BERACA 33 : JOSUÉ

Avant d’envoyer le premier assaut pour prendre Aï, les fils d’Israël n’avaient pas consulté l’Éternel. Cette tentative avait échoué et la défaite était la conséquence d’un mal caché. À cause du péché d’un seul homme, « la colère de l’Éternel s’embrasa contre les fils d’Israël » (Jos. 7. 1). Josué, mis au fait par l’Éternel et enseigné sur le jugement à exécuter, doit agir (v. 10 à 15). Acan fut démasqué et jugé devant l’Éternel, en présence de tout le peuple. À Aï, la puissance de Dieu qui avait ouvert la Mer Rouge, nourri un si grand peuple pendant trente-huit ans dans le désert, était toujours là, à disposition, mais avait été empêchée d’agir. L’Éternel avait permis le manque de discernement produisant la défaite, afin de mettre en évidence un mal caché. Les erreurs et les manquements du peuple sont rappelés par l’apôtre Paul écrivant aux croyants de Corinthe : « Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints » (1 Cor. 10. 11).

Lors de la deuxième attaque pour prendre la ville,Josué était avec eux. Sur l’ordre de l’Éternel, il « étendit vers la ville le javelot qui était dans sa main » (Jos. 8. 18). « Et Josué ne retira point sa main, qu’il avait étendue avec le javelot, jusqu’à ce qu’on eût entièrement détruit tous les habitants d’Aï » (v. 26). La présence de Josué avec les combattants est un type de Christ collaborant avec ceux qu’Il a rachetés et qui sont membres de Son corps. Concernant les disciples nous lisons : « Le Seigneur donc, après leur avoir parlé, fut élevé dans le ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, étant partis, ils allèrent prêcher partout, le Seigneur coopérant avec eux » (Marc 16. 19 et 20).

De la même manière, pour entrer en guerre contre Aï, « Josué se leva avec tout le peuple » (Jos. 8. 3). Pour préparer le combat, « Josué passa cette nuit au milieu du peuple. Et Josué se leva de bonne heure le matin, et inspecta le peuple ; et il monta, lui et les anciens d’Israël, devant le peuple, vers Aï » (v. 9 et 10). Quand il fallut se mettre en marche : « Josué s’avança cette nuit-là au milieu de la vallée » (v. 13). Pour attirer l’ennemi hors de la ville, « Josué et tout Israël… s’enfuirent par le chemin du désert » (v. 15). Pour le battre, « Josué et tout Israël… frappèrent les hommes d’Aï » (v. 21). Pour la victoire définitive, « Josué ne retira point sa main… jusqu’à ce qu’on eût entièrement détruit tous les habitants d’Aï » (v. 26).

Quelle belle instruction pour nous, chrétiens, à savoir, de marcher ensemble les yeux fixés « sur Jésus, le chef de la foi et celui qui l’accomplit pleinement » (Héb. 12. 2). Nos combats sont différents, même plus importants, car ils sont spirituels (voir : Éph. 6. 10 à 18). Que de combats les apôtres et leurs collaborateurs n’ont-ils pas livrés pour faire connaître l’Évangile au près et au loin ! Paul exhorte les Philippiens dans ce sens : « Seulement conduisez-vous d’une manière digne de l’évangile du Christ, afin que… j’apprenne à votre sujet que vous tenez ferme dans un seul esprit, combattant ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile sans être en rien effrayés par les adversaires » (Phil. 1. 27).

Notre Seigneur a vaincu Satan au désert puis à la croix. Il l’a rendu impuissant en ce qui concerne la mort. Pour nous, qui avons reçu la vie éternelle par la foi en un Christ mort et ressuscité, Satan ne peut plus rien. Malgré cela, une chose nous paraît étrange : c’est que Dieu laisse encore agir l’ennemi de nos âmes. Il agit « comme un lion rugissant, … cherchant qui dévorer » ; ou comme le serpent, … séduisant par sa ruse » (1 Pier. 5. 8 ; 2 Cor. 11. 3).

Plusieurs aspects sont à considérer : d’un côté, Dieu est souverain et de l’autre, Il nous forme par les combats qu’Il juge bon que nous traversions. Il le fait afin que l’épreuve de notre foi, « bien plus précieuse que celle de l’or qui périt et qui… est éprouvé par le feu, se trouve être un sujet de louange, de gloire, et d’honneur, dans la révélation de Jésus Christ » (1 Pier. 1. 7). Les diamants bruts que sont les nouveaux convertis doivent être polis pour pouvoir refléter Christ. En réalité, dès la nouvelle naissance, nous sommes à l’école de Dieu et ceci jusqu’au terme de notre passage sur la terre. Jérémie a dû en apprendre la leçon : « Et je descendis dans la maison du potier ; et voici, il faisait son ouvrage sur son tour. Et le vase qu’il faisait fut gâté comme de l’argile dans la main du potier ; et il en fit un autre vase, comme il plut aux yeux du potier de le faire ». « Voici, comme est l’argile dans la main du potier, ainsi êtes-vous dans ma main, ô maison d’Israël ! » (Jér. 18. 3 à 6). Nous pouvons y mettre aussi notre nom.

Revenons au peuple et à Josué. Une fois les combats terminés, « Josué bâtit un autel à l’Éternel, le Dieu d’Israël, sur la montagne d’Ébal, comme Moïse, serviteur de l’Éternel, l’avait commandé aux fils d’Israël, ainsi qu’il est écrit dans le livre de la loi de Moïse, un autel de pierres entières, sur lesquelles le fer n’avait pas été levé ; et ils offrirent dessus des holocaustes à l’Éternel, et sacrifièrent des sacrifices de prospérités » (Jos. 8. 30 et 31). Comme il est bon et nécessaire de rendre grâces à Dieu pour les délivrances ! Comme il est important de revenir à la Parole de Dieu : « Et Josué écrivit là, sur les pierres, une copie de la loi de Moïse, … Et tout Israël, … se tenaient des deux côtés de l’arche, devant les sacrificateurs, les lévites, qui portaient l’arche de l’alliance de l’Éternel, aussi bien l’étranger que l’Israélite de naissance, une moitié vis-à-vis de la montagne de Garizim, et l’autre moitié vis-à-vis de la montagne d’Ébal, comme Moïse, serviteur de l’Éternel, avait commandé de bénir le peuple d’Israël, au commencement. Et après cela il lut toutes les paroles de la loi, la bénédiction et la malédiction, selon tout ce qui est écrit dans le livre de la loi. Il n’y eut pas une parole de tout ce que Moïse avait commandé, que Josué ne lût devant toute la congrégation d’Israël, et les femmes, et les enfants, et l’étranger » (v. 32 à 35). L’arche occupait la place centrale, comme aussi notre Seigneur doit avoir la place centrale dans nos réunions (voir : Mat. 18. 20). Que l’Esprit Saint ait aussi toute liberté pour agir dans nos réunions et dans nos vies ! La Parole était lue, écoutée, et devait être mise en pratique. Les anciens, les magistrats, les juges, les porteurs, les sacrificateurs, les lévites, les femmes, et les enfants, et l’étranger, tous avaient leur place, bien ordonnée et assurée. Tout est grâce !

ÉTUDE SUR LES NOMBRES

Ch. 1er

Généralités. Les « Nombres » sont le quatrième livre de Moïse.

Dans la Genèse, Dieu appelle toute chose à l’existence ; puis il appelle Abraham à sortir de son pays et de sa parenté (Gen. 12. 1).

Dans l’Exode, c’est le rachat par l’offrande d’une victime.

Dans le Lévitique, le peuple s’approche de son Dieu en vertu des sacrifices.

Dans les Nombres, c’est la marche du peuple dans le désert.

Enfin, dans le Deutéronome, Dieu invite Son peuple à se souvenir de la miséricorde divine en rapport avec les misères du peuple. C’est Moïse qui a écrit ces livres, mais Dieu intervient dès le départ (Nomb. 1. 1 ; 33. 2 ainsi que Jean 1. 17 et 46). L’Ancien Testament se divisait en trois parties : la loi (le pentateuque), les Psaumes, et les prophètes.

Il y avait onze journées de marche pour conduire le peuple de la Mer Rouge en Canaan (Deut. 1. 2), mais les infidélités du peuple forcèrent Dieu à le laisser quarante ans dans le désert, jusqu’à ce qu’ait péri toute la génération incrédule « pour connaître ce qui était dans ton cœur » (Deut. 8. 2) et « pour te faire du bien à la fin » (v. 16). La leçon est importante pour nous.

Le livre des Nombres commence un mois après l’achèvement du tabernacle (comparer Ex. 40. 17 et Nomb. 1. 1). Il est étroitement lié, quoique différent, au Lévitique qui nous entretient des services des sacrificateurs ; il couvre toute la période d’errance d’Israël au désert. Les dix premiers chapitres parlent des dénombrements des tribus, puis des lévites, ainsi que des dernières instructions, à partir du ch. 5, avant le départ, au ch. 10. 11. Les dix derniers chapitres relatent la dernière année du voyage.

Le ch. 1er s’occupe du dénombrement, tribu par tribu; le ch. 3 montre le dénombrement des lévites, donnés pour le rachat des premiers-nés d’Israël (v. 12), et le rachat, par de l’argent, des premiers-nés plus nombreux que les lévites (v. 44 à 51). La fin du voyage verra un autre dénombrement (ch. 26), où presque le même nombre sera trouvé, malgré des différences notables dans certaines tribus. Plus tard, David, par orgueil, dénombrera le peuple, sans l’ordre de Dieu – mais ici, le dénombrement est selon Dieu en vue de la marche et des combats. Soyons toujours exercés dans la dépendance de Dieu. Lorsque David demande deux fois à l’Éternel de faire connaître Sa volonté (2 Sam. 5. 19 et 23), il s’ensuit une victoire.

Paul agit avec le discernement de la dépendance en circoncisant Timothée et en s’y refusant pour Tite (Act. 16. 3 et Gal. 2. 3).

Au désert, le tabernacle n’abandonnera pas le peuple : « Je suis avec vous tous les jours » (Mat. 28. 20).

Exode 12. 38 parle d’un « grand amas de gens » qui suivait le peuple ; il s’ensuivra du désordre en Lévitique 24. 10.

Dans les Nombres, pour les futurs combats, tous doivent prouver qu’ils appartiennent à Israël ; en Esdras 2. 62, il en est de même pour exercer la sacrificature. La nouvelle naissance nous fait entrer dans la famille de Dieu et pour le combat chrétien, il n’y a pas d’âge (2 Cor. 10. 4 ; Éph. 6. 12 ; Jude 3). Avant le départ, Dieu fait le compte des forces du peuple, mais aucun des hommes dénombrés au Sinaï n’entrera dans Canaan.

Dieu recense Son peuple par « famille » chose précieuse aux yeux divins ; « selon leurs maisons de pères », il y a une autorité ; « suivant les nombres des noms », chacun est connu de Dieu. Dans le combat chrétien, Dieu utilise chacun, à sa place désignée.

Le dénombrement se fera par Moïse et Aaron, et douze princes, chefs de tribus, désignés par noms (v. 6 à 16). Dieu donne à chacun son rôle, car « Dieu n’est pas un Dieu de désordre » (1 Cor. 14. 33 et 40), pour une bonne marche dans l’assemblée. En Actes 13. 2 et 3, l’Esprit Saint désigne lui-même Barnabas et Saul, pour qu’ils soient mis à part.

Dans les Nombres, les hommes désignés vont, chacun dans sa tribu, relever la somme des hommes âgés de vingt ans et au-dessus, âge minimum pour le combat.

Pour les chrétiens, le combat commence dès la nouvelle naissance et se poursuit toute la vie : soyons tous « de bons soldats de Jésus Christ » (2 Tim. 2. 3) ; notre lutte est « contre… la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6. 12) ; pour cela, revêtons « l’armure complète de Dieu » (v. 13).

1 Chroniques 12. 23 à 37 montre l’ordre et les dispositions différentes des hommes forts et vaillants qu’avait David : Dieu nous donne des dons de grâce différents, pour notre profit mutuel (1 Pier. 4. 10). Vingt ans et plus indique la vigueur et la maturité spirituelle ; la première épître de Jean parle des différents degrés de maturité : « petits enfants «, « jeunes gens », « pères » (ch. 2. 13 à 15), mais le combat est pour tous.

Juges 8. 20 montre un combattant qui n’est pas mûr. Ne soyons pas « paresseux à écouter » (Héb. 5. 11), et « embarrassés dans les affaires de la vie, afin de plaire à celui qui nous a enrôlés pour la guerre » (2 Tim. 2. 4).

Le verset 18 de notre chapitre fait obligation pour chacun de déclarer sa filiation : pour combattre, il fallait prouver qu’on appartenait bien à Israël : aucun étranger ne pouvait combattre les combats de Dieu.

Pour nous, pour participer aux combats de la foi, il faut d’abord être sauvés et être sûrs que nous sommes bien des enfants de Dieu. Romains 7 montre un croyant luttant contre lui-même, incapable de « combattre le bon combat de la foi » (2 Tim. 4. 7), ne jouissant pas de l’Esprit d’adoption (Rom. 8. 14 et 15).

Le dénombrement du ch. 26 révèle, dans certaines tribus, une nette diminution, due au châtiment de Dieu, à cause de leurs rébellions ; les conséquences se traduiront par la diminution de l’héritage en Canaan, selon Nombres 26. 54, et ch. 33. 54.

Les filles de Tselophkhad désiraient « une riche entrée » dans le pays, au milieu des frères de leur père qui était mort sans fils (Nomb. 27. 4).

Comptés à part, les lévites, par leur service, étaient plus proches du tabernacle que les combattants.

Ruben, corrompu, perd la primogéniture au profit de Joseph héritant de deux parts, en Éphraïm et Manassé, ses fils. Siméon et Lévi, cités ensemble en Genèse 49. 5, violents et meurtriers (Gen. 34. 25 et 26), sont divisés et dispersés en Israël. Mais Lévi est restauré en grâce, pour avoir, seul, répondu à l’appel de Moïse (Ex. 32. 26) : dispersé dans les tribus, en Israël, il est béni et en bénédiction.

Pensons aux couronnes que nous jetterons aux pieds du Seigneur (Apoc. 4. 10).

Les versets 44 à 46 résument et rappellent le début du chapitre : dénombrer tous ceux qui, âgés de vingt ans et au-dessus, étaient propres à combattre, et devaient être préparés pour la guerre. Vingt ans était l’âge minimum, mais il n’y avait pas de limite supérieure : jusqu’à la fin de sa vie, le croyant doit rester « un bon soldat de Jésus Christ » (2 Tim. 2. 3). Moïse, type de Christ chef de Son peuple ; Aaron représentant Christ comme sacrificateur , les douze princes, des chefs du peuple responsables devant Dieu, vont procéder au dénombrement, et chacun devra déclarer sa filiation (v. 8), car « un grand amas de gens montait avec le peuple » (Ex. 12. 38) ; ces gens étaient peut-être des Égyptiens et des descendants d’Abraham, tels que la semence d’Ismaël, fils d’Agar ; de Madian, fils de Kétura (Gen. 25. 1 et 4) et des descendants d’Ésaü, frère de Jacob.

Dans l’Église, on trouve aussi de faux chrétiens, mais aussi de vrais croyants qui ne sont pas mûrs pour le combat de la foi. Soyons en même temps des soldats et des serviteurs répondant aux caractères décrits en 1 Timothée 3. 8 à 10.

Caleb, âgé de quatre-vingt-cinq ans, était encore fort comme à quarante ans, et fera la conquête d’une montagne où habitaient des géants (Jos. 14. 6 à 15). Sa force venait de Dieu car il avait « pleinement suivi l’Éternel » (v. 8). Ésaïe 40. 31 et 2 Corinthiens 4. 16 nous encouragent. Les compagnons de Caleb et de Josué, ayant décrié le pays, bien qu’ils l’aient reconnu « ruisselant de lait et de miel », sont morts dans le désert.

« Tous ceux » (v. 45), montre que Dieu s’adresse à tous, car nous sommes tous intégrés à cette « race élue, sacrificature royale, nation sainte, peuple acquis » (1 Pier. 2. 9).

Les lévites devaient être dénombrés à part pour le service du tabernacle, dès l’âge de trente ans jusqu’à cinquante ans (Nomb. 4. 1 à 33). Objet de la grâce divine, ils avaient ce privilège et cette responsabilité de porter le tabernacle, de le monter et de le démonter. Ils devaient camper immédiatement autour, afin qu’il n’y ait pas de colère contre le peuple s’il s’en approchait (v. 53 et ch. 8. 19) ; ainsi, la sainteté du tabernacle était maintenue. Les lévites avaient une obligation de sainteté qui est aussi la nôtre, car maintenant, si le chemin des lieux saints nous a été ouvert (Héb. 10. 19 et 20), Dieu reste « un feu consumant » (Héb. 12. 29).

En Lévitique 10. 1 et 2, la souillure est venue des sacrificateurs eux-mêmes : Nadab et Abihu moururent pour avoir « présenté un feu étranger ». Même leur père et leurs frères, en tant que sacrificateurs, ne devaient pas porter leur deuil (v. 6).

Le tabernacle était le lieu de rassemblement des tribus (v. 50 à 53), car Dieu était là. Pour nous, le Seigneur est le centre de notre rassemblement (Mat. 18. 20). Et si chaque Israélite devait se tenir « sous sa bannière », les chrétiens, dans l’assemblée, doivent se tenir à leurs places spirituelles assignées par l’Esprit Saint, afin de mettre en valeur les dons reçus pour « l’accroissement du corps, pour l’édification de lui-même en amour » (Éph. 4. 16).

Ch. 2

Dieu ne peut laisser Son peuple dans le désordre où il se trouvait en Exode 32. 25 : désormais, l’Éternel prescrit un ordre rigoureux, pour camper autour du tabernacle, car Dieu revendique Sa sainteté dans le camp. Quatre groupes de trois tribus sont placés aux quatre points cardinaux ; les lévites camperont près du tabernacle, avec Moïse, Aaron et les princes, à l’entrée de la tente. Chaque groupe est placé sous une bannière unique : les bannières de Juda, Ruben, Éphraïm et Dan. Éphraïm et Manassé, fils de Joseph, et Benjamin, tous trois issus de Jacob et Rachel, sa femme aimée, sont ensemble, derrière le tabernacle, qu’ils ont ainsi sous les yeux : « fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 13).

Nous sommes réunis sous la bannière de Christ : l’amour (Cant. 2. 4 ; Ex. 17. 15 ; És. 11. 10).

Les Israélites « firent tout ce que l’Éternel avait commandé à Moïse » (ch. 1. 54). L’obéissance précède la bénédiction (Ex. 40. 16, 34 et 35). Nous étions loin de Dieu, et nous avons été approchés (Éph. 2. 13 à 17).

Dans les Nombres, les ordonnances du Lévitique devaient être pratiquées. La nuée, manifestation visible de Dieu, commandait chaque départ et chaque arrêt du peuple (ch. 9. 15 à 23). La dépendance conditionne la force et la sécurité.

Si les tribus, campant autour du tabernacle, le protégeaient extérieurement (combat contre Amalek : Ex. 17. 8 à 16), les lévites, placés directement autour du tabernacle, le protégeaient de toute approche du peuple (Nomb. 1. 53). L’ordre établi de Dieu devait être respecté.

Il en est ainsi pour l’assemblée (1 Cor. 12. 18) ; il nous faut, à la fois, combattre, et garder ce que le Seigneur nous a confié, conservant la pensée que l’Église est une, car elle est l’œuvre du Seigneur (1 Cor. 12. 13) ; Balaam dut bénir le peuple d’autant plus qu’il voulait le maudire (Nomb. 22 et 23). Dieu protège toujours les Siens (Zach. 2. 8). Gardons, quant à nous, « l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 3), en pensant que l’orgueil de Coré avait divisé le peuple et produit beaucoup de tristesse.

Nakshon (ch. 2. 3), prince de Juda (Ruth 4. 20), est dans la lignée du « Seigneur qui a surgi de Juda » (Héb. 7. 14), la tribu royale (Deut. 33. 7 et Gen. 49. 10). Juda devait camper à l’Orient (ch. 2. 3), vers le levant : c’est de l’Orient que le soleil se lève, apportant la lumière. Plus tard, Christ, « l’Orient d’en haut », visitera Son peuple (Luc 1. 18) ; Il est ce « rejeton du tronc d’Isaï » (És. 11. 1 et 53. 2). Le levant suggère que l’épreuve attend ceux qui marchent vers la lumière. L’ordre, pour le départ et pour la marche, était établi de Dieu. Deux groupes de trois tribus partaient les premiers ; puis, le tabernacle et les lévites ; enfin, deux autres groupes de trois tribus partaient en arrière-garde. Mises à l’épreuve, certaines tribus augmenteront : Manassé et Benjamin par exemple ; d’autres diminueront : Éphraïm.

La supériorité des pensées divines sur les nôtres (És. 55. 8 et 9), nous oblige à nous soumettre à l’ordre établi de Dieu : David n’avait pas respecté l’ordonnance, pour ramener l’arche à Jérusalem sur un chariot : Uzza y a trouvé la mort.

Comme les hommes forts de David (1 Chron. 12. 23 à 37), gardons fidèlement ce que Dieu nous a confié, selon nos capacités.

Au ch. 3, les lévites sont dénombrés à part, pour le service du tabernacle, et sont soumis à un ordre rigoureux selon Dieu. Si Moïse est nommé (v. 1), seule, la génération d’Aaron, souverain sacrificateur, est donnée (v. 2 à 4) : Moïse n’était pas sacrificateur, mais plutôt, « roi en Jéshurun » (Deut. 33. 4 et 5), et « ses fils furent attribués à la tribu de Lévi » (1 Chron. 23. 14).

Les lévites, pris à la place des premiers-nés d’Israël, appartenaient à Dieu (v. 12) et étaient donnés à Aaron et ses fils (v. 9), pour le service du tabernacle.

En ce qui nous concerne, pensons à Jean 17. 6 : nous sommes donnés à Christ, souverain Sacrificateur.

Homme violent, Lévi devait être « dispersé en Israël » (Gen. 49. 7) et les lévites hériteront de 48 villes, car leur destin avait complètement changé parce qu’ils avaient, seuls, répondu à l’appel de Moïse (Ex. 32. 26) : ils ont obéi à l’Éternel, quel qu’en ait été le prix (Ex. 32. 27 à 29 et Deut. 33. 8 et 9), et ont reçu pour mission, dans le pays, d’enseigner les ordonnances divines au peuple (Deut. 33. 10). Ils devaient se purifier (Nomb. 8. 5 à 7, 13 à 16).

Les fils d’Aaron avaient le privilège de s’approcher de Dieu, mais aussi la responsabilité de se purifier (Ex. 19. 22). Des sacrifices étaient indispensables pour s’approcher de Dieu ; de même, nous nous approchons de Dieu en vertu du sacrifice de Christ (1 Cor. 5. 7). Leur sacrificature leur était donnée « comme un service de pur don » (Nomb. 18. 7).

Nadab et Abihu moururent devant l’Éternel pour avoir présenté un feu étranger (Lév. 10). D’Ithamar descendirent les sacrificateurs, car « Éléazar n’eut point de fils » (1 Chron. 23. 22).

De même que les lévites ne choisissaient pas leurs fonctions dans le tabernacle, de même nous devons nous tenir chacun dans le service qui nous est dévolu par le Seigneur, et nous garder de la « contradiction de Coré », ce lévite ayant convoité la sacrificature n’appartenant qu’à la famille sacerdotale. Appartenant au Seigneur, servons-Le selon le don que nous en avons reçu (1 Cor. 15. 10), sans vaine crainte (Act. 27. 23 et 24) car, comme les lévites, nous sommes « absolument donnés » à Christ (Nomb. 3. 9 à 12), et nous ne nous appartenons plus (2 Cor. 5. 14), et nul ne doit se dérober. Les différents services (1 Cor. 12. 4 à 12) sont donnés « pour que nous croissions tous à la mesure de la stature de la plénitude de Christ » (Éph. 4. 11 à 16). C’est la volonté divine, et le moteur doit en être « l’amour de Christ qui nous étreint » (2 Cor. 5. 14). Les lévites devaient servir Aaron, le souverain Sacrificateur, et l’assemblée (Nomb. 3. 6).

Christ est pour nous Souverain Sacrificateur pour l’éternité (Héb. 5. 6), et nous devons Le servir, ainsi que les saints (Héb. 6. 10). Notre service sur la terre se lie directement à la sacrificature de Christ dans le ciel ; et nécessite une étroite communion avec Lui, dans la vérité. « Je suis l’Éternel » (v. 41 et 45) : tout, dans le tabernacle devait être purifié et consacré, et Aaron et ses fils de même (Ex. 29). Moïse devait remplir leurs mains (v. 23 et 24), et il n’y avait plus de place pour autre chose. « Tu feras approcher » (v. 8), quelle bénédiction ! mais il fallait qu’ils soient sanctifiés, car « notre Dieu est un feu consumant » (Héb. 12. 29).

Ch. 3

À la Pâque, en Égypte, les Israélites méritaient le même sort que les premiers-nés égyptiens mis à mort par l’Éternel : ils ont été rachetés par le sang de l’agneau mis sur les portes de leurs maisons. En Exode 13. 1, l’Éternel sanctifie pour Lui-même tous les premiers-nés d’Israël, à la place des premiers-nés de l’Égypte. Puis, les lévites, à leur tour, sont pris à la place de tous les premiers-nés d’Israël (v. 12, 41 et 45). Deux cent soixante-treize Israélites de plus que les lévites seront rachetés par de l’argent (v. 46 et 47). Les lévites ne pouvaient pas se dérober ; il en est de même pour nous (2 Tim. 1. 6 et Col. 4. 17).

Ces premiers-nés d’Israël nous rappellent que nous sommes devenus, à notre conversion, « une sorte de prémices de ses créatures » (Jac. 1. 18), car nous sommes rachetés par le sang de Christ. Les lévites nous font penser que « ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité » (2 Cor. 5. 15). Christ est le divin premier-né mis à mort pour nous (Ps. 22. 10), et maintenant, il nous veut pour Lui, pour que nous Le servions. Les lévites étaient dénombrés depuis l’âge d’un mois et au-dessus (v. 15) Nous-mêmes, nous sommes serviteurs du Seigneur depuis notre conversion. Plusieurs exemples de la parole le confirment (Jér. 1. 5 ; Act. 22. 14 concernant Paul) ; Jean le baptiseur, rempli de l’Esprit Saint dès le ventre de sa mère, était préparé, ainsi que son service, avant même sa conception (Luc 1. 13 et 17). Paul avait posé cette question au Seigneur : « Que dois-je faire Seigneur ? » (Act. 22. 10) ; nous devons poser, nous aussi, cette question, continuellement.

Moïse a obéi, pour faire le dénombrement des trois familles des lévites : Guershon a reçu pour service de s’occuper des rideaux, tapis, couvertures tentures et cordages (v. 25) ; Kehath, de l’arche, la table des pains de proposition, le chandelier, les autels et tous les ustensiles du lieu saint (v. 31) ; Mérari eut la charge des ais, traverses, piliers, de leurs bases, des pieux et leurs cordages (v. 36 et 37). Éléazar, prince des princes, dirigeait tout cela.

Nous avons le privilège, aujourd’hui, de servir le Seigneur ; soyons-y attentifs.

Kehath, ayant reçu un service spécial, était en danger de mort s’il s’approchait des objets du lieu saint et du lieu très saint, avant que ceux-ci aient été recouverts par les sacrificateurs (Nomb. 4. 15), car cela représentait les lieux célestes et la présence de Dieu (Héb. 10. 1 ; 8. 5 ; 9. 24). Le v. 31 nous montre le chemin de Dieu vers l’homme, en allant des objets du lieu très saint vers le lieu saint, puis en sortant de la tente d’assignation jusqu’à l’autel d’airain. Si les sacrificateurs avaient tous les mêmes charges quant aux sacrifices, les lévites, eux, avaient chacun une charge particulière et ne pouvaient pas en changer.

Nous les chrétiens, sommes tous sacrificateurs (frères et sœurs), mais en tant que lévites, nous avons tous des services différents, et nous ne pouvons pas en changer à notre gré.

Durant le culte, les services ne s’exercent pas, mais nous sommes tous et toutes, à la fois adorateurs et sacrificateurs : « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13. 15).

Les trois familles des fils de Lévi avaient reçu un service bien précis (ch. 4) ;

De même, nous servons le Seigneur selon ce que l’Esprit Saint donne à chacun (1 Cor. 12. 11), et Celui que nous servons donne sa vraie valeur à notre service, car nous dépendons du Seigneur, mais aussi des assemblées. De même que les fils d’Aaron servaient sous leur père, grand sacrificateur, nous servons, nous, sous le Seigneur, grand Souverain Sacrificateur, et nous entrons, en esprit, dans les lieux saints (v. 32), en nous occupant des « choses très saintes » (ch. 4. 4).

Moïse, Aaron et ses fils campaient à l’orient du tabernacle (v. 38) : c’est le côté du lever du soleil, d’où vient la lumière ; pensons à « l’Orient d’en haut » (Luc 1. 79), désignant le Seigneur visitant Son peuple. Le tabernacle, au désert, avait son unique entrée dirigée vers l’orient. Ézéchiel 43. 1 et 2 montre que dans le temple prophétique, la gloire de l’Éternel entrera par la porte d’orient ; puis, cette porte sera fermée à cause de la présence de l’Éternel qui entrera par-là (ch. 44. 1 et 2), cette même porte ne devra être ouverte que les jours de sabbat et de nouvelle lune afin que le Prince puisse offrir son holocauste sur le seuil seulement (ch. 46. 1 et 2).

Moïse, type de Christ, chef sur Sa maison ; Aaron, type de Christ souverain sacrificateur, veillaient sur le service du tabernacle, et tout étranger qui s’approcherait serait mis à mort.

Le Seigneur veille sur la sainteté de Sa maison, l’Assemblée : on ne peut être sacrificateur ou serviteur que si l’on est converti : aucune communion ne peut s’établir entre ce qui est saint et ce qui est profane (2 Cor. 6. 14 et 16). Il y a dans les assemblées, des conducteurs et des sacrificateurs que Dieu place à la tête, et nous devons nous y soumettre (1 Pier. 5. 1 à 5), comme les lévites se soumettaient aux sacrificateurs.

Le dénombrement des premiers-nés donne lieu au rachat des deux cent soixante-treize qui sont de plus que les lévites (v. 40 à 43) : cinq sicles par tête qui seront donnés à Aaron et ses fils (v. 50 et 51). Prémices de la force, les premiers-nés nous font penser à Christ lui-même, considéré par Dieu comme le « premier-né entre plusieurs frères » (Rom. 8. 29), c’est pourquoi ce principe était important dans l’Ancien Testament. Aussi, Dieu peut déclarer qu’il « a haï Ésaü » qui a vendu son droit d’aînesse pour un plat de lentilles (Mal. 1. 3).

En contraste, tous nos enfants ont les mêmes droits et doivent être l’objet des mêmes soins.

Si, au ch. 8, les Israélites devaient poser leurs mains sur les lévites pour s’identifier à eux, et que ceux-ci devaient être offerts « en offrande tournoyée à la place des Israélites » (v. 10 et 11), on peut penser également que l’Éternel prenait possession, de façon spéciale, des lévites (v. 12, 41 et 45) : « Ils seront à moi ».

Au ch. 4, nous avons les détails des services des lévites : ils devaient servir depuis l’âge de trente ans jusqu’à l’âge de cinquante ans. Cela nous parle de maturité spirituelle pour servir, et tout croyant est préparé par le Seigneur en vue de son service, en temps voulu.

Que chacun de nous entende la voix du Seigneur nous dire comme autrefois à Pierre : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 23).

Ch. 4

Le ch. 4 donne les détails du service des trois familles de lévites dans le tabernacle qui est une figure de Christ. Ils entraient en service de trente à cinquante ans.

Nous sommes à la fois combattants, sacrificateurs et lévites pour tout ce qui touche à la Personne de Christ.

Dans le désert, les lévites devaient porter tout ce qui constituait le tabernacle et tout ce qu’il contenait ; dans le pays, ils n’avaient plus à le porter (1 Chron. 23. 26).

Pour nous, c’est le temps du désert et nous devons faire l’effort constant pour prendre soin de tout ce que le Seigneur nous a confié dans Sa Parole.

Le ch. 8 montre une période de cinq ans d’une sorte de noviciat avant d’entrer réellement au service du tabernacle.

Un serviteur de Dieu ne doit pas être « nouvellement converti » (1 Tim. 3. 6), mais être mis à l’épreuve (v. 10).

Les Kéhathites avaient reçu un service très saint (v. 4) concernant tout ce que contenait le tabernacle. Guershon et Mérari devaient s’occuper du tabernacle lui-même. Dénombrés depuis l’âge d’un mois, les lévites n’entraient en service qu’à l’âge de trente ans :

Nous portons ce caractère de lévites dès notre nouvelle naissance, mais nous n’entrons en service qu’avec une certaine maturité spirituelle. Le Seigneur entra en service à trente ans (Luc 3. 23), et Son ministère a duré trois ans et demi (Ps. 102. 24).

Les lévites pris à la place des premiers-nés d’Israël, appartenaient à l’Éternel, car ils avaient pleinement répondu à l’ordre de Moïse (Deut. 33. 8 à 11).

Nous appartenons au Seigneur et devons Lui obéir en toutes choses (2 Cor. 5. 15). C’est le Seigneur qui appelle et qui forme, mais soyons vigilants pour répondre, et restons humbles dans le service, comme les lévites dont le service était humble, et qui se soumettaient à l’autorité au-dessus d’eux (ch. 4. 5, 15 et 19). Gardons-nous de l’esprit de Coré (ch. 16).

C’est au ch. 10. 11 que l’on trouve le premier départ du peuple, et au ch. 33, sont énumérées les quarante-deux occasions où le peuple a avancé dans le désert.

Avant les départs, les objets se trouvant dans le lieu saint et le lieu très saint devaient être soigneusement enveloppés :

Cela nous invite à serrer soigneusement dans nos cœurs, tout ce qui touche à la Personne sainte du Seigneur, et les lévites ne devaient ni voir, ni toucher aucun de ces saints objets (v. 15 et 20) ; c’est la responsabilité de l’Église d’être « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). Tout serviteur doit être « un administrateur fidèle » (1 Cor. 4. 1 et 2) : Timothée est cité en exemple au v. 17.

Lors des départs, l’arche, figure de Christ, devait être enveloppée par le voile représentant le corps humain du Seigneur (Héb. 10. 19 et 20) ; par-dessus, on devait mettre une peau de taisson symbolisant la séparation intérieure de tout mal : Christ « séparé des pécheurs » (Héb. 7. 26) ; puis, recouvrant le tout, un drap de bleu montrant le caractère céleste du Fils de l’homme (Jean 3. 13 et 1 Cor. 15. 47). Les peaux de taisson occupaient une grande place dans toutes les couvertures : elles parlent du peu d’apparence, pour le monde, que revêt tout ce qui touche à Christ (És. 52. 14 et ch. 53. 2). Un chrétien humble n’attire pas le monde après lui.

C’était Aaron, grand Sacrificateur, qui devait s’occuper de l’arche, car lui seul pouvait entrer dans le lieu très saint ; ses fils s’occupaient des objets du lieu saint ; la cuve d’airain dont les dimensions ne sont pas données, n’est pas mentionnée, car elle parle d’un moyen de purification de l’homme, et non de Christ. Tout, dans le tabernacle, était recouvert d’or, figure de la divinité du Seigneur – même les barres de bois de sittim étaient recouvertes d’or pur ; on ne devait jamais les retirer de l’arche (Ex. 25. 15), sinon au moment de l’envelopper, et puis on les remettait aussitôt (Nomb. 4. 6). Ces barres parlent du voyage, car les fils de Kéhath devaient porter à l’épaule :

Le témoignage de Christ qui nous est confié doit être clair et exige de l’énergie spirituelle. Ces objets figurent les différents caractères de Christ que nous devons manifester dans notre marche ici-bas, en nous gardant du monde afin de ne pas souiller le nom du Seigneur (Phil. 3. 20 ; Col. 3. 1).

Dans l’arche se trouvaient les tables de la loi (Deut. 10. 2) et la manne (Ex. 16. 33) et elle était recouverte du propitiatoire d’or (Ex. 25. 17 et 21). Le voile de bleu qui la recouvrait figurait le côté céleste de Christ ; sur la table des pains de proposition, le voile de bleu devait être mis en premier (v. 7), le côté céleste, était plus caché ; ses ustensiles y étaient posés et les douze pains continuels, transportés avec la table : Christ nous porte sur Son cœur : rien ne peut nous séparer de l’amour de Christ (Rom. 8. 39) ; un drap d’écarlate parlant de la gloire humaine du Seigneur, Homme glorifié dans le ciel, et aussi de royauté (Mat. 27. 27 à 31) était posé dessus, puis une couverture de peau de taisson protégeait le tout.

Le chandelier, constitué de sept lampes, parle des sept Esprits de Dieu (Apoc. 4. 5) qui étaient en Christ : le drap de bleu était mis en premier, puis la couverture de peau de taisson le protégeant ; il devait être porté sur une perche, figure du Saint Esprit dans Sa toute-puissance en Christ.

L’autel d’or était recouvert d’un drap de bleu et de peau de taisson. Sur lui on offrait l’encens et le parfum pour Dieu qui, seul, pouvait en flairer l’agréable odeur. Au v. 13, on devait ôter les cendres de l’autel de l’holocauste, montrant ainsi que le sacrifice était consommé ; on pouvait, dès lors, transporter l’autel recouvert d’un drap de pourpre et d’une peau de taisson : la pourpre est la couleur impériale.

« A l’accroissement de son empire… il n’y aura pas de fin » (És. 9. 6 et 7). En Marc 15. 16, le Seigneur a été recouvert d’un manteau de pourpre, en dérision de la part de l’homme, mais prophétie de la part de Dieu. Cette couleur s’obtenait en écrasant une sorte de ver et cela nous fait penser aux souffrances de Christ : « Mais moi je suis un ver… » (Ps. 22. 6). Le crucifié est Celui qui régnera un jour sur le monde entier (Luc 24. 26 et 1 Pierre 1. 11).

L’autel d’airain recouvert d’un drap de pourpre nous fait penser à l’écriteau écrit par Pilate : « Jésus, le nazaréen, le roi des Juifs » (Jean 19. 19). En Apocalypse 17. 3 et 4, la femme vêtue de pourpre et d’écarlate est assise sur une bête écarlate et montre la gloire humaine et la royauté (v. 18), mais l’absence du bleu (caractère céleste), prouve l’apostasie.

Éléazar, prince des princes, devait surveiller tout le tabernacle, lieu de rencontre entre l’Éternel et Son peuple. Lui et Ithamar, son frère, avaient reçu une leçon solennelle, en Lévitique 10. 1 à 11, lors de la mort disciplinaire de Nadab et Abihu, « car notre Dieu est un Dieu consumant » (Héb. 12. 29). Éléazar, figure de Christ surveillant tout ce qui se passe dans l’Assemblée (Marc 11. 11), succédera plus tard à Aaron, et sera avec Josué, pour le partage du pays (Nomb. 34. 17).

L’huile du luminaire, figure du Saint Esprit, éclairait le sanctuaire. L’huile de l’onction devait oindre toute la tente d’assignation, ses ustensiles, et les sacrificateurs (Ex. 30. 22 à 31). Quant à l’encens, seul l’Éternel pouvait en flairer de semblable (Ex. 30. 37 et 38) Les Kéhathites ne devaient ni voir, ni toucher les objets des lieux saints, représentant le Seigneur et Ses différents caractères, et Aaron et ses fils assuraient un rôle d’amour en les enveloppant, afin que les Kéhathites ne meurent pas

L’intérieur du tabernacle figurait les lieux célestes ; dans le lieu très saint, seul le Souverain Sacrificateur, une fois l’an, pouvait entrer, en y apportant du sang pour lui-même et pour le peuple (Lév. 16).

D’une certaine manière, notre service doit être préparé dans le sanctuaire ; ainsi, bien des fautes nous seront épargnées (2 Sam. 6. 6 et 7), et nous serons conduits à faire ce que Dieu veut : « comme l’Éternel l’avait commandé à Moïse » (v. 41, 45 et 49), avec une volonté brisée, ainsi que les lévites servaient sous l’autorité d’Aaron et ses fils (v. 19 et 49). Pensons que l’adoration, premier des services, s’effectue directement dans le sanctuaire (Hymnes et Cantiques n°48) « C’est ici la volonté de Dieu, votre sainteté » (1 Thess. 4. 3). Ne cherchons pas à satisfaire notre curiosité (Ex. 19. 21), en voulant « comprendre » les mystères concernant le Seigneur (1 Sam. 6. 19).

Guershon et Mérari portaient les éléments constitutifs de la tente et du parvis, et partaient les premiers (Nomb. 10. 17) ; ils dressaient le tabernacle, en attendant les Kéhathites portant les objets du sanctuaire (Nomb. 10. 21) : tous ces services étaient complémentaires, et il en est de même pour nous dans l’Assemblée (1 Cor. 12); ainsi, soyons fidèles dans les petites choses que Dieu nous confie, afin de l’être aussi dans les grandes (Luc 16. 10 à 12). Guershon et Mérari opéraient sous la conduite d’Ithamar, et portaient, les premiers, tous les éléments textiles tissés par les « femmes intelligentes » (Ex. 35. 25 et 26), et les seconds, tous les éléments solides du sanctuaire : les ais, bases et pieux.

Les couvertures du tabernacle représentaient les gloires variées de Christ ; les éléments rigides, les saintes doctrines concernant Christ et l’Assemblée. Les bases, signe de la rédemption, et les ais unis ensemble par quatre traverses, montrent l’union des croyants ; les traverses, les quatre dons fondamentaux en témoignage de Christ dans le désert. Une autre traverse invisible pénétrant tous les ais, désigne le Saint Esprit dans les croyants. Le v. 27, parle de leur charge : sachons nous charger, comme Paul (2 Cor. 11. 28), des intérêts du Seigneur et des saints. « Leur fardeau » (v. 49), nous dit que tout service demande un effort.

« Poursuivez l’amour, et désirez avec ardeur les dons spirituels » (1 Cor. 14. 1).

Ch. 5

Les quatre premiers chapitres montrent l’ordre rigoureux exigé par l’Éternel, dans le camp, et le service respectif des trois familles des lévites. Au ch. 5, Dieu purifie le camp au milieu duquel Il habite (v. 3) : les v. 1 à 4 parlent de jugement collectif du mal : il fallait mettre hors du camp tout lépreux, quiconque avait un flux ou était impur pour un mort (v. 2). Du v. 5 au v. 10, nous avons le jugement de lui-même du pécheur, sa confession, et la restitution de ce en quoi il a péché. Du v. 11 à la fin, l’Éternel montre, s’il y a suspicion chez quelqu’un, que l’affaire doit être tirée au clair. Cette loi de la jalousie parle du Seigneur, jaloux envers Israël, la femme infidèle et également, l’Église.

La lèpre typifie l’énergie de la chair pour pécher, et le péché devient manifeste ; le flux, l’incapacité de brider la chair qui souille tout ce qu’elle touche, et l’homme se souille par ce qui sort de lui (Mat. 15. 18 à 20 et Marc 7. 15) ; le contact avec un mort, la souillure contractée durant la marche du croyant (Nomb. 19. 11 à 16) ; et en Nomb. 9. 6 à 9, des hommes impurs par le corps mort d’un homme, ont dû se purifier avant de faire la pâque, le mois suivant – nous avons pour nous 1 Corinthiens 11. 28 à 31. En Actes 23, Paul a dû se repentir d’une faute commise envers le souverain sacrificateur; mais tout de suite après, il s’ingénie avec succès à diviser le sanhédrin pour se défendre : n’agissons pas ainsi dans l’assemblée, mais plutôt, « gardons l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 3). Dans le désert, la mort est partout car elle est le salaire du péché (Rom. 6. 23). Mais Dieu, dans Sa bonté, a donné les ressources avec la génisse rousse (Nomb. 19). Dieu est le Dieu de la grâce, mais Il est « redoutable » et « terrible » (Ps. 89. 7), et la « sainteté sied à sa maison pour de longs jours » (Ps. 93. 5). C’est pourquoi, purifions-nous du mal : « vous serez saints car je suis saint » (Lév. 11. 44 et 45). Prions comme David au Psaume 139.

Lévitique 26. 11, montre la joie de Dieu de mettre Son tabernacle au milieu de Son peuple : c’est pourquoi les lévites devaient se purifier pour entrer en service (Nomb. 8).

Quant à nous, pensons à 1 Corinthiens 6. 19 et 2 Corinthiens 6. 16, mais aussi, que l’Assemblée est « le temple du Saint Esprit » (1 Cor. 3. 16).

Marie, au ch. 12, ayant mal parlé de Moïse, devint lépreuse et dut être mise hors du camp sept jours, durant lesquels le peuple fut immobilisé dans le désert. « Un peu de levain fait lever la pâte tout entière » (1 Cor. 5. 6). La discipline vient de l’amour de Dieu, et s’exerce envers le peuple et non les étrangers, car « il fouette tout fils qu’il agrée » (Héb. 12. 6). Si la repentance manque, Dieu nous discipline et nous châtie (És. 65. 5 à 7), mais toujours avec amour et pour satisfaire Sa volonté de pouvoir « habiter » au milieu des saints.

Au v. 4, on voit que les Israélites ont obéi sans hésiter : « Oh ! s’ils avaient toujours ce cœur-là » (Deut. 5. 29). C’est dans la communion cultivée avec Dieu que l’on acquière le discernement et une conscience délicate.

« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).

Les v. 6 à 8 montrent tout le sérieux du péché aux yeux de l’Éternel : tout péché est d’abord contre Dieu (v. 6) ; il fallait donc restituer la chose dérobée et y ajouter un cinquième, représentant le fruit d’un travail du cœur ; et, si l’offensé n’était plus là, peut-être mort, et qu’il n’ait pas de proche parent, la restitution devait se faire directement à l’Éternel en la personne du sacrificateur (v. 8 à 10 et Lév. 5. 5 et 6). De plus, un sacrifice sanglant pour le péché, figure du sacrifice de Christ, devait être offert (v. 8).

Si nous avons offensé un frère, ayons une conscience, ni maladive ni laxiste, mais délicate : confessons notre faute à Dieu et à notre frère ; aidons-nous mutuellement, avec humilité et amour, à confesser nos péchés (Jean 13. 13 à 15). Dans ce chapitre de l’évangile de Jean, le v. 8 nous avertit que, sans la confession, la communion avec le Seigneur n’est pas possible, et la « volonté de Dieu, c’est notre sainteté » (1 Thess. 4. 3).

Les v. 11 à 31 montrent la conduite que devait tenir un homme ayant des soupçons quant à la fidélité de sa femme, bien que rien ne vienne confirmer le bien-fondé de sa jalousie : si le fait était clairement établi, l’homme et la femme adultères devaient être mis à mort (Lév. 20. 10). Dans l’incertitude, il devait amener sa femme devant le sacrificateur : l’infidélité d’Israël d’abord, puis de l’Église ensuite, éveille la jalousie de Dieu (Ex. 20. 5 et 2 Cor. 11. 2).

Prenons garde à ne pas tourner nos cœurs vers le monde pour devenir adultères vis à vis de Dieu (Jac. 4. 4) – et ainsi, exciter la jalousie du Seigneur (1 Cor. 10. 14, 21 et 22). Dans la marche au désert, principal sujet du livre des Nombres, Dieu savait s’il y avait adultère ou non ; mais pour que la chose soit manifestée clairement aux yeux du peuple, il fallait que Dieu en fasse la preuve par l’application à la femme soupçonnée d’adultère, de l’eau sainte, image de la Parole, mêlée à la poussière du sol du tabernacle, image de la mort (Ps. 22. 15) : la femme était mise en présence de la mort appliquée par la puissance de la Parole à l’âme qui a péché. Cette scène solennelle montre la femme tenant dans ses mains le gâteau de jalousie mettant en mémoire l’iniquité (v. 15), et le sacrificateur tenant dans ses mains, « les eaux amères qui apportent la malédiction » (v. 18), et cela dans la présence terrible du Dieu Saint. C’était l’homme lui-même, dans son amour pour sa femme, qui apportait pour elle son offrande : « le dixième d’un épha de farine d’orge » sans y mettre d’huile, figure du Saint Esprit, ni d’encens, figure de l’adoration : ce n’était pas une offrande de gâteau, mais plutôt un sacrifice pour le péché (Lév. 5. 11).

De même, l’amour de Christ pour Son Assemblée reste le même, malgré l’infidélité de Sa Bien-Aimée (Éph. 5. 25 à 27). L’orge est à la fois la nourriture des pauvres et une figure de Christ abaissé et méprisé. Le v. 15 est le seul passage de la Parole où l’on devait offrir un gâteau d’orge à l’Éternel. Peut-être cela nous parle-t-il de la faible appréciation du sacrifice de Christ d’une âme spirituellement pauvre, et qui a peut-être péché.

La position de cette femme est sérieuse et ses circonstances solennelles : la tête découverte semble indiquer qu’elle n’est plus, momentanément, sous l’autorité de son mari (1 Cor. 11. 3 à 10), mais directement devant l’Éternel (v. 16 à 18), et au v. 22, c’est encore elle qui doit dire : « Amen ! amen ! » Si elle avait péché, la femme devait trembler devant le Dieu saint, tenant dans sa main le gâteau de jalousie et sachant qu’elle allait boire les eaux amères qui apportent la malédiction ; pris en flagrant délit d’adultère, l’homme et la femme auraient été lapidés ; son sort, désormais, serait d’être une exécration « au milieu de son peuple » (v. 21 à 27). Un exemple pour servir d’avertissement : son ventre enflerait, comme si elle attendait un enfant, mais elle resterait stérile, et sa marche serait difficile (v. 27) ; ainsi, tous sauraient qu’elle avait péché. Mais, si elle n’avait pas péché, les eaux de la mort produiraient la vie : elle aurait des enfants. De toutes manières, il fallait que le doute soit levé.

De même, Israël et l’Église peuvent avoir grande apparence, mais à la fin, il n’y a pas de fruit pour Dieu : ils sont stériles. Seule, la grâce du Seigneur peut parler autrement en Éphésiens 5. 25 à 27. Le sacrificateur devait écrire ces exécrations dans un livre et les effacer avec les eaux amères, afin que, si la femme n’avait pas péché, la malédiction ne s’exerce pas.

Parallèlement, on peut voir en Jean 8. 3 à 11, une femme prise en flagrant délit et amenée devant le Seigneur, et Il écrit sur la terre, peut-être les exécrations légales ; mais, venu manifester le Dieu de grâce, Il ne condamne pas la femme qui, selon la loi aurait dû être lapidée : Il efface les exécrations.

Des frères ont pu rapprocher le Psaume 109. 4 à 20, de l’état du peuple qui s’est mis lui-même sous la malédiction : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Mat. 27. 25). Peut-être Judas est-il un type de la nation juive ayant trahi son Seigneur « en livrant le sang innocent » ? (Mat. 27. 4)

D’une certaine façon, le mari jaloux, en apportant lui-même l’offrande de sa femme, s’associait à sa situation ; toute cette loi de la jalousie devait s’exécuter à la lettre, sinon le mari aurait partagé l’iniquité éventuelle de sa femme (v. 31).

En ce qui concerne Israël infidèle à l’Éternel, « son mari » (Osée 2. 4 à 7), Dieu a dû le juger, mais Il établira, plus tard, une nouvelle alliance différente de la première (Jér. 31. 31 et 32) ; de même, le jugement commence par l’Assemblée (1 Pier. 4. 17 et Apoc. 1 à 3) : le Seigneur étant saint et pur, il ne peut s’associer à l’iniquité de l’Église qu’Il aime, même si les noces de l’Agneau n’ont pas encore eu lieu (Apoc. 19. 7), car, dans le ciel, il n’existera plus d’infidélité. Gardons-nous de l’amour du monde dont Satan est le chef : « Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? » (Jac. 4. 4) N’oublions pas qu’il s’agit ici, plutôt du jugement dans la marche du croyant, que du salut de l’âme.

Au verset 19, le sacrificateur adjure la femme. En Israël, l’adjuration plaçait la personne directement devant le Dieu Saint : il n’y avait pas de dérobade possible : il fallait dire la vérité. Le Seigneur lui-même s’y est plié (Mat. 26. 63 et 64).

La croix nous montre l’amour et la sainteté de Dieu.

Ch. 6

Si les lévites devaient se consacrer à l’Éternel, Dieu permettait à tout Israélite pieux de se consacrer, pour un temps limité ; il devait se plier à trois exigences de Dieu : il ne devait rien consommer de ce qui vient de la vigne, image des joies de ce monde ; il devait laisser pousser ses cheveux, signe qu’il abandonnait toute dignité humaine ; enfin, n’avoir aucun contact avec la mort, résultat du péché. Consacré par amour à l’Éternel, le nazaréen devait se plier aux ordonnances légales, liées à la présence sainte de Dieu et, à la fin de son nazaréat, devait présenter les quatre sacrifices légaux (v. 13 à 17), de Lévitique 1, 2 et 3.

Dans les Lamentations de Jérémie, ch. 4. 7, Dieu montre toute la beauté du témoignage des nazaréens fidèles à leurs vœux ; mais le v. 8 stigmatise ceux ayant manqué à leur nazaréat : « On ne les connaît pas dans les rues ». Nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, car le Seigneur nous a rachetés, et l’amour de Christ pour nous change tout dans nos relations avec Lui : examinons nos motifs, et prenons garde au pharisaïsme, car « toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 13 et Zach. 7. 4 à 7).

Nous trouvons, dans les Écritures, un homme qui s’est séparé volontairement pour Dieu : Amasia, fils de Zicri, qui « s’était volontairement donné à l’Éternel » (2 Chron. 17. 16) ; trois hommes, ont été séparés dès le ventre de leurs mères : Samson (Jug. 13. 2 à 5) ; Samuel (1 Sam. 1. 11) et Jean le Baptiseur (Luc 1. 13 à 15). Pour le chrétien, la nouvelle naissance le sépare pour Dieu, et il doit consacrer sa vie à Christ, par amour pour Lui (2 Cor. 5. 14), par sa manière de vivre. Déjà dans Exode 35. 20 à 29, on voit des hommes et des femmes à l’esprit libéral donner et travailler volontairement pour la construction du tabernacle : ayons à cœur le bien de l’Assemblée.

Le Seigneur a été le vrai nazaréen toute Sa vie : son nazaréat est lié à l’idée de branche – nétser en hébreu – des racines d’Isaï (És. 11. 1), et on en trouve confirmation en Matthieu 2. 22 où, naître à Nazareth, ville méprisée de Galilée, Le fait appeler : nazaréen. Il est notre modèle dans la séparation du monde et de ses joies factices, symbolisées par le vin : nous devons être sobres et vigilants, cherchant une joie pure dans le Seigneur, en avertissant nos enfants. Pensons à l’effet du vin et des boissons fortes en Lévitique 10. 1 à 11, et aussi que « le vin et le moût ôtent le sens » (Osée 4. 11). En Exode 32. 6, on trouve un mélange de joie profane et d’esprit religieux. À Corinthe, on mêlait la célébration de la cène à des agapes où quelques-uns s’enivraient (1 Cor. 11. 20 à 22). Imitons plutôt les Récabites, refusant de boire du vin pour rester fidèles aux commandements de leur père (Jér. 35. 2 à 10). Prenons garde à ne pas manquer dans les petites choses de la vie quotidienne. En l’absence du Seigneur, fuyons les joies profanes, car Satan cherche à affaiblir notre amour, pour nous entraîner dans le monde. Seule la communion avec le Seigneur réjouit le cœur du croyant : c’est ce que le nazaréen trouvait, à la fin de son nazaréat : « et après cela le nazaréen boira du vin » (v. 20).

Le nazaréen acceptait pour lui-même, le déshonneur, pour un homme, de porter une longue chevelure (1 Cor. 11. 14).

Pour le croyant, il n’est pas facile d’accepter l’opprobre qui accompagne l’obéissance à la Parole. Christ a été le vrai nazaréen selon Dieu : « à cause de toi j’ai porté l’opprobre, la confusion a couvert mon visage » (Ps. 69. 7) et : « l’opprobre m’a brisé le cœur » (Ps. 69. 20) ; « mais moi, je suis un ver… l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple » (Ps. 22. 6).

L’opprobre du croyant est liée à la sainteté pratique manifestée en toutes circonstances, en témoignage, avec douceur (Phil. 4. 5). Le croyant est vu comme étant mort : au monde (Gal. 6. 14) ; au moi (Gal. 2. 20) ; et au péché (Rom. 6. 2), et cela doit se voir, car notre obéissance doit être le fruit de notre consécration ; de même, le vœu du nazaréen ne suffisait pas, il en fallait aussi la manifestation pratique et visible : ne marchons pas à la manière des hommes (1 Cor. 3. 3), mais plutôt selon l’attente du Seigneur (Luc 14. 27), afin que la sainteté pratique se donne libre cours, et que nous portions ce caractère de disciples du Seigneur, par Sa force, non par contrainte, mais par amour pour Lui. N’oublions pas que, dans la pensée divine, nous sommes nazaréens de Dieu toute notre vie.

Les Philistins cherchaient la source de la force de Samson : c’était sa consécration dont sa longue chevelure était un signe visible ; en révélant ce secret existant entre Dieu et lui, il a annulé son nazaréat (v. 12), et a fini aveugle. Notre vie de nazaréens est une source de puissance spirituelle que nous ne pouvons partager avec le monde.

La mort, pouvant se produire de façon imprévue, présentait un danger permanent : il fallait une vigilance constante contre toute surprise ; les recommandations du v. 7 se heurtent à l’accident du v. 9 : si le nazaréen entrait inopinément en contact avec un mort, il devait se purifier (v. 9 à 12) par le moyen de la génisse rousse (ch. 19). Prenons garde, étant dans le monde, de le laisser nous entraîner dans ses péchés, car il y va de notre communion avec Dieu, qu’une souillure, même accidentelle, rompt jusqu’à ce que nous la confessions au Seigneur, mort pour nous (Jac. 1. 27) : confession représentée, ici, par un sacrifice pour le péché (v. 11). Prenons garde à une « sainteté » de façade, à la manière des pharisiens qui avaient grande apparence, mais que le Seigneur appelle des « sépulcres blanchis » (Mat. 23. 27). Ne traitons pas le péché à la légère et ne négligeons pas la purification sans laquelle aucune communion n’est possible avec Dieu.

Le v. 7 nous montre que le Seigneur doit passer avant les circonstances de famille, même si cela entraîne des difficultés familiales (Mat. 8. 18 à 21 ; 10. 37). Lorsque le Seigneur nous dit : « Suis-moi » (Jean 21. 20), ne laissons pas les circonstances passer « premièrement » (Mat. 8. 21 ; Luc 9. 59). Les fortes paroles de Luc 14. 26, nous enjoignent, non de haïr littéralement nos proches, mais d’aimer le Seigneur davantage ; notre amour pour la famille n’en sera que plus béni et sanctifié ; le Seigneur Lui-même nous en donne l’exemple en Luc 8. 20, en ne se laissant pas arrêter dans Son ministère, par Son amour pour Sa famille, car Il était tout entier « aux affaires de son Père » (Luc 2. 49).

La consécration du nazaréen lui interdisait tout contact avec un mort, même s’il s’agissait de ses plus proches parents (v. 6 et 7), sinon son nazaréat rompu, il devait offrir, pour sa purification, le même sacrifice que le lépreux (Lév. 14. 30 et 31) : deux tourterelles ou deux jeunes pigeons (Nomb. 14. 10 et 11), et raser sa chevelure, et cela, par deux fois, marquant positivement la perte de la communion ; le lépreux, lui, devait raser tout son poil, se purifiant ainsi, de toute émanation de la chair. S’il nous arrive de défaillir, nous avons les ressources dans l’œuvre de Christ à la croix (1 Jean 1. 9). Le moindre contact avec la mort, « gage du péché » (Rom. 6. 23), rendait « impure la tête de son nazaréat » (v. 9), « et les premiers jours étaient comptés pour rien » (v. 12). Cette sévérité montre que le péché, même involontaire est une souillure pour nous, une perte, et une offense au Dieu saint.

Abram, au ch. 12 de la Genèse avait un autel où il pouvait invoquer le nom de l’Éternel (v. 8) ; descendu en Égypte, il n’avait plus d’autel pour adorer : il a fallu qu’il sorte d’Égypte pour retrouver, à son point de départ, l’autel qu’il avait « au commencement » à Béthel (ch. 13. 3) : la communion, pour être maintenue, appelle une vigilance constante, car chaque péché retarde les progrès que Dieu veut nous faire faire.

Les deux oiseaux, animaux peu importants, montrent que le péché affaiblit notre appréciation de l’œuvre de Christ à la croix. David, après son péché avec Bath-Shéba, a perdu sa sensibilité, et ne comprend pas la délicatesse d’âme de Méphibosheth et son amour sans partage pour lui. En Lévitique 4, le sacrificateur ayant péché par erreur, devait apporter un taureau pour son péché ; également, si tout le peuple avait péché ; si c’était un chef, il devait apporter un bouc ; un homme du peuple, une chèvre : on ne trouve pas, en l’occurrence, d’oiseaux offerts.

Malgré son nazaréat rompu, sa consécration continuait : il devait recommencer (v. 12), et amener un agneau en sacrifice pour le délit : l’agneau marque une progression dans l’appréciation de l’œuvre du Seigneur, après restauration : c’est la voie royale du Psaume 32, où Dieu refrène l’impulsif et stimule le rétif. Impulsif, Pierre prétendait ne renier le Seigneur en aucun cas (Marc 14. 29 à 31) ; mais le Seigneur avait prié d’avance pour lui et avait préparé sa restauration « (Luc 22. 31 et 32).

À la fin, le nazaréen devait apporter à la tente d’assignation les sacrifices désignés en Lévitique 1, 2, 3 et 4, qui parlent des différents aspects de l’œuvre de Christ : l’holocauste, le sacrifice pour le péché et de prospérité (Nomb. 6. 14) ; un sacrifice de gâteau et de pain sans levain (v. 15). Il pouvait offrir, en plus, volontairement, ce à quoi sa main avait pu « atteindre » (v. 21). Chose unique : il devait raser sa chevelure et la brûler sous le sacrifice de prospérité (de communion). Le v. 19 montre le nazaréen prenant le caractère de sacrificateur, résultat d’une profonde communion avec son Dieu. « Après cela le nazaréen boira du vin » (v. 20) : c’est la joie finale, résultat d’une consécration aboutie. La bénédiction des v. 22 à 27 sur tout le peuple, résulte de la communion heureuse maintenue par la consécration du nazaréen.

L’épaule élevée, symbole de la force de Christ nous portant sur ses épaules, et la poitrine tournoyée, siège de ses affections pour nous, appartenaient à Aaron et à ses fils (Ex. 29. 27 ; Lév. 7. 34). La consécration du nazaréen lui conférait une telle communion, que Dieu l’assimilait, au moins à cette occasion, à un sacrificateur. Christ est représenté dans la poitrine élevée, l’épaule tournoyée, le gâteau et la galette sans levain : nous ne pouvons offrir à Dieu que les perfections du Seigneur.

Sa chevelure qu’il devait sacrifier était le signe de sa communion qu’il offrait à son Dieu, mais le fait de raser, ce signe visible de dépendance, peut représenter le moment où l’homme Christ Jésus, dépendant de son Dieu, sur la terre – « quoiqu’il fût Fils, a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Héb. 5. 8) – est entré au ciel, où il a changé de caractère : son obéissance est comme offerte à Dieu.

Le vin qu’il pouvait boire ensuite, parle de joie et de communion avec Dieu (Mat. 26. 27). Le nazaréen pouvait offrir, aussi, librement, « ce que sa main aura pu trouver » (v. 21) : Dieu laissait la place à la libéralité d’un cœur aimant ; les douze princes d’Israël donneront, librement, une offrande que Dieu n’avait pas exigée (ch. 7). Manifestons notre amour pour le Seigneur à cette mesure de foi. Si Dieu donne une chose à faire, il donne aussi les ressources. Ainsi, les Mérarites portant la partie lourde du tabernacle, ont eu deux chariots de plus que les Guershonites portant la partie textile. Les versets 22 à 27 couronnent les chapitres qui précèdent, où Dieu donne Ses instructions pour l’ordre dans le camp.

Cependant, ces ordonnances n’ayant été que peu respectées, la bénédiction de ces versets s’accomplira dans le millénium, en Christ, vrai nazaréen : le nom de l’Éternel est invoqué trois fois sur le peuple (v. 22 à 27), manifestant peut-être, ainsi, la trinité divine dont la main est toujours prête à bénir. Nous trouvons aussi cette bénédiction en 1 Rois 18. 44 : « Voici un petit nuage comme la main d’un homme, qui s’élève de la mer ».

La bénédiction, pour nous, vient toujours de la main du Fils de l’homme, d’en haut d’où viennent toujours les bénédictions (Prov. 10. 22). Seuls, les sacrificateurs prononçaient les bénédictions (Deut. 8. 10 ; 21. 5 ; 2 Chron. 30. 27). En 2 Rois 3. 22, Dieu bénit l’issue d’une bataille d’Israël contre Moab, en vertu du sang d’un sacrifice agréable à Dieu, dès le matin (v. 20) : Dieu bénit Israël en lui accordant Sa lumière, Sa grâce et Sa paix, conséquences de l’œuvre de la croix. Gardons-nous du simple intellectualisme, car le christianisme est une relation avec Dieu, et la contemplation du Seigneur (2 Cor. 3. 17 et 18). « Parle à Aaron et à ses fils » (v. 23), montre que l’Éternel veut bénir en tout temps, même après la mort d’Aaron (Ps. 4. 6 à 8). La présence réalisée du Seigneur est source de bénédiction ; si nous nous éloignons de Dieu, nous restons dans Sa lumière, mais il n’y a pas de joie.

On trouve, ici, le même ordre que dans le christianisme : la consécration, le sacrifice, la bénédiction, et après seulement, l’offrande des princes. De plus, on attend que le tabernacle soit dressé, centre de leur rassemblement autour de l’Éternel ; de même, nous avons aussi un centre de rassemblement : le Seigneur.

Ch. 7

Ce chapitre nous ramène au jour où Moïse a dressé le tabernacle, en Exode 40. 1. Ce jour-là, avec l’intelligence du moment propice, les princes apportent spontanément une offrande pour laquelle Dieu n’avait rien dit ; cette offrande est l’expression de cœurs libéraux ; ces princes ont discerné les vrais besoins des lévites, serviteurs de l’Éternel. Nous devons aider les serviteurs de Dieu, d’un cœur libéral, en discernant leurs besoins. Ces chariots étaient couverts (v. 3), manifestant ainsi que dans les trajets à travers le désert, ce qu’ils transportaient ne se voyait pas : c’était un secret entre l’Éternel et Son peuple. Nous aussi, nous avons des secrets avec Dieu : nous portons Christ dans notre cœur, et le monde ne peut rien en connaître. Le Seigneur Lui-même a dit : « Ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent de leurs pieds, et que, se retournant, ils ne vous déchirent » (Mat. 7. 6).

Cette offrande volontaire est agréable à l’Éternel. Pensons, pour nous, à 2 Corinthiens 9. 7. Dieu avait travaillé dans le cœur des princes pour les amener à ce geste libéral : « Ils amenèrent leur offrande devant l’Éternel » « et ils les présentèrent devant le tabernacle » (v. 3). Dieu montre à Moïse qu’Il considère cette offrande collective comme répondant aux vrais besoins du service des lévites (v. 4 et 5) ; de son côté, Moïse discerne avec intelligence la proportion des besoins spécifiques des trois familles des lévites : plus lourdement chargés, les Mérarites reçoivent deux fois plus de chariots que les Guershonites. Et il n’en donne pas aux Kéhatites, chargés des objets des lieux saints qu’ils devaient porter à l’épaule (v. 6 à 9). Tout cela était de Dieu.

Soyons attentifs aux vrais besoins des serviteurs, mais aussi de l’Assemblée : Dieu a préparé à l’avance les bonnes œuvres pour que nous les pratiquions (Éph. 2. 10) et Il n’oubliera rien de ce qui aura été fait pour Lui, selon Lui (Héb. 6. 10). Nous ne devons rien apporter de notre propre cœur. 1 Corinthiens 3. 11 à 15 montre que sur ce fondement-là, tout sera brûlé, et qu’il ne restera que ce qui nous aura été donné de Dieu. Nos sacrifices de louanges n’ont de valeur que si nous apportons Christ, et nos offrandes ne peuvent être agrées qu’en vertu de Son sacrifice à la croix. Dans le tabernacle, nous avons des images de Christ que le peuple devait porter dans le désert ; pour nous, c’est Christ lui-même que nous portons en nous, en traversant le monde : « Christ vit en moi » (Gal. 2. 20), et veut manifester Sa propre vie à travers nous.

À partir du v. 10, Dieu note douze fois les mêmes offrandes des princes, mettant l’accent sur le fait qu’elles étaient faites pour Lui, et qu’Il y prenait plaisir. Si les premières offrandes étaient destinées aux serviteurs, les dernières étaient directement pour l’Éternel, et, en type, parlaient du Seigneur dans les différents caractères de Son sacrifice. « Les princes présentèrent leur offrande devant l’autel » (v. 10).

Adorons Dieu « en esprit et en vérité » (Jean 4. 23), en lui apportant Son Fils dans Son sacrifice, dans la communion avec Lui devant l’autel. Alors, notre adoration Lui sera agréable.

Dans les offrandes des princes pour la « dédicace de l’autel » (v. 10 et 84), on trouve les différents caractères du Seigneur dans Son sacrifice : les plats et les bassins d’argent pleins de fleur de farine pétrie à l’huile, rappellent l’humanité souffrante du Seigneur, conçu du Saint Esprit, qui s’est sacrifié pour notre rédemption (Ps. 22). Les coupes d’or pleines d’encens, évoquent la divinité du Seigneur, s’offrant à Dieu par l’Esprit éternel (Héb. 9. 14), en parfum de bonne odeur (Éph. 5. 2).

En Exode 30. 34 et 35, l’encens composé de plusieurs ingrédients, tous à poids égal, parle des perfections du Seigneur, toutes égales entre elles. Les évangiles montrent l’encens offert au Seigneur par les rois mages (Mat. 2. 11) ; au sépulcre, ce sont des aromates (Marc 16. 1 ; Luc 23. 56 et Jean 19. 40), parlant plus spécialement de l’hommage rendu à Dieu par les croyants, par Jésus Christ le Sauveur.

Les taureaux représentent le Seigneur s’offrant Lui-même en holocauste, dans toute la richesse de Son amour et de Son dévouement, tout entier à Son Dieu – rendu nécessaire par le péché, profonde offense à Dieu, l’holocauste est spécialement destiné à glorifier Dieu, car nous L’avons déshonoré.

Le bélier, c’est le Seigneur entièrement consacré à Dieu, vrai nazaréen, jouissant, dans Sa séparation absolue, d’une communion parfaite avec Dieu : Christ était « séparé des pécheurs » (Héb. 7. 26). Soyons, nous aussi séparés de tout mal. Prophétiquement, on trouve l’agneau en Genèse 22. 8, figuré par Isaac, auquel Dieu a substitué un bélier (v. 13).

L’agneau nous montre le Seigneur dans Ses souffrances à la croix (És. 53. 7). Il s’agissait d’un agneau mâle, âgé d’un an, déjà exigé en Exode 12 : cet âge désigne la plénitude de la force de la jeunesse : le Seigneur est mort sur la croix à 33 ans. Christ a été aussi ce bouc du sacrifice pour le péché, ayant été « fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21). Le v. 17 affirme la richesse de la communion – les prospérités – entre le Dieu trois fois saint, et la sainte victime dans les différents sacrifices de son offrande : le Père et le Fils « allaient les deux ensemble » (Gen. 22).

On y voit aussi la communion des princes avec Dieu. Pour la seule tribu de Juda, il n’est pas dit : « le prince », sans doute parce que le Seigneur lui-même est le vrai prince de la tribu de Juda (Gen. 49. 10) ; Il est le « prince des rois de la terre » (Apoc. 1. 5). Dans chaque paragraphe, le prince qui offre est nommé deux fois, marquant ainsi l’approbation de Dieu pour ce qui est fait pour Lui. En type, tous offrant exactement les mêmes choses, cela peut figurer que tous apprécient le sacrifice de Christ, dans une heureuse communion. Précieux pour Dieu, les ustensiles représentant Son Fils, étaient « selon le sicle du sanctuaire ».

En Jérémie 27. 21 et 22, l’Éternel promet de s’en occuper et de ramener ceux qui furent emmenés à Babylone ; et en Daniel 5, Belshatsar profanant les vases saints, est jugé séance tenante (v. 5 et 23 à 28).

Le v. 89 démontre l’intimité de Moïse avec Dieu : ils avaient une vraie conversation ensemble (Nomb. 12. 7 et 8, et Ex. 25. 22.) Parlons avec Lui, et écoutons Sa voix.

Ch. 8

L’Éternel parle fréquemment à Moïse, soulignant l’intimité de cet homme avec son Dieu : parlons à Dieu dans la prière, mais c’est dans Sa communion que nous pouvons L’écouter nous parler. Et Moïse a obéi à l’Éternel (v. 20 et 22).

Dans le lieu saint, plusieurs ustensiles étaient placés (Héb. 9. 2) ; ici, l’Esprit Saint dirige nos regards sur le seul chandelier, image précieuse de Christ, lumière du monde et éclairant la marche du croyant (Jean 8. 12). C’est l’un des grands « Je suis » de l’évangile de Jean. Dieu nous appelle à faire briller la lumière de Christ ; à être « sans reproche et purs… irréprochables… à reluire comme des luminaires » (Phil. 2. 15) et à faire « toutes choses sans murmures et sans raisonnements » (v. 14). Dieu ne rabaisse jamais cette mesure. Matthieu 5. 14 à 16, montre que la lumière est celle du Seigneur et non la nôtre.

Le chandelier, d’une seule pièce, fait d’un talent d’or battu, environ 60 kg, d’une beauté extraordinaire, fait par des hommes spécialement doués de Dieu (Ex. 31. 1 à 11), typifiait les beautés morales de Christ (Ps. 45. 2).

De même que le chandelier s’éclairait lui-même, le Seigneur se montre à nous par sa propre lumière. Mais tout devait se faire selon Dieu (v. 4) : nous ne connaissons le Seigneur qu’à travers les Écritures inspirées. L’or battu évoque les souffrances de Christ « frappé de Dieu et affligé » (És. 53. 4). Avant toute consécration, Dieu attire toujours nos regards vers Celui qui est pour nous la lumière. Ésaïe 11. 1 à 3 attire nos regards vers Christ rempli de l’Esprit Saint, jugeant selon la lumière divine. Seul le chandelier éclairait le tabernacle dépourvu de fenêtre, car rien ne devait distraire les sacrificateurs de leur service : seule, la Parole divine doit nous éclairer.

À partir du v. 5, c’est la purification des lévites et leur consécration qui sont présentées : pris à la place des premiers-nés des Israélites (ch. 3), ils étaient donnés à l’Éternel (v. 12 ; ch. 8. 16). L’eau de purification du ch. 19 leur était appliquée. Souvenons-nous des souffrances expiatoires du Seigneur ; ils devaient raser tout leur poil comme le lépreux pour sa purification (Lév. 14). Tenons chaque jour la chair pour morte, car elle veut constamment se manifester – et ils devaient laver leurs vêtements.

Manifestons, par notre attitude, que nous avons changé de maître (Rom. 12. 1 et 2). Christ nous a retirés « du présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4 ; Col. 2. 20 à 23 ; ch. 3. 5 à 11), car nous sommes donnés au vrai Aaron. La grâce divine brille dans l’appel des lévites, car leur nature était mauvaise, et il en est de même pour nous. La purification est indispensable, et le Seigneur en montre l’importance dans le lavage des pieds de Ses disciples, (Jean 13) en vue du service (v. 16).

Aaron devait user des mouchettes, afin que les cendres ne ternissent pas la lumière du chandelier. Retenons Galates 5. 16. En Zacharie 3, Joshua est en vêtements sales, mais la grâce agit en purification (v. 1 à 7). Glorifions le Seigneur en Le servant en pureté.

Avant d’entrer en service, les lévites devaient se purifier et se consacrer : c’est une obligation pour nous aussi. Pour leur consécration, les lévites devaient offrir un taureau en holocauste, et un autre pour le péché. Moïse les faisait approcher de la tente d’assignation, et les fils d’Israël posaient les mains sur eux, s’identifiant à eux ; puis les lévites posaient leurs mains sur la tête des taureaux qui étaient offerts pour faire propitiation pour eux (v. 12). Il y avait une différence d’identification en ce qui concerne les deux victimes. Pour l’holocauste, les lévites s’identifiaient à la perfection de la victime sans défaut ; quant à nous : « il nous a rendu agréables dans le Bien-Aimé » (Éph. 1. 6). Pour le sacrifice pour le péché, c’était la victime offerte qui était identifiée au péché d’Israël : Christ « a été fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5. 21). Il a offert plusieurs sacrifices, sur la croix, mais a été la seule victime offerte. Quelle grâce !

On trouve une autre différence avec la consécration des sacrificateurs en Exode 29. 1 : un seul taureau, pour l’holocauste, et deux béliers parlant de communion avec Dieu, de prospérités : ils étaient entièrement bénis. En Nombres 8, les béliers manquent car, s’il devait y avoir communion avec l’Éternel, il s’agissait essentiellement de consécration pour le service des lévites. Seuls, les sacrificateurs entraient dans les lieux saints, durant le service de l’Éternel.

Rappelons que les chrétiens sont à la fois des combattants, des sacrificateurs, des lévites et des adorateurs ; mais un serviteur ne peut adorer qu’en tant qu’adorateur et sacrificateur, car l’adoration n’est pas un service, mais une expression de notre amour pour le Père et le Fils. Le sacrifice de Christ nous a approchés pour adorer et servir (Ps. 65. 4 ; Héb. 10. 19).

Le souverain sacrificateur seul, s’approchait du lieu très saint, une fois l’an avec le sang d’une victime (Héb. 12. 29). L’Éternel insiste sur le fait que les lévites Lui appartenaient, les ayant pris pour Lui-même, à la place des premiers-nés d’Israël (Nomb. 3. 12 et 41 ; ch. 4. 14 à 18), et ils étaient offerts à l’Éternel, en offrande tournoyée (v. 13, 15 et 21) : Dieu les regardait sous tous leurs aspects :

Pensons que Dieu prend connaissance de tout ce qui concerne notre être intérieur : la chair, bien qu’encore en nous, n’a pas sa place dans notre vie, encore moins pour servir Dieu.

Après cela seulement, ils devaient s’acquitter du service qui leur était dévolu. En Deutéronome 33. 10, ils avaient reçu ces fonctions : enseigner les ordonnances à Israël (les lévites), et : « ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel » (Aaron et ses fils). Donnés à Aaron et à ses fils, ils devaient servir leurs frères (v. 19), dans la communion avec les sacrificateurs (v. 22). Ils les aidaient pour préparer les victimes, les dépecer, les couper en morceaux.

Quant à nous, nous sommes donnés à Christ « Ils étaient à toi et tu me les a donnés » (Jean 17. 6), et tout service n’est que pour le temps de la terre, mais l’adoration est éternelle, de la part des frères et des sœurs. Donnés à Christ, nous devons Le servir et servir nos frères, humblement (Ps. 68. 18 ; Éph. 4. 8). Servons donc en communion avec le Seigneur et avec nos frères, pour la gloire du Maître.

Ch. 9

La Pâque, ordonnée lors de la sortie d’Égypte, rachetait le peuple de l’esclavage, et le sang versé le mettait à l’abri du jugement de Dieu (Ex. 12). Le v. 14 introduit le « mémorial » de la Pâque, que l’on retrouve ici, où il fallait faire tout selon l’ordonnance : « au temps fixé » (v. 2 et 3). Moïse transmet les ordres de Dieu au peuple (v. 4), et le peule obéit aussitôt (v. 5). Dieu voulait que le peuple tout entier se souvienne de sa rédemption (Ex. 12. 26 et 27), de son unité, comme peuple racheté. Dans l’Exode, l’expression : un agneau par maison de père (v. 3), ou qui devait être partagé avec le voisin (v. 4), montre le côté individuel et collectif.

Pour nous, c’est la cène à la table du Seigneur, mémorial de ses souffrances pour notre rachat, qui manifeste publiquement que nous sommes « un seul corps » en Christ (1 Cor. 10. 17). Le Seigneur, mort pour nous, est l’Agneau de Dieu (1 Pier. 1. 19).

La Pâque, dans les Nombres, était une « offrande à l’Éternel » (v. 7 et 13), comme un « sacrifice à l’Éternel » ou comme « graisse de sa fête » (Ex. 23. 18). On trouve aussi… « Le sang de mon sacrifice » (Ex. 34. 25) ; « mon offrande, mon pain pour mes sacrifices par feu » (Nomb. 28. 2). En Exode 12, c’est plutôt le sacrifice lui-même qui est présenté. Le Seigneur, notre Rédempteur, est le vrai pain, l’offrande et le sacrifice par feu pour Dieu. Nous devons célébrer fidèlement le mémorial de Ses souffrances (1 Cor. 5. 7). Célébrée au désert, la Pâque est l’occasion de manifester des exercices liés au désert. Des hommes, impurs ce jour-là, manifestent une conscience délicate, en même temps que leur profond désir de répondre à l’attente de Dieu. Ce même jour, ils se présentent devant Moïse (v. 6) qui, entièrement dépendant de Dieu, demande des instructions concernant ce cas particulier ; soyons nous aussi dépendants de Dieu pour notre instruction. La réponse de Dieu est à la fois pleine de grâce, ferme et solennelle : des hommes, même de leur postérité, qui seraient impurs ou en voyage le premier mois, feront la Pâque le second mois, selon toutes ses ordonnances (v. 10 à 12).

Au ch. 19, les moyens pour la purification sont donnés : les cendres de la génisse rousse – et nul n’avait le droit de s’abstenir sans raison (v. 13).

Concernant la cène, purifions-nous afin d’y participer (1 Cor. 11. 28). Ne péchons pas en nous abstenant sans raison.

Ces hommes impurs le premier mois, se présentent « devant Moïse et Aaron » ; mais seul, Moïse consulte l’Éternel, car c’est lui qui disait la loi de la part de Dieu ; Aaron représente plutôt la grâce, résultat de la sacrificature (Héb. 5).

Prenons garde à l’ignorance coupable ou à l’orgueil qui a réponse à tout ; soyons dépendants dans la prière et la lecture de la Parole, conduits par l’Esprit Saint, car Dieu nous parle comme il le faisait avec Moïse (Nomb. 12. 8 et Ps. 32. 8). En 2 Chroniques 30. 15, Ézéchias, dans un temps sombre de l’histoire d’Israël, a fait faire la Pâque le second mois, profitant de cette ordonnance de grâce. Plein de miséricorde pour nos faiblesses, Dieu ne rabaisse jamais les exigences de Sa sainteté, même à notre époque de « petites choses ». Attention à Jude 4 ! Pour qu’un chrétien prenne la cène, il convient pour lui de régler ses voies devant Dieu, mais il ne doit pas attendre indéfiniment, car le Seigneur a dit à la samaritaine : « L’heure vient et elle est maintenant » (Jean 4. 23).

Miséricordieux pour nos faiblesses liées au désert, Dieu ne rabaisse pas le niveau de ses exigences : s’il permet de présenter « l’offrande de l’Éternel » avec un mois de retard, il exige que l’ordonnance soit respectée ; le v. 13 montre tout le sérieux de ce mémorial que les Israélites devaient célébrer chaque année, « en leurs générations » (Ex. 12. 1 à 14).

Le Seigneur est « l’agneau de Dieu » (1 Pier. 1. 18), et c’est à la cène que nous célébrons le mémorial de Ses souffrances, « jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11. 26). S’abstenir indûment de célébrer ce mémorial, c’est offenser le Dieu de grâce, en n’obéissant pas à la demande du Seigneur qui nous dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc. 22. 19). Certaines circonstances peuvent interrompre la fraction du pain, mais comme l’Israélite devait présenter « l’offrande de l’Éternel » (v. 13), en prenant la cène, le croyant rend grâces à Dieu et témoigne qu’il est un racheté. Si des difficultés retardent le moment d’accéder à la demande du Seigneur, Dieu voit les exercices, qui doivent être limités dans le temps, avant d’aboutir.

Le v. 14 introduit la grâce divine pour l’étranger désirant faire la Pâque : il devait être circoncis (Ex. 12. 48), et il y avait un même statut pour lui et pour l’Israélite.

Pour nous, la circoncision du cœur est requise afin de prendre la cène en communion avec le Seigneur : sauvés par grâce (Éph. 2. 8), prendre la cène « indignement », nous rend « coupables à l’égard du corps et du sang du Seigneur » (1 Cor. 11. 27), et nous souillons Sa table. Cependant, la ressource est de s’éprouver pour pouvoir prendre la cène, et non de s’abstenir (1 Cor. 11. 27).

Le tabernacle étant dressé, Dieu manifeste Sa satisfaction et Sa présence par la nuée (v. 15) conduisant le peuple lorsqu’il sortit d’Égypte (Ex. 13. 21 et 22), éclairant la nuit et ombrageant le jour afin qu’il marche jour et nuit, montrant ainsi Sa hâte de délivrer Son peuple. Elle les protégeait contre l’ennemi (ch. 14. 19 et 20), et manifestait l’autorité divine sur les départs et les arrêts du peuple dans leurs traites (Nomb. 9. 17 à 23) ; il fallait être très attentif aux mouvements de la nuée pour obéir. Nous avons besoin des communications de l’Esprit Saint jour et nuit, car « ce n’est pas ici un lieu de repos » (Michée 2. 10) ; le Seigneur nous montre le chemin (Jean 14. 6), car Il est « la lumière » nous éclairant dans les ténèbres (Jean 8. 12), et Sa présence nous garde des brûlures du monde. Dieu habitait au milieu de Son peuple (Ex. 29. 46), et il en est de même pour nous (Éph. 2. 22), car les circonstances du peuple étaient des « types » nous concernant aujourd’hui (1 Cor. 10. 6).

Dieu montre Sa joie de voir l’obéissance du peuple (Nomb. 9. 17 à 23). Israël aurait pu agir avec indépendance ; il aurait emmené alors le tabernacle avec lui, mais la colonne l’aurait abandonné. Pour connaître la volonté divine, tous pouvaient voir la nuée, mais les sacrificateurs seuls sonnaient des trompettes (ch. 10. 8).

La nuée parle du Seigneur en relation avec la marche collective de l’Assemblée : « Fixons les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2), décidés à Lui obéir pour connaître Ses directives avant d’avancer dans nos circonstances, dans l’énergie de la foi. Le Seigneur attendait les ordres de son Père avant d’agir (Jean 11. 6).

C’est en observant les mouvements de la nuée que les Israélites campaient ou partaient « au commandement de l’Éternel » (v. 18 et 23), car la nuée manifestait la présence du Seigneur, et ils devaient obéir : faisons toutes choses comme pour le Seigneur (1 Cor. 10. 31 ; Col. 3. 17 et 23), car les pensées divines ne sont pas nos pensées (És. 55. 8). En Deutéronome ch. 1. 41 à 46, le peuple a voulu obéir à contretemps à la volonté de l’Éternel, ce qui revient à désobéir avec les terribles conséquences : quarante ans dans le désert !

Si, pour nous, le Seigneur montre le chemin, ne disons pas : ce n’est pas le moment. Car il s’ensuivrait la discipline du Seigneur : Ps. 32. 9. « Celui que le Seigneur aime, il le discipline » (Héb. 12. 6). « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14). Pensons que Dieu a Son temps à Lui (Ps. 90. 4 ; 2 Pier. 3. 8). Si nous ne discernons pas la volonté de Dieu, arrêtons-nous. N’oublions pas que la marche collective est influencée par nos vies individuelles.

Les v. 19 et 23 notent que les moments d’arrêt n’étaient pas stériles : « ils gardaient ce que l’Éternel leur avait donné à garder ». Nous avons un dépôt précieux à garder (1 Tim. 6. 20 ; 2 Tim. 1. 14), même si la marche de l’Assemblée est arrêtée. Comme les Israélites, nous sommes un peuple en mouvement ne devant pas regarder en arrière : tendons avec effort vers les choses qui sont devant (Phil. 3. 14), « fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2), que nous marchions ou que nous campions, car jamais Dieu ne nous conduira dans un chemin qui contredirait Sa Parole. Bonne et parfaite, la volonté de Dieu nous sera également agréable si nous aimons Dieu.

Ch. 10

Moïse devait convoquer l’assemblée et ordonner le départ des camps à l’aide de deux trompettes d’argent battu, parlant du témoignage de Dieu, en rédemption, dans nos rassemblements et dans notre marche au désert. Elles servaient aussi à convoquer les princes (v. 4) et lors des combats et le ch. 31. 1 à 12 illustre la promesse de l’Éternel : ayant sonné des trompettes, ils ont été délivrés. Enfin, on devait en sonner aux jours de joie (v. 10). Le peuple devait se rassembler vers Moïse, à la porte de la tente d’assignation (v. 3). La porte avait son importance : en Exode 26. 36, elle était tissée de plusieurs couleurs, dont chacune représente une gloire du Seigneur. Ils se rassemblaient où se tenait l’Éternel (v. 3).

Matthieu 18. 20 fait entendre, pour nous, comme « un son de trompette » qui nous appelle au rassemblement de nous-mêmes autour du Seigneur, et Jean 20. 19 à 29 montre le Seigneur, fidèle à Sa promesse. Rassemblements, marche, combats, jours solennels, portent un témoignage de Dieu, dans l’Assemblée. Le v. 10 nous montre quelle ferveur doit caractériser nos cultes : « comme le son des trompettes », « avec éclat », dans la présentation du Seigneur à Dieu – comme holocauste, offrande volontaire où tout était pour Dieu, et pour nos « sacrifices de prospérités – expression de notre communion avec Dieu au sujet de Son Fils. Nous sommes « une sacrificature royale » (1 Pier. 2. 9) et responsables, frères et sœurs, de la ferveur de nos réunions : préparons-les dans nos cœurs, avec soin ; les sœurs aussi doivent être attentives aux mouvements de l’Esprit, et participer silencieusement, pour notre bénédiction et la joie du Seigneur.

Une fois entrés dans le pays, lorsqu’ils auraient des guerres, les Israélites devaient sonner des trompettes avec éclat pour être rappelés en mémoire devant l’Éternel et être délivrés (v. 9). Ces trompettes « au son éclatant », typifient le témoignage de Dieu que nous devons garder pour être délivrés de l’ennemi.

2 Chroniques 13 nous montre l’Éternel donnant la victoire à Abija à cause de sa fidélité (v. 10 à 12). 2 Chroniques 20 montre Josaphat implorant l’Éternel qui combat Lui-même les ennemis (v. 15).

Confions-nous en Dieu, dans la Parole et la prière lors des dangers qui nous menacent : c’est la guerre de Dieu et non la nôtre. 1 Pierre 5. 8 et 9 nous invite à être « fermes dans la foi » aux vérités reçues, afin de pouvoir résister au diable : infidèles au témoignage, nous serons sans force et notre trompette rendra un son confus (1 Cor. 14. 8).

Convocations et départs se faisaient au son des trompettes, montrant que le témoignage de Dieu doit se manifester dans notre marche et lors de nos rassemblements, obéissants à la Parole et au Saint Esprit non contristé. Lévitique 23 et Nombres 29 montrent toute la solennité des saintes convocations dans la présence de l’Éternel : dans la présence du Seigneur, il n’y a aucune place pour la chair.

En 2 Chroniques 29, Dieu produit un réveil en réponse à la fidélité d’Ézéchias et à son intérêt pour tout le peuple (v. 24), et il en résulte de la joie (v. 30). Le Seigneur aime l’Église tout entière, malgré la ruine. La fin du v. 10 est comme le sceau de Dieu sur ce qui précède.

Au Sinaï, un an après leur sortie d’Égypte, le tabernacle est dressé, la seconde année, le premier jour du premier mois (Ex. 40. 17), et le peuple part avec l’arche au milieu de lui, pour la première fois, quarante-neuf jours après la seconde année, le vingtième jour du second mois, toujours sous la conduite de la nuée (v. 11 à 13). (Note au sujet des quarante-neuf jours : les Israélites comptaient en mois lunaires de vingt-neuf jours et demi).

Il a fallu ce temps-là pour la consécration du tabernacle, des lévites, et faire la pâque et Ils partent dans l’ordre rigoureux où l’Éternel les a mis : la première bannière part, puis Guershon et Mérari démontent le tabernacle et partent pour le remonter avant l’arrivée des Kéhathites ; ensuite, la deuxième bannière part à son tour, avant les Kéhathites portant le sanctuaire (v. 21) ; enfin, les deux dernières bannières partent chacune à son tour.

Il y a un ordre dans l’Assemblée aussi auquel nous devons obéir (1 Tim. 3. 14 et 15). Comme chaque tribu avait sa place déterminée, mais que toutes entouraient le même tabernacle, Dieu nous donne une place personnelle autour du même Seigneur : « il n’est pas un Dieu de désordre mais de paix » (1 Cor. 14. 26 à 33).

La nuée s’arrêta dans le désert de Paran (v. 12) ; là, Moïse invite Hobab à les suivre : a-t-il de bons sentiments tels que nous devrions en avoir envers ceux qui nous entourent ? Sa foi a-t-elle fléchi ? Le v. 31 semble montrer cet homme de Dieu cherchant « des yeux » pour les conduire dans le désert, oubliant peut-être que la nuée est toujours là. Appuyons-nous toujours sur Dieu et non sur l’homme (Jér. 17. 5 à 8), et encourageons-nous avec 2 Chroniques 32. 7 et 8. Dieu va répondre à ce besoin, dans Sa miséricorde : au v. 33, c’est l’arche qui part la première : si l’homme manque toujours, Dieu, Lui, ne manque jamais.

Au ch. 2. 17, on trouve : « comme ils auront campé, ainsi ils partiront » ; au ch. 10, ils ont obéi à l’ordre établi : l’arche marchait au milieu du peuple en ordre. Mais aux v. 29 à 32, la confiance de Moïse en un homme familier du désert, détermine une autre position de l’arche : elle marchera désormais, « devant eux, le chemin de trois jours, pour leur chercher un lieu de repos » (v. 33), vrai but de Dieu répondant aux besoins sans faire de reproche à Son serviteur, de même que le Seigneur ne fera pas de reproche à Jean le baptiseur ayant douté un moment (Mat. 11. 2 à 6). Si Hobab avait conduit le peuple, toute la gloire aurait été pour lui, et Dieu ne peut « donner sa gloire à un autre » (És. 42. 8 ; 48. 11). « L’Éternel seul l’a conduit » (Deut. 32. 12). Que Moïse veuille emmener Hobab avec eux pour lui faire du bien (v. 29), est louable, mais les motifs qu’il donne dénotent une défaillance de sa foi. Au début du livre de Josué, l’arche passe devant le peuple pour traverser le Jourdain, « car ils n’avaient pas passé par ce chemin ci-devant » (Jos. 3. 4). A leur sortie d’Égypte jusqu’au Sinaï, seule, la grâce les conduisait, mais à partir du Sinaï où la loi leur fut donnée, ils se mirent présomptueusement sous cette loi inflexible (Ex. 19. 8 ; ch. 24. 3 et 7) : il y avait toujours la grâce, mais aussi la loi.

Ce chemin de trois jours traçait la voie pour le peuple tout en exerçant sa foi. Jean 10. 4 montre le Seigneur allant « devant » Ses brebis ; Il dit aussi : « Je suis avec vous tous les jours » (Mat. 28. 20). Dans le désert du monde, il n’y a pas de chemin tracé, mais le Seigneur est là, et nous conduit. Ce « chemin de trois jours » symbolise les trois jours où le Seigneur est resté dans la mort : ressuscité, Il nous précède de trois jours dans le chemin de la résurrection (Rom. 6. 1 à 8). Des grandes étapes de la délivrance du peuple, la pâque parle du sacrifice de Christ ; la Mer Rouge, de la mort du Seigneur et de Sa résurrection ; le désert, de la conduite du peuple, racheté par le Seigneur, et le Jourdain, de la mort et de la résurrection des croyants avec Christ. Tout est lié à Christ mort et ressuscité.

Les v. 35 et 36 montrent une restauration complète de Moïse : aux v. 29 à 32, il sollicitait un homme, maintenant, il sollicite de nouveau l’Éternel ; tout est harmonieux dans ses requêtes, et on retrouve ses paroles au Psaume 68. 1, et une pensée similaire au Psaume 90. 13. Moïse a compris la leçon. Ne cherchons pas des appuis humains, car toutes les ressources sont en Dieu, et prenons ces choses comme des avertissements (1 Cor. 10. 11 ; Rom. 15. 4).

Les plaintes, au ch. 11, montrent l’état moral du peuple. Dieu va répondre à ses besoins charnels, mais en discipline (v. 33). Dieu veut nous instruire par ces passages, nous encourageant à ne pas murmurer, car Il nous entend (ch. 12. 2). « Celui qui a planté l’oreille n’entendra-t-il point ? » (Ps. 94. 9) Nous murmurons lorsque nous sommes occupés de nous-mêmes au lieu d’être occupés du Seigneur. Le Seigneur nous aime, bien que nous ne soyons pas aimables, de même que Moïse aimait ce peuple rebelle et s’entretenait de lui, dans l’intimité avec Dieu. Comme Paul, soyons contents de ce que Dieu nous donne (Phil. 4. 11), et réjouissons-nous toujours dans le Seigneur (Phil. 4. 4).

Ch. 11

Du ch. 11 au ch. 17, le peuple rebelle conteste contre tout : ch. 11, contre la manne ; ch. 12, contre Moïse ; ch. 13 et 14, contre « le pays ruisselant de lait et de miel » ; ch. 16 et 17, contre les sacrificateurs établis de Dieu. Le Psaume 78 retrace le parcours du peuple au désert, de même que le Psaume 106. 13 à 20, mais le v. 23 et Nombres 11. 2, montrent Moïse, type de Christ avocat et sacrificateur devant Dieu, intercédant pour le peuple.

Le Père des miséricordes est toujours prêt à pardonner quand Ses rachetés se tournent vers lui. Comme Paul, soyons contents en nous-mêmes, dans nos circonstances (Phil. 4. 11 ; Héb. 13. 5 et 6 ; 1 Tim. 6. 6).

Philippiens 2. 14 nous exhorte à ne pas murmurer ni raisonner, ainsi que 1 Corinthiens 10. 10. Jacques 5. 9 s’élève contre les murmures « les uns contre les autres ». Confions-nous en Dieu et non en nous-mêmes. Au désert, Dieu pourvoyait à tous les besoins du peuple, et pourtant il se plaignait de tout. Au ch. 19, Dieu donnera les ressources de Sa grâce avec la génisse rousse. Au ch. 11, le peuple convoite de la chair ! enfreignant le dernier commandement de la loi : « tu ne convoiteras pas » (Ex. 20. 17). Alors, le feu de l’Éternel brûle au bout du camp, là où le peuple était loin du tabernacle : comme Pierre, nous ferons une triste expérience, en suivant le Seigneur de loin (Luc 22. 54 à 62). En Exode 17. 8 à 16, et Deutéronome 25. 17 et 18, Amalek était tombé en queue sur les traînards.

Dans la Parole, le feu est toujours une image du jugement de Dieu (Lév. 10 ; 2 Rois 1) ; ici, le peuple racheté subit un jugement gouvernemental, car si Dieu est amour, il est aussi « un feu consumant » (Héb. 12. 29). Entretenons de bons désirs dans nos cœurs : les dons spirituels, par exemple (1 Cor. 14. 1), mais gardons-nous des convoitises de la chair (1 Cor. 10. 6) car les plaintes, pour le croyant, manifestent du mépris envers Dieu (Nomb. 11. 20), car l’amour de Dieu est toujours dans nos circonstances. Les pleurs de ce chapitre (v. 4 et 10), ne sont pas des larmes que Dieu peut recueillir dans Ses vaisseaux (Ps. 56. 8). « Le ramassis de peuple » du v. 4, et Exode 12. 38, montre le danger du mélange des croyants avec le monde, même à caractère religieux : il n’a pas les mêmes sources d’intérêt, et les affections et les buts s’opposent et les détournent de l’obéissance à Dieu (1 Cor. 15. 33). En Actes 5. 13, les Juifs ne se mêlaient pas aux croyants. En contraste, Paul pleurait sur les incrédules se trouvant au milieu des Philippiens. La délivrance de l’Égypte, le désert et Canaan sont simultanés pour nous : nous sommes à la fois dans le monde et retirés du monde (Jean 17. 11 et 16), et en même temps « assis dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 2. 6).

Exode 16. 2 et 3 et Actes 7. 39, montrent le peuple, retourné de cœur en Égypte, regrettant les six nourritures qu’il y trouvait, oubliant les sept nourritures du pays promis (Deut. 8. 8). La manne, menue et grenue en Exode 16. 31, avait un goût de « gâteau au miel » ; ici, broyée ou pilée, elle n’avait que le goût d’un gâteau à l’huile. N’affadissons pas la Parole en la mêlant à des pensées humaines, mais gardons-la dans son intégrité afin qu’elle soit toujours une nourriture puissante. « La somme de ta Parole est la vérité » (Ps. 119. 160).

Le « ramassis du peuple » convoite, entraînant tout le peuple à pleurer (v. 4 et 10) : le danger reste le même dans les assemblées. Pourtant, la bonté de Dieu pourvoyait à tous leurs besoins : durant la nuit, en même temps que la rosée, la manne descendait, et ils n’avaient qu’à la ramasser, jusqu’à ce qu’ils entrent en Canaan, et qu’ils puissent manger « le vieux blé du pays » (Jos. 5. 12). La rosée est une image de la bénédiction ; la manne, une image d’un Christ abaissé et humilié, nourriture bénie du croyant. Dieu parlait avec Moïse « bouche à bouche », mais il ne cache pas les faiblesses de son serviteur « fidèle dans toute ma maison » (ch. 12. 8), nous mettant en garde contre nos propres faiblesses. Dieu relèvera Son serviteur fidèle selon 1 Corinthiens 10. 13, et dans son livre, Moïse reconnaît lui-même ses fautes, humblement.

Dans ce paragraphe, découragé par les murmures (Ps. 106. 32 et 33), il en vient à accuser Dieu de l’obliger à porter le peuple (v. 12) ; puis il refuse de le porter « seul » (v. 14), et enfin demande la mort pour lui (v. 15), comme Élie (1 Rois 19. 4), mais c’était l’Éternel Lui-même qui le portait (Deut. 1. 31). Moïse, occupé de lui-même, en arrive à douter de la puissance de l’Éternel (v. 21 et 22), mais au v. 23 Dieu relève sa foi vacillante, tout en l’avertissant sérieusement. Gardons-nous des murmures qui, s’ils sont fréquents, peuvent renverser la foi des plus forts, et même de ceux que Dieu a placés à la tête (Héb. 13. 17).

Le v. 13 montre le peuple qui se plaint à Moïse, n’osant pas murmurer directement contre Dieu, mais Dieu ne s’y trompe pas : « sa colère s’embrasa extrêmement » (v. 10) : sans que nous en ayons conscience, nos murmures sont toujours contre Dieu qui, seul, dirige notre vie. Ces passages montrent que le péché d’un chef a une gravité particulière aux yeux de Dieu : au v. 16, il n’insiste pas auprès de Moïse, mais le décharge d’une partie de son fardeau en répartissant l’Esprit qu’il avait mis sur lui, sur soixante-dix anciens. Cependant, Dieu fait comprendre à Moïse qu’Il le maintient comme le seul chef : « Je descendrai et je parlerai là avec toi » (v. 17), et non avec les anciens. Dieu répond aux besoins de Moïse et du peuple, mais la discipline est là (v. 16, 17, 19 et 20). Moïse retiendra la leçon toute sa vie.

Si Dieu donne un service à quelqu’un, Il donne aussi les moyens nécessaires ; mais s’Il n’a pas envoyé, nul n’aura la force. Des prières exaucées ne sont pas forcément une bénédiction, et si Dieu ne répond pas toujours, c’est encore par bonté (Jac. 4. 3). 1 Jean 5. 14 et 15 donne la bonne manière de demander et d’être exaucés. Cette scène est à rapprocher d’Exode 16. 3 et 8 ; mais là, le peuple était encore sous la grâce et Dieu lui donne la manne (v. 4). Dans notre chapitre, il leur donne ce qu’ils ont convoité, mais il s’ensuit la consomption, un dépérissement de leurs âmes (Ps. 106. 14 et 15 ; 78. 22 à 31). Satisfaire habituellement les convoitises de la chair, nous fait perdre la vision spirituelle du Seigneur.

Au v. 24, Moïse cesse de contester et obéit ; puis, il répond à Josué, souhaitant humblement que tout le peuple soit prophète.

Dans ces passages, on voit à la fois la discipline divine et sa miséricorde.

Les Nombres sont le livre du désert ; les dix premiers chapitres montrent Dieu mettant le camp en ordre selon Sa volonté, et tout est parfait jusque-là. Mais, dès que le camp s’ébranle et s’avance dans le désert, les Israélites commencent à murmurer et regrettent l’Égypte. Cette situation, terrible pour Moïse, fait fléchir sa foi. Dieu va répondre à sa requête en répartissant, sur soixante-dix anciens, l’Esprit qui reposait sur lui, preuve que Moïse pouvait très bien conduire le peuple tout seul.

D’une manière générale, Moïse typifie Christ conduisant l’Église dans le désert de ce monde. Dieu ne cache pas les faiblesses de Moïse ; cependant, à partir du v. 24, il cesse de murmurer et reprend sa vraie place d’obéissance et de conducteur du peuple. Au v. 25, aussitôt que l’Esprit repose sur les soixante-dix anciens, ils prophétisent, Dieu manifestant ainsi, aux yeux du peuple tout entier, l’autorité dont Il les a revêtus pour les conduire avec Moïse ; cependant ils ne continuèrent pas, car la prophétie ne constituait pas pour eux un don permanent.

Dans l’Église, si Christ est le seul chef, il a réparti les dons et les charges sur tous les croyants (Éph. 4. 8). « Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur, afin que tu l’accomplisses » (Col. 4. 17). Désobéissante, l’Église a concentré l’autorité sur des responsables humainement désignés, constituant ainsi un clergé.

L’Éternel montre ensuite que Sa main n’est pas « devenue trop courte », et Il accomplit ce qu’il a dit à Moïse. Nous savons bien que l’Esprit est souvent contristé en nous ; et, si nous perdons notre temps à nous faire corriger, nous n’en avons plus assez pour « prophétiser ». Marchons avec les ressources de Dieu. Les v. 26 à 29 dévoilent l’humilité de Moïse acceptant la répartition différente de l’Esprit ; il ne se met pas en avant, faisant penser au Seigneur en Jean 7. 2 à 10.

Acceptons, nous aussi, la pensée que Dieu se sert de nos frères pour le bien de l’Assemblée, car « qui est suffisant pour ces choses ? » (2 Cor. 2. 16), et qu’Il se sert comme Il veut, de frères dans tous les milieux chrétiens où Christ est reconnu comme Sauveur et Seigneur (Phil. 1. 15 à 18) ; l’Esprit agit comme Il veut et nous en voyons les effets (Jean 3. 8). Luc 9. 49 et 50 et Marc 9. 38 et 39 montrent que Dieu se sert de tous ceux qui Lui sont utiles afin que le Seigneur soit connu et honoré ; cependant, ces versets dévoilent que Dieu ne reconnaît pas de position intermédiaire : on est pour ou on est contre : vérité solennelle !

Malgré les murmures du peuple, Dieu ne l’abandonne pas : Moïse, dans la communion avec son Dieu, revient dans le camp (v. 30). Alors, Dieu exécute Sa parole : de la Mer Rouge, un vent venant d’Égypte qu’ils regrettaient, amène des cailles en quantité extraordinaire (v. 31). Dieu, en satisfaisant leur convoitise, agit en discipline ; et, en les voyant se jeter sur cette chair avec une telle véhémence (v. 32), l’Éternel les frappe « d’un fort grand coup » (v. 33). Devant l’exaucement de leurs convoitises, le peuple aurait dû être honteux ; mais aucune repentance ne se manifestant, Dieu ne peut retenir Sa colère et agit en jugement : « on ne se moque pas de Dieu » (Gal. 2. 7). Ainsi, les convoitises de la chair les ont conduits à la mort selon Romains 8. 13.

Ch. 12

Après ces premiers murmures du peuple et le fléchissement de la foi de Moïse, la jalousie et l’orgueil se manifestent chez Marie, sœur de Moïse, et chez Aaron, son frère. Il y aura de terribles conséquences pour eux deux, mais aussi pour le peuple (v. 15) : le peuple, cette « race élue » (1 Pier. 2. 9), est arrêté par le péché de Marie, la prophétesse (Ex. 15. 20), et d’Aaron, souverain sacrificateur. Particulièrement responsables à cause de leur position vis à vis du peuple, rappelée en Michée 6. 3 et 4, Dieu les sanctionne sévèrement, mais la grâce de Dieu agit.

Aaron ayant péché, ne peut intercéder lui-même ; mais il crie à Moïse qui intercède dans une intense supplication ; Dieu pardonne mais Marie est exclue sept jours. Plus âgée que Moïse, elle avait veillé soigneusement sur lui lorsque, enfant, il avait dû être exposé sur le fleuve, en Égypte. Plus tard, en Exode 15, elle conduit le cantique de la délivrance, de l’autre côté de la Mer Rouge. Mais maintenant, elle jalouse la haute position de son frère et convoite son autorité, en entraînant Aaron dans son péché.

Les moments de communion que l’on peut connaître avec le Seigneur, masquent, quelquefois, le véritable état de nos cœurs (Deut. 8. 2). Selon 2 Corinthiens 10. 18, Marie et Aaron se recommandaient eux-mêmes, alors que Moïse était, lui, recommandé par Dieu. Occupons chacun la place que Dieu nous a dévolue et restons-y, afin qu’il y ait de l’édification. Confions-nous dans la miséricorde du Seigneur.

En ce qui concerne le mariage de Moïse avec une femme éthiopienne, peut-être Séphora de Exode 2. 21, prétexte à la jalousie de Marie et Aaron, l’interdiction de se marier avec des étrangers n’interviendra qu’en Deutéronome 7. 1 à 3, en vue de l’entrée en Canaan. Beaucoup de commentateurs ont vu là le « mur mitoyen de clôture » détruit (Éph. 2. 14), afin que les croyants de tous pays ne forment qu’un seul corps ; un autre Éthiopien, en Actes 8, entrera, lui aussi, dans le seul corps de Christ.

Aaron, de son côté, était appelé à être « la bouche » de Moïse (Ex. 4. 16), mais il a été plusieurs fois une épine pour lui (Ex. 32. 2 à 6). « Et l’Éternel l’entendit » (v. 2) nous rappelle ce que dit le Seigneur en Luc 12. 3 : tout ce que nous disons « dans les ténèbres sera entendu dans la lumière ». Dieu prend Lui-même la défense de Moïse (Prov. 16. 3). « Homme très doux », Moïse ressemble au Seigneur qui, devant Ses accusateurs, « ne répondit rien » (Marc 14. 61 et 1 Pier. 2. 21 à 23). Nous avons cette exhortation : « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (Phil. 4. 5). Comme le Seigneur lorsqu’Il purifie le temple (Jean 2. 15), Moïse aussi se mettra en colère contre le Pharaon (Ex. 11. 8). « Et la nuée se retira » (v. 10), car Marie était lépreuse : Dieu ne peut être là où se trouve le péché.

La fidélité de Moïse dans toute la maison de Dieu est rappelée en Hébreux 3. 5 et 6, mais pour mettre en évidence la suprématie de Christ, comme Fils sur Sa maison. Dieu met toujours en évidence la fidélité, et parler contre un serviteur est particulièrement grave (Zach. 2. 8 ; Jac. 4. 11 et 12. Rom. 14. 4, 10, 13 et 14). Dieu parlait bouche à bouche avec Moïse (v. 8), et Moïse entendait la voix de Dieu (Nomb. 7. 89). Comme en Actes 9. 4, où le Seigneur pouvait dire : « Je suis Jésus que tu persécutes » et prend ainsi en main la défense des Siens, l’Éternel prend la défense de Son serviteur Moïse.

Repentant, Aaron reconnaît la suprématie de Moïse : « Ah, mon seigneur ! » et confesse que Marie et lui ont agi « follement » ; l’expression se retrouve en Prov. 30. 32. Incapable d’intercéder lui-même pour Marie, Aaron demande l’intercession de Moïse. On ne voit pas de repentance chez Marie, et la lèpre manifeste son état intérieur.

En Lévitique 4. 3 à 12, si le sacrificateur péchait, il devait amener un taureau, l’offrande la plus importante, marquant sa responsabilité particulièrement grave. Au ch. 16 des Nombres, Coré et les princes se révoltent et leur châtiment est effrayant (v. 31 à 35).

L’attitude de Moïse encourage : loin de se venger, il se hâte d’intercéder pour Marie, ainsi qu’au ch. 14. 13 à 19, où il intercède pour le peuple entier, ressemblant au Seigneur qui, lorsqu’on Le crucifiait, intercédait pour Ses bourreaux. On pense aussi à Paul en 2 Timothée 4. 16. Intercédons les uns pour les autres avec amour, et ne nous accusons pas devant Dieu (Prov. 30. 10), comme Élie le faisait (1 Rois 19. 10 et 14), rappelé en Romains 11. 2 et 3 ; et Élisée dut le remplacer. Dieu exauce Moïse, mais impose un délai de sept jours. Pour la purification avec la génisse rousse, il fallait un délai de deux jours et sept jours (ch. 19. 12 et 19). Si nous péchons, la restauration demande un certain temps, que seul le Seigneur apprécie. Humiliée, hors du camp pour sept jours, Marie est cause de l’arrêt du peuple. Elle aurait dû apprendre la leçon enseignée, mais les chapitres suivants montrent qu’il n’en fut rien.

Si un grave péché se trouve dans une assemblée, ou même la tiédeur, elle est arrêtée sur place jusqu’à la restauration. Le Seigneur dit : « Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17. 3). Souvenons-nous aussi de Marie. Par la suite, on voit combien l’attitude du peuple a été mauvaise envers Moïse et Aaron (Ps. 106. 16). Moïse ayant voulu secourir le peuple contre la colère de Dieu, a été rejeté, de même que le Seigneur viendra en grâce chez les Siens et sera crucifié.

Prophétiquement, le mariage de Moïse avec une étrangère évoque l’Assemblée, future épouse de Christ ; ce mariage excite la jalousie de Marie et d’Aaron, de même que le peuple terrestre de Dieu refusera que la grâce divine parvienne aux nations (Rom. 11. 25) ; Israël est encore dans cette période correspondant à Marie hors du camp ; il sera recueilli lorsque le résidu se soumettra au Seigneur (Rom. 11. 26 ; 2 Cor. 3. 16).

Ch. 13

Le ch. 13 relate une rébellion du peuple. Pourtant, l’Éternel avait promis de les faire entrer en Canaan (Ex. 3. 8). Dieu envoie des espions pour explorer le pays (v. 2 et 3), pour répondre à la demande du peuple relatée en Deutéronome 1. 21 et 22. Seuls, Josué et Caleb, dont la foi est mise à l’épreuve, resteront fidèles.

Plus tard, Dieu répondra au désir du peuple, et lui donnera un roi selon la chair (1 Sam. 8). Mais en Jacques 4. 3, on voit que Dieu ne répond pas toujours aux demandes. Le Seigneur éprouve la foi pour la fortifier (Jean 5. 6).

Les espions devaient reconnaître le pays, de même que nous avons à nous emparer des promesses de la Parole.

Cependant, le peuple ne crut pas la parole divine (Ps. 106. 24). Les espions, tous des princes, décrièrent le pays, découragèrent le peuple incrédule, et leur responsabilité est mise en évidence. Sans doute, le pays n’était pas facile à conquérir, mais l’Éternel était avec eux et Ses promesses étaient fermes.

Au ch. 10 des Nombres, Dieu désigne des princes qui recenseront le peuple. On trouve Nakhshon (v. 7), beau-frère d’Aaron ; cet ancêtre de David entrera dans la lignée du Seigneur. On trouve aussi Élishama (v. 10), grand-père de Josué (1 Chron. 7. 26 et 27). Dans le ch. 13, on trouve Caleb et Josué pour Juda et Éphraïm : eux seuls resteront fidèles à l’Éternel. Sethur (v. 14), porte un nom dont les lettres forment le 666 d’Apocalypse 13. 18, désignant l’antichrist.

Au v. 17 de Nombres 13, Osée (délivrance), est nommé Josué (l’Éternel est sauveur) : c’était dire que Dieu les sauverait dans la conquête de Canaan, mais ils ne crurent pas. Les autres princes qui avaient décrié le pays, « moururent de plaie devant l’Éternel » (ch. 14. 36 et 37).

Pour nous, explorer le pays, c’est écouter la Parole de Dieu, afin de Le connaître et de croître spirituellement, nous appuyant sur Ses promesses. Si « nous décrions le pays », il s’ensuivra un état de mort spirituelle. « Fixons les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2). Moïse les envoie après leur avoir donné ses instructions (v. 18 à 21). Rien n’est laissé à leur initiative. Il leur parle avec bonté (v. 21). Dieu les gardera dans les dangers, au milieu des géants qui les méprisaient v. 34). De la part de Dieu, rien ne manque jamais.

Deutéronome 1. 20 à 22, montre que cette exploration du pays, ordonnée par Dieu en Nombres 13. 2 et 3, répondait à l’incrédulité du peuple, et peut-être à une faiblesse passagère de Moïse (Deut. 1. 23). La foi ne brille pas dans ces pages. Dieu répond en grâce, parfois, à notre incrédulité, mais la base est faussée : il faut nous appuyer sur Ses promesses.

Hébron (v. 23), parle de communion avec Dieu : Abraham y a habité en Genèse 13. 18 et y construisit un autel à l’Éternel. Cette ville, bâtie sept ans avant Tsoan d’Égypte, montre que les conseils de grâce de Dieu sont antérieurs aux conseils des hommes. Cependant, c’est à Hébron que se trouveront les ennemis (v. 23) : Akhiman (qui est mon frère ?), Shéshaï (libre), Thalmaï (téméraire) ; leur caractère est toujours celui du monde actuel. Leur présence exerce la foi qui, seule, vainc les ennemis (1 Jean 2. 14). Plus tard, Caleb, par la foi, s’emparera de la montagne de Hébron (Josué 14. 6 à 15). « Or c’était le temps des premiers raisins » (v. 21) : si le peuple était entré en Canaan à ce moment-là, toute la récolte aurait été à leur disposition ; mais leur incrédulité les renvoya au désert.

En contraste, Ruth, arrivant avec Naomi « au commencement de la moisson des orges », se mit à glaner aussitôt et, par son mariage avec Boaz, hérita de toute la moisson. La grappe d’Eshcol parle des « arrhes de notre héritage » que nous avons par l’Esprit Saint (Éph. 1. 14 ; 2 Cor. 5. 5) ; ce sont les bénédictions que nous trouvons actuellement. Pour Israël, c’était la surabondante bonté de Dieu surpassant leur attente. L’exploration du pays dura quarante jours, laps de temps correspondant toujours à une mise à l’épreuve. Leur récit, fidèle au début (v. 28), devient incrédule (v. 29).

« Montons à Hébron », nous emparant des bénédictions divines en restant fidèles au Seigneur. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31).

Le compte-rendu des espions, exhibant tout d’abord la richesse du pays, dégénère bientôt en montrant les obstacles : Dieu est absent de leurs pensées. Ils oublient que seul, Il pouvait les faire entrer dans le pays, et que Sa fidélité leur donnera ce qu’Il a promis. Les obstacles étaient réels ; les Anakim, dangereux ; les villes, imprenables, mais la foi regarde à Dieu qui est plus grand que les Anakim et qui fera tomber les murailles de Jéricho.

Au v. 31, Caleb fait taire le peuple qui regimbe violemment, bien que le pays se soit révélé tel que Dieu le leur avait décrit (v. 27 et 28) : « ils méprisèrent le pays désirable » (Ps. 106. 24). Au ch. 14. 11, l’Éternel manifeste Sa colère et rappelle les miracles qu’Il a faits au milieu du peuple. Au v. 28, les espions disent : « Nous sommes allés dans le pays où tu nous a envoyés », oubliant que c’est eux et le peuple qui voulaient explorer le pays avant d’y entrer (Deut. 1. 22).

Les bénédictions spirituelles et célestes sont-elles, pour nous, « le pays désirable » ?

Les mêmes circonstances manifestent la victoire de la foi, ou un méchant cœur d’incrédulité : Caleb dit : « … nous sommes bien capables de le faire » ; les autres : « nous ne sommes pas capables » (v. 31 et 32). La triste action des espions est de faire fondre le cœur du peuple. Pour nous, nous connaissons « la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6. 12), mais prenons « le bouclier de la foi » (v. 16), nous appuyant sur la puissance de Dieu, comme le font Josué et Caleb (ch. 14. 6 à 9). Le peuple avait quitté l’Égypte, et le moment était venu de le faire hériter du pays promis à Abraham (Gen. 15. 16), mais le cœur du peuple n’y est plus préparé.

Le pays désirable, pour nous, c’est la maison du Père où le Seigneur est allé nous préparer une place (Jean 14. 2). Emparons-nous de cette espérance du pays promis, par la foi, malgré la présence de l’ennemi : « Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Cor. 10. 4). « Du bout de la terre je crierai à toi… tu me conduiras sur un rocher qui est trop haut pour moi » (Ps. 61. 2).

Seul à faire face à l’hostilité de tous, Caleb sera rejoint par Josué au ch. 14. 6. Les espions calomnient le pays, disant qu’il « dévore ses habitants » (v. 33), et le peuple les croit (Prov. 10. 18).

Ch. 14

Au ch. 14, le peuple souhaitait être mort en Égypte ou dans le désert, accusant même l’Éternel de vouloir les faire « tomber par l’épée », alors que le conseil de grâce de Dieu voulait, au contraire, les faire vivre dans ce pays « ruisselant de lait et de miel ». Ils veulent lapider Josué et Caleb et, finalement, établir un chef pour retourner en Égypte, désobéissant à la volonté de Dieu (Deut. 17. 16) : ils ne se souviennent plus de leurs souffrances en Égypte, mais de la nourriture qu’ils y trouvaient (ch. 11. 5) ; ils ont oublié d’où Dieu les avait tirés et par quelle puissance.

N’oublions pas, quant à nous, d’où le Seigneur nous a tirés à la croix. « La chair convoite contre l’Esprit et l’Esprit contre la chair » (Gal. 5. 17). « Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien ; habite le pays et repais-toi de fidélité et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les délices de ton cœur » (Ps. 37. 3).

Humbles, Moïse et Aaron ne se défendant pas, laissent agir l’Éternel ; l’humilité de Moïse s’était manifestée au ch. 12 où, déjà, il avait tout remis entre les mains de Dieu. Au ch. 12, on parlait contre Moïse, ici, on parle contre Dieu (v. 3). Josué et Caleb s’humilient devant le peuple et devant Dieu. Déchirer ses vêtements pouvait être convenable ou inconvenant selon les circonstances (Lév. 10. 6). Courageusement, ils parlent au peuple menaçant de les lapider (v. 6 à 10), mais leur foi ne désarme pas, car ils s’appuient sur Dieu : « Si l’Éternel prend plaisir en nous ». Le mot « si » indique la certitude de la foi ; on retrouve la même foi en Jonathan (1 Sam. 14. 6) dans ce mot : « peut-être ».

Josué et Caleb discernent que la « protection s’est retirée de dessus le peuple de Canaan ». Le peuple aurait dû monter hardiment à la conquête du pays, mais sa rébellion le rejettera dans le désert ; dans les v. 39 à 45, il voudra monter à contretemps, mais l’Éternel s’étant retiré de lui, il tombera devant les ennemis. Une foi hardie s’attend à Dieu, mais le peuple n’est pas prêt. Ce chapitre oppose la foi à l’incrédulité. On trouve deux fois le mot « seulement » (ch. 13. 29) : c’est l’incrédulité (ch. 14. 9) : c’est la foi. Pour prix de sa foi, Caleb recevra de Dieu la promesse d’entrer dans le pays promis (v. 30), et sa foi s’emparera de cette promesse (Jos. 14. 6 à 12), à l’encontre du reste du peuple qui tombera dans le désert (Nomb. 14. 29).

Souvenons-nous de 1 Jean 5. 14 au sujet de notre confiance en Dieu. La foi de Josué et Caleb heurte l’incrédulité du peuple, qui veut les lapider, mais il croit les autres espions dont les paroles trouvent un écho favorable dans l’état de son cœur.

La renommée de l’Éternel et de Son peuple les avait devancés en Canaan (Jos. 2. 8 à 11) ; Moïse le savait et le rappelle à Dieu Lui-même (v. 14), mais le peuple l’oubliait. Comme chaque fois que la gloire de l’Éternel sera remise en question par les rébellions du peuple, elle apparaît à tout Israël, à la tente d’assignation (v. 10 ; Nomb. 16. 42 ; 20. 6). C’est à la tente d’assignation que Dieu montrait Sa présence au peuple.

Dieu se propose pour la deuxième fois de détruire le peuple, et de faire de Moïse une plus grande nation (v. 12 ; Ex. 32. 10) ; mais chaque fois, l’attitude de Moïse reste la même : il intercède pour la gloire de Dieu et pour le bien du peuple, ressemblant ainsi au Seigneur.

Et l’Éternel exauce Moïse : la gloire divine est maintenue, et le peuple est pardonné. Une telle attitude dénuée d’ambition, révèle une communion profonde et habituelle de Moïse avec Dieu avec qui il parlait directement (ch. 7. 89), et « bouche à bouche » (ch. 12. 8). C’est une image de l’intimité parfaite du Seigneur avec son Père. C’est le fruit du travail de Dieu dans Son serviteur qui, au début (Ex. 2. 11 à 14), prend des initiatives malheureuses sans Dieu ; puis, envoyé par l’Éternel pour délivrer Son peuple de l’Égypte, il rechigne et fait des objections.

Mais maintenant, Dieu l’a revêtu de puissance et il est devenu un serviteur remarquable qui s’empare de la Parole même de Dieu pour intercéder (Ex. 32. 11 à 13 ; Nomb. 14. 18), qui est un rappel d’Exode 34. 6 et 7.

Le peuple oubliait Dieu et pensait à lui-même ; Moïse s’oubliait lui-même et pensait à Dieu et au peuple.

Dans le v. 20, Dieu pardonne mais maintient Sa gloire, en jugement envers ce peuple : la génération dénombrée depuis l’âge de vingt ans et au-dessus (ch. 1. 3) tombera dans le désert (Nomb. 14. 22, 23, 29 et 30). Quant aux espions qui avaient décrié le pays, ils moururent sans délai (v. 36 et 37). Ces circonstances honteuses sont rappelées au Psaume 95. 7 à 11 ; en Hébreux 3. 7 à 11, 15 à 19, et en Ézéchiel 20. 10 à 22. Ayant tenté et méprisé Dieu, ils n’entrèrent pas dans le pays promis (v. 22 et 23).

Par contre, Dieu approuve la foi des filles de Tselophkhad mort dans son péché (Nomb. 27. 3 à 7). Le danger pour nous, c’est que entendant la Parole de Dieu, nous n’y obéissions pas (Héb. 4. 1) et que nous ne mettions pas à profit les enseignements de ces chapitres. Josué et Caleb seuls reçurent la promesse d’entrer dans le pays (v. 24 et 30). La foi honore Dieu et Dieu honore la foi.

Ils erreront 40 ans dans le désert avec le peuple, mais ils avaient la promesse : lors de la conquête du pays, Caleb revendiquera la montagne qui avait tant effrayé le peuple : Dieu a donné à Caleb selon sa foi vigoureuse (Mat. 9. 29). Les fils entreront dans le pays, mais subiront les conséquences des prostitutions de leurs pères (v. 38) ; si nous péchons, bien que la grâce soit toujours en exercice, il reste toujours des conséquences (Ex. 34. 5 à 7).

Quant aux petits-fils, ils connaîtront le pays eux aussi (v. 31), contrairement à la crainte incrédule du peuple disant qu’ils seraient « une proie » (v. 3). La tribu de Lévi ayant un statut à part, est entrée en Canaan, car Éléazar, fils d’Aaron, mourut dans le pays (Jos. 24. 33). Dans Sa sagesse, Dieu fait toujours concourir en gloire pour Lui Sa grâce avec Son gouvernement. Dès la chute d’Adam, Dieu couvre sa nudité – symbole de la rédemption – mais Il le chasse d’Éden (Gen. 3) ; la corruption et la violence parvenues à leur comble, Dieu envoie le déluge, mais commande la construction de l’arche du salut ; au ch. 16 des Nombres v. 27 à 33, Dieu châtie « l’assemblée de Coré » ; mais « les fils de Coré ne moururent pas » (ch. 26. 11) ; en 2 Chroniques 32. 26, la colère de Dieu contre Ézéchias ne vint pas sur le peuple en ses jours, car il s’était humilié.

Quelqu’un a dit : « la grâce ne peut être dépouillée de son parfum ni le gouvernement de sa dignité ». « On ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). Le peuple en a fait l’expérience : il avait souhaité avec légèreté mourir dans le désert, et c’est là que Dieu l’a fait mourir. Ne méprisons pas les instructions pratiques que Dieu nous donne, il s’ensuivrait un certain état de mort spirituelle ou physique. Malgré tout, Dieu n’abandonne pas le peuple : s’il a dû retourner au désert, la manne n’a pas manqué, ni l’eau du rocher. La grâce ne manque pas pour l’Église désobéissante au Seigneur, mais « le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu » (1 Pier. 4. 17). Leur manque de foi ne leur permettant pas de combattre contre l’Amalékite et le Cananéen (v. 25), Dieu les renvoie au désert, par amour pour eux ; le lendemain, voulant combattre sans Dieu, ils seront battus (v. 39 à 45).

Revêtons « l’armure complète de Dieu » (Éph. 6. 11) afin de combattre victorieusement les ennemis, et jugeons-nous nous-mêmes, afin que nous ne soyons pas jugés (1 Cor. 11. 31 et 32).

Pour reconnaître le pays, Dieu a envoyé des princes (ch. 13. 3), hautement responsables à cause de leur position ; leur témoignage, d’abord fidèle, (v. 27 à 30), apeura le peuple, puis ils décrièrent le pays et provoquèrent la révolte (v. 32 et 33), méprisant la puissance de Dieu qui leur aurait donné la victoire. Parce qu’ils ont déshonoré Dieu, une discipline sévère s’abat sur eux (v. 36 et 37), rappelée au Psaume 107. 40, où le peuple rebelle est comparé à un troupeau errant dans le désert.

Au ch. 33 des Nombres, toutes les étapes de leur errance sont nommées. Cependant, la grâce divine ne manquera pas (Deut. 29. 5). Au v. 33 de Nombres 14, Dieu dit : « Vos fils… porteront la peine de vos prostitutions ». Ces prostitutions étaient spirituelles, car ils s’étaient détournés de Dieu.

Rapprochons cette pensée de Jacques 4. 4 : « Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? » Les fautes des parents ont des conséquences dont le prolongement atteint souvent les enfants (ch. 14. 18). La grâce est là, mais toujours liée au gouvernement divin.

Jonathan, malgré son amour pour David, ne l’avait pas suivi dans sa réjection, et était mort sans gloire avec son père Saül, ennemi de David ; Méphibosheth, son fils, mangera chaque jour à la table de David (2 Sam. 9), car Dieu avait dit que chacun mourrait pour son péché (Deut. 24. 16). Les conséquences sont là pour produire la repentance ; les psaumes des fils de Coré sont des preuves qu’ils s’étaient désolidarisés du péché de leur père.

Plus tard, lorsque Acan prendra de l’anathème lors de la prise de Jéricho, toute sa famille périra, montrant qu’elle était de connivence avec lui (Josué 7. 24 à 27).

Dieu voit-Il dans nos cœurs l’amour du pays promis ? Les conséquences de leur rébellion dureront quarante ans ! Une année pour un jour d’exploration du pays. De même, les soixante-dix ans de la captivité de Juda reposent sur les sabbats d’années commandés par l’Éternel (Lév. 25. 8), qu’Israël n’avait pas respectés (2 Chron. 36. 20 et 21).

À la fin du chapitre, ils montent à la conquête du pays contre la volonté divine et ils sont battus, car l’Éternel n’était plus avec eux, mais les ennemis étaient là. Horma qui a vu leur défaite ici, verra leur victoire en Josué 12. 14, car leur état avait changé et Dieu était là. En Exode 17, ils avaient battu Amalek – type de la chair, et la chair était toujours là ; le Cananéen représente tout ce qui nous empêche de jouir de nos bénédictions célestes. Ils avaient mené « très grand deuil » (v. 39), à l’ouïe des conséquences de leur rébellion et non parce qu’ils avaient déshonoré Dieu. Cela n’était pas la vraie repentance. Le désert révèle la foi d’un Caleb, d’un Josué, mais aussi la chair, revêche ou présomptueuse. L’obstination du v. 44 est aussitôt punie par la défaite.

1 Samuel 15. 22 et 23, montre ce que sont, pour Dieu, la rébellion et l’obstination. Appuyons-nous sur le Seigneur seul, car sans lui nous ne pouvons rien faire (Jean 15. 5). Éphésiens 6 donne la manière de vaincre les ennemis. Si Dieu ne monte pas avec eux au combat (v. 44), Il reste malgré tout au milieu du camp, n’abandonnant pas Son peuple.

Le Seigneur est « tous les jours avec nous » (Mat. 28. 20), mais honorons-Le par une marche de soumission et d’humilité.

Ch. 15

Au ch. 14, la colère de Dieu s’abat sur les rebelles ; au ch. 15, Dieu rentre dans le calme parfait de Ses conseils préétablis, « car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir » (Rom. 11. 29) : les promesses faites autrefois à Abraham étaient inconditionnelles (Gen. 13. 14 à 17), et Dieu parle, maintenant, quarante ans à l’avance, du moment où le peuple entrera dans le pays promis (v. 2 et 17).

Pour nous, rien ne peut nous ôter notre position d’enfants aimés de Dieu (Rom. 8. 39), car notre salut repose sur une œuvre faite entièrement en dehors de nous.

Quand Israël a voulu monter sur la montagne (ch. 14. 44 et 45), il a voulu se passer de la seule chose qui pouvait plaire à Dieu : un sacrifice. Ce qui compte, dans notre vie, ce sont les pensées de Dieu et non les nôtres. « Étudie-toi à te présenter approuvé à Dieu » (2 Tim. 2 15), car nous ne sommes acceptés qu’en Jésus Christ (Éph. 1. 6).

Au ch. 14. 35, Dieu rejette la génération qui a péché, mais Sa grâce s’accomplit pour la génération suivante (Ps. 30. 5 ; 2 Tim. 2. 13). Dans ce chapitre, Dieu confirme Ses promesses, et cela a dû encourager Josué et Caleb qui, malgré leur fidélité, ont dû suivre le peuple au désert. L’infidélité de l’Église est la nôtre, et nous devons accepter la discipline divine. Au désert, Israël n’a offert aucun sacrifice à l’Éternel, bien qu’il ne manquât de rien pour cela, mais il a « porté » ses idoles (Act. 7. 42 et 43). Dieu nous dit : « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21).

Dieu exigeait deux sortes de sacrifices : ceux qui étaient pour Lui « en odeur agréable » (v. 3), et les sacrifices pour le péché (ch. 15. 22). Présentées de façon un peu différente de ce qui est dit dans le Lévitique, les exigences divines restent les mêmes : si nous avons péché, notre position et nos obligations sont inchangées : demandons à Dieu que notre estimation du Seigneur et de Son œuvre progresse.

C’est par l’holocauste que Dieu commence, car c’est ce qui Lui revient ; seule, la peau revenait au sacrificateur. Le Seigneur, sur la croix a été premièrement cet holocauste pour Dieu.

Le v. 22 présente le cas où un Israélite pécherait par erreur, mais l’ordre des sacrifices reste le même dans son principe : Dieu d’abord. La fleur de farine – le blé broyé – c’est l’excellence du Fils de l’Homme dans Ses souffrances ; l’huile parle du Saint Esprit : par Lui, nous présentons Christ à Dieu. Le vin présente « la joie qui était devant lui » (Héb. 12. 2). Le Seigneur a été conçu et oint du Saint Esprit (Luc 1. 35 ; 3. 22). Dans ces sacrifices, la quantité d’huile et de vin variait suivant l’importance de la bête offerte, mais la part de vin et d’huile était égale, indiquant d’avance que la joie divine parfaite répondrait à la sainteté parfaite de l’offrande de son Fils. Gardons-nous de notre imagination : présentons Christ selon les Écritures (v. 13 et 14).

En Exode 12. 48, l’étranger voulant faire la pâque devait être circoncis ; mais ici, il n’est pas question de circoncision (v. 14) : la grâce s’étend à toutes les nations (Éph. 2. 14). Notre circoncision n’est pas extérieure, mais du cœur, car nous sommes « l’Israël de Dieu » (Gal. 6. 15 et 16). Dans ces v. 13 et 14, quel que soit l’adorateur, l’important, c’est l’excellence de Celui qui est offert. Des âmes seront amenées à Dieu, si nous présentons l’excellence de Christ dans notre vie.

Le ch. 14 montre le péché en activité ; le ch. 15 parle d’espérance : « Quand vous serez entrés… » C’est dans le pays que l’Éternel veut les prémices de leur pâte, comme du produit de l’aire (v. 17 à 21). La première place revient au Seigneur dans notre vie : « afin qu’en toutes choses il tienne, lui, la première place » (Col. 1. 18). La pâte dont l’Israélite devait offrir les prémices à Dieu, symbolise l’humanité parfaite du Seigneur dont le croyant se nourrit dans la consécration à Dieu.

Le v. 21 parle de la pérennité de l’offrande : nos exercices de piété doivent être transmis de génération en génération, car les intérêts du Seigneur doivent passer avant les nôtres, contrairement à nos tendances naturelles (Phil. 2. 21). Matthieu 6. 33 exhorte à chercher « premièrement le royaume de Dieu et Sa justice » ; la veuve de Sarepta devait, dans le dénuement complet, faire premièrement un gâteau pour Élie, du peu de farine qui lui restait ; ayant obéi avec foi, elle, son fils et Élie mangèrent tout une année (1 Rois 17. 13 à 16).

Offrons avec foi, les prémices de ce que Dieu nous accorde dans Sa grâce (2 Cor. 8. 5), et donnons aussi « libéralement » (2 Cor. 9. 6 et 7). Ainsi que le Seigneur nous en a montré l’exemple lors de la multiplication des pains, rendons grâce avant de prendre nos repas (1 Tim. 4. 4).

Moissonner ou faire le pain, pour l’Israélite, demandait un effort soutenu : de même pour nous, puiser dans la Parole, chaque jour, notre nourriture spirituelle, demande un effort constant, mais la bénédiction est à ce prix. Dieu exigeait les prémices pour Lui-même, mais tout le reste de la récolte et de la pâte était pour l’Israélite. Nous souvenant de Son « don inexprimable » (2 Cor. 9. 15), donnons au Seigneur tout le meilleur de nous-mêmes. Dans les v. 22 à 29, le Dieu de grâce offre des ressources pour « les péchés par erreur » commis par l’assemblée : « un taureau en holocauste… et un bouc en sacrifice pour le péché » (v. 24) ; ou pour une âme : « une chèvre en sacrifice pour le péché » (v. 27) : confessons soigneusement nos péchés.

Lors du dénombrement ordonné par David (2 Sam. 24), au sujet duquel il a péché, il offrira, dans la conscience de sa relation de grâce avec l’Éternel, des holocaustes et des sacrifices de prospérités (v. 25) et la plaie s’arrêta. Ayons conscience de nos fautes, confessons-les, mais aussi, goûtons Sa grâce qui ne fait jamais défaut. Appuyons-nous sur la Parole pour reconnaître quand nous avons péché, afin que notre conscience ne s’endurcisse pas.

Quant au péché commis par fierté, il n’y avait aucune ressource (v. 30 et 31). David, avec crainte, demande à être purifié « de ses fautes cachées » – des péchés dont on n’a pas conscience – et gardé des « péchés commis avec fierté » (Ps. 19. 12 et 13 ; 51. 7 à 10). Paul avait persécuté l’assemblée mais, objet de la grâce divine, il avait une « conscience pure » (2 Tim. 1. 3). Le croyant péchant avec fierté ne perd pas son salut, mais il y aura des conséquences.

Mais l’homme refusant l’évangile « foule aux pieds le Fils de Dieu », estime « profane le sang de l’alliance » et « outrage l’Esprit de grâce » (Héb. 10. 29). « Je hais l’orgueil et la hauteur » (Prov. 8. 13). Certains hommes nient même l’existence de Dieu ; Dieu répond : « Insensé » (Ps. 14. 1 ; 53. 1).

Les v. 32 à 36 relatent un cas de désobéissance flagrante à la Loi : Exode 20. 8 à 11 ; 31. 15 ; Lévitique 23. 3 ordonnaient le respect du sabbat, sous peine de mort. Cet Israélite avait péché par fierté, et la mort était inéluctable. Désobéir volontairement au Seigneur entraîne la discipline. L’Israélite profanant le sabbat méprisait le repos de Dieu du septième jour de la création (Gen. 2. 1 à 3). Israël fait partie de la première création se terminant par le repos ; mais, à cause du péché, Dieu a dû se remettre au travail (Jean 5. 17).

Pour nous, le dimanche, premier jour de la semaine, nous commémorons la résurrection du Seigneur, base de la nouvelle création qui commence par le repos. « Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu » (Héb. 4. 7 à 10) : c’est le millénium. Nous jouissons, nous, dans une mesure, du vrai repos de Dieu, et cela jusque dans l’état éternel.

La loi donnait des instructions d’ordre général, mais dans ce cas particulier, le peuple n’avait pas de directives précises ; il est des circonstances où la Parole ne nous donne pas d’instructions claires : comme Israël, consultons alors le Seigneur et obéissons-Lui. L’Éternel répond : « l’homme sera mis à mort ; que toute l’assemblée le lapide avec des pierres hors du camp » (v. 35). Ramasser du bois un jour de sabbat, avait paru légitime à cet homme, mais pour Dieu, rien de ce qui nous concerne n’est insignifiant ; travailler ou se reposer sans nécessité, au lieu de venir autour du Seigneur, entraîne à coup sûr, surtout si cela devient une triste habitude, la désapprobation de Dieu.

Le v. 35 obligeait toute l’assemblée à lapider l’homme : personne ne devait rester neutre. La mise à mort correspond, pour nous, à la mise hors de communion par toute l’assemblée, d’une personne marchant dans le péché. En Lévitique 24. 10 à 14, un Israélite ayant blasphémé le Nom devait être mis à mort ; les témoins devaient poser les mains sur lui, s’identifiant à son péché, mais toute l’assemblée devait le lapider.

Prions et avertissons fidèlement un frère qui marche mal (1 Tim. 5. 1 à 3), et ne soyons ni indifférents ni timorés.

Cet incident offre à l’Éternel l’occasion d’aider Son peuple, en se faisant une houppe avec un cordon de bleu au bas de leurs vêtements : cela rappelait leur appartenance à un Dieu qui devait être obéi. La houppe les faisait se « souvenir » des commandements auxquels ils devaient « obéir » ; se « sanctifier » ; et enfin, qu’ils étaient « consacrés » à l’Éternel (v. 40). « Sanctifie-les par la vérité » (Jean 17. 17).

Ce cordon de bleu rappelle que notre vie tout entière doit porter les caractères célestes, car nous ne sommes « pas du monde » (Jean 17. 14). Pensons à Éphésiens 2. 6 ; Colossiens 1. 9 et 10 ; 3. 1 à 3, 5 à 11, 12. Arrachés « à ce présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4), usons de notre liberté en Christ pour L’honorer, et nous servir l’un l’autre dans l’amour (Gal. 5. 1 à 13).

Dieu montre, v. 41, pourquoi il avait sauvé le peuple de l’Égypte : « pour être votre Dieu ». Enfin, Il scelle ses instructions : « Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu ».

Peuple en marche dans un monde dangereux, mais ne lui appartenant plus, manifestons humblement notre caractère céleste, et usons des ressources divines à notre disposition.

Ch. 16

Une révolte religieuse éclate, avec Coré convoitant la sacrificature ; une autre, politique avec Dathan, Abiram et On qui ambitionnent la domination du peuple ; et une troisième concernant toute l’assemblée faisant de violents reproches à Moïse et Aaron (v. 41). Diotrèphe aussi convoitait la première place dans l’assemblée (3 Jean 9). La simultanéité de ces révoltes dénote un véritable complot entre ces princes.

Peut-être voulaient-ils faire retourner le peuple en Égypte (v. 13 et 14 ; ch. 14. 4). Gardons-nous de toutes machinations, et ayons des pensées à la mesure de notre foi (Rom. 12. 3 ; 1 Cor. 4. 6). Chacun à notre place (1 Cor. 12. 18), aspirons aux dons les meilleurs (1 Cor. 14. 1). Cousin germain de Moïse, Coré, un Kéhathite, avait une place bénie : il portait à l’épaule les saints objets du tabernacle ; mais son orgueil s’élève et il convoite la sacrificature (v. 8 à 10). On a oublié que la convoitise de Marie et d’Aaron contre Moïse, ch. 12, à arrêté le peuple.

« Quiconque s’élève sera abaissé » (Mat. 23. 12), et « l’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15. 33). Le Seigneur est un exemple (Phil. 2. 6 à 9). Dans l’avenir, allant bien plus loin, l’antichrist se fera adorer comme Dieu (2 Thess. 2. 3 et 4). Ces avertissements sont pour nous, car notre cœur n’est pas différent, et Dieu reste le même : « un feu consumant » (Deut. 4. 24 ; Héb. 12. 29).

Dieu agit en jugement (v. 31 à 33), et Moïse et Aaron, humblement, se jettent sur leur face (v. 4, 22 et 45), intercédant pour l’assemblée (v. 22) et agissant avec intelligence lorsque la plaie a éclaté (v. 46 à 50). Orgueil et jalousie, fruits de la chair, (Gal. 5. 19 à 21) conduisent à la ruine (Prov. 18. 12). Dathan, Abiram et On, descendants de Ruben qui, par son péché, avait perdu son droit d’aînesse, au lieu de s’en humilier, s’élèvent dans leur cœur. Le chapitre ne parle plus d’On : s’est-il repenti ?

L’audace de cette révolte contre Moïse et Aaron, tous deux types de Christ conducteur et souverain sacrificateur, montre l’apostasie (Jude 11 à 13), et s’apparente au refus du peuple de recevoir le Seigneur : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (Luc 19. 14). Habilement, ces hommes parlaient d’égalité (v. 3), mais Dieu a établi des anciens et des serviteurs : soyons-y attentifs. Le « c’en est assez » du v. 3 vient de la chair ; celui du v. 7 vient de Dieu. Moïse y revendique les droits divins avec fermeté, comme Élie le fera contre Achab (1 Rois 18. 17 et 18).

Dathan et Abiram accusant Moïse, méprisent son humilité et son intercession (ch. 11. 29 ; 14. 19 et 20), car ce qu’il faisait n’était pas sorti de son cœur (v. 28), et ces hommes s’opposaient à Dieu (v. 11). Moïse s’appuie sur Dieu (Ps. 37. 5 et 6), pour le choix de celui qui est saint et qui est à Lui (v. 5 ; 2 Tim. 2. 19). Moïse seul, prend la parole, car Aaron a retenu la leçon du ch. 12 et s’en remet à lui et lui obéit (v. 47 à 50). Seul, Aaron, souverain sacrificateur, pouvait présenter l’encens (Ex. 30. 7 et 8), et Coré et les deux cent cinquante hommes qui s’y hasardèrent, auraient dû trembler de frayeur. Devant une telle audace, l’Éternel réagit selon Sa sainteté profanée.

Prenons garde à notre état moral, en particulier au culte (1 Cor. 5. 7 et 8).

Ces v. 8 à 11 rappellent des privilèges des lévites, séparés du peuple pour servir le tabernacle et l’assemblée ; Moïse stigmatise la convoitise de Coré de s’emparer de la sacrificature, seule chose que l’Éternel ne lui avait pas donnée, ce qui provoquera la colère de Dieu, car cette révolte était en réalité « contre l’Éternel » (v. 11). Les lévites devaient aussi enseigner le peuple, et les sacrificateurs, mettre « l’encens sous les narines de Dieu » et « l’holocauste sur son autel » (Deut. 33. 10). Tous sacrificateurs, accomplissons chacun son service pour le bien de l’Assemblée sans convoiter le service d’un autre (1 Cor. 12. 14 à 21).

Coré, Dathan et Abiram voulaient supplanter Moïse, conducteur du peuple, et Aaron, souverain sacrificateur, tous deux types de Christ : c’était s’interposer entre l’Éternel et le peuple, comme le fera le clergé dans la chrétienté. Ne prétendons pas « conduire » l’assemblée, mais laissons ce soin au Seigneur seul, car c’est Son Assemblée. Il est parlé de « l’assemblée de Coré » aux v. 5, 6, 11, 16 et 40, désignant ceux qui s’étaient joints à lui premièrement ; mais pensant avoir réussi (v. 19), c’est « toute l’assemblée » que Coré réunit contre Moïse et Aaron (v. 3) contre l’Éternel (v. 11), contre leurs propres âmes (v. 38), en méprisant l’Éternel (v. 30). À la fin, le jugement de Dieu s’abat sur tout le peuple (v. 41 à 49).

Jude 8 à 11 associe Caïn – la propre volonté – Balaam – la cupidité – et Coré – l’élévation orgueilleuse – dans un même jugement : ils ont péri, n’ayant pas craint Dieu, ayant « méprisé la domination » et « injurié les dignités » (v. 8).

Dans ce ch. 16, on voit l’obstination dans le mal jusqu’à ce que la terre les engloutisse. Et juste après, c’est toute l’assemblée qui murmure : le mal est général. Dathan et Abiram refusent d’obéir à Moïse et rejettent son autorité (v. 12 à 14). Ils accusent Moïse de ne pas les avoir fait entrer dans un pays « ruisselant de lait et de miel » que Dieu avait promis (Deut. 6. 3 ; 11. 8 et 9 ; 26. 9 et 27. 3), oubliant qu’ils avaient refusé d’y entrer (ch. 13). Laissons-nous avertir (1 Cor 10. 6 à 11). Au v. 13, et ch. 11. 5, ils ont oublié que l’Égypte était en réalité une « fournaise de fer ».

Si Moïse tombe sur sa face (v. 4) et défend Aaron (v. 11), au v. 15, jaloux pour Dieu, il « entra dans une ardente colère ». On pense à la colère du Seigneur purifiant le temple (Jean 2. 15). Moïse n’avait fait tort à personne, non plus que Samuel (1 Sam. 12. 3), ni Paul (Act. 20. 33 et 34 ; 2 Cor. 7. 2), en contraste avec ceux pour qui « la piété est une source de gain » (1 Tim. 6. 6).

Moïse sait que l’offrande des rebelles ne pouvait être agréée : cela ne leur appartenait pas, et ils le faisaient étant inconscients de leur péché : ils ne pouvaient que mourir. Caïn aussi avait offert un sacrifice profane, alors qu’Abel discernait ce qui était agréable à Dieu (Gen. 4. 4). Les ordres de Moïse (v. 16 et 17), auraient dû faire reculer de frayeur Coré et ses hommes, mais pris dans leur péché, ils ne voient plus le mal, et n’hésitent pas à présenter l’encens devant Dieu (v. 18). Comme cela se produira plusieurs fois dans l’Exode, le Lévitique et les Nombres, la gloire de Dieu apparaît en jugement (v. 19). Dieu cède à l’intercession et épargnera encore le peuple, tout en châtiant les rebelles (ch. 14. 10 ; 16. 19 et 42), et en protégeant Moïse et Aaron.

La Parole nous montre Coré ameutant toute l’assemblée contre Moïse et Aaron ; le châtiment des chefs rebelles ; le rôle d’Éléazar relevant les encensoirs pour « mémorial » ; les murmures de toute l’assemblée et son châtiment, et l’arrêt de la plaie (v. 19 à 50).

Au v. 20, la colère de Dieu va s’abattre sur le peuple mais, depuis Exode 32. 10, l’incessante intercession de Moïse le sauve encore. La justice de Dieu exigeait la consomption du peuple, mais la grâce opère et Sa patience se prolonge ; cependant, le jugement tombera en son temps (v. 32 à 35, 46 à 49). Pour être sauvé, il fallait obéir à l’injonction divine : « Retirez-vous » (v. 24 et 45). « Les fils de Coré ne moururent pas » (Nomb. 26. 11), ayant certainement obéi, et ils écrivirent au Psaume 84. 10 : « J’aimerais mieux me tenir sur le seuil dans la maison de mon Dieu, que de demeurer dans les tentes de la méchanceté ». La promptitude à obéir est nécessaire pour le salut.

« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Ps. 95. 7 à 11 ; Héb. 3. 7 à 11). Séparons-nous du monde (2 Cor. 6. 17) et de tout mal ecclésiastique et doctrinal (2 Tim. 2. 19). Dégoûté de la manne (Nomb. 21. 5), le peuple, mordu par des serpents qui le font mourir, devait regarder au serpent d’airain fait par Moïse pour être sauvé : l’œuvre de Satan dans le cœur tend à nous dégoûter de la Parole : très vite, regardons au Seigneur crucifié.

L’amour de Moïse pour le peuple reste constant, et il parle à Dieu en sa faveur : on en a deux autres exemples en Nombres 27, pour les filles de Tselophkhad, et pour demander un homme à Dieu afin de le remplacer à sa mort (v. 16). Comme Moïse, intercédons pour nos frères.

En Genèse 18, l’intercession d’Abraham pour Sodome s’arrête à « dix justes ». Moïse va plus loin : « un seul homme péchera » (v. 22). Moïse a été justifié devant le peuple, en annonçant le châtiment des méchants (v. 31 à 33) sur lesquels la Parole de Dieu n’avait plus d’effet : prophète de l’Éternel, sa parole se réalise, contrairement à Deutéronome 18. 22. Son discernement le pousse à ne pas intercéder à contretemps : jusque-là, son intercession suspendait la colère de Dieu ; mais aux v. 46 à 48, il comprend qu’il faut faire propitiation en offrant l’encens à Dieu, et « la plaie s’arrêta ». Dieu châtie selon ce que chacun mérite (Éz. 18. 5 à 22).

« Seulement, craignez l’Éternel, et servez-le en vérité, de tout votre cœur » (1 Sam. 12. 24). C’est notre responsabilité. Dathan et Abiram et tous les leurs se tenant à l’entrée de leurs tentes, affirment encore leur rébellion. En Exode 33. 8, chacun regardait Moïse depuis l’entrée de sa tente lorsqu’il allait vers la « tente d’assignation » : ce n’était pas le même état d’esprit. La révolte religieuse de Coré et celle, politique, de Dathan et Abiram, s’abîment dans le terrible jugement de Dieu, Son « œuvre inaccoutumée ». Ils descendent « vivants au shéol », et cela est rappelé au Psaume 106.

Dans l’avenir, « la bête et le faux prophète » seront « jetés vifs dans l’étang de feu » (Apoc. 19. 19 et 20). Pensons aussi à Satan précipité au shéol (És. 14. 8 et 9). « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Héb. 10. 31).

Craignons de déplaire à Dieu, mais reposons-nous dans Son amour.

Si les deux cent cinquante hommes qui ont présenté l’encens sont morts, les encensoirs, eux, sont sanctifiés pour avoir « été présentés devant l’Éternel » (v. 38). Éléazar doit les relever du milieu de l’incendie – du milieu du jugement – et en répandre, au loin, le feu étranger (v. 37). Éléazar, prince des princes, établi pour surveiller tout ce qui concernait les lieux saints (Nomb. 3. 32 ; 4. 16), est un beau type de Christ « chef sur toutes choses à l’assemblée » (Éph. 1. 22).

En Lévitique 10, Nadab et Abihu présentèrent un feu étranger et moururent ; Aaron leur père, Éléazar et Ithamar, dans cette situation malheureuse, ne purent manger le sacrifice pour le péché (v. 19). C’est encore Éléazar qui devait s’occuper de la « génisse rousse » (ch. 19). Puis les encensoirs ont été aplatis et plaqués sur les parois de l’autel, « en mémorial » et pour avertissement (v. 40).

Au paralytique guéri, le Seigneur enjoint de prendre son petit lit, et non de l’abandonner (Luc 5. 24 et 25) : souvenons-nous de la grâce dont nous sommes les objets. Il est précieux de présenter la louange à Dieu, mais dans l’humilité et la reconnaissance. Dieu « entend » aussi nos murmures (Deut. 1. 34), et peut ôter nos bénédictions et les donner à d’autres (v. 39).

Pour leur obéissance, Josué et Caleb entrèrent dans le pays de Canaan ; mais on y trouve aussi Éléazar (Jos. 14. 1).

Moïse avait dit : « … L’Éternel fera connaître qui est à lui, et qui est saint » (v. 5), et Dieu a montré solennellement que, seul Aaron pouvait présenter l’encens devant Lui (Lév. 16. 12). Lui seul fera propitiation pour le peuple en prenant du feu sur l’autel et en présentant l’encens devant Dieu (v. 46 à 48), et la plaie s’arrêta. L’autel d’airain parle de la justice divine exigeant le jugement des péchés sur la victime de substitution. La cuve d’airain montre la nécessité pour les sacrificateurs de se purifier pour s’approcher de l’autel du jugement ; elle était faite « avec les miroirs des femmes qui s’attroupaient devant la tente d’assignation » (Ex. 38. 8).

Lorsque nous nous approchons de Dieu, prenons garde à la coquetterie et à l’orgueil. Pensons aussi à l’orgueil des « filles de Sion » (És. 3. 16). Les encensoirs étaient aussi d’airain : l’encens qu’on y brûlait préfigurait les prières des saints, indispensables, dans l’imminence du jugement (Apoc. 8. 3 et 4). Si, en Exode 33. 4 à 6, le peuple s’était dépouillé de ses ornements devant la colère de Dieu, aucune repentance ne se manifeste ici (v. 41), mais plutôt la chair qui ne peut se soumettre (Rom. 8. 7), excitée par l’influence des chefs rebelles. « Un peu de levain fait lever la pâte tout entière » (1 Cor. 5. 6). L’intercession précédente de Moïse et d’Aaron n’a pas servi de leçon au peuple et il porte contre eux, une accusation qui va déchaîner la colère de Dieu, que seul, l’encens de la propitiation présenté par le seul souverain sacrificateur arrêtera.

Le Seigneur Jésus, notre grand Souverain Sacrificateur peut seul présenter une intercession parfaite à Dieu, en notre faveur (Héb. 5. 5 et 6).

La sacrificature d’Aaron, que cette assemblée de méchants avait rejeté, va sauver le peuple de la destruction, quand Aaron « se tint entre les morts et les vivants » (v. 48). Il est une pâle figure de notre grand Souverain Sacrificateur Jésus Christ, qui seul peut ôter les péchés (Héb. 10. 10 et 14), par la rédemption (Rom. 3. 24), alors qu’Aaron ne pouvait que les « couvrir » afin de rendre Dieu propice : l’épître aux Hébreux donne les contrastes plutôt que les similitudes, entre la sacrificature dans l’Ancien Testament et la sacrificature du Seigneur. L’encens qu’Aaron présente à Dieu représente les perfections de Christ.

Dans le désert, l’autorité de Dieu et Sa puissance se manifestent par Moïse, et ne peuvent qu’ordonner la loi, ou détruire le peuple rebelle ; il faut le discernement de Moïse (v. 46) et l’empressement d’Aaron manifestant la grâce divine, pour sauver le peuple : seule la grâce nous sauve du jugement de Dieu, par l’office de sacrificateur et d’avocat du Seigneur (1 Jean 2. 1 et 2).

En Exode 14. 19 et 20, Dieu protégea les Hébreux, en se tenant entre le peuple et les Égyptiens. Ici, le gouvernement de Dieu fait 14 700 tués ; mais la grâce « se tient entre les morts et les vivants ».

Si le Seigneur, à la croix, nous a soustraits à la condamnation, il n’en exerce pas moins un jugement gouvernemental dans l’Assemblée (1 Pier. 4. 17 ; Apoc. 2 et 3).

En 2 Samuel 24, David intercède pour le peuple, et la grâce de Dieu arrête la plaie. C’est toujours la même pensée de la grâce obtenue par la souveraine sacrificature de Christ, aujourd’hui, selon la ressemblance d’Aaron, car nous péchons encore, mais bientôt, dans le ciel, selon la ressemblance de Melchisédec. En Hébreux 4. 15, le Seigneur exerce la miséricorde pour nos infirmités, et non pour nos manquements ; dans notre chapitre, il s’agissait d’un péché positif appelant le gouvernement divin avant la grâce.

Aaron n’est jamais présenté comme avocat selon Jean 14. 16 (note a) ; 1 Jean 2. 1, présente le rôle d’avocat du Seigneur, d’une portée plus large. Aaron ne pouvait atteindre à cette fonction devant Dieu : seul, le Seigneur est à la fois souverain sacrificateur et avocat.

Ch. 17

Au ch. 17, Dieu confirme Aaron dans sa sacrificature, en faisant bourgeonner sa seule verge, au milieu de celles des autres chefs. C’est la grâce, et ce miracle, significatif de la résurrection de Christ, se produit dans la tente d’assignation : de ce bois mort, Dieu produit la vie qui va donner des fruits : nous sommes les fruits d’un Christ mort et ressuscité. Elle sera placée dans l’arche (v. 10) avec la jarre de manne (Ex. 16. 33 et 34 ; Héb. 8. 9). Dans le pays, on ne retrouve pas ces deux ressources pour le désert (1 Rois 8. 9).

L’Éternel dit, v. 5 : « Je ferai cesser les murmures » et au v. 10 : « Tu feras cesser ». La verge de Moïse représentait la puissance et l’autorité : si elle avait été employée pour faire cesser les murmures du peuple, elle l’aurait détruit. On ne voit pas de repentance, mais la crainte aux v. 12 et 13, et une nouvelle grâce se déploie au ch. 18.

Si les sacrificateurs étaient alors des hommes « choisis », maintenant, tous, sacrificateurs de Dieu, « approchons-nous » (Héb. 10. 22) après avoir préparé nos cœurs pour Sa présence.

Ch. 18

Le ch. 18 répond aux craintes de la fin du ch. 17. 11 et nous renseigne sur les fonctions des sacrificateurs et des lévites : la sacrificature et le service des lévites (v. 2 à 7) ; les offrandes appartenant à Aaron et ses fils (v. 8 à 10) ; celles appartenant à toute la famille d’Aaron (v. 11 à 19) ; la dîme (v. 20 à 24) ; enfin, la dîme de la dîme (v. 25 à 32).

En Exode 40, le tabernacle dressé est oint, de même qu’Aaron et ses fils. Pourtant, ici, l’Éternel met sur eux « l’iniquité du sanctuaire et de la sacrificature » (v. 1) : les sacrificateurs, entachés de faiblesse, devaient offrir des sacrifices pour eux-mêmes (Héb. 7. 27). De plus, Nadab et Abihu offrant l’encens avec un feu étranger, avaient profané le tabernacle (Lév. 10). Les sacrificateurs et leurs familles portaient ces iniquités.

Confessons comme nôtre, l’iniquité de toute l’Église. Si les sacrificateurs portaient l’iniquité « des choses saintes », Christ, Souverain Sacrificateur, purifie nos saintes offrandes. Purifions-nous pour nous approcher de Dieu. Les lévites (nom qui signifie attachement en Genèse 29. 34), étaient adjoints à Aaron (Nomb. 3. 9) et le servaient, tandis que lui-même et ses fils servaient Dieu. Dieu attache beaucoup d’importance à ces services et nous sommes adjoints au Seigneur pour Le servir et servir nos frères ; entièrement donnés à Lui, c’est à Lui que nous rendons compte de notre service.

Sans la sacrificature établie de Dieu « afin qu’il n’y ait plus de colère contre les fils d’Israël », tous auraient péri ; c’était un don de l’Éternel. L’homme naturel ne peut s’approcher de Dieu. Au Sinaï, Dieu défendait au peuple de toucher la montagne où Il se tenait. Le Dieu de grâce reste saint, et Il a tout fait pour que nous nous approchions de Lui : « Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints… approchons-nous avec un cœur vrai » (Héb. 10. 19 et 22). Dieu nous donne de Le servir, et « nous sommes des serviteurs inutiles » (Luc 17. 10). Le service des lieux saints et celui de l’autel revenaient aux sacrificateurs (v. 5).

De même, à nous reviennent les soins de l’assemblée et l’adoration – l’autel – où nous sommes occupés du Seigneur et de Son œuvre. Aaron et ses fils, toujours associés ici, figurent Christ, souverain sacrificateur et les croyants sacrificateurs, mais aussi Sa famille : « nous sommes sa maison » (Héb. 3. 6).

Les v. 8 à 10, mentionnent les offrandes non consumées, données à Aaron, ses fils et tout mâle de sa famille : offrande de gâteau – sacrifices pour le péché et pour le délit. Puis, les offrandes élevées, tournoyées, le meilleur de l’huile, du moût, du froment, ainsi que les premiers fruits, appartenaient à toute la famille d’Aaron, moyennant la pureté (v. 13). Seuls, les sacrificateurs mangeaient les sacrifices pour le péché et pour le délit : il faut un bon degré spirituel pour s’approprier le péché d’autrui sans le juger.

Tout ce qui « ouvrait la matrice » appartenait à l’Éternel, mais il fallait « racheter » le premier-né de l’homme, mis au rang des bêtes impures (v. 15). Les prémices dont chacun pouvait se nourrir, figuraient Christ, notre nourriture spirituelle, prise dans le jugement de nous-mêmes.

Les premiers-nés des bêtes impures étaient rachetées par des bêtes pures : vaches, brebis ou chèvres « qui ruminent, ont le pied fendu et l’ongle complètement divisé » (Lév. 11. 2 et 3). Lisons et méditons la Parole pour nous-mêmes, et restons séparés du monde. Ces v. 15 à 19 détaillent davantage le commandement d’Exode 13. 1 et 2 où l’Éternel demande pour Lui-même « tout premier-né », hommes et bêtes, rappelant ainsi les premiers-nés mis à mort en Égypte (v. 15 ; Ex. 34. 19) – et l’Israélite ne devait pas paraître à vide devant l’Éternel. Ceux qui devaient être rachetés par de l’argent étaient estimés selon le « sicle du sanctuaire » (Nomb. 3. 46 et 47). Ces premiers-nés des bêtes pures appartenaient à l’Éternel : leur sang était versé sur l’autel ; leur graisse y était brûlée et la chair était pour Aaron et sa famille (v. 11 et 19).

Dans l’holocauste, le sacrifice de prospérités et le sacrifice pour le péché, la graisse – représentant l’excellence des affections de Christ pour l’Éternel – Lui était offerte. Dans nos louanges, exaltons tout l’amour du Seigneur pour Son Dieu. L’alliance de sel (v. 19 ; Lév. 2. 13), préservait en permanence contre la corruption, et parle de la pérennité de la séparation du croyant vis à vis du monde.

En 2 Chroniques 13. 5, le royaume intransmissible du vrai David est assuré par une « alliance de sel ». La sainteté de Christ est comme ce sel rehaussant le « goût » de son sacrifice, pour Dieu. Le sel devait être présenté sur les sacrifices, en opposition avec le levain qui n’y avait pas sa place. Dans les sacrifices de prospérités, Aaron et ses fils seuls, mangeaient l’épaule élevée et la poitrine tournoyée – l’énergie et les affections du Seigneur (Lév. 7. 30 à 34) ; mais ici, Aaron, ses fils et ses filles en mangeaient, étant purs. Ils devaient être mangés le jour-même ou le lendemain (Lév. 7. 15), et s’il était mangé le troisième jour, le sacrifice n’était pas agréé (v. 18).

Étant tous sacrificateurs, nous avons cette responsabilité d’être exercés et de nous purifier pour prendre la cène (1 Cor. 11. 28), mais c’est aussi notre privilège, et nous sommes tous et toutes des adorateurs.

La fin du v. 19 engage notre responsabilité de parents envers nos enfants : conduisons-les vers la sainteté, afin qu’à leur tour, ils désirent honorer le Seigneur à Sa table.

Dieu était la « part et l’héritage » d’Aaron, de ses fils et des lévites (v. 20 ; Deut. 10. 8 et 9 ; Jos. 13. 33) : ils ne recevraient, une fois entrés dans le pays, que des villes et leurs banlieues (Nomb. 35. 1 à 3) ; aussi l’Éternel leur avait attribué les dîmes des fils d’Israël pour leur subsistance, et ils devaient servir l’Éternel, présenter la Parole au peuple, et donner « la dîme de la dîme » pour Aaron et ses fils. Les dîmes étaient une « offrande élevée » à l’Éternel (v. 24). Nos dons sont offerts à Dieu, mais profitent à Ses serviteurs. Le Seigneur est notre part : « héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ » (Rom. 8. 17).

Le v. 22 fait référence aux nombreux morts parmi le peuple, à la suite de la rébellion de Coré ayant voulu s’emparer de la sacrificature. Les lévites seuls devaient s’approcher de la tente d’assignation.

Au sujet des dîmes, nous ne sommes plus sous la loi, mais le Nouveau Testament nous enseigne : en Luc 21. 1 à 4, la veuve a donné de sa pénurie tandis que d’autres donnaient de leur superflu ; Dieu regarde au cœur. 1 Corinthiens 16. 1 et 2 nous enseigne sur les collectes : donnons suivant ce que nous avons « prospéré ». En Hébreux 13. 15 et 16, les dons sont liés à la louange.

L’offrande des lévites était faite à l’Éternel (v. 26, 28 et 29), et ils offraient « le meilleur (v. 29, 30 et 32) de l’huile, du moût et du froment » (v. 12), ainsi que des bêtes pures (v. 15). En Malachie, Dieu reproche aux Israélites d’offrir des bêtes boiteuses. N’oublions pas que c’est à Dieu que vont nos offrandes. En Israël, personne n’était exempté de la dîme, mais aussi, nul ne devait être dans l’indigence selon la bonté de Dieu. Ils ne devaient pas profaner ces choses saintes de l’Éternel, en omettant de donner « la dîme de la dîme » (v. 32).

Nous devons tous participer aux collectes et donner à ceux d’entre nous qui seraient dans le besoin (2 Cor. 8. 7 à 15), prenant exemple sur les Macédoniens, pauvres mais généreux (v. 2). N’oublions pas les serviteurs de Dieu qui n’ont d’autres ressources que les dons des assemblées ; eux-mêmes doivent participer aux collectes : donner au Seigneur, le vrai Aaron, et être soigneux quant à l’utilisation des dons reçus, comme des « administrateurs fidèles » (1 Cor. 4. 1 et 2). Si nous sommes fidèles dans les petites choses, Dieu nous confiera les vraies richesses (Luc 16. 1 à 13).

Les choses saintes sont sanctifiées parce qu’elles appartiennent à Dieu. Prenons garde de ne pas agir comme les fils d’Éli en 1 Samuel 2. 15 à 17.

Quant aux lévites, ils devaient offrir « l’offrande élevée de l’Éternel, de tout le meilleur, la partie sanctifiée », et cela leur était compté « comme le produit de l’aire et de la cuve » (v. 27 et 30), et le reste était mangé librement par toute la famille.

Lors du réveil qui eut lieu en Néhémie, les Juifs ont eu à cœur de revenir à ces commandements de l’Éternel (Néh. 10. 37 à 39). Dieu dit : « la dîme que je vous ai donnée » (v. 26). Cela nous montre que tout ce que nous avons, nous le tenons de Dieu et que cela Lui appartient (Ag. 2. 8). « Ce que tu nous a donné, nous te le rendons ». Gardons-nous de frustrer Dieu comme le faisaient les Juifs en Malachie, ni même « d’offrir des sacrifices qui ne coûteraient rien » (2 Sam. 24. 24). La dîme devait être apportée chaque année (Néh. 10. 35), sauf l’année sabbatique où ils ne devaient rien semer ni récolter (Lév. 25). Malachie 3. 8 à 10 montre qu’il y avait eu des négligences frustrant l’Éternel.

Le v. 32 est solennel : si un Lévite n’apportait pas la dîme, il mourait. Ces dîmes ayant été données à Dieu étaient sanctifiées : les lévites devaient être purs pour en manger (Lév. 22. 1 à 3), et nul autre qu’eux, ainsi qu’Aaron et ses fils, n’avait le droit d’en manger, même par erreur : sinon, il devait faire réparation (Lév. 22. 14 à 16).

Étant tous sacrificateurs et lévites, apportons le meilleur de ce que Dieu nous donne ; c’est-à-dire, servons Dieu avant de nous servir nous-mêmes.

Ch. 19

L’Éternel avait commandé de mettre hors du camp quiconque serait impur pour un mort (Nomb. 5. 1 à 3) ; mais à cause des rébellions du peuple, les Israélites, durant les trente-huit ans d’errance, devaient connaître de nombreux morts chaque jour (Nomb. 14. 22 et 23) ; le Dieu de grâce donne, au ch. 19, une ressource pour le désert : une génisse sans tare (défaut caché), sans défaut visible, qui n’ait point porté le joug, et elle devait être rousse (couleur du sang) : nulle part ailleurs il n’est fait mention de la couleur des animaux offerts ; en Deutéronome 21. 3, une génisse était bien requise, mais de couleur indifférente.

Ces caractères préfigurent le sacrifice sanglant de Christ (Héb. 9. 13), « l’agneau sans défaut et sans tache » (1 Pier. 1. 19), car il était pétri et oint du Saint-Esprit, n’ayant jamais porté le joug du péché : le Seigneur disait en Jean 8. 46 : « Qui d’entre vous me convainc de péché ? » Le seul joug que le Seigneur ait porté est celui de l’obéissance (Mat. 11. 29).

La génisse était égorgée et brûlée tout entière (v. 5), après qu’Éléazar ait fait « aspersion de son sang, sept fois, droit devant la tente d’assignation » (v. 4), rappelant ainsi, à l’Éternel, que le sang de la propitiation avait été versé à la pâque, en Égypte : cette eau de purification était donnée pour rétablir la communion interrompue par le contact avec la mort.

Si un croyant a péché, sa relation avec Dieu reste la même, mais il doit confesser son péché (1 Jean 1. 6 et 9) pensant aux souffrances de Christ pour son péché : les cendres de la génisse rousse et l’eau vive (v. 17), anticipent le souvenir des souffrances du Seigneur, appliqué au cœur du croyant ayant péché, par la Parole et le Saint Esprit, car nous sommes à l’abri du sang de Jésus Christ versé une fois pour toutes, mais nous devons purifier notre marche (Jean 13. 10). Tous les sacrifices du Lévitique préfigurent l’offrande du Seigneur.

La génisse était égorgée « hors du camp » comme le Seigneur devait souffrir « hors de la porte » (Héb. 13. 12). Le Dieu de grâce pardonne en vertu d’un sacrifice mais il ne peut passer à la légère sur le péché : si un Israélite ne se purifiait pas, il mourait (v. 20), ayant souillé « le tabernacle de l’Éternel ». Si nous ne confessons pas nos péchés, il s’ensuivra un état de mort spirituelle.

Tout contact avec le péché souille : même ceux qui étaient appelés à préparer les cendres de la génisse ou à l’appliquer à l’homme souillé, devaient eux-mêmes se purifier, en lavant simplement leur chair et leurs vêtements (v. 7, 8 et 10). Déjà en Lévitique 16. 4, Aaron, après la mort de ses fils Nadab et Abihu, devait « laver sa chair dans l’eau ». Galates 6. 1, nous met en garde contre notre propre faiblesse, si nous devons nous occuper du péché d’un frère ou d’une sœur. La génisse était amenée à Éléazar ; on l’égorgeait et on la brûlait devant lui (v. 3) : type de Christ, il ne s’occupait pas de ce qui figurait le propre sacrifice du Seigneur ; on faisait aspersion de son sang « droit devant la tente d’assignation », donc, à l’extérieur, contrairement à Lévitique 4. 6, où le sang était porté dans le lieu saint.

Le cèdre, l’hysope et l’écarlate typifient respectivement : la grandeur de l’homme ; ce qu’il y a de petit, de méprisable en lui, et la splendeur humaine : tout devait être brûlé.

Le sacrificateur jetait au feu où brûlait la génisse rousse, tout ce en quoi l’homme se grandit à ses propres yeux (v. 6) : soit des choses de grande apparence ; soit des choses semblant humbles ou méprisables (Col. 2. 20 à 23) ; soit encore ce qui donne à l’homme une allure royale. Tout ce qui rappelle l’homme naturel doit être jugé.

Nous avons notre gloire en la croix de notre Seigneur (Gal. 6. 14). C’est par dérision que l’on a mis un manteau d’écarlate sur le Seigneur (Mat. 27. 28 et 29). Le ch. 4 des Lamentations de Jérémie, v. 5, montre que l’écarlate symbolise la gloire royale de l’homme (Apoc. 17. 4). Une pensée similaire est présentée en 1 Rois 5. 6, 9 et 10 ; ch. 6. 14 à 22 : là, les cèdres étaient coupés, dépouillés de leurs branches, acheminés par mer (la mort), avant qu’on en revête les murs du temple, et enfin être recouverts d’or pur.

Le sacrifice de la génisse rousse servait à purifier ceux qui avaient eu un contact, même involontaire, avec la mort. Si le sang de Jésus Christ a coulé une fois pour toutes, purifions-nous à chaque souillure, en nous souvenant de Ses souffrances. Pour s’occuper de la préparation des cendres de la génisse rousse et appliquer l’eau de purification à un homme impur, on avait recours à un homme pur (v. 9 et 18) ; mais cet homme-là devait à son tour se purifier (v. 7, 8, 10 et 21). Il faut que nous soyons en bon état spirituel, si nous devons nous occuper du péché d’un frère, et ensuite, nous purifier nous-mêmes de ce contact souillant. Dans ce sacrifice représentant celui du Seigneur, nous voyons la sainteté de Dieu, mais aussi la grâce qui donne les ressources. Il semble qu’il n’y ait eu qu’une seule génisse rousse sacrifiée et que ses cendres aient été suffisantes pour tout le désert. Christ est mort une fois pour toutes et Son sacrifice répond aux exigences de la sainteté divine (Héb. 9. 11 à 14).

Un mort dans la tente (la famille), souillait tous ceux qui s’y trouvaient, ainsi que tous les objets (v. 14 et 15) ; les vases découverts sont les enfants, les croyants faibles ou les nouveaux convertis : tous devaient être purifiés. C’est dans nos maisons que notre chair se manifeste le plus souvent, et nous souillons toute la famille.

Puis un homme pouvait se souiller dans les champs (l’activité extérieure) (v. 16) : l’homme tué par l’épée parle de la violence du monde ; le mort, de sa corruption ; l’ossement, d’un péché habituel auquel on ne prend plus garde ; le sépulcre, du côté séduisant du monde qui « gît tout entier dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Le nazaréen, souillé par un mort, se rasait la tête le septième jour (Nomb. 6. 9). Ici, la purification s’opérait le troisième et le septième jour. Confessons nos péchés dans l’amertume d’avoir fait souffrir le Seigneur, puis approfondissons la confession en examinant notre état (Ps. 51. 1 à 5) ; enfin, le cœur soulagé, rendons grâce de ce que le Seigneur les a expiés. Ces passages parlent de souillures involontaires, plutôt que de péchés positifs.

En ce qui concerne le contact avec des ossements d’homme, 2 Rois 13. 21 présente un cas différent : là, le mort jeté à la hâte sur les os d’Élisée et qui reprend vie, symbolise Christ mort donnant la vie à ceux qui croient en Lui. Conscients de cette grâce, gardons-nous de la souillure du monde.

Tout homme pur (v. 9 et 18), n’ayant pas attristé l’Esprit de Dieu, pouvait purifier l’homme impur avec de l’hysope, c’est-à-dire, avec humilité, comme le Seigneur, en Jean 13, s’est ceint d’un linge comme un esclave, pour laver les pieds de Ses disciples : si nous devons nous occuper du péché d’un autre, c’est en restant petits à nos propres yeux, car c’est un service d’amour, et il y a danger de tomber soi-même (Gal. 6. 1 ; 1 Cor. 10. 12) ; redresser, réparer, rendre accompli (1 Pier. 5. 10), sont des expressions montrant le travail de Dieu dans les cœurs.

Job, en son temps, avec une conscience délicate, purifiait ses fils de peur qu’ils aient péché (Job 1. 4 et 5).

Le sacrificateur faisait aspersion du sang de la génisse rousse, sept fois, devant la tente d’assignation (v. 4), et les cendres représentent le souvenir de la mort de la victime, car le sacrifice du Seigneur ne peut être répété. La purification s’appliquait à la personne souillée ainsi qu’aux objets dans la tente, car tout ce que l’homme impur touchait était impur (Lév. 15. 2 à 12), montrant toute la gravité du péché dans le cercle de la famille. L’homme pur, ensuite, devait se laver lui-même, car ce n’est jamais impunément que l’on s’occupe du péché (Jude 22). L’aspersion du troisième et du septième jour prouve que la communion est plus vite rompue que rétablie, et Dieu veut que nous prenions le temps de penser aux souffrances du Seigneur durant les trois heures de l’expiation ; aussi, fuyons l’ambiance délétère du monde.

En Nombres 16. 49, il y eut 14 700 morts dans l’affaire de Coré, mais l’ordonnance de la génisse rousse, pour la purification des contacts avec la mort, n’est donnée qu’au ch. 19. Entre ces deux chapitres, la grâce de Dieu est intervenue avec la verge d’Aaron qui a fleuri au ch. 17. La mort est le salaire du péché (Rom. 6. 23), et le péché est partout dans le monde : nous avons constamment à nous purifier, même de souillures contractées involontairement, ou inconsciemment. Job demandait à Dieu : « Ce que je ne vois pas, montre-le moi » (Job 34. 32 ; Ps. 139. 23).

Si nous sommes tristes, parfois, demandons-nous où en est notre communion avec Dieu, et ne goûtons pas de repos jusqu’à ce qu’elle soit rétablie. En Nombres 31. 19 et 20, ceux qui avait tué un ennemi devaient se purifier, mais même leurs captifs devaient être purifiés ; et « après cela », ils entraient dans le camp. La grâce de Dieu voulait déjà s’étendre aux Gentils (Nomb. 31. 19 ; Ex. 12. 19).

Séparons-nous du mal. En Nombres 19. 20, l’homme impur qui ne se purifiait pas rendait impur le sanctuaire de l’Éternel, et nous sommes le temple de Dieu (1 Cor. 3. 16 ; 6. 19). En Exode 12. 15 à 20, le levain – type du péché envahissant – devait être absolument absent des maisons des Israélites et des étrangers vivant parmi eux, durant les jours des pains sans levain, la Pâque.

Usons des ressources que donne le Seigneur, par Sa Parole et l’Esprit-Saint, afin que nous soyons gardés de la souillure, et soyons attentifs à nous en purifier. Ne laissons pas le monde entrer dans nos maisons : pensons spécialement « aux vases découverts », les enfants, les faibles en foi, les mal affermis et les nouveaux convertis, que les mauvais exemples peuvent renverser. Nos foyers doivent être des « havres de paix ».

Ch. 20

Le peuple arrive à la fin des trente-huit ans, période qui commence au ch. 14. 32, et l’Éternel leur dit de partir de là (Deut. 1. 6). Peu de détails sont donnés pour ces années d’errance autour de la montagne du désert de Kadès.

Les ch. 20 à 36 relatent la reprise de la marche pour la dernière partie du voyage ; c’est la quarantième année après la sortie d’Égypte (Nomb. 33. 37 et 38). Toute la génération sortie d’Égypte est tombée dans le désert. Marie, qui avait pourtant chanté le cantique de la délivrance (Ex. 15), meurt au désert (v. 1) ; Aaron mourra quatre mois après elle (v. 22 à 28), à la montagne de Hor ; puis Moïse, sur le mont Nébo (Deut. 34). Aucun des trois n’est entré dans le pays de la promesse, à cause de leurs rébellions – Marie contre Moïse (ch. 12), et Moïse et Aaron contre Dieu (v. 24 ; Ps. 106. 32 et 33). Pourtant, en Michée 6. 3 et 4, ces trois serviteurs sont associés : Marie, comme prophétesse (Ex. 15. 20), Aaron, comme grand sacrificateur, et Moïse qualifié de « roi en Jéshurun » (Deut. 33. 5), en fait, représentant Dieu.

Dieu prenait soin du peuple, au désert. La vie dans le désert manifeste à la fois le cœur rebelle de l’homme, et le cœur de Dieu plein de miséricorde, donnant des ressources pour le désert : la verge d’Aaron qui a fleuri et la génisse rousse.

Ézéchiel 20. 13 à 22, rappelle toutes les rébellions des pères et des fils après eux, montrant que le cœur de l’homme ne change jamais, malgré la grâce divine qui pourvoit à tout : la manne, l’eau du rocher, leurs sandales qui ne se sont pas usées etc… Il se peut que, nouveaux convertis, nous chantions de joie, comme Marie, puis que nous nous nous éloignions de Dieu et devenions tristes. Crions à Dieu, alors, comme David : « Rends-moi la joie de ton salut » (Ps. 51. 12). Le mauvais état de notre cœur nous éloigne du Seigneur (Héb. 3. 12 à 19 ; 4. 1).

Dans ce chapitre, comme en Exode 17, il n’y a pas d’eau, et cela provoque les mêmes contestations qu’en Exode 16. 2 et 3 – et les mêmes souhaits d’être morts. Rien n’est changé malgré la discipline et la grâce divines. Dieu permet des épreuves pour tester et fortifier notre foi, et nos circonstances sont dirigées par Dieu (Lam. 3. 37 à 40) : si nous contestons, c’est contre Lui (Ex. 17. 2 ; 1 Sam. 8. 5 à 7). Restons bien près du Seigneur.

Le peuple était retourné de cœur en Égypte (Act. 7. 39). Leurs griefs, en Nombres 20, pouvaient paraître légitimes : ils auraient aimé ensemencer la terre et en manger les fruits (v. 5). La longue expérience des soins de Dieu était oubliée. Fions-nous aux certitudes divines plutôt qu’aux « assurances » qu’offre le monde : véritable désert pour nos âmes, ne nous y installons pas. Abraham partit de son pays, « ne sachant où il allait » (Héb. 11. 8). Dieu est suffisant pour tout (Ps. 107. 35 à 38 ; És. 41. 17 à 20).

C’était le désir de Dieu qu’ils traversent le désert rapidement : « Il y a onze journées depuis Horeb… jusqu’à Kadès Barnéa » (Deut. 1. 2) ; mais leur incrédulité les rejeta au désert, trente-huit ans ! L’attitude de Moïse et Aaron est extérieurement convenable (v. 6), mais leur colère se manifestera contre le peuple et les poussera à désobéir à Dieu (v. 24). Craignons que notre attitude ne réponde pas à un vrai exercice de cœur.

L’attitude de Moïse appelle le gouvernement de Dieu sur lui, mais n’arrête pas Sa grâce envers Son peuple, malgré ses contestations répétées : l’eau coule en abondance du rocher. L’Éternel avait dit de prendre la verge d’Aaron qui avait fleuri et mûri des amandes (Nomb. 17. 8), manifestant la grâce de Dieu pour le peuple, et de « parler au rocher » ; mais Moïse, en colère, « frappa le rocher de sa verge, deux fois » (v. 11).

Dans une circonstance similaire, Moïse avait été appelé à frapper le rocher (Ex. 17. 6), car il s’agissait, typiquement, de Christ « frappé de Dieu » (És. 53. 4), mis à mort une fois pour toutes (Rom. 6. 10 ; Héb. 9. 25 à 28), pour nous communiquer la vie ; mais ensuite, il faut présenter nos requêtes au Seigneur avec foi (1 Tim. 2. 8 ; Jac. 1. 5 à 8). La discipline de Dieu sur Moïse était proportionnée à sa faute : on ne répète pas le sacrifice du Seigneur. Dieu voulait étancher la soif de Son peuple, mais aussi répondre à ses besoins spirituels (1 Cor. 10. 1 à 4). Christ est notre nourriture et notre breuvage spirituels.

L’attitude de Moïse et d’Aaron ne peut être approuvée de Dieu : Moïse, soucieux de son autorité, traite le peuple de « rebelles » – ce qui était vrai – alors que lui-même et Aaron étaient en train de se rebeller eux-mêmes contre le commandement de l’Éternel. Puis il dit : « Vous ferons-nous sortir de l’eau de ce rocher ? » Il s’attribue la puissance qui n’appartient qu’à Dieu, alors qu’il n’était qu’un médiateur. Sa patience est à bout, mais son attitude est d’autant plus grave que sa proximité avec Dieu était grande. Moïse, ayant à la main la verge d’Aaron, aurait dû comprendre la pensée de la grâce surabondante de Dieu pour Son peuple (v. 11), mais la colère a obscurci son intelligence habituelle des voies divines : sa responsabilité reste entière malgré la culpabilité du peuple (Ps. 106. 32).

Dans un sens, Moïse, conducteur du peuple, a agi « en gémissant » (Héb. 13. 17). Veillons à nos réactions, si un frère nous irrite,. « Vous ne m’avez pas cru, pour me sanctifier aux yeux d’Israël » (v. 12) : un moment, peut-être, Moïse et Aaron n’ont pas cru qu’il suffisait de « parler au rocher », alors que, dans l’Exode, il avait fallu le frapper.

Ne faisons pas comme Moïse qui avait « adapté à sa manière » la volonté de l’Éternel. « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). Moïse, à cause de sa désobéissance, n’introduira pas le peuple en Canaan, mais, dans sa grâce, Dieu lui montrera le pays. Le peuple met à la vue son « méchant cœur d’incrédulité », mais la volonté de Dieu est de bénir les Siens (Deut. 8. 15 et 16). La discipline de Dieu a été douloureuse pour Moïse (Deut. 3. 23 à 26), cependant il parle de Dieu comme il convient à un serviteur fidèle et humble (Deut. 31. 3 à 6 ; 32. 4).

Rappelons aussi que l’Éternel voulait être « sanctifié », peut-être, mis à part du peuple rebelle : certes, la grâce s’exerçait en sa faveur, mais Dieu ne jouissait d’aucune communion avec lui. La grâce de Dieu domine toute notre vie de croyant. Si nous avons péché, confessons soigneusement nos fautes, afin que le Seigneur ne soit pas obligé de se « mettre à part » de nous.

La tristesse empreint tout ce chapitre : les deuils ; les murmures ; la faute de Moïse ; enfin, le refus d’Édom de laisser passer le peuple, ajoute la lassitude morale à la fatigue physique, malgré le message humble de Moïse au roi d’Édom : il met la grâce de Dieu en avant (v. 6) et les bonnes intentions du peuple qui a bu des eaux du rocher, et veut obéir à l’Éternel en « achetant à prix d’argent » la nourriture et l’eau des puits (Deut. 2. 6). Le peuple se détourne devant le refus d’Édom, frère d’Israël : « Les ennemis d’un homme seront les gens de sa maison » (Mat. 10. 36) ; car Dieu ne permet pas de conflit entre eux (Deut. 23. 7) ; cependant, la haine d’Édom contre Israël a été perpétuelle, et à la fin, Dieu le détruira entièrement (Abdias 10 à 14, 18 ; Ps. 83. 2 à 11 ; Éz. 35. 1 à 15). Sachons nous laisser faire du tort (1 Cor. 6. 7), tant qu’il ne s’agit pas de la gloire de Dieu : « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (Phil. 4. 5).

Au ch. 21, Israël combattra les combats de Dieu contre des ennemis et vaincra. Dans nos circonstances, insistons sur les droits de Dieu et non sur les nôtres. Israël et Édom peuvent figurer l’opposition des deux natures (Gal. 5. 17) : le peuple, fatigué par sa longue errance, voudrait entrer en Canaan en traversant Édom – le chemin le plus court – mais Édom ne montre aucune pitié pour son frère, et s’oppose, en armes, à la traversée de son pays. L’ennemi nous guette dans les moments d’épreuve. Édom, c’est aussi l’image du monde profane et de son « prince » (1 Jean 5. 19), opposé aux peuple de Dieu.

Les champs, les vignes, l’eau des puits (v. 17), représentent les affaires de la vie, les joies mondaines et les sources profanes où la chair se désaltère. Comme le peuple, abstenons-nous de tout cela. Moïse a-t-il peut-être compris qu’il vaut mieux compter sur l’eau du rocher et sur la manne, breuvage et nourriture gratuits de la part de Dieu, plutôt que de payer les fournitures profanes du pays d’Édom (v. 17) ?

Que le Seigneur nous donne de passer dans ce monde ennemi, seulement « avec nos pieds » (v. 19), non avec nos cœurs (1 Cor. 7. 29 à 31), car, dépendants de Dieu, nous ne manquons de rien (Deut. 2. 7). « Courons droit au but » (v. 17 ; Phil. 3. 14), en marchant d’un même pas dans le « chemin battu », le chemin commun. Malachie 1. 3 dit : « J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü ». Toute la Parole nous montre la méchanceté de l’homme en Adam – même nom qu’Édom ; mais Dieu ne condamne jamais sans avoir d’abord aimé. Satan, en poussant Édom à attaquer Israël, cherchait à détruire la racine humaine du Messie ; plus tard, l’homme en Adam mettra à mort le Seigneur de gloire.

Dieu s’apitoie sur la fatigue du peuple : « Vous avez assez tourné autour de cette montagne » (Deut. 2. 3) ; souvent, Dieu nous prend en pitié quand II voit que nous ne marchons pas dans le droit chemin. Cependant, Il nous fait faire parfois un long détour qui évite des dangers. En traversant le pays d’Édom, Israël aurait peut-être déshonoré son Dieu, comme il l’a fait en traversant Moab, bien que Dieu l’ait livré entre ses mains, circonstances rappelées par Jephté (Jug. 11. 12 à 27).

Dieu parle à « Moïse et Aaron », comme chaque fois qu’il a une chose importante à leur dire ; cette fois-là, la chose est solennelle : « Aaron sera recueilli vers ses peuples » mais non « retranché ». Cependant, dans Sa grâce, Dieu les a conduits jusqu’à la montagne de Hor, frontière du pays (Nomb. 34. 7). Moïse, lui aussi, regardera le pays du sommet du mont Nébo ; l’un comme l’autre parvinrent jusqu’à la frontière avant de mourir : ils furent comme « endormis en Jésus », jouissant de la promesse de la résurrection.

Moïse voit avec tristesse partir son frère aîné, après Marie. Cette scène touchante montre pourtant la grâce divine : d’abord désobéissants à Dieu, à la fin ils se soumettent sans murmure : ils montent au sommet de la montagne dans la proximité de Dieu, pleinement restaurés. Élie le Thishbite, autre exemple d’un croyant restauré après une chute, invité à oindre Hazaël roi sur la Syrie, Jéhu roi sur Israël et Élisée prophète à sa place, comprenant sa faute, il rencontre d’abord Élisée, s’effaçant devant lui. Sur la montagne de Hor, Aaron, dépouillé des saints vêtements de la sacrificature, n’est plus qu’un homme sauvé par grâce, et Éléazar, son fils, les revêt à son tour, conformément à Exode 29. 29.

Les sacrificateurs se succédaient car la mort les empêchait de demeurer – contrairement à Christ, Souverain Sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec : sa sacrificature ne se transmet pas (Héb. 7. 21 à 25) et Il a la primauté sur toutes choses. Aaron pouvait avoir de l’indulgence à cause de ses propres infirmités (Héb. 5. 2), et le Seigneur exerce la sacrificature, pour le moment, selon la ressemblance d’Aaron, bien qu’il n’ait jamais eu affaire avec le péché pour Lui-même (Héb. 4. 14 et 15).

Le Seigneur nous a faits rois et sacrificateurs (Apoc. 1. 6) : notre sacrificature commencée ici-bas se poursuivra dans l’éternité. Le peuple a eu besoin de la sacrificature pour sa marche au désert et il va en avoir besoin pour combattre les ennemis. L’intercession continuelle du Seigneur nous est indispensable.

Le jugement de Dieu était solennel, car il s’appliquait aussi à Moïse, recueilli peu de temps après. Essayons de comprendre ce que Dieu veut nous dire lorsqu’il survient un évènement fâcheux à l’un d’entre nous, étant tous liés ensemble. Les sacrificateurs avaient ce noble privilège d’être la « bouche de Dieu », pour faire descendre la bénédiction divine sur le peuple (Nomb. 6. 22 à 27). La mort d’Aaron survint en la quarantième année après la sortie d’Égypte (Nomb. 33. 38).

Ch. 21

Au ch. 21, les Cananéens attaquent Israël et lui font des prisonniers ; Israël mis à l’épreuve, crie à Dieu qui lui donne une victoire complète : il détruit les villes des Cananéens jusqu’à Horma, lieu où Israël avait été vaincu au ch. 14. 45.

Nous ne sommes pas appelés à attaquer le monde, mais si le monde nous attaque, combattons par la prière : la victoire est au bout du chemin, car le Seigneur a « vaincu le monde » (Jean 16. 33).

Israël victorieux des Cananéens, Dieu les renvoie au désert pour contourner le pays d’Édom mais le peuple, lassé, se décourage et « parle contre Dieu et contre Moïse ». Éphésiens 6, nous exhorte à « tenir ferme après avoir tout surmonté », car l’Église aussi est parvenue à la « quarantième année » de son voyage. Ne péchons pas contre le Seigneur en perdant patience.

La manne, ce « pain des puissants » (Ps. 72. 24 et 75), à laquelle, au début, le peuple trouvait un goût de « gâteau au miel » (Ex. 16. 31), n’a plus, maintenant, aucun attrait pour lui. Quel « goût » a pour nous, le Seigneur Jésus, notre Pain spirituel ? Tenons-nous bien près de Lui afin que nous L’appréciions toujours plus. Il était faux de dire qu’il n’y avait ni pain ni eau dans le désert, car la manne et l’eau du rocher leur était donnés.

Ne méprisons pas la nourriture spirituelle dans l’assemblée, malgré la faiblesse, mais méditons la Parole de tout notre cœur (Jér. 15. 16 ; Jean 5). Car le Seigneur est notre véritable pain du ciel (Jean 6. 31 à 35). Ce qu’offre le monde nous éloigne du Seigneur, qui perd pour nous toute sa « saveur » ; les murmures alors suivent, et nous « tentons le Christ » (1 Cor. 10. 9). Le cas d’Élie en 1 Rois 19. 5 à 8, montre que la persévérance pour se nourrir et s’abreuver de Christ donne la force de poursuivre le chemin dans la communion avec Dieu.

Devant l’attitude du peuple, Dieu leur envoie des « serpents brûlants qui le mordaient » « et il mourut un grand peuple » (v. 6). Pourtant, Dieu avait la puissance de les conduire dans le désert sans être mordus par les serpents. Éphésiens 6. 16 parle des « dards enflammés du méchant ». Le serpent est une figure de Satan (Apoc. 20. 2). Dieu leur fait comprendre à qui ils obéissent quand ils murmurent, et il en est de même pour nous.

Le verset 7 montre la repentance du peuple et la réponse divine : Dieu ne retire pas les serpents, mais donne un remède efficace : Moïse devra faire un « serpent d’airain » que quiconque était mordu devait regarder pour être guéri (v. 8). Satan nous pousse à pécher, mais c’est nous qui péchons ; regardons alors vers Christ crucifié, vrai serpent d’airain (Jean 3. 14), et confessons notre péché. Le peuple pèche, Dieu envoie Son jugement.

Le peuple se repent sincèrement pour la première fois (v. 7), la grâce divine se déploie, comme, plus tard, dans le livre des Juges. Confesser son péché, c’est dire à Dieu ce que l’on a fait (v. 7 ; Ps. 51. 4), alors « le sang de Jésus Christ… nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7), et non dire légèrement « nous avons péché » (ch. 14. 40 ; 1 Sam. 15. 24). Le Seigneur « a été fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21) et a réglé la question du péché (Rom. 8. 3) une fois pour toutes : le pardon est offert à quiconque se repent et croit en Lui (Jean 3. 16) ; mais aussi, la communion est rétablie avec Dieu pour les croyants. Si tous les hommes sont « mordus » par le grand serpent qu’est le diable, la grâce est offerte à tous mais beaucoup la méprisent et sont perdus. Dieu en appelle à la foi pour s’emparer de Ses dons (Éph. 2. 8). Par contre, les croyants ont « un avocat auprès du Père » (1 Jean 2. 1). Pensons aux souffrances du Seigneur, et nous aurons horreur du péché.

« Approchons-nous de Dieu, et il s’approchera de nous » (Jac. 4. 8).

Ces passages présentent les soins de la grâce de Dieu pour Son peuple : v. 1 à 20, la victoire, la restauration, des étapes enfin paisibles avant le rafraîchissement au puits de Beër ; enfin, une position élevée dans la communion avec Dieu, qui répond à tous les besoins des Siens (Phil. 4. 19). Si au ch. 33, Dieu a noté toutes les étapes du peuple au désert, dans ces passages, il n’en désigne que neuf.

Au ch. 9, avec la nuée conduisant Israël, la Parole montre la dépendance du peuple de Dieu, et la vigilance constante dont il devait faire preuve. Parvenu à la frontière, le peuple est stimulé par la victoire et la proximité du pays. Puis, le peuple restauré, Dieu les assemble au puits que les princes ont creusé avec Moïse. Jusque-là, Dieu les abreuvait au rocher frappé et auquel il fallait parler pour qu’il donne ses eaux ; maintenant, les nobles du peuple, enfin à leur place, avec effort, font jaillir l’eau. Alors, Israël chante pour la deuxième fois dans le désert. Au ch. 15 de l’Exode, c’était le cantique éclatant de la délivrance ; ici, c’est le cantique plus paisible, plus profond de la communion retrouvée avec Dieu.

Chantons nous aussi, des cantiques « de communion » à Dieu (Ps. 45 ; Jac. 5. 13). Des croyants doués de Dieu ont « creusé » la Parole et en ont fait jaillir beaucoup de rafraîchissement ; mais aujourd’hui en particulier, des « philistins » modernes bouchent ces « puits ». Comme Isaac autrefois, recreusons-les, chacun pour soi-même, et nos jeunes frères et sœurs pour leur compte (Jean 5. 39 ; 1 Thess. 5. 12 ; Act. 17. 11) : alors, « des fleuves d’eau vive couleront » de notre ventre (Jean 7. 38). Gardons ce qui nous a été confié (1 Tim. 6. 20). Le premier puits présenté dans la Parole (Gen. 16. 13), montre « le Dieu qui se révèle » à Agar ; c’est aussi là qu’Isaac rencontre Rebecca. C’est dans la Parole que Dieu se révèle à l’âme et que l’on rencontre le Sauveur.

Le « livre des guerres de l’Éternel » (v. 14 et 15), a sans doute existé, mais Dieu ne nous l’a pas conservé. Aux v. 27 à 31, Dieu montre que, si Israël ne devait pas faire la guerre à Moab, d’autres, les Amoréens, devaient s’en charger, et Israël, à son tour, détruisit les Amoréens dont Dieu avait endurci le cœur (Deut. 2. 30). Il ne devait pas faire la guerre, non plus, à Ésaü, et il passa outre (Deut. 2. 8).

Une circonstance heureuse nous est présentée au v. 11 : « Ils campèrent… dans le désert… vers le soleil levant » : l’orient symbolise le côté d’où viendra le Seigneur, « l’Orient d’en haut ». Enfin, aux confins du pays promis, « ils vinrent… à la vallée qui est dans les champs de Moab, au sommet du Pisga, qui se montre au-dessus de la surface du désert » (v. 19 et 20). Ce qu’ils voyaient depuis-là était bien propre à les séduire : le pays de Jhazer et le pays de Galaad, en deçà du Jourdain, riches en pâturages séduisirent les fils de Ruben et les fils de Gad, ainsi que la moitié de la tribu de Manassé (Nomb. 32), qui s’y installèrent, malgré la volonté de l’Éternel que tous entrent dans le pays promis.

– Recherchons les richesses célestes, et non les richesses du monde que recherchent souvent les chrétiens mondains.

En Deutéronome 2. 24 et 31, Dieu avait donné l’ordre à Moïse de prendre possession du pays de Moab que les Amoréens avaient pris auparavant (v. 27 à 30). Moïse avait envoyé le même message de paix qu’à Édom, mais si Israël avait dû se détourner d’Édom, il a dû combattre contre les Amoréens, qu’il a vaincus, car l’Éternel avait endurci le cœur de Sihon le roi des Amoréens (Deut. 2. 30).

Ne combattons pas contre nos frères, mais contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Éph. 6. 12). Mais là encore, n’attaquons pas : ripostons par la prière et la Parole, dans la dépendance du Seigneur, pour triompher, car : « Pour autant que cela dépend de nous, vivons en paix avec tous les hommes » (Rom. 12. 18). La dépendance de Dieu nous conduira dans des circonstances extérieurement semblables.

Ces « combats de l’Éternel » – expression que l’on retrouve dans le ch. 18 de 1 Samuel, sont rappelés dans les Psaumes 135. 10 et 11 ; 136. 16 à 20, où la victoire est attribuée à Dieu seul. C’est dans ce pays de Moab conquis sur les Amoréens que Ruben s’établit. Dans ces paragraphes, la fidélité du peuple le fait voler de victoire en victoire : après Sihon l’Amoréen, c’est Og, roi de Basan qui est défait (v. 33 à 35). Og était de ces géants qui avaient fait tellement peur à Israël au ch. 13, 14. Ici, les géants sont toujours là, mais Israël combat avec foi et est encouragé par la Parole de Dieu (v. 34).

« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31). Ces deux victoires totales provoquent « la frayeur » des peuples de Palestine (Jos. 2. 9 à 11). « Pas de ville qui fût trop haute pour nous » dira Moïse (Deut. 2. 36). Moïse, d’ailleurs, a participé à la conquête en deçà du Jourdain, puisqu’il en a lui-même écrit le récit (Deutéronome). C’est dans l’obéissance de la foi que nous sommes victorieux dans nos circonstances. C’est par cette même foi obéissante que Caleb, « aussi fort » à quatre-vingt-cinq ans qu’à quarante, conquerra la montagne de Hébron, dans le pays de Juda (Jos. 14. 6 à 15).

Par la foi, Élisée demande à Dieu d’ouvrir les yeux de son jeune homme, afin qu’il voie l’armée céleste qui les protégeait (2 Rois 6. 16 et 17). Du bon état du peuple montent la louange dans la joie (v. 18) et la force pour les combats. « La joie de l’Éternel est votre force » (Néh. 8. 10). « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4). Plus tard, l’histoire d’Israël montrera sa désobéissance, et Osée rappelle que cela a été « pour sa destruction » (Osée 13. 9). Le peuple est au bord du Jourdain et progresse rapidement, et il campe en face de Jéricho (ch. 22. 1).

Cependant, du ch. 22 au ch. 36, quatorze chapitres se déroulent pendant cette période, durant laquelle Dieu bénira Son peuple (ch. 22 à 24). Des circonstances malheureuses vont se produire au ch. 25, où, après les premiers combats victorieux, ils se sont arrêtés et « habitaient en Sittim » (ch. 25. 1). Il en est résulté cette triste chute relatée au ch. 25, où Israël commettra la fornication et l’idolâtrie avec les filles de Moab (v. 1 à 3).

« Je fais une chose : … je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Phil. 3. 14).

Ch. 22

L’ennemi n’ayant pu vaincre le peuple lors des combats contre Sihon et Og, cherche, maintenant, à le priver de la bénédiction de Dieu, en poussant Balak à rechercher sa malédiction (ch. 22 à 24). Satan se sert de Balaam, personnage mystérieux et cupide, un devin (Jos. 13. 22), pour tenter de maudire le peuple ; mais Dieu oblige Balaam à le bénir (Michée 6. 5).

Balaam, tout en ayant une certaine crainte de Dieu, allait à la rencontre des « enchantements » (ch. 23. 15) car son « chemin était pervers devant Dieu » (ch. 22. 32) ; mais il devra dire : « Il n’y a pas d’enchantement contre Jacob, ni de divination contre Israël » (Nomb. 23. 23). « Et Balaam vit qu’il était bon aux yeux de l’Éternel de bénir le peuple » (Nomb. 24. 1).

En Zacharie 3, l’ennemi fera des efforts pour ruiner la position de Joshua, ce « tison sauvé du feu » (v. 2). L’amour de Dieu pour Son peuple terrestre et céleste, se manifeste en vertu de l’œuvre de la croix. La frayeur de Moab était injustifiée, car l’Éternel avait commandé à Moïse de ne pas l’attaquer (Deut. 2. 9). Aussi, l’Éternel interdit aux Moabites et aux Ammonites d’entrer dans sa congrégation « car l’Éternel, ton Dieu, t’a aimé » (Deut. 23. 3 à 6).

Les ch. 22 à 25 montrent ce qu’est le peuple aux yeux de Dieu, et ce qu’il est dans sa nature même : poussé par Balaam, quoique béni de Dieu, il se livrera à la fornication avec les filles de Moab (ch. 25). Ces scènes des ch. 22 à 24, sont ignorées du peuple et, malgré son mauvais état, Dieu n’a vu aucun mal en Israël (ch. 23. 21). De même, l’Église, malgré ses iniquités, est vue parfaite en Christ. Enfin, la venue du Seigneur pour vaincre les ennemis est annoncée (ch. 24. 17 ; Ps. 45. 3 à 5).

Balaam n’était pas d’Israël et vivait en Mésopotamie, à six cents kilomètres de Canaan ; c’était un homme influent, et on va le chercher par deux fois, en lui offrant le salaire de la divination et en lui promettant des honneurs. Ignorant des conseils de Dieu envers Son peuple, il était prêt à le maudire, et l’Éternel cherche à toucher sa conscience : « Qui sont ces hommes que tu as chez toi ? » (ch. 22. 9).

La Parole nous met en garde contre « le chemin », « l’erreur » et « la doctrine de Balaam » (2 Pier. 2. 15 ; Jude 11 ; Apoc. 2. 14). L’amour de l’argent est « une racine de toutes sortes de maux » (1 Tim. 6. 5, 9 et 10). Ne mêlons pas la piété à l’argent. Balaam avait la « forme de la piété » (2 Tim. 3. 5), mais prenait le nom de l’Éternel en vain (ch. 22. 18) ; il était de ces devins que l’Éternel avait interdits à Israël (Deut. 18. 10 à 12), mais que l’on trouve en Actes 8. 9 à 11. Gardons-nous de ces choses sataniques, toujours actuelles. Nous avons la Parole de Dieu et la puissance du Seigneur pour marcher dans l’obéissance. La réponse de Dieu était claire (ch. 22. 12), mais Balaam et les seigneurs de Balak la déforment (v. 13 et 14). Veillons à cela pour nous-mêmes. L’Éternel n’avait rien de plus à dire à Balaam (v. 19), mais il l’oblige à ne dire que ce qu’il doit dire (v. 20 et 35), et il sera contraint de bénir selon la volonté de Dieu (ch. 23. 26). Dieu triomphe toujours des ennemis.

«Tout genou se ploiera des êtres célestes et terrestres et infernaux, et toute bouche confessera que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 9 à 11).

À l’argent promis s’ajoutent les honneurs (v. 17.). L’ennemi connaît nos cœurs : si une chose nous attire dans le monde, c’est que nous sommes en mauvais état spirituel, et il nous tentera par cette chose-là (Jac. 1. 14).

Au v. 12, Dieu avait dit : « Tu n’iras pas », mais Balaam espère que Dieu modifiera Sa pensée (v. 19). Plus tard, il sera contraint de reconnaître que Dieu ne revient pas sur Ses décisions (ch. 23. 19). Ne cherchons pas à justifier nos propres pensées par la Parole ou à « entraîner » Dieu dans notre chemin de propre volonté. Dieu peut, alors, nous laisser faire (Osée 4. 17), mais ce sera toujours à notre détriment. Balaam avait de belles paroles de piété apparente (v. 18), et il n’était pas un faux prophète, car ses prophéties se réaliseront, mais, cupide et pervers (v. 32), il projetait de dire autre chose que ce que Dieu lui avait commandé, c’est pourquoi Dieu l’arrête dans son chemin. En Osée 14. 8, le peuple restauré rejette ses idoles ; Balaam, lui, s’obstine et sera tué (Jos. 13. 22), après avoir réussi à faire tomber Israël (Nomb. 25).

Gardons-nous du péché de l’obstination : 1 Samuel 15. 23 dit : « L’obstination est comme une idolâtrie et des théraphim ». La perversité conduit toujours à la destruction. Satan s’oppose à notre marche avec Dieu, mais Dieu nous empêche souvent de faire notre volonté. Marchons humblement avec Dieu, afin d’obéir à sa pensée. Balaam représente l’état de la chrétienté professante qui recherche l’argent, les honneurs, l’alliance avec le monde, le chemin large, et le mélange des choses de Dieu avec l’idolâtrie.

Cependant, Dieu va se servir de Balaam pour bénir le peuple ; c’est pourquoi il lui permet de partir avec les seigneurs de Balak. L’ennemi cherche toujours à nous faire du mal, mais Dieu a la haute main sur toutes choses et se sert de tout « pour nous faire du bien à la fin » (Deut. 8. 16) ; il « sait délivrer les hommes pieux » (2 Pier. 2. 9), et châtier ceux qui « aiment le salaire d’iniquité » (2 Pier. 2. 15 et 16).

Les v. 23 à 31 montrent Balaam plus stupide que son ânesse : elle a vu l’Ange de l’Éternel lui barrer la route par trois fois, et a réagi avec crainte ; Balaam, lui, n’a rien vu et se met en colère contre sa bête, qu’il frappe violemment. Il faut que Dieu ouvre la bouche de l’ânesse (v. 28 à 30) qui lui parle « d’une voix d’homme » et réprime sa folie (2 Pier. 2. 16), pour qu’enfin il voie l’Ange de l’Éternel. L’homme religieux ne « voit » pas les choses de Dieu, qu’un enfant comprend en lisant simplement la Parole.

Balaam était de ces « imposteurs… séduisant et étant séduits » (2 Tim. 3. 13). L’Ange de l’Éternel, apparition visible de l’Éternel Lui-même qui prendra le nom de Jésus dans Sa vie d’homme, reproche à Balaam d’avoir frappé sa bête par trois fois (v. 32). Dieu manifeste Sa sollicitude pour Ses créatures, car les bêtes lui appartiennent « sur mille montagnes » (Ps. 50. 10) : nous pouvons nous en nourrir mais non les martyriser (Prov. 12. 10 ; Jonas 4. 11) ; Il nous en demandera compte. L’ange qui apparaît à Josué (Jos. 5. 14), présente cette différence qu’il était pour Josué et le peuple et venait diriger leurs combats, alors qu’il était contre Balaam et était prêt à le tuer.

Laissons le Seigneur diriger notre vie : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 23).

Il faut le comportement inhabituel de l’ânesse pour que Dieu, par pure grâce, ouvre les yeux de Balaam et qu’il voie enfin l’Ange de l’Éternel. En relation avec les démons, il ne pouvait être « intelligent » quant à Dieu, et se montre plus stupide que son ânesse.

Ésaïe 1. 3 et 4 montre Israël, « chargé d’iniquité » et qui ne connaît pas son Dieu, moins intelligent que le bœuf et l’âne. Devant un aveuglement aussi obstiné, la colère de Dieu s’embrase et il s’oppose à lui (v. 22) ; mais au v. 31, l’Ange a « son épée nue dans sa main », prêt à le tuer (v. 33).

Que les yeux de notre cœur soient ouverts et que Dieu ne soit pas obligé de s’opposer à nous. Marie de Béthanie avait les yeux ouverts sur ce qui concernait le Seigneur, et elle offrit le parfum avec intelligence (Jean 12. 3), alors que les disciples méprisaient son geste. Marie de Magdala et les disciples d’Emmaüs, les yeux du cœur ouverts, ne reconnaissaient pas le Seigneur (Jean 20. 15 ; Luc 24). Balaam, ayant ouvert les yeux, verra de loin les conséquences de sa perversité, mais ne se repentira pas : « Je le verrai, mais pas maintenant ; je le regarderai, mais pas de près » (ch. 24. 17). Dans la parabole de Luc 16. 19 à 23, le Seigneur nous fait entrevoir la situation des croyants et des incrédules après la mort.

Dès que Balaam ouvre les yeux, Dieu se sert de lui, et il ne peut résister à la volonté divine clairement exprimée : « Tu ne maudiras pas le peuple, car il est béni » (ch. 22. 12). Balaam ploie les genoux et prononce malgré lui, de magnifiques bénédictions (ch. 23. 8 ; v. 20 ; ch. 24). « Tout genou se ploiera, des êtres célestes et terrestres et infernaux » (Phil. 2. 10).

La grande notoriété de Balaam pousse Balak, tout roi qu’il est, à se porter à sa rencontre et, connaissant l’ambitieux personnage, s’étonne qu’il ait refusé les honneurs (ch. 22. 37). Enfin, par une parodie réitérée de culte, Balaam espère fléchir la volonté divine et, bien qu’il voie le peuple de différents endroits choisis, sa bouche ne prononcera que des bénédictions. Les taureaux et les boucs offerts – types de l’holocauste et du sacrifice de prospérités – indiquent peut-être que Balaam avait connaissance des sacrifices lévitiques. Mais le Dieu saint pourrait-il agréer de telles offrandes d’un roi idolâtre et d’un devin voué aux démons ? Dieu a horreur de telles pratiques (És. 1. 10 à 14). Gardons-nous de ce qui ne serait qu’une apparence de piété.

Balak, figure de la « bête », conduit Balaam, type de l’antichrist, à ne voir que « l’extrémité du peuple » (ch. 22. 41), partie la plus éloignée du tabernacle, la plus en danger ; c’est sur cette partie qu’Amalek tombe (Ex. 17. 8 à 16) ; là encore, que le feu dévore (Nomb. 11. 1). Il reproche à Balaam d’avoir béni « expressément » le peuple (ch. 23. 11). Dans l’Ancien Testament, un homme pouvait bénir : Jacob, par exemple, bénit chacun de ses fils, mais avec la sagesse et l’inspiration divines. Dans la période du Nouveau Testament, on demande à Dieu qu’Il bénisse ; et si nous « bénissons le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Éph. 1. 3), c’est seulement que nous disons du bien de Dieu tout en étant conduits par l’Esprit, tandis que Dieu nous fait du bien.

Ch. 23

Ces quatre prophéties sont les seules que le peuple n’ait pas entendues : v. 9, 10, le peuple habitera seul – c’est la séparation (Jean 17. 14) ; v. 21 à 24, Dieu voit Son peuple à travers la perfection de l’œuvre de Christ à la croix – c’est la justification (Rom. 3. 24 à 26) ; ch. 24. 5 à 9, beauté et perfection du peuple aux yeux de Dieu (Éph. 5. 27) ; v. 17 à 24, la venue du Seigneur est annoncée en jugements sur les ennemis.

Comme en Exode 14. 19 et 20, où la nuée s’était placée entre le peuple et les Égyptiens, l’Éternel, ici, s’interpose entre Israël et l’ennemi, et Balaam ne peut le maudire (v. 8), car Israël est le « trésor particulier » de Dieu (Ps. 135. 4 ; Mal. 3. 17), et ce fait est rappelé en Michée 6. 5. Nous trouvons la même attitude divine dans Zacharie 1. 2, 14 et 15 : « il n’y a pas d’enchantement » contre ceux qui sont justifiés (v. 23). Dieu voit Son peuple et l’Église dans leur état définitif (Éph. 5. 25 et 26), mais dans la pratique, notre marche doit correspondre à notre position.

Il est important, pour nous, de contempler l’Église « du haut des rochers » (v. 9), afin d’en avoir la même vision que Dieu : au milieu du camp, nous ne voyons que les murmures, les misères. Dieu avait choisi souverainement Jérusalem, et les ennemis sont châtiés (Zach. 2. 8) ; de même, un croyant, justifié par l’œuvre de la croix, ne peut être condamné (Zach. 3. 1 à 5). Romains 8. 31 nous encourage dans le même sens.

Dans le ch. 24. 17, Moab, figure de l’orgueil de l’homme, sera détruit car, si Dieu s’est souvent servi des nations pour châtier les infidélités du peuple, Il brise, ensuite, la « verge » dont Il s’est servi (v. 18 à 24). Le peuple devait « habiter seul » car, s’il était le plus petit des peuples, l’Éternel l’aimait (Deut. 7. 7) : combien plus l’Église tirée hors du monde (Gal. 1. 4) ! Dieu habitait au milieu de Son peuple (Nomb. 5. 3), et Il voulait « le placer très haut en louange, en renommée, en beauté au-dessus de toutes les nations », et en faire un « peuple saint, consacré à l’Éternel » moyennant l’obéissance (Deut. 26. 18 et 19). Israël réalisera le désir de Dieu durant le millénium.

Notre séparation doit être effective sur le plan moral, social, religieux et politique – en même temps nous aimons tous les hommes que Dieu aime (Tite 2. 11 à 14 ; 2 Cor. 6. 14 à 18).

Balaam est transporté, malgré lui, par ce que Dieu lui montre (v. 10 ; ch. 24. 17), mais cela ne produira aucune repentance chez lui, et il sera tué par le peuple (Jos. 13. 22). D’une certaine manière, il a été « participant de l’Esprit Saint » venu sur lui, mais il est resté dans son état et est tombé (Héb. 6. 4 à 6) : il était un professant sans vie. Son désir de mourir « de la mort des hommes droits » ne pouvait être exaucé. Plus tard, Saül aussi prophétisera à deux reprises (1 Sam. 10. 9 à 13 ; 1 Sam. 19. 19 à 24), mais Dieu l’avait rejeté.

Cependant, malgré toutes les infidélités du peuple lui ayant valu de nombreuses persécutions, il deviendra un grand peuple (v. 10) et répondra enfin au souhait de Moïse d’être un peuple à part (Ex. 33. 16). Il sera alors, cette « ceinture », cet « ornement » que l’Éternel désire (Jér. 13. 1 à 11), et la représentation glorieuse de Dieu dans le monde (És. 62. 3).

Chaque bénédiction est plus riche que la précédente : la première met le peuple à part pour Dieu (v. 9) ; la deuxième le justifie (v. 21) ; la troisième voit Israël à travers la beauté de l’œuvre de Christ à la croix (v. 5) ; enfin, la quatrième annonce la venue du Seigneur en gloire pour Son peuple, mais en puissance de jugement sur les ennemis (v. 17 à 24). Malgré sa volonté de maudire, Balaam n’a pu que dire ce que Dieu voulait qu’il dise (v. 5), et Balak est déçu ; il propose alors de maudire le peuple depuis le champ de Tsophim, d’où il n’en verra que l’extrémité (v. 13), cette partie du peuple que son éloignement du tabernacle affaiblit ; de plus, Balak pensait que la malédiction serait plus facile de là, car Balaam ne voyait plus toute la grandeur de Dieu à travers la grandeur d’Israël, mais Dieu surmonte les desseins de l’ennemi, car Il défend Son peuple (Zach. 2. 8).

Contre les agissements de l’ennemi, Dieu prend l’initiative d’intervenir (ch. 22. 12 et 20 ; ch. 23. 4 et 16). Il s’oppose à Balaam qui veut maudire, mais en même temps, Il l’utilise pour bénir ; et, si Balaam fait la volonté de Dieu par contrainte, c’est par amour pour Dieu que nous devons nous y soumettre. Satan, le « père du mensonge », cherche toujours à nous faire perdre de vue la beauté et la grandeur de l’Église ; mais élevons nos pensées afin de la voir telle que Dieu la voit (Éph. 5. 27). Ils bâtissent encore « sept autels » (v. 1 et 14), mais au v. 15, Balaam va à la rencontre, là… on peut penser qu’il recherchait les enchantements (ch. 24. 1), mais c’est Dieu qui vient à sa rencontre, s’opposant de nouveau à lui (v. 16). Au v. 17, Balak s’inquiète de la réponse de l’Éternel, craignant un nouveau refus de maudire le peuple. La réponse s’adresse à lui directement : « Lève-toi, Balak, et écoute ! Prête-moi l’oreille, fils de Tsippor ! » (v. 18). Alors le « discours sentencieux » – déclaration solennelle – de Balaam va proclamer une fois pour toutes la justification d’Israël aux yeux de Dieu et des hommes (v. 21).

Et si cela est vrai pour Israël, cela est vrai aussi pour les croyants de l’Église (Rom. 8. 29 et 30). Dieu déclare la position inébranlable de sainteté du peuple, car « les dons de grâce de Dieu sont sans repentir » (Rom. 11. 29). Dieu est souverain et « les maux et les biens » viennent de Lui (Lam. 3. 38). Il est dit, parfois, dans la Parole, que Dieu se « repent » : cela indique un changement de voie de Dieu pour parvenir à ses buts qu’Il n’abandonne jamais. Moïse, par son intercession, a pu faire fléchir le jugement divin sur le peuple, plusieurs fois : Nombres 14. 18 à 20, par exemple. Dieu dit, en 1 Samuel 15. 11 : « Je me repens d’avoir établi Saül pour roi » et il lui ôtera la royauté.

Le v. 20 de Nombres 23, montre avec force que la volonté de Dieu est toujours de bénir. Même s’il est nécessaire que nous subissions parfois Sa discipline, c’est toujours « pour nous faire du bien à la fin » (Deut. 8. 16). C’est un encouragement à obéir au Seigneur.

Cette parole est pour nous aussi : « Voici, j’ai reçu mission de bénir ; il a béni et je ne le révoquerai pas » (v. 20).

Considérant Son peuple, par anticipation, à travers l’œuvre de Christ à la croix, Dieu ne voit aucune « iniquité ni injustice » en lui. Pour les croyants, revêtus de la justice divine en Christ qui a « été fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21), « il n’y a plus de condamnation » (Rom. 8. 1), car « vous êtes de Dieu dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption » (1 Cor. 1. 30). Si notre marche n’est pas toujours à la hauteur de notre position immuable en Christ, Dieu nous fera passer sous Sa discipline (Amos 3. 2), mais nous pouvons dire comme le psalmiste : « Toi notre bouclier ! vois, ô Dieu ! et regarde à la face de ton oint ». (Ps. 84. 9).

Demandons à Dieu la force de marcher selon notre position. Genèse 28. 13 à 15 montre la grâce souveraine divine envers Jacob, ce croyant charnel qui a pris « son droit d’aînesse » et sa « bénédiction » à son frère. Il subira les conséquences de sa faute, mais Dieu tient compte de sa « soif » de bénédictions et lui fait des promesses merveilleuses (Gen. 28. 13 à 15). Jacob – le nom de sa responsabilité – devient « Israël » – le nom de la grâce. Entre ces deux noms, il a lutté avec Dieu à Péniel (Gen. 32. 24 à 32).

La bien-aimée du cantique dit être « noire » mais « agréable » et confesse qu’elle n’a pas gardé sa vigne (ch. 1. 5 et 6) ; elle connaîtra la tribulation (ch. 5. 2 à 8). Pourtant, le Bien-Aimé lui dit : « Tu es toute belle, mon amie, et en toi il n’y à point de défaut » (ch. 4. 7 ; 5. 2 ; 6. 4 à 10). Nul ne peut condamner ceux que Dieu justifie (Rom. 8. 1) ; C’est pourquoi « il n’y a pas d’enchantement contre Jacob » (v. 23) car il est racheté (Ps. 111. 9), et Dieu jugera sévèrement ses ennemis (ch. 24. 8), de même qu’il nous défend contre Satan, « l’accusateur des frères » (Apoc. 12. 10).

« Qu’est-ce que Dieu a fait ? » (v. 23) La réponse est un « chant de triomphe royal » (v. 21) que les Psaumes 64. 10 ; 107. 22 ; 126. 2 et 3 ; 150, projettent dans la perspective du millénium. C’est Dieu qui fait tout, mais Il confère Sa puissance à Son peuple (Ex. 15. 13) afin qu’il triomphe de ses ennemis. Le v. 22 montre ce que Dieu a fait dans le passé ; le v. 24, ce qu’il fera dans l’avenir. Balaam a été contraint de bénir.

Pour nous, nous avons, selon Éphésiens 1. 17 à 19, « l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération de la puissance de sa force, qu’il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts » : Dieu met en nous la même puissance qu’Il a mise dans la résurrection du Seigneur.

Pour la dernière fois, Balak tente de faire fléchir la volonté de Dieu de bénir le peuple, en répétant les mêmes sacrifices (v. 1, 14 et 29) ; et si, au commencement, Balaam voit le peuple « du sommet des rochers » (v. 9), il le fait monter, cette fois, « au sommet du Péor », toujours plus haut, cherchant à se faire servir par Balaam, comme, plus tard, Satan cherchera à se faire servir par le Seigneur (Mat. 4. 8 à 10) ; mais le Seigneur ne servait que Dieu seul.

Pourtant, cette fois, Balaam a compris à qui il avait affaire, et « il n’alla pas, comme d’autres fois, à la rencontre des enchantements » (ch. 24. 1). Si, jusque-là, Dieu avait dû mettre « une parole dans sa bouche » (v. 5 et 16), maintenant, il se laisse conduire par l’Esprit de Dieu qui vient sur lui (v. 2), et il va prononcer des bénédictions à la gloire de Dieu et en témoignage pour le peuple (v. 5 à 9) : « J’ai reçu mission de bénir, il a béni, je ne le révoquerai pas » (ch. 23. 20). Dans un monde où tout vacille, nous avons ce rocher : « A-t-il dit et ne le fera-t-il pas ? »

Du sommet du Péor, Balaam voit le peuple dans le bel arrangement de ses tentes groupées dans l’ordre voulu de Dieu, entourant le tabernacle d’où montait la colonne de nuée, manifestant la sainte présence de Dieu. Saisi par la gloire de ce spectacle et conduit par l’Esprit de Dieu, Balaam va bénir le peuple, et c’est Balak et son peuple qui seront maudits (v. 9 et 17). C’est dans le désert que Balaam voit la beauté d’Israël, et non dans la terre promise, encore moins dans le millénium.

L’Église aussi est belle dès ici-bas, considérée des sommets divins. Sa position est intouchable, mais pour le présent, il y a la discipline et la purification (Éph. 5. 25 à 27).

Après avoir contemplé la séparation du peuple, sa parfaite justice devant Dieu, Balaam le voit, maintenant, dans la gloire de ses relations avec son Dieu, reposant sur l’excellence de l’œuvre de Christ à la croix. Si les descendants de « Jacob » habitaient dans leurs tentes, Dieu « demeurait » au milieu d’Israël, « prince de Dieu », objet de la grâce divine. Mais qu’il soit appelé « Jacob » ou « Israël », il est béni.

Au v. 11, Balak en colère, dit à Balaam : « Fuis en ton lieu ». Mais ce ton comminatoire n’effraye pas le prophète et, par l’Esprit de Dieu, il va prononcer la sentence divine sur Moab (v. 17). Balaam a « l’œil ouvert » mais « tombe » pour sa perte.

D’autres exemples sont donnés dans la Parole. En 2 Rois 7. 1 et 2 ; en Luc 13. 25 à 28 et en Luc 16. 23. C’est une terrible chose que d’être porteur de la Parole de Dieu dans un état moral qui ne peut la supporter. Par opposition, en 2 Corinthiens 12, Dieu met en évidence le contraste entre l’état moral précieux de Paul et celui peu spirituel des Corinthiens.

Au v. 6, les tentes d’Israël sont comparées à des « vallées » qui parlent des riches bénédictions dont il est comblé ; les « jardins près d’un fleuve », de l’agrément que Dieu goûte au milieu de Son peuple, objet de Sa grâce ; les « arbres d’aloès », de l’excellence de Christ s’offrant à Dieu ; les cèdres, enfin, de la gloire et de la beauté de Dieu rejaillissant sur Son peuple racheté. Dieu prend plaisir à faire grâce et nous montre comment Lui voit les choses.

Comblés de la grâce divine et de bénédictions, laissons couler les mêmes eaux de la grâce vers d’autres (v. 7 ; Jean 4. 14).

Ch. 24

Le ch. 23. 22 rappelle ce que Dieu a fait en rédemption à Son peuple. Le ch. 24. 8, ce que Dieu fera, avec Israël, détruisant les ennemis à l’aube du millénium. Si, plus tard, Saül épargnera Agag – titre des rois d’Amalek – cette nation ennemie sera détruite par Israël à la fin (v. 7).

Le Messie est évoqué au v. 7 et 17, agissant en faveur d’Israël, mais Zacharie 14. 8 et 9 Le montre roi sur toute la terre, après les terribles jugements de l’Apocalypse. Le v. 9 évoque la prophétie de Jacob sur Juda : « un jeune lion » (Gen. 49. 9) ; c’est en effet dans la tribu de Juda que le Seigneur est né en tant qu’homme, et Il régnera en justice exécutive de Dieu (Ps. 101. 8). Ce ch. 24 montre plutôt Son royaume établi en puissance et dans la sagesse divine (És. 9. 1), et aucune nation ne pourra lui résister.

La fin du v. 9 rappelle la promesse divine à Abraham (Gen. 12. 2 et 3), en bénédiction à sa descendance terrestre – Israël – et à tous les croyants, car il est le père de la foi ; les promesses de Dieu sont sans repentir et s’exécuteront même envers Son peuple infidèle, car elles ne reposent pas sur l’état de l’homme, mais sur la fidélité de Dieu, et elles nous concernent aussi. Dieu avait dit à Abraham qu’Il bénirait ceux qui le béniraient et qu’Il maudirait ceux qui le maudiraient ; aussi Balak et son peuple sont-ils maudits les premiers (v. 17), ayant voulu maudire le peuple de Dieu. À Son retour le Seigneur bénira ceux qui sont à Lui, mais maudira les incrédules (Act. 17. 30 et 31).

Le v. 9 montre la force tranquille de Dieu revêtant Israël, à qui rien ne résistera lorsqu’il conquerra Canaan, et dans l’avenir, quand il détruira ses ennemis (v. 17 à 24). Avec la même puissance, le Seigneur sortira du ciel sur « un cheval blanc » pour établir Son royaume (Apoc. 19. 11 à 16).

En colère, Balak dit à Balaam : « fuis en ton lieu » (v. 11), mais Balaam ne fuit pas : dominé par la puissance du Saint Esprit, il dévoile à Balak « ce que ce peuple fera à son peuple à la fin des jours » (v. 14). Bien plus tard, Amos sera invité par Amatsia, sacrificateur de Béthel – et non de l’Éternel – à « fuir » en Juda et à ne pas prophétiser en Israël (Amos 7. 10 à 13), car ce royaume ne supportait plus la parole d’exhortation. Béthel, « maison de Dieu », avait complètement perdu ce caractère, et Dieu leur dit : « Cherchez-moi… ne cherchez pas Béthel » (Amos 5. 4 et 5). Prenons garde nous-mêmes, selon 2 Timothée 4. 1 et 2 et Hébreux 13. 22. Balaam, empêché de recevoir des honneurs, contraint d’obéir par la peur de Dieu, prophétise de façon incisive contre les ennemis.

Avant de châtier, Dieu prend toujours soin d’avertir, désirant produire la repentance. À la prédication de Jonas, Ninive s’est repentie. Sophonie 2. 8 à 11 donne des détails au sujet des prophéties concernant Moab. Dieu rappelle, en 2 Timothée 3. 13, les caractères des imposteurs, et Balaam en est un, étant de ceux qui « abandonnent la grâce qui est à eux » (Jonas 2. 9). Jonas avait encouru une sévère punition de Dieu, mais, à la différence de Balaam, il était un vrai croyant. Le v. 16 dépeint tragiquement Balaam : il « entend » ; il « connaît » ; il « voit » et il « tombe ». Considérant sa propre fin, il s’écrie : Malheur ! Mais, ni lui ni Balak ne se repentirent.

« L’étoile qui surgira de Jacob » (v. 17), évoque la domination universelle du Seigneur, et le « sceptre », Sa royauté sur Israël, après qu’il ait détruit les ennemis (v. 17 à 24). Le Seigneur est Lui-même « l’étoile brillante du matin » (Apoc. 22. 16) qui est « levée dans nos cœurs » (2 Pier. 1. 19), et promise aux fidèles de Thyatire (Apoc. 2. 28). Il sera aussi le « Roi des rois » (Apoc. 19. 16), et Daniel 2. 44 et 6. 25 et 26 prophétisent que « son royaume » qu’il établira en puissance après de terribles jugements sur les nations ennemies (Mal. 3. 1 et 2 ; 4. 1), « ne sera jamais détruit ».

Le châtiment tombera d’abord sur Moab et son orgueil (És. 16. 6 ; Jér. 48. 29) – sur Édom et sa sagesse humaine (Abdias 8 ; Jér. 49. 7) – sur Amalek et son opposition acharnée contre Dieu (Ex. 17. 13 à 16) – sur les Kéniens, une des nations occupant la terre de la promesse (Gen. 15. 19) ; Héber était un Kénien qui s’est séparé des fils de Hobab (Jug. 4. 11) qui eux, ont suivi le peuple (Jug. 1. 16), sans doute à l’invitation de Moïse (Nomb. 10. 29 à 32) ; c’est pourquoi ils seront détruits (Nomb. 24. 24). Ces nations caractérisent l’homme dans la chair, et nous en serons délivrés dans le ciel.

Balaam est saisi d’effroi devant ces révélations divines, mais cela ne produit aucune repentance, ni en lui ni en Balak, et Balaam sera tué avec les ennemis (ch. 31. 7 et 8). Balaam est un des agents dont Satan se sert pour endurcir les hommes contre Dieu. Sous les terribles jugements d’Apocalypse 16, les hommes ne se repentiront pas, mais « ils blasphémèrent le nom de Dieu » (v. 9), puis « ils blasphémèrent Dieu » (v. 11) ; alors Dieu leur enverra « une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge » (2 Thess. 2. 8 à 12). Même durant le règne de Christ, les ennemis « se soumettront en dissimulant » (2 Sam. 22. 45 ; És. 18. 44). En Exode, le Pharaon endurcit son cœur sept fois ; mais à la fin, c’est Dieu qui l’endurcit et il ne peut plus se repentir (Ex. 10. 1).

Soyons reconnaissants de la part excellente que Dieu nous a faite en Jésus Christ, même s’Il nous fait passer sous Sa discipline.

Ch. 25

Dans ce chapitre, on trouve : le double péché d’Israël (v. 1 à 3) ; le châtiment divin (v. 4 et 5) ; le zèle de Phinées lors du péché de l’Israélite (v. 6 à 15) ; et enfin, le châtiment des Madianites (v. 16 à 18). Dans les chapitres précédents, on voyait Israël d’en haut ; ici, après avoir « campé dans les plaines de Moab » (ch. 22. 1), il « habitait en Sittim » ; il s’y est installé et il s’en est suivi l’idolâtrie et la fornication avec les filles de Moab (v. 1 à 3). Cependant Balaam est à l’origine de ce péché du peuple : n’ayant pu maudire Israël béni de Dieu, il a cherché à rendre la bénédiction impossible, en enseignant « à Balak à jeter une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des choses sacrifiées aux idoles et qu’ils commissent la fornication » (Apoc. 2. 14).

Mais là encore, l’ennemi fait une œuvre qui le trompe, car Dieu va châtier Son peuple coupable, mais il est tout de même béni. Il faut que la marche soit en rapport avec cette position intouchable d’Israël qui est aussi la nôtre. Les épîtres dénoncent le mal moral et doctrinal allant de pair. Gardons-nous de Satan qui se transforme tantôt en « lion rugissant » (1 Pier. 5. 8), tantôt en « serpent rusé » (Gen. 3. 1). C’est sans doute là sa manifestation la plus dangereuse.

Dieu voit le peuple, dans les ch. 22 à 24, dans une position élevée qui, cependant, ne le gardait pas : Dieu le gardait quand celui-ci se tenait près de Lui. Bien près de Dieu, nous sommes bien gardés. Une chute est généralement progressive, comme ici : les filles de Moab invitèrent le peuple ; il mangea ; se prosterna ; et le résultat : il s’attacha à Baal-Péor (v. 2 et 3). Le peuple n’aurait pas dû accepter l’invitation. De même, Dina (Gen. 34), sortant de la sphère d’Israël « voulant voir les filles du pays » fît une grande chute et provoqua une tragédie. « Israël habitait en Sittim » (v. 1), alors qu’il « campait dans les plaines de Moab » (ch. 22. 1) : vivant dans le monde, n’abandonnons pas notre caractère de pèlerins. Ne prenons pas le caractère de « ceux qui habitent sur la terre » : ils « rendront hommage à la Bête » (Apoc. 13. 4 et 8). Si le monde se montre aimable et nous invite, c’est sûrement que nous avons perdu notre caractère de séparation : Satan, toujours derrière la scène, cherche à nous priver de la bénédiction de Dieu. Soyons toujours exercés et sur nos gardes. Le châtiment de Dieu est terrible, public : « à la face du soleil » (v. 4), exemplaire (1 Tim. 5. 20) : les chefs du peuple qui auraient dû être des exemples, ont été pendus !

Cela nous rappelle la responsabilité des chefs de famille : leur autorité leur est donnée de Dieu, et doit être exercée et respectée comme telle. Dieu a puni les coupables et laissé vivre ceux qui s’étaient « attachés à l’Éternel » (Deut. 4. 3 et 4). Au ch. 31. 1 à 16, le peuple, parti à la guerre contre les Madianites, gardera captives les femmes qui les avaient entraînés à la fornication et à l’idolâtrie ; et le rôle de Balaam est rappelé, dans cette affaire (v. 8 et 16) : impuissant à maudire le peuple, il réussit à le faire pécher. Il nous arrive, à nous aussi, d’être lents à apprendre les leçons de Dieu. Au v. 6, un prince provoque Dieu en face publiquement avec une Madianite, alors que le peuple menait deuil. Phinées, plein de jalousie pour son Dieu, détourne sa colère en tuant Zimri et la Madianite.

Dans une assemblée, le péché de l’un rejaillit sur tous, et tous doivent mener deuil et confesser le péché (Esd. 9. 1 à 3). Cela est vrai aussi dans les difficultés actuelles de l’Assemblée. L’humiliation d’Esdras gagne le peuple, qui pleure et se purifie (Esd. 10. 1 à 6), malgré une certaine opposition (v. 10).

1 Corinthiens 5. 1 à 7, montre un grand péché dans l’assemblée de Corinthe, et tous ont dû mener deuil après avoir « ôté le vieux levain » (v. 7) : une assemblée ne se purifiant pas d’un mal connu reste souillée. L’apôtre leur dit : « Vous êtes enflés d’orgueil ». L’orgueil et l’audace caractérisaient cet homme, ainsi que Zimri (Nomb. 25). Asaph était « stupide » et « comme une brute » avec Dieu (Ps. 73. 22), pour avoir « porté envie aux arrogants » (v. 3). Agur se voit « stupide », inintelligent, sans sagesse ni « connaissance du Saint » (Prov. 30. 2 et 3) et demande à Dieu qu’il « éloigne de lui la vanité et le mensonge » (v. 7 et 8). Dans ce ch. 25 des Nombres, Moïse, conscient de l’énormité du péché du peuple, n’intercède pas, comme il l’avait fait à d’autres occasions.

L’indulgence envers le péché n’est rien d’autre que de l’infidélité envers Dieu.

Alors que les chefs venaient d’être pendus publiquement, Zimri pèche avec audace sous le regard de Dieu et sous les yeux de Moïse et du peuple qui pleuraient à l’entrée de la tente d’assignation, s’étant rassemblés dans la proximité de l’Éternel, tandis qu’une plaie ravageait le camp d’Israël. C’est alors que Phinées, animé d’une sainte colère de Dieu, « fait propitiation pour les fils d’Israël » (v. 13), en exerçant le châtiment qui s’imposait. Si la gloire du Seigneur est en jeu, réagissons promptement, comme Phinées qui n’a consulté personne, ni même n’a prononcé un seul mot, mais a agi dans l’intérêt de Dieu avec discernement.

La pendaison des chefs ; la plaie tuant 24 000 hommes ; le châtiment sur Zimri et Cozbi montrent que Dieu ne passe pas par-dessus le péché, surtout public et d’idolâtrie, car les idoles cachent les démons (1 Cor. 10. 18 à 22). Pourtant, à travers ces terribles jugements, la grâce de Dieu brille : « afin que l’ardeur de la colère de l’Éternel se détourne d’Israël » (v. 4). Le châtiment est proportionné à la faute, mais Dieu ne veut pas détruire ceux qui étaient restés « attachés à l’Éternel » (Deut. 4. 3 et 4). Restons attachés au Seigneur par amour pour lui. L’exemple de Zimri, ce fils de prince en Israël (v. 14), est un avertissement pour nous : les enfants de familles chrétiennes pieuses, ne sont pas à l’abri du péché : « Que celui qui croit être debout prenne garde qu’il ne tombe » (1 Cor. 10. 12). Cette scène typifie l’alliance d’un croyant avec le monde, Cozbi, véritable adultère moral à l’égard du Seigneur.

Phinées, image de Christ faisant propitiation et exerçant le jugement sur les pécheurs impénitents (Apoc. 14. 17 à 20 ; 19. 11 à 16), reçoit « une alliance de sacrificature perpétuelle » (v. 13), et figurant le Seigneur « sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec » (Héb. 5. 6 ; 6. 20 ; 7. 14 à 17 ; 21 à 25). Son sacrifice et sa sacrificature ont des prolongements éternels. « Jaloux de ma jalousie » fait penser au zèle du Seigneur pour son Dieu (Ps. 69. 9). Dieu a noté les noms de ces deux personnes : Zimri et Cozbi, car Dieu prend acte de tout et Cozbi, nommée deux fois (v. 15 et 18), montre sa responsabilité dans l’affaire. De plus, Dieu ne fait pas l’amalgame entre le péché collectif de l’affaire de Péor et le péché individuel de Zimri.

– Dieu, ensuite, pousse Son peuple à la guerre contre les Madianites qui l’avaient « serré de près par leurs ruses » (v. 16 à 18). Mais là encore (ch. 31), le peuple n’ayant pas retenu la leçon de Péor, épargnera les femmes qui l’avaient poussé à pécher. Réagissons vigoureusement lorsque les tentations « nous serrent de près ». Nous avons nos ressources en Christ (Héb. 12. 1 et 2). Imitons notre Seigneur, par la foi et avec joie, pour rejeter l’étreinte du péché : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4). Que le Seigneur nous aide à prononcer sur nous-mêmes un jugement radical, et non un demi-jugement comme Saül le faisait, et qui a été sa perte.

Le Seigneur nous invite fortement à « couper » et à « jeter loin de nous » tout ce que le péché peut avoir d’activité en nous (Mat. 5. 29 et 30).

Ch. 26

Au ch. 26 commence la dernière partie du livre. Solennellement, le dénombrement intervient aussitôt après la terrible plaie ayant frappé le peuple ! Comme au ch. 1er l’Éternel commande le dénombrement de tous ceux qui sont propres au service militaire.

Bien que sept tribus aient augmenté en nombre et cinq autres diminué, seules mille huit cent vingt personnes manquent à la fin du désert. Dans Sa grâce, Dieu a maintenu l’intégralité de Son peuple, malgré toute la génération sortie d’Égypte, morte dans le désert (v. 64). La plus touchée des tribus est celle de Siméon. Siméon et Lévi, à cause de leur violence seraient « dispersés en Israël » (Gen. 49. 7) : Siméon n’eut que quelques villes au milieu de Juda, et Lévi fut dispersé dans toutes les tribus, mais en bénédiction pour le peuple, car à l’appel de Moïse, il fut le seul à se lever (Ex. 32. 26). Manassé a crû au désert, alors qu’Éphraïm, symbolisant l’orgueil (És. 28. 1 à 3), désignant plus tard, les dix tribus, a diminué ; Issacar, qui « savait discerner les temps pour savoir ce que devait faire Israël » (1 Chron. 12. 32), a augmenté. Dans l’affaire de Zimri, beaucoup pleuraient, mais seul Phinées s’est levé. Entre Zimri, prince Siméonite et Cozbi, fille de prince en Madian, il n’y avait pas mésalliance selon le monde, mais Cozbi n’était pas d’Israël.

Commandé par Dieu, contrairement à celui de David (1 Chron. 21), ce dénombrement intervient en vue de la conquête de l’héritage. Le dernier dénombrement, dans la Parole, se trouve en Actes 2. 41 ; 4. 4. Actuellement, le Seigneur seul connaît le nombre des Siens.

L’âge de vingt ans représente la vigueur de la jeunesse : le Nouveau Testament désigne différents états spirituels : les « petits enfants », les « jeunes gens » qui ont « vaincu le méchant », et les « pères » (1 Jean 2. 13 et 14). L’énergie spirituelle est indispensable pour combattre « contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6. 10 à 12), mais le Seigneur dirige nos combats, de même que « le chef de l’armée de l’Éternel » combattait avec le peuple (Jos. 5. 13 à 15). Aucune ressource n’a manqué à Israël, ni ne nous manque à nous, durant le voyage. Que notre vie spirituelle augmente, afin de glorifier Dieu et qu’une riche entrée dans Son royaume nous soit donnée (2 Pier. 1. 10 et 11). Parmi les lévites appartenant à l’Éternel dès l’âge de un mois, qui devaient vivre des dîmes et ne possédaient pas d’héritage, une place bénie est faite à Kéhath – il portait à l’épaule – Amram et Jokébed, parents de Moïse, tous deux des lévites soucieux de maintenir l’héritage, sont nommés (v. 59).

Exploitons fidèlement les « talents » que Dieu nous confie (Mat. 25. 21) pour le bien de l’Assemblée ; désirons, comme Jahbets, de riches bénédictions (1 Chron. 4. 10). Aux ch. 27 et 36, nous voyons des gens « jaloux » de leur héritage. Quel prix a pour nous notre héritage dont Christ est le centre ? (Éph. 1. 12 à 18)

Onze jours seulement séparent Horeb de Kadès-barnéa (Deut. 1. 2), mais Israël tourna trente-huit ans autour de la montagne, jusqu’à ce que la génération sortie d’Égypte soit morte ; seuls fidèles, Josué et Caleb (Nomb. 14. 6 à 10), vécurent et firent la conquête du pays. Le dénombrement a lieu « dans les plaines de Moab, près du Jourdain de Jéricho » (v. 63). On est à la veille des combats : le moment est solennel !

Ch. 27

Les filles de Tselophkhad, après les révoltes du peuple, montrent leur attachement à l’héritage et au nom de leur père, mort dans le désert sans avoir de fils : son nom disparaîtra et elles seront privées d’héritage. « Héritiers de Dieu » (Rom. 8. 17), sommes-nous attachés à l’héritage ? Le Seigneur aime mettre en évidence la foi des Siens : Acsa (Jos. 15. 18 et 19), Caleb (Jos. 14. 6 à 14), un étranger au peuple de Dieu (Gen. 15. 19).

Il y a des bénédictions spéciales pour les enfants qui honorent leurs parents (Éph. 6. 1 à 3), comme ces filles qui parlent de leur père avec respect. Salomon parlera de son père avec délicatesse (1 Rois 5. 1 à 3), en contraste avec ce que David dit de lui-même en 1 Chron. 22. 8. Quant à Cham, il sera maudit pour s’être moqué de son père (Gen. 9. 22 et 23). Que les enfants et les jeunes gens ne méprisent pas leurs parents.

Ces filles, déjà nommées au ch. 26. 33, étaient de la tribu de Manassé ayant augmenté dans le désert, et qui, pourtant, va se diviser au ch. 32. 33. Attachons-nous à l’héritage, mais gardons-nous de l’orgueil « divisant » nos bénédictions. En Josué 18. 3, sept tribus tardaient à prendre possession de leur héritage. Au Psaume 106. 24, il est rappelé que le peuple, au désert, avait méprisé « le pays désirable ». Gardons-nous de bafouer ainsi l’amour et la grâce de Dieu.

Ces filles surmontent leur réserve et paraissent devant Moïse, Éléazar, les princes et tout le peuple, et ce qui est plus solennel, devant l’Éternel « à l’entrée de la tente d’assignation » (v. 2). Leur foi honore Dieu qui veut toujours bénir. Elles confessent humblement le péché de leur père et, ne revendiquant rien, s’inquiètent de l’héritage, à la gloire de Dieu. Au ch. 36. 6, elles devront se marier dans la tribu de leur père. En son temps, Abraham, au sujet de Sodome, avait manqué de foi en intercédant jusqu’à « dix justes » seulement, dans la ville. Quant à Moïse, il laisse la décision à Dieu (v. 5). Il en fut de même pour des hommes impurs mais qui voulaient faire la Pâque (Nomb. 9. 6 à 13), ainsi qu’au sujet du péché par fierté de l’homme de Nombres 15. 30 à 36.

Moïse (v. 12), doit monter sur la montagne et « regarder » le pays, mais ne devait pas y entrer. Il ne conteste pas, malgré sa tristesse (Deut. 3. 23 à 26). Moïse avait gravement manqué aux eaux de Mériba. Cependant, sa foi ne défaut pas : « Qui es-tu grande montagne, devant Zorobabel ? Tu deviendras une plaine » (Zach. 4. 7). La foi des filles de Tselophkhad a ouvert un champ de bénédictions pour tout le peuple (v. 8 à 11), car la grâce répond à tous les besoins. Ces passages nous exhortent à nous transmettre fidèlement l’héritage spirituel intégral de génération en génération. Ces filles avaient « bien parlé » (v. 7), contrairement à Marie et Aaron (ch. 12) ; Pierre, pourtant bien intentionné, avait parlé par l’esprit de Satan (Mat. 16. 23). « Un bel héritage m’est échu » (Ps. 16. 6) : emparons-nous de cette parole et progressons sans paresse (Héb. 5. 12), mais avec foi et humilité : le paralytique de Jean 5. 5 à 9, n’avait personne pour le jeter dans l’eau, mais lui seul fut guéri.

Enfants de Dieu (1 Jean 3. 1), comme les filles de Tselophkhad, donnons occasion à Dieu d’exercer Sa grâce, car il y va de Sa gloire (Éph. 1. 18).

L’Éternel rappelle plusieurs fois sa faute à Moïse, car la faute d’un croyant occupant une haute position est d’autant plus sensible à Dieu. Cette chute de Moïse, pourtant fidèle et ayant conduit un peuple rebelle durant quarante ans dans le désert, lui avait fait perdre momentanément la communion avec Dieu. Mais ici, Dieu lui dit : « Monte ». De nouveau en communion, il verra toute l’étendue du pays dans une vision extraordinaire : après une chute, nous sommes toujours invités à la confession et à « monter » vers Dieu afin de contempler de nouveau l’étendue de nos bénédictions en Christ.

« Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). Le gouvernement divin et Sa grâce vont de pair. Entre Deutéronome 32. 48 à 52 et Deutéronome 34, il semble que Moise ne soit pas monté tout de suite sur la montagne, au ch. 3. 23, il supplie en vain l’Éternel de le laisser entrer dans le pays. En Deutéronome 31. 2, Moïse dit qu’il ne peut plus « entrer ni sortir » : c’était la volonté divine ; mais « son œil n’était pas affaibli, et sa vigueur ne s’en était pas allée » (Deut. 34. 7) : il n’est pas mort de vieillesse, malgré ses cent vingt ans, mais son service se terminait là, et sa mort, différente de celle de Tselophkhad, n’est pas celle d’un « méchant ». Les mêmes choses sont dites de Caleb (Jos. 14. 10 et 11).

Moïse se soumet et demande un remplaçant, afin que le peuple ne soit pas « comme un troupeau qui n’a pas de berger » (Nomb. 27. 17), manifestant pour lui, le même amour que le Seigneur (Mat. 9. 36). Il connaissait bien Josué, mais laisse le choix à Dieu : c’est à Dieu de choisir Ses serviteurs. Dans ce ch. 27, Dieu réunit l’amour pour l’héritage (v. 1 à 4), et l’amour pour le peuple de Dieu (v. 15 à 17). Josué qui ne « sortait pas de la tente d’assignation » en Exode 33. 11, est béni. Il a dû être formé durant les quarante ans du désert, comme Moïse l’avait été durant quarante ans, en gardant les troupeaux de son beau-père (Ex. 3. 1).

Moïse s’efface devant son remplaçant, car il y a continuité : la mort de Moïse figure la mort du Seigneur ; mais Josué représente Christ ressuscité, conduisant les croyants par Son Esprit, à la conquête des bénédictions spirituelles. « Le Dieu des esprits de toute chair » est une expression montrant que Dieu connaît parfaitement tout l’intérieur des hommes, et Actes 1. 24 à 26 montre que Dieu seul peut choisir Ses serviteurs.

« Vous êtes forts et vous avez vaincu le méchant » (1 Jean 2. 14), pouvait être appliqué à Josué qui, pourtant, ne s’est pas formé tout seul : Dieu et Moïse ont dû s’occuper de lui (Deut. 3. 28) et le fortifier : Dieu commande deux choses à Moïse : « Prends Josué » et « pose tes mains sur lui », et on trouve le résultat en Deutéronome 34. 9 : Moïse disparu, Josué aura directement affaire à Dieu, mais sera « rempli de l’esprit de sagesse ».

Lorsque Aaron a été repris (ch. 20), Moïse l’a dépouillé de ses vêtements sacerdotaux, et les a fait revêtir à Éléazar, son fils ; ainsi, ce dernier se trouve tout préparé pour encourager Josué, et se tenir pour lui auprès de Dieu, avec les « urim »afin de connaître les directions divines. Pour nous, nous avons la Parole et l’Esprit Saint pour nous conduire dans le sentier de la foi.

« Tu mettras sur lui de ta gloire » (v. 20), rappelle que Josué n’avait pas, avec Dieu, la même intimité que Moïse qui était prophète (Nomb. 12. 6 à 8), et qui conversait directement avec Dieu (Nomb. 7. 89) ; personne n’a, par la suite, égalé Moïse (Deut. 34. 10 à 12).

Éléazar interrogeait l’Éternel pour Josué, avec les « urim » (v. 21). Dans l’Ancien Testament, on cherchait souvent la volonté divine en jetant le sort. En Actes 1. 26, les apôtres jettent le sort pour la dernière fois dans la Parole, car au ch. 2, le Saint Esprit vint dans les croyants.

Moïse avait posé ses mains sur Josué, lui communiquant une portion de sa gloire afin que le peuple « l’écoute » (v. 20) – et en signe de communion. Cette transmission de gloire de Moïse à Josué devait se faire publiquement, « devant Éléazar et toute l’assemblée ». Josué reçut ainsi un « esprit de sagesse » (Deut. 34. 9). Chaque service doit s’effectuer en communion avec le Seigneur et avec l’assemblée (Act. 13. 3). Élisée désirait « une double portion de l’esprit d’Élie » (2 Rois 2. 9). Élisée, fidèle, servait Élie comme un fils, et la « double portion » était, dans l’Ancien Testament, la portion du fils aîné ; et sa demande a été exaucée. Malgré les différences entre Moïse et Josué, ils sont liés entre eux, avec Éléazar : Moïse type de Christ conduisant les croyants dans ce monde ; Josué, Christ conduisant nos combats ; et Éléazar, Christ, intercédant pour nous et nous donnant direction et puissance par Son Esprit.

Les « urim » – lumières – et les « thumim » – perfections (Ex. 28. 30), indiquaient les pensées de Dieu pour le peuple. Ces objets mystérieux étaient posés sur le pectoral, lui-même sur l’éphod. On s’en servit pour rechercher des généalogies perdues (Esd. 2. 63) ; David interrogea l’Éternel par eux (1 Sam. 30. 7 et 8) ; quant à Saül, voulant interroger l’Éternel en faisant approcher l’arche, il n’alla pas jusqu’au bout, n’ayant pas la foi : « Retire ta main » (1 Sam. 14. 18 et 19). La présence en nous du Saint Esprit – la lumière – et la Parole – nous dévoilant les perfections divines – nous éclairent sur la volonté de Dieu (Éph. 1. 17) ; mais pour discerner Sa pensée, il faut rester dans Sa communion. La volonté de l’Éternel révélée, le peuple devait obéir, ainsi que Josué que ses responsabilités n’excluaient pas de l’obéissance (v. 21). Moïse lui-même obéit à l’Éternel par amour pour son peuple : il s’efface devant Josué, afin qu’Israël ne soit pas « comme un troupeau qui n’a pas de berger » (v. 17).

Ch. 28

Au ch. 28 et 29, on trouve plus de détails que dans Lévitique 23, mais aussi une différence : dans ce dernier livre, l’accent est mis sur la responsabilité de l’homme pour la présentation des sacrifices ; dans les Nombres, c’est le côté de Dieu : « Mon offrande, mon pain, mes sacrifices… une odeur agréable », et cela « au temps fixé ». Tout parle de Christ et de Son sacrifice pour Dieu. Au seuil du pays promis, Dieu rappelle Ses droits que quarante ans de désert auraient pu faire oublier à Israël.

Dieu nous appelle à un culte « en esprit et en vérité » (Jean 4. 23). Soyons occupés beaucoup plus de ce que le Seigneur Jésus a de précieux pour Dieu, dans son offrande volontaire (Héb. 9. 14).

Le Seigneur Jésus était représenté dans son offrande d’odeur agréable à Dieu – l’holocauste – dans ces sacrifices de chaque jour, chaque semaine, au début de chaque mois, ainsi que dans les fêtes solennelles.

Le sabbat représente pour nous, le jour du Seigneur – le commencement des mois, peut-être des circonstances nouvelles dans nos vies. La fête des semaines où les Israélites offraient les premiers fruits de leurs récoltes, nous parle de la Pentecôte, où Dieu a « rassemblé en un les enfants de Dieu dispersés », dans le ch. 2 des Actes. La fête des trompettes et le jour des expiations, ch. 29. 1 à 11, après quatre mois sans fêtes, typifie un réveil nécessaire après un assoupissement provoqué par la routine. La fête des tabernacles se rapporte au millénium à venir. Le huitième jour (v. 35), parle des temps éternels. La Pâque, quant à elle, est rappelée pour mémoire. La gerbe des prémices de la moisson qui devait être tournoyée devant l’Éternel, présentant à Dieu tous les aspects des perfections d’un Christ ressuscité, vu dans ses fruits (Lév. 23. 10), est omise. Ces sacrifices rappellent ce que Christ a d’excellent pour Dieu, et de la joie qu’Il y trouve – les libations.

L’holocauste continuel représente l’adoration continuelle que nous devons à Dieu, en rapport avec le sacrifice du Seigneur en qui nous avons le salut, et qui a honoré Dieu. En Lévitique 6. 2 à 6, l’holocauste devait se consumer « toute la nuit jusqu’au matin », et le feu ne devait pas « s’éteindre », ce qui, pour nous, parle de Christ soumis au feu de la sainteté de Dieu qui L’a « sondé » et « n’a rien trouvé » – et de ce qu’Il est continuellement pour Dieu. L’holocauste du soir devait être offert « entre les deux soirs », c’est-à-dire entre le coucher du soleil et la nuit noire. Sur le point d’entrer dans le pays, Dieu rappelle au peuple comblé de tous les biens, qu’il devra offrir des sacrifices à son Dieu, car dans le désert, il n’en avait pas offert (Act. 7. 42 et 43). Dans notre vie aux circonstances arides – comme un désert – Dieu veut que nous Lui offrions « sans cesse un sacrifice de louange… le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13. 15).

Soyons constamment occupés de Christ, en qui Dieu a flairé « une bonne odeur » : d’abord dans Sa vie – « la fine fleur de farine », sacrifice non sanglant, et dans Sa mort – les animaux sacrifiés. L’offrande de Christ répond à tout, car Il est le seul homme qui ait glorifié Dieu.

Les sept jours de la fête des pains sans levain, typifient notre vie de croyants que Dieu veut sans péché. La solennité de la fête « des propitiations », résidait dans l’acceptation, par Dieu, du sang porté sur le propitiatoire par le souverain sacrificateur, une fois l’an (Lév. 16. 2, 11 à 14). La Pâque représentait la rédemption dont l’homme a besoin. Mais ici, il s’agit de ce que les hommes devaient faire pour Dieu, rendu propice par le sacrifice de Christ, qui est une odeur agréable pour Lui. Ces sacrifices obligatoires n’apportaient pas la paix de la conscience (Michée 6. 6).

Pour nous, Christ, « par une seule offrande, a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés (Héb. 10. 14).

Cette longue liste d’holocaustes durant les fêtes préfigurait l’offrande volontaire de Christ à Son Dieu, dans laquelle Il trouve son plaisir : c’est « le pain » qui nourrit Son cœur et que nous devons Lui offrir.

Au sabbat, fête particulière chaque semaine, il fallait offrir deux agneaux « outre l’holocauste continuel » (v. 10).

Aujourd’hui, nous fêtons la mort et la résurrection du Seigneur, le premier jour de la semaine : c’est le jour du Seigneur du matin jusqu’au soir : c’est un jour de « double portion » pour Dieu : un jour « consacré » (Ex. 20. 9 et 10), qui préfigure le futur repos éternel de Dieu et de Son peuple (Héb. 4. 8 et 9), où il y aura plénitude d’adoration.

Cependant, ne soyons pas des adorateurs du dimanche seulement, en oubliant d’adorer Dieu chaque jour – l’holocauste continuel qui revient tout au long de ces deux chapitres. Zacharie 8. 18 et 19, montre ce que doivent être nos réunions : « Allégresse, joie et d’heureuses assemblées » et Ésaïe 58. 13 et 14, nous avertit d’être en bon état pour nous tenir devant Dieu et L’adorer. Dieu aime une marche fidèle afin de bénir en retour. Au sabbat, l’offrande de gâteau, type de l’humanité parfaite de Christ, était doublée, puisqu’il y avait deux agneaux : un dixième de fleur de farine par agneau (v. 21). Il devait être « pétri d’huile » comme Christ, Fils de Dieu, a été « conçu du Saint Esprit » (Luc 1. 35). Les Israélites ne devaient faire « aucune œuvre de service » durant ces différentes fêtes. Le service doit s’effectuer au quotidien, mais n’a pas sa place dans l’adoration. Tous ces holocaustes s’accompagnaient de libations de vin, proportionnées à l’importance des sacrifices, et devaient être offertes dans le lieu saint ; elles parlaient de la joie que Dieu prend dans la perfection de l’offrande de Christ, et qu’Il veut partager avec l’adorateur, même si nous traversons des circonstances difficiles. Dieu est le Dieu « bienheureux » et il veut que Sa joie soit aussi la nôtre.

Au commencement de chaque mois, il fallait offrir « deux taureaux, un bélier et sept agneaux, ainsi qu’un bouc en sacrifice pour le péché » (v. 15). À chaque changement dans notre vie, approchons-nous de Dieu et bénissons. Deux jeunes taureaux montrent la plénitude de la puissance des affections du Seigneur pour Dieu. Le bélier, sa parfaite consécration, les sept agneaux, la douceur et la perfection de l’agneau de Dieu s’offrant à Lui « sans tache par l’Esprit éternel » (Héb. 9. 14). Un taureau ou deux jeunes pigeons étaient reçus par Dieu comme un holocauste, mais la différence des animaux offerts démontre la plus ou moins grande appréciation que nous avons du sacrifice du Seigneur. N’adorons pas en paroles outre ce que notre cœur apprécie, et n’oublions pas de nous purifier avant de nous approcher de Dieu (1 Cor. 5. 7 et 8). Le bouc, toujours offert pour le péché, doit rappeler constamment ce qu’il en a coûté au Seigneur pour nous sauver.

Même dans l’état éternel, « le huitième jour » (ch. 29. 35), nous nous souviendrons d’où nous avons été tirés (v. 38), et notre louange s’élèvera vers Dieu et Son Christ en perfection, en rappelant que c’est à la croix que Dieu a été glorifié.

Souvenir de la délivrance du peuple de l’Égypte, la Pâque est le point de départ de toutes les fêtes à l’Éternel ; elle est juste évoquée. Notre vie chrétienne commence à la croix du Seigneur Jésus. Le lendemain commençait la fête des pains sans levain, type de la vie chrétienne qui doit être exempte du péché qui enfle, s’il n’est pas confessé, dans notre vie ou dans l’Assemblée (Mat. 13. 33). Le salut acquis nous confère une sainteté d’état, intouchable, mais la sainteté pratique est fragile et doit nous exercer continuellement, tout en représentant une « fête à l’Éternel » (1 Cor. 5. 7 et 8). Dans ce chapitre des Corinthiens, un mal moral connu n’était pas jugé ; au ch. 5 des Galates, eux qui revenaient à la loi – mal doctrinal – l’apôtre leur dit : « Un peu de levain fait lever la pâte tout entière » (v. 9).

Le Seigneur met Ses disciples en garde contre « le levain des pharisiens et des sadducéens » hypocrites qui édictaient de nombreux commandements qu’ils ne pratiquaient pas eux-mêmes (Mat. 16. 6 à 12 ; Luc 12. 1). Christ étant mort et ressuscité, n’a plus affaire avec le péché : identifiés à Sa mort et à Sa résurrection, tenons-nous nous-mêmes « pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le christ Jésus » (Rom. 6. 9 à 11). Notre vie doit être comme une fête empreinte de joie, ainsi que le Seigneur qui, « à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte » (Héb. 12. 2) ; fixons les yeux sur Lui, comme Lui le disait : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (Ps. 16. 8).

Lui seul nous garde, ne remuons pas « l’eau trouble » de notre cœur naturel ; et si nous sommes tombés, confessons notre faute afin de rétablir la communion, car nous sommes déjà pardonnés. Que le Seigneur nous garde des angoisses du croyant de Romains 7 qui veut faire le bien, et fait le mal ; l’apôtre dit : « Or maintenant, ce n’est plus moi qui fait cela mais c’est le péché qui habite en moi » (v. 17 et 20). Cependant, nous sommes responsables des manifestations du vieil homme.

Le premier et le septième jour, il y avait « une sainte convocation » (v. 18 et 25). Nous devons passer notre vie tout entière dans la présence de Dieu, nous nourrissant de Christ, spécialement le dimanche. Aucune œuvre ou, aucune œuvre de service, ne devait se faire durant ces fêtes (Lév. 23. 3). Dieu a été satisfait de l’œuvre du Seigneur : nous ne pouvons nous sauver nous-mêmes par nos œuvres (Éph. 2. 8 et 9).

« Au commencement des mois », outre l’holocauste spécial, un bouc était offert pour le péché (v. 15 et 22). La fête des semaines – ou de la moisson – l’Esprit Saint l’a réalisée à la Pentecôte, ayant baptisé l’Église naissante, en unissant les croyants en un seul corps. Pour cette fête, il fallait apporter deux pains cuits « avec du levain » (Lév. 23. 17), rappel de la présence du péché dans le croyant. La prophétie révèle que, durant le millénium, la Mer Morte sera assainie, mais non les marais autour d’elle (Éz. 47. 8 à 11) : beaucoup se soumettront à Christ en dissimulant (Deut. 23. 29 ; Ps. 118. 44), mais ils seront détruits (Ps. 101. 8).

Plaçons aux pieds du Seigneur les prémices – le meilleur – de tout ce qu’Il nous donne dans Sa grâce (1 Chron. 29. 14).

Ch. 29

Entre la fête des premiers fruits et celle des trompettes, un long temps s’écoule. Ces quatre mois sans fête prophétisaient qu’Israël, plus tard, resterait longtemps séparé de Dieu, loin de son pays, privé de temple, sans fêtes. Mais un jour de réveil viendra, représenté par les trompettes, où le peuple, voyant Christ lui apparaître avec Ses blessures (Zach. 13. 6), reconnaîtra son crime et se « lamentera » (Zach. 12. 10 à 14), « vous affligerez vos âmes » (Nomb. 29. 7).

En Apocalypse 1. 7, la venue du Seigneur en gloire est annoncée, et les Juifs se lamenteront en voyant qu’ils ont percé le Messie qu’ils attendaient. Israël vit encore ce long temps sans fêtes, pendant que le Seigneur « bâtit son Assemblée », jusqu’à ce qu’Il l’enlève à Sa rencontre. Alors, Dieu rétablira ses relations avec Son peuple (És. 27. 12). S’il y a un déclin dans notre vie spirituelle, un éloignement du Seigneur, Il permettra que des circonstances, peut-être douloureuses, soient pour nous une « trompette » qui nous réveillera : alors nous affligerons nos âmes en confessant notre état.

Au ch. 10 des Nombres, les trompettes annonçaient distinctement les pensées divines pour le peuple. Les fêtes du ch. 28 sont déjà réalisées ; celles du ch. 29 sont encore à venir. Le huitième jour annonce l’économie éternelle. On retrouve les mêmes sacrifices pour la fête des trompettes et celle des propitiations, étroitement liées. Rien n’est laissé à l’imagination de l’homme, car tous ces sacrifices parlent de Christ et des différents aspects de son offrande, d’agréable odeur à l’Éternel. Cependant, ces ordonnances ne doivent pas être appliquées à l’Église, dont l’appel est céleste.

Au ch. 8 de Néhémie, il y a eu une hésitation du peuple quant à l’ordre des fêtes : ils pleuraient alors qu’il fallait se réjouir, d’abord, et s’affliger ensuite (ch. 29). « Vous ne ferez aucune œuvre » (v. 7) : les Israélites ne devaient pas se laisser distraire, en affligeant leurs âmes, par des œuvres qui puissent en aucune manière occulter le sérieux de leur confession. De même, le jour du sabbat, aucune œuvre ne devait se faire. Les Israélites avaient même établi « un chemin de sabbat », distance qu’ils ne devaient pas dépasser. Le Seigneur devra leur dire : « Mon Père travaille… et moi je travaille » (Jean 5. 17). En Exode 12. 16, les Israélites pouvaient préparer seulement, pour la Pâque, ce que chacun mangeait.

Dans ces chapitres 28 et 29, c’est l’holocauste – l’offrande de Christ à son Dieu – qui est mis en relief. Demandons à Dieu qu’Il nous fasse entrer plus avant dans l’appréciation de ce que le Père et le Fils sont l’un pour l’autre, en nous y préparant par une vie habituelle de communion avec Dieu. La « fête des trompettes » est là pour nous réveiller, et la « fête des propitiations » pour nous « affliger » de nos fautes. En 2 Samuel 11. 7, Nathan réveille la conscience de David ayant péché au sujet d’Urie ; David se repent aussitôt (v. 13), et écrira, à cette occasion, le Psaume 51. Que notre conscience soit aussi sensible que la sienne. « Les sacrifices de .Dieu !ont un esprit brisé » (Ps. 51. 17). « Alors tu prendras plaisir aux sacrifices de justice, à l’holocauste et au sacrifice qu’on brûle tout entier ; alors on offrira des taureaux sur ton autel » (v. 19).

Dernière de l’année, la fête des tabernacles est une des trois solennités à célébrer à Jérusalem par tout le peuple, avec la fête des pains sans levain et celle des semaines. On ne devait être « que joyeux » et ne pas paraître « à vide », « car l’Éternel, ton Dieu, te bénira dans toute ta récolte et dans tout l’ouvrage de tes mains » (Deut. 16. 13 à 17). C’est le repos.

Type du règne millénial de Christ, où Israël et les nations viendront à Jérusalem célébrer la fête des tabernacles, la joie et la crainte de Dieu la caractérisait. Et si une nation ne la célèbre pas, « sur celle-là, il n’y aura pas de pluie » (Zach. 14. 16 à 19). Cette joie se traduira, au début, par une profusion d’offrandes : treize taureaux. Cette période bénie approchera la perfection mais n’y accédera pas, à cause du péché toujours présent (Ps. 18. 44 ; 101. 8).

Et Apocalypse 20. 7 à 9, montre la dernière révolte des ennemis de Dieu. Cependant, durant le millénium, la création tout entière jouira « de la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rom. 8. 19 à 22), car Satan sera lié (Apoc. 20. 1 à 3). Ézéchiel 47 montre le fleuve de la grâce déborder et assainir la mer salée et stérile, mais non les marais salants : le péché est encore là ! Pourtant, malgré ce débordement, la joie, peu à peu, diminue – treize taureaux au premier jour, sept au septième jour. À la fin, si l’appréciation des hommes a beaucoup diminué, celle de Dieu reste éternellement parfaite, sept indique la perfection, et malgré la faiblesse humaine, tout reste parfait, car soixante-dix taureaux sont offerts, et presque deux-cents animaux ! Dieu met l’accent sur Ses exigences : chaque jour il fallait quatorze agneaux – deux fois le chiffre de la perfection – et deux béliers – plénitude de la consécration du Seigneur – ainsi que les libations, « selon l’ordonnance ».

Libres en Christ, respectons les termes de la Parole, dans l’adoration, en parlant du Seigneur, car Dieu ne peut agréer une belle ordonnance avec des pensées humaines ou des cœurs souillés (És. 1. 10 à 17). Entré en Canaan, Israël avait oublié qu’il avait habité dans des tentes, à sa sortie d’Égypte. En Esdras 3, le peuple rétablit « l’autel sur son emplacement » et célèbre la fête des tabernacles. Sous Néhémie, il y aura un profond réveil, et ils feront tout selon ce que Dieu avait établi au commencement : c’est le propre des réveils, de revenir à la Parole. Du temps du Seigneur, on célébrait encore la fête des tabernacles, mais c’était devenu « la fête des Juifs » (Jean 7. 2). L’Église anticipe cette fête, en offrant « un sacrifice de louanges… le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13. 15).

Le huitième jour (v. 35), représente la perfection de l’état éternel. Les sacrifices détaillés, sont les mêmes que pour la fête des trompettes et des propitiations. Dans cette profusion de sacrifices, Dieu montre la valeur de l’offrande de Christ à Ses yeux. Outre ce que Dieu exigeait, libre cours était laissé à la libéralité volontaire de chacun (v. 39).

Dans l’état éternel, notre appréciation de Christ et de son œuvre sera parfaite, et notre louange ne cessera pas dans la joie éternelle.

Soyons fidèles, comme « Moïse parla aux fils d’Israël selon tout ce que l’Éternel avait commandé à Moïse » (v. 40).

Ch. 30

Les vœux de ce chapitre concernent Israël ; cependant, toute l’Écriture s’adresse à nous, pour notre instruction (1 Cor. 10. 11).

Les vœux d’un homme étaient irrévocables (v. 3) ; ceux d’une jeune fille chez son père étaient soumis à son approbation (v. 4 à 6) ; une femme qui se mariait après avoir fait un vœu, pouvait être désapprouvée par son mari (v. 7 à 9) ; une veuve ou une femme répudiée avait affaire directement à Dieu : son vœu restait obligatoire (v. 10), enfin, le mari pouvait casser les vœux de sa femme (v. 11 à 13) Dans ce cas, Dieu lui pardonnait, mais le mari « portait l’iniquité de sa femme » (v. 16).

Ces commandements étaient un type des relations entre Dieu – Père du peuple, mais aussi mari d’Israël – et Israël même qui, en Exode 19. 5 à 8, s’était engagé à obéir à l’Éternel, en tout ce qu’Il lui commanderait : Dieu ayant approuvé cet engagement (Deut. 5. 22 à 27), ce vœu présomptueux demeurait obligatoire : le peuple ayant été incapable d’accomplir ses obligations, le Seigneur en a porté l’iniquité et les a accomplies. Désormais, ses relations avec Dieu reposeront, dans l’avenir, sur une nouvelle alliance inconditionnelle.

Mieux vaut ne pas faire de vœu si l’on ne peut pas l’accomplir (Éccl. 5. 6) : « Que votre oui soit oui et votre non non » (Mat. 5. 33 à 37 ; Jac. 5. 12). Ne faisons pas de serment à la légère comme Jephté (Jug. 11. 30). Anne avait fait un vœu qui honorait Dieu et a tenu parole, de même que Jonas (ch. 2. 10).

Asseyons-nous d’abord, pour « calculer la dépense » (Luc 14. 28) ; et, si nous engageons notre cœur avec le Seigneur, que ce soit ferme et par amour pour Lui. Seul, le Seigneur a pleinement accompli Ses vœux (Ps. 40. 7 et 8 ; Héb. 10. 7) : en Gethsémané, Il a accepté la coupe des malédictions de la main de Dieu, et Il est allé jusqu’au bout de Son dévouement, ayant glorifié Dieu et sauvé les hommes. « La maison de Stéphanas » s’était vouée au service des saints (1 Cor. 16. 15) ; Gaïus, servait les saints itinérants qui, eux-mêmes, visitaient les assemblées (3 Jean 5 à 7). Les Macédoniens s’étaient donnés au Seigneur et à Paul (2 Cor. 8. 1 à 5). Si nous engageons notre cœur avec le Seigneur, soyons fidèles (Col. 4. 17), car Dieu nous demandera des comptes (Deut. 23. 21). Mais gardons-nous de faire des vœux « légaux » comme dans l’Ancien Testament.

Paul, en Actes 18. 18, avait fait un faux pas qui s’est aggravé au ch. 21, avec la prison jusqu’à la fin de sa vie pour conséquence. Paul, qui avait repris publiquement Pierre qui revenait à la loi, était tombé dans le même piège, quoique différemment. Aux yeux de Dieu, faire un vœu doit revêtir un caractère de sacrifice (Nomb. 29. 39). « Notre service intelligent », aujourd’hui, c’est de « présenter notre corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Rom. 12. 1). Dieu, notre Père, peut casser un vœu que nous avons fait à la légère, et nous pardonner ; mais le Seigneur en a porté l’iniquité. Après avoir offert à Dieu « des prières avec de grands cris et des larmes », Il a été délivré ; et, au Psaume 22. 25, le Seigneur, vu comme le chef de musique dans la grande congrégation, dit : « Je paierai mes vœux devant ceux qui le craignent ».

Ch. 31

Le péché d’Israël avec les filles de Moab (ch. 25. 3), amène « la vengeance de l’Éternel » (ch. 31. 3). La destruction de Madian ne s’exécutera pas immédiatement ; ce sera la dernière action de Moïse avant sa mort. Ce combat victorieux d’Israël, où pas un Israélite ne mourra (v. 49), se situe dans le désert, et ne contribue pas à la conquête du pays, car Madian se trouve loin, au sud de Canaan. Si les agréments du monde nous séduisent et nous entraînent dans sa corruption, notre chute amènera un terrible combat de restauration, mais stérile quant à la conquête des bénédictions. – « Le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Ne traitons pas avec cet ennemi : restons, pour lui, des étrangers.

La gravité du péché d’Israël était telle, qu’il en est parlé encore en Josué 22. 17, rappelant que, malgré la plaie ayant éclaté sur le peuple et la vengeance sur les Madianites, Israël ne s’était « pas purifié » : le péché laisse toujours des traces durables devant Dieu, et il faut en arriver à s’humilier. Le monde pense que Dieu oubliera le péché ; mais Dieu n’oublie rien, (Héb. 26. 31 ; Ps. 50. 16 à 21). Agag, roi d’Amalek que Saül avait épargné, pensait que « l’amertume de la mort était passée », mais Samuel exécute l’ordre divin en le mettant « en pièces » (1 Sam. 15. 32 et 33). Le Dieu de grâce est aussi un Dieu de jugement, bien que ce soit là « son œuvre inaccoutumée » (És. 28. 21), et Dieu, au début du millénium, se vengera du monde corrompu. La vengeance de l’Éternel contre Madian concerne tout Israël (v. 4), car tout le peuple a péché. Ceci est en contraste avec l’affaire d’Aï, en Canaan, où Josué ne voudra pas « fatiguer tout le peuple » (Jos. 7. 3), et il s’ensuivra une grande défaite.

L’obéissance nous rend vainqueurs dans nos combats. Éphésiens 6. 12, désigne la vraie guerre « contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes », afin de nous emparer des bénédictions célestes ; revêtons-nous donc de « l’armure complète de Dieu » (v. 13 à 18). Satan veut nous occuper à lutter contre « la chair et le sang » et ainsi, à nous tromper de guerre.

Nous devons couper radicalement tout ce qui, en nous, brise la communion avec le Seigneur (Mat. 5. 29 et 30), et fuir « les convoitises de la jeunesse » (2 Tim. 2. 22) ; à devenir, tous « des hommes faits » (Éph. 4. 13). Recherchons les biens célestes, et non terrestres (Mat. 16. 26 ; Luc 12. 16 à 22). Combattons « le bon combat » (2 Tim. 4. 7), « comme un bon soldat de Jésus Christ » (2 Tim. 2. 3). Dans cette guerre commandée par l’Éternel, Phinées, fils du grand sacrificateur, est à la tête de l’armée avec les instruments du lieu saint : les trompettes, pour rappeler le peuple « en mémoire à l’Éternel » (Nomb. 10. 9). Animé d’une énergie selon Dieu, alors que tout le peuple se contentait de pleurer (ch. 25. 7 à 9), il détruit cinq rois, dans ce combat, ainsi que Balaam, « le devin » (Jos. 13. 22), à cause de son rôle pervers (Apoc. 2. 14). Malgré son zèle, le peuple va emmener « captives les femmes de Madian et leurs petits enfants », ainsi que les troupeaux (v. 9), ce qui provoque la colère de Moïse selon Dieu. Ils devront obéir malgré tout et se purifier, restant sept jours hors du camp.

Le Seigneur est mort à cause de nos péchés qui interrompent la communion avec Dieu. Que cette vérité nous pénètre afin que nous progressions dans la communion avec Lui.

Ayant fidèlement détruit les hommes, les villes et cinq rois de Madian, ceux qui sont allés à la guerre ont ramené, avec un nombreux butin, les femmes et les enfants, et les auraient introduits dans le camp que la présence de Dieu sanctifiait, si Moïse et Éléazar n’étaient pas sortis à leur rencontre, hors du camp. Moïse les oblige à se purifier des femmes impures et des enfants mâles – et Éléazar, à purifier le butin : tout devait être purifié, ainsi que les guerriers durant sept jours avant d’entrer dans le camp (v. 17 à 24). Le feu devait purifier tout ce qui le supportait, et le reste devait passer par l’eau de séparation (ch. 19).

On peut voir une certaine analogie avec 1 Corinthiens 3. 12 à 15). Même Phinées, pourtant fidèle, ayant laissé faire le peuple, a été, lui aussi, sept jours hors du camp. Soyons attentifs à notre sainteté pratique, en nous jugeant nous-mêmes, afin de n’être pas jugés par le Seigneur (1 Cor. 11. 31 ; Mal. 3. 3 ; Ps. 51. 17). Cependant, si Dieu nous juge, c’est pour la restauration de nos âmes, et notre louange Lui sera agréable, si nous Lui parlons du Seigneur et de Son œuvre. Notre responsabilité est d’autant plus grande que nous sommes plus proches du Seigneur. À la cène, par exemple, « éprouvons-nous nous-mêmes » pour manger le repas du Seigneur. Notre conscience doit être délicate – pour nous montrer nos fautes et nous en purifier – et non maladive. Évitons deux écueils : juger les autres et se faire juger par un membre du clergé.

En 2 Chroniques 29 et 30, Ézéchias purifie le temple avant d’y offrir des holocaustes et d’y faire la Pâque. Dans ces circonstances, les lévites avaient été plus fidèles que les sacrificateurs, pour se purifier. Une grande partie du peuple ne s’était pas non plus purifié, mais Ézéchias a prié pour eux, et « l’Éternel écouta Ézéchias, et guérit le peuple ».

À partir du verset 25, Dieu prend en main le partage du butin après la purification : rien n’est laissé au gré de l’homme. Chacun aura sa part : les guerriers, les lévites, les fils d’Israël, et Dieu Lui-même, et les prisonniers sont donnés aux lévites comme serviteurs. David, plus tard, exprime une pensée similaire : « Telle qu’est la part de celui qui descend à la bataille, telle sera la part de celui qui demeure auprès du bagage » (1 Sam. 30. 24). Ce combat était une conséquence de l’infidélité du peuple (ch. 25), mais l’Éternel permet qu’aucun Israélite ne soit tué et un enrichissement pour tout le peuple en résulte. Combattons les combats de Dieu : nous ne subirons aucune perte, et nous en serons spirituellement enrichis.

Ces hommes d’Israël qui ont combattu, comprennent la grâce dont ils sont les objets : comblés, et n’ayant subi aucune perte en hommes (v. 49), ils offrent, spontanément, de leur part de butin, des objets précieux d’or : « pour faire propitiation pour nos âmes » (v. 50). En Exode 30, l’Éternel exigeait « un demi sicle d’argent ». Ici, c’est de l’or donné volontairement à l’Éternel. En 1 Chroniques 29. 2 à 9, David, puis les chefs, donnèrent volontairement de nombreux objets, dont certains en or, pour le sanctuaire de l’Éternel. Dieu prend plaisir à nos dons volontaires : nous pouvons Lui offrir de l’argent, notre temps, nos capacités, avec notre amour.

Nous avons un grand butin spirituel dans la Parole, mais c’est le Seigneur qui a payé notre rançon à Dieu.

Ch. 32

Fidélité à la parole donnée, et courage pour combattre pour leurs frères, caractérisent les deux tribus et demie du chapitre 32. Pourtant, dominés par leurs intérêts personnels, ils demandent, comme une « faveur » de ne pas franchir le Jourdain symbolisant notre mort avec Christ et notre résurrection avec lui (Rom. 6. 3 à 8 ; Jos. 4. 3 à 9) ; « le monde m’est crucifié et moi au monde » (Gal. 6. 14). Ayant de nombreux troupeaux, ces tribus veulent s’installer dans la riche région de Galaad conquise par Israël. Le pays béni de la promesse n’a aucun attrait pour eux ! Prenons à cœur les intérêts de Jésus Christ, et non les nôtres (Phil. 2. 21) et marchons » d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés » (Éph. 4. 1). Notre chapitre illustre les dangers de marcher par la vue et non par la foi : on devient un chrétien « terrestre », attaché à ses aises ici-bas, et non aux « choses qui sont en haut » (Col. 3. 1).

En Nombres 11. 4 et 5, le peuple regrettait l’Égypte et ce qu’il y mangeait d’agréable, symbole des chrétiens regrettant la vie facile du monde, exempte des exercices des croyants. Satan nous montre les attraits du monde pour faire de nous ses proies (1 Pier. 5. 3). En Genèse 13. 10, « Lot leva ses yeux », choisit la riche plaine du Jourdain pour ses troupeaux, et finira dans Sodome ; mais Dieu dit à Abraham : « Lève tes yeux et regarde » (v. 14). Dieu nous montre nos bénédictions : regardons-les.

Riches de grands troupeaux, car Dieu les avait bénis, ils n’avaient pas offert de sacrifices à l’Éternel dans le désert (Act. 7. 42). De retour dans leurs possessions, par crainte de ne plus être reconnus d’Israël, ils se bâtiront un « autel de grande apparence », comme témoin entre eux et leurs frères, mais sur lequel ils ne pouvaient offrir de sacrifice, et ils devront s’en justifier (Jos. 22). Gardons-nous des apparences trompeuses dans nos vies. Si nous nous écartons du Seigneur, Sa Parole n’aura plus d’attrait, et nous argumenterons pour justifier notre désobéissance. Ces tribus, hors du territoire d’Israël, seront les premières déportées par les rois de Syrie ou d’Assyrie (1 Rois 22. 3 ; 2 Rois 10. 32 et 33 ; 1 Chron. 5. 23 à 26) : résultats désastreux d’un mauvais choix. Obéissons à la Parole dans tous nos choix.

– Quelle peine pour Moïse, privé malgré lui d’entrer en Canaan, de voir ces tribus se désintéresser du pays ! Il craint que leur attitude n’influence tout le peuple, et leur rappelle la sévérité du châtiment de Dieu sur la génération rebelle qui tomba dans le désert. Seuls, Josué et Caleb, toujours fidèles, participeront à la conquête du pays. La perspective d’un nouveau renvoi au désert où tout le peuple périrait, effraye Moïse, et il les exhorte à ne pas le décourager. Ne décourageons pas nos frères par une mauvaise attitude. Nos désobéissances réitérées ont toujours de graves conséquences. Ces hommes combattront sept ans loin de leurs familles, pour aider leurs frères. Il y a un grand danger à être absents longtemps de nos foyers, ne pouvant faire la lecture de la Parole de Dieu avec nos enfants.

Comme pour le peuple, autrefois, en Josué 1. 3, Dieu nous a donné, d’avance, toutes les bénédictions dont nous serons capables de nous emparer.

Deux choses se manifestent dans ce chapitre : 1) Ces deux tribus ne veulent pas aller plus loin (v. 5). 2) Moïse ne consulte pas l’Éternel, mais les reprend sévèrement, et un changement partiel se produit dans leurs dispositions : ils passeront devant leurs frères pour la conquête du pays, moyennant que Moïse leur donne le pays de Galaad (v. 16 à 19). Il y aura de graves conséquences, car c’était la volonté de Dieu que tout le peuple entre en Canaan. Ne méprisons pas nos bénédictions célestes, il n’y en aura pas de meilleures ; pour nos besoins terrestres, attendons-nous au Seigneur : « Là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Mat. 6. 21).

Abram, attaché aux bénédictions divines, refusa les richesses du roi de Sodome (Gen. 14. 21 à 23), et Dieu lui-même, fut « sa très grande récompense » (ch. 15. 1). Si ces tribus avaient fait le bon choix, elles auraient été bénies avec le reste du peuple. Mais une autre conséquence se manifeste : ces hommes empêchent leurs familles mêmes d’entrer dans la terre promise : aucune bénédiction pour leurs femmes et leurs enfants !

C’est le travail de l’Ennemi, essayant déjà, mais sans succès, en Exode 10. 10 et 11, d’empêcher leurs familles de suivre les « hommes faits », lors de leur sortie d’Égypte. En Esdras 8. 21, les enfants sont associés à la prière des hommes. Mais en Nombres 32, ces hommes sont précisément ces « petits enfants » que Dieu avait promis de faire entrer dans le pays, alors que leurs pères, incrédules, avaient dit d’eux, qu’ils seraient « une proie » : et les voilà qui refusent d’y entrer avec leurs familles !

Quarante mille hommes de ces tribus combattront pour Israël, sur les soixante-dix mille environ que comptaient ces deux tribus et demie (Nomb. 2. 10 à 21). Quarante mille foyers privés de chefs de familles ! Notre « bonne volonté » à aider nos frères ne remplacera jamais notre obéissance à la volonté de Dieu. Moïse cède à leur obstination, mais leur confirme qu’ils habiteront en Galaad s’ils combattent pour leurs frères (v. 28 et 29) et les avertit de faire ce qu’ils ont dit (v. 24), sinon, leur péché les trouverait (v. 23 ; Gal. 6. 7). Bien que Dieu ne s’oppose pas à leur obstination, de graves conséquences s’ensuivront.

Travaillons, au contraire, à obtenir « une riche entrée » dans le royaume (2 Pier. 1. 10 et 11). Comme David, « un bel héritage nous est échu » (Ps. 16. 5 et 6) ; et ainsi qu’Acsa (Jos. 15. 16 à 19), ayons soif des bénédictions sur cette terre aride, et Dieu prendra plaisir à nous les donner ; ou encore, attachons-nous à notre héritage céleste, comme les filles de Tselophkhad étaient attachées à l’héritage de leur père. Si l’espérance d’Israël est terrestre, celle de l’Église est d’autant meilleure qu’elle est céleste.

Ces tribus, en contradiction avec Dieu et avec elles-mêmes, combattront pour la conquête de Canaan, participeront aux victoires répétées, seront rassasiées des riches fruits de cette terre « ruisselante de lait et de miel », mais feront demi-tour, car leurs cœurs étaient restés en Galaad. Combattons pour la foi avec le cœur attaché aux choses célestes. Comme en Genèse 4. 17, ils nomment leurs villes de leurs propres noms (v. 41 et 42).

« Notre bourgeoisie est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme sauveur » (Phil. 3. 20).

Ch. 33

Une quarantaine des traites d’Israël sont mentionnées dans ce chapitre, et celles du chapitre 21. 12 à 19, sont omises. À partir du verset 50, l’Éternel donne des instructions pour la conquête de Canaan.

Ce retour en arrière ne mentionne ni les chutes du peuple, ni ses victoires : malgré la discipline nécessaire, la grâce divine n’insiste pas sur leurs fautes : à Kibroth-Attaava – sépulcre de la convoitise – les murmures du peuple provoquent une grande brèche ; cela rappelle aussi la ressource du « serpent d’airain », en Nombres 21. 8. Quant aux victoires, Dieu seul en est l’artisan. Cette longue errance au désert avait pour but de faire connaître à Israël son propre cœur (Deut. 8. 2), et aussi ce que Dieu a été en bonté envers ce peuple rebelle : Il accomplissait Ses promesses faites à Abraham. Dieu avait fourni l’énergie pour sortir d’Égypte « à main levée » (v. 3) et Il met en évidence le caractère d’étranger et de forain du peuple : « ils partirent… ils partirent… ils campèrent » : conduits par la nuée, ils étaient en voyage. Dieu consigne toutes « nos traites » – nos circonstances – car nous devons « tous être manifestés au tribunal de Christ » (2 Cor. 5. 10), non pour être jugés, mais pour que la richesse de la grâce de Dieu soit pleinement révélée.

Il nous faut aussi beaucoup d’énergie pour nous séparer du monde qui n’est plus le nôtre selon 2 Corinthiens 6. 17 et 18 ; ch. 7. 1. Laissons-nous sonder par Dieu (Ps. 139. 23 et 24). Le monde est l’école de la foi où nous apprenons à connaître le Dieu d’amour qui bénit ceux qui gardent Ses commandements ; les enfants eux-mêmes, un jour, doivent marcher par leur propre foi. Proposons-nous « toujours l’Éternel devant » nous (Ps. 16. 8). Seuls de leur génération, Josué et Caleb, fidèles, ont survécu. Prenons conscience des caractères du Dieu saint et miséricordieux, et défions-nous de nous-mêmes. Si nous oublions les leçons déjà apprises, Dieu nous les fera réapprendre.

Moralement, comme Abraham, n’ayons qu’une tente et un autel. Les hommes de foi d’Hébreux 11, avaient « oublié » leur patrie d’origine et en « recherchaient une meilleure ». Ils n’obtinrent pas les choses promises, mais moururent dans la foi, et les versets 39 et 40 réjouissent nos cœurs. Abraham voulant enterrer Sarah, acheta la caverne de Macpéla en Canaan promis à sa descendance. Quant au peuple au désert, sans la foi, il avait voulu retourner en Égypte. « L’Éternel seul l’a conduit » et a pris soin de lui (Deut. 32. 10 à 12) ; pourtant, « ils l’émurent à jalousie » (v. 21). Durant quarante ans, le peuple a connu de tristes périodes, mais les soins divins n’ont pas manqué.

Une partie des traites mentionnées ici, restent inconnues, géographiquement. Dans nos vies, beaucoup de choses cachées se passent entre Dieu et nous seuls. Jacob lutta toute une nuit, seul avec l’ange. Nous connaissons des circonstances amères – Mara – ou heureuses et riches – Elim.

Enfin, Aaron meurt à la montagne de Hor, âgé de 123 ans (v. 28) ; puis ce sont les plaines de Moab, au bord du Jourdain, à l’entrée du pays. Les noms hébraïques de ces traites sont sûrement significatifs de ce que Dieu a voulu apprendre à Israël ; et si nous l’ignorons, retenons que Dieu veut nous apprendre que, si certaines choses se traitent en public, d’autres sont réservées à une rencontre secrète avec Dieu.

Toute la génération sortie d’Égypte a péri au désert : l’Éternel réitère Ses exigences à la nouvelle génération, pour le moment où elle entrera dans le pays, comme au chapitre 15. Malgré les chutes d’Israël, Dieu est fidèle et accomplit toujours ce qu’Il a dit. Les frontières définies par Dieu ne seront vraiment établies que durant le millénium. Mais avant d’entrer en Canaan, le peuple est averti qu’il devra détruire ses habitants et leurs idoles (Ex. 23. 23 et 24 ; Nomb. 33. 50 à 56 ; Deut. 7. 1 à 6), afin de répondre à la sainteté de Dieu qui avait attendu que « l’iniquité des Amoréens soit parvenue à son comble » (Gen. 15. 16).

Dieu savait que ces peuples, mêlés à Israël, leur seraient : « un filet, et un piège, et un fouet dans vos côtés, et des épines dans vos yeux » (Jos. 23. 11 à 13) ; et que Dieu devrait se retourner contre Israël. Et cela arriva : les tribus ne dépossédèrent pas les Amoréens (Jug. 1. 19 à 35), et la colère de Dieu s’embrasa contre Israël (Jug. 2. 14 et 15, 20 à 23). N’aimons pas le monde organisé sans Dieu, opposé à Dieu et aux croyants (1 Jean 2. 15) ; mais aimons tous les hommes, car Dieu les aime (Jean 3. 16), et « gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Prenons garde, car « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Cor. 15. 33). Notre séparation du monde doit être complète, comme une « circoncision » et non une « concision »: un semblant de séparation qui ne serait pas vraie (Phil. 3. 2 et 3).

Dans les Juges, lorsque le peuple criait à Lui, Dieu délivrait, mais dut se montrer sévère, car Israël était responsable. Dieu use de patience envers les Siens, mais un jour, elle a son terme. Avant sa mort, Josué reprend le peuple qui se portait « lâchement » à la conquête du pays (Jos. 18. 3). En Juges 2. 1, « l’Ange de l’Éternel monta de Guilgal à Bokim », et reprocha au peuple de ne pas avoir « écouté sa voix » ; et ainsi, les dieux étrangers leur seraient en piège (v. 2 et 3). Guilgal symbolisait la mise de côté de la chair, et le peuple devait toujours y revenir après ses victoires ; mais il a beaucoup manqué à cet égard, et l’Ange de l’Éternel leur apparaît à Bokim, la vallée des pleurs. Lorsqu’ils furent « rendus impurs par leurs œuvres », l’Éternel « abhorra son héritage » (Ps. 106. 39 et 40).

Du temps de Néhémie, il y avait « des Juifs qui avaient pris des femmes asdodiennes… et leurs fils parlaient à moitié l’asdodien mais ne savaient pas parler le juif » (Néh. 13. 23 et 24). Prenons garde à l’exemple que nous donnons à nos enfants.

L’héritage devait être proportionné à chaque tribu (Nomb. 33. 54). Au désert, certaines tribus avaient prospéré, d’autres diminué – dans le ciel, nous serons tous remplis de Christ, mais tous les « vases » n’auront pas la même capacité. Sous certains rois pieux, on a supprimé les « hauts lieux » où le peuple adorait les idoles qu’il n’avait pas détruites. Dieu nous avertit en amour, car il préconnaît les conséquences de nos fautes. Si nous suivons le monde, il nous opprimera, en faisant de nous ses esclaves, et sera « des épines dans nos yeux », provoquant souffrances et aveuglement ; et le monde est de plus en plus idolâtre. Dieu veut que nous reflétions Sa sainteté en réalisant 2 Pierre 1. 5 à 8 ; alors, nous pourrons dire avec le psalmiste : « le piège s’est rompu, et nous sommes échappés » (Ps. 124. 7).

Ch. 34

Dieu donne, ici, les limites du pays « ruisselant de lait et de miel » – image du ciel que Christ remplit : plus nous connaîtrons le Seigneur, plus nous jouirons de Lui au ciel. Ces limites étaient déjà données à Abraham, mais Israël se montra lâche dans la conquête. Plus tard, seul Salomon domina sur tout le pays donné par l’Éternel (2 Chron. 9. 26) ; mais sous sa responsabilité, l’homme a failli ; en Ézéchiel 47, pour le millénium, Israël occupera tout le territoire, car Dieu fera tout par Lui-même. Ces frontières nous parlent de séparation des croyants d’avec ceux de dehors (1 Cor. 5. 12 et 13) – et les limites des tribus, de nos attributions respectives, dans l’assemblée : ne les dépassons pas.

Pour combattre, revêtons-nous de l’armure complète de Dieu (Éph. 6. 11 à 18). Dieu dira à Josué : « Lève-toi, passe ce Jourdain toi et tout ce peuple… tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (Jos. 1. 2 et 3) et « Fortifie-toi et sois ferme » (v. 6 et 7). Nous sommes comme ce peuple mis à part, le plus petit de tous : « saints, consacrés » (Deut. 7. 6 et 7). Mais le peuple s’est enorgueilli de son appel. Abraham, étranger, devait se « promener » dans tout le pays promis ; mais ici, si Dieu donne le pays tant que la foi est active ; dès qu’elle cesse, Il s’arrête de chasser les Amoréens qui se mêlent au peuple. Les « montagnes », la « mer », parlent de tout ce qui peut renverser la piété chrétienne (Jean 17. 15). Les infidélités du peuple ont rompu l’alliance entre Dieu et Israël ; il a négligé de conquérir tout le pays que Dieu lui avait donné pour toujours, et il en a été finalement chassé (Nomb. 33. 56).

Le torrent d’Égypte – et non le Nil – devait limiter Israël au sud-ouest ; plusieurs localités citées nous sont inconnues, mais gardons la signification morale de ce chapitre. La différence de l’héritage des tribus nous ramène à 1 Corinthiens 15. 40 et 41, parlant du soleil – le Seigneur, de la lune – l’Assemblée, des étoiles – les croyants : tous « différents en gloire », montrant la diversité des héritages et des couronnes, au ciel. Dieu veut nous donner une « riche entrée » dans Son royaume (2 Pier. 1. 10 et 11) ; alors, édifions avec « l’or, l’argent, les pierres précieuses » (1 Cor. 3. 12 à 15).

« La mer de Kinnéreth » – lac de Génésareth (v. 11), rappelle une grande partie du ministère du Seigneur. Éléazar – Christ, Souverain Sacrificateur – et Josué -Christ combattant pour nous – et les princes des tribus, devaient partager le pays que Dieu donnait au peuple (v. 17 à 29), en tirant au sort (Prov. 16. 33) ; mais deux tribus et demie avaient pris leur héritage en Galaad, en contraste avec les filles de Tselophkhad (ch. 27), mais Dieu voulait bénir tout Son peuple en Canaan (Deut. 11. 11 à 15), tout près de l’arche ; ces tribus ont été les premières à partir en captivité. Plus tard, dans le pays, les Syriens combattant contre Samarie, seront défaits et « dans la montagne et dans la plaine » (1 Rois 20. 30).

Ces princes (v. 18 à 28), nous rappellent que nous devons « découper droit » la Parole, et que nous rendrons compte à Dieu. Éléazar, Josué et Caleb sont les seuls dont nous entendons encore parler par la suite. Aucun héritage n’est donné aux lévites, car l’Éternel était leur part (Nomb. 18. 20 à 23). On leur donnera, cependant, quarante-huit villes, dont six de « refuge » (Nomb. 35), image d’un Christ sauveur.

Ch. 35

Ce chapitre donne les possessions des lévites en Canaan : quarante-huit villes et leurs banlieues (v. 1 à 8), car l’Éternel est leur héritage (ch. 18. 20 et 21) et ils avaient les dîmes pour leurs besoins (Deut. 18. 1 et 2) ; ils avaient six villes de refuge : trois en deçà du Jourdain, trois au-delà (v. 9 à 29) ; enfin, des ordres pour exercer la justice selon Dieu : il devait y avoir deux témoins, et aucune rançon n’était autorisée (v. 30 à 34).

Exode 21. 12 à 14 fait une première allusion aux villes de refuge, établissant la distinction entre le meurtrier volontaire et involontaire. Sous la loi, le « péché par fierté » n’était jamais pardonné. Sous la grâce, le Seigneur, la vraie ville de refuge, reçoit tous les pécheurs repentis.

Maudits par leur père Jacob (Gen. 49. 5 à 7), à cause de leur violence meurtrière, les lévites furent choisis de Dieu pour Son service, pour leur zèle à répondre à l’appel de Moïse en Exode 32. 26 ; n’ayant pas épargné leurs proches (Deut. 33. 9 et 10), ils ont été agréables à l’Éternel (v. 11). Dieu a tourné leur malédiction en bénédiction pour le peuple. Ézéchias les établit dans leur double service : les sacrifices et la louange (2 Chron. 31. 2). Les lévites, avec les sacrificateurs, servaient au temple, mais d’autres, répandus dans les quarante-huit villes, étaient en bénédiction à tout le peuple en enseignant la loi. Fidèles, ils se réfugièrent en Juda lorsque Jéroboam établit les sacrificateurs des veaux d’or (1 Rois 12. 31 ; 2 Chron. 13. 9).

Ces villes étaient prises en proportion de l’héritage de chaque tribu (v. 8), et les banlieues, très petites, suffisaient à nourrir leurs troupeaux. Répandues dans le pays à distances à peu près égales, le meurtrier involontaire n’avait pas loin à aller, en se hâtant, pour se mettre à l’abri. Ces villes de refuge qui, toutes, dans le pays, étaient situées « dans la montagne » (Jos. 20. 7), répondaient au désir de Dieu. La miséricorde divine ne délaisse pas les tribus restées hors du pays, représentant des chrétiens attachés aux choses terrestres : ils n’ont pas les mêmes bénédictions que les croyants spirituels, mais Dieu les aime et en prend soin.

Ces villes de refuge sont une vraie grâce divine, car en Genèse 9. 6 et Lévitique 24. 17, Dieu condamne à la mort tout meurtrier, car « les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6. 23). Le salut était prêt d’avance, mais il fallait en préparer le chemin (Deut. 19. 2 et 3). Le meurtrier devait fuir vers la ville de refuge – et tout homme doit se hâter d’aller à Jésus Christ pour être sauvé ; il faut un cœur « préparé » pour la repentance.

Dans Nombres 35. 16 à 21, il s’agit d’un meurtrier volontaire : « il sera certainement mis à mort » ; dans les v. 22 à 28, d’un homicide involontaire ; alors, il y avait les villes de refuge que le meurtrier ne devait pas quitter jusqu’à la mort du grand sacrificateur, puis il pouvait revenir dans sa ville. Le Seigneur crucifié déclare Israël « homicide par ignorance » (Luc 23. 34), mais chassé de sa possession sous la sacrificature actuelle du Seigneur, il retournera dans son pays sous Sa sacrificature selon l’ordre de Melchisédec, dans le millénium et durant l’éternité : sacrificature dont les chrétiens dépendent déjà.

Dieu interdit toute rançon, et deux témoins, au minimum, étaient indispensables (v. 30 à 32 ; Ruth 4. 2 et 11 ; Mat. 18. 16 ; 2 Cor. 13. 1 ; 1 Tim. 5. 19). Mais la perversité des hommes ne craignant pas Dieu, sait trouver de faux témoins lorsque cela l’arrange. Naboth a été mis à mort sur la déposition de faux témoins (1 Rois 21. 13) ; on a produit de faux témoins pour condamner le Seigneur Lui-même (Mat. 28. 59, 60 et 66).

L’homicide volontaire devait être mis à mort, même dans une ville de refuge ; quant à l’homicide involontaire, aucune rançon n’était admise : il devait s’enfuir. Meurtrier du Seigneur, par ignorance (Luc 23. 34), Israël est gardé de Dieu dans la ville de refuge, les nations qui l’accueillent et que Dieu bénit « dans les tentes de Seth » selon la prophétie de Noé (Gen. 9. 27). Israël reviendra dans son pays lorsque le Seigneur aura enlevé son Église, mais Dieu l’épurera en chemin durant la « détresse de Jacob ». Le meurtrier involontaire revenait dans sa propre ville après la mort du souverain sacrificateur ; le Seigneur, lui, ne meurt plus, et Israël est sous les conséquences de son péché, mais la repentance lui est offerte, afin que « vienne un temps de rafraîchissement » (Act. 17). Il est sous le gouvernement de Dieu qui n’a pas répondu « œil pour œil, dent pour dent » à son crime, pour ne pas l’anéantir : Dieu n’a pas appliqué la sentence normale.

Sous la grâce, tous les péchés sont remis, car l’efficace du sang de Christ fait entrer le pécheur repentant dans la « ville de refuge », le Seigneur. « Le vengeur du sang » était le plus proche parent de l’homme tué, et le meurtrier volontaire était mis à mort. Paul, meurtrier par ignorance de bien des chrétiens, avant sa conversion, était l’objet de la miséricorde divine (1 Tim. 1. 16). Dieu n’a pas abandonné Son peuple : même Élie faisant « requête contre le peuple » fut mis de côté aussitôt ; mais endurci, Israël est rejeté pour un temps, « jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée » (Rom. 11. 25).

Nous sommes dans cette période des nations sous la grâce. À la fin, « tout Israël » – le résidu – « sera sauvé » (v. 26), car Dieu ne se repent pas de Ses promesses (v. 29). Ennemis de l’évangile, à cause des nations, ils sont « élus et bien-aimés à cause des pères » (v. 28). « Dieu a renfermé tous, Juifs et nations, dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » (v. 32). Et l’apôtre fait entendre un chant de louange et de gloire : « Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! »

Christ est l’antitype des villes de refuge des Nombres. Meurtriers volontaires, nous avons « profané le pays » en versant le sang de Christ ; mais Son sang a été versé à la place du nôtre, de sorte que nous sommes à l’abri en Lui, pour l’éternité. La terre, souillée par le péché, a été purifiée par le sang de Christ, de même que les lieux célestes. Dieu refusait toute rançon, autrefois ; maintenant, Il peut dire : « J’ai trouvé une propitiation ! » (Job 33. 24). Christ est cette rançon « pour tous » (1 Tim. 2. 6), c’est la propitiation ; en Matthieu 20. 28, le Seigneur « donne sa vie en rançon pour plusieurs » : c’est l’expiation. La poix enduisant l’arche de Noé et le coffret de Moïse livré aux eaux du fleuve, est le même mot que : propitiation et expiation.

« Toutes choses sont réconciliées avec Dieu » (Col. 1. 20).

Ch. 36

Les filles de Tselophkhad s’inquiétaient de l’héritage de leur père, avec une grande énergie de foi et avec la fraîcheur de la jeunesse, au chapitre 27 ; au chapitre 36, les hommes faits de la tribu de Manassé, avec sagesse, s’inquiètent des conséquences que ces jeunes filles n’avaient pas vues. Dieu apporte Sa réponse et montre les bienfaits du mélange des générations. Dieu se réjouit de l’attachement des Siens à l’héritage : pour nous, c’est la Parole de Dieu et le précieux dépôt spirituel légué par nos prédécesseurs ; gardons-le de génération en génération (1 Pier. 1. 3 à 5, et Ps. 16. 5). Ne le méprisons pas. Naboth y était attaché jusqu’à la mort incluse (1 Rois 21. 3). Par contre, Shémer vendit son héritage à Omri, père d’Achab qui en fit Samarie (1 Rois 16. 23 et 24). La demi-tribu de Manassé restée en Galaad (Nomb. 27. 1 ; Nomb. 32. 39 et 40), demeurait attachée, malgré tout, à son héritage.

Les jeunes croyants ayant reçu de leurs parents l’enseignement de la Parole de Dieu, doivent garder ce qui leur « a été confié » (1 Tim. 6. 20), « examiner chaque jour les Écritures » qui doivent faire autorité sur nous.

Le fils prodigue de Luc 15 a dilapidé son héritage. Les filles de Tselophkhad, elles, l’ont gardé. Hardies pour le réclamer, elles sont soumises, pour se marier, dans l’obéissance à Dieu (v. 12). Le mariage doit se faire entre croyants ayant la même foi, la même obéissance à la Parole : un tel mariage est béni pour toute la vie et pour les enfants, et même pour l’Assemblée.

Si le livre des Nombres est le livre du désert, des murmures et des révoltes, il s’achève de façon heureuse sur l’obéissance d’un groupe de jeunes filles, et Dieu en est rafraîchi. Ne nous fions pas à nous-mêmes, mais appuyons-nous sur la Parole, car « la foi est de ce qu’on entend… par la Parole de Dieu » (Rom. 10. 17). La « force des jeunes gens » et l’expérience des frères d’âge mûr, chacun restant à sa place, fait la force d’un rassemblement (Éph. 4. 15 et 16). Dieu aime à mettre en évidence la fidélité des Siens : on songe à Marie qui oignit les pieds du Seigneur avec un parfum, à Acsa qui réclamait des sources d’eau, et aux filles de Tselophkhad, attachées à l’héritage, et dont la Parole rappelle la mémoire à plusieurs reprises : on a dit que la foi serre dans son cœur son précieux titre de propriété.

Au Jubilé, tous les cinquante ans, chacun pouvait retourner dans son héritage. La terre appartient à Dieu, mais Sa grâce opère pour Israël (Lév. 25. 8 à 10, 25 à 28). Mariées dans la tribu de leurs pères, les jeunes filles maintenaient l’héritage dans leur tribu d’origine. Si deux croyants de milieux différents se marient ensemble, le bon dépôt ne pourra être maintenu.

Les rébellions du peuple typifient l’histoire des hommes, mais nous avons nos ressources en Christ : le serpent d’airain ; le rocher frappé ; la génisse rousse ; les prières et les supplications de Moïse et d’Aaron. Tout cela nous concerne sur le plan spirituel (Rom. 15. 4 ; 1 Cor. 10. 11).

Le retour du Seigneur – notre jubilé – où nous jouirons pleinement de notre héritage.

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac

SAVONS-NOUS SYMPATHISER ?

« Quand Jésus la vit pleurer (Marie), et les Juifs qui étaient venus avec elle pleurer, il frémit en son esprit et se troubla ; il dit : Où l’avez-vous mis ? Ils lui disent : Seigneur, viens et vois. Jésus pleura » Jean 11. 33 à 35.

SAVONS-NOUS SYMPATHISER ?

« Jésus pleura ». Ce verset, le plus court du Nouveau Testament, contient un puissant message pour tous les chrétiens. Le désir du Seigneur était de guérir les cœurs opprimés, et de pleurer « avec ceux qui pleurent » (Rom. 12. 5). Quelle sympathie nous trouvons dans ces larmes du Seigneur ! Une « sympathie » qui signifie littéralement, dans l’acception du terme grec correspondant, « éprouver les mêmes émotions que quelqu’un, partager avec lui ou elle la même relation d’émotion aux évènements ».

Jésus venait juste de dire qu’Il était « la résurrection et la vie » (v. 25) et, tout de suite après nous voyons en Lui un homme qui pleure auprès d’une famille en deuil.

Dans Ses paroles d’adieu aux disciples, Il met de côté Ses propres souffrances et ne cherche qu’à soulager les leurs : « Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif » (Jean 14. 27).

Alors qu’Il est en chemin vers la croix, Il se tourne vers les femmes qui Le suivent en se lamentant, et calme leurs lamentations (Luc 23. 27 à 28). Sur la croix, Il s’incline avec tendresse vers Marie, Sa mère, dont Il perçoit toute l’angoisse, et Il lui donne, en Jean un « fils » et une maison (Jean 19. 26 et 27).

Suivons l’exemple de notre Seigneur et apprenons à écouter ceux qui souffrent, à avoir « compassion du misérable et du pauvre », étant animés par le désir de soulager « l’affligé qui n’a pas de secours » (Ps. 72. 12 et 13).

Avec l’aide du Seigneur, apprenons à nous approcher de ceux qui traversent peine et chagrin, leur rappelant ces paroles de consolation : « les morts en Christ ressusciteront en premier lieu ; puis nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air : et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 16 et 17).

D’après « Il buon seme » octobre 2023

POUVOIR DIRE « TOUT VA BIEN »

« L’Éternel a donné, et l’Éternel a pris ; que le nom de l’Éternel soit béni ! » Job 1. 21.

POUVOIR DIRE « TOUT VA BIEN »

Lire 2 Rois 4. 18 à 37

Après la mort soudaine de son fils, la femme de la ville de Sunem, personnage principal de ce passage du chapitre 4 du livre des Rois, est restée calme et sereine. Elle ne s’est pas lamentée. Elle n’a pas alerté tout son cercle familial. Personne autour d’elle n’a pu se douter de sa profonde douleur de mère. Elle a dit à son mari que tout allait bien, puis elle est allée vers le prophète de Dieu à qui elle avait eu l’occasion d’offrir l’hospitalité.

C’est à lui qu’elle ouvre son cœur, en lui parlant de la mort de son enfant. Malgré sa profonde tristesse, cette femme a placé sa confiance en Dieu, sachant qu’il était en Son pouvoir de lui rendre la vie.

Ce récit nous parle encore aujourd’hui. Nous pouvons vivre des situations très douloureuses, et être désespérés au point de faire partager notre état d’âme à notre entourage, et d’en arriver peut-être à douter de l’amour de Dieu. La tristesse remplit alors notre cœur et se voit sur notre visage ; nous restons figés, seuls avec une douleur parfois aggravée par le sentiment de ne pas être compris, même par nos proches.

La femme de Sunem est allée vers le prophète ; nous nous tournons vers Dieu et vers Son Fis Jésus Christ, par la prière.

Dieu nous aime ! Demandons-Lui d’affermir notre âme dans la confiance en Lui. Il connaît toutes les circonstances de notre vie et Il est le Seul à pouvoir nous aider à les affronter, comme la Parole l’affirme : « En toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par la prière et la supplication avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 6 et 7).

Plaçons notre confiance dans le Seigneur. Nous pourrons dire alors comme la femme de Sunem, quelles que soient les circonstances douloureuses que nous devions traverser : « Tout va bien ».

D’après « Il buon seme » octobre 2023

PENSÉES SUR L’ÉPÎTRE À PHILÉMON

Les premières pensées qu’amène la réception d’une lettre sont : Qui écrit ? À qui cette lettre s’adresse-t-elle ? Que dit-elle ?

Ici, c’est l’apôtre Paul qui écrit. Humblement, il met de côté son titre d’apôtre, pour s’intituler lui-même, dès l’en-tête : « prisonnier de Jésus Christ ». Dans le monde, on s’empresse de mettre ses titres en avant, ou on se prévaut de connaître un personnage haut placé, pour en imposer à ses interlocuteurs, et les soumettre par la crainte.

Mais Paul n’use, pour se présenter, que de ce titre de « prisonnier » et de « vieillard » (v. 9). Que peut-on obtenir, dans le monde, avec si peu de titres ?

Paul, en prison, a écrit plusieurs épîtres. À Éphèse, où il est incarcéré pour sa foi, sa foi n’en est pas moins manifestée dans toute sa vigueur ; et dans cette lettre aux Éphésiens, il présente les plus hauts conseils de Dieu et Ses mystères en grâce, et pour les Juifs et pour les nations, unis en Christ « en un seul homme nouveau » « en un seul corps » (ch. 2).

Christ est présenté comme la tête du corps, et Son corps qui Le complète, est vu dans le ciel : « Assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus ». Voilà ce qui remplit le cœur de l’apôtre d’une joie que personne ne peut lui ôter.

Au ch. 6. 20, il se désigne comme un « ambassadeur lié de chaînes » : ce qui montre que rien ne va plus entre le monde et le pays « céleste » que l’apôtre représente.

Dans les Philippiens, où Paul est mis de côté, il se réjouit, car les circonstances par lesquelles il passait étaient plutôt arrivées « pour l’avancement de l’évangile » (ch. 1. 12).

Contrairement à ce qui se passe parfois dans l’assemblée, où un frère plus doué ou éloquent que les autres, cherche à dominer, Paul, lui, se réjouit, même dans ses tribulations, et étant effacé. L’éloquence d’un frère peut impressionner, mais « cinq paroles » dites simplement devant le Seigneur, peuvent apporter ce que le Seigneur a à dire à l’assemblée, à ce moment-là.

Dans cette épître, Paul s’associe Timothée, à cause de leur profonde communion, à ce problème difficile qui existait chez les Philippiens : certains frères évangélisaient « par envie », et pour « susciter de la tribulation pour les liens » de l’apôtre.

Timothée avait « pleinement compris la doctrine » de l’apôtre (2 Tim. 3. 10). En 1 Timothée 6, Paul, parlant de ceux qui « veulent devenir riches (v. 9), dit : « Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit » (v. 11). En cas de danger spirituel, le salut est dans la fuite.

En Lévitique 11. 9 et suivants, les Israélites pouvaient manger les poissons possédant des nageoires leur permettant de se déplacer à contre-courant, et des écailles les protégeant du milieu ambiant. Jeunes et frères et sœurs âgés, avons-nous des nageoires et des écailles, ou nous laissons-nous imprégner de l’esprit du monde, et nous laissons-nous emporter par son courant ? Daniel, jeune homme, avait arrêté dans son cœur de ne pas se souiller, et il a tenu ferme toute sa vie. « À nous l’obéissance, à Dieu les conséquences ».

Dans les Colossiens, Paul se déclare encore comme « lié », mais, là encore, se mettant lui-même de côté, il parle du Seigneur comme étant la tête ou « le chef du corps, de l’assemblée » (ch. 1. 18). Il n’évoque ses propres souffrances qu’à la fin de l’épître (ch. 4. 4).

Puis, le destinataire de la lettre est désigné : Philémon. Philémon était probablement un homme riche, ayant des esclaves. Au début de l’Assemblée, les chrétiens avaient mis tout en commun. Mais, du temps de Philémon, il n’en était plus ainsi.

Sur un autre plan, au 19ème siècle, lors du réveil évangélique, tous les aspects de la vérité ont été retrouvés. Puis, très vite, les choses ont évoluées, spécialement au niveau ecclésiastique. Dans ces divergences de pensées, on a souvent utilisé des lettres écrites à cette époque, pour justifier les différentes positions adoptées, sans s’en référer au contexte des « luttes » de ce temps-là.

Si le Seigneur avait permis que Philémon soit riche, pensons que nous n’avons qu’une seule vie sur la terre, et que nous devons la vivre avec et pour le Seigneur. Le travail est indispensable, afin qu’il soit pourvu à nos besoins. Cependant, ne vivre que pour le travail a conduit plusieurs croyants à la ruine de leur vie spirituelle.

Philémon, bien que riche, n’avait pas mis sa confiance dans les richesses, mais en Dieu : il était « le compagnon d’œuvre de l’apôtre, et l’assemblée à Colosse se réunissait dans sa maison (Col. 4. 7 à 9).

Sa femme, Apphie est affectueusement nommée, ainsi que Archippe, probablement leur fils, lui-même « compagnon d’armes » de Paul (v. 1 et 2). Que la sœur Apphie soit associée à son époux, dans la lettre, nous montre à l’évidence, que les épouses doivent participer aux exercices de leur mari.

Archippe, sans doute encore jeune, était un frère actif dans l’assemblée et utile dans le service : il est un exemple pour nos jeunes, bien qu’il ne soit pas toujours facile, pour eux, de prendre de l’action au milieu de frères plus âgés, et en particulier, en présence de leurs propres pères ; car, par-là, on dévoile son état spirituel. Mais, si la prière d’un jeune homme s’élève à propos, dans une réunion, comme pour Pierre, le Seigneur lui dit : « Tu es bienheureux » (Mat. 16. 17).

En Asie, plusieurs assemblées étaient proches les unes des autres, parmi lesquelles se trouvaient Colosse et Laodicée. Paul avait écrit une lettre à l’une comme à l’autre, et ces deux lettres devaient être échangées entre les deux assemblées locales (Col. 4. 16). Cependant, si l’Esprit Saint nous a fait parvenir, pour notre instruction, celle de Colosse, il n’a pas cru bon de nous faire connaître celle qui avait été envoyée à Laodicée.

Tychique, commissionnaire de Paul, accompagne Onésime dans son retour à Colosse (cf. Col. 4. 7 à 9). Devant Philémon, Onésime ne dit rien en lui tendant la lettre. On comprend sa crainte de se présenter devant son ancien maître, repentant, certes, mais combien humilié !

Autrefois incrédule, Onésime, certainement, ne supportait pas l’ambiance de cette maison, où l’assemblée se réunissait, peut-être plusieurs fois par semaine : la joie et la paix de cette maison, les prédications, la lecture de la Parole, les actions de grâce et d’adoration, les cantiques, les prières continuelles devaient lui être insupportables ! Aussi, un jour, il s’enfuit… Rome, la ville impériale, l’attire. Plein d’illusions, il pense que la vie doit y être attrayante…

Mais c’est là que les conseils de Dieu s’accomplissent à son égard. La Parole ne dit pas comment Onésime a été mis en contact avec Paul prisonnier à Rome. Mais, selon les plans divins pour l’esclave fugitif, cette rencontre avec l’apôtre est décisive. Peut-être déçu par la vie corrompue de cette grande cité, Onésime raconte sa vie et sa fuite à Paul qui, avec amour, l’amène au Seigneur, repentant, puis le renvoie à Philémon.

Dans sa lettre pleine d’affection et d’humilité, Paul n’étale pas le mal. Il met plutôt en avant son désir de retenir Onésime près de lui pour qu’il le serve, mais qu’il n’a rien voulu faire sans son avis (v. 13 et 14). Paul, humblement, refuse d’user de son autorité d’apôtre, afin de ne pas influencer la décision de Philémon. Il lui confie Onésime, et voudrait être son associé (v. 17).

Si une difficulté surgit dans la vie d’un frère, nous ne devons pas lui imposer notre propre pensée ; où serait la gloire de Dieu qui, Lui, a toutes choses dans les mains ? « Celui qui m’a guéri, celui-là m’a dit : Prends ton petit lit et marche » (Jean 5. 11). Seul, l’amour du Seigneur doit être notre guide, et non : « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas » (Col. 2. 20). Ne mettons pas une âme sous une loi.

Dans le Deutéronome (ch. 23. 15), la loi interdisait de renvoyer chez son maître, un esclave qui s’était enfui. À Shimhi qui avait gravement maudit David, Salomon avait interdit de quitter la ville, sous peine de mort. Mais deux de ses esclaves s’étant enfuis dans une autre ville, Shimhi était allé les chercher, contrairement à la loi, et à l’interdiction formelle de Salomon.

Auparavant, en Genèse 16, Dieu avait dit à Agar, la servante de Sarah fuyant les mauvais traitements de sa maîtresse : « Retourne-t-en et humilie-toi ». Et Agar avait obéi, appelant ce lieu-là : « le puits du Vivant qui se révèle ».

Cependant, Paul, devenu chrétien, n’est plus sous la loi du Sinaï. Il dit à Philémon : « Je te l’ai renvoyé, – lui mes propres entrailles » « afin que tu le possèdes pour toujours, non plus comme un esclave, mais au-dessus d’un esclave, comme un frère bien-aimé » (v. 12, 15 et 16).

Le : « peut-être… » du v. 15 n’est pas le signe d’un manque de foi de l’apôtre, mais le signe de son humilité et de sa soumission à la volonté de Dieu. Le « peut-être l’Éternel sera avec moi… » que prononce Caleb, en Josué 14. 12, révèle la même humilité et la même foi dans la puissance divine en grâce. En 1 Samuel 14. 6, Jonathan avait dit aussi ce « peut-être » plein de foi en Dieu.

Ézéchias également, devant la pression des ennemis à la porte de Jérusalem, s’était remis à la grâce de Dieu, sachant que Dieu ne lui devait rien. De même, Mardochée, dans le livre d’Esther avait dit à sa nièce : « Qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ?» (Est. 4. 14). Dans nos exercices, on ne voit pas toujours les intentions de Dieu, mais on voit Sa main dans Ses réponses.

Marc était allé avec Barnabas, après que ce dernier s’était séparé de Paul. Mais Dieu l’avait ramené et formé ; on le voit dans les Colossiens, ch. 4. 10, utile à Paul pour le service. On le retrouve, utile au service de Paul en 2 Timothée 4. 11. L’apôtre ne l’avait pas mis sous la contrainte, mais l’avait formé, et il était, par la suite, utile à l’évangile. Et il a pu écrire l’évangile du parfait serviteur.

L’épître à Philémon est une épître d’amour. C’est un modèle, pour nous, dans les difficultés que l’assemblée peut connaître. Comme Paul, il faut avoir l’humilité de se mettre aux pieds de nos frères, ne cherchant pas à faire passer « nos idées », mais en estimant nos frères supérieurs à nous-mêmes (Phil. 2. 3).

En toutes choses, laissons faire le Seigneur en nous attendant à Lui, dans la conscience que le seul bon travail qui puisse être fait, c’est Lui seul qui peut le faire.

D’après B. Durst Novembre 2011

ÉTUDE SUR L’ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS

Ch. 1

En Actes 16. 6 et 7, on voit l’indécision de Paul et de ses compagnons quant au chemin à suivre. Ils ont attendu que le Seigneur leur montre Sa volonté. C’était la bonne attitude à assumer : ne rien forcer contre la volonté de Dieu. Le Seigneur a, alors, envoyé un songe à Paul, durant la nuit, au cours duquel il a vu « un homme macédonien… disant : passe en Macédoine et aide-nous » (v. 9). Les apôtres obéirent aussitôt, et l’évangile atteignit ainsi l’Europe pour la première fois.

En Macédoine, une femme nommée Lydie, attentive à la prédication de Paul, crut à l’évangile, fut baptisée et reçut les apôtres chez elle, ayant compris la valeur de l’hospitalité. On trouve aussi la conversion du geôlier de Philippes, dans ce même chapitre.

Des liens d’amour très forts unirent, dès lors, l’apôtre Paul et les Philippiens auxquels il adressa cette épître, quelque neuf ans plus tard, vers les années soixante et un et soixante-trois, cinq ans avant sa mort.

Si nous désirons servir le Seigneur, Il nous montrera le service qu’Il a préparé pour nous, et le lieu où nous devrons le servir. Mais Il ne nous laissera pas faire selon nos idées personnelles, ni selon nos goûts, ni même à l’endroit où nous le désirerions. Tout doit être placé sous la conduite du Saint Esprit.

Cette épître, non doctrinale comme le sont d’autres épîtres, est l’épître de l’expérience chrétienne, pour nous, en même temps que celle de Paul. C’est l’expérience d’un croyant qui a déjà bien avancé dans la vie chrétienne : un chrétien qui a compris que Christ est « sa vie » (ch. 1. 21) ; « son modèle » (ch. 2. 5) ; « son but », qui est la maison du Père où Christ le conduit, lorsqu’il a rejeté tout ce qui, pour lui, était « un gain » selon la chair (ch. 3. 14) ; enfin, Christ est « sa joie » et « sa puissance » (ch. 4. 4 ; v. 13).

Dépendant de son Maître, Paul, avec Timothée, se déclarent « esclaves de Jésus Christ » (ch. 1. 1), tout à la joie de Le servir. L’esclave, comme l’a fait le Seigneur, se met sous l’autorité de son maître, et non au-dessus, (ch. 2. 6 à 8). Contrairement aux disciples ayant suivi le Seigneur durant sa vie, et étant ainsi nommés « apôtres », Paul a eu la vision de Christ dans la gloire et, de ce fait, a porté de droit le titre d’apôtre, ayant reçu des révélations spéciales, sur l’Assemblée chrétienne et la doctrine du « seul corps de Christ ». Dans l’épître, il s’associe Timothée, les surveillants, et les serviteurs. Étant lui-même prisonnier, il s’appuie sur les surveillants qui veillaient sur l’assemblée de Philippes.

On trouve des surveillants en Actes 20. 17 et 28. Aujourd’hui, nommer des apôtres, ou même des surveillants (comme en Actes 14. 23), est une erreur. Cependant, le Seigneur, et Lui seul, forme des surveillants (anciens), où Il le veut, sans l’intervention humaine, et nous devons les reconnaître à ce qui les caractérise (1 Tim. 3. 1 à 7 ; Tite 1. 5 à 9).

Dès le début de l’épître, Paul s’adresse à tous les croyants dans leur caractère de « saints » (mis à part pour Dieu) (v. 1). 2 Corinthiens 12. 11 et 12, a induit en erreur quelques-uns pour nommer des apôtres, parce qu’ils avaient cru voir « des signes » chez tel ou tel croyant ! « Grâce et paix à vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » dit Paul (v. 2) Le Père et le Fils sont associés pour cela, car nous avons besoin de l’Un et de l’Autre et des deux ensemble (Jean 14. 27), pour la communion. La même salutation se retrouve dans plusieurs épîtres. La « joie » doit aussi se trouver dans nos prières, où nous pouvons présenter des demandes pour des choses heureuses. Paul met toujours en avant ce qui glorifie le Seigneur (sauf aux Galates), ensuite, ce qui ne va pas. Le Seigneur fait de même en Apocalypse 1 à 3.

Homme de prière, Paul supplie Dieu pour tous les croyants (v. 4) – et ailleurs pour toutes les assemblées. Prions pour tous les frères et sœurs. Au v. 3, le souvenir qu’il avait des Philippiens était formé par Dieu, et il rendait grâces avec joie, bien qu’au ch. 3. 18, il parle de certains Philippiens « en pleurant ». Jouissons-nous de la joie que Dieu met dans nos cœurs lorsque nous pensons aux uns ou aux autres ? Avons-nous des pensées de grâce envers eux, sachant que nous avons nos propres faiblesses et que nous sommes des objets de la miséricorde divine ? Ces paroles : « Dieu notre Père » (v. 2) étaient nouvelles pour les Juifs, ainsi que pour les Grecs idolâtres. Pour nous, elles sont pour notre bénédiction et notre joie (Gal. 4. 5 à 7) : Dieu nous a adoptés comme des fils et des filles (2 Cor. 6. 18).

Le v. 5 met en avant la part que les Philippiens prenaient à l’évangile : cette expression rappelle que nous devons prier pour ceux qui annoncent l’évangile, mais aussi participer à la propagation de la bonne nouvelle par des dons aux évangélistes (ch. 4. 18). Dans ce chapitre, l’évangile est présenté sous plusieurs aspects. La part que l’on doit prendre à l’évangile (v. 5), la défense et la confirmation de l’évangile (v. 7 et 16) : la lutte entre les ténèbres et la lumière, l’avancement de l’évangile (v. 12) , pour que la bonne nouvelle coure dans le monde. Là où l’évangile n’entre pas, les ténèbres s’épaississent.

Se conduire « d’une manière digne de l’évangile (v. 27) : notre façon de vivre doit confirmer l’évangile, sans quoi notre prédication serait vaine. La foi de l’évangile (v. 28) : recevoir l’évangile par la foi, mais aussi, confirmer l’évangile par une marche de foi.

L’apôtre s’adressait « à tous les saints » (v. 1), donc à nous, maintenant. Chacun est appelé à faire « l’œuvre d’un évangéliste » (2 Tim. 4. 5), même si nous n’avons pas ce don spécial. Paul, en plus des autres dons, avait aussi celui d’évangéliser, et il écrit : « Malheur à moi si je n’évangélise pas » (1 Cor. 9. 16). Cette épître met en relief la communion de l’évangile, même au prix des souffrances qui s’y rattachent (2 Tim. 1. 8 ; 4. 5). Ne soyons pas découragés par l’absence de progrès : Dieu achèvera Son œuvre en nous, jusqu’au « jour de Jésus Christ » (v. 6). Jamais Dieu n’abandonne Son œuvre d’amour qu’Il a commencée en nous. Il ne cesse d’y travailler malgré les obstacles que notre nature Lui oppose, Il affine notre connaissance de nous-mêmes et Sa connaissance, et approfondit notre compréhension spirituelle de la Parole. Son travail s’achèvera le jour où le Seigneur nous enlèvera au ciel : alors « nous lui serons semblables car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2).

Mais, pour le temps de la terre : « Il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21). Le monde Le verra dans Sa gloire, car « Il sera glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10). Dieu est le divin potier, et nous, nous sommes l’argile qu’Il pétrit pour en faire des vases pour Sa gloire. C’est Lui qui travaille. La conversion est la première étape du travail divin dans une âme ; mais Son travail se poursuit, malgré nos résistances (Ps. 138. 8). Travaillons à enrichir notre salut, mais laissons Dieu opérer en nous, « le vouloir et le faire ».

« Le jour de Jésus Christ » parle de la période comprise entre Sa venue en grâce et Son apparition en gloire. Il est lié aux récompenses pour les croyants, résultat du travail de Dieu, pleinement révélé. Le « jour du Seigneur » comprend le laps de temps compris entre Sa venue en gloire et l’état éternel : ce sont les mille ans de Son règne. Enfin, « le jour de Dieu », c’est l’état éternel, où Dieu sera tout en tous (1 Cor. 15. 28).

Le v. 6 révèle le côté de l’œuvre divine. Le v. 10 nous exhorte à ne pas « broncher » : ne pas faire un faux pas, mais aussi, à laisser le Seigneur parfaire Son œuvre jusqu’à la conformité à Lui-même. Pour comprendre les Écritures et ne pas nous écarter du sain enseignement, nous devons rester fermes dans ce que nous apprenons dans la Parole. Nos devanciers ont retrouvé, par l’Esprit, des vérités abandonnées : gardons-les fermement, afin qu’en cela, nous ne bronchions pas.

Paul se savait aimé des Philippiens (v. 7), et il parle de grâce alors qu’il était prisonnier ; et la manière dont les Philippiens vivaient leur amour pour Paul, confirmait l’enseignement de l’évangile de la grâce. Vivons-nous pratiquement notre amour, entre nous, à l’honneur de l’évangile ? (2 Tim. 1. 16 à 18 ; Héb. 10. 33 et 34) Le Seigneur nous commande de nous aimer (Jean 14. 20 et 21 ; 1 Jean 4. 20 et 21).

La fin du v. 7 parle de la participation de Paul et de tous les croyants à la même grâce. Et étant un seul corps, nous participons aux souffrances de tous (1 Cor. 12. 26), et cela dans « les entrailles » de l’amour de Christ (v. 8) : l’amour de Dieu pour nous est le même que Son amour pour Son Fils (1 Jean 17. 23). Obéissons à Jean 13. 34 et 35.

L’amour du Père pour nous, et tout ce qu’Il nous donne sur la terre, porte déjà les caractères de beauté divines dont nous jouirons en perfection dans le ciel, avec le Seigneur Jésus.

Paul réservait une grande place, dans sa vie, pour les supplications et les prières (v. 4 et 9). Cela nous encourage à avoir ce service à cœur. Si nous demandons avec foi, Dieu répond selon Sa grâce, car « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16). Le chrétien doit progresser : les Philippiens avaient un amour sincère pour le Seigneur, ainsi que pour les frères et pour l’apôtre Paul.

Cependant, Paul demande : « que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence, pour que vous discerniez les choses excellentes, afin que vous soyez purs et que vous ne bronchiez pas jusqu’au jour de Christ, étant remplis du fruit de la justice, qui est par Jésus Christ à la gloire et à la louange de Dieu » (v. 9 à 11). La mesure que Dieu place devant nous est très haute. Amour, connaissance, intelligence (spirituelle), discernement, pureté, sont liés pour que nous soyons remplis du fruit de la justice par Jésus Christ – et tout cela pour la gloire de Dieu qui est le but suprême qui est devant nous et qui est la finalité de la vie chrétienne (Jean 15. 8). Nous avons besoin de veiller afin de ne pas « broncher », en réalisant la justice pratique, dans la paix (Jac. 3. 18).

La Parole nous donne ces deux exemples d’amour pour le Seigneur : Marie de Béthanie a oint les pieds du Seigneur avec « un parfum de grand prix », anticipant avec intelligence, et au bon moment, le jour de la sépulture du Seigneur (Jean 12. 1 à 7). D’ailleurs, ayant retenu la parole du Seigneur, disant qu’Il ressusciterait le troisième jour, elle ne s’est pas rendue au sépulcre. Puis, Marie de Magdala, emportée par son amour, mais n’ayant pas la même intelligence de ce qui concernait le sacrifice du Seigneur à la croix, se rend au tombeau pour y chercher le corps du Seigneur déjà ressuscité (Jean 20. 1 à 18) ! Le Seigneur, dans Sa grâce, se met à la portée de chacune : rendant hommage à l’intelligence de Marie de Béthanie, et encourageant Marie de Magdala, à qui Il confie un message précieux (cf. Jean 20. 17).

C’est l’étude assidue de la Parole qui nous donne un amour intelligent pour le Seigneur, par l’Esprit Saint qui a versé dans nos cœurs l’amour de Dieu (Rom. 5. 5 ; Jean 14. 21). Dieu exprime Son amour pour chacun, à travers l’amour manifesté les uns pour les autres (1 Jean 3. 18 ; 1 Thess. 3. 12). Jean 21. 15 à 17, distingue entre agapê (amour) et philéo (amitié). L’amour divin a donné Son Fils qui s’est donné Lui-même. Contemplons plus profondément cet amour absolu de Dieu, afin que notre amour y réponde quelque peu (Ps. 119. 33 à 35). C’est dans l’humilité que nous progresserons dans la connaissance de la pensée divine. Nous pouvons faire « de grandes choses », mais Dieu lit dans nos cœurs : y voit-Il l’humilité qui est la vraie base de la vie chrétienne ?

Nous devons, dans la Parole, discerner Christ « afin de le connaître, Lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (Phil. 3. 10). « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Dans l’éternité, nous nous nourrirons d’un Christ (Apoc. 22. 2) dont les gloires, sans cesse, renouvelleront et augmenteront notre compréhension de ce qu’Il est, comme Fils de Dieu et Fils de l’homme, mais sans que nous atteignions Sa connaissance absolue et définitive. Lui-même dit : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27).

Mais sur la terre, exerçons-nous à avoir toujours une conscience pure devant les hommes (Act. 24. 6). Et, jusqu’à la venue du Seigneur, appliquons-nous à avoir une conduite qui honore Dieu (1 Thess. 3. 13). En 1 Corinthiens 11. 1, Paul dit : « Soyez mes imitateurs comme moi aussi je le suis de Christ ». Christ a manifesté la justice divine sur la terre, et Il attend que nous suivions ses traces : Il est notre modèle (1 Pier. 2. 21). Paul, en prison, manifeste la joie de servir le Seigneur, sans se décourager, malgré toutes les difficultés dues à ce qu’il ne peut plus voyager ; et cela à la gloire de Dieu qui tient tout entre Ses mains puissantes (ch. 2. 17). Ses circonstances douloureuses servaient à « l’avancement de l’évangile » (v. 12) qui, ainsi, était entré jusque « dans le prétoire (où se tenait la garde impériale) (Act. 28. 16 ; v. 28 à 31) ; puis jusque dans la maison de César (cf. Phil. 4. 20 à 22), où Paul avait prêché l’évangile, avec courage, appuyé sur le Seigneur. Dieu, par l’Esprit Saint, avait tout conduit pour Sa gloire.

C’est toujours Dieu seul qui conduit les choses nous concernant, sans que nous ne nous en rendions compte, même dans les circonstances douloureuses. Il aurait pu sembler que, Paul étant en prison, son ministère se terminait là. Cependant, Dieu s’est servi de ce qu’il était en résidence surveillée à Rome, pour introduire l’évangile de la grâce jusque dans le « prétoire » (la garde impériale) où quelques soldats avaient cru, et dans la maison même de César (Act. 28. 16, 30 et 31 ; Phil. 4. 22). Ainsi, cette situation qui semblait défavorable à la propagation de l’évangile, Dieu l’a tournée en faveur de « l’avancement de l’évangile » (v. 12).

Joseph, dans ses circonstances douloureuses, avait discerné la main de Dieu en faveur de « la conservation de la vie pour un grand peuple » (Gen. 45. 5 ; 50. 20). Aujourd’hui encore, bien des frères dans les souffrances des persécutions, voient l’évangile avancer par leurs douleurs. L’apôtre, lui, ne s’y trompait pas. Il voit la main divine travailler à l’avancement de l’évangile pour Sa gloire, selon ce que le Seigneur, dans un songe de la nuit, lui avait annoncé, à savoir, qu’il devait rendre témoignage à Rome (Act. 23. 11) ; et cela, malgré un emprisonnement de deux ans à Césarée et d’une captivité de deux autres années à Rome. Ces « liens en Christ » de Paul avaient enhardi les frères pour évangéliser avec plus de courage (v. 13 et 14). Une situation, inattendue pour nous, peut nous amener à présenter l’évangile de la grâce à une âme qui cherche le salut. Même « lié de chaînes », Paul n’en était pas moins un « ambassadeur pour Christ » (Éph. 6. 20), et il réclamait les prières des frères pour lui.

Que le Seigneur nous encourage à nous montrer plus hardis pour témoigner de notre foi, fortifiés par le Saint Esprit. Il arrive qu’en visitant un croyant affligé, nous ressortions encouragés nous-mêmes par sa foi. Paul, quant à lui, vivait Christ et vivait pour lui (v. 21).

L’apôtre savait se réjouir même lorsque des croyants annonçaient l’évangile par « esprit de parti », « croyant susciter de la tribulation pour ses liens » (v. 15, 17 et 18), car l’évangile, malgré tout, était propagé. Cependant, il n’encourage nullement les Philippiens à se joindre à eux, ni à agir dans ce même esprit de parti cherchant à marginaliser Paul qui n’était plus libre.

Quant à nous, sachant que des croyants avec lesquels nous ne jouissons pas de la communion, annoncent l’évangile, bien que nous n’ayons pas la liberté de nous joindre à eux, réjouissons-nous de ce que « Christ est annoncé », et que des âmes sont amenées au salut. Ils sont nos frères en Christ. Hélas ! dans le monde, de faux évangiles sont répandus et égarent bien des âmes loin de Dieu.

Si le Seigneur nous confie un service, accomplissons-le fidèlement. Mais réjouissons-nous de ce qu’il ne nous appartienne pas en propre, et de ce que d’autres en exercent un semblable.

Paul est assuré que ses tribulations se « tourneront à salut » pour lui, par les supplications des frères et les « secours du Saint Esprit » ; et que malgré ses difficultés, il ne sera « confus en rien » et que, « de toutes manières, « Christ sera magnifié dans son corps soit par la vie, soit par la mort » (v. 19 et 20). Ce qui l’anime, quelles que soient ses circonstances, c’est que Christ soit « magnifié ». Les souffrances, le martyre, la mort, rien ne l’arrêtera dans son service.

Il ne sait s’il faut choisir la vie ou la mort. Il préférerait déloger et être avec Christ. Mais il juge plus nécessaire de demeurer en vie afin de travailler « à l’avancement de la joie et de la foi » des Philippiens (v. 21 à 25). La foi en Christ nous conduit, même dans les souffrances, à nous réjouir en Lui ; alors que pour un incrédule, « même dans le rire, le cœur est triste » (Prov. 14. 1).

« Mourir est un gain » est une folie pour l’incroyant. Mais pour nous, c’est franchir la porte de la gloire en Christ. Cependant, « vivre c’est Christ ». Pour nous, nous avons « cette vive attente ; cette espérance ; l’assurance de n’être confus en rien » en vivant pour Lui (v. 20). Paul, ce géant chrétien, nous fait mesurer notre petitesse ! Comme lui, nous avons le Saint Esprit et toute sa puissance. Il y a eu plusieurs grands hommes de foi : du temps du pharaon, Moïse. Sous Saül, David. Sous Achab, Élie. Sous Néron, Paul. Quelque grand qu’il ait été, « il prit courage » en voyant les frères venir à sa rencontre (Act. 28. 15). Devant la perspective de la mort, pourrions-nous dire : « Pour moi, mourir est un gain » ?

Pour les hommes, la mort a toujours été « le roi des terreurs » (Job 18. 14). Dire cela suppose que nous pourrions dire : « Pour moi, vivre c’est Christ » (v. 21). Vivre Christ, c’est vivre comme Lui. Hélas ! Nous en sommes loin. C’est de tout son cœur et de toutes ses forces que Paul servait le Seigneur. Les lapidations, le fouet, et toutes sortes de périls qu’il avait connus ne le faisaient pas reculer. Malgré tant de souffrances et de persécutions, l’apôtre avait le désir de suivre et de servir son Seigneur, et cela jusqu’à la mort.

Le Seigneur avait dit à Ananias, au sujet de Paul : « Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Act. 9. 16). La vie de Christ était manifestée en lui en ce qu’il l’imitait dans sa marche et dans son service. Au milieu des souffrances, il avait de la joie dans les croyants. En Galates 2. 20, il déclare que Christ vivait en lui, le dirigeait, le faisait agir, penser, sentir les choses comme Lui. Le Seigneur avait dit, en parlant de son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent ».

Par opposition, les croyants du v. 17 ne pouvaient pas prétendre que leur vie et leur service étaient tout entiers pour Dieu. Sous les apparences religieuses, Paul dévoile ce qui n’était pas selon Dieu dans leur vie. Que le Seigneur nous aide à être des imitateurs de Paul, comme lui-même l’était de Christ (1 Cor. 11. 1). Paul, sans famille, sans loisirs, n’avait devant lui que de servir le Seigneur, jour et nuit. Sans abandonner les choses légitimes de notre vie, ni nos obligations, pouvons-nous dire : le Seigneur a la première place dans mon cœur ?

Colossiens 3. 1 à 3 nous montre le bon chemin : « Chercher les choses qui sont en haut ». Morts avec Christ, laissons notre propre volonté de côté pour permettre à la vie de Christ de se manifester en nous. La force vient de Lui seul : nous sommes morts au monde et vivants à Dieu, Christ nous ayant acquis une position céleste. L’apôtre ne choisissait pas : s’il devait vivre, c’était pour Christ. S’il devait mourir, c’était pour être avec Christ. Paul aurait préféré « déloger », mais il avait la conviction qu’il demeurerait encore en vie pour « l’avancement et la joie de la foi » des Philippiens (v. 25), et il affirme : « Je sais que je demeurerai » (v. 25).

Peut-être était-ce par une révélation personnelle, car « les secrets de l’Éternel sont pour ceux qui le craignent ». Pierre aussi avait une certitude (2 Pier. 1. 13 et 14). Notre espérance est d’être avec Christ, et nous pouvons dire avec foi : « Viens, Seigneur Jésus ». Alors, nous Lui serons semblables car nous Le verrons comme Il est (1 Jean 3. 2). Ainsi, une joie ineffable remplira nos cœurs et nos bouches de la louange éternelle, car « sa face est un rassasiement de joie » (Ps. 16. 11). Sur la terre, Il est « le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2).

« Déloger », pour nous, c’est comme lever l’ancre pour un navire, ou lever le camp. C’est le moment où les liens qui nous rattachent à ce monde sont brisés. Le corps retourne à la terre, mais l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné, mais c’est pour être avec Christ : (Luc 23. 43 ; Act. 7. 59 et 60 ; 2 Cor. 5. 8 ; Phil. 1. 23 ; Éccl. 12. 6 et 7). Les pensées de Dieu sont sans équivoque à ce sujet.

Cependant, nous ne passerons pas tous par la mort (1 Thess. 4. 17). Ce sera alors le salut complet (Rom. 8. 11). Paul avait une foi pratique très grande. Hébreux 11. 1 dévoile comment la foi opère en nous, afin de nous donner des certitudes à nous aussi, et de produire en nous « la joie de la foi ». C’est là « l’espérance de son appel » (Éph. 1. 17 à 19). Déloger est de beaucoup meilleur.

Mais nous avons de la famille, des liens d’amour qui se briseraient dans le chagrin et le deuil pour ceux qui resteraient ! Et le Seigneur veut encore se servir de nous sur la terre. Vivre dans la chair, « il en vaut bien la peine » (v. 22) ; mais ce ne sera pas toujours facile ; cependant, évitons de vouloir, égoïstement, partir avant la volonté de Dieu. Paul souligne d’abord les choses heureuses : la foi, l’amour. Avons-nous ce même cœur ? Entre Paul et les Philippiens, il y avait la joie réciproque. Sachons nous réjouir chaque fois que le Seigneur nous donne, à nous ensemble, de bonnes choses. Soyons dignes de ce qui nous est donné : (v. 27 ; Éph. 4. 1 ; Col. 1. 10) ; et soyons dignes de Dieu, car Il nous a « élevés de dessus le fumier pour nous faire asseoir avec les nobles », comme disciples de Jésus Christ.

La joie qui habitait le cœur de Paul pourrait nous faire oublier qu’il était prisonnier à Rome. Cette joie puisait sa source dans la communion profonde dont il jouissait avec son Seigneur. Il recherchait la même communion et la même joie pour les Philippiens. Il les exhortait, dans les difficultés, à chercher leurs ressources dans le Seigneur. Il ne sait pas s’il sera libéré pour se rendre auprès des Philippiens, mais, qu’il soit présent ou absent, l’apôtre désire qu’ils trouvent leurs ressources dans le Seigneur, et non en lui, Paul. Il leur parle de la vie collective de l’assemblée, et il désire qu’ils tiennent ferme et marchent « ensemble », et soient « d’une même âme », « qu’ils se conduisent d’une manière digne de l’évangile du Christ » (v. 27), et qu’ainsi le Seigneur soit glorifié dans l’assemblée. Personnellement ou collectivement, nous n’avons de ressources que dans le Seigneur.

En Éphésiens 4. 1 à 6, Paul rappelle l’unicité de tout ce qui provient de Dieu et qui nous est donné de Lui : « un seul corps, un seul Esprit… une seule espérance… un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout, et partout et en nous tous ». Le grand dessein final de Dieu est d’unifier tout en Lui-même, comme le montre la prière du Seigneur à Son Père, en Jean 17. 21. Demandons au Seigneur qu’Il forme en nous une même pensée, et que nous nous laissions conduire par l’Esprit Saint qui ne peut nous donner des pensées divergentes. S’il n’y a pas d’unité entre nous, il ne saurait y avoir la moindre paix. Dans les épreuves, les Philippiens devaient combattre, unis entre eux, et ne pas craindre. Combattre en ordre dispersé conduit à la défaite. Il nous faut marcher en accord avec ce que nous prêchons, afin que le témoignage soit clair et puissant auprès du monde.

Le Seigneur nous exhorte à marcher d’une manière digne de l’appel (Éph. 4. 1), digne du Seigneur (Col. 1. 10), digne de Dieu (1 Thess. 2. 12). « Élevés de dessus le fumier », le Seigneur nous « a fait asseoir à la table des nobles ». « L’homme noble se propose des choses nobles, et il se maintiendra par des choses nobles » (És. 32. 8).

Le ch. 2. 2, nous montre le bon chemin quant à la vie de l’assemblée. Si cette unité n’existe pas entre nous, nous sommes en danger. L’épître aux Philippiens est l’épître de l’expérience chrétienne, et nous conduit pratiquement à manifester les caractères de Christ. Paul était inquiet de l’attitude de certains Philippiens qui annonçaient le Christ « par esprit de parti, non pas purement » (v. 17). Et il supplie certains d’entre les croyants de Philippes d’avoir « une même pensée dans le Seigneur » (ch. 4. 2), dans la même humilité que celle qu’a manifesté le Seigneur (cf. ch. 2. 3 à 8).

Il les exhorte aussi à ne pas être « épouvantés par les adversaires » (v. 28). Ce qui peut nous garder de la crainte, c’est de regarder au Seigneur : « Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a point commandée ? » (Lam. 3. 37) Devant Nebucadnetsar, les trois jeunes hébreux jetés dans la fournaise de feu, ne sont rien. Mais quelle foi ils manifestent devant ce roi cruel ! Et Dieu les a délivrés (Dan. 3. 16 à 18). C’est par la foi que nous rendrons un puissant témoignage pour le Seigneur, dont nous connaissons l’amour indéfectible.

« Combattant ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile », car « notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les… dominateurs de ces ténèbres » (Éph. 6. 12). Le Seigneur a « lié l’homme fort », Satan (Mat. 12. 29). 1 Pierre 5. 8 et 9, désigne notre véritable ennemi, contre lequel nous devons revêtir « l’armure complète de Dieu » (cf. Éph. 6. 10 à 18). Les ressources du Seigneur, saisies par la foi, nous rendront « plus que vainqueurs. » Le v. 28 oppose les adversaires, dont la preuve de leur perdition se trouve dans le fait qu’ils sont ennemis des croyants. Nous avons le don du salut et de souffrir pour Christ, comme ultime ressemblance avec Lui, de la part de Dieu. Alors « nous régnerons avec Lui » (2 Tim. 2. 12 ; Héb. 11. 24 à 26) ; et nous sommes des « bienheureux » (Mat. 5. 11 et 12). Nous pouvons souffrir pour la justice pratique (Héb. 10. 34 ; 1 Pier. 4. 12 à 16 ; Jean 15. 20). Les chrétiens persécutés, actuellement, glorifient le Seigneur, en tenant ferme. Prenons courage (Rom. 8. 18). Dans ce même combat que Paul soutenait, ses paroles avaient du poids (v. 30 ; ch. 4. 9).

Ch. 2

Ce qui magnifie l’enseignement de Paul, c’est que sa conduite illustrait ce qu’il écrivait. Nous sommes conscients d’être loin du modèle de l’apôtre ! Il y avait, en Paul, cette jouissance dans la communion de son Seigneur qu’il décrit au v. 1er , et ce sont les effets de cette même communion qu’il recherchait chez les Philippiens, et pour nous aussi : « la consolation en Christ » montre la seule source de consolation pour le croyant, dans les circonstances douloureuses.

« Le soulagement d’amour », dans les craintes ou les peines, nous le trouvons dans l’amour connu et goûté dans le Seigneur. « La communion de l’Esprit » nous montre la seule voie de la communion avec le Seigneur et entre nous, par l’action de l’Esprit. Nous ne pouvons jouir de « quelque tendresse », la plus douce manifestation de l’amour, qu’en étant conscients de la tendresse que le Seigneur nous manifeste, et que nous devons nous porter les uns aux autres, et pas seulement nous supporter. Enfin, la « compassion », pour nos frères et sœurs, comme le Seigneur, souvent « ému de compassion » pour les malheureux.

Mais, en complément de tous ces caractères, l’apôtre leur dit : « Rendez ma joie accomplie en ceci que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose. Que rien ne se fasse par esprit de parti » (v. 2 et 3). Par ailleurs, Paul rappelle qu’il avait reçu deux « envois » précédents, de la part des Philippiens pour ses besoins (ch. 4. 15 à 17), et il leur demande d’aller plus loin, afin que la reconnaissance qu’il en avait éprouvée, soit changée en « joie accomplie », en manifestant entre eux, une même pensée – unité que l’apôtre réclame à chaque chapitre (ch. 1. 27 ; 2. 2 ; 3. 15 et 16 ; 4. 2).

Paul connaissait les difficultés existant parmi les Philippiens, et il en parle avec délicatesse. Comme pour les Corinthiens (1 Cor. 1. 10), il relève premièrement ce qui était bien, avant de parler de ce qui n’allait pas. Grâce et miséricorde merveilleuses de Dieu pour Son Assemblée ! Comme nous y répondons peu ! Christ est notre vie (ch. 1. 21). Ici, Il est notre modèle (v. 3 à 8). Le v. 1er nous rappelle les caractères manifestés dans la vie de Christ.

Les v. 6 à 8 nous donnent la plus grande leçon d’humilité qui ait été manifestée en perfection sur la terre. Et c’est ce modèle-là qui est placé devant nous afin que nous en manifestions quelques reflets. Le Seigneur s’est abaissé pendant toute Sa vie sur la terre, et s’est anéanti sur la croix. Nous sommes souvent occupés de nous-mêmes, cherchant une « vaine gloire », comme Diotrèphe qui voulait dominer, alors que le Seigneur s’occupait des autres, jamais de Lui-même, se dérobant même, lorsque les Juifs voulaient le faire roi !

Les cinq premiers versets du ch. 2, résument toute l’attitude que nous devons avoir les uns envers les autres devant Dieu, et ils régleront toutes nos relations fraternelles, si nous les observons. En les vivant dans l’Assemblée, elles aplaniront toutes les situations, trop souvent conflictuelles, qui troublent la communion. Si chacun veut imposer « sa » pensée, nous formerons un « esprit de parti » désastreux pour l’assemblée.

Dieu veut que nous nous appliquions ces exhortations, chacun à soi-même, en prenant garde à ne pas troubler notre frère, d’une manière ou d’une autre (Gal. 5. 26 ; Rom. 14. 15 ; v. 19 et 20). En Galates 2. 11, Paul a résisté à Céphas parce qu’il était « condamné » par son comportement. Paul a fait ce qu’aurait fait le Seigneur, qui était à la fois humble et ferme. Quant à lui-même, en 2 Timothée 4. 14, Paul s’en remet au Seigneur.

Certaines choses nous concernent, mais d’autres touchent à la gloire de Dieu. Nous ne devons pas transiger. Que chacun se demande, au cours d’une décision, si cela fera du bien à son frère ; le Seigneur, alors, nous montrera le bon chemin (1 Cor. 8. 13). Cherchons toujours le bien spirituel de nos frères, comme le faisait le Seigneur, même sur la croix où Il s’est occupé de Sa mère, du brigand, du pardon pour Ses bourreaux ! Il nous faut être occupés du bien des autres, et non de ce qui nous plairait ; marcher selon l’amour, sinon, notre façon d’agir pourra aller jusqu’à détruire « mon frère, pour lequel Christ est mort » (cf. Rom. 14. 14 et 15). Et c’est souvent ce qui se passe. Mais plutôt, que le Seigneur nous accorde de penser à cela dans la prière !

Cette pensée (v. 5) qui était celle du Seigneur, nous confond, lorsque l’apôtre Paul nous recommande qu’elle soit aussi en nous, aussi misérables que nous soyons ! Adam a voulu s’élever et être « comme Dieu », alors Dieu a dû l’abaisser jusqu’à la mort. Le Seigneur, qui est Dieu, Lui, a voulu s’abaisser, et Dieu « l’a haut élevé » (v. 9). Il était « en forme de Dieu » (réellement Dieu), Il a pris volontairement la « forme d’esclave », selon la prophétie de Zacharie 13. 5. Suprême abaissement dans une soumission volontaire !

Celui qui est le Dieu souverain et au-dessus de tout, éternel et immortel, a pris « la forme d’homme », pour servir, souffrir et mourir. L’homme ayant péché, Dieu a dû prendre la réalité humaine afin que, par la mort (gage du péché), Il rachetât Sa créature perdue, en expiant ses péchés dont Il s’est approprié les conséquences : « Mes iniquités m’ont atteint » « Je suis enfoncé dans une boue profonde ». Durant les trois heures de ténèbres, Christ a été identifié au péché, Lui, le Saint et le Juste ! « Il s’est anéanti Lui-même » (v. 7). Lui, l’être suprême, le Tout-puissant, a été « crucifié en infirmité ».

Aux Philippiens manquant d’humilité (v. 3), (ainsi qu’à nous-mêmes), Paul place sous leurs yeux l’exemple suprême de l’abaissement. Il a voilé Sa divinité et s’est anéanti pour prendre « la forme d’un homme » (la condition humaine), et a servi en prenant « la forme d’esclave », s’étant « abaissé jusqu’à la mort et à la mort de la croix » – la mort infamante des esclaves et des brigands ! Les hommes et les démons ne peuvent pas changer leurs positions de créatures dépendantes de Dieu. Seul, Dieu peut prendre la position de l’homme, en gardant sa nature divine. Seul digne d’être servi, Il est venu pour servir (Mat. 20. 28). Exemple suprême pour nous !

Il s’est glorifié dans son abaissement. Par sa mort, sa résurrection et sa glorification, le Seigneur a transcendé les croyants par la perfection de son œuvre. Lui s’est fait « semblable à nous… à part le péché ». Mais Il nous a faits semblables à lui « car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Dieu nous ayant créés pour nous aimer (car Il est amour), il nous a démontré la parfaite réalité de son amour dans l’œuvre du Seigneur Jésus, nous ayant délivré de l’emprise du péché, et maintenant, purifiés, il nous a fait « asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Christ » (Éph. 2. 5 et 6).

Les caractères des quatre évangiles se retrouvent dans ces versets : v. 6, nous avons le Fils de Dieu, (Jean). v. 7, le serviteur (Marc). v. 8, le Fils de l’homme (Luc). Enfin, v. 9, l’élévation du Messie, l’Oint de l’Éternel, le Roi (Matthieu). S’étant abaissé Lui-même (personne ne le pouvait) (Jean 10. 18), « Dieu l’a haut élevé » (v. 9) ; et Dieu l’a fait « souverain sacrificateur » (Héb. 5. 5). « L’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15. 33).

Le Seigneur voulait accomplir l’œuvre de la rédemption, mais cela impliquait la responsabilité de l’homme qui l’a crucifié. Artisan de la création (Prov. 8), Il a voulu naître et mourir comme un homme, faisant ainsi, les délices de Dieu ! Sa vie a été celle d’un esclave volontaire jusqu’à la fin où, en Jean 13. 4 et suivants, Il lave les pieds de ses disciples, ayant voilé sa dignité divine qu’Il conservait, pourtant, et qu’Il dévoilait dans les nombreux miracles qu’Il faisait.

Jusqu’en Gethsémané, où ceux qui voulaient l’arrêter tombent par terre, lorsqu’Il leur dit : « C’est moi ». Au ciel, nous verrons les plaies éternelles que nous avons infligées à Celui qui était le Dieu invisible (Ex. 33. 20), mais qui s’est rendu visible dans l’Homme Christ Jésus, que nous contemplerons éternellement. Il est, en même temps, « le Fils du Véritable, et Lui-même est le Véritable » (1 Jean 5. 20). « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27).

Le Seigneur nous exhorte à sonder les Écritures qui rendent témoignage de Lui , mais nous ne pourrons jamais aller au fond de la connaissance de Sa glorieuse réalité de Dieu et d’Homme. Durant les trois heures de ténèbres, Il a mesuré toute l’horreur des souffrances de « l’étang de feu » qui nous étaient réservées, bien qu’Il n’y fut pas jeté Lui-même. Il a été fait « malédiction ». Mais « Dieu lui a donné un nom au-dessus de tout nom ». C’est le nom de Jésus : « L’Éternel est Sauveur », nom qu’Il a porté jusqu’au bout, et qu’Il portera encore dans l’éternité.

L’expression : « Il n’a pas regardé comme un objet à ravir » signifie que le Seigneur, qui est Dieu, n’a pas insisté sur Ses droits divins, mais « s’est abaissé Lui-même ». Il ne s’est pas emparé avec violence de Ses attributs divins. Dès lors, « Dieu l’a haut élevé ». C’est la réponse de Dieu à Son Fils, car pour la première et unique fois, Dieu a vu un homme marchant en perfection, en humilité, en amour, en dévouement pour Dieu et pour les hommes. Le fils de Dieu a montré, sur la terre, l’exact contraire d’Adam qui a voulu s’élever et être Dieu, et que Dieu a dû abaisser jusqu’à la mort.

Tout, dans les pensées du Seigneur, dans Ses paroles et dans Ses actes, glorifiait Dieu. Et la voix divine a pu proclamer du haut du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-Aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17 ; 17. 5). Voilé sous son humanité parfaite, sa divinité se révélait dans Ses miracles. Le Seigneur, Fils de Dieu (Mat. 11. 27), était « humble de cœur » (cf. Mat. 11. 29).

Quant à nous, nous avons besoin d’être humiliés pour devenir quelque peu humbles. Mais le Seigneur l’était dans Sa nature même, car il n’y avait pas la racine du péché en Lui. Autant Il s’est abaissé volontairement, autant Dieu L’a « haut élevé et Lui a donné un nom au-dessus de tout nom ».

Le Seigneur Jésus, Fils de l’homme méprisé et rejeté, régnera en puissance et en gloire sur la terre (1 Cor. 15. 25), après avoir écrasé Ses ennemis et établi Son règne millénaire. Son nom d’Homme, Jésus – Dieu est Sauveur – ce nom dans lequel Il a été humilié par les hommes, Il le garde éternellement, mais c’est, devant Dieu, un nom de gloire. C’est sous ce nom-là que « tout genou se ploiera des êtres célestes, et terrestres et infernaux, et que toute langue confessera qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (v. 9 à 11). En glorifiant le Seigneur Jésus ainsi, tous les êtres moraux de l’univers glorifieront Dieu le Père. En prenant la nature humaine, Jésus est devenu de peu inférieur aux anges (Héb. 2. 9), mais, remonté au ciel, Dieu L’a fait asseoir à Sa droite, sur Son trône. Jusqu’ici, les démons ne reconnaissent pas Sa seigneurie. Cependant, ils devront proclamer, de force, qu’Il est « Seigneur », et ceci à la gloire du Père. « Jésus », nom d’abord méprisé, est devenu le nom de Sa domination, ayant été oint « au-dessus de ses compagnons » (Héb. 1. 9) ; alors que David avait été oint « au milieu de ses frères » (1 Sam. 16. 13).

Ce nom de « Sauveur » sera honoré comme Son nom de « Seigneur » (Ps. 72. 17). Apocalypse 19. 11 à 13 le montre triomphant de Ses ennemis en jugement, et portant un nom secret, sous lequel Il combat, en justice et en gloire, Ses ennemis ayant refusé d’honorer le Père en n’honorant pas le Fils (Jean 5. 21 à 23). Sur la croix, le Seigneur a été vu de Ses ennemis pour la dernière fois. Ils Le reverront, placé très haut et triomphant, et non plus avec un visage « défait » par les souffrances morales, et seront « stupéfaits » (És. 52. 13 à 15). Entre trente et trente-trois ans, le Seigneur en paraissait presque cinquante. Mais là, Il fait briller un rayon de Sa divinité : « Avant qu’Abraham fût, je suis ». (Jean 8. 56 et 57).

Il y a deux façons d’être aux pieds du Seigneur, et de confesser Son nom : à salut (Rom. 10. 9), comme Marie, le connaissant comme Seigneur et écoutant Sa Parole ; ou comme Ses ennemis, sous Ses pieds (Phil. 2. 11).

Enfin, l’apôtre exhorte les Philippiens à l’obéissance et à « travailler à leur propre salut » (v. 12 et suivants). Il avait travaillé pour les amener au salut initial (Rom. 10. 9 ; Éph. 2. 8). Mais ensuite, Paul étant absent et prisonnier à Rome, ils devaient se prendre en main eux-mêmes en se confiant au Seigneur seul, pour le salut journalier, personnel (Phil. 1. 19 et 20) – et enfin pour le salut final, lorsque le Seigneur enlèvera Son Assemblée (Rom. 13. 11 et 12).

Les Philippiens avaient des combats à remporter entre eux. À Philippes, l’ennemi produisait des désordres, et ils devaient agir « avec crainte et tremblement », devant le Père (1 Pier. 1. 17). Ils devaient vivre fidèlement afin « d’orner » et d’enrichir leur salut déjà acquis. À Thessalonique, Paul reconnaissait leur « œuvre de foi, leur travail d’amour et leur patience d’espérance » (1 Thess. 1. 3). Ce sont ces choses que nous avons à cultiver afin d’enrichir notre entrée dans l’héritage céleste, dans « la maison du Père ».

Au v. 12, l’apôtre nous exhorte à réaliser pratiquement ce que le Seigneur Lui-même a manifesté, l’humilité dans l’abaissement volontaire (v. 5 à 8) : on ne peut Le suivre sans cette humilité réelle dans nos cœurs. Mais par la foi, l’Esprit a fait naître en nous le nouvel homme qui ne pèche pas car, de nature divine, il ne peut pécher (1 Jean 3. 9). Cette humilité ne doit pas être une attitude de façade, mais réelle, afin que le Seigneur puisse dire à chacun : « Ami, monte plus haut » (Luc 14. 10). Nous ne saurions servir le Seigneur efficacement, et de manière à Lui plaire, sans cette humilité.

C’est aussi la vraie base morale pour « travailler à notre propre salut », afin de nous assurer une plus riche entrée dans la maison du Père ; car, alors, « nous lui serons semblables (au Seigneur), car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Dieu nous invite à progresser. C’est encore dans l’humilité que nous serons capables de Lui obéir, comme le Seigneur a obéi à Son Père (v. 6 à 8, 12). Dieu veut nous donner beaucoup afin que nous ressemblions de plus en plus au Seigneur, en apprenant de plus en plus à Le connaître par les Écritures. C’est aussi la Parole qui nous montre le chemin dans lequel Dieu veut nous voir marcher, en suivant le Seigneur humblement. « C’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (v. 13). Cela exclut notre propre volonté, car tout ce que nous pouvons faire de bien, vient de Dieu seul (Jac. 1. 16 et 17).

Dieu, Lui seul, est l’auteur de notre salut pour l’obtention duquel nous n’avons rien apporté. De même, les bonnes œuvres dans lesquelles nous devons marcher viennent de Dieu (Éph. 2. 10), et notre simple « bonne volonté » nous conduirait dans un chemin d’indépendance. Les v. 9 à 11 de 2 Corinthiens 8 nous enseignent la dépendance de la volonté du Seigneur.

Le Seigneur est, Lui, notre parfait modèle sur les traces duquel nous devons marcher. Il se conformait strictement à la volonté de Son Père, et l’accomplissait à la perfection, jusque dans le jardin de Gethsémané, en proie à la plus terrible agonie ! Dans les difficultés jalonnant notre vie chrétienne, nous devons suivre le Seigneur « sans murmures et sans raisonnements » (v. 14), à l’inverse du peuple dans le désert qui, durant quarante ans, n’a cessé de murmurer et de contester contre Moïse et Aaron – en réalité, contre Dieu. Les disciples aussi raisonnaient en eux-mêmes (Mat. 16. 8 ; Marc 2. 8), ainsi que le peuple contre le Seigneur (Mat. 11. 19). Il adresse alors de terribles reproches aux villes de Chorazin et de Bethsaïda, témoins de Ses miracles, mais qui Le rejetaient !

Mais le Seigneur, dans ce même chapitre, Se soumettait à Son Père (v. 25 à 30). Nous sommes capables, nous aussi, de murmurer et de raisonner, manifestant notre peu de confiance en Dieu, et nous confiant plutôt en nos propres facultés humaines. Quant au Seigneur, « tous… s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22). Pour nous, nous pouvons, conduits par l’Esprit Saint, avoir le saint désir d’obéir à Dieu ; cependant, en nous-mêmes, nous n’avons aucune force pour le faire. Il est indispensable de laisser l’Esprit agir en nous, afin d’avoir aussi la force de « faire » (cf. v. 13).

Dans le monde, il est normal d’organiser l’action et d’agir de façon coordonnée pour atteindre le but proposé à tous les membres d’une association. Mais les enfants de Dieu doivent prendre conscience que nos pensées humaines n’atteignent pas à la hauteur des pensées divines. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel : car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (És. 55. 8 et 9). « Dieu a fait l’homme droit ; mais eux, ils ont cherché beaucoup de raisonnements » (Éccl. 7. 29).

Jacques nous exhorte à ne pas « murmurer les uns contre les autres » (Jac. 5. 9), mais à tout prendre de la main de Dieu. Deutéronome 17. 8 à 11, montre ce que nous devons faire, dans le doute, concernant une situation difficile : prier le Seigneur – symbolisé par les sacrificateurs – pour qu’Il nous montre le chemin, et Lui obéir. Même Moïse n’avait pas toujours la solution des difficultés que rencontrait le peuple, mais il consultait l’Éternel, et il donnait Sa réponse au peuple. De même pour nous, le Seigneur attend que nous Le consultions, en étant sincèrement désireux de Lui obéir.

Dans les v. 14 à 16, l’apôtre exhorte les Philippiens à faire « toutes choses sans murmures et sans raisonnements (Éccl. 7. 9), afin qu’ils soient sans reproche et purs… irréprochables… et qu’ils reluisent comme des luminaires… présentant la parole de vie ». Il y a une réalité purement intérieure, et ce qui se voit extérieurement. « J’ai trouvé que Dieu a fait l’homme droit ; mais eux, ils ont cherché beaucoup de raisonnements » (cf. Éccl. 7. 29). Selon l’absolue rectitude de la nature divine, Dieu a fait l’homme droit. Cependant, Israël, dans le désert, n’a cessé de murmurer et de raisonner durant quarante ans ! Et Dieu a dû réprimer sévèrement cette attitude obstinée. Nous-mêmes ne sommes pas exempts de ces défauts qui affectent la communion avec le Seigneur.

Si même nous sommes dans le monde, nous ne sommes pas du monde (Jean 17. 14 et 16). Gardons-nous de ressembler à cette « génération tortue et perverse » du temps de l’apôtre – et qui s’est considérablement aggravée de nos jours ! Tortu qualifie ce qui n’est pas droit ; et pervers, la propension à faire le mal. Quant à nous, nous devons refléter la lumière divine que le Saint Esprit a mise en nous, à notre conversion, en suivant le Seigneur : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 22). C’est une invitation ferme à marcher dans un chemin de lumière (Mat. 5. 16 et 17), chemin d’obéissance, sans murmures, à l’inverse des hommes de ce monde – nous souvenant que les raisonnements humains nous égarent.

Nous devons présenter ces caractères qui étaient ceux du Seigneur Jésus. Être purs et sans reproche, des enfants de Dieu irréprochables, comme Lui l’était (Héb. 7. 26). Dans les ténèbres morales de ce monde, seul le chrétien possède en lui, la lumière de Dieu, qu’il doit refléter. Prenons garde de ne pas mettre cette lumière sous le boisseau (symbole des activités débordantes parmi lesquelles on n’a plus le temps d’être occupé des intérêts du Seigneur) – ni sous le lit, nous adonnant à la paresse.

À l’imitation du Seigneur, marchons dans la séparation morale de l’esprit du monde, mais ne nous réfugions pas dans un monastère. Nous devons présenter « la parole de vie », en paroles certes, mais en l’illustrant aussi par notre marche pratique. Notre vie devrait être sans reproche aux yeux des hommes, comme elle l’est aux yeux de Dieu qui nous voit, désormais, au travers de la perfection de Christ (Jude 24). N’ayant aucune force en nous pour réaliser cela, appuyons-nous sur le Seigneur, car la puissance est en Lui.

Dans l’épître de Jude, il s’agit d’être irréprochables devant la gloire de Dieu. Mais dans notre passage, c’est plutôt pour la gloire de Paul, en témoignage que son travail a été efficace auprès des Philippiens qui, à leur tour, présentaient la Parole de vie autour d’eux. C’était une couronne de gloire pour lui, pour le jour où l’Église se présentera au tribunal de Christ (1 Thess. 2. 19 et 20). Quoique encore future qu’ait été cette gloire pour l’apôtre, elle n’en faisait pas moins sa joie à ce moment-là (Phil. 4. 1). Que le Seigneur nous donne davantage de forces pour présenter la Parole de vie (Héb. 4. 12), en cohérence avec notre manière de vivre. Quant aux hommes du monde, Satan leur cache la gravité du péché dans lequel ils s’enfoncent de plus en plus, en déconsidérant le bien sans vergogne !

En rappelant les deux dons que les Philippiens lui avaient envoyés, l’apôtre se met humblement au rang d’une simple « libation » (2 Tim. 4. 6), par rapport à leurs sacrifices en sa faveur. Mais ces croyants avaient aussi fait le sacrifice de leur temps, de leur énergie, afin de présenter l’Évangile au sein du monde païen; et cela n’était pas sans danger. Et dans sa joie, lui qui était prisonnier, il s’efface devant eux et s’en réjouit (v. 17).

Ces versets nous convainquent que nous sommes loin de la mesure de l’apôtre Paul qui, lui-même disait : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Cor. 11. 1). Le Seigneur est le parfait modèle, mais Paul était l’exemple d’un racheté qui suivait et servait fidèlement son Seigneur, qui avait dit à son sujet : « Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Act. 9. 16). Mais Paul s’était senti seul dans sa sollicitude pour les Philippiens.

Malgré tout, dans sa captivité, il était animé de la même joie que celle qui remplissait le cœur parfait du Seigneur qui Lui-même a dit : « Personne ne vous ôte votre joie ». Sans un vrai dévouement pour le Seigneur, notre vie est gâchée ; et nos intérêts doivent être ceux du ciel. Cette épître parle dans chaque chapitre de la joie chrétienne (ch. 1. 18 et 26 ; ch. 2. 2, 18, 28 et 29 ; ch. 3. 1. ch. 4. 4 et 10). L’apôtre, pourtant, avait bien des sujets de peine ; mais il souligne que le Seigneur lui avait épargné « tristesse sur tristesse » (v. 27). Malgré nos propres sujets de tristesse, appliquons-nous à reconnaître les occasions de joie. Et Paul exhorte les Philippiens à partager ses propres sujets de joie. La conscience de la présence du Seigneur et de Son regard plein d’amour dans tous nos moments, nous aideront à atteindre ce degré de plénitude de joie, malgré les peines. Dans les Actes, on reconnaissait les disciples « pour avoir été avec Jésus ».

Dans les v. 19 et 25, deux serviteurs fidèles du Seigneur sont auprès de Paul : Timothée – qui a écrit cette lettre sous la dictée de l’apôtre – auquel il dit dans la 1ère épître à Timothée ch. 1. 2 : « à Timothée mon véritable enfant dans la foi ». Mentionné pour la première fois en Actes 16. 1 et 2, ce serviteur était dévoué à l’apôtre. Puis il y avait aussi Épaphrodite, qui avait été deux fois envoyé vers Paul, porteur des dons des Philippiens pour ses besoins (v. 25 ; ch. 4. 25).

Paul disait : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ». C’est cette disposition de cœur qui dictait sa conduite dépourvue d’égoïsme. Toutes ses épreuves n’avaient pas altéré sa foi, et il persévérait dans ses soins spirituels pour ses frères. Le Seigneur, en perfection, intercédait pour ses bourreaux, s’occupait du brigand repentant, prenait soin de sa mère au moment où « une épée transperçait sa propre âme » (Luc 2. 35) – et de son disciple Jean. Et cela, alors qu’Il était crucifié !

Quant à Paul, il connaissait de grands sujets de tristesse : Démas l’avait abandonné, et Alexandre avait montré pour lui « beaucoup de méchanceté » (2 Tim. 4. 10 et 14). Tous ceux qui étaient en Asie s’étaient « détournés » de l’apôtre (2 Tim. 1. 15). Cependant, il était soutenu par de fidèles serviteurs que Dieu lui avait envoyés. Une sincère sollicitude l’animait pour toutes les assemblées (2 Cor. 11. 28), bien qu’il ne les ait pas toute connues. Prions, nous aussi, pour les différents rassemblements, même si « tous cherchent leurs propres intérêts et non pas ceux de Jésus Christ » – assiégés comme nous devrions l’être par cette sollicitude.

Cherchons humblement l’intérêt d’autrui (1 Cor. 10. 23 et 24). Tout serait différent, alors, dans les assemblées ! Sur la terre, Le Seigneur avait renoncé à tout : « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9. 57 et 58). Dans nos affaires familiales, ne négligeons pas le Seigneur, qui a toutes les priorités : « Mon fils, donne-moi ton cœur ». Notre époque ressemble à celle de l’apôtre, mais n’abandonnons rien.

Dans nos relations entre frères et sœurs doit régner une délicatesse fondée sur l’amour selon Dieu. Comme le Seigneur n’a pas repris durement les pécheurs, l’apôtre montre la même douceur envers les Philippiens, qui l’avaient presque oublié – semblant même les disculper et les consoler, leur disant qu’il avait appris à être dans l’abondance et dans les privations, et à être content en lui-même (ch. 4. 10).

Cependant, il veut leur envoyer Timothée, pensant reprendre courage en prenant connaissance de leurs affaires.

À Rome, les chrétiens ne partageaient pas l’amour de Paul pour le Seigneur. « Tous » cherchaient leurs propres intérêts (v. 21). Leur amour pour le Sauveur était étouffé par « les épines » (Luc 8. 14) ! Quelle différence avec ce que l’apôtre disait de lui-même : « Pour moi, vivre c’est Christ » (ch. 1. 21). Mais Paul était soutenu par Timothée et Épaphrodite, deux serviteurs fidèles, envoyés par le Seigneur pour l’entourer de leurs soins et de leur affection. Épaphrodite avait effectué un voyage très long et épuisant, à la suite duquel il était tombé malade (v. 30). Lui et Timothée vivaient pour Christ.

L’état spirituel bienheureux de l’Église à son tout début s’est rapidement dégradé. Cependant, il s’est toujours trouvé un faible résidu, demeuré fidèle et rempli d’affection fraternelle : « Ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre » (Mal. 3. 16). Ceux-là trouvent leur joie à être ensemble autour du Seigneur pour Le servir, avec une foi qui L’honore. C’est toujours le résultat béni, lorsque le Seigneur remplit un cœur disponible pour Le servir (1 Cor. 10. 24 et 33). Paul disait de Timothée : « Mon enfant bien-aimé et qui est fidèle dans le Seigneur » (cf. 1 Cor. 4. 17). Il avait « pleinement compris » la doctrine de Paul (2 Tim. 3. 10). Paul gardait le plus possible auprès de lui, ce précieux compagnon qui avait été connu à l’épreuve (1 Tim. 3. 8 à 10), ayant servi avec Paul, dans l’évangile (v. 22 ; Rom. 12. 11). Servir avec Paul impliquait bien des souffrances et des dangers ; mais Timothée avait servi « comme un enfant sert son père ».

Quant à ses propres « affaires », Paul attendait le jugement, ne sachant pas quelle en serait l’issue. Bien que vivant très près du Seigneur, il restait dépendant de son Maître, avec une foi accompagnée de prières. Pierre était l’exemple d’un croyant à qui le Seigneur avait montré que « le moment de déposer sa tente approchait » (2 Pier. 1. 14). Paul, lui-même, était assuré qu’il resterait avec les Philippiens (ch. 1. 24 et 25 ; ch. 2. 24). C’était plutôt une certitude de foi qu’une révélation. Paul désirait revoir les Philippiens. Mais il pensait surtout à leur joie à eux, en revoyant Épaphrodite (v. 28), qu’il appelle « mon frère ».

Compagnon d’œuvre et d’armes de l’apôtre durant un certain temps, comme Philémon et Archippe, il avait une place privilégiée dans le cœur de Paul. De telles appréciations pour un frère utile montrent les liens étroits qui nous unissent en Christ. De plus, Épaphrodite avait apporté à l’apôtre un don pour ses besoins ; et lui-même était plein d’affection pour les Philippiens, et fort abattu de ce que ces derniers avaient appris qu’il était malade (v. 26).

Nous sommes souvent centrés sur nos maladies. Épaphrodite, lui, était comme débarrassé de lui-même. Christ, notre modèle, n’a jamais rien fait pour Lui-même, et veut nous employer à Son service qui est à la fois une œuvre et un combat pour maintenir les saines doctrines (Jude 3 et 4). Le péché a introduit la maladie dans le monde. Mais un croyant malade ne l’est pas forcément à cause d’un péché personnel – bien que cela puisse être le cas, mais plutôt pour son perfectionnement (Job). Paul, lui aussi, avait reçu « une écharde pour la chair ». Il est faux de dire qu’un croyant ne doit pas être malade.

Prions pour nos frères et sœurs malades, Dieu les guérira selon Sa volonté ; mais Il permet les épreuves (Héb. 11. 34 et 37). Dans la maladie, demandons à Dieu pourquoi elles sont permises ; et confessons nos fautes, s’il y a lieu. Mais ce doit être l’occasion de faire briller la foi. Dans une profonde communion avec son Seigneur, Paul entrait profondément dans les épreuves de ses frères. Lui-même aurait été très affecté si Épaphrodite avait été repris. Pourtant, Paul avait le don de guérison, mais il n’en usait que pour guérir des incrédules, manifestant ainsi la puissance de l’évangile au sein du monde païen.

Un réel amour fraternel unissait Paul et les Philippiens. Le début du deuxième chapitre commence par l’humilité, et se termine par l’exemple d’Épaphrodite, un serviteur humble et plein d’affection pour ses frères (v. 26 et suivants). L’humilité consiste à se mettre soi-même de côté et à être ainsi disponible pour le service des frères. Paul renvoyait Épaphrodite à Philippes, afin que les Philippiens aient de la joie en le revoyant, et que lui-même ait moins de tristesse.

C’est par délicatesse que l’apôtre, ne s’attachant pas à ses propres intérêts, renvoie Épaphrodite à Philippes, afin qu’en le revoyant, les Philippiens se réjouissent (v. 28). Il cherche toujours à fortifier ses frères et travaille à leur avancement spirituel. Paul et les frères qui le suivaient étaient humbles ; mais tous devaient reconnaître avec joie ceux que le Seigneur avait donnés pour le bien de l’Assemblée (1 Cor. 16. 17 et 18 ; 1 Tim. 5. 17 ; 1 Thess. 5. 12 et 13). Cela nous concerne aussi. Bien qu’il ait eu quelques sujets de tristesse, Paul se réjouissait dans le Seigneur, et il désirait que les saints se réjouissent avec lui. Pour Paul comme pour Épaphrodite, la gloire de Dieu, en servant les saints, passait avant toute autre considération (1 Jean 3. 16).

Épaphrodite, sans doute épuisé après avoir effectué un voyage de trois mille kilomètres pour compléter le service des Philippiens envers Paul, avait été proche de la mort, au service du Seigneur. Ce que d’autres frères n’auraient pu faire, Épaphrodite l’avait fait. Ce don, le second de la part des Philippiens, avait la valeur d’un « parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu » (ch. 4. 15 à 18).

Au ch. 2, nous est révélé le modèle d’humilité qui est proposé pour que nous l’imitions.

Ch. 3

Au ch. 3, nous est montré le « but » à atteindre, et la source d’énergie nécessaire (v. 14). Des frères peuvent avoir de la grâce et de l’humilité mais manquent d’énergie. D’autres peuvent être très énergiques, mais sans humilité et manquant de grâce. Le Seigneur seul peut produire l’équilibre.

Ces mots : « Au reste » (ch. 3. 1 et 4. 8), nous ramènent à nous réjouir dans le Seigneur, d’une joie indépendante des circonstances heureuses ou malheureuses (Néh. 8. 10). Paul, dans son cœur, atteignait très haut, dans la jouissance des choses célestes qui nous sont proposées. À de tels niveaux, la joie ressentie est inaltérable (Jean 15. 10 et 11) ; elle ne peut être goûtée que dans la communion avec le Seigneur et si nous gardons Ses commandements qui ne sont pas pénibles.

Paul, avant de stigmatiser les « mauvais ouvriers » et les « chiens », parle de la joie dans le Seigneur, comme le faisait l’apôtre Pierre (1 Pier. 1. 6). De même, ces deux apôtres ne craignaient pas de répéter les choses de la Parole pour nous affermir dans la piété (2 Pier. 1. 12 et 13).

Dans les deux premiers versets du ch. 3, l’apôtre dit trois fois : « prenez garde ». Nous sommes confrontés à trois dangers clairement identifiés. La vie chrétienne est assimilée à un combat permanent. Si nous sommes occupés des bonnes choses et le mettons en pratique, nous serons préservés des pièges de l’ennemi, nos pensées étant gardées dans le Christ Jésus, et jouissant de la paix de Dieu (ch. 4. 8 et 9).

Dans l’Église, comme de nos jours, il y avait des « mauvais ouvriers », apportant de fausses doctrines qui troublaient les fidèles. Les Galates étaient tombés dans des erreurs judaïsantes. Certains y apportaient la corruption (le chien est un animal impur selon Dieu). Enfin, les Philippiens devaient se garder de la circoncision juive opérée uniquement dans la chair, que Paul appelle la « concision ». C’est dans le cœur que nous devons être « circoncis », séparés moralement du monde, pour Dieu (Act. 15. 1, 10 et 11 ; Rom. 2. 28 et 29). La circoncision dans la chair avait été donnée à Abraham, marquant sa séparation pour Dieu, vis-à-vis des nations (Gen. 17. 10 à 13).

Le christianisme rendait caduques ces dispositions qui n’étaient que symboliques et imparfaites. Quant à nous, ne nous contentons pas d’apparences pieuses : la chair sait se parer du manteau de la piété, mais le Seigneur cherche la vérité dans nos cœurs. Cependant, les hommes ne comprennent pas toujours la pensée de Dieu et, avec sincérité, prônent des erreurs. Gardons-nous de nous remettre sous la loi, en édictant uniquement des exhortations pratiques : Fais ceci ; ne fais pas cela . Appuyons-nous plutôt sur les saines doctrines qui nous sont données : elles sont, pour nous, comme des supports divins, solides et permanents, qui peuvent nous conduire de façon sûre dans le chemin de Dieu, avec une vraie piété de cœur.

Dans ce chapitre, Paul met en opposition son ancien état de Juif pieux, férocement opposé aux chrétiens et acharné à les détruire, donnant sa voix lorsqu’on les faisait mourir – et ce qu’il était devenu lorsque, sur le chemin de Damas, il avait rencontré le Seigneur Jésus dans la gloire, lui disant : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » – Révélation décisive pour lui, car il comprit qu’en persécutant les chrétiens, c’était en réalité persécuter Christ Lui-même, uni à Ses rachetés !

Dès cet instant, comprenant qu’il avait, jusque là, suivi un chemin d’erreur, il s’était converti, abandonnant toute résistance : « Que dois-je faire, Seigneur ? » L’ardent zélateur de la loi, que son intransigeance mettait en valeur auprès des pharisiens et des chefs du peuple, avait « balayé » tout ce qui, pour lui, avait été « un gain ». Désormais, il considérait ces choses comme des « ordures » (v. 8). Il faut peu de temps au Seigneur pour changer un homme lorsqu’Il s’en occupe ! La religion de l’homme est en complète opposition avec la grâce de Dieu qui donne la vie avec Christ. Après notre conversion, nous pouvons comparer ce que nous étions et ce que le Seigneur a fait de nous. (Éph. 2. 10). Nous trouvons trois caractères de la vraie circoncision.

– Nous rendons culte par l’Esprit de Dieu (Jean 4. 23), en opposition avec les sacrifices d’animaux,

– Nous nous glorifions dans le Christ Jésus (Gal. 6. 14) étant morts avec Christ (le contraire de la religion judaïque s’appuyant sur les œuvres).

 – Nous n’avons pas confiance en la chair (v. 3). La religion a l’homme pour centre, la grâce est centrée sur Christ. Si nous rendons culte en rapport avec la croix où nous sommes crucifiés avec Lui, nous n’aurons pas confiance en la chair. Ne pas avoir confiance en la chair nous rappelle que, même si nous sommes délivrés de l’esclavage de la chair, elle est toujours là, en nous, prête à se manifester, même durant le culte, et il faut s’en méfier (Jér. 17. 5). En croissant spirituellement, on apprend à identifier ce qui vient de la chair ou de l’Esprit. Christ seul doit être glorifié par les chrétiens.

Hébreu des hébreux, de la tribu de Benjamin, où se situait Jérusalem, pharisien de surcroît – la secte la plus exacte du culte hébraïque – Saul de Tarse pouvait être considéré comme un exemple pour d’autres. Cependant, c’était la chair qui l’animait dans toutes ses activités. Tenons nous-mêmes notre chair dans la mort, car elle veut toujours se manifester. La loi avait été donnée pour contenir la chair ; mais celle-ci est indomptable (Luc 8. 26 à 39). Les sacrifices d’animaux ne pouvaient ôter un seul péché (Héb. 10. 1 à 4). Leur répétition incessante révélait que le péché était toujours là ! La loi, comme un tuteur, devait conduire le peuple jusqu’à Christ, qui devait, sur la croix, annuler le péché en l’expiant Lui-même. Parfaitement accomplie par le Seigneur, la loi est ôtée de dessus les hommes.

Désormais, nous pouvons rendre culte par l’Esprit Saint, car Dieu est esprit, et veut être adoré pour Lui-même, à cause de Ses gloires. Nos cultes nous occupent trop souvent de ce que le Seigneur à fait pour nous, de nos bénédictions, mais très peu de ce que le Seigneur est pour Son Père, et de ce que le Père est pour Lui. Pensons plus souvent au sacrifice de l’holocauste, offrande du Seigneur à Son Dieu, pour Le glorifier. Ne restons pas toujours au niveau du sacrifice pour le péché.

Paul, en vrai Juif, de la tribu de Benjamin, avait été circoncis le huitième jour ; il avait été instruit dans le judaïsme « aux pieds de Gamaliel, un rabbin de grande renommée. Il était sans reproche quant à l’obéissance aux ordonnances de la loi. Il persécutait l’Assemblée du Seigneur, et était imbu de sa propre justice selon la loi. Cette religion de la chair le flattait beaucoup !

Devenu chrétien, et délivré de la loi, il pouvait morigéner les Colossiens qui revenaient à la loi afin de satisfaire la chair, lui faisant confiance (Col. 2. 20 à 23). Par grâce, Christ nous a délivrés de tout cela : il faut que nous le vivions en réalité, avec l’aide constante du Seigneur. Dès que nous nous relâchons, nous retombons dans l’orgueil spirituel, le pire de tous ! Restons bien près du Seigneur afin d’en être gardés, car nous sommes sans force pour nous en délivrer nous-mêmes.

Paul, de la tribu de Benjamin, avait porté, avant sa conversion, le caractère du « loup » qui déchire et dévore la proie dès le matin (Gen. 49. 27). Mais, après sa conversion, il était devenu le « Bien-aimé de l’Éternel » (Deut. 33. 12). Dans l’histoire chrétienne, il y a eu des personnes qui, après s’être opposées aux chrétiens, ont été, à leur tour, touchées par la grâce de Dieu, tout-puissant pour transformer un homme.

Le Seigneur a dit aux disciples : « L’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu » (Jean 16. 2). C’était exactement ce que faisait Saul de Tarse ! Mais, sur le chemin de Damas, Le Seigneur l’a jeté par terre, et tout a été changé pour lui ; dès lors, il avait rejeté tout ce qu’il avait estimé comme des avantages pour lui jusque là, et désormais, il les considérait « comme des ordures », afin de « gagner Christ » (v. 8).

Paul avait fait le « compte » de ce qu’il perdait et, à l’inverse, de ce qu’il gagnait : Christ ! « Pour moi, vivre c’est Christ » (ch. 1. 21). Paul pouvait dire en ce qui concernait ces faux avantages du passé : « je les ai regardés » ; et une trentaine d’années plus tard, il écrivait aux Philippiens : « je les regarde comme une perte ». Il n’avait pas changé. Pouvons-nous en dire autant depuis notre conversion ou bien avons-nous repris des choses d’abord rejetées, ce qui montre que nous n’apprécions plus le Seigneur de la même manière ? Paul avait vu le Seigneur dans la gloire et cela l’avait marqué toute sa vie. Christ a-t-il un tel prix pour nous, au point que tout le reste ne compte plus ? (Mat. 13. 44 à 46) Bien des choses, non assimilables au « mal », sont permises par la Parole, mais sont-elles avantageuses, profitables ? (1 Cor. 10. 23 et 31)

Se demander, d’abord : Est-ce un gain ? , plutôt que : Est-ce mal ? Cherchons toujours la gloire de Dieu (Jean 7. 18). Sans nous remettre sous une loi (Col. 2. 20 à 23), faisons les choses « à cause de l’excellence de la connaissance de Christ notre Seigneur ». Chrétiens, nous avons été rendus libres (Gal. 5. 1 et 13), mais la volonté du Père est que nous ayons communion avec Son Fils, de façon vivante, et non en apparence seulement.

La loi, donnée au peuple de Dieu, devait le conduire jusqu’à Christ qui, par Sa vie et par Sa mort, a pleinement accompli la loi. Désormais, le croyant est placé dans la liberté, non pour pécher, mais pour vivre de façon spirituellement avantageuse ; en nous attachant « à le connaître, Lui, et la puissance de sa résurrection (premièrement), et la communion de ses souffrances » (v. 10 ; Col. 3. 1 à 3). Nous sommes ressuscités avec Christ, et nos vrais biens sont cachés dans les cieux (Mat. 6. 21). Si le Seigneur est notre « trésor », nous pourrons rejeter les choses inutiles de ce monde. L’apôtre courait « pour remporter le prix, et combattait « non comme battant l’air » (1 Cor. 9. 24).

C’est la chair qui pèche. La chair peut être aussi « religieuse » : mais c’est toujours la chair, entièrement souillée et condamnée (És. 64. 6). Comme Paul, ayons en nous la « justice qui est de Dieu, moyennant la foi » (v. 9). L’épître aux Hébreux nous exhorte à « courir avec patience la course qui est devant nous, les yeux fixés sur Jésus » (ch. 12. 1 et 2), en suivant Ses traces (1 Pier. 2. 21). Cela détournera nos yeux de nous-mêmes, pour les fixer sur Christ dans la gloire.

Deux versets s’opposent quant à l’état moral de Paul. « Mais les choses qui pour moi étaient un gain » (v. 7). Et la justice « qui est par la foi en Christ… pour le connaître, Lui » (v. 10). C’est dans la gloire avec le Seigneur que nous parviendrons tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu… à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Éph. 4. 13). Recherchons dans la Parole les traces que le Seigneur a imprimées sur la terre, afin de croître dans Sa connaissance. Mais pour cela, nous avons besoin de tout Son secours, car nous avons encore la chair en nous qui nous ralentit dans notre course… à moins que le diable ne nous fasse même reculer.

Chacun doit se dire : « J’ai un but à atteindre : Christ dans Son excellence. Crions au Seigneur afin qu’Il nous délivre de toutes les pesanteurs de la chair qui nous empêchent de nous attacher à Christ, comme Paul s’y était attaché sur le chemin de Damas.

À sa conversion, Paul avait abandonné sa justice qui est selon la loi, afin d’être revêtu de la justice de Dieu selon la foi, pour connaître Christ (v. 10). La loi, autrefois imposée au peuple, a été pleinement accomplie par le Seigneur, de sorte que Dieu l’a retirée et ne l’exige plus des hommes. Comme l’apôtre, nous avons à progresser dans la connaissance du Seigneur et à poursuivre le même but : gagner Christ. Paul reconnaissait que lui-même n’avait pas encore « saisi Christ », mais qu’il avait été lui-même saisi par le Christ (v. 12 et 13). Il « courait » de manière à Le gagner. C’est aussi ce qui est placé devant nous afin de nous tirer en avant.

Sur le chemin de Damas, il avait suffi à Paul de la réponse du Seigneur à sa question : « Je suis Jésus que tu persécutes », pour que toute sa vie en soit changée. Désormais, il voulait « connaître Christ, la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances ». Si l’apôtre place la résurrection du Seigneur avant de parler de Ses souffrances, c’est parce qu’il fallait qu’Il ressuscite avant que nous ayons la vie, et que nous puissions communier avec Ses souffrances. Le Psaume 63. 1 et 2 pouvait s’appliquer au désir ardent de Paul qui avait vu le Seigneur dans la gloire, et qui désirait être conforme à Son modèle sur la terre : Christ (Col. 1. 24).

Nous pouvons être amenés à « souffrir pour la justice » de la part des méchants (1 Pier. 2. 21 à 23), comme le Seigneur, dans les afflictions qu’Il a connues dans Sa vie : Judas qui Le trahit, Pierre qui Le renie, les tribunaux iniques qui Le jugent et devant lesquels Il ne répond rien. Cependant, nous ne pouvons entrer dans Ses souffrances expiatoires. En son temps, Jérémie, lui aussi, avait beaucoup souffert de l’opposition acharnée de ceux qui le persécutaient à cause de ses prophéties annonçant les malheurs à Israël (Jér. 20. 7). Paul, lui, voudrait que nous soyons ses imitateurs.

« La puissance de sa résurrection » fait référence à la puissance divine nécessaire à la résurrection du Seigneur ; puissance qui opérera pour nous ressusciter aussi (Éph. 1. 18 à 20). Par Sa résurrection, Christ est les prémices de la nouvelle création, dont nous faisons partie par notre foi en Jésus Christ. C’est pourquoi Paul avait la certitude qu’il ressusciterait (Rom. 6. 8). Nous avons cette même certitude, de sorte que nous disons : « Viens Seigneur Jésus » ! Car « notre bourgeoisie est dans les cieux ».

Pour que nous entrions dans la communion de Ses souffrances, il nous faut d’abord connaître la puissance de Dieu manifestée dans la résurrection. Nous possédons déjà, en germe, cette vie de résurrection, la propre vie de Jésus ressuscité (1Cor. 15. 12 à 19), car nous portons en nous la conformité de la « mort de Jésus » (2 Cor. 4. 10). Si nous sommes appelés à manifester la vie de Christ sur la terre, quant à la sainteté pratique, comme le faisait Paul, nul ne peut entrer dans l’imitation de la mort sur la croix où, seul, le Seigneur a expié nos péchés.

Paul ne connaissait pas d’avance par quel chemin le Seigneur le ferait « parvenir à la résurrection d’entre les morts » (v. 11). Il acceptait cependant de se laisser conduire par son Maître, par quelque chemin qu’Il le ferait passer pour atteindre ce but. Il avait conscience qu’il n’avait pas encore atteint la perfection du Seigneur (v. 12) ; mais c’était le but qu’il poursuivait « oubliant les choses qui sont derrière et tendant avec efforts vers celles qui étaient devant » (v. 14), afin de poursuivre la perfection du Seigneur ; Le connaître toujours mieux selon ce qu’Il veut nous révéler de Lui-même, dans sa communion.

La perfection du Seigneur est notre seule référence à considérer dans notre propre vie. Pierre Le suivait de loin, et il est tombé ! Jean se tenait tout contre lui, et avait reçu Sa réponse. C’est en « sondant les Écritures » que nous approfondissons la connaissance de Christ (Jean 5. 39). « L’esclave n’est pas plus grand que son Maître », et nous sommes exhortés à être fidèles, et à « prendre notre part des souffrances » (2 Tim. 8. 2 et 3 ; ch. 2. 3). Comme l’apôtre, faisons « une chose » : soyons occupés du Seigneur en tous temps !

Reconnaissant qu’il n’était pas parvenu à la perfection, Paul oubliait « les choses qui étaient derrière », et tendait avec effort vers celles qui étaient devant… et courait « droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (v. 14). Cet effort venait du Seigneur, car, disait-il : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (ch. 4. 13). Avant de nous exhorter à être ses « imitateurs » (v. 17), Paul nous montre l’exemple de sa propre conduite (1 Cor. 11. 1). Le Seigneur Lui-même est notre divin modèle (1 Pier. 2. 21), et Il nous encourage à suivre Ses traces avec les forces qu’Il donne, par la Parole et la prière.

Rappelons qu’il y a la perfection initiale acquise définitivement à la conversion (Héb. 10. 14) – la perfection pratique dans laquelle nous avons à faire des progrès – enfin, la perfection future que nous atteindrons lorsque nous serons au ciel avec le Seigneur. Paul reconnaissait qu’il n’était pas encore parvenu à ce stade, mais il « courait droit au but », cherchant a « saisir Christ », à vivre de façon pratique, comme s’il avait déjà atteint cette perfection. C’était ce qui avait du prix pour lui.

Contrairement aux incrédules, le croyant a un but : saisir Christ dans la gloire qu’il verra face à face. Et pour cela, Paul faisait « une seule chose » : Il courait « droit au but », ne laissant rien l’en détourner. Veillons à imiter Marie : assise aux pieds du Seigneur, elle écoutait sa Parole, et cette « bonne part » ne lui serait point ôtée (Luc 10. 39 à 42). Cette même part doit être la nôtre à chacun : c’est le désir du Seigneur que nous soyons « assis » paisiblement à Ses pieds. C’est à travers la Parole que nous apprenons à connaître le Seigneur : « Sondez les Écritures… car ce sont elles qui rendent témoignage de Moi » (Jean 5. 39).

L’aveugle que le Seigneur avait guéri (Jean 9. 24 et 25), savait « une chose » : il avait été aveugle et maintenant il voyait. Chacun est amené à avoir une certitude personnelle en relation directe avec ses circonstances propres. Le Seigneur parle à chacun, de façon personnelle : « Simon, j’ai quelque chose à te dire ». Fixons les yeux sur Jésus (Héb. 12. 2) afin de ne pas Le perdre de vue dans toutes nos occupations, et de faire « toutes choses comme pour le Seigneur ». Le seul but que la Parole nous propose, c’est le Seigneur !

Dans le ciel, nous aurons revêtu la perfection même du Seigneur, et serons un en Lui, comme Lui est un avec le Père (Jean 17. 21). Mais tant que nous sommes sur la terre, notre perfectionnement résulte de la soumission journalière à la Parole. Nos pensées, nos paroles et nos actions doivent répondre à ce que le Seigneur aimerait trouver en nous, au moment où Il reviendra.

Nous devons marcher ensemble avec amour, « dans le même sentier » (v. 16), même s’il arrive que nous n’ayons pas tous une même pensée. Dans ce cas, remettons-nous humblement tous ensemble et avec sincérité au Seigneur, et Lui nous montrera Sa pensée (És. 55. 8 et 9). « Gardons l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Éph. 4. 1 à 3). Courons ensemble, avec énergie, vers le même but, ayant déposé nos fardeaux (ch. 4. 6), afin de mieux courir. Dans cette course spirituelle, tous ceux qui courent gagneront Christ, le but et la récompense.

« Nous tous qui sommes parfaits » (v. 15) : ce sont ceux qui ont compris qu’il est nécessaire de courir vers le but. Peu importe à quel point de la course nous sommes parvenus. Certains sont plus avancés que d’autres, mais l’essentiel est de courir. Nous devons nous aider mutuellement. Il ne s’agit pas de divisions sur les vérités fondamentales que nous devons tous garder ; mais de liberté chrétienne, dans laquelle nous ne sommes pas tous parvenus au même niveau.

Paul espérait « achever sa course » fidèlement (Act. 20. 24) ; et il en parle comme de la certitude d’y être parvenu en 2 Timothée 4. 7. Chacun achève sa course lorsque nous avons pleinement accompli ce que le Seigneur nous a confié. Paul se mettait en compagnie de ceux qui l’imitaient, et les désigne humblement comme exemples à suivre (v. 17). Des frères actuels peuvent être aussi des modèles pour nous, en montrant quelque chose de Christ. Par opposition, Paul pleurait sur ceux qui étaient des « ennemis de la croix du Christ » (v. 18). S’il y a des « anciens » parmi nous, ils doivent être « les modèles du troupeau » (1 Pier. 5. 2 et 3).

« Notre bourgeoisie est dans les cieux » (v. 20). Ces paroles confèrent aux chrétiens une noblesse spirituelle qui les arrache à la « possession » de la terre comme étant leur patrie. Cette vérité les oppose aux incrédules dont les seuls intérêts sont terrestres, et « qui habitent sur la terre ».

Ceux-là subiront la domination diabolique de « la bête qui monte de la mer » (le chef de l’empire romain reconstitué) et de la bête qui monte de la terre (d’Israël), l’antichrist (Apoc. 13. 8 et 14). N’ayant pas la vie divine en eux-mêmes, ils seront séduits par ces deux hommes sataniques qui les égareront pour le jugement.

Par opposition, nos intérêts de croyants sont dans les cieux, notre vraie patrie. Nous traversons la terre comme étant de passage dans un pays qui n’est pas le nôtre, nous acheminant vers notre destination céleste, d’où nous attendons Christ comme Sauveur de nos corps, par la résurrection. Les « bourgeois » du Moyen-âge administraient leurs villes, mais nos droits à nous, chrétiens, sont uniquement dans les cieux. « Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez aux choses qui sont en haut, non pas celles qui sont sur la terre » (Col. 3. 1 et 2).

Nous avons un grand besoin de lire les Écritures qui nous entretiennent du Seigneur Lui-même, et de notre vraie patrie, tandis que nous sommes souvent accaparés par les occupations matérielles. Contrairement à l’assertion de quelques hommes qui se proclament « citoyens du monde », le Seigneur Lui-même dit des croyants : « Ils ne sont pas du monde comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 14 et 16). Nous sommes comme des étrangers traversant un pays qui n’est pas le leur, et aux biens duquel ils ne s’attachent pas. De même, nous n’avons pas à nous occuper de la gestion politique de la terre. Le Seigneur a déclaré à Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde… Mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18. 36).

Apprécions-nous suffisamment le Seigneur Jésus pour nous détacher des choses de la terre ? Nous avons à assumer nos tâches matérielles et quotidiennes. Mais nous devons rester de simples spectateurs de ce monde qui se corrompt de plus en plus, sans pour autant nous en isoler comme vivant dans un désert. Le Seigneur disait à Son Père : « Je ne te fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal » (cf. Jean 17. 15). La traversée est pénible et affligeante, mais le Seigneur passe devant nous et nous conduit avec sûreté, dans un chemin où nous devons Le suivre fidèlement : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 20 et 22). « Sondez les Écritures car ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Cherchons à mieux connaître le Seigneur afin de mieux Le suivre.

Au v. 21, nous avons la dernière acception du terme « Sauveur », celle qui concerne le Seigneur qui, après avoir sauvé nos âmes, et nous avoir sauvés quotidiennement aux milieu de nos circonstances sur la terre, sauvera encore nos corps mortels en les transformant « en la conformité du corps de sa gloire » (Rom. 8. 23 ; 1 Cor. 15. 51 à 55 ; 1 Thess. 4. 16).

Le passage déjà cité de Romains 8 a entraîné une grave erreur d’interprétation. Plusieurs ont pensé que Dieu a prédestiné certains à être sauvés et d’autres à être perdus. Mais Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Simplement, il a « préconnu » ceux qui accepteront le salut gratuit, et les a prédestinés à être rendus conformes à l’image de Son Fils, puis les a appelés, justifiés et glorifiés. Et Il a préconnu aussi ceux qui Le refuseront. Dès lors, soyons heureux d’être des citoyens du ciel ; mais ne négligeons pas ceux qui sont encore dans la perdition (Héb. 9. 27).

Après l’enlèvement de l’Assemblée chrétienne, il sera trop tard pour les incrédules ! L’état mortel qui est le nôtre est assujetti à Sa toute-puissance pour nous ressusciter pour la vie éternelle. Même la vie du Seigneur, ayant « goûté la mort pour tout », était assujettie à Sa propre puissance de résurrection (Éph. 6. 10 ; Jean 10. 17 et 18). Nous avons affaire à de nombreuses puissances : la chair en nous (morte aux yeux de Dieu, mais agissant toujours en nous) ; le diable, et le monde. Toutes ces puissances, encore actives bien que déjà vaincues par le Seigneur, Lui seront bientôt assujetties pour Sa gloire.

Ch. 4

Paul, appelant les croyants de Philippes : « mes frères bien-aimés » manifeste son amour pour eux, dans un sentiment vivant de grâce et d’amour que l’on trouve déjà au ch. 2. 12. L’amour est la base intangible de la vie chrétienne : sans amour, nous ne sommes rien (1 Cor. 13. 1 à 8) ; et l’amour de l’apôtre pour tous les croyants était un amour ardent : « mes frères… ardemment désirés, ma joie et ma couronne » dit-il. Il avait un désir brûlant de les revoir, de leur parler et, en même temps, il les considérait comme sa « couronne » de grâce et de gloire, car il les avait amenés au Seigneur par sa prédication.

En vertu de cette déclaration qu’il leur a faite : « Notre bourgeoisie est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ… » (ch. 3. 20 et 21), il les exhorte à demeurer « fermes dans le Seigneur » (ch. 1. 27 ; 4. 1). Nous ne trouvons la force de rester fermes que dans le Seigneur, en qui nous trouvons et notre joie et notre force, ces deux choses étant liées (Néh. 8. 10 ; 2 Cor. 12. 9). C’est aussi dans « la tranquillité et la confiance » que l’on est fortifié (És. 30. 15), et nous devons aussi tenir ferme et combattre pour la foi (Jude 3). Où Paul trouvait-il la force de tenir ferme dans ses tribulations, sinon en Celui qui le fortifiait et le remplissait de joie ? Le Seigneur nous dit : « Séparés de moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). C’est dans la prière que nous trouvons la force de persévérer dans toutes les circonstances, même celles qui nous paraissent les plus « insignifiantes ». Sans la prière dans le sentiment de notre impuissance, nous ne réussirons pas.

La délicatesse de Paul et son humilité se découvrent dans sa manière de « supplier » Évodie, puis Syntyche, l’une après l’autre et de la même manière, ne cherchant pas à savoir laquelle avait raison ou tort. Peut-être même n’avaient-elle raison ni l’une ni l’autre. L’important, à ses yeux, c’était que ces deux sœurs en Christ, par ailleurs utiles dans le service, retrouvent la communion en ayant de nouveau « une même pensée dans le Seigneur ».

En toutes circonstances, dans l’Assemblée, ce qui est important, c’est de rechercher, ensemble, la seule pensée qui compte : celle de Dieu. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel » (És. 55. 8 et 9).

L’apôtre pousse la délicatesse jusqu’à ne pas indiquer l’objet de leur différend. Quel que soit l’objet de nos querelles, elles affectent durablement et douloureusement l’Assemblée tout entière. Cette même humilité de Paul se retrouve en Philémon qu’il « prie », alors qu’il avait l’autorité « d’ordonner » ce qui convenait dans cette situation particulière (Philémon 9 et 10). Avant de relever le différend opposant les deux sœurs, Paul s’est adressé à toute l’assemblée, mettant en avant l’humilité du Seigneur Lui-même (ch. 2. 2 à 8).

Paul avait à cœur de reconnaître les services fidèles que ses compagnons d’œuvre avaient rendus, avec lui, dans la « sollicitude pour toutes les assemblées » (2 Cor. 11. 28), et s’adresse même à un frère qu’il ne nomme pas, mais qui a dû se reconnaître, pour l’exhorter à aider les sœurs qui s’opposaient l’une à l’autre. Être une « aide » pour l’assemblée, est un service important (Rom. 16. 2 ; 1 Cor. 12. 28) ; et doit être fait avec douceur, si quelqu’un est « tombé » (Gal. 6. 1 et 2).

Au v. 3, on trouve « Clément » pour la première et dernière fois, comme ayant servi avec Paul. Paul savait, à la fois, pleurer pour ce qui lésait les intérêts du Seigneur (ch. 3. 18), et se réjouir en Lui (cf. 3. 1 ; ch. 4. 4). La vraie joie se trouve dans le Seigneur, connu comme notre Sauveur et notre Berger. À ce seul titre, Paul, même en prison, savait se réjouir en Christ, indépendamment des circonstances. Savons-nous faire de même ? Il insiste : « Encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous » (v. 4). Même dans les persécutions, les chrétiens goûtent la joie de leur Seigneur, qui nous a dit : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie » (Jean 15. 11). Et « Vous donc, vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22). « afin que votre joie soit accomplie » (cf. Jean 16. 24).

Paul, vivant très près de son Seigneur, avait le discernement que ses compagnons d’œuvre avaient, comme lui, leurs « noms dans le livre de vie » (v. 3), « écrits dans les cieux » (Luc 10. 17 à 20). Le livre de vie contient les noms des croyants, qui ont la vie de Dieu (Apoc. 20. 15). Les saints de l’Ancien Testament comme les croyants du millénium ont leurs noms écrits « dès la fondation du monde » (cf. Apoc. 13. 8 ; 17. 8). Quant aux vrais chrétiens ayant confessé leurs péchés et cru à l’œuvre du Seigneur sur la croix, le Seigneur n’effacera pas leurs noms du livre de vie (Apoc. 3. 5). En Exode 32. 32, Moïse, aimant le peuple de Dieu qui venait de pécher gravement, suppliait l’Éternel de pardonner « sinon, disait-il, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit ».

En Philippiens 4. 4, Paul exhorte à se réjouir « toujours dans le Seigneur », c’est-à-dire, dans Sa personne, et non selon certaines circonstances heureuses – non plus selon la joie du monde, mais dans une joie sainte et pure émanant du Seigneur même (Jean 15. 8 à 11 ; Ps. 4. 7 ; Néh. 8. 10). C’est de Sa propre joie inaltérable et parfaite qu’Il veut nous réjouir. Aspirons à mieux connaître Celui qui veut nous faire partager une telle joie durant l’éternité.

L’apôtre lui-même jouissait d’une telle relation avec son Seigneur, et il nous y exhorte en 1 Thessaloniciens 5. 16. Il ne s’agit pas de rester insensible aux épreuves : Paul savait pleurer dans certaines situations (ch. 3. 18). Mais il convient de ne pas se laisser « écraser » par les difficultés parfois douloureuses. Pensons à Proverbes 15. 13 ; ch. 17. 22. Paul dirige alors nos pensées sur les ressources à notre disposition : « prier sans cesse » et exposer nos requêtes à Dieu « en toutes choses », même les plus petites, celles qui nous sembleraient les plus faciles. Et enfin, à rendre grâces pour les réponses de Dieu, même si elles sont différentes de ce que nous attendions.

De plus, il nous encourage à manifester la « douceur » de celui qui n’insiste pas sur ses droits : c’est une attitude contraire à notre nature qui se manifeste sans retenue dans le monde. Que le Seigneur nous accorde d’y veiller dans l’humilité. En Exode 2. 11 et 12, Moïse manifeste un tempérament violent en tuant l’Égyptien qui frappait un hébreu. Il croyait que le peuple, esclave en Égypte, comprendrait qu’il voulait les délivrer. Ayant dû s’enfuir après son crime, il dut, désormais, garder les troupeaux de son beau-père durant quarante ans « derrière le désert » : quarante ans durant lesquels il a appris la douceur et l’humilité. Ainsi, Dieu peut désormais l’envoyer délivrer Son peuple, car « cet homme, Moïse, était devenu très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre », et il le manifeste dans une circonstance douloureuse concernant sa sœur Marie qui avait péché contre lui (Nomb. 12. 1 à 3).

Le Seigneur, « débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29), savait reprendre vertement les chefs du peuple, égoïstes et pleins d’orgueil (Mat. 23. 13 et suivants). Au ch. 21. 12 et 13, Il chasse les marchands du temple violemment, afin de purifier la maison de Son Père dont ils avaient « fait une caverne de voleurs ».

Contrairement au monde plongé dans la violence, nous devons manifester la douceur du Seigneur, être soumis aux autorités (Tite 3. 1), car « il ne faut pas que l’esclave du Seigneur conteste, mais qu’il soit doux envers tous » (2. Tim. 2. 24).

Dans les inquiétudes que nous connaissons, apportons tout à Dieu par la prière, et demandons « selon sa volonté » et avec foi, afin qu’Il nous exauce. Dans ces versets de Philippiens 4. 6 et 7, la Parole nous encourage en nous révélant que « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus ». Ainsi, nous sommes exhortés à venir à Dieu pour Lui soumettre nos inquiétudes, avec cette certitude que « le Seigneur est proche » – dans le temps pour venir nous enlever de la scène de ce monde, et proche de nous dans notre vie quotidienne (Mat. 28. 20).

Une supplication est une prière ardente pour un besoin ressenti intensément. Cela nous amène à comprendre plus profondément, dans l’humilité, notre entière dépendance de Dieu, sans laquelle nous ne pouvons rien faire (Jean 15. 5). « Venez à moi vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).

En Actes 16. 25, Paul est l’exemple d’un croyant qui a mis en pratique ce qu’il enseigne lui-même dans les v. 6 et 7 de Philippiens 4. En 1 Samuel 1. 9 à 11 ; v. 17 et 18, on trouve Anne qui, après s’être confiée en l’Éternel, de triste et malheureuse qu’elle était auparavant, car elle était stérile, « n’eut plus le même visage ». La paix de Dieu l’avait pénétrée. Apportons nos fardeaux au Seigneur afin qu’Il nous en soulage, en les portant Lui-même. Et alors « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus » (v. 7). Cette paix bienfaisante est inexplicable, mais, envoyée par Dieu, elle remplit le cœur de celui qui se confie en Lui.

Tout est changé lorsque nous agissons avec foi, si faible quelle soit : « comme un grain de moutarde ». Apportons tout au Seigneur afin que nous ne soyons pas « oscillants », tantôt en haut, tantôt en bas, mais toujours confiants en Christ. Le Dieu de paix, Lui, ne change jamais ; Il présente en Lui-même la stabilité parfaite, et Il nous invite à jouir, avec Lui, de Sa propre stabilité. Quel encouragement, et quelle consolation de savoir qu’Il nous écoute et veut nous remplir de Sa propre paix !

Cette paix est au-dessus de toute intelligence, de tout calcul, mais repose sur la foi seule. L’intelligence spirituelle du croyant repose sur « la crainte du Seigneur, c’est la sagesse, et se retirer du mal est l’intelligence » (Job 28. 28 ; Ps. 111. 10 ; Prov. 18. 10). Notre Père sait ce qu’il nous faut, selon Sa sagesse. Cette paix de Dieu garde nos cœurs et nos pensées, c’est-à-dire qu’elle « monte la garde » sur nos cœurs et nos pensées afin de les préserver de toute inquiétude. Car tout vient des pensées, qui se traduisent par des paroles, puis par des actes. Elles doivent être sanctifiées.

Prions non seulement dans des circonstances difficiles, mais en tout temps, car c’est avant tout de paix que nous avons besoin dans nos cœurs et nos pensées. Le v. 8 insiste pour que nous recherchions « toutes ces choses » : Elles se réfèrent à tout ce qui émane de Dieu qui nous les communique, et nous les montre en Jésus, le Fils de Dieu.

La Parole montre les choses « vraies » ; Les choses venant de Dieu sont « vénérables ». Elles sont « justes », elles sont « pures », « aimables », venant du Dieu qui est « amour », elles sont de « bonne renommée » parmi les hommes qui les observent, si les croyants les vivent (Act. 2. 46 et 47). Paul les vivait et nous invite à être « ses imitateurs » (2 Cor. 11. 1). Pour que ces choses occupent nos pensées, la « vertu » (le courage et l’énergie) doit nous remplir ; et soyons occupés à louer le Seigneur (v. 8).

Ces choses doivent être vues en nous et vécues (v. 9), sous la puissance active du Saint Esprit. Dès lors, « le Dieu de paix sera avec nous ». Penser à « toutes ces choses » remplit notre cœur, et nous garde des pensées mauvaises ou négatives qui, souvent, nous agressent, mais que nous ne devons pas entretenir, car nous ferions le jeu de l’ennemi.

En 2 Corinthiens 10. 1, Dieu, « par la douceur et la débonnaireté de Christ », veut amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (v. 5). Dans les épreuves, nos pensées inquiètes nous tourmentent : mais remettons plutôt tout entre les mains de Dieu ; alors nous serons gardés en paix. L’exemple de Paul devrait nous rassurer, et nous entraîner dans cette voie aboutissant à la paix dont Dieu veut nous remplir. Nous pouvons en parler, mais il nous est plus difficile de les vivre ! Le Seigneur, Lui, « faisait », puis « enseignait ».

Le monde cherche la paix sans le Dieu de paix ; alors il fait la guerre !

Bien qu’il ne soit pas dit que Dieu soit un Dieu de joie, le Fils de Dieu a dit à Ses disciples : « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie ». Le Fils de Dieu, « Jésus se réjouit en esprit » (Luc 10. 21 ; Jean 15. 11). Et aussi, Dieu est « le Dieu bienheureux ». La joie, comme l’amour, peut donc avoir sa source dans la nature divine. Paul se réjouissait dans ses supplications pour les Philippiens (ch. 1. 3 et 4). Il s’était réjoui aussi de l’obéissance des Romains (Rom. 16. 19). Au ch. 4, il s’était « grandement réjoui de ce que les Philippiens avaient pensé à lui, en lui faisant parvenir un don pour ses besoins. Cela l’avait encouragé, car il comprenait que les croyants de Philippes l’avaient fait par amour pour lui – mais aussi pour plaire au Seigneur.

Hébreux 13. 15 et 16 montre l’importance de la bienfaisance aux yeux de Dieu, et pourquoi l’apôtre se réjouit de ne pas avoir été oublié des Philippiens. Il est nécessaire d’entretenir, les uns envers les autres, le désir d’être des aides, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Dans Sa grâce, le Seigneur avait Lui-même fait revivre la pensée des Philippiens pour Paul, et cette affection pour lui le réjouit, bien qu’il ait su être « content en lui-même », dans n’importe quelles circonstances.

Le v. 10 dénote la délicatesse d’esprit de l’apôtre, qui exprime cette pensée que les Philippiens avaient pensé à lui bien avant d’avoir « l’occasion » de lui envoyer ce don et le mot « enfin », ne semble pas être un reproche, mais plutôt, exprime un sentiment de reconnaissance pour leur affection ainsi manifestée. Nous devons voir, chez nos frères, ce que Christ a produit en eux. Le v. 9 nous enjoint d’être occupés de saines pensées, afin que l’ennemi ne remplisse pas nos cœurs de choses vaines. Le plaisir de Dieu est de nous pousser à nous intéresser à nos frères à l’œuvre. Paul ne recherchait rien pour lui-même, mais sa joie éclatait en voyant le mouvement d’amour des Philippiens pour lui.

« Promptitude », « libéralité », sont les maîtres mots qui conduisent aux actions de grâces, concernant les dons faits avec joie et amour (2 Cor. 9. 2 à 5). La vie de Paul était un enchaînement de tribulations des plus pénibles (2 Cor. 11. 23 à 27) ; malgré cela, il savait « être content en lui-même ». Il avait appris cela dans l’intimité avec son Seigneur. Avons-nous appris la même leçon ? Paul considérait que ces « légères tribulations d’un moment, opèrent pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 17 et 18).

« Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28). Néanmoins, il faut distinguer le fait que Paul était content dans les circonstances, et non des circonstances. Il se savait enrichi par les choses venant de Dieu. Efforçons-nous d’être satisfaits de ce que Dieu nous donne, car les richesses apportent avec elles des tourments, alors que la pauvreté s’appuie sur Dieu (1 Tim. 6. 6 ; v. 9 à 11, 17 à 19). Gardons-nous de l’esprit du monde, qui n’est jamais satisfait.

Hébreux 13. 5 nous met en garde contre l’avarice, consistant à vouloir toujours plus d’argent que nous n’en avons. Ce sont nos motifs qui conditionnent la valeur de nos dons. Que donnons-nous pour le Seigneur ? La veuve de Marc 12. 42 avait donné « tout de ce qu’elle avait pour sa subsistance » ; les riches donnaient de leur superflu. Le Seigneur nous confie la gestion personnelle et quotidienne de ce qu’Il nous donne. Tout Lui appartient et, si nous sommes dans la liberté, nous n’en sommes pas moins sous Son regard ; et c’est Dieu qui nous forme. Paul avait été formé par le Seigneur, et avait dû apprendre « combien il devrait souffrir pour son nom » (Act. 9. 16).

En Actes 4. 36 et 37 ; ch. 5. 1 à 5, Barnabas, ayant vendu une terre, en apporta la pleine valeur aux pieds des apôtres. Puis Ananias et Sapphira vendirent à leur tour une terre, voulant se donner bonne apparence. Mais ils ne mirent devant les apôtres qu’une partie de sa valeur, mentant ainsi à Dieu, et le Seigneur les fit mourir. Ils avaient la liberté de garder la terre ou, même en la vendant, ils restaient libres de garder tout l’argent pour eux. Leur péché a été de mentir à Dieu. Demandons à Dieu le nécessaire pour vivre, et soyons-en contents (Prov. 30. 8).

Dans l’abondance ou dans les privations, l’apôtre avait appris du Seigneur à être content en lui-même. Gardons-nous de l’esprit du monde. Nous n’en serons délivrés que bien près du Seigneur. Paul pouvait dire : « Je puis », « Moi ». L’apprentissage est personnel. Impuissant par lui-même (2 Cor. 12. 9), il avait reçu du Seigneur la force de faire tout ce qui Lui plaisait. L’accent est mis sur ses relations intimes avec son Seigneur ; mais ceux qui l’entouraient lui devaient des marques d’amour. Prenons part aux peines de nos frères.

Le v. 14 est un baume pour les Philippiens qui auraient pu penser : « Il méprise notre don ! » Non ! Dans l’humilité, il les rassure en reconnaissant ouvertement qu’il avait besoin d’eux, « dans son affliction », et qu’il n’était pas un « surhomme », pouvant tout par lui-même. Mais plutôt que d’avoir besoin de ses frères, lui aussi était dépendant de la grâce du Seigneur.

Une vraie communion ressort dans la manière dont Paul s’adresse aux Philippiens, comme à des « compagnons » ayant vécu ensemble des épreuves communes. C’est avec une grande reconnaissance qu’il leur parle, au sujet des différents dons qu’ils lui ont fait parvenir, avec une profonde affection pour lui. De toute la Macédoine dont Philippes faisait partie, seuls les Philippiens avaient pourvu à ses besoins, même lorsqu’il était à Thessalonique (v. 16).

On voit, en 2 Corinthiens 8. 1 à 5, que les Philippiens s’étaient « donnés premièrement au Seigneur », source de leur affection pour Paul. Nous appartenons, corps, âme et esprit, au Seigneur. Les Macédoniens, très pauvres et ayant subi des épreuves, avaient « abondé » en libéralité pour l’apôtre, montrant ainsi le bon état de leur foi. Qu’en est-il de nous ?

Contrairement aux Philippiens, les Corinthiens avaient des dispositions opposées (2 Cor. 7. 2 à 11). De plus, Paul travaillait, lui-même, en faisant des tentes (Act. 18. 1 à 4), dans la mesure où il était libre. Mais, lorsqu’il écrivait aux Philippiens, il était prisonnier à Rome, et n’avait plus la liberté de pourvoir à ses besoins ni aux besoins de ceux qui le suivaient. Paul se réjouissait de la générosité des Philippiens à cause du fruit spirituel qui rejaillissait sur eux et abondait pour leur compte (v. 17). L’amour dont il jouissait de leur part, réjouissait l’apôtre.

« Or j’ai amplement de tout, et je suis dans l’abondance ; je suis comblé, ayant reçu d’Épaphrodite ce qui m’a été envoyé de votre part… un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu » (v. 18). Il a plu à Dieu de nous transmettre ces paroles interrompues par un point de suspension, afin de marquer la profonde émotion qu’il ressentait devant l’amour que les Philippiens lui manifestaient de façon réitérée ; son émotion l’empêchait, un instant de poursuivre sa lettre. On retrouve ces mêmes points de suspension en Genèse 48. 7 : Jacob, en évoquant la mort de Rachel, sa chère femme, brisé par l’émotion et les larmes, ne peut, pour un moment, continuer de parler. Sommes-nous aussi sensibles à l’amour de nos frères ?

L’apôtre avait beau se déplacer de ville en ville, la générosité des Philippiens ne se départissait pas ! Bien que Paul ait regardé aux choses élevées (un fruit qui abonde en bénédiction pour les Philippiens), il les encourage en leur disant : « Néanmoins vous avez bien fait de prendre part à mon affliction » (v. 14). Leur don n’était pas inutile pour l’apôtre mais, dans sa joie, il savait que ce fruit de l’Esprit se tournait en gloire pour Dieu le Père (Jean 15. 8 à 5) Soyons, nous aussi, occupés des besoins de nos frères, et non de nos propres intérêts.

L’expression « un parfum de bonne odeur » du v. 18 rappelle l’œuvre du Seigneur sur la croix : expression de bonne odeur, par excellence pour Dieu. Pour le Seigneur, un don fait avec amour a ce même caractère. En Romains 15. 25 à 27, Paul leur dit qu’il allait à Jérusalem, et que les assemblées de Macédoine et de l’Achaïe envoyaient par son moyen, « une contribution, aux besoins des pauvres d’entre les saints qui sont à Jérusalem ». Et il précise que les croyants des nations (en l’occurrence les saints de Rome), sont dans l’obligation morale, ayant bénéficié de leurs biens spirituels (l’évangile), de les servir dans leurs besoins charnels en leur envoyant un don en argent.

La bienfaisance (Héb. 13. 16), est « un sacrifice acceptable » qu’apprécie le Seigneur. Paul connaissait intimement son Dieu (v. 19) et il sait qu’Il pourvoira aux besoins des Philippiens. Si nous connaissons Dieu vraiment « intimement », soyons assurés qu’Il répondra fidèlement à tous nos besoins. Remettons-les-lui. Donnons-Lui aussi notre temps, et nos dons spirituels (2 Cor. 9. 8 et 9). Par contre, Il ne répondra pas aux demandes charnelles. À l’encontre du monde pour qui l’argent est un dieu, ayons une tout autre estimation, quant à nous, dans des pensées plus élevées et des motifs spirituels.

Au v. 19, il est question des « richesses de Dieu en gloire ». En Éphésiens 3. 16, on trouve « les richesses de sa gloire ». Quelle que soit l’expression employée, il s’agit de la richesse de Dieu en toutes choses qu’Il possède dans Sa propre gloire, et dont Il fait jouir Ses bien-aimés. Néanmoins, le traducteur a été scrupuleux et a tenu compte des nuances des deux expressions.

L’apôtre met l’accent sur le fait que la générosité des Philippiens était à la gloire de Dieu (v. 20). Tout ce que nous faisons, conduits par l’Esprit, pour l’amour des frères, rejaillit en gloire pour Dieu. Ce v. 20 est une doxologie (louange adressée à Dieu et au Seigneur Jésus) et cela rejoint la pensée que nous sommes des adorateurs, nous qui autrefois étions des blasphémateurs. Mais maintenant, nous avons été amenés au service de l’adoration, service éternel : tous les autres services cesseront.

On trouve d’autres doxologies dans les épîtres (1 Tim. 1. 17 ; ch. 6. 16 ; Gal. 1. 3 à 5 ; Rom. 16. 27 ; Jude 24 et 25). Chacune d’elles se termine par un Amen. Paul éclaire la portée de la bienfaisance qui produit la louange et les actions de grâce chez ceux qui bénéficient de la générosité des saints (2 Cor. 9. 10 à 12). Alors, l’adoration jaillit : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! » (2 Cor. 9. 15). « Or à notre Dieu et Père soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen » (Phil. 4. 20). Et « Que la grâce du seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen » (v. 23). Tout est gloire pour Dieu, et tout est grâce pour nous ! Le Dieu de gloire se glorifie encore dans le déploiement de Sa grâce pour nous.

Au v. 20 dans notre texte, c’est à notre Père que monte la louange : Dieu connu dans une nouvelle relation. L’épître aux Philippiens nous présente souvent la joie chrétienne, de même que l’épître de Jude.

Au v. 21, Paul invite les Philippiens à saluer chaque saint, comme dans l’épître aux Romains, où il ajoutait : « toutes les assemblées vous saluent » (Rom. 16. 5 à 16). Il avait la même sollicitude pour chacun d’eux, comme pour « toutes les assemblées ». Que le Seigneur nous accorde d’avoir le même amour pour chacun de nos frères et sœurs, sans faire acception de personnes. Cela est d’un grand prix pour Dieu.

Paul craignait qu’il y ait des querelles chez les Philippiens : Il « supplie Évodie et Syntyche d’avoir une même pensée dans le Seigneur » (ch. 4. 2). S’il y a des difficultés entre nous, cela rejaillit sur le niveau de nos cultes, qui restent languissants. Dès lors, demandons au Seigneur, comme autrefois les disciples : « Seigneur, est-ce moi » ?

Dans les Philippiens, Paul ajoute : « Tous les saints vous saluent, et principalement ceux qui sont de la maison de César » (v. 22) ; une heureuse communion régnait entre Paul et les frères qui l’entouraient. En Actes 28, Paul, prisonnier (quoique dans un logement qu’il avait loué), était gardé par un soldat romain, nuit et jour, durant deux ans (v. 30). Là, il recevait beaucoup de personnes qu’il évangélisait. Tous les soldats qui l’ont gardé si longtemps ont, aux aussi, entendu l’évangile. Paul peut parler au ch. 1. 13 de « tout le prétoire » (la garde impériale). Et il y avait aussi « ceux de la maison de César » (Néron qui a fait mourir un grand nombre de chrétiens). Le Seigneur a des rachetés partout, même dans les palais des rois (Prov. 30. 28), et beaucoup sont comme des « lis au milieu des épines » (Cant. 2. 2).

Ne pouvant plus circuler, ni quitter son logis, Paul priait, chantait les louanges de Dieu (Act. 16) et enseignait tous ceux qui le visitaient. Même prisonnier, il restait fidèle et actif, comme l’avait été Joseph, dans la maison de Potiphar. Ainsi, les difficultés chez les Philippiens (ch. 1. 15 à 17) ne le décourageaient pas. La puissance du Saint Esprit le soutenait, et brisait les cœurs les plus endurcis, les amenant au Seigneur. Paul présentait l’évangile devant n’importe quel auditoire, aux foules ou à une âme seule : Philippe avait fait de même (Act. 8. 26 et suivants).

Nous avons tous besoin de la grâce de Dieu, et d’être sensibles au fait que tout est grâce dans notre vie. L’apôtre n’avait jamais oublié qu’il avait été un objet de la grâce divine, lorsque, encore ennemi de Dieu et des chrétiens, sur le chemin de Damas, le Seigneur l’avait renversé par terre. Devenu le grand apôtre, il propageait la réalité de la grâce de Dieu envers les pécheurs qui se repentent, et révélait le « mystère » de l’Assemblée.

L’épître avait commencé par ces mots : « Grâce et paix à vous ». Elle se termine par ceux-ci : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen » (v. 23).

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac

CELUI QUI A PROMIS EST FIDÈLE

« Celui qui a promis est fidèle » (Héb. 10. 23)

  1. DES PROMESSES POUR NOTRE FOI

« Sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété… Par celles-ci, il nous a fait don des très grandes et précieuses promesses ». 2 Pier. 1. 3 et 4.

Dieu est fidèle. Quand Il fait des promesses, Il les tient. Il ne se repent pas de les avoir faites. Il est aussi ponctuel, car il est écrit que « le Seigneur ne tarde pas en ce qui concerne la promesse » (2 Pier. 3. 9). Dieu ne manque jamais à Sa parole, comme il nous arrive parfois de le faire. Le patriarche Abraham avait reçu des promesses qui, du point de vue humain, paraissaient irréalisables : sa femme, Sara, était stérile et avait plus de quatre-vingt-dix ans, et lui-même avait cent ans ; mais Dieu avait dit qu’Il leur donnerait un fils ! Était-ce bien possible ?

Abraham, comme nous le lisons dans l’épître de Paul aux Romains, avait la pleine conviction que, ce que Dieu avait promis, Il était capable de l’accomplir (Rom. 4. 21). Et il n’a pas été déçu ! Sara aussi, sa femme, « estima fidèle celui qui avait promis » (Héb. 11. 11). Si l’épître aux Hébreux nous encourage à retenir la confession de notre espérance « sans chanceler », c’est parce que « celui qui a promis est fidèle » (Héb. 10. 23).

Mais pour bénéficier de l’accomplissement des promesses, la foi est nécessaire. Seul le croyant peut s’approprier toutes les promesses de Dieu et fonder ses certitudes sur elles. Lui seul peut en profiter. Si Abraham comptait sur les promesses divines, c’est parce qu’il croyait en Celui « qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient » (Rom. 4. 17). D’innombrables personnages de la Bible – non seulement de grands champions de la foi, mais aussi des croyants humbles et simples qui ne se sont pas distingués par des actes extraordinaires et mémorables – ont vu s’accomplir de grandes promesses grâce à leur confiance en Dieu.

Mais quelles sont les promesses que Dieu nous a faites, à nous, chrétiens, qui avons accepté Jésus comme notre Sauveur ? Voici la plus grande, que nous pouvons lire dans la 1ère épître de Jean : « Et telle est la promesse que lui-même nous a donnée : la vie éternelle » (1 Jean 2. 25).

2. DES PROMESSES NOMBREUSES ET MERVEILLEUSES

« Selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habite » 2 Pier. 3. 13.

Les merveilleuses promesses que Dieu nous a faites sont pour le présent et l’avenir, et toutes sont fondées sur Jésus Christ, sur Son sacrifice et sur Sa résurrection. Si nous avons foi en Lui, Dieu nous promet :

– d’être délivrés de l’esclavage du péché et d’avoir la victoire sur le mal, comme il est écrit : « Or l’aiguillon de la mort, c’est le péché… Mais grâces à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Cor. 15. 56 et 57) ;

– l’aide et la consolation dans les épreuves ;

– la force et le courage pour affronter les difficultés ;

– la capacité de témoigner de l’amour de Dieu par nos paroles et par l’exemple ;

– la paix intérieure et la tranquillité de l’âme.

Tout cela est absolument réel, et tout vrai croyant en fait l’expérience quotidienne dans sa vie. L’accomplissement certain des promesses du Seigneur nous rassure, réjouit nos cœurs et fortifie notre foi.

D’autres promesses sont pour un temps à venir mais, par la foi, nous pouvons en anticiper la réalisation et les apprécier dès maintenant, car « la foi est l’assurance de ce qu’on espère, et la conviction de réalités qu’on ne voit pas » (Héb. 11. 1).

Nous avons déjà la promesse que Christ reviendra pour prendre les croyants et les emmener au ciel avec Lui, avant que les terribles jugements de Dieu s’abattent sur un monde incrédule – « Je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi » – la promesse encore de régner avec Lui, étant « héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment » (Jac. 2. 5) et aussi celle de recevoir des récompenses et des couronnes si nous avons été fidèles : « la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l’aiment ». Et bien d’autres encore !

Aux promesses de biens futurs se rattachent la persévérance et la patience dans l’attente : « Car vous avez besoin de patience, afin que, ayant fait la volonté de Dieu, vous receviez ce qui est promis » (Héb. 12. 36). Soyons « imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent de ce qui avait été promis » (Héb. 6. 12) !

D’après « Il buon seme » – novembre 2023

PENSÉES SUR JEAN 13

  1. L’amour de Jésus pour les Siens

« Avant la fête de Pâques, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » Jean 13. 1.

Le chapitre 13 marque le commencement d’une nouvelle section de l’évangile de Jean. Nous aimerions le lire soigneusement et nous y arrêter un peu, car il nous donne les dernières paroles de Jésus, qui sont de toute importance pour les siens sur la terre pendant le temps de Son absence. Nous y trouvons encouragement, consolation et espérance.

Le Fils de Dieu était sur le point de retourner à son Père, laissant les disciples dans ce monde. Son enseignement, dans les chapitres 13 à 16, concerne la période de temps qui se situe entre la Pentecôte et Son retour pour les Siens, quand Il viendra les prendre pour être avec Lui dans la maison de Son Père (Jean 14. 2 et 3). Cette section se termine avec le chapitre 17 qui en est le point le plus élevé : nous entendons le Fils de Dieu s’adresser à Son Père céleste par la prière. Il prie pour tous ceux qui Lui appartiennent !

Dans quelques heures seulement, la pâque allait être célébrée ; ensuite, Jésus serait crucifié. Cependant le Seigneur ne pense pas ici à « l’heure » de Sa mort, mais au moment où Il allait quitter ce monde. Cela allait être un changement radical pour les disciples. Ils avaient espéré jusqu’à la fin que Christ demeurerait avec eux et établirait Son royaume en Israël (voir Marc 10. 32 à 37 ; Act. 1. 6).

Il est à la fois remarquable et très beau que le Fils de Dieu parle ici des croyants comme étant « les siens ». Ce sont ceux pour lesquels Il laissa Sa vie. Ils Lui appartiennent entièrement, et ainsi ils appartiennent aussi au ciel.

Mais maintenant ils sont laissés dans un monde mauvais où ils doivent prendre Sa place et rendre témoignage de Lui. « Les siens » peuvent n’être que de peu d’importance dans ce monde et peuvent faire l’expérience que le monde les hait (15. 18 et 19) et les rejette, mais ils sont précieux aux yeux du Seigneur. Il les aime et les aimera toujours, d’un amour inaltérable. Il ne les abandonnera pas mais Il prendra soin d’eux jusqu’à ce qu’Il vienne les chercher pour être avec Lui dans le ciel.

2. Toute la puissance est dans les mains de Celui qui nous aime

« Pendant qu’ils étaient en train de souper, (le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer), Jésus, sachant que le Père lui a tout remis entre les mains, qu’il est venu de Dieu et s’en va à Dieu, se lève du souper… et commence à laver les pieds des disciples » Jean 13. 2 à 5.

Le contraste que nous avons ici ne pourrait pas être plus grand : nous avons d’un côté l’amour permanent du Seigneur Jésus pour les Siens, et de l’autre, la haine du diable et l’infidélité de Judas. Un disciple qui avait fait l’expérience de l’amour du Seigneur pendant plus de trois ans est devenu celui qui L’a trahi ! C’est un exemple de ce qui pourrait arriver si nous laissons libre cours à la cupidité et que nous ouvrons ainsi notre cœur au diable.

Nous pourrions être effrayés en voyant l’influence toujours croissante du diable sur Judas. Mais, en même temps, nous sommes placés devant une source de consolation : ce passage dirige nos pensées loin de nous-mêmes et du diable, vers Jésus et le Père dans le ciel. Le Père « a tout remis entre les mains » de Son Fils. Il est vrai que le diable possède une grande puissance, et qu’il a en haine ceux qui appartiennent à Jésus – « les siens », mais toute puissance est dans les mains de Jésus qui nous aime. Le Père peut placer avec confiance toutes choses entre les mains du Fils de Dieu, saint et pur, que ce soit pour la vie ou la mort, le présent ou l’avenir. Sa vie était sans tache : Il allait s’en aller à Dieu exactement comme Il était venu de Lui : sans être entaché de quelque péché que ce soit.

Dieu avait mis entre les mains de Son Fils la puissance de mener à bien Ses plans ; mais ici, Il se sert de Ses mains pour accomplir le service d’un esclave : Il lave les pieds de Ses disciples. Que Son amour pour « les siens » est grand !

3. Jésus lave les pieds des disciples

« (Jésus) vient à Simon Pierre ; celui-ci lui dit : Seigneur, tu me laves les pieds, toi ? Jésus lui répondit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras par la suite. Pierre lui dit : Non, tu ne me laveras jamais les pieds ! Jésus lui répondit : Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi » Jean 13. 6 à 8.

Pouvons-nous nous représenter cette scène ? Jésus, le Créateur de l’univers, ôte Ses vêtements et se met à laver les pieds de Ses disciples. Aucun d’eux ne réagit, sauf un – Pierre. Il est conscient de l’humilité incompréhensible de son Seigneur. Et il ne peut pas accepter ce qui est en train de se passer !

Il parle à trois reprises : tout d’abord, il est étonné, ensuite il proteste et enfin il réclame plus que ce qu’il a premièrement refusé. Nous pensons peut-être que c’est un comportement bien typique de Pierre. Mais comment aurions-nous réagi ?

Par ses objections, Pierre montre qu’il manque de compréhension et de respect. C’est un avertissement pour nous. Mais il est plus instructif de considérer les réponses que le Seigneur donne aux objections de Son disciple. Voyons de plus près les deux premières réponses :

« Ce que je fais… tu le comprendras par la suite ». À ce moment-là, Pierre n’était pas capable de comprendre l’acte symbolique de son Maître. Il devrait attendre que Jésus soit remonté au ciel et que le Saint Esprit soit venu sur la terre. Alors, avec l’aide de cette Personne divine et sous Sa conduite, il serait capable de « comprendre » et de se servir de cette connaissance dans son service envers les autres croyants, comme le montrent les lettres qu’il écrira plus tard.

« Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi ». Le plus grand intérêt de Pierre était de partager des choses avec le Seigneur ; il voulait être en communion avec Lui. Mais pour cela, il fallait que tout ce qui pouvait le souiller dans sa marche soit ôté et qu’il soit purifié par l’eau de la Parole de Dieu (Éph. 5. 26).

4. Le maintien de la communion avec Jésus

« Simon Pierre lui dit : Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête. Jésus lui dit : Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds : il est net tout entier ; et vous, vous êtes nets, mais non pas tous. Car il savait qui le livrait ; c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous nets » Jean 13. 9 à 11.

Quand Pierre saisit qu’il ne peut être en communion avec son Seigneur que si ses pieds sont lavés, il en demande davantage : il veut que tout son corps soit lavé. On peut comprendre ce désir, car il montre le grand attachement de Pierre à son Seigneur. D’un autre côté, on voit que Pierre n’a pas encore compris le sens symbolique profond du lavage des pieds. C’est pourquoi le Seigneur doit le corriger à nouveau.

Celui qui est « né de l’eau et de l’Esprit » est en figure entièrement « baigné » ; il est « net », pur aux yeux de Dieu. En ce qui concerne l’éternité, tout est réglé pour lui. Il possède une relation éternelle avec son Sauveur et Seigneur. Le « bain » qui était nécessaire une fois n’a pas à être renouvelé (voir ch. 3. 3 ; 15. 3 : « Vous, vous êtes déjà nets (ou : purs), à cause de la parole que je vous ai dite »).

Il en est autrement pour les « pieds ». Les croyants vivent dans le monde et entrent donc souvent en contact avec des choses impures. Il leur arrive de commettre des péchés, en pensée, en paroles ou en actes. C’est pourquoi le Seigneur doit régulièrement laver les souillures de leurs « pieds ».

Cette action du Seigneur sur la terre, à ce moment-là, symbolise le service qu’Il accomplit actuellement depuis le ciel. Il désire profondément que les Siens réalisent une communion sans nuage avec Lui. C’est pourquoi Il attire notre attention par Sa Parole, la Bible, sur les péchés et les transgressions, nous amenant à les Lui confesser. Nous sommes alors rendus pleinement libres de venir à Lui et de L’aimer avec des cœurs remplis de joie.

5. Jésus nous donne un exemple

« Quand donc il leur eut lavé les pieds, il reprit ses vêtements, se remit à table et leur dit : Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc moi, le seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ; c’est un exemple que je vous ai donné : comme je vous ai fait, moi, vous aussi faites de même » Jean 13. 12 à 15.

Le lavage des pieds était une chose habituelle en Orient à cette époque ; c’était un geste que l’on accomplissait lors de l’accueil de visiteurs. C’était le plus souvent les esclaves qui s’en chargeaient. Le fait que Jésus Lui-même ait lavé les pieds de Ses disciples montre Son incomparable humilité. C’est certainement pour cette raison que d’innombrables artistes, au cours des siècles, ont représenté la scène du lavage des pieds.

Mais le geste de Jésus ne doit pas être pris premièrement comme une leçon pratique d’humilité, aussi importante que soit une telle vertu en elle-même. Jésus se présente ici Lui-même comme « Seigneur et Maître ». C’est pourquoi Il s’exprime avec autorité et fermeté lorsqu’Il ordonne à Ses disciples de se laver les pieds les uns aux autres.

Souvenez-vous que Jésus était près de retourner au ciel. Les Siens resteraient dans le monde. Mais Son service de lavage des pieds se poursuivrait, d’une façon figurée : le Seigneur glorifié nous parle par Sa parole tout au long de notre vie, attirant notre attention sur nos péchés et nos transgressions – et non seulement sur les nôtres, mais ici particulièrement sur ceux des autres croyants.

C’est pourquoi Il nous rappelle notre responsabilité mutuelle : celui qui voit que l’un de ses frères s’est « souillé » par le péché – et la personne en question ne s’en rend pas compte – celui-là doit venir humblement vers lui pour le restaurer par une parole de l’Écriture. C’est un service d’amour, parce que le bonheur et la joie de l’autre sont en jeu : il s’agit de l’aider à retrouver sa joie, dans et avec le Seigneur Jésus.

6. Prendre soin les uns des autres – Un avertissement

« En vérité, en vérité, je vous dis : L’esclave n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites. Je ne parle pas de vous tous ; moi, je connais ceux que j’ai choisis. Mais c’est afin que l’Écriture soit accomplie : Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi. Je vous le dis dès maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand cela arrivera, vous croyiez que c’est moi (que moi, Je suis) » Jean 13. 16 à 19.

Jésus a donné un exemple à Ses disciples : de la même manière qu’Il leur a lavé les pieds, ils doivent eux aussi se laver les pieds les uns aux autres. Sans aucun doute, cet acte du Seigneur a une portée symbolique, car Il dit à Pierre : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras par la suite » (v. 7).

Il importe au Seigneur que les Siens prennent soin les uns des autres. Aujourd’hui encore, Il attend qu’ils aient entre eux un amour actif. Si quelqu’un « s’est laissé surprendre par quelque faute », les autres doivent le relever « dans un esprit de douceur », comme par l’Esprit de Dieu (Gal. 6. 1). Ceux qui pensent qu’un tel travail d’amour est indigne d’eux se placent en réalité au-dessus du Seigneur Jésus. Cependant, qu’il est heureux et béni que, non seulement nous sachions ce que nous avons à faire, mais que nous le fassions parce qu’Il nous le demande.

Parmi les douze disciples, il y en avait un dont le Seigneur n’attendait pas qu’il manifeste cet amour actif : c’était Judas. Il avait été appelé à être un apôtre, mais le Seigneur le connaissait dès le début : il était « un diable » (6. 70). Même l’Ancien Testament mentionne la trahison de Judas. C’est un avertissement sérieux pour ceux qui font montre d’une apparence de christianisme, mais qui, intérieurement, sont loin de Christ (Ps. 41. 9).

Les disciples devaient être surpris que l’un d’entre eux ne fasse pas partie « des Siens », mais le Seigneur ne l’est pas. Il est le « Je suis », le Fils omniscient de Dieu.

7. Une attitude humble – Traîtrise de Judas

« En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Ayant dit cela, Jésus fut troublé dans son esprit et rendit témoignage : En vérité, en vérité, je vous le dis : l’un de vous me livrera. Les disciples se regardaient donc les uns les autres, perplexes, se demandant de qui il parlait » Jean 13. 20 à 22.

Une fois de plus, le Seigneur se réfère par Sa parole au lavage des pieds. Mais cette fois, Il ne met pas l’accent sur la responsabilité de ceux qui accomplissent cette tâche ; maintenant, Il a en vue ceux qui bénéficient de ce service.

Attirer l’attention de quelqu’un sur ses actes répréhensibles, avec une affection fraternelle et avec l’aide de Dieu, n’est pas facile. Cela demande du courage et beaucoup d’humilité. Mais il est tout aussi difficile d’accepter d’être corrigé. Qui aime à être repris ? Là aussi une attitude humble est nécessaire. Ainsi, si les enfants de Dieu veulent recevoir un bénéfice spirituel les uns des autres, ils doivent être prêts à considérer avec attention toute suggestion de correction, afin de voir si elle vient de leur Seigneur dans le ciel.

Ensuite le Seigneur nous fait voir comme Il est affligé de ce que ce soit Judas qui se prépare à Le trahir. La pensée que l’un de ceux en qui Il avait confiance Le livrerait à Ses ennemis ne Le laisse pas insensible (voir Ps. 55. 12 à 14). Son amour ne pouvait le supporter. Quelle fin terrible serait celle de Judas !

Aucun des disciples n’était sans péché, mais cet acte horrible ne pouvait être commis que par quelqu’un qui n’était pas « des Siens », mais qui était la proie du diable.

Judas savait très bien que le Seigneur faisait allusion à lui, mais il laissa les autres disciples perplexes jusqu’à la fin. Son hypocrisie allait bientôt atteindre son maximum.

8. Inquiétude des disciples – Une question difficile à poser

« Or l’un de ses disciples, que Jésus aimait, était à table, tout contre le sein de Jésus. Simon Pierre lui fait alors signe de demander qui était celui dont il parlait. Lui, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, qui est-ce ? Jésus répond : C’est celui à qui je donnerai le morceau après l’avoir trempé. Ayant donc trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote, fils de Simon » Jean 13. 23 à 26.

« L’un de vous me livrera », dit le Seigneur à Ses disciples. Cela les remplit d’inquiétude car, quoique le traître sache parfaitement qu’il s’agit de lui, il ne laisse rien paraître.

L’atmosphère est tendue dans la chambre haute. Les disciples sont perplexes et anxieux : qu’est-ce que le Seigneur a voulu dire ? Mais pourquoi ne le Lui demandent-ils pas ? Manifestement, aucun d’eux n’a le courage de le faire, même pas même Pierre, qui est habituellement leur porte-parole.

Ce n’est pas la première fois que les disciples n’osent pas poser directement une question au Seigneur. N’ont-ils pas confiance en Lui ? (voir Marc 9. 32)

Jean, qui ne se nomme jamais par son nom dans cet évangile dont il est l’auteur, est le disciple qui était le plus conscient de l’amour du Seigneur (voir 19. 26 ; 21. 7, 20 à 24). C’est vers lui que Pierre se tourne : Jean est certainement celui qui peut demander au Seigneur qui est celui qui Le trahira.

N’avons-nous pas parfois de tels sentiments ? Comme disciples de Jésus, le Seigneur nous a tous appelés également à Le suivre ; et pourtant, il y a des différences dans nos vies de foi personnelles. Nous sentons parfois clairement que d’autres croyants sont plus proches du Seigneur que nous. Nous devrions le reconnaître sans en être jaloux, et en profiter, comme Pierre l’a fait ici.

Jésus révèle que Judas est le traître en lui tendant le morceau trempé dans le plat. En ce temps-là, ce geste signifiait un honneur particulier rendu à un invité.

9. La chute de Judas

« Quand Judas eut pris le morceau, Satan entra en lui. Jésus lui dit : Ce que tu fais, fais-le vite. Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui avait dit cela ; car quelques-uns pensaient que, puisque Judas avait la bourse, Jésus lui avait dit : Achète ce dont nous avons besoin pour la fête ; ou : Donne quelque chose aux pauvres. Après avoir reçu le morceau, Judas sortit aussitôt ; or il faisait nuit » Jean 13. 27 à 30.

Cela a dû être un véritable choc pour Judas : le Seigneur savait exactement ce qu’il s’apprêtait à faire ! Mais Judas ne saisit pas cette dernière occasion de revenir de son chemin fatal. Après que Jésus ait eu révélé qui serait celui qui Le trahirait, en donnant à Judas le morceau de pain, Satan prend complètement possession de lui.

Nous pouvons distinguer trois étapes dans la chute de Judas :

Il y avait tout d’abord sa cupidité, qu’il ne maîtrisait pas et qui avait fait de lui un voleur (ch. 12. 6).

Puis Satan a éveillé en lui la pensée qu’il pourrait obtenir une compensation pour les 300 deniers auxquels le parfum du vase de Marie aurait pu être vendu (ch. 12. 4 à 6). Alors il a négocié pour 30 pièces d’argent, auprès des principaux sacrificateurs (Mat. 26. 15)., le prix de la trahison de son maître

Enfin, Satan entre en lui. Ainsi, le chef des démons prend lui-même le contrôle sur Judas, qui devient l’outil impuissant des projets du diable. Pour Judas, il n’est plus possible maintenant de faire marche arrière ; c’est pourquoi le Seigneur lui dit : « Ce que tu fais, fais-le vite ».

Cela ne signifie pas – comme les disciples l’ont pensé – que Judas devait acheter quelque chose pour la Pâque, mais qu’il allait livrer son Seigneur et Maître aux mains de Ses ennemis. Judas n’allait rien donner non plus aux pauvres, mais le Fils de Dieu, qui était riche, était venu sur la terre pour vivre « dans la pauvreté, afin que par sa pauvreté [nous soyons] enrichis » (2 Cor. 8. 9).

À la croix de Christ, le péché le pire que l’homme ait pu commettre et l’amour infini de Dieu, allaient se rencontrer.

10. Gloire de Jésus, gloire de Dieu

« Lorsqu’il fut sorti, Jésus dit : Maintenant, le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même ; et aussitôt, il le glorifiera » Jean 13. 31 et 32.

Après que Judas soit sorti dans la nuit, la chambre haute s’illumine. Le Seigneur peut maintenant parler librement à Ses disciples des choses les plus chères à Son cœur les concernant. Le lecteur attentif percevra le caractère unique des chapitres suivants (14 à 17), dans leur luminosité et leur chaleur. Les dernières paroles de Jésus sont profondes et émouvantes.

Maintenant, Jésus parle de Lui-même, de Sa mort et de Son ascension. Voyons cela de plus près :

– Le Fils de l’homme est glorifié : Quand des Grecs sont venus vers Philippe parce qu’ils désiraient voir Jésus, le Seigneur a parlé de l’heure dans laquelle le Fils de l’homme devait être glorifié (ch. 12. 23, 24). Il était évident qu’il s’agissait de Sa mort sur la croix : de Son obéissance, Son amour, Sa sainteté, Son dévouement. Que Jésus est glorieux !

– Dieu est glorifié en Lui : Quiconque veut contempler l’essence même de Dieu – Il est lumière et Il est amour (1 Jean 1. 5 ; 4. 8, 16) – doit regarder à la croix de Golgotha. Là, Dieu a jugé le péché en Son Fils (c’est la lumière), parce qu’il voulait épargner des pécheurs et les avoir avec Lui dans la gloire du ciel, (c’est l’amour). Que Dieu est glorieux !

– Dieu, aussitôt, le glorifiera : La réponse appropriée de Dieu au sacrifice expiatoire de Son Fils, c’est que l’Homme Jésus Christ occupe maintenant une position glorieuse à la droite de Dieu. Par cela, Dieu a immédiatement glorifié Son Fils.

11. Un commandement nouveau

« Enfants, je suis encore pour peu de temps avec vous : vous me chercherez ; et, comme je l’ai dit aux Juifs : Là où moi je vais, vous, vous, ne pouvez pas venir – je vous le dis aussi maintenant à vous. Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » Jean 13. 33 à 35.

Pour la première fois, le Seigneur s’adresse ici à Ses disciples en les appelant « petits enfants ». D’un côté, Il les voit comme ceux qui ont été amenés dans la famille de Dieu (voir 1. 12) ; d’autre part, ils ont besoin de Ses soins d’amour, car Il n’était plus avec eux que pour un (court moment) temps très court. Dans ce chemin vers le ciel, qui passait par la croix, personne ne pouvait Le suivre. Jusque-là – à la différence d’aujourd’hui – alors que Jésus vivait sur la terre, tous pouvaient venir à Lui. Cependant, dans un sens littéral, personne ne peut venir à Lui maintenant. Mais ce que les croyants attendent, c’est le moment où le Seigneur reviendra pour les recevoir dans la gloire (14. 2 et 3).

Cette nouvelle situation apporte avec elle un nouveau commandement : les croyants qui sont sur la terre doivent s’aimer les uns les autres. C’est plus que d’aimer son prochain comme soi-même (voir Luc 10. 27). C’est aimer comme Jésus Lui-même l’a manifesté dans Sa vie sur la terre. Cet amour montre quelque chose de la nature même de Dieu. C’est une puissance infatigable et sans cesse active en faveur des autres.

« Comme je vous ai aimés », dit le Seigneur, donnant par cette parole la norme de l’amour dans la famille de Dieu. Et comment a-t-Il aimé ? Il dira plus tard à ce sujet : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (15. 9). La qualité de l’amour qui existe entre Dieu le Père et Son Fils, se trouve aussi au milieu des disciples de Jésus. Ils ont la vie divine en eux et montrent par un amour mutuel qu’ils appartiennent à un monde différent, un monde céleste.

12. La présomption de Pierre

« Simon Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu ? Jésus lui répondit : Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; mais tu me suivras plus tard. Pierre lui dit : Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je laisserai ma vie pour toi ! Jésus répond : Tu laisseras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te dis : Le coq ne chantera pas, que tu ne m’aies renié trois fois. » Jean 13. 36 à 38.

Est-ce que le nouveau commandement que Jésus venait de donner n’avait fait aucune impression sur Pierre ? S’aimer l’un l’autre comme le Seigneur les aimait, cela résonne comme un vrai défi. Une fois de plus, Pierre ose parler. Car, quoi qu’il puisse arriver, il ne veut pas perdre son Seigneur ; il veut le suivre. C’est pourquoi il pose cette question : « Seigneur, où vas-tu ? ».

Dans Sa réponse, le Seigneur attire l’attention sur Sa mort expiatoire et Sa résurrection – et personne ne peut Le suivre dans ce chemin-là. Lui seul pouvait accomplir la rédemption. Mais, dans un sens plus large, quelques-uns suivraient le Seigneur, dont Pierre. Nous en apprenons davantage à ce sujet au chapitre 21. Là, Jésus prédit que Pierre mourrait en martyr (v. 18 et 19).

Mais Pierre ne se satisfait pas d’un « plus tard ». Au lieu de faire confiance au Seigneur et d’accepter Sa réponse, il montre de la présomption. Il perd de vue l’amour du Seigneur et ne pense qu’à son propre amour pour Lui – qu’il estime grand et permanent. Il veut laisser sa vie pour le Seigneur !

Que Pierre se connaît peu lui-même ! Il devra l’apprendre amèrement quelques heures plus tard. Il faillit dès qu’une servante s’adresse à lui, l’ayant reconnu comme étant un disciple de Jésus. Il nie même connaître Jésus. Quand il est interpellé pour la troisième fois, il craint tellement pour sa vie qu’il renie son Seigneur avec des imprécations et des jurons (voir Mat. 26. 74).

Retenons cet avertissement sérieux : la confiance en soi-même conduit à la défaite !

D’après « The Good Seed » 2024

TRADUCTION DE FEUILLETS (63)

« L’Éternel vous a envoyé tous ses serviteurs les prophètes, se levant de bonne heure et les envoyant ; et vous n’avez pas écouté, et vous n’avez point incliné vos oreilles pour écouter » (Jér. 25. 4).

UN AVERTISSEMENT IGNORÉ

La tempête fait rage depuis deux jours sur une île des Caraïbes. Les routes sont bloquées ou inondées, les toits sont recouverts, il y a des décombres partout.

Une voiture avance lentement sous la pluie, qui ôte presque toute visibilité. Elle suit les feux arrière d’une autre voiture. Mais, alors que la première voiture traverse un pont, les feux disparaissent soudain. Le conducteur de la voiture qui la suit s’arrête et sort. Il découvre avec horreur que la partie médiane du pont a disparu : la voiture qui le précédait est tombée dans la rivière.

Il fait rapidement demi-tour avec sa voiture et bloque la rue. Puis il sort pour avertir les conducteurs des véhicules qui arrivent derrière lui. Il agite les bras et crie mais, à sa grande horreur, la voiture suivante ne s’arrête pas. Craignant apparemment une embuscade, le conducteur accélère, contourne l’obstacle, et tombe dans la rivière. D’autres phares se dirigent vers lui. Il tente à nouveau d’éviter la catastrophe. Et encore une fois, il doit constater que son avertissement est ignoré. Avant que les autorités ne puissent fermer complètement le pont, 29 personnes ont contourné l’obstacle et sont mortes. Une catastrophe !

Pourquoi les conducteurs ne se sont-ils pas arrêtés ? Par peur, par précipitation ou par indifférence ? Pourquoi le peuple d’Israël n’a-t-il pas écouté lorsque Dieu lui a parlé par l’intermédiaire des prophètes ?

Et en est-il autrement aujourd’hui ? Dieu parle encore aux gens, Il appelle à travers les chrétiens, par des traités, des affiches… des maladies et des accidents. Il met en garde, parce qu’Il veut sauver les gens de la mort éternelle, pour les empêcher de tomber dans la fosse (cf. Job 33.18). L’ignorez-vous toujours – ou L’écoutez-vous ?

D’après die gute Saat mars 2024

« Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pourquoi je l’ai envoyée » (És. 55. 11).

CE N’ÉTAIT PAS UN PORTEFEUILLE !

À l’occasion d’une réunion d’évangélisation, des participants racontèrent ce que Jésus Christ avait accompli dans leur vie. L’un d’eux sortit un Nouveau Testament de sa poche et raconta ce qui suit :

J’étais un voleur à la tire. Dans mon milieu, on vantait mon adresse manuelle. Un jour, j’ai remarqué la poche de pantalon d’un homme qui marchait devant moi. Elle me semblait particulièrement tentante. J’anticipai une bonne prise : un portefeuille épais. En un tournemain je me le suis approprié. Chez moi j’ai eu alors une grosse déception : le portefeuille était un livre. En colère, je l’ai jeté dans un coin.

Quelque temps après, en rangeant la chambre, je l’ai eu de nouveau sous les yeux. Par curiosité j’ai commencé à le lire. Mon intérêt croissait d’un jour à l’autre, et j’ai bientôt, par ce Nouveau Testament, appris à connaître le Sauveur, Jésus-Christ.

Que la direction de Dieu est extraordinaire, et quelle force se trouve dans Sa Parole. Si l’on voulait rassembler tous les récits, de circonstances, de conversions extraordinaires, ce serait une série de véritables aventures. De nombreux événements, de nombreuses transformations radicales nous sembleraient impossibles. Mais celui qui les a vécues est mieux informé !

« Comme tu ne sais point quel est le chemin de l’esprit… ainsi tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout » (Eccl. 11. 5).

D’après die gute Saat mars 2024

« Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mat. 7. 21).

UNE ÉLÈVE DE LISZT

Le compositeur Franz Liszt brillait comme un virtuose du piano dans les salons distingués. À cette époque, il était devenu à la mode dans ces milieux de se qualifier d’étudiant de Liszt – mais cela n’était pas toujours juste.

Une jeune pianiste qui donnait un concert à Iéna s’était également décrite, à la légère, comme une « élève de Liszt » afin d’attirer davantage de public. Mais le jour du concert, elle apprend, consternée, que Liszt vient d’arriver à Iéna.

Le cœur battant, l’artiste se précipite vers le maître et lui avoue son mensonge. Liszt lui pardonne et lui demande de s’asseoir au piano, et de lui jouer le programme de la soirée. Pendant deux heures entières, il corrige tout ce qui doit être amélioré. Et à la fin il dit : Alors, mon enfant, vous pouvez maintenant dire que vous êtes une élève de Liszt.

Quiconque se dit « chrétien » exprime qu’il reconnaît Christ comme son Seigneur et Maître et qu’il est son « disciple ». Peut-être que beaucoup ne sont même pas conscients de ce que cela signifie réellement. Comme ce serait terrible si un jour le Seigneur devait leur dire : Je ne vous ai jamais connus !

Il ne suffit donc pas d’utiliser simplement le nom de « chrétien ». La rencontre personnelle avec Jésus-Christ est la première condition préalable. Mais alors, ceux qui suivent Jésus-Christ seront également reconnus par le fait qu’ils « font la volonté de leur Père ». Il est encore temps de passer d’un chrétien de nom à un « vrai » chrétien en recevant le pardon du Seigneur Jésus.

D’après die gute Saat avril 2024

« Et j’ai cherché parmi eux un homme qui fermât l’enceinte, et qui se tint à la brèche devant moi pour le pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en ai point trouvé » (Éz. 22. 30).

LA MISSION DE CHRIST SUR LA TERRE

Christ est venu, non pas surtout pour prêcher l’évangile, bien qu’Il ait annoncé la délivrance au prisonnier. Il est venu plutôt afin qu’il y ait un évangile à prêcher. Il est venu sur la terre dans un but étrange, tellement différent de celui des êtres humains qui s’accrochent à la vie, et qui traversent la vie, décidés à vivre. Christ est venu sur la terre dans l’intention d’y mourir, parce qu’il était désireux de délivrer les hommes du péché, ce qui ne pouvait se faire que par la mort, une mort dont on se souviendra éternellement.

Les hommes d’état, aujourd’hui, effrayés par la tendance au barbarisme et au chaos, cherchent un remède. L’un d’eux a terminé son discours par : On demande un homme ! quelqu’un qui soit capable de faire sortir les nations de leur calamité. Dans un jour proche, l’Homme de péché sera révélé au monde comme un chef.

Mais longtemps auparavant, Dieu avait cherché un Homme. Quand cet Homme vint, tout était vraiment sans espoir pour la race humaine, car « il n’y avait pas d’homme, il n’y avait personne pour répondre. Alors Christ s’est offert Lui-même, le Juste pour les injustes ! Il fut officiellement présenté à la nation par le gouverneur romain : « Voici l’homme ! » – l’Homme de Dieu. Dieu a pu s’écrier : « J’ai trouvé une propitiation ». Et ainsi Il a été cloué sur la croix dans les ténèbres physiques et spirituelles, et dans la faiblesse et la défaite apparentes. Car il n’y avait pas de déploiement de puissance par la Victime sans espoir, bien que le soleil se soit obscurci et que les rochers se soient fendus. Et cependant une œuvre plus puissante qu’il n’y en a jamais eu était accomplie dans le royaume spirituel invisible, car là, Il est devenu, en endurant la mort de la croix, un Prince et un Sauveur « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ».

D’après the Lord is near septembre 1984

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair » (Gen. 2. 24).

LE MARIAGE, POUR LA VIE

Dieu présenta une femme à Adam selon Ses propres pensées. Adam n’avait pas le choix.

Il n’a jamais non plus divorcé, bien qu’il ait vécu 930 ans. Ainsi, depuis le tout début, le principe du mariage est posé clairement devant nous pour que nous le croyions. Le croyant, aujourd’hui, doit avoir pleinement confiance que si Dieu a l’intention que lui ou elle se marie, il peut dépendre sur Lui pour qu’Il pourvoie au conjoint convenable, comme il le fit pour Adam. Ce ne serait certainement pas la pensée de Dieu qu’un croyant épouse un inconverti. En fait, plus que cela, un croyant est libre de se marier, seulement « dans le Seigneur », c’est-à dire dans la soumission à la volonté de Dieu ; car ce n’est pas parce que deux personnes sont sauvées qu’elles se conviennent nécessairement pour devenir mari et femme.

Que le croyant s’attende au Seigneur, et qu’il dépende honnêtement de Lui pour qu’Il le conduise clairement au conjoint convenable, au moment convenable. Cela signifie une foi simple et sans fard. Les mariages à l’essai sont une insulte à Dieu, car ils ne montrent aucune foi, mais sont une expérience charnelle qui laisse Dieu entièrement de côté.

Un homme qui envisage le mariage doit être pleinement préparé à l’avance à « s’attacher à sa femme ». Cela implique une fidélité absolue, un dévouement de cœur, et un amour pur et honnête. Une femme, également, doit être pleinement préparée à se dévouer volontairement au véritable bien-être de son mari. S’ils n’ont pas, les deux, cet accord de cœur et le sens de la direction de Dieu, mieux vaut beaucoup mieux continuer à s’attendre au Seigneur. Car, étant mariés, ils doivent être « une seule chair », liés par Dieu pour la vie. Union précieuse et sacrée !

D’après the Lord is near septembre 1984 (L.M. Grant)

« Nous sommes son ouvrage, ayant été créés ans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10).

LES BONNES ŒUVRES NE SONT QUE LE FRUIT ET LA PREUVE DE LA FOI

Vous avez peut-être entendu quelqu’un dire : Ils ont une religion d’œuvres – il veut dire, en général, une religion qui prétend obtenir le salut au moyen d’efforts humains. Nous ne pouvons avoir aucune communion avec une telle religion. C’était la voie de Caïn, qui mène à la destruction.

Mais dans un sens juste, la véritable religion est une religion d’œuvres, des œuvres non pas afin d’être sauvé, mais plutôt des œuvres qui sont les fruits du salut. L’épître de Jacques nous dit : « Le service religieux pur et sans tache devant Dieu le Père, le voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, se conserver pur du monde. » Nous oublions souvent que ces œuvres ne sont pas un choix, mais que Dieu s’attend réellement à ce que nous les fassions ; Il a préparé à l’avance ces bonnes œuvres afin que nous marchions en elles. Nous devrions nous en souvenir tous les jours.

En Tite 2. 14, nous apprenons que notre Seigneur Jésus Christ « s’est donné lui-même pour nous, afin… de purifier pour lui-même un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les bonnes œuvres ». Il était commandé à Timothée d’ordonner « à ceux qui sont riches dans le présent siècle… qu’ils soient riches en bonnes œuvres… qu’ils soient prompts à donner » (1 Tim. 6. 17 et 18). En Hébreux 13. 16, nous lisons ces paroles d’exhortation : « Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices ». De ces passages nous apprenons, au sujet des bonnes œuvres, tout d’abord, que Dieu les a préparées à l’avance, et qu’il est content que nous les fassions ; que nous ne devons pas les oublier, mais marcher en elles, et les accomplir avec zèle.

D’après the Lord is near septembre 1984 (A.M. Benham)

« Tout a été créé par lui et pour lui, et lui est avant tout, et tout subsiste par lui. Il est le chef du corps, de l’assemblée, lui qui est le commencement, le Premier-né d’entre les morts, afin qu’en tout, il tienne, lui, la première place » (Col. 1. 17 et 18).

JÉSUS CHRIST EST LE THÈME CENTRAL DE LA BIBLE

Christ était prééminent dans la création. Toutes choses furent faites par Lui et pour Lui. Il est le grand Supporteur de l’univers physique.

Christ est prééminent dans la rédemption. Il est le Chef de l’Église et désire avoir la prééminence dans le cœur de tous les chrétiens. Quand Il est né, il n’y avait pas de place pour lui dans l’hôtellerie. Le monde est plein de confusion et de chaos aujourd’hui parce qu’il n’y a pas de place pour Lui. C’est seulement quand Il viendra comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs qu’il y aura la paix et la justice sur la terre.

Christ est le thème de la Bible. Le Seigneur Jésus Christ peut être trouvé sur chaque page de l’Écriture. Souvent, quand nous voulons lire quelque chose au sujet de Jésus, nous nous tournons vers l’un des quatre évangiles, mais nous pouvons aussi Le trouver dans les autres livres de la Bible. En Genèse, si vous lisez entre les lignes l’histoire de Joseph, vous verrez Jésus. En Exode, toutes les parties du tabernacle parlent de Lui. En Lévitique, Il est en type dans les sacrifices. Il est le serpent d’airain en Nombres, le Prophète plus grand que Moïse en Deutéronome, le Chef de l’armée de l’Éternel en Josué, et le parent qui a le droit de rachat en Ruth. Chacun des psaumes messianiques parle de Lui. Il est la sagesse personnifiée dans les Proverbes, le Bien-aimé dans le Cantique des cantiques. Ésaïe parle de Christ quand il dit : « Il a été blessé pour nos transgressions », et Zacharie, quand il dit : « Ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé ». Il est le thème de chaque épître du Nouveau Testament, le Grand Souverain Sacrificateur en Hébreux, et le Roi des rois et Seigneur des seigneurs dans l’Apocalypse.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Et il lui dit : Donne le manteau qui est sur toi, et tiens-le. Et elle le tint, et il mesura six mesures d’orge, et les mit sur elle » (Ruth 3. 15).

DIEU DONNE LA BÉNÉDICTION EN RAPPORT AVEC NOTRE ÉTAT PRÉSENT

Boaz donna à Ruth six mesures d’orge. Qu’est-ce que cela représentait ? Nous ne le savons pas. Mais nous savons que notre Boaz ne donne pas en petite quantité. Ruth aussi a reçu une quantité abondante, car Boaz a dû la mettre sur elle. S’il n’y en avait eu que peu, Ruth aurait pu la soulever elle-même.

Mais le fait que les dimensions de ces mesures ne soient pas mentionnées implique que notre attention ne doit pas attirée sur leurs dimensions, mais sur leur nombre : six. C’est le nombre des jours de travail d’un homme dans la semaine – cela parle de la tâche qui est dévolue à la créature. Les bénédictions du Seigneur ne dépasseront jamais beaucoup notre état personnel. Dieu ne pouvait pas bénir un Israélite des bénédictions chrétiennes. Il ne peut pas non plus donner à quelqu’un qui est encore dans l’état de Romains 7 la joie de toutes les merveilleuses bénédictions décrites en Éphésiens. Les bénédictions pratiques reçues par une telle personne seront en relation avec sa condition présente : essayer d’accomplir la loi. Celui-là recevra six mesures, et non sept. Ruth non plus n’a pas reçu sept mesures. Elle recevra celle qui manque, la septième, dans le chapitre suivant. Cette mesure, c’est Boaz lui-même ! Si nous avons été faits un avec Christ, nous possédons tout. Nous possédons toutes Ses richesses et nous Le possédons aussi Lui-même. L’apôtre Jean a écrit : « Je vous ai écrit, pères, parce que vous connaissez celui qui est dès le commencement » (1 Jean 2. 14). Cela inclut tout !

Si nous voulons Le posséder, nous devons faire la seule chose qui soit nécessaire – nous devons rester à Ses pieds (Luc 10. 38 à 42). Alors nous recevrons sept mesures d’orge. Quelle portion merveilleuse que d’être, en pratique, liés au Seigneur !

D’après the Lord is near septembre 1984 (H.L. Heijkop)

« Dès l’enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 3. 15).

NE PAS MÉPRISER NOTRE PRIVILÈGE

L’arrière-plan de Timothée avait eu une valeur inestimable : encore enfant, il avait connu les Saintes Écritures : l’Ancien Testament, bien sûr. Il est certain que c’est cela qui l’avait préparé à recevoir le précieux évangile de la grâce de Dieu en Jésus Christ, quand Paul le lui a présenté. Une étude fidèle de l’Ancien Testament aurait certainement préparé quelqu’un à recevoir le message du Nouveau. Même ces Écritures de l’Ancien Testament peuvent rendre quelqu’un sage à salut par la foi qui est en Jésus Christ.

Lorsque Christ a été reçu dans le cœur, Lui-même est l’éclairage qui rend merveilleusement clair le message évangélique contenu dans ces Écritures écrites longtemps avant Sa venue. Avec quel cœur rempli les disciples ont-ils dû étudier ces Écritures bénies, après que Christ ait été ressuscité d’entre les morts, chaque page étant illuminée à nouveau par cette lumière merveilleuse ! Le salut était pleinement annoncé dans la Loi et dans les prophètes ; et les types et les prophéties qui s’y trouvent nous donnent matière à étude et méditation.

Mais qu’en est-il de ceux de la jeune génération, maintenant, qui ont été enseignée dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament ? Quel merveilleux privilège ils ont ! Mais ils n’en auront pas la conscience jusqu’à ce que leur âme soit amenée à mettre réellement sa foi dans le Christ Jésus. Alors seulement la merveille et la douceur de Son message de grâce et de vérité est rendue vitale et précieuse au cœur. Mais s’il en est ainsi, comme nous devrions sonder avec diligence et avec joie sa vérité vivante et sacrée !

D’après the Lord is near septembre (L.M. Grant)

« Ils furent lapidés…ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de mouton… dans le besoin, affligés, maltraités (eux dont le monde n’était pas digne), errant dans les déserts et les montagnes, les cavernes et les grottes de la terre » (Héb. 11. 37 et 38).

VOIR LES CHOSES COMME DIEU LES VOIT

Quand le péché est entré dans le monde, le monde a perdu le sens des valeurs. Ce que le monde considère comme valable, Dieu le décrit comme « vanité des vanités ». En Éphésiens 4. 17 et 18, nous lisons que les nations marchent « dans la vanité de leurs pensées » (avec des résultats nuls), parce qu’elles ont « l’intelligence obscurcie, étrangères à la vie de Dieu… à cause de l’endurcissement de leur cœur ».

Cette perte de l’évaluation correcte des valeurs se rapporte aussi aux personnes. Ainsi, Ésaïe 53. 3 nous dit prophétiquement que Christ a été « méprisé, et (que) nous n’avons eu pour lui aucune estime ». Cependant, Dieu déclare : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir » (És. 42. 1). En Actes 22. 22, les Juifs dirent de l’apôtre Paul : « Ôte de la terre un pareil homme, car il n’aurait pas dû vivre ». Et cependant nous lisons à son sujet qu’il « a été enlevé jusqu’au troisième ciel » (2 Cor. 12. 2).

Ce qui est triste, cependant, c’est que ce sens faussé des valeurs peut toucher les croyants. Nous pouvons facilement penser que les possessions terrestres sont les vraies richesses, alors qu’en fait elles ne le sont pas. À la pauvre assemblée de Smyrne, le Seigneur dit : « Je connais ta tribulation, ta pauvreté (pourtant tu es riche) » (Apoc. 2. 9). Mais à l’assemblée riche de Laodicée, il dit : « Parce que tu dis : Je suis riche… je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que toi tu es le malheureux et misérable, pauvre … ». Cela dépend réellement du fait que nous désirons voir les choses comme Dieu les voit – ou comme le monde les voit. Dans le premier cas, nous ne pouvons pas nous tromper ; dans le cas inverse, nous sommes sûrs d’errer et de nous faire du mal.

D’après the Lord is near octobre 1984 (A.M. Behnam)

« Étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mat. 7. 14).

ACCEPTER D’ÊTRE SEUL

Il est humain de se tenir avec la foule ; il est divin de se tenir seul. C’est humain de suivre les gens, de glisser avec la marée ; c’est la voie de Dieu, de suivre un principe, d’aller contre la marée.

Il est naturel de faire des compromis avec sa conscience et de suivre la mode sociale et religieuse pour en obtenir un gain ou du plaisir ; il est divin de les sacrifier toutes deux sur l’autel de la vérité et du devoir.

« Personne n’a été à mes côtés ; tous m’ont abandonné » (2 Tim. 4. 16), a écrit l’apôtre meurtri dans la bataille, en décrivant sa première convocation devant Néron pour répondre de sa vie parce qu’il croyait et enseignait le contraire de l’évangile de Dieu concernant Jésus Christ.

La vérité n’est plus à la mode depuis que l’homme a échangé son vêtement de pure lumière contre un vêtement de feuilles mortes. Noé a construit et vogué seul. Ses contemporains se riaient de sa bizarrerie, et ont tous péri. Abraham a marché et adoré seul. Les Sodomites riaient du simple berger, suivaient la mode, et ont nourri les flammes. Daniel a mangé et prié seul. Élie a sacrifié et rendu témoignage seul. Jérémie a prophétisé et pleuré seul. Jésus a aimé et est mort seul.

L’Israël des rois louait Moïse et persécutait les prophètes. L’Israël du temps de Caïphe louait les prophètes et persécutait Jésus. Et des multitudes, maintenant, dans l’Église comme dans le monde, applaudissent le courage et la persévérance des patriarches et des prophètes, des apôtres et des martyrs, mais condamnent comme entêtement ou folie la fidélité à la vérité aujourd’hui.

On recherche maintenant, des hommes et des femmes, jeunes ou vieux, qui seront fidèles à leurs convictions sur la vérité et le devoir, au prix de la fortune, des amis, et de la vie elle-même.

D’après the Lord is near octobre 1984

« Véritablement, cet homme était Fils de Dieu » Marc 15. 39.

JÉSUS EST DIEU

Jésus est-il Dieu le Fils ? Cette question est la pierre de touche absolue aujourd’hui. Ce n’est pas suffisant de demander : Jésus est-il le Fils de Dieu ? – car il est commun, aujourd’hui, de dire que Shakespeare, Byron, le colonel Ingersoll, que l’homme saoul qui sort de la taverne, le meurtrier dans sa cellule de prison, sont des fils de Dieu. Une telle affirmation est aussi fausse qu’elle est un blasphème.

Mais posez la question franchement : Jésus est-Il le Fils de Dieu ? Si la réponse est : Non, soyez assuré que cela vient du diable, aussi plausibles et précis que soient ces enseignements.

La référence, ce sont les passages suivants : « La Parole était Dieu (Jean 1. 1). « Tout fut fait par elle » (Jean 1. 3). « La Parole devint chair » (Jean 1. 14). « Jean rend témoignage de lui… j’ai vu et j’ai rendu témoignage que Celui-ci est le Fils de Dieu » (Jean 1. 15 et 34).

Que ces Écritures écartent à jamais le mensonge que Jésus n’est pas Dieu le Fils. Il nous est dit que la Parole – une Personne divine – était Dieu, et le Créateur de toutes choses. Cela étant, Il ne pouvait jamais cesser d’être Dieu. Il nous est dit ensuite que cette Personne divine et glorieuse devint un Homme – Jésus, le Fils de Dieu. Rien d’étonnant à ce que Son nom lui-même ait ce sens. Le nom de Jésus signifie Jéhovah-Sauveur, et Jéhovah est Dieu. Plus de sept siècles avant Sa naissance de la vierge, Son nom fut donné : Emmanuel – Dieu avec nous.

Répondons comme Thomas, il y a longtemps, quand il se trouva dans la présence du Sauveur ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20. 28).

D’après the Lord is near octobre 1984 (A.J. Pollock)

« Les iniques se courbent devant les bons, et les méchants, aux portes du juste » (Prov. 14. 19).

LE TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN

En réfléchissant sur ce proverbe, nous avons tendance à demander : Pourquoi ne voyons-nous pas cela aujourd’hui ? Devons-nous attendre jusqu’à ce que le Seigneur soit assis sur Son trône de jugement avant que cela arrive ? Y a-t-il une application de ce verset pour le temps présent ?

Nous, les rachetés célestes de Dieu, qui sommes appelés à partager le rejet de notre Seigneur, nous ne désirons pas réellement que les incrédules se prosternent devant nous au sens littéral. Mais comme nous aimerions les voir reconnaître, quand ils se trouvent dans une réunion de chrétiens, que le Seigneur est réellement parmi nous ! Plus de telles réunions sont dépouillées de tout arrangement humain qui interfère avec la liberté de l’Esprit, plus cela a de chances de se produire.

Mais ce proverbe indique aussi que la foi, l’amour, et la sainteté donnent une dignité morale et une autorité aux croyants, que les incroyants doivent reconnaître, même de mauvaise grâce. Pensez à la dignité de Daniel, même dans la fosse aux lions – à celle de l’apôtre Paul, même en prison – de l’apôtre Jean, même en exil sur une petite île rocheuse – d’Étienne, écrasé sous les pierres de ses ennemis furieux. Pensez à ces hommes « illettrés et du commun », reconnus par leurs persécuteurs, par les chefs religieux, pour « avoir été avec Jésus ».

Oh, que cette autorité morale, cette profondeur de conviction, cet amour de la vérité, cette acceptation même de souffrir, puissent être trouvés abondamment aussi en nous qui vivons au vingt-et-unième siècle.

D’après the Lord is near octobre 1984

« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Tim. 3. 16).

LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉCRITURE

Ce verset exprime une affirmation absolue et sans compromis, d’une portée immense. Si elle n’était pas véridique, alors Paul et ses écrits ne seraient dignes que d’un profond mépris ; mais comme elle est vraie, ses écrits, et toute l’Écriture, exigent le plus profond respect et la soumission : ils sont donnés par l’inspiration de Dieu.

Il n’est pas dit que toute l’Écriture soit une révélation ; mais plutôt qu’elle est donnée par l’inspiration directe de Dieu, Dieu Lui-même inspirant les mots de chaque auteur. L’Ecclésiaste, par exemple, n’est pas du tout une révélation de Dieu, mais le fait que Dieu ait inspiré Salomon pour qu’il écrive juste ce dont il avait fait l’expérience en mettant à l’épreuve « tout ce qui est sous le soleil », et en concluant que « tout est vanité et poursuite du vent ». Le but, et le point de vue du livre entier doivent être considérés dans l’étude de chacun des livres de l’Écriture ; mais l’Écriture est un ensemble complet, chaque partie étant parfaite à sa place, pure dans sa vérité, sans aucune contradiction dans toutes ses parties, telle qu’elle a été donnée dans les langues originales.

Tout est profitable, même les généalogies, les noms de villes, etc. Si je n’y ai pas trouvé de profit, cela est dû à mon manque de discernement spirituel. Mais l’enseignement de valeur vitale et éternelle s’y trouve. Elle apporte aussi la conviction concernant toute pratique qui ne supporterait pas sa lumière précieuse, qui sonde – et avec cela la puissance pour corriger, qui est nécessaire, et l’instruction dans la justice. Nulle part ailleurs nous ne pouvons trouver ce qu’est réellement la justice, mais l’Écriture répond pleinement à toutes ces questions. Que ce trésor que nous avons en main est merveilleux !

D’après the Lord is near octobre 1984 (L.M. Grant)

« Le fruit du juste est un arbre de vie, et le sage gagne les âmes » (Prov. 11. 30).

ANNONCER L’ÉVANGILE

Un homme réfléchi, de grande maturité spirituelle, disait récemment : J’ai rencontré des chrétiens sur cet hémisphère pendant vingt ans. Je les ai étudiés, j’ai écouté leur conversation, et je conclus avec tristesse que bien peu nombreux sont ceux qui se donnent pour mission de chercher à gagner des âmes pour le Seigneur Jésus.

Que font les autres ? Ils croient à la Bible, de la première à la dernière page, mais ils ne témoignent pas du Seigneur Jésus et ne cherchent pas à Lui gagner des âmes. Ils sont encore attachés aux choses subtiles et douces de ce vingtième siècle matérialiste, et ils ne veulent pas le sacrifier pour le Seigneur. Ils peuvent réciter comme un perroquet une terminologie pieuse impressionnante, mais ils ne sont pas franchement avec Christ à la recherche de ceux qui sont perdus. Ils ne font que parler.

Ils ont commencé de nouveaux groupes, organisé de nouveaux comités, installé les derniers équipements, promu des sports pour gagner les jeunes, patronné des clubs de filles, dirigé des compétitions amicales, distribué des repas – ils ont tout essayé sauf ce que Jésus Christ a enseigné, c’est-à-dire d’aller de maison en maison visiter les gens et leur parler de la nouvelle extraordinaire de la croix et de Christ, en les avertissant du malheur éternel de ceux qui mourront sans être sauvés.

Tous les hommes sont occupés de leurs propres plans et de leurs propres objectifs, et le Seigneur Jésus, bien malheureusement, vient en dernière place. Combien d’entre eux ont jamais pensé à distribuer des traités et à gagner des âmes ? Nous devons continuellement nous demander : Pourquoi est-ce que je fais cela ? Est-ce le premier désir de Dieu pour moi ? Ai-je un désir quelconque qu’ils soient sauvés ? Nous sommes appelés à réveiller et gagner pour Christ des amis, des voisins, des parents, et des collègues de travail. Posez-vous la question que les quatre lépreux, à la porte de Samarie, se posaient : « Pourquoi sommes-nous assis ici jusqu’à ce que nous mourions ? » (2 Rois 7. 3)

D’après the Lord is near octobre 1984

« Et Moïse se tint à la porte du camp, et dit : – A moi, quiconque est pour l’Éternel. Et tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui » (Ex. 32. 26).

SUR QUEL CHEMIN VOUS TENEZ-VOUS ? – QUESTION VITALE

Moïse avait été seul avec Dieu pendant quarante jours. Dieu, de Ses propres doigts, avait écrit la loi sur des tables de pierre pour Son peuple. Ils avaient promis à haute voix de garder cette loi, étant confiants qu’ils étaient capables de le faire. Mais que voit Moïse maintenant ? Il les voit danser gaiement et crier autour d’un veau d’or qu’ils avaient fabriqué pendant qu’il était sur la montagne.

Comment pouvait-il leur donner maintenant la loi de Dieu, solennelle et sainte ? La justice de Dieu exigeait leur destruction immédiate et totale, car Dieu est un Dieu jaloux de la loyauté de Son peuple à Son égard. Il ne pouvait pas tolérer leur idolâtrie et leurs festivités, et le fait d’attribuer leur délivrance de l’Égypte à leur idole. L’alliance entre le peuple et Dieu, basée sur leur promesse d’obéissance à Sa loi, était rompue. L’incident du veau d’or démontre l’impuissance totale de l’homme à maintenir une relation avec Dieu en gardant la loi qu’Il a donnée.

Mais, Dieu en soit béni ! – l’histoire ne s’arrête pas là. Dieu Lui-même établit un fondement nouveau et différent sur lequel une relation peut être maintenue. Le chapitre suivant de l’Exode apporte la grâce souveraine. Où le péché abondait, la grâce, maintenant surabonderait. Autrement dit, la conséquence de cet incident du veau d’or annonce la rédemption par la grâce reposant sur l’œuvre accomplie par le Seigneur sur la croix.

Oh, que tout lecteur de ceci puisse avoir des oreilles pour entendre l’appel de Dieu ! Où vous tenez-vous ? Êtes-vous, comme Moïse, du côté de Dieu ? Ou bien êtes-vous, comme la masse du peuple, impliqué dans une simple forme de piété, dansant encore sur le chemin large qui descend à la destruction ?

D’après the Lord is near novembre 1984

ÉTUDE SUR L’ÉPÎTRE DE JACQUES

Ch. 1

Cette épître, écrite par Jacques, le frère du Seigneur, est un des premiers écrits du Nouveau Testament, probablement rédigé vers l’an quarante-cinq. Jacques, le frère de Jean, avait été tué par ordre d’Hérode (Act. 12. 2). En Jean 7. 5, comme ses frères, il ne croyait pas en Jésus Christ. Mais, après la mort du Seigneur, converti, il persévérait avec ses autres frères et sa mère avec les apôtres (Act. 1. 14), et devint une « colonne » dans l’assemblée de Jérusalem (Act. 15. 13 ; Gal. 2. 9).

Il se nomme « esclave de Jésus Christ » (v. 1), soumis à la volonté de Celui qui est mort pour lui. Il n’était pas des douze apôtres, mais Dieu est souverain pour se servir de qui Il veut.

L’épître est transitoire entre le judaïsme et le christianisme : les Juifs devenus chrétiens continuaient à aller au temple, car les vérités de l’assemblée n’étaient pas encore connues. Ce sera le ministère de Paul, instruit par l’Esprit Saint, de les révéler. Comme l’épître aux Hébreux, cette épître s’adresse aux Juifs, même ceux qui étaient dans la dispersion à cause de leurs infidélités (Deut. 32. 15, 21, 22 et 26). Les douze tribus étaient encore reconnues comme le peuple de Dieu, bien que déjà dispersées.

Cependant, l’épître aux Hébreux, écrite peu de temps avant la destruction de Jérusalem, présente essentiellement la Personne du Seigneur et Son œuvre bien plus excellentes que les types de l’Ancien Testament, et s’adresse à des chrétiens dans la souffrance (Héb. 10. 32 à 34). Si les premiers chrétiens, au début, étaient tous Juifs, l’évangile de la grâce devait atteindre toutes les nations (Act. 1. 6 à 8). Dieu, pour cela, se servira de la lapidation d’Étienne (Act. 7), pour disperser les disciples au loin (Act. 8. 2 à 4) – le peuple, dès lors, étant rejeté. Ces chrétiens comprenaient de vrais croyants (Act. 6. 7), mais aussi des professants sans vie ; et Jacques se montre très sévère avec ces derniers.

L’épître comprend les salutations (v. 1) ; les épreuves et tentations (v. 2 et 17) ; les exhortations pratiques par la Parole (v. 18 à 25) ; et le service religieux (v. 26 et 27). Les v. 3 à 6 sont des commandements impératifs, comme la loi. L’enseignement reprend celui du sermon sur la montagne (Mat. 5 à 7), mais dans une perspective différente : Jacques s’adresse à des frères dans la foi, notion toute nouvelle pour les Juifs, car Dieu avait mis fin au Judaïsme, et il exhorte les croyants à en sortir (Héb. 13. 13). Paul, s’élevant contre les Galates voulant judaïser, devra reprendre fermement Céphas (Gal. 2. 11), mais tombera dans le même travers à la fin de sa vie (Act. 21). Dieu le délivrera en permettant qu’il soit jeté en prison.

Le v. 2 propose d’estimer comme « une parfaite joie » de connaître des tentations, des circonstances difficiles en suivant Christ. Pour le croyant, les épreuves de la foi doivent engendrer la joie de marcher dans le même chemin que le Seigneur. C’est ainsi qu’a fait Moïse (Héb. 11. 26) : « car il regardait à la rémunération ». Jacques insiste sur la justification par les œuvres qui sont une preuve que la foi est là (ch. 2. 24). Il faut que notre foi soit active.

Les v. 2 et 12 parlent de la foi dans les épreuves. – les v. 13 à 15, des tentations de la chair nous entraînant dans le péché : Dieu n’y est pour rien. Les disciples avaient persévéré avec le Seigneur, dans Ses tentations dues aux dures épreuves ayant jalonné Son chemin ici-bas (Luc 22. 28). La couronne de vie récompensera celui qui persévère dans les épreuves (v. 12). Ces épreuves sont parfois « un feu ardent » (1 Pier. 1. 12 et 13) ; et doivent avoir pour fruit de « tourner à louange, à gloire et à honneur au jour de Jésus Christ » (1 Pier. 1. 6 à 8).

Les apôtres persécutés « se réjouirent d’avoir été trouvés dignes de souffrir pour le Nom » (Act. 5. 41). Dans toutes les circonstances, « réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4). Croire en Christ et souffrir pour Lui sont donc un don gratuit et une bénédiction (Phil. 1. 29). « Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez… des biens meilleurs et permanents » (Héb. 10. 34). Mais pour accepter joyeusement les épreuves de la foi, il faut beaucoup aimer le Seigneur (Jac. 1. 12, fin du verset). C’est ce que Dieu nous propose.

Pour le croyant, les épreuves font partie de la discipline de notre Père céleste par laquelle Dieu nous forme (Héb. 12. 4 à 8). Ne nous roidissons pas et ne perdons pas courage. Notre Père veut produire en nous la patience, qui ne nous est pas naturelle, afin que nous ressemblions au Seigneur, dont la patience a eu « son œuvre parfaite » (v. 4). La patience, ici, nous ramène à l’origine du mot : pâtir, signifiant : souffrir. Compatir : souffrir avec. Jacques nous invite à accepter la souffrance et à l’endurer de façon parfaite, lorsqu’elle est de longue durée.

Cela a été la part du Seigneur sur la terre, et c’est dans ce même chemin qu’Il veut nous entraîner. Asaph avait connu une épreuve qui revenait « chaque matin ». Cela le poussa longtemps à « porter envie aux arrogants », jusqu’à ce que Dieu le fasse « entrer dans ses sanctuaires » (Ps. 73. 3 à 17). Alors, son estimation des circonstances changea complètement. Désagréable sur le moment, la discipline porte un fruit béni plus tard (Héb. 12. 10 et 11). La patience est donc un fruit de l’Esprit que Dieu veut produire dans Ses enfants (2 Pier. 1. 5 à 7).

Dieu veut toujours purifier les Siens de leurs imperfections, comme il est révélé en Malachie 3. 2 et 3, où « l’affineur » s’assied pour purifier l’argent, jusqu’à ce que son visage se reflète parfaitement dans le métal en fusion. Le Seigneur envoie des épreuves pour que nous portions du fruit pour Lui. C’est dans l’épreuve que la foi se manifeste : « Le juste vivra de foi » (Héb. 10. 38). Les témoins de la foi ont été « rendus forts dans la bataille » (Héb. 11. 32 à 38). La foi de Daniel l’a fortifié dans la fosse aux lions, de même que celle de ses trois amis dans la fournaise, et ils ont triomphé des épreuves. La puissance de Dieu est indispensable pour cela.

Job, d’abord patient dans ses épreuves, perd patience devant les accusations de ses amis fâcheux. Saül n’a pas su attendre jusqu’au bout la venue de Samuel, pour offrir l’holocauste (1 Sam. 13. 8 à 12). La patience du Seigneur, à la mort de Lazare, Lui fait attendre le moment de Dieu avant d’intervenir ; et il en résulte de la gloire pour Son Père. Soyons « parfaits et accomplis, ne manquant de rien » quant aux biens spirituels, afin d’être rendus conformes à l’image de Son Fils. Ces exhortations s’adressent à chacun et à l’Assemblée. Paul, en Romains au ch. 5. 3 et 4, va plus loin que Jacques : c’est le but complet de l’épreuve de la foi.

Le manque de sagesse nous empêchera d’estimer les épreuves que Dieu nous envoie, comme étant « une parfaite joie ». Alors, demandons à Dieu cette sagesse d’en haut qui nous manque, et gardons-nous de la sagesse humaine sous la domination du diable (ch. 3. 15). Dieu répondra à notre besoin nettement exprimé, ainsi qu’Il l’a fait pour Salomon qui demanda à Dieu la sagesse pour bien juger Son peuple (1 Rois 3. 5 à 12). Recherchons la sagesse, l’intelligence spirituelle, le discernement des pensées de Dieu (Prov. 2. 1 à 6), et Il nous donnera tout cela libéralement sans nous faire de reproches (v. 5), car Dieu est riche en bénédictions et veut bénir richement (Mat. 7. 7 à 11).

Nous pouvons bien demander à Dieu qu’Il augmente notre foi, comme le firent les disciples (Luc 17. 5). « Sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11. 6). L’exaucement du Seigneur se mesure à l’ampleur de la foi (Mat. 21. 21 et 22 ; Marc 11. 24). L’Éternel fait de précieuses promesses à Son peuple (Jér. 29. 12 à 14), et en Malachie 3. 10, où Il promet Sa bénédiction « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place ». Ne serait-ce pas pour nous aussi ?

Si notre foi est faible, ne nous décourageons pas, car la plus petite foi trouvera sa réponse en bénédiction. Mais attachons nos cœurs à faire des progrès en foi et en sagesse, et soyons encouragés par cette parole du Seigneur : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations » (Luc 22. 28).

Prier « avec foi, ne doutant nullement », c’est être assuré que le Seigneur répondra. Le doute retient le Seigneur d’exaucer nos prières qui deviennent inutiles (v. 7). « La foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas » (Héb. 11. 1). La foi compte sur Dieu et L’honore en ne doutant pas, car Dieu est fidèle. Une foi, même faible, si elle existe malgré tout, sera exaucée (Marc 11. 22 à 24).

Le Seigneur connaît nos cœurs faibles et vacillants, et Sa miséricorde ne manque jamais. Mais, douter de Dieu, c’est Le déshonorer. Si notre foi est faible, écrions-nous comme ce père : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité » (Marc 9. 24). À la foi, rien n’est impossible (Mat. 17. 20) ; mais demandons selon la volonté du Seigneur, sans « forcer Sa main ».

L’état de notre cœur est important pour que nous soyons exaucés : être séparé du monde, tenir la chair dans la mort, et se réconcilier avec son frère si nécessaire (Marc 11. 25). Le Seigneur reconnaît et admire une grande foi par laquelle Dieu est glorifié (Luc 7. 9). Nous savons que le Seigneur peut nous exaucer, mais il nous arrive de douter qu’Il le veuille, comme ce lépreux qui dit au Seigneur : « Si tu veux, tu peux me rendre net ». Et le Seigneur le guérit et lui dit : « Je veux, sois net » (Mat. 8. 2 et 3). À un autre, qui doutait de la puissance du Seigneur, Il répond : « Le Si tu peux, c’est : crois ! Toutes choses sont possibles à celui qui croit ».

Ce manque de discernement de la volonté divine peut venir de notre mauvais état intérieur. Souvent, nous déposons nos fardeaux aux pieds du Seigneur, puis nous le reprenons aussitôt, manifestant notre manque de confiance en Dieu. Vivons, habituellement, dans le sanctuaire, et notre foi et notre discernement seront fortifiés (1 Jean 5. 14 et 15). Si « nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient… l’Esprit… intercède par des soupirs inexprimables », et présente à Dieu nos vrais besoins – et Dieu qui connaît la pensée de l’Esprit nous exauce selon Sa sagesse et Son amour. C’est un grand encouragement.

La foi a trois acceptions : la foi pour le salut ; la confiance en Dieu, et l’acceptation par la foi, de toutes les vérités révélées par la Parole (1 Tim. 1. 18 et 19 ; 4. 1), comme Paul pouvait le dire de lui-même à la fin de sa vie (2 Tim. 4. 7 et 8). Une foi vacillante nous rend semblables au flot de la mer, comparaison solennelle car assimilée aux méchants (És. 57. 20). Il nous arrive de « monter aux cieux et de descendre aux abîmes » (Ps. 107. 25 à 27). Pourtant, la Parole montre souvent que Dieu dépasse en bénédictions les pauvres limites de notre foi !

« Incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies » (v. 8), nous qualifie avec justesse : ces paroles montrent que la source de nos actions est tout entière dans nos pensées. Prenons garde à ne pas avoir un cœur « double » (Jac. 4. 8). Jacques désigne peut-être un faux chrétien, au v. 7 et, l’absence de foi ôtera, pour lui, tout espoir de réponse, même s’il prie. Cependant, tenons-nous pour avertis sérieusement. Une foi vivante doit caractériser le croyant.

Les v. 9 à 11 montrent que – que nous soyons riches ou pauvres en biens terrestres – la même foi en Dieu nous met tous au rang de frères aux yeux du Seigneur. Dieu a « choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’Il a promis à ceux qui l’aiment » (Jac. 2. 5). Soyons contents de ce que Dieu a permis que nous soyons (1 Cor. 15. 10). La richesse peut conduire à l’orgueil et à l’égoïsme – et la pauvreté, à l’envie et au reniement de Dieu (Prov. 30. 8 et 9), et Dieu nous met à l’épreuve ainsi. Que nos frères soient riches ou pauvres, considérons-les de la même manière, car Dieu ne fait pas acception de personnes. Paul considérait Onésime, un esclave converti, « comme un frère bien-aimé » (Philémon 15).

Moïse, élevé par la fille du Pharaon, aurait pu lui succéder sur le trône. Mais il préféra « l’opprobre du Christ » car « il regardait à la rémunération » (Héb. 11. 23 à 26). « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8. 9).

Le v. 11 compare la gloire humaine à une fleur éphémère. Plusieurs exemples sont donnés dans l’Ancien Testament (És. 40. 6 à 8 ; Ps. 37. 1 et 2 ; Ps. 103. 14 et 15) ; et le v. 17 révèle la bonté de Dieu pour ceux qui Le craignent et sa justice pour « les fils de ses fils ». Le croyant doit mesurer les choses qu’il rencontre dans le monde, à la lumière de Dieu révélée dans Sa Parole. En opposition, le croyant pieux doit se glorifier dans « son élévation » spirituelle (v. 9). C’est là notre héritage céleste auquel nos cœurs doivent s’attacher, car les choses terrestres sont éphémères.

Jacques parle aux croyants éprouvés, mais aussi aux professants s’appuyant sur leurs richesses, qu’il stigmatise sévèrement (ch. 5. 3). Dieu peut permettre qu’un croyant ait des richesses terrestres, mais son cœur ne doit pas s’y attacher. Dans l’Ancien Testament, les richesses, pour les Juifs, étaient un gage de bénédictions divines. Mais Christ a apporté d’autres valeurs : désormais, Il pouvait dire au jeune homme riche de Matthieu 19. 16 à 25 : « va, vends ce que tu as, et donne aux pauvres ; et tu auras un trésor dans le ciel ; et viens, suis-moi ». Dans le christianisme, les bénédictions des croyants sont spirituelles.

Le v. 11 montre que, si un croyant riche met son cœur dans ses richesses, sa vie spirituelle se flétrira. Mais plutôt « qu’il se glorifie dans son abaissement » en ce que, au lieu de profiter sans retenue de ses biens, il les gère pour le profit des pauvres, en étant lui-même sobre en toutes choses.

Le v. 12 nous ramène au v. 2, mais introduit la pensée que l’épreuve endurée avec patience manifeste la fidélité. Alors, il recevra la « couronne de vie que Dieu a promise à ceux qui l’aiment », parce que « Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). « Il n’y a pas de plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 12) ; C’est pourquoi : « Par ceci nous avons connu l’amour, c’est que lui a laissé sa vie pour nous ; et nous, nous devons laisser nos vies pour nos frères » (1 Jean 3. 16). Mais déjà, qu’il s’estime « bienheureux ».

Cependant, soyons conscients que l’épreuve, dans certains cas, peut aller jusqu’à la persécution (1 Pier. 4. 12 et 13), et même au sacrifice suprême (Apoc. 2. 9 et 10). Mais le croyant doit regarder à la rémunération, et il recevra sa récompense dans le ciel. Et, si l’épreuve est commandée par Dieu afin de manifester la foi et la fidélité, c’est aussi Lui qui, à la fin, « fera l’issue » (1 Cor. 10. 13), après qu’on aura éprouvé Ses soins.

Avant le millénium, le résidu juif fidèle, dans les persécutions, adressera à Dieu cette demande de Matthieu 6. 13 : « ne nous induis pas en tentation… », afin qu’il n’y ait pas de défaillance. Le Seigneur les a déclarés d’avance : « bienheureux » (Mat. 5. 10 à 12). Au ciel, tous les croyants ne jouiront pas de la même position devant le Seigneur : tout se détermine dans l’état spirituel qui est le nôtre, sur la terre : bien qu’étant tous sauvés, suivant les divers « matériaux » que nous apportons à l’édification de l’assemblée, il y aura ou non des récompenses (1 Cor. 3. 14 et 15). Travaillons pour « qu’une riche entrée dans le royaume éternel nous soit donnée » (2 Pier. 1. 10 et 11).

Des v. 13 à 20, nous trouvons les tentations de la chair, dont le point de départ se trouve dans les convoitises particulières caractérisant chacun. Là encore, les secours divins sont indispensables pour les combattre. Ces tentations-là ne viennent pas de Dieu : « Il n’est pas tenté par le mal » car Sa nature est absolument pure. Il s’est détourné du Seigneur lorsqu’il était fait péché sur la croix ! Les convoitises se trouvent en permanence dans nos cœurs naturels. Satan les connaît et introduit en nous la tentation, leur faisant produire leurs mauvais fruits : le péché. La convoitise est donc la racine du péché, condamnée par la loi qui dit : « Tu ne convoiteras pas » (Ex. 20. 17). Acan a « vu » des choses que Dieu avait interdites ; il les a « convoitées » et les a « prises ». C’est toujours le même déroulement. Pour ne pas succomber, tenons-nous nous-mêmes pour morts au péché (Rom. 6. 11). Le Seigneur Lui-même a été tenté par le diable (Mat. 4. 3 à 10), mais l’absence de convoitise en Lui, rendait les tentations inopérantes. Il a ainsi glorifié Son Dieu.

Dieu « nous a donné les très grandes et précieuses promesses afin que, par elles vous participiez à la nature divine, ayant échappé à la corruption qui est dans le monde par la convoitise » (2 Pier. 1. 4). Romains 7. 8 montre la nature pécheresse qui enfante les convoitises, tandis que Jacques parle de la convoitise qui produit les péchés. C’est le commandement de la loi qui donne vie au péché et produit la mort (Rom. 7. 11) : « les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6. 23).

À l’abri du sang du Seigneur, nous ne sommes plus sous le jugement ; cependant, les péchés que nous pouvons encore commettre ont des conséquences. David a connu la discipline divine, après son grave péché de 2 Samuel 11. L’épître à Tite parle des jeunes « veuves » croyantes qui recherchent les plaisirs charnels. Il dit qu’elles sont « mortes en vivant » (Tite 5. 5 et 6) : la communion avec le Seigneur est rompue.

Rejetons immédiatement nos mauvaises pensées, car ce sont elles qui engendrent les péchés, et crions au Seigneur pour avoir Son secours. Plutôt que de chercher à combattre en vain les mauvaises pensées, soyons occupés du bien et « des choses qui sont en haut » (Phil. 4. 8 ; Col. 3. 1 à 3), car « les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu… amenant toute pensée captive à l’obéissance du Christ » (2 Cor. 10. 4 et 5).

Dans sa vie, le croyant, peut, par sa manière de vivre, ressembler à un mort en ne laissant pas le Seigneur manifester Sa propre vie en lui. C’est pourquoi Il nous dit : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).

Jacques montre le cheminement qui conduit au péché et à la mort, car il peut conduire à la mort physique (1 Cor. 11. 30). Mais ce cheminement du péché est évitable, car l’enfant de Dieu a reçu la nature divine – le nouvel homme – qui ne peut absolument pas pécher et se complaît à faire la volonté de Dieu (1 Jean 3. 9). Si nous péchons encore, « ce n’est plus moi qui fait cela, c’est le péché qui habite en moi » (Rom. 7. 17 et 20). La convoitise agit en nous comme l’hameçon qui « fait monter les poissons » (Hab. 1. 14 et 15).

Ne cherchons pas à nous disculper en disant : « c’est plus fort que moi », ou en rejetant la faute sur d’autres, lorsque nous avons péché, comme le fit Adam qui rejeta sa faute sur Dieu Lui-même (Gen. 3. 12). La Parole nous rappelle que nos tentations ne sont qu’humaines et que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter, et que c’est Lui qui fait l’issue (1 Cor. 10. 13). Nous avons, chacun, des convoitises particulières, et c’est sur ces points-là que le diable nous tente.

« Dieu est lumière et il n’y a en Lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5). Dès l’origine de la création, Dieu a séparé la lumière des ténèbres. Il est le « Père des lumières » et, tout ce qui nous introduit dans la lumière – tout don parfait – vient de Dieu (Jac. 1. 17). Et le don suprême, c’est le Seigneur Lui-même. S’Il est le Père des lumières pour les croyants, Il est également « le Père de tous », le Créateur (Éph. 4. 6) qui, regardant Sa création, a pu dire que : « cela était très bon » (Gen. 1. 31). Soyons occupés de Lui et appuyons-nous sur Lui car, Lui seul est stable dans un monde mouvant. Il est Le Rocher inébranlable ; Il ne change pas (Nomb. 23. 19). « Le Même » est un des noms de Dieu.

Quant à nous, nous étions « haïssables et nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3), mais Dieu nous a aimés (1 Jean 4. 10), et : « de sa propre volonté, Il nous a engendrés » (Jac. 1. 18), ou « régénérés » (1 Pier. 1. 23). Nous sommes « nés de Dieu » (Jean 1. 13 ; 1 Jean 5. 1). C’est pourquoi, désormais, nous sommes appelés à « reluire comme des luminaires dans une génération tortue et perverse » (Phil. 2. 15). Jacques dit que les croyants sont « une sorte de prémices de Ses créatures » (v. 18). Et : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5. 17) : par Sa résurrection, le Seigneur a posé les « bases » de la nouvelle création où rien d’impur n’entrera. Par notre foi en Lui, nous portons déjà ces caractères de la nouvelle création dont Christ est les vraies prémices et, liés à Lui par les liens de la vie éternelle, nous serons introduits effectivement dans la nouvelle création dans les temps éternels.

Engendrés par la volonté de Dieu, régénérés : il y a des conséquences : être prompts à écouter, lents à parler, lents à la colère. « Écouter est meilleur que sacrifice… » (1 Sam. 15. 22). Écouter la voix de Dieu dans la Parole tout entière, pour la pratiquer ; et écouter nos frères, car nous sommes tous des « bien-aimés » (v. 19), par amour pour le Seigneur et les uns pour les autres. Notre Père nous écoute quand nous Lui parlons.

« Dans la multitude des paroles la transgression ne manque pas » (Prov. 10. 19). Ainsi, soyons sobres en paroles quotidiennement et, plus encore durant le culte (Éccl. 5. 1 et 2). L’adoration peut aussi être respectueusement silencieuse devant la sainteté divine (Hab. 2. 20). Cependant, nous sommes quelquefois amenés à soutenir quelqu’un lassé, par une parole, tout en écoutant nous-même le Seigneur (És. 50. 4). Mais restons « sourds et aveugles » quant aux sollicitations de l’ennemi (És. 42. 19 à 21). Pourtant, si le Saint Esprit nous donne une parole pour le bien de l’assemblée, nous sommes responsables de la dire, tout en gardant la maîtrise de ce que nous disons (1 Cor. 14. 32). L’Esprit qui nous dirige nous laisse la liberté de parler et de chanter avec notre intelligence (1 Cor. 14. 15). Et ce que nous disons doit s’inscrire dans la direction de l’Esprit, à ce moment-là. Alors, tout sera à sa place.

« Lents à la colère ; car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (v. 20). Nous devons porter les caractères de notre Père qui est « lent à la colère et grand en bonté » (Ex. 34. 6 ; Prov. 16. 32). Gardons-nous des choses charnelles (Gal. 5. 19 et 20), de toute parole déshonnête… amertume, courroux, colère, crierie, injure, malice (Éph. 4. 29 à 31). Une sainte colère peut parfois nous animer, contre le mal et non contre les personnes ; et cette colère ne doit pas durer (Éph. 4. 26 et 27).

Le Seigneur se mit en colère deux fois dans les évangiles : pour purifier le temple en Jean 2. 13 à 17 , et lors de la guérison de l’homme à la main sèche en Marc 3. 1 à 5. Mais c’était une sainte colère de Dieu. La colère fait partie des perfections divines (Mal. 2. 2).

Beaucoup de tristesses viennent des manifestations charnelles parmi les frères. La malice naturelle, non jugée, débordera immanquablement, un jour, si nous entretenons des « racines d’amertume » (Héb. 12. 15). C’est le caractère de Satan, le malin.

Recevons donc, « avec douceur, la parole implantée » (Jac. 1. 31). C’est la réception de la Parole implantée dans nos cœurs qui, premièrement nous sauve en nous conduisant au Seigneur, mais aussi qui nous soutient dans notre marche de croyants, pour notre sanctification. Nous devons donc mettre la Parole en pratique. Elle a « la puissance de sauver vos âmes » (v. 21). C’est la délivrance pour chaque jour. On a le salut initial : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 31) – le salut journalier, ici, et la délivrance finale en Rom. 13. 11, lorsque le Seigneur viendra nous chercher. Mais c’est avec douceur que nous devons recevoir la Parole , c’est-à-dire avec des cœurs disposés à la recevoir et à la vivre, et non avec un esprit de rébellion (1 Pier. 2. 1).

Au v. 22, Jacques reprend l’enseignement du Seigneur Lui-même, en Jean 13. 17 : « Si vous connaissez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » et, en Jean 14. 21 à 23, Il nous montre que notre obéissance découle tout naturellement de notre amour pour Dieu et pour le Seigneur Jésus.

Pour mettre la Parole en pratique, il faut un cœur préparé (v. 21) : tenir la chair dans la mort. Le vieil homme ne peut se soumettre à la Parole, qui lui est contraire. De plus, l’écouter seulement sans la mettre en pratique, c’est se séduire soi-même : on croit être en bon état, alors que c’est la chair qui agit. Il faut donc écouter la Parole et la garder (Luc 11. 27 et 28), la vivre. Sinon, on est comme celui « qui bâtit sa maison sur le sable », sans fondement (Mat. 7. 24 à 27). Il faut la bâtir « sur le roc ». Connaître le Seigneur implique de garder Ses commandements (1 Jean 2. 3 et 4) et, « en lui, l’amour de Dieu est véritablement consommé » (v. 5).

Le Seigneur, comme homme, a obéi à la Parole. « Ta loi est au-dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 8). « Il a rendu la loi grande et honorable » (És. 42. 21). « Il commença de faire et d’enseigner » (Act. 1. 1). Esdras « avait disposé son cœur à rechercher la Parole, à la faire et à l’enseigner » (Esd. 7. 10). Marchons « comme Christ a marché » (1 Jean 2. 6).

Dans l’épître de Jacques, appelée le « berceau du christianisme », l’Esprit a placé les principes fondamentaux et élémentaires de la foi chrétienne. Nous devons les vivre pratiquement, sous peine de nous séduire nous-mêmes. Cependant, « que la Parole habite en vous richement » (Col. 3. 16), dans la communion du Seigneur. Matthieu 7. 21 met en garde contre la profession chrétienne sans vie : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ».

La Parole est un miroir dans lequel chacun voit ses défauts qu’il convient de corriger. La loi était un miroir aussi pour les Juifs, mais ne leur donnait pas la force de l’accomplir. Nous, nous avons le Saint Esprit pour cela. Elle nous reprend lorsque nous n’obéissons pas. Les Thessaloniciens mettaient en pratique ce qu’ils avaient appris et étaient devenus des modèles (1 Thess. 1. 6 à 10). Notre responsabilité est d’autant plus grande que nous possédons toute la Parole. « Vous avez accepté, non la parole des hommes, mais celle de Dieu » (1 Thess. 2. 13). Recevons la Parole comme « venant de Dieu ».

Le peuple, autrefois, écoutant la Parole, a pris conscience de son état misérable, et pleure (Néh. 8. 8 et 9). Toute la Parole agit « pour enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice » (2 Tim. 3. 16). Obéir suppose qu’on aime le Seigneur (Jean 14. 21 à 23). Sans l’amour, nos œuvres ne servent à rien (1 Cor. 13. 1 à 7). Que le Seigneur nous donne des cœurs qui L’aiment véritablement car, pour celui qui L’aime, « ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean 5. 3).

La « loi parfaite » (v. 25) nous est proposée : parfaite car portant le caractère de Dieu. C’est aussi « la loi de la liberté » car elle nous affranchit de l’esclavage du péché : le nouvel homme est libre d’obéir à Dieu. Mais le vieil homme, percevant l’obéissance comme une contrainte, doit être tenu dans la mort. La loi s’adressait à l’homme dans la chair : elle était « un ministère de condamnation » (2 Cor. 3. 9). Mais, pour les croyants : « la vérité vous affranchira » (Jean 8. 31 à 36). « Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant » (Gal. 5. 1).

Seulement : « n’usez pas de la liberté comme d’une occasion pour la chair » (Gal. 5. 13). La crainte de déplaire au Seigneur nous maintiendra dans la liberté d’obéir à Dieu sans l’entrave du péché. « La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Rom. 8. 2).

La « nourriture » spirituelle du Seigneur, sur la terre, était de « faire la volonté de son Père et d’accomplir son œuvre » (Jean 4. 34). « C’est mes délices, ô mon Dieu ! de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8). « Tes paroles… ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15. 16). On retrouve la loi de la liberté au chapitre 2. 12, qui jugera nos actes et nos paroles.

En plus de la loi de Moise, nous trouvons aussi la loi royale, celle de l’amour. Un cœur aimant le Seigneur « regarde de près » dans la loi parfaite : il la recherche, comme fit Josias, qui a persévéré dans le bien, malgré le mauvais état du peuple. Il a été un faiseur d’œuvres. Dans la fidélité, nous serons « bienheureux » dans nos œuvres.

Notre vie extérieure doit manifester ce que nous professons être. Un service religieux est formé d’actes extérieurs, de bonnes œuvres préparées à l’avance par Dieu (Éph. 2. 10). Mais deux conditions s’imposent : tenir sa langue en bride, et marcher dans l’amour et la sainteté.

Nous avons affaire à Celui qui sonde les cœurs et nous enseigne dans le sermon sur la montagne : « Ton Père qui voit dans le secret » (Mat. 6. 6). Jacques insiste sur la réalité de la profession chrétienne, qui peut être sans vie. Nous devons nous « conserver purs du monde » (v. 27), car, si nous sommes dans le monde, dans lequel le Seigneur nous envoie, nous ne lui appartenons pas (Jean 17. 14 à 18). C’est sa conduite et ses activités qui montreront si un professant est vraiment un enfant de Dieu.

Le Psaume 34. 12 et 13 dit : « Garde ta langue du mal et tes lèvres de proférer la tromperie ». La vraie piété du cœur est précieuse devant Dieu, et le christianisme vécu met l’homme entièrement de côté. Paul disait « Pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1. 21). Gardons-nous d’avoir une bonne opinion de nous-mêmes, comme ce pharisien de la parabole de Luc 18. 9 à 12 qui osait dire à Dieu : « Je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes … » et se vantait de ses mérites supposés. Jéhu, en son temps et à sa place, se vantait ostensiblement de son zèle pour l’Éternel (2 Rois 10. 16). Mais, emporté par sa fureur dans le jugement, l’œuvre « inaccoutumée » de Dieu ; il est allé trop loin, et Dieu a dû venger le sang versé de Jisreël sur la maison (Os. 1. 4). Certains peuvent se « mesurer eux-mêmes à eux-mêmes, se comparant eux-mêmes à eux-mêmes, manquant d’intelligence » (2 Cor. 10. 12).

Désirons être fidèles et obéissants à la Parole – mais c’est le Seigneur seul qui peut apprécier notre état intérieur. Paul ne se souciait pas d’être jugé par les autres, et ne se jugeait pas lui-même ; mais il était conscient que le Seigneur était seul à pouvoir le juger (1 Cor. 4. 3 à 5). Jacques 3. 2 et 6 montrent que nous devons maîtriser nos paroles afin de nous gouverner nous-mêmes et de ne faire de mal à personne (1 Pier. 3. 10). Nos paroles peuvent être légères, folles, des plaisanteries oiseuses. Dieu nous en demandera compte, car : « de l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34).

Par contre, appliquons-nous à avoir « des paroles de grâce assaisonnées de sel » (Col. 4. 6), qui sont le fruit de l’Esprit si nous sommes occupés du Seigneur, afin que nous soyons agréables pour Dieu (Ps. 19. 14). Soyons comme Élie qui se tenait devant l’Éternel. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Jac. 2. 8). Dieu est saint et Ses enfants doivent se conserver intérieurement « purs du monde », ce système organisé sans Dieu ; car « l’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4. 4) ; mais nous devons visiter ceux qui sont dans le besoin (v. 27) : c’est une œuvre extérieure venant du cœur. « Dieu a tant aimé le monde… », c’est-à-dire, l’humanité. Ne nous « conformons pas à ce présent siècle mauvais » (Rom. 12. 2), et rejetons toute association avec le monde (2 Cor. 6. 14 à 16) ; les organisations « humanitaires » même n’ont rien de commun avec l’amour chrétien : ce n’est que de la philanthropie. Gardons-nous-en. Une hyperactivité spirituelle peut être le signe d’un mauvais état intérieur. De même, que le souci de notre sanctification ne nous submerge pas. « Cessez de mal faire et apprenez à bien faire » (És. 1. 16 et 17).

Dans ce verset, Ésaïe place la cause de la veuve et de l’orphelin devant le croyant, pour qu’il en prenne soin. Soyons comme le Seigneur « qui allait de lieu en lieu faisant du bien » (Act. 10. 38). « Le chef de ce monde n’a rien en moi » disait-il (Jean 14. 30). Jugeons-nous nous-mêmes afin de porter du fruit. Visiter ceux qui sont dans la peine est une œuvre de la grâce agissant en nous. Quant à Dieu, Lui-même a visité Son peuple ; mais cela peut avoir deux significations différentes : soit pour la bénédiction, soit en jugement. C’est par amour que nous devons marcher sur les traces de notre Seigneur « Il nous a retirés du présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4). Vivons cela pratiquement avec Lui.

Ch. 2

Ce chapitre parle aux professants, avec ou sans la vie, mais qui ne montrent pas l’amour (v. 1 à 13), ni les œuvres manifestant la foi (v. 14 à 26). Seule, la foi nous justifie devant Dieu, mais elle se montre aux hommes dans les œuvres qu’elle suscite.

Dieu lit dans nos cœurs et nous met en garde contre de mauvaises pensées pouvant naître en nous (v. 4). Le Seigneur ne se fie pas à nos sentiments naturels (Jean 2. 24 et 25). Défions-nous de l’exemple du monde qui fait grand cas des apparences avantageuses aux yeux des hommes. Dieu, Lui, regarde au cœur (1 Sam. 16. 7). Si nous nous parons d’une belle apparence sans fondement, Dieu agira de manière à nous amener à être conformes à ce que nous professons être. Si nous traitons différemment un riche et un pauvre, dans le monde ou dans l’assemblée, nous ne marchons pas sur les traces du Seigneur, venu d’abord pour sauver ceux qui sont conscients de leur misère et de leurs besoins.

Dans ce chapitre, le Seigneur est présenté comme « le Seigneur de gloire » qui, Lui, ne faisait pas acception de personnes (v. 10). Il fustigeait sévèrement les « scribes et les pharisiens hypocrites » (Mat. 23. 13 à 33), mais Il reprenait sèchement Pierre lui-même (Mat. 16. 21 à 23). « Certainement, l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (Ps. 39. 6). Mais, devant le Seigneur de gloire, les apparences ne tiennent pas !

Comme Élisée, autrefois, tenons-nous devant Dieu. Ce prophète n’a eu aucun égard à la grande apparence d’un Naaman, chef de l’armée Syrienne ; mais il l’a guéri de sa lèpre. Le vieil homme est sensible à la considération du monde et rechercherait volontiers les honneurs. Le Seigneur, Lui, n’a jamais cherché à briller : Il était humble et, il n’y « avait pas d’apparence en Lui pour nous le faire désirer » (És. 53. 2). Néhémie, dans le premier chapitre de son livre, nous entretient de sa peine devant les misères du peuple à Jérusalem, avant de nous dire qu’il était « échanson du roi ». Tout en craignant le roi, il le nomme « cet homme ». Devant Dieu, l’homme le plus puissant n’est rien.

Le Seigneur met à nu le cœur des Juifs qui recherchaient la gloire humaine et non celle de Dieu (Jean 5. 43 et 44). Imbus d’eux-mêmes, ils ne pouvaient venir au Seigneur pour être sauvés. Dans l’assemblée, nous sommes en danger d’entourer de soins empressés certains frères plus en vue que d’autres, alors que nous négligeons de prendre les mêmes soins de frères moins doués. Chacun est, pourtant « le frère pour lequel Christ est mort » (1 Cor. 8. 11).

Deutéronome 10. 17 et 18, nous montre l’Éternel comme le « Dieu grand, puissant, et terrible, qui ne fait point acception de personnes… qui fait droit à l’orphelin et à la veuve ». Il se penche avec compassion sur les besoins des malheureux. Romains 12. 16 nous exhorte à l’humilité.

Le livre d’Esther montre Haman, l’homme recherchant des honneurs toujours plus grands et qui finit pendu – et Mardochée, ignoré des grands, assis à la porte du roi. Et, au jour où le roi l’honore, il revient s’asseoir à sa place habituelle (Est. 6. 12). Le même amour de Dieu s’offre à tous les hommes, et Il ne veut pas que l’on fasse fléchir le droit ni des pauvres ni des riches (Lév. 19. 15).

Les chrétiens juifs ne respectaient pas cette règle morale (Jac. 2. 6). Prophétiquement, le Seigneur disait : « Moi, je suis affligé et pauvre » ; « Bienheureux celui qui comprend le pauvre » (Ps. 40. 17 ; 41. 1). Les pauvres ont un grand prix aux yeux de Dieu, à plus forte raison s’ils sont des frères en Christ (v. 5). Car, la seule différence que Dieu fasse entre les frères tient dans le degré de piété et de communion.

Les pharisiens méprisaient le peuple : « Cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite » (Jean 7. 49). Mais le monde n’est pas digne des petits, qu’il méprise, et que Dieu aime (Héb. 11. 38). Dans l’assemblée, Dieu nivelle les différences sociales (1 Cor. 1. 26 à 29 ; Gal. 3. 27 et 28). Aimons les frères les plus effacés comme ceux qui sont les plus en vue. Cependant, « l’évangile est annoncé aux pauvres » (Mat. 11. 5). Même pauvre quant au monde, le croyant est riche quant à Dieu (Luc 12. 16 à 21). Et les croyants riches sont appelés à n’être pas « hautains » (1 Tim. 6. 17). Les richesses peuvent empêcher la conversion (Mat. 19. 16 à 24).

Cette épître relève des tout premiers temps du christianisme, où les chrétiens juifs restaient attachés au judaïsme. Peut-être que ces riches des v. 6 et 7, mêlés aux croyants, étaient étrangers à la grâce. Les croyants de toutes les époques du christianisme, sont mis en garde contre l’admiration des riches, et contre la déférence que l’on peut observer envers eux, car nous les voyons, là, mépriser les pauvres du troupeau (v. 6 et 7 ; 5. 1). Même les chrétiens, de nos jours, sont capables d’entrer en procès les uns contre les autres devant les tribunaux ! (1 Cor. 6. 1 à 3)

Les vraies richesses qui nous sont proposées par Dieu sont spirituelles : « Tel fait le riche et n’a rien du tout ; et tel se fait pauvre et a de grands biens » (Prov. 13. 7). « Se faire pauvre » signifie ne pas s’attacher aux biens de la terre, afin d’être moralement libre de suivre le Seigneur qui, « étant riche a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8. 9).

Dans l’Ancien Testament, les richesses étaient un signe de la faveur de Dieu. Aujourd’hui, si les richesses ne sont pas condamnables en elles-mêmes, nous devons nous en servir pour le Seigneur : Il nous en demandera compte. Ce qui est condamnable, c’est le désir de s’enrichir (1 Tim. 6. 9), et de se servir des richesses pour dominer dans le monde ou dans l’assemblée. Le Seigneur, Lui, s’est abaissé toujours plus (Phil. 2. 6 à 8). Agur demandait de n’avoir ni pauvreté ni richesse, mais d’être nourri quotidiennement du pain nécessaire (Prov. 30. 8 et 9). Le travail doit être le moyen de pourvoir à nos propres besoins, afin de n’être à charge à personne, et d’aider les nécessiteux (2 Thess. 3. 7 et 8). Il arrive qu’un frère pauvre soit plus spirituel qu’un autre frère, riche. Quant au Seigneur, « il a été opprimé et affligé » (És. 53. 4).

Cette épître se met à la portée des premiers chrétiens encore dépourvus des écrits du Nouveau Testament. Cependant, le christianisme a une tout autre portée que la loi mosaïque : Ce qui a du prix pour Dieu, c’est que nous soyons « riches en foi » (Jac. 2. 5). Soyons disposés à nous considérer comme n’étant rien quant aux fausses valeurs mondaines, mais comme étant ces choses « folles, faibles, viles, qui ne sont pas » mais que Dieu appelle à Lui (1 Cor. 1. 27 et 28). Jacques dit : « Écoutez, mes frères bien-aimés… » (v. 5), et il nous rappelle que Dieu « a choisi les pauvres quant au monde, riches en foi ». La grâce n’exclut personne, mais les richesses du monde peuvent être un obstacle pour venir au Seigneur. Cependant, les croyants subissent l’opposition du monde quand ils affichent ouvertement leur foi. Que Dieu nous fortifie dans ces circonstances-là.

Le livre de Néhémie nous montre les riches opprimant leurs frères pauvres, alors que ce faible résidu de Juda était revenu de captivité par pure grâce ! (Néh. 5. 2 à 9) Les chrétiens doivent se comporter tout autrement : les serviteurs doivent obéissance à leurs maîtres ; mais ceux-ci doivent rester doux envers eux (Éph. 6. 5 à 9). C’est là, la « loi royale » : amour, miséricorde, patience, bonté. S’aimer les uns les autres, sans distinction de rang, est le plus grand commandement de la loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée… » et le second lui est semblable : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mat. 22. 37 à 39). « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 34 et 35). Celui qui aime les autres a accompli la loi (Rom. 13. 7 à 10).

Jacques reste au niveau de la loi ; mais le Seigneur est allé beaucoup plus loin : « Il a été dit… mais moi je vous dis… » (Mat. 5. 21 à 44). C’est là, « la loi de la liberté », d’une plus haute portée que la loi mosaïque. Mais cette liberté du croyant ne doit pas être « une occasion pour la chair » (Gal. 5. 1 et 13).

Sachons, avec l’aide de Dieu, manifester dans le monde et entre nous, les caractères d’amour de notre Père (1 Cor. 13), nous souvenant que « Dieu a versé son amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5).

Sous la loi, l’homme pécheur est incapable d’y obéir, et devient transgresseur. Il fallait obéir à tous les commandements : être coupable sur un seul, c’était être coupable sur toute la loi. Seul, le Seigneur a pleinement accompli la loi, sans aucune transgression, mais en la transcendant au-dessus de la lettre : « … il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent, en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 43 à 45) ; de sorte que Dieu a proclamé : « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 17. 5). Dieu a pu mettre la loi de côté, comme ayant été parfaitement accomplie. Dans le christianisme, nous ne sommes plus mis à l’épreuve par l’obéissance à la loi, mais nous sommes placés sous la grâce. Jacques s’adresse aux premiers chrétiens juifs, encore attachés au système mosaïque.

Les Galates pensaient devoir se remettre sous la loi ; mais Paul leur dit : « Vous êtes déchus de la grâce… » (Gal. 5. 4). « Le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua ». La loi rendait le « péché excessivement pécheur » (Rom. 7. 11 à 13), et il n’y avait aucun espoir pour l’homme. Les Galates renversaient ce que Dieu avait établi : la grâce. Le Seigneur a accompli la loi à la gloire de Dieu, tout en répondant à notre misère, de sorte que la loi n’est plus la règle de vie du croyant. Désormais, notre modèle, c’est Christ. Cependant, sauf ce qui concerne le sabbat, tous les commandements ont encore leur valeur morale pour nous.

La loi disait : « Fais ces choses et tu vivras – sur la terre. La grâce sauve par la foi et, dès lors, les œuvres prouvent que l’on a la vie éternelle, pour le ciel.

Tous les hommes sont pécheurs ; les Juifs, transgresseurs de la loi, ne sauraient être sauvés sans la foi en Christ. Sous la grâce, le croyant, lui aussi, transcende la loi, et doit produire des fruits à la gloire de Dieu, « comme devant être jugé par la loi de la liberté » (v. 12). La grâce nous a libérés de la puissance du péché, par le Saint Esprit, de sorte que nous sommes libres de vivre selon la sainteté pratique, dans la paix parfaite quant aux péchés du passé.

Et la grâce nous conduit à aimer Dieu et notre prochain, c’est-à-dire, tous les hommes (Mat. 22. 36 à 40). Le Seigneur nous exhorte à nous aimer les uns les autres (Jean 13. 34 et 35). Ce commandement est nouveau, par rapport à l’ancienne alliance. Aimer ainsi, c’est porter les vrais caractères divins : « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16) ; et « Dieu est lumière » (1 Jean 1. 5).

« La loi est donc sainte… et le commandement est juste et bon » (Rom. 7. 12), mais elle s’adressait au vieil homme, incapable d’obéir. Mais le Seigneur a pris nos péchés sur Lui-même, et en a subi le jugement. Dieu a trouvé en Lui-même les motifs de nous aimer : « la miséricorde se glorifie à l’égard du jugement ». La loi de la liberté est la loi parfaite (ch. 1. 25) ; elle ne s’adresse plus au vieil homme, mais à l’homme régénéré, dont la joie est de se soumettre volontairement à Dieu. Comme conséquence, faire acception de personnes, c’est pécher contre Dieu et Sa manière d’agir. Cependant, si nous sommes appelés, parfois, à reprendre notre frère, cela ne doit pas se traduire par un jugement, car Dieu juge sévèrement ceux qui jugent sans miséricorde (v. 13). « La miséricorde se glorifie vis à vis du jugement ».

À la fin, les incrédules seront jugés sans miséricorde, devant le grand trône blanc, et jetés dans l’étang de feu (Apoc. 20. 11 à 15). Mais pour les croyants : « toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17) ; le Seigneur met Sa main sur eux pour dire : ceux-là sont à moi. Dès maintenant, nous sommes fondés à avoir « toute assurance » devant Dieu Lui-même (1 Jean 4. 17), car le Seigneur a accompli l’œuvre de la rédemption qui nous sauve. Et, si nous péchons, « nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste » (1 Jean 2. 1).

Rappelons que Jacques écrivait pour les tout premiers chrétiens, judaïsant encore, et parmi lesquels se trouvaient des professants n’ayant pas la foi. Au v. 1er de ce chapitre, c’est comme s’il leur disait : « vous n’avez pas la foi de notre Seigneur Jésus Christ, si vous faites acception de personnes ». Au v. 14, il est question de quelqu’un qui dit avoir la foi mais, n’ayant pas d’œuvres, on peut douter qu’il soit vraiment sauvé. Seules, les œuvres peuvent montrer la foi.

Cependant, la justification selon la Parole de Dieu, repose uniquement sur la foi en Jésus Christ, par la rédemption (Rom. 3. 24) sans œuvres de loi (v. 28) ; mais les œuvres témoignent que la foi existe vraiment. Dieu lit au plus profond des cœurs et n’a besoin d’aucune preuve pour discerner la foi. Mais les hommes ont besoin d’une preuve visible pour conclure que la vraie foi est là. Cependant, les œuvres ne sont pas forcément, à elles seules, une preuve de foi, si l’obéissance à la Parole est absente de la vie habituelle. Les incrédules savent aussi se livrer à des activités altruistes (humanitaires) ; mais sans la foi en Dieu, ce ne sont pas « les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10).

Sur la croix, le brigand repenti n’a eu aucune possibilité de faire de bonnes œuvres ; pourtant, le Seigneur l’a sauvé (Luc 23. 43).

Le Seigneur stimule, par cette épître, notre énergie spirituelle, afin que la foi se manifeste. La nouvelle naissance seule fait apparaître la foi chez quelqu’un (Jean 3. 3, 5 et 6). La foi est comparable aux racines d’un arbre : si elle existe, elle se manifestera par les œuvres – les fruits (Mat. 7. 17 à 20). Aimons nos frères « en action et en vérité » (1 Jean 3. 17 et 18). Paul cherchait des fruits d’humilité chez les Corinthiens (1 Cor. 4. 17 à 20). La justification a pour motif divin la grâce (Rom. 3. 24), et s’applique aux croyants par la foi (v. 28), par le moyen du sang de Christ (Rom. 5. 9) ; et elle se démontre par les œuvres de foi (Jac. 2. 24). « La foi sans les œuvres est morte » (v. 20 et 26), rappelle la pensée exprimée en Éphésiens 5. 14 : « Réveille-toi, toi qui dors et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi ». Si quelqu’un est exhorté à se relever « d’entre les morts », c’est qu’il est vivant ; mais s’il dort, il ressemble à un mort !

Les versets 15 et 16, nous mettent en garde contre l’indifférence coupable que l’on peut manifester envers les besoins d’un frère ou d’une sœur. Souvenons-nous qu’en faisant du bien à nos frères éprouvés, c’est au Seigneur Lui-même que nous le faisons (Mat. 25. 36 à 40). La question posée par les justes (v. 37 de Mat. 25), indique que le bien qu’ils avaient fait à leurs frères n’avait pas la récompense pour but, mais était fait par amour. Lorsque le Seigneur multiplie les pains et les poissons, Il dit à Ses disciples « Vous, donnez-leur à manger » (Marc 6. 37) ; et Il les associe à Son miracle d’amour car, s’Il multiplie les pains et les poissons, Il donne cette nourriture à Ses disciples pour qu’ils la mettent devant les foules. Le Seigneur réalise, là, par anticipation du millénium, la prophétie du Ps. 132. 15 : « Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres ». À notre tour, ne fermons pas nos entrailles à nos frères dans le besoin, mais sachons les aimer assez pour y pourvoir, selon nos moyens.

Les Juifs, les musulmans comme les chrétiens, croient en un Dieu unique. Mais il ne suffit pas de croire en un seul Dieu : encore faut-il croire que le Seigneur Jésus est mon Sauveur personnel, pour que je sois sauvé. Jacques rappelle que même les démons croient en un seul Dieu ; mais « ils frissonnent » (Mat. 2. 19), car n’étant pas soumis à Dieu, ils savent qu’ils sont perdus. Le monothéisme religieux, en soi, n’accorde pas le salut : il faut la foi.

Les œuvres de la foi, « préparées à l’avance pour que nous marchions en elles », accomplies dans la communion avec Dieu, doivent, chez les vrais croyants, se substituer aux œuvres de loi, stériles en elles-mêmes, pour plaire au Seigneur.

Dans ce chapitre 2, Dieu se plaît à relever les œuvres qui justifient la foi personnelle d’Abraham et de Rahab. C’étaient des œuvres selon Dieu mais, pour les hommes, Abraham était un meurtrier en s’apprêtant à sacrifier son propre fils, et Rahab trahissait son pays. Mais Dieu relève la foi d’Abraham, le Juif à qui Dieu avait parlé, et qui a cru Dieu sur parole (Gen. 15. 1 à 6) : « Et cela lui fut compté à justice ». Cette parole de Genèse est rappelée trois fois dans le Nouveau Testament (Rom. 4. 3 ; Gal. 3. 6 ; Jac. 2. 23).

Mais, au chapitre 22 de la Genèse, « Dieu éprouva Abraham » : « Montre-moi ta foi… » (Jac. 2. 18) ; et sa foi est manifestée lorsqu’il accepte d’offrir son fils sur l’autel. Même si Dieu a retenu la main d’Abraham, dans son cœur Abraham obéissait à Dieu, sans murmure, manifestant ainsi sa foi. Dans nos circonstances personnelles, Dieu attend de nous la même foi obéissante pour Sa gloire, et pour le témoignage aux yeux du monde. Si nous sommes parfois dans la détresse, prenons courage en Christ : « Si tu perds courage au jour de la détresse, ta force est mince » (Prov. 24. 10).

C’est alors que Dieu appelle Abraham « son ami » (2 Chron. 20. 7 ; És. 41. 8 ; Jac. 2. 23). Dieu peut-Il nous appeler « Ses amis » ? Le Seigneur a dit : « Vous êtes mes amis si vous faites tout ce que moi je vous commande » (Jean 15. 14). Le Seigneur peut nous commander, personnellement, de petites ou de grandes choses.

Nous devons obéir aux plus petites avant d’être invités à obéir aux grandes. Hébreux 11. 8 et 9 rappelle qu’Abraham quitta son pays et sa parenté sans savoir où il allait, pour obéir à Dieu. Et sa foi brilla lorsqu’il accepta d’offrir Isaac. S’appuyant sur les promesses divines, il savait que Dieu pouvait ressusciter Isaac d’entre les morts (v. 17 à 19). Les versets 1 et 13 d’Hébreux 11, montrent que la foi projette la réalisation des promesses de Dieu dans l’avenir, et qu’elle ne vacille pas dans les épreuves, si elle s’appuie sur la puissance et la fidélité divines. Comme Dieu avait parlé à Abraham, le Seigneur Jésus nous a parlé : croyons-Le sur parole, et obéissons-Lui.

Contrairement à ce qui s’était passé pour Abraham, Dieu n’avait pas parlé à Rahab. Mais la marche du peuple depuis sa sortie d’Égypte, et les manifestations extraordinaires de la faveur divine pour ce peuple, avaient parlé puissamment à la prostituée étrangère ! Devant un témoignage aussi irrésistible de la puissance de Dieu, elle a cru, et était profondément persuadée que Dieu donnerait son pays à Israël (Jos. 2. 9 à 11). Sa foi simple se manifeste en cachant les espions envoyés pour explorer son pays, et en leur faisant promettre qu’elle aurait la vie sauve avec toute sa famille. Elle a même attaché un cordon d’écarlate à sa fenêtre, preuve de sa foi, se mettant ainsi, par avance, symboliquement et sans doute sans le comprendre, sous la protection du sang de Christ. Devant une telle foi, Dieu exauce Rahab, et elle entrera dans la généalogie du Seigneur (Mat. 1. 5). La foi de Rahab est née du témoignage de la faveur de Dieu pour Israël.

Le brigand sur la croix a eu la foi en considérant le Seigneur crucifié comme lui, mais qui n’avait « rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41). Rahab a discerné dans les espions réfugiés dans sa maison, des « messagers » envoyés de Dieu, lui apportant l’assurance qu’elle serait sauvée ! (Jac. 2. 25) Dieu sauve indistinctement tous ceux qui ont la foi, en toute race ou nation. Aux yeux des hommes, le croyant est justifié par les œuvres de la foi (Jac. 2. 24). Le v. 26 stigmatise un professant sans la vie divine.

Ch. 3

La conduite du croyant se discerne dans la maîtrise de sa propre langue qui, laissée libre, peut faire beaucoup de mal (ch. 1. 19 et 20). Pour l’assemblée, les docteurs sont nécessaires, mais en petit nombre, car leur responsabilité est plus grande. Le docteur enseigne la Parole pour la faire comprendre, mais il doit la mettre en pratique, comme chaque croyant, en témoignage pour le monde qui nous regarde. Sinon, il peut être une occasion de chute pour plusieurs. Cependant, tous ceux qui présentent la Parole ne sont pas docteurs. Malheureusement, il reste peu de docteurs dans les assemblées, actuellement !

C’est pourquoi : « Sondez les écritures… car ce sont elles qui rendent témoignage de moi » nous dit encore le Seigneur Jésus (Jean 5. 39).

Au premier chapitre, Jacques nous invite à écouter plus qu’à parler (v. 19). Au ch. 3, il exhorte à éviter d’être « beaucoup de docteurs » (v. 1). Le docteur fait comprendre la Parole. Il a une grande responsabilité et il en recevra « un jugement plus sévère ».

« Nous faillissons tous à plusieurs égards » souvent, et nous péchons en paroles, dans la vie quotidienne. La ressource, c’est la confession. Il nous est quelquefois difficile de tenir notre langue, qui reflète l’état de notre cœur : « De l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34). Supplions le Seigneur qu’Il nous donne la force de vivre ce que nous disons, et ne ressemblons pas aux pharisiens qui disaient et ne faisaient pas (Mat. 23. 3) – spécialement les frères qui exhortent.

« Dans la multitude des paroles, la transgression ne manque pas, mais celui qui retient ses lèvres est sage » (Prov. 10. 19). Jacques s’inclut lui-même dans ce qui nous caractérise « tous » (v. 2). Si nous présentons la Parole dans l’assemblée, faisons-le comme « des oracles de Dieu » (1 Pier. 4. 11). Attention aux bavardages, dans les réunions : ils dénotent l’inconscience de la présence du Seigneur. « Qui surveille sa bouche garde son âme, et la ruine est pour celui qui ouvre sa bouche toute grande » (Prov. 13. 3). « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, et veille sur l’entrée de mes lèvres ». Que Dieu garde nos lèvres. (Ps. 141. 3). En paroles aussi, le Seigneur est notre modèle : « Tous s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22). Il pouvait dire : « Ma pensée ne va pas au-delà de ma parole ». Il était « un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant le peuple » (Luc 24. 19). Dieu, le premier, voit tout ; mais les hommes nous voient aussi. « Les choses que Jésus commença de faire (1) et d’enseigner (2) » (Act. 1. 1).

Nos paroles doivent être la confirmation de notre marche qui doit se voir en premier. « Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (Col. 4. 6). « Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification » (Éph. 4. 29).

Dans la dépendance du Saint Esprit, ayons à cœur l’édification de tous, ayant dépouillé le vieil homme. Le Seigneur nous connaît à fond ; cependant, Il nous confie un service qui reflète quelque chose de Lui-même, dans Sa communion, car : « séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5).

Si nous tenons notre langue « en bride » (Jac. 1. 26), c’est que, premièrement, nous maîtrisons notre cœur. Alors, tout le corps sera bridé (ch. 3. 2). De petites choses apparemment insignifiantes peuvent entraîner de grands résultats, bons ou mauvais. Le mors des chevaux est une petite pièce métallique que l’on met entre leurs lèvres, et qui sert à diriger tout leur corps. Le gouvernail des bateaux, petit élément caché sous l’eau, sert à les diriger sûrement dans leur cheminement sur la mer (Prov. 30. 18 et 19).

La langue, tout petit membre du corps, peut faire de grands ravages moraux ! Les animaux sauvages se domptent, la langue ne peut être domptée (Jac. 3. 8). Seul, le nouvel homme sait dire de bonnes choses, mais le vieil homme n’en dit que de mauvaises. Avant de parler, demandons-nous : Est-ce vrai ? Est-ce bon ? Est-ce utile ?

Fuyons la médisance que la Parole condamne ; et plus encore, la calomnie. « La langue fausse hait ceux qu’elle a écrasés et la bouche flatteuse amène la ruine » (Prov. 26. 28). Et au v. 20 de Proverbes 26 : « Faute de rapporteur, la querelle s’apaise ». « Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet… dont l’ornement est la bride et le mors, pour les refréner quand ils ne veulent pas s’approcher de toi » (Ps. 32. 9). Dieu, parfois, nous réfrène pour nous diriger selon Sa volonté et, par de petites choses, nous bride. Nous serons jugés sur nos paroles (Mat. 12. 37). Gardons-nous aussi de la vantardise (Jac. 3. 5). Les possibilités de la langue sont vastes comme le monde, pour l’iniquité – choses fausses – comme 2 Timothée 2. 19, et alimentent ce qui est voué à la géhenne (v. 6). C’est « ce qui sort de la bouche qui souille l’homme » (Mat. 15. 11) ; et « du cœur, viennent les mauvaises pensées » (v. 19). « Que les paroles de ma bouche… soient agréables devant toi ô, Éternel » (Ps. 19. 14). Soyons occupés de ce qui est bon selon Philippiens 4. 8.

Romains 3. 13 et 14 rappelle le v. 8 de Jacques 3 : « la langue… un venin mortel ». Jacques s’adresse aux frères (v. 10 et 12), capables d’avoir le même comportement que Doëg, dans 1 Samuel 21 et 22 qui était un ennemi et qui, d’une parole, a provoqué la mort de nombreuses personnes dont quatre-vingt-cinq sacrificateurs ! Jacques s’adresse aux frères qui sont capables de se comporter de la même manière entre eux ! Jacques parle de façon solennelle pour toucher nos consciences et nos cœurs, en montrant que même la nature s’oppose à de tels comportements (v. 9 à 12). Agir ainsi, dénote que nous laissons faire le vieil homme toujours en nous, nous qui avons reçu le Saint Esprit. « Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi » (v. 10).

Le vieil homme ne peut jamais dire ou faire de bonnes choses : il se complaît dans le péché. Le nouvel homme, lui, ne peut jamais pécher (1 Jean 3. 9), car il est formé de la vie même de Christ. Que le Seigneur nous aide à être conscients que notre vieil homme « est crucifié avec Christ » (Gal. 2. 20). Soyons attentifs à ceci, que notre frère est celui « pour lequel Christ est mort », afin de n’en pas dire du mal.

Il ne faut pas rapprocher le v. 12 de Matthieu 7. 18 à 20, où le Seigneur oppose les croyants qui, seuls, portent de bons fruits, tandis que les incrédules, n’en portant que des mauvais, seront jugés et jetés au feu. Ici, ce sont les croyants mêmes qui sont capables de porter de bons ou de mauvais fruits ! Cela nous rappelle que nos corps doivent être sanctifiés (Rom. 12. 1), à la gloire du Seigneur, « en sacrifice agréable à Dieu ». Jacques nous fait sentir toute la tristesse d’un tel comportement, incompatible avec la nature divine et ce que Dieu attend de ses enfants (Éph. 4. 29 ; 5. 3 et 4; Col. 4. 6).

Une seule parole malheureuse peut décourager une âme. Si le Seigneur remplit nos cœurs, nous serons gardés des médisances et des calomnies, paroles diaboliques ! Dieu entend toutes nos paroles. Pierre, après qu’il a déclaré par la révélation venant du Père, que le Seigneur était « le Christ, le Fils du Dieu vivant », s’entend rabrouer sévèrement, un moment plus tard : « Va arrière de moi, Satan » (Mat. 16. 16 et 23). « Le Père » du v. 9 nous ramène au Créateur, comme pour Malachie 2. 10 ; Ésaïe 64. 8, en contraste avec Jean 20. 17, où les croyants deviennent des enfants de Dieu.

Rappelons-nous les trois questions que nous devons nous poser avant de parler : Est-ce vrai ? Est-ce bon ? Est-ce nécessaire ? Si un frère, même sérieux, nous a rapporté une chose supposée vraie, ne nous précipitons pas : un seul témoin n’est jamais suffisant. Le Psaume 39. 1 et 3 montre que les bonnes intentions ne suffisent pas à garder notre langue : Dieu seul peut et veut nous garder du mal. Les v. 13 à 18 montrent qu’une jalousie amère produit les querelles. Un ressentiment peut être conservé longtemps dans le cœur, au lieu des bonnes œuvres que Dieu place devant nous, il y a « de mauvaises actions » (v. 16) : c’est là « mentir contre la vérité » (v. 14). Cela doit être jugé et confessé selon Matthieu 18. 15 à 17. Si, dans une assemblée, il y a des querelles, ce n’est jamais par le Saint Esprit : c’est le vieil homme qui agit ! « Rejetons les œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière » (Rom. 13. 12 à 14).

Jacques veut que l’on ait « une bonne conduite » (v. 13). Si nos cœurs sont remplis de Christ, nous porterons de bons fruits dans une communion constante avec Lui. Encourageons-nous mutuellement à vivre saintement : ayant une bonne conduite… la douceur de la sagesse… la sagesse d’en haut », qui sont les caractères de Dieu ; au lieu de « jalousie… désordre… querelle… sagesse diabolique ».

Le danger est de passer légèrement sur ces sérieuses exhortations et, ainsi, d’attrister le Saint Esprit en ne confessant pas nos fautes au Seigneur – et, si nécessaire, aux frères également. Le manque de puissance dans les assemblées vient de la légèreté de notre vie spirituelle. Nous n’accordons trop souvent que peu d’importance à notre comportement et, s’il y a de la jalousie, les mauvais fruits sont produits à chaque occasion.

Ce que Dieu attend de nous, c’est que notre vie intérieure soit à Sa gloire ; sinon, notre « intérieur » se manifestera tôt ou tard, contredisant notre aspect extérieur, peut-être convenable. Prenons garde à la sagesse de « l’homme animal » qui n’a que son âme créée, dépourvue du Saint Esprit (1 Cor. 2. 14), sagesse « diabolique » (v. 15). L’homme naturel ne peut recevoir la « sagesse d’en haut », inséparable de Christ reçu dans le cœur, car cela est considéré comme « folie » par le monde (1 Cor. 1. 18 à 22). Mais ici, l’apôtre s’adresse à des croyants ayant le Saint Esprit, leur permettant d’acquérir la « sagesse d’en haut » (v. 17).

Cependant, nous sommes capables, si nous laissons agir le vieil homme, de penser et d’agir comme le monde : et les « fruits » en sont diaboliques et produisent des querelles (Prov. 13. 10). En Galates 5. 19 à 22, Dieu nous rappelle deux sortes d’œuvres que nous sommes à même de porter : « les œuvres de la chair » opposées au « fruit de l’Esprit ». Demandons à Dieu de nous donner Sa sagesse (Jac. 1. 5). « Or vous êtes de lui (Dieu) dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption, afin que… celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur » (1 Cor. 1. 30). Paul s’était conduit, envers les Corinthiens, « avec simplicité et sincérité de Dieu, non pas avec une sagesse charnelle » (2 Cor. 1. 12).

Conseiller de David, Akhitophel avait joué un rôle dangereux, car ses conseils portaient la marque de la sagesse selon l’homme. Sa vie s’est terminée par le suicide. Les Proverbes parlent beaucoup de la sagesse divine que nous devons manifester dans notre vie (Prov. 2. 1 à 5) : elle est liée à la crainte de Dieu et au discernement de Sa pensée. Elle est personnifiée par le Seigneur Jésus (Prov. 8), et porte Ses mêmes caractères (Luc 2. 40 ; És. 11. 63. Jac. 3. 17). Elle est « pure », car nous sommes « sans conscience de péché » ; mais il faut laisser le vieil homme dans la mort où le Seigneur l’a mis. Elle est aussi, « paisible », car nous sommes les enfants du « Dieu de paix » : nos pensées, nos paroles, nos actions doivent porter ces caractères de pureté et de paix intérieures (Mat. 5. 8 et 9 ; 1 Pier. 3. 4). Elle est « traitable » : nous devons être à l’écoute de nos frères et ne pas imposer nos pensées ni nous obstiner dans notre position, ou manifester quelque violence de sentiments et de paroles.

Pierre dit : « soyez sobres, veillez » (1 Pier. 5. 8). Nous avons besoin de tout l’amour de Dieu pour nous garder dans la fermeté et la douceur, équilibre impossible sans le secours divin. Les premiers chrétiens n’étaient pas différents de nous, mais « ils étaient un cœur et une âme » (Act. 4. 32), se laissant tous conduire par l’Esprit de Dieu. Notre comportement doit être le même entre nous afin d’avancer ensemble, et non les uns plus vite que les autres, ce qui serait manquer à l’amour fraternel. « Que les membres aient un égal soin les uns des autres » (1 Cor. 12. 25). On peut s’appuyer sur la Parole pour insister sur ce que l’on considère comme « nos droits » ; mais il n’en ressort que du désordre. Mais si nous manifestons les vrais caractères du Seigneur, quel beau témoignage pour le monde !

La sagesse d’en haut s’acquiert peu à peu, lorsqu’on est converti, dans la mesure où on se laisse pénétrer par la Parole de Dieu lue régulièrement, avec des cœurs soumis. Dieu est quelquefois obligé de revenir sur les mêmes leçons : « Mes enfants, pour l’enfantement desquels je travaille de nouveau jusqu’à ce que Christ ait été formé en vous » (Gal. 4. 19). Sa volonté, c’est que nous ressemblions toujours plus à Son Fils, dans ce monde. Dans ce but, Il travaille jour et nuit dans nos cœurs. Paul pouvait dire : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20). « Affranchis du péché et asservis à Dieu, vous avez votre fruit dans la sainteté » (Rom. 6. 22).

La discipline « plus tard, rend le fruit paisible de la justice » (Héb. 12. 11). Si nous semons dans la paix (Jac. 3. 18, nous récolterons des fruits paisibles. Aimons tous les frères « sans partialité » en toute vérité, « sans hypocrisie » (Jac. 3. 17). Isaac et Rebecca étaient partagés quant à l’amour qu’ils portaient à leurs deux fils : il en est résulté la ruine de leur famille ! Aimez-vous « l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur, vous qui êtes régénérés » (1 Pier. 1. 22).

Ch. 4

« Guerres » et « batailles », dans les assemblées, révèlent l’activité du vieil homme. Paul constate, avec tristesse, que les Corinthiens restaient « des petits enfants » spirituels. Ils ne pouvaient pas supporter une nourriture spirituelle solide, mais seulement « du lait ». Ces croyants se disputaient en se réclamant « de Paul… d’Apollos, de Céphas … de Christ » (1 Cor. 1. 12 ; 3. 1 à 3). Que faisons-nous nous-mêmes ? Même s’il est admis que Jacques s’adressait aux Juifs chrétiens dont quelques-uns n’avaient pas la vie, tirons profit de ces paroles. Même si l’on n’en vient pas au meurtre, s’il y a de la haine dans nos cœurs pour des frères, nous portons ce caractère de meurtriers (Jac. 4. 2). David, un croyant fidèle par ailleurs, avait envoyé Urie à la mort afin de prendre sa femme (2 Sam. 11).

La chair et l’Esprit combattent en nous (Gal. 5. 17) ; et, prier en nous laissant conduire par la chair, ne peut que nous priver de l’exaucement de Dieu (v. 1 à 3). « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés ». « … vous demandez mal… » ne concerne pas des maladresses pour formuler nos prières : Dieu connaît nos cœurs. Demander mal veut dire, là, que nos demandes n’ont d’autres buts que notre propre plaisir, nos voluptés. Comment, dans ces conditions, Dieu nous exaucerait-Il ?

Quel contraste entre les fruits de la « sagesse d’en haut » (ch. 3. 17 et 18), et les premiers versets de notre chapitre ! Pourtant, l’apôtre s’adresse aux mêmes personnes ! En 2 Samuel 2. 25 à 30, un combat fratricide avait eu lieu en Israël, entre les serviteurs de David et ceux d’Ish-Bosheth, fils de Saül. Mais à la fin, « Joab sonna de la trompette » et le combat s’arrêta. « Joab s’en revint de la poursuite d’Abner » (v. 30), mais il y avait de nombreux morts ! Les combats entre frères ne peuvent faire que des victimes, et ne servent en aucune manière les intérêts du Seigneur.

Gardons-nous donc de la jalousie entretenue dans les cœurs : il n’en résulte que des querelles (ch. 3. 14 ; 1 Jean 3. 14 et 15). Contre ces tendances de la chair en nous, nous avons la ressource de la prière de la foi, et selon la volonté du Seigneur : alors, « II nous écoute… et nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5. 14 et 15). « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15. 7).

Que nos demandes ne soient pas caractérisées par des préoccupations terrestres, mais célestes, bien que nous ayons aussi des besoins matériels auxquels Dieu pourvoit. L’oraison dominicale que nous trouvons en Matthieu 6. 9 à 13, nous ramène aux vraies priorités, selon Dieu.

– Ce qui touche à la gloire de Dieu (v. 9 et 10).

– Nos besoins matériels (v. 11).

– Le pardon de Dieu pour nous et le pardon pour nos frères à notre tour (v. 12).

– La demande d’être gardés des tentations dans les épreuves, et d’être délivrés du mal (v. 13).

Nos prières sont trop souvent des demandes « pour nous », uniquement. Ne faisons pas de Dieu notre « serviteur ». Mais attachons-nous à demander l’éclatement de Sa gloire à la venue du Seigneur.

L’orgueil, la faute du diable (1 Tim. 3. 6), est à la base des désordres dans le monde et dans les assemblées. Mais, « Dieu résiste aux orgueilleux mais Il donne la grâce aux humbles » (v. 6). « Il donne une plus grande grâce » ; par l’Esprit, nous devons nous juger nous-mêmes. « Résistez au diable, (l’instigateur des troubles parmi les frères), et il s’enfuira de vous » (v. 7).

L’Assemblée, la Bien-Aimée, future Épouse de Christ, est adultère, dans la mesure où elle s’attache au monde en même temps qu’au Seigneur. « Je vous ai fiancés à un seul mari… comme une vierge chaste » (2 Cor. 11. 2). Israël était adultère vis à vis de l’Éternel (Osée ; Jér. 3. 8 à 10). Le monde s’insinue dans nos cœurs, comme un étranger qui occuperait indûment nos maisons (Soph. 1. 8). Faisons nôtre le cheminement moral de Moïse (Héb. 11. 24 à 26). « Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal » (Jean 17. 15). Le monde ne veut pas de Christ. « N’aimez pas le monde » (1 Jean 2. 14 à 17). Le temps vient où l’Église apostate sera « vomie » de la bouche du Seigneur (Apoc. 3. 16). « Nul ne peut servir deux maîtres » (Luc 16. 13).

Tout ce que dit l’Écriture est pour notre profit, rien n’est dit en vain. Progressons dans sa connaissance afin qu’elle s’implante en nous et s’imprime dans notre marche. La Parole tout entière travaille à nous séparer de l’influence du monde. Israël était un peuple mis à part pour Dieu et nous-mêmes qui marchons dans le monde, nous ne sommes pas du monde (Jean 17. 16) : « Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair » (Gal. 5. 16 et 17).

Les convoitises chamelles sont opposées à la volonté de Dieu. Nous ne plaisons à Dieu que lorsque nous nous laissons conduire par l’Esprit qui ne peut en aucune manière « désirer avec envie » (v. 5), car Il est Dieu, et n’est pas « tenté par le mal » (ch. 1. 13). Il est, cependant de bons désirs, inspirés par l’Esprit dans le cœur des croyants : « Désirez avec ardeur les dons de grâce les meilleurs » (1 Cor. 12. 31 ; 14. 1). Ces dons sont employés pour « l’édification, l’exhortation et la consolation » de l’assemblée (1 Cor. 14. 3). Le Saint Esprit « donne une plus grande grâce » : Il « prend de ce qui est à Christ et nous le communique » (Jean 16. 14 et 15).

C’est une grâce de Dieu, « s’Il résiste aux orgueilleux » (Prov. 3. 34 ; Jac. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 5), car Il veut l’humilité en nous afin que nous ressemblions au Seigneur (Mat. 11. 29). Dieu apprécie « un cœur brisé et humilié » (Ps. 51. 17). L’orgueil est plusieurs fois stigmatisé dans les Proverbes (3. 34 ; 8. 13 ; 16. 5 et 18). C’est là, « la faute du diable » (1 Tim. 3. 6). Gardons-nous de l’orgueil devant le Seigneur, mais aussi devant tous les hommes, et en particulier vis à vis de tous les chrétiens que nous ne devons pas juger, comme faisait le pharisien à l’égard du publicain (Luc 18. 10 à 14).

Prenons exemple sur le Seigneur qui « s’est abaissé lui-même » (Phil. 2. 6 à 8). Si nous sommes « tombés », notre état doit produire l’humiliation et la repentance et nous conduira à une humilité habituelle. Rester humble est un exercice quotidien (1 Pier. 5. 5). C’est dans la conscience de la sainteté de Dieu que nous pouvons nous humilier réellement, et confesser nos misères ; « nettoyez vos mains » – vos actions – et « purifiez vos cœurs » souvent doubles dans leurs motivations (v. 8). Zabulon, autrefois, allait à l’armée avec un cœur qui n’était pas double (1 Chron. 12. 33).

Dieu avait dû humilier le peuple durant quarante ans dans le désert, pour lui « faire du bien à la fin » (Deut. 8. 11 à 17). Dieu « habite… avec celui qui est abattu et d’un esprit contrit » (És. 57. 15). Prenons garde à notre cœur naturel, que Dieu estime être « méchanceté en tout temps » (Gen. 6. 5). « Soumettez-vous à Dieu » (v. 7), comme le Seigneur s’y est soumis : nous pourrons alors « résister au diable » qui lance ses dards enflammés : s’il rencontre Christ en nous, il s’enfuira. S’il trouve le monde en nous, nous sommes vaincus d’avance (1 Pier. 5. 8 et 9). Il nous faut revêtir « l’armure complète de Dieu » (Éph. 6. 13).

Dans les tentations, nous devons résister au diable par la force du Seigneur et l’effet de la Parole en nous ; ou fuir, si le danger est trop pressant dans une tentation extérieure, comme le fit Joseph avec la femme de Potiphar (Gen. 39. 7 à 12). Les tentations sont souvent intérieures à nous-mêmes, et naissent dans nos propres cœurs. Et nous y succombons lorsque, au lieu de les haïr et de les rejeter, nous les entretenons dans notre esprit. Que notre cœur soit rempli du Seigneur afin que, occupés de Lui seul, Satan n’ait pas de prise sur nous.

Demandons le secours du Seigneur avec foi, et Il nous aidera. Après le péché d’Adam et Ève, l’accès d’Éden fut fermé pour l’humanité. Mais maintenant, le sacrifice de Christ nous a ouvert le chemin du ciel : alors, « approchez-vous de Dieu et Il s’approchera de vous » (Jac. 4. 8). Le Seigneur nous dit encore : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14. 23).

Nous pouvons nous approcher de Dieu par la prière – nous approcher « avec confiance du trône de la grâce, pour avoir du secours au moment opportun » (Héb. 4. 16) – pour la louange « avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi… » (ch. 10. 22). De manière habituelle, il faut s’approcher et se purifier pour se tenir dans la présence de Dieu, car la grâce n’excuse pas le péché (Ps. 24. 3 et 4 ; Jac. 4. 8). Invité à aller à Béthel où Dieu était apparu à Jacob, celui-ci prend conscience qu’il faut qu’il se purifie avec toute sa famille (Gen. 35. 1 et 2).

De même que Dieu invitait Son peuple : « revenez à moi et je reviendrai à vous » (Mal 3. 7 et 8), Il nous adresse la même invitation : « Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous ». Ce peuple n’avait même plus conscience de l’amour de Dieu pour lui ; il frustrait toujours son Dieu et restait indifférent. Ne nous endurcissons pas dans une indifférence semblable, et méditons les bénédictions abondantes du Seigneur pour ceux qui L’écoutent (Mal. 3. 10). Joseph, alors qu’il se faisait reconnaître de ses frères, leur dit : « Approchez-vous de moi » (Gen. 45. 4). Le Seigneur nous dit la même chose afin de nous bénir.

Nos actes doivent être dictés par les mouvements d’un cœur purifié. Alors le Père et le Fils peuvent manifester leur amour de façon particulière (Jean 14. 23). Le psalmiste demandait : « Sonde-moi, ô Éternel ! et éprouve-moi : examine mes reins et mon cœur » (Ps. 26. 2). Nous sentirons vraiment nos misères si nous nous gardons de toute légèreté quant à notre marche devant Dieu. Alors nous pleurerons sincèrement, peut-être en secret ; mais Dieu « voit dans le secret » (Mat. 6. 6 et 17).

« Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (Mat. 5. 4). Le monde ennemi et le mauvais état de notre cœur bafouent les droits du Seigneur : s’en purifier conduit le Seigneur à répondre à nos prières. « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements » (Joël 2. 12 et 13). Ne nous endurcissons pas comme le peuple, autrefois, au sujet duquel Dieu dut dire à son prophète : « Éphraïm s’est attaché aux idoles : laisse-le faire » (Os. 4. 17).

Les sujets d’humiliation ne manquent pas, en ce qui concerne le monde ou notre propre état : Salomon avait prié pour tous les cas où le peuple pécherait, dans la mesure où « chacun » reconnaîtrait « la plaie de son propre cœur » (1 Rois 8. 28 à 53). « Le juste pèche sept fois le jour ». L’apôtre invite à sentir nos misères et à nous humilier devant le Seigneur (v. 9 et 10) : « Que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse » (v. 9). Notre cœur naturel n’aime pas cela mais, dans ce chemin de douleur, Dieu veut nous élever dans la vie spirituelle. La joie superficielle et le rire factice cachent toujours la tristesse d’un cœur éloigné de Dieu (Prov. 14. 13).

Colossiens 3. 5 à 9, invite à « dépouiller le vieil homme » et ses caractéristiques, afin de « revêtir » le nouvel homme (v. 12 à 15) qui porte les caractères du Seigneur Lui-même.

« Que la Parole du Christ habite en vous richement » (v. 16). Alors : « Réconcilie-toi avec Lui… Reçois l’instruction de sa bouche… Si tu te retournes vers le Tout-Puissant, tu seras rétabli… Tu le supplieras et Il t’entendra et tu acquitteras tes vœux » (Job 22. 21 à 27). La discipline, parfois douloureuse, est toujours nécessaire. Et : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’Il vous élève quand le temps sera venu » (Jac. 4. 10 ; 1 Pier. 5. 6 et 7). Dieu ne veut pas que nous restions accablés par la conscience de notre misère, mais veut nous restaurer, dans l’humiliation, afin que nous goûtions la vraie joie. Abraham étant fortifié par la communion avec Melchisédec, le roi de Sodome n’eut aucune prise sur lui Alors Dieu lui dit : « Abraham, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très grande récompense » (Gen. 14. 18 à 24 ; 15. 1). Dieu prend plaisir à récompenser la fidélité manifestée dans Sa communion.

La médisance est condamnée dans la Parole (Lév. 19. 16 à 18) ; et en Jacques 4, ainsi que dans l’épître de Pierre. Marie est devenue lépreuse pour avoir, avec Aaron, parlé contre Moïse (Nomb. 12). Le peuple fut arrêté sept jours dans sa marche, jusqu’à la restauration de Marie.

Parler « l’un contre l’autre » (Jac. 4. 11) peut revêtir deux formes : la médisance qui repose sur des choses réelles mais que l’on rapporte ; et la calomnie qui est un mensonge volontaire pour faire du mal à quelqu’un. Murmurer contre nos frères, revient à ne pas les accepter tels qu’ils sont, mais sans le déclarer publiquement.

Dès le début de sa marche dans le désert, le peuple, n’acceptant pas ses circonstances conduites par Dieu, murmure contre Son serviteur Moïse (Ex. 15. 24 ; 16. 2). « Pourquoi tentez-vous l’Éternel ? » (Ex. 17. 2 et 3). Le contraire d’une telle attitude envers nos frères, c’est avoir du support pour eux, de les accepter tels qu’ils sont. Nous ne devons pas juger les motifs intérieurs qui, par principe, nous sont inconnus, mais les faits avérés concernant notre frère (1 Cor. 5. 12). « Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés » (Mat. 7. 1 et 2 ; Rom. 2. 1 ; ch. 14).

D’ailleurs, le verset 12 de notre chapitre montre que nous ne devons pas juger les motifs des hommes en général – notre prochain. Dieu seul discerne nos vraies intentions, souvent cachées à nos propres yeux (Héb. 4. 12 et 13). Contrairement à ce que pensait Caïn, chacun de nous doit dire : je suis « le gardien de mon frère » (Gen. 4. 9).

À Corinthe, le mal était public et déshonorait Dieu. L’apôtre leur dit : « Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes » (1 Cor. 5. 13). Cependant, l’amour doit nous conduire à « ramener un pécheur de son égarement » et, ainsi, à « couvrir une multitude de péchés » (Jac. 5. 20), en particulier, en ne les divulguant pas, et en évitant que d’autres péchés semblables ne soient commis par la suite. C’est donc le mal commis et connu que nous devons juger, pour maintenir la gloire de Dieu, et non les motifs des cœurs. Mais avant tout, jugeons-nous nous-mêmes. Matthieu 7. 15, 16 et 21, montre que c’est aux fruits que nous reconnaissons ce qui vient de Dieu ou non. Parler contre son frère, revient à le rabaisser et à nous élever nous-mêmes : c’est le pharisaïsme !

Nous jugeons la loi lorsque, sachant qu’elle interdit de juger nos frères, nous les jugeons quand même, considérant qu’elle n’est pas bonne, sans autorité. Mais Romains 7. 12 dit : « La loi est donc sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon ». Certes, nous ne sommes plus sous la loi, mais elle conserve toute sa valeur morale pour nous, reposant sur l’amour : « L’amour est donc la somme de la loi » (Rom. 13. 10). Le Seigneur n’est « pas venu pour abolir la loi mais pour l’accomplir ».

L’épître de Jacques, écrite parmi les toutes premières, fait transition entre le judaïsme et le christianisme. Elle n’a rien de doctrinal mais trace la vie chrétienne pratique, selon la morale divine. Seul, le Seigneur est à la fois « législateur et juge ». Seul, Il peut sauver en amour ou détruire en justice (ch. 4. 12). Dans ces versets, il peut s’agir d’une destruction disciplinaire du corps, pour un croyant désobéissant ; tandis que la destruction « de l’âme et du corps dans la géhenne » (Mat. 10. 28), parle de la perdition éternelle des incrédules. Juger nos frères sur leurs motifs cachés, c’est usurper la place qui revient au Seigneur seul.

Le dernier paragraphe, nous met en garde quant à la manière qui nous est naturelle, de former des projets sans nous mettre sous la dépendance de Dieu ; notre vie comme nos circonstances ne nous appartiennent pas (v. 14). « Tu m’as donné des jours comme une largeur de main » (Ps. 39. 5). « Ne te glorifie pas du jour de demain, car tu ne sais pas ce qu’un jour enfantera » (Prov. 27. 1). Au faîte de sa gloire et de sa puissance, Nebucanetsar s’est vu ravalé au rang des bêtes, mangeant de l’herbe comme le bœuf (Dan. 4). Dieu seul a tout en main pour Sa gloire et notre bénédiction.

Ne soyons pas comme les moqueurs des derniers temps, qui pensent que « toutes choses demeurent au même état dès le commencement de la création » (2 Pier. 3. 4). Ne soyons pas comme « installés sur la terre » ainsi que le riche de la parabole de Luc 12. 16 à 21, et à qui Dieu dut dire : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? » Notre christianisme ne doit pas revêtir un caractère terrestre, encore moins mondain, mais céleste. Examinons nos voies devant Dieu.

Tous nos projets doivent être placés sous la dépendance de Dieu, de façon réelle dans nos cœurs. Paul disait en Actes 18. 20 : « Il faut absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem ; je reviendrai vers vous, si Dieu le veut ». Mais en Actes 21, l’Esprit Saint, de ville en ville, lui dit de ne pas y aller, mais il y va quand même et là, il se laissera entraîner à faire un vœu. Cet exemple nous met en garde contre notre propre volonté, contraire à celle de Dieu.

Faire des projets à long terme sans se placer sous la volonté divine n’est pas sage : la parabole de Luc 12. 13 à 21, nous le montre. Le chapitre 4 de Jacques montre quelle attitude doit avoir le croyant : s’humilier, se soumettre, chercher la volonté de Dieu. C’était là les caractères du Seigneur Lui-même, sur la terre. « Soumettez-vous donc à Dieu… » (Jac. 4. 7) : le résultat en sera la paix. Vouloir absolument exécuter nos projets ne produit que des troubles.

La « jactance » du v. 16 confine à l’orgueil qui nous est naturel. La « vanterie » que l’on retrouve chez les Corinthiens (1 Cor. 5. 6), n’est « pas bonne ».

Le v. 17 de Jacques 4 montre que le péché ne consiste pas seulement à faire le mal, mais aussi à ne pas faire le bien que nous savons faire. Celui qui sait enseigner a une grande responsabilité, s’il ne le fait pas. Cependant, le v. 17 nous concerne tous, quel que soit notre âge : c’est un péché personnel : « pour lui c’est pécher ». Ne cherchons pas à imiter le service d’un autre frère, mais la neutralité ou la passivité ne conviennent pas non plus au croyant : l’esclave de Luc 12. 47, connaissant la volonté de son maître mais ne l’ayant pas faite, est châtié.

Si nous ne connaissons pas la volonté de Dieu dans un cas particulier, prions avec persévérance et sincérité ; et, quand Il nous la dévoilera, faisons-la. Dans les Juges, au chapitre 5, toutes les tribus étaient conviées au combat, mais Ruben a préféré rester à ses occupations, et la Parole stigmatise cette indifférence. « Je veux que tu insistes sur ces choses, afin que ceux qui ont cru Dieu s’appliquent à être les premiers dans les bonnes œuvres » (Tite 3. 8 et 14). « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17).

Au v. 13 du chapitre 4, l’apôtre s’adresse à des croyants vantards agissant selon leurs propres pensées. Au ch. 5. 1 à 6, il s’adresse à des riches quant au monde, qui sont sans Dieu, mais probablement au milieu des chrétiens. Ils faisaient souffrir les fidèles en les spoliant de leur dû (v. 4) et vivaient dans les délices et les voluptés. « Malheur à celui… qui se sert pour rien de son prochain, et ne lui donne rien pour son travail » (Jér. 22. 13). Mais, par-dessus tout, ils avaient « mis à mort le Juste », le Seigneur. Quant aux « frères », (v. 7 et 8), il les exhorte, dans les épreuves, à prendre patience jusqu’à la venue du Seigneur.

Ch. 5

L’apôtre ne mélange pas les catégories de ceux à qui il s’adresse : « A vous maintenant, qui dites… » (ch. 4. 13). « A vous maintenant, riches… » (ch. 5. 1). Ces paroles peuvent aussi s’adresser à des croyants riches qui abuseraient de leurs richesses vis à vis de leurs employés. L’argent lui-même n’est pas condamnable, mais bien le mauvais usage qu’on peut en faire. Dieu ne blâme pas un Abraham, un Barzillaï, un Joseph d’Arimathée qui, tous les trois, étaient riches ; parce qu’ils usaient de leurs richesses selon Dieu.

Le Seigneur, le vrai riche, a vécu dans la pauvreté afin de nous enrichir (2 Cor. 8. 9). Les frères riches ne doivent pas ressembler aux riches du monde (Jac. 2. 5 à 7). Plutôt que les richesses terrestres qui sont éphémères (Prov. 23. 4 et 5), et nous conduisent vers toutes sortes de maux (1 Tim. 6. 9 et 17 ; Prov. 11. 28 ; 30. 8), convoitons les richesses spirituelles. Ces riches avaient « amassé un trésor dans les derniers jours » (v. 3). Peu d’années plus tard, le peuple allait être dispersé et Jérusalem détruite. Nous vivons, nous aussi, les derniers temps avant la venue du Seigneur : il n’est plus temps de penser aux richesses terrestres. « Une sainte conduite » « la piété », hâter « la venue du jour de Dieu » doivent caractériser le croyant (2 Pier. 3. 11), dans une vraie attente du Seigneur qui a dit : « Je viens bientôt » (Apoc. 3. 11 ; 22. 7 et 20).

Ces versets mettent en évidence la puissance du Seigneur qui entend les cris des opprimés et y répondra. « Le Seigneur Sabaoth » désigne l’Éternel de l’Ancien Testament qui commande à ses armées célestes – ses anges. « L’armée des cieux t’adore » (Néh. 9. 6). Au contraire, dans Jér. 33. 22, il s’agit de l’ensemble des astres. Dans le Nouveau Testament, ce Nom de l’Éternel des armées est indiqué une autre fois en Romains 9. 29. Rien n’échappe aux yeux de Dieu : « Malheur » à ceux qui trompent leurs semblables, les volent, les frustrent de leur salaire, tardent à les payer ou les emploient pour rien (Lév. 19. 11 à 13 ; Jér. 22. 13). « Malheur à ceux qui sont à l’aise en Sion » (Amos 6. 1 à 6).

Vivons « sobrement » quant à nous-mêmes, « justement » quant à notre prochain et « pieusement » quant à Dieu (Tite 2. 12). Gardons-nous de penser comme les Juifs d’autrefois qui disaient : « Quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Éternel et c’est en eux qu’Il prend plaisir. Et où est le Dieu de jugement ? » (Mal. 2. 17) Du temps de Néhémie, les Juifs revenus de captivité réduisaient à la servitude leurs frères pauvres (Néh. 5. 1 à 9). Cette manière d’agir est contraire à la pensée de Dieu. Ces versets s’adressent à tous. Dans ses champs, Boaz recommandait aux moissonneurs de laisser tomber volontairement « des épis, des poignées » afin que Ruth puisse en amasser beaucoup. C’était un homme juste.

Le v. 5 de notre chapitre rappelle la parabole de Luc 16. 19 à 25 : le riche avait vécu dans les délices et, en hadès, il était tourmenté. Lazare, pauvre dans sa vie, était recueilli dans le sein d’Abraham et goûtait la félicité éternelle. Matthieu 6. 24 rappelle que nous ne pouvons servir Dieu et Mammon – le dieu des richesses. Soyons contents de ce que le Seigneur nous accorde. Le Seigneur, le pauvre par excellence, a dit prophétiquement : « Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux » (Zach. 11. 12 et 13). Il s’est dépouillé de Ses prérogatives divines pour nous enrichir des richesses célestes. Attachons-nous à ces trésors d’en haut qu’Il nous réserve. La justice pratique dans laquelle le Seigneur a marché condamnait les Juifs et le faisait haïr des chefs du peuple. Nous devons vivre selon les mêmes principes.

Dieu prend grand intérêt aux pauvres (Mat. 11. 5 ; Luc 4. 18 ; 6. 20). Mépriser les pauvres, c’est mépriser Dieu. Nous devons manifester « la douceur » qui n’insiste pas sur ses droits (Phil. 4. 5), et cela, avec la « vérité dans l’homme intérieur », et non comme les disciples, et Judas en particulier, qui s’indignaient de la « perte » du parfum répandu sur le Seigneur, feignant de s’intéresser aux pauvres, alors que Judas « était voleur » ! (Mat. 26. 6 à 9).

Au v. 7 de notre chapitre, l’apôtre s’adresse de nouveau à ses « frères » et les exhorte à la patience (dont le mot vient de : pâtir, souffrir) ; et cela en vue de la venue du Seigneur (v. 8). Il s’agit, ici, de la solennité de l’action du Seigneur, en Son temps, pour délivrer les Siens qui souffrent, et pour exercer le jugement.

L’exemple du « laboureur » (v. 7) qui attend les fruits avec patience, montre que les épreuves auront leur fin à la venue du Seigneur. Les versets 7 et 9 sont liés avec le v. 11 du ch. 4 : patience dans la soumission au Seigneur et dans le support mutuel. « Le Seigneur est patient envers tous » (2 Pier. 3. 9), nous devons l’être aussi. A Philadelphie, Il dit : « Tu as gardé la parole de ma patience » (Apoc. 3. 10).

C’est la vérité révélée de Sa venue proche, en délivrance pour les Siens opprimés, en attendant que les actions de tous soient manifestées. « Ne murmurez (gémissez) pas les uns contre les autres, frères » (v. 9) : gémir ainsi, montre que l’on se supporte mal les uns les autres : c’est cette fâcheuse tendance que nous devons juger, chacun pour soi-même, et non juger nos frères. Soyons affermis dans nos cœurs (v. 8), « car la légère tribulation d’un moment, opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire, nos regards n’étant pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas… qui sont éternelles » (2 Cor. 4. 17 et 18).

La patience du laboureur qui laboure, sème et attend la maturité des fruits, nous est donnée en exemple. Les pluies de la première saison assurent la germination des grains semés, et celles de la dernière saison produisent l’abondance des fruits. Dans la Parole, la pluie est souvent symbolique de la bénédiction céleste. Ici (Jac. 5. 7), la bénédiction d’Israël, à la fin des temps, est prophétisée en Osée 6. 3 ; Ps. 84. 6 : c’est la pluie de la dernière saison. Mais Joël 2. 23, 28 et 29, annonce les premières et les dernières bénédictions sur le résidu fidèle d’Israël.

En ce qui concerne l’Église, la descente du Saint Esprit sur les disciples (Act. 2), représente la première bénédiction sur elle, la pluie de la première saison : le Saint Esprit remplissant les disciples fait germer la Parole du Seigneur qu’ils avaient reçue – mais pas comprise jusque-là. Pierre cite la prophétie de Joël (v. 17 et 18), et sa première prédication, amène trois mille âmes au Seigneur ! La dernière bénédiction pour l’Église – sa dernière pluie assurant le plein fruit à la gloire de Dieu -, interviendra lorsque le Seigneur l’enlèvera pour être toujours avec Lui.

Héb. 12. 6 à 11 exhorte à la patience, dans la discipline du Seigneur, patience reposant sur la foi pratique qui doit se manifester dans la vie des chrétiens. En attendant d’être « manifestés au tribunal de Christ » (2 Cor. 5. 10), soyons persévérants et longanimes dans l’épreuve. Les prophètes (v. 10), sont des exemples de patience dans les souffrances qu’ils enduraient de la part du peuple (Mat. 23. 34). De même, un chrétien fidèle montrant Christ dans sa vie, n’est pas supporté par le monde (Mat. 5. 11 ; Jac. 1. 12). La fin de l’épître est centrée sur la patience et la prière.

Le v. 12 rappelle l’enseignement du Seigneur en Mat. 5. 33 à 37.

Job, dans ses épreuves, montre une patience qui aboutira à une double bénédiction. Dieu a permis que Satan l’éprouve, non en punition contre un péché caché (Job 1. 1 et 8 ; 2. 3), mais pour lui apprendre à ne plus se confier en sa propre justice. Dans une mesure, Job a perdu patience devant l’attitude de ses amis qui n’ont pas eu une parole de consolation (ch. 2. 11 à 13). Aux chapitres 3 et suivants, une dispute « théologique » éclate entre Job et ses « consolateurs fâcheux » qui osent l’accuser de péchés cachés.

Cependant, si Job conteste avec ses amis, il ne discutera pas avec Dieu lorsqu’Il s’adressera directement à lui (chapitre 38 et suivants). L’intervention directe de Dieu lui ouvre les yeux ; il reconnaît son indignité et se soumet de tout cœur à Dieu : « Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : c’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (ch. 42. 5 et 6).

Puis, à la fin, Dieu lui rendra justice contre les idées de ses amis, pour lesquels il devra prier pour qu’ils soient pardonnés de ne « pas avoir parlé de Dieu comme il convient, comme mon serviteur Job » (ch. 42. 7). Enfin, il sera doublement béni dans ses biens (v. 10 à 12). Mais la grâce de Dieu lui donne sept fils et trois filles, comme auparavant, comme s’il les recevait par la résurrection (v. 13). Dieu ne l’a pas éprouvé au-delà de ce qu’il pouvait supporter (1 Cor. 10. 13). Pourtant, Job, durant son épreuve, ne s’est guère appuyé sur Dieu, qu’il pensait être contre lui. Quant à nous, appuyons-nous sur le Seigneur dans nos épreuves, afin qu’Il nous bénisse. Bien que Job ait beaucoup lutté avant de céder à Dieu, son livre montre que Dieu « discipline ceux qu’Il aime » (Héb. 12. 7) : ne méprisons pas la discipline du Seigneur et ne perdons pas courage, car Il nous aime (v. 5).

Les circonstances de Paul étaient souvent pénibles, mais ils les a vécues avec le Seigneur (Phil. 4. 12 et 14). Il avait reçu « une écharde pour la chair » afin de le prévenir de tout orgueil. La grâce est toujours suffisante, de sorte que Paul, dans son infirmité, parlant de lui-même et non des autres, laissait toute la place à la puissance du Seigneur (2 Cor. 12. 1 à 10).

Tout sert, entre les mains de Dieu, pour notre bien (Rom. 8. 28). « Pour te faire du bien à la fin » (Deut. 8. 1 à 16). Si nous sommes exercés ainsi dans les épreuves endurées avec patience, il y aura « le fruit paisible de la justice » (Héb. 12. 11).

L’apôtre reprend l’enseignement du Seigneur (Mat. 5. 33 à 37), concernant les serments. Le sermon sur la montagne sera la règle morale en vigueur durant le millénium, mais les chrétiens ne doivent pas jurer, car un jugement de Dieu s’y rattache (Jac. 5. 12). Cependant, nous sommes tenus de « prêter serment » devant la justice des hommes, si nous y sommes appelés. Le Seigneur Lui-même, ayant entendu « la voix d’adjuration » de la bouche du souverain sacrificateur, y a répondu afin d’obéir à la loi (Lév. 5. 1 ; Mat. 26. 63 et 64).

Nous devons être connus comme ayant une parole vraie et ferme : « Que votre oui soit oui, et votre non, non ». L’importance de ces exhortations est soulignée par ces mots : « Mais avant toutes choses… » (v. 12) : la vérité dans nos bouches doit passer avant tout.

Dans l’Ancien Testament, si un Juif faisait un vœu, il était tenu de le respecter (Nomb. 30. 3), car le peuple était mis à l’épreuve. Pour nous, prononcer un serment serait un acte de propre volonté condamnable, surtout si l’on jurait par le ciel ou par tout ce qui touche à Dieu : ce serait prendre Son nom « en vain » (Ex. 20. 7). Pierre a renié son Maître « avec serment » (Mat. 26. 72) ; «… alors il se mit à faire des imprécations et à jurer » (v. 74). Jurer est une prérogative de Dieu car Il est tout-puissant et Il peut dire : « J’ai juré par moi-même… » (Gen. 22. 16), car personne n’est au-dessus de Lui. Il avait juré de donner le pays de Canaan au peuple (Deut. 1. 34) ; et juré de détruire la génération rebelle (Deut. 2. 14).

Si, en disant la vérité, nous ne sommes pas crus, montrons-nous « patients dans les tribulations, persévérants dans la prière » (Rom. 12. 12). « Ne vous vengeant pas vous-mêmes… mais laissez agir la colère, car il est écrit : à moi la vengeance, moi je rendrai, dit le Seigneur » (cf. v. 19 ; 1 Pier. 2. 23 ; Ps. 37. 5 et 6). Persécuté par Ses « adversaires », le Seigneur priait (Ps. 109. 4). Puis, nous sommes exhortés à faire du bien à nos ennemis (v. 20). Laissons le Seigneur s’interposer entre nous et nos circonstances, afin que la foi ne soit pas fluctuante.

Dans la joie, chantons des cantiques ensemble (Éph. 5. 19 ; Col. 3. 16) – mais aussi dans nos circonstances personnelles, comme Paul et Silas (Act. 16. 25). Les apôtres persécutés, en Actes 5. 41, « se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom ». Que la joie du Seigneur remplisse notre cœur en tout temps, car Sa présence fait du bien.

Si la maladie, ou un accident, sont une conséquence de l’entrée du péché dans le monde, ils ne sont pas forcément un châtiment personnel. Ils peuvent être envoyés par Dieu pour nous apprendre quelque chose que nous n’apprendrions pas sans cela. Il est vrai qu’ils peuvent être une conséquence d’un péché déterminé non confessé (1 Cor. 11. 29 et 30). Dieu, par ce moyen, peut aussi éprouver notre foi (Phil. 2. 25 à 30). Dieu envoie parfois des maladies préventives, pour brider la chair dont les manifestations non réfrénées ruineraient la vie spirituelle d’un chrétien (2 Cor. 12. 7 à 12). Mais alors, comme l’Apôtre Paul, assimilons la leçon pour notre profit.

On ne doit pas « imposer » à Dieu une guérison. C’était aux anciens, appelés auprès du malade, à discerner si Dieu voulait le guérir ou non. Paul avait « laissé Trophime malade » (2 Tim. 4. 20). Il n’y a plus d’anciens désignés, comme du temps où l’autorité du Seigneur s’exerçait par l’intermédiaire des apôtres. Mais il y a encore des frères qui sont « à la tête », et dont la vie habituelle et la discrétion doivent inspirer la confiance. C’est eux, s’ils sont spirituels, qui doivent discerner la pensée du Seigneur pour demander la guérison du malade ou non. Oindre le malade d’huile consiste à apporter ce qui vient du Seigneur : entourer le malade de prières et d’une atmosphère de sainteté pratique par le Saint Esprit.

Sans doute, de nos jours, nous n’appelons pas suffisamment les frères à notre aide, dans les difficultés et les maladies.

L’onction d’huile était une coutume juive, concernant la purification des lépreux (Lév. 14. 16 et 17). On oignait d’huile aussi les sacrificateurs, le jour de leur consécration (Lév. 8. 1, 2, 12 et 30), et les rois. Les disciples, envoyés en mission par le Seigneur, guérirent des infirmes et chassèrent des démons après les avoir oints d’huile (Marc 6. 12 et 13). L’huile n’avait pas de vertu de guérison, mais elle était administrée au nom du Seigneur. En Jacques, il est surtout question de la prière de la foi des anciens, et c’est elle qui guérissait le malade (v. 14 et 15). Mais il leur fallait discerner si Dieu voulait guérir ou non le malade. Pour cela, trois conditions spirituelles étaient indispensables : une foi ferme (Jac. 1. 6) ; demander selon la volonté du Seigneur (1 Jean 5. 14) ; enfin, vivre en communion habituelle avec Dieu (Jean 15. 17). L’huile est un symbole du Saint Esprit agissant en sanctification.

Jacques écrivait aux douze tribus dans la dispersion (ch. 1. 1). Les premiers chrétiens, tous Juifs tout d’abord, ont eu, durant quelques années, beaucoup de difficultés à se séparer des coutumes judaïques.

Ici, oindre le malade d’huile signifie pour nous : l’entourer d’une atmosphère de sainteté pratique : les frères appelés à son chevet doivent être, eux-mêmes, sanctifiés, avoir à cœur de lui présenter la Parole, et surtout de prier pour lui et avec lui. Il peut s’agir d’une maladie consécutive à un péché non confessé. Nous devons confesser nos fautes afin d’être guéris, non « aux anciens », ce qui pourrait être assimilé à un clergé, mais « l’un à l’autre ». Alors il y avait le pardon (v. 15). Dieu seul peut pardonner les péchés (Ps. 103. 3). Ici, il s’agit d’un pardon « administratif » pour un croyant (Jean 20. 23).

Cependant, certains péchés nécessitent l’action directe de l’assemblée. Confesser et prier relèvent de la vérité et de l’amour. Ces relations-là ne se trouvent plus beaucoup parmi nous. Plutôt qu’à la bonne réputation, nous devrions tenir à une bonne conscience devant Dieu. Se confesser à quelqu’un suppose qu’on ait une grande confiance en la discrétion du frère en qui l’on se confie. Cette épître nous met sévèrement en garde contre l’usage inconsidéré de ce que nous disons. Ces versets nous montrent un moyen simple et saint pour la guérison du corps et la restauration de l’âme (1 Cor. 11. 26 à 32).

Une maladie peut n’être qu’une participation aux conséquences du péché dans le monde, car les soins divins passent aussi par la souffrance : les malheurs de Job l’avaient rapproché de Dieu (Job 42). La puissance de la prière d’un croyant marchant dans la justice pratique « peut beaucoup » (v. 16).

L’exemple d’Élie nous encourage à prier avec une foi puissante. Dans ses circonstances, Élie répondait aux exigences essentielles pour être exaucé : foi, communion, discernement (1 Rois 17 ; 18) – en particulier, en ce qui concernait le peuple qui s’était détourné de son Dieu (Deut. 11. 16 et 17). Mais si l’on revient à Dieu, il y a de la bénédiction pour nous : la pluie (v. 18), et du fruit pour Dieu.

Les soins d’amour que l’on doit avoir pour un croyant qui s’égare de la vérité (v. 19), couvriront « une multitude de péchés » (v. 20 ; 1 Pier. 4. 8) ; Il ne s’agit pas d’indulgence coupable qui ferme les yeux sur le péché d’un frère, mais, après la confession, de ne plus voir le péché confessé. Ou, envers un pécheur inconverti (v. 20), « il sauvera une âme de la mort ». En ce qui concerne un croyant, on pense à la mort physique comme discipline (Rom. 8. 13), car l’aboutissement du péché place la mort devant l’homme. Mais Dieu efface le péché confessé et pardonné : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 8. 12 ; Ps. 32. 1).

Écrite dans les premiers temps du christianisme, cette épître s’adresse aux Juifs devenus chrétiens, parmi lesquels se trouvaient des professants sans vie. Il leur a été difficile de se libérer des coutumes juives : par conséquent, certains versets présentent, pour nous, quelques difficultés que l’Esprit de Dieu éclaire. L’épître ne parle pas de doctrine, mais essentiellement de la vie chrétienne pratique. Gardons précieusement ses exhortations.

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac