il pense tout d’abord à la famille, à l’heureux développement des enfants que Dieu nous confie, à « nos fils » croissant comme les plantes dans la nature et à « nos filles » devenant comme les pierres qui ornent un palais (v. 12).

Il demande aussi que le bétail et les cultures bénéficient de la faveur de Dieu, et qu’il y ait de la nourriture en abondance. Il souhaite enfin que notre vie se déroule dans une parfaite tranquillité : « qu’il n’y ait pas de brèche… pas de cri dans nos rues » (v. 14).

C’est là le tableau de la merveilleuse grâce de Celui qui aime à bénir. Elle se manifestera d’une façon particulière aux jours du millénium à l’égard d’un peuple dont il sera dit : « Bienheureux le peuple pour qui il en sera ainsi ! Bienheureux le peuple qui a l’Éternel pour son Dieu ! » (v. 15). Bienheureux, oui, parce que détenteur de bénédictions dont Dieu seul est et sera la source. On comprend qu’un tel Dieu est digne de recevoir en retour un cantique nouveau, toujours nouveau !

  • Psaume 149

Le Psaume 149 est le dernier des psaumes qui font mention d’un cantique nouveau : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Chantez sa louange dans la congrégation des saints » (v.1).

Telle sera la louange chantée à la fin des jours dans la congrégation ou l’assemblée des enfants d’Israël. Ayant reçu un cœur nouveau et un esprit nouveau (Éz. 36. 26), ils se réjouiront en Celui qui les aura créés à nouveau et qui sera leur Roi (v. 2).

Un autre Psaume dit : « Le peuple qui sera créé louera Jah » (Ps. 102. 18). Ce sera la joie réalisée durant l’ère millénaire dont la fête des tabernacles est une figure, de laquelle il était écrit : « Et tu ne seras que joyeux » (Deut. 16. 15). Le Seigneur Lui-même, d’autre part, se réjouira en eux : « L’Éternel prend plaisir en son peuple » (v. 3 et 4). Ainsi s’accomplira ce que dit le prophète : « L’Éternel, ton Dieu, se réjouira avec joie à ton sujet, Il se reposera dans son amour » (Soph. 3. 17).

Il est une pensée qui prédomine en ce Psaume 149, c’est la pensée d’une victoire remportée. Il est en effet parlé de salut, de gloire, de triomphe, de vengeance assouvie, de jugement exécuté (v. 4 à 9). Le Seigneur, leur Messie enfin reconnu, aura armé ses saints de l’épée à deux tranchants pour que soit exécuté le jugement contre les nations qui n’auront pas connu Dieu et qui auront dévoré son peuple (Ps. 79. 6 et 7). Et c’est ce peuple qui aura finalement la victoire !

Il est dit que le jugement est écrit (v. 9). Comme il y a eu une Loi écrite du doigt de Dieu (Ex. 31. 18) et une malédiction écrite dans ce livre (Deut. 29. 20), il y a de même un jugement qui est écrit, c’est-à-dire inexorablement décrété par Dieu. Mais il y a aussi ce que la grâce de Dieu opère actuellement. N’est-il pas parlé de noms écrits dans les cieux (Luc 10. 20) ou de l’assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux ? (Héb. 12. 23)

Dans le dernier verset de notre Psaume il y a comme un rayon de cette grâce, tandis qu’il est dit : « Cette gloire est pour tous ses saints ». La gloire sera en effet la part à jamais de tous ceux qui, pour leur salut éternel, auront mis leur confiance dans le Seigneur Jésus. N’est-Il pas digne de leur louange dès maintenant, du cantique nouveau qui un jour retentira partout, dans les cieux et sur la terre ?

  • Ésaïe 42

A la suite des Psaumes qui ont été rappelés, il y a encore, dans l’Ancien Testament, un passage qui annonce le chant d’un cantique nouveau : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau, sa louange du bout de la terre » (És. 42. 10).

Le Seigneur Jésus Lui-même en sera le thème : « mon serviteur… mon élu en qui mon âme trouve son plaisir (v. 1). Ce passage est cité en Matthieu 12. 18 en contraste avec la haine des pharisiens qui cherchaient à Le faire périr. C’est Jésus Christ, le Nazaréen, le saint Serviteur Jésus selon l’expression des apôtres dans leur prière (Act. 4. 27 et 30), qui est venu ici-bas dans l’humilité.

Il ne criera pas, dit le prophète, il n’élèvera pas sa voix, il ne la fera pas entendre dans la rue. Il dit aussi qu’il ne se lassera pas d’user de grâce et qu’il ne se hâtera pas d’exercer les justes jugements de Dieu à l’égard d’un monde qui ne L’a pas reçu (És. 42. 2 à 4). Dieu en effet n’a pas envoyé son Fils dans le monde, afin qu’Il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par Lui (Jean 3. 17).

Mais il y aura un jour où Jésus, qui a été rejeté, sera vu tel que le Serviteur qui sera exalté, élevé, placé très haut (És. 52. 13). Il sera donné pour être une alliance du peuple et une lumière des nations, pour libérer ceux qui sont assis dans les ténèbres d’une prison (És. 42. 6 et 7). Tels seront les titres de gloire de notre Seigneur dans les jours à venir. Et Dieu, l’Éternel, ajoute : « Je ne donnerai pas ma gloire à un autre » (v. 8). La gloire, toute la gloire, sera à Lui seul, et à personne d’autre.

« Voici, dit encore l’Éternel, les choses passées sont arrivées ». Ce sont les choses d’autrefois, l’abaissement profond de Jésus. « Et je déclare les choses nouvelles » (v. 9). Ce sont les jours à venir où éclatera sa gloire : la gloire d’un Juge qui alors criera, détruisant et engloutissant (v. 14), et la gloire d’un Roi qui régnera sur les œuvres de ses mains.

Alors sera chanté le cantique nouveau. Il le sera partout dans le monde habité, délivré du joug de Satan : sur la mer par ceux qui y descendent, dans les îles, dans les villes et les villages du désert, dans les montagnes : qu’on donne gloire à l’Éternel et qu’on déclare sa louange dans les îles ! (v. 10 à 12).

Toute adoration sera dirigée vers Celui qui aura été ici-bas l’humble Serviteur et qui, aux jours de la gloire millénaire, sera salué comme étant le Libérateur élevé au siège de l’empire universel (H. R.).

  • Apocalypse 5

Il est encore deux passages du Nouveau Testament qui parlent d’un cantique nouveau. Ils se trouvent au livre de l’Apocalypse, chapitres 5 et 14. Parmi les textes considérés jusqu’ici, le chapitre 5 est certes le plus élevé. Si, au chapitre 4, l’objet de la louange est le Créateur, « notre Seigneur et notre Dieu », Celui qui a créé toutes choses (v. 11), Il est au chapitre 5 Celui qui, par son sacrifice, est devenu le Rédempteur.

Ce chapitre nous introduit dans le ciel, là où est Dieu, Celui qui est assis sur le trône (v. 1). Il s’ouvre par une question posée par un ange puissant : « Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? » (v. 2). Ce livre est le livre des conseils de Dieu qui doit s’ouvrir en vue de l’établissement du règne de Christ sur la terre.

Qui peut l’ouvrir ? Personne, si ce n’est Celui qui est appelé le Lion de la tribu de Juda. Il a vaincu (v. 5), Il a droit à toute domination dans le ciel et sur la terre à la suite d’un sacrifice qui a brisé la puissance de Satan.

Il est donc aussi l’Agneau qui a été un jour humilié et immolé, que l’apôtre voit, se tenant au milieu du trône. Ayant souffert jusqu’à la mort et jusqu’à la mort de la croix, notre Seigneur devient par là-même le centre des conseils de Dieu (H. R.). À Lui revient donc toute adoration !

Selon les versets 8 à 14 cette adoration est exprimée par trois ensembles d’adorateurs : les rachetés du Seigneur, les anges, toutes les créatures qui sont dans le ciel et sur la terre.

Les rachetés du Seigneur sont représentés par vingt-quatre anciens. Ce sont les croyants de toutes les économies. Vingt-quatre anciens, comme il y avait aux jours du roi David vingt-quatre classes de sacrificateurs selon l’ordonnance d’Aaron, leur père (1 Chron. 24. 7 à 19). C’est ce que sont et seront les rachetés pour Dieu : rois et sacrificateurs.

Il est dit qu’« ils chantent un cantique nouveau, disant : Tu es digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation, et tu les as faits rois et sacrificateurs pour notre Dieu » (v. 9). Par ces termes une nouvelle réponse est donnée à la question de l’ange puissant: Qui est digne ? Un seul est digne, Celui qui un jour, sur cette terre, a été immolé.

Les rachetés du Seigneur ne sont pas seuls à chanter ses louanges. Il y a un deuxième chœur céleste qui les exprime, le chœur des anges. Il n’est pas dit qu’ils chantent. Ils ne le peuvent pas, car ils ne connaissent pas la grâce de Dieu en leur faveur. Ils disent seulement. « J’ouïs, dit l’apôtre, une voix de beaucoup d’anges… des myriades de myriades et des milliers de milliers, disant à haute voix : digne est l’Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction » (v. 12).

C’est une septuple louange qui retentit à la gloire de Celui qui est digne de recevoir la puissance, soit la domination souveraine ; la richesse, soit la possession de toutes choses ; la sagesse ou la plénitude d’intelligence pour administrer le royaume selon Dieu ; la force, c’est à dire la capacité d’agir en vue d’amener tous les peuples à une parfaite obéissance ; l’honneur ou la proclamation de son excellence ; la gloire ou l’ensemble des perfections divines, car Lui-même est Dieu ; la bénédiction enfin, septième objet de la louange, qui est l’expression d’une reconnaissance infinie en retour des bienfaits innombrables de la bonté de Dieu. Tel est le tableau de la louange qui un jour sera exprimée par les anges.

Il y a un troisième chœur qui adore l’Agneau de Dieu. C’est le chœur de toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre, et au-dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont. Elles disent : « À Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! » (v. 13).

C’est de fait la réponse donnée pour la troisième fois à la question posée au début du chapitre : « Qui est digne ? » (v. 2). Elle est donnée la première fois par les rachetés, la deuxième fois par les anges, et la troisième par les créatures de partout. D’une telle louange, la louange universelle, seul l’Agneau est digne.

Il est accordé au croyant, sur cette terre déjà, de chanter le nouveau cantique. C’est en effet notre bonheur de pouvoir exalter dès maintenant la grandeur infinie de Celui qui, ayant sacrifié pour nous sa vie, a été élevé plus haut que les cieux.

  • Apocalypse 14

Dans ce livre de l’Apocalypse la Parole de Dieu fait mention une fois encore d’un cantique nouveau. C’est le cantique nouveau qui sera chanté non seulement dans le ciel, mais aussi sur la terre.

Il a été donné à l’apôtre Jean de voir l’Agneau se tenant sur la montagne de Sion. Il n’est pas vu dans le ciel comme au chapitre 5 de l’Apocalypse, mais sur la terre, sur la montagne de Sion, « le centre de la grâce royale » (W. K.). Sion est en effet connue comme étant la montagne de la grâce, car c’est là qu’un jour Dieu, plein de compassion pour son pauvre peuple, lui donna un roi en la personne de David (2 Sam. 5. 3 et 7).

Ainsi, que le Seigneur soit vu par l’apôtre en Sion, cela montre que nous nous approchons du jour de l’établissement du royaume, car l’Agneau n’est personne d’autre que le Roi oint sur Sion, annoncé au livre des Psaumes (2. 6).

Autour de l’Agneau sont assemblés cent quarante-quatre milliers qui ont été achetés d’entre les hommes. Ressortissants du peuple terrestre de Dieu, ils représentent le résidu de Juda, c’est-à-dire ceux qui seront tirés du milieu des Juifs coupables du rejet et de la mort de leur Messie. Ils ont son nom écrit sur leurs fronts, ils Lui appartiennent. Un témoignage de grande fidélité leur est rendu : aucune trace de souillure n’est trouvée en eux, ni dans leurs affections ni dans leurs paroles. Ils sont irréprochables.

Il a été donné en outre à l’apôtre d’ouïr une voix venant du ciel, semblable au son de joueurs de harpe. Il est dit qu’ils chantent un cantique nouveau devant le trône, un cantique que nul ne pouvait apprendre, sinon les cent quarante-quatre milliers qui ont été achetés de la terre (v. 3).

Il y aura donc, de ce résidu de Juda, deux catégories de témoins : ceux qui, ayant été mis à mort durant la grande tribulation, seront ressuscités et chanteront dans le ciel le cantique nouveau; et d’autre part ceux qui seront encore sur la terre, les cent quarante-quatre milliers, lesquels apprendront le cantique à l’ouïe de leurs compagnons célestes. Il y aura donc une parfaite unanimité entre les deux sphères, céleste et terrestre, pour dire la gloire du règne de l’Agneau, Fils de David et Messie d’Israël (H. R.).

Épilogue

Résumant les pensées exprimées à propos du cantique nouveau, nous sommes amenés à tirer les conclusions suivantes de cette étude.

– Quel est son objet ? – C’est la Personne de notre Seigneur, vu tel que l’Agneau de Dieu, qui a souffert et est mort, mais qui aussi aura un jour autorité sur tous et sur tout : au milieu du trône, un agneau qui se tenait là comme immolé (Apoc. 5. 6).

– Quel est son contenu ? – Le grand pardon de Dieu et la délivrance d’un pécheur qui vient à Lui y sont célébrés (Ps. 32. 33), de même que la résurrection du Seigneur (Ps. 40) et la gloire de son règne (Ps. 96, 98,144 et 149).

– Où et par qui sera-t-il chanté ? – Dans le ciel, par les saints glorifiés de toutes les économies, ressuscités ou transmués, et sur la terre, par les fidèles du résidu du peuple d’Israël (Apoc. 14) et par ceux des nations qui viendront se prosterner devant le Roi, l’Éternel des armées (Zach. 14. 16).

– Pourquoi ce cantique est-il dit nouveau ? – Parce qu’il célèbre les gloires nouvelles de Christ, le Fils de l’Homme ressuscité, qui s’est levé « selon la puissance d’une vie impérissable » (Héb. 7. 16), le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. Il sera en outre chanté par les saints célestes, témoins de la grâce de Dieu qui ont été renouvelés en vertu de l’œuvre de l’expiation (Éph. 4. 23), et par les saints du peuple terrestre de Dieu, auxquels un cœur nouveau et un esprit nouveau auront été donnés (Éz. 36. 26).

Il le sera enfin par les nations qui seront amenées de l’idolâtrie à la connaissance du vrai Dieu par les appels de l’Évangile du royaume, et cela sur une terre renouvelée, purifiée par l’exercice des jugements divins (És. 42).

Tel est le cantique nouveau qui, un jour, sera chanté dans les cieux et sur la terre, sans la moindre note discordante. Ici-bas nous chantons de nombreux cantiques. Là-haut nous n’en chanterons qu’un, le cantique du triomphe de notre Seigneur et de sa domination enfin reconnue. Lui seul en est et en sera réellement digne ! (H. R.)

D’après la Bonne Nouvelle