Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
Dans cette épître, le Saint Esprit montre quels sont les caractères des conseils de Dieu, conseils que, dans sa grâce, le Seigneur est venu accomplir.
La gloire de Dieu, sa sainteté, sa justice sont absolues. ses conseils, à l’égard des siens et de l’humanité en général, sont en relation avec sa nature.
L’apôtre a deux grands sujets devant lui : la vie éternelle (1 Jean 5. 20), qui était auprès du Père (1 Jean 1. 2), que le Seigneur est venu manifester et communiquer aux croyants (Jean 3. 16) et la communion qui s’établit avec le Père et le Fils, et par voie de conséquence, entre les enfants de Dieu.
L’apôtre Jean ne se nomme pas. Toute la place est laissée à Dieu. Cette épître ne s’adresse à personne en particulier, elle a un caractère universel.
Ch. 1er
– v. 1 et 2. Ce « commencement » concerne le moment où le Seigneur est venu apporter sur la terre « la grâce et la vérité » (Jean 1. 17), réalisant ainsi les conseils de Dieu, conçus « dès l’éternité ». Il apportait la vie éternelle à quiconque croit en Lui.
Jean s’associe les autres apôtres pour témoigner de ce qu’ils ont vu : « Bienheureux sont les yeux qui voient ce que vous voyez » (Luc 10. 23), ce qu’ils ont entendu : « les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22), ce qui faisait dire aux huissiers envoyés pour le prendre : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (Jean 7. 46), ce qu’ils ont contemplé : « Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père » (Jean 1. 14) et enfin ce qu’ils ont touché. Après sa résurrection, Jésus dit à ses disciples : « Touchez-moi et voyez » (Luc 24. 39).
Le Seigneur était la Parole vivante (1 Jean 1. 1). Dans cette Personne divine, la vie et la lumière étaient associées (Jean 1. 4). On les retrouve ici (v. 2 et 5). Le Seigneur communique la vie à ceux qui croient en Lui, parce qu’Il a la vie en Lui-même.
– v. 3. Ces témoins nous annoncent ces choses pour que nous ayons communion avec le Père, avec son Fils, avec eux (c’est à dire les apôtres), et les uns avec les autres. Notre communion repose sur cet enseignement des apôtres, « témoins oculaires de sa majesté » (1 Pier. 1. 16). C’est un principe de communion vital, inaltérable : quiconque croit en Lui, reçoit la vie éternelle (1 Jean 5. 1).
– v. 4. Il est question ici de la joie du chrétien. Elle est liée à la possession de la vie et découle de la communion dont on jouit avec le Père et son Fils. Christ est la source bénie de notre joie. Il nous donne sa propre joie, cette joie qui était la sienne sur cette terre (Jean 15. 11).
Si le chrétien pèche, sa conscience le reprend et l’amène à demander à Dieu : « Rends-moi la joie de ton salut » (Ps. 51. 12). Le Seigneur dit : « Personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22). Rien n’a pu altérer sa joie, pas même la perspective des souffrances de la croix. Il nous est constamment proposé comme modèle : « Fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2).
– v. 5. Dieu est lumière et Dieu est amour (ch. 4. 8 et 16). Dieu veut que nous manifestions quelques reflets de ses caractères dans notre marche de croyants. Éphésiens 5. 7 à 10 met en évidence un des caractères de la nouvelle nature : « Vous êtes lumière dans le Seigneur » et précise ce qui doit en découler dans notre marche. 1 Thessaloniciens 5. 4 et 5 déclare : « Vous êtes tous des fils de la lumière ».
Le Seigneur s’est présenté comme la lumière du monde (Jean 8. 1 à 12) et Il le montre, par exemple, dans sa réponse aux pharisiens, quand ils lui amènent la femme surprise en adultère. Ses paroles projettent sur eux une telle lumière divine, qu’ils ne peuvent la supporter. On sent la vérité de cette déclaration : « les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19). Mais Dieu est lumière, et dès la création, Il a séparé la lumière d’avec les ténèbres (Gen. 1. 3 et 4).
On voit en 2 Corinthiens 6, dans les v. 14 et suivants, que le croyant doit aussi, dans sa vie, séparer ce qui est de Dieu de ce qui appartient à ce monde, envahi par des ténèbres spirituelles. Au ch. 4. 6 de la même épître aux Corinthiens, c’est Dieu Lui-même qui nous est présenté comme ayant « relui dans nos cœurs ». Ainsi, nous sommes en mesure de contempler sa gloire dans la face de Christ.
– v. 6. Il s’agit du cas d’un professant sans vie. Il marche dans les ténèbres, tout en prétendant être en relation avec Dieu : c’est un mensonge !
– v. 7. Les croyants sont maintenant dans sa merveilleuse lumière et c’est leur privilège d’y marcher, en conformité avec ce que Dieu est dans sa nature. Désormais, dans la lumière, nous avons des joies et des intérêts communs. Nous pouvons goûter une communion qui est le fruit de la connaissance des Personnes divines. D’autre part, dans cette lumière, nous apprenons à connaître l’efficace du sang de Jésus Christ qui nous rend propres pour la lumière.
– v. 8 et 10. Ces versets soulignent deux erreurs possibles. Une fois converti, on peut dire que l’on n’a plus le péché en soi. On prétend avoir atteint une perfection exempte de péché. Pensée erronée, déjà introduite dans la chrétienté, du temps de l’apôtre. Dans ce cas, « nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous ». On peut nier aussi avoir commis des péchés. Ce serait faire Dieu menteur, ce serait montrer que « sa Parole n’est pas en nous ». En fait, nous faillissons tous de plusieurs manières et à plusieurs égards.
– v. 9. L’apôtre nous exhorte à confesser nos péchés. Nous faisons alors appel à la fidélité de Dieu et à sa justice satisfaite par l’œuvre de Christ à la croix. Il pardonne nos péchés, nous purifie de toute iniquité et nous sommes lavés de toute souillure.
Ainsi, dans ce premier chapitre, il est question de la lumière, de la vie et de la vérité.
Ch. 2
– v. 1 et 2. L’apôtre s’adresse à des croyants. « Mes enfants » écrit-il. Comme tels, ils marchent dans la lumière et ils sont appelés à ne pas pécher. Toutefois, « si quelqu’un a péché », il y a une ressource précieuse, et l’apôtre tourne nos regards vers Jésus-Christ le Juste.
Un enfant qui désobéit à son père, ne cesse pas pour autant d’être son enfant. Et le pardon des péchés d’un croyant est rendu possible par l’office d’avocat du Seigneur Jésus. Il se tient continuellement pour nous devant le Père et soutient parfaitement notre cause.
Certes, le péché est une grave offense faite à Dieu, et de plus, il nous souille. Si nous avons péché, confessons-le donc aussitôt, avec sincérité, de façon précise (Ps. 32. 1 à 5) et abandonnons-le (Prov. 28. 13).
Les deux offices actuels du Seigneur Jésus en faveur des siens sont ceux d’avocat (1 Jean 2. 1) et de souverain sacrificateur (Héb. 4. 14). En tant qu’avocat, il plaide en notre faveur, quand nous avons péché (Luc 22. 32). Cet office ne s’exerce pas uniquement à l’égard des croyants d’origine juive, mais en faveur de tous ceux qu’Il s’est acquis par son sang précieux, dans le monde entier.
En Luc 22. 61, le Seigneur, se tournant, regarde Pierre. Et ce dernier, qui vient de renier son Maître, pleure amèrement et se repent. C’était le début d’un travail divin, en vue de sa restauration. Déjà, au ch. 13 de l’évangile de Jean, le Seigneur avait dit à Pierre qui refusait de se laisser laver les pieds : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (v. 8). Il exerce en permanence ce lavage, par sa Parole, en faveur de ceux qui Lui appartiennent.
Il faut retenir que Romains 3. 26 présente l’autre aspect, la justification « une fois pour toutes » du pécheur repentant qui s’approche de Dieu par Jésus-Christ. Cette position est acquise, elle ne peut être mise en cause par l’Ennemi.
Le sacrifice parfait du Seigneur a rendu Dieu propice à quiconque s’approche de la croix et accepte d’être lavé dans le sang précieux de Christ. Ce sacrifice n’a d’efficace que pour « tous ceux qui croient » (Rom. 3. 22). Il est vrai que le Seigneur s’est donné en rançon pour tous (1 Tim. 2. 6). Mais son œuvre n’est efficace qu’envers les plusieurs qui viennent à Lui (Mat. 20. 28).
Le péché doit rester un accident chez le croyant. Il doit se hâter de le confesser et de l’abandonner. La grande pensée de la propitiation, par substitution, est présentée déjà dans l’Ancien Testament. En Exode 25. 10 à 22, on voit sur l’arche un couvercle en or, appelé propitiatoire. Le péché de celui qui vient à Dieu, dans la repentance et dans la foi, est « couvert » (Ps. 32. 1). C’est sur ce propitiatoire, qu’une fois l’an, le souverain sacrificateur, entrant dans le lieu très saint, déposait le sang d’une victime devant Dieu. Le Seigneur Jésus, notre grand souverain sacrificateur, a fait propitiation une fois pour toutes pour les péchés du peuple (Héb 2. 17).
Les v. 3 à 6 présentent les fruits de la vie éternelle. Le croyant doit garder les commandements du Seigneur. Les v. 7 à 11 nous incitent à l’amour pour les frères.
– v. 3 à 6. La vie chrétienne est basée sur des certitudes : « Nous savons » (1 Jean 5. 1 à 3). Aimer Dieu et garder ses commandements, c’est montrer que l’on aime aussi les frères. 1 Pierre 1. 22 exhorte les enfants de Dieu à l’obéissance à la vérité et à l’amour des frères. Ces deux choses sont liées.
Jean 14. 21 et Jean 15. 10 exhortent à garder les commandements divins. Ce qui n’implique pas que l’on trouvera toujours dans la Parole une indication précise pour chaque circonstance qui se présente. Mais, en se laissant diriger par le Saint Esprit, nous serons conduits à discerner la volonté de Dieu pour la faire.
Pour certains chrétiens persécutés, garder la Parole supposait d’abord la cacher soigneusement pour être en mesure de la lire au moment opportun. Nous qui avons toute liberté pour la lire, faisons-le journellement pour la mettre en pratique dans la vie quotidienne. Serrons cette exhortation dans notre cœur et notre conscience : « Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » (Apoc. 3. 11).
– v. 7 à 11. C’est avec tendresse que l’apôtre s’adresse aux enfants de Dieu : « Bien-aimés » (ch. 3. 2 et 21), enfants (ch. 2. 1), frères (ch. 3. 13 et 14). Il leur donne un commandement ancien. Le Seigneur l’avait laissé aux siens, lorsqu’il était sur la terre : « Aimez-vous les uns les autres ». Les croyants ayant maintenant la vie de Christ en eux, c’est devenu un commandement nouveau (Jean 15. 12 ; 2 Jean 1. 5). L’amour pour les frères est une pierre de touche. Il permet de montrer si nous gardons sa Parole, si nous sommes réellement en Lui.
Malgré notre faiblesse, cherchons à ressembler à notre modèle (1 Pier. 2. 21). « Voyant Jésus qui marchait », Jean le Baptiseur s’écrie : « Voilà l’Agneau de Dieu », car la marche du Seigneur Le faisait reconnaître (Jean 1. 29).
L’amour, versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint (Rom. 5. 5), doit être vraiment mis en pratique (2 Jean 1) vis à vis du Seigneur et de nos frères. Obéissons à la Parole. Chez le croyant, la vie et la lumière vont de pair, ils sont en Christ (Jean 1. 4).
Dès la création, Dieu avait séparé la lumière d’avec les ténèbres. C’est la chute de l’homme qui a introduit les ténèbres morales dans ce monde : « Le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Jésus-Christ dit : « Moi, je suis la lumière du monde » (Jean 8. 12). En tant que croyants, « nous sommes les fils de la lumière » (1 Thess. 5. 5). Il nous appartient de marcher « comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8), et de reluire « comme des luminaires dans ce monde » (Phil. 2. 15).
« Ce qui est vrai en Lui et en vous » précise le v. 8. L’amour doit s’exercer dans la vérité (2 Jean 1). 1 Corinthiens 13. 4 à 8 montre comment agissent les caractères de l’amour. On voit, en 1 Jean 3. 18, l’amour et la vérité en action. Un amour véritable est inséparable de la lumière divine. Haïr son frère, c’est marcher comme le monde.
Ayons un œil simple et notre corps tout entier sera rempli de lumière (Mat. 6. 22). Quelqu’un a fait remarquer : « Si nous tournons le dos à la lumière, elle continuera de luire sur notre dos », ce qui donne une idée de l’étendue de la miséricorde divine. « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur » s’écrie le psalmiste (Ps. 139. 23). On doit supporter l’action de la lumière, et condamner fermement toute jalousie et toute amertume. Mon frère est « celui pour lequel Christ est mort » (1 Cor. 8. 11). Attachons-nous à discerner ce que Christ a produit en lui.
Il y a dans cette épître un contraste complet entre l’amour et la lumière, d’une part, et la haine et les ténèbres, d’autre part. Il y a incompatibilité entre ce qui est de Dieu et ce qui vient du diable (2 Cor. 6. 14 à 16). Voilà qui aide à discerner le vrai chemin. La vie chrétienne n’est pas une vie de repos ni de facilité. Une grande responsabilité se lie au nom de frères.
La seconde épître de Pierre (ch. 1. 5 à 8) trace le sentier que suit la foi, à mesure qu’elle avance. Notre salut est une certitude précieuse (1 Jean 3. 1) ; et Dieu veut que cette vie divine reçue abonde en fruit porté pour Lui (Jean 15. 8). Ces fruits seront visibles vis à vis de nos frères mais aussi à l’égard des gens de ce monde. N’oublions pas que « Dieu veut que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9). « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4. 18). Puisse notre sentier présenter un tel caractère !
C’est la nature même de Dieu, d’être lumière et amour. Or le v. 11 parle de « celui qui hait son frère » ! On a peine à accepter qu’une telle assertion puisse désigner quelqu’un d’autre qu’un professant sans vie ! Et pourtant, ce peut être le cas. Une telle personne est dans les ténèbres et elle y marche. Elle est sous la domination de Satan.
– v. 12. Il faut être pardonné au nom du Seigneur, pour être appelé un enfant de Dieu. Nous sommes ramenés au début de ce chapitre, où l’on voit que les enfants de Dieu peuvent encore pécher, mais il est précisé ici : « Vos péchés vous sont pardonnés par son nom ».
Ce mot : « enfant » évoque notre relation de famille avec le Père. En 1 Pierre 5. 3, les croyants sont considérés comme un troupeau, en relation avec le Berger. Le nom du Seigneur est le seul nom qui sauve (Act. 4. 10 à 12 ; 10. 43 ; 3. 6). Dans l’Ancien Testament, c’est le nom de l’Éternel qui est invoqué (Ps. 23. 3 ; 25. 11 ; 31. 3).
On devient enfant de Dieu par la nouvelle naissance : c’est un don de l’amour de Dieu (1 Jean 3. 1). Cette nouvelle naissance est opérée par l’Esprit Saint (Jean 3. 3 et 5) sur le fondement du pardon des péchés (1 Jean 1. 9).
– v. 13. L’apôtre s’adresse à toute la famille : aux pères, aux jeunes gens et aux petits enfants. Ces expressions évoquent des degrés différents de maturité spirituelle. Les sœurs, évidemment, sont concernées tout autant que les frères.
Concernant les « pères », Jean souligne chez eux une connaissance approfondie du Seigneur : « Celui qui est dès le commencement ». Cette connaissance s’acquiert par une riche expérience, qui est le fruit d’une marche avec Lui. Toutefois, l’apôtre leur écrit aussi, car ils ont besoin, comme les autres, d’être fortifiés et renouvelés dans leur être intérieur. Une réelle connaissance de Celui qui est dès le commencement confère aux pères une certaine autorité. Les autres membres du troupeau de Dieu attendent d’eux des directions, de la sympathie et de la sagesse. Que le Seigneur nous aide à ne pas rester de petits enfants spirituels (1 Cor. 3. 2) ou, pire encore, de le redevenir (Héb. 5. 11 à 13). Même jeune, un enfant de Dieu peut être appelé à servir le Seigneur qui le fortifiera (Jér. 1. 4 à 8).
Énoch, après avoir marché trois cents ans avec Dieu, a été enlevé auprès de Lui, sans passer par la mort. C’était la preuve irréfutable qu’il avait plu à Dieu (Héb. 11. 5).
– v. 14. Les jeunes gens sont l’expression de la vigueur spirituelle, parce qu’ils ont vaincu Satan. C’est une force qui s’acquiert par la Parole de Dieu : elle demeure en eux. Ils sont appelés à se séparer du monde. Un avertissement solennel leur est adressé : « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15).
On pense à Timothée, ce fidèle serviteur de Dieu, dont personne ne devait mépriser la jeunesse (1 Tim. 4. 12). Pour être en permanence un vainqueur (Apoc. 2 et 3), il faut imiter le Seigneur. Il a vaincu Satan au désert, répondant chaque fois à ses attaques par la Parole.
Dans les v. 18 à 27, les « petits enfants » dans la foi, qui ont encore peu avancé avec Christ, sont plus longuement exhortés. Cependant, nés de nouveau, ils connaissent Dieu comme leur Père, après avoir été des « enfants de colère » (Éph. 2. 3).
Il faut avoir le désir d’atteindre le développement spirituel des « hommes faits » (Éph. 4. 11 à 13), en puisant dans la Parole une plus grande connaissance du « vrai Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (Jean 17. 3).
-v. 13 et 14. Les jeunes gens ont vaincu Satan et ils sont victorieux. C’est un combat continuel, mais ils sont forts, parce que la Parole de Dieu demeure en eux. « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éph. 6. 10). Il faut résister, tout surmonter et tenir ferme (Éph. 6. 13). Dans ce même passage, le v. 17 parle de l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. Pour être fort, il faut connaître la Parole. Elle doit avoir autorité sur nous, s’implanter en nous (Jac. 1. 21). D’après 1 Jean 5. 18 et 19, le Méchant ne touche pas celui qui est né de Dieu, même s’il vit dans un monde qui, tout entier, « gît dans le méchant ».
Pères et petits enfants ont connu et connaissent : ces différents temps du même verbe rendent compte d’un progrès vers un état définitif.
– v. 15. Comme les jeunes gens, n’aimons pas le monde ni les choses qui y sont. Le monde s’applique à être séduisant, mais aimer le monde, c’est se constituer ennemi de Dieu (Jac. 4. 4). Dans ce verset, les adultères, après avoir connu le Seigneur, s’éloignent de lui, pour trouver des satisfactions charnelles dans le monde. « Je vous ai fiancés à un seul mari » écrit Paul (2 Cor. 11. 2). « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15). C’est la source évidente d’une grande partie de nos maux.
On trouve dans l’Écriture trois significations de ce mot « monde » :
1 – Le monde créé (Gen. 1. 1).
2 – Toute l’humanité (Jean 3. 16).
3 – Un système organisé, sans Dieu (1 Jean 2. 15). C’est le monde de Lémec (Gen. 4. 19 à 24). Dans ce sens, le monde est orné, paré, il se veut séducteur. L’Écriture recommande : « Ne vous conformez pas à ce siècle, mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement » (Rom. 12. 2).
Moïse a renoncé au monde (dépeint sous les traits de l’Égypte) et il a choisi l’opprobre du Christ (Héb. 12. 24 à 26). Satan, le chef du monde actuel, n’avait rien en Christ, notre Seigneur, Homme ici-bas (Jean 14. 30 et 31). Ne nous mettons pas sous un joug mal assorti avec les incrédules (2 Cor. 6. 14). « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). 1 Corinthiens 7. 31 recommande de ne pas user de ce monde « à notre gré », car nous n’en faisons plus partie (Jean 17. 14). D’ailleurs, le monde s’agite en vain. « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (Ps. 39. 6).
– v. 16. Ève et Adam n’ont pas résisté à la triple tentation de Satan, dans le jardin d’Éden : elles étaient l’expression des choses qui sont dans le monde : « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (Gen. 2. 6). Le Seigneur a été tenté de la même manière, mais au désert et après quarante jours de jeûne. Mais « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3. 5). En tant que chrétiens, nous rencontrons dans ce monde les mêmes tentations.
Mais loin de n’avoir qu’un caractère négatif, la vie de la foi doit être remplie de ces « bonnes œuvres, préparées à l’avance, pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 9).
– v. 17. Faire la volonté de Dieu, c’est marcher sur les traces du Seigneur (Jean 4. 34). Ce sont de tels vrais disciples qu’il appelle « mon frère, ma sœur, ma mère » (Mat. 12. 50).
Détournons nos yeux de la vanité de ce monde (Ps. 119. 37). Nos convoitises sont bien souvent le levier dont Satan se sert pour nous éloigner de Dieu. Son but est de nous pousser à négliger la Parole. Il cherchera même à la falsifier et voudrait nous amener à la tordre. Écoutons l’avertissement très solennel d’Apocalypse 22. 18 et 19.
v. 18 à 22. L’apôtre s’adresse longuement aux « petits enfants ». Ils étaient particulièrement en danger d’être séduits par l’esprit de l’Antichrist.
Moralement, c’était déjà la dernière heure. Cette expression ne se trouve qu’ici. 2 Pierre 3. 3 et 2 Timothée 3. 1 parlent des « derniers jours », expression qui désigne les temps « fâcheux », qui préparent la venue de l’Antichrist, qui apparaîtra en personne, après l’enlèvement de l’Église.
Il est appelé « l’homme de péché, le fils de perdition ». Il s’élève et s’oppose à Dieu. Il se présentera dans le temple de Dieu et se fera adorer comme dieu (2 Thess. 2. 3 et 4). Il est encore appelé « l’Inique ». Sa venue a lieu par « l’opération de Satan ». Il fait des miracles, des signes, des prodiges de mensonge (2 Thess. 2. 8 et 9). Il séduit les incrédules par l’injustice. Apocalypse 13. 11 le décrit comme une « bête qui monte de la terre », apparaissant en Israël, peut-être du milieu de la tribu de Dan (Gen. 49. 16 et 17). Jean est le seul à l’appeler l’Antichrist.
À l’inverse du Seigneur, que l’on a pu voir sur la terre comme un petit Enfant, couché dans une crèche, l’Antichrist sera « révélé » comme un homme, rempli de puissance satanique. Son activité diabolique caractérise déjà la « dernière heure ». De faux docteurs apparaissent : « Ils n’étaient pas des nôtres… ils sont sortis du milieu de nous » (1 Jean 2. 19). Paul parle de « loups redoutables », d’hommes qui se lèvent d’entre les croyants, annonçant « des doctrines perverses pour attirer des disciples après eux » (Act. 20. 29 et 30).
Ce sont des séducteurs « qui ne confessent pas Jésus Christ venu en chair » (2 Jean 7). L’esprit de l’Antichrist procède du « Menteur », de Satan (Jean 8. 44). Il nie que Jésus est le Christ, il « nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22). On se souvient pourtant que le Seigneur a dit : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14. 6).
Dieu ne veut pas que ses enfants se laissent troubler par des fausses doctrines et Il leur donne les ressources, en particulier celles que l’on trouve dans ces versets de 1 Jean 2. 20 et 21 : « Vous avez l’onction de la part du Saint ». Le Saint Esprit nous communique la vérité et nous scelle (Éph. 1. 13 et 14 ; 2 Cor. 1. 21 et 22 ; Jean 16. 13).
Les petits enfants dans la foi connaissent le Père, ils ont donc l’essentiel. Ils reconnaissent la voix du Bon Berger (Jean 10. 4), ils L’écoutent (Jean 10. 27). En revanche, ces brebis du Seigneur n’écouteront pas la voix des « voleurs et des larrons » (Jean 10. 8).
L’Esprit de Dieu, dans ce passage de 1 Jean 2, instruit les petits enfants. Il leur montre clairement le vrai rôle de ceux qui, tout en se trouvant parmi les croyants, sont en fait dirigés par l’esprit de l’Antichrist.
L’onction du Saint Esprit ne dépend pas du degré de maturité spirituelle, mais il faut veiller ensuite à ne pas attrister le Saint Esprit, cette Personne divine qui daigne habiter en nous (Éph. 4. 30).
La Parole de Dieu distingue : « l’homme animal », l’incrédule (1 Cor. 2. 14) ; celui qui est « charnel », un croyant qui laisse la chair agir habituellement en lui (1 Cor. 3. 1) – l’homme « spirituel », un croyant qui est conduit par le Saint Esprit (1 Cor. 2. 15).
Dans l’évangile de Jean, au ch. 9, on trouve le récit d’un aveugle-né guéri par le Seigneur. Il fait des progrès spirituels rapides et apprend à distinguer les mauvais bergers du Bon Berger. Apprenons aussi à éprouver les esprits pour « voir s’ils sont de Dieu » (1 Jean 4. 1).
– v. 22 à 25. Aux Juifs incrédules, le Seigneur dit : « Vous avez pour père le diable. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). L’Antichrist a les mêmes caractères que le diable. « Il nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22).
Les « plusieurs » antichrists mentionnés au v. 18 viennent de la même source mauvaise et sont animés par le même esprit. De nos jours, où nous manquons de crainte et de sagesse, il nous faut parfois beaucoup de temps pour reconnaître l’esprit de mensonge qui se répand dans l’Église, où l’on respecte de moins en moins la Parole (Jude 3). Si nous cherchons avec ferveur à acquérir une bonne connaissance de l’Écriture, nous serons rendus capables de reconnaître la voix du Bon Berger, et notre cœur sera tenu fermé aux diverses voix qui s’élèvent dans ce monde mauvais.
1 Jean 4. 2 et 3 et 2 Jean 7 et 9 enseignent comment discerner les esprits. « Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu ». « Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16). Jésus disait à ses détracteurs : « Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8. 58). Et Pierre reconnaît : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16).
Le Fils révèle le Père (Jean 20. 17). Mais, même si nous croyons au Fils, le mystère de sa Personne reste insondable (Mat. 11. 27). Le Père a envoyé le Fils (Jean 14. 24). Ils sont liés d’une manière indissociable (Jean 14. 1 et 10).
Rejeter le Fils, c’est rejeter Celui qui l’a envoyé (Luc 10. 16).
Les apôtres ont été les témoins oculaires de ce que le Seigneur a annoncé dès le commencement (Marc 1. 1 ; Luc 1. 1 et 2). La scène de la transfiguration, à laquelle ils ont eu le privilège d’assister (2 Pier. 1. 16 à 18) a confirmé sa majesté.
« Ayant cru à l’évangile de notre salut », nous sommes scellés par le Saint-Esprit (Éph.1. 13 et 14). Ne pensons pas que la réception du Saint-Esprit soit comme une sorte de baptême supplémentaire indispensable !
L’évangile de la grâce, annoncé par le Seigneur, a été confirmé « par ceux qui l’ont entendu » (Éph. 2. 3). Nous devons le garder tel que Dieu nous l’a confié. Veillons à ne pas porter atteinte à l’étendue de l’œuvre du Seigneur Jésus en faveur des pécheurs (Gal 1. 8).
Si la divinité du Seigneur était souvent voilée pendant les jours de sa chair, elle s’est montrée clairement en plusieurs occasions : quand II reprend le vent et la mer, et ils s’apaisent – quand II multiplie les cinq pains et quelques poissons, pour rassasier une grande foule – ou encore quand Il guérit des malades, des infirmes, ou ressuscite des morts, montrant qu’Il est le maître de la vie, qu’Il est Dieu. Les apôtres ont été témoins de ses miracles et leur témoignage est précieux pour la foi.
Les « saintes lettres qui peuvent nous rendre sages à salut » (2 Tim. 3. 15). Elles nous introduisent, par pure grâce, dans l’intimité de Dieu. Et nous avons la responsabilité de garder « ce que nous avons entendu dès le commencement ». Nous pouvons « demeurer dans le Fils et dans le Père ».
– v. 25. « C’est ici la promesse que Lui nous a promise, la vie éternelle ». L’accent est mis sur « Lui ». Sa promesse est sûre et ferme (Jean 5. 24 ; 1 Jean 5. 13). Mais nous devons saisir les bénédictions qui s’y rattachent : « Poursuivre la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit », et « combattre le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 11 et 12).
– v. 27. Le Saint-Esprit nous enseigne par le moyen de la Parole. Il dénonce l’activité de ceux qui cherchent à nous égarer. Déjà, dans l’Ancien Testament, l’Éternel déclarait : « Ma Parole… et mon Esprit demeurent au milieu de vous » (Aggée 2. 5). Dans le Nouveau Testament, le Saint Esprit s’est servi de plusieurs apôtres pour compléter le canon des Écritures (Éph. 4. 11 et 12) « en vue du perfectionnement des saints ». L’Esprit travaille pour nous faire croître « dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3. 18). Il « prend de ce qui est à Christ, et nous l’annonce » (Jean 16. 13 et 14). Lui seul peut faire comprendre les Écritures. En dépit de la diversité des dons (1 Cor. 12. 28), l’Esprit est un, et Il ne peut pas conduire les croyants à avoir des pensées qui s’opposent (1 Cor. 2. 16).
« L’onction est vraie et n’est pas mensonge » (1 Jean 2. 27). C’est « l’Esprit de vérité » (Jean 16. 13). Le serviteur doit se laisser diriger pour être « propre à enseigner » (2 Tim. 2. 24). « L’onction demeure en nous » – c’est une affirmation, et nous devons aussi « demeurer en Lui » – c’est une exhortation. Il est indispensable que le Saint Esprit soit libre d’agir en nous. C’est seulement par son moyen que les choses spirituelles se discernent (1 Cor. 2. 12 à 16).
En 1 Cor. 2. 12, nous connaissons « les choses divines par le moyen de l’Esprit qui est de Dieu ». En 1 Corinthiens 2. 13, ces choses spirituelles nous sont « communiquées » par des « moyens spirituels », par des paroles enseignées de l’Esprit (1 Cor. 12. 14). Ces choses spirituelles sont discernées par l’Esprit de « puissance, d’amour et de conseil » (2 Tim. 1. 7).
Que l’Esprit demeure en nous ne nous dispense nullement de veiller et de poursuivre la sainteté. Notre corps est le temple du Saint-Esprit (1 Cor. 3. 16). Il faut que la Parole habite en nous ; ainsi l’Esprit sera libre d’agir et nous pourrons croître, ne pas rester des « petits enfants » dans la foi (Éph. 4. 14).
– v. 28. Après avoir parlé aux « petits enfants », l’apôtre Jean s’adresse maintenant à tous les enfants de Dieu pour les exhorter à demeurer en Lui, c’est à dire en Christ. Ainsi, ils ne seront pas « couverts de honte » à sa venue, au tribunal de Christ (2 Cor. 5. 10). C’est là que toutes nos œuvres seront manifestées (1 Cor 3. 12 à 15).
L’ouvrier du Seigneur, qui se sera laissé conduire par l’Esprit Saint, aura apporté de bons matériaux à la construction de l’édifice : « de l’or, de l’argent, des pierres précieuses ». Tandis que le mauvais ouvrier, sous l’influence de sa propre volonté, aura apporté de mauvais matériaux : « du bois, du foin, du chaume ». Il ne perdra pas son salut, mais bien sa récompense (Apoc. 22. 12). Peut-être peut-on penser que sa place sera plus éloignée du Seigneur qu’il ne l’aurait souhaité ? Retenons les exhortations de 1 Pierre 1. 3 et 4, 10 et celles de 2 Jean 8. Tous les rachetés recevront la couronne de vie, mais il y a d’autres couronnes, et nous pouvons les perdre par notre faute. Nous ne pourrons pas les jeter aux pieds du Seigneur (Apoc. 4. 10). Ayons le désir de parvenir « à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude de Christ » (Éph. 4. 13).
– v. 29. « Si vous savez » : c’est d’une connaissance intuitive qu’il s’agit. « Sachez que quiconque pratique la justice est né de Lui ». Ici, il s’agit par contre d’une connaissance acquise par l’expérience. Le verbe connaître en français, dans les écrits de Jean en particulier, est la traduction de deux verbes qui, dans la langue originale, ont un sens assez différent (gindskij et oïda). On peut même les trouver parfois réunis dans le même verset, en Jean 13. 7 par exemple : Pierre ne savait pas encore, mais il saurait plus tard, par expérience, la portée pratique du lavage des pieds.
Le croyant qui, par la nouvelle naissance, a reçu la nature même de Dieu (Jean 3. 3 ; Jac. 1. 18), doit pratiquer la justice, montrant ainsi sa foi (Jac. 2. 24). L’incrédule, lui, pratique le péché (1 Jean 3. 7 à 9). Le caractère de Celui auquel nous appartenons maintenant est d’être le Juste (1 Jean 3. 7), d’où cette exhortation, adressée au croyant, de pratiquer, lui aussi, la justice. Lire l’exhortation de Romains 6. 12 : « Que le péché ne règne point dans votre corps mortel ».
Ch. 3
– v. 1. Nous sommes appelés à contempler l’amour que Dieu montre à l’égard de sa propre famille, formée de tous ceux qui ont reçu son Fils comme Sauveur et Seigneur (Jean 1. 12). On lit aussi en Jean 3. 16 : « Dieu a tant aimé le monde ». Jean nous invite à admirer l’immensité de l’amour divin. C’est la même expression qui est employée quand les disciples admirent la beauté des pierres du temple (Marc 13. 1).
Pierre met en évidence ce que doit être la sainte conduite des gens de la maison de Dieu (2 Pier. 3. 11). À l’inverse, les enfants du diable manifestent les caractères de celui dont ils sont les esclaves. Ce sont l’injustice et la haine (1 Jean 3. 10). Nous faisions tous partie à l’origine de ces enfants du diable, mais par grâce, nous nous sommes « tournés vers le Dieu vivant et vrai » (1 Thess. 1. 9).
Les enfants que Dieu aime, ces « frères aimés de Dieu » (1 Thess. 1. 4), sont aussi « aimés du Seigneur » (2 Thess. 2. 13). Le Seigneur dit : « ils étaient à toi, et tu me les a donnés » (Jean 17. 6) ; et encore : « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés » (Héb. 2. 13). De même aussi, l’Assemblée est présentée comme la future épouse de Christ, mais ce n’est pas le sujet des épîtres de Jean.
Dieu est le grand Donateur. L’amour est un don de Dieu (Jean 3. 16 ; 17. 23 et 26) et « Il a versé son amour dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Nous sommes rendus capables d’aimer le Seigneur et de nous aimer les uns les autres. Le Père de notre Seigneur Jésus Christ est devenu notre Père (Jean 20. 17).
De même que le monde n’a pas connu Dieu (Jean 17. 25), il ne nous connaît pas. Comme il a haï le Seigneur, il nous hait aussi (Jean 15. 18). « L’esclave n’est pas plus grand que son maître » (Jean 15. 20). Sommes-nous animés du même esprit que les apôtres ? « Ils se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom » (Act. 5. 41).
– v. 2. « Bien-aimés » : cette expression se retrouve trois fois dans le ch. 4, aux v. 1, 7 et 11. Quand le Seigneur sera « manifesté », notre ressemblance avec Lui deviendra parfaite, « car nous le verrons comme il est » et non plus « comme à travers un verre, obscurément » (1 Cor. 13. 12). « Ceux qui aiment Dieu… » (Rom.8. 28), nous serons « conformes à l’image de son Fils » (Rom. 8. 29). Même « le corps de notre abaissement sera transformé en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3. 21). « Semé corps animal, il ressuscite corps spirituel » (1 Cor. 15. 44).
Il fera partager aux siens sa gloire de Fils de l’homme, mais non pas celle qui n’appartient qu’à Dieu. Il est devenu et reste un homme, mais Il n’a jamais cessé d’être Dieu (1 Jean 5. 20).
D’ores et déjà, cherchons à Lui ressembler, en purifiant notre marche ici-bas, car Lui est pur (1 Jean 3. 3).
L’apôtre passe sans transition du Père au Fils, manifestant ainsi l’unicité des Personnes divines.
– v. 3. Notre espérance est en Lui et nous sommes appelés à nous purifier « comme Lui est pur ». De nombreuses Écritures établissent la pureté de Celui qui est notre modèle. Citons Jean 8. 46 ; 1 Pierre 2. 22 ; 2 Corinthiens 5. 21 et Hébreux 7. 26. Notre responsabilité est de chercher à Lui ressembler dans notre vie pratique – alors que, de son côté, le v. 7 du chapitre 1er établit que nous avons été purifiés une fois pour toutes par le sang de Jésus Christ. Enfants de Dieu désormais, cette purification constante nous gardera du péché, par la pratique de la justice (1 Jean 3. 7).
– v. 4. L’iniquité (une marche sans frein) caractérise celui qui pratique habituellement le péché, tandis que, chez le croyant, le péché doit toujours être un accident.
De fait, les v. 4 à 10 établissent le contraste entre les enfants de Dieu qui pratiquent la justice, et les enfants du diable qui vivent dans l’iniquité. L’exhortation de Romains 6. 12, déjà mentionnée, est en relation avec notre responsabilité : « Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel, pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci ».
La vieille nature est toujours dans le croyant et Romains 7. 14 à 24 décrit les vains efforts d’un croyant pour se libérer de ce marécage du péché, dans lequel il reste embourbé à son grand désespoir. Il se rend compte qu’il est sans force et que le péché, contre son gré, le retient captif. Il pèche, tout en ayant le désir de ne plus pécher. Et cela, jusqu’au moment où, à bout de forces, il s’en remet à un Autre pour être délivré de ce corps de mort. Oui, comprenant son incapacité totale, il se tourne enfin vers le Seigneur (Rom. 7. 25).
Les gnostiques, qui prétendaient parvenir à la perfection par une connaissance absolue des choses de Dieu, niaient que le croyant puisse encore pécher. L’incrédule n’a pas conscience de ses péchés, donc il ne s’en inquiète pas. Mais le croyant, qui a la vie de Christ en lui, a sa conscience troublée par un péché et doit le confesser pour rétablir la communion avec Dieu. L’état normal du croyant, c’est de ne pas pratiquer le péché, mais la justice. La nouvelle naissance change tout dans nos relations avec Dieu.
Les incrédules font la volonté de leur père, le diable (Jean 8. 41 à 44). Le Seigneur est « venu détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3. 8). Le Seigneur est présenté comme ayant vaincu l’homme fort et pillé ses biens (Mat. 12. 29). À la croix, le Seigneur a triomphé en public des « principautés et des autorités » et Il a anéanti les œuvres du diable (Col. 2. 14 et 15).
Que le Seigneur nous aide à porter, habituellement, les vrais caractères des enfants de Dieu, en pratiquant des actes de justice pratique, pour ressembler à notre divin Modèle.
– v. 10. Le croyant, qui a reçu la vie de Dieu, est comparable à un arbre sauvage qui aurait reçu un excellent greffon. Il produira désormais de « bons fruits » auxquels Dieu prend plaisir ; mais sur le vieux tronc peuvent encore pousser des rejets, producteurs de fruits sauvages. La « semence de Dieu » (1 Jean 3. 9) est semblable à ce greffon qui, en se développant, ne porte que de bons fruits. L’incrédule, n’ayant pas la vie divine, ne produit rien de bon pour Dieu, même si ses apparences sont aimables.
Pour la « semence de Dieu », pour ces croyants « participant à la nature divine », il y a de « très grandes et précieuses promesses » (2 Pier. 1. 4). Parmi les fruits portés, citons la marche dans la lumière (1 Jean 1. 7) ; la connaissance de Christ, en gardant ses commandements (1 Jean 2. 3) ; on désire marcher « comme Lui a marché » (1 Jean 2. 6). Le croyant demeure dans la lumière, en aimant son frère (1 Jean 2. 10) ; il ne pratique pas le péché (1 Jean 3. 9). Cet amour pour les frères est réaffirmé (1 Jean 3. 14) et porte des conséquences visibles : le croyant est prêt à laisser sa vie pour les frères (1 Jean 3. 16) et à les assister s’ils sont dans le besoin (1 Jean 3. 17).
– v. 11. L’amour est le thème central de l’épître. Souvenons-nous de ces paroles du Seigneur : « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 3). L’amour de Dieu, versé dans nos cœurs (Rom. 5. 5), doit se manifester à l’égard de tous nos frères, le degré de communion n’entre pas en jeu.
C’est le message « entendu dès le commencement » de la bouche du Seigneur : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35 ; 15. 12 et 17).
En contraste, les incrédules ne pratiquent pas la justice, n’aiment pas les frères. Ce sont, en puissance, des « meurtriers », comme Caïn qui haïssait son frère et le tua (1 Jean 3. 12), car de la haine peut germer le meurtre. La haine est inscrite dans nos cœurs naturels (Tite 3. 3). Le monde haïssait le Seigneur. Pilate et Hérode devinrent amis entre eux le jour où ils condamnèrent Jésus. Caïn, averti par Dieu qui l’engage à accepter le sacrifice pour le péché « couché à la porte » (Gen. 4. 7), refuse d’écouter, devient un meurtrier et, pour finir, sort de devant l’Éternel (Gen. 4. 16).
Personne ne sera jugé et condamné sans avoir d’abord été averti qu’il y a un sacrifice, une ressource pour être délivré du péché. Quant aux « œuvres justes » d’Abel, il faut comprendre que, par la foi, il a compris qu’il devait apporter les premiers-nés de son troupeau et leur graisse pour être agréé. C’était, pour Dieu, une figure de Christ, mourant sur la croix pour les péchés – tandis que Caïn apporta le fruit du sol, tiré d’une terre maudite par Dieu à cause du péché (Gen. 3. 17 ; 4. 3).
v. 13. Comme le monde hait le Seigneur, il hait aussi le croyant. La Parole nous en avertit (Jean 15. 18 à 20 ; 1 Pier. 4. 4 ; Jean 17. 14).
– v. 14. Aimer les frères prouve que nous sommes passés de la mort à la vie. Par contre, celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort. C’est un meurtrier et aucun meurtrier n’entrera dans la sainte cité (Apoc. 22. 15). Veillons donc à marcher dans la lumière (1 Jean 1. 7), dans l’amour pour le Seigneur et pour tous les frères.
– v. 15. 1 Samuel 18. 5 à 11 illustre ce verset. : Saül avait commencé par aimer David, mais ensuite, sa jalousie transforme cet amour en haine, et il tente plusieurs fois de le faire mourir. La haine fait de l’homme un meurtrier, même s’il ne parvient pas à ses fins.
– v. 16 et 17. À l’inverse, Dieu place devant nous le modèle parfait, le Seigneur Jésus. « Lui a laissé sa vie pour nous ». C’est par ce sacrifice que nous avons connu, et que nous connaissons l’amour. Il s’agit d’une connaissance permanente. Elle nous pousse à laisser aussi, si le Seigneur nous y conduisait, notre vie pour nos frères.
Il y a dans l’Écriture des exemples concrets : Prisca et Aquilas avaient exposé leur propre cou pour l’apôtre (Rom 16. 3) ; Épaphrodite, pour l’œuvre, avait été « proche de la mort » (Phil 2. 25 à 30). Romains 12. 1 nous exhorte à « offrir nos corps en sacrifice vivant ». Mais, même si le Seigneur ne nous place pas dans ces situations extrêmes, notre dévouement pour les frères peut se manifester de façon pratique : prier les uns pour les autres, porter les charges les uns des autres (Gal. 6. 2), faire part de nos biens à ceux de nos frères que l’on sait être dans le besoin.
– v. 18. Jean nous met en garde contre le fait de manifester de la sollicitude pour nos frères, en paroles seulement (Jac. 2. 15 et 16). La réalité de notre vie chrétienne doit se manifester pratiquement (Éz. 33. 31). Unis en Christ, agissons à l’égard de nos frères et sœurs comme envers ceux « pour lesquels Christ est mort » (1 Cor. 8. 11). Aimer en pratique est un commandement du Seigneur (Jean 15. 14 ; 13. 35).
Regardons le modèle afin que nous suivions ses traces (1 Pier. 2. 21). Soyons fidèles dans les petites choses matérielles, et Dieu nous confiera les bénédictions spirituelles, nos vraies richesses (Luc 16. 9 à 12). Dieu « prend plaisir à de tels sacrifices », auxquels se lie la bienfaisance (Héb. 13. 16). Le sacrifice de nos biens est lié à celui de la louange dans le culte. Dieu voit « dans le secret » ce que nous donnons – ou plutôt gardons pour nous-mêmes (Mat. 6. 1 à 4). Les Macédoniens s’étaient « donnés premièrement au Seigneur », puis aux apôtres. Et malgré leur grande pauvreté, Paul parle de « la richesse de leur libéralité » (2 Cor. 8. 2 à 5).
– v. 18 et 19. C’est avec une douceur affectueuse que l’apôtre s’adresse aux croyants, comme à des « frères » (v. 13) et à des « enfants » (v. 18) pour les exhorter à aimer « en action et en vérité ». Lui-même les aimait de cette manière-là (2 Jean 1). L’amour est le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22). Il doit être sans hypocrisie (1 Pier. 1. 22).
Ananias et Sapphira avaient voulu mentir en mettant secrètement de côté une partie du prix de la terre vendue. Ils sont immédiatement démasqués (Act. 5. 1 à 10) car ils ont, en fait, « menti à l’Esprit-Saint ». « Aucune créature n’est cachée devant Dieu. Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui auquel nous avons affaire » (Héb. 4. 12 et 13).
L’obéissance et la fidélité mettent notre cœur à l’aise devant Dieu pour demander et obtenir selon nos besoins, parce que « nous gardons ses commandements et pratiquons ce qui est agréable devant lui » (1 Jean 3. 20 à 22).
– v. 19 à 21. En aimant nos frères « en action et en vérité », nous nous fondons sur Dieu lui-même et sur sa Parole, et non sur notre conscience qui n’est pas toujours un guide sûr : elle peut être altérée et peu sensible. « Si notre cœur (ici, il s’agirait plutôt de la conscience ?) nous condamne », suite à un péché ou à une manifestation de la chair, tel que l’égoïsme par exemple, « Dieu est plus grand que notre cœur », sa grâce couvre notre misère, et « Il sait toutes choses ».
Pierre, en reniant son Seigneur, avait donné toute apparence de ne plus l’aimer ; mais il avait la ferme assurance de la connaissance parfaite du Seigneur : « Tu sais que je t’aime » (Jean 21. 17).
C’est en aimant que nous assurons nos cœurs devant Dieu, car nous avons la ferme conviction d’être « de la vérité ». Pensons aussi à Jean 2. 28. Ne soyons pas craintifs de façon irraisonnée, mais ne négligeons pas de chercher à avoir une bonne conscience, bien que ce ne soit pas ce qui nous justifie (1 Cor. 4. 4 ; 11. 31). Aimer « en action et en vérité » doit être mis premièrement en pratique dans la maison de la foi (Gal. 6. 9 et 10), où la bienfaisance a sa place (Héb.13. 16). Voir aussi 3 Jean 5 à 9.
– v. 22. Comme David (2 Sam. 24. 14), reposons-nous avec confiance sur les grandes compassions de Dieu et confessons-Lui nos fautes. Si l’on garde et si l’on met en pratique ses commandements, « quoi que ce soit que nous lui demandions », nous le recevrons de Lui (1 Jean 5. 14 et 15).
Dans la scène de Luc 5. 8, Pierre exprime sa crainte : « Retire-toi de moi, Seigneur », mais en même temps, il manifeste sa confiance en se jetant à genoux devant le Seigneur. La pratique habituelle de la piété rendra nos prières intelligentes. Nous apprenons à discerner la pensée de Dieu. Les enseignements de sa Parole sont éminemment pratiques.
– v. 23. Ce verset est une sorte de résumé de l’essentiel de la foi chrétienne : « Nous croyons au nom du Fils de Dieu » (c’est la conversion) et « nous nous aimons l’un l’autre » (la marche dans l’amour).
– v. 24. Il y a une joie réciproque dans cette communion entre le Seigneur et le croyant qui garde ses commandements. Le Seigneur présente les conditions pour qu’une telle communion s’établisse, en Jean 14. 23 et en Apocalypse 3. 20. On trouve l’exemple suprême dans Jean 14. 10, entre le Père et le Fils.
C’est l’habitation de l’Esprit Saint en nous qui rend possible cette précieuse intercommunion, et nous en donne l’assurance. Mais, pour en jouir, il faut chercher Dieu de tout notre cœur et Lui obéir (Ps. 119. 2).
Laissons-nous conduire par l’Esprit de Dieu, et nous porterons le caractère de « fils de Dieu » (Rom. 8. 14). C’est en obéissant à sa Parole, éclairée dans nos cœurs par l’Esprit Saint, que nous ferons des progrès, et jouirons de la communion avec notre Dieu.
Ch. 4
– v. 1 à 5. Le chapitre montre la nécessité d’apporter par nos actes la preuve de notre relation avec Dieu. Ici, la confession de « Jésus Christ venu en chair » est la preuve que nous Lui appartenons réellement. Par ces paroles : « Bien-aimés », l’apôtre met en évidence la qualité de notre relation avec Dieu.
Les croyants sont mis en garde contre les faux prophètes. Ils nient cette vérité de « Jésus Christ venu en chair ». Ils s’opposent ainsi à l’enseignement du Saint Esprit, qui veut nous conduire dans toute la vérité (Jean 16. 13) et qui communique des « choses spirituelles par des moyens spirituels » (1 Cor. 2. 12 à 16).
Tandis que la doctrine de ces faux prophètes, dirigés par l’esprit de l’Antichrist (chap. 2. 18 et 19), est un danger mortel, spirituellement parlant, pour le chrétien. En niant que le Seigneur Jésus soit « Dieu, manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16), une doctrine qui était déjà soutenue par les gnostiques, on plaît à ce monde. Les gnostiques prétendaient que le Seigneur n’était qu’un homme et que, de ce fait, il pouvait pécher. C’était contredire la Parole qui affirme : « qu’il n’y a pas de péché en Lui » (1 Jean 3. 5), qu’il « n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5. 21), que « nous avons un souverain sacrificateur… qui a été tenté en toutes choses, à part le péché » (Héb. 4. 15).
Il y a donc opposition absolue entre le témoignage de l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’Antichrist qui anime ces faux prophètes. Les enfants de Dieu les ont vaincus, du fait de la présence en eux de l’Esprit de Dieu (1 Jean 4. 4). À noter que les égarements ne se limitent pas à nier la divinité de Christ. Mais retenons que pour les discerner, la Personne du Seigneur est la pierre de touche (1 Cor. 12. 3). Jean 15. 26 met en évidence le témoignage que le Saint Esprit rend actuellement au Seigneur, durant le temps de son absence. 1 Corinthiens 12. 10 cite, parmi les dons, celui du « discernement des esprits » ; mais chacun d’entre nous est appelé à « éprouver les esprits » (1 Jean 4. 1). « Celui qui est spirituel discerne toutes choses » (1 Cor 2. 15). Tous les dons de l’Esprit sont pour « l’édification du corps de Christ ». Dieu désire que nous parvenions « tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Éph. 4. 11 à 13).
Le conseil que donnait, en son temps, Akhitophel, était pour ceux qui l’écoutait, « comme si l’on se fût enquis de la parole de Dieu » (2 Sam. 16. 23). Mais son véritable état d’esprit fut révélé aux fidèles quand il parla contre David, type de Christ. Balaam aussi, contraint par Dieu à dire des choses merveilleuses au sujet du peuple élu, suivait pourtant un chemin « pervers » devant Dieu (Nomb. 22. 32). Gardons « le bon dépôt » (2 Tim. 1. 13 et 14), car cet esprit, qui est celui de l’Antichrist, est plus actif encore dans ces temps de la fin.
Dans les paroles entendues, puis-je retrouver mon Seigneur, dans toute l’excellence de sa Personne et de son œuvre ? Ne nous fions pas à nos émotions, à nos sentiments, à nos pensées, et même à nos exercices. Ils peuvent être produits par l’homme naturel et, dans ces conditions, ils troubleront toujours l’eau pure de la Parole de Dieu.
L’Antichrist cherche à plaire à ceux qui font partie de ce monde, mais aussi à la chair qui est encore dans le croyant. L’Esprit de Dieu, qui agissait sans entrave chez l’apôtre Paul, se comporte tout autrement (1 Thess. 2. 3 et 4 ; 2 Tim. 4. 1 à 3). Il veut que « toutes nos pensées soient amenées captives à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10. 5).
– v. 6 à 10. L’Esprit d’erreur est populaire, et le monde l’écoute (1 Jean 4. 5), mais celui qui connaît Dieu, confesse « Jésus Christ venu en chair » et il est attentif à ce que disent les apôtres. Ces derniers, conduits par l’Esprit Saint, ont l’intelligence des pensées de Dieu. Ainsi, Paul peut parler de son « intelligence dans le mystère de Christ » (Éph. 3. 4).
Sans nul doute, les apôtres font partie de ces « saints hommes de Dieu qui ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). Ce sont des « collaborateurs de Dieu » (1 Cor. 3. 9) et ils sont dans la lignée des écrivains sacrés de l’Ancien Testament. En fait, Dieu a produit les apôtres « les derniers sur la scène » (1 Cor. 4. 9), pour « compléter la Parole de Dieu » (Col. 1. 25).
– v. 6. Si nous sommes de Dieu, nous devons écouter et recevoir pleinement l’enseignement des apôtres. Les croyants à Thessalonique ont agi de cette manière (1 Thess. 2. 13). Il faut se laisser conduire par l’Esprit de vérité (Jean 14. 15). « Celui qui n’est pas de Dieu, ne nous écoute pas » (1 Jean 4. 6). L’esprit d’erreur conduit le monde à la perdition (2 Thess. 2. 13). Ceux qui n’ont pas aimé la vérité pour être sauvés, restent sous la domination de Satan. Ce dernier est une créature, et il reste sous le contrôle de Dieu, auquel il doit rendre des comptes sur son activité et Dieu lui assigne des limites à ne pas franchir (Job 1. 12 ; 2. 6).
Les enfants de Dieu ont reçu « l’Esprit de puissance, d’amour et de conseil » (1 Tim. 1. 7), et ils sont donc capables et responsables de discerner les esprits.
– v. 7. Comme enfants de Dieu, nous devons manifester quelques traits de sa nature. Dieu est amour et Il a versé cet amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Nous sommes appelés à nous aimer l’un l’autre. C’est la preuve que nous sommes nés de Dieu et que nous Le connaissons. Cette connaissance est la conséquence d’une profonde intimité, de liens d’amour avec Dieu lui-même. Les caractères de l’amour sont décrits en 1 Corinthiens 13. 4 à 8. Il nous faut aimer tous les hommes, car ils sont aimés de Dieu (Jean 3. 16).
Les deux caractères de la nature divine sont présentés dans cette épître : « Dieu est lumière et il n’y a en lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5), et « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16). Le péché faisait obstacle entre Dieu et les hommes. Les ténèbres morales humaines, apportées par le péché, ont dû être ôtées, pour que l’amour de Dieu puisse se manifester librement. Avec quelle joie Jean le Baptiseur s’écrie : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).
Dieu est un « Dieu d’amour et de paix » (2 Cor. 13. 11). Ne pas manifester d’amour, c’est montrer que l’on ne connaît pas Dieu (1 Jean 4. 8).
– v. 9 et 10. Dans l’Ancien Testament, c’était une des exigences de la Loi : « Tu aimeras l’Éternel ton Dieu » (Deut. 6. 5). Tandis que dans le Nouveau Testament, c’est Dieu qui manifeste son amour envers nous. Ne négligeons pas, bien-aimés, de nous aimer l’un l’autre (1 Jean 4. 7), et soyons occupés de l’amour de Dieu (Rom. 5. 8).
On trouve ici trois motifs pour lesquels Dieu a envoyé son Fils : « Afin que nous vivions par lui », car nous étions morts (Col. 2. 13), « Pour être la propitiation pour nos péchés », car nous étions coupables (Tite 3. 4), « pour être le Sauveur du monde », car nous étions perdus (Luc 19. 10).
Cette expression « Fils unique » se retrouve en Jean 1. 14 et 18 ; 3. 16 et 18 ; Genèse 22. 2 ; Psaume 22. 20 ; 35. 17. Le Fils est « unique » dans l’amour du Père. En Le donnant pour notre rachat, Dieu a montré l’immensité de cet amour (Marc 12. 6). Il a trouvé en Lui-même des motifs pour nous aimer. Dès lors « il convenait pour Lui que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances » (Héb. 2. 10). Ce sont de grands mystères que nous adorons, sans pouvoir en mesurer l’étendue, mais ce sont tout autant de motifs pour l’aimer un peu à notre tour.
– v. 11 et 12. On trouve en Jean 13. 34 la vraie mesure de l’amour entre les frères : le Seigneur dit : « comme je vous ai aimés ». Dieu « n’a pas épargné son propre Fils » : voilà la mesure de l’amour de Dieu pour nous. Et c’est le commandement d’amour du Seigneur : « Que nous nous aimions l’un l’autre » (1 Jean 4. 21 ; 5. 1).
Aimer Dieu, aimer les frères, apportent la preuve de notre nouvelle naissance (1 Jean 4. 7). L’amour que Dieu a versé dans nos cœurs crée des liens divins entre des frères qui ne se connaissent pas ; ils se manifesteront lors d’une rencontre. C’est le même Père qui nous a engendrés. L’amour de Dieu est consommé (rendu parfait) en nous par l’action du Saint Esprit.
En Jean 1. 18, le Fils révèle le Père que « personne n’a jamais vu » et fait connaître son amour. Ici, en 1 Jean 4. 12, c’est par notre amour l’un vis à vis de l’autre que l’amour de Dieu est consommé en nous. Nous pouvons ainsi être la « lettre de Christ… connue et lue de tous les hommes » (2 Cor. 3. 2 et 3). Les hommes de ce monde peuvent voir Dieu à travers l’amour des croyants entre eux (Jean 13. 35) : c’est un témoignage rendu dans ce monde, où la haine a tout envahi.
– v. 13. C’est par l’Esprit Saint que nous avons reçu, que nous garderons ses commandements. Sa présence est l’assurance que Dieu demeure en nous (1 Jean 3. 24). Nés de Lui, nous pouvons aimer « en action et en vérité » (1 Jean 4. 18) et pratiquer la justice (1 Jean 2. 29).
Dieu « ne donne pas l’Esprit par mesure » (Jean 3. 34). Ce n’est pas une puissance, comme beaucoup le croient, mais une des Personnes divines. Il habite dans le croyant et dans l’Assemblée (Jean 14. 16 ; Éph. 2. 22).
– v. 14. La Parole présente le Dieu unique, en trois Personnes : Père, Fils et Saint-Esprit. C’est par l’Esprit que nous rendons le témoignage que « le Père a envoyé le Fils, pour être le Sauveur du monde » (Jean 4. 42) ; c’est un de ses titres de gloire. Il est le Sauveur pour Israël, mais aussi pour le monde entier (1 Jean 2. 2 ; És. 49. 6). L’Évangile aussi est présenté à « toute la création » (Marc 16. 15). Le salut par Jésus-Christ est offert à tous les hommes, mais seuls ceux qui l’acceptent sont sauvés (Jean 3. 16).
– v. 15. Jésus doit être confessé comme le Fils de Dieu. Ce verset est à rapprocher de Romains 10. 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur ».
Après sa résurrection, le fils de la veuve de Naïn parle. Il peut rendre témoignage (Luc 7. 11 à 15). Chez Lazare, c’est une autre manifestation de la vie. Ressuscité et délié, il se lève et il marche (Jean 11. 44). À la fille de Jaïrus, Jésus ordonne qu’on donne de la nourriture, car la vie à besoin d’être fortifiée (Marc 5. 42 et 43).
– v. 16. La connaissance et la foi doivent aller de pair. S’il n’y a pas la foi, la connaissance ne peut sauver personne. Mais elle sert d’aliment, là où la foi se trouve.
Le Seigneur ne se fiait pas à ceux qui, voyant ses miracles, avaient acquis une certaine connaissance de Lui. Ce n’était pas la foi (Jean 2. 23 à 25). On trouve déjà la foi dans le livre de Job (ch. 33. 23 à 28 ; 19. 25). « Moi, je sais que mon Rédempteur est vivant, et que le dernier, il sera debout sur la terre ».
– v. 16 et 17. Si nous connaissons et croyons à cet amour de Dieu pour nous, nous demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous. La communion est réalisée.
« Comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». « Nous savons que nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3. 2). Nous avons toute assurance quant au jour du jugement. « Nous serons manifestés devant le tribunal de Christ pour recevoir ce que nous avons fait dans le corps, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5. 10). Mais le Seigneur sera à nos côtés (Zach. 2. 1 à 4) et, déjà revêtus de nos corps glorifiés, nous serons d’accord avec Lui. La plénitude de sa grâce et de son amour seront mis en évidence.
Il a payé notre dette : « C’est accompli » (Jean 19. 30), Il en a fini avec le péché (Rom. 6. 5 à 10 ; 1 Pier. 4. 1 et 2). Romains 14. 10 et 11 décrit aussi cette séance du tribunal (appelé ici le tribunal de Dieu) et nous sommes avertis que nous devrons Lui rendre compte – tandis qu’Apocalypse 20. 11 à 15 concerne seulement le jugement des incrédules, prononcé au grand trône blanc. Jugés « chacun selon ses œuvres », n’étant pas écrits dans le livre de vie, ils sont jetés dans l’étang de feu.
Dieu manifeste son amour « pour nous », en envoyant son Fils « pour que nous vivions par lui » (v. 9), et « pour être la propitiation pour nos péchés » (v. 10). Son amour « en nous » est source de communion avec Lui et avec les frères (1 Jean 4. 12). Cet amour « avec nous », nous donne l’assurance que nous ne serons pas jugés. Apprendre que nous sommes identifiés avec le Seigneur, déjà dans ce monde, nous montre toute la perfection de la manifestation de l’amour de Dieu en nous.
– v 18. « La crainte et le tourment » peuvent provenir de ce que l’on a pas confessé certains péchés, ou de ce que l’on n’a pas pleinement saisi la grandeur de l’amour de Dieu pour nous. Les frères de Joseph n’avaient pas compris à quel point il les aimait. Il avait pourtant longtemps travaillé pour leur entière restauration. Devant leur repentance, il avait ouvert ses bras et son cœur et les avait comblés de bénédictions. Leurs doutes, à la mort de Jacob, brisent son cœur et lui font verser des larmes (Gen. 45. 1 à 7 ; 50. 15 à 21). Craignons d’attrister notre Dieu par notre incrédulité.
– v. 19 à 21. « Nous, nous aimons Dieu, parce que lui nous a aimé le premier ». Ce fait nous rappelle un commandement : « Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1 Jean 4. 21). C’est un solennel avertissement pour celui qui dit : « J’aime Dieu » et qui hait son frère : il est menteur. Aimons nos frères en Christ. Dieu a mis son sceau, sa nature, son amour, son Esprit en eux. Dans nos frères, nous voyons Christ.
Ch. 5
Ces versets complètent l’enseignement précédent, en mettant d’abord en relief la victoire de la foi (1 Jean 5. 4 et 5), en rappelant « le témoignage de Dieu au sujet de son Fils » (v. 9), témoignage que celui qui croit au Fils de Dieu a au dedans de lui-même (1 Jean 5. 10). Suit alors ce témoignage que Dieu a scellé : Il nous a donné la vie éternelle dans son Fils (1 Jean 5. 11 et 12).
Affermissons notre « appel et notre élection » afin de recevoir une riche entrée « dans le royaume éternel de notre Seigneur et sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 1. 10 et 11). Les couronnes que nous recevrons de sa grâce, nous les jetterons devant son trône de gloire (Apoc. 4. 10).
– v. 1 à 5. Croire que « Jésus est le Christ » nous introduit dans la famille de Dieu. Nous recevons la capacité d’aimer Dieu, « celui qui engendre » et nos frères, « ceux qui sont engendrés » du Père. Nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, si nous aimons Dieu et obéissons à ses commandements, qui ne sont pas pénibles.
C’est par la foi, en croyant que Jésus est le Fils de Dieu, que nous serons vainqueurs de ce monde incrédule.
La foi, cet œil qui voit l’invisible, génère un véritable amour pour Dieu et pour les frères. Dirigée par l’Esprit Saint, la foi est mise en contact avec « les choses profondes de Dieu » (1 Cor. 2. 10), et en particulier avec tout ce qui touche à la manifestation de son amour pour nous (1 Jean 4. 9). La nouvelle naissance « par l’eau, par la Parole et par l’Esprit » a lieu par la foi en Jésus Christ (Jean 3. 3 à 5). La force de garder les commandements de Dieu et d’y prendre plaisir vient aussi de la foi (Ps. 112. 1 ; 119. 35).
L’amour humain, qui s’appuie sur les seuls liens familiaux et sur l’attirance réciproque que l’on peut éprouver, peut être un piège (Mat. 5. 46). Tandis que l’amour divin ne fait pas acception de personnes. Si un frère ou une sœur marchent dans la désobéissance, ce n’est pas les aimer que de fermer les yeux sur leurs fautes ; mais on doit prier pour eux et les avertir. S’ils refusent d’obéir à la Parole, je dois m’en éloigner pour rester obéissant à la pensée du Seigneur : « Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur. Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain et tu ne porteras pas de péché à cause de lui » (Lév. 19. 17). Si moi-même, je désobéis et que j’entraîne d’autres frères dans ce chemin, je ne marche pas dans l’amour. À la différence de l’amour humain, l’amour de Dieu ne périt jamais (1 Cor. 13. 4 à 8).
Si nous aimons Dieu, Il nous gardera du monde (1 Jean 5. 5). « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4. 4). Certes, nous sommes « dans le monde mais nous ne sommes pas du monde » (Jean 17. 14). Nous en sommes vainqueurs parce que le Seigneur a « vaincu le monde » (Jean 16. 33).
Maintenant « notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). Tous les ennemis du croyant : la chair, le monde, Satan, la mort – gages du péché – (Rom. 6. 23) sont vaincus. Mais des difficultés surgissent lorsque nous manquons de foi et que nous ne réalisons pas pratiquement que « la foi est opérante par l’amour » (Gal. 5. 6). C’est elle qui « purifie le cœur » (Act. 15. 9).
La foi d’Abraham a été victorieuse du monde et de ses convoitises, elle reçoit sa récompense (Gen. 13. 8 et 9, 14). Abraham est béni par Melchisédec (Gen. 14. 19) et repousse énergiquement les tentations du roi de Sodome (v. 22 et 23). Dieu l’encourage ensuite et se présente à lui comme « son bouclier et sa très grande récompense » (Gen. 15. 1). Comme Abraham, n’acceptons rien de ce monde corrompu. Dieu tient en réserve pour les siens « des biens meilleurs et permanents » (Héb. 10. 34).
Dans les v. 6 à 20 de ce ch. 5, nous avons le témoignage de Dieu au sujet de son Fils et il est question aussi de la puissance de la foi. Le v. 13 est comme un résumé de toute l’épître : Jésus Christ, le Fils de Dieu, donne la vie éternelle à quiconque croit en Lui.
– v. 6 à 8. L’Esprit rend témoignage de la puissance de l’eau et du sang sortis du côté percé du Seigneur mort. Le sang est pour l’expiation des péchés, et l’eau, pour la purification de la conscience. Le v. 6 rappelle l’ordre chronologique et historique des choses : l’eau, le sang et l’Esprit rendant témoignage. Dans le v. 8, c’est plutôt le ministère de l’Esprit qui est mis en avant. Dans l’Ancien Testament, il fallait deux ou trois témoins pour juger une affaire. Ici, il y a trois témoins, d’accord pour un même témoignage.
L’état de souillure de l’homme en Adam nécessitait une purification de sa souillure et de sa culpabilité. La mort de Christ était indispensable pour cela. Romains 6. 3 à 5 montre notre identification à un Christ « mort et ressuscité ». Le Seigneur a enseveli le péché dans la mort pour que nous en soyons quitte, et que nous entrions dans sa vie de résurrection. Tite 3. 5 parle du « lavage de la régénération » ; « nous avons été lavés… sanctifiés… justifiés » (1 Cor. 6. 11).
Nous méritions le jugement de Dieu, mais Christ a été, pour nous, la victime expiatoire. Moïse lave Aaron et ses fils tout entiers, une fois pour toutes (Ex. 29. 4), avant qu’ils ne s’approchent pour servir pour la première fois. Ensuite, ils devaient seulement se laver les mains et les pieds (Ex. 30. 19). Le Seigneur montre aussi à Pierre que « celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds » (Jean 13. 10). En ce qui concerne l’Assemblée, « Christ l’a aimée » (hier), Il la sanctifie, en la purifiant (aujourd’hui), afin de se la présenter (demain) (Éph. 5. 25). L’Esprit est Dieu, c’est donc un témoin irréfutable : Il est la vérité (1 Jean 5. 6). Le Seigneur aussi est la vérité (Jean 14. 6) et, de même, la Parole est la vérité (Jean 17. 17). Cet « Esprit de vérité » (Jean 1. 17) nous « conduit dans toute la vérité » (Jean 16. 13). Il rend témoignage du Seigneur (Jean 15. 26). « Que Dieu soit vrai » (Rom. 3. 4).
– v. 9 et 10. C’est une parenthèse. Elle met en relief notre responsabilité de recevoir le témoignage de Dieu au sujet de son Fils. Ne pas croire Dieu, c’est Le faire menteur, Lui faire injure.
– v. 11 et 12. Le témoignage de Dieu porte sur une Personne, Christ ; sur son œuvre à la croix, et sur les résultats de cette œuvre : la vie éternelle pour celui qui croit en Lui. Elle est en nous comme don, elle est en Lui comme source.
Nous devons porter le témoignage du Seigneur devant ce monde. Jean devait rendre témoignage « de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus Christ » (Apoc. 1. 2). Le Seigneur nous associe à son propre témoignage et se présente Lui-même comme « le témoin fidèle et véritable » (Apoc. 3. 14). Les apôtres avaient « contemplé » Celui qui est dès le commencement (1 Jean 1. 1) et qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5. 20).
– v. 13 à 16. Cette expression « nous savons » revient plusieurs fois dans ce chapitre : c’est une épître de certitudes. Déjà, du temps de l’apôtre, l’on s’attaquait à la divinité du Seigneur et à la vie éternelle. Mais le christianisme repose sur des certitudes, basées sur la Parole et reçues par la foi (Rom. 10. 17). Il ne se fonde pas sur des sentiments ou des expériences. « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 36). C’est la base de la foi, clé de l’épître.
Nous avons de la confiance pour prier (1 Jean 5. 14 et 15). Nous savons qu’Il nous écoute « si nous demandons quelque chose selon sa volonté ». Pour cela, nous avons besoin de discernement. Il faut que nous soyons à l’aise dans notre conscience vis à vis de Dieu, et que nous gardions ses commandements (1 Jean 3. 21 et 22). « Que nous soyons remplis de la connaissance de sa volonté » (Col. 1. 9 et 10). C’est la connaissance de sa Parole et le désir sincère d’obéir qui nous fera discerner les besoins de la vie divine en nous.
Marchons bien près de Lui. L’amour, si important soit-il, ne suffit pas. Il faut aussi la connaissance de la volonté de Dieu pour la faire. Un encouragement pour nous, c’est « qu’il nous écoute », si nous demandons « selon sa volonté », et il nous exauce (1 Jean 5. 15) ; mais, de notre côté, il faut de l’obéissance. « Qui détourne son oreille pour ne pas écouter, sa prière même est une abomination » (Prov. 28. 9). La Parole nous exhorte à prier de façon assidue (Luc 11. 5 à 13 ; 1 Tim. 2. 1 à 8 ; Phil. 4. 6 et 7).
Dieu est seul juge du moment opportun pour répondre à nos prières (Dan. 10. 12 et 13), et notre attitude doit être : « Que ta volonté soit faite » (Mat. 6. 10). Le Seigneur est, pour nous, l’exemple parfait (Mat. 26. 42). En contraste, on trouve en Jacques 4. 2 et 3 et 1. 6 à 8 les raisons pour qu’une prière ne soit pas exaucée. 1 Jean 5. 16 et 17 nous exhorte à manifester de l’intérêt pour un frère qui pèche, en priant pour lui. Abraham n’a pas laissé son neveu Lot entre les mains de l’Ennemi. Contrairement aux protestations de Caïn, nous sommes les gardiens de nos frères.
Un péché « à la mort » peut être n’importe quel péché, mais commis dans de telles conditions, qu’au lieu d’éveiller la compassion, il excite l’indignation et exclut la prière d’intercession. Ananias et Sapphira, en Actes 5. 1 à 10, ont péché à la mort (il s’agit de la mort physique, en gouvernement, de la part de Dieu). On n’a pas prié pour eux. Un autre exemple nous est donné, en relation avec la cène du Seigneur prise indignement (1 Cor. 11. 28 à 30). La ressource, c’est la confession et l’abandon du péché qui rendent possible le pardon (Jac. 5. 14 à 16 ; Prov. 28. 13). « Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16, 19 et 20).
– v. 18 à 21. Trois fois il est écrit : « Nous savons ». Que savons-nous donc ? Que la nouvelle nature ne pèche pas ; que le monde est gouverné par l’Ennemi ; et que le Fils de Dieu est venu et nous a donné une intelligence. Il est Dieu, le Véritable et la vie éternelle. Celui qui est né de Dieu ne pratique pas habituellement le péché (1 Jean 3. 9). Ici, c’est une affirmation absolue : la nouvelle nature ne pèche pas. S’il fait des chutes, c’est qu’il a laissé agir le vieil homme. Toutefois, il y a des ressources pour le croyant. La communion avec le Seigneur est rétablie par la confession.
« Celui qui est né de Dieu se conserve lui-même » (1 Jean 5. 18 ; Jac. 1. 27 ; Jude 20 et 21 ; 1 Pier. 1. 4). Ces différentes citations montrent deux aspects : ce que Dieu fait en notre faveur, et ce que nous sommes appelés à réaliser dans notre vie (Prov. 22. 5).
Le contraste est complet entre le croyant et le monde (1 Jean 5. 19). « Nous sommes de Dieu, et le monde entier gît dans le Méchant » : il le gouverne, le monde est en quelque sorte couché, il gît, sous sa domination.
Sous des aspects parfois attrayants, le monde et la chair ne peuvent rien produire de bon qui soit selon Dieu (És. 64. 6). À l’opposé, la nouvelle nature ne peut faire que le bien, selon la volonté de Dieu, et le croyant écoute la voix du Seigneur (Jean 10. 27). Vivons dans la lumière, séparés du péché, marchant selon les exigences de la lumière de Dieu (Rom. 6. 9 à 11) et Satan s’enfuira comme un oiseau de proie effrayé par la lumière divine ! L’incrédule est sous la domination du péché, qui règne sur lui de façon absolue. Le croyant, lui, est affranchi de la loi du péché par le Saint Esprit (Rom. 8. 2 et 4). Mais il faut d’abord être passé par la nouvelle naissance (Jean 3. 6).
Le v. 20 tourne nos regards vers le Fils de Dieu, venu dans ce monde gâté par le péché, afin de nous en retirer, et de nous donner aussi une intelligence spirituelle, pour que « nous connaissions le Véritable ». Ce titre du Seigneur est très précieux, dans un monde où tout est faux. Il revêt aussi ce caractère dans l’Apocalypse (3. 7 et 14). Dans cette épître, le Seigneur est identifié avec Dieu, Il est Dieu, la vie éternelle, et nous sommes en Lui, le Véritable.
Soyons humbles et remplis de compassion vis à vis de ce monde qui périt, à la ressemblance du Seigneur Homme ici-bas.
L’intelligence spirituelle, cet « entendement renouvelé » (Rom. 12. 2), permet d’entrer dans la connaissance des choses divines et de décider d’obéir à sa Parole, faisant ainsi des progrès. J.N. Darby dit, au sujet de l’entendement, que « c’est la faculté qui nous permet de décider », mais il ajoute « je ne dis pas que nous le sommes ».
– v. 21. L’épître, adressée à tous les enfants de Dieu, se termine par une mise en garde contre les idoles. Après tout, une idole, c’est tout ce qui prend dans mon cœur la place qui appartient au Seigneur. Toutes choses ont été faites pour le Créateur, à sa gloire (Col. 1. 16 ; 2. 9). Il est aussi le Dieu rédempteur (Col. 1. 19 et 20) ; II est assis à la droite de la majesté (Héb. 1. 3) ; II est encore « Dieu manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16).
Le Seigneur est le Véritable, c’est dire que tout en dehors de Lui est sans valeur (1 Cor. 10. 14). « Ceux qui se confient dans les idoles sont comme elles » (Ps. 115. 8). L’on peut être sa propre idole, être dominé par son égoïsme et son orgueil.
DEUXIÈME ÉPÎTRE DE JEAN
– v. 1 à 6. La première épître présente le Seigneur comme le Fils de Dieu et la Vie éternelle, et se termine par une mise en garde contre les idoles. La seconde avertit les croyants de ne pas recevoir ceux qui n’apportent pas la saine doctrine. Ils ne doivent pas même les saluer (2 Jean 10 et 11). La troisième et dernière est une exhortation à recevoir ceux qui apportent la bonne doctrine et marchent dans la vérité.
La vérité est mise en évidence dans ces épîtres. C’est « Christ venu en chair » (1 Jean 4. 2). Maintenir cette vérité doit s’accompagner de l’amour « les uns pour les autres » (2 Jean 5). L’amour se réjouit avec la vérité (1 Cor. 13. 6).
La seconde épître est adressée à une sœur. On y voit le prix que Dieu attache à la maison chrétienne. C’est une sphère où peut se développer l’amour entre les membres de la même famille, dans la crainte de Dieu.
Le bien ou le mal, dans nos familles, a des répercussions dans l’Assemblée. La Parole nous met en garde contre ceux qui « s’introduisent dans les maisons », entraînant les faibles à pécher (2 Tim 3. 1 à 6) et contre ceux qui « renversent des maisons entières » (Tite 1. 10 et 11).
L’amour dans la vérité qui animait l’apôtre à l’égard de ces croyants est l’amour de Dieu lui-même. C’était la joie de l’apôtre d’apprendre que ses enfants marchaient dans la vérité (2 Jean 4 ; 3 Jean 3 et 4).
Cinq fois, dans cette épître, il est question de la vérité, étroitement liée à l’amour qui est ce « commandement que nous avons eu dès le commencement » (1 Jean 3. 11 ; Jean 15. 12). Il ne faut pas de compromis ; il faut marcher résolument dans la vérité et dans l’amour (1 Pier. 1. 22 ; Éph. 5. 1 à 9).
Ces chrétiens étaient sans doute très vulnérables, et nous le sommes aussi. Mais nous devons nous attacher à la vérité pour la vivre, dans l’amour : « que, étant vrais dans l’amour, nous croissions… jusqu’à Christ » (Éph. 4. 15). Il est le seul but du croyant.
La Parole est la vérité (Jean 17. 17) ; le Saint Esprit, qui demeure en nous, est la vérité (Jean 14. 17) ; Christ est la vérité (Jean 14. 6).
Les croyants, élus de Dieu en Christ (Éph. 1. 3 et 4), ont reçu la grâce, le pardon gratuit de Dieu. Ils sont constamment aussi les objets de sa miséricorde, de ses compassions à l’égard de nos faiblesses ; de la paix que Dieu donne, inaltérable quant à la conscience. La paix du cœur peut être troublée si nous péchons, mais Dieu peut la rétablir. Remarquons que la miséricorde est généralement mentionnée, dans les épîtres adressées à une personne en particulier.
L’expression au v. 3 : « le Fils du Père » est unique. Il est aussi le Fils de Dieu, et les faux docteurs niaient cette vérité fondamentale. On comprend pourquoi, à cinq reprises dans cette seconde épître, la vérité est mise en avant. Elle l’est six fois dans la troisième épître.
La Loi mosaïque disait : « Tu aimeras ton Dieu ». Sous l’économie de la grâce, nous disons : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). Aimer selon Dieu, c’est marcher dans ses commandements. Le Saint Esprit, qui nous a été donné, « verse » constamment en nous une capacité renouvelée d’aimer (Rom. 5. 5).
– v. 7 à 9. Nous sommes mis en garde contre les attaques de l’Ennemi, de l’esprit de l’Antichrist, du « séducteur ». Il prêche « un autre Jésus », par « un autre esprit », et présente « un autre évangile » (2 Cor. 11. 3 et 4). Ses envoyés sont appelés de « faux apôtres car ils se transforment en apôtres de Christ » ; comme « Satan se transforme en ange de lumière » (2 Cor. 11. 13 et 14), ces « impies… renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ » (Jude 4).
Dans le combat du chrétien qui commence à la maison, pour la défense de la vérité, la conscience de notre faiblesse doit nous inciter à revenir sans cesse à la Parole et à répondre, comme le Seigneur Lui-même a répondu à Satan : « II est écrit… il est encore écrit » (Mat. 4. 4 à 7). C’est « l’épée de l’Esprit » (Éph. 6. 17) à laquelle Satan ne peut pas résister. Des ennemis extérieurs, et d’autres, intérieurs, qui ne sont pas moins redoutables, s’attaquent au troupeau de Dieu. « C’est pourquoi, veillez » recommande l’apôtre Paul (Act. 20. 28 et 29). Puis il confie les anciens d’Éphèse, et chacun de nous, « à Dieu et à la Parole de sa grâce » (Act. 20. 32).
L’influence de ces séducteurs, qui sont « sortis », se fait sentir dans le monde. Ils nient que le Seigneur Jésus Christ soit Dieu venu – ou manifesté – en chair (1 Tim. 3. 16). C’est le mystère de la piété, renié par l’esprit de l’Antichrist (2 Thess. 2. 9). Dans le livre de Job, Satan montre sa méchanceté foncière.
Et la Parole ici nous avertit : « Prenez garde » (2 Jean 8 ; Marc 13. 15). Oui, prenez garde, disent les apôtres, « afin que nous ne perdions pas ce que nous avons opéré » (2 Jean. 8). Craignons d’être « menés en avant » (2 Jean 9), dans « l’erreur des pervers » (2 Pier. 3. 17), de transgresser l’enseignement de la Parole. Ne recevons pas ceux qui n’apportent pas la saine doctrine (2 Jean 10). Dieu est jaloux quant à tout ce qui concerne son Fils.
Prenons garde qu’un serviteur du Seigneur « n’ait pas travaillé en vain en nous » (Gal. 4. 11). Désirons « une riche entrée dans le royaume » (2 Pier. 1. 11), en « demeurant dans les choses que nous avons apprises » (2 Tim. 3. 14). Les vérités nouvelles, que Satan présente, font régresser et tomber le croyant qui les accepte. Seul, l’Esprit Saint conduit dans toute la vérité (Jean 16. 13), concernant Christ et son œuvre.
La fidélité recevra sa récompense, mais cherchons l’approbation du Seigneur sur notre conduite, et Il donnera son appréciation au temps convenable. « Tu as été fidèle en peu de chose, entre dans la joie de ton Maître » (Mat. 25. 21).
La Parole de Dieu est complète et ne change pas. Mais nous sommes appelés à croître dans sa connaissance dans le cadre, bien défini, de la vérité révélée (2 Pier. 3. 17). Demeurer dans la doctrine du Christ, c’est avoir « le Père et le Fils » (2 Jean 9 ; Jean 14. 9 ; Mat. 11. 27).
La Parole exhorte à « redresser un homme qui s’est laissé surprendre par quelque faute » (Gal. 6. 1), et à « enseigner avec douceur les opposants » (2 Tim. 2. 14 et 25). Mais elle ne parle pas ainsi des séducteurs, animés par l’esprit de l’Antichrist. L’injonction est claire : « Ne les recevez pas… ne les saluez pas » (2 Jean 10). « Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable » (1 Pier. 5. 10).
– v. 10 à 13. Ne minimisons pas le mal doctrinal en insistant sur le mal moral. 1 Corinthiens 5. 9 à 13 montre quel doit être notre comportement vis à vis d’un frère, convaincu d’un mal moral. Il convient de n’avoir « aucun commerce avec lui », de ne pas même « manger avec lui », et quant à l’Assemblée, elle doit « ôter le méchant » pour être une nouvelle pâte.
Quand il s’agit du mal doctrinal, qui porte souvent atteinte à la Personne même du Seigneur, il ne suffit pas de marquer son désaccord avec les paroles de celui qui cherche à entrer, mais « ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez pas » (2 Jean 10). Nous sommes vulnérables ; évitons soigneusement de recevoir de tels hommes, ce serait exprimer une communion qui est impossible. Les saluer avec affection, d’une manière chrétienne, « Dieu vous garde », « Dieu vous bénisse »… c’est participer à leurs mauvaises œuvres. Notre salutation aurait le caractère d’une caution donnée à leur égard et à leurs mauvaises œuvres.
On se souvient des paroles de Paul à Élymas : « Ô homme plein de fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice… voici, la main du Seigneur est sur toi et tu seras aveugle… pour un temps » (Act. 13. 6 à 10). Au contraire, entre enfants de Dieu, saluons-nous « par un saint baiser » (Rom. 16. 16 ; 1 Cor. 16. 20 ; 2 Cor. 13. 12 ; 1 Pier. 5. 14). C’est l’expression chrétienne d’une réelle communion. Quant à l’hospitalité, elle doit être en honneur parmi nous, exercée envers ceux qui apportent la saine doctrine du Christ (3 Jean).
Si un frère s’égare, cherchons, avec amour, à le ramener (Jac. 5. 19 et 20 ; Gal. 2. 11 à 14). S’il persévère dans le mal et que la communion soit rompue, nous devons marquer de la réserve à son égard, et laisser Dieu opérer en restauration.
L’attitude d’Élie vis à vis d’Abdias, qui servait Achab, ce roi impie, mais qui, pourtant « craignait l’Eternel », est un exemple de cette attitude réservée (1 Rois 18. 7 et 8). Mais ce n’est pas une simple divergence de pensée qui doit engendrer une telle attitude (2 Tim. 2. 25 ; 2 Pier. 3. 1). Nous sommes exhortés à croître « dans la grâce » (2 Tim. 2. 25 ; 2 Pier. 3. 1) et à marcher soigneusement (Éph. 5. 15).
Conduit par l’Esprit Saint, Jean écrit seulement ce qui est nécessaire pour fortifier notre foi. Dieu donne toujours, par le moyen de ses serviteurs, ce qui est utile pour notre croissance spirituelle. Que Dieu parle ou se taise, c’est toujours avec sagesse (Dan. 12. 8 à 10).
Jean avait beaucoup d’autres choses à dire mais il attendait de parler plutôt « de bouche à bouche » (2 Jean 12 ; 3 Jean 13 et 14). Saisissons aussi l’occasion de parler entre nous de ce qui édifie l’âme (Mal. 3. 16), afin que notre joie soit accomplie (complétée). Étudions avec ferveur la Parole, car elle est inspirée (2 Tim. 3. 16 et 17). Dieu, dans sa grâce, s’adresse à nous personnellement. Ne Lui faisons pas l’affront de négliger ou de mépriser ce qu’Il nous dit. Dieu parlait bouche à bouche avec Moïse. Nous avons le privilège de pouvoir nous entretenir avec Lui, par la prière, et de nous nourrir de sa Parole.
Dans les liens de la foi et de la communion en Christ, l’épître se termine par des salutations « de la part des enfants de la sœur élue » à la « dame élue ». « Que la Parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse, vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre » (Col. 3. 16), et « le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4. 8).
TROISIÈME ÉPÎTRE DE JEAN
La deuxième épître contient une exhortation à ne pas recevoir les faux apôtres, les séducteurs. La troisième, au contraire, exhorte à recevoir les frères qui apportent la vérité, et à pratiquer l’hospitalité envers eux. Ils servent véritablement le Seigneur et ne reçoivent rien des nations (v. 7). Cette épître insiste sur le bon témoignage de deux serviteurs : Gaïus (v. 1 à 8) et Démétrius (v. 12). Elle parle d’un troisième, Diotrèphe (v. 9 à 11), dont le comportement était tout à fait fâcheux.
– v. 1 à 3. Jean, le dernier apôtre sur la scène, apporte un message important. Les « temps fâcheux » avaient déjà commencé. Il faut garder la vérité. Elle était déjà nommée cinq fois dans la deuxième épître, elle l’est six fois dans la troisième. La deuxième épître met l’accent sur la connaissance de la vérité – la troisième sur le témoignage rendu à la vérité, et la marche dans la vérité. Christ Lui-même est la vérité (Jean 14. 6). On voit le Seigneur prendre note de tout ce qui se passait dans le temple (Marc 11. 1).
Dieu prend note de tout, et particulièrement de la manière dont nous gardons la vérité touchant son Fils. Rien ne Lui échappe, que ce soit dans nos cœurs ou dans l’Assemblée. Quand Il parle, mettons en pratique ce qu’Il dit. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Gaïus, le modèle des fidèles, marche dans la vérité (v. 3), et le témoignage en était venu aux oreilles de l’apôtre. Il s’en réjouissait, d’une joie produite dans son cœur par l’Esprit de Dieu.
Dieu se réjouit lorsque ses enfants gardent la vérité et y marchent. Imitons ce serviteur. Il n’avait peut-être pas reçu de don spécial, mais son service, l’hospitalité, était fort utile (v. 5 ; Rom 12. 13 ; 16. 23). Soyons les imitateurs des apôtres, et des modèles « pour tous ceux qui croient » (1 Thess. 1. 6 à 8). Gaïus est appelé « bien-aimé » à cause de son témoignage fidèle à la vérité. Ce titre, si précieux, est donné d’abord au Seigneur Lui-même, par son Père : « Tu es mon Fils bien-aimé » (Marc 1. 11), et aux enfants de Dieu en général (1 Jean), c’est-à-dire à ceux qui portent les mêmes caractères que le Seigneur : « Saints, mis à part, et bien-aimés » (Col. 3. 12 ; Dan. 10. 11).
Jean dit, touchant Gaïus : « Le bien-aimé, que j’aime dans la vérité » (v. 1). Expression qui montre à quel point l’amour et la vérité sont indissociables. L’amour sans la vérité n’est qu’un amour de complaisance, et la vérité sans l’amour deviendrait vite du pharisaïsme. On peut s’estimer fidèle et manquer d’amour.
L’amour divin ne fait pas acception de personnes. Gaïus marchait dans la vérité et dans l’amour, avec grâce. Son âme prospérait et Jean souhaite qu’il prospère de plus en plus. Le souhait du chrétien est une prière. Gaïus était-il maladif ? Ce n’est qu’une conjecture. En tout cas, Jean semble désirer que sa prospérité visible de l’extérieur et la santé de son ami aillent de pair avec son bien être spirituel. Encore faut-il se rappeler qu’une mauvaise santé et la souffrance sont des moyens, dans la main de Dieu, de nous amener à nous rejeter sur Lui et à faire par ce moyen des progrès spirituels. Les vents du nord et du midi sont appelés à souffler sur sa plantation, pour que ses aromates s’exhalent (Cant. 4. 16).
Mais ne restons pas indifférents, si quelqu’un parmi nous est malade (1 Tim. 5. 23). Souvent, quand tout va bien, nous nous éloignons de Dieu. Mais Il dit toujours : « Perfectionnez-vous » (2 Cor. 13. 11). Notre corps est le temple du Saint-Esprit. Utile à peu de chose, l’exercice physique ne doit pas supplanter la piété.Celle-ci aura des effets sur toute notre vie ici-bas et pour l’éternité (1 Tim 4. 8).
La piété nous engagera à prier pour ceux qui sont encore dans leurs péchés (Rom. 10. 1). Elle nous rendra obéissants, « sages quant au bien, et simples quant au mal » (Rom. 16. 19). Dieu veuille qu’il puisse être dit que nous marchons dans la vérité, « ornant l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur », par notre conduite (Tite 2. 13).
v. 4 à 7. La vie de Gaïus était pleinement en accord avec l’enseignement du Psaume 1. 1 à 3 : il marche dans la séparation du monde – un tel état est déclaré bienheureux (v. 1) ; il se nourrit de la Parole, jour et nuit (v. 2) ; il est comme un arbre planté près des eaux, il prospère, sa croissance est harmonieuse (v. 3).
Jean était encouragé d’entendre un si bon témoignage rendu au sujet de Gaïus, alors que tant de dangers menaçaient l’assemblée, au milieu de laquelle sévissait aussi un Diotrèphe. Ce dernier prenait peut-être pour prétexte la prudence, pour chasser les frères étrangers visiteurs, hors de l’Assemblée. Mais ses vrais motifs étaient loin d’être bons.
Comme Paul le fait constamment et le recommande (Phil. 4. 8 et 9), Jean commence par parler de ce qui glorifie Dieu. La conduite de Gaïus était le reflet de sa piété intérieure. Dans une période de sécheresse spirituelle, il portait du fruit pour Dieu, selon la promesse de Jérémie 17. 7 et 8. Gaïus aimait « en action et en vérité » (1 Jean 3. 18), il agissait fidèlement envers tous les frères, même les étrangers, quand ils apportaient la vérité quant à Christ. Il mettait en application l’enseignement du Seigneur dans Matthieu 25. 31 à 40, où II s’identifie aux Siens. Il le fait aussi dans Actes 9. 5 : « Je suis Jésus que tu persécutes ».
On se souvient que Joab n’est pas nommé parmi les « hommes forts » de David. Mais son porteur d’armes l’est, car Dieu avait discerné les vrais motifs de ce cœur dévoué. Il prenait part avec amour et simplicité aux combats de l’Éternel. Gaïus agissait de la sorte. Est-ce aussi notre cas ?
Israël est comparé à une vigne, que Dieu a soigneusement cultivée mais qui n’a produit que des raisins sauvages (És. 5. 1 à 3). Le Seigneur seul est le « vrai cep ». Les croyants, qui sont semblables à des sarments, participent à la vie de Christ lui-même (Jean 15. 1 à 8). Ils sont appelés à porter « beaucoup de fruit » à la gloire de Dieu. Comme Gaïus, prenons « le joug du Seigneur » et « apprenons de lui » (Mat. 11. 29 et 30), pour refléter quelques traits de ses caractères, même dans ce temps de « petites choses », qu’il ne faut pas « mépriser » (Zach. 4. 10).
On voit en Matthieu 10. 40 à 42 que celui qui donne est identifié aux yeux de Dieu avec celui qui reçoit de sa part ; il recevra la même récompense de la part du Seigneur. Mais il faut que le mobile soit l’amour (Jean 15. 12).
Dieu désire que nous ouvrions toutes grandes les portes de notre maison à un frère fidèle qui est de passage. Et l’apôtre exhorte Gaïus à leur faire aussi la conduite, comme s’il s’agissait de Dieu Lui-même. De telles exhortations sont fréquentes dans les épîtres : Tite 3. 13 et 14 ; 1 Corinthiens 16. 6 ; 2 Corinthiens 1. 15 et 16 ; Romains 1. 24 ; 2 Corinthiens 8. 23 et 24. C’est toujours encourageant pour un frère, d’être accueilli et accompagné (Act. 28. 15), en particulier s’il est jeune et craintif (1 Cor. 16. 10 et 11).
Abraham est vu faisant la conduite à l’Éternel lui-même, et apprenant à cette occasion ce que Dieu s’apprêtait à faire et qu’il ne voulait pas lui cacher (Gen. 18. 16 à 22). En 2 Timothée 1. 16 à 18, Onésiphore cherche soigneusement, jusqu’à ce qu’il ait trouvé l’apôtre Paul alors en prison. Quel encouragement pour ce dernier de voir un tel zèle !
Même les étrangers vivant en Israël devaient être traités comme des Israélites de naissance (Lév. 19. 34). La Parole nous exhorte à faire « du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10). C’est une manière de prendre part à l’évangile (Phil. 1. 3 à 5). Nous sommes responsables de recevoir, d’accompagner et d’honorer avec amour, ceux qui « sont sortis pour le nom », restant entièrement dépendants du Seigneur.
Leur responsabilité est de se montrer digne de tels soins. Nous devons demeurer fidèles et humbles devant Dieu et les hommes, toujours conscients que nous sommes « des serviteurs inutiles ». Notre modèle, le Seigneur lui-même, « n’avait pas un lieu où reposer sa tête » (Mat. 8. 20 ; Luc 9. 58), et l’on voit plutôt un village de Samaritains refuser de Le recevoir, parce que sa face était tournée vers Jérusalem.
v. 8 à 10. Si nous sommes exhortés à recevoir ceux qui marchent dans la vérité, c’est afin de « coopérer avec la vérité » (v. 8 ; 2 Cor. 1. 11). Nous le ferons aussi par des supplications. Il ne faut jamais oublier que « nous sommes collaborateurs de Dieu » (1 Cor. 3. 9).
L’hospitalité est l’un des devoirs de l’amour que Dieu place devant nous (1 Jean 4. 11 ; Rom. 15. 1 ; Act. 5. 29). C’est un privilège que Dieu nous accorde (Héb. 13. 1).
Tous les dons doivent s’exercer pour la bénédiction du corps de Christ (Rom. 12. 4 à 8). Il est parlé des « aides » en même temps que des plus grands dons (1 Cor. 12. 28). Soyons disponibles, pour répondre à la volonté de Dieu qui a « préparé à l’avance les bonnes œuvres, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10). Ce service doit s’exercer spécialement envers des serviteurs qui dépendent entièrement du Seigneur pour leurs besoins. Mais dans ce service aussi, ne laissons pas de place à notre propre volonté. Sinon, nous pourrions suivre les pensées de la chair. Ce serait « du bois, du foin, du chaume », destinés à être brûlés (1 Cor. 3. 11 à 15).
Recevoir les envoyés du Seigneur, c’est Le recevoir lui-même (Mat. 10. 40), ou comme si l’on recevait un ange (Gal. 4. 14). On reçoit « à la gloire de Dieu » (Rom. 15. 7).
Diotrèphe était tout l’opposé de Gaïus et Dieu met à nu ses vrais motifs. La vanité de notre chair non jugée peut gâter une vie chrétienne tout entière. Rien ne permet de supposer que Diotrèphe n’était pas un chrétien. Mais il voulait occuper « la première place » et affirmait violemment son autorité. Il se montrait jaloux de ses prérogatives et le sentiment de sa propre importance l’amenait à rejeter les serviteurs itinérants qui auraient voulu visiter l’assemblée. Retenons l’avertissement que nous trouvons dans la conduite de Diotrèphe. Par nature, nous sommes tous « remplis de nous-mêmes ».
Cet homme avait oublié que le parfait modèle, Christ, a pris volontairement la dernière place. C’est Lui qui est seul Chef sur la Maison de Dieu (Éph. 5. 23 ; Col. 1. 18). Pierre met en garde les anciens – il l’était lui-même, tout comme Jean – de ne pas « dominer sur des héritages mais d’être les modèles du troupeau » (1 Pier. 5. 3).
Faire sciemment du mal à des croyants, c’est comme « toucher la prunelle de son œil » (Zach. 2. 8). Diotrèphe « débitait de méchantes paroles » contre l’apôtre.
Jacques stigmatise l’usage pernicieux que l’on peut souvent faire de notre langue (Jac. 3. 6) et produire ainsi beaucoup de mal. « Ne parlons pas l’un contre l’autre » (Jac. 4. 11).
C’est souvent l’oisiveté qui pousse à aller « de maison en maison », à être « causeur », à se « mêler de tout » et à « dire des choses qui ne conviennent pas » (1 Tim. 5. 13).
L’orgueil spirituel se manifestait dans le comportement de Diotrèphe, devenu un instrument dans la main de Satan, tout comme cet Alexandre, l’ouvrier en cuivre (2 Tim. 4. 14).
Jean, qui avait une autorité apostolique, se propose, s’il visite ces croyants, de se souvenir de ce mauvais conducteur. On retrouve la même autorité chez Paul (1 Cor. 4. 21). C’est une autorité qui peut aller très loin (1 Cor. 5. 5). Jean respecte l’Assemblée et la laisse à sa responsabilité, avant d’agir lui-même, si l’Assemblée manque à exercer la discipline. Elle doit agir lorsque les droits du Seigneur ne sont pas respectés (Act. 5. 1 à 10). « Quiconque voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave » (Mat. 20. 27).
v. 11 à 15. Dieu a noté soigneusement tout ce qui se passait dans cette assemblée : il s’y trouvait en tout cas deux croyants qui marchaient à la gloire du Seigneur et un autre qui le déshonorait. Si le Seigneur entre au temple, regarde tout ce qui s’y passe, sans dire un mot, le lendemain, il chasse dehors les marchands et les changeurs (Marc 11. 11). Plus tard, il purifiera tout ce qui Lui appartient. Il prend note et agit en conséquence.
Le christianisme doit être positif. Nous sommes exhortés à « imiter le bien » qui est de Dieu (1 Jean 3. 9), et non le mal qui est du diable. Faisons du bien avec sagesse, et soyons simples, en appelant mal ce qui est mal (Rom. 16. 19).
L’apôtre s’adressant de nouveau à Gaïus, l’appelle « Bien-aimé », terme qui suppose une profonde communion et prend une résonance particulière, quand on lit ce qui précède, concernant Diotrèphe. Si le mal est contagieux, inversement, le bien a un effet stimulant et apaisant.
Malgré de brillantes qualités, Gaïus, devant l’autorité écrasante d’un Diotrèphe, aurait pu se décourager. Quand la chose est nécessaire, nous devons savoir dire non, et même nous opposer au mal (Gal. 2. 11). Le Psaume 34. 12, cité en 1 Pierre 3. 11 et 12, exhorte le croyant à se détourner du mal et à faire le bien. Dieu est très attentif à tout ce que nous faisons.
L’état de Diotrèphe pouvait résulter d’un réel manque de soins à son égard. Avertissons nos frères avec amour, et pratiquons le lavage des pieds (Jean 13. 14). Il faut imiter la conduite de ceux de nos frères qui sont de bons exemples (Phil. 3. 17 ; 1 Cor. 11. 1), et être attentifs l’un à l’autre.
Démétrius n’était pas un homme présomptueux, il avait le témoignage de tous. En lui, la vérité était démontrée dans une mesure telle qu’elle témoignait en sa faveur.
Sa marche conforme à son enseignement, faisait que l’apôtre aussi rendait témoignage de son intégrité et de son dévouement. Dans cet ordre d’idées, on pense à ce qu’il est dit d’Étienne (Act. 6. 8) et de Corneille (Act. 10. 1 et 2).
Dans la deuxième épître de Jean, les faux docteurs mettaient l’amour en avant, pour rejeter la vérité ! Diotrèphe, lui, manquait d’amour, sous le prétexte de préserver la vérité, mais ses vrais motifs étaient de satisfaire son orgueil. Gardons de façon équilibrée ces deux piliers de la vie chrétienne, la vérité et l’amour, pour la gloire de Christ.
Luc 6. 26 nous met en garde, cependant, contre ce désir de vouloir plaire indistinctement à tous les hommes : nous ne serions plus « le sel de la terre » (Mat. 5. 13). Peut-être que Démétrius faisait partie de ceux que Diotrèphe rejetait ? Mais sa vie s’identifiait à la vérité. Comme en ce temps-là, la vérité malmenée a besoin de tels témoins pour être maintenue. C’est important aux yeux de Dieu, car le témoignage du Seigneur nous est confié.
L’apôtre préférait « parler bouche à bouche » avec Gaïus. Il faut se souvenir que tout n’est pas forcément bon à écrire.
Le but de l’apôtre, dans ces deux épîtres, était d’apporter des exhortations de la part de Dieu. Il ne cherche pas à nommer tous ceux qu’il voudrait que Gaïus salue. Il diffère à cet égard de Paul, dans ses épîtres (Rom. 16. 1 à 16 ; Col. 4. 10 à 18).
Appelons amis, ceux auxquels la Parole reconnaît ce caractère. On les distingue de trois manières : Christ est mort pour eux (Jean 15. 13) ; ils obéissent au Seigneur (Jean 15. 14), et connaissent tout ce que le Seigneur a entendu de son Père (Jean 15. 15).
Le livre de l’Exode décrit la délivrance des fils d’Israël, esclaves en Égypte. Le sang d’un agneau placé sur les linteaux et les poteaux des portes a épargné chaque famille du dernier jugement tombant sur un peuple idolâtre. Le Pharaon refusait d’obéir à l’Éternel, seul vrai Dieu, qui disait : « Laisse aller mon peuple afin qu’il me célèbre une fête dans le désert » (Ex. 5. 2). Par Moïse, les Israélites reçoivent la loi et les ordonnances concernant le tabernacle et les sacrifices.
Étienne, à l’heure de son martyre, a remis en lumière ce que Dieu fait, pour Israël, en envoyant Moïse « pour chef et pour libérateur, par la main de l’ange qui lui était apparu au buisson. C’est lui qui les conduisit dehors, en faisant des prodiges et des miracles dans le pays d’Égypte, et dans la mer Rouge, et au désert pendant quarante ans. C’est ce Moïse qui a dit aux fils d’Israël : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi ; écoutez-le (voir :Mat. 3. 17). C’est lui qui fut dans l’assemblée au désert, avec l’ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï, et avec nos pères ; qui reçut des oracles vivants » (Act. 7. 35 à 38).
En considérant le chemin parcouru, de l’Égypte en Canaan, Moïse dit au peuple : « tu as vu que l’Éternel, ton Dieu, t’a porté comme un homme porte son fils, dans tout le chemin où vous avez marché, jusqu’à ce que vous soyez arrivés en ce lieu-ci » (Deut. 1. 31). Et quel chemin ! À cause de leur incrédulité, ils durent « marcher dans le désert grand et terrible, désert de serpents brûlants et de scorpions, une terre aride où il n’y a point d’eau ». Mais l’Éternel a fait sortir pour eux « de l’eau du roc dur » (Deut. 8. 15). Huit siècles plus tard, le prophète Ésaïe rappellera à ce peuple les compassions de leur Dieu : « dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l’Ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et dans sa miséricorde il les a rachetés, et il s’est chargé d’eux, et il les a portés tous les jours d’autrefois » (És. 63. 9).
Dès la première année, en route vers de la terre promise, les Israélites reçurent l’arche de l’alliance. Elle était l’assurance de la présence de l’Éternel au milieu d’eux. Comme nous l’avons vu avec Moïse et Josué, les expériences furent tantôt heureuses, tantôt malheureuses. Elles démontrent aussi le combat du chrétien. Nous sommes libérés du poids d’une condamnation éternelle, sauvés par grâce, mais confrontés aux combats pour prendre possession des biens célestes. Les Israélites ont combattu avec l’épée. L’épée du chrétien est celle de « l’Esprit qui est la Parole de Dieu », seule arme, avec la prière, pour contrer un ennemi qui attaque comme un lion rugissant ou un serpent rusé (Éph. 6. 17). Les victoires d’Israël, sous Josué, avaient leur point de départ à Guilgal, lieu du jugement de soi-même, et où se trouvait l’Ange de l’Éternel.
Le livre des Juges continue l’histoire de la prise de possession du pays et de la garde de ce qui avait été conquis. Dès le début du livre, un déclin s’installe. Ils interrogent l’Éternel pour savoir qui montera contre le Cananéen. La réponse fut : « Juda montera ; voici, j’ai livré le pays en sa main. Et Juda dit à Siméon, son frère : Monte avec moi dans mon lot » (Jug.1. 2 et 3).
Nous constatons qu’ils n’obéirent pas complètement, signe évident d’un déclin. Au lieu de croire par la foi aux paroles de l’Éternel, au lieu d’obéir simplement, Juda s’appuie sur son frère Siméon. Bien que « l’Éternel fut avec Juda » pour prendre possession de la montagne, il ne dépossède pas les habitants de la vallée, « parce qu’ils avaient des chars de fer ». « Et les fils de Benjamin ne dépossédèrent pas le Jébusien, habitant de Jérusalem ; et le Jébusien a habité avec les fils de Benjamin » (Jug. 1. 2, 19 et 21). Le restant de ces nations eut un impact négatif par la suite.
« Et l’Ange de l’Éternel monta de Guilgal à Bokim ; et il dit : Je vous ai fait monter d’Égypte, et je vous ai introduits dans le pays que j’avais promis par serment à vos pères, et j’ai dit : Je ne romprai jamais mon alliance avec vous ; et vous, vous ne traiterez point alliance avec les habitants de ce pays, vous démolirez leurs autels. Et vous n’avez pas écouté ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela ? Et aussi j’ai dit : Je ne les chasserai pas de devant vous, et ils seront à vos côtés, et leurs dieux vous seront en piège. Et il arriva que, comme l’Ange de l’Éternel disait ces paroles à tous les fils d’Israël, le peuple éleva sa voix et pleura » (Jug. 2. 1 à 5). L’Ange de l’Éternel, chef de son armée (Jos. 5. 14), s’était attendu à ce qu’Israël revienne à Guilgal, point de départ des glorieuses victoires aux jours de Josué. En vain ! Alors l’Ange est monté à Bokim, lieu des pleurs. L’Éternel n’abandonne pas son peuple mais il doit les placer sous sa discipline.
Environ mille ans plus tard, aux temps de Néhémie, les Lévites, dans une prière d’actions de grâce, rappellent le cheminement chaotique de leur peuple, : « Et tu les livras en la main de leurs adversaires qui les opprimèrent. Et au temps de leur détresse ils crièrent à toi, et toi, tu entendis des cieux, et selon tes grandes compassions tu leur accordas des sauveurs qui les sauvèrent de la main de leurs oppresseurs » (Néh. 9. 27).
Quelques-uns de ces sauveurs, dont nous nous occuperons, apportent de nombreuses instructions. Certes, ils ne sont pas de la taille de Moïse, ni de Josué, mais ils furent suscités pour guider et aider le peuple. Dès que Dieu les retirait de la scène, « les fils d’Israël faisaient de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ». Ensuite, à leur demande, l’Éternel leur donne un roi, chose mauvaise « aux yeux de l’Éternel ». De nombreux rois se succèdent, et si quelques-uns marchent avec l’Éternel, la plupart d’entre eux « firent ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ». Alors, afin de les ramener à lui, Dieu leur envoie « tous ses serviteurs les prophètes, chaque jour se levant de bonne heure, et les envoyant » (Jér. 7. 25).
Le déclin constaté dans l’histoire du peuple d’Israël, s’est reproduit dans la chrétienté. De la descente du Saint Esprit au retour du Seigneur, l’Assemblée (Église), « colonne et soutien de la vérité », est devenue « la grande maison ». L’évangile proclamé « en puissance, et dans l’Esprit Saint » par les apôtres, est souvent, de nos jours, « un évangile différent » (1 Thess. 1. 5 ; Gal. 1. 6). Les croyants, si unis dans les premiers jours, sont présentement divisés sous tant de noms différents. Mais pour Dieu, l’Église est une et en Christ. Chérissons la réunion autour du Seigneur et en son nom « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2. 22).
Moïse est un type du Seigneur Jésus nous conduisant à travers ce monde qui, moralement, est un désert, après nous avoir délivrés de l’Égypte, autre figure du monde où nous étions esclaves du péché.
Durant le voyage, la manne nourrissait le peuple, et le rocher qui les suivait (Christ), l’abreuvait.
C’est avec chagrin que Moïse n’a pu voir le pays, dans toutes ses limites, que du haut d’une montagne, sans pouvoir y entrer. Jamais le peuple n’a conquis le vaste pays qui lui était donné. Salomon seul y a dominé, sans toutefois y régner vraiment. Il a été une figure de Christ régnant en gloire sur la terre, durant le millénium.
Josué, succédant à Moïse, est, lui aussi, une figure du Seigneur, mais en nous conduisant dans la conquête des bénédictions célestes (Éph. 2. 4 à 6). Canaan est une figure du ciel occupé par les ennemis (Éph. 6. 12).
À la veille de la conquête, Josué voit venir à lui un homme, son épée nue dans sa main C’était le « chef de l’armée de l’Éternel » (Jos. 5. 13 à 15). C’est le Seigneur Lui-même qui conduira le combat. Pour nous, actuellement, nous sommes, à la fois dans le désert, combattant pour conquérir nos bénédictions célestes, en attendant d’en jouir lorsque nous serons dans le ciel avec le Seigneur.
Josué, longuement formé auprès de Moïse, a appris auprès de lui lors de l’affaire du veau d’or ; son discernement avait encore besoin de s’affiner. C’est sous la conduite d’autres serviteurs que nous-mêmes, nous apprendrons à servir. Le plus souvent, Josué restait dans « la tente d’assignation », dans la présence divine. Dans son combat contre Amalek, Moïse, sur la montagne, combattait avec lui dans la prière. Le Seigneur intercède continuellement pour nous, qui combattons dans notre faiblesse, mais avec sa puissance à Lui. II est beau de voir l’attitude de Moïse vis-à-vis de Josué. Il intercède pour que l’Éternel choisisse un homme qui lui succède pour conquérir le pays.
L’Éternel lui désigne Josué (Deut. 31. 3). Moïse avait changé le nom d’Osée en Josué (Dieu Sauveur) (Nomb. 13. 17). L’épître aux Éphésiens, parallèle au livre de Josué, nous montre comme étant nous-mêmes déjà dans le ciel. Israël n’a jamais occupé tout le territoire que Dieu lui avait donné, et Josué le lui reproche (Jos. 18. 3) Ils avaient accepté le voisinage des ennemis auprès d’eux Certains avaient même triomphé des Israélites.
Nous sommes appelés à croître dans la conquête des bénédictions qui nous sont données, car elles sont sans limites. Le Seigneur, dans sa sagesse (Nomb. 27. 18 à 20 ; Deut. 34. 9), veut nous combler de bénédictions. Il nous dit : « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi ». Dieu et homme, le Seigneur sera, dans l’éternité, ce fruit inépuisable, sans cesse renouvelé, dont nous nous nourrirons sans jamais l’épuiser (Apoc. 22. 2). Cependant, conduits par l’Esprit, demandons au Seigneur qu’Il nous apprenne à comprendre la Parole plus profondément. Notre combat, tandis que nous sommes sur la terre, se situe dans le ciel, contre « les puissances spirituelles de méchanceté » qui s’y trouvent » (Éph. 6. 12).
Mais revêtons-nous de toute « l’armure de Dieu » et fortifions-nous « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (v. 10). Il faut de l’énergie spirituelle pour combattre sous la conduite du Seigneur. Mais n’oublions pas que nos bénédictions nous sont déjà données : à nous de nous en emparer (Jos. 1. 3), sous la conduite du Seigneur qui nous les a acquises. Le service de Josué, formé d’abord par Moïse qu’il servait, est devenu public après la mort de celui-ci. Moïse, l’Éternel ensuite, exhortent Josué à la fermeté, car le combat était difficile et long. « Faire l’acquit de la charge » que Dieu nous donne à accomplir, demande de nous la force du Seigneur.
« Fortifie-toi et sois très ferme » (v. 7). C’est à nous, aujourd’hui, que s’adresse cette exhortation. Si Josué devait accomplir « toute la loi », nous devons être attentifs à nous laisser conduire par la Parole, car nous courons le danger d’être influencés par le monde. Seule la Parole, reçue et appliquée, nous donnera, chaque jour, une appréciation juste de la pensée de Dieu, pour notre conduite, et pour prendre des forces pour le combat journalier sous la conduite du Seigneur.
Le v. 4 de ce chapitre a son importance, car les limites que Dieu a départies au peuple dépassent beaucoup ce que le peuple a eu la force de conquérir. Depuis le désert du midi, !es frontières montaient, au nord jusqu’au Liban et jusqu’au fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens et jusqu’à la grande mer d’occident (Nomb. 34). Le Seigneur seul, durant son règne de gloire millénaire, établira peuple sur un aussi grand territoire. Les ennemis qui occupaient ces contrées et qui auraient dû être détruits par Israël selon les commandements de Dieu, en subsistant, ont empêché le peuple de progresser dans la conquête inachevée. Pour posséder ce grand pays, déjà donné par l’Éternel, il fallait en fouler le sol (v. 3). Mais tout ce que Dieu donne aux hommes requiert plus d’énergie que ce qu’ils sont enclins à déployer. Il fallait détruire entièrement ces peuples idolâtres (Ex. 23. 20 à 33).
Pour nous, chrétiens, nos bénédictions, pour célestes qu’elles soient, n’en sont pas moins à conquérir, déjà sur la terre, pour que nous en jouissions. Certes, ce ne sera que dans le ciel, avec le Seigneur, que nous en jouirons en perfection. Mais nous en jouirons dans la mesure où nous les aurons conquises sur la terre, en suivant le Seigneur Jésus dans notre marche. Nous sommes en territoire ennemi, et nous emparer de ces bénédictions suppose un combat spirituel.
Au ch. 5. 13 à 15, un homme, son épée nue dans sa main, se présente devant Josué, qui lui demande s’il est pour le peuple ou pour ses ennemis. Et cet homme répond : « Non, car c’est comme chef de l’armée de l’Éternel que je suis venu maintenant ». C’est le Seigneur, et Il révèle à Josué que c’est Lui-même qui conduira les combats, et mènera le peuple à la conquête du pays. Il fallait que Josué soit « ferme » pour la conquête du pays ; et « très ferme » pour garder toute la loi (v. 6 et 7). La possession des bénédictions que Dieu nous donne libéralement, par grâce suppose que nous tenions très ferme la Parole tout entière.
Ces exhortations pour Josué nous concernent aussi (v. 7 à 9 ; Prov. 3. 1 à 6 ; Gal. 2. 19 et 20, ch. 6. 14 ; Éph. 6). Prenons conscience des dangers qui nous entourent. Isaac, en Genèse 26 1 à 3, est exhorté par Dieu à demeurer dans le pays où les bénédictions divines lui étaient données – et Dieu serait avec lui. Moïse, appelé de Dieu, peut délivrer le peuple de l’Égypte, doutant de ses capacités pour cela, s’entend répondre « Parce que je serai avec toi » (Ex. 3. 10 à 12). Ce n’était pas Moïse lui-même qui était important, mais la présence de Dieu et sa puissance pour conduire le peuple à travers le désert. Pour Josué, « le chef de l’armée de l’Éternel » était avec lui pour la conquête du pays que Dieu donnait au peuple (v. 5 ; Deut. 31. 6). Déjà, Dieu était avec lui pour passer le Jourdain.
Nous avons cette promesse encourageante pour nous : « Moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20). Obéir aux commandements de l’Éternel mène aux bénédictions promises. Mais souvent notre présomption nous fait tomber, comme le peuple autrefois (Deut. 5. 27). Nous savons qu’il s’est vite détourné des commandements de la loi ! Notre attiédissement nous conduit aux défaites (Jér. 3). Le Seigneur est avec nous lorsque nous Lui obéissons et II nous bénit. Mais Il ne nous abandonne pas lorsque nous nous écartons comme Jacob (Gen. 28. 15). C’est un encouragement, car nous sommes assurés que le Seigneur ne nous abandonnera jamais.
Sa volonté est de nous bénir continuellement et de nous conduire toujours plus loin dans la vie de communion avec Lui. Quant aux commandements de la Parole, Il nous dit : « Ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu prospères partout où tu iras » (v. 7). Comme un berger, le Seigneur marche devant nous dans le chemin où Il nous mène. Si l’on s’écarte de Lui, Il viendra toujours nous chercher et nous ramènera à Lui. Il nous dit encore : « Ne te laisse pas effrayer » (v. 9), car Il est partout avec nous. Gardons toute la Parole (v. 7).
À Timothée, Paul dira : « Demeure dans les choses que tu as apprises », et il l’exhorte à se souvenir « de qui il les avait apprises » (1 Tim. 3. 14). « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont enseigné la Parole de Dieu et considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7). Ce que nous avons, tenons-le ferme.
L’Éternel a parlé directement à Josué (v. 1 à 9), qui a obéi aussitôt, non sans préparation (v. 10 et 11). Il fallait se préparer à traverser le Jourdain, fleuve qui, à cette époque de l’année « dégorgeait par-dessus tous ses bords » (ch. 3. 15). Avant cela, le peuple avait connu la Pâque (délivrance du péché), la Mer Morte (mort de Christ), et maintenant le Jourdain, symbole de la mort du croyant et de sa résurrection avec Christ (ch. 4. 1 à 9).
Si Dieu nous appelle à un service, obéissons promptement, non sans nous y préparer en nous munissant des provisions nécessaires. Nous devons connaître la Parole, nous en nourrir quotidiennement dans l’esprit de réaliser notre mort avec Christ et de notre résurrection « en nouveauté de vie » (Rom. 6. 4).
Jusqu’au Jourdain, le peuple avait la manne. Dès son entrée dans le pays de Canaan. II a mangé « du vieux blé du pays (Christ glorifié), des pains sans levain et du grain rôti » après avoir fait la Pâque (ch. 5. 10 et 11). Tout est un don de Dieu, et chacun doit se nourrir de Christ, chaque jour, afin de croître en forces et en stature spirituelle car, pour nous emparer de nos bénédictions célestes, nous-mêmes étant encore sur la terre, il nous faut les forces et la persévérance pour combattre, non contre « le sang et la chair », comme les Israélites, mais contre les puissances de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Éph. 6. 2), en étant revêtus de « l’armure complète de Dieu » (v. 17 et 18). Cette armure comporte des armes défensives : la cuirasse, le bouclier, le casque ; puis, deux armes offensives : l’épée de l’Esprit qui est la Parole, et la prière.
Dans ce chapitre, il n’est pas question de l’arche, mais de se préparer. On trouvera l’arche au ch. 3. 3 mais Josué s’adresse, dans ces deux passages, aux mêmes « officiers ». L’arche, figure de Christ, doit passer devant le peuple en armes, à une distance respectueuse, car c’est le chef de guerre qui conduit le combat. De même, les trois jours de préparation nous rappellent les trois jours où le Seigneur est resté dans la mort (gages du péché), afin de nous en délivrer, et de nous rendre propres au combat de la foi en Le suivant.
Le combat ne commence qu’après le franchissement du Jourdain. Ces choses sont présentées dans l’absolu : Dieu a tout préparé d’avance, mais il faut s’en emparer « vous passerez ce Jourdain » (v. 11) mais, en suivant l’arche, il n’y a rien à craindre, car le pays leur était donné de Dieu. Comme tout ce qui vient de Dieu, tout est ferme et bien assuré – cependant la foi en exercice est indispensable.
Les deux tribus et demie de Nombres 32 se retrouvent dans nos v. 12 à 18 : elles ressemblent à des croyants au caractère terrestre, attachés de cœur aux biens de la terre, plus qu’à leurs bénédictions célestes. Un croyant céleste s’attache aux biens célestes qui lui sont donnés dans le Seigneur. Moïse en a ressenti de la peine, mais leur a fait promettre de participer à la conquête du pays, même s’ils s’installaient en deçà du Jourdain avec leurs troupeaux. « Le pays… que votre Dieu vous donne » (fin du v. 11), devient « le pays de votre possession » (ch. 22. 4 et 19). Ce n’était plus le pays que Dieu leur avait donné ; mais ils avaient plutôt choisi eux-mêmes leur « héritage » (Nomb. 32. 19) !
De ces deux tribus et demie, fortes de cent dix mille hommes, au recensement de Nombres 26, seuls quarante mille hommes traversèrent le Jourdain, participant à la conquête de Canaan (Jos. 4. 12 et 13) ! Ils sont restés sept ans loin de leurs familles. À la sortie d’Égypte, Dieu avait promis que « pas un chien de remuerait sa langue ». Mais ici, on ne trouve plus la même foi chez tous les Israélites. On prend des arrangements pour son confort, on ne suit plus tout à fait l’Éternel, on compose avec Lui !
Rester hors des rassemblements nous livre davantage à l’influence du monde et nous affaiblit. Loin de Jérusalem, les deux tribus et demie ont érigé un « autel de grande apparence », en souvenir de leur appartenance à Israël, provoquant un grand trouble. Ce sont ceux-là qui, les premiers, ont été transportés en captivité. Dans la conquête de Canaan, ils sont demeurés fidèles et ont même encouragé Josué (v. 18). On les voit passer « armés devant les fils d’Israël », premiers au combat (ch. 4. 12). Cependant, il faut de la fidélité à la Parole de Dieu jusqu’au bout. Y sommes-nous attachés de cœur ?
Ch. 2.
La déclaration des hommes des deux tribus et demie (v. 17) qui, en Nombres 32, avaient choisi de rester en deçà du Jourdain, malgré la simplicité de leurs arguments, préfigurait déjà la fin de l’unité du peuple. Leur détermination à ne pas habiter dans le pays que l’Éternel leur donnait, avait poussé Moïse à accepter un compromis. Ils pourraient habiter ou ils avaient choisi de demeurer, à condition que les hommes, armés et équipés, aident leurs frères à conquérir le pays. Même après la conquête, ils devaient encore être exhortés à rester dans le pays (ch. 22. 19). Au ch. 1. 17 et 18, ces hommes semblent oublier toutes les rébellions dont le peuple s’était rendu coupable envers l’Éternel, en contestant envers Moïse. Ils affirment à Josué : « Tout homme qui sera rebelle à ton commandement et qui n’écoutera pas tes paroles en tout ce que tu nous commanderas sera mis à mort ». Ces paroles catégoriques se trouveront infirmées par la suite car, comme nous l’avons vu, seuls quarante mille hommes sur cent dix mille, passeront le Jourdain, et nous ne voyons pas que les autres aient été mis à mort !
Cependant, la grâce de Dieu se manifeste envers Rahab, une prostituée (v. 1). Le Seigneur Jésus, en Son temps, entrera en grâce dans la maison de Zachée, le pécheur (Luc 19. 7). Rahab, seule à Jéricho, reçoit les espions en paix (Héb. 11. 31) et reconnaît que Dieu était avec le peuple (v. 9 à 11). En Matthieu 21. 31, le Seigneur dira aux Juifs : « les publicains et les prostituées vous devancent dans le royaume des cieux ».
L’amour d’un pécheur pour le Seigneur est d’autant plus fort qu’il lui a été beaucoup pardonné » (Luc 7. 47). Nous ne sommes tous que des objets de la grâce divine. Paul lui-même, un savant dans les Écritures, se reconnaissait comme le premier des pécheurs, mais sauvé par pure grâce. Quant à Rahab, qui en fait trahit son peuple, par sa foi, elle plaît à Dieu, et elle est sauvée par la grâce avec toute sa famille. L’homme regarde à l’apparence et Dieu regarde au cœur. Les deux espions, représentent le peuple de Dieu, apportant la grâce là où règne le péché, et Rahab la prostituée nous représente, nous, pécheurs des nations et objets de la grâce. Étrangère aux alliances du peuple de Dieu, elle est ajoutée à Israël, et entre dans la lignée du Seigneur. Ce qui est remarquable c’est que Rahab, n’ayant jamais eu de contact avec les Hébreux, a la foi dans l’Éternel dont elle a entendu les grandes actions en faveur du peuple. Elle aussi, comme tout Jéricho, tremblait devant le peuple de Dieu, mais, contrairement à tous les habitants de cette cité ennemie, elle sait que l’Éternel « est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas » (v. 11). Sa foi semble supérieure à celle de bien des Israélites !
À peine les espions sont partis de chez elle, elle s’empresse de mettre le « cordon d’écarlate » à sa fenêtre, comme à la sortie d’Égypte, le peuple avait dû mettre le sang de l’agneau de la Pâque sur leurs portes. Elle aussi a été sauvée par sa foi (Rom. 1. 8 ; v. 20). Et sa foi a chassé de son cœur la crainte de l’homme. La gloire de Dieu est de se faire connaître comme le Dieu sauveur, aux Juifs et aux nations (Éph. 2. 1, 2, 4 et 5, 13 à 16). La séparation primitive existant entre Israël et les nations a été anéantie par le sacrifice du Seigneur (És. 49. 6). La grâce a atteint les nations à cause de l’incrédulité des Juifs qui, pour un temps, ont été séparés de Dieu, jusqu’à ce qu’ils reconnaissent le Seigneur comme leur Messie. En attendant, les disciples étaient exhortés à faire « disciples toutes les nations » (Mat. 28. 19 et 20).
Comme Rahab, une prostituée, nous étions tous, au plus bas état moral qu’un être humain peut atteindre (1 Cor. 6. 11). Si nous n’étions pas policés par une certaine morale inculquée dès l’enfance, nous serions capables des pires choses, car notre cœur naturel est le même que celui de tous les hommes. Même en appartenant au Seigneur, nous devons tenir la chair dans la mort. Alors, notre comportement dans le monde peut honorer Dieu qui offre sa grâce à tous les hommes.
Sans doute, Rahab, réagissant selon son cœur naturel, ment-elle aux v. 4 et 5 et nous ne devons pas nous laisser aller de cette façon, car le mensonge est l’œuvre du diable. On trouve d’autres mensonges en 2 Samuel 17. 18 à 20, mais « toutes choses servent Dieu » qui les utilise pour sauver David. Dieu nous exhorte à « dépouiller le mensonge » (Éph. 4. 25 et 30). Nous devons au contraire, manifester notre origine céleste (Jean 17. 16). « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17). Dieu est le Dieu de la vérité et sa grâce va s’exercer envers cette pécheresse qui, par la foi, a reçu les espions en paix, entrant ainsi dans les plans divins.
Les deux hommes israélites ne semblent pas avoir beaucoup exploré le pays. L’essentiel de l’action divine, dans cette scène, est d’être intervenu dans Jéricho même, pour sauver une âme de la destruction qui attendait les habitants de la ville. Rahab et toute sa famille ont été emmenées hors de Jéricho, sauvées par grâce, en ayant mis le « cordon d’écarlate à sa fenêtre, et à cause de sa foi en ce Dieu qui « est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas » (v. 11).
Il n’est pas une âme qui ait la foi, que Dieu ne sauvera. Il nous a « préconnus » dès avant ta fondation du monde et nous a sauvés par la grâce, faisant toutes choses en vue de la fin qu’Il s’est proposée en Lui-même. Les deux Israélites sont entrés dans Jéricho au péril de leur vie mais ils y sont allés comme des messagers de la sublime grâce de Dieu. Dans l’épître aux Hébreux, ch. 11. 31, dans la lignée des hommes de foi, Rahab paraît aussitôt après Moïse. Qu’y avait-il de commun entre ces deux personnages de l’Ancien Testament ? La foi ! Et elle a servi sans doute sans s’en rendre compte aux plans de Dieu pour le bien de son peuple afin de l’encourager (v. 24). De plus, on voit que ce que Rahab a fait par la foi n’est pas oublié de Dieu, et son histoire est consignée dans la Parole pour toujours. De même la femme qui a répandu le parfum de grand prix sur la tête du Seigneur (Mat. 26. 6 et 13).
Rahab savait déjà ce que Dieu avait fait en faveur de son peuple. Dès l’entrée des espions chez elle, elle prend position pour les sauver de ceux qui les recherchent. Elle montre sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 25). Dieu prend soin de ceux qui se tournent vers Lui et les mène en avant (v. 9 ; Prov. 9. 10 ; Mat. 15. 22 à 28). Beaucoup de croyants montrent leur foi dans ce monde qui les persécute.
Dans sa crainte d’être détruite avec sa famille, Rahab se tourne vers Dieu et est sauvée – quand les autres habitants de Jéricho, ayant la même crainte, sont perdus, ayant rejeté Dieu ! Seule la foi sauve. Le Seigneur dit dans l’évangile « Qu’il vous soit fait selon votre foi » (Mat. 9. 29). Peu éclairée quant à Dieu, Rahab peut dire : « Je sais que l’Éternel vous a donné le pays » (v. 9). Se mettant sous la protection divine, elle sera épargnée du massacre de la ville, suivra le peuple et entrera même dans la lignée du Seigneur Jésus !
Notre foi, trop faible, freine l’exaucement de Dieu (Luc 17. 6). Dieu utilise souvent des instruments faibles, ne méprisant personne : un jeune garçon avec sept pains et deux poissons, une prostituée. Rahab a caché les espions sous des tiges de lin préparées pour elle. Le lin symbolise les justices des saints (Apoc. 19. 8). Appliquons la Parole de Dieu à nous-mêmes. Dieu nous montre que son propos est d’amener les nations à la foi. Tamar et Ruth sont, elles aussi, entrées dans la lignée du Seigneur. En Genèse 49. 22, Jacob mourant prophétise au sujet de Joseph, qu’il serait comme une branche portant du fruit et passant par-dessus la muraille, supprimant ainsi la séparation entre les Juifs et les nations. On retrouve la même pensée de Dieu en Éphésiens 2. 14. Comme Joseph, le Seigneur, rejeté par les Juifs, est devenu le Sauveur de ceux des nations qui viennent à la foi comme Rahab.
Loin de cacher la gravité de notre état moral, la Parole nous la rappelle, comme elle le fait pour Rahab, qui est nommée « la prostituée » (Héb. 11. 31). L’oublier serait amoindrir la gloire de Dieu en minimisant l’étendue de sa grâce. Chacun de nous est « un tison arraché du feu (Mal. 3. 2). Au ch. 11 de l’épître aux Hébreux, sont nommés Abraham et Rahab, opposés par leur état moral initial.
Mais ce qui fait tout le prix de ce rapprochement, c’est que Rahab a été sauvée par sa foi, que Dieu se plaît à faire progresser. « Je sais » (v. 9) : C’est l’assurance de la foi. « L’Éternel est Dieu dans les cieux en haut » (v. 11) : connaissance sûre de Dieu » « Jurez-moi par l’Éternel » (v. 12) : confiance de la foi en Dieu. Elle se confie en l’Éternel, non pas aux hommes. Aucun serment n’est plus élevé qu’en prenant Dieu à témoin.
Les espions vont répondre à sa demande pour elle et sa famille. Ils y placent des conditions auxquelles sa famille devra se soumettre, ainsi qu’eux-mêmes (v. 14, 17, 18 à 20). Et elle se soumet aussitôt. La première condition, c’est qu’elle devra mettre un « cordon d’écarlate » bien visible à sa fenêtre. Ce cordon rappelle le sang de l’agneau, qui mettait les Israélites à l’abri de la destruction, la nuit de la Pâque, en Égypte – type du sang de Christ qui nous sauve (1 Pier. 1. 19). Rahab s’empresse de satisfaire à cette exigence, et sa foi la sauvera elle et sa famille. La foi ranime le courage et renouvelle les forces. Les Cananéens, devant le déploiement de la puissance de Dieu en faveur d’Israël, se « fondaient » (v. 9, 11 et 24) : ils étaient abattus. La prophétie d’Exode 15. 15, se réalisait à la lettre.
Rahab qui tremblait elle-même, ne pense pas qu’à elle, mais englobe toute sa famille dans sa démarche auprès des espions. Cela est particulièrement important pour nos enfants, que nous sommes responsables d’instruire concernant le salut et tout ce qui touche à la grâce de Dieu, sachant que, par ailleurs, nous sommes impuissants nous-mêmes à les décider de se convertir. La décision leur appartient. Loin de fuir la colère de Dieu comme ses compatriotes, Rahab se tourne vers l’Éternel et à été sauvée. Les espions ont été, pour elle, comme des messagers venus l’appeler à la grâce !
En son temps, Abraham avait intercédé pour les habitants de Sodome que Dieu allait détruire. Il supputait qu’il pouvait y avoir au moins dix justes (Gen. 18. 22 à 32). Il pensait à son neveu Lot habitant dans ce lieu de honteuse perversion. Dieu lui a montré qu’il n’y avait qu’un seul juste, Lot. Mais le jugement divin ne pouvait s’abattre sur la ville tant que Lot s’y trouvait. Cependant, sa conduite habituelle faisait que ses gendres ne l’ont pas cru lorsqu’il les a avertis de la destruction de Sodome.
Rahab habitait sur la muraille qui s’est écroulée. Mais sa maison à elle a été épargnée, pour son salut et celui de sa famille, bien qu’il ne soit nullement question de salut « collectif » ; seuls, ceux qui étaient dans la maison ont été sauvés. Il a fallu que chaque membre de sa famille croie Rahab sur parole. C’est la foi ! Rahab, dans sa piété, a pris soin de sa famille selon 1 Timothée 5. 8. Nous devons montrer le chemin aux nôtres.
En Actes 16. 31 à 34, Le geôlier de Philippes est touché par la Parole de grâce, et il « se réjouit, croyant en Dieu avec toute sa maison ». La foi naît souvent, dans un foyer, du témoignage d’un seul de ses membres. Comme Joseph était « le conservateur de la vie » pour sa famille, le Seigneur nous a communiqué la vie éternelle. Comme les espions, Paul, plus tard, a été dévalé dans une corbeille par une fenêtre (2 Cor. 11. 33). Rahab montre sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 25), et Dieu a « usé de bonté » envers elle (ch. 6. 23), et envers nous aussi. Sur les douze espions envoyés par Moïse, Josué et Caleb rendirent compte fidèlement.
Ici, Josué choisit soigneusement deux hommes qui eux, affirment : « Oui, l’Éternel a livré tout le pays entre nos mains ». Ils ont une ferme certitude de la faveur de Dieu (v. 18 et 34). Rahab a témoigné publiquement de sa foi, en suspendant le cordon d’écarlate à sa fenêtre. Avons-nous des preuves visibles, chez nous, que nous sommes chrétiens ? La femme vertueuse de Proverbes 31. 21 ne craignait pas le froid du monde alentour (la neige), « car toute sa maison est vêtue d’écarlate ».
Ch. 3.
Après avoir marché quarante ans dans le désert où l’Éternel l’a nourri avec la manne, le peuple va franchir le Jourdain. Dès le lendemain de la Pâque qu’il célébra alors, la manne cessa, et il a mangé « le vieux blé du pays » : en figure, Christ ressuscité et glorifié, nourriture du croyant, jouissant de son état de mort avec Christ, et ressuscité avec Lui. Nous sommes à la fois dans le désert (le monde), et déjà vus dans le ciel « assis ensemble avec le Christ Jésus » (Éph. 2. 6).
Comme le Jourdain qui, tout le temps de la moisson, « regorge par-dessus tous ses bords », présentait un obstacle majeur, que le peuple ne pouvait franchir par ses propres moyens, l’Ennemi place devant nous des difficultés de toutes sortes nous empêchant de conquérir les bénédictions célestes que Dieu veut nous donner, et qui sont à notre disposition dans la Parole : obstacles moraux, matériels, ou difficultés que dresse le monde dans lequel nous vivons etc.
La moisson, pour nous, dure toute la vie. Comme pour le peuple, nous avons besoin du Seigneur pour nous aider à franchir notre « Jourdain ». La Parole montre que le peuple a écouté les instructions de Dieu, et y a obéi sans murmures ! Conscients de notre mort et de notre résurrection avec Christ, nous pouvons jouir des bénédictions spirituelles qu’Il nous donne, aussi longtemps que le Seigneur se tient au milieu de nos difficultés, les écartant afin que nous puissions franchir les obstacles, comme les Israélites ont franchi le Jourdain, aussi longtemps que les pieds des sacrificateurs se tinrent au milieu du fleuve (v. 17).
À la Mer Rouge, le peuple a été délivré de l’esclavage de l’Égypte, en pleine nuit (délivré de Satan par la mort de Christ). Là, les ennemis étaient derrière lui : il était délivré d’un jugement qui serait tombé sur lui. Au Jourdain, Dieu veut lui donner un bon pays à conquérir, car l’ennemi est devant. Et cela se passe de bon matin (v. 11). À la Pâque, le peuple devait obéir aux instructions divines pour être à l’abri du jugement. À la Mer Rouge, Dieu délivre Israël des ennemis (c’est la rédemption : Ex. 14. 25 ; 15. 3). Au Jourdain, Dieu le conduit à la conquête de Canaan.
Nous-mêmes, nous sommes dans le monde, et en même temps à la conquête du ciel (la vraie Canaan) ; mais pour l’instant, c’est encore la Canaan des combats. À la croix où le Seigneur est mort à notre place, nous sommes morts avec Lui, car il n’y avait rien de bon en nous. Ainsi, maintenant ressuscités avec Lui par la foi, nous vivons en Lui (Rom. 6. 11).
Sittim (bois d’acacia), parle de l’arche dont elle était faite, et qui est une image de Christ conducteur des croyants. L’arche devait marcher devant le peuple, à distance : il y a toujours une distance morale entre le Seigneur et nous. À Gethsémané, le Seigneur s’est éloigné des trois disciples d’un « jet de pierre ». Nous ne pouvons Le suivre qu’à distance. Le salut du peuple est l’image du salut individuel des chrétiens. En même temps, Il est le « Seigneur de toute la terre » (v. 11 ; És. 49. 6), car Il parle à tous les hommes, ayant toute autorité dans le ciel et sur la terre (Mat. 28. 18). Et cela est rappelé au v. 11, en relation avec l’arche au milieu du Jourdain, fleuve de la mort vaincue. Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité ». Le peuple suivait l’arche, car il devait passer par un chemin qu’il ne connaissait pas. Par sa mort, le Seigneur a ouvert devant nous « un chemin nouveau et vivant » où nous marchons par la foi. Le Seigneur seul nous a ouvert l’accès du ciel, à la croix, où Pierre ne pouvait pas aller (Jean 13. 36).
Dans les instructions de Dieu, rien n’est laissé à l’initiative du peuple. Et l’arche s’arrêtera au milieu du Jourdain jusqu’à ce que tous soient passés. Le Seigneur agit pour nous aider à nous emparer des bénédictions qu’Il a préparées pour nous, jusqu’à la fin de notre vie. Dans le désert, l’arche, portée sur l’épaule, précédait le peuple d’une distance de trois jours, pour lui chercher un lieu de repos. Il fallait que le peuple fixe les yeux sur elle, comme nous devons fixer les yeux sur Jésus (Héb. 12. 2), pour Le suivre dans le chemin où Il nous conduit afin de faire « des merveilles au milieu de nous » (v. 5). Après avoir franchi la Mer Rouge, le peuple a chanté le magnifique cantique de la délivrance, où il anticipe le plan divin (Ex. 15. 11). Mais ici, afin de jouir pleinement des bénédictions et de franchir le Jourdain, Josué dit : « Sanctifiez-vous ».
Aux v. 5 et 10, une chose de première importance est révélée : « le Dieu vivant est au milieu de vous » et Il y fait « des merveilles ». Il convient, en relation avec sa présence, de se sanctifier, en se séparant de tout mal. Les « merveilles» que Dieu veut faire en faveur de son peuple sont à cette condition. Tite 2. 11 et 12 nous exhorte à « vivre sobrement » pour nous-mêmes, « justement » aux yeux du monde, reluisant comme une lumière au sein des ténèbres morales, et « pieusement » vis-à-vis de Dieu. Après le péché d’Acan, le peuple est appelé à se sanctifier de nouveau, afin de pouvoir vaincre ses ennemis (ch. 7. 13). Telle doit être notre attitude morale devant Dieu et les hommes, journellement. Notre communion avec le Seigneur ne peut être rétablie qu’à ce prix, et la Parole, comme une eau pure, nous lave.
Ce n’est qu’en communion avec le Seigneur que nous pouvons « conquérir » nos bénédictions : lire la Parole en étant en mauvais état spirituel nous sera peu bénéfique. Conquérir le pays de Canaan, pour le peuple, supposait des combats incessants, et il n’en va pas autrement pour nous. Cet appel à se sanctifier, du v. 5, semble avoir été réalisé, car le peuple obéit à toutes les instructions divines, sans un murmure – et Pierre nous exhorte à avoir « une sainte conduite… en piété » et « à être trouvés sans tache » (2 Pier. 3. 11 à 14).
L’arche (image du Seigneur Jésus nous frayant le chemin dans nos difficultés), selon les instructions divines, s’engage la première dans le Jourdain. Prions sans cesse le Seigneur, afin qu’Il nous conduise chaque jour. Il a seul la puissance d’opérer cette sanctification avec « une abondance de joie » (Jude 24). La pâque devait être mangée avec des pains sans levain, le levain étant un type du péché. Ces images de l’Ancien Testament nous instruisent sur la sainteté requise pour les chrétiens, qui s’accompagne d’une joie sainte goûtée comme une fête. Dans le désert, beaucoup de murmures et de révoltes affligeants ont jeté le déshonneur sur le peuple et sur le nom de l’Éternel. Le peuple devait apprendre à connaître son propre cœur.
Il n’est pas possible de vivre, d’ores et déjà, dans le ciel, avec du péché non jugé. Ce jugement personnel suppose l’humiliation, la confession et l’abandon du péché. Sans ces trois conditions, on retombera dans le même péché. De même, se séparer du péché sans s’en être humilié conduira à l’orgueil. Israël en est un exemple au cours de son histoire. Lorsque Dieu le châtiait, il revenait à Lui. Mais, une fois délivré, il retombait dans son péché (Jug. 10. 10 à 14, 16). Dieu avait pitié de son peuple et le délivrait. Il use de la même miséricorde envers nous, ses rachetés.
Le passage du Jourdain « regorgeant par-dessus tous ses bords », était une grande « merveille ». Pour nous, le Seigneur veut toujours nous conduire, dans les difficultés qui se manifestent à nous. Mais veillons à ne pas y faire obstacle en entretenant habituellement du péché (Prov. 28. 13 et 14). Tout au long de notre vie, nous avons à nous emparer des bénédictions célestes que Dieu veut nous donner. Soyons donc soigneux quant à la confession de nos fautes, n’oubliant pas que nous avons encore la chair en nous. Toutes les ressources sont dans le Seigneur et Il ne veut pas que nous nous contentions de quelques petites bénédictions : Il veut nous les donner toutes. « Bénis de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 1. 3). Et « les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est l’espérance de votre appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints, et qu’elle est l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons » (cf. Éph. 1. 18 et 19).
Toutes ces choses appartiennent à la sphère céleste, et nous pouvons dire avec le Psaume 16. 11 : « Ta face est un rassasiement de joie » la joie sainte et pure, en goûtant une relation spirituelle heureuse avec notre Seigneur, dans la paix, « pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendus conformes à sa mort » (Phil. 3. 10). Ainsi, nous avons « communion avec Dieu au sujet de son fils ». Ces bénédictions se prolongent bien au-delà du salut, et nous introduisent dans la jouissance des richesses divines qui nous sont données (Jean 17. 20 et 21). « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (ch. 1. 3).
Comme autrefois, Joseph avait dit à ses frères : « Approchez-vous de moi » (Gen. 45. 4), Josué dit au peuple : « Approchez d’ici, et écoutez les paroles de l’Éternel, votre Dieu » (v. 9). Pour connaître la pensée de Dieu, il faut s’approcher de Lui (Héb. 4. 16), par la prière, quel que soit le caractère de la réunion. C’est son désir que nous nous tenions près de Lui. Au verset 7, l’Éternel dit à Josué : « Comme j’ai été avec Moïse, ainsi je serai avec toi ».
Tout en rapportant les paroles de Dieu au peuple, Josué ne dit pas : L’Éternel sera avec moi », mais « Vous connaîtrez que l’Éternel est au milieu de vous » (v. 9 et 10). Le serviteur s’efface. Les peuples se faisaient des idoles sculptées, d’or, d’argent, de pierre, de bois, ouvrages d’artisan : faux dieux inertes, sans vie… Mais, Josué dit à Israël : « Vous connaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous » (v. 10), Celui qui a la vie en Lui-même, et qui a la puissance de couper les eaux du Jourdain jusqu’à ce que le peuple ait passé. Et c’est le même Dieu, tout-puissant, omniscient, Dieu d’amour qui se tient au milieu de nous, par le Seigneur Jésus, et en nous par son Esprit.
À la Pâque, il fallait sacrifier un agneau pour que Dieu soit propice au peuple. À la Mer Rouge, Dieu était pour le peuple arraché à l’Égypte. Nous-mêmes, comme rachetés, nous jouissons de la présence divine qui est pour nous. Au milieu de son peuple, Dieu les introduit dans le pays promis par sa toute-puissance, en dépossédant les ennemis « Je suis avec vous tous les jours » (Mat. 28. 20). Dieu promet que les siens ayant franchi le Jourdain (l’affranchissement), les ennemis, si nombreux soient-ils, seront vaincus. Pour cela, il fallait que l’arche se tienne au milieu du fleuve de la mort (v. 1) et le peuple suivant l’arche était assuré de la victoire.
Les nombreux ennemis d’Israël figuraient les « œuvres de la chair » (Gal. 5. 19 à 21). Mais « ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (v. 24). La victoire nous est acquise par le sacrifice du Seigneur à la croix. Affranchis du vieil homme, qui est un instrument de péché entre les mains des « puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes », vivons donc comme des ressuscités en Christ. Chacune des sept nations du v. 10 était plus puissante qu’Israël, mais la victoire appartenait à Dieu, et le pays leur était donné d’avance. Il fallait combattre afin de le conquérir. Le don de Canaan est un don de Dieu, sans repentir. Et, à la fin du règne de Christ (le millénium), les ennemis envahiront le pays par millions, mais le Seigneur les détruira définitivement (Apoc. 20. 7 à 9). C’est par amour que Dieu a délivré Israël de l’Égypte et l’a introduit dans ce pays ; et Il a choisi ce peuple parce que c’était le plus petit de la terre (Deut. 7. 7 et 8).
Quant à nous, chrétiens, « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31) C’est en suivant le Seigneur que nous serons victorieux des ennemis, car nos combats sont conduits par « le chef de l’armée de l’Éternel » (ch. 5. 13 à 15), le Seigneur Jésus, et c’est Lui qui domine le combat (v. 14). C’est au moment du franchissement du Jourdain que Dieu est appelé « le Seigneur de toute la terre » (v. 11 et 13). Pour nous, Il est Seigneur dans le ciel et sur la terre. La grande tribulation d’Israël est préfigurée par le débordement du Jourdain (v. 15).
Aux v. 14 à 17, ce qui était annoncé se réalise. L’arche (Christ entré le premier dans la mort qui n’a plus de pouvoir sur nous), entre dans le Jourdain, et les eaux s’arrêtent loin de là, près d’Adam (peut-être symbolisant que le châtiment est tombé sur le second Adam pour épargner le premier) (Ps. 42. 7). Les eaux se sont accumulées en monceau très loin du peuple ayant traversé le fleuve à sec, sans inquiétude car, par la foi, les sacrificateurs sont entrés sans hésiter dans le Jourdain. Nous-mêmes sommes sauvés par la foi seule, le Seigneur nous ayant « ouvert un chemin nouveau et vivant » (Héb. 10. 19 à 22) ayant subi, Lui seul, le jugement que nous méritions.
Les v. 15 et 16 évoquent la moisson, la bénédiction et les fruits que l’on retrouve en Ruth 1. 22). La Mer rouge et le Jourdain associés (Ps. 66. 5 et 6 ; 114. 2 et 3), rappellent l’œuvre de Christ, pour nous, sous différents aspects. Le Seigneur nous a épargné de la mort éternelle dont Il a mesuré toute l’horreur, dans son âme sainte, sur la croix. Le seul Juste a été abandonné. Quelle grâce !
Ch. 4.
Au ch. 3. 12, l’Éternel commande à Josué de choisir un homme par tribu, sans lui dire la raison de ce choix. Et Josué obéit (ch. 4. 4). L’Éternel lui fait connaître sa raison au v. 3. Ces douze hommes représentaient les douze tribus d’Israël et c’était sa volonté que les douze tribus entrent en Canaan, et possèdent le pays. Mais deux tribus et demie avaient choisi de s’établir en deçà du Jourdain, contre la pensée divine. Plus tard, elles seront les premières à partir en captivité.
Ils devaient enlever douze pierres du milieu du Jourdain, prises de là où s’étaient tenus les pieds des sacrificateurs. Cette précision est importante, car elle nous rappelle que le Seigneur, « souverain sacrificateur des biens à venir » se tient en permanence au milieu de nos difficultés et de nos iniquités, afin d’intercéder pour nous, auprès de Dieu, après nous avoir sauvés par sa mort sur la croix.
Les pierres symbolisant les douze tribus d’Israël sont associées à l’endroit précis où se sont tenus les pieds des sacrificateurs, dont l’office habituel est d’intercéder pour le peuple, en offrant des sacrifices expiatoires.
Les « merveilles » que Dieu se proposait d’opérer au milieu de son peuple (ch. 3. 5), se réalisent aux ch. 3 et 4. Dans ces douze pierres (Israël complet), nous pouvons voir, pour nous, l’unité de l’Église du Seigneur, belle à ses yeux, unité qui n’est plus à réaliser par quelque effort que nous devrions faire, car c’est l’œuvre définitive du Seigneur seul. De même que son peuple en garde le souvenir dans la Parole (Ps. 111. 4), nous aussi nous sommes assurés que cette unité, formée par le Seigneur Lui-même, est intouchable, malgré les divisions imputables aux hommes (1 Cor. 10. 17). Voilà comment Dieu voit l’Assemblée chrétienne, malgré ses divisions.
Plusieurs passages rappellent cette unité des douze tribus aux yeux de Dieu, alors que deux tribus et demie sont installées en dehors de Canaan, notamment lorsque le royaume sera divisé – ensuite, lorsque Juda et Benjamin remonteront de la captivité (Esd. 6. 17), où douze boucs pour le péché seront offerts, en sacrifice pour tout Israël. Quant aux dix autres tribus actuellement perdues dans le monde, le Seigneur les retrouvera, en son temps, et les ramènera dans le pays qu’Il a donné à Israël. Les douze hommes désignés ne sont pas nommés car ils représentent le peuple tout entier. Les deux tribus et demie étaient donc représentées. Elles auraient dû entrer avec le reste du peuple. Cependant, quarante mille hommes en armes ont participé à la conquête du pays, mais n’y sont pas restés. De même, dans la chrétienté divisée, nous avons des frères partout, même si nous ne pouvons marcher avec eux. Gardons, en ce qui nous concerne, la vérité qui nous a été transmise par nos devanciers, et efforçons-nous de suivre le Seigneur, comme II nous y invite (Jean 21. 22).
Quant aux douze pierres, Dieu savait qu’elles intrigueraient les générations suivantes. Les pères avaient donc ce devoir d’instruire leurs fils qu’elles représentaient un souvenir pour eux, et étaient une instruction pour leurs descendants (v. 6, 7, 21 à 24). À la sortie d’Égypte, la Pâque que le peuple avait célébrée, devait être perpétuée d’année en année, et expliquée aux enfants (Ex. 12. 26 et 27). « Que signifie pour vous ? » (v. 6). Rappelons à nos enfants ce que le Seigneur a fait « pour nous » personnellement, et parlons-leur en particulier de la signification, pour nous, du mémorial de ses souffrances : « le Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré Lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Parlons à nos enfants de la grâce de Dieu pour nous, personnellement, non pour nous glorifier, mais pour glorifier le Seigneur, car la conversion d’une personne est toujours à la gloire de Dieu.
Instruisons aussi les enfants de ce que nous vivons avec le Seigneur, et de ce que nous en recevons (Deut. 6. 6 à 8). Reconnaissants envers le Seigneur, nous devons avoir ce saint désir de Lui obéir. Les enfants, alors, comprendront pourquoi nous désirons suivre notre Sauveur. 2 Timothée 1. 5 donne un exemple vivant de la transmission de la foi, de génération en génération. Les jeunes chrétiens sont exhortés à « garder ce qui leur a été confié » (1 Tim. 6. 20). Dans ces passages, le peuple a pleinement obéi à Josué qui n’était que le porte-parole de Dieu (v. 8 à 10).
Les douze pierres arrachées du milieu du Jourdain et qui devaient être déposées à Guilgal, figuraient les douze tribus d’Israël. Ces pierres représentaient deux mémoriaux distincts. Le passage du Jourdain, fleuve de la mort ; et celui du « roulement de l’opprobre de l’Égypte », dans la circoncision du peuple né dans le désert (ch. 5. 9). Ces douze pierres symbolisent également l’identification des croyants au Seigneur, mort et ressuscité. C’est de cela que nous nous souvenons durant le culte et à la cène.
Après notre conversion, Dieu nous voit, désormais, « ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (Éph. 2. 6). Si nous avons reconnu notre état de mort à cause du péché, Dieu nous communique, avec la foi en Christ, l’état de résurrection dont son Fils est les prémices. Les ch. 6. 1 à 11 de Romains donnent la doctrine chrétienne de notre identification à un Christ mort et ressuscité. On en retrouve la symbolique dans ces douze pierres arrachées du lit du Jourdain, et des douze autres déposées au fond du fleuve recouvertes par les eaux. Ces images nous parlent avec force de la terrible mort expiatoire du Seigneur, objet du souvenir qu’Il nous a laissé dans la cène : le Prince de la vie est entré dans la mort en vainqueur, et en est ressorti en pillant « les biens » de Satan : les saints de tous les temps, désormais vivants en espérance, pour l’éternité.
Les pierres ensevelies dans les eaux du Jourdain et que le peuple ne voyait plus, rappellent notre mort avec Christ : « Si un est mort pour tous, tous donc sont morts » (2 Cor. 5. 14 et 15). Le ch. 15 de la première épître aux Corinthiens montre à l’évidence que le Seigneur est vraiment ressuscité, sinon la résurrection des croyants n’aurait plus aucune possibilité de se réaliser. Il est, Lui, « le premier né d’entre les morts », et le fondement même de la nouvelle création, à la gloire de Dieu.
Dans le désert, le peuple était nourri de la manne, image du Seigneur nourrissant les siens ayant encore besoin de « lait spirituel » (1 Cor. 3. 1 et 2). Ayant traversé le Jourdain, le peuple, dès le lendemain de la Pâque, est désormais nourri « du vieux blé du pays », image de Christ glorifié ; « du grain rôti », Christ ayant subi le jugement à notre place, et enfin, du « pain sans levain » rappelant la nécessité d’une vie purifiée (ch. 5. 11).
Le peuple, désormais entré dans le pays, il y aura des combats. Pour nous-mêmes, la vie chrétienne est jalonnée de luttes spirituelles. Durant le passage du peuple à travers le Jourdain, l’arche est restée dans le lit à sec du fleuve, rappelant que le Seigneur se tient fidèlement au milieu de nos difficultés, tant que nous n’en avons pas franchi l’obstacle. Mais, dès que le peuple entier eut passé, « à la hâte » (v. 10 ; Ex. 12. 11), l’arche est repassée devant le peuple pour le diriger. Le Seigneur nous dit : « Suis-moi » (Jean 21. 20). Hâtons-nous de croître dans sa connaissance personnelle (Col. 3. 1 à 3) Il est, Lui, à la fois « créateur de toutes choses », et le « premier né d’entre les morts », et il est le « chef de l’Assemblée » (Col. 1. 16 et 18).
Les v. 12 et 13 montrent quarante mille hommes sur cent dix mille, des deux tribus et demie passant « devant l’Éternel », et qui participeront à la conquête de Canaan. Néanmoins, ces Israélites n’ont pas apprécié la vraie valeur de l’héritage donné par l’Éternel à son peuple. La perspective du ciel, où est le Seigneur, est-elle précieuse à nos cœurs, notre trésor ? Ou bien les attraits de la terre nous retiennent-ils ? « Mes brebis écoutent ma voix… et elles me suivent » (Jean 10. 27).
Les chrétiens ne sont plus sous la loi, comme le peuple, autrefois, mais sous la grâce. Cependant, par amour pour le Seigneur, nous devons renoncer à toute prétention à Le suivre par nos propres forces. Seule, la grâce du Seigneur nous donne la force de vivre pour Lui. Aux Galates, voulant revenir à la loi en pratiquant la circoncision, Paul dit : « Vous vous êtes séparés de tout le bénéfice qu’il y a dans le Christ, vous tous qui vous justifiez par la loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Gal. 5. 4). Certes, nous n’avons pas la liberté de faire des choses qui déshonoreraient le Seigneur. Cependant, laissons agir l’Esprit Saint, qui nous montrera ce que nous devons faire pour plaire au Seigneur.
Josué, serviteur de l’Éternel, avait obéi à la lettre à ses commandements, et les avait transmis fidèlement au peuple pour le franchissement du Jourdain. En réponse à sa fidélité, l’Éternel l’élève « aux yeux de tout Israël, et ils le craignirent comme ils avaient craint Moïse, tous les jours de sa vie » (v. 14). Josué est un type du Seigneur Jésus que Dieu a élevé « au-dessus de tous les cieux » et « couronné de gloire et d’honneur » (Ps. 8. 5 ; 21. 3 à 5).
Craignons, quant à nous, de déplaire au Seigneur de gloire auquel seront « assujetties toutes choses » (Éph. 1. 22), « comme Fils sur sa maison » (Héb. 3. 5 et 6). Sa gloire sera reconnue universellement dans son règne (1 Pier. 1. 21 ; Phil. 2. 9 à 11), comme pour Salomon, en son temps et à sa mesure (1 Chron. 29. 23 à 25) ; ou encore comme Ézéchias qui « fut élevé aux yeux de toutes les nations » (2 Chron. 32. 23). L’élévation de ces personnes de l’Ancien Testament, vient de la seule appréciation de Dieu (ch. 6. 27). L’Éternel était avec Josué, comme Il a été avec Joseph, avec Samuel, et comme Il a été avec le Seigneur (Act. 10. 38). Dieu est toujours fidèle à ses promesses ; même si, à cause de nos désobéissances, Il est parfois obligé de changer ses voies, c’est toujours en vue de réaliser ses promesses. Ici, l’obéissance de Josué est récompensée par son élévation aux yeux du peuple, comme l’Éternel le lui avait promis au ch. 3. 7.
Sous la conduite de Moïse dans le désert, le peuple s’est souvent rebellé. Cependant, le Dieu de grâce, avec miséricorde, passe par-dessus ces misères (v. 14). Il était indispensable que le peuple reconnaisse en Josué, qui lui-même, étant jeune, avait servi Moïse dans le désert, le chef qui devait mener la conquête de Canaan. Paul dira à Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse » (1 Tim. 4. 12).
Comme les sacrificateurs qui portaient l’arche étaient entrés dans les eaux de Jourdain au commandement de l’Éternel, ils ont attendu un nouveau commandement pour en remonter, dans une remarquable dépendance (v. 15 à 18). Le Jourdain représentait un obstacle infranchissable pour l’entrée du peuple en Canaan. C’est par la foi que les sacrificateurs sont entrés dans les eaux et qu’ils se sont maintenus dans le lit à sec du Jourdain, durant le passage du peuple, et jusqu’à ce que l’Éternel leur demande d’en remonter. Alors, les eaux sont revenues, regorgeant par-dessus tous les bords. Mais elles ne représentaient plus un obstacle pour le peuple. L’arche est entrée la première dans les eaux, et en est remontée la dernière : le Seigneur est « l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin » (Apoc. 21. 6).
Le Seigneur tout-puissant se tient toujours au milieu de nos difficultés pour nous permettre de continuer dans le chemin de la foi. On ne peut rester toujours au milieu du Jourdain : ce serait vivre en Romains 7. Mais réalisons notre mort et notre résurrection avec Christ, et vivons dans l’esprit de délivrance de Romains 8. Par sa mort et sa résurrection, le Seigneur a ouvert le chemin pour venir à Dieu pour quiconque croit (1 Pier. 1. 18 à 21 ; Héb. 11. 1). Lorsque le Jourdain retombera, un jour, il sera trop tard pour ceux qui ne l’auront pas franchi « à sec ». La grâce de Dieu leur sera retirée.
Les choses que le Seigneur a faites pour nous, et ce qu’Il nous enseigne dans sa Parole doivent être transmises fidèlement de génération en génération (v. 21 à 23 ; Ps. 78. 3 à 6). Les fils seront amenés à poser des questions auxquelles nous devons répondre clairement (v. 6 à 8, 21 à 24). Dieu avait transmis l’autorité d’Élie à Élisée (2 Rois 2. 15) Ici, c’est l’autorité de Moïse qui reposait, dès lors, sur Josué. Nous sommes tenus de transmettre soigneusement à nos enfants ce que Dieu a fait pour nous et ce qu’Il nous enseigne. Si nous ne le faisons pas, nos descendants peuvent se détourner et ne plus être des croyants.
Israël pouvait dire : ma place était là, au fond des eaux, mort ; mais Dieu m’en a délivré. C’est le témoignage que les parents doivent avoir envers leurs enfants. Et la responsabilité des enfants est de recevoir et de garder les vérités qui leur sont transmises. Sinon elles seront perdues, par ignorance ou indifférence (Jug. 2. 10 à 13). Chaque génération doit se soumettre à la Parole. Soumettons-nous à nos conducteurs. « Achète la vérité et ne la vends point » (Prov. 23. 23 ; 1 Jean 2. 14).
Ch. 5
Au ch. 23, nous avons ce que l’Éternel à fait en faveur d’Israël, à la Mer Rouge et au Jourdain. Au v. 24, nous voyons le double but de Dieu : « Afin que tous les peuples de la terre connussent la main de l’Éternel, qu’elle est forte, afin que vous craigniez toujours l’Éternel, votre Dieu ». La main de l’Éternel est révélée à tous les peuples ; mais elle a deux effets contraires : soit elle effraie et repousse les incrédules qui restent ennemis de Dieu (ch. 5. 1) ; soit elle tourne les cœurs vers Lui, et c’est le cas de Rahab qui, elle-même, effrayée autant que les rois des Amoréens et des Cananéens (ch. 2. 9 et 10 ; Ps. 81. 14), s’est mise sous la protection de ce Dieu tout-puissant (v. 12 et 13).
Esdras, en son temps, fera l’expérience de la puissante main de Dieu, en protection (Esd. 7. 28 ; 8. 22). À l’inverse, le Seigneur Jésus, sur la croix, a subi la puissante main de Dieu, en châtiment contre notre péché dont Il s’était chargé (Lam. 3. 3). Comme autrefois, dans la peur de Dieu, les hommes Le rejettent ou s’y soumettent par la foi. Dans la crainte de la méchanceté du monde, le Seigneur nous encourage : « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ».
À Guilgal, l’Éternel prépare son peuple aux combats victorieux de la conquête du pays : la circoncision (mise de côté de la chair (v. 2 à 9). La Pâque (communion avec le Seigneur). Le vieux blé du pays, le grain rôti et des pains sans levain (importance de se nourrir d’un Christ mort, ressuscité et glorifié). Enfin, la certitude que les combats seront conduits, non par Josué, mais par Celui qui se révèle être « le chef de l’armée de l’Éternel » (v. 14).
La cause de toutes ces nations détruites se trouve en Genèse 15. 16 : « Leur iniquité était arrivée à son comble ». Loin d’imiter le monde, nous devons « demeurer en Christ » (Col. 2. 11 et 12), qui a tout fait pour nous délivrer de la méchanceté du monde conduit par Satan. Étant morts et ressuscités avec Christ, notre vieil homme, judiciairement, est mort aux yeux de Dieu : marchons en nouveauté de vie » (Rom. 6. 1). Que nous puissions dire, comme Paul : « Pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1. 21).
La Pâque, la Mer Rouge, le Jourdain, Guilgal, typifient notre délivrance du jugement de Dieu, des ennemis, de la chair en nous. Nous devons donc vivre pratiquement ces réalités (2 Cor. 4. 10), et revenir à « Guilgal » continuellement, après chaque victoire (Jos. 10. 15 ; Phil. 3. 2 et 3 ; Col. 2. 6 et 7). La circoncision montrait qu’un Israélite appartenait au peuple de Dieu et devait obéir à la loi. Le baptême chrétien montre extérieurement qu’on appartient à Dieu. Cependant, pour être sauvé, il est indispensable de se convertir par la foi en Christ.
Le baptême doit être une preuve qu’on a changé de camp ; un témoignage que, désormais, on est passé du monde à Jésus, notre Sauveur. Veillons à ne pas nourrir la chair (Col. 3. 5 à 7), mais le nouvel homme en nous, par la Parole de Dieu (v. 8 à 11). Colossiens 3 nous identifie comme étant « morts, et vivants en Christ » (c’est le Jourdain). Le v. 5 « Mortifiez vos membres » (c’est Guilgal). v. 16 : nous nourrir de Christ par la Parole. v. 17 : se mettre sous l’autorité du Seigneur, c’est se laisser conduire par Christ, le chef, dans nos combats.
On retrouve la même structure qu’en Josué 5. Les Israélites sortis d’Égypte avaient bien été circoncis. Mais rebelles, ils sont morts dans le désert, comme ils l’avaient souhaité (Nomb. 14. 2). Dieu, dans sa colère, les a pris au mot. Lutter contre la chair est inutile : nous serons toujours vaincus, car elle n’aime pas être tenue pour morte ! Après le combat contre Amalek (la chair dans le croyant) (Ex. 17. 14), Dieu dit qu’Il effacera la mémoire d’Amalek, mais qu’Il aura la guerre contre lui, de « génération en génération » Nous avons encore la chair en nous, aussi longtemps que nous sommes sur la terre. Les Israélites nés dans le désert n’avaient pas été circoncis, et Josué doit les soumettre à la circoncision afin qu’ils puissent manger la Pâque. Ce type, pour nous, nous montre que nous devons tenir la chair dans la mort, car « notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6. 12).
Avant de combattre les ennemis, le croyant doit réaliser la mise de côté de la chair, la circoncision (v. 1 à 9). Se nourrir du Seigneur dans les Écritures : la pâque, ici, assimilée au souvenir de la mort du Seigneur. Le vieux blé du pays, le grain rôti (v. 10 à 12). Se soumettre à son autorité dans notre vie (v. 13 à 15). En Éphésiens 6. 10 et 12, Paul présente la force du Seigneur avant de parler de la méchanceté de l’ennemi. Notre nourriture spirituelle, c’est Christ : « vieux blé du pays » (le peuple l’a trouvé dès son entrée dans le pays) : « vieux », car II était dans le sein du Père de toute éternité. Il est le « grain rôti », ayant souffert le jugement divin à notre place.
Puis, il y avait le pain sans levain, représentant une vie purifiée. Sans cette nourriture puissante, nous ne pouvons affronter l’ennemi. Toute cette préparation du ch. 5 précède la prise de Jéricho (ch. 6). Dès le lendemain de la Pâque, la manne a cessé. En Luc 22. 14 à 18, le Seigneur mange avec ses disciples la dernière Pâque ayant toute sa valeur pour les Juifs. Mais aussitôt après, Il institue le repas du souvenir de Lui-même, de sa mort et de sa résurrection. Pour nous, nous sommes à la fois dans le désert, nous nourrissant d’un Christ dans sa vie sur la terre, telle que les évangiles nous le montrent ; et en même temps, nous sommes assimilés au Seigneur assis dans les lieux célestes (Éph. 2. 4 à 6).
Il est « ma vie », « ma joie », « mon but » (Philippiens). Nous sommes exhortés à sonder les Écritures qui nous parlent de Christ, et à ne pas rester au niveau des premiers rudiments de la foi (Héb. 5. 13 et 14 ; 6. 1 à 3). Malgré cela, il y a de la nourriture pour les petits enfants dans la foi, et pour les hommes faits. Cependant, dans le désert, nous avons le privilège de nous nourrir du souvenir de Christ, en nous rappelant que nous le faisons comme membres de son corps. Certes, c’est dans une grande faiblesse que nous commémorons cette grande chose : Christ mort et ressuscité !
On peut penser que Josué était préoccupé par la vue de Jéricho (v. 13), fermé et ayant « barré ses portes » (ch. 6. 1). Mais l’homme qui lui apparaît, son épée nue dans sa main (le Seigneur Lui-même), vient pour l’encourager. Et Josué, humble, se soumet avec une piété remarquable, comme Moïse devant l’Éternel (Ex. 3. 2 à 6). Moïse et Josué ont été conduits à se déchausser, étant sur une terre sainte. Dieu est saint et Il sanctifie tout ce qui se trouve dans sa présence.
Réunis autour du Seigneur (Mat. 18. 20), nous nous trouvons « en terre sainte » et « ôter nos sandales » équivaut à renoncer à toute gloire personnelle devant Dieu. Dans le livre de Ruth, l’homme (type de la loi pour Israël), et qui avait le droit de rachat sur Naomi, ne l’avait pas sur Ruth, une étrangère. Aussi, il renonce à son droit et ôte sa sandale, laissant toute prérogative à Boaz, le maître (Ruth 4. 1 à 8).
Pour servir, il faut un contact avec le Seigneur comme Moïse devant le « buisson ardent » qui ne se consumait pas ; il sera conducteur du peuple. Ou comme Josué devant « l’homme à l’épée » devant lui, et il sera un combattant. À chaque serviteur, est révélé le caractère spécifique du service qui lui est dévolu.
Dans le ch. 6, on ne voit pas Israël combattre : il fait le tour de la ville sept jours. Et le septième jour, il en fait le tour sept fois. Puis, jetant un grand cri, le peuple voit les murailles s’effondrer sous elles-mêmes (v. 20). Enfin, le peuple investit la ville et détruit tous les habitants, sauf Rahab et sa famille. Puis il incendie Jéricho. Cependant, cette victoire est due à l’intervention directe du Seigneur (l’homme à l’épée), et non à un combat du peuple.
À la question de Josué (v. 13), le Seigneur se révèle au-dessus des hommes, bons ou mauvais. Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance ». « Non » répond le Seigneur, je ne suis pas votre allié, je viens pour combattre pour ma gloire. Il nous fait entrer dans ses combats, mais c’est Lui le Chef victorieux (2 Chron. 20. 17), et « nous sommes des serviteurs inutiles ». « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous » (Rom. 8. 31 ; Ex. 23. 20 à 22). Le Seigneur est intervenu à point nommé pour encourager Josué sentant sa faiblesse devant Jéricho. Plus tard, il encouragera Gédéon dans sa crainte des ennemis (Jug. 7. 10), Le Seigneur, dans sa miséricorde, entre toujours dans nos angoisses et y répond.
Ch. 6
Certains pensent qu’en voyant le peuple tourner autour de Jéricho, les habitants de la ville devaient se moquer d’eux. Les ch. 2. 11 et 24 et 5. 1 démontrent le contraire : leurs cœurs se fondaient devant les fils d’Israël, leur courage ne se soutenait plus et les portes de la ville étaient fermées et barrées (ch. 6. 21). Le spectacle de six cents mille personnes défilant calmement autour de la ville, les trompettes retentissantes sonnant sans arrêt, devait être impressionnant !
Au ch. 5, nous apprenons que Dieu prépare soigneusement son peuple, avant de l’envoyer au combat : Il le nourrit des produits du pays (v. 10 à 12), et lui dévoile son chef (v. 13 à 15). Au ch. 6. 11, Il lui donne la marche à suivre pour vaincre (v. 2 à 5). Ayant pleinement obéi, le peuple est vainqueur car Dieu a fait écrouler les murailles de Jéricho (v. 6 à 27). Mais s’ils ont obéi sans murmurer, Dieu va révéler les cœurs au ch. 7. Voyant les murailles s’écrouler au bruit de leur cri, le peuple s’est-il enorgueilli ? A-t-il pensé qu’il était pour quelque chose dans cette victoire si facile ? Avait-il déjà oublié que l’Éternel avait ouvert son chemin au travers du Jourdain pour lui permettre de passer ? Toujours est-il qu’Acan a pris de l’anathème en secret, et l’a caché dans sa tente, de sorte que, ni Josué ni le peuple n’en savaient rien. Prenons garde aux moindres victoires spirituelles que le Seigneur nous accorde : elles sont toujours le produit direct de sa grâce, et nous n’y avons aucun mérite.
Nos combats doivent être dirigés par le Seigneur. « Car, en marchant dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair ; car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Cor. 10. 3 à 5). Mais c’est dans l’obéissance que la victoire est assurée. Lorsque les espions sont revenus, leur foi, soutenue par ce qu’ils ont vu et entendu (ch. 2. 8 à 11), ne doute pas que l’Éternel leur a déjà accordé la victoire (v. 24 ; Héb. 11. 1 ; v. 30). C’est pourquoi Dieu dit : « Vois, j’ai livré en ta main, Jéricho » (ch. 6. 2).
Le ch. 7 nous avertit de rester humbles dans nos victoires, et dépendants du Seigneur, avec foi. Dieu avait averti le peuple que tout ce qui provenait de Jéricho, image du monde organisé sans Dieu, était anathème : Acan a désobéi. Si, au ch. 6, la confiance en Dieu est active, au ch. 7, c’est la confiance en la chair qui surgit : et c’est la défaite ! Acan a péché, mais tout le peuple est anathème (v. 10 et 11) ! On ne peut rien cacher à Dieu.
« Et Jéricho était fermée, et avait barré ses portes… personne ne sortait, et personne n’entrait » (ch. 6. 1). Le monde qui rejette Dieu, est fermé à la vérité. Rien de Dieu n’entre dans les cœurs et rien n’en sort pour Dieu, de sorte que ce monde est tout entier anathème. Comme le peuple a obéi aux instructions de Dieu et a vaincu les ennemis, obéissons afin de vaincre pour la gloire de Dieu (Deut. 7. 21 à 24). Dieu a mis la foi du peuple en exercice (ch. 6. 3 à 5), et veut que leur foi soit visible. Faire le tour de la ville n’avait rien de guerrier, mais la foi se voyait, comme en 1 Rois 17. 11 à 16, et 2 Rois 4. 3 à 5, pour la femme de Sarepta et celle de Sunem.
En obligeant le peuple à tourner autour de la ville durant six jours, Il a mis à l’épreuve la patience de la foi, qui a eu « son œuvre parfaite » (Jac. 1. 4). Nous pouvons avoir un « Jéricho » dans notre vie chrétienne, et notre foi est éprouvée jusqu’à la délivrance. C’est « le combat de l’Éternel » (Ex. 14. 13 et 14). La victoire sur Jéricho ne reposait pas sur « la sagesse des hommes (ils ne devaient pas prononcer un seul mot), mais sur la puissance de Dieu » (1 Cor. 2. 5, 28 et 29). Durant les sept jours de l’épreuve, l’arche était au milieu du peuple, et les trompettes faisaient retentir la louange : la gloire de Dieu éclate.
Dans les combats collectifs, le Seigneur est sans doute au milieu des Siens. Lui est le Centre de gloire au milieu des siens rassemblés. Au Jourdain, l’arche ouvrait la marche, car Christ est entré dans la mort et nous y fait entrer à sa suite. Au v. 12, Josué manifeste sa promptitude à exécuter les ordres divins, et le peuple fait le tour de la ville, puis revient à Guilgal où la chair a été mise de côté. C’est important pour nous sinon l’Ennemi dressera toujours des « forteresses » devant nous. À la sortie d’Égypte, la Mer Rouge était devant, l’ennemi derrière. Ici, le Jourdain est derrière et l’ennemi devant, mais Dieu se glorifie dans les situations extrêmes, dans le chemin de la foi.
Au début du chapitre, la foi, obéissante et patiente, s’appuie sur Dieu. À partir du v. 12, la foi a de l’énergie (2 Pier. 1. 5). La vertu est cette énergie de la foi, pour suivre le Seigneur. Elle est communicative (v. 15). Les trompettes donnent un témoignage clair vis-à-vis des ennemis et rappellent au peuple que Dieu a promis la victoire (Nomb. 10. 9). Esdras 8. 22 illustre ce que doit être notre témoignage devant les hommes. Esdras avait dit clairement au roi que Dieu le protégerait. L’honneur et la gloire de Dieu étaient en jeu, et Dieu répond à la foi. Devant des dangers, ne nous appuyons pas sur nous-mêmes, ni sur les hommes, mais sur Dieu, avec foi (1 Jean 5. 4). Rahab n’a pas douté de la victoire de l’Éternel et a montré sa foi en cachant les deux espions (v. 17 et 25).
Josué et le peuple vont suivre à la lettre les instructions données par Dieu, et la prise de la ville sera extraordinaire. Pour remporter des victoires de la foi dans notre vie individuelle, de famille et collective, souvenons-nous que c’est en suivant à la lettre ce que Dieu nous commande, que la victoire sera possible. C’est un aspect important de la vie chrétienne, que de marcher en obéissant à Dieu, comme ici le peuple autour de la ville, et autrefois dans le désert, conduit par la nuée (Ex. 13. 21). Parfois, Dieu demande de rester immobile. Que le Seigneur nous donne de marcher d’une manière qui Lui plaise, déjà de bonne heure le matin et jusqu’au septième tour de la ville. Nous ne pourrons pas Lui plaire si nous ne Le suivons pas.
« Car l’Éternel vous a donné la ville » déclare Josué au peuple (v. 16). Aussitôt après, des avertissements très précis sont donnés (v. 17 et 18). Pourtant un homme n’en aura pas tenu compte (ch. 7). Rahab n’avait pas une grande connaissance, mais elle avait la foi. Parfois nous avons la connaissance, mais pas de foi. Les autres hommes de Jéricho n’ont pas été sauvés à cause de leur incrédulité. « La ville sera anathème » (v. 17), et il fallait se garder de l’anathème (v. 18). Dieu l’avait dit dans le désert (Deut. 7. 1 à 6). Le chrétien doit veiller à garder une séparation d’avec le monde, notamment dans la vie professionnelle, qui est de plus en plus mélangée à la vie personnelle.
Le peuple a un témoignage puissant : il marche par la foi ; il obéit sans murmures au commandement de l’Éternel ; et il sonne des trompettes en marchant. Toutes les conditions morales étaient réunies pour que Dieu donne la victoire. Le peuple a marché, sans prononcer une parole pendant six jours. Une marche pratique, en obéissance à la Parole, avec une foi persévérante, est un témoignage puissant, à la louange et à la gloire de Dieu (1 Pier. 1. 7).
Les trompettes, comme celles de l’Apocalypse, avertissent les hommes du jugement de Dieu. La foi de Rahab, comme celle du geôlier de Philippe, est communicative envers sa famille. Ils trouvent refuge dans la maison, seule sécurité, image de Jésus-Christ, seul moyen de salut. Les hommes de Jéricho ont peur, leurs cœurs se fondent, mais ils ne se tournent pas vers Dieu. Le cri du peuple a été le signal de l’écrasement de la muraille (v. 20). C’était bien insignifiant, mais c’était le signal de Dieu. Dieu se sert de notre faiblesse pour être glorifié (1 Cor. 1. 27). Lorsque Dieu veut se servir de quelqu’un qui a des capacités, il va d’abord le briser. Après cette victoire de la foi, chacun monte devant soi, avec l’énergie donnée par Dieu, et détruit toute la ville.
On pourrait être surpris que tous les habitants, hommes, femmes, enfants aient été détruits. Dieu avait patienté pendant que son peuple était serviteur en Égypte. Mais l’iniquité des Amoréens était arrivée à son comble et Dieu les a jugés (Gen. 15. 16). Rahab, elle, a eu foi et a été sauvée (Héb. 11. 31). Le cordon d’écarlate de sa maison était le moyen de salut, image du sang de Christ qui nous délivre de la colère de Dieu. En Exode 12, l’Éternel voyait le sang et passait par-dessus. Celui qui n’est pas à l’abri, qui n’est pas couvert par le sang du Seigneur, va vers un jugement irrémédiable, comme les habitants de Jéricho. Depuis le départ des espions, Rahab avait accroché le cordon d’écarlate à sa fenêtre (ch. 2. 21). C’était un témoignage visible pour les habitants de Jéricho, comme l’arche du temps de Noé. Pendant les six jours où le peuple a fait le tour de la ville, les habitants de Jéricho ont été avertis du jugement, et les fils d’Israël ont pu se souvenir que cette maison devait être préservée.
Les espions s’étaient engagés envers Rahab (ch. 2. 14). Elle et sa famille, confinées dans la maison, ont peut-être craint pour leur vie, mais ils ont eu foi et sont restés dans la maison jusqu’à ce que les espions les fassent sortir (v 23 et 24). Dans les familles chrétiennes, il y a une protection particulière pour les enfants, comme pour la famille de Rahab ou celle du geôlier de Philippe (Act. 16). Ils sont « saints », c’est-à-dire mis à part, objets particuliers de la grâce de Dieu (1 Cor. 7. 14). Mais la foi qui sauve est individuelle.
Une fois délivrés, Rahab et sa famille ont été laissés en dehors du camp d’Israël (v. 23). Rahab a ensuite habité au milieu d’Israël (v. 25). Elle est devenue femme de Salmon et a eu un fils, Boaz (Mat. 1. 5). Josué a conservé la vie à Rahab et à sa famille (v. 25), comme Joseph a été conservateur de la vie et sauveur du monde (Gen. 41. 45 ; 45. 5 et 7). Le Seigneur nous a conservés la vie éternelle. Il est le pain de vie, cette nourriture qui donne la vie pour toujours (Jean 6. 35).
Il fallait que le peuple détruise toute la ville. Seuls l’argent, l’or et les vases d’airain et de fer, qui sont la propriété de Dieu, ont été mis dans le trésor de la maison de l’Éternel, après avoir été purifiés par le passage du feu (v. 19 et 24). Acan a désobéi et cela a eu de graves conséquences. Le chrétien n’a rien à trouver dans le monde et ne peut pas avoir communion avec le monde, ni faire de compromis avec lui. « Donne-moi les personnes et prends les biens pour toi » avait dit le roi de Sodome à Abram (Gen. 14. 21). Abram a délivré Lot, mais n’a rien accepté du roi de Sodome.
La prophétie concernant Jéricho s’est accomplie jusque dans les détails, du temps d’Achab (v. 26 ; 1 Rois 16. 34). Dieu avait dit à Caïn qu’il serait maudit de la terre et vagabond (Gen. 4. 11 et 12). Pourtant, il s’est bâti une ville, indépendamment de Dieu, comme Hiel a rebâti Jéricho. Le chrétien, lui, est de passage sur la terre, et sa cité est céleste.
L’Éternel était avec Josué (v. 27). Le Seigneur a été l’exemple parfait dans sa communion avec Dieu. « Car Dieu était avec lui » (Act. 10. 38). Sa renommée s’est répandue « dans tout le pays », car il marchait à la gloire de Dieu.
Par grâce, le peuple a été fidèle et a eu confiance en Dieu jusqu’au ch. 6. Le ch. 7 sera un tournant désastreux : le peuple aura confiance dans sa propre force. N’ayons pas confiance en nous-mêmes, mais confions nous en Dieu.
Ch. 7
Jusqu’au ch. 6, Josué et le peuple ayant écouté l’Éternel et obéi sans un murmure, est allé de victoire en victoire. Mais Dieu lit dans !es cœurs où tout se joue, avant de passer dans les faits concrets. Pourtant les avertissements solennels de Dieu prévenaient le peuple qu’il y aurait de l’anathème à prendre quoi que ce soit, lors de la destruction de Jéricho (ch. 6. 18).
Acan n’en a pas tenu compte et a péché. Mais au ch. 7. 1, on lit : « Mais les fils d’Israël commirent un crime au sujet de l’anathème ». On peut penser que ces victoires remportées jusqu’ici, sans combat, ont réveillé l’orgueil qui ne tarde jamais à se manifester dans les cœurs : Josué ne consulte pas l’Éternel, et le peuple ayant pris confiance en lui-même, se confie en sa propre force ! Alors, c’est une défaite humiliante devant une petite ville où !es hommes sont peu nombreux (v. 3). « Ils frapperont Aï », dirent les espions.
Le peuple avait vite oublié que l’éclatante victoire sur Jéricho était l’œuvre de Dieu seul, et qu’Israël n’avait eu qu’à suivre à la lettre les instructions de Dieu. Faire le tour de la ville six jours, puis, sept fois le septième jour et « crier » au commandement, pour voir les remparts s’écrouler ! Les espions avaient estimé que deux mille ou trois mille hommes suffiraient : « ne fatigue pas tout le peuple… car ils sont peu nombreux ». C’était oublier que Dieu voit le peuple comme étant un. Pour nous, Dieu nous voit aussi un en Christ et nous sommes tous solidaires en Lui qui est la tête, et nous son corps. Dieu veut que nous nous appuyions toujours sur Lui, étant sans illusions sur nos propres forces. Jéricho a été une grande victoire de l’Éternel – Aï, une grande défaite du peuple qui n’a pas consulté l’Éternel, et qui, dès lors, est découragé. La désobéissance cachée d’Acan entraîne de terribles conséquences sur lui-même, mais aussi sur sa famille et sur tout le peuple : « Israël a péché » (v. 11). Il a fallu faire mourir Acan et sa famille, et détruire tout ce qui lui appartenait (v. 24 et 25).
Jusqu’au ch. 6, Josué, type de Christ, conduit le peuple à la victoire. Au ch. 7, il redevient simplement l’homme Josué qui, se confiant en son propre jugement de la situation, envoie le peuple depuis Jéricho, lieu de la victoire, au lieu de l’envoyer depuis Guilgal, lieu de la mise de côté de la chair ! Si, dans les Nombres, il était estimé comme un homme en qui est l’Esprit, ici, l’Esprit n’était sûrement pas libre d’agir en lui ! L’Esprit Saint, seul, s’Il est libre d’agir dans nos cœurs, nous donnera le discernement dont nous avons besoin.
Les espions d’Aï n’étaient sûrement pas dans les mêmes dispositions que ceux qui avaient exploré Jéricho et s’étaient conduits à la gloire de Dieu. Comme Acan (de la tribu royale, Juda), nous sommes la famille de Dieu, de qui nous dépendons entièrement, pour les petites choses comme pour les plus grandes. À Aï (tas d’immondices), l’arche est absente de la scène, l’orgueil conduit le peuple, et c’est la défaite ! Prenons garde qu’il n’y ait quelque Aï cachée dans nos cœurs, et dont nous négligerions la gravité. De plus, l’envoi des espions à Jéricho, puis à Aï, ne répondait sans doute pas aux mêmes besoins selon Dieu. Mais ce qui importait, c’était que six cent mille hommes concernés montent au combat (et non trois mille seulement), et Dieu aurait détruit Aï.
Josué comprend que le problème n’est pas d’ordre « militaire », mais que rien n’est possible sans Dieu. À Jéricho, le cœur des ennemis « se fondait » devant Israël (ch. 5. 1). À Aï, « le cœur du peuple se fondit et devint comme de l’eau » (v. 5). Josué s’humilie alors devant l’arche avec les anciens du peuple, et leur attitude est convenable, mais le v. 7 montre quelque incrédulité quant au bien-fondé de leur entrée dans le pays. Il semble pourtant que Josué se ressaisisse, disant : « Que feras-tu pour ton grand nom » ? (v. 9) Instruit auprès de Moïse, il montre le même état d’esprit pour la gloire de Dieu (Ex. 32. 11 à 13). Dans nos défaites, recherchons les causes dans nos cœurs, sans nous polariser sur les effets de nos manquements ; et reconnaissons que nous avons jeté par terre les droits de Dieu. Dans l’affaire du veau d’or, Moïse, en communion avec Dieu, devine que quelque chose ne va pas, avant même de voir de quoi il s’agissait. Josué ne le comprend qu’après la défaite d’Aï.
On trouve un reproche dans la prière de Josué au v. 7. Mais au v. 8, il se ressaisit et entre dans les pensées de Dieu, s’inquiétant pour le sort futur du peuple, et enfin, pour la gloire du nom de Dieu (v. 9). Dans toute affaire, c’est ce qui est important : « Non point à nous, ô Éternel !… mais à ton nom donne gloire » (Ps. 115. 1).
Après la victoire sans combat lors de la prise de Jéricho, (victoire de Dieu), le peuple a cru que rien, désormais, ne viendrait contrarier son avance, et qu’il n’était plus indispensable de consulter l’Éternel. Mais, devant la défaite inattendue, Josué comprend qu’il y a quelque chose qui ne va plus. Dès lors, il s’humilie, se jetant sur sa face devant l’arche (v. 6). C’est à cela que l’Éternel voulait en venir : que Josué et le peuple se repentent de leur esprit d’indépendance vis à vis de Dieu (2 Cor. 7. 10 et 11), et qu’ils comprennent que sans Lui, ils étaient impuissants ! Puis, enfin, qu’ils soient soucieux de la gloire de l’Éternel.
L’Éternel révèle alors à Josué qu’Israël a péché : « ils ont transgressé mon alliance… ils ont pris de l’anathème… ils ont volé… ils ont menti, et ils l’ont aussi mis dans leur bagage » (v. 11). Toute cette transgression s’accompagnait du mensonge contre l’Éternel, comme pour Ananias et Sapphira qui sont tombés morts devant Dieu (Act. 5. 1 à 11).
Pour Israël, il fallait aller jusqu’au fond de la repentance et de la purification : la mort du coupable et de tout ce qui lui appartenait (v. 15 et 25). On voit là la gravité de pécher sans repentance et sans confession – aussi bien sur le plan individuel que sur le terrain de l’Assemblée. Un seul avait péché et le peuple l’ignorait. Mais Dieu voyait Israël comme étant un devant Lui et, par la faute d’Acan seul, tout le peuple était souillé aux yeux de Dieu, car : « un peu de levain fait lever la pâte tout entière… Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte » (1 Cor. 5. 6 et 7 ; Gal. 5. 9). Le levain est une image du péché, moral ou doctrinal, qui s’étend s’il n’est pas ôté rapidement. Il fallait donc que l’anathème souillant le peuple soit radicalement détruit pour que le peuple retrouve la faveur divine.
Ces versets montrent la succession des choses : la découverte du péché, la confession et la repentance, et la purification. Il convient de s’humilier avant d’agir. En Juges 20. 18 à 23, le peuple a agi sans humiliation et en a subi les conséquences. Dieu a dû les humilier à deux reprises. Ici, Il dit : « Je ne serai plus avec vous si vous ne détruisez pas l’anathème » (v. 12). De même, dans l’Assemblée, s’il y a un mal connu, il convient de s’en humilier avant de l’ôter, afin de pouvoir résister à l’ennemi qui cherche toujours à nous « dévorer » (1 Pier. 5. 8). « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31)
Cependant, la faveur de Dieu pour nous est dépendante de notre communion avec Lui. Le Seigneur dit, en Matthieu 5. 29 et 30 : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi… Si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ». Satan, le grand ennemi, sait utiliser notre chair (cet autre ennemi), pour nous faire pécher, si nous ne nous tenons pas près du Seigneur, qui seul nous gardera. Ces pages de Josué sont un sérieux avertissement pour nous, afin de nous inciter à nous purifier, personnellement et en assemblée (Jos. 7. 13), car dans la chrétienté, beaucoup marchent dans la pureté personnelle, mais ignorent la purification collective.
« Sanctifiez-vous pour demain » dit l’Éternel à Josué. Il est nécessaire d’être purifié avant d’assister à une réunion dans la présence du Seigneur, mais aussi, à tout moment de notre vie. Sans cette purification, le Saint Esprit est gêné pour agir en nous dans nos circonstances personnelles – mais aussi durant nos réunions qui, alors, deviennent pesantes, sans joie, et ont du mal à s’élever spirituellement jusqu’à Dieu. La cène requiert tout particulièrement cette purification personnelle.
De même, les assemblées locales ne sont pas indépendantes les unes des autres, quant au mal qui peut se trouver dans l’une d’elles.
Dieu connaissait le coupable et ce qu’il avait fait (v. 11), et Il aurait pu désigner Acan immédiatement à Josué. Mais l’anathème se trouvait au milieu du peuple, et il fallait que Josué et le peuple soient exercés. Dieu donne donc des instructions précises afin que le coupable soit découvert (v. 13 à 15). Et Josué obéit scrupuleusement aux directives de l’Éternel (v. 16 à 18). L’exécution de cette procédure laborieuse a dû être longue avant d’aboutir à ce que Acan soit désigné ; et durant tout ce temps, Josué et le peuple ont eu un sérieux exercice de cœur. Si des difficultés surgissent dans l’assemblée, cherchons premièrement quelle peut être notre part de responsabilité dans cette situation.
Lorsque le Seigneur dit à ses disciples : « l’un d’entre vous me livrera » (Jean 13. 21), Il exerce leur conscience et les pousse à Lui poser cette question personnelle : « Seigneur, est-ce moi ? » (Mat. 26. 20 à 22). Le Seigneur savait d’avance que Judas le trahirait ; mais il fallait que chacun prenne conscience qu’il était capable de la même trahison. Dans une situation difficile au sein d’une assemblée, rendons-nous compte que nous sommes tous liés au coupable, et que nous avons à nous humilier et à nous purifier tous ensemble. Se voyant pris, Acan ne peut plus ne pas avouer son forfait (v. 20 et 21). Cependant, cette confession tardive appelait une purification complète. Non seulement Acan devait périr, mais toute sa famille, son bétail, et tout ce qui lui appartenait, devait être détruit ! Si nous péchons, confessons très vite notre faute, et humilions-nous devant le Seigneur, et devant les frères si cela affecte directement l’état de l’assemblée. La question précitée des disciples au Seigneur, doit aussi réveiller nos consciences personnelles.
Dieu a la même horreur pour le péché qu’autrefois. Mais le Dieu de grâce a fait tomber le châtiment de sa justice sur son Fils qui, par sa mort, a aboli le péché, et nous a purifiés de nos péchés dans son sang. Le péché de l’un affecte toujours la marche de l’assemblée tout entière. Cependant, sous la loi, la mort d’Acan et de sa famille répondait au gouvernement de Dieu envers le coupable, et correspondait à la mise hors de communion, durant la période de la grâce, aujourd’hui – non en jugement, mais en vue de la restauration, après la confession. « Il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (Ps. 130. 4).
Mais laissons le Seigneur nous sonder : « Sonde-moi, ô Dieu ! Et connais mon cœur » (Ps. 139. 23 et 24). Si le Seigneur restaure un pécheur qui s’est repenti, nous devons « ratifier » notre amour envers lui (2 Cor. 2. 5 à 8). Cet « amour que Dieu a versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5), nous avons à l’exercer entre nous. La grâce divine ne connaît pas de bornes. La confession du péché honore Dieu, dont le nom avait été profané par la faute d’Acan (v. 19 ; És. 48. 9 à 11).
L’amorce du péché appelle toujours le même enchaînement : « J’ai vu… j’ai convoité… j’ai pris… » (v. 21 ; Gen. 3. 6 ; 1 Jean 2. 15). Acan pressé d’avouer, sa confession vient trop tard ! Le châtiment doit avoir lieu.
Le manteau de Shinhar évoque cette plaine où les hommes ont voulu rester ensemble afin de se « faire un nom », et bâtir une tour qui toucherait aux cieux (Gen. 11. 1 à 4), alors que Dieu avait ordonné aux hommes de remplir la terre et de l’assujettir (cf. Gen. 1. 28). Shinhar évoque la désobéissance à Dieu, mais aussi la corruption et l’orgueil, symbolisés par la construction de la tour. Ils avaient la brique (fabrication humaine contrairement à la pierre qui fait partie de la création divine), et le bitume (produit de la corruption de divers matériaux, dans le sol). Et puis, Acan convoitait la richesse que Dieu ne lui avait pas donnée (Jac. 1. 14 et 15).
En son temps, David avait gravement péché, mais Nathan lui ayant révélé son péché, David s’était profondément repenti (2 Sam. 12. 13). Cependant, l’enfant qui était né de son péché est mort ! Dieu permet que certains deviennent riches, même parmi les croyants. Acan, lui, désirait devenir riche (1 Tim. 6. 9 et 10), et sa désobéissance lui a coûté la vie, car Dieu avait déclaré anathème tout ce qui touchait à Jéricho, et le comportement d’Acan dénote une nature corrompue ; lui et toute sa famille en ont subi les conséquences (v. 25 et 26).
Ch. 8
Lors de la première bataille contre la ville d’Aï, le peuple a été vaincu, à cause de l’anathème qui se trouvait au milieu d’Israël, à l’insu de Josué et du peuple. De plus, Josué n’avait pas consulté l’Éternel qui n’avait rien commandé au sujet de cette ville-là. L’Éternel ne pouvait plus conduire le peuple à la victoire, aussi longtemps que l’anathème n’était pas ôté. Qui plus est, présomptueusement ils avaient estimé que trois mille hommes suffiraient ! Cette défaite a fait comprendre à Josué qu’il ne pouvait combattre victorieusement que sous la conduite de l’Éternel. Il a donc fallu que le peuple se purifie de l’anathème, en mettant à mort le coupable : Acan et toute sa famille.
À la prise de Jéricho, symbole du monde ennemi de Dieu, où tout est corrompu et souillé, il fallait s’abstenir de prendre quoi que ce soit, car tout était sous la malédiction. Mais, au ch. 8. 1, c’est Dieu qui prend l’initiative, et encourage Josué qui, dès lors, reçoit l’instruction de monter avec « tout le peuple de guerre », soit trente mille hommes. De plus, l’Éternel lui dit qu’il faut mettre en place une embuscade et qu’il doit recourir à un stratagème : simuler une fausse fuite ! Ensuite, ici, le peuple devra piller les biens d’Aï : en type Canaan représente le ciel pour les chrétiens, avec toutes les bénédictions spirituelles dont ils doivent s’emparer, après avoir vaincu, chacun pour lui-même, l’esprit du monde (Jéricho) – mais en se laissant conduire par le Seigneur seul.
Nos combats, tandis que nous sommes sur la terre, possèdent ce caractère de lutte céleste (Éph. 6. 12). À la conquête de Canaan, sous la conduite du « chef de l’armée de l’Éternel » (ch. 5. 14), le peuple s’emparera du pays peu à peu, et de ses bénédictions terrestres. C’est Dieu qui organise le combat afin d’obtenir la victoire, à Jéricho et à Aï. Purifié, Israël a retrouvé la communion avec Dieu qui reprend en main les intérêts de son peuple.
En Osée 2. 14 et 15, à la vallée d’Acor (la vallée des pleurs), Dieu promet que cette même vallée sera, pour le peuple repenti, « une porte d’espérance ». C’est dans la repentance que ce qui nous fait pleurer peut devenir pour nous une porte d’espérance, dans notre vie personnelle et collective. Sans la communion intime avec Dieu, Satan devient un ennemi dangereux pour nous : c’est « un lion rugissant cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pier. 5. 8). De la confiance en Dieu à la confiance en soi-même, on tombe de la victoire à la défaite, et ensuite, retrouver la communion avec Dieu peut s’avérer difficile : la victoire, à Aï, n’a pas été simple à obtenir !
Du ch. 1. 9, au ch. 8. 1, on retrouve l’amour de Dieu resté le même et qui se manifeste de nouveau, après que le peuple s’est purifié. Le Seigneur use du même amour pour nous afin que nous soyons encouragés et que nous recherchions la communion. Comme Timothée, il semble que Josué s’effrayait, parfois, en affrontant les difficultés, et peut-être, aussi, manquait-il de discernement (ch. 7. 6 et 10). Enseigné à l’école de Moïse, il n’avait pourtant pas tout oublié. Il restait près du peuple (v. 3, 9, 10, 13, 15, 21 et 26), et il était une image du Seigneur nous conduisant à la conquête de nos bénédictions spirituelles. Avec son javelot tendu dans sa main, il dirigeait le combat sous la conduite de Dieu. Seul, le Seigneur, avec la Parole, nous conduit à la victoire dans nos luttes contre l’ennemi. « Soyez tous prêts » (v. 4) dit Josué aux hommes de l’embuscade. C’est à nous que le Seigneur le dit.
Josué, au verset 9, « passe la nuit au milieu du peuple ». Nous sommes dans la nuit de ce monde et nous ne voyons pas toujours clair dans nos difficultés. Cependant, le Seigneur est là, au milieu de nous, prêt à nous rendre « plus que vainqueurs en Celui qui nous a aimés ». « Il se leva de bonne heure » (v. 10), manifestant ainsi que les intérêts du Seigneur avaient du prix pour lui. Plus tard, Néhémie aura affaire à des ennemis qui chercheront à le décourager de poursuivre le travail de restauration de la muraille de Jérusalem en ruines. Mais lui et ses jeunes hommes sont vigilants, ne se déshabillant pas, ni jour ni nuit, prêts à répondre aux ennemis. La Parole de Dieu est remplie d’encouragements pour nous, si nous savons nous en emparer. Le Seigneur écoute nos prières et y répond selon sa grâce et sa sagesse : Lui seul est notre aide et notre secours.
Dieu ayant repris ses relations avec son peuple purifié, le mène au combat contre Aï, et lui accorde la victoire, après avoir dressé devant Josué son plan de bataille. Mais cette seconde phase de la prise de la ville se montre beaucoup plus ardue que ce que Josué et le peuple pouvaient penser. D’abord, Josué a dû conduire lui-même trente mille hommes sur le champ de bataille (et non plus trois mille) ; puis, selon l’ordre de Dieu, il a fallu dresser une embuscade et simuler une fuite destinée à attirer les hommes d’Aï hors de la ville, que l’embuscade a dû investir et incendier ; enfin, le peuple, feignant de fuir, s’est finalement retourné contre l’ennemi qui les poursuivait et qui, pris entre deux troupes d’Israël, fut détruit.
Ainsi qu’Israël a dû l’apprendre, nous non plus, nous ne pouvons être victorieux dans nos luttes qu’en employant les armes que Dieu met à notre disposition : « l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu » (Éph. 6. 17), ainsi que la prière, dans une entière dépendance. À Aï, tous les habitants furent tués, et le roi pendu jusqu’au temps du soir, puis, descendu et enseveli, afin que la terre d’Israël ne soit pas souillée (Deut. 21. 22 et 23). Le Seigneur crucifié, Lui-même, a été descendu de la croix avant la nuit.
Après la victoire sur l’ennemi, Josué a bâti un autel à l’Éternel, fait de pierres entières, non taillées, et enduites de chaux. De plus, il n’y avait pas de degrés pour y monter, conformément à Exode 20. 24 à 26, et il y sacrifie des holocaustes et des sacrifices de prospérité. Contrairement à Jéricho tombé par la seule puissance de Dieu et où tout était placé sous l’anathème, à Aï, le peuple ayant combattu, devait piller pour lui-même le butin et les bêtes (v. 2). Nous devons toujours rechercher, jusqu’à ce qu’elle soit claire, la pensée divine, et nous y soumettre, car notre dépendance honore Dieu, qui connaît toutes choses et poursuit ses buts.
Après l’humiliation de la première bataille contre Aï, Josué et le peuple ont le saint désir d’obéir aux commandements divins (v. 26 et 27), commandements clairs et précis de Deutéronome 27. 1 à 15. Ils ont fait strictement selon les ordres de l’Éternel. Peut-être Josué aurait-il dû bâtir cet autel dès le franchissement du Jourdain par le peuple (Deut. 27. 2). Attendre, alors que Dieu a dévoilé clairement sa pensée, n’est pas selon sa volonté. Cependant, Josué a obéi à Dieu : « Gardez tous les commandements que je vous commande aujourd’hui » (Deut. 27. 1). Notre cœur est-il toujours étroitement attaché à la Parole ? Ni tradition orale, ni « nouveautés » n’ont de valeur devant Dieu ; la Parole seule nous garde dans un chemin droit.
Nous ne sommes pas sous la loi, mais la Parole garde toute son autorité. Au v. 12 de Deutéronome 27, la bénédiction devait être lue sur la montagne de Garizim pour le peuple. Cependant, la bénédiction n’est pas clairement détaillée, contrairement à la malédiction des v. 15 à 26 sur la montagne d’Ébal. Le peuple, sous la loi, incapable de s’y conformer, était sous la malédiction. Sous le principe des œuvres de loi, nous serions placés sous la malédiction. Mais le Seigneur Jésus, ayant accompli la loi, nous a placés sous la grâce, ayant ôté la malédiction pour les croyants, qui sont bénis. « Le juste vivra de foi ». La dernière malédiction est reprise par Jacques (ch. 2. 10). Des six tribus se tenant sur la montagne de Garizim, quatre sont des types du Seigneur. Sur la montagne d’Ébal, Ruben et Dan avaient mis le mal en évidence. Les sacrifices offerts sur cet autel parlent du sacrifice du Seigneur Jésus, alors encore futur.
Josué a écrit toute la loi sur ces pierres, devant tout Israël (v. 32 et 33), revenu à l’obéissance, et que Dieu peut bénir. Revenir à la Parole est la « pierre de touche », condition de la bénédiction. Peu de temps après, les Gabaonites trompeurs vont faire tomber Josué et le peuple, trop confiants en leur propre jugement ! Qu’en est-il de nous ? Appliquons-nous à garder toute la Parole intacte dans nos cœurs (Apoc. 22. 18 et 19). Femmes, enfants, étrangers, dont sans doute Rahab et sa famille, étaient là (v. 33 à 35), comme anticipation de la grâce de Dieu envers tous les hommes, Israël et les nations. Ayons à cœur d’être présents lors des réunions, en famille, avec nos enfants, dans la mesure où nous le pouvons, nous souvenant des paroles du Seigneur : « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).
Ch. 9
Le ch. 8 relate une victoire éclatante sur les ennemis, car Josué et le peuple ont suivi strictement les instructions divines. Et Josué a, alors, bâti un autel à l’Éternel, et y a offert des holocaustes et des sacrifices de prospérité. Cependant, une victoire obtenue avec l’Éternel ne garantit en rien notre sauvegarde ultérieure. Au ch. 9, Josué et le peuple en font la triste expérience. S’appuyant sans méfiance sur leur sagesse, ils sont trompés par les Gabaonites. Déjà, lors de la première bataille contre Aï, où ils mettaient leur confiance dans leurs propres forces, ils avaient été honteusement battus.
Le v. 14 du ch. 9, nous montre la faute d’Israël dans cette circonstance : « et on n’interrogea point la bouche de l’Éternel ». Gardons-nous de jamais nous confier en nos propres forces, ni en notre propre sagesse : Dieu seul est notre guide et notre force (Prov. 3. 5 à 8). La sagesse de l’homme est opposée à celle de Dieu (Jac. 3. 15 à 17).
Le caractère de Satan, c’est la violence du « lion rugissant ». Ici, il rassemble tous les ennemis pour faire la guerre à Israël : Il est aussi le trompeur, le serpent rusé qui, déjà en Éden, a trompé Ève et l’a fait tomber, entraînant Adam dans sa chute. Dans notre chapitre, sa ruse a fait tomber Josué et a trompé le peuple. Les Gabaonites étaient des ennemis comme tous les habitants de Canaan, et leur corruption était telle que Dieu voulait les détruire. Leur ruse les a sauvés de la destruction (v. 14 et 15) !
Au temps d’Esdras, les ennemis avaient usé de ruse avec Israël. Mais Zorobabel et Joshua, ainsi que les chefs, avec sagesse, avaient éventé le piège et n’avaient pas cédé à l’adversaire (Esd. 4. 1 à 3). Alors, les ennemis usèrent d’intimidation, et le peuple cessa de bâtir le temple (v. 4, 5 et 23). Satan se dissimule souvent derrière ses ruses, et il est très dangereux dans ces moments-là. Veillons en restant près du Seigneur, et II nous aidera à discerner les pièges de l’ennemi. Satan se révèle aussi comme « un ange de lumière », comme on le voit au v. 9. Les Gabaonites prétendent venir vers le peuple « au nom de l’Éternel ton Dieu » ! Satan veut toujours mêler le monde, même le monde religieux, aux vrais croyants, afin de mieux les faire tomber.
Les Gabaonites, déguisés, flattent l’orgueil d’Israël (v. 10), et leur fourberie réussit à endormir la méfiance de Josué et des chefs (v. 14 et 15). Leur fausseté ne vise qu’à établir une alliance avec le peuple de Dieu (v. 6), car ils avaient craint pour leur vie (v. 24). Cette alliance d’Israël avec Gabaon était en contradiction avec le fait que Josué et le peuple se tenaient souvent à Guilgal (v. 6 ; ch. 10. 6 et 15), lieu de la circoncision, après leur entrée en Canaan. Dieu avait clairement commandé de détruire entièrement tous les ennemis en Canaan (Ex. 34. 11, 12, 15 et 16). Pour nous, nous allier avec le monde conduit à l’affaiblissement de notre vie spirituelle : ce n’est jamais le « bien » qui l’emporte sur le mal, mais le « mal » qui prévaut sur le « bien », et l’on perd le discernement. De plus, la faiblesse de la spiritualité personnelle se répercute sur la vie de la famille et de l’assemblée.
C’est Dieu qui a fait entrer Israël en Canaan et lui assurait la victoire sur les ennemis, et c’est Lui qui commandait de ne traiter aucune alliance avec eux (Deut. 7. 1 et 2). Un serviteur tel que Josué, que Dieu avait exhorté avec insistance à tenir « très ferme » (ch. 1. 6, 7 et 9), et qui, de plus, est un type du Seigneur Jésus, s’est écarté du commandement de l’Éternel, et tout le peuple est tombé avec lui. Nos ressources, afin de ne pas avoir de défaillance devant la méchanceté de Satan, nous les avons en Éphésiens 6. 11 et 17. La prière est une ressource puissante dont nous devons user abondamment « en tout temps » ; et la supplication est plus que la simple prière (v. 18). Cette faute de Josué et des chefs a eu des conséquences sur toute l’histoire suivante d’Israël. Et cela nous fait toucher du doigt qu’une chute de notre part peut avoir des prolongements tout au long de notre vie.
Après avoir traité alliance avec les Gabaonites, Josué et les chefs étaient tenus par leur serment, de respecter strictement l’alliance (Nomb. 30. 2 et 3). De même, que notre parole soit franchement « oui, oui » ou « non, non » (Mat. 5. 33 à 37).
Si, parmi le peuple quelqu’un avait remarqué que nul n’avait « interrogé la bouche de l’Éternel » (v. 14), il aurait fallu l’écouter. Mais personne ne semble y avoir pensé ! Alors, l’Éternel laisse faire. Si nous agissons dans l’indépendance, Dieu peut nous laisser faire, mais ce sera à notre détriment. Nous devons être attentifs à nous enquérir de la pensée du Seigneur, et à agir conformément à ce qu’Il nous dit, par la bouche d’un frère, particulièrement, lorsque nous ne voyons pas clair dans une affaire quelconque.
Josué et les princes font un serment aux Gabaonites au nom de l’Éternel (v. 19), ce qui obligeait le peuple à respecter ce serment. Cela aura des conséquences dans l’histoire d’Israël, notamment au temps de Saül qui, ayant voulu faire mourir les Gabaonites, David dut leur livrer sept des fils de Saül qu’ils firent mourir (2 Sam. 21. 1 à 6). Et, à cause de ce serment fait en son nom, l’Éternel a protégé les Gabaonites de la colère du peuple (v. 18). Si les frères qui sont à la tête d’un rassemblement parlent au nom du Seigneur, cela engage l’assemblée à agir selon ce qui a été dit. Toute l’assemblée est concernée. Si nous avons une décision à prendre, mettons-nous à genoux, et demandons au Seigneur sa direction, avec dépendance.
Sans ce mensonge des Gabaonites, ils auraient été exterminés, selon la volonté divine. Leur attitude dictée par la crainte de mourir, était bien différente de celle de Rahab qui, dans sa confession aux deux espions israélites, avait clairement rendu témoignage que l’Éternel est Dieu, dans le ciel et sur la terre (ch. 2. 11). Ainsi, elle eut la vie sauve, ainsi que sa famille. Les Gabaonites, sauvés de la destruction, ont été asservis pour toujours à Israël (v. 23). En Esdras 8. 20, on retrouve les Nethiniens, serviteurs des lévites, qui semblent être les descendants des Gabaonites. Si le monde craint le témoignage de la foi chrétienne, il peut avoir recours à des subterfuges pour nous tromper. N’oublions pas que la croix nous sépare du monde.
Cependant, Dieu est le Dieu de la grâce, non seulement pour Israël, mais aussi pour les nations. Il a fait grâce à Rahab et aux Gabaonites, mais aussi à nous, qui sommes des gens des nations. Souvent, Dieu se sert de nos erreurs qui L’obligent à changer ses voies envers nous, afin d’atteindre le but qu’Il s’est fixé en grâce pour nous. C’est ce qui se produit : malgré la faute de Josué, Dieu prépare les combats victorieux pour son peuple.
Ch. 10
On voit cela au ch. 10, où cinq rois des Amoréens se coalisent contre le peuple. Et l’Éternel encourage Josué : « Ne les crains pas, car je les ai livrés en ta main » (v. 8). Le peuple, désormais, doit combattre pour conquérir le pays. Nos combats, à nous, sont spirituels, contre les ennemis qui sont dans les cieux (Éph. 6. 12). Dieu est fidèle à ses buts et à ses promesses qu’Il accomplit toujours, malgré nos manquements. Il est fidèle pour chacun en particulier, mais aussi, en assemblée, partout où Il a allumé « une lampe » pour Lui. Nos chutes retardent l’accomplissement des desseins de Dieu, à cause des conséquences qui s’ensuivent, et dont Dieu se sert pour nous discipliner ; mais Dieu parvient toujours à ses fins. Si nous n’avons pas la pensée du Seigneur, n’avançons pas selon nos propres pensées qui nous égareraient. Ce que Dieu veut, c’est qu’en obéissant à ses pensées, nous « parvenions tous… à l’état d’hommes faits… » (Éph. 4. 13), en mettant nos pas dans ceux du Seigneur.
Selon le train du monde, les cinq rois s’unissent pour être plus forts, et détruire Gabaon qui a trahi leur cause. Mais Dieu surmonte cette union et les détruit Lui-même, plus que le combat du peuple (ch. 10. 11 ; És. 8. 9 et 10). Gardons-nous de nous unir au monde, même religieux, sous prétexte d’être plus attrayants, donc, plus forts. Dieu veut que nous restions fidèles, et nous dit : « Ne les crains pas ». Ainsi encouragé, Josué agit avec une grande foi et, puissamment aidé par l’Éternel, le peuple triomphe, et les victoires sont à l’Éternel. Dans l’obéissance au Seigneur, « nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rom. 8. 37), car Il nous vient en aide chaque jour. Le Seigneur est puissant pour nous délivrer de tous nos ennemis qui sont dans les lieux célestes.
Les v. 12 à 14 nous rappellent des circonstances parmi les plus exceptionnelles de toutes les Écritures : Dieu intervient de manière spectaculaire sur la création, et ceci, à la prière d’un homme ! Seule la foi des croyants reconnaît là la toute-puissance divine, s’exerçant en faveur de son peuple élu, Israël, dans son combat contre les ennemis, jusqu’à leur complète destruction. Créateur de l’univers, Dieu peut en faire ce qu’Il veut, au moment voulu.
Ici, à la demande de Josué animé d’une foi extraordinaire et désirant une victoire complète, Dieu arrête la course du soleil et de la lune, donnant ainsi le temps à son peuple de compléter sa victoire (v. 13). À l’instar de Josué, notre foi doit s’appuyer sur la Parole. Dieu parle, nous croyons. Dans une profonde communion avec Dieu sur qui il s’appuie, Josué se laisse conduire par sa foi, de sorte que les astres s’arrêtent, dans le ciel, durant presque un jour (v. 12 à 19). Josué, dans une telle communion, semble deviner la pensée divine, selon 1 Jean 5. 14 et 15, et se place sous cette dépendance. Il sait que la toute-puissance de Dieu va agir selon sa demande. Cette circonstance cosmique est historique, et a été écrite dans le « livre de Jashar » (livre du juste droit). De plus, cet évènement extraordinaire semble être confirmé par les savants astronomes et mathématiciens modernes qui, s’attachant à remonter les temps passés en les datant, se sont aperçu que, dans leurs décomptes, quoiqu’ils fassent, il manque un jour ! La puissance divine n’a aucune limite, car Dieu est infini en Lui-même ; et, la demande de la foi ne sert qu’à déclencher l’action de Dieu, car c’est Lui qui combat en faveur d’Israël. Les buts que Dieu poursuit en notre faveur sont immuables. Et si, à cause de nos fautes, Il est quelquefois amené à changer ses voies, le but final sera toujours atteint.
Comme pour Josué dont Il a exaucé la foi, Dieu se plaît à répondre à la foi de ses bien-aimés, s’ils demandent selon la volonté divine. Cependant, pour connaître sa volonté, il faut se trouver en bon état spirituel (1 Jean 3. 21 et 22), et demander avec foi (Jac. 1. 5 à 8). En assemblée, la prière doit être formulée avec l’assurance que tous sont d’accord sur ce qui est demandé (Mat. 18. 19). En Matthieu 17. 19 à 21, la foi peut déplacer une montagne, et par sa foi, Josué a arrêté le cours des temps. Si ces choses nous paraissent difficiles, c’est parce que nous avons peu de foi (Marc 9. 23).
La persévérance de Josué ne se contente pas de combattre à moitié, mais veut une victoire complète, définitive (v. 13). Quant à nous, chrétiens, notre lutte contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Satan et les démons), durera aussi longtemps que nous serons sur la terre car, ici-bas, rien n’est jamais définitivement acquis. La victoire complète sera atteinte lorsque le Seigneur nous aura enlevés à sa rencontre, et que Satan sera précipité sur la terre ; car le Seigneur ne supportera pas qu’il soit encore dans le ciel, lorsque les croyants y seront. Ne nous relâchons pas dans ce combat spirituel.
Le vrai soleil, c’est le Seigneur, source de vie et de lumière, qui « s’arrête » pour nous et demeure en nous. Suivons-Le dans notre combat (Jean 8. 12). Sa Parole nous éclaire dans notre marche (Ps. 119. 105). Le retour à Guilgal nous invite, après chaque victoire, à nous souvenir que notre chair a été crucifiée ; c’est Dieu qui est victorieux, et nous ne sommes rien (Jean 15. 5). Reconnaissons pratiquement notre mort avec Christ, non comme les Gabaonites qui sont allés à Guilgal (ch. 9. 6), sans se rendre compte que ce lieu symbolise la mort du vieil homme Le Seigneur nous communique sa puissance pour la victoire, car nous-mêmes sommes sans force.
Les rois coalisés s’enferment dans une caverne (v. 16), pendant que la conquête continue. Ils préfigurent ce qui se passera lorsque le Seigneur jugera la terre (Apoc. 6. 15). Dans la terreur, les hommes désireront disparaître sous terre, plutôt que de subir la terrible « colère de l’Agneau ». Le v. 24 nous amène au triomphe du Seigneur selon le Psaume 110. 1. Alors, « Satan sera brisé sous nos pieds » (Rom. 16. 20). Enfin, la conquête est menée à bonne fin, quoique incomplète, car Josué fit tout « comme l’Éternel l’avait commandé » (v. 40). Prophétiquement, le Seigneur détruira ses ennemis, et établira son royaume de paix.
Ch. 11
Malgré toutes les défaites infligées aux rois que Josué a combattus, les ennemis se font plus nombreux, pensant être plus forts en se coalisant contre ce petit peuple qu’ils méprisent.
Mais c’est Dieu Lui-même qui exerce sa puissance en faveur d’Israël ; et l’Éternel dit à Josué : « Ne les crains point, car demain… je les livrerai tous tués devant Israël ». « Et l’Éternel les livra en la main d’Israël » (v. 8). C’est la guerre de l’Éternel contre les ennemis du peuple élu (v. 5 à 9). C’est le Seigneur qui conduit nos combats contre « les puissances de méchanceté qui sont dans les lieux célestes », car aucun de nous n’a de force pour lutter victorieusement contre elles, sans la puissance et la direction de Dieu ! En gardant toute la Parole, dans la communion avec le Seigneur, nous serons « plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rom. 8. 37).
S’enorgueillissant de leur puissante cavalerie et de leurs nombreux chars, les ennemis d’Israël, pleins d’assurance, tombèrent dans la main de Dieu, et « Josué les détruisit entièrement, comme Moïse, serviteur de l’Éternel, l’avait commandé » (v. 12). Josué et Israël, s’abandonnant à la direction divine, triomphaient de tous les ennemis, contrairement au ch. 9. 14, où on n’avait pas « interrogé la bouche de l’Éternel ». C’est un exemple pour nous. Lors de l’affaire des Gabaonites, l’ennemi s’était dissimulé pour tromper le peuple. Ici, il se montre sous sa forme de « lion rugissant » (1 Pier. 5. 8). Qu’il séduise ou qu’il attaque, restons bien près du Seigneur « nous serons bien gardés ».
Au v. 1er, nous trouvons le roi « Jabin, roi de Hatsor » : un nom qu’on retrouve dans la Parole en Juges 4. 1 et 2 : un autre roi régnant dans la même ville, mais plus tard. Ce sont deux personnages régnant au même endroit, et portant le même nom, et étant tous deux ennemis d’Israël ! La Parole nous avertit, ainsi, que l’ennemi envoie souvent ses mêmes « troupes » contre nous, cherchant obstinément à nous faire tomber. Il emploie le monde, répétant ses mêmes pièges, contre lesquels il nous faut sans cesse lutter… et lutter encore ! – mais lutter avec le Seigneur, sinon nous serons vaincus. Le. Seigneur dirige nos circonstances pour nous amener , par expérience, à ne pas compter sur nous, mais sur Lui seul.
Tenté par le diable par trois fois, le Seigneur Jésus, au désert, a répondu chaque fois par sa soumission indéfectible à la Parole. Il est notre exemple irremplaçable. La délivrance de Dieu se trouve toujours au bout du chemin de l’obéissance dans l’humilité (Phil. 1. 28).
La principale raison que Josué a eue de brûler Hatsor, est que cette ville, capitale de tous ces royaumes, était une grande ville, et que Dieu ne voulait pas que son peuple s’arroge une cité d’une telle importance, afin qu’il ne s’en enorgueillisse pas. Les croyants doivent rejeter tout ce qu’offre le monde, et plus particulièrement, ce qu’il donne de grand selon la chair (1 Jean 2. 15). L’amour du monde est plein de pièges pour nous. L’Éternel avait donné des commandements à Moïse ; il les avait transmis à Josué qui les a appliqués fidèlement.
Ayant reçu la Parole dans son intégrité retrouvée au 19ème siècle, gardons-la fidèlement pour la vivre, et transmettons-la telle que nous l’avons reçue. Dans ce chemin d’obéissance jalonné de victoires, Josué a détruit trente et un rois (ch. 12. 24) ! Il a obéi jusqu’à respecter les villes qui « étaient demeurées tranquilles » (v. 13), selon Deutéronome 20. 10 à 13. Seulement, ces villes-là, plus tard, n’ont pas respecté leur neutralité et sont devenues ennemies. Dieu a usé de grâce envers ceux qui voulaient la paix avec Israël.
À Jéricho, nous découvrons que Dieu est vraiment tout-puissant. À Aï, nous perdons la confiance en nous-mêmes. À Guilgal, où les Gabaonites rencontrent Josué et le peuple, nous découvrons que nous avons besoin de Dieu, dans sa dépendance. Alors, il s’ensuit des victoires. C’est à Guilgal que Dieu parle avec Josué qui se tient dans la dépendance (Jean 15. 5 ; Phil. 4. 13). Les Anakim (v. 22), ces géants, ont été détruits, car Israël les a affrontés avec Dieu, contrairement à Nombres 13. 34 où le peuple les voyait sans l’Éternel. Regardons les choses de ce monde avec les yeux de Dieu.
Ch. 13
Ce ch. se divise en deux parties. Le rappel de tout ce qui reste de pays à conquérir (v. 2 à 12) – puis, la distribution, par Moïse, aux deux tribus et à la demi-tribu du pays conquis au-delà du Jourdain. Partout, les ennemis sont vaincus, mais certains ne sont pas détruits (v. 13), et seront un piège, plus tard, pour Israël. À la croix, le Seigneur a vaincu tous nos ennemis ; cependant, nous en tolérons certains, dans nos vies, et ils sont des pièges, pour nous, nous affaiblissant spirituellement.
Aux v. 1 et 2, l’Éternel reconnaît l’âge avancé de Josué, et lui rappelle « qu’un très grand pays reste à conquérir » ; et II énumère en détail les territoires qu’Il a donné à Israël, et dit à Josué qui, peut-être affaibli par l’âge, a besoin d’être encouragé : « Moi, je les déposséderai devant les fils d’Israël. Seulement, répartis par le sort ce pays en héritage à Israël, comme je te l’ai commandé. Et maintenant, distribue ce pays en héritage aux neuf tribus, et à la demi-tribu de Manassé » (v. 6 et 7). Malgré son âge avancé, Josué n’était pas au terme de sa vie, car on le retrouve aux ch. 23 et 24.
Au ch. 23. 3, Josué rappelle au peuple que c’est l’Éternel qui a combattu pour Israël. Il semble que le peuple ait faibli, dans le courant de la conquête, malgré la fidélité de Josué à son Dieu, de sorte que, les années ayant passé, il restait un grand territoire à conquérir. L’énergie avait visiblement faibli, car Israël avait laissé de nombreux ennemis sans les détruire. Plusieurs « Mais » restreignaient les résultats des combats victorieux (ch. 13. 13 ; 15. 63 ; 16. 10 ; 17. 12).
Il en fut de même en 1 Samuel 15. 3 ; 9, au sujet d’Amalek que Saül s’est abstenu de détruire, alors que Dieu le lui avait commandé. « Écouter est meilleur que sacrifice » (v. 22 et 23). Lorsque le Seigneur commande une chose, obéissons entièrement, sous peine de désobéir, et d’en subir les conséquences.
Enfin, Josué répartit par le sort le pays entre les tribus. « On jette le sort dans le giron, mais toute décision est de par l’Éternel » (Prov. 16. 33). Dans cette façon d’agir, pour certaines décisions, Dieu dirigeait le résultat par sa volonté, selon sa sagesse. Dans ce grand pays qu’il restait à conquérir, Dieu désigna qu’il s’y trouvait un gros obstacle : « Il est réputé appartenir aux Cananéens » (v. 3). Pour nous, Dieu nous montre les « cananéens » qui habitent notre cœur naturel : l’orgueil, l’ambition, le monde etc… choses qui nous empêchent de jouir des bénédictions que Dieu veut nous donner. Demandons-Lui de nous montrer nos entraves intérieures ; mais Dieu nous dit : « Moi, je le déposséderai ».
Nos conquêtes sont de nature céleste et spirituelle. « Ce grand pays », pour nous, est une figure de la place toute préparée pour chacun, dans le ciel, mais que nous avons à conquérir par la soumission à la Parole et que nous occuperons entièrement lorsque le Seigneur nous aura pris auprès de Lui. Israël, quant à lui, possédera le pays intégralement durant le millénium.
Dans le partage du pays, Lévi seul n’a pas reçu d’héritage, à part quarante-deux villes comme habitations, et leurs banlieues pour leurs troupeaux. L’Éternel – et les sacrifices – étaient leur héritage. Le Seigneur, parfait Lévite, n’avait rien d’autre sur la terre, que l’Éternel (Ps. 16. 5 et 8). Le Seigneur est notre héritage « immarcescible » (1 Pier. 1. 4). Ne nous attachons pas aux biens terrestres. En Matthieu 21. 38 et 39, les pharisiens voulaient l’héritage d’Israël sans l’Héritier ! Ils n’ont eu ni l’un ni l’autre. Nous sommes, nous, héritiers, et cohéritiers avec Christ, au ciel.
Caleb manifeste son énergie en réclamant à Josué qu’il lui donne la montagne possédée par les Anakim, des géants, car cela était selon la promesse de Dieu, formulée par Moïse (Deut. 1. 36). À quatre-vingt-cinq ans, Caleb était encore fort comme à quarante ans, mais il comptait sur l’Éternel pour lui donner la victoire sur les ennemis (Jos. 14. 12). Sa foi hardie désirait s’approprier la promesse de Dieu formulée quarante-cinq ans plus tôt ! Et il a triomphé.
Sa fille, Acsa, a eu la même foi ferme, pour réclamer à son père qu’il lui donne « les sources du haut et les sources du bas » (Jug. 1. 15). Une foi hardie chez les parents et les grands-parents, peut communiquer une foi solide, honorant Dieu, à leur tour chez les enfants.
Ch. 14
Moïse n’avait pas donné d’héritage à la tribu de Lévi, car Jacob avait pris pour lui les deux fils de Joseph, Éphraïm et Manassé, pour être deux tribus, attribuant double portion à Joseph (Gen. 48. 5). Malgré cela, Israël restait composé de douze tribus. Douze » est le chiffre qui représente la responsabilité de l’homme en relation avec la gloire divine en justice. Israël avait cette responsabilité d’appliquer la justice de Dieu. Donner un héritage à Lévi aurait fait treize tribus.
Néanmoins, Dieu pourvoit aux besoins de Lévi, tribu sacerdotale, en lui attribuant quarante-deux villes et leurs banlieues. Et les Israélites ont fait « comme l’Éternel l’avait commandé » (v. 2 et 5). Et l’Éternel béni son peuple. Sous la loi, le peuple était contraint d’obéir. Nous, nous pouvons obéir à la Parole de Dieu, volontairement, par amour.
La figure de Caleb domine ce ch. 14, et se distingue au milieu du peuple. Lui et Josué étaient sans doute alors les deux seuls hommes âgés, puisque tous ceux qui étaient sortis d’Égypte avaient péri dans le désert. Lors de l’exploration du pays, en Nombres 13, les dix autres espions avaient décrié le pays, à cause des géants qu’ils y avaient vus. Seuls de leur génération, Josué et Caleb héritèrent du pays (ch. 14. 30 et 38).
Quarante-cinq ans plus tard, Caleb pouvait rappeler les paroles de Moïse : « tu as pleinement suivi l’Éternel » (v. 9), car il avait « rapporté la chose comme elle était dans son cœur » (v. 7). En Nombres 14, la plus grande confusion s’était emparée du peuple dominé par la peur des géants. Au ch. 13, Caleb, avec une foi solide, avait plaidé pour encourager le peuple : « Montons hardiment et prenons possession du pays » (v. 31). Mais ils avaient répondu : « Nous ne sommes pas capables de monter contre ce peuple » (v. 32). Et au ch. 14. 10, le peuple parle de les lapider. Seuls, Josué et Caleb, ont tenu tête au peuple entier, au péril de leur vie, avec un courage qui est un puissant exemple pour nous dans la vie de l’assemblée, dans les difficultés. De quel esprit sommes-nous animés ? Nous rangeons-nous dans la majorité pour ne pas avoir d’ennuis, ou tenons-nous ferme pour dire les choses telles qu’elles sont dans notre cœur ?
L’Éternel a pleinement approuvé Josué et Caleb, reconnaissant que celui-ci a été « animé d’un autre esprit » et qu’il héritera du pays qu’il a exploré (v. 24). La fidélité de Dieu ressort en comparant Nombres 14. 36 à 38 et Josué 14, en relation avec la foi de Caleb où, selon la promesse divine, il hérite de la montagne où vivent les Anakim. Mais cette même fidélité se manifeste aussi envers les hommes qui ont refusé de monter à la conquête de Canaan : ils sont tous tombés dans le désert, et aucun n’est entré dans le pays promis !
La montagne occupée par les Anakim, et promise à Caleb, est désormais à sa disposition, mais il faut la conquérir. Si nous manquons de l’énergie de la foi, nous passons « à côté » des bénédictions que Dieu veut nous donner. Bien que fort pour la guerre à quatre-vingt-cinq ans comme à quarante, Caleb compte sur Dieu pour la victoire (v. 12). Dans le combat contre les puissances célestes qui nous sont opposées, c’est le Seigneur Lui-même qui combat pour nous. Il faut nous revêtir de « l’armure complète de Dieu ». Et « près de moi, tu seras bien gardé » (1 Sam. 22. 23). Dès lors, la victoire est assurée. Unis par les mêmes épreuves, Josué et Caleb, tous deux âgés, n’ont pas la même place dans les plans divins : Josué a reçu le commandement du peuple. Et Caleb, sans jalousie, avec déférence, lui demande d’hériter de la montagne. Lot, invité par Abraham à choisir, choisit ce qu’il pense être le meilleur (Gen. 13. 9 à 11). Caleb, avec foi, choisit le plus difficile, mais avec Dieu.
Hébron lui est donné en héritage. Pourtant, il semble qu’il l’ait cédée aux lévites, comme ville de refuge (ch. 20. 7 ; ch. 21. 1 et 11). Caleb n’a gardé pour lui que la campagne environnante et les hameaux alentour (v. 12). Bien qu’il ait dû combattre pour conquérir Hébron, Caleb se montrait désintéressé et généreux. « Si les biens augmentent, n’y mettez pas votre cœur » (Ps. 62. 10).
Ch. 15
Que ce soit dans l’ancienne alliance où l’on jetait « le sort dans le giron », ou dans Ia nouvelle alliance actuelle, où l’on s’en remet au Saint Esprit, « toute décision est de par l’Éternel » (Prov. 13. 33). Les apôtres ont jeté le sort une seule fois, avant de recevoir le Saint Esprit (Act. 1. 26). Depuis, toute décision doit être prise en écoutant l’Esprit Saint qui est en nous, et en cherchant à obéir à la Parole.
Dieu donne beaucoup de détails sur l’héritage respectif de chaque tribu. Les villes sont soigneusement répertoriées, car rien de ce qui concerne son peuple terrestre ne Le laisse indifférent. Nous devons nous attacher de tout notre cœur à notre héritage céleste que le Seigneur nous a acquis en mourant sur la croix, alors même que nous sommes encore sur la terre.
Avec une foi qui ne doute pas un instant de la fidélité divine à ses promesses, dont Caleb a attendu patiemment la réalisation pendant quarante-cinq ans, Caleb demande à Josué qu’il lui octroie la montagne où se trouve Hébron, une portion du territoire de Canaan parmi les plus difficiles à conquérir, car il était habité par des géants. Il sait qu’il devra combattre, mais il s’appuie sur l’Éternel, bien qu’il soit encore « fort pour la guerre, à quatre-vingt-cinq ans comme à quarante ». Nous-mêmes, nous devons nous appuyer sur le Seigneur car bien des expériences nous ont montré que, sans Lui, nous sommes impuissants dans les « combats » spirituels qui sont les nôtres. La foi honore Dieu, et Dieu honore la foi.
Caleb a su montrer une patience exemplaire dans le désert, mais le moment venu, il se révèle être un homme d’action et de décision ferme. Il a été un exemple pour d’autres personnes de son entourage. Pour sa fille Acsa, en particulier, mais aussi pour son neveu Othniel. Avons-nous la même influence sur notre famille (nos enfants et nos neveux) ? Un autre exemple nous est donné dans l’épître aux Colossiens, par Barnabas et son neveu.
De plus, Caleb est un homme qui s’attache à exercer la foi des autres et à les entraîner dans l’action (v. 16). Othniel écoute son oncle et, avec sa propre foi, se lance dans un combat victorieux, et Acsa lui est donnée pour femme. Dès lors, Acsa manifeste sa foi à son tour en demandant « un champ », d’abord, puis, sa foi s’enhardissant tout à fait, elle réclame à son père une « bénédiction ». Alors Caleb la satisfait bien au-delà de son désir, en lui donnant « les sources du haut et les sources du bas » (ch. 15. 18). La répétition de cette scène se retrouve en Juges 1. 1 à 15. Puis, en Juges 3. 9 à 11, Dieu donne Othniel pour juge en Israël, et par lui le peuple a été délivré. N’hésitons pas à encourager nos jeunes frères à prendre leur part d’actions spirituelles durant les réunions d’assemblée.Il en résultera de la bénédiction pour eux-mêmes et pour l’assemblée locale.
Bien que Dieu ait ordonné de déposséder les habitants de Canaan, Israël n’a pas obéi entièrement partout (v. 63). Certains frères et sœurs ont eu une foi persévérante et communicative et sont en bénédiction pour d’autres et la Parole nous enjoint « d’imiter leur foi ». Acsa, par sa foi hardie, fait penser à Jabets en 1 Chroniques 4. 10, qui demande à Dieu quatre bénédictions que Dieu lui accorde. La foi d’Acsa s’oppose aux « timides » d’Apocalypse 21. 8, qui n’hériteront pas du salut.
Paul exhorte Timothée à être tout entier à l’étude de la Parole, afin que ses progrès « soient évidents à tous ». Demandons toujours avec foi de riches bénédictions, et sondons la Parole illimitée, en priant et en nous laissant conduire par l’Esprit, et non par notre intelligence car elle nous semblerait aride. Ainsi, en nous laissant « irriguer » par l’Esprit Saint et la prière (les sources du haut et les sources du bas), Christ se forme en nous. L’intendant de la reine de Candace, réduit à sa seule intelligence naturelle, en lisant Ésaïe, avait besoin que la Parole lui soit ouverte par Philippe qui, ayant l’Esprit en lui, comprenait sa vraie signification. Dans nos réunions, nous trouvons ce que notre état spirituel vient y chercher. Elles peuvent être « sèches », comme une « terre du midi », sans sources d’eau… et donc, sans fruits.
Au v. 63, les Jébusiens n’ont pas été dépossédés et ont cohabité avec Israël, jusqu’à ce que David les en dépossède. Soyons tous animés de la foi d’Acsa.
Ch. 17
A partir du ch. 13. 1, où l’Éternel constate le vieillissement de Josué, l’ardeur pour la conquête du pays semble s’être singulièrement refroidie : sept tribus sur douze n’ont pas encore reçu d’héritage ! De plus, différentes tribus n’ont pas dépouillé les ennemis qui, désormais, ont vécu au milieu d’Israël (ch. 16. 10 ; ch. 17. 12 et 13). Le livre des Juges en rend compte de façon plus complète. Dans cet esprit d’affaiblissement de l’ardeur pour la conquête, les fils de Joseph se plaignent à Josué de l’exiguïté de leur territoire, mais ne veulent pas combattre pour l’agrandir (v 14 et 16).
Ne soyons pas négligents quant à la « conquête de notre territoire » céleste, par l’étude de la Parole, et laissons-nous conduire par l’Esprit Saint, afin que nous approfondissions la compréhension spirituelle qui nous est librement donnée, pourvu que nous « combattions ». « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (ch. 1. 3). Toutes les bénédictions que Dieu veut nous donner sont à notre disposition, mais il faut combattre avec l’aide du Seigneur. Toute la Parole nous parle de Lui, avec une infinie richesse et, dans cette « conquête », nous trouverons de nombreuses traces du Seigneur (1 Pier. 2. 21) qu’Il nous invite à imiter. Il est « la lumière de la vie » (Jean 8. 12), et Lui seul veut et peut éclairer notre route et enrichir notre vie spirituelle. Nous avons les mêmes faiblesses qu’Israël, et l’Esprit Saint peut seul nous donner le désir de nous emparer des bénédictions spirituelles.
Aux propos quelque peu prétentieux des fils de Manassé, Josué répond en se plaçant sur leur propre « terrain ». « Si tu es un peuple nombreux, monte à la forêt et coupe-la pour t’y faire de la place » Et « Tu as une grande puissance » (v. 15 et 17) Mais les chars de fer (Jug. 1. 19) des ennemis leur font peur pour s’emparer de l’héritage que Dieu leur donne. Ils ont oublié les nombreuses victoires que Dieu leur a assurées, aussi longtemps qu’ils ont combattu avec foi. Josué leur a montré l’exemple en demandant pour lui-même « la ville de Thimnath-Sérakh, dans la montagne d’Éphraïm » (ch. 19. 50). Lui-même « bâtit la ville et y habita » Il est un exemple pour le peuple et pour nous.
Tout le ch. 19 relate le partage du pays. Mais Josué ayant eu la hardiesse de réclamer une ville difficile dans la montagne, il peut leur parler avec sévérité (ch. 18. 3), et les envoyer relever le pays qui restait à conquérir (v. 4 et suivants). Nous manquons souvent de foi, comme les Israélites, pour nous emparer des bénédictions que Dieu nous réserve.
Comme Manassé, nous avons tendance à dire : « nous ne pouvons pas » (v. 16). Nous n’avons aucune puissance en nous, mais la force est en Christ, et la foi est puissante par Dieu pour renverser les forteresses. Dans une assemblée, le grand nombre peut nous conduire à nous enorgueillir, comme si nous étions « quelque chose », alors que nous sommes sans force. N’accusons personne sinon nous seuls. Dans nos combats, le Seigneur nous mène à sa suite et nous conduit à la victoire, si nous restons dépendants de Lui. Ces exemples de l’Ancien Testament nous sont autant d’avertissements pratiques (1 Cor. 10. 11). La vie chrétienne est un combat continuel. Seule la dépendance de la foi nous assure la victoire. Nous avons aussi à « couper la forêt » des choses du monde qui encombrent notre vie quotidienne et étouffent notre vie spirituelle, en crucifiant la chair et en laissant toute liberté à l’Esprit.
À Manassé, Josué ne laisse aucun doute sur l’issue de son combat. La montagne « sera à toi jusqu’à ses extrémités » (v. 18). Aussi puissant que soit l’ennemi, la foi triomphera toujours de lui par la puissance de Dieu, « n’étant en rien épouvantés par le adversaires » (Phil. 1. 27 et 28). Notre opposition à l’ennemi a toujours l’approbation de Dieu.
À Silo (paix), Josué stigmatise la « lâcheté » du peuple à s’emparer du pays que Dieu leur a donné (ch. 18. 3). Cela nous caractérise aussi. Des hommes sont envoyés pour partager eux-mêmes le pays restant, mais c’est Dieu qui choisit le territoire dévolu à chacune des tribus. Dans le désert, les lévites avaient leurs fardeaux respectifs – de même qu’en Esdras. Notre place, dans l’assemblée, est choisie par le Seigneur, et nous devons nous y tenir. Les « pierres vivantes » que nous sommes sont façonnées pour être placées à un endroit précis de l’édifice.
Ch. 18
Silo était une ville de Canaan, située dans le territoire déjà attribué à Éphraïm. La tente d’assignation et l’arche étaient placées, dès lors, en un lieu déjà conquis par Israël ; l’Éternel demeurait au milieu du pays occupé par son peuple. De même, le Seigneur se plaît à être présent au milieu de ceux qui se réunissent à son nom, et non où il n’y a pas de rachetés. Cependant l’arche, au grès des circonstances heureuses ou malheureuses, s’est trouvée en plusieurs lieux après avoir été prise par les Philistins et amenée à Asdod, avant d’être ramenée en Israël, puis Kiriath-Jéarim. Ensuite, elle fut amenée dans la maison d’Abinadab. Puis, David, plus tard, la fit placer dans la maison d’Obed-Édom, puis à Jérusalem, définitivement (1 Sam. 6 ; ch. 7. 1 ; 2 Sam. 6. 3 à 10, 16). Elle est une image du Seigneur bénissant les maisons où II est reçu dans les cœurs, et où Il trouve la fidélité.
Le Psaume 132. 1 à 9 dévoile l’attachement de David pour l’arche, image de Christ. Malgré tout, dans un premier temps, David n’avait pas recherché la manière d’amener l’arche à Jérusalem selon l’ordonnance : elle devait être portée à l’épaule, et non mise sur un chariot, même neuf. Il s’en est suivi la mort d’Uzza, ayant porté la main sur elle afin qu’elle ne tombe pas. N’oublions pas que tout ce qui touche à la sainteté du Seigneur doit être abordé avec beaucoup de crainte et de respect. La paresse spirituelle et l’incrédulité, (v. 3) qui nous sont naturelles, sont à redouter. « Viens en aide à mon incrédulité ».
La tente d’assignation était-elle la même que celle d’Exode 33 ? La Parole n’en dit rien. Ce qui importe, c’était que l’arche demeurait sous la tente.
Josué désirait que le peuple se hâte de prendre possession de tout le territoire que Dieu lui donnait. Pour cela, il fait désigner trois hommes par tribu afin de les envoyer reconnaître le pays, et le partager entre les sept tribus qui n’avaient pas encore de possession. Et tout se fit dans l’harmonie, bien que cela ait dû se montrer quelque peu difficile. Souhaitons que les héritages entre les chrétiens se passent aussi paisiblement ! Les fils d’Israël avaient bien combattu et étaient en paix ; mais l’énergie leur manquait pour continuer la conquête. Si, dans nos combats spirituels, nous avons remporté des victoires, nous sommes en danger de nous reposer sur nos acquis, et de revenir en arrière : dans la vie chrétienne, si on n’avance pas, on recule. Pierre, se croyant plus fort que ses condisciples, n’avançait plus, et il est tombé.
Comme l’apôtre Paul, « tendons avec effort vers les choses qui sont devant ».
Remarquons aussi l’humilité de Josué. Il a attendu que l’ensemble du pays soit partagé entre toutes les tribus, pour demander sa part qu’il avait choisie : Thimnath-Sérakh dans l’héritage d’Éphraïm (ch. 19. 49 à 51). Ville qu’il a « bâtie » et qu’il « habita ». Tous les détails que Dieu donne sur chaque héritage sont importants aux yeux de Dieu, comme pour nous aussi. C’est Lui, et Lui seul qui prend soin des siens, et rien ne lui est indifférent, car « Il connaît la fin avant le commencement », et chaque difficulté nous conduit à crier à Dieu pour qu’Il nous aide.
Pour Israël, les tribus reçoivent selon la conduite de ceux qui sont à la tête. Ruben et Siméon ont eu des parts peu en vue. Mais la grâce opère pour Siméon, au milieu de la tribu royale, Juda (19. 1). Benjamin (un loup qui déchire (Gen. 49. 27), a été placé entre Juda et les fils de Joseph (18. 11). Les généalogies étaient importantes pour Israël. Dans le millénium, l’héritage des tribus se partagera du Jourdain à la Méditerranée, en lignes droites. Sept tribus au nord. Puis l’offrande élevée pour y placer le sanctuaire, et qui sera pour les sacrificateurs. D’un côté et de l’autre de la sainte offrande, sera la possession du Prince. Et enfin, les cinq tribus restantes au midi (Éz. 48. 1 à 29).
Ch. 20
La ville de refuge était une image du Seigneur Jésus, Sauveur et Rédempteur par sa mort et sa résurrection. L’Israélite, meurtrier involontaire, devait s’y réfugier sans tarder, avant que « le vengeur du sang » ne l’atteigne et ne le mette à mort.
Quant au meurtrier volontaire, il n’y avait pas de recours pour lui. Le sang qu’il avait versé devait être vengé par sa propre mort, selon la sentence divine prononcée en Genèse 9. 6, et permanente : « Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ». Cependant, la grâce de Dieu s’exerçait pour l’homicide involontaire.
Ces villes de refuge étaient visibles de loin, car toutes situées sur des hauteurs. L’homicide devait parler aux anciens de la ville qui, apprenant son affaire, le recueillaient ; il ne devait pas en sortir sous peine de mort. Parmi nous, si quelqu’un doit confesser un péché, il serait bon qu’il le fasse devant des anciens, qui eux, devraient rester discrets.
Lorsque le Seigneur a été crucifié, Il a dit : « Père pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34), mettant ainsi le peuple au bénéfice de l’ignorance de la gravité du crime qu’il commettait. Ainsi, lorsque le Seigneur apparaîtra au peuple sur le Mont des Oliviers d’où Il est remonté au ciel après sa résurrection, le résidu fidèle, en Le voyant avec ses mains, ses pieds et son côté percés, Le reconnaîtra comme Celui qu’il a crucifié autrefois – et il se repentira et croira en Celui qu’il avait rejeté alors (Zach. 12. 10). Ce résidu sera sauvé pour le règne millénaire de Christ.
Quant aux chefs religieux, qui ont incité volontairement le peuple à demander la mort de leur Messie, ils l’avaient identifié comme étant « l’Héritier » d’Israël, et ont dit entre eux : « Venez, tuons-le, et possédons son héritage » ; puis ils L’ont tué (Mat. 21. 38 et 39 ; Luc 19. 14). Paul lui-même avait agi dans l’ignorance et l’incrédulité (1 Tim. 1. 13 et 14). Pour ceux-là il n’y a pas de salut. Pour nous, chrétiens des nations, nous étions dans l’ignorance lorsque les Romains (gens des nations), L’ont mis à mort, et nous sommes sauvés par la foi en Lui et en son œuvre.
Prophétiquement, un petit nombre de Juifs ont cru, et, par la foi, se sont « enfuis » du système judaïque, pour saisir l’espérance chrétienne, cette « ancre de l’âme qui entre jusqu’au-dedans du voile » – le ciel où se trouve le Seigneur (Héb. 6. 17 à 20), où nous-mêmes nous entrons par la foi, et où nous sommes protégés dans la présence du Seigneur. Quelle certitude bénie ! Quant au reste du peuple incrédule, il a été détruit en l’an soixante-dix par les Romains. Actuellement, le peuple juif, moralement, est comme « enfui » dans une ville de refuge, loin de son héritage, attendant la « mort » (la fin) de la sacrificature légale selon Aaron, et la nouvelle sacrificature, selon l’ordre de Melchisédec – le Seigneur Jésus, durant son règne, où II sera roi et sacrificateur, assis sur son trône, ces deux fonctions coexistant en Lui en parfaite harmonie (Zach. 6. 12 et 13).
Pour nous, le Seigneur intercède comme sacrificateur et avocat, et II règne sur nos cœurs, assis sur le trône du Père, et attendant qu’Il s’asseye sur son propre trône royal.
Quant à ceux (Juifs et nations) qui suivront l’Antichrist, ils seront détruits par le Seigneur. Dans le christianisme, même ceux qui ont péché volontairement mais qui se sont repentis et ont confessé leurs péchés au Seigneur, en croyant en Lui, sont sauvés par grâce. Lui-même a confessé nos péchés, et « a été fait péché pour nous » « Le sang de Jésus Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). Quant à ceux « qui habitent sur la terre » attachés à leurs seuls intérêts terrestres, méprisant le Seigneur et son salut par grâce, et qui suivront « la bête qui monte de la mer », le chef de l’empire romain reconstitué, et « la bête qui monte de la terre » (d’Israël), l’antichrist – ils seront marqués du nombre diabolique (666), les distinguant de ceux qui seront marqués comme appartenant à l’Agneau de Dieu (Apoc. 7. 3), et gardés pour jouir du règne du Seigneur.
Ch. 21
Au ch. 21, les lévites reçoivent les villes de leurs habitations et leurs banlieues pour leurs troupeaux. Finalement, Israël est entré en possession de tout le pays, et toutes les promesses de Dieu ont été accomplies (v. 43 à 45).
Ch. 22
Les v. 1 à 6, mettent en relief la fidélité de Gad, Ruben et la demi-tribu de Manassé, tout le temps qu’ont duré les combats. Bien que la conquête de Canaan soit terminée, ce ne sont pas ces Israélites-là qui réclament de repartir chez eux, mais Josué qui les appelle et reconnaît leur obéissance au commandement de Moïse en ce qui les concerne (ils devaient passer le Jourdain avec le reste du peuple et combattre pour leurs frères) – qu’ils avaient obéi en tout ce que Josué leur avait commandé, et fidèlement marché dans toutes les voies de l’Éternel (v. 2 et 3). Au-dessus de Josué, c’était Dieu qui reconnaissait leur fidélité, bien qu’il y ait eu des défaillances.
Enfin, Josué le renvoie dans leurs possessions au-delà du Jourdain, en leur recommandant de rester fidèles aux commandements de l’Éternel : « Seulement, prenez garde » (v. 5) – recommandation qui nous est précieuse à nous aussi. Dans nos combats spirituels, nous sommes appelés à garder de tout notre cœur ce que le Seigneur nous a donné dans sa Parole, et à la vivre, jusqu’à ce qu’Il nous enlève auprès de Lui. Nous sommes à la fois dans le désert et dans la conquête de nos bénédictions célestes. Comme Josué, soyons plus portés à reconnaître ce que Dieu a produit chez nos frères qu’à les critiquer.
Dans les épîtres (sauf à celle aux Galates), l’apôtre Paul rappelle tout d’abord ce qui, dans les assemblées, était produit à la gloire de Dieu. De même en Apocalypse 2 et 3, dans les sept épîtres aux assemblées. Ces mêmes recommandations adressées aux deux tribus et demie, Josué les répétera à tout Israël, au dernier chapitre.
Au chapitre 21. 43 à 45, c’est plutôt la fidélité de Dieu qui est mise en avant. Pour ces deux tribus et demie, cette fidélité se révélait d’autant plus difficile et méritoire, qu’elles ne combattaient pas pour leur propre profit, mais pour leurs frères. Et les combats durèrent sept ans ! Sept ans loin de leurs familles établies de l’autre côté du Jourdain, ces hommes ont pu connaître des circonstances douloureuses dues à leur longue absence de chez eux ! Ayant tout accepté sans murmures, le moment du « repos » (v. 4) est venu pour eux aussi. Josué leur dit : « le pays de votre possession, que Moïse… vous a donné ». C’était le pays qu’ils avaient convoité (Nomb. 32. 5, 9 et 19), et non le pays que l’Éternel donnait au peuple.
L’expression : « Moïse serviteur de l’Éternel » revient constamment : déjà cinq fois dès le premier chapitre. Portons-nous, chacun, ce vrai caractère de serviteur ? Le Seigneur a un service pour chaque frère ou sœur, mais c’est Lui-même qui le choisit et nous y prépare. Comme pour ces deux tribus et demie, pour nous aussi, les choses sont plus faciles lorsque nous marchons dans le chemin de Dieu que lorsque nous suivons un chemin de propre volonté. Exemple : la vie d’Abraham, dépendante de Dieu a été bénie alors que celle de Lot, son neveu, se passait à se tourmenter (2 Pier. 2. 8), et n’a porté que des fruits amers ! Cet « autel de grande apparence » que Gad, Ruben et la demi-tribu de Manassé on construit est une des complications qu’a produit le choix de « leurs possessions » du mauvais côté du Jourdain.
Avant d’ériger cet autel, ils n’ont pas interrogé l’Éternel, et ils ont failli provoquer une terrible guerre fratricide. Plus tard, ils se détourneront de l’Éternel, et ils seront les premiers à être déportés en Assyrie. Notre propre volonté peut gâcher toute notre vie spirituelle.
En souci pour eux, comme pour tout Israël, Josué leur dit de partager avec leurs frères, toutes les richesses qu’ils avaient acquises. Les lévites, sans héritage en Israël (ch. 21), n’avaient pas ce souci d’habiter « leurs terres ». Nous aussi, partageons nos biens spirituels entre nous. Le v. 5 est précieux pour nous : « Pratiquer les commandements du Seigneur, L’aimer et s’attacher à Lui en Le servant (Jean 14. 21 à 23). La prière, et porter les charges les uns des autres, sont des services précieux. Enfin Josué bénit les deux tribus et demie et la demi-tribu de Manassé établie en Canaan : il ne fait pas acception des personnes. Quant à Phinées, il montre beaucoup d’amour pour les deux tribus et demie ; les invitant à entrer dans le pays de Canaan au lieu de leurs « possessions » en Galaad (v. 19). Sur les bords du Jourdain, un autre monument rappelait l’unité du peuple : les douze pierres érigées à Guilgal, sur la rive de Canaan, le pays de la promesse !
La décision des deux tribus et demie de s’installer au-delà du Jourdain dans les plaines de Galaad, et de bâtir un autel « de grande apparence (v. 10), va entraîner des difficultés pour tout Israël (v. 12). Les dix autres tribus pensent devoir faire la guerre à Gad, Ruben et à la demi-tribu de Manassé. Par grâce, Phinées, accompagné de dix princes d’Israël, sont envoyés pour parlementer et demander des explications aux deux tribus et demie, soupçonnées de révolte contre l’Éternel. Dans les difficultés surgissant dans la vie de l’assemblée, la première réaction devrait être de s’entretenir ensemble, afin d’essayer de tirer la situation au clair.
Pour Phinées et les princes d’Israël, il ressort de leur démarche heureuse, que ce qui avait poussé les deux tribus et demie de bâtir cet autel, ne constituait pas une révolte contre l’Éternel, mais répondait à leur crainte d’être plus tard, rejetés par leurs frères (v. 21 et suivants). Ayant reçu cette réponse qui les rassure, Phinées, et les princes qui l’accompagnent, usent de grâce envers eux, et s’en retournent en Canaan. Nous-mêmes, nous devons nous souvenir que « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17).
Cependant, les deux tribus et demie, pour s’installer en Galaad, n’avaient pas consulté l’Éternel, pas plus que les dix tribus d’Israël, pour monter en guerre contre elles ! Mais la grâce de Dieu opère malgré la faiblesse de tous, par le moyen de Phinées qui, de façon heureuse, s’enquiert diligemment avant de monter en guerre. Contrairement à la crainte de Gad, Ruben et Manassé, qui craignaient que les autres tribus disent que l’Éternel avait mis une « frontière » (le Jourdain) entre eux et le reste d’Israël (v. 25), c’étaient eux-mêmes qui avaient dressé cette frontière, en accordant leur intérêt au pâturages abondants qu’ils trouvaient en Galaad pour leurs nombreux troupeaux (Nomb. 32) Attachons-nous aux intérêts du Seigneur plus qu’aux nôtres. C’est pour nous servir d’avertissement que ces choses anciennes ont été écrites (1 Cor. 10. 11).
Gad, Ruben et Manassé pensaient établir la preuve que cet autel témoignait de l’unité du peuple, alors qu’il en était un contre-témoignage. Cette « grande apparence » de l’autel répondait à ce que les hommes recherchent habituellement, l’apparence extérieure (Ps. 39. 6). Mais Dieu, Lui, « regarde au cœur » (1 Sam. 16. 7). Nous-mêmes, nous sommes sous le regard de Dieu. Si nous nous écartons de Lui, le chemin se complique, et nous rencontrons des difficultés. Ces deux tribus et demie, malgré leur installation en Galaad, manifestaient leur « bonne volonté » pour paraître « religieuses » ; mais la bonne volonté des hommes n’est pas la volonté de Dieu.
Dieu avait placé, sur le bord du Jourdain, en Canaan, le symbole de l’unité du peuple : les douze pierres dressées sur le rivage, en étaient le témoin. Dans la chrétienté morcelée, les multiples « professions de foi » censées montrer l’unité chrétienne, sont, au contraire, les signes de la division ! La profession de foi que nous devons garder pour être fidèles, c’est la Bible dont la totalité constitue la vérité (Ps 119. 160).
Phinées, que l’on trouve déjà en Nombres 25. 12 à 16, et ici, en Canaan, a traversé le désert, avec Josué et Caleb. Sa fidélité lui a valu de ne pas périr avec ceux qui s’étaient rebellés. Au v. 16, Phinées et les princes parlent au nom de « toute l’assemblée de l’Éternel », comme s’ils considéraient que les deux tribus et demie n’en faisaient plus partie ! Simplement, elles n’étaient pas à leur place, et cela a failli se terminer par une guerre. Lorsque nous rompons le pain, nous nous souvenons que tous les enfants de Dieu forment ensemble le seul corps de Christ, représenté par le seul pain. De nombreux chrétiens pieux sont mal instruits quant à la vérité du « seul corps » et, si nous ne pouvons pas rompre le pain avec eux à cause des erreurs et fausses doctrines dans lesquelles ils se trouvent, afin de ne pas cautionner la division, ils sont nos frères en Christ.
Pour fédérer Israël, Jéroboam avait établi un culte tel qu’il le concevait. Mais ce n’était pas selon la pensée de Dieu. Le Seigneur voit son Assemblée, une, et telle Il se la présentera. Gardons ce qui nous a été confié. Le v. 16 comporte des paroles dures. Phinées reconnaît qu’ils ne se sont pas purifiés de l’affaire de Péor (v. 17). Prenons à cœur de nous purifier de tout ce qui trouble l’assemblée.
Bien que Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé se soient installés au-delà du Jourdain, alors que Dieu voulait que tout Israël prenne possession du pays de Canaan, les hommes de guerre de ces deux tribus et demie ont participé fidèlement à la conquête du pays. Revenus dans leurs possessions, ils dressent « un autel de grande apparence » sur le bord du Jourdain, alors que l’Éternel avait dit que son autel devait être à Silo, là où se trouvait la tente d’assignation. Dès lors, les dix tribus et demie s’en émeuvent, craignant la colère de Dieu sur tout Israël, car Il considère son peuple comme étant un.
Aussi, ils sont prêts, en première conséquence, à entrer en guerre contre Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé. Par sa grâce, Dieu suscite l’envoi d’une ambassade pour s’informer de leurs véritables intentions concernant cet autel. Deuxième conséquence, ils sont obligés de se justifier aux yeux de leurs frères venus les interroger. Si nous marchons dans l’indépendance, dans l’assemblée, nous serons amenés à nous chercher des justifications. Mais Dieu agréera-t-Il nos explications ? Sa volonté, c’est que nous « montions » tous à la conquête des bénédictions qu’Il nous réserve. Nous subissons toujours les conséquences d’un esprit d’indépendance.
Outre cette liberté que les deux tribus et demie ont prise par rapport aux autres tribus, et au lieu où Dieu avait établi sa présence, Phinées relève deux autres dangers. Le mal religieux typifié par l’affaire de Péor (Nomb. 25. 1 à 3) ; puis le mal mondain avec le péché d’Acan (Jos. 7), qui a « aimé le monde et les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2. 15). Le mal religieux ou mondain d’un croyant souille toute l’assemblée. La volonté divine, c’est que – comme son peuple terrestre (que Dieu voulait qu’il soit séparé des nations) – nous aussi nous soyons, moralement, séparés du monde et de sa corruption (2 Cor. 6. 14 à 18 ; ch. 7. 1).
Les frères sont toujours dépendants les uns des autres. Ce que je fais en bien ou en mal, se répercute sur l’état de l’assemblée, car, tous ensemble, nous sommes un dans le Seigneur. Il veut nous réunir autour de Lui, dans sa communion, car Il nous aime tous, et nous demande de nous aimer l’un l’autre. Les dix tribus auraient pu rester indifférentes quant à l’érection de cet autel de grande apparence. De leur côté, les deux tribus et demie auraient pu regimber sous les reproches de leurs frères. Non, ils ont donné des explications simples et claires qui ont rassuré tout Israël. Il convient donc de se parler, lorsque quelque chose trouble l’assemblée. Mais évitons tout procès d’intention et d’inquisition. N’imputons pas des intentions que Dieu n’a pas manifestées, mais ne négligeons pas celles que le Seigneur révèle clairement.
Prendre la cène entre frères suppose la purification de nos manquements ; mais cela ne se limite pas à ceux qui sont en communion : tout mal, dans l’assemblée, doit être jugé et ôté, afin de délivrer un frère coupable. Quant à la cène, elle ne doit être donnée qu’à un croyant avec qui nous jouissons d’une heureuse communion ; néanmoins, n’oublions pas d’y associer, dans nos cœurs, tous les croyants dans le monde. Le Seigneur avait annoncé à Pierre qu’il Le renierait quelques heures plus tard, mais Il lui a donné la cène à lui aussi. La donner à un incrédule lui ferait « manger et boire un jugement contre lui-même, ne distinguant pas le corps » (1 Cor. 11. 23 à 29). Prendre la cène exige de nous être purifiés de nos chutes et de nos manquements. Mais nous devons la prendre, et non pas nous en abstenir. Deux exemples opposés sont donnés dans la Parole, concernant le comportement des personnes. Caïn qui tue son frère qu’il haïssait (Gen. 4. 8 et 9). Et Abraham qui aimait Lot, et l’a délivré (cf. Gen. 14. 14 à 16).
Dans nos relations, la douceur doit rester la règle, afin que la communion soit maintenue (Prov. 15. 1), et que nous habitions « unis ensemble » (Ps. 133. 1). Les dix tribus d’Israël ont été convaincues et apaisées. Pierre, étant entré chez Corneille, le centurion romain, a dû s’expliquer devant ses frères à Jérusalem, avec douceur, et les a convaincus que le salut était destiné aussi aux nations (Act. 10 et 11), et tous glorifient Dieu. Ne faisons pas comme les deux tribus et demie, coupables, qui, en s’expliquant, se confient à Dieu, certes (v. 22), mais rejettent la faute hypothétique sur les fils des autres tribus (v. 24). Soyons vrais.
Malgré les apparences et ce que craignaient les dix tribus, (représentées ici par Phinées et les dix princes), il n’y avait pas eu de péché contre l’Éternel, de la part des deux tribus et demie : « Vous n’avez pas commis ce crime contre l’Éternel » (v. 31). La guerre, prête à éclater, n’eut pas lieu.
Dans la chrétienté, bien des choses ne sont pas selon l’enseignement de la Parole. Cependant, bien des cœurs sont droits devant Dieu ; et, sans les suivre, nous devons les respecter.
Phinées et les princes, revenus de leur entrevue avec les deux tribus et demie, rendent compte à leurs frères qui, rassurés, « bénirent Dieu, et ne pensèrent plus à monter en bataille contre eux » (v. 33). Comme en Actes 15, des frères, humbles, pieux et fidèles peuvent avoir la confiance de l’assemblée dans une affaire difficile. À Jérusalem, les disciples ont été convaincus que Dieu avait vraiment fait parvenir l’évangile aux nations. Dieu connaît les cœurs. La grâce et la miséricorde divines se manifestent là où les âmes sont dans l’ignorance, à cause d’un enseignement incomplet ou volontairement faussé. À Thyatire, le Seigneur reconnaît ce qui s’y trouve de bon, mais réserve un châtiment de mort pour les responsables volontaires des erreurs idolâtres s’y trouvant. Cependant, Il encourage ceux qui en sont les victimes involontaires, à garder et à tenir ferme ce qu’ils ont (Apoc. 2. 24). L’ignorance est épargnée du châtiment.
Dans notre chapitre, Dieu discerne que les deux tribus et demie n’ont pas l’intention de se séparer de Lui. Cependant, l’autel de grande apparence qu’elles ont bâti est une conséquence directe de leur décision malheureuse de s’installer en Galaad. Si nous abandonnons ce qui nous est enseigné, nous rencontrerons des conséquences difficiles. L’Esprit travaille dans nos cœurs afin que nous recevions ce que la Parole nous enseigne et que nous le gardions.
Ce récit clôt la conquête du pays. Très vite viendra le temps des Juges, relatant la décadence du peuple, avec tous les désordres qui s’ensuivirent dans l’apostasie !
Ch. 23.
Les ch. 23 et 24 rappellent les encouragements de Josué pour le peuple, après son départ, afin qu’il garde tout ce que Dieu avait commandé – ainsi que la fidélité divine à ses promesses : « Tout vous est arrivé » (ch. 23. 14). Il les exhorte à s’attacher de tout leur cœur à l’Éternel (v. 8). Nous avons, nous-mêmes, cet avertissement du Seigneur : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21). Le Seigneur attend de nous des preuves tangibles de notre amour pour Lui. Le Seigneur nous a aimés alors que nous étions dans nos péchés, et perdus. Il a aimé son peuple, et des anges, à la naissance du Seigneur, ont proclamé à des bergers qu’un Sauveur était né à Israël.
Mais Israël L’a rejeté et a crié : « Ôte, ôte, crucifie-le » ! Le peuple, dès lors, a été mis de côté pour un temps. Dieu, déjà, a rétabli une partie du peuple dans le pays. Il rassemblera le reste des tribus plus tard. Durant le millénium, Il écrira ses commandements, non plus sur des tables de pierre, mais sur leurs cœurs (Héb. 8. 10 à 12). Enfin Il détruira les ennemis.
Josué discernait que très vite, le peuple se détournerait de l’Éternel (v. 15 et 16). Dieu avait averti le peuple du piège que représentaient les nations qu’Israël laisserait subsister dans le pays, et Josué insiste sur les conséquences de la négligence du peuple à ce sujet. Il ne fallait pas que le peuple fasse même mention du nom de leurs dieux (les idoles), ni jurer par eux, ni les servir, ni se prosterner devant eux (v. 7). L’avertissement est aussi pour nous, en ce qui concerne tout ce qui, dans notre vie, pourrait devenir une idole.
Dieu nous aime et aucune puissance au monde ne peut nous « séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 8. 39). Et « nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).
Ch. 24.
Les ch. 23 et 24 représentent le testament de Josué pour le peuple, de la même manière que ce que dit Paul aux anciens d’Éphèse (Act. 20. 17 et suivants). En rappelant sa propre fidélité (ch. 24. 15), il exhorte beaucoup le peuple à demeurer fidèle envers l’Éternel, sachant qu’après sa mort, Israël s’en détournerait. Trois exhortations se trouvent au ch. 23. 6. Garder la Parole de Dieu dans son intégralité, et la pratiquer. Cela nous concerne aussi. v. 8. S’attacher à l’Éternel comme ils l’avaient fait jusque-là. Et v. 11 : aimer l’Éternel. Exhortation que nous trouvons souvent dans le Nouveau Testament. Veillons à ce qui entre dans nos esprits, dans nos maisons, et dans l’Assemblée.
Sans séparation de l’esprit du monde (moral, politique et religieux), progressivement, l’apostasie irréversible se manifesterait (v. 7).
Josué, conscient que le moment de sa mort est proche, ne s’occupe pas de lui-même, mais s’inquiète beaucoup du comportement futur d’Israël, car il le connaît bien, étant sorti d’Égypte avec lui, et l’ayant suivi durant quarante ans dans le désert : il a assisté à toutes leurs rébellions ; il se souvient de tous leurs murmures contre l’Éternel et Moïse, alors qu’ils souhaitaient même être tombés dans le désert, ou désiraient retourner en Égypte – ainsi que des nombreuses disciplines auxquelles Dieu les a soumis, jusqu’à ce que toute cette génération soit morte avant l’arrivée en Canaan.
Mais il leur rappelle aussi tout ce que l’Éternel a fait pour son peuple, l’ayant nourri de la manne et abreuvé durant quarante ans. Seuls, Josué et Caleb, fidèles jusqu’au bout, entrèrent dans le pays promis ! Pourtant, ici, le peuple est sincère dans son désir de servir l’Éternel. Mais Josué sait qu’il ne pourra pas servir ce Dieu saint et jaloux, s’il L’abandonne et se tourne vers les idoles (ch. 24. 19 et suivants). Josué ne se trompait pas.
Le peuple resta fidèle tant que vécurent ceux qui avaient participé aux combats de la conquête de Canaan (v. 31). Mais la génération née dans le pays, et qui n’avait pas connu la guerre, abandonna l’Éternel (Jug. 2. 10 à 13 ; ch. 3. 1 et 2). Les combats spirituels que nous sommes parfois obligés de mener nous affermissent contre les tentations d’abandonner la vérité. C’est un sérieux avertissement pour la jeune génération qui « n’a pas connu la guerre ». Si l’on se rappelle toute la fidélité de Dieu dans ses promesses, et que nos cœurs s’attachent à Lui, Il ne peut que nous conduire à la victoire. Le monde conduit aux difficultés.
Rassemblé à Sichem, le peuple se tient devant Dieu. Attitude qui doit nous caractériser afin que nous soyons gardés. Dieu rappelle l’origine du peuple : Abraham, d’abord idolâtre, mais appelé par pure grâce. Puis, le peuple issu de lui est entré en Égypte où la Pâque (la rédemption), a été célébrée. Vient ensuite la délivrance (l’affranchissement) à la Mer Rouge. Enfin, le désert (notre marche dans ce monde, comme pèlerins) – et à la fois, en Canaan (le ciel). Ces rappels nécessaires pour le peuple (mais aussi pour nous), c’était dire à Israël : souvenez-vous de votre état misérable en Égypte : vous étiez des esclaves. Et maintenant, regardez ce bon pays que je vous ai donné ; un pays ruisselant de lait et de miel ! Et moi, l’Éternel, j’ai combattu pour vous le donner.
Ces paroles sont aussi pour nous : morts dans nos fautes et dans nos péchés, nous étions esclaves de Satan. Et maintenant, délivrés de la mort et de tous nos ennemis par la foi en Jésus Christ, nous marchons, dans le désert du monde, vers notre vraie patrie et la maison du Père. Dieu a combattu pour nous, par le sacrifice de son Fils sur la croix, et tous nos ennemis sont définitivement vaincus. C’est Dieu seul qui a remporté la victoire sur les ennemis (v. 12). Ayons ce désir de rester fidèles à Celui qui nous a tant aimés et qui veut nous combler de ses innombrables bénédictions. Trop souvent, c’est nous qui retenons la main de Dieu de nous bénir.
Bénissons-Le de toute la bonté qu’Il a déployée avec puissance pour nous délivrer. Les v. 6, 7 et 8 du ch. 24 en sont des exemples. Souvenons-nous du ch. 5. 13, où un homme, son épée nue à la main, apparaît à Josué, venant comme « chef de l’armée de l’Éternel ».
Les v. 9 et 10 rappellent ce que Dieu a fait en faveur d’Israël : « Je ne voulus pas écouter Balaam, et il vous bénit expressément ». Les maux et les biens viennent de l’Éternel (Lam. 3. 38). Dieu, au-dessus de tout, veut « faire du bien à la fin ». Les bénédictions que Balaam prononça pour Israël s’enrichissaient de plus en plus (Nomb. 24). Dieu veut nous bénir de ses bénédictions illimitées. C’est nous qui freinons sa main ! Jacob, dans son désir d’être béni, avait usurpé la bénédiction de son frère premier-né. Mais Dieu a répondu à son désir. Les bénédictions de Dieu nous sont-elles précieuses ?
Le v. 14 nous rappelle que, pour servir Dieu, nos cœurs doivent avoir la crainte de Lui déplaire par une attitude d’indépendance. Mais aussi, gardons fidèlement sa Parole. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Au v. 15, l’Éternel dit : « Choisissez ». Dieu laisse toujours les hommes libres de choisir entre le chemin de la soumission à sa volonté, et le chemin de la propre volonté humaine. Cependant, Il montre toujours le bon chemin, et les conséquences de la propre volonté (Deut. 30. 19). En Genèse 2. 16 et 17, il place Adam devant son libre choix, concernant les arbres du jardin ; mais Il l’avertit solennellement des terribles conséquences qui résulteraient de sa désobéissance : la mort qui a passé à tous les hommes.
Le chemin de la vie et de la bénédiction est encore placé devant tous : la foi en Dieu et dans le Seigneur Jésus. Dans notre vie, nous ne pouvons servir Dieu et les idoles que nous pouvons garder dans nos cœurs (Mat. 6. 24). Les v. 14 à 24 plaçaient le peuple devant ce choix : ou servir Dieu ou servir les idoles.
Et Josué déclare positivement : « Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (v. 15). La sûreté de son choix découlait de la fidélité qui caractérisait sa « maison ». Le peuple, déjà en Exode 19. 8, avait déclaré présomptueusement : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Cependant, il en a été incapable. Servir Dieu exclut que nous nous confiions en nos propres forces.
Jacob avait purifié sa maison des idoles qui s’y trouvaient avant de monter vers Joseph, en Égypte (Gen. 35. 2). Israël avait été fidèle dans toute la période des combats. Il était sincère dans son désir de servir l’Éternel. Mais il était trop sûr de lui. La génération ayant connu la guerre est bien restée fidèle. Mais la suivante a abandonné l’Éternel (Jug. 2 et 3). Notre fidélité d’un jour n’est jamais une garantie pour le lendemain. Gardons précieusement la Parole tout entière, car elle est « un trésor à l’entrée de nos sacs », toujours prête à nous guider et à nous fortifier. Elle est aussi l’eau purificatrice qui lave notre cœur après une chute. Nous ne pouvons pas entrer dans la présence du Seigneur avec de la souillure.
De même, le Seigneur seul peut nous délivrer des « idoles » que nous pouvons conserver dans notre vie. En Égypte comme dans le désert durant quarante ans, le peuple avait servi des dieux étrangers (Act. 7. 42 et 43). En Canaan aussi, il s’était attaché aux idoles (Éz. 23. 8). Même des petites choses, peut-être légitimes, mais qui nous accaparent trop, freinent en nous une vraie vie de foi. La responsabilité du chef de famille est engagée, au sein d’une « maison », en ce qui concerne la marche habituelle de sa famille. « Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel », dit Josué, connaissant l’engagement de chaque membre de sa famille. Dieu connaissait la fidélité de Noé et de sa « maison » (Gen. 6. 8 ; 7. 1) ; Puis celle de Stéphanas (1 Cor. 16. 15).
Dieu réserve des bénédictions particulières pour la maison des croyants où chacun reste fidèle (1 Cor. 7). Également en Actes 16. 31 et 34. En Luc 19. 6 et 9, le Seigneur parle de la « maison » de Zachée où le salut était entré. Nous sommes sous la grâce. Si nous nous détournons, il y a toujours un « retour » possible.
Dans l’avenir, il y aura un retour pour le peuple repentant (Zach. 12. 10 à 14), que Dieu placera alors sous sa grâce, dès qu’il reconnaîtra le Seigneur comme le Messie promis. Alors, Dieu écrira sa loi sur leurs cœurs (Héb. 8. 10 à 12). Il y a des similitudes entre ce chapitre et Actes 20, avec ce que Paul dit aux anciens d’Éphèse : mise en garde contre les idoles (Josué), et les fausses doctrines (Actes). De même en Josué 24. 26 et 27, et Actes 20. 32 : la pierre-témoin, c’est ce qui reste : ce que Dieu a dit. « Je vous recommande à Dieu, et à la Parole… » (Act. 20. 32).
Le peuple a réaffirmé plusieurs fois sa détermination sincère de servir l’Éternel (v. 16, 18, 21 et 24). Dès lors, Josué « établit un statut et une alliance » selon la loi, à Sichem, à mi-chemin entre Garizim, montagne de la bénédiction, et Ébal, montagne de la malédiction ; probablement le lieu du sanctuaire, où Josué avait bâti un autel à l’Éternel, sur lequel ils avaient offert des sacrifices, selon le commandement de Moïse (Deut. 27 ; Jos. 8. 30 et 31), tandis que la tente d’assignation était à Silo (ch. 18. 1).
Cette grande pierre, que dresse Josué, confirme que le peuple est toujours sous la loi, à laquelle il s’assujettit de nouveau volontairement (v. 24), passant sous silence les idoles qu’il gardait dans son cœur (v. 23). L’alliance était caduque avant même de commencer, car les hommes sont incapables d’être fidèles sans faille à la loi. Seul le Seigneur Jésus l’a pleinement accomplie. Rappelons que la génération qui avait connu les guerres de Canaan est restée fidèle, mais ne pouvait être garante du comportement des générations suivantes qui ont abandonné l’Éternel. Longtemps après, Néhémie reconnaîtra que le peuple avait péché (Néh. 9. 37).
Josué, quant à lui, était sans illusion sur le comportement futur d’Israël. Le v. 27 montre qu’il s’incluait dans le devoir d’obéissance, tant qu’il était encore en vie ; et que la grande pierre qu’il avait dressée serait témoin « contre vous » lorsqu’il ne serait plus là, et que le peuple abandonnerait la loi. La vie de Josué, près de Dieu, lui donnait ce discernement.
Dieu avait donné la loi à Israël afin de le convaincre de son incapacité à y obéir, étant dans la chair, malgré sa présomption à l’accomplir. La grande pierre dressée était un témoin symbolique de l’incapacité du peuple à satisfaire aux exigences de la loi. Ce verset nous exhorte à rester fidèles à toute la Parole, et à nous garder de tout ce qui peut représenter une infidélité à Dieu. Cette fidélité de Josué jusqu’à la fin de sa vie lui vaut, ici, d’être appelé : « serviteur de l’Éternel » (v. 29) – un point commun avec le Seigneur qui est, Lui, le vrai Serviteur, et qui, après sa mort, a été mis au tombeau à Jérusalem (la ville du grand Roi). Josué a été enseveli dans son héritage, en Éphraïm. C’est à la mort de Moïse ayant terminé son service, que débute le service de Josué qui, arrivé à son terme, meurt à son tour.
Être serviteur n’est pas réservé à une élite, mais à chacun des croyants. Enfants de Dieu, nous sommes appelés à Le servir. Les v. 14 à 30 de Matthieu 25 nous enseignent à servir fidèlement et à porter du fruit pour Dieu, pour sa joie. À sa venue, Il manifestera à chacun, sa satisfaction ou son blâme (cf. Mat. 25. 21 et 26), ainsi que l’attribution des premières et des dernières places, suivant notre fidélité dans nos œuvres.
À la fin de ce chapitre nous sont rapportés trois ensevelissements. Celui de Josué, figure de Christ nous conduisant dans la conquête de nos bénédictions célestes, celui de Joseph, type de Christ comme notre Sauveur, et enfin, celui d’Éléazar, image du Seigneur, souverain sacrificateur éternel.
Tout comme Josué et Caleb, Éléazar a traversé le désert, est entré en Canaan, et est mort dans le pays de la promesse. Joseph, au-delà de sa puissance et de sa gloire en Égypte, est resté fidèle à son Dieu et au pays promis où il voulait que ses os soient transférés (Gen. 50. 24 et 25), espérant ainsi en la promesse de la résurrection, de même que Jacob (Gen. 49. 29 à 32).
Nous ressusciterons aussi, mais pour le ciel (Canaan) et non pour la terre (l’Égypte). Ceux qui ont connu des combats spirituels et ont souffert, restent souvent fidèles (v. 31). Ce que Dieu nous a donné, gardons-le et transmettons-le aux jeunes générations, en les encourageant à la fidélité (Deut. 11. 1 à 7). Être dans « l’héritage » nous amène à le posséder de façon pratique et non symbolique seulement. La connaissance de la vérité par la Parole nous fait un devoir de la garder envers et contre toutes les sollicitations à nous en écarter.
Le livre des Juges nous avertit des dangers guettant ceux qui s’écartent de la vérité révélée. Aidons les nouveaux convertis, ainsi que les jeunes nés dans l’assemblée, à ne pas « reculer la borne ancienne » (Prov. 22. 28 ; 23. 10). Proverbes 23. 12 nous montre la ressource.
La traversée du désert se termine par la mort de Moïse et Aaron. A la fin de la conquête, Josué et Éléazar meurent. « Souvenez-vous de vos conducteurs… et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7).
« De ceux que tu m’as donnés, je n’en ai perdu aucun » Jean 18. 9.
PEUT-ON PERDRE SON SALUT ?
Quiconque a accepté l’œuvre propitiatoire de Jésus Christ pour lui-même a reçu le pardon de ses péchés et ne viendra pas en jugement. C’est une très bonne nouvelle ! Mais quelqu’un pourrait-il perdre son salut éternel ? Certains le pensent. Cependant, ce que Dieu dit dans sa Parole est déterminant.
Jésus Christ, le bon Berger, a dit : « Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connais, et elles me suivent ; moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les arracher de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10. 27 à 30).
Qui pourrait nous arracher de la puissante main de Jésus ? Il a remporté la victoire sur le diable et lui a ôté sa puissance. Lorsqu’Il s’adresse à son Père par la prière, avant les souffrances de la croix, Jésus Lui a parlé à plusieurs reprises de « ceux que tu m’as donnés » (Jean 17). Est-ce que quoi que ce soit que Dieu le Père a donné à son Fils pourrait Lui être enlevé ? Impossible !
Cela ne signifie pas que celui qui a mis sa foi en Christ peut vivre dans le péché parce que rien ne peut lui arriver. Quiconque agirait ainsi montre qu’il ne fait pas partie de ceux pour lesquels Dieu a donné son Fils, car Jésus a dit, de ses brebis, qu’elles écoutent sa voix et Le suivent. Elles Lui obéissent car elles réalisent qu’elles Lui appartiennent. Jésus les garde, et ainsi personne ne peut les toucher ou toucher à leur salut éternel.
« Quand vous serez en butte à diverses épreuves (ou : tentations), estimez-le comme une parfaite joie, sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la patience » Jacques 1. 2 et 3.
« Que personne, quand il est tenté, ne dise : Je suis tenté par Dieu – car Dieu ne peut pas être tenté par le mal, et lui ne tente personne » Jacques 1. 13.
LE TEST DE LA FOI
Dans la Bible, la tentation est souvent présentée comme une occasion de mettre à l’épreuve la foi du croyant. Il en est ainsi chaque fois que sa foi est placée devant un carrefour qui l’oblige à choisir entre un chemin qui conduit vers Dieu et un autre qui l’éloigne de Lui. La tentation se trouve aussi dans toutes les situations dans lesquelles notre convoitise est stimulée, ou lorsque nous voulons accomplir par nous-même une promesse de Dieu sans attendre son moment. Jacob, par exemple, a menti à son père afin d’obtenir la bénédiction qui lui était promise par Dieu (Gen. 27).
Pour le croyant, donc, la tentation est avant tout un « banc d’essai », un test de la foi. Pour que nous en sortions victorieux, notre foi a besoin d’être fortifiée et notre confiance en Dieu affermie.
La clé qui permet de vaincre la tentation, c’est de se confier dans ce que Dieu a dit. Jésus, tenté par le diable, a remporté la victoire en citant les Écritures : « Il est écrit » (Mat. 4. 4, 7 et 10). L’autre grande ressource dont nous disposons est la prière : « Priez, afin que vous n’entriez pas en tentation » (Luc 22. 46).
Dieu ne tente personne, dans le sens qu’Il ne pousse jamais sa créature à pécher, mais qu’Il permet plutôt que notre foi soit mise à l’épreuve afin qu’elle soit fortifiée. Dans la vie, il ne nous est pas possible d’éviter l’épreuve de la tentation. Elle sert parfois à nous faire progresser dans notre chemin spirituel.
Dans de telles circonstances, ne nous décourageons pas, mais recherchons le Seigneur et appuyons-nous sur ses promesses. Il est fidèle et Il viendra à notre secours.
« (Jésus dit : ) Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai » Jean 14. 21.
« Ne nous lassons pas de faire le bien » Galates 6. 9.
UN TÉMOIGNAGE CRÉDIBLE
Lecture proposée : 2 Rois 5
La jeune Israélite dont nous parle le récit de 2 Rois 5 avait de bonnes raisons pour rester discrète et silencieuse. Enlevée à sa famille, déportée, faite prisonnière et devenue esclave, elle aurait pu ressentir de la colère et de la rancune. Au contraire, elle n’a pas laissé passer l’occasion de faire du bien.
Cette jeune captive donne la preuve d’une piété sincère. Elle est au service de la femme de Naaman, le chef de l’armée du roi de Syrie, un homme puissant mais atteint de lèpre. Elle montre de la compassion envers son maître, sans se demander s’il était juste ou non de faire du bien à celui qui l’avait rendue esclave : loin de se refermer sur elle-même et de se plaindre de son triste sort, la jeune fille se montre sensible à la souffrance d’autrui et cherche à être en aide. Elle dit à sa maîtresse : « Oh, si mon seigneur était devant le prophète qui est à Samarie ! alors il le délivrerait de sa lèpre » (v. 3) La femme de Naaman écoute les paroles de la jeune fille.
Par sa foi, la jeune fille a montré un autre bon côté de son caractère : elle n’a absolument pas douté de la puissance de Dieu pour guérir Naaman. Sa simplicité aussi est exemplaire : en peu de paroles, elle a exprimé tout ce qui était nécessaire pour que son maître puisse être guéri.
Simplicité, précision, foi, amour, dévouement, sont tous des éléments fondamentaux pour qu’un témoignage soit crédible, et Dieu honore la foi de cette jeune fille. Son histoire peut se résumer en deux expressions : ce qu’elle faisait et ce qu’elle disait.
Ami lecteur, jeune ou âgé, pour que notre témoignage soit crédible, il faut que nos actes précèdent nos paroles et que notre vie s’efforce de refléter les caractères de notre Seigneur Jésus Christ.
« Moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’enseigne pour ton profit, qui te dirige dans le chemin par lequel tu dois marcher » És. 48. 17.
« Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi » Ps. 32. 8.
SELON LE PLAN DE DIEU
Dieu désire le meilleur pour notre vie. Le désirez-vous aussi ? Méditez alors sur les points suivants :
1. Dieu a un plan pour votre vie. En Éphésiens 2. 10, Paul écrit : « Nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles ». Dieu vous a sauvés par sa grâce. Il veut maintenant que vous L’honoriez en vivant selon ses pensées. Il a tout planifié à l’avance afin que cela puisse se faire. Le laisserez-vous mener à bien son plan ?
2. Dieu veut vous montrer le plan qu’Il a pour votre vie. L’apôtre Paul confirme cela en Colossiens 1. 9 : « Que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté ». Vous pouvez vraiment connaître la volonté de Dieu dans votre marche, un pas après l’autre. Cependant, il y a quelque chose qui peut vous empêcher de la faire, c’est votre propre volonté. Dieu ne vous permettra d’entrer dans la compréhension de son plan à votre égard que si vous acceptez vraiment de mettre de côté vos propres désirs, pour Lui obéir.
3. Commencez à mettre en œuvre le plan de Dieu pour votre vie. Quand Dieu vous montre quelle est sa volonté, obéissez immédiatement. En Jean 7. 17, le Seigneur Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut faire la volonté de celui qui m’a envoyé, il connaîtra, au sujet de cette doctrine, si elle vient de Dieu ». Cette déclaration montre clairement que, si vous obéissez à la volonté de Dieu, vous recevrez plus de lumière pour poursuivre votre vie.
Ainsi, un pas après l’autre, vous pouvez avancer dans le chemin dans lequel Dieu veut vous conduire, afin que son plan à votre égard s’accomplisse.
« Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ?… Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Mat. 16. 13 et 15.
En lisant les Évangiles, nous remarquons que Jésus pose souvent des questions. Il interroge les personnes qu’Il rencontre ou qui viennent à Lui, ou encore les chefs religieux du peuple qui s’opposent constamment à Lui, et aussi ses disciples.
Dans l’évangile selon Jean, nous découvrons de nombreuses occasions où Jésus interroge ses interlocuteurs, que ce soit les disciples ou d’autres personnes. Son but est de les amener à réfléchir sur ce qu’ils désirent réellement, de mettre à découvert les hypocrisies cachées et de faire apparaître la vérité.
Aujourd’hui encore, les questions de Jésus déchirent le voile de nos préjugés, jettent une lumière inattendue sur les motivations et les désirs qui nous animent. Nous allons considérer ensemble quelques-unes de ces questions. Laissons-nous nous-mêmes interroger comme si elles s’adressaient directement à nous.
QUE CHERCHEZ-VOUS ?
« Les deux disciples l’entendirent parler et ils suivirent Jésus. Jésus se retourna et vit qu’ils le suivaient ; il leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui dirent : Rabbi (ce qui se traduit par : maître), où demeures-tu ? Il leur dit : Venez et voyez » Jean 1. 37 à 39.
La première question posée par Jésus se trouve dans l’évangile de Jean : « Que cherchez-vous ? ».Il s’agit peut-être de la question la plus fondamentale en ce qui nous concerne. Deux disciples de Jean le Baptiseur avaient entendu le témoignage de Jean au sujet de Jésus et aussitôt ils s’étaient mis à suivre ce « maître ». Jésus se tourne vers eux et leur pose cette question, afin qu’ils expriment ce qu’il y avait dans leur esprit, qui les avait conduits à marcher après Lui. Cela nous amène à nous interroger nous-mêmes sur ce que nous désirons vraiment obtenir en suivant Jésus.
Les deux disciples voulaient savoir où Jésus habitait, peut-être afin de pouvoir revenir l’interroger et d’apprendre ainsi à mieux Le connaître. Jésus les accueille : « Venez et voyez » (ou : Venez, et vous verrez »). Venir à Jésus signifie croire en Lui, croire qu’Il nous aime. La conséquence, c’est que nous Le voyons. Quand nous venons à Jésus, tout devient clair, car la foi nous ouvre des perspectives merveilleuses. Et c’est justement ce qu’ont trouvé André, Simon, Pierre, Philippe et Nathanaël : en venant à Jésus, ils ont vu en Lui le Fils de Dieu (Jean 1. 40 à 50).
VEUX-TU ÊTRE GUÉRI ?
« Or il y avait là un homme, infirme depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché, et sachant qu’il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit : Veux-tu être guéri ? … Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton brancard et marche » Jean 5. 5 à 8.
À Jérusalem, il y avait un grand réservoir d’eau appelé en hébreu Béthesda. Sous ses portiques étaient couchés « une multitude d’infirmes… [qui] attendaient le mouvement de l’eau. Car, à certaines époques, un ange descendait dans le réservoir et agitait l’eau ; et le premier qui entrait après que l’eau ait été agitée était guéri, quel que soit le mal dont il était atteint » (Jean 5. 2 à 4).
Jésus, qui était là, apercevant parmi la foule un homme qui se tient là en silence, paralysé depuis trente-huit ans, incapable d’accéder à l’eau qui pourrait le guérir, lui demande : « Veux-tu être guéri ? ». Question surprenante à première vue ! Ne voudrions-nous pas être guéri de ce qui nous paralyse ? Si, cependant, nous nous laissons sonder par la question de Jésus, peut-être prendrons-nous conscience d’habitudes ou de comportements qui nous paralysent mais auxquels nous avons du mal à renoncer.
La question posée par Jésus nous invite à nous examiner intérieurement. La réponse émouvante de l’infirme résonne comme une plainte désespérée : « Je n’ai personne… ». Obtenir la guérison en plongeant le premier dans la piscine lui était totalement impossible. Jésus, qui a la puissance de répondre directement à sa foi, lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ». Il n’a pas besoin de plonger dans l’eau. Cet homme a cru en Jésus. Tel qu’il était, couché sans pouvoir bouger, il se redresse alors et soulève son brancard, témoignant ainsi de sa guérison.
La foi obéit à la parole de Jésus, même si tout paraît impossible.
Si aujourd’hui nous sommes accablés, sans force, plongés dans le désespoir – que ce soit de notre faute ou pas – Jésus nous touche au plus profond de notre cœur en nous demandant : « Veux-tu être guéri ? ». Si nous Le laissons agir, le lieu de notre souffrance deviendra alors, grâce à sa présence et à son amour, le lieu de notre libération. Accueillons avec foi Jésus et son message : nous serons guéris !
OÙ ACHÈTERONS-NOUS DU PAIN ?
« Jésus leva les yeux et vit qu’une grande foule venait à lui. Il dit à Philippe : Où pourrons-nous acheter des pains, afin qu’ils mangent ? » Jean 6. 5
Jésus lève les yeux et voit une grande foule. Il la regarde avec une profonde compassion. Il demande alors à son disciple Philippe : « Où pourrons-nous acheter des pains, afin qu’ils mangent ? ». Philippe répond : « Des pains, pour deux cents deniers, ne leur suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu ». André, un autre disciple, fait remarquer qu’il y a là un petit garçon qui a avec lui cinq pains et deux poissons, « mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? ».
Trop souvent, nous sous-évaluons l’amour et la puissance de Jésus dans des situations que nous ne sommes pas capables de gérer. Dieu permet de telles circonstances afin de nous apprendre à avoir confiance en Lui. Et, à partir du peu qu’Il a à sa disposition et qui se trouve dans les mains d’un enfant, Il accomplit ce grand miracle de la multiplication des pains, qui est narré dans les quatre évangiles.
Le Seigneur souhaite que les siens collaborent avec Lui. Il apprécie que nous mettions à sa disposition le peu que nous possédons, et alors Il agit. Ici, Il multiplie ce qui a été donné pour nourrir la foule. Jésus veut transformer nos situations de disette en expériences de sa grâce surabondante… Nous le voyons dans les douze paniers remplis de restes. Soulignons l’attention du Seigneur qui veille à ce que rien ne soit perdu (v. 12).
Jésus peut rassasier notre faim, combler tous les besoins de notre vie : amour, dignité, pardon, respect, bonheur, et même la faim de Dieu que nous pouvons ressentir. Et cela, au-delà de nos attentes si nous nous confions en Lui dans l’obéissance à sa Parole.
Peu après ce miracle, Jésus déclarera : « Moi, je suis le pain de vie » (v. 35).
VOULEZ-VOUS, VOUS AUSSI, VOUS EN ALLER ?
« Jésus dit aux douze : Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? Simon Pierre répondit : Seigneur, auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu » Jean 6. 67 à 69.
Au commencement du ch. 6 de l’évangile selon Jean, nous voyons que la foule, enthousiaste, veut couronner Jésus et le faire roi (v. 15). Mais à la fin, après avoir entendu son enseignement, beaucoup d’entre ceux qui Le suivaient L’abandonnent.
Jésus se retrouve seul avec ses douze disciples les plus proches ; Il leur demande alors : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? ». Nous pouvons comprendre sa douleur devant cette défection de plusieurs.
Mais Pierre Lui donne cette belle réponse : « Seigneur, auprès de qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ? ». Plusieurs s’étaient retirés à cause des paroles de Jésus, mais Pierre reste, car il a reconnu dans ce que Jésus a dit « les paroles de la vie éternelle ». Il a compris que Jésus n’est pas seulement Celui qui peut multiplier les pains, mais qu’Il est Lui-même « le pain vivant… descendu du ciel », qui donne la vie (v. 51).
Nous pouvons connaître des moments de crise dans notre propre vie, et être tentés d’abandonner Jésus. Les disciples qui s’étaient retirés de Lui ne Lui avaient pas parlé directement, mais ils avaient murmuré entre eux (v. 60, 61) et ils avaient cessé de suivre Jésus.
Pierre, au contraire, s’est laissé interroger par Jésus et il est resté avec Lui, de même que les onze autres disciples. Le Seigneur les rassurera en leur disant : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze ? » (v. 70)
Prenons-nous le temps nécessaire pour écouter avec foi les paroles de Jésus, et pour rester près de Lui ? En restant dans sa présence, Lui le saint Fils de Dieu, nous pourrons Lui rendre hommage, parce que c’est Lui qui nous a choisis.
PERSONNE NE T’A CONDAMNÉE ?
« Jésus se releva et, ne voyant personne que la femme, lui dit : Femme… personne ne t’a condamnée ? Elle dit : Personne, Seigneur. Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, dorénavant ne pèche plus » Jean 8. 10 et 11.
C’est le matin. Jésus est assis dans la cour du temple et Il enseigne le peuple. Un groupe de religieux vient l’interroger, espérant faire apparaître des incohérences dans son enseignement et avoir ainsi un motif pour l’accuser. Ils amènent devant Lui une femme surprise en adultère. Jésus la condamnera-t-Il à mort, comme le prévoit la Loi de Moïse ? Afin de pouvoir L’accuser, ils le provoquent en Lui demandant : « Toi donc, que dis-tu ? »
Jésus ne leur répond pas, mais Il se baisse et, en silence, Il écrit avec le doigt sur la terre. Interrogé à nouveau avec insistance, Il se relève et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il jette le premier la pierre contre elle ». Puis Il se baisse à nouveau et écrit sur la terre. L’un après l’autre, les accusateurs de la femme s’en vont. Il ne reste plus que Jésus et la femme adultère qui se tient devant Lui.
Un regard entièrement nouveau s’est posé sur elle, lui donnant une lueur d’espoir. Jésus se tourne vers elle et lui demande : « Personne ne t’a condamnée ? » « Personne, Seigneur », répond la femme (à voix basse). « Moi non plus, je ne te condamne pas », lui dit Jésus. Avec la force du pardon, la femme s’en va, libre de toute condamnation.
Le principe moteur de sa libération, comme il l’est pour nous aujourd’hui dans notre vie, c’est le souvenir de l’amour du Seigneur Jésus. « Va, dorénavant ne pèche plus ». La merveilleuse grâce de Dieu ne se laisse pas arrêter par notre péché car Jésus en a porté toute la peine sur la croix.
Si vous vous sentez encore loin de Jésus, sachez qu’Il vous aime. Approchez-vous de Lui et recevez pour vous-même les paroles du Seigneur : « Je ne te condamne pas ; va, dorénavant ne pèche plus ».
POURQUOI NE ME CROYEZ-VOUS PAS ?
« Si je dis la vérité, vous, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; c’est pourquoi vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu » Jean 8. 46 et 47.
« Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples » Jean 8. 31.
Cette question, Jésus la pose à quelques Juifs qui prétendaient L’écouter. Mais leur foi était-elle réelle ou superficielle ? Ils pensaient connaître la vérité : ils avaient reçu la Loi de Dieu par Moïse, ils étaient des descendants d’Abraham, ils croyaient avoir Dieu pour Père. Et pourtant, lorsqu’on lit le ch. 8 de l’évangile selon Jean, on constate qu’ils réagissent avec toujours plus de violence aux paroles de Jésus ; ils vont jusqu’à prendre des pierres pour le lapider (v. 59).
Jésus leur parle de vérité, de liberté, de la relation filiale qu’ils devraient avoir avec le Père et le Fils, mais ils restent irrémédiablement figés sur leur interprétation de la Loi. Lorsqu’Il les exhorte à persévérer dans sa parole pour être libérés, ils répondent qu’ils n’ont pas besoin d’être libérés, affirmant qu’ils n’ont jamais été esclaves de quiconque (v.33) – ce qui était démenti par le fait qu’ils étaient sous l’occupation des Romains. Ce refus radical montrait clairement qu’ils ne voulaient pas écouter. Six fois dans ce chapitre, Jésus parle de la vérité, puis Il leur pose la question : « Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? », ajoutant aussitôt la réponse : « Parce que vous n’êtes pas de Dieu ».
La vérité dont parle Jésus n’est pas une vérité conçue par l’esprit humain, c’est la révélation de Dieu.
Quel écho ont les paroles de Jésus dans notre cœur et dans notre vie ? Sommes-nous prisonniers de nos convictions et pratiques religieuses, ou vivons-nous dans la liberté que connaissent les enfants de Dieu ? Laissons agir en nous les paroles et les questions de Jésus. Ouvrons nos cœurs à son amour pour vivre en pleine liberté, miséricorde et vérité – dans la liberté des enfants de Dieu.
« Jésus… lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Jésus lui dit : Et tu l’as vu, et celui qui parle avec toi, c’est lui. Il dit : Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage » Jean 9. 35 à 38.
Jésus rencontre un homme aveugle dès sa naissance. Il lui met de la boue sur les yeux et lui dit : « Va, lave-toi au réservoir de Siloé » (v. 7). L’aveugle obéit et revient guéri !
Étrangement, personne ne semble se réjouir de cette guérison, qui était un signe évident d’une intervention divine : les parents de celui qui a été guéri ont peur des pharisiens, les voisins sont stupéfaits et les chefs religieux cherchent à l’obliger à dire que Jésus est un homme pécheur.
Mais l’aveugle guéri, seul contre tous, résiste et fait des progrès dans son chemin de foi. Au début, il parle d’un homme appelé Jésus, puis d’un prophète, puis d’un homme de Dieu. En tout cas, il est certain d’une chose : il était aveugle, et maintenant il voit. Enfin, le Seigneur se révèle à lui et lui pose cette question :
– « Crois-tu au Fils de Dieu ? »
– « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? »
– « Tu l’as vu », lui dit Jésus. Et celui qui était aveugle lui donne cette belle réponse :
– « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterne devant Jésus.
Cette question : « Crois-tu au Fils de Dieu ? », est vitale. C’est une question à laquelle nous devons répondre devant Dieu. Comme pour ce témoin courageux, notre foi doit être « testée » dans la présence de ceux qui s’opposent, purifiée par l’épreuve, renforcée par le témoignage que nous rendons. Confions-nous fermement et définitivement en Jésus notre Sauveur : « Je crois, Seigneur ! »
C’est par les yeux de la foi que nous Le contemplons. Ouvrons nos cœurs afin de croire en Lui !
CROIS-TU CELA ?
« Jésus (déclare à Marthe) : Moi, je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra pas, à jamais. Crois-tu cela ? » Jean 11. 25 et 26
Le plus extraordinaire des miracles de Jésus que l’Écriture nous ait conservé, de par la puissance qui a été démontrée, c’est la résurrection de Lazare. Ce miracle, qui se trouve au centre de l’évangile de Jean, constitue une étape fondamentale dans la révélation de la Personne du Seigneur.
Un homme du nom de Lazare est malade. Malgré l’affection qu’Il a pour lui et ses sœurs, Marthe et Marie, Jésus ne vient pas vers l’ami qui est en train de mourir. Le récit met en évidence la douleur des sœurs, mais aussi leur foi en Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort » (v. 21). Le dialogue qui suit, entre Marthe et Jésus, culmine dans son affirmation, à la suite d’une question : « Moi, je suis la résurrection et la vie… Crois-tu cela ? ». Marthe croyait en une résurrection générale des morts à la fin des temps. Jésus la conduit à une foi personnelle en Lui.
« Crois-tu cela ? » À cette brève question, Marthe répond : « Oui, Seigneur ! » Mais la situation de Marthe n’est pas changée : le corps de son frère est toujours dans la tombe. Sa douleur est encore intense, et pourtant elle ose saisir cette main tendue qui l’aidera à vivre son épreuve différemment. Elle peut affirmer, malgré sa douleur, sa foi en Jésus qu’elle reconnaît comme le Christ, le Fils de Dieu. Jésus va encore parler avec sa sœur, Marie, puis Il se rend au tombeau de Lazare et le ressuscite.
Jésus est venu dans notre monde de souffrance et de mort pour nous apporter la vie éternelle par son sacrifice sur la croix. Celui qui croit cela, même s’il meurt, ressuscitera à l’appel du Fils de Dieu.
« Crois-tu cela ? » Une question qui s’adresse à chacun de nous.
QUI CHERCHEZ-VOUS ?
« Alors Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus le Nazaréen. Jésus leur dit : C’est moi » Jean 18. 4 et 5.
Il fait nuit dans le jardin des Oliviers, le lieu qui a souvent vu se rassembler Jésus et ses disciples. Tout est calme lorsque arrive une troupe de soldats, équipés de lanternes, de torches et d’armes, pour arrêter Jésus. Ce n’est pas Judas, l’un des douze disciples, ce ne sont pas les soldats, qui identifient Jésus. C’est Lui-même qui s’avance et leur demande :
– Qui cherchez-vous ?
– Jésus le Nazaréen, répondent les soldats.
– C’est moi.
Devant cette affirmation, les soldats reculent et tombent par terre : ils se trouvent devant le Seigneur Tout-puissant et ils ne le savaient pas !
Jésus leur demande encore :
– Qui cherchez-vous ?
– Jésus le Nazaréen. Et Jésus répond :
– Je vous ai dit que c’est moi, et Il demande que ses disciples soient laissés libres, sans que l’épée dont Pierre voulait se servir pour Le défendre, soit nécessaire.
Dans l’histoire de la chrétienté, on a essayé « d’arrêter Jésus » de différentes façons. Certains ont nié son existence ; d’autres ont rejeté sa parole ou ce qu’Il a dit de Lui-même ; d’autres encore ne veulent pas croire à sa résurrection.
Mais plusieurs, par contre, ont fait la rencontre qui les a amenés à prendre conscience de la véritable identité de Jésus et à croire en Lui comme leur Sauveur. Pour les hommes, Il est « Jésus de Nazareth », mais pour les chrétiens Il est le Fils de Dieu. Un jour, devant Lui, l’Agneau de Dieu, tous se prosterneront et Lui rendront la louange, l’honneur, la gloire et la puissance qui Lui sont dus (Apoc. 5. 13).
POURQUOI PLEURES-TU ?
« Femme, pourquoi pleures-tu ? » Jean 20. 15
« Je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai et je les réjouirai [en les délivrant] de leur douleur » Jérémie 31. 13.
Marie de Magdala se tient près du tombeau de Jésus, comme elle s’était tenue près de sa croix. Elle est seule, et elle pleure. Submergée par la tristesse, elle ne réagit pas à la vue des deux anges qui veillent sur le lieu où le corps de Jésus avait reposé. Cette présence céleste ne produit aucune réaction sur elle, et elle leur répond comme elle l’aurait fait à n’importe qui. Marie n’interprète pas la question des anges comme un appel à sortir de sa douleur : profondément attachée à son Seigneur, elle veut savoir où son corps a été déposé, mais elle est comme prisonnière de son propre chagrin.
Jésus, ressuscité, s’approche, mais Marie ne sait pas que c’est vraiment Lui. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? ». Jésus lui pose la même question que les anges : « Pourquoi pleures-tu ? », mais Il ajoute : « Qui cherches-tu ? », parce qu’Il sait de qui son cœur est rempli. Elle, pensant qu’Il est le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi je l’enlèverai ». Jésus ne prononce qu’un mot, Il l’appelle par son nom : « Marie ». Alors, elle se retourne et Lui dit en hébreu : « Rabboni ! » (ce qui veut dire : maître).
Ainsi, Jésus se révèle à ceux qui L’aiment et Le cherchent de tout leur cœur. Marie le cherchait en vain parmi les morts. Mais Jésus lui fait entendre sa voix, la voix du bon Berger qui connaît ses brebis et les appelle par leur nom. Immédiatement, elle reconnaît la voix de Celui qui l’avait guérie, qu’elle avait suivi, servi, puis qu’elle avait vu mourir sur une croix… Et Il était là, juste devant elle, son Seigneur, vivant, ressuscité ! Sa foi lui fait faire l’expérience de la joie immense promise aux disciples : « Votre tristesse sera changée en joie » (Jean 16. 20).
DIS-TU CELA DE TOI-MÊME ?
« Pilate… appela Jésus et lui dit : Toi, tu es le roi des Juifs ? Jésus lui répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Suis-je juif, moi ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? » Jean 18. 33 à 35
C’est la Pâque ; Jérusalem accueille de grandes foules mais, cette année, il y a un nouvel évènement qui excite la curiosité. Un homme nommé Jésus fait naître une immense espérance. Serait-Il le Messie tant attendu ? Et pourtant, Il a été arrêté par les chefs des Juifs et les occupants romains.
Pilate, le gouverneur romain, l’interroge : « Es-tu le roi des Juifs ? » Il veut conduire l’interrogatoire lui-même, assuré de son pouvoir ; et voici que, étonnamment, l’accusé qui est devant lui, lui répond : « Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » Jésus l’invite à réfléchir, comme s’Il lui disait : Est-ce vraiment cela qui te préoccupe ?
L’interrogatoire se poursuit, mais Jésus affirme : « C’est pour ceci que je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la vérité ». Pilate évite à nouveau ce qui touche sa conscience et il dit : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Puis il sort, sans attendre la réponse de Celui qui se tient devant lui comme étant la vérité en chair : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14. 6). Pilate a manqué l’occasion de la découvrir.
Et nous qui, au 21ème siècle, lisons ces choses, ferons-nous comme Pilate en évitant d’avoir la réponse aux questions essentielles, nous contentant d’une connaissance superficielle de la Personne du Seigneur Jésus ? Faisons sérieusement l’effort de chercher à connaître Celui qui a été humilié et condamné injustement, endurant la croix pour sauver l’homme perdu ; c’est ainsi que nous serons capables de Le suivre, non pas comme on se soumet à un roi, mais en réponse à son amour victorieux.
M’AIMES-TU ?
« Jésus… lui dit une deuxième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre lui dit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Sois berger de mes brebis » Jean 21. 15 et 16.
Jésus ressuscité dit à ses disciples : « Venez, mangez », et Il leur sert le repas qu’Il a Lui-même préparé : du pain et du poisson cuit sur la braise. Juste après avoir supporté les souffrances du reniement, de la croix, de la solitude, de l’abandon, du reniement, Jésus les rassemble. Ils n’osent pas Lui poser de questions, mais c’est Lui qui parle et leur donne à manger. La communion et l’intimité sont retrouvées.
Ensuite, après le repas, Jésus se tourne vers Simon Pierre et, par trois fois, Il lui demande s’il L’aime, ce qui lui rappelle son triple reniement. Jésus connaît bien l’amour qui est dans le cœur de son disciple et, la première fois, Il lui demande : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ceux-ci m’aiment ? », parce que Pierre avait soutenu que, même si tous les disciples venaient à Le renier, lui, resterait fidèle.
La réponse de Pierre montre qu’il a été transformé après avoir renié son Seigneur : le pardon du Seigneur a fait croître son amour pour Lui, et il peut alors répondre : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime ».
Quoique attristé par l’insistance de Jésus, Pierre répond de la même manière aux deux autres questions qui suivent, se confiant dans le fait que Jésus connaît l’affection qu’il a pour Lui. Jésus sonde le cœur de son disciple et lui confie une mission à accomplir. Pierre a perdu sa confiance en lui-même mais, plein d’amour pour son Seigneur, il est chargé de prendre soin des brebis de Jésus, c’est-à-dire des chrétiens qu’il rencontrera.
Et moi, que répondrai-je à la question du Seigneur : « M’aimes-tu ? ». Apprends-moi, Seigneur, à t’aimer de tout mon cœur et sans prétention, pour Te suivre et prendre soin de ceux que je rencontrerai sur mon chemin.
Le mot Genèse (du Grec : Genesis), signifie naissance.
La révélation de Dieu commence par ce livre. C’est le récit de la création du monde matériel et vivant ; mais, à travers ce livre, Dieu nous révèle ses conseils éternels dont le but final est la manifestation de sa gloire en amour et en grâce, révélée en son Fils, le Seigneur Jésus.
À partir du chapitre 3, on trouve les voies de Dieu, les moyens qu’Il emploie, en vue de réaliser ses conseils éternels, malgré le péché du premier homme.
Ce livre contient en germe toutes les vérités de la Parole, bien que toutes les doctrines n’y soient pas révélées en détail. On y trouve : la création, la loi – ou le commandement (ch. 2. 16 et 17) et le Fils de Dieu.
La création en elle-même est déjà un motif d’adoration (Job 38. 7). Dans ce verset, « les étoiles du matin » et « les fils de Dieu » sont les anges qui existaient avant la création de l’univers matériel, donc avant le v. 10 de la Genèse. La foi anime le croyant et ne raisonne pas (Ps. 33. 6) : créer, c’est amener à l’existence des choses qui n’existaient pas auparavant. Dieu seul en a la puissance et il est dit cinq fois, dans ce premier chapitre que « Dieu créa ». Dieu a « pensé » à créer ; le Fils – la Parole – l’a dit, et l’Esprit l’a produit (Prov. 8. 27 à 31).
Le v. 1 : Élohim : pluriel d’Éloah, le Dieu suprême – et : « Faisons … » (v. 26), montrent le conseil de l’unité des trois Personnes divines qui décide de créer.
Le « commencement » de Jean 1 précède éternellement le « commencement » de Genèse 1 (Jean 1. 1 à 3).
On voit aussi « l’Esprit de Dieu qui planait, l’original dit : couvait sur la face des eaux » (v. 2). C’est l’Esprit de vie qui va communiquer la vie sur la terre, d’abord inanimée. Dieu sépare d’abord les éléments chaotiques, prépare la scène sur laquelle II va donner la vie végétale, puis animale et enfin, humaine.
Tout est mis en place pour l’arrivée de l’homme (Ps. 104. 5 à 15), couronnement de la création, qui sera chargé d’administrer avec sagesse l’univers terrestre qui lui est confié. Les plantes, les poissons, les oiseaux, les animaux terrestres, l’homme, enfin, sont créés, séparés dans leur espèce : la fausse théorie de « l’évolution » à laquelle beaucoup croient encore, est mise à néant par la Parole.
Des sélections végétales et animales ont pu « améliorer » les races, mais les espèces restent séparées. Après chaque étape de la création, Dieu déclare que « cela était bon ». Mais après la création de l’homme, alors que tout était ordonné selon la sagesse divine, « Dieu vit tout ce qu’Il avait fait, et voici, cela était très bon » (v. 31). Malgré cette gradation, la perfection ne sera atteinte sur la terre que par la venue du Fils de Dieu en gloire.
Ces premiers versets nous montrent deux cieux différents : les cieux cosmiques (v. 1), et les cieux atmosphériques (v. 7). Paul parlera du « troisième ciel » où il avait été « ravi » (2 Cor. 12. 2) : c’est le ciel de la présence de Dieu où seront les saints avec le Seigneur.
Si petite que soit la terre dans l’incommensurable espace sidéral, elle est infiniment précieuse aux yeux de Dieu, car elle a été créée pour être habitée (És. 45. 18) ; et pour son Fils (Col. 1. 15 et 16), et c’est là qu’Il est venu et là qu’Il régnera comme Roi des rois. Adam n’était qu’une pâle « image de Celui qui devait venir » (Rom. 5. 14), car il s’est montré incapable d’une sage gestion du domaine qui lui était confié. Le Seigneur Jésus est le glorieux couronnement de la création comme Fils de l’homme, homme parfait selon le cœur de Dieu, et toute la création se prosternera devant Lui (Phil. 2. 10 et 11).
Au v. 1er, on assiste donc à la création de l’univers matériel. Entre les v. 1 et 2, on a pu insérer tous les temps géologiques, avant l’apparition de la vie. Symboliquement, on peut peut-être voir des similitudes entre la création de la matière et le corps de l’homme ; la vie animale avec l’âme vivante que l’homme est devenu (Gen. 2. 7). Puis, la création de l’homme à la ressemblance de Dieu, à la vie spirituelle : seul, l’homme possède un esprit capable d’être en relation avec son Créateur, tandis que les animaux n’ont que leur âme, la vie (v. 30).
La création matérielle est le premier témoignage de ce qu’est Dieu, en puissance et en gloire (Ps. 19. 4). Et cela est encore vrai et, les incrédules sont « inexcusables » (Rom. 1. 20).
« Que la lumière soit… » C’est la première parole de Dieu que la Bible nous rapporte, et c’est pour commander l’apparition de la lumière qu’Il sépare des ténèbres du v. 2. La source de la lumière existait depuis le v. 1er – la création des cieux cosmiques avec les étoiles et le soleil, mais d’épaisses nuées devaient couvrir la surface de la mer universelle, de sorte qu’« il y avait des ténèbres sur la face de l’abîme ». Cette création « physique » nous conduit à un enseignement moral : « Dieu est lumière » (1 Jean 1. 5) et, pour ôter le moindre doute, il est ajouté : « et il n’y a en Lui aucunes ténèbres ».
En Jean 8. 12, Le Seigneur dit : « Moi, je suis la lumière du monde ». Et, en Jean 1. 4 : « En elle – la Parole – était la vie, et la vie était la lumière des hommes ».
Physiquement, dans la création, la vie n’a été possible qu’après l’apparition de la lumière. De même, moralement, un homme ne peut recevoir la vie éternelle qu’après que la lumière divine ait éclairé son âme et sa conscience, quant à la sainteté de Dieu, et quant à son propre état. Les ténèbres morales font obstacle à ce que nous voyions clairement ce qu’il en est de nous devant Dieu. Dans le sobre récit de la création, Dieu poursuit donc un but moral pour nous. Aussi, la Parole ne donne aucun détail sur les bouleversements géologiques du v. 2. Dieu met tout en place pour que, d’abord désolée et vide, la terre devienne habitable. D’ailleurs, au v. 1er, Dieu parle des cieux et de la terre. Mais à partir du v. 2, Dieu n’a plus en vue que la terre.
« … Et la lumière fut » : « La lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise » (Jean 1. 5). Le monde incrédule refuse la lumière morale divine et demeure dans ses ténèbres, car elle nous pousse à la repentance pour être sauvés – et aussi, tous les jours de notre vie.
Tout au long de ce chapitre, « Dieu dit ». Mais, dans toute la Parole, Dieu parle à nos âmes et dit : « Que la lumière soit » (2 Cor. 4. 6).
Les croyants sont mis comme luminaires dans ce monde. Lorsque le Seigneur enlèvera son Église, d’épaisses ténèbres morales lui succéderont : « Le soleil deviendra noir comme un sac de poil… Le ciel se retirera comme un livre qui s’enroule » (Apoc. 6. 12 à 14). Plus de lumière morale, mais des ténèbres ! Satan dominera sans frein sur les hommes, et les jugements divins s’abattront sur eux.
La Bible oppose souvent la lumière aux ténèbres ; le jour à la nuit ; la vie à la mort, etc… Il y a sur la terre « les enfants de lumière » qui étaient autrefois ténèbres » (Éph. 5. 8). L’Église reflète quelque peu la lumière du Seigneur, comme la lune celle du soleil. Ainsi, nous devons vivre de manière à refléter la lumière du Seigneur (1 Thess. 5. 4 à 8), en nous séparant, moralement, de ce monde de ténèbres (2 Cor. 6. 14 à 16). Les ténèbres morales sont entrées dans le cœur de l’homme par l’introduction du péché, et le croyant reçoit la lumière divine en lui ; mais s’il marche de manière ténébreuse, conformément à celle du monde, il vit en opposition à la nature divine car : « Dieu est lumière ».
« Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne » (v. 4). Dieu avait en vue son propre Fils, la Lumière venue dans ce monde, et de qui Il a pu dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17 ; 17. 5). À un niveau plus modeste, Abraham, en son temps, retiré d’Ur, en Chaldée plongée dans l’idolâtrie, a été « un luminaire » au milieu des Cananéens : « Tu es un prince de Dieu au milieu de nous » (Gen. 23. 6). Quel témoignage !
Dieu donne des noms : « jour », « nuit » ; « soir », « matin ». Sont-ce des jours de vingt-quatre heures ? Dieu n’a pas la même notion du temps que nous : « … mille ans, à tes yeux, sont comme le jour d’hier quand il est passé, comme une veille dans la nuit » (Ps. 90. 4). Et Pierre reprend : « … un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour » (2 Pier. 3. 8). Et : « Le jour où tu en mangeras (du fruit défendu) tu mourras certainement » (Gen. 2. 15 à 17). Et la vie d’Adam a duré 930 ans : elle n’a pas atteint la limite d’un jour de mille ans.
Dans la création, Dieu procède par étapes, avec ordre. Contrairement aux hommes, Il commence par le soir et finit par le matin, plaçant ainsi, devant nous, l’espérance toujours renouvelée.
Dieu sépare les eaux de la mer des épaisses nuées qui devaient la recouvrir en entier, pour permettre à la lumière du soleil d’y parvenir, afin que la vie puisse apparaître et s’y développer (v. 6 à 8). Cet espace nouveau entre « les eaux » et « les eaux » forme désormais l’atmosphère respirable indispensable à la vie terrestre, les cieux. C’est une des actions créatrices de Dieu (Job 37. 14 à 18 ; Jér. 51. 15). Cette mise en ordre des éléments terrestres prépare, pour plus tard, les éléments du déluge « les fontaines du grand abîme » « les écluses des cieux » qui rompirent leurs barrières (Gen. 7. 11). Mais cela montre aussi avec quels soins Dieu prépare le lieu où II appellera l’homme à vivre.
Ces versets ont aussi une portée spirituelle : Dieu doit travailler à séparer, dans notre conscience, le bien du mal, afin que la lumière divine nous parvienne et que nous apprenions à connaître Dieu, et qu’ainsi nous recevions la vie éternelle par la conversion. Ces scènes nous rejettent dans notre néant, pour que nous en saisissions la portée grandiose. Mais ce que Dieu veut placer devant nos cœurs, c’est l’Artisan de cette création, son Fils bien-aimé (Prov. 8. 22 à 31).
Dieu assigne soigneusement une place pour chaque élément créé, et place des bornes fermes qu’aucun ne peut dépasser (Ps. 104. 5 à 9 ; Job 26. 8 à 10 ; 38. 8 à 11). Sur le plan moral, Dieu nous parle des limites que le mal ne pourra dépasser tant que l’Église se trouve encore sur la terre : Il y a « celui qui retient » le Saint Esprit ; et « ce qui retient » la présence des croyants ici-bas (2 Thess. 2. 6 et 7). « La mer » symbolise l’agitation du monde qui manifeste sa corruption, comme la mer qui « jette dehors la vase et la boue » (És. 57. 20) ; mais aussi, les nations par opposition à « la terre », image d’Israël (Apoc. 13. 1 ; 11).
Ces scènes nous invitent à adorer ce Dieu créateur, en contemplant sa grandeur et sa puissance ; mais aussi à tirer des instructions : dans cette séparation établie de Dieu, quant aux différents éléments de la terre (Ps. 33. 6 et 7), on peut voir aussi les limites freinant la méchanceté et surtout celle de Satan (Job 1. 12 ; 2. 4 ; Jér. 5. 21 à 25). C’est une consolation, pour nous, de savoir qu’une épreuve ne peut aller plus loin que Dieu ne le permet.
Les plantes (v. 11), comme les animaux (v. 21 à 25), sont créés, dès l’origine, « selon leur espèce » : la fausse théorie de « l’évolution des espèces » n’a donc aucun fondement et n’entre pas dans la pensée de Dieu. Les plantes, ici, sont toutes des plantes « utiles » (Héb. 6. 7). Il faudra la chute de l’homme pour que le sol fasse « germer des épines et des ronces » (ch. 3. 18). Ces plantes produisent des « fruits portant leur semence en soi » (v. 11 et 12). Non seulement elles sont vivantes, mais elles peuvent se reproduire à l’infini ; c’est là, la marque du Dieu vivant qui communique la vie pouvant se perpétuer d’elle-même.
Mais si Dieu prend tant d’intérêt à la terre et la prépare si soigneusement, c’est qu’Il l’a établie pour être habitée par l’homme, et que ce sera la scène bénie où le saint Fils de Dieu prendra la forme d’un homme pour y souffrir et y mourir. Mais, et surtout, parce que c’est sur la terre qu’Il établira, plus tard, en puissance, son royaume de paix, de justice et de gloire.
La mer, dont on a vu quel symbole elle représente après la chute de l’homme, l’agitation incessante des nations, n’a, ici, que le caractère indispensable à la vie. Dans la nouvelle création d’Apocalypse 21. 1, cette signification symbolique d’agitation des nations disparaîtra, car le péché n’entrera pas là.
Au troisième jour, Dieu rassemble les « eaux qui sont au-dessous des cieux » et fait apparaître « le sec » ainsi, les mers et la terre ferme sont nettement séparées. Dieu, désormais, va pouvoir faire croître « l’herbe, la plante portant de la semence, l’arbre fruitier produisant du fruit selon son espèce, ayant sa semence en soi sur la terre » (v. 9 à 11). Dieu revêt la terre de beauté en y introduisant la vie. Le premier jour et le quatrième s’occupent de la lumière. Le deuxième et le cinquième, des eaux. Le troisième et le sixième de la terre.
Au v. 3 et 4, le Créateur sépare d’une manière générale, la lumière des ténèbres. Aux v. 14 à 18, Il sépare ce qui touche au jour et à la nuit ; mais Il assure aussi la pérennité des cycles des jours, des saisons, et des années. Et c’est Lui qui « soutient toutes choses par la parole de sa puissance » : cela est vrai pour la création, mais pour nous également (Héb. 1. 3). Tout porte la marque de « Celui qui ne change pas ».
Au v. 17 et 18, nous avons le principe de domination sur le jour et la nuit. Cela nous ramène au Seigneur : « l’Orient d’en haut » qui, pendant le millénium, illuminera et dominera sur Israël et sur le monde, tandis qu’Il brille déjà dans le cœur des croyants. Durant la nuit de ce monde, l’Église – la lune reflétant la lumière du soleil – reflète quelque chose de la lumière morale de Christ. Les étoiles symbolisent les croyants individuellement, qui « reluisent comme des luminaires » (Phil. 2. 15). « Vous êtes lumière dans le Seigneur » (Éph. 5. 8). Dans la nuit de ce monde, nous sommes exhortés à « revêtir les armes de la lumière » (Rom. 13. 12). À l’aube du Millénium, les « sages brilleront comme la splendeur de l’étendue, et ceux qui ont enseigné la justice à la multitude, comme les étoiles, à toujours et à perpétuité » (Dan. 12. 3).
Déjà créés au v. 1er, le soleil et les astres sont manifestés pour assurer la vie. La lune est placée pour « les saisons » (Ps. 104. 19) ; et le Psaume 136. 4 à 9, rappelle les merveilles de la création, et la puissance divine en Ésaïe 40. 26. Dieu est le Maître de Sa Création, et Il le montre en 2 Rois 20. 8 à 11, où Il fait « retourner l’ombre de dix degrés en arrière ». À la prière de Josué, Dieu retient le soleil de se coucher durant presque tout un jour (Jos. 10. 13) !
Dans l’univers, la terre minuscule est cependant le centre d’intérêt de Dieu, car c’est là que l’homme est créé, et de là que le Seigneur régnera. Il est ce « Soleil » glorieux de 1 Corinthiens 15. 40 et 41. Il est aussi « le Soleil de justice » de Malachie 4. 2. Dieu prend soin de son peuple, les Juifs, qu’Il aime d’un amour indéfectible, et ne les abandonnera jamais, comme II l’affirme en Jérémie 31. 35 à 37. Israël est représenté par la terre ferme, par opposition à la mer – les nations agitées. Aussi, les promesses de Dieu pour Israël sont sans repentir.
À l’issue de chacun des jours au cours desquels Dieu met la terre en condition de recevoir l’homme, Il déclare : « cela était bon ». Après la création de l’homme, Il déclarera : « Cela était très bon » (v. 31). À la parole de Dieu, les eaux se remplissent « d’êtres vivants » (v. 20) ; et : « Que la terre produise des êtres vivants » (v. 24). Une parole a suffi pour créer. « Il appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient » (Rom. 4. 17 ; 1 Tim. 6. 13 ; Héb. 11. 3). Les v. 20 et 21 prouvent qu’il ne s’agit aucunement d’évolution, mais que chaque être vivant, plante ou animal, est spécialement déterminé dès la création « selon son espèce » (1 Cor. 15. 37 à 39).
Pour l’homme, Dieu tient conseil avec Lui-même, et prend cette décision : « Faisons ». Rien de commun avec la création des animaux. Avant de créer les animaux et l’homme, la sagesse de Dieu a créé les plantes nourricières ; car à l’origine, aucun être vivant ne se nourrissait de chair (v. 29 et 30). Ce n’est qu’après le déluge, que certains animaux et l’homme se nourrirent de chair, autre conséquence du péché. Le règne de Christ assurera ce respect total de la vie des êtres vivants (És. 11). Mais ici, tout sort en perfection des mains puissantes de Dieu.
Ch. 2
Les deux premiers chapitres relatent uniquement l’œuvre du Créateur, et ses soins pour préparer le cadre de vie des animaux et de l’homme. Celui-ci est le couronnement de la création, le gérant du domaine que Dieu lui confie : alors, « cela était très bon » (ch. 1. 31).
Le ch. 2 montre que l’homme est placé par Dieu, dans un jardin, « pour le cultiver et pour le garder » (v. 15). Mais « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » était placé là, comme mise à l’épreuve de l’obéissance de l’homme : garderait-il la communion avec son Créateur ? Le troisième chapitre nous parlera de ce que l’homme a fait… Et là, tout se détériore !
Quand la création est sortie de ses mains, Dieu y met son sceau : « cela était très bon ». On peut voir toutes les merveilles et les perfections de l’œuvre de Dieu qui « racontent sa gloire » (Ps. 19. 1 à 6 ; 104. 5 à 9 ; Job 38. 4 à 11) : « Que tes œuvres sont nombreuses, ô Éternel tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est pleine de tes richesses » (Ps. 104. 24). Ayant constaté que « cela était très bon », alors, Dieu se repose le septième jour (Gen. 2. 2). Le repos de Dieu – qui « ne se fatigue pas » (És. 40. 28), est un repos de satisfaction : Il se repose sur la valeur de son œuvre achevée. Il « a été rafraîchi » (Ex. 31. 16 et 17). Ce septième jour de repos se projettera dans la loi mosaïque, en relation avec son peuple aux bénédictions terrestres (Lév. 23. 3).
Les Hébreux devaient obligatoirement observer le repos du sabbat, eux, leurs serviteurs, leurs bêtes et leur étranger (Ex. 20. 10). Dieu, dans sa bonté, sachant que l’homme pécherait, a voulu qu’après une semaine de dur travail, il puisse goûter un jour de repos, comme Lui-même s’est reposé le septième jour (Héb. 4. 10), jour qu’Il a « béni et sanctifié ». Avant la chute, l’activité de l’homme n’était pas pénible. Le péché introduit la fatigue du travail et les « épines et les ronces » (ch. 3. 17). Pour nous, chrétiens, c’est le dimanche que, dans le repos, nous célébrons la résurrection du Seigneur, repos en rapport avec le ciel. C’est un privilège et une joie d’entourer le Seigneur et de L’adorer.
Cependant, le péché a obligé Dieu à se remettre au travail, mais pour l’œuvre de la rédemption (Jean 5. 17). Le règne de mille ans de Christ sera « un repos sabbatique » pour le peuple juif, en relation avec ses bénédictions terrestres (Héb. 4. 9). Le septième jour est une figure du repos éternel de Dieu et des rachetés, lorsque « Dieu sera tout en tous » (1 Cor. 15. 28). Dans la succession des sept fêtes de l’Éternel, cette période, venant après le règne de mille ans, est vue en type par « le huitième jour », jour éternel, la nouvelle création étant fondée sur le repos de Dieu (Lév. 23. 36), « où la justice habite » (2 Pier. 3. 13), et où toute peine est bannie.
Sept personnages de la Genèse présentent en type ces sept jours de la création. Le dernier de tous, Joseph, type de Christ souffrant pour la justice, obtient la domination universelle et, en Lui, toutes les promesses se réalisent dans la plénitude des bénédictions.
« Les cieux ont été faits par la Parole de l’Éternel, et toute leur armée par l’esprit de sa bouche » (Ps. 33. 6). Dans l’Apocalypse, toutes les créatures se prosternent devant le Créateur (ch. 4. 11), avant que le Dieu rédempteur soit adoré (ch. 5. 11 à 14). Dans l’adoration, ne négligeons pas le Dieu Créateur. La création est, en elle-même, un témoignage puissant pour tous les hommes « à la puissance éternelle et à la divinité » de son Auteur (Rom. 1. 19 et 20).
Tout est sorti des mains divines, même si les incrédules s’acharnent à le nier. Bien que l’homme ait ruiné le merveilleux domaine que le Créateur lui avait confié, Dieu aura le dernier mot : c’est le repos encore à venir… « Dieu se reposera dans son amour » (Soph. 3. 17), durant le Millénium. Les v. 4 et 5 résument les choses accomplies au ch. 1, et ajoutent des détails, en particulier sur la manière dont Dieu a formé l’homme (v. 7). « Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre », mais Il pourvoit à la bénédiction en assurant l’arrosage des plantes, en faisant sourdre une vapeur de la terre qui arrosait le sol. Ce ch. 2 montre que Dieu centre plus spécialement ses activités sur l’homme qu’Il a créé. Et c’est en relation avec l’homme, qu’Il prend le nom de « l’Éternel Dieu » (v. 4 et jusqu’à la fin du ch. 3).
Le ch. 2 introduit les relations entre Dieu et l’homme dont Il s’occupe, après lui avoir aménagé un cadre de vie où tout était pour son bonheur ; puis, entre l’homme et les animaux qu’il nomme ; enfin entre Adam et sa femme.
Dans la Genèse, Dieu prend plusieurs noms, en relation avec les divers caractères de sa révélation : Élohim (pluriel d’Éloah), le Dieu suprême (ch. 1). L’Éternel Dieu, en relation avec Adam (ch. 2 et 3). L’Éternel (ch. 4. 1). Le Dieu Très-Haut (ch. 14. 18). Le Dieu Tout-puissant (ch. 17. 1). Pour les chrétiens, Dieu prend le nom de Père (Jean 20. 17).
Avant la création de l’homme, Dieu avait dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante… » (ch. 1. 11). Au ch. 2. 8 et 9, Dieu « planta un jardin en Éden – en faveur de l’homme, l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Dieu pourvoit aux nécessités de sa créature, mais aussi à son agrément : il y avait des « arbres agréables à voir ». L’homme est capable d’apprécier la beauté ou la laideur de son environnement, dont il est responsable : Éden veut dire : délice, plaisir.
Créé à l’image et à la ressemblance morale de Dieu, l’homme a été formé « poussière du sol, et Dieu souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante » (v. 7). L’âme humaine est donc éternelle. « Le premier homme Adam devint une âme vivante, le dernier Adam – Christ – un esprit vivifiant » – qui communique la vie (1 Cor 15. 45). Si Adam était tiré de la terre, Christ est venu du ciel (v. 47). L’homme a été formé par Dieu comme un vase par le potier.
Le vase a été gâté par le péché. Alors Dieu a formé un autre vase – Christ – qui est parfait (Jér. 18. 4), mais qui est allé jusqu’à la mort de la croix. Après sa résurrection, le Seigneur « souffla en eux » – les disciples – préparant la place pour la réception du Saint Esprit (Jean 20. 7). « Je suis fait d’argile moi aussi… » (Job 33. 6). Adam qui signifie : rouge, semble désigner la couleur de la terre d’où il a été tiré. Le corps humain contient tous les minéraux terrestres. Que nous soyons tirés de la poussière doit nous garder dans l’humilité. C’est à cette créature – poussière du sol – que Satan a suggéré qu’elle serait « comme Dieu » (ch. 3. 5). À la fin, l’Antichrist se fera adorer lui-même comme étant Dieu (2 Thess. 2. 3 et 4), mais sera jeté dans l’étang de feu (Apoc. 19. 20 ; 20. 10).
Deutéronome 11. 14 rappelle que la pluie vient des cieux. Mais ici, « une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol » (v. 6). De plus, Dieu n’habitait pas sur la terre, mais se promenait dans le jardin (ch. 3. 8). Si les animaux ont un corps et une âme, l’homme a, en plus, un esprit le mettant en relation avec Dieu ; l’esprit ne peut périr.
Les fleuves (v. 10 à 14), prouvent que le jardin d’Éden n’est pas une légende : les deux premiers : Pishon et Guihon, ne sont plus identifiables. Mais le Tigre et l’Euphrate coulent toujours en Irak. Le fleuve sortant d’Éden, parle du Saint Esprit apportant la grâce à toute la terre. On retrouve la pensée du fleuve de la grâce apportant la vie à la mer Morte, en Ézéchiel 47 ; ainsi qu’en Apocalypse 22.
« Le ruisseau de Dieu est plein d’eau » (Ps. 65. 9). « … des fleuves d’eau vive » couleront des croyants vers d’autres (Jean 7. 37 et 38). La grâce était là, avant que le péché ne se manifeste. La grâce repose sur la justice divine, typifiée par l’or (Gen. 2. 12). L’homme a fait une idole de l’or, au lieu de s’attacher à la justice divine qu’il représente (Job 22. 23 à 26). Ici, rien n’était encore gâté : « L’or de ce pays-là est bon » (v. 12), comme tout ce que Dieu fait.
À la chute, Dieu a fermé l’accès de l’arbre de vie, afin que l’homme ne vive pas à toujours avec les souffrances dues au péché. Mais on retrouve cet arbre en Ézéchiel 47 et en Apocalypse 22. 2. Ce que l’homme n’a pu réaliser à cause du péché, Christ le réalisera parfaitement durant son règne. En Genèse 2. 9, les deux arbres mentionnés parlent de bénédiction et de responsabilité. Dieu a créé l’homme, libre de ses actes, et non enchaîné par le simple instinct comme les animaux. L’homme a cette obligation morale d’obéir à Dieu, parce qu’il possède cette faculté de choisir entre « la mort et la vie » (Deut. 30. 19 et 20).
Les ch. 1 et 2 mettent en évidence l’œuvre parfaite de Dieu pour le bonheur de l’homme, pour qui Il avait « planté » un jardin de délices au milieu duquel Il le visitait « au frais du jour » (ch. 3. 8). Et l’homme pouvait jouir librement de la présence de son Créateur et de tous ses bienfaits.
Dieu avait donné une activité à Adam, en relation avec le jardin : « le cultiver et le garder ». C’était un service de l’homme, au même sens que dans Nombres 3. 7 et 8. Dans le ciel, le Seigneur « servira » ses esclaves fidèles (Luc 12. 37), où ils jouiront de délices bien plus excellents que ceux d’Éden. Mais Adam a mal gardé son domaine : il a laissé entrer une bête qui n’avait pas sa place, là. Le serpent dans lequel Satan s’est incarné, était un animal « des champs » (3. 1), et non du jardin… 1 Timothée 6. 20 nous dit : « … garde ce qui t’a été confié ».
Les ch. 3 à 11 racontent la chute de l’homme par sa désobéissance, et jusqu’où le péché l’a entraîné. L’homme n’a pas mangé de l’arbre de vie, mais de celui « de la connaissance du bien et du mal », par lequel Dieu le mettait à l’épreuve.
Administrateur de la création terrestre, Adam devait s’occuper fidèlement du domaine que Dieu lui avait confié. Ce « travail » n’avait pas encore ce caractère pénible qu’il revêtira après la chute (ch. 3. 17 à 19). Et, au v. 23, l’homme est chassé du jardin de délices, pour « labourer le sol », travail pénible, désormais !
Dans l’original, l’expression du ch. 2. 17 est très forte : « en mourant, tu mourras »… C’était une chose certaine : « Tu mourras certainement ». Mais Ève traduit cette certitude en simple éventualité (v. 3).
La Genèse pose les grands principes que l’on retrouve dans toute la Parole ; et, dans le jardin, Dieu avait donné la première ébauche d’une loi : Adam devait s’abstenir de manger d’un certain arbre. L’homme devait obéir, mais Satan a semé le doute dans son esprit. Il y a un contraste entre le jardin d’Éden où tout était vie et où Dieu parle de mort (v. 17), et la terre actuelle où tout parle de mort, et où Dieu parle de vie éternelle pour celui qui croit. La chute est une conséquence de la séduction de la femme par Satan (1 Tim. 2. 14). Par amour pour elle, Adam a voulu la suivre dans la mort. Il est là, une pâle image du Seigneur Jésus qui a accepté la mort pour Lui-même, afin d’en arracher son épouse : l’Assemblée.
Les évangiles nous parlent d’un autre « jardin » : Gethsémané. Mais c’est un lieu qui parle de l’agonie morale du Seigneur, où sa parfaite sainteté et son obéissance sans faille ont été évidentes !
Le v. 19 rend compte de l’autorité et de l’intelligence d’Adam qui donne des noms aux créatures inférieures. Et Dieu déclare : « Et tout nom que l’homme donnait à un être vivant fut son nom ». Cependant, il n’y avait pas « d’aide qui correspondît » à Adam. Formée d’une côte d’Adam, Ève devait être une aide pour son mari, lui ayant l’autorité. C’est avec joie qu’Adam reçoit sa femme de la main de Dieu (v. 23). Mais après la chute, il accuse sa femme de l’avoir entraîné dans la désobéissance, et même, il en rend Dieu responsable (v. 12) ! « La femme que tu m’as donnée… ». Il cherche à se disculper en accusant celle avec qui il est « une seule chair » (v. 24).
Être « une seule chair » est un beau type de l’union indissoluble de Christ et de l’Assemblée (Éph. 5. 25-33), et exclut la perspective du divorce (Mat. 5. 31 et 32 ; 19. 8). Ce « profond sommeil » que Dieu fait tomber sur Adam, typifie la mort de Christ pour acquérir son épouse : l’Église. Dès l’origine du mariage, Dieu montre que l’homme ne doit épouser qu’une seule femme. Dieu a supporté la polygamie, même au sein d’Israël. Mais le christianisme l’exclut absolument. L’homme et sa femme sont égaux devant Dieu (Gal. 3. 27), mais une responsabilité spécifique est attribuée au mari, tandis que sa femme doit se tenir à sa place bénie « d’aide qui lui corresponde ». Le jugement qui tombe sur Adam se répercute sur le sol lui-même (ch. 3. 17). Quant à Ève, elle ne s’est pas tenue à sa place ; Dieu lui dit : « … ton désir sera tourné vers ton mari, et lui dominera sur toi » (v. 16).
Par ailleurs, la formation de la cellule familiale est selon Dieu : « … l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair » (v. 24).
Ch. 3
Dieu avait clairement averti Adam des conséquences de la désobéissance : « Tu mourras certainement » (ch. 2. 17). Dans le jardin, Dieu avait tout préparé pour le bien et le plaisir de l’homme et, par ailleurs, il pouvait manger « librement de tout arbre du jardin » (v. 16).
Au ch. 3, le diable s’introduit dans le jardin en s’incarnant dans l’animal des champs, le plus rusé : le serpent (v. 1). Il était parmi les « animaux des champs » que Dieu avait fait passer devant Adam pour qu’il les nomme (2. 19). Le diable garde ce caractère de « serpent ancien » « qui séduit la terre habitée tout entière » (Apoc. 12. 9). Il est toujours ce séducteur, en hébreu : l’être brillant. Il s’adresse à Ève, plus faible, pour introduire le doute dans son esprit, et elle parle avec lui sans crainte, ne s’étonnant même pas de ce qu’un serpent parle ! Il est vrai qu’Adam et Ève étaient encore dans la simplicité de l’innocence, et « Satan lui-même se transforme en ange de lumière » (2 Cor. 11. 14) ; et il « séduisit Ève » (2 Cor. 11. 3). Alors, Dieu le condamne à « marcher sur son ventre » (3. 14).
Dieu n’avait pas dit de ne pas manger de « l’arbre de vie qui est au milieu du jardin » (2. 9) ; mais Satan introduit le sujet des arbres d’une manière générale pour amorcer la conversation : « … vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? » (3. 1) Il introduit la défiance envers Dieu, provoque la convoitise qui entraînera la désobéissance. Alors, la conscience du « bien et du mal » apparaît chez l’homme et la femme et, désormais, la peur de Dieu dans la connaissance de leur nudité.
Satan « est meurtrier dès le commencement », « menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). Sa propre chute a précédé celle de l’homme (Éz. 28. 13 à 17). L’orgueil est la « faute du diable » (1 Tim. 3. 6). Dans le jugement d’Adam et Ève, Dieu introduit une espérance : la « semence » de la femme devait briser « la tête » du serpent (3. 15).
Satan avait dit : « … vous serez comme Dieu » Il allume dans leur cœur « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie » (1 Jean 2. 16 ; Jac. 1. 13 à 15). À l’opposé, le Seigneur Jésus « s’est abaissé lui-même » jusqu’à prendre la dernière place (Phil. 2. 6 à 8), après qu’il ait été tenté quarante jours dans le désert. Mais Ève, dans le jardin de délices, cédera sur tous les points, et Adam ne résistera pas. Ève répond à Satan en déformant la Parole de Dieu (comp. 2. 17 et 3. 2 et 3), et en l’affaiblissant : « … de peur que vous ne mouriez », alors que Dieu avait dit : « tu mourras certainement ».
Paul nous met en garde contre ceux qui falsifient la Parole. Dans les tentations, faisons comme le Seigneur : répondons par la Parole : « il est écrit… ». Toute la Parole est la vérité et doit « habiter en nous richement » (Col. 3. 16). N’y ajoutons et n’en retranchons rien (Deut. 4. 2 ; 12. 32 ; Prov. 30. 6 ; Apoc. 22. 18 et 19). Satan renverse la pensée de Dieu, et Ève « voit »… « prend » et « mange » – et en donne à « son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea » (v. 6).
Les conséquences sont : la maladie, le désordre et la mort pour les hommes et pour la création tout entière (Rom. 8. 19 à 23). Satan avait dit : « vous ne mourrez point… » (v. 4). Mais la terre, depuis, est un vaste cimetière. Et : « vous serez comme Dieu ». Mais Dieu dit : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (v. 19). Puis : « Vous connaîtrez le bien et le mal ». Mais l’homme est incapable de faire le bien.
« Adam a été formé le premier et puis Ève ». Mais « Ève a été séduite et est tombée dans la transgression » (1 Tim. 2. 13). Reconnaissons et confessons notre propre faiblesse et soyons sur nos gardes. Usons de la Parole « pour éteindre tous les dards enflammés du méchant » (Éph. 6. 16). Ève aurait dû en appeler à son mari ; et Adam, s’appuyer sur le commandement de Dieu. « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1Cor. 15. 33).
La nudité convenait alors à l’innocence ; mais après le péché, ce n’est plus le cas. Comme Daniel, « arrêtons dans notre cœur » d’obéir à Dieu en toutes choses.
Le v. 7 montre la première réaction d’Adam et Ève, sitôt le péché consommé : la conscience apparaît en eux et, si Satan leur a suggéré qu’ils seraient « comme Dieu », leur première découverte est leur nudité morale, qu’ils cherchent à recouvrir en cachant leur nudité physique. Mais les ceintures de feuilles de figuier sont une couverture dérisoire. Ces feuilles nous renvoient aux efforts humains pour « couvrir » le péché par des formes religieuses sans valeur devant Dieu.
C’est, au contraire, Dieu Lui-même qui revêtira l’homme pécheur, de Christ sacrifié sur la croix ; sacrifice typifié par les « vêtements de peau » (v. 21). Ainsi revêtus, nous pouvons nous tenir devant Dieu. Désormais, Adam et sa femme ont acquis la connaissance « du bien et du mal » et font de vains efforts pour cacher leur état, mais Dieu connaît à fond les choses les plus secrètes de chacun de nous, et nous ne pouvons lui échapper (Ps. 139. 7 à 12 ; Job 31. 33 ; Jér. 23. 24 ; Héb. 4. 12 et 13). Dieu découvre ce que nous couvrons et il couvre ce que nous découvrons.
Si, avant la chute, Adam et Ève jouissaient de la présence de Dieu dans une heureuse communion avec Lui, maintenant ils se cachent « au milieu des arbres du jardin », ayant peur de Lui dans la connaissance de sa sainteté. Le péché a rompu la communion.
Alors, Dieu va sonder à fond leurs cœurs : « Où es-tu ? » Où en es-tu, maintenant que tu as désobéi ? Mais cette question divine traduit deux choses essentielles : l’homme est perdu, et Dieu le cherche (Luc 15. 1 à 7).
Devant la justice divine, Christ est notre substitut. Mais Dieu va plus loin : « Qui t’a montré que tu étais nu ? As-tu mangé de l’arbre… ? » Sondé jusqu’au fond de lui-même, Adam ne peut nier les faits, mais il tente de se disculper en mettant sa femme en cause, et même en accusant Dieu : « La femme que tu m’as donnée… ». La sentence sera plus sévère pour lui.
Sans sa bonté, Dieu aurait pu retirer le souffle d’Adam et il aurait expiré (Amos 9. 2 à 4). Sitôt l’innocence perdue, Dieu a fermé l’accès au jardin à tout jamais. Mais, plus tard, Dieu, dans sa grâce, viendra habiter au milieu de son peuple (Ex. 29. 46).
Le cœur d’Adam et Ève les « condamne » (1 Jean 3. 20) ; mais Dieu est plus grand, et le cœur du croyant doit être à l’aise devant Dieu, car il est en règle, en vertu de l’œuvre de Christ (1 Jean 3. 21). Les hommes doivent sentir leur état de mort morale devant Dieu, avant que Dieu « couvre » leur péché. La connaissance du bien et du mal est terrible pour l’homme, car il est incapable de faire le bien (Rom. 7. 15 à 19). C’est la conscience qui nous fait discerner le bien du mal ; mais elle peut être altérée et même cautérisée, cuirassée (Apoc. 9. 17). L’homme doit voir, dans la création, la divinité et la puissance du Créateur (Rom. 1. 20), et sa conscience naturelle, l’écarter du mal (Rom. 2. 14 et 15). La conscience du chrétien ne doit être ni endurcie ni maladive, mais délicate pour ne plus marcher comme le monde (Éph. 4. 17), car il a le Saint Esprit en lui et la Parole pour lui montrer la volonté de Dieu (Éph. 5. 17).
Livré à sa seule conscience, sans les directions divines, la situation de l’homme est terrible, il vit comme les bêtes alors qu’il a été « créé à l’image de Dieu ». Si nous péchons sans confesser nos péchés, la conscience s’endurcit, la crainte de Dieu disparaît et nous nous éloignons de Lui, car sa présence nous gêne : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde » (Prov. 28. 13).
Après avoir accueilli Ève avec des transports de joie (ch. 2. 23), Adam rejette sa propre faute sur elle. C’est un réflexe qui nous est naturel. Pourtant, la responsabilité d’Adam était plus grande que celle de sa femme : elle a été séduite car elle n’est pas restée à sa place dans le couple : elle aurait dû en référer à son mari. Mais Adam n’a pas été trompé ; on peut dire qu’il est « tombé les yeux ouverts ».
Notre conscience qui nous met si souvent mal à l’aise, doit pourtant être écoutée soigneusement. Considérons-la comme une amie précieuse nous avertissant quand nous avons mal agi.
Adam, chef du couple, était le plus responsable, car il avait reçu personnellement le commandement de ne pas manger de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (ch. 2. 17). Sondé à fond par Dieu, il met sa femme en cause (3. 12). Celle-ci, ayant « discuté » avec le serpent, est séduite et, ayant mangé du fruit avec son mari, est tombée dans le péché avec lui (v. 13).
Dans ces interrogations adressées à Adam et à Ève et qui marquent la rupture de communion, ce n’est plus le Créateur mais le Dieu Sauveur qui cherche le bien de ses créatures tombées dans le péché. Quant au serpent, Dieu le condamne (v. 14). La malédiction tombe sur lui directement : il marchera sur son ventre et mangera la poussière. Le serpent rampe sur son ventre et, durant le millénium, il mangera la poussière (És. 65. 25).
Quant à Satan : la semence de la femme « te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon » (v. 15). Le jugement de Satan est total et définitif, mais une espérance, pour les hommes pécheurs, brille désormais : le Seigneur, la semence de la femme, devait briser la tête de Satan, à la croix.
Dieu ne maudit pas l’homme car Il veut le délivrer en grâce ; mais la malédiction tombe sur Satan et sur le sol (v. 17). Au ch. 4, Caïn, assassin de son frère, sera « maudit de la terre » (v. 11). Si Adam s’est déchargé sur sa femme, Ève se décharge sur le serpent tout en disant la vérité. Tous deux auraient dû dire : « J’ai désobéi… ».
Quand nous péchons, Satan nous tente en utilisant nos convoitises qui nous sont naturelles (Jac. 1. 13 à 15). Confessons nos péchés personnels sans en accuser d’autres que nous-mêmes : il en résultera de l’humilité.
Face au péché de l’homme, Dieu apporte la grâce et le croyant peut dire en vérité : « Qu’est-ce que Dieu a fait ? » (Nomb. 23. 23). Dans cette scène, Dieu fait tomber son jugement sur le serpent d’abord, puis sur Ève, et enfin sur Adam. Le Psaume 7. 14 à 16 dévoile le travail souterrain de méchanceté de Satan, et le résultat pour lui à la fin : « Il a creusé une fosse, et il l’a rendue profonde ; et il est tombé dans la fosse qu’il a faite. Le trouble qu’il avait préparé retombera sur sa tête, et sa violence retombera sur son crâne ». Son œuvre de destruction donne à Dieu l’occasion de faire une œuvre de grâce, de lumière et d’amour.
Durant le millénium, ni le serpent ne pourra nuire à personne, il mangera la poussière, ni Satan qui s’était incarné dans le serpent ne pourra plus faire de mal, car il sera lié et jeté dans l’étang de feu (Apoc. 20. 1 à 3). Cela est le résultat de la crucifixion du Seigneur ayant expié nos péchés. Il a brisé la tête du serpent, siège de sa méchanceté. D’une certaine manière, Christ, à la croix, a eu le talon brisé, en ce qu’Il ne marche plus sur la terre (Act. 8. 33) : Il est remonté au ciel. « Le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds » (Rom. 16. 20).
Dès le premier chapitre de l’Exode, Satan cherche à empêcher la naissance, alors encore lointaine, du Seigneur au milieu d’Israël : « Le Pharaon commanda disant : Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve » (v. 22). Puis, à la naissance du Sauveur, Hérode commanda qu’on tue « tous les enfants… depuis l’âge de deux ans et en dessous » (Mat. 2. 16). C’est « la semence » Christ – et non les semences – qui devait briser la tête du serpent (Gen. 3. 15 ; Gal. 3. 16). Par contre, « la semence du serpent », ce sont tous les enfants du diable (Éph. 2. 2 ; 1 Jean 3. 10 ; Jean 8. 44). Satan vaincu, sera jeté dans l’étang de feu et de soufre : il récoltera le fruit de sa méchanceté…
Le Seigneur, Lui, s’est abaissé Lui-même et a vaincu le mal. Et Dieu L’a « haut élevé » (Phil. 2. 6 à 11). Désormais, Il est glorieux de sa gloire éternelle de Fils de Dieu, et de sa gloire nouvelle de Fils de l’homme qu’Il s’est acquise à la croix.
Dans les souffrances de l’enfantement auxquelles la femme, en général, est assujettie comme fruit du péché, les femmes chrétiennes fidèles, seront gardées de conséquences dangereuses (1 Tim. 2. 13 à 15).
Ayant agi dans l’indépendance de son mari, le désir d’Ève, dès lors, est tourné vers lui (v. 16), et elle doit rester dépendante, sous sa protection. Cependant, il faut que le mari, lui, reste dépendant de Dieu. « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Cor. 14. 33). L’Église, elle, est tournée vers son céleste Époux, et dit : « Viens ! » (Apoc. 22. 17)
L’origine de la condamnation d’Adam est qu’il a écouté la voix de sa femme au lieu d’écouter Dieu. Le v. 15 n’a pas de promesses directement applicables à Adam et Ève : la promesse concerne « la semence » de la femme : Christ, le second Homme. Comme pour Adam qui a fait passer sa femme avant Dieu, de même nous aussi nous risquons de donner plus d’importance aux relations familiales qu’à nos relations avec Dieu. Que la Parole ait toute son importance dans notre vie. Adam avait été averti des conséquences de la désobéissance (2. 16 et 17) ; il était le plus responsable du couple, et Dieu lui rappelle qu’il aurait dû obéir et ne pas être « rebelle à la voix de l’Éternel » (1 Rois 13. 18 et 26). Ne pas écouter Dieu est qualifié de rébellion.
Le jugement divin tombe sur la terre, mais l’homme en subit les conséquences. En Éden, tout était facile. Hors du jardin, le sol produit désormais « des épines et des ronces » (v. 18), apportant leurs difficultés. Dès lors, « toute la Création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant » (Rom. 8. 22), à cause de l’entrée du péché. Épines et ronces sont les fruits d’un sol maudit, et le Seigneur, couronné d’épines, a pris sur Lui les conséquences de cette malédiction. Mais, pour l’existence de l’homme sur la terre, désormais, le travail est devenu pénible et, pour subvenir à ses besoins, il devra lutter sans répit (2 Thess. 3. 8). Ce verset montre que nous devons tous travailler, afin de subvenir à nos besoins.
Certains Thessaloniciens ne travaillaient plus, volontairement, et se mêlaient de tout (v. 11). La pensée de Dieu, c’est que chacun mange « son propre pain en travaillant paisiblement » (v. 12). Le travail, tout en restant pénible, peut, pour le croyant, être effectué « paisiblement », pour le Seigneur. Dieu humilie les hommes par le travail (Ps. 107. 12), et ils peuvent en ressentir toute la vanité s’il est effectué sans Dieu (Éccl. 1. 2 et 3). Cependant, s’il est fait avec et pour le Seigneur, il en résulte la paix (2 Thess. 3. 16). Quant à la paresse, elle est condamnée par la Parole (Proverbes).
L’encouragement à travailler ne doit pas conduire à se surcharger volontairement : il faut travailler pour vivre ; mais, vivre pour le travail ne laisse pas de place au Seigneur (Mat. 6. 21). Paul disait : « Pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1. 21). Le Seigneur, avant son ministère, a travaillé comme charpentier. Mais, prophétiquement, Il peut dire « J’ai travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour le néant et en vain » (És. 49. 4). Puis, par son œuvre, Il pouvait dire : « Je suis un homme qui laboure la terre » (Zach. 13. 5). Exempt de péché Lui-même, le Seigneur s’est soumis à toutes ses conséquences par amour pour nous, ayant eu faim, soif, sommeil ; connaissant la fatigue et la lassitude.
La fin du v. 19 de Genèse 3, confirme l’avertissement de Dieu (2. 17). Et le ch. 5 creuse le premier cimetière de l’humanité. Ecclésiaste 3. 20 et 21 et 12. 7, rappellent que la mort est inéluctable et que l’esprit de l’homme retourne à Dieu. Mais pour l’incrédule, il s’ensuit la mort éternelle, séparation éternelle de Dieu. Le Psaume 144. 4 et Jacques 4. 13 et 14 constate la brièveté de notre vie. Le jugement qui suit, pour le croyant, est déjà tombé sur le Seigneur à la croix. À la fin, la mort, salaire du péché, sera annulée (Apoc. 21. 4 et 5). Devant la puissance de la mort sur les hommes, le Seigneur, ayant le cœur sensible, pleure (Jean 11. 33 à 35). On peut saisir quelque peu la souffrance du Seigneur qui a été « mis dans la poussière de la mort » (Ps. 22. 15). Mais le Seigneur « se souvient que nous sommes poussière » (Ps. 13. 17).
La liste des hommes de foi d’Hébreux 11, ne fait pas mention d’Adam et Ève, et ne commence qu’avec Abel. Cependant la foi d’Adam se montre en ce qu’il nomme sa femme : « Ève… la mère de tous les vivants » (v. 20) ; il s’est emparé de la promesse du v. 15. Si Adam et Ève s’étaient fait des ceintures de feuilles de figuier, Dieu les revêt de la peau d’une bête sacrifiée, victime de substitution. Le croyant est revêtu de « salut » et de « justice » en Christ (És. 61. 10), car son sang a coulé pour nous laver de nos péchés. « Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22). C’est bien ce qu’Abel avait compris, mais non Caïn. Avec compassion, Dieu ne laisse pas les hommes devenus pécheurs, nus, mais les revêt selon sa sagesse divine. Le v. 21 est une belle image de ce qu’Il a fait pour nous, par le sacrifice de son Fils.
Au v. 3, le serpent avait dit : « Vous ne mourrez point certainement ; car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ». Ces paroles recèlent une vérité et un mensonge : la vérité, c’est que l’homme connaît désormais le bien et le mal. Mais le mensonge, c’est qu’il est devenu mortel. Dieu, dans sa grâce, n’a pas voulu que l’homme pécheur vive éternellement au milieu des difficultés et des douleurs.
C’est pourquoi Il l’a chassé d’Éden et en a définitivement fermé l’accès (v. 22 à 24). Cependant, II le place « à l’Orient du jardin d’Éden », vers le soleil levant « l’Orient d’en Haut » (Luc 1. 78), du côté d’où vient la lumière et l’espérance ; et cela parle déjà du Seigneur Jésus. Les chérubins, exécuteurs du gouvernement divin que l’on retrouve au Psaume 99. 1 et en Ézéchiel 10. 18 et 19, interdisent l’accès du jardin, et c’est en vain que les hommes veulent en retrouver les douceurs perdues. Lot cherchera, lui aussi, à retrouver les richesses du « jardin de Dieu » (Gen. 13. 10 et 11), dans les plaines du Jourdain, jusqu’à Sodome. Mais l’Éternel jugera les méchants habitants de cette ville ; et Lot s’est trompé.
Cependant, le Seigneur, Lui, est « le chemin, la vérité et la vie » : il est le vrai « arbre de vie » donnant la vie éternelle aux croyants (Apoc. 2. 7 ; 22. 2). La mort de l’homme n’entrait pas dans les conseils éternels divins. Il a dû l’introduire dans ses voies gouvernementales, à cause du péché et de ses conséquences. Bien que la réalité du paradis nous soit réservée dans l’avenir, nous pouvons déjà en goûter les bénédictions, spirituellement, par le sacrifice de Christ, en entrant librement dans la présence de Dieu (Héb. 10. 19).
Désormais, l’homme devra manger en « travaillant péniblement » ; en labourant la terre vouée aux ronces et aux épines : labeur long, pénible et ingrat. Le Seigneur a dit prophétiquement : « Je suis un homme qui laboure la terre » (Zach. 13. 5). Par son œuvre, Il préparait les cœurs à recevoir le pardon et le salut. Depuis la chute, les hommes cherchent à atténuer la dureté du travail ; à escamoter les douleurs de l’enfantement pour les femmes. L’homme par la médecine peut faire des progrès mais s’il ne peut supprimer la mort, détruit la cellule familiale.
En Éden, l’Éternel visitait sa créature chaque jour (ch. 3. 8), jouissant de la communion avec elle. Hors du jardin, il n’y a plus de communion, plus de visites.
Ch. 4
Le développement du péché se traduit par le meurtre (v. 8 et 23), et la corruption : « Lémec prit deux femmes » (v. 19).
Ève pense que Caïn, son premier-né, est cette « semence » devant écraser la tête du serpent. Son erreur ne durera pas ! Caïn va tuer son frère ; et ce meurtre est prophétique : plus tard, le peuple juif mettra à mort le Seigneur, son frère en la chair. La vraie semence, c’est Christ qui vaincra Satan à la croix.
Abel, berger humble, comme Moïse et David, conscient d’être pécheur (Ps. 51. 5), avait la foi qui lui donne l’intelligence des exigences de Dieu : il offre les premiers-nés de ses troupeaux, sacrifices de substitution, et Dieu a égard à « ses dons » (Héb. 11. 4). Caïn, homme religieux mais sans la vraie foi, offre les meilleurs fruits d’un sol que Dieu a maudit (ch. 3. 17).
L’humanité connaît toujours ces différences : certains hommes, conscients du péché, attendent le salut du sacrifice du Seigneur. D’autres, veulent offrir à Dieu leurs propres œuvres qu’ils jugent « méritoires » ! mais Ésaïe dit : « Toutes nos justices sont comme un vêtement souillé » (ch. 64. 6).
Malgré l’offre divine de « relèvement » (v. 6 et 7), Caïn, sourd à la grâce offerte, se fait de Dieu une image selon sa propre perception d’incrédulité humaine. Mais la sainteté de Dieu a ses exigences, et il faut que tout homme s’y soumette pour être sauvé.
« Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu rendant témoignage à ses dons » (Héb. 11. 4). Le Seigneur Lui-même rappelle qu’il était le premier dans la lignée des justes persécutés (Mat. 23. 34 et 35). Abel n’était pas meilleur que Caïn ; mais, conscient d’être pécheur, il offre un holocauste à Dieu, un sacrifice sanglant : « les premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse » (v. 4). Par anticipation, la graisse parle de la puissance des affections de Christ pour son Dieu, offensé par le péché de l’homme.
Caïn le premier, éprouve le besoin de s’approcher de Dieu avec une offrande. Mais il lui apporte les fruits d’un sol que Dieu a maudit (ch. 3. 17) et qu’Il ne peut accepter. Cependant, Caïn lui-même n’est pas rejeté et Dieu lui montre les ressources pour être agréé (v. 7) : s’il ne faisait pas bien, il y avait un sacrifice pour le péché, « couché à la porte », comme un animal couché par terre (note g). Dieu voulait l’amener à avoir une vraie relation avec Lui : le salut lui est offert comme à tous les hommes. Le Seigneur, véritable agneau du sacrifice, est aussi l’« avocat… qui se tient auprès du Père » et qui intercède pour les croyants, lorsqu’ils ont péché (1 Jean 2. 1 et 2). Satan « rôde… cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pier. 5. 8). Mais, « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2. 4).
Ève, en nommant son premier-né : Caïn (acquisition), se repose sur l’homme. Mais l’homme ne transmet à sa descendance que la vieille nature : Adam, le premier homme, est pécheur. Le Seigneur Jésus, le second homme, est sans péché. Ève, désabusée, nomme son second fils Abel (vanité, qui ne mène à rien). Mais Abel est un type de Christ mis à mort par le peuple juif. On pense à cette parole de Nathanaël : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1. 47) Mais à « celui que la nation abhorre » Dieu va tout donner.
Caïn est irrité de voir que son frère (vanité), est agréé de Dieu. De même, l’approbation divine sur le Seigneur que le peuple méprisait, l’a poussé à la haine et au meurtre, comme Caïn. Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes » (1 Jean 3. 11 et 12). Caïn, fier de son travail et plein de lui-même, pensait être « méritant ». Abel a l’intelligence des pensées de Dieu quant à la rédemption, et s’y soumet humblement. Peut-être est-ce une habitude, chez lui, d’apporter des holocaustes : Dieu rend témoignage à « ses dons » (Héb. 11. 4). Chez Caïn, la jalousie devient très vite de la haine et le pousse au meurtre. C’est dans les champs, marqués par le travail de l’homme, qu’Abel est tué. Joseph errait dans les champs, cherchant ses frères (Gen. 37. 16). Aceldama est ce champ acheté avec le prix du sang du Seigneur. Haïr, c’est déjà être « meurtrier » (1 Jean 3. 15).
Dieu sait ce que Caïn vient de faire (Héb. 4. 12 et 13), mais il le pousse à la confession : « Où est Abel, ton frère ? », puis à la repentance : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi ». Le péché offense toujours Dieu. Mais Caïn rejette tout en bloc : la grâce offerte au v. 7 ; son châtiment (v. 13) et, finalement, Dieu lui-même (v. 16). À Adam tombé dans le péché, Dieu avait dit : « maudit est le sol à cause de toi ». À Caïn, il dit : « Tu es maudit de la terre ». L’homme amène toujours la chute, le déclin « et il y eut soir ». Mais Dieu amène toujours l’espérance : « Et il y eut matin » (ch. 1).
Il y avait un vague espoir dans le cœur des femmes qui vinrent au sépulcre « de très grand matin ». Le Dieu de grâce aura toujours le dernier mot et, à la fin, il y aura le matin du jour éternel.
Caïn, loin de Dieu, et le sol ne lui donnant « plus sa force » (v. 12), devient « errant et vagabond » ; et voulant échapper au jugement de Dieu, il se bâtit une ville qu’il nomme du nom de son fils : Hénoc. Si quelqu’un tuait Caïn, il serait « puni sept fois » (v. 15), et Dieu met sur lui un signe pour qu’on ne le tuât point. Il est le type du peuple juif meurtrier du Seigneur, et que Dieu a conservé malgré d’innombrables persécutions meurtrières dont il a été l’objet, durant des siècles.
Au v. 9, Caïn ment à Dieu et dévoile son égoïsme : « Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? ». La pensée de Dieu est que nous ayons « un égal soin les uns des autres » (1 Cor. 12. 25), spirituellement et matériellement. Caïn, meurtrier et menteur, répond aux caractères de Satan. Le Seigneur dit à Israël, méditant le meurtre envers son Messie et s’enorgueillissant d’être la postérité d’Abraham : « Vous, vous avez pour père le diable » (Jean 8. 33 à 42). Désormais « vagabond sur la terre », Caïn serait vengé si on le tuait. La chute d’Adam a rompu la communion avec Dieu et il est chassé d’Éden ; le meurtre de Caïn fait de lui un errant, un vagabond. Il peut bien s’installer « à l’orient d’Éden » (v. 16), l’accès du jardin est définitivement fermé par l’épée des chérubins, et Caïn n’y entrera pas.
Deux lignées humaines se séparent dès lors : la lignée de Caïn, incrédule et fuyant Dieu, s’installe dans le monde en le façonnant selon ses propres goûts, l’agrémentant pour se passer de Dieu (v. 17 à 24). Et la lignée de la foi, petit nombre d’hommes humbles mais attachés à Dieu.
Déjà, Adam, après sa chute, s’appuyant sur la promesse divine (ch. 3. 15), a appelé sa femme : « Ève… la mère de tous les vivants » (v. 20). Puis Abel, type de Christ mis à mort. Enfin, « Seth… assigné au lieu d’Abel », prend symboliquement la figure de Christ ressuscité. Et avec Énosh, « on commença à invoquer le nom de l’Éternel » (ch. 4. 26), répondant à la pensée de grâce divine : « Quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé » (Joël 2. 32). La lignée de la foi a vécu sous des tentes, comme on le voit encore avec Abraham (Héb. 11. 9), malgré sa grande prospérité. Cependant, certains de la lignée de Caïn ont aussi vécu sous des tentes, mais sans Dieu et attachés aux choses terrestres (v. 20).
Caïn a bâti la première ville de l’histoire, en opposition avec la pensée de Dieu, et il l’appela du nom de son fils : « Hénoc » (Ps. 49. 11). Un homme de grande foi porta ce même nom, et « marcha avec Dieu trois cents ans » (ch. 5. 21 à 24). La ville est un fruit de l’orgueil humain qui veut se perpétuer à travers son œuvre : Babel en est une illustration (Gen. 11. 4). Le cantique des cantiques 3. 2 à 4, et 5. 6 et 7, montre que le Bien-Aimé, le Seigneur, ne se trouve jamais dans ce qui fait la gloire de l’homme sans Dieu. La Bien-aimée qui s’y égare, n’y rencontre que blessures et humiliations. Jacob lui-même, attiré par le confort, « s’en alla à Succoth, et bâtit une maison pour lui… » (Gen. 33. 17). Il s’ensuivra de grandes misères dans sa famille.
Le monde sans Dieu a travaillé pour le progrès social, mais cela ne change pas son caractère pervers : « Lémec prit deux femmes » (v. 19). Au lieu de repentance, on s’enfonce toujours plus dans la rébellion (Amos 6. 3 à 6). Caïn a tué son frère par jalousie, comme le peuple juif, plus tard, mettra son Messie à mort. Lémec, profondément corrompu, prémédite la mort d’un homme pour être « vengé soixante-dix-sept fois » (v. 23 et 24). Les chefs du peuple ont longuement prémédité la mort du Seigneur. Cependant, Dieu avait mis un « signe sur Caïn afin que quiconque le trouverait ne le tuât point » (v. 15). En ce qui concerne le pardon que nous nous devons entre frères, le Seigneur parle de : « soixante-dix fois sept fois… » (Mat. 18. 21).
La lignée de la foi, par opposition, est marquée par l’humilité dont le Seigneur est le divin modèle : « il n’a ni forme ni éclat… » (És. 53. 2). Mais Il est « le rejeton » ; « le Germe » ; « qui a la vie en Lui-même » (Jean 5. 26), et Il la donne à ceux qui croient.
Adam a engendré Seth « à sa ressemblance » (ch. 5. 3). Par la foi, l’homme pécheur est l’objet de la grâce de Dieu, car Dieu n’est jamais surmonté par le mal. Mais : « … là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20).
Ch. 5
Dieu en a fini avec la lignée de Caïn, installée dans le monde, sans Dieu.
Le ch. 5, reprend l’histoire de l’homme à ses débuts : Adam, créé à la ressemblance de Dieu, « créés mâle et femelle », montrant ainsi la pérennité des propos divins, quant à ce qui était « très bon » (ch. 1. 31). À cent trente ans, à son tour, Adam engendre un fils « à sa ressemblance… et appela son nom Seth » (v. 3). Seth remplace Abel car Dieu veut établir pour Lui la lignée de la foi, et l’on trouve Seth dans la généalogie du Seigneur Jésus (Luc 3. 23 à 36). C’est le départ du fil d’or de la foi à travers les âges.
Cependant, les conséquences de la chute se transmettent de père en fils : tous nés dans le péché, nous ajoutons nos propres péchés (Ps. 51. 5). Mais la grâce divine opère déjà en revêtant Adam et Ève de « peau », ayant sacrifié un animal, type du sacrifice de Christ. Avec Énosh, « on commença à invoquer le nom de l’Éternel » (v. 26), foi en Dieu qui conduit au salut (Joël 2. 32), dans la conscience de la perdition, mais de la grâce divine.
Énosh veut dire : homme mortel. Et c’est avec la lignée de la foi que Dieu rappelle son solennel avertissement à Adam : « … au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement » (ch. 2. 17). Et c’est Adam lui-même qui passe le premier par la mort : « … tous les jours qu’Adam vécut furent neuf cent trente ans ; et il mourut » (v. 4 et 5). « Le jour que tu en mangeras… » ne désigne pas un jour de vingt-quatre heures, puisque Adam a vécu neuf cent trente ans, mais un jour de mille ans (Ps. 90. 4 ; 2 Pier. 3. 9). Peut-être ces mille ans font-ils référence au futur règne du Seigneur qui durera mille années complètes (Apoc. 20. 3).
Et la longue liste des morts commence… (v. 5 à 31). Hénoc qui, après avoir engendré Methushélah, à l’âge de soixante-cinq ans, « marcha trois cents ans avec Dieu », ne passa pas par la mort : « et il ne fut plus car Dieu le prit » (v. 21 à 24). Il a reçu le témoignage « d’avoir plu à Dieu » (Héb. 11. 5) ; son nom signifie : « instruit », et il a prophétisé du jugement sur les impies (Jude 14). Sa vie sur la terre fut courte par rapport à la longévité des hommes de l’époque, mais elle se prolonge dans l’éternité. Élie sera, lui aussi, enlevé vivant au ciel. Élie et Moïse apparaissant sur la sainte montagne (Mat. 17), typifient les croyants enlevés au ciel à la venue du Seigneur, les uns ayant passé par la mort, les autres non. Deux hommes diaboliques ne passeront pas par la mort : « la bête et le faux prophète » seront jetés « vifs dans l’étang de feu » (Apoc. 19. 20). Comme Hénoc, marchons avec Dieu, « comme des enfants de lumière ». Contrairement à la lignée de Caïn, celle de la foi a vécu de manière simple, mais laborieuse (v. 29). Ces hommes eurent beaucoup d’enfants, mais Dieu met son sceau sur un seul à chaque génération.
Ayant vécu neuf cent trente ans, Adam a connu sept générations de ses descendants. On peut comprendre qu’il leur a parlé du passé : la création, la chute et la grâce divine. Aux parents, grands-parents et arrière-grands-parents d’instruire leurs descendants des choses de Dieu et de les conduire à la foi. Une vie de foi est essentielle.
Méthushélah (cela va arriver), est mort juste avant le déluge. Si « la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé » (1 Pier. 3. 20), avant le déluge, image des croyants sauvés à travers le jugement du monde, Dieu attend toujours, voulant « que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2. 4), car le monde de maintenant est réservé pour le feu (2 Pier. 3. 7).
Personne n’est « prédestiné » au salut ; mais Dieu « pré connaît » ceux qui acceptent le salut par grâce (Rom. 8. 29). « Élus – en Christ – dès avant la fondation du monde » (Éph. 1. 4). Lémec appelle son fils : Noé (consolation), voyant d’avance ce qui allait arriver. Puis Dieu nous parle de trois fils de Noé : Sem, Cham et Japheth, ancêtres de toutes les nations de la terre. Et la grâce de Dieu est ouverte à toutes : dans les Actes, Pierre ouvre la porte de la grâce, d’abord à l’eunuque de la reine Candace, un Éthiopien, la race de Cham qui est maudite (ch. 8) – puis, à Saul de Tarse, futur apôtre Paul, de la race de Sem (ch. 9) – enfin à Corneille, centurion romain, de la race de Japheth (ch. 10).
Ch. 6
Le ch. 4 montre la ruine de la lignée de Caïn, criminel et sorti de devant la face de Dieu. Le ch. 5 confirme que l’homme, même croyant, est mortel. Le ch. 6 révèle l’apostasie de la lignée de Seth qui s’est mêlée au monde, et qui a basculé dans la violence et la corruption : « Et Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre » (v. 12). Cela est une première interprétation. Une autre interprétation, s’appuyant sur Job 1. 6 ; 2. 1 ; 38. 7 ; 1 Pierre 3. 19 et Jude 6 et 7, fait de l’expression « fils de Dieu » (v. 2 et 4) des anges ayant pris des « filles des hommes ». Ceci est profondément mystérieux… « Les choses cachées sont à l’Éternel… et les choses révélées sont à nous… » (Deut. 29. 29). « Par la foi, nous comprenons… » (Héb. 11. 3).
Au ciel, les croyants ne se marieront plus, mais seront « comme les anges de Dieu dans le ciel » (Mat. 22. 30). « Les géants » ces « hommes de renom » sont les fruits de la corruption et de la violence des hommes, et c’est souvent le cas, encore aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, l’important est la conclusion que Dieu Lui-même en tire (v. 5 à 7).
Devant la méchanceté permanente des hommes, Dieu prend encore patience. Il décrète d’abréger la vie humaine à cent vingt ans (v. 3). Ces cent vingt ans parlent aussi du laps de temps que Dieu laisse aux hommes pour se repentir, durant la construction de l’arche, véritable témoignage de « Noé lui, huitième, prédicateur de justice » (2 Pier. 2. 4 et 5), au milieu « d’un monde impie ». Nous sommes, en tant que rachetés du Seigneur, nous aussi, prédicateurs de justice. Quelles sont nos relations avec le monde ? Méfions-nous des innombrables applications de la technique de plus en plus envahissante, aux arts, aux sports : ce sont, pour certains d’entre nous, de vraies idoles qui tendent à nous détourner de Dieu. À la cour de Pharaon, Moïse a découvert la violence dans le cœur d’un Égyptien battant un Israélite ; la violence dans le cœur d’un Israélite pour son frère ; et enfin, la violence dans son propre cœur quand il a tué lui-même l’Égyptien (Ex. 2. 11 à 14). Il a dû fuir, au désert, la cour de Pharaon, image du monde qui a rejeté Christ. Nous sommes appelés à nous séparer moralement du monde (2 Cor. 6. 14 à 18).
Dieu, du temps de Noé, se « repent », change ses voies gouvernementales, devant le déchaînement du mal confirmé en Ecclésiaste 9. 3 ; Jérémie 17. 9 et 10. Seul, Noé trouva grâce devant Dieu, avec sa famille, et cela est encourageant pour les croyants ayant des enfants : amenons-les à Christ, la seule vraie arche du salut. Quel contraste avec l’histoire de Lot qui, seul de sa famille, a été sauvé comme à travers le feu, lui dont le témoignage était ruiné !
Dans ce monde de plus en plus corrompu et violent, attachons-nous au Seigneur avec amour, pour Le suivre dans l’obéissance à sa Parole et dans l’humilité. Noé, en son temps, n’a pas essayé d’améliorer le monde. Il s’est contenté d’obéir à Dieu. Il n’a pas parlé, mais il a agi. Comme lui, vivons et tenons ferme le témoignage jusqu’à son terme.
Dieu nous montre les caractères heureux de Noé : « Noé était un homme juste ; il était parfait parmi ceux de son temps ; Noé marchait avec Dieu » (v. 9). Mais ce n’est pas à cause de ses mérites qu’il a été sauvé. « Parfait » ne signifie pas : irréprochable. La perfection reconnue de Job n’a pas empêché Dieu de travailler dans son cœur, de sorte qu’à la fin il s’écria : « J’ai horreur de moi… » (Job 42. 6).
Noé est un type du résidu juif appelé à peupler la terre milléniale, après avoir été préservé par Dieu, en traversant la grande tribulation. Par la foi, il obéit au commandement de Dieu de se bâtir une « arche pour la conservation de sa maison ; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi » (Héb. 11. 7). Noé a passé cent ans à la construction de l’arche (comp. ch. 5. 32 et ch. 7. 6) ; et chaque pièce de bois ajoutée rappelait à ses contemporains l’approche du jugement.
Et pendant tout ce temps, Dieu patientait. Dieu est un Dieu de grâce et ne juge pas arbitrairement : le juste Lot ne périt pas avec les méchants de Sodome et de Gomorrhe : « le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? » (Gen. 18. 25) Encore de nos jours, Dieu regarde toute la terre ; et il y a « de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent » (Luc 15. 7). En bâtissant l’arche, Noé devint « prédicateur de justice » (2 Pier. 2. 5). Sa prédication ne fut pas en paroles mais en actions d’obéissance : « Et Noé le fit ; selon tout ce que Dieu lui avait commandé, ainsi il fit » (v. 22).
La différence de Noé avec ceux qui l’entouraient, c’est que lui seul marchait par la foi, alors que « tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3. 23). Le témoignage qui nous est confié sera heureux si nous sommes empressés à obéir, par amour pour le Seigneur, en contraste avec le monde : « vous reluisez comme des luminaires dans le monde » (Phil. 2. 14 et 15). L’obéissance est le fruit de la crainte de déplaire à Dieu. La violence et la corruption sont toujours d’actualité ; bien qu’adoucies pour un temps par le christianisme, ces caractères ressortent de nouveau avec la déchristianisation de l’occident.
Noé a dû être considéré comme un insensé de bâtir un immense bateau au milieu des terres. Mais il a agi par la foi en la Parole de Dieu, qui l’avait convaincu de l’imminence du déluge ! Notre conduite, si elle est fidèle, humble et pieuse, est beaucoup plus convaincante que de longs et savants discours.
Sem, Cham et Japheth sont les points de départ de toutes les nations réparties sur la terre.
La foi s’alimente de la Parole de Dieu que nous devons connaître pour lui obéir. La plus grande difficulté d’une marche de foi, c’est la patience qu’elle requiert : « Mon maître tarde à venir… ». Mais le Seigneur nous exhorte : « Possédez vos âmes par votre patience » (Luc 21. 19). « Il faut que la patience ait son œuvre parfaite » (Jac. 1. 4).
« Les secrets de l’Éternel sont pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14). Noé craignait Dieu, et Il lui a confié le terrible secret de la venue du déluge. Abraham, lui aussi, craignait Dieu et Dieu dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire… ? Car je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel » (Gen. 18. 17 à 19). Dieu nous communiquera ses pensées si nous vivons dans la crainte de Lui déplaire, ce qui nous donnera la force d’obéir de cœur à sa Parole, dans sa communion.
Dieu donne à Noé des indications précises quoique succinctes, concernant la fabrication de l’arche : presque cent cinquante mètres de long ; vingt-cinq mètres de large et quinze de hauteur, avec trois étages ! … Les grandes dimensions de l’arche nous rappellent que la grâce de Dieu est suffisante pour tous les hommes. Une énorme quantité d’animaux y a trouvé place et a été sauvée.
L’arche devait être enduite de poix, dedans et dehors. La poix est, dans l’original, le même mot que : propitiatoire. Elle empêchait les eaux de pénétrer dans l’arche, mettant ses occupants à l’abri du jugement (Ps. 32. 1). De même, la mère de Moïse a construit un coffret qu’elle a enduit de poix, mettant son enfant à l’abri de l’eau du fleuve et de la mort. L’arche est un encouragement pour les parents : Ils doivent la « bâtir », c’est-à-dire créer une atmosphère de piété qui, peu à peu, amènera les enfants au Seigneur. L’enduire de poix dedans et dehors, c’est les mettre en garde contre le vieil homme qui est en eux, et contre l’influence dangereuse du monde. Timothée avait été amené au Seigneur par la foi de sa grand-mère et de sa mère, et était devenu un serviteur utile, dans l’Assemblée (2 Tim. 1. 5). Notre propitiatoire, c’est le Seigneur Jésus, mort sur la croix pour nous, et ressuscité.
La construction de l’arche ne suffisait pas à Noé pour être sauvé : il fallait qu’il obéisse à l’injonction divine : « entre dans l’arche, toi et toute ta maison » (ch. 7. 1). Mais l’obéissance de Noé a manifesté sa foi : seule, la foi obéit à Dieu.
Le péché de l’homme a souillé la création, qui souffre et attend la délivrance (Rom. 8. 19 à 23). Lorsque l’œuvre du Seigneur sera manifestée dans la plénitude de ses effets, toutes choses seront « réconciliées » avec Dieu.
L’arche devait avoir une fenêtre ouverte sur le ciel, empêchant ses occupants de regarder au déchaînement des eaux du jugement. Nous sommes invités à manifester notre foi en « fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2), et non sur les évènements extérieurs qui pourraient nous troubler. Puis, elle devait avoir une porte permettant d’y entrer. Il n’y a qu’une seule porte pour le salut des hommes : Jésus Christ, mort et ressuscité : « Moi, je suis la porte » (Jean 10. 9). Mais pour être sauvé, il faut « entrer dans l’arche ».
En Luc 17. 26 et 27, le Seigneur montre que beaucoup de gens sont occupés de jouir des choses de la vie, légitimes en elles-mêmes, mais qui les détournent de l’essentiel : leur salut !… Invités au grand souper de la grâce offert à tous, beaucoup, indifférents, courent à leurs occupations et… à la perdition (Luc 14. 16 à 24). Vivons toutes choses avec le Seigneur, et toutes nos circonstances seront sanctifiées. L’incrédulité des hommes les conduit à l’ignorance volontaire du jugement divin sur le monde impie (2 Pier. 3. 3 à 7) : C’est ainsi que raisonnaient les contemporains de Noé (Mat. 24. 38 et 39) qui, lui, avait été « averti divinement » (Héb. 11. 6). Ne marchons « plus comme le reste des nations » (Éph. 4. 17 à 19).
L’arche n’était pas destinée à naviguer mais simplement à flotter. Aussi Dieu n’avait donné aucune instruction pour installer un gouvernail ; Lui-même prenait en main la direction de l’arche. De même, nous n’avons pas la direction de notre vie : c’est Dieu qui dirige tout ce qui concerne nos circonstances.
Dieu donne aussi à Noé des informations sur ce qu’Il va faire : « J’établis mon alliance avec toi » (v. 18). Il dévoile aussi qu’Il va conserver en vie les espèces animales. On voit que ces instructions et informations ont produit un effet salutaire sur Noé : « Il craignit et bâtit une arche… » (Héb. 11. 7). Les informations prophétiques que la Parole nous donne doivent établir une communion pratique entre Dieu et nous.
Les « loges » du v. 14 montrent l’ordre établi de Dieu dans l’arche : « Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures… je vais vous préparer une place » (Jean 14. 2). Notre vie chrétienne doit être en ordre. Il devait aussi y avoir de la nourriture en abondance pour tous : le déluge a duré presque un an ! Nous avons la Parole, nourriture suffisante pour alimenter notre âme toute notre vie. Prenons donc « de tout aliment qui se mange » (v. 21).
Ch. 7
Les ch. 6 et 7 mettent en évidence l’obéissance de Noé (ch. 6. 22 ; 7. 5 et 16). La foi obéit : Dieu avait dit, Noé a cru et a exécuté ses ordres. Obéir à Dieu est la sécurité du croyant (Ps. 32. 6 ; 33. 18 et 19). Noé et sa famille avaient été mis à part pour Dieu. Hébreux 11. 7 montre trois caractères chez Noé, caractères qui plaisent à Dieu : La foi : « sans la foi il est impossible de Lui plaire » ; la crainte de Dieu : « il craignit » ; et l’obéissance : « il bâtit une arche ».
Dieu agit selon ce qu’il apprécie : « Noé était un homme juste » (ch. 6. 9). Il avait une marche identique à celle d’Énoch (ch. 5. 21 et 22). Il a obéi jusque dans les moindres détails, en ce qui concerne les animaux. Notre obéissance va-t-elle jusqu’au bout ? La foi de Noé s’est soutenue durant les cent ans qu’a duré la construction de l’arche ; mais Dieu va la mettre à l’épreuve « sept jours » de plus (v. 4), alors que tout était prêt. « La patience de Dieu attendait dans les jours de Noé » (1 Pier. 3. 20), mais elle a eu sa fin.
Tant que la porte de la grâce est encore ouverte, associons-nous à sa patience. C’est Dieu qui fermera la porte de la grâce à son moment à Lui (Mat. 25. 10). La porte est étroite et peu d’hommes la trouvent (Luc 13. 24 et 25). Au début du déluge, quelle angoisse pour ceux qui n’étaient pas dans l’arche, alors qu’elle était encore là ! mais la porte était fermée… Dans ce récit, lorsqu’il s’agit des plans du Créateur pour conserver en vie les espèces animales, le nom : « Dieu » est employé (ch. 6. 13 ; 22 ; ch. 7. 16) ; mais lorsqu’il s’agit de relations morales avec Noé, c’est le nom d’Éternel qu’on lit (ch. 7. 1 et 16 fin du verset).
Noé devait s’assurer que les animaux entrent dans l’arche « mâle et femelle » (ch. 6. 19). Mais au ch. 7. 2 et 3, il devait y avoir sept couples des « bêtes pures », et un couple des bêtes non « pures ». L’Esprit de Dieu donnait à Noé le discernement des bêtes « pures », comme il avait donné à Abel de discerner que « les premiers-nés de ses troupeaux » seuls devaient être offerts à Dieu (ch. 4. 4). Dieu révèle ses pensées à ceux qui Le craignent (Ps. 25. 14). Ces bêtes pures étaient destinées aux sacrifices pour Dieu (ch. 8. 20 ; Lév. 11). Mais aussi, les animaux sont des créatures de Dieu, et Il en prend soin (Ps. 8. 4 à 8).
Noé était reconnu « juste » par Dieu, et « sa maison » a été sauvée du déluge. Josué pouvait prendre soin de sa maison (sa famille) : « Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (Jos. 24. 15). Au geôlier d’Actes 16, Paul et Silas disent : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta maison » (v. 31). La maison d’un croyant est une petite sphère de bénédictions pour tous ceux qui y demeurent, même inconvertis (1 Cor. 7. 12 à 16).
Et, de nos jours, les croyants sont revêtus de la justice de Christ. Abraham fut « l’ami » de Dieu, qui savait qu’il prenait fidèlement soin de sa famille (Gen. 18. 19). Cependant, la conversion est individuelle. Dieu rend toujours témoignage à la fidélité de ses enfants (Act. 16. 14 et 15). Dieu accorde le plus grand prix à « la maison » de ses enfants. Aussi privilégiés que soient les enfants de parents chrétiens, ils devront se tourner vers le Seigneur pour leur salut personnel. Un enfant qui obéit à ses parents obéit à Dieu. La lumière morale luit dans un foyer chrétien fidèle (Ex. 10. 23).
La pluie est tombée durant quarante jours et quarante nuits ; quarante représente un temps complet d’épreuve. Il semble qu’il y eut également un cataclysme marin : « toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent » (v. 11). Cette épreuve extraordinaire ne se répétera pas (ch. 9. 11), car la création de maintenant est réservée pour le feu (2 Pier. 3. 10). Le Tout-puissant tient tout dans sa main.
Si Noé était à l’abri des eaux du déluge, en contraste, le Seigneur a été pleinement exposé aux eaux de la colère de Dieu contre notre péché (Ps. 42 ; 69. 1 et 2 ; Jonas 2. 4). Noé et sa famille, protégés du déluge, préfigurent le résidu juif traversant la grande tribulation de la fin, mais gardé du jugement des ennemis (És. 56. 9 à 12 ; 1 Thess. 5. 3), et qui recevra le Seigneur Jésus comme son Messie, dans la repentance (Zach. 12. 8 à 14).
Au ch. 1. 9 et 10, Dieu a séparé les eaux au-dessous des cieux afin de faire apparaître la terre sèche entourée par les mers. Il a préparé un domaine propice à la vie des animaux terrestres et de l’homme, « soutenant toutes choses par la parole de sa puissance » (Héb. 1. 3). Mais devant la corruption et la méchanceté de l’homme, Dieu retire sa main protectrice, et la mer et les eaux des cieux recouvrent la terre, et toute vie terrestre périt (ch. 7), à l’exception des occupants de l’arche. Dieu manifeste ainsi sa toute-puissance et sa souveraineté sur la création tout entière.
Son autorité se montre aussi au v. 16 : « Et l’Éternel ferma l’arche sur lui », Noé. Ce sera Lui encore qui fermera la porte de la grâce (Mat. 25. 10), sur ceux qui seront sauvés (dedans), et ceux qui seront perdus (dehors), car le salut est individuel (v. 9). « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère » (Ps. 49. 7). Luc 16. 26 démontre qu’entre les « sauvés » et les « perdus », une séparation absolue et définitive est établie. Et aussi (2 Cor. 2. 15), Dieu appelle : « Sauvez-vous de cette génération perverse » (Act. 2. 40). C’est encore le temps de la grâce : on peut encore entrer.
L’arche typifie le Sauveur dont le sacrifice met les croyants à l’abri du jugement, comme l’arche « flottait sur la face des eaux » (v. 18), protégeant parfaitement Noé et sa famille du déluge. « Dieu n’a pas épargné l’ancien monde mais a préservé Noé » (2 Pier. 2. 5). Il épargne aussi « un fils qui le sert » (Mal. 3. 17). Mais « Il n’a pas épargné son propre Fils », le Seigneur Jésus, qui a subi notre jugement (Rom. 8. 32). Comme « les eaux se renforcèrent », les jugements apocalyptiques se renforceront aussi : les sept sceaux, les sept trompettes et les sept coupes. Mais à travers ces jugements, comme Noé a été préservé du déluge, un résidu juif et des nations sera sauvé (Apoc. 7. 4, 7 à 9). Énoch a été enlevé au ciel peu de temps avant le déluge (ch. 5. 21 à 24), préfigurant l’enlèvement de l’Église qui précédera les jugements du monde ennemi de Dieu.
« Et toute chair… expira » (ch. 7. 21). Expirer, ici, est synonyme d’être effacé, comme : être effacé du « livre de vie » (Ps. 69. 28), forme négative. Dieu « efface » aussi nos transgressions (És. 43. 25), forme positive. Dieu est souverain en toutes choses. Il a permis que les eaux se renforcent durant cent cinquante jours ; mais le jugement est « son œuvre inaccoutumée », et Il a permis aussi qu’elles baissent et que la vie puisse reprendre son cours, par grâce. En construisant son arche, Noé « condamna le monde » (Héb. 11. 7). Dieu avait annoncé les conséquences du déluge (ch. 7. 4), et les réalise (v. 22). « Et Dieu se souvint de Noé » (ch. 1. 8), comme Il se souviendra d’Abraham, en rapport avec Lot (ch. 19. 29).
Le renforcement du déluge rappelle aussi « les eaux » du jugement de Dieu sur son Fils (Ps. 42 ; 69. 1 ; 88. 7, 16 et 17 ; Jonas 2. 6), lorsqu’Il a « été fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21). Quant au jugement du monde, Dieu dit en Aggée 2. 6 : « Encore une fois, j’ébranlerai les cieux et la terre ». Ce verset est repris plusieurs fois en Hébreux 12. 25 à 29. C’est un temps d’épreuve intense en jugement sur le monde. Pour Noé aussi c’était une épreuve ayant duré un an et dix jours (ch. 7. 11 ; ch. 8. 13 et 14).
D’une manière générale, l’épreuve, pour un croyant, doit être reçue de la main du Père c’est Lui qui fait l’épreuve et qui en fait l’issue (1 Cor. 10. 13). Mais le jugement de Dieu ne peut plus atteindre le croyant qui est à l’abri du sacrifice du Seigneur « C’est pourquoi tout homme pieux te priera au temps où l’on te trouve ; certainement, en un déluge de grandes eaux, celles-ci ne l’atteindront pas » (Ps. 32. 6).
À la fin, le jugement sur le monde impie prendra le caractère « d’un feu consumant » (Héb. 12. 25 à 29).
Ch. 8 à 11 : la terre habitée à nouveau.
Ch. 8
« Dieu se souvint de Noé » (v. 1), comme plus tard Il se souviendra « d’Abraham et renvoya Lot hors de la destruction » (ch. 19. 29). En Exode 2. 24, « Dieu se souvint de son alliance avec Abraham », et délivrera son peuple de l’esclavage de l’Égypte.
Au ch. 7 de la Genèse, Dieu juge et purifie la terre corrompue. Au ch. 8, la terre étant purifiée, la grâce de Dieu peut se donner libre cours : les eaux qui avaient crû jusqu’à sept mètres « par-dessus les hautes montagnes » (ch. 7. 20), commencent à baisser (ch. 8. 1). Noé et sa famille vont pouvoir vivre sur une terre renouvelée. Dans un jour encore à venir, les jugements apocalyptiques purifieront la terre pour préparer le règne millénial du Seigneur.
Au ch. 7. 11, « toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent ». Mais au ch. 8, un vent passe et : « les fontaines de l’abîme et les écluses des cieux furent fermées » (v. 2). Dieu seul dirige toutes choses : les puissances naturelles ne sont pas livrées à elles-mêmes. On retrouve la haute main de Dieu lorsque les eaux de la Mer Rouge se fendent pour livrer passage au peuple racheté de l’Égypte (Ex. 14. 21). Les « lois de la nature » n’expliquent pas tout (Job 38. 28, 33 à 37).
Noé et sa famille ont été délivrés à travers l’épreuve (Ps. 107. 29 et 30). « Noé » signifie : consolation, repos : « Et l’arche reposa sur les montagnes d’Ararat » (v. 4). Ce verset suggère la communion de Noé avec son Dieu, fruit d’une foi mise à l’épreuve durant les cent ans de la construction de l’arche, et l’année qu’a duré le déluge. Ce repos de l’arche sur les montagnes, près du ciel, nous renvoie au Seigneur qui, après avoir subi toute l’ardeur de la colère de Dieu contre notre péché, « fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu » (Marc 16. 19). La pensée de Dieu était de prendre soin de Noé, car à travers lui, l’homme reste, de par la volonté divine, le chef de la création. Comme Créateur, Dieu se souvint aussi des animaux qu’Il a préservés du déluge, afin de repeupler la terre. Romains 8. 22 révèle les « soupirs » de la création qui souffre à cause du péché de l’homme.
Dans ces chapitres, tout est divinement réglé, et Noé agit paisiblement, sans hâte. Arraché avec sa famille à la corruption d’une terre souillée par le péché, ils sont gardés purs sur la montagne d’Ararat. Durant les jugements de l’Apocalypse, le résidu d’Israël sera gardé de la destruction (Rom. 11. 26). Ces deux chiffres : Quarante et sept parlent d’un temps complet d’épreuve (40), et de la perfection de Dieu dans ses conseils (7).
Noé avait été instruit de Dieu pour faire « un jour à l’arche » (ch. 6. 16), et c’est dans la dépendance de Dieu qu’il « ouvrit la fenêtre de l’arche » (ch. 8. 6). Cette fenêtre ouvrant sur le ciel rappelle que nous devons regarder vers en haut (Ps. 121 ; Luc 21. 27 et 28). Aussi, Noé ne pouvant regarder autour de l’arche, lâche le corbeau qui va et vient jusqu’à ce que les eaux aient séché, mais, semble-t-il, ne rentre pas dans l’arche. C’est un oiseau impur (Lév. 11. 15), faisant penser à Satan qui « se promène sur la terre » (Job 2. 2).
Il fait penser à l’impureté de la chair en nous, par opposition à la colombe symbolisant la pureté du nouvel homme. Elle est aussi un symbole du Saint Esprit descendant sur le Seigneur, à son baptême (Mat. 3. 16), comme Jean le baptiseur en avait été averti (Jean 1. 33). La colombe, lâchée à son tour, ne s’accommode pas de la souillure d’une terre où les eaux du jugement n’ont pas encore séché. Elle revient vers Noé et « il étendit sa main, et la prit, et la fit entrer auprès de lui dans l’arche » (v. 9). Lâchée trois fois, elle renseigne Noé sur l’état de la terre ; et c’est elle, et non le corbeau, qui lui rapporte « une feuille d’olivier arrachée », signe d’espérance d’une vie qui reprend sur une terre renouvelée. La foi de Noé s’est nourrie de cette espérance, et a sa récompense. Nous aussi, nous avons l’espérance d’une vie entièrement nouvelle dans le ciel, auprès de notre Seigneur ; espérance révélée et entretenue par le Saint Esprit, éclairant pour nous la Parole de Dieu.
Noé reste dépendant de Dieu, depuis l’ordre de construire l’arche, jusqu’après le déluge : sa foi et son obéissance n’ont pas failli. Au ch. 7. 1, Dieu lui avait dit : « Entre dans l’arche… » ; ici, Il lui dit : « Sors de l’arche… » (v. 16). Entre ces deux ordres divins, la foi de Noé lui faisait lever les yeux vers le ciel qu’il voyait par la fenêtre, ouverte au-dessus de l’arche. « J’élève mes yeux… L’Éternel gardera ta sortie et ton entrée » (Ps. 121. 1 à 8).
La simplicité de ce récit montre la simplicité de la foi qui obéit : « Noé marchait avec Dieu » (ch. 6. 9), et Dieu dirige toutes choses pour son salut. Au sujet des animaux préservés, Dieu donne les mêmes instructions qu’au moment de leur création : « Fructifiez et multipliez » (ch. 1. 22). Au ch. 8. 17, Il dit : « qu’ils fructifient et multiplient ». C’est un monde nouveau qui commence, mais les traces indélébiles du péché sont là : il y a des bêtes pures et des bêtes impures ! Avec les bêtes pures, Dieu avait pourvu aux sacrifices qui lui seraient offerts. Et Noé bâtit le premier autel mentionné dans l’Écriture, et offre des animaux « purs » en holocauste qui préfigurent l’offrande du Seigneur à son Dieu et Père. « Et l’Éternel flaira une odeur agréable » de repos (note c). Dieu se reposait dans sa satisfaction de ce qui Lui était offert.
Au ch. 4. 4, Abel avait offert des holocaustes, avec les graisses réservées à Dieu seul. Au v. 7 de ce chapitre, il est proposé à Caïn un sacrifice pour le péché, s’il « ne faisait pas bien ». Dieu a dû détruire la terre à cause de la corruption de l’homme, comme Il la purifiera de nouveau par les jugements apocalyptiques ; c’est « son œuvre inaccoutumée » (És. 28. 21). Mais sa grâce suit le jugement (Jug. 10. 14 à 16 ; Os. 11. 8). Il ne renonce jamais à ses conseils éternels, car Il a en vue de manifester et de proposer à l’adoration de tout l’univers créé, la gloire de son Fils. Plus tard, le peuple adorera « le serpent d’airain » que Moïse avait fait (2 Rois 18. 4) : c’était l’idolâtrie.
Mais Noé, reconnaissant d’avoir été préservé de la destruction avec sa famille, adore Dieu à sa pleine satisfaction. Dieu alors, décide de ne plus détruire la terre ainsi (v. 21 et 22). Cependant, le cœur de l’homme n’a pas changé, car il est mauvais « en tout temps » et « dès sa jeunesse » (ch. 6. 5 ; 8. 21 ; Ps. 51. 5). « La folie est liée au cœur du jeune enfant. La verge de la correction l’éloignera de lui » (Prov. 22. 15). Il est « incurable » (Jér. 17. 9). Et les hommes sont « haïssables et se haïssant l’un l’autre ». « Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu… ».
Mais nous sommes « justifiés gratuitement par sa grâce » (Rom. 3. 23 et 24). Le vieil homme a été cloué à la croix, mais Dieu nous a aimés inconditionnellement (1 Jean 4. 10), de toute éternité : « Je t’ai aimé d’un amour éternel » (Jér. 31. 3). Si Dieu nous a aimés et sauvés, c’est pour que nous L’aimions à notre tour de « l’amour qu’Il a versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qu’Il nous a donné » (Rom. 5. 5) et qui remonte jusqu’à Lui, le Donateur.
Dieu, dans sa sainteté, a dû abandonner son peuple, « pour un petit moment », à cause de son infidélité, mais « avec de grandes compassions » Il le rassemblera (És. 54. 7 à 10). Notre chapitre montre la patience et la bonté de Dieu qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes » (Mat. 5. 45). Mais les incrédules se moquent de cette patience divine : « … aux derniers jours des moqueurs viendront… disant : où est la promesse de sa venue ? car, depuis que les pères se sont endormis, toutes choses demeurent au même état dès le commencement de la création » (2 Pier. 3. 3 et 4). Ce sont les mêmes qui se séduisent en disant : « … demain sera comme aujourd’hui, et encore bien supérieur » (És. 56. 12).
Ch. 9
Dans ce chapitre, la vie recommence sur une terre renouvelée. Cela est rendu possible par la purification, les eaux du déluge, et par les holocaustes offerts par Noé, et dans lesquels Dieu a flairé « une odeur agréable » de repos. Ces holocaustes annoncent le sacrifice du Seigneur ayant pleinement glorifié Dieu : sa mort, sa résurrection et sa séance à la droite de Dieu sont les bases de la vie nouvelle donnée aux croyants, vie éternelle qu’ils possèdent déjà spirituellement, et qui se prolongera dans le millénium et jusque dans l’état éternel. La vie nouvelle reprend pour Noé et sa famille sur ces deux bases : les sacrifices (ch. 8. 20) ; et l’alliance que Dieu fait avec eux (ch. 9. 8 à 17).
Les deux premiers versets contrastent avec le ch. 1. 28 et 29 : désormais, les hommes seront pour les animaux « un sujet de crainte et de frayeur ». La nature entière est assujettie aux hommes, et ils devaient en prendre soin, en particulier, des bêtes (Prov. 12. 10), mais ils en ont abusé. Depuis, toute la création souffre et soupire après la délivrance (Rom. 8. 23). Si les animaux sont notre nourriture, nous ne devons pas les faire souffrir volontairement. Dieu distingue entre le chasseur qui tue pour son plaisir et le berger. Le Seigneur, Lui est « le bon Berger ».
Dieu parle à Noé et à ses fils (v. 1 et 8), car la bénédiction et l’alliance reposent sur toute la lignée de Noé (v. 9). Pour Dieu, le jugement est son « œuvre inaccoutumée » (És. 28. 21).
Cependant, Dieu fait la distinction entre les animaux et l’homme qui, seul, a été fait « à l’image de Dieu, selon sa ressemblance ». Avant le déluge, il semble qu’aucun être vivant ne se nourrissait de chair (ch. 1. 29 et 30). Après le déluge, les animaux vont se dévorer entre eux, mais désormais, l’homme devra se nourrir de ce qui est mis à mort, image de la vie éternelle que Dieu donne à quiconque se « nourrit de Christ mis à mort » (Jean 6. 54).
La loi distinguait entre les animaux purs que l’on pouvait manger, et les animaux impurs dont il fallait impérativement s’abstenir (Lév. 11). Sous la grâce, tout est changé : toute créature est bonne si elle est prise avec actions de grâces (1 Tim. 4. 1 à 5). Cependant, une restriction demeure pour tous les temps : le sang ne doit pas être consommé, car en lui est la vie (Gen. 9. 4 ; Deut. 12. 23 et 24 ; Act. 15. 19 ; 28. 29). « C’est le sang qui fait propitiation pour l’âme » et Dieu l’a « donné sur l’autel » (Lév. 17. 10 et 11). Dieu avait en vue le sang de son Fils versé à la croix. La vie appartient à Dieu et nous sommes vivants par pure grâce. Si l’interdiction de manger le sang traverse toute l’Écriture, l’interdiction de manger la graisse, réservée à Dieu, dans l’Ancien Testament, ne se retrouve nullement dans le Nouveau Testament.
Dieu déclare qu’Il « redemandera le sang » d’un homme tué, de tout meurtrier : homme ou bête (v. 5 et 6). Il y a là le principe du gouvernement rétributif de l’homme responsable devant Dieu, principe nouveau établi après le déluge. Et cela est toujours valable, même si les hommes de notre époque croient bon de supprimer la peine de mort (Rom. 13. 1 à 4). La marche du monde nous habitue au meurtre et le banalise. En Israël, Dieu avait établi des villes de refuge pour le meurtrier involontaire ; mais pour le meurtrier volontaire, il n’y avait pas de pardon (Ex. 21. 12 à 14). Le meurtre d’Abel n’a pas été vengé par la mise à mort de Caïn, bien qu’il l’ait craint (ch. 4. 14), mais Dieu a dû le châtier (v. 11 à 13).
Dieu prend soin de toute sa Création (Ps. 104. 27 à 30) ; mais aussi, des hommes en particulier (Gen. 9. 1 et 7). Toute la création est dépendante de l’amour de Dieu.
En désobéissance à la Parole de Dieu de se répandre sur toute la terre (v. 1 et 7), les hommes ont voulu se rassembler et rester ensemble (ch. 11) ; et Dieu a dû les disperser en confondant leur langage.
Aux v. 1 et 8, Dieu établit son alliance avec Noé et ses fils et leur descendance (v. 9). Cette alliance, Il l’étend à tous les êtres vivants sur la terre : c’est une alliance universelle traversant désormais toute l’histoire de l’homme dans ses relations avec Dieu. L’Éternel montre à Ézéchiel, lorsque sa gloire va quitter le temple, le signe de l’alliance, l’arc-en-ciel, lui rappelant que l’alliance demeure, même si le temple, désormais, sera désert (Éz. 1. 28). En Apocalypse 4. 2 et 3, Dieu apparaît à Jean, dans son caractère de Créateur, entouré de l’arc-en-ciel. Puis, au ch. 10 de ce même livre, l’ange apparaît avec l’arc-en-ciel sur sa tête, montrant ainsi que, au sein des plus terribles jugements divins sur les hommes impies, l’alliance est toujours là : la fidélité de Dieu est manifestée.
L’alliance dispose les conditions par lesquelles l’homme peut s’approcher de Dieu, dans le cas d’alliance « bilatérale » engageant la responsabilité de l’homme : avec Adam (ch. 2. 16 et 17) ; avec Abraham (ch. 17. 7 à 14) ; avec le peuple, plus tard (Ex. 19. 3 à 5). Mais Genèse 9 établit une alliance inconditionnelle, sous la seule responsabilité de Dieu : sur cette terre renouvelée, Dieu établit son alliance avec Noé, avant que ce dernier ait péché, montrant ainsi que cette alliance, dictée par son amour et sa fidélité, est au-dessus des tristes conditions de l’homme pécheur. Ésaïe 54. 10 confirme cette fidélité inconditionnelle « Car les montagnes se retireraient et les collines seraient ébranlées, que ma bonté ne se retirerait pas d’avec toi, et que mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, dit l’Éternel, qui a compassion de toi ». Dieu ne dépend pas de l’état de l’homme, et ce qu’Il promet, Il l’accomplit.
Cependant, bien que Dieu ne renonce pas à ses desseins éternels, Il peut modifier ses voies, afin d’y parvenir malgré les défaillances de l’homme. L’ancienne alliance était scellée par le sang des animaux sacrifiés : c’était une alliance conditionnelle. La nouvelle alliance, scellée par le sang du Seigneur Jésus (Luc 22. 20), est inconditionnelle pour la maison d’Israël (Héb. 8. 10 à 12). L’Église n’entre pas dans la nouvelle alliance, car elle est l’épouse de Christ ; mais elle n’en jouit pas moins des bénédictions.
Les nuages du v. 14, parlent des difficultés que les croyants rencontrent . Mais là encore, ils discernent la présence du Seigneur ; et, à travers l’irisation de la lumière fragmentée de l’arc-en-ciel, nous sont rappelées les différentes gloires du Fils de Dieu.
Dieu s’intéresse à la terre et « voit » ce qui s’y passe : Il voit l’arc-en-ciel ; Il voit le sang de la victime ; Il voit l’état de Sodome et Gomorrhe etc…
Du v. 18 du ch. 9, jusqu’au ch. 11, Dieu nous montre la répartition des nations, à partir de Noé et ses fils. Canaan, le fils de Cham, est cité avant la généalogie du ch. 10, car l’impiété filiale de Cham va donner occasion à Noé de maudire sa descendance : Canaan, qui sera l’ancêtre des Cananéens, ennemis d’Israël, qu’il devra combattre pour s’emparer de leur pays, quand leur iniquité aura atteint son comble.
Noé nomme Dieu : « le Dieu de Sem » (v. 26). Dieu a en vue son futur peuple juif descendant de Sem, d’où naîtra le Seigneur Jésus.
Noé, chargé d’administrer la terre purifiée, tombe dans le péché en s’enivrant et en se dénudant dans la tente : Adam, Noé, le peuple juif, l’Église, enfin, ont démontré leur incapacité a garder fidèlement ce que Dieu leur avait confié. Même le millénium s’achèvera dans la ruine de l’homme ayant rejeté Dieu. « En moi, il n’habite point de bien » (Rom. 7. 18). Restons sobres (Éph. 5. 18).
Cham a vu la nudité de son père et s’en est gaussé devant ses frères, « dehors » (v. 22). Profane et dépourvu de piété filiale, il contraste avec Sem et Japheth qui couvrent leur père sans voir sa nudité (v. 23), et ont « honoré leur père », avant la loi, car c’est une disposition morale de tous les temps (Éph. 6. 2). D’autre part, la nudité ne doit pas être exposée, et les croyants doivent être vêtus correctement (1 Tim. 2. 9).
Le Seigneur veut couvrir la nudité spirituelle aussi (Apoc. 3. 18). Couvrir le péché, c’est en parler à Dieu et à celui qui a péché, dans un esprit de douceur (Gal. 6. 1 ; Prov. 11. 13 ; 1 Pier. 4. 7 et 8), et à personne d’autre. Un châtiment sévère tombe sur qui se moque de ses parents (Prov. 30. 17).
Noé, après s’être laissé surprendre par le péché, a certainement été restauré par la repentance, car il peut, instruit par l’Éternel, maudire Canaan, fils de Cham, et bénir Sem et Japheth. En communion habituelle avec Dieu qui l’a déclaré juste (ch. 6. 9), il est conduit par l’Esprit de Dieu pour prophétiser de l’avenir de ses trois fils. La malédiction qui pèse sur Canaan se retrouve en Josué 9. 22 et 23 et Juges 1. 28 Les Gabaonites et les Cananéens furent rendus tributaires (esclaves) d’Israël.
Les africains sont les descendants de Cush, fils de Cham ainsi que d’autres descendants de Cham, les Égyptiens, les Libyens (Mitsraïm et Puth).
Noé bénit l’Éternel, et sa bénédiction retombe sur Sem qui sera « le père de tous les fils d’Héber » (v. 21), ancêtre des Hébreux, peuple d’où naîtra le Seigneur Jésus, en tant qu’homme. À travers la bénédiction de Sem et des Hébreux (Israël), c’est Christ qui est béni. Pour bénir Sem, Noé parle de l’Éternel, nom que Dieu prend en relation avec son peuple ; pour Japheth, il parle de Dieu. Japheth qui hérite de la bénédiction divine à travers Sem, est l’ancêtre des nations d’occident ayant acquis la connaissance du vrai Dieu, d’abord révélé aux Juifs : « Le salut vient des Juifs » (Jean 4. 27). Le salut ayant été prêché aux Juifs premièrement, mais ayant été rejeté par eux, il est parvenu aux nations qui l’ont reçu (Rom. 11. 17 à 25). En ce sens, Japheth « demeure dans les tentes de Sem » (ch. 9. 27). Le Seigneur a étendu son salut par-dessus la muraille qui séparait Israël des nations (Gen. 49. 22), et a même renversé le « mur mitoyen de clôture » (Éph. 2. 11 à 16).
Noé glorifie Dieu en reconnaissant qu’il a inspiré à Sem et Japheth une conduite pleine de sagesse. Une conscience délicate est conduite à agir selon Dieu (Gal. 6. 1), tandis qu’un homme profane se moque du péché d’autrui.
Noé a vécu neuf cent cinquante ans, comme les premiers patriarches du ch. 5. Par la suite, Dieu écourtera considérablement la vie des hommes (ch. 11. 10, 21, 23 et 25).
Ch. 10
Le ch. 10 qui, chronologiquement, se situe après le ch. 11, procède à la répartition des nations selon la volonté de Dieu, tandis que le ch. 11 montre la dispersion des nations après le jugement de Babel (v. 9). Le v. 10 du ch. 11, montre que tous les hommes parlaient une seule langue, alors que le ch. 10. 5, 20 et 31 révèle que désormais, les peuples parlaient des langues différentes, donc, après la dispersion des hommes (ch. 11. 9).
La pensée de Dieu était que les hommes soient répartis par familles, mais la rébellion des hommes L’a conduit à les classer par peuples parlant des langues différentes. Dans cette répartition, Israël occupe la place centrale (Deut. 32. 8 et 9) ; place qui sera la sienne de manière plus marquée durant le règne de mille ans du Seigneur Jésus.
C’est donc Dieu qui a établi les frontières des nations, mais les hommes se sont acharnés à les violer et à les modifier au gré de leurs ambitions, car la volonté de l’homme se dresse toujours contre la volonté de Dieu.
Les v. 2 à 5 montrent la répartition des nations occidentales (Japheth). Madaï : la Médie ; Javan : la Grèce ; Kittim : l’île de Chypre ; Tarsis : « Les îles des nations » du v. 5, désignent les nations lointaines par rapport à Israël, mais auxquelles la grâce de Dieu a fait parvenir le salut (És. 49. 1, 4 et 6).
Les descendants de Japheth ont peuplé les nations occidentales. Les îles des nations désignent les pays éloignés d’Israël. Les fils de Cham ont peuplé l’orient et une partie de l’Afrique : Éthiopie, Égypte, Libye, Canaan (Palestine). Cush, fils de Cham, père des Éthiopiens, a donné les africains, ainsi que Mitsraïm (les Égyptiens), Puth (Libyens) et Canaan. La Parole confirme que l’Égypte a bien été peuplée par les descendants de Cham : elle est appelée « le pays de Cham » (Ps. 105. 23 à 27) ; et le Psaume 106. 21 confirme qu’il s’agit bien de l’Égypte.
Nimrod (Rebelle), était descendant de Cush. Outre qu’il chassait pour son plaisir, sans crainte devant l’Éternel, il fut surtout le premier homme qui s’établit un royaume à partir de Babel, et s’étendit dans la plaine de Shinhar jusqu’à Ninive, sa capitale (ch. 10. 8 à 12). Les hommes furent dispersés au loin par la volonté divine (ch. 11).
Nimrod les rassemble autour de lui, et fonde cette nation appelée plus tard l’Assyrie. L’Assyrien se révélera un ennemi irréductible d’Israël, tout au long de l’Écriture. L’Irak actuel en fait partie.
Nimrod et ceux qui l’ont suivi ont oublié la grâce divine qui a épargné Noé de la destruction. Dans leur folie orgueilleuse, les hommes veulent bâtir « une ville et une tour dont le sommet atteigne jusqu’au cieux » (ch. 11. 4). On retrouve l’ambition de Caïn qui « bâtit une ville » et la nomma du « nom de son fils Hénoc » (ch. 4. 17). Cette tour profane, est la marque d’une religion prétentieuse et sans Dieu.
Les briques (argile cuite), et le bitume leur servent de matériaux de construction. Lorsque, plus tard, l’Éternel commanda à Moïse de bâtir un autel, il dut le bâtir en pierres brutes (non taillées), car l’usage du ciseau (le travail de l’homme) profanerait l’autel (Ex. 20. 25). De plus, le bitume est le produit de la décomposition des végétaux dans la terre. Les hommes cimentent leurs œuvres par la corruption. Tenons-nous à l’écart des associations du monde : nous serions entraînés de force dans cette même corruption. En relation avec les briques, Job 33. 6 nous rappelle que nous sommes faits « d’argile », et les œuvres humaines portent la marque de notre nature. Israël devenu idolâtre, faisait des autels de briques (És. 65. 2 et 3).
La rébellion des hommes a contraint Dieu à confondre les langues afin de les obliger à se répartir par nations. Seul, le royaume millénaire de Christ satisfera entièrement Dieu, et n’aura pas de fin, sinon lorsqu’Il le remettra à son Père afin que « Dieu soit tout en tous » (1 Cor. 15. 28). Dieu rassemble aussi, mais autour de Christ. Le pays de Shinhar aura une mauvaise influence sur Israël en Josué 7. 21 : Acan a pris de l’anathème qu’il a caché dans sa tente « J’ai vu… j’ai convoité… j’ai pris… ».
Babylone, opposée à Israël, a dominé sur lui lorsqu’il a abandonné son Dieu. La future Babylone (Apoc. 17 et 18), portera le caractère de la fausse Église, lorsque la vraie Église sera enlevée avec le Seigneur. Babylone sera alors un système à la fois politique et religieux, unifiant toutes les religions, mais sans Christ, et donc, opposé à Dieu. C’est l’apostasie !
Les descendants de Canaan (v. 15 à 19), peuplèrent la Palestine (Israël), de Sidon au nord, à Gaza au sud. Mais leur iniquité étant parvenue à son comble, Dieu les chassera de ce pays pour le donner à Israël, descendant de Sem, père de Héber, ancêtre des Hébreux.
Japheth, père des nations occidentales, a étendu ses limites en conquérant presque tous les peuples du monde. Ces nations d’occident ont reçu l’évangile, et Dieu a permis leur extension dans le monde afin qu’elles répandent la « bonne nouvelle ». Elles rendront compte de la manière dont elles l’ont fait.
C’est durant la vie de Péleg (division, partage) que Dieu partagea la terre, environ cent trente ans après le déluge (ch. 11. 10 à 17).
Les hommes oublient Dieu, mais Il est présent et prend connaissance de leurs œuvres, et les détruit sans qu’ils puissent s’y opposer (v. 7 à 9).
Ch. 11
En bâtissant une ville et une tour (v. 4), on peut relever deux démarches dans le projet des hommes : se rassembler pour « se faire un nom » au lieu de se disperser sur toute la terre comme Dieu le voulait, s’élever « jusqu’aux cieux » jusqu’à Dieu. Cela a toujours été la convoitise de Satan qu’il a communiquée aux hommes qui, de tous temps, ont cherché à s’élever pour être « comme Dieu », eux qui ne sont que « poussière » (ch. 3. 19). On peut y reconnaître aussi la volonté humaine de s’élever toujours plus haut. Par opposition, le Seigneur qui est Dieu « s’est abaissé Lui-même » (Phil. 2. 5 à 8).
Mais l’Éternel ne reste pas indifférent quant au comportement des hommes : « Et l’Éternel descendit pour voir la ville et la tour… » (v. 5) qu’ils bâtissaient en complète désobéissance à la pensée de Dieu. Il confond alors leur langage de façon qu’ils se dispersent afin de peupler la terre (v. 7 et 8). « Et ils cessèrent de bâtir la ville » (v. 8). Lorsque Dieu Lui-même s’oppose directement aux projets des hommes, ceux-ci sont impuissants (1 Thess. 5. 1 à 3). À l’insu des hommes, Dieu « descend » et voit leurs œuvres : en Jonas 3, à la prédication du prophète, Ninive se repent de ses péchés et, au v. 10, « Dieu voit leurs œuvres » et suspend son jugement sur la ville. De même, pour l’état de souillure de Sodome et Gomorrhe, Dieu dit : « Je descendrai et je verrai… » (Gen. 18. 21). Quand les hommes veulent s’élever orgueilleusement, Dieu les abaisse : « Si tu t’élèves… je te ferai redescendre » (Abdias 4). « Associez-vous, peuples, et vous serez brisés » (És. 8. 9 et 10). « Celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (Mat. 12. 30). Dieu seul « réunit en un les enfants de Dieu dispersés » pour les former en un seul corps.
Aujourd’hui plus que jamais, les hommes politiques travaillent à unir les peuples en une seule « nation » mondiale ; et cela, sans Dieu. À travers ce « langage » unique que parlaient les hommes, on perçoit leur entente unanime pour agir en contradiction à la volonté divine (v. 6). La confusion des langues est un jugement qui ne sera pas ôté. En Actes 2, l’Esprit Saint agit en puissance, et apparaît sur les disciples « en langues divisées » (v. 4 à 11). Mais là, si la division des langues subsiste, Dieu s’en sert en grâce, afin de proclamer l’évangile aux nombreux Juifs et prosélytes venus de différents pays à Jérusalem pour y adorer : ces Juifs parlaient les langues des pays où ils vivaient et ne comprenaient pas l’hébreu. Aussi, l’Esprit Saint fait-Il proclamer dans leurs différentes langues, « les choses magnifiques de Dieu » (v. 11).
On retrouve ce jugement divin sur les langues en Apocalypse 5. 9 ; 7. 9, où, même dans le ciel, peut-être les rachetés s’exprimeront-ils en différentes langues, mais les comprendront toutes dans une intelligence universelle et parfaite. C’est un principe permanent : Dieu n’ôte jamais les effets de ses jugements, mais Il donne toujours, alors, quelque chose de meilleur dans sa grâce. Si Dieu a confondu les langages des hommes, c’est afin qu’ils se dispersent pour peupler la terre. Quand des hommes ne se comprennent plus, ils se séparent. Aujourd’hui encore, on parle des barrières des langues différenciant les hommes en nations et en cultures différentes. Malgré tous les efforts humains pour unir ce que Dieu a dispersé, Dieu aura le dernier mot. Christ seul, dans son royaume millénaire, unira les hommes et remettra, à la fin, le royaume à son Père, dans l’état éternel.
La généalogie de Sem est redonnée en rapport avec l’origine d’Israël par Abraham, pour aboutir à Christ. Mais, désormais, la vie humaine est très abrégée (v. 10, 25 et 32). C’est du temps de Péleg que la dispersion s’est réalisée, peut-être cent trente ans après le déluge (ch. 10. 25 ; 11. 10 à 16). On voit encore là la patience de Dieu ! Dans le ch. 11. 10 à 26, il n’est rien dit des relations des hommes avec Dieu ; mais on lit ailleurs : « Vos pères, Térakh, père d’Abraham et père de Nakhor… ont servi d’autres dieux » (Jos. 24. 2). Et nous savons que « sacrifier aux idoles, c’est sacrifier aux démons » (1 Cor. 10. 20). Mais Dieu a choisi Abraham pour être le « tronc de l’olivier franc » d’où sortira Israël, peuple choisi de Dieu.
Ce paragraphe donne la généalogie d’Abraham et son appel à sortir d’Ur des Chaldéens, et l’origine de Lot, son neveu. L’appel de Dieu était uniquement pour Abram (ch. 12. 1), mais Térakh, son père, avec l’autorité caractérisant les chefs de familles de l’époque, a entraîné toute sa famille à Charan, avec l’intention d’aller en Canaan (v. 31), où Dieu voulait conduire Abram. Mais Térakh n’était pas un homme de foi et s’arrête là, très loin de Canaan. Sans la foi, l’obéissance ne va jamais jusqu’au bout. La foi n’est pas de famille, mais individuelle.
Dieu se choisit une lignée de témoins en Abram, qu’Il retire du milieu des Chaldéens, peuple idolâtre. Avant le déluge, Dieu avait des témoins individuels ; maintenant, Il met à part une famille d’où sortira le peuple de Dieu. Dieu avait dit à Abram : « Va-t’en de ton pays, et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai » (ch. 12. 1). Mais Abram est sorti de son pays, sans s’être séparé de sa parenté (Lot a suivi), et il a fallu la mort de son père en Charan, pour qu’il s’en aille réellement en Canaan (ch. 11. 32 ; 12. 4 ; Act. 7. 3 et 4).
Néanmoins, il emmène avec lui, Lot, son neveu dont il devra se séparer par la suite (ch. 13). Matthieu 10. 37 ne commande pas de ne pas aimer ses proches, mais de donner la première place au Seigneur. Comme Abram, nous pouvons perdre du temps en n’obéissant pas entièrement. Nous retardons les bénédictions de Dieu. Mais dans sa miséricorde, Dieu veut nous bénir malgré tout, comme Il le promet à son peuple en Joël 2. 25 : « Je vous rendrai les années qu’a mangées la sauterelle… ». Par contre, Caleb avait « pleinement suivi l’Éternel » (Jos. 14. 6 à 9). Dieu nous avertit en nous révélant les fautes de ses serviteurs d’autrefois. Les promesses divines pouvaient faire avancer Abram (ch. 12. 2 et 3 ; 13. 16 et 17 ; 22. 18), et Dieu est fidèle pour accomplir pleinement ce qu’Il dit (Néh. 9. 7 et 8).
La foi est un don de Dieu et s’appuie sur ses promesses : « Abraham crut l’Éternel ; et Il lui compta cela à justice » (ch. 15. 6) : c’est déjà la justification par la foi, et il est le « père » de tous les croyants. Abraham tient une grande place dans l’épître aux Hébreux (ch. 11), et son obéissance est relevée (v. 8) : appelé à offrir son fils en holocauste, il obéit, s’appuyant sur les promesses divines, pleinement persuadé « que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts » (v. 17 à 19). La foi d’Abram a fait des progrès depuis son appel à sortir d’Ur. Dieu est comme le potier qui forme patiemment un vase, une main à l’intérieur et l’autre à l’extérieur. Dieu travaille à nous rendre peu à peu semblables à son Fils. De nous, il n’entrera dans le ciel que ce que Christ aura produit en nous (Phil. 4. 6). Abram en est un exemple. Cela produit force, joie, louange.
C’est en rapport avec Christ « la semence » d’Abraham, que les bénédictions divines parviennent aux nations (Gal. 3. 14 à 16). Mais la « grande nation » (Gen. 12. 2), parle d’Israël, le peuple de Dieu, dont Abram est la souche. Dieu accomplit toujours ses promesses en Son temps ; nous-mêmes, appuyons-nous sur elles, « car autant il y a de promesses de Dieu, en Lui est le oui et en Lui l’amen » (2 Cor. 1. 20). Galates 3. 8 nous dit : « En toi (Abraham) toutes les nations seront bénies » ; et le v. 29 : « Si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d’Abraham, héritiers selon la promesse ».
Ch. 12 à 24 : Abraham.
Ch. 12
Abram semble n’avoir pas eu la liberté d’obéir à Dieu durant la vie de son père, Térakh, qui conduisit toute sa famille à Charan au lieu d’aller en Canaan, selon leur première intention. Les idoles de Charan étaient les mêmes qu’à Ur, en Chaldée : et Dieu voulait qu’Abram s’en sépare. Dieu permet que Térakh meure, libérant Abram de l’autorité paternelle. Alors il obéit. La foi personnelle doit être libre d’agir. L’obéissance de Térakh était légale et s’arrête en chemin. Abram obéit par la foi et va jusqu’au bout, entre en Canaan avec Lot, son neveu.
La vraie obéissance est le fruit de la foi, et tient ferme. Il se produit, dès lors, un changement complet chez Abram (1 Thess. 1. 9 et 10), bien qu’il ait eu les mêmes passions que nous. Et il est devenu le père de la foi. Dieu prend soin de lui, même dans ses chutes. Rejetons les idoles qu’offre le monde, et qui peuvent encombrer notre cœur, afin qu’il y ait de la fidélité dans notre vie (2 Cor. 6. 17 et 18 ; 7. 1).
Sans doute, Abram, conscient, de sa responsabilité envers Lot, son neveu n’ayant plus de père, se charge de lui et l’emmène. Abram n’aura pas toujours une bonne influence sur son neveu, en particulier lorsqu’ils descendent en Égypte (v. 9 à 20). Ils en reviennent, chargés de troupeaux et de richesses. Mais en Égypte, Abram n’avait plus d’autel ! Bien que la Parole ne nous révèle pas quelles étaient les relations des deux hommes, Dieu fait comprendre à Abram que la séparation était indispensable, car Lot, à son tour était devenu une entrave pour la marche de foi d’Abram (ch. 13. 5 à 11). Dès lors, Dieu bénit Abram (ch. 13.14 à 18). Néanmoins, Abram se souviendra de sa responsabilité envers Lot, qu’il délivrera de sa captivité, au ch. 14.
Abram s’arrête à Sichem, près des chênes de Mamré (ch. 12. 6) et y bâtit un autel à l’Éternel, qui lui révèle qu’Il donnera ce pays à sa semence (v. 7). Plus tard, Jacob, abandonnant son caractère de voyageur, bâtira une maison à Succoth et achètera un champ à Sichem, contre la volonté de Dieu. Abram a compris la pensée divine : il restera un voyageur et un adorateur de l’Éternel avec, pour seules possessions, une tente et un autel. Dans le pays de Canaan promis à sa semence, Abram n’a rien possédé ; mais, riche des choses promises, il « les a vues de loin et saluées » (Héb. 11. 13). Nous-mêmes avons des promesses célestes, mais n’en jouissons maintenant que par la foi.
Arrivé en Canaan, Abram est au milieu des ennemis (v. 7). Cela nous rappelle que dans le ciel, le diable et ses anges occupent encore les lieux célestes (Éph. 6. 12). Lors de l’appel d’Abram, « Le Dieu de gloire apparut à… Abraham » (Act. 7. 2 et 3). Dans la communion avec Dieu, il était devenu un adorateur (v. 7). C’est au ch. 4. 26 que l’on a commencé « à invoquer le nom de l’Éternel ». Les ch. 12 et 13 parlent de trois autels d’Abram (ch. 12. 7) : l’autel de l’obéissance. Au v. 8 : l’autel du pèlerin. Ch. 13. 18 : l’autel du renoncement, bâti à Hébron. Il n’y aura pas autant d’autels dans la vie de Jacob !
Hébron est important dans la vie d’Abram, où il jouit de la communion avec son Dieu, dans l’énergie de la foi. Partout où va Abram, il bâtit un autel.
Le ch. 15. 13 à 16 est typique de notre époque : « l’iniquité des Amoréens n’est pas encore venue à son comble ». Dans les ténèbres morales de ce monde, nous devons y maintenir la lumière céleste, comme Abraham au ch. 23. 6, où les « fils de Heth » lui disent : « Tu es un prince de Dieu au milieu de nous ».
« La montagne, à l’orient de Béthel » (v. 8), caractérise la proximité de Dieu (la montagne), et la lumière morale céleste (l’orient) nous rappelle « l’Orient d’en haut » (Luc 1. 78). Dans la communion avec Dieu, Abram bâtit un autel et dresse sa tente à Béthel, la maison de Dieu. Jacob, dans la mauvaise conscience qui était la sienne, trouvera ce lieu « terrible » (Gen. 28. 17). Mais en Genèse 35. 1, Dieu lui dit : « Monte à Béthel ». Dans l’Ancien Testament, les richesses signifiaient la bénédiction de Dieu. Pour nous, elles peuvent être un piège, étouffant la vie spirituelle, nous ôtant notre caractère d’adorateurs.
Dans ce récit d’une défaillance d’Abram, Dieu nous instruit des dangers qui nous menacent, si nous nous éloignons de Lui. « Abram partit, marchant… vers le midi » (v. 9). Il s’éloigne de Béthel, la maison de Dieu. Alors Dieu permet une famine (v. 10), mettant à l’épreuve la foi d’Abram qui descend en Égypte, cherchant à échapper à la famine, oubliant les ressources infinies de Dieu.
Plus tard, au cours d’une autre famine, Élimélec partira de Bethléhem, la maison du pain, pour les champs de Moab… (Ruth 1. 1 et 2). Une difficulté peut n’être qu’une épreuve de la foi, et ne signifie pas forcément qu’on n’a plus la communion de Dieu. Abram s’engage dans un chemin qui descend (v. 10). Lorsqu’il reviendra, il montera pour revenir au lieu où il avait son autel au commencement (ch. 13. 1 à 4). Si nous nous éloignons de Dieu, nous perdons notre caractère d’adorateurs. Béthel (la maison de Dieu) est importante ; Dieu dira à Jacob : « Monte à Béthel… » (ch. 35. 1) ; il a obéi sans y rester. Au ch. 28. 17, il avait trouvé ce lieu : « terrible », conscient que Dieu était là.
Ce chapitre parle de la première famine relatée par les Écritures. Au ch. 26. 1, au cours d’une autre famine, « Isaac s’en alla vers Abimélec, roi de Guérar ». Ici, la famine ne semble pas avoir un rapport direct avec l’état d’Isaac : c’est simplement : « une famine ». Un croyant s’appuyant sur Dieu surmontera une épreuve sans faillir (Hab. 3. 17 à 19). Comment réagissons-nous dans une épreuve ? Comme Abram qui n’était pas un mondain mais qui cherchait des ressources en Égypte ? Comme Jonas qui s’enfuit, désobéissant à Dieu ? Ou comme Paul, en prison, mais qui est en bénédiction au geôlier de Philippes (Act. 16. 29 à 34) ?
Après ce retour d’Abram (ch. 13), Dieu lui fait des promesses merveilleuses, fortifiant sa foi (v. 14 à 17).
C’est le Pharaon lui-même qui chasse Abram : « Va-t’en » (ch. 12. 19) : C’est le même mot qui a chassé Adam du jardin d’Éden. Pourtant, Abram n’a pas tout à fait compris la leçon, ou l’a oubliée, car il commettra la même faute au ch. 20. Nous avons souvent besoin de réapprendre les mêmes leçons ! Abram pèche contre sa femme qu’il oblige à mentir et qu’il « vend », moralement, pour assurer sa propre sécurité : « La crainte des hommes tend un piège » (Prov. 29. 25). En Égypte comme à Guérar (ch. 20), sa vie était un contre-témoignage. Si nous perdons la communion avec le Seigneur, nous connaîtrons des difficultés. Élie ayant tenu ferme devant Achab, s’enfuit devant Jésabel.
On peut penser qu’Abram a été restauré, mais il y a eu des conséquences de son séjour en Égypte : de grands troupeaux qui ont occasionné des difficultés avec Lot qui, lui-même, a convoité la plaine de Sodome et ses terribles conséquences ; et une servante égyptienne, Agar, et les désordres qui s’ensuivirent dans la vie d’Abram. Au ch. 20, il devra confesser publiquement sa faute (v. 11 à 13). Dieu prend toujours les choses en main, pour le bien de ses enfants (1 Chron. 16. 21, 22 ; Zach. 3. 2). Pierre, dans le palais du souverain sacrificateur, n’était pas à sa place, et il y aura pour lui de terribles conséquences. David, en son temps, réfugié à l’étranger, prend peur et « fait l’insensé » pour échapper aux conséquences de sa faute (1 Sam. 21. 11 à 13), mais revient de belle manière au ch. 22. Abram, pris dans ses difficultés, ne sait plus que faire : alors Dieu intervient et le délivre (v. 17 à 20).
Ces chapitres nous mettent en garde contre les défaillances de notre foi qui produisent toujours des conséquences désastreuses dans notre vie et dans le témoignage. Tenons ferme en restant bien près du Seigneur ; Alors : « Par toi, je courrai au travers d’une troupe ; par mon Dieu, je franchirai une muraille » (2 Sam. 22. 30 ; Ps. 18. 29).
Ch. 13
Ce chapitre nous instruit sur les caractères opposés de deux croyants : l’un (Abram), marchait par la foi ; l’autre (Lot), avait le monde dans son cœur, et en a trouvé le chemin.
Un croyant qui fait une chute spirituelle a besoin d’une restauration : Dieu travaille en lui pour le faire revenir au point où il a abandonné le bon chemin : en Égypte, Abram n’avait plus son autel, et ne pouvait plus adorer ; mais il revient « au lieu où était l’autel qu’il y avait fait auparavant » (ch. 13. 4). Une chute n’arrive pas du jour au lendemain ; mais le relèvement est quelquefois long et difficile ! Au ch. 12, l’Éternel délivre Abram du piège où il était tombé. Mais, au ch. 13, Abram revient au point où il retrouve son autel et la communion avec son Dieu. Malgré sa faiblesse, Abram est un juste, pieux et fidèle : « le juste tombe sept fois et se relève » (Prov. 24. 16). « Est-ce qu’on tombe et qu’on ne se relève pas ? Est-ce qu’on se détourne et qu’on ne revient pas ? » (Jér. 8. 4). « Revenez à moi, et je reviendrai à vous » (Mal. 3. 7). « Si tu reviens… dit l’Éternel, reviens à moi » (Jér. 4. 1). « Reviens… l’infidèle… je ne ferai pas peser sur vous un visage irrité, car je suis bon » (Jér. 3. 12).
Cette restauration même partielle (car au ch. 20, il retombera de la même manière), lui montre qu’il convient de prendre une décision quant à ses relations avec Lot : la séparation d’avec son neveu, dont il a eu le temps de jauger l’état d’esprit, devient indispensable : « Deux hommes peuvent-ils marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord ? » (Amos 3. 3). La communion retrouvée, Dieu « dit à Abram… » (ch. 13. 14), et l’invite à lever ses yeux vers ce qu’Il veut lui donner (v. 14 à 16). Les richesses, dans l’Ancien Testament, résultaient de la bénédiction de Dieu ; mais ici, elles ont engendré de grandes difficultés (v. 7 et 8).
La même situation se retrouvera entre Jacob et Ésaü (Gen. 36. 6 et 7). « Ne me donne ni pauvreté ni richesse… » (Prov. 30. 8). Bien qu’Abram reconnaisse que Lot et lui sont frères, il constate que « le pays ne pouvait les porter… et ils ne pouvaient habiter ensemble ». Ils étaient dans un pays où « le Cananéen et le Phérésien habitaient » : les querelles entre leurs bergers respectifs risquaient de s’étendre à eux-mêmes, et à porter un mauvais témoignage auprès des « Cananéens et des Phérésiens qui habitaient alors le pays » (v. 7). 1 Corinthiens 6. 1 à 8 nous met en garde contre les disputes entre frères, et les procès.
Abram réalise, avant la lettre, les exhortations de Philippiens 2. 3 et 4. 5. Les bergers de Guérar et ceux d’Isaac, se disputeront aussi (Gen. 26. 20). On voit, à cette occasion, la douceur d’Isaac. « Avant que la dispute s’échauffe, va-t’en » (Prov. 17. 14). La bénédiction d’Abram valait mieux que l’herbe riche pour les troupeaux de Lot. Celui-ci lève un regard de convoitise vers les riches pâturages des plaines de Sodome lui rappelant les richesses de l’Égypte d’où il venait. C’est Dieu qui dit à Abram : « lève tes yeux et regarde… » (v. 13 et 14). Abram s’attache aux bénédictions divines. Lot marchait jusqu’ici avec la foi d’Abram. Mais il s’éloigne vers le monde, progressivement : d’abord « dans la plaine ; puis, jusqu’à Sodome » (v. 12) ; et « dans Sodome » (14. 12) ; enfin « à la porte de Sodome », comme un juge (ch. 19. 9). « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mat. 6. 21). Les enfants doivent marcher dans la foi de leurs parents d’abord, mais ensuite, s’attacher personnellement à suivre le Seigneur.
Les habitants de Sodome étaient connus « grands pécheurs devant l’Éternel » (v. 13). Lot n’ayant pas consulté l’Éternel, pensait pouvoir se garder de leur influence, mais cela était impossible. La propre volonté entraîne toujours loin de Dieu et crée des difficultés : Abram descend en Égypte (12. 10) ; Lot choisit pour lui (ch. 13. 11). Deux tribus d’Israël, plus tard, feront leur choix personnel, contre la volonté divine (Nomb. 32. 1 à 5). Ce sont les œuvres de la chair (Gal. 5. 19 à 21). Renonçons à nos choix personnels sans Dieu. « Lève tes yeux… » (v. 14) ; « Lève-toi » (v. 17), nous invitent à prendre connaissance de nos bénédictions célestes en Christ, et de nous en emparer (Jos. 1. 3), en nous y promenant « en long et en large » en étudiant la Parole.
Ch. 14
Le choix de Lot, fruit de ses convoitises, se révéla désastreux : la convoitise entretenue dans le cœur aveugle et enfante le péché (Jac. 1. 14 et 15). Le premier choix que tout homme est invité à faire, c’est : « choisis la vie afin que tu vives » (Deut. 30. 19). Abram a laissé Dieu choisir pour lui, car il ne convoitait pas, et a obtenu le pays tout entier. « Nos pères se sont confiés en toi… tu les as délivrés » (Ps. 22. 4). « Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables » (Ps. 16. 6). Pouvons-nous dire la même chose ? Levons les yeux vers Christ en qui nous avons un héritage céleste, afin de nous y « promener en long et en large » (v. 17). Et comme Abram, qui ne possédait rien dans le pays promis (Héb. 11. 13), prenons possession par la foi de ce qui nous est réservé pour plus tard.
Le Cantique des Cantiques nous exhorte à discerner, au milieu des attraits du monde, « les tanières des lions, les montagnes des léopards », les terribles pièges cachés derrière ses séductions (ch. 4. 8). Bien que croyant, Lot, dont le cœur est rempli de convoitises, a une vue bornée et ne voit pas plus loin que ses intérêts immédiats (2 Pier. 1. 8 et 9).
Abram doit lever ses yeux » et considère tout le pays qui lui est promis (ch. 13. 14 à 17). Dieu l’invite à se « promener » dans son futur héritage, ainsi qu’il le fera pour Josué : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (Jos. 1. 3). « Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre » (Col. 3. 1 et 2). Revenu à son point de départ après s’en être éloigné, Abram, à la fin du ch. 13, a fait des progrès, et il bâtit un nouvel autel à l’Éternel (v. 18). Le croyant fidèle et pieux s’élève vers la lumière « jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4. 18). Abram « habita auprès des chênes de Mamré (vigueur), qui sont à Hébron » (ville de la communion) (v. 18). Le croyant obtient la vigueur spirituelle dans la communion habituelle avec Dieu. Alors, il peut adorer.
Abram était caractérisé par ses autels ; Isaac par ses puits (ch. 26. 17 à 22) ; et Jacob par ses stèles (Gen. 28. 18 ; 31. 45 ; 35. 14 ; 35. 20). Ce troisième autel d’Abram caractérise son renoncement aux intérêts terrestres, pour s’attacher aux célestes. C’est un modèle pour nous aussi, afin de répondre à l’amour divin.
Le ch. 14 montre le premier conflit relaté dans la Parole. Lot vit au milieu d’un monde déchiré par la guerre et en sera la victime : S’il a été libre jusque-là, le voilà prisonnier (v. 12) ! Abram, par contraste, vit à l’écart, sur les hauteurs de la communion avec son Dieu : « Qu’un tesson conteste contre des tessons de la terre » (És. 45. 9). Et, apprenant que « son frère » est captif, il entre en campagne avec trois cent dix-huit hommes exercés, et infligera une défaite aux rois précédemment vainqueurs (v. 13 à 16). Ne nous mêlons pas des querelles du monde, fruits des convoitises des hommes (Jac. 4. 1 à 4), car nous en serions bientôt les prisonniers.
C’est la foi d’Abram qui a délivré Lot, un croyant aux aspirations terrestres. C’est par la prière de la foi que nous pouvons contribuer à la délivrance d’un frère qui s’égare dans le monde. « N’entre pas dans le sentier des méchants, et ne marche pas dans la voie des iniques, éloigne-t’en, et passe outre » (Prov. 4. 14). Au contraire : « Fils, écoutez l’instruction d’un père et soyez attentifs pour connaître l’intelligence ; car je vous donne une bonne doctrine : n’abandonnez pas mon enseignement » (v. 1 et 2). L’action d’Abram est le fruit de sa force spirituelle puisée dans sa communion avec l’Éternel. L’amour d’Abram pour son frère venait de son grand amour pour Dieu (1 Jean 4. 20 et 21). « L’ami aime en tout temps, et un frère est né pour la détresse » (Prov. 17. 17). Aimons nos frères en pratique, manifestant ainsi que nous aimons Dieu.
La foi d’Abram présente trois aspects : elle purifie le cœur, donnant le salut par grâce, par la foi (Act. 15. 11) ; elle opère par l’amour : il délivre Lot (Gal. 5. 13 et 14) ; elle triomphe du monde : enseigné par Melchisédec, Abram rejette les offres du roi de Sodome (1 Jean 2. 13 et 14).
Quatre rois luttant contre cinq autres mettent en jeu des forces considérables, représentant Babylone, la Perse, la Cappadoce et l’Asie mineure, contre Sodome, Gomorrhe, Adma, Tséboïm et Béla. Ces dernières villes seront détruites par Dieu Lui-même. Parmi elles, Tsoar où Lot se réfugiera, sera épargnée. Dieu permet qu’un homme réchappé rapporte l’affaire à Abram, qui se met en campagne avec trois cent dix-huit hommes « exercés » et tous « nés dans sa maison » (v. 13 et 14), et poursuit les rois jusque vers Damas, très au nord du pays. Les enfants nés dans la maison de parents croyants sont-ils exercés et prêts à combattre pour leur foi ? Sont-ils forts parce qu’ils ont vaincu le méchant » (1 Jean 2. 13 et 14) ? Abram, par la foi, combat ces rois et les défait. Gédéon, plus tard, vaincra avec trois cents hommes, et sans armes ! Si Dieu est avec nous, l’ennemi ne peut rien faire. Abram ramène tout le peuple et tous les biens, ainsi que Lot et tout ce qui est à lui : sa foi n’a pas défailli, il est victorieux. Dieu a combattu pour Abram (l’ami de Dieu), et lui a donné la victoire.
Ces combats des rois n’intéressent Abram que lorsqu’il apprend que Lot, son frère est prisonnier. Dans nos combats, deux faits interviennent : le côté de Dieu qui est puissant pour notre délivrance et pour nous donner la victoire ; et de notre côté, nous devons être prêts à combattre avec foi, étant exercés et revêtus de « l’armure complète de Dieu, afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister et, après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éph, 6. 13). L’armure ne doit jamais être quittée. Ce récit nous est rapporté en rapport avec Lot qui est un enfant de Dieu. Dieu prend soin des siens. Comme Abram, soyons « zélés pour les bonnes œuvres » (Tite 2. 14) ; et « prêts à toute bonne œuvre » (3. 1). Soyons prêts en tout temps.
« Toi donc, mon enfant… prends ta part des souffrances comme un bon soldat de Jésus Christ » (2 Tim. 2. 1 à 4), et « ne nous embarrassons pas des affaires de la vie ». « Combat le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 12). « Quand un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor. 12. 26). L’action d’Abram envers Lot en est une illustration.
Dieu a donné à Lot l’occasion de repartir de façon heureuse, en rejetant ce qui avait caractérisé sa vie passée. Mais Lot n’en a rien fait ! Dieu doit nous garder avant, pendant et après la bataille. C’est pourquoi Il envoie à Abram, après sa victoire, Melchisédec, « sans père, sans mère, sans généalogie… » (Héb. 7. 1 à 3), merveilleux type du Seigneur Jésus. Il bénit Abram en sa qualité de « roi de justice » et de « roi de paix ». Melchisédec élève les pensées d’Abram vers le « Dieu Très-haut » (nouveau titre de Dieu), pour qu’il ne s’attribue pas la victoire. C’est Dieu qui combat et qui nous rend victorieux.
Ce personnage mystérieux, « sacrificateur du Dieu Très-haut » (Gen. 14. 18), montre qu’au temps d’Abram, seul héritier des promesses divines, d’autres personnes étaient attachées au vrai Dieu. C’est un personnage prophétique, car actuellement, le Seigneur exerce la sacrificature selon l’ordre d’Aaron, pour nous qui sommes encore sur terre. Durant le millénium, Il l’exercera « à perpétuité, selon l’ordre de Melchisédec » (Ps. 110. 4 ; Héb. 7. 1 à 10). La victoire d’Abram sur le monde (21 à 24), est prophétique des victoires que nous sommes appelés à remporter avec le Seigneur, ainsi que de celles que connaîtra le résidu fidèle des Juifs, avant le millénium.
Melchisédec encourage et réconforte Abram, en apportant le pain et le vin, signe de sa communion avec Dieu, dans sa vie habituelle et dans son combat. Fortifié et instruit par Melchisédec, Abram repoussera les offres du roi de Sodome. D’ailleurs, Genèse 15. 1 se relie au ch. 14. 18 à 24 : Abram, ayant rejeté énergiquement les richesses immenses que le roi de Sodome lui offrait, Dieu peut lui dire avec bonheur : « Moi je suis ton bouclier et ta très grande récompense » (15. 1).
Fortifié par sa rencontre avec Melchisédec qui a élevé ses yeux vers « le Dieu Très-haut », Abram refuse de se laisser lier par les dons du roi de Sodome : il rejette « depuis un fil jusqu’à une courroie de sandale » (v. 23). Après une victoire spirituelle, nous sommes en danger de nous laisser circonvenir par le diable qui est prêt à nous enrichir des biens terrestres, pourvu qu’on lui laisse les âmes ! Mais « que donnera un homme en échange de son âme ? » (Mat. 16. 26) Dans l’Apocalypse, on trouve des marchands « d’âmes des hommes » (ch. 18. 11 à 13).
La Parole nous exhorte à nous séparer moralement du monde (2 Cor. 6. 14 à 17). Liés par les faveurs du monde, nous serions irrésistiblement entraînés et plongés dans sa propre corruption ! Prenons garde aux « petites compromissions », le diable s’en sert pour nous prendre dans ses filets. Il ne devait y avoir aucun levain dans les habitations des Israélites, durant les sept jours de la pâque (Ex. 12. 19 et 20). La pensée développée tout au long de l’histoire de Samson, était de le « lier » ; et, à la fin, il est réellement lié et impuissant à se libérer comme il croyait pouvoir le faire. On lui a crevé les yeux et il n’a jamais retrouvé sa liberté (Jug. 16).
Dieu veut nous « enrichir » de Christ et des bénédictions célestes. Ayant refusé les récompenses du roi de Sodome, désormais, Abram a Dieu Lui-même pour sa « très grande récompense » (ch. 15. 1).
L’outrecuidance du roi de Sodome, vaincu et dépouillé de tous ses biens, le pousse à réclamer d’Abram, le grand vainqueur, ce qui ne lui appartient plus ! Mais, comme un « homme fait », Abram a « par le fait de l’habitude, les sens exercés pour discerner le bien et le mal » (Héb. 5. 14). S’il s’était laissé séduire, il serait devenu « ami du monde et ennemi de Dieu » (Jac. 4. 4). Satan n’agit pas autrement lorsqu’il enrichit quelqu’un avec ce qui appartient à Dieu, « possesseur des cieux et de la terre » (v. 19 à 22). II voulait donner au Seigneur « tous les royaumes » de la terre qu’il lui montrait du haut d’une montagne (Mat. 4. 8 et 9) ; royaumes dont le Seigneur est le dominateur. Tout ce qui appartient à Dieu appartient aussi à ses enfants.
Envoyé spécialement par Dieu pour cette circonstance particulière, Melchisédec apparaît brusquement et disparaît de la même manière abrupte. Il en sera de même pour Philippe auprès de l’eunuque (Act. 8. 26 à 39), et pour Ananias auprès de Paul (Act. 9. 10 à18).
Aner, Eshcol et Mamré, hommes du pays des Amoréens et alliés d’Abram (Gen. 14. 13 et 24) ont accompagné Abram dans son combat contre les rois du monde. Qu’Abram se soit allié à ces hommes, ne doit pas nous étonner, car le ch. 15. 16 nous apprend que « l’iniquité des Amoréens n’était pas encore venue à son comble ». Abram s’engage dans ce combat avec sa seule foi en Dieu. Ses alliés le suivent mais la foi est individuelle et ne se partage pas: il faut une relation personnelle avec Dieu. Il ne semble pas qu’Abram ait sollicité l’aide de ces hommes qui l’ont suivi de leur propre chef.
Abram, lui, prend clairement position envers Dieu : « J’ai levé ma main vers l’Éternel… » (v. 22). Son engagement ferme lui a donné la force de résister victorieusement aux tentations du roi de Sodome. Daniel, plus tard, a « arrêté dans son cœur de ne pas se souiller avec les mets délicats du roi » (Dan. 1. 8). De même, lorsque Belshatsar veut le récompenser pour avoir déchiffré l’inscription sur le mur, il lui répond sans ambages : « Que tes présents te demeurent et donne tes récompenses à un autre » (Dan. 5. 17).
A l’exemple de ces grands hommes de foi du passé, soyons fermes pour rejeter les offres perfides du monde et pour nous attacher aux biens de l’héritage céleste que nous avons en Christ, notre Seigneur.
Ch. 15
Ce chapitre montre la grâce de Dieu envers Abram, en confirmant sa promesse au sujet de sa semence, et en s’engageant : selon la coutume de ce temps-là, Abram doit partager en deux parties des animaux, au milieu desquelles Dieu passe, Lui seul, sous forme d’un « brandon de feu » (v. 17) : c’est une promesse inconditionnelle n’engageant que Dieu. La foi d’Abram s’est manifestée dans son combat victorieux contre les rois, et dans son refus des richesses du roi de Sodome. Dieu se fait alors connaître comme Celui qui donne bien davantage.
Au ch. 22, Il se fera connaître de manière encore plus précieuse : « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14). Le « bouclier » d’Abram, ce ne sont pas ses trois cent dix-huit hommes avec lesquels il a combattu, ni sa stratégie : « Il divisa sa troupe, et se jeta sur eux de nuit » (v. 15), mais c’est Dieu Lui-même ; cela évoque le grand bouclier protégeant les combattants de tous côtés. L’Éternel lui dit : « Ne crains point ». Daniel, Paul par exemple, entendront cet encouragement. Dieu se révèle aussi comme « sa très grande récompense » (v. 1), et non les biens du monde. « L’Éternel est la portion de mon héritage » (Ps. 16). Tirons des conséquences pratiques des grandes promesses que nous avons reçues. Abram a dû être affecté de voir Lot qu’il avait délivré, retourner à Sodome ! Si Dieu nous délivre d’une situation fâcheuse due à notre propre volonté, n’y retombons pas.
Abram est le premier qui s’adresse à Dieu en ces termes : « Seigneur Éternel… » (v. 2). Puis, il y aura Moïse (Deut. 3. 24 et 25 ; 9. 26) à qui Dieu refuse l’entrée dans le pays promis ; Josué, après la défaite d’Aï (Jos. 7. 7) ; Gédéon recevant les ordres de Dieu (Jug. 6. 22) ; Samson à la fin de sa vie (Jug. 16. 28) ; David, dans le sentiment de la grâce de Dieu envers lui (2 Sam. 7. 18, 19, 20 et 29) ; Salomon terminant sa prière (1 Rois 8. 53) ; Jérémie lors de l’appel de Dieu (Jér. 1. 6) ; Amos, à l’évocation des jugements divins sur le peuple (Amos 7. 2 à 5). Cette expression révèle une profonde émotion. Dieu parle avec Abram et non avec Lot, dont Il a pourtant pris soin.
Ce chapitre parle de l’héritage et de l’héritier. Mais Abram n’avait encore ni l’un ni l’autre (Étienne le rappellera en Actes 7. 5). D’où la question d’Abram : « que me donneras-tu ? » (v. 2). Dieu veut tourner Abram, non sur la possession immédiate des choses promises, mais sur la promesse elle-même. Il lui est même promis une semence céleste (ch. 12. 3 ; 15. 5). Levons nos yeux en haut, car nous avons des promesses célestes en Christ. Les biens terrestres sont de la poussière (2 Cor. 4. 18). La foi d’Abram et de Saraï est mise à l’épreuve (Héb. 11. 11 et 12) : quand l’homme se reconnaît impuissant, Dieu se plaît à agir : tout doit venir de Dieu et non de l’homme. Le peuple, plus tard, voudra marcher par la vue : « fais-nous un dieu qui aille devant nous » (Ex. 32. 1). Avant que Dieu fasse les promesses du ch. 15, il fallait qu’intervienne Melchisédec, type de Christ de qui découlent toutes les bénédictions célestes. Sarah enfantant un fils alors que son sein était « en état de mort » (Rom. 4. 19), évoque la vie après la résurrection du Seigneur, vie qui est aussi celle de tous les croyants. L’héritier promis est placé sur le terrain de la résurrection.
Les oiseaux de proie rappellent ce qui nous empêche de jouir des promesses célestes (Jér. 12. 9). Au moment où Dieu s’engage, Abram dort, comme mis de côté ; cela rappelle aussi, que Dieu ne peut engager sa grâce que dans la mort de Christ. On pense également au « profond sommeil » d’Adam, d’où Ève est sortie ! En Exode 19 et 24. 7, le peuple s’engagera aussi, vis à vis de Dieu. Cependant, il révélera son incapacité à assumer sa responsabilité. Nous, nous recevons ces bénédictions célestes par pure grâce, car nul ne peut s’engager devant Dieu à une vie sans faiblesse. Seul Dieu compte les étoiles (Ps. 147. 3 et 4), ni Abram ni personne n’en est capable. La foi s’empare sans discussion des déclarations divines et prend Dieu au mot, car Il ne peut ni se tromper ni mentir : Dieu parle, je le crois…
En Genèse 12. 2 et 3, Dieu révèle à Abram qu’il sera une bénédiction pour toutes les familles de la terre. « Je te bénirai et je multiplierai abondamment ta semence » (Gen. 22. 16 et 17). « Et toutes les nations de la terre se béniront en ta semence » (v. 18). Le ch. 15 parle essentiellement de bénédictions terrestres de la descendance d’Abram. Le v. 5 qui parle des « étoiles » (objets célestes pouvant faire penser à la semence céleste d’Abram), met simplement Abram au défi de compter les bénédictions de Dieu, concernant sa descendance. Comme il est impossible de compter les étoiles, Abram ne pouvait pas mesurer l’étendue de sa semence.
Cependant, Genèse 22. 18 parle spécialement du Seigneur Jésus, vraie semence d’Abram (Gal. 3. 16), seule source de toutes bénédictions. Il y a pourtant deux semences d’Abram : la terrestre (Israël), et la céleste, (les chrétiens dont les bénédictions sont essentiellement célestes). La promesse faite à Abram est donc plus élevée que si elle se rattachait uniquement au peuple terrestre. Abram reçoit ces promesses par la foi, en toute simplicité. La vie d’Abram est basée tout entière, malgré des défaillances, sur la foi aux promesses divines. L’offrande de son fils Isaac sur qui reposaient les promesses (ch. 22), en est l’expression la plus élevée : il a « estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure, il le reçut » (Héb. 11. 19).
« Je suis l’Éternel qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens » (v. 7), est là comme une « signature » de Dieu pour authentifier la promesse. Abram se nourrit de la Parole de Dieu, comme nous y sommes tous appelés (Ps. 105. 42). La réalisation des promesses peut se faire attendre pour exercer notre patience jusqu’à ce qu’elle ait « son œuvre parfaite » (Jac. 1. 4) – et notre foi, mais elle se produira sûrement.
L’Éternel va s’engager pour prouver à Abram, la fermeté de sa promesse : il demande à Abram de sacrifier et de partager les animaux en deux afin de passer au milieu, coutume qui établissait la validité de tout serment (Jér. 34. 18). Seuls, tourterelle et jeune pigeon (animaux de caractère céleste), ne sont pas partagés. Mais Dieu seul s’engage, là, car Lui seul passe au milieu, sous la forme d’un brandon de feu (v. 17). La responsabilité d’Abram, qui dort à ce moment-là, est mise de côté, quant au serment. Oiseaux de proie du v. 11, profond sommeil, frayeur, suggèrent l’action de l’ennemi voulant nous ôter toute jouissance des promesses divines (Job 4. 12 à 14). Ici, Abram chasse ces oiseaux, ce qui nous rappelle qu’il nous appartient de tenir l’ennemi en échec, en ce qui concerne notre communion avec Dieu.
La fournaise (v. 17), rappelle que le peuple devait souffrir en Égypte, durant quatre cents ans. C’est aussi le sort de l’Église sur la terre. Ces sacrifices rappellent celui de Christ, grâce auquel les promesses faites à Abram, l’alliance unilatérale (v. 18), sont rendues possibles. Toutes les alliances voulues par l’Éternel ont toujours été scellées par des sacrifices rappelant celui du Seigneur Jésus (Héb. 9. 18). Ici, ces sacrifices dévoilent l’efficace du sang de Christ, pour établir l’alliance avec Abram. Contrairement à la signification du mot : alliance (deux parties qui s’unissent), Dieu seul s’engage inconditionnellement, sans rien exiger d’Abram.
Dieu lui fait des révélations extraordinaires en ce qui attend le peuple futur : sa longue captivité et sa délivrance, au moment où « l’iniquité des Amoréens sera venue à son comble » (v. 16). La précision des prophéties des Écritures, va toujours croissant. L’Église elle-même sera enlevée au ciel lorsque l’iniquité du monde arrivera à son paroxysme. Au temps où le Seigneur était sur la terre, l’iniquité des pharisiens a atteint son comble (Mat. 23. 30 à 32) : se croyant meilleurs que leurs pères qui avaient mis à mort les prophètes, eux allaient crucifier le Seigneur de gloire !…
Le peuple fut jugé, déporté, dispersé. Quant aux limites du pays assignées à Abram (v. 18 à 21), elles n’ont jamais été atteintes par le peuple, qui n’a pas dépossédé entièrement les ennemis et s’est mélangé à eux. Avons-nous conquis tout le « territoire » spirituel qui nous est dévolu ?
Ch. 16
Les ch. 15 et 16 sont liés. Au ch. 15, Abram reçoit la promesse d’une « semence ». Au ch. 16, une action est entreprise pour réaliser cette promesse de manière charnelle, dans l’impatience de l’homme. Dieu demande de la patience en ce qui concerne les promesses « Soyez imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent ce qui avait été promis » (Héb. 6. 12). Dieu accomplit ses propres promesses en Son temps à Lui, mais l’homme montre toujours son impatience, même dans les choses de Dieu, surtout si la réalisation de la promesse se fait attendre.
Lorsque Saraï donne sa servante à son mari, cela faisait dix ans qu’Abram vivait en Canaan (v. 3), et qu’il avait reçu la première promesse d’une descendance (ch. 12. 2). La foi vacille, car l’épreuve est longue et… s’allongera encore ! Cette défaillance aura des conséquences jusqu’à nos jours : Ismaël est l’ancêtre des Arabes, toujours ennemis d’Israël. Saraï a conscience que « l’Éternel l’a empêchée d’avoir des enfants » (v. 2). Mais elle aurait dû prier au lieu de se révolter, et d’employer des moyens charnels pour avoir un enfant avant le temps assigné par Dieu. Car Dieu attend souvent que les hommes atteignent le fond de leur impuissance pour se glorifier dans sa toute-puissance.
La foi d’Abram et de Saraï était mise à l’épreuve jusqu’à ce que, humainement, il leur devint impossible d’avoir des enfants (Héb. 11. 11 et 12). Que Dieu nous garde dans l’épreuve de notre foi. Naomi aussi dit « La main de l’Éternel s’est étendue contre moi » (Ruth 1. 13) ; et Jacob dira : « Toutes ces choses sont contre moi » (Gen. 42. 36), ignorant, l’un et l’autre, que la grâce divine préparait pour eux des bénédictions bien meilleures. En contraste, Anne « répandait son âme devant l’Éternel » (1 Sam. 1. 15), et Dieu l’exauça (v. 20).
Au ch. 43 de la Genèse, Jacob a appris la leçon et les bénédictions de Dieu se déploient. « Notre légère tribulation d’un moment opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 17). D’un autre côté, Satan a toujours une solution toute prête pour satisfaire notre propre volonté : Jonas trouve un bateau pour s’enfuir à Tarsis, au lieu d’aller à Ninive selon la volonté de Dieu. Pour satisfaire la volonté de Saraï, sa servante Agar est là. Dieu avait dit à Abram : « Celui qui sortira de tes entrailles, lui sera ton héritier » (ch. 15. 4) ; mais il n’avait pas encore précisé que ce serait avec Saraï (ch. 17. 15), « et Abram écouta la voix de Saraï » et est tombé, comme avant lui, Adam écouta la voix d’Ève.
Au ch. 21, Dieu exhorte Abraham à écouter la voix de Sara, car là, elle conseille son mari avec la sagesse de Dieu. Mais au ch. 16, c’est la chair qui conseille. Les épouses doivent aider leurs maris à bien diriger leur foyer : Abram aurait dû prier et non écouter les mauvais conseils de Saraï. Rebecca était stérile et Isaac pria et l’Éternel l’exauça (Gen. 25. 21). « La femme vertueuse de Proverbes 31 fait du bien à son mari, et non du mal » ; « Elle ouvre sa bouche avec sagesse » (v. 11, 12 et 26). Les motifs de Saraï semblent légitimes (v. 2 fin), mais ses moyens sont mauvais. Ensuite, Saraï dit : « Le tort qui m’est fait est sur toi » (v. 5) ; elle oublie sa responsabilité et Abram semble se désintéresser du sort d’Agar (v. 6).
Agar, servante ramenée d’Égypte, s’enfuit, car Saraï la maltraite, à présent, et plus rien n’est en ordre dans ce foyer où la servante méprise sa maîtresse (Prov. 30. 21 à 23). Dieu amène Agar à s’humilier et prend soin d’elle, dans sa grâce (v. 9 et 10). La faute d’Abram, d’être allé en Égypte, était pardonnée ; mais il y a des conséquences. Le crime de David aussi était pardonné, mais les conséquences ne lui furent pas épargnées : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7).
Saraï et Agar représentent deux alliances : « l’une enfantant pour la servitude, et c’est Agar ». C’est Israël sous la loi. Saraï enfantant dans sa vieillesse est le type d’Israël sous la grâce, durant le millénium, portant du fruit pour Dieu ; elle est aussi un type de l’Église : « la Jérusalem d’en haut » (Gal. 4. 19 à 31). Tolérée dans l’Ancien Testament, la polygamie n’est pas selon Dieu. C’est un facteur de désordre que l’on retrouve avec Anne et Pénina (1 Sam. 1. 5 et 6) et avec les épouses de Jacob et leurs servantes (Gen. 30). Prenons garde à nos foyers et élevons nos enfants dans la crainte du Seigneur.
Dieu prend soin d’Agar, une étrangère, car Ismaël, son fils, est le fils d’Abram. Cependant, l’Ange de l’Éternel agit de deux manières envers Agar : Il lui révèle qu’Il la connaît en l’appelant par son nom et en lui rappelant qu’elle est « servante de Saraï » (v. 8). Puis, il fouille sa conscience : « D’où viens-tu, et où vas-tu ? ». Dieu savait d’où elle venait et où elle allait, mais il fallait qu’elle le reconnaisse ; Agar dit la vérité, comme une confession, et l’Éternel la pousse à revenir et à s’humilier sous la main de Saraï.
Sous la loi, il ne fallait pas renvoyer un esclave qui s’enfuyait de chez son maître (Deut. 23. 15 et 16). Sous la grâce, Paul renvoie Onésime chez son maître Philémon. Ici, la loi n’était pas encore donnée, et l’Éternel prépare Agar à revenir chez Saraï. Si nous péchons contre Dieu, nous devons le Lui confesser. Si nous péchons contre quelqu’un, nous devons aussi le confesser à Dieu, mais aussi à la personne intéressée. Alors, l’Ange de l’Éternel parle maintenant à son cœur, en l’encourageant au sujet de l’enfant que son sein porte : « Je multiplierai beaucoup ta semence, et elle ne pourra se nombrer à cause de sa multitude » (v. 10). Le Seigneur agit souvent ainsi : Il touche la conscience d’abord, puis le cœur pour nous fortifier. D’autres fois, il touche le cœur d’abord, puis la conscience ensuite (Jean 4).
Le désert de Shur est sur le chemin qui va d’Israël jusqu’en Égypte (Ex. 15. 22). Agar, s’enfuyant de chez Saraï, s’en retournait sans doute en Égypte, son pays. On peut y voir une âme dans le désert aride de ce monde, et qui a soif d’amour. Dieu le sait et va pourvoir à ses besoins : il montre là, à Agar, un puits qui va la rafraîchir. Agar, une étrangère, a tout à apprendre, ce qui explique sa conduite. Elle a affaire à l’Ange de l’Éternel (c’est la première mention de l’Ange de l’Éternel, avec un A majuscule), figure du Seigneur dans l’Ancien Testament.
L’histoire d’Agar est révélatrice des soins d’amour de Dieu pour ses créatures ; au ch. 16, il lui est dit : « l’Éternel a entendu ton affliction » (v. 11). Au ch. 21 : « Dieu entendit la voix de l’enfant » (v. 17). Rien n’échappe à la sollicitude du Dieu de grâce qui entend même la faible voix d’un enfant ! S’il faut de la patience, aucun cri qui monte vers Dieu ne restera sans réponse de sa part. Exhortée à revenir vers sa maîtresse, Agar obéit sans murmures, chose toujours difficile… Seul, le Seigneur peut nous en donner la force, et c’est le chemin de la bénédiction. Le Seigneur Jésus, le Maître, nous a donné l’exemple en se faisant l’esclave de l’homme pour le racheter. Nous sommes exhortés à la soumission (1 Pier. 2. 18 et 19).
Quant à Sara, malgré ses défauts (elle rejette la faute sur son mari (v. 5) et elle montre de l’incrédulité (ch. 18. 12), elle est une des deux femmes de foi citée en Hébreux. 11.
Dieu donne à l’enfant d’Agar le nom d’Ismaël (El a entendu). Même si le comportement de Saraï et d’Agar a eu des conséquences par la suite, désormais la vie d’Agar, l’étrangère méprisée, est changée : elle connaît le Seigneur ! Chacun connaît-il Celui qui nous voit et qui se révèle ? Les promesses divines se réaliseront pour Ismaël : sa semence sera nombreuse et, « âne sauvage… il habitera à la vue de tous ses frères » (ch 16. 10 à 12 ; 25. 12 à 18). Cependant, l’alliance de Dieu sera établie avec Isaac (ch. 17. 19 et 21). Au ch. 21. 12, l’attachement d’Abram transparaît pour Ismaël âgé de quatorze ans, son seul fils alors.
À Beër-Lakaï-roï, le puits du vivant qui se révèle, Isaac a rencontré Rebecca et y a habité (ch. 24. 62 à 67 ; 25. 11). Isaac a creusé ou recreusé plusieurs puits (ch. 26. 17 à 22). C’est près d’un puits d’eau rafraîchissante que Dieu se révèle à Agar. De même, après que le Seigneur s’est révélé à une âme, Il donne l’eau qui procure la vie, mais aussi qui rafraîchit dans le chemin aride du monde : c’est la Parole qui nous révèle Jésus Christ comme Sauveur et comme Celui qui redonne une vigueur spirituelle toujours nouvelle. Moïse a dû frapper le rocher afin qu’il en découle les eaux de la vie pour le peuple (Ex. 17. 6). Mais ensuite, il fallait parler au rocher, pour qu’il donne les eaux rafraîchissantes (Nomb. 20. 7 et 8). Le puits de Beër (peut-être Beër-Shéba) est un type du Seigneur qui donne la vie (Nomb. 21. 16 à 18).
Ch. 17
Le ch. 16 est une parenthèse lourde de conséquences dans la vie d’Abram : il lui a fallu du temps pour apprendre la leçon. Entre la première annonce d’un fils et sa confirmation au ch. 17, il s’est écoulé vingt-cinq ans, durant lesquels sa foi a été éprouvée. Au ch. 16, Abram a succombé à la proposition de Saraï, et sa foi a momentanément défailli, retardant l’accomplissement de la promesse. « L’attente différée rend le cœur malade » (Prov. 13. 12).
Mais au ch. 17, Dieu renouvelle la foi d’Abram, et lui annonce la naissance prochaine du fils promis (v. 15 à 21), malgré les impossibilités physiques d’Abram et de Saraï (v. 17). Si Dieu s’est révélé comme le Dieu qui protège et qui donne (ch. 15. 1 à 6), ici, Il révèle ce qu’Il est en Lui-même : « Le Dieu Tout-puissant » (v. 1), prévenant ainsi toute incrédulité possible d’Abram. C’est sous ce titre qu’Il se révélera à tous les patriarches : Isaac et Jacob (Gen. 28. 3 ; 35. 11 ; Ex. 6. 2). C’est le même Dieu pour nous. C’est ici la première mention du Dieu Tout-puissant, de Celui pour qui rien n’est impossible.
Dieu dit à Abram : « Marche devant ma face et soit parfait ». Avant le déluge déjà, Hénoc et Noé marchaient « avec » Dieu. Dieu demande à Abram de marcher « devant » Lui ; cela nous fait penser à Élie qui disait « L’Éternel devant qui je me tiens ». Au ch. 48. 15, Jacob n’ose pas dire qu’il a marché devant Dieu, mais dit : « Le Dieu devant qui ont marché mes pères », et il reconnaît, devant le Pharaon, que ses « jours… ont été courts et mauvais » (ch. 47. 9). Cependant, il reconnaît que Dieu à été son « berger ». Dans le Nouveau Testament, Paul disait : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1. 31). Le Seigneur lui-même, le parfait modèle, a toujours marché à la gloire de Dieu.
« … sois parfait » ne signifie pas sans reproches (chose impossible) ; mais marcher d’un cœur droit, ce qui n’avait pas toujours caractérisé Abram. Examinons-nous nous-mêmes en cela ! Le Saint Esprit en nous nous rend plus responsables que ne l’était Abram. Paul dit : « Nous tous donc qui sommes parfaits… » (Phil. 3. 15) : c’est vrai quant à notre position devant Dieu, dans la nouvelle nature qu’Il a formée en nous ; mais nous devons vivre la Parole.
Vous avez marché, autrefois (dans vos péchés) (Éph. 2. 1) ; nous devons marcher : « dans les bonnes œuvres préparées à l’avance » (v. 10) ; « d’une manière digne de l’appel » (ch. 4. 1) ; « dans l’amour » (5. 1) ; « soigneusement » (v. 15). « Marcher devant Dieu », c’est craindre de Lui déplaire, conscients d’être sous son regard. « Marcher avec Dieu », c’est vivre dans sa communion.
Au v. 3 et 17, « Abram tomba sur sa face » ; c’est une habitude chez lui, en humilité et en adoration devant Dieu. Au ch. 15. 18, Dieu établit une alliance concernant le pays qu’Il donne à Abram et à sa descendance. Au ch. 17. 2, l’alliance est établie avec cette descendance (Israël), mais aussi avec tous les croyants des nations. Il établit sa prééminence sur les hommes : « entre moi et toi » (v. 2) ; et : « entre moi et vous » (v. 10). « Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice » (Rom. 4. 3 ; 16. 18).
Abraham est appelé trois fois dans les Écritures : l’ami de Dieu, et Dieu a, avec lui, de douces communications : « Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? » (ch. 18. 17) ; et Abraham fait d’instantes intercessions au ch. 18. C’est dans sa Parole que Dieu nous parle, aujourd’hui, et dans la prière.
Mis en tête de la lignée de la foi, Abraham devient « père d’une multitude de nations » (ch. 17. 4) et, en relation avec cette alliance, Dieu change son nom d’Abram en Abraham, manifestant un changement de position.
Dieu institue la circoncision comme signe de cette alliance (v. 10 à 13), et fait trois promesses : Il lui donne une semence. Il sera son Dieu, et Il lui donne le pays. Dieu s’engage Lui-même : « Je t’ai établi père d’une multitude de nations… Je te ferai fructifier… Je te ferai devenir des nations… Je te donne… » (v. 5, 6 et 8).
Dans le ch. 15, Dieu avait passé entre les pièces des animaux sacrifiés, scellant ainsi son alliance inconditionnelle avec Abraham. Mais au ch. 17. 9 à 14, Il scelle cette alliance dans la chair d’Abraham et de sa descendance. La foi d’Abraham lui étant comptée à justice, est scellée par la circoncision (Rom. 4. 9 à 12). Ce signe extérieur avait, dans la pensée divine, une signification morale, spirituelle, déjà sous-jacente en Deutéronome 10. 16 : « Circoncisez donc votre cœur ». La vraie signification a été rapidement perdue et la circoncision est devenue un simple rite auquel se soumettaient les Israélites par crainte des conséquences : la mort ! L’oubli de la pensée de Dieu conduit à n’observer qu’une simple forme.
Les chrétiens sont dans la circoncision spirituelle du Christ, liée à l’œuvre du Sauveur à la croix (Rom. 2. 29 ; Gal. 5. 24 ; Col. 2. 11 et 12), contrastant avec la circoncision corporelle dans l’Ancien Testament. Elle est opposée à « la concision » de Philippiens 3. 2 et 3, désignant une mise partielle de côté de la chair du croyant. Nous sommes identifiés à un Sauveur mort, étant moralement morts avec Lui. Le baptême, signe de la mort et de la résurrection avec Christ (on se plonge dans l’eau mais on ressort), est différent de la circoncision, signe de la mise de côté de la chair, pour une marche « en nouveauté de vie ».
« Nous tous qui avons été baptisés pour le christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d’entre les morts… ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Rom. 6. 3, « Ensevelis avec Christ » montre que tout ce qui rappelle la chair ne doit plus se manifester, comme un mort enseveli n’est plus vu.
Pour manger la pâque, l’Israélite de naissance ou l’étranger devaient être circoncis (Ex. 12. 43 à 49). Même Moïse, législateur choisi de Dieu pour le peuple, n’échappait pas à cette exigence, et Séphora, sa femme, circoncit son fils pour obéir à Dieu, mais en manifestant l’état de son cœur (Ex. 4. 24 à 26). Dieu permet des circonstances qui mettent à l’épreuve notre obéissance. Quant à Abraham, il obéit immédiatement : pour lui, c’était aussi la mise de côté d’Ismaël, le fils de la chair, au profit d’Isaac, le fils de la promesse. Abraham et sa descendance, n’ayant pour eux que des signes extérieurs, ne pouvaient comprendre complètement leurs significations ; cependant, ils devaient obéir. D’autres peuples pratiquaient la circoncision formelle ; mais pour les Hébreux, c’était le signe de l’alliance avec leur Dieu. Tout mâle, dans la maison d’Abraham, devait être marqué de ce signe d’alliance : nul ne pouvait y échapper sous peine de mort (ch. 17. 10 à 14) !
Dans nos foyers chrétiens, aucun membre converti de la famille ne doit se soustraire à ce que sa chair soit tenue dans la mort. Même le Seigneur Jésus, âgé de huit jours, fut circoncis (Luc 2. 21) : Joseph et Marie ont obéi de cœur à la loi sous laquelle le Seigneur était né (Gal. 4. 4). Dieu regarde au cœur : « Circoncisez-vous pour l’Éternel, et ôtez le prépuce de votre cœur » (Jér. 4. 4).
Ismaël est mis de côté : c’est le fils de la chair qui, bien que circoncis lui aussi (v. 25), a toujours été un homme profane. Le fruit de la chair étant mis de côté, Dieu introduit ici, Isaac, le fils de la promesse selon son cœur ; et c’est avec lui qu’Il établira son alliance (v. 21).
Une pensée importante ressort de ces passages : la foi a été comptée à justice pour Abraham avant qu’il reçoive le signe de la circoncision (Rom. 4. 9 à 12). Cela nous montre que, pour Dieu, ce qui compte en premier lieu, c’est de croire, et ensuite d’obéir, car Dieu regarde au cœur. Mais pour nous, chrétiens, la circoncision physique n’a plus aucune signification et serait moralement dangereuse : les Galates étaient poussés, par des Juifs, à se faire circoncire après avoir cru. Paul les reprend vertement et leur dit : « vous êtes déchus de la grâce » (Gal. 5. 4).
Comme Dieu a élevé Abraham au-dessus de sa condition première (v. 1 à 5), maintenant, Il élève Sara de la même manière (v. 15). Un changement de nom impliquait une situation changée par rapport à Dieu Lui-même : Jacob devint Israël (ch. 32. 27 et 28 ; 35. 10). Simon, fils de Jonas, devint Céphas (l’apôtre Pierre). Saraï changée en Sara devient une princesse selon Dieu. De même qu’à Abraham, la promesse lui est faite qu’elle deviendra mère de « nations, et des rois de peuples sortiront d’elle » (v. 16). Dès notre conversion, notre nom primitif de « fils de ténèbres » est changé en « fils de la lumière » cela implique un changement d’orientation dans notre vie.
La promesse d’avoir un fils se précise : « … en cette saison, l’année qui vient » (v. 21). Cet enfant, ils le recevront sur la base de la puissante grâce de Dieu. Abraham rit de joie malgré l’incrédulité se rattachant à son incapacité physique et à celle de Sara, à cause de leur grand âge. Mais la puissance de Dieu s’accomplit lorsque l’homme est parvenu à reconnaître sa propre impuissance. D’abord stérile, Sara va devenir la mère du futur peuple hébreu et la mère « spirituelle » de tous les croyants des nations : « Exulte, stérile, qui n’enfantais pas ; éclate en chant de triomphe, et pousse des cris de joie, toi qui n’as pas été en travail, car les fils de la désolée sont plus nombreux que les fils de la femme mariée, dit l’Éternel » (És. 54. 1).
Cette prophétie est rappelée en Galates 4. 24 à 27, en rapport avec ce que représente Sara pour les croyants des nations : « la femme libre, la Jérusalem d’en haut ». Cependant, Sara représente avant tout la nation juive durant le millénium, nation longtemps stérile mais qui, alors, portera de nombreux fruits pour son Dieu. Dieu se plaît à bénir richement ceux qui Le suivent avec foi.
Abraham et Sara, durant treize ans (fin du ch. 16 et début du ch. 17), semblent avoir suivi Dieu fidèlement : leur foi a été encouragée et Dieu peut, désormais, accomplir sa promesse d’une postérité selon sa pensée. Dans sa joie, Abraham, encore incrédule quant à sa propre capacité, intercède pour Ismaël, le fils de la chair, et Dieu l’exauce : il aura douze fils (ch. 25. 13 à 16). Cependant, les peuples issus d’Ismaël seront toujours ennemis de Dieu et du peuple Juif.
Mais son alliance, Il l’établira avec Isaac (v. 19 et 21). Il ne s’agit pas d’une transmission d’alliance par l’intermédiaire d’Abraham : « mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac ». La même incrédulité se retrouve en Sara dans l’âge avancé : « Et Sara rit en elle-même, disant : étant vieille, aurai-je du plaisir ? … mon seigneur aussi est âgé » (ch. 18. 12). Pourtant, l’épître aux Hébreux affirme qu’elle ne mit pas en doute la parole du Seigneur (Héb. 11. 11). Dans sa miséricorde, Dieu ne s’arrête pas à la faiblesse de ses serviteurs. En Luc 1. 13 et 20, Zacharie, incrédule à l’annonce faite par l’ange, subit la discipline. Au contraire, lorsque Marie visite sa cousine Élisabeth, celle-ci est remplie de joie en croyant.
Comme au v. 3, Abraham « tomba sur sa face » (v. 17), tandis que Dieu parle avec lui. Abraham est un habitué du contact direct avec son Dieu : au ch. 18. 2, « il se prosterna en terre » devant les « trois hommes ». Avons-nous l’habitude d’avoir des entretiens avec Dieu ?
Isaac (rire) est un type de Christ, le véritable héritier de l’alliance, en qui et pour qui se réaliseront toutes les promesses faites par Dieu : « Autant il y a de promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l’amen » (2 Cor. 1. 20). Abraham a obéi de cœur à Dieu, pour la circoncision, le jour-même où Il lui a parlé (v. 23 à 27). Le peuple, plus tard, obéira légalement, mais non de cœur. Obéissons, nous-mêmes, non pour des récompenses ou par crainte d’une punition, mais par amour pour le Seigneur (Jean 14. 21). Le Seigneur Jésus, enfant (Luc 2. 49), était « soumis » à ses parents parce qu’Il les aimait. Se soumettre suppose que l’on aime.
Ch. 18
Les ch. 18 et 19 relatent la rencontre de personnages célestes avec deux hommes : Abraham (ch. 18) ; et Lot (ch. 19). Mais de grandes différences sont observées lors de ces rencontres : Abraham est en bon état spirituel et jouit d’une profonde communion avec l’Éternel. Durant treize ans, Dieu n’a pas relevé de défaillance chez lui et Sara. Sa communion lui fait discerner très vite que, des « trois hommes qui se tenaient près de lui », l’un était une manifestation de l’Éternel Lui-même ; et c’est à Lui qu’il s’adresse directement (v. 3). « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14. 23). Les deux autres, qui sont des anges, ne sont que « des esprits administrateurs… » (Héb. 1. 14). L’Éternel peut avoir un entretien paisible avec Abraham.
Lot, quant à lui, bien qu’étant un croyant « qui tourmentait son âme juste » (2 Pier. 2. 7 et 8), étant dans le monde, ne jouit d’aucune communion avec son Dieu. Dès le départ, leur position respective est très différente : Abraham « était assis à l’entrée de la tente » : n’importe qui n’y serait pas entré ! Et puis : « il leva les yeux et regarda… », et « l’Éternel lui apparut » (v. 1) ; et : les « trois hommes se tenaient près de lui ». Levons les yeux, nous aussi, afin de voir le Seigneur. Lot, lui, « était assis à la porte de Sodome » (ch. 19. 1), et l’Éternel ne descendra pas à Sodome. Si l’Éternel accepte tout de suite l’hospitalité d’Abraham (v. 5), les anges seront réticents pour accepter celle de Lot (ch. 19. 2).
Abraham veille à la porte de la tente et Sara y est à l’abri. La paix règne dans le foyer où chacun se tient à sa place. Lot invite les visiteurs à se « détourner vers sa maison » (ch. 19. 2). Enfin, Abraham, malgré la communion dont il jouit, en appelle à la grâce (v. 3), se prosterne (attitude de profond respect), et se montre humble : « je prendrai un morceau de pain… » (v. 5) ; mais il manifestera une hospitalité généreuse (v. 6 à 8). Nous avons des exhortations en Hébreux 13. 2 ; Romains 12. 13 ; 1 Pierre 4. 9. Même si nous connaissons Dieu comme notre Père, le même respect Lui est dû. Si Le Seigneur Jésus nous nomme « ses frères », nous devons être devant Lui comme devant notre Dieu Sauveur. Abraham discerne même la raison pour laquelle l’Éternel est passé près de sa tente (v. 5 fin), et est prêt à faire ce qu’il doit faire, et le fait.
Abraham offre ce qui est agréable à Dieu (v. 6 à 8) ; Dans sa communion avec Dieu, Dieu lui fait des confidences (v. 16 à 21) ; enfin il intercède pour les pécheurs (v. 23 à 32). Pendant que « les trois hommes » mangent, Abraham se tient « auprès d’eux sous l’arbre… » (v. 8) : il jouit de la présence de l’Éternel à qui il a offert « des gâteaux de fleur de farine » et « un veau tendre et bon ». (Cela nous parle peut-être de l’humanité de Christ et de l’holocauste) ; puis, il ajouta de la crème et du lait : tout ce qu’il avait de meilleur. Réjouissons-nous dans la présence du Seigneur (Mat. 28. 20 ; Jean 20. 20), et offrons-lui le meilleur de notre reconnaissance.
Enfin, l’Éternel renouvelle sa promesse d’une « semence » que Sara lui donnera. On voit alors un mélange de joie et d’incrédulité à cause de leur grand âge, car ils rient tous les deux (ch. 17. 17 ; ch. 18. 12) : (Isaac signifie : rire, joie). Pourtant, ils ont eu foi en Dieu, même s’Il a dû insister pour Abraham (ch. 17. 19), et reprendre Sara (ch. 18. 13 à 15). Celle-ci témoigne, même intérieurement, d’un profond respect pour Abraham qu’elle appelle : « mon seigneur… » (v. 12). Ce fait est rappelé en 1 Pierre 3. 5 et 6, en rapport avec les épouses chrétiennes, devenues « enfants » de Sara, « étant soumises à leurs propres maris ».
Le v. 14 qui a encouragé Abraham et Sara, nous encourage nous aussi : « Y a-t-il quelque chose qui soit trop difficile pour l’Éternel ? » (Marc 10. 26)
Malgré le paragraphe 9 à 15, Dieu nous rappelle, en Hébreux 11. 11, la foi de Sara. Le grand âge d’Abraham et de Sara, ne pouvait empêcher la puissance divine du Créateur, quant à la réalisation de ses promesses, car rien ne Lui est impossible (v. 14). Il est aussi le Rédempteur pour l’homme créé à son image, à qui Il fait des promesses. Il peut différer leur réalisation, mais Il les accomplit en son temps, dans leur plénitude, soit pour chacun, soit pour l’Église, soit en ce qui concerne le monde, en jugement.
La promesse faite à Abraham et Sara se réalise au ch. 21. 1 et 2. Sara ayant ri, est mal à l’aise à cause de son incrédulité, et elle ment ; mais on ne trompe pas Dieu (v. 15). Si un croyant ment, il obéit au diable qui est appelé « menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). Soyons vrais et droits devant Dieu et les hommes. Marchant dans la vérité, nous assurerons nos cœurs devant Dieu (1 Jean 3. 19 et 21). Pourtant, au ch. 21, elle reconnaîtra sa faiblesse et la puissance de l’Éternel (v. 6 et 7).
Dieu nous ayant donné son Fils Bien-aimé, nous a tout donné avec Lui. Tout ce qu’Il nous donne ensuite n’est rien, pour Lui, comparé à ce sacrifice suprême (Rom. 8. 32). Nous sommes donc assurés que ses promesses s’accompliront au pied de la lettre, au temps voulu de Dieu. Cependant, malgré sa toute-puissance, Dieu, dans sa miséricorde, ne passe pas outre aux lois naturelles : « Quand son terme sera là, Sara aura un fils » (v. 14).
Dans sa communion avec Abraham, Dieu lui avait fait des communications le concernant directement, dans les chapitres qui précèdent. Maintenant, Il lui communique ses pensées quant au monde qu’Il va juger. Abraham « fait la conduite » à l’Éternel. C’est une manifestation de communion (1 Cor. 16 ; 3 Jean 5 et 6), au cours de laquelle de douces communications se font. Les v. 20 et 21, révèlent que Dieu ne frappe jamais avant d’avoir mesuré l’ampleur du mal. De même qu’Abraham était averti de ce qui allait advenir à ce monde corrompu, nous le sommes, nous aussi, par les révélations des prophéties (l’Apocalypse en particulier). Cela nous incite à une double attitude : nous séparer moralement du monde en refusant de porter ses caractères afin d’être de vrais témoins, et intercéder pour tous les hommes.
L’Éternel montre à Abraham pourquoi il lui fait de telles confidences : « Je le connais… je sais… ». Il connaît son obéissance pour lui-même et pour sa descendance (v. 17 à 19). Avertissons nos enfants avec douceur, mais fermeté, que le monde est un ennemi (2 Cor. 6. 14 à 18) ; et que nous devons obéir de cœur, par amour, à Celui qui « nous a aimés le premier ». Et appliquons-nous à instruire nos enfants, dans nos maisons moralement en ordre, et à leur « inculquer » les enseignements de la Parole (Deut. 6. 6 et 7), les préparant ainsi à ce que Dieu puisse, d’abord, leur communiquer la vie, puis les entraîner dans une marche soigneuse. Le Seigneur nous appelle « ses amis » comme autrefois Abraham a été « l’ami de Dieu » mais il y a une condition : « … si vous faites tout ce que moi je vous commande » (Jean 15. 14). De grandes bénédictions se rattachent à l’obéissance de cœur, en famille.
Dans les péchés de Sodome et Gomorrhe, résumés en Ézéchiel 16. 49 et 50 : « Orgueil, abondance de pain et insouciant repos, elle les a possédés… mais elle n’a pas fortifié la main de l’affligé et du pauvre. Elles se sont élevées et ont commis des abominations devant moi ; et je les ai ôtées lorsque je l’ai vu ». On retrouve les caractères de notre monde actuel : surabondance, société de loisirs, orgueil et égoïsme, et les abominations mondialement répandues. Abraham n’avait rien à voir pour lui-même, avec les péchés de Sodome et Gomorrhe. Mais, conscient de l’honneur qui lui est fait de la part de Dieu, il intercède longuement. Nous aussi, avertis du jugement suspendu sur le monde, intercédons pour tous les hommes dans nos prières.
L’Éternel fait des confidences à Abraham parce qu’Il connaît son cœur fidèle et pieux : Il l’avertit de ce qui va arriver à ce monde corrompu. Abraham habite à Hébron (ch. 13. 18), avec une vie de foi, et dans l’amour pour son Dieu, loin des villes de la plaine qui sont sous le jugement. C’est pourquoi il peut intercéder pour les pécheurs de Sodome et Gomorrhe : « méchants et grands pécheurs devant l’Éternel » (ch. 13. 13). Le ch. 19. 13 montre que Dieu connaissait l’état de ces hommes ; cependant, Il s’en enquiert soigneusement, car Dieu ne punit jamais le mal avant qu’il ne soit commis, et Il le châtie selon la mesure de sa gravité. « Les yeux de l’Éternel parcourent toute la terre » (2 Chron. 16. 9). Ici, le mal est si odieux aux yeux du Dieu saint, qu’il n’y a plus de retour possible : Sodome et Gomorrhe seront détruites selon la justice divine !
Dieu nous avertit que si nous péchons, il y aura toujours des conséquences, bien qu’Il soit un Dieu de grâce. Dieu s’intéresse à la terre et aux siens (ch. 18. 21). Plus tard, l’Éternel prendra connaissance des conditions de vie faites aux Hébreux, en Égypte : « Et Dieu ouï… regarda… connut leur état » (Ex. 2. 23 à 25). « J’ai vu… j’ai entendu… je connais… » (Ex. 3. 7). « Certainement je vous ai visités, et j’ai vu ce qu’on vous fait en Égypte » (Ex. 3. 16). C’est toujours ce même Dieu que nous connaissons comme notre Père, qui nous visite : Recevons-le.
A partir du v. 22, les anges se dirigent vers Sodome, tandis que l’Éternel reste avec Abraham qui se « tenait encore devant l’Éternel ». Et « il s’approcha » et lui parla. Abraham ne s’est pas contenté de recevoir les confidences divines : il intercède, maintenant, pour les éventuels « justes » qui pourraient se trouver dans Sodome. La prophétie nous avertit de ce qui va arriver au monde : dans une marche de sainteté pratique, intercédons pour les pécheurs. L’intercession d’Abraham est limitée (il s’arrête à dix) ; mais, plus il intercède dans la lumière de la présence divine, plus il discerne l’ampleur du mal : sa première pensée est qu’il y a peut-être « cinquante justes dans la ville », puis quarante-cinq, puis trente, enfin, vingt, et pour finir : dix ! Dans notre vie, dans la communion habituelle avec le Seigneur, notre discernement s’affinera.
Dans Sodome, il n’y avait qu’un seul juste : Lot… « que Dieu renvoya hors de la destruction » sauvé « comme à travers le feu » (1 Cor. 3. 15), l’Éternel s’étant souvenu de l’intercession d’Abraham (ch. 19. 29). Notons que cet homme de grande foi parle à l’Éternel avec humilité (v. 27), et hardiesse, dans ce paragraphe : il fait appel à la justice de la grâce (v. 25), car son cœur ne le condamnait pas (1 Jean 3. 21 et 22). Apprenons, nous aussi la leçon. Par contraste, Lot ne pouvait pas intercéder pour d’autres que lui-même : sa conscience n’était pas à l’aise devant Dieu. Si nous-mêmes sommes revêtus de « l’armure complète de Dieu » (Éph. 6. 11 et 18), nous pourrons intercéder pour les autres. Abraham intercesseur, s’est arrêté à dix justes ; peut-être un seul était-il suffisant pour sauver toute la ville.
Dans Jérémie 5. 1, l’Éternel invite à chercher à Jérusalem, la ville bien-aimée de Dieu, s’il y avait encore un seul juste, et Il pardonnerait à la ville. Mais c’était dire qu’il n’y en avait plus aucun ! Dans ses voies, Dieu est souverain pour pardonner ou non. Mais l’Intercesseur divin, « Jésus », grand souverain sacrificateur se tenant devant Dieu, est toujours vivant pour intercéder pour nous et nous sauver entièrement (Héb. 4. 14 à 16 ; 7. 25). « Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce », avec des demandes selon les pensées du Seigneur : « La fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16). David, en son temps, « s’assit devant l’Éternel ». Au contraire d’Abraham intercédant pour des coupables, Jonas refuse d’en appeler à la grâce divine pour Ninive…
Quant à l’exaucement de nos prières, Dieu le limite à la profondeur de notre foi. En 2 Rois 4. 3 à 6, l’huile s’est arrêtée de couler quand il n’y a plus eu de vase pour la recevoir. Guérissant les malades et les infirmes, le Seigneur leur dit : « Qu’il te soit fait selon ta foi » ou : comme tu as cru.
Ch. 19
L’atmosphère de ce chapitre s’oppose à celle du précédent : si Dieu Lui-même s’est approché d’Abraham, Il n’est pas allé jusqu’à Sodome. Lot n’a aucune communion avec Dieu, et n’a même pas un bon témoignage dans sa propre famille : « il sembla aux yeux de ses gendres qu’il se moquait » (v. 14) ! Averti du jugement pesant sur la ville, « il tardait » à s’en retirer (v. 16). De plus, il ne peut supporter la pensée de se réfugier sur la montagne : il se retirera plutôt dans « la petite ville » de Tsoar (v. 22). Les raisons qu’il invoque pour esquiver la montagne n’ont aucune valeur : les anges ne pouvaient rien faire tant qu’il n’était pas à l’abri. Dieu veut nous instruire : de nos jours, le monde entier a repris ces caractères de corruption de Sodome et, si nous sommes dans le monde, nous ne sommes pas du monde et Dieu nous garde du monde (Jean 17. 9 à 17). Parcourons la terre avec le cœur dans le ciel.
Lot a glissé peu à peu en établissant ses tentes à proximité de Sodome (ch. 13. 12 et 13) ; puis, il habita dans Sodome (ch. 14. 12). Enfin, il avait acquis assez de notoriété pour « juger » à la porte de la ville (ch. 19. 1). C’est là que les choses se réglaient (Deut. 21. 19). Il avait perdu son caractère de « voyageur et étranger » sur la terre. Jacob, plus tard, se bâtira une maison à Succoth, et il s’ensuivra des évènements graves dans sa famille. Le monde peut apprécier les caractères propres aux chrétiens : honnêteté, sens de la justice, mais il n’accepte pas les critiques de leur part (v. 9) ; restons ces voyageurs, moralement étrangers au monde.
Lot ressent que ces hommes qui arrivent à Sodome, sont envoyés de Dieu : il prononce les mêmes paroles qu’Abraham et, lui aussi, il leur prépare un repas. Mais l’accueil fait à son invitation aurait dû toucher sa conscience. Il avait marché au milieu des méchants (Ps. 1. 1). Et si les anges entrent chez lui, ce sera pour le sauver. Pour entrer chez Lot, les anges ont dû se « détourner » de leur chemin (v. 2 et 3) ; alors que l’Éternel a pu aller droit à Abraham, « assis à l’entrée de sa tente » (ch. 18. 1).
Lot n’a aucun discernement quant à la mission des anges venus pour détruire la ville : « … vous vous lèverez le matin, et vous irez votre chemin » (v. 2). Certains croyants pensent pouvoir changer le monde par leurs efforts ; mais le monde est jugé. Ne nous laissons pas conduire par notre propre volonté (1 Cor. 7. 29 à 31). Lot ose appeler les hommes de Sodome : « mes frères » (v. 7)… et au v. 8, il leur fait une offre abjecte : ses propres filles ! Mais, bien qu’il leur fasse la morale (v. 7), il est disqualifié, et ces hommes méchants le méprisent (v. 9). Il est devenu ce « sel qui a perdu sa saveur et qui est foulé aux pieds par les hommes » (Mat. 5. 13), après s’être laissé aller aux « convoitises de la chair, à la convoitise des yeux et à l’orgueil de la vie » (1 Jean 2. 15 à 17). Ne soyons pas séduits par le monde : « Le monde s’en va et sa convoitise ».
Tous les hommes de Sodome étaient là, unis dans la corruption (v. 4) et Lot ne peut faire face à ce déchaînement du mal. Alors, la grâce de Dieu le sauve de leur haine (v. 10). Les anges ouvrent miraculeusement la porte que Lot avait fermée, et frappent ces hommes pervers de cécité, « de sorte qu’ils se lassèrent à chercher l’entrée » (v. 11). La cécité morale frappe les hommes du monde qui aimeraient ouvrir d’autres portes, pour faire encore plus de mal qu’ils n’en font ; mais Dieu retient. En 2 Rois 6. 14 à 17, Dieu avait aveuglé les Syriens et ouvert les yeux du serviteur d’Élisée pour répondre à sa prière.
Le mal s’affiche sans honte, de nos jours, comme du temps de Lot, où les hommes de Sodome ne se cachaient pas (v. 5 ; Rom. 1. 32). Les péchés de certains hommes sont jugés d’avance ; d’autres le seront après, mais tous le seront (1 Tim. 5. 24). Prenons garde de ne pas nous habituer au spectacle du mal banalisé par l’esprit actuel du monde : ce serait « s’égarer du droit chemin » (2 Pier. 2. 15), comme avait fait Lot en son temps. Nous avons un antidote : passer du temps avec le Seigneur, dans la prière, la lecture de la Parole, et en ayant des cœurs occupés des choses édifiantes (Phil. 4. 8 et 9).
Lot avait assez d’autorité dans la ville pour être assis à la porte avec les anciens, mais dans sa propre famille, il n’en avait aucune. Avait-il l’habitude de plaisanter ? En tout cas, lorsqu’il les avertit sérieusement, « il sembla aux yeux de ses gendres qu’il se moquait » (v. 14). Les plaisanteries, en ce qu’elles ont de mauvais, sont condamnées par la Parole (Éph. 5. 3 et 4). On trouve une similitude entre l’action divine concernant Noé « entre dans l’arche toi et ta maison » (ch. 7. 1), et celle concernant Lot (v. 12 et 13). Bien qu’ayant une vie pratique affligeante, Lot n’en était pas moins un juste (2 Pier. 2. 6 à 9) ; réalité importante pour Dieu. Purifiés par le sang du Seigneur, les justes sont sauvés de façon irréversible.
Comme Lot, on peut perdre sa course tout en étant « sauvés toutefois, comme à travers le feu » (1 Cor. 3. 15). Si nous péchons, Satan cherche à nous faire douter de notre salut ; ne l’écoutons surtout pas, car Dieu voit les croyants à travers l’œuvre parfaite de son Fils : c’est une justice de position intangible. La justice pratique de Lot était ruinée. On est effaré de sa proposition du v. 8 où il offre ses filles ; de son attachement à cette ville perverse : « il tardait » à en sortir (v. 16) ; peut-être avait-il l’habitude de s’enivrer (v. 32, 33 et 35). Et enfin, de la ruine qui s’ensuivit pour sa famille ! Malgré cela, ses avertissements sérieux de la part de Dieu auraient dû être écoutés (Luc 17. 28 à 30 ; Ex. 9. 19 à 22).
Le témoignage de Noé, bien que lui ait été fidèle, n’a pas non plus eu beaucoup d’effet. Si notre vie est dépourvue de justice pratique, notre témoignage au monde ne sera pas crédible. La séparation du monde nous communiquera l’autorité morale pour un témoignage béni. La pensée de la venue du Seigneur est-elle bienvenue pour nous ? Nous sommes enclins à ne pas croire ce qui sort de l’ordinaire : les disciples ne crurent pas les femmes qui avaient reçu le témoignage des anges affirmant la résurrection du Seigneur (Luc 24. 9 à 11). Le serviteur que Dieu envoie peut être faible, insignifiant, mais recevons ce qu’il annonce de la part de Dieu.
Abdias, qui craignait Dieu, servait un roi impie : dans sa rencontre avec Élie, il se montre conciliant ; mais le prophète reste distant, car la position d’Abdias n’était pas bonne et Élie n’est pas à l’aise devant lui (1 Rois 18. 3, 7 à 9).
« L’Éternel ayant pitié de lui » sauva Lot, sa femme et ses filles (v. 16), grâce à l’intercession d’Abraham jouissant de la communion avec Dieu ! Quant aux filles de Lot, imprégnées de l’esprit corrompu de Sodome, aucune crainte de Dieu ne les retiendra (v. 31 à 36) !
Il nous arrive, comme Lot (v. 18), comme Pierre, plusieurs fois, de dire non au Seigneur, lorsque nous ne sommes pas prêts à Le laisser diriger notre vie. Il s’ensuit toujours des douleurs. Jacob, le calculateur, a eu une vie tourmentée. Bien près d’être détruit avec la ville, dans une situation dramatique, Lot s’oppose à Dieu, malgré des instructions précises qui auraient dû mettre un terme à toute hésitation ! Mais c’est un Dieu de miséricorde (Rom. 9. 15 et 16). Laissons le Seigneur gouverner nos circonstances ; il s’ensuivra des bénédictions.
Le v. 17 invite Lot à abandonner ses biens pour sauver sa vie ; à ne rien regretter de sa vie passée ; à ne pas s’arrêter aux facilités du monde (la plaine), et à s’élever dans la communion avec Dieu (se réfugier dans la montagne). Ces exhortations sont aussi pour nous. Lot a dû apprendre que les dangers étaient les mêmes dans « une petite ville » que dans une grande : c’est toujours le monde.
Il a dû quitter Tsoar pour la montagne (v. 30). Longtemps séduit par le monde, Lot, à la fin de sa vie, a tout perdu : il se retrouve dans une caverne, dépouillé de tous ses biens… La grâce divine agit en faveur de Lot, comme plus tard, en faveur d’Éphraïm que Dieu aurait pu détruire, comme « Adma et Tséboïm », villes de la plaine détruites avec Sodome. Mais : « Toutes ensemble, mes compassions se sont émues. Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas de nouveau Éphraïm » (Osée 11. 8 et 9).
Le jugement de ces villes corrompues est un type du jugement divin, sur le monde ayant retrouvé ces mêmes caractères, à l’échelon planétaire (Jude 7) : 2 Pierre 3. 10 dévoile la destruction des cieux et de la terre actuels, par le feu, à la fin. Sachant ces choses, « quelles gens devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu » (v. 11). Mais ce qui attend le monde, dans un premier temps, c’est « le feu » du jugement moral de Dieu (Deut. 29. 23). Le renversement de Sodome et Gomorrhe est rappelé en Jérémie 20. 16. Dieu est patient mais « sa colère est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité » (Rom. 1. 18 ; És. 13. 15). Ces jugements du passé n’étaient que des préludes, car la Genèse contient en germe tout ce que Dieu fera ensuite (2 Thess. 1. 6 à 9).
Au v. 29, Dieu, se souvenant de l’intercession respectueuse d’Abraham, « renvoya Lot hors de la destruction ». Au milieu de ce monde corrompu, Dieu distingue ceux qui lui appartiennent (Éz. 29. 2 à 6 ; Apoc. 7. 1 à 3). Ceux qu’Il marque ainsi au front, sont épargnés. Lot était un juste, et Dieu le sauve. Il ne devait pas se retourner ni s’arrêter ; et il obéira, contrairement à sa femme qui s’est retournée, et est devenue « une statue de sel » (v. 26). Sa femme n’appartenait sûrement pas à Dieu, et sa faute est rappelée comme avertissement en Luc 17. 28 à 32 : une statue est une représentation humaine sans vie ; et le sel parle, ici, de stérilité. Regarder en arrière fait perdre de vue le but assigné par Dieu : « Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière n’est propre pour le royaume de Dieu » (Luc 9. 62).
Regardons en haut et en avant, et non en arrière, comme le peuple qui regrettait la nourriture de l’Égypte (Ex. 16. 2 et 3), et voulait se donner d’autres chefs pour y retourner (Nomb. 14. 2 à 4). Tout ce à quoi Lot avait mis son cœur est détruit ! Par contraste, la fidélité d’Abraham est relevée au v. 27 : « Abraham se leva de bon matin, et vint au lieu où il s’était tenu devant l’Éternel ». Il désire garder la communion avec son Dieu avec qui il s’était entretenu la veille. La triste fin de vie de Lot (son histoire s’arrête là), contraste avec celle de Jacob qui fut heureuse et bénie. Lot a été comme « un tison sauvé du feu » (Zach. 3. 2).
Israël aussi, désobéissant à son Dieu, connaîtra des « renversements » (Amos 4. 11). Mais Dieu lui reprochera de n’être pas revenu à Lui.
Refusant d’abord de se sauver dans la montagne, Lot s’y rendra malgré tout, après s’être réfugié dans Tsoar. Avons-nous l’habitude de monter sur la montagne, de cultiver la communion avec Dieu ? Des relations heureuses avec Dieu assureront la paix, la joie et une marche de justice pratique, où nos enfants s’épanouiront dans une vie en contraste avec le monde. Lot avait une lourde responsabilité vis à vis de ses filles, imprégnées de l’esprit de Sodome : de leurs relations coupables avec leur père, naîtront deux peuples, proches parents d’Israël, mais ennemis irréductibles ! En Deutéronome 2. 9 et 19, Dieu rappelle la souillure de Lot, et Israël ne devait rien posséder de ce qui appartenait à Ammon et à Moab, peuples issus de cette souillure. Cela nous ramène à nous-mêmes, à 2 Corinthiens 6. 17, où nous sommes exhortés à nous séparer du monde et à ne pas toucher « à ce qui est impur ». « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). Lot a moissonné ce qu’il avait semé en vivant à Sodome.
Tournons-nous vers le ciel qui est devant nous : « Souviens-toi de Jésus Christ… » (2 Tim. 2. 8). « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ».
Dieu avait interdit que les Moabites et les Ammonites entrent dans la congrégation d’Israël (Deut. 23. 3). Cependant, Dieu usera de grâce envers Ruth, la Moabite, à cause de sa foi personnelle, et de son attachement à l’Éternel « Ton Dieu sera mon Dieu » (Ruth 1. 16).
Ch. 20
Au ch. 19, la conduite d’Abraham contraste avec celle de Lot : Abraham, sur la montagne (la communion avec Dieu), voit ce qui se passe dans la plaine (le monde où se trouve Lot). Mais au ch. 20, Abraham retombe dans la même faute qu’au ch. 12, comme fera Isaac son fils (ch. 26).
Ainsi, notre propre volonté interrompt la communion. Aussi bien au ch. 12. 8 et 9 qu’au ch. 20. 1, quitter la montagne (le lieu de la communion), et s’en aller dans le désert, entraîne la chute. Au ch. 12, Abraham était confronté à une famine (v. 9 et 10). Mais au ch. 20, la Parole n’évoque aucune raison de partir à Guérar. Comme en Égypte, la première fois, il sera repris et humilié par le monde : ici, par Abimélec (titre des rois des Philistins). N’ayant aucune force, prenons garde. Chacune des deux chutes d’Abraham et de Sara, se produit après que Dieu ait promis et confirmé sa promesse d’une « semence » (ch. 12. 2 ; ch. 17. 15 à 21 ; 18. 10). Quant à Abimélec, Dieu reconnaît « l’intégrité de son cœur », mais pas « l’innocence de ses mains » (v. 6).
Avant que la foi d’Abraham soit éprouvée au ch. 22, Dieu « forme » son serviteur et l’amène à abandonner ce qui faisait obstacle dans son cœur. Le pharaon du ch. 12 avait chassé Abraham. Abimélec, moins violent, ouvre tout son pays devant lui (ch. 20. 15). Même aimable, le monde reste le monde et la terre est peuplée des enfants de Dieu et des enfants du diable (1 Jean 3. 9 et 10). Le ch. 19 montre la corruption dans les relations naturelles. Même des croyants peuvent renier la sainteté des liens du mariage (ch. 20).
L’enseignement de la première épître aux Corinthiens, est un avertissement pour nous : « Notre corps est le temple du Saint Esprit » (ch. 6. 13) ; « Achetés à prix », nous devons « glorifier Dieu dans notre corps » (v. 19 et 20) ; nous devons donc avoir « chacun sa propre femme et que chaque femme ait son mari à elle » (ch. 7. 2). Abraham n’avait pas porté honneur à sa femme selon 1 Pierre 3. 7.
Par ailleurs, Genèse 20. 6, dévoile l’intervention divine cachée, dans nos circonstances, pour nous protéger de nous-mêmes. Mais notre responsabilité reste entière : « Si quelqu’un renverse une clôture, un serpent le mord » (Éccl. 10. 8).
Devant Abimélec, l’homme du monde, Dieu reconnaît la suprématie morale d’Abraham : « il est prophète, et il priera pour toi » (v. 7). Ce chapitre montre la dégradation morale d’Abraham ; et ce qu’est un croyant aux yeux de Dieu. Appelé à maudire le peuple, Balaam devra, malgré lui, le bénir : « Que tes tentes sont belles, ô Jacob » (Nomb. 24. 5). Ensuite, Dieu dut châtier les rébellions de son peuple. « Celui qui vous touche, touche la prunelle de son œil ». (Zach. 2. 8). Quand Joshua est accusé par Satan, Dieu réagit : « Que l’Éternel te tance, Satan… » (Zach. 3. 2). Devant Dieu qui nous voit à travers son Fils, nous sommes « saints et irréprochables » (Éph. 1. 4) ; et le Seigneur voit l’Assemblée « glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride… » (ch 5. 26 et 27).
Mais le travail en bénédiction de Dieu se poursuit, comme pour Job, jusqu’à ce qu’il s’écrie : « J’ai horreur de moi et je me repens » (Job 42. 6). Alors, après avoir prié pour ses amis, il fut doublement béni (v. 10 à 12). Pour se justifier, Abraham dit des demi-vérités et prétend que Dieu l’avait fait « errer » (v. 13) ! En fait, il déshonore sa femme pour protéger sa propre vie. Christ, Lui, donnera sa vie pour son Assemblée.
Au ch. 23, Abraham revenu à Hébron (lieu de la communion), les hommes du monde lui diront : « Tu es un prince de Dieu au milieu de nous » (v. 1 à 6). La communion entretenue confère une noblesse spirituelle. Abimélec a eu, envers Abraham et Sara, une conduite remarquable (v. 14 à 16). Mais son royaume n’était certainement pas « une nation juste » (v. 4). Proverbes 16. 2 et 21. 2, avertissent de se méfier de notre propre estimation des circonstances. Une femme mariée devait couvrir son visage ; et Sara s’étant moralement « découverte », Abimélec lui dit : « J’ai donné mille pièces d’argent à ton frère » (c’est ainsi qu’Abraham s’était désigné), « pour couverture des yeux » (v. 16).
Abraham a obéi à Dieu, en priant pour Abimélec et lui et les siens ont été guéris (v. 17 et 18). Prions pour les incrédules pour que Dieu les sauve. Quoique fautifs, Abraham et Sara ont été protégés par Dieu : « Ne touchez pas à mes oints, et ne faites pas de mal à mes prophètes » (1 Chron. 16. 22).
Ch. 21
Les v. 1 et 2 démontrent la fidélité de Dieu accomplissant ses promesses, « au temps fixé », « comme Il avait dit ». Le temps fixé (ou assigné Ps. 102. 13), désigne le moment choisi de Dieu, en rapport avec une préparation dans nos cœurs, afin que nous acceptions ce qu’Il veut nous donner. Notre incrédulité retarde souvent « le temps fixé ». « Et l’Éternel visita Sara… » (v. 1) : c’est une visitation en grâce, pour accomplir Ses promesses. « L’Orient d’en haut nous a visités » (Luc 1. 78). Mais ce mot peut signifier le jugement.
Les v. 3 et 4 montrent la fidélité d’Abraham manifestée dans son obéissance : il appelle son fils Isaac (ch. 17. 19), et le circoncit « comme Dieu le lui avait commandé » (ch. 17. 14 à 16). Dieu prend peut-être occasion du rire entaché d’incrédulité d’Abraham et de Sara (ch. 17. 17 ; 18. 12), pour commander d’appeler ce fils « Isaac » : rire. Mais, selon la pensée divine, ce fils était un sujet de rire de joie pour ses parents, car il représentait, pour eux, l’accomplissement de la promesse. Ismaël rira, aussi, mais du rire moqueur de la vieille nature envers la nouvelle, à la conversion ; car il y a inimitié entre les deux (Rom. 8. 7). « Mais, comme alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, il en est de même aussi maintenant » (Gal. 4. 29). Et : « Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3. 6). Nourrissons la nouvelle nature et non l’ancienne. Sur un autre plan, l’arrivée de l’héritier déclenche le rire jaloux de celui qui n’héritera pas des promesses divines.
Le premier fils, Ismaël, est le type de la chair ; Isaac représente la promesse. Allégoriquement, il s’agit de deux alliances : la première parle de servitude sous la loi du mont Sina : c’est Agar, la servante ; la seconde, de liberté : Sara, la femme libre (Gal. 4. 24 à 26). Ces types ont un rapport, en premier lieu, avec Israël qui est dans la « servitude » (sous la loi), à cause de son incrédulité au sujet du Seigneur Jésus crucifié. Lorsque le résidu du peuple, à l’aube du millénium, se convertira, le peuple passera sous l’alliance de « la femme libre ».
D’un autre côté, la femme libre représente, d’ores et déjà, les vrais croyants : « Or vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de promesse » (Gal. 4. 28). La réaction négative d’Abraham qui semblait attaché à Ismaël et à Agar (v. 12), provoque l’intervention de Dieu pour l’encourager à écouter la voix de Sara, et à les chasser. Ismaël représente, par certains côtés, l’homme religieux, sans la vraie foi, et qui a manifesté son inimitié contre Dieu en crucifiant le Seigneur Jésus. Cependant, parce qu’Ismaël est le fils d’Abraham, il deviendra « une nation » (v. 13). Dieu ne renonce jamais à ses plans ; et Ismaël, contrairement à Isaac, ne faisait pas partie des plans divins, étant un fruit de la chair : aussi, c’est Isaac, le fils de la promesse, qui était l’héritier des promesses faites à Abraham, son père.
La foi d’Abraham et de Sara avait été mise à rude épreuve durant de nombreuses années : Dieu veut toujours que « la patience ait son œuvre parfaite » (Jac. 1. 4). Mais Dieu ne nous soumet pas à des épreuves qui iraient « au-delà de ce que nous pouvons supporter » (1 Cor. 10. 13). Le fils de la promesse, Isaac, devait être le fruit de la puissance de Dieu, agissant dans l’incapacité d’Abraham et de Sara, tous deux trop âgés. Dieu agit merveilleusement lorsque nous reconnaissons notre incapacité. Le ch. 22 parle d’une mise à l’épreuve « après ces choses » (v. 1), après la formation des chapitres précédents.
« En Isaac te sera appelée une semence » (fin du v. 12), rappelle la promesse déjà faite au ch. 17. 19 à 21, et projette la prophétie divine jusqu’au Seigneur Jésus, la vraie semence, en qui « toutes les nations de la terre se béniront » (ch. 22. 18 ; Gal. 3. 16). Cependant, dans sa souveraineté, Dieu a tiré une « semence » d’Abraham dans ses descendants spirituels, c’est-à-dire, dans tous ceux qui ont la foi (Rom. 9. 6 à 9).
Abraham était attaché à Agar et à Ismaël (v. 12) ; et, d’abord troublé par la demande de Sara de les chasser, il obéit aussitôt que Dieu l’encourage à écouter la voix de sa femme (v. 14). « Et Abraham se leva de bon matin… » (v. 14 ; ch. 19. 27 ; 22. 3) : c’est l’empressement dans l’obéissance de la foi. Dieu permet une épreuve pour Agar et Ismaël, mais Il va prendre soin d’eux, et leur faire découvrir le puits où ils pourront s’abreuver. Dans sa détresse, Agar prend soin de son enfant jusqu’au bout, le mettant à l’ombre d’un arbrisseau (v. 15). Et là, Dieu va la consoler en lui rappelant sa promesse du ch. 16. 12, plus précise, ici (v. 18). Ismaël devait devenir un « âne sauvage… habitant dans le désert… à la vue de tous ses frères » : homme indompté ne se pliant pas à la volonté de Dieu et s’opposant à ses semblables (ch. 16. 10 à 12 ; ch. 25. 12 à 18).
Au ch. 16, Agar s’enfuyait d’elle-même ; et Dieu lui dit de revenir et de s’humilier devant sa maîtresse. Mais ici, c’est Dieu Lui-même qui la chasse. Dieu est souverain dans ses voies, mais aussi, entre ces deux chapitres, Isaac, l’héritier est né, et Ismaël n’a plus sa place dans la maison d’Abraham : « En Isaac te sera appelée une semence » (v. 12). Agar pleure, mais c’est la « voix de l’enfant » que Dieu entend (v. 16 et 17). Ismaël, d’une certaine façon, est orphelin, et Dieu est « le secours » et « le Père des orphelins » (Ps. 10. 14 ; 68. 5). Il prend soin des enfants : le Seigneur a pris des enfants dans ses bras et les a bénis. Mais pour Ismaël, Dieu a une raison supplémentaire de prendre soin de lui : il est le fils d’Abraham. Au ch. 16. 13, Agar nomme Dieu « le Dieu qui te révèles » et reconnaît qu’Il la voit (note f). Mais ici, elle n’en dit rien, bien qu’Il renouvelle sa promesse de faire d’Ismaël « une grande nation » (v. 18). Dieu réalise toujours ses promesses, et cela nous encourage.
Rien n’échappe à l’œil de Dieu ni à son oreille, Il entend « la voix de l’enfant, là où il est » (v. 17) c’est lui dire : là où tu l’as mis… c’est un reproche pour l’incrédulité d’Agar. Ne mettons jamais nos enfants où il ne faudrait pas. Le Seigneur peut nous dire, souvent : « Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? ». Pour nous, nous ne savons pas toujours voir la main de Dieu : en 2 Rois 6. 15 à 18, Élisée pria Dieu pour qu’Il ouvre les yeux de son jeune homme, et Dieu « lui ouvrit les yeux ». Puis il pria pour qu’Il frappe de cécité les Syriens, et « Il les frappa de cécité ». « Et Dieu fut avec l’enfant » (v. 20). Il est au-dessus de tout et conduit toutes choses.
Au ch. 20, Abraham avait menti à Abimélec en déclarant Sara comme étant sa sœur. Et il s’était fait reprendre sévèrement. Mais ici, l’autorité morale d’Abraham est mise en relief : « Dieu est avec toi en tout ce que tu fais » (v. 22), et c’est Abraham qui reprend Abimélec (v. 25). Les progrès d’Abraham iront jusqu’au sommet du ch. 22. Cependant, il semble qu’une certaine méfiance se manifeste en Abimélec à l’égard d’Abraham, car il se souvient que ce dernier avait usé de dissimulation envers lui ; alors, il prend des mesures de sécurité, car Abraham habitait toujours dans le pays des Philistins (v. 34). Abraham ne reviendra à Hébron, le lieu de la communion, qu’au ch. 23. 1, à la mort de Sara.
À Beër-Shéba, Abraham et Abimélec « jurèrent, les deux » (v. 31). Dans ce double serment reposant sur la constatation que Dieu était avec Abraham (v. 22), l’esprit prophétique nous projette dans le règne millénial de Christ, lorsque les nations de la terre diront à Israël : « Nous avons ouï dire que Dieu est avec vous » (Zach. 8. 20 à 23). Et les nations se joindront à Israël pour rechercher l’Éternel.
Isaac, l’héritier des promesses faites à Abraham, étant né, cela donne à ce dernier une autorité d’origine divine, dans une vie de communion avec Dieu : il prend, en figure, possession de la terre qu’héritera sa descendance, en creusant un puits et en plantant un tamaris (v. 25 à 33), bien que lui-même ne possédât qu’une tente et un autel. Au chapitre 23, il achètera un sépulcre pour y enterrer Sara. Ce tamaris, symbolisant la prise de possession du pays, montre la foi d’Abraham qui se projette dans l’avenir, lorsque ses descendants posséderont cette terre, et il invoque-là, « le Dieu d’éternité » (v. 33).
Nous-mêmes, par la foi, nous possédons déjà les biens célestes que le Seigneur nous a préparés. Cette autorité se retrouve en Jacob, le berger, qui peut bénir le Pharaon devant la puissance duquel il aurait pu trembler (ch. 47. 7 et 10) : « Le moindre est béni par le plus excellent » (Héb. 7. 7). Notre foi nous confère de la part de Dieu, une noblesse de cœur qui doit se manifester dans l’humilité, et dans l’amour pour tous les hommes : « L’homme noble se propose des choses nobles, et il se maintiendra par des choses nobles » (És. 32. 8). Et : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (Ps. 16. 8).
Ce puits qu’Abraham avait creusé (v. 30), les serviteurs d’Abimélec s’en étaient emparés de force (v. 25) ; aussi, Abraham reprend Abimélec avec autorité. Au chapitre 26, cela se répétera avec Isaac, jusqu’à ce qu’il trouve « l’espace » pour une vie de foi tranquille. Ces puits creusés par Abraham, les Philistins les avaient bouchés avec de la terre (26. 15). L’ennemi veut toujours nous priver, par tous les moyens, de rafraîchir nos âmes de l’eau pure de la Parole. Il s’efforce aussi de la remplacer dans nos vies, par des préoccupations purement terrestres. Ne laissons pas faire l’ennemi. Le Seigneur nous invite : « Buvez, buvez abondamment, bien-aimés ». La Parole est représentée par l’eau qui rafraîchit et qui purifie (Éph. 5. 25 et 26). Prenons-y garde pour nous en nourrir aussi : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? ce sera en y prenant garde selon ta Parole » (Ps. 119. 9).
Au ch. 26, Abimélec reconnaît qu’Isaac est « maintenant, le béni de l’Éternel » (v. 23 à 33), et contracte une alliance avec lui, préfigurant l’alliance que les nations, durant le millénium, contracteront avec Israël.
Ch. 22
Aux ch. 20 et 21, Dieu a préparé Abraham. « Après ces choses » (ch. 22. 1), il est prêt pour l’épreuve suprême. Les épreuves peuvent être provoquées par Satan (Job) ; par les circonstances ordinaires de la vie ; ou bien par Dieu Lui-même : c’est l’épreuve de la foi par excellence (1 Pier. 1. 6 et 7), pour la gloire et l’honneur de Dieu. La foi ne peut se manifester dans sa plénitude que lorsque nous avons réglé nos voies devant Dieu. Pour Abraham ayant espéré ce fils pendant de longues années, cette épreuve a dû se traduire par un exercice douloureux. Mais sa foi exercée lui a donné la force d’obéir sans murmures. Notre obéissance est-elle toujours aussi prompte ?
Lorsque Dieu l’interpelle, il répond : « Me voici » : Il est disponible ! Il prépare tout pour offrir cet holocauste (v. 3). Sa foi vigoureuse lui faisait entrevoir que « Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure, il le reçut » (Héb. 11. 19). La voix de « l’Ange de l’Éternel », seule, a arrêté sa main d’aller jusqu’au bout de sa détermination.
Cette scène nous rappelle le Père qui a donné son Fils unique, son bien-aimé. Abraham et Isaac « allaient les deux ensemble » (v. 6 et 8), manifestant ainsi la communion entre eux dans l’épreuve (Jac. 1. 2) ; mais cela nous parle bien plus de la communion parfaite entre Dieu et son Fils, pour l’œuvre de la croix. Dieu n’a jamais éprouvé Lot tenté par le monde auquel il a succombé. Dieu connaissait la foi d’Abraham, et il l’a manifestée. Dans les épreuves, ayons le Dieu des promesses devant nous. Dieu voulait un holocauste, sacrifice tout entier pour Lui, et non un sacrifice pour le péché. C’est sur le mont Morija que David a offert un holocauste (2 Sam. 24) et que, plus tard, fut construit le temple de Jérusalem.
Plusieurs aspects se dégagent de ce chapitre : la foi d’Abraham qui a brillé, puis, à travers le sacrifice d’Isaac, (avec des similitudes et des différences), on voit celui du Seigneur. Le vrai caractère de la foi, c’est l’obéissance. Dieu avait dit à Abraham : « Offre-le… » (v. 2) ; « Et Abraham se leva de bon matin… » (v. 3). Sa foi reflète la paix du cœur, et il agit tranquillement. À la foi, il ajoute la vertu (2 Pier. 1. 5). Abraham voulait offrir son fils en la seule présence de Dieu, sans témoins (v. 5) ; de même que durant les trois heures de ténèbres, lors de la crucifixion du Seigneur, nul œil n’a vu ce qui se passait entre Dieu et la sainte Victime.
Abraham et Isaac durent marcher trois jours pour atteindre Morija, avant le sacrifice. Quant au Seigneur, Il pouvait dire en Luc 13. 32 : « Je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé ». Si Isaac ignorait ce qui l’attendait, le Seigneur connaissait de toute éternité l’œuvre qu’Il devrait accomplir (Jean 12. 27). À Gethsémané, Il a accepté la coupe des souffrances de la main du Père ; et c’est en vainqueur qu’Il est allé à Golgotha.
Le silence d’Isaac lorsque son père le lie sur l’autel, nous parle de l’acceptation par le Seigneur Jésus, des souffrances et de l’abandon de son Dieu, dans son sacrifice pour le péché (Ps. 22. 1 ; Mat. 27. 46 ; Marc. 15. 34). Mais ses relations de communion avec son Père restent parfaites, dans son offrande volontaire à Dieu (Héb. 9. 14) – ainsi que dans sa détermination de faire la volonté de Dieu (Ps. 40. 6 à 8). Ésaïe 6. 8, dévoile le conseil intime entre le Père et le Fils, dans l’éternité. Bien que la Parole ne rapporte aucune réaction d’Isaac, on peut peut-être trouver une similitude entre les sentiments du Seigneur sur la croix et la parole de Jacob qui appelle le Dieu de ses pères : « la frayeur d’Isaac » (ch. 31. 42).
La fermeté de la foi d’Abraham se manifeste au v. 5 : « … nous irons nous adorerons… nous reviendrons ». Il était assuré que Dieu ressusciterait son fils ; et il nomme ce lieu-là : « Jéhovah-Jiré » (v. 14) : l’Éternel y pourvoira, et Il y a pourvu aussitôt (v. 13), Abraham recouvrant son fils comme ressuscité. Bien avant la Loi (Lév. 1), les hommes pieux avaient cette pensée d’honorer Dieu en offrant des holocaustes (ch. 4. 4), bien qu’ici, ce soit Dieu Lui-même qui le demande.
Isaac chargé du bois du sacrifice (v. 6), nous rappelle le Seigneur qui « sortit portant sa croix » (Jean 19. 17), tandis que Lui et le Père « allaient les deux ensemble » pour l’œuvre de la rédemption, comme ce qui est dit d’Abraham et Isaac (v. 6 et 8). Le Seigneur pouvait dire : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10. 30) et : « le Père est en moi et moi en Lui » (v. 38)
Isaac pose une question à son père : « Où est l’agneau pour l’holocauste ? » (v. 7). Abraham répond avec la ferme certitude que Dieu y pourvoira Lui-même. Mais la vraie réponse sort de la bouche de Jean le baptiseur : « Voilà l’agneau de Dieu », en voyant Jésus qui passait devant lui (Jean 1. 29). La fin du v. 3 et le début du v. 9 montrent encore l’obéissance d’Abraham : il va « au lieu que Dieu lui avait dit » ; le lieu choisi de Dieu. Plus tard, le peuple désobéira ouvertement à Dieu, en offrant des sacrifices ailleurs qu’au temple de Jérusalem. Le Seigneur savait quel chemin Il devrait suivre (Luc 18. 31 à 33). « Or il arriva, comme les jours de son assomption s’accomplissaient, qu’il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem » (Luc 9. 51).
À Gethsémané, son angoisse est telle qu’Il supplie son Père de faire passer cette coupe loin de lui. Mais Il se soumet pleinement (Marc 14. 36), sachant que Dieu ne L’épargnera pas, lorsqu’Il sera crucifié. Alors, un ange descend du ciel pour Le fortifier (Luc 22. 43). Quel mystère !
Abraham montre qu’il est prêt à aller jusqu’au bout de l’obéissance (v. 10). Pour Dieu qui connaissait à fond le cœur d’Abraham, la preuve pratique est faite : « Je sais que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils… » (v. 12). Dans ce « Je sais », la joie divine transparaît. La disposition à l’obéissance se traduit par la promptitude à répondre à Dieu : « Me voici » (v. 1 et 11). L’obéissance des siens a un grand prix pour Dieu (1 Sam. 15. 22). Déjà au ch. 15. 6, Abraham avait été justifié par sa foi. La justification du croyant comporte un côté intérieur : il est justifié par sa foi en l’œuvre de Christ sur la croix – et un côté extérieur : il doit montrer sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 21 et 22).
Même si Dieu a arrêté sa main, à ses yeux, Abraham avait réellement offert son fils (Héb. 11. 17). En type, c’est l’œuvre de Dieu offrant son propre Fils : « livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu ». « Les choses que ta main et ton conseil avaient à l’avance déterminé devoir être faites » (Act. 2. 23 ; 4. 27 et 28). Personne n’a retenu la main de Dieu « qui n’a pas épargné son propre Fils » (Rom. 8. 32). Dieu avait tout préparé à l’avance. Durant les trois heures de ténèbres, prophétiquement, le Seigneur avait dit : « Même quand je crie… Il ferme l’accès à ma prière » (Lam. 3. 8).
En Isaac, se résumaient toutes les promesses faites à Abraham ; et voilà qu’il lui fallait l’offrir en holocauste ! Et il le fait (És. 53. 6 et 10). Outre ce précieux type de l’Ancien Testament qui nous parle de l’œuvre de Christ pour notre salut, Dieu, par ce moyen, a éprouvé la foi d’Abraham. Mais Il a arrêté sa main, car la mort d’Isaac n’aurait servi à rien : c’eût été simplement un meurtre. Dieu n’avait en vue que le sacrifice de son Fils sur la croix ; seul sacrifice ayant une valeur pour Lui.
Le Seigneur savait, Lui, le Prince de la vie, qu’Il serait abandonné de Dieu, et passerait par la mort. Il était « l’agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde » (1 Pier. 1. 19). Nous pouvons adorer, car si Dieu n’a pas épargné le Seigneur, Il a fait de nous « ce trésor particulier » de Dieu qu’il épargne « comme un homme épargne son fils qui le sert » (Mal. 3. 17).
Le bélier qu’Abraham n’avait pas vu jusque là (Dieu retenait ses yeux car il fallait qu’Abraham aille jusqu’au bout), est sacrifié à la place d’Isaac. Le bélier est une figure du dévouement de Christ pour son Dieu, de sa consécration jusqu’à la mort ; c’est le sacrifice de prospérité, de communion, entre Dieu et l’adorateur. Mais ici, Abraham l’offre « en holocauste » (v. 13). Si le bélier était « retenu à un buisson par les cornes », le Seigneur, Lui, s’est avancé volontairement, portant sa croix : « s’est offert lui-même » (Héb. 9. 14). C’est au moment où « l’Ange de l’Éternel » arrête la main d’Abraham, qu’il reçoit son fils « en résurrection ». On peut penser à sa joie ! Mais pour le Seigneur, si la mort a été réelle, sa résurrection triomphante aussi. Il est ressuscité « par la gloire du Père » (Rom. 6. 4) ; par sa propre puissance et par l’Esprit Saint. Comme Abraham l’avait dit par la foi, l’Éternel a pourvu à l’agneau de l’holocauste, pour son serviteur ; mais bien plus en donnant le véritable Agneau pour notre salut. Cela doit produire la louange dans nos cœurs.
Cette épreuve à donné à Abraham une connaissance de Dieu, bien plus riche et profonde que celle qu’il avait auparavant. Sa foi ne pouvait qu’en être affermie. C’est souvent le but des épreuves que Dieu permet pour chacun. En Ésaïe 38. 19, Ézéchias, lors de sa maladie et de sa guérison, apprend à mieux connaître son Dieu, et la louange est produite. Que la louange jaillisse de nos cœurs et de nos bouches, pour toutes les bontés dont Dieu nous enrichit.
L’obéissance d’Abraham appelle la récompense de Dieu (v. 16). Abraham n’avait pas en vue cette récompense, mais il a obéi par amour pour son Dieu, soutenu par sa foi. N’agissons jamais pour être récompensés, mais pour plaire au Seigneur, qui récompensera selon sa sagesse, et à Son moment ; peut-être la récompense ne sera-t-elle donnée que dans le ciel, mais elle sera pleine et entière, tout étant manifesté au tribunal de Christ : « Quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui l’aiment » (Jac. 1. 12).
Au v. 16 et 17, Dieu intervient par un serment, donnant ainsi la pleine certitude de la fermeté de sa promesse : « Le serment qu’Il a juré à Abraham » (Luc 1. 68 à 73), et confirmé en Hébreux 6. 13 à 20. Ce serment divin, commencé au ch. 12. 1 et 2, se précise en se renforçant au fur et à mesure qu’Abraham apprend à mieux connaître Dieu. Dieu a promis que sa semence serait : « comme la poussière de la terre » (ch. 13. 16) ; « comme les étoiles » (ch. 15. 5) ; « comme le sable qui est sur le bord de la mer » (ch. 22. 17). « Et Abraham crut Dieu et cela lui fut compté à justice ».
Dieu promet aussi la victoire des descendants de cet homme de foi sur ses ennemis futurs, et la bénédiction finale des nations (v. 17 et 18 ; ch. 24. 60) : « parce que tu as écouté ma voix ». Déjà, au ch. 9. 26 et 27, Japheth devait demeurer « dans les tentes de Sem » pour être béni. Mais quant au peuple de Dieu, « Juda et Israël étaient nombreux comme le sable qui est près de la mer, en multitude » (1 Rois 4. 20). Tous les vrais croyants forment cette semence que l’on ne peut compter. En son temps, Salomon a partiellement réalisé la promesse divine : durant son règne de quarante ans, ce « roi de paix » a dominé sur les nations qui entouraient Israël, et il n’y a eu aucun ennemi déclaré (1 Rois 4. 21). Mais cette promesse divine de domination sur les ennemis et de bénédiction pour les nations se réalisera pleinement durant le règne millénial du Seigneur, manifesté aux yeux de tous les hommes, dans la plénitude de sa glorieuse puissance. La pensée de Dieu, dans ces chapitres de l’Ancien Testament, c’est de nous entretenir de la gloire de son Fils.
Au ch. 22. 21 à 24, au travers des fils de Nakhor, frère d’Abraham qui n’en a eu que deux, la Parole introduit Rebecca, à la fois type de l’Église et de l’Israël futur. C’est après la résurrection, en figure d’Isaac (type de Christ ressuscité), et la mort de Sara (figurant l’ancien Israël), que Rebecca est introduite : elle représente le futur Israël, le résidu croyant du peuple, à l’aube et durant le règne de Christ. Ce sera, alors, l’Israël selon le cœur de Dieu, ayant compris que le peuple a crucifié son Messie (Zach. 12. 10), et ayant la loi divine écrite dans son cœur et non plus sur des tables de pierre. Avant et durant le règne de Christ, ce peuple missionnaire, proclamera l’évangile du royaume. Ces faits constitueront un nouveau départ du peuple de Dieu sur la terre, et le vrai Isaac (le Seigneur Jésus), sera « consolé quant à sa mère » (l’ancienne nation juive).
Au v. 19 de Genèse 22, il n’est plus parlé d’Isaac ; mais le père et le fils « allaient les deux ensemble », et Abraham avait dit à ses jeunes hommes : « moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; et nous reviendrons vers vous » (v. 4). Les jeunes hommes ne pouvaient aller au-delà d’un certain point. Mais, après que l’œuvre, en figure, a été accomplie, les relations peuvent reprendre, et Abraham leur a peut-être raconté ce qui venait de se produire. Dans l’œuvre de la croix, ce qui s’est passé entre le Dieu saint et le Seigneur qui était « fait péché pour nous », il y a ce qui échappe à notre entendement. Le Fils était seul avec le Père, et tout était voilé aux yeux des hommes. Comment y verrions-nous clair là où le Seigneur avait dit prophétiquement : « Il m’a conduit et amené dans les ténèbres… » ? (Lam. 3. 2)
Ch. 23
Ce chapitre est tout entier consacré à la mort et à l’ensevelissement de Sara. Il est important de noter que cela se passe dans le pays de Canaan, et non chez les Philistins où Abraham avait longtemps séjourné (ch. 21. 34). Canaan est le pays que Dieu a promis à Abraham (ch. 17. 8). Cet homme de foi a compris que ce pays « ruisselant de lait et de miel », appartiendra dans l’avenir à sa descendance ; mais aussi, sa foi lui donne l’assurance de la résurrection. La résurrection du Seigneur après sa mort en est le garant. Trois enseignements se dégagent de ce chapitre :
– La manière délicate, humble et pleine de respect d’Abraham envers les fils de Heth : il se prosterne par deux fois devant eux (v. 7 et 12). Ils l’ont appelé : « prince de Dieu » (v. 6). Bien que flatteur, ce nom n’enlève rien à l’humilité d’Abraham, et en cela, il est un modèle pour nous. Le Seigneur lui-même n’a jamais revendiqué ses droits. Nous régnerons avec Lui, mais cela ne nous autorise pas à afficher une attitude supérieure vis à vis du monde. Plusieurs passages nous montrent comment un chrétien doit se comporter (1 Thess. 4. 12 ; Rom. 13. 8 ; 2 Cor. 8. 20 et 21). Et toute la gloire en revient au Seigneur (Mat. 5. 16).
– L’espérance d’Abraham en la résurrection.
– Il a foi dans les promesses divines de donner ce pays à sa semence. C’est dans ces circonstances extrêmes que notre foi se montre clairement. Ce tournant douloureux pour Abraham montre son caractère de « prince de Dieu », bien différent de l’esprit du monde. Sa position d’étranger qu’il reconnaît au v. 4, présentait pour lui des difficultés se traduisant par des tractations laborieuses avec les fils de Heth. La mort de Sara, bien douloureuse pour lui, lui fait verser des larmes : c’est la première fois, dans la Parole, que l’on voit un homme pleurer. C’est aussi la première fois qu’il nous est donné l’âge d’une femme. Si Abraham pleure, sa foi lui donne la force de se lever « de devant son mort » (v. 3) ; car il n’est pas « affligé comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Thess. 4. 13). David fera de même (2 Sam. 12. 23). Job, lui-même avait foi en la résurrection : « Je sais que mon rédempteur est vivant » (Job 19. 25 à 27). Marthe aussi croyait en la résurrection (Jean 11. 24). Les croyants de tous les temps ont cette consolation.
Dieu a voulu que Sara meure à Hébron, en Canaan, haut-lieu de la foi pour les anciens. Et cette caverne deviendra le sépulcre des patriarches hébreux, descendants d’Abraham. Jacob, à son tour, réclamera d’être enterré dans cette caverne, après qu’il ait béni ses fils (Gen. 49. 28 à 32). Abraham n’accepte pas que cette caverne lui soit donnée gratuitement : il veut la payer afin qu’elle lui appartienne en propre. Déjà au ch. 14, il avait refusé quoi que ce soit du roi de Sodome. Cependant, si Abraham ne désire que la caverne qui parle de la mort, Dieu permet que lui soient vendus aussi, le champ et les arbres qui s’y trouvent (v. 17), et qui parlent de vie, de résurrection.
Le meilleur des sépulcres des fils de Heth n’intéressait pas Abraham (v. 6) : Sara ne devait pas être enterrée n’importe où. Le Seigneur a été enseveli dans « un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis » (Jean 19. 41). Dieu a conduit les choses ainsi pour son Fils mort. Déjà au ch. 22, le « brisement » d’Abraham se révèle, et porte ses fruits, ici, en montrant qu’il est instruit par la sagesse d’en haut. Pour les fils de Heth, enterrer un mort peut aisément se faire dans n’importe quel sépulcre. Mais pour Abraham, Sara doit être enterrée dans un sépulcre qui deviendra la possession de ses descendants, avec le pays tout entier. Pour nous, la mort n’est qu’un passage, mais cela ne nous autorise pas à faire n’importe quoi du corps d’un croyant mort : son corps a été, durant sa vie, le temple du Saint Esprit, et il ressuscitera.Il ne convient pas de l’incinérer, mais de le confier à la terre. Quand un croyant meurt, son corps retourne à la poussière, mais « son esprit retourne à Dieu qui l’a donné » (Éccl. 12. 7).
Ch. 24
Trois parties, dans ce chapitre, nous entretiennent : du serment du serviteur à Abraham (v. 1 à 31) ; du témoignage du serviteur à la famille de son maître (v. 32 à 49) ; et de la réalisation de son service (v. 50 à 67). Les dispositions de cœur des différentes personnes sont mises en relief. Le ch. 22 parle, en figure, de la mort et de la résurrection du Seigneur. Le ch. 23, de la mise de côté de l’Israël ancien (mort de Sara).
Enfin, le ch. 24 fait apparaître Rebecca, figure de l’Église préparée pour le Seigneur. Ce chapitre montre aussi la piété d’Abraham, et du serviteur qui est une belle figure du Saint Esprit : il avait le gouvernement de tout le bien d’Abraham (v. 2 et 10). Abraham sent sa responsabilité vis à vis de son fils, héritier des promesses de Dieu, et qui ne doit pas épouser une fille des Cananéens, ni retourner dans le pays de sa parenté, à Charan. La Loi, plus tard, interdira au peuple d’épouser des femmes étrangères (Ex. 34. 11 et 16).
Sa foi en Dieu donne à Abraham l’assurance de l’intervention divine favorable (v. 7). Comme Isaac devait se marier dans la famille de son père, les chrétiens doivent prendre un conjoint dans la famille de la foi (2 Cor. 6. 14 à 16), et avec quelqu’un avec qui ils sont en heureuse communion. Sinon il n’y a pas de vie spirituelle heureuse. La Parole ne reconnaît que deux familles sur la terre : les enfants de Dieu et les enfants du diable (1 Jean 3. 10). En Nombres 27. 4 et 7, les filles de Tsélophkad étaient attachées à l’héritage familial. Elles durent se marier dans la famille de leur père (ch. 36. 6 à 8).
Dans le ch. 24 de la Genèse, Abraham dit : « mon fils », aux v. 3, 4, 6, 7 et 8. On comprend le prix qu’Isaac avait pour son père. Combien plus le Fils de Dieu a-t-il du prix pour le Père ! Abraham fait jurer son serviteur, et celui-ci va s’acquitter fidèlement de sa mission. Sa foi se montre lorsqu’il prie Dieu de faire prospérer son voyage. Laissons, nous aussi, le Seigneur nous conduire dans nos choix, Les croyants, aujourd’hui, n’ont plus à jurer, car le Seigneur nous dit : « Que votre parole soit : oui, oui ; non, non ; car ce qui est de plus vient du mal » (Mat. 5. 37).
Dans les conseils de Dieu, la femme est la gloire de l’homme (1 Cor. 11. 7), comme l’Église est la gloire de Christ. La parabole de Matthieu 22. 2 dit : « Le roi fit des noces pour son fils ». Le Fils de Dieu est : « La plénitude de Celui qui remplit tout en tous » (Éph. 1. 23). Le Seigneur attend son épouse comme Isaac attendait Rebecca (v. 62 et 63). Durant le temps de son absence, le Saint Esprit, sur la terre, forme l’Épouse de Christ, et l’amène à travers le désert de ce monde, jusqu’au moment de la rencontre et jusqu’aux noces de l’Agneau. Alors, le Seigneur éprouvera la joie d’avoir son Épouse à ses côtés.
Enfin, Rebecca, prise dans la parenté d’Abraham, devait encore être « retirée de ce présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4) : du pays idolâtre où elle vivait, afin de goûter aux bénédictions. Par sa décision de cœur, elle entrera dans la lignée de la foi. Il faut la manifestation de la foi pour entrer là où Dieu veut bénir.
Les v. 2 et 10 nous renvoient à ce que le Seigneur dit en Jean 16, parlant du Saint Esprit : « Il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera ». Ainsi, le serviteur parlera de son maître et de tout ce qu’il possède (v. 35). Le service actuel du Saint Esprit sur la terre, est d’amener des hommes, d’abord incrédules, à la foi au Sauveur. Ensuite, Il vient habiter en eux et les entretient des gloires actuelles et futures du Fils de Dieu, gloires qu’Il s’est acquises dans son abaissement, ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Lorsque l’Épouse sera enlevée dans le ciel, le Saint Esprit quittera la terre. Mais déjà, avec l’Esprit, nous disons : « Viens, Seigneur Jésus » (Apoc. 22. 20).
Le serviteur d’Abraham est une figure du Saint Esprit, mais en tant que serviteur il peut être un modèle pour nous. Il a un service que lui a donné son maître, de même nous sommes chacun au service du Seigneur. Que nous puissions avoir les mêmes dispositions de cœur qu’Éliézer ! Au v. 10, il obéit, au v. 12, il est dépendant, il s’attend à Dieu, au v. 37 il a le souci d’obéir dans les moindres détails à la volonté de son maître, au v. 33 il est diligent dans l’exécution de sa tâche, puis au v. 52, il se prosterne et rend grâces.
Le service d’Éliézer a été béni car il a écouté soigneusement ce que son maître lui a dit. La manière dont il retrace tout son chemin (v. 34 à 49) montre qu’il a une disposition de cœur à obéir fidèlement. Avertissement pour chacun, car nous pouvons être prompts à agir comme nous pensons ! Nous avons à nous tenir près du Seigneur, à L’écouter et Le suivre. En Jean 12. 26, nous avons le résumé du service selon Dieu. C’est Dieu qui fait prospérer son voyage. v. 2 et 10. Le serviteur avait les biens de son maître sous sa main, ainsi que dix chameaux, ce qui montre au passage la prospérité d’Abraham. Il va vers le pays d’Abraham, qui lui avait donné des directives mais il a besoin d’être conduit. Dieu nous donne des directives dans sa Parole. Et nous ne pouvons prétendre faire la volonté de Dieu si c’est en contradiction avec elle. Elle est notre guide pour les petites et les grandes décisions.
v. 12. La première pensée du serviteur est de prier. Nous pouvons souvent faire monter cette prière devant le Seigneur afin que notre journée ne soit pas gaspillée.
v. 13 et 14. Ce n’était pas rien que de demander que la jeune fille dise qu’elle abreuverait les chameaux, car c’était un travail important. Cela montre son désir de servir, d’être hospitalière, son dévouement.
v. 14. « Celle que tu as destinée ». Expression remarquable ! Il s’en remet entièrement à Dieu. Que penser d’un signe demandé à Dieu ? C’est quelquefois, comme Gédéon, une faiblesse de la foi. Mais la grâce de Dieu a répondu. Ce n’est pas toujours la voie idéale pour la foi. Le croyant possède le Saint Esprit et la Parole pour discerner ce qu’il doit faire.
En Actes 1. 26, nous avons le dernier signe donné dans la Parole car le Saint Esprit n’était pas descendu. Dieu peut faire concourir des circonstances pour montrer si ceci ou cela doit se faire ou non. Nous pouvons demander à Dieu de montrer son chemin.
En Actes 16. 6 à 9. Dieu a montré par des empêchements et une vision où Paul devait aller.
Les v. 12 à14 sont repris aux v. 42 à 44.
v. 45. « Parler en mon cœur » : il priait en lui-même.
Nous avons un enseignement pour nous : nous pouvons prier sans être dans notre chambre : où que nous soyons nous pouvons prier. Que nous y soyons habitués ! En son cœur : ton Père qui voit dans le secret te récompensera (Mat. 6. 6). Et dans notre chambre, prenons l’habitude de prier à haute voix, car on réalise mieux que nous nous adressons à une Personne.
Dans cette prière, il a les intérêts de son maître à cœur « Use de grâce envers mon seigneur ». Le Seigneur nous encourage beaucoup à prier pour les autres, à demander la bénédiction de nos frères et sœurs.
Au v. 15, les choses se hâtent, et dans notre vie il peut en être ainsi : il y a des moments d’attente qui peuvent sembler longs puis brusquement tout s’accélère.
v. 17. Le serviteur court et Rebecca va se hâter (v. 20). Il y a des moments où, connaissant la volonté du Seigneur, il ne faut pas tergiverser. Dieu répond toujours à nos prières, Il peut nous dire : oui, non ou attends.
Ésaïe 65. 24 : « II arrivera que, avant qu’ils crient, je répondrai et pendant qu’ils parlent, j’exaucerai ». Ceci est arrivé à Éliézer.
« Très belle de visage » (v. 16). Ce qui est à rechercher c’est la beauté intérieure, la piété. Moïse était beau à Dieu. 1 Pierre 3. 3 à 5 est à méditer par chacun. Un esprit doux et paisible est d’un grand prix devant Dieu.
Si Rebecca a eu un beau commencement, il n’en a pas été ainsi à la fin de sa vie.
Le serviteur regarde avec étonnement pour savoir si l’Éternel a fait prospérer son voyage (v. 21). Puis quand il apprend que Rebecca est de la famille d’Abraham (v. 24), il est certain de la réponse de l’Éternel. Demandons la direction au Seigneur, et quand Il répond, n’oublions pas de Lui rendre grâces. En Luc 17. 11 à 19, les dix lépreux sont tous guéris, mais un seul est revenu se jeter sur sa face aux pieds du Seigneur en Lui rendant grâces.
Le chrétien n’est pas conduit par les circonstances, mais à travers les circonstances. Nous avons l’exemple de l’apôtre Paul à Corinthe où « une porte grande et efficace » lui est ouverte, mais il y a beaucoup d’adversaires. Cela ne l’a pas fait quitter Corinthe, il y est resté, s’attendant au Seigneur, et une Assemblée a été formée. Dans le cas de Genèse 24, il semble que c’est plus simple, mais on remarque que le serviteur ne se hâte pas, on voit même de l’étonnement (v. 21).
Le Seigneur répond à cette attitude paisible de foi, et dans le cœur du serviteur se forme la conviction que le Seigneur a tout dirigé. Il ne perd pas de vue que tout vient du Seigneur, on le voit attendre et prier avant d’agir, rendre grâces à plusieurs reprises. Arrivé à la maison, il raconte en détail son cheminement. Dieu met l’accent sur l’importance de cette démarche où Isaac va recevoir de Dieu celle qui lui est destinée. De façon générale, nous n’avons pas à raconter en détail ce qui se passe entre le Seigneur et nous.
Aux v. 26, 48 et 52, l’homme se prosterne devant l’Éternel à trois reprises. Au v. 51 on ne le voit pas remercier Laban, mais il voit plus haut, il voit la réponse de l’Éternel : c’est un exemple pour nous. « En toutes choses rendez grâces, car telle est la volonté de Dieu dans le Christ Jésus à votre égard » (1 Thess. 5. 17 et 18). Aux v. 27 et 49, on voit la grâce et la vérité, la grâce de Dieu envers Abraham et Isaac. Dans ce chapitre on trouve des types du Seigneur, mais tout ne peut pas lui être appliqué.
Être guidé par les circonstances ? Soyons très prudents ! L’Ennemi peut placer des circonstances favorables ou non. Exemple de Jonas qui avait son chemin ouvert pour aller à Tarsis, ce qui était contraire à la volonté de Dieu. Exemple de Paul à Corinthe où il y avait des obstacles – ce qui était la volonté de Dieu. Donc il faut le discernement de l’Esprit. Dieu peut ouvrir ou fermer le chemin. Restons près du Seigneur pour discerner sa volonté.
Au v. 10, nous avons vu le serviteur s’engager dans la bonne voie, après avoir reçu l’ordre de son maître. Au v. 23, on le voit poser la question principale, toujours selon l’ordre d’Abraham. Dans ce chapitre on voit souvent la main de l’Éternel : c’est Lui qui agit. Regardons ce que le Seigneur fait et non pas ce que nous disons ou faisons. En 1 Thessaloniciens 2. 17 et 18, Paul avait un désir compréhensible et bon pour l’édification mutuelle, mais Satan l’en a empêché par deux fois. Il faut la communion avec le Seigneur pour discerner ce qu’il en est dans les circonstances.
Les anneaux d’or, les bracelets étaient des preuves d’attachement, en usage en ce temps là. En Exode 32. 3 et 4, ces choses ont été en piège car elles ont servi à faire le veau de fonte. D’autre part elles mettent l’apparence en évidence pour attirer (És. 3. 16 à 23). Ce qui a de l’importance, c’est l’homme caché du cœur. La première chose que voit Laban ce sont les objets d’or – et on verra les fruits de la convoitise dans la suite de sa vie.
Au v. 25, la Parole nous engage à l’hospitalité. Au v. 27, Dieu a usé de grâce et de vérité envers Abraham car Il a répondu à sa foi par sa fidélité et l’a conduit droit au but. Au v. 27, le serviteur s’efface derrière son seigneur. C’est beau de voir son humilité et son grand respect pour Abraham. Au v. 35, il rend témoignage à son seigneur. Cherchons de même à mettre en valeur la gloire du Seigneur. Amenons les âmes à Christ, comme Jean le Baptiseur qui, voyant le Seigneur, a pu dire « Voilà l’Agneau de Dieu » et alors ses deux disciples suivirent Jésus.
Dans les versets suivants Rebecca court à la maison de sa mère. Il est peu parlé de son père, Bethuel. C’est son frère Laban qui prend l’affaire en main. Il est attiré par l’anneau et les bracelets (v. 30). Il y a de la convoitise dans son cœur. Toute sa conduite le démontre, en particulier avec Jacob.
v. 31 : « Entre, béni de l’Éternel ». Pourtant Laban ne connaissait pas cet étranger. C’était une parole flatteuse. Au contraire, les Philistins avaient pu se faire une opinion au sujet d’Isaac (Gen. 26. 29). Laban voulait à tout prix que l’homme vienne chez lui, et par ses paroles il affirme à tort avoir préparé sa maison.
En tout cas ce sera une bénédiction pour Rebecca de partir et de vivre désormais dans un milieu où il y a la crainte de Dieu. Veillons à ne pas prendre le nom de Dieu en vain.
v. 28 et 29. Courir ici a deux buts : Rebecca s’est déjà hâtée, maintenant elle court raconter à sa mère ce qui se passe. Son but est bon, celui de Laban ne l’est pas : ne nous trompons pas de course ! Laban est un professant sans vie. Il a seulement le nom de Dieu sur les lèvres (v. 50). Matthieu 7. 21 nous met en garde : Laban ressemble sans doute à ceux qui disent : « Seigneur, Seigneur… ». 2 Timothée 3. 5 parle de « ceux qui ont la forme de la piété ». Laban est marqué par la convoitise des yeux. L’Église, comme Rebecca, sort du monde pour aller à la rencontre de l’époux.
L’hospitalité n’est pas un vain mot dans cette maison : le serviteur d’Abraham reçoit de l’eau pour ses pieds, ses gens sont bien traités, ses animaux reçoivent du fourrage. Maintenant le moment est venu de prendre le repas (v. 33). Mais le caractère de ce serviteur se montre : il ne cherche pas d’abord ses aises. Il a un message à délivrer (v. 33) et il ne prendra pas de repos avant de faire part du but de son voyage. En Jean 4. 30 à 32 et 34, les motifs du Seigneur échappent à ses disciples. Sa priorité était d’être aux affaires de son Père.
En Marc 6. 31, le soleil était déjà couché, on lui apporte des malades et Il n’a pas le temps de prendre sa nourriture. Il est venu avant tout servir son Père et répondre à la misère de sa créature. On voit son amour : il se préoccupe des foules et pense à les nourrir (v. 36).
Ce serviteur nous rappelle un peu le Seigneur, son exemple doit nous parler. Discernons la volonté de Dieu et soyons diligents pour être à son service. Sommes-nous prompts à agir quand nous avons saisi les directives de Dieu ? Galates 1. 16 : « Aussitôt » : L’apôtre Paul a été très diligent pour servir et accomplir la volonté du Seigneur.
Laban déclare : « Parle ». Le serviteur décrit avec beaucoup de détails tout ce qui concerne Abraham (v. 34 et suivants). Tous les biens terrestres étaient des signes de bénédiction dans l’Ancien Testament. v. 36 à la fin : Jean 3. 35 et 16. 15. Toutes choses ont été données au Fils par le Père. Qu’est-ce qui a attiré Rebecca pour suivre le serviteur ? Surtout la manière dont le serviteur parle de son maître et du fils de son maître. Être occupés de notre Dieu et du Seigneur nous détachera des joies passagères de ce monde.
Jean 15. 26 ; 16. 13 et 14. C’est le travail du Saint Esprit dans nos cœurs de nous occuper du Père et du Fils. Dans la chrétienté, on parle beaucoup de témoignage, d’expérience personnelle, mais ce qui est important, c’est d’être occupés du Seigneur et du Père. Dans les réunions d’édification, on doit présenter le Seigneur avant tout en lisant la Parole. C’est ce que fait ici le serviteur (v. 37 à 41). Le cœur du père est tout occupé du fils unique bien-aimé et en même temps on voit que le cœur d’Abraham était rempli de foi (v. 40).
On voit la certitude de la foi : « l’Éternel devant qui je marche ». C’est ce que l’Éternel lui avait dit au commencement : « Marche devant ma face, et sois parfait » (ch. 17. 1).
Le serviteur cherche à s’effacer et il met Abraham en évidence. Il raconte comment son maître a demandé le secours d’En Haut et quelle a été la réponse de Dieu. Souvent nous manquons de foi. Le serviteur savait que sa prière était selon Dieu (1 Jean 5. 14). Tout s’est déroulé comme il l’avait demandé à Dieu. Énoch et Noé aussi ont marché avec Dieu. Nous sommes invités à marcher constamment avec le Seigneur. Abraham a marché avec Dieu, son serviteur aussi (v. 27 et 48 : « l’Éternel m’a conduit ». Au début de ce chapitre, le serviteur avait fait part de ses inquiétudes (v. 5 et 6) mais ne juge pas utile de rappeler ce qu’avait dit Abraham au sujet d’Isaac. Rebecca n’a pas su tirer tout le profit pour sa vie d’être venue vivre dans un lieu où l’Éternel était craint et servi. C’est elle qui renvoie Jacob dans le pays qu’elle avait quitté.
Les v. 32 à 49 rendent compte du témoignage du serviteur dont les résultats se voient dans l’attitude de Rebecca (v. 50 et suivants), qui est attirée vers Isaac qui deviendra son époux, et dont le serviteur a parlé. Même Bethuel et Laban, quelles que soient leurs relations habituelles avec l’Éternel, ont été influencés par ce témoignage clair du serviteur. Bethuel et Laban, son fils, sont d’accord pour reconnaître que « la chose procède de l’Éternel » (v. 50).
La demande du v. 49 trouve sa réponse claire : « Prends-la et t’en va ; et qu’elle soit la femme du fils de ton seigneur, comme l’Éternel l’a dit » (v. 51). Même « le cœur d’un roi, dans la main de l’Éternel, est comme des ruisseaux d’eau ; Il l’incline à tout ce qui lui plaît » (Prov. 21. 1). Bien qu’ici, Laban et Bethuel parlent de l’Éternel, il semble que se soit superficiel, car au ch. 31. 30 et 34, Laban réclame ses « dieux » que Rachel sa fille avait dérobés à l’insu de Jacob. L’ennemi s’acharne à retarder notre avancement spirituel, mais Dieu a toujours le dernier mot. Si, parfois, la réponse divine se fait attendre, ne perdons pas courage et prions. Si Dieu voit cette attente fervente dans nos cœurs, Il y répondra en son temps. Recherchons « la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite » (Rom. 12. 2).
On a vu le serviteur en prière, demandant le secours de Dieu (v. 12 à 14) ; on l’a vu se prosterner et rendre grâces (v. 26 et 27) ; ici, il rend grâces et se prosterne (v. 52). Prions et rendons grâces. Devant la réponse favorable de Laban et Bethuel, le serviteur « se prosterne devant l’Éternel », conscient que c’est Lui qui a incliné le cœur des deux hommes. Savons-nous voir l’intervention de Dieu dans les réponses que nous recevons à nos prières ?
Bien qu’on voie dans le serviteur, le type de la fidélité dans le service, il est aussi une image du Saint Esprit venu sur la terre pour chercher et former l’Église, future épouse de Christ, et la conduire à travers le désert de ce monde jusqu’au moment de la rencontre. Et, durant ce « voyage », il nous apprend à connaître notre Seigneur, à L’aimer (1 Pier. 1. 8), et à nous réjouir « d’une joie ineffable et glorieuse », car c’est à travers ce qu’Il nous en dit que le Seigneur nous est révélé (Jean 16. 12 à 14) ; et le Seigneur nous déclare « bienheureux » (Jean 20. 29) ; de même que le serviteur a dû parler d’Isaac à Rebecca.
Au v. 53, le serviteur « sortit des objets d’argent et des objets d’or, et des vêtements, et les donna à Rebecca », tandis qu’elle est encore dans son pays idolâtre : pour nous, c’est déjà dans ce monde ci que le Saint Esprit nous donne toutes les bénédictions se rattachant à Christ, et nous en jouissons par la foi. Le Saint Esprit est « les arrhes de notre héritage » (Éph. 1. 14).
Rebecca prouve sa foi dans sa décision : « J’irai ». « Que votre parole soit : oui, oui ; non, non » (Mat. 5. 37). Dès lors, le serviteur a hâte de revenir vers son seigneur, avec Rebecca (v. 55 et 56), qui seule compte, à ses yeux (v. 61 fin). Le Saint Esprit a hâte de remonter au ciel avec l’Église (Apoc. 22. 17). Que notre comportement n’attriste pas le Saint Esprit, en retardant son action. « … hâtant… le jour de Dieu » (2 Pier. 3. 12). « Écoute, fille ! et vois, et incline ton oreille ; et oublie ton peuple et la maison de ton père ; et le roi désirera ta beauté, car il est ton seigneur : adore-le » (Ps. 45. 10 et 11).
Le Seigneur a-t-il la première place dans nos cœurs ? Ce que l’on voit et entend dans ce monde peut nous retenir (Éccl. 1. 8). Ce monde offre des choses agréables, mais il y a aussi « les tanières des lions et les montagnes des léopards » (Cant. 4. 8). Faisons comme Paul (Gal. 1. 15 à 17 ; Phil. 3. 13 et 14). C’est après que sa famille l’a bénie, que Rebecca se lève et part. Cette bénédiction prophétique nous projette au temps du millénium où, par la puissance du Seigneur, Israël « possédera la porte de ses ennemis ». Balaam bénira le peuple malgré lui (Nomb. 23 et 24). Le Saint Esprit, le Consolateur, rend témoignage de Christ en nous (Jean 15. 26). Sachant quel est le but du « voyage » de l’Épouse (l’Église), avons-nous hâte de rencontrer l’Époux que Dieu lui destine ?
Le long voyage pour Rebecca et le serviteur s’achève. Rebecca a sûrement hâte de voir l’époux que Dieu lui destine, et Isaac vient à sa rencontre. De même l’Église touche à la fin de son pèlerinage sur la terre, et le Seigneur viendra la chercher. Le Saint Esprit nous parle, dans le chemin, des gloires du Seigneur, renouvelant et fortifiant nos affections pour Lui, afin de nous faire désirer Le voir et être avec Lui.
Comme le Seigneur est en haut, auprès de Dieu, Isaac vient du « puits du vivant qui se révèle » : c’est comme s’il venait d’auprès de Dieu pour chercher son épouse. Cette rencontre a lieu « à l’approche du soir » (v. 63). De même, le Seigneur enlèvera son Assemblée alors que la lumière morale sera très faible, assimilant ce moment au soir du monde incrédule, alors que ce sera le matin sans nuages pour les croyants. Ces pensées touchent-elles nos cœurs ?
Isaac méditant « à l’approche du soir » est un exemple pour nous : le soir du monde est proche : est-ce que nous méditons sur ce que nous lisons dans la Parole ? Le puits de Lakaï-Roï est une source rafraîchissante auprès de laquelle il habitait (v. 62 ; ch. 25. 11). La Parole est, pour nous, l’eau rafraîchissante : lisons-la fidèlement (Ps. 119. 97 à 99).
Isaac « leva ses yeux, et regarda, et voici des chameaux qui venaient ». Cette caravane importante (dix chameaux, v. 10), est la première chose que voit Isaac. Il semble qu’il ne distingue Rebecca que lorsqu’elle descend de sa monture et qu’elle a pris son voile. Dans le grand train de l’Église cheminant sur la terre, il faut l’œil du Seigneur pour discerner ceux qui lui appartiennent réellement, formant la vraie Église qui sera son Épouse.
Comme Rebecca descendue de chameau et marchant humblement avec ses propres jambes, mais aussi couvrant son visage, chaque croyant doit se revêtir d’humilité et de sainteté pratique, tenant la chair dans la mort et marchant « d’une manière digne de l’appel » (Éph. 4. 1 à 3). Mais le voile parle aussi de soumission (1 Cor. 11. 10 et 15). Également, le voile dont Rebecca se couvre, montre que, désormais, elle réserve sa beauté pour Isaac. Le Seigneur est seul à voir la beauté de son Assemblée (Éph. 5. 27). Dans le millénium, le Seigneur verra aussi la beauté d’Israël selon son cœur (Cant. 4. 1 à 3).
Comme le serviteur instruit Rebecca jusqu’au moment de la rencontre avec Isaac (v. 65), le Saint Esprit nous parlera de Christ, étoile du matin levée dans nos cœurs, jusqu’au moment de l’enlèvement de l’Église. À la question de Rebecca, le serviteur répond : « c’est mon seigneur ». Jusque là, son seigneur, c’était Abraham. Mais, maintenant qu’il a amené Rebecca à Isaac, il a conscience que, désormais, Abraham, le dépositaire des promesses de Dieu, doit s’effacer devant Isaac, l’héritier des promesses. Maintenant, le serviteur reconnaît en Isaac, « son » seigneur. D’ailleurs, Abraham avait tout donné à Isaac (v. 36 ; ch. 25. 5), comme Dieu a tout donné à son Fils (Mat. 11. 27 ; Jean 3. 35). Il est « l’héritier de toutes choses » (Héb. 1. 1 et 2). Mais Abraham, contre la pensée de Dieu, prit une autre femme et des concubines et en eut des enfants qu’il éloigna d’Isaac, en leur faisant des dons : ils représentent peut-être les nations entourant Israël, et qui seront bénies durant le millénium.
Isaac et Rebecca forment un couple qui est un modèle pour les couples chrétiens : Isaac aime Rebecca, et Rebecca, en se voilant, montre sa soumission à son époux (Éph. 5. 22, 23 et 25). La mort de Sara (type de l’Israël dans son ancien état disparu lors du millénium), laisse la place à Rebecca, qui représente l’Église dans laquelle Christ se consolera en l’épousant. Dans le couple d’Isaac et de Rebecca, il y a place pour la prière (ch. 25. 21) ; et Rebecca « alla consulter l’Éternel » (v. 22). Isaac pria durant 20 ans (comp. v. 20 et 26). Prions, nous aussi sans nous lasser, jusqu’à ce que Dieu nous exauce. Cependant, par la suite, Isaac et Rebecca eurent, vis à vis de leurs enfants, un comportement à proscrire absolument (v. 27 et 28).
Ch. 25 à 27 : Isaac.
Ch. 25
Abraham chemina cent ans avec Dieu, entre son appel (Gen. 12. 4), et sa mort (ch. 25. 8). Pèlerin et adorateur dans la terre de la promesse, il n’y possédait que sa tente et son autel. Sa vie a été une vie croissante avec Dieu, malgré quelques défaillances ; il est un exemple pour nous : pèlerins comme lui, emparons-nous par la foi des promesses se rattachant à notre vraie patrie, le ciel. Hébreux 11. 8 à 10, 13 à 16 résume sa vie de foi. Abraham était le dépositaire des promesses de Dieu, concernant sa descendance. Mais la vraie « semence » d’Abraham, c’est Christ en qui se réalisera la plénitude des pensées divines, en bénédiction pour son peuple et pour les nations, durant le règne du Seigneur.
L’histoire d’Abraham commence au ch. 11. 27, et se termine au ch. 25. 10. Formée par Dieu, sa foi lui a donné la force de réaliser les desseins divins ; et Dieu l’avait béni (ch. 24. 1). L’histoire d’Isaac commence ici, et se poursuit jusqu’au ch. 35 où ses deux fils l’enterrent, comme Abraham a été enterré par Isaac et Ismaël. Avant la lettre de la loi, la piété filiale agissait : « Honore ton père et ta mère » (Ex. 20. 12). Mais ce commandement se répète pour les chrétiens : en Éphésiens 6. 1 et 2, il est commandé aux jeunes enfants : « Enfants, obéissez à vos parents ». Puis : « Honore ton père et ta mère » ; ce v. 2 s’adresse à nous tous, quel que soit notre âge, en rapport avec nos parents tant qu’ils vivent : nous devons leur rendre honneur en les assistant et en ayant soin d’eux, mais aussi, en vivant nous-mêmes pieusement selon les enseignements qu’ils nous ont inculqués.
La mort d’un croyant nous rappelle que la vie est courte : « votre vie n’est qu’une vapeur paraissant et disparaissant » (Jac. 4. 14) ; et David a conscience que Dieu lui a donné « des jours comme la largeur d’une main » (Ps. 39. 5) ; et le chagrin ne manque pas, mais aussi la consolation ! (24. 67). Tout de suite après l’épreuve de la mort d’Abraham, Dieu bénit Isaac (v. 11). À travers les épreuves Dieu veut nous bénir.
Mourir « en bonne vieillesse » (v. 8), rappelle une longue vie de foi et de fidélité avec Dieu. Une telle vieillesse goûte la paix d’une longue communion avec le Seigneur. Être « rassasié de jours » évoque ce moment de la vieillesse du croyant qui, les yeux fixés sur le Seigneur, n’aspire plus aux choses de la terre, mais aux choses d’en haut. On ne lit rien de tel pour Ismaël, l’homme profane : « il expira et mourut » (v. 17).
Il y a opposition entre Isaac, le « béni de l’Éternel » qui vit paisiblement avec son Dieu, près du puits de Lakaï-Roï (v. 11), et Ismaël incrédule qui « s’établit à la vue de tous ses frères » (v. 18 fin) : C’est là qu’il mourut ou tomba (note f). Il voulait être vu et a vécu opposé à tous (ch. 16. 12). Bien que fils d’Abraham, ses descendants ne font pas partie d’Israël. Plus tard, Ésaü, frère de Jacob (ch. 25. 24 à 26), prendra pour femme une Ismaélite (ch. 28. 6 à 9), et ses descendants seront ennemis d’Israël (Ps. 83. 2 à 9). Dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau, on n’entre dans la vie éternelle que par la foi.
Isaac pria pour sa femme stérile durant vingt ans (comp. les v. 20 et 26) et Rebecca consulta l’Éternel. La piété familiale était exercée et Dieu exauça leurs prières (Jac. 5. 16). Il y a un contraste avec le comportement de Jacob et Rachel (ch. 30. 1 et 2). Les époux doivent partager les exercices familiaux (1 Pier. 3. 7). Dieu se laisse souvent fléchir par la prière de la foi (1 Chron. 5. 10 et 20) ; mais il faut discerner sa volonté. Nous sommes invités à présenter nos « requêtes avec des supplications et des actions de grâces » (Phil. 4. 6). C’est dans les épreuves vécues avec le Seigneur que la foi pratique se fortifie et que Dieu nous forme. Alors, on apprend à ne pas douter et nos prières s’expriment avec foi, « ne doutant nullement » (Jac. 1. 5 à 8). Après un long exercice avec des prières instantes, lorsque le Seigneur nous exauce, il en résulte de la bénédiction pour le croyant éprouvé. Le Seigneur Lui-même nous encourage à ne pas douter (Mat. 17. 20).
L’élection de la grâce de Dieu repose sur sa souveraineté (Rom. 9. 9 à 25). Jacob et Ésaü sont l’objet d’une élection gouvernementale de la part de Dieu, pour le temps de la terre : « J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü » (Mal. 1. 3). C’est par son mépris de son droit d’aînesse que Ésaü s’attire cette « haine » de Dieu, qu’il a d’ailleurs déclarée quatorze siècles plus tard, manifestant qu’il ne s’agissait pas de prédestination. Cependant, Dieu n’a jamais « prédestiné » un homme arbitrairement, à être sauvé ou perdu, mais Dieu « préconnaît » ceux qui se laisseront attirer à la grâce et ceux qui s’y refuseront. « … toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos. Car ceux qu’Il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Rom. 8. 29 et 30).
Dieu ne prépare personne pour la destruction ce sont les hommes incrédules qui se préparent eux-mêmes pour la colère de Dieu. Si nous sommes élus, c’est parce que Dieu voit la foi en Christ dans nos cœurs (Éph. 1. 3 à 6). Le Seigneur déclare, en Jean 6. 44 : « Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire ». Mais par ailleurs, Il dit : « Si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » (Jean 12. 32). Il y a donc le travail du Père et du Fils pour sauver les hommes. Mais chacun est responsable de se laisser façonner par la main divine.
Contrairement à son frère qui lui vend son droit d’aînesse pour quelques lentilles, Jacob est attaché de cœur aux promesses divines se rattachant à ce droit. Seulement, au lieu de laisser Dieu conduire les circonstances jusqu’à ce qu’Il le bénisse Lui-même, il s’en empare par ses propres machinations. Au lieu de les recevoir de Dieu, il les « achète » de la main de son frère ! Jacob est un homme simple, tranquille, « habitant les tentes » (v. 27).
Ésaü, au contraire, est un homme des champs ; un chasseur habile. Sa passion pour la chasse devient un piège pour son père, qui, à la fin de sa vie, se détourne des bénédictions d’en haut dont il est l’héritier, pour s’attacher aux plaisirs de la terre : « Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande » (v. 28). Il désirera bénir ce fils parce qu’il lui apporte du gibier (ch. 27) !… « Prenez garde… de peur que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise » (Luc 21. 34).
Jacob s’occupe habituellement des travaux domestiques : on le voit « cuire un potage » (v. 29) ; un mets tout à fait ordinaire, probablement dans la compagnie de sa mère qui s’est attachée à lui : « Rebecca aimait Jacob » (v. 28 fin). Le désordre s’est installé dans ce foyer qui avait pourtant commencé dans l’harmonie. Rebecca aura une influence néfaste sur Jacob, ce qui provoquera bien des douleurs par la suite. Quelles que soient les différences caractérisant nos enfants, nous devons les aimer de la même manière.
La chasse peut être utile pour se procurer de la nourriture, s’il n’y a pas d’autres ressources, mais, tuer des animaux pour son plaisir est réprouvé de Dieu.
Jacob fut berger : le berger rassemble ses troupeaux. Le chasseur les disperse. L’assemblée a besoin de bergers et non de chasseurs. Malgré sa vie jalonnée de chutes, se laissant conduire par sa propre volonté, Jacob a, de la part de Dieu, une position heureuse, car il est nommé avec Abraham et Isaac, comme « héritier de la même promesse » (Héb. 11. 9).
En Hébreux 12. 16, Ésaü est reconnu comme étant profane ; il est attaché aux choses de la terre et méprise les bénédictions se rattachant au droit d’aînesse (v. 34) qui est un don de Dieu. Et c’est Dieu qu’il méprise ! On comprend pourquoi, longtemps après ces faits, l’Éternel déclare : « J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü » (Mal. 1. 3). Jacob est attaché à ces bénédictions dont, sans aucun doute, sa mère l’a entretenu, tandis qu’il restait dans les tentes en sa compagnie (v. 27) : Dieu l’avait annoncé à Rebecca : « le plus grand sera asservi au plus petit » (v. 23).
Cette scène nous avertit de ne pas nous attacher aux biens terrestres, mais d’élever nos cœurs vers les bénédictions célestes promises. Ésaü n’a pas la vie ni aucune espérance : « Voici, je m’en vais mourir ; et de quoi me sert le droit d’aînesse ? » (v. 32). « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (1 Cor. 15. 32). Jacob est le type d’un croyant ayant une espérance.
Dieu nous a acquis comme de bien-aimés enfants ayant des promesses et des bénédictions célestes : marchons par la foi et non par la vue des choses matérielles (2 Cor. 5. 7), et gardons précieusement les enseignements de la Parole trop souvent remis en question par des « enseignements nouveaux ». Ce potage de lentilles est un mets tout à fait simple et banal, mais il est nourrissant. La Parole dont nous devons nourrir nos âmes peut nous paraître, à la longue, peu attrayante, comme pour les Israélites à la fin du voyage au désert ; mais elle est une nourriture spirituelle puissante et vitale. Ne la falsifions pas.
Homme des champs (v. 27), Ésaü était « las » en en revenant (v. 29). Les activités terrestres n’apportent que la lassitude. Ésaü se nourrit sans distinction, de gibier, nourriture sauvage, et de potage de lentilles. Prenons garde à nos lectures : il en est de bonnes qui fortifient le croyant, et d’autres qui sont un poison…
« Jacob habitait les tentes » : cela suggère la pensée de proximité, de communion avec Dieu (Ps. 27. 4), dans laquelle il a appris à apprécier les promesses divines. Ésaü, par contre, agit avec légèreté : « Il mangea et but, et se leva, et s’en alla » (v. 34), ne se rendant pas compte de la gravité de son acte. Plus tard, il voudra en vain une bénédiction (ch. 27. 38). Comme Ésaü, le peuple juif méprisera « le pays désirable » (Ps. 106. 24), et la venue du Messie (Mat. 22. 2 à 6).
Jacob « achète » le droit d’aînesse avec un plat de lentilles, au lieu de laisser Dieu conduire les circonstances pour le lui donner avec ses moyens à Lui. Il avait des dispositions d’esprit propres à marchander, même avec Dieu (Gen. 28. 20 et 21). Ne cherchons pas à nous emparer de ce que Dieu nous donnera bien mieux, si nous le laissons faire. Confions-nous en Dieu avec foi afin de ne pas chanceler (Ps. 125. 1). Aujourd’hui, on peut « mépriser un si grand salut » (Héb. 2. 3) ; les conséquences en sont terribles !
Ch. 26
Le ch. 26 parle d’Isaac commettant la même faute que son père (Gen. 12. 9 et 10). Dieu l’empêche de descendre en Égypte, et réitère sa promesse d’être avec lui et de le bénir (ch. 22. 15 à 18) ; Dieu ne renonce jamais à ses promesses. Mais Isaac se réfugie à Guérar, chez les Philistins, parce qu’il y a une famine en Canaan. Chassé par Abimélec, il quitte la ville mais reste à proximité, où les Philistins lui créeront des difficultés (v. 16 à 21). La famine n’aurait pas dû lui faire fuir le pays. S’il y a peu de nourriture dans un rassemblement, restons-y et prions. Quitter un rassemblement doit être le fruit d’un profond exercice. Souvenons-nous des promesses de Dieu pour le temps présent et pour l’avenir au ciel.
L’obéissance d’Abraham et sa foi assurent les bénédictions pour Isaac (v. 2 à 5). La piété des parents assure souvent la bénédiction aux enfants en leur montrant le chemin de l’obéissance et de la foi. Mais ils ont, à leur tour, leur responsabilité, tandis que Dieu agit en grâce. En Deutéronome 7. 7, Dieu donne sa raison d’avoir choisi Israël pour Lui : il était le plus petit des peuples. Cela aurait dû les conduire à l’humilité. Au ch. 12 et 20, Abraham avait menti au sujet de sa femme. Isaac répète la même faute à Guérar. Peut-être les mœurs de ces peuples laissaient-ils quelques craintes à Isaac comme à son père. Néanmoins, ils auraient dû s’appuyer sur les promesses divines pour être rassurés quant à leur sort. Dans les circonstances difficiles, souvenons-nous de la promesse du Seigneur : « Je suis avec vous tous les jours… » (Mat. 28. 20).
Dieu est apparu à Isaac dès qu’il fut revenu où Dieu le voulait : à Beër-Shéba, loin des Philistins, et lui dit : « Ne crains pas » (v. 24). « Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance » (1 Jean 3. 18 à 21). Si Dieu nous parle des manquements de ces hommes de foi, c’est pour nous avertir des dangers qui nous guettent dans un monde dont les pensées sont étrangères à la pensée de Dieu. Les filles de Lot vivaient selon les coutumes du monde où elles avaient vécu. Cependant, chaque génération doit faire ses expériences avec le Seigneur.
Jusqu’au v. 22, Isaac est en butte aux difficultés dues à sa fausse position. Il est matériellement béni au v. 12, Mais les bénédictions qu’il reçoit à Beër-Shéba sont d’une tout autre élévation : il est béni lui-même avec sa descendance, et toutes les nations plus tard bénéficieront de ses bénédictions. Dieu se sert des circonstances pour qu’Abimélec découvre le mensonge d’Isaac et, par ce moyen, le faire revenir au lieu où il peut lui apparaître et le bénir (v. 23 et 24). « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).
Alors, Isaac dresse un autel et adore (v. 25). Bien qu’Abimélec n’ait pas été sur le même terrain qu’Isaac, il manifeste de la crainte et affiche une certaine moralité (v. 10). Isaac ne pouvait vivre dans ce pays sans eau. C’est au puits de Lakhaï-roï qu’il rencontre Rebecca et qu’il fait l’expérience du « Dieu qui se révèle ». C’est ensuite à Beër-Shéba que Dieu lui apparaît. Il ne pouvait jouir librement des puits qu’il avait chez les Philistins, car ceux-ci les avaient bouchés avec de la terre ; ce qui nous fait penser aux choses purement terrestres. Les Philistins sont l’image du monde religieux mais étranger pour Dieu, et qui s’efforce de nous empêcher de jouir de la Parole, qui seule est la vérité.
Isaac les recreuse et les nomme selon les noms qu’Abraham leur avait déjà donnés. Il n’y a rien de changé pour nous, dans la Parole : elle est la vérité pour toutes les générations (Jér. 6. 16 ; 31. 21). Nos prédécesseurs ont recreusé les « puits » de la Parole. Lisons la Parole avec sérieux, afin d’en nourrir nos âmes solidement et de jouir de ses richesses. A Réhoboth, le puits qu’Isaac avait creusé loin des Philistins, ne lui fut pas contesté (v. 22) : il a pu en jouir en toute paix. Éloignons-nous de ceux qui frelatent la Parole et, « au large » des ennemis de la vérité, nous serons en paix et bénis.
Ayant quitté Guérar, Isaac demeura quelque temps aux abords de la ville ; là, il eut beaucoup de difficultés avec les Philistins qui contestaient avec lui au sujet des puits qu’il recreusait. Ce n’est qu’en revenant à Beër-Shéba que Dieu peut lui apparaître et le bénir. Il lui renouvelle les promesses déjà faites à Abraham (ch. 22. 16 et 17). Dieu « n’est pas un homme pour mentir, ni un fils d’homme pour se repentir ». Ses promesses sont sans repentir (ch. 17. 1 à 7 et 9). Isaac était le fils de la promesse ; mais son rappel exigeait qu’il revienne au pays de la bénédiction.
Sans retard, Dieu lui apparaît « cette nuit-là », dès son retour à Beër-Shéba. Pour nous non plus, les promesses nous concernant ne sauraient être abrogées ; mais il faut nous maintenir sur un terrain d’obéissance et de dépendance. Ces promesses reposent tout entières sur l’œuvre du Seigneur à la croix. Avoir des parents croyants est une bénédiction pour les enfants, à condition qu’ils s’engagent eux-mêmes dans le chemin de la foi. Timothée avait été amené à la même foi que sa grand-mère et sa mère (2 Tim. 1. 5).
C’est pendant la nuit que l’Éternel apparaît à Isaac ; dans les moments tranquilles, Dieu peut nous parler par sa Parole et son Esprit : « Durant les nuits même mes reins m’enseignent » (Ps. 16. 7). Le Seigneur a passé toute une nuit en prière, avant de choisir ses disciples (Luc 6. 12). A Guérar, Isaac ne se sentait pas en sécurité (v. 9). Mais à Beër-Shéba, Dieu lui dit : « Ne crains pas, car je suis avec toi » (v. 24). Si nous nous éloignons du Seigneur, nous sommes en danger, car l’ennemi rode avec sa méchanceté. C’est aussi à Beër-Shéba qu’il devient un adorateur en bâtissant un autel où il invoque l’Éternel (v. 25). On ne peut être des adorateurs que dans la communion avec Dieu. Dans l’assemblée, les sœurs, bien que devant rester silencieuses, adorent dans leur cœur : l’adoration qui monte vers Dieu doit être l’expression de l’adoration de tous ceux qui sont là.
Dès qu’Isaac est revenu au lieu de la bénédiction, tout change pour lui, car il est de nouveau où Dieu le veut. Avant de demander à Dieu de nous bénir, il faut qu’Il lise dans nos cœurs le désir d’obéir à sa Parole. Les patriarches se caractérisaient par leur tente et leur autel : ils étaient pèlerins et adorateurs. Partout où Abraham répondait au désir de Dieu, il pouvait bâtir un autel : l’adoration le préparait aux différentes rencontres qu’il faisait : avant sa rencontre avec Melchisédec et ensuite, avec le roi de Sodome (ch. 14), il avait bâti un autel à Hébron (ch. 13. 18).
Abimélec lui dit : « Tu es… le béni de l’Éternel » (v. 29). Prenons garde aux flatteries du monde qui ne peuvent qu’exciter notre orgueil. Si Isaac est « le béni de l’Éternel », il fallait qu’il prenne conscience – comme nous-mêmes – que c’était pure grâce de la part de Dieu. Cependant, Isaac présentait un caractère selon Dieu : la douceur de celui « qui n’insiste pas sur ses droits » (Phil. 4. 5 note). Abraham, avec la force et la dignité d’un patriarche, avait repris Abimélec au sujet d’un puits (ch. 21. 25).
Au v. 22, Isaac voit que Dieu lui a donné « de l’espace » : c’est le chemin de la bénédiction, lorsque nous mettons de l’espace (moral), entre le monde et nous. Cependant, il convient « autant que cela dépend de nous, de vivre en paix avec tous les hommes » (Rom. 12. 18). On peut trouver une différence entre ce qu’Abimélec réclame d’Abraham qu’il : « n’agira pas faussement avec lui » (ch. 21. 23), et ce qu’il demande à Isaac dont il craint la puissance (v. 16) : qu’il ne « lui fera pas de mal » (v. 28 et 29), bien que son témoignage ait été imprégné de douceur et de paix. Bien que tout n’ait pas été à la gloire de Dieu dans la vie d’Isaac, on ne voit pas de repentance chez Abimélec, qui déclare n’avoir fait « que du bien » à Isaac, en oubliant toutes les misères que les Philistins lui avaient fait subir (v. 15 à 21). Le Seigneur ne peut toucher un cœur aussi plein de prétention ! Enfin, « Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent d’avec lui en paix » (v. 31). C’est une chose heureuse qu’Isaac n’ait pas cherché à rétablir des relations qui auraient rappelé des expériences malheureuses et humiliantes.
Ayant mis de la distance entre les Philistins et lui-même, Isaac trouve de l’eau, image de la Parole appliquée à nos âmes par le Saint Esprit. Dans la communion avec Dieu, on peut jouir pleinement de la richesse qu’offre la Parole, et en être rafraîchis, lorsque nous avons résolument rompu avec le monde. Beër Shéba se trouve à la limite de la terre de la promesse : après, c’est le désert. Prophétiquement, on peut voir, dans ce serment échangé entre Isaac et Abimélec, roi des Philistins, la vérité qu’une nation ne peut être bénie que dans la mesure où elle est « associée » à Israël, le peuple béni de Dieu. Genèse 9. 27 prophétise que Japheth, ancêtre des nations, doit « demeurer dans les tentes de Sem », ancêtre des Juifs. Dans une autre perspective, du fait de la naissance du Sauveur dans le peuple juif, « le salut vient des Juifs » (Jean 4. 22). Cependant, jusque là, Isaac garde ses distances, moralement, d’avec les Philistins : « Et Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent… » (v. 31).
Ch. 27
Le ch. 27, nous montre le déclin de la vie spirituelle d’Isaac dans sa vieillesse. Dans sa maison, Ésaü, son fils aîné, vend son droit d’aînesse ; il prend deux femmes des fils de Heth, fils de Canaan (ch. 10. 15 et 16), maudit de Noé, en opposition avec l’attitude d’Abraham pour Isaac. Rebecca s’oppose ouvertement à ce que Jacob, son plus jeune fils, suive le même chemin (v. 46). Isaac et Rebecca ont recherché la pensée de Dieu pour Jacob ; et celui-ci, ayant obéi, a, malgré tout, pris son mariage en main, avec toutes sortes d’arrangements humains avec Laban (ch. 29 et 30). Ésaü, homme profane, agit en opposition à Dieu.
L’obéissance à Dieu, dans sa dépendance, sont les conditions d’un mariage chrétien heureux. Jacob n’a pas vraiment cherché la pensée de Dieu. Plus tard, Juda prend, pour lui et son fils, des femmes incrédules. Cette tendance se développe de génération en génération. Sachant bien qu’Ésaü était un homme profane (Héb. 12. 16 et 17), Isaac veut bénir ce fils rejeté de Dieu, parce qu’il lui apporte du gibier qu’il aime ! Il s’apprête à provoquer une terrible catastrophe vis à vis de Dieu qui réservait cette magnifique bénédiction du v. 29 à Jacob : c’était un véritable sacrilège.
Du côté de Rebecca, les choses n’allaient pas mieux : bien que consciente de l’énormité qu’Isaac s’apprête à commettre, au lieu de lui parler sérieusement, elle use d’un stratagème misérable : elle est loin d’être une aide pour son mari ! Il semble qu’il n’y avait plus guère de communications entre eux. Gardons une heureuse communion entre époux ; etgardons-nous d’avoir des préférences en ce qui concerne nos enfants.
Le début du ch. 27, précise que, devenu vieux, Isaac était aveugle physiquement ; mais il l’est devenu, spirituellement aussi. Jacob lui apporte même du vin, ce qui achève de l’étourdir. On voit qu’en comprenant ce qui s’est passé, il est pris « d’un tremblement très grand » (v. 33) ; mais trop tard. Il y avait, dans sa vie, des racines non jugées qui produisirent de mauvais fruits (Job. 12. 14). Jugeons-nous soigneusement : « Purifie-moi de mes fautes cachées » (Ps. 19. 12). Comme à l’homme malade du réservoir de Siloé, le Seigneur nous dit : « Veux-tu être guéri » ? Appliquons à nous-mêmes le Psaume 139. 23 et 24).
Cependant, Dieu se sert des fautes de cette famille pour accomplir ses buts : bénir Jacob. Malgré son caractère, Jacob, ici, éprouve des scrupules à mettre en action le plan de sa mère, par crainte de passer pour un trompeur, et d’être maudit et non béni (v. 11 et 12). Et la réponse de sa mère est bien triste ! Elle pensera que la séparation d’avec Jacob sera « pour quelques jours » (v. 44 et 45) ; mais elle ne le reverra pas.
Quant à Isaac, il mourut longtemps après ces évènements, mais il n’est plus parlé de lui, sinon à son enterrement (ch. 35. 28 et 29). Le mensonge était toléré chez Abraham et chez Isaac. Chez Laban, frère de Rebecca, la tromperie était courante. Rebecca et Jacob ont trompé Isaac et Ésaü. Et Jacob sera, à son tour, trompé par Laban et, plus tard, par ses propres fils au sujet de Joseph. Isaac aimait manger. Le serviteur d’Abraham ne s’était pas mis à table avant de s’être occupé des affaires de Dieu. Ne tolérons, chez nous, rien qui pourrait nous conduire à une terrible chute. « Ne soyez pas séduits ; on ne se moque pas de Dieu ; car ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7).
Une grande différence oppose la vie d’Isaac et celle de Jacob : tous deux sont aveugles dans leur vieillesse ; cependant, ayant bien commencé jusqu’à être un type de Christ offert en sacrifice et ayant eu des chutes suivies de restaurations, Isaac décline jusqu’à agir selon ses convoitises, et n’a plus aucun discernement. Rien n’est définitivement acquis dans la vie chrétienne. Si nous nous relâchons, nous glisserons jusqu’à la chute. Il nous faut « revêtir l’armure complète de Dieu » pour résister au diable, et « après avoir tout surmonté, tenir terme » (Éph. 6. 10 à 13).
Au contraire, Jacob ayant très mal commencé sa vie, la finira avec un grand discernement pour bénir les fils de Joseph (ch. 48). L’importance de la communion entretenue avec Dieu est mise en évidence. Malgré un commencement déplorable, Jacob, de retour de Paddan-Aram, a eu cette heureuse rencontre avec Dieu, au torrent de Jabbok (ch. 32. 22 à 32), puis à Béthel où il s’est séparé des idoles qu’il y avait dans sa maison (ch. 35. 1 à 5). À la fin de sa vie, il adorait « appuyé sur le bout de son bâton » (Héb. 11. 21).
Isaac, lui, dans sa vieillesse est occupé à manger et à boire. Le Seigneur nous met en garde contre « la gourmandise et l’ivrognerie » (Luc 21. 34). Dieu nous a donné une place « dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 2. 4 à 6), et Il nous avertit contre nos tendances naturelles. Dans ce ch. 27, le mensonge règne dans la maison d’Isaac et de Rebecca. Celle-ci veut que son fils préféré soit béni à la place d’Ésaü, tandis qu’Isaac, lui, veut bénir ce dernier qu’il préfère à Jacob. Dieu voulait bénir Jacob ; mais Rebecca n’agit pas selon la pensée divine. De plus, Isaac veut bénir Ésaü en l’absence de Jacob ; Jacob, lui, bénira Éphraïm en la présence de Manassé, son frère. Ici, pour tout scrupule, Jacob craint d’être reconnu de son père, et d’être maudit et non béni. Rebecca, elle, encourage la gourmandise d’Isaac en lui préparant « un mets savoureux comme il aime ». Puis, elle affuble Jacob des dépouilles des chevreaux pour mieux tromper la vigilance d’Isaac.
Ce chapitre met en scène les cinq sens de l’homme : la vue, le goût, l’ouïe, le toucher, et l’odorat (v. 1, 4, 9, 25 et 27). Ses sens sont trompés, sauf l’ouïe : il reconnaît la voix de Jacob, mais… ne le reconnaît pas, à cause de ses mains « velus comme les mains d’Ésaü » (v. 23). La voix du Seigneur doit être la seule que nous écoutions pour Le suivre (Jean 10). Enfin, comble de l’inconvenance : Isaac bénit Jacob qui vient de le tromper !
Pourtant. Isaac montre une méfiance insistante : « Qui es-tu ? » ; « Comment en as-tu trouvé si tôt ? » ; « Es-tu vraiment mon fils Ésaü ? » ; « Approche-toi » ; « Et il sentit l’odeur de ses vêtements » (v. 18 à 27). Et il prononce une bénédiction magnifique sur Jacob, en croyant bénir Ésaü. Cependant, revenu de son erreur, Isaac tient ferme, sachant que la bénédiction prononcée était irréversible « Je l’ai béni : aussi il sera béni » (v. 33). Plus tard, à Balaam, prié de maudire le peuple, Dieu dit : « Tu ne maudiras pas le peuple car il est béni » (Nomb. 22. 12). Et Balaam dit au ch. 23. 20 : « J’ai reçu mission de bénir ; il a béni et je ne le révoquerai pas ».
Isaac est pris « d’un tremblement très grand » (v. 33), et Ésaü « jeta un cri très grand et amer » (v. 34). Mais, s’il désira avec larmes d’être béni à son tour, il ne se repentit pas d’avoir méprisé son droit d’aînesse, et comprit trop tard ce qu’il avait perdu (Héb. 12. 16 et 17). Sous le jugement de Dieu, les incrédules comprendront trop tard ce qu’ils auront perdu en rejetant le Fils de Dieu, et les « très grandes et précieuses promesses » (2 Pier. 1. 3 et 4) rattachées au salut pour les croyants. La bénédiction terrestre de Jacob, comporte un niveau matériel (v. 28), et la promesse de domination sur ses frères et sur les nations (v. 29). Et, par-dessus tout, la protection divine contre tout ennemi qui voudrait le maudire (fin du v. 29). Ésaü recevra, lui, une bénédiction purement matérielle, sans plus (v. 39 et 40). « Et comme Isaac avait achevé de bénir… et que Jacob était à peine sorti… Ésaü… revint » (v. 30). Dans leurs combinaisons humaines, Dieu a tout dirigé malgré leurs fautes. Dans le livre d’Esther. Dieu déjoue les plans de destruction ourdis contre le peuple, et détruit ses ennemis.
Le Seigneur maudit les villes qui L’ont rejeté et dit : « Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (Mat. 11. 20 à 27). Tout est préparé par Dieu et rien ne Le détourne.
Ésaü ayant méprisé son droit d’aînesse, réclame une bénédiction de la part de son père avec véhémence (v. 34 à 40). Il voulait être béni sans avoir la moindre relation avec Dieu. Des tendances religieuses ne remplacent pas la piété des vrais croyants. Les désordres affectifs de cette famille « Isaac aimait Ésaü mais Rebecca aimait Jacob » (ch. 25. 28), se traduisent par la tromperie pour que Jacob supplante son frère. Il en résulte la haine et le désir de meurtre chez Ésaü (v. 41). Des animosités, chez les croyants, peuvent se transformer en sentiments haineux. Prenons-y garde en nous laissant avertir par les exhortations de 1 Jean 3. 15. et ch. 4. 7, 20 et 21. L’amour, le support et le pardon doivent conduire nos relations fraternelles.
De nouveau, Rebecca dit à Jacob « Écoute ma voix » et lui conseille de partir à Charan quelques jours » (v. 43 à 45). Mais elle ne reverra plus son fils bien-aimé.
Dieu, pourtant, va se servir de ces initiatives humaines pour parvenir à ses fins, car « toutes choses le servent ». Rebecca n’a pas consulté l’Éternel comme elle l’avait fait au ch. 25. 22. Mais elle va faire part à son mari de son « aversion » (aversion justifiée) pour les filles de Canaan et de Heth (v. 46). Sans doute est-ce une heureuse réaction de Rebecca envers Jacob et il est heureux que les parents chrétiens désirent marier leurs enfants dans l’assemblée et dans la communion. Mais Rebecca n’est pas droite devant Dieu ni devant son mari, qu’elle pousse à agir selon sa pensée à elle.
Il semble, pourtant, qu’Isaac se réveille après sa faute ; car, non seulement il accède à la demande de Rebecca, mais il bénit Jacob d’une bénédiction qui rappelle celle dont Dieu avait béni Abraham (ch. 15. 18 à 21 ; 22. 15 à 18). Et l’Éternel confirme cette bénédiction au v. 13 et 14. Ce que sa bouche à dit, sa main l’accomplira. C’est sous ce nom de « Dieu tout puissant » que Dieu s’est révélé aux patriarches (ch. 35. 11). À Moïse, il se révélera comme « l’Éternel » (Ex. 6. 2). Nous, nous le connaissons comme « notre Père » (Jean 20. 17).
Rebecca et Jacob agissent selon leur propre volonté, et Jacob aura à souffrir des conséquences durant vingt ans, il devra servir durement son beau-père. Mais Dieu, dans sa bonté le ramènera dans le pays de la promesse ; et, à la fin de sa vie, il adorera « appuyé sur le bout de son bâton ».
Ch. 28 à 35 : Jacob.
Ch. 28
On voit une différence fondamentale entre le comportement d’Abraham, qui envoie son serviteur chercher une femme pour Isaac à Charan, et lui dit « Garde-toi d’y faire retourner mon fils » (ch. 24. 2 à 6) – et le comportement d’Isaac qui « fit partir Jacob à Padan-Aram » (ou Charan), pour y chercher une épouse.
Les v. 6 à 9 nous montrent qu’Ésaü cherche à plaire à son père en prenant une fille d’Ismaël. Ésaü s’appuie, pour cela, sur le fait qu’Ismaël est un descendant d’Abraham. Mais il se trompe, car c’est aussi un ennemi (ch. 16. 11 et 12).
Le mariage engage les conjoints pour toute leur vie. Les croyants doivent se marier dans l’assemblée et dans la communion entre eux, afin que leur vie soit heureuse dans le Seigneur. Gardons-nous d’envoyer nos enfants dans le monde pour y chercher un conjoint. Ils n’y trouveraient que des douleurs. En cela comme en toutes choses, Dieu doit avoir l’initiative.
Jacob s’enfuit de devant la colère de son frère, la conscience chargée par le mensonge et la tromperie par lesquels il s’est emparé frauduleusement de sa bénédiction. Dans sa fuite, il est dépouillé de tout. Pour dormir, il prend des pierres et s’en fait un chevet. Nos péchés engendrent toujours des conséquences, dont Dieu se sert pour notre discipline, afin de nous restaurer. La conscience de Jacob n’est pas encore touchée ; sa vie va connaître beaucoup de vicissitudes au cours desquelles il sera maintes fois trompé, lui, le trompeur ! II est là, au plus bas, dans la nuit morale (v. 11). Lorsqu’il reviendra de Padan-Aram, vingt ans plus tard, après avoir lutté avec l’ange durant toute une nuit, un détail touchant nous est donné . Le soleil se levait sur lui, comme il passait Péniel » (ch. 32. 31).
Dans ces circonstances difficiles et dangereuses, Dieu va se révéler à lui comme le Dieu de grâce, car Jacob doit apprendre, comme nous-mêmes, qu’il n’a rien à donner à Dieu, mais tout à recevoir. Dieu ne l’abandonne pas. Au contraire, Il lui apparaît et lui fait des promesses qui surpassent celles de son père (ch. 27. 28 et 29). Malgré ces certitudes, il est saisi de peur. Dans nos défaillances, Dieu ne nous abandonne pas, mais II peut commencer un travail dans nos cœurs quand nous sommes dépouillés de nos prétentions. On lit, en Osée 12. 13 : « Et Jacob s’enfuit dans la plaine de Syrie »: il quitte sa famille dans la crainte de Dieu, conscient qu’on ne peut se tenir devant Dieu en mauvais état spirituel. Adam et Ève, déjà, ont eu peur après leur péché (ch. 3. 8 à 10). Confessons nos péchés rapidement.
L’échelle dressée est le trait d’union entre le ciel et la terre. Le Dieu de grâce va s’occuper de Jacob, le garder et le ramener, par le moyen des anges de Dieu qui montaient et descendaient sur elle ». En Jean 1. 50 à 52, on ne voit pas d’échelle, mais le ciel est ouvert aux yeux de Nathanaël qui voit en Jésus le Fils de Dieu, le roi d’Israël sur la terre. Mais le Seigneur lui montre qu’il est à la fois sur la terre et dans le ciel. De retour de Padan-Aram, Jacob, rencontrant des anges, dit : « C’est l’armée de Dieu » (ch. 32. 2). Les anges sont des serviteurs de Dieu « en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Héb. 1. 14). Ils servaient aussi le Seigneur Jésus dans les moments solennels de sa vie : à sa naissance, au baptême au Jourdain, durant la tentation au désert, et à Gethsémané.
Jacob appelle ce lieu-là « Béthel » (maison de Dieu). Ce n’est pas fortuit si Dieu amène Jacob à cet endroit précis, c’est là qu’Il lui apparaît, et où II peut le bénir ; et c’est là qu’Il le ramènera en lui disant : « Monte à Béthel » (ch. 35. 1). Jacob avait dressé une stèle ointe d’huile, offerte à Dieu (v. 18) ; et Dieu lui montrera qu’Il a accepté cette offrande faite même dans une piété craintive (ch. 31. 13). Dans toutes nos incertitudes, Dieu nous conduit à notre insu. Le Seigneur avait prié pour Pierre avant même que celui-ci le renie (Luc 22. 32).
Jacob se souviendra toute sa vie des soins d’amour de son Dieu « Je ferai là un autel à Dieu qui m’a répondu au jour de ma détresse » (ch. 35. 3). Souvenons-nous aussi de toutes ses bontés pour nous et de ses promesses.
Au ch. 46. 2, Jacob apprend que Joseph, toujours vivant, l’appelle en Égypte, mais il attend que Dieu lui dise d’y aller sans crainte. Déjà au ch. 31. 3, c’est Dieu qui lui dit de partir de Charan et de retourner « au pays de ses pères ». Il a appris la dépendance de Dieu, alors que pendant longtemps, il agissait selon sa propre volonté. Sa propre volonté l’amène, d’ailleurs, à faire un « marchandage » avec Dieu (ch. 28. 20 à 22). Il n’avait pas compris qu’il était l’objet de grandes bénédictions, ce qui aurait dû le remplir de joie et d’adoration, au lieu de peur.
Dieu veut nous faire saisir toutes les bénédictions qu’Il s’est proposé de nous donner, sur la terre, certes, mais surtout dans le ciel. Sachons les recevoir de sa main.
L’Éternel rappelle à Jacob ses relations avec ses pères (v. 13), et dit : « l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac ». Dieu place Abraham devant Jacob, comme étant son père, un modèle de foi et de piété que Jacob mettra longtemps à imiter ; d’Isaac, il n’est rien ajouté car, à ce moment-là, Isaac n’était plus un modèle pour Jacob. Dieu s’entretenait directement avec Abraham avec qui Il avait de vraies conversations. Mais Il parle en songe avec Jacob, car celui-ci est en mauvais état spirituel. Abraham se prosterne devant Dieu (ch. 18. 3) ; Jacob, lui, a peur dans la présence du Dieu saint. Si nous sommes en bon état spirituel devant Dieu, nous craignons de Lui déplaire, mais cela n’est pas la peur, et nous recherchons sa présence. « Éternel ! j’ai aimé l’habitation de ta maison, et le lieu de la demeure de ta gloire » (Ps. 26. 8). « Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées » (Ps. 84. 1 et 2).
Dieu fait à Jacob des promesses un peu différentes de celles faites à Abraham, mais qui, reposant sur la grâce, portent le caractère terrestre et se réaliseront dans leur plénitude durant les mille ans du règne du Seigneur. Au ch. 18. 22, « la semence » fait référence à Christ en bénédiction à toutes les nations. Mais ici, « ta semence » désigne plutôt les descendants de Jacob.
Devant ces bénédictions de haut niveau de la part de Dieu, Jacob manifeste une foi des plus faibles, demandant que Dieu s’occupe de ses besoins quotidiens (v. 20 à 22) ; moyennant quoi l’Éternel sera son Dieu. « Si Dieu est avec moi et me garde… et que je retourne en paix à la maison de mon père ». Mais c’est exactement ce que Dieu venait de lui dire (v. 15) ! Jacob s’acharne à mettre des conditions là où le Dieu de grâce n’en mettait aucune. Il ne connaissait pas Dieu comme il aurait dû le connaître s’il avait été en bon état spirituel.
À l’insu de Jacob, l’Éternel était déjà son Dieu et était décidé à l’accompagner partout, à le garder et à le ramener, tout en pourvoyant à ses besoins personnels. Sans cela il aurait été sans ressources. Jacob veut donner la dîme de tout ce que l’Éternel lui donnerait ! S’il avait connu le Dieu qui donne gratuitement, il n’aurait pas fait un tel vœu. La Parole ne dit pas que Jacob ait donné la dîme de ses biens à Dieu. Ne cherchons jamais les ressources en nous-mêmes. Si nous sommes en mauvais état spirituel, Dieu veut toujours nous restaurer et nous réintroduire dans sa communion. « Je ne t’abandonnerai pas jusqu’à ce que j’aie fait ce que je t’ai dit » (v. 15 ; Mat. 28. 20). Paul, en prison avait goûté la présence consolante du Seigneur (2 Tim. 4. 17). Ce v. 15, met en relief l’autorité divine : « Je te garderai, je te ramènerai, je ne t’abandonnerai pas ». C’est Dieu seul qui agit dans sa souveraineté. Élargissons nos cœurs et mettons notre foi en Dieu pour rechercher les promesses célestes et nous les approprier : Dieu pourvoira aussi à nos besoins quotidiens (Mat. 6. 31 à 34).
Jacob s’enfuit de devant les hommes (il fuit la colère de son frère) ; mais, bien qu’il ait peur de Dieu, ce n’est pas devant Lui qu’il s’enfuit : sa peur est mêlée de quelque piété, car il dresse une pierre en stèle, qu’il oint d’huile (v. 18). Malgré tout, sa peur résulte de ce qu’il ne connaissait pas vraiment ce Dieu d’amour auquel il avait affaire « L’amour parfait chasse la crainte » (1 Jean 4. 18). Il est vrai que son entourage ne lui était d’aucune aide. Isaac ne l’invite pas à se repentir, mais l’envoie à Padan-Aram (v. 2) ; et Jacob se retrouve en présence de Dieu et s’écrie « Que ce lieu-ci est terrible » (v. 17) – pensée qu’il gardera dans son cœur. Au ch. 35. 2 et 3, il prendra conscience qu’il fallait se séparer des idoles et se purifier.
La stèle qu’il dressa était une offrande modeste car, à ce moment-là, il ne possédait rien, mais Dieu a accepté cette offrande et la rappellera à Jacob (ch. 31. 13). Elle marquait un moment important dans la vie de Jacob : la révélation, sans qu’il l’ait recherchée, que « la maison de Dieu » serait là. Le Dieu de grâce s’engageait à protéger Jacob et n’attendait rien en échange. Vouloir donner à Dieu est une pensée légale (Deut. 26). Dieu, dans la communion avec nous, nous appelle à discerner sa pensée. « Le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent, en ceux qui s’attendent à sa bonté » (Ps. 147. 11).
Ch. 29
Malgré son indigence, Jacob a eu à cœur d’oindre d’huile la stèle qu’il avait dressée C’est une image du Saint Esprit, et Dieu a accepté cette offrande au ch. 31. 13, il dit à Jacob : « Je suis le Dieu de Béthel où tu oignis une stèle ». Au ch. 31. 45, « Jacob prit une pierre et la dressa en stèle ». Ces stèles rappelaient les évènements marquants de sa vie. Pourtant, durant les vingt années qui suivront, ni Jacob ni Laban ne parleront de Dieu ! Dieu devra longuement discipliner Jacob afin qu’il fasse des progrès décisifs.
Et Jacob se mit en marche, et s’en alla au « pays des fils de l’orient » (ch. 29. 1), là où Abraham avait défendu que son fils Isaac séjourne (ch. 24. 6) ! Mais Dieu le dirige vers ce puits qui rappelle les difficultés d’Isaac avec les Philistins ; il ne prie pas comme avait fait le serviteur d’Abraham. Mais, c’est là qu’il rencontre Rachel. Au ch. 25. 27, Jacob est décrit comme un homme simple ; ici, on voit qu’il connaissait le travail de berger, dans sa conversation avec les bergers de Charan (ch 29. 7).
Et Laban se servira de lui durant vingt ans, comme d’un esclave, en le trompant plusieurs fois ; Jacob le lui reprochera amèrement (ch. 31. 38 à 42). Même ses filles le stigmatiseront comme les ayant « vendues » comme des « étrangères » au v. 15. Laban n’avait pas de relations avec Dieu. Cependant, Dieu se sert de ses tromperies pour discipliner Jacob qui avait trompé son père et son frère, en achetant son droit d’aînesse. « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7, És. 31. 1 ; Jug. 1. 7). Le Seigneur nous soumet aux conséquences de nos fautes envers nos semblables. Mais sa fin sera plus brillante, la discipline ayant eu son œuvre parfaite (ch. 35. 2 et 3).
On attendait que tous les troupeaux soient rassemblés devant le puits, pour abreuver le bétail (ch. 29. 8). Mais Jacob, sans attendre, dès que Rachel est là avec son troupeau, prend l’initiative de l’abreuver lui-même. Plus tard, dans ses circonstances propres, Moïse fera de même pour le bétail de son beau père (Ex. 2. 15 à 17). Et Dieu ne pouvait qu’approuver, mème si, dans ces moments là, ni Jacob ni Moïse ne parlaient de Dieu. Même fuyard, Jacob est un homme sensible : il pleure en se faisant connaître à Rachel (v. 11), qu’il aimera toute sa vie. Le v. 18 nous parle de son amour pour elle et les sept années qu’il servit pour Rachel, furent à ses yeux comme peu de jours, parce qu’il l’aimait » (v. 20). Ici, Jacob est un type de Christ qui nous a aimés jusqu’à la mort de la croix. Jacob a en lui ce puissant ressort de l’amour qui le soutiendra durant toutes ces années.
Dès que Jacob se fait connaître, Rachel court l’annoncer à son père et celui-ci accourt, se souvenant, sans doute, des richesses apportées par le serviteur d’Abraham, pour Rebecca (ch. 24), et auquel il s’était empressé de dire « Entre, béni de l’Éternel » (v. 31). L’attitude de Laban est tout d’abord amicale avec Jacob ; mais un mois plus tard (ch. 29. 15), tout change dans leurs relations, et sa cupidité se fait jour. Là commence la discipline pour Jacob.
Malgré cela, la grâce divine fait de lui un type de Christ s’occupant de la nation juive en premier, ayant reçu la Parole avant les nations (Mat. 10. 1 à 7). Jacob abreuve le bétail de Rachel en premier (v. 10). Puis, Léa, sa sœur, lui sera donnée la première, tandis que Jacob devra travailler sept ans de plus pour épouser Rachel : Israël, incrédule quant à Christ, est mis de côté provisoirement, ne portant pas de fruits pour Dieu, tandis que, dans un premier temps, c’est l’Église chrétienne qui prend sa place, formée de beaucoup de croyants. Rachel, stérile, puis ayant un fils, est l’image d’Israël qui, à l’aube et durant le millénium, recevra Christ et Le servira (ch. 30. 22). Christ régnera sur Israël et sur les nations (És. 49. 5 et 6).
Que la Parole soit parvenue aux nations après Israël, c’est par pure grâce, à cause de l’incrédulité des Juifs. Paul et Barnabas annoncèrent la Parole, d’abord aux Juifs mais, ceux-ci la rejetant, ils l’annoncèrent aux nations qui s’en réjouirent (Act. 13. 45 à 48). Jacob, proposant de travailler pour avoir Rachel, représente le Seigneur qui, vrai Serviteur aimant « son maître, sa femme et ses enfants », n’a pas voulu « sortir libre » (Ex. 21. 5 et 6).
À l’issue des sept premières années où Jacob a travaillé pour acquérir Rachel, Laban organise les festivités du mariage, et, en même temps, trompe Jacob, en lui donnant Léa. Si Jacob ne s’aperçoit de rien, c’est que les femmes étaient voilées et étaient amenées à leur époux une fois la nuit tombée. Jacob, le trompeur, apprend ce que c’est que d’être soi-même trompé. « De la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré en retour » (Luc 6. 38).
Par ce subterfuge, Laban a obligé Jacob à le servir sept ans de plus. Jacob a montré de la fidélité en ce qu’il a servi avec patience ; il est une figure de Christ qui a travaillé pour acquérir Israël, mais n’a pu l’avoir à cause de l’incrédulité du peuple. Il a dû travailler pour former l’Église et, de nouveau pour Israël qu’Il obtiendra à l’aube de son règne. Pour le moment, Israël est mis de côté (Mat. 23. 38 et 39 ; Luc 13. 35). De même, en Ézéchiel, prophétiquement, la gloire se retire du temple. Comparer les v. 18 et 19 avec le v. 26, montre que Laban a menti à Jacob, au sujet des coutumes du pays. Jacob se soumet sans murmures (v. 28), peut-être conscient que l’Éternel lui impose cette discipline, conséquence de ses propres fautes. Il a dû accomplir « la semaine de celle-là » (v. 27 et 28). Rachel lui fut-elle donnée peu de temps après Léa ? Il n’en continua pas moins à servir Laban sept ans de plus (v. 30).
Durant toutes ces années, Dieu use de bonté envers Léa et lui donne tous ses enfants. Jacob est devenu polygame sans l’avoir voulu, car il n’aimait que Rachel, tandis qu’il haïssait Léa (v. 31). Lémec (Gen. 4. 19), a été le premier polygame. Au v. 21 ; Jacob dit à Laban « Donne-moi ma femme ». Les chrétiens ont supprimés la polygamie, car le mariage est une image de l’union de Christ avec l’Assemblée (Éph. 5. 31). « Que chacun ait sa propre femme » (1 Cor. 7. 2 ; Tite 1. 6). Tolérée dans l’Ancien Testament, la polygamie, source de jalousie, de haine et de désordre, était étrangère à la pensée de Dieu (Gen. 2. 24).
Léa semble s’être tournée vers Dieu, dans son affliction, et Il a eu pitié d’elle (v. 31 à 35). Seulement au ch. 30. 22, Rachel, à son tour, semble avoir prié Dieu, « et Dieu l’écouta et ouvrit sa matrice ».
Ch. 30
Le ch. 30 s’ouvre sur un entretien houleux entre Jacob et Rachel, on ne les voit pas apporter leur peine à Dieu comme avaient fait Isaac et Rebecca (ch. 25. 21 et 22). Et Rachel va user des mêmes moyens misérables dont Sara avait usés avec Abraham, en lui donnant sa servante. Durant ces quatorze ans, Jacob eut onze fils : six de Léa, deux de Bilha, deux de Zilpa et un de Rachel. Un douzième naîtra de Rachel, plus tard. Dans le compte des douze tribus d’Israël, Joseph sera remplacé par ses deux fils Éphraïm et Manassé et, Lévi, dispersé dans les autres tribus, comme tribu sacerdotale, ne sera pas compté.
Dans tout ce désordre, Dieu est mis en cause au v. 2, en ce qui concerne la stérilité de Rachel. Le monde n’agit pas autrement, et le croyant doit se soumettre à la volonté de Dieu qui est bonne pour lui. Jacob, Rachel et Laban ont le même comportement, bien que Laban soit un homme du monde et Jacob un croyant. Demandons au Seigneur que nous portions ses caractères à Lui, et non ceux du monde.
Les mandragores servaient de remèdes et, peut-être de drogues aphrodisiaques, et Rachel les convoite et fait un marché affligeant avec sa sœur pour les obtenir ! Et si, à la fin de cette épreuve pour Jacob et pour Rachel, Dieu ouvre enfin sa matrice (v. 22), c’est aussi pour accomplir ses desseins et, avec la naissance de Joseph, il donne à Jacob l’héritier des promesses dont il était le dépositaire à ce moment-là. Et, dès la naissance de ce fils tant désiré, Jacob comprend que le moment est venu de revenir au pays de la promesse. Il servira à Charan six ans de plus pour acquérir un troupeau à lui mais désormais, il sait qu’il doit en partir.
Joseph est un type du Seigneur, mis à part de ses frères, mais dont la grâce passera d’Israël aux nations, comme cette « branche qui porte du fruit… et dont les rameaux poussent par-dessus la muraille » (ch. 49. 22).
Le v. 25 commence une autre période de la vie de Jacob. Il y a eu la période de Léa puis celle de Rachel. Le séjour de quatorze ans à Charan aurait pu s’arrêter là. Jacob semble décidé à en partir sans salaire (v. 25 et 26). Mais Laban, malgré ses bonnes intentions apparentes (v. 27 et 28), semble lui tendre un piège qui excite la cupidité de Jacob. Et il le servira six ans de plus pour son bétail ! Mais ce sera six ans de perdus. Jacob fait valoir ses services, signifiant ainsi, que Laban lui doit beaucoup mais la fourberie de son beau-père est flagrante et justifie la méfiance de Jacob en ses promesses (v. 31 à 35). Laban lui dit : « Qu’il en soit selon ta parole. Et il ôta ce jour-là les boucs rayés et tachetés », manifestant ainsi son intention de ne rien donner à Jacob, malgré ses bonnes paroles du v. 28.
Jacob, à cause de ses péchés, a connu une vie douloureuse. Après quatorze ans de durs services chez Laban, il est trompé de nouveau, et les six années qu’il a servi pour acquérir un troupeau à lui, seront plus pénibles encore (ch. 31. 38 à 42). Au ch. 30 et 31, Laban et Jacob règlent leurs comptes. Au ch. 32, c’est Dieu qui règle ses comptes avec Jacob. Et au ch. 33, c’est enfin avec Ésaü.
Jacob a eu beaucoup de difficulté à apprendre les leçons que Dieu lui donnait. Qu’en est-il de nous-mêmes ? Jacob aurait dû se confier à Dieu pour son « salaire », mais il préfère employer ses propres moyens pour obtenir plus encore ! Le stratagème que Jacob emploie était superflu et malhonnête (ch. 30. 42), car Dieu, dans une vision (ch. 31. 8, 9, 11 et 12), lui avait montré qu’Il lui donnerait le bétail marqueté, picoté et tacheté. C’était donc un don direct de Dieu. Nous sommes exhortés à vivre, dans ce monde, sans chercher à acquérir de grands biens (1 Tim. 2. 2 ; Tite 2. 11 et 12 ; 1 Tim. 6. 6), et à vivre confiants en Dieu et paisibles « Tenez-vous là et voyez la délivrance de l’Éternel » (Ex. 14. 13 et 14). Les paroles de Jacob à ses femmes, au ch. 31, semblent sincères, mais sa conscience n’est pas touchée. Cependant, après que l’Éternel lui ait parlé, Jacob est décidé à remonter au pays de ses pères, ce qui est positif.
Au ch. 30. 26. Laban reconnaît que Dieu l’a béni à cause de Jacob, mais ses actes démentent ses paroles du ch. 30. 27 et 28. Mais, de son côté. Jacob fait appel à sa propre volonté et à ses propres forces malgré les promesses divines. Il y a toujours le côté de Dieu et de sa grâce – et Jacob la reconnaît (ch. 31. 9) – et le côté de la responsabilité de l’homme. Plus tard. Israël, ayant rejeté la loi de Dieu, sera châtié ; mais les nations que Dieu avait utilisées pour cela, et qui avaient agi durement, ont subi, à leur tour, la colère de Dieu (Zach. 1. 2, 13 à 15). Ce qui est vrai pour Jacob et pour Israël, l’est aussi pour nous. Dieu a discipliné Jacob car c’est un croyant, mais il le protège contre les agissements de Laban, l’homme du monde.
Lorsque Jacob a trompé son père et son frère, il s’est enfui du pays de la bénédiction, et s’est réfugié dans le monde. Maintenant, il trompe Laban en s’enfuyant sans l’avertir (v. 20) mais ici, il fuit le monde pour revenir au pays de la bénédiction.
« Et Rachel vola les théraphim qui étaient à son père » (v. 19). Rebecca, en son temps, n’avait pas fait cela. Et Jacob devra dire à sa maison « Ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous » (ch. 35. 1 et 2). Et ils firent ainsi (v. 4).
Ch. 31
Élevée dans une maison où, occasionnellement, on prenait le nom de Dieu dans la bouche mais où, en réalité, on adorait des idoles, Rachel restait sans doute attachée aux théraphim appartenant à son père. Aussi, en partant de sa maison, elle les vola à l’insu de Jacob. Rachel est un type de la nation juive arrachée de l’Égypte par la puissance de l’Éternel, mais qui a emporté dans son cœur les idoles de cette nation (Act. 7. 41 à 43).
Toutes les épreuves des vingt années passées chez Laban auraient dû apprendre beaucoup plus à Jacob sur ce que Dieu se proposait à son égard ; mais, spirituellement, il avait encore un grand chemin à parcourir pour atteindre à une vie de vraie communion avec son Dieu. Pourtant, le Dieu de grâce l’encourage à partir de chez Laban qu’il trompe en s’enfuyant en secret (v. 20).
Mais Dieu prend occasion de cela pour se révéler plein de grâce envers Jacob, qu’Il protège contre les intentions vengeresses de son beau-père (v. 24) Le Dieu d’amour ne veut pas que l’on fasse du mal à ses oints (Nomb. 23. 21 ; 24. 5), même si, en privé, Il doit régler ses comptes avec eux. Joshua sera protégé de Dieu même s’il est justement accusé par Satan (Zach. 3. 1 à 5). Nous sommes également des protégés de Dieu, car II ne voit plus nos iniquités que le Seigneur a expiées pour nous, même s’Il doit nous discipliner, car nous devons avoir une attitude sanctifiée. Dieu limite toujours l’action de Satan qui veut toujours nous faire le plus de mal possible : le livre de Job nous le montre clairement. C’est à travers les épreuves que Dieu nous forme.
À partir du v. 27, le caractère fourbe de Laban se révèle sans voile : ce qu’il dit à Jacob ne reflète en rien sa vraie pensée. Il avait l’intention de faire du mal à Jacob, mais Dieu l’a arrêté dans un songe solennel (v. 24), qu’il est obligé de reconnaître (v. 29), l’obligeant ainsi à un changement d’attitude malgré lui. Il feint d’aimer ses filles (v. 28), mais les v. 14 à 16 prouvent le contraire ; et il est beaucoup plus attaché à ses idoles qu’il recherche avec véhémence dans toutes les tentes (v. 33 à 35). Dieu nous montre ce qui peut se cacher dans les cœurs naturels ! Veillons bien sur l’état de nos propres cœurs.
Toutes nos relations familiales doivent être placées dans la lumière divine, dans l’obéissance à la Parole, qui exhorte les pères à ne pas irriter leurs enfants afin de ne pas les décourager – les enfants à obéir a leurs parents comme au Seigneur – les maris à aimer leurs femmes qui doivent leur être soumises. Dieu ne regarde pas aux sentiments affichés, mais au cœur ; car, si nous pouvons nous tromper ou tromper les autres, nous ne pouvons tromper Dieu. Rachel ment effrontément à son père (v. 35). Pour nous, le mensonge doit être banni de nos vies : « Ayant dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain » (Éph. 4. 25).
De même, si nous commettons une erreur, reconnaissons-le sans obstination. Sans doute, Rachel était attachée à ces idoles familiales. Prenons garde qu’il n’y ait des choses, dans notre vie, qui prennent la place du Seigneur. Ce sont aussi des idoles « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Jacob se rendra compte au ch. 35. 2 et 4, qu’il faut purifier sa maison pour s’approcher de Dieu. Le résultat de cette purification, c’est la puissance de Dieu qui se déploie devant lui et qui le protège (v. 5). Le Seigneur n’agit pas différemment avec nous, si nous nous purifions de ce qui trouble la communion avec Lui. Au v. 32, Jacob parle de façon sérieuse : « Qu’il ne vive pas, celui auprès de qui tu trouveras les dieux ». Les frères de Joseph, plus tard diront la même chose (ch. 44. 9). Cela montre, ici, que Jacob ignorait ce que Rachel avait fait. La vérité doit présider à toutes nos relations familiales.
La rancœur de Jacob accumulée durant vingt ans contre son beau-père éclate soudain contre sa dureté et sa cupidité (v. 36 à 42). Conscient de la discipline de Dieu à son égard, à cause de ses fautes graves commises dans la maison de son père, Jacob avait subi la dureté de Laban sans un murmure. Et la discipline de Dieu sur Jacob n’ôte rien à la responsabilité de Laban. La Parole établit les rapports qui doivent présider entre les maîtres et les serviteurs ou les esclaves (Éph. 6. 5 à 9 ; Col. 3. 22 ; 4. 1). Boaz saluait courtoisement ses serviteurs, et ceux-ci lui rendaient crainte et respect (Ruth 2. 4). Mais Laban est à l’opposé de Boaz, et sa dure cupidité le rendait détestable.
Maintenant, la fouille sans retenue de tous ses effets par Laban, déclenche la colère de Jacob et il lui rappelle toutes les pertes qu’il avait prises sur lui, dans le troupeau de son beau-père (v. 38 et 39). Cette répréhension violente de Laban rappelle un peu celle qu’Abraham avait adressée à Abimélec au sujet d’un puits d’eau, au ch. 21. 25. Le v. 39 : « Ce qui a été déchiré, je ne te l’ai pas rapporté moi j’ai dû en subir la perle », fait penser à ce que le Seigneur dit, prophétiquement, dans le Ps. 69. 4 « Ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu ». Quoique imparfait, Jacob est un type du Seigneur Jésus qui a rendu à Dieu la gloire que les hommes avaient ternie.
« Quelle est ma faute, quel est mon péché… ? » (v. 36). Cette parole de Jacob révèle qu’il est conscient du pardon de Dieu pour ses fautes anciennes, et que Dieu est avec lui (v. 42). Plus tard, Pierre, conscient de sa restauration après son reniement du Seigneur, pourra dire aux Juifs : « Vous, vous avez renié le saint et le juste » (Act. 3. 14). Nos péchés rompent la communion avec Dieu mais la confession nous restaure pleinement, et souvenons-nous que tous nos péchés ont été pardonnés définitivement, par le sacrifice de Christ.
Dieu avait fait de grandes promesses à Jacob. De son côté, Laban s’était montré extrêmement dur avec lui, mais Dieu délivre son serviteur de l’esclavage de cet homme. Sous la discipline, Jacob n’avait pu parler de Dieu. Mais maintenant, Dieu s’est révélé à lui (ch. 31. 3 à 5, 42). Et aux v. 42 et 53, il peut parler de Dieu, comme de « la frayeur de son père, Isaac » Cette expression souligne la crainte d’Isaac de déplaire à Dieu, mais elle rappelle aussi ce qu’ont été ses sentiments lorsque Abraham s’apprêtait à le sacrifier (ch. 22). Cette frayeur que Dieu a pu lui inspirer fait penser à la terrible angoisse du Seigneur, à Gethsémané (Luc 22. 39 à 44).
Sur le chemin du retour vers le pays de la promesse, Jacob reste sur le terrain de la certitude que Dieu est pour lui, malgré des défaillances qui se manifesteront encore. « Dieu a vu mon affliction et le labeur de mes mains, et il t’a repris la nuit passée » (v. 42). C’est un encouragement pour nous aussi, car Dieu voit nos peines cachées, et Il intervient en grâce en notre faveur, selon sa sagesse.
« L’alliance » que Laban prétend instituer (v. 44 à 52), n’est qu’un acte de séparation qu’il veut définitif. Le monde ne veut aucun contact avec les croyants dont il rejette la manière de vivre. De notre côté, souvenons-nous que, pour nous, ce n’est pas une stèle qui nous sépare du monde, mais la croix du Seigneur Jésus (Gal. 6. 14). Tout en aimant tous les hommes, soyons moralement séparés du monde (.2 Cor. 6. 14 à 18 ch. 7. 1).
Laban invoque « le Dieu d’Abraham, de Nakhor et… de leur père, sans se rendre compte que Térakh était un idolâtre (Josué 24. 2). Il invoque le monceau du témoignage. Jacob a devant lui le Témoin Lui-même. Et la stèle érigée par Jacob (v. 45), et revendiquée par Laban (v. 51), n’a pas la même signification pour ces deux hommes, D’ailleurs, Laban s’exprime en araméen tandis que Jacob parle en hébreu (v. 47). Jacob, conscient de sa supériorité devant Dieu, offre un sacrifice (v. 54). En fuite de chez lui, Jacob avait été rattrapé par Dieu Lui-même, et il dressa une stèle (ch. 28. 13 à 18). Maintenant, en fuite de chez Laban, et rattrapé par lui, il dresse de nouveau une stèle. Laban, quant à lui, invoque la protection de Dieu, sans se douter que Dieu est contre lui, mais pour Jacob ! On n’en entendra plus parler.
Ch. 32
Deux choses principales ressortent de ce chapitre : les précautions de Jacob pour se concilier la faveur de son frère et, dans le dernier paragraphe, sa rencontre avec Dieu.
Au v. 1er, les anges accueillent Jacob de retour vers le pays de la promesse après vingt ans passés dans le monde ; cela rappelle le retour du fils prodigue vers son père, qui court à lui et le couvre de baisers (Luc 15. 11 à 32) mais les anges sont là aussi, pour le protéger. Au ch. 28. 12 déjà, des anges, dans un songe, montaient et descendaient sur une échelle dressée jusqu’aux cieux. Les anges sont tous « des esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Héb. 1. 14).
Malgré la protection évidente de Dieu, Jacob se confie dans ses propres calculs. Lorsqu’il s’enfuyait de devant Ésaü, Dieu lui avait promis de le garder et de le ramener. Et Dieu a été fidèle à sa promesse, car Il l’a gardé et maintenant, Il le ramène. Et Jacob reconnaît toute la bonté dont Dieu a usé à son égard (v. 9 à 12). Laban retourne dans le monde (ch. 31. 55). Quant à Jacob, « il alla son chemin » (ch. 32. 1). On peut penser qu’il est restauré dans sa communion avec Dieu. Après vingt ans de discipline, il se sépare du monde. « C’est pourquoi sortez du milieu d’eux, et soyez séparés et je vous serai pour Père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles » (2 Cor. 6. 17 et 18).
C’est bien plus que d’être simplement des enfants de Dieu. Nous sommes bénis de Dieu dans le Christ Jésus et rendus agréables dans le Bien-aimé, et Dieu prend soin de nous, mais nous nous comportons souvent comme Jacob ! Au v. 12, Jacob se souvient des promesses divines, et il reconnaît, dans les anges venus à sa rencontre, « l’armée de Dieu ». Cela aurait dû chasser la crainte ; mais il « craignit beaucoup et fut dans l’angoisse » (v. 7).
Le Psaume 91 a trouvé sa pleine application dans le Seigneur Jésus, sur la terre. Il devrait se réaliser dans notre vie aussi et bannir la crainte. Notre confiance honore Dieu. Mais, comme Jacob, nous faisons souvent des calculs charnels malgré nos prières. D’un autre côté, la crainte nous pousse à sentir notre faiblesse et à nous rejeter sur Dieu : c’est ce que fait Jacob, dans l’angoisse, il prie. Dieu travaille, et l’épreuve conduit à la bénédiction. Malgré ses richesses, Jacob devait sentir son dénuement devant le danger.
De retour de leur visite à Ésaü, les nouvelles qu’apportent les messagers sont inquiétantes ; Ésaü vient lui-même, avec quatre cents hommes ! Mais, au lieu d’échafauder tous ces plans, Jacob, dont la conscience n’est pas à l’aise devant son frère, aurait dû lui confesser sa faute : il aurait alors glorifié Dieu, et peut-être gagné son frère. Spirituellement, leur rencontre sera un échec et consacrera leur séparation (ch. 33. 16 et 17). Jacob sort de la place que Dieu lui a assignée : il appelle Ésaü : « mon seigneur », et se dit son « serviteur », oubliant que Dieu l’avait désigné pour dominer sur son frère (ch. 25. 23 ; ch. 27. 29).
Jacob, voyant les anges, nomme ce lieu « Mahanaïm » (deux armées, note d). Et, aux v. 7 et 8, il partage sa famille en deux bandes » pour en protéger au moins une. C’est une erreur, car les croyants ne sont pas destinés à la division, mais à l’unité. Le présent qu’il prépare pour apaiser son frère (Prov. 21. 14), était inutile, car Dieu a travaillé dans le cœur d’Ésaü et, au lieu de faire du mal à Jacob (il venait vers lui avec quatre cents hommes), « il courut à sa rencontre, l’embrassa, se jeta à son cou, et le baisa, et ils pleurèrent » (ch. 33).
Cependant, ce moment d’émotion passé, la méfiance réciproque reprend vie, surtout de la part de Jacob craignant toujours la présence de son frère (v. 12 à 16). La mauvaise conscience de Jacob lui fait perdre la dignité que Dieu lui avait conférée, notamment vis à vis d’Ésaü : il ne pense pas aux merveilleuses promesses que Dieu lui a faites à Béthel. « Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance envers Dieu » (Jean 3. 21). Nous prions et, souvent, nous agissons selon nos propres plans. C’est peut-être le sens du Psaume 90. 17 : le début du verset parle de confiance, mais à la fin, le croyant demande à Dieu : « établis sur nous l’œuvre de nos mains » ! C’est durant la nuit que Jacob a échafaudé ses plans. À quoi passons-nous les veilles de la nuit ? Une autre nuit, à l’issue bénie, attend Jacob à Péniel (v. 30 et 31).
Faire un présent obscurcit le sens de celui qui le reçoit mais c’est une habitude chez Jacob (v. 13 et 20 ; ch. 43. 11) ; lorsqu’il enverra un présent à Joseph, gouverneur de l’Égypte, que ses frères n’ont pas reconnu, il a beaucoup de choses à offrir, mais il lui manque l’essentiel : le froment (qui symbolise Christ dans son humanité), et la famine sévit dans le pays. Au v. 20, le mot « présent » est le même, dans l’original, que « sacrifice de prospérité ». Il veut apaiser son frère, au lieu de régler ses voies devant Dieu avec Lequel il n’a pas de vraie communion. « Après cela je verrai sa face » mais il ne recherche pas la face de Dieu.
Cependant, Dieu va intervenir dans une lutte mystérieuse, et Jacob, brisé dans sa chair dira : J’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été délivrée » (v. 30). Dieu voulait briser la volonté de Jacob qui fait des plans, calcule, avant sa rencontre avec son frère. Si nous voulons faire notre propre volonté, Dieu nous prend toujours à contre-pied pour nous obliger à faire sa volonté à lui. Durant toute la nuit (nuit spirituelle), « Jacob resta seul » et s’opposa à Dieu. Mais Dieu va briser le support de sa volonté et, alors : « le soleil se levait sur lui comme il passait Péniel » (v. 31). La lumière divine s’est enfin levée sur lui. Dieu n’a pas permis qu’il entre dans le pays promis avant de L’avoir rencontré. Il nous faut souvent de ces rencontres intimes avec le Seigneur pour nous remettre dans son chemin. Jacob a bien prié Dieu (v. 9 à 12) ; mais il ne confesse pas sa faute envers Ésaü.
« Un homme lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Et lorsqu’il vit qu’il ne prévalait pas sur lui, il toucha l’emboîture de sa hanche ; et l’emboîture de la hanche de Jacob fut luxée comme il luttait avec lui » (v. 24 et 25). Ce combat fait penser à celui que Dieu livre contre la chair irréductible du croyant : Dieu n’a pu que la mettre dans la mort.
Jacob, désormais, boitera ; et toute sa vie, il se souviendra de ce combat avec Dieu ! De même, le paralytique guéri par le Seigneur Jésus, portera son petit lit, se souvenant de son ancien état (Jean 5. 8). Paul a reçu « une écharde pour la chair » et l’a gardée malgré ses supplications, afin que la puissance manifestée par ce grand apôtre, soit de Dieu et non de lui (2 Cor. 12. 7 à 9). Dieu ne peut rien faire d’un croyant charnel. La chair prééminente est une entrave pour la vie spirituelle, la lumière ne peut briller que lorsque le vase est brisé (Jug. 7).
Avant que Jacob ait prévalu (v. 28), il a fallu qu’il confesse son nom de Jacob (supplanteur). Il avait menti par deux fois à son père, en prétendant être Ésaü. Devant Dieu, il reconnaît son vrai nom ! Après cette confession, Dieu change son nom en celui d’« Israël », comme il avait changé celui d’Abram et de Saraï, en Abraham et Sara. Contrairement à Abraham qui sera, ensuite, toujours appelé ainsi, Jacob est appelé, tantôt Israël, tantôt Jacob. Ces changements de noms indiquent toujours une nouvelle relation avec Dieu.
Si nous nous obstinons à lutter contre Dieu, Il finit toujours par nous briser ; mais c’est toujours pour faire quelque chose de bon (És. 28. 28 et 29). Jacob a prévalu sur Dieu, non en ce qu’il a soutenu un long combat contre Lui, mais parce qu’il a pleuré et supplié (Osée 12. 4 et 5). Au v. 26, il réclame une bénédiction : c’est de cette façon qu’il a incliné le cœur de Dieu à le bénir (v. 29 fin).
C’est après que Dieu ait lutté avec Job qui se justifiait, que celui-ci est délivré de lui-même, et qu’il dit : « J’ai horreur de moi… » (Job 42. 5 et 6). Avons-nous horreur de notre vieille nature ? Quand Dieu nous discipline, c’est pour que nous confessions ce qui ne convient pas dans notre vie et c’est « pour te faire du bien à la fin » (Deut. 8. 16). À la fin de sa vie, Jacob adorera « appuyé sur son bâton ». Au v. 26, Jacob était incapable, malgré ce qu’il dit à l’ange, de l’empêcher de partir ; mais l’ange n’attendait que cette demande de bénédiction : « il le bénit là » (v. 29). Les disciples d’Emmaüs forcèrent le Seigneur à rester avec eux (Luc 24. 29). La foi hardie selon Dieu est toujours victorieuse (1 Jean 5. 4).
Au v. 28 fin, Jacob a « lutté avec les hommes et a prévalu » : sans doute, a-t-il prévalu sur Ésaü en s’emparant de son droit d’aînesse et de sa bénédiction (ch. 25 et 27).
Face à face avec cet « homme » qui a lutté avec lui, Jacob demande son nom : Dieu n’a pas jugé bon de le lui donner, car l’état de Jacob n’était pas tel qu’Il puisse se révéler à lui sous son nom de Tout-puissant ainsi qu’Il l’avait fait pour Abraham dès le début, car Abraham vivait en communion avec Dieu (ch. 17. 1). II le lui révélera au ch. 35. 9 à 11, lorsque Jacob sera revenu au lieu où il avait eu cette révélation que là serait « la maison de Dieu » (Béthel) (ch. 28. 16 et 17). Dieu lui avait déjà dit qu’Il était « l’Éternel » (ch. 28. 13), mais il faudra que Jacob retrouve la communion avec Dieu, en revenant à son point de départ, à Béthel, pour reconnaître en Lui, le « Tout-puissant ». Si nous nous sommes éloignés de Dieu, il faut une restauration pour retrouver la communion avec Lui.
Ce n’est qu’après le combat avec l’ange que Jacob reconnaît qu’il a eu affaire à Dieu Lui-même. « J’ai vu Dieu face à face et mon âme a été délivrée » (v. 30) alors qu’avant cette lutte de toute une nuit, il n’avait vu « qu’un homme » luttant avec lui (v. 24) ! C’est alors que la lumière se lève pour Jacob. « Et le soleil se levait sur lui comme il passait Péniel » (v. 31). Lorsqu’il fuyait Ésaü, il était nuit (ch. 28. 10 et 11). Mais ce combat avec Dieu Lui-même a délivré son âme et « l’Orient d’en haut » s’est levé sur lui (Luc 1. 78 et 79). Dieu n’a pas répondu à la question de Jacob (v. 29), car c’était à Jacob de discerner qu’il avait affaire à Dieu.
Cette nuit morale qui tenait son âme loin de Dieu, a duré vingt ans, jusqu’à ce qu’il passe à Péniel, et il retrouvera une pleine communion à Béthel (ch. 35). Cette lutte a eu deux résultats : Dieu le bénit, et son âme est délivrée (v. 29 et 30). Mais la bénédiction et la délivrance de Jacob n’ont été possibles que lorsque sa hanche a été luxée, symbole du brisement de la chair qui le tenait éloigné de Dieu. D’ailleurs, le combat avec Dieu s’est arrêté dès que la hanche de Jacob a été luxée. Dieu ne peut rien faire du vieil homme en nous : il a fallu qu’Il le mette à mort a la croix. Dieu seul peut nous en délivrer quant à ses effets (Rom. 7. 24 et 25) et nous donner une vie conduite par l’Esprit Saint (Rom. 8).
Le v. 32 montre que les Israélites ont gardé le souvenir de ce combat de Jacob. Mais ce souvenir semble tourner en superstition. Les fils d’Israël ne mangent point du tendon qui est sur l’emboîture de la hanche ». D’autre part, ce verset nous exhorte à ne pas nous « nourrir » des faux-pas de nos frères. Si la hanche de Jacob a été luxée, c’est une preuve qu’il ne marchait pas selon Dieu.
Au ch. 33 Jacob, étant béni, rencontre son frère. Il ne semble pas qu’il ait confessé sa faute envers lui. Aussi est-il rempli de crainte. Cependant, il a changé d’attitude maintenant, il dispose sa famille dans l’ordre croissant de son attachement aux personnes : d’abord les servantes et leurs enfants : puis, Léa et ses enfants et, en dernier, Rachel et Joseph qu’il veut protéger plus que les autres, car Jacob sait que Joseph est le seul héritier des promesses. Et Jacob, devant le danger immédiat (car Ésaü est tout proche), passe devant eux.
Et lui, le béni de l’Éternel, se prosterne sept fois devant son frère qu’il appelle « mon seigneur », se nommant lui-même « son serviteur ». Jacob perd, là, toute sa dignité ! Il changera plus tard, lorsque Joseph le présentera au Pharaon : plein de la dignité que lui confère sa place de béni de l’Éternel, il ne se prosterne pas, lui, le berger, devant le roi le plus puissant du moment (ch. 47. 7 à 10) ! La rencontre avec Ésaü va se passer bien différemment. Venu pour détruire Jacob et sa famille avec quatre cents hommes, Ésaü, en qui Dieu a travaillé, se jette au cou de son frère… et, émus, « ils pleurèrent » (v. 4). Jacob espérait apaiser son frère avec le présent qu’il lui avait envoyé (ch. 32. 20).
Mais c’est Dieu qui a permis qu’Ésaü l’accueille favorablement. Néanmoins, il trompe encore son frère, en prétendant le rejoindre à Séhir, alors qu’il sait qu’il revient au pays de la promesse. Il prétend que tout le troupeau mourrait s’il le pressait un seul jour ; mais il n’avait pas craint de le presser dans sa fuite de chez Laban. Le vieux Jacob se manifeste encore. L’action de Dieu a été longue en Jacob mais à la fin « il adora, appuyé sur le bout de son bâton » (Héb. 11. 21).
Ch. 33 et 34
Jacob se rend difficilement compte qu’il doit se rendre à Béthel où Dieu l’appelle. Il s’arrête à Succoth, à l’est du Jourdain, et y bâtit une maison pour lui et des cabanes pour son bétail. Cependant, la conscience mal à l’aise sans doute, il décide d’entrer en Canaan et installe sa tente aux portes de Sichem, y achète un champ et y bâtit un autel (v. 17 et 18). Dans ces différentes étapes, il perd son caractère de pèlerin en s’installant au milieu des incirconcis. Ce n’était pas là que Dieu le voulait, mais à Béthel, la maison de Dieu où Il s’était révélé à lui, et où Il l’appelait « Je suis le Dieu de Béthel… » (ch. 31. 13), et non de Sichem.
Jacob semble vouloir sanctifier sa possession en y bâtissant un autel qu’il nomme : « le Dieu d’Israël », allusion au nouveau nom que Dieu lui a donné. Plus tard, ce champ recevra les os de Joseph (Jos. 24. 32). Il est toujours dangereux d’être, moralement, près du monde, et les difficultés ne tardent pas à se manifester (ch. 34) ; pensons à Lot qui s’était installé jusqu’à Sodome (ch. 13. 12) ; puis dans Sodome (ch. 14. 12) et enfin à la porte de la ville, avec les notables du lieu (ch. 19. 1). Si nous sommes « amis du monde », nous devenons « ennemis de Dieu » (Jac. 4. 4).
Abraham aussi avait acheté un champ (ch. 23. 17 à 19) : mais ce patriarche pensait à la résurrection et à la possession future du pays. Et, là il a enterré sa femme. Ces croyants de l’Ancien Testament étaient détachés des choses de la terre où ils se considéraient comme étrangers (Héb. 11. 9 à 16). Jacob, sur le moment, a acheté ce champ pour y fixer sa tente au milieu des étrangers. Gardons nos distances vis à vis du monde, toutefois sans mépriser les hommes du monde.
Mais, dans sa grâce, Dieu ne l’abandonne pas là : « Lève-toi, monte à Béthel, et habite là et fais-y un autel au Dieu qui t’apparut » (ch. 35. 1). C’est là que Jacob devait habiter et adorer. Et au v. 7, il bâtit un autel et le nomme : « Béthel » (Dieu de la maison de Dieu note a). Nos cultes doivent nous occuper de Dieu plus que de nous-mêmes. Notons que l’autel de Béthel a été dressé après que Jacob eut ôté les idoles qui étaient dans sa maison ! Cela aussi est une leçon pour nous.
Si près de la ville, Dina décide d’aller « voir les filles du pays » (ch. 34. 1). Mais c’est Sichem, fils de Hamor prince du pays » qui « la vit, et la prit, et coucha avec elle » (v. 2). Dina entre dans un monde corrompu et y rencontre la souillure, le déshonneur pour elle et sa famille. Outre la faute de Dina, peut-être due à son inexpérience, il y a la responsabilité de son père qui s’est installé à proximité de Sichem. Les conséquences en seront la violence et le meurtre. Les enfants aussi ont leur part de responsabilité quant à leur comportement. Car, s’ils s’égarent dans de mauvais chemins, ce n’est pas toujours la faute des parents. Chacun pour lui-même a affaire au Seigneur : « N’entre pas dans le sentier des méchants… » (Prov. 4. 14 à 16).
C’est pour le bien de leurs enfants que les parents doivent veiller sur leurs relations. « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Cor. 15. 33). Hamor et Sichem, son fils poussent Jacob et sa famille à s’allier avec eux (ch. 34. 9) : le monde tend toujours ce même piège aux croyants. Aimons tous les hommes, comme le fait le Seigneur, mais sans nous allier à eux. « Et habitez avec nous », c’est la suite logique du piège, alors que les croyants doivent garder leur caractère d’étrangers et de pèlerins.
L’exemple de Joseph est édifiant : au ch. 39, « il refusa » les avances de la femme de Potiphar (v.8). « il n’écouta pas… » (v. 10). « il s’enfuit… » (v. 12). Les gens du monde « trouvent étrange que vous ne courriez pas avec eux dans le même bourbier de corruption… » (1 Pier. 4. 4) ; mais le chrétien a affaire avec son Seigneur.
Sichem semble être sincère quant à ses sentiments pour Dina ; mais Dina elle-même a été séduite. « Et son âme s’attacha à Dina fille de Jacob, et il aima la jeune fille, et parla au cœur de la jeune fille » (ch. 34. 3). Si nous laissons agir le vieil homme en nous, il nous mènera dans le monde et à ses séductions dangereuses car, ensuite, il est très difficile de s’en arracher.
Ch. 35
Le comportement violent de Siméon et Levi est indigne de ceux qui font partie du peuple de Dieu. Les fils de Jacob ont parlé avec ruse aux hommes de Sichem, selon le caractère même de leur père. La fin cruelle des hommes de Sichem (ch. 34. 25) plonge Jacob dans la crainte des représailles (ch. 34. 30), car il n’avait avec lui qu’un petit nombre d’hommes, et il pense à lui-même plus qu’à Dina. Mais la protection de Dieu ne manquera pas.
« La frayeur de Dieu fut sur les villes qui les entouraient, et on ne poursuivit pas les fils de Jacob » (ch. 35. 5). Jacob se souviendra, à la fin de sa vie, de cette colère meurtrière de ses deux fils, et divisera Siméon et Lévi : en Canaan, la tribu de Siméon sera mêlée à celle de Juda ; et Lévi sera dispersé dans les autres tribus, comme tribu sacerdotale. Ce privilège, Lévi le devra à l’énergique décision qu’il prit à l’appel de Moïse (Ex. 32. 26 à 29 ; Deut. 33. 8 à 11). Une chute grave est suivie de restauration si le coupable confesse ses fautes et les abandonne : c’est ce que fit Lévi.
Si, dans sa crainte du moment, Jacob oublie les promesses divines, à la fin de sa vie il aura acquis le discernement de ce qu’il adviendra à ses douze fils (ch. 49). De même, devant le Pharaon, il reconnaîtra que ses jours ont été « courts et mauvais ».
Au ch. 35, pour la première fois de sa vie, Jacob goûte une vraie communion avec Dieu, étant revenu à la maison de Dieu (Béthel). Mais aussi, Dieu a touché sa conscience en lui rappelant sa faute envers son frère (v. 1). Alors, aussitôt, Jacob comprend que les dieux étrangers qu’il conserve dans sa maison sont incompatibles avec la présence de Dieu (v. 2) ; et il reconnaît la fidélité de Dieu envers lui (v. 3). Cet autel qu’il dresse, cette fois, c’est Dieu qui le lui a commandé, et il a obéi : il peut adorer dans un état convenable. Puis, sur la stèle qu’il érige, il verse de l’huile pour la sanctifier comme au ch. 28 ; mais ici, il peut y ajouter une libation, image de la joie goûtée dans la communion. Notre communion ne peut être réelle que dans le jugement de nous-mêmes (1 Cor. 11. 28).
Prenons garde, également, à tout ce qui prend la place du Seigneur dans nos vies, ce sont des idoles. La famille de Jacob s’est dépouillée de « tous les dieux étrangers » (v. 4) et des « anneaux qui étaient à leurs oreilles ». Outre que ce sont des ornements nourrissant la vanité humaine, c’est souvent la « voix » de Satan qui nous entraîne à satisfaire nos convoitises et nous conduit à la chute. Jacob, cependant, « les cacha sous le térébinthe » au lieu de les détruire. Ils durent changer « leurs vêtements ». Pour nous, cela signifie que l’on laisse la vie de Christ transparaître dans nos comportements (Gal. 3. 27 ; Éph. 4. 22 à 24 ; Col. 3. 12 et 13).
En érigeant son autel, Jacob ne pense plus à lui-même comme au ch. 33. 20 ; mais il a Dieu seul en vue, car il l’appelle « El Béthel » Dieu de la maison de Dieu. Il marche dans un chemin spirituel plus élevé qu’au ch. 33. Dans l’adoration, pensons d’avantage à Dieu et au Seigneur Jésus qu’à nous-mêmes, afin que nos cultes s’élèvent et soient plus heureux. Mais cela ne sera possible que si nous sommes occupés du Seigneur dans notre vie quotidienne. « Ce que ta main nous a donné, nous te le rendons ».
Dans ce ch. 35, on trouve à la fois la joie de la communion et la mort ayant frappé la famille de Jacob trois fois, « Débora, la nourrice de Rebecca mourut » (v. 8). « Et Rachel mourut » (v. 19). « Et Isaac expira et mourut… » (v. 29). La mort est la conséquence du péché ; mais la grâce de Dieu se déploie au milieu des tristesses qui jalonnent la vie du croyant qui peut, malgré tout, jouir de la communion avec son Sauveur.
Jacob, attaché aux bénédictions depuis toujours (ce qui l’avait incité à usurper celle que son père réservait à tort à Ésaü), l’avait réclamée de Dieu au ch. 32. 26. Mais maintenant, c’est Dieu Lui-même qui le bénit (ch. 35. 9). C’est la joie de Dieu de bénir les siens qui marchent dans la foi et goûtent sa communion. C’est notre marche défectueuse qui limite les bénédictions que Dieu voudrait nous donner (Mal. 3. 10).
Au v. 28, Dieu lui rappelle son nouveau nom « Israël ». C’est un tournant dans la vie de Jacob, car il jouit, maintenant, d’une heureuse communion avec son Dieu, après plus de vingt ans de discipline (que Dieu lui rappelle, d’ailleurs, au v. 1er). Il porte, désormais, le caractère d’Israël (vainqueur de Dieu) ; c’est comme une nouvelle naissance faisant intervenir la gloire de Dieu. Certes, Jacob, comme tout croyant, aura, par la suite, des hauts et des bas dans sa vie. Il sera encore désigné sous son ancien nom plusieurs fois ; mais c’est, désormais un nouvel homme, revenu à Béthel. Comme au ch. 28. 19, Il appelle de nouveau le lieu « Béthel » (v. 15). C’est une nouvelle étape qui l’amène plus près de Dieu.
Au v. 11, Dieu se révèle à lui sous le même nom sous lequel Il s’était révélé à Abraham « le Dieu tout-puissant », et II élargit les promesses, non plus à ses seuls descendants, mais étendues à toutes les nations ; et lui révèle que des rois sortiront de lui. Malgré ses nombreuses faiblesses, Jacob est béni, selon la requête d’Isaac à son égard (ch. 28. 3 et 4). Jacob se rappellera cette étape de sa vie devant Joseph (ch. 48. 3 et 4) : « Le Dieu tout-puissant m’est apparu à Luz » (Béthel).
Dieu, en tant que tel, est esprit, et ne peut être vu. « L’homme ne peut me voir et vivre » (Ex. 33. 20). On ne sait sous quelle forme Il s’est révélé à Jacob. À Abraham, il s’était révélé sous la forme d’un homme (ch 18. 1). Au ch. 32, Il se manifeste sous la forme des anges (v. 10). Nous-mêmes, nous verrons Dieu en Christ « Celui qui m’a vu a vu le Père (Jean 14. 9). Christ a pleinement révélé la gloire de Dieu : il « est l’empreinte de sa substance » (Héb. 1. 3). L’autel que Jacob bâtit au v. 7 lui a été commandé par Dieu Lui-même ; et il a obéi.
Une belle manifestation de la communion dont Jacob jouit avec Dieu, c’est que, contrairement au ch. 15 où Dieu était resté sur le sommet de l’échelle pour parler à Jacob, ici, « Dieu monta d’auprès de lui dans le lieu où II avait parlé avec lui » (v. 13). Le contact direct avait été établi. De même, au ch. 28, Jacob avait versé de l’huile sur la stèle qu’il avait dressée. Mais au ch. 35, outre l’huile de l’onction, il y verse une « libation » (probablement du vin), symbole de la joie de la communion établie avec Dieu. Ces différentes stèles jalonnant son chemin sont des souvenirs des étapes marquantes de sa vie. Au v. 14, c’est une stèle d’adoration ; et au v. 20, une stèle de deuil ! Souvenons-nous, nous aussi, des différentes étapes de notre vie de chrétiens.
La mort de Rachel est douloureuse pour Jacob. Il la rappellera avec larmes au ch. 48. 7 : « Et moi… comme je venais de Padan, Rachel mourut auprès de moi » Ces points de suspension rappellent un sanglot de Jacob ! À la fin de sa vie, son chagrin restait le même pour son épouse bien-aimée. Mais la mort de Rachel en donnant naissance à Benjamin est prophétique. Et l’on retrouve la même pensée en Apocalypse 12 1 et 5. La femme « en grand tourment pour enfanter » est un type de la nation juive qui est jusqu’à ce jour dans les souffrances, n’ayant pas reconnu Christ comme son Messie. Dans l’esprit des Juifs, « le fils mâle qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer » n’est pas encore né. Mais, lorsque le résidu croyant recevra cette vérité que le Messie, c’est Jésus, il se repentira. Alors, l’ancien état d’Israël disparaîtra (c’est Rachel qui meurt) ; et le Seigneur prendra sa vraie place dans l’esprit des Juifs : « fils de la droite » du Père (Ps. 110. 1).
Comme le Seigneur, Benjamin est né à Bethléem qui est Éphrata (Mich. 5. 2). Si Joseph est un type du Seigneur souffrant et rejeté de ses frères, Benjamin représente Christ triomphant de ses ennemis (Apoc. 19. 11 à 16). Rachel appelle son fils « fils de ma peine » c’est le côté de la nation souffrante. Jacob l’appelle « fils de ma droite » c’est le côté de Dieu. Au ch. 35. 19, se trouve la première mention de Bethléem en relation avec la mort de Rachel. En Michée 5. 2, on en a la dernière mention de l’Ancien Testament, annonçant la naissance du Messie. Le Seigneur naîtra à Bethléhem (Mat. 2. 3 à 6). Benjamin est un type du Seigneur triomphant de ses ennemis (fils de la droite, de la force, du Père).
Le v. 22 dévoile le caractère indigne de Ruben vis à vis de son père. Jacob ne semble pas réagir, mais il ne l’oubliera pas, et ôtera à Ruben son droit de premier-né auquel se rattachaient des bénédictions spécifiques ; et longtemps après il en est toujours outré (ch. 49. 3 et 4). Son droit d’aînesse fut attribué aux fils de Joseph, qui reçut une double part en Éphraïm et Manassé qui devinrent deux tribus, tandis que Joseph ne sera pas nommé dans la généalogie d’Israël, pas plus que Lévi qui sera répandu dans les autres tribus-pour y exercer la sacrificature (Ex. 32. 26 à 28 ; Deut. 33. 8 à 11). Il y aura donc, malgré ces changements, douze tribus. Cependant, la primogéniture fut donnée à Juda, car c’est de lui que devait naître le Seigneur (1 Chr. 5. 1 et 2 ; Mat. 1. 2).
Le péché de Ruben a eu des conséquences définitives pour lui et sa descendance. Un péché, même confessé a toujours des conséquences prolongées. Ruben ne s’est pas purifié de sa faute, et ses frères sont restés muets. De tous les fils de Jacob, seul Benjamin est né dans le pays de Canaan (sur le chemin d’Éphrath (ch. 35. 16 à 19). Jacob revient à Hébron où avait vécu Abraham, dans une heureuse communion avec Dieu, et où vivait encore Isaac (v. 27). Ayant retrouvé la communion, il revient au lieu où il pourra lui-même en jouir avec son Dieu. Enfin, Isaac, dont on n’entendait plus parler depuis le ch. 28, meurt et est enterré dans le même tombeau qu’Abraham et Sara. Rebecca y sera enterrée aussi, et Jacob y ensevelira également Léa. A son tour, Jacob y sera enterré (ch. 49. 29 à 31 ; 50. 13). Quant à Joseph, les fils d’Israël, à leur retour d’Égypte, y enterreront ses os à Sichem (Josué 24. 32). C’est à l’occasion de la mort d’Isaac que Jacob et Ésaü, se retrouvent pour la dernière fois, avant de se séparer définitivement (ch. 36. 6 à 8).
Ch. 36 et 37 : Ésaü.
Ch. 36
Le ch. 36 est tout entier consacré à Ésaü. En prenant des femmes étrangères (ch. 26. 34 et 35, ch. 36. 2 à 5), il a provoqué l’amertume d’esprit de ses parents. C’est un homme profane et ses descendants deviendront des ennemis d’Israël. Ésaü se retire dans le monde, manifestant qu’il ne saurait marcher avec le croyant, Jacob son frère. Les incrédules n’ont aucun désir de fréquenter des croyants fidèles. Mais Ésaü, en quittant volontairement Canaan, s’enfonce dans un désert où il n’y a pas de rafraîchissement pour l’âme, car les sources qu’on y trouve sont chaudes » (v. 24). Le monde n’offre aucun rafraîchissement pour nos âmes. En Canaan, au contraire, on s’abreuve à des sources fraîches et à des torrents (Deut. 8. 7) Le Seigneur est pour nous la source des eaux vives dont nos âmes ont besoin chaque jour.
Très tôt dans leur histoire, les descendants d’Ésaü se sont donné des rois car ils étaient sans Dieu (v. 31 à 39). À plusieurs reprises dans ce chapitre, il est rappelé qu’« Ésaü, c’est Édom » (v. 8, 9 19 et 43).
Si Jacob a reçu son nom d’Israël de la part de Dieu Lui-même, Édom, surnom d’Ésaü qui signifie roux, rappelle son péché d’avoir vendu son droit d’aînesse pour un potage de lentilles (un roux).
En ce qui concerne la mort des hommes de foi, il est dit « il fut recueilli vers ses peuples » : Abraham (ch. 25. 8) ; Isaac (ch. 35. 29 ; et Jacob (ch. 49. 33). Mais pour les descendants d’Ésaü ; il est dit simplement : « il mourut » (ch. 36. 31 à 39).
Ch. 37
Dès qu’Isaac expire, le vrai visage le Jacob et d’Ésaü se révèle. Jacob, pèlerin habita dans le pays où son père avait séjourné » (ch. 37. 1). Ésaü, lui, quitte le pays de la promesse et « s’en alla dans un pays loin de Jacob » (ch. 36. 6). Il s’en va dans le monde. La Parole montre un grand contraste entre la généalogie d’Ésaü (ch. 36), où sa grande prospérité est montrée : de grands troupeaux, des richesses, de nombreux chefs et, enfin, des rois ! et celle, très brève de Jacob au ch. 37, qui se ramène à Joseph, l’héritier des promesses de Dieu. La parole présente souvent de grands contrastes entre les familles pieuses et les profanes. Gardons-nous de convoiter les choses du monde, pour nous attacher à l’héritage céleste.
Parmi les descendants d’Ésaü, on trouve Amalek (ch. 36. 12 à 16) qui devint ennemi d’Israël (Ex. 17. 8 à 16). C’est une figure de l’ennemi agissant sur la chair et cherchant à nous empêcher de jouir par la foi, des bénédictions divines. « Amalek… tomba en queue sur toi, sur tous les faibles qui se traînaient après toi » (Deut. 25. 17 à 19). Ceux qui se tenaient près de l’arche étaient gardés. Si nous nous écartons du Seigneur, Satan nous fera tomber. Cet Amalek est probablement un descendant d’Ésaü, même si Israël ne devait pas avoir « en abomination l’Édomite » (Deut. 23. 7). Plus tard, Dieu permettra qu’Israël détruise Édom (en Abdias). Pour nous, c’est Dieu qui combat la chair par l’Esprit : « J’effacerai entièrement la mémoire d’Amalek de dessous les cieux » (Nomb. 17. 14). Et : « L’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (cf. v. 16).
Le ch. 37 commence l’histoire de Joseph, type remarquable du Seigneur, aimé de son Père (v. 3), haï et rejeté de ses frères (v. 4) ; enfin glorifié (v. 7 et 9). En type, on y voit les souffrances du Seigneur, son rejet, sa mort, sa résurrection et sa gloire. Sensible à « la mauvaise renommée » de ses frères (leurs mauvais propos, note b) (v. 2), il en souffre et le rapporte à son père, et ils le haïssent parce que son père l’aime (Jean 3. 36). Le Seigneur était haï du monde car Il rendait témoignage que « ses œuvres étaient mauvaises » (Jean 7. 7).
Mais ses songes le font paraître plus haïssable encore aux yeux de ses frères (v. 8). De même que ses frères ne pouvaient parler paisiblement à Joseph (v. 4), de même, les Juifs se sont montrés durs envers le Seigneur, cherchant à « l’enlacer dans ses paroles ». Cependant, les songes de Joseph se réaliseront, car au ch. 42. 6, ses frères se prosterneront devant Joseph, devenu le gouverneur de l’Égypte. Notre cœur naturel répugne à l’idée de se prosterner devant un homme. Mais ses songes sont prophétiques, car ils annoncent la gloire future du Seigneur (Mat. 26. 64) qui régnera sur Israël qui L’a rejeté : « il faut qu’il règne » (1 Cor. 15. 25).
« Joseph paissait le menu bétail » (v. 2). Trois grands personnages de l’Ancien Testament étaient bergers : Joseph, « le conservateur de la vie » (sauveur) (ch. 45. 7) ; Moïse, le conducteur du peuple au désert ; et David, le roi d’Israël. Dans l’Assemblée, Dieu cherche des bergers qui rassemblent, et non des chasseursqui dispersent. Joseph, comme Daniel plus tard ou Timothée dans le Nouveau Testament, était jeune (v. 2). Le récit de ses songes à ses frères nous ramène aux paroles du Seigneur parlant au peuple de son royaume et de sa gloire futurs (Mat. 25. 31 à 46).
« La tunique bigarrée » (à manches, note c) de Joseph le distinguait de ses frères. En 2 Samuel 13. 17 et 18, Tamar, fille du roi David, portait une tunique bigarrée, apanage des filles du roi qui étaient vierges. Avait-elle un rapport avec la royauté, prophétisant ainsi, de la future royauté de Christ ? Peut-être, pour Joseph, distinguait-elle celui qui avait reçu « le droit d’aînesse », bien qu’il ne fût pas le premier-né. La tunique du Seigneur « sans couture, tissée tout d’une pièce depuis le haut jusqu’en bas » (Jean 19. 23), parle de la perfection de Christ dans son caractère céleste et terrestre, parfaitement Dieu et parfaitement homme.
Les deux songes de Joseph représentent le triomphe final du Seigneur Jésus, dans Philippiens 2. 9 à 11, lorsque « les êtres terrestres » (les gerbes), et les « célestes » (le soleil, la lune et les étoiles) se prosterneront devant Lui. Ces types du Seigneur sont très riches d’enseignements. Bien que Joseph reste incompris de son père (v. 10), Jacob a gardé cette parole dans son cœur jusqu’à ce qu’il voie le songe se réaliser. Cela nous ramène à Marie, la mère du Seigneur, qui gardait précieusement les paroles de son Fils dans son cœur (Luc 2. 51).
« Tes frères ne paissent-ils pas le troupeau à Sichem ? Viens, et je t’enverrai vers eux. Et il dit : Me voici. Et il lui dit : Va… » (v. 13 et 14). Le Seigneur Jésus, Lui aussi, a été envoyé par son Père vers ses frères : « Qui enverrai-je et qui ira pour nous ? Et je dis : Me voici, envoie-moi. Et Il dit : Va… » (És. 6. 8 et 9 ; Ps. 40. 6 à 8). Comme type du Seigneur, à sa mesure, Joseph a obéi de cœur à son père.
Quant aux frères de Joseph, ils s’éloignent toujours plus d’Hébron, le lieu où Abraham avait joui de la communion avec Dieu. Ils étaient d’abord à Sichem ; mais lorsque Joseph y arrive, ils sont partis plus loin, à Dothan (environ une centaine de kilomètres d’Hébron).
À celui qui l’interroge, il répond : « Je cherche mes frères » (v. 16). Ils ne sont pas où ils auraient dû être. Lorsque le Seigneur est venu visiter ses frères, Il ne les a pas trouvés dans l’état moral où ils auraient dû être. Lorsque Joseph trouve enfin ses frères, à Dothan, il trouve des ennemis qui pensent tout d’abord à le tuer (v. 20). À une bien plus grande mesure, le Seigneur, Lui aussi, aura affaire à des ennemis qui réussiront à Le mettre à mort.
De même que Joseph est reconnu de loin par ses frères (v. 18), le Seigneur sera reconnu comme étant « l’héritier », et ils décident de le supprimer afin de s’emparer de l’héritage (Mat. 21. 37 et 38).
Joseph, jeté dans une citerne, entre symboliquement dans la mort. Le Seigneur, Lui, y entrera réellement. Dieu, qui a des plans pour Joseph, l’héritier des promesses en son temps, utilise Ruben, puis Juda, pour préserver sa vie. Et, lorsqu’on le ressort de la citerne, il est comme ressuscité. Le Seigneur est, Lui, réellement ressuscité ainsi que le Psaume 40. 2 le prophétise.
Les frères de Joseph le dépouillent de sa tunique qui faisait sa distinction, sa noblesse – encore un type du Seigneur qui, à la croix, sera dépouillé de sa robe, « tissée tout d’une pièce » symbole de sa perfection. Moralement, les Juifs L’ont dépouillé de sa royauté en le rejetant. « Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jean 19. 15).
La citerne sans eau dans laquelle Joseph fut jeté nous parle de la sécheresse et de l’aridité des cœurs sans Dieu. Le monde offre beaucoup de citernes où l’âme se dessèche.
Longtemps après ces faits, Joseph (conservateur de la vie, ch. 45. 5), sauvera sa famille de la famine. Nos circonstances, que nous ne comprenons pas toujours, sont toutes conduites par Dieu, qui nous aime et sait utiliser même nos ennemis pour notre bénédiction finale. Sans la mort du Seigneur Jésus, la grâce n’aurait jamais pu nous parvenir. Joseph est vendu pour vingt pièces d’argent à des Ismaélites. Le Seigneur, Lui, a été vendu pour trente pièces d’argent (Zach. 11. 12 et 13).
Ruben ne trouve plus Joseph dans la citerne (v. 29) ; de même que les Juifs, après la mort du Seigneur, ne le verront plus jusqu’à ce qu’ils disent : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Mat. 23. 38 et 39), à l’aube du millénium.
Les Ismaélites poursuivent leur route, occupés à leur commerce ; comme, à la crucifixion du Seigneur, le monde est resté indifférent. Mais Joseph, vendu en Égypte, est un type de Christ reçu par les nations devenues chrétiennes. La sécheresse de cœur des frères de Joseph envers leur père (v. 31 et 32), se retrouvera dans le rejet du Seigneur par les Juifs. Mais le père de Joseph « voit le sang » de Joseph ; de même, Dieu voit le sang de son Fils bien-aimé, « le sang qui nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). La douleur de Jacob nous rappelle celle de Dieu, lorsqu’on a mis son Fils à mort ! La duplicité des fils de Jacob se révèle au v. 35, lorsqu’ils prétendent consoler leur père ! Mais Jacob ne se consolera que lorsqu’il aura retrouvé Joseph, son fils bien-aimé (ch. 45. 28 ; ch. 46. 30).
Ch. 38 à 50.
Ch. 38
Rejeté par ses frères (ch. 37), Joseph est vendu aux nations dont l’Égypte est un type. Prophétiquement, l’état misérable d’Israël ayant rejeté son Messie, est mis en évidence par la conduite de Juda qui, « dans ce temps-là descendit d’auprès de ses frères » (ch. 38. 1) s’éloignant d’Hébron, le lieu de la communion avec Dieu (ch. 37. 14). Il se lie avec un Adulamite et se marie avec une Cananéenne. Dans ce chapitre, Dieu veut nous mettre en garde contre tout éloignement de notre cœur du chemin de la foi obéissante, qui ne peut que descendre toujours plus. Mais Dieu met aussi en évidence sa grâce, car c’est malgré tout de la tribu de Juda qu’est né le Seigneur, le Sauveur ! De plus, la même grâce se déploie envers Tamar, sa belle-fille, une étrangère qui, ainsi que Rahab, Bath-Shéba et Ruth, se retrouveront dans la généalogie du Seigneur.
Hira, cet Adulamite, ami de Juda (v. 1, 12 et 20), montre beaucoup d’indifférence envers la conduite de Juda, lorsqu’il se détourne vers Tamar qu’il prend pour une prostituée. Cela nous met en garde contre les amitiés mondaines. Le monde n’a pas les mêmes critères moraux que les croyants. La communion avec Dieu ne peut aller de pair avec une marche mondaine.
Seuls, deux croyants fidèles à la Parole peuvent goûter la communion entre eux. « Je suis le compagnon de ceux qui le craignent » (Ps. 119. 63).
Onan montre tout l’égoïsme du cœur naturel qui conduit à la désobéissance. Ayant refusé de donner une descendance à son frère défunt, il déplut à Dieu qui le fit mourir (v. 10). Quant à Shéla, son dernier fils, Juda le promet à Tamar, mais se dérobe à sa propre promesse de peur qu’il ne meure lui aussi… » (v. 11). Plus tard, Dieu fera entrer le lévirat dans la loi (Deut. 25. 5 à 10), afin que le nom du défunt ne soit pas effacé d’Israël. Fidèle, Boaz lui, rachètera Ruth « pour relever le nom du défunt sur son héritage » (Ruth 4. 5). Au temps du Seigneur, les sadducéens tenteront de le surprendre dans ses paroles, à l’aide de la loi du lévirat.
Si Juda passe légèrement sur sa propre faute, il se montre très dur pour sa belle-fille :« qu’elle soit brûlée » (v. 24). Plus tard, David ayant gravement péché, réagit par une parole dure envers « l’homme » de l’histoire que Nathan le prophète lui raconte. Et Nathan doit lui dire : « tu es cet homme ». Touché dans sa conscience, David s’est repenti de sa faute. La Parole nous enseigne à nous juger nous-mêmes d’abord, avant de juger les autres.
Le Seigneur nous le montre dans l’histoire de la femme adultère de Jean 8. 1 à 11. De plus, la loi exigera plus tard, que l’homme et la femme adultères soient mis à mort tous les deux (Lév. 20. 10). Dieu va user de grâce envers Tamar, car il voit, dans son cœur le profond désir d’avoir une postérité qui la ferait entrer dans le peuple de Dieu ; ce qui explique son stratagème envers son beau-père ; ainsi, elle aura un fils de Juda lui-même et, non seulement, par ce fils, elle entrera dans le peuple d’Israël, mais, surtout, dans la généalogie du Seigneur. Dieu ne pouvait que bénir un tel désir, au-delà de la faiblesse de la foi de Tamar (Ruth 4. 18 ; Mat. 1. 3 ; Luc 3. 33).
Joseph, l’héritier des promesses de Dieu, ayant été vendu en Égypte sur la proposition de Juda (ch. 37. 27), celui-ci ne peut que connaître un chemin descendant, manifestant un état de cœur déplorable. C’est aussi, prophétiquement, l’état d’Israël qui a rejeté son Messie et l’a « vendu » aux nations. De même que Juda marche comme les gens du monde, loin de Dieu, de même, Israël, loin de Dieu, marche comme les nations profanes.
Ch. 39
La fidélité et la pureté des mœurs de Joseph se dévoilent dans son service dans la maison de Potiphar, tout particulièrement dans les avances adultères de la femme de ce dernier, auxquelles Joseph ne cède à aucun moment. « Il refusa » (v. 8), « il ne l’écouta pas » (v. 10), « il s’enfuit » (v. 12). Dès le premier jour, Joseph avait décidé devant Dieu de ne point céder à ces tentations pour être fidèle envers son maître mais surtout envers son Dieu. « Comment ferais-je ce grand mal, et pécherais-je contre Dieu ? » (v. 9).
L’ennemi sait répéter les tentations pour nous pousser à y céder mais « résistez au diable et il s’enfuira de vous » (1 Pier. 4. 7). En premier lieu, le péché déshonore Dieu (Ps. 51. 4) et l’adultère est particulièrement grave (Prov. 6. 32 à 34), car : « votre corps est le temple du Saint-Esprit » (1 Cor. 6. 18 à 20). Cette vérité s’oppose à l’enseignement du monde. L’exemple négatif de Samson (Jug. 16), est l’exemple d’un croyant cédant aux tentations de la chair car, dès le début, il était déterminé à y céder : « car elle plaît à mes yeux ». Tourmenté de jour en jour, il finit par lâcher sa fermeté, il est tombé et y a perdu, d’abord sa force, puis sa vie ! Les pièges tendus par l’ennemi dans la vie du croyant doivent faire ressortir sa fidélité. C’est dans la communion avec Dieu que le Seigneur nous prépare à résister victorieusement aux tentations. Les desseins divins vont s’accomplir, même à travers l’adversité que Joseph traverse pour un temps, car « l’Éternel était avec lui » (v. 2, 3, 21 et 23 ; Act. 7. 9) « Jésus qui était de Nazareth. Dieu était avec lui (Act. 10 38 et 39). C’est le modèle inimitable.
De même, Il sera avec David (1 Sam. 16. 18). Même dans la prison, Joseph reste fidèle. Dieu l’avait envoyé devant ses frères pour accomplir ses plans envers Israël (Ps. 105. 17 et suivants). Et Joseph, malgré ce chemin douloureux, restera un instrument docile dans la main de Dieu. Le Tout-puissant avait promis à Abraham qu’il serait une bénédiction à sa descendance et aux nations (ch 12. 1 à 3). Déjà, la maison de Potiphar et, après lui, celle du garde de la prison en Égypte, sont bénies par la présence fidèle de Joseph. Prophétiquement, la bénédiction des nations est directement liée à celle d’Israël. Le Pharaon a accueilli favorablement Israël, à cause de Joseph. La fidélité est le chemin de la prospérité (Jos. 1. 7), prospérité matérielle ici.
« Je souhaite qu’à tous égards tu prospères, comme ton âme prospère » (3 Jean 2). Prospérité spirituelle indépendante des circonstances.
En servant son maître, Joseph sert son Dieu sans gémir (Col. 3. 22 à 24 ; Éph. 6. 5 à 8). La petite fille israélite, servante dans la maison de Naaman, montre la même disposition d’un cœur humble et fidèle et est en bénédiction à son maître (2 Rois 5. 1 à 19).
Aimé de son père mais vendu par ses frères pour être esclave en Égypte, puis calomnié et jeté en prison, Joseph aurait pu dire comme Jacob, plus tard « toutes ces choses sont contre moi » (ch. 42. 36). Prenons garde au témoignage que nous rendons car, même sans paroles, le monde observe nos œuvres. « Que votre lumière brille ainsi devant les hommes » (Mat. 5. 16). « Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit » ; « En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit » (Jean 15. 5 à 8). La vie de Joseph, malgré sa fidélité, a connu de grandes épreuves, de même qu’Ézéchias, plus tard. Il en est de même pour nous. C’est à travers les épreuves que nous apprenons à mieux connaître le Seigneur, et nos âmes en sont fortifiées.
Le v. 6 nous avertit de veiller sur la nourriture spirituelle que nous prenons (le pain). Car de cela découle la communion avec le Seigneur et notre bénédiction : la maison d’Obed-Édom était bénie par la présence de l’arche chez lui. La communion avec le Seigneur nous confère une ressemblance spirituelle avec Celui duquel le Psaume 45 dit : « Tu es plus beau que les fils des hommes ». Il s’agit de beauté morale, de l’homme caché du cœur.
La femme de Potiphar est un instrument entre les mains de Satan, l’ennemi, pour essayer de faire tomber Joseph. Mais, si ses faux témoignages conduiront Joseph en prison, on ne le voit à aucun moment protester du sort qui lui est fait. Conduit à la mort de la croix, le Seigneur « n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53. 7). Le Seigneur a été confronté à de faux-témoins (Mat. 26. 59 et 60) et ses ennemis ont crié « Il mérite la mort » (v. 66) ; mais « Il garda le silence » (v. 63). Maltraités, attendons-nous au Seigneur.
Exode 23. 1 dit : « Tu ne feras pas courir de faux bruits ». Potiphar ne s’est pas enquis soigneusement de la véracité des paroles de sa femme, et a agi légèrement. Cependant, Dieu protège son serviteur et limite l’initiative malheureuse de Potiphar qui aurait pu mettre Joseph à mort, car Dieu avait un plan et ce chemin de douleurs menait Joseph à la gloire. Il en sera de même pour David. À son insu, la femme de Potiphar faisait avancer les plans divins. « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).
Quant à Joseph : « On lui serra les pieds dans les ceps, son âme entra dans les fers » (Ps. 105. 18). « Ta voie est dans la mer, et tes sentiers dans les grandes eaux ; et tes traces ne sont pas connues » (Ps. 77. 19). Moralement, Joseph était « dans la mer » ; mais en même temps, dans le sanctuaire de Dieu. Cependant, Dieu n’est jamais insensible aux circonstances douloureuses de ses bien-aimés (Lam. 3. 34 à 39), et le v. 36 nous le montre tout particulièrement. Par deux fois il est écrit : « l’Éternel était avec lui » (v. 21 et 23) ; et il a eu un rôle heureux dans la prison, bien que subissant une longue épreuve car, si les autres prisonniers étaient coupables, lui ne l’était pas. Pourtant, il reste égal à lui-même. 1 Pierre 2. 18 à 23 montre la bonne attitude du croyant persécuté, attitude qui fut celle du Seigneur Lui-même. Qu’en est-il de nous ?
Joseph avait eu des songes lui révélant une gloire future. Aussi, Dieu l’éprouva en le faisant passer par la prison : « L’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15. 33). Essayons de regarder nos circonstances avec le regard de Dieu, un regard « d’en- haut ». C’est depuis sa prison que Paul a écrit ses épîtres. Et il affirme que ses circonstances adverses « sont plutôt arrivées pour l’avancement de l’évangile » (Phil. 1. 12 à 14). Sa communion avec Dieu lui montre les voies divines. Joseph ne comprend pas les voies de Dieu à son égard, et dit à l’échanson « Souviens-toi de moi… » (v. 14). Mais Dieu le délivrera d’une manière toute différente. Dieu révèle toujours ses voies en Son temps. À peine Joseph est-il en prison, Dieu lui montre sa bonté (v. 20 à 23). Le Seigneur agit toujours en notre faveur dans nos épreuves.
Comme Joseph prenait soin des prisonniers, le Seigneur est venu « pour publier aux captifs la délivrance » (Luc 4. 18 et 19). Le Seigneur a été crucifié entre deux malfaiteurs, « mis au rang des iniques » et Joseph a été mis au milieu des prisonniers, et il en a pris soin avec bonté.
Ch. 40
Des deux hommes en prison avec Joseph, l’un a été restauré, l’autre condamné ; de même, l’un des brigands, repentant, a été sauvé – l’autre, sans repentance, perdu. Notre responsabilité est de témoigner auprès des incrédules. Dans notre attitude nous devons « reluire comme des luminaires, présentant la parole de vie » (Phil. 2. 15 et 16). Joseph a regardé les deux prisonniers et a compris leur tristesse (v. 6). « Pierre, ayant avec Jean, arrêté ses yeux sur lui (le boiteux) » (Act. 3. 1 à 6), attire son attention (v. 4). Cet homme les regarde d’abord d’un œil peu attentif (v. 3). Mais, au v. 5, « il les regardait attentivement » car Pierre et Jean s’intéressaient à lui. C’est le regard de l’incrédule voyant la marche du croyant.
En Luc 10. 32 et 33, le lévite voit le blessé sur la route, et passe outre. Le Samaritain, lui, « est ému de compassion » et prend soin de lui. Demandons à Dieu de nous délivrer de notre égoïsme naturel afin que nous ne gardions pas notre trésor pour nous-mêmes. Les proches du Seigneur estimaient qu’Il avait perdu la raison parce qu’Il était toujours disponible pour les malheureux : les réponses à toutes les circonstances dont la signification nous est cachée, sont à Dieu (ch. 40. 8 ; 41. 15 et 16).
Si Joseph peut interpréter les songes, c’est que sa vie habituelle se déroule dans une profonde communion avec Dieu, mais c’est Dieu Lui-même qui donne les réponses (ch. 41. 16 ; Dan. 2. 27 et 28). « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14). C’est dans notre communion avec le Seigneur que le Saint Esprit nous fait comprendre la pensée divine dans nos circonstances.
Aux v. 9 et 10, l’échanson raconte son songe à Joseph : « un cep était devant moi… » puis il voit des sarments, des fruits. Sans le comprendre, c’est comme s’il avait devant lui « le vrai cep », le Seigneur Lui-même de Jean 15. 1 à 5, où l’on retrouve les sarments (les croyants), attachés au cep et qui portent des fruits pour Dieu. Aussi, Dieu va-t-il délivrer cet homme. L’échanson n’a rien fait pour faire pousser le cep, développer les sarments, mûrir les fruits : c’est le travail de Dieu : « vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2. 8). Mais il est fidèle à son service : « Et la coupe du pharaon était dans ma main, et je pris les raisins et les pressai dans la coupe du pharaon, et je mis la coupe dans la main du pharaon » (v. 11).
Le panetier semble d’abord craindre la signification de son songe mais, devant l’interprétation favorable de Joseph à l’échanson, il se rassure et raconte, lui aussi, son propre songe. Mais ce qu’il dit montre qu’il s’élève dans son cœur, en comptant sur son dur labeur de panetier. Il faut un long et dur travail pour faire du pain ; en outre, sur la « panière la plus élevée » il a mis toutes sortes de mets, spécialement préparés pour le pharaon. Il compte sur ses mérites pour être agréé de lui. Dieu ne peut accepter nos « mérites » pour nous sauver. Aussi, le panetier sera pendu. De plus, si l’échanson met la coupe pleine de vin dans la main du pharaon, ce sont les oiseaux qui mangent le pain de dessus la tête du panetier, et non le pharaon, et les oiseaux du ciel, dans la Parole, désignent souvent les démons. Ne nous élevons pas dans nos propres pensées (Rom. 12. 3).
Joseph (v. 14 et 15), semble compter sur la reconnaissance de l’échanson pour le délivrer de la prison. Dieu permettra que l’échanson l’oublie durant deux ans (ch. 41. 1), car Il avait un plan qui devait conduire Joseph à la gloire (v. 41 et suivants) « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28). Le brigand, sur la croix, a fait appel au Seigneur Lui-même ; et il a reçu la réponse immédiatement (Luc 23. 42). Nous devons compter sur Dieu seul dans toute notre vie. Les circonstances étaient défavorables pour Joseph, mais Dieu était avec lui.
Joseph est un type de Christ souffrant de la haine des hommes. Mais, ensuite, les songes d’autrefois de Joseph se réaliseront, et il connaîtra la gloire. De même, le Seigneur, bientôt, établira son royaume glorieux. Les circonstances injustes qui accablent Joseph lui font dire à l’échanson, mais en vain : « souviens-toi de moi… ». Le Seigneur aussi peut dire : « Ils m’ont haï sans cause » (Jean 15. 25) ; mais Il dit à ses rachetés : « faites ceci en mémoire de moi… ». Que Dieu nous mette à cœur, à tous, que ce ne soit pas en vain.
Dans cette double interprétation des songes des deux hommes, Joseph est une image du Seigneur qui, lorsqu’II viendra pour juger les hommes vivant sur la terre, séparera les élus d’avec les méchants (Mat. 25. 31). C’est le même Joseph qui prononce un oracle de salut pour l’un et un de perdition pour l’autre. Dans ces révélations, il y avait la responsabilité de Joseph qui devait se tenir devant Dieu, mais seul Dieu pouvait conduire les évènements pour la réalisation de ses plans.
Dans l’adversité, Joseph a été oublié de l’échanson. « Le pauvre » par excellence, Celui qui a été oublié, c’est le Seigneur qui a sauvé « la ville » (Éccl. 9. 13 et 14), Lui le Sauveur, mais que les hommes méprisent et oublient ! Lorsqu’Il était sur la terre, parmi les hommes, Il en a particulièrement souffert.
Ch. 41
Dieu élève Joseph selon sa manière à Lui car Il a un plan précis pour son serviteur et tout se déroule selon ce plan : Dieu va se servir du songe du Pharaon que les devins ne pouvaient interpréter. Si l’échanson a oublié Joseph durant deux ans (v. 1), il se souvient de lui au moment choisi de Dieu. Si le Seigneur a été oublié des hommes en général, Il nous a laissé un « souvenir » de ses souffrances (Luc 22. 19 et 20).
Dieu donne à Joseph une sagesse beaucoup plus grande que celle des devins, de même que, plus tard, Il donnera à Salomon une sagesse supérieure à celle des autres rois (1 Rois 4. 29 et 30). « Je détruirai la sagesse des sages » (1 Cor. 1. 19 à 27). Entièrement fermée à l’intelligence humaine naturelle, la Parole ne peut être comprise que par l’action du Saint Esprit dans le croyant, « car l’Esprit sonde toutes choses » (1 Cor. 2. 10 à 15). Instruit de Dieu dans la communion avec Lui, Joseph a pu révéler au Pharaon la signification cachée de ses songes. « La prophétie n’est jamais venue par la volonté de l’homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). L’homme naturel est incapable d’interpréter les songes venant de Dieu (Dan. 2. 10 ; ch. 5. 8). C’est Dieu qui révèle les secrets à Daniel (v. 18 à 22) ; alors Daniel rend gloire à Dieu (v. 27 et 28). Enfin, la gloire de Dieu est reconnue (v. 47). Et Dieu élèvera Daniel comme il a élevé Joseph. Pour nous : « Vous avez l’onction de la part du Saint » (Jean 2. 20). La révélation, pour nous, c’est la Parole de Dieu. Et « Il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable » (ch. 5. 20). C’est l’Esprit qui nous communique la connaissance de Christ et « les choses qui doivent arriver » (Jean 16. 13).
Joseph avait dit que « les interprétations sont à Dieu » (ch. 40. 8) ; et, au Pharaon, il parle de Dieu qu’il met en avant ; mais le Pharaon ne semble voir que Joseph (ch. 41. 38 et 39). Joseph interprète les songes du Pharaon en ramenant les choses à Dieu (v. 25 à 32) : sept années d’abondance suivies de sept années de famine. De nos jours, la Parole de Dieu, répandue dans le monde entier et dans des milliers de langues, répond au caractère de surabondance pour tous. Mais, après l’enlèvement de l’Église, il y aura sur la terre, une profonde « faim » de la Parole de Dieu, mais elle ne se trouvera pas (Amos 8. 11 et 12) : ce sera la famine, car Dieu jugera le monde ayant rejeté la vérité tandis qu’elle était encore sur la terre.
« Dieu va faire ». Cela est dit plusieurs fois dans ce chapitre (v. 25, 28 et 32) : c’est la preuve que la chose est « arrêtée de la part de Dieu, et que Dieu se hâte de la faire ». Dieu exécute ses desseins arrêtés. Dieu se sert des calamités pour réveiller l’esprit et le cœur des hommes : soit pour convertir, soit pour avertir d’avance de ce qu’Il va faire (les songes). « Dieu parle une fois et deux fois, et l’on n’y prend pas garde » (Job 33. 14 à 16). Dieu est patient et ne veut pas la perte des hommes, c’est pourquoi Il emploie tous les moyens pour nous parler. Il fait de nous aussi, ses témoins.
La famine a été en malédiction à Élimélec, et en bénédiction pour Ruth, la Moabite. Cette famine devait conduire les frères de Joseph à rencontrer celui-ci. Tout d’abord, ils ne le reconnurent pas ; mais par la suite, cette rencontre provoqua leur repentance, et conduisit Jacob en Égypte où il retrouva son fils bien-aimé qu’il croyait mort.
Joseph a mis en réserve beaucoup de nourriture, et il y en aura pour les nations alentour. C’est un témoignage clair : avons-nous mis de côté beaucoup de nourriture spirituelle pour en faire profiter nos semblables ? C’est durant la jeunesse que l’on « emmagasine » le mieux, comme la fourmi qui accumule la nourriture, l’été pour l’hiver (Prov. 6. 6 à 11) ; ensuite la mémoire n’est plus aussi efficace. Sans se mettre en avant, Joseph donne un conseil de sagesse au Pharaon (v. 33 à 36). Il préconise de « rassembler », « d’amasser » et de « garder » (v. 35) un cinquième de toutes les récoltes, durant les sept années d’abondance. C’est plus que « glaner » il s’agit de se pourvoir d’abondance dans la Parole de Dieu, pour plus tard, s’en nourrir en laissant le Saint Esprit nous enseigner. Cela demande un effort journalier : « Considère ce que je dis ; car le Seigneur le donnera de l’intelligence en toutes choses » (2 Tim. 2. 7).
Que ce soit chez Potiphar ou en prison, l’intelligence et la sagesse dans le service de Joseph sont appréciées par ses maîtres (ch. 39. 3, 4, 21 à 23). À son tour, le Pharaon va apprécier ces mêmes qualités, et agir en conséquence avec Joseph (v. 37 à 39). C’est en vivant près du Seigneur, dans sa communion, que nous pourrons faire notre travail à la satisfaction du monde qui, éventuellement nous emploie. Les croyants fidèles savent qu’ils ne servent pas seulement sous le regard des hommes, mais sous l’autorité du Seigneur (Éph. 6. 5 à 7).
La sagesse de Joseph s’exerce pour interpréter les songes, mais aussi pour donner un conseil judicieux au Pharaon (v. 34 à 36), et celui-ci reconnaît que le conseil vient de Dieu (v. 39). L’intelligence spirituelle et la crainte de Dieu conduisent Joseph à discerner la pensée divine (Ex. 31. 1 à 3 ; Prov. 2. 2 à 5 ; Dan. 1. 17). Les voies divines ont conduit Joseph à traverser de douloureuses difficultés ; mais désormais le plan de Dieu va s’accomplir. Joseph a été envoyé devant la famille de son père, pour la conserver en vie au temps de la famine. Et Joseph en aura pleinement conscience, lorsqu’il dira à ses frères : « Ne voyez pas d’un œil chagrin que vous m’ayez vendu ici, car c’est pour la conservation de la vie que Dieu m’a envoyé devant vous… Et Dieu m’a envoyé devant vous pour vous conserver de reste sur la terre, et pour vous conserver la vie par une grande délivrance. Et maintenant, ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais c’est Dieu » (ch. 45. 5 à 8).
En donnant ce sage conseil, Joseph ne pensait pas à lui-même, mais le Pharaon discerne en lui la sagesse divine, et va très loin en élevant Joseph à la seconde place après lui-même (v. 40 à 43). Cela nous parle du Seigneur Jésus qui, après les souffrances et l’abaissement, connaîtra la gloire (Luc 24. 26 et 27), et devant qui toutes les créatures se prosterneront (Phil. 2. 6 à 11). Joseph élevé, on criait « Abrec » (v. 43). « L’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15. 33). Cependant, en idolâtre qu’il est, le Pharaon place Dieu au milieu d’autres dieux (v. 38 et 39) ! Comme Joseph avait été chef sur la maison du Pharaon, le Seigneur est « chef sur sa maison » sur la terre (Héb. 3. 5 et 6).
Quant au Pharaon, dans ce paragraphe, il représente, non pas Dieu en tant que tel, mais l’autorité divine, souveraine et s’exerçant dans sa plénitude, sur son trône (v. 40). Joseph, quant à lui, avait toute autorité sur l’administration du pays, avec l’entière confiance du Pharaon qui lui donne son anneau, sceau de son autorité (v. 42). Le Seigneur dira, en Matthieu 28. 18 : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre ». Toutes choses Lui sont assujetties, même si nous ne le voyons pas encore (Héb. 2. 7 et 8), et il en sera ainsi durant tout le millénium. Ensuite, le Seigneur remettra le royaume à Dieu Lui-même, « afin que Dieu soit tout en tous » (1 Cor 15. 25 à 28).
Le nom que le Pharaon donne à Joseph est inspiré de Dieu « conservateur de la vie, sauveur du monde », il nous ramène au vrai Sauveur, notre Seigneur Jésus (Luc 2. 11).
Enfin, le Pharaon donne une épouse à Joseph : c’est une étrangère au futur peuple de Dieu. Mais elle est un type de l’Église, épouse de Christ glorifié. Et comme Asnath, elle est tirée du monde étranger aux alliances d’Israël (Éph. 2. 11 à 13). Contrairement à l’épouse de Joseph, l’épouse étrangère de Moïse (Ex. 2. 21) est une image de l’épouse de Christ dans le rejet actuel. Enfin, l’âge de Joseph nous est donné : trente ans… l’âge qu’avait le Seigneur lorsqu’Il commença son ministère. De même que « Joseph parcourut le pays d’Égypte » (v. 45), et qu’il rassembla les provisions durant les sept années d’abondance, le Seigneur « allait de lieu en lieu faisant du bien » (Act. 10. 38).
Les sept années de surabondance évoquent l’époque s’étendant de la croix du Seigneur jusqu’à l’enlèvement de l’Église. Période bénie durant laquelle la Parole est répandue richement dans le monde entier, de sorte que chacun peut s’en nourrir et profiter de la surabondance spirituelle actuelle.
Les sept années de famine nous projettent vers la période située après l’enlèvement de l’Église. La Parole de Dieu sera fermée à l’intelligence humaine « le ciel se relira comme un livre qui s’enroule » (Apoc. 6. 14). Plus rien, concernant le ciel, ne sera intelligible aux hommes demeurés sur la terre et sur qui s’abattront les terribles jugements divins ! Époque ténébreuse durant laquelle « Dieu envoie une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux-là soient jugés qui n’ont pas cru la vérité » (2 Thess. 2. 11 et 12). Les hommes connaîtront « une famine d’entendre les paroles de l’Éternel, ils courront çà et là pour chercher la Parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas » (Amos 8. 11 et 12). Ce sera l’époque de « la grande tribulation », « la détresse de Jacob » (Mat. 24. 21).
Dans notre période de surabondance spirituelle, nourrissons nos âmes fidèlement, et amassons pour un avenir encore incertain. S’étant éloigné de la maison de son père où il profitait de l’abondance, le fils prodigue a connu la famine (Luc 15). De même Élimélec en Ruth ch. 1.
« Revêtez-vous de l’armure complète de Dieu » : en vue des mauvais jours. Apprenons à « manier l’épée de l’Esprit » (Éph. 6. 11 à 13). La vraie nourriture du croyant c’est Christ connu par les Écritures. « Moi je suis le pain de vie ». « Manger sa chair », c’est s’imprégner de Lui et trouver en Lui la force spirituelle dont nous avons besoin chaque jour (Jean 6. 32 à 35, 54 à 56).
Joseph a amassé, avec soin et sagesse, dans chaque ville, la récolte des champs alentour (Gen. 41. 48). « La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur » (Rom 10. 8). « Il y a un temps pour amasser » (Éccl. 3. 1 à 5), et Joseph y a été attentif. Amassons, nous aussi, dans ce temps d’abondance.
Dans les noms de ses deux fils. Joseph rappelle ce double don de Dieu : « Dieu m’a fait oublier » et « Dieu m’a fait fructifier », Manassé » (oubli de ses tristes circonstances passées dues à la haine de ses frères) : Dieu se sert de tout pour notre bien (Rom. 8. 28). Et Éphraïm » (double fertilité), évoquant les bénédictions divines, non seulement sur Israël, mais aussi sur les nations qui ont reçu la Parole de Dieu (És. 49. 6). « Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés » (Héb. 2. 13).
De toute la terre on venait en Égypte, vers Joseph, pour acheter du blé » (ch. 41. 57). C’était l’ordre du Pharaon « Allez à Joseph ; faites ce qu’il vous dira » (v. 55). Nous devons aller au Seigneur dans toutes nos circonstances. « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés » (Mat. 11. 28). C’est vrai pour le salut de l’âme mais aussi pour tous nos besoins. « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2. 5). Durant la « grande tribulation », le résidu juif devra aller vers « Celui qu’ils ont percé » (Zach. 12. 8 à 14), pour être délivré de ses ennemis.
Si Joseph a été prévoyant pour tous, les Égyptiens, individuellement, ont profité sans souci de l’abondance : quand vient la famine, ils sont démunis du nécessaire, et crient au Pharaon. Accumulons la nourriture spirituelle, durant la période d’abondance : l’avenir nous est voilé.
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jean 7. 37). Soyons animés de cette même précieuse pensée qui animait les disciples quant au Seigneur Jésus : « Auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6. 67 et 68).
Ch. 42
Avec la réalisation de ses songes du ch. 37, dans lesquels il avait vu ses parents et ses frères se prosterner devant lui, une nouvelle période de la vie de Joseph s’ouvre maintenant (v. 6). Si Joseph reconnaît ses frères, ceux-ci ne le reconnaissent pas. Ils semblent avoir oublié leurs péchés contre Joseph : ils ont voulu le mettre à mort ; puis ils l’ont vendu pour quelques pièces d’argent. Enfin, leur péché contre leur père qu’ils ont horriblement tourmenté en lui faisant croire que Joseph était mort, semble oublié aussi.
Joseph qui n’a rien oublié, va s’attacher avec amour à la restauration complète de ses frères. Ce n’est qu’au ch. 50, qu’elle sera complète et définitive. Nous-mêmes, nous pouvons « oublier » un péché non confessé, mais le Seigneur, Lui, ne l’oubliera pas, et nous poussera à la confession en vue de notre restauration. Israël, autrefois, a crucifié son Messie. Dans l’avenir, la discipline divine le poussera à la repentance et à une pleine restauration, lorsqu’il recevra son Seigneur.
Vingt ans s’étaient écoulés depuis que Joseph avait été vendu par ses frères. Lorsque Joseph les reconnaît, il leur parle durement, alors que son cœur s’émeut. Mais, cette dureté apparente produira son plein effet dans leur conscience : ils vont se souvenir de leur propre dureté envers leur frère, dont ils n’avaient pas écouté les supplications (v. 21 et 22). Mais aussi, leur argent qui leur est rendu, leur remet en mémoire leur propre cupidité lorsqu’ils ont vendu leur frère. Enfin, ils devront reconnaître leur péché devant leur père, lorsqu’ils devront lui dire que Joseph vit encore ! Jusque-là, la violence et la corruption caractérisaient leur vie (ch. 34. 25 à 29).
Quel contraste avec la vie de Joseph ! Dieu, n’ayant rien oublié de leurs péchés, voulait les restaurer en leur faisant prendre conscience de leur misère morale, en utilisant l’action sévère de Joseph envers eux : tout d’abord, Dieu permet cette famine sur toute la terre, afin d’amener les frères de Joseph à aller en Égypte pour acheter du blé (ch. 41. 57 ; 42. 1 et 2). Et là, Il les conduit, à leur insu, devant Joseph lui-même qui, aussitôt, commence ce travail de restauration.
Mais l’épreuve dure, et au ch. 43, ils doivent retourner en Égypte pour s’y ravitailler de nouveau ; et cette épreuve pénible les atteint tous, car cette fois, Benjamin va avec eux, comme Joseph l’exigeait. Dieu a toujours des raisons pour nous discipliner (Job 36. 5 à 10). Et dans notre chapitre, au v. 28, ces hommes ont pleinement conscience que Dieu agit envers eux : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? ». C’est toujours Dieu qui nous discipline pour notre bien. Le Seigneur agissait parfois avec une dureté apparente : lors de la maladie de Lazare, il n’intervient qu’après sa mort. La femme cananéenne reçoit une réponse dure, avant d’être exaucée (Mat. 15. 22 à 27). Au puits de Sichar, le Seigneur parle sans détour à la conscience de la femme à la vie dissolue (Jean 4. 10 5. 44 à 47 ; 7. 6 à 8). Mais Dieu veut la vérité et nous devons nous y attacher (2 Jean 1 ; 3 Jean 1).
Joseph, conduit par l’Esprit de Dieu, use de bonté en donnant des vivres à ses frères, mais affiche de la dureté pour les amener à la repentance. Quel contraste entre l’inconscience de ses frères quant à leur état, et la communion de Joseph avec Dieu, qui lui fait discerner ce qu’il doit faire ! Il les amènera à une pleine restauration, contrairement à Jérémie 8. 11 où « la plaie » du peuple était « pansée légèrement ».
Ils se prétendaient d’honnêtes gens (v. 11). En apparence, peut-être ; mais Dieu sonde les cœurs. Paul se disait être le premier des pécheurs. La restauration d’un croyant peut être lente et demande de la patience. Rétablir la communion précipitamment, peut arrêter sa restauration.
Accusés d’être des espions, ils sont plongés dans la détresse, et se défendent de cette accusation en se disant membres d’une seule famille. Mais cette détresse va, peu à peu, les conduire à la confession : le travail de Dieu commence. « Ce n’est pas volontiers que Dieu afflige et contriste le cœur des hommes » (Lam. 3. 31 à 33). Ils vont, enfin, subir trois jours de prison (v. 17), durant lesquels leurs consciences vont être labourées (v. 21 à 24). Se servant de leur propre assertion, Joseph leur dit : « Si vous êtes d’honnêtes gens » faites-en la preuve (v. 19).
Joseph va amener ses frères qui ont très mal agi envers lui, à se trouver devant Dieu. Le résultat de son travail progressif est évident dans les paroles successives qu’ils prononcent : « Nous sommes d’honnêtes gens » (v. 11). « Nous sommes coupables » (v. 21). « Son sang est redemandé » (v. 22). « Qu’est-ce que Dieu nous a fait » (v. 28). « Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs » (ch. 44. 16).
Joseph n’agit pas ainsi par vengeance, mais pour ramener ses frères à la communion avec Dieu et avec lui, dans la repentance et la confession. Seule la discipline pouvait produire ce fruit. Ils sont mis à l’épreuve, ainsi que leurs paroles (v. 15 et 16). C’est le travail secret et béni dans une âme ayant bonne opinion d’elle-même (v. 21). Brusquement, l’épreuve fait remonter à la surface de la conscience tout ce qui était enfoui dans les cœurs : leur péché commun.
Ruben, absent lorsque Joseph a été vendu aux Ismaélites, proteste de son « innocence » ; mais il omet de dire qu’il était présent et consentant, pour tremper la tunique de Joseph dans le sang et l’envoyer à leur père, avec ses mots durs. « Reconnais si c’est la tunique de ton fils ou non » (ch. 37. 32). « Ton fils » disent-ils et non pas « notre frère ». Quelle cruauté ! Ce n’est pas cette fausse innocence de Ruben qui lui conférera une quelconque autorité morale : son père ne l’écoutera pas (ch. 42. 37 et 38). C’est Juda qui prendra la prépondérance sur ses frères, et qui emportera le consentement de Jacob (ch. 43. 8 à 11). Nous sommes exhortés à aimer tous les frères, même si l’un d’eux nous a fait du tort : « quiconque hait son frère est un meurtrier » (1 Jean 3. 15).
Ses frères étaient loin de penser que Joseph comprenait ce qu’ils se disaient entre eux. Cela nous rappelle que le Seigneur connaît tout de nous, jusqu’aux pensées les plus secrètes (Ps. 139). Bien qu’il ait beaucoup souffert de la part de ses frères, Joseph verse sur eux des pleurs d’affection. Il est un type de Christ qui, Lui aussi, pleure sur les hommes, devant les ravages du péché (Jean 11. 35), ainsi que sur Jérusalem (Luc 19. 41 à 44).
Au ch. 42. 24, Joseph lie Siméon devant ses frères ; et cela leur rappelle qu’ils l’avaient lié, lui, autrefois (ch. 37. 28). Puis il leur rend leur argent, leur rappelant qu’ils l’avaient vendu pour de l’argent. « Certainement, vous êtes des espions » (ch. 42. 16). Joseph sait que cette accusation est injuste, mais le fruit attendu est produit : ils comprendront leur culpabilité. Les injustices que nous pouvons subir sont permises par Dieu qui nous aime, et qui veut, de toutes manières, nous faire du bien : « Les sacrifices de Dieu sont un esprit brisé » (Ps. 51. 17). Pourtant, le brisement du cœur ne se produira pas tout de suite. À leur père, ils diront : « L’homme nous a parlé durement, et nous a traités comme des espions » (v. 29 à 31). Dans le caravansérail, ils comprennent l’intervention de Dieu, en discipline : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait ? » (v 28). Plus tard, pour son peuple, Dieu donnera des instructions précises quant au comportement qu’il devait observer pour un frère pauvre (Lév. 25. 39 à 41).
Joseph semble agir à l’encontre de cela : il lie l’un de ses frères et, d’un autre côté, il leur donne des provisions et leur rend leur argent. Mais Dieu poursuit son travail dans leurs cœurs. Jacob, accablé par les épreuves, dit, amèrement : « Toutes ces choses sont contre moi » (v. 36). Mais, le Dieu de bonté s’apprête à lui rendre son fils Joseph.
En contraste, on voit une grande foi dans le cœur de la femme de 2 Rois 4. 23 à 26. Son fils est mort, et pourtant elle dit : « tout va bien », sachant que l’homme de Dieu le ressuscitera. « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).
Sans la communion avec Dieu, « le cœur leur manqua » (v. 28). La grâce divine est, soit repoussée, et la peur en résulte – soit acceptée, et l’on désire, dès lors, se trouver dans la lumière de Dieu (Ps. 139. 1 à 24). Sans conscience de péché », approchons-nous librement du Dieu de grâce : telle doit être notre attitude de croyants. Si nous avons péché, confessons-le tout de suite afin de rétablir la communion.
Jésus, notre « avocat », plaide pour nous devant Dieu (1 Jean 2. 1 et 2). « Le sang de Jésus Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). Mais gardons-nous de pécher volontairement « afin que la grâce abonde » (Rom. 6. 1).
Ch. 43
C’est la peur qui domine les frères de Joseph (v. 18), car leur conscience n’est pas à l’aise parce qu’ils n’ont guère de communion avec Dieu. Seul, celui qui peut se confier entièrement en Dieu peut jouir de la paix. Le préposé sur la maison de Joseph, figure du Saint Esprit, leur dit : « Paix vous soit, ne craignez pas » (v. 23). Le Saint Esprit nous dit : « Ne craignez pas leur crainte, et ne soyez pas troublés » (1 Pier. 3. 14). Lavés dans le sang du Seigneur, ne craignons pas.
Quant à Jacob, accusateur et troublé, il est malheureux : « Toutes ces choses sont contre moi » (ch. 42. 36), et Dieu doit poursuivre son travail en lui afin que sa foi devienne paisible. Paul peut parler de sa « légère tribulation d’un moment ». Ces circonstances restent incompréhensibles pour les frères de Joseph ; mais Dieu travaille dans leur cœur pour leur « faire du bien à la fin ». Jacob, de son côté, montre la différence qu’il fait entre les enfants de Rachel et les enfants de Léa : Joseph et Benjamin occupaient une place spéciale dans son cœur.
La famine continue, et Dieu s’en sert pour amener les frères de Joseph à la repentance ; mais aussi pour produire en Jacob une foi paisible qu’il connaîtra à la fin « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28). La vie tourmentée de Jacob a conduit Dieu à lui envoyer des épreuves. Mais Dieu les mesure toujours pour les siens. Au ch. 42. 38, Jacob refuse fermement la proposition de Ruben ; il acceptera pourtant celle de Juda, plus sobre dans ses paroles (ch. 43. 11 à 14). C’est lui qui avait proposé de vendre Joseph aux Ismaélites ; mais le travail de Dieu en lui l’amènera à protéger Benjamin (ch. 43. 18 à 34), innocent de leur crime passé : c’était le fruit de la repentance (Luc 15. 17 à 19).
Jacob cède enfin à Dieu, car c’était Sa volonté que Benjamin paraisse devant Joseph : il sera un jalon dans le travail de repentance dans les cœurs coupables de ses frères (ch. 44. 16 et 17). Déjà privé de Joseph, Jacob connaîtrait une douleur incurable, s’il perdait aussi Benjamin, mais que la volonté de Dieu se fasse ! « Un cœur brisé et humilié » a toujours la faveur de Dieu (Ps. 51. 17). Quand l’homme atteint ses limites, Dieu peut agir. N’ayant pas reconnu Joseph, ses frères doivent répondre aux questions pertinentes qui leur sont posées ; mais eux ne savaient pas ce qui allait se passer (v. 6 et 7).
Le vieux Jacob est toujours là : il veut, maintenant qu’il a cédé, se concilier la faveur de l’homme (v. 11 à 13) ; comme il avait fait lors de sa rencontre avec Ésaü (ch. 32. 20). L’homme veut toujours donner quelque chose pour obtenir la faveur de Dieu, alors qu’il n’a rien. On manque de la nourriture essentielle, et l’on offre un présent qui ne nourrit pas. Que sera ce pauvre présent pour le puissant seigneur du pays ? L’argent qu’ils avaient retrouvé à l’entrée de leur sac (ch. 42. 27 et 37), c’est Joseph qui le leur avait rendu ; et c’est lui qui avait payé le blé qu’ils avaient emporté pour leur nourriture. C’était Joseph le donateur auquel il fallait aller pour être nourri. Il était « le soutien de la vie » (41. 45), beau type du Seigneur donnant la vie éternelle que nous ne pouvons acheter (És. 55. 1 ; Éph. 2. 8 et 9).
Au v. 14. Jacob introduit Dieu dans ses circonstances : « Le Dieu Tout-puissant », reprenant le caractère sous lequel Il s’était révélé à Abraham (ch. 17. 1), et connu sous ce nom par les patriarches. À Moïse et au peuple, Il se révélera sous le nom d’Éternel ». À nous, le Seigneur nous l’a révélé comme « Père » (Jean 20. 17). Après les avoir traités d’espions, Joseph, maintenant les traite comme des hôtes qu’il comble d’honneur (v. 16 et 17). Quant à eux, c’est la peur qui les domine (v. 18 à 22). Dieu poursuit son travail en vue de leur bénédiction. La réponse du préposé (v. 23) les déconcerte, mais l’homme (figure du Saint Esprit, comme « l’hôtelier » et « l’esclave » de Luc 10. 35 ; Luc 14. 23), connaît bien la pensée de Joseph et parle en son nom. L’invitation de ses frères à manger avec lui était incompréhensible pour ces hommes durs et habitués aux affaires. Mais le travail de Dieu achevé, Il pourra leur révéler que c’était « pour la conservation de leur vie » que tout cela était arrivé (ch. 45. 5 à 8).
L’homme préposé sur la maison de Joseph est un type du Saint Esprit, et l’on retrouve en plusieurs endroits de la Parole un personnage anonyme jouant ce rôle. En Jean 16. 13 à 15, le Saint Esprit est appelé « l’Esprit de vérité » ; le Seigneur dit de lui « Il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (v. 14). Le Père et le Fils sont les objets de notre adoration, mais c’est le Saint Esprit qui produit cette faculté d’adorer ; et il agit en pleine communion avec les deux autres Personnes de la divinité.
En Luc 14. 16, 17 et 21, Il est assimilé à un esclave devant amener les gens au « grand souper » de Dieu, et à les contraindre d’entrer. C’est bien le rôle du Saint Esprit de contraindre les âmes d’accepter le salut par grâce. Dans la parabole du bon samaritain (le Seigneur Jésus), Il est comparé à un « hôtelier » prenant soin de l’homme blessé. Dans notre chapitre, le « préposé » prend soin, avec l’empressement de l’amour, des voyageurs : ils lavent leurs pieds, et du fourrage est fourni à leurs ânes. Ses soins parlent aux cœurs des frères de Joseph. Au ch. 44, Il parlera à leur conscience. À la Samaritaine, le Seigneur parle d’abord à son cœur, puis à sa conscience et, ainsi, l’amène à Lui.
Le serviteur de Joseph agit de trois manières : Il leur donne la paix (v. 23) ; le Saint Esprit nous amène à nous confier au Seigneur et nous jouissons de sa paix. Il lave leurs pieds (v. 24) ; Le Saint Esprit applique la Parole à nos cœurs et nous lave de nos iniquités. Enfin, Il parle à leur conscience (ch. 44. 4 à 6) ; le Saint Esprit convainc de péché (Jean 16).
Les frères de Joseph se prosternent encore devant lui (v. 26) et lui offrent le présent qu’ils avaient apporté. Mais Joseph poursuit son but : la restauration de ses frères. Quelle folie de vouloir donner quelque chose à Dieu pour « s’assurer » le salut ! C’est Lui qui donne gratuitement. S’il y avait eu une parcelle de « bon » en nous, le Seigneur n’aurait pas eu à souffrir la mort.
Ils se prosternent (se jettent à terre note b). « L’orgueil va devant la ruine » ; Mais là, ils sont humiliés et en proie à la peur. Joseph s’enquiert de leur bien-être et de son père, montrant ainsi son affection pour lui (v. 27). Il pouvait craindre que ce vieillard meure entre-temps ; mais il jouira de sa présence dix-sept ans encore. Il n’a jamais cherché la vengeance, mais le bien de ses frères, patiemment : « Ne rendant à personne mal pour mal » « ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimés » (Rom. 12. 17 et 19). Les affections de Joseph pour Benjamin, ce jeune frère, fils de sa propre mère, âgé d’une dizaine d’années lorsqu’il l’avait quitté, et maintenant un homme, sont profondes ; son cœur est touché en le revoyant, et il se cache pour pleurer (v. 29 et 30). « … mes entrailles se sont émues pour lui » (Jér. 31. 20). « Les entrailles et les compassions » de Dieu sont souvent associées dans la Parole (És. 63. 15).
Revêtez-vous donc d’entrailles de miséricorde » (Col. 3. 12). « … les entrailles de miséricorde de notre Dieu » (Luc 1. 76 et 77). Il lui a dit « Dieu te fasse grâce, mon fils ».
Entendre Joseph parler de Dieu aurait dû le faire reconnaître de ses frères. Mais « leurs yeux étaient retenus, de manière qu’ils ne le reconnurent pas » (Luc 24. 16). À table avec Joseph, ils doivent manger « à part », car le péché fait séparation tant qu’il n’est pas confessé. Joseph les a fait asseoir selon leur âge qu’il connaissait bien, et leur fait porter les mets de devant lui ; de plus, il octroie une part à Benjamin cinq fois plus grande.
Ch. 44
Au ch. 44, on assiste au dénouement : Benjamin, innocent de leur ancien crime et du vol supposé de la coupe de Joseph, est accusé et menacé d’être retenu comme serviteur. Mais les frères de Joseph, sans pitié pour lui, autrefois, plaident ardemment pour Benjamin et pour leur père. Le travail divin dans leurs cœurs s’achève (v. 16 à 34). Ils ont dépouillé tout égoïsme ; et Juda, autrefois l’instigateur de leur péché contre Joseph (ch. 37. 26 et 27), plaide maintenant avec beaucoup de chaleur pour leur père et Benjamin.
Dieu se sert des circonstances difficiles ou injustes pour nous ramener à Lui (Jér. 3. 31 à 33). « L’Éternel a donné, et l’Éternel a pris ; que le nom de l’Éternel soit béni » (Job 1. 21).
Joseph a attendu que Dieu achève son travail dans le cœur et la conscience de ses frères ; et il ne leur adresse aucun reproche.
Ch. 45
Au ch. 44, on ne voit pas les frères de Joseph confesser leurs péchés envers lui et leur père Pourtant, au v. 16, ils ont pris conscience que « Dieu a trouvé leur iniquité ». Puis ils plaident pour Benjamin et Juda, évoquent de façon pathétique la peine de leur père s’il perdait son plus jeune fils. On ne peut que voir le travail profond de Dieu dans leurs cœurs. Devant ce retour sans ambiguïté de ses frères, « Joseph ne put plus se contenir » (ch. 45. 1) « il laissa éclater sa voix en pleurs » (v. 2). Ses entrailles se sont émues, nous rappelant la parabole du berger se réjouissant de retrouver sa brebis perdue (Luc 15. 4 à 6). Le père, retrouvant son fils prodigue revenant avec repentance, « courant à lui se jeta à son cou » (v. 20).
Au ch. 43. 30, Joseph, ému en reconnaissant ses frères, avait dû se retirer pour pleurer. Mais maintenant, la restauration de ses frères est parvenue à son terme il se manifeste ouvertement à eux, mais il n’y aura pas de témoins (v. 1) ; et nul n’entendra ce que ses frères ont fait, autrefois (v. 4 à 8). Il y a, dans la vie du croyant, des moments de stricte intimité avec son Seigneur : des confessions qui doivent rester secrètes.
Joseph pleure huit fois dans ces chapitres (ch. 42. 24 ; 43. 30 ; 45. 2, 14 et 15 ; 46. 29 ; 50. 1 et 17). Dans ce dernier verset, Joseph pleure de tristesse en voyant le manque de confiance de ses frères qui craignent sa vengeance. Mais l’amour de Joseph a pardonné. De même, « Dieu est fidèle et juste pour pardonner nos péchés » (1 Jean 1. 9). Mais la confession et la repentance sont indispensables pour rétablir la communion avec Lui. Il est impossible que nous perdions notre salut acquis définitivement à la croix du Seigneur Jésus ; mais, sans la communion, nous pouvons perdre la joie du salut.
Ses frères sont « troublés » devant Joseph lorsqu’il se fait reconnaître, car il est devenu un grand personnage. Mais il les rassure, comme plus tard, le Seigneur rassurera les disciples qui croyaient voir un esprit « Paix vous soit » (Luc 24. 37). Ici, Joseph, sitôt après s’être fait reconnaître, s’enquiert de son père « Je suis Joseph. Mon père vit-il encore ? » (v. 3). Il manifeste son intérêt pour son père âgé, et leur dit « Hâtez-vous ». Il veut que son père sache rapidement qu’il vit encore, et qu’il apprenne à quelle gloire Dieu l’a élevé (v. 13). Qu’en est-il de nous pour nos parents, surtout dans leur âge avancé ? Et puis, dans son amour pour ses frères, il désire qu’il n’y ait plus de distance : « Approchez-vous de moi ». Enfin Joseph ne leur cache pas leur responsabilité (v. 4), mais il discerne le plan divin derrière les faits (v. 5 à 8).
Il en est toujours ainsi : derrière les circonstances, il y a toujours les plans de Dieu en bien, et c’est une consolation pour nous (Jér. 3. 38 ; Rom. 8. 28). Tous les hommes sont responsables de la crucifixion du Seigneur ; mais c’était le plan de Dieu pour la rédemption des hommes qui s’accomplissait (Act. 2. 22 et 23). « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses ? » (Luc 24. 16 et 46). Joseph, dans les plans divins, était « le conservateur de la vie » pour l’Israël futur, descendance de Jacob (v. 5 et 7). Le Seigneur est le « conservateur » de la vie éternelle pour tous ceux qui croient en Lui.
Joseph veut entretenir sa famille dans le « pays de Goshen », le meilleur de l’Égypte, près de lui (v. 10). De même, la volonté du Seigneur, pour chacun de nous, c’est que nous soyons « bien près » de Lui (1 Sam. 22. 1 et 2, 20 à 23), afin de nous protéger et de nous bénir. « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, Je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
Si les frères de Joseph devaient raconter sa gloire à leur père, combien plus, nous-mêmes, devons-nous raconter la gloire du Seigneur à son Père et notre Père (Marc 5. 19) ! Sachons apporter à Dieu « le parfum du nom de Jésus ». Enfin, « ses frères parlèrent avec lui » (v. 15).
Que Dieu nous aide à voir les gloires variées du Seigneur, ses gloires passées, présentes pour les yeux de la foi, et futures qui nous sont révélées dans la Parole.
Joseph veut que sa famille soit auprès de lui et jouisse du meilleur du pays d’Égypte. Mais Dieu se sert du Pharaon comme d’un « canal » pour la bénédiction de Jacob et de sa maison. Des dispositions sont prises pour faciliter le voyage (v. 16 à 19). Le Seigneur veut nous avoir auprès de Lui pour nous combler de ses meilleures bénédictions. Ni le Pharaon ni ses serviteurs n’apprendront jamais ce qu’ont fait les frères de Joseph, ni ce que celui-ci leur a dit. Cependant, la « rumeur » de la venue des frères de Joseph en est parvenue jusqu’au grand roi d’Égypte, et il s’en réjouit (v. 16) !
Au ch. 43, Jacob avait envoyé au « gouverneur » de l’Égypte, ce qu’il y avait de meilleur au pays de Canaan : des choses attrayantes, mais qui ne nourrissaient pas. Joseph, lui, envoie « dix ânes chargés de ce qu’il y avait de meilleur en Égypte, et dix ânesses chargées de blé, et de pain, et de vivres pour son père » (v. 23). Et « le pays de Goshen », la partie la plus riche d’Égypte, leur est réservée. Dans le Seigneur Jésus, nous avons « une meilleure espérance… une meilleure alliance… des biens meilleurs et permanents » (Héb. 7. 19 ; 8. 6 ; 10. 34). « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jac. 1. 16 et 17). Nos propres ressources ne peuvent nourrir personne ; le Seigneur seul suffit pour la nourriture spirituelle de tous.
La repentance des frères de Joseph envers lui, prophétise la repentance encore future d’Israël, vis à vis du Seigneur qu’il a crucifié autrefois, et dont il ne s’est jamais repenti. Il devra connaître « la détresse de Jacob » juste avant l’établissement du règne du Seigneur, qui apparaîtra alors sur la montagne des Oliviers au résidu fidèle d’alors, qui reconnaîtra son Messie en voyant « celui qu’ils ont percé », et se repentira (Zach. 12). Jacob lui, dans ces versets où il ne crut pas ses fils qui lui disaient que Joseph vivait encore et qu’il gouvernait l’Égypte, est le type d’Israël qui, ayant vu le Seigneur mort sur la croix, le croit toujours mort, n’ayant pas cru en Lui. Jacob avait vu la tunique de son fils couverte de sang. Enfin, sur l’insistance de ses fils, et voyant les chariots, les yeux de la foi s’ouvrent.
De même, Israël, à l’aube du millénium, s’ouvrira à la foi pour son Messie. Comme les frères de Joseph avaient reçu des vêtements de rechange pour la route, les croyants sont en route pour voir la gloire du Seigneur (Jean 17. 24) À leur conversion, moralement, ils changent de comportement : c’est le témoignage extérieur (les vêtements de rechange). « Que vos yeux ne regrettent pas vos meubles » (v. 20).
Sur quoi ou sur qui les yeux de notre cœur sont-ils fixés ? Pensons à nos biens spirituels dont nous pouvons déjà jouir, dans une mesure, mais bientôt, à la perfection dans le ciel, dans la vie éternelle (Marc 10. 28 à 30).
« Prenez votre père et vos familles » (v. 18). Que nos prières montent constamment vers Dieu, pour toute notre famille, afin que nul ne reste en arrière. Les frères de Joseph sont exhortés à ne pas se quereller en chemin. Ils devaient être occupés de Joseph et de son amour, ainsi que de la promesse de jouir du meilleur de l’Égypte. Quant à nous, soyons occupés du Seigneur et de sa promesse de nous introduire bientôt dans le ciel avec Lui, afin d’être en paix entre nous. Et gardons-nous des querelles (Col. 3. 12 Gal. 5. 15 et 19 ; Jac. 3. 14). « Celui qui sème des querelles entre des frères est en abomination à l’Éternel » (Prov. 6. 16 à 19). L’amour doit régner entre les frères (Philadelphie : amour des frères).
La pensée de retrouver Joseph vivant pousse, seule, Jacob à se lever et à partir : c’est l’énergie de la foi. « Joignez à votre foi la vertu » (2 Pier. 1. 5). L’énergie de la foi (la vertu), doit aussi nous caractériser, pour marcher avec le Seigneur. En pensant à toutes les promesses spirituelles qui sont les nôtres, disons comme le psalmiste « ma coupe est comble » (Ps. 23. 5). En retrouvant Joseph vivant, Jacob retrouve « l’héritier » des promesses divines. Comme tout à nouveau, l’avenir s’ouvre devant ses yeux !
Quant à nous, réunis autour du Seigneur, nous jouissons déjà de sa promesse : « Là où deux ou trois sont réunis à mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).
Ch. 46
Avant de descendre en Égypte, Jacob a à cœur de monter à Beër-Shéba, (le puits du serment). Dieu y avait fait la promesse à Abraham, de multiplier sa semence et de le bénir (ch. 22. 15 à 19). Il renouvelle sa promesse à Jacob qui offre un sacrifice (v. 1er).
Beër-Shéba est aussi le lieu où Abraham, et ensuite Isaac, avaient fait un serment avec Abimélec, roi des Philistins (ch. 21. 31 ; 26. 23). C’est là que l’Éternel apparaît à Jacob et l’encourage à descendre en Égypte. Abraham avait commis la faute de descendre en Égypte, et il s’en était suivi de lourdes conséquences. Isaac, lui, en avait été empêché par Dieu Lui-même. Mais, pour Jacob, c’est en Égypte, en effet, que Dieu va multiplier sa descendance. Dieu n’use pas des mêmes voies pour tous. Prophétiquement, on peut y voir le futur peuple de Dieu qui, exilé dans les nations après avoir crucifié son Messie, s’y est multiplié au point d’y devenir « un grand peuple ». C’est en Égypte que Jacob et les siens vont jouir sans restriction du meilleur du pays, tandis que Joseph gouverne et administre l’Égypte.
On peut y voir une autre prophétie, nous amenant au règne de Christ et à son administration parfaite, où Israël jouira du meilleur des bénédictions terrestres caractérisant le millénium, pour toutes les nations, certes, mais surtout pour le peuple de Dieu.
Rien de ce qui appartient à Jacob ne reste en arrière (v. 5 à 7). Prions beaucoup le Seigneur, pour ceux de nos familles encore étrangers à la grâce. Lorsque Jacob prend conscience que Joseph est vivant, il n’hésite plus. « Israël partit » (v. 1). C’est un élan de son cœur ! Peut-être, Jacob a-t-il eu quelque hésitation pour partir en Égypte. Aussi, va-t-il d’abord à Beër-Shéba pour y adorer. Mais Dieu l’invite à partir sans crainte (v. 3).
Au ch. 28. 13, l’Éternel apparaît à Jacob, au sommet d’une échelle il lui avait fait la promesse d’être avec lui et de le ramener ; mais il reste sur l’échelle. Jacob, en mauvais état spirituel, Dieu n’avait pas de contact direct avec lui. Mais ici, l’Éternel lui dit : « Je descendrai avec toi en Égypte » (v. 4). Dieu n’est plus « sur l’échelle » mais, dans une heureuse communion, Dieu peut « descendre ». Le Seigneur encourage les siens en disant : « Je suis avec vous tous les jours » (Mat. 28. 20). Dieu accomplit toujours ses promesses.
Jacob montrera sa foi lorsqu’il fera promettre à Joseph de l’enterrer dans le pays de la promesse, et non en Égypte (ch. 47. 30). Fidèle à Lui-même, l’Éternel fera remonter le peuple d’Égypte, en Canaan (Ex. 12. 51). Souvent, dans la Parole, comme ici (au v. 2), Dieu appelle deux fois « Jacob, Jacob ». Cela marque un appel solennel, à des moments décisifs de la vie d’Abraham, de Moïse, de Samuel, de Marthe, de Saul… Le Seigneur nous connaît personnellement. Ici, il appelle Jacob par son nom significatif : « Usurpateur ». Mais en même temps, Il lui montre son amour et ses soins. Et cela est encourageant pour nous. Il connaît tout de nous, et Il nous aime.
Il se présente à Jacob comme « le Dieu de son père » : Il ne change pas. Autrefois indépendant, Jacob est devenu dépendant, obéissant, et ne veut pas partir sans connaître la volonté de Dieu. Les cinq premiers versets révèlent la communion, l’obéissance et l’adoration. Puis, tous partent, en utilisant les moyens envoyés par le Pharaon. Dieu a noté par ordre tous les fils de Jacob, désignés avec leurs mères respectives. Mais, c’est seulement pour Rachel, la bien-aimée de Jacob, qu’il est dit : « Rachel, femme de Jacob » (v. 19). Les trois autres, imposées à Jacob par la fourberie de Laban, n’avaient pas la même position, ni devant Dieu, ni devant Jacob.
Aux soixante-six personnes nommées, il faut ajouter les femmes de ses fils (v. 26), Jacob lui-même, Joseph et ses deux fils ; en tout, soixante-quinze (Act. 7. 14). Dieu utilise un Juda restauré, pour préparer le chemin, et l’envoie au-devant de Joseph qu’il avait vendu autrefois. La tribu de Juda est responsable de la mort du Seigneur. C’est cette tribu qui Le recevra et préparera le terrain aux autres tribus, pour le millénium. Un amour ardent lie Jacob et Joseph (v. 29 et 30). L’épreuve est terminée pour Jacob. Comblé d’avoir recouvré Joseph, il estime pouvoir quitter la scène (v. 30) ; mais il vivra encore dix-sept ans en Égypte (47. 28). Israël, recevant son Messie, dira plus tard « ma coupe est comble » (Ps. 23. 5).
C’est après la pleine restauration de ses frères, que Joseph les appelle « mes frères » (v. 31 ; ch. 47.1). Il a fallu la rédemption accomplie par la mort du Seigneur et sa résurrection, pour qu’Il puisse appeler les siens « mes frères » (Jean 20. 17 ; Héb. 2. 11 et 12). Ce dernier verset cite le Psaume 22. 22, concernant tout d’abord Israël : toute la semence de Jacob.
Joseph a pleinement pardonné à ses frères coupables. De même, le sang du Seigneur versé sur la croix a une pleine efficacité pour « nous purifier de tout péché » (1 Jean 1. 7). Le Pharaon du temps de Joseph n’est pas celui que l’on trouve dans l’Exode où il prendra un caractère satanique. Ici, il représente Dieu, au-dessus de tous, exerçant l’autorité suprême (ch. 47. 6).
Joseph met sa famille à part des Égyptiens, dans le pays de Goshen, la meilleure partie de l’Égypte, et il dit au Pharaon : « mes frères… sont venus vers moi » (v. 31). Égaré loin de son Dieu, Israël entendra, plus tard, l’exhortation de l’Éternel « Si tu reviens, Israël, reviens à moi » (Jér. 4. 1). C’est ce que les frères de Joseph avaient fait, de cœur. Lorsque le Seigneur était au milieu de son peuple, il a été méprisé, bafoué, haï et rejeté.
Mais, dans l’avenir, un petit nombre de Juifs Le reconnaîtra comme étant le Messie promis, et Le recevra de cœur. Israël en Égypte, mis à part du peuple du pays, n’a pas tardé à se détourner de son Dieu pour adorer les dieux égyptiens. Josué devra lui dire : « Ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du .fleuve et en Égypte, et servez l’Éternel » (Jos. 24. 14). Le Pharaon invite Joseph à faire habiter sa famille dans la « meilleure partie du pays » (47. 6 et 11). Nous qui sommes dans le monde sans Dieu où règne la « famine » spirituelle, la « meilleure partie du pays » représente sans aucun doute l’Assemblée lors des rassemblements, où l’on trouve de la nourriture spirituelle (47. 11 et 12).
Joseph ne cache pas à sa famille le mépris des Égyptiens pour tous les bergers ; mais il ne les incite pas à abandonner cette occupation qui est la leur, afin de les garder de l’opprobre, au contraire : « Sortons vers lui (Christ) hors du camp, portant son opprobre » (Héb. 13. 13). D’abord adressée aux Juifs devenus chrétiens qui devaient sortir du judaïsme, cette exhortation est pour tous les croyants qui doivent se séparer moralement du monde, et même du monde religieux qui ne reconnaît pas la saine doctrine, même si nous y avons de chers frères.
Il semble qu’un roi possédant de nombreux troupeaux avait conquis l’Égypte, ce qui aurait provoqué la haine des Égyptiens pour les bergers. Quelle que soit notre occupation, ne l’abandonnons pas à notre conversion, dans la mesure où elle est compatible avec le témoignage ; mais, exerçons-la avec fidélité devant nos supérieurs, tout en gardant l’obéissance au Seigneur (1 Cor. 7. 18 à 24). Fidèle devant le roi de Babylone qu’il servait, Néhémie était en faveur auprès de lui, et a été exaucé. Le Seigneur Lui-même se nomme « le bon Berger », et Il a été haï du monde et de son peuple. Abel, le premier, était berger, et son frère, homme du monde, qui le haïssait, l’a tué. David, type du Seigneur, était berger. L’Assemblée a besoin de « bergers » rassembleurs, et non de chasseurs qui dispersent.
En Goshen, Dieu a pris soin de son peuple, particulièrement lors de l’exode il a été protégé des plaies que Dieu a suscitées en Égypte : les mouches venimeuses, les ténèbres etc… (Ex. 8. 20 à 23 ; 10. 21 à 23). Lorsque les Égyptiens ont voulu les poursuivre, la colonne de nuée s’est interposée entre Israël et les Égyptiens : « et elle fut pour les uns, une nuée et des ténèbres, et pour les autres elle éclairait la nuit » (Ex. 14. 19 et 20). Dieu nous garde toujours à travers les difficultés. Soyons occupés des choses d’en haut, même si le monde ne comprend pas nos motifs : le Seigneur, Lui, les apprécie et nous garde : « Je suis avec vous tous les jours » (Mat. 28. 20).
Ch. 47
Au ch. 46. 31, Joseph avertit ses frères de ce qu’il dira au Pharaon : « Mes frères et la maison de mon père… sont venus vers moi ». Mais devant le Pharaon, il ne dit pas « vers moi », Il s’efface humblement, devant celui qui est au-dessus de lui (ch. 47. 1). Cependant le Pharaon, clairvoyant, lui dit lui-même au ch. 47. 5 : « Ton père et tes frères sont venus vers toi ».
Prophétiquement, le Seigneur dira « Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés » (Héb. 2. 13). Joseph est un médiateur entre le Pharaon, représentant l’autorité de Dieu, et le Seigneur Jésus qui « n’a pas honte de les appeler (les croyants) ses frères » (Héb. 2. 11 et 12). Et, comme le Seigneur nous enseigne ce que nous devons dire au Père de sa part (Jean 16. 23), Joseph met dans la bouche de ses frères, ce qu’ils doivent demander au Pharaon (ch. 46. 33 et 34).
Très jeunes, les enfants adressent leurs prières au Seigneur, apprenons-leur aussi à prendre conscience de notre position bénie d’enfants devant notre Père céleste : le Saint Esprit nous fait dire : « Abba, Père ». « Il prend de ce qui est à Christ et nous le communique » (Jean 16. 14). Mais si le Seigneur nous aide « merveilleusement », prenons garde à ne pas nous « élever dans nos cœurs » jusqu’à nous perdre (2 Chron. 26. 15 et 16). Joseph, très beau type de Christ, d’abord maltraité et éprouvé, a été élevé en dignité par le Pharaon, et l’on criait devant lui : « Abrec » (qu’on s’agenouille) (ch. 41. 43).
Mais il reste humble et déférent devant celui qui est plus haut placé que lui. Il ne prend pas sur lui d’installer sa famille dans la meilleure partie du pays sans l’ordre du Pharaon. Prenons garde à l’orgueil spirituel, le pire de tous. L’humilité de Joseph se manifeste en présentant au Pharaon, cinq de ses frères seulement : le chiffre cinq représente la faiblesse humaine. Dans son amour pour eux, il a mangé avec ses frères, alors qu’ils n’étaient pas encore restaurés (ch. 43. 32 à 34). Bien que les bergers soient en abomination pour les Égyptiens, le Pharaon établit ces Hébreux dans la partie la plus riche de l’Égypte. Bien que haïs du monde à cause de Christ (Jean 15. 18 et 19), nous devons aimer, non le monde ennemi du Seigneur, mais tous les hommes. À Israël, l’Éternel dit : « Tu n’auras pas en abomination l’Égyptien, car lu as séjourné comme étranger dans son pays » (Deut. 23. 7), bien qu’il y ait servi durement ! Dans l’avenir, l’Égypte sera étroitement liée à Israël, car elle a accueilli la famille de Joseph ; puis, la famille terrestre du Seigneur, le préservant ainsi des intentions criminelles d’Hérode. Autant pour Israël que pour le Seigneur, Dieu dit « J’ai appelé mon fils hors d’Égypte » (Osée 11. 1 ; Mat. 2. 15).
Selon l’attitude de ce monde vis à vis de son peuple, Dieu tient compte de ces choses dans son gouvernement. « Le cœur d’un roi, dans la main de l’Éternel, est des ruisseaux d’eau ; II l’incline à tout ce qui lui plaît » (Prov. 21. 1). Le Pharaon, ignorant du comportement antérieur des frères de Joseph, pense qu’ils en sont le reflet moral, et leur fait confiance. Nous savons quel profond travail Dieu a dû opérer en eux !
Le travail de Dieu en nous, nous fait-il reconnaître comme ayant « été avec Jésus » ? Sommes-nous « la bonne odeur de Christ » au milieu de ce monde ? Pour nous, la meilleure partie du pays, c’est là où se trouve le Seigneur, lorsque nous sommes réunis en son nom, là où Il nous nourrit de sa Parole. Répondons à toutes ses invitations. Si les frères de Joseph jouissaient de l’abondance du pays, ils devaient servir le Pharaon, selon leurs capacités (v. 6). Nous aussi, nourris abondamment de la Parole de Dieu, nous devons servir le Seigneur, selon ce qu’Il place devant nous, avec les capacités qu’Il nous donne.
La vie de Jacob manifeste le Dieu de la grâce qui est le même pour nous. Au ch. 33. 3, Jacob se prosterne « par sept fois » devant son frère, son égal. Mais ici, présenté au plus puissant monarque de l’époque, il ne se prosterne pas ; mais dans la conscience de sa dignité d’homme de Dieu et objet de sa grâce, il entre, bénit le Pharaon, et le bénit de nouveau en sortant (v. 7 à 10). Mais Jacob n’est qu’un canal d’où coule la bénédiction de Dieu vers le Pharaon : c’est le prince de Dieu qui bénit un prince de ce monde… sans orgueil ni prétention, mais humblement « Le moindre est béni par le plus excellent » (Héb. 7. 7).
Contrairement au ch. 43. 11, Jacob n’offre pas de présent au Pharaon mais il le bénit deux fois. Jacob est là, la bouche de Dieu qui bénit le monarque. Dans son humilité, il a conscience de sa dignité d’homme de Dieu en communion avec Lui. Cette double bénédiction enrichit moralement ce grand roi bien plus que n’aurait pu le faire un « présent » : « La bénédiction de l’Éternel est ce qui enrichit » (Prov. 10. 22). Le Pharaon, conscient de la grandeur morale de ce simple berger qui le bénit, tout de suite en entrant et en sortant, sans autre forme de déférence, ne s’en offusque pas. « Le moindre est béni par celui qui est plus excellent » (Héb. 7. 7).
C’est avec respect qu’il demande à ce vieillard : « Combien sont les jours des années de ta vie ? » (v. 8). Pour le Pharaon, homme du monde, seul compte le nombre des années passées sur la terre. Mais Jacob, homme de Dieu, fait la différence entre les années de son « séjournement » sur la terre, et le nombre des années vécu en communion avec Dieu Ces jours-là ont été « courts et mauvais » (v. 9). Jacob, longtemps occupé à s’enrichir sur la terre par toutes sortes de moyens, a enfin pris conscience que Dieu a préparé à tous les croyants, « une cité qui a les fondements » céleste, et que les patriarches étaient « étrangers et forains » (Héb. 11. 9 à 16) : Ils cherchaient « une patrie meilleure ».
Ne soyons pas, nous non plus de « ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 13. 8). La brièveté de notre vie nous fait attendre l’entrée dans notre vraie patrie céleste, quand la trompette de Dieu nous appellera en haut (1 Cor. 15. 51 et 52). Cela doit se voir dans notre conduite. Nous y avons un « héritage incorruptible… immarcescible » que Dieu nous y a préparé. Le Psaume 39. 4 à 6 nous fait mesurer la brièveté de notre vie et la vanité d’amasser des biens matériels, et que nos projets peuvent se révéler illusoires (Jac. 4. 13 et 14). Dieu ne retiendra, à la fin, que ce qui aura été fait pour Lui, dans sa communion.
Au « tribunal de Christ », où nous ne serons pas jugés nous-mêmes, mais nos actions, nous recevrons les récompenses selon ce que nous aurons fait « soit bien, soit mal » (2 Cor. 5. 10). Ce qui apparaîtra, ce sera sa gloire pour Lui, et sa grâce pour nous. Notre corps n’est qu’une « tente » temporaire (2 Cor. 5. 1), montrant la fragilité de notre vie physique. Mais Dieu attend de nous que notre vie serve « au conseil de Dieu », comme David en son temps (Act. 13. 36). La « course » de Jean le Baptiseur a été courte (trente et un ans environ) ; mais sa vie a été riche au service de Dieu.
Isaac, lui, a vécu longtemps (cent quatre-vingts ans). Mais, après sa faute pour avoir voulu donner à Ésaü la bénédiction que Dieu réservait à Jacob, Dieu se tait sur la fin de sa vie. Si notre vie est courte (Job 14. 1 et 2), apprenons à bien « compter nos jours afin que nous en acquérions un cœur sage » (Ps. 90. 12). Mettre sa confiance en Dieu pour « être riches en bonnes œuvres, prompts à donner, libéraux », etc… c’est saisir « ce qui est vraiment la vie » (1 Tim. 6. 17 à 19). Paul est un exemple pour nous « J’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Tim. 4. 7 et 8).
Au ch. 45. 27 ; 46. 30, Jacob, dans la joie de retrouver Joseph vivant, estime que, désormais, il peut mourir. Mais Dieu lui accordera de jouir de l’amour de son fils bien-aimé dix-sept ans de plus (47. 28). Cet amour se manifeste en assurant à son père et à ses frères le pain dont ils avaient besoin, sans restriction, gratuitement et pour tous (ch. 47. 12). Le Seigneur est Celui qui rassasie les siens lorsque la famine sévit dans le monde (Ps. 37. 18 et 19). Dans les jours de sa chair, il a nourri le peuple en multipliant les pains (Mat. 14. 14 à 21) ; et, durant son règne « Il rassasiera de pain ses pauvres » (Ps. 132. 15).
David dit : « Je n’ai pas vu le juste abandonné ni sa semence cherchant du pain » (Ps. 37. 25). « L’Éternel… leur donne la nourriture… les rassasie » (Ps. 145. 14 à 16). L’amour du Seigneur pour nous, nous assure la nourriture spirituelle librement et gratuitement. Il est « le pain de vie » (Jean 6. 33 à 35). Il donne la vie éternelle (ch. 6. 51) et, au v. 56, nous devons nous nourrir de Lui chaque jour, pour entretenir la communion. Durant le millénium, Il nourrira abondamment son peuple et les nations de ses riches bénédictions. Nous, les chrétiens, nous serons rassasiés de joie dans la contemplation de sa face, car : « Ta face est un rassasiement de joie » (Ps. 16. 11).
Au début des années de famine (ch. 41. 54 et 55), les Égyptiens pensent qu’ils doivent aller au Pharaon, le roi puissant, pour avoir du pain, mais il les envoie à Joseph. C’est lui qui va les nourrir et c’est à lui qu’ils s’adressent, au ch. 47. 13 à 26. Le Pharaon représente la puissance et la domination divine. Joseph est un type de Christ auquel il faut aller, d’abord pour être sauvé, mais aussi pour avoir la nourriture spirituelle qui entretient la communion avec Dieu. Le Seigneur dit, en Jean 14. 6 « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi ».
Aux v. 13 et 15, le pays de Canaan est étroitement associé à l’Égypte dans la disette qui avait épuisé ces deux pays. L’accent est mis sur l’intensité de la famine qui sévissait. Plus le temps passait et plus l’épreuve réduisait les hommes à recourir à l’ultime ressource : aller à Joseph. La prospérité les avait maintenus loin de lui (Prov. 18. 11) mais l’épreuve les rejette sur lui. Le croyant ne s’appartient plus à lui-même, mais à Christ, et doit avoir recours à Lui dans toutes ses circonstances qu’il est incapable de contrôler.
Prophétiquement, l’Égypte représente les nations ; Canaan, le futur pays d’Israël. Jusqu’à ce jour, tant Israël que le monde incrédule en général, rejettent Dieu et le Sauveur. La famine spirituelle intense sévit parmi les hommes. Se tenir loin de Christ, c’est se vouer à la disette. Une deuxième partie de la prophétie concerne la période immédiatement située avant le millénium : on retrouve Israël apostat et le monde, rejetant toujours le Seigneur, en proie à une famine spirituelle encore plus douloureuse : « Et le ciel se retira comme un livre qui s’enroule » (Apoc. 6. 14).
Les hommes, après l’enlèvement de l’Église auprès de son Seigneur dans le ciel, n’auront plus aucune lumière : le ciel sera fermé pour eux. « Des jours viennent, dit le Seigneur, l’Éternel, où j’enverrai une famine dans le pays ; non une famine de pain mais d’entendre les paroles de l’Éternel. Et ils courront d’une mer à l’autre et du nord au levant pour chercher la parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas » (Amos 8. 11 et 12).
Joseph agit avec sagesse, et il ne garde rien pour lui-même, comme le Seigneur fera toujours tout pour la gloire de son Père : à la fin, tout appartient au Pharaon. Cependant, dans les récoltes futures, les Égyptiens ne devaient donner qu’« un cinquième » (v. 24). Durant le règne du Seigneur, tout, dans le monde Lui sera assujetti et, à l’issue du règne, Lui-même remettra son royaume entre les mains de Dieu le Père. Alors : « Dieu sera tout en tous » (1 Cor. 15. 25 à 28 ; Héb. 2. 8). « Ton peuple sera un peuple de franche volonté, au jour de la puissance, en sainte magnificence » (Ps. 110. 3).
Avons-nous tout donné au Seigneur ? (Marc 10. 28 à 30). Les apôtres réalisaient qu’ils étaient « esclaves de Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (Jac. 1. 1). Nous sommes esclaves de Celui à qui nous appartenons » (2 Cor. 5. 14 et 15). Les Macédoniens s’étaient donnés « premièrement au Seigneur » (2 Cor. 8. 5).
Cherchons-nous nos propres intérêts, ou ceux de Jésus Christ ? (Phil. 2. 21). Joseph est comme cet économe fidèle de Luc 12. 42 à 44, donnant à tous leur ration de blé au temps convenable. Et, comme dans Matthieu 24. 47, Il est conscient d’avoir un maître au-dessus de lui. Sa fidélité trouve un écho dans le cœur des Égyptiens reconnaissants (v. 25).
Quant aux terres des sacrificateurs (v. 22 et 26), on peut retenir la pensée générale que, occupés des choses de leur religion (idolâtre), le Pharaon se devait de leur donner ce qui leur était nécessaire. En Israël, plus tard, les lévites vivront des dîmes apportées par le peuple. Joseph, dans sa sagesse, donne aux Égyptiens la nourriture quotidienne, mais il leur donne aussi de quoi semer, en vue des besoins futurs (v. 23). Nourrissons nos âmes chaque jour, mais pensons aussi à semer en nous-mêmes, en pensant à l’avenir qui nous est inconnu.
Contrairement aux v. 13 à 26, où les Égyptiens ont été dépouillés de tout contre leur nourriture, « Israël habita dans le pays d’Égypte et ils y acquirent des possessions, et fructifièrent et multiplièrent extrêmement » (v. 27). Et Joseph les fournit de pain, sans le leur faire payer (v. 12). Dieu permet cet enrichissement auquel les fils de Jacob s’attachent peut-être. Mais Jacob est détaché des choses de la terre, en contraste avec sa vie d’autrefois. Dieu nous donne ce qui nous est nécessaire, mais gardons-nous de remplir nos cœurs des biens terrestres, au détriment des bénédictions spirituelles.
Au ch. 46. 2 à 4, Dieu avait parlé à Jacob à Beër-Shéba, où II était venu adorer au lieu de la bénédiction. Avant de partir pour l’Égypte, il désire s’enquérir de la pensée de Dieu, contrairement à sa manière d’agir passée, selon sa propre volonté. Il a toujours désiré ardemment les bénédictions divines, et est attaché de cœur à l’héritage promis, contrairement à Ésaü, son frère, homme profane.
Selon sa promesse, Dieu commence à bénir le peuple en Goshen où il vit séparé des Égyptiens. Dans tout l’Ancien Testament, les bénédictions de Dieu se traduisaient par la multiplication des biens matériels. C’est en Égypte qu’Israël devient une grande nation selon la promesse de Dieu ; mais Jacob n’est nullement attaché à l’Égypte : « étranger et forain » (Héb. 11. 13), il veut être enterré en Canaan, pays de la promesse (fin du ch. 47), avec tous ceux de la lignée de la foi qui a commencé avec Seth et se poursuit toujours (ch. 49. 29 et 30).
Au ch. 50. 5, la Parole révèle qu’il s’était taillé lui-même un sépulcre en Canaan. La foi de Jacob se manifeste dans son espérance de la résurrection. Canaan est une image du ciel, pour les croyants, dont ils jouiront après être ressuscités. Il est « étranger et forain » en Égypte, qui est une image du monde où vivent encore les croyants en marche vers le ciel, leur vraie patrie. Puis, il s’empresse de bénir les deux fils de Joseph, discernant, par la foi, qu’Éphraïm sera plus grand que Manassé. Enfin, au v. 31, il adore, prosterné sur le chevet du lit. La fin de la vie de Jacob honore Dieu. Notre vie pratique doit être vécue en pensant à la résurrection qui nous introduira dans notre vraie patrie, le ciel.
Au v. 28, le fruit de la grâce de Dieu envers lui est affirmée, en ce que la Parole dit : « Et les jours de Jacob, les années de sa vie, furent cent quarante sept ans ». Aux v. 7 à 9, humblement, Jacob avait distingué entre « les années de son séjournement » et sa vie (de communion avec Dieu). Mais ici, Dieu ne fait plus la distinction, et attribue à Jacob une vie entière de communion avec Lui. Dieu a pardonné et ne se souvient plus de ses péchés (És. 43. 25 et 26).
Joseph, à la fin de sa vie, désirera, lui aussi, être enterré en Canaan, et les fils d’Israël emporteront ses os en partant d’Égypte (Jos. 24. 32). Que notre comportement soit en rapport avec notre héritage céleste, malgré nos occupations terrestres indispensables. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mat. 6. 21). « … marchez d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés » (Éph. 4. 1).
Au v. 31, il use de la manière de jurer de cette époque, déjà révélée au ch. 24. 3. Ayant obtenu le serment de la part de Joseph, il « se prosterna sur le chevet du lit ». Quelle différence avec sa fuite de Canaan, où il n’avait qu’une pierre pour chevet et où il s’écriait, saisi de peur : « Que ce lieu-ci est terrible. Ce n’est autre chose que la maison de Dieu » (ch. 28. 17).
Joseph a trois entrevues avec son père au ch. 47 (fin), où il lui fait le serment demandé.
Au ch. 48, où Jacob bénit les deux fils de Joseph, et où celui-ci reçoit une double bénédiction « une double part » en Éphraïm et Manassé.
Et, au ch. 49, où Jacob, avait convoqué tous ses fils, il leur délivre leur prophétie individuelle, avec un grand discernement. Mais avant de convoquer ses autres fils, Jacob appelle Joseph (v. 29) ; car c’est lui, l’héritier qui, à la mort de son père, deviendra la tête de file de la lignée de la foi ; le dépositaire des promesses faites, d’abord à Abraham, puis à Isaac, ensuite à Jacob, avant que lui-même ne les recueille. Car c’est lui que Dieu a choisi, lui « qui a été mis à part de ses frères ».
Ch. 48
Joseph, ayant appris que son père était malade, se rendit à son chevet avec « ses deux fils, Manassé et Éphraïm ». Jacob, apprenant à son tour que son fils venait vers lui, rassemble ses dernières forces pour s’asseoir sur le lit (v. 1 et 2).
Dans une heureuse communion avec Dieu, Israël discerne qu’il a une mission à accomplir avant sa mort : bénir Joseph dans ses deux fils en les adoptant. « Et maintenant, tes deux fils qui te sont nés dans le pays d’Égypte, avant que je vinsse vers toi en Égypte, sont à moi : Éphraïm et Manassé sont à moi » (v. 5).
Il convenait sans doute que cette adoption ait lieu, car Éphraïm et Manassé étaient nés d’une femme étrangère, type de l’Église, elle aussi étrangère à l’alliance avec Israël, adoptée par Dieu (Éph 1. 1 à 5). Dans certaines généalogies des tribus d’Israël, on ne mentionne pas Joseph, mais Éphraïm et Manassé. C’est une « double part » attribuée à Joseph, une double bénédiction ; car, après la mort de Jacob, c’est Joseph qui devient la tête de file de la lignée de la foi.
Puis, au ch. 49, Israël prononcera une prophétie concernant le passé et l’avenir de ses douze fils et, ainsi, des douze tribus d’Israël. C’était la pensée de Dieu que Joseph hérite du droit d’aînesse, et qu’il soit l’héritier des promesses divines (1 Chron. 5. 1 et 2). « Joseph aura deux parts » (Éz. 47. 13), jusque dans le millénium, comme s’il était le premier-né de Jacob (Deut. 21. 17).
Enfin, ayant accompli cette double mission, « Jacob… retira ses pieds dans le lit, et expira, et fut recueilli vers ses peuples » (ch. 49. 33). Mais, avant de bénir, Jacob rappelle les promesses de Dieu et les épreuves qu’il a traversées (v. 3 à 7). « Le Dieu Tout-puissant m’est apparu à Luz » (v. 3). « Lève-toi, monte à Béthel ». « Ôtez les dieux étrangers. Je suis le Dieu Tout-puissant : fructifie et multiplie… » (ch. 35. 1, 2 et 11). Les patriarches connaissaient Dieu comme étant « le Tout-puissant ». Les chrétiens le connaissent comme Père (Jean 20. 17). Sur la fin de la vie d’Abraham et d’Isaac, on ne voit presque rien dans la Parole. En contraste, la fin de la vie de Jacob est riche en détails.
Au v. 7 de notre chapitre, Jacob rappelle douloureusement la mort de Rachel, sa femme bien-aimée, et son émotion est encore profonde en l’évoquant. Cette scène montre le côté précieux pour nous, mais aussi pour Dieu, des liens familiaux qui sont bénis de Dieu. Les liens entre les époux sont une image vivante des liens qui unissent, pour l’éternité, le Seigneur et l’Assemblée (Éph. 5. 18). Ainsi, les liens unissant les membres de l’Assemblée sont précieux pour Dieu (il n’y a qu’une seule assemblée), et doivent l’être pour nous. Et puis, Joseph était l’aîné des deux fils de Rachel. D’un autre côté, Israël a retenu les leçons de ses épreuves. Certaines épreuves proviennent de nos inconséquences mais aussi des désordres introduits dans le monde par la présence du péché.
Après le rappel des souvenirs, Jacob revient à ce qui l’occupait à ce moment-là (v. 8) « Et Israël vit les fils de Joseph, et il dit : Qui sont ceux-ci ? Et Joseph dit à son père : ce sont mes fils, que Dieu m’a donnés ici » (v. 8 et 9). La profonde piété de Joseph lui faisait discerner que ses fils étaient un don de Dieu. Il en est de même pour nos enfants et nous devons les élever pour le Seigneur, en vue du ciel, car nous aurons des comptes à Lui rendre. La mère de Samuel avait compris cela et avait « prêté » son fils à l’Éternel » (1 Sam. 1. 28). Il restait sous sa responsabilité, et elle lui faisait une robe à sa mesure « d’année en année ».
Jacob bénit ses deux fils adoptés, en mettant Éphraïm, le plus jeune avant Manassé, le premier-né. Il fait cela selon la pensée divine qu’il discerne. Bien qu’aveugle physiquement, sa vue « spirituelle » est très claire. Son père Isaac, aveugle à la fin de sa vie et occupé de jouir des bonnes choses terrestres, n’avait plus aucun discernement spirituel. Éli était spirituellement aveugle (1 Sam. 1. 12 à 15). C’est à dessein qu’Israël croise ses mains pour octroyer à Éphraïm la première place. Son grand âge et sa cécité ne gênaient en rien son discernement spirituel, démontrant ainsi sa profonde communion avec son Dieu.
Si la vie de Jacob, faite de propre volonté, a été tourmentée, la fin de sa carrière terrestre honore Dieu. Sa profonde piété lui donne le discernement de la pensée divine. Loin maintenant de rechercher ses propres intérêts comme autrefois, il ne pense plus qu’à la terre promise, et il bénit Joseph et ses deux fils aînés. Il comprend la pensée de Dieu et bénit Éphraïm en premier, alors que, selon la coutume, il aurait dû donner la prééminence à Manassé. Au ch. 27, Isaac n’avait pas discerné la volonté de Dieu lorsqu’il avait voulu bénir Ésaü alors que Dieu voulait bénir Jacob. Ce dernier devait se souvenir qu’il avait usurpé la bénédiction de manière frauduleuse : Dieu l’aurait béni malgré tout, mais d’une manière bien différente.
Étant aveugle, Jacob s’enquiert diligemment de l’identité des deux fils que Joseph lui présente (v. 8 et 9) : ce sont les deux aînés de Joseph qu’il veut bénir, et non les autres, car il comprend que ces deux-là ont été choisis de Dieu ; et il bénit Joseph en bénissant ses fils (v. 15). Tout aveugle qu’il soit physiquement, il discerne que Joseph a placé ses deux fils de manière qu’il bénisse Manassé avant Éphraïm ; mais Jacob obéit à la pensée de Dieu de bénir Éphraïm en premier. Joseph, à ce moment-là, peut-être pour la première fois de son histoire, ne comprend pas la pensée divine ; et il proteste auprès de son père, mais Jacob ne se laisse pas détourner du chemin de Dieu.
Jacob rend un magnifique témoignage à l’Éternel, en se souvenant que ses pères, Abraham et Isaac ont marché devant Dieu (ch. 17. 1, 24 et 40). Pour lui, il reconnaît que Dieu a été son « berger » et qu’Il l’a gardé dans sa vie. Chacun de nous peut dire « L’Éternel est mon berger » (Ps. 23. 1). Le Seigneur se nomme Lui-même « le bon berger » (Jean 10). Comme Jacob, nous sommes les objets de la miséricorde divine. Le Seigneur est Celui qui nous nourrit spirituellement par sa Parole (Jean 6). Comme Abraham avait l’Éternel devant les yeux, marchons, nous-mêmes, « fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2). L’apôtre Paul disait de lui-même « Je cours droit au but » (Phil. 3. 14). Comme Jacob qui avait de la déférence envers ses pères, nous devons nous-mêmes manifester de l’amour et du respect pour nos parents, d’autant plus qu’ils nous ont montré le chemin de la foi. Pensons aussi à nos conducteurs, afin d’imiter leur foi (Héb. 13. 7).
Jacob bénit les fils de Joseph afin « qu’ils croissent pour être une multitude… » (v. 16 fin). Jacob a vu, longtemps avant les faits, que Manassé deviendrait une tribu nombreuse (Nomb. 26. 34 à 37) ; mais Éphraïm désignera, par la suite, les dix tribus du royaume d’Israël, séparé du royaume de Juda. Il est remarquable que lorsque Jacob bénit les fils de Joseph, il est appelé « Israël » (v. 8, 10, 11, 13, 14 et 21). Mais il s’efface devant ses pères, ces anciens témoins de la foi (v 16).
Nous avons, nous-mêmes, besoin de discernement personnel, dans la communion avec Dieu. Mais, de façon générale, Dieu donne à certains frères ou sœurs, un don de discernement, dans les assemblées. La tribu d’« Issacar savait discerner les temps pour savoir ce qu’Israël devait faire » (1 Chron. 12. 32). Joseph a eu, tout au long de sa vie, un grand discernement mais ici, il n’a pas « vu » la pensée de Dieu, quant à ses fils.
Éphraïm et Manassé devaient avoir une vingtaine d’années lorsque Israël les bénit. Nos jeunes gens et jeunes filles recherchent-ils la bénédiction de Dieu ? Que les parents prient pour cela « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus » (2 Pier. 3. 18).
La prophétie de Jacob sur les fils de Joseph répond pleinement à la volonté divine. Il mit Éphraïm avant Manassé » (ch. 48. 2). Le nom d’Éphraïm désignera, plus tard, les dix tribus formant le royaume d’Israël, séparé du royaume de Juda. Dans le millénium. Éphraïm sera également compté comme le « premier-né » de l’Éternel (Jér. 31. 9). La prophétie de Jacob va donc très loin.
Israël était étranger et savait que ses descendants ne resteraient pas toujours en Égypte, et il donne des ordres pour être enterré en Canaan (ch. 49. 29 à 31). Il exprime sa certitude en disant « Dieu sera avec vous, et vous fera retourner dans le pays de vos pères » (ch. 48. 21). Sa foi vigoureuse s’empare d’avance des promesses et des bénédictions de Dieu (Héb. 11. 13). Pour nous, le Seigneur dit : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20). Le pays de la promesse qui nous est préparé, c’est le ciel ; même si, jusque là, nous sommes sur la terre, la foi nous donne la hardiesse de jouir, déjà, des promesses du Seigneur de revenir nous chercher (Jean 14). Et cette promesse nous est d’un grand secours dans nos épreuves.
Jacob était attaché à la terre de Canaan, pays de la promesse. Au ch. 33. 18 et 19, il avait acheté une portion de champ où il avait dressé sa tente ; et Il dressa là un autel et l’appela « El-Elohé-Israël » : Dieu, le Dieu d’Israël. Il y possédait aussi une « fontaine » (Jean 4. 6 et 12). Ces faits montrent que Jacob avait l’assurance que ce pays serait, plus tard, partagé entre toutes les tribus d’Israël. Quant à nous, sommes-nous attachés aux promesses et à l’héritage célestes ?
Ch. 49
Le ch. 49 contient les prophéties et les bénédictions qu’Israël prononce sur ses douze fils, pour la fin des jours » (v. 10). Les prophéties d’Israël commencent par s’occuper des fils de Léa, et s’achèvent par les fils de Rachel. Il semble qu’Israël prononce quatre prophéties, chacune concernant trois de ses fils : Ruben, Siméon et Lévi. Ruben montre la corruption pour avoir profané « la couche » de son père (ch. 35. 22). Et, à cause de son infamie, il a perdu son droit d’aînesse (1 Chron. 5. 1 et 2).
Les deux suivants, Siméon et Lévi, ont montré une grande violence en tuant les hommes de Sichem (v. 5). Israël dit : « Je les diviserai en Jacob, je les disperserai en Israël » (v. 7 fin). Lors de la conquête de Canaan, Siméon a eu une portion dans le lot de Juda ; et Lévi, devenu la tribu sacerdotale, pour sa réponse spontanée à l’appel de Moïse (Ex. 32. 26 ; Deut. 33. 8 à 11), a été dispersé dans toutes les tribus, pour y servir l’Éternel. Cette tribu a eu en partage quarante-huit villes, dont les villes de refuge. Cependant, ici, Dieu maudit leur colère (v. 7), lorsqu’ils ont passé les hommes de Sichem au fil de l’épée. Ils n’ont certainement pas confessé leur péché. Dieu ne veut, en aucune manière, la violence, de la part des siens ; ni la violence contre d’autres hommes, ni celle qui peut s’exercer sans cause, sur des animaux (v. 6 fin) : « Le juste regarde à la vie de sa bête, mais les entrailles des méchants sont cruelles » (Prov. 12. 10). Cependant, cette expression : « pour leur plaisir ils ont coupé les jarrets du taureau » (v. 6 fin), montre le plaisir qu’ils ont éprouvé dans ce meurtre, perpétré avec colère, contre des hommes. « La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jac. 1. 20). Jacob peut voir que certains de ses fils ont marché dans un chemin de propre volonté, comme lui-même avait marché pendant longtemps.
D’autres, par contre, avaient suivi un tout autre chemin, dans lequel Dieu pouvait prendre plaisir. À travers Israël qui est, là, la bouche de Dieu, c’est Dieu Lui-même qui juge le passé des fils de Jacob et qui prophétise sur eux.
Dans les v. 1 à 7, Israël prophétise sur ses trois premiers fils : Ruben, Siméon et Lévi, stigmatisant la corruption et la violence naturelles, ayant, autrefois, motivé la destruction de presque toute l’humanité par le déluge. Dans ces prophéties, l’histoire d’Israël nous est présentée, en même temps que le Seigneur Lui-même.
En Juda (v. 8 à 12), la royauté du Seigneur Jésus est évoquée, dans son caractère de roi combattant pour purifier son royaume de ses ennemis. Il sera « loué » par ses frères (Israël qui autrefois l’a rejeté). Le Seigneur, d’abord souffrant, haï, mais ensuite, Roi établi et glorifié, est représenté par Joseph (v. 22 à 26). Enfin, Benjamin présente un troisième caractère du Seigneur, comme le roi triomphant de tous ses ennemis (v. 27).
Juda (louange : Gen. 29. 35), la tribu royale d’où sortira David, le roi selon le cœur de Dieu, évoque aussi le Seigneur Roi (Mat. 1. 2 à 6, Luc 3. 34), combattant pour l’établissement de son royaume ; Il sera loué de son peuple (ses frères, v. 8). Et, en même temps, ses ennemis ne pourront tenir devant Lui et « se prosterneront » (fin du v. 8). Son royaume glorieux ne sera pas transmis à d’autres ; Il est aussi le « législateur » (v. 10). C’est le Seigneur qui a donné la loi à son peuple, au Sinaï.
Il est également « souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec » il y a un changement de tribu : de Lévi, la sacrificature passe à Juda, d’où est issu le Seigneur (Héb. 7. 12 à 14) – une sacrificature qui ne se transmet pas. « Juda est un jeune lion. Tu es monté d’auprès de la proie, mon fils. Il se courbe, il se couche comme un lion, et comme une lionne ; qui le fera lever ? » (v. 9). Lorsque le Seigneur combattra pour établir son royaume, qui pourra Lui résister en face ? (Apoc. 14. 17 à 20) Il combattra avec « l’assurance » et avec la « force du lion » (Prov. 28. 1 ; Prov. 30. 30). En même temps, la prophétie similaire de Nomb. 23. 24, montre le triomphe du peuple de Dieu – dans l’avenir les ennemis d’Israël ne tiendront pas contre lui. Souvent, dans les Psaumes en particulier, le Seigneur s’identifie à son peuple, souffrant ou triomphant des ennemis.
Cette prophétie sur les fils de Jacob, trace l’histoire d’Israël : Ruben, Lévi et Siméon dévoilent la corruption future du peuple. Juda, la venue du Messie. Zabulon et Issacar, sa dispersion parmi les nations, la vie facile (v. 14 et 15) mais aussi le commerce, « la côte des navires » (v. 13). Dan préfigure la nation apostate d’où, peut-être, viendra l’antichrist. « J’ai attendu ton salut, ô Éternel » (v. 18). Ce cri de détresse et d’espérance, échappé du cœur de Jacob en prévoyant la détresse future de ses descendants, sera aussi l’espérance du résidu souffrant de la fin.
Avec Gad, Aser et Nephtali, il y a un retour du peuple (le résidu fidèle encore futur) : Gad, le peuple persécuté durant « la détresse de Jacob », se retournera et triomphera des ennemis. Et, avec Aser, durant le millénium, le peuple, restauré, jouira de l’abondance dans les bénédictions de Dieu (Lév. 26. 3 à 10).
En Nephthali, la « biche lâchée proférant de bonnes paroles », nous avons la liberté du peuple, auparavant dans la servitude, et louant son Dieu. Joseph évoque la gloire du millénium pour le peuple, ainsi que pour les nations, après les jugements (Benjamin). La venue de « Shilo » (v. 10), nous parle du Seigneur comme pacificateur : le prince de paix » (És. 9. 6 ; Héb. 7. 1 et 2), établissant la paix sur la terre ; non seulement entre les hommes, mais entre tous les êtres vivants (És. 11. 5 à 9). Le Seigneur réalisera ce qu’Adam, en Éden, n’avait pu faire. Les peuples, alors, se soumettront à Christ, certains « en dissimulant » (Deut. 33. 29 ; 2 Sam. 22. 45) : les rebelles seront détruits par le « feu du ciel » (Apoc. 20. 7 à 10).
Mais, dans le royaume, Israël portera, pour la première fois, le caractère du « cep excellent » (v. 11). Alors, le Seigneur, débonnaire, s’« attachera », dans la joie de son cœur aimant (v. 12), à son peuple, jouissant enfin d’une profonde communion avec lui (début du v. 11 ; Mat. 21. 5), après avoir détruit le peuple apostat, par un jugement définitif (fin du verset 11). Le « vrai cep », le cep excellent, désigne aussi le Seigneur (Jean 15). Le « fruit » (fin du v. 12), parle de nourriture spirituelle (1 Pier. 2. 2). Mais, souvenons-nous que la venue du Seigneur comme juge, fait partie de sa gloire (Act. 17. 31).
Zabulon et Issacar sont, ici, un type d’Israël dispersé dans les nations (la mer), dans lesquelles il est occupé à s’enrichir par le commerce. Issacar, comparé à un « âne ossu (gras) « couché entre deux parcs », « incline son épaule pour porter, et s’assujettit au tribut du serviteur », jouit ainsi de la prospérité matérielle et de la tranquillité ; mais il est esclave du monde. Tyr et Sidon étaient deux centres de prospérité commerciale. Toutefois, la tribu de Zabulon ne se situait pas sur le bord de la mer, mais sa frontière touchait à la tribu d’Aser où se situaient ces deux villes ; sans doute, ces deux tribus commerçaient ensemble et s’enrichissaient par le commerce maritime. Cependant, cette très grande prospérité matérielle devait être jugée par Dieu et détruite (És. 23. 2 et suivants). Cette surabondance, cette prospérité outrancière se retrouve déjà à notre époque, et s’amplifiera dans la « Babylone prophétique » d’Apocalypse 17 et 18 ; elle sera détruite soudainement (Apoc. 18. 2 à 19).
Cependant, ces tribus : Zabulon, Issacar et même Dan, par la suite, s’engageront de cœur pour aider le roi David, pourchassé par Saül (1 Chron. 12. 32 à 35) ; et Dieu se plaît à nous rappeler leur fidélité et leur attachement à David : ils « n’étaient point doubles de cœur » ; « ils savaient discerner les temps ». Que Dieu voie en nous l’attachement et la fidélité pour le Seigneur Jésus, encore rejeté de ce monde ! Mais aussi, gardons-nous de toute compromission qui se retournerait fatalement contre nous ; et soyons à l’écoute de frères ou de sœurs que le Seigneur aurait doués pour discerner ce que nous devons faire, dans les circonstances qui seraient embarrassantes pour nous.
Quant au repos, il est bon que nous en jouissions sans en abuser. À une certaine occasion, le Seigneur a dit à ses disciples qui avaient été actifs à son service : « Venez à l’écart… et reposez-vous un peu » (Marc 6. 31). Le monde offre des attraits séduisants qui peuvent accaparer notre temps, que nous ne pouvons plus, dès lors, consacrer au Seigneur. Nous sommes capables d’avoir « un pied dans le monde et un pied dans l’Assemblée ». Mais le Seigneur nous met en garde contre « le cœur double ».
Nul ne peut servir deux maîtres… » (Mat. 6. 24). Nos loisirs ne doivent pas escamoter notre disponibilité pour servir le Seigneur, dans les petits ou les grands services qu’Il place devant nous. La Parole nous dit « Vous avez été achetés à prix, ne devenez pas esclaves des hommes » (1 Cor. 7. 23). Souvenons-nous que Satan fait payer très cher ce qu’il semble donner. Nous vivons dans le monde et à son contact permanent ; mais nous devons rejeter tout compromis avec l’esprit du monde (2 Cor. 6. 14 à 18), car le Seigneur dit de nous, les croyants : « ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 14).
Ce que dit Israël au sujet de Dan, ce « serpent » cette « vipère » qui mord par derrière « les talons du cheval » (v. 17), semble désigner la tribu de Dan comme celle d’où devrait apparaître l’antichrist. Dans le ch. 18 des Juges, la tribu de Dan, se cherchant tardivement un héritage, trouve une idole et un sacrificateur idolâtre, et s’en empare de force. Après quoi : « … ils vinrent à Laïs, vers un peuple tranquille et confiant, et ils les frappèrent par le tranchant de l’épée, et brûlèrent au feu leur ville » (Jug. 18. 27). Plus tard, juste avant l’établissement du royaume du Seigneur, l’antichrist, « l’homme de péché », « l’inique » qui « s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (2 Thess. 2. 4).
« J’ai attendu ton salut, ô Éternel » (v. 18), sera le cri d’espérance du résidu souffrant d’Israël, de ceux qui sont scellés pour le salut (Apoc. 7. 9), mais persécutés sous la domination de l’antichrist.
Quant à nous, les chrétiens, nous sommes déjà « sauvés en espérance », mais nous attendons le salut de nos corps (1 Thess. 4. 13 à 18).
Dan porte le caractère perfide et dangereux d’une vipère (v. 17). Il le manifestera particulièrement en Juges 18. C’est la première tribu à avoir adopté l’idolâtrie, et c’est, probablement de Dan que, avant le millénium, l’antichrist surgira alors ; ce cri du cœur de Jacob (v. 18), reflétera la détresse du résidu fidèle juif dans les souffrances, durant « la grande tribulation » ; moment terrible pour le peuple de Dieu, où toute délivrance semblera impossible, jusqu’au moment où le Seigneur apparaîtra pour le délivrer.
Gad connaît le trouble qui découle du mauvais choix initial qu’il a fait, en s’établissant en deçà du Jourdain car là, il pouvait nourrir à l’aise ses nombreux troupeaux. De ce fait, il a été constamment la cible des ennemis, et a été le premier à partir en captivité. La connaissance de ces choses doit nous mettre en garde contre les mauvais choix que nous pouvons faire, si nous ne recherchons pas la pensée divine pour la direction de nos vies : il y aura toujours des conséquences difficiles se prolongeant toute notre existence. Le choix d’une solution mondaine à nos problèmes nous place en position de faiblesse, sur le terrain de l’ennemi.
Prophétiquement, Gad, Aser et Nephtali, représentent le peuple qui, après avoir connu les douleurs de la persécution, conséquences de sa désobéissance, connaîtra la joie de la délivrance par l’intervention du Seigneur, lorsqu’il comprendra que « Celui qu’ils ont percé », autrefois, était réellement leur Messie (Zach. 12). Gad, d’abord traqué et chassé, recevra de Dieu, la puissance de se retourner contre ses ennemis, et les pourchassera à son tour (il leur tombera sur les talons, v. 19). Aser représente le résidu fidèle de la fin, dans le cœur duquel Dieu écrira sa loi – et non plus sur des tables de pierre.
« D’Aser viendra le pain excellent, et lui, il fournira les délices royales » (v. 20). Dans le millénium, le peuple, mais aussi les nations, jouiront de l’abondance des bénédictions de Dieu. « Les délices royales » parlent de l’amour dans le cœur du peuple restauré, pour son Seigneur, réjouissant le Roi, durant son règne millénaire.
Quant à Nephtali, il est une figure du peuple de Dieu qui, de retour dans le pays de la promesse, après avoir vécu longtemps dispersé dans les nations étrangères, retrouve une entière liberté (« la biche lâchée »). La louange jaillit sans retenue de son cœur (v. 21), car il a retrouvé son pays, son Dieu et son Messie. « Il profère de belles paroles », montre la louange à la gloire de Dieu, dans la bouche d’Israël restauré, mais aussi « une épée à deux tranchants dans leur main, pour exécuter la vengeance contre les nations », à l’aube du règne du Seigneur (Ps. 149. 6 à 9) – puis, après la victoire définitive sur les ennemis, la louange sans retenue et universelle dans le millénium (Ps. 150).
Dans l’histoire d’Israël, Aser et Nephtali se sont manifestés d’heureuse façon. Débora la prophétesse (Jug. 4 et 5) appartenait à la tribu d’Aser ; elle a encouragé Barak qui était de Nephtali (v. 6). Les disciples du Seigneur étaient de Nephtali, sauf Judas, le traître (Mat. 4. 13 à 22) ; et c’est de Galilée que le Seigneur a commencé à prêcher et à manifester son amour.
Ces tribus en 1 Chroniques 12. 34 à 36, ont aidé David, type du Seigneur. Dans les Juges, ch. 5. 17, on retrouve ces tribus : les unes ont combattu, les autres non. Ce chapitre montre deux pôles de bénédictions : pour Juda et pour Joseph, tous deux types du Seigneur Roi. Éphésiens 2. 11 à 14, reprend ces mêmes caractères du v. 22 : la muraille de séparation du peuple juif et des nations, n’existe plus, car le sacrifice de Christ l’a détruite. La vie de Joseph haï de ses frères (ch. 37. 4), évoque celle du Seigneur. Mais l’amour de Joseph pour eux a travaillé dans leurs cœurs et les a restaurés.
Jacob évoque les souffrances de Joseph (v. 23), mais aussi, sa constance. De même, le Seigneur a été haï de son peuple qui L’a mis à mort, mais le Seigneur a tenu ferme, dans son œuvre. L’arc parle de combat : à la fin, le Seigneur combattra ses ennemis en triomphateur (Apoc. 19. 11 à 16 ; Ps. 37. 14 et 15). Les bénédictions du peuple, durant le règne de Christ, sont annoncées en Deutéronome 28. 1 à 14 ; car, alors, Dieu écrira sa loi sur leurs cœurs (Héb. 8. 10). Le peuple sera pleinement converti et obéira à son Dieu.
Joseph représente le berger d’Israël (v. 25), mais aussi, le bon berger qui « met sa vie pour les brebis », juives et celles de « l’autre bergerie » (Jean 10. 11 à 16), désignant les chrétiens.
Joseph ne se venge pas de ses ennemis, ni de ses frères qui lui ont fait beaucoup de mal ; il est une figure de Christ apportant la grâce dans ce monde ennemi. Par son sacrifice, Il nous a fait connaître Dieu comme notre Père. Il est le berger fidèle qui prend soin de son troupeau (És. 40. 10 et 11). Il s’opposera aussi aux mauvais bergers d’Israël qui ne prennent pas soin des brebis du Seigneur, mais se « paissent eux-mêmes », et « mangent les brebis grasses ». Lui, au contraire, prendra soin d’elles, comme un berger qui aime ses brebis (Éz. 34. 2 à 22).
En Zacharie 13. 7, le sacrifice du Seigneur est évoqué, et la dispersion des brebis juives, afin que les croyants des nations puissent bénéficier du salut. Joseph est également le type du Seigneur vu comme « la maîtresse pierre du coin » de l’assemblée d’Israël mais aussi de l’Assemblée chrétienne, vue comme étant la maison de Dieu (Mat. 21. 42), l’habitation de Dieu par l’Esprit : la pierre qui soutient tout l’édifice, « la pierre vivante » (1 Pier. 2. 1 à 4). Il prend aussi ce caractère redoutable de « pierre d’achoppement » et d’un « rocher de chute » pour les incrédules d’Israël et des nations. Mais pour les croyants, Il est cette « pierre choisie et précieuse aux yeux de Dieu ».
Le Seigneur est également la « pierre de faîte » sur laquelle on proclamera : « grâce, grâce sur elle » (Zach. 4. 7), lorsque l’Assemblée sera complète et enlevée au ciel. Le Seigneur se compare Lui-même, à un « Roc », sur lequel est fondée l’Assemblée (Mat. 16. 18). Il est le seul fondement sur lequel nous devons édifier de bons matériaux (1 Cor. 3. 11). C’est sur Lui que l’assemblée d’Israël sera fondée, lorsque le résidu juif fidèle Le recevra.
Dans le millénium, Israël sera l’objet des bénédictions que Dieu mettra dans la bouche de tous les êtres créés (v. 25 ; Phil. 2. 9 à 11 ; Apoc. 5. 13). Il viendra un moment où même les êtres infernaux reconnaîtront qu’Israël est l’objet de l’amour du Seigneur. Même les nations, autrefois ennemies, loueront Israël en relation avec son Dieu. Tous les bouts de la terre se souviendront, et ils se tourneront vers l’Éternel, et toutes les familles des nations se prosterneront devant toi » (Ps. 22. 27).
Jacob, dans ces moments-là, était la bouche de Dieu, car les bénédictions qu’il prononçait venaient d’en haut. Ces bénédictions, supérieures à celles d’Abraham et d’Isaac qui s’appliquaient à la sphère terrestre, se prolongent jusque dans l’éternité (« les collines éternelles » v. 26). Elles sont prononcées pour Israël d’abord, mais aussi pour les croyants de l’Église. Ces promesses de bénédictions éternelles, sont les résultats de l’œuvre de grâce du Seigneur Jésus, dont les effets se prolongent jusque dans l’état éternel.
Le sacrifice du Rédempteur ne se limite pas au salut des âmes, mais se projette aussi sur la création tout entière (Rom. 8. 18 à 23). Durant le règne de Christ, la terre elle-même, régénérée, connaîtra une paix générale et de riches bénédictions. Mais, après cette période de mille ans, la terre et le ciel actuels s’enfuiront devant le jugement de Dieu (Apoc. 20. 11), et seront remplacés par « un nouveau ciel et une nouvelle terre » (Apoc. 21. 1). Ce sera la nouvelle création, dont Christ ressuscité est les prémices.
Joseph qui a été « mis à part de ses frères » (v. 26 fin), nous rappelle que le Seigneur était le « nazaréen » par excellence. Israël s’adresse directement à Ruben, son premier-né, mais qui, par son péché, a perdu son droit d’aînesse ; à Juda, car de lui sortira le Seigneur, le Roi ; enfin, à Joseph, qui reçoit de riches bénédictions. Quant aux autres, il parle d’eux, sans s’adresser à eux directement.
Benjamin est l’ancêtre de la tribu d’Israël qui, en Juges 20, après un affreux péché, refuse de livrer les coupables à la justice de Dieu, et à la fin se fait massacrer par les autres tribus d’Israël. Mais Benjamin a surtout, là, une portée prophétique (v. 27) : il est un type du Seigneur qui, avant l’établissement de son règne, combattra et triomphera de ses ennemis (Act. 17. 31 ; Apoc. 19. 11 à 16) – et cela, en relation avec son œuvre à la croix (És. 53. 12).
Le v. 28 fait référence, par prophétie, aux futures tribus d’Israël. C’était la volonté divine d’avoir, sur la terre, un peuple de témoins de sa bonté, de sa miséricorde et de sa gloire. L’infidélité d’Israël ne Lui a pas permis de remplir sa mission. Mais, durant le règne de Christ, il y aura un résidu du peuple qui se répandra dans les nations, pour prêcher l’évangile du royaume. Israël est, ici, la bouche de Dieu pour bénir ses fils, chacun selon sa bénédiction.
Les commandements que Jacob donne à ses fils, dénotent sa foi en la résurrection, et sa fidélité. Il veut être enterré avec « ses pères » à Hébron, le lieu de la communion avec Dieu, dans la terre promise (v. 29 à 32) : Dieu avait déclaré à Abraham que ce peuple d’Israël serait asservi, durant quatre cents ans », dans un pays étranger ; mais qu’ensuite, Dieu le ferait retourner dans le pays promis (ch. 15. 13 à 16). Le « pays promis », pour nous, c’est le ciel. Sommes-nous attachés, de cœur, à la résurrection et à notre introduction dans les lieux célestes avec le Seigneur ? La résurrection a été rendue possible par l’œuvre du Seigneur sur la croix et par sa propre résurrection : Dieu a annulé la mort qui a été engloutie en victoire » (1 Cor. 15. 51 à 54).
Lorsque l’un de nos bien-aimés « s’endort » (Jean 11. 11 à 14), pensons, malgré le chagrin de la séparation, à son « réveil », la résurrection (1 Thess. 4. 16 et 17). Nous avons déjà, nous, les croyants, le principe même de la résurrection du Seigneur en nous, même si notre corps est encore mortel. Les croyants de l’Ancien Testament avaient déjà cette assurance de la résurrection, ils « l’ont vue de loin et saluée » (Héb. 11. 13), comme toutes les promesses de Dieu qui ne s’étaient pas encore réalisées. Chaque chrétien est un « membre » de l’Assemblée, à la fois corps de Christ et son épouse. Quant aux croyants de l’Ancien Testament, ils représentent « les amis de l’époux ».
Le Seigneur confirme la vérité de la résurrection en Luc 20. 37 et 38 : « Or, que les morts ressuscitent, Moïse même l’a montré, au titre : « du buisson », quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui, tous vivent ». Jacob voulait être enterré avec ses ancêtres, et avec Léa. Quant à Rachel, elle mourut avant d’arriver à Éphrath, qui est Bethléhem, la maison du pain. Rachel est sans doute une figure de la nation juive sous l’ancienne relation avec Dieu, où elle a montré son incrédulité : Rachel meurt avant d’avoir connu la maison du pain. Infidèle, Israël n’a jamais goûté la vraie nourriture spirituelle.
Le Seigneur dit, en Jean 6. 35 et 48 : « Moi, je suis le pain de vie » et : « Moi je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (v. 51). Israël ayant rejeté son Messie et l’ayant mis à mort, ne s’est jamais nourri du vrai pain du ciel : il est mort en chemin, sans avoir atteint le « lieu de la communion » : Rachel n’a pas été enterrée à Hébron. Seul, le résidu croyant de la fin croira en son Sauveur et Seigneur, mais dans une relation toute nouvelle avec son Dieu.
Ch. 50
Au chapitre 50, on assiste au chagrin profond de Joseph pour son père mort, mais avec lequel il avait toujours joui d’une profonde affection. Joseph a un cœur sensible, on le voit pleurer plusieurs fois. Ses frères, dont le cœur a été longtemps endurci, ne semblent pas pleurer à la mort de leur père. Le chrétien, malgré la promesse de la résurrection, n’est pas insensible à la séparation d’avec un bien-aimé : il pleure, bien que n’étant pas « affligé comme aussi les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Thess. 4. 13). Un croyant qui meurt, entre auprès de son Seigneur : c’est une précieuse consolation pour nous, malgré la peine ressentie : « Son esprit retourne à Dieu qui l’a donné » (Éccl. 12. 7).
Israël a été enterré comme l’étaient les personnages importants de l’Égypte ; d’une part, par référence avec Joseph, le second après le Pharaon, mais aussi, parce qu’il était « Israël » prince de Dieu (ch. 32. 28). Il a été embaumé selon la coutume des Égyptiens. On ne voit pas qu’Abraham ni Isaac aient été embaumés, car ils ne sont pas morts en Égypte (ch. 25 ; 35. 28 et 29). Dans les évangiles, les saintes femmes avaient voulu embaumer le corps du Seigneur Jésus, mais cela ne pouvait pas se faire : le Seigneur, Lui, ne pouvait rester dans la mort : le Saint de Dieu ne pouvait « voir la corruption ».
Pour Israël, il y a eu un deuil de sept jours : un deuil princier. Israël, à la fin de sa vie, pensait à la terre de Canaan que Dieu avait promise à Abraham, à Isaac et à lui-même. Il aurait pu avoir un ensevelissement grandiose en Égypte. Mais il ne recherche pas les honneurs des hommes, mais est attaché aux promesses de Dieu, et il pense à la résurrection. Ne recherchons pas les honneurs de ce monde, comme le font les hommes qui « habitent sur la terre » (Apoc. 13. 8). Mais, au contraire : « … frères, étudiez-vous… à affermir votre appel et votre élection, car en faisant ces choses vous ne faillirez jamais ; car ainsi l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée » (2 Pier. 1. 10 et 11).
Malgré sa haute position en Égypte, Joseph garde sa place devant le Pharaon qui est au-dessus de lui. C’est humblement qu’il présente sa demande d’ensevelir son père en Canaan ; et il ne demande pas directement lui-même, mais s’adresse « à la maison du Pharaon » (v. 4). Malgré sa propre importance – « on venait de toute la terre vers Joseph » – (ch. 41. 57), il a gardé une réelle crainte pour celui qui est au-dessus de lui.
Son père lui avait fait jurer de l’ensevelir en Canaan (ch. 47. 29 à 31), et il veut s’acquitter fidèlement de son serment. L’ensevelissement d’Israël a provoqué le déplacement d’un « très gros camp » (v. 9), jusqu’à « l’aire d’Atad qui est au-delà du Jourdain », où il y eut « de grandes et profondes lamentations ». Cependant, pour l’ensevelissement même, il semble que seule la famille était présente (v. 12 et 13). Les Égyptiens ne pouvaient comprendre l’importance de cet enterrement, qui devait avoir lieu uniquement en Canaan, la terre promise par Dieu aux patriarches.
Joseph avait promis au Pharaon de revenir (v. 5). Placé là par Dieu Lui-même, il a conscience que son service en Égypte n’est pas terminé, et il est un administrateur fidèle (1 Cor. 4. 2). Il est un type du Seigneur qui n’a pas quitté ce monde avant d’avoir terminé son œuvre. Toute la maison de son père, et la propre maison de Joseph montèrent en Canaan. « Seulement ils laissèrent leurs petits enfants, et leur menu et leur gros bétail dans le pays de Goshen » (v. 8). Sans doute était-ce une assurance donnée au Pharaon, que tous reviendraient. La délivrance de l’Égypte de ce peuple devenu esclave, bien plus tard, n’était pas réservée à Joseph, mais à Moïse qui ne devait, lui, ne laisser personne en Égypte. « Et Moïse dit : Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles, et avec notre menu bétail et avec notre gros bétail » (Ex. 10. 9).
De retour en Égypte, les frères de Joseph prennent peur : leur père mort, Joseph ne va-t-il pas se venger d’eux, pour tout le mal qu’ils lui ont fait autrefois ? Ils inventent un mensonge pour inciter Joseph à leur pardonner leur ancienne méchanceté (v. 15 à 17). Jacob n’avait jamais demandé de dire cela à Joseph ! Mais ses frères n’ont pas compris que Joseph leur a pardonné depuis longtemps. Ce n’est qu’en voyant Joseph pleurer devant leur incrédulité, qu’ils comprennent, enfin, toute l’affection que Joseph leur porte, à eux et à leurs petits enfants (v. 19 à 21). « Il les consola et parla à leur cœur ». Cette scène représente Israël qui a crucifié son Messie, autrefois. Mais, l’Éternel « reviendra à Jérusalem », et l’entourera d’« une muraille de feu, la protégeant en amour » (Zach. 1. 16 ; 2. 4 et 5), lorsque ce peuple se repentira, dans la crainte de son Dieu (Zach. 12. 10 à 14).
Les frères de Joseph n’ont pas compris qu’il leur a pardonné depuis longtemps. Joseph est un type du Seigneur qui pardonne pour toujours ; nous nous ne devons jamais douter de son pardon irrévocable, quant à tous les péchés que nous avons commis ou que nous commettrons encore : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités ». C’est un affront, pour le Seigneur, que de douter de Lui : « Le sang de Jésus Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7).
Lorsque nous sommes sauvés, si nous péchons, il s’agit de confesser notre péché, non pour être pardonnés (car nous le sommes déjà), mais pour rétablir la communion avec Dieu, en reconnaissant que nous avons péché. Notre relation filiale n’est jamais interrompue avec notre Père céleste : « Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).
Après la mort de leur père, des difficultés surgissent entre Joseph et ses frères : leur manque de foi provoque la crainte que celui-ci ne se venge du mal qu’ils lui ont fait dans le passé. Le manque de foi peut détruire la paix entre les frères. Les frères de Joseph vont jusqu’à inventer un mensonge, mettant, dans la bouche de Jacob, des paroles qu’il n’avait jamais dites. Colossiens 3. 9 nous exhorte : « Ne mentez point l’un à l’autre ». Et « parlez la vérité chacun à son prochain » (Zach. 8. 16). Satan, le « père du mensonge », nous pousse à le suivre, en mentant.
Joseph discerne leur mensonge, leurs craintes, et comprend l’absence de confiance de ses frères ; son cœur sensible se brise, et il pleure pour la huitième et dernière fois. Il pleure, aussi, par respect envers leur père mort, dont ils se servent sans scrupules pour mentir ! Soyons soigneux, en rapportant les paroles d’un défunt. Joseph va les rassurer par une parole douce, et ses larmes touchent enfin leurs cœurs : ils s’approchent de lui et se jettent à ses pieds avec émotion (v. 18). Puis : « il les consola et parla à leur cœur » (v. 21).
Il leur rappelle les paroles qu’il leur avait dites, déjà au ch. 45. 5. Faisons un effort pour voir les choses comme Dieu les voit, et pas seulement comme nous, nous les ressentons. Cela nous donnera une vue juste des choses. Comme les frères de Joseph, en nous souvenant d’où notre Sauveur nous a tirés, soyons prêts à lui dire : « nous voici, nous sommes tes serviteurs ».
Ce que ses frères avaient pensé en mal contre lui, Dieu l’avait pensé en bien pour eux (v. 20), bien que leur responsabilité demeure entière. Quoi que Dieu fasse, dans notre vie, c’est toujours pour nous « faire du bien à la fin ». Dieu a toujours « une pensée de paix » à notre égard, pour nous « donner un avenir et une espérance » (Jér. 29. 11). Joseph, comme le Seigneur pour ses brebis qu’Il attire au désert, parle à leur cœur (Os. 2. 14), et les apaise. Dans les difficultés entre frères, une parole douce apaise les querelles (Jug. 8. 1 à 3), tandis qu’une parole dure provoque la guerre entre eux (Jug. 12. 1 à 6). « Le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix » (Gal. 5. 22). Évitons les contestations (Mat. 5. 9 ; 2 Tim. 2. 24). Dans son grand âge, Joseph, le second après le Pharaon, jouit d’une paisible vie familiale avec ses petits-enfants, jusqu’à la troisième génération (v. 23). Que le Seigneur nous accorde une vie de famille paisible et heureuse !
Si Jacob avait donné beaucoup de précisions quant à sa sépulture (ch. 49. 29 à 32), Joseph demande simplement à être enterré en Canaan. Fil d’or de la foi, les patriarches ont été enterrés à Hébron ; Joseph à Sichem, qui devint l’héritage de ses descendants (Jos. 24. 32). Mais tous, en Canaan, espéraient en la résurrection. Aussi, Moïse emportera les os de Joseph à la sortie d’Égypte.
La Genèse contient les germes des principes des relations de Dieu avec les hommes. Ce livre commence sur une scène de vie, lorsque Dieu donne la vie sur la terre ; il se termine sur une scène de mort, avec la mort des patriarches. Mais, là où l’homme a introduit le péché, donc la mort, Dieu, Lui, a introduit la grâce avec l’espérance de la résurrection. La Bible se termine par la grâce « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints » (Apoc. 22. 21)
Que de leçons nous pouvons tirer du livre de Josué ! Au terme de trente-huit années passées dans un « désert grand et terrible, désert de serpents brûlants et de scorpions, une terre aride où il n’y a point d’eau », les fils d’Israël sont arrivés aux frontières du pays promis. Marie puis Aaron moururent, ensuite Moïse. Avant de quitter le peuple pour être recueilli auprès de son Dieu, Moïse donna des ordres à Josué pour introduire les fils d’Israël dans leur héritage. En Horeb, l’Éternel a fait sortir pour eux « de l’eau du roc dur » ; il leur a fait manger, comme il est écrit, « la manne que tes pères n’ont pas connue », « afin de t’humilier et afin de t’éprouver, pour te faire du bien à la fin ». Il ne fallait pas qu’aucun d’eux puisse dire : « Ma puissance et la force de ma main m’ont acquis ces richesses ». Ils ne devraient pas s’élever dans leurs cœurs, pour oublier l’Éternel, qui les avait fait « sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude ». « … Mais tu te souviendras de l’Éternel, ton Dieu, que c’est lui qui te donne de la force pour acquérir ces richesses, afin de ratifier son alliance, qu’il a jurée à tes pères, comme il paraît aujourd’hui » (lire : Deut. 8. 7 à 20).
L’arche de l’alliance, type incontestable de notre Seigneur, témoignage de la présence de l’Éternel au milieu de son peuple, leur ouvrit un passage au travers des eaux du Jourdain, et les accompagna pour la prise de Jéricho. Elle fut avec ce peuple jusqu’aux jours d’Éli, quand Samuel était encore jeune. En ce temps-là, elle fut prise par les Philistins et sept mois après, restituée (lire : 1 Sam. ch. 4, 5 et 6). Elle sera amenée définitivement à Jérusalem par le roi David. La dernière mention de l’arche est au cours du règne de Josias, un roi pieux (2 Chron. 35. 3).
Josué avait quarante ans lorsqu’il quitta l’Égypte. Avec Caleb, ils furent les seuls de cette génération à entrer dans le pays en vertu de leur foi, de leur fidélité et de la miséricorde de Dieu. Les autres périrent dans le désert « à cause de leur incrédulité » (Héb. 3. 11). À quatre-vingts ans, Josué reçoit la charge de conduire le peuple pour la conquête du pays. Il est recueilli, trente ans plus tard, à cent-dix ans.
« Et Josué était vieux, avancé en âge, et l’Éternel lui dit : Tu es devenu vieux, tu avances en âge, et il reste un très-grand pays à posséder » (Jos. 13. 1). « Vos frontières seront depuis le désert et ce Liban jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens, et jusqu’à la grande mer, vers le soleil couchant » (Jos. 1. 4). Pour bien se représenter les limites, nous avons : le désert d’Arabie au sud, et au nord, une montagne « ce Liban » ; à l’est, le grand fleuve Euphrate et à l’ouest, au soleil couchant, la grande mer, la mer Méditerranée. Pour nous chrétiens, notre pays est « en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Col. 3. 1). Nous aussi, nous avons des frontières, et selon J.K. « ce sont celles du monde tel qu’il se présente pour nous : aride, sans fruit pour Dieu (le désert) – plein d’orgueil et de vanité (la montagne) – prospère et affairé (le fleuve) – impétueux, sans cesse agité (la mer – Jude 13 ; És. 57. 20). Gardons-nous, chers enfants de Dieu, de franchir ces frontières.
Beaucoup l’ont fait par entraînement ou simple curiosité, et la plupart n’en sont jamais revenus. Par contre, il reste à l’intérieur des limites « un très grand pays à posséder ». Les trésors inépuisables de la Parole, les richesses insondables de Christ attendent que nous nous en emparions, « afin que – selon la prière de l’apôtre – nous soyons capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur… et de connaître l’amour du Christ… » (Éph. 3. 18 et 19). Chrétiens, voilà les dimensions infinies de notre héritage en Lui !
Les fils de Ruben, de Gad et la demi-tribu de Manassé ont reçu leur part d’héritage avant tous leurs frères. Cette part, ils l’ont eux-mêmes choisie, sans attendre que Dieu la leur attribue (Nomb. 32). Leçon importante pour chacun de nous ! Que de fois, comme eux, nous n’avons pas su attendre. Nous nous sommes laissés conduire par les circonstances. Pour eux, la région de Basan et de Galaad convenait à l’élevage et ces tribus avaient des troupeaux. Nous avons choisi la solution la plus facile ou bien, par prudence, la première qui se présentait, alors qu’avec un peu de patience nous aurions obtenu une part meilleure : celle que Dieu avait préparée pour nous. Ces tribus nous apprennent encore une autre leçon : En choisissant les premiers ce qui leur paraissait le meilleur (comme Lot avec Abraham – Gen. 13), les Rubénites et les Gadites montrent leur égoïsme vis-à-vis de leurs frères : Moi d’abord ! … Mais ce choix est loin d’être le meilleur comme ils l’avaient pensé. Les premiers deviendront les derniers. Ainsi, le meilleur c’est toujours ce que Dieu nous donne, même s’il nous faut l’attendre un peu » (J.K.).
Caleb a droit à son héritage : « cette montagne dont l’Éternel a parlé » (Jos. 14. 12). Il avait fait front avec Josué, face aux dix autres espions, pour plaider, afin que le peuple prenne, sans tarder, possession du pays. Quarante ans plus tard, il peut dire avec reconnaissance : « Je suis encore aujourd’hui fort comme le jour où Moïse m’envoya ; telle que ma force était alors, telle ma force est maintenant, … pour sortir et entrer » (v. 11). « Ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force ; … ils marcheront et ne se lasseront pas » (És. 40. 31).
Josué, son service terminé, et le jour de sa mort approchant, « appela tout Israël, ses anciens, et ses chefs, et ses juges, et ses magistrats, et leur dit : Je suis vieux, je suis avancé en âge ; et vous avez vu tout ce que l’Éternel, votre Dieu, a fait… ; car l’Éternel, votre Dieu, est celui qui a combattu pour vous. Voyez, je vous ai distribué par le sort, en héritage, selon vos tribus… » (Jos. 23. 1 à 4). Il donne des avertissements au peuple, les plaçant devant leurs responsabilités. Avec la force que Dieu lui a fournie, il a fait sa part, lui et sa maison ont choisi de servir l’Éternel. Il dresse « une grande pierre », elle sera un témoin pour les fils d’Israël, qui se sont engagés à suivre l’Éternel. L’apôtre Paul, avant de quitter les anciens d’Éphèse, leur dira : « Je n’ai mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu », … je vous « recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés » (Act. 20). Ils ont l’un et l’autre « combattu le bon combat » (2 Tim. 4. 7).