MESSAGE À UNE JEUNE SŒUR

Chère jeune sœur en Christ,

Les articles ci-joints ont été écrits il y a déjà plusieurs années, par des frères fidèles qui avaient à cœur la gloire du Seigneur dans l’Assemblée, ainsi que le bien des saints, et des sœurs tout particulièrement.

L’autorité morale de ces frères les autorisait à adresser de telles paroles aux sœurs. Il n’y a peut-être plus aujourd’hui dans les assemblées de frères ayant cette autorité morale nécessaire pour présenter de telles pensées.

Nous avons, hélas, beaucoup baissé spirituellement, et nous nous sommes conformés au monde bien davantage que ceux qui nous ont précédés. C’est très humiliant pour nous tous et particulièrement pour les frères qui sont responsables de leur maison devant le Seigneur (voir 1 Tim. 3. 5).

Mais ce qui demeure, dans une actualité permanente, c’est la Parole, par laquelle notre Dieu et le Seigneur Jésus s’adressent à nous pour nous rappeler encore et toujours quelle doit être notre conduite, à nous chrétiens sur la terre, dans l’attente de la venue du Seigneur. La Parole nous enseigne « comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim.3. 16).

Elle nous avertit aussi quant à notre conduite dans ce monde où nous devrions être « la lettre de Christ… écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes », comme aussi « des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération dévoyée et pervertie, parmi laquelle vous brillez comme des luminaires dans le monde » (2 Cor. 3. 2 et 3 ; Phil. 2. 15).

Ces préceptes nous sont ainsi rappelés pour que nous vivions ici-bas une vie de piété, dans la crainte (ou : saint respect) et la confiance en Dieu, mais aussi dans l’obéissance, non pas légale, mais du cœur, pour le Seigneur (voir Rom.6. 17).

Le Seigneur veut que nous ayons avec Lui des relations personnelles, intérieures, qui manifestent des fruits extérieurs, au-dehors, pour sa gloire. Chère jeune sœur, que le Seigneur te donne, comme à chacun de ses enfants, le désir de vivre près de Lui, d’une vie de piété qui l’honorera et qui se verra ici-bas dans ta marche, ton attitude, ta tenue, en tout temps et en tout lieu.

Pourquoi faire ces choses qui nous sont rappelées par nos frères pieux d’autrefois ? On peut toujours discuter, raisonner, voire contester – nous savons, hélas ! si bien le faire ; mais ce qui nous est demandé, ce que Dieu attend de tous les siens, c’est simplement d’obéir à la Parole. Nous disons que nous aimons le Seigneur : montrons-le en étant soumis aux commandements qu’Il nous a donnés (voir Jean 14. 15 et 21).

Dieu Lui-même s’adresse à nous, hommes et femmes (Deut. 22. 5). Le Seigneur sollicite nos affections pour Lui (Jean 14. 23). Les apôtres nous enseignent selon ce que l’Esprit du Seigneur leur a communiqué, pour que nous mettions en pratique ce qu’ils nous apprennent, afin que nous vivions et nous conduisions de façon à plaire au Seigneur à tous égards (Col. 1. 10).

Avons-nous tous cela à cœur : plaire à Celui qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour nous ? Nous voudrions peut-être le faire en réalisant de grandes choses pour Lui, mais nous pouvons déjà le faire tout simplement dans de petites choses (voir Luc 16. 10 ; Zach. 4. 10). Même celles-là pourront parfois nous coûter.

Demandons-nous si cela n’en vaut pas la peine, car si nous pouvons réjouir le cœur de notre Seigneur par nos actes, nos paroles, et même notre apparence extérieure, nous pouvons aussi l’attrister par ces choses.

Chère jeune sœur, les apôtres parlent aussi d’une manière particulière aux femmes croyantes, dans des passages tels que 1 Corinthiens 11. 6 et 7, 13 à 15 ; 1 Tim. 2. 9 et 10 ; 1 Pier. 3. 1 à 4… Ces enseignements adressés spécialement aux sœurs sont clairs et faciles à comprendre ; puisses-tu désirer y appliquer ton cœur pour les réaliser en un réel témoignage pour Lui. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17).

Pour qui faire ces choses ? Pour tes parents qui peut-être te le demandent ; pour les frères qui, dans les réunions d’édification, rappellent parfois ces passages et leur importance ? Oui, certainement, car nous avons à obéir à nos parents (Éph. 6. 1 ; Col. 3. 20), à être « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éph.5. 21), et aussi soumis aux frères conducteurs qui nous ont enseigné ces choses (Héb. 13. 17 ; 1 Pier. 5. 5). Mais avant tout et plus que tout, ne serait-ce pas pour le Seigneur Lui-même ? Ce qui peut nous motiver dans tout ce que nous faisons, n’est-ce pas le désir de Lui être agréable, plutôt qu’aux hommes ? (voir 1 Thess. 2. 4) « Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage » (Col. 3. 23).

Ce sont nos affections pour Lui qui doivent être engagées pour mettre en pratique les choses qui nous sont enseignées par la Parole de Dieu. Si nous réalisons un peu combien le Seigneur Jésus nous a aimés, nous désirons Lui montrer que nous l’aimons en retour. De quelle manière ? En obéissant à ses commandements, comme nous l’avons déjà mentionné. L’obéissance est la première manifestation pratique de l’amour.

Ce n’est certainement pas toujours facile (2 Tim. 3. 12) ; il y a de l’opprobre, peut-être de la moquerie, pour ceux et celles qui désirent honorer le Seigneur par leur fidélité à sa Parole. Chère jeune sœur, que ton Seigneur te donne, comme à Moïse autrefois, d’estimer « l’opprobre du Christ » comme « un… grand trésor » (Héb. 11. 26), et de réaliser que les moqueries sont l’épreuve d’une foi qui honore le Seigneur (Héb. 11. 36).

Mais, encore au-dessus de cela, il y a pour toi cette part précieuse d’avoir la certitude d’être agréable au Seigneur et de Lui faire plaisir – et l’apôtre ajoute : « à tous égards » (Col. 1. 9 et 10).

Réfléchis à cette parole de l’Éternel qui certainement s’adresse à toi qui désire l’honorer : « Ceux qui m’honorent, je les honorerai, et ceux qui me méprisent seront en petite estime » (1 Sam. 2. 30).

À toi, chère jeune sœur, de peser ces choses devant le Seigneur, et de Lui demander de te donner la force de réaliser ce témoignage à sa gloire, si ton amour pour Lui t’y conduit. Son soutien et sa bénédiction te sont assurés dans le chemin d’obéissance qu’Il place devant toi.

Avec toute mon affection fraternelle en Lui,

Ph. F.

Voir « Courtes exhortations aux jeunes sœurs » – A. Guignard.

« Importance et signification profonde de la tenue des sœurs » – C. Pfister.

TENUE DES SŒURS EN CHRIST

Le Seigneur nous aime. Il a tant fait pour nous. Il a donné sa vie sur la croix pour nous sauver de la perdition éternelle.

Après nous avoir sauvés il nous laisse un certain temps sur la terre. Pourquoi ?

– Pour que nous puissions lui montrer notre reconnaissance en l’adorant et en étant un témoignage pour Lui.

– Comment être un témoignage pour Lui ? Par ce que nous faisons, par ce que nous disons, par notre attitude et notre aspect extérieur.

C’est sur ce dernier sujet que j’ai à cœur de vous écrire quelques lignes.

En fait c’est la première possibilité d’être un témoignage-sans parler, sans dire quoi que ce soit.

Toute personne qui nous voit, même sans nous connaître, a par notre tenue une impression positive ou négative.

Ce qui est important pour nous, c’est que l’expression de notre visage, nos habits et notre coiffure reflète que nous sommes chrétiennes.

Tu peux penser : « J’appartiens au Seigneur, le reste n’a pas beaucoup d’importance ». Oui, le Seigneur se réjouit de voir que tu lui appartiens mais ton prochain (toutes les personnes autour de toi) ne peuvent pas lire dans ton cœur ; ils doivent donc voir que tu es chrétienne. Tu peux répondre : Ils le voient par ce que je fais et ce que je dis.

– Oui, c‘est très important mais pense à ceux que tu rencontres et avec qui tu n’as jamais parlé (un grand nombre de personnes). L’impression que tu donnes par ta tenue doit refléter ce qu’il y a à l’intérieur de toi.

– Quel enseignement nous donne la Parole de Dieu ?

1 Timothée 2. 9 : « Que les femmes se parent d’une tenue convenable, avec pudeur et modestie ».

La décence et la pudeur sont des sentiments que Dieu a donnés après la chute, une conséquence de la désobéissance. Adam et Ève se sont faits des ceintures (le minimum) mais Dieu leur a fait un vêtement qui, par définition, cache beaucoup mieux le corps.

Que fait Satan caché derrière la mode ? Il entraîne l’homme à découvrir de plus en plus son corps et à mépriser les instructions que Dieu a données.

En particulier, les femmes sont encouragées à montrer leurs jambes, leur poitrine et leurs formes féminines. C’est une astuce de Satan pour faire naître la convoitise chez les hommes et les entraîner à pécher dans leur cœur. « Mais moi, je vous dis : quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » (Mat. 5. 28).

Si le méchant n’arrive pas à convaincre les chrétiennes à porter des mini-jupes et des décolletés, il nous proposera des vêtements très moulants qui révèlent toutes les formes, par exemple : leggings, pantalons étroits et t-shirt serrés. Le danger est le même !

Dieu a créé l’homme et la femme égaux mais différents dans leur rôle et leur apparence extérieure.

Là aussi notre ennemi s’acharne à renverser ces principes que le Créateur a donnés. Spécialement dans les soixante dernières années il est très effectif. Le mouvement pour l’émancipation des femmes a introduit avec force l’abandon de la morale chrétienne spécialement par rapport à la sexualité, le renversement du rôle spécifique des femmes et introduit le vêtement unisexe. Ce qui aboutit de nos jours à l’acceptation même de l’homosexualité. 80 % des créateurs de mode sont homosexuels. Cela nous révèle l’esprit qui les conduits dans leurs créations.

Que faire en tant que chrétienne ?

Nager contre le courant. Notre but est-il qu’on nous reconnaisse comme chrétienne ou comme une femme à la mode ?

Il existe un cantique pour les enfants qui dit : « Il n’y a que les poissons morts qui suivent le courant ». Voulons nous montrer que nous avons la vie de Christ ?

Pour finir je souhaite mettre deux versets devant vous.

– Au sujet de la chevelure : « Si donc la femme n’est pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux. Mais s’il est honteux pour une femme d’avoir la chevelure coupée ou rasée, qu’elle soit couverte ». « Mais si quelqu’un paraît vouloir contester, nous n’avons pas, nous, une telle coutume, ni les assemblées de Dieu » (1 Cor. 11. 6 et 16).

– Au sujet du maquillage utilisé par cette très méchante femme dans le but de faire pécher : « Et Jéhu vint à Jizreël ; et Jézabel l’ayant apprit, elle mit du fard à ses yeux, orna sa tête et regarda par la fenêtre » (2 Rois 9. 30).

Philippiens 4. 4 nous dit « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ».

Que notre visage reflète cette joie qui vient de Lui.

Que le Seigneur vous donne de la sagesse et vous bénisse abondamment !

Bien affectueusement. M.L.

LES ACTES DES APÔTRES

« … au jour où [Jésus] fut enlevé au ciel, après avoir donné, par l’Esprit Saint, des ordres aux apôtres qu’il avait choisis ; à qui aussi, après avoir souffert, il se présenta lui-même, vivant, avec beaucoup de preuves certaines : pendant quarante jours, il se montra à eux et leur parla de ce qui concerne le royaume de Dieu » Actes 1. 2 et 3.

L’évangéliste Luc rapporte dans son évangile les détails de la vie et de la mort de Jésus, jusqu’à son ascension au ciel. Quiconque lit cet évangile ne peut qu’être impressionné par la façon dont Jésus était conduit par le Saint Esprit dans toutes les situations de la vie. Même la grande mission était donnée aux apôtres « par l’Esprit Saint » : ils devaient prêcher la repentance et le pardon des péchés à toutes les nations, au nom de Jésus (Luc 24. 47).

Le second récit biblique écrit par Luc, c’est « les Actes des apôtres ». Ce livre commence avec les moments que le Seigneur ressuscité a passé avec ses disciples, puis son élévation au ciel. Ici, Luc pense aux rencontres de Jésus avec ses disciples – aux nombreux témoins qui ont vu le Seigneur ressuscité. Parmi les nombreuses « preuves certaines », il y a le fait qu’Il ne leur est pas apparu comme un esprit, mais dans un corps de résurrection, avec les marques visibles des clous de la crucifixion. Il a même mangé avec eux (voir 1 Cor. 15. 4 à 8 ; Luc 24. 38 à 43).

De plus, Jésus a parlé à ses disciples du « royaume de Dieu » pendant les quarante jours entre sa résurrection et son ascension. Il leur a expliqué que le royaume de Dieu sur la terre est partout où le gouvernement de Dieu est reconnu et où Jésus Christ est appelé « Seigneur ». Ils ont entendu que ce royaume sera un jour établi en puissance et en gloire visibles lorsque Jésus apparaîtra sur la terre. Jusque-là, le royaume de Dieu est manifesté par ses caractères de « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14. 17).

D’après « The Good Seed » mai 2024

PENSÉES SUR JEAN 16

Ce qui allait arriver aux disciples après le départ de Jésus

« Je vous ai dit cela afin que vous ne soyez pas scandalisés. Ils vous excluront des synagogues ; l’heure vient même où quiconque vous tuera pensera accomplir un service envers Dieu. Ils agiront ainsi parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. Mais je vous ai dit cela afin que, quand l’heure en sera venue, vous vous souveniez que c’est moi qui vous l’ai dit ; et je ne vous ai pas dit cela dès le commencement parce que j’étais avec vous » Jean 16. 1 à 4.

Jésus Christ est le Fils éternel de Dieu. Il est venu du ciel sur la terre pour apporter le salut à l’humanité. Les prophètes de l’Ancien Testament avaient déjà annoncé sa venue – la venue du Messie qui libérerait son peuple et établirait son royaume de paix. Les disciples de Jésus l’avaient accompagné pendant un peu plus de trois ans. Ils étaient convaincus que : Jésus de Nazareth est le Messie, le Fils de Dieu.

Mais maintenant, Jésus fait une déclaration bien inattendue à ses disciples : Il va mourir et ressusciter, puis retourner vers Dieu son Père, au ciel. Eux, par contre, allaient rester sur la terre et seraient même persécutés à cause de leur foi. Jésus prépare ses disciples à cela avec douceur, afin qu’ils ne soient pas troublés et que leur foi ne défaille pas (chapitres 13 à 17). Il continuera à prendre soin d’eux d’une manière merveilleuse.

Les chefs religieux des Juifs allaient exclure les disciples des synagogues. Extérieurement, ils croyaient au seul vrai Dieu, mais ils rejetaient le Fils de Dieu et persécutaient ses disciples. En agissant ainsi, ils prouvaient qu’ils ne connaissaient pas vraiment le Dieu véritable, qui est lumière et amour. Les persécutions religieuses et la foi dans le vrai Dieu s’excluent mutuellement. Car, en Jésus, « la grâce qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2. 11).

Départ de Jésus et venue du Saint Esprit

« Maintenant je m’en vais à celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ? Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse a rempli votre cœur. Toutefois, je vous dis la vérité : Il vous est avantageux que moi je m’en aille ; car si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai » Jean 16. 5 à 7.

Jésus, le Fils de Dieu, allait retourner à son Père céleste. Lorsqu’Il était sur la terre, Il avait manifesté qui était Dieu et ce qu’étaient sa sainteté et son amour. Et maintenant, le fait majeur était imminent : sa mort, par son sacrifice sur la croix. Lui, le Saint et le Juste, devait souffrir et mourir pour nous, injustes, afin de nous amener à Dieu (1 Pier. 3. 18).

Durant la période précédente, cela avait été une grande bénédiction pour les disciples, de pouvoir constamment accompagner leur Seigneur : ils avaient vu ses œuvres accomplies en puissance, avaient entendu ses paroles pleines d’amour, avaient contemplé sa majesté et avaient fait l’expérience de ses soins. Ne serait-ce pas une perte irremplaçable pour eux, si tout cela devait cesser ?

Mais le gain surpasserait la perte. Jésus allait les quitter, mais Il ne les laisserait pas seuls. Dieu le Saint Esprit allait venir sur la terre comme une Personne qui demeurerait dans les croyants. Il prendrait leur cause en mains en tant qu’Avocat sur la terre. Et Il les lierait indissolublement au Christ ressuscité, leur Avocat auprès du Père, dans le ciel. Et cela serait une grande bénédiction pour eux !

Ne sommes-nous pas quelquefois comme les disciples : nos pensées sont complètement absorbées par quelque perte, et nous oublions que Dieu veut nous bénir pourtant à la fin par le moyen de ces choses elles-mêmes ?

BÉNÉDICTION DES FILS DE JACOB (Gen. 49) ET DES FILS D’ISRAËL (Deut. 33)

Jacob eut douze fils et une fille. Léa eut six fils : Ruben (voyez, un fils !), Siméon (entendu), Lévi (attachement, ou joint), Juda (louange), Issacar (il y a salaire), Zabulon (habitation) et Dina (justice).

La servante de Léa nommée Zilpa fut donnée à Jacob pour femme et enfanta deux fils : Gad (la bonne fortune, ou une troupe) et Aser (heureux).

La servante de Rachel nommée Bilha lui fut donnée pour femme et lui enfanta également deux fils : Dan (juge) et Nephtali (ma lutte).

Rachel enfin, la femme qu’aimait Jacob, eut deux fils : Joseph (qu’il ajoute) et Benjamin (fils de ma droite), seul fils de Jacob né dans le pays de la promesse.

Tout ceci est relaté dans les chapitres 29, 30 et 35 de la Genèse. Le fait que Jacob eut quatre femmes n’était pas dans la pensée divine, même si Léa lui fut imposée en premier, par la tromperie de son beau-père.

Dieu n’avait-il pas dit : « l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair » ? (Gen. 2. 24)

Les tristes tensions qui résulteront de cette polygamie en seront, hélas, les fruits amers que Jacob récoltera tout au long de sa vie mouvementée.

Survolons ainsi la vie de Jacob pour arriver au chapitre 49 de la Genèse. Dieu a accompli, à n’en pas douter, un profond travail en Jacob et celui-ci, à la fin de sa vie, est caractérisé par une grandeur et une dignité morales sans précédent. Il a été dit que ce chapitre « est une splendide journée de soleil après une vie tourmentée ».

Le patriarche réunit ses fils et leur demande de l’écouter, lui Jacob, lui Israël. Jacob est conscient de son état antérieur : le trompeur, le supplanteur.

Mais la grâce de Dieu est là et il est aussi Israël, le vainqueur (ou prince) de Dieu, celui qui a prévalu à Péniel (lire Genèse 32. 24 à 32).

(Pour un meilleur intérêt du sujet, nous ferons systématiquement la comparaison entre le chapitre 49 de la Genèse et le chapitre 33 du Deutéronome.

Il faut noter cependant la différence fondamentale entre ces deux chapitres : dans le premier Jacob parle à ses fils, dans le second Moïse bénit les fils d’Israël, c’est à dire les tribus d’Israël – les deux chapitres ayant un caractère prophétique).

Ruben

Le premier né de Jacob est caractérisé par la corruption car il a profané la couche de son père (cf. ch. 35. 22 et 1 Chron. 5. 1). C’était déjà un des caractères du monde antédiluvien ! Genèse 6. 11 nous dit que la terre était corrompue devant Dieu, et que la terre était pleine de violence.

Hélas, Ruben n’a pas changé et Moïse doit dire de ses descendants : « Que Ruben vive et ne meure pas, et que ses hommes soient en petit nombre ! » Si l’on compare les deux dénombrements du livre des Nombres (ch. 1. 21 et ch. 26. 7), on constate que le nombre des Rubénites a diminué de deux mille sept cent soixante dix personnes.

Par ailleurs, quoique Ruben, Gad et la demi tribu de Manassé soient allés avec leurs frères à la conquête de la terre promise, ils s’installèrent en dehors de la terre de Canaan (Gen. 32) !

Il n’y eut donc pas de changement entre l’état de ce fils aîné de Jacob et l’état manifesté par cette tribu.

Siméon

La violence caractérise le deuxième fils de Jacob. Au chapitre 34, avec son frère Lévi, il va frapper impitoyablement tous les mâles des Héviens, ainsi que Sichem qui avait déshonoré leur sœur Dina. Cette réaction charnelle ne respire que violence et trahison. Le gouvernement de Dieu va donc s’exercer sur lui et sur son frère : « Je les diviserai en Jacob, et les disperserai en Israël ».

On ne trouve pas de bénédiction pour Siméon en Deutéronome 33, car on ne le trouve pas aux côtés des fils de Lévi en Exode 32. 26 ! Seuls, les Lévites ont répondu à l’appel de Moïse à se séparer du désordre du camp.

Lévi

Uni à son frère dans la violence, Lévi est tombé sous le gouvernement de Dieu.

Cependant, comme il est rafraîchissant de lire la bénédiction de Moïse sur Lévi en Deutéronome 33. La grâce de Dieu a opéré en lui à l’appel de Moïse après l’idolâtrie du peuple : « À moi quiconque est pour l’Éternel ! »

La Parole de Dieu rapporte alors que tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui et frappèrent leur frère, leur compagnon ou leur intime ami (Ex. 32).

Cet attachement à Dieu a produit en eux cette séparation de ce qui Le déshonorait. Leurs armes sont désormais au service de l’Éternel, et leur grand privilège désormais est de recevoir le service de la Parole et l’office sacerdotal : « ils enseigneront tes ordonnances à Jacob et ta loi à Israël ; ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel » (v. 10).

Juda

À partir du quatrième fils de Jacob, la note i nous dit qu’il y a paronomase, ainsi que pour Dan et Gad. La paronomase est une figure de rhétorique qui consiste à rapprocher des mots dont le son est à peu près semblable, mais dont le sens est différent (Ex : Qui vivra verra ; qui se ressemble s’assemble).

Ainsi pour Juda, qui signifie louange, ses frères le loueront. Ce sera un jeune lion et le dernier livre de la Parole nous le présente aussi sous cet aspect : « le lion qui est de la tribu de Juda, la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux » (Apoc. 5. 5).

Le sceptre ne se retirera point de Juda. C’est de cette tribu qu’est issu David, et plus tard le Seigneur Jésus, comme nous le montre la Parole.

Citons entre autres deux passages : Juda est mentionné dans la généalogie du Seigneur en Matthieu 1. 1 à 16 et Hébreux 7. 14 vient attester avec force : « il est évident que notre Seigneur a surgi de Juda ». (Il est à noter que ce verbe surgir peut être aussi remplacé par s’est levé comme le soleil ou l’Orient d’en haut, d’où est venu le Germe (voir note b)).

C’est à Christ et à Lui seul que reviendra l’obéissance des peuples. « Car il faut qu’Il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1 Cor. 15. 25).

Notons au passage ce détail remarquable : « Il attache à la vigne son ânon et au cep excellent le petit de son ânesse » (v. 11).

Chacun de nous ne pense-t-il pas à cet ânon dont le Seigneur a eu besoin quand Il est entré dans Jérusalem ? Toute la ville a été émue et l’on s’est écrié : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Mat. 21. 1 à 11).

Hosanna signifie « l’Éternel sauve » selon le Psaume 118. 25. C’est en effet comme Sauveur que le Seigneur est venu, mais hélas son peuple L’a rejeté !

Il est peu parlé de Juda en Deutéronome 33. Des ennemis et des combats sont mentionnés. À la fin des temps auxquels nous sommes parvenus, nous savons qu’en Israël, quelques Juifs de la tribu de Juda sont revenus sur leur terre. Et nous savons quels combats ils y mènent pour s’y maintenir !

Des conflits plus terribles, sans doute, s’y dérouleront jusqu’à l’apparition du Seigneur pour y établir son règne.

Symboliquement, on peut voir aussi le combat du Seigneur contre Satan, qu’Il a complètement vaincu à la croix du calvaire. Ayant fait l’expiation de nos péchés, Il a pu s’écrier : « C’est accompli ».

Tout a été définitivement réglé et la dette a été payée. Désormais nous contemplons notre Sauveur et Seigneur comme le grand Vainqueur !

Issacar

Le cinquième fils de Jacob est béni après le sixième : Zabulon. Ne peut-on pas appliquer alors ce verset d’Hébreux 11. 21 : « Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et adora, appuyé sur le bout de son bâton » ?

C’est par la foi que Jacob a béni ses fils : il a eu un discernement spirituel peu commun.

Issacar est comparé à un âne ossu (c’est à dire qui a de gros os, une forte ossature, qui est bien charpenté) couché entre deux parcs. Il recherche ses aises et s’assujettit au tribut du serviteur, c’est à dire qu’il tombe dans l’esclavage du monde.

Veillons à ne pas rechercher nos propres intérêts, mais ceux de Jésus Christ ! (Phil. 2. 21)

La bénédiction de Moïse sur Issacar est belle. Il invite Issacar à se réjouir en ses tentes. Associé à Zabulon, il offrira des sacrifices de justice à l’Éternel sur la montagne, le lieu élevé de la communion.

Zabulon

Le sixième fils de Jacob habitera sur la côte des mers et celle des navires ; et il sera situé près de Sidon. Il est donc caractérisé par les activités commerciales, dont Sidon a été longtemps un centre puissant. C’est la continuation de Genèse 4. 20 et 22.

La bénédiction de Moïse sur Zabulon est identique à celle d’Issacar et celui-ci est appelé à se réjouir en sa sortie.

Gad

Le septième fils de Jacob n’est mentionné qu’en huitième place par son père. Son frère Dan passe avant lui.

Gad signifie la bonne fortune, ou une troupe. Pour la seconde fois, il y a paronomase : « une troupe lui tombera dessus ; et lui, il leur tombera sur les talons ».

La tribu de Gad sera forte et hardie – comme une lionne – et déchirera ce qui prétendra dominer par la force (le bras) ou par l’intelligence (le sommet de la tête).

Elle se choisira la première partie du pays en restant en Galaad, en deçà du Jourdain et va accomplir avec Israël la justice de Dieu et ses jugements sur les nations qui occupent le pays de la promesse.

Aser

Le huitième fils de Jacob n’est mentionné qu’en neuvième position par son père. La bénédiction que son père prononce sur lui est tout à fait remarquable : « D’Aser viendra le pain excellent ; et lui, il fournira les délices royales ».

Ce pain ne nous fait-il pas penser à Christ qui a dit : « Moi je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim » ? (Jean 6. 35)

On aime à penser à Anne, une prophétesse, qui était de la tribu d’Aser. Elle était bien isolée car, en principe, seules les tribus de Juda et de Benjamin étaient remontées de la captivité.

La Parole de Dieu se plaît à nous montrer l’entière consécration de cette femme pieuse qui ne quittait pas le temple, servant Dieu en jeûnes et en prières, nuit et jour, qui louait le Seigneur et parlait de lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance (Luc 2. 36 à 38).

La bénédiction de Moïse se termine par Aser, et là aussi c’est une magnifique déclaration qui est faite sur lui ! « Aser sera béni en fils ; il sera agréable à ses frères, et il trempera son pied dans l’huile ». C’était une grande bénédiction pour le peuple d’Israël que d’avoir des fils. Tremper son pied dans l’huile nous amène à une marche conduite par le Saint Esprit.

Dan

Le neuvième fils de Jacob est béni en sixième position.

Pour la troisième et dernière fois, une paronomase est à remarquer ici. Dan signifie juge et c’est lui qui jugera son peuple, comme une autre des tribus d’Israël. Samson, un des juges d’Israël, était Danite (Jug. 13. 2).

On perçoit nettement ce qui arrivera à la fin des jours (v.1) dans les paroles de Jacob. « Dan sera un serpent sur le chemin et mordra les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse ». Ce caractère du serpent est celui du diable dans sa ruse (Gen. 3. 1 ; Apoc. 20. 2).

Voilà les caractères évidents de l’antichrist, celui qui va apostasier de la foi. Alors le résidu pieux du peuple soupirera après la délivrance et s’écriera : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! »

Dan est assimilé à un jeune lion, qui s’élance de Basan. Ce n’est plus un serpent mais il garde cet aspect menaçant, celui du diable qui, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pier. 5. 8).

Nephtali

Nephtali, nous dit Genèse 49. 21, « est une biche lâchée ; il profère de belles paroles ». La biche est un animal léger et rapide qui ne s’appesantit pas sur la terre et ne reste pas longtemps au même endroit. Elle est constamment en alerte et, quand elle voit le danger arriver, elle s’enfuit vers les sommets, lieux de la communion.

C’est pourquoi Habakuk, plein de confiance, peut dire : « L’Éternel, le Seigneur est ma force ; il rendra mes pieds pareils à ceux des biches, et il me fera marcher sur mes lieux élevés ». (Hab. 3. 19). Sachons, nous aussi fuir les convoitises de la jeunesse (2 Tim. 2. 22).

En Deutéronome 33, la bénédiction de Nephtali est également magnifique : « rassasié de faveurs et comblé de la bénédiction de l’Éternel, il possède la mer et le Darôm », c’est à dire l’occident et le midi (note m) !

Joseph

Quoiqu’il fût le onzième fils de Jacob, Joseph eut la prééminence sur ses frères et il est mentionné en premier en Genèse 37. 2 : « Ce sont ici les générations de Jacob : Joseph… ». Les enfants dans la chair, l’homme en Adam, passent après.

Tout au long de sa vie, Joseph est un type magnifique de Christ. Ici nous le trouvons comme le berger (voir Jean 10), la pierre d’Israël (Ps. 118. 22), celui qui a été mis à part de ses frères (Rom. 8. 29). Ses rameaux poussent par-dessus la muraille : le salut apporté par Christ est parvenu aux nations (voir Jean 4 ; Éph. 2. 14 et És. 49. 6). Belle image de celui qui a été appelé sauveur du monde ou soutien de la vie (Gen. 41. 45 – note c) !

Les bénédictions prononcées par Moïse sont comme un écho de celles de Jacob en Genèse 49. 26. De nouveau, il est question des collines éternelles, et les bénédictions prononcées iront jusque là. Christ est, quant à Lui, « sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9. 5). « Que la faveur de celui qui demeurait dans le buisson (voir Ex. 3) vienne sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête de celui qui a été mis à part de ses frères ! »

Tout comme en Genèse 49. 26, il a été mis à part de ses frères, comme un nazaréen, figure de Christ qui, sur la montagne de la transfiguration a été mis à part de Moïse et d’Élie, serviteurs de Dieu pourtant approuvés par Lui. La voix adressée par la gloire magnifique s’est fait entendre : « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 17. 5).

Benjamin

Le douzième et dernier fils de Jacob, second fils de Rachel, la femme qu’il aimait, est comparé à un loup qui déchire. Certains commentateurs y ont vu Christ comme juge (Ps. 45. 3 et 4). En tout cas le loup est tout le contraire de l’agneau et ne pense qu’à détruire.

Quel contraste entre Genèse 49 et Deutéronome 33 : Benjamin est appelé « le bien-aimé de l’Éternel ! Il habitera en sécurité auprès de lui ; l’Éternel le couvrira tout le jour, et il habitera entre ses épaules ».

Nous en avons une illustration frappante dans la personne de l’apôtre Paul qui était de la tribu de Benjamin (Phil. 3. 5). C’est lui qui a enfermé dans les prisons plusieurs des saints… Lorsqu’on les faisait mourir il y donnait sa voix… En les punissant, il les contraignait de blasphémer et transporté de fureur contre eux, il les persécutait même jusque dans les villes étrangères (Act. 26. 10 et 11). Mais, comme il le dira plus tard, miséricorde lui a été faite (1 Tim. 1. 13). Il sera terrassé sur le chemin de Damas (Act. 9) et deviendra désormais un vase d’élection pour porter le nom du Seigneur devant les nations.

Considérons attentivement, à la lumière divine, la vie des enfants de Jacob et des tribus qui en sont issues. Car qu’est-ce que notre vie ? Elle n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant (Jac. 4. 14).

Rappelons-nous qu’il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal. Ne vivons plus pour nous-mêmes mais pour Celui qui est mort pour nous et a été ressuscité ! (2 Cor. 5. 10 et 15)

J.D.L.

RELATIONS ENTRE CHRÉTIENS

Bien-aimés, nous commencerons ces moments par la lecture de trois passages. Le premier dans l’épître aux Galates au chapitre 2, verset 20 : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (v. 20).

Un autre passage dans la 1ère épître de Pierre : « Car quelle gloire y a-t-il, si, souffletés pour avoir mal fait, vous l’endurez ? mais si, en faisant le bien, vous souffrez, et que vous l’enduriez, cela est digne de louange devant Dieu, car c’est à cela que vous avez été appelés ; car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude ; qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement ; qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts aux péchés, nous vivions à la justice ; par la meurtrissure duquel vous avez été guéris » (ch. 2. 20 à 24).

Dans la 1ère épître de Jean au chapitre 2 nous lisons : « Et par ceci nous savons que nous le connaissons, savoir si nous gardons ses commandements. Celui qui dit : Je le connais, et qui ne garde pas ses commandements, est menteur, et la vérité n’est pas en lui. Mais quiconque garde sa parole, en lui l’amour de Dieu est véritablement consommé : par cela nous savons que nous sommes en lui. Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché » (v. 3 à 6).

C’est une immense grâce si chacun de nous qui sommes ici, peut dire : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi ».

Rappelons-nous ce qu’a été la part du Seigneur Jésus à ces heures de la croix où Il a été abandonné. Il est le fondement de notre salut présent et éternel mais Il est aussi le fondement de notre vie chrétienne pratique.

Les versets que nous avons lus nous rappellent ce que le Seigneur Jésus a fait : Il a porté nos péchés en son corps sur le bois, il s’est livré lui-même pour nous. Ces versets sont toujours précédés par l’exemple du Seigneur Jésus.

Par la grâce de Dieu nous avons bien compris que ce n’est pas l’exemple du Seigneur Jésus qui nous a donné la vie, pas du tout. Sa vie aussi parfaite qu’elle ait été, son exemple aussi parfait qu’il ait été, ne pouvaient nous donner la vie.

Il fallait son sacrifice expiatoire dans les trois heures. Mais par sa mort nous avons la vie, et cette vie est manifestée dans notre chair mortelle.

Quels sont les fruits de cette vie, l’exemple du Seigneur Jésus, ce petit mot qu’on retrouve plusieurs fois : « comme » ? Nous devons marcher comme lui. Nous verrons d’autres passages.

Mais ici dans Galates 2 le verset que nous venons de citer est précédé par cette certitude de l’apôtre Paul : « Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ». On ne va pas poser à nouveau le fondement de l’épître aux Romains, bien sûr, mais il faut souvent y revenir.

Nous savons bien que dans les premiers chapitres, jusqu’au ch. 5. 11, il s’agit de nos péchés, et depuis le v. 12, du péché. Si nos péchés sont pardonnés, par son sang, par son sacrifice, nous savons que Dieu n’a pas pardonné le vieil homme. Il ne pouvait rien en faire et Il l’a crucifié.

Alors c’est d’abord un fondement qu’on accepte par la foi. « Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu » (Rom. 6. 11). Autrement dit, le fondement, c’est ce que l’épître aux Colossiens dit : « Vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». Mais c’est aussi quelque chose qu’on accepte par la foi.

Tenez-vous, considérez-vous, vous-mêmes comme morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus. La réalisation, c’est 2 Corinthiens 4 : « portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans nos corps » (v. 10).

Mais ici ce qui précède nous encourage. Peut-être que, bien sûr, sur des faire-part mortuaires on trouve quelquefois ce verset, c’est beau. Mais cela se rapporte à toute notre vie. Christ vit en moi, ce que je vis maintenant dans la chair, dans le corps, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu.

C’est une vie nourrie par le Fils de Dieu qui m’a aimé, qui s’est livré lui-même pour moi. C’est une Personne qui vit, qui m’aime, qui est près de moi, qui est en moi, avec moi. C’est cela, la vie du chrétien.

Dans l’épître de Jean, on a rappelé ce verset : « Celui qui dit demeurer en lui, doit lui-même aussi marcher comme lui a marché ». L’évangile de Jean nous présente le Seigneur Jésus qui a été manifesté, et par la foi en Lui nous possédons cette vie éternelle.

Les enfants connaissent tous ce merveilleux verset de Jean 3. 16. Il y en a peut-être dix, quinze, vingt, qui pourraient le réciter. Bien sûr, il faudra se l’approprier par la foi au Seigneur Jésus. « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ».

L’évangile de Jean, donc, nous présente le Seigneur Jésus, cette vie manifestée. Par la foi en Lui, nous recevons la vie éternelle. Les évangiles nous présentent la perfection de cette vie, et les épîtres nous montrent les manifestations, les fruits, la preuve, de cette vie dans le croyant. Par toute sorte d’exhortations qui nous sont données, la vie des croyants est manifestée.

Alors cette vie c’est quelque chose de merveilleux parce que dans cette épître il est dit : « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12). Quand je lève mes yeux et que je contemple le Seigneur Jésus, et que je vois son obéissance, cette vie d’obéissance, cette vie de pureté, cette vie de dépendance, cette vie de grâce, d’amour, d’abnégation, de dévouement, je dis : c’est ma vie.

Cela c’est quelque chose de merveilleux, parce que souvent on est plongé sur soi-même et on passe tous – j’espère qu’on y passe tous – par les luttes de l’affranchissement. Et puis quand on est au fond de la vase, on lève les yeux et puis on dit : Voilà Jésus. Jésus, c’est toi ma vie.

Et c’est ce qui amène la paix après les luttes très profondes qu’on peut connaître. Mais vous savez bien que l’épître de Jean, ce n’est pas gris, c’est noir ou blanc. Et le début de ces versets peut nous interpeller : « Celui qui dit : Je le connais, et qui ne garde pas ses commandements, est menteur, et la vérité n’est pas en lui ».

L’Esprit de Dieu s’est servi quelquefois de ce verset pour interpeller un jeune qui n’était pas converti mais qui tranquillisait ses parents en disant : Moi, je crois au Seigneur Jésus. Mais il menait une vie complètement étrangère à la vie du Seigneur. « Celui qui dit : Je le connais, et qui ne garde pas ses commandements, est menteur ».

Donc cette vie que nous avons reçue, c’est la vie du Seigneur Jésus. C’est ce qu’on lit dans la 1ère épître de Pierre : nous avons été « élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ ». Ce n’est plus l’élection juive, c’est notre élection.

Nous avons été élus pour obéir comme Christ a obéi avec toutes les ressources de la grâce, pour l’aspersion du sang de Jésus Christ. Le sang de Jésus Christ a une valeur éternelle. On a dit quelquefois : c’est la valeur intrinsèque comme on dit : le savon lave. C’est une ressource qui est toujours là pour nous, la ressource de la grâce dans notre vie.

On voit encore dans cette épître de Pierre que le Seigneur Jésus est présenté comme modèle. Mais Il nous rappelle, comme on l’a lu, que Lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois. Le Seigneur nous a donné la vie, Il a porté nos péchés et Il nous est présenté alors dans les versets précédents comme un modèle.

On sait que dans tous les chapitres de cette épître de Pierre il nous est parlé des souffrances du Seigneur Jésus, mais aussi des souffrances du croyant.

Ici c’est certainement plus particulièrement les souffrances par conscience envers Dieu. On a été appelé à faire le bien et à souffrir. C’est ce que le Seigneur a vécu. Il a été de lieu en lieu faisant du bien, guérissant ceux qui étaient asservis par le diable. Et puis qu’est-il dit après ? Ils l’ont tué.

On est appelé à suivre ce modèle du Seigneur Jésus, à faire le bien et puis à souffrir. Vous savez, il y a des frères qui sont éprouvés.

On pourrait donner un exemple qui est à nos portes n’est-ce pas. Il est comptable, on lui a demandé de faire des faux. Parce qu’il veut faire le bien, qu’il veut faire ce qui est juste, on l’a mis à la porte. Ah ! oui. « Par conscience envers Dieu ». Il fait ce qui est bien aux yeux de Dieu et il doit souffrir. Et cela c’est la part de beaucoup de chrétiens aujourd’hui et des enfants aussi, à l’école. Vous désirez plaire au Seigneur, vous désirez faire le bien à l’école et puis, parce que vous n’êtes pas comme les autres, parce que vous ne parlez pas comme les autres, parce que vous ne vous habillez pas comme les autres, que vous n’allez pas où vont les autres, eh bien ! souvent vous devez souffrir, souffrir en faisant le bien.

« Christ nous a laissé un modèle ». Alors, je dirais que cela va loin parce qu’il est dit du Seigneur : « Quand il souffrait ne menaçait pas ». Je ne vais pas parler qu’aux enfants, parce qu’on peut aussi parler à chacun de nos cœurs. Peut-être qu’il arrive aux enfants de lever le bras, n’est-ce pas, de menacer. Mais dans nos cœurs qu’est-ce qui se passe parfois quand on souffre injustement ?

« Quand on l’outrageait ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait ne menaçait pas mais se remettait à celui qui juge justement ». Quelle paix vient dans nos cœurs, alors que parfois cela bouillonne – les injustices, c’est très difficile à supporter – quelle paix vient dans nos cœurs quand on peut remettre toutes choses au Seigneur ! Après la tempête vient la paix. Quel exemple merveilleux que celui de notre Seigneur Jésus !

On va peut-être voir quelques expressions dans la Parole où il est dit « comme aussi le Christ ». Commençons par les Éphésiens. Ces versets sont toujours frappants parce qu’ils nous ramènent toujours à ce que le Seigneur a fait pour nous sur la croix. C’est assez touchant de voir que l’Esprit de Dieu rappelle toujours l’amour du Seigneur pour nous.

« Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants et marchez dans l’amour comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu en parfum de bonne odeur » (5. 1). « Maris aimez vos propres femmes comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (5. 25).

Ensuite, « Revêtez-vous donc comme des élus de Dieu saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur de longanimité, vous supportant l’un autre et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même. Et par-dessus toutes ces choses, revêtez-vous de l’amour qui est le lien de la perfection et que la paix du Christ à laquelle vous avez été appelé en un seul corps préside dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants » (Col. 3. 12 à 15).

Comme aussi le Christ nous a aimés, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée, comme aussi le Christ vous a pardonné. On est frappé de voir une mesure si élevée de ce que le Seigneur Jésus a fait, qui vient dans les circonstances de la vie, les circonstances entre frères et sœurs, les circonstances dans les couples, entre mari et femme. Il nous amène à des sphères très élevées.

Alors on pourrait dire, mais c’est trop élevé pour nous ! Non, parce que quand Dieu nous donne des exhortations, Il nous donne la plénitude, Il ne nous donne pas des demi-mesures comme on aimerait bien. Il nous donne la plénitude, et cette plénitude, elle se trouve en Christ, et cela sonde nos cœurs.

Dans l’évangile de Jean, au chapitre 13, il est dit – ce verset rejoint l’épître de Jean : « Je vous donne un commandement nouveau que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (v. 34 et 35).

Commençons peut-être par cet amour qui doit être manifesté entre frères et sœurs. Comment est-ce que nous voyons les frères ? Et les sœurs, comment les voit-on ? On les voit depuis le haut pour commencer. Comme il est dit dans les Nombres : « Du sommet des rochers je le vois » (23. 9).

Ce sont des saints et des bien-aimés, ils sont tous beaux en Christ. C’est comme cela qu’il faut commencer à les voir.

Oh ! qu’il est doux de contempler ta gloire,

Seigneur Jésus, et tous les saints en toi

C’est comme cela qu’on doit les voir lorsque nous nous réunissons le dimanche matin.

– Il y avait le frère Rossier qui a beaucoup écrit. Plongez-vous, chers jeunes, dans ces écrits merveilleux. Une fois il était au culte. (Vous savez, il y a des pensées qu’on n’aimerait pas avoir. Voyant entrer une sœur et puis un frère, il s’est dit : « Oh ! cette sœur… et puis ce frère, oh ! là là ; et puis celui-là, on ne le voit que le dimanche matin et puis celui-là… et il continue ».

Et puis tout à coup il dit : « Seigneur ! » Il a confessé cette manière de voir les saints. Il a dit : « Seigneur Jésus, comment les vois-tu, tes bien-aimés ? » « En toi revêtus de justice, lavés dans ton sang précieux ». C’est la première chose pour voir les saints.

Parce que si on est au culte et qu’en commençant le culte on est dans un pareil état, je crois bien que le Saint Esprit sera empêché d’agir.

– La deuxième manière de voir les saints, c’est les voir depuis dessous, c’est-à-dire depuis Philippiens 2. Il y a l’exemple du Seigneur qui est encore présenté là. Considérer son frère supérieur à soi-même. Est-ce que j’ai toujours considéré mon frère, ma sœur, supérieurs à moi-même ?

Il faut apprendre que ce frère a quelque chose que je n’ai pas, que cette sœur a quelque chose que je n’ai pas. Et c’est ainsi que sont manifestées les gloires du Seigneur Jésus, ces couleurs variées. Chacun peut montrer quelque chose du Seigneur Jésus, quelque chose que je n’ai pas. C’est la deuxième manière de voir les saints, depuis dessous.

Et l’exemple du Seigneur ne pourrait pas être plus touchant pour nos cœurs, Il s’est abaissé lui-même, prenant la forme d’esclave, la forme d’un homme, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix.

– La troisième manière de voir les frères, si on les aime, c’est de voir un frère dont j’ai besoin parce qu’on marche ensemble. On ne marche pas chacun pour son compte. Une vie personnelle avec Christ oui, mais j’ai besoin de ce frère aussi dans la marche de chaque jour. Je suis à la réunion, quelquefois je suis fatigué, puis je vois mes frères et ils me font du bien. Ils prient, simplement.

Quelquefois on est dans la lune, dans nos travaux, et puis si on côtoie un peu le monde, on entend tellement de sottises sur la Personne de Dieu. Cela fait tellement de bien de voir ses frères. Moi, j’ai besoin de ce frère. Et cette sœur, elle a besoin d’une autre sœur. On a besoin les uns des autres. On a cette conscience que l’on a besoin les uns des autres. C’est la troisième manière.

– Il y a peut-être encore une autre manière : c’est de considérer ce frère comme quelqu’un pour lequel Christ est mort. Alors il prend de la valeur. C’est l’égard les uns pour les autres.

Sur le sujet de la liberté chrétienne en Romains 14 : celui-ci fait quelque chose ou celle-ci fait quelque chose pour le Seigneur. C’était le conflit entre les Juifs et les nations qui étaient convertis. L’un disait que s’il observait un jour, c’était pour le Seigneur. Et puis l’autre n’avait plus besoin de l’observer parce qu’il avait été affranchi de ce qui était établi sous la loi.

Alors qu’est-ce qu’on faisait ? On méprisait celui qui observait des jours, qui le faisait pour le Seigneur. Ils se méprisaient et se jugeaient les uns les autres. Est-ce qu’on a un peu plus de délicatesse aujourd’hui ? Voilà encore une autre manière de considérer nos frères et nos sœurs : celui (celle) pour lequel (laquelle) Christ est mort. « En péchant ainsi contre les frères, et en blessant leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ » (1 Cor. 8. 12).

On voit plus vite le fétu qui est dans l’œil de son frère que la poutre qui est dans le nôtre. Cela ne veut pas dire qu’on va être léger concernant le péché – pas du tout.

Quand on dit que l’amour couvre une multitude de péchés, qu’est-ce que cela veut dire ?

Qu’on passe dessus sans s’en occuper ? C’est tout le contraire. L’amour avec l’obéissance ne peut jamais être indifférent à ce qui déshonore le Seigneur, ce n’est pas possible. Mais au lieu de le découvrir, on va le couvrir.

On ne va pas aborder le sujet du lavage des pieds mais c’est aussi ce « comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (Jean 13. 15). Il y a un verset qui nous a toujours sondés, c’est ce fait de manger le sacrifice pour le péché. Cela demande un travail sacerdotal très profond.

On trouve ces expressions dans le Lévitique, dans les Nombres. Dans le Lévitique, il en est question par rapport à Aaron qui avait perdu ses deux fils parce qu’ils étaient entrés dans le sanctuaire avec un feu étranger (Lév. 10). Ils sont morts. Dieu n’a pas changé, on ne se moque pas de Dieu, on n’entre pas dans sa présence n’importe comment.

Mais c’est vrai qu’Aaron était dans une situation difficile : perdre deux fils. Il a dit que cela n’aurait pas été bon aux yeux de l’Éternel qu’il mange le sacrifice pour le péché. Mais là, l’Éternel connaissait les circonstances. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire prendre le péché de mon frère sur moi et le confesser devant Dieu.

Si vous lisez la prière de Daniel dans le chapitre 9 de son livre, vous voyez de quelle manière cet homme, qui avait une fidélité extraordinaire, confessait le péché de son peuple. On cherchait à l’accuser, mais on ne pouvait pas l’accuser si ce n’est sur la loi de son Dieu. Eh bien ! si vous lisez ce chapitre 9 de Daniel, vous voyez qu’il confesse le péché de son peuple et s’associe avec lui.

Que le Seigneur nous aide à manifester un amour vrai ! Il est la source de l’amour. Puis on a lu : « Comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même » (Col. 3. 13). Quelle mesure ! Je pense que, quand on lit ces passages, cela nous ramène à Matthieu 18, à ce verset central qu’on apprécie, que l’on serre dans nos cœurs : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ».

Mais comment commence ce chapitre 18 ? Le Seigneur prend des petits enfants, et puis ensuite Il parle du pardon. Pierre dit : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (v. 21 et 22). Autrement dit l’esprit de pardon envers mon frère doit être pratiquement illimité.

Et la fin de ce chapitre est extrêmement poignante. « C’est pourquoi le royaume des cieux a été fait semblable à un roi qui voulut compter avec ses esclaves. Et quand il eut commencé à compter, on lui en amena un qui lui devait dix mille talents. Et comme il n’avait pas de quoi payer, son seigneur ordonna qu’il fût vendu, lui, et sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avait ; et que le payement fût fait. L’esclave donc, se jetant à ses pieds, lui rendit hommage, disant : Seigneur, use de patience envers moi, et je te payerai tout. Et le seigneur de cet esclave-là, touché de compassion, le relâcha et lui remit la dette.

Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers ; et l’ayant saisi, il l’étranglait, disant : Paye, si tu dois quelque chose. Celui donc qui était esclave avec lui, se jetant à ses pieds, le supplia, disant : Use de patience envers moi, et je te payerai. Et il ne voulut pas ; mais il s’en alla et le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette.

Or ceux qui étaient esclaves avec lui, voyant ce qui était arrivé, furent extrêmement affligés, et s’en vinrent et déclarèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé ».

Cela peut nous arriver aussi d’être extrêmement affligés en voyant des circonstances entre frères, des blessures qu’on ne peut pas pardonner, des torts qu’on nous a faits et qu’on ne peut pas pardonner. Le mieux, c’est d’aller vers notre Seigneur. « Et ils s’en vinrent et déclarèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé ».

De la femme de Luc 7 il est dit : « Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé » (v. 47). Est-ce que nous sommes conscients que le Seigneur Jésus nous a beaucoup pardonné ? Est-ce que nous sommes pénétrés du souvenir de ce qu’Il a fait pour que nous soyons pardonnés ? La seule force pour nous aider à pardonner, c’est de regarder à Lui, de nous souvenir de ce qu’Il a fait pour nous.

Chers frères et sœurs, que de choses tristes se sont passées parfois dans les rassemblements ! J’ai entendu dire, il n’y a pas longtemps que deux familles ne s’invitaient jamais, elles ne se parlaient jamais et elles allaient rompre le pain ensemble. Est-ce que c’est possible ? Je sais bien qu’on est très sensible à notre ego, on n’aime pas qu’on nous touche, qu’on touche à notre réputation, on est très sensible à cela.

Quand il s’agit des autres, cela ne nous atteint pas trop, mais quand on nous touche un tout petit peu, on est très sensible. Si nous savions mieux nous tenir près du Seigneur Jésus, dans cet esprit de pardon… Je sais bien qu’un frère a dit : « Sans confession, pas de pardon ».

Je suis d’accord que c’est le fondement. Il faut venir au Seigneur, on confesse nos péchés et il y a pardon. Et c’est vrai qu’il y a ce travail qui doit s’opérer. Mais n’attendons pas que nos frères viennent se mettre à genoux devant nous. C’est difficile, très difficile, il est vrai, de venir reconnaître ses torts, mais si on voit une attitude d’humiliation, de tristesse, des attitudes de tendresse où on voit qu’il y a eu un travail, on peut pardonner.

Comme un frère l’a dit : On a déjà pardonné dans notre cœur. Même avant que ce frère vienne peut-être manifester quelque repentance, est-ce qu’on a déjà ce pardon dans notre cœur, ou bien une amertume qui germe pendant des années ? Et puis cela va même dans les familles, dans les couples. Il y a beaucoup de problèmes dans les couples. Dans le monde, n’en parlons pas, mais parmi les chrétiens, c’est triste, quel témoignage !

Là, l’exhortation est donnée aux maris : « Aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée ». Quelle mesure, quel dévouement ! Bien sûr, comme on l’a dit tout à l’heure, c’est une plénitude de mesure. Si un mari manifeste vraiment cet amour de dévouement en contraste avec l’égoïsme, il sera plus facile à son épouse d’être soumise.

Évidemment l’exemple est donné pour l’épouse : « Comme l’assemblée est soumise au Christ, ainsi que les femmes le soient aussi à leurs maris en toutes choses ». « Comme » : c’est l’exemple. C’est un peu humiliant parce que, de quelle manière l’assemblée est-elle soumise au Christ, quand on voit que chacun part de son côté ? Et alors on peut ajouter, qu’on a bien besoin de cet esprit de pardon quand, dans les couples, il y a des choses qui ne vont plus.

Souvent cela commence par les petites choses qu’on ne veut pas régler et qu’on est trop fier pour reconnaître. Comme quelqu’un le disait : C’est plus facile quelquefois de confesser nos fautes au Seigneur que d’aller dire à son époux ou à sa femme : « Écoute, chéri (e), je regrette, je t’ai fait souffrir ». On est tellement orgueilleux de nature.

Il est dit : « Priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris » (Jac. 5. 16). Est-ce que les épouses prient pour leur mari ? Est-ce que les maris prient pour leur épouse ? Il y a besoin de guérison, chers frères et sœurs, dans cet esprit de dépendance et de communion avec le Seigneur Jésus, dans cet esprit de pardon.

Et on est vraiment frappé de voir qu’on a toujours été ramené dans ces passages à ce que le Seigneur Jésus a fait. C’est pour cela qu’il nous faut revenir, revenir au Seigneur Jésus constamment. Notre ressource n’est pas dans notre connaissance. Cela peut servir, bien sûr. Il faut connaître ce verset : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3. 18).

Notre ressource n’est pas même dans nos expériences – même si elles devraient servir -, mais la ressource est dans notre communion avec le Seigneur. Demeurer en Lui. Quand on lit le chapitre 15 de l’évangile de Jean, quand on lit l’épître de Jean, on retrouve toujours cette expression : « demeurer en Lui », cette expression de communion avec le Seigneur.

Que le Seigneur veuille nous aider ! Nous sommes arrivés certainement au terme du temps de la grâce. Est-ce qu’Il va trouver de la joie parmi les siens ? Est-ce qu’Il va trouver de la joie dans les familles, dans les couples, comme le serviteur hébreu dont il nous est parlé dans le Deutéronome ? Il est dit : « Il se trouve bien chez toi » (15. 16). Est-ce que le Seigneur se trouve bien dans nos familles, dans nos maisons ?

Il y a des tristesses vous le savez, je ne suis pas au-dessus des nuages, il y a beaucoup d’épreuves dans les familles, il y a quelquefois des enfants qui nous font pleurer. On a cette ressource d’aller au Seigneur, d’apprendre de sa grâce, d’apprendre ce que sont nos cœurs.

Souvent j’ai dit : Si je n’avais pas eu des enfants, je n’aurais peut-être pas appris ce qu’était mon cœur. Mais les ressources sont là. Que nous puissions réaliser ce qui a été réalisé dans la maison d’Obed-Edom : « L’Éternel a béni la maison d’Obed-Edom et tout ce qui est à lui, à cause de l’arche de Dieu » (2 Sam. 6. 12).

Quand on a la crainte du Seigneur, quand on a la crainte concernant la Parole de Dieu, qu’on est soumis à la Parole de Dieu, il y a une bénédiction. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des épreuves. Il y en a beaucoup de nos jours sans doute, mais nous pouvons supplier le Seigneur qu’il puisse trouver dans les siens quelques fruits de cette vie qu’il nous a donnée.

Ô Bien-Aimé ! fais que ta vie

Brille ici-bas dans tous les tiens :

Que chacun d’eux te glorifie,

Toi qui nous combles de tous biens.

Chacun peut encore se pencher sur le chapitre 13 de l’évangile de Jean, où on peut aussi apprendre beaucoup, pas seulement de l’humilité, parce que le lavage des pieds, c’est le service que le Seigneur accomplit maintenant comme sacrificateur, comme avocat si nous avons péché.

Mais il est dit aussi concernant la veuve dans 1 Timothée chapitre 5 : « Si elle a lavé les pieds des saints » (v. 10). C’est un rafraîchissement dans le chemin. Quel rafraîchissement on peut trouver ! Les sœurs sont là aussi pour s’aider les unes les autres, pour rafraîchir.

Il y a une sœur veuve qui nous invite, avec affection et elle nous lave les pieds, elle nous rafraîchit dans le chemin, parce que c’est parfois aride si on veut suivre le Seigneur. Les souffrances sont liées au témoignage du Seigneur. L’apôtre Paul a dit : « J’accomplis dans ma chair ce qui reste encore à souffrir des afflictions du Christ pour son corps qui est l’assemblée » (Col. 1. 24). Vous ne pouvez pas vous conforter quelques-uns, et puis être contents entre vous ainsi. Il y aura toujours des souffrances liées au peuple de Dieu.

Et nous pouvons les goûter dans la communion avec le Seigneur. Que le Seigneur nous encourage, à la veille de son retour ! On a parlé tout à l’heure de la joie que le Seigneur peut trouver dans une famille. On souhaite aussi qu’Il puisse trouver sa part là où Il réunit les siens, dans l’assemblée.

Il faut beaucoup de simplicité, de fraîcheur dans nos cœurs. Et revenons encore à ce chapitre si touchant de l’évangile de Jean 13, où on voit ce que le Seigneur accomplit pour nous. Son service est pour les siens, pour qu’ils soient maintenus, fortifiés tout au long du chemin, et s’ils ont péché, qu’ils soient relevés pour venir au Seigneur. On a besoin de s’encourager les uns les autres dans le chemin.

Et je termine par cette petite anecdote, ce n’est peut-être pas très élevé mais… Je faisais du porte-à-porte dans une ville, j’étais fatigué. Je suis entré chez des chrétiens qui venaient de se convertir. Je me suis assis et puis il y en a un qui est venu avec une cuvette d’eau. J’ai dit : « Que voulez-vous faire ? » – « Mais on veut vous laver les pieds ». Je dis : « Non, mais… ». Je suis comme Pierre moi. – « Mais non, enlevez vos souliers, enlevez vos chaussettes ».

Voilà quand vous voyez quelqu’un à vos pieds, qui vous lave délicatement les pieds, qui vous les essuie avec un linge, je vous promets que c’est des leçons qu’on reçoit toute sa vie, cette humilité. Je dis bien que ce n’est pas l’enseignement profond et élevé de Jean 13. C’est plutôt rafraîchir ceux qui sont dans le chemin.

Que le Seigneur nous accorde aux uns et aux autres de rencontrer des chrétiens qui ont une grande piété – qui parfois nous humilie, qui nous encourage, qui nous maintient dans l’humilité et dans le désir de manifester tous quelque chose pour la joie du cœur du Seigneur.

Oui, chers amis, on va bientôt arriver. Prenons courage, chers frères et sœurs, nous allons voir le Seigneur. Que le Seigneur réveille nos cœurs pour Lui ! On a peur de tomber dans cette tiédeur, dans ce formalisme. On a des habitudes – on a des enseignements dans la Parole. Que le Seigneur nous aide, nous accorde de montrer notre amour pour Lui !

Terminons par ce verset de l’évangile de Jean au chapitre 14, verset 21 : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui ».

Et au verset 23 nous lisons : « Jésus répondit et lui dit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ». Et comme on l’a lu tout à l’heure : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous ».

Alors on pourra arriver au sommet, au chapitre 17. Vous pouvez lire combien de fois revient ce petit mot « comme ». « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde ». Mais à la fin : « Le monde connaîtra que tu les as aimés comme tu m’as aimé ».

A. Marmillot

MATTHIEU 14. 22 à 34

C’est un évènement que nous connaissons certainement tous ; les enfants aussi qui sont parmi nous connaissent cette histoire, n’est-ce pas ? C’est une histoire que nous connaissons très bien, et pourtant cet évènement se trouve dans l’évangile selon Matthieu, et certainement pour une bonne raison : le Seigneur veut nous montrer différentes choses.

D’ailleurs, quand nous lisons quelque chose au sujet du Seigneur Jésus, c’est toujours empreint de sa divine Personne, que ce soient ses paroles ou les actes qu’Il a accomplis parmi les foules. Les activités du Seigneur Jésus étaient toujours de l’enseignement.

Ici aussi, Il nous enseigne par un évènement et non pas seulement par ses paroles. Si nous regardons bien, nous voyons que le Seigneur Jésus, ici, ne parle pas beaucoup. Il y a seulement des phrases courtes et pourtant ces phrases sont de toute importance et tout ce qui se passe est très important aussi. Cela commence déjà avec le premier verset.

Mais avant de commencer, j’aimerais dire encore ceci : quand nous lisons un passage de l’évangile selon Matthieu, nous avons très souvent la possibilité de voir trois choses, trois niveaux, trois sens : il y a d’abord le sens réel d’une situation telle qu’elle nous est présentée ; deuxièmement, un sens figuré que nous comprenons d’ailleurs assez vite ; et il y a aussi très souvent un sens prophétique qui se trouve dans les évènements ou aussi dans les paroles du Seigneur.

Si le Seigneur le permet, nous allons voir, un peu en tout cas, ces trois sens, significations ou niveaux.

D’abord, il faut voir la situation tout à fait réelle, comme elle est. Et là déjà, le Seigneur nous enseigne par ce qu’Il fait. « Aussitôt, Il contraignit les disciples de monter dans la barque, et de le précéder sur l’autre rive ».

Ce qui précède cet alinéa, c’était lorsque le Seigneur avait nourri les 5000 hommes plus les femmes et les enfants. Nous connaissons très bien cette activité du Seigneur. Et maintenant, il y a autour de Lui, d’abord les douze disciples et ensuite aussi cette grande foule. Elle est toujours là.

Les disciples avaient pensé que le Seigneur devait peut-être les renvoyer parce qu’ils avaient faim ; ils devaient aller dans les villages des alentours pour acheter à manger. Mais le Seigneur dit : Non, « vous, donnez-leur à manger ». Donc, ils restent là, et ils sont nourris chacun à sa faim. Ils sont encore là ensuite, mais le Seigneur avait désormais quelque chose pour ses douze disciples.

Ils avaient travaillé, ils avaient fait quelque chose : ils avaient dû distribuer le pain, et en distribuant le pain, le Seigneur avait fait ce grand miracle : les pains se sont multipliés, et chacun a reçu autant qu’il en avait besoin. Et maintenant, le Seigneur a pour eux une autre tâche : Il les contraint de passer à l’autre rive, et de le précéder. Le Seigneur doit les contraindre. Il semblerait que les disciples auraient aimé rester avec Lui, ce que nous comprenons d’ailleurs, n’est-ce pas ?

Ils auraient aimé être là, mais peut-être qu’aussi ils avaient vu qu’un temps peu favorable sur la mer s’annonçait, que peut-être la tempête arrivait. On ne le sait pas, mais il y avait parmi eux certains hommes qui connaissaient la mer, qui étaient eux-mêmes pêcheurs et qui s’y connaissaient. C’est peut-être pour cela que le Seigneur doit les contraindre de passer à l’autre rive, de monter dans la nacelle puis de partir.

Mais le Seigneur leur donne en même temps un encouragement – ou une consolation – lorsqu’Il dit qu’ils doivent le précéder. Donc le Seigneur sera là aussi.

Ils doivent passer à l’autre rive, mais le Seigneur leur donne cette promesse : Moi, je serai là, ou je viendrai, je ne vous laisserai pas seuls. Chers amis, c’est quelque chose que nous pouvons déjà prendre sur notre cœur.

Quand le Seigneur nous dit quelque chose, quand Il nous dit : Fais ceci, Il ne nous laisse pas seuls. Peut-être qu’Il nous dit quelque chose que nous devons faire et Il nous dit : « Tu vas voir, je vais être là pour te venir en aide, pour faire peut-être même un miracle – je pense que cela nous arrive aussi, nous le savons. Alors, il y a cette consolation, et ils vont monter dans la nacelle pour partir.

Il est dit : « jusqu’à ce qu’Il ait renvoyé les foules. » Voilà encore un deuxième point. Le Seigneur voulait renvoyer les foules. Il ne voulait pas simplement les laisser aller. Une foule, cela se disperse facilement, mais non, le Seigneur les renvoie.

On peut comprendre qu’Il leur donne congé, et je pense que dans l’évangile selon Marc (voir ch. 6. 45 et 46) il est même dit que le Seigneur les congédie, leur dit au revoir. Et nous pouvons nous représenter comment le Seigneur l’a fait, Il ne les laisse pas aller sans autre, mais certainement, sa bénédiction les accompagne, ses soins fidèles les accompagneront : c’est ainsi que le Seigneur renvoie quelqu’un. Il ne renvoie pas quelqu’un en le laissant s’en aller seul.

Il me semble que c’est seulement un détail, et pourtant, je trouve que cela est très beau parce que nous voyons comment le Seigneur agit aussi avec une grande foule, avec certaines personnes, avec un seul aussi. Il a un cœur pour lui, et Il aime aussi l’ordre.

Ce n’est pas dans le désordre que la foule s’en va, c’est le Seigneur qui conduit tout, pour que tout se passe comme il faut, comme cela Lui convient, à Lui. Chez nous, quelquefois, il en va autrement, n’est-ce pas ? Cela nous arrive aussi de nous en aller, même quand nous étions ensemble pour écouter la Parole.

Je me rappelle avoir vécu une situation où tout d’un coup, tout le monde était parti, sans avoir prié, sans avoir peut-être chanté un cantique. C’est quelque chose que le Seigneur aime bien, quand nous nous remettons à ses soins, quand nous faisons la prière ensemble, pour demander au Seigneur le secours et aussi la protection pour le chemin qui est devant nous. Il me semble que le Seigneur nous enseigne cela par un petit détail.

Et puis, encore quelque chose dans le verset 23 : « et quand il eut renvoyé les foules, il monta sur une montagne à l’écart pour prier ». Le Seigneur était souvent sur une montagne. La montagne se trouve assez haut, et c’est peut-être déjà une certaine image de cette proximité avec le ciel : on monte sur une montagne. Il y a certainement une pensée du Seigneur : être seul sur une montagne où il n’y a pas beaucoup de personnes et peut-être personne, le Seigneur peut être seul. Il est dit qu’Il était là, seul.

Il était seul, et Il n’était pas seul. La Parole nous dit qu’Il était seul et pourtant il y avait la communion que le Seigneur avait avec son Dieu et Père, Lui, l’homme parfait sur la terre, l’homme qui plaisait à Dieu, l’homme qui cherchait toujours cette communication avec Dieu, son Père. Il cherchait cela. Quelquefois même aussi nous pouvons Le voir quand Il avait des décisions difficiles à prendre, même pour Lui, parce qu’Il était un Homme parfait, mais un homme qui avait aussi des sentiments tels que nous.

Quand Il a choisi les disciples, Il est resté toute une nuit sur une montagne, seul, pour prier. Et Il avait non seulement à choisir Pierre et Jean et Jacques, et peut-être les autres : Barthélemy, etc. ; mais il y avait aussi un Judas Iscariote qu’Il devait choisir, et cela Lui a certainement coûté !

Et quand Il était comme cela sur une montagne, c’est qu’Il était dans une communion avec son Dieu et Père, et dans cette communion, Il prie. Mais quand le Seigneur prie, c’est aussi pour d’autres, pour les disciples, certainement, puisqu’Il les avait envoyés traverser la mer ; là aussi, Il pensait à eux, ils n’étaient pas oubliés par leur Maître, et le Seigneur les a certainement accompagnés dans son esprit et aussi par sa prière.

Et maintenant, je passe à ce deuxième sens, figuré, je pense qu’il n’est pas difficile de comprendre car cela nous parle aussi d’une situation dans laquelle nous nous trouvons nous-mêmes, très souvent ; mais aussi, peut-être en général, parce que nous pouvons voir dans cette traversée de la mer notre chemin à parcourir pour arriver à l’autre rive, à un but, là où nous allons trouver le repos, et chaque croyant est ainsi en train de traverser la mer.

La mer est une image du monde qu’il faut traverser, et on espère, avec raison, arriver au but, à l’autre rive, et le Seigneur sera là. Le Seigneur nous accompagne aussi par sa prière. Nous allons voir, tout à l’heure, ce que cela veut dire : la prière ou les prières du Seigneur Jésus – mais revenons à ce que nous lisons directement dans la situation qui a eu lieu.

La nacelle était au milieu de la mer : il y avait donc une distance jusqu’à l’autre rive et il y avait la même distance pour le retour, et il y avait le vent, et il y avait les vagues. Quelquefois nous pensons, j’ai aussi entendu dire, qu’on peut penser à ce que le Seigneur met sur le chemin.

Bien sûr, le Seigneur a l’autorité de faire tout, et tout est dans sa main, et pourtant il me semble que quand il est parlé ici du vent qui est contraire, c’est une image de l’ennemi qui s’oppose à ce que les disciples fassent ce que le Seigneur leur avait commandé. D’ailleurs, c’est toujours comme cela, quand le Seigneur Jésus nous donne quelque chose à faire, c’est l’ennemi qui veut nous empêcher de le faire.

Quand nous sommes prêts à obéir, c’est l’ennemi qui cherche à mettre quelque obstacle pour nous empêcher et pour nous détourner de cette obéissance que le Seigneur nous demande. Et il me semble que là aussi, c’est l’ennemi qui a déchaîné le vent et les vagues pour rendre difficile l’obéissance des disciples.

Et alors, ces disciples dans la nacelle, est-ce que nous pouvons nous représenter quelles sont leurs pensées, leurs réflexions ? Il y en a là qui pensent : Vous voyez, ce n’est pas le moment, c’est la tempête sur la mer, on aurait dû quand même attendre. Et l’autre qui dit, (excusez-moi de dire ça comme cela, je pense que vous allez me comprendre) : Le Seigneur l’avait dit, mais tu vois cette tempête, ce vent… si le Seigneur veut vraiment que nous fassions la traversée, est-ce qu’Il n’aurait pas pu… ?

Bien sûr, Il aurait pu arrêter le vent, mais Il ne l’a pas fait. Eh bien, cette situation-là, on la connaît aussi : nous pensons que le Seigneur nous amène à faire quelque chose, et il y a des obstacles qui se présentent, qui nous donnent des soucis, qui nous font peut-être même peur, et nous pensons : Ah ! on n’a pas pris le bon chemin, on n’a pas fait ce qu’il fallait, et ce que nous lisons ici nous montre que c’est tout à fait le bon chemin.

Le Seigneur voulait qu’ils traversent la mer ! Et cela peut aussi nous réconforter, la pensée que quand le Seigneur nous donne quelque chose à faire, Il ne nous dit pas toujours que ce sera un chemin facile, cela peut même être très difficile ; alors le chemin facile n’est pas une preuve que c’est le chemin du Seigneur ; le Seigneur peut nous envoyer aussi un chemin très difficile, et nous allons peut-être nous demander : Est-ce vraiment la volonté du Seigneur que je fasse cela ?

Et tout à coup, le Seigneur ouvre une porte, ou tout à coup le Seigneur nous amène quelque chose et après nous comprenons : Ah ! voilà ce que le Seigneur avait voulu. Ses pensées sont toujours plus élevées que les nôtres.

Nous pensons peut-être, humainement, raisonnablement, mais notre raison n’est jamais à la hauteur des pensées du Seigneur, et c’est quelque chose que nous devons certainement apprendre toujours de nouveau. Alors, les disciples ont vraiment de la peine, c’est difficile pour eux, ils ont peur. Ils se battent contre le vent et contre les vagues. Et le Seigneur les laisse ainsi dans cette situation pendant un temps.

À la 4e veille, le Seigneur vient, enfin, Il ne les laisse pas seuls, n’est-ce pas ? Mais c’est à la 4e veille seulement qu’Il vient. La 1re veille, c’est de 6h du soir jusqu’à 9h ; la 2e veille est de 9h à minuit ; ensuite la 3e jusqu’à 3h du matin et la 4e, c’est de 3h jusqu’à 6h du matin, donc déjà le soleil commence à luire un peu, on peut y voir un peu.

Mais c’est dans le noir, dans la nuit, que le Seigneur les avait laissés ! Et pourtant, Il était avec eux, avec sa prière et avec sa pensée, Il ne les a pas laissés, et à la 4e veille, Il se fait voir ; et là : un fantôme ! Ils ont peur, ils regardent et ils voient un homme qui marche sur la mer !

Je ne sais pas ce que nous aurions pensé : un homme qui marche sur la mer, ils n’avaient jamais vu cela, ce n’était pas normal du tout, c’était surnaturel, bien sûr ! Alors nous comprenons leur peur de voir une personne s’approcher. Et le Seigneur ne leur fait pas de reproches, mais Il les encourage.

Au verset 26 à la fin : « ils furent bouleversés, ils dirent : c’est un fantôme. Et ils crièrent de peur. Mais Jésus leur parla aussitôt, disant… » Et quand le Seigneur vient, Il vient en aide et Il le fait toujours au moment opportun, au moment où il le faut, où moment que Lui juge être le bon moment.

Quelquefois nous pensons : le moment n’est pas encore là ; le moment était bien arrivé et le Seigneur nous montre que son temps n’est pas encore arrivé, mais quand il arrive, Il est là ! Il est vraiment là, avec sa consolation, avec son réconfort : trois mots : « Ayez bon courage », c’est ce qu’il leur manquait, ils avaient perdu courage.

Tu as déjà perdu courage une fois ? Et bien le Seigneur te dit aussi : Aie bon courage, je regarde, je viens au moment où il le faut, je ne te laisse pas ! Ne perds pas courage ! « C’est Moi, n’ayez point de peur ».

Nous avons aussi des jeunes parmi nous, des enfants ; si j’étais dans une classe, je demanderais certainement aux enfants : Chers enfants, qu’est-ce que vous pensez : quelle phrase est la plus importante ? Avoir du courage, ne pas avoir peur ? Et peut-être qu’ils me diront vraiment comme nous pouvons le faire tous : « c’est Moi ».

Cette courte phrase dit tout, parce que c’est la raison pour la 1re « ayez bon courage » comme pour la 3e aussi : « N’ayez pas peur ». C’est parce que le Seigneur est là, Il dit : « C’est Moi », n’ayez pas peur de cette Personne que vous n’avez pas reconnue ; vous n’avez pas encore remarqué que c’était Moi, et pourtant c’est Moi qui suis là et qui vous viens en aide.

Jusque là, nous pouvons certainement dire : Voilà des situations, des exemples que nous avons devant nous, exemplaires dans le sens que nous aussi, nous pourrions nous rappeler quelques situations un peu semblables.

Qui n’a pas eu peur ? Les enfants souvent ont peur et nous prions pour les enfants ; les parents, les proches prient pour les enfants, et le Seigneur n’oublie pas les enfants et Il leur vient aussi en aide.

Je me rappelle que mon frère a eu aussi très peur, peur de tomber dans un précipice et de tomber dans un ruisseau avec beaucoup d’eau et qui coulait très vite ! Il a eu vraiment peur et il a crié, et le Seigneur lui a montré le secours, lui a montré qu’il y avait là quelque chose qu’il pouvait attraper, où il pouvait se tenir : il ne l’avait pas vu avant et pourtant, là quelqu’un pouvait aussi l’aider à remonter.

Voilà une petite situation, mais une situation où quelqu’un a eu peur, dans laquelle le Seigneur montre aussi sa façon de nous venir en aide ; cela peut-être très différent. Ici, c’est sa présence qui les console et leur donne du réconfort.

Cette histoire n’est pas encore terminée. Il y a ensuite encore un miracle auquel nous allons assister : « et Pierre, lui répondit : Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller vers toi sur les eaux ». Quelle idée !

Je ne sais pas s’il en a été ainsi pour vous, mais quand j’ai entendu pour la première fois ce récit, jeune garçon, je me suis dit : Mais comment a-t-il pu avoir cette pensée, lui, un homme ! Le Seigneur Jésus, oui, mais lui, un homme, marcher sur les eaux, quelle idée !

Et pourtant, le Seigneur, en lui laissant exprimer cette pensée a aussi un but : Il veut aussi nous enseigner, nous. La première chose que nous pouvons apprendre, c’est déjà quelque chose dans la réponse de Pierre : « Si c’est toi ». Ce n’est pas une pensée de condition, « si c’est toi », mais « puisque c’est toi », il ne doute pas, puisque le Seigneur avait dit : « C’est Moi », alors il ne doute pas que c’est le Seigneur. Mais puisque c’est Toi, « commande-moi d’aller vers toi sur les eaux ».

Il aurait pu dire aussi : Puisque c’est toi, laisse-moi venir vers toi sur les eaux ; ou : Je vais aller vers toi sur les eaux. Eh bien non, il dit : « Commande-moi d’aller vers toi sur les eaux ». « Commande-moi » : il y a une foi inouïe qui se montre dans la pensée qu’il pourrait venir auprès du Seigneur Jésus sur les eaux, la foi que le Seigneur peut faire cela, peut le rendre capable de marcher sur les eaux, que le Seigneur était capable de tout : comme Il pouvait Lui-même marcher sur les eaux.

Il aurait pu aussi donner à son disciple la capacité de marcher sur les eaux : voilà sa foi ! Et pourtant cette foi se lie à l’obéissance – ce n’est pas seulement un acte de foi. Il est prêt à être obéissant, il voudrait que le Seigneur lui commande de le faire, et alors il pourra le faire !

Ce n’est pas seulement la capacité dont il ne doute pas, c’est la foi que le Seigneur peut tout faire, mais c’est en même temps la conviction qu’il faut de l’obéissance pour cet acte de foi, et d’ailleurs c’est quelque chose qui, en principe, est vrai pour nous : un acte de foi doit être toujours aussi un acte d’obéissance.

Un acte de foi est un acte dans lequel nous sommes en communion avec notre Seigneur, où nous connaissons sa pensée et où nous suivons sa pensée ; et suivre sa pensée, c’est l’obéissance, donc l’obéissance est nécessaire pour un acte de foi.

C’est ce que le disciple Pierre nous enseigne par cette courte phrase, et je suis sûr que c’est l’Esprit qui lui a donné de l’exprimer ainsi et de ne pas l’exprimer de cette façon normale qui est celle que nous employons souvent. « Commande-moi d’aller vers toi sur les eaux », et le Seigneur dit un seul mot : « Viens » !

Quel mot pour Pierre : « Viens » ! Le Seigneur répond donc à son désir, ce désir de venir vers le Seigneur. D’ailleurs, c’est quelque chose de très beau, de voir que son disciple veut être près du Seigneur ; c’est le Seigneur qui l’attire, et Il répond à son désir par ce simple mot : « Viens » ! Il nous dit cela aussi ; si tu veux être près du Seigneur, Il te dira exactement : Viens, tu peux être près de moi, viens donc vers moi.

Et aujourd’hui, comment allez-vous vers Lui ? C’est en lisant la Parole, en vivant avec prière, c’est ainsi que nous pouvons être près du Seigneur, et quand nous aimons cela, nous disons souvent dans notre prière aussi : Accorde-nous de nous tenir près de toi. Eh bien oui, c’est une prière qui plaît au Seigneur, de nous tenir près de Lui. Mais comment pouvons-nous le faire ?

En connaissant sa Parole : peut-être avons-nous lu quelque chose, mais en appliquant sa Parole sur nos consciences et sur nos cœurs, et en étant en prière (on peut lui demander). Et le Seigneur peut aussi nous donner ces occasions, souvent pendant notre journée, où nous sentons le Seigneur tout proche de nous, même dans le travail. Quand il y a quelque chose à faire, bien sûr nous devons nous concentrer sur un travail professionnel !

Et pourtant, il y a des moments où nous remarquons que le Seigneur est là. La situation est difficile ? Le Seigneur est là, et c’est très beau de voir qu’Il répond ainsi avec ce simple mot : Viens !

Eh bien maintenant, nous voyons Pierre. Que fait-il dans la nacelle ? Il s’approche de la rambarde du bateau, il met un pied dessus, il met le pied sur l’eau. Si tu mets le pied sur l’eau, tu enfonces, non ? Lui, il met le pied sur l’eau, et il n’enfonce pas ! L’autre pied aussi, et il commence à marcher. Quelle expérience cet homme a pu faire ! Expérience de pouvoir sortir du bateau et le Seigneur le tient, il ne s’enfonce pas dans l’eau. Et il s’approche du Seigneur. On ne sait pas exactement combien de mètres il y avait, le Seigneur était loin de lui, il y avait un bout à marcher. Ah ! Les vagues ! Ah ! Le vent !

Et maintenant, sa pensée d’être près du Seigneur est tout d’un coup un peu affaiblie par ce qu’il voit. Il regarde les vagues, il regarde le vent et ce que fait le vent, alors il ne regarde pas le Seigneur. Il n’est pas dit : Eh bien, puisque c’est comme cela, il enfonce, mais il est dit tout simplement : « Mais voyant que le vent était fort, il eut peur ; et comme il commençait à enfoncer » – comme si c’était normal, oui ; comme il commençait à enfoncer, il eut peur.

Il n’y avait plus cette foi, alors on enfonce. On enfonce quand on a peur, et qu’on n’a pas de foi ! Cela nous est présenté comme quelque chose de normal, : « Comme il commençait à enfoncer, il s’écria… ». Et bien, nous connaissons ce cri de peur, ce cri de peine, de détresse : « Seigneur, sauve-moi ! », Tu es le seul qui peut me sauver. Qui aurait pu ? Il n’était pas près du bateau, l’aide humaine ne sert à rien, ce n’est pas possible, il n’y en a qu’Un qui le puisse !

Nous ne savons pas quelle était encore la distance jusqu’au Seigneur, mais le Seigneur est là et Il étend sa main et Il le prit. Et c’est aussi quelque chose de très beau de voir cela : le Seigneur aurait pu certainement, par une parole, relever son disciple pour qu’il ne s’enfonce pas dans la mer. Et pourtant, il ne le fait pas par une parole. Il connaît cette grande émotion de Pierre et il lui vient en aide en étendant la main et en le prenant par la main.

Alors, quelquefois, le Seigneur nous vient aussi en aide par sa façon d’agir avec nous, selon le niveau de notre foi. Le Seigneur dit ensuite : « Homme de petite foi » – nous aurions dit un homme de grande foi. Il était un homme de grande foi quand il a fait cette demande : « Commande-moi d’aller vers toi sur les eaux » !

Et le Seigneur dit : « Homme de petite foi » et Il vient en aide à cette petite foi. Est-ce que vous n’êtes pas quelquefois, souvent peut-être, un homme, une femme de petite foi ? Et le Seigneur vient en aide justement selon le niveau de notre foi, et il nous soutient ou nous soulève comme Il le fait avec Pierre.

D’ailleurs, c’est très beau de voir que c’est le Seigneur qui le prend et c’est une main forte qui peut le tenir. Nous pensons quelquefois : Je me tiens au Seigneur.

Un petit garçon qui dit à son père, en marche à la montagne, précipice ici, rochers là, chemin étroit… : Papa, je vais avec toi, je tiens ta main. Très bien ! Mais ce qui est nécessaire, c’est que le père tienne la main de l’enfant, et ce sont bien les enfants qui ont déjà remarqué combien c’est important que le père prenne la main de l’enfant. C’est la même expérience que nous devons faire nous aussi.

Ce n’est pas nous qui faisons quelque chose, mais c’est le Seigneur qui prend notre main et qui nous tient – et soyons reconnaissants pour cet acte d’amour du Seigneur.

« Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? » Douter, c’est le contraire de la foi. Dans l’épître de Jacques, nous voyons un peu cela, où il nous parle de la prière de la foi. Jacques 1. 6 : « Mais qu’il demande avec foi, sans douter en rien ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, que le vent agite et soulève ; qu’un tel homme ne pense pas recevoir quoi que ce soit du Seigneur ».

Peut-être que Jacques pense à cet événement de Matthieu 14. Douter ? Il est semblable au flot de la mer, que le vent soulève. En tout cas, cela nous fait penser à cette situation de Matthieu 14.

Douter envers le Seigneur, n’avoir pas de foi, c’est déshonorer le Seigneur ! Attention : douter, c’est déshonorer le Seigneur. Nous l’honorons par notre foi, par notre obéissance, par notre confiance ; et quand cela nous manque, nous le déshonorons parce que peut-être que nous ne voyons pas la grandeur de son amour, la grandeur de sa puissance, nous doutons.

Un homme lépreux vint une fois auprès du Seigneur Jésus en disant : Si tu veux, tu peux me guérir. Il n’avait pas douté de la puissance du Seigneur, mais peut-être qu’il doutait de l’amour, de la condescendance du Seigneur, parce qu’il dit : « Si tu veux » – et peut-être que tu ne veux pas.

Et c’est là que nous trouvons ce mot du Seigneur : « Je veux, sois guéri ! », c’est ainsi que le Seigneur répond aussi à un homme tel que ce lépreux qui, en partie, avait la foi, mais qui ne connaissait pas encore le Seigneur. Mais nous, nous connaissons le Seigneur, nous connaissons sa puissance, son pouvoir, mais nous connaissons aussi son amour ! Ne doutons jamais, ne doutons pas !

« Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba ». Eh bien, oui, le Seigneur monte avec lui dans la barque. Il avait dit qu’ils devaient le précéder, et non seulement le précéder, mais Il était venu Lui-même là. Ils n’étaient pas encore arrivés au but et le Seigneur était déjà avec eux.

Et le vent tomba, c’est-à-dire le repos arrive et ils arrivent aussi à l’autre rive. Et chers amis, nous comprenons bien que, dans le sens figuré, cela nous parle aussi du voyage de notre vie. Nous allons arriver aussi à l’autre rive et nous voulons aussi mettre notre confiance sur un tel Seigneur, un Seigneur qui nous dit : Traversez ; qui ne nous laisse pas seuls, qui, au moment où cela est nécessaire vient, et qui est là aussi pour prier pour nous.

Et cette prière du Seigneur telle qu’elle nous est présentée ici, nous fait penser à deux activités du Seigneur Jésus aujourd’hui :

– Il y a d’une part le souverain sacrificateur, Celui qui sympathise : nous pouvons voir ce passage en Hébreux 4. 15 : « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché ».

Alors, un souverain sacrificateur qui est là, qui sympathise à nos infirmités – les infirmités, ce sont des choses auxquelles nous sommes soumis parce que nous sommes des hommes, nous sommes faibles, nous sommes infirmes, nous n’avons pas la force, nous ne sommes pas des puissants. Le Seigneur est puissant, Lui a la force et Il le fait et Il nous connaît.

Il connaît aussi la faiblesse que l’un et l’autre montre. Faiblesse n’est pas la même chose que péché. Avec le péché, le Seigneur ne sympathise jamais, c’est clair. Il ne peut jamais sympathiser avec des actions que nous pouvons faire, qui sont mauvaises, qui sont péché, jamais. Mais quand il y a péché, il est nécessaire de confesser et puis nous aurons le pardon.

Mais Il compatit à nos faiblesses, Il l’a fait là aussi avec ses disciples sur la mer. Il a compatisé avec eux et Il a été tenté en toutes choses tel que nous. Cela c’est quelque chose d’extrêmement grand que le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, soit venu sur la terre, dans nos conditions, dans les conditions telles que nous les connaissons, que Lui Il ait connu tout cela.

Il sait ce que c’est que d’avoir faim, Il sait ce que c’est d’être fatigué. Il connaît tout cela, Il sait aussi ce qu’est la tristesse, Il sait aussi ce qu’est le deuil : Il a perdu aussi une personne qu’Il aimait.

À un moment d’ailleurs aussi dans ce chapitre, un peu avant que le Seigneur multiplie les pains, Il a appris (Il le savait, mais cela nous est présenté ainsi) que Jean le baptiseur avait été tué par Hérode ; alors que lisons-nous ? Juste ce verset 13 : « Et Jésus, l’ayant entendu, se retira de là en barque dans un lieu désert, à l’écart… » Parce qu’Il avait entendu que son précurseur Jean le baptiseur avait été tué, cela l’a touché, Il voulait être seul.

Donc Il a été tenté en toutes choses comme nous et je le répète, c’est quelque chose de très grand et Il comprend, Il nous comprend. Quelqu’un ici est-il triste ? Dans un deuil ? Le Seigneur te comprend. Tu es malade ? Le Seigneur te comprend, non pas parce qu’Il a été malade, mais parce qu’Il avait un cœur pour les malades quand Il était ici sur la terre. Comme Il a vu et comme Il a souffert avec ceux qui étaient malades. Il a souffert avec eux, Il a pris leurs souffrances sur Lui.

D’ailleurs, Ésaïe 53, nous connaissons ce passage, verset 4 : « Il a porté nos souffrances ». Donc, nous avons un tel souverain sacrificateur qui prend soin de nous et qui nous donne au moment opportun l’aide dont nous avons besoin ; et nous pouvons nous approcher de Lui comme il est dit en Hébreux 4, à ce trône de la grâce.

Le trône de gouvernement est devenu un trône de grâce pour nous. Le trône du gouvernement de Dieu – ce trône a affaire avec le gouvernement en général. Le trône de gouvernement de Dieu est devenu pour nous un trône de grâce, dont nous pouvons nous approcher pour trouver du secours au moment opportun ! Je le répète : c’est très grand pour nous !

– Et puis il y a aussi certainement cet autre côté, le côté de l’avocat. Le Seigneur Jésus est un avocat auprès du Père, qui prend aussi soin de nous quand il y a des péchés, nous connaissons l’enseignement de la 1re épître de Jean où, quand nous confessons nos péchés, nous sommes purifiés.

1 Jean 1. 9 : « Si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité ». Et pourquoi ? Parce qu’il est dit au verset 1 du chapitre 2 : « Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas ; et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ, le Juste ; et Lui est la propitiation pour nos péchés ».

Nous le savons, nous Le connaissons comme notre Sauveur, nous sommes maintenant enfants de Dieu. Je ne veux pas parler de ce côté-là, c’est, je pense, la base qui est claire. Mais quand nous avons péché, nous devons le confesser et alors, là aussi, le Seigneur est là. Voilà l’activité du Seigneur aujourd’hui sur la montagne – nous comprenons : « sur la montagne », cela signifie que le Seigneur est maintenant au ciel à la droite de Dieu et qu’Il est toujours là aussi pour nous. Et Il nous conduit et Il nous conduira jusqu’au but. Nous allons certainement arriver au but !

Encore quelques courtes pensées concernant le côté prophétique. Le côté prophétique a toujours affaire avec le peuple d’Israël, a toujours affaire avec la terre. La prophétie ne se porte pas sur le ciel, mais sur la terre.

Et alors, nous trouvons dans les disciples une image des croyants du peuple juif, premièrement au début de l’ère chrétienne où les disciples aussi étaient envoyés – ils devaient traverser la mer, ils devaient aller dans le monde et le Seigneur les précède.

D’autre part, dans les difficultés qu’ils rencontrent, les disciples sont aussi une sorte de figure de ceux qui, dans un temps futur du peuple d’Israël (de la tribu de Juda surtout), seront dans les tribulations, et qui, à travers les tribulations seront sauvés par le Seigneur et amenés au repos.

Mais alors, que veut dire dans cet ensemble, cet incident avec Pierre ? Pierre était dans la nacelle. La nacelle est une image du judaïsme, c’est-à-dire ce que Dieu avait donné au peuple d’Israël. Et Il avait, dans le début de l’ère chrétienne, encore laissé passer un temps où Il avait usé de patience avec les Juifs qui étaient encore liés aux ordonnances données par Moïse – nous connaissons cela, par exemple à Jérusalem, dans cette assemblée, ils allaient encore au temple, ils étaient encore liés à ces ordonnances mosaïques, et le moment venu, ils devaient aussi s’en défaire.

Et alors ces ordonnances sont : la nacelle. Il y en a un qui sort de la nacelle : c’est Pierre. Pierre est maintenant une image de ceux qui sortent, pour se confier uniquement au Seigneur. Ils ne se basent plus du tout sur les ordonnances du judaïsme, ils les quittent. Son chemin n’est plus un chemin qui a encore l’aide de certaines ordonnances pour le soutenir comme c’était pour le judaïsme, mais il compte seulement sur le Seigneur, c’est la foi pure.

Il n’y a plus la nacelle qui peut le tenir, il n’y a plus rien dans la mer, que le Seigneur. Et ainsi il devient une certaine image de l’assemblée encore sur la terre, qui traverse aussi la mer pour arriver au but, où le Seigneur s’occupe de son assemblée, la soutient et l’amène jusqu’à l’autre rive. C’est aussi un côté prophétique que nous trouvons souvent dans ces passages.

Retenons surtout peut-être ce qui nous est donné pour notre chemin et la figure que nous trouvons dans cette traversée de la mer : la confiance au Seigneur Jésus, avec la foi liée à l’obéissance à la Personne bénie de Celui qui est là-haut au ciel, pour nous, qui prie pour nous et qui est là pour nous aider au moment où nous en avons besoin. Nous en avons toujours besoin mais Il est aussi toujours là !

Il me soutient, Il m’encourage

Dans le chemin qui mène au ciel ;

Bientôt, au bout de mon voyage,

Je vais te voir, Emmanuel !

R. Brockhaus

2 ROIS 2. 5, 9 à 12

Nous désirons dire quelques mots de la puissance pour vivre la vie chrétienne, de la source de la force pour vivre une vie de dévouement au Seigneur Jésus.

C’est quelque chose que chacun d’entre nous doit considérer, les plus jeunes croyants comme les plus âgés. La manière dont Élie a été enlevé est riche d’enseignements pour nous. Nous pensons souvent à ce prophète, comme un type de l’Assemblée.

De la même manière qu’Élie a été enlevé et introduit dans le ciel, c’est notre espérance, comme chrétiens, que, lorsque le Seigneur viendra, nous serons enlevés nous aussi à sa rencontre en l’air.

Nous trouvons deux illustrations de ce fait dans l’Ancien Testament : il y a l’enlèvement d’Élie en 2 Rois 2, mais aussi celui d’Hénoc dans le livre de la Genèse.

Quant à Hénoc, il est écrit qu’il a marché avec Dieu et qu’il « ne fut plus, car Dieu le prit » (Gen 5. 24). « Par la foi, Énoch fut enlevé… ; on ne le trouva pas, parce que Dieu l’avait enlevé ; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu » (Héb 11. 5).

Il y a un demi-siècle, il y avait aux États-Unis un mouvement qu’on appelait « le peuple de Jésus » et, quoiqu’on puisse en penser, on pouvait voir que le Seigneur travaillait en ce temps-là.

L’un d’entre eux a composé un cantique auquel il a donné ce titre : « J’espère que nous serons tous prêts ». Nous espérons que chacun de nos lecteurs est prêt, si le Seigneur Jésus venait aujourd’hui.

Il s’agit simplement de mettre votre foi et votre confiance dans la personne du Seigneur Jésus Christ.

Sur la montagne de la transfiguration, Élie est apparu avec Moïse aux côtés du Seigneur Jésus. Cette scène est une représentation de la gloire future du royaume de Dieu. Pierre a vu la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, il a été témoin oculaire de sa majesté (1 Pier. 1. 16).

Lorsqu’il reviendra, il y a ceux qui, comme Moïse, ressusciteront d’entre les morts, et les vivants qui seront enlevés, sans passer par la mort, pour être toujours avec le Seigneur.

Et nous avons une illustration, ou un type, de ces deux compagnies de croyants en Moïse et Élie. Nous voyons là un type de l’enlèvement de l’Église. Mais, sur cette montagne de la transfiguration, le moment arrive où « ils ne virent plus personne, sinon Jésus seul avec eux » (Marc 9. 8). Nous aimerions diriger nos regards plus particulièrement sur la personne du Seigneur Jésus-Christ, que nous laissions ainsi de côté l’illustration précédente et que nous considérions Élie comme une image ou un type de notre Seigneur Jésus.

Élisée désirait une double mesure de l’esprit d’Élie sur lui. Élie lui répond qu’il a demandé une chose difficile et il ajoute : « si tu me vois quand je serai enlevé d’avec toi, il en sera ainsi pour toi » (v.10).

Et ils poursuivirent leur chemin, marchant et parlant. Élisée gardait les yeux fixés sur Élie. Et nous, bien-aimés, nous devons garder nos yeux fixés sur le Seigneur Jésus Christ. « Comme ils allaient… voici un char de feu et des chevaux de feu ; et ils les séparèrent l’un de l’autre » (v. 11).

Élie est monté aux cieux dans un tourbillon. Le point important, c’est qu’Élisée a vu cela se passer et il a réalisé alors qu’il aurait dans sa vie la puissance qu’Élie avait. Il en serait ainsi pour lui, comme Élie l’avait dit !

Qu’avait fait Élie dans les versets précédents de ce récit de 2 Rois 2 ? Il avait pris son manteau et en avait frappé les eaux du Jourdain ; ils avaient pu alors passer à sec (v. 8). Et que fait Élisée maintenant ? Il prend le manteau d’Élie, et frappe les eaux et dit : « Où est l’Éternel, le Dieu d’Élie ? ». Alors les eaux se divisent, et Élisée passe (v. 14).

La puissance qui avait permis à Élie de traverser le Jourdain était maintenant à la disposition d’Élisée pour qu’il le traverse à nouveau. Et c’est ce dont nous avons besoin dans nos vies : que la puissance de Christ repose sur nous.

Dans l’épître aux Philippiens, Paul parle de « l’excellence de la connaissance du Christ Jésus son Seigneur » et il ajoute qu’il désire « le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection » (3. 8 à 10).

L’épître aux Romains rappelle que l’Esprit de Christ habite dans le croyant (8. 9 à 11). Et si nous voulons voir sa puissance manifestée dans notre vie, nous devons suivre le Seigneur Jésus. Nous devons avoir nos regards fixés sur Lui, celui qui est maintenant élevé à la droite de Dieu.

N’est-il pas magnifique de voir le Seigneur Jésus, quand il était ici-bas, plein de l’Esprit Saint. Il a agi dans la puissance de l’Esprit de Dieu, Il a été conduit par l’Esprit dans le désert.

Chaque action durant sa vie était accomplie par la puissance de l’Esprit Saint. C’est ce que ce passage nous dit dans cette image d’Élisée : si nous gardons les yeux fixés sur le Seigneur Jésus, nous aurons la puissance pour Lui être fidèle ici-bas.

J.N. Darby a dit que le secret de la paix intérieure et de la puissance extérieure, c’est d’être constamment et uniquement occupé de Christ. Si nous voulons jouir de la paix avec Dieu, nous devons regarder à Christ.

Ce n’est pas en regardant en nous-mêmes, à nos propres cœurs. Si nous cherchons les preuves de notre salut en nous-mêmes, cela nous conduira au découragement et au malheur. Peut-être que, pendant une semaine, nous penserons que nous nous sommes assez bien comportés. Mais si nous regardons à nous-mêmes, nous regardons le mauvais homme.

Dieu a un seul Homme devant lui, le Seigneur Jésus. Et nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. C’est l’œuvre accomplie pour nous qui nous sauve, et non pas une œuvre accomplie en nous.

La Parole de Dieu nous encourage toujours à être occupés de la personne du Seigneur, et si nous n’avons pas sa Personne et son œuvre devant nous, ainsi que les ressources de sa grâce, nous sommes portés au découragement.

Ainsi, pour jouir de la paix intérieure, nous devons regarder en dehors de nous, au Seigneur Jésus. Pour avoir un témoignage puissant, de la puissance dans notre marche, nous devons être occupés du Seigneur Jésus.

Et lorsque nous le considérons comme Celui qui est monté au ciel, cela ouvre la porte pour que son Esprit, l’Esprit de Christ, l’Esprit de Dieu opère dans nos cœurs et nous donne de la puissance dans notre témoignage et dans nos paroles. C’est une leçon très importante et nous le voyons dans ce verset : « Tu as demandé une chose difficile… Il en sera ainsi pour toi ».

Nous voulons rappeler maintenant sept passages du Nouveau Testament dans lesquels nous lisons que le Seigneur Jésus a été élevé. On peut compter au moins seize mentions de son élévation depuis la première, dans l’évangile de Marc.

Matthieu ne mentionne pas l’élévation du Seigneur au ciel. À la fin de cet évangile, le Seigneur Jésus dit : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » (28. 20). C’est comme s’Il demeurait avec le résidu jusqu’à la fin.

Dans l’évangile de Jean, il dit : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (20. 17). Ce n’est pas précisément une allusion à son ascension, parce qu’Il est le Fils de l’homme qui est dans le ciel.

En tant que Dieu le Fils, Il ne pouvait être élevé plus haut qu’Il ne l’était déjà. Il reste donc l’évangile de Marc et l’évangile de Luc. Luc a aussi écrit les Actes et il est encore question de l’élévation du Seigneur dans ce livre.

« Le Seigneur donc, après leur avoir parlé, fut élevé dans le ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils allèrent prêcher partout, le Seigneur coopérant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient » (Marc 16. 19 et 20).

N’est-ce pas quelque chose de merveilleux qui est présenté ici d’une façon si simple et si brève : Il a été « élevé dans le ciel » et il s’est assis « à la droite de Dieu ». Un événement d’une telle importance rapporté dans des mots si simples.

Jésus, après avoir parlé à ses disciples, est élevé à la place la plus élevée, à la droite de Dieu. Est-ce que vous le voyez là-haut ? C’est bien ce qu’Élie avait dit à Élisée : « si tu me vois quand je serai enlevé d’avec toi ».

Nous avons besoin de voir Christ assis là, à la droite de Dieu ; c’est la place la plus élevée dans le ciel.

Et la conséquence, c’est que les disciples sont partis et ont prêché partout. Le Seigneur coopérait avec eux et la parole qu’ils proclamaient à ce moment-là était accompagnée par des signes. Nous savons qu’il y avait alors des dons miraculeux, et des signes des apôtres (2 Cor. 12. 12). Ces dons-signes avaient été donnés au début de l’histoire de l’Église, mais ils ont disparu aujourd’hui. Ils étaient donnés comme signes.

Malgré tout Dieu travaillait à ce moment-là et Dieu travaille encore aujourd’hui. Dans ce monde, nous pouvons voir les effets de la grâce de Dieu qui agit, pour amener des conversions. Nous voyons les fruits produits par la Parole de Dieu qui agit dans les vies.

Mettons notre confiance en Lui, parce qu’il est assis à la droite de Dieu, même dans les temps troublés que nous connaissons. Il y a encore des opportunités pour que la grâce de Dieu opère, pour que le Seigneur travaille, mais sa puissance est manifestée en ceux qui saisissent cette réalité, qu’Il est là où il a été élevé, à la droite de Dieu.

Comme les disciples et les apôtres qui ont pu travailler, parce qu’ils connaissaient Christ et qu’ils savaient où il était, et comme Élisée a eu la puissance d’Élie, parce qu’il avait vu où il était allé et avait reçu sa puissance, nous aussi nous pouvons avoir cette même ressource.

« Or comme les jours de son élévation au ciel arrivaient à leur accomplissement, lui-même dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem » (Luc 9. 51).

Les jours de l’ascension du Seigneur approchaient. Cette annonce est faite, dans l’évangile de Luc, juste après le récit de la manifestation en gloire du Seigneur sur la montagne de la transfiguration.

Cet évangile nous présente la naissance du Seigneur Jésus, de celui qui a quitté la gloire, a revêtu la nature humaine sous sa forme la plus humble, entrant dans le monde comme un petit enfant dans les bras de sa mère. Notre Sauveur a été emmailloté et couché dans une crèche, il a eu besoin d’être porté par d’autres, alors qu’il soutenait toutes choses par la parole de sa puissance. Quel anéantissement, quel abaissement, en grâce et en amour, dans cette ville de Nazareth !

Et durant sa vie à Nazareth, n’est-il pas le fils du charpentier ? Nathanaël avait dit : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1. 46) Il a été méconnu, méprisé. Il y a eu toutes ces années cachées aux yeux des hommes, les jours passés dans le désert, puis il apparaît dans son ministère public, nous le voyons dans cette vallée.

Et maintenant, il est ici au sommet de la montagne. Ce sont les jours de son assomption. Les conseils de Dieu devaient s’accomplir et nous savons qu’il était nécessaire que le Seigneur aille jusqu’à la croix pour répondre à nos besoins. Mais nous voyons le Seigneur Jésus dans la perfection de sa Personne et nous considérons sa parfaite humanité, celui dont le Père a pu parler et déclarer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 17. 5).

Au regard de sa perfection personnelle, de sa gloire, nous comprenons qu’Il aurait pu être élevé au ciel aussitôt, ainsi, comme homme, car sa Personne même était acceptable à Dieu, et les jours de son ascension au ciel arrivaient à leur accomplissement. Mais la Parole nous dit qu’il « dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem ». Car il ne voulait pas être seul là-haut, dans le ciel.

Prophétiquement, il a déclaré : « Mes délices étaient dans les fils des hommes » (Prov. 8. 31). Alors de cette place d’élévation, de gloire et d’exaltation, au lieu de continuer à monter, Il est descendu et est allé à Jérusalem, jusqu’à la croix du calvaire et a répondu, là, à tous nos besoins. Il a voulu nous préparer des places, pour que nous soyons avec lui dans la gloire (Jean 14. 2). Quel merveilleux Sauveur nous avons !

Lui qui était dans la gloire, il est descendu, il s’est abaissé après être monté sur la montagne ; puis Il a continué à descendre pour aller à Jérusalem, à Golgotha. Après sa mort et sa résurrection, nous Le voyons aller à Béthanie et là, il monte de nouveau (Luc 24).

« Il les mena dehors jusqu’à Béthanie, puis, levant ses mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel » (Luc 24. 50 et 51).

Béthanie est un lieu qui occupait une grande place dans le cœur du Seigneur Jésus ; il y avait là la maison de Lazare, de Marthe et de Marie. Celui qui n’avait « pas de lieu où reposer sa tête » (Luc 9. 58), avait une maison là. On peut lire dans l’évangile de Jean que Jésus allait à la montagne des Oliviers (Jean 8. 1), alors que chacun s’en allait dans sa maison (7. 53).

Nous lisons que, dans les derniers jours de sa vie, le Seigneur se rendait chaque jour de Béthanie à Jérusalem.

Quelle place donnons-nous au Seigneur Jésus dans nos maisons ? Il est écrit que Marie était assise à ses pieds et qu’elle écoutait sa parole (Luc 10. 39). Il est bon de laisser le Seigneur nous parler par sa Parole.

Cette maison a aussi connu beaucoup de tristesses, c’est une maison qui a connu le deuil, une maison dans laquelle la mort était entrée, dans sa terrible réalité. Il est écrit : « Jésus pleura » (Jean 11. 35) – c’étaient des larmes humaines de sympathie humaine. Il avait la puissance de ressusciter Lazare d’entre les morts – et il allait le ressusciter – et pourtant, Il est entré dans les circonstances du moment, Il a sympathisé là avec ces deux sœurs qui pleuraient.

Dans ce foyer à Béthanie, ils ont pu faire l’expérience de la sympathie de Christ, même en présence de la mort. C’est aussi dans cette maison que Marie l’a oint pour le jour de sa sépulture (Jean 12. 3). Marie entrevoyait sa mort, elle avait l’intelligence spirituelle, le discernement, pour comprendre qu’Il allait au-devant de la croix.

Béthanie était aussi le lieu de l’adoration. Du mont des Oliviers, Jésus s’en va à Béthanie. Il est dit que « levant les mains en haut il les bénit » (Luc 24. 50). Pensez à cela, chers frères et sœurs : quand le Seigneur monte au ciel, ses mains sont ouvertes pour bénir et ses mains sont encore ouvertes aujourd’hui !

C’est le désir de son cœur, c’est son attitude de grâce envers nous. « Il les bénit », Il désire nous bénir et Il nous bénit. Les disciples ont pu voir cela de leurs yeux.

Mais aujourd’hui nous devons comprendre la signification spirituelle de cela, pour que les effets en soient visibles dans nos vies. En anglais, il est écrit qu’il a été porté en haut, une puissance l’avait élevé.

Les disciples lui ont rendu hommage et sont retournés à Jérusalem avec une grande joie (v. 52). Et ils louaient et bénissaient Dieu (v. 53). Si nous arrivons à une petite compréhension de son exaltation personnelle de sa gloire, – de ce qu’il est et où il est – cela nous conduirait à l’adoration et à la reconnaissance.

« Hommes galiléens, dirent-ils, pourquoi restez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous au ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller au ciel » (Act. 1. 11).

Luc rappelle que, dans son évangile, il a parlé de « tout ce que Jésus commença de faire et d’enseigner, jusqu’au jour où il fut élevé au ciel » (v. 1). Le fait merveilleux qu’Il a été élevé au ciel est à nouveau évoqué. Au verset 9, nous retrouvons encore une vérité similaire, et nous lisons ensuite qu’il « fut élevé de la terre, tandis qu’ils regardaient : une nuée le reçut et le déroba à leurs yeux ».

Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, deux hommes en vêtements blancs leur déclarèrent : « Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous au ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller au ciel » (v.11).

Les disciples ont vu de leurs yeux le Seigneur Jésus élevé au ciel et, plus tard, ils ont pu en rendre témoignage à d’autres. Aujourd’hui nous sommes au bénéfice de ce témoignage et nous pouvons en rendre témoignage nous aussi. Une nuée Le reçut et ils ne le virent plus. Aujourd’hui, nous ne Le voyons pas de nos yeux, mais nous avons la certitude qu’Il va revenir de la même manière. Ce verset nous enseigne que le Seigneur Jésus reviendra de la même manière, personnellement et dans le corps.

« Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : Ceci vous scandalise-t-il ? Si donc vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant… ? » (Jean 6. 61 et 62)

Le Seigneur parle du véritable pain qui vient du ciel et qui donne la vie au monde (v. 32 et 33), il fait allusion à sa mort. C’était chose difficile pour les disciples de comprendre, de saisir ce qu’Il leur disait : « Moi, je suis le pain de vie » (v. 35). Ils lui disent : « cette parole est dure, qui peut l’ouïr ? (c’est-à-dire : la comprendre et la recevoir) ».

Jésus, sachant en lui-même que les disciples murmuraient leur dit : « Si donc vous voyez le fils de l’homme monter où il était auparavant… ? » (v. 62)

Nous apprenons ici une vérité importante, celle de la préexistence de Christ. Quand il est parlé du Fils de l’homme, il est question de ce qu’Il était dans son humanité. Mais il y a pourtant unité dans sa Personne et celui qui était parfaitement homme peut déclarer qu’il retournait où il était « auparavant ».

Il s’agit de sa divinité, de sa préexistence. Il retourne là où il était auparavant, montant par sa propre puissance. Il était venu de Dieu et s’en allait à Dieu. Quand nous pensons à son élévation, nous ne devons jamais l’oublier ou la dissocier de la gloire de sa Personne.

« Incontestablement, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru dans le monde, a été élevé dans la gloire » (1 Tim. 3. 16).

Il y a la pensée ici que le Seigneur n’est pas seulement introduit dans la gloire, mais aussi qu’Il y est introduit d’une manière glorieuse. Nous savons qu’Il est dans la gloire. Mais quel moment glorieux et quelle magnificence au moment où Il a été introduit dans la gloire.

Si nous voulons vivre pieusement ou dans la sainteté, ce verset explique comment nous pourrons le réaliser. Et c’est à nouveau en contemplant la personne du Seigneur Jésus, celui qui était Dieu et qui a été manifesté en chair. C’est l’incarnation. Il a été justifié en Esprit, cela manifeste la façon parfaite dont Il a été manifesté dans sa vie et dans sa mort.

Le Saint Esprit a pu mettre le sceau de son approbation sur tout ce qu’Il a fait. Il a été vu des anges – les anges n’avaient jamais vu Dieu auparavant. Ce n’est pas d’une manière chronologique que cela est présenté ici, parce qu’Il a été prêché aux nations après être monté dans le ciel, mais il est dit qu’Il a été prêché parmi les nations et cru au monde.

Le tableau qui nous est présenté dans ce verset de 1 Timothée commence par l’incarnation du Seigneur Jésus et se termine avec la gloire dans laquelle Il a été élevé. Et si nous méditons et saisissons ces vérités, la piété sera produite dans nos vies.

« la puissance de sa force, celle qu’il a déployée dans le Christ en le ressuscitant d’entre les morts ; – (et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes…) » (Éph. 1. 19).

Il est question ici de sa puissance « envers nous qui croyons » : c’est une puissance extraordinaire, il est parlé de grandeur de sa puissance ; plusieurs superlatifs sont utilisés : « l’excellente grandeur de sa puissance… l’opération de la puissance de sa force » (v. 19).

Elle a été « déployée dans le Christ en le ressuscitant d’entre les morts » (v. 20). Si la puissance de Dieu peut faire sortir un homme de la mort, il lui est tout aussi facile de ressusciter des myriades d’entre les morts. Christ est les prémices (les premiers fruits) (1 Cor. 15. 23).

Même ceux qui meurent dans leurs péchés seront ressuscités et seront jugés devant le grand trône blanc (Apoc. 20. 12).

Dans ce verset d’Éphésiens 1, la résurrection de Christ et son élévation dans le ciel sont vues comme formant une seule action continue. L’accent n’est pas mis sur la période de 40 jours durant lesquels le Seigneur a été vu et entendu par beaucoup de témoins.

Ce passage passe directement de sa résurrection d’entre les morts à sa séance à la droite de Dieu. Il souligne la grandeur de son élévation, « au-dessus de tout pouvoir, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme » (v. 21).

Nous voyons toutes choses assujetties sous ses pieds. L’emphase est mise sur la puissance de Dieu en activité. C’est cette même puissance qui a élevé Christ à cette position glorieuse qui s’exerce envers nous.

En arrivant au chapitre 2, nous voyons que cette même puissance est en nous : « Mais Dieu… nous a vivifiés ensemble avec le Christ… et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le christ Jésus » (v. 4 à 6).

Nous revenons à ce que nous avons vu en 2 Rois 2 : Élisée a vu Élie être élevé, et Élie lui avait dit : Si tu me vois quand je serai élevé, tu auras cette puissance dans ta vie. Si nous sommes occupés de Christ ressuscité, élevé et exalté, certainement cela aura un effet béni dans chacune de nos vies. Pourquoi ne pas essayer ?

D’après A. Poots

2 JEAN et 3 JEAN

Ces deux épîtres font partie des dernières épîtres écrites et consignées dans le Nouveau Testament. Leur caractère nous fait penser à ce qu’on lit dans le livre de Malachie : « Ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre » (Mal. 3. 16).

Dans ce verset, il n’est pas dit : « Ceux qui craignent l’Éternel ont parlé les uns aux autres », mais « l’un à l’autre ».

Il est précieux au cœur de Dieu de voir ne serait-ce que deux des siens qui le craignent, qui craignent le Seigneur, parler de Lui entre eux.

Dans la deuxième épître, l’apôtre Jean s’adresse à une dame – la dame élue – et à ses enfants ; dans la troisième, à Gaïus, un frère bien-aimé.

La dame élue avait sans doute un certain rang dans la société, nous l’ignorons. Toutefois Jean s’adresse à elle avec le respect et la convenance qui conviennent à un frère lorsqu’il s’adresse à une sœur. L’affection est là, exprimée par ces mots « que j’aime dans la vérité », une affection profonde qui lie les cœurs, mais qui n’enlève rien au respect et à ce qui convient dans les relations et échanges les uns avec les autres.

Une affection particulière liait l’apôtre à Gaïus. C’est « Gaïus, le bien-aimé » (3 Jean 1). Gaïus avait à cœur les intérêts du Seigneur, servait dans sa mesure aux intérêts du Seigneur en accompagnant ceux qui avaient à cœur le service du Seigneur, ceux qui étaient sortis « pour le Nom ». Il avait le souci de la gloire du Seigneur dans l’assemblée. Cela lie le cœur de cet apôtre qui avait servi le Seigneur toute sa vie à celui qui s’appliquait de même à servir le Seigneur. On trouve aussi cela chez l’apôtre Paul lorsqu’il parle à Timothée dans ses épîtres.

La dame élue avait besoin de certaines exhortations dont nous parlerons plus loin. S’il y a un véritable amour chrétien entre l’ancien et cette dame élue et ses enfants, il n’y a pas l’expression de cette intimité de la même manière qu’avec Gaïus.

Jean était un apôtre, mais lorsqu’il vient parler à des individus, il ne se nomme pas apôtre, mais ancien. Lorsqu’il est question d’exhortation pour notre marche collective, cet apôtre appelé par le Seigneur, qui s’appelle lui-même « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13. 23 ; 19. 26 ; 20. 2 ; 21. 7 et 20), se présente comme « l’ancien » (2 Jean 1 ; 3 Jean 1). Certainement âgé par rapport à ceux à qui il s’adressait, il avait une expérience qu’il pouvait leur communiquer. Mais, dans l’humilité, il ne s’adresse pas à ces personnes avec son autorité apostolique, bien qu’il l’ait. Il le fait simplement comme un frère qui a de l’expérience, de l’âge, et qui peut apporter quelque chose qu’il a appris durant sa vie avec le Seigneur.

Parmi nous, des frères et des sœurs ont une certaine expérience. Par leur marche ils sont connus pour vivre avec le Seigneur : ils ont appris à le connaître dans leur vie et ont fait l’expérience de ses soins, comment le Seigneur les a gardés dans le chemin, malgré peut-être certains écarts, des doutes. Pour ceux qui ont eu ce privilège, il y a la responsabilité de penser aux plus jeunes qui entrent dans la vie et qui ont besoin de tirer leçon des expériences des aînés.

Nous trouvons quelque chose de comparable chez l’apôtre Paul. Dans plusieurs de ses épîtres, il se désigne comme apôtre de Jésus Christ, apôtre appelé, particulièrement dans les épîtres où il donne un enseignement doctrinal. Le Seigneur lui a donné une autorité avec un service particulier, il se présente comme ayant reçu ce service de la part du Seigneur. Dans l’épître aux Philippiens, où il vient parler aux croyants de ce qu’est la marche chrétienne, de ce que sont les relations entre les enfants de Dieu, il ne s’appelle pas apôtre ; c’est « Paul et Timothée, esclaves de Jésus Christ ». On voit donc cette même humilité chez Paul dans la façon d’aborder ceux qui ont besoin d’exhortations ou lorsqu’il est question simplement de parler d’expériences et de marche chrétienne. Cela nous montre comment dans nos relations fraternelles, il convient de manifester une réelle humilité. Cela fait contraste avec ce que l’apôtre dit plus loin en parlant à Gaïus au sujet de Diotrèphe.

L’apôtre Pierre pouvait dire : « J’exhorte les anciens qui sont parmi vous, moi qui suis ancien avec eux et témoin des souffrances de Christ, qui aussi ai part à la gloire qui va être révélée : faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous » (1 Pier. 5. 1 et 2). Ce n’est pas le troupeau de Dieu au-dessus duquel vous êtes, mais « qui est avec vous ». Il ajoute au verset 3 : « en étant les modèles du troupeau ». Voilà encore une exhortation à cette humilité dans notre marche collective. Dans cette façon de s’adresser au croyant, il y a à la fois cette expression de respect, de convenance associée à une profonde affection.

Nous notons aussi qu’à chacun des destinataires il est dit : « que j’aime dans la vérité ».

« La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17). Dans l’original grec, le verbe « vinrent » est au singulier de telle sorte qu’il faudrait dire : la grâce et la vérité vint par Jésus Christ (comme si le sujet était au singulier). Les deux choses sont étroitement liées, de telle sorte qu’on ne peut pas séparer la grâce de la vérité lorsqu’on parle de la venue du Seigneur Jésus dans ce monde. Quand le Seigneur vient au-devant de nous, Il vient avec la grâce, parce que la vérité nous consumerait. Lorsque, dans la première épître de Jean, l’enseignement nous est donné pour que nous soyons gardés dans la communion les uns avec les autres, il est d’abord parlé du fait que Dieu est lumière (ch. 1), et puis que Dieu est amour (ch. 4).

Dans nos relations fraternelles, nous ne pouvons pas séparer un amour vrai, un amour profond, de l’attachement à la vérité. Ce qui liera les cœurs des saints, c’est nécessairement un attachement à la vérité. Pourquoi ? Parce qu’ainsi, automatiquement, nous serons attachés au Seigneur. S’il en est ainsi pour les uns et les autres, nous réaliserons ces liens qui nous unissent dans le Seigneur. Il y a des croyants avec lesquels on se sent immédiatement à l’aise et lorsqu’on fouille un peu les questions qui concernent notre attachement au Seigneur, on voit un réel attachement à la vérité. Mais s’il n’y a pas ce réel attachement à la vérité, il y a automatiquement un peu de distance.

L’apôtre dit à la dame élue : « non pas moi seul, mais aussi tous ceux qui connaissent la vérité ». Les liens entre les croyants, qui connaissent la vérité et y sont attachés, s’étendent les uns aux autres de telle sorte que si des croyants sont attachés à la vérité, il y aura cet amour pour d’autres croyants, même s’ils sont à peine connus, voire inconnus. Et pourquoi ? Nous l’avons lu : « à cause de la vérité qui demeure en nous et qui sera avec nous pour toujours ». Ce qui lie les cœurs, c’est l’attachement à la vérité. Que le Seigneur nous donne d’attacher un grand prix à la Parole de Dieu qui est la vérité (Jean 17. 17) et de la tenir serrée dans nos cœurs. Ce n’est pas un commandement légal, ce ne sont pas un ensemble de règles rigides ; c’est un attachement à la personne du Seigneur et à ce qu’Il aime. Si nous sommes attachés au Seigneur, nous ferons les choses qui Lui plaisent, sinon nous ferons les choses qui plaisent à la chair.

Pour la dame élue

« La grâce, la miséricorde, la paix seront avec vous de la part de Dieu le Père et de la part du Seigneur Jésus Christ, le Fils du Père, dans la vérité et dans l’amour » (v. 3). Tel est le souhait de Jean envers la dame élue. La grâce et la paix sont souvent souhaitées dans les épîtres, dans les épîtres adressées aux assemblées, comme aussi à des individus. Nous avons besoin de la grâce pour notre marche individuelle et pour notre marche collective. Sans la grâce de Dieu, nous ne pourrons pas continuer à marcher ensemble. Nous avons aussi besoin de la paix. On connaît ces passages qui nous parlent de la paix dans l’Écriture. « Demandez la paix de Jérusalem ; ceux qui t’aiment prospéreront » (Ps. 122. 6). S’il y a un sujet de prière que nous avons bien à faire monter devant le trône de la grâce, non seulement pour l’assemblée locale à laquelle nous sommes rattachés, mais pour toutes les assemblées, c’est de prier pour que la grâce et la paix du Seigneur soient avec nous. Ce que l’Ennemi cherche, c’est de disperser. Le loup vient, il ravit et il disperse les brebis (Jean 10. 12). Le berger les rassemble. Que nous sachions demander cette grâce et cette paix pour les assemblées de Dieu. Ce sujet de prière est très important dans les jours actuels. Que le Seigneur permette que nous ayons cette sollicitude pour le supplier afin qu’Il garde les siens dans la paix. Nous savons bien qu’on ne peut pas être gardé dans la paix si on n’est pas attaché à la vérité. C’est ce que nous allons voir plus loin.

On remarque ceci, c’est que l’apôtre dit « que j’aime dans la vérité ». Il place l’amour avant la vérité. Et quand il souhaite la grâce et la paix il dit : « dans la vérité et dans l’amour ». Pourquoi ? Parce que s’il n’y a pas la vérité, il ne peut pas y avoir l’amour. C’est une chose qu’on peut remarquer aussi. On a cité tout à l’heure dans l’évangile selon Jean, ce que l’apôtre dit : « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ ».

Une mention supplémentaire est faite dans le souhait adressé à cette dame : c’est la miséricorde. Nous en avons tous besoin individuellement. La miséricorde, c’est Dieu entrant dans la misère de nos cœurs. Le Seigneur mesure parfaitement les exercices de nos cœurs et il y répond dans sa miséricorde. Ces exercices peuvent être différents de l’un à l’autre parce que nos situations sont différentes et Sa miséricorde répond à l’un comme à l’autre.

Pour Gaïus

L’apôtre Jean dit : « Bien-aimé, je souhaite qu’à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère » (v. 2).

La suite du passage montre que Jean avait eu un bon témoignage au sujet de Gaïus et ce témoignage l’avait réjoui. S’il est vrai que notre premier désir c’est qu’il y ait de la prospérité spirituelle pour les âmes de chacun, nous ne sommes pas indifférents aux circonstances qui nous concernent les uns et les autres. On voit cela dans les Écritures. Quand on lit le livre de la Genèse ou le livre de l’Exode, on voit que ceux qui se rencontraient s’enquéraient du bien-être les uns des autres. C’est tout à fait normal et même souhaitable, c’est quelque chose qui relève de l’amour fraternel, que dans nos rencontres nous nous enquérions des situations des uns et des autres. Il ne s’agit pas de curiosité. L’apôtre Pierre nous dit bien de ne pas nous ingérer dans les affaires d’autrui (1 Pier. 4. 15). Soyons bien prudents à cet égard. Cependant, nous pouvons nous enquérir du bien-être de nos frères et sœurs et souhaiter ainsi, que non seulement nous prospérions spirituellement, mais aussi que le Seigneur réponde à nos besoins matériellement et physiquement. Dans nos réunions de prières ne devons-nous pas prier pour qu’il y ait de la prospérité, la croissance spirituelle chez les uns et les autres ? S’il y a de la prospérité spirituelle dans nos âmes, il y aura aussi une répercussion dans la vie de l’assemblée.

Jean voyait les deux côtés de la prospérité : d’une part la croissance spirituelle (son âme prospérait) et d’autre part sur le plan physique (qu’il soit en bonne santé). Désirer que le croyant prospère, ce n’est pas désirer qu’il acquière des richesses, mais que le Seigneur donne ce qui répond à ses besoins pour sa vie, afin qu’il soit dégagé de soucis et puisse être occupé paisiblement des intérêts du Seigneur. Nous pouvons avoir parfois une telle charge de travail ou être tellement à l’étroit quant à notre condition matérielle, qu’il semble que les choses spirituelles perdent de l’attrait. Ce n’est pas que nous soyons vraiment négligents, ce n’est pas que notre cœur n’y est pas, mais nous ne trouvons plus le temps nécessaire et un esprit suffisamment paisible pour nous occuper de façon heureuse de « ce qui est en haut » (voir Col. 3. 1). Ainsi ayons devant nous ce sujet de prière : prier pour la prospérité spirituelle. Pensons d’une manière particulière à nos jeunes frères et sœurs, qui sont parfois très chargés par leur travail professionnel ; demandons au Seigneur de leur donner de pouvoir « travailler paisiblement » (2 Thess. 3. 12) pour que leur esprit soit dégagé de trop de soucis et qu’ils puissent s’occuper des intérêts du Seigneur.

L’apôtre Jean pouvait se réjouir d’avoir trouvé des enfants de cette dame marchant dans la vérité. C’est toujours une joie particulière lorsque les enfants de croyants marchent dans la vérité. C’est une bénédiction pour les parents, c’est une joie et un sujet de reconnaissance pour ceux qui en sont les témoins.

L’apôtre dit : « Je te demande – non pas comme si je t’écrivais un nouveau commandement, mais celui que nous avons eu dès le commencement – que nous nous aimions les uns les autres » (v. 5). On pourrait se poser la question : pourquoi dès le commencement ? Parce que c’est ce que le Seigneur nous a donné. L’apôtre dit que ce n’est pas un nouveau commandement, parce que c’est celui que le Seigneur nous a donné. Jésus parle à ses disciples d’un nouveau commandement au chapitre 13 de l’évangile de Jean. Pourquoi ? Parce que cela est donné. Ce n’est pas quelque chose qui s’applique à la nature humaine, mais c’est quelque chose que le Seigneur donne et que le croyant peut réaliser parce qu’il a reçu la nature divine – il en est devenu participant. Il ne faut pas confondre ce qui nous est dit ici – nous aimer les uns les autres – avec ce qui est écrit dans la Loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». La Loi s’adressait à l’homme en Adam. Elle dit à l’homme ce que Dieu est en droit d’exiger et d’attendre de lui. La grâce nous apprend ce que Dieu nous donne ; Il nous a donné ce privilège de pouvoir nous aimer les uns les autres en restant attachés au Seigneur.

« Et l’amour, c’est que nous marchions selon ses commandements » (v. 6). Il y a une différence entre le commandement qui nous parle de la marche chrétienne telle que le Seigneur l’a manifestée sur la terre et nous l’a montrée et les commandements qui sont l’expression de la volonté, du désir du Seigneur, ce qui correspond à ce que le Seigneur a établi et qui est enseigné dans les Écritures.

L’apôtre donne maintenant un avertissement à cette dame. Il dit qu’il y a plusieurs séducteurs qui sont sortis dans le monde, « ceux qui ne reconnaissent pas Jésus Christ venant en chair » (v. 7). Il dira ensuite : « Si quelqu’un vient vers vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez pas » (v. 10).

Ce premier point concerne la personne du Seigneur ; ces séducteurs ne reconnaissent pas Jésus Christ venant en chair. Toucher à la personne du Seigneur, c’est saper à la base toute la vérité. Pourquoi ? Parce que le Seigneur est la vérité. Il peut dire : « Je suis le chemin, et la vérité, et la vie » (Jean 14. 6). Qu’est-ce cela veut dire que le Seigneur est la vérité ? Il est Celui qui a pleinement révélé ce que Dieu est en Lui-même. Dans le livre de Jérémie, on trouve cette expression : « Dieu est vérité » (10. 10). C’est ce qu’Il est en Lui-même. Tout ce qu’Il est a été révélé dans la personne du Seigneur Jésus et par sa Parole. On peut dire que l’origine, Dieu qui se révèle, et le canal, le Fils par qui Dieu se révèle et la Parole appliquée par le Saint Esprit, sont de même nature. Ainsi, toucher à la personne du Seigneur – il est bien dit « Jésus Christ venant en chair » – c’est saper la vérité. Dans la première épître de Jean, il est parlé de « tout esprit qui reconnaît Jésus Christ venu en chair est de Dieu, et tout esprit qui ne reconnaît pas Jésus Christ venu en chair n’est pas de Dieu » (4. 2 et 3). Dans cette expression « Jésus Christ venu en chair » il y a la pensée de son éternité. Nous, nous ne sommes pas venus, nous sommes nés, nous avons un commencement. Le Seigneur était avant sa venue sur la terre, il était la Parole et ceci dès le commencement et puis il est venu au temps convenable. Ainsi dans cette expression « Jésus Christ venu en chair » il y a l’expression de l’éternité de son Être et puis l’expression de sa venue sur la terre, de son incarnation. Il est venu en chair. Il a pris notre nature, Il est venu comme un homme, ce qu’Il n’était pas, tout en restant ce qu’Il a toujours été, le Dieu éternel. Ceux qui touchent à cette vérité sont des séducteurs. Remarquons qu’ils « sont sortis dans le monde » alors que ceux qui servent le Seigneur, comme nous le lisons dans la troisième épître, « sont sortis pour le Nom » (v. 7). Ceux qui sortent dans le monde veulent se faire un nom dans le monde, alors que ceux qui sont sortis « pour le Nom » veulent servir le Seigneur. C’est le premier point et nous savons que la vérité concernant la personne du Seigneur Jésus, Dieu manifesté en chair, l’homme Christ Jésus, est une vérité que certains contestent, de façon peut-être très habile, mais que nous devons refuser. Ce qui garde nos âmes, c’est notre simplicité dans la foi. Dieu a parlé, Dieu s’est révélé ; je crois et je me détourne des voix étrangères. Si quelqu’un vient à nous avec un raisonnement au sujet de la personne du Seigneur Jésus, au lieu de présenter simplement ce que la Parole de Dieu établit, ne cherchons pas à discuter. Nous risquerions d’être pris dans une discussion qui pourrait nous amener à prononcer des paroles que nous regretterions. Il est dit : « C’est là le Séducteur et l’Antichrist » (v. 7).

Jean parle ensuite de ceux qui n’apportent pas la doctrine du Christ. « Quiconque mène plus avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n’a pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, celui-là a le Père et le Fils » (v. 9). On peut remarquer la différence qu’il y a entre « mener plus avant » dans ce verset et le commandement « que nous avons eu dès le commencement » (v. 5). Il y a les enseignements de la Parole de Dieu qui nous ont été donnés dès le commencement et puis il y a ceux qui veulent mener plus avant, qui veulent apporter quelque chose de nouveau par leur raisonnement. Nous sommes appelés à demeurer dans ce que nous avons eu dès le commencement. Les nouveautés détournent de la vérité et détournent de la personne du Seigneur.

Il est parlé aussi de doctrine dans ce verset 9. Dans le verset 7 il est parlé de la personne du Seigneur Jésus, « Jésus Christ venant en chair » et là il est parlé de doctrine. Il me semble que le mot doctrine va plus loin que lorsqu’il est parlé de la personne du Seigneur Jésus. Il y a bien sûr ce qui concerne la personne du Seigneur, mais il y a toutes les conséquences et tous les enseignements qui découlent de l’œuvre qu’Il a accomplie à la croix. Lorsque l’apôtre Jean parle de cela dans le chapitre 4 de la première épître, il peut dire : « Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : à cela nous connaissons l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur » (v. 6). Dans ce verset, Jean ne dit pas : moi, je suis de Dieu, celui qui est de Dieu m’obéit ; il dit : « Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas ». Dans ce « nous », si nous comprenons bien, il englobe, non seulement les enseignements que le Seigneur lui avait confiés en ce qui concerne essentiellement la famille de Dieu, mais les enseignements donnés par le moyen des apôtres, toutes les Écritures.

Ainsi il y a ceux qui gardent la doctrine (cet enseignement donné par les apôtres) et il y a ceux qui mènent plus avant et qui veulent y ajouter quelque chose. Ceux-là, ne les recevez pas dans votre maison et ne les saluez pas, car celui qui les salue participe à leurs mauvaises œuvres.

La première chose : ne pas le recevoir. Pourquoi ? Parce que si on commence à recevoir ceux qui ne tiennent pas la doctrine de la vérité, nous courons le danger d’être contaminés. Il ne faut pas se croire plus fort que ce que l’on est. Nous sommes fragiles et nous devons en avoir conscience, non pas seulement physiquement, mais aussi spirituellement. Nous pouvons facilement être ébranlés par de faux raisonnements. La solution, c’est de fermer la porte. Je me souviens d’une image que mon père m’a rapportée : pour ne pas se laisser tromper avec un faux billet, il suffit de bien connaître le vrai billet. Et on reconnaîtra tout à fait le faux. Ce n’est pas la peine de chercher à comprendre et à connaître les fausses doctrines. Appliquons-nous à connaître la vérité : c’est là la sécurité de tout enfant de Dieu : fermer l’oreille aux voix étrangères.

Et pourquoi ne pas saluer celui qui n’apporte pas la saine doctrine ? Celui qui le salue participe à ses mauvaises œuvres. Saluer quelqu’un, c’est en fait apporter, souhaiter une bénédiction. Cela paraît clairement dans le livre de Ruth. Quand Boaz vient de Bethléhem vers ses moissonneurs, il les salue : « L’Éternel soit avec vous ! Et ils lui dirent : L’Éternel te bénisse ! » (2. 4) Voilà les salutations. Dans nos salutations il y a ce bonjour ou ce bonsoir, mais est-ce que dans nos cœurs il y a ce désir de la bénédiction du Seigneur à l’égard de ceux que nous saluons ? On ne peut pas souhaiter une bénédiction à quelqu’un qui mène plus avant et qui détourne de la vérité. Ce n’est pas possible. On participerait à ses mauvaises œuvres. L’apôtre Paul dit à Timothée : « N’impose les mains précipitamment à personne et ne participe pas aux péchés d’autrui » (1 Tim. 5. 22). On peut facilement participer aux péchés d’autrui sans s’en rendre compte, simplement en souhaitant de bonnes choses à quelqu’un qui en apporte de mauvaises.

Jean dit que c’est une grande joie pour lui d’entendre dire que ses enfants marchent dans la vérité (v. 4). On retrouve cela dans la deuxième épître (v. 4).

Ensuite, il rapporte ce qui lui avait été dit au sujet de Gaïus : « tu agis fidèlement dans tout ce que tu fais pour les frères, même ceux qui sont étrangers : ils ont rendu témoignage à ton amour devant l’assemblée ; et tu feras bien de les accompagner… » (v. 5 et 6). Gaïus visiblement exerçait un service – on pourrait peut-être dire que ce service était simple – il accompagnait des frères qui étaient « sortis pour le Nom ». Dans ce temps-là on peut bien penser que les routes n’étaient pas sûres, les chemins n’étaient peut-être pas balisés comme de nos jours. Il était heureux que quelqu’un qui connaissait le chemin accompagne celui qui devait se déplacer. C’est un service que faisait Gaïus et ainsi il coopérait avec la vérité.

Nous voyons plusieurs choses dans ces versets : on aime dans la vérité, on marche dans la vérité et puis on « coopère avec la vérité ». Jean dit que « nous devons accueillir de tels hommes, afin que nous coopérions avec la vérité » (v. 8). Il ne dit pas : « Tu » fais bien, tu dois recevoir ces hommes afin que tu coopères, mais « nous ». C’est comme si Jean était prêt à accomplir ces mêmes services simples, tout apôtre qu’il fut.

Le Seigneur peut nous appeler à accomplir aussi bien un service plus en vue dans l’assemblée comme un service simple. Il ne faut négliger ni l’un ni l’autre. Cela c’est coopérer avec la vérité. Dans la première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul dit : « nous sommes collaborateurs de Dieu » (3. 9). C’est participer au travail que Dieu accomplit. On peut y participer par l’annonce de l’évangile, ou par l’édification des saints : on peut y participer tout simplement en étant un moyen d’aider ceux qui travaillent.

« Tu feras bien », dit Jean ; « tu agis fidèlement dans tout ce que tu fais pour les frères ». Le Seigneur encourage Gaïus par cette approbation que lui donne l’apôtre Jean et c’est une approbation que l’on peut recevoir. Il faut bien faire attention d’être des instruments utiles pour ceux qui sont sortis pour le Nom. Cela nous amène à être attentifs à ce qui est enseigné, à ce qui est apporté, par ceux qui viennent pour servir le Seigneur pour le bien des siens. C’est le Seigneur qui envoie ses serviteurs. Ceux qui servent le font pour le Seigneur. Ceux qui coopèrent à un service sont attentifs à ce que le Seigneur soit glorifié dans le service accompli. Ils vérifient, ils sont soigneux pour examiner si ce qui est enseigné est bien la vérité. Ce n’est pas de la suspicion, c’est l’enseignement de l’Écriture. Les Béréens, qui « reçurent la Parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les Écritures pour voir s’il en était bien ainsi » (Act. 17. 11). Nous ne pouvons que souhaiter que les frères et sœurs examinent dans les Écritures si ce qui est enseigné est selon les Écritures. D’une part parce qu’on ne veut pas qu’autre chose que la vérité soit enseigné, et d’autre part parce que nous savons aussi qu’il ne faut pas grand chose pour avoir dans un enseignement une expression malheureuse qui peut troubler des âmes et qui aurait besoin d’être corrigée, même s’il n’y avait aucune intention malveillante de la part de celui qui s’est exprimé. Mais nous avons confiance, le Seigneur met sa main sur ceux qui sont sortis véritablement pour le Nom et qui veulent la gloire du Seigneur et le bien des assemblées.

Diotrèphe

Jean avait écrit à l’assemblée. Il parle de Diotrèphe « qui aime être le premier » (v. 9). Remarquons que l’apôtre n’a pas dit qu’il ait écrit à Diotrèphe, il a écrit à l’assemblée. Tout serviteur fidèle au Seigneur se place dans l’humilité, non pas au-dessus de ses frères, mais au milieu de ses frères. C’est ce que la Parole nous enseigne. « Qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? », dit l’Écriture (1 Cor. 4. 7), et si tu l’as reçu, tu l’as reçu pour le bien de tous. L’apôtre Paul dit : « Tout est à vous » (1 Cor. 3. 21), en particulier ce qui est donné pour l’édification de l’assemblée. Que le Seigneur nous accorde d’être gardés dans une place d’humilité, servant humblement mais fidèlement. L’apôtre n’a rien dit à Diotrèphe, mais il donne quand même pour nous un enseignement très sérieux : « Bien-aimé, n’imite pas le mal, mais le bien » (v. 11).

En présence du mal on pourrait être ébranlé, surtout s’il y a dans une assemblée quelqu’un qui cherche à dominer et qui cherche à imposer sa propre pensée au lieu d’être un canal pour présenter ce qui est de Dieu, et laisser à la conscience de chacun le soin d’examiner et d’être convaincu par le Seigneur que là est le chemin du Seigneur. On peut être ébranlé par cela. Il peut y avoir ce danger de vouloir réagir. Mais l’apôtre ne dit pas de réagir. Il dit : « n’imite pas le mal, mais le bien ». C’est un principe aussi de l’Écriture. Nous ne sommes pas en mesure de contrer le mal. Nous avons à nous en séparer, à ne pas l’imiter, à surmonter le mal par le bien (Rom. 12. 21). Très souvent, ce qui est la ressource lorsque quelque chose de mauvais se manifeste, c’est de faire le bien, et le mal sera surmonté.

Que nous soyons de ceux qui s’appliquent à imiter le bien sans nous soucier des conséquences, ce qui ne veut pas dire être indifférent. Il est bien évident que s’il y a un mal moral ou un mal doctrinal introduit dans l’assemblée, nous ne pouvons pas laisser faire. Mais s’il y a une manifestation charnelle de quelqu’un qui cherche à s’imposer, il est très difficile de le contrer. Mais nous pouvons être de ceux qui n’imitent pas le mal, mais qui aiment le bien et qui surmontent le mal par le bien.

Démétrius

Ce frère avait « un bon témoignage de tous », non seulement de la part des frères, mais « de la vérité elle-même » (v. 12). Il est frappant de voir le nombre de fois que la vérité est mentionnée dans ces épîtres, ce qui nous en montre toute l’importance. Démétrius avait le témoignage de tous et de la vérité. Son service était en accord avec la vérité. On pouvait examiner ce qu’il faisait, ce qu’il enseignait : c’était selon la vérité. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des faiblesses chez le serviteur. Paul avait une infirmité, une « écharde pour la chair » (2 Cor. 12. 7). On ne peut pas dire que ce n’est pas de la faiblesse, mais ce qu’il présentait était la vérité. On disait de Paul que « sa parole était méprisable ». Peut-être n’était-il pas très éloquent, et avait-il des difficultés à s’exprimer. On peut avoir aussi des défauts de langage, mais si ce qui est donné est la vérité, c’est un bon témoignage.

Dans les deux épîtres l’apôtre Jean souhaite voir les destinataires de sa lettre. Il y a quelque chose que nous apprenons par là. Le Seigneur peut permettre des échanges de lettres, et de nos jours des messages électroniques, et cela peut être très bon, très encourageant. Ce n’est pas suffisant pourtant. Nous devons le dire particulièrement à nos plus jeunes frères et sœurs, en toute affection : un message d’encouragement fait plaisir, c’est encourageant, mais une visite, c’est autre chose. Pour une visite, il faut faire un effort, il faut se déplacer, il faut prendre du temps, plus de temps que pour écrire une lettre ou un message. Et puis il y a cette saveur de la visite qui n’est pas forcément communiquée par une lettre. Une visite permet des échanges, l’expression de ce que l’on ressent, l’amour fraternel ; elle donne aussi une opportunité, par les réponses qui peuvent être faites, d’apporter quelque chose qu’on ne peut pas apporter par une lettre. L’apôtre voyait la nécessité de voir ses amis, que ce soit la dame élue, ou Gaïus. C’est une chose que nous devons peser devant le Seigneur. Faire une visite nous coûte peut-être plus qu’écrire une lettre, mais il vaut la peine de la faire. Nous pouvons bien nous encourager les uns les autres lorsque nous voyons qu’une visite pourrait être utile.

À la dame élue

Les salutations sont beaucoup plus brèves pour la dame, mais lorsqu’il parle de la joie il dit : « afin que notre joie soit complète » (v. 12), ce qu’il ne dit pas à Gaïus. Une joie complète, on trouve souvent cela dans la bouche du Seigneur (Jean 15. 11 ; 16. 24 ; 17. 13) : c’est une joie à laquelle il n’y a plus rien à ajouter.

On peut être réjoui en recevant une lettre mais la joie est beaucoup plus grande lorsqu’on se voit. La vue d’un ami réjouit le cœur. On sait comment Paul, arrivé à Rome, a rendu grâces et a été encouragé en voyant les frères venir au-devant de lui (Act. 28. 15).

À Gaïus

Jean lui dit : « Paix à toi » (v. 15). Il avait parlé de Démétrius, il avait donné cette exhortation de ne pas imiter le mal mais le bien, et il lui dit : « Paix à toi ».

Dans les difficultés que nous pouvons rencontrer ou les sujets de peine que nous rencontrons, nous avons besoin de jouir de la paix, d’avoir cette paix dans le cœur, la paix de ceux qui savent et qui réalisent que le Seigneur tient tout entre ses mains et qu’Il fera l’issue de l’épreuve (1 Cor. 10. 13). Nous avons besoin de cette paix pour ne pas nous laisser aller au découragement. Le Seigneur nous donne non seulement la paix, c’est-à-dire cette paix avec Dieu – nous savons que la question du péché, est entièrement réglée – mais le Seigneur veut nous donner la paix dans le chemin : « Paix à toi ». C’est une expression courte qu’on pourrait prononcer sans en mesurer la valeur, mais qui a beaucoup de profondeur.

Jean dit enfin : « Les amis te saluent. Salue les amis, chacun par son nom » (v. 15). Il ne dit pas les frères, il dit les amis, c’est plus intime. Nous sommes frères et sœurs. Mais parler d’amis, montre une plus grande intimité. Si on marche dans la vérité, si on aime la vérité, automatiquement cette intimité est réalisée.

« Chacun par son nom », est-il précisé par Jean. Il ne salue pas simplement les amis en général, mais chacun, individuellement. Nous savons tout l’intérêt qu’il avait pour chacune des âmes. Cela nous fait penser à ce que le Seigneur dit : il connaît chacune de ses brebis, nom par nom (Jean 10. 14). Nous devons bien reconnaître que nos esprits sont limités. Quand nous voyons beaucoup de frères et sœurs, nous oublions leur nom, et nous donnons l’impression de manquer d’intérêt pour eux. Mais le Seigneur le sait. Il connaît nos limites. Et si nous, parce que nous sommes limités, nous oublions parfois le nom des uns ou des autres, nous pouvons toutefois les porter sur nos cœurs en esprit.

Ces deux épîtres nous montrent bien l’intérêt qu’avait l’apôtre Jean, tout apôtre qu’il fut, pour chacun des croyants. Il est celui qui s’appelle le disciple que Jésus aimait, il avait bien compris ce qu’était l’amour du Seigneur pour chacun des siens et il pouvait en refléter quelque chose dans ce qu’il écrit à cette sœur, cette dame élue, et à ce bien-aimé Gaïus.

Ph. M.

BERACA 45 : DE GÉDÉON À JEPHTÉ

« Et quand Gédéon fut mort, il arriva que les fils d’Israël retournèrent et se prostituèrent après les Baals, et ils s’établirent Baal-Berith pour dieu. Et les fils d’Israël ne se souvinrent pas de l’Éternel, leur Dieu, qui les avait délivrés de la main de tous leurs ennemis tout à l’entour ; et ils n’usèrent pas de bonté envers la maison de Jerubbaal, qui est Gédéon, selon tout le bien qu’il avait fait à Israël » (Jug. 8. 33 à 35).

Le déclin moral et spirituel du peuple est allé en s’accentuant ; Abimélec, un des fils de Gédéon qu’il eut avec sa concubine, après avoir fait tuer ses soixante-dix frères, fut prince sur Israël trois ans. « Et tous les hommes de Sichem s’assemblèrent, et toute la maison de Millo, et ils allèrent, et établirent roi Abimélec » (9. 6). Ce que son père n’avait pas voulu, lui l’a fait. Rappelons-nous que les hommes d’Israël avaient dit à Gédéon : « Domine sur nous, et toi et ton fils, et le fils de ton fils ; car tu nous as sauvés de la main de Madian ». Et Gédéon leur avait dit : « Je ne dominerai point sur vous, et mon fils ne dominera point sur vous ; l’Éternel dominera sur vous » (Jug. 8. 22).

Abimélec était un homme ambitieux, rusé et cruel, sans crainte de Dieu. Sa conduite déclenche une guerre entre les fils d’Israël. Aux jours de Gédéon, c’était leurs ennemis qui s’étaient entre-tués, mais maintenant ce sont les héritiers du pays qui se massacrent ! Quand la chair anime les hommes, et non l’Esprit de Dieu, alors se manifeste ce que nous étions, « nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3). Abimélec est mis à mort par une femme qui, du haut d’une tour, jette sur sa tête « une meule tournante, et lui brisa le crâne » (Jug. 9. 53). « Dieu fit retomber sur Abimélec le mal qu’il avait fait à son père en tuant ses soixante-dix frères » (v. 56) ; « ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7).

 « Et après Abimélec, Thola, fils de Pua, fils de Dodo, homme d’Issacar, … il jugea Israël vingt-trois ans ; et il mourut, et fut enterré à Shamir. Et après lui, se leva Jaïr, le Galaadite ; et il jugea Israël vingt-deux ans » (Jug. 10. 1 à 3).

« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et ils servirent les Baals, et les Ashtoreths, et les dieux de Syrie, et les dieux de Sidon, et les dieux de Moab, et les dieux des fils d’Ammon, et les dieux des Philistins ; et ils abandonnèrent l’Éternel et ne le servirent pas. Et la colère de l’Éternel s’embrasa contre Israël, et il les vendit en la main des Philistins et en la main des fils d’Ammon… » (v. 6 et 7). Pendant dix-huit ans ils furent opprimés jusqu’à ce qu’ils crient à l’Éternel en disant : « Nous avons péché contre toi ; car nous avons abandonné notre Dieu, et nous avons servi les Baals » (v. 10). Et les fils d’Israël dirent à l’Éternel : « Nous avons péché ; fais-nous selon tout ce qui sera bon à tes yeux ; seulement, nous te prions, délivre-nous ce jour-ci. Et ils ôtèrent du milieu d’eux les dieux étrangers, et servirent l’Éternel ; et son âme fut en peine de la misère d’Israël » (v. 16). Oui, notre Dieu est un Dieu de compassions !

« L’Éternel est un Dieu de pardons, faisant grâce, et miséricordieux » (Néh. 9. 17). Il délivre son peuple une fois de plus par la main de Jephté. L’histoire de ce juge commence un peu comme celle d’Abimélec. Mais au lieu de se rebeller, de se venger de ses frères, il renonce à ses droits et se retire au pays de Tob où Dieu sait le retrouver, le moment venu.

Jephté, privé de sa part d’héritage, chassé par ses frères et exilé dans un pays étranger d’où il revient ensuite en libérateur, est sous cet aspect une figure du Seigneur Jésus. Le sauveur du peuple doit impérativement être aussi son chef et capitaine (10. 18 ; 11. 8, 9 et 11) ; Christ est-il l’un et l’autre pour nous ? Après avoir été rejeté par son peuple Israël qui n’a pas voulu reconnaître ses droits, Christ est maintenant absent, monté au ciel d’où Il reviendra avec puissance et en vainqueur (voir Luc 19. 12 à 14). Devant les ennemis d’Israël, Jephté est plein de courage. Comment répond-il à leurs réclamations, à leur mensonge ? En rappelant les vérités du commencement et en s’appuyant sur les bénédictions d’autrefois. Il est un bel exemple à suivre ! Les principes de la Parole qui ont dirigé les croyants des générations passées, il nous faut bien les connaître et les maintenir avec fermeté (2 Thess. 2. 15) » – (J. K.).

Si certains aspects de la vie de Jephté donnent une image de ce que sera le Seigneur Jésus sur la terre, d’autres manifestent la faiblesse de ce juge. « Et Jephté voua un vœu à l’Éternel, et dit : Si tu livres en ma main les fils d’Ammon, il arrivera que ce qui sortira des portes de ma maison à ma rencontre, lorsque je reviendrai en paix des fils d’Ammon, sera à l’Éternel, et je l’offrirai en holocauste » (Jug. 11. 30).

En face de l’ennemi qui résiste à son offre de paix, Jephté, pensant favoriser l’intervention de Dieu, fait un vœu irréfléchi. Il aurait dû placer en l’Éternel une entière confiance, mais un doute surgit dans son esprit. Il croit qu’il s’assurera mieux la victoire en faisant lui-même quelque chose. Il promet solennellement à l’Éternel que, s’il a la victoire, il offrirait en holocauste ce qui sortirait de sa maison à sa rencontre quand il reviendrait en paix. Pourtant, il venait de dire à son adversaire, conduit par l’Esprit de Dieu : « l’Éternel, le juge, jugera aujourd’hui entre les fils d’Israël et les fils d’Ammon » (v. 27). L’Éternel ne demandait rien pour délivrer son peuple et rendre Jephté victorieux. Sa fille qu’il aimait, il dût l’offrir à l’Éternel en regard de la loi : « Ce qui sera sorti de tes lèvres, l’offrande volontaire que tu auras promise de ta bouche, tu prendras garde à le faire, comme tu auras voué à l’Éternel, ton Dieu » (Deut. 23. 23).

« Si la foi a manqué un moment chez Jephté, elle brille chez sa fille. Seule, unique, chérie par son père, sa soumission nous fait penser à celle du Seigneur Jésus (Jean 8. 29). Elle ne tient pas sa vie pour précieuse et se réjouit de la victoire que l’Éternel a donnée à Israël. Elle est obéissante jusqu’à la mort par amour pour l’Éternel, pour son père et pour son peuple. En cela elle est une touchante figure de Christ quoique bien loin derrière Celui qu’elle représente » – (J.K.). Méditons ces choses afin d’en acquérir un cœur sage, plaçons notre confiance « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ».