BERACA 32 : JOSUÉ

La grande victoire à Jéricho a été donnée par l’Éternel. Le peuple a fait sa part dans l’obéissance et dans l’action. Selon la parole de l’Éternel, les hommes armés ouvraient la marche, ensuite venaient les sept sacrificateurs portant les sept trompettes, puis ceux qui portaient l’arche de l’alliance ; le peuple fermait la marche. Une fois par jour, pendant six jours, la procession fit le tour de la ville murée, et le septième jour, sept fois. Au son des trompettes et aux cris des Israélites, les murs s’écroulèrent.

Rahab et ceux qui s’étaient réfugiés chez elles furent épargnés. « Et les jeunes hommes, les espions, entrèrent et firent sortir Rahab, et son père, et sa mère, et ses frères, et tous ceux qui étaient à elle ; ils firent sortir toutes les familles des siens » (Jos. 6. 22 et 23). La foi de cette femme et son témoignage, dans la discrétion, eurent un impact sur son entourage. C’était semblable au jour où, en Égypte, les fils d’Israël mirent le sang sur les poteaux et les linteaux des portes. Il fallait la foi pour entrer dans la maison de Rahab et attendre la délivrance. « Par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas avec ceux qui n’avait pas cru, parce qu’elle avait reçu les espions en paix » (Héb. 11. 31). Soyons de ceux qui avertissent du jugement à venir les âmes que nous côtoyons, afin qu’elles se mettent à l’abri du sang de Christ. N’y avait-il pas un « cordon d’écarlate » à la fenêtre ? (Jos. 2. 21). Le cordon de fil écarlate parle « du sang précieux de Christ » par lequel nous sommes rachetés.

Les fils d’Israël devaient porter « un cordon de bleu » attaché à leur vêtement. Sa présence leur rappellerait « tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les fassiez, et que vous ne recherchiez pas les pensées de votre cœur, ni les désirs de vos yeux, après lesquels vous vous prostituez » (Nomb. 15. 38). Cette image, pour nous croyants, dans la période de la grâce, nous dit que nous appartenons à Celui qui a connu la mort pour nous sauver et qui est glorifié dans le ciel. Le cordon de bleu parle à nos cœurs du ciel : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez à ce qui est en haut, non pas à ce qui est sur la terre ; car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3. 1 à 3).

Dès que les murs de Jéricho tombèrent, les Israélites durent détruire la ville, ses habitants et les animaux ; seuls « l’argent, et l’or, et les vases d’airain et de fer » pouvaient être conservés car « ils seront saints, consacrés à l’Éternel : ils entreront dans le trésor de l’Éternel » (Jos. 6. 19). Tout le reste de ce que contenait la ville était anathème (ou frappé de malédiction).

La victoire si facile à Jéricho fit que pour la prise d’Aï, une petite ville, on ne consulta pas l’Éternel. Ceux qui explorèrent les lieux estimèrent que ce serait une prise facile. Alors, « il y monta du peuple environ trois mille hommes ; mais ils s’enfuirent devant les hommes d’Aï (Jos. 7. 4). À cette nouvelle, Josué et les anciens sont dans l’humiliation. « Et Josué déchira ses vêtements, et tomba sur sa face contre terre, devant l’arche de l’Éternel, jusqu’au soir… » (v. 6).

Que s’était-il passé ? « Et l’Éternel dit à Josué : Lève-toi ; pourquoi te jettes-tu ainsi sur ta face ? Israël a péché, et même ils ont transgressé mon alliance que je leur avais commandée, et même ils ont pris de l’anathème, et même ils ont volé, et même ils ont menti, et ils l’ont aussi mis dans leur bagage » (v. 10 et 11). Ce fait est mis à découvert et Acan doit confesser : « En vérité, j’ai péché contre l’Éternel, le Dieu d’Israël, et j’ai fait telle et telle chose : j’ai vu parmi le butin un beau manteau de Shinhar, et deux cents sicles d’argent, et un lingot d’or du poids de cinquante sicles ; je les ai convoités, et je les ai pris ; et voilà, ils sont cachés dans la terre, au milieu de ma tente, et l’argent est dessous » (Jos. 7. 20 à 22).

« L’Éternel invite Josué à se lever et à comprendre la raison de la défaite : Quelque chose n’est pas en ordre au milieu du peuple. L’anathème, autrement dit le péché, empêche Dieu de combattre en faveur des Siens. Grande leçon pour chacun de nous ! Notre conscience est comme le camp d’Israël. Une faute que nous cachons, que nous refusons de confesser aux hommes et à Dieu, nous prive de Sa communion, sans laquelle un chrétien est battu d’avance. Chose plus grave encore : il s’agit du grand Nom que nous portons (v. 9), celui de Christ, qui sera déshonoré par notre défaillance. « Que feras-tu pour ton grand nom ? » est une prière intelligente. Celui qui parle ainsi sait faire passer la gloire de Dieu avant ses propres intérêts. « Aide-nous, ô Dieu de notre salut ! à cause de la gloire de ton nom ; et délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom », demandera Asaph au Ps. 79. 9.

Le péché caché était la principale raison de la défaite sévère essuyée par Israël. Mais celle-ci avait aussi un autre motif. La victoire de Jéricho avait manifestement donné au peuple confiance en lui-même. Chose d’autant plus surprenante qu’il s’agissait alors d’un miracle ! Quelle était la part d’Israël dans la destruction de la terrible forteresse ? Mais que de fois nous ressemblons à ce peuple ! Quand le Seigneur nous a délivrés d’une situation difficile, au lieu de nous appuyer davantage sur Lui pour l’épreuve suivante, nous cessons d’éprouver le besoin de Son secours. Et c’est la chute ! D’autre part, notre cœur est ainsi fait que, si pour de grandes difficultés nous sommes prêts à nous confier en Dieu, pour les petites nous estimons souvent pouvoir nous en tirer tout seuls. L’histoire de la prise d’Aï nous apprend que nous avons un besoin continuel du Seigneur. Au lieu des trois mille soldats prévus, il en faut dix fois plus avec une manœuvre compliquée. La restauration est toujours une opération longue et pénible. À Jéricho, le peuple devait apprendre à connaître la puissance de Dieu ; à Aï, il est nécessaire qu’il fasse l’expérience de sa propre faiblesse » (J.K.).

À quatre reprises importantes : « Josué se leva de bonne heure le matin ». Dans l’épreuve, l’Éternel l’encourage : « Ne crains point, et ne t’effraye point ». S’il y a eu la défaite à Aï et un jugement dans la vallée d’Acor, l’Éternel accorda au peuple d’autres victoires. Les fidèles en Israël, dans un jour proche, traverseront la grande tribulation, et recevront « la vallée d’Acor pour une porte d’espérance » (Osée 2. 15). Jour après jour, confions-nous dans le Seigneur.

ÉTUDE SUR L’ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS

Ch. 1

Venu à Éphèse pour la première fois en Actes 18, Paul y séjournera plus longtemps au ch. 19, prenant soin des croyants qui s’y trouvaient.

Comme des Juifs disaient du mal de la « voie », Paul sépara les disciples d’avec eux. Éphèse contenait le temple de Diane procurant un commerce lucratif aux artisans, et la prédication de l’évangile occasionna de grandes difficultés à Paul.

Au ch. 20, Paul repart d’Éphèse et convoque les anciens de l’assemblée, les mettant en garde contre les dangers intérieurs et extérieurs, disant qu’ils ne verraient plus son visage. L’épître a été écrite depuis la prison, car son ministère n’était pas terminé.

La hauteur de la pensée de Dieu, dans l’épître aux Éphésiens, nous révèle la grandeur de Son Fils en qui nous sommes vus, conséquence de Son œuvre à la croix. L’apôtre avait révélé « tout le conseil de Dieu » aux Éphésiens (Act. 20. 27), avec des exhortations pratiques complétant la partie doctrinale.

Cette épître nous révèle le « mystère » des nations « cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus » (ch. 3. 6). Après l’introduction (v. 1 et 2), une doxologie complète s’élève (v. 3) ; ensuite, le travail du Père (v. 4 à 6) ; celui du Fils (v. 7 à 12) ; enfin, celui du Saint Esprit (v. 13 et 14).

L’apôtre révèle une série de bénédictions. Il nous a élus, prédestinés, rendus agréables, Il nous donne la rédemption, Il nous fait connaître le mystère de Sa volonté, Il nous a faits héritiers, Il nous a scellés du Saint Esprit, Il nous donne l’Esprit de sagesse. Ces révélations élevées convenaient à l’heureux état des Éphésiens qui, en Apocalypse 2, recevront pourtant une sérieuse admonestation du Seigneur, car ils avaient « abandonné leur premier amour ». Qu’en est-il de nous ? Restons dans la proximité du Seigneur, afin d’acquérir la vraie connaissance (1 Cor. 8. 1 à 3 ; Ps. 25. 14), et « n’attristons pas le Saint Esprit ».

Les versets 3 à 14, nous placent sur le terrain de la « louange de la gloire » « du Dieu et Père du Seigneur Jésus Christ », puis du « Bien-Aimé » et enfin du « Saint Esprit » (v. 6, 12 et 14). Ensuite, nous trouvons une des prières de l’apôtre ; la deuxième se trouve au ch. 3. 14 et suivants. Le sujet reprend au ch. 2.

Marchons fidèlement pour saisir la hauteur spirituelle de telles pensées pratiques (ch. 4, 5 et 6) ! En contraste avec la marche d’autrefois (ch. 2. 1 à 3), progressons « jusqu’à l’état d’hommes faits » (Éph. 4. 13), car « l’appel de Dieu », en relation avec Ses conseils, change tout.

Paul, le petit, mais envoyé de Dieu (Gal. 1. 1 et 15), plein d’amour pour les Juifs, est pourtant apôtre des nations ; tandis que Pierre, ayant ouvert l’évangile aux mêmes nations, est resté l’apôtre des Juifs.

L’épître s’adresse « aux saints » – par position (v. 4), et « fidèles » – par notre marche : soyons fidèles afin que nos cultes soient spirituels. Gardons-nous de l’esprit des nations (ch. 4. 17 à 19), car notre position est « en Christ ».

Dans l’épître aux Colossiens, Lui est vu « en nous » (Col. 1. 27). Dieu nous voit déjà « en Christ », « dans les lieux célestes », position intouchable. Paul, ici, loue Dieu dès le début ; mais il s’interrompt parfois pour le louer !

« Je vous exhorte donc… à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés » (ch. 4. 1).

Nous louons « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » qui, maintenant est devenu notre Dieu et notre Père (Jean 20. 17), à cause du travail de Dieu, du Seigneur et du Saint Esprit, car Il nous a « élus » (v. 4), « prédestinés à l’adoption » (v. 5), par la « rédemption » (v. 7). Devant tant de riches bénédictions de Dieu, notre louange Lui est due, car « tout vient de toi, et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 11 à 14). Comme l’apôtre, souvenons-nous d’où nous avons été tirés, et louons Dieu.

Sur la terre, bien qu’Il ait été Dieu Lui-même, le Seigneur connaissait Dieu comme Son « Dieu et Père » ; nous-mêmes, élus en Lui, nous sommes enfants de Dieu et avons une relation de fils et de filles.

Le verset 3 met l’accent sur la plénitude de la bénédiction spirituelle en Christ. Sous la loi, le peuple avait des bénédictions terrestres, mais les nôtres sont célestes, et notre culte répond à ce caractère (Héb. 13. 15). « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni homme ni femme, ni esclaves ni hommes libres » (Gal. 3. 28) : nos bénédictions sont en Christ. En Éphésiens, Dieu donne, par grâce, par la foi (ch. 2. 8) – notre responsabilité, c’est de ne pas mettre nos cœurs aux richesses de ce monde (Mat. 6. 19 et 20). Col. 3. 1 à 3 et Phil. 4. 8 et 9, nous invitent à être occupés des choses d’en haut. Dieu nous a élevés très haut après nous avoir sauvés : nos bénédictions sont pour nous une source de paix et de joie, et pour Dieu, un motif de gloire.

Notre héritage céleste est en Christ (v. 11), et nous jouissons déjà des arrhes par le Saint Esprit (v. 14). Christ est dans les cieux (v. 3 et 10) ; « au-dessus » de toute puissance établie (v. 21) ; « assis dans les lieux célestes » (ch. 2. 6).

Au ch. 3. 10, « la sagesse divine » est donnée à connaître dans les lieux célestes, et Christ est « celui qui est monté au-dessus de tous les cieux » (ch. 4. 10). Or, si nos bénédictions sont spirituelles et célestes, nos combats sont aussi spirituels, et dans les cieux où sont les puissances de méchanceté (Éph. 6. 12), bien que nous soyons encore soumis aux contingences matérielles. C’est dans le ciel que nous contemplons le Seigneur, le centre des propos de Dieu, « l’Agneau préconnu dès avant la fondation du monde » (1 Pier. 1. 20), mais destiné à réunir en Lui, toutes choses durant Son règne (Éph. 1. 10).

Vivons dans cette perspective, car Dieu nous a « élus en Lui, avant la fondation du monde », choisis, prédestinés… adoptés comme des fils, selon le « bon plaisir de sa volonté » (v. 9 à 11 ; És. 46. 9 et 10). Alors, regardons « devant » et « courons droit au but » (Phil. 3. 14). Dieu ne veut damner personne, mais les incrédules se préparent eux-mêmes à la destruction (Rom. 9. 22), tandis qu’Il prépare Lui-même les « vases de miséricorde » pour manifester sa gloire (v. 23). Dieu connaît d’avance ceux qui répondront à Son appel, et Il a le pouvoir de nous « placer irréprochables devant sa gloire » (Jude 24). Héritiers de Dieu, obéissons à Sa Parole (Éph. 6. 1).

« Dieu… nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel… selon son propre dessein, et sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles » (1 Tim. 1. 9).

En Romains 8. 29 et 30, Dieu révèle les grandes lignes de Son plan de grâce : Il nous a « préconnus », « prédestinés à être conformes à l’image de son Fils », « appelés », « justifiés », « glorifiés ». Ayant préconnu que nous accepterions Sa grâce, Il nous a adoptés par Jésus Christ. L’amour de Dieu veut sauver tous les hommes, mais notre responsabilité d’accepter Sa grâce reste entière (Jean 3. 16).

En Luc 14. 23, Dieu dit dans une parabole : « contrains les gens d’entrer ». Matthieu 25. 31 à 46 dévoile la destination opposée des croyants et des incrédules. Le diable, ses anges, et ceux qui refusent la grâce seront jetés dans l’étang de feu. Ainsi, la souveraineté de Dieu est affirmée par rapport à l’homme responsable, même si : « Dieu est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

Vases de miséricorde, Il nous a préparés pour la gloire (Rom. 9. 23), et Lui-même, « il sera glorifié dans ses saints, et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10). L’élection du croyant, dès avant la fondation du monde, secret de la famille de Dieu, n’est révélée qu’à l’intérieur de la maison du Père.

Le plan éternel divin se réalise pleinement en Jésus Christ, « à la louange de sa gloire » (v. 6, 12 et 14). « Conduits par l’Esprit de Dieu, nous sommes fils de Dieu » (Rom. 8. 14), car nous avons été graciés. Les anges sont des serviteurs irréprochables devant Dieu, mais seuls, les croyants également serviteurs, sont des fils : c’est là, « la richesse de sa grâce » (v. 7) ; l’adoption est la réception de la position de fils comme don.

Le fils prodigue de Luc 15, confesse son indignité, mais son père le revêt de « la plus belle robe ». Le Seigneur Jésus, « premier-né entre plusieurs frères », est le Fils unique, et jouit de l’héritage comme un fils adulte partageant les pensées du Père, tandis que, enfants adoptifs et cohéritiers de Christ, nous n’en jouissons que comme « des enfants en bas-âge » (Gal. 4. 1 à 3).

Satan nous accuse devant Dieu si nous marchons mal, mais notre position est intouchable car nous sommes « rendus agréables dans le Bien-Aimé », étant revêtus de Lui, comme la peau de l’holocauste revenait au sacrificateur (Lév. 7. 8). Le Seigneur intercède pour nous, comme l’Ange de l’Éternel intercédait pour Joshua (Zach. 3. 1 et 2). La bien-aimée du Cantique des cantiques était « noire » mais « agréable ».

Disons avec le psalmiste : « Vois, ô Dieu ! et regarde la face de ton oint » (Ps. 84. 9). Par la rédemption, nous sommes en Christ, le Fils de Dieu en qui Il a « trouvé son plaisir » (Mat. 3. 17). Dieu a payé notre rachat en donnant Son Fils. La rédemption n’était possible qu’à ce prix, et toutes les bénédictions spirituelles et célestes en découlent. « Il plut à l’Éternel de le meurtrir, il l’a soumis à la souffrance » (És. 53. 10). « Vous êtes rachetés de votre vaine conduite… par le sang de Christ » (1 Pier. 1. 18 à 20). « Vous vous êtes vendus pour rien et vous serez rachetés sans argent » (És. 52. 3) – rachetés par le sang de Christ.

« Les gages du péché c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rom. 6. 23).

« Agréables dans le Bien-Aimé » (v. 6), pensée similaire à « Toi que Dieu fait jouir de sa faveur » (Luc 1. 28). C’est le fruit du travail de Christ (v. 7 à 12). Le Seigneur est, Lui, « le Bien-Aimé » ; mais nous-mêmes étant « en Lui », nous sommes, nous aussi, des bien-aimés, scellés par le sang de Christ qui a eu « part au sang et à la chair » ; « en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés » (Col. 1. 14), « en qui nous avons été faits héritiers » (v. 7 et 11). C’est une haute position intouchable, selon « les richesses de sa grâce », car tout repose sur Christ, le Rédempteur pour nous, objets de la rédemption. La grâce à « abondé » et « surabondé » (v. 8 ; Rom. 5. 17 à 21) ; elle nous éclaire, nous révélant « le mystère de sa volonté ».

Dès l’instant où nous entrons dans Sa famille, Dieu nous révèle Ses secrets, envers Christ et envers Ses enfants (v. 10 et 11), et nous traite en fils dans Sa maison et non en esclaves (Jean 15. 15). Cette connaissance nous est donnée par le Saint Esprit nous conduisant « dans toute la vérité » (Jean 16. 12 et 13 ; Éph. 1. 8 et 9) ; c’est « l’Esprit de sagesse et de révélation » (v. 17 ; 1 Cor. 2. 7 à 10 ; Rom. 16. 25 et 26 ; Col. 1. 25 et 26).

Les premiers chrétiens étaient des Juifs, mais les croyants d’Israël et des nations sont « cohéritiers et coparticipants de la promesse de Dieu dans le Christ Jésus » (Éph. 3. 6 à 9). L’apôtre Paul, envoyé vers les nations pour leur révéler « la rémission des péchés » par la foi en Jésus Christ (Act. 26. 18), rappelle que c’est par le sang du Seigneur que la rédemption est possible (v. 7), car « sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22) ; « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (Ex. 12. 13). Si, dans l’Ancien Testament, le sang des boucs et des taureaux était des actes « remémoratifs de péché », il fallait « le sang précieux de Christ » pour que les péchés nous soient remis définitivement.

Dans Son amour, Sa bonté et Sa « longue patience », Dieu nous « pousse à la repentance » (Rom. 2. 4) : là où le « péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20). Désormais, le péché peut nous surprendre, mais il ne « domine plus sur nous » (Rom. 6. 12 à 14). La grâce de Dieu a abondé « envers nous en toute sagesse et intelligence » (v. 8), nous révélant que Dieu s’est proposé de « réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre » (v. 10). Dans ces versets, il s’agit du millénium, où Christ régnera, car « il faut qu’il règne » (1 Cor. 15. 25), là où Il a été rejeté : c’est encore l’avenir, contrairement à Galates 4. 4 et 5, qui parle du passé, lorsque le Seigneur est venu pour souffrir et mourir pour nous. Lorsqu’Il aura régné et que tout Lui aura été soumis, Il remettra Lui-même le royaume à « Dieu le Père » : ce sera « l’état éternel » où Dieu, en trois Personnes, « sera tout en tous » (1 Cor. 15. 24 et 28). Durant Son règne, Christ purifiera les cieux, souillés par la présence de Satan et de ses anges, par Son propre sang, meilleur que celui qui purifiait le tabernacle (Héb. 9. 23), comme Il purifiera la terre où l’homme a péché ; alors, Il réunira toutes choses en Lui-même, sous Sa seule autorité, car « il faut qu’en toutes choses, il tienne, lui, la première place » (Col. 1. 18).

Il est seul le centre des conseils éternels de Dieu.

La Parole nous transporte sur les sommets de la volonté de Dieu, concernant Son Fils et notre position en Lui, afin que tout aboutisse à Sa gloire. Il nous a « adoptés pour lui… selon le bon plaisir de sa volonté » (v. 5 et 6) ; Il nous fait « connaître le mystère de Sa volonté… de réunir en un » les choses célestes et terrestres (v. 9 et 10) ; et Il nous a faits « héritiers… selon le conseil de sa volonté » (v. 11). Par la rédemption, Il nous a « adoptés pour lui », à la « louange de la gloire de sa grâce », et nous a faits « héritiers » « à la louange de sa gloire ». Comme enfants de Dieu, « cohéritiers de Christ » (Rom. 8. 15 à 17), un héritage nous est promis, « incorruptible, sans souillure, immarcescible, conservé dans les cieux » (1 Pier. 1. 4). Cet héritage, durant le « millénium », concerne toute la création sur laquelle le Seigneur régnera, l’épouse Lui étant unie : c’est « l’espérance de son appel » (v. 18). Ici, l’héritage est céleste. Ensuite, Christ remettra le royaume à Dieu qui sera « tout en tous » (1 Cor. 15. 28).

Le « nous », (v. 12), parle des Juifs dont l’espérance messianique existait avant la venue de Christ (Deut. 18. 18 ; Act. 7. 37) ; le « vous », s’adresse aux croyants des nations ayant « entendu la parole de la vérité » (v. 13 ; 1 Pier. 1. 10 à 12). Mais Dieu a « détruit le mur mitoyen de clôture » entre chrétiens juifs et gentils (ch. 2. 14). Les Juifs ayant rejeté leur Messie, le millénium rétablira le résidu pieux dans ses bénédictions terrestres, par la foi ; car « sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11. 6). Les croyants de l’Ancien Testament n’ont pas reçu les choses promises, mais les chrétiens juifs sont sur le même pied que ceux des nations qui, autrefois étrangères « aux alliances de la promesse » (ch. 2. 12), ont reçu « l’évangile du salut » (ch. 1. 13).

Dieu nous associe à l’héritage du Bien-Aimé pour « être à la louange de sa gloire » (v. 14). Les conseils éternels de Dieu sont tous centrés sur Son Fils, et Sa grâce nous unit à lui. D’un autre côté, c’est « dans les saints » que le Seigneur jouira de Son héritage (v. 18). Le gage de ces vérités, c’est que Dieu habite en nous par le Saint Esprit (v. 13 ; ch. 4. 30 ; 2 Cor. 1. 21 ; Éz. 9. 2 à 4). L’Esprit a baptisé l’Église, d’abord composée de Juifs, une fois pour toutes en Actes 2 ; ensuite, des croyants des nations ont été baptisés (Act. 10. 40 à 44 ; 19. 1 à 6). Bientôt, l’Esprit Saint retournera au ciel, emmenant les croyants à la rencontre du Seigneur (1 Thess. 4. 13 à 18). Jusqu’à ce moment-là, il est « celui qui retient » l’apparition de l’antichrist (2 Thess. 2. 7) ; « ce qui retient » (v. 6), étant l’Église elle-même.

En Genèse 1. 2, « l’Esprit de Dieu planait sur la face de l’abîme » ; maintenant, Il « habite en nous » (1 Cor. 3. 16). Durant la « grande tribulation » l’Esprit agira sur la terre comme dans l’Ancien Testament, mais n’y habitera plus. Nous sommes donc très privilégiés, car Dieu le Saint Esprit habite en nous et au milieu de nous. Il ne convient pas de « prier » le Saint Esprit car c’est par lui que nous pouvons prier le Père et le Fils. Les trois personnes du Dieu unique sont égales entre elles, mais la place du Saint Esprit est spécifique dans la rédemption.

Les versets 13 et 14 nous parlent « du Saint Esprit de la promesse » dont nous sommes « scellés », et qui est « les arrhes de l’héritage », preuve que nous hériterons bien « de la possession acquise, à la louange de sa gloire ». « La rédemption de la possession acquise », rappelle que l’héritage aussi est racheté (Rom. 8. 20 et 21). Dans l’Ancien Testament, une terre aliénée pouvait être rachetée par le plus proche parent, ou bien, au jubilé. Jérémie en prison, devait racheter un champ, prophétisant que le peuple, sur le point d’être transporté à Babylone, jouirait, plus tard, de ses possessions retrouvées (Jér. 32. 6 à 15).

Bien que « nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties » (Héb. 2. 8), Christ a tout racheté par Son sacrifice à la croix, même l’Église, ce trésor que le Seigneur a trouvé dans le « champ » du monde (Mat. 13. 44). Il faut que le Seigneur règne, sur un héritage racheté ; et si nous en jouissons déjà par la foi, nous en jouirons avec Lui, en perfection, car nos corps attendent encore « le jour de la rédemption » (Éph. 4. 30). Dans le monde racheté vivent des âmes soumises au Seigneur ; quant à ceux qui ne se soumettent pas, ils subiront le jugement final (2 Pier. 2. 1), alors que le sang de Christ suffit pour sauver tous les hommes.

Le Saint Esprit, puissance « de sagesse et de révélation », nous conduit dans la connaissance de l’héritage :

1) Il nous révèle : « l’espérance de son appel ». « Sondez les écritures » nous dit le Seigneur (Jean 5. 39) « jusqu’à ce que nous parvenions tous… à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Éph. 4. 13).

2) Il nous révèle : « les richesses de la gloire de son héritage dans les saints », car c’est à travers eux que Christ jouira de l’héritage universel.

3) Il révèle « l’opération de la puissance de sa force » en le ressuscitant. Le verset 17 parle du « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ » qui est vu, là, comme Homme sur la terre ; au ch. 3. 14, il s’agit du « Père de notre Seigneur » : c’est le Fils éternel.

Paul rend grâces pour ce que Dieu a produit à Éphèse et qui Le glorifie : leur foi, leur amour et leur espérance (v. 15 à 18). Il prie pour leur avancement, sachant qu’il faut toujours progresser, car nous ne « voyons qu’en partie » (1 Cor. 13. 9 à 12). Cette première prière rappelle la nécessité d’être éclairés par la Parole et le Saint Esprit ; la deuxième met l’accent sur l’amour (ch. 3. 18), car Dieu est : « lumière » et « amour ».

En prison à Rome, Paul, comme son Seigneur, prend soin des Éphésiens. Imitons-le en prenant soin de nos frères, en essayant de les voir avec l’œil de Dieu ; car chacun est : « le frère pour lequel Christ est mort » (Rom. 14. 15). Portons les infirmités des faibles, et gardons-nous de l’orgueil. Prions pour nos familles, pour l’Assemblée, et pour tous les frères. Connaître la Parole nous condamne si nous ne la pratiquons pas, et le Seigneur est notre modèle (1 Cor. 11. 1).

L’expression : « Les yeux de votre cœur étant éclairés » montre que les affections doivent progresser avec la connaissance. Soyons aussi « libéraux », car cela produit de nombreuses actions de grâces (2 Cor. 9. 10 à 14), pour Sa gloire.

Dieu est : « le Père de gloire » (v. 17), et toute la gloire Lui revient.

Dieu éclaire les « yeux de notre cœur », siège de nos affections, pour nous dévoiler Ses plus hautes pensées concernant Son Fils, Son œuvre et ses conséquences – nos bénédictions célestes, élevées au niveau de la gloire du Seigneur et de « son héritage ». Déjà assis sur le trône du Père, le Seigneur Jésus s’assiéra bientôt sur Son propre trône royal, et les justes régneront avec Lui (Ps. 37. 29), sur un héritage céleste et terrestre. Alors, tout l’univers se prosternera devant le Fils glorifié (Phil. 2. 10).

Notre « entendement » pour comprendre ces choses, relève de notre faculté de décision de « ne plus marcher comme le reste des nations ». « Soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite » (Rom. 12. 2). « Les yeux de notre cœur » étant « éclairés », obéissons par amour pour le Seigneur ; retenons la Parole «dans un cœur honnête et bon » et portons « du fruit avec patience » (Luc 8. 15). Si nos affections sont réveillées, l’Esprit Saint nous fera comprendre beaucoup de choses inaccessibles à l’intelligence naturelle : de grandes révélations ont été faites à des disciples illettrés, mais qui aimaient le Seigneur ardemment. Dieu remplit toujours les cœurs qui aiment. « L’excellente grandeur de sa puissance » parle du dynamisme divin que rien n’a pu retenir, concernant « la résurrection de Christ d’entre les morts, par la gloire du Père » (Rom. 6. 4). Par sa propre puissance (Jean 2. 19 ; 10. 18) ; et par la puissance de l’Esprit Saint (1 Pier. 3. 18). Ainsi, les trois Personnes de la divinité sont impliquées dans la résurrection du Seigneur, et la même puissance opérera « envers nous qui croyons » (v. 19), pour nous ressusciter.

Le Seigneur est « les prémices de ceux qui sont endormis » (1 Cor. 15. 20), et nous ressusciterons avec Lui, vivant déjà de la vie éternelle, acquise par la résurrection de Christ. Nous, Ses « cohéritiers », Dieu nous associe à Sa résurrection et à Sa séance « dans les lieux célestes » (Éph. 2. 6 ; Apoc. 3. 21), où il s’est assis de plein droit (Héb. 8. 1). Tout est sous Son autorité (v. 21 ; ch. 6. 12). « Supérieurement » élevé au-dessus de tout, il domine dans ce « siècle » – le temps de la grâce – et « dans celui qui est à venir » – le millénium, même si « nous ne voyons pas encore que tout lui soit assujetti » (Héb. 2. 6 à 8.

Au verset 22, l’Esprit introduit l’Assemblée, dont le Seigneur est le « chef » – la tête, tandis que nous sommes Ses membres (1 Cor. 12. 12), unis à Lui de façon absolue. Il commande Son « corps », et si un membre n’obéit pas, il en résulte de l’infirmité pour l’ensemble. Un autre « chef » est dénoncé au ch. 2. 2 : Satan, « le chef de l’autorité de l’air » qui nous fait « respirer » une atmosphère morale empoisonnée. Cependant, le Seigneur domine toutes choses, car : « il est la plénitude de celui qui remplit tout en tous » (v. 23), « afin qu’en toutes choses il tienne, lui, la première place ; car en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter » (Col. 1. 18 et 19), « corporellement » (Col. 2. 9) : il s’agit du corps qu’Il a pris sur la terre, mais aussi de Son « corps » spirituel.

Ch. 2

Ayant révélé Ses plus hautes pensées concernant son Fils promis à la gloire universelle – et nous en Lui (ch. 16), Dieu (ch. 2), dévoile l’état dans lequel Il nous a trouvés : « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (v. 1). Alors, Il introduit Sa grâce et nous élève à la gloire « en Christ » (v. 5 à 7).

Puis, Dieu montre qu’Il a réconcilié « en un seul homme nouveau » les croyants juifs et gentils. Enfin, les v. 20 à 22 dévoilent le but divin : faire des croyants « un temple saint », « une habitation de Dieu par l’Esprit », une maison vivante pour le Dieu vivant. L’Assemblée est présentée sous l’aspect du « corps de Christ » (ch. 1. 23), et sous l’aspect de « l’habitation de Dieu » (ch. 2. 22). « Mystère caché dès les siècles en Dieu » (Éph. 3. 9).

L’apôtre s’adresse particulièrement aux chrétiens issus des nations. « Vous » (v. 1) ; au v. 3, il dit : « nous », ce sont les Juifs ; mais tous étaient séparés de Dieu par le péché (fin du v. 3).

La parenthèse des v. 2 à 4 renferme notre état naturel à tous (Ps. 51. 5 ; Rom. 5. 12), et « les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6. 23). Ayant une nature pécheresse, nous avons ajouté nos propres péchés, et mérité la mort, et la « colère de Dieu » nous était réservée (Rom. 1. 18). Ces versets dévoilent trois ennemis : Satan, la chair, et le monde.

En Romains 6, le croyant est vu « mort en Christ » : c’est-à-dire : mort au péché. Dieu a opéré et nous a « vivifiés… avec le Christ » (v. 5), Juifs et nations, bénis « ensemble dans le Christ ». N’oublions pas d’où nous sortons ! « L’atmosphère » du monde est polluée par la présence de Satan et du péché ; il est « le chef de l’autorité de l’air » et souille les cœurs des hommes qui sont ses esclaves. Il est « le chef du monde », dirigeant l’esprit des hommes loin de Dieu.

Cependant, Dieu a triomphé de lui car il n’a rien dans le Seigneur (Jean 14. 30 et 31). Les incrédules peuvent avoir une religion, mais ils sont perdus (Jean 8. 39 à 41). Romains 3. 9 à 20 dresse un tableau effrayant de l’état des hommes, et fait mesurer quelque peu la grâce divine. Les convoitises de la chair creusent une fosse de perdition aux hommes, mais la grâce divine a préparé une éternité de bonheur et de gloire aux croyants.

Dans l’épître aux Romains, nous sommes morts, car nous avons péché, mais vivants en Christ, en croyant en Lui. Dans les Éphésiens, nous sommes morts, car nous étions « par nature des enfants de colère » (v. 3), mais l’œuvre de Dieu nous fait passer de la mort à la vie, en Christ. La colère de Dieu demeure sur « les fils de la désobéissance » (Éph. 5. 6), tandis que le chrétien est un « fils d’obéissance ». « Soyez saints, car moi je suis saint » (1 Pier. 1. 13 à 15). La perfection de Dieu appelle Sa colère, mais il est aussi amour. Sa grâce et Son amour s’adressent à tous, mais beaucoup n’acceptent pas le salut.

« Le train de ce monde » fait penser à un fleuve impétueux emportant les incrédules, et même les chrétiens, s’ils n’y prennent garde. C’est à travers l’état lamentable des hommes que la plénitude de Dieu s’est révélée. Il a trouvé en Lui-même les motifs de nous aimer, car « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16), et tout est à Sa gloire.

En face de ce que nous étions par nature, les versets 4 et suivants révèlent ce que Dieu a fait, tout à Sa gloire : « sa miséricorde », « son amour » (v. 4), « sa grâce » et « sa bonté » (v. 7), sont entrés en activité, mais sont inséparables de Sa sainteté. Morts, « il nous a vivifiés ensemble avec le Christ » ; en Rom. 6. 11, nous sommes vivants à Dieu, en relation avec notre marche chrétienne ; dans les Éphésiens, c’est en rapport avec la position que Dieu nous a faite. Et « il nous a fait asseoir ensemble en Christ », position dont nous jouissons déjà par la foi. Ce mot : « ensemble » rassemble les croyants juifs et gentils, avec le Seigneur glorifié. Les conseils de grâce divins nous ont attribué la plus haute place qui puisse être faite à des êtres venant d’aussi bas que nous (1 Sam. 2. 8 ; 1 Jean 5. 11). La vie qui nous est donnée est inséparable d’un Christ ressuscité qui nous la communique, car Il est « le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16).

La « richesse » de Dieu est souvent évoquée dans cette épître (ch. 1. 7 et 18 ; 3. 8 et 16), en relation avec Sa miséricorde, Sa grâce ou Sa gloire. La miséricorde est omniprésente dans les Écritures, et Dieu s’en attribue la paternité, déjà en Exode 34. 6. Elle a en vue les besoins individuels, et on la trouve dans les épîtres à caractère personnel. En Apocalypse 5. 12, on voit l’Agneau « recevoir » la richesse, car il a été ici-bas « le pauvre » entre les pauvres. Cependant, c’est en lui que nous avons cette position céleste, car Il est le don de Dieu, l’expression parfaite de la richesse divine.

Aux v. 5 et 8, l’Esprit révèle sans ambiguïté que le salut ne repose nullement sur nos œuvres « afin que personne ne se glorifie », mais sur la grâce reçue par la foi, qui sont des dons de Dieu. Les v. 2 et 6 opposent la fatigue d’une marche dans le péché, autrefois, et le repos de notre position actuelle : « Assis dans les lieux célestes en Christ ». Seule, une profonde communion avec le Seigneur peut nous donner la jouissance d’une telle relation avec Lui, dès maintenant.

Colossiens 2. 12 parle de notre position en Christ également ; même si ces choses sont pour le ciel, nous pouvons en réaliser déjà quelque chose. Citoyens du ciel, marchons en rapport avec cette haute position, par une séparation effective d’avec le monde (Col. 3. 1 à 3 ; Jean 17. 14). Sur la terre, le Seigneur réalisait parfaitement cette double position : « le fils de l’homme qui est dans le ciel » (Jean 3. 13). A l’apparition du Seigneur avec Ses saints, Il sera glorifié aux yeux de tous (2 Thess. 1. 10) ; dans les Éphésiens, c’est éternellement que les saints glorifiés seront comme un témoignage inaltérable « des immenses richesses de sa grâce ». Soyons-en dès aujourd’hui les témoins. Cette position suprême nous est acquise par grâce, par la foi (v. 8 à 10) : nous n’y avons aucun mérite (Jean 6. 28 et 29) ! Lorsque Jacques parle de la foi « morte sans les œuvres », il exhorte aux œuvres de la foi, et non aux œuvres qui « sauveraient » (És. 64. 6).

La gloire du salut ne doit rejaillir que sur Dieu seul.

Sauvé par grâce, par la foi, le croyant doit « marcher dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance ». Tout est de Dieu : le salut et les bonnes œuvres. Étant « une nouvelle création », nous n’avons qu’à obéir au Seigneur. C’est Dieu qui nous forme, comme le divin potier (Jér. 18. 1 à 6), pour Son service, et Son œuvre est parfaite, pour Sa gloire (Ps. 139. 15 à 17). Sous des formes différentes, ces bonnes œuvres sont celles que le Seigneur a accomplies sur la terre, « allant de lieu en lieu, faisant du bien » (Act. 10. 38). Soyons dépendants, nous attendant au Seigneur, comme Éliézer : « Fais-moi faire, aujourd’hui, une heureuse rencontre » (Gen. 24. 12). Portons ces caractères de « peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (Tite 3. 1 à 14), nous « appliquant à être les premiers dans les bonnes œuvres » (Tite 2. 14). Nos œuvres doivent démontrer notre salut par la grâce et le sang de Christ. Vouloir se sauver en ajoutant nos œuvres à celle de Christ, c’est faire injure à Dieu et à Sa grâce souveraine.

Le verset 11 nous invite à nous souvenir d’où nous avons été tirés : morts dans nos fautes (v. 1 à 3). Sans Christ, sans droit en Israël, sans espérance, sans Dieu, haïssant les Juifs qui nous méprisaient ; c’était notre état autrefois. Mais nous sommes « approchés par le sang de Christ », Dieu a fait de nous, croyants juifs et des nations, « un seul homme nouveau », un seul « corps », « en faisant la paix » : c’est notre position actuelle, de laquelle nous avons à nous souvenir (És. 51. 1).

Les Juifs d’autrefois connaissaient Dieu et avaient reçu la circoncision, signe de l’alliance avec l’Éternel (Gen. 17. 11 à 13). Mais, ayant violé la loi donnée par Moïse, leur circoncision dans la chair, qui aurait dû avoir un écho dans leurs cœurs (Jér. 4. 4), perdait toute sa signification (Rom. 2. 24 à 29), et la culpabilité du peuple était plus grande que celle des nations sans Dieu. C’est la circoncision complète du cœur qui compte pour les chrétiens juifs et gentils (Phil. 3. 2 et 3 ; Col. 2. 11).

Le Seigneur a « aboli l’inimitié » entre Juifs et nations ; inimitié qui nous opposait à Dieu, qui nous a tous « enfermés dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » (Rom. 11. 32). Nous sommes, maintenant, tous frères en Christ. La chrétienté professante à qui Dieu s’est révélé, doit « craindre », hors de la vraie conversion, de perdre toute prétention au salut car, à l’enlèvement de l’Église, seul le résidu juif sera sauvé (Rom. 11. 21 à 24), et annoncera l’évangile du royaume parmi les nations, sur la base de la croix du Seigneur, car la « bonne nouvelle de la paix » est pour les Juifs et les nations.

La loi des commandements a été abolie afin de permettre à tous de s’approcher de Dieu, car la loi nous était contraire car, parce que nous ne pouvions pas l’accomplir, elle nous condamnait et réclamait notre mort ; mais le Seigneur, par Sa croix, nous donne la vie éternelle.

Les trois Personnes de la divinité ont participé à l’œuvre du salut. Le Fils a accompli notre rédemption ; le Saint Esprit nous conduit au Père et le Père nous reçoit.

Le Seigneur ayant « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20), nous sommes « approchés », et notre paix est personnifiée en Jésus Christ : croyants juifs et des nations sont en paix avec Dieu, et les uns avec les autres. Le Seigneur est cette « branche qui porte du fruit par-dessus la muraille » (Gen. 49. 22), détruisant « le mur mitoyen de clôture ». Le Seigneur a dit : « Le salut vient des juifs » (Jean 4. 22), car lui-même était juif, et la grâce de Dieu passait des Juifs aux nations (És. 49. 4 à 6). Ce changement transporte Juifs et nations sur un terrain nouveau : la loi promettait la vie sur la terre à qui l’accomplirait ; la grâce donne la vie éternelle à qui croit au Seigneur. Il est venu unir les brebis juives et celles des nations, afin qu’il y ait « un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10. 14 à 16). « La loi des commandements nous était contraire » et, seul le Seigneur l’a accomplie (Mat. 5. 17) : nous sommes sauvés par la grâce.

À la croix, « Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d’Israël » se sont unis pour crucifier le Seigneur (Act. 4. 27) : Juifs et nations l’ont rejeté (Jean 1. 10 et 11). Mais c’est là que Dieu a répandu Sa grâce pour tous, et a fait de nous, croyants juifs et des nations, « un seul homme nouveau », « un seul corps à Dieu » (v. 15 et 16) : c’est l’Assemblée unie à Christ. Autrefois « étrangers », nous sommes maintenant, « concitoyens des saints » juifs ; « forains », autrefois, « errants et vagabonds sur la terre » (Gen. 4. 14), nous sommes devenus « gens de la maison de Dieu » (v. 19). C’est dans cette maison spirituelle, « habitation de Dieu par l’Esprit » que nous offrons des « sacrifices spirituels » (1 Pier. 2. 5) : l’Assemblée appartient à Christ.

La « bonne nouvelle de la paix » est annoncée à tous, d’abord par le Seigneur (És. 52. 7) ; puis par ceux qui, sauvés, annoncent l’évangile (Rom. 10. 15). « L’Éternel » des Juifs est devenu pour nous : « le Père » « auprès duquel nous avons accès… par un seul Esprit » (v. 18).

L’épître rappelle les caractères de l’Assemblée, le « corps de Christ » (ch. 1. 23) se perfectionnant dans l’harmonie de son fonctionnement (ch. 4. 11 à 16) ; la « maison de Dieu » et « le temple saint » (v. 19 à 21) ; « l’Épouse de Christ » (ch. 5. 25 à 27). La « maison » a un architecte, un bâtisseur et un propriétaire : le Seigneur. Moïse a été fidèle sur la maison de Dieu, comme serviteur, mais Christ, comme Fils (Héb. 3. 4).

1 Corinthiens 3 rappelle notre responsabilité pratique et le danger de corrompre le temple de Dieu, car l’Assemblée est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 14 et 15). Cette maison spirituelle s’édifie avec des pierres vivantes, le Seigneur étant « la maîtresse pierre du coin » sur qui tout l’édifice s’ordonne. Bientôt, il sera Lui-même « la pierre du faîte », achevant l’édifice ; alors une glorieuse proclamation jaillira : « grâce, grâce sur elle » (Zach. 4. 7). Le Seigneur est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc. 22. 13).

Le Dieu de grâce veut que la maison de la grâce soit remplie de tous ceux qui, conscients de leur perdition et de leur misère morale, acceptent d’y entrer (Luc 14. 16 à 24).

Ch. 3

Dans ce chapitre qui est une parenthèse, Paul révèle le « mystère caché dès les siècles en Dieu » (v. 9). C’était là, « l’administration » qu’il avait reçue par grâce, par révélation (v. 1 à 13). L’Esprit avait travaillé puissamment en lui, lui conférant une profonde intelligence dans la compréhension du « mystère du Christ » (v. 6) : ce mystère, c’est l’assemblée unie à Christ, comme le corps est uni à la tête, chose inconnue dans l’Ancien Testament.

Saul, ce ravageur de l’assemblée (Act. 8. 1), converti sur le chemin de Damas, était maintenant le « prisonnier du Christ Jésus, pour vous, les nations » (v. 1) ; il n’était pas prisonnier des hommes, mais du Christ Jésus (Philémon 1 à 9). Ses liens travaillaient « pour l’avancement de l’évangile » (Phil. 1. 12). Il administrait la révélation de ce mystère, et annonçait parmi les nations, les « richesses insondables du Christ » (v. 8).

À partir du v. 14, Paul fait monter la deuxième prière pour que nous croissions dans la connaissance de la gloire divine et que nous nous plongions dans l’infini des conseils d’amour de Dieu. Ce mystère révélait la place que Dieu réservait aux nations : « cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse » avec les croyants juifs. Dieu avait mis Israël à part des nations, autrefois, et le mystère révélé à Paul ne pouvait être mis en lumière clairement dans l’Ancien Testament, car il y aurait eu contradiction. Mais le Seigneur devait renverser le « mur mitoyen de clôture » séparant Israël des nations. Cependant, la jalousie d’Israël l’a empêché de recevoir cette vérité, et il s’y est opposé violemment (Luc 4. 24 à 30) ; par la suite, les Juifs chercheront à faire mourir Paul qui annonçait cela aux nations.

C’est par l’Esprit que ces choses étaient révélées, et on ne peut les recevoir que par l’Esprit (1 Cor. 2. 6 à 10), étant régénérés. Ce sont les « apôtres et prophètes » du Nouveau Testament qui en ont eu la révélation. On trouve bien quelques allusions voilées de l’assemblée chrétienne, dans l’Ancien Testament. Ève prise d’une côte d’Adam ; Rebecca amenée à Isaac etc… Il est vrai qu’on peut y voir une image de l’assemblée unie à Christ, mais par une projection prophétique double, à travers l’assemblée juive.

Également on trouve cette prophétie concernant le salut parvenant aux nations (És. 49. 6), mais l’assemblée n’y est pas vue. L’apôtre s’appuie sur ses écritures hébraïques pour annoncer l’évangile (Act. 13. 32 et 33). Pierre fait allusion à David (Act. 2. 30 à 35), mais jusque-là, le mystère de l’assemblée restait caché. Cette révélation faite à l’apôtre devait nous être communiquée, car elle est importante pour la foi et notre appréciation des conseils divins, afin qu’il y ait du fruit pour Dieu dans notre vie. Paul était serviteur de l’évangile (Col. 1. 23 et 24), dans l’humilité (v. 8) : le sommes-nous aussi, à notre mesure ? C’est notre mesure spirituelle qui conditionne la compréhension des choses profondes qui nous sont révélées. Paul avait persécuté le Seigneur en persécutant les saints, et il en était resté humble. « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 1 à 5). C’était la première révélation de l’intimité de l’union de Christ avec les saints : ce sont « les richesses insondables du Christ » que nous comprendrons à la perfection dans le ciel.

Le mystère révélé à Paul mettait en lumière devant tous, l’intimité de Christ avec Son assemblée (Éph. 5. 32), et montrait sa « sagesse si diverse » aux anges qui sont dans les « lieux célestes ». Les anges, ainsi que les hommes en général, ont la révélation de la gloire de Dieu pour les croyants, dans la contemplation de l’assemblée (v. 14 et 15 ; Rom. 16. 25 et 26 ; 1 Cor. 2. 7 ; Col. 2. 3). Le rôle des anges est important : bien qu’étant « dans les lieux célestes », ils agissent sur les hommes : soit les anges fidèles servant Dieu, soit les anges déchus s’opposant à Lui. Parmi eux, existent des hiérarchies. Ils chantèrent de joie en admirant la création (Job 38. 7). Dieu les utilisait souvent en faveur de Son peuple ; ils seront présents lors des jugements apocalyptiques ; ils se sont manifestés lors de la naissance du Seigneur (Luc 2. 9 et 13). Durant le temps de la grâce, ils observent l’assemblée, et à cause d’eux, les sœurs doivent montrer leur soumission en se couvrant la tête (1 Cor. 11. 10). Les apôtres avaient été « un spectacle » pour eux (1 Cor. 4. 9). Notre responsabilité est entière, à leur sujet, car ils nous observent à notre insu. Mais, à la fin, seule la gloire de Dieu sera exaltée. Dans tout ce qui concerne l’évangile de la grâce, « les anges désirent regarder de près » (1 Pier. 1. 12). Pourtant, « les saints jugeront les anges » (1 Cor. 6. 3).

Ces versets montrent le côté de Dieu où tout est parfait, et nous transportent dans les cieux (ch. 1. 3 ; 2. 6 ; 6. 12) ; cela nous rappelle que nous sommes du ciel, notre vraie patrie. « Dans le Christ Jésus » sont révélées la grâce de Dieu, sa sagesse, sa gloire, et maintenant nous Lui appartenons et devons porter Ses caractères. Ce « propos des siècles » a Christ pour centre (v. 11), et est « l’image du Dieu invisible » (Col. 1. 15). Que Dieu ait fait grâce à des êtres déchus tels que nous, doit bien étonner les anges ! Mais cela doit nous donner « hardiesse et confiance par la foi en Lui » (v. 12), pour croître dans la compréhension des propos divins, par l’Esprit Saint qui a conduit l‘apôtre dans ces révélations si hautes. En Actes 6. 5, nous trouvons Étienne, « plein de foi et de L’Esprit Saint ». D’autres « reçurent l’Esprit Saint » par l’imposition des mains des apôtres, (Act. 8. 17).

Les éphésiens ne devaient pas se décourager par les afflictions de Paul, car il y a toujours des consolations pour les croyants souffrant pour la justice (2 Cor. 1. 3 à 5 ; Phil. 1. 12 à 14) ; ils en seront délivrés et elles produiront, dans le ciel : « un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 16 et 17). La révélation de ces choses éternelles nous encourage (Rom. 8. 28). Alors qu’au ch. 1. 3, Paul s’adressait au « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ », au ch. 3. 14, il prie le « Père de notre Seigneur Jésus Christ », de nous fortifier « selon les richesses de sa gloire », et il introduit la pensée de l’amour (v. 18). Ce chapitre, parle beaucoup du Père, du Seigneur Jésus, et du Saint Esprit : les trois personnes de la divinité. Dieu habite en nous par le Saint Esprit. Notre corps est le « temple du Saint Esprit » individuellement (1 Cor. 6. 19) ; et ensemble, nous sommes « le temple de Dieu » (1 Cor. 3. 16). Respectons cet Hôte divin.

Les chapitres 1 et 2 montrent la puissance, la gloire, la grâce de Dieu ; et le croyant, scellé du Saint Esprit (ch. 1. 13). Cet Hôte divin fortifie le croyant afin que « Christ habite » dans son cœur (ch. 3. 17), Le chapitre 3 introduit l’amour dans les conseils divins (v. 18 et 19) – le ch. 4, l’unité de l’Esprit dans les croyants, car « il y a un seul Dieu et Père de tous » (v. 6). Le Seigneur veut, chez les Siens, un état convenable dans l’amour pour Lui, afin que la communion soit maintenue (Jean 14. 23). C’est en étant « enracinés et fondés dans l’amour » que nous comprendrons « avec tous les saints », quelque chose des « dimensions » des conseils de Dieu, en amour et en grâce, et l’amour de Christ (v. 18 et 19). Soyons « enracinés et édifiés » en Christ et « affermis dans la foi », afin de marcher « en Lui » (Col. 2. 6 et 7). Une conséquence de la présence de Christ dans le croyant, c’est qu’il a en lui : « l’espérance de la gloire » (Col. 1. 27). Le Dieu d’amour est devenu tangible en Christ, car toute la plénitude de Dieu habitait en Lui (Col. 1. 19). Méditons ces versets.

Cette prière de l’apôtre est pour tous les croyants. Être « enracinés » fait allusion à une plante dont les racines profondes lui permettent de résister aux tempêtes ; être « fondés » c’est avoir notre fondement en Christ, afin de n’être pas « agités et jetés çà et là ». Le croyant trouve sa stabilité et sa nourriture dans l’amour du Seigneur.

Les conseils éternels de Dieu sont pour tous les hommes (Jean 3. 16) : c’est la « largeur » ; ils ont une portée éternelle : « Je t’ai aimée d’un amour éternel » (Jér. 31. 3) : c’est la « longueur ». Mais ses conseils avaient en vue Son Fils qui « s’est abaissé lui-même jusqu’à la mort et à la mort de la croix » (Phil. 2. 8) : c’est la « profondeur » de l’abaissement de Christ. A cause de cela, « Dieu l’a haut élevé » (Phil. 2. 9) : c’est la « hauteur ». Dieu révèle à nos affections les quatre dimensions de Ses conseils d’amour.

Être fondés et enracinés dans l’amour, c’est garder Ses commandements (Jean 14. 21), car « les secrets de l’Éternel sont pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14), et c’est dans la sainteté pratique selon la volonté de Dieu (1 Thess. 4. 3), qu’Il nous les révèle (1 Cor. 2. 9). Dans les évangiles, si le Seigneur enseignait les foules en paraboles, il les expliquait à Ses disciples – Ses amis – dans l’intimité (Jean 15. 15). Cette compréhension des conseils divins n’est pas réservée à une élite, mais à « tous les saints » (v. 18). Enfants de Dieu, nous mettons notre confiance dans le Père et dépendons de Lui.

Hébreux 12. 7 nous parle de notre position, mais Il veut que nous jouissions pleinement de notre relation avec Lui, comme fils et filles, ayant avancé dans la connaissance de Ses pensées (1 Jean 2. 12 à 14). Il faut, pour cela maintenir la séparation avec le monde (2 Cor. 6. 16 à 18). Dieu veut nous remplir « jusqu’à toute (sa) plénitude », dans la « connaissance de l’amour de Christ » (Éph. 3. 19). Les Israélites pouvaient ramasser toute la manne nécessaire. Les limitations sont toujours de notre côté ; cependant, Dieu ne rabaisse jamais Ses exigences envers Ses enfants : il veut « que nous parvenions tous à l’état d’hommes faits » (Éph. 4. 13). « Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (Phil. 1. 6).

Le ch. 3 s’achève sur une louange à l’égard de la puissance de Dieu opérant en nous, et faisant « plus que ce que nous demandons ou pensons » : la grâce divine agissant au-delà de nos limitations pour exprimer nos besoins, pour lesquels « l’Esprit nous est en aide » (Rom. 8. 26). Cependant, Dieu aime que nous Lui exposions nos besoins, et si nos prières sont selon Dieu, elles en portent le caractère.

Cette doxologie se rapporte à toutes les révélations et bénédictions exposées dans ce chapitre. La gloire de Dieu doit être vue « dans l’Assemblée » (v. 21), parce qu’elle doit refléter les caractères du Seigneur qui est au milieu d’elle. L’Assemblée, « corps de Christ », est unie à Lui de manière indissoluble, et la gloire de son Seigneur doit rejaillir sur elle et être observée du monde ; de même, la « sagesse » des conseils de Dieu est révélée aux anges qui nous observent (v. 10).

Dans « l’Assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité », le croyant doit savoir « comment il faut se conduire » (1 Tim. 2. 15). L’assemblée est laissée sur la terre afin de montrer la vérité et de la soutenir. Elle est « le temple du Saint Esprit » et « l’habitation de Dieu par l’Esprit ». Et, lorsque nous sommes réunis au nom du Seigneur, Il promet sa présence au milieu des Siens (Mat. 18. 20).

Cette « puissance qui opère en nous » (v. 20), trouve son application pratique au ch. 4, dans la réalisation vécue de l’unité des croyants dans l’Assemblée (v. 2 à 16) – et d’une manière personnelle, dans notre vie de chrétiens (v. 17 à 32), de façon à « marcher d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés », d’une manière digne de l’évangile de Christ (ch. 4. 1 ; Phil. 1. 27).

L’apôtre était en prison « pour nous les nations », pour avoir prêché l’unité des croyants juifs et gentils, et les bénédictions célestes de l’Assemblée unie à Christ dans le ciel. Dieu avait fait de Paul le révélateur « de l’administration du mystère caché dès les siècles en Dieu » (Éph. 3. 9). « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). Christ est « l’homme noble qui se propose des choses nobles » d’Ésaïe 32. 8 : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (Ps. 16. 8). Nous avons part à cette noblesse ; comment la vivons-nous ?

Les conseils divins exposés, Paul introduit l’unité des croyants que nous devons garder « par le lien de la paix » (ch. 4. 3). Que Dieu nous aide à réaliser ces caractères des versets 1 à 3, et qu’il n’y ait pas de contestations (2 Tim. 2. 24). Si le Seigneur était « débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29), notre propre comportement nous humilie et devrait nous rendre humbles, en nous rappelant que : « de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles » (Ps. 113. 7 et 8). Au Psaume 22, le Seigneur se compare à « un ver ». Ne faisons rien « par esprit de parti » (Phil. 2. 3). Gardons ces caractères des v. 2 et 3 d’Éphésiens 4, pour manifester « le fruit de l’Esprit » (Gal. 5. 22). Galates 6. 1 et 2, exhorte à user de douceur, même pour reprendre un frère qui a péché. Supportons-nous « l’un l’autre dans l’amour » comme Dieu nous supporte. « Aimez-vous les uns les autres » (Jean 13. 34 et 35). « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit » (Gal. 5. 25).

Ch. 4

Les versets 1 à 3 nous exhortent à réaliser ces sept caractères pour une « marche digne de notre appel » : « l’humilité » ; « la douceur » ; « la longanimité » ; « le support » ; « l’amour » ; garder « l’unité de l’Esprit » et « la paix ». Les croyants sont unis en un seul corps en Christ par l’Esprit Saint. Son œuvre est intouchable, mais gardons la manifestation pratique de cette unité spirituelle, malgré nos différences, chacun apportant ce que l’Esprit lui donne, « pour l’accroissement du corps de Christ en amour » (v. 16).

Nous avons « tous été baptisés d’un seul Esprit » « abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit » (1 Cor. 12. 13). Dieu place souverainement chacun de nous, comme Il l’entend, dans « le corps » (1 Cor. 12 à 14). Les dons que le Seigneur fait à l’Assemblée sont complémentaires, et en bénédiction, s’ils sont exercés dans l’unité et dans la paix. Nous devons juger la chair qui combat contre l’Esprit afin qu’elle ne se manifeste pas. Gardons cette « unité de l’Esprit » caractérisant les premiers chrétiens qui « étaient un cœur et une âme » (Act. 4. 32), et qui avaient « la crainte du Seigneur » (Act. 9. 31) : seul, l’Esprit peut produire un accord, et ne « l’attristons pas » (Éph. 4. 30).

Éphésiens 4. 1 à 6, étant relatif à une marche collective, efforçons-nous de garder la manifestation de l’unité conférée aux croyants, dans la paix, avec persévérance, car ces choses sont élevées au niveau de l’Esprit qui est Dieu. Il faut, pour cela, à chacun, l’esprit de droiture (Ps. 143. 10). Cette unité est en relation avec les trois Personnes de la divinité : un seul Esprit nous unit en « un seul corps », nous donnant « un seul appel » une « seule espérance » (v. 3 et 4). C’est le cercle le plus restreint, concernant les vrais croyants ayant la vie. Un seul Seigneur en qui il y a « une seule foi », un « seul baptême » : cercle plus large désignant la profession chrétienne en général, avec ou sans la vie (v. 5). Enfin : « Un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tout, partout, et en nous tous » (v. 6) : c’est le cercle le plus étendu du Dieu universel, Père des croyants ayant engendré tous les hommes (És. 64. 8 ; Gen. 1. 26 ; Act. 7. 28).

Les hommes ont gardé « l’image » de Dieu, mais ont perdu Sa « ressemblance » et se sont éloignés ; mais il y a un chemin de retour (Luc 15). Donnons à Christ Sa vraie place, car nous sommes « scellés du Saint Esprit » ; nous sommes « une habitation de Dieu par l’Esprit » et « Christ habite par la foi dans nos cœurs ». En Romains 1. 18 à 32, nous trouvons la responsabilité des hommes, mais l’épître aux Éphésiens s’adresse aux croyants.

Au v. 7, une « mesure de grâce » est donnée à chacun des croyants, en vue du « perfectionnement des saints », pour le bien de l’Assemblée, pour notre accroissement dans la « connaissance du Fils de Dieu » (v. 13), et afin que tout le corps soit bien lié ensemble (v. 16). « Chacun » reçoit donc un don particulier, de caractère plus élevé – ou modeste – des aides (1 Cor. 12. 28), mais tous sont importants car c’est le Seigneur qui les donne, et la miséricorde divine se rattache à leur exercice (Rom. 12. 6 à 8). En Nombres 3. 23 à 37, ceux qui portaient les cordages du tabernacle avaient la même importance que ceux qui se chargeaient des ustensiles saints.

Après avoir « goûté la mort pour tout », le Seigneur, vainqueur de la mort – forteresse de Satan – est ressuscité et a « emmené captive la captivité et a donné des dons aux hommes ». Étant glorifié dans le ciel comme homme, Christ a reçu des dons (Ps. 68. 18), et les donne aux saints encore sur la terre (Éph. 4. 8). L’Esprit Saint transmet ces dons de puissance divine aux croyants (Act. 2), pour l’édification des saints.

« Les apôtres et les prophètes » au début de l’Assemblée, ayant posé ses fondements, ont été des dons fondamentaux (1 Cor. 3. 10 ; Éph. 2. 19 et 20 ; 3. 5), Jésus Christ étant « la maîtresse pierre du coin ». Il y a aussi des dons permanents : l’évangéliste, appelant les âmes au salut, les ajoutant à l’Assemblée ; le pasteur parlant aux cœurs et aux âmes, encourageant et paissant le troupeau ; le docteur instruisant l’Assemblée en découpant droit la Parole.

La Parole étant complète, les prophètes, maintenant, rappellent les vérités de la Parole qu’ils appliquent au cœur et à la conscience, répondant aux besoins de l’Assemblée. Tous ces dons travaillent pour l’édification de l’Assemblée (v. 12 à 16) ; « pour l’utilité » (1 Cor. 12. 7) ; et la prophétie, pour « l’édification, l’exhortation et la consolation » (1 Cor. 14. 3, 5, 12 et 26). L’autorité du Seigneur dans l’Assemblée s’exerce par ces dons.

Vainqueur du tombeau, Christ a délivré les captifs de Satan, qui ne « renvoyait pas chez eux ses prisonniers » (És. 14. 17). Barak, type du Seigneur, est exhorté à « emmener captive sa captivité » (Jug. 5. 12) ; et le Seigneur proclame : « Je tiens les clefs de la mort et du hadès » (Apoc. 1. 18). La victoire du Seigneur ayant lié « l’homme fort » (És. 49. 24 et 25) nous délivre. Philippiens 2. 6 à 9, montre le parcours descendant du Seigneur. D’où Il est descendu : de la gloire ; où Il est descendu : dans la mort. Puis son chemin remontant : « Dieu l’a haut élevé », avec ce but suprême : que « tout genou se ploie » devant Lui. Descendu de Sa gloire divine, Il est remonté, ayant acquis une gloire nouvelle comme homme.

Le millénium s’installera en jugements, mais sera un règne de justice et de paix. L’Assemblée doit montrer au monde ce que sera ce règne où tout Lui sera assujetti, car il faut « qu’il remplisse toutes choses » (v.10).

Dieu donne, en grâce, des dons différents, mais « à employer les uns pour les autres » (1 Pier. 4. 10), simplement et fidèlement (Rom. 12. 6 à 8). « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de services, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous » (1 Cor. 12. 4 à 6). Dieu nous parle par les dons. Demandons à Dieu les dons les plus grands, pour l’édification de l’Assemblée (1 Cor. 12. 31) ; et même si nous ne sommes que faiblement doués, que les dons soient employés pour l’édification. Nous sommes coupables de ne pas demander les dons les meilleurs (1 Cor. 14. 1 et 12), et « surtout de prophétiser » : nous avons besoin d’exhortation, d’édification et de consolation » (1 Cor. 14. 3). En 1 Cor. 12. 4 à 11, l’Esprit produit l’exercice des dons. En Éphésiens, le Seigneur donne à des frères différents dons pour notre croissance spirituelle, et pour « l’unité de la foi » (Éph. 4. 13). Reconnaissons de tels hommes et persévérons « dans la doctrine et la communion des apôtres » (Act. 2. 42).

Le Seigneur fait des dons à l’Assemblée pour son édification et le perfectionnement des saints, « afin que nous parvenions tous à l’état d’homme fait » – ou parfait ; pour cela, le service se poursuit, pour « l’édification du corps de Christ » « jusqu’à ce que nous parvenions tous à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (v. 13). La responsabilité de l’apôtre était de « présenter tout homme parfait en Christ » (Col. 1. 28). Dieu n’abaisse jamais le niveau proposé.

Appliquons-nous, dans le support mutuel et l’amour, à croître « dans l’unité de la foi » (v. 13), afin que l’exercice des dons porte des fruits en bénédiction. « L’unité de la foi » désigne l’ensemble des connaissances que nous possédons de la Parole. Tenons ferme, car l’ennemi travaille à nous diviser en tordant les Écritures. La responsabilité des serviteurs est d’exercer leurs dons pour l’accomplissement des buts divins des v. 12 et 13. Mais la responsabilité de tous est d’écouter et de recevoir l’enseignement afin de croître, et la mesure, c’est Dieu (Mat. 5. 48), et Christ (Éph. 4. 1). Paul était freiné dans son service auprès des Corinthiens, par leur faible avancement spirituel (1 Cor. 3. 1). Si les serviteurs sont fidèles, ils « plantent » et « arrosent », et Dieu fait croître (1 Cor. 3. 6) : Christ « nourrit » et « chérit » Son Assemblée : recevons ce qu’Il nous donne. Nous avons tous reçu un don, exerçons-le fidèlement pour le bien de tous.

Timothée devait « ranimer » le don qu’il avait reçu et ne pas le « négliger » (1 Tim. 4. 14 à 16 ; 2 Tim. 1. 6). De même Archippe (Col. 4. 17). « Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, d’amour et de conseil » (1 Tim. 1. 7). La crainte, suscitée par Satan, peut nous empêcher d’exercer les dons – en particulier celui de prophète peut provoquer de la colère envers lui, et il peut être craintif et se taire, ou au contraire, trop parler. Les dons eux-mêmes sont excellents, mais les serviteurs doivent, par leur conduite, orner la doctrine. Pour cela, « n’attristons pas le Saint Esprit de Dieu » et ne « l’éteignons pas » (Éph. 4. 30 ; 1 Thess. 5. 19). La mesure placée devant nous est très élevée et Dieu travaille à ce que nous « croissions tous dans la connaissance de son Fils » (v. 13).

Ne restons pas « des petits enfants » spirituels ayant besoin de « lait », ce qui est anormal. « La nourriture solide est pour les hommes faits » (Héb. 5. 12 à 14). Pierre exhorte les anciens à « paître » et « surveiller » le troupeau de Dieu, ne « dominant pas sur lui », mais en étant un « modèle » (1 Pier. 5. 1 à 4). Parallèlement, soyons obéissants, afin que les serviteurs exercent leur service « avec joie et non en gémissant » (Héb. 13. 17). Les dons fondamentaux sont toujours là, pour que nous ne soyons pas « emportés çà et là par tout vent de doctrine » (Éph. 4. 14) ; car « des loups redoutables sont entrés parmi nous » ; et « d’entre nous-mêmes, des hommes se sont levés pour annoncer des doctrines perverses » (Act. 20. 29 et 30). Gardons la saine doctrine et recevons les exhortations, étant parvenus aux temps mauvais où « ils ne supporteront pas le sain enseignement… mais ils se tourneront vers les fables » (2 Tim. 4. 1 à 4). « Sondons les Écritures », comme les chrétiens de Bérée, pour voir « si les choses sont bien ainsi » (Act. 17. 10 et 11) afin de mieux connaître celui qui est le centre de tout.

Le verset 14 avertit de trois dangers menaçant les croyants : immaturité, instabilité, crédulité – et égarement dans les fausses doctrines. Dieu veut que « nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ », « étant vrais dans l’amour », car « l’amour se réjouit avec la vérité » (1 Cor. 13. 6) : gardons cet équilibre. L’apôtre Jean aimait « dans la vérité » (2ème et 3ème épîtres). « L’amour que Dieu a versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5), doit croître pour le Seigneur (v. 15), et pour les frères, pour l’accroissement du corps tout entier (v. 16). Pour cela, il est indispensable de « nous supporter l’un l’autre dans l’amour » (v. 2), dans lequel doit fonctionner le corps, dans l’exercice des dons, en vue de son accroissement. Sans l’amour, l’activité sera stérile (1 Cor. 13. 1 à 3).

Dieu nous a montré Son amour à la croix, et attend de nous une marche dans l’Esprit Saint. Le corps ne fonctionne que par la contribution harmonieuse de chaque membre par rapport à l’ensemble (les jointures du fournissement) : pour croître « de l’accroissement de Dieu », nous devons être « alimentés et bien unis ensemble » (Col. 2. 19). Chacun doit fonctionner selon ce que le Seigneur lui donne, pour l’édification du corps ; mais attention aux matériaux que nous apportons (1 Cor. 3. 11) C’est le Seigneur qui donne l’accroissement, mais la responsabilité individuelle est mise en avant. Si un membre n’agit pas, ou mal, l’ensemble du corps en souffre car, ici, le corps s’édifie lui-même. Bien que les dons soient très différents, nous devons les employer pour l’édification de l’Assemblée qui est un « temple saint » édifié sur « la maîtresse pierre du coin » (Éph. 2. 21) : tout doit fonctionner harmonieusement.

En mécanique, pour que les différentes pièces travaillent bien, il ne doit y avoir ni jeu ni blocage : veillons à ce que ni relâchement ni friction ne viennent troubler la marche de l’Assemblée. Même la famille chrétienne est engagée dans cet accroissement spirituel en amour. « Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité » (1 Jean 3. 18). Nous retrouvons la vérité liée à l’amour exprimés en action. Dieu éprouve ce que nous apportons et juge si cela contribue réellement à l’édification – ainsi que nos motifs cachés du cœur.

À partir du verset 17, l’apôtre, après nous avoir révélé les pensées les plus hautes de Dieu concernant l’union de Son Fils avec les croyants, nous fait redescendre au niveau des hommes faibles que nous sommes. Cependant, le chrétien, encore sur la terre, doit montrer Christ dans sa vie.

À partir de ce que nous étions (Éph. 2. 1 à 3), toute notre vie doit changer. Le reste de l’épître nous exhorte à cela. Le peuple juif, mis à part des nations (Nomb. 23. 9), a reçu, plus tard, le très beau témoignage de ne pas obéir aux lois du monde (Est. 3. 8) ; de même les chrétiens, qui « ne sont pas du monde » (Jean 17. 16), doivent être « asservis à la justice » (Rom. 6. 18), et ne plus « marcher dans le bourbier de corruption » du monde (1 Pier. 4. 4). Endurci, aveugle, son entendement obscurci, celui-ci est impur et a perdu « tout sentiment moral » (1 Tim. 4. 2). Le chrétien est « lumière dans le Seigneur » et doit marcher comme tel, dans la pureté (Éph. 5. 8 ; 1 Tim. 4. 12 ; 5. 2).

Laissons la Parole de Dieu nous « façonner » pour le Seigneur.

Un contraste absolu marque la marche du monde, dans la vanité, la corruption ; son « entendement obscurci » sans moralité, le livre à la débauche et à l’impureté. La marche des croyants ayant « dépouillé le vieil homme » et ayant « revêtu le nouvel homme créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité », loin d’être légaliste, a le Seigneur Jésus, comme modèle : « Afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21). « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1. 21). On « apprend le Christ » en « l’entendant » et en étant « instruits en lui selon que la vérité est en Jésus » (v. 20 et 21). L’étude de la Parole enseigne à connaître Celui qui est la vérité (Jean 14. 6). Sa personne, Son amour, Sa marche sont placés devant nous. Laissons-Le vivre Sa vie en nous, et restons occupés de Lui (1 Tim. 4. 12 à 16 ; 2 Tim. 3. 14). Mais l’épître aux Éphésiens place les choses bien plus haut : il faut « apprendre le Christ » et, également « apprendre de lui » (Mat. 11. 29).

Autrefois, « étrangers à la vie de Dieu », mais maintenant « renouvelés dans l’esprit de notre entendement », nous voyons avec « l’œil de Dieu », conduits par l’Esprit Saint, et sommes « transformés à l’image » du Seigneur, par Sa contemplation, « de gloire en gloire… en Esprit » (2 Cor. 3. 18). La conversion apprend à connaître le Sauveur ; ensuite, il faut croître dans la connaissance et la ressemblance du Seigneur, en restant fidèles à ce que nous avons appris de Lui par l’Esprit (2 Tim. 3. 14 ; Jean 15. 26). Ces paragraphes dirigent nos regards vers Jésus afin que nous Lui ressemblions, en actes et en « paroles de grâce » « assaisonnées de sel ».

C’est parce que « le vieil homme » a été cloué sur la croix (Rom. 6. 4), et que nous avons « revêtu le nouvel homme », qu’un changement complet est possible (Éph. 4. 25 à 32), même si la chair est encore en nous. « Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les convoitises de la chair » (Gal. 5. 15 et 16). « N’attristons pas le Saint Esprit de Dieu » (Éph. 4. 30). Deux côtés se trouvent dans ces exhortations : abandonner ce qui vient du vieil homme ; permettre au nouvel homme de vivre sa vie sainte. Ces exhortations se retrouvent en Colossiens 2. 20 à 23, et Colossiens 3. 1 à 11. Ce n’est plus Adam innocent, mais une participation à la nature divine. Marchons donc « d’une manière digne de notre appel » (Éph. 4. 1 ; Rom. 12. 1 et 2).

Vivons ce dépouillement les uns envers les autres (Éph. 4. 25 à 32). « Parler la vérité » les uns aux autres, ne pas conserver sa colère, prononcer des paroles d’édification, ôter la colère, le courroux, l’amertume, les crieries, l’injure, la malice – mais qu’il y ait la bonté, la compassion, le pardon. La colère de Dieu fait partie de Sa perfection, mais entre nous elle est pernicieuse.

En 1 Samuel 25, Abigaïl, calme la colère meurtrière de David contre Nabal ; colère qu’il veut sanctifier au nom de l’Éternel. Soyons indignés contre le mal, mais que l’amour préside dans nos cœurs. La colère du Seigneur (Marc 3. 5), était divine, mêlée de tristesse et d’amour, et il guérit l’homme à la main sèche. Le mensonge vient du diable (Jean 8. 44). « Parlons la vérité » à nos frères avec amour (Col. 3. 9 ; Zach. 8. 16 et 17), car les silences peuvent être des mensonges muets ! En Jean 4, le Seigneur ne rudoie pas la Samaritaine, mais l’amène, avec douceur, à confesser la vérité.

A la chute d’Adam, Dieu a prononcé des paroles sévères. Le sol « maudit », l’homme le cultivera « péniblement », « à la sueur de son front » (Gen. 3. 17 à 19). Pour le croyant actuel, tout est nouveau : son travail est sanctifié, s’il le fait à la gloire de Dieu. Il doit être « paisible » (1 Thess. 4. 11), afin que, n’étant pas « oisif », il ne vive pas « dans le désordre » (2 Thess. 3. 6 à 10), et qu’il puisse « secourir les faibles » vivant dans le besoin (Act. 20. 34 et 35). C’est le contraire de « dérober » (v. 28) qui est une désobéissance à la loi (Ex. 20. 15), et la cupidité est une idolâtrie fermant l’accès du royaume de Dieu aux hommes qui sont tels. Même honnêtes avec nos semblables, nous « dérobons » souvent notre temps au Seigneur, pour nos intérêts. Il nous en demandera compte.

Le travail est une constante dans toute la Parole (Prov. 6. 6) ; deux dangers à éviter sont la paresse et la négligence, ou, au contraire la suractivité dévorant toutes nos énergies dérobées au Seigneur. En Malachie, c’est dans les dîmes que le peuple « frustrait » l’Éternel. Faisons part de nos biens à ceux que le besoin presse, en « n’oubliant pas la bienfaisance » (Héb. 13. 16).

Prenons garde aussi « à l’irritation » qui, entretenue dans nos cœurs, ouvre la porte à Satan dont on « n’ignore pas les desseins » : détruire et rompre la communion avec le Seigneur et entre nous.

Que nos paroles ne soient pas « oiseuses » – inutiles (Mat. 12. 36) ; « déshonnêtes » (Éph. 4. 29) ; bénissons Dieu, mais ne « maudissons pas les hommes de la même bouche » (Jac. 3. 9) ; mais plutôt, que nos paroles « communiquent la grâce à ceux qui l’entendent » (v. 29). « De l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34). Certaines choses souillent particulièrement et ne doivent « pas même être nommées entre nous » (Éph. 5. 3 et 4), car un chrétien doit se reconnaître par « une parole, dite en son temps » (Prov. 15. 23), pour l’édification, selon les besoins. Boaz a prononcé des paroles « bonnes » pour Ruth, et l’amertume liée au passé s’est muée en consolation pour elle (Ruth 2. 13).

Certes, nous ignorons de nombreux besoins que Dieu connaît : c’est dans Sa dépendance que nos paroles communiqueront la grâce, et gardons-nous de l’égoïsme qui nous paralyse. Si nous « attristons » le Saint Esprit, au lieu de nous « communiquer les choses de Christ » (Jean 16. 14 et 15), il doit travailler pour produire la repentance en nous. Le Saint Esprit habite nos corps encore mortels, et Il peut être « attristé » dans nos vies personnelles ; « éteint » si, dans l’assemblée, les dons sont étouffés ou conduits par l’esprit de l’homme ; ou « contristé » par un mauvais état spirituel prolongé et la rébellion (És. 63. 10). Dieu dut combattre contre Son peuple (Jér. 21. 5), car il s’égarait continuellement. À ce moment-là, le Saint Esprit agissait sur la terre, mais n’habitait pas dans les hommes. Aujourd’hui, Il habite dans chaque vrai croyant, pour l’éternité.

Parallèlement à l’épître aux Éphésiens, celle aux Colossiens nous exhorte : « Marchez dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion. Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (Col. 4. 5 et 6).

Jugeons les fruits de la chair (v. 31), qui ne doivent pas se manifester entre nous, mais plutôt ceux du v. 32. L’amertume formée peu à peu, comme une racine, bourgeonnera et portera des fruits (Héb. 12. 15). Il faut donc juger le péché jusqu’à la racine et tenir la chair dans la mort, pour laisser l’Esprit porter Son fruit. La colère est une irritation brusque et brève, tandis que le courroux est plus durable. Il ne s’agit pas, ici, de la sainte colère du v. 26, selon Dieu. S’il y a de la malice, elle nous fera concevoir de la méchanceté envers nos frères (1 Cor. 5. 8 ; Col. 3. 8) ; Jacques parle d’un « débordement de malice » (Jac. 1. 21). Restons des « petits enfants » quant à la malice (1 Cor. 14. 20), et rejetons-la (1 Pier. 2. 1). Si le mal « est doux à notre bouche », si « nous le cachons sous la langue », si « nous l’épargnons » (Job 20. 12 à 14), la communion avec le Seigneur et avec les frères est interrompue et nous nous faisons du mal entre nous.

Le verset 32 est l’antidote du mal dans l’assemblée. Le pardon doit régner entre nous, « comme Dieu, en Christ, nous a pardonné » : il y va de la paix et de la prospérité de l’assemblée. Miséricorde, bonté, humilité, douceur, longanimité, support et pardon doivent régner entre nous (Col. 3. 12 et 13). Il faut se pardonner mutuellement « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mat. 18. 21 et 22) : c’est à dire toujours, et le pardon doit être dans nos cœurs, une disposition permanente, prête à se manifester, comme Joseph dut travailler la conscience de ses frères pour leur repentance, alors que le pardon était déjà dans son cœur (Gen. 45. 4).

Matthieu 18. 15 montre le cheminement rendant possible le pardon effectif et la restauration de la communion entre deux frères, après une offense. Souvenons-nous de la parabole des dix mille talents et des cent deniers. Notre mémoire gardera peut-être le souvenir d’une offense, mais pardonnons de tout notre cœur, et n’y revenons pas. Dieu ne se souvient plus de nos péchés (Jér. 31. 34). « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). Étienne, lapidé, prenait l’offense pour Dieu, et implorait Son pardon pour ses bourreaux. Son intercession a touché Saul qui, arrêté sur le chemin de Damas par le Seigneur, s’est converti et est devenu l’apôtre Paul.

Ch. 5

Soyons les « imitateurs de Dieu » (Éph. 5. 1 ; Mat. 5. 44 et 45). Il est amour et lumière, et Il a « versé son amour dans nos cœurs » (Rom. 5. 5), « afin que nous ne marchions plus comme le reste des nations » (Éph. 4. 17), mais que notre marche soit « digne » de notre « appel » (Éph. 4. 1), « comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8 et 15). Notre position céleste engage notre marche sur la terre, mais pour cela, regardons à Christ, notre parfait modèle qui a été, dans Son offrande à Dieu, ce « parfum d’agréable odeur ». Sommes-nous toujours « la bonne odeur de Christ pour Dieu, en tout lieu » ? (2 Cor. 2. 15) Présentons « nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Rom. 12. 1). 1 Jean 3. 16 nous exhorte au sacrifice envers nos frères ; que le Seigneur nous en donne la force. La vie parfaite du Seigneur a été « l’offrande de gâteau ». À la croix, en tant qu’holocauste, Il s’est offert à Dieu pour nous, et a été ce parfum de bonne odeur montant vers Dieu. En tant que sacrifice pour le péché et pour le délit, Dieu a dû L’abandonner !

La fornication, l’impureté, la cupidité, la parole folle, la plaisanterie ne doivent même pas être « nommées entre nous », car nous sommes saints. Nous ne devons plus marcher dans ces choses honteuses (ch. 4. 17), et n’ayons « rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres » (ch. 5. 11). Nous sommes capables de faire ces choses, car nous avons encore la vieille nature qui veut toujours se manifester. « Crucifiés avec Christ », « tenons-nous pour morts », afin que les fruits de la nouvelle nature se manifestent. Dieu seul peut nous garder.

Ne nous habituons pas à de mauvaises pensées et au mauvais entourage qu’offre le monde, et dans lequel même des camarades peuvent nous entraîner. Il faut fuir ces choses et ces fréquentations. La fornication représente les relations intimes hors du mariage, et Dieu la condamne (1 Thess. 4. 3 à 5) ; 1 Cor. 6. 13 à 15). Le Seigneur a prié Son Père pour que, dans ce monde, nous soyons gardés du mal (Jean 17. 15). Des paroles même peuvent souiller notre esprit, qui appartient à Dieu. Si des mauvaises pensées traversent notre esprit, ne les entretenons pas, cela provoquerait très vite un mauvais état permanent.

Gardons-nous surtout des mauvaises lectures et des spectacles délétères : « Abstenez-vous de toute forme de mal » (1 Thess. 5. 22). Joseph a su fuir en Genèse 39. 12, et il est un exemple pour nous. Satan se sert de nos convoitises pour introduire la tentation ; mais Dieu ne permet pas qu’elle soit au-dessus de nos forces, et Il nous en délivrera si nous nous confions en Lui. La cupidité veut posséder plus que ce que Dieu nous donne, et c’est le caractère du monde.

Notre position de sainteté nous oblige à nous sanctifier pratiquement. « Assis dans les lieux célestes en Christ » (ch. 2. 6), portons, sur la terre, ces caractères célestes, qui ne seront plus manifestés si nous laissons libre cours à la chair. Samson en est un triste exemple (Jug. 16. 20). Mais, ayant le Saint Esprit en nous, « marchons par l’Esprit et nous n’accomplirons pas les œuvres de la chair » (Gal. 5. 16), et défions-nous des ruses de Satan. Tenons-nous dans la lumière divine, car la crainte de Dieu a beaucoup baissé, et cela interrompt la communion.

Nous avons la contrepartie du mal dans les versets 19 et 20 de notre chapitre et en Philippiens 4. 8. Tenons-nous-en à cela, et nous pourrons répondre victorieusement à Satan. La séduction caractérise l’ennemi et conduit à « la colère de Dieu sur les fils de la désobéissance » (v. 6 ; 2 Cor. 11. 13 à 15), c’est à dire, sur les incrédules portant la livrée chrétienne, car le salut, pour le croyant, ne saurait être remis en cause ; mais s’il y a accident, il doit y avoir restauration (1 Jean 1. 7 à 10). Anticipons le règne millénial, règne de justice, de paix et de joie (Rom. 14. 17), en portant ses caractères (1 Jean 3. 9 à 11), car l’Église fait partie du royaume dont le gouvernement est dans les cieux (le royaume des cieux).

Autrefois, nous étions ténèbres ; mais, en nous donnant la vie en Christ, Dieu a fait de nous « des enfants de lumière », car « Il est lumière » (1 Jean 1. 5), et « la vie était la lumière des hommes » (Jean 1. 4). C’est pourquoi l’apôtre dit : « vous êtes lumière dans le Seigneur ». Il n’est pas dit que nous soyons amour, car « l’amour a été versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Mais, étant « de bien-aimés enfants, marchons dans l’amour » (ch. 5. 1).

Le verset 8 oppose notre caractère d’autrefois – ténèbres – à celui d’aujourd’hui – lumière – et nous exhorte à marcher comme des « enfants de lumière », avant reçu la vie divine qui est la lumière des hommes (Jean 1. 4). Christ doit être vu en nous. Le verset 9 rappelle ce qu’est le fruit de la lumière : « bonté, justice, vérité », différent du fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22).

La « vérité est en Jésus » (v. 21) et nous devons « parler la vérité chacun à son prochain » (v. 25), car la vérité va de pair avec la lumière. Le Seigneur est la lumière, et Il a fait luire la lumière divine dans les ténèbres de ce monde dont les œuvres étaient mauvaises, et qui L’a rejeté (Jean 3. 19). Christ vit en nous, et notre marche doit refléter Sa lumière (Mat. 5. 14 à 16). La bonté procède de l’amour de Dieu, et se manifeste envers tous les hommes (Rom. 2. 4), les poussant à la repentance, et « il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants » (Mat. 5. 45). L’homme en Adam manifeste la haine et l’égoïsme ; mais le croyant doit manifester cet équilibre dans sa vie, qui doit refléter ces caractères divins : la bonté, la justice et la vérité, car son Père exerce Son amour même envers ceux qui nous haïssent.

David avait « usé d’une bonté de Dieu » envers Méphibosheth (2 Sam. 9. 1 et 3). « Éprouvons ce qui est agréable au Seigneur » dans toutes nos circonstances, manifestant la fermeté, dans la vérité et l’amour. À la femme samaritaine, le Seigneur manifeste une grande bonté : « Si tu connaissais le don de Dieu » ; cependant, il est ferme dans la vérité : « appelle ton mari ». Elle doit confesser qu’elle en a eu cinq et que celui qu’elle a n’est pas son mari. La femme adultère de Jean 8, est l’objet de la bonté du Seigneur, mais Il maintient la vérité envers cette femme : « ne pèche plus », et aussi envers les Juifs pécheurs qui se retirèrent tous.

En toutes choses, efforçons-nous de discerner la pensée de Dieu « bonne et agréable et parfaite » (Éph. 5. 10 ; Rom. 12. 2). Philippiens 4. 8 et 9 montre des choses agréables au Seigneur devant diriger nos pensées et nos actes.

Séparons-nous des « œuvres des ténèbres » afin que notre attitude les reprenne et les retienne même. Lot vivant dans Sodome, et voulant reprendre les habitants livrés au mal, fut accusé de vouloir « faire le juste » (Gen. 19. 9). Le monde ne supporte pas la justice des croyants (1 Pier. 4. 4) ; ils doivent rester doux (Phil. 4. 5), n’insistant que sur les droits de Dieu. N’ayons aucune participation ni communion avec les œuvres des ténèbres (2 Cor. 6. 14 à 17). Dieu ayant fait de nous Ses fils et Ses filles, « achevons la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7. 1 ; Rom. 6. 20 à 23). Prions Dieu comme le psalmiste : « Sonde-moi, ô Dieu » (Ps. 139. 23 et 24). Le brigand, sur la croix, s’est vu dans la lumière, et la crainte de Dieu l’a tourné vers le Seigneur.

Le Seigneur nous ayant retirés du monde (Jean 17. 23 et 24), ne Le trahissons pas en adoptant la livrée du monde, laissant croire que nous ne Le connaissons pas. Le sommeil spirituel ressemble à la mort (Éph. 5. 14), et la lumière est cachée. Sur la sainte montagne, le Seigneur apparaît en gloire, mais celle-ci n’est vue que « quand ils furent réveillés ». Ne dormons pas, car nous sommes du jour (1 Thess. 5. 4 à 8). Réveillés et debout, nous qui avons la vie, nous verrons la lumière et discernerons la gloire de Christ (És. 60. 1).

Ce chapitre exhorte à marcher : « dans l’amour », « dans la lumière », « dans la sagesse » (v. 1, 8 et 15). Non la sagesse de l’homme, mais celle de Dieu (1 Cor. 1. 24), que nous devons demander à Dieu, si nous en manquons (Jac. 1. 5). Les versets 14 à 21 montrent une progression : se réveiller, se relever, marcher soigneusement, avec sagesse ; discerner la volonté du Seigneur avec intelligence ; être sobres en toutes choses pour être remplis de l’Esprit, qui nous rendra capables d’exercices spirituels « de cœur », ensemble, et de rendre toujours grâce. Enfin, couronnant la vie chrétienne collective : être « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ ».

Réveillés, debout et remplis de l’Esprit, nous marcherons avec cette lampe à notre pied et cette lumière à notre sentier (Ps. 119. 105). Alors, la sagesse d’en haut (Jac. 3. 13 à 18) se manifestant (1 Cor. 2. 6 et 7) de manière plus large, nous « saisirons l’occasion envers ceux du dehors » (Col. 4. 5). Néhémie, informé des ruines de Jérusalem, saisit l’occasion plusieurs mois après. Et, quoique prêt dans son cœur, c’est avec crainte qu’il formula sa prière au roi. Suivons cet exemple, en « achetant le temps » vis à vis du monde. Marchons « sobrement » pour nous-mêmes, « justement » envers nos semblables et « pieusement », en rapport avec Dieu (Tite 2. 11 à 13).

Recherchons la sagesse divine (Prov. 2. 1 à 6) qui commence par « la crainte de l’Éternel » (Prov. 1. 7), et laissons-la nous conduire dans la vie et en assemblée, pour le témoignage du Seigneur, comme Abraham était reconnu pour « un prince de Dieu » au milieu des étrangers (Gen. 23. 6). Notre entendement étant renouvelé, nous pouvons comprendre les caractères de la volonté de Dieu (Rom. 12. 2). Si nous sommes sobres en tout, le Saint Esprit pourra remplir notre vie. Dieu, en Christ, nous a conféré une haute position (les trois premiers chapitres) : nous sommes, d’une certaine manière, envoyés de là pour témoigner au monde des caractères glorieux de l’héritage qui nous est donné en Christ. Fuyons les caractères du monde (Rom. 13. 13 et 14 ; Osée 4. 11), et acceptons « la communion des souffrances de Christ » (Phil. 3. 10), pour comprendre les pensées de Dieu, si nous sommes disposés à les faire, et non en étant d’avance, décidés à faire notre propre volonté (Jér. 42. 19 à 22 ; Mat. 9. 2 à 8). L’excitation charnelle ôte tout discernement (Lév. 10. 8 à 11).

Sous l’ancienne économie, des gens pouvaient être remplis de l’Esprit, momentanément, comme Élisabeth et Zacharie (Luc 1. 41 à 67) ; mais l’Esprit habitant en nous éternellement, le Seigneur veut nous en remplir de manière habituelle, pour nous disposer à faire sa volonté, et que nos louanges (v. 19) soient heureuses durant les cultes, et en tous temps. Quels sont nos entretiens ? Louons-nous Dieu dès le matin ? Confessons nos péchés afin de présenter « nos corps en sacrifice vivant » (Rom. 12. 1), et que la « Parole du Christ habite en nous richement » (Col. 3. 16). Être « soumis les uns aux autres » suppose le rejet de l’orgueil (Prov. 13. 10), l’humilité vraie sans parti pris (Phil. 2. 3 et 4). Enfin, que tous, nous nous soumettions à nos conducteurs (Héb. 13. 17), bien qu’ils ne doivent pas « dominer sur les héritages » (1 Pier. 5. 1 à 3). Tout cela, « dans la crainte de Christ ».

Ensuite, le Saint Esprit nous parle des relations familiales et domestiques : Amour, soumission, obéissance, mais toujours en référence au Seigneur. Le foyer chrétien, modèle de l’union de Christ avec l’Assemblée (v. 32), union qui sera scellée pour l’éternité, aux noces de l’agneau (Apoc. 19. 7), est une institution sainte, et indissoluble, sur la terre.

Les épouses, exhortées à se soumettre à leurs « propres maris comme au Seigneur », représentent l’Assemblée soumise au Seigneur (v. 24) : position aucunement inférieure, mais complémentaire de celle du mari : « Je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Gen. 2. 18). Ève, en Éden, a pris le dessus sur son mari, a discuté avec le serpent et, par sa chute, a entraîné, et son mari et toute l’humanité. Plus tard, l’Église séduite par l’ennemi sera entraînée dans l’indépendance.

1 Pierre 3. 1 et 2 montre jusqu’où doit aller la soumission des épouses. Le mari, dans son foyer, représente le Seigneur, chef de l’Assemblée (v. 23). La distinction entre : obéir et se soumettre doit être clairement comprise. Obéir implique un ordre reçu que l’on exécute ; mais on peut obéir froidement et par devoir, ou par simple crainte d’une punition, et même en haïssant celui par qui nous sommes commandés. Se soumettre, au contraire, suppose l’amour pour nos frères (v. 21), pour le Seigneur, et l’épouse pour son mari (v. 22) : se soumettre veut dire : montrer son amour en cherchant à plaire à celui à qui on est soumis. Il n’est pas demandé aux enfants ni aux esclaves de se soumettre, mais d’obéir pour plaire au Seigneur, car Dieu connaît les circonstances et la mesure de chacun, et tous, nous sommes esclaves de Jésus Christ.

N’imitons pas le monde qui bascule de plus en plus dans l’indépendance et le désordre – mais la soumission à l’Écriture est une source de bénédiction. Sur la croix, le Seigneur S’est « livré lui-même » à Dieu, pour Son Assemblée : Il a donné toute Sa Personne, tout ce qu’Il était en Lui-même. C’est un tel modèle à imiter qui est donné aux maris vis à vis de leur épouse ! Et Dieu n’abaisse jamais le niveau de ce qu’Il a établi.

Les maris doivent aimer leur femme « comme Christ a aimé l’Assemblée » et se dévouer pour elle, les soutenir dans les circonstances du ménage, les nourrir spirituellement et prier avec elle (1 Pier. 3. 7). Le Seigneur « a aimé l’Assemblée » – c’est le passé ; Il la « purifie », la « nourrit et la chérit » – c’est le présent ; « Il se la présentera à lui-même » – c’est l’avenir. Il s’occupe de Sa Bien-Aimée afin de lui conférer Sa propre beauté et Sa pureté lors de son enlèvement, « comme une vierge chaste » (2 Cor. 11. 2).

Comme Aggée le dit, à propos du temple reconstruit durant le millénium : « La dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première » (Aggée 2. 9), la dernière gloire de l’Assemblée reflétera la propre gloire du Seigneur, car Il l’aura purifiée par la Parole, « Il se la présentera » à Lui-même, revêtue de Sa propre sainteté, et « irréprochable » dans ses actes dont il ne restera que ce qu’Il aura produit Lui-même. Puis, Il se présentera au monde, avec elle et « Il sera glorifié… et admiré » (2 Thess. 1. 10). « Toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui… afin qu’Il tienne, Lui, la première place » (Col. 1. 16).

Le verset 28 rappelle Genèse 2. 22 à 24, montrant la profondeur de l’union de l’homme et de la femme, mariés selon Dieu : ils sont « une seule chair ». Ainsi, « aimer sa propre femme », pour le mari, c’est s’aimer soi-même, car elle est « os de ses os et chair de sa chair » (Gen. 2. 23). Le mari doit prendre soin de sa femme comme le Seigneur prend soin de Son Assemblée (v. 29), car Dieu a institué le mariage pour être un modèle prophétique de l’union de Christ avec l’Assemblée, Sa future épouse qui brillera de la gloire de son époux. Le verset 32 réalise parfaitement le verset 31, car Christ a dû quitter Ses relations avec Son peuple terrestre, Ses parents selon la chair, pour s’unir à l’Église, Son épouse.

Rejetons résolument la pensée moderne consistant à s’occuper de son propre corps, en négligeant égoïstement les liens sacrés du mariage : les époux se doivent un respect mutuel. Prendre soin de sa femme, assure, pour le mari, le bien de son foyer : soins d’amour et de nourriture, matérielle, si possible, mais surtout spirituelle ; car Christ « nourrit et chérit » Son Assemblée.

Actes 9. 5 montre le Seigneur défendant les Siens, membres de Son corps, contre Saul les persécutant. Cette union de Christ et des Siens est un mystère méconnu dans le passé, mais bien connu parmi nous ; et le mariage chrétien doit rester ce reflet (v. 33) de l’union du Seigneur avec l’Église (v. 32). Le Seigneur s’occupe de nos foyers, nous amenant à refléter quelque chose de ce grand mystère.

Des dangers menacent nos foyers : l’esprit d’indépendance qui peut gouverner la femme, et l’autoritarisme du mari, étouffant toute liberté de son épouse. L’Église est devenue indépendante vis à vis du Seigneur, et autoritaire, avec le clergé.

L’union libre, si fréquente dans le monde, c’est de la fornication (Héb. 13. 4).

Le verset 31 montre qu’un jeune couple forme un foyer nouveau, indépendant, et le jeune homme marié, devient le chef d’une nouvelle famille. Le mari est exhorté à aimer « sa propre femme » (v. 25, 28 et 33), car le christianisme a aboli la polygamie, tolérée dans l’Ancien Testament et dont il restait des exemples au début de l’Église : des hommes polygames se convertissaient parfois, mais ils ne pouvaient être surveillants ou anciens (1 Tim. 3. 2 ; Tite 1. 6).

Un foyer selon Dieu, où règnent l’amour et la paix, L’honore et Il peut alors bénir.

Ch. 6

L’apôtre s’adresse d’abord à ceux qui doivent se soumettre : femmes, enfants, esclaves. Puis à ceux à qui revient l’autorité : maris, pères, maîtres.

Les enfants de parents chrétiens sont extérieurement sanctifiés (1 Cor. 7. 14). Ils doivent obéir à leurs parents dans le Seigneur, « en toutes choses » (Col. 3. 20) : il s’y rattache une promesse et de grandes bénédictions : « afin que tu vives longtemps sur la terre » (Ex. 20. 12 ; Prov. 10. 13). Il faut qu’ils gardent les « commandements du père et l’enseignement de la mère » ; les « lier sur leurs cœurs » et les « attacher à leur cou » (Prov. 6. 20 et 21) : c’est-à-dire obéir avec amour, répondant à l’amour des parents – et à garder et emporter partout avec eux leurs enseignements. L’épître qui nous place dans les cieux, donne des promesses sur la terre, quant à l’obéissance des enfants. L’obéissance donne la paix avec Dieu, avec ses parents et avec soi-même (Prov. 3. 1).

L’enfance du Seigneur est un exemple de soumission par amour (Luc 2. 51), alors qu’il est demandé aux enfants « d’obéir en toutes choses », même si cela leur demande un effort. Si nous appliquons les principes scripturaires pour élever nos enfants, leur vie en sera gouvernée jusqu’à la vieillesse (Prov. 22. 6). La fermeté et la douceur sont indispensables, afin de ne pas les décourager par une discipline trop rigide, les conduisant, à terme, à la révolte ; mais discipliner les enfants est indispensable et engage la responsabilité des parents. Une correction mesurée est parfois nécessaire (Prov. 19. 18). Nous avons des conseils pour élever nos enfants : (Prov. 13. 24 ; 22. 15 ; 23. 13 et 14 ; 29. 15 à 17).

Les enfants ont aussi leur responsabilité, car il leur est demandé d’obéir, et il s’ensuit de la bénédiction comme pour les fils de Récab (Jér. 35. 6 à 8, 10).

La discipline comprend aussi l’enseignement de la Parole conduisant au salut d’abord, et peu à peu à l’autodiscipline, par amour pour le Seigneur connu. Si un conflit naît entre parents et enfants, interrogeons le Seigneur sur ce que Lui ferait à notre place ; Il ne manquera pas de répondre si nous voulons obéir.

Timothée est un exemple d’un croyant qui a été élevé « dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (2 Tim. 1. 5). Pourtant, l’apôtre l’exhorte à « garder ce qui lui a été confié » (1 Tim. 6. 20 et 21). Si nous avons élevé nos enfants selon le Seigneur, n’oublions pas les exhortations et les prières, afin qu’ils persévèrent.

Abraham a été béni pour avoir enseigné ses fils dans « la voie de l’Éternel » (Gen. 18. 19). Éli, le sacrificateur, a été rejeté avec toute sa maison pour la méchanceté de ses fils, « parce qu’il ne les a pas retenus » (1 Sam. 3. 12 et 13). Adonija que David, son père, « n’avait jamais chagriné », s’est élevé contre lui (1 Rois 1. 5 et 6). Élevons nos enfants selon la volonté divine et avertissons-les dans les dangers, mais comptons sur Sa grâce pour le résultat.

Les versets 5 à 9 exhortent les esclaves et leurs maîtres chrétiens : les esclaves à l’obéissance joyeuse « comme asservis au Seigneur » ; et leurs maîtres, à la douceur, comme ayant eux-mêmes un maître au-dessus d’eux. Les domestiques croyants doivent aussi obéir à leurs maîtres, même s’ils sont « fâcheux » (1 Pier. 2. 18). Cela est vrai aussi entre employés et employeurs.

Nous sommes tous « esclaves de Jésus Christ » et des fils du Père : soyons donc des serviteurs et des enfants obéissants, car nous sommes appelés « pour l’obéissance de Jésus Christ » (1 Pier. 1. 2). Lui-même était esclave de l’homme « dès sa jeunesse » (Zach. 13. 5). N’ayant jamais « contesté », le Seigneur a pu « enseigner les opposants » (2 Tim. 2. 24). Les esclaves devaient servir, non seulement sous le regard de leurs maîtres, mais même en leur absence, car le Seigneur voit tout et en tout temps (Col. 3. 22). Pour servir avec intelligence, il faut nous soumettre à la direction du Saint Esprit (Éph. 5. 17 et 18). Seul, le Saint Esprit donne la force de servir dans de dures conditions, et Dieu regarde à la manière dont nous exécutons notre travail, et le Seigneur, seul, récompense (v. 8).

Les maîtres sont exhortés à la même obéissance au Seigneur que les esclaves (v. 9). Le Seigneur n’a pas égard à la position sociale, mais Il discipline chacun également. Paul, contrairement à la loi (Deut. 23. 15 et 16), a renvoyé à Philémon son esclave fugitif. Il devait user envers lui d’autant plus de douceur que, désormais, maître et esclave devenaient des frères en Christ. Ce qui préside aux relations entre maîtres et serviteurs chrétiens, c’est l’amour de Dieu, versé dans nos cœurs, bien que chacun doive rester à sa place, relativement à l’autre. Mais ces positions domestiques sont indépendantes des positions spirituelles dans l’Assemblée. Le Seigneur s’était fait l’esclave de tous (Zach. 13. 5), mais c’était Lui qui enseignait. L’exemple des relations de Boaz avec ses serviteurs est édifiant (Ruth 2. 4).

Les maîtres doivent être « justes et équitables » (Col. 4. 1), et c’est à eux que Dieu dit qu’Il ne fait pas « acception des personnes ». Faire acception de personnes fait de nous des « juges, ayant de mauvaises pensées » (Jac. 2. 1 à 4). Jacques 4. 11 et 12 nous montre que nous ne devons pas « parler contre nos frères » car nous les jugeons alors, et cette attitude légale est contraire à la foi.

Nous pourrons vivre ces enseignements en nous « fortifiant dans la puissance du Seigneur » qui nous conduit Lui-même à combattre « les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes ». Nous avons besoin de toute sa force pour un tel combat ! C’est la même puissance qui a opéré pour notre salut envers nous qui croyons, et en résurrection pour le Seigneur, et pour nous (Éph. 1. 19 et 20). « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4. 13), mais « séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). Recherchons la puissance même de Dieu, et non la nôtre.

Cependant, la puissance du Seigneur doit s’accompagner, pour nous, de « l’armure complète de Dieu », afin de « tenir ferme contre les artifices du diable ». Le Seigneur a brisé sa puissance, mais ses ruses sont toujours là. Être revêtu de l’armure est un acte volontaire : « revêtez-vous ». S’il manque une seule pièce, c’est là que Satan attaquera et nous blessera. Approfondissons nos connaissances des Écritures afin de distinguer une fausse doctrine de la vérité ; et cette armure doit être sur nous en permanence. « Notre lutte n’est pas contre le sang et la chair » (v. 12), comme en Romains 7. C’est à un combat « céleste » que nous sommes appelés, et les « puissances » qui nous sont opposées sont telles, que l’armure dont nous devons nous revêtir doit être divine dans son essence. David, revêtu de l’armure – humaine – de Saül, ne pouvait pas marcher contre Goliath. L’ennemi s’acharne à contrecarrer le travail de Dieu, dans tous les aspects de la vie des hommes et des croyants.

Notre position stable, « assis dans les lieux célestes en Christ », nous met à même de combattre pour la conquête de notre patrie céleste. Au cours de cette épître, le cercle se restreint de plus en plus. Il est d’abord collectif dans les ch. 1 à 5. 21, puis il intéresse le foyer familial et domestique (ch. 5. 22 ; 6. 9). Enfin, les exhortations deviennent individuelles (v. 10 à 20). Chacun est appelé à un combat céleste, en suivant le Seigneur.

Nous sommes exhortés trois fois à « tenir ferme » (v. 11, 13 et 14). Veillons en nous attendant au Seigneur, et « revêtons l’armure complète de Dieu ». Notre lutte n’est pas contre « la chair et le sang » ; « nos armes ne sont pas charnelles » mais amènent « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10. 3 à 5). Le combat chrétien est défensif, dans l’obéissance à Dieu : les ennemis sont ces « puissances spirituelles dans les lieux célestes » : leur force est de Dieu, mais s’étant détournés de leur Créateur, leur puissance de mal s’exerce sur la terre. Ils sont devenus : « les dominateurs de ces ténèbres » dans « ce présent siècle mauvais ».

Pour conquérir Canaan, Josué et le peuple ont combattu physiquement, mais dans l’obéissance, à Jéricho en particulier. Notre combat est spirituel, contre les « artifices du diable ». Notre position, notre héritage et nos bénédictions sont célestes : notre combat est donc dans le ciel, car l’ennemi l’occupe mais il en sera chassé. En Luc 10. 17 et 18, le Seigneur dit : « Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair ». Le Seigneur seul a le pouvoir de chasser Satan, mais Il nous associe à Son combat et à Sa victoire.

Les anges fidèles participent à cet affrontement spirituel : en Apocalypse 12. 7 à 9, le « dragon » est « précipité sur la terre » où il déchaînera sa puissance de méchanceté, et il n’y aura plus aucune lumière spirituelle sur la terre (Apoc. 9. 1 et 2) : Dieu « enverra une énergie d’erreur » (2 Thess. 2. 11), et les incrédules croiront au mensonge. Contre de telles puissances, s’il nous manque une seule pièce de l’armure, Satan nous blessera par cette faille dans notre défense ; notre responsabilité est de nous en revêtir. Les ruses de Satan sont les attaques spirituelles : fausses doctrines, versets tordus, pensées humaines mêlées à la vérité, nous détournant du Seigneur. Si un croyant s’égare ainsi, continuons à l’aimer comme un frère, mais redressons ses erreurs. Paul a repris l’erreur momentanée de Pierre, qui revenait au judaïsme.

L’armure nous protège aussi contre le doute. Répondons à ces ennemis invisibles comme le Seigneur au désert : « Il est écrit », « Il est encore écrit ». Il était revêtu de l’armure complète et a pu résister au diable. Puis Il l’a chassé : « Va-t’en, Satan », c’était « l’épée de l’Esprit ». « Résistez au diable et il s’enfuira de vous » (Jac. 4. 7). Satan ne peut ôter notre position céleste, mais veut nous empêcher d’en jouir, en faisant de nous des chrétiens « terrestres » puis « mondains » qui déshonorent le Seigneur.

Nous sommes dans le camp du Seigneur, notre chef et les anges de Dieu nous aident. Notre connaissance du Seigneur, selon la vérité, c’est « la ceinture » ceignant les reins – l’homme intérieur – centre de la force. « C’est moi qui sonde les reins et les cœurs » (Apoc. 2. 23). Satan, rencontrant le Seigneur dans un croyant ceint de la vérité, s’enfuit. Une marche de justice pratique et une « conscience sans reproche devant Dieu et les hommes » (Act. 24. 16 ; 1 Tim. 1. 19), nous revêt de la « cuirasse de la justice ». Notre marche doit confirmer nos paroles : « les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix ». La foi dans la révélation de la vérité sera notre « bouclier ». Le « casque du salut », c’est l’assurance de notre salut éternel acquis à la croix. Ne donnez pas occasion au diable (Éph. 4. 27).

Le verset 15 renvoie à Ésaïe 52. 7, désignant le Seigneur annonçant de bonnes nouvelles et à Romains 10. 15, concernant les croyants annonçant l’Évangile. Il faut en jouir soi-même, en position et en pratique, afin que notre marche rende l’Évangile crédible. N’insistons pas sur nos droits (Phil. 4. 5), avec le secours de Dieu, et cela sera perçu des hommes du monde. Le Seigneur l’a réalisé sur la terre (Éph. 2. 17).

« Le bouclier de la foi » fait allusion aux grands boucliers de l’armée romaine s’articulant ensemble, opposant à l’adversaire une protection totale. Fortifions-nous ensemble, dans la vérité, « chacun par la foi qui est dans l’autre » (Rom. 1. 12). Dans la tempête décrite en Actes 27. 20 à 25, Paul, espérant en son Dieu contre toute espérance, encourage ses compagnons de voyage et les fortifie. Dans les tempêtes secouant l’Assemblée, le Seigneur nous encourage : « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (Mat. 16. 18). Les croyants d’Hébreux 11, dans toutes leurs afflictions, ont été fortifiés par leur foi dans les promesses de Dieu. « Sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11 6). Dieu nous forme à travers nos circonstances, parfois douloureuses. Appuyons-nous sur Sa Parole d’où la foi naît (Rom. 10. 17), et se fortifie – et les « dards enflammés du méchant » seront impuissants.

Dans le Psaume 64. 2 à 6, Satan attaque un croyant s’appuyant sur Dieu ; mais dans le Psaume 91. 4 à 6, on voit la protection divine sur le fidèle, et dans le Psaume 121. 6, le croyant est protégé « des dards enflammés » : le soleil, la lune. Une connaissance profonde du Seigneur, par la Parole, nous permettra de résister au diable, à ses tentations et à ses pièges. Les insinuations de Satan quant au péché – qu’il présente d’abord comme peu grave puis, une fois confessé, comme étant trop grave pour être pardonné – est un de ces dards enflammés. Mais la Parole est formelle : le péché est grave (Prov. 21. 2), mais la grâce divine pardonne toujours les péchés confessés (1 Jean 1. 9).

« Le casque du salut » protégeant les pensées, les dirigeant vers tout ce qui est « vrai », « vénérable », « juste », « pur », « aimable » (Phil. 4. 8), est repris en 1 Thessaloniciens 5. 8, avec la « cuirasse de la foi et de l’amour », protégeant le cœur et les affections, montrant l’importance de ces deux pièces de l’armure. Satan peut faire douter les mal affermis, au sujet du salut. Mais la Parole est claire et affirmative : (Rom. 8. 1 ; Jean 3. 16 ; 1 Jean 3. 1 ; 1 Jean 5. 1) en particulier. La Parole est « puissante par Dieu », détruisant « les forteresses » de la pensée des hommes (2 Cor. 10. 4 et 5). La pensée humaine a été la source du péché, en Éden : « vous serez comme Dieu ». Enfants de Dieu, certes, mais nous restons des hommes.

L’épée de l’Esprit, la Parole de Dieu, doit être gardée tout entière : le logos. Et, dépendants de l’Esprit Saint, nous pourrons appliquer la Parole à propos : théma. « vivante et opérante » (Héb. 4. 12 et 13), elle nous sonde d’abord (Éz. 3. 8 à 11), avant de sonder les autres (Act. 2. 37). En Juges 3. 16 à 20, Éhud tue le roi de Moab, armé d’une courte épée qu’il présente comme une parole de la part de Dieu pour lui. La main d’Éléazar combattant les Philistins était restée « attachée à l’épée », et Dieu a délivré Son peuple. La Parole nous nourrit et nous sanctifie en profondeur : gardons-la précieusement.

En 1 Timothée 2. 1 à 4, 8, nous devons prier « pour tous les hommes », « en tout lieu » ; mais en Éphésiens 6. 18, nos prières sont pour la maison de la foi « en tout temps ». La prière prolonge l’armure pour que nous nous adressions à Dieu comme à un père.

En Exode 17. 8 à 13, Israël vainc Amalek grâce aux mains de Moïse, maintenues élevées dans l’intercession jusqu’à la fin du combat. Notre souverain sacrificateur intercède pour nous, et nos prières doivent monter vers Dieu, incessantes et persévérantes (Luc 18. 1 à 8). Le Seigneur, souvent en prière, est notre exemple de dépendance (Luc 6. 12 ; 11. 1).

Nos prières doivent être formées « par l’Esprit » (v. 18). Nous sommes scellés par l’Esprit (Éph. 1. 13), et Il nous fait discerner les pensées de Dieu et nos besoins. Et lorsque nous ne savons pas « ce qu’il faut demander comme il convient », l’Esprit « intercède pour nous, par des soupirs inexprimables » (Rom. 8. 26). Prions par Lui pour la gloire de Dieu, comme le Seigneur l’enseigne à Ses disciples. « Père, que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne » (Luc 11. 2), prière correspondant aux besoins des disciples d’alors, et à ceux du résidu juif de la fin, et dont une partie de la chrétienté a usé à faux. La prière nous communiquera la direction du Seigneur et Sa force pour notre marche, si nous les recherchons sincèrement. L’Esprit est donc prépondérant pour entrer dans les choses divines et pour nous adresser à Dieu (Jude 20).

La prière est parfois un cri du cœur, répondant à un besoin impérieux : (Néh. 2. 4 ; Nomb. 12. 13), prière de Moïse intercédant pour Marie, lépreuse. Réunis ensemble, faisons des prières courtes et précises. Les longues prières doivent être réservées à la solitude avec Dieu.

Éphésiens 6 nous place dans le combat, non dans l’adoration. Il y a les actions de grâce, à cause de la grâce dont nous sommes les objets ; la supplication répond à une demande pressante ; ou la prière pour nous-mêmes, dans nos besoins des ressources divines. « En tout lieu » : où que nous nous trouvions, invoquons le Seigneur. Jonas a prié Dieu dans le ventre du grand poisson, et Dieu l’a entendu.

Que nos cœurs soient en ordre devant Dieu, pour qu’Il puisse recevoir nos prières. Au tombeau de Lazare, le Seigneur dit à Dieu : « Je sais que tu m’entends toujours ». Prions pour nos frères en communion avec le Seigneur, afin que Dieu bénisse, comme Il a béni Job, « quand il eut prié pour ses amis » (Job 42. 6).

Ayons une foi solide dans les réponses de Dieu, pour « ne nous inquiéter de rien » (Phil. 1. 6).

« Pour tous les saints et pour moi » dit l’apôtre. Malgré la puissance de l’Esprit en lui, ambassadeur de Dieu lié de chaînes, il éprouvait le besoin des prières des frères pour accomplir son service (Col. 4. 3 et 4 ; Rom. 15. 30 et 31). L’aide de ses frères lui était précieuse (Éph. 6. 21 ; Col. 4. 7). Prions aussi pour le service, même effacé, de nos frères. Prions pour tous !es croyants : « élargissez-vous » (2 Cor. 6. 13). Sans égoïsme, aimons tous nos frères, et « le Seigneur Jésus Christ en pureté » (v. 24).

Le « mystère de l’évangile » nous est parvenu, bien que l’ennemi ait lié l’apôtre de chaînes, car la Parole n’est pas liée. Dieu s’est servi, peut-être, des soldats romains convertis chargés de garder Paul, pour faire circuler ses écrits inspirés.

L’évangile est propre à nous communiquer « la paix », « l’amour », « la foi » et « la grâce » (v. 23 et 24).

ÉTUDE SUR APOCALYPSE 1 à 5 ; 19 à 22

Ch. 1

Ce livre est une prophétie dévoilant les jugements du Seigneur, sur l’assemblée professante, d’abord, et ensuite sur le monde opposé à Dieu.

Il concerne le Seigneur Jésus, fils de l’homme qui, par ces jugements, revendique Sa gloire et, après avoir détruit les ennemis, établira Son royaume millénial, car, après la déchéance de l’homme qui devait hériter du monde, c’est le Fils de l’homme qui en héritera.

Dieu, comme autrefois à Abraham (Gen. 18. 17), nous révèle Ses secrets qu’Il a confiés à Son Fils, qui les transmet à Ses esclaves, par le moyen de Son ange et de Jean (v. 1), dans « la journée dominicale » (v. 10). Jean était dans l’île de « Patmos pour la Parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ » (v. 9).

L’Apocalypse est la réalisation des déclarations solennelles du Seigneur, en Jean 5. 20 à 27 : toute autorité Lui a été donnée, car il est Fils de Dieu et Fils de l’homme : méprisé, haï et crucifié, c’est Lui qui jugera Ses ennemis. C’est là le message de ce livre (Act. 17. 30). À la fin, Sa gloire éclatera et Il établira Son règne.

Dès la Genèse, Dieu s’est révélé à l’homme (Gen. 16. 13 et 14). Dans le Nouveau Testament, Dieu se révèle en plénitude, par le Fils. Si le Seigneur est l’Héritier du monde, nous sommes, par pure grâce, les cohéritiers en Christ.

L’Apocalypse n’est pas la seule prophétie de la Bible : toutes celles de la Parole annoncent les gloires futures du Seigneur ; mais elle est, spécialement, « le témoignage de Jésus Christ » (ch. 19. 10). Elle couronne toutes les prophéties. « Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche » (v. 3 ; ch. 2. 11 ; 22. 7). Ce livre est donc précieux pour nous : la bénédiction est spécialement promise à ceux qui gardent cette parole.

Aux sept assemblées, le Seigneur dit : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (ch. 2 et 3). La prophétie doit avoir tout son effet sur nos cœurs et nos consciences, et nous détacher du monde qui est jugé : le Juge est à la porte (Rom. 13. 11 et 12 ; 1 Pier. 4. 7 ; 2 Pier. 3. 4 à 7).

Au ch. 22. 16, le Seigneur « signe » la prophétie : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées ». Le monde, lui, n’a pas d’oreille pour écouter, car c’est trop tard pour lui.

Ces choses se situent au moment décrit en 2 Thessaloniciens 2. 8 à 12, où le monde sera plongé dans « une énergie d’erreur », ayant refusé la vérité ! Dieu, alors, parle, au monde condamné, par les jugements. Puisqu’il n’écoute pas, le Seigneur, « Roi des rois et Seigneurs des seigneurs », s’adresse aux assemblées.

Les autres prophéties sont données aux prophètes par l’Esprit Saint. Ici, Dieu donne à Jésus Christ cette révélation, pour la communiquer à Son « esclave » Jean, par le moyen de l’ange. Car le Seigneur est vu, là, comme le « Fils de l’homme » (v. 13), réalisant Sa dépendance du Père (Marc 13. 31 et 32). Le Seigneur, cependant, nous appelle « amis », nous ayant révélé Ses pensées, et non plus « esclaves » (Jean 15. 15).

Une particularité de ce livre, c’est que Dieu n’est pas vu comme notre Père, mais Celui de Jésus Christ. Jean a « rendu témoignage : de la Parole et du témoignage de Jésus Christ » (v. 2) : c’est l’Esprit de prophétie (ch. 19. 10). Au moment où se déroulent les jugements, la parenthèse de la grâce est refermée (Ps. 2. 9 à 12). Se retournant, Jean voit le Seigneur comme Juge, et non plus tel qu’il Le connaissait, comme le Dieu de grâce.

« Le temps est proche » (v. 3), et la venue du Seigneur est imminente. L’Apocalypse nous concerne donc, et doit influencer notre marche, en témoignage pour Lui. Dès le début, Dieu dévoile à qui Il s’adresse : aux sept assemblées qui sont en Asie mineure (v. 4), les saluant d’une parole de grâce et de paix, de la part de Celui qui est « le Dieu Éternel ». Celui qui était connu sous la loi, par les Juifs ; Celui qui vient (l’Éternel connu en Jésus Christ). Puis, « de la part des sept Esprits » (la plénitude de l’Esprit de Dieu dans ses différents aspects (És. 11. 2 à 4).

Le chandelier avait sept branches pour éclairer le lieu saint. Au ch. 4. 6, on trouve sept lampes de feu, faites pour brûler par le jugement. Et « de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle » (v. 5). Le seul vrai témoin, qui se révèle comme « le premier-né des morts », ayant autorité sur les morts ; et « le prince des rois de la terre », ayant autorité sur les vivants.

Le Seigneur encourage Jean, en lui rappelant qu’Il est « Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang » (v. 5), tel qu’il l’avait connu avant et après la croix, avant de se montrer à lui dans sa terrible apparition de Juge des assemblées ; apparition si impressionnante que Jean tombe « à ses pieds comme mort » ! (v. 17)

Cet encouragement nous concerne aussi : si nous péchons souvent, souvenons-nous que nous sommes « lavés dans son sang » pour l’éternité. Nous sommes son salaire. Et Jean éclate en louanges : « À Lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (v. 6). « Car de Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses ! À Lui la gloire éternellement ! Amen » (Rom. 11. 36).

Christ se présente comme « le témoin fidèle, le premier-né des morts et le prince des rois de la terre », et rappelle ce qu’Il a fait de nous : « Il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père » (v. 6), en relation avec ce qui va arriver : après les jugements des assemblées et du monde, nous régnerons avec Lui : rois et sacrificateurs, adorateurs et intercesseurs (ch. 5. 8). Ils sont un reflet du Seigneur, Roi et Souverain sacrificateur, et « ils régneront avec Lui mille ans » (ch. 20. 6). Cette position est le privilège des « vingt-quatre anciens », symbolisant les saints de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament.

La sacrificature est un office de la grâce (Zach. 6. 13). « Il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15. 5) ; et : nous serons « manifestés avec Lui en gloire » (Col. 3. 3). C’est pourquoi marchons en vertu de cette position noble qu’Il nous a faite. « L’homme noble se propose des choses nobles et il se maintiendra par des choses nobles » (És. 32. 8). Cette position céleste nous est déjà acquise (Éph. 2. 5 et 6). « Il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21).

Jean connaissait le Seigneur « débonnaire et humble de cœur », sur le sein duquel il pouvait se pencher librement. Mais l’Apocalypse révèle le Juge en action judiciaire dans les assemblées et sur la terre ; et ceci, en relation avec Sa gloire qu’Il revendique contre les hommes qui l’ont crucifié.

Abaissé et humilié par Son peuple et les hommes des nations à qui Il offrait Sa grâce avec amour, le Seigneur avait révélé Sa gloire future sur la sainte montagne, à Pierre, Jean et Jacques (Mat. 17). C’est aux yeux de tout l’univers qu’Il se manifestera en gloire. Alors, il y aura une lamentation universelle. Lorsqu’Il enlèvera Son Église auprès de Lui, seuls les saints Le verront. « Il vient avec les nuées » (v. 7 ; ch. 19. 14) : il semble qu’il s’agit là des anges et peut-être des saints qui lui sont associés dans les jugements.

En Matthieu 26. 64, Il apparaîtra en gloire et en puissance « sur les nuées du ciel ». Il se révèle comme « l’alpha et l’oméga… Celui qui est, et qui était, et qui vient » (v. 7) : Il est (éternel en Lui-même) ; Il était (avant la création, avant le temps) ; et Il vient pour juger la terre souillée par le péché (ch. 21. 6 ; 22. 12 et 13).

Tout en étant fils de l’homme, héritier du royaume du monde, Il est le Dieu Tout-puissant, l’Éternel qui s’est révélé à Abraham et à Moïse en particulier. Il est « Dieu manifesté en chair », « en Fils » (1 Tim. 3. 16 ; Héb. 1. 2). Il régnera sur les rois de la terre et dominera sur ceux qui dominent. Il est Celui qu’aucun œil ne peut voir, qui seul possède l’immortalité. Jean, dans sa première épître, Le révèle comme étant le Fils du Dieu véritable et la vie éternelle, étant Lui-même ce Dieu véritable et la vie éternelle (ch. 5. 20).

En exil dans l’île de Patmos, Jean a reçu cette révélation, Dieu se servant des circonstances où l’apôtre se trouvait. Ces terribles jugements s’accompagnent, pour nous, d’encouragements. Jean, recevant ces révélations que nul autre n’a reçues, se considère humblement comme : « votre frère » ayant « part avec vous à la tribulation » : il sait n’être pas seul dans les souffrances. « Dans l’île de Patmos pour la Parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ » : loin d’être amer, dans les épreuves, il trouve de l’intérêt pour son service.

Paul, en Actes 28. 20, comprenait la signification des épreuves qu’il endurait. Cherchons, nous aussi, à comprendre le sens de nos circonstances.

Après l’enlèvement de l’Église, il y aura une autre compagnie de croyants, sur la terre, subissant des persécutions durant la grande tribulation : certains seront « égorgés pour la Parole de Dieu » (ch. 6. 9 à 11). D’une manière très générale, Jean se considère comme leur frère. Actuellement, le royaume des cieux est encore en mystère ; nous en faisons partie, bien que le Roi (Christ) ne soit pas encore révélé au monde comme tel. Mais nous avons part, avec Lui, à Sa patience : nous attendons Sa venue. En attendant, nous avons la « Parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ » (v. 2 ; ch. 19. 10), qui est « l’esprit de prophétie ».

Cette révélation à l’apôtre a lieu « dans la journée dominicale » (v. 10) : le jour de la résurrection du Seigneur – et pour nous, le premier jour de la semaine, mis à part pour l’adoration. À l’époque des apôtres, être « en esprit » pour recevoir une révélation, était nécessaire : Paul (2 Cor. 12. 1 à 5) ; Pierre (Act. 11. 5), avaient eu des révélations qu’ils ont rapportées dans la Parole, maintenant complète. Et l’Esprit Saint, en nous, nous aide à comprendre la Parole.

Sans vouloir limiter la puissance de Dieu, Il faut donc être prudent, aujourd’hui, quant à cette notion d’ « être en esprit », ou même dans nos rêves. En Ézéchiel 3. 12, le prophète, dans sa vision, avait vu « une grande commotion » (bouleversement), et en avait ressenti de l’amertume. Dieu révèle à Jean des jugements sur les assemblées et sur le monde. Au ch. 17. 3 et 21. 10, l’apôtre est emporté « en esprit », d’abord dans le désert, pour lui montrer la sentence de la grande prostituée (Babylone prophétique) ; ensuite, et en contraste, sur « une grande et haute montagne », d’où il voit « l’épouse, la femme de l’Agneau » qui est en même temps, « la sainte Cité, Jérusalem descendant du ciel d’auprès de Dieu ». En Matthieu 4. 1 à 8, le Seigneur a été transporté par le diable en différents endroits d’Israël, afin d’y être tenté. Mais il ne nous est pas dit que ce fut en esprit.

En Nombres 10. 1 à 10, on trouve les trompettes qui convoquaient le peuple au rassemblement, pour les départs, la guerre et diverses occasions. La voix autoritaire « comme d’une trompette » (v. 10), se retrouve au ch. 4. 1. Elle annonce une vision si terrifiante, que Jean tombe aux pieds du Fils de l’homme revêtu de toute la majesté du Juge suprême, annonçant un jugement gouvernemental sur l’Église ayant manqué à sa responsabilité – mais aussi, en destruction sur le monde.

Jean doit écrire ce qu’il voit aux sept assemblées nommées (v. 11). Existant localement en Asie mineure à l’époque de Jean, ces sept assemblées symbolisent le développement de l’histoire de l’Église tout entière.

Jean voit « le Fils de l’homme au milieu des sept lampes d’or » (v. 12 et 13), tenant « dans sa main droite, sept étoiles » (v. 16). Ces sept lampes d’or figurent sept assemblées revêtues de la justice pratique dans le monde. Les sept étoiles dans la droite du Juge représentent la partie responsable des assemblées locales. Ces sept lampes sont comme distinctes, à la différence du chandelier du temple qui était un. Le Seigneur les voit dans leur état particulier et les juge séparément. Ainsi, bien que représentant l’Assemblée tout au long de son histoire, elles en sont distinguées.

Ce Fils de l’homme est à la fois, Jésus Christ et l’Ancien des jours de Daniel 7. 13 et 14 ; v. 22. Le Dieu absolu venant dans Son caractère d’Héritier du monde, ayant la domination éternelle. Lui-même exerçant les jugements, Sa robe descend jusqu’aux pieds et Il est ceint à la poitrine d’une ceinture d’or : justice divine intrinsèque. Ses pieds d’airain révèlent la justice divine, en marche pour le jugement du péché, dans l’Assemblée et dans le monde.

Le v. 14 révèle que c’est le Fils de l’homme qui vient pour juger les assemblées. Mais en même temps, Il est Dieu : « L’ancien des jours qui s’assit. Son vêtement était blanc comme de la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine pure » (Dan. 7. 9). La blancheur des cheveux révèle la pureté et la sagesse divines de Ses jugements. La longue robe rappelle la dignité du Juge, dans ses jugements justes, selon le bien, au moment voulu de Dieu. « Ses yeux, comme une flamme de feu (ch. 2. 18 ; 19. 12) et ses pieds semblables à de l’airain brillant, comme embrasés dans une fournaise » : le Seigneur scrute tout, d’un regard perçant, en jugement ; et Ses pieds d’airain dévoilent la justice divine en marche pour le jugement du péché, dans l’Assemblée et dans le monde. L’airain symbolise la justice divine en relation avec le péché. À la cuve d’airain, les sacrificateurs se lavaient, avant d’offrir les sacrifices sur l’autel d’airain.

« Sa voix comme une voix de grandes eaux » montre la solennité de l’avertissement et la majesté du Juge. « Et Il avait dans sa main droite sept étoiles » : Sa main tient avec force ceux qui, dans les assemblées, ont la responsabilité de les conduire. Les épîtres sont adressées « à l’ange de l’assemblée » (ch. 2 et 3). Cependant, chacun a sa part de responsabilité. Jean a vu « sept lampes d’or » ; « sept étoiles » ; « sept assemblées ». Cette répétition du chiffre sept (le plus haut chiffre indivisible) symbolise ce qui est complet : 4, est le chiffre désignant l’homme sur la terre. 3 est le chiffre divin : la trinité. 4 + 3 = 7.

Les anges sont « des esprits administrateurs » (Héb. 1. 14). L’Ange de l’Éternel représente Dieu. Pierre, sortant de prison et se présentant aux frères, n’est pas cru de ceux-ci et ils pensent que « c’est son ange » (Act. 12. 15). On trouve aussi « les anges des enfants » qui voient continuellement la face du Père. Les étoiles, créées en Genèse 1. 16 et 17, symbolisent des autorités subordonnées, par rapport au soleil, image de l’autorité suprême (v. 16). Elles Lui doivent des comptes. Les anges des assemblées doivent les administrer à la gloire de Dieu.

Ceux qui conduisent les assemblées locales ont une énorme responsabilité ! L’« épée aiguë à deux tranchants » qui sort de Sa bouche révèle que c’est la Parole de Dieu, redoutable, qui opérera en jugement (Ps. 33. 8 et 9). Ces symboles montrent l’immédiateté et la solennité des jugements annoncés par le Fils de l’homme, Juge et Héritier du monde. Il est « la Parole qui devint chair et habita au milieu de nous » (Jean 1. 1 et 14). La solennité de la vision jette Jean, comme mort, aux pieds de Celui qu’il ne connaissait, jusque-là, que comme son Berger sur le sein duquel il aimait se pencher.

C’est aussi comme notre Berger que nous Le connaissons. Ceux qui refusent de Le recevoir comme le Sauveur, auront affaire à Lui comme Juge. Mais, à Son disciple bien-aimé, Il dit : « Ne crains point ; moi je suis le premier et le dernier (l’alpha et l’oméga), et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ; et je tiens les clefs de la mort et du hadès » (v. 17 et 18).

Comme Daniel, au ch. 10. 7 et 8, Jean n’a plus de force pour se tenir debout. Ésaïe, dans sa vision du ch. 6. 5, s’écrie : « Malheur à moi ! car je suis perdu… car mes yeux ont vu… l’Éternel des armées ». Nul ne peut supporter la vue de la gloire de Dieu, sinon les croyants ressuscités. Le Seigneur nous encourage, cependant : « Moi, l’Éternel, ton Dieu, je tiens ta droite, moi qui te dis : ne crains point, moi je t’aiderai » (És. 41. 13). Certes, le Seigneur reste notre Berger ; mais n’oublions pas qu’Il est, avant tout, le Fils de Dieu dont l’apparition comme Juge est terrifiante, même pour les Siens ! S’Il tient les clefs de la mort et du hadès (Mat. 11. 23), c’est pour en libérer les âmes qui y sont, attendant la résurrection.

Le v. 19 trace le plan de l’Apocalypse :

1) Les choses que Jean a vues : le Seigneur dans Sa gloire de Juge.

2) Les choses qui sont : toute la période de l’Église, jusqu’à la fin.

3) Les choses qui doivent arriver après celles-ci : les jugements tombant sur le monde, après l’enlèvement de l’Église.

L’Assemblée de Dieu, comme une « colonne », doit soutenir, haut et ferme, la lampe de la vérité chrétienne, pour la faire briller et la montrer de loin (1 Tim. 3. 15). Tenons ferme.

Ch. 2

L’Apocalypse prophétise les jugements du Seigneur sur le monde. Mais les ch. 2 et 3 annoncent solennellement les jugements sur l’Assemblée professante (1 Pier. 4. 17). Ici, le Seigneur voit l’état de l’ensemble de Son Assemblée responsable, telle qu’elle est devenue au cours de son histoire.

Les sept assemblées nommées, et dont l’état spirituel différait à ce moment-là, existaient en Asie mineure. Prophétiquement, elles représentaient le développement de la décadence au sein de l’Église, depuis le temps des apôtres, jusqu’à l’apostasie finale. L’Esprit Saint décrit, malgré l’état général décadent, la fidélité de quelques-uns des croyants, et des réveils successifs.

Les quatre premières désignent l’Église jusqu’au Moyen-âge. La quatrième poursuit sa course jusqu’au retour du Seigneur, avec les trois dernières. Dans les trois premières, l’exhortation et la récompense sont adressées à tous, dans le même ordre (v. 7, 11 et 17). Mais, à partir de la quatrième, l’ordre est inversé, ne s’adressant plus qu’à ceux qui restent fidèles (v. 26 à 29 ; ch. 3. 5, 6, 12, 13, 21 et 22).

L’assemblée dans son ensemble ne répondant pas aux exhortations du Seigneur, Il s’adresse, alors, à « celui qui a des oreilles », et Il cherche des « vainqueurs ». À chacune des assemblées, le Seigneur s’adresse selon le même schéma. Il se présente selon ses propres caractères décrits au chapitre premier (v. 13 à 16), et s’adresse « à l’ange de l’assemblée », partie responsable à qui le Seigneur confie Ses intérêts. Il signale ce qu’il y a de bon. Puis, Il adresse les reproches propres à chacune, et l’invite à la repentance. Enfin, Il exhorte les fidèles et promet la récompense aux vainqueurs.

Seules, deux des assemblées n’encourent aucun reproche : Smyrne et Philadelphie. Une seule, Laodicée ne présente plus rien de bon, selon l’estimation du Seigneur. Des gens sont nommés, en bien ou en mal (v. 6, 13 et 15). L’épée aiguë à deux tranchants fouille les consciences (Héb. 4. 12), et l’Assemblée est responsable de se retirer du mal (2 Tim. 2. 19), et de faire briller la lumière de Dieu dans ce monde de ténèbres. Elle est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). À Éphèse (v. 1), la salutation (différente de celle de l’épître aux Éphésiens qui s’adressait à toute l’assemblée), ne s’adresse qu’à « l’ange », dépositaire de la responsabilité du témoignage. Dès les temps des apôtres, la piété des croyants fléchissait déjà.

Mais dans la chute de l’Église, Dieu a produit deux réveils. La Réforme qui a poussé des fidèles à sortir de l’Église ; mais qui, ensuite, a dégénéré. Puis, au 19ème siècle, l’Esprit Saint a réveillé des fidèles qui ont dû sortir (ch. 3. 1 à 6) : ce fut le réveil évangélique. Cependant, le bon ou le mauvais état d’une assemblée locale tient à l’état spirituel de tous les croyants.

L’état spirituel d’Éphèse décrit ici, se situe entre les années 57 et 167. Le Seigneur se présente comme marchant « au milieu des sept lampes d’or », tenant dans Sa main « les sept étoiles ». Il y a encore une relation intime entre Lui et « les étoiles », auxquelles Il reconnaît « l’œuvre, le travail, la patience » ; mais, contrairement à l’Assemblée à Thessalonique (1 Thess. 1. 1 à 3), il manquait l’amour (v. 4).

À Laodicée, le Seigneur ne peut plus marcher « au milieu », mais se « tient à la porte » de l’Assemblée, et frappe à la porte des cœurs. Éphèse restait très ferme dans sa marche morale, éprouvant ce qui était bon ; mais il leur manquait « le premier amour ». Qu’en est-il de nous ? L’amour est la base essentielle, unique, de la vie chrétienne (1 Cor. 13. 1 à 8, 13). Poursuivons l’amour. L’amour pour le Seigneur, c’est de garder Ses commandements (Jean 14. 21 ; Jér. 2. 1 à 3). Seule, l’estimation de Son amour pour nous nous Le fera aimer à notre tour, en L’honorant. L’amour de Dieu a été « versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Et soyons occupés de Lui, afin qu’il y ait de l’amour entre nous (Jean 13. 34 et 35).

Si notre communion avec le Seigneur s’affaiblit, nous ne devons pas réagir durement, en ne nous attachant qu’à la vérité – ni avec laxisme, ne voyant que l’amour. Mais : « L’amour se réjouit avec la vérité » (1 Cor. 13. 6). C’est un équilibre, non un compromis. C’est en restant fidèles à l’évangile que nous honorerons le Seigneur.

Dans les versets 2 et 3, le Seigneur reconnaît la fidélité des croyants d’Éphèse, qui gardaient l’enseignement de l’apôtre Paul, quant à la marche dans l’Assemblée. « Tu ne t’es pas lassé ». Paul leur écrira : « Après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éph. 6. 13). Mais cette marche pratique fidèle ne portait plus la marque « des premières œuvres » : désormais, il manquait l’amour (v. 4). L’amour est la véritable base de la vie chrétienne. « L’amour ne périt jamais » (1 Cor. 13. 8). L’amour est le fondement même de la nature intime de Dieu : « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16) ; et Il a « versé son amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rom. 5. 5).

Le déclin d’Éphèse a commencé 30 ou 40 ans après l’enseignement de l’apôtre Paul. Garder les formes extérieures de la fidélité, mais sans l’amour qui est le « moteur » de la vie chrétienne, n’a pas de valeur.

Les quatre premières assemblées décrivent le déclin de l’Église primitive, jusqu’au Moyen-Age où, sous la papauté triomphante, l’Église a atteint sa plus grande autorité sur le monde, mêlant une partie de la vérité à de l’idolâtrie. C’est à cette époque où, toute-puissante, « la femme Jésabel » (v. 20), l’esprit de fausse prophétie dominant l’Église, a introduit l’idolâtrie, sous la forme du culte des anges et des saints, ainsi que le culte de Marie. On a également ajouté tous les livres deutérocanoniques à la Bible, faussant la vérité !

Le point de départ de ces déviations, c’est l’abandon du premier amour. Dieu nous dit : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (Prov. 23. 26). À la conversion, notre cœur brûle pour le Seigneur. Mais l’abandon du premier amour est une déchéance (v. 5) ! L’abandon est un acte conscient, volontaire. L’appel du Seigneur à la repentance suit la description détaillée de l’état dans lequel étaient les Éphésiens. Il en est de même pour nous, car le Seigneur veut nous réveiller. Le sommeil spirituel peut conduire à l’apostasie, comme le Seigneur le montre dans ces sept épîtres, et dans la suite du livre. Il ne cache rien des conséquences s’il n’y a pas de repentance : « Je viens à toi et j’ôterai ta lampe de son lieu » (v. 5). « Je viens à toi » est un avertissement solennel, car c’est pour ôter la lampe. Seule, la repentance apportait le pardon.

Au ch. 1. 1 et 2, la Parole nous montre que le témoignage qui nous est confié ne nous appartient pas : c’est le témoignage « de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus Christ ». Nous devons manifester que nous appartenons au Seigneur, en obéissant à Sa Parole. Si une assemblée locale ne porte plus ce caractère de témoin de Jésus Christ, le Seigneur ôte la lampe. La lampe est faite pour éclairer, mais c’est le Seigneur qui est la « lumière » (Jean 8. 12) ; et nous devons vivre, personnellement et en assemblée, de telle manière qu’elle brille. Nous en sommes tous responsables. La vie de l’Assemblée ne se résume pas aux réunions, mais concerne toute notre vie. Les « lampes » que le Seigneur allume, doivent briller dans ce monde de ténèbres.

À Éphèse, le Seigneur relevait des choses positives qui L’honoraient: « tu hais les œuvres des Nicolaïtes, lesquelles moi aussi je hais » (v. 6). Ces Nicolaïtes mangeaient « des choses sacrifiées aux idoles » et commettaient « la fornication ». Finalement, ces fausses doctrines ont été acceptées et pratiquées (v. 14 et 15), mésusant ainsi de la liberté des enfants de Dieu. Dieu nous dit : « Achète la vérité et ne la vends pas ». Gardons précieusement ce que le Seigneur nous a confié. L’exhortation à écouter est individuelle, bien que le Seigneur ait encore marché « au milieu » de l’Assemblée.

À Thyatire, seul un résidu reste fidèle : c’est à lui qu’Il s’adresse (v. 24). « Celui qui vaincra », c’est celui qui aura retrouvé son premier amour et qui aura rejeté les fausses doctrines. A ceux-là, le Seigneur promet qu’ils mangeront « de l’arbre de vie dans le paradis de Dieu » (v. 7). Là, il n’y a qu’un seul arbre (ch. 27. 2 et 14). Image du Seigneur Jésus, dont nous nous nourrissons déjà (Jean 6. 51). En Éden se trouvaient l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Encore de nos jours et jusqu’à la fin, le Seigneur cherche des vainqueurs : « Toi, suis-moi ». Avons-nous des oreilles pour écouter ? Écouter, c’est marcher sur le chemin de la victoire. Moïse avait « choisi l’opprobre du Christ » plutôt que « les délices du péché » (Héb. 11. 25 et 26). Regardons, nous aussi, à la « rémunération ».

Smyrne (qui signifie : myrrhe, symbole de souffrance), était une assemblée d’Asie mineure, et le Seigneur l’avertit qu’elle devait passer par la persécution. C’est une figure de l’Église primitive persécutée par le monde romain s’opposant à la propagation du christianisme. « Vous aurez une tribulation de dix jours » représente dix périodes de violentes persécutions sous dix empereurs romains qui se sont succédé durant cent cinquante ans environ. C’est « l’Église des catacombes ».

À l’assemblée souffrante, le Seigneur n’adresse aucun reproche, mais des encouragements, et Il se présente comme « le premier et le dernier, qui a été mort et qui a repris vie » (v. 8 ; ch. 1. 18). À elle, persécutée jusqu’à la mort, le Seigneur se présente comme le vainqueur de la mort – et, ressuscité, Il a reçu « plusieurs diadèmes » (ch. 19. 12). Paul, manifesté fidèle, a reçu la « couronne de justice » (2 Tim. 4. 7 et 8). Et les croyants, possédant toutes choses : « soit mort soit vie » (1 Cor. 3. 22), marchent dans le chemin du triomphe du Seigneur, possédant en Lui la vie éternelle. Encore aujourd’hui, les croyants, persécutés dans certains pays, peuvent être encouragés par ces paroles.

À Smyrne, Dieu permit ces tribulations pour réveiller l’amour des chrétiens pour leur Sauveur, après que l’Église ait abandonné son premier amour. Tribulation, pauvreté et outrages caractérisaient ces persécutions. Outre les souffrances physiques, les croyants étaient spoliés de leurs biens, et devaient se réfugier dans d’anciennes carrières désaffectées, tentant d’échapper à leurs bourreaux.

Pourtant, malgré sa pauvreté matérielle, le Seigneur dit à Smyrne : « Tu es riche » (v. 9). Dépouillés de leurs biens, ces croyants étaient « riches quant à Dieu » : richesse spirituelle, possédant dans le ciel, « un héritage immarcescible » (1 Pier. 1. 4).

Ayant cette perspective de la mort devant eux, les croyants sont encouragés par l’espérance d’être bientôt avec le Seigneur. Cette richesse de Smyrne contrastait avec la fausse richesse de Laodicée (ch. 3. 7). Ces gens se disant « juifs » et qui ne l’étaient pas, cherchaient peut-être à réintroduire le légalisme avec un clergé dans l’assemblée, à la manière du fonctionnement des synagogues juives, dirigées par « un chef de synagogue ». C’était un véritable blasphème, car c’était une vraie entrave à la vie spirituelle de l’Assemblée.

Déjà en Actes 15, des chrétiens juifs cherchaient à réintroduire le légalisme dans l’Assemblée. Satan présidait à ce retour à la loi juive (v. 9). Ce clergé prendra toute son ampleur à Thyatire. Contrairement à Éphèse qui avait discerné les faux apôtres (v. 2), à Smyrne, le Seigneur doit dénoncer les faux Juifs, afin que l’assemblée les reconnaisse comme étant « la synagogue de Satan ».

Ce danger se retrouvera à Philadelphie (ch. 3. 9) ; mais, si Smyrne doit passer par la persécution, Philadelphie sera « gardée de l’heure de l’épreuve » (cf. ch. 3. 10). Cependant, Smyrne a tenu ferme, devant les assauts du « lion rugissant », avant qu’il ne se transforme à Pergame, « en ange de lumière ». L’épreuve est un moyen de jauger et fortifier la foi (1 Pier. 1. 4 et 5). « Bienheureux est l’homme qui endure la tentation ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment » (Jac. 1. 12). La tentation, ici, est l’épreuve de souffrance pour la foi que le Seigneur nous exhorte à supporter avec patience.

Le v. 11 mentionne « la seconde mort » que les croyants de Smyrne étaient assurés de ne pas subir (l’enfer où les âmes des incrédules souffriront éternellement de l’absence absolue de Dieu, dans leurs péchés non pardonnés, en compagnie du diable et de ses anges, ainsi que de la « bête » et du faux prophète du ch. 13 (ch. 20. 10 à 15 ; ch. 19. 19 à 21).

Deux « tribunaux » se trouvent dans les Écritures. Le tribunal de Christ où seront « manifestés » les croyants, au cours duquel ils verront toute la grâce de Dieu déployée durant leur vie, à chacune de leurs circonstances (2 Cor. 5. 10). Mais, « il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1). Puis « le grand trône blanc » où le Seigneur jugera et condamnera tous les incrédules (Apoc. 20. 11 à 15). La grâce de Dieu triomphera au tribunal de Christ et Sa gloire, au grand trône blanc.

Tout au long de l’histoire de l’Église, le Seigneur cherche des « vainqueurs ».

Comme pour les sept assemblées, le Seigneur s’adresse « à l’ange de l’assemblée qui est à Pergame » (v. 12) : la partie responsable. Mais prenons tous à cœur les intérêts du Seigneur dans l’Assemblée, comme dans le Psaume 137. 1 à 6.

En l’an 313, après les terribles persécutions à Smyrne portant les caractères du Seigneur rejeté et mis à mort, l’empereur Constantin a adopté lui-même le christianisme, et a protégé les chrétiens. En 393, l’empereur Théodose a proclamé le christianisme seule religion officielle de l’empire romain. Mais le diable s’est servi de cette fausse sécurité, comme piège pour endormir les chrétiens : protégée par le monde où Satan règne et habite (car il est le prince de ce monde), l’assemblée s’y est réfugiée. Le nom de Pergame dérive d’un mot signifiant : mariage. Elle s’est « mariée » avec le monde !

C’est un avertissement solennel pour nous, car le monde porte toujours ce caractère de corruption et d’idolâtrie. Les persécutions contre l’Assemblée ont été appelées : la semence de l’Assemblée, car chaque fois, l’Assemblée a prospéré, car le Seigneur s’occupe des Siens avec amour. Le monde organisé sans Dieu est gouverné par Satan, prenant tantôt la figure d’un serpent rusé, tantôt celle du lion rugissant, tantôt celle d’ange de lumière (2 Cor. 12. 7). C’est alors qu’il est le plus dangereux ! Le monde, alors, devient l’ami de l’Église ! Sous les assauts de l’ennemi, l’Église, d’abord, a résisté ; mais peu à peu, elle a cédé à ses sollicitations. Pergame s’est réfugiée dans le monde ; Thyatire, elle, pénétrera et dominera le monde : l’Église atteindra toute sa puissance dominatrice sur le monde, durant tout le Moyen-âge, abolissant les vrais caractères célestes de l’Assemblée.

Au v. 12, le Seigneur se présente comme « Celui qui a l’épée aiguë à deux tranchants » : c’est la Parole de Dieu personnifiée en Jésus Christ. Elle est vivante et opérante (Héb. 4. 12 et 13). Elle répond au caractère judiciaire du Seigneur (ch. 1. 16) et est appropriée à l’état de Pergame : elle dévoile où cette assemblée habite : « là où est le trône de Satan » (v. 13). Habiter, c’est demeurer de façon habituelle ; situation plus que dangereuse. La Parole est toujours là pour nous faire discerner le bien du mal, dans nos circonstances personnelles, mais aussi, en assemblée. Malgré cette situation, Pergame restait fidèle (cf. v. 13) ; cependant, Satan lui tendait un terrible piège : le monde la protégeait !

C’est à Pergame que, pour la première fois, la Parole montre l’existence d’un résidu (v. 16), distingué de « ceux qui tenaient la doctrine de Balaam » (v. 14), et des Nicolaïtes (v. 15). Idolâtrie et corruption morale (fornication) étaient tolérées : Balaam, moyennant le « salaire d’iniquité », enseignait au peuple l’idolâtrie et la fornication (Nomb. 25. 1 à 9, 31. v. 8 et 16). Dans son aspect et ses « sacrifices », il parodiait les sacrificateurs de l’Éternel, et ses offrandes ressemblaient aux sacrifices à Dieu : mais c’était un devin. En 2 Corinthiens 11. 13 à 15, la Parole dénonce les faux docteurs dirigés par Celui qui se transforme encore en « ange de lumière ».

Si nous sommes appelés à souffrir pour le nom du Seigneur, 1 Pierre 4. 16 et 17 nous encourage à ne pas en avoir honte. Le jugement de Dieu commence par Sa propre maison, car le Seigneur s’occupe de ceux qu’Il aime. Ces doctrines perverses (Balaam et Nicolaïtes) n’étaient pas jugées, à Pergame ; aussi, le Seigneur est obligé de les dénoncer à la conscience des fidèles. Éphèse haïssait les « œuvres des Nicolaïtes », comme le Seigneur Lui-même. Le Seigneur invite Pergame à la repentance, sinon, Il menaçait de combattre ceux qui retenaient ces doctrines corrompues (v. 16). Il ne peut tolérer le mal dans l’Assemblée. Prenons-y garde et veillons-y, car nous sommes tous des sentinelles. Satan cherche toujours à renverser ce que le Seigneur édifie.

L’appel à la repentance est toujours individuel, et il est adressé à cinq des sept assemblées (ch. 2. 5, 16 et 22 ; ch. 3. 3 et 19). La repentance est le seul moyen de revenir au Seigneur si l’on s’est écarté.

La « manne cachée », c’est Christ dans le ciel : caché pour le monde, mais nourriture des croyants fidèles. Le « caillou blanc » est une marque distinctive octroyée par le Seigneur à celui qui a des « oreilles pour écouter » (v. 17). C’est un nom secret que reçoit celui qui jouit d’une communion intime avec son Seigneur, après avoir vaincu. Au v. 17, le « caillou blanc » évoque l’objet usité autrefois en Grèce, pour marquer l’approbation, ou lors d’un vote. C’est à cela que Paul fait allusion en Actes. 26. 10, disant : « j’y donnais ma voix ».

À Thyatire, on voit l’aboutissement du mal dans l’Assemblée. C’est l’église qui a remplacé le Seigneur par l’homme. Aussi, le Seigneur se présente à elle comme « le Fils de Dieu » ayant la domination sur Son Assemblée. Il a ses « yeux comme une flamme de feu (Héb. 4. 12 et 13), et Ses pieds sont semblables à de l’airain brillant » (v. 18 ; ch. 1. 14 et 15). Il discerne tout ce qui caractérise cette assemblée, et va la juger.

Cependant, le Seigneur connaît ses « œuvres, son amour, sa foi, son service, sa patience et les dernières œuvres qui dépassent les premières » (v. 19). Il reconnaît un résidu fidèle, caché au milieu de Thyatire.

On peut penser aux Vaudois ou à d’autres, restés individuellement fidèles, durant les siècles du long Moyen-âge. Ce résidu a l’approbation du Seigneur. Il voit tout ce qui se fait pour Lui, dans le secret des cœurs.

Mais le Seigneur voyait aussi « la femme Jézabel », fausse prophétesse qui enseigne et égare les esclaves (ou serviteurs), les entraînant à la fornication (dans le sens large), et à manger des choses sacrifiées aux idoles (v. 20). On a introduit le culte des anges, des saints, et accentué le culte de Marie déjà apparu dans la période de Pergame. Jézabel, assimilée à la méchante femme d’Achab, a, comme elle, l’esprit de domination. L’Église a perdu son caractère céleste pour dominer sur la terre ! Elle sera, alors, « jetée sur un lit » ; et « ses enfants » (produits directs et approbateurs de son faux enseignement) mourront sous le jugement. Le Seigneur dénonce solennellement « les profondeurs de Satan » dans lesquelles elle était plongée (v. 24). Le Seigneur annonce pour elle, « une grande tribulation ».

Après l’enlèvement de l’Église, il restera, sur la terre, la fausse église, assimilée à « Babylone la grande » (ch. 18. 2). Au ch. 13, la prophétie annonce la « résurrection » de l’empire romain sous l’aspect de la formation actuelle de l’Europe. Au ch. 17. 15, la « prostituée » (la fausse église), domine le système politique pour un temps, avant d’être détruite, après que ce système religieux, politique et économique, aura dominé sur la terre entière, allant jusqu’à faire commerce « d’esclaves et des âmes d’hommes » ! (ch. 18. 11 à 13) Soyons sur nos gardes quant aux fausses doctrines qui courent encore dans la chrétienté, et séduisent tant de chrétiens.

Alors, plus tard, le Seigneur a rejeté ce témoignage, et a produit un premier réveil : la Réforme, durant laquelle certaines vérités scripturaires, enfouies dans l’oubli, ont été retrouvées. Thyatire a dominé jusque vers 1500. Mais c’est la première forme qu’a pris l’Église qui poursuit sa route jusqu’au retour du Seigneur, avec Sardes, Philadelphie et Laodicée. Les fidèles seuls sont exhortés à tenir ferme jusqu’au retour du Seigneur (v. 25). Pour certains chrétiens, l’enseignement (le magistère) de l’Église compte plus que l’enseignement de la Parole de Dieu. L’église a interdit aux chrétiens la Bible jusqu’en 1936 ! Ce sont là : « les fables ingénieusement imaginées » (2 Tim. 4. 3 et 4). Elle enseigne le salut par les œuvres, alors qu’on est sauvé par la foi, et le chrétien fait des œuvres de foi. Elle a longtemps pratiqué « les indulgences, consistant à donner de l’argent à l’Église pour obtenir le salut… dominant ainsi sur les âmes.

Dieu a usé de patience (v. 21), appelant à la repentance. « Mais elle ne veut pas se repentir de sa fornication ». Au milieu de tant de ténèbres, Dieu s’occupait de ceux qui restaient fidèles. Ne méprisons pas non plus « le temps des petites choses » qui sont les nôtres. Dieu a suscité un Samuel au moment où même la sacrificature était tombée, en Israël. Philadelphie n’avait pas de grandes œuvres, mais avait gardé le nom du Seigneur et Sa Parole (ch. 3. 8), malgré son « peu de force ». Faibles, nous le sommes, mais gardons ce que le Seigneur nous confie.

A partir de Thyatire, l’Esprit inverse l’ordre entre la promesse faite au « vainqueur » (v. 26), et l’exhortation à « celui qui a des oreilles » pour écouter (v. 29). C’est que l’Esprit ne s’adresse plus à l’ensemble, mais au résidu seul (v. 24). Philadelphie, dans son intégralité, semble porter ce caractère résiduel. Quant à Laodicée, le résidu semble être si petit, que le Seigneur ne s’adresse plus qu’à un individu qui, éventuellement, entendrait Sa voix (ch. 3. 20). Les quatre dernières assemblées cheminent parallèlement jusqu’au retour du Seigneur.

Le Seigneur discernait ce résidu fidèle, caché au milieu de cette grande Église (Thyatire). Élie, en son temps, croyait être resté seul fidèle ; mais l’Éternel lui dit : « Je me suis réservé sept mille hommes… qui n’ont pas fléchi les genoux devant Baal » (1 Rois 19. 10 à 14). Ainsi, durant le long Moyen-âge, il y a eu des fidèles (Jean Huss, Wycliffe, Tyndale, et d’autres, déjà au 14ème siècle, alors que la Réforme n’a eu lieu qu’au début du 16ème siècle. Ces fidèles n’avaient pas la force de sortir de l’église : le Seigneur d’ailleurs, ne le leur demandait pas. Cependant, c’est à ce faible résidu qu’Il fait cette promesse : « Je lui donnerai autorité sur les nations ; et il les paîtra avec une verge de fer » (v. 27). Thyatire a dominé sur les nations par sa propre volonté.

Mais au résidu faible se trouvant au milieu d’elle, c’est le Seigneur qui lui donnera sa propre autorité (Ps. 2. 7 à 9 ; Apoc. 12. 5 ; 19. 15). Le Seigneur associe les Siens à l’exercice de Son autorité, en jugement et en gouvernement (1 Cor. 6. 2). Cette promesse est liée à « celui qui gardera mes œuvres jusqu’à la fin » (v. 26). « Tes œuvres » (v. 19) désignaient celles du résidu fidèle ; celles de la masse ayant « les profondeurs de Satan » au v. 23 ; enfin, au v. 26, le Seigneur dit : « mes œuvres » : ce sont celles que le Seigneur a faites, pour la rédemption, mais aussi, celles qu’Il opère dans Ses rachetés, et qui sont « les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10). « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’Il a envoyé » (Jean 6. 28 et 29). Les œuvres des croyants sont les œuvres de Dieu, si elles sont faites « en Christ ».

Autrefois, les Vaudois ont été persécutés parce qu’ils refusaient les fausses doctrines enseignées dans l’église. A ces fidèles, le Seigneur ne leur imposait pas d’autre charge, considérant leur faiblesse ; mais Il leur demandait de tenir ferme ce qu’ils avaient (v. 25 ; Act. 15. 28). Ces versets élargissent nos cœurs, en nous montrant qu’il y a de vrais croyants se trouvant dans l’église, et que le Seigneur s’occupe d’eux avec amour, bien qu’ils aient peu de connaissance. À Philadelphie ayant de grandes connaissances, il sera beaucoup redemandé (Luc 12. 47 et 48).

Lors du retour d’une partie du peuple à Jérusalem, du temps d’Esdras, à leur départ de Babylone, les ustensiles du temple furent pesés et comptés, ainsi qu’à l’arrivée : il ne manquait rien. Le Seigneur sait ce qu’Il nous a confié ; à la fin, Il comptera ce que nous aurons gardé ou perdu. À chacun, Il dit : « Tiens ferme ce que tu as » (v. 25 ; ch. 3. 11). Ce qui réjouit le cœur du Seigneur à Philadelphie, c’est qu’elle a « gardé sa parole et n’a pas renié son nom » (cf. ch. 3. 8). Héritiers spirituels de Philadelphie, notre responsabilité de garder toute la Parole est grande.

Durant le Moyen-âge, des scribes copiaient soigneusement les Écritures. Puis, l’invention de l’imprimerie facilita la multiplication des Bibles. Dieu préparait les cœurs pour le réveil de la Réforme vers 1500. De nos jours, il est facile de se procurer la Bible : que cela n’en diminue par l’importance dans nos cœurs !

Comme pour ces croyants d’autrefois, cette promesse du Seigneur : « Je viens bientôt », nous encourage à poursuivre le chemin, quelles que soient nos circonstances, en gardant « le bon dépôt » (1 Tim. 6. 20). Pour ces âmes pauvres et restées dans l’ombre, à Thyatire, il y avait les « profondeurs de Satan ». Le Seigneur leur donnera, en pleine lumière, autorité sur les nations ! « Je lui donnerai l’étoile du matin » (v. 28), c’est le Seigneur Lui-même et l’espérance de Sa venue, en attendant le matin éternel où les croyants partageront la gloire du Fils de l’homme. Thyatire n’a pas gardé cette vérité ; mais le Seigneur l’a fait renaître dans les cœurs réveillés. C’est une de Ses gloires.

Ch. 3

Sardes, assemblée d’Asie mineure, représente prophétiquement le déclin spirituel qui a suivi la « Réforme ». Dieu a suscité un réveil, au milieu de l’église, l’Esprit Saint remettant en lumière des vérités fondamentales que l’église avait perdues : le salut par la foi ; la communion par le pain et le vin…

La violente réaction de l’église l’a conduite à se livrer à des persécutions des plus cruelles contre ceux qu’elle appelait les « hérétiques » ; ils ont dû se séparer de l’église qui dominait le monde.

Mais peu de temps après, les croyants issus de la Réforme ont abandonné les vérités retrouvées. Le Seigneur est obligé de dire à Sardes : « Tu as le nom de vivre, et tu es mort » (v. 1).

Les trois dernières assemblées : Sardes, Philadelphie et Laodicée sont des assemblées portant le caractère de résidus n’ayant pas le rayonnement de Thyatire. Entre Thyatire et Sardes, il y a eu la Réforme. Le Seigneur s’adresse, là aussi, à l’ange de l’assemblée, la partie responsable. Il a « les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles ». Les sept Esprits de Dieu rappellent la plénitude de l’Esprit, Sa toute-puissance pour le jugement (ch. 5. 6). Mais Il ne tient plus les « sept étoiles dans sa droite » et ne marche plus « au milieu des sept lampes d’or » (ch. 2. 1).

Chaque fois que Dieu produit un réveil, très vite les vérités retrouvées se transforment en « credo » perdant sa force pratique dans les cœurs. Les hommes ne gardent jamais longtemps ce que Dieu donne. Sardes représente le déclin succédant à la Réforme. La Bible répandue parmi les chrétiens par l’invention de l’imprimerie, avait permis de retrouver le salut par la foi, alors que l’église enseignait le salut par les œuvres.

Une différence essentielle entre Sardes et Thyatire, c’est que cette dernière a dominé le monde durant tout le Moyen-âge, alors que la première a cherché la protection du monde politique qui l’a dominée, au lieu de chercher le secours auprès de Dieu. Le Seigneur lui rappelle, là, que c’est Lui qui détient l’autorité sur Son Assemblée.

Après la Réforme où les croyants sortis de l’église ont été persécutés, il y a eu les « guerres de religion », où des atrocités ont été perpétrées. Une plus grande liberté accordée de Dieu pour la lecture de la Bible, interdite jusque-là, a abouti à l’abandon des vérités retrouvées : la connaissance du salut par la foi semble avoir ôté des cœurs la nécessité de pratiquer les « œuvres », indispensables afin de prouver la réalité de la foi, manifestant la vie divine en nous. (Jac. 2. 16 à 24).

Une autre différence entre ces deux formes de l’église, c’est que l’église s’est livrée au mysticisme, avec le culte des anges, des saints, de Marie – a multiplié les monastères etc… Ayant rejeté ces faussetés, on est tombé dans le rationalisme, niant les vrais caractères du Seigneur Jésus.

La Parole seule conduit à toute la vérité. « Achète la vérité et ne la vends pas ». Gardons-nous des raisonnements intellectuels qui n’ont aucune place pour comprendre la Parole de Dieu, pas plus que « l’imagination du cœur de l’homme » (Gen. 6. 5 ; 8. 21).

Le Seigneur n’avait pas trouvé les œuvres de Sardes « parfaites » (v. 2), et il en découlait un état de mort spirituelle. Dans l’Église, il y a « des vases à honneur et des vases à déshonneur » (2 Tim. 2. 19 à 21), dont certains n’ont pas la vie. Aussi le Seigneur lui dit-Il : « Souviens-toi… comment tu as reçu et entendu, et garde, et repens-toi ». Sardes avait reçu et compris la Parole de vérité, rejetant « les profondeurs de Satan » (ch. 2. 24). Gardons, nous aussi, la vérité reçue dès le 19ème siècle, avec repentance si nous nous sommes relâchés.

Sardes devait affermir ce qui restait et qui allait mourir. Aux vainqueurs, le Seigneur promet « un vêtement blanc », et affirme leur dignité malgré leur peu de connaissance. En Juda, autrefois, l’Éternel reconnaissait qu’il y avait encore « de bonnes choses » (2 Chron. 12. 12). Quelques-uns, à Sardes, aimaient encore le Seigneur, mais à Sardes, vu dans son ensemble, il est dit : « tu es mort » ! Alors le Seigneur l’avertit : « Je viendrai sur toi comme un voleur », pour le jugement et non pour la bénédiction (v. 3). Il est « la pierre qui tombera » sur les impies et les « broiera » (Mat. 21. 42 à 44).

Au milieu de Sardes, spirituellement mort pour s’être laissé dominer par le monde, le Seigneur discerne « quelques noms… qui n’ont pas souillé leurs vêtements ». Dieu seul en connaît le nombre. Alors le Seigneur dit : « Ils marcheront avec moi en vêtements blancs, car ils en sont dignes » (v. 4). Le Seigneur connaît qui est digne de marcher avec Lui en « vêtements blancs ». Jacques 1. 27 exhorte à se « conserver pur du monde ». Les vêtements blancs reflètent la pureté spirituelle, la sainteté de celui qui en est revêtu : caractères du Seigneur.

Ces quelques fidèles, à Sardes, étaient préparés par le Seigneur au réveil spirituel du 19ème siècle, ce « cri de minuit » (Mat. 25). Des serviteurs fidèles, en étudiant la Parole, ont retrouvé de grandes vérités oubliées par l’Église : le retour du Seigneur, l’unité du corps de Christ, et plusieurs autres – et ceci, dans plusieurs pays d’Europe occidentale, bien que sans liens entre eux. Le Seigneur a regardé à leur fidélité dans leur amour pour Lui. Ce qui plaît au Seigneur, c’est de garder Sa Parole, comme Philadelphie (v. 8). Quel que soit le degré de connaissance, les vêtements blancs revêtiront tous les vrais croyants (ch. 4. 4).

« Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2. 19). La séparation du mal (moral et ecclésiastique) doit se faire dans le cœur d’abord, avant de se réaliser concrètement. A Thyatire, les fidèles étaient séparés de cœur, bien avant la séparation réelle lors de la Réforme. Depuis Thyatire, l’appel au vainqueur se fait avant l’invitation à écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées : c’est qu’Il s’adresse, maintenant, au résidu seul ; alors que, jusqu’à Pergame, Il s’adressait à l’ensemble.

Le Seigneur fait cette promesse aux fidèles de Sardes : « Je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges » (v. 5). Au ch. 13. 8, il est question de « ceux qui habitent sur la terre, dont le nom n’a pas été écrit, dès la fondation du monde, dans le livre de vie » : ce sont ceux qui honoreront la « bête » et qui sont uniquement attachés aux choses terrestres (ch. 20. 15). Mais ceux qui croiront au Seigneur, après l’enlèvement de l’Église, participeront au règne de Christ, sur la terre, et leurs noms sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau, « dès la fondation du monde ». Quant aux vrais chrétiens, ayant été « préconnus dès avant la fondation du monde » (Rom. 8. 29), et étant aimés par le Père comme Il a aimé Son Fils (Jean 17. 23 et 24), leurs noms sont écrits « dès avant la fondation du monde ».

À Sardes donc, le vainqueur, c’est celui qui s’est gardé pur quant au monde. Que Dieu nous accorde cette force morale, et que nous gardions Sa Parole. Le résidu, à Sardes est si faible et ignoré, que le Seigneur éprouve le besoin de confesser le nom de ceux qui, dans la faiblesse, sont restés fidèles (v. 5), devant le Père, d’abord, puis devant Ses anges (Luc 12. 8 et 9).

Paul, en 2 Timothée 2. 13, dit : « Si nous le renions (le Seigneur), Lui aussi nous reniera ». Le Seigneur parle à nos consciences : restons fidèles. Le Seigneur ne pouvait pas approuver Pierre qui L’avait renié, mais Il l’a restauré. Écoutons nous aussi « ce que l’Esprit dit aux assemblées ». Nous sommes les héritiers spirituels de ceux qui, dès le début du 19ème siècle, ont porté ces caractères de Philadelphie : Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée marchent simultanément, jusqu’au retour du Seigneur. Il y a donc des croyants qui portent ce caractère philadelphien : Est-ce notre cas ?

Philadelphie a « peu de force » ; mais elle a gardé « la Parole » et n’a « pas renié le nom » du Seigneur ; elle a aussi « gardé la parole de sa patience » (v. 10) : elle attend le retour du Seigneur. Le Seigneur ne fait pas le reproche, à Philadelphie, d’être faible, mais, se présente à elle sous les caractères de Dieu : « Saint » (v. 7 ; És. 40. 25 ; 1 Jean 2. 20) ; et « le Véritable » (1 Jean 5. 20). Il ouvre une porte « que personne ne peut fermer », car Il a « la clé de David » (És. 22. 22). Il est « la racine et la postérité de David » (Apoc. 22. 16). Cette porte s’ouvre sur l’accès à toute la vérité retrouvée ; et elle est toujours ouverte !

C’est la seule assemblée où le Seigneur dit : « Je viens bientôt » (v. 11). La porte sépare le dehors du dedans : être dans le Véritable, c’est être en parfaite sécurité. À Laodicée, le Seigneur frappe à la porte des cœurs.

Les ch. 2 et 3 résument toute l’histoire de l’Église : l’abandon du premier amour (v. 1 à 7). La persévérance dans les persécutions (v. 8 à 11). L’institution d’une religion d’État (v. 12 à 17). L’idolâtrie et les « profondeurs de Satan » (v. 18 à 29) ; cependant, un résidu fidèle subsiste au milieu de cette corruption (v. 24 et 25). Thyatire demeure jusqu’au retour du Seigneur qui s’est servi de ce résidu pour produire le réveil de la Réforme. Sardes, l’état de l’Église après la Réforme, à l’état de mort ; mais quelques noms n’ont pas souillé leurs vêtements (ch. 3. 1 à 6). Ce résidu de Sardes a servi au réveil évangélique du 19ème siècle. Ces fidèles de Philadelphie ont dû se réunir à part. Le Seigneur ne lui fait aucun reproche (v. 7 à 13).

Enfin, le terrible état final de l’Église ayant de grandes prétentions, mais n’ayant plus rien de Christ : le Seigneur va la vomir de Sa bouche ; Il discerne quelques personnes susceptibles d’entendre Sa voix, et frappe à la porte (v. 14 à 22). Philadelphie, tout entière, porte ce caractère de résidu fidèle. Les frères du 19ème siècle, conduits par l’Esprit Saint, ont remis en lumière les vérités que l’Église avait perdues, et ont laissé de nombreux écrits expliquant les pensées de Dieu. Ils ont compris que tout clergé est à bannir de l’Assemblée, les frères devant se laisser conduire par le Saint Esprit (Mat. 23. 8 à 10).

Gardons précieusement la Parole de Dieu, dans nos cœurs et dans notre marche pratique (Jean 14. 15, 21 et 23). « J’ai de la joie en ta Parole, comme un homme qui a trouvé un grand butin » (Ps. 119. 162). « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples » (Ps. 119. 130). La porte de notre cœur est-elle ouverte afin que la Parole entre en nous ? « Manger » la Parole procure la « joie et l’allégresse » du cœur (Jér. 15. 16). C’est avec « peu de force » que Philadelphie a gardé la Parole du Seigneur ; qu’elle n’a pas « renié son nom » et a « gardé la parole de sa patience ». Laodicée, avec toutes ses prétentions, n’a rien gardé ! L’Église professante a renié le nom du Seigneur (2 Tim. 3. 1 à 5). Garder de vivantes relations journalières avec le Seigneur, c’est le caractère de Philadelphie. La « synagogue de Satan » désigne la prétention humaine, dans l’Église professante, d’établir un clergé : c’est alors une religion où le Seigneur n’a plus Sa place !

Des frères peuvent être formés par le Seigneur pour être pasteurs au sein d’une assemblée locale. Mais, s’ils doivent être reconnus par les fidèles, en aucun cas, ils ne doivent être nommés par les hommes. Dans ces conditions, il y a de l’ordre au milieu des assemblées, car cela vient du Seigneur. Au 19ème siècle, le réveil s’est heurté à une violente opposition de l’Église professante. Mais le Seigneur dit à Philadelphie : « Je les ferai venir et se prosterner devant tes pieds, et ils connaîtront que moi je t’ai aimé » (v. 9).

Le Seigneur dévoile Ses affections spéciales pour ces fidèles ayant gardé Sa Parole et qui Le suivent de près, malgré l’opposition de l’apostasie. Il aimait de façon spéciale, Pierre, Jacques et Jean ; de même, Marthe, Marie et Lazare. Cependant, Il aime tous les vrais croyants. Il est important que nous nous sentions aimés du Seigneur, et que nous soyons beaucoup occupés de Son amour, afin que nous L’aimions davantage à notre tour. « Nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). À ceux qui ont à cœur de se garder dans d’heureuses communications avec Lui, Il fait cette promesse : « ils seront à moi, mon trésor particulier » (Mal. 3. 16 à 18).

Lors de l’apparition du Seigneur en gloire, accompagné de Son Église qu’Il aura enlevée auprès de Lui, la fausse Église restée sur la terre, viendra se prosterner aux pieds du Seigneur et de Ses rachetés. Le Seigneur patiente encore (v. 10 ; 2 Pier. 3. 9). Dans cette attente « patiente », Philadelphie sera « gardée de l’heure de l’épreuve » (v. 11), la grande tribulation que connaîtront le monde et la fausse Église. Durant cette période de jugements, des hommes n’ayant jamais entendu la prédication de l’évangile de la grâce, croiront à l’évangile du royaume. Énoch, Abraham ont été épargnés des jugements. Noé et Lot les ont traversés. Philadelphie doit tenir ferme de peur que sa couronne ne soit donnée à d’autres. Que cela nous rende attentifs, car le Seigneur nous demandera des comptes ; et chacun devra répondre pour lui-même, au tribunal de Christ (2 Cor. 5. 10).

« Je viens bientôt » (v. 11), promesse qui réchauffe le cœur, contrairement à la menace de jugement pour Sardes (v. 3). Philadelphie est exhortée à tenir ferme, afin que sa couronne ne soit pas attribuée à d’autres. C’est une récompense pour la fidélité présente. Dans l’infidélité, le Seigneur donne le témoignage à d’autres.

Ce caractère philadelphien, le Seigneur l’a porté en perfection : « J’ai mis devant toi une porte ouverte ». Il est venu sur la terre offrant le salut aux hommes. « Tu as peu de force » : Fils de Dieu, Il est venu dans l’humilité et la faiblesse. « Tu as gardé ma Parole » : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé ». « Tu n’as pas renié mon nom » : Il se savait aimé de Son Père, et Il a gardé la patience. Le Seigneur nous invite à Le suivre. Puis, contrairement à ce qu’a été Philadelphie : faible et méprisée, le Seigneur promet au vainqueur de faire de lui « une colonne dans le temple de son Dieu » (v. 12). La colonne évoque la force, la stabilité d’une construction élevée soutenant un édifice. « L’Assemblée est, sur la terre, la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). Dans le temple de Jérusalem, il y avait deux colonnes, nommées, l’une : « Jakin » (Il établira, affermira) ; l’autre : « Boaz » (en lui est la force).

Dans ce v. 12, le Seigneur, dans Son amour, identifie quatre fois les croyants fidèles, quoique faibles, à Lui-même et a « son Dieu ». « Il ne sortira plus jamais dehors ». Sur la terre, le croyant qui est entré dans la « bergerie » du Seigneur, en sort aussi, pour le service du Seigneur, avec les difficultés qui s’y rattachent, et « trouve de la pâture » (Jean 10. 9). Dans le ciel, les croyants jouiront d’un bonheur éternel, en présence du Seigneur. Ici-bas, recherchons, comme le psalmiste, la présence du Seigneur dans « son temple » (Ps. 27. 4). Philadelphie a dû sortir, dans l’opprobre, de l’Église infidèle. Mais, au ciel avec le Seigneur, il n’y aura plus de « dehors ». Les vrais croyants seront associés au Seigneur dans Son règne millénaire, et dans l’état éternel.

Héritiers spirituels du « réveil » du 19ème siècle, supplions le Seigneur qu’Il nous accorde la force de garder ces caractères de Philadelphie si facilement abandonnés ! Perdre sa couronne, ne signifie pas que Philadelphie pourrait perdre la vie éternelle : c’est impossible (Jean 10. 27 et 28). Mais gardons la communion avec le Seigneur. « J’écrirai sur lui le nom de mon Dieu » : c’est une relation d’appartenance intime à Dieu. Déjà des « fils et des filles » en nous retirant du mal, si nous sommes des « vainqueurs », nous serons alors comme une possession spéciale de Dieu : Son nom sera écrit sur nous. « J’écrirai sur lui… le nom de la Cité de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu » Cette Cité céleste se retrouve au ch. 21. 2, lors de l’établissement de l’état éternel. Le nom de la « Cité » céleste, possession spéciale de Dieu, sera aussi écrit sur le vainqueur de Philadelphie ; « et mon nouveau nom » (fin du v. 12).

Comme Philadelphie a été associée, sur la terre au nom rejeté de Jésus, elle sera identifiée, dans le ciel, au nom de Jésus glorifié. Il y a similitude entre l’abaissement du Seigneur que Dieu a « haut élevé, et devant qui « tout genou se ploiera » (Phil. 2. 5 à 11), et l’abaissement, sur la terre, de Philadelphie, que Dieu associera à l’élévation de Son fils, et devant laquelle les faux croyants se prosterneront (v. 9). L’exhortation n’est adressée qu’au vainqueur : serons-nous de ceux-là ?

Laodicée décrit la fin de l’histoire de l’Église sur la terre. Elle apparaît après Philadelphie. Cependant, les quatre dernières assemblées décrites dans ces chapitres, continuent leur marche jusqu’au retour du Seigneur : il y aura donc, jusqu’à la fin, des croyants gardant les caractères de Philadelphie, ayant de grandes connaissances de la Parole, avec humilité. Laodicée, imbue de ce qu’elle a, se croit riche, mais n’a plus rien du Seigneur !

Il s’y présente comme « l’amen », en qui se réalisent les promesses de Dieu, avec sa complète approbation. « Le témoin fidèle », quand l’Église a pleinement failli. Et le « Dieu véritable et la vie éternelle». Puis, comme « le commencement » de la nouvelle création (1 Cor. 15. 22 et 23 ; 2 Cor. 5. 16 à 18). La création actuelle passera, mais le Seigneur est le chef de la nouvelle création (Col. 1. 17 et 18).

Le Seigneur ne commente pas les œuvres de Laodicée, mais stigmatise sa tiédeur. Il s’adresse « à l’ange de l’assemblée » : à la responsabilité de chacun, dans ce qui porte encore le nom d’assemblée chrétienne, mais où Il ne discerne plus l’amour (1 Cor. 13. 1 à 3). Laodicée n’est pas « froide » comme le monde incrédule : elle n’a pas nié les vérités chrétiennes. Elle n’est pas « bouillante » comme ceux dont la vie est entièrement consacrée au Seigneur. Elle est « tiède », pleine d’orgueil (v. 17). Mesurons l’amour que le Seigneur a pour nous, et supplions-Le qu’Il ranime notre amour pour Lui. Le servir sans amour provoque Son dégoût (v. 16).

« Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (v. 22). Le Seigneur discernait, dans les œuvres de Philadelphie, qu’elles étaient faites pour Lui et avec Lui, dans la fidélité. Laodicée n’avait plus que de la prétention, dans une religion sans vie.

Les fils de Coré, objets de la grâce divine, alors que leur père avait été englouti, étaient « bouillants » pour leur Seigneur (Ps. 45. 1). Ils étaient occupés du Roi. Soyons occupés du Seigneur, afin que s’ouvre notre bouche et qu’Il la remplisse (Ps. 81. 10).

C’est ce qui manquait à Laodicée, faussement riche (Osée 12. 8). De grandes connaissances, à Philadelphie, s’accompagnaient de la conscience de sa faiblesse, contrairement à Laodicée, où la connaissance des vérités la plongeait dans une enflure d’orgueil (1 Cor 8. 2). « Je vais te vomir de ma bouche » : cette affirmation du Seigneur n’est pas une hypothèse, mais une certitude !

Le Seigneur lui dit : « Je te conseille d’acheter de moi de l’or passé au feu » (v. 18). L’or représente la justice divine, manifestée par le Seigneur ayant subi le jugement à notre place. C’est cette justice dont nous sommes les bénéficiaires, que nous devons manifester pratiquement, en témoignage pour le Seigneur. Succédant à Philadelphie ayant gardé ces précieuses vérités dans son cœur, humblement, Laodicée, héritière de ces connaissances, mais sans que son cœur soit touché, n’en tire plus que de l’orgueil, s’attirant le dégoût du Seigneur.

Les fausses richesses mondaines s’opposent aux vraies richesses que nous trouvons en Christ (Job 22. 23 à 26 ; Mat. 6. 19 à 21). Prenons garde aux fausses richesses matérielles et morales (Luc 12. 16 à 21). Le bon état spirituel vient des soins constants du Seigneur (Deut. 8. 16 et 17). Ce rejet du Seigneur pour Laodicée se produira après l’enlèvement de l’Église, de laquelle les fidèles de Laodicée font partie (v. 20 à 22). Notre responsabilité à tous, c’est de participer activement à la marche de l’Assemblée, humblement et avec amour. Dieu lit dans nos cœurs, et tout sera manifesté au tribunal de Christ. Paul pouvait dire : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1. 21).

L’assemblée apostate restera sur la terre pour le jugement. « Tu es le malheureux et le misérable, et pauvre, et aveugle, et nu » (v. 17) : cette appréciation du Seigneur s’oppose à la prétention de Laodicée ; et le Seigneur s’occupe d’elle en grâce (v. 18). Nos frères du 19ème siècle nous ont légué les vérités de la Parole, ayant connu pour cela beaucoup de souffrances. Ces vérités, nous les avons reçues sans efforts : prenons garde à les conserver précieusement, mais en restant humbles.

Supplions le Seigneur qu’Il nous accorde de garder les caractères spirituels de Philadelphie, et qu’Il nous garde de la tiédeur laodicéenne – ou même de l’état de mort de Sardes. Attachons-nous aux intérêts du Seigneur, et non aux nôtres (Phil. 2. 19 à 21). Le Seigneur a des intérêts dans l’Assemblée même, qui est chère à Son cœur. Nous devons nous attacher, avec les forces qu’Il nous donne, à maintenir, dans l’Assemblée, Ses intérêts, pour que Sa gloire y soit manifestée.

Durant la conquête de Canaan, le peuple devait revenir à Guilgal (le lieu où l’opprobre de l’Égypte avait été roulé de dessus eux), pour y reprendre des forces, dans l’humilité. C’est en revenant sans cesse au pied de la croix, que nous serons amenés à rester humbles, tout en étant occupés des intérêts du Seigneur.

Le conseil du Seigneur d’acheter des « vêtements blancs » parle de la pureté du Seigneur (le Dieu saint), et de justice pratique : les « bonnes œuvres préparées à l’avance » placées devant nous (Éph. 2. 10). Les prétendues bonnes œuvres qu’un homme fait dans son état naturel, sont, devant Dieu, « comme des vêtements souillés » (És. 64. 6).

Les fidèles de Sardes sont revêtus de vêtements blancs (v. 4). Le Seigneur Lui-même est la plus belle robe du ciel revêtant le vrai croyant. Le Seigneur désire que la nudité de Laodicée « ne paraisse pas » (v. 18). La profession chrétienne peut faire illusion. On peut être paré du nom de Christ, et plus tard, être « trouvé nu » (2 Cor. 5. 3). L’Église professante fera illusion jusqu’à l’enlèvement de la vraie Église au ciel. C’est alors que sa « nudité » paraîtra, portant le caractère de « Babylone » que le Seigneur détruira (ch. 17 et 18). Aujourd’hui, Laodicée fait encore partie de ce qui porte, extérieurement, le nom de Christ ; et Il s’occupe d’elle (v. 19), car, si « le jugement commence par la maison de Dieu » (1 Pier. 4. 17), Il discipline tous ceux qui lui appartiennent (Héb. 12. 6 et 7). Que cela nous encourage.

Le « collyre » désigne le Saint Esprit donnant au croyant de voir les choses selon Dieu (2 Rois 6. 14 à 18 ; Éph. 1. 18 ; 1 Jean 2. 20). « Aie donc du zèle et repens-toi » : s’exhorter à ne pas tarder à nous repentir dès que notre conscience est touchée : soit pour la conversion, soit pour reconnaître nos fautes et les abandonner.

Que nous portions les caractères du Seigneur, comme en Colossiens 3. 12 à 14, où l’on retrouve l’action du Père, du Fils et du Saint Esprit. Notre état spirituel doit permettre au Saint Esprit d’être à l’aise en nous : sinon, nous pouvons « éteindre » Son action.

Le Seigneur dit à Laodicée, dans sa généralité : « Je vais te vomir de ma bouche » ; mais cela ne s’adresse pas aux fidèles qui s’y trouvent et qu’Il veut réveiller. Si, à Sardes, il se trouvait encore « quelques noms » de fidèles, à Laodicée, l’appel se fait encore plus individuel. « Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (v. 20). Le Seigneur ne peut plus se tenir au milieu de Laodicée ; Il est dehors, et Il frappe, à la fois à la porte de l’assemblée et à la porte des cœurs. Et si une âme entend et Lui ouvre, le Seigneur entre et partage Sa joie avec cette âme, dans une communion intime avec elle. N’est-ce pas important pour nous ? Le souper est un repas tardif, dans la nuit. Il est tard, dans l’histoire de l’Assemblée ; mais le Seigneur appelle encore à une communion intime avec Ses bien-aimés : ouvrons-Lui nos cœurs. La table de la communion, encore dressée pour les fidèles, en présence des ennemis (Ps. 23. 5 et Jean 14. 23) appelle encore à une communion pratique avec le Seigneur, en gardant Ses commandements.

La promesse est là : « J’entrerai chez lui ». Le Seigneur ne force pas la porte : c’est nous qui devons ouvrir dès qu’Il frappe. La Bien-Aimée du Cantique des cantiques, ayant pris ses aises, avait tardé à ouvrir, et son Bien-Aimé avait passé plus loin. Le Bien-Aimé frappe à la porte, et il parle : « Ouvre-moi » et il lui montre sa main à travers le guichet. Notre Seigneur nous montre toujours Ses mains percées par amour pour nous. Nous, Ses brebis, nous connaissons Sa voix qui nous attire ; mais c’est nous qui disposons du « verrou » de notre cœur. Si nous entendons Sa voix, sommes-nous disposés à Lui ouvrir ?

À Laodicée, la promesse faite au vainqueur, c’est de s’asseoir sur le trône du gouvernement du Seigneur sur le monde, en Sa compagnie : c’est une récompense publique différente de la promesse faite à Philadelphie (v. 12). Actuellement, le Seigneur ayant vaincu les ennemis, s’est assis sur le trône du Père comme Sacrificateur (Héb. 5. 6 ; 8. 1 ; 12. 2). Durant le millénium, Il sera assis sur Son trône, comme Roi et Sacrificateur (Zach. 6. 12 et 13) et les fidèles de Laodicée Lui seront associés.

Les chapitres 4 et 5 parlent beaucoup du trône de Dieu.

Ch. 4

Jean a écrit : les choses qu’il a vues (le Seigneur revêtu de la justice divine) ; les choses qui sont (le jugement que le Seigneur porte sur l’état de l’Assemblée, au cours de son histoire encore actuelle (ch. 2 et 3) ; et les choses qui doivent arriver après celles-ci (le jugement du monde (ch. 4 jusqu’à la fin).

Ces jugements ne commencent qu’au ch. 6 ; les ch. 4 et 5, ne sont qu’un prélude à ces jugements. Les trois premiers chapitres montrent les choses qui se passent sur la terre.

Une grande voix derrière Jean, lui dit : « Monte ici » (v. 1) : cela peut représenter l’enlèvement de l’Église au ciel ; c’est dans cette haute position que Jean voit les choses à venir. Tout d’abord, il voit les anciens (symboliquement, les croyants de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament) adorer le Dieu créateur (ch. 4. 10 et 11). Puis, au ch. 5. 9, il voit les anciens adorer le Dieu rédempteur. C’est, pour Jean, un changement complet de sphère de la vision. Les choses terrestres sont passées ; et c’est depuis le ciel qu’il a vu « les choses qui doivent arriver après celles-ci ».

La voix qu’il entend est puissante « comme d’une trompette » (ch. 1. 10 ; ch. 4. 1). Au-delà des jugements, la grâce est encore là, manifestée par la vision de « l’arc-en-ciel… semblable à une émeraude » (v. 3). C’est le signe de l’alliance de Dieu avec l’homme (Gen. 9. 12 à 17), et dont Dieu se souvient en grâce, même dans Ses jugements. L’émeraude (pierre verte), est le symbole que Dieu protégera la nature « assujettie à la vanité » des hommes (Rom. 8. 19 à 22). « Maudit est le sol à cause de toi » (Gen. 3. 17). Mais la terre sera affranchie au jour de la gloire des enfants de Dieu. La portée définitive des jugements s’effectuera après le millénium. Alors, il y aura l’état éternel.

En Ézéchiel (ch. 1. 15 à 21), est dévoilé « le char du gouvernement de Dieu » allant et venant sur la terre ; et aux v. 26 à 28, nous avons une préfiguration prophétique du trône que Jean a vu. Et sur ce trône « une ressemblance comme l’aspect d’un homme, dessus, en haut » (cf. Éz. 1. 26). Dieu révèle les vérités progressivement. Après avoir donné la loi à Moïse, Dieu fait monter vers Lui, Aaron Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens ; mais ceux-ci ne voient que ce qui était sous les pieds de l’Éternel (Ex. 24. 1 ; v. 9 et 10). En Ézéchiel, les choses sont plus précises, et le sont encore plus dans l’Apocalypse.

Si les sept lampes d’or symbolisaient la lumière divine que l’Assemblée devait faire briller sur la terre, les sept lampes de feu parlent de la plénitude des jugements de Dieu, sur « ceux qui habitent sur la terre ». « Du trône sortent des éclairs et des voix et des tonnerres » (v. 5), manifestant la colère de Dieu s’apprêtant à juger le monde qui, obstinément et de tout temps méprise la grâce divine.

Créateur de toutes choses, et des hommes, Dieu revendique Sa gloire de Créateur dans le jugement des incrédules, et Il a donné tout le jugement au Fils de l’homme (Act. 17. 30 et 31) ; Il parle très fort aux hommes, par les circonstances difficiles qu’ils connaissent. Il convient d’élever nos pensées (de monter en haut, comme Jean), pour voir les choses avec les yeux de Dieu.

Au temps de l’Église, nous connaissons le trône de la grâce (Héb. 4. 14 à 16). Dans l’histoire d’Israël, le trône du gouvernement de Dieu était à Jérusalem (Jér. 3. 17). Actuellement, le Seigneur gouverne depuis le ciel. Durant le millénium, Son trône sera de nouveau à Jérusalem. L’aspect du trône (ch. 4. 3) : « semblable à une pierre de jaspe et de sardius » (pierre rouge), rappelle la rédemption par le sang de Christ. Il évoque aussi le siège de la gloire et de la royauté du Seigneur : tout, ici, est majestueux, et tout dit gloire.

Les vingt-quatre anciens sont assis sur des trônes, comme rois et sacrificateurs, ce qui évoque peut-être les vingt-quatre classes de sacrificateurs établies par David. Pécheurs, nous étions « assis sur le fumier ; et Dieu nous a fait asseoir avec les nobles ». Si la terre nous méprise comme croyants, Dieu nous accueille au troisième ciel, en Sa présence, comme Paul en 2 Corinthiens 12. 1 à 4. Dieu nous ouvre des « portes dans le ciel » (v. 1), pour nous encourager, car les jugements terribles qui sont préparés pour le monde incrédule, seraient effrayants, même pour nous qui en serons épargnés. Mais le Seigneur se présente à nous, et pour nous, comme l’agneau qui a été immolé, ayant « les sept Esprits de Dieu », dans ses sept aspects, révélés en Ésaïe 11. 2.

Les éclairs, les voix, les tonnerres, sortant du trône du gouvernement de Dieu (v. 5), avertissent que les jugements s’apprêtent à tomber sur le monde incrédule. Les croyants, eux, sont à l’abri des jugements : leur purification définitive de toute souillure est symbolisée par la « mer de verre semblable à du cristal » (v. 6). Elle rappelle la « mer », grand bassin plein d’eau placé devant le temple, où les sacrificateurs devaient se laver les mains et les pieds, avant d’entrer en service. Mais ici, la pureté des saints est comme solidifiée, immuable.

Les anciens, symbolisant les croyants de tous les temps, sont assis sur vingt-quatre trônes, vêtus de blanc et ayant des couronnes d’or : ils sont tranquilles, sans crainte, revêtus de la pureté de Christ, et participant à la royauté du Seigneur dans Son gouvernement du monde.

Ces choses grandioses sont placées devant nous pour nous rassurer, avant de nous dévoiler les terribles jugements destinés aux impies de la terre. Les « quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière » jugent ce qui est à venir et ce qui est passé (v. 6). Et ils ont aussi une plénitude d’intelligence en toutes choses, car ils sont « pleins d’yeux tout autour et au-dedans » (v. 8). Rien n’est caché au regard de Dieu. Ils ont aussi « six ailes » qui les assimilent aux séraphins d’Ésaïe 6.

Ils symbolisent les caractères divins en jugement : la dignité et la puissance souveraines du Juge : le lion ; la stabilité patiente mais inexorable du veau (ou du bœuf), qui va de l’avant, dans le chemin droit de la justice ; la pleine intelligence en jugement (l’homme) ; et enfin, la vue perçante de l’aigle et sa rapidité pour fondre sur sa proie, depuis le haut des airs.

Ces jugements annoncés ont pour but de purifier la terre en vue de l’établissement du royaume millénaire de Christ. Ces quatre animaux sont symboliques : ils peuvent représenter des anges, ou les croyants dans la gloire céleste, servant à exécuter les jugements sur la terre : « Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (1 Cor. 6. 1 à 3). Ils peuvent aussi symboliser les quatre classes de la création : l’homme ; les animaux domestiques ; les animaux sauvages et les oiseaux : Dieu est vu comme Créateur.

En Ésaïe 6, ces séraphins se trouvent autour du trône de la sainteté de Dieu, et Ésaïe en est épouvanté, se sachant impur. Mais un des séraphins purifie le prophète et fait propitiation pour lui. Le Dieu saint est aussi le Dieu de la grâce.

En Apocalypse 4, le trône est vu comme le trône du gouvernement divin sur la terre. En Ézéchiel 1, et ch. 10. 8 à 17, quatre animaux symboliques (des chérubins), ont quatre « ailes » (pour le ciel), et des « roues » (pour le gouvernement de la terre). Au ch. 10. 2, 4 et 18, la gloire de Dieu quitte le temple et remonte au ciel. En Apocalypse 4, le jugement vient du ciel.

En Apocalypse 4. 8, les quatre animaux rendent gloire au Dieu créateur, dans Ses divers caractères révélés dans l’Ancien Testament. Les anciens, alors, adorent en se prosternant devant le même Dieu Créateur, mais avec une plus grande intelligence de Celui qu’ils connaissent, comme leur « Seigneur » et leur « Dieu », en jetant leurs couronnes devant le trône (v. 10 et 11).

Dans le Nouveau Testament, le Seigneur avec *, correspond à l’Éternel de l’Ancien Testament. Le nom de Père, réservé aux croyants, n’est pas mentionné dans l’Apocalypse, livre de jugements sur le monde incrédule.

Ces mêmes anciens, adorent le même Dieu, mais comme le Rédempteur (ch. 5. 14). Au ch. 4, ils jettent leurs couronnes devant le trône du Créateur : ces couronnes montrent la royauté de celle qui est réservée comme l’Épouse de l’Agneau (ch. 19. 7). Ils reconnaissent la grâce dont ils sont les objets, en rendant leurs couronnes à Celui qui seul en est digne (v. 11), oubliant leur propre royauté, dans leur bonheur de louer la gloire de Dieu.

Si Dieu nous ouvre « une porte dans le ciel » (v. 1), à nous qui sommes les objets de Sa grâce, c’est pour nous avertir de nous séparer moralement de ce monde sur lequel de grands jugements vont tomber. Ainsi que les anciens adorant le Dieu créateur et le Dieu rédempteur (ch. 4 et 5), notre adoration doit en tenir compte (Rom. 11. 33 à 36). Colossiens 1. 16 révèle que la création est l’œuvre de Dieu pour Son Fils. C’est le théâtre où l’œuvre du Seigneur s’accomplira en rédemption, et où Il régnera en gloire.

Ch. 5

C’est le Dieu tout-puissant qui est assis : c’est un titre ; et Il tient dans sa droite « un livre, écrit au-dedans et sur le revers, scellé de sept sceaux » (v. 1). Le Seigneur avait rappelé aux Juifs : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5. 17). Mais, la rédemption accomplie, Dieu se repose dans Sa majesté ; et la main de Sa puissance tient un livre écrit de façon complète : le ch. 22. 18 et 19 avertit qu’on ne doit rien ajouter, ni rien retrancher à ce livre.

Au v. 6, le Seigneur Jésus apparaît « comme un agneau qui se tenait là, comme immolé » : c’est avec ses mains percées qu’Il prend le livre. Au v. 2, « un ange puissant » pose une question solennelle : « Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? » Aucune créature n’a cette dignité : le livre des jugements, seul le Seigneur a le droit de l’ouvrir.

Et c’est un ancien, symbole des rachetés, qui révèle à Jean la puissance royale du lion qui a vaincu tous les ennemis. Ce « lion » se retrouve en Genèse 49. 9, en Proverbes 30. 30 et en Amos 3. 8. Adoré comme Créateur (ch. 4), Il est, ici, adoré dans Sa dignité et Sa gloire de rédempteur.

Au ch. 4, on trouvait le Seigneur sur Son trône, les anciens et les quatre animaux. Au ch. 5, sont présents : Dieu, le Seigneur, les quatre animaux associés aux anciens dans l’hommage à l’agneau (v. 8), et les anges (v. 11). Au v. 8, on voit les anciens intercédant pour les saints de la grande tribulation : les coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints ». Le livre des jugements porte ce caractère, déjà en Ézéchiel 2. 10. Il en sort « des lamentations, et des plaintes, et des gémissements ». Écrit de façon complète, il est aussi scellé de sept sceaux : nul ne peut l’ouvrir, sinon le Seigneur comme Juge.

Les larmes que Jean verse montrent qu’il est encore sur la terre, en proie à une émotion humaine. Pas plus que les anges, dans cette scène, Jean ne voit par lui-même « le lion » qui a vaincu pour ouvrir les sceaux. Il est plutôt comme un prophète de l’Ancien Testament, sondant les choses divines (1 Pier. 1. 10 et 11).

Les anciens, (les rachetés), ont cette intelligence ; et ce sont eux qui adorent et chantent ; les anges disent la dignité de l’Agneau (v. 11 et 12) : ils sont puissants et obéissent à Dieu (Ps. 103. 20). Mais ils n’ont pas « l’intelligence » des pensées de Dieu. Les chapitres suivants montrent les jugements en rapport avec la dignité du Seigneur, comme Créateur et Rédempteur.

Que les hommes qui refusent la grâce sont responsables ! Le Père a donné au Fils toute autorité de juger (Jean 5. 22). L’héritage du monde appartient à Dieu, le Créateur, et Il l’avait confié à Adam. Mais la faillite morale de l’homme étant consommée, Satan s’est emparé de l’héritage, comme « prince de ce monde ».

L’héritage revient de droit au Seigneur seul : « Il faut qu’Il règne ». L’Apocalypse décrit comment le Seigneur arrachera l’héritage à Satan. L’accomplissement de tous les conseils de Dieu se trouve dans ce livre (Éph. 1. 10 et 11). À nous, associés en grâce au Seigneur (premier-né entre plusieurs frères), le Saint Esprit ouvre l’intelligence spirituelle pour que nous comprenions ces choses si élevées concernant la gloire du Seigneur.

« Racine et postérité de David » : Racine, Il en est l’origine comme Roi (Act. 2. 34 et 35) ; mais comme postérité de David, le Seigneur s’est fait homme, né dans la famille royale, et garde éternellement ce caractère de « Fils de l’homme », vrai fils de David (Ps. 110. 1). Il a été crucifié comme homme, tout en restant pleinement Dieu. Et, en tant qu’Agneau immolé, Il revendique Son royaume lui appartenant de toute éternité.

Au ch. 4, Jean voit les anciens couronnés d’or, associés au Roi dans Son gouvernement de la terre par les jugements. Ceux-ci nous sont révélés pour que nous sachions ce à quoi nous serons associés avec le Seigneur. Jean a vu le lion vainqueur, mais le Seigneur est révélé dans Son caractère d’Agneau, image de la faiblesse, « la faiblesse de Dieu plus forte que les hommes » (1 Cor. 1. 25), et le Seigneur est « descendu dans les parties inférieures de la terre » (Éph. 4. 9).

Au ch. 5, n’étant plus assis sur des trônes, les anciens, associés au trône de Dieu, se prosternent. Le Seigneur est au milieu du trône, des animaux, des anciens et des anges. Sur la croix, au milieu des malfaiteurs – et maintenant au milieu des Siens assemblés.

« Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29). La gloire de l’Agneau, c’est d’avoir été immolé. Ses « sept cornes » et ses « sept yeux » sont « les sept Esprits de Dieu » : plénitude de la puissance et du discernement divins. Identifié à la « Parole » vivante (Jean 1. 1), le Seigneur, qui est Dieu, discerne nos pensées les plus secrètes (Héb. 4. 12 et 13). Et « l’Agneau immolé », ayant le plein discernement de ce qui se passe dans le monde, est envoyé sur toute la terre pour juger les hommes (v. 6).

Il est au milieu du trône, des animaux, des anciens et des multitudes d’anges introduits ici (v. 11). Sur la croix, Il a été au milieu des malfaiteurs ; et dans l’Assemblée, Il est au milieu de ceux qui se réunissent à Son nom.

Parfaite réponse à la question de l’ange (v. 2), il est la consolation de Jean qui « pleurait fort » ; et Son rôle de juste Juge se matérialise aux v. 6 et 7, où Sa puissance, Ses droits et Sa gloire sont pleinement établis pour pouvoir ouvrir les sept sceaux. Alors, dès « qu’Il eut pris le livre… les quatre animaux et les vingt-quatre anciens tombèrent sur leurs faces devant l’Agneau » (v. 8), et il s’ensuit la louange universelle (v. 11 à 14).

La part des rachetés est plus excellente, mais leur responsabilité est plus grande. L’action des animaux, dans ces scènes, est en rapport avec les caractères divins en jugement, décrits au ch. 4 : puissance, fermeté, intelligence et rapidité. Liés aux vingt-quatre anciens dans les jugements, ils en prennent l’initiative. Les vingt-quatre anciens ont des harpes pour chanter le cantique nouveau de la rédemption, comme adorateurs. Suivant les circonstances où il est chanté, le cantique nouveau prend différentes significations.

Dans le culte, c’est la gloire du Seigneur, dans ce qu’Il est et dans ce qu’Il a fait pour Dieu et pour nous qui doit être en vue : « Tu es digne ». Les harpes, introduites dans le culte juif par David, servaient à la louange dans le temple (Ps. 147. 1 et 7). Dans l’Assemblée chrétienne, on ne trouve pas d’instruments de musique : le culte consiste à « chanter de nos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce » (Col. 3. 16). Le Saint Esprit « pince habilement » les cordes de la harpe de nos cœurs. Dieu entend nos actions de grâces ; mais Il entend aussi la « musique » de nos cœurs, s’ils chantent vraiment avec joie (Jean 20. 20).

Les anciens ont aussi des « coupes d’or pleines de parfums » : ils sont sacrificateurs pour donner efficace aux prières des saints persécutés sur la terre, durant la grande tribulation. Certains, parmi eux seront mis à mort pour leur fidélité (ch. 6. 9). Les saints célestes de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament sont glorifiés (les anciens). Mais il y aura des saints terrestres (Juifs et des nations) qui traverseront la grande tribulation, ayant besoin de prières efficaces (ch. 8. 3 et 4), avant le royaume du Seigneur. Bien qu’Il soit glorifié dans le ciel, le Seigneur n’a pas encore reçu Son royaume, et il y aura encore des saints sur la terre. Ensuite, Il régnera durant mille ans et, enfin l’état éternel sera établi.

La prière est, devant Dieu « l’encens, l’élévation des mains comme l’offrande du soir » (Ps. 141. 2) ; et est « agréable » à Dieu (Prov. 15. 8). Ne nous lassons pas dans la prière.

Le v. 9 résume l’œuvre de la croix : l’Agneau a été immolé et a acheté pour Dieu… des hommes de toutes les nations : le salut est offert à tous les hommes. Après Sa résurrection, le Seigneur a commandé d’apporter l’évangile à toutes les nations (Marc 16. 15). Dans la louange universelle décrite dans ce chapitre, seuls, les anciens chantent le cantique des rachetés. Les autres créatures rendent hommage d’une manière différente : la création même « toutes les choses qui y sont » proclame la rédemption dont elle est l’objet, après avoir été soumise à « la vanité », à cause du péché (Rom. 8. 18 à 22).

Alors, durant Son règne de mille ans, Christ établira la paix universelle entre toutes les créatures terrestres (És. 11 et 65). La rédemption des hommes et de la création repose tout entière sur l’œuvre de la croix. Il est difficile d’identifier qui sont ces créatures qui sont « au-dessous de la terre » (v. 13). Mais l’accent est mis sur le fait que la louange est universelle. On trouve déjà que tous les êtres « célestes, terrestres et infernaux » se prosternent, en Philippiens 2. 10 et 11. Le Seigneur est le centre des conseils de Dieu et de la gloire, aux yeux de tout l’univers.

Ch. 19

Les « noces de l’Agneau sont venues » (v. 7), mais n’auront lieu qu’après la destruction de « Babylone », la fausse église (ch. 17), et de tout le système du monde organisé sans Dieu (ch. 18). Ces choses arriveront après l’enlèvement de la vraie Église, et notre comparution devant « le tribunal de Christ ». Alors, l’Épouse de Christ, dans le ciel, est à l’abri des jugements.

L’injonction du ch. 18. 4 et 5 s’adressera aux fidèles qui seront sur la terre à ce moment-là. Nous avons pour nous, la même exhortation en 2 Corinthiens 6. 17 et 18. Le Seigneur a prié Son Père de nous garder du mal (Jean 17. 15), et nous ne devons pas participer aux péchés du monde. Le jugement de « la grande prostituée » fait éclater la joie dans le ciel (ch. 18. 20 ; 19. 1 et 2).

Les vrais croyants étant enlevés au ciel, l’église professante, sans vie, continuera sur la terre, en progressant dans le mal, s’appuyant sur l’homme, et non sur Christ. « Le mystère d’iniquité opère déjà » (2 Thess. 2. 6 et 7) : encore caché au sein même de l’Église (Apoc. 2. 20 et 21), il sera révélé après l’enlèvement des vrais croyants. Alors, « une énergie d’erreur » sera envoyée de Dieu à ceux qui auront refusé de croire à la vérité pour être sauvés (cf. 2 Thess. 2. 11 et 12).

Actuellement, il y a encore, sur la terre, « Celui qui retient » le déferlement du mal, conjointement à « ce qui retient ». Nous devons nous tenir devant notre Seigneur, car des choses délétères, encore plus ou moins cachées, se produisent déjà dans le monde : la magie, en particulier (ch. 18. 23). L’orgueil et la prétention de « Babylone » se manifestent en dominant pour un temps la « bête » et les rois de la terre (ch. 17). Mais très vite, les rois et la Bête s’en débarrassent et la dépouillent de sa domination (v. 15 à 17), sans doute à la moitié de la « semaine d’années » de Daniel : alors se produira la grande tribulation. Puis, le Seigneur détruira Babylone (18. 21). Le but de la bête et des rois de la terre, c’est de combattre « contre l’Agneau, mais l’Agneau les vaincra » (ch. 17. 13 et 14).

Le v. 1er du ch. 19 : « Après ces choses » montre que la page est définitivement tournée et que, désormais, « les noces de l’Agneau » peuvent se réaliser, et les alléluias retentissent dans le ciel où « une foule nombreuse » se réjouit (v. 1 et 6). Ce sont les seuls Alléluias du Nouveau Testament. On en trouve au Psaume 104. 35. Les vingt-quatre anciens et les quatre animaux rendent hommage à Dieu qui est assis sur le trône, et non à l’Agneau (Apoc. 18. 4), et ajoutent : « Amen » (Ainsi soit-il). Nos « amen », signe de notre association à ce qui a été dit, sont souvent bien faibles ! Le Seigneur disait souvent : « En vérité, je vous dis ». Cela voulait dire : « Amen, je vous dis ».

Les « noces de l’Agneau » ne sont pas détaillées, car l’objet principal de l’Apocalypse, ce sont les jugements de la terre, et la prise de possession du royaume par le Seigneur. Ces terribles jugements tombant sur les hommes sont les conséquences de leur incrédulité obstinée. Alors, ces jugements sont « véritables et justes » (v. 2). Durant le règne du Seigneur, Satan, enchaîné dans l’abîme, ne pourra plus nuire aux hommes. Cependant, il restera des ennemis qui se « soumettront en dissimulant » (2 Sam. 22. 45 ; Ps. 18. 44).

À la fin du règne, Satan, libéré de sa prison, entraînera ces ennemis irréductibles dans une dernière révolte contre le Seigneur, qui les détruira (ch. 20. 1 à 3, 7 à 10). La patience de Dieu a attendu longtemps, mais elle aura sa fin (Joël 3. 13 ; Apoc. 14. 15) ! Dieu, à la fin, endurcit les cœurs qui s’obstinent contre Lui. Sous les jugements, les hommes blasphèment (ch. 16. 9 ; v. 11 et 21).

Au contraire, les esclaves de Dieu Le louent dans le ciel (v. 5). La mesure spirituelle des rachetés (petits et grands), est différente, mais tous seront remplis de Christ (1 Cor. 15. 40 et 41).

Les vingt-quatre anciens représentent la « femme de l’Agneau » (v. 7) (l’Église), et « les conviés » aux noces (les saints de l’Ancien Testament) (v. 9). Jean le Baptiseur en est un (Jean 3. 29). La « grande voix » (v. 6), souvent en relation avec les jugements (ch. 6 à 18), est ici pour la louange, car le Seigneur est entré dans Son héritage (ch. 11. 16 à 18), d’abord usurpé par Satan. Le « mystère de Dieu », le jugement (son œuvre étrange, son travail inaccoutumé (És. 28. 21) et Sa patience, s’achèvent là (ch. 10. 5 à 7 ; 11. 15). Ce sont les noces de l’Agneau, non du lion, et non les nôtres. Passé, présent et avenir pour l’Église se trouvent en Éphésiens 5. 25 à 27.

Les noces de l’Agneau se dérouleront après l’enlèvement de l’Église, le tribunal de Christ et la destruction de « Babylone ». La joie dans le ciel éclate, car « le Seigneur… est entré dans son règne… et les noces de l’Agneau sont venues » (v. 6 et 7).

Notre espérance repose sur cette perspective future du Seigneur s’unissant à Son Église ; prenant possession de Son héritage ; jugeant les ennemis et nous introduisant dans l’état éternel. C’est le grand but de Dieu. Dieu a dit, en Genèse 2. 18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Dieu a préparé une Épouse à Son Fils. Bien que l’Épouse soit destinée à ces glorieuses noces avec l’Agneau de Dieu, ce sont essentiellement « les noces de l’Agneau » (Mat. 22. 2).

En Genèse 24, Éliézer est envoyé chercher une épouse pour Isaac. Et dans la parabole de Matthieu 25. 10, le Seigneur vient chercher son épouse qui entre aux noces avec Lui. Est-ce déjà, pour nous un sujet de joie ? « Sa femme s’est préparée ; et il lui a été donné d’être vêtue de fin lin, éclatant et pur, car le fin lin, ce sont les justices des saints » (v. 7 et 8). Notre responsabilité actuelle, c’est de tisser les glorieuses beautés de son vêtement d’Épouse de l’Agneau, par nos actes de justice « Mais cela « lui a été donné » (v. 8 ; Éz. 16. 14). C’est Dieu qui produit en nous « le vouloir et le faire » ; et c’est le Seigneur qui prend soin de Sa future Épouse, afin de Se la présenter parfaite, de sa perfection à Lui (Éph. 5. 25 à 27). « Marchez comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8). La beauté de la robe de l’Épouse n’est faite que de ce que Christ produit Lui-même. Comme Ève a été amenée à Adam, l’Épouse sera présentée à Christ.

Au contraire, « Babylone » (la prostituée) s’est vêtue elle-même (ch. 18. 16) avec « les abominations de la terre » et est devenue « le repaire des démons ». Satan s’acharne à produire des contrefaçons de ce que Dieu fait : les vêtements de la fausse épouse par rapport à la vraie ; le cheval blanc et celui qui le monte au ch. 6. 2, par opposition à Celui qui apparaît au ch. 19. 11 (le Seigneur). Les magiciens de l’Égypte imitaient les signes que faisait Moïse de la part de Dieu. La « bête » du ch. 13. 13, fera descendre le feu du ciel comme faisait Élie. Il y aura la « trinité » satanique : le dragon, la bête et le faux prophète.

Les « bienheureux conviés aux noces de l’Agneau » sont les saints de l’Ancien Testament comptés parmi les « vingt-quatre anciens » : les « esprits des justes consommés » (Héb. 12. 22 et 23) , comme Jean le baptiseur (l’ami de l’Époux). L’Église seule est l’Épouse, et les noces de l’Agneau ont lieu dans le ciel. Sur la terre, les noces du Roi auront lieu avec le résidu juif pieux, à l’aube du millénium. Et ceux des nations ayant refusé de prendre la marque de la bête et qui auront subi « la grande tribulation », « régneront avec le Christ mille ans » (ch. 20. 4), sur la terre. Les anges qui sont des serviteurs (des esclaves de Dieu), ne sont pas des « conviés » aux noces.

Un « cantique nouveau » est chanté par les saints célestes au ch. 5. 9. Il est aussi chanté par les saints terrestres, au ch. 14, qu’ils apprennent du ciel. Ce cantique a plusieurs portées distinctes, exprimées par ceux qui le chantent, selon les choses concernant ces différentes compagnies de croyants.

En Apocalypse, Jean est vu comme un prophète, serviteur et esclave comme l’ange (ch. 19. 10), bien que par leur position respective quant à la rédemption, leur relation à Dieu soit toute différente. Ainsi que Jean commettant cette erreur de se prosterner aux pieds de l’ange, l’Église professante s’est dévoyée, durant son histoire, en adorant les anges, qui sont des créatures (Col. 2. 18). Jean répétera la même erreur au ch. 22. 8 et 9, et recevra la même répréhension. En Actes 10. 25 et 26, Corneille se prosterne aux pieds de l’apôtre Pierre, qui doit le reprendre aussi. Nous-mêmes avons souvent besoin des mêmes leçons, répétées plusieurs fois. L’adoration n’appartient qu’à Dieu seul.

« L’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus » (ch. 19. 10). Un tiers de la Parole de Dieu est occupé par la prophétie ; et le « témoignage de Jésus » se trouve aussi dans l’Ancien Testament, mettant en évidence l’accomplissement de toutes les promesses, glorieuses et divines, concernant « l’Héritier », le Seigneur Jésus. L’Esprit de Christ animait déjà les prophètes de l’Ancien Testament. Aimons donc la prophétie : c’est le témoignage de Jésus.

Jusque-là, les jugements étaient exécutés par des anges. Mais ici, le Seigneur apparaît Lui-même dans toute Sa puissance et Sa pureté en justice divine (le cheval blanc), pour un dernier combat guerrier, avant d’établir Son royaume de mille ans. « Une épée aiguë à deux tranchants sort de Sa bouche, afin qu’Il en frappe les nations » (v. 15). Il triomphe des ennemis qui sont détruits ; et les deux « bêtes » sont jetées dans l’étang de feu. Enfin, Satan est lié (ch. 20), durant le millénium, qui sera un règne où la justice exécutive s’exercera chaque matin, envers ceux qui auront péché (Ps. 101. 8).

Au baptême de Jean, le ciel s’est ouvert pour contempler le Seigneur Jésus sur la terre (Mat. 3. 16). En Actes 7. 56, il s’est ouvert pour qu’Étienne, martyrisé, contemple le Seigneur « debout à la droite de Dieu ». Ici, le ciel s’ouvre (v. 11), pour que le Seigneur en sorte afin de détruire les ennemis, car Dieu Lui a donné tout le jugement (Jean 5. 27).

« Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin, blanc et pur » (v. 14), comme les vêtements de l’Épouse (v. 8). Ces « armées » sont essentiellement constituées par les saints célestes escortant le Seigneur dans son combat triomphant. Les anges s’y trouveront aussi (2 Thess. 1. 7 à 10). Cependant, seul le Seigneur combat par l’épée de Sa bouche : les saints jugeront le monde judiciairement (ch. 20. 4). Ésaïe 11. 4 montre la continuité des Écritures, en dévoilant le Seigneur, frappant « la terre avec la verge de sa bouche ». Ici, nous avons le deuxième acte de Sa seconde venue. Au premier acte, Il aura enlevé Son Église auprès de Lui.

Au ch. 1. 16, Il se présentait déjà avec « une épée aiguë à deux tranchants », destinée à Son Église infidèle. Ici, c’est pour détruire les ennemis qui se dressent contre Dieu en blasphémant (ch. 16. 9, 11 et 21). Le Seigneur est appelé ici, « la Parole de Dieu » (v. 13), comme en Jean 1. 1.

Le Dieu éternel intervient pour combattre les ennemis innombrables, en un lieu appelé « Armagédon » (ch. 16. 16), en Israël. Aussi nombreux soient-ils, ils sont vaincus par la puissance triomphante du Seigneur. Comme au ch. 1. 14, « ses yeux sont une flamme de feu » (rien n’est caché pour Lui) ; et « sur sa tête il y a plusieurs diadèmes » (Ps. 21. 3). Sa gloire éclate dans Son triomphe définitif. « Il porte un nom écrit que nul ne connaît » (v. 12). Pourtant, au v. 16, « Il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27) : sa nature intime est impénétrable. Gardons-nous de toute « familiarité » déplacée avec Celui qui, par pure grâce, nous appelle « ses frères » (Jean 20. 17) : Il serait inconvenant de l’appeler « notre Frère », bien que ce soit vrai.

Lorsque le Seigneur lui apparaît, Jean « tombe à ses pieds comme mort » (ch. 1. 17). N’oublions pas qu’Il est en même temps, parfaitement Dieu et parfaitement Homme. Son retour pour enlever Son Église, puis pour établir Son règne de gloire en puissance, est un sujet de profonde joie. Pensons au retour de l’arche en Israël (2 Sam. 6. 12 et 19). Son « vêtement est teint dans le sang » (v. 13), dévoilant un jugement guerrier, terrible et complet (És. 63. 1 à 3). Nous sommes peu habitués à considérer le Seigneur sous cet aspect. Mais le jugement fait partie de Sa gloire (Rom. 12. 19).

À Son Église, témoin infidèle, Il s’était montré comme « le Témoin fidèle et véritable ». En. face des ennemis, Il est révélé comme « fidèle et véritable » (v. 11). Comme en Jean 1. 1, le Seigneur est manifesté comme étant « la Parole » : Il est appelé ainsi de toute éternité. La Parole est apparue dans le monde, apportant « la grâce et la vérité » à salut (Jean 1. 17) : le jugement a été repoussé à plus tard (Jean 12. 47 et 48). C’est dans notre chapitre que le moment est venu, pour la « Parole de Dieu », d’agir en jugement.

Soyons reconnaissants de ce que nous sommes dans la période où la grâce est encore présentée aux hommes, et de ce que nous sommes venus au Seigneur, la « Parole », révélée en grâce. Aux v. 17 et 18, d’innombrables oiseaux de proie sont appelés au « grand souper de Dieu » (És. 34. 15 et 16), pour dévorer la chair de ces multitudes d’ennemis morts, étendus sur la terre d’Israël, tous ayant refusé de se soumettre de cœur au Seigneur. Ce souper fait contraste avec celui de Luc 14. 21 et 22, le souper de la grâce de Dieu.

Les deux bêtes du ch. 13 : celle qui « monte de la mer », chef de l’empire romain reconstitué ; et celle qui « monte de la terre » d’Israël, l’Antichrist, le faux prophète, ayant fait des miracles afin de séduire les hommes et de les pousser à honorer la première bête, ont assemblé leurs armées « afin de livrer combat à celui qui était assis sur le cheval et à son armée » (v. 19).

Mais le combat projeté n’a vraisemblablement pas lieu : subitement, ces deux hommes possédés de Satan, sont « jetés vifs dans l’étang de feu », par le Seigneur Lui-même, apparaissant dans toute Sa puissance, Sa justice et Sa majesté – vengeance divine terrifiante contre eux : l’étang de feu, « préparé pour le diable et ses anges » (Mat. 25. 41), est inauguré par deux hommes qui y sont jetés les premiers, mille ans avant le diable ! « Le reste fut tué par l’épée de Celui qui était assis sur le cheval, laquelle sortait de Sa bouche, et tous les oiseaux furent rassasiés de leur chair » (v. 21 ; Éz. 39. 11 à 16).

Quel contraste avec le souper de la grâce préparé par Dieu pour les croyants ; ou avec « le banquet des noces de l’Agneau » qui aura déjà eu lieu alors (v. 9) ! « Bienheureux » seront ceux-là (v. 9 ; ch. 20. 6). L’Antichrist dont il est question, est décrit en 2 Thessaloniciens 2. 3 et 4, comme « l’homme de péché », « l’inique », « le fils de perdition ». Après s’être opposé ouvertement à Dieu, il se présentera, assis dans le temple, comme étant lui-même Dieu, et séduira les hommes qui l’adoreront : c’est « l’énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge ».

Ici, associé au chef de l’empire romain ressuscité, il prétend combattre contre le Fils de Dieu ! Mais, ayant perdu de son influence sur le monde, il n’est plus caractérisé que comme « le faux prophète » (v. 20). Ces deux hommes sont jetés dans l’étang de feu, sans passer par la mort, par l’intervention directe du Seigneur accompagné de Ses saints. Les armées des deux bêtes, elles, connaîtront la mort, et comparaîtront, pour être jugées au grand trône blanc. La Parole révèle que, dans l’Ancien Testament, ces deux croyants, Hénoc et Élie, sont entrés vivants au ciel.

Au ch. 20. 1 à 3, le diable est lié par un ange, avec une grande chaîne », et jeté dans « l’abîme » où il est scellé, « afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ». C’est l’ultime épreuve à laquelle Dieu va soumettre les hommes : délivrés de l’influence de Satan durant les mille ans du règne de Christ, le cœur des hommes incrédules qui se seront soumis « en dissimulant », ne sera pas changé.

À l’issue de ce règne millénial, Satan, délivré de sa prison, séduira de nouveau les ennemis de Dieu, qui se rassembleront de nouveau, cherchant à détruire « le camp des saints et la Cité bien-aimée » (v. 7 à 9). « La clé de l’abîme » du v. 1, sert à l’ange, ici, pour fermer l’abîme sur Satan. Au ch. 9. 1 et 4, la même clé avait été donnée à « une étoile tombée du ciel sur la terre », avec laquelle elle avait ouvert le même abîme, d’où étaient sorties des « sauterelles » chargées de nuire « aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leurs fronts ». L’abîme, qu’il ne faut pas confondre avec l’étang de feu, est un lieu mystérieux où se trouvent les démons (2 Pier. 2. 4 ; Luc 8. 30 et 31). « Le dragon, le serpent ancien, le diable, Satan » ces différents noms dévoilent les caractères de ce grand ennemi : puissance maléfique, séducteur, rusé, calomniateur, accusateur des frères et enfin, adversaire. Sa méchanceté foncière est déjà dévoilée en Job, où il a cherché à détruire cet homme saint. Mais aussi, au ch. 12 de l’Apocalypse, où il voudra détruire la nation juive. Si nous sommes rebelles à Dieu, le Seigneur peut nous faire passer par « l’école » de Satan, afin de nous ramener à Lui. Satan, vaincu à la croix, sera chassé du ciel (ch. 12. 9) ; Il n’y sera plus jamais.

Le règne de Christ, ne sera pas encore l’état éternel : il y aura encore des méchants qui seront détruits chaque matin (Ps. 101). Au v. 4, trois catégories de croyants se trouvent assis sur des trônes : les vingt-quatre anciens des ch. 4 et 5 : ils sont assis sur juger le monde (1 Cor. 6. 2 et 3). Puis, les martyrs mis à mort pour avoir prêché l’évangile du royaume, avant la grande tribulation (ch. 6. 9 à 11). Enfin, les martyrs de la grande tribulation (ch. 7. 13 à 15). Ceux-ci ayant souffert de terribles épreuves, Dieu en prend soin spécialement (cf. ch. 7. 17). Ces trois compagnies de saints, font partie de la première résurrection (v. 5 et 6).

Ch. 20

Les saints ayant vécu avant et pendant la grande tribulation, feront partie de la première résurrection (v. 4 à 6). « Le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis » (v. 5) : on les trouve au v. 12, jugés définitivement devant le grand trône blanc. Il y a donc deux résurrections : celle des justes dont l’Église fait partie ; et celle des méchants, après le règne du Seigneur (Luc 14. 13 et 14 ; Act. 24. 15 ; 1 Cor. 15. 20 à 25).

Christ en est les prémices ; puis, chacun en « son propre rang » (v. 23). Le reste des morts désigne les incrédules de tous les temps : ils reprendront vie pour le jugement, mais leurs esprits, n’ayant aucune relation vitale avec Dieu, garderont ce caractère moral de mort : c’est « la seconde mort » (v. 14 ; 21. 8). Cependant, tous seront rendus vivants. Les croyants goûteront en perfection les bénédictions éternelles. Et les « morts » connaîtront les peines éternelles dans l’étang de feu. Rendons grâces de ce que le Seigneur S’est fait connaître à nous comme notre Sauveur.

Jean 5. 24 à 29, révèle les deux résurrections, mais comme séparées dans le temps. Ce laps de temps : mille ans, concernant le règne de Christ, doit nous rendre prudents, car Dieu mesure le temps différemment de nous. « Mille ans à tes yeux, sont comme le jour d’hier quand il est passé, comme une veille dans la nuit » (Ps. 90. 4). « Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection : sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui mille ans » (v. 6). L’Église, qui est céleste, régnera depuis le ciel avec le Seigneur, et apparaîtra avec Lui (2 Thess. 1. 9 et 10) – tandis que les saints de la période apocalyptique régneront sur la terre (ch. 5. 10). Le Seigneur reviendra et apparaîtra sur la montagne des Oliviers, aux yeux du résidu d’Israël (Zach. 14. 3 à 5).

Quant à l’Église, la Parole dit : « Et je vis la sainte Cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari » (Apoc. 21. 2). Elle garde (même dans l’état éternel), son caractère céleste : bien qu’elle descende du ciel d’auprès de Dieu, elle ne se pose pas sur la terre : nouvelle Jérusalem, Cité spirituelle, elle est comme superposée au-dessus de la Jérusalem terrestre. L’Église est considérée à la fois comme l’Épouse de l’Agneau, et la sainte Cité céleste. Elle partagera la gloire éternelle du Roi, son céleste Époux, qui régnera depuis le ciel, tandis que sur la terre, régnera « le prince », de la part de Christ. Le ciel bénira la terre. Ésaïe parle beaucoup de ces temps de bénédictions futures.

Dans les v. 7 à 10, Satan, délié, séduit une fois de plus les incrédules qui se seront « soumis à Christ en dissimulant » ; ceux qui sont « aux quatre coins de la terre » (v. 8). Leur volonté, c’est de « monter sur la largeur de la terre » : la terre d’Israël ; « et ils environnèrent le camp des saints : le résidu d’Israël ; et la Cité bien-aimée » : Jérusalem (v. 9). Ils veulent détruire le peuple terrestre de Dieu. Mais « du feu descendit du ciel de la part de Dieu et les dévora ». Gog et Magog, dont parle déjà Ézéchiel (ch. 38 et 39), et qui désignent les ennemis d’Israël qui s’assemblent contre lui, avant le règne de Christ, ne sont pas les mêmes : ces derniers (v. 8), sont manifestés après ce règne. De même, la Babylone de l’Apocalypse ne désigne pas l’ancienne ville, celle de l’Ancien Testament, bien qu’elle en reflète les caractères de corruption morale.

Par contre, Jérusalem, même après la résurrection du Seigneur, garde ce caractère de « sainte Cité » (Mat. 27. 53). Durant le millénium, règne de justice, de paix et de bénédiction, Satan étant dans l’incapacité de nuire aux hommes, il y aura des conversions. Les nations devront monter à Jérusalem pour la fête des tabernacles, d’année en année, pour être bénies (Zach. 14. 15).

Mais il y aura aussi des incrédules irréductibles : ce sont ceux-là que Satan, une fois délié de sa prison, séduira et entraînera pour détruire Israël. Mais la colère de Dieu se déchaînera directement du ciel contre eux, et ils seront anéantis subitement (v. 9). Alors Satan sera « jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète (ch. 19. 20) et ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles » (v. 10). Dieu, le Tout-puissant, aura le dernier mot !

La « trinité » du mal (Satan, la bête et le faux prophète) est jetée dans l’étang de feu et de soufre (v. 10). Leur sort sera partagé par tous les incrédules de tous les temps. « Et je vis » (v. 11), montre que la vision de Jean se poursuit sans délai, et que le « grand trône blanc » apparaît tout de suite après le rejet définitif du grand ennemi. C’est le même trône devant lequel les croyants seront manifestés. Mais ici ne se trouveront que les incrédules, que la Parole appelle : « les morts, les grands et les petits » (v. 12). Quel que soit le degré de responsabilité qui ait été le leur dans leur vie, leur jugement reposera sur leur rejet du Seigneur comme Sauveur.

« Celui qui était assis dessus » (sur ce trône), est le Seigneur Lui-même, car Dieu lui a donné « tout le jugement » (Jean 5. 22). Devant le Juge, « la terre s’enfuit et le ciel ; et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux ». Devant la majesté impressionnante de ce grand trône blanc, où rayonnent la sainteté absolue de Dieu et Sa justice inflexible, la création actuelle, qui a été assujettie au péché, ne peut en supporter la présence : elle s’enfuit ! Elle sera détruite par le feu (2 Pier. 3. 7 à 10). Elle sera remplacée par la nouvelle création qui, elle, reposera toute entière sur la rédemption accomplie par le Sauveur, et reflétera Sa sainteté et Sa justice immuables.

Au ch. 2 et 3, où le Seigneur juge son Église infidèle, Il apparaît comme « Fils de l’homme » (ch. 1. 12) ; de même qu’au ch. 14. 14, lors de la moisson de la terre. Ici, il semble que le même Seigneur soit vu comme Dieu Lui-même, jugeant les hommes, non plus comme infidèles (l’Église), ni comme ennemis, mais comme incrédules, ayant refusé la grâce offerte à tous : Il est vu comme « Celui qui est assis sur le trône » ; de même, au ch. 4. 2, et ch. 5. 1 et 7.

« La mer rendit les morts qui étaient en elle ; la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés selon leurs œuvres » (v. 13). « Il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement » (Héb. 9. 27). Mais seuls les croyants rencontreront le Seigneur comme leur Sauveur, car Son œuvre de rédemption a pleinement satisfait à la justice de Dieu. Les incrédules Le rencontreront comme leur Juge. Et là, il n’y a ni cour d’appel ni cour de cassation. Après les livres des « œuvres », une ultime preuve de la culpabilité des incrédules sera trouvée dans le « livre de vie », où leurs noms ne se trouveront pas écrits (v. 15). Les meilleures œuvres des incrédules sont, devant Dieu, « comme des vêtements souillés » (És. 64. 6) ; et le Dieu de justice ne peut faire que des choses parfaitement justes (Gen. 18. 23 à 25).

Quant aux croyants, ils sont appelés à « marcher dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance ». Dans le livre de vie apparaissent à la fois la grâce de Dieu offerte à tous les hommes, et leur responsabilité de l’accepter, alors que beaucoup la refusent. Tous les hommes sont-ils, dès le début, inscrits dans le livre de vie, avec cette possibilité d’en être effacés à cause de l’incrédulité ? (Ex. 32. 31 à 33 ; Ps. 69. 26 à 28 ; Apoc. 3. 5)

Dieu veut que tous les hommes soient sauvés . Ou bien, selon la « préconnaissance » de Dieu, tous n’y sont-ils pas écrits dès la fondation du monde ? (Apoc. 13. 8) Paul, dans son amour pour le peuple de Dieu, avait souhaité être séparé de Dieu, pourvu que le peuple soit sauvé ! Et en Exode 32. 33, Dieu répond à Moïse : « Celui qui aura péché contre moi, je l’effacerai de mon livre ».

L’étang de feu est préparé pour les incrédules, et la parabole de Luc 16. 26, montre qu’ils auront la vision, de loin (comme Balaam, Nomb. 24. 17), des bienheureux, pour l’éternité dans la présence du Seigneur. Mais un « grand gouffre » infranchissable les en séparera définitivement. La mort et le hadès sont jetés dans l’étang de feu, détruisant ainsi le dernier ennemi : la mort (1 Cor. 15. 26). Vaincue définitivement par la résurrection du Seigneur qui y est entré pour en vaincre la puissance (cf. 1 Cor. 15. 55 et 56), la mort ne pourra plus subsister, et sera abolie. La mort est aussi un ennemi de Dieu, car Il est le « Dieu vivant » qui a la vie en Lui-même. Comme croyants, nous avons déjà, en nous, le principe même de la vie éternelle que nous donne le Seigneur ressuscité (Héb. 2. 14). Et dans l’état éternel, nous en jouirons à la perfection.

Ch. 21

Le ciel et la terre actuels, souillés par le péché, s’enfuient devant la sainteté de Dieu apparaissant dans le grand trône blanc (ch. 20. 11). « Et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux » : ils seront détruits par le feu (2 Pier. 3. 10 à 12). Puis vient le jugement des « morts, les grands et les petits » : tous les incrédules de tous les temps, passibles de l’étang de feu (v. 15).

Ayant fait place nette de l’ancienne création assujettie au péché, Dieu peut, dès lors, créer « un nouveau ciel et une nouvelle terre » (ch. 21. 1) : c’est l’état éternel où rien ne subsistera de l’ancienne création : « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (v. 5). Jean voit « la sainte Cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari » (v. 2) ; mais elle ne se pose pas sur la terre : elle garde son caractère céleste, son origine divine, bien qu’établissant un lien de sainteté avec la nouvelle terre.

« La mer n’est plus » (v. 1) : la mer, essentielle à la vie sur la terre actuelle, mais aussi, symbole du monde en proie à l’agitation, n’a plus sa place dans la nouvelle création, où tout est empreint de la stabilité divine, éternelle. Cette nouvelle Jérusalem, c’est l’Église dont l’origine est dès « avant la fondation du monde » (Éph. 1. 4), elle est l’habitation de Dieu dans la nouvelle création. Une telle révélation ne se retrouve guère dans les Écritures ! En Ésaïe 65. 17 et 66. 22, la prophétie s’arrête au règne millénial, avant l’état éternel, non encore révélé. Dans l’état éternel, il n’y aura plus de distinction entre Israël et les nations. Simplement : « Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes » (v. 3), et la justice divine y « habitera » (2 Pier. 3. 13).

Durant le millénium, la justice régnera, sous le gouvernement du Roi, car « il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15. 25). Les hommes, dans l’état éternel, habitant la nouvelle terre, seront les saints vivants d’avant et pendant le millénium. Dieu, alors, « sera tout en tous » (cf. 1 Cor. 15. 28). Ici, il n’est plus question du Seigneur Jésus, ni du Fils de Dieu, ni de l’Agneau, mais de Dieu dans la plénitude de Son être, réalisant alors Son désir éternel : habiter avec les hommes.

Dans la Genèse, Dieu visitait l’homme « au frais du jour ». Avec Israël délivré d’Égypte, Dieu conduisait Son peuple dans le désert, habitant dans la « tente d’assignation », caché par la nuée. Dans le temple de Salomon, Dieu était toujours caché dans la nuée, et le peuple devait offrir sans cesse des sacrifices. Lorsque le Seigneur Jésus était sur la terre, c’était Dieu visitant Son peuple qui L’a rejeté. Dans l’Église, Dieu habite présentement sur la terre, dans les croyants.

Dans le règne millénial, le Roi des rois régnera en justice. Mais, même dans ce règne de bénédiction, la perfection ne sera pas encore établie, car le péché sera encore présent. Seul, l’état éternel permettra que Dieu habite vraiment, selon Son propos d’amour et de grâce, au milieu des hommes rachetés, dans la perfection éternelle.

Durant le millénium, la ferveur même des croyants ira probablement en diminuant, comme on le voit en Nombres 29. 13 à 32, où, de jour en jour, le nombre des taureaux offerts va en diminuant. Le v. 22, se rapportant au règne millénial, révèle qu’il n’y aura pas de temple. « Le Seigneur, Dieu, le Tout-puissant, et l’Agneau, en sont le temple » Et, dans l’état éternel, c’est l’habitation de Dieu dans la sainte Cité (l’Église), qui sera le temple. Si Dieu peut nous faire entrevoir ces choses, c’est parce qu’elles ont été rendues possibles par la rédemption accomplie à la croix, et que le Seigneur a glorifié Son Père : « C’est accompli » ; et ici, comme en écho : « C’est fait ». Sans la rédemption, rien des propos de Dieu, dans l’accomplissement de Sa grâce en amour, n’aurait été possible.

Le v. 6 révèle que la grâce est offerte jusqu’au bout, sur la terre. Dans l’état éternel, tout ce qui aura fait souffrir les hommes n’existera plus (v. 4). Au v. 6, Dieu se présente, comme au ch. 1. 8 ; 22. 13, comme « l’alpha et l’oméga ». C’est Dieu dans Sa plénitude, Son éternité en qui tout est contenu. Le Dieu bienheureux veut nous faire jouir de Sa béatitude éternelle, déjà durant le millénium. Dans l’éternité, nous Le verrons simplement comme le Dieu de gloire. Nous pouvons voir l’éternité de Dieu, comme un « présent » immuable, intemporel : « Je suis Celui qui suis » (Ex. 3. 14). Et en Jean 8. 58, le Seigneur dit : « Avant qu’Abraham fût, Je suis ».

Au v. 6 et 7, Dieu appelle les hommes, depuis le commencement de l’histoire de l’Église, jusqu’à ceux qui vivront avant et pendant le millénium, à répondre à cet ultime appel de Sa grâce, et ainsi, à entrer dans les bénédictions éternelles. Dieu a offert Sa grâce durant toute l’histoire de l’humanité ; depuis Adam et Ève, que Dieu, après leur péché, a couverts de peau, cachant leur nudité – image du sacrifice de Christ couvrant les péchés de tous les hommes. Et jusqu’au bout, Dieu appelle à recevoir Sa grâce, et promet de donner gratuitement à celui qui a soif, « de la fontaine de l’eau de la vie ». La longue patience de Dieu s’exercera jusqu’à l’extrême limite.

Pour hériter de ces choses, il faut vaincre (v. 7) tout ce qui résiste aux appels de Dieu, comme il est promis aux sept églises (ch. 2 et 3). Le v. 8 avertit solennellement du terrible sort final des « timides » qui reculent toujours et ne répondent jamais aux appels divins : « l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort ». Nicodème et Joseph d’Arimathée, d’abord timides pour s’afficher avec le Seigneur, ont pris courage après Sa mort, et ont réclamé Son corps à Pilate même, la plus haute instance de l’autorité à Jérusalem ! Pierre, d’abord timide devant le monde, a renié Son Seigneur, mais a été restauré, car il Lui avait déjà donné son cœur, et le Seigneur lui a dit : « Suis-moi » (Jean 21. 19). Sa grâce envers Pierre, malheureux d’avoir renié son Seigneur, se manifeste en Marc 16. 7, où Il l’encourage spécialement. On peut appartenir au Seigneur, et que notre foi ait des défaillances, comme la Bien-aimée du Cantique des cantiques (ch. 5. 2).

Les menteurs du v. 8, sont ceux qui répondent au caractère même du diable qui « est menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). Et Dieu ne peut supporter le mensonge. En 1 Corinthiens 6. 9 à 11, Dieu montre Sa grâce à l’œuvre envers les hommes naturels mais qui se sont repentis : ils sont « lavés… sanctifiés… justifiés ». Les v. 1 à 8 parlent de l’état éternel où Dieu Se manifeste dans la plénitude de Son être : amour et lumière, offrant Sa grâce (v. 6) et ne supportant pas le péché (v. 8). Et dans Son amour, Il ôtera, dans la nouvelle création, tout ce qui aura fait souffrir les hommes (v. 4). On ne regrette jamais d’avoir donné son cœur au Seigneur.

Quant à son déroulement prophétique, l’Apocalypse s’achève avec les huit premiers versets du ch. 21, décrivant succinctement l’état éternel.

Les versets suivants nous ramènent au royaume millénial de Christ, pour décrire les caractères de l’Église, vue symboliquement comme la « sainte Cité, Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu » : « la femme de l’Agneau » (v. 9 et 10). En opposition avec le ch. 17. 1 où Jean est amené dans « un désert », lieu stérile où rien ne peut désaltérer l’âme, pour y voir la fausse Église (Babylone), qui vient de la terre – dans notre chapitre, il est amené « sur une grande et haute montagne », pour y contempler, depuis cette haute position, la vraie Église de Christ qui, elle, vient du ciel d’auprès de Dieu : c’est « la femme de l’Agneau » – et non du Roi, car le Seigneur n’est pas le Roi de l’Église, mais son Époux.

Dans le millénium, la sainte Cité n’est pas encore appelée « nouvelle » Jérusalem, car le règne du Seigneur se déroulera sur la terre actuelle où le péché existera encore. La « nouvelle » Jérusalem sera pour l’état éternel où Dieu fera « toutes choses nouvelles », dans la nouvelle création où le péché n’existera plus. Les épîtres aux Corinthiens et aux Éphésiens nous montrent l’Église comme corps de Christ et comme Son Épouse. Ici, elle est décrite comme « la sainte Cité » d’origine céleste et qui « a la gloire de Dieu » (v. 11). C’est la gloire de Dieu qui l’illumine et qu’elle reflète : référence à Jean 17. 21 à 24, où la gloire du Seigneur, Fils de l’homme glorifié, est reflétée par les croyants aux yeux du monde. Cette gloire du Seigneur sera la « lumière » dans le millénium (ch. 22. 5), et dans l’éternité. Le « luminaire » (ch. 21. 11), de « jaspe cristallin », est le Seigneur Lui-même (ch. 4. 3) : il illumine la Cité et Sa lumière se projette sur le monde millénial, car « l’Agneau est sa lampe » (v. 23). La Cité a aussi « une haute muraille » (v. 12 ; Zach. 2. 5), et douze portes gardées par des anges : le mal qui existera encore durant le règne de Christ, n’entrera pas dans la Cité.

Au v. 12, le principe de la muraille, déjà vue en Néhémie, puis en Ézéchiel 42. 20, montre la volonté de Dieu, que ce qui porte Son propre caractère de sainteté, soit séparé du mal et de toute souillure extérieure. Aussi, la sainte Cité est protégée de ces dangers par « une grande et haute muraille ». Longueur, largeur et hauteur sont égales : « douze mille stades », manifestant la perfection de la Cité, dans son caractère pourtant fini, mesurable : il s’agit de l’Église du Seigneur reflétant Sa perfection, bien qu’elle-même soit tirée de la terre.

Bien que le temple terrestre, à Jérusalem, soit détruit, il sera rebâti : il est décrit prophétiquement en Ézéchiel 40 et suivants, en vue du règne millénial. Mais ici, il ne s’agit pas du temple, mais de la Jérusalem céleste, l’Église, reflétant la gloire et la lumière de Celui qui en est, et « le temple », et « sa lampe » (v. 22 et 23). Lorsque la dernière « pierre vivante » sera apportée à l’édifice, Christ, le fondement de l’Assemblée, sera aussi la « pierre de faîte » (Zach. 4. 7) : Il est « l’alpha et l’oméga ».

Les douze portes rappellent la perfection administrative de Dieu, durant le millénium à venir. En Israël, autrefois, c’était aux portes des villes que les jugements se prononçaient. Mais en même temps, ces portes apporteront, aux douze tribus d’Israël, les bénédictions divines, milléniales, qui en sortiront de la part du Seigneur, le Roi. Au désert, les douze tribus occupaient les mêmes places autour de la tente d’assignation. Les douze anges se tenant aux portes, en gardent les entrées, comme garants que rien d’étranger à la sainteté de la Cité n’y pénétrera. Ils sont des « esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » ; et ce n’est pas à eux que Dieu « a assujetti le monde habité à venir » (le millénium) (Héb. 1. 14 et 2. 5). Ce rôle sera conféré à l’Église, conjointement avec Christ.

Avant le règne de Christ, les anges seront envoyés pour exécuter les jugements divins ; mais durant le règne, leur service changera de caractère. C’est cette Cité que les saints de l’Ancien Testament attendaient (Héb. 11. 10). Rien d’impur n’entrera là : « seulement ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau » (v. 27) : c’est-à-dire, les saints de l’ancienne économie ; les martyrs de la dernière « semaine d’années » de Daniel (ceux d’avant la grande tribulation, au ch. 6. 9 à 11 ; et ceux de la dernière demi-semaine, durant cette terrible épreuve, pour ceux qui refuseront de prendre la marque de la bête. Tous ces saints ont « part à la première résurrection » (ch. 20. 6).

Les douze fondements de la Cité rappellent qu’elle repose sur l’enseignement fondamental des douze « apôtres de l’Agneau » (v. 14 ; Éph. 2. 19 et 20. ch. 3. 5 et 6).

Les pierres précieuses ornant ces fondements (v. 19), rappellent les beautés du Seigneur dont la Cité est revêtue. Elles se trouvaient déjà sur les épaulières et le pectoral d’Aaron (Ex. 28. 9 ; 15. 20). Satan, avant sa chute, en était revêtu (Éz. 28. 13). En 1 Corinthiens 3. 12, nous sommes exhortés à apporter de « l’or, de l’argent, des pierres précieuses » pour l’édification de l’Assemblée, selon nos responsabilités. Qu’une telle Cité est précieuse au cœur de Dieu, pour que même chaque porte soit vue comme étant faite d’une seule perle (Mat. 13. 45 et 46) !

La Cité descend du ciel, mais ne se pose pas sur la terre. Elle porte les caractères glorieux de Christ et Lui est associée dans Son règne. Le millénium se déroulera sur la terre et sous le ciel actuels. Et, bien que les croyants soient purifiés par le sang de Christ (Col. 1. 19 et 20), le péché existera encore sur la terre, d’où le symbole de la muraille de séparation. Il y aura encore des rois, apportant leur gloire à la sainte Cité (v. 24), mais pas de bénédiction pour la nation qui n’y viendra pas (Zach. 14. 16 à 18).

Ces figures symboliques ne doivent pas nous faire penser que les hommes qui seront sur la terre milléniale, entreront dans la Cité céleste : il n’y aura pas de mélange du terrestre avec le céleste. Dans l’état éternel, le mal n’existera plus : il n’y aura plus besoin de muraille et « Dieu habitera avec les hommes » (v. 3).

Toutes les beautés divines sont reflétées par la Cité. Toutes les perfections morales de Christ sont représentées dans les douze pierres précieuses différentes. Déjà, sur la terre, nous avons à en reproduire, chacun différemment, les beautés spirituelles. « L’or pur et le verre transparent » de la rue, rappellent la justice divine et la purification parfaite et définitive des saints.

La « sainte Cité » qui nous est montrée ici, est bien la « Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de Dieu » (v. 10), durant le millénium. Dieu et l’Agneau en sont le temple, et les saints célestes auront une entière liberté dans la présence de Dieu. Cette sainte Cité, en relation avec la terre, durant le règne de Christ, est en contraste avec la Jérusalem terrestre qui, dans le même temps, aura un temple (Éz. 40 à 44).

Le temple terrestre suppose une « distance » entre Dieu et les hommes. Dans la tente d’assignation, au désert ou dans le temple, à Jérusalem, il y avait un voile derrière lequel Dieu restait invisible et sans contact direct avec son peuple. Dans le millénium, le péché existera encore, de sorte que Dieu, sur la terre, restera à distance.

L’Église, quant à elle, est le temple de Dieu, sur la terre, depuis la Pentecôte jusqu’à son enlèvement auprès de Christ, et nous avons directement accès auprès de Dieu (Héb. 10. 19 à 22).

Dans la Cité céleste, nous verrons, dans la face de Christ, la gloire morale de Dieu. « Celui qui m’a vu a vu, le Père » (Jean 14. 9). Le Seigneur est « la lumière du monde » (cf. Jean 8. 12). Ici, Il sera comme un porte-lumière, manifestant la plénitude de la gloire morale divine.

Le v. 22 montre les différents noms de Dieu révélés à Son peuple dans l’Ancien Testament. La Cité céleste sera, dans le millénium, en relation avec Israël, et les nations se conduiront à sa lumière (v. 24 à 26), selon les préceptes moraux donnés dans le sermon sur la montagne. Satan, étant lié alors, ne pourra plus nuire aux hommes, durant le règne de Christ. Ces nations seront contraintes de monter à Jérusalem une fois par an, à la Pentecôte ; sinon, il n’y aura pas de bénédictions pour elles (Zach. 14. 16 à 18). D’ores et déjà, portons nos regards vers la gloire de Christ qui nous est montrée là, ainsi qu’au ch. 22.

La Cité céleste, reflétant la gloire de Christ, « n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau est sa lampe » (v. 23) ; et elle sera en relation avec la scène terrestre. Tout sera lumière dans un jour sans fin ! La prophétie d’Ézéchiel annonce le retour de la gloire de l’Éternel dans le temple, à Jérusalem, durant le millénium (Éz. 43. 1 et 2).

L’Église, sur la terre, est responsable, malgré sa faillite, de manifester la gloire de Christ qui est « lumière et amour ». Israël reflétera la gloire de Dieu, durant le règne de Christ (És. 60. 1 et 3), et ses portes resteront ouvertes tandis qu’il sera « mis en honneur pour toujours » (cf. És. 60. 11 et 15).

Dans l’Ancien Testament, « toujours » veut dire : jusqu’à la fin du millénium. Dans le Nouveau Testament, pour l’Église, il signifie : pour l’éternité. Dans la Cité céleste, la muraille et les portes symbolisent l’impossibilité absolue, pour le péché, d’entrer là où Dieu Lui-même se trouve. Elles montrent aussi qu’il y aura des relations spirituelles et bénies entre la Cité céleste et la Jérusalem terrestre. Il en sera de même pour Israël durant le millénium (Zach. 2. 1 à 5), où Dieu annonce qu’Il sera autour de Jérusalem « une muraille de feu » : Comment le péché ou un ennemi entreraient-ils là ?

Dans la Cité céleste, n’entreront que les saints de l’Ancien Testament, « les amis de l’Époux », et les martyrs de la période apocalyptique, qui ont part à la première résurrection : ils sont « écrits dans le livre de vie de l’Agneau » (v. 27) ; « ils régneront avec Christ mille ans » (ch. 20. 6).

Quant à la sainte Cité, elle est l’Épouse elle-même, « ornée pour son mari » (v. 2). Dès son enlèvement auprès de l’Époux, elle est complète. Les saints de l’Ancien Testament seront « conviés aux noces de l’Agneau », mais ne font pas partie de l’Assemblée chrétienne et, par conséquent, ne sont pas l’Épouse.

Le v. 24 montre, de façon solennelle, que les nations lui apporteront « leur gloire » : c’est-à-dire à la sainte Cité. Cependant, toute la gloire revient au Seigneur Jésus qui sera au milieu de l’Assemblée rachetée, la Jérusalem céleste.

Ch. 22

Après le ch. 1er, introduction à l’Apocalypse, et les ch. 2 et 3 ne concernant que l’Église, le ch. 21. 1 à 8 nous a entretenus de l’état éternel ; du v. 9 au v. 5 du ch. 22, un retour en arrière chronologique, nous a ramenés au millénium, pour nous décrire l’état extérieur de la sainte Cité, illuminée par la présence de Dieu, (et sa gloire se projette sur la terre milléniale) ; enfin, au ch. 22. 1 à 5, on voit l’intérieur de la sainte Cité : un fleuve de vie.

Au milieu de sa rue (ou place), l’arbre de vie portant un fruit permanent. Ces glorieuses dispositions célestes sont en bénédiction à la terre milléniale, et parlent de Christ : le fleuve de vie symbolise la vie éternelle que possède tout croyant, vie d’origine divine : le fleuve sort du trône de Dieu et de l’Agneau ; vie entretenue par les fruits de l’arbre de vie (Christ, nourriture inépuisable des croyants).

Le Seigneur est venu sur la terre pour que Ses « brebis aient la vie… en abondance » (Jean 10. 10). Parmi les hommes restés sur la terre après l’enlèvement de l’Église, ceux qui accepteront l’évangile du royaume prêché par le résidu juif, recevront la vie éternelle, ainsi que les martyrs de la période apocalyptique – vie entretenue par la Parole de Christ.

Le début de la Genèse et la fin de l’Apocalypse présentent de grandes similitudes : l’arbre de vie est toujours là, mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal a été éliminé par la croix. Puis, le fleuve de vie est toujours là : il traverse toute l’Écriture, démontrant la grâce de Dieu toujours à l’œuvre.

Les feuilles de l’arbre guériront les nations de tout ce qui les aura tourmentées, dans toute l’histoire humaine : maladies, mort, catastrophes diverses, haine, guerres, massacres etc… Le règne de Christ sera un règne de paix, de prospérité, de justice : les hommes, sur la terre « n’apprendront plus la guerre » : « De leurs épées ils forgeront des socs » (És. 2. 4 ; Michée 4. 3). Jean n’est pas appelé à sceller ces choses, contrairement à Daniel (Dan. 12. 9), car « le temps est proche » (v. 10).

Dans le millénium, en Israël, un fleuve sortant de « dessous le seuil de la maison » dans le temple, ira se déverser dans la Mer Morte, assainissant ses eaux stériles ; des poissons en grand nombre s’y multiplieront, ainsi que beaucoup « d’arbres dont on mange ». Les marais, autour de la mer, resteront stériles (Éz. 47), montrant que dans cette période, le péché, quoique jugulé, restera présent sur la terre.

Ésaïe 14. 1 et 2, parle de cette même époque bénie pour Israël car ce qui restera d’Israël (le résidu), sera entièrement converti, ayant cru au Messie (Héb. 8. 8 à 12). « Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » (Mat. 5. 8). Dans les nations, certains se convertiront, mais d’autres « se soumettront en dissimulant ».

Dans la sainte Cité descendue du ciel d’auprès de Dieu, ces similitudes sont d’un caractère plus élevé : tout est spirituel. Il n’y aura plus de malédiction, là. Le nom du Seigneur sera sur le front de « ses esclaves » : Quant aux incrédules, avant le millénium, le nom de la « bête » sera écrit sur leurs fronts. Il n’y aura plus de nuit, dans la Cité, car Dieu y fera briller sa lumière éternelle, tandis que sur la terre, subsistera le soleil (Ps. 36. 8 et 9).

Bien que le millénium soit un règne de justice, la grâce sera toujours là, car elle a été révélée à la croix. Elle s’exercera encore, durant le règne de justice, envers la terre milléniale (les feuilles de l’arbre de vie, pour la guérison des maux des nations).

Actuellement, la responsabilité des saints de l’Église est de rappeler au monde que la grâce est offerte à tout homme. Et dans l’état éternel, la même Église glorifiée en sera encore le témoignage éternel. Dieu avait donné à Adam la domination sur la terre, comme Son représentant. Mais le péché ayant rompu les relations entre Dieu et Adam, la croix du Seigneur, (le second Adam), a dû ôter le péché de devant Dieu. Et c’est le Seigneur qui, Lui, régnera en justice, à la perfection. « Nous verrons Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4. 6), et nous « le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Si les saints sont fidèles, le Seigneur Lui-même les fera mettre à table « et s’avançant, Il les servira » (Luc. 12. 37). Leur service se poursuivra dans le ciel (Apoc. 22. 3).

Dans ce verset : ils « le » serviront : l’Agneau aussi est Dieu. Ces serviteurs sont « les vainqueurs » qui mangeront de l’arbre de vie (ch. 2. 7). Alors, les saints régneront « aux siècles des siècles » (v. 5) – éternellement.

A partir du v. 6, nous avons la conclusion du livre. Dieu signifie clairement que la fin est imminente. « Ces paroles sont certaines et véritables » (v. 6). Toute la Parole porte ce caractère de certitude et de vérité (1 Tim. 1. 15 ; 3. 1 ; 4. 9 ; 2 Tim. 2. 11 ; Tite 3. 8). Le Seigneur Lui-même est « le Dieu véritable » (1 Jean 5. 20).

Mais Dieu insiste, ici, afin de nous exhorter à ne pas mépriser la prophétie (2 Thess. 5. 9) : elle occupe les deux tiers de la Parole et parle de la gloire du Seigneur. « Il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15. 25) ; elle concerne ainsi tous les croyants. Le Seigneur dit souvent, dans l’évangile : « En vérité, en vérité, je vous dis » ; montrant que ses paroles auront un accomplissement certain. Nos difficultés à comprendre, parfois, n’enlèvent rien à la vérité de la Parole (2 Pier. 1. 16 et 19 ; Deut. 29. 29). Toute la Parole est la vérité, le Seigneur est la vérité, l’Esprit est la vérité. Ce livre est adressé à « ses esclaves » et à ceux qui « gardent les paroles de ce livre » (v. 6, 7 et 9).

« Je viens bientôt » : parole encourageante adressée pour la première fois à l’Église de Philadelphie (ch. 3. 11). Au ch. 22 ; le Seigneur le dit trois fois : au v. 7, Il s’adresse à ceux qui traverseront la grande tribulation. Au v. 12, à ceux qui, lorsqu’Il viendra régner, seront jugés. Enfin, au v. 20, ces paroles sont adressées à l’Église (v. 17).

Jean connaissait le Seigneur sur la terre ; mais au ch. 1, il tombe « à ses pieds comme mort ». Les croyants, de même que les prophètes qui sont des serviteurs, sont appelés, ici, « des esclaves ». Mais Dieu distingue entre Ses esclaves (v. 6) désignant le résidu Juif qui reconnaîtra le Seigneur, et les croyants de l’Église que le Seigneur appelle « ses amis » (Jean 15. 15). Bien que nous soyons nous aussi esclaves de Jésus Christ, comme Paul, le Seigneur nous aime comme Ses rachetés.

« Bienheureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre » (v. 7), est comme un écho du ch. 1. 3. Ainsi, Marie gardait les paroles du Seigneur dans son cœur. Serrons-les, nous aussi, dans notre cœur, tandis que l’ennemi s’efforce d’y mélanger le mensonge (v. 15). « C’est moi, Jean » : de nombreuses fois, Jean est montré assistant « en Esprit », à de nombreuses scènes extraordinaires. Et c’est lui que Dieu a choisi pour transmettre ces révélations.

Saisi par la solennité de ces visions, il tombe à terre, aux pieds de l’ange, pour rendre hommage, comme au ch. 19. 10. Mais l’ange, compagnon d’esclavage de Jean et des prophètes, refuse cet hommage qui ne doit être adressé qu’à Dieu seul. Au ch. 1. 17, Jean, ébranlé par la solennité de l’apparition, rend un juste hommage au Seigneur. Pierre aussi, refusera l’hommage que Corneille lui adressait (Act. 10. 25). Dans la chrétienté professante, bien des gens acceptent qu’on s’agenouille devant eux ! L’orgueil, même religieux, de l’homme, le pousse toujours à vouloir être égal à Dieu. Les anges, pourtant plus élevés en position, sont humbles, et refusent d’être adorés à la place de Dieu. L’ange dit à Jean qui se prosterne devant lui : « Garde-toi de le faire » (v. 9).

Le v. 10 enjoint à Jean de ne pas sceller « les paroles de la prophétie de ce livre » ; car « le temps est proche ». En Daniel 12. 8 et 9, les paroles qui étaient adressées au prophète, étaient « scellées » (cachées quant à leurs significations prophétiques), car elles concernaient le temps de la fin, durant lequel « les sages comprendront » (v. 10). L’Apocalypse est une prophétie pour le temps de la fin, auquel nous sommes parvenus. Elle n’est donc pas scellée, ni pour l’Église, maintenant, ni pour ceux qui, durant les temps apocalyptiques, croiront ces paroles qui ne peuvent être comprises que par l’Esprit. Nous sommes parvenus à « la fin des siècles » (1 Cor. 10. 11). Cependant, les paroles prononcées par « les tonnerres » du ch. 10. 4, Jean devait les sceller : momentanément, leur teneur n’était pas révélée.

Le v. 11 est un solennel avertissement à ne pas tarder, alors que le temps de la grâce dure encore, à se convertir. Car le temps viendra où la position de chaque homme par rapport à Dieu sera irréversible. L’injuste commettra encore l’injustice. Celui qui est souillé se souillera encore. Quant à celui qui sera trouvé juste, il pratiquera encore la justice ; et celui qui sera saint, se sanctifiera encore. Dieu connaît l’endurcissement définitif des cœurs, rendant la repentance impossible (Éz. 3. 27).

« Je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son œuvre » (v. 12). Cette pensée, le Seigneur l’exprime déjà au ch. 3. 11. La « récompense » l’accompagne, comme en Ésaïe 40. 10, où elle concerne plutôt le Seigneur, pour Son œuvre. Mais en Apocalypse, il s’agit, d’une part, de récompenser les œuvres des croyants,, comme en Philippiens 3. 10, 12 et 14. Quant aux incrédules recherchant les honneurs terrestres, « ils ont déjà leur récompense », ayant obtenu ce qu’ils recherchaient sur la terre (Mat. 6. 2, 5 et 16). Les prétendues bonnes œuvres faites dans l’incrédulité sont devant Dieu « comme un vêtement souillé » (És. 64. 6). Les vraies bonnes œuvres sont « préparées à l’avance » par Dieu Lui-même, afin que les croyants « marchent en elles » (Éph. 2. 10).

Cependant, les incrédules (les morts), seront jugés selon leurs œuvres (Rom. 2. 5), et jetés dans l’étang de feu, par le Seigneur apparaissant sur le grand trône blanc (Apoc. 20. 11 à 15). « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7).

Dans les derniers versets de l’Apocalypse, ce ne sont plus les anges qui parlent, mais « Jésus » qui confirme solennellement la révélation de Lui-même, et de son témoignage (ch. 1. 1). Comme aux ch. 1. 8 et 21. 6, Il se présente de nouveau comme « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (v. 13). Dieu se présente déjà ainsi (És. 41. 4 ; 44. 6 ; 48. 12). Dans la pensée de Dieu, le Seigneur est le fondement de toutes choses, mais aussi Celui par qui tout s’achève, Celui qui amène tout à la conclusion parfaite (Héb. 12. 12).

Le v. 14 montre ce qu’il en est de ceux qui sont lavés dans le sang du Seigneur, par la foi en Lui : ils « lavent leurs robes » (leur marche pratique et publique est sanctifiée). Alors, ils ont « droit à l’arbre de vie » (ch. 2. 7 ; 22. 2 et 14). Ce sont ceux qui « entrent par les portes dans la Cité » (cf. ch. 21. 27) ; c’est-à-dire, les saints de l’Ancien Testament, et les martyrs de la période apocalyptique. Tous ceux-là ont part à la première résurrection, et sont des saints célestes. Dans l’état éternel, il n’y aura plus de distinction ni de séparation entre Israël et les nations. Mais Dieu, au milieu de « la sainte Cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu », « habitera avec les hommes, et ils seront son peuple, et Dieu Lui-même, sera avec eux, leur Dieu » (ch. 21. 2 et 3).

Mais le v. 15 du ch. 22, scelle le sort terrible de ceux que la Parole appelle, ici, « les chiens », désignant la souillure demeurée attachée aux incrédules irréductibles : ils seront « dehors », l’entrée de la sainte Cité leur étant interdite, car leur part est dans l’étang de feu et de soufre.

Au v. 16, le Seigneur se porte garant de tout ce qui a été dit dans ce livre en général, et des dernières paroles en particulier. Bien que le Seigneur ait envoyé « son ange pour nous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées », Il nous a placés au-dessus des anges, que nous serons amenés à juger (2 Cor. 6. 3).

Le Seigneur dit au résidu d’Israël : « Moi, je suis la racine et la postérité de David » : la racine, car étant Dieu, Il est avant David, et sa postérité, car, en tant que fils de l’homme, il est le descendant de David, le roi d’Israël.

Mais à l’Église, Il se présente comme « l’étoile brillante du matin ». Cette étoile est-elle vraiment « levée dans nos cœurs » ? C’est pour les chrétiens que le Seigneur prend ce caractère, avant l’enlèvement de l’Église, tandis que le monde est encore plongé dans la nuit morale. Par ce symbole, le Seigneur ranime notre espérance de Le voir bientôt.

Après l’enlèvement de l’Église au ciel, auprès de Jésus, lorsqu’Il établira Son royaume, Israël le verra comme le « soleil de justice » (Mal. 4. 2). Ce v. 16 montre à l’évidence, que l’Apocalypse, si sa partie prophétique, révélant les terribles jugements réservés au monde ennemi le concernent, le message ne s’adresse pas à lui, mais « aux assemblées » : le monde ennemi et incrédule ne reçoit pas les avertissements divins. Nous sommes donc responsables d’étudier ce livre qui clôt toute la Parole de Dieu, car il nous est adressé directement. C’est « la révélation de Jésus Christ » transmise par Son ange envoyé de Dieu, à Jean qui a rendu témoignage de ce qu’il a vu et entendu (ch. 1. 1).

« L’Esprit et l’Épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (v. 17). Cet appel adressé au Seigneur Jésus, montre que l’Esprit Saint n’est pas à l’aise dans ce monde ennemi de Dieu et corrompu. Et c’est l’Esprit qui forme ce cri d’appel de l’Épouse, l’Église du Seigneur.

C’est l’espérance vivante formée dans le cœur des vrais croyants. Le Seigneur dit : « Je viens bientôt » (v. 7, 12 et 20). Nous devons accepter que la patience du Seigneur dure aussi longtemps que nécessaire. Mais l’Épouse, conjointement avec l’Esprit, formule un appel immédiat : « Viens » ! L’exhortation, à celui qui entend, de dire : « Viens », s’adresse personnellement à chaque vrai croyant.

Pour que ce désir de voir le Seigneur soit formé dans nos cœurs, une préparation est nécessaire : Tissons-nous la robe de l’Épouse : le fin lin dont elle sera revêtue, et qui sont « les justices des saints » ? (ch. 19. 8) Et elle-même sera vue « comme une Épouse ornée pour son mari » (ch. 21. 2). La patience de Dieu attend jusqu’à l’ultime moment, et appelle « celui qui a soif… et qui veut », à venir prendre « gratuitement de l’eau de la vie ».

Mais il faut que quelqu’un ait soif, et qu’il veuille boire de l’eau de la vie. Cet ultime appel, s’adressant à quelqu’un qui veut être sauvé, est touchant, avant que tombent tous ces terribles jugements sur la terre ! Il doit venir au Seigneur Jésus, la vraie source des eaux de la vie éternelle. « Ho ! Quiconque a soif, venez aux eaux » (És. 55. 1). Le Seigneur dit : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jean 7. 37). Le saint désir de Dieu est de sauver quiconque le veut vraiment. « Si tu as soif, tu iras aux vases et tu boiras » (Ruth 2. 9). « Dieu est patient, ne voulant pas qu’aucun périsse » (2 Pier. 3. 9).

En Genèse 2. 22, est montrée la première évocation de l’Épouse de l’Agneau, dans la personne d’Ève, que l’Éternel Dieu a formée d’une « côte de l’homme », puis l’a amenée à l’homme. Mais, dès le ch. 2 de l’Apocalypse, la vraie Épouse de Christ est présentée, dans son état sur la terre. Elle se retrouve, à la fin du livre, appelant la venue de l’Époux, mais aussi, priant pour ceux qui ont soif ; « l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables », dans nos prières maladroites. Sans doute, nous devons regarder en haut ; mais aussi, vers le bas, où gisent tant d’âmes perdues ! Le Seigneur dit : « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (Jean 7. 38). En Jean 4. 35, le Seigneur dit que « la moisson est déjà blanche » : très mûre. Mais la patience divine attend encore.

Témoigner, c’est manifester la vraie joie produite en nous par l’assurance d’appartenir au Seigneur. Plus nous serons près du Seigneur, plus nous désirerons Sa venue. Toute la Parole est un témoignage du Seigneur. Mais spécialement dans l’Apocalypse Il témoigne de Lui-même. Il le confirme par deux fois, ici : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées ». Puis : « Moi, je rends témoignage à quiconque » (v. 16 et 18).

Tandis que la Parole de Dieu est frelatée autour de nous, ayons à cœur de la garder tout entière : ne rien y ajouter, comme faisaient les pharisiens, à la loi ; ni rien en retrancher, comme le diable le faisait, au désert, lorsqu’il essayait de tenter le Seigneur ; ou comme Jéhoïakim qui l’avait mise au feu. Gardons-la précieusement, dans sa totalité (Deut. 4. 2 ; 12. 32 ; Prov. 30. 6 ; Ps. 119. 160). Les Écritures rendent témoignage du Seigneur (Jean 5. 39). Nous devons conformer nos vies à la Parole, et non la Parole à notre manière de vivre. Balaam, averti par Dieu, espérait, par cupidité, que Dieu changerait d’avis (Nomb. 22. 19). L’exactitude de la Parole en notre possession est confirmée par les découvertes des livres d’Ésaïe, à la mer morte.

« L’arbre de vie » du v. 19, parle de Christ, nourriture des croyants, de ceux qui sont écrits dans le « livre de vie », et dont les noms ne peuvent pas en être effacés. Leur part de l’arbre de vie, ne peut pas leur être ôtée. La part des « menteurs », des « timides », des « chiens », est dans l’étang de feu. Si un croyant pèche, c’est une chute, et non un état.

Le Nouveau Testament s’achève par la grâce, alors que la fin de l’Ancien Testament menaçait de malédiction (Mal. 4. 4 à 6). L’ultime exhortation à attendre le Seigneur, produit la réponse : « Viens, Seigneur Jésus ».

D’après Réunions d’études à Bordeaux-Lac

TENIR FERME FACE AU MAL

« Possède un modèle des saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour qui est dans le Christ Jésus. Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous » 2 Tim. 1. 13 et 14.

« Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » Apoc. 3. 11.

TENIR FERME FACE AU MAL

Les chrétiens peuvent se réjouir et être reconnaissants pour tout ce qui contribue à enrayer la marée toujours montante de l’incrédulité et du péché. Cependant, dans le combat que nous devons mener contre le mal, les limites que posent les Écritures ne doivent pas être négligées. Ce danger apparaît tout particulièrement lorsque notre attention se concentre sur un mal particulier. Nous devons faire attention à bien respecter ce qui nous a été confié, afin que nous ne laissions rien passer, mais que nous gardions Sa Parole en toutes choses et que le Nom de Celui qui est « le Saint, le Véritable » (Apoc. 3. 7 et 8) ne soit pas renié.

Nous devons nous conformer à tout ce qui vient de Dieu et qui correspond à ce que nous enseigne Sa Parole, où que cela se présente et quels que soient les moyens ou les personnes qu’Il utilise dans ce qu’Il s’est proposé pour nous. Mais cela ne serait pas selon Dieu si quoi que ce soit de bon servait à altérer ou abandonner la vérité pour nous éloigner de l’obéissance que nous devons au Seigneur Jésus.

« Tiens ferme ce que tu as » ! Cette parole met notre cœur à l’épreuve, mais nous encourage aussi à être fidèles au Seigneur. Ne nous efforçons donc pas de rechercher l’approbation des hommes, mais celle du Seigneur Jésus. Il y aura une couronne pour quiconque tiendra ferme ce qu’il a. L’ennemi cherche à nous priver de cette couronne, non pas dans l’intention de la donner à d’autres, mais pour refuser au Seigneur Jésus ce que Ses rachetés Lui doivent.

D’après « The Good Seed » octobre 2023

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (12)

Nous avons trouvé le peuple de Dieu dans la détresse et la plus profonde misère. Le roi qu’ils avaient demandé ne leur était d’aucun secours : ni lui, ni eux ne savaient se tourner du côté de l’Éternel qui seul pouvait les délivrer de toutes leurs détresses.

Les voici sans ressources en présence des Philistins qui étaient leurs pires ennemis, et ils sont réduits à se cacher dans les lieux désolés de la terre. La différence entre eux et ceux qui ont affaire avec Dieu dans toutes leurs circonstances est grande.

Pauvre Saül ! Dans cette extrémité, il se souvient que Samuel lui avait dit d’attendre à Guilgal pendant sept jours jusqu’à ce qu’il descende vers lui (ch. 10. 8), et qu’il lui ferait savoir ce qu’il aurait à faire. Il attend jusqu’au jour assigné mais, voyant que le peuple se dispersait d’auprès de lui, il dit : « Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de prospérités ». Et le voici qui offre l’holocauste lui-même, sans que l’homme de Dieu soit avec lui.

Il montre ainsi son manque de confiance en la parole qu’il lui avait dite, et par conséquent en la parole de l’Éternel dont Samuel était le porteur. Il a patienté un moment, mais il n’a pu soutenir l’épreuve jusqu’à la fin.

Comme il achevait d’offrir l’holocauste, Samuel arrive. Quelle confusion pour Saül ! « Qu’as-tu fait ? » lui dit Samuel. Saül avoue qu’il n’a pas fait la seule chose qu’il aurait dû faire en pareille circonstance : il n’a pas supplié l’Éternel.

Quand nous sommes dans les difficultés, dans les peines, dans les détresses, notre ressource est toujours en Dieu Lui-même, et c’est à Lui que nous avons à nous adresser en toute confiance : « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver », disait le psalmiste (Ps. 46. 1). Il est le Dieu des délivrances. Il entend nos cris et Il y répond dans la puissance d’un amour qui ne varie jamais.

Dans tout cela, Saül a montré qu’il n’y avait aucune relation entre son âme et Dieu, et qu’il ne possédait pas cette foi de grand prix sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, et sans laquelle nous ne pouvons que nous égarer. « Tu as agi follement », lui dit Samuel, « tu n’as pas gardé le commandement de l’Éternel ». La conséquence désastreuse pour Saül en a été que son règne n’a pas subsisté et qu’un autre a été roi à sa place.

Nous avons là bien des enseignements pratiques. Premièrement, je vous ferai remarquer, chers enfants, l’importance de la foi qui croit Dieu sur parole et qui agit en conséquence ; ensuite l’obéissance absolue en Sa Parole, obéissance qui ne calcule, ni ne raisonne, mais qui dit simplement : Dieu a parlé, je dois obéir sans me préoccuper des conséquences et des résultats de ce que je ferai.

Le peuple était dans un pauvre état : il n’y avait plus que six cents hommes avec Saül. Où étaient les trois mille qu’il s’était choisis lui-même ? La plus grande partie, n’ayant pas plus de foi en l’Éternel que leur roi, s’étaient enfuis. La peur des ennemis leur avait fait abandonner le roi qu’ils avaient désiré et dans lequel ils s’étaient réjouis quand ils avaient crié : « Vive le roi ! » Voilà le résultat de la confiance en l’homme.

Seul un petit nombre restait attaché au roi ; malgré tout, c’était l’Éternel qui l’avait établi sur eux, et ils lui devaient obéissance et fidélité. Jonathan était avec eux, et, bien différent de son père, il savait se confier en Dieu ; c’est lui qui allait être un instrument puissant dans Sa main pour la délivrance du peuple. Si l’homme montre son incapacité – et il ne saurait faire autre chose – par contre la foi brille dans tout son éclat, lorsqu’en apparence tout lui est contraire. C’est ce que nous verrons dans la suite de notre récit.

Il y a une autre chose que j’aimerais vous faire remarquer : les ennemis avaient réduit le peuple à l’impuissance en l’empêchant de forger des armes. Comment aller à la guerre sans cela ?

Pour nous, deux armes puissantes et invincibles sont entre nos mains. Ne laissons pas nos ennemis nous les ravir.

La première est la Parole de Dieu, qui est l’épée de l’Esprit. Elle est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles. Les épées des hommes apportent la mort là où elles pénètrent ; la nôtre produit la vie, la vie éternelle, dans les cœurs qu’elle transperce. Ne négligez pas la lecture de ce saint Livre afin de bien le connaître et de pouvoir vous en servir contre toutes les ruses de votre grand ennemi, Satan.

Vous savez que notre Seigneur s’est toujours servi de cette épée quand il a été tenté par ce redoutable adversaire. Il l’a vaincu simplement en disant : « Il est écrit… » « Il est encore écrit ». « Il est aussi écrit ». Battu sur toute la ligne, Satan a dû Le laisser et s’en aller confus.

La seconde arme est la prière. Par elle nous faisons intervenir Dieu dans nos circonstances. Qui peut résister à ce Dieu puissant quand II intervient en notre faveur ? C’est ce que nous verrons dans le chapitre suivant.

Vous vous souvenez que nous avons vu le peuple de Dieu dans une grande détresse, caché qu’il était dans les cavernes, dans les broussailles, dans les rochers, dans les lieux forts et dans les fosses : un peuple sans armes en présence d’un redoutable adversaire. Sur eux était un roi sans puissance, sans ressources ; même son armée se retirait de lui ; et, ce qui était le pire de tout, ce roi, sans foi, ne savait pas même crier au Dieu qui lui avait donné son trône et qui seul pouvait le délivrer. Voilà le résultat de la folie du peuple qui avait voulu un roi comme les autres nations.

Par contre, Jonathan, le fils de Saül, qui était un homme de foi, avait déjà remporté une victoire sur les ennemis. Cette victoire, loin de les abattre et de les humilier, n’avait eu pour résultat que de mettre la haine dans le cœur de ces ennemis, et les voici qui, de nouveau, rassemblent une armée nombreuse comme le sable qui est sur le bord de la mer. La foi de Jonathan ne se laisse pas arrêter par de telles difficultés ; au contraire, c’est pour elle une occasion de remporter de nouvelles victoires, ainsi que nous allons le voir dans le chapitre 14 que nous lirons ensemble aujourd’hui.

Vous remarquez que, dans le commencement de ce chapitre, Jonathan est seul avec son jeune homme, celui qui portait ses armes. Celui-ci était un homme de foi comme son maître, un inconnu du monde ; nous ne savons pas même quel était son nom, mais soyons certains qu’il était bien connu de Dieu et que, dans un jour à venir, il aura une place glorieuse parmi ses grands hommes. C’était un précieux serviteur qui suivait son maître et qui lui obéissait sans raisonnement, même en présence de difficultés qui paraissaient insurmontables. Il pouvait lui dire : « Fais tout ce qui est dans ton cœur ; va où tu voudras, voici, je suis avec toi selon ton cœur » (v. 7).

Heureux les jeunes qui possèdent en partage une foi de pareil prix et qui la montrent, non en faisant des choses qui brillent aux yeux des hommes, mais simplement dans l’obéissance à la Parole de Dieu, en marchant dans le sentier de la foi. Je dis : « sentier », car le chemin dans lequel les fidèles ont à marcher est toujours un chemin resserré et étroit, comme nous allons le voir. Vous savez, du reste, où conduit le chemin large. Lisez Matthieu 7. 13 et 14 où nous voyons où aboutissent les deux chemins.

Jonathan n’était donc pas avec son père dans ce moment-là et il ne lui fit pas connaître ce qu’il allait faire. La foi ne peut rester associée avec l’incrédulité, ni avoir affaire avec elle dans l’œuvre de Dieu : ce sont deux choses absolument incompatibles. Il vaut mieux, infiniment mieux, être seul avec Dieu que dans la compagnie des incrédules, même avec toute une armée.

Pour Jonathan, voir les ennemis prospérer et le peuple de Dieu dans l’oppression et la souffrance, était une chose insupportable, aussi dit-il à son jeune homme : « Viens, et passons jusqu’au poste des Philistins qui est là, de l’autre côté ». Ignoré du peuple de Dieu et de son roi, il entreprend une œuvre qui pouvait paraître téméraire, même impossible. Mais la foi compte sur un Dieu qui sauve avec beaucoup ou peu de gens.

Les Philistins s’étaient établis dans un poste qui paraissait imprenable. Deux rochers à pic en défendaient l’approche, et seul un passage resserré et abrupt pouvait conduire Jonathan vers eux. Ce chemin était si difficile à escalader qu’il fallait s’y agripper avec les mains et les pieds. Fallait-il donc s’y aventurer ?

C’est Dieu qui va le leur dire, et cela par la bouche même de leurs ennemis ! Si les Philistins leur disaient de se tenir où ils étaient, c’était bien ; ils les attendraient sur place et ils pourraient les recevoir avec la puissance infinie du Dieu qui combattait pour eux et qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Si les ennemis leur disaient de monter vers eux, ce qui était encore plus dangereux, il n’y avait qu’à le faire, malgré le rude chemin par lequel il fallait s’approcher d’eux.

Mais comment donc Jonathan et son compagnon pouvaient-ils les combattre, puisque même leurs mains étaient nécessaires pour escalader le rocher ? Soyez sans crainte, glorieux champions de la foi ! C’est Dieu qui combattra pour vous et vous verrez la délivrance qui vient de l’Éternel ; les ennemis de son peuple ne sont devant lui que du chaume emporté par le vent.

« Monte après moi », dit le valeureux Jonathan à son serviteur, « car l’Éternel les a livrés en la main d’Israël ». Parole merveilleuse. Il ne dit pas : l’Éternel les a livrés en mes mains, ce qui pourtant était le cas, mais en la main d’Israël. Dans sa victoire il reste associé au peuple de Dieu. Ce n’est pas sa propre personne qui est en jeu dans toute cette scène, mais bien le peuple bien-aimé de Dieu. Lui, Jonathan, n’était qu’un instrument dans la main de ce Dieu tout puissant. La cause n’était pas celle de Jonathan, mais bien celle de tout le peuple. Jonathan n’était rien à ses propres yeux ; il ne voyait que le bien du peuple.

La frayeur de Dieu est sur tous les ennemis : Où est Saül et son armée ? Loin du lieu de la victoire de la foi. Ainsi sont toujours les incrédules : ils ne voient, ni ne connaissent les merveilles du Dieu tout puissant.

Voici donc Jonathan et son serviteur qui ont remporté une grande victoire. Les sentinelles de Saül regardèrent et virent la multitude des ennemis qui s’en allaient et s’entre-tuaient. Ignorant ce qui s’était passé, Saül montre son incapacité en présence de la victoire comme il l’avait montrée en présence des ennemis.

Non seulement cela, mais aussi, il est une entrave aux résultats définitifs de la victoire. Il montre ici comme toujours ce qu’est la chair lorsqu’elle s’ingère dans les choses de Dieu et veut s’associer à Son œuvre dans le monde.

Peut-être ne comprenez-vous pas bien ce que veut dire ce mot « la chair ». Lisez à ce sujet le chapitre 8 de l’épître aux Romains ; là vous trouverez plusieurs fois ce mot en contraste avec « l’Esprit ». Dieu appelle « la chair », la mauvaise nature qui est dans l’homme à cause de sa désobéissance à la volonté de Dieu. Adam avait été créé innocent, ne connaissant pas le mal ; dans le paradis terrestre il était capable de jouir de Dieu, son Créateur, et de tout ce que ce Dieu plein de bonté avait mis à sa disposition ; mais, ayant écouté la voix de l’ennemi, qui l’a trompé, l’homme est devenu pécheur, aimant le mal, craignant Dieu, le haïssant et s’éloignant de Lui de plus en plus. Ses pensées sont obscurcies et il ne sait discerner, ni ce qui est bon, ni ce qui est agréable à Dieu. Sa nature est mauvaise et incurable. C’est cette nature mauvaise qui est appelée la chair.

Elle peut avoir une belle apparence, comme c’était le cas chez Saül ; mais, malgré cette apparence, il était toujours opposé aux pensées de Dieu. C’est pourquoi il est dit que « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Rom. 8. 6 et 7).

C’est pourquoi aussi le Seigneur dit à Nicodème : « Il faut être né de nouveau ». Pourtant Nicodème était un docteur de la loi et, par conséquent, un homme très religieux (Jean 3. 1 à 10). Malgré tous ses privilèges, il lui fallait une nouvelle nature, une nouvelle vie pour pouvoir entrer dans le royaume. Il lui fallait être né de nouveau Cette nouvelle vie s’acquiert par la foi au Seigneur Jésus. Lisez le v. 16 de ce chapitre 3 de Jean et vous verrez que celui qui croit a la vie éternelle. Il est donc né de nouveau puisqu’il possède une vie qu’il n’avait pas auparavant.

Avez-vous la vie éternelle ? Êtes-vous nés de nouveau ? C’est une des questions des plus solennelles. Pour en avoir la certitude, il ne faut pas regarder au dedans de soi, mais croire simplement ce que Dieu dit. Croyez-vous au Seigneur Jésus ? Oui ? Eh bien ! Vous avez la vie éternelle, vous êtes nés de nouveau. C’est Dieu qui le dit ; le Dieu qui ne peut mentir le déclare dans Sa Parole.

Cette vie nouvelle aime Dieu, se réjouit en Lui, Le sert et Lui obéit, Lui est agréable. Ceux qui la possèdent ne sont pas dans la chair, mais dans l’Esprit, car c’est le Saint Esprit qui produit cette vie, par le moyen de la Parole qui opère en puissance dans le cœur et la conscience de l’homme qui est né de nouveau. J’aime à penser que vous croyez simplement ces choses. C’est par la foi qu’on les possède. Or « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » Rom. 10. 17).

Vous voyez la différence bien marquée entre Saül et Jonathan ? Le premier, malgré ses aimables qualités, n’agissait jamais avec Dieu ; c’était un homme dans la chair. Jonathan, son fils, au contraire, était un homme de foi. Il faisait intervenir Dieu dans ses actes et Dieu lui manifestait Ses pensées et déployait devant lui Sa puissance. Il était un instrument de bénédiction pour le peuple de Dieu, ainsi que nous l’avons déjà vu deux fois. Il a manifesté par la suite de nouvelles manifestations de sa foi.

D’après La Bonne Nouvelle 1945

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (11)

Nous savons que Saül et son serviteur, après avoir longtemps vainement cherché les ânesses qui étaient perdues, se sont décidés à aller vers Samuel, l’homme de Dieu.

Mais une difficulté se présente devant eux : ils constatent qu’ils n’ont rien à lui apporter et que le pain manque dans leurs sacs. Il en est toujours ainsi lorsque quelqu’un veut s’approcher de Dieu, il constate que sa misère est grande et que, de fait, il n’a rien que son complet dénuement à apporter à Dieu : il a faim et il n’a rien pour payer.

Le fils prodigue du chapitre 15 de Luc a fait la même constatation : il périssait de faim et il n’avait que ses haillons quand il est revenu vers son père. Quel pauvre être que l’homme ! Il a tout perdu, il est perdu lui-même et, avec cela, il a encore la prétention de pouvoir faire quelque chose.

Le serviteur de Saül avait dans sa main le quart d’un sicle d’argent, et il pensait pouvoir l’apporter à l’homme de Dieu. Il ne connaissait pas encore les exigences de la loi qui voulait que l’Israélite soit racheté avec un demi-sicle d’argent (Ex. 30. 13). Les ressources étaient insuffisantes pour lui-même ; il ne pouvait donc en aucune manière secourir son maître. Ainsi est l’homme pécheur, il ne peut « racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon, car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu’il y renonce à jamais » (Ps. 49. 7 et 8). L’un et l’autre n’avaient pas encore appris que, dans les choses de Dieu, tout est absolument gratuit. Dieu est un Dieu qui donne. Il ne demande rien.

Le prophète Ésaïe le proclamait bien haut : « Quiconque a soif, venez aux eaux, et vous qui n’avez pas d’argent, venez, achetez et mangez ; oui, venez, achetez sans argent et sans prix » (És. 55. 1). De même le Seigneur, étant sur la terre, disait à une femme samaritaine : « Si tu connaissais le don de Dieu ». Dieu est donc un Dieu qui donne.

Du reste, que pourrions-nous Lui apporter si ce n’est notre misère et nos nombreux péchés ? L’homme, dans sa folie, se figure toujours que Dieu exige quelque chose de lui ; il ne connaît ni la sainteté de Dieu, ni la ruine dans laquelle il se trouve lui-même. Le fils prodigue a dû tout recevoir gratuitement de la part de son père. Nous avons à venir tels que nous sommes, reconnaissant franchement ce que nous avons fait, confessant nos fautes ; et Dieu se glorifie en nous pardonnant et en nous enrichissant de tout ce qu’il y a dans la Personne de Son Fils.

Saül et son serviteur ne pouvaient compter que sur la bonté de l’homme de Dieu. Mais comme cette bonté dépassait de beaucoup ce que l’un et l’autre auraient supposé ! Il en est ainsi de tous ceux qui s’approchent de Dieu. Saül dit à son serviteur : « Tu dis bien ; viens, allons ». Bien leur en a pris. Ils ne se doutaient guère que l’homme de Dieu savait ce qu’il en était des ânesses qu’ils cherchaient, qu’il leur enseignerait le chemin et tout ce qu’ils rencontreraient dans ce chemin, qu’un grand festin les attendait, heureuses nouvelles pour des hommes perdus et qui n’avaient plus de pain dans leurs sacs.

Lorsque nous lisons ces pages, il nous semble que nous n’avons qu’un simple récit historique, mais, lorsque nous les considérons de près, nous y voyons la merveilleuse grâce de Dieu qui y brille dans tout son éclat, comme du reste dans toutes les pages de Sa divine Parole. Si nos yeux étaient plus simples et plus éclairés par la lumière du Saint Esprit, que de merveilles nous découvririons dans ces récits qui se succèdent, et qui sont tout autant de révélations de ce qu’est l’amour de Dieu.

Vous vous demandez sans doute de quelle manière Saül a été accueilli par Samuel. Tout a été conduit par la main même de Dieu, et tout est allé mieux que Saül et son serviteur n’auraient osé l’espérer.

Comme ils montaient à la ville, ils trouvèrent des jeunes filles qui sortaient pour puiser de l’eau. Elles connaissaient Samuel et le lieu où se trouvaient les eaux qui désaltèrent. Immédiatement elles ont pu renseigner Saül et lui dire où était l’homme de Dieu ; et même elles lui disent : « Le voilà devant toi ».

En particulier, vous jeunes filles, qui lisez la « Bonne Nouvelle », ces versets ne sont-ils pas écrits pour vous d’une manière particulière ? Connaissez-vous Celui qui est la source des eaux de la vie, savez-vous où Il demeure ? Le connaissez-vous pour vous-mêmes et êtes-vous capables de Le faire connaître aux personnes avec lesquelles vous êtes en contact ? Vous voyez que ces jeunes filles étaient capables de faire cela.

Pour parler un autre langage, connaissez-vous le Seigneur Jésus ? C’est Lui qui a dit, et qui l’a même crié afin que tous puissent l’entendre : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eaux vives couleront de son ventre. Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui. (Jean 7. 37 à 39). C’est aussi Lui qui a dit à la femme Samaritaine : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais » (Jean 13. 14). La soif de bonheur se trouve au fond du cœur de tout homme, elle le dévore ; il cherche par tous les moyens possibles à la calmer, mais le vrai bonheur ne se réalise que dans la Personne du Seigneur Jésus.

Ces jeunes filles savaient donc où se trouve la source qui désaltère. Ce sont des images, il est vrai, mais Dieu veut nous enseigner par ce moyen. Elles savaient aussi où était la maison du voyant, elles le connaissaient. Il était en quelque sorte le représentant de l’Éternel au milieu de Son peuple. Savez-vous où le Seigneur se trouve, où Il a une demeure sur la terre ? Il a dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20). Lorsque vous vous réunissez dans l’assemblée, souvenez-vous qu’Il est là, présent en Esprit, bien qu’invisible à l’œil de la chair. L’Assemblée est la Maison de Dieu.

Les jeunes filles disent à Saül : « Le voilà devant toi, hâte-toi maintenant ». Pour aller au Seigneur, il n’y a pas un instant à perdre, car le temps presse. C’est aujourd’hui qu’on Le trouve ; aujourd’hui est le jour du salut ; demain ne nous appartient pas.

C’était un jour bien favorable pour Saül, car Samuel avait offert un sacrifice sur le haut-lieu ; il bénissait le sacrifice et le peuple mangeait, se nourrissant ainsi de la chair de la victime qui avait été offerte à l’Éternel. Je pense qu’il n’est pas nécessaire de vous dire que ce sacrifice était une image du sacrifice plus grand et plus parfait de Christ – sacrifice qui est pour la bénédiction éternelle de tous qui y ont une part, c’est-à-dire de tous ceux qui croient en Lui. Par Sa mort, Il a ôté nos péchés devant les yeux de Dieu. Ces récits nous font connaître la valeur infinie de l’œuvre que notre Seigneur et Sauveur a accomplie en notre faveur. Ce sont des ombres ; nous, nous avons la pleine réalité.

Saül devait se hâter, car c’était dans ce jour même qu’il trouverait place au festin de Samuel. De même, c’est aujourd’hui qu’il faut venir au Sauveur pour avoir la vie éternelle et une place au grand festin de Dieu, le grand souper auquel tous sont conviés. Malheureusement, un grand nombre de personnes n’en font aucun cas. En terminant cette leçon, vous lirez dans l’évangile de Luc le récit que le Seigneur nous donne de ce grand souper (Luc 14. 15 à 24). Bienheureux ceux qui se rendent à l’invitation, car c’est un festin plus grand que celui auquel Samuel avait invité Saül.

Voici donc Saül et son serviteur qui montent à la ville, ils y trouvent Samuel qui vient à leur rencontre : il vient lui-même au-devant d’eux. Cela nous fait penser au père qui court au-devant de son fils prodigue revenant à lui. Il le voit quand il est encore loin. Le Dieu de grâce ne demande qu’à bénir, Son cœur est ému de compassion envers de pauvres misérables qui reviennent à lui.

Vous remarquerez aussi que l’Éternel avait averti Samuel, lui faisant savoir que, le lendemain, Il lui enverrait celui qui devait être prince sur Son peuple Israël. Ce futur roi est maintenant devant lui. Que devait-il se passer dans le cœur de l’un et de l’autre ? Saül pensait à ses ânesses, Samuel pensait à tout autre chose.

Premièrement Saül est pleinement rassuré au sujet des ânesses, elles étaient retrouvées. Ce devait être un grand soulagement pour lui de le savoir ; mais il ne se doutait guère de tout ce que Samuel lui ferait connaître dans cette mémorable rencontre ; la grâce de Dieu envers lui dépassait de beaucoup tout ce qu’il aurait pu penser. Il en est toujours ainsi lorsque nous recherchons la présence de Dieu. Lorsque vous vous trouvez dans des circonstances difficiles ou pénibles, adressez-vous toujours à Dieu Lui-même en premier lieu ; jamais vous ne serez confus, et de plus vous verrez des merveilles.

Samuel invite Saül à manger avec lui, il veut qu’il ait une part à ce sacrifice qui a été offert et dont on va se nourrir dans les hauts lieux, sacrifice dont lui avaient parlé les jeunes filles. Lui, un étranger, allait avoir une part à ce repas béni. Ce devait être une grande joie pour un homme qui n’avait pas de pain dans son sac et qui, nécessairement, devait être fatigué à la suite d’un si long voyage. Tous ces détails nous sont donnés de Dieu dans Sa Parole, afin que nous soyons bien pénétrés de la grandeur de Sa grâce envers nous.

C’est ce Dieu qui a fait inviter des pauvres, des estropiés, des aveugles et des boiteux au festin où tout est déjà prêt : « Venez ! » fait-il dire par Ses serviteurs.

Mais Samuel a aussi une autre parole à dire à Saül, une parole qui était propre à agir sur sa conscience : « Je te déclarerai tout ce qui est dans ton cœur ». Aimeriez-vous que quelqu’un sache tout ce qui est dans votre cœur et vienne vous le dire ? Je me souviens que, il y a déjà longtemps, je disais à une jeune fille : « Voudriez-vous que nous prenions une feuille de papier et un crayon et que nous y écrivions toutes nos fautes ? » « Oh ! non, il y en aurait trop », fut sa réponse. En effet, nos fautes sont nombreuses, mais Dieu sait ce qui est caché au plus profond de nos cœurs, ces cœurs qui sont trompeurs par-dessus tout et incurables.

Il nous est dit que l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse et que Dieu le sonde. Nous ne pouvons rien Lui cacher, car Il est au courant de tout ce qui nous concerne. C’est à ce Dieu saint que nous avons affaire : Il est lumière.

Or Samuel, qui était un fidèle serviteur de Dieu, avait, d’une part, à faire connaître la grâce de son Dieu. C’est ce qu’il a fait en invitant Saül au sacrifice. D’autre part, il devait être vrai avec celui auquel il s’adressait. Son Dieu est lumière. Il en est de même maintenant quand l’Évangile est annoncé. Il nous fait connaître la grâce de Dieu en vérité. La lumière manifeste tout ; Il se doit à Lui-même de nous faire connaître ce que nous sommes.

Mais aussi Sa grâce est plus grande que toute la misère de Sa créature. Il peut recevoir un brigand qui se mourait sur une croix, un Saul de Tarse qui était sur le chemin de Damas, une Samaritaine qui était près du puits de Sichar. Il ne met jamais dehors celui qui vient à Lui. Son amour surpasse toute connaissance. Retenez bien dans vos cœurs ces deux grandes vérités qui sont à la base même de l’Évangile ; Dieu est amour et Il est lumière. Ce n’est que dans la lumière que nous pouvons jouir de cet amour.

Voici Samuel qui introduit Saül et son jeune homme dans la salle où l’on prenait le repas ; il leur donne une place d’honneur au milieu des invités et commande au cuisinier d’apporter la portion qui avait été mise à part. Il dit à Saül : « Voici ce qui a été réservé ; mets-le devant toi et mange ; car cela a été gardé pour toi, pour le temps fixé, lorsque j’ai dit : J’inviterai le peuple. » (v. 24). Tout devait être merveilleux pour cet étranger qui se trouvait à table avec des personnes qui lui étaient inconnues auparavant et au milieu desquelles il se trouvait comme avec des amis.

Ce passage m’a souvent fait penser à celui que nous trouvons en Colossiens 1. 5 : « A cause de l’espérance qui vous est réservée dans les cieux ». Saül avait une part qui lui était réservée dans le haut lieu, à un festin. Cette part lui avait été donnée par le serviteur de Dieu ; les Colossiens, et nous avec eux, nous en avons une dans les cieux, dans la maison du Père. C’est notre Seigneur qui a fait Lui-même tous les frais d’une telle place et nous y a invités Lui-même. Y a-t-il une part plus précieuse que celle-là ?

Après le repas, Samuel a parlé avec Saül sur le toit. Nécessairement il avait beaucoup de choses à dire à celui qui devait être roi sur le peuple de Dieu. Le Seigneur, lui aussi, a beaucoup de choses à nous enseigner.

Il le fait généralement dans la « chambre haute ». C’est là qu’Il réunit les Siens. Vous savez qu’en Orient les toits des maisons sont en terrasse. C’est sur ces toits que se bâtissent les chambres hautes. Souvent ces chambres sont mentionnées dans la Parole. C’est là que les disciples se sont réunis pour la prière avec les femmes et avec Marie, la mère de Jésus, après qu’Il est monté au ciel (Act. 1. 13).

Au lever de l’aurore d’un jour nouveau, Saül se remet en route pour rentrer à la maison. Comme tout devait être nouveau pour lui ! Que de choses imprévues lui étaient arrivées et que de choses étranges il avait entendues ! En partant de la maison de son père, maison de laquelle il s’était éloigné de telle manière qu’il était incapable d’en retrouver le chemin, il avait tout perdu, il cherchait en vain ; et voici tout était retrouvé et, bien plus que cela, il connaissait le haut lieu où un sacrifice avait été offert ; il avait mangé de ce sacrifice ; il avait entendu la parole même de l’Éternel par la bouche d’un fidèle serviteur, choses qu’il ne connaissait pas autrefois ; et même l’homme de Dieu l’avait oint pour être roi.

Les pensées de Dieu sont bien élevées au-dessus de celles des hommes, autant que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Tout ce que Saül désirait en partant était de retrouver les ânesses perdues, et voici qu’il rentrait comblé des bénédictions de Dieu.

Le Nouveau Testament nous fait connaître des choses encore plus excellentes. Voici un pauvre pécheur égaré, perdu, ruiné, ayant faim et soif de bonheur, et qui périt dans sa misère ; dans son extrémité il se tourne vers le Sauveur du monde ; là il est reçu en grâce, comblé de bienfaits. Il trouve infiniment plus que son cœur n’aurait désiré et que ce qu’il avait perdu ; il a une place au grand souper de Dieu, à ce festin où tout est déjà prêt ; il est oint de l’Esprit Saint et bientôt, quand son Seigneur sera manifesté en gloire, il régnera avec Lui, car les rachetés ont été faits rois et sacrificateurs pour Dieu le Père.

« Samuel prit une fiole d’huile et la versa sur la tête de Saül, et il le baisa et dit : L’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour prince sur son héritage ? » Saül rentra donc à la maison dans des conditions bien différentes de celles dans lesquelles il se trouvait quand il en était parti. Nous avons dans toutes ces choses une merveilleuse illustration de ce qu’est la grâce de Dieu.

Avant de le laisser aller, Samuel enseigna à Saül tout ce qu’il devait rencontrer sur son chemin en rentrant à la maison de son père. Son serviteur lui avait dit auparavant : « Peut-être nous enseignera-t-il le chemin par lequel nous devons aller ». Ce « peut-être » montrait une certaine incrédulité ; malgré tout Dieu a été fidèle ; Il a fait connaître le chemin et même tout ce que Saül rencontrerait sur le chemin. Il en est de même pour tous ceux qui viennent à Dieu par Jésus Christ.

Samuel a donc annoncé d’avance à Saül les choses qu’il rencontrerait sur son chemin en rentrant à la maison. Il y aurait trois grandes étapes et, dans chacune d’elles, il apprendrait de grandes et merveilleuses leçons. En a-t-il fait son profit ? Nous le verrons plus tard. Puissions-nous ne rien perdre de ce que Dieu veut nous enseigner en nous racontant ces choses. Toute la Parole de Dieu est écrite pour notre instruction.

En arrivant à la frontière de sa tribu, Saül devait faire une première rencontre près du sépulcre de Rachel, la mère de Benjamin. Jacob avait érigé un monument sur le sépulcre de sa femme bien-aimée. Ce sépulcre existait encore. Il devait rappeler bien des choses à Saül.

Rachel était morte en donnant le jour à son fils. Elle l’avait appelé Ben-oni, ce qui veut dire : « fils de ma douleur » ; mais Jacob l’avait appelé Benjamin, « fils de ma droite ». Nous avons ici la première grande leçon que nous avons à apprendre en entrant dans notre héritage, c’est que Jésus est le Fils de la droite du Père. La main droite est celle de la puissance.

L’Évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, lisons-nous en Romains 1. 16. Il nous fait connaître un puissant Sauveur, Jésus, le Fils de Dieu, qui a triomphé de toute la puissance de Satan et de la mort. Dieu a un Fils unique et bien-aimé ; Il l’a envoyé dans le monde et il n’y a de salut en aucun autre. Avez-vous pensé que, pour sauver l’un d’entre nous, il a fallu la puissance même de Dieu ? Autrefois ce Dieu s’est glorifié en tirant les mondes du néant. Maintenant Il magnifie Sa puissance, non en créant de nouveaux mondes, mais en sauvant des pécheurs. Cette puissance s’est montrée quand Son Fils est entré en vainqueur dans la mort et quand Il en est sorti victorieux.

Elle se montre aussi maintenant en arrachant des pécheurs à la domination de Satan, en les délivrant du pouvoir des ténèbres et en les introduisant dans le royaume du Fils de l’amour de Dieu. « C’est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, qui a relui dans nos cœurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ », lisons-nous en 2 Corinthiens 4. 6.

Près de ce sépulcre de Rachel, Saül devait rencontrer deux hommes qui lui diraient que les ânesses étaient retrouvées. Il n’avait donc plus à se fatiguer pour les chercher. Ils lui diraient encore que son père avait oublié l’affaire des ânesses, mais qu’il était en peine quant à son fils, disant : « Que ferai-je au sujet de mon fils ? » Un père qui est en peine de son fils !

Soyez bien assurés que, s’il n’était question que de Kis et de Saül, Dieu ne nous aurait pas donné ce récit. Il a d’autres choses à nous faire savoir. Comme un père est en peine d’un fils qui s’est égaré et qui est loin de sa maison, le Père est en peine d’un pauvre pécheur qui s’est éloigné de Lui ; Son cœur est tourné vers lui. Nous en avons un merveilleux récit dans le chapitre 15 de Luc, récit bien connu et souvent médité. Un pauvre prodigue s’en est allé dans un pays éloigné. Hélas ! Il y a tout perdu. Quand il revient, dans ses haillons et son dénuement, son père le voit comme il est encore loin ; il est ému de compassion envers lui, il court à sa rencontre et le couvre de baisers. Le père attendait son retour ; que n’a-t-il pas fait pour lui lors de son arrivée à la maison ? Ce Dieu plein de tendresse a mille moyens pour nous faire comprendre combien nous sommes chers à Son cœur.

Que Dieu nous garde de toute incrédulité. Vous qui n’avez pas encore cru au Seigneur Jésus, avez-vous pensé que le Père est en peine de vous, qu’Il vous attend ? Reviendrez-vous à ce Dieu qui ne demande qu’à vous pardonner toutes vos fautes ? Toute la maison du Père se réjouit quand le fils perdu revient à la maison. Ces deux hommes qui étaient près du sépulcre de Rachel étaient comme deux témoins de ce que le Père est pour le fils qui revient à la maison.

Nous avons vu la première grande leçon que Saül devait apprendre près du sépulcre de Rachel. Un sépulcre nous parle de mort. Or la mort est le salaire du péché. Ensuite nous avons vu que le Fils de la droite du Père est un Sauveur puissant, et enfin, que le Père est en peine pour un fils qui est perdu.

Aujourd’hui nous allons considérer une autre scène qui s’est déroulée dans le voyage de Saül, à Béthel, la maison de Dieu, où il devait aussi passer. Ceux d’entre vous qui ont lu nos enseignements sur le livre de la Genèse se souviennent sans doute de l’échelle de Jacob à Béthel. En arrivant dans ce lieu, Saül a été trouvé par trois hommes qui montaient vers Dieu à Béthel. Ils apportaient trois chevreaux, trois gâteaux de pain et une outre de vin. Vous savez qu’en Israël on ne devait jamais paraître devant l’Éternel à vide, il fallait lui apporter quelque chose quand on venait dans Son sanctuaire. Ces hommes apportaient donc ces choses en présent à ce Dieu qui avait si richement béni Son peuple terrestre.

Aujourd’hui il n’est plus nécessaire de faire un long voyage pour pouvoir rencontrer Dieu dans Son saint lieu. Car là où deux ou trois sont assemblés au nom du Seigneur, Il est là au milieu d’eux. L’Assemblée, maintenant, est la maison de Dieu sur la terre.

Dans la première épître à Timothée, chapitre 3. 14 et 15, nous lisons : « Je t’écris ces choses… afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité ». Dans ce sanctuaire, nous pouvons venir, nous aussi, et c’est notre glorieux privilège de pouvoir apporter à Dieu quelque chose qui Lui soit agréable ; non pas des sacrifices matériels, mais des sacrifices spirituels qui Lui sont agréables par Jésus Christ, qui racontent les grandes choses qu’Il a faites pour nous, ce que Son Agneau a fait, en venant dans le monde pour ôter le péché. Certes, c’est un sacrifice plus grand et plus parfait que celui que ces hommes allaient offrir à Béthel.

Nous pouvons aussi Lui parler du seul Homme qui l’ait glorifié dans Sa vie – un Homme sur lequel Il a pu ouvrir Son ciel quand Il Lui a dit : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai trouvé mon plaisir ». C’est de quoi nous parle par avance cette offrande de gâteau qui se faisait dans le sanctuaire terrestre. Les sacrificateurs avaient à en offrir le mémorial sur l’autel. Ne vous réjouissez-vous pas en pensant à cet Homme parfait que Dieu a couronné de gloire et a placé à Sa droite au plus haut des cieux ?

Ces hommes apportaient aussi une outre de vin ; or le vin, dans la Parole, nous parle de joie dans la communion. Ou, si vous préférez, de la joie que nous avons en commun avec le Père et le Fils. Le Père se réjouit dans le Fils et nous avec Lui, nous nous réjouissons dans cette Personne excellente. Il est la joie du ciel et déjà maintenant nous connaissons quelque peu cette joie qui remplira nos cœurs pendant l’éternité.

Béthel est vraiment une maison merveilleuse. Là nous trouvons aussi de l’amour et de la sollicitude pour ceux qui s’y rencontrent. Ces trois hommes s’enquièrent du bien-être de Saül, ce voyageur qu’ils rencontrent sur leur chemin : chose bien différente de l’égoïsme qui caractérise le monde dans lequel nous sommes. Ils lui donnent deux pains et il les prend de leurs mains. Dans la maison de Dieu on ne connaît pas la disette ; là il y a du pain en abondance.

Vous savez que Jésus lui-même a dit : « Moi, je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » ; et : « Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6. 35 et 51). C’est de Christ, et d’un Christ mort, que nos âmes se nourrissent, et c’est dans ce Christ mort que nous trouvons la vie, la vie éternelle.

Peut-être trouvez-vous que c’est un langage difficile à comprendre ; aussi je vais vous l’expliquer d’une autre manière : Si vous croyez au Seigneur Jésus, vous aurez la vie éternelle, une vie éternellement heureuse dans le ciel. Vous n’aurez plus faim et soif des choses de ce monde, car le bonheur qui remplira votre cœur sera plus grand que les choses les plus précieuses que ce monde peut donner.

Saül, dans ce voyage, passait de merveilles en merveilles. Mais nous verrons plus tard qu’il n’a rien compris et n’a pas su profiter de tout ce que Samuel lui a enseigné et des choses qu’il a vues dans ce mémorable voyage.

Saül devait encore passer dans un autre endroit et y voir d’autres choses précieuses, y apprendre une troisième leçon. « Après cela, tu viendras au coteau de Dieu », lui dit Samuel. C’était un lieu élevé, on s’y trouvait au-dessus des choses de la terre et près de Dieu. Là se trouvaient des ennemis, les Philistins. Ceux-ci n’ont pas pu empêcher les prophètes de descendre vers Saül. Ils avaient devant eux un luth, un tambourin, une flûte et une harpe, et eux-mêmes prophétisaient.

Ces choses sont écrites pour nous servir d’instruction. Que Dieu nous donne des yeux pour les voir et des cœurs pour les apprécier. Je tâcherai de vous les expliquer le plus simplement possible. Quand vous serez devenus grands, si vous aimez le Seigneur et que vous mettez de la diligence pour méditer ces choses, vous les comprendrez mieux et vous en jouirez davantage. Ne vous découragez jamais si parfois vous ne comprenez pas les passages que vous lisez. Ce sont souvent les pages qui nous semblent les plus obscures qui deviennent plus tard les plus brillantes et les plus précieuses à nos cœurs. J’en ai fait l’expérience maintes fois.

Bientôt nous serons dans le ciel, dans la maison du Père mais, en attendant, nous pouvons y pénétrer par la foi, nous élever jusqu’au « coteau de Dieu ». Puisque nous sommes déjà assis dans les lieux célestes en Christ, en attendant d’y être assis avec Lui, nous pouvons jouir déjà des choses qui sont dans les cieux. En croyant simplement ce que Dieu nous dit, nous pouvons dès maintenant jouir des choses qui sont dans les cieux. Cette joie se manifeste par des cantiques et de la louange.

L’ennemi de nos âmes voudrait bien nous empêcher d’en jouir, de même que les Philistins étaient au « coteau de Dieu » pour tâcher de ravir au peuple d’Israël leurs privilèges. Mais souvenons-nous que nous avons à faire à un ennemi vaincu. Si nous sommes fidèles au Seigneur, Il nous rendra capables de jouir de notre héritage qui est dans les cieux.

Ces hommes descendaient donc du coteau de Dieu, leur joie était grande et les instruments de la louange marchaient devant eux. Le luth a dix cordes (Ps. 33. 2). C’est l’instrument de la louange en rapport avec les exigences de la loi qui a dix commandements. Ces dix commandements sont là comme autant de témoins qui se dressent contre nous pour nous accuser. Nous les avons tous violés ; celui qui faillira en un seul point de la loi est coupable sur tous.

La loi exigeait la mort du coupable, mais, à la mort de Christ, le Juste a souffert pour les injustes. La loi n’a plus rien à réclamer puisque la mort est intervenue pour la rançon des transgresseurs. Lorsqu’un pécheur a cru cela, il y a bien des cordes harmonieuses qui vibrent dans son cœur, la louange monte devant ce Dieu qui a ainsi justifié le coupable par un moyen qui est digne de Lui. Autant de commandements, autant de sujets de louanges qui glorifient un Dieu Sauveur.

Le tambourin exprime la joie de cette délivrance. Marie, la sœur de Moïse, a pris un tambourin quand elle est sortie avec les femmes pour célébrer la délivrance du peuple au travers des eaux de la mer Rouge (Ex. 15. 20).

La flûte, qui est un instrument à vent, nous parle de la grâce de Dieu qui, sous le souffle de l’Esprit de Dieu, vient réjouir le cœur de ceux qui entendent parler de cette grâce.

Enfin la harpe nous parle de la louange dans les cieux. Elle a un grand nombre de cordes, car grande est la multitude des rachetés qui, pendant l’éternité, donneront gloire à l’Agneau qui a été immolé. Chacun aura un sujet de louange différent, mais tous, à l’unisson, chanteront les louanges de Dieu.

Dans cette compagnie qui descendait du « coteau de Dieu », l’Esprit de Dieu saisit Saül et il prophétisa lui aussi. Quelles heureuses rencontres il devait faire sur son chemin ! En dernier lieu il devait descendre à Guilgal et y attendre que Samuel vienne pour y sacrifier. C’est là qu’il montrera si vraiment il a cru Dieu, si sa foi s’est emparée des choses qu’il a vues et entendues. On peut avoir été bien près du ciel, être éclairé, goûter du don céleste, devenir participant de l’Esprit saint, goûter de la bonne Parole de Dieu et, en fin de compte, être un réprouvé.

Aujourd’hui nous recommencerons notre méditation sur le premier livre de Samuel au chapitre 10. 9. Vous n’avez pas oublié quelle heureuse rencontre Saül a faite lorsqu’il est allé vers Samuel ; comment il a trouvé infiniment plus qu’il n’aurait osé espérer en venant vers lui. Il en est toujours ainsi lorsque nous nous approchons de Dieu. Il se plaît à bénir et donne une abondante grâce à ceux qui viennent à Lui ; jamais ils ne sont confus, bien au contraire. En Lui se trouve la source inépuisable de toutes bénédictions, pour le temps et pour l’éternité.

Dans toutes vos joies, dans toutes vos difficultés, dans vos détresses, et même en présence de toutes vos fautes, cherchez Sa présence, adressez-vous à Lui par la prière, et cela en toute confiance, et vous n’en aurez jamais de regrets : « Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses. L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre. Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l’homme qui se confie en lui ! » a dit le roi David quand il a traversé des circonstances particulièrement douloureuses qui étaient les conséquences de sa folie (Ps. 34. 6 à 8).

Voici donc Saül qui, maintenant, sait quel est le chemin dans lequel il doit marcher et quelles sont les circonstances qu’il devra traverser en retournant à la maison de son père. Malheureusement le v. 9 nous rapporte un fait qui, en apparence, était de peu d’importance, mais qui manifestait dans quel état se trouvait son âme. Il nous est dit qu’il tourna le dos à Samuel.

Nous savons que jamais Dieu ne nous donne une parole sans un but bien précis et défini. Le cœur de Saül n’avait pas été touché par toutes les choses qu’il avait vues et entendues et par les bontés dont il avait été entouré par l’homme de Dieu. Ainsi est le cœur de l’homme ; il reçoit tout de la part de ce Dieu plein de bonté, et cela avec la plus noire ingratitude. Le cœur de Saül n’était pas avec Samuel. Il était bien différent de celui d’Élisée qui abandonna ses bœufs et son labour pour courir après Élie (1 Rois 19. 20). Souvent, dans de très petites choses, un homme, et même un enfant, donne à connaître quel est l’état de son âme.

Malgré tout l’Éternel a été fidèle envers Saül et Il lui a fait rencontrer les choses que Samuel lui avait annoncées. Venu au coteau de Dieu, l’Esprit le saisit et il se mit à prophétiser. Ceux qui le connaissaient auparavant en étaient surpris, et ils se disaient l’un à l’autre : « Qu’est-il donc arrivé au fils de Kis ? Saül aussi est-il parmi les prophètes ? » Et l’un d’eux dit : « Et qui est leur père ? »

Cela montre que, dans leur entourage, on n’avait aucune confiance ni dans le fils, ni dans ses parents. Ce sont nos voisins et les personnes qui sont en contact avec nous chaque jour, ceux qui nous voient et qui nous entendent, qui peuvent, mieux que personne, juger de ce que nous sommes. Nos actes et nos paroles nous recommandent à notre entourage. Là souvent, sans que nous nous en doutions, nous rendons notre témoignage.

Chers enfants ! veillez sur vos paroles, sur vos actes et sur toute votre manière d’être et de faire. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite », lisons-nous dans le livre des Proverbes, chapitre 20. 11.

Ce qui s’est passé plus tard a bien confirmé que la mauvaise impression des voisins de Saül était justifiée. Plus tard il est devenu un ennemi et un persécuteur de l’oint de l’Éternel, et il a fini misérablement sur les montagnes de Guilboa. Retenez bien les enseignements que nous avons dans les pages dont nous nous occupons maintenant afin que vous soyez gardés du mal et que vous n’ayez pas une fin misérable comme, hélas ! bien des jeunes gens qui donnaient beaucoup d’espoir à leurs parents et à leurs amis, mais qui se sont détournés du Seigneur et sont descendus toujours plus bas et, pour finir, ont abandonné tous les enseignements qu’ils avaient reçus dans leur jeune âge.

Maintenant il s’agit d’établir Saül comme roi sur Israël, ainsi que l’Éternel l’avait montré à Samuel. A cet effet, il convoque le peuple devant l’Éternel à Mitspa. C’est une bonne chose que d’être dans la présence de Dieu dans tout ce que nous avons à faire, surtout dans les moments solennels de notre vie. Samuel savait bien cela, et certes il avait aussi un but en les convoquant à Mitspa plutôt qu’ailleurs.

Vous vous souvenez que c’est à Mitspa que précédemment il avait déjà réuni le peuple quand celui-ci était dans la misère parce qu’il s’était détourné de l’Éternel (1 Sam. 7). Dans cette circonstance il leur dit : « Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous ». C’était aussi là, entre Mitspa et le rocher, que se trouvait la pierre qu’il avait dressée et qu’il avait appelée « Ében-Ezer », en disant : « l’Éternel nous a secourus jusqu’ici ». C’était là aussi qu’il se rendait dans son voyage annuel, rappelant ainsi aux Israélites combien la fidélité de l’Éternel envers eux était grande puisqu’il les avait ainsi secourus. Notre Dieu ne change pas, et certes, nous aussi nous pouvons rendre témoignage à la fidélité de Dieu qui ne nous a jamais abandonnés jusqu’à maintenant.

Si, au moins, le cœur du peuple avait été capable de comprendre ces choses et de les apprécier ! Quand Samuel a convoqué les fils d’Israël, il leur a rappelé leur délivrance de l’Égypte et la fidélité du Dieu qui les avait sauvés de toutes leurs détresses. Il leur rappelle aussi, comme un fidèle témoin doit le faire, combien leur faute a été grande de dire : « Établis un roi sur nous ».

Saül s’était caché parmi les bagages. Ici, comme dans une autre circonstance (1 Chron. 9. 21), il montre de l’humilité. Il avait d’aimables qualité naturelles, mais ces choses, sans la possession d’une vie nouvelle, n’ont pas de valeur aux yeux de Dieu. Il faut être né de nouveau pour pouvoir entrer dans le royaume de Dieu, dit le Seigneur à Nicodème (Jean 3. 3 à 5). Ces qualités naturelles ne peuvent être victorieuses au jour de l’épreuve.

Dieu reconnaît les choses aimables qui peuvent être dans l’homme, mais, malgré cela, l’homme est un pécheur coupable devant Lui, car « il n’y a point de juste, non pas même un seul » (Rom. 3. 10). Saül était modeste, il était soumis à son père, il écoutait volontiers un conseil, même de la bouche d’un de ses serviteurs ; malgré cela, plusieurs fois, il a cherché à faire mourir David. De fait, il était un meurtrier. Or aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui.

Samuel fit approcher les tribus d’Israël, puis les familles, laissant ainsi à l’Éternel le soin de désigner celui qu’Il avait choisi comme roi pour Son peuple. La tribu de Benjamin fut prise, puis la famille de Saül et, enfin, ce fut lui qui fut pris. Tout était de Dieu. Nous remarquons aussi quelle a été la sagesse de Samuel dans toute cette affaire, comme aussi dans presque toute sa vie. Saül n’étant pas là, Samuel interroge l’Éternel qui indique le lieu où il se trouve.

Voici enfin le roi désiré qui se trouve devant les yeux du peuple, et celui-ci pousse des cris de joie et dit : « Vive le roi ! » Vous remarquez qu’ils ne louent pas l’Éternel ; leurs yeux étaient fixés sur le roi qui était grand et beau, mais où était leur cœur pour l’Éternel qui le leur avait donné ? Il ne semble pas qu’ils aient pensé à Lui. Nous savons que leur cœur était bien loin de ce Dieu qui les avait tirés d’Égypte et les avait introduits dans le bon pays qu’ils possédaient. C’est du reste pourquoi ils avaient demandé un roi. Ne sachant pas se confier en Dieu, ils désiraient être comme toutes les autres nations qui ne connaissaient pas l’Éternel et qui avaient un roi pour les conduire. L’homme aime toujours mieux avoir quelque chose de visible devant les yeux que de marcher par la foi en un Dieu qu’il ne voit pas.

Ensuite Samuel dit au peuple quel était le droit du royaume et l’écrivit dans un livre qui fut déposé devant l’Éternel. Tout a été fait dans un ordre parfait et Dieu même en a été le témoin. L’Éternel pourra-t-il répandre sa bénédiction sur Son peuple par le moyen de ce roi ?

La suite de l’histoire de Saül nous le fera savoir ; mais nous pouvons bien dire d’avance qu’il est écrit : « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras, et dont le cœur se retire de l’Éternel » (Jér. 17. 5). La chose ne s’est que trop réalisée dans la suite pour le pauvre peuple d’Israël. Malgré cela, ceux dont l’Éternel avait touché le cœur suivirent et servirent le roi puisqu’il était l’élu de l’Éternel. De la même manière maintenant, nous avons à obéir à ceux que Dieu a élevés en dignité dans le monde, quels qu’ils soient, et à les servir. Ils sont les ministres de Dieu, et nous leur devons tout honneur.

Le commencement du chapitre onze du premier livre de Samuel nous fait connaître les circonstances pénibles que traversait le peuple de Dieu dans ces temps-là. Nakhash, un Ammonite, campait contre Jabès de Galaad. En cherchant sur une carte vous trouverez sans trop de peine où se trouve cette ville qui est mentionnée plusieurs fois dans les Écritures. Elle se trouve de l’autre côté du Jourdain, au nord du torrent de Jabbok qui est bien connu aussi des lecteurs de la parole de Dieu.

Vous savez que les Ammonites étaient des descendants de Lot, le neveu d’Abraham. Plusieurs fois nous les trouvons en guerre avec le peuple d’Israël. Souvent les proches parents qui ne font pas partie du peuple de Dieu en sont les pires ennemis. Ne sachant pas se confier en Dieu pour leur délivrance, les hommes de Jabès demandèrent de faire une alliance avec Nakhash. L’incrédulité se prive de toute la puissance que Dieu met à la disposition des Siens, et n’en reçoit qu’opprobre et humiliation, tandis que ceux qui se confient en Dieu ne seront jamais confus.

Ce méchant descendant de Lot consent à faire alliance avec eux à la condition de leur crever à tous l’œil droit. Il trouvait sa satisfaction dans une telle cruauté en pensant qu’il y en aurait de l’opprobre sur tout le peuple de Dieu. C’est du reste ce que l’ennemi de nos âmes cherche à faire en tout temps car, en mettant de l’opprobre sur le peuple de Dieu, il en met par conséquent sur Dieu Lui-même. Si nous manquons de foi, nous devenons les jouets de l’ennemi, et le résultat final en est de l’opprobre sur le Seigneur et sur les Siens. Les ennemis du peuple de Dieu se réjouissent lorsqu’ils ont pu arriver au bout de leurs desseins et que les saints sont dans la confusion.

Malgré tout, Dieu veillait sur Son peuple et Il se servit de cette occasion pour que celui qu’Il avait choisi pour roi sur Son peuple soit un moyen de délivrance dans Sa main. Les hommes de Jabès envoyèrent à Guibha de Saül des messagers qui rapportèrent les paroles de Nakhash au peuple, et celui-ci se mit à pleurer.

Vous savez que Dieu entend nos paroles et qu’Il n’est pas sourd à nos larmes. Lisez le verset 12 du Psaume 39, il est bien propre à encourager ceux qui prient et qui pleurent. Dans le prophète Ésaïe chapitre 38. 5, l’Éternel envoie dire à Ézéchias : « J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes ». Nous avons affaire à un Dieu qui est plein de compassion. Il est comme une tendre mère qui entend son enfant qui crie et qui pleure. N’y tenant plus, elle quitte tout pour aller au secours de son enfant bien-aimé, elle le délivre, l’entoure de ses bras et le console, comme ce même prophète disait : « Une femme oubliera-t-elle son nourrisson… ? Même celles-là oublieront ; … mais moi je ne t’oublierai pas » (És. 49. 15).

Dans vos peines, dans vos détresses, en présence de tous les dangers qui vous guettent, criez, pleurez même. N’a-t-Il pas dit : « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » ? (Mat. 5. 4) L’Éternel a vu la détresse de Son peuple et pour le délivrer Il va se servir du roi qu’Il lui a donné.

Saül emploie un étrange moyen pour rassembler le peuple pour la guerre : Il menace de mettre en pièces les bœufs de ceux qui ne sortiraient pas après lui. Au lieu de faire appel à leur amour pour leurs frères qui étaient dans la détresse, il se sert de la peur pour les faire agir. C’est un moyen qui peut être efficace pour des hommes du monde, mais qui ne manifeste nullement les caractères du Dieu d’amour.

C’est la frayeur qui tombe sur le peuple et ils sortent comme un seul homme. Malgré tout, Dieu est fidèle et Il opère une si grande délivrance en faveur des habitants de Jabès qu’il ne reste pas deux ennemis ensemble. Ceux qui ne furent pas tués furent dispersés. Ce fut un jour heureux pour ceux qui, peu de temps auparavant étaient dans une grande détresse. Après une si éclatante victoire, la royauté fut affermie et Samuel renouvela la royauté.

Le peuple se réjouit, il y eut de la reconnaissance envers l’Éternel, et ils lui offrirent des sacrifices de prospérités. Saül lui-même, dans toute cette circonstance, montra un esprit de bonté et de pardon. Nous avons déjà remarqué dans ce roi d’aimables dispositions. Malheureusement, dans la suite, il ne persévéra pas dans une telle voie. Il ne suffit pas de bien commencer, mais il faut aller jusqu’au bout. L’homme naturel peut bien aller un moment dans un chemin qui semble bon, mais s’il ne naît pas de nouveau, tôt ou tard, il succombera. C’est ce que nous verrons plus tard dans l’histoire de Saül.

La royauté étant donc établie, le ministère de Samuel comme juge était en quelque sorte terminé au milieu du peuple d’Israël. Il parle encore une fois à ce peuple, au commencement du chapitre 12, et il leur demande de témoigner devant l’Éternel et devant le roi qui venait d’être établi, si en quelque chose il avait manqué de fidélité dès sa jeunesse – c’est-à-dire pendant une longue vie, puisqu’il était un vieillard. Le peuple reconnaît que jamais il ne leur a fait tort, qu’il ne leur a point fait de violence et qu’il n’a jamais pris de présent de leur main. L’Éternel en était témoin. C’est un beau témoignage rendu à la fidélité de ce juge dont je vous parle depuis longtemps.

Nous l’avons vu jeune garçon servant l’Éternel ; il a continué son service fidèlement jusqu’à ses cheveux blancs. C’est un bel exemple que le Seigneur met devant vos yeux. Ne désirez-vous pas lui ressembler ? Le secret pour cela, ou plutôt, les deux secrets, nous les avons déjà mentionnés au cours de nos entretiens. Premièrement, il ne laissait tomber en terre aucune des paroles de l’Éternel. Vous aussi, lisez cette bonne Parole, qu’elle soit votre seule et unique règle de conduite en tout temps et en toutes circonstances.

Le second est une vie de prières continuelles. Vous vous souvenez que sa mère était une femme de prières. Lui aussi a profité de l’exemple qu’il a eu dans cette pieuse femme, et il a été un homme de prières et un grand homme de Dieu. Regardez vous-mêmes combien de fois nous le trouvons en prières dans le récit que Dieu nous donne de sa vie. Le Psaume 99 aussi, v. 6, nous rappelle qu’il était un de ceux qui ont invoqué le nom de l’Éternel et qui ont crié à Lui. La parole et la prière sont comme les deux grands ressorts qui font mouvoir toute la vie des fidèles croyants et des grands serviteurs de Dieu. Puissiez-vous vous en souvenir en tout temps.

Dans ce chapitre 12 nous trouvons une autre grande leçon ; c’est que Samuel a agi avec vérité envers le peuple et leur a montré combien leur infidélité envers l’Éternel avait été grande et combien leurs fautes avaient été nombreuses. C’est ce qu’il fait dans les v. 6 à 17. Il leur rappelle ce que l’Éternel a fait pour eux depuis le jour où II les a tirés du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, et chaque fois ils ont été rebelles. Ce n’est pas dans le but de les accuser qu’il leur rappelle ces choses, mais dans le but de les avertir.

L’amour va avec la vérité. Certes Samuel aimait le peuple de Dieu, mais ce n’est pas vraiment aimer que de cacher la vérité et de ne pas avertir ceux qu’on aime quand ils font le mal ou quand ils sont en danger de le faire. Samuel était en quelque sorte mis de côté puisque le peuple avait voulu un roi. Maintenant qu’ils l’avaient, ils allaient continuer à marcher dans l’obstination de leur mauvais cœur, ne faisant aucun cas de la loi de l’Éternel et servant les idoles. Samuel leur donne un solennel avertissement en leur faisant savoir que, s’ils n’écoutaient pas la voix de l’Éternel, ils périraient, eux et leur roi – avertissement accompagné de tonnerres et de pluie au temps de la moisson des froments.

Une crainte salutaire est tombée sur le peuple à la vue de ces éléments déchaînés. Les fils d’Israël savaient bien que Samuel était un homme de prières puisqu’ils s’adressent à lui afin qu’il prie l’Éternel, son Dieu, en leur faveur. Cela les a amenés à reconnaître qu’ils ont péché. Malheureusement il arrive fréquemment que des personnes, sous le coup d’épreuves ou d’avertissements solennels, reconnaissent leur culpabilité, mais pour un temps seulement. L’épreuve finie, les difficultés ayant disparu, leur piété s’en va aussi. C’est bien ce qui a caractérisé ce pauvre peuple d’Israël.

Le psalmiste dépeint leur manière d’agir : « Avec tout cela ils péchèrent encore, et ne crurent point par ses œuvres merveilleuses ; et il consuma leurs jours par la vanité, et leurs années par la frayeur. S’il les tuait, alors ils le recherchaient, et ils se retournaient, et cherchaient Dieu dès le matin ; et ils se souvenaient que Dieu était leur rocher, et Dieu, le Très-Haut, leur rédempteur mais ils le flattaient de leur bouche, et ils lui mentaient de leur langue » (Ps. 78. 32 à 36).

Nous arrivons maintenant au chapitre 13 qui commence une nouvelle division de notre premier livre de Samuel et traite d’un nouveau sujet, savoir de la manière dont Saül s’acquitta de sa responsabilité de roi du peuple de Dieu.

Avant d’entrer dans quelques détails sur ce sujet important, j’aimerais vous dire encore quelques mots de Samuel, dont le service, comme juge en Israël, était terminé. Il ne montre aucune amertume à la pensée d’être ainsi mis de côté à cause de l’ingratitude du peuple envers lui. C’est un des beaux traits de la vie de cet homme de Dieu. Il acceptait de n’être rien, pourvu qu’il y eût de la bénédiction pour le peuple de Dieu. Même après avoir averti le peuple, il leur dit : « Quant à moi aussi, loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous ».

Tant qu’il accomplissait son service de juge en faveur du peuple, il priait pour eux ; maintenant qu’il était mis de côté, il continuait ce précieux service d’intercesseur en leur faveur. À ses yeux, cesser de prier pour eux était un péché contre l’Éternel, car après tout ils étaient Son peuple. Quel dévouement et quelle noble recherche du bien du peuple de Dieu ! Vous avez là un bel exemple devant les yeux. Il n’est pas nécessaire d’être âgé pour accomplir un tel service. Un enfant peut prier aussi bien qu’un vieillard.

Maintenant nous allons nous occuper de Saül. Le voici roi sur Israël, le peuple de Dieu, comme Samuel le lui avait annoncé lors de sa première rencontre avec lui. A-t-il conscience de la grandeur de la tâche qui lui incombe et de la responsabilité qui repose sur lui ? Va-t-il mettre en pratique tous les enseignements qu’il a reçus de ce serviteur qui lui a enseigné tant de choses ?

Rien ne nous le fait penser car, pour peu qu’il eût conscience de sa faiblesse, nous l’aurions vu en prières. Jamais nous ne le voyons sur ses genoux. Il n’avait donc pas pris exemple sur Samuel qui, si souvent, invoquait l’Éternel. Saül se choisit trois mille hommes, faisant ainsi de la chair son bras. Il n’avait pas compris ce que le prophète Jérémie a enseigné plus tard : « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras » (Jér. 17. 5). Il les choisit lui-même au lieu de laisser l’Éternel lui choisir son armée. C’est sa propre sagesse qui le conduit, et il oublie que toute la sagesse de l’homme n’est que folie aux yeux de Dieu.

Deux mille hommes sont avec lui sur la montagne de Béthel, et mille avec Jonathan, son fils, à Guibha de Benjamin. C’est la première fois que nous trouvons le nom de ce fils de Saül qui était un vrai homme de foi, et aussi, ainsi que nous le verrons dans la suite, une des figures les plus nobles et sympathiques de ces temps-là.

Alors que Saül était ainsi avec son armée, voilà que son fils, avec son unique millier, frappe les ennemis. Saül s’en attribue toute la gloire et, au son de la trompette, fait publier cette victoire par tout le pays. C’est souvent ce qui arrive : des hommes sans foi et sans puissance s’attribuent des choses que seule la foi peut opérer et s’en glorifient. Saül dit : « Que les Hébreux l’entendent ». Pourquoi ne dit-il pas : Israël » ? C’est que Saül ne voyait dans le peuple qu’une nation comme les autres nations qui l’entouraient. Les Philistins pouvaient dire : Les Hébreux, oubliant ou ne connaissant pas les glorieux privilèges du peuple d’Israël.

Israël veut dire prince de Dieu. Ce mot hébreu vient de Héber qui était un descendant de Sem, fils de Noé, et un des ancêtres d’Abraham. En disant Hébreu, Saül méconnaissait la foi glorieuse d’Abraham et la position élevée dans laquelle l’Éternel avait placé Jacob en l’appelant Israël et en faisant de sa postérité son peuple.

Saül pensait rassembler le peuple autour de lui en faisant ainsi publier la victoire de Jonathan. C’est ce qui eut lieu en effet. Mais aussi les ennemis se rassemblent et comme ils sont nombreux ! Comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et trente mille chars, et six mille cavaliers. Que va faire le peuple en présence de tous ces ennemis ? Va-t-il invoquer l’Éternel ? Le roi qu’il s’est choisi le conduira-t-il à Celui qui seul peut le délivrer ?

Non ! c’est la détresse et la débandade. Le peuple se cache dans les cavernes, dans les broussailles, dans les rochers, dans les lieux forts et dans les fosses. Ils avaient demandé un roi qui les conduise dans leurs guerres. Maintenant qu’ils en avaient un, il ne leur était d’aucun secours en présence de leurs ennemis. Ni les uns ni les autres ne savaient se confier en l’Éternel.

D’après La Bonne Nouvelle 1944

LA RÉSURRECTION DE JÉSUS CHRIST

« Ensuite il (Jésus ressuscité) a été vu de plus de cinq cents frères à la fois… Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres ; et après tous… il a été vu aussi de moi (Paul) » 1 Corinthiens 15. 6 à 8.

« Si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine… Mais maintenant, Christ a été ressuscité d’entre les morts… » 1 Corinthiens 15. 17 et 20.

LA RÉSURRECTION DE JÉSUS CHRIST

Pour les Grecs du 1er siècle, comme pour la majeure partie de nos contemporains, la résurrection des corps (le retour de la mort à la vie) était considérée comme quelque chose d’impossible. Ce fait est confirmé par l’ironie et les moqueries des Athéniens à l’égard de Paul quand il affirmait la réalité de la résurrection des morts (Act. 17. 32). Même dans l’église de Corinthe, certains doutaient que les corps puissent ressusciter, ce qui avait conduit l’apôtre à combattre le scepticisme sous-jacent, en rappelant l’importance primordiale de la résurrection. En effet, nier la résurrection équivaut à rejeter l’essence même du christianisme : la résurrection de Christ, l’au-delà, les jugements à venir… Cela signifie nier que Dieu ait accepté le sacrifice de Christ qui efface notre culpabilité et fait de nous des fils de Dieu, si nous croyons en Jésus et L’acceptons comme notre Sauveur.

Paul pouvait défendre vigoureusement la résurrection parce que, alors qu’il croyait qu’il fallait tout mettre en œuvre contre le nom de Jésus le Nazaréen et qu’il persécutait Ses disciples, Jésus Lui-même l’a arrêté en lui parlant depuis le ciel (Act. 9. 4 à 6). Tombé à terre et ébloui par une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil, Paul dut remettre en question toutes ses convictions erronées. Mais dès ce moment et par la suite, Christ ressuscité et vivant devint le centre de son existence et de sa prédication.

Son témoignage s’ajoutait ainsi à celui des nombreux témoins de la résurrection de Jésus. Ceux-là, par le récit qu’ils donnaient de ce à quoi ils avaient assisté, confirmaient la vérité de Sa résurrection, de la même manière que, dans un procès, les témoignages dignes de foi servent à clarifier les faits.

La résurrection de Jésus Christ est un fait confirmé sur lequel se basent notre foi et notre espérance de disciples de Christ, par ce que nous rapporte la Parole de « Dieu qui ne peut mentir » (Tite 1. 2).

D’après « Il buon seme » octobre 2023

L’ÉGLISE

Jésus dit : « Sur ce roc je bâtirai mon assemblée » Matthieu 16. 18.

L’ÉGLISE

Dans le Nouveau Testament, le mot « ekklesia » est traduit par les termes « église » ou « assemblée ». Dans le langage courant, le terme « église » s’identifie à un édifice religieux ou à une communauté de chrétiens. Par contre, dans le Nouveau Testament, ce mot se réfère exclusivement à toutes les personnes qui ont cru en Jésus Christ et qui ont mis leur foi en Lui pour être sauvées. « L’Église universelle », depuis sa formation (au jour de la Pentecôte, Act. 2. 1) jusqu’au jour où le Seigneur viendra la prendre pour l’emmener au ciel (1 Thess. 4. 16 et 17), comprend toutes ces personnes.

Qui est Celui qui « édifie » l’Église ? C’est Jésus Christ Lui-même, qui a dit : « Je bâtirai mon assemblée ».

De qui est-elle composée ? Comme nous l’avons déjà dit, de tous les vrais chrétiens, qui sont des « pierres vivantes » édifiées sur un « fondement » qui est Jésus, et Lui seul, car « personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, qui est Jésus Christ » (1 Cor. 3. 11).

Quelle est la fonction de ceux qui la composent ? Adorer Dieu et être Ses témoins. « Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés en une maison spirituelle – un saint sacerdoce – pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pier. 2. 5).

Le terme « église » (ou « assemblée ») peut aussi se référer aux chrétiens qui se réunissent dans une localité déterminée ; on parle dans ce cas d’une « assemblée locale » (Act. 13. 1).

Jésus seul connaît ceux qui Lui appartiennent. L’Église n’est pas visible. Mais les croyants de l’Église sont bien visibles, ce sont ceux qui ont une relation vivante avec Christ et marchent en suivant Ses traces.

D’après « Il buon seme » octobre 2023

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (10)

Ce que l’Éternel avait dit arriva à tout Israël, c’est ce que nous apprend le chapitre 4 du livre de Samuel, dont nous voulons nous occuper aujourd’hui. Souvenez-vous que toute parole de Dieu s’accomplit à la lettre, qu’Il annonce la bénédiction ou qu’Il annonce le jugement.

Dieu, dans cette circonstance, s’est servi des Philistins pour châtier Son peuple. Les Philistins, vous l’avez sans doute remarqué, sont les ennemis acharnés du peuple de Dieu. Sans cesse ils étaient en guerre avec lui. Ils représentent, pour ce qui nous concerne, ceux qui font profession de christianisme sans toutefois faire partie du peuple de Dieu ou, si vous comprenez mieux, ceux qui, tout en portant le nom de chrétiens, n’ont jamais été convertis. Il ne suffit pas d’avoir été baptisé et de participer à certaines cérémonies religieuses, mais il faut avoir affaire avec Dieu personnellement au sujet de ses péchés et avoir reçu l’assurance qu’ils nous ont été pardonnés, pour être un vrai chrétien.

Ce sont donc les Philistins qui sont en bataille contre les fils d’Israël, car ce n’était pas seulement les deux fils d’Éli qui étaient coupables, mais aussi toute la nation. Souvent, quand un mal quelconque se manifeste parmi le peuple de Dieu, c’est que l’état général du peuple est mauvais. Si donc vous voyez des choses humiliantes se produire autour de vous, au lieu d’accuser celui qui en est coupable, examinez premièrement vos voies devant le Seigneur, afin de savoir si vous n’êtes pas coupables vous-mêmes de choses mauvaises.

C’est en demandant au Seigneur de vous montrer ce en quoi vous pouvez avoir manqué que vous serez capables de connaître vos propres fautes et d’en être pardonnés et délivrés. « Dieu est lumière et il n’y a en lui aucunes ténèbres », nous est-il dit (1 Jean 1. 5). La lumière manifeste tout, on ne peut rien cacher quand on est dans la lumière. C’est en nous tenant devant ce Dieu qui est lumière que nous pouvons être heureux. Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne, mais il n’en est pas dit autant des ténèbres. Vous trouverez ce passage à la première page de votre Bible.

Israël partit donc en bataille contre les Philistins : ils pensaient pouvoir les vaincre, mais, hélas ! ils furent battus devant eux. Quand on a une mauvaise conscience et des péchés qui ne sont pas jugés, on est sans force contre l’ennemi, et nécessairement on est vaincu par lui.

C’est ce qui arriva à ce pauvre peuple qui était dans un mauvais chemin. Environ quatre mille hommes tombèrent dans cette bataille. Que devait faire Israël en présence de ce désastre ? Il fallait rechercher l’Éternel, s’humilier devant Lui et Lui demander ce qu’ils avaient à faire. Au lieu de cela, les anciens du peuple, qui auraient dû avoir de l’expérience et connaître la pensée de Dieu, n’en disent rien et proposent d’aller chercher l’arche de l’alliance de l’Éternel, chose dont Dieu n’avait jamais parlé. En agissant ainsi, ils pensaient que Dieu étant là, leurs ennemis seraient sans force contre Lui, chose qui était parfaitement vraie en elle-même ; mais ils oubliaient que Dieu est saint et qu’il ne peut s’associer avec le mal en aucune manière. Israël et les Philistins ont dû en faire l’expérience aussi bien les uns que les autres ; devant Lui il n’y a pas d’acception de personnes, et les uns comme les autres ont dû porter la peine due à leurs péchés.

Le résultat de tout cela fut que les hommes d’Israël furent encore battus devant leurs ennemis et qu’ils s’enfuirent chacun dans sa tente. Hélas ! Trente mille hommes tombèrent dans ce jour-là. Les deux méchants fils d’Éli moururent, ainsi que l’Éternel l’avait annoncé par la bouche de l’homme de Dieu (ch. 2. 34). On ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme sème, il le moissonne aussi. Pauvres fils d’Éli ! Ils meurent à la fleur de l’âge et sont précipités dans l’éternité sous le jugement de Dieu. Leurs grands privilèges n’ont fait qu’aggraver leur responsabilité. Ils ont eu un père pieux, ont accompli un service dans le lieu saint, et les voici qui meurent de la mort des méchants qui n’accomplissent pas la moitié de leurs jours (Ps. 55. 23). Quel désastre !

Nous avons vu, lors de notre dernier entretien, la fin misérable des deux fils d’Éli et le désastre qui est tombé sur le peuple de Dieu. Comme les conséquences du péché sont affreuses ! Puissiez-vous en avoir une sainte horreur. La source de tous ces maux qui affligent notre pauvre humanité ne se trouve pas ailleurs. Aujourd’hui nous verrons la fin d’Éli.

C’était un vieillard âgé de plus de cent ans, auquel l’Éternel avait accordé, non seulement cette longue vie, mais aussi l’honneur de juger le peuple de Dieu pendant quarante ans. Dans sa vie, il y avait de belles choses mais, ainsi que je vous l’ai fait remarquer précédemment, il manquait d’énergie pour réprimer le mal qui était dans sa famille. Il n’avait pas su ajouter à sa foi la vertu (2 Pier. 1. 5) et, hélas ! il a dû en supporter les conséquences.

Vous pouvez penser comme il était dans l’anxiété en pensant à ses deux fils qui étaient à la guerre, et cela d’autant plus que l’homme de Dieu lui avait fait savoir de la part de l’Éternel que ses deux fils mourraient en un seul jour. Mais une angoisse encore plus grande étreignait son cœur en pensant à l’arche de Dieu, l’arche qui lui était plus précieuse même que ses enfants.

Pauvre Éli ! Son cœur tremblait pour l’arche, et voici un messager qui vient annoncer dans la ville le désastre qui atteignait le peuple de Dieu : le peuple était battu dans la bataille et l’arche de Dieu était prise. Il tombe à la renverse de dessus son siège et se brise la nuque. Vous remarquez que ce n’est pas en entendant la mort de ses fils, mais bien quand il a su que l’arche était prise qu’il est tombé. Comme cette arche lui était précieuse ! Malgré tout, ce fut une triste fin que celle de ce serviteur de Dieu.

Quelle différence avec celle d’un Jacob qui, malgré bien des fautes, pouvait s’en aller en adorant, appuyé sur le bout de son bâton.

Voici donc Éli qui est mort, ainsi que ses deux fils, et voici encore sa belle-fille, femme de Phinées, qui meurt en mettant au monde un fils qui va porter pendant sa vie un nom qui rappellera cette triste journée. Elle appela l’enfant I-Cabod, Ce qui veut dire : privé de gloire. C’est bien ce qui en était du peuple et de la famille sacerdotale. L’arche, la gloire du peuple de Dieu, s’en était allée du milieu d’eux. Voilà quatre morts en un seul jour dans la famille du grand sacrificateur !

Il arrive parfois que Dieu doit agir d’une manière solennelle dans Son gouvernement ; Sa sainteté l’exige. On ne se moque pas de Dieu, et ce qu’un homme sème, cela aussi, il le moissonne. Malgré tout, nous avons affaire à un Dieu de grâce, plein d’amour envers les Siens. Pour Éli, c’était la fin des peines et des souffrances et le repos éternel du paradis de Dieu. Là il entrait comme un objet de la grâce de ce Dieu que, après tout, il avait aimé et servi. Le changement était grand pour lui. Nous avons toujours à nous souvenir de deux choses :

1° La grâce de Dieu qui est plus grande que la misère de ceux qui se confient en Lui,

2° Son gouvernement qui est plein de sagesse et qui est aussi en rapport avec Sa sainteté et qui commence déjà envers ceux qui sont le plus près de Lui.

Nous aurons l’occasion de le constater si nous pouvons continuer ensemble la lecture du livre de Samuel.

Maintenant, que va-t-il arriver ? Le sacrificateur est mort, ainsi que ses fils, la sacrificature est ruinée, l’arche de Dieu est entre les mains des ennemis, la gloire s’en est allée, et le peuple de Dieu est dans l’opprobre : du côté de l’homme tout est perdu et ruiné sans espoir. Malgré tout, Dieu saura bien revendiquer Sa gloire, et la folie de Son peuple ne sera qu’une occasion pour Lui de manifester Sa puissance. Les Philistins pensaient avoir remporté une grande victoire et s’en glorifiaient en mettant l’arche de l’Éternel dans la maison de leur dieu qu’ils appelaient « Dagon ». Leur triomphe a été de courte durée. Il en est toujours ainsi des méchants.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 5 du premier livre de Samuel. Vous vous souvenez que l’arche de l’Éternel a été prise et que les Philistins l’ont placée dans la maison de leur dieu qu’ils appelaient « Dagon », à Asdod. Vous vous demandez peut-être ce que veut dire ce mot. Il vient d’un mot hébreu qui signifie poisson. Le tronc de cette idole se terminait, en effet, en forme de poisson ; la partie supérieure avait des mains et un visage. L’homme, dans sa folie, se fait des dieux selon sa propre imagination et adore du bois, de la pierre, de l’argent et de l’or.

Vous trouverez dans le livre du prophète Ésaïe, chapitres 40 à 48, plusieurs passages qui parlent des idoles, de leur incapacité pour délivrer, et de la folie de ceux qui mettent en elles leur confiance. Hélas ! Il n’est pas nécessaire d’aller en pays païens pour trouver des idoles ; ne voyons-nous pas dans nos contrées, qui se vantent de leur christianisme, des quantités d’images taillées et d’images de fonte devant lesquelles des personnes nombreuses viennent faire leurs prières ? « Gardez-vous des idoles », est la dernière recommandation donnée aux croyants par Jean, le disciple bien-aimé (1 Jean 5. 21). De fait, tout ce qui, dans nos cœurs, vient prendre la place que le Seigneur seul est en droit de posséder est une idole.

Mais revenons à notre sujet. Il semble que, malgré leur victoire, les Philistins n’étaient pas sans inquiétude en pensant à l’arche qui était dans le temple de leur dieu ; aussi ils se sont levés de bonne heure et sont allés voir ce qui s’était passé pendant la nuit. Or leur idole était tombée et gisait la face contre terre devant l’arche de l’Éternel. Pauvre idole et pauvres idolâtres ! Si au moins ils avaient, par ce moyen, appris à connaître la folie de leur culte. Mais non, ils ont remis leur dieu à sa place. Un drôle de dieu qu’il faut porter, mettre en place et qui ne peut ni voir, ni entendre, ni délivrer !

Le lendemain, de bonne heure, ils viennent constater ce qui s’était passé, et voilà que, de nouveau, leur dieu était gisant la face contre terre, mais cette fois-ci la tête et les deux mains étaient coupées et se trouvaient sur le seuil. N’ayant pas de mains, il ne pouvait donc rien faire ! Cette seconde constatation n’a rien appris aux Philistins, pourtant l’Éternel, dans Sa grâce, voulait leur montrer la vanité et le néant du dieu qu’ils avaient servi jusqu’à ce jour. Mais l’homme est aveuglé par le prince des ténèbres. Il faut la puissance de Dieu pour lui ouvrir les yeux et lui montrer le néant et la folie des choses dans lesquelles il met sa confiance. Le peuple d’Israël n’avait pas su glorifier l’Éternel, son Dieu, mais ce Dieu se glorifiait Lui-même devant Ses ennemis. Les Philistins ont dû l’apprendre à leurs dépens. Non seulement l’Éternel a montré la folie de leur dieu, mais aussi Sa main s’est appesantie sur eux et Il les a frappés dans leurs corps d’une maladie humiliante, et aussi dans leurs biens, car les souris ont dévasté le pays. Voyant cela, ils ont consulté leurs princes qui ont décidé d’envoyer l’arche dans une autre ville. Hélas ! la frayeur de l’Éternel a accompagné l’arche à Gath et ensuite à Ékron. Une consternation mortelle était dans toute la ville et le cri en montait vers les cieux. Vraiment la victoire qu’ils avaient remportée sur le peuple de Dieu tournait à leur confusion.

Il en est toujours ainsi pour ceux qui pensent pouvoir faire la guerre à Dieu ou à Son peuple. Car Dieu ne donne jamais Sa gloire à un autre, et même la folie de Son peuple n’est pour Lui qu’une occasion de manifester Sa sagesse et Sa puissance. Il ne peut en aucune manière associer Son nom avec le mal, et cela pas plus chez les Siens que chez Ses ennemis. Israël et les Philistins, dans toute cette scène, ont dû en faire, les uns et les autres, l’amère expérience.

Ce sont des choses dont vous ferez bien de vous souvenir. N’oubliez jamais que Dieu est saint et qu’Il tire vengeance de tout ce qui jette du déshonneur sur Son nom. Dans toute cette scène, nous voyons aussi l’égoïsme du cœur de l’homme. Les habitants d’Asdod se débarrassent de l’arche ; peu leur importe ce qui en sera des habitants de Gath, pourvu qu’eux soient délivrés. Les habitants de cette ville n’agissent pas mieux vis-à-vis de ceux d’Ékron et ils leur envoient cette arche qui leur a amené tant de calamités. Voilà les habitants de cette ville qui poussent des cris en voyant l’arche qui vient chez eux.

Qu’auraient dû faire les uns et les autres ? S’humilier devant Dieu et Lui demander ce qu’ils avaient à faire de Son arche. C’est du reste toujours ainsi que nous devons agir lorsque la main de Dieu s’appesantit sur nous. Nous verrons, la prochaine fois, comment Dieu s’est servi de toutes ces choses pour que l’arche soit renvoyée au milieu du peuple de Dieu.

Vous vous souvenez comment Dieu a su veiller sur Sa gloire quand Son arche était dans le pays des Philistins. Maintenant nous allons voir comment ce Dieu puissant a agi pour que l’arche puisse revenir au milieu de Son peuple. C’est le chapitre 6 du livre de Samuel qui nous raconte comment la chose a eu lieu.

Pendant sept mois, l’arche est restée dans le pays des Philistins ; ce fut un temps de détresse pour ce peuple, car la main de Dieu s’est appesantie fortement sur eux. Ceux qui ne mouraient pas étaient frappés dans leurs corps. Un cri montait de la ville jusque vers les cieux. Que faire ? Il ne leur vint pas à la pensée de s’humilier devant ce Dieu qui les châtiait, et ils n’ont cherché qu’à se débarrasser de Son arche. Ainsi est l’homme dans tous les temps. La présence de Dieu le gêne et, au lieu de s’approcher de Lui en vérité et avec un cœur humilié, il s’éloigne de plus en plus de Lui. Pourtant Il est le Dieu bienheureux et la source de tout bonheur ; ceux qui s’approchent de Lui ne seront jamais confus.

Ces pauvres Philistins préfèrent garder leurs idoles abîmées, mutilées, et qui ne peuvent leur être d’aucun secours, et renvoyer l’arche du seul vrai Dieu. Ils rassemblent les sacrificateurs et les devins pour savoir ce qu’ils devaient faire de l’arche de l’Éternel et de quelle manière ils devaient la renvoyer en son lieu. Ces hommes ont bien, dans une certaine mesure, le sentiment de leur culpabilité, et ils cherchent à apaiser le Dieu d’Israël comme ils cherchent à apaiser la prétendue colère de leurs faux-dieux ; à cet effet, ils proposent de rendre un sacrifice pour le délit. Ils se souviennent aussi de quelle manière l’Éternel a châtié l’Égypte lors de la délivrance de Son peuple. Malgré tout cela, ils préfèrent garder leurs vaines idoles et se complaire dans leur vanité.

Dieu, dans Sa souveraine grâce, s’est servi de tout cela pour l’accomplissement de Ses desseins à l’égard de l’arche : il est le Dieu qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Le moyen qu’emploieront les Philistins ne sera qu’une occasion pour leur montrer que c’est bien Lui qui les a châtiés et qu’on ne se moque pas de Lui impunément : on n’associe pas Sa gloire avec les idoles.

Ils ont placé l’arche sur un chariot neuf et y ont attelé de jeunes vaches qui allaitaient. De quel côté vont-elles aller ? Vers leurs petits ? Non, elles vont tout droit par le chemin de Beth-Shémesh, marchant sur une seule route, allant et mugissant, sans se détourner ni à droite, ni à gauche, jusqu’à la frontière du pays d’Israël. C’était donc bien un témoignage puissant que la main de Dieu était dans tout cela.

Les princes des Philistins virent ces choses ; que devaient-ils penser de tout ce qui s’était passé depuis qu’ils avaient pris l’arche jusqu’à ce jour ? Mais n’avez-vous jamais vu la main de Dieu dans vos circonstances et en particulier dans certains événements de votre vie ? Y avez-vous pris garde et avez-vous écouté ce que ce Dieu, qui s’intéresse aux plus petits détails de notre vie, a voulu vous dire ? Il parle, mais savons-nous faire notre profit des enseignements qu’Il veut nous donner ? Nous nous laissons facilement distraire et ainsi nous perdons toute la bénédiction qu’Il avait en réserve pour nous.

Ceux de Beth-Shémesh moissonnaient les froments dans la vallée. Ils levèrent les yeux, et voilà l’arche qui vient à eux : ils se réjouirent en la voyant. Cette scène nous fait penser à ce qui aura lieu dans peu de temps quand le Seigneur Jésus viendra pour chercher les Siens. Jusqu’à ce jour-là, la vie continuera son train habituel. Les uns seront aux champs faisant la moisson comme les hommes de Beth-Shémesh; d’autres garderont leurs troupeaux comme les bergers (Luc 2. 8) ; d’autres, comme Siméon, se rendront à la maison de Dieu ; d’autres enfin, comme Anne, seront en prière ; et voici, le Seigneur viendra.

En un clin d’œil, en un instant, nous serons avec Lui. Quelle joie excellente remplira tous les cœurs, et quel changement dans la condition des uns et des autres. Cette espérance glorieuse est bien propre à ranimer nos cœurs qui souvent sont abattus et découragés. Attendez le Seigneur chaque jour ; vous ne serez pas confus dans votre espérance.

Les hommes de. Beth-Shémesh se réjouirent donc et offrirent des sacrifices et des holocaustes à l’Éternel. Jamais les princes des Philistins n’avaient vu chose pareille dans leur pays. Ont-ils été touchés dans leur cœur ? Dieu seul le sait. Qu’ont-ils raconté dans la ville d’Ékron à leur retour ? Nous l’ignorons, mais ce que nous savons, c’est que malgré tout Dieu est un Dieu de grâce, que Sa grâce est à l’intention de tous les hommes et qu’Il ne repousse aucun de ceux qui viennent à Lui.

Voici donc l’arche de l’Éternel qui est au milieu du peuple de Dieu. Si Israël n’a pas été fidèle, l’Éternel, Lui, est fidèle ; et si, d’un côté, Il a dû châtier son peuple, d’un autre côté Il lui a fait voir Sa bonté et Sa volonté d’habiter au milieu d’eux. Malgré toutes ses fautes, Israël était Son peuple. Il l’est encore aujourd’hui alors même qu’Il est dispersé parmi toutes les nations. Dieu veille sur Son peuple malgré toutes les persécutions dont il est l’objet. Certainement ceux qui lui font du mal attirent sur eux-mêmes un jugement ; et celui qui le touche, touche à la prunelle de son œil, c’est-à-dire, est frappé de cécité morale : il n’a plus de discernement, il se précipite vers sa ruine.

Les hommes de Beth-Shémesh se réjouirent donc quand ils virent l’arche revenir au milieu d’eux. Il y avait bien de quoi remplir leur cœur d’une sainte allégresse, mais ils ont oublié que c’était une arche sainte et que seuls les sacrificateurs avaient le droit de s’en approcher. Ils ont regardé dans l’arche et l’Éternel les a frappés d’un grand coup : soixante-dix hommes moururent. Ces choses sont écrites pour nous servir d’avertissement.

Nous n’avons jamais à oublier quelle est la sainteté de Dieu, et nous ne pouvons nous approcher de Lui qu’avec un saint respect. Il ne demande qu’à nous bénir, mais Il ne peut le faire qu’en maintenant ce qui convient à Sa gloire. Vous savez très bien que, lorsque vous avez à parler à un de vos supérieurs, vous avez à le faire avec le respect qui lui est dû. La chose est encore bien plus évidente lorsque nous nous approchons du grand Dieu qui a fait les cieux et la terre.

Les habitants de Beth-Shémesh, devant le jugement qui les a frappés, ne firent pas mieux que les Philistins lorsque la main de Dieu s’est appesantie sur eux : ils envoyèrent des messagers aux habitants de Kiriath-Jéarim en leur disant : « Les Philistins ont ramené l’arche de l’Éternel : descendez, faites monter l’arche vers vous ». Ils se débarrassaient ainsi de cet arche sans se soucier de ce qui en serait des habitants de Kiriath-Jéarim.

Vous remarquez que le premier verset du chapitre se relie au chapitre 6. Nous voyons, dans ce verset, qu’à Kiriath-Jéarim il s’est trouvé une maison qui a recueilli l’arche. On la fit monter dans la maison d’Abinadab, sur la colline, et ils sanctifièrent Éléazar, son fils, pour la garder.

Je ne saurais vous dire combien j’aime ce que nous avons dans ce verset. L’arche de l’Éternel a trouvé un lieu de refuge dans la maison d’une famille pieuse. Comme cette famille devait être précieuse au cœur de l’Éternel, et quelle bénédiction devait reposer sur cette maison. Il nous est dit que cette maison était sur la colline. Vous savez que tout dans les Écritures a une signification, et souvent beaucoup plus profonde que nous ne le pensons. Dans la Parole tout est grand, merveilleux, au-delà de toute expression. Cette maison était donc élevée au-dessus de la plaine. Si cela était vrai au sens physique, combien plus la chose était vraie au sens moral, spirituel.

Si le peuple de Dieu était dans un bas état, humilié devant ses ennemis, sans sacrificature et sans sacrificateur depuis la mort d’Éli, cette maison avait l’Éternel au milieu d’elle, jouissait de Sa présence et avait à cœur Sa gloire et Ses intérêts. C’était en particulier une part précieuse pour ce fils, Éléazar, d’avoir le glorieux service de garder l’arche de l’Éternel.

Vous pouvez bien penser que ce Dieu puissant a béni abondamment cette maison de Sa bénédiction qui seule enrichit. Le Psaume 132 fait une allusion au séjour de l’arche dans cette maison : v. 6. « Nous l’avons trouvée dans les champs de Jaar ». Jaar est une expression poétique qui désigne Kiriath-Jéarim.

Maintenant, il n’y a plus d’arche à garder, mais nous avons à maintenir devant le monde les droits de la gloire du Seigneur Jésus. Il est le Seigneur de toute la terre, toute autorité lui a été donnée dans les cieux et sur la terre. Sans doute vous aimez ce Seigneur de gloire. Comment pouvez-vous Le servir dès votre enfance ? La chose est bien simple : Lui obéir en toutes choses. Que Sa parole fasse donc autorité dans toutes les circonstances que vous êtes appelés à traverser. Demandez-vous en tout temps quelle est Sa volonté. C’est ainsi que vous maintiendrez Ses droits dans un monde qui L’a rejeté et qui s’éloigne de plus en plus de Lui.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 7 du premier livre de Samuel. Vous vous souvenez que je vous ai déjà fait remarquer que le premier verset du chapitre 7 se relie au chapitre précédent ; c’est donc au v. 2 que vous commencerez votre lecture. La version du serviteur de Dieu, J.N. Darby, dont je me sers toujours dans les citations que je vous fais, a au commencement du v. 2 un petit astérisque, comme, du reste, vous en trouvez assez souvent dans cette traduction. Ce signe indique un changement de sujet dans le récit qui nous est donné.

Il nous est dit qu’il se passa un long temps, vingt années, pendant lequel le peuple vécut sans l’Éternel. Il semble qu’il L’avait oublié, et, chose encore pire, il servit d’autres dieux, des dieux étrangers, ce que la loi défendait absolument. Dans quel bas état est tombé le peuple de Dieu, allez-vous dire. Ce pauvre peuple n’avait pas été touché par la grâce que Dieu leur avait témoignée en leur renvoyant l’arche de l’alliance ; même il semble qu’ils ne s’en sont nullement souciés lorsque seule la famille d’Abinadab l’avait recueillie. La conséquence de tout cela fut que les Philistins, malgré tous les jugements qui sont tombés sur eux, ont continué à dominer sur Israël et à l’opprimer.

Pauvres fils d’Israël ! Ils oubliaient que l’Éternel était leur libérateur. Ils ne se sont pas souvenus du Dieu puissant qui les avait fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu et qui ne demandait qu’à les combler de bienfaits comme Il l’avait fait jusqu’à ce jour. L’ingratitude et l’oubli se trouvent au fond de notre mauvais cœur.

Vous vous souvenez que Jacob a été longtemps chez Laban ; vingt années, lui aussi, sans s’occuper du Dieu qui lui était apparu à Béthel, ni du vœu qu’il Lui avait fait. Ce n’est qu’après ces longues années qu’il est enfin allé bâtir un autel dans ce lieu où il avait eu la vision de l’échelle dont le sommet touchait aux cieux. Encore, pour qu’il y aille, il a fallu que l’Éternel lui dise d’y monter et lui rappelle le vœu qu’il Lui avait fait. Vous-mêmes, ne vous arrive-t-il pas souvent d’oublier pendant bien des jours le Dieu qui vous comble de bienfaits ?

Samuel, qui était un fidèle serviteur de l’Éternel, a enseigné au peuple ce qu’il devait faire. Nous pouvons bien penser que pendant ce long temps il a prié pour ce peuple infidèle. Le Psaume 99 et le prophète Jérémie, chapitre 45, nous parlent de Samuel comme étant un intercesseur en faveur du peuple de Dieu. C’était un précieux service qu’il accomplissait, service auquel vous aussi vous pouvez vous employer.

Depuis tout jeune on peut prier pour les personnes que l’on connaît et avec lesquelles on est en relation. Vous vous souvenez qu’Anne, la mère de Samuel, était une femme de prière. Son fils suivait l’exemple qu’il avait eu dans sa pieuse mère. C’est une grâce inestimable que d’avoir une mère qui prie pour vous et avec vous ; puissiez-vous l’apprécier et être vous-même des enfants de prière.

Mais ce n’était pas suffisant de se lamenter après l’Éternel, il fallait revenir à Lui et reconnaître ses fautes. Il fallait cesser de mal faire et apprendre à bien faire. Il y avait des dieux étrangers au milieu d’eux, il fallait les ôter et s’attacher fermement à l’Éternel. Samuel leur a dit que s’ils faisaient ce qu’il leur disait, ils seraient délivrés. Dans cette occasion le peuple a obéi et s’en est bien trouvé. L’Éternel a été fidèle à Sa promesse.

Gravez bien dans votre cœur que l’obéissance est le grand principe guérisseur de tous les maux qui peuvent nous affliger. Dans quelque circonstance que vous puissiez vous trouver, obéissez à ce que dit la Parole du Seigneur ; vous vous en trouverez toujours bien. Soyez bien assurés que toute désobéissance amène avec elle ses funestes conséquences : il ne peut pas en être autrement. Si les fils d’Israël n’avaient pas fait ce que Samuel leur avait dit, ils seraient restés dans leur misère et sous la dure servitude des Philistins.

Une autre chose : le peuple devait se rassembler, car c’est dans le rassemblement que nous recevons la bénédiction. Satan cherche toujours à disperser ; le Seigneur rassemble et Il bénit ceux qui sont autour de Lui. La perte est toujours grande quand nous négligeons le rassemblement. Évidemment l’ennemi nous donnera de bonnes excuses pour ne pas aller à l’assemblée tel ou tel jour ; il fait mauvais temps, tu as beaucoup de travail aujourd’hui, tel et tel néglige les rassemblements beaucoup plus que toi et ne s’en porte pas plus mal, et bien d’autres choses semblables. Soyez certains que c’est le tentateur qui aura le profit de votre négligence, et vous-même vous n’en aurez qu’une perte.

Quand on obéit, on voit les merveilles d’un Dieu qui se plaît à bénir ceux qui Le recherchent.

Je viens m’entretenir avec vous aujourd’hui, et vous parler des grandes choses que l’Éternel a faites pour Son peuple quand il a été réuni à Mitspa. Vous vous souvenez que Samuel leur avait dit de se rassembler dans ce lieu, et qu’il prierait l’Éternel pour eux.

La prière a une grande importance et a toujours occupé une grande place dans la vie des hommes de Dieu. Lorsque le peuple a été réuni, il a puisé l’eau et l’a répandue devant l’Éternel. Que signifiait cet acte ? Vous savez que nul ne peut recueillir de l’eau qui est répandue sur le sol. Dieu seul peut le faire ; il lui suffit d’envoyer un rayon de son soleil et cette eau s’évapore et s’envole dans les nuées. Cette eau répandue était donc une image de ce qu’était la nation ; elle était dans un si misérable état que Dieu seul pouvait intervenir en sa faveur et la restaurer. C’était donc de leur part une belle confession du bas état dans lequel ils se trouvaient.

Certainement Dieu ne pouvait que prendre Son plaisir en eux, voyant leur humiliation. Ils jeûnèrent ce jour-là et dirent : « Nous avons péché contre l’Éternel ». Vous savez que si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. Cherchez ce passage dans la première épître de Jean, afin que vous puissiez sans cesse vous en souvenir. Dieu est fidèle à Sa promesse et juste envers Christ, car c’est Lui qui, par Son sacrifice, nous donne le pardon de toutes nos fautes. Puisqu’Il a porté le châtiment que nous avions mérité, c’est un acte de justice envers Lui de nous remettre nos fautes. Si un ami m’a payé toutes mes dettes, ce serait une injustice de la part de mon créancier que de venir m’en réclamer le montant.

Là, à Mitspa, Samuel a jugé les fils d’Israël ; il fallait bien que chacun reconnaisse personnellement ses fautes ; ce fidèle serviteur pouvait faire connaître aux uns et aux autres quelle était leur culpabilité.

Après cela, il prit un agneau de lait, un petit agneau qui n’avait jamais quitté sa mère, et il l’offrit tout entier en holocauste à l’Éternel. C’était un sacrifice de toute beauté : il parlait, par avance, de Celui qui, de toute éternité, était auprès du Père, Son nourrisson, Son artisan, Ses délices de chaque jour, comme nous le lisons dans le chapitre 8 des Proverbes, et qui est venu s’offrir en sacrifice – sacrifice qui est monté devant Dieu comme un parfum d’agréable odeur.

Vous remarquez que ce n’était pas un sacrifice pour le péché que Samuel a offert, mais bien un holocauste qui rappelait la relation dans laquelle le peuple se trouvait déjà avec l’Éternel – relation qui ne pouvait que subsister et que rien ne pouvait rompre, puisqu’elle reposait, non sur la fidélité du peuple, mais sur la valeur du sacrifice que Christ allait accomplir.

Du reste Israël, ainsi que nous-mêmes, ne pouvait en aucune manière être béni qu’en vertu du sacrifice de Christ. Au moment où Samuel offrait l’holocauste, les Philistins montèrent contre Israël pour lui faire la guerre. Ils pensaient que le bon moment pour les attaquer était arrivé, puisqu’ils étaient réunis, non point pour faire la guerre, mais pour adorer. La sagesse de l’homme n’est que folie aux yeux de Dieu et certes Dieu ne voulait pas abandonner ceux qui Lui rendaient culte, ni un peuple qui s’était humilié devant Lui. Si ce peuple était incapable par lui-même de faire face à ses ennemis, son Dieu saurait bien les protéger et les délivrer, et c’est ce qu’Il fit en envoyant un grand tonnerre sur les Philistins et en les mettant en déroute ; et ils furent battus devant Israël.

L’Éternel est un grand Dieu et ceux qui se confient en Lui ne seront jamais confus. Quand Israël était dans un mauvais état, il a fui devant ses ennemis, ainsi que nous l’avons vu au chapitre 4. Maintenant qu’il sert son Dieu, ce sont ses ennemis qui s’enfuient devant lui comme la fumée devant le vent. A cette occasion, Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher et l’appela « Eben-Ezer », ce qui veut dire : la pierre de secours ; il l’a fait en disant : « L’Éternel nous a secourus jusqu’ici ». Vous trouverez plusieurs fois Eben-Ezer dans vos lectures de la Parole ; vous vous souviendrez de ce que ce mot veut dire. Ne pouvez-vous pas, vous aussi, dire que le Seigneur vous a secourus jusqu’ici ? Le chemin du croyant est comme tout parsemé de monuments qui s’appellent Eben-Ezer.

Mais je vois que je m’allonge. Ce chapitre contient tant de belles choses. Nous y reviendrons encore dans notre prochaine leçon. En attendant, cherchez vous-mêmes et nous verrons si nous avons eu les mêmes pensées.

Nous avons vu que l’Éternel est intervenu en faveur de Son peuple qui s’était humilié devant Lui. Il avait envoyé un grand tonnerre qui avait mis en déroute les Philistins. Sa puissance est infinie et II fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Cette puissance est constamment employée en faveur de ceux qui se confient en Lui ; certes, jamais ils ne sont confus. Dans vos difficultés, vos détresses, vos luttes, ne manquez jamais de Le faire intervenir ; faites-le en toutes choses et certainement vous serez émerveillés. Je pourrais vous en raconter un grand nombre dont j’ai été le spectateur pendant ma longue vie.

Depuis ce jour mémorable, les Philistins ne sont jamais rentrés dans le pays ; ils furent abaissés et aussi réduits à l’impuissance. La fidélité de Samuel eut des conséquences heureuses et pour longtemps. S’il est vrai qu’un seul pécheur détruit beaucoup de bien, comme ce fut le cas avec les malheureux fils d’Éli, il est vrai aussi que la fidélité d’un seul homme pieux a des conséquences heureuses et bénies pour longtemps. Non seulement le peuple d’Israël a été préservé des invasions de ses ennemis, mais aussi les villes qui étaient tombées sous la domination des Philistins retournèrent au peuple de Dieu. Ainsi une grande bénédiction pour tout le peuple de Dieu a été la conséquence de ce jeûne et de cette humiliation qui ont eu lieu à Mitspa.

L’humilité va au-devant de la gloire comme l’orgueil va au-devant de l’écrasement. Il en est toujours ainsi. Lisez à ce sujet ce qui est écrit dans la première épître de Pierre, chapitre 5. 5 à 7, et gravez-le au plus profond de vos cœurs. Depuis ce jour-là, le peuple jouit de la paix ; y a-t-il chose plus appréciable que la paix ? Que ne donneraient pas les hommes aujourd’hui pour la posséder ?

Les derniers versets de notre chapitre nous apprennent que Samuel faisait un voyage d’année en année, toujours le même ; il s’arrêtait dans trois endroits : à Béthel, à Guilgal et à Mitspa. En faisant cela il rappelait au peuple trois grandes vérités qu’il était en danger d’oublier. La première, qu’il y avait la maison de Dieu. Béthel veut dire maison de Dieu. C’est là que Jacob vit dans son songe la merveilleuse échelle dressée sur la terre et dont le sommet touchait aux cieux.

Pour nous, aujourd’hui, la Maison de Dieu, c’est l’assemblée. Vous trouverez cette vérité dans le chapitre 3 de la première épître à Timothée Lorsque vous vous réunissez avec les saints dans l’assemblée, venez-y avec tout le respect qui est dû à la Personne du Seigneur ; Il est là au milieu de deux ou trois que Son nom a assemblés. S’Il est invisible à l’œil de la chair, la foi Le contemple, et le fidèle fait la douce expérience qu’Il est là, Il console, Il encourage, Il édifie ; Sa présence réjouit le cœur des Siens.

Ensuite il allait donc à Guilgal. C’était là que le peuple avait campé près du Jourdain après être entré dans le pays de la promesse, et c’est aussi là que Josué avait dressé les douze pierres qui avaient été prises au fond du Jourdain. Ces douze monuments proclamaient que ce peuple avait été tiré des profondeurs des eaux de la mort. Le Jourdain, dans les Écritures, est l’image de la mort. Guilgal veut dire : « roulement », car depuis que le peuple a été à Guilgal, l’opprobre de l’Égypte a été roulée de dessus lui.

Pour nous, nous sommes morts et ressuscités avec Christ, et même, par la foi, assis en Christ dans les lieux célestes. Nous ne sommes pas plus du monde que le Seigneur Lui-même, et notre bourgeoisie est dans les cieux. C’est de là que nous sommes et nous avons à agir comme étant tels. C’est une grâce inappréciable que de ne plus être d’un monde qui passe et qui s’en va vers le jugement, conduit par le prince des ténèbres.

En dernier lieu, Samuel allait donc à Mitspa. Cela rappelait à un peuple oublieux que l’Éternel les avait secourus jusqu’ici et qu’Il pouvait encore le faire et le délivrer dans toutes ses détresses. Le monument Eben-Ezer était là pour le leur rappeler.

Après ce voyage, Samuel retournait à Rama, car là était sa maison. Là, il avait bâti un autel. Petit enfant, il s’était prosterné devant l’Éternel. À la fin sa vie, il était encore un adorateur. Deux choses ont caractérisé la vie de cet homme de Dieu : la prière et l’adoration. N’aimeriez-vous pas lui ressembler ?

Si le chapitre 7 de notre livre contient bien des sujets de joie, le chapitre 8, par contre, est plein de sujets de tristesse. Ainsi est souvent la vie du croyant. De grandes joies et de grandes tristesses sont nécessairement la part de celui qui veut être fidèle au Seigneur. L’apôtre Paul en parle souvent dans ses épîtres et spécialement dans la deuxième épître aux Corinthiens et l’épître aux Philippiens. Mais dans toutes ses afflictions, le fidèle trouve en Dieu de précieuses consolations : Il est le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation qui console les Siens dans toutes leurs afflictions (2 Cor. 1. 4). C’est une grâce inappréciable que de Le connaître ainsi et de faire en tout temps l’expérience de Sa fidélité qui ne fait jamais défaut pour ceux qui se confient en Lui.

Le premier sujet de tristesse pour Samuel, que nous voyons dans ce chapitre, provient de ses fils qui ne marchaient pas sur les traces de leur père. Le bon exemple qu’ils avaient eu sous les yeux ne leur avait pas profité et ils recherchaient le gain déshonnête. Comme cela devait être douloureux pour leur père pieux de voir la conduite de ses fils. Lui, il avait suivi l’exemple de sa pieuse mère qui était une femme de prière et ses fils n’en faisaient aucun cas. Vous-mêmes voudriez-vous assombrir les derniers jours de vos vieux parents ? Le livre des Proverbes nous dit qu’un fils sage réjouit son père, et qu’un fils insensé est le chagrin de sa mère (ch.10. 1).

Il semble aussi que le discernement spirituel a fait défaut à Samuel dans cette circonstance. Vous savez qu’un seul Homme n’a jamais eu ni faiblesse, ni défaillance. C’est Samuel qui a établi ses fils comme juges sur Israël ; il pensait que ses fils seraient justes et droits comme lui, hélas ! il n’en a rien été. Il aurait mieux fait d’attendre que l’Éternel Lui-même établisse de nouveaux juges sur Son peuple.

Quoi qu’il en soit, ce fut une chose pénible pour lui d’entendre dire au peuple : « Tes fils ne marchent pas dans tes voies ».

Un autre grand sujet de tristesse pour Samuel fut d’entendre le peuple demander un roi comme les autres nations. En le faisant, il rejetait l’Éternel et Samuel, Son prophète. Ils ajoutaient à leurs nombreux péchés celui d’abaisser le niveau du peuple de Dieu au niveau des nations idolâtres qui ne connaissaient pas l’Éternel, ni Sa grande puissance, cette puissance qui avait délivré le peuple de l’Égypte, lui avait fait traverser les eaux de la mer Rouge et du Jourdain, l’avait introduit dans le pays de la promesse et l’avait délivré maintes fois de ses ennemis.

De fait, c’était l’Éternel qui était leur roi, qui les avait menés en triomphe devant leurs ennemis, qui avait envoyé ses tonnerres pour anéantir ceux qui venaient contre eux pour leur faire la guerre. Qu’avaient-ils donc besoin d’un roi pour les conduire dans leurs guerres, puisque l’Éternel combattait pour eux ?

Samuel en est attristé et, comme de coutume, il prie. Si nous savions toujours faire comme lui, que de choses pénibles et humiliantes nous éviterions.

Fidèle témoin, il a aussi clairement averti le peuple de ce qu’il en serait du régime du roi qu’ils demandaient, mais ils n’ont rien voulu entendre et ils ont persévéré dans leur désir d’être comme les autres nations. Nous ne tarderons pas à en voir les funestes conséquences ; si nous n’écoutons pas la voix de Dieu, nécessairement nous aurons affaire avec Sa discipline. Encore une fois nous voyons la sagesse de Samuel. L’Éternel lui dit d’écouter la voix du peuple et d’établir un roi sur eux. Au lieu de cela, il dit aux hommes d’Israël de retourner chacun dans sa ville. Il voulait attendre que l’Éternel Lui-même leur en choisisse un et qu’Il le lui envoie. C’était plus sage, et l’Éternel l’a choisi Lui-même et le lui a envoyé plus tard. C’est ce que nous verrons dans le chapitre suivant. Je n’aimerais pas clôturer cette leçon en vous laissant sur une impression pénible et je veux la terminer en vous apprenant une chose qui vous réjouira.

Si Joël, le fils aîné de Samuel, a été infidèle, ainsi que nous l’avons vu, par contre son petit-fils Héman a été un sujet de joie pour l’Éternel. Nous lisons, en effet, dans le premier livre des Chroniques, chapitre 6. 31 à 34 : « Et ce sont ici ceux que David établit pour la direction du chant sur la maison de l’Éternel, depuis que l’arche fut en repos. Et ils faisaient le service devant le tabernacle de la tente d’assignation, pour le chant, jusqu’à ce que Salomon eût bâti la maison de l’Éternel à Jérusalem ; et ils se tinrent là selon l’ordre établi pour leur service. Et ce sont ici ceux qui se tenaient là et leurs fils: Des fils des Kéhathites : Héman, le chantre, fils de Joël, fils de Samuel, fils d’Elkana ».

C’est donc lui qui en tout premier lieu est mentionné comme chantant les louanges de l’Éternel et conduisant ceux qui accomplissaient ce précieux service devant la demeure de Dieu. Si le fils de Samuel n’avait pas été fidèle, son petit-fils avait agi d’une manière bien différente. Après tout, la fidélité de Samuel a eu des résultats précieux dans sa famille même.

Vous vous souvenez que Samuel, au lieu de choisir un roi pour Israël, est retourné dans sa maison, en attendant que l’Éternel en choisisse un et le lui envoie. En faisant ainsi, il était certain de ne pas se tromper et de pouvoir dire au peuple : Voici le roi que l’Éternel vous a choisi.

C’est ce qui, en effet, a eu lieu plus tard, et cela nous est raconté dans le chapitre 9 du premier livre de Samuel. C’est ce dont je désire vous occuper aujourd’hui. Ce chapitre est rempli d’enseignements précieux. Puissiez-vous en faire votre profit et y trouver autant de joie en le lisant que j’en ai eu moi-même, il y a déjà bien des années, lorsque je l’ai lu et médité avec un grand nombre d’amis.

Mais comme le temps passe rapidement ! Faites comme Moïse, homme de Dieu, qui a dit à l’Éternel : « Enseigne-nous à compter nos jours, afin que nous en acquérions un cœur sage ». Je ne vous dis pas où ce passage se trouve, désirant que vous le cherchiez vous-mêmes dans le premier Psaume d’un des cinq livres. Vous avez sans doute remarqué qu’il y a cinq livres de Psaumes. Je tâcherai, dans une autre occasion, de vous en expliquer le caractère. Aujourd’hui cela nous détournerait trop du sujet qui nous occupe. Puisque nous n’avons que peu de jours ici-bas, sachons au moins ne pas gaspiller le temps précieux qui nous est donné pour servir et honorer notre Seigneur dans un monde où Il a été couronné d’épines. Que nous réalisions ce que dit le cantique « Seigneur ! sanctifie nos jours, nos moments. Fais que notre vie t’honore en tout temps ». Maintenant occupons-nous de notre chapitre.

En commençant nous y trouvons un homme fort et vaillant, de la tribu de Benjamin, dont le nom était Kis. Nous savons que, pour être fort, il faut avoir conscience de sa faiblesse et de son incapacité ; cela nous fait dépendre du Dieu tout-puissant qui se plaît à magnifier Sa puissance dans notre infirmité. L’apôtre Paul disait : « Quand je suis faible, alors, je suis fort » (2 Cor. 12. 10). L’apôtre Paul, lui aussi, était de la tribu de Benjamin. C’est la seule tribu qui s’est attachée à la maison de David lorsque le royaume a été partagé après la mort de Salomon. Il semble qu’une bénédiction particulière a reposé sur cette tribu. Du reste, il est toujours vrai que la bénédiction est la récompense toute naturelle de la fidélité au Seigneur. Nous trouvons ce principe tout du long des Écritures.

Kis avait un fils dont le nom était Saül ; c’est lui que l’Éternel avait choisi pour régner sur Son peuple. Aux yeux des hommes, nul n’était plus propre que lui à occuper ce poste d’honneur. Il était un homme d’élite ; dans la guerre un chef capable. Sa haute stature le faisait remarquer aux yeux de tous, puisqu’il était plus grand que tout le peuple depuis les épaules en haut. Sa beauté aussi le distinguait. Ces caractères, appréciés par les hommes, n’ont que peu de valeur aux yeux de Dieu. Du reste, la fin de Saül ne manquera pas de nous le montrer.

C’est un grand danger de regarder à ce qui a de l’apparence, mais Dieu regarde au cœur. Lui seul sait ce qui en est de notre être intérieur : Il sonde les reins et les cœurs. Puissiez-vous vous en souvenir afin de marcher dans la crainte et dans la dépendance de Dieu, qui seul peut nous garder sans que nous bronchions et nous placer irréprochables dans Sa gloire avec abondance de joie. Nous verrons dans notre prochaine leçon quelles ont été les circonstances qui ont mis Saül en contact avec Samuel, car Dieu dirige toutes choses pour l’accomplissement de Ses desseins d’amour envers les siens.

Lors de notre dernière leçon, je vous ai dit quelques mots de Saül et de son père, mais, faute de temps, je n’ai pas pu vous donner beaucoup de renseignements sur ce futur roi d’Israël. Nous allons maintenant voir les circonstances qui ont accompagné l’établissement de son règne.

Son père avait perdu ses ânesses ; chose en apparence insignifiante, mais qui a été, dans la main de Dieu, le moyen par lequel Il l’a amené vers Samuel, qui l’a oint pour être roi sur le peuple d’Israël. Évidement la perte de ces ânesses était sensible à Kis. Dans son désir de les retrouver, il a envoyé son fils Saül avec un de ses serviteurs pour les chercher. Mais ces deux hommes ont couru en vain et ne les ont pas trouvées. Passant d’un pays dans un autre, ils se sont fatigués sans succès.

Ces deux hommes qui cherchent nous font penser à tant d’êtres humains dans ce monde. Depuis que l’homme a perdu le paradis terrestre, il cherche, cherche sans cesse, sans trouver le bonheur qu’il a perdu à cause de sa désobéissance. Quel pauvre être que l’homme ! Dieu l’avait établi sur la création qui était sortie parfaite de Ses mains, mais, depuis la chute, il est comme un pauvre roi détrôné, misérable, sans repos et sans paix. Les uns cherchent le bonheur dans une chose, les autres dans une autre, et tous font la même expérience que le roi Salomon qui a dit : « Vanité des vanités ! Tout est vanité et poursuite du vent ».

Mais Dieu est plein de miséricorde. Il voyait ce pauvre Saül qui dépensait ses forces en vain et Il s’est servi de son serviteur pour lui indiquer ce qu’il avait à faire. Souvent Dieu se sert des humbles et des petits pour nous enseigner les leçons les plus grandes et les plus précieuses. Si nous savions au moins toujours écouter quand Dieu veut nous parler !

Vous connaissez certainement l’histoire de la petite fille israélite qui avait été emmenée en captivité par les Syriens et qui servait Naaman, chef de l’armée du roi de Syrie. Ce grand chef était lépreux, et cette petite fille dit à sa maîtresse : « Oh ! si mon seigneur était devant le prophète qui est à Samarie ! Alors il le délivrerait de sa lèpre ». Bien lui en a pris d’écouter la voix de cette petite esclave : il a été délivré de son affreuse maladie et a appris à connaître le seul vrai Dieu. C’est un encouragement pour vous, enfants, à être fidèles au Seigneur Jésus. Si vous l’aimez, Il peut se servir de vous pour faire de grandes choses, et cela même à votre insu.

Le serviteur de Saül savait que, dans la ville voisine, il y avait un homme de Dieu, et il a conseillé son maître d’aller le voir. « Peut-être », lui dit-il « nous enseignera-t-il le chemin par lequel nous devons aller ». Nous pouvons remarquer ici une des qualités de Saül, il consent à écouter le serviteur qui était sous ses ordres. Il était, ainsi que nous l’avons vu, un homme d’élite et beau, mais il y a aussi chez lui d’aimables qualités. Vous remarquez, enfants, que maintenant la question, pour Saül et pour son serviteur, était de savoir quel était le chemin par lequel ils devaient aller.

Ils étaient perdus. Il en est ainsi de tout homme dans son état naturel ; il a tout perdu et il est aussi perdu même. Triste condition ! Qui donc peut lui faire connaître le chemin qui le ramènera à Dieu ? Vous savez que le Seigneur a dit : « Je suis le chemin… nul vient au Père que par moi » (Jean 14. 6). C’est donc au Seigneur Jésus qu’il faut aller, de la même manière que Saül et son serviteur sont allés à l’homme Dieu. Vers lui ils ont trouvé infiniment plus qu’ils n’auraient jamais osé espérer. Il en est de même pour tous ceux qui s’approchent de Dieu par Jésus Christ.

Samuel, vers lequel Saül était allé, était donc un homme de Dieu. Je pense qu’il est bon que je vous donne quelques enseignements sur ce qu’est un homme de Dieu. Lorsqu’une question se pose, quand nous lisons la Parole, nous avons à nous souvenir que c’est la Parole elle-même qui pourra nous renseigner. C’est donc dans les Écritures que nous trouverons la réponse à la question qui est devant nous dans ce moment. Dans les deux épîtres à Timothée nous trouvons ce titre : homme de Dieu. Ce sont les seules fois où il est employé dans le Nouveau Testament.

Par contre, nous le trouvons fréquemment dans l’Ancien Testament. Un homme de Dieu est un homme qui est là de la part de Dieu, qui Le sert, qui vit dans Sa communion, qui marche selon les enseignements de Sa Parole et qui, par conséquent, est capable de faire connaître le Dieu qu’il sert, quelle est Sa volonté et quelles sont Ses ressources en présence des besoins du moment – de même aussi, ce que doivent faire ceux qui veulent lui obéir. Un homme de Dieu pouvait dire : « Ainsi dit l’Éternel ! » Samuel occupe une grande place parmi les hommes de Dieu de l’Ancien Testament. Ce titre glorieux lui est donné plusieurs fois. Dans le v. 6 de notre chapitre, il nous est dit qu’il était un homme considéré et que tout ce qu’il disait arrivait infailliblement. Une telle considération ne pouvait provenir que d’une marche fidèle et irréprochable. Le secret de l’infaillibilité de ce qu’il disait venait du fait que l’Éternel se révélait à lui par Sa parole, ainsi que nous le lisons au chapitre 3. 21. Il vivait aussi dans une intime communion avec l’Éternel.

Nous verrons plus loin que, un jour avant que Saül vienne vers lui, l’Éternel l’avait déjà averti, lui disant : « Demain, à cette heure, je t’enverrai un homme du pays de Benjamin » ; et lorsque Samuel voit Saül, l’Éternel lui répond : « Voilà l’homme dont je t’ai parlé ». Répond quoi ? dira quelqu’un. C’était la réponse à la demande de Samuel. Il vivait donc dans une intime communion avec Dieu.

C’est une chose merveilleuse qu’un homme sur la terre soit dans une telle intimité avec le grand Dieu tout-puissant. Samuel attendait que l’Éternel lui envoie le roi qu’Il avait choisi, et Dieu l’avertit d’avance de son arrivée et lui donne des signes certains qu’il était bien celui dont Il lui avait parlé. Il n’y avait donc pas à s’y tromper.

Nous remarquons aussi que d’autres serviteurs de Dieu ont été honorés par Lui et ont reçu de Sa part ce titre d’hommes de Dieu. Moïse est appelé six fois de ce nom (Deut. 33. 1 ; Jos. 14. 6 ; 1 Chron. 23. 14 ; 2 Chron. 30. 16 ; Esd. 3. 2 et dans le titre du Psaume 90). Il vaut la peine que nous considérions de près tous ces divers passages, car leur importance est grande.

Nous pouvons remarquer trois choses principales qui nous sont dites de Moïse, en rapport avec son titre d’homme de Dieu.

La première, c’est que la parole de l’Éternel était dans sa bouche. La loi de l’Éternel est même appelée la loi de Moïse. Ce qu’il avait dit était la parole même de l’Éternel dans toute sa pureté. Il n’y avait rien ajouté et il n’en avait rien retranché. Cela est des plus importants dans tous les temps. Lisez la Parole et mettez-la en pratique, ne vous laissez pas arrêter par la peur des conséquences de votre obéissance : c’est Dieu qui s’en charge. N’y ajoutez rien, n’en retranchez pas un trait de lettre. Faites toujours ce que Dieu dit et vous vous en trouverez bien.

Une seconde chose qui caractérisait Moïse, c’est qu’il était un homme de prières : « Prière de Moïse, homme de Dieu », avons-nous vu dans le Psaume 90. Là, il priait pour un peuple coupable qui avait violé la sainte loi qu’il lui avait apportée du sommet du mont Sinaï.

La troisième chose qui nous est dite en rapport avec ce titre d’homme de Dieu est la part bénie que ses fils ont eue dans la tribu de Lévi. C’est cette tribu qui avait le privilège inestimable de pouvoir servir Dieu dans Son sanctuaire. Ces trois choses nous font penser à Timothée qui, dès son enfance, connaissait les saintes lettres. L’apôtre Paul, dans les deux épîtres qu’il lui a adressées, nous montre l’importance de garder la Parole et de persévérer dans la prière.

Mais je vois que ma leçon s’allonge ; malgré cela j’aimerais vous parler encore de David, le doux psalmiste d’Israël qui chantait les louanges de l’Éternel quand il était un jeune garçon, en jouant de la harpe lorsqu’il gardait les brebis de son père. Il est aussi appelé plusieurs fois un homme de Dieu, et cela en rapport avec la louange : 2 Chron. 8. 14 ; Néh. 12. 36. Vous lirez ces passages. Il était donc un homme de Dieu qui louait l’Éternel et qui enseignait le peuple de Dieu à Le louer. Heureux service !

Élie et Élisée aussi ont reçu ce titre d’hommes de Dieu. Lisez leur histoire et vous en retirerez un réel profit pour vos âmes.

Nous trouvons aussi d’autres hommes de Dieu dont les noms ne nous sont pas donnés, dans 1 Rois 13. 1 ; 2 Chron. 11. 2 et 25. 7.

Enfin, dans Juges 13, un homme de Dieu dont le nom est « Merveilleux », Je pense que vous y verrez les traits de Celui qui est homme et Dieu tout à la fois. Un homme qui, dans la flamme du sacrifice, est monté dans les cieux. Il n’est pas difficile d’y voir un rayon de la gloire de notre Seigneur.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce titre « homme de Dieu », mais j’aime à penser que le peu que je vous en ai fait connaître suffira pour vous faire désirer de revêtir les caractères d’hommes de Dieu.

D’après La Bonne Nouvelle 1943

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (9)

Nous relirons encore aujourd’hui le chapitre du premier livre de Samuel. Il contient tellement d’enseignements précieux que j’ai à cœur de vous en parler une fois de plus.

A la naissance du fils tant désiré, Anne, sa mère l’a appelé « Samuel », ce qui veut dire : demandé à Dieu, ou Dieu a exaucé.

Vous vous souvenez qu’Elkana et Anne portaient des noms qui avaient une signification et qui rappelaient l’un et l’autre qu’ils connaissaient la merveilleuse grâce de Dieu. Le nom de leur fils rappelait que ce Dieu de grâce répond aux prières de ceux qui revendiquent, non leurs bonnes œuvres, mais bien la grâce de ce Dieu qui se plaît à bénir ceux qui se confient en Lui.

Sitôt que Anne eut sevré son fils, elle l’amena à la maison de l’Éternel afin qu’il paraisse devant Lui et qu’il demeure là pour toujours. Dans ce temps-là, l’Éternel habitait à Silo, là où était l’arche ; plus tard Il a habité à Jérusalem dans le temple que Salomon avait bâti.

Maintenant que ce temple est détruit, le Seigneur ne demeure plus dans une maison faite de main d’homme, mais dans une maison spirituelle composée de pierres vivantes. Tous les croyants sont comme les pierres-mêmes de cet édifice. Ils sont unis les uns aux autres par le Saint Esprit et forment ainsi l’assemblée de Dieu.

Quand les croyants sont assemblés au nom du Seigneur Jésus, Il vient là au milieu d’eux et Il les bénit. Sa présence n’est pas visible à l’œil de la chair, mais elle se réalise par la foi. Puisqu’Il a promis d’être au milieu d’eux (Matthieu 18. 20). Il ne peut manquer à Sa parole, et tous ceux qui viennent là, se confiant en Lui, en font l’heureuse expérience de la même manière qu’Elkana et Anne en ont fait l’heureuse expérience dans la maison qui était à Silo. Dans cette maison ils ont prié, ils ont été consolés, réjouis et ont adoré, car l’Éternel était là.

Il en est de même pour nous quand nous nous rassemblons, non autour d’un homme, mais autour du Seigneur. Il est fidèle et Il se plaît à bénir ceux qui se confient en Lui.

Le cœur d’Anne devait déborder de joie et de reconnaissance envers l’Éternel. La prière et les larmes avaient fait place à l’adoration. Il en est toujours de même lorsque nous prions avec instance. Dieu nous répond, et naturellement la reconnaissance remplit le cœur et de la bouche s’élève la louange.

Nous comprenons que cette femme pieuse ne pouvait rien désirer de mieux pour son fils que de le voir demeurer dans ce saint lieu pour tous les jours de sa vie ; aussi elle le prête, pour tous les jours de sa vie, à ce Dieu qui l’avait si richement bénie.

Heureuse mère, et heureux fils d’une telle mère ! Avez-vous su apprécier votre mère qui, dès votre jeune âge, vous a appris à prier et vous a conduits dans le lieu où Dieu est adoré ?

En allant à la maison de l’Éternel, Anne a pris avec elle trois jeunes taureaux pour les offrir en sacrifice à l’Éternel. Elle savait qu’on ne peut s’approcher de Dieu qu’en vertu d’un sacrifice. Or le sang de taureaux et de boucs ne peut pas ôter les péchés, mais seul le sang de Christ nous purifie de tout péché et nous rend parfaits à perpétuité. Le sacrifice d’Anne parlait à l’avance de ce sacrifice, il en était une ombre, une figure.

Elle a aussi amené avec elle un épha de farine et une outre de vin. La farine nous parle de Celui qui a dit : « Je suis le pain qui est descendu du ciel ». Le vin nous parle de la joie que le croyant a dans la Personne du Seigneur Jésus. Vous savez qu’il est dit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4).

Enfin, Samuel, bien que très jeune, s’est prosterné devant l’Éternel. Dès son enfance, il a été un adorateur. Le Père en cherche dans le monde. Avez-vous pensé que malgré votre jeunesse vous pouvez vous aussi Lui rendre ce précieux service ? Vous pouvez chanter Ses louanges et Lui parler de ce que le Seigneur Jésus a fait en venant dans ce monde ; Lui, le seul homme qui L’ait glorifié dans Sa vie et dans Sa mort.

Aujourd’hui nous lirons le deuxième chapitre du premier livre de Samuel. Vous remarquerez d’emblée que les dix premiers versets de ce chapitre sont une prière de Anne. Cette chère Anne priait quand elle était dans la détresse, et elle continuait à le faire quand elle était dans la joie. Il y a là un grand enseignement pratique pour nous. Prions sans cesse. Généralement, quand nous sommes dans des difficultés, cela nous pousse à prier, mais malheureusement, lorsque les circonstances changent et que les difficultés disparaissent, nous négligeons facilement la prière.

Priez en tout temps, faites intervenir le Seigneur dans vos circonstances quand tout semble aller à souhait aussi bien que lorsque vous traversez des circonstances pénibles ou difficiles. C’est une vérité de toute importance.

Il est évident que les prières changent de caractère suivant les besoins et les temps que nous traversons. Nous n’avons qu’à comparer la prière d’Anne au premier chapitre de notre livre avec celle qui nous occupe dans ce moment, pour voir la différence du caractère de ses prières, mais, dans un cas comme dans l’autre, elle avait affaire avec l’Éternel.

Dans le premier chapitre, elle répandait son âme devant Dieu, dans la grandeur de sa plainte et de son chagrin, en versant beaucoup de larmes. Dans le chapitre 2, elle répand son cœur devant ce même Dieu, mais un cœur qui débordait de joie et de reconnaissance. De fait, sa prière est une suite presque ininterrompue de sujets de louange.

Nous avons à nous souvenir que celui qui sacrifie la louange glorifie le Seigneur ; Il y prend plaisir. La louange est la conséquence toute naturelle de la prière. Si nous demandons quelque chose au Seigneur, Il se plaît à nous donner richement ; et en juste retour, nous avons à Le louer et à Lui témoigner notre reconnaissance.

Puisque nous sommes sur le sujet de la prière, je profiterai de l’occasion pour vous donner quelques recommandations à cet égard. Prenez la bonne habitude de prier pour toutes choses. Nous avons affaire avec un Dieu qui s’intéresse à toutes nos circonstances, petites ou grandes. Il compte nos allées et nos venues, Il met nos larmes dans Ses vaisseaux, Il les inscrit même dans Son livre, il a poussé la sollicitude jusqu’à compter les cheveux de nos têtes. Rien n’est trop grand et rien n’est trop petit pour Lui ; et de plus, Il nous aime, et de quel amour !

Parlez-Lui donc de vos peines, de vos joies, de vos travaux, de vos allées et de vos venues, de vos désirs et de vos craintes. N’oubliez surtout pas de Lui parler de vos fautes. Vous savez que nous avons à les Lui confesser, et qu’Il est prêt à nous pardonner. Faites des prières courtes et précises ; évitez tout ce qui n’est pas en harmonie avec la grandeur et la majesté de Celui à qui vous vous adressez. Souvenez-vous qu’Il est le grand Dieu qui est dans les cieux et que vous n’êtes que de pauvres mortels sur la terre.

Dans vos prières, employez autant que possible les mots et les expressions dont la Parole se sert. Vous ne pouvez pas en trouver de plus belles, ni de plus parfaites. Un grand nombre de prières nous sont rapportées dans la Bible ; lisez-les, et ainsi vous apprendrez à prier d’une manière qui sera agréable au Dieu auquel vous vous adressez.

Maintenant, je vois que je ne vous ai encore rien dit de la prière d’Anne. Faute de temps, nous ne pourrons pas nous en occuper aujourd’hui, nous le ferons donc une autre fois si le Seigneur le permet. En attendant, lisez-la vous-même et cherchez-y quelques enseignements. Certainement le Seigneur vous en donnera si vous vous confiez en Lui. Ce qui nous vient directement de Lui est toujours plus précieux que ce qui nous a été donné par un de Ses serviteurs.

Nous reviendrons donc aujourd’hui sur le cantique d’Anne. Vous avez sans doute remarqué que trois mots sont employés dans les Écritures pour désigner la louange des rachetés. Ce sont : des « psaumes », des « hymnes », et des « cantiques ».

Voyez à ce sujet Colossiens 3. 16. Le mot psaume est le terme le plus général ; il est employé en rapport avec ce qui se passe dans le cœur des fidèles lorsqu’ils considèrent ce que Dieu est, ce qu’Il dit et ce qu’Il fait. Les psaumes sont l’expression des élans d’une âme pieuse vers Dieu, C’est comme si une corde harmonieuse vibrait au dedans d’eux en pensant à Sa bonté, à Sa fidélité, à Ses œuvres, à Sa sagesse, en un mot à toute Sa gloire.

Les hymnes sont en rapport avec le culte, l’adoration.

Les cantiques célèbrent toujours une délivrance quelconque.

La prière de Anne est donc un cantique puisqu’elle célèbre l’heureuse délivrance dont elle a été l’objet, la délivrance de l’opprobre qui pesait sur elle et qui a pris fin lors de la naissance de son fils Samuel, ce fils tant désiré. Son cantique commence par l’expression de la joie qui remplissait son cœur de mère : « Mon cœur s’égaie en l’Éternel ». Ce Dieu fidèle avait répondu à son ardente prière. Vous remarquez que ce n’était pas dans ce qu’elle avait reçu qu’elle se réjouissait, mais bien dans le Donateur Lui-même.

Il nous arrive souvent de nous réjouir dans les circonstances que nous traversons plutôt que de nous réjouir dans Celui qui nous les dispense. Hélas ! Les circonstances changent souvent et nous voici tout abattu. Mais Dieu, qui ne peut changer, se plaît à nous bénir et Lui ne peut changer ; Il reste le même, car il n’y a en Lui ni variations, ni ombre de changements.

Anne, dans ce moment, réalisait ce que nous avons dans le commencement du chapitre 3 des Philippiens : « Réjouissez-vous dans le Seigneur ».

Les Philippiens devaient certainement se réjouir en voyant Épaphrodite revenir auprès d’eux après avoir accompli le service qu’ils lui avaient confié en l’envoyant jusqu’à Rome porter un secours à l’apôtre Paul. Il avait été malade et fort près de la mort en faisant ce long voyage. Maintenant qu’il revenait guéri auprès des Philippiens, leur joie devait être grande. « Réjouissez-vous dans le Seigneur », leur dit l’apôtre, Lui ne change pas.

Certainement vous avez des sujets de joie, recevez-les de la main du Seigneur avec reconnaissance, mais souvenez-vous que ces choses passeront tôt ou tard, mais que le Seigneur reste quand tout nous manque. C’est Lui qui fera notre joie pendant l’éternité. En Lui, jamais nous n’aurons de déceptions.

« Ma corne est élevée en l’Éternel ». La corne, dans, les Écritures, est le symbole de la puissance. Les quatre grandes monarchies qui ont dominé sur Israël sont comparées à quatre grandes cornes dans la fin du chapitre 7 de Zacharie. Vous en trouverez d’autres exemples en cherchant dans votre Bible.

Anne n’était qu’une pauvre et faible femme, mais Dieu Lui-même l’avait délivrée et l’avait abondamment bénie. Lui seul avait pu lui accorder le désir de son cœur et répondre à sa foi. Maintenant « sa bouche pouvait s’ouvrir sur ses ennemis », non pour les narguer, mais bien pour leur parler de la fidélité du Dieu en qui elle s’était confiée et de la puissance qu’Il avait déployée en sa faveur. Dans la fin de ce premier verset, elle se réjouit dans le « salut de Dieu ».

C’est ce Dieu qui avait été sa délivrance et qui est celle de tous ceux qui s’attendent à Sa bonté. Il sauve de la puissance de l’ennemi de nos âmes, Il nous délivre pendant notre voyage ici-bas de tous les dangers auxquels nous sommes exposés, et bientôt Il nous délivrera de ce monde et nous introduira dans les demeures célestes, dans la maison du Père. Réjouissons-nous, nous aussi, dans le grand salut qui va bientôt être consommé dans la gloire.

Nous avons médité le premier verset du cantique d’Anne. Le deuxième verset que nous allons considérer ensemble contient deux grandes vérités sur lesquelles j’aimerais que nous nous arrêtions un peu. Prêtons une oreille attentive à ce que Dieu veut nous enseigner par ce moyen.

La première de ces vérités, c’est que Dieu est saint : « Nul n’est saint comme l’Éternel ! ». Nous ne saurions trop insister sur cette première vérité. Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal, et nous ne pouvons jouir de Sa grâce et de Ses bénédictions qu’en nous séparant du mal sous toutes ses formes.

« Ayez en horreur le mal », lisons-nous dans Romains 12. 9. « Vous serez saints, car je suis saint » (Lév. 11. 44.) Nous pourrions citer d’autres passages, mais la chose importante n’est pas d’en connaître un grand nombre, mais bien de mettre en pratique ce que nous savons. Un homme ne peut pas devenir un saint par ses propres efforts ; il est un pécheur coupable. « L’Éthiopien changerait-il sa peau et le léopard ses taches ? » (Jér. 13. 23)

Mais tous ceux qui croient au Seigneur Jésus ont été sanctifiés par l’offrande de Son corps faite une fois pour toutes – c’est-à-dire, qu’ils sont devenus des saints en vertu de Son sacrifice.

Nous avons à nous emparer de cette vérité par la foi de la même manière que nous avons cru que nos péchés nous ont été pardonnés en vertu du sang qui a coulé pour nous sur la croix. Ensuite nous avons à marcher comme des saints et à nous séparer pratiquement de tout mal, non pour devenir des saints, mais parce que nous le sommes. Vous obéissez à vos parents non pas pour devenir leur enfant, mais parce que vous l’êtes. De la même manière, puisque Dieu a fait de nous des saints, nous avons à obéir à Sa Parole.

C’est ainsi que se réalisera la prière du Seigneur : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité » (Jean 17. 17). C’est cette parole qui nous apprend à connaître ce qui est bien et ce qui est mal, ce que Dieu ne peut pas approuver. Ainsi cette Parole nous sanctifie lorsque nous la mettons en pratique dans notre vie de chaque jour. De là l’importance qu’il y a de la lire et d’y conformer notre vie.

La seconde vérité sur laquelle nous voulons encore nous arrêter est dans ces mots : « Il n’y a pas de Rocher comme notre Dieu ». Maintes fois nous trouvons le rocher dans les Écritures. Je me bornerai à vous citer deux versets qui, je l’espère, seront suffisants pour nous faire comprendre ce que Dieu veut nous enseigner ici.

Le premier se trouve dans le livre des Proverbes, chapitre 30. 26. « Les damans, sages entre les sages, sont un peuple sans puissance, et ils ont placé leurs maisons dans le rocher ». Ce sont de gentils petits mammifères des pays chauds. Ils ont quelque analogie avec les marmottes que nous trouvons dans nos montagnes. Leurs doigts sont très courts et, au lieu de posséder des griffes avec lesquelles ils pourraient se défendre contre leurs ennemis, ils sont enfermés dans de petits sabots. Ils vivent dans les rochers. Leur seule ressource, en présence d’un danger quelconque, est de se cacher dans les anfractuosités des rochers, ainsi ils sont à l’abri de tous leurs ennemis. Le lion, pas plus que l’aigle, ne peuvent les atteindre dans leurs cachettes. Il faudrait pour cela s’attaquer premièrement au rocher lui-même.

Nous avons ici une belle illustration de ce qu’est le croyant qui, n’ayant aucune puissance et aucune sagesse en lui-même serait à la merci de tous ses ennemis s’il ne pouvait se réfugier en Christ qui est le Rocher des siècles. Caché pour ainsi dire en Lui, nous sommes à l’abri de tout danger. C’est ce que le psalmiste avait bien compris quand il disait : « Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant toi, ô Éternel, mon rocher et mon rédempteur » (Ps. 19. 14).

Cela est agréable à Ses oreilles, quand nous nous adressons à Lui dans la conscience de notre incapacité, et que nous mettons notre confiance en Son œuvre à la croix pour être sauvés, et en Sa puissance infinie pour être gardés de tout mal.

Certainement le commencement du v. 3 du cantique d’Anne est une allusion aux paroles de Pennina qui, ainsi que nous l’avons vu au v. 6 du premier chapitre, la chagrinait aigrement pour la pousser à l’irritation. C’était bien mal de sa part d’agir ainsi. En le faisant, elle manifestait la méchanceté qui était au fond de son cœur. Elle ne savait pas que Dieu l’entendait et qu’Il interviendrait en faveur de la pieuse Anne. « Ne multipliez pas vos paroles hautaines ; que l’insolence ne sorte pas de votre bouche. Car l’Éternel est un Dieu de connaissance et par lui les actions sont pesées » (1 Sam. 2. 3).

Il avait vu ce que faisait Pennina et certainement cela était mauvais à Ses yeux. Nous avons là un enseignement important dont nous avons à nous souvenir sans cesse. Dieu prend connaissance de tout ce que nous faisons, de ce que nous disons, et même des pensées qui sont au plus profond de nos cœurs. Cela est propre à nous rendre vigilants et à nous faire veiller sur toute notre conduite. Quand une pensée de haine, de méchanceté ou de jalousie vient au dedans de nous, nous avons à le confesser et à crier au Seigneur afin qu’Il nous en délivre.

Lorsque des choses mauvaises ne sont pas jugées, elles peuvent nous conduire beaucoup plus loin dans le mal. Nous lisons dans la première épître de Jean, ch. 3. 14 et 15 : « Celui qui n’aime pas son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui ». Lisez aussi ce qui nous est dit de Caïn dans les versets 11 et 12 de ce chapitre. Dieu pèse toutes nos actions ; elles peuvent paraître bonnes à nos yeux et même aux yeux de nos semblables, mais demandons-nous ce que Dieu en pense, considérons cela à la lumière de Sa parole et souvent nous aurons à nous juger et à nous humilier devant Lui.

V. 4. « L’arc des puissants est brisé, et ceux qui chancelaient se ceignent de force ». L’arc est l’arme de la force, car il faut une grande vigueur pour bander un arc qui envoie la flèche au loin. On peut être puissant dans le monde ; et, pour un moment, il peut sembler que tout cède devant la volonté de ceux qui font le mal ; mais, à un moment donné, Dieu intervient, et ils sont, comme dit le psalmiste, détruits en un moment ! Ils périssent « consumés par la frayeur » (Ps. 73. 19).

Nous en avons plusieurs exemples dans la Parole ; un des plus remarquables est celui d’Haman qui se trouve dans le livre d’Esther, ch. 3 à 7. Au moment même où ce méchant homme pensait arriver à l’accomplissement de ses desseins en faisant mettre à mort le peuple de Dieu, le jugement est tombé sur lui et il a été pendu au bois de cinquante coudées qu’il avait fait préparer pour Mardochée.

Mais aussi, il est précieux de savoir que ceux qui ont le sentiment de leur faiblesse se ceignent de force, car le Seigneur se plaît à déployer en eux Sa puissance. Ce Dieu est aussi Celui qui pourvoit aux besoins de ceux qui se confient en Lui, et Il les comble de bienfaits. C’est ce que nous avons dans le verset 5. Nous avons de nouveau à la fin de ce verset une allusion à Anne et à Pennina. Autrefois Anne était sans enfants et maintenant l’Éternel lui avait donné Samuel et allait lui envoyer d’autres enfants.

Nous avons la même pensée exprimée à la fin du Psaume 113. Du reste, comparez ce psaume avec le cantique d’Anne et vous y trouverez beaucoup d’analogies, de même que dans le cantique de Marie (Luc 1. 46 à 55). Vous verrez aussi que les fidèles de tous les temps ont fait les mêmes expériences. Vous aussi, vous ferez de même si vous vous confiez dans le Seigneur.

Je vois que nous n’avançons pas beaucoup dans la méditation du cantique d’Anne. Cette précieuse page des Écritures contient tant d’enseignements pratiques que nous pourrions nous y arrêter encore bien plus longtemps. La Parole de Dieu est infinie, comme du reste, tout ce qui est de Lui.

Regardez les étoiles, les plantes, les animaux, et vous verrez qu’une vie d’homme est trop courte pour apprendre à en connaître quelque chose. Sachez, dès votre jeune âge, rendre la gloire qui est due à ce Dieu qui fait tant de merveilles, mais surtout n’oubliez pas Son œuvre en rédemption. L’œuvre que le Seigneur a accomplie en sauvant des pécheurs est plus grande que celle de créer les mondes.

Mais commençons notre sujet. Nous sommes restés au v. 6. Avez-vous remarqué que si des hommes avaient écrit ce verset, ils auraient mis exactement le contraire de ce que nous y trouvons ? Certainement vous et moi nous aurions écrit : L’Éternel fait vivre et il fait mourir, car c’est là le résumé de l’histoire de tous les hommes. On vit et, ensuite, on meurt.

C’est la grande leçon qui nous est donnée dans le chapitre 5 du livre de la Genèse. Un seul homme, Énoch, fait exception à cette règle. Le salaire du péché, c’est la mort, et il est réservé aux hommes de mourir une fois (Héb. 9. 27). Si tout se bornait à cela, la vie serait bien triste, mais l’Éternel est celui qui fait vivre ; la mort peut faire son œuvre, mais bientôt le Seigneur manifestera Sa puissance en faisant sortir du tombeau tous ceux qui se sont endormis.

À Sa voix puissante tous seront rendus vivants. Soyez bien assurés que ce n’est pas le prince de la mort qui aura le dernier mot, mais bien le Prince de la vie. Jésus à toujours commandé quand Il s’est trouvé en présence de la mort.

Cherchez trois passages dans les évangiles de Marc, Luc et Jean où nous voyons le Seigneur qui commande à la mort, et chaque fois elle a lâché sa proie. Il fait donc descendre dans le shéol, car c’est lui qui a en main les clés de la mort et du hadès (Apoc. 1. 18). Il peut donc en faire monter. Quel jour glorieux que celui dans lequel Il fera valoir Ses droits sur les corps de tous Ses bien-aimés ! C’est là l’espérance consolante de tous les Siens qui sont dans les larmes.

Il est aussi Celui qui appauvrit et qui enrichit, qui abaisse et qui élève aussi (v. 7). Pour que nous puissions jouir des richesses insondables qui sont en Lui, Il doit souvent nous dépouiller de tout ce sur quoi nous pouvons peut-être mettre notre confiance. Il nous fait sentir toute notre misère et nous amène à la conscience que nous sommes si pauvres que nous n’avons rien à Lui apporter que notre misère et nos nombreux péchés.

Lorsque nous en sommes arrivés là, Il nous donne tout : Il nous enrichit des richesses de Sa grâce, des richesses de la gloire de Son héritage, des richesses de Sa miséricorde, des immenses richesses de Sa grâce, des richesses insondables du Christ, des richesses de Sa gloire. Que sont les biens de ce monde à côté des richesses que nous venons d’énumérer ?

Que voulez-vous chercher dès votre jeune âge ? L’argent et l’or qui périssent ont-ils du prix pour votre cœur ? La sagesse, Christ Lui-même, a dit : « Avec moi sont les richesses et les honneurs, les biens éclatants et la justice. Mon fruit est meilleur que l’or fin, même que l’or pur, et mon revenu meilleur que l’argent choisi. Je marche dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de juste jugement, pour faire hériter des biens réels à ceux qui m’aiment, et pour que je remplisse leurs trésors » (Prov. 8. 18 à 21). Non seulement Il enrichit, mais aussi Il élève, et cela jusque dans la gloire dans laquelle Il est entré lui-même. Malheureusement aujourd’hui les hommes aiment mieux la gloire qui vient de leurs semblables que la gloire qui vient de Dieu seul (Jean 5. 44). Nous verrons jusqu’où il peut élever ceux qui se laissent bénir par Lui.

La dernière fois que nous avons été ensemble, nous avons terminé notre entretien sur le grand fait que le Seigneur peut élever et qu’Il peut enrichir. Nous allons aujourd’hui considérer de plus près cette glorieuse vérité qui nous est développée d’une manière particulière dans le v. 8 du cantique d’Anne.

Premièrement, quelles sont les personnes qu’Il va élever au faîte de la gloire et auxquelles il va conférer des honneurs ? De grands hommes ? Non ! Des misérables, des pécheurs : « De la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre ». Souvent les pauvres sont méprisés dans le monde – un monde qui estime les hommes pour ce qu’ils ont plutôt que pour ce qu’ils sont.

Ce sont précisément ceux que le monde méprise qui sont les objets de la sollicitude du Seigneur et ceux dont Il s’occupe d’une manière particulière : « L’évangile est annoncé aux pauvres » (Luc 7. 22).

Nous avons déjà remarqué l’analogie qu’il y a entre notre cantique et le Psaume 113, psaume dans lequel l’Éternel est célébré pour Sa grandeur. « Qui est comme l’Éternel, notre Dieu. Il a placé sa demeure en haut ; il s’abaisse pour regarder dans les cieux et sur la terre ; de la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles, avec les nobles de son peuple » (v. 5 à 7).

Où a-t-il donc placé Sa demeure, puisque de là il doit s’abaisser pour regarder dans les cieux ? C’est ce dont Salomon avait conscience lorsqu’il dit : « Mais Dieu habiterait-il vraiment avec l’homme sur la terre ? Voici les cieux et les cieux des cieux ne peuvent le contenir ».

Avez-vous considéré sur quoi Son regard se repose ? Ce n’est ni sur les merveilles qui sont dans les cieux, ni sur les grandes choses qui sont sur la terre, mais bien sur de pauvres êtres misérables et coupables. Quel amour que le Sien ! Sentez-vous votre misère, avez-vous un peu conscience de votre culpabilité et de vos fautes ?

Sachez que ce grand Dieu a les yeux sur vous et qu’Il ne demande qu’à vous délivrer, à vous bénir, à vous enrichir, à vous donner une part précieuse avec les Siens et une place avec Lui dans Sa gloire. Lisez le chapitre 4 de l’Apocalypse ; là vous verrez un trône sur lequel le Seigneur Jésus est assis ; et autour de Son trône vingt-quatre trônes sur lesquels sont assis vingt-quatre anciens. Ces anciens sont là l’image de ceux qui seront bientôt assis dans les cieux ; les saints de l’Ancien Testament avec ceux des temps actuels.

Vous remarquerez la merveilleuse gradation que nous avons dans ce verset 8 : Il fait lever, il élève, il fait asseoir avec les nobles, il donne en héritage un trône. Que c’est précieux ! Dieu se plaît à Se glorifier dans Sa grâce comme dans toutes Ses œuvres. Dans le verset suivant, Il garde les pieds de Ses saints afin qu’ils ne puissent pas aller s’égarer dans un mauvais chemin. Nous ne savons pas nous garder nous-mêmes, mais en Lui sont la puissance et la fidélité pour le faire, en faveur de ceux qui se confient en Lui.

Le dernier verset de notre cantique (v. 10) contient le jugement qui fondra sur les méchants. Le Seigneur sera le Roi de gloire dont la puissance sera établie sur l’univers tout entier. Les cieux et la terre seront la sphère de Sa domination. Ce sera un temps bienheureux pour tous ceux qui L’aiment. Vous réjouissez-vous en pensant qu’Il vient ?

Anne ayant répandu son cœur dans la louange devant l’Éternel, s’en retourna dans sa maison et Samuel resta dans la maison de l’Éternel. Là, dès son jeune âge, il a appris à servir l’Éternel.

Vous auriez pensé qu’Anne, ayant reçu ce fils en réponse à ses prières, l’aurait gardé auprès d’elle afin de jouir de son affection. Cette pieuse femme avait bien compris que la seule chose pour laquelle il vaut la peine de vivre ici-bas, c’est de servir le Seigneur ; c’est pourquoi, elle consacra son enfant à ce service dès sa plus tendre enfance,

Avez-vous pensé qu’ici-bas tout est vanité, et que même les choses les plus belles de ce monde sont gâtées par le péché, comme un fruit qui a belle apparence, mais qui, à l’intérieur, est dévoré par un ver rongeur ? Donc il est absolument inutile de chercher le bonheur dans les richesses, les honneurs, les arts, les sciences, les plaisirs, en un mot toutes les choses après lesquelles les hommes courent. Tout est vanité et rongement d’esprit. La recherche de ces choses occasionne des peines, de la fatigue et, en fin de compte, ne laisse dans les cœurs que de l’amertume et des déceptions.

Je pourrais vous raconter bien des choses à ce sujet, mais cela prendrait trop de temps. Je vous conseille de lire avec attention le livre de l’Écclésiaste, dans lequel Salomon nous parle de toutes les choses pour lesquelles il s’est fatigué et a montré beaucoup de sagesse. Dans aucune d’elles il n’a trouvé le bonheur, bien au contraire.

Par contre, il vaut bien la peine de vivre ici-bas, même une longue vie pour servir le Seigneur, et vivre pour Celui qui pour nous est mort et a été ressuscité. Vous êtes au commencement de votre vie dans le monde, avez-vous pensé au but que vous allez poursuivre ? L’un d’entre vous désire peut-être devenir riche et à l’intention de beaucoup travailler afin d’avoir beaucoup d’argent. Hélas, l’argent ne peut satisfaire une âme immortelle, et tôt ou tard il faudra le laisser, et ces biens, à qui seront-ils ?

Les honneurs de ce monde sont-ils ce que vous allez poursuivre ? Savez-vous que toute chair est comme l’herbe et sa gloire comme la fleur de l’herbe ?

Un autre dira : J’aimerais des choses meilleures et je veux étudier les sciences et toutes les connaissances de la sagesse humaine. Mais toutes les sciences des hommes ne vous feront pas connaître ce qui en sera de vous quand vous serez dans l’au-delà et ne vous donneront aucun repos. Voudriez-vous être comme ces pauvres savants qui enterraient un de leurs collègues et qui ont dû entendre de la bouche de l’un d’eux : « Puisque la somme de nos connaissances ne nous permet pas l’espoir d’un revoir futur ». Pauvres savants ! Ils ignoraient ce que le plus humble des croyants connaît parfaitement, et ils étaient étrangers à ce qui fait la joie de ceux qui ont Jésus pour leur Sauveur et leur espérance. Dieu cache ces choses aux sages et aux intelligents. Du reste, les sages de ce monde ont crucifié le Seigneur de gloire.

Sachez bien, mes enfants, que le seul vrai but d’une vie heureuse est de servir humblement Celui qui pour nous a sacrifié Sa vie. Tout autre but amène tôt ou tard l’amertume et une confusion éternelle.

Anne avait bien compris cela. Quelle joie pour son cœur lorsqu’elle voyait son fils bien-aimé servir l’Eternel dans Son sanctuaire, et quelle récompense pour la mère et pour le fils pendant l’éternité !

Il est évident que, les services variant à l’infini, Samuel ne faisait pas des choses bien remarquables dans sa jeunesse. Le chapitre suivant nous apprend qu’il ouvrait les portes de la maison de l’Éternel. Un enfant peut faire cela. Ayant été fidèle dans de petites choses, le Seigneur lui en a confié plus tard de plus grandes. Si nous sommes fidèles dans ce qui est du domaine d’un enfant, nous aurons de plus importants services plus tard.

Du reste, c’est un principe qui est vrai en tout temps. Étienne et Philippe ont commencé par servir aux tables. Plus tard, l’un a été le premier qui a eu l’honneur de donner sa vie pour son Seigneur, l’autre, Philippe, a été un puissant évangéliste. Voyez ce qui nous est dit d’eux dans les chapitres 6 à 8 du livre des Actes. Souvent bien des personnes se figurent que le service consiste dans de grandes choses. C’est une profonde erreur. Nous pouvons servir le Seigneur dans les choses de la vie de chaque jour. Pensez-y et que, à la venue du Seigneur, il puisse vous dire : Cela va bien, bon et fidèle serviteur.

Nous avons laissé Samuel qui servait l’Éternel en la présence d’Éli, le sacrificateur ; plus loin nous le voyons servant, jeune garçon, ceint d’un éphod de lin. L’éphod était le vêtement des sacrificateurs. Il revêtait donc, dès son jeune âge, les caractères d’un sacrificateur qui servait l’Éternel dans le lieu saint. Il avait aussi une ceinture, qui nous parle du service. Celle-ci tenait les vêtements en ordre, serrés contre le corps de celui qui était ainsi ceint.

Pour nous, la ceinture est la Parole : « Ayant ceint vos reins de la vérité ». Or la Parole est la vérité. Elle met tout en ordre dans notre être intérieur ; car elle nous amène à juger tout ce qui n’est pas compatible avec ce qui convient à la gloire de Dieu.

C’est pourquoi son éphod était de lin. Le lin représente les justes actes, les justes faits des saints. Ce sont des images, mais elles nous font connaître ce qu’était la manière de faire et de vivre de Samuel. Il servait l’Éternel dans Son sanctuaire et se tenait écarté de tout ce qui est mal. Nous avons dans tout cela un grand contraste avec les fils d’Éli. Tous deux étaient des fils de Bélial (Bélial est un des mots employés dans les Écritures pour désigner l’ennemi de nos âmes).

Chez Éli nous voyons de la piété, mais qui n’était pas accompagnée de l’énergie nécessaire pour réprimer le mal. Cette énergie est appelée la vertu (2 Pier. 1. 5). Puisque ses fils se conduisaient mal et déshonoraient l’Éternel dans son sanctuaire, il aurait dû les chasser de ce lieu saint, car ils étaient parfaitement indignes de servir dans la maison de Dieu. Au lieu de cela, il leur fait une réprimande qui n’a produit aucun effet.

Vous savez que les parents ont reçu de Dieu une autorité dont ils sont responsables de se servir pour le bien de ceux qu’Il leur a confié. Soyez bien assurés que cela est aussi pénible pour les parents que pour les enfants, de devoir corriger ceux qu’ils aiment, mais ils le font pour leur bien et, plus tard, il y en a de la bénédiction pour les enfants et de la joie pour les parents.

« Corrige ton fils, et il te donnera du repos et procurera des délices à ton âme » (Prov. 29. 17). Lisez aussi les v. 4 à 11 du chapitre 12 de l’épître aux Hébreux qui nous fait connaître le pourquoi de la discipline pour les enfants et aussi pour les croyants, car Dieu, le Père, fait participer à Sa discipline Ses propres enfants. C’est pour leur profit et afin de les rendre participants de Sa sainteté. Si la discipline, pour le présent, ne semble pas un sujet de joie, mais de tristesse, plus tard, elle produit le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle.

Pauvre Éli ! il n’a eu que souffrance et tristesse dans sa famille, et le jugement de Dieu est tombé sur ses fils et sur sa postérité. Les conséquences du mal ont souvent une portée beaucoup plus grande que nous ne le pensons. De fait, la maison d’Éli tout entière est tombée sous le jugement de Dieu, ainsi que nous le fait savoir la fin de notre chapitre 2.

Par contre, quelle joie dans la famille d’Elkana. Chaque année Anne montait avec son mari pour sacrifier le sacrifice annuel. Elle apportait à son fils une petite robe. Quel travail d’amour que celui de cette mère. Chaque année la robe devenait plus grande, car il grandissait auprès de l’Éternel, agréable à l’Éternel et aux hommes. Y a-t-il joie plus grande pour un cœur de mère que de voir un fils qui ainsi, dès son jeune âge, glorifie le Seigneur et manifeste les caractères du Seigneur Lui-même ?

Nous lisons, en effet, en Luc 2. 52, que Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.

Anne ayant été fidèle avec son premier enfant, le Seigneur lui en a confié d’autres : trois fils et deux filles. Heureuse maison que celle où le Seigneur est connu et où les enfants, dès leur jeune âge, ont le privilège d’entendre parler de Lui et sont enseignés à Le servir. Aimeriez-vous mieux ressembler aux enfants d’Éli qu’à ceux de la pieuse famille d’Elkana ?

Nous nous sommes déjà plusieurs fois occupés ensemble du deuxième chapitre du premier livre de Samuel. Il contient tant de richesses et d’enseignements importants, que j’aimerais vous en parler encore aujourd’hui. La Parole de Dieu est infinie et jamais nous ne l’épuiserons en la lisant et en la méditant. Ne craignez jamais de relire maintes fois le même chapitre. Vous y trouverez toujours de nouvelles richesses.

Nous avons vu Samuel qui grandissait auprès de l’Éternel ; les fils d’Éli qui déshonoraient son beau nom dans son sanctuaire ; et, enfin, leur pauvre père qui, tout en étant un homme pieux, manquait d’énergie pour réprimer le mal qui était dans sa maison. La fin du chapitre est profondément triste.

Un homme de Dieu, envoyé par l’Éternel, est venu vers Éli pour lui annoncer le jugement qui tomberait sur sa maison. Il lui rappelle tout ce que l’Éternel avait fait pour lui et pour sa famille, dès le pays d’Égypte, et la manière dont sa famille s’est conduite. Vous remarquez que plus on est près de Dieu, plus on est privilégié par Lui, plus aussi on est responsable devant Lui et plus le châtiment est grand pour ceux qui ne sont pas fidèles. Pauvre Éli ! Sa famille allait tomber sous le jugement de Dieu. Il n’y aurait plus de vieillard dans sa maison ; sa famille allait être retranchée de la sacrificature et ses deux fils mourraient en un seul jour, ce qui, nous le verrons plus loin, s’est accompli à la lettre. Souvenez-vous que ce que Dieu promet a lieu certainement, aussi bien lorsqu’il annonce des jugements que lorsqu’il s’agit de bénédictions.

Ensuite, cet homme de Dieu annonce qu’à sa place Dieu suscitera un sacrificateur fidèle qui fera ce qui est dans le cœur de Dieu et auquel il bâtira une maison stable ; chose qui n’a pas pu avoir lieu pour Éli à cause de son infidélité et de celle de ses fils.

Éli jugeait tout ce mal, mais il ne s’en séparait pas, et c’est ce en quoi il manquait. Un principe des plus importants à retenir est que nous avons à nous retirer de l’iniquité où qu’elle se trouve. Il ne suffit pas de la juger, mais il faut s’en séparer à tout prix : « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur », lisons-nous en 2 Timothée 2. 19.

En agissant comme il le faisait, Éli méprisait l’Éternel et honorait ses fils plus que Lui. La conséquence de ce grand mal était que sa maison allait être mise de côté et remplacée par une autre, ce qui a eu lieu sous les règnes des rois David et Salomon. Mais si nous considérons de plus près ce qui nous est dit ici d’un sacrificateur fidèle qui devait remplacer Éli, nous verrons que le Saint Esprit veut nous parler d’un plus grand que tous les sacrificateurs qui ont officié dans le lieu saint jusqu’à ce jour et qu’Il veut diriger nos yeux sur la Personne du Seigneur Jésus Lui-même, qui bientôt sera roi et sacrificateur sur Son trône comme la chose nous est si merveilleusement annoncée dans le chapitre 6 du prophète Zacharie.

Lisez vous-même les v. 12 et 13 de ce chapitre et vous verrez combien de gloires sont accumulées sur la tête de cet homme qui a pour nom « Le Germe ». Vous êtes-vous demandé pourquoi il porte un tel nom ? Vous savez que c’est dans le germe que se trouve le principe de la vie. C’est en Christ seul que se trouve la source, le principe merveilleux de la vie. Lui seul a pu dire : « Je suis la vie ». Cherchez dans l’évangile de Jean le passage où cette parole se trouve.

Vous remarquez que, partout où l’homme a manqué, Christ est venu revendiquer les droits et la gloire de Dieu. C’est Lui qui remplace en toutes choses l’homme en Adam. La loi a été violée par l’homme, Lui l’a rendue grande et honorable. La sacrificature a été ruinée par l’infidélité des fils d’Éli, et c’est Lui qui est sacrificateur pour l’éternité. Plus tard, nous verrons la chute de la royauté et, en fin de compte, c’est Lui qui sera le Roi de gloire dont l’autorité sera reconnue dans les cieux et sur la terre et pour toujours. N’ayons aucune confiance, ni en nous-mêmes, ni dans les hommes, mais souvenons-nous que nous avons tout pleinement en Lui.

Aujourd’hui nous nous occuperons d’une des pages les plus merveilleuses de l’histoire de Samuel ; celle qui, probablement, a le plus intéressé les petits lecteurs du précieux livre qui nous occupe maintenant. Ce récit se trouve dans le chapitre 3 : « Et le jeune garçon Samuel servait l’Éternel devant Éli ». Vous remarquez que le Saint Esprit se plaît à rappeler le service que ce jeune garçon fidèle a accompli dès son enfance.

Gardez bien cette parole dans votre cœur et ne perdez pas vos jeunes années à des vanités ou à des choses de néant au service d’un mauvais maître qui voudrait bien vous avoir comme esclaves. Ce mauvais maître s’appelle « Satan », il est menteur et meurtrier ; il cherche à vous pousser à mal faire ou à poursuivre des convoitises qui font la guerre à l’âme et qui ne laissent qu’amertume et déception. Il fait briller devant les yeux de ceux qu’il veut perdre des choses qui paraissent désirables. Ceux qui se laissent prendre par ses promesses, les poursuivent souvent pendant une vie entière, dépensent leurs facultés, leurs forces, leur vie et, en fin de compte, perdent leur âme sans avoir trouvé le bonheur un seul instant.

Souvenez-vous qu’ici-bas tout est vanité et rongement d’esprit ; seule la grâce de Dieu peut sauver l’homme de la mort et le rendre heureux dans le présent et pour l’éternité. Mais revenons à Samuel.

Il vivait dans un temps difficile : la parole de l’Éternel était rare en ces jours-là et la vision n’était pas répandue. Dieu ne pouvait pas librement donner à connaître Ses pensées à cause de l’infidélité de Son peuple. Il fallait beaucoup d’énergie pour marcher fidèlement dans un temps pareil. Lorsqu’il y a une grande abondance de bénédiction parmi le peuple de Dieu, il est relativement facile de marcher fidèlement, mais quand tout va mal, il n’y a que la puissante grâce de Dieu qui peut garder ceux qui désirent être fidèles.

Dans quel pauvre état était tombé le peuple de Dieu : la loi avait été violée, la sacrificature était en ruine à cause des fils d’Éli ; ce sacrificateur pieux baissait de plus en plus dans son état spirituel. Au premier chapitre, il a manqué de discernement ; au chapitre 2, d’énergie pour réprimer le mal qui était dans sa maison ; ici ses yeux sont troubles, et il ne peut voir ; le moment était venu où le jugement allait tomber sur sa maison ; c’est dans un tel temps que Samuel devait servir l’Éternel avec fidélité. Comme il avait besoin de la grâce de Dieu pour pouvoir Le glorifier dans des circonstances aussi difficiles.

Il en est de même pour ceux qui désirent être fidèles aujourd’hui ; souvenez-vous-en, et n’oubliez pas que la grâce de Dieu est suffisante pour faire face aux difficultés quelles qu’elles soient. L’exemple de Samuel est bien propre à vous encourager. C’est même de lui que l’Éternel s’est servi pour annoncer à Éli ce qui devait tomber sur sa maison. Comme ce devait être humiliant pour ce vieux sacrificateur d’entendre de la bouche de ce jeune garçon, qui était son élève, la parole que l’Éternel prononçait à son sujet !

L’un et l’autre étaient couchés dans le temple de l’Éternel. Ce devait être une chose des plus solennelles que de passer une nuit dans ce saint lieu. Les Psaumes 134 et 135, que vous lirez avec attention, nous dépeignent d’une manière sublime la solennité d’une telle scène. C’est dans le silence solennel de la nuit et dans ce sanctuaire que, pour la première fois, l’Éternel a appelé Samuel et S’est révélé à lui personnellement.

Jusqu’à ce jour, il avait entendu parler de ce grand Dieu qui avait fait des choses merveilleuses pour son peuple ; Il l’avait servi, avait vu le culte qui Lui était rendu dans ce sanctuaire ; il s’était même prosterné devant Lui, ainsi que nous l’avons vu à la fin du chapitre 1er, mais jusqu’à ce jour-là il n’avait pas encore eu affaire avec Lui personnellement ; Dieu Lui-même ne lui avait pas parlé. Comme ce devait être impressionnant et solennel, d’entendre la voix de Dieu au sein de la nuit. C’était la voix d’un Dieu de grâce qui voulait se faire connaître personnellement à ce jeune garçon. C’est du reste ce qu’il veut faire avec chacun de vous.

Il parle de bien des manières différentes. Il le fait dans un songe, dans une vision, par un événement, par une parole entendue dans une prédication, par la lecture d’une portion de Sa Parole, par le chant d’un cantique et par mille autres manières. Ce Dieu est riche en moyens.

J’ai connu un jeune homme auquel il a parlé par ce simple verset : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » (Mat. 5. 22). Depuis lors, ce jeune homme n’a plus eu de repos avant de savoir comment il pouvait être sauvé, et enfin il a trouvé. C’est Dieu qui lui avait parlé.

Probablement que Dieu vous a appelé déjà plus d’une fois ; avez-vous dit, comme Samuel : « Parle, car ton serviteur écoute » ? Au sein de la nuit, Samuel s’est levé et a couru vers Éli. Vous remarquerez qu’il n’y avait en lui ni distraction, ni paresse, mais une sainte diligence. Il aurait pu dire : C’est la nuit. Je demanderai demain matin à Éli : c’est le moment de dormir, pourquoi réveiller ce vieillard ? Non ! Il court trois fois vers lui. Bien lui en a pris. Demain ne nous appartient pas. C’est aujourd’hui qu’il faut répondre à l’appel de Dieu. C’est à Dieu que maintenant il faut s’adresser. Criez à lui et il vous répondra et vous révélera Ses pensées.

Nous voulons aujourd’hui revenir sur l’histoire de Samuel quand l’Éternel l’a appelé. Vous vous souvenez sans doute de ce que je vous ai dit sur ce sujet, aussi nous n’y reviendrons pas, mais nous considérerons d’autres détails sur lesquels je ne vous ai rien dit faute de temps. Enseigné par Éli, Samuel a dit : « Parle, car ton serviteur écoute ».

Je vous recommande de toujours mettre en pratique les enseignements de ceux qui sont plus âgés que vous et surtout ce qui vous est dit par des vieillards. Si Samuel n’était pas allé vers Éli lorsqu’il l’a appelé et n’avait pas fait ce que ce serviteur de Dieu lui avait dit, il n’aurait pas pu profiter de ce que Dieu voulait lui révéler et n’aurait pas fait connaissance personnellement avec l’Éternel. Un grand danger guette les jeunes gens maintenant, c’est celui de se croire bien supérieurs à ceux qui ont été avant eux. On méprise volontiers ceux que l’on appelle avec dédain « les vieux ». Cela a déjà fait beaucoup de mal et conduira la jeunesse plus loin que nous ne le supposons généralement.

Cela fait penser aux jeunes gens qui avaient été élevés avec Roboam, le fils de Salomon. Vous savez quelles ont été les conséquences désastreuses pour le peuple de Dieu que ce jeune roi ait écouté les conseils de ces jeunes gens qui avaient grandi avec lui, conséquences qui se font sentir encore aujourd’hui.

L’Éternel donc vint et se tint là et annonça à Samuel tout ce qui devait arriver à la maison d’Éli. Il devenait ainsi le dépositaire des pensées de Dieu, et cela le constituait prophète puisqu’il devait parler de la part de l’Éternel. Vous pouvez penser combien Samuel devait craindre de rapporter à Éli ce que Dieu lui avait fait entendre. Il semble même qu’Éli avait conscience que la parole qui avait été révélée à ce jeune garçon était une parole fâcheuse pour lui puisqu’il lui dit : « Ainsi Dieu te fasse, et ainsi il y ajoute si tu me caches quoi que ce soit de toute la parole qu’il t’a dite ».

Samuel, fidèle témoin, lui rapporta toutes les paroles et ne les lui cacha point. En cela encore il a manifesté les caractères du Seigneur, celui qui a été le témoin fidèle et véritable. Vous savez que le faux témoin ne sera pas tenu pour innocent et que nous sommes laissés ici-bas pour être les témoins du Seigneur Jésus dans les divers milieux où nous avons été placés. Le Seigneur Lui-même a dit à Ses disciples : « Vous serez mes témoins jusqu’au bout de la terre ». C’est même la dernière parole qu’Il leur a adressée avant de monter au ciel (Act. 1. 8).

Il est évident que notre vie doit être en harmonie avec ce que nous disons. Malheureusement, souvent nos actes viennent détruire l’effet qui peut avoir été produit par nos paroles. Notre conduite et ce que nous disons devraient toujours être à la hauteur du témoignage qui nous est confié.

Il est beau de voir l’humilité d’Éli : il courbe la tête sous le gouvernement de Dieu et se soumet à Sa sagesse, même dans Sa discipline envers son pauvre serviteur. Sachons, nous aussi, nous humilier sous la puissante main de Dieu.

Après ces choses, il nous est dit que Samuel grandissait. Il devenait un homme fait et Dieu était avec lui. Il ne laissait tomber en terre aucune des paroles de l’Éternel. Ceci est d’une grande importance. Gardons soigneusement au dedans de nos cœurs tout ce que nous entendons de cette bonne parole et mettons-la en pratique dans notre vie de chaque jour.

Marie gardait par devers elle toutes les choses qu’elle avait entendues concernant le Seigneur, et elle les repassait dans son cœur (Luc 2. 19). Puissions-nous faire de même.

C’est en agissant ainsi que Samuel faisait des progrès. La conséquence de tout cela fut que l’Éternel a fait de lui Son prophète. Un prophète est quelqu’un qui parle de la part de Dieu. Non seulement Samuel a été ainsi établi comme étant le porteur des paroles de l’Éternel, mais aussi Dieu a incliné le cœur de tout le peuple à le reconnaître comme tel depuis Dan jusqu’à Beer-Shéba, ou, si vous préférez, du nord au sud du pays – ces deux localités étant, la première à l’extrémité nord du pays, l’autre à la limite sud. Depuis lors l’Éternel S’est révélé à lui par le moyen de Sa parole.

Si donc vous désirez que Dieu vous révèle Ses pensées, lisez Sa Parole. Il pourra se servir de vous pour un service quelconque et vous serez capables de parler de Lui à ceux qui vous entourent.

D’après La Bonne Nouvelle 1942