LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (8)

Après s’être ainsi occupé de ses frères, Joseph a fait entrer Jacob, son père, devant le Pharaon, et il l’a fait se tenir devant lui. Ce devait être un jour mémorable pour ce vieillard, que celui dans lequel il s’est tenu devant le Pharaon, ce grand Roi qui dominait sur toute l’Égypte.

Abraham, son grand-père, s’était tenu devant Un plus grand que lui, puisqu’il marchait devant l’Eternel, ainsi que nous l’avons vu dans le chapitre 24.

Que sera-ce quand nous serons présentés par le Seigneur devant Son Dieu et Père ? Lisez à ce sujet 1 Thessaloniciens 3. 12 et 13. Le Seigneur donc, à Sa venue, amènera devant Son Père tous ceux qu’Il Lui a donnés. C’est une pensée des plus solennelles, dont nous avons à nous souvenir ; elle est propre à nous séparer pratiquement de tout ce qui est incompatible avec la gloire de ce grand Dieu, ce Dieu saint en présence duquel nous serons manifestés bientôt.

Si l’on venait dans ce moment vous dire que vos parents viennent vous chercher pour vous présenter à un de leurs amis, qui est un grand personnage, immédiatement vous regarderiez si vos vêtements sont en ordre et si vos mains sont propres. C’est ainsi que la pensée de paraître bientôt devant la sainteté de Dieu met dans les cœurs un désir ardent de se séparer de tout ce qui est mal, car ce Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal. C’est pourquoi il est dit ici : « Pour affermir vos cœurs, sans reproche en sainteté devant notre Dieu et Père en la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints ».

Le Pharaon demande à Jacob : « Combien sont les jours des années de ta vie ? » car c’était un vieillard âgé de cent trente ans. C’était une longue vie. Mais aux yeux de Dieu et même aux yeux du patriarche elle était peu de chose, car cette vie s’était passée presque tout entière sous la discipline de Dieu et sans communion avec Lui. De fait il n’y avait eu dans cette vie que peu de jours pour Dieu et qui puissent vraiment compter devant Lui. On ne trouvait pas dans Jacob une longue vie pour Dieu comme ce fut le cas dans la vie d’Abraham. Jacob en a conscience et il ne craint pas de le confesser, reconnaissant ainsi devant le roi d’Égypte que sa vie, malgré le nombre des années, n’avait guère été à la gloire de Dieu.

Nous avons ici une belle leçon d’humilité, à laquelle vous avez à prendre garde. Souvenez-vous que Dieu résiste aux orgueilleux et « qu’il donne la grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand le temps sera venu ».

On aime à voir ce vieillard devant le grand roi de toute l’Égypte. Il avait passé sa vie à paître le bétail, et le voici qui se tient en présence d’un des plus grands souverains de la terre. C’est Dieu qui a voulu cette rencontre. Avant de sortir, Jacob a béni le Pharaon. Or, « sans contredit, le moindre est béni par celui qui est le plus excellent », nous est-il dit dans l’épître aux Hébreux au chapitre 7. 7.

Le moindre croyant, parce qu’il est aimé de Dieu, qu’il possède la vie éternelle, qu’il est héritier des bénédictions qui sont dans les cieux, et qu’il a part à la gloire à venir, est plus grand que le plus puissant des monarques de la terre. Bien loin de s’enorgueillir d’avoir une telle part, le fidèle marche dans l’humilité, conscient de sa faiblesse et de ses fautes, mais aussi conscient de la grâce dont il est l’objet. Il peut désirer que tous les hommes puissent avoir une part aussi précieuse que la sienne, car tout ce qui est dans le monde ne saurait être comparé avec les choses qui sont dans les cieux et qui sont la part de tous ceux qui croient au Seigneur Jésus comme leur Sauveur.

Mais posséder une chose et en jouir sont deux choses bien différentes. La question pour nous est de savoir jouir de ce qui est à nous et qui nous a été donné dans la Personne du Seigneur Jésus. Pour cela il faut de la diligence pour les rechercher et nous en emparer par la foi. Certainement, si nous recherchons les choses d’ici-bas, nous ne jouirons pas de celles qui sont en haut. Il nous est dit, dans le livre des Proverbes, que la main des diligents enrichit (ch. 10. 4). Si cela est vrai dans les choses matérielles, cela est vrai aussi dans les choses spirituelles. Quelles sont donc les choses que vous voulez rechercher dès votre enfance ?

Avec le v. 13 du chapitre 47 de la Genèse commence donc un sujet dans le récit de l’histoire de Joseph. Je suppose que vous vous souvenez de ce que je vous ai dit à ce sujet.

Maintenant, Joseph ne nous est plus présenté comme s’occupant de ses frères, mais bien de l’Égypte tout entière. Il est encore ici un type de Christ qui ne s’occupe pas seulement des Siens, mais aussi de tout ce qui est dans le monde, car tout doit Lui être soumis dans les cieux et sur la terre. C’est là ce qui est appelé le « mystère de la volonté » de Dieu (Éph. 1. 9). Le monde ignore ces choses, mais le croyant se réjouit à la pensée que bientôt tout sera ainsi soumis à Christ et que tout Lui appartiendra. Il a des droits sur toutes choses, parce qu’Il en est le Créateur, puis aussi parce qu’Il a tout racheté par Son sacrifice.

La domination de Joseph s’étendait sur toute l’Égypte, ainsi que le Pharaon le lui avait dit après qu’il lui eût expliqué ses songes : « Sans toi nul ne lèvera la main ou le pied dans toute l’Égypte » (Gen. 41. 44).

Les Égyptiens, aussi bien que les fils de Jacob, ont dû avoir affaire avec lui pour du pain. Ils ont expérimenté que c’était auprès de lui seul que se trouvaient les ressources pour ne pas mourir de faim. La famine sévissait dans tout le pays d’Égypte et elle était très intense. Seul Joseph possédait des provisions en abondance et il fallait aller à lui pour avoir du pain. Déjà précédemment, le Pharaon avait dit à son peuple : « Allez à Joseph, faites tout ce qu’il vous dira », de même que maintenant il n’y a de ressource que dans la Personne du Seigneur Jésus. C’est Lui qui est le seul « sauveur du monde », le seul soutien de la vie.

Mais quel tableau nous avons ici de l’état de l’Égypte dans ce moment-là : la famine dans toute son horreur, les ressources qui sont à bout, et la mort qui guette tout un peuple. C’est l’image de l’état dans lequel le monde se trouve maintenant. Partout c’est une soif et une faim ardente de bonheur ; mais nul ne sait où il se trouve. Tout ici-bas est assujetti à la vanité et tout passe rapidement.

Dans le Seigneur Jésus seul se trouvent les ressources inépuisables. Si les hommes d’aujourd’hui étaient aussi sages que les Égyptiens qui criaient à Joseph, s’ils savaient aller au divin Joseph, ils trouveraient en Lui la vie éternelle, la joie, les richesses insondables, le bonheur pour le présent et pour l’éternité.

Vous remarquez que Joseph a tout acheté contre du blé, tout était sous sa main : l’argent, les troupeaux, les terres de l’Égypte et même le peuple, il a tout acheté pour le Pharaon, le roi, son seigneur. De la même manière maintenant celui qui vient au Seigneur reçoit le salut, le pardon de ses péchés, la vie éternelle, mais aussi il appartient au Seigneur. Son être tout entier Lui appartient, corps, âme, vie, biens, tout est à Lui. Être à Lui, c’est le bonheur suprême. Il est le Maître débonnaire et humble de cœur qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » (Mat. 14. 28 et 29).

Maintenant tout est à Joseph et c’est de lui que tous dépendent : ils reçoivent tout de sa puissante main ; aussi bien celui qui sème que celui qui mange du pain. Il pourvoit aux besoins du peuple et de leurs maisons et de leurs petits-enfants. Il est ainsi une image de Celui duquel nous dépendons pour toutes choses.

Nous remarquons que les Égyptiens sont pleins de reconnaissance envers Joseph. Ils lui disent : Tu nous as conservé la vie ; que nous trouvions grâce aux yeux de mon seigneur, et nous serons serviteurs du Pharaon. Nous aussi nous avons trouvé grâce aux yeux du Seigneur et nous avons en Lui la vie éternelle, nous qui méritions la mort. Maintenant nous pouvons servir Dieu en attendant d’être pour toujours avec le Seigneur.

Joseph met ainsi tout en ordre en Égypte et assujettit tout le peuple au Pharaon. Il fait une loi sur les terres de l’Égypte : au Pharaon un cinquième. Ce cinquième qui était ainsi prélevé sur les terres de l’Égypte représente pour nous les droits de Dieu sur toutes choses – droits que nous avons à lui rendre, dont nous ne pourrons pas Le frustrer. Il a droit à la reconnaissance de nos cœurs, à la louange et c’est notre glorieux privilège que de Lui apporter ainsi chaque jour ce tribut qui Lui est si justement dû. Pour le cinquième, lisez ce qui nous est dit en Lévitique 5. 16. Ce cinquième représente les droits de Dieu. Hélas ! L’homme L’a lésé dans ces choses et demeure coupable envers Lui. A nous de le Lui rendre.

Maintenant l’histoire de Joseph est presque terminée, et le Saint Esprit, dans la fin de notre livre de la Genèse, nous parle de nouveau de Jacob. C’est un sujet qui commence avec le v. 27 de notre chapitre 47, et va jusqu’à la fin du livre.

Dieu a accordé à Jacob de pouvoir rester dix-sept années dans le pays d’Égypte, près de son fils bien-aimé. Ce dut être pour lui un temps heureux et béni.

La joie de son cœur devait être grande en voyant la gloire dont ce fils était entouré et aussi toute la sagesse que Dieu lui avait donnée pour tout diriger dans ce grand pays. Joseph rendait ainsi devant les yeux des Égyptiens un brillant témoignage au seul vrai Dieu, le Dieu d’Israël. Je ne pense pas qu’il y ait une plus grande joie pour un cœur de père que de voir ses enfants marcher fidèlement et glorifier le Seigneur dans leur conduite. Mais aussi quelle souffrance quand ils s’éloignent du chemin de Dieu et oublient les enseignements qu’ils ont reçu dans la maison paternelle.

Demandez à Dieu avec instances qu’Il veuille vous garder du mal et qu’Il vous accorde la grâce de marcher selon tous les enseignements que ce Dieu sage et bon vous donne dans Sa Parole. Ainsi vous réjouirez le cœur du Seigneur et celui de vos parents.

Lisez avec attention et prière le livre des Proverbes, et mettez en pratique tous les enseignements qui nous y sont donnés. Vous remarquerez que ce livre est particulièrement écrit pour donner au jeune homme de la connaissance et de la réflexion (ch. 1. 4).

Jacob maintenant jouissait pleinement de la communion avec Dieu. Il pouvait considérer toute la patience de Dieu envers lui ; toute Sa fidélité concernant les promesses qu’Il lui avait faites. Nous comprenons que, à la fin de sa vie, il pouvait adorer, appuyé sur le bout de son bâton (Héb. 11. 21).

Mais tout a une fin ici-bas, même une longue vie de cent quarante-sept ans. Les jours de Jacob approchèrent de la mort. C’est un moment solennel quand il faut quitter tout ce que nous avons eu ici-bas, même ceux que nous avons aimés.

Pour celui qui est sans Sauveur, c’est marcher vers le roi des épouvantements, et la mort n’écoute personne : elle pose sa froide main sur sa victime, et elle l’emporte, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, qu’on soit prêt ou qu’on ne le soit pas.

Pour le croyant, celui qui a mis sa confiance dans son Sauveur, c’est la fin des peines et de la souffrance, l’heureux moment de quitter une terre où tout est désolation pour être avec le Seigneur, ce qui est de beaucoup meilleur.

Puissions-nous toujours marcher dans la lumière de Dieu et dans Sa communion, afin que, arrivés au terme du voyage, nous n’ayons rien à juger et que nous puissions partir en pleine paix. Nous pouvons compter sur la fidélité de Dieu pour qu’Il nous garde sans reproche jusqu’à ce jour-là.

Au moment de quitter les siens, Jacob avait encore un grand désir, celui de ne pas être enterré dans le pays d’Égypte. Il voulait qu’on le mette dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté des fils de Heth.

Vous vous souvenez de ce que nous avons dit de ce sépulcre, lorsque nous nous sommes occupés de l’enterrement d’Abraham au chapitre 25 de notre livre. Aussi Jacob fait jurer à son fils Joseph de l’enterrer dans ce sépulcre. Étant le père de Joseph, il aurait pu avoir un magnifique sépulcre dans le pays d’Égypte et de somptueuses funérailles ; mais pour lui, la caverne où étaient enterrés ses pères avait infiniment plus de valeur que toutes ces choses. Il savait que ceux qui étaient enterrés dans le sépulcre de ses pères ressusciteraient à la première résurrection et auraient une part dans le royaume promis à Israël. C’était sa foi qui le faisait agir ainsi en appréciant les choses à leur juste valeur.

Aussi lorsque Joseph lui eut donné la promesse requise, Jacob s’est prosterné sur le chevet de son lit et a pu adorer le Dieu qui l’avait accompagné pendant tout son pèlerinage et qui lui accordait encore cette joie avant de mourir.

Cette scène est de toute beauté pour ceux qui, avec Jacob, possèdent en partage une foi de pareil prix – foi qui, je l’espère, est la part de tous les lecteurs de la Bonne Nouvelle. Il suffit de croire en toute simplicité ce que Dieu nous dit dans Sa bonne Parole. Les choses dont Il nous parle, Il nous les donne, la foi les reçoit et le cœur est rempli de joie en les possédant.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 48 de notre livre de la Genèse. Là vous trouverez Jacob malade et près de sa fin. Souvenez-vous qu’il n’y a pas d’espoir pour l’homme de rester sur la terre. Aurions-nous une vie de cent quarante-sept ans comme Jacob, un jour il faut partir et tout quitter. Vous êtes jeunes et il vous semble que vous avez un long avenir devant vous ; n’oubliez pas que nos jours sont comme une vapeur paraissant sur la terre et puis disparaissant.

Le psalmiste disait : « Voici, tu m’as donné des jours comme la largeur d’une main et ma durée est comme un rien devant lui ». Cherchez vous-même ce verset à la fin du premier livre des Psaumes. Vous avez probablement remarqué que le livre des Psaumes est divisé en cinq livres.

Joseph vient donc voir son père, accompagné de ses deux fils Manassé et Éphraïm. C’est un moment solennel quand il faut quitter cette terre et toutes les choses au milieu desquelles on a vécu et que l’on a aimées. Dans un tel moment, combien sont misérables ceux qui n’ont vécu que pour les choses visibles et qui partent sans espérance. Mais, par contre, quel bonheur remplit le cœur de ceux qui ont aimé le Seigneur et qui se réjouissent à la pensée de le voir et d’être pour toujours avec Lui !

Dans ce moment solennel, Jacob repense à ce que l’Éternel avait fait pour lui. Si lui n’avait pas été très fidèle, l’Éternel l’avait été et avait accompli fidèlement toutes ses promesses envers le patriarche. C’est pourquoi il rappelle dans ce moment que ce Dieu tout-puissant lui était apparu à Luz et lui avait fait des promesses. Malgré toutes ses fautes, Jacob était un croyant et il attachait du prix aux promesses qui avaient été faites à Abraham et à sa semence. Croyez Dieu et désirez obtenir les choses qu’il a promises dans la Parole ; ces choses sont infiniment plus précieuses que tout ce que le monde peut offrir. Ici-bas tout passe et tout est vanité, mais les choses que Dieu offre sont éternelles ; la mort n’y change rien.

Une autre chose caractérisait Jacob dans ce moment. Il était dans une pleine communion avec Dieu et il savait que l’Éternel donnerait une part particulière aux deux fils de Joseph et qu’Ils seraient comptés au nombre des tribus d’Israël. Comment le savait-il ? C’est Dieu qui le lui avait révélé. Pour qu’il puisse ainsi nous faire entrer dans ses pensées secrètes, il faut vivre bien près de Lui.

Nous pouvons bien penser que les dix-sept années que Jacob a passées en Égypte furent pour lui des années particulièrement bénies et dans lesquelles il a beaucoup joui de la communion avec Dieu.

Ensuite Jacob, en quelques mots touchants, rappelle la mort de Rachel, sa femme bien-aimée, qu’il a enterrée sur le chemin d’Éphrath qui est Bethléhem. Certaines douleurs restent dans le cœur jusqu’à la fin d’une longue vie. Le Seigneur le permet pour nous faire réaliser quel est le monde dans lequel nous sommes et nous faire nous attacher aux choses qui sont éternelles, aux choses célestes.

Il arrive aussi fréquemment que nous nous attirons, à cause de nos infidélités, des peines que nous devons endurer comme discipline. Pauvre Jacob ! Ainsi que nous l’avons déjà vu précédemment, il a dû endurer bien des souffrances qui n’étaient que la conséquence de ses fautes. Ce qu’un homme sème, il le récolte aussi. Celui qui sème pour la chair, récolte de la chair la corruption (Gal. 6. 7 et 8). On ne peut pas s’attendre à une vie heureuse en marchant dans la désobéissance à la parole de Dieu et en suivant le chemin de la propre volonté.

Malgré tout, nous pouvons admirer ce vieillard qui rappelle cette douloureuse discipline par laquelle il avait dû passer en courbant la tête sous la main de Dieu sans proférer une parole de murmure. C’est déjà une grande chose quand nous savons mettre notre bouche dans la poussière et faire comme le psalmiste qui, étant sous les coups de la discipline de Dieu, disait : « Je suis resté muet, et je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait » (Ps. 39. 9).

Nous avons affaire avec un Dieu qui nous aime et qui fait concourir toutes choses pour notre plus grand bien. Un jour, comme le psalmiste, avec des cœurs qui adorent, nous dirons en considérant le chemin qu’il nous a fait parcourir : « Je sais que c’est en fidélité que tu m’as affligé ».

Vous aurez peut-être un peu de peine à vous souvenir de tout ce que je vous ai enseigné aujourd’hui, et je crains d’avoir un peu dépassé ce que vous pouvez comprendre maintenant, mais plus tard vous pourrez relire ces lignes, et j’aime à croire qu’elles vous seront en consolation et en encouragement. Si le Seigneur vous laisse quelque temps ici-bas, certainement vous rencontrerez des peines et des difficultés. Souvenez-vous que Dieu seul saura vous soutenir et vous consoler.

Vous vous souvenez que nous avons vu Jacob malade et à la fin de ses jours. Son fils Joseph était auprès de lui. Jacob rend témoignage à la grâce de Dieu qui s’est plu à le bénir. Ce Dieu agit toujours de même envers ceux qu’Il aime. Pendant de longues années, Jacob avait pleuré son fils Joseph, pensant qu’il était mort, et maintenant ce fils était devant lui, et non plus un humble berger, mais un grand seigneur sur toute l’Égypte ; non seulement cela, mais aussi il avait la joie de voir aussi les fils de son fils chéri. Le cœur du patriarche devait déborder de reconnaissance envers ce Dieu qui avait fait de telles choses pour lui.

Souvenez-vous que Dieu est bon, qu’Il nous aime et qu’Il veut notre bonheur. Si parfois Il doit nous discipliner, Il ne le fait que autant que cela est nécessaire, et pour notre profit. Vous pouvez vous confier en Sa bonté pour tout ce qui vous concerne et dans toutes les circonstances que vous traversez, et jamais vous ne serez confus.

Ces deux fils de Joseph devaient donc avoir une part dans l’héritage de l’Éternel au milieu des fils d’Israël lorsqu’ils se partageraient le pays de la promesse. Mais les fils d’Éphraïm devaient devenir une nation plus grande et plus forte que ceux de Manassé, alors même que ce dernier était le premier-né. Il semble que dans ce moment-là Joseph n’était pas à la hauteur des pensées de Dieu. Son père âgé, et à la fin de sa course ici-bas, ayant les yeux appesantis par la vieillesse, avait un parfait discernement de la volonté de Dieu. Cela provenait du fait que dans ce moment-là il était en pleine communion avec Dieu. La propre volonté ne venait en aucune manière obscurcir son discernement spirituel. Sa foi était à la hauteur des pensées de Dieu et il voyait même dans l’avenir ce qu’il en serait des deux fils de Joseph.

La foi est une chose merveilleuse : elle voit les choses invisibles, et celui qui la possède jouit de ces choses comme s’il les avait entre les mains.

Je me demande si vous comprenez ce que je vous dis dans ce moment ? Comme cela peut vous paraître un peu difficile, je vais vous donner un exemple. Vous n’avez jamais vu le Seigneur Jésus de vos propres yeux, et cependant vous savez qu’Il est dans le ciel, vous en êtes assurés. Vous le savez parce que Dieu l’a dit dans Sa parole et vous pouvez vous réjouir à la pensée qu’Il va revenir pour vous chercher. C’est la foi qui vous donne cette assurance.

D’autres personnes ne savent pas où est le Seigneur, ne se soucient pas de Lui et ne L’attendent pas : ces personnes n’ont pas la foi, elles n’ont pas cru ce que Dieu dit dans Sa parole.

Or Jacob était un croyant, il avait la foi. Le voici donc qui annonce ce qui va arriver aux deux fils de Joseph et il les bénit.

Une autre chose que Jacob a dit à son fils : « Je meurs, et Dieu sera avec vous ». Il pouvait parler de la fidélité de Dieu, car Il avait été avec lui pendant une longue vie de près de cent cinquante ans. Il reconnaît qu’il n’a pas été fidèle comme ses pères, Abraham et Isaac, qui avaient marché devant Dieu ; lui n’avait pas fait de même, mais malgré cela ce Dieu avait été son Berger, l’avait gardé et l’avait béni.

Vous allez peut-être me demander ce que c’est que de marcher avec Dieu. La chose est bien simple : lorsqu’une personne marche devant nous, nous voyons tout ce qu’elle fait, ses faits et gestes nous sont connus, elle ne peut rien nous cacher. Donc marcher devant Dieu, c’est avoir une vie dans laquelle il n’y a rien qui Lui soit caché, dans laquelle tout Lui est manifesté, nos actes, nos paroles, tout étant fait comme devant Lui.

Prenez la bonne habitude, dès votre jeune âge, de faire tout comme en la présence de Dieu, et de Lui parler de tout ce qui vous concerne : de vos allées et de vos venues, de vos travaux, de vos désirs, de vos peines, ne Lui cachez rien. Jamais vous ne regretterez d’avoir agi ainsi, et, arrivés à la fin de votre vie vous n’aurez pas, comme Jacob, à confesser que vous n’avez pas marché avec Dieu.

En terminant, encore un mot : Jacob donne à Joseph une portion de plus qu’à ses frères. De fait, Joseph était l’héritier des bénédictions de Jacob. En Israël, une double portion était la part du fils premier-né, et c’était Joseph qui avait ce droit, car Ruben l’avait perdu à cause de ses fautes, et c’était Joseph qui avait hérité de ce droit. Voyez à ce sujet 1 Chroniques 5. 1. En tout cela Joseph, comme dans presque toute sa vie, est un type de Christ. C’est Christ qui héritera de tout, et nous, nous hériterons avec Lui, ainsi qu’il est écrit : « héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » (Rom. 8. 17). Savons-nous apprécier un tel héritage ? Voulez-vous courir après les choses qui passent, ou voulez-vous mettre votre diligence pour acquérir les choses du royaume de Dieu ?

Maintenant nous arrivons à la dernière étape de la vie de Jacob avec le chapitre 49 de notre livre. Le voici sur son lit, prêt à mourir.

Le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux nous apprend que Jacob mourant bénit chacun de ses fils. Il les appelle et dit : « Assemblez-vous, et je vous ferai savoir ce qui arrivera à la fin des jours. Réunissez-vous et écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père ». Nous avons donc ici une prophétie dans laquelle Jacob nous fait connaître ce qui arrivera à la fin des jours.

Entrer dans les détails de ce chapitre nous entraînerait trop loin et il y aurait des choses trop difficiles pour que vous puissiez les comprendre. Je me bornerai donc à vous donner quelques grandes lignes des vérités que nous trouvons dans cette merveilleuse page.

Les trois premiers fils de Jacob, Ruben, Siméon et Lévi sont en quelque sorte ensemble et présentent les caractères de l’homme dans la chair – ou si vous aimez mieux, dans son état naturel. Aucune bénédiction n’est prononcée sur eux, mais seulement des malédictions.

Ce qui a caractérisé ces trois fils est la corruption et la violence. Ce sont les deux formes que revêt tout le mal qui est dans le monde. La corruption a aussi bien un caractère religieux qu’un caractère moral. Partout ici-bas c’est l’idolâtrie et la cruauté. L’homme s’exerce à perfectionner les moyens de destruction et, hélas ! partout le sang coule sur la terre. Le monde aujourd’hui est semblable à celui du temps de Noé, monde qui a été englouti par les eaux du déluge. Le monde d’aujourd’hui sera détruit, non par de l’eau, mais bien par le feu ainsi que nous l’apprenons par la seconde épître de Pierre, chapitre 3. 7. « Maudite soit leur colère, car elle a été violente », dit Jacob : Qu’en sera-t-il de ceux qui devront entendre leur jugement de la bouche du Seigneur ?

Après cela, voici Juda qui occupe une large place dans les paroles de Jacob. Il nous fait savoir que la tribu de Juda sera la tribu royale ; et nous savons que notre Seigneur a surgi de Juda et que c’est à Lui qu’appartient le sceptre. Ce qui nous est dit ici s’applique plus à Christ qu’à Juda lui-même. Qui sera loué comme notre Seigneur ? N’est-Il pas aussi celui qui dominera sur Ses ennemis et devant qui tous se prosterneront ?

Zabulon et Issacar sont l’image de l’état des Juifs maintenant. Après avoir rejeté leur Messie, ils sont dispersés parmi les nations, toujours agités et sans repos, comme la mer ; ils s’assujettissent à tout, pourvu qu’ils puissent gagner de l’argent. Ils se trouvent bien là où ils peuvent trafiquer.

Dan est une image de l’Antichrist qui revêtira un caractère diabolique, comme le serpent, et dominera sur le peuple incrédule. Pendant ce temps les fidèles diront : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » – le salut qui arrivera certainement par la venue du Messie.

Gad, Aser et Nephthali sont ensemble et revêtent les caractères du résidu fidèle d’Israël pendant ce temps-là, et qui attendra cette délivrance. Si les ennemis lui tombent dessus et semblent un moment être victorieux, en fin de compte ce sont eux qui tomberont sur leurs ennemis et les anéantiront.

D’Aser viendra le pain excellent qui fera les délices du Roi, donc de Christ ; il trouvera en eux Sa satisfaction, Son bon plaisir, car à cause de Lui ils porteront l’opprobre et endureront la souffrance de la part de leurs ennemis.

Nephthali, comme une biche légère, qui marche sur les lieux élevés, glorifie Dieu dans sa marche.

Avez-vous pensé que Dieu observe votre manière d’être et de faire ? Trouve-t-Il Son plaisir en voyant comment vous vous conduisez dans la rue, à la maison, à l’école ? Rien n’échappe à Son œil. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11).

Non seulement la marche de Nephthali est belle, mais aussi ses paroles sont agréables à Dieu. Quelles sont les paroles que Dieu peut trouver belles, si ce n’est celles qui proviennent d’un cœur qui est vrai devant Lui ? Quand un pécheur reconnaît sa misère et mène deuil sur ses fautes, ce sont de belles paroles. « Soyez vrais devant Dieu et devant les hommes, ayant dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain » (Éph. 4. 25).

Maintenant, je vais vous laisser, car nous ne pouvons pas aujourd’hui finir ce merveilleux chapitre. Gardez dans votre cœur ce que vous avez pu comprendre et plus tard vous trouverez dans cette page bien d’autres merveilles. C’est un infini comme tout ce qui est de Dieu.

Maintenant nous arrivons à Joseph, celui dont je vous ai parlé si longuement. Sa personne est si merveilleuse, parce qu’elle nous parle du Seigneur Jésus, le divin Joseph. Ici, comme dans les autres chapitres, où il est question de Lui, nous voyons briller les rayons de la gloire de notre Seigneur. C’est lui qui est la seule branche qui ait porté du fruit pour Dieu, et même tout le fruit qu’il a pu récolter dans le monde provient de Lui.

Ici il est représenté par un arbre planté près d’une fontaine. Là on ne connaît pas la sécheresse et un arbre, dans de telles conditions, ne peut que porter du fruit en abondance ; ses rameaux poussent par-dessus la muraille, nous est-il dit. Cela veut dire que sa bénédiction s’étend aux nations qui étaient sans Dieu et sans espérance dans le monde. Les bénédictions étaient promises à Israël, ce peuple qui était séparé des autres nations et comme entouré d’une muraille qui le mettait à part de tous ceux qui l’environnaient. Mais, après la venue du Seigneur Jésus, l’Évangile a été prêché à toutes les nations et des fruits abondants ont été produits parmi les Gentils aussi bien que parmi les Juifs.

Ce divin Sauveur a rencontré dans le monde la haine, la méchanceté et toute la puissance de l’ennemi ; c’est ce dont nous parle le v. 23. Les archers L’ont provoqué amèrement, et ont tiré contre Lui et L’ont haï. Rien ne L’a arrêté, Son arc est demeuré ferme par les mains du Puissant de Jacob. L’arc, dans les Écritures, est l’arme de la force. C’est Jésus aussi qui est le Berger, le Bon Berger dont vous connaissez l’histoire et dont, j’aime à le croire, vous êtes une brebis. Il est aussi la Pierre choisie et précieuse auprès de Dieu, mais que les bâtisseurs ont rejetée. Cherchez dans la première épître de Pierre le passage où il en est question.

Toutes les bénédictions sont comme accumulées sur Sa tête ; ce n’est qu’en Lui qu’il y en a, il ne peut s’en trouver dans aucun autre. C’est en Christ que nous sommes bénis de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes, et c’est en Christ que les Juifs seront bénis bientôt sur la terre. Les bénédictions prononcées par Jacob vont jusqu’au bout des collines éternelles.

Et pourtant c’est Christ qui a été rejeté de Son peuple et Lui que rejettent bien des personnes, même au milieu de ce qui s’appelle la chrétienté. Les hommes n’ont eu pour Lui aucune estime, et pourtant Il est plus beau que les fils des hommes, et toute Sa personne est désirable.

Enfin, nous trouvons Benjamin, le fils de la droite de son père. Il est ici un type de Christ quand il viendra pour exterminer Ses ennemis lors de l’établissement de Son règne. Ce n’est pas par la prédication de l’Évangile que ce règne s’établira, comme bien des personnes se le figurent, mais bien par le jugement de tous Ses ennemis.

Ce sont donc là les douze tribus d’Israël, tribus qui existent encore. Plusieurs sont perdues maintenant, mais Dieu, quand le moment sera venu, saura les retrouver et Il les ramènera dans le pays de la promesse, et le Seigneur régnera sur le peuple tout entier. Alors seront accomplies toutes les promesses faites aux pères, et toutes les prophéties que Dieu a données à Son peuple.

C’est ce dont Jacob avait le sentiment profond au moment où il allait mourir. C’est pourquoi il a voulu que son corps soit transporté dans le pays de la promesse et soit mis dans le sépulcre où avaient déjà été déposés ceux d’Abraham, de Sara, d’Isaac, de Rebecca et de Léa ; tous ceux-là auront part à la première résurrection et pourront jouir de la bénédiction que l’Éternel leur a promise et dont leur foi s’est emparée.

Avez-vous cru les promesses que Dieu a faites et qui sont la part de tous ceux qui L’ont honoré de leur confiance ? Maintenant Il a fait des promesses pour le ciel et ceux qui croient peuvent chanter :

Tandis qu’au ciel ma place est prête,

Ici-bas, j’ai la paix du cœur.

Maintenant Jacob est mort, sa longue vie ici-bas est terminée ; pour lui, après bien des orages, c’est le repos auprès de son Sauveur en attendant le jour de la résurrection, jour dans lequel il recevra les choses dont sa foi s’est emparée et dont il pourra jouir éternellement.

Joseph pleure son père. Tôt ou tard les précieux liens de la famille sont brisés, et il ne reste que des larmes et des regrets pour ceux qui demeurent ici-bas. Bien des larmes sont répandues sur cette pauvre terre, et cela même dans les lieux qui paraissent les plus favorisés.

Joseph lui-même a beaucoup pleuré. Cherchez dans votre Bible tous les passages où nous le voyons répandre des larmes. Les honneurs dont il était entouré et les richesses qui étaient entre ses mains ne l’ont pas empêché de verser beaucoup de larmes. N’enviez pas ceux qui sont haut placés dans le monde : souvent ce sont ceux qui sont dans les honneurs et dans l’opulence qui sont les plus à plaindre et qui ont le plus de sujets de souffrances.

Vous-mêmes, plus d’une fois, vous avez pleuré ; sachez bien que si Dieu vous donne encore des jours ici-bas, vous aurez encore à verser bien des larmes. Ne vous découragez pas pour cela et souvenez-vous que Dieu recueille nos larmes dans ses vaisseaux et que même Il les inscrit dans Son livre. Cherchez ce passage ; vous le trouverez dans le deuxième livre des Psaumes. Ce Dieu est aussi Celui qui console les Siens dans toutes leurs afflictions (2 Cor. 1. 4) et qui bientôt essuiera les larmes de dessus tout visage (És. 25. 8).

Après cela, Joseph commande à ses serviteurs, les médecins, d’embaumer le corps de son père. Vous remarquez ici comme Joseph était élevé en dignité dans le pays d’Égypte, puisque les médecins n’étaient que ses serviteurs. On fit à Jacob un grand deuil dans le pays d’Égypte, car il était le père d’un grand seigneur qui dominait sur tout le pays et devant lequel tous devaient fléchir les genoux (ch. 41. 43). Jacob aurait pu avoir un somptueux sépulcre en Égypte, mais il a préféré à cela l’humble caverne qui était dans le champ de Macpéla, où étaient déjà déposés les corps d’Abraham, de Sara, d’Isaac, de Rebecca et de Léa.

La foi sait estimer les choses d’une manière toute différente de ce que l’homme naturel ne le fait. Ce dernier ne voit que les choses visibles, tandis que le croyant voit les choses invisibles ; ces choses sont éternelles, tandis que ce qui se voit n’est que pour un temps.

Un très gros camp monta dans le pays de Canaan avec Joseph et ses frères. On fit là de grandes lamentations au sujet de Jacob. Après cela, Joseph retourna en Égypte avec ses frères. C’est là que Dieu l’avait placé et qu’il avait son service. D’un autre côté, c’était aussi dans les conseils de Dieu que la postérité de Jacob séjourne dans ce pays jusqu’au jour glorieux où l’Éternel interviendrait avec puissance, à main forte et à bras étendu pour les délivrer et les introduire dans le pays de la promesse.

Cette délivrance est une image d’une délivrance plus grande encore, quand le Seigneur Jésus Lui-même avec Sa puissance ressuscitera ceux qui sont endormis, changera ceux qui sont vivants sur la terre et nous ravira dans le ciel, la maison de Son Père. Vous réjouissez-vous dans cette bienheureuse espérance ?

Lorsque les frères de Joseph virent que leur père était mort, ils pensèrent que Joseph allait se venger sur eux de tout le mal qu’ils lui avaient fait. Ils ne connaissaient pas le cœur de Joseph et avaient de la peine à comprendre qu’ils étaient entièrement pardonnés. L’homme a de la peine à s’élever à la hauteur des pensées de Dieu, et entre difficilement dans la connaissance de l’étendue de Sa grâce.

De nouveau Joseph pleure en voyant que ses frères doutaient de son amour. Leur incrédulité affligeait son cœur. Combien de fois, nous aussi, nous affligeons le cœur du Seigneur Jésus lorsque nous ne savons pas nous confier pleinement dans Sa bonté envers nous. Ne doutez jamais de Son amour, pas même en présence de vos fautes. Son amour est plus grand que toute notre misère.

Après la mort de Jacob, nous avons celle de Joseph. Qu’on soit un grand seigneur dans le monde ou un humble berger, tôt ou tard, il faut quitter cette terre et abandonner toutes les choses au milieu desquelles nous avons vécu et que nous pouvons avoir aimées.

Joseph a conscience de toute la fidélité de l’Éternel en faveur des Siens et a la bienheureuse certitude que Dieu fera remonter le peuple dans le pays de leurs pères. Sa foi se montre ainsi dans toute sa beauté au moment même où, à vues humaines, il ne lui restait plus rien qu’un sépulcre. Tous les honneurs dont il a été entouré en Égypte ne sont rien, comparés avec la gloire dont il sera entouré au jour de Christ.

Maintenant nous voici à la fin du livre de la Genèse. Soyez bien assuré que nous n’avons vu que les bords des richesses qu’il contient, une bien petite partie. Continuez d’en faire la lecture et vous y trouverez bien d’autres merveilles. Cherchez-y toujours la Personne du Seigneur Jésus, le divin Joseph ; c’est Lui qui est la clé de toutes les Écritures.

La dernière fois nous avons fini la lecture du livre de la Genèse. Depuis lors je me suis demandé quel était le sujet que nous devions prendre pour poursuivre nos études sur la Parole. J’aurais eu du plaisir à lire avec vous le livre de l’Exode, mais il présente certaines difficultés qui m’ont décidé à y renoncer, non qu’il n’y ait pas là des richesses bien grandes, mais par le fait qu’il s’y trouve des vérités qui dépassent ce que vous pouvez comprendre maintenant. Or, le Seigneur enseignait ceux qui étaient autour de lui « selon qu’ils pouvaient l’entendre » (Marc 4. 33).

Comme nous avons à L’imiter en toutes choses, j’ai donc le devoir de vous parler de choses qui sont à votre portée et dont vous pouvez profiter maintenant. Plus tard, quand vous serez devenus grands, si le Seigneur n’est pas venu, et si Dieu vous accorde quelques années de vie ici-bas, vous trouverez d’autres écrits qui vous feront connaître les richesses contenues dans le livre de l’Exode. Toutes les merveilles contenues dans la Parole de Dieu sont à la disposition de la foi ; mais il faut de la diligence pour s’en emparer. « La main des diligents enrichit », lisons-nous dans le livre des Proverbes (ch. 10. 4).

J’ai donc pensé que vous seriez heureux d’entendre parler de Samuel et de David, qui sont des hommes de Dieu remarquables. Nous lirons donc le premier livre de Samuel, livre dont j’ai beaucoup joui moi-même il y a quelques années, dans une série de réunions auxquelles probablement plusieurs d’entre vous ont assisté. Vous allez donc, chacun de vous, lire pour vous-même le premier chapitre de ce livre. Je serais heureux si vous vouliez bien noter sur une feuille de papier quelques pensées qui vous auront été suggérées par cette lecture ; et quand nous méditerons ensemble vous pourrez constater si nous avons eu les mêmes pensées. Ce serait un encouragement pour vous et pour moi.

Je me suis aussi demandé si quelquefois vous priez pour moi ? Soyez bien assurés que nous avons besoin des prières les uns des autres. Vous savez que l’apôtre Paul demandait les prières de ceux auxquels il écrivait. Lisez dans le chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens, les v. 18 et 19.

Avant de commencer ce précieux livre de Samuel, je veux vous donner quelques courts renseignements sur les livres qui précèdent. Ainsi vous pourrez vous-mêmes commencer à les méditer tout seuls.

Je ne vous dis rien de la Genèse, puisque nous venons de nous en occuper ensemble.

Le mot « Exode » veut dire « la sortie ». Ce livre de l’Exode nous raconte comment l’Éternel a fait sortir Son peuple de l’Égypte, l’a introduit, conduit et nourri dans le désert. Il nous donne aussi des enseignements concernant la construction du tabernacle. Pour nous, ces enseignements ont une portée pratique : Dieu nous a sauvés de la puissance d’un maître plus redoutable que le Pharaon, Satan lui-même ; Il nous a délivrés non pas de l’Égypte, mais de ce monde, et nous voici en route pour le pays de la promesse, le ciel même. Outre cela, nous connaissons un lieu où nous pouvons rencontrer la présence de Dieu, plus merveilleux que le tabernacle qui était dans le désert : l’Assemblée de Dieu.

Le « Lévitique », ainsi que son nom l’indique, était le livre des « Lévites » qui enseignaient le peuple, ce qui concernait le culte qui devait être rendu à Dieu.

Le livre des « Nombres », où tout est compté ou dénombré, si vous préférez, nous raconte comment le peuple s’est conduit dans le désert : une bien misérable histoire ! Pourtant, en le dénombrant, Dieu reconnaissait qu’il était Son peuple et qu’Il s’intéressait à tout ce qui le concernait.

Le « Deutéronome », mot qui veut dire : « La loi, une seconde fois », fait connaître au peuple les conditions qui étaient nécessaires pour qu’il puisse jouir des bénédictions qui seront à sa disposition quand il serait dans le pays de la promesse dans lequel il allait entrer. Ce livre peut se résumer dans un seul mot « obéissance ». C’est un principe qui est vrai dans tous les temps. Aujourd’hui, comme alors, nous ne pouvons profiter des privilèges que Dieu met à notre disposition qu’en marchant dans l’obéissance à Sa parole.

Le livre de « Josué » nous raconte comment Dieu a introduit le peuple dans le pays par le moyen de Josué. Pour nous, nous connaissons le divin Josué qui va nous introduire dans le ciel même. Il vaut la peine de suivre un tel Chef.

Le livre des « Juges », ainsi nommé parce qu’il nous parle du temps où les juges jugeaient le peuple de la part de l’Éternel, est le pendant du livre des Nombres. Dans ce dernier, le Saint Esprit nous raconte, ainsi que nous venons de le voir, comment le peuple s’est conduit dans le désert, tandis que les Juges nous racontent comment il s’est conduit dans le pays. Hélas ! dans une contrée comme dans l’autre, il a désobéi à l’Éternel.

Le livre de « Ruth » nous montre comment la grâce de Dieu peut s’élever au-dessus de la misère de l’homme et même au-dessus des exigences de la loi. Cette grâce s’en va au loin vers les nations qui n’ont pas de promesses et qui sont sans Dieu et sans espérance dans le monde. C’est en vertu de cette grâce que nous pouvons être sauvés et que nous pouvons subsister devant Dieu. Retenons bien dans nos cœurs cette précieuse vérité. Lisez, en terminant, Hébreux 12, les versets 15 et 28.

Aujourd’hui nous allons donc commencer la lecture du premier chapitre du premier livre de Samuel. Il est de toute évidence que je ne pourrai pas vous expliquer toutes les choses qui s’y trouvent, mais je me bornerai à attirer votre attention sur les principaux faits qui nous y sont rapportés, et surtout sur ce qui peut particulièrement vous être utile.

Vous remarquerez que le livre commence par le mot « et ». Cela veut dire qu’il se relie à ceux qui précèdent. Vous vous souvenez que le livre des « Juges » nous raconte comment le peuple de Dieu s’était mal conduit dans le pays de la promesse. Il n’avait nullement écouté les enseignements que Dieu lui avait donnés dans le livre du Deutéronome, et, au lieu d’obéir à la loi de l’Éternel, chacun faisait ce qui était bon à ses yeux, c’est-à-dire que chacun faisait sa propre volonté. C’est ce qui a amené tout le désordre et toutes les mauvaises choses qui nous sont racontées dans ce livre.

Nous y voyons même qu’un petit-fils de Moïse, nommé Jonathan, était sacrificateur auprès d’une image taillée pour la tribu des Danites (ch. 18. 30). Chose horrible ! Être un descendant d’un serviteur aussi fidèle que Moïse, qui avait donné la loi dont le premier commandement défendait les images taillées, qui avait détruit le veau d’or, et être au service d’une idole… On peut avoir des parents pieux et fidèles et tomber bien bas quand on désobéit aux enseignements que Dieu nous donne dans Sa Parole.

Demandez à Dieu de bien vouloir vous garder, Lui seul peut le faire. La conséquence de cette désobéissance a été que le peuple s’est trouvé dans la misère et sous le jugement de Dieu.

Le livre de Ruth fait suite à celui des Juges ; là, le peuple est dans la famine ; et voici un homme dont le nom est Élimélec, qui, au lieu de s’humilier devant Dieu, va encore plus loin dans le chemin de la désobéissance, quitte le bon pays que l’Éternel a donné à Son peuple et va au pays de Moab, ce qui était positivement défendu. Lire Deutéronome 23. 3 à 7.

Là, il y meurt, ainsi que ses fils. Hélas ! Seule sa femme revient dans le deuil, la tristesse et l’amertume. C’est tout ce que l’on trouve quand on désobéit à Dieu. Mais, au milieu d’une telle scène, voici la grâce de Dieu qui brille d’un éclat bien merveilleux envers sa belle-fille, Ruth, une Moabite qui ne méritait rien, et qui n’avait aucun droit aux promesses divines, ni aux bénédictions qui étaient la part du peuple d’Israël.

Cette femme était caractérisée par une grande foi, foi qui s’élevait au-dessus de toute la misère de l’homme et qui trouve en Dieu la réponse à tous ses besoins : un Dieu qui se plaît à enrichir ceux qui se confient en Lui.

À la fin de ce petit livre se trouve une courte généalogie qui part du fils de Juda et qui aboutit à David le roi, et dans cette généalogie est nommé Obed, le fils de Ruth. Ruth a donc été dans les ancêtres de notre Seigneur, selon la chair.

Ceci dit, nous arrivons à notre premier livre de Samuel, qui nous fait connaître ce roi David, le roi selon le cœur de Dieu.

Vous voyez comment, dans les Écritures, tout nous est donné avec un ordre parfait. J’aimerais pouvoir vous en montrer d’autres exemples, mais cela nous prendrait trop de temps. Vous pouvez le remarquer vous-même en lisant la Parole. Mais il nous faut enfin nous occuper de notre livre de Samuel.

Lorsque nous lisons les Écritures, nous sommes en présence de tant de merveilles que nous ne savons ni où commencer, ni où finir. Vous remarquez que dans ce premier livre de Samuel tout est en désordre parmi le peuple de Dieu : la loi avait été violée déjà à Sinaï, les premiers chapitres de notre livre nous apprennent que la sacrificature a été ruinée à cause de la méchanceté des fils d’Éli, le souverain sacrificateur ; et le jugement allait tomber sur le peuple et sur ceux qui servaient dans la maison de Dieu.

C’était un état de choses qui ressemblait à la chrétienté d’aujourd’hui. La Parole de Dieu n’est plus écoutée et c’est le désordre partout, même au milieu de ceux qui prétendent encore servir Dieu. Le jugement est à la porte. Les événements qui se déroulent aujourd’hui nous avertissent de ce qui va arriver. Que faire dans des temps pareils ? Les premières pages de notre livre de Samuel sont pleines d’instruction à ce sujet.

Lisez vous-même ce premier chapitre et certainement le Seigneur Lui-même vous donnera bien des enseignements importants. Il est précieux de profiter des enseignements qui nous sont donnés par d’autres personnes, mais ceux que le Seigneur nous donne Lui-même ont toujours un prix particulier pour nos âmes. Samuel a certainement appris beaucoup de choses par la bouche d’Éli, mais il en a appris de plus intimes, de plus précieuses quand l’Éternel se révélait Lui-même par Sa parole. Qu’il en soit ainsi de vous tous.

Vous n’avez pas oublié ce que je vous ai dit concernant l’état dans lequel se trouvait le peuple de Dieu, tel qu’il nous est dépeint au commencement du premier livre de Samuel.

Aujourd’hui je veux vous parler du père et de la mère de Samuel, dont la piété faisait contraste avec l’état général du peuple. Le père s’appelait Elkana ; un nom remarquable puisqu’il veut dire « Dieu de la grâce » ; sa femme se nommait Anne, ce qui veut dire « grâce ». En somme, elle portait le même nom que son mari.

Vous savez que chez les fils d’Israël les noms avaient une grande importance, et souvent ils caractérisaient ceux qui les portaient. Elkana et sa femme connaissaient donc quelque chose de la grâce de Dieu. N’est-ce pas là la première chose qu’un homme devrait connaître ?

Il est évident que, étant sous la loi, ils ne pouvaient pas connaître toute l’excellence de cette grâce comme elle nous a été révélée dans la Personne du Seigneur Jésus ; car la loi a été donnée par Moïse, et la grâce vint par Jésus Christ (Jean 4. 17). Malgré cela, avant la venue du Seigneur, Dieu avait donné bien des exemples de cette grâce, et les âmes qui cherchaient Dieu pouvaient en connaître suffisamment pour y trouver une réponse à leurs besoins.

Dieu avait fait grâce à Adam et il n’est pas mort le jour même de son péché, puisqu’il a eu une longue vie de neuf cent trente ans. Noé a trouvé grâce aux yeux de l’Éternel, et bien d’autres avec lui. Cherchez vous-mêmes dans les Écritures et vous trouverez un grand nombre d’exemples de cette merveilleuse grâce de Dieu.

Pour pouvoir en jouir, il est de toute nécessité de connaître sa propre culpabilité. La grâce n’est que pour les coupables, comme la miséricorde n’est que pour les misérables. J’aime à penser que vous aussi vous savez que vous êtes des coupables et que c’est en vertu de cette grâce libre et gratuite que vous pouvez subsister devant Dieu.

Donc Elkana et sa femme connaissaient quelque chose de la grâce de Dieu, et le premier résultat de cette connaissance était qu’ils allaient chaque année à Silo pour adorer l’Éternel des armées.

Peut-être que vous vous êtes demandé ce que signifiait ce titre : « Éternel des armées » ? L’Éternel des armées, c’est le Dieu qui a à Sa disposition toutes les armées célestes, ces myriades d’anges, puissants en force et en dignité, ils sont Ses serviteurs accomplissant Son bon plaisir. Le Seigneur disait à Pierre : « Penses-tu que je ne puisse pas maintenant prier mon Père, et il me fournirait plus de douze légions d’anges ? » (Mat. 26. 53). L’Éternel des armées est donc le Dieu qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre.

Connaître Dieu fait de nous des adorateurs. Or Dieu est glorifié lorsque nous venons ainsi Lui rendre culte. Elkana allait donc adorer à Silo, car c’était là que se trouvait l’arche de l’Éternel.

Nous ne pouvons pas aller adorer n’importe où. Dieu avait fixé un lieu où Son peuple devait venir Lui rendre culte et Lui offrir des sacrifices. Lisez le chapitre 12 du livre du Deutéronome et vous verrez que là, Dieu donne tous les enseignements à Son peuple concernant cette précieuse vérité. Un Israélite devait aller, avec toute sa famille, rendre culte dans le lieu que l’Éternel aurait choisi. Les enfants y avaient une part comme les grandes personnes. C’est ce que faisait Elkana. Là il y avait des portions pour lui, pour ses femmes et pour ses enfants.

Certainement vos parents vous emmènent avec eux, le premier jour de la semaine, dans le lieu où le Seigneur a mis la mémoire de Son nom et où Il vient à nous pour nous bénir. Vous avez là une part comme tous ceux qui sont présents. En Israël la part était matérielle, c’était la chair des sacrifices qui étaient mangés dans la présence de Dieu ; pour nous, c’est une part spirituelle. Certainement vous connaissez quelque chose de la joie qu’il y a à chanter les louanges du Seigneur. C’est cette part précieuse qui est la vôtre et celle de tous les adorateurs de maintenant.

Vous pouvez aussi remarquer qu’il n’y avait pas que de la joie à Silo. Là se trouvaient les deux fils d’Éli, qui étaient de méchants hommes. Nous aurons malheureusement l’occasion de reparler d’eux plus tard. Ce devait être un grand sujet de souffrances pour un Elkana pieux, de voir ces malheureux qui méprisaient l’offrande de l’Éternel, mais cela ne l’empêchait pas de continuer d’aller à Silo d’année en année, car il venait là chercher la présence de l’Éternel.

Or, celui qui cherche le Seigneur Le trouve. Nous n’avons jamais à regarder aux hommes, mais bien au Seigneur, Lui est toujours fidèle. Elkana avait d’autres sujets de souffrances, nous en parlerons lors de notre prochaine leçon. Ceci dit, je vous quitte pour cette fois, me demandant si cette leçon n’a pas été un peu trop longue pour vous. Il vaut mieux peu et bien retenir que beaucoup et tout oublier.

Je vous ai dit, la dernière fois, qu’Elkana avait des sujets de souffrances. La vue de la conduite des fils d’Éli devait certainement en être une grande pour lui, en voyant ces malheureux qui livraient la gloire de l’Éternel à l’opprobre.

Une autre souffrance était la sienne, celle de voir sa femme bien-aimée, Anne, être l’objet de la haine de Pennina, qui était son ennemie, nous est-il dit. Anne pleurait ; ce devait être une chose bien pénible pour Elkana que de voir la douleur de sa femme chérie.

Elkana et Anne étaient pieux, et Pennina, ne l’était pas, c’est ce qui occasionnait bien de la souffrance dans cette maison. Dans toutes nos difficultés nous avons à nous souvenir qu’il y a une ressource pour ceux qui veulent être fidèles au Seigneur, cette ressource c’est la prière.

Anne le savait bien, et vous voyez la grande place que ce saint exercice de l’âme avec Dieu avait dans la vie de cette pieuse femme. Au v. 10, il nous est dit qu’elle priait longuement devant l’Éternel ; au v. 15, elle répandait son âme devant l’Éternel ; au v. 16, elle lui parlait dans la grandeur de sa plainte et de son chagrin ; au v. 26, elle dit : « Je suis la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel, j’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite » enfin, au chapitre 2. 1 : « Et Anne pria ».

Elle prie quand elle est dans l’amertume, et elle continue à prier quand elle est dans la joie. Nous prions facilement quand nous sommes dans la détresse, mais souvent nous négligeons la prière quand les circonstances paraissent favorables. Priez en tout temps et pour toutes choses.

Anne ayant été une femme de prières, tout naturellement Samuel, son fils, lui aussi a été un homme de prières. Il avait été à une bonne école. Nous aurons maintes fois l’occasion d’en reparler au cours de la lecture de ce livre. Dieu peut exercer la foi de ceux qui prient, et faire attendre la réponse à leurs prières pendant un temps, mais tôt ou tard Il répond, et cette réponse est d’autant plus merveilleuse qu’il a fallu l’attendre plus longtemps.

Autre chose, avant de nous donner ce que nous avons demandé, Dieu nous fait jouir de Sa paix, et cela même lorsque les circonstances n’ont pas changé. Vous connaissez le merveilleux passage de Philippiens 4. 6 et 7 : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus ».

C’est ce qu’Anne a expérimenté après avoir ainsi répandu son âme devant l’Éternel. Elle put s’en aller son chemin, elle mangea et elle n’eut plus le même visage. Au lieu de la tristesse, ce visage reflétait la paix qui remplissait son cœur : la paix de Dieu était sa part. Elkana et sa famille peuvent maintenant se lever, se prosterner devant l’Éternel et rentrer chez eux en attendant le moment où Dieu exaucera la prière de Sa fidèle servante.

C’est une chose précieuse que de pouvoir ainsi rechercher le. Seigneur en tout temps. Nous pouvons être dans des circonstances pénibles, mais Lui nous sauve de toutes nos détresses et, pour finir, nous avons de nombreux sujets de Le bénir. Heureux les enfants qui ont des parents qui prient pour eux. Anne a prié pour Samuel avant sa naissance et elle a prié après.

Ce premier chapitre du premier livre de Samuel est plein d’enseignements pratiques pour nous ; si nous savions mieux y prendre garde, nous serions gardés de bien des faux pas dans notre marche de chaque jour. Anne, dans sa prière, dit à l’Éternel qu’elle Lui donnera son fils pour tous les jours de sa vie. Savez-vous que vos jours ne vous appartiennent pas ? Ils sont au Seigneur, Lui qui a tous les droits sur chacun de nous.

La conséquence bien simple de tout cela, c’est que nous n’avons pas le droit de faire les choses qui nous plaisent, mais que nous avons à prendre conscience que nous sommes esclaves de Christ. C’est un heureux esclavage, c’est même la seule vraie liberté. Je me souviens que, quand j’étais enfant, dans presque toutes les réunions de prières, un vieillard indiquait ce cantique :

« Seigneur, sanctifie nos jours, nos moments ».

Il avait bien compris que ses jours et ses moments étaient au Seigneur.

Autre chose, Anne a dit que le rasoir ne passerait pas sur la tête de son fils. Cela voulait dire qu’il serait un « Nazaréen de Dieu ». Nazaréen veut dire « séparé ». Vous lirez à ce sujet le chapitre 6 du livre des Nombres, qui nous enseigne ce qu’était le Nazaréat. Ce fils donc, dès son entrée dans le monde, était séparé du monde et du mal pour être tout entier à Dieu. Cela faisait de lui un vrai témoin au milieu du peuple. C’était une belle vie qui s’ouvrait devant lui. Cela n’est-il pas propre à vous faire envie ?

Lisez donc attentivement tout ce qui nous est dit de Samuel et demandez à Dieu qu’Il vous accorde la grâce d’être fidèles comme lui l’a été.

D’après la Bonne Nouvelle 1941

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (7)

Aujourd’hui, je veux vous parler de Benjamin. C’était donc le plus jeune des fils de Jacob ; de même que Joseph, il lui était né de Rachel, sa femme bien-aimée.

Vous savez qu’il n’avait pas participé au crime de ses frères quand ils avaient vendu Joseph. Il était toujours resté auprès de son père, qui l’aimait tendrement.

Sur l’ordre de Joseph, il était descendu en Égypte avec ses frères. Lorsque Joseph le vit, son cœur fut ému envers lui et il se cacha dans sa chambre pour y pleurer. Il ne pouvait pas encore se faire connaître à lui dans ce moment, car il avait d’autres pensées à son égard. Il voulait, par son moyen, éprouver ses frères et voir ce qu’il en était d’eux. C’est pourquoi il fit mettre sa coupe d’argent à l’entrée de son sac.

C’est donc là que le serviteur de Joseph retrouva cette coupe, lorsqu’il fouilla les sacs des fils de Jacob. Quelle fut leur détresse en voyant cette coupe, et cela d’autant plus que Benjamin était parfaitement innocent ! Dans ce moment-là, quatre paroles furent prononcées. J’aimerais que nous les considérions ensemble et avec une profonde attention car, par ce moyen, le Saint Esprit veut nous parler d’un plus grand que Benjamin, le Seigneur Jésus qui, tout en étant parfaitement innocent, a dû être traité comme le plus vil des malfaiteurs quand il est venu vers ses frères, les fils d’Israël.

La première de ces paroles c’est : « Que celui de tes serviteurs chez qui la coupe se trouvera meure ; et, nous aussi, nous serons serviteurs de mon Seigneur ». L’intendant de Joseph dit : « Maintenant, qu’il en soit selon vos paroles ».

Benjamin n’a pas dû mourir, mais le Saint et le Juste, le Seigneur Jésus, vous le savez, a dû mourir à cause de nous qui étions des coupables. Il en a été selon ces paroles, non pour Benjamin, mais bien pour Lui, alors même que Pilate, le juge, par trois fois, a déclaré qu’aucun crime n’était en lui. Lisez vous-même le chapitre 23 de l’évangile de Luc et notez les trois passages dans lesquels Pilate déclare Son innocence. Vous pouvez aussi les noter dans l’évangile de Jean, à la fin du chapitre 18 et au commencement du chapitre 19.

Benjamin, donc, aurait dû mourir, et ses frères auraient été serviteurs de Joseph si la chose s’était accomplie à la lettre. Mais c’est le Seigneur Jésus qui est mort et, depuis cette mort, notre glorieux et bienheureux privilège est de servir le Seigneur. Vous voyez qu’ici, comme dans toutes les Écritures, le Saint Esprit nous parle de Lui.

Une deuxième parole : « Celui chez qui elle sera trouvée sera mon serviteur, et vous, vous serez innocents ». De même le Seigneur Jésus a été le parfait Serviteur et, en vertu de Son service qui L’a conduit à la mort, de pauvres coupables tels que nous sont justifiés et sans conscience de péché devant Dieu, lavés comme ils le sont dans Son sang, et plus blancs que neige.

Une troisième parole : « Nous sommes serviteurs de mon Seigneur, tant nous que celui en la main duquel la coupe a été trouvée ». Ici, nous avons de nouveau une image du Seigneur : Il est avec les Siens qui, tous ensembles, comme un corps de sacrificateurs, peuvent servir Dieu, le Père, dans Son sanctuaire. C’est une part précieuse entre toutes. Quand vous chantez les louanges du Seigneur dans l’assemblée, vous accomplissez ce précieux service autour de Lui et dans le lieu où Il a mis Son nom. En faisant cela vous Le glorifiez, car celui qui sacrifie la louange Le glorifie. Cherchez ce verset dans le Psaume 50.

Enfin, une quatrième parole : « Lui sera mon serviteur ; et vous, montez en paix vers votre père ». De nouveau, nous trouvons le parfait Serviteur, celui qui est Serviteur à toujours et, en vertu de Son service, nous montons en paix vers la maison du Père, là où nous allons entrer bientôt. J’aime à penser que tous, vous vous réjouissez à la pensée d’être bientôt dans cette demeure céleste, que du fond de vos cœurs vous dites : « Viens, Seigneur Jésus ! » Nous ne pouvons le faire qu’avec des cœurs reconnaissants envers Lui de ce qu’Il a été ainsi obéissant jusqu’à la mort de la croix pour nous.

Vous avez sans doute repensé à Benjamin et à ses frères quand ils étaient devant Joseph après que la coupe a été trouvée dans son sac ; et vous vous êtes demandé comment tout cela s’est terminé. Eh bien, voici, Joseph leur dit : « Ne savez-vous pas qu’un homme tel que moi sait deviner ? » Il savait donc tout ce qui en était d’eux. Nous pouvons donc nous représenter un peu l’angoisse qui a rempli leurs cœurs en entendant une telle parole. Il était donc impossible de rien lui cacher ; il savait quelle avait été leur vie passée et il était parfaitement inutile de venir lui dire, comme ils l’avaient fait autrefois : « Nous sommes d’honnêtes gens ».

Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur et on ne peut rien Lui cacher. Il est très important que nous en soyons profondément pénétrés. Maintes fois vous avez entendu dire que Dieu est amour. Cela est parfaitement vrai, mais il est tout aussi vrai qu’Il est lumière. On ne peut rien Lui cacher et on ne peut pas se cacher de Lui. Si nous ne venons pas dans Sa lumière maintenant, un jour Il mettra devant la lumière de Sa présence nos fautes cachées et, devant Son trône blanc, tout ce que nous aurons fait, dit et pensé sera pleinement manifesté. Lisez les versets 12 à 15 du chapitre 20 du livre de l’Apocalypse.

Parlez-Lui de tout ce qui vous concerne, et surtout, ne Lui cachez aucune de vos fautes. Le Psaume 32 est là pour nous instruire et nous enseigne comment nous pouvons être bienheureux. Nous y lisons : « J’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel, et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché ». « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité ». Cherchez vous-mêmes le passage dans la première épître de Jean et notez-le afin de bien vous en souvenir.

Sous le coup de la détresse qui remplissait le cœur des fils de Jacob, et en entendant les paroles de Joseph, ils reconnaissent ce qu’il en est d’eux et Juda est le porte-parole pour reconnaître leurs fautes et les confesser : « Que dirons-nous à mon seigneur ? Comment parlerons-nous et nous justifierons-nous ?» Tout semblait être contre eux et ils avaient la bouche fermée.

C’est déjà une bonne chose et même une chose excellente, quand un coupable se tait et ainsi reconnaît qu’il ne peut pas se justifier. C’est là qu’il faut en venir lorsque nous nous présentons devant Dieu. « Je suis resté muet, et je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait », dit le psalmiste (Ps. 39. 9). « Comment parlerons-nous et comment nous justifierons-nous ? » dit Juda. Quand nous sommes coupables, et nous le sommes tous, nous n’avons rien d’autre chose à faire que de baisser la tête sous la main de Dieu et à fermer la bouche.

Juda ajoute : « Dieu a trouvé l’iniquité de ses serviteurs ». Il reconnaît donc que la main de Dieu est sur eux, et cela à cause de leurs fautes.

Souvent nous voyons des personnes qui sont dans des circonstances pénibles et douloureuses, et qui disent : « Pourquoi, pourquoi ? » Si ces personnes jetaient un coup d’œil sur leur vie passée, elles pourraient se souvenir de bien des fautes plus ou moins oubliées, et qui n’ont jamais été jugées ni confessées. Dieu permet ces circonstances afin de les faire rentrer en elles-mêmes, et considérer leur passé à la lumière de Sa présence, afin de pouvoir leur pardonner pendant qu’il en est encore temps.

C’est précisément ce que voulait Joseph avec ses frères, et c’est pourquoi il les a fait passer par des choses douloureuses, mais qui étaient nécessaires pour les amener à reconnaître ce qu’ils étaient. Ce n’était plus le moment de dire : « Nous sommes d’honnêtes gens ». Ils n’avaient rien d’autre à faire que de reconnaître leur effrayante méchanceté.

Vous vous souvenez sans doute de ce que nous avons considéré dans lequel nous avons vu Juda reconnaissant sa culpabilité et celle de ses frères. C’est toujours ce que nous avons à faire lorsque nous avons commis quelque faute, car celui qui se condamne lui-même, Dieu le justifie, et si Dieu justifie, qui pourra condamner ? Personne.

Dans la fin de notre chapitre 44 de la Genèse, nous voyons dans Juda les preuves évidentes d’une réelle conversion. Il se met à plaider devant Joseph en faveur de Benjamin dans des termes si touchants qu’ils sont propres à émouvoir le cœur le plus dur. Il parle de son vieux père, du fils de ce dernier, que son père croit mort et qu’il pleure, de l’amour de son père pour son plus jeune fils qu’il aurait voulu garder auprès de lui, mais qui a dû descendre en Égypte à cause de la volonté de Joseph : si un accident lui arrivait en chemin, et si ses fils revenaient d’Égypte sans lui, ses cheveux blancs descendraient avec douleur au shéol.

La détresse dans laquelle se trouve ce pauvre Juda lui donne une éloquence qui est propre à arracher des larmes à l’homme le plus endurci. Il ne saurait retourner vers son père si le jeune homme n’est pas avec lui et il ne saurait se résoudre à voir la douleur de son père et le malheur qui l’atteindrait s’il se voyait privé de son plus jeune fils ; aussi il propose à Joseph de rester serviteur en Égypte à la place de son frère.

Cela nous montre quel changement s’était opéré en lui depuis le jour où, avec ses frères, ils avaient rapporté la tunique ensanglantée de Joseph. Vous vous souvenez qu’ils lui avaient dit : « Nous avons trouvé ceci, reconnais si c’est la tunique de ton fils ou non ». Dans l’endurcissement de leurs cœurs, ils ne se souciaient ni de la vérité, ni de la douleur de leur père, ni de ses larmes. Quel cœur dur et froid que celui de l’homme sous la puissance de Satan !

Maintenant, tout est changé. Ce sont des sentiments tout différents qui remplissent leurs cœurs, et Juda était tout disposé à se sacrifier en faveur de son frère, afin d’épargner à son père la douleur de perdre son plus jeune fils.

Lorsqu’une vraie conversion a été opérée dans un cœur, on en voit certainement les fruits dans la vie de celui chez lequel la chose a eu lieu. Il ne suffit pas de dire qu’on est converti, mais la vie doit le manifester. Du reste, nous parlons souvent plus par nos actes et notre manière de faire que par nos paroles.

J’aime à penser que vous connaissez tous le Seigneur Jésus comme votre Sauveur, et que vous êtes même heureux de Le confesser quand l’occasion se présente ; mais n’oubliez pas que vos paroles et vos actes doivent être en parfait accord avec ce que vous professez.

Maintenant, les frères de Joseph sont arrivés au point où il voulait les voir afin de pouvoir les pardonner. Ils reconnaissent qu’ils sont coupables, ils sont là devant lui, brisés, humiliés, repentants. Dans cette dernière extrémité, n’ayant plus aucune ressource que celle de la miséricorde de Joseph, ils vont apprendre à connaître quel est ce glorieux personnage devant lequel ils sont là, tout tremblants, et quel est son amour pour eux.

Si cela était vrai dans ce moment-là, cela est vrai encore aujourd’hui pour tous ceux qui, reconnaissant leur misère, n’ont plus aucune ressource en eux-mêmes, et se tiennent devant Celui en qui ils ne voient qu’un juge qu’ils ont offensé : Il se révèle à eux comme leur Sauveur, Celui qui les aime, qui leur pardonne, les comble de bienfaits.

Nous comprenons pourquoi le Pharaon a appelé Joseph Tsaphnath-Pahnéakh, ce qui, vous vous en souvenez, veut dire : sauveur du monde.

Aujourd’hui vous lirez en entier le chapitre 45 du livre de la Genèse. C’est une des pages les plus impressionnantes de la Parole de Dieu ; il faut avoir un cœur bien endurci pour ne pas être profondément ému en la lisant.

Nous avons vu la dernière fois que Juda, sous le coup de l’épreuve qu’il avait traversée en compagnie de ses frères, a fait une belle confession, reconnaissant sa culpabilité et l’impossibilité complète dans laquelle il se trouvait de pouvoir se justifier. C’est à cela que Joseph voulait amener ses frères, afin de pouvoir les faire jouir d’un plein pardon. Il en est de même maintenant de la part de Dieu, qui ne demande qu’à justifier même les plus grands coupables et veut leur accorder le pardon de leurs péchés. Mais, pour cela, il est absolument nécessaire qu’ils reconnaissent qu’ils sont des pécheurs perdus. Repentez-vous, et croyez à l’évangile, a dit le Seigneur dès le début de Son ministère ici-bas (Marc 1. 15).

Il est de toute évidence qu’on ne peut apprécier la grâce de Dieu que dans la mesure où l’on a reconnu sa misère. Lorsqu’on l’a fait, on peut dire, avec le psalmiste : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert » (Ps. 32. 1). Le roi David, qui a écrit ce psaume, n’a pu jouir de ce bonheur qu’après avoir dit : « Je ferai confession de mes transgressions à l’Éternel, et toi tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 5).

Joseph, en entendant les paroles de son frère Juda, est profondément ému. Il aimait ses frères d’un amour profond; tout ce qu’il avait enduré de leur part n’avait en rien changé cet amour. Il ne peut plus se contenir et il fait sortir tous ceux qui se tenaient auprès de lui, voulant être seul avec ses frères au moment de se faire connaître à eux.

Le Seigneur, Lui aussi, nous aime, et d’un amour plus grand que celui qui remplissait le cœur de Joseph pour ses frères. Or c’est en ayant affaire avec Lui dans le secret qu’on apprend à Le connaître. Avez-vous, une fois dans votre vie, été seul avec Lui et, caché dans votre chambre, avez-vous eu affaire avec Lui au sujet de ce que vous êtes et de ce que vous avez fait ? Lui avez-vous parlé de vos fautes ? Lui avez-vous dit tout ce que vous avez fait, même des choses que vous n’avez osé raconter à personne ? Il ne demande que cela de vous.

Lorsque le fils prodigue est revenu à la maison, il a dit à son père : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi (Luc 15. 21). Alors son père le couvrit de baisers. Tout était oublié, pardonné. Quel bonheur pour le prodigue, mais aussi quel bonheur pour le cœur du père !

Joseph laisse éclater sa voix en pleurs : comment dépeindre l’émotion qui remplissait son cœur dans ce moment ? Alors il dit à ses frères : Je suis Joseph ! La foudre tombant sur le lieu où ils étaient les aurait moins émotionnés que d’entendre cette déclaration. Voyez la confusion qui remplissait leurs cœurs.

Ils avaient dit : « Jetons-le dans cette citerne et nous verrons ce que deviendront ses songes », et maintenant le voici devant eux, bien vivant et entouré d’une gloire extraordinaire ! Sans s’en douter, en se prosternant devant lui, ils avaient accompli à la lettre les songes que Joseph leur avait racontés.

Rien n’est impossible à Dieu, ce qu’Il a dit s’accomplit à la lettre et rien ne peut être un obstacle à la réalisation de Ses desseins : « Le conseil de l’Éternel subsiste à toujours, les desseins de Son cœur, de génération en génération », lisons-nous dans le Psaume 33. 11. Or les desseins de Dieu sont toujours des desseins d’amour envers les Siens. Malgré tout ce qu’ils étaient ; Dieu voulait bénir les frères de Joseph et Il l’a fait.

Dans le but d’atténuer dans une mesure l’effet produit par ses paroles, Joseph ajoute : Mon père vit-il encore ? C’était une chose qu’il savait parfaitement, puisqu’ils lui avaient déjà parlé de lui le jour précédent (ch. 43. 29). Avec une grande délicatesse, il veut leur épargner une émotion trop profonde.

Veillez sur vos paroles, car il y a telle parole qui transperce comme une épée (Prov. 12. 18). Vous remarquez comment, dans le livre des Proverbes, la sagesse nous met en garde contre des paroles que souvent nous prononçons mal à propos. Pensez-y lorsque vous êtes appelés à dire quelque chose. Parlez peu et demandez-vous si votre parole est dans un esprit de grâce assaisonnée de sel ; c’est-à-dire de ce qui préserve de la corruption. La parole des frères de Joseph avait souvent été mauvaise, et ils ont dû récolter ce qu’ils avaient semé. Considérez les résultats de leur conduite.

Nous avons donc vu Joseph qui s’est fait connaître à ses frères. Maintenant il leur dit : Approchez-vous de moi. Il voulait les avoir bien près de son cœur car, ainsi que nous l’avons déjà vu plusieurs fois, il les aimait.

Cela nous fait penser à un plus grand que Joseph, le Seigneur Jésus qui veut avoir les Siens bien près de Lui. Il a dit Lui-même, étant ici-bas : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi ». Cherchez ce passage dans le chapitre 17 de l’évangile de Jean. Il veut nous avoir avec Lui pour la satisfaction de Son propre cœur et Son bonheur sera parfait quand nous serons tous auprès de Lui dans Sa propre gloire. Pour nous avoir, il a souffert la mort de la croix. Quand nous Le verrons ainsi dans Sa gloire éternelle, alors seulement nous saurons combien Il nous a aimés.

Quitter une telle gloire pour être dans le monde un Homme de douleur qui a connu ce que c’est que la langueur ! Quel jour heureux lorsque nous Le verrons et que nous contemplerons Son propre bonheur.

Joseph aussi a voulu consoler ses frères. Au fond de leur cœur il pouvait rester un peu d’amertume en pensant à ce qu’ils lui avaient fait en le vendant pour l’Égypte. Mais Joseph leur fait comprendre que, malgré tout, la main de Dieu était derrière toute cette scène, et que Dieu s’était servi de toute leur méchanceté pour l’accomplissement de Ses pensées d’amour envers eux et de Ses desseins envers l’Égypte. C’est Joseph qui a conservé la vie à ses frères et à un grand peuple par une grande délivrance. Sans l’intervention de Joseph, tout le peuple d’Égypte serait mort de faim.

Nous trouvons le même principe à propos de la Personne du Seigneur Jésus. Lisez à ce sujet ce qui nous est dit dans le livre des Actes, ch. 4. 23 à 28. Là, d’un côté nous voyons le crime commis par les Juifs et les nations en mettant à mort le Seigneur Jésus, crime dont ils sont responsables ; et de l’autre, les conseils de Dieu qui s’est servi de ce crime pour sauver des coupables tels que nous. Sans la mort de Christ, nous aurions tous été perdus pour l’éternité. Dieu est plus grand que l’homme, et si ce dernier est grand dans sa méchanceté, Dieu, lui, se montre encore plus grand dans Son amour et dans Sa grâce. La croix du Calvaire, qui est la démonstration de la méchanceté de l’homme, est en même temps la manifestation la plus éclatante de l’amour d’un Dieu qui a voulu nous sauver. C’était ce Dieu qui avait envoyé Joseph devant ses frères en Égypte pour les conserver de reste sur la terre, et qui a envoyé Son Fils pour que nous ayons en lui la vie éternelle.

Maintenant, l’histoire de la tribulation des frères de Joseph était terminée. Il n’y avait plus rien qui puisse les troubler, bien au contraire, leur cœur devait être rempli de joie et de reconnaissance envers Joseph qui avait usé envers eux d’une telle bonté et d’une telle sagesse. Aux pires détresses avaient succédé une paix parfaite et une joie bien grande.

Il nous arrive fréquemment de nous demander pourquoi Dieu nous fait passer par telle ou telle circonstance pénible ou difficile. Je suis certain que plus d’une fois il vous est arrivé d’avoir une déception, une peine, une contrariété, peut-être même une maladie, et vous vous êtes demandé le pourquoi de ces choses. Soyez bien certains que Dieu avait un but d’amour envers vous, et que bientôt vous pourrez L’adorer en voyant Sa sagesse en permettant ces choses. Il vous a peut-être gardé de bien des dangers en permettant l’épreuve, et vous a peut-être amenés à juger bien des choses sur lesquelles il ne pouvait pas mettre son approbation.

Ne cherchez pas le pourquoi des choses qui vous arrivent maintenant, mais confiez-vous en la fidélité du Dieu qui dirige et conduit tout pour le bien de ceux qui L’aiment. Ceux qui se confient en Lui ne seront jamais confus.

Maintenant que le but que Joseph s’était proposé à l’égard de ses frères a été pleinement atteint, il va s’occuper de leur bonheur de toute manière. « Hâtez-vous de monter vers mon père, et vous lui direz : « Ainsi dit ton fils Joseph : Dieu m’a établi seigneur de toute l’Égypte ; descends vers moi, ne t’arrête pas. Et tu habiteras dans le pays de Goshen, et tu seras près de moi, toi, et tes fils, et les fils de tes fils, et ton menu et ton gros bétail, et tout ce qui est à toi ; et je t’y entretiendrai ».

Encore ici nous voyons dans Joseph une belle image du Seigneur Jésus, le Roi de gloire, qui veut nous avoir près de Lui afin que nous puissions jouir de tout ce que Sa grâce voudra bien mettre à notre disposition. Nous irons à Sa rencontre sur les nuées du ciel et nous serons toujours avec Lui. J’aime à penser que vous vous réjouissez de Le voir et d’être avec Lui ; que, du fond de votre cœur, vous dites : Viens, Seigneur Jésus !

En attendant, nous avons à Le servir fidèlement chaque jour, car nous avons été convertis des idoles pour servir le Dieu vivant et pour attendre des cieux Son Fils, Jésus qui nous délivre de la colère qui vient.

Vous vous souvenez que Joseph a voulu que ses frères aillent chercher leur vieux père. Il leur dit : « Vous raconterez à mon père toute ma gloire ». Comme cette gloire était grande ! Un seul homme, en Égypte, était plus grand que lui : le Pharaon. Il l’avait établi seigneur sur sa maison et gouverneur sur toutes ses possessions, pour lier ses princes à son plaisir et pour rendre sages ses anciens (Ps. 105. 21 et 22).

Où trouver un homme semblable à celui-ci ? avait dit le Pharaon. Il y avait bien de quoi réjouir le cœur de Jacob en apprenant que ce fils qu’il avait pleuré, croyant qu’il était mort, était bien vivant et entouré d’une telle gloire.

Les pensées du Dieu d’amour sont élevées au-dessus des pensées des hommes autant que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Qui pourrait nous faire connaître le bonheur qui remplira nos cœurs lorsque nous comprendrons l’immensité de la grâce dont nous sommes les objets, et quand nous verrons la gloire magnifique de notre Seigneur, gloire devant laquelle pâlit celle de Joseph lorsqu’il était à la cour du Pharaon ?

« Vous vous hâterez, et vous ferez descendre mon père », avait dit Joseph. Il lui tardait de revoir ce père bien-aimé dont il avait été privé pendant tant d’années.

Après cela, Joseph se jette au cou de Benjamin et de ses frères ; il les baisa et pleura sur eux. Quelle scène ! Elle nous rappelle celle du fils prodigue lorsqu’il est revenu et qu’il est tombé dans les bras de son père. Ce sont des choses que nous pouvons contempler, en présence desquelles nous pouvons adorer, mais que nous ne pouvons dépeindre.

Qu’en sera-t-il quand nous verrons le Seigneur pour la première fois ? Lui, Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait. Dans toute cette scène, qui était le plus heureux, de Joseph ou de ses frères ? Sans contredit, c’était Joseph, car son amour pour ses frères était le plus grand. Évidemment ses frères ne pouvaient faire autrement que de l’aimer ; leur haine avait fait place à un profond amour, mais Joseph les aimait d’un amour plus pur et plus désintéressé que le leur. Nous, nous aimons le Seigneur, mais c’est Lui qui nous a aimés le premier, et notre amour ne saurait être comparé au sien. Quel bonheur pour Lui quand il verra autour de Lui tous ceux pour lesquels Il a sacrifié sa vie.

L’amour est le contraire de l’égoïsme. L’égoïsme nous fait toujours penser à nous-mêmes, tandis que l’amour se dépense toujours pour les autres. Ayez en horreur l’égoïsme ; il est digne de toute notre réprobation ; et de plus un égoïste n’est jamais heureux, car son cœur est sans cesse plein d’envie. Or l’envie est comme une lèpre rongeuse qui détruit tout bon sentiment.

Pensez au bonheur de vos semblables, demandez-vous comment vous pourrez rendre heureux celui-ci ou celui-là. Vous avez votre mère qui s’est dépensée sans compter pour vous, n’est-elle pas digne de toute votre sollicitude ? Cherchez à la soulager dans sa tâche journalière, à lui venir en aide dans son travail, à lui éviter des peines et des soucis. Votre père aussi a travaillé pour pourvoir à vos besoins et vous a donné toutes les choses qui vous étaient nécessaires, y avez-vous pensé ? Témoignez-lui toute l’affection dont il est digne ; obéissez-lui sans jamais murmurer, lors même que parfois il vous commande des choses qui vous contrarient. La plupart d’entre vous, vous avez des frères, des sœurs, de petits amis ; cherchez à leur faire plaisir.

Le Seigneur Jésus, étant un jeune garçon, avançait en stature et en faveur auprès de Dieu et des hommes. Or un égoïste ne jouit ni de la faveur de Dieu ni de celle des hommes. Un égoïste est un être malheureux qui rend malheureux ses semblables : c’est un être vil et misérable. Demandez à Dieu de vous garder de cet affreux péché.

Après cela, les frères de Joseph parlèrent avec lui. Que de choses ils avaient à se dire après tant d’événements et un si long temps de séparation. Le revoir était bien doux pour les uns et pour les autres et cela d’autant plus que la séparation avait été cruelle. Ils pouvaient réaliser ce que disait le psalmiste : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble » (Ps. 133. 1).

Maintenant tout est prêt pour que Jacob et ses fils puissent descendre en Égypte et y séjourner. L’Éternel avait dit à Abraham que sa semence séjournerait dans un pays qui n’était pas le sien pendant quatre cents ans, et voici, la chose allait s’accomplir, car tout ce que Dieu dit arrive infailliblement. Souvenez-vous de cela. Le ciel et la terre passeront, mais Ses paroles ne passeront point.

La rumeur de ce qui était arrivé parvint jusqu’à la maison du Pharaon et cela fut bon à ses yeux et aux yeux de tous ses serviteurs. Vous vous souvenez que le Pharaon avait Joseph en grande estime et lui avait donné une position glorieuse dans tout son royaume. Le voici qui donne des ordres concernant des chariots pour que le voyage puisse s’accomplir dans les conditions les plus favorables possibles. Joseph donne à ses frères des provisions pour le chemin et les renvoie en leur disant de ne pas regretter leurs meubles, car le meilleur de tout le pays d’Égypte serait à eux.

Cela nous fait penser à ce qui aura lieu bientôt quand nous quitterons cette pauvre terre pour aller à la rencontre du Seigneur Jésus sur les nuées et qu’Il nous introduira dans la maison du Père. Alors, certainement nous ne regretterons pas les choses d’ici-bas, pas même les meilleures qui nous ont été données pour le temps de notre séjour dans le monde. Nous avons à nous souvenir que toutes les choses qui sont entre nos mains ne nous sont que prêtées, et cela pour un temps relativement bien court, et que nous allons les quitter bientôt.

Nos vrais biens sont clans les cieux. J’aimerais que vous lisiez à ce sujet ce qui se trouve dans l’évangile de Luc 16. 10 à 12. Là nous voyons que les richesses de ce monde sont très petites, qu’elles sont injustes, et qu’elles ne sont pas à nous. Ce ne sont pas les vraies richesses. Nous avons à les employer en vue de l’éternité en les administrant fidèlement. Si nous le faisons, Dieu nous donnera ce qui est à nous, c’est-à-dire les bénédictions célestes.

À quoi voulez-vous mettre vos cœurs ? Aux choses qui passent ou à celles qui demeurent pour l’éternité ? Vous vous souvenez de l’homme riche dont les champs avaient beaucoup rapporté, qui avait rassemblé ses biens dans ses greniers et qui disait à son âme : « Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais grande chère. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? » (Luc 12. 19 et 20) Certainement vous ne voudriez pas ressembler à ce malheureux. Recherchez donc les choses qui concernent le royaume de Dieu, et les choses nécessaires pour cette vie vous seront données par-dessus. Dieu sait de quoi vous avez besoin ; confiez-vous en Lui pour toutes choses.

Maintenant, une autre parole que Joseph a dite à ses frères et dont vous devez vous souvenir : « Ne vous querellez pas en chemin ». De quoi nous sommes capables, et de quoi nous avons besoin d’être gardés ! Il arrive fréquemment que des enfants se querellent, et souvent pour des motifs des plus futiles. Cela déshonore Dieu et les prive de la jouissance de Son amour. Demandez-Lui de vous garder, Lui seul peut le faire, car nos meilleures résolutions n’aboutissent qu’à des déceptions. Il se peut que vous ayez à subir quelques injustices ; mais si vous vous souvenez de la grâce dont vous êtes les objets de la part du Seigneur et de toutes les fautes qu’il vous a pardonnées, il vous sera facile d’oublier quelques torts réels ou imaginaires qui vous auront été faits.

Maintenant les frères de Joseph se mettent en route pour retourner vers leur père. Quel changement dans leur condition ! Comme tout est nouveau pour eux. Ils allaient vers Joseph le cœur plein d’inquiétude, maintenant tout est changé. Ce Joseph dont ils avaient peur leur a pardonné ; il les a consolés, comblés de bienfaits. La joie maintenant remplit leurs cœurs.

Il en est de même de tous ceux qui viennent au Seigneur Jésus, le divin Joseph. On vient à Lui en tremblant, et voici qu’on trouve en Lui un Sauveur qui pardonne, qui console et remplit le cœur d’espérance et de joie. Certes, jamais personne n’a regretté d’être allé à Lui ; bien au contraire, le seul regret est de ne pas l’avoir fait plus tôt. Pourquoi les frères de Joseph ont-ils tant tardé à retourner vers lui, et pourquoi tant de personnes restent-elles loin du Sauveur si longtemps ? À Jésus l’on ne peut être, ni trop tôt, ni trop longtemps, chantez-vous quelque fois.

Voici les frères de Joseph qui arrivent à la maison de leur père, Vous représentez-vous cette rentrée des fils de Jacob ? Probablement que ce pauvre Jacob se demandait avec anxiété quel serait le résultat de ce second voyage en Égypte, et voilà ses fils qui arrivent en lui disant : Joseph vit encore ! Aurait-il jamais pensé à une chose pareille ? De plus, ce Joseph qu’il avait pleuré comme mort pendant bien des années était gouverneur sur toute l’Égypte ! Comme Jacob devait être heureux en entendant ses fils !

Eh bien, ce pauvre vieillard, au lieu de se réjouir, reste froid, car il ne les croit pas. L’incrédulité nous prive de toutes les bénédictions que Dieu met à notre disposition. Jacob, dans un certain sens, était en droit de ne pas croire ses fils, car ils ne lui avaient pas toujours dit la vérité ; mais personne n’a le droit de ne pas croire le Dieu qui ne peut mentir ; le faire, c’est dire qu’Il est comme les hommes qui sont menteurs. Quand Jacob vit les chariots que Joseph avait envoyés pour les transporter, son esprit se ranima, et il dit : C’est assez, Joseph, mon fils vit encore, j’irai, et je le verrai avant que je meure.

Cette parole nous fait penser à ce que le Seigneur a dit à Thomas qui, lui aussi, n’avait pas cru le message des disciples : « Parce que tu m’as vu, tu as cru, bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (Jean 20. 29).

Ceux qui croient maintenant au Seigneur ne L’ont point vu et ils seront bienheureux, car ils auront une part avec Lui dans les cieux. Bientôt ce peuple d’Israël, qui ne croit pas maintenant, verra le Seigneur et, comme Jacob, ils croiront quand ils verront ; leur part sera dans le royaume sur la terre. Ce sera une part précieuse, mais qui ne sera pas comparable à la part de ceux qui auront la leur dans la gloire céleste.

La longue discipline à laquelle Jacob avait été soumis touchait à sa fin ; le but que Dieu s’était proposé à son égard était atteint. La fidélité de Dieu est grande. Il se plaît à bénir, mais Il ne peut le faire que d’une manière qui soit en parfaite harmonie avec Sa sainteté. S’Il discipline les Siens, Il le fait pour leur profit, afin de les rendre participants de Sa sainteté.

Ayez en horreur le mal sous toutes ses formes. Le mal amène toujours avec lui ses funestes conséquences ; il est une offense à la sainteté de Dieu. Voyez la différence entre la vie d’Abraham et celle de Jacob ; pourtant tous deux étaient des croyants ; mais le premier marchait devant Dieu, c’est-à-dire que sa vie était pleinement manifestée à Dieu, et ce Dieu pouvait lui communiquer Ses pensées et l’appeler Son ami. Tandis que Jacob, qui usait de moyens détournés pour arriver à ses fins, n’a eu qu’une longue vie de souffrances et de détresses. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que Dieu a pu faire briller sur lui le regard de Sa face. Mais pour que la chose puisse avoir lieu, il a dû être brisé et amené à n’avoir plus aucune confiance en lui-même.

Sa fin a été comme un beau coucher de soleil après une longue journée d’orage. Alors il a pu expérimenter la fidélité de Dieu envers lui, pauvre Jacob, qui avait été si peu fidèle. Ces choses sont écrites pour notre profit. Dieu, par ce moyen, veut nous enseigner. En lisant ainsi l’Ancien Testament vous apprendrez à connaître les dangers auxquels vous êtes exposés, de quoi vous êtes capables ; mais aussi combien est grande la bonté de Dieu envers ceux qui se confient en Lui.

Pour aujourd’hui nous laissons Jacob et ses fils prêts à partir pour aller vers Joseph. Nous réservons pour une autre leçon ce que fit Jacob avant d’aller en Égypte. C’est un récit si merveilleux que je désire en faire un sujet à part.

Lisez vous-même le chapitre 46 de notre livre de la Genèse et notez sur un papier les diverses pensées qui vous ont été suggérées par cette lecture, de même que les questions qui se sont posées à vous en présence de ce récit. C’est un bon moyen pour rendre une lecture de la Parole profitable. Lorsque vous lisez, ayez à portée de votre main un papier et un crayon, et rapidement, en deux ou trois mots, notez ce qui vous a frappés, ainsi vous vous en souviendrez, et plus tard vous y reviendrez. L’apôtre Paul disait à son enfant Timothée : « Considère ce que je dis, car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses » (2 Tim. 2. 7). Il ne faut donc pas donner un simple coup d’œil à ce qu’on lit, mais le regarder avec attention. Faites de même.

Nous arrivons maintenant au chapitre 46 du livre de la Genèse. Je pense que vous l’avez lu, ainsi que je vous avais engagés à le faire. Soyez bien assurés que nous sommes loin d’avoir épuisé tout ce que contient le chapitre 45. En le lisant de nouveau, vous trouverez encore bien d’autres choses précieuses auxquelles nous ne nous sommes pas arrêtés, car toutes les pages de la Parole de Dieu sont un infini, comme tout ce qui est de ce grand Dieu qui a fait la terre et les cieux.

J’aimerais que, dès votre enfance, vous preniez la bonne habitude d’admirer Ses œuvres et de Lui donner gloire. Elles sont toutes faites avec une sagesse parfaite, et Il les a toutes faites, car Sa bonté demeure à toujours. Mais parmi toutes Ses œuvres, il en est une qui surpasse toutes les autres et en présence de laquelle nous adorerons pendant l’éternité. C’est l’œuvre de la croix.

Mais revenons à notre chapitre 46. Avant de commencer à le méditer, je vous ferai remarquer qu’il commence par une vraie merveille, que j’ai souvent admirée. Nous y voyons où Dieu a pu amener un Jacob, qui autrefois était sans cesse en activité, pour arriver à l’accomplissement de Ses desseins. Maintenant il n’a plus d’autre volonté que de faire celle de Dieu. Vous pouvez penser comme son cœur lui criait bien fort d’aller vers Joseph, et cela le plus rapidement possible. II y avait si longtemps qu’il n’avait pas revu ce fils bien-aimé. Joseph, lui aussi, lui avait envoyé dire de venir vers lui et avait mis à sa disposition des chariots et des provisions pour le voyage ; le Pharaon lui-même lui avait fait dire, ainsi qu’aux siens : Venez vers moi et je vous donnerai ce qu’il y a de meilleur au pays d’Égypte.

Mais Dieu ne lui avait pas dit d’y aller ; aussi Jacob, au lieu, de se rendre en Égypte, va à Beër-Shéba, et là il adore le Dieu qui lui avait fait des promesses bien assurées. Voyez ce vieillard offrant des sacrifices au Dieu de son père Isaac. C’est une scène touchante. Il rend à Dieu ce qui Lui est dû et il attend un ordre de Sa part.

Vous avez là un enseignement des plus importants. Avant toute chose, pensez aux bontés de Dieu et témoignez-Lui la reconnaissance qui Lui revient. Soyez reconnaissants, nous est-il dit. Cherchez ce passage dans l’épître aux Colossiens.

Pendant que Jacob était à Beer-Shéba, Dieu lui parla dans des visions de la nuit et lui dit de descendre en Égypte – qu’Il y descendrait avec lui et qu’Il l’en ferait remonter. Maintenant il peut aller, puisque l’Éternel lui avait dit de le faire ; et puisqu’Il était avec lui tout irait bien dans ce voyage.

C’est ainsi que nous avons à agir en toutes choses. Nous sommes certains que si le Seigneur est avec nous, nous pouvons aller sans crainte partout où Il nous envoie. Par contre, si nous n’avons pas la certitude qu’Il est avec nous dans le chemin dans lequel nous marchons, il vaut mieux s’arrêter. Il se peut que, dans telle ou telle circonstance, nous ne sachions pas ce que nous avons à faire ; dans ce cas, il vaut mieux attendre et faire comme Jacob qui restait en adorant à Beër-Shéba.

Nous avons ensuite, dans ce chapitre, les noms des fils d’Israël et de leur famille. C’est un témoignage de l’intérêt que l’Éternel prenait à eux. Il voulait s’intéresser à tous ceux qui faisaient partie de la famille du patriarche. Il voulait les connaître nom par nom et savoir quel était leur nombre. Aujourd’hui encore, Dieu connaît le nom et le nombre de tous ceux qui font partie de Son peuple et qui sont dans le monde. Nous pouvons être dispersés dans les milieux les plus divers, mais soyons bien assurés qu’Il est au courant de tout ce qui nous concerne et qu’Il s’intéresse à toutes nos circonstances, rien n’échappe à Sa sollicitude. Jamais le bon Berger n’oublie aucune de Ses brebis chéries. Il a dit : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais » (Jean 10. 27).

Plus tard, quand il s’agira de faire remonter le peuple d’Égypte, nous retrouvons, au commencement du livre de l’Exode, le nom des fils d’Israël. L’Éternel ne les a pas oubliés pendant le long temps qu’ils ont passé en Égypte. Il connaît ceux qui y sont descendus et Il connaît aussi tous ceux qui doivent en remonter. Vous voyez comme la sollicitude du Seigneur est grande envers tous les Siens. Aujourd’hui Il sait quel est le nom et le nombre de tous ceux qui L’attendent et qui partiront à Sa rencontre sur les nuées. J’aime à penser que tous les petits lecteurs de la « Bonne Nouvelle » sont de ce nombre.

La fin du chapitre 46 de la Genèse dont nous nous sommes occupés la dernière fois nous a fait connaître la rencontre mémorable de Jacob avec son fils Joseph. Quel heureux moment pour l’un et pour l’autre ! Cette rencontre eut lieu dans le pays de Goshen, ce bon pays dans lequel Joseph a voulu installer ses frères.

Joseph, ayant été averti par Juda que Jacob venait en Égypte, est monté sur son char pour aller à la rencontre de son père. Ce char devait être magnifique ; nécessairement il était en rapport avec la grandeur et la gloire de Joseph. Nous pouvons nous représenter la majesté de celui devant lequel on courait en criant : Qu’on s’agenouille ! devant celui qui autrefois avait été dans la prison, abaissé, humilié et dans la souffrance.

Ces choses nous font penser à ce qui se trouve dans le Psaume 45 en rapport avec la Personne du Seigneur Jésus, le bien-aimé de Son peuple, qui vient pour établir Son règne glorieux. Là, prospérant dans sa majesté et dans sa magnificence, il mène en avant son char à cause de la parole de la vérité, et de la débonnaireté, et de la justice. Dans ce jour-là, sa droite lui enseignera des choses terribles. Il vient promptement, car à Lui appartient le sceptre et Il dominera sur tous les peuples. Les hommes d’aujourd’hui se demandent ce qui adviendra des événements qui se déroulent maintenant sur la terre. La chose est simple pour l’humble croyant qui s’en tient à ce que Dieu dit dans Sa parole : tout aboutira à l’établissement du règne de Christ.

Si cela peut vous intéresser, je vous dirai que la description du char du Roi de gloire, ce char glorieux dont nous parle le Psaume 45, nous est donnée dans le premier chapitre du prophète Ézéchiel. Probablement que vous vous êtes demandé, et bien d’autres personnes avec vous, ce que pouvait bien être les choses qui nous sont dépeintes dans ce chapitre extraordinaire. C’est donc la description de ce char glorieux de notre Seigneur, le char de son gouvernement dans les cieux et sur la terre.

Vous ne sauriez comprendre maintenant tous les détails qui nous sont donnés dans ce chapitre. Mais vous y remarquez premièrement les quatre animaux qui mènent ce char, puis le char lui-même avec ses quatre roues et bien haut le siège ou, si vous préférez, le trône sur lequel est assis celui qui conduit ce char. C’est un glorieux personnage qui a l’aspect d’un homme. Il est à peine nécessaire de vous dire que cet homme, c’est le Seigneur Lui-même qui conduit tout dans les cieux et sur la terre.

Mais je m’écarte de mon sujet ; revenons à Joseph. Il se montre ainsi à son père dans toute sa gloire. Il n’y a pas de paroles pour raconter ce qui s’est passé dans le cœur de l’un et de l’autre. Évidemment Jacob a versé d’abondantes larmes de joie en revoyant ce fils bien-aimé ; mais le Saint Esprit ne nous parle ici que des larmes que Joseph a répandues. Il pleura longuement sur son cou, nous est-il dit.

Souvent nous voyons Joseph pleurer. Vous pouvez vous-même chercher les nombreux passages où nous voyons cela. Il avait un cœur sensible et plein de tendresse.

En cela il est encore une image du Seigneur Jésus, le divin Joseph, qui a été ici-bas l’Homme de douleurs qui pleurait sur Jérusalem, qui pleurait au tombeau de Lazare, celui dont il avait fait son ami. Homme parfait, Il ressentait toutes les douleurs de Sa créature et Il sympathisait parfaitement à tous les maux qui affligent l’humanité au milieu de laquelle Il se trouvait : Il a porté nos douleurs, est-il dit.

Cette rencontre de Joseph avec son père nous fait penser à ce moment qui est proche où nous verrons le Seigneur pour la première fois. Que se passera-t-il dans nos cœurs et dans le cœur du Seigneur Jésus lorsque nous le verrons dans tout l’éclat de Sa gloire, quand nous Le verrons comme Il est et que Lui verra Son Épouse pour laquelle Il a sacrifié sa vie, pour laquelle Il est mort sur la croix qui a été dressée sur le mont Calvaire ?

Dans la fin de notre chapitre, Joseph s’occupe du bien-être de ses frères et s’intéresse à leurs circonstances, de même que le Seigneur s’occupe de tout ce qui nous concerne et pourvoit à tous nos besoins matériels et spirituels. Certes, il nous aime plus que Joseph n’aimait ses frères. Il fait bon pouvoir se confier en Lui pour tout ce qui nous concerne, car Il a soin de nous.

Vous avez sans doute remarqué que, dans la plupart de vos Bibles, dans l’Ancien Testament, se trouve, au commencement de certains chapitres et même de quelques versets, un astérisque. Vous vous êtes probablement demandé le pourquoi de ce petit signe. Cela veut dire que là où il se trouve il y a un changement de sujet dans ce qui nous est dit. Cela nous aide à saisir la pensée de Dieu lorsque nous y prenons garde.

Ce fait est particulièrement important à considérer dans la lecture du livre des Psaumes. Là, vous remarquerez, dans le corps même d’un psaume, un astérisque plus petit ; il indique les divisions du psaume. Nous n’avons pas le temps de nous arrêter plus longuement sur ces choses aujourd’hui, mais je tenais à attirer votre attention sur cela afin que vous y preniez garde dès votre enfance. Il y a de bonnes habitudes que vous avez à prendre dès votre jeune âge ; vous en recevrez ainsi de la bénédiction pendant toute votre vie. C’est en se donnant de la peine, et en mettant beaucoup d’attention à la lecture que nous faisons, qu’on arrive à faire des progrès dans la connaissance des pensées de Dieu. Il en vaut la peine, car rien ne saurait égaler cette connaissance précieuse.

Maintenant, venons au sujet qui doit nous occuper aujourd’hui. Vous remarquez précisément que le v. 31 de notre chapitre est marqué de ce petit astérisque. C’est donc un nouveau sujet qui va commencer et qui se continuera jusqu’au v. 13 du chapitre 47.

Dans cette partie de notre livre, ainsi que nous en avons déjà dit un mot lors de notre dernière leçon, Joseph s’occupe du bien-être de ses frères. Il ne leur a pas dit, comme nous l’aurions probablement fait : maintenant que je vous ai pardonné vos fautes envers moi et que je vous ai donné du blé, mettez-vous au travail et arrangez-vous le mieux possible. Tâchez de mieux faire que précédemment.

Non ! cela n’aurait pas été digne de l’amour de Joseph pour ses frères. Il continue à s’occuper d’eux tous, à s’intéresser à leur bonheur. Non content de faire en leur faveur tout ce qui était en son pouvoir, il va aussi intercéder pour eux auprès du Pharaon, afin qu’il leur donne la meilleure partie du pays dans lequel ils séjournaient. Vraiment, la bonté de Joseph envers ses frères est inlassable, et il ne se ménage aucune peine afin qu’ils puissent être dans le bien-être de toute manière.

Une fois de plus, nous retrouvons ici ce que je vous ai fait remarquer tout du long de l’histoire de Joseph, qu’il est une belle image du Seigneur Jésus, Lui qui est le divin, le vrai Joseph. On a dit souvent, et avec raison, que Joseph est le plus beau type de Christ dans les Écritures.

Avez-vous pensé à ce que ce précieux Sauveur a fait pour vous ? Avez-vous essayé de compter Ses bienfaits ? Ils sont trop nombreux pour que nous puissions le faire. Seule l’éternité nous en révélera toute l’étendue, toute l’immensité. Il vous a pardonné toutes vos fautes. Certes, elles étaient nombreuses. Le psalmiste disait qu’elles étaient plus nombreuses que les cheveux de sa tête (Ps. 40. 12).

Vous vous souvenez sans doute que si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. Cherchez le verset qui nous le fait savoir dans la première épître de Jean. Tout est donc pardonné pour celui qui a confessé, non des lèvres, mais du cœur ; et c’est au Seigneur Lui-même qu’il faut le faire et non à des hommes qui sont pécheurs et coupables comme nous. Cela étant fait, nous pouvons nous confier entièrement dans le Seigneur pour tout ce qui nous concerne, car Il a soin de nous. Mieux que Joseph, Il s’intéresse à tous nos besoins.

Vous êtes jeunes et vous avez la vie devant vous si le Seigneur tarde encore un peu, et s’Il ne vous retire pas à Lui de bonne heure. Laissez-Le vous diriger en toutes choses ; adressez-vous à Lui dans toutes vos circonstances, petites ou grandes, heureuses ou malheureuses. Ne faites jamais une chose de votre propre volonté, mais demandez-Lui de vous faire connaître quelle est la Sienne. Ainsi, vous ferez l’heureuse expérience de Sa fidélité et vous ne manquerez de rien. Dans vos détresses, vos luttes, vos larmes, souvenez-vous qu’Il intercède pour vous devant Dieu comme Joseph le faisait en faveur de ses frères devant le Pharaon. Quel privilège de connaître le Seigneur mieux que Joseph, Il nous donne la meilleure part, non dans le pays d’Égypte, mais dans les lieux célestes, bénis que nous sommes en Lui de toute bénédiction dans les lieux élevés !

Là-haut, dans la maison du Père,

en lui nous avons tous les biens,

tous les trésors du sanctuaire,

sa force est notre lumière,

sa gloire et son amour

sont à nous.

D’après La Bonne Nouvelle 1940

LE LANGAGE DU SANG

[Jésus a] fait la paix par le sang de sa croix. (Col. 1. 20).

Vous avez été approchés [de Dieu] par le sang du Christ. (Éph. 2. 13).

LE LANGAGE DU SANG

Voici un contraste :

– Abel, fils d’Adam, gît sur le sol. Il vient d’être tué par son frère aîné Caïn. Dieu s’adresse au meurtrier : « La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi. Et maintenant tu es maudit, chassé de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère » (Gen. 4. 10 et 11).

– Jésus, le Fils bien-aimé de Dieu, est cloué sur une croix, mort. Un soldat lui transperce le côté, et son sang coule (Jean 19. 34). Symboliquement, la terre reçoit de la main des hommes le sang du Fils de Dieu.

Le sang d’Abel criait vengeance et parlait de malédiction. Quel va être le langage du sang de Jésus  ? Comment Dieu va-t-il s’adresser aux meurtriers de son Fils  ? Ce langage, le voici : « Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, étant devenu malédiction pour nous » (Gal. 3. 13). Au lieu de maudire et de chasser loin de lui les meurtriers de son Fils, Dieu, désormais accessible, purifie et donne la paix à ceux qui croient que le sang de Jésus, répandu à la croix, établit cette paix définitive entre Dieu et l’homme (Colossiens 1. 20).

Le sang de Jésus parle donc un langage infiniment meilleur que celui d’Abel (Héb. 12. 24) ! C’est un langage de pardon et de réconciliation. Au lieu de crier vengeance, il procure un salut gratuit et complet, pour celui qui croit en Jésus. Il proclame haut et fort l’immense amour divin pour des hommes pécheurs, ennemis de Dieu. Quelle merveilleuse nouvelle !

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D’après La Bonne Semence mars 2024

BERACA 31 : JOSUÉ

À Guilgal, les fils d’Israël savent qu’ils sont entrés dans le pays promis. Et l’Éternel dit à Josué : « Fais-toi des couteaux de pierre, et circoncis encore une fois les fils d’Israël » (Jos. 5. 2). La circoncision avait été donnée à Abraham comme « … un signe d’alliance entre moi et vous ; et tout mâle de huit jours, en vos générations, sera circoncis parmi vous » (Gen. 17. 11). Pendant la traversée du désert elle n’avait pas été pratiquée, mais dès l’entrée en Canaan, l’Éternel la demande. Ce signe dans la chair de l’homme rendait témoignage de son appartenance à Dieu.

L’Éternel avait aussi dit à Son peuple par Moïse : « … vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte » (Ex. 19. 6). La circoncision, en image, est pour nous croyants, le rappel que nous appartenons à Dieu. Elle n’est pas effectuée sur le corps de l’homme, mais elle est intérieure, c’est une circoncision de cœur comme l’apôtre le dit aux Colossiens : « … vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’a pas été faite de main, dans le dépouillement du corps de la chair, par la circoncision du Christ, ayant été ensevelis avec lui dans le baptême, dans lequel aussi vous avez été ressuscités ensemble par la foi en l’action puissante de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans l’incirconcision de votre chair, il vous a vivifiés ensemble avec lui ; il nous a pardonné toutes nos fautes » (Col. 2. 11 à 13).

Quand Josué et le peuple eurent accompli cette exigence qui était, depuis Abraham, un signe de bénédiction, « … l’Éternel dit à Josué : Aujourd’hui j’ai roulé de dessus vous l’opprobre de l’Égypte » (Jos. 5. 9). Comme promis à Abraham, 450 ans plus tard, sa descendance est entrée dans le pays qu’il avait reçu en héritage par promesse. Les fils d’Israël, longtemps esclaves en Égypte, étaient enfin libres ! L’opprobre de l’Égypte n’était plus ! « Et on appela le nom de ce lieu-là Guilgal ou roulement » (v. 9).

À Guilgal, ils ont mis de côté ce qui était du passé. En regardant le fleuve coulant « par-dessus tous ses bords », ils se souvenaient d’avoir passé à sec, mais que c’était en vertu de l’arche de l’alliance qui avait ouvert les flots ; en voyant les douze pierres, ils pouvaient dire : nous sommes arrivés en vie dans le pays. Là, à Guilgal, par la circoncision, ils se sont engagés à suivre l’Éternel. Toutefois, les combats n’étaient pas finis, il restait des ennemis à combattre pour prendre possession des lieux. Il leur faudrait de la dépendance et de la vigilance ; c’est pourquoi ils reviendront souvent à Guilgal vers Josué, puis aux temps de Samuel, d’Élie et d’Élisée. C’est à Guilgal qu’ils célébrèrent la première Pâque et qu’ils ont mangé « le vieux blé du pays » ; alors « la manne cessa » (Jos. 5. 10 à 12).

– « La circoncision correspond à ce jugement que nous avons à porter sur chaque réapparition de la chair en nous. Quand il est pratiqué, alors nous découvrons les ressources et les joies qui nous attendent sur ce « rivage » des lieux célestes. En premier lieu, le vieux blé du pays, qui vient remplacer la manne : image d’un Christ glorifié dont le racheté se nourrit.

Puis vient la Pâque ; elle peut être célébrée sous les murs mêmes de Jéricho. « Tu dresses devant moi une table, en la présence de mes ennemis » (Ps. 23. 5). Enfin voici l’Ange promis par l’Éternel dès les premiers jours de l’Exode (Ex. 23. 23) : Jésus est pour nous dans le ciel et dirigera nos combats si nous Lui en laissons la direction.

Comme un gardien redoutable veillant à l’entrée de Canaan, se dresse la puissante forteresse de Jéricho barrant le chemin du peuple. Obstacle terrifiant ! À quoi correspond-il pour nous ? Quand le nouveau converti, passé depuis peu de la mort à la vie, s’apprête à vivre sa foi, Satan cherche aussitôt à l’effrayer. Il place devant lui de grosses difficultés : Un témoignage à rendre devant des camarades moqueurs, l’abandon d’une habitude, un aveu ou des excuses à faire à quelqu’un qu’on a offensé. Bien plus, dans certains pays, ceux qui se déclarent chrétiens ont à affronter de vraies persécutions. Comment faire face à ces réactions inévitables de l’Ennemi ? En laissant le Seigneur tout diriger à Sa manière. À nous, Il demande une pleine confiance en Lui, du zèle (voyez-les se lever de bonne heure), et un témoignage bien clair auquel correspondent les sept trompettes (Jos. 6. 13). Il faut aussi de la persévérance ! Sept jours et sept fois le septième jour ! La patience doit avoir son œuvre parfaite (Jac. 1. 4). Et enfin la condition principale : il faut réaliser la présence du Seigneur avec nous dans notre marche quotidienne. L’arche qui s’était tenue pour Israël dans le Jourdain est maintenant avec le peuple pour lui donner la victoire » (J.K.).

« Et il arriva, comme Josué était près de Jéricho, qu’il leva ses yeux et vit ; et voici, un homme se tenait debout devant lui, son épée nue dans sa main ; et Josué alla vers lui et lui dit : Es-tu pour nous, ou pour nos ennemis ? Et il dit : Non, car c’est comme chef de l’armée de l’Éternel que je suis venu maintenant. Et Josué tomba sur sa face contre terre, et lui rendit hommage » (Jos. 5. 13 et 14). Pour nous, rachetés du Seigneur, c’est comme si nous entendions la voix de notre Chef par son Esprit : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui ? » (Rom. 8. 31 et 32).

Oui ! Dieu est pour nous, Christ intercède pour nous (Rom. 8. 33), l’Esprit aussi « par des soupirs inexprimables » (v. 26). Quand les Israélites font le tour de Jéricho pendant sept jours, ils paraissent aux yeux de leurs ennemis comme insignifiants : une fois par jour ? Un rien ! ont-ils probablement pensé. Mais, le septième jour, sept fois ! La puissance de Dieu d’un côté, l’obéissance et la persévérance du peuple de l’autre ; le cri de victoire allié aux trompettes, telles furent les armes qui firent tomber la muraille imprenable. Seule Rahab fut épargnée avec les siens, en réponse à sa foi. Oui ! « Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Cor. 10. 4). Oh ! que notre foi honore et glorifie Celui qui a été mort puis ressuscité. Il est « le premier et le dernier, et le vivant » (Apoc. 1. 17). Il conduira nos combats à la victoire si nous Le laissons guider nos pas.

TRADUCTION DE FEUILLETS (62)

« Je n’ai pas honte de l’Évangile, car il est la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit ». Romains 1. 16.

ÉVANGILE ET NON LOI

Depuis que Jésus-Christ a accompli l’œuvre de rédemption sur la croix, l’évangile de la grâce a été proclamé aux hommes. Ce message contraste clairement avec la loi des dix commandements.

L’Évangile n’est pas simplement une doctrine, ou une règle qui traite du comportement des gens, comme le faisait la loi. Non, c’est la puissance de Dieu, parce qu’elle peut changer fondamentalement les gens pour leur salut.

L’Évangile n’impose pas aux gens des exigences qu’ils ne peuvent pas satisfaire, comme le faisait la loi. Il n’exige pas, mais donne gratuitement un salut parfait et éternel.

L’Évangile ne se limite pas à un groupe spécifique de personnes, comme la loi, qui a été donnée uniquement au peuple d’Israël. La bonne nouvelle de la grâce s’adresse à tous, dans les pays du monde entier.

L’Évangile n’est pas faire, mais croire. La loi disait : « Fais cela et tu vivras ». La bonne nouvelle, au contraire, c’est : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Act. 16. 31).

Aujourd’hui encore, l’évangile de la grâce est annoncé afin que les gens puissent recevoir le pardon de leurs péchés et trouver la paix avec Dieu. Malheureusement, de nombreuses personnes réagissent avec indifférence ou de manière négative. Cependant, quiconque accepte ce merveilleux message avec foi et se tourne vers Dieu en confessant ses péchés, recevra le pardon et le vrai bonheur.

D’après Näher zu Dir mars 2024

« Pour qu’ils cherchent Dieu, en s’efforçant si possible de le toucher… quoiqu’il ne soit pas loin de chacun de nous ». Actes 17. 27.

DIEU EST PROCHE

Les grandes et petites îles Diomède sont situées dans le détroit de Béring. Même si elles ne sont séparées que de quatre kilomètres, elles ne sont pas proches, car la grande appartient à la Russie, et la petite, aux États-Unis. De plus, le décalage horaire est de 21 heures, car la ligne de changement de date se situe entre elles. Si proches et pourtant si lointaines !

L’inverse existe aussi : si loin et pourtant si proche ! Le Dieu vivant nous semble loin, ce qui n’est pas vrai du tout. « Il n’est pas loin de chacun de nous », a témoigné Paul aux Athéniens. Dieu était proche d’eux, mais ils ne Le connaissaient pas, même s’ils avaient élevé un autel à ce « Dieu inconnu ».

Ce sont souvent nos idées fausses qui nous éloignent de Dieu. Si nous pensons qu’Il est insensible et exigeant, nous gardons nos distances. Même avec l’idée d’un Dieu tolérant, nous ne pouvons pas trouver Ses voies. Ce n’est que lorsque nous nous ouvrons à Son amour en Jésus-Christ que nous pouvons nous rapprocher de Lui. En mourant sur la croix, le Seigneur Jésus a payé le prix pour que Dieu puisse nous accepter et pardonner tous nos péchés.

Voulez-vous venir à Dieu ? Alors confessez-Lui votre culpabilité et croyez en Jésus-Christ, le Sauveur ! Priez Dieu et vous saurez qu’Il est vraiment proche ! Éphésiens 2. 13 s’applique désormais également à vous : « Dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ ».

D’après Näher zu Dir mars 2024

« Après avoir autrefois, à bien des reprises et de bien des manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là Dieu nous a parlé dans le Fils ». Hébreux 1. 1 et 2.

NOTRE MESSAGE : JÉSUS

Quelle est la différence entre le christianisme et les religions en général ? Les religions mettent l’accent sur le fait de suivre des enseignements, d’adopter une vision du monde et d’agir selon certaines normes éthiques et morales. Le christianisme, d’autre part, a une Personne comme contenu. Ici, l’accent n’est pas mis sur nos actions, mais sur notre foi en Jésus-Christ.

Bouddha et Mahomet ne délivrent pas du mal, et leur message n’a pas le pouvoir de changer nos vies à partir de zéro. La foi chrétienne nous conduit à Christ, qui a le pouvoir de nous sauver complètement et de nous donner la vie éternelle. Jésus ne nous apporte pas seulement un message de Dieu, mais Il est ce message. Il ne se contente pas de proclamer la vérité, mais Il dit : « Je suis… la vérité ». Non seulement il nous montre le chemin qui mène à Dieu, mais il affirme : « Je suis le chemin » (Jean 14. 6). Non seulement il ouvre de nouvelles perspectives, mais il dit : « Je suis la porte » (Jean 10. 9).

Être chrétien, ce n’est pas seulement suivre une doctrine, pratiquer certains rituels ou faire le bien, mais c’est accepter Jésus-Christ comme Sauveur et Le suivre comme Seigneur. Accepter Jésus, c’est se confier en Lui et Lui ouvrir la porte de notre vie et de notre cœur. Cela signifie aussi accepter Ses paroles telles qu’elles sont communiquées dans la Bible. Personne ne peut prétendre croire en Jésus s’il refuse de L’écouter. C’est pourquoi il est nécessaire de lire la Parole de Dieu avec la prière : Oh Dieu ! aide-moi à connaître Ton Fils Jésus-Christ et à croire en Lui.

D’après die gute Saat mars 2024

« Voici un homme plein de lèpre. Voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant : Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. Jésus étendit la main, le toucha et dit : Je veux. Sois net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui ». Luc 5. 12 et 13.

LA GUÉRISON PAR LE TOUCHER DU SEIGNEUR JÉSUS

Aux temps bibliques, la lèpre était une maladie particulièrement redoutée, considérée comme très contagieuse et incurable. Quiconque qui, parmi les Juifs, tombait malade était traité comme impur selon les dispositions de la loi. Tout contact physique avec lui était interdit. Il était exclu de la communauté et n’était plus autorisé à assister aux services religieux. Cela signifiait que le lépreux vivait en dehors des portes de la ville. Un seul roi lépreux a été traité différemment : il a reçu une maison d’isolement (2 Rois 7. 3 ; 15. 5).

Malade en phase terminale, exclu, isolé, quel terrible sort !

Une telle personne « pleine de lèpre » voit Jésus venir dans sa ville – son seul espoir de sortir de sa misère. Il se jette devant Jésus et lui demande : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net ». Dans Son amour, Jésus-Christ tend la main et touche le lépreux ! Depuis combien de temps le patient n’a-t-il pas été touché ? Et puis il entend les mots : « Je veux, sois net ».

De même que la lèpre souille la peau, le péché souille nos entrailles, nos cœurs. De plus, le péché a un effet similaire à celui de la lèpre : non seulement il pèse sur notre conscience, mais il détruit également les relations personnelles. Mais il y en a Un qui ne se détourne pas de nous. C’est Jésus-Christ. Il attend que nous venions à Lui avec nos péchés. Il peut et Il veut nous purifier. Demandons-le-Lui !

 « Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). Nous ferons alors l’expérience d’une merveilleuse communion d’amour avec Dieu le Père, avec Son Fils Jésus-Christ et avec tous ceux qu’Il a lavés par Son sang (cf. Apoc. 1. 5).

D’après die gute Saat mars 2024

« Prépare-toi… à rencontrer ton Dieu ». Amos 4. 12.

« Le Seigneur… est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance ». 2 Pierre 3. 9.

PRÉPAREZ-VOUS À RENCONTRER VOTRE DIEU !

Les messages clairs sont rares aujourd’hui. Il faut souvent lire entre les lignes pour savoir ce que cela veut vraiment dire. Les contrats sont en petits caractères, les offres comportent un astérisque. Et si vous n’y faites pas attention, vous aurez subitement, et sans le vouloir, souscrit un abonnement. La Bible ne propose pas de telles tromperies. Ses déclarations sont claires et sans fard. Le verset ci-dessus du prophète Amos fait ressortir un point important : chacun de nous rencontrera Dieu à un moment donné. Tout le monde doit être prêt à cela. Quant à Dieu, Il nous a déjà rencontrés. En un sens, Il nous tend la main en Son Fils Jésus-Christ : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16).

Ce passage, comme beaucoup d’autres passages bibliques, nous renvoie à l’amour de Dieu : Il veut que tous les hommes soient sauvés. En même temps, il précise que l’on peut se perdre. Peut-être sommes-nous tellement habitués aux « belles paroles » que nous supportons à peine d’être confrontés à la vérité : soit nous acceptons la grâce, soit nous sommes perdus ! Soyons ouverts à ce que Dieu nous dit dans la Bible. Ce sont des déclarations claires mais pleines d’amour. C’est pourquoi aujourd’hui il est dit : Soyez prêts à rencontrer votre Dieu !

D’après die gute Saat mars 2024

« De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti non seulement dans la Macédoine et dans l’Achaïe, mais partout votre foi envers Dieu s’est répandue ». 1 Thessaloniciens 1. 8.

« Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pourquoi je l’ai envoyée » (És. 55. 11).

L’ÉGLISE-RADIO LATVIA, AUTOUR DES ANNÉES 1980

Les dirigeants de l’U.R.S.S. étaient opposés avec violence à la foi chrétienne et à l’annonce de l’évangile. En ce temps-là, des chrétiens de Finlande, qui géraient une station de mission par la radio, avaient reçu la permission de voyager jusqu’à Riga. Dans une famille qu’ils visitèrent, ils rencontrèrent une femme âgée. Elle était venue d’un village éloigné et avait une histoire intéressante à raconter.

Elle vivait seule dans sa maisonnette dans un grand village. Un soir, elle tomba sur le programme de la station missionnaire de la radio, et pour la première fois de sa vie elle entendit l’évangile de Jésus Christ. Après l’émission, elle joignit les mains et accepta le Seigneur Jésus comme son Sauveur.

Ainsi commença sa vie de chrétienne. Dès lors, elle écouta régulièrement les messages de la mission par radio et apprit à connaître toujours mieux le message biblique. Mais une chose la préoccupait : était-elle la seule croyante de toute la région ? Ou y avait-il d’autres chrétiens qu’elle ? Elle n’en avait, dans tous les cas, rencontré aucun. Avec précaution, elle questionna les habitants de son village. Et à sa grande surprise, elle trouva une femme qui confessait Jésus Christ, puis toute une famille, et plus tard, une autre personne – il y avait une véritable « église de radio » dans ce village ! Elle n’avait donc pas été la seule à répondre à l’appel de Dieu. Dès lors, elle put vivre sa foi chrétienne avec d’autres. Elle en fut grandement encouragée et fortifiée dans son cœur.

D’après the good seed mars 2024

« Les richesses font beaucoup d’amis, mais le pauvre est séparé de son ami ». Proverbes 19. 4.

L’AMITIÉ SELON DIEU

L’amitié véritable ne peut pas être achetée à prix d’argent. Cependant, en règle générale, parmi les hommes sur la terre, l’argent tend à être un facteur important dans les relations d’amitié. Il ne devrait certainement pas en être ainsi parmi les enfants de Dieu. Les amitiés ne devraient pas se fonder et se maintenir sur la base des bénéfices que nous pouvons en gagner pour nous-mêmes. L’amitié est plutôt le fruit de la communion et des intérêts communs. La vraie amitié encourage l’amour et la loyauté, et apparaîtra dans les temps difficiles. « Un frère est né pour la détresse » dit un autre proverbe (Prov. 17. 17).

Il nous est dit en Éphésiens 5. 1, d’être imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants ; cela doit durer toute la vie, et ne doit pas être une règle qui s’applique seulement dans des situations particulières. Le cœur de Dieu nous est montré par le père de l’enfant prodigue en Luc 15. Le fils prodigue avait de nombreux amis, mais seulement aussi longtemps que sa fortune a duré. Quand, à la fin, il est retourné à la maison, misérable, en haillons, et affamé, il a trouvé l’amour de son père inchangé. Il n’a reçu aucun reproche de son père, mais seulement la preuve de son amour et de son pardon.

La loyauté est devenue un fait de plus en plus rare dans le monde. Même la loyauté dans les relations du mariage a fortement décliné dans la société contemporaine, en particulier à mesure que les droits de la personne et l’indépendance ont été plus affirmés.

Nous ne pouvons pas non plus limiter la pauvreté du verset ci-dessus au seul côté financier. Ne nous est-il pas naturel de rechercher l’amitié de quelqu’un de populaire et ayant de l’influence, plus que celle d’une personne humble et peu en vue ? Dieu, cependant, ne fait pas acception de personnes. Les quatre évangiles nous montrent aussi comment le Sauveur se penchait toujours vers les pauvres et les opprimés. Il appela de tels à être Ses disciples ; et Il appelait de tels Ses amis (Jean 15. 15).

D’après the Lord is near août 1984

« Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage : c’est le Seigneur Christ que vous servez ». Colossiens 3. 23 et 24.

LE SERVICE SELON LA PENSÉE DE DIEU

Le service fidèle pour Christ doit toujours être le fruit de la communion avec Lui. Aucune énergie ou activité, quelque grande qu’elle soit, ne peuvent le remplacer. Il est bon de garder cela à l’esprit dans des jours d’excitation et d’activités fiévreuses. Et il faut se souvenir que la communion avec Christ implique toujours la séparation d’avec le monde : les deux choses ne peuvent coexister.

Mais on peut poser la question : Tous les croyants au Seigneur Jésus sont-ils appelés à servir ? Ils le sont certainement, bien que tous ne le soient pas de la même manière. Et il n’y a pas de sphère légale dans laquelle ils peuvent être placés qui doive nécessairement les en empêcher. Le vrai service chrétien, c’est simplement d’exprimer Christ. L’enseignant le plus doué ne peut pas faire plus, et le plus faible et le plus petit du troupeau n’est pas appelé à faire moins.

En Jean 15. 19, nous apprenons que le croyant est retiré du monde, ayant été choisi hors du monde par Christ. « Vous n’êtes pas du monde… moi je vous ai choisis en vous tirant hors du monde ». En Jean 17. 16 à 18, Christ dit à Son Père en parlant des Siens : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde… Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde ». Comme Christ a été envoyé dans le monde pour manifester Son Père, de même Il a laissé les Siens ici-bas pour Le manifester jusqu’à ce qu’Il vienne.

D’après the Lord is near août 1984

« Voici, je pose comme fondement… une précieuse pierre de coin, un sûr fondement : celui qui se fie à elle ne se hâtera pas ». Ésaïe 28. 16.

LE RYTHME DIVIN

Dieu n’est jamais lent, de Son point de vue. Mais Il l’est à notre avis, parce que notre tendance à faire des choses trop tôt, avec impétuosité, est une faiblesse humaine universelle. Cela peut ne pas être seulement le résultat de notre condition déchue, mais l’une des infirmités de notre propre nature de créatures, d’être pressés. Quand nous commençons à apprendre les voies de Dieu, nous avons tellement de choses à désapprendre qu’il y a certaines leçons que Dieu ne commence pas à nous apprendre avant que nous ayons dépassé les premières étapes. L’une de ces leçons profondes, c’est d’avancer très lentement avec Lui. Ce n’est pas de l’indifférence, ce n’est pas traînasser ; c’est seulement l’opposé d’un esprit ramolli et négligeant, car c’est une disposition bien éveillée et énergique à garder dans l’ordre de la volonté de Dieu.

Dieu vit et agit dans l’éternité. Tout détail de Son œuvre doit Lui être semblable, et avoir en soi-même la majesté et le mouvement mesuré, aussi bien que la précision et la promptitude de la sagesse infinie. Quand nous agissons avec Dieu, nous n’agissons pas avec des créatures impétueuses et myopes. C’est une grande chose de venir réellement à la connaissance de qui Dieu est, et comment nous devons nous conduire avec Lui. Il n’y a pas de précipitation chez Celui qui voit et connaît tout depuis l’éternité. Il est vrai que Dieu agit souvent instantanément dans Sa maturité et Sa sagesse sans bornes, et non pas dans la hâte d’une créature pressée. Il est également vrai que nous devons courir « avec patience la course qui est devant nous » (Héb. 12. 1), et courir « dans la voie de tes commandements » (Ps. 119. 32), mais nous devons courir avec toutes nos facultés apaisées, une détermination réfléchie. Marcher avec Dieu est une course lente avec la créature. Nous devons laisser Dieu user de hâte, et nous, de mesure.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous retirer du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père ». Galates 1. 3 et 4.

LE CHRÉTIEN DANS SON ENVIRONNEMENT

Ce monde est mauvais : c’est le verdict de Dieu à son égard. Il « gît dans le méchant », qui est le « dieu de ce siècle », et qui a aveuglé les esprits de ceux qui ne croient pas. Les chefs mondiaux de ces ténèbres sont de mauvais esprits, Satan et son armée de démons. Il est bon pour les chrétiens, et spécialement les jeunes chrétiens, d’être pleinement conscients de cela. Celui qui regarde à un tel monde pour trouver le bonheur ne le trouvera jamais là. Quel bien peut-on espérer d’un monde qui a rejeté Christ ?

Ils sont tellement nombreux, ceux qui manquent de voir le mal, parce qu’ils se placent d’un point de vue erroné pour estimer les choses. Dieu juge le monde d’après ce qu’il a fait à Son Fils. Quelle place a-t-il pour Christ ? En jugez-vous par la même règle ? Vous dites : Oh, il n’y a point de mal en ceci, ou en cela. Mais quelle place y a-t-il là pour Christ ? Est-Il souhaité là ? Seriez-vous heureux dans votre cœur s’Il venait et vous trouvait à cela ?

« Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus » dit l’apôtre (Col. 3. 17). Est-ce un critère trop élevé à votre goût ? Non, si Christ a de la valeur pour votre cœur. Finissons-en avec cette manière d’estimer si une chose est mauvaise ou non. Quel mal y a-t-il en ceci ou en cela ? Ayez quelque chose de positif devant votre cœur. Qu’y a-t-il pour Christ en cela ? Pouvez-vous être là en représentant Christ ? Est-ce un mot que vous pouvez dire en Son nom, ou une action que vous pouvez faire comme Lui appartenant, et pour Sa gloire ? S’il en est ainsi, vous pouvez le faire de tout votre cœur ; sinon, mieux vaut ne pas y toucher si vous souhaitez avoir la paix et la joie véritables dans votre âme.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ». 2 Timothée 2. 22

UN CŒUR PUR

Si quelqu’un s’est purifié en se séparant des vases à déshonneur, et a ainsi évité les dangers du mal spirituel, il ne doit pas se reposer dans une confortable satisfaction de soi. Non, il doit plutôt appliquer d’autant plus le jugement de soi-même, en fuyant les convoitises de la jeunesse, afin de montrer une maturité en accord avec son état spirituel. Ensuite il y a la recherche positive de la justice, le désir que tout soit droit dans les relations. La foi personnelle doit aussi être nourrie, la confiance et la dépendance réelles dans le Dieu vivant. Et l’amour est le souci actif pour la bénédiction des autres. Enfin, la paix, car elle ne précède pas les autres qualités, mais les complète de manière précieuse.

La séparation ne doit pas être de l’isolement, cependant, car on doit poursuivre ces choses « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ». Notre communion est ainsi définie avec simplicité. Elle ne peut pas être avec tous les chrétiens, car tous ne se sont pas purifiés de mélanges avec le mal. Ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur sont ceux dont le cœur, avec dépendance, L’invoquent sous Sa fidèle autorité. Un cœur pur n’est pas un cœur sans péché, mais un cœur non partagé, Christ étant son seul Objet. Ce n’est pas Christ et quelque théorie, ou dénomination, ou entreprise favorites ; mais Christ, comme Objet premier du cœur. Que cette simplicité de cœur plaît à Dieu, celle qui ne regarde qu’au Seigneur Jésus, avec la ferme intention de L’honorer !

D’après the Lord is near septembre 1984

« Mais ils n’écoutèrent pas la voix de leur père, car c’était le bon plaisir de l’Éternel de les faire mourir ». 1 Samuel 2. 25.

« Je vais juger sa maison pour toujours… parce que ses fils se sont avilis et qu’il ne les a pas retenus ». 1 Samuel 3. 13.

LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS

Quelques-uns d’entre nous sont-ils trop pris par l’œuvre de Dieu pour faire d’autres choses que nous devrions faire ? Je ne suis pas seulement occupé à l’œuvre chrétienne, mais je suis un père et un mari chrétien. Certaines crises, dans les foyers chrétiens, entre mari et femme, entre parents et enfants, sont dues au fait que nous ne faisons pas face à notre responsabilité de chrétiens. C’est parce qu’Éli était trop pris par l’œuvre de Dieu que ses fils, en grandissant, devinrent la honte de son propre foyer.

Non seulement il n’y avait pas d’instruction dans ce foyer, mais il n’y avait pas non plus d’influence. Ses fils ne connaissaient pas l’Éternel, et ils ne connaissaient pas leur propre père. N’y a-t-il pas là un mot d’appel à certains d’entre nous qui sommes engagés dans l’œuvre chrétienne ? Nous sommes bien impliqués dans l’œuvre du Seigneur. Nous aimons cette action et nous y sommes plongés jusqu’aux oreilles. Comment nos enfants grandissent-ils ? Nous connaissent-ils ? Remplissons-nous notre responsabilité de les enseigner, ou laissons-nous cela à faire par le moniteur de l’école du dimanche ou quelqu’un d’autre ?

La deuxième chose au sujet d’Éli, c’était un manque de spiritualité, qui ruinait son œuvre. En plus des problèmes dans son foyer, il y en avait dans son propre cœur. C’était un homme tellement occupé à regarder les autres qu’il ne se regardait pas lui-même. Dans le Cantique des cantiques, nous lisons : « Ils m’ont mise à garder les vignes ; ma vigne, qui est à moi, je ne l’ai point gardée » (Cant. 1. 6). Je pense à un jardinier qui passait tout son temps à maintenir propres les jardins des autres, mais le sien était en désordre ! Il n’avait pas le temps de tondre le gazon, d’arracher les mauvaises herbes des plates-bandes, ou de nettoyer les rosiers. Le terrain du jardinier était le plus en désordre de toute la rue.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Elle se leva pour glaner ; et Boaz commanda à ses jeunes hommes, disant : Qu’elle glane même entre les gerbes, et ne lui en faites pas de reproche, et vous tirerez aussi pour elle quelques épis des poignées, et vous laisserez ; et elle les glanera, et vous ne l’en reprendrez pas. Ruth 2. 15 et 16.

LE MINISTÈRE DONNÉ AVEC À-PROPOS

Que Boaz était affectueux, qu’il était plein de tact ! Il ne dit pas aux jeunes hommes de donner à Ruth une pile d’épis en une fois – beaucoup moins de travail pour les serviteurs comme pour Ruth. Boaz savait que les choses que nous nous procurons par nos efforts ont plus de valeur pour nous que celle que nous recevons en cadeau.

Il en est de même du Seigneur. Il ne nous donne pas la sagesse dans une coquille de noix, ou dans un nombre de textes simples. Non, Il commence par nous donner un principe relatif à un évènement ou à une personne. Ensuite Il nous donne un autre côté de ce fait dans une relation totalement différente. Ainsi nous apprenons à connaître Sa Parole et la vérité par une recherche diligente et par l’étude. Ce sont seulement ceux qui attachent de la valeur à la vérité et qui prennent le temps et se donnent la peine de comprendre les pensées de Dieu qui seront richement récompensés.

Il en est de même quant à notre service. Le Seigneur ne nous a-t-Il pas, maintes fois, fait trouver de telles poignées quand nous ne nous y attendions pas ? Et en retour Il nous a demandé de passer ces poignées à d‘autres. Si les frères qui enseignent pensent aussi aux nouveaux convertis et aux faibles, leur ministère le montrera. Il se peut qu’ils soient au courant de certains besoins particuliers, et qu’ils y répondent par des détails, mais ils devraient suivre l’exemple que montre Boaz. Les jeunes gens laissaient tomber des poignées d’épis afin que Ruth puisse les ramasser. Ni la personne à laquelle la remarque est destinée, ni les autres personnes présentes ne doivent se rendre compte que les remarques étaient destinées à une personne particulière. Le ministère ne doit pas être personnel, ni attirer l’attention sur une personne.

D’après The Lord is near septembre 1984

« Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? Il leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Matthieu 16. 13 et 16.

UNE SEULE PIERRE COMME FONDEMENT

Il y avait des suppositions sans fin, parce qu’il n’y avait pas de réel exercice de cœur au sujet du bien-aimé Seigneur. Il se détourne maintenant de ces suppositions sans cœur, et pose la question directement aux Siens : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Il désirait savoir ce qu’ils pensaient de Lui, comment leur cœur L’avait estimé ; et Simon Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Nous avons ici la déclaration véridique, le fondement ferme de tout l’édifice de l’Église de Dieu, et de tout véritable christianisme pratique : « Christ, le Fils du Dieu vivant ». Tous doivent être remplis de cette vie nouvelle, divine, céleste, qui est venue dans ce monde et qui est communiquée à tous ceux qui croient au nom du Fils de Dieu.

Il est donc évident que la merveilleuse réponse que le Seigneur donne ensuite à Pierre se réfère à 1 Pierre 2 quand Pierre dit : « vous approchant de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie et précieuse auprès de Dieu, vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes (les mêmes mots) êtes édifiés » (v. 4 et 5). Tous ceux qui croient en Jésus participent de Sa vie, un rocher. La vie de Christ, le Fils du Dieu vivant, circule à travers tous Ses membres, et chacun en particulier. Nous avons donc le Dieu vivant, la pierre vivante et les pierres vivantes. C’est toute la vie ensemble, la vie découlant d’une source divine, par un canal divin, et se répandant chez tous les croyants, les faisant ainsi être des pierres vivantes.

D’après The Lord is near septembre 1984 (C.H.M.)

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (6)

Probablement que depuis la dernière fois vous avez plus d’une fois repensé à Joseph et que vous vous êtes demandé si ce pauvre Joseph a dû rester encore longtemps en prison avant d’être délivré.

Aujourd’hui, nous lirons le chapitre 41 de la Genèse qui nous apprend comment Dieu est intervenu miraculeusement en sa faveur pour le tirer de cette maison où il était si injustement captif.

Pendant deux longues années il a dû encore attendre le moment voulu de Dieu pour sa délivrance. Deux ans. C’est bien long quand on est dans la souffrance. Pourquoi Dieu a-t-il attendu si longtemps ? C’est qu’Il voulait éprouver la foi de Joseph par ce moyen.

La foi qui compte sur Dieu et qui s’attend à Lui, Lui est précieuse. Lisez, dans la première épître de Pierre, chapitre 1. 6 et 7. Là vous verrez que la foi est plus précieuse que l’or, et que Dieu l’éprouve par divers moyens. Il le fait dans Sa sagesse et le résultat en est glorieux. Ne soyez donc pas surpris ni découragés si vous rencontrez des choses qui semblent vous être absolument contraires, qui viennent à l’encontre de vos désirs et de vos projets, qui vous font souffrir d’une manière ou d’une autre.

Souvenez-vous que rien n’arrive sans la volonté de Dieu, car « qui dit une chose et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a pas commandée ? » Cherchez ce passage dans les Lamentations de Jérémie. C’est dans Son amour et dans Sa sagesse que Dieu éprouve ainsi, et Son but est de bénir à la fin.

Joseph en a fait l’heureuse expérience plus tard mais, en attendant, la parole de l’Éternel l’éprouva, nous est-il dit dans le Psaume 105. 19. Il pouvait se dire : Pourquoi toutes ces choses ? Pourquoi le grand échanson n’a-t-il rien fait pour moi ? Que deviennent les songes merveilleux que j’ai eus et que j’ai racontés à mon père et à mes frères ?

Dieu a tout en mains et Il se sert de qui Il veut pour l’accomplissement de Ses desseins d’amour envers les Siens, rien n’est trop difficile pour Lui. C’est le Pharaon lui-même qu’il a employé pour tirer Joseph de la prison.

Au bout de deux ans, ce grand roi eut un songe qui troubla son esprit. C’est Dieu lui-même qui a voulu lui parler par ce moyen. Le Pharaon voulut avoir l’interprétation de son songe, mais nul d’entre les sages et les devins de l’Égypte ne put lui donner la réponse désirée. Toute la sagesse de l’homme est folie lorsqu’il s’agit des choses de Dieu.

Ces circonstances firent rentrer en lui-même le grand échanson, qui se souvint de Joseph et parla de lui au Pharaon. Il lui raconta que Joseph avait interprété son songe et celui du panetier. Le Pharaon envoya et fit sortir Joseph de prison. On lui changea ses vêtements et il vint vers le Pharaon. En peu de temps, quel changement dans sa condition. Le jour précédent il était un pauvre prisonnier oublié de tous, maintenant le voici qui se tient devant un grand roi. Le Seigneur « abaisse et il élève aussi. De la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre pour les faire asseoir avec les nobles ; et il leur donne en héritage un trône de gloire ; car les piliers de la terre sont au Seigneur, et sur eux il a posé le monde » (1 Sam. 2. 7 et 8).

Les songes de Joseph allaient avoir leur accomplissement. Ses frères ne pensaient pas, lorsqu’ils vendirent Joseph aux Madianites, qu’ils ne faisaient autre chose que de l’envoyer en Égypte pour qu’il y fût élevé en dignité, et pour qu’eux y descendent afin de se prosterner devant lui. Vous vous souvenez que lorsqu’ils complotaient contre lui pour le faire mourir, ils ont dit : Jetons-le dans une des citernes et nous verrons ce que deviendront ses songes. Le méchant fait une œuvre qui le trompe.

Pour aujourd’hui, je dois m’arrêter, car ce serait trop long si je vous racontais les songes du Pharaon et ce qui est résulté de toute cette scène. Souvenez-vous bien que ce que Dieu dit arrive infailliblement. Sa parole s’accomplira à la lettre. Il peut attendre, Il le fait même dans le but d’éprouver la foi de Ses bien-aimés, mais quoi qu’il en soit, nous savons qu’Il mène tout à bonne fin pour les Siens et qu’aucun de ceux qui se confient en Lui ne sera confus.

Voici donc Joseph hors de prison et devant le Pharaon ; ce dernier lui conte ses songes, et il dit à Joseph : « J’ai songé un songe, et il n’y a personne pour l’interpréter ; et j’ai entendu dire de toi que tu comprends un songe pour l’interpréter. Et Joseph répondit au Pharaon, disant : Cela n’est pas à moi ; Dieu donnera une réponse de paix au Pharaon ».

Vous remarquez l’humilité de Joseph, il ne cherche en aucune manière à se donner de l’importance, bien au contraire, il donne toute gloire à Dieu. Autre chose, il ne craint pas de confesser le nom de son Dieu même devant les grands de ce monde.

N’ayez jamais honte de prononcer le nom du Seigneur Jésus devant les hommes. « Quiconque me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux », a dit le Seigneur Jésus. Cherchez vous-même ce passage, vous le trouverez dans les dix premiers chapitres de l’évangile selon Matthieu.

Vous remarquez aussi que Joseph dit au Pharaon que Dieu lui donnera une réponse de paix. Dieu a un message de paix à l’adresse de tous les hommes. Il est le Dieu de paix. Vous savez que la paix a été faite par le sang de la croix de Son Fils ; c’est pourquoi nous avons à prier pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont haut placés, car « cela est bon et agréable devant notre Dieu Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 1 à 4).

Vous voyez que même un enfant peut être employé par le Seigneur dans ce précieux service de la prière en faveur de tous les hommes. Évidemment il ne convient pas à un enfant ou à un jeune homme d’enseigner des personnes âgées, mais par contre, c’est le privilège du plus petit de prier pour tous les hommes.

Vous lirez vous-même le récit des songes du Pharaon ; je ne veux pas vous les raconter ici, ce serait allonger inutilement. Vous remarquez que le Pharaon eut deux songes, qui de fait n’en étaient qu’un seul. Ils annonçaient ce qui allait arriver en Égypte : sept années de grande abondance suivies de sept années de famine ; choses qui eurent lieu exactement comme Joseph l’avait prédit. C’est Dieu seul qui peut faire connaître d’avance ce qui arrivera dans la suite.

Maintenant Il le fait par le moyen de Sa Parole dans laquelle Il nous a donné une pleine révélation de Ses pensées et de Ses voies envers le monde ; Il nous a donné à connaître tout ce qui peut nous être utile. Lisez beaucoup la Parole et vous serez instruits dans toutes Ses pensées.

L’Éternel a parlé au Pharaon par le moyen d’un songe, car à ce moment-là la Parole n’avait pas encore été donnée aux hommes. Bienheureux maintenant celui qui lit, et ceux qui entendent la parole de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites (Apoc. 1. 3).

Si Dieu a fait connaître au Pharaon ce qui allait arriver en Égypte, de même aussi, Il nous fait connaître maintenant ce qui va arriver dans le monde. Vous savez que, depuis la croix de Christ, Dieu fait annoncer à tous les hommes un salut parfait et gratuit pour tous ceux qui croient en Son Fils qui est mort pour sauver des pécheurs. Il ne repousse personne, pas même un brigand qui s’adresse à Lui. C’est le temps de la grâce qui dure depuis bientôt deux mille ans. Il est comme les sept années de l’abondance.

Après cela ce sera le temps du jugement qui, de même que les années de famine, succédera à l’abondance de la grâce que Dieu a si richement répandue sur la terre depuis si longtemps. L’énergie de l’erreur, qui fera que les hommes croiront le mensonge, remplacera la grâce et la vérité qui sont venues par Jésus Christ et dont les hommes n’ont rien voulu. Ce sera un temps plus effrayant que les sept années de famine qui sont venues sur l’Égypte.

Joseph, après avoir annoncé ce qui devait arriver, a conseillé au roi de se chercher un homme intelligent qui rassemble le blé de ces années d’abondance afin qu’il serve de réserve pour les années de famine qui viendraient. Et la chose fut bonne aux yeux du Pharaon et de tous ses serviteurs. Ainsi Joseph a été l’instrument choisi de Dieu pour sauver l’Égypte de la mort. Il est encore ici une image du Sauveur du monde.

C’est lui que le Pharaon établit sur tout le pays d’Égypte afin de recueillir toute cette abondance et c’est entre ses mains que tous les produits de ces bonnes années furent rassemblés. Ce fut aussi lui qui les distribua lorsque la famine vint dans le pays. Il est bien une image de Celui qui est le Sauveur du monde, car il n’y a de salut en aucun autre qu’en lui.

Vous vous souvenez de quelle manière Joseph fut tiré de sa prison et comment il a annoncé ce qui devait arriver à l’Égypte, soit les sept années d’abondance suivies des sept années de famine ? Le Pharaon dit : « Trouverons-nous un homme semblable à celui-ci, en qui est l’esprit des dieux ? » Dieu a ainsi incliné le cœur du grand roi d’Égypte en faveur de ce pauvre prisonnier et s’est servi de lui pour l’accomplissement de Ses conseils envers Joseph. Il l’établit sur sa maison, le revêtit d’une grande autorité, de telle manière que sans lui, nul ne levait la main ou le pied dans tout le pays.

Le Psaume 105 nous dit que le roi l’établit seigneur sur sa maison et gouverneur sur toutes ses possessions, pour lier les princes à son plaisir et, pour rendre sages ses anciens. C’était donc un changement complet dans sa position.

Lui qui avait été méprisé de ses frères, haï et vendu comme esclave, qui avait été mis injustement en prison, le voici élevé en dignité, tellement haut qu’un seul était au-dessus de lui, le Pharaon. Il fut appelé d’un nom merveilleux : Tsaphnath-Pahnéak, ce qui signifie : Révélateur des secrets, sauveur du monde et soutien de la vie. Il est ainsi une belle image de Celui que les hommes ont rejeté, ont mis à mort, et qui maintenant est élevé au plus haut des cieux, Lui le Sauveur du monde.

Le Pharaon revêtit Joseph de byssus et lui mit un collier d’or à son cou. Vous avez sûrement remarqué que plusieurs fois dans les Écritures il est question de collier. On a mis au cou de Daniel un collier d’or (cherchez dans son livre et vous le trouverez facilement).

Ici Joseph reçoit la même distinction. Pensez-vous que ce soit pour satisfaire la vanité d’un prophète ou d’un homme fidèle que Dieu a voulu qu’ils reçoivent cet ornement ? Évidemment non, car, après tout, l’or et l’argent sont des choses périssables.

Le cou, dans l’Écriture, nous parle de soumission à la volonté divine, de l’obéissance à la Parole. Il nous est dit que les principaux d’entre les Thékohites ne plièrent pas leur cou au service du Seigneur (Néh. 3. 5) : ils étaient bien différents d’un Daniel qui avait arrêté dans son cœur qu’il ne se souillerait pas par les mets délicats du roi, ou de Joseph qui a été obéissant à la volonté de son père et à celle de l’Éternel, qui même a souffert à cause de son obéissance.

L’or est l’expression de la justice divine. Or cette justice a voulu que Joseph et Daniel aient ainsi à leur cou un témoignage rendu à leur obéissance, une récompense publique de leur fidélité.

Je me demande si, en entendant parler des gloires de Joseph, vous n’avez pas pensé aux gloires qui l’emportent de beaucoup, d’un plus grand que lui, Celui dont il n’est qu’une image, le Seigneur Jésus, le divin Joseph. Lui a été abaissé et humilié plus que personne ; couronné d’épines, mis au rang des malfaiteurs, il a été mis à mort sur une croix. Dieu L’a haut élevé et Lui a donné un nom au-dessus de tout nom, un nom plus merveilleux que celui qu’on a donné à Joseph.

J’aime à voir, en pensée, Joseph sur son char parcourant le pays d’Égypte ; on criait devant lui : Abrec ! ce qui signifie, qu’on s’agenouille ; et bon gré, mal gré, tous devaient s’agenouiller sur son passage. Cela fait penser à ce jour, qui est proche, où Jésus reviendra dans Sa gloire. Alors « devant Lui se ploiera tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et toute langue confessera qu’il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 10 et 11). Le psalmiste dépeint cette scène en disant : « Ceins ton épée sur ton côté, homme vaillant, dans ta majesté et ta magnificence, et prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton char, à cause de la vérité, de la débonnaireté et de la justice, et ta droite t’enseignera des choses terribles » (Ps. 45. 3 et 4).

Vous réjouissez-vous du jour de Son triomphe ? L’appelez-vous Seigneur et Lui obéissez-vous ? Si vous ne le faites pas maintenant, il faudra le faire plus tard, quand Il viendra comme Juge. Alors, il sera trop tard pour être sauvé, et de Sa bouche qui vous invite aujourd’hui à venir à Lui, vous entendrez votre propre condamnation. Vous vous souviendrez trop tard que votre vieux grand-père vous a avertis maintes fois.

Ce que Joseph avait annoncé arriva et s’accomplit à la lettre, car c’était Dieu Lui-même qui, par le moyen des songes du Pharaon, avait fait connaître ce qui allait arriver en Égypte. Joseph recueillit tout le blé de ces années d’abondance. Il était en quantité comme le sable de la mer ; on cessa même de le compter parce qu’il était sans nombre. Mais si ces années d’abondance eurent lieu, de même aussi les années de famine vinrent après. Ce que Dieu annonce arrive infailliblement et cela aussi bien quand Il parle de grâce que lorsqu’Il annonce des jugements.

Vous savez que, depuis bientôt deux mille ans, Dieu fait proclamer une grâce pleine et entière à quiconque croit au Seigneur Jésus et Le reçoit comme son Sauveur. Il ne met point dehors celui qui vient à Lui et Il ne repousse personne. C’est le temps dans lequel Dieu met à la disposition du coupable les richesses insondables de Sa grâce. Quelle grande abondance ! Elle est le résultat de l’œuvre que Christ a accomplie en mourant sur la croix du Calvaire.

Les années d’abondance ont commencé sitôt que Joseph a été tiré de sa prison et, de la même manière, le temps de la grâce a commencé lorsque le Seigneur Jésus a été ressuscité d’entre les morts et exalté au plus haut des cieux. L’apôtre Paul nous dit qu’il a été envoyé pour annoncer parmi les nations les richesses insondables du Christ (Éph. 3. 8).

Ce temps, de même que le temps d’abondance de l’Égypte, prendra fin. Le Seigneur Lui-même, va venir sur les nuées, pour chercher les Siens et les introduire dans les demeures célestes. Alors, le temps de la grâce aura pris fin pour toujours et le temps du jugement aura commencé. Des événements effrayants se dérouleront sur la terre. Le livre de l’Apocalypse, en particulier, nous en dépeint toute l’horreur. Alors, malheur aux habitants de la terre ! Ce qui est écrit devra s’accomplir.

L’Évangile ne sera plus annoncé, les messagers de la bonne nouvelle, qui parcourent encore la terre, ne seront plus là pour donner une parole de paix à ceux qui cherchent la délivrance. Voici, nous est-il dit, « des jours viennent, dit le Seigneur, l’Éternel, où j’enverrai une famine dans le pays ; non une famine de pain, ni une soif d’eau, mais d’entendre les paroles de l’Éternel. Et ils erreront d’une mer à l’autre, et du nord au levant ; ils courront çà et là pour chercher la parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas » (Amos 8. 11 et 12).

Maintenant ce sont les serviteurs du Seigneur qui parcourent la terre et la mer pour annoncer l’évangile ; bientôt ceux qui n’en ont pas voulu maintenant courront pour trouver une parole de paix, de salut, mais il n’y en aura plus. Les hommes rendront l’âme de peur à la vue des choses qui arriveront.

Nous sommes à la veille de ces jours effrayants. Le Saint Esprit est encore ici-bas et habite dans les croyants ; quand nous partirons avec Lui, il n’y aura plus d’obstacles à ce que ces temps affreux viennent sur la terre habitée tout entière. Alors se réalisera ce que dit le prophète Ésaïe : « Je ferai qu’un mortel sera plus précieux que l’or fin, et un homme plus que l’or d’Ophir » (ch. 13. 12), tant il restera peu de vivants après ces destructions en masse.

Vous voyez comme il est important d’être prêts et de pouvoir dire, du fond de son cœur : Viens, Seigneur Jésus ! Il est écrit : « Que celui qui entend dise : Viens ! »

J’aimerais vous faire remarquer encore en terminant que, avant les années de la famine, le Pharaon a donné à Joseph une épouse : Asnath, fille de Potiphéra, sacrificateur d’On ; elle lui enfanta deux fils : l’un fut appelé Manassé, ce qui veut dire : Oubli ; l’autre Éphraïm, ce qui veut dire : double fertilité. Car Dieu lui a fait oublier toute sa peine et toute la maison de son père, et Dieu l’a fait fructifier dans le pays de son affliction. Nous avons dans cette femme une image de l’Église qui est l’épouse de Christ et qui Lui a été donnée à la suite de Ses souffrances et de Sa mort. Il oublie pour un moment Son peuple Israël, pour s’attacher à ceux que le Père Lui a donnés, tous Ses rachetés qu’Il aime et qui sont précieux à Son cœur.

Après l’abondance vint la famine qui avait été annoncée par Joseph ; et il y eut famine dans tous les pays ; mais dans tout le pays d’Égypte il y avait du pain. C’était donc une grande bonté de Dieu d’avoir donné à Joseph la révélation des songes du Pharaon et de lui avoir aussi donné la sagesse nécessaire pour la conservation du blé en vue de ces temps de famine.

Quand le peuple avait faim et criait au Pharaon pour du pain, il disait : Allez à Joseph ; faites ce qu’il vous dira. Il était bien le Sauveur du monde et le soutien de la vie. Ici encore, je pense qu’il est à peine nécessaire de vous le dire, il est une image du Seigneur, car c’est à Lui qu’il faut aller pour avoir la vie. Il n’y a. pas d’autre nom sous le ciel qui soit donné aux hommes par lequel il faille être sauvé.

Il fallait obéir à Joseph et faire ce qu’il disait, de même aussi aujourd’hui c’est à Jésus qu’il faut obéir en toutes choses, il est le Seigneur et toute autorité Lui a été donnée dans les cieux et sur la terre. « Que toute la maison d’Israël sache certainement que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié », dit l’apôtre Pierre quand il parle à ceux qui étaient à Jérusalem le jour de la Pentecôte (Act. 2. 36).

Vous connaissez aussi certainement le passage qui se trouve en Romains 10. 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ». Donc, puisqu’il faut le confesser comme Seigneur pour être sauvé, c’est qu’il faut Lui obéir. Je ne saurais trop insister auprès de vous sur l’importance de l’obéissance au Seigneur, car nos cœurs naturels n’aiment pas obéir, puis, dans les jours auxquels nous sommes parvenus, un esprit d’indépendance se manifeste de plus en plus parmi les hommes et surtout dans la jeunesse.

Lisez dans la deuxième épître à Timothée, au commencement du chapitre 3, la description de ce qui caractérise les hommes des jours dans lesquels nous vivons et vous y verrez entre autres mauvaises choses la désobéissance aux parents, car désobéir aux parents, c’est désobéir au Seigneur, puisqu’il a dit : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur » (Éph. 6. 1 à 3). J’ai souvent pensé au cantique qui dit :

Oui, le souverain bien-être,

Le vrai bonheur ici-bas,

C’est d’avoir Jésus pour maître,

De le suivre pas à pas.

Puisque Jésus est le Maître, c’est donc à Lui qu’il faut obéir en toutes choses.

Mais revenons à Joseph. De toute la terre on venait à lui en Égypte pour acheter du blé, car la famine sévissait par toute la terre. La famille de Jacob, elle aussi, connut la disette, « et Jacob dit à ses fils : Pourquoi vous regardez-vous les uns les autres ? Voici j’ai appris qu’il y a du blé en Égypte ; descendez-y, et achetez-nous-en là, afin que nous vivions et que nous ne mourions pas ».

Dix des frères de Joseph descendirent pour acheter du blé en Égypte. Ils ne pensaient guère qu’ils allaient vers ce Joseph qu’ils avaient vendu comme esclave, et que c’était lui qui vendrait le blé.

Le moment était arrivé où leurs gerbes sans fruit viendraient se prosterner devant celle de Joseph qui, seule, contenait de la nourriture en abondance. Joseph était gouverneur du pays et vendait le blé à tout le peuple. Les frères de Joseph vinrent et se prosternèrent devant lui la face contre terre. Il les reconnut, mais eux ne le reconnurent pas. Alors Joseph se souvint des songes qu’il avait songé à leur sujet. Pauvres frères de Joseph ! Ils avaient dit : « Nous verrons ce que deviendront ses songes », et voici que, selon la parole de leur frère, ils se prosternaient devant lui la face contre terre.

Ne méprisez personne et ne laissez pas la haine entrer dans vos cœurs, vous ne savez pas à quoi vous vous exposez en le faisant, ni par quel moyen Dieu vous châtiera. Le Dieu des cieux agit avec une parfaite justice et une parfaite sagesse ; on ne se moque pas de Lui, et ce qu’un homme sème, il le récolte aussi.

Les frères de Joseph, dans leur dureté de cœur, avaient vendu leur frère pour l’Égypte, et voici qu’ils doivent y descendre eux-mêmes et se prosterner devant celui qu’ils avaient traité d’une manière si injuste. Nous verrons dans la prochaine leçon de quelle manière Joseph les a reçus et traités.

Malgré toute la méchanceté qu’ils avaient montrée envers lui, Joseph aimait ses frères, et il leur a donné maintes preuves de son amour. Mais vous savez que l’amour vrai va avec la vérité, ce sont deux choses qui ne peuvent être séparées. Or Joseph voulait savoir quels étaient leurs sentiments et quel était l’état de leurs cœurs et de leurs consciences. Il était nécessaire qu’ils soient amenés à juger leurs fautes, qui étaient nombreuses, et surtout le crime qu’ils avaient commis en vendant leur frère comme un vil esclave. Joseph a agi envers eux avec une parfaite sagesse ; il a fait l’étranger vis-à-vis d’eux. Cela n’aurait été, ni de l’amour, ni de la sagesse de sa part, de les recevoir comme si tout avait été très bien entre eux.

De la même manière, Dieu aime le pécheur, mais pour que celui-ci puisse jouir de Son amour, il faut qu’il reconnaisse sa culpabilité et confesse ses fautes. « Repentez-vous, et croyez à l’évangile », nous est-il dit (Marc 1. 15), et « si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).

Ces pauvres frères de Joseph avaient bien peu conscience de leur culpabilité lorsqu’ils disent : Nous sommes d’honnêtes gens. D’honnêtes gens qui avaient vendu leur frère et avaient indignement trompé leur père ! Seule, l’œuvre de Dieu dans un cœur d’homme peut lui faire voir sa misère et l’horreur de son péché. C’est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît qui vient éclairer un cœur et une conscience. Souvent, de longs et douloureux exercices sont nécessaires pour qu’un coupable soit amené à reconnaître son péché et à en faire une pleine confession.

Les frères de Joseph ont dû ainsi être exercés et passer par les grandes eaux de l’affliction avant qu’il puisse les faire jouir d’un plein pardon.

Pour commencer, il les fit mettre ensemble sous garde pendant trois jours. Joseph avait été dans la prison en Égypte, ils doivent, eux aussi, connaître quelque chose de la souffrance qu’il a endurée à cause d’eux. Pendant ces trois jours ils ont pu repenser à bien des choses. Plusieurs années s’étaient écoulées depuis qu’ils avaient vendu Joseph, ils pouvaient croire que tout était oublié ; ils n’en avaient plus entendu parler, mais voici que, sous le coup de l’épreuve, ils se disent l’un à l’autre : « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce, et nous ne l’avons pas écouté ; c’est pourquoi cette détresse est venue sur nous ».

N’oubliez jamais cette parole du livre des Proverbes : « Le méchant, ses iniquités le saisiront, et il sera tenu par les cordes de son péché ». Cherchez vous-même le verset, il se trouve dans le chapitre 5 de ce livre ; notez-le soigneusement afin de bien vous en souvenir pendant toute votre vie. Ayez en horreur le mal sous toutes ses formes.

Vous avez sans doute vu une mouche prise dans une toile d’araignée. Pauvre mouche ! Elle a passé étourdiment près de ce dangereux filet tendu par son ennemie. C’est peut-être seulement le bord de son aile qui a frôlé cette toile meurtrière mais, oh ! malheur ! elle est prise, tenue comme par une corde plus puissante qu’elle. La voici incapable de se délivrer. Elle se débat, pensant pouvoir se dégager, il semble que le fil qui la retient est si ténu qu’il finira par se rompre, mais non, elle est captive, tenue comme par une corde dont elle ne peut être délivrée. Puis voici l’araignée elle-même qui vient promptement, se précipite sur la pauvre prisonnière et lui jette un nouveau fil, puis un second et un troisième ; bientôt, liée de toutes parts, elle ne peut plus même faire un mouvement. Hélas ! pauvre imprudente, elle va être dévorée sans pouvoir opposer la moindre résistance, si une main secourable ne vient là promptement pour la délivrer.

Il en est de même du malheureux qui se laisse séduire par le péché : il est tenu par de puissants liens dont il ne peut se dégager. Les frères de Joseph commencent à voir l’horreur de la condition dans laquelle ils se trouvent et Ruben leur dit : « Voici, son sang est redemandé ». Comment se sortir de là ?

Gardez au plus profond de votre cœur les choses que vous avez entendues aujourd’hui.

Les épreuves des frères de Joseph ne faisaient que commencer, et l’œuvre de repentance dont nous avons vu le début lorsqu’ils disaient : « Nous sommes coupables à l’égard de notre frère », devait se continuer jusqu’au plus profond de leur conscience.

Certainement, vous aussi, vous avez des fautes à vous reprocher ; probablement qu’elles ne sont pas aussi graves que celles des frères de Joseph, malgré cela Dieu veut que vous ayez affaire avec Lui au sujet de ces choses, et Il ne vous laissera pas avant que tout soit mis bien en règle avec Lui. S’Il est amour, Il est aussi lumière. Il faut que nous soyons amenés, comme Job, à dire : « Je suis une créature de rien », et : « J’ai horreur de moi ». Vous remarquez qu’il ne dit pas : J’ai horreur de mes fautes, mais bien : horreur de moi. Le travail de conscience est pénible et souvent long, mais il vaut la peine d’y passer.

Souvent j’ai entendu, dans mon jeune âge, de fidèles serviteurs du Seigneur qui disaient : Une conversion vaut ce qu’elle coûte. Ne vous découragez donc pas, si vous ne trouvez pas immédiatement la paix après laquelle vous soupirez, si vous avez des moments de détresse, de désespoir, s’il semble que votre sentier devient de plus en plus obscur, s’il semble que la réponse à vos prières ne vient pas ou se fait attendre, si vous passez par de profonds exercices de conscience, si le fardeau de vos péchés vous écrase sans que vous puissiez vous en délivrer, si vous ne trouvez rien de bon en vous. Ces choses sont comme le labourage de Dieu, il veut que le résultat de tout cela soit pour vous une riche récolte de bénédictions.

Autre chose. Joseph comprenait ce que ses frères disaient, mais eux ne le savaient pas. II y avait entre eux un interprète. Il en est de même quand un coupable gémit sur ses fautes et mène deuil sur elles ; souvent il ne se doute guère que le Seigneur est là tout près de lui, qu’Il entend ses paroles et recueille ses larmes et les inscrit même dans Son livre. La tendresse de Son cœur est plus grande que celle de Joseph qui a pleuré lorsqu’il a entendu ses frères dire qu’ils étaient coupables à son égard.

Lisez dans le livre du prophète Jérémie, chapitre 31, versets 18 à 20. Là vous verrez l’Éternel qui a très bien entendu Éphraïm se lamenter sur ses fautes et lui demandant qu’il le convertisse. Le Seigneur est plein de compassion pour tous ceux qui sentent leur misère et Il ne méprise pas un cœur brisé et humilié.

Maintenant Joseph va renvoyer ses frères vers son père et lui faire parvenir les vivres dont il a besoin, mais il garde Siméon auprès de lui et le fait lier devant leurs yeux. Il avait un but en prenant Siméon plutôt qu’un autre. C’était lui qui, avec Lévi, avait fait mourir les habitants de la ville de Sichem. Ils avaient agi avec tromperie et une indigne violence. « Maudite soit leur colère, car elle a été violente ; et leur furie, car elle a été cruelle ! » dit Jacob à la fin de sa vie. Il semble que Siméon avait un cœur particulièrement endurci.

Joseph commande et fait remplir de blé les sacs de ses frères et remettre l’argent de chacun dans son sac. Les voici qui s’en vont. Que de choses ils ont vues dans ce premier voyage en Égypte. Maintenant ils ont dans leurs sacs des provisions pour le chemin, mais, malgré cela, ils étaient bien loin d’être heureux : Siméon n’était plus avec eux, le souvenir de ce qu’ils avaient fait à Joseph pesait sur leurs consciences ; et voici un nouveau sujet de trouble : ils retrouvent l’argent de leur blé à l’ouverture de leurs sacs.

Au lieu de se réjouir de ce témoignage de la bonté de Joseph envers eux, ils sont saisis de peur, et se disent l’un à l’autre : Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? Ils ne connaissaient pas encore la grâce de Dieu qui est absolument gratuite. Ils savaient bien qu’ils avaient besoin de Joseph, mais ils voulaient tout payer. Ils n’avaient pas encore appris qu’ils étaient ruinés et sans ressources. L’homme a bien quelque peu conscience de ses besoins, mais jamais il ne veut reconnaître sa ruine absolue. La grâce de Dieu est la chose la plus inconnue à son cœur. Il veut faire, faire, et faire encore. Pourtant il faut venir, comme le dit un petit cantique :

Tel que je suis, sans rien à moi,

Sinon ton sang versé pour moi,

Et ta voix qui m’appelle à toi,

Agneau de Dieu, je viens, je viens.

Ces pauvres frères de Joseph ont encore bien des choses à apprendre ; mais Dieu est fidèle et Il saura bien les conduire au but qu’Il s’est proposé envers eux. Quand Il a commencé une bonne œuvre dans un cœur, Il l’achève à Sa gloire et pour le bonheur de ceux dont Il s’occupe.

Les frères de Joseph donc revinrent vers leur père et lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé. Ils lui dirent aussi qu’en retournant en Égypte ils devaient amener avec eux Benjamin, leur plus jeune frère.

De nouveau Jacob est dans la détresse. Pour lui, Joseph n’était plus, puis Siméon était captif en Égypte, et voici que le seul fils qui lui restait de Rachel, sa femme bien-aimée, devait le quitter et faire ce long voyage : si un accident allait lui arriver en chemin ! Pauvre Jacob ! Lui, de même que ses fils, devait avoir affaire avec un Dieu juste et saint, un Dieu qui l’aimait, mais qui voulait l’amener à juger un long passé bien ténébreux. C’était un croyant, et il appréciait vraiment les promesses divines, mais il avait employé des moyens charnels pour obtenir ce qu’il désirait.

Considérez, je vous prie, l’histoire de Jacob ; elle est pleine d’enseignements pratiques dont vous pouvez faire votre profit. Gardez-vous de toute sagesse humaine, sachant qu’elle est folie aux yeux de Dieu et qu’Il prend les sages dans leurs ruses. Faites intervenir le Seigneur dans toutes vos circonstances. Prenez, dès votre jeune âge, la bonne habitude de Le faire intervenir en toutes choses ; parlez-Lui de tout ce qui vous concerne, demandez-Lui directions et sagesse en toutes choses. Ainsi vous éviterez bien des fautes, des peines et des larmes. Lisez souvent les dix premiers versets du chapitre 3 du livre des Proverbes. Vous remarquerez que les choses qui nous sont enseignées dans cette portion des Écritures, sont des choses qu’il ne faut pas oublier.

En somme, ce premier voyage des frères de Joseph en Égypte a eu pour résultat de soulager momentanément Jacob et ses fils de la misère dans laquelle ils se trouvaient, mais il en résulte aussi une aggravation de la détresse qui se trouvait au fond de leur cœur, car on ne peut être que misérable quand on a un fardeau de péché sur ses épaules.

À cela s’ajoutait le souci d’une nouvelle rencontre avec Joseph : qu’adviendrait-il des uns et des autres quand ils retourneraient en Égypte ? Nul ne le savait. Tous devaient ressentir d’une manière plus pénible le mauvais état dans lequel ils se trouvaient et la crainte d’un avenir qui certainement devait leur paraître bien sombre.

Le temps passait, les provisions s’épuisaient et la famine continuait à sévir dans le pays. Hélas ! La délivrance ne viendra-t-elle pas ?

Ce sont les exercices par lesquels passent plus ou moins les personnes dans lesquelles s’opère une œuvre de Dieu, un travail de conscience. Ces personnes ont le sentiment de leurs besoins, et le poids de leurs fautes sur leur conscience. Elles peuvent avoir entendu parler du Sauveur du monde, le divin Joseph, elles pensent qu’il faut Lui apporter au moins quelque chose : de bonnes dispositions, de fermes résolutions, des bonnes œuvres, et d’autres choses semblables. Tant qu’elles sont dans de tels sentiments, elles ne trouveront ni paix ni délivrance.

Souvent le Seigneur, dans Sa miséricorde, leur accorde quelque soulagement momentané, même quelquefois un peu de paix en les faisant penser à Sa bonté, mais cela ne dure pas et il semble que les ténèbres deviennent plus obscures après ce rayon de lumière qui a éclairé leur sentier. De nouveau ce sont des craintes et de la détresse au fond du cœur. Dieu qui est sage ne veut pas donner la délivrance avant que le coupable ait entièrement jugé son être tout entier et en ait fini avec ses ressources et ses bonnes résolutions.

Comme je désire qu’une œuvre profonde de repentance envers Dieu s’opère en chacun de vous, car c’est par ce moyen seulement que vous arriverez à jouir d’une paix durable, et que vous serez rendus capables de glorifier le Seigneur pendant le temps qu’il trouvera bon de vous laisser dans le monde. Je suis profondément pénétré de l’importance de ces choses, et souvent je dois constater combien peu maintenant on voit ce travail de Dieu dans le cœur des jeunes.

Ayez beaucoup affaire avec le Seigneur, demandez-Lui de vous éclairer et de vous bénir. Alors seulement vous pourrez connaître le bonheur qui nous est dépeint dans le Psaume 32. Lisez-le.

Les provisions que les fils de Jacob avaient rapportées de l’Égypte s’épuisaient rapidement. Chaque jour ils pouvaient constater avec angoisse qu’elles diminuaient, et que le jour où il faudrait retourner en Égypte vers Joseph approchait rapidement. Ils connaissaient bien peu sa bonté et son ardent désir de les voir parfaitement heureux. Il en est ainsi de tout homme qui ne connaît pas le Seigneur Jésus, il a peur de Lui et n’ose pas s’approcher de Lui car il pense qu’Il est un homme dur.

Pourtant Il a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug est aisé et mon fardeau est léger » (Mat. 11. 29 et 30).

La famine continuait à peser sur le pays, elle devait durer encore longtemps. La parole de l’Éternel doit nécessairement avoir son accomplissement, et ce que Sa bouche a dit aura lieu, il ne peut en être autrement : les sept années de famine suivront leur cours. Il en est de même aujourd’hui : si Dieu donne un temps de paix et de tranquillité relative dans le monde, il n’en sera pas toujours ainsi, le temps de jugement qui est annoncé va bientôt commencer et rien ne pourra arrêter la main de Dieu quand elle frappera la terre.

Alors, l’Évangile ne sera plus annoncé aux pécheurs ; il sera remplacé par une énergie d’erreur qui fera que les hommes croiront le mensonge. Dans ce temps-là, il n’y aura plus de serviteurs de Dieu pour donner de Sa part une parole de paix et de salut pour les âmes angoissées et dans la détresse. Les puissances des cieux seront ébranlées ; les nations s’élèveront les unes contre les autres et les hommes rendront l’âme de peur à la vue des événements qui se dérouleront sur la terre.

Vous remarquez que déjà maintenant les nations font de grands préparatifs pour la guerre, qu’en sera-t-il quand toutes ces armes serviront et que la paix sera ôtée de la terre ? C’est encore aujourd’hui le jour du salut, et Dieu veut que tous les hommes viennent à la connaissance de la vérité. Celui qui croit au Seigneur Jésus est mis à l’abri du jugement, et cela pour toujours. Il n’a rien à redouter de la colère qui vient sur la terre habitée tout entière.

Je vois que je m’écarte de l’histoire de Joseph et de ses frères, mais il est bon que je vous avertisse de ce qui va venir, car le temps presse. Voici les vivres qui sont épuisées. Il n’y a plus qu’une seule ressource : retourner vers Joseph. C’est ce que dit Jacob à ses fils : « Retournez et apportez un peu de vivres ». Pourquoi donc ont-ils tardé si longtemps ?

Pourquoi aussi, aujourd’hui, rester dans le besoin et la misère quand on sait qu’il y a des ressources infinies dans Un plus puissant que Joseph, Jésus Lui-même ? Il délivre et sauve les plus misérables pécheurs. On peut aller à Lui quelle que soit sa misère. Jamais personne n’a regretté de s’être adressé à Lui, mais nombreux sont ceux qui regrettent d’avoir tardé aussi longtemps pour venir lui confesser leur misère. Je vois que je me suis un peu allongé et je ne pourrais pas, dans ce moment, vous raconter le voyage des frères de Joseph. Ce sera pour notre prochaine leçon si le Seigneur Jésus n’est pas venu chercher ceux qui L’attendent.

Voici donc les fils de Jacob qui sont à bout de ressources et, dans cette extrémité, ils se décident à retourner vers Joseph, mais cela ne va pas tout seul, et bien des difficultés se présentent devant eux. Premièrement, il faut faire un long voyage ; puis Joseph les a traités durement une première fois ; qu’en sera-t-il cette fois ? Leur mauvaise conscience leur reproche aussi bien des fautes. Hélas ! Quand on est dans la détresse, bien des choses, oubliées souvent depuis longtemps, nous reviennent en mémoire.

Et puis, il faut que leur plus jeune frère descende avec eux en Égypte, et jamais il n’a quitté son père, et ce père l’aime. Consentira-t-il jamais à se séparer de lui ? Les dangers du voyage sont là, il pourrait rencontrer des choses pénibles et douloureuses ; le cœur du vieux père saigne en y pensant ; consentira-t-il à se séparer de son fils ?

Pourtant, c’est une question de vie ou de mort pour les uns et pour les autres. Toutes ces choses nous font nécessairement penser à ce qui devait se passer dans le cœur du Père quand Il a dû envoyer dans un monde méchant Son Fils unique et bien-aimé, monde dans lequel Il a dû souffrir la contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même et mourir sur la croix du Calvaire.

Vous remarquez que, dans l’Ancien Testament, aussi bien que dans le Nouveau, le Saint Esprit nous parle de l’excellence de la Personne du Seigneur Jésus et de la valeur inestimable de Son œuvre en notre faveur. Lorsque vous lisez la Parole de Dieu, cherchez-y avant tout les choses qui Le concernent. Il a dit : « Sondez les Écritures, ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39).

Jacob, après bien des luttes, se décide à envoyer Benjamin. En le faisant, il dit : « Et moi, si je suis privé d’enfants, j’en serai privé ». Quelle parole dans la bouche d’un père ! Sa volonté était entièrement brisée ; c’était précisément là où Dieu voulait l’amener. C’est dans ce but qu’Il a permis toutes les épreuves et les disciplines qu’il a dû traverser. Notre propre volonté va toujours à l’encontre des pensées de Dieu, et c’est elle qui nous prive de la jouissance des bénédictions que Dieu se plaît à répandre richement sur nous.

Le Seigneur Jésus, divin modèle, a dit, en entrant dans le monde : « Voici, je viens, il est écrit de moi dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10. 7). Malgré toute la souffrance qui a été Sa part dans le monde, Il a été bienheureux, car Il avait mis sa confiance en l’Éternel et ne s’était pas tourné vers les orgueilleux et ceux qui se détournent vers le mensonge (Ps. 40. 4). Il n’avait pas d’autre volonté que celle de Dieu et Il se confiait pleinement en Lui pour toutes choses. En toutes choses prenez-Le pour modèle. Plusieurs hommes ont glorifié Dieu dans leur vie : des Abraham, des Joseph et d’autres, mais ce ne sont pas eux que nous avons à imiter et à suivre, le Seigneur Jésus est le seul et unique parfait modèle, le seul que nous pouvons suivre sans crainte.

Voici donc les frères de Joseph qui se remettent en route pour aller une seconde fois en Égypte. Certainement ils espèrent que tout ira bien pour eux pendant ce voyage. On pourrait dire qu’ils ont pris toutes les précautions possibles pour que tout aille bien pour eux. Dans leurs mains ils ont de l’argent en double ; ils peuvent donc tout payer.

Malheureusement ils n’ont pas encore appris la grande leçon qu’ils auraient dû savoir : qu’avec Joseph, de même qu’avec Dieu, tout est gratuit, Il faut venir à Lui sans argent et sans aucun prix. L’un et l’autre ne demandent rien, ils donnent ! et même avec abondance. Ces pauvres fils de Jacob auraient dû l’apprendre quand ils ont retrouvé leur argent dans leurs sacs. Mais le cœur de l’homme a une peine infinie à s’élever à la hauteur des pensées de Dieu. N’apportez jamais à Dieu autre chose que votre misère et l’excellence de la Personne du Seigneur Jésus.

Israël, leur père, leur avait aussi préparé un présent pour Joseph, pensant ainsi les rendre agréables à cet homme dont ils avaient une certaine crainte, et qui pourtant ne leur voulait que du bien. Il était en cela une image de personnes très nombreuses qui croient se rendre agréables à Dieu en faisant de bonnes œuvres, et beaucoup de choses qui paraissent excellentes à leurs propres yeux, mais qui, de fait, ne font que manifester combien peu elles connaissent leur ruine et la sainteté de Dieu.

Avec tout cela, les frères ont Benjamin avec eux, comme Joseph le leur avait ordonné. Ainsi, tout était bien en ordre extérieurement. Ils se lèvent, descendent en Égypte et se tiennent devant Joseph. Celui-ci les reçoit bien, et même les fait conduire dans sa maison pour manger avec lui à midi. C’était un témoignage d’une faveur toute spéciale, car Joseph était un grand seigneur et un homme très haut placé en Égypte.

Avez-vous pensé qu’un plus grand Seigneur que Joseph vous invite à venir dans Sa maison et à y jouir des délices qu’on trouve dans une telle demeure ? Le Seigneur Jésus, le Roi de gloire, a une maison sur la terre ; Il demeure au milieu des deux ou trois que Son nom a assemblés dans divers endroits ici-bas. Il est là au milieu d’eux. C’est là Sa demeure, c’est là qu’Il vient pour être avec les Siens, et là qu’Il les bénit.

Je suis persuadé que le plus grand nombre d’entre vous ont le privilège de pouvoir assister au rassemblement des enfants de Dieu, d’entendre les prières qui montent devant Lui et d’unir vos voix aux chants de louanges de Ses rachetés. Vous avez vu là des personnes de condition bien différentes. Vous êtes-vous demandé pourquoi elles se rencontraient ainsi ? Eh bien ! c’est simplement parce que le Seigneur leur a promis qu’Il serait au milieu d’eux.

C’est là Sa maison sur la terre comme autrefois Il avait une maison à Jérusalem, maison qui a été détruite à cause de l’infidélité de Son peuple. Il est évident que nous ne Le voyons pas de nos yeux corporels, mais Il est présent et, malgré tout, l’œil de la foi Le contemple. Ceux qui sont là présents jouissent de Sa personne et sont conduits par Lui dans le chant de la louange et dans tout le service qui s’accomplit. Cela vaut mieux encore que le festin que les frères de Joseph mangèrent dans sa maison.

Malgré tous les témoignages de la bonté de Joseph, ses frères ont peur quand on les mène dans sa maison. Cela provenait de deux causes : la première, de leur mauvaise conscience. C’est toujours ce qui a lieu quand on n’a pas confessé ses fautes. La seconde, c’est parce qu’ils ne connaissaient pas encore l’amour de Joseph pour eux.

Il en est de même de tout homme qui n’a pas dit comme le psalmiste : « Je confesserai mes transgressions à l’Éternel », et tant qu’on ne connaît pas l’amour du Seigneur Jésus, qu’on n’en jouit pas dans son âme. Dans cet état, on ne peut qu’être dans l’inquiétude et dans l’anxiété, même en présence des témoignages de la bonté de Dieu. Il faut être vrai et droit devant Lui. Il est amour, mais Il est aussi lumière ; or dans la lumière on ne peut rien cacher.

Je pense que vous avez lu le chapitre 43 de notre livre de la Genèse qui nous raconte quel fut ce repas de Joseph avec ses frères. Plusieurs choses devaient leur paraître étranges. Dans ce repas il y avait trois tables : une pour Joseph, une pour ses frères et une pour les Égyptiens qui étaient aussi à ce repas. Joseph ne pouvait pas encore les faire asseoir à la même table que lui. Il leur témoignait sa bonté en les invitant à manger avec lui, mais il ne pouvait pas encore être en pleine communion avec eux, ni se faire connaître à eux, car il y avait encore des choses en eux qui n’étaient pas pleinement jugées.

Ils avaient bien dit entre eux : « Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce, et nous ne l’avons pas écouté ; c’est pourquoi cette détresse est venue sur nous ». Mais ils n’avaient pas fait une pleine confession de leurs fautes, et bien des choses ténébreuses obscurcissaient leurs cœurs. Ils n’étaient donc pas encore en état de recevoir un plein pardon.

Malgré cela, Joseph ne les met pas au même rang que les Égyptiens. Malgré tout, il y avait une grande différence entre ses frères et des Égyptiens qui sont une image des gens du monde. De fait, Joseph, dans ce repas, était seul à table, mais une chose devait passablement les mettre mal à l’aise et les troubler. C’est qu’il les avait fait mettre à table selon leur âge, le premier selon son droit d’aînesse et le plus jeune selon sa jeunesse. Il devait donc les connaître. Tout cela devait paraît étrange aux fils de Jacob, et bien des pourquoi devaient monter dans leurs cœurs.

L’homme stupide ne connaît pas les pensées de Dieu, il ne peut s’élever à leur hauteur. Et tant qu’il n’a pas été scellé du Saint Esprit, tout ce qui est du Seigneur lui paraît étrange, mystérieux, incompréhensible. L’ennemi de l’homme a obscurci son entendement et les choses qui sont de l’Esprit de Dieu lui sont folie et mystère. Il faut que le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, vienne faire briller Sa lumière dans les cœurs : alors tout est clair, simple, lumineux, merveilleux.

Pauvres fils de Jacob ! Que de questions embarrassantes devaient les troubler pendant ce repas. Malgré cela, ils mangent, boivent et font bonne chère. Près de Joseph, malgré tout, on oublie sa misère et la famine qui est dans le pays. Chez lui il y a une grande abondance, de même que près du divin Joseph, le Seigneur Jésus.

Il commande de remplir les sacs de ses frères autant qu’ils en peuvent porter, et il les renvoie au matin. Les voici tous ensemble, avec Siméon et Benjamin, qui prennent le chemin de la maison ; probablement qu’ils sont pleins de joie ; car il semble que leur voyage a prospéré au-delà de toute espérance Ils avaient fait tout ce que Joseph leur avait ordonné et il les avait reçus favorablement , ils pouvaient remonter vers leur père en pleine paix.

Cette scène nous fait penser à bien des personnes qui, sous l’empire de la détresse de leur âme, viennent pour écouter la Parole de Dieu, la bonne nouvelle de l’évangile et qui, ayant entendu parler de l’amour de Dieu et du don de Son Fils, s’en retournent toutes joyeuses, croyant qu’elles sont vraiment converties, et pourtant elles n’ont jamais confessé leurs fautes au Seigneur et n’ont jamais vu la grandeur de leur misère dans la lumière de la présence de Dieu. Ces personnes sont comme les semences qui ont reçu la Parole sur le roc où il n’y a pas une terre profonde.

Il faudra passer par de nouvelles détresses plus grandes que les premières et traverser des angoisses plus grandes que celles qu’ils ont éprouvées jusqu’à ce jour : un nouveau labourage de Dieu est nécessaire avant que la Parole puisse porter du fruit à maturité. Mais Dieu est fidèle. Il ne laisse pas une œuvre qu’Il a commencée sans la mener à bonne fin.

Si les frères de Joseph avaient vraiment écouté ses paroles, ils auraient compris que d’autres choses devaient encore se passer. Lorsqu’il voit son plus jeune frère, il lui dit : « Dieu te fasse grâce, mon fils ». Que voulaient dire ces paroles ? C’est ce que nous verrons dans notre prochaine leçon.

D’après La Bonne Nouvelle 1939

UNE ARMÉE INVISIBLE

Jésus dit : « Voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » Matthieu 28. 20.

« Ne crains pas, moi je t’aiderai » Ésaïe 41. 13.

UNE ARMÉE INVISIBLE

Lire 2 Rois 6. 8 à 23

Une armée qui dispose d’un bon service de renseignements a un avantage décisif sur ses adversaires. Il y a bien longtemps, le roi de Syrie en a fait l’expérience. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi son ennemi, le roi d’Israël, réussissait à anticiper tous ses mouvements stratégiques. Y aurait-il un traître parmi ses officiers ? Mais l’un de ses serviteurs lui dit : « Personne, ô roi, mon seigneur ! Mais Élisée, le prophète qui est en Israël, déclare au roi d’Israël les paroles que tu dis dans ta chambre à coucher » (v. 12). Afin de neutraliser cet informateur gênant, le roi de Syrie vient assiéger la ville de Dothan où se trouve le prophète Élisée.

Quelle frayeur ressent le jeune serviteur du prophète lorsqu’il s’aperçoit que la ville est encerclée par l’armée ennemie ! Élisée, au contraire, reste calme. Son regard d’homme de Dieu était dirigé vers la grande force de l’armée céleste. Il dit à son serviteur : « Ne crains pas », et il demande à Dieu d’ouvrir les yeux de ce serviteur afin qu’il voie, lui aussi, ce qui les protégeait des Syriens : « et voici la montagne était pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Élisée ». Ils étaient envoyés par Dieu, et c’était des anges !

Dans combien de circonstances devons-nous avoir les yeux de notre foi bien ouverts pour distinguer les soins du Seigneur et les moyens par lesquels Il nous protège ! Au moment du danger, écoutons Sa voix qui nous dit : « Ne crains pas, car je suis avec toi » (Gen. 26. 24). Quand nous ne savons pas quelle décision prendre, Son Esprit, qui habite en nous qui avons cru en Jésus, peut nous guider. Quand les difficultés nous pressent, apprenons à discerner la présence du Seigneur, à rechercher Ses pensées et à nous laisser pénétrer de Sa bonté. Et n’oublions jamais de Le remercier et de Le louer pour les bonnes choses qu’Il nous donne, les privilèges qu’Il nous accorde, et Ses merveilleuses délivrances.

D’après « Il buon seme » octobre 2023

RIEN N’EST CACHÉ

« Il n’existe aucune créature qui soit cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous avons affaire » Hébreux 4. 13.

« Dieu jugera par Jésus Christ les secrets des hommes, selon mon évangile » Romains 2. 16.

RIEN N’EST CACHÉ

Aucun d’entre nous ne supporterait que tout notre voisinage sache ce que nous faisons, disons ou pensons dans le cours d’une seule journée. Quelle honte si nos pires secrets étaient révélés et propagés au grand jour ! Cependant, tout ce qui se passe en nous, et quoi que nous disions ou fassions, tout est connu de Dieu.

Ce qu’Il pense de nous-mêmes devrait nous préoccuper beaucoup plus que ce que pensent de nous nos voisins et tous ceux qui sont comme nous. Un jour vient où nous devrons rendre compte de tous les détails de l’existence que Dieu nous a accordée.

La connaissance parfaite que Dieu a de toutes choses remplissait d’inquiétude le cœur de l’auteur du Psaume 139 : « Où irai-je loin de ton Esprit ? et où fuirai-je loin de ta face ? » (Ps. 139. 7)

Une telle anxiété, cependant, peut être changée en une joie incomparable. Ce sera le cas si l’on prend conscience que l’on est un pécheur, qu’on le reconnaît et qu’on le confesse sincèrement devant Dieu. Nous sommes alors d’accord avec Lui et nous prenons la place qui nous convient : celle d’une personne coupable. Dieu peut alors se révéler comme le Dieu de toute grâce et de pardon, le Dieu Sauveur.

Le croyant peut dire alors : « Combien me sont précieuses tes pensées, ô Dieu !… Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ; éprouve-moi et connais mes pensées… et conduis-moi dans la voie éternelle » (Ps. 139. 17, 23 et 24).

À partir de là, il peut avancer sur le chemin de la vie, un pas après l’autre, avec l’aide de Dieu.

D’après « The Good Seed » septembre 2023

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (5)

Le séjour à Sichem n’a pas été profitable à Jacob ni à sa famille, bien au contraire. Au lieu d’y passer seulement, comme je vous l’ai dit dans notre précédente leçon, il s’y est établi, il a acheté un champ, il y a dressé sa tente et même bâti un autel au Dieu d’Israël, le Dieu de son père. En apparence, tout allait bien : il était riche, il avait des troupeaux, il possédait des terres, il adore le Dieu qu’adorait son père, mais dans tout cela il ne jouissait pas de la communion avec Dieu, et Dieu ne pouvait pas le bénir ni le faire jouir de Sa faveur.

Le chapitre 34 de la Genèse nous fait le récit de choses profondément tristes qui se sont passées pendant que Jacob était établi dans ce lieu où il n’aurait dû être qu’un étranger et un voyageur. Sa fille Dina sortit pour voir les filles du pays. La voici dans le monde.

Hélas ! Le monde est trompeur et méchant, Satan en est le prince. Oh ! N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Ne jetez jamais un regard de convoitise sur les choses que le monde vous offre, et surtout, ne vous associez jamais avec le monde, que ce soit sous une forme ou sous une autre, pas même avec le monde religieux.

Je pourrais vous raconter de bien tristes histoires qui se sont passées dans beaucoup de familles de chrétiens parce que les enfants ont voulu aller voir ce qui se passait dans le monde. Croyez que je vous aime et que je veux votre bien en vous avertissant ainsi. Dina en a fait l’amère expérience.

Un mal en engendre un autre, et voici Siméon et Lévi, les frères de Dina qui, furieux de l’outrage fait à leur sœur, usent de violence et de ruse. Ils deviennent des meurtriers et attirent sur eux la malédiction de leur père. Lisez à ce sujet dans le chapitre 49 de la Genèse les v. 5 à 7.

Enfin, Jacob doit s’enfuir d’un lieu où il n’aurait jamais dû s’arrêter. Il s’en va chassé par la peur et y abandonne le champ qu’il avait acheté à prix d’argent. Qu’a-t-il donc récolté à Sichem ? De la honte, de la crainte et de la frayeur.

Le voici qui reprend son voyage et, malgré tout, la main de Dieu est sur lui pour le protéger ; il met la frayeur sur les villes qui l’entourent et on ne le poursuit pas. Mais quel déshonneur la famille de Jacob a jeté sur le nom du Dieu d’Abraham et d’Israël dans les lieux où il a voulu séjourner. A quoi servait la belle profession religieuse qu’il avait faite en dressant un autel à Sichem ?

Nous ne pouvons que déshonorer le nom du Seigneur si notre conduite n’est pas en rapport avec la sainteté du Dieu que nous professons servir. Souvenez-vous sans cesse que c’est votre manière d’être et de faire qui seule peut être en témoignage autour de vous. A quoi servirait, par exemple, de distribuer des traités, de parler de Jésus, si votre conduite ne glorifie pas le Seigneur ? Il vaut mieux montrer sa foi par ses œuvres que par des paroles.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 35 de notre livre de la Genèse. La première chose sur laquelle je veux attirer votre attention, c’est sur la fidélité invariable de Dieu envers son pauvre serviteur Jacob. Malgré toutes ses fautes, malgré les choses pénibles et humiliantes qui se sont passées à Sichem, le Dieu plein de bonté s’occupe de lui pour son bien.

Nous aurions pensé que Dieu aurait dit : Maintenant, que Jacob aille seul un bout de chemin et qu’il récolte un peu les conséquences de sa folie… Non ! « Lève-toi, monte à Béthel, et habite là », lui dit-il.

Vous vous souvenez sans doute de Béthel dont le nom veut dire : « Maison de Dieu ». Il y avait donc en ce moment-là une maison où l’on pouvait rencontrer l’Éternel, un lieu où Il habitait. C’était là qu’Il s’était révélé à Jacob lorsqu’il s’enfuyait de devant Ésaü, son frère. Je pense que vous n’avez pas oublié ce que je vous ai dit au sujet de l’échelle de Jacob au chapitre 28 de notre livre. Béthel est souvent mentionné dans l’Ancien Testament. Chaque fois que vous en trouvez le nom en lisant les Écritures, pensez à ce que ce nom signifie. Cela vous aidera à comprendre l’enseignement que Dieu veut vous donner dans ce passage.

Dieu a voulu habiter au milieu des hommes, il prend Son plaisir en eux et Il veut les bénir. Lorsque le peuple d’Israël a été délivré de l’Égypte et introduit dans le désert, l’Éternel a donné des ordres à Son peuple afin qu’il lui construise un tabernacle. Il voulait ainsi habiter au milieu d’eux. Les chapitres 25 à 40 du livre de l’Exode nous donnent les ordonnances concernant le tabernacle : il était merveilleux !

Une fois entré dans le pays de la promesse, Salomon a bâti un temple magnifique et la gloire de l’Éternel l’a rempli. Lisez le livre des Psaumes et notez les passages où il est question de cette maison et des bénédictions qui s’y rattachent, et qui sont la part de ceux qui sont dans cette maison. Vous verrez comme elles sont grandes.

Lisez beaucoup la Parole de Dieu, elle est remplie de merveilles !

Dans le Nouveau Testament nous trouvons aussi une maison de Dieu, un lieu où Dieu habite et où nous pouvons jouir de Sa présence et des bénédictions qui sont dans Son sanctuaire. Ce n’est pas une maison matérielle comme celle que Salomon a bâtie, mais une maison spirituelle composée de pierres vivantes. Tous ceux qui croient au Seigneur Jésus sont les pierres vivantes de ce glorieux édifice. Ils sont unis les uns aux autres par le Saint Esprit, et lorsque deux ou trois, et naturellement aussi un plus grand nombre, sont assemblés au nom de Jésus, Il est là au milieu d’eux. Lisez quelques passages à ce sujet : Matthieu 18. 19 à 20, puis 1 Corinthiens 14. 23 à 25, dans 1 Pierre aussi, chapitre 2. 5 et 6. Vous trouverez des enseignements concernant cette maison. Il y en a aussi beaucoup d’autres que vous trouverez au fur et à mesure que vous lirez les épîtres.

Il y a bien des choses que je ne puis vous enseigner dans ce moment concernant cette maison, cela prendrait trop de temps et il y en a plusieurs que vous auriez encore de la peine à comprendre, mais soyez bien pénétrés de cette pensée que l’assemblée est la maison de Dieu sur la terre, et que là où deux ou trois sont assemblés au nom de Jésus, Il est là au milieu d’eux et là, par son Saint Esprit, Il bénit, réjouit et console ceux qui viennent chercher Sa présence.

J’aimerais aussi que vous lisiez les trois premiers versets du chapitre 5 du livre de l’Écclésiaste. Vous verrez là qu’il y a donc une maison de Dieu sur la terre, ou si vous aimez mieux, sous le soleil, comme nous le dit ce livre. Il est dit de s’approcher pour entendre. Qu’entend-on dans une telle maison, si ce n’est la voix de Dieu Lui-même ? Nous comprenons que nous devons nous approcher avec un saint respect, conscients de la grandeur de Dieu, nous qui sommes de pauvres mortels, pécheurs et coupables.

Jacob, en allant à Béthel, a compris qu’il devait purifier sa maison de tout ce qui était incompatible avec la sainteté de Dieu. C’est pourquoi il a dit : « Ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et purifiez-vous, et changez vos vêtements ». Souvent il arrive qu’il y a dans notre vie ou dans nos maisons bien des choses qui sont peu en harmonie avec la gloire de Dieu. Nous avons à les juger, à les confesser et à nous en débarrasser si nous voulons jouir de la bénédiction du Seigneur.

Mais, je vois que je m’allonge beaucoup aujourd’hui. Il faut que je m’arrête et nous reviendrons sur ce chapitre la prochaine fois.

Nous avons laissé Jacob à Béthel, la maison de Dieu, dans le pays de Canaan, où il est monté et tout le peuple qui était avec lui. Là il bâtit un autel au Dieu qui s’était révélé à lui ; il est ainsi devenu un adorateur. C’est le glorieux privilège de tous les rachetés de pouvoir adorer Dieu dans la mesure où Il s’est révélé à leurs âmes.

Jacob connaissait le Dieu qui s’était révélé à Abraham comme le Dieu Fort tout-puissant ; nous, maintenant, nous connaissons le Dieu qui s’est révélé à nous dans la Personne de Son Fils sous le nom de Père. C’est Lui que nous pouvons adorer en esprit et en vérité.

J’aime à penser que le plus grand nombre d’entre vous connaissent le Seigneur Jésus comme leur Sauveur ; mais permettez-moi .de vous demander si vous avez pensé que, en vous amenant à lui, Dieu a voulu faire de vous des adorateurs ? Il veut que tous ceux qui sont à Lui accomplissent ce précieux service dans Sa sainte présence. L’adorer, c’est L’aimer par-dessus toutes choses, c’est Lui témoigner sa reconnaissance par des actions de grâces et le chant de Ses louanges. C’est Lui parler de Son Fils bien-aimé, de ce qu’Il a fait, de Son amour et de Sa grâce, rappeler Son œuvre à la croix, Ses souffrances et Sa résurrection glorieuse. Si nous faisons cela, Dieu est glorifié et Son cœur est réjoui.

Jacob à Béthel pouvait rappeler à l’Éternel comment Il s’était révélé à lui lorsqu’il s’enfuyait de devant son frère, comment Il lui avait fait de précieuses promesses, comment Il avait pris soin de lui pendant son long séjour chez Laban, comment Il l’avait comblé de richesses et ramené dans le pays de la promesse.

N’avez-vous rien à dire au Seigneur pour tous les bienfaits dont Dieu vous a comblés dès votre enfance ? N’avez-vous pas à Le bénir pour le don du Seigneur Jésus et pour la glorieuse espérance d’être bientôt pour toujours avec Lui dans le ciel même ? Ne pouvez-vous pas vous réjouir de ce que ce divin Sauveur a glorifié Dieu sur la terre et a accompli le plus grand des sacrifices pour nous délivrer de notre misère et pour glorifier Dieu, là où nous l’avions déshonoré de tant de manières ?

Pendant que Jacob séjournait à Béthel, Débora, la nourrice de sa mère, meurt et il faut l’enterrer sous un chêne, en pleurant. Vous vous souvenez que Rebecca, lorsqu’elle a quitté sa famille pour aller à la rencontre d’Isaac, a pris sa nourrice avec elle (Gen. 24. 59). Jacob, qui avait cette femme avec lui dans ce moment, est dépouillé de ce dernier souvenir de sa mère ; une mère qu’il ne devait plus revoir ici-bas. Il y avait bien de quoi pleurer.

Ici-bas les choses les plus précieuses nous sont reprises les unes après les autres. Ce que nous aimons doit tôt ou tard nous être retiré, et c’est ainsi, dépouillés d’une chose puis d’une autre, que nous avançons dans la vie. Mais il est un Ami fidèle, plus attaché qu’un frère, qui nous reste et qui ne fait jamais défaut. Il demeure le même lorsque tout passe, et Il suffit à tout en toutes circonstances : c’est Jésus. Puissiez-vous l’avoir pour l’Objet suprême de vos cœurs.

Ce chapitre 35 du livre de la Genèse contient de telles richesses que nous nous en occuperons encore aujourd’hui.

Vous vous souvenez que nous avons laissé Jacob enterrant la nourrice de sa mère, Débora, sous un chêne dont le nom fut appelé Allon-Bacuth, ce qui veut dire : Chêne des pleurs. Souvent, après une épreuve, Dieu répand sur nous de nouvelles bénédictions ; du reste s’Il éprouve, Son but est toujours de nous bénir.

Or, voici Dieu qui apparaît de nouveau à Jacob et qui le bénit. Il lui rappelle que son nom ne sera plus Jacob, mais Israël, ce qui veut dire : prince de Dieu. Quelle grâce de lui avoir ainsi changé son nom, faisant pour ainsi dire disparaître ce qu’il avait été autrefois, un supplanteur, de telle manière qu’on ne voyait plus rien de ce que la grâce de Dieu avait produit en lui. Dieu est un Dieu de grâce, Il se plaît à bénir ceux qui reconnaissent devant Lui leur culpabilité. Vous savez que la grâce n’est que pour les coupables ; confessez-Lui donc vos fautes et demandez-Lui toutes les choses dont vous avez besoin. En venant ainsi à Lui, jamais vous ne serez confus. Peut-être qu’Il vous fera attendre la réponse à vos prières afin d’éprouver votre foi et afin de voir si vous savez vous confier pleinement en Lui, mais ne doutez jamais de Sa fidélité.

L’Éternel renouvelle les promesses qu’Il a faites à Jacob, Il lui en fait encore d’autres et Il lui annonce que des rois sortiraient de lui. Vous savez que David, Salomon et d’autres grands rois sont des descendants de Jacob, mais le plus glorieux de tous est sans conteste le Seigneur Jésus, le Roi de gloire qui a bien voulu naître de Marie qui était de la postérité de Jacob, par le roi David.

De nouveau Jacob érige une stèle, un monument qui rappelle ce qui s’est passé dans ce lieu. Son cœur devait être bienheureux en pensant à tout ce que Dieu avait fait pour lui et à tout ce qu’il avait vu et entendu à Béthel. Il part de là et continue son chemin ; mais voici une nouvelle épreuve plus douloureuse que la première, c’est Rachel, son épouse chérie, qui meurt à Bethléhem. Elle lui laisse un fils qui sera pour lui un souvenir précieux de cette femme qu’il a aimée et pour laquelle il a été serviteur pendant sept ans. Il doit enterrer Rachel sur le chemin d’Éphrath.

Vous lirez dans le prophète Michée, ch. 5. 2, ce qui nous est dit d’Éphrath. Vous lirez aussi le commencement du chapitre 2 de l’évangile selon Matthieu et vous verrez que c’est là que le Seigneur est né, chose qui a été annoncée par le prophète plus de sept cents ans à l’avance. Comment donc les incrédules lisent-ils les Écritures ? Qui peut dire à l’avance ce qui doit arriver si ce n’est Dieu seul ?

Rachel, en mourant, appelle son fils Ben-Oni, ce qui veut dire : « fils de ma peine » ; mais la foi de Jacob dans ce moment s’élève au-dessus des choses visibles et l’appelle : Benjamin, « fils de ma droite ». Nous pouvons dans toute cette scène distinguer des rayons de la gloire de Christ : si Sa venue a été un grand sujet de souffrance pour la nation juive, et cela à cause de leur incrédulité, nous savons par contre que Jésus est le Fils de la droite du Père et que par Lui tous Ses conseils auront leur plein accomplissement.

A la fin de sa vie Jacob rappelle ce qui s’est passé dans ce moment-là (ch. 48. 7). C’est une douleur qui l’a accompagné pendant le reste de sa vie ; une blessure qui ne s’est jamais cicatrisée. Que de choses pénibles nous portons souvent avec nous pendant notre voyage ici-bas. Dieu se sert de toutes ces choses pour notre profit et pour nous amener à prendre conscience que le bonheur n’est pas ici-bas, mais bien là-haut, dans la maison du Père.

Pour finir Jacob arrive à Mamré, à Kiriath-Arba où était son père. Il le retrouve vivant, après un si long temps d’absence. Ce devait être une bienheureuse rencontre, mais ici-bas rien ne dure ; son père meurt et il doit l’enterrer.

Souvenez-vous que tout passe dans ce monde et que, tôt ou tard, vos parents vous seront repris si le Seigneur tarde encore. Dans ce jour-là, que Dieu veuille que vous n’ayez pas le regret d’avoir causé du chagrin à ces parents qui ont pris soin de vous dans votre enfance.

Vous remarquez que dans ce chapitre nous n’avons pas moins de quatre enterrements : Le premier au v. 4 où Jacob enterre les idoles, le second au v. 8 où il enterre Débora, le troisième au v. 7 où il enterre Rachel, enfin le quatrième au v. 29 où il enterre son père. Que d’enseignements dans ce chapitre ! Soyez bien certains qu’il en contient encore beaucoup d’autres que nous n’avons pas su voir. La Parole de Dieu est infinie.

En continuant la lecture de notre livre de la Genèse, nous arrivons au chapitre 36 que nous considérerons un peu aujourd’hui. Peut-être que plus d’un d’entre vous va dire : « Mais, ce chapitre ne contient guère que des noms, quel profit retirerions-nous de sa lecture ? » C’est vrai, il y a beaucoup de noms, mais puisque Dieu s’est donné la peine de nous écrire ce chapitre, le moins que nous pouvons faire est de nous donner la peine de le lire, et de le lire avec attention. J’ajouterai même que souvent j’ai pensé que les enfants et les jeunes gens devraient le lire fréquemment, il est rempli d’instructions pour eux.

Nous avons donc laissé Ésaü et Jacob enterrant leur père. Maintenant nous allons voir ce que firent ces deux frères une fois qu’ils sont laissés à eux-mêmes. Ils vont montrer le véritable état de leurs âmes et quelles sont les relations qu’ils ont avec Dieu. Jusqu’à ce jour ils peuvent peut-être avoir marché sur les traces d’Isaac ou, par égard pour lui, avoir agi comme lui ; maintenant que vont-ils faire ?

Notre chapitre commence par ces mots : « Et ce sont ici les générations d’Ésaü », de même que le v. 2 du chapitre suivant nous dit : « Et ce sont ici les générations de Jacob ».

Donc, dans notre chapitre, Dieu va nous faire connaître ce qu’ont été les générations d’Ésaü, qui est Édom.

Pourquoi Dieu nous rappelle-t-il ici que le nom d’Ésaü a été changé en celui d’Édom ? Vous vous souvenez que ce nom lui a été donné après le marché qu’il a fait avec Jacob, lorsque, pour un plat de lentilles, il a vendu son droit de premier-né. Ce nom rappelle donc qu’il était un profane et que les promesses divines n’avaient pas de prix pour son cœur.

Hélas ! ce chapitre qui est devant nos yeux nous le montre tout du long. Ce n’est pas dans un moment de défaillance qu’il a montré ce qu’il était en vendant son droit de premier-né, mais toute sa vie en a été la manifestation. Ici nous voyons qu’il prend ses femmes d’entre les filles de Canaan. Ce que son père Abraham avait dit à propos des filles des Cananéens n’avait pas de sens pour lui (ch. 24. 3). Par ses mariages, il montre qu’il ne possédait pas la foi de ses pères.

Maintenant, il va plus loin dans le chemin de l’incrédulité et il prend ses femmes, et ses fils, et ses filles, et toutes les personnes de sa maison, et ses troupeaux, et tout son bétail et tout le bien qu’il avait acquis dans le pays de Canaan, et s’en va loin de son frère, loin du pays de la promesse, loin de la terre que l’Éternel avait donnée à Abraham et à sa postérité. Pour Ésaü, le bon pays que l’Éternel avait choisi pour Son peuple ne valait pas mieux que la montagne de Séhir.

Pauvre Ésaü ! Il ne comprenait rien aux choses qui sont du domaine de la foi. Pour lui, le présent seul avait de l’importance ; il était le même que lorsque, pour un seul mets, il avait vendu son droit de premier-né.

Il pouvait alléguer de bonnes raisons pour agir ainsi : ses troupeaux étaient nombreux, ceux de son frère aussi ; il semblait même faire preuve de désintéressement en s’en allant ainsi, mais le fond de tout cela était simplement de l’incrédulité. C’est, pourquoi il nous est dit : « Et Ésaü habita dans la montagne de Séhir : Ésaü, c’est Édom (un profane).

Là, dans ce pays, il a prospéré, et sa famille aussi. Ses fils, qui étaient nombreux, sont tous devenus des chefs ainsi que vous le voyez dans les versets 15 à 19. Il est de nouveau répété : « Ésaü, c’est Édom ». Triste refrain, comme une complainte sur Ésaü et sur sa famille.

Dans ce pays de Séhir on trouve des sources chaudes. Elles ne désaltèrent guère, bien loin de ressembler aux eaux de Siloé qui coulent dans le pays de la promesse. Des sources chaudes ! On peut mourir de soif auprès de sources pareilles.

Dans ce pays aussi, on a régné avant qu’il y eut un roi sur Israël. Là on règne et là on meurt. Nous lisons : « Et il mourut et un autre régna à sa place, et il mourut, et un autre régna à sa place ». C’est là ce qu’ont trouvé Ésaü et sa postérité : c’est là la part qu’ils ont eue. Ils sont bien loin d’avoir confessé qu’ils étaient étrangers et forains sur la terre et qu’ils attendaient la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur. Ils n’ont pas eu une tente et un autel, comme Abraham, qui est mort dans la foi et qui régnera avec Christ. Nous ne voyons ni Ésaü, ni aucun des siens enterrés dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté des fils de Heth.

Vous voyez que ce chapitre contient plus d’un enseignement important. Que voulez-vous choisir pour vous-même : les choses présentes qui passent ou une part avec un Christ rejeté et, dans l’avenir, la gloire éternelle avec Lui ? C’est une question importante entre toutes ; il y va de votre bonheur éternel. Les choses qui se voient : troupeaux, richesses, honneurs ne sont que pour un temps, mais les choses qui ne se voient pas : Christ et Sa gloire, sont éternelles.

Maintenant nous arrivons à l’histoire de Joseph, récit merveilleux que, sans doute, plus d’un d’entre vous a lu avec intérêt. Puissions-nous recevoir ensemble beaucoup de joie et de bénédiction par la lecture de la fin de ce livre de la Genèse qui nous fait connaître ce fils bien-aimé de Jacob, et par ce moyen nous amène à mieux connaître le Seigneur Jésus ; le divin Joseph, car toutes les Écritures nous parlent de Lui.

Le Seigneur, étant sur la terre, a dit : « Sondez les Écritures, ce sont elles qui vous parlent de moi ». Essayez donc de lire cette histoire de Joseph en mettant le nom de Jésus à la place du nom de Joseph, et vous verrez comment ce récit deviendra merveilleux, et comment, par ce moyen, vous apprendrez à connaître bien des choses concernant ce divin Sauveur.

C’est donc le chapitre 37 qui commence ce récit au v. 2. Le premier verset nous dit que Jacob habita dans le pays de Canaan où son père avait séjourné. Ceci est en contraste avec ce que nous avons vu dans le chapitre précédent où Ésaü est allé habiter dans la montagne de Séhir. Malgré toutes ses fautes, Jacob appréciait les promesses divines ; elles avaient du prix pour son cœur, et le pays de la promesse valait mieux pour lui que toute autre partie du monde entier. Lorsqu’il était à Charan chez Laban, son désir était de revenir dans le pays de ses pères. Il montre sa foi aux promesses divines en agissant ainsi.

Maintenant, au v. 2, ainsi que nous venons de le voir, commence le récit de la vie de Joseph : « Ce sont ici les générations de Jacob : Joseph, etc. » Je pense que si je vous avais demandé de mentionner les générations de Jacob, vous auriez certainement commencé en mentionnant Ruben, Siméon, Lévi, Juda, etc., et vous auriez terminé en mentionnant les deux plus jeunes, Joseph et Benjamin. Dieu nous parle d’une tout autre manière. Pour Lui, il n’y a ici qu’un seul des fils de Jacob qui compte comme génération : c’est Joseph, car il est un type de Christ.

Au milieu de la multitude d’hommes qui ont été sur la terre, il y en a un seul qui compte devant Lui, un seul dans lequel Il a trouvé toute Sa satisfaction, tout Son bon plaisir : c’est Jésus ! Lui seul a glorifié Dieu sur la terre, sur Lui le ciel s’est ouvert lorsque le Père a fait entendre Sa voix, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).

J’aimerais que vous vous réjouissiez en pensant à ce fait, qu’il y a eu un Homme qui a glorifié Dieu sur la terre. L’évangile nous fait connaître Sa personne et toute l’excellence de cette vie qui a commencé dans la crèche de Bethléhem et qui s’est terminée sur la croix du Calvaire. Dans Sa vie et dans Sa mort Il a toujours fait les choses qui étaient agréables à Dieu : c’était comme un parfum précieux et de bonne odeur qui montait continuellement vers le ciel.

Joseph ici, au v. 2, nous est présenté comme paissant le menu bétail. Certainement, en lisant ce verset, vous avez pensé au bon Berger, le souverain Pasteur dont nous parle souvent la Parole. Vous connaissez le Psaume 23, le ch. 10 de Jean et d’autres portions des Écritures qui nous parlent de Lui.

J’aime à penser que tous vous pouvez dire : Le Seigneur est mon Berger. Il ne faut pas dire : Il est notre Berger. C’est trop général ; il nous faut quelque chose de plus positif, de plus sûr, de plus personnel. Il est mon Berger ! Que c’est précieux ! Si peut-être parmi les lecteurs de la « Bonne Nouvelle » il y a un enfant qui ne puisse pas dire avec certitude qu’il est une brebis du bon Berger, je l’engagerais à lire avec attention dans l’évangile de Luc les v. 4 à 7 du chapitre 15. Là nous entendons le Seigneur qui nous parle de Ses brebis. Vous remarquerez qu’il nous est dit une seule chose de sa brebis : c’est qu’elle était perdue.

En considérant la chose, nous pouvons savoir si nous sommes une de ses brebis. Avons-nous, un jour dans notre vie, dit : Je suis perdu ? Il est évident que c’est une découverte effrayante lorsque nous apprenons que nous sommes perdus. Cela remplit le cœur de frayeur ; mais quelle joie lorsque nous apprenons que le bon Berger est précisément venu chercher cette brebis parce qu’elle était perdue !

Il n’y a pas de bonheur comparable à celui-ci. Qui peut dépeindre le bonheur que l’on éprouve en sachant que l’on est sur les épaules du bon Berger, Lui qui nous porte, bien joyeux, jusque dans la maison du Père ?

Vous voyez ainsi que dès les premiers mots du récit de la vie de Joseph, le Saint Esprit veut nous occuper de la Personne du Seigneur Jésus. Nous Le voyons comme au travers des ombres de l’Ancien Testament. Mais lorsque nous arrivons dans le Nouveau Testament, ces ombres fuient et nous pouvons Le contempler dans toute Sa gloire.

Avant de continuer l’histoire de Joseph, je dois attirer votre attention sur la conduite des fils de Bilha et de Zilpa, les frères de Joseph : ils avaient une mauvaise renommée. Leur conduite jetait du déshonneur sur le nom de l’Éternel que Jacob invoquait.

Il arrive souvent que les enfants des chrétiens se conduisent plus mal même que les enfants qui n’ont pas le privilège d’entendre parler du Seigneur dans leur maison. Soyez bien pénétrés de la pensée que votre manière d’être, de faire, que vos paroles et vos actions peuvent être en bénédiction, ou aussi des pierres d’achoppement pour les personnes qui vous voient et vous entendent. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11).

Joseph rapporta ces choses à leur père. Évidemment il ne le fit pas dans un esprit de critique ou de supériorité vis-à-vis de ses frères, mais il souffrait de voir leur conduite. Ce n’est pas bien de cacher le mal pour favoriser ceux qui le font. L’amour ne peut pas supporter ce qui n’est pas bien, surtout chez ceux que l’on aime.

Cela nous fait penser au divin Joseph, Lui le saint et le juste ; II était dans un monde méchant. Ainsi qu’il est écrit : « Il était dans le monde, et le monde fut fait par lui, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Il a été haï de Son peuple Israël, malgré toute Sa bonté envers eux. Israël était loin de Dieu, malgré toutes ses prétentions religieuses et il nous est dit que le nom de Dieu est blasphémé à cause d’eux (Rom. 3. 24). Lorsque le Seigneur est venu au milieu de Son peuple, il n’y a trouvé que des transgresseurs de la loi.

Israël aimait Joseph plus que tous ses fils. Nous voyons ici un des rayons merveilleux de la gloire du Seigneur Jésus. Jésus est le Fils bien-aimé de Son Père. Nous sommes incapables de connaître la satisfaction, le bon plaisir que le Père a trouvé dans le Fils de Son amour, Celui qui a toujours fait les choses qui Lui plaisent.

Nous lisons dans Jean 3. 35 : « Le Père aime le fils ». Vous êtes-vous demandé pourquoi Il nous le dit ? C’est afin que nous aussi nous L’aimions et que nous trouvions nos délices et notre joie en Lui. Notre communion est avec le Père, est-il dit en 1 Jean 1. 3, ou, si vous comprenez plus facilement, nous avons une part en commun avec le Père ; et quelle est cette part sinon son Fils lui-même ? Dieu nous l’a donné. Vous réjouissez-vous en Lui chaque jour ?

Nous pouvons bien L’aimer, car c’est Lui qui nous a aimés le premier. Dans Son grand amour, Il est descendu sur la terre pour nous sauver par Ses souffrances et par Sa mort, cette mort qu’Il a endurée sur le mont Calvaire.

Jacob a revêtu Joseph d’une tunique bigarrée, ou si vous préférez, d’une tunique de diverses couleurs. Cette tunique devait être fort belle puisque c’était son père qui la lui avait faite : elle était un témoignage de tout son amour pour lui. Elle nous fait penser aux gloires variées de la Personne du Seigneur. Combien ces gloires sont diverses : Il est le Roi de gloire, le Messie d’Israël, l’Homme parfait, l’Homme des conseils éternels de Dieu, Celui qui doit régner sur tout l’univers, Il est le Fils unique et bien-aimé du Père, Il est le parfait Serviteur…

Je n’en mentionne que quelques-unes, vous pouvez vous-même regarder tous les titres glorieux qui lui sont donnés dans les Écritures. Tout, dans Sa personne adorable est amour, grandeur et beauté, chantons-nous quelquefois.

Voyez vous-même dans le chapitre 28 du livre de l’Exode la description des vêtements de gloire et de beauté d’Aaron, le grand souverain sacrificateur. Tout ce que nous connaissons de plus beau et de plus précieux était employé dans la confection de ces vêtements précieux qui nous parlent, eux aussi, des gloires de notre divin Seigneur.

Les frères de Joseph virent que leur père l’aimait plus que tous ses frères et ils le haïssaient et ne pouvaient lui parler paisiblement. De même, les Juifs qui haïssaient le Seigneur Jésus L’entendant lorsqu’Il leur parlait de Son Père, prirent des pierres pour Le lapider.

Mais nous ne faisons que commencer l’histoire de Joseph. Vous voyez que, dès le début, nous pouvons y voir quelque chose du Seigneur Jésus, car Lui est le vrai, le divin Joseph, Celui que le Père aime de toute éternité. Lisez ce récit et notez d’avance ce qui vous semble parler de Jésus, et vous verrez si vos notes sont justes et si elles correspondent avec ce que je vous dirai de Lui dans la suite.

Voici déjà bien longtemps depuis que je vous ai parlé de Joseph la dernière fois. Depuis lors bien des choses se sont passées sur notre pauvre terre. Avez-vous un peu pensé à la quantité de larmes qui coulent pendant une seule journée : que d’accidents, que de morts, et que de cris de détresse qui montent vers le ciel dans un seul jour. Dieu voit tout cela, rien n’échappe à Son œil et à Son oreille. Il connaît aussi toutes les fautes de Ses créatures, Il entend tous les blasphèmes que les hommes impies profèrent chaque jour. Sa patience est grande. Il nous est dit, dans la seconde épître de Pierre, que cette patience est salut. Ce qui veut dire que, s’Il attend, c’est qu’Il veut que des âmes soient sauvées.

Dieu ne vous demande peut-être pas d’annoncer l’évangile pendant que vous êtes jeunes, mais vous pouvez néanmoins collaborer à son travail d’amour en priant pour ceux qui périssent, afin que Dieu les sauve pendant qu’il en est encore temps.

Mais je vois que je ne vous parle pas encore des songes de Joseph comme je vous avais promis de le faire lors de notre dernière leçon. Certainement vous avez eu des songes et même plusieurs fois. Ces songes sont souvent oubliés, mais d’autres fois ils ont produit sur vous une impression plus ou moins profonde ; vous y avez repensé, peut-être même que vous les avez racontés. Dieu se sert quelquefois de ce moyen pour parler aux hommes. « Car Dieu parle aux hommes dans un songe, dans une vision de nuit, quand un profond sommeil tombe sur les hommes, quand ils dorment sur leurs lits », lisons-nous dans le livre de Job, ch. 33. 14 et 15.

Joseph eut deux songes qui produisirent sur lui une profonde impression, puisqu’il les raconta à ses frères. Dans le premier, il était à lier des gerbes au milieu des champs ; et voici, sa gerbe se leva et les gerbes de ses frères l’entourèrent et se prosternèrent devant sa gerbe. Il raconta le songe à ses frères et ceux-ci le haïrent encore davantage. Ce songe annonçait d’avance la gloire future de Joseph, et il s’est réalisé à la lettre lorsque ses frères, poussés par la famine, descendirent plus tard en Égypte pour y chercher du blé ; alors ils se prosternèrent en terre devant Joseph, car lui seul pouvait leur donner du blé. C’étaient bien les gerbes de ses frères qui se prosternaient devant la sienne.

L’autre songe parlait d’une gloire plus grande encore : le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant lui. Un jour, plus tard, ainsi que nous le verrons dans une autre leçon, Joseph parcourait l’Égypte monté sur son char et on courait devant lui en criant : Abrec ! ce qui veut dire : Qu’on s’agenouille et, bon gré, mal gré, tous devaient s’agenouiller lors de son passage.

Certainement en lisant ces choses, vous pensez à un plus grand que Joseph, le Seigneur Jésus Lui-même. Oui, longtemps à l’avance, le Saint Esprit faisait connaître quelques rayons de Sa gloire. C’est Lui que Dieu a haut élevé et auquel Il a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus est seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 9 à 11).

Ceux qui confessent le nom de Jésus et le reconnaissent comme Seigneur maintenant, c’est pour leur délivrance et leur bonheur éternel. Car : « Si tu confesses Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10. 9). Mais ceux qui ne le font pas maintenant seront forcés de le faire plus tard dans le jour du jugement. Alors de Sa bouche, il faudra entendre prononcer une condamnation éternelle. J’aime à penser que nul d’entre vous ne devra entendre une telle sentence de Sa bouche. Vous repenserez, je l’espère, aux songes de Joseph.

Aujourd’hui, nous voulons encore nous occuper de Joseph tel que nous le trouvons dans le chapitre 37 du livre de la Genèse. Je pense que vous vous souvenez de ce que je vous ai déjà dit à son sujet et que vous avez repensé à sa robe bigarrée et à ses songes.

Les frères de Joseph faisaient paître le menu bétail de leur père à Sichem. Ce nom ne vous est pas inconnu. C’est là que Jacob avait acheté une portion de champ pour cent késitas. Le késita est un morceau d’or ou d’argent servant de monnaie et dont on ignore la valeur, nous le trouvons encore mentionné clans le livre de Job au dernier chapitre. Cherchez-le vous-même et vous le trouverez facilement.

Jacob possédait donc à Sichem une portion de champ et c’est là évidemment que Jacob pensait que son troupeau se trouvait. Il dit à Joseph, son fils : « Tes frères ne paissent-ils pas le troupeau à Sichem ? Viens, et je t’enverrai vers eux. Et il dit : Me voici ». Vous remarquez l’empressement dont fait preuve Joseph pour obéir à son père. Immédiatement il est prêt à répondre à sa volonté, et cela sans tarder.

Je ne saurais trop vous recommander une obéissance absolue à vos parents. Jamais vous ne regretterez de l’avoir fait. Il est aussi important de le faire sans tarder. Si vous remettez à plus tard, il est fort probable que vous ne ferez jamais ce qu’on attend de vous : l’ennemi aura vite fait de trouver un empêchement à ce que vous le fassiez : un oubli, un jeu qu’on ne veut pas interrompre, des raisonnements, etc., il est rusé pour conduire dans le chemin de la désobéissance.

N’oubliez jamais l’exhortation du Seigneur aux enfants : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère, c’est le premier commandement avec promesse, afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre » (Éph. 6. 1 et 2).

Jacob lui dit : « Va, je te prie, voir si tes frères se portent bien, et si le bétail est en bon état, et rapporte-m’en des nouvelles ». Et il l’envoya de la vallée d’Hébron ; et il vint à Sichem. Joseph savait parfaitement quels étaient les sentiments de ses frères à son égard, et qu’ils le haïssaient, mais il va. Puisque son père l’avait envoyé, il a obéi sans faire d’objections. Quelle belle leçon il nous donne à chacun de nous.

Ce qui est dit ici nous fait penser à Celui que le Père a envoyé dans un monde méchant. Obéissant à la volonté de Celui qui l’avait envoyé, Il a dit : « Voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre : c’est mes délices, ô Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 7 et 8). Divin Sauveur ! Pour Lui, obéir c’était souffrir ; mais rien ne L’a arrêté dans le chemin où Il a marché en glorifiant Dieu depuis la crèche de Bethléhem jusqu’à la croix du mont Calvaire. Vous remarquez ici de nouveaux rayons de la gloire du divin Joseph, le Seigneur Jésus. Ayez constamment devant vos yeux ce divin modèle, afin que vous puissiez suivre Ses traces, et faire comme Il a fait.

Joseph ne trouva pas ses frères au lieu où son père l’avait envoyé ; il aurait pu dire : Puisque je ne les trouve pas, je vais rentrer à la maison ; j’ai fait ce que mon père m’a commandé. Au lieu de cela, il erre dans les champs et s’informe où sont ses frères. Il ne veut pas s’en retourner sans avoir accompli sa mission. Souvent, lorsque vous accomplissez une tâche qui vous a été confiée, vous vous découragez à la première difficulté que vous rencontrez.

Joseph a persévéré jusqu’au bout et a atteint le but que son père lui avait assigné. Mais, pauvre Joseph ! son obéissance lui a coûté cher. C’est ce que nous verrons la prochaine fois, si le Seigneur n’est pas venu.

Nous avons laissé Joseph allant vers ses frères. Vous vous demandez sans doute comment il fut reçu par eux. Il les trouva en Dothan, loin du lieu où il pensait qu’ils étaient. C’est là qu’ils faisaient paître le troupeau. Ils le voient venir de loin ; et, au lieu de se réjouir de voir leur frère qui venait de la part de leur père s’enquérir de leur bien-être, ils complotèrent contre lui pour le faire mourir. Cela nous fait penser au passage bien connu que nous trouvons dans le premier chapitre de l’évangile de Jean en rapport avec le Seigneur Jésus : « Il vint chez soi et les siens ne l’ont pas reçu ».

Une pensée de haine gardée dans le cœur peut conduire aux choses les plus affreuses, même au meurtre. Du reste il est dit que celui qui hait son frère est un meurtrier (1 Jean 3. 15). Les frères de Joseph parlent de le jeter dans une citerne et de tromper leur père en lui disant qu’une mauvaise bête l’avait déchiré.

Malgré tout, Dieu veillait sur Joseph et il s’est servi de Ruben pour le délivrer de leurs mains. Il semble qu’un travail de conscience s’opérait dans le cœur de ce fils aîné de Jacob. Non seulement il cherche à délivrer Joseph, mais, quand il trouve la citerne vide, il dit : L’enfant n’y est pas, et moi, où irai-je ? Quelle question solennelle : Où allait-il ? Il avait de graves péchés sur la conscience. Qu’en serait-il de lui lorsqu’il faudrait rendre compte de ses fautes ?

Vous êtes-vous posé cette question un jour dans votre vie ? Où pensez-vous que vous allez ? Dieu, le Dieu miséricordieux pouvait faire de Ruben un objet de Sa grâce ; il ne repousse pas le plus grand des coupables qui vient à Lui et qui reconnaît sa misère.

Les frères de Joseph le jettent dans une citerne qui ne contenait pas d’eau, et sans se soucier de sa détresse, le laissent là. Après cela ils s’assirent pour manger le pain comme si tout allait bien. Nous pouvons bien penser qu’ils n’ont pas rendu grâce à Dieu pour ce pain qu’Il leur donnait. Quand on est dans le mal, on ne se soucie pas de Dieu. J’aime à penser que jamais vous n’oubliez de témoigner à Dieu la reconnaissance qui lui est due pour tous les bienfaits qu’Il vous dispense chaque jour.

Après cela, voici une caravane de chameaux conduits par des Ismaélites qui se rendaient en Égypte pour y vendre leurs marchandises. Ils tirèrent Joseph de la citerne et le vendirent à ces marchands. Voilà Joseph emmené bien loin de sa maison paternelle. Ses frères avaient dit au v. 20 : Nous verrons ce que deviendront ses songes. Ces malheureux ne pensaient guère qu’en envoyant Joseph en Égypte, ils préparaient ainsi le chemin pour l’accomplissement de ces songes, et que bien des années plus tard ils devraient eux-mêmes descendre en Égypte pour y chercher du blé, et qu’ils s’y prosterneraient en terre devant Joseph. Alors leurs gerbes seraient bien prosternées devant la sienne. Le méchant fait toujours une œuvre qui le trompe ; et toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.

Voici Joseph en Égypte. Les frères se sont débarrassés de lui, et Jacob pleure son fils bien-aimé. Nous pouvons un peu nous représenter la douleur de ce vieillard. Pauvre Jacob ! Il récoltait les conséquences de ses fautes. Il avait trompé son père, trompé Laban, et voici que ses propres fils le trompent sans cœur et sans conscience, ils lui mentent et lui rapportent la tunique bigarrée de Joseph toute ensanglantée. Hélas ! Que de larmes versées ! Pendant bien des années Jacob mène deuil. Dieu doit se servir de ce moyen douloureux pour l’amener à juger tout un passé dans lequel il n’a pas glorifié le Dieu qui l’avait comblé de bienfaits. Lorsque Dieu a commencé une œuvre dans le cœur et la conscience de quelqu’un, Il ne le laisse pas jusqu’à ce que le but qu’Il s’est proposé soit pleinement atteint. Il lui faudra peut-être des années pour y arriver, mais un jour celui dont Il s’occupe pourra, comme le roi David, dire : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert ! » (Ps. 32. 1).

Vous remarquez que Dieu, dans Sa parole, nous donne un récit véridique de la vie de ceux dont Il nous raconte l’histoire. Il ne nous cache pas leurs fautes, car Il est le Dieu de vérité. En le faisant, Il nous montre ce que nous sommes, et de quoi nous sommes capables. Sa Parole est comme un miroir qui nous montre ce que nous sommes. En la lisant, nous sommes amenés à dire : « Garde-moi, car je me confie en toi ! »

Je suis certain qu’il vous tarde de savoir ce qu’est devenu Joseph lorsqu’il a été emmené en Égypte. Les marchands l’ont vendu à un nommé Potiphar, officier du roi d’Égypte. Les rois d’Égypte possédaient le titre de Pharaon. Vous trouverez souvent ce nom dans la suite, mais généralement ce sont des personnages différents, car les Pharaons ont été très nombreux.

Joseph pouvait se demander le pourquoi de toutes ces choses qui lui arrivaient. Pourquoi ces songes ? Pourquoi les épreuves qu’il devait traverser ? C’était Dieu qui par ce moyen voulait éprouver sa foi.

Si parfois dans votre vie les choses semblent aller tout à l’encontre de ce que vous avez pensé, si des épreuves douloureuses surviennent, si tout semble devenir obscur et ténébreux sur votre chemin, ne soyez jamais découragés et ne doutez jamais de l’amour de Dieu. C’est dans Sa fidélité qu’Il soumet votre foi au feu ardent de l’épreuve. Il a un but d’amour en le faisant, un but digne de Lui. Les résultats en seront d’autant plus précieux que l’épreuve aura été plus grande.

J’aimerais pouvoir vous raconter bien des choses que j’ai vues, mais cela n’est pas possible maintenant ; du reste, je pense qu’elles ne vous seraient pas d’un grand profit ; il vaut mieux que vous-mêmes vous ayez affaire personnellement avec le Seigneur ; nul n’enseigne comme Lui. Son plan est bien tracé dans le ciel en faveur de chacun de nous et Il l’accomplit fidèlement pour notre bien et en vue du but qu’Il s’est proposé, en vue de Sa gloire et de notre bonheur éternel.

Lisez, je vous prie, quand vous aurez un moment disponible, le psaume 77. Vous verrez qu’au v. 13 Sa voie (le chemin qu’Il a tracé d’avance) est dans le lieu saint : là, Son plan est établi avec une parfaite sagesse ; puis au v. 19 « sa voie est dans la mer, ses sentiers dans les grandes eaux ; et ses traces ne sont pas connues ».

C’est bien ce qui en était de Joseph dans ce moment-là. Dieu voulait l’élever dans une grande gloire ; Il lui en avait même fait entrevoir quelque chose dans ses songes, mais pour arriver là il fallait qu’il traverse les grandes eaux de l’affliction et de la souffrance. Vraiment, les traces du chemin dans lequel Dieu le faisait passer n’étaient pas connues. Il semblait que tout allait à l’encontre de ce que Dieu s’était proposé en sa faveur. Au lieu de la gloire, c’était la souffrance ; au lieu de l’autorité, c’était l’esclavage.

Malgré tout, Dieu veillait sur Joseph avec une tendresse infinie. L’Éternel était avec lui et faisait tout prospérer sous sa main. Il trouva grâce aux yeux de son seigneur qui lui confia tout ce qui était dans sa maison. Certainement il avait vu que Joseph était fidèle. S’il n’en avait pas été ainsi, il ne lui aurait pas confié ses biens. S’il s’était révolté, prétextant qu’il avait été volé, vendu et envoyé injustement en Égypte, son maître n’aurait pas pu avoir une confiance illimitée dans son esclave, et Joseph n’aurait pas glorifié l’Éternel, le Dieu des Hébreux, dans ce milieu où il n’était pas connu.

Soyez bien assurés pour vous-mêmes que si vous êtes fidèles dans les petites choses qui vous sont confiées, et même en présence de l’injustice, vous en serez récompensés et le Seigneur vous en confiera de plus grandes. Soyez toujours fidèles en tout temps et en toutes circonstances.

De nouvelles épreuves devaient atteindre Joseph. Vous avez à vous souvenir que le monde dans lequel vous êtes est un monde souillé par le péché et la corruption, et que Satan a divers moyens pour faire broncher. Ici, c’est la femme même de Potiphar qui est l’instrument choisi par l’adversaire pour essayer de le faire tomber. Chaque jour elle renouvelle ses assauts. Comme la position de Joseph était dangereuse ! Il n’y a que ceux que le Seigneur garde qui peuvent échapper aux dangers sans nombre qui assaillent la jeunesse. Tenez-vous bien près de Lui et priez-Le jour et nuit. Ayez en horreur le mal sous toutes ses formes. Non seulement le monde est plein de corruption, mais aussi de mensonges. Celui qui est le prince de ce monde est aussi le père du mensonge.

Or voici Joseph qui est accusé bien à tort. Cette femme se sert du mensonge pour assouvir sa vengeance, car elle n’a pu arriver à ses desseins. Pauvre Joseph ! Il semble que, de nouveau, tout est contre lui. Dieu l’a-t-il oublié ? Non. Il veut encore éprouver sa foi. Maintenant, le voici dans la tour, enfermé avec des malfaiteurs : « On lui serra les pieds dans les ceps, son âme entra dans les fers. Jusqu’au temps où arriva ce qu’il avait dit : la parole de l’Éternel l’éprouva » (Ps. 105. 18 et 19). Dieu l’avait-il trompé par ses songes ? N’accomplirait-II pas Ses promesses ? Sa foi était soumise à une rude épreuve.

De la même manière que dans la maison de Potiphar, Dieu avait les yeux sur lui et Il ne l’abandonnait pas. Bien au contraire, Sa main était sur lui pour le protéger et le bénir.

Voici donc Joseph en prison, souffrant injustement. Que de choses pénibles il a dû traverser et qui étaient bien propres à éprouver sa foi ! Il a pu souvent repenser à son père, à ses frères ; que de souvenirs devaient souvent se presser dans son cœur ! La plupart d’entre vous avez encore des parents qui prennent soin de vous et qui vous entourent d’affection. Savez-vous apprécier un tel privilège ? Vous pouvez leur témoigner votre reconnaissance en leur obéissant en toutes choses ; cela réjouit leur cœur et c’est agréable au Seigneur.

Pendant que Joseph était en prison, deux des officiers du Pharaon, le grand échanson et le grand panetier, furent enfermés dans la même prison à cause de leurs fautes. Tous deux avaient offensé leur seigneur, le Roi d’Égypte. Dieu, par le moyen de songes, leur révéla en une même nuit ce qui devait leur arriver.

Ce fut Joseph qui leur interpréta leurs songes. Il annonça au grand échanson l’heureuse nouvelle de sa prochaine délivrance et au grand panetier un jugement effrayant : dans trois jours il devait être pendu à un bois. Or il est écrit : Maudit quiconque est pendu au bois. Ce passage se trouve même deux fois dans les Écritures ; le premier dans le livre du Deutéronome, chapitre 21. 23 ; vous trouverez facilement l’autre dans l’épître aux Galates. Pour l’un, Joseph a donc été un messager de bonnes nouvelles, pour l’autre il n’a eu qu’une parole de condamnation.

Ces deux hommes sont ici une image de toute l’humanité en rapport avec la Personne du Seigneur Jésus. Pour les uns, il est le Sauveur qui annonce de bonnes nouvelles aux coupables, pour les autres, bientôt, Il sera le Juge et c’est de Sa bouche que les perdus entendront leur propre condamnation.

Nous pouvons nous demander pourquoi ces deux hommes ont eu une fin si différente l’un de l’autre, puisqu’ils étaient coupables tous deux. Il nous est donné peu de détails sur ce qui les concernait, mais nous en avons néanmoins assez pour nous rendre compte de l’état de chacun d’eux. Le grand échanson, dans le chapitre suivant dit : « Je rappelle aujourd’hui mes fautes ». Il savait donc qu’il était coupable, il le reconnaissait.

C’est tout ce que Dieu réclame de l’homme. C’est une parole certaine et digne de toute acceptation que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs (1 Tim. 1. 15). Le Seigneur n’est pas venu chercher des justes, mais des pécheurs. Si nous reconnaissons nos fautes, Dieu nous pardonne ; Il trouve sa satisfaction en le faisant, car Il aime le pécheur.

Par contre, celui qui se justifie lui-même, Dieu ne peut que le condamner. On ne fait grâce qu’à des coupables. Dans le grand panetier nous ne voyons rien qui montre une œuvre de repentance. Les oiseaux qui venaient manger les mets qui étaient dans la corbeille qui était sur sa tête nous font penser aux oiseaux de la parabole du semeur qui venaient dévorer ce qui avait été semé sur le chemin. Puis il nous est dit qu’il vit que Joseph interprétait favorablement, et il a raconté son songe. Il semble qu’il ne se souciait que d’une interprétation favorable, comme ceux qui reçoivent la Parole aussitôt avec joie. Il faut que la Parole pénètre dans la conscience et y opère un profond travail, autrement elle est sans fruit. Il semble aussi qu’il n’avait aucun souci de la vérité : une parole favorable lui suffisait. Il était comme ces personnes nombreuses encore aujourd’hui qui aiment entendre des prédicateurs qui plaisent aux oreilles et ne leur parlent jamais de péché, de jugement, de condamnation. Pour ceux-là, il n’y a qu’une condamnation inévitable.

Ce que Joseph avait dit arriva à ces deux hommes, et certainement ce que le Seigneur a annoncé va arriver : la délivrance pour les uns, le jugement pour les autres. Avec lequel de ces deux hommes vous trouverez-vous ? Attendez-vous avec joie le moment de la délivrance qui est assurée, ou n’avez-vous devant vous qu’un jugement certain, la malédiction éternelle d’un Dieu que vous avez offensé par vos nombreux péchés ? C’est une question solennelle entre toutes. Il faut qu’elle soit réglée aujourd’hui même. Qui sait si vous avez encore trois jours d’attente comme ces deux hommes.

Maintenant, encore un mot en terminant. Joseph avait dit au grand échanson : Tu te souviendras de moi quand tu seras dans la prospérité. Mais le grand échanson ne se souvint pas de Joseph et l’oublia. Quelle ingratitude dans son cœur ! Tâchons de ne pas lui ressembler, et que le souvenir d’un Sauveur qui a souffert pour nous et qui nous a annoncé de bonnes nouvelles soit précieux à tous nos cœurs. Voulons-nous oublier le divin Joseph ?

D’après La Bonne Nouvelle 1938

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (4)

C’est de Juda et de sa tribu que je désire vous parler aujourd’hui.

Probablement que plus d’un d’entre vous a remarqué qu’il est question de Juda dans les Écritures beaucoup plus que de toutes les autres tribus d’Israël. Cela provient du fait que Juda est le chef de la tribu royale et que c’est d’elle qu’a surgi Jésus Christ notre Seigneur, Lui qui est le Roi de gloire.

Juda est le quatrième fils de Jacob et de Léa. Son nom signifie louange. Lors de sa naissance, Léa a dit : « Cette fois, je louerai l’Éternel ». Nous verrons qu’en cela elle a été conduite par l’Éternel.

Dans Juda, peut-être plus que dans toutes les autres tribus d’Israël, nous voyons briller la merveilleuse grâce de Dieu. Il se plaît à glorifier Sa grâce envers des coupables qui ne méritent que Sa colère et Sa condamnation.

Souvenez-vous que Dieu est un Dieu de grâce, que ce n’est qu’en vertu de cette grâce que nous pouvons subsister devant Lui, et que ce n’est que par Sa grâce que nous pouvons Le servir. C’est pourquoi il est dit : « Veillez de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu » ; et : « Retenez la grâce par laquelle nous servions Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte » (Héb. 12. 15 et 28).

Certes, Juda, comme ses frères, était un coupable ; le chapitre 38 de la Genèse nous en dit long sur ce qu’ont été bien des années de sa vie.

Mais nous pouvons avoir la certitude que Dieu a opéré une œuvre de repentance dans son cœur, lorsqu’il a plaidé auprès de Joseph en faveur de son frère Benjamin, au chapitre 44 de la Genèse. Il demande à être serviteur auprès de Joseph à la place de Benjamin. C’est la grâce de Dieu qui seule pouvait mettre de tels sentiments dans son cœur.

Cette même grâce se plaît à bénir et nous la voyons dans sa merveilleuse bonté lors de la bénédiction de Jacob à ses fils. Je vais vous la citer dans son entier, car il en vaut la peine :

« Toi, Juda, tes frères te loueront ; ta main sera sur la nuque de tes ennemis ; les fils de ton père se prosterneront devant toi. Juda est un jeune lion. Tu es monté d’auprès de la proie, mon fils. Il se courbe, il se couche comme un lion, et comme une lionne : qui le fera lever ? Le sceptre ne se retirera point de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo vienne, et à lui sera l’obéissance des peuples. Il attache à la vigne son ânon, et au cep excellent le petit de son ânesse ; il lave dans le vin son vêtement, et dans le sang des raisins son manteau. Ses yeux sont rouges de vin, et ses dents blanches de lait » (Gen. 49. 8 à 12).

C’est une bénédiction merveilleuse ; comme Juda devait être heureux en entendant son père la prononcer. Si nous considérons de plus près cette bénédiction, il ne nous sera pas difficile d’y voir de brillants rayons de la gloire de Christ Lui-même. De fait tout nous parle de Lui dans ce passage. Certainement il n’y a que Lui qui sera loué éternellement et cela de la bouche de tous ceux qu’Il n’a pas honte d’appeler Ses frères.

Nous pouvons Le louer déjà maintenant. J’aime à penser que vous le faites chaque jour. Que ce sera beau lorsque toutes les bouches seront ouvertes pour Le louer éternellement. Il dominera sur le monde entier ; alors, Il aura sa main sur la nuque de tous Ses ennemis, et sans Lui, nul ne pourra lever la main ou le pied, et tous se prosterneront devant Lui. Tous les bouts de la terre se tourneront vers Lui et toutes les familles se courberont devant Lui, car à Lui est le royaume pour l’éternité. Il est le lion de la tribu de Juda, le roi contre qui personne ne peut se lever. Son repos sera éternel et rien ne pourra le troubler. Sous Son sceptre régnera la justice et la paix, et à Lui sera l’obéissance des peuples.

Il est venu une première fois dans l’abaissement et dans la souffrance. Lorsqu’Il a fait Son entrée dans Jérusalem, la ville dont Il est le grand roi, Il était humble et débonnaire, monté sur le poulain d’une ânesse. Bientôt Il reviendra dans Sa gloire avec les anges de Sa puissance en flammes de feu, pour exercer la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à Son évangile.

Vous réjouissez-vous en pensant que ce jour est proche ?

Je dois vous quitter pour aujourd’hui, il y aurait beaucoup d’autres choses à vous dire de Juda et de sa tribu. Lisez vous-même les passages qui nous parlent de lui ; certainement vous ne regretterez pas de l’avoir fait.

La liste des fils de Jacob est longue ; malgré cela, j’aime à penser que vous ne vous fatiguez pas d’entendre mes récits au sujet de cette famille. De plus, je pense que par ce moyen vous recevez des enseignements qui vous seront utiles, que cela vous mettra en garde contre les dangers qui vous guettent, que cela aussi vous encouragera à servir le Seigneur dès votre jeune âge par la grâce et le secours qui viennent de Lui.

Il faut vous souvenir que tout ce que Dieu dit de l’homme dans Sa Parole, Il le dit de chacun de nous – non que nous soyons tombés dans toutes les fautes dont elle nous parle, mais dans notre cœur il y a le germe de toutes ces mauvaises choses, et Sa grâce seule peut nous en garder. N’oubliez jamais, chaque matin, en ouvrant les yeux, de dire : « Garde-moi, ô Dieu, car je me confie en toi » (Ps. 16. 1).

Aujourd’hui, je vous parlerai de Dan. Il est le cinquième fils de Jacob, il est né de Bilha, servante de Rachel. Cette dernière l’a appelé de ce nom qui veut dire juge.

Il ne nous est rien dit de lui concernant son enfance, sauf ce que nous trouvons au chapitre 37 de la Genèse, v. 2, concernant sa mauvaise renommée, mais dans la bénédiction de Jacob à ses fils il nous fait savoir qu’il aurait un caractère de juge mauvais, un caractère diabolique, comme un serpent et une vipère.

Hélas ! C’est dans la tribu de Dan que l’idolâtrie a été établie en premier lieu au milieu du peuple de Dieu. Les fils de Dan ont dressé pour eux l’image taillée qu’ils avaient volée à Michée dans la montagne d’Éphraïm, et Jonathan, fils de Guershom, fils de Moïse, lui et ses fils furent sacrificateurs de cette idole pour la tribu des Danites.

L’idolâtrie est une chose affreuse entre toutes. Le premier commandement la défend d’une manière absolue (Ex. 20. 1 à 6).

Sitôt que cette tribu de Dan est entrée dans le beau pays que l’Éternel lui avait donné elle se détourne de Lui et se met à servir une image taillée, une idole qu’ils avaient volée. En le faisant ils se moquaient ouvertement de l’Éternel, de Sa sainteté et de Sa loi sainte, juste et bonne.

On a de la peine à croire que l’homme puisse être aussi insensé : avoir un dieu fait de main d’homme qui ne voit ni n’entend, et qui ne peut être d’aucun secours. C’est Satan, le prince des ténèbres, qui a aveuglé le cœur de ceux qui désobéissent à la volonté de Dieu, ils deviennent ses esclaves et les misérables jouets de sa malice.

Oh ! que rien ne vous détourne d’une simple et absolue obéissance à tous les enseignements qui nous sont donnés dans la Parole. C’est en la gardant, en la méditant dans vos cœurs et en la mettant en pratique que vous serez gardés de tout le mal dont l’homme est capable, et de toutes les ruses et les séductions de l’adversaire de nos âmes.

Vous prendrez garde aussi à ce fait que c’était un petit-fils de Moïse, ce fidèle serviteur de l’Éternel, qui a été le sacrificateur des Danites auprès de cette idole. Pauvre jeune homme ! Pour de l’argent il a consenti à servir des faux dieux dans la maison de Michée, et il a entraîné sa famille après lui dans l’idolâtrie.

Il n’a pas écouté les enseignements de son grand-père, ni considéré sa foi et sa conduite et, en conséquence, il est tombé bien bas dans le mal. Vous qui avez des parents chrétiens, prenez garde aux enseignements qu’ils vous donnent ; si vous les oubliez, vous ne savez pas jusqu’où l’ennemi vous conduira et où il vous fera tomber. Soyez bien assurés que Satan s’acharnera contre vous.

Que l’exemple de ce petit-fils de Moïse mette dans vos cœurs une crainte salutaire. Lisez vous-même ce qui nous est dit à ce sujet dans les chapitres 17 et 18 du livre des Juges.

En terminant, je vous ferai remarquer que nous ne trouvons pas le nom de Dan parmi les scellés du chapitre 7 de l’Apocalypse, ni celui d’Éphraïm qui, sous Jéroboam, a aussi établi l’idolâtrie en Israël (1 Rois 12. 26 et 33).

Nephthali, dont je veux vous parler maintenant, était le second fils de Bilha et le sixième fils de Jacob. Son nom signifie « ma lutte ». Nous savons peu de chose de son jeune âge sauf que, avec ses frères, les fils de Bilha et de Zilpa, il avait une mauvaise renommée.

N’oubliez pas que même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure (Prov. 20. 11). En marchant fidèlement, vous pouvez, par votre manière de faire, honorer le nom du Seigneur Jésus.

Ce devait être un sujet de tristesse pour Jacob de savoir que ses fils déshonoraient ainsi le nom de l’Éternel au milieu des nations qui ne connaissaient pas le Dieu d’Abraham.

Le livre des Proverbes, dont je viens de vous tirer cette citation, est d’une grande importance pour les jeunes. Il a été écrit, entre autres choses, pour donner aux simples de la prudence et au jeune homme de la connaissance et de la réflexion (ch. 1. 4). Il est de toute importance de ne pas aller étourdiment selon ses propres pensées ou selon les désirs de son cœur ou les convoitises de ses yeux car, en le faisant, on peut sombrer dans de graves fautes dont les conséquences peuvent se faire sentir pendant toute une vie.

Nous pouvons penser qu’il y a eu un profond changement dans la vie et dans la conduite de Nephthali, car en le bénissant son père dit de lui : « Nephthali est une biche lâchée ; et il profère de belles paroles ». Une biche lâchée est une image qui nous parle d’une conduite qui glorifie Dieu.

Vous savez qu’une biche a le pied complètement divisé, ce qui, dans les Écritures, nous parle d’une marche selon Dieu. La biche a une marche si légère et rapide que, semble-t-il, elle touche à peine le sol quand elle court.

Vous savez que Dieu se sert souvent d’images dans Sa Parole pour nous faire comprendre Ses pensées. Il nous faut, lorsque nous en avons l’occasion, considérer ces images avec beaucoup d’attention. Si, par exemple, Il nous parle d’un agneau, nous avons à en regarder un lorsque l’occasion se présente : nous comprendrons ainsi mieux ce qu’Il veut nous faire connaître concernant la douceur et l’innocence de la sainte Victime qu’a été l’Agneau de Dieu.

La marche de Nephthali était donc belle aux yeux de Dieu, mais aussi ses paroles lui étaient agréables. Vous comprendrez ainsi que nous avons à prendre garde, non seulement à nos actes, mais aussi à nos paroles si nous voulons glorifier le Seigneur.

Je pense que de belles paroles aux yeux de Dieu sont des paroles de confession et d’humiliation. Le cœur de Dieu est touché de compassion lorsque nous reconnaissons humblement nos fautes et que nous nous en humilions devant Lui, que nous les Lui confessons avec un cœur vrai. C’est ainsi que nous pouvons être bénis par Lui.

C’est ce qui fut la part de Nephthali lors des bénédictions de Moïse. De Nephthali, il dit : « Nephthali, rassasié de faveurs et comblé de la bénédiction de l’Éternel, possède la mer et le Dârom » (Deut. 33. 23), ou si vous préférez, possède l’occident et le midi. Ce sont des bénédictions qui s’étendent au loin. Dieu se plaît à répandre Ses biens sur ceux qui marchent dans l’humilité ; mais aussi, Il résiste aux orgueilleux.

Plus tard, nous voyons du dévouement chez Nephthali pour les intérêts de l’Éternel et de Son peuple. Dix mille hommes de Zabulon et de Nephthali se sont rassemblés autour de Barak pour aller combattre Sisera, alors que Ruben était resté, comme vous vous en souvenez, entre les barres des étables à écouter le bêlement de ses troupeaux.

Dieu n’est pas injuste pour oublier ce qui a été ainsi fait pour Son peuple, aussi, dans le cantique de Débora, il nous est dit que Zabulon est un peuple qui a exposé son âme à la mort, Nephthali aussi, sur les hauteurs des champs. Ce qui a été fait dans ce jour-là par ces deux tribus a été ainsi consigné dans les Écritures pour toujours. C’est donc une chose qui ne sera jamais oubliée pendant l’éternité.

Nephthali a ainsi glorifié le nom qui lui a été donné par Rachel. Il a lutté pour le peuple de Dieu.

Plus tard encore, nous le trouvons dans la lutte en 1 Chroniques 12. 34. De Nephthali, mille chefs, et avec eux trente-sept mille hommes portant le bouclier et la lance sont venus en ordre de bataille et d’un cœur droit pour établir David roi sur tout Israël. Dans le même chapitre, v. 40, nous voyons des hommes de Nephthali qui apportaient des vivres pour le peuple de Dieu. Ils ont ainsi lutté pour le peuple et ils ont eu du dévouement pour lui. Le résultat fut qu’il y eut de la joie en Israël. Lors même que vous n’êtes encore que des enfants, vous pouvez au moins prier pour les rachetés du Seigneur. En faisant ainsi vous combattez pour eux. Lisez en terminant Colossiens 4. 12.

Zilpa, servante de Jacob, elle aussi donna deux fils à Jacob. Le premier fut nommé Gad, ce qui signifie la bonne fortune.

Gad a possédé son héritage de l’autre côté du Jourdain avec les fils de Ruben et la demi-tribu de Manassé. C’est dans les limites de son territoire que fut enterré Moïse, le libérateur du peuple de Dieu. C’est de ce fait qu’il est parlé dans les bénédictions de Moïse au chapitre 33. 21 du livre du Deutéronome, lorsqu’il dit de Gad : Béni soit celui qui élargit Gad. Il habite comme une lionne, et il déchire le bras, et même le sommet de la tête. Et il s’est choisi la première partie du pays ; car là était réservée la part du législateur ; et il est allé avec les chefs du peuple ; il a accompli avec Israël la justice de l’Éternel et ses jugements (ou ses ordonnances ; le mot hébreu a les deux sens).

Ses limites sont élargies, car Dieu est infiniment riche et Il se plaît à nous bénir. Israël était béni sur la terre de bénédictions matérielles ; nous, nous sommes bénis de toutes bénédictions spirituelles en Christ. Pourrions-nous désirer davantage et mieux ?

Mais nous avons besoin de diligence pour prendre possession de toutes ces richesses et pour être rendus capables d’en jouir. C’est Dieu qui peut aussi élargir, pour ainsi dire, nos limites et nous faire mieux connaître l’excellence de la Personne de notre Seigneur et des biens que nous avons en Lui.

Moïse dit , non seulement que les limites de Gad sont élargies, mais il montre aussi qu’il habitera en paix et en sécurité en détruisant tous ses ennemis. Pour nous, les ennemis qui cherchent à nous ravir nos richesses, ce sont Satan, ses agents et le monde. Nous avons à veiller avec un soin jaloux sur les richesses que nous avons en Christ, de manière que rien ne vienne nous entraver dans la communion avec le Seigneur.

Parmi les bénédictions qui étaient la part de Gad, il en était une qui avait un prix tout particulier pour l’âme pieuse. C’était le souvenir de la mort de leur libérateur, Moïse, qui les avait sauvés de l’Égypte et de la main du Pharaon. Ainsi que nous venons de le voir, c’était dans les limites de l’héritage de Gad que Moïse avait été enterré par l’Éternel. C’était ce qui est appelé ici la première partie du pays.

Il y a pour celui qui connaît le Seigneur Jésus une part précieuse entre toutes : c’est le souvenir de la mort de son Sauveur et Seigneur.

Nous trouvons aussi des fils de Gad qui viennent pour se joindre à David. C’était des hommes forts et vaillants, des hommes exercés pour la guerre. Ils étaient armés de boucliers et de piques, leurs faces étaient comme des faces de lions, et ils étaient prompts comme des gazelles sur les montagnes; leurs noms nous sont donnés. Ils sont ainsi conservés dans le livre de Dieu. Ces hommes étaient chefs de l’armée, le moindre était chef de cent hommes, le plus grand, de mille. Ce sont eux qui traversèrent le Jourdain au premier mois quand il regorge par-dessus tous ses bords, et qui mirent en fuite ceux de toutes les vallées, vers le levant et vers le couchant. Nous comprenons que des hommes pareils devaient être précieux au cœur de David.

Ces choses sont écrites pour nous servir d’instruction. Jésus est notre roi, notre divin David. Il va bientôt régner dans les cieux et sur la terre ; sommes-nous de cœur pour Lui au milieu d’un monde qui Le rejette ? Avons-nous revêtu les armes de la justice et possédons-nous le bouclier de la foi ? Allons-nous devant nous comme des lions qui ne se laissent arrêter par aucune difficulté ? Lorsqu’il s’agit de faire la volonté de Dieu, sommes-nous prompts comme des gazelles pour obéir ?

Toute la Parole de Dieu est écrite pour notre profit. Qu’il nous soit accordé la grâce d’être de ceux qui aiment le Seigneur Jésus et qui Lui montrent cet amour en Lui obéissant en toutes choses avec autant de zèle que s’Il était déjà sur le trône de Sa gloire. On peut Le servir dès son jeune âge.

Samuel, jeune garçon, servait l’Éternel. Son service était peut-être peu de chose aux yeux des hommes, mais l’Éternel savait l’apprécier. Nous voyons, dans 1 Samuel 3. 15, qu’il ouvrait les portes du temple de l’Éternel. C’était un service bien simple, service qu’un jeune garçon peut accomplir. Il le faisait pour l’Éternel. Ayant été fidèle dans ce petit service, l’Éternel lui en a confié de plus grands une fois qu’il est devenu un homme fait.

Zilpa, servante de Léa, a donné un autre fils à Jacob, qui a été nommé Aser, ce qui veut dire heureux. C’est un joli nom. Puissiez-vous, vous aussi, être heureux.

Le secret du bonheur se trouve dans le Psaume 32. Lisez-le vous-même. Vous remarquerez que ce psaume a un titre remarquable : « Instruction ». Par son moyen, Dieu veut nous instruire et nous apprendre comment nous pouvons être heureux et même bienheureux.

La première chose qui est nécessaire, c’est d’avoir ses péchés pardonnés, et pour qu’ils soient pardonnés, il faut que nous les confessions. Le roi David, qui a écrit ce psaume, a dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 5). « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité », lisons-nous en 1 Jean 1. 9. Pour être bienheureux, il faut aussi se laisser entièrement conduire par le Seigneur Lui-même. Il nous enseigne le chemin dans lequel nous avons à marcher, et nous avons à ne pas être comme le cheval fougueux qui veut courir là où bon lui semble ; ou comme le mulet rétif qui s’obstine dans sa propre volonté et n’obéit pas à la voix de son maître.

Aser était donc heureux. Son père dit de lui dans sa bénédiction : « D’Aser viendra le pain excellent ; et lui il fournira les délices royales »

Je n’ai pas besoin de vous dire que le roi dont il est question ici, c’est le Seigneur Jésus, le Roi de gloire. Aser fera donc les délices du Seigneur. Pour cela il faut que les cœurs soient remplis de Lui et que les Siens marchent dans une sainte obéissance à Sa parole. Un fils obéissant est un sujet de joie pour le cœur de son père.

Le Seigneur nous a laissé un moyen de Lui témoigner notre amour pendant le temps de Son absence. C’est de garder Sa Parole. Ainsi qu’Il l’a dit Lui-même : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas ma parole.

Moïse dit d’Aser : « Aser sera béni en fils, il sera agréable à ses frères, et il trempera son pied dans l’huile. Tes verrous seront de fer et d’airain, et ton repos sera comme tes jours ».

Le voici béni dans sa famille. Un père peut-il désirer chose plus précieuse ? Quel sujet de joie pour les parents lorsque les enfants marchent bien, ainsi qu’il est écrit : « Un fils sage réjouit son père, mais un fils insensé est le chagrin de sa mère » (Prov. 10. 1).

Puissiez-vous vous en souvenir et chaque jour être des sujets de joie pour vos chers parents, qui se donnent tant de peine pour vous élever et qui vous comblent de bienfaits. Pensez un peu à la somme de labeur que vous leur avez donnée dès votre entrée dans le monde. Jamais vous ne pourrez leur rendre tout ce qu’ils ont fait pour vous.

Il sera agréable à ses frères. C’est toujours le cas lorsqu’un croyant marche fidèlement. Il reflète, en cela même, les rayons de la gloire du divin Modèle, le Seigneur Jésus qui, enfant, avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes (Luc 2. 52). On est heureux en marchant dans une telle voie, on y est aussi en sécurité et en paix.

C’est ce dont nous parlent les verrous de fer et d’airain derrière lesquels on est en sécurité et en repos. Chaque jour sur la terre est un jour de repos.

C’est bien différent de ce que nous trouvons dans le prophète Ésaïe : « Il n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants » (És. 57. 21). Repos et bonheur, voilà des choses bien précieuses que nous pouvons posséder dès ici-bas.

Dans le Nouveau Testament, nous trouvons une femme de la tribu d’Aser qui était bienheureuse : c’était Anne. Elle était fort avancée en âge, elle était veuve depuis fort longtemps. Il semblait qu’elle n’avait eu qu’une longue vie de souffrances et n’avait rien à attendre ici-bas. Malgré cela, elle possédait un grand sujet de joie ; elle connaissait le Seigneur, elle L’attendait dans Son temple. Elle a dû l’attendre fort longtemps, mais un jour elle L’a vu, Il est venu, porté par Ses parents. Quelle sainte joie remplissait le cœur d’Anne ! Bonheur inexprimable ! Nous comprenons qu’elle parlait de Lui à tous ceux qui dans Jérusalem attendaient la délivrance.

Possédez-vous le même sujet de joie ? Attendez-vous le Seigneur chaque jour ? Il va venir ; bienheureux ceux qui seront trouvés veillant et L’attendant quand Il viendra. Puissiez-vous tous ensemble dire : Viens, Seigneur Jésus !

Aujourd’hui, je veux vous parler d’une des tribus d’Israël qui occupe le moins de place dans les Écritures, celle au sujet de laquelle nous avons le moins de renseignements, une tribu qui est presque toujours dans l’ombre. II s’agit d’Issacar, le cinquième fils de Léa et le neuvième de Jacob. Son nom signifie : il y a salaire.

Nous n’avons aucun renseignement sur ce qu’a été sa jeunesse. Mais ce qui est au moins précieux à constater, c’est qu’il n’y a pas de grandes fautes qui nous soient rapportées de lui, comme ce fut malheureusement le cas pour plusieurs de ses frères. Il vaut mieux être un inconnu que de faire parler de soi à cause de ses manquements.

Ce qui est précieux, c’est de savoir qu’il faisait partie du peuple de Dieu, et Dieu lui-même se plaît à le rappeler dans Sa parole. Chaque fois que les fils d’Israël sont mentionnés, le nom d’Issacar s’y trouve. Vous pouvez vous-même le voir dans de nombreux passages : Genèse 35. 23 ; 46. 13 ; Exode 1. 3 ; Nombres 1. 8 ; 26. 23 ; 1 Chroniques 7. 1 ; Ézéchiel 48. 25 et 33 ; enfin nous trouvons le nom d’Issacar dans le chapitre 7 de l’Apocalypse, parmi ceux qui sont scellés du sceau du Dieu vivant.

Faire partie du peuple de Dieu et être reconnu comme tel par Lui, vaut mieux que toutes les grandes choses qu’on peut raconter de l’homme. Il nous est dit, dans la 2ème épître à Timothée, chapitre 2. 19 : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ».

Avant d’aller plus loin, je veux vous demander à chacun de vous : Faites-vous partie du peuple de Dieu ? Êtes-vous un de Ses enfants ? Si vous n’en avez pas la certitude, lisez, je vous prie, les v. 12 et 13 du premier chapitre de l’évangile de Jean. Ils sont assez simples pour que chacun de vous puisse savoir s’il est vraiment un enfant de Dieu. « A tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom, lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu ».

Maintenant, nous revenons à Issacar. Jacob, sur son lit de mort, dit de lui : Issacar est un âne ossu, couché entre deux parcs. Il voit que le repos est bon et que le pays est agréable, et il incline son épaule pour porter, et il s’assujettit au tribu du serviteur (Gen. 49. 14 et 15).

De ce que nous venons de lire, nous pouvons conclure qu’il y avait eu de la paresse chez Issacar et peu d’énergie pour la recherche des bénédictions que l’Éternel a mises à la disposition de la foi. C’est probablement pourquoi nous ne voyons pas non plus de grandes choses dans sa vie. Comme on le dit quelquefois : il se laissait vivre, oubliant que la main des diligents enrichit. En se laissant aller ainsi à la paresse, on devient nécessairement pauvre et dépendant des autres, et leur serviteur, ces choses vont toujours ensemble. Lisez dans le livre des Proverbes et vous verrez comme nous sommes souvent mis en garde contre la paresse.

Dans les bénédictions de Moïse, nous voyons qu’il est encore ici à l’ombre de son frère Zabulon : « Et de Zabulon, il dit : Réjouis-toi, Zabulon, en ta sortie ; et toi, Issacar, dans tes tentes ! Ils appelleront les peuples à la montagne ; là ils offriront des sacrifices de justice, car ils suceront l’abondance des mers et les trésors cachés du sable » (Deut. 49. 18 et 19).

Il y aura donc pour Issacar de la joie, du repos et de l’adoration lorsque la bénédiction sera répandue avec abondance dans la terre d’Israël et que toutes les nations viendront adorer l’Éternel.

Plus tard, nous voyons Issacar combattant pour le peuple de Dieu et marchant sur les traces de Barak. Il se trouve aussi parmi les hommes forts qui ont apporté du secours à David lorsque le royaume allait lui être donné (1 Chron. 12). Il nous est dit que les hommes de cette tribu savaient discerner les temps pour savoir ce que devait faire Israël : leurs chefs, deux cents, et tous leurs frères à leur commandement.

C’est chose précieuse lorsque, parmi les enfants de Dieu, il se trouve des serviteurs qui, ayant de l’expérience et du discernement, peuvent enseigner à leurs frères comment il faut agir dans les circonstances dans lesquelles ils se trouvent.

En terminant, nous trouvons aussi du discernement chez les hommes d’Issacar dans ce chapitre 12 du premier livre des Chroniques. Avec Zabulon et Nephthali, ils apportent des vivres pour le peuple de Dieu. Oui, il y aura un salaire pour Issacar, car Dieu n’est pas injuste pour oublier ce qu’il a fait pour Son peuple.

Il me semble qu’il y a de grandes leçons pour vous dans ce que nous venons de considérer ensemble. Premièrement, ne cherchez pas à devenir grands dans le monde ; souvent ce n’est que de l’orgueil qui fait agir ceux qui cherchent à se faire remarquer parmi leurs semblables.

Ne soyez pas paresseux, et faites simplement ce que le Seigneur met sur votre chemin chaque jour, sans chercher de l’importance aux yeux de vos semblables. Le Seigneur saura récompenser publiquement ce qui a été fait pour lui dans l’ombre, ignoré de tous.

Nous arrivons au dixième fils de Jacob, Zabulon. Il est le sixième de Léa.

Vous savez que Jacob a eu une nombreuse famille, car il a encore eu deux fils de Rachel. Nous aurons souvent l’occasion de parler de ces deux fils en continuant notre lecture du livre de la Genèse, de sorte que je ne vous en dirai rien maintenant et, après avoir parlé de Zabulon, ce dixième fils de Jacob, nous continuerons notre lecture du livre de la Genèse.

Zabulon signifie habitation. Vous verrez que Léa a été conduite par l’Éternel lorsqu’elle lui donna ce nom. Il est fort probable que sa foi ne fut pas à la hauteur des glorieuses prophéties qui, plus tard, furent faites au sujet de ce fils, prophéties qui se sont réalisées d’une manière merveilleuse lorsque le Seigneur Jésus est venu dans ce monde, comme nous allons le voir.

Néanmoins nous voyons la foi de Léa qui se montre dans cette circonstance comme dans d’autres, malgré sa faiblesse. Nous avons déjà mentionné plusieurs fois Zabulon, comme associé à ses deux frères Issacar et Nephthali. De fait son histoire est passablement liée à celle de ses deux frères et diffère peu de la leur.

Mais, sans contredit, la chose la plus merveilleuse qui nous est dite de lui se trouve dans l’évangile de Matthieu au chapitre 4. 12 à 16. « Or ayant ouï dire que Jean avait été livré ; Jésus se retira en Galilée ; et ayant quitté Nazareth, il alla demeurer à Capernaüm qui est au bord de la mer sur les confins de Zabulon et de Nephthali, afin que fut accompli ce qui avait été dit par Ésaïe, le prophète, disant : terre de Zabulon, et terre de Nephthali, chemin de la mer au-delà du Jourdain, Galilée des nations ; le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ; et à ceux qui sont assis dans la région et dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée sur eux ».

Nous y trouvons donc une citation du prophète Ésaïe, chapitre 9. 1 et 2. C’était une chose remarquable que Dieu annonçait d’avance par son serviteur le prophète. Ces deux passages nous apprennent donc que Zabulon habitait dans les ténèbres et dans le pays de l’ombre de la mort. C’est du reste là que sont tous les hommes dans leur état naturel. Tout est ténèbres pour eux, et la mort projette son ombre sur leur chemin. Toute leur science et toutes leurs recherches ne peuvent dissiper les ténèbres qui les enveloppent, et leurs efforts ne peuvent chasser l’ombre de la main de la mort qui est sur eux, prête à les emporter. L’avenir est comme un abîme couvert de ténèbres épaisses que rien ne peut enlever.

Mais Christ est venu dans le monde, le divin Sauveur a dit : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12). Et encore : « Moi, je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ».

Sur cette scène de ténèbres qui caractérisait la terre de Zabulon, la lumière venait briller et faire connaître la parfaite grâce de Dieu, Son amour, Son salut, et une habitation merveilleuse, non plus dans les lieux bas de la terre, mais dans les demeures célestes, dans la maison du Père. C’est là que le Seigneur Jésus, après avoir accompli l’œuvre de notre salut, est allé nous préparer une place.

Pouvez-vous chanter le beau cantique ? :

Tandis qu’au ciel ma place est prête,

Ici-bas, j’ai la paix du cœur.

Loin des flots et de la tempête,

J’ai pour y reposer ma tête

Le sein béni de mon Sauveur.

Ceux qui peuvent le chanter de tout leur cœur sont dans la lumière. Ils ne sont plus dans les ténèbres ; ils ne redoutent plus la mort. Ceux-là peuvent traverser la terre comme des étrangers et des pèlerins, car ils se dirigent vers leur céleste patrie.

C’est merveilleux, on sent Jésus tout près de soi, on a en Lui la lumière de la vie. Puissiez-vous jouir de ces choses dès votre plus jeune âge.

Nous continuerons donc notre entretien, si le Seigneur n’est pas venu, en nous occupant de nouveau de Jacob. Je pense que vous n’avez pas oublié ce que je vous ai déjà raconté de lui.

Ainsi que je vous l’ai dit la dernière fois, nous nous occuperons des deux derniers fils de Jacob plus tard et nous continuerons la lecture du livre de la Genèse.

Pour aujourd’hui, nous lirons la fin du chapitre 30, en commençant au verset 22.

Mais auparavant, j’aimerais vous demander si vous pourriez me répéter les noms des dix fils de Jacob dont je vous ai déjà parlé et si vous pourriez raconter quelque chose de chacun d’eux ? C’est en repassant dans vos cœurs ce que vous entendez, comme le faisait Marie (Luc 2. 19) que vous ferez des progrès dans la connaissance des choses que Dieu vous révèle dans Sa parole. En faisant ainsi, vous acquerrez à la longue des choses qui vous seront utiles pendant votre voyage ici-bas et qui seront aussi pour vous des richesses dont vous jouirez pendant l’éternité.

À ce sujet, j’aimerais vous rappeler un verset qu’un de mes chers amis m’avait écrit sur un petit traité, il y a bientôt cinquante ans : « Occupe-toi de ces choses, sois-y tout entier afin que tes progrès soient évidents à tous » (1 Tim. 4. 15).

Les versets 22 à 24 de notre chapitre nous racontent la naissance du premier fils de Rachel, Joseph. Son histoire occupe une grande place dans la fin du livre de la Genèse, et nous aurons amplement l’occasion d’en reparler.

Après sa naissance, Jacob dit à Laban de le renvoyer dans son pays. Malgré toutes ses fautes, Jacob avait un grand attachement pour le pays de la promesse, et son cœur était là. Seulement le moment voulu de Dieu pour y rentrer n’était pas encore arrivé. Jacob avait encore d’autres leçons à apprendre dans le pays où il séjournait, et pendant six longues années il devait y garder les troupeaux.

Souvent nous ne pouvons pas faire ce que nous désirons, et nous avons à être soumis à la volonté divine. Dieu est plus sage que nous et Il conduit tout pour notre plus grand bien.

Laban s’était aperçu que l’Éternel l’avait béni dans ses biens matériels depuis que Jacob était chez lui, aussi il désirait le garder auprès de lui. Vous avez à vous souvenir que Dieu a, dans Sa main, les richesses, les troupeaux et tous les biens matériels et qu’Il les donne à qui Il veut. Ces biens ne sont pas les vraies richesses, et ceux qui y mettent leur cœur se trompent grandement.

Voici l’oncle et le neveu qui se mettent à rivaliser de zèle, de ruses et de tromperies pour acquérir des troupeaux. Chacun fait de son mieux pour en avoir le plus grand nombre possible. Jacob s’accroît extrêmement : il devient riche et possède du bétail en grand nombre, des servantes et des serviteurs, et des chameaux et des ânes. Pensez-vous que ces choses l’ont rendu heureux ? Certainement non.

Il s’est beaucoup fatigué, n’ayant de repos ni jour ni nuit ; le sommeil fuyait ses yeux. Plus tard, il a dit au Pharaon que ses jours avaient été courts et mauvais.

Les richesses périssables qui sont dans le monde ne rendent pas heureux, de loin s’en faut. Il se peut qu’elles procurent une satisfaction passagère et de courte durée, mais un beau jour, comme le gypaète, elles s’envolent vers les cieux et ne laissent qu’amertume et déception.

D’autres fois, il faut mourir après s’être fatigué pour les acquérir, et les laisser à d’autres personnes qui les disperseront souvent en moins de temps qu’il n’en a fallu pour les acquérir.

Je pourrais vous raconter bien des choses que j’ai vues de mes propres yeux, qui vous montreraient combien les biens matériels sont des choses vaines et fugitives. Par contre, il y a les richesses insondables du Christ qui sont à la disposition de tous les hommes et qui ne causent aucune déception, bien au contraire. Elles durent éternellement. C’est dans la Parole de Dieu qu’elles sont contenues, et elles sont mille fois plus précieuses que de l’or, de l’argent et des troupeaux.

Le psalmiste disait : « J’aime tes commandements plus que l’or et que l’or épuré » (Ps. 119. 127), et : J’ai de la joie dans ta parole comme un homme qui trouve un grand butin (v. 162). Par contre : « c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs » (1 Tim. 6. 10). Chers enfants, dès votre jeune âge, souvenez-vous que Judas, qui a trahi le Seigneur, aimait l’argent.

Lors de notre dernier entretien, nous avons laissé Jacob et Laban à leurs troupeaux et à leurs ruses. Ils sont bien l’image des hommes tout occupés des choses qui passent et qui ne sont que vanité. Ils se fatiguent pour acquérir des biens qu’il faudra laisser tôt ou tard. Ce qui est le plus triste dans ce récit, c’est que Jacob qui était un croyant et que Laban qui avait une certaine connaissance de l’Éternel, sont tout absorbés dans ces choses comme des hommes qui ont leur part aux choses de la terre.

Aujourd’hui vous lirez ce chapitre 31 dans son entier, et je vous ferai quelques remarques sur son contenu. La première chose que vous pouvez y constater, c’est que la possession des biens matériels engendre la jalousie dans les cœurs. Tant que Jacob ne possédait rien et que Laban tirait profit de lui, leurs relations étaient bonnes, mais lorsque Jacob a eu des troupeaux, le visage de Laban ne fut plus le même à son égard ; il reflétait la jalousie qui remplissait son cœur.

Par contre, la possession des biens spirituels et la jouissance des choses du ciel ne produisent jamais le même effet. Bien au contraire, elle augmente la joie de tous ceux qui y ont une part. Plus un croyant en jouit, plus les autres en sont heureux.

Vous vous souvenez qu’au chapitre précédent, Jacob avait désiré rentrer dans le pays de ses pères, mais que le moment voulu de Dieu n’était pas encore arrivé. Maintenant l’Éternel, qui dispose de toutes choses, lui dit : Lève-toi, sors de ce pays et retourne dans le pays de ta parenté. Ce même Dieu lui rappelle les promesses qu’Il lui avait faites lorsqu’il était à Béthel. Vingt années s’étaient écoulées, et ce Dieu fidèle n’avait pas oublié Son pauvre serviteur, alors même que celui-ci n’avait guère été fidèle pendant tout ce temps.

Pendant toute votre vie, si votre foi est mise à l’épreuve et que parfois il semble que Dieu vous oublie, ne doutez jamais de Sa fidélité à Ses promesses et confiez-vous en Lui, même contre toute espérance. Comme le dit un cantique : « Ce que sa bouche a dit, sa main l’accomplira ».

Une autre chose triste à constater, c’est que l’amour des richesses a détruit dans le cœur de Laban, même les affections naturelles, et il n’a pas mieux traité ses propres filles que de vulgaires servantes. Voici le témoignage qu’elles rendent de lui : « Nous avons été réputées comme des étrangères, il nous a vendues et a même toujours mangé notre argent ». Certes, il n’a pas trouvé sa joie à faire le bonheur de sa famille.

Enfin, voilà Jacob qui se met en route et s’enfuit avec toutes ses richesses. Encore une fois, il trompe Laban, ainsi que la chose nous est rapportée. Malgré cela Dieu veille sur Son pauvre serviteur et a averti Laban en lui disant : Garde-toi de parler à Jacob, ni en bien, ni en mal.

Mais que de choses tristes dans cette maison où Jacob avait séjourné ! Nous y trouvons même des idoles, et Rachel qui vole les dieux et les emporte en s’en allant. Un mal en engendre un autre ; et lorsqu’on s’éloigne de Dieu, on ne sait jamais où cela s’arrêtera.

Soyez bien assurés que les idoles ne sont pas si éloignées que vous ne le pensez. Elles ne se trouvent pas seulement dans les pays païens où les missionnaires vont annoncer l’Évangile. L’apôtre Jean, le disciple bien-aimé, termine sa première épître par ces mots : « Enfants, gardez-vous des idoles ». Vous voyez ainsi que, tout en connaissant le Seigneur Jésus, nous sommes exposés au danger d’avoir des idoles. De fait, tout ce qui, dans nos cœurs, vient prendre la place que le Seigneur est en droit de posséder devient une idole. On peut se faire une idole d’un simple jouet.

Nous terminons ces quelques remarques en constatant que Dieu a aplani toutes les difficultés qui étaient sur le chemin, et qu’enfin Jacob et Laban se sont séparés sans que rien de fâcheux ne se passe entre eux. Au contraire, ils ont mangé ensemble et ont dressé un monument qui était comme un témoin entre eux, témoignant que Jacob serait bon envers les filles de Laban et que Laban, de son côté, ne viendrait pas faire du mal à Jacob. C’est Dieu qui a ainsi incliné les cœurs et qui a tout préparé pour le retour de Jacob dans son pays.

Vous vous souvenez que Jacob s’est mis en route pour rentrer dans le pays de ses pères. Dans son voyage qu’il a fait en plusieurs étapes, il a fait plusieurs rencontres importantes et a appris bien des choses. Au commencement du chapitre 32 nous lisons : « Et Jacob alla son chemin. Et les anges de Dieu le rencontrèrent. Et Jacob dit, quand il les vit : C’est l’armée de Dieu. Et il appela le nom de ce lieu-là Mahanaïm », ce qui veut dire : deux armées, ou deux camps. Il avait déjà vu les anges sur l’échelle de Béthel, et maintenant il les retrouve ici pour le protéger dans son voyage.

Les anges sont des serviteurs puissants que Dieu emploie en faveur de ceux qui doivent hériter du salut. Nous ne les voyons pas des yeux de la chair, mais sans cesse ils nous entourent de leur puissante protection.

Souvent, dans les prophètes et ailleurs, nous trouvons cette expression : l’Éternel des armées. Il ne s’agit pas là des armées sanguinaires des hommes, mais bien des anges qui sont les messagers du Dieu de paix.

Vous vous souvenez qu’une multitude de l’armée céleste acclamait le Seigneur Jésus lors de Sa naissance dans le monde et disait : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et, sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes (Luc 2. 14).

Les dangers ne manquaient pas sur le chemin dans lequel Jacob marchait. Mais l’Éternel, qui lui avait dit de rentrer dans son pays, voulait bien le protéger dans son voyage, et pour cela, il envoyait ses anges comme des serviteurs pour le garder et le protéger.

Un premier sujet d’inquiétude se présentait devant Jacob, c’était son frère Ésaü. Il avait dit qu’il tuerait Jacob ; sa colère s’était-elle détournée de lui ? Il pouvait se le demander avec anxiété : sa mauvaise conscience évidemment ne le laissait pas en repos à cet égard. Le temps n’efface pas les fautes, et ces vingt années n’avaient rien changé aux choses qui s’étaient passées lorsqu’il avait trompé son père.

Aussi, il envoie des messagers à son frère pour lui dire qu’il désirait trouver grâce à ses yeux. Il se fait humble et petit devant Ésaü ; il l’appelle son seigneur et se dit être son serviteur. Ce moyen qu’il emploie, au lieu de lui donner du repos ne fait que d’accroître sa crainte, car ses serviteurs reviennent vers lui en lui disant qu’Ésaü venait à sa rencontre et quatre cents hommes avec lui. Que faire en pareille circonstance ?

Il semble que Jacob a déjà oublié l’armée de l’Éternel. En tout cas, il ne sait pas se confier dans le Dieu qui venait de lui donner un si éclatant témoignage de l’intérêt qu’Il lui portait et de la puissance qui était là pour le protéger. Comme de coutume, Jacob commence par se servir d’un des moyens nombreux qu’il avait à sa disposition pour se tirer d’affaire.

Son cœur, comme le nôtre, était lent à se confier simplement en Dieu et en Ses promesses. Que pouvaient Ésaü et les quatre cents hommes contre les armées de l’Éternel que Jacob venait de rencontrer à Mahanaïm ? Jacob craignit beaucoup et fut dans l’angoisse. Il partage le peuple qui était avec lui, et de même les troupeaux, et il dit : Si Ésaü vient à l’une des bandes et la frappe, l’autre pourra échapper.

Qu’aurait dû faire Jacob dans de telles circonstances ? Pouvez-vous me le dire ? Il me semble que j’entends l’un de vous, peut-être le plus jeune, qui répond : Il fallait prier. En effet, c’est par cela qu’il fallait commencer. Ensuite, il fallait rester bien tranquille, puisque l’Éternel et Ses armées étaient là pour le protéger.

Lorsque vous vous trouvez dans quelque difficulté, même des difficultés que vous vous êtes attirées par votre propre faute, avant toutes choses, priez ! Dieu entend la plus humble, la plus pauvre, la plus misérable prière de celui qui s’adresse à Lui avec confiance. Même un soupir qui monte devant Lui n’est pas oublié, et dans Sa grâce Il y répond.

Jacob, lui, commence par faire des arrangements, et ensuite il prie. Nous comprenons qu’une prière faite dans de telles conditions ne lui a apporté ni paix, ni consolation. De nouveau, il recommence ses arrangements. Comme si Dieu avait besoin de sa sagesse pour le délivrer.

Il oubliait que le Dieu qui tient les cœurs des hommes dans Sa main, et qui les incline comme des ruisseaux d’eaux, pouvait incliner le cœur d’Ésaü en sa faveur. L’Éternel n’avait pas besoin des présents de Jacob pour le faire. Du reste, les arrangements et les présents de Jacob n’ont été d’aucune utilité.

Mais je vois que l’heure se prolonge, il nous faudra nous arrêter pour aujourd’hui et nous reviendrons une autre fois sur Jacob dans son voyage.

Nous avons laissé Jacob dans sa détresse et dans ses arrangements. Maintenant, il prépare un présent pour son frère, et pense par ce moyen apaiser sa colère. Ces choses naturellement ne lui ont donné aucune tranquillité et aucun repos. Il ne pouvait en être autrement, car toutes nos ressources ne sont que vanité et déceptions. Par contre, ceux qui se confient en Dieu ne seront jamais confus, et les justes sont pleins d’assurance comme de jeunes lions.

La nuit même, Jacob ne reposait pas en paix, puisqu’il se lève cette nuit-là et prend de nouveaux arrangements. Il fait passer le torrent de Jabbok à sa famille et à tout ce qui était à lui.

Il ne ressemblait guère à l’apôtre Pierre qui dormait profondément la nuit même qui devait précéder son supplice, alors qu’il était en prison, gardé par quatre bandes de quatre soldats chacune. Cherchez ce récit dans le livre des Actes. Prenez la bonne habitude de chercher dans votre Bible, lorsque vous trouvez une citation quelconque des Écritures, vous acquerrez ainsi une connaissance qui vous sera utile toute votre vie.

Malgré tout, Dieu avait les yeux sur ce pauvre Jacob, et cette même nuit il montre Sa sollicitude envers lui d’une manière toute particulière : « Et Jacob resta seul ! » C’est quelque chose de profondément solennel d’être seul avec Dieu au sein de la nuit. Quelquefois Il nous isole complètement, afin de pouvoir nous parler et nous enseigner de grandes leçons que nous aurions de la peine à apprendre si nous étions distraits par quelque chose.

C’était la seconde fois que Jacob était seul avec Dieu. Une première fois à Béthel où il avait vu l’échelle qui touchait aux cieux. Je pense que vous vous souvenez de ce que je vous ai dit à ce sujet. Là il avait appris qu’il y a un chemin pour aller au ciel. Maintenant il se trouve de nouveau seul à Peniel. Ce nom veut dire « Face de Dieu ».

Dans ce lieu il a dû apprendre à connaître sa faiblesse, et depuis ce jour-là il a dû boiter sur sa cuisse, sentant cette faiblesse à chaque pas qu’il faisait. Un homme a lutté avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Par le prophète Osée, nous savons que cet homme était un ange, un messager même de l’Éternel. Dans cette lutte, la hanche de Jacob fut luxée.

Depuis lors, ne pouvant plus compter sur sa propre force, il a compris que ce dont il avait besoin c’était la bénédiction de l’Éternel. Toute sa sagesse, toute sa force, tous ses arrangements n’avaient aucune valeur, n’étaient que néant et vanité.

Tôt ou tard il nous faut en arriver là, et c’est alors que notre âme est délivrée, et que la lumière céleste peut éclairer notre chemin. Le soleil qui s’était couché à Béthel éclaire maintenant le sentier du patriarche.

Depuis ce jour-là Jacob a été appelé Israël, ce qui veut dire « Prince de Dieu ». Ce n’était plus le vieux Jacob, le supplanteur, le faiseur de marchés, qui était en activité ; son histoire était pour ainsi dire terminée. Maintenant on voyait en lui un homme nouveau, un prince de Dieu.

Dans les Écritures, un prince est toujours un homme qui a remporté des victoires. Or nous ne pouvons être victorieux par notre propre force, mais seulement par la force que Dieu fournit. Jacob, depuis Péniel, a dû prendre un bâton sur lequel il devait s’appuyer et sur le bout duquel il s’appuyait encore en terminant sa vie pour adorer l’Éternel qui avait été son Berger depuis sa naissance jusqu’au jour de sa mort. Il est évident que, dans la vie de Jacob, il y a eu encore bien des faiblesses et des manquements ; malgré cela il a eu conscience que sa force était en Dieu et non en lui-même.

Je me demande si vous avez bien compris les leçons difficiles que j’ai voulu vous enseigner aujourd’hui. Elles s’apprennent plutôt par l’expérience que de toute autre manière. Quoi qu’il en soit, souvenez-vous que toute votre force n’est que faiblesse ; que vos bons désirs, votre zèle, vos bonnes résolutions ne sont rien si Dieu ne vous accorde la capacité et la sagesse pour accomplir ce qui Lui est agréable.

Sur cela, votre vieux grand-père vous invite à un nouveau partage au mois prochain si le Seigneur n’est pas venu.

Vous lirez aujourd’hui le chapitre 33 de notre livre de la Genèse. Vous voyez qu’insensiblement nous avançons dans la lecture de ce livre et que les enseignements que nous pouvons en retirer se multiplient. La chose importante pour chacun de nous est de ne rien oublier de ce que nous avons entendu et de mettre en pratique les choses que nous connaissons.

J’ai souvent pensé que ceux qui lisent assidûment les Écritures sont comme les banquiers qui accumulent de petites sommes provenant des intérêts qu’ils perçoivent et qui, les ajoutant les unes aux autres, finissent par posséder de grands capitaux qui se chiffrent souvent par millions. Puissiez-vous, dans votre jeunesse, mettre toute diligence pour acquérir ainsi des biens qui demeurent jusque dans l’éternité. Souvenez-vous que la main des diligents enrichit (Prov. 10. 4).

Maintenant voici Jacob qui lève ses yeux et voit son frère Ésaü qui vient à sa rencontre. Pauvre Jacob ! Malgré toutes les choses qu’il avait vues et entendues, et malgré même la bénédiction qu’il avait reçue de l’Éternel à Péniel, il a peur en voyant son frère et recommence ses arrangements, en mettant en avant ce qu’il avait de moins précieux et en arrière ce qui lui était le plus cher, Joseph et Rachel.

Nous avons de la peine à nous confier simplement dans le Seigneur et à compter sur Sa fidélité, surtout si nous avons marché dans le chemin de notre propre volonté avec une conscience plus ou moins mauvaise. Croyez-moi : ne gardez jamais quelque chose sur votre conscience. Si vous avez manqué en quelque chose, ne tardez pas à le confesser au Seigneur.

Vous vous souvenez sans doute de ce précieux verset : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité ». Cherchez-le dans votre Bible, il se trouve dans la première épître de Jean. Vous le noterez afin de le retrouver facilement.

Tous les arrangements de Jacob ne lui ont servi à rien, car c’est Dieu Lui-même qui a incliné le cœur d’Ésaü qui, s’avançant vers son frère, le baisa. Il l’a reçu comme un frère, et un frère qu’il n’avait pas revu depuis fort longtemps. Nous remarquons qu’Ésaü avait ce que nous pourrions appeler d’aimables qualités naturelles, mais ces choses ne servent de rien lorsqu’il faut paraître devant le Dieu saint, si la foi ne se trouve pas dans celui qui les possède.

Malgré tout, Jacob est encore craintif et veut offrir un présent à son frère pour l’apaiser. Ce pauvre Jacob dit encore un mensonge à son frère en l’assurant qu’il irait à Séhir. Le but de son voyage n’était pas Séhir, mais bien la terre d’Israël, le pays de la promesse. Nous ne voyons pas que Jacob soit jamais allé à Séhir. Et Ésaü s’en retourne chez lui sans avoir fait de mal à Jacob. C’est Dieu lui-même qui a délivré Son enfant de la main d’Ésaü et de Laban ; il était Son libérateur.

Ce chapitre se termine par deux courts paragraphes dans lesquels nous voyons Jacob qui s’établit dans les lieux où il n’aurait dû faire que passer comme un voyageur. Il se bâtit des cabanes pour son bétail, s’y achète des terres comme si Succoth et Sichem avaient été le but de son voyage. Notre patrie est le ciel, la maison du Père. Tant que nous ne sommes pas arrivés là, nous avons à nous conduire comme des étrangers ici-bas.

Il se peut que nous ayons des troupeaux, des richesses et des occupations, mais ce n’est jamais que pour un temps que Dieu nous les donne ; tôt ou tard, il faudra les laisser ; ce n’est qu’en passant que nous pouvons en jouir.

D’après la Bonne Nouvelle 1937