REGARDEZ AU SEIGNEUR JÉSUS !

« Je vous ai dit cela afin qu’en moi vous ayez la paix. Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » Jean 16. 33.

Quand nous considérons l’agitation de notre temps et des évènements actuels, la crainte et l’inquiétude montent facilement dans nos cœurs. Mais il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Le Seigneur Jésus nous encourage à regarder à Lui au milieu de l’affliction et, avec Lui, à trouver la paix.

Peut-être avons-nous peur de ce qui va arriver. Nous craignons pour notre travail, parce que la situation économique s’est aggravée. Ou nous avons peur devant une opération chirurgicale et nous nous demandons : Que va-t-il arriver ?

Le Seigneur sait que nous sommes inquiets et Il nous encourage : « Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu » (És. 41. 10). Dans les difficultés que nous pouvons connaître, Il ne nous laisse jamais seuls, même un instant. Il nous assure : « Je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Héb. 13. 5).

Il peut nous arriver de rester réveillés durant la nuit, ressassant nos soucis ; nous ne pouvons pas trouver le repos parce que les problèmes de la vie quotidienne pèsent lourdement sur nous. Nous ne savons pas comment nous accomplirons notre tâche du lendemain.

Notre Seigneur connaît les soucis qui nous empêchent de trouver le repos. Il nous rappelle : « Ceux qui s’attendent à moi ne seront pas confus » (És. 49. 23). Et quant à l’avenir, Il nous exhorte : « Ne soyez pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mat. 6. 34).

D’après « The Good Seed » juin 2024

JUSTE UN PETIT ASPECT NÉGATIF

« Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle relation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? » 1 Corinthiens 6. 14 et 15.

Luc, un jeune chrétien, connaît bien Laure, une élève de son école… Ils deviennent amis, ils découvrent qu’ils ont les mêmes goûts, et deviennent amoureux l’un de l’autre. Luc en parle à ses parents : Nous sommes faits l’un pour l’autre ! Il y a juste un petit aspect négatif : elle n’est pas chrétienne ; mais elle s’intéresse à ma foi, elle est très ouverte et me pose beaucoup de questions. Elle a besoin de moi. De plus, elle veut m’accompagner aux réunions chrétiennes ; elle se convertira à Christ, j’en suis certain !

Ses parents l’avertissent : Comment envisager une vie en commun si l’on ne partage pas dès le début ce qui est le plus important dans la vie d’un croyant, et qui influencera ses choix ? Comment penser vivre ensemble en ayant des priorités et des intérêts différents ?

Mais rien ne peut dissuader Luc de sa décision d’épouser Laure !… Un an après leur mariage, Laure n’accompagne plus toujours Luc aux réunions, et la foi ne l’intéresse plus ; elle a d’autres intérêts. Puis Luc cesse de fréquenter des amis chrétiens. Enfin, sa Bible quitte sa table de chevet pour finir dans un tiroir.

Chers jeunes, ne vous bercez pas d’illusions. Si vous être un vrai croyant, vous appartenez à votre Sauveur : vous ne serez pas heureux avec un conjoint qui n’est pas croyant. Généralement, c’est celui qui ne croit pas qui attire le croyant loin de Dieu, et pas l’inverse. Si la personne que vous aimez est le conjoint que Dieu vous destine, Il se chargera de l’attirer à Lui et de la convertir avant que vous vous engagiez. De nombreux chrétiens en ont fait l’expérience. Laissez Dieu prendre soin de votre vrai bonheur !

D’après « Il buon seme » mai 2024

DEUX « JEUNES HOMMES » DE L’ÉCRITURE

LE PREMIER JEUNE HOMME – VAINCU

GENÈSE 1 à 3

Il y a trois mille ans qu’une question très importante a été posée par un roi : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? » et l’Esprit de Dieu a donné la réponse : « Ce sera en y prenant garde selon ta Parole » (Ps.119. 9).

Ce témoignage est vrai, et si vous désirez que votre vie soit pure, et être un homme heureux – un véritable homme de Dieu, le secret est de prendre garde à la Parole de Dieu.

Je la tiens dans ma main. Je connais des hommes qui s’en moquent. Je sais que nous vivons dans un siècle infidèle, incrédule, mais je désire commencer cette série de réunions avec des jeunes gens, en confessant simplement que je crois qu’il s’agit bien de la Parole de Dieu, une révélation de ce qu’Il est, et qui contient tout ce dont vous et moi avons besoin pour nous guider dans le temps, et également pour l’éternité.

Je crois vraiment que la Bible est la Parole de Dieu. Je l’accepte comme telle, de la première à la dernière page. Je fais ces remarques parce que je sais que la tendance de notre siècle est de douter, et il est très frappant que, quand un jeune homme devient sceptique, il croit être un homme intelligent ! Pourtant un jeune homme qui est un croyant simple et respectueux de la Révélation, est beaucoup plus heureux et bien mieux séparé du mal qu’un homme qui a des doutes au sujet de la Parole de Dieu.

Nous regarderons d’abord ce que Dieu dit sur la création du premier homme. C’est lui que j’ai osé appeler « le premier jeune homme » parce qu’il arrive sur la scène, pur et nouveau – un nouvel homme de qualité. Je crois le récit de Dieu, et non la théorie de l’homme sur la manière dont l’homme est entré dans le monde. Je sais parfaitement bien que l’on prétend de nos jours – car les hommes en arrivent à des conclusions étonnantes – que l’homme n’est qu’une sorte de protoplasme amélioré, ou – avec un « maillon manquant » à découvrir – le descendant direct d’un singe ; en langage simple, un joli singe bien développé, dont la queue a disparu à force de s’asseoir dessus. On nous demande de croire à cette stupide absurdité pour expliquer nos origines.

Je crois que toute cette théorie n’est qu’un mensonge du diable. Je crois que Dieu nous donne ici le récit de l’origine de l’homme, tout ce qu’il nous est nécessaire de savoir à ce sujet. Je sais que les hommes sont actifs pour essayer de déterrer des vestiges de ce qu’ils se plaisent à appeler « l’homme préhistorique », mais quand je lis ce que l’Écriture dit au sujet du « premier homme Adam » (1 Cor. 15. 45), je ne doute pas que Dieu parle du premier homme qui ait jamais existé, et que ce qu’Il dit concernant son origine est vrai.

Vous et moi, nous pouvons être certains que nous avons devant nos yeux l’histoire du premier homme que le monde ait jamais vu. J’accepte comme tout à fait vraie la ruine de cet homme ! J’accepte aussi comme tout à fait vrai que le monde aussi est ruiné. Mais, si l’homme est ruiné et si la scène qu’il traverse est également ruinée par son péché, les ressources de Dieu ne sont pas ruinées !

L’Écriture nous montre ce qu’Il peut faire en faveur de l’homme ruiné. Vous y trouverez qu’il n’y a que deux hommes. Le premier et le dernier. Le premier homme c’est Adam, et le second – le dernier Adam – c’est le Seigneur Jésus.

Regardons ce que l’Écriture dit de l’histoire de ce premier homme, du lieu où il apparaît, et jetons un regard rapide sur son cadre de vie. J’aime voir un « jeune homme » dans son cadre habituel, et si je peux le faire, me former une assez bonne opinion de ce qu’il est lui-même. « Noscitur a socciis » a dit un ancien ». « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ». On apprend à connaître quelqu’un en regardant avec qui il se lie.

Quel est le cadre dans lequel ce premier jeune homme se trouve ? – Regardons comment Dieu l’avait entouré. Les premiers chapitres de la Genèse le présente très naturellement et très simplement. Actuellement on nous dit très fréquemment que les Écritures et la géologie ne peuvent se concilier, et que la science – de nos jours – est tellement avancée que nous devons croire les géologues et non les Écritures.

Avec ou sans votre permission j’ai l’intention de croire l’Écriture, et si le géologue n’est pas d’accord avec elle, je ne vais pas le suivre ! Je n’ai rien à dire contre ses faits, mais je suis en désaccord avec ses conclusions. Il réclame des périodes de temps illimitées pour le dépôt des diverses couches de la croûte terrestre. Je les admets. Mais regardez votre Bible : Dit-elle que Dieu a fait son travail de création en six jours ? Elle ne dit rien de la sorte. Les mots du début de la révélation de Dieu sont : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » (Gen. 1. 1).

Vous direz : Quand le commencement a-t-il eu lieu ? Vous n’étiez pas là, et je n’étais pas là, aussi nous ne pouvons le fixer ; mais retournez en arrière aussi loin que vous le voulez, et vous trouverez que le Créateur seul était là. L’homme n’était pas là, et il ne sait rien à ce sujet. Dieu révèle ce qui a eu lieu.

Entre le premier et le deuxième verset de Genèse 1, il y a, sans aucun doute, une période aussi longue que l’aimerait le plus incrédule et insatiable géologue. S’il dit qu’il doit y avoir des millions, ou même des milliards de trillions d’années, on le lui permet volontiers. Vous trouverez l’intervalle pour elles entre le premier et le deuxième verset de Genèse 1.

La première déclaration de Dieu est qu’il a créé les cieux et la terre, et la déclaration suivante ne dit rien au sujet des cieux. Elle ne parle que de la terre, simplement parce l’homme devait s’y trouver. Le deuxième verset ne s’occupe que de la terre : « Et la terre était désolation et vide ».

Vous dites : Ainsi Dieu a fait de la terre une désolation ? – Non ; Il ne l’a pas fait. Vous répliquez : Le premier chapitre de la Genèse le dit. Non, il est dit : « Et la terre était désolation et vide ». Si vous avez lu votre Bible soigneusement, et si vous ne l’avez jamais fait, je vous prie de commencer à le faire à partir d’aujourd’hui. Vous lirez un verset dans le 45ème chapitre du livre d’Ésaïe qui dit que Dieu n’a pas fait de la terre une désolation : « Car ainsi dit l’Éternel… qui a formé la terre et… l’a faite, celui qui l’a établie, qui ne l’a pas créée [pour être] vide, qui l’a formée pour être habitée » (És. 45. 18).

« Ainsi dit l’Éternel » : c’est le véritable appel à notre attention de la part du prophète ; et bien que des critiques érudits du dix-neuvième siècle nous disent qu’Ésaïe était un écrivain enthousiaste mais démodé, qu’il ne faut pas le croire, – pourtant je crois ce qu’il a écrit sous la dictée du Saint Esprit : « Ainsi dit l’Éternel ». Or l’Éternel ne dit jamais de mensonges – ce que l’on ne peut pas dire de l’homme.

C’est Dieu qui a créé les cieux, qui a formé la terre et qui l’a faite, Celui qui l’a établie, qui ne l’a pas créée – au commencement – pour être vide [le même mot est traduit en Genèse 1. 2 par : « désolation et vide »], qui l’a formée – pendant les six jours – pour être habitée : « Moi, je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre » (És. 45. 18).

Que l’Écriture est belle ! Si vous avez eu des difficultés et des doutes au sujet de Genèse 1, l’Esprit de Dieu, par le prophète, dit que Dieu n’a pas créé la terre « désolation et vide ». Vous vous tournez vers moi et vous dites : Comment est-elle devenue telle ? Je ne peux pas vous le dire, mais ce n’était pas de cette manière que Dieu a créé la terre.

Le deuxième verset décrit la condition dans laquelle elle a été trouvée, quand Il a posé sa main sur elle pour lui donner une forme, de sorte qu’Il puisse y placer l’homme. Cette partie de son œuvre Lui a pris six jours, mais la création en tant que telle a eu lieu « au commencement ». À ce sujet, nous sommes absolument clairs, car « par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent » (Héb. 11. 3).

Comment la terre est-elle devenue désolation, ou pourquoi, l’Écriture ne nous le dit pas ; et quand l’Écriture ne parle pas, je pense que ni vous ni moi ne devons nous hasarder à formuler une opinion.

Notre géologue a demandé des millions innombrables d’années pour le dépôt de la croûte terrestre, et il a même indiqué l’ordre dans lequel ces diverses couches ont été déposées. Toute la durée qu’il désire, l’Écriture la lui accorde dans l’intervalle dont nous avons parlé. Mais il dit aussi que la surface de la terre a certainement subi – si je me rappelle exactement – environ vingt-neuf soulèvements évidents. En fait, toute la croûte terrestre a explosé à plusieurs reprises, et il se peut qu’il y ait eu vingt-neuf soulèvements.

Qu’ont produit toutes ces explosions ? – Le granit a été formé au fond ; il se trouve maintenant en haut, et c’est avec lui que nous construisons des maisons. Le charbon que vous obtenez maintenant a été manifestement formé beaucoup plus bas qu’on ne le trouve maintenant, et s’il n’y avait pas eu ces soulèvements – qui ont rendu la terre « désolation et vide » – il n’aurait jamais été atteint par la pioche et la pelle du mineur.

Dans sa sagesse infinie, Dieu a disposé et produit ces choses pour mener à bonne fin son dessein ; et ainsi la terre s’est trouvée dans une condition vraiment adaptée pour que l’Éternel la façonne ou la « forme » comme le dit Ésaïe, quand le moment est arrivé pour Dieu puisse y mettre l’homme.

À ce moment-là, l’Écriture parle de jours : « Et il y eut soir, et il y eut matin : premier jour ». Que le récit que Dieu donne de la création est simple et parfait ! Il a en premier lieu tout créé, au commencement : les cieux et la terre ; et en deuxième lieu, à une date que nous ne pouvons pas estimer, Il a reformé et façonné la terre, et Il a ensuite mis l’homme sur elle. Il n’a pas créé le monde en six jours, l’Écriture ne le dit pas. Des lecteurs l’ont dit avec légèreté.

Un menuisier peut façonner une table, mais il ne peut pas créer le matériau nécessaire. La « création » du bois et la fabrication de la table sont deux choses totalement différentes.

Si maintenant nous jetons un coup d’œil aux six jours, nous voyons en premier lieu que Dieu apporte la lumière. C’est ce dont nous avons tous besoin. Vous devez avoir la lumière. C’est un moment merveilleux dans la vie d’un homme quand Dieu lui dit : « Que la lumière soit ! »

La chose a-t-elle eu lieu dans votre histoire ? Dieu a-t-Il dit au sujet de votre âme remplie de ténèbres : « Que la lumière soit » ? Ainsi vint la lumière.

Le deuxième jour Il fait apparaître les cieux. Ceci, je pense, est très beau : Il l’a fait avant de s’occuper de la terre. Elle n’était pas destinée à être le lieu de repos éternel, mais le ciel peut être à vous et à moi par le précieux sang de Jésus versé à la croix.

Les mers sont ensuite séparées l’une de l’autre ; et le royaume végétal vient à l’existence le troisième jour.

Le soleil, la lune et les étoiles – les puissances qui devaient régner sur la terre – sont vues ensuite, le quatrième jour.

Le cinquième jour vous avez une partie du royaume animal – les poissons et les oiseaux – créés par un simple ordre de Dieu.

Le sixième jour apparaît une autre partie du monde animal – les bêtes des champs – tout cela attire notre attention. Nous entendons Dieu dire au verset 24 : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail, et tout ce qui rampe ».

Le sixième jour nous avons une déclaration de Dieu au sujet de l’origine de l’homme. Et maintenant, si vous avez des doutes au sujet de votre origine, voulez-vous, je vous prie, écouter Dieu pendant un moment ? « Et Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer » etc. C’est de l’homme, en tant que race, dont il est parlé ici, quand nous lisons : « il le créa à l’image de Dieu ; il les créa mâle et femelle ».

Dieu (Elohim) a tenu un conseil solennel à propos de la création de l’homme. Elohim c’est le pluriel d’Eloah, « Le Suprême ». C’est la déité, Dieu dans l’absolu ! Dieu, en tant que Dieu, tient conseil et dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». Ces deux termes sont tout à fait différents. Une image donne l’idée d’une représentation ; la ressemblance donne l’idée d’une qualité morale.

« Faisons l’homme à notre image ». Il devait représenter Dieu sur la terre, et y régner. C’est ce qui est exprimé par les paroles : « qu’ils dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout animal rampant qui rampe sur la terre » (v. 26).

Le résultat de l’œuvre de ces six jours a été que Dieu a déclaré que tout ce qu’Il avait fait était bon. Maintenant, observez que quand Il fait l’homme et le met sur la terre, dans le dernier verset du premier chapitre, Il dit : « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon ». Comme un ouvrier, Il contemple l’œuvre de ses mains et les cieux déclarent sa gloire. Les premières œuvres sont bonnes, mais quand la plus belle de toutes, l’homme, à l’image de Dieu, et à la ressemblance de Dieu, est créé, Il annonce l’appréciation qu’Il en a : elle est très bonne.

Les trois premiers versets du chapitre 2 appartiennent au chapitre 1, et ils nous disent que Dieu s’est reposé. Pendant six jours Il a travaillé, et ensuite Il s’est reposé.

Au verset 7 il nous est dit : « Et l’Éternel Dieu [Jéhovah-Elohim] forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante ». Il y a un immense domaine de vérité dans ces mots, mais le temps me manque pour entrer beaucoup dans le détail. Vous voyez, cependant immédiatement, que le corps de l’homme a été formé à partir de la poussière de la terre.

L’apôtre Paul dans le quinzième chapitre de la 1ère épître aux Corinthiens écrit : « Le premier homme est tiré de la terre, poussière » (v. 47). C’était la vérité révélée en Genèse 2 ; et de là le langage utilisé par l’Esprit de Dieu en 1 Corinthiens 15. 47 : « Le premier homme est tiré de la terre, poussière ».

Observez que c’est exactement ce que Dieu fait ici. Il a pris de la poussière et il a formé le corps de l’homme ; et qu’est-ce qui est arrivé après ? Il « souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante ». Ici nous avons la vérité quant à l’origine de l’homme. C’est merveilleux, justement parce que c’est divin. L’homme est l’ouvrage de Dieu, et sa vie vient de Dieu. Il a soufflé dans ses narines une respiration de vie, et il est devenu une âme vivante.

Je pense que c’est bien mieux que d’être simplement le descendant évolué d’un singe. Si vous abandonnez le récit de Dieu dans le deuxième chapitre de la Genèse quant à l’origine de l’homme, vous devrez aussi abandonner Christ. Remarquez ce que le Saint Esprit dit en Le concernant en tant qu’Homme.

Dans l’évangile de Luc (ch. 3) sa généalogie nous dit qu’il est fils « de Seth, d’Adam, de Dieu ». L’homme provient de Dieu et a obtenu sa vie de Lui. Il est directement de la race de Dieu, comme l’apôtre Paul le dit en s’adressant aux Athéniens : « car en Lui nous vivons et nous nous mouvons et nous sommes, comme aussi quelques-uns de vos poètes ont dit : Car aussi nous sommes sa race » (Act. 17. 28).

Le commencement de l’homme dans le monde était donc divinement parfait, pas évolutif. Dans ses narines, Dieu avait Lui-même soufflé « une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante ». L’immortalité en dépend, et la raison pour laquelle vous êtes une âme immortelle, c’est que l’homme descend directement de Dieu. Vous avez dans votre sein – chacun de vous – l’immortalité, et vous devez exister aussi longtemps que Dieu existe !

L’immortalité et la vie éternelle ne présentent pas la même pensée. Chaque homme possède la première ; seuls, ceux qui sont de Christ, possèdent la dernière, car avoir le Fils de Dieu, c’est avoir la vie (1 Jean 5. 12). Dans l’Écriture l’immortalité signifie l’existence éternelle, et l’homme – malgré le scepticisme audacieux actuel – a devant lui une existence éternelle. Où la passera-t-il, cela, c’est autre chose.

Nous parlons de la vie éternelle et du jugement éternel. Ce sont les deux seules bornes de l’homme. Votre existence sera éternelle. Où la passerez-vous ? C’est important pour vous.

Je sais où je passerai l’éternité – avec le Sauveur, qui en grâce et en amour est mort pour moi. Vous avez l’immortalité, et vous ne pouvez pas l’éviter. L’annihilation est un mensonge du diable. Vous ne pouvez rien détruire sur la terre. Vous pouvez modifier la forme de la matière, mais vous ne pouvez pas l’annihiler.

Vous pouvez brûler cette table, mais ses constituants restent – poids pour poids – sous la forme de carbone, d’eau, de sels et de gaz. Ainsi en est-il de l’homme. Sa forme peut être changée, mais il demeure. Vous avez une âme immortelle. Elle a pris son origine en Dieu, et le salut de cette âme est une question très sérieuse et très importante pour vous et pour moi.

Nous avançons maintenant un peu plus loin dans l’Écriture, et nous voyons ce qu’est devenu l’homme qui a ainsi commencé si divinement et si glorieusement son chemin. L’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient ». Éden signifie plaisir, charme. Il est appelé le paradis dans la traduction grecque, la version dite des Septante.

Nous avons entendu parler du « paradis perdu » et du « paradis reconquis », mais l’Écriture ne parle pas du dernier ; une fois perdu, le paradis de l’homme ne sera jamais reconquis, mais Dieu, dans sa grâce, a ouvert un paradis céleste. En Éden il y avait deux arbres : « l’arbre de vie » – celui de la grâce souveraine en Christ – et « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » ; il concerne la responsabilité de l’homme, c’est un test pour son obéissance.

Dieu a placé l’homme dans ce jardin pour y jouir de sa libéralité, de sa bonté, et, par-dessus tout, de Lui-même. Adam était le chef de tout ce qu’il embrassait du regard. Il était en relation avec Dieu, et était le monarque de toute la création. Tout ce qu’il voyait était bon, mais il y avait une réserve de son Créateur, qui montrait ainsi son autorité.

« Et l’Éternel Dieu commanda à l’homme, disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement » (Gen. 2. 16 et 17). L’homme est placé devant sa responsabilité, et elle était simplement d’être obéissant à l’égard de cet arbre, et seulement de cet arbre. Je ne sais pas quel était précisément cet arbre. L’Écriture ne le dit pas. C’était le seul test de son obéissance et de sa responsabilité devant Dieu.

Voyons alors comment Dieu travaille pour que tout soit en bénédiction et pour la joie de l’homme. Il était dans une heureuse relation avec Dieu, il jouissait de Lui ; et il était aussi en relation avec la création, il régnait sur elle. Observons cela – je pense que c’est très intéressant : l’homme était inférieur à Dieu et ne pouvait L’atteindre, il était supérieur aux animaux, et eux ne pouvaient l’atteindre. À cause de cela il était seul, ses affections, son cœur, en tant qu’homme, n’étaient pas satisfaits ; et pour cette raison Dieu introduit une autre relation, celle d’égalité.

La femme est introduite, et maintenant l’homme est vraiment complet. Dieu amène la femme à cet homme, et le moyen que l’Éternel emploie pour l’introduire est très frappant. Adam tombe dans un profond sommeil, et pendant qu’il dort Dieu prend une côte, et de cette côte il forme la femme. C’est un beau type frappant du Seigneur Jésus entrant dans la mort, afin que de sa mort puisse venir la vie pour ceux qui ne la possédaient pas. Je ne doute pas que c’est une belle figure de Christ et de l’Église.

Maintenant au chapitre 3, qui va s’introduire dans cette scène de délice absolu ? Tout est charmant et agréable, et l’homme avec sa femme y domine sur tout. Satan ne peut que désirer de tout gâter. Au troisième chapitre l’ennemi vient sous la forme d’un tentateur. Il ne s’approche pas en disant : Je suis votre ennemi ; je suis l’adversaire de Dieu et le séducteur de l’homme – bien que de telles déclarations auraient été vraies. Le diable ne se présente jamais ouvertement à nous.

Il vient vers la femme et l’entretient de la parole de Dieu. Il sait qu’il était impuissant à moins qu’il ne réussisse à la séduire. Il dit : « Quoi, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? Et la femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin ; mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez ».

Le fait était qu’elle allait au-delà de l’Écriture, car dans ce que nous lisons, Dieu n’avait pas dit de « ne pas toucher » l’arbre ; et quand nous allons au-delà de l’Écriture nous sommes sûrs d’être en danger. Satan dit effrontément : « Vous ne mourrez point certainement ».

Et que se passe t-il ensuite ? Séduite par de douces paroles, Ève prend du fruit. « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent ; et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi à son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea ». La chose défendue est exactement celle que nous désirons. Nous savons chacun ce que c’est que la tentation. Le diable ne se montre jamais comme étant le diable. Le mal est fait, et séduite, la femme en donne à son mari. Il prend lui aussi du fruit, et ainsi « par l’homme le péché est entré dans le monde ».

Dans un moment de faiblesse, la femme a écouté le mensonge de l’ennemi, et Adam, avec les yeux ouverts et non pas séduit comme elle, l’a suivie dans le chemin du péché. Hélas ! « par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et… ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché » (Rom. 5. 12). Le péché est l’iniquité, l’homme faisant sa propre volonté. Terrible chute pour l’homme ; immense victoire pour Satan !

Quelles en sont les conséquences ? Elles ont une portée considérable et éternelle. Le couple savait ce qui était bien, sans la puissance de le faire ; et ils ont su ce qui était mal sans avoir la puissance pour lui résister. Telle est la conscience : c’est la connaissance du bien et du mal. Il n’y a pas un homme qui fasse le mal sans savoir qu’il le fait. Vous avez une conscience et quand vous faites le mal, elle vous le montre !

J’admets pleinement que vous pouvez chercher à la « droguer », à la bâillonner. Elle finit par se cautériser, à devenir de moins en moins sensible. Un péché se répète et notre conscience nous en avertit, et pourtant on se refuse à le confesser et à l’abandonner ! Il n’y a pas une âme vivante qui ne sache quand elle fait le mal ! Adam a péché et il le savait ! Vous péchez et vous le savez !

Le péché d’un homme a toujours des conséquences, car le salaire du péché, c’est la mort (Rom. 6. 23). Le premier jeune homme a suivi sa femme dans le péché, et plus d’un homme parmi nous a aussi suivi une femme dans le mal. Qui peut le nier ? Cher lecteur ami, dans ces conditions, vous avez l’empreinte de la mort sur vous, et le jugement est encore à venir : « Tu mourras certainement » a dit Dieu.

« Vous ne mourrez point certainement » déclare Satan. Qui dit la vérité ? Mais il y a plus à considérer. Leurs yeux furent ouverts, et ils connurent qu’ils étaient nus. Ils sont allés se cacher derrière les arbres du jardin quand l’Éternel est descendu pour converser avec l’homme. Oui, ce jeune homme voudrait mettre les arbres du jardin entre lui et Dieu. Mais l’Éternel lui dit : « Où es-tu ? » Quelle question ! Il avait péché. Il en a conscience, et cherche à s’éloigner de Dieu. Il Le connaissait assez pour Le craindre et Le fuir. Connaissance pitoyable ! Il cherche à mettre un arbre de la création entre lui et Dieu.

Que pouvez-vous mettre entre vous et Dieu ? Votre travail, votre recherche de confort, vos convoitises, vos affaires ? Quelque chose d’autre ? Notez que Dieu dit à tout « jeune homme » maintenant aussi : « Où es-tu ? » Et à moins que vous ne soyez converti, que vous vous soyez déjà tourné vers le Seigneur et que le pardon ne vous soit assuré par le sang du Seigneur Jésus, cette question solennelle continue à se poser : Jeune homme, où en es-tu ? Êtes-vous près de Dieu, ou cherchez- vous encore à vous cacher loin de Lui ? Que la question est sérieuse !

Quelle a été la réponse d’Adam à la question de l’Éternel ? « J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur ». Le péché fait peur à l’homme.

Je me souviens de ce qui a conduit à la conversion d’un jeune homme dans cette ville. Il travaillait à côté d’un vieux charpentier pieux, qui l’avait pris en profond intérêt. « William », lui dit-il un jour, « quand tu rentres à la maison ce soir, veux-tu aller dans ta chambre, prendre une Bible, et l’ouvrir au troisième chapitre de Jean ? Ensuite tu te mettras à genoux, et tu diras : « Il n’y a personne dans cette chambre que Dieu et moi ».

Le jeune homme s’est alors écrié : « Je ne ferai cela pour rien au monde ». Il était effrayé de se trouver seul avec Dieu. Ainsi êtes-vous, amis, encore dans vos péchés. Vous avez peur de ce que vous ne connaissez pas !

La conscience fait de nous tous des poltrons : le péché fait peur à l’homme. Adam aurait voulu garder Dieu à une certaine distance. Quelle folie ! L’Éternel vient vers lui, et Adam donne ses raisons : « J’ai eu peur, car je suis nu ». Il avait des vêtements de feuilles de figuier, n’est-ce pas ? Oui, cela peut suffire à un homme de se couvrir ainsi. Il cherche à cacher sa vie, son histoire et sa condition, aussi longtemps qu’il reste loin de Dieu. Mais dès qu’il entend sa voix, sa conscience l’amène à voir le Dieu saint. Alors il prend conscience qu’il est un pécheur ruiné, nu et coupable. Tout homme doit sentir qu’il est un pécheur, et apprendre où l’on peut trouver la rédemption.

L’Éternel l’interroge davantage et Adam rejette la responsabilité de son propre péché sur sa femme ou, pire encore, sur Dieu. « La femme que tu m’as donnée pour être avec moi, elle, m’a donné de l’arbre ; et j’en ai mangé ». Nous aimons blâmer les autres. Cette femme que Dieu lui avait donnée comme épouse, j’admets qu’elle l’avait entraîné à mal faire, mais il n’aurait pas dû se laisser entraîner. Il aurait dû l’empêcher de se tromper, car il était à côté d’elle. Avez-vous été entraîné à faire le mal ? Ne blâmez pas votre femme, ou quelqu’un d’autre ! Blâmez votre propre cœur. Le jugement de soi-même est toujours bon !

Que les suites du péché sont tristes et soudaines ! Adam met le blâme sur Dieu et dit, en réalité : « Je n’aurais pas été entraîné dans ce désordre sans elle » Ah ! quel misérable lâche est un pécheur loin de Dieu. L’Éternel se tourne ensuite vers la femme, et elle met, elle, le blâme sur le serpent. « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé ». C’était tout à fait vrai ! Même si vous cherchez à rejeter la faute sur quelqu’un d’autre, vous ne serez jamais capable de la cacher à Dieu, et vous ne pouvez pas échapper à son jugement – à moins que vous ne vous abritiez sous les mérites de la merveilleuse mort du Seigneur Jésus Christ.

Dieu s’adresse ensuite au serpent, et Il porte un jugement sur lui : « La descendance de la femme » – quelle belle promesse ! – « te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon ». Il viendra sur la même scène que la nôtre un autre Homme, le Sauveur, la descendance de la femme.

Le plan de rédemption de Dieu est révélé au moment du premier péché de l’homme ! Le besoin de l’homme est satisfait par les ressources de Dieu ; au moment où nous perdons le paradis terrestre, Dieu dit : Je vous en donnerai un meilleur. Je vous ouvrirai le ciel.

On trouve l’antithèse de cette scène en Luc 23, où le brigand mourant reçoit l’assurance du paradis. « Toi tu lui briseras le talon ». Cela se rapporte à la croix et à la mort du Seigneur Jésus. Il est mort pour nos péchés afin qu’Il puisse nous amener à Dieu et dans sa présence éternelle.

Ayant prononcé leur jugement : « tu es poussière et tu retourneras à la poussière », Dieu revêt le couple de « vêtements de peau », qui ne pouvaient être obtenus que par la mort d’une victime. Il ne peut être fait face à la ruine de l’homme que par la mort, et dans le revêtement de ce couple coupable et triste, nous avons un beau type de la mort expiatoire du Seigneur Jésus. Christ doit être mon abri et mon vêtement.

C’est toute la différence qu’il y a entre les « ceintures » que l’homme fait, et les « vêtements de peau » que l’Éternel Dieu a faits et mis sur eux. Quelle différence avec les efforts de l’homme pour se réformer lui-même, s’améliorer lui-même, faire des œuvres personnelles pour se sauver. Tous nos efforts sont sans valeur ; nous sommes aussi nus après qu’avant. Le vêtement que Dieu offre a été son propre travail.

Le salut vient par la grâce souveraine. Si vous devez être sauvé, ce ne sera que par Dieu. Il apporte ce vêtement à Adam pour cacher sa nudité ; et je peux tout à fait comprendre pourquoi l’apôtre Paul dit, quand il désire être revêtu de son domicile qui est du ciel : « si toutefois, même en étant vêtus, nous ne sommes pas trouvés nus » (2 Cor. 5. 3). Lui, pour ainsi dire, autrement dit : « Ne soyez pas comme Adam ». Il a été trouvé « nu » quand il pensait être revêtu. Beaucoup – tous ceux qui auront cru – seront comme lui bientôt. Ressuscités des morts, étant vêtus – c’est-à-dire, ayant leur corps – ils seront nus devant Dieu. Ils n’auront pas Christ comme couverture devant Dieu !

La fin du premier chapitre de l’histoire de l’homme est tristement solennelle. « Et l’Éternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ; et maintenant, afin qu’il n’avance pas sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vie et n’en mange et ne vive à toujours… ! Et l’Éternel Dieu le mit hors du jardin d’Éden, pour labourer le sol, d’où il avait été pris : il chassa l’homme, et plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie ».

Satan a beaucoup éprouvé l’homme au commencement. Il l’a vaincu complètement par ruse et par tromperie. Il s’est ainsi comporté vis à vis du premier jeune homme, et il a agi ainsi à l’égard de tous ses descendants.

Cet homme est ruiné, misérable, il a peur de Dieu, il blâme sa femme, il connaît le bien mais il est incapable de le faire, il connaît le mal mais se montre incapable par lui-même de s’en abstenir, il est sous la sentence de mort, pratiquement esclave de Satan qu’il a écouté plutôt que Dieu, il est chassé d’Éden dans un désert !

Dans cette sentence, on aperçoit de la miséricorde. Avoir mangé de l’arbre de vie, et perpétuer une existence de misère sur la terre, aurait complété sa douleur ! Dieu a empêché cela en chassant l’homme loin de l’arbre de vie. Mais avant d’être chassé, la foi, qui compte sur Dieu, semblerait avoir jailli dans le cœur d’Adam : il appelle le nom de sa femme, Ève, « parce qu’elle était la mère de tous les vivants ». À ce moment-là, tous étaient sous la sentence de mort ; mais la Parole de Dieu, au sujet de la semence de la femme, a fait que la foi et l’espérance ont certainement jailli !

Une remarque reste à faire. Si le chef de la race est tombé, ne sommes-nous pas tous de sa famille ? S’il avait un besoin impérieux de rédemption, toute sa postérité n’en avait-t-elle pas aussi grand besoin ? Si lui, quand il était sans péché, a été vaincu par Satan, quel est son descendant, né dans le péché, qui soit de taille à lutter avec le diable ?

Et si, au moment de sa misère et de son angoisse, Adam s’est cramponné à la parole de Dieu, tout jeune homme ne devrait -il pas suivre ses traces à cet égard ? Tous, sûrement, le doivent. Aussi, à nouveau je demande : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? – Ce sera en y prenant garde selon ta Parole ».

LE SECOND HOMME – VAINQUEUR

MATTHIEU 3, 4 ; LUC 2 à 4

Nous avons devant nous un sujet beaucoup plus heureux. Nous avons vu la défaite complète, la déroute totale de l’homme auquel nous sommes rattachés par nature. Nous avons vu le premier homme battu, vaincu et le triomphe complet de Satan. Et finalement l’homme est chassé du paradis à la suite du juste verdict de Dieu. Oui, il est déshonoré et chassé dans le monde, où désormais Satan, le péché et la mort règnent directement jusqu’au moment de la venue de Celui, dont allons lire quelque chose maintenant.

Il n’est pas bon de nier le fait que nous sommes tous liés à cet homme tombé. Nous sommes tous ses descendants et il est ruiné, perdu, condamné, et tous ceux qui appartiennent à sa famille le sont aussi. Tu en fais partie, jeune homme, si tu n’as pas rencontré Jésus.

Je ne sais si tu as trouvé le sentier de l’Homme victorieux. Si ce n’est pas encore le cas, notre ardente prière est que tu puisses suivre son chemin avant qu’il ne soit trop tard. Il veut te bénir, te sauver ! Comment pouvez-vous le savoir, dites-vous peut-être ? Parce qu’Il m’a béni et m’a sauvé, quand j’avais à peu près l’âge de la plupart d’entre vous – vingt ans.

Quatre mille ans s’étaient écoulés depuis ce dont nous avons parlé. Ces longues années dans l’histoire de l’homme et du monde, depuis Adam jusqu’à Christ, ont été marquées, du côté de l’homme, par une succession continuelle de péchés et de désobéissance. L’homme a failli à tous égards. Le fils aîné d’Adam a tué son frère Abel ; Noé, placé sur une terre purifiée par le Déluge, s’est enivré.

Je me demande si Dieu a pu voir un jeune homme dans cette salle dans le même état. Vous ne pouvez pas montrer Noé du doigt. C’était un pécheur – vous l’êtes aussi. Noé a péché – vous également. Descendons le cours du temps. Dans les jours d’Abraham, l’homme était devenu un idolâtre (voir Jos. 24. 2). Laissez-moi me servir de l’histoire d’Israël. L’Éternel a donné à Aaron un merveilleux privilège – celui de la sacrificature – les fils d’Aaron ont offert un feu étranger à Dieu.

Salomon a été le roi le plus puissant et le plus sage que le monde ait connu. Sa sagesse et sa magnificence ont été incomparables. Rien n’a dépassé la gloire de son règne. Mais Salomon a sombré complètement. Il « aima beaucoup de femmes étrangères », et « ses femmes détournèrent son cœur auprès d’autres dieux » (1 Rois 11. 1 à 13). La faillite déjà du premier homme a été absolue. Son cœur s’est éloigné de Dieu et il est devenu pécheur dans sa nature. Il était désormais sous la puissance de Satan. Si le diable réussit à mettre la main sur quelqu’un, il fait tout son possible pour le garder sous sa coupe.

Mais peut-être dites-vous : Je ne crois pas à l’existence du diable. Si vous niez que Satan est une créature qui existe, vous scellez votre propre condamnation. Notez cela ! Si l’on nie la puissance de Satan, il faudra être séparé de Christ lorsqu’Il apparaîtra sur la scène.

Le chemin du premier homme – opprimé et gouverné par Satan – a été un chemin de péché, de souffrance, de misère et d’éloignement de Dieu pendant quatre mille ans ! Mais enfin « l’Orient d’en haut » s’est levé sur le monde. Rien d’étonnant à ce que le ciel ait été dans l’extase quand Jésus est né. Les anges du Seigneur ont annoncé aux bergers de Bethléhem ces glorieuses nouvelles : « Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2. 11). Nous voudrions que votre cœur connaisse un peu tout cela ! Pourquoi une si grande joie dans le ciel ?

Ils ont reconnu que si le Sauveur, envoyé par Dieu, était là, c’était la réponse indiscutable à la grave question : Comment l’homme pouvait-il être sauvé de sa condition de perdition ? – « Dieu a été manifesté en chair ». Le Fils Éternel de Dieu est descendu du ciel pour être le Sauveur du monde, Il est apparu comme « l’Homme Christ Jésus ».

Sa Personne et son service ont été révélés par les paroles des anges. Avant sa naissance son nom a été déclaré : « Voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom JÉSUS. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut ». C’est ce qu’a entendu Marie (Luc 1. 31 et 32).

De plus, Joseph était le père putatif, quoique nous sachions qu’il ne l’était pas. Selon la loi juive, dès que deux personnes étaient fiancées, elles étaient considérées comme mari et femme. Avant que l’enfant soit né, un ange du Seigneur s’est adressé à Joseph de la manière suivante : « Ne crains pas de prendre auprès de toi Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint ; et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom JÉSUS ».

Nom adorable ! Il n’y a pas de nom comme celui-là. « Car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 20 et 21). Faites-vous déjà partie de son peuple ? Quel homme parmi nous peut-il dire honnêtement : « J’appartiens à son peuple » ?

Ami, laissez-nous vous demander : le Nom de Jésus a-t-il du prix pour vous ? C’est un Nom très précieux. Quand le nom de tous les hommes que l’on a beaucoup estimés aura passé pour toujours et qu’ils seront oubliés, le nom de Jésus sera le « cantique » et la « joie » de son peuple ! Il est vrai qu’il est écrit : « Mes ennemis me souhaitent du mal, Quand mourra-t-il ? Quand périra son nom ? » (Ps. 41. 5) – Non, grâces à Dieu, jamais !

Savez-vous ce que Dieu dit ? « Je rappellerai ton nom dans toutes les générations ; c’est pourquoi les peuples te célébreront à toujours et à perpétuité » (Ps. 45. 17). Grâces à Dieu, je suis parmi ceux qui se le rappellent avec adoration ; j’espère que tu en seras aussi, mon ami. Penses-y ! Son nom ne pourra jamais périr !

Grâces à Dieu, Il est mort pour nous ! Il pouvait le faire justement parce qu’Il n’était pas soumis à la mort. Étant mort et ressuscité, Il a maintenant un Nom au-dessus de tout nom – le nom de Jésus. Et je désire que votre cœur soit attiré vers ce Jésus béni, s’il ne l’a pas encore été.

Nous avons le récit de la naissance de notre Seigneur dans le 2ème chapitre de Luc, qui nous parle aussi de son enfance. Là, avec les paroles de l’Écriture, il nous est dit qu’Il était soumis à ses parents et qu’Il « avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (2. 52).

À douze ans, on Le voit dans le temple parmi les docteurs – Il n’avait pas l’effronterie du jour actuel, où plus d’un enfant de douze ans pense qu’il sait beaucoup mieux les choses que son père. Quel beau tableau moral ! « Ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ».

Le voile tombe maintenant sur dix-huit ans, et l’Écriture est silencieuse sur ce qui a eu lieu pendant ces dix-huit ans, sauf qu’il était soumis à ses parents.

« Celui-ci n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? » ont été apparemment des paroles d’incrédulité légère et méprisante. Mais je ne pense pas que ces dix-huit années ont été des moments d’oisiveté pour notre cher Seigneur. Il était toujours aux affaires de son Père. Ce Bienheureux, alors qu’Il est Lui-même un homme réel, véritable, était le Fils éternel de Dieu, et avait visité la terre en grâce.

« La Parole devint chair, et habita au milieu de nous… pleine de grâce et de vérité » (Jean 1. 14). Dieu lui-même, sous une forme humaine, a habité sur la terre. C’est un côté de la vérité ; mais, de l’autre, que le Seigneur Jésus ait travaillé de ses propres mains, pendant ces années d’isolement et de solitude, semble tout à fait évident.

Enfin le moment est arrivé où Dieu fait appel à son Fils – cet Homme béni, humble, obéissant – et Il s’est présenté. Dans quel but ? – Pour lutter avec l’ennemi qui avait vaincu le premier homme. À cette époque il y avait une grande agitation parmi les Juifs. Jean le baptiseur était sorti dans le pays. Avec une grande puissance il avait parlé avec insistance aux hommes au sujet de leurs péchés. Jean ne cherchait pas à atténuer les choses.

Tous sont pécheurs et tous doivent rencontrer Dieu au sujet de leurs péchés. Tu as péché. J’ai péché. Tout homme a péché. « Tous ont péché » (Rom. 3. 22). Dieu prend t-il le péché à la légère ? S’Il le faisait, Il ne serait pas Dieu. Tu peux maintenant prendre à la légère le péché, mais tout à l’heure tu ne le pourras pas. Jean a prêché la repentance et le baptême en rémission des péchés. Les hommes étaient troublés. Plût à Dieu qu’ils le soient maintenant ! Les hommes ont senti qu’ils étaient sous la condamnation de Dieu. Ils sentaient leurs péchés.

Jean pouvait seulement leur demander d’être baptisés en rémission de péchés. Il ne pouvait pas alors, comme nous le faisons aujourd’hui, leur annoncer le pardon actuel des péchés. Mais tandis qu’il continuait son service, et prêchait à des multitudes repentantes sur le bord du Jourdain, un Homme inconnu s’est approché. Comme le précise le 1er chapitre de Jean : Jean « voit Jésus venant à lui, et il dit : Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! »

Jésus a désiré être baptisé et l’a été – certainement pas en confessant des péchés, car Il n’en avait pas, mais en prenant sa place en grâce avec des hommes pieux, et qui par leurs actions montraient qu’ils l’étaient – et Jésus ayant été baptisé, les cieux se sont ouverts, et – fait frappant – au moment où Il est produit en public, nous Le voyons comme un Homme qui prie.

Dans l’évangile de Luc vous trouverez le Seigneur Jésus en prière devant Dieu à de nombreuses reprises, et ici c’est la première occasion. Vous avez ici devant vous l’Homme sans péché dans une dépendance parfaite de Dieu, et le Père Lui dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » ; et on a dans l’Écriture – des témoignages qui, l’un après l’autre, montrent la perfection de cet Homme.

Il a dit Lui-même : « Qui d’entre vous Me convainc de péché ? » (Jean 8. 46) Les gardes des pharisiens envoyés pour Le prendre, confondus par la grâce et la puissance de ses paroles, ont déclaré : « Jamais homme ne parla comme cet Homme » (Jean 7. 46). Pilate, quand Christ a été amené dans la salle de jugement, a dit à trois reprises : « je ne trouve aucun crime en Lui » (Jean 18. 38 ; 19. 4 et 6).

Le malfaiteur mourant a dit : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41). Paul a écrit de Lui qu’Il « n’a pas connu le péché », mais qu’Il a été « fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21). Un autre apôtre dit de Lui : « qu’Il n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude » (1 Pier. 2. 22). Et un dernier témoin ajoute : « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3. 5). C’est un Homme unique, Il reste seul dans la gloire de sa personne – unique dans le fait qu’Il était absolument sans péché. Mais remarquez-le : C’était vraiment un Homme, authentique, tel que nous sommes – à part le péché.

Quand Dieu a introduit le premier homme, il était « tiré de la terre, – poussière » ; mais le second Homme est le Seigneur venu du ciel (1 Cor. 15. 47). Quelle chose merveilleuse, que dans un monde de péché et de mort , un Homme qui était le Seigneur soit venu du ciel ! Il a apporté Dieu à l’homme dans sa vie, et Il apporte l’homme à Dieu par la justice obtenue par sa mort.

Nous ne devons pas être séduits par l’idée que l’incarnation du Seigneur a attiré l’homme à Dieu, ou imaginer que Christ étant devenu un Homme, l’homme a été de cette manière élevé jusqu’à Dieu. Il n’y a pas une telle doctrine dans l’Écriture.

Ses propres paroles ont été : « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12. 24).

En premier lieu, Il a été éprouvé, tenté et, grâces à Dieu ! Il s’est révélé être le Vainqueur de celui qui avait vaincu le premier homme ! Sa victoire sur Satan a été complète et Il aurait pu en toute liberté retourner au ciel. Mais qu’a t-Il fait alors ? Il est resté sur la terre ; Il est descendu et Il est mort pour vous et pour moi.

Nous vous disons : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » À la question : Qui est ce Jésus ? Nous répondons : Il est le Fils éternel de Dieu. Jésus est devenu un Homme dans ce monde afin de délivrer l’homme de la puissance de l’ennemi.

En Luc 3 nous voyons que le Saint Esprit descend sur Lui, exprimant ainsi le plaisir que le Père trouve en Lui. Dieu prend plaisir dans cet Homme à cause de sa propre perfection absolue. Dans ce chapitre, observez aussi que la généalogie de Jésus remonte directement jusqu’à Dieu.

Nous désirons rendre un ferme témoignage contre cette idée que l’homme est simplement, au départ, une simple cellule qui s’est ensuite différenciée, ou si vous voulez, un descendant amélioré du singe. L’homme a son origine en Dieu, comme le livre de la Genèse nous le dit, Jésus est apparu parmi les hommes, sa généalogie remonte par l’intermédiaire d’Héli jusqu’à Dieu (Luc 3. 24 à 38).

Si l’homme avait son origine dans les animaux inférieurs, c’est à ce moment-là que ce fait aurait dû être enregistré, et il aurait été écrit : « de Seth, d’Adam, des animaux inférieurs ». Au lieu de cela nous lisons : « de Dieu » (Luc 3. 23 à 38). De plus nous lisons : « nous sommes sa race » (Act. 17. 28).

Jésus était le Fils de Dieu de deux manières. Il était le Fils éternel – toujours avec le Père. Mais nous lisons : « Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré » (Héb. 1. 5). Il était donc Fils de Dieu comme Homme né dans le temps.

Ensuite nous lisons que « Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert, étant tenté par le diable quarante jours ». Observez que sa tentation était dans le désert. Adam était dans le paradis – en Éden si vous voulez – un jardin de délices. Il avait tout sous la main. Dieu lui avait donné tout ce qui pouvait servir à son plaisir et à sa joie, néanmoins il tomba dans les mains de Satan, et devint sa dupe et son esclave à partir de ce jour-là.

Christ a été conduit au désert, et tenté quarante jours. Il n’était pas dans le paradis, mais l’Écriture nous dit « dans le désert quarante jours, tenté par Satan ; et il était avec les bêtes sauvages » (Marc 1. 13). Non seulement Il était avec les bêtes sauvages, mais il n’y avait rien pour Le servir. L’Écriture nous dit qu’Il a jeûné quarante jours. C’était un temps de privations complètes.

Il a été tenté par le diable pendant quarante jours, mais la plus grande tentation a eu lieu à la fin des quarante jours. Elle était triple : il y avait « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie ». C’était la même triple tentation que dans le jardin d’Éden.

Quand Ève « vit que l’arbre était bon à manger » – c’est la convoitise de la chair – « et qu’il était un plaisir pour les yeux » – il s’agissait de la convoitise des yeux – « et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent » – c’est l’orgueil de la vie – « elle prit de son fruit et en mangea ». Satan fait passer devant le Seigneur Jésus les mêmes sortes de tentations.

La première : « Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain ». C’était une tentation personnelle – aide-toi – sers-toi de ta puissance.

La deuxième est mondaine ; Satan Lui offre tous les royaumes du monde, s’Il abandonne sa fidélité envers Dieu.

La troisième tentation est de nature spirituelle. Il serait un objet d’intérêt pour tous. En premier lieu, Satan dit : « Prends soin de toi, pense à toi, transforme ces pierres en pain. Fais pour toi plus que Dieu n’a fait en ta faveur ». C’était une tentation personnelle. En second lieu il Lui montre l’ensemble des royaumes du monde en un instant et lui dit : « Je te donnerai une bonne place dans le monde ».

Plus d’un jeune a vendu son âme au diable pour la bonne place qu’il ambitionnait d’obtenir dans le monde ! Enfin, Satan aurait voulu que Jésus mette Dieu à l’épreuve en se jetant Lui-même depuis le faîte du temple.

Un homme intelligent m’a dit une fois : « Je ne crois pas à cette histoire d’un diable « personnel », le diable est dans un homme. Qu’est-ce que le diable alors ? Vous répondez : Le diable est le penchant au mal dans le cœur de l’homme. Vous croyez cela ? Arrêtez !

Si c’était vrai nous ne pourrions pas être sauvés. Pourquoi ? La réponse est simple. Si vous pensez que le diable est le penchant au mal qui se trouve dans le cœur de l’homme, vous devez en même temps admettre qu’il y avait des penchants au mal dans le cœur de Jésus, car Il était un Homme, et qu’Il était « tenté par le mal », et alors vous avez perdu le Sauveur.

Cet homme qui aurait des penchants au mal dans son cœur ne peut pas être votre Sauveur ni le mien. Non, chers lecteurs, la Parole de Dieu est claire. Il n’y avait pas de penchants au mal en Jésus – cependant Il a été tenté par le diable. Dieu soit béni, c’était un Homme sans péché, et Satan s’approche et l’éprouve en Lui présentant ces tentations.

Quel a été son moyen de défense ? – Il est basé uniquement sur l’Écriture. C’est un Homme vraiment dépendant, et attaché à Dieu seul. Comment répond-Il au diable ? – Avec l’épée de l’Esprit dans sa main – la Parole de Dieu – et il la cite comme telle.

Jésus réfute les ruses du diable, uniquement en citant l’Écriture : « Il est écrit que l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute Parole de Dieu ». Il déjoue la première attaque.

Il répond à la seconde tentation de la même manière. Le diable Le mène sur une haute montagne et Lui montre les royaumes du monde. Christ sait qu’ils Lui appartiennent de fait, mais Il ne recevra pas le monde dans son état de péché. Il aura tous les royaumes du monde, sur le terrain de la rédemption, et Il les recevra de la main de Dieu, et non de la main du diable. Sa réponse est de nouveau simple : « Il est écrit : Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul ».

La dernière tentation propose à Christ de se jeter depuis le faîte du temple pour tenter Dieu, en faisant de Lui-même une attraction. Si vous arrivez en haut d’un grand sommet et que vous pouvez vous jeter en bas sans vous blesser, je suis sûr que pas un d’entre vous ne refusera de le faire. Vous l’essaierez, juste pour montrer que vous pouvez le faire, et vous serez un objet d’intérêt pour tous les spectateurs. C’est l’orgueil de la vie.

Il est bon de noter que Satan peut citer l’Écriture pour prendre au piège les imprudents. Il cite, ou plutôt cite mal, l’Écriture tirée du Psaume 91 – « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, pour te garder ; et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre ».

Avez-vous observé que le diable omet quatre petits mots ? Dieu avait dit : « Il commandera à ses anges à ton sujet, de te garder en toutes tes voies ». Le diable a laissé tomber ces quatre derniers mots. Depuis, il a souvent mal cité l’Écriture à des âmes séduites, et les a entraînées dans des chemins très dangereux, ceux du péché.

Mais Jésus connaissait les Écritures, il était attaché à Celui qui les avait écrites, et par sa dépendance Il a remporté une grande victoire morale sur Satan, qui « se retira d’avec lui pour un temps ».

Avant de quitter cette partie de mon sujet, je désire ajouter quelques mots qui peuvent vous aider. Moïse, dit-on de nos jours, doit être considéré comme un auteur très démodé, dépassé, et même douteux. En fait, l’on affirme très audacieusement que Moïse n’a pas écrit le Pentateuque. Si vous cherchez à être compté parmi les sages, à être à la page, vous devez ne plus tenir aucun compte du Pentateuque, et retrancher complètement ces cinq livres de vos Bibles. C’est ce que des érudits religieux « infidèles » et les professeurs de la haute critique disent de nos jours.

Il y a cependant une chose très remarquable. Lors de ce triple assaut, Jésus répond à Satan en se servant du Pentateuque seulement, et plus tard dans sa vie, Il se réfère fréquemment à Moïse. Nous ferons mieux de nous tenir avec Jésus qu’avec ses adversaires à ce sujet. Ces prétendus sages, qui taillent en pièces l’Écriture, oublient que la Parole de Dieu est l’épée de l’Esprit. Le diable hait la Parole de Dieu. Il ne peut pas la supporter ; et le secret de la force des « jeunes gens » – au sens où Jean parle d’eux dans une épître, les considérant comme des chrétiens – s’appuie sur le fait qu’ils possèdent la Parole de Dieu.

Je crois que quelques-uns d’entre vous sont des chrétiens. Si vous voulez croître dans la connaissance et le service du Seigneur, et si vous désirez obtenir la victoire sur le diable, ce n’est possible qu’en se servant l’Écriture ; car elle seule est l’épée de l’Esprit.

Mais regardons à nouveau cette scène de Luc 4. Elle est admirable ! Satan se retire battu. Nous avons vu comment le premier homme a été chassé d’Éden. Satan était le vainqueur, et l’homme, le vaincu ; mais ici nous voyons qu’un Homme qui se tenait dans la dépendance de Dieu a vaincu Satan sur tous les points.

Je lis : « Et ayant accompli toute tentation, le diable se retira d’avec lui pour un temps ». Satan s’est retiré battu, et il l’est toujours quand nous citons l’Écriture en la présentant comme la Parole de Dieu. Jeunes gens, étudiez-la ; qu’elle soit précieuse à vos âmes ; faites-en « l’homme de votre conseil », l’homme de votre droite.

En premier lieu, la Parole vous fait savoir que vous êtes sauvés par la foi en Jésus, et ensuite, elle vous guide et vous aide à tirer profit de cette scène. Nous devons rencontrer la tentation. Je ne pense pas que le diable « tente » les pécheurs – il les gouverne, et les pousse au mal. Il ne tente que les enfants de Dieu.

Il conduit ses propres cohortes les yeux bandés vers la ruine éternelle, elles sont sous son pouvoir. Il place la tentation devant l’homme qui n’est pas en son pouvoir. Si Christ ne vous a pas délivré, vous êtes encore l’esclave du diable, – sous son influence – car il « séduit la terre habitée tout entière » (Apoc. 12. 9).

Remarquez maintenant comment le Seigneur agit. Ayant vaincu l’Ennemi, Il sort dans le monde pour délivrer l’homme, et son chemin est rempli de bonté et de miséricorde. Ses miracles de miséricorde proclament qu’Il est le Fils de Dieu – ou le Christ de Dieu.

Quand vous parvenez au chapitre 9 de Luc vous Le trouvez montant au sommet de la montagne, où Il est transfiguré devant trois de ses disciples ; tandis que le Père Le désigne à nouveau, en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Il aurait pu monter dans la gloire depuis cette montagne de la transfiguration, mais au lieu de cela, Il retourne en grâce sur la terre pour mourir, afin que d’autres hommes, rachetés par sa mort, Lui soient associés dans la gloire dont Il est estimé digne comme Homme.

Quand Il est redescendu, Il chasse à nouveau les démons ; et l’un de ses serviteurs – Jean – vient Lui dire : « Nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom » – son Nom était puissant ! – « et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne te suit pas avec nous. Et Jésus lui dit : Ne le lui défendez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous » (Luc 9. 49 et 50).

Eh bien ! dites-vous, je pense que je suis pour Lui. Arrêtez ! À ce moment-là Il déclarait que tous ceux qui n’étaient pas contre Lui, étaient pour Lui. Si vous allez au chapitre 11 c’est l’inverse. Là, ses opposants commençaient à dire : « Il chasse les démons par Belzébul, le chef des démons » (v. 15).

Sa réponse est remarquable : « Quand l’homme fort, revêtu de ses armes, garde son palais, ses biens sont en paix ; mais s’il en survient un plus fort que lui qui le vainque, il lui ôte son armure à laquelle il se confiait, et fait le partage de ses dépouilles. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (v. 21 à 23).

Vous voyez le sens. Si vous n’êtes pas entièrement pour Lui, vous êtes contre Lui. C’est ainsi que Christ vous considère. Mais qui est l’homme fort ? Je ne doute pas que c’est le diable : l’homme fort, c’est Satan. Il est trop fort pour vous, et pour moi – pour tous les hommes. Et comment est-il armé ? Je vais vous le dire : Il est armé avec ce qui peut triompher de vous, et de ce qui gardera votre conscience dans le silence. Il dit à un jeune homme : « À quoi sert-il de penser dès maintenant à ton âme ? tu auras encore largement le temps quand tu seras âgé ».

N’écoutez pas sa voix ! Qui vous donnera un regain de vie, qui vous donnera l’assurance que vous verrez la journée de demain ? Ne serez-vous pas déjà jeté dans l’éternité ? J’ai entendu parler d’un docteur qui allait faire une visite chez un patient. Cette dame a attiré son attention sur le fait qu’il paraissait malade.

« Ce n’est pas grand-chose » a-t-il dit et il a promis de repasser le jour suivant. Elle l’a attendu le lendemain, mais il n’est pas venu, car Il était mort. Il avait infecté un de ses doigts en pansant la plaie d’un patient ; il avait ainsi absorbé du poison, et il était mort dans les vingt-quatre heures. Si dans vingt-quatre heures vous devez mourir, où passerez-vous l’éternité ? Vous feriez mieux d’accepter aujourd’hui le Seigneur Jésus comme votre Sauveur. Un homme fort vous retient prisonnier, mais il y en a un qui est encore plus fort : Jésus.

Le monde est le palais de Satan, et les pécheurs sont ses biens ; mais il y a un Sauveur. Comment est-il devenu un Sauveur ? – En s’abaissant et en venant mourir pour les hommes. La question : « Ce qu’il a pris sera-t-il enlevé à l’homme fort, et celui qui est justement captif sera-t-il délivré ? » (És. 49. 24) à reçu sa réponse divine en Christ et dans son œuvre.

« Car ainsi dit l’Éternel : Même le captif de l’homme fort lui sera enlevé, et ce qui a été pris par l’homme puissant sera délivré » (És. 49. 24 et 25). Christ, vainqueur de l’homme fort, est le Libérateur du pécheur « justement » captif.

Vous devez avoir à faire avec cet Homme plus fort. Si vous ne Le rencontrez pas pendant le « jour de la grâce », vous devrez Le rencontrer au jour du jugement. Christ s’est déjà tenu à la barre de l’homme, et Il a été rejeté.

Pilate a dit : « Voici l’homme ! » Alors que les ennemis de Christ réclamaient sa vie à grands cris. Nous connaissons la fin de l’histoire : ils L’ont couronné d’épines, et cloué sur la croix entre deux brigands.

C’est dans cette circonstance que l’un des brigands mourants s’est tourné vers l’autre, et lui a dit : « Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises, mais Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 40 et 41).

Remarquez ces mots : nous parlons de la mort d’un Homme qui n’a rien fait qui ne se dût faire. Il me semble entendre ce pauvre brigand mourant dire à son voisin : « Nous n’avons jamais rien fait de bien, et voilà un Homme qui n’a jamais fait le mal, et je vais me confier en Lui ».

Sa foi s’est donnée libre cours dans cette prière : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand Tu viendras dans Ton royaume ». À ce cri de foi Jésus a répondu : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Nous avons déjà vu un pécheur chassé du paradis de l’homme à cause de son iniquité, mais nous voyons ici un brigand reçu dans le paradis de Dieu, sur la base de la rédemption – avec le Sauveur qui meurt pour lui. Ce sont des nouvelles bénies pour vous et pour moi !

Ainsi Jésus est mort, et après trois jours, Dieu L’a ressuscité. Je sais qu’ils ont mis des gardes autour du sépulcre qui, en plus, a été également scellé. Pourquoi ce sépulcre a-t-il été scellé ? – C’est la peur qui conduisait à mettre des gardes tout autour du sépulcre. Ces poltrons surveillent un homme mort…

C’était le désir du monde de Le garder dans le tombeau ; mais les hommes n’ont pas pu le faire. Christ est ressuscité avant que la pierre ne soit roulée ; mais cette pierre a été roulée pour permettre qu’on regarde dans le tombeau et qu’on y voie les preuves de la victoire du Sauveur ressuscité et victorieux. C’est un glorieux fruit de la croix.

Vous savez que le salaire du péché, c’est la mort. La mort était l’évidence de la victoire de Satan sur le premier homme. Christ est ensuite descendu dans la mort pour la gloire de Dieu, pour la bénédiction de l’homme, et pour détruire la puissance de Satan. Je ne doute pas que Satan ait pensé qu’il avait remporté un grand succès quand le monde a été témoin de la mort de Christ, mais c’était une chose insensée de sa part.

Christ est entré dans la mort et Il l’a annulée. Il est entré dans la forteresse de Satan et l’a démolie. Il a aussi ôté le péché, en faisant face aux exigences de Dieu en justice. Il a annulé la mort, et vaincu Satan. Il a accompli l’œuvre qui vous donne le droit d’aller là où Christ se trouve maintenant. Il n’a pas été vaincu par la mort. Sa défaite « apparente » a été sa victoire la plus glorieuse.

Comme un hymne le dit, avec simplicité :

« Par la faiblesse et la défaite (apparente),

Il a gagné la récompense et la couronne ;

Il a écrasé tous nos ennemis

Et les a foulés aux pieds.

Il a abattu l’enfer ;

« Fait péché », Il a vaincu le péché !

Descendu dans le tombeau, Il l’a détruit ;

Et Il a vaincu la mort ».

Par la mort Il a vaincu la puissance de Satan ! Il est ressuscité d’entre les morts et maintenant Dieu appelle partout les hommes à se repentir « parce qu’Il a établi un jour auquel Il doit juger en justice la terre habitée, par l’Homme qu’Il a destiné à cela, de quoi Il a donné une preuve certaine à tous, L’ayant ressuscité d’entre les morts » (Act. 17. 31).

Jésus est maintenant exalté à la droite de Dieu. C’est en tant que vainqueur triomphant qu’Il y est contemplé maintenant par la foi. Son exaltation est le témoignage, de la part de Dieu, du plaisir qu’Il trouve en Lui, et de sa satisfaction absolue dans l’œuvre qu’Il a accomplie dans sa mort. Son front est couronné de gloire en réponse à ses souffrances et à sa mort.

« C’est Lui que Dieu a exalté par sa droite Prince et Sauveur, en apportant la repentance… et la rémission des péchés » (Act. 5. 31). Ces dons de la grâce, ce glorieux Vainqueur les accorde « avec justice » aux hommes que Satan avait vaincus. Qui d’entre nous les a-t-il reçus ?

Remarquez que tous, nous aurons à rencontrer le Seigneur. Nous pouvons Le voir maintenant par la foi, mais il nous est dit : « tout œil Le verra ». Aimeriez-vous Le voir ? Si vous n’êtes jamais venu au Seigneur, faites-le aujourd’hui.

Décidez-vous pour le Seigneur. « Celui qui n’est pas avec Moi, est contre Moi », et ceux qui ne sont pas pour Lui sont encore du côté du prince de ce monde ! Que votre cœur soit gagné pour Christ. Ne perdez pas de temps : Vous êtes pécheur, enfant d’Adam, sous la sentence de mort. La mort, la tombe, et le jugement éternel vous attendent.

Mais Quelqu’un est venu dans ce monde, Il est devenu un Homme afin de pouvoir mourir. Nous mourrons parce que nous sommes des hommes ; Lui est devenu un Homme « afin qu’Il puisse mourir », et Il est maintenant ressuscité et assis à la droite de Dieu, et Il dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).

Regardez en haut et voyez le Sauveur élevé, victorieux. Regardez en haut et voyez Celui qui a lutté avec l’ennemi et qui en a triomphé. Levez les yeux en haut et confiez-vous en Celui qui est le Sauveur vivant à la droite de Dieu. Ne voulez-vous pas Le croire, âme coupable, dès aujourd’hui ?

Lecteurs, pensez-vous que, pour un jeune homme, devenir un chrétien , c’est peu de chose ? Il n’y a rien de plus grand, de plus beau, de plus merveilleux que de se trouver du côté du Seigneur, et chacun doit rendre grâces à Dieu, du fond de son cœur, d’avoir été converti de bonne heure. Les années suivantes ont été employées pour les intérêts du Sauveur, au lieu de l’être au service du diable. Dieu veut vous bénir et vous sauver sans plus attendre.

ÉTUDE SUR ROMAINS 14. 1 à 23 et 15. 1 à 7

On peut dire que le sujet du chapitre que nous avons devant nous, c’est quelque chose de quotidien, de la vie normale d’un rassemblement et de la vie des frères et sœurs entre eux.

Nous sommes différents les uns des autres. Dieu nous a faits ainsi. Il y a des différences de différents registres : des tempéraments, des vécus, des âges. L’apôtre Jean nous parle de petits enfants, de jeunes gens, de pères (1 Jean 2. 12 à 14).

L’auteur de l’épître aux Hébreux évoque en interpelant les Hébreux qu’ils devraient être des docteurs et pas des petits enfants. Voilà deux aspects :

– Un aspect normal, si on peut dire. On est enfant, on grandit, on arrive à l’âge mûr et puis après l’âge avance, on vieillit. C’est notre état sur la terre avec bien sûr la conséquence du péché qui est comme un arrière fond.

– Et puis un état anormal, celui que j’ai évoqué dans l’épître aux Hébreux : vous devriez être des docteurs et vous êtes restés des petits enfants.

Voilà deux types de situations et là dans notre chapitre, cet aspect, ces différences, sont abordés par les mots « faible » et « fort ».

On sera certainement amenés à considérer cela dans l’épître aux Corinthiens au chapitre 8. On retrouve aussi cette distinction entre les uns qui sont faibles sur un point et les autres qui sont ou se croient forts.

Dans le contexte de l’épître aux Romains, d’abord, on a juste rappelé ces deux grandes parties jusqu’au chapitre 8 qui traite le sujet de la justification et qui s’adresse à tout le monde, à tout croyant d’où qu’il soit, avec des distinctions entre l’homme des nations et le Juif. Mais en même temps, tous retrouvés pareils devant Dieu quant à ce qu’il en est de nos péchés, de notre état devant Dieu sans l’œuvre du Seigneur, mais aussi tous pareils en Christ, justifiés de la même manière par cette même œuvre.

Les chapitres 9 à 11 concernent les promesses faites à Abraham et c’est ce qui fait le lien avec notre chapitre 14 qui reprend un peu certains aspects.

Le Juif avait eu la Loi, il avait été mis à part, il avait été appelé. Les promesses faites à Abraham, tout un ensemble de choses le mettait à part des nations. D’un côté c’est tout un ensemble qui pouvait le faire s’enorgueillir. C’est ce qu’on trouve tristement à travers les évangiles, c’est l’état que le Seigneur rencontre, trouve, dans son peuple en général.

Au milieu de ce peuple il y avait ceux qui craignaient Dieu, ceux qui s’attachaient aux promesses, ceux qui cherchaient quelque chose d’autre, une relation, des réponses. Et puis il y avait toutes ces ordonnances : « Fais ceci et tu vivras ».

Toutes ces choses – l’épître aux Hébreux, l’épître aux Romains, nous le montrent -, ont eu leur temps et elles ont leur fin. Tous ces chrétiens d’origine israélite avaient cette difficulté : Que faut-il faire de tout cela ? Quelle place donner à tout cela ?

Inversement tous ces chrétiens originaires des nations avaient effectué un demi-tour complet, comme il est dit des Thessaloniciens, qui s’étaient « tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai ». Ces chrétiens avaient abandonné tout un ensemble de choses mais pour saisir quoi ? La Loi, les commandements ? Non, saisir Christ, saisir la liberté en Christ, saisir la libération en Christ. Et toutes ces choses de la Loi, c’est du passé.

On a deux cheminements différents, deux passés différents, qui ont amené les uns d’origine juive, les autres d’origine des nations, ensemble et maintenant à cohabiter, fonctionner, vivre, croître, avancer ensemble en ayant Christ en commun, Christ à la première place, Christ comme source de toutes choses, Christ comme but. Chacun ayant dû laisser des choses, pour les gens des nations peut-être plus facilement, mais pas forcément, pour les Juifs peut-être plus difficilement, mais pas forcément.

Là je veux arriver à ce que ce chapitre, dans ses grandes lignes bien sûr, devra avoir à nous dire à nous. Peut-être – je n’en sais rien – il n’y a personne parmi nous qui soit d’origine juive, issu du judaïsme. Nous sommes probablement, pour le plus grand nombre, venus des idoles.

Venant du monde, les idoles sont une réalité bien présente sous une autre forme que celle qu’on pouvait voir à Corinthe ou à Rome. Par grâce beaucoup d’entre nous, peut-être pas tous, ont grandi en connaissant le Seigneur dès leur plus jeune âge. Je ne veux pas dire par là qu’ayant grandi dans une famille chrétienne, nous serions assimilés à ceux qui étaient d’origine juive, je ne veux pas dire cela du tout.

Je veux dire que pour nous, faibles et forts, il nous faudra décliner un peu autrement que ce que Paul présente dans cette épître. Et pourtant nous devons revenir sans arrêt à ce que nous avons là quand il est parlé du « jour », quand il est parlé du « manger ».

Ce sont les exemples que l’apôtre utilise là pour parler de choses concrètes, familières à chacun. Ces choses-là, nous allons peut-être devoir les traduire en d’autres critères, en d’autres pierres de touche, dans nos relations fraternelles.

En ligne directrice je voudrais aussi placer devant nous que ces différences qui sont mises là devant nous ne touchent pas au péché directement. Il nous est bien parlé à la fin du chapitre 14 du péché, mais nous arriverons à une explication de ce paragraphe. Mais les pierres de touche qui sont là le fil conducteur de ce sujet ne sont pas des choses entre bien faire et mal faire, par rapport au péché.

Manger ou ne pas manger, ce n’est pas pécher ou ne pas pécher. C’est des appréciations de choses, c’est des états d’avancement dans la manière dont on a saisi Christ, c’est une dynamique dans quelque chose qui nous tend vers Christ.

J’ai évoqué l’épître aux Corinthiens à laquelle nous serons peut-être amenés à faire allusion, par rapport aussi à des histoires de manger et de ne pas manger. Dans les Colossiens il nous est parlé aussi de jours. Et dans les Colossiens comme dans les Corinthiens nous sommes dans un contexte essentiellement de croyants issus des nations.

Les jours… Est-ce que tous les jours sont égaux ? Est-ce que les jours ont des valeurs différentes comme dans le calendrier donné à Israël. Quelle est la valeur de ce calendrier pour le chrétien ? En soi la question est un peu secondaire, mais elle nous amène à réfléchir sur ce que c’est que marcher en Christ dans la liberté par rapport à tout ce qui nous entoure, les choses de la terre, les choses que Dieu a données et qu’il a mises de côté, les choses du monde dans lequel nous vivons qui ne sont pas spécifiquement du mal, mais qui sont peut-être des habitudes et qui ne sont pas forcément innocentes et qui peuvent être amenées à être remises en question.

Et puis pour apporter encore une autre direction à ce tableau, je voudrais mettre un peu en perspective un sujet que nous évoquerons peut-être mais qui sera certainement bien trop long à développer :  c’est celui qui est abordé dans l’épître aux Galates : revenir à des choses de la Loi, ce qui est un danger permanent pour le chrétien : « Ne fais pas ceci, ne fais pas cela, fais ceci et alors tu auras cela. Si tu ne fais pas ceci, tu n’auras pas telle bénédiction ».

On a comme un sujet qui traverse ce chapitre 14 et le début du chapitre 15, qui est une présentation de quelque chose de plus vaste, que d’autres passages du Nouveau Testament nous présentent sous d’autres angles, et l’ensemble a comme but de nous placer tous ensemble dans cette même liberté devant Dieu.

C’est là un encouragement à marcher ensemble, avec nos différents âges spirituels, nos différents états, avec le même but, la même direction. Chapitre 15. 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Dans ces uns et autres il y a dans le contexte, bien sûr sous-entendu, soit l’origine juive, soit l’origine des nations. Généralisons-le tout en gardant cet arrière-plan. Et puis surtout « comme aussi le Christ vous a reçus ».

Je voudrais juste lire un verset dans l’épître aux Éphésiens où l’on retrouve ce « comme » d’une manière un peu similaire mais sur un sujet voisin : « soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (4. 32), comme imitateurs de Christ dans une marche ensemble, dans nos relations les uns avec les autres.

Et puis la fin de ce verset 7 : « comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». À la gloire de Dieu, c’est-à-dire que cela exclut tout autre sujet comme objet de gloire. Ça nous sort de nous-mêmes, ça nous tourne vers Lui, ça nous détourne de nous-mêmes et cela en regardant notre frère ; ça nous tourne vers Dieu, pour sa gloire, notre frère étant celui que Christ a reçu comme moi, celui que Dieu a pardonné en Christ comme Il m’a pardonné.

Toutes nos différences s’estompent pour nous amener à nous voir tous pareils, comme objets de grâce, comme objets de l’amour de Dieu.

Voilà quelques mots pour introduire.

Un petit verset pour introduire ce chapitre 14, c’est au chapitre 13. 14 : « Mais revêtez le Seigneur Jésus Christ, et ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises ». Voilà ce qui est important. Nous allons voir tout au long de ce chapitre 14 qu’il est important de revêtir Christ. On voit combien souvent cela est mentionné, de ne pas prendre soin de la chair, et ne pas satisfaire à ses convoitises.

Au v. 1 du chapitre 14 il est parlé des faibles en foi. C’est quelque chose qui nous concerne aussi beaucoup. Pourquoi ? Parce que le fait d’avoir des faibles et des forts nous a conduits à des divisions. Ce n’est pas ce que le Seigneur veut. Il désire qu’on se reçoive les uns, les autres. C’est aussi quelque chose de très important et peut-être avons-nous des choses à confesser à ce sujet-là.

Souvent on considère que l’un est trop près de la Loi, ou il revient à la Loi, alors que nous devrions le considérer comme peut-être faible, mais ayant une conscience beaucoup plus exercée que la nôtre. Ce qu’on fait alors pour qu’il y ait l’unité, on met les faibles d’un côté, on les chasse et d’un autre côté il n’y aura plus que les forts. Ce n’est pas ce que désire la Parole de Dieu.

La Parole de Dieu nous montre que nous sommes exhortés à habiter ensemble comme on l’a entendu. Ici les personnes qui sont faibles, ce sont les personnes qui reviennent à la Loi, comme on l’a vu, le fait de manger des herbes etc.

Mais là l’apôtre considère cela comme une infirmité. Comme on l’a entendu, dans l’épître aux Galates et l’épître aux Colossiens, ce sont des personnes qu’il faut fuir. Pourquoi ? Parce que ce sont des personnes qui veulent revenir à la Loi et la Loi met tout le christianisme par terre.

Dans l’épître aux Galates on voit qu’il faut se méfier des faux docteurs mais dans l’épître aux Corinthiens les faibles, ce sont des personnes avec lesquelles nous sommes appelés à vivre, tout cela pour la gloire de Dieu.

Comme on l’a dit tout à l’heure dans l’introduction, la ville de Rome était une ville extrêmement cosmopolite. Il y passait toute sorte de personnes, de toutes races, de toutes religions. Il y avait des Juifs. Si nous ouvrons la Bible en Actes 18 nous lisons que l’empereur avait dit que tous les Juifs devaient sortir de Rome ; c’est donc qu’il y en avait.

Plus tard lorsque Paul lui-même serait à Rome, il y avait toute une congrégation juive qui était là puisque les principaux sont venus. On verrait dans ce dernier chapitre des Actes que certains ont été persuadés. Il y avait aussi une autre dimension à Rome qui n’était pas facile à gérer non plus : dans l’épître aux Philippiens, quand Paul est en prison dans sa première captivité, il donne des salutations de ceux de la maison de César. Il y avait peut-être aussi une dimension sociale importante : ceux de la maison de César qui semblaient être devenus des chrétiens. Voilà que le Saint Esprit met aussi bien ces Juifs, que ceux de la maison de César, que ces gens de nations avec le polythéisme énorme qui existait, il les met tous ensemble.

Nous n’échappons pas à notre éducation. Nous pouvons nous demander qu’est-ce qui fait que nous soyons ensemble dans le rassemblement ? Est-ce que c’est une dimension sociale, culturelle ? Est-ce que ce sont des gens qui pensent la même chose sur la Parole ? C’est très important de nous interroger là-dessus. Ce qui nous lie, bien-aimés du Seigneur, c’est que nous avons un même Sauveur, un même Seigneur, un même Père.

Imaginons la difficulté parce qu’il y a peut-être une autre dimension qu’il faut souligner. Là nous sommes tous avec notre Bible en main, Ancien et Nouveau Testaments. Très bien. Mais imaginons ce que c’était pour ces gens-là. On ne tirait pas comme ça le livre de la bibliothèque.

On avait la Torah, peut-être dans certaines familles, et encore ! On l’avait surtout entendue. Il y avait quelques épîtres qui commençaient à circuler, peut-être un évangile ou deux. Et ces gens sont là ensemble avec tout leur passé, avec le système juif qui est là, ces jours d’observation, ce qu’il fallait faire, ce qu’il ne fallait pas faire. Il y avait aussi tout ce que les nations avaient dans leur religion passée qui ne leur semblait pas si mauvais que cela, même s’ils avaient reçu le Seigneur.

On l’a dit : il y avait des difficultés chez les Galates, chez les Hébreux, chez les Colossiens où il y avait aussi des docteurs juifs. Il fallait vivre dans une bonne harmonie, non pas dans des compromis : « Je te cède là-dessus, mais tu acceptes ceci » comme on fait dans le monde où on négocie et on trouve une espèce de compromis plus ou moins boiteux. Non.

Le Saint Esprit les invitait à autre chose et le Saint Esprit nous invite aussi dans les rassemblements à autre chose : « Garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 3). C’est un verset qui peut résonner dans chacun de nos cœurs par rapport à notre vie d’assemblée.

J’aimerai juste rappeler aussi que ce passage s’inscrit dans la suite des exhortations qui commencent au chapitre 12. D’une certaine manière les premiers versets du chapitre 12 sont une préface et on pourrait dire un guide pour comprendre tout ce qui suit.

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent. Et ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite » (Rom. 12. 1 et 2).

Nous n’avons pas à étudier ce verset, mais j’aurai souhaité simplement souligner d’abord : « Je vous exhorte ». Il ne s’agit pas de placer des commandements, de placer des normes, de placer des règles, pour encadrer la vie des croyants ici. Il s’agit d’un ministère d’exhortation, d’encouragement, d’avertissement, destiné à stimuler notre foi, notre amour fraternel.

C’est ainsi que ces différentes questions qui se posent au chapitre 14 peuvent être abordées, non pas par un encadrement, par des règles, mais par cet esprit d’exhortation à vivre selon les compassions de Dieu, ce que nous avons appris des compassions de Dieu. Nous sommes tous les objets de cette immense compassion de Dieu qui nous a aimés et qui nous a pris dans notre misère et qui nous a sauvés.

Notre frère, c’est le frère pour lequel Christ est mort comme il est dit dans ce passage (v. 15). Quelle valeur il a aux yeux de Dieu et aux yeux de Christ par les compassions de Dieu !

Et nous sommes appelés non pas à nous mettre en avant nous-mêmes, non pas à nous faire valoir, mais « à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent ». Alors cela nous donne l’esprit dans lequel toutes ces exhortations, ces enseignements de l’apôtre Paul sont placés devant nos cœurs. Ils ne sont pas placés devant nos intelligences. Ils sont placés sur nos cœurs et sur nos consciences.

Et puis on a parlé de la Loi très brièvement et du légalisme. Le légalisme est un danger. Un frère disait une fois : « Comment se fait-il que l’apôtre nous appelle à supporter les faibles, alors que par ailleurs le légalisme est un tel danger qu’il faut qu’il soit complètement supprimé, ôté ? »

Et effectivement l’épître aux Galates est, si on peut dire, sans pitié pour le légalisme. Mais ce n’est pas exactement de légalisme qu’il s’agit ici. Il s’agit de conscience, une conscience qui peut être faible, une conscience qui peut être mal instruite. Mais c’est par conscience que certains s’abstiennent, que certains honorent un jour, que certains prennent telle ou telle attitude. C’est leur conscience qui leur dit cela.

Le légalisme est différent. Simplement il y avait un grand danger de développer le légalisme à travers ces exercices de conscience. Si par conscience envers le Seigneur, par conscience envers Dieu, j’estime qu’un jour est plus important qu’un autre jour, j’estime que je ne dois pas manger ceci ou que je ne dois pas boire de vin, c’est ma conscience devant le Seigneur.

Elle est faible car je ne jouis pas pleinement de la liberté que le Seigneur m’a acquise. Mais c’est ma responsabilité, en quelque sorte, devant le Seigneur. Mais si je dis que non seulement j’estime que je ne dois pas boire de vin, je ne dois pas manger ceci, je dois respecter tel ou tel jour, et si je viens dire : De toute façon vous savez bien que vous êtes sauvé par la foi, mais si vous n’y ajoutez pas le respect de tel jour, si vous n’y ajoutez pas le respect de tel commandement, si vous vous permettez de boire du vin, si vous vous permettez telle attitude, alors vous n’êtes pas un vrai chrétien, vous n’êtes pas un croyant fidèle, vous n’êtes pas ce que le Seigneur attend de vous. – alors si je commence à imposer quelque chose qui était dans ma conscience, mais que je vais maintenant imposer comme une règle pour mes frères, alors là c’est du légalisme et le légalisme devient une catastrophe, cette catastrophe que Paul combat dans l’épître aux Galates en disant : Mais vous êtes insensés, vous que le Seigneur a placés dans la liberté, vous avez ajouté une ordonnance et une autre et vous allez dire : La vie chrétienne ce n’est pas de marcher par la foi, c’est de marcher par la foi, plus le respect des ordonnances.

Alors là on tombe effectivement dans le légalisme et c’est une catastrophe. Ce chapitre 14 est particulièrement important pour nous parce qu’il nous montre justement que l’apôtre, en quelque sorte, sentait ce danger du légalisme. Il sentait le danger de glisser de ce qui est ma conscience devant le Seigneur, même si elle est faible.

La conscience de mon frère, c’est sa conscience devant le Seigneur. Je suis appelé à en tenir compte. Le danger de glisser de cela vers le légalisme, qui est que je vais imposer à tous les frères ce que je ressens moi dans ma conscience, en leur disant : Vous ne serez pas de bons chrétiens – si je peux parler ainsi – tant que vous n’aurez pas prouvé votre foi en y ajoutant telle et telle ordonnance. Et c’est là le grand danger du légalisme.

Encore deux ou trois remarques introductives. On a déjà parlé des trois textes qui ont à faire plus ou moins avec le même sujet. On a parlé sur 1 Corinthiens 8, sur Éphésiens 4 et ici sur Romains 14. Dieu ne nous donne pas la Bible comme nous voudrions l’avoir quelquefois, peut-être juste un livre sur le sujet A, un deuxième livre sur le sujet B. Ce n’est pas ainsi que l’Esprit Saint agit.

Il prend toujours la situation dans une assemblée, parmi les croyants et Il mentionne les points essentiels, importants, pour eux. C’est pour cela que nous trouvons ce sujet dans différents livres, aussi dans les Galates et les Colossiens. 1 Corinthiens 8 nous donne ce sujet dans le cadre de l’ordre dans l’assemblée.

C’est l’assemblée dans l’ordre de Dieu qui est présentée dans les différents chapitres. Cette question de l’ordre dans l’assemblée a une importance. En Éphésiens 4 il nous est demandé de garder l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix et nous trouvons que dans cette exhortation il faut se supporter – mais l’Esprit nous montre qu’il y a certainement des limites à cela.

L’unité de l’Esprit, ce n’est pas une unité humaine. Et ici dans notre chapitre nous trouvons que ces choses, faibles et forts, ont à faire avec nos relations personnelles l’un avec l’autre dans le royaume que nous trouvons dans le verset 17. Comme croyants nous ne sommes pas seulement placés dans la création, nous ne sommes pas placés seulement dans l’assemblée, mais aussi dans ce royaume de Dieu où Dieu a l’autorité et où les croyants ont à faire l’un avec l’autre comme nous le voyons ici avec des différences et comme nous l’avons entendu avec aussi des éducations différentes.

Et pour cela Dieu nous enseigne comment on peut se comporter l’un avec l’autre dans une autre unité comme nous l’avons lu dans le v. 7 du chapitre 15 : « Recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Il y a une unité aussi dans cette sphère, une unité de cœur, d’accepter de recevoir.

Certainement ce n’est pas ici une question de la réception à la table du Seigneur, mais de l’un l’autre dans cette sphère des contacts personnels que nous avons tous, j’espère bien, entre nous parmi les croyants.

Deuxièmement nous avons déjà entendu dans l’introduction que le problème direct pour la plupart d’entre nous n’existe pas, mais certainement qu’il y a des pays où ce problème existe encore. En Israël par exemple où il y a des Juifs qui se convertissent, ça reste vraiment un problème existant.

Il y a une deuxième ligne que nous avons aussi dans nos pays encore aujourd’hui. En France avec ma culture allemande, avec mon éducation qui est un peu différente de l’éducation, de la culture ici en France. Peut-être que ce n’est pas directement ici en France, mais il y a des croyants, particulièrement en Europe de l’est avec des expériences et une culture différente. Pour eux quelqu’un qui boit de l’alcool, c’est certainement un incrédule. Dans notre culture c’est différent. Si les croyants de ces deux cultures viennent ensemble, ça peut causer des problèmes.

Il y a une troisième ligne que nous avons vue : il y a tant de choses qui sont une question de conscience et pas une question de doctrine. Il y a deux dangers. On peut faire de toute question une question doctrinale. L’apôtre nous montre que c’est faux. Certainement que l’autre côté existe aussi. On dit : Il n’y a que des questions de conscience. Et ça aussi c’est faux.

Et pour cela il faut vraiment toujours regarder chaque point. Chacun de nous a une expérience différente certainement, et l’un est plutôt du côté tout est conscience, et l’autre est plutôt du côté tout est doctrinal. Il faut que nos consciences et nos pensées soient enseignées par la Parole et cela éclaire les choses.

Dernière remarque : l’apôtre maintenant avec cette question – c’est remarquable – fait une distinction « faibles et forts ». J’ai pensé : il va développer afin de faire du faible un fort, pour enseigner le faible, mais il ne le fait pas. Certainement dans le Nouveau Testament les apôtres nous apprennent des choses pour vivre la liberté chrétienne. Mais ici sur ce point l’apôtre ne le fait pas et je crois que c’est important pour nous.

S’il y a un point où il y a des différences entre mon frère et moi, la première chose n’est pas d’essayer de l’enseigner sur ce point. Mais la première pensée, comme nous le voyons dans le verset 1, c’est : « Recevez-le ». Ça veut dire que premièrement on reçoit et on n’essaie pas de changer son frère ou sa sœur, mais de le recevoir. Et par la communion, souvent les choses changent aussi. Mais est-ce que c’est vraiment mon attitude de recevoir mon frère, même s’il est différent dans sa conscience sur ces points ?

On a fait un peu le lien entre ces trois chapitres, 12, 13, 14. Il me semble qu’il y a une ressemblance avec 1 Corinthiens 12, 13 et 14.

Dans le chapitre 12 ici, on a la fonction de chacun. Dans 1 Corinthiens 12 aussi, il y a le bras, l’œil, l’oreille et toutes les différences, la fonction de chacun. Mais chacun a une fonction. Tu as une fonction, les sœurs aussi. Chacun, on n’y échappe pas. On a reçu une fonction. Dès qu’on appartient au Seigneur, on ne peut pas dire : Maintenant je suis tranquille. On a un service, une fonction. C’est ce chapitre 12.

Le chapitre 14 c’est la conduite. 1 Corinthiens 14, c’est aussi la conduite. Les gens regardent, ils hochent la tête, ils disent : « Ah ! il est croyant. Extraordinaire : ils s’aiment ». Ce n’est pas extraordinaire, c’est naturel. C’est la conduite de chaque croyant. Ils s’aiment. C’est cela qui est important. 1 Corinthiens 13 nous parle de l’amour. Et ici aussi.

J’aime relever aussi le verset 10 de Romains 13 : « L’amour ne fait pas de mal au prochain ; l’amour donc est la somme de la Loi ». Si on transgresse et qu’on n’ait pas l’amour dans nos cœurs, je ne veux pas dire que le chapitre 14 est inutile, pas du tout, mais on passe dessus. On a compris le chapitre 14 : « L’amour ne fait point de mal au prochain ».

Je voudrais dire aussi les principes que l’on a. Les principes sont importants. S’il n’y a pas de principes, c’est la tolérance, on admet n’importe quoi, c’est l’anarchie en quelque sorte. Là dans ce chapitre on a trois principes : la liberté chrétienne, la responsabilité chrétienne et la solidarité chrétienne. Juste un mot sur ces choses.

– La liberté chrétienne : chacun est libre. On dit : on est chrétien, on est libre. Mais où commence la liberté et où finit-elle ? Philémon : tu es libre, tu es libre de faire ce que tu veux faire. Oui, « toutes choses me sont permises » dit l’apôtre ailleurs (1 Cor. 6. 12).

Alors je peux faire ce que je veux. Ah ? Du moment que tu es converti, du moment que tu as cru au Seigneur Jésus, tu appartiens à un Maître. Tu es esclave. Tu es libre, mais tu es esclave. Et cela c’est un esclavage extraordinaire. Nous devrions tous nous réjouir d’être esclaves d’un tel Maître. Libres, mais esclaves. Esclave, j’use de ma liberté pour quoi ? Pour faire du bien ou pour essayer justement de dire : Ah ! je ne veux pas être comme cela, difficile et tout, moi je fais n’importe quoi, je peux me permettre n’importe quoi. Tu peux te permettre ? Non, ce n’est pas vrai. On est esclave du Seigneur.

Même de mon corps : ça, c’est 1 Corinthiens 6. C’est là qu’il est écrit : « Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune ». Et on voit exactement 1 Corinthiens 14. Il est parlé beaucoup d’édification.

Dans Romains 14, notre chapitre, est-ce que ce que je fais édifie ? Remarquez que jamais on ne peut édifier sur quelque chose de négatif. Si on est négatif vis-à-vis de quelqu’un, on ne parle pas des forts et des faibles. On parle des forts et des faibles : je fais une petite parenthèse. Ici il faut être honnête – ici vous dites : Moi, je suis dans la catégorie des forts. Est-ce qu’il y en a qui disent : Ah ! non, moi je suis dans la catégorie des faibles ?

Mais si j’utilise ma force pour faire broncher un faible – dans le chapitre14 c’est cela – à quoi sert ma force ? Je suis libre, mais je suis libre pour édifier, pour agir en amour. C’est cela la liberté chrétienne.

Ça nous fait tomber dans le deuxième principe qu’on a dans ce chapitre :

– La responsabilité individuelle. Vous savez, un jour on rendra compte. On voit ici dans le v. 10 qu’il est parlé du tribunal de Dieu. Dans 2 Corinthiens 5 il est parlé du tribunal de Christ. C’est un peu différent.

Au tribunal de Christ, on ne dit rien du tout, les choses sont manifestées, on regarde, on voit ce qui s’est passé ; toute notre vie se déroulera comme un film quand on sera dans le ciel au tribunal de Christ. Ici on doit rendre compte. Là on rend compte de ce que l’on a fait, on est responsable. Je ne serai pas responsable vis-à-vis de ce que tu as fait ou bien vis-à-vis de toi, de ce que tu as fait vis-à-vis d’un autre frère. Ça, ça m’est égal.

Le Seigneur ne te demandera pas, Il ne demandera à personne : Pourquoi t’es-tu comporté comme cela vis-à-vis de ton frère ? Il te demandera : Comment t’es-tu comporté vis-à-vis de moi ? On est responsable vis-à-vis du Seigneur à cet égard. C’est la responsabilité.

Il y a trois choses qui sont très importantes, sur lesquelles il faut quand même insister. – La première : il nous faut avoir une unité de pensée sur les questions doctrinales. On ne parle pas de doctrine ici mais dans Romains 8. 1 : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus ».

Si je commence à te dire : « Oui, oui, d’accord, si tu pèches, tu perds le salut ». Ça c’est une fausse doctrine. Dans toute question on a Éphésiens 4. 3 qui est tellement important : « vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ». On aura la pensée de Christ et une unité de pensée dans la saine doctrine. Ça c’est tout à fait important. On ne peut pas commencer à avoir des fausses doctrines ou à partager des choses qui sont tout à fait fausses concernant la personne de notre Seigneur, concernant l’œuvre de notre Seigneur Jésus Christ. Il faut avoir une unité.

– Deuxième chose : c’est ce qu’on voit là dans notre chapitre 14 en particulier. C’est la liberté chrétienne. L’apôtre Paul ne réclame jamais l’uniformité de pensées, on l’a rappelé, on souligne cela. Tu as une pensée sur ce passage, j’ai une autre pensée. On ne va pas commencer à faire des disputes théologiques sur une pensée là où l’apôtre Paul dit : l’uniformité n’est pas importante, pas ici.

Alors si elle n’est pas importante, je peux aussi accepter. Il y a la liberté sur une pensée différente sur un verset ou sur un autre. Des fois, cela a été source de conflits, simplement pour des pensées qui n’étaient pas importantes. L’apôtre ne réclame pas l’uniformité à cet égard.

– La troisième chose qui est importante aussi, c’est qu’en toutes choses, il nous faut avoir aussi de la charité. Unité, liberté, charité. La troisième chose qu’on voit aussi ici, c’est la solidarité (c’est le 3e point, après la liberté et la responsabilité chrétiennes). Remarquons qu’il y a toujours un impact sur la manière dont je me comporte vis-à-vis d’un frère. C’est ce qu’on voit à la fin, dans le dernier paragraphe, v. 13 et à la fin, le frère qui est faible, qui n’a pas tout compris. Ce n’est pas qu’il n’a pas tout compris, mais il a d’autres choses.

Moi aussi je suis faible vis-à-vis d’un autre frère parce que l’autre frère dira : Ah ! mais alors il se permet ceci ou cela, des choses qui ne sont pas importantes, on a parlé de boissons, on a parlé de repas, on parle de jours. Vis-à-vis de mon frère faible, il y a un impact, il y a toujours un impact dans ce que tu fais vis-à-vis de ton frère. On est solidaires les uns des autres. Il s’agit du frère pour lequel Christ est mort (v. 15).

Le Seigneur Jésus est mort pour ton frère, mais le Seigneur Jésus est mort pour toi aussi. Et s’il est mort pour toi, c’est qu’il a fait un immense sacrifice et puis toi, tu n’es même pas capable de faire un tout petit sacrifice pour ton frère ! Solidarité : tout ce qu’on fait a un impact sur mon frère, sur ma sœur, sur ma famille. On voit cela dans les familles déjà.

La liberté, la responsabilité individuelle de chacun vis-à-vis de Dieu – cela nous met à notre place – et puis la solidarité, l’impact qu’il y a sur nos frères et nos sœurs. L’amour dont le Seigneur nous a aimés, cet amour-là c’est la somme de la Loi. L’amour ne fait point de mal au prochain, impossible.

On a évoqué les versets 12 et 13. Il est remarquable que dans les versets 12 et 13 les adresses sont générales. L’apôtre ne s’adresse pas à une catégorie ou à une autre de croyants. C’est ce premier verset du chapitre 14, qui comme au bout d’un développement, dit : Et maintenant, que faut-il faire quant à celui qui est faible ?

Plus loin il est dit : « L’un croit pouvoir manger de toutes choses ; l’autre qui est faible, mange des herbes ». « L’un croit pouvoir manger » : il n’a pas encore parlé de forts. Il a parlé de celui qui est faible et de celui qui a le regard vers l’autre qu’il appelle faible, et qui se croit donc fort, qui croit pouvoir manger de toutes choses. D’abord « quant à celui qui est faible en foi, recevez-le ». Voilà il est faible en foi et alors ? Il n’est pas différent, recevez-le.

Et puis il y a une deuxième partie du verset. J’ai longtemps eu de la peine avec cette deuxième partie. Comment fallait-il la prendre ? « Non pas pour la décision de questions douteuses ». D’autres traductions disent plutôt : sans critiquer ou discuter ses opinions. Il y a un peu de tout cela. La décision, c’est trancher dans quelque chose. Je prends exprès ce mot « trancher ». Parce qu’il y a ce qui est d’un côté et il y a ce qui est de l’autre une fois que j’ai tranché. J’ai séparé en deux parties, j’ai tranché et j’ai ôté une partie pour en garder une autre.

Il ne s’agit pas de cela : « recevez-le ». Après il parle de questions « douteuses », (douteuses entre crochets), de questions, d’interrogations, de sujets à mûrissement, à réflexion. On va trancher là-dedans alors que c’est quelque chose qui doit faire son chemin, prendre son temps. Non, tout cela, laissez-le de côté, « recevez-le ». Recevez-le et tout le reste viendra après.

Ce n’est pas une condition pour recevoir mon frère. Bien sûr là, une précision quand même : il ne s’agit pas de la réception à la table du Seigneur, il s’agit de se recevoir l’un l’autre dans nos relations l’un avec l’autre, accepter de recevoir l’autre comme il est.

Cette phrase, l’apôtre la plaque en quelque sorte et après il l’explique, il l’illustre. « L’un croit pouvoir manger de toutes choses ; l’autre qui est faible, mange des herbes ». Remarquons que manger des herbes, je n’ai pas en tête que la Loi interdisait de manger de la viande.

La vie est à Dieu, le sang c’est la vie. Je n’ai pas le droit de manger de viande parce que la vie appartient à Dieu, je ne mange que des herbes. Ici, on touche vraiment à la question qui a déjà été évoquée, des scrupules, des exercices de conscience sur un sujet ou bien une réflexion. Il y a un vrai exercice.

« L’un croit pouvoir manger de toutes choses ; l’autre qui est faible, mange des herbes ». Le faible là est mis en relation avec cette retenue vis-à-vis de quelque chose à l’égard de laquelle celui qui est ou qui se croit fort – il y a les deux côtés qui se présentent – n’a pas de problème, n’a pas de difficulté, ne voit peut-être même pas le problème.

Je ne vois pas le problème qu’il y a à manger de la viande. C’est ce qu’on entend assez facilement : je ne vois pas le problème de ceci ou cela. Et quand je ne vois pas le problème, je n’arrive pas à me mettre dans la peau de l’autre. Le v. 3 s’adresse à chacun, à l’un et à l’autre. Il ne s’adresse pas qu’aux forts. Le verset 1 disait : « celui qui est faible en foi, recevez-le ». Donc ça s’adresse plus aux forts. Le verset 3 dit : « que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas ; et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange ».

Il y a deux regards croisés l’un vers l’autre. Je regarde au frère et lui me regarde. Et on constate une différence sur quelque chose que nous ne faisons pas de la même façon. Et puis cette différence, qu’est-ce qu’on en fait ? Elle m’amène moi, peut-être, à mépriser ou à juger l’autre. Mais l’un comme l’autre, nous avons tort, l’un comme l’autre nous avons une attitude qui n’est pas le regard de Christ, tout simplement. « Car Dieu l’a reçu ».

Et c’est vrai pour le regard du faible vers le fort, c’est vrai pour le regard du fort vers le faible. Nous ne faisons pas la même chose, nous ne faisons pas pareil, nous avons un exercice qui n’aboutit pas au même résultat. Nous avons une tendance, nous devons la reconnaître. Si j’ai tendance à juger mon frère, ou si j’ai tendance à mépriser mon frère, nous remarquons bien : « que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas » : c’est comme s’il regardait de haut avec condescendance et « que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange » : celui qui est faible juge l’autre.

Attention ! tu fais quelque chose qui n’est pas permis, qui n’est pas bon. Au fond en jugeant ou en méprisant, il y a toujours un regard de supériorité sur l’autre. Donc au fond on parle de faible et de fort, mais chacun de son point de vue se retrouve avec le même regard décalé. Le v. 3 se termine par : « car Dieu l’a reçu ». Et le v. 4 enchaîne : « Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? » « Qui es-tu ? » Le « tu » s’adresse à chacun. « Qui es-tu », c’est comme la voix de Dieu qui me dit : Et toi, qui es-tu ? Qui t’a donné l’autorité et la fonction de porter ce regard d’appréciation sur ton frère ?

J’en reviens à ce que j’avais vaguement évoqué dans l’introduction : on a, tout au long de ce chapitre, de ces interpellations ; on a là ce « qui es-tu », on a au v. 10 : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? » Et puis on peut passer les deux chapitres en revue, et on a toujours de nouveau ces interpellations.

C’est l’apôtre Paul qui parle, mais qui parle au fond comme si c’était le Seigneur qui nous le disait, comme si le Seigneur nous interpellait chacun : Et toi, ce que tu fais là, qu’est-ce que cela a comme conséquences, qu’est-ce que ça révèle de ton regard, de ton appréciation, quel effet cela a sur ton frère, quelles conséquences cela va avoir sur ton frère ?

« Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? » le domestique. On a évoqué le terme d’esclave tout à l’heure. Oui, esclave, domestique. Paul se présentait comme esclave du Seigneur Jésus. Nous sommes tous dans cette position d’esclaves. Le Maître, c’est Lui. Est-ce que le regard qui méprise, le regard qui juge, ce ne serait pas une prétention à prendre la place du Seigneur et à se mettre à sa place comme Maître ?

 « Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? Il se tient debout ou il tombe pour son propre maître ». Il a son Maître qui l’utilise pour un service, qui le forme pour ce service, qui lui donne les indications, qui le conduit. « Il se tient debout ou il tombe » : c’est des chemins que le Maître a décidés, différents. Mais le verset ne se termine pas comme cela. « Et il sera tenu debout, car le Seigneur est puissant pour le tenir debout ».

Cela me fait penser au livre de Daniel au chapitre 5 lors du festin de Belshatsar où, quand Daniel reprend Belshatsar en lui rappelant le cheminement qui a été celui de son père, où il présente la grandeur qu’avait Nebucadnetsar : « Il tuait qui il voulait, et il conservait en vie qui il voulait ; il exaltait qui il voulait, et il abaissait qui il voulait » (v. 19).

Deutéronome 32. 39 et 40 : « Voyez maintenant que c’est moi, moi, le Même, et il n’y a point de dieu à côté de moi ; Moi, je tue, et moi, je fais vivre ; moi, je blesse, et moi, je guéris ; et il n’y a personne qui délivre de ma main ». La pleine souveraineté de Dieu mise en paraphrase de la puissance que Dieu avait donnée à Nebucadnetsar, mais ici nous avons quelque chose de différent : la pleine souveraineté de Dieu qui a tous les droits pour tenir debout ou faire tomber, mais parce qu’Il s’est révélé en Jésus en grâce – « Il sera tenu debout, car le Seigneur est puissant pour le tenir debout ».

Le faible comme le fort seront tenus debout. Dieu est puissant, Dieu les gardera, Dieu agira, pour tenir son serviteur, son domestique, son esclave, debout. Alors quel regard avons-nous la prétention d’avoir sur notre frère ?

On a parlé de la conscience. Nous avons tous une conscience et depuis la chute a été ajoutée cette notion du bien et du mal. Nous n’avons jamais à violenter notre conscience, à ne pas tenir compte de notre conscience. Ça c’est une première chose. D’autre part notre conscience n’est pas une norme du bien et du mal.

C’est dit même par l’apôtre Paul dans la 1ère épître aux Corinthiens au chapitre 4 : « Je n’ai rien sur ma conscience ; mais par là je ne suis pas justifié » (v. 4). Il y a un danger parmi nous de dire : J’ai ma conscience avec moi, et justement imposer des exercices de conscience comme si notre conscience était une norme. Non.

Nous avons besoin que notre conscience soit affûtée, si on peut prendre cette expression, affûtée par la Parole de Dieu, pas par nos pensées.

On a parlé de doctrine. Je voudrais ajouter une chose : c’est les coutumes. Je voudrais mettre une pensée sur le cœur de tous nos jeunes ici, qui s’interrogent peut-être sur beaucoup de choses qui se passent dans les rassemblements ; demandez-vous toujours : Est-ce que c’est une doctrine dont la Parole de Dieu rend compte ou bien est-ce que c’est une coutume ?

Parce que, comme cela a été dit, ce n’était pas une question de doctrine, c’était une question de coutume qu’on ramenait de son éducation, qu’on ramenait de son ancienne religion. C’est très important que vous fassiez ce distinguo entre ce qui est une doctrine et ce qui n’est pas une doctrine, et une coutume. Vous voulez quelques exemples ?

Que les femmes ne s’expriment pas dans le rassemblement, c’est une coutume ou une doctrine ? Que nous nous asseyions les messieurs d’un côté et les dames de l’autre, c’est une coutume ou une doctrine ? Je ne donne pas la réponse, je vous laisse vous interroger. Que nous ayons un cantique, une prière, un cantique, une prière, un cantique, une prière…, c’est une doctrine ou une coutume ? Posez-vous la question.

Que nous nous rassemblions le dimanche et pas un autre jour, c’est une doctrine ou une coutume ? On est libre le samedi finalement aussi.

Je voudrais ajouter autre chose. Certains disent : Oui, ça c’est une coutume et on va essayer de la dégager le plus rapidement possible. Et en la dégageant vous allez mettre une autre coutume à la place. Vous voulez un exemple ? On parlait tout à l’heure, les messieurs d’un côté, les femmes de l’autre. Il y a d’autres pays où l’on se met par familles, où on met les enfants plutôt devant.

Bien sûr quelquefois ça s’est fait dans nos rassemblements et certains ont vu rouge lorsque des jeunes se sont mis ensemble. Attention ! c’est difficile à justifier par la Parole, le fait d’être séparés hommes et femmes. C’est quand même très difficile. Ceux qui ont voulu transpirer pour le faire, le résultat n’était pas très convaincant. Quand même, ceux qui veulent enlever les coutumes ou remplacer les coutumes, il faudrait que tu te places d’abord devant le Seigneur en te posant la question : Pourquoi est-ce que je veux enlever cette coutume ?

Est-ce que je suis dans la contestation, est-ce que je veux faire la leçon aux autres ? Il y a un cas où il faut enlever une coutume, c’est quand une coutume contrarie l’action du Saint Esprit et est négative pour qu’Il puisse s’exprimer.

Par rapport à ce qui vient d’être dit on pourrait lire deux ou trois versets dans l’épître aux Colossiens au chapitre 2.

« Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances, – ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! – (choses qui sont toutes destinées à périr par l’usage,) selon les commandements et les enseignements des hommes (qui ont bien une apparence de sagesse en dévotion volontaire et en humilité, et en ce qu’elles n’épargnent pas le corps, ne lui rendant pas un certain honneur), pour la satisfaction de la chair ? » (v. 20 à 23)

Ici je m’adresse plutôt à ceux parmi nous qui sont plus âgés. Faisons aussi attention à toutes ces règles. Il est bien dit que ces règles ont une apparence de sagesse en dévotion, en humilité, mais ce n’est qu’une apparence. Et cela en effet lorsque nous parcourons différents pays, on voit qu’il y a des habitudes différentes.

Je me rappelle quand j’étais adolescent, je suis arrivé dans un certain pays où on interdit la télévision, on ne pouvait pas fumer, on ne pouvait pas boire d’alcool. Ce sont des règles qui ont une bonne apparence, mais par contre la majorité des sœurs avaient les cheveux coupés courts. Ça la Parole le dit clairement\Sur cette question, la Parole est très claire. Je prends un exemple : la télévision était interdite dans certaines régions, dans certaines contrées ; par contre on écoutait la radio qui était interdite auparavant. Le danger c’est lorsqu’on a été empêché de regarder la télévision, lorsqu’arrive le moment où on a la possibilité de le faire, on n’a pas été habitué à contrôler ce que nous faisons avec la télévision.

On le voit maintenant avec Internet, et c’est bien plus dangereux que la télévision. On peut voir des choses immorales sans que personne ne le sache, 24 heures sur 24. Nous devons donc apprendre à bien gérer ces choses-là. Là on ne peut pas l’interdire. Nous savons qu’Internet, nous en avons besoin dans tous les domaines de notre vie et nous ne devons jamais oublier que nous devons faire attention pour nous-mêmes. Et parfois il faut couper notre main, retirer notre œil, s’il est dangereux pour moi. Mais je ne dois pas forcer les autres à faire la même chose.

Juste sur ces deux attitudes que nous avons trouvées dans le verset 3 : mépriser et juger. Si on a une vue claire sur une chose, il y a toujours le danger de mépriser ceux qui ne l’ont pas, peut-être pas encore. Et de l’autre côté, il y a toujours le danger de juger l’autre personne – et c’est maintenant plus général que cette portion ici.

Je vois quelque chose que fait cette personne, et souvent je juge les motifs. Je crois que dans notre vie journalière, c’est une éducation de se comparer l’un l’autre. Il faut toujours se comparer à l’école, dans le travail, et que cette attitude de jugement de l’autre peut entrer très vite dans tous nos cœurs. Et pour cela je crois qu’on apprend quelque chose sur ce sujet ici.

L’apôtre nous enseigne à ne pas penser qu’on peut juger l’autre personne par une chose qu’elle fait. Certainement je ne parle pas des péchés, je ne parle pas non plus de la mondanité. Mais il y a tant d’autres choses et même quelquefois – je ne donne pas d’exemple, mais – j’ai connu une situation où j’ai jugé une autre personne à cause d’une chose qu’elle avait fait, et après quand j’ai parlé avec cette personne, j’ai compris la raison pour laquelle elle avait fait cela.

C’est pourquoi soyons très prudents pour juger l’autre personne, le frère, la sœur. Je crois que l’attitude de critique est dans tous nos cœurs. Comme il est dit dans le v. 4, laisser chacun dans des questions personnelles devant son Maître. J’ai mon Maître et Maître veut dire autorité. Le Maître pour mon frère, ma sœur, a aussi autorité sur lui et dans mes affaires pour moi.

On peut s’arrêter sur la fin du verset 5 : « que chacun soit pleinement persuadé dans son propre esprit ». L’apôtre utilise comme exemples le côté de manger ou de ne pas manger, de tenir compte d’un jour plus que d’un autre ou pas, et là il place devant nous que ce choix de faire ou de ne pas faire ne se fasse pas sans exercice, que chacun soit persuadé dans son propre esprit. Ça suppose que c’est une chose que j’ai considérée.

On a évoqué les habitudes. Si je le fais par habitude ou parce qu’un autre me l’a dit, ou parce que je l’ai senti comme ça et sans y réfléchir plus, sans m’y arrêter plus, il y a un problème. Il faut que ce que je fais soit le résultat d’un exercice avec le Seigneur. Cet exercice arrive à un moment donné à une conclusion qui ne sera peut-être pas immuable.

Le Seigneur va me former, va me conduire, m’amener à considérer les choses aujourd’hui dans ce registre de choses, aujourd’hui d’une certaine manière, demain d’une manière un peu différente. Il me fera saisir mieux – si on reste sur le manger – ce que la nourriture est dans ma vie.

Bien sûr pour l’Israélite il y avait les animaux purs et les animaux impurs. Et à Pierre, Dieu a dit : « Ce que Dieu a purifié, toi, ne le tiens pas pour impur » (Act. 10. 15). C’est une image pour parler des nations à Pierre mais elle a une portée plus lointaine\vaste. C’est des choses que l’on apprend petit à petit. Mais dans notre marche, nous devons marcher en prenant des décisions, en faisant des choix, qui sont le résultat de quelque chose, d’un bout de chemin avec le Seigneur. « Que chacun soit pleinement persuadé dans son propre esprit ». Je ne fais pas ces choses à la légère, je les fais après les avoir soigneusement considérées.

Il aborde ensuite la question des jours, il revient sur la question de manger, en insistant sur « à cause du Seigneur ». C’est bien cela. « Persuadé dans son propre esprit » – c’est « à cause du Seigneur » que je fais ceci. Ce n’est pour nulle autre raison que « à cause du Seigneur ». Aujourd’hui, à l’instant, j’ai compris ceci comme cela pour le Seigneur et puis le Seigneur me conduira et m’amènera plus loin pour Lui, à cause de Lui.

Et puis il y a ce « rendre grâces ». « À cause du Seigneur, car il rend grâces ». Manger la nourriture et l’autre ne mange pas à cause du Seigneur et il rend grâces à Dieu. Nous prenons les choses de sa main, nous sommes dans sa main, sous son regard, avec Lui. C’est très beau, la façon dont cela décrispe les problèmes. Quand on est à regarder son frère : mon frère fait comme ceci, moi je fais comme cela, lui se permet ça, ah ! lui est encore lié à ça, on est entre nous, tout est crispé.

Quand c’est devant le regard du Seigneur pour la nourriture, ça coule de source on peut dire. Je rends grâces, oui, le Seigneur me donne cette nourriture. Les choses prennent une autre mesure. C’est lui qui me donne. Je profite, je jouis de ce qu’il me donne sous son regard et j’avance avec Lui. On aurait tendance à parler à la manière du monde, en disant qu’il y a une relativisation des choses, mais ce n’est pas une relativisation dans le sens : tout est relatif, ça n’a pas grande importance.

Mais c’est ramener les choses à leur juste mesure devant Dieu dans sa présence, sous son regard. C’est quelque chose de très encourageant. Je ne suis pas livré à moi-même pour juger si ceci est mieux que cela. Je suis sous son regard et Lui m’enseignera à ce sujet-là. « Car nul de nous ne vit ayant égard à lui-même, et nul ne meurt ayant égard à lui-même ». Ce n’est pas nous-mêmes qui comptons, ce n’est pas mon frère qui compte – bien sûr il compte sous un autre angle – mais c’est le Seigneur, c’est pour Lui, c’est à sa mesure.

On peut dire que la manière de faire de l’apôtre Paul est toujours identique par l’Esprit de Dieu, que ce soit avec ceux qu’il connaît particulièrement, même de visage, ou avec ceux qu’il ne connaît que parce qu’il sait qu’ils sont les enfants du même Père et des rachetés du même Seigneur. Il désire ramener les cœurs de ces croyants, et les nôtres aussi, à Dieu, au Seigneur.

Il est remarquable – je ne veux pas revenir en arrière par rapport à ce que nous avons déjà dit, mais depuis le chapitre 12, pendant tous ces chapitres exhortatifs, toutes les exhortations de l’apôtre sont toujours dans ce fil d’or que l’on retrouve à travers ces chapitres : c’est de ramener les choses à Dieu.

Si vous regardez seulement ces deux exemples dans le chapitre 12 au v. 3, il dit : « Je dis à chacun de ceux qui sont parmi vous de ne pas avoir une haute pensée de lui-même » – il traite un autre sujet que celui de notre chapitre – « au-dessus de celle qu’il convient d’avoir, mais de penser de manière à avoir de saines pensées, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun ». Nous voyons comment l’apôtre tourne la question, si lancinante pour la chair, de l’orgueil, même spirituel. Mais il va placer les âmes devant Dieu, « selon la mesure ». Dieu a donné une mesure à chacun. C’est là le point important.

Si nous regardons au chapitre 13, il s’agit d’un autre sujet, se soumettre aux autorités. L’apôtre leur dit : « Il n’existe pas d’autorité, si ce n’est de par Dieu ; et celles qui existent sont ordonnées de Dieu ».

Voilà qui place dans un tout autre contexte la question de savoir s’il faut ou non se soumettre aux autorités. Si je réalise qu’elles sont données de Dieu, la difficulté, pour ainsi dire, va s’estomper et le chemin va s’éclaircir. Dans notre chapitre 14 on peut dire que cette pensée est de plus en plus prédominante. Nous venons de la voir à la fin du v. 5 dans ce que Jacques nous a présenté, mais encore au v. 6 davantage, et nous l’avons vu déjà un peu plus haut, et nous le verrons encore dans la suite du chapitre.

Toute la question de la relation des croyants entre eux avec les difficultés qui peuvent se présenter, est comme changée dès le moment où j’ai moi-même à faire avec mon Dieu dans ma relation personnelle – et dès le moment où je vois mon frère dans sa relation personnelle avec son Dieu, avec son Seigneur, les choses sont toutes changées et nous pouvons faire cet exercice.

Je le dis aux plus jeunes, moi-même je n’ai pas inventé ces choses, j’ai été instruit, nous avons des écrits qui nous en parlent, je les ai lus. Quand on réalise ce que l’apôtre enseigne, de quelle manière il enseigne ces croyants, si nous relisons les mêmes passages avec cette vision que nous avons à faire individuellement avec le Seigneur d’abord, que mon frère et ma sœur ont à faire avec le Seigneur, cela nous donne une tout autre lecture du même passage.

Je prends un simple exemple. Nous avons évoqué que nous ne pouvions pas nous arrêter à une chose ou l’autre qui concerne notre frère, qu’il aurait fait ou dit, et pour ainsi dire le réduire à cela. Mais c’est dans la mesure où moi-même je réalise que Dieu ne me réduit pas à ce que j’ai pu dire ou faire, ou à ce que je pense, ou à ce que je fais, mais que Dieu use d’une patience et d’une bonté, et d’un support et d’une grâce divine à mon égard, c’est dans la mesure où je peux jouir de ces choses que la relation avec mon frère ou ma sœur est toute différente. Je vais la voir autrement.

Combien il est remarquable de voir qu’en effet l’apôtre ne va pas, au fond, dans tout ce qu’il évoque, résoudre les questions qui sont celles qui préoccupent les Romains. Il va à chaque étape et plus on avance dans le chapitre, plus tout nous ramène à une question de relation entre notre âme et notre Seigneur.

Ça ne veut pas dire que les exhortations que nous avons entendues et qui sont devant nous maintenant, n’ont pas leur place, mais dans ce contexte-là avoir conscience que Dieu opère en chacun de nous, que nous avons ce privilège d’avoir une relation avec un Dieu si grand, mais en même temps si profondément plein de grâce pour chacun de nous. Et quand nous avançons et que nous nous trouvons au tribunal de Christ ou de Dieu comme nous le voyons un peu plus loin, sans doute que c’est quelque chose de solennel.

Mais quel moment ce sera quand nous verrons les choses comme Dieu les voit et que ce qui aujourd’hui nous paraît difficile parce que nous ne comprenons pas pourquoi mon frère ou ma sœur voient les choses ainsi. Mais à ce moment-là, pour ce qui nous concerne, nous aurons cette bénédiction de voir les choses comme Dieu les voit. En attendant sa grâce nous aide, nous supporte.

Que veut dire l’expression « à cause du Seigneur » ? Je fais quelque chose à cause du Seigneur. Il y en a qui le font, il y en a qui ne le font pas. Nous avons vu ces deux côtés-là. « À cause du Seigneur », ça veut dire, je pense, par amour pour le Seigneur.

Quand nous regardons les choses de cette façon-là, nous comprenons très bien que l’un est tout à fait sincère devant le Seigneur comme l’autre est lui aussi tout à fait sincère devant le Seigneur. C’est quelque chose que Dieu attend de nous, une vraie sincérité devant lui. La sincérité, c’est d’ailleurs une attitude que Dieu approuve, qui trouve son approbation.

C’est dans beaucoup de questions que Dieu nous demande d’être sincères. Je peux faire une chose avec sincérité, je peux faire la même chose en ayant une autre pensée qui n’est pas tout à fait sincère. Donc, attention ! il s’agit d’être sincère devant Dieu. Et peut-être encore ceci : quand nous sommes sincères devant Dieu, nous avons aussi une attitude d’humilité devant Dieu. J’aimerai bien mentionner quand même cette expression : l’humilité devant Dieu évite ou m’empêche de critiquer. Est-ce que j’ai le droit de critiquer mes frères ?

Dans cette humilité devant Dieu, je laisse tout cela à Dieu. C’est à lui de juger, ce n’est pas à moi. Et cela nous ramène aussi bien sûr à cette autre expression que nous trouvons plus tard, le tribunal de Dieu, parce que c’est là où Dieu dit son jugement concernant chacun de nous, concernant chacun de ses enfants qui se trouvent ici devant lui, que ce soit les faibles, ou que ce soit les forts.

Une deuxième pensée. Quand il est parlé de faibles et de forts, nous avons quand même aussi une pensée de croissance. Je crois bien que c’est cela ou est-ce que je me trompe ? C’est aussi une question de croissance spirituelle. C’est la même chose d’ailleurs dans le premier verset quand nous avons la question : « non pas pour la décision de questions douteuses ». Pour cela il ne faut pas le demander aux faibles.

Donc c’est une question de croissance spirituelle par l’expérience spirituelle dans la communion avec le Seigneur. Quelqu’un qui a vécu pendant beaucoup d’années avec le Seigneur est arrivé à un autre niveau spirituel, à une maturité, pour pouvoir aussi parler de quelques questions qui peuvent être douteuses. Il me semble que c’est là une question entre faibles et forts.

Ce n’est pas la même chose que ce que dit l’apôtre dans la 2ème épître aux Corinthiens au chapitre 12 quand il parle de la faiblesse, quand il dit : « Quand je suis faible, alors je suis fort » (v. 10). Attention ! ça c’est autre chose. Ici fort et faible, c’est une question de croissance vraiment spirituelle.

Dans l’autre cas, en 2 Corinthiens 12, c’est autre chose, c’est de ne pas avoir de force en moi-même et l’apôtre dit : s’il s’agissait de ma force à moi-même, je suis faible. Je compte sur Dieu. C’est sa force, la grâce est là et la force de la grâce.

Je voudrais juste revenir sur ce dernier aspect, à la fois le côté de la sincérité et de la croissance. On a un exemple qu’on peut mettre en relation avec ce qu’on a ici dans 1 Chroniques. Dans 2 Samuel où on a le même récit, quand David va chercher l’arche. Il veut la faire monter à Jérusalem. Il doit s’y prendre à deux fois.

La première fois ils mettent l’arche sur un chariot et la montent à Jérusalem et là il y a cette faute : Uzza croit que l’arche va se renverser sur un cahot de la route et il veut la retenir. Dieu doit le frapper.

Mais dans 1 Chroniques 15, David convoque les Lévites. Il leur dit (v. 2) : « Il ne convient pas que l’arche de Dieu soit portée par personne excepté les Lévites ; car l’Éternel les a choisis pour porter l’arche de Dieu et pour en faire le service à toujours ». Et au v. 13 : « Parce que vous ne l’avez pas fait la première fois, l’Éternel, notre Dieu, a fait une brèche parmi nous ; car nous ne l’avons pas recherché conformément à l’ordonnance ».

On ne peut aucunement douter de la sincérité de David et des Lévites avec lui quand ils ont cherché cette arche. Cette sincérité était absolument nécessaire, mais en même temps il fallait un apprentissage, il y avait des choses qui avaient été perdues de vue, qui avaient été oubliées, qu’aussi bien David que les Lévites ont dû retrouver pour faire les choses dans l’intelligence de la pensée de Dieu, que ce soit les Lévites qui portent l’arche sur leurs épaules et qu’on ne la mette pas sur un chariot comme les Philistins avaient fait pour la renvoyer à Israël.

C’est une situation un peu différente de ce qu’on a là, en ce sens que dans la première situation il y avait une ignorance qui était coupable, qui était fautive. Mais je veux juste relever ce côté : on ne doute aucunement de la sincérité de David. Il voulait ramener cette arche. Elle avait sa place dans le lieu que l’Eternel a choisi qui n’était pas encore désigné à ce moment-là et il voulait le faire de tout son cœur. Et il y a eu la nécessité d’une « croissance » pour que dans cette sincérité il puisse faire selon Dieu et qu’il puisse entrer plus avant, plus à fond, plus entièrement, dans la pensée de Dieu dans cet acte-là.

Je vais peut-être dire un petit mot sur le fait de juger. Voyez, on ne juge pas, on laisse tout faire. On entend aussi qu’on n’a pas le droit de juger les personnes, mais qu’on peut juger les actes. Je ne sais même pas si c’est juste de parler comme cela. Il y a un passage dans Jacques qui est quand même très solennel. Il n’est pas question de juger mais quelque chose qui est assez proche : « Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères. Celui qui parle contre son frère ou qui juge son frère, parle contre la Loi et juge la Loi » (4. 11).

Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’avec les meilleures intentions du monde, je peux mettre mon opinion comme étant prioritaire par rapport à la Loi de Dieu et donc je n’honore pas la Loi, je la déshonore. C’est en cela que juger les motifs, juger les personnes, juger les faits – je crois qu’il y a quelque chose de plus simple. Est-ce que ce n’est pas de dire : Ne jugeons pas mais laissons la Parole juger les choses ?

Même quand il s’agit du mariage, nous pourrions juger les choses par rapport à notre ressenti. Imaginez un croyant qui se conduit mal, qui est adultère, pour prendre cet exemple. Je suis très choqué parce que moi je ne vis pas comme cela. Et alors j’ai jugé les choses par rapport à moi. Mais le Seigneur nous appelle à autre chose. C’est de juger les choses par rapport à Lui et par rapport à ce qu’Il nous dit dans la Parole de Dieu et non pas parce que je suis choqué.

Bien sûr que ça nous charge, c’est normal. Mais nous avons à établir les choses par la Parole de Dieu. La fornication, le Seigneur nous en parle ; l’adultère, le Seigneur nous en parle. C’est cela qui doit faire autorité et non pas même le fait que je sois choqué par ceci ou par cela.

Je dois donner encore deux très beaux exemples de quelqu’un, de deux personnes, deux serviteurs, même trois peut-être. Je pense à la bataille des rois. Nous connaissons l’exemple d’Abraham, nous qui quelquefois sommes tentés de penser que le défaut de mon frère c’est de ne pas être comme moi.

– Abraham a emmené du monde lorsqu’il est allé à la guerre contre ces rois. Il a emmené Aner, il a emmené Eshcol, il a emmené Mamré. Et quand le roi de Sodome est venu lui faire des propositions alléchantes, que dit-il ? « J’ai levé ma main vers l’Éternel, le Dieu Très-haut, possesseur des cieux et de la terre : si, depuis un fil jusqu’à une courroie de sandale, oui, si, de tout ce qui est à toi, je prends quoi que ce soit ».

Voilà un exercice profond. Il s’est placé devant Dieu, il a un exercice profond. Va-t-il maintenant vouloir que tous les autres fassent les mêmes exercices que lui ? Pas du tout. Eux, s’ils veulent prendre, qu’ils prennent. Est-ce que nous n’avons pas dans ce temps déjà bien reculé quelque chose qui nous parle du sujet que nous avons là ?

Au lieu de penser que ceux qui étaient avec lui auraient dû avoir la même attitude que lui, il concède à Aner, Eshcol, Mamré, de se conduire peut-être autrement que lui et ne pas vouloir que les autres se comportent exactement comme lui.  Toutefois, il n’aurait pas été bon devant Dieu que les autres se conduisent d’une manière différente et acceptent la proposition du roi de Sodome.

– Il y a un autre exemple qui m’a quelquefois un peu troublé. C’est dans 2 Rois 5. Nous connaissons l’histoire de Naaman. Naaman a été guéri et puis Naaman qui n’a pas eu autant de réunions que nous, a un problème. Il se projette déjà dans le moment où il va se trouver avec le roi et puis il va y avoir la maison de Rimmon et puis, comme c’est un notable, il va être avec le roi et quand le roi va se prosterner, il va forcément être entraîné à se prosterner dans la maison de Rimmon.

Je ne sais pas comment nous aurions réagi. Ah ! non c’est une affreuse idole. Comment peux-tu l’envisager même ? Ce n’est pas ce que dit Élisée. « Va en paix ». Pourquoi ? Parce qu’il se refuse d’être un directeur de conscience pour Naaman, mais il a la confiance que celui qui a commencé une bonne œuvre dans cet homme, allait l’achever jusqu’au jour de Christ. Il sait bien que ce Dieu dont Naaman a éprouvé la puissance, la délivrance et l’amour, allait conduire Naaman dans un chemin qui l’honorerait.

– Il y a un autre exemple, que peut-être plusieurs ont à la mémoire. Il y avait de quoi faire un énorme problème dans l’assemblée de Colosses. Qu’est-ce que c’était ? Vous aviez d’un côté un certain Philémon qui était un homme nanti, qui avait de l’argent, qui avait des serviteurs, et d’un autre côté vous aviez un esclave qui s’appelait Onésime. Et voilà que ces deux vont se retrouver dans le même rassemblement.

Le problème pouvait être conséquent lorsque les partis s’en mêlent, en disant : Regardez, et puis il est là, et puis il lui a peut-être volé de l’argent… Onésime pouvait dire : Je fais le fier. Il ne veut rien me pardonner. Cela pouvait faire un problème énorme et une division. Il faut toute la délicatesse dont nous avons tellement à apprendre dans le livre de Philémon.

Au lieu de faire un bras de fer en disant : Il faut que tu fasses cela, Philémon, on voit un apôtre Paul qui se présente, non pas comme le grand apôtre mais qui dit : Je suis un vieillard et je suis en plus maintenant prisonnier. Voilà ce qu’il met en avant, et non pas une force comme les hommes savent en mettre. Non pas : Je te commande, mais Je te prie.

Est-ce que nous savons nous mettre aux pieds de nos frères ? J’aurai pu te commander, je ne te commande pas. Pourquoi ? Parce que si je te commande – vous pensez bien que Philémon allait lui obéir – et le fruit pour Dieu ? Rien du tout. Lorsque nous contraignons quelqu’un à faire quelque chose, on peut être bien content en se disant : Maintenant il est à peu près d’équerre sur le plan spirituel. Quel fruit y a-t-il pour Dieu ? Rien du tout.

Pourquoi l’apôtre Paul pose-t-il autant de questions aux Corinthiens ? Est-ce qu’il ne savait pas ce qu’il fallait faire à Corinthe ? Bien sûr qu’il le savait, mais il voulait que le fruit soit produit dans le cœur, dans la conscience. Et comme le dit l’apôtre Paul à Philémon : « afin que le bien que tu fais ne fût pas l’effet de la contrainte » mais qu’il y ait quelque chose que l’Esprit de Dieu allait produire dans Philémon et qui serait pour la joie du Seigneur.

Ce qui honore le Seigneur, ce n’est pas nos règlements. Ce qui honore le Seigneur, c’est ce qu’il peut produire dans un cœur dans la mesure où nous nous attendons à lui, dans la mesure où nous savons nous mettre aux pieds de nos frères de manière à ce que toute la gloire soit pour son saint Nom.

C’est pour cela que dans le passage que nous avons sous nos yeux aujourd’hui, nous avons cette progression pour ainsi dire entre le premier verset et le dernier verset. Dans le premier verset il nous est dit : « Quant à celui qui est faible en foi, recevez-le ». Ensuite, l’apôtre va plus loin. Quand on arrive au chapitre 15 verset 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Ce n’est pas seulement recevez-le, mais recevez-vous à la gloire de Dieu. C’est là le point important et en particulier quand on parle de juger, si je peux me permettre encore d’insister sur ce point.

Je voudrais pour qu’il n’y ait pas de méprise à ce sujet, rappeler ce que l’apôtre Paul dit aux Corinthiens dans le passage bien connu de 1 Corinthiens 5 : « Car qu’ai-je affaire de juger ceux de dehors aussi ? Vous, ne jugez-vous pas ceux qui sont de dedans ? Mais ceux de dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes » (v. 12 et 13).

Nous comprenons que le point essentiel, capital, c’est ce qui touche à la gloire de Dieu. Il y a un moment où dans la sphère de responsabilité où nous nous trouvons, que ce soit dans notre responsabilité individuelle ou dans celle de la famille, si nous avons un foyer avec des enfants par exemple, ou dans la sphère de l’assemblée locale où nous nous trouvons, il y a un moment où il faut juger le mal quand il s’agit de la gloire de Dieu.

Mais combien nous aurions hélas, tendance à outrepasser cette mesure-là et à juger de notre point de vue, même le mal que l’on peut entendre, qui se passe ici ou là, au loin ou au près. Il nous faut faire attention. Il y a des sphères de responsabilité où nous avons à être exercés parce que c’est là que nous avons à rendre compte.

Mais il y a tant de situations dans lesquelles nous ne connaissons rien des circonstances et des exercices de nos frères, peut-être même de l’assemblée à côté, où nous n’avons pas à nous immiscer dans ce qui concerne la responsabilité d’une personne ou d’une famille, ou dans l’assemblée voisine. Il y a un danger à ce que la question de juger ne soit pas bien comprise quelquefois parmi nous.

Nous jugeons là où nous ne devrions pas juger et nous ne jugeons pas nos propres cœurs et ce qui nous concerne dans le domaine des responsabilités où nous nous trouvons. Que le Seigneur nous donne aussi de croître dans cette question si importante. Il s’agit de la gloire de Dieu. Il y a des choses, comme nous l’avons vu ce matin, qui sont des coutumes, dans lesquelles la gloire de Dieu n’est pas mise en jeu. Mais il y a des choses qui touchent à la gloire du Seigneur, de sa personne, de son œuvre et en particulier dans son caractère de sainteté parmi les croyants et là nous devons être très sérieux parce qu’il y va de sa gloire.

Personne ici ne peut dire : c’est un sujet qui ne me concerne pas. Qu’on soit âgé, qu’on soit jeune, qu’on soit un enfant, n’avons-nous pas tous cette tendance à juger les autres ?

Le problème est encore plus important lorsqu’on est un chrétien parce qu’un chrétien qui juge, c’est quelque chose qui n’est vraiment pas bien. Dans ce monde on sait que c’est ainsi. Et nous avons toujours notre ancienne nature qui est là et qui nous pousse à juger. Et juger, ça peut faire beaucoup de dégâts. Dans ce verset 4 que nous avons lu : « Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? » – qui es-tu pour juger les autres ? ou quel droit prends-tu pour juger les autres ?

J’aimerais lire quelques versets dans l’évangile de Matthieu au chapitre 7 : « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés : car, du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré. Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne t’aperçois pas de la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment dis-tu à ton frère : Permets, j’ôterai le fétu de ton œil ; et voici, la poutre est dans ton œil ? Hypocrite, ôte premièrement de ton œil la poutre, et alors tu verras clair pour ôter le fétu de l’œil de ton frère » (v. 1 à 5).

Est-ce que ce ne sont pas des versets solennels ? « Du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré ». Je suis dur envers les autres, je juge les autres durement, je serai jugé de la même manière. C’est ce que veut nous dire ce passage.

Alors nous devons faire très attention parce que c’est notre tendance naturelle. Dans notre passage nous avons : « Qui es-tu, toi qui juges » et puis le v. 10 : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? » Là encore on a dit : nous devons juger le mal. Alors pourquoi juges-tu ? Est-ce que c’est parce qu’il y a de la jalousie, est-ce que souvent on ne juge pas les autres et comme cela on ne pense pas à ce que nous, nous faisons ?

Un passage dans l’évangile de Jean au chapitre 8 : « Et au point du jour il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui ; et s’étant assis, il les enseignait. Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère ; et l’ayant placée devant lui, ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? » (v. 2 à 5).

Ici il s’agit d’un vrai péché et on voit les pharisiens qui viennent au Seigneur et qui portent ce jugement et qui disent même ce qu’Il doit faire. Cette femme, d’après la Loi, doit être lapidée. Est-ce que nous ne pouvons pas nous aussi avoir des jugements durs lorsqu’il y a même un vrai péché ? Alors nous avons lu pourquoi. On voit la raison ici pour quoi ils amènent cette femme vers Jésus.

Ce n’est pas parce qu’ils avaient souci de la sainteté de Dieu. Il nous l’est dit plus bas : « Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent\aient de quoi l’accuser » (v. 6). On voit qu’ici la raison n’est pas bonne du tout. N’avons-nous pas parfois nous aussi de telles attitudes ? Nous avons peut-être envie de juger quelqu’un, quand dans notre cœur il y a cette envie de juger ; et cela peut être un jeune vis-à-vis d’un plus âgé, un jeune vis-à-vis d’un frère de l’assemblée : il dit cela parce qu’il a telle attitude et nous le jugeons. Cela peut être aussi l’attitude d’un frère plus âgé qui juge un jeune.

Que devons-nous faire dès que cette pensée arrive ? C’est de prier, de prier pour ce frère qui nous énerve peut-être, qui nous agace. Mais prions pour lui. Pour ce jeune, prions pour lui. C’est la première chose que nous devons faire. Et quand on prie pour quelqu’un, on n’a plus envie de le critiquer. Il y a à côté du fait de juger, celui de critiquer et de médire. Ce sont des choses similaires.

En fait on peut juger dans son cœur, mais souvent on passe aux critiques et les critiques, c’est vis-à-vis d’autres personnes. On juge quelqu’un et on parle à d’autres personnes. Mais quels dégâts nous faisons en cela, déjà si ces jugements sont dans nos cœurs, mais si en plus nous les manifestons à d’autres ! Bien-aimés, lorsque nous venons du culte, lorsque nous sommes à table, de quoi parlons-nous ? Est-ce que nous jugeons tel frère ou telle sœur ?

Est-ce que nous critiquons devant les enfants, des attitudes, des paroles, tel choix de cantique ?… Cela aussi, et particulièrement devant des enfants, fait beaucoup de dégâts. Ne jugeons pas, ne critiquons pas, mais prions !

On nous a parlé de croître dans la connaissance de la Parole. Et c’est vrai. Plus nous connaîtrons la Parole, moins nous aurions tendance à critiquer ceux qui ne sont pas à notre niveau Il y a « croître dans la Parole », mais il y a autre chose aussi. On peut bien croître dans la connaissance de la Parole et oublier quelque chose.

Lisons dans la 2ème épître de Pierre. « Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (3. 18). Il est d’abord parlé de la grâce, croître dans la grâce. Est-ce qu’en tant que frères, connaissant la Parole, apprenant à mieux la connaître, est-ce que nous n’oublions pas parfois aussi de croître dans la grâce ? Si nous croissons dans la grâce et dans la Parole, nous n’aurons pas envie de juger les autres, nous n’aurons pas envie de critiquer, mais au contraire nous aurons envie de prier pour eux et ainsi les effets seront bien sûr bien plus bénéfiques.

Citons simplement encore un exemple de l’Ancien Testament, un exemple négatif. C’est l’exemple des amis de Job. Ils ont induit un péché chez Job et ce qui est dramatique dans ce livre, c’est qu’au bout d’un moment ils ne se parlent plus. Et c’est certainement quelque chose qui doit exercer nos cœurs quand dans un rassemblement des frères, des sœurs, ne se parlent plus.

Parce qu’ils disaient : C’est un propre juste, il ne veut rien entendre et en même temps Job a passé combien de chapitres à se sentir agressé sans amour par ses amis qui étaient sûrs qu’il avait péché et que Dieu le châtiait… Comme disait quelqu’un : « Job se trompe en disant que Dieu est contre lui sans raison ; ses amis se trompent en disant que Dieu est contre lui, avec raison ». La vérité, c’est que Dieu était pour Job.

Cet exemple est solennel, surtout dans le moment où il y a rupture de contact. On ne se parle plus. Et quand la confiance est brisée entre des frères, c’est quelquefois si difficile de la retrouver. On a besoin de toute la grâce de Dieu pour que le contact puisse être rétabli. Mais cela demande un brisement ;il faut se mettre comme l’apôtre Paul vis-à-vis de Philémon, tout à fait par terre, aux pieds de ses frères, sans prétention, sans esprit de jugement.

Nous pouvons bien supplier si dans un rassemblement représenté ici il y a ainsi des frères, des sœurs, qui ne se parlent plus ; jetez-vous aux pieds du Seigneur car il y a une urgence. Pourquoi ? Parce qu’il y en a un derrière qui voudra à tout prix exploiter cette situation tant il est vrai qu’il est celui qui divise les frères.

Nous parlons beaucoup de ce jugement. Dans ce passage il y a deux dangers. Il y a le danger de juger et il y a le danger de mépriser. Et c’est bien ce que nous voyons aussi au v. 10 : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Ou aussi toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? »

Le danger de juger, si on peut dire un peu schématiquement, c’est pointer du doigt l’attitude de notre frère, ce qu’il fait, et de dire : c’est mal. Le danger de mépriser est encore plus subtil. C’est de dire : il n’a pas compris, il n’est pas bien. Il n’a pas compris la liberté dans laquelle nous sommes placés, il n’a pas compris ce que c’est que le christianisme. Il est ou il n’est pas quelque chose.

Et c’est un danger peut-être encore plus grand que le danger de juger. N’oublions pas d’abord cette expression qu’on trouve dans le livre de Job : « Dieu est puissant et ne méprise personne ; il est puissant en force d’intelligence » (36. 5). Qui peut être puissant comme Dieu, intelligent ? Qu’est-ce que notre intelligence au regard de l’intelligence de Dieu ? Qu’est-ce que notre puissance au regard de la puissance de Dieu ? Il y a un Dieu qui est puissant en force d’intelligence et qui ne méprise personne.

En contraste avec ce mépris, nous connaissons la réponse que nous donne l’apôtre Paul dans l’épître aux Philippiens, cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus. « Que dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres » (2. 3 et 4). Estimer l’autre supérieur à soi-même…

Si on s’arrête sur cela, on sait que ce n’est pas facile. L’apôtre Paul, avec les dons que le Seigneur lui avait donnés, est-ce qu’il allait estimer supérieures à lui-même ces sœurs par exemple à Philippes, qui se querellaient ? Eh bien, oui ! « Que dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même ». Pourquoi ? Le seul moyen d’estimer l’autre supérieur à soi-même, c’est de regarder ce que le Seigneur lui a donné.

Et le Seigneur a donné à notre frère, à notre sœur, des dons, des grâces, des témoignages de son amour. Peut-être qu’il lui a donné de la patience dans une circonstance où nous, nous nous serions impatientés ; peut-être qu’il lui a donné de supporter une situation médiocre alors que nous, nous aimons bien avoir une situation plus élevée. Le Seigneur a donné.

Et puis c’est quelque chose de très pratique. Quand nous sommes en présence d’un supérieur, nous savons très bien comment nous pouvons l’honorer. Simplement en lui témoignant le respect qui lui est dû, en le laissant passer, en écoutant ce qu’il a à nous dire. Estimer l’autre supérieur à nous-mêmes, ce n’est pas se perdre dans toute sorte de pensées compliquées au sujet de l’autre pour savoir si réellement il m’est supérieur ou pas.

C’est d’abord reconnaître ce que le Seigneur lui a donné, l’écouter, lui laisser la place que le Seigneur Lui-même lui donne. Le Seigneur nous encourage à ne mépriser personne. C’est un danger subtil parce qu’il pouvait partir précisément de la conscience de ce que le Seigneur avait donné à un croyant, de la façon dont il comprenait sa position chrétienne ; et il était amené à mépriser celui qui saisissait moins bien cela. Que le Seigneur nous aide !

C’est quelque chose qui n’est pas compréhensible intellectuellement, quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre par notre intelligence naturelle ou par le monde dans lequel nous vivons. Dans le monde professionnel nous voyons bien que ceux qui ont une place élevée ne considèrent pas les autres supérieurs à eux-mêmes.

Mais nous, nous avons l’exemple du Seigneur Jésus, du Fils de Dieu, qui est venu jusque-là où étaient les plus pauvres, les plus misérables, les plus malheureux, pour leur apporter le salut et qui a été aussi au milieu de ses disciples. Le Seigneur ne leur a pas caché qu’ils avaient peu de foi, qu’ils n’étaient pas intelligents, mais jamais le Seigneur n’a eu une parole de mépris pour eux.

S’il a dû les reprendre, il l’a fait avec un cœur qui était engagé, qui était touché par leur manque de foi ou leur manque d’intelligence : N’avez-vous pas encore compris ? Mais toujours en replaçant devant eux ce qu’il avait fait, ce qu’il faisait et plus que cela en les prenant par la main pour les faire grandir, pour les faire croître. Nous pouvons aussi suivre le Seigneur en cela.

Quand nous relisons au v. 13 « Ne nous jugeons donc plus l’un l’autre ; mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère », l’apôtre Paul fait un jeu de mots. « Ne nous jugeons donc plus l’un l’autre » : cela concerne le jugement réciproque. Le jugement a lieu de deux manières : c’est soit le mal, soit l’infirmité.

Pour l’infirmité nous avons Christ qui s’est chargé de nos infirmités. Ce souverain sacrificateur est là pour sympathiser à nos infirmités. Nous avons aussi le péché et cela comme dans 1 Corinthiens 5, nous devons nous séparer du péché. Mais après il est dit : « mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ». Ce jugement nous concerne nous-mêmes.

C’est aussi quelque chose que nous devons faire : ne plus nous juger l’un l’autre parce qu’il s’agit des infirmités. Lorsqu’il s’agit du mal, nous avons un avocat auprès de Dieu et le sang de Christ nous purifie de tout péché. Mais alors pour nous il est dit de se juger pour ne pas être une pierre d’achoppement ou une occasion de chute.

C’est aussi important parce que même si ceux qui pensent être forts, peuvent dire lorsqu’ils ont un accident de voiture : Moi, d’après le code de la route, j’avais raison. À côté il y en a qui sont blessés et morts. C’est pourquoi lorsqu’il est parlé de se juger nous-mêmes, nous avons ceci à faire : ne pas être une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant notre frère.

Alors dans les versets 5 à 9 nous avons cette pensée qu’il y a une responsabilité personnelle envers le Seigneur parce qu’il y a une conviction personnelle (v. 5), parce que nous pensons toujours à ce que notre frère, notre sœur vit pour le Seigneur (v. 6), parce que dans les versets 7 à 9 il y a seulement le Seigneur qui domine, qui a autorité sur nous, même dans les choses les plus importantes de nos vies, c’est-à-dire vivre et mourir.

C’est lui seul qui donne la vie, qui maintient la vie et qui prend la vie. Et si c’est le Seigneur lui-même et le Seigneur seulement, c’est Lui qui a autorité sur moi et qui a autorité sur mon frère. Ça veut dire que ce sont des relations personnelles avec le Seigneur.

Par ailleurs le v. 9 est touchant. Nous pensons souvent à la mort de notre Seigneur seulement concernant la réconciliation et l’expiation. Mais on trouve dans le Nouveau Testament que le Seigneur est mort pour beaucoup d’autres raisons et pas seulement pour nous acheter pour Dieu. Ici nous voyons dans le v. 9 : « Car c’est pour cela que Christ est mort et qu’il a revécu [qu’il est ressuscité], afin qu’il dominât et sur les morts et sur les vivants ». Ça veut dire que par sa mort le Seigneur a le droit sur les vivants comme sur les morts.

Comme on l’a entendu, pour cela ce n’est pas moi qui peut dominer sur quelqu’un, sur ses pensées, sur ses convictions, mais c’est le Seigneur et lui-même et lui seul qui a cette autorité, cette domination. Dans le verset 10 nous avons vu le contraire, l’opposé, que nous faisons quelquefois : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? » J’espère que nous avons bien compris.

Il y a beaucoup de cas et nous avons vu ces exhortations solennelles et importantes où il ne faut jamais juger. Et il y a d’autres parties de la vie de l’assemblée où il faut certainement juger.

Mais ici dans ce cadre « pourquoi juges-tu ton frère ? » quand le Seigneur a la seule autorité. C’est lui seulement qui a cette autorité. « Pourquoi méprises-tu ton frère ? » Ça ne doit jamais être notre attitude de mépriser quelqu’un qui n’a pas encore compris peut-être quelque chose, qui est encore jeune dans sa vie, qui est peut-être dans des églises dans lesquelles nous n’allons pas. Mais lui il vit avec son Seigneur, comme moi je vis avec mon Seigneur.

« Car nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu ». C’est maintenant encore la deuxième autorité que l’apôtre donne. Premièrement le Seigneur avec toute son autorité et maintenant il nous parle de ce tribunal de Dieu. Ça veut dire qu’il n’est pas seulement question du Seigneur, mais de Dieu Lui-même.

C’est Dieu qui va juger et Lui, Il a le droit de juger. Il va le faire. Pourquoi ? Nous avons cité ce matin 1 Corinthiens 4. 5, de ne pas le faire avant le temps. Non, laissons à nous tous peut-être ce temps de croître, mais de toute façon c’est Dieu qui va juger et c’est son droit et pas le mien.

En fait si on compare 2 Corinthiens 5 et Romains 14, qui sera sur ce siège du tribunal ? C’est Christ. Et le jugement sera divin, son caractère sera divin. C’est pour cela que c’est le tribunal de Dieu. « Car il est écrit : ‘’Je suis vivant, dit le Seigneur, [c’est Dieu] que tout genou se ploiera devant moi, et que toute langue confessera hautement Dieu’’ ». C’est la citation d’Ésaïe comme nous le voyons dans la note. Et nous voyons que vraiment c’est Christ qui sera sur ce tribunal. C’est Lui et c’est intéressant de voir que c’était déjà dit dans l’Ancien Testament.

C’est aussi pour ceux dont l’apôtre parle ici, les faibles. Ça peut les aider eux aussi de comprendre que déjà dans l’Ancien Testament, il y a des doctrines, des explications que nous trouvons dans le Nouveau Testament et que Dieu dans toute l’Écriture parle à nos cœurs pour ne pas seulement tenir ferme les ordres, les lois de l’Ancien Testament ; mais il veut nous montrer même par l’Ancien Testament la liberté que nous pouvons avoir aujourd’hui comme chrétiens dans notre temps.

Oui, le Seigneur va juger les choses, toutes nos pensées, nos convictions, nos sentiments. Laissons le Seigneur le faire d’une manière divine. Ça serait absolument objectif. Moi, je ne peux pas être objectif. J’ai peut-être quelques pensées sur ce que mon frère fait, mais ce n’est jamais objectif. Il y a une seule personne, Dieu, le Seigneur, qui va juger justement et qui va saisir les sentiments, les motifs, qui peuvent être beaucoup plus élevés que je pense ou que je peux avoir. Il va juger justement.

Remarquons dans cette série de versets, la manière dont l’autre est désigné. Au v. 4 c’est le domestique d’autrui : c’est une relation simplement hiérarchique si on peut dire. Au v. 10 ton frère : c’est une relation affective, mais d’égal, du même niveau, ton frère, celui qui est comme toi. Au v. 13 « ne nous jugeons donc plus l’un l’autre ». C’est le côté du réciproque, dans les deux sens.

Et puis au v. 13 est introduite cette idée de pierre d’achoppement, d’occasion de chute. C’est que non seulement je porte un regard sur mon frère qui n’est pas à sa place, qui ne convient pas, mais en le faisant j’apporte quelque chose de négatif. Je fais du tort à mon frère.

À la fin du v. 15 « Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort ». Avant c’était le domestique du Maître qui se tient debout pour son propre Maître. Maintenant c’est « celui pour lequel Christ est mort ». Et puis au v. 20 « À cause d’une viande, ne détruis pas l’œuvre de Dieu ».

On a là une gradation dans la gravité qu’il y a à apporter cette pierre d’achoppement. Au début il n’était pas du tout question de la pierre d’achoppement. C’est la manière dont je regarde mon frère. L’un entraîne l’autre. En le regardant comme cela, je prends la mauvaise place, je le mets à une mauvaise place, j’oublie que nous sommes à la même place l’un et l’autre et en faisant cela j’en arrive à la fois à toucher à celui qui est l’objet de l’amour du Seigneur qui a donné sa vie et par là même, à toucher à l’œuvre même de Dieu.

On n’imagine pas quand on voit juste au début, que l’un mange des herbes et l’autre mange de la viande, que l’un a égard à un jour et l’autre n’a pas égard à ce jour. On pense que ce sont des détails. Mais la manière dont je le perçois m’amène jusqu’à ce verset 20 : « À cause d’une viande, ne détruis pas l’œuvre de Dieu ». C’est solennel, quand on lit cela.

Peut-être un petit mot encore sur le tribunal de Dieu. On a cité tout à l’heure le tribunal de Christ dans 2 Corinthiens 5. Je pense qu’on peut dire que le tribunal de Dieu est une notion qui englobe d’une manière plus générale toutes les sessions du jugement. Il y a une différence fondamentale par rapport au tribunal de Christ devant lequel nous serons tous manifestés.

C’est qu’il s’agit d’un tribunal révélateur et non pas un tribunal accusateur. Ça c’est fondamental. Certaines âmes ont été troublées par cela en disant : mais alors je vais être devant le tribunal. Mais ce sera un tribunal révélateur. Pourquoi ? Parce que judiciairement notre culpabilité, Christ l’a portée.

Mais ce tribunal de Christ précèdera les noces de l’Agneau, de manière à ce que tout ce que nous n’avons pas vu dans notre vie, le déploiement de la grâce au milieu même de nos manquements que nous avons oubliés depuis longtemps ou que nous n’avons même pas saisis, il faut que tout cela soit révélé, mis en lumière, pour que nous puissions mesurer dans cette révélation la grâce dont nous avons été les objets et que nous puissions adorer dans l’éternité en connaissance de cause.

Le tribunal de Christ est un tribunal révélateur et non pas accusateur. On a entendu tout à l’heure que celui qui est assis sur le tribunal, sur le trône, c’est le Seigneur. Le Père a donné tout le jugement au Fils (Jean 5. 22). « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds » (Héb. 1. 13) citation du Psaume 110 induit déjà ce jugement.

Dans ce jugement il y a plusieurs sessions. J’en vois en tout cas deux, on a parlé du tribunal de Christ, révélateur, avant les noces de l’Agneau. Il y a une session de ce tribunal de Dieu lorsque le Seigneur apparaîtra pour établir son règne et qu’il jugera les méchants. On trouve cela par exemple dans Matthieu 25. 31. Nous serons associés à ce jugement.

« Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire », c’est bien l’apparition du Seigneur pour établir son règne, ce n’est pas la venue du Seigneur pour nous chercher, «  et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront assemblées devant lui ; et il séparera les uns d’avec les autres ».

À ce moment-là avant d’établir son règne, le Seigneur va faire le tri entre ceux qui entreront dans son règne et ceux qui seront jugés, c’est-à-dire qu’ils seront précipités dans la mort. Et après le règne, lorsque les mille ans se sont déroulés, le règne de justice et de paix que le Seigneur Jésus va instituer, nous avons une autre session, une session définitive, de ce jugement judiciaire que nous trouvons à la fin de l’Apocalypse au chapitre 20 : « Et je vis un grand trône blanc » (v. 11) et à ce moment-là, même ceux qui ont été jugés avant le règne, précipités dans la mort, seront ressuscités.

Tous les hommes ressusciteront, pas seulement les croyants. Tous les hommes ressusciteront, ils auront de nouveau un corps, mais non pas une résurrection de vie, mais une résurrection de mort. Entre les deux résurrections, il y a mille ans, entre la première résurrection à laquelle nous participons et la deuxième résurrection qui est une résurrection de morts.

Là nous aurons la session définitive du tribunal de Dieu accomplie par le Seigneur Jésus sur le grand trône blanc qui précipitera dans l’étang de feu et de soufre tous ses opposants qui auront été ressuscités pour cette occasion.

En tous cas ceux-là qui auront été précipités dans cet étang, ne pourront rien dire. Ils n’auront pas droit à la parole. Ils se seraient peut-être beaucoup excusés, que ce n’est pas de leur faute etc. Eh bien ! ils ne pourront rien dire. Dans notre verset il est écrit : « toute langue confessera hautement Dieu ». Mais c’est déjà maintenant qu’on peut le dire. « Toute langue confessera hautement Dieu ».

Voilà à quoi sert notre langue, chers amis. Il est écrit : « à cause du Seigneur » (v. 6) ; « ayant égard au Seigneur » (v. 8) ; et « il rend grâces à Dieu », « et il rend grâces à Dieu » (v. 6). Ici il confesse hautement Dieu.

L’action de grâces très souvent – j’ai remarqué cela pour moi-même – est placée entre l’autre et moi, entre l’opinion des hommes et moi. Je n’ai pas besoin de savoir quelles sont les opinions des hommes. On a dit : Ce n’est pas ma conscience qui ne me reproche rien du tout ; il ne faut pas faire attention à ce que disent les autres. D’accord, ça c’est une chose. Mais il faut faire attention à ne pas juger non plus les autres.

Si je rends grâces, je ne juge pas, je suis gardé de juger. « Toute langue confessera hautement Dieu ». À quoi sert notre langue ? Justement à cela. Au lieu d’abreuver peut-être notre voisin ou notre prochain d’accusations, ou de penser médisances ou critiques, confessons hautement Dieu, rendons grâces à Dieu. Nous pouvons déjà l’adorer maintenant.

Je voulais dire quelque chose sur cette occasion de chute. Marie de Béthanie a fait une action magnifique. Il n’y a que le Seigneur qui l’a comprise. Tous les disciples l’ont critiquée. Ils ont critiqué son motif, ce n’était pas bien. Ils ont critiqué son action, c’est encore pire etc. Ils n’ont rien trouvé. Le Seigneur la défend. Quand quelqu’un te critique, le meilleur défenseur que tu peux avoir devant ces accusations, c’est le Seigneur.

Par contre, si tu commences à te défendre toi-même, le Seigneur sortira un petit peu derrière et puis il dira : « Écoute, tu as trouvé des avocats, tu te défends toi-même, je n’ai pas besoin de faire mon travail en quelque sorte ». Mais le Seigneur nous défend.

Je me rappelle un frère qui me disait, il me l’a dit une ou deux fois : « Tu sais, il y a un principe qui est très important. Si tu es sévère envers toi-même, tu seras indulgent vis-à-vis des autres ». Ce qui se passe, c’est souvent le contraire. On est très sévère vis-à-vis des autres et puis très indulgent pour soi-même.

On a parlé de jugement :  il faut juger, il ne faut pas juger. D’accord, il faut juger les choses parce qu’elles sont peut-être en mauvais état. Mais quand on juge les choses et puis qu’on est très tolérant pour soi-même et intolérant pour les autres, ça ne va pas non plus. Les disciples dans une autre occasion, ont été indignés. On les voit plusieurs fois indignés, même dans la présence du Seigneur : Ce n’est pas normal, Seigneur, que tu acceptes cela etc.

Par exemple on les voit indignés quand il y en a deux qui disent : Nous aimerions être à ta droite et à ta gauche dans le ciel. Les autres sont indignés parce qu’ils aimeraient aussi avoir la même place, donc ils jugent leurs frères et ils ne se disent pas : Mais le Seigneur est là, il a tout entendu, il a connu non pas ce que je suis en train de dire, mais il a connu ce que j’étais en train de penser et qui malheureusement est sorti par des paroles. Gardons parfois nos pensées, ne les exprimons pas toujours tout de suite.

Les frères sont indignés et le Seigneur dit : « Et quiconque sera une occasion de chute pour un des petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui mît au cou une pierre de meule, et qu’il fût jeté dans la mer » (Marc 9. 42). Là justement les disciples avaient dit : « Oh ! quelqu’un ne nous suit pas, etc. » Ils avaient été frappés d’exclusivisme : Il y a nous, et à part nous il n’y a personne.

Le Seigneur leur dit : Attention ! vous êtes une occasion de chute pour des petits. Eux, ils ne sont pas arrivés à ce niveau-là. Un défaut d’intelligence est bien moins grave qu’un défaut de caractère. Corrigeons nos défauts de caractère. Pour un défaut d’intelligence, si on vit près de Dieu, Il nous amènera à faire des progrès.

Les disciples disaient : il ne nous suit pas. Et le Seigneur leur dit : Attention ! vous êtes une occasion de chute pour des petits. Et qui le Seigneur prend-il comme exemple ? Il prendra toujours un petit enfant. C’est très curieux d’ailleurs. Quand le Seigneur a besoin de prendre un exemple, il y a un petit enfant toujours à côté de lui, pratiquement. Les petits enfants aimaient le Seigneur.

Si nous sommes petits à nos propres yeux, nous serons très larges pour les autres, mais nous serons très étroits par rapport au péché, par rapport à mes péchés, par rapport à moi-même, à ce que je suis moi-même. Je serai extrêmement sévère. Mais cette sévérité envers moi-même est toujours compatible avec l’indulgence pour les autres. « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés » (Mat. 7. 1). Et après l’apôtre ici dans le verset 13 dit : « Ne nous jugeons donc plus l’un l’autre ; mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère ».

Encore un verset pour ajouter à cette pensée que nous avons entendu par notre frère dans Jean 5, parce que je crois que comme il l’a dit, pour des âmes sensibles c’est vraiment un problème. Est-ce qu’il y a encore un jugement ou quelque chose comme cela ?

Le Seigneur dit clairement : « En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement » (Jean 5. 24). C’est un tribunal révélateur, ce n’est pas un jugement. Celui qui a accepté Jésus comme Seigneur, n’entre jamais en jugement parce qu’il y a eu quelqu’un qui a été notre place dans le jugement.

Si Dieu jugeait encore une fois, ce serait juger la vie que Lui nous a donnée ; ça veut dire juger le Seigneur une deuxième fois parce que la vie, c’est le Seigneur lui-même. C’est pour cela qu’il n’y a aucune question pour nous qui avons accepté Jésus comme Sauveur, d’entrer encore dans un jugement.

Dans ce verset nous trouvons aussi que c’est vraiment l’honneur que Dieu donne au Seigneur : « Car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils ; afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » (v. 22 et 23) et plus tard on voit dans ce chapitre que c’est le Seigneur comme fils de l’homme qui va exercer ce jugement.

Concernant cette pierre d’achoppement qui est une occasion de chute, c’est vraiment très solennel. Nous voyons ici qu’en mangeant de la viande, avec cette chose extérieure, on peut devenir une pierre d’achoppement, c’est-à-dire une occasion de chute pour la vie de foi pratique, pour la vie de foi en fait. Parce qu’à cause de nous quelqu’un mange cette viande avec une conscience qui n’est pas en paix et peut même s’écarter du chemin.

Maintenant, pour nous, je pense que c’est clair, ce n’est pas le problème de la viande ou des jours, normalement. Mais le principe que nous trouvons ici c’est que par mon comportement – peut-être que je pense que j’ai la liberté de faire ceci ou cela – je peux être l’occasion de la chute de mon frère ou de ma sœur.

Je reviens sur ce mot « juger ». Quelqu’un s’en va, quitte les rassemblements. On peut dire : Bon, c’est lui. Mais peut-être que c’est ma faute, peut-être que c’est à cause de moi. Certainement il faut être équilibré aussi sur cette question. Ce n’est pas qu’il ne faut jamais dire quelque chose à un frère ou une sœur, s’il y a des problèmes, si c’est fait par une attitude juste, cette attitude du Seigneur (Phil. 2), si c’est après des prières, pour le Seigneur, on peut le faire.

Mais ici, mon comportement, ma liberté peut-être, cela peut être une occasion de chute. Pour cela, avant de faire quelque chose, est-ce que je regarde vers le Seigneur, est-ce que je regarde le v. 15, l’amour ? Cela veut dire : Regardez mon frère, est-ce que ça peut être un problème pour mon frère ou est-ce que c’est pour le bien de mon frère ?

« Car si, à cause d’une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour ». La liberté chrétienne, ce n’est pas seulement que j’ai la liberté de faire quelque chose, mais aussi de renoncer à certaines choses. Parce que nous parlons des choses qui ne sont pas nécessaires pour notre vie. Est-ce que je suis prêt à renoncer pour le bien de mon frère ou est-ce que je dis : Non, je n’ai aucune pensée pour mon frère, mais je fais les choses dont je suis convaincu ?

Non, ça veut dire que tu ne marches plus selon l’amour. « Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort » : ici ce n’est pas par la viande, mais par ta viande. Cela personnalise pour ainsi dire ces choses. Tu penses : C’est mon droit. Non. L’apôtre dit : tu peux détruire l’œuvre de Dieu, celui pour lequel Christ est mort. Qu’est-ce que le Seigneur a fait ? Il est venu pour mourir pour toi, pour moi.

Et après si je dois renoncer à une chose, c’est trop pour moi ? Regardons vers le Seigneur. Il est mort pour cette âme. Alors je vais suivre les pas de notre Seigneur, renoncer pour le bien, par amour pour mon frère.

Pour prendre la suite du passage qui a été cité où le Seigneur a pris un petit enfant, on voit Jacques et Jean, tout de suite après, qui ont dit : On a rencontré des gens qui chassaient des démons. On trouve cela dans Luc 9. 49 et 50. « Et Jean, répondant, dit : Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne te suit pas avec nous. Et Jésus lui dit : Ne le lui défendez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous ».

Bien-aimés, ne perdons pas notre temps à faire le procès des autres et même pas des milieux croyants. Nous risquerions d’établir une espèce de légitimité en torpillant les autres. Ne faisons pas cela. Ce n’est pas édifiant. Que nous puissions nous attacher à ce que nous avons compris de la vérité et laissons les autres avec leur Seigneur. Il y a un état d’esprit dont nous avons besoin d’être gardés, c’est de vouloir censurer les chrétiens et de donner cette impression qui n’est peut-être pas si fausse que cela, que nous pensons être les meilleurs. Nous avons besoin que le Seigneur nous délivre de cela.

Quelquefois cela s’appuie sur un esprit de jugement que nous avons vis-à-vis des autres croyants. Nous avons besoin d’être gardés de cela. C’est aussi une forme de jugement que le Seigneur ne nous autorise pas à avoir vis-à-vis des autres croyants. Nous avons besoin qu’il nous attache à ce que nous avons compris de la vérité sans faire le procès des uns et des autres.

Il y a un autre exemple dans l’Ancien Testament, c’est en Nombres 11. Il y a deux hommes qui prophétisent dans le camp. Ils s’appellent Eldad et Médad. Dans la fougue de sa jeunesse, Josué dit à Moïse : « Empêche-les ». Il est très près de Jacques et Jean. On leur a défendu. Nous voyons l’attitude de Moïse : Oh ! si tout le peuple prophétisait !

Que nous puissions avoir cette largeur de cœur, un cœur large dans un chemin étroit, nous attachant à ce que le Seigneur a bien voulu nous révéler, mais nous gardant de stigmatiser d’une manière un peu pharisaïque ce qui peut se faire ailleurs ! Nous ne mesurons pas la responsabilité des autres. D’ailleurs ils n’ont pas à faire à nous, ils ont à faire à leur Seigneur.

Chers amis, permettez-moi de dire encore quelque chose quant au sujet qui nous a occupés tout à l’heure. Nous avons parlé de jugement et que nous ne voulons pas juger. Nous avons lu ce passage de Matthieu 7. Nous avons bien vu que le jugement est aussi quelque chose qui peut tomber sur nous. Attention ! nous l’avons bien compris. Mais d’autre part nous ne voulons pas oublier qu’il y a quand même aussi une appréciation que nous donnons concernant les choses que nous voyons.

Je pense à la famille, je pense à l’assemblée locale. Il peut y avoir quand même des choses que nous devons apprécier, que nous devons aussi dans ce sens-là, juger. Sinon on pourrait laisser aller toutes choses comme elles ne sont rien. Tout serait possible. Eh bien, non, ce n’est pas tout est possible. Attention donc aussi à ce côté-là. D’ailleurs l’Écriture nous met des limites. Ce que nous avons ici, ce sont des appréciations. Nous avons vu que ce qui est permis ou pas permis par la conscience.

Mais il y a aussi des choses que l’Écriture permet et ne permet pas. Alors nous ne devons pas nous tromper quant à cela. Il y a des limites que la Parole nous donne. Il y a aussi des commandements que nous connaissons. Le Seigneur Jésus lui-même dit qu’il y a des commandements et celui qui a ses commandements et qui les garde, c’est celui-là qui l’aime. Est-ce que nous ne voulons pas aimer le Seigneur ? Oui. Alors nous allons aussi faire attention aux commandements que nous trouvons.

Quant à ces commandements donc, nous ne devons pas avoir une attitude légère pour dire : Oui, oui, ou bien c’est possible ou ce n’est pas possible. Je trouve que c’est peut-être nécessaire de le souligner encore. Nous le savons, il est vrai, mais j’aimerais bien quand même le dire aussi pour que nous cherchions à connaître la pensée du Seigneur, à connaître quand le Seigneur nous dit : Voilà, c’est un commandement.

Il y a des commandements que nous comprenons bien comme dans Jean 13 quand le Seigneur dit : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre » (v. 34). Mais il y a aussi d’autres commandements. Il y a aussi des commandements que nous trouvons dans le Nouveau Testament. Ce n’est pas parler de la Loi, c’est parler des choses qui plaisent à Dieu.

Nous comprenons que cela plaît au Seigneur. Pour le savoir, il nous faut être près du Seigneur, il faut avoir l’oreille près du cœur du Seigneur pour comprendre : voilà une chose qui Lui plaît et voilà une chose qui ne Lui plaît pas. Et quant à cela nous pouvons nous aider les uns les autres. Ce n’est pas tout à fait ce que nous avons ici mais c’est un côté que je ne voulais pas laisser tomber.

Au v. 15 « Car si, à cause d’une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour ». C’est une direction qui est donnée dans la marche et dans la marche à l’égard de mes frères et sœurs. Quel est le leitmotiv, quel est le fil conducteur, vers quoi est-ce que je tends, ce par quoi je suis alimenté ? L’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit.

Est-ce que je marche animé par ce mouvement, par ce regard, qui est marqué par l’amour de Dieu qui est versé en moi ? Si on continue plus loin : « ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort. Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé ». Tout n’est pas à reprendre.

Nous ne sommes pas les uns et les autres, le fort dans son mépris, le faible dans son jugement, nous ne sommes pas que cela. Nous sommes autre chose aussi. « Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé ». Il y a des choses qu’il faut poursuivre, il faut aller de l’avant en poursuivant, et qu’il n’y ait pas ce regard sur l’autre qui masque, qui cache, qui ralentit, qui occulte, qui noie ces bonnes choses et ces choses qui sont le fruit de l’Esprit.

Plus loin que nous est-il dit ? Il nous est parlé d’être agréable à Dieu et approuvé des hommes. Et puis ensuite : « Poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l’édification mutuelle ». Mais je voulais d’abord voir le v. 17 : « Car le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint ». Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire. Manger et boire, c’est des choses qui ont leur place. Laissons-les à leur place.

Ce qui nous occupe dans la sphère de la marche de l’assemblée sur la terre, ce n’est pas cela. Oui, le monde peut dire : « Mangeons et buvons car demain nous mourrons ». Il n’a pas d’autre espérance. Il est sans Dieu et sans espérance dans le monde. Mais nous avons autre chose. Ce qui anime, ce qui est l’atmosphère de ce royaume de Dieu, c’est « justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint ».

Je voudrais justement relever ces trois mots. Ce n’est pas justice tout court, ce n’est pas paix tout court, ce n’est pas justice et paix, c’est justice, et paix, et joie. Justice : la mesure de Dieu est là, pleinement à sa place, pleinement reconnue, en toutes choses, le Dieu juste, le Dieu qui nous a justifiés, qui nous a rendus justes. Sa justice est là. Elle a pleinement – si je puis dire comme cela, c’est un peu faible – voix au chapitre. C’est une atmosphère, c’est-à-dire que ce n’est pas l’absence de conflit, c’est quelque chose qui nourrit, c’est quelque chose de positif dans le sens que c’est un ciment, c’est quelque chose qui nous lie, c’est quelque chose qui est dans toutes nos relations.

Et puis s’ajoute à cela la joie. On ne serait pas étonné au fond dans notre attitude naturelle, si on peut dire, dans nos raisonnements, de voir la justice et la paix et que ça s’arrête là. Mais non, il y a aussi la joie. La joie, c’est la conséquence. Y a-t-il joie quand je suis à regarder mon frère, ce qu’il fait et à critiquer ce qu’il fait ? Y a-t-il possibilité même de joie ?

Si on prend juste ces mots ensemble, l’amour du v. 15, ce qui est bon en vous, puis justice, paix et joie dans l’Esprit Saint, on a un tableau de quelque chose de totalement différent de ce qu’on avait au début de ce chapitre. On a un tableau qui est opposé, c’est un tableau d’une harmonie, c’est un tableau où, visible et sous-jacent, il y a le Seigneur. Visible parce que c’est par égard pour lui que nous faisons ceci ou cela. C’est en l’ayant, Lui, devant nous, c’est en étant nourris de Lui. C’est avec mon frère, avec ma sœur, pas avec quelqu’un qui est un étranger.

Est-ce qu’il ne nous arrive pas de considérer notre frère comme un adversaire ? Je dis des mots qui sont très forts. Parmi nous, justice, paix, joie, dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire autant que c’est Lui qui rend cela possible, agissant en nous, si nous lui laissons la place, le champ libre pour agir. Nous pouvons empêcher l’Esprit Saint d’agir, nous pouvons le laisser agir. Si nous le laissons agir, alors il y a justice, paix, joie.

Peut-être encore une deuxième pensée sur le v. 16 : « Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé ». Dans celui qui était fort, il y avait quelque chose de bien. Ça veut dire qu’il était tout à fait bien de jouir de cette liberté chrétienne. Mais si je détruis par cette liberté l’œuvre de Dieu, l’œuvre de Christ, dans l’âme de mon prochain, de mon frère, même ce bien est blâmé. Ce bien que Dieu nous a donné comme liberté, sera blâmé parce qu’en utilisant cette liberté, je fais tomber mon frère.

C’est pour cela qu’il faut être vraiment prudent pour ne pas utiliser cette liberté qui est bien en elle-même certainement. Mais si ce n’est pas en amour, pour le bien de mon frère, c’est même le bien qui peut être blâmé. Car le royaume de Dieu, nous comprenons bien qu’il s’agit aujourd’hui des caractères moraux de ce royaume ; ce n’est pas une chose extérieure, ça sera le cas plus tard certainement.

Mais aujourd’hui ce n’est pas une question de manger et de boire, mais ces trois caractères, l’essence de ce royaume. La justice nous donne les limites en fait. Je ne peux pas accepter tout, certainement pas. Il faut être dans la justice de Dieu. Ce doit être sur le juste chemin avec l’appréciation de Dieu. C’est la première chose, ça doit être juste. Deuxièmement : Est-ce que ce que je fais, est-ce que ce que je laisse, est pour la paix de nous deux ? Ou est-ce que ça donne des troubles ?

Si je prends ma liberté, c’est pour le trouble de mon frère. Si je juge le fort, c’est pour le trouble de notre relation. Est-ce que nous poursuivons vraiment la paix entre nous ? Ou est-ce que je cherche à être celui qui a raison ? Il y a justice, et paix, et joie. Est-ce que mon comportement vis-à-vis de mon frère a comme résultat la joie vraie ? Ou est-ce que ça donne de la tristesse ? Est-ce que ça donne des problèmes dans le cœur de mon frère et même dans le mien ?

Dans le caractère du royaume de Dieu, ce sont ces trois choses : justice, et paix, et joie, et comme nous l’avons entendu, dans l’Esprit Saint. Il est remarquable que nous trouvions dans ces choses qui nous semblent simples, le Seigneur, Dieu et l’Esprit Saint. Ça veut dire vraiment Dieu dans son unité. Ces personnes de la déité s’occupent de nous dans ces choses. Si ces choses sont si importantes pour Dieu, ça doit aussi vraiment changer nos attitudes, nos comportements, pour le bien de notre frère, pour vraiment établir pratiquement ces caractères du royaume.

Le verset 18 nous donne par rapport au fil d’or évoqué tout à l’heure, un point important : servir le Christ. Nous avons l’occasion de servir le Christ là où l’ennemi voudrait semer le trouble et la division et la dissension et les difficultés entre les frères et les sœurs.

Il est remarquable que l’apôtre emploie ici pour le mot servir, l’expression que nous avons dans le chapitre 6 des Romains. Servir, ici, nous dit la note i, comme au chapitre 6 verset 6 : « sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché » et la note j au sujet de servir nous dit : servir, ici : être esclave, servir comme tel.

Donc la fin de la démonstration – dans ce paragraphe en tout cas -, si nous pouvons dire ainsi, de l’apôtre Paul conduit par l’Esprit de Dieu, c’est de nous dire : Vous avez là une occasion de manifester que vous êtes esclaves de Christ, esclaves de Celui qui a servi comme personne n’a jamais servi et qui est maintenant le Seigneur. Et si nous repassons simplement en revue dans ce premier paragraphe ce que nous avons vu de ce fil d’or, au chapitre 14. 3 nous avons vu que Dieu l’a reçu, nous avons vu au v. 4 que le Seigneur est puissant pour le tenir debout.

Je ne veux pas revenir sur l’enseignement qui nous a été donné. Nous avons vu au v. 6 que celui qui mange ou qui ne mange pas, le fait à cause du Seigneur. Nous voyons au v. 15 : « Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort ». C’est toujours cette raison fondamentale qui va gouverner les relations entre les croyants.

Quand nous en venons à ce qui nous a été dit par l’apôtre quant au tribunal de Dieu, et que chacun rendra compte pour lui-même à Dieu, on peut dire que là le Seigneur apparaît comme si l’apôtre disait : N’allez pas ravir au Seigneur la gloire qui est la sienne, qui a été annoncée longtemps à l’avance dans le chapitre 45 d’Ésaïe. C’est Lui qui est établi juge des vivants et des morts.

N’allez pas en jugeant ou en méprisant, au fond vous substituer à ce qui est la prérogative du Seigneur et ainsi ôter quelque chose de sa gloire ou en tout cas y attenter. Nous voyons que la direction dans laquelle l’apôtre conduit les pensées des croyants de Rome, c’est de les tourner vers le Seigneur, vers Celui dont ils désirent comme tous les croyants, être des serviteurs. Eh bien ! nous avons l’occasion de servir le Seigneur de cette manière.

En faisant cela, comme on l’a dit souvent, l’ennemi fait une œuvre qui le trompe. Que nous ne donnions pas occasion à l’ennemi en suivant ses pièges, mais qu’au contraire nous soyons dirigés par l’Esprit de Dieu afin de servir le Seigneur !

Dans les deux paragraphes qui suivent, quelle explosion, on peut dire ! Autant il y avait des remarques et des exhortations, et des choses qui prêtaient plus à reproche presque, autant maintenant nous sommes placés devant tout ce qui est positif, tout ce qui est produit par cet Esprit de Dieu dans ceux qui servent le Seigneur.

Nous voulons tous servir le Seigneur, n’est-ce pas ? Nous voulons être utiles pour Lui. Alors maintenant, nous l’avons lu, nous pouvons être utiles pour Lui, le servir Lui, si nous présentons comme nous l’avons lu dans le début du chapitre 12, notre corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu.

Et maintenant qu’est-ce qui nous a été dit dans les versets depuis le début du chapitre 12 ? Premièrement nous sommes membres du corps, comment nous pouvons servir les uns et les autres ; et l’autre aspect, dans le chapitre 13, c’était comment nous pouvons nous comporter dans le monde vis-à-vis du gouvernement, des autorités.

Maintenant ici, comment nous qui nous sentons souvent tellement forts, qu’avec notre force nous pouvons même écraser les faibles, détruire les faibles, détruire même leur foi. Alors maintenant il nous est dit à la fin de tout cela, c’est ainsi que nous pouvons faire un service agréable à Dieu : « Car celui qui en cela sert le Christ est agréable à Dieu ».

Au début du chapitre 12 nous avons vu de qu’est un sacrifice agréable à Dieu, d’offrir nos corps en sacrifice vivant. C’est cela notre service ici dans ce monde, un service vis-à-vis des membres du corps, un service dans notre entourage, comment nous nous comporterons. Est-ce que notre liberté chrétienne nous l’utilisons pour montrer combien nous sommes forts, ou est-ce que nous l’utilisons comme cela nous a été dit dans le v. 17 ?

C’est justice, ce qui est juste devant Dieu ; paix, cherchons la paix. Est-ce que nous sommes ceux qui sèment le trouble ou des gens qui cherchent la paix ? La paix surtout aussi vis-à-vis de nos frères et sœurs. Combien il y a des luttes, des malentendus entre frères et sœurs parce qu’on a d’autres pensées sur des petites choses, parce que nous nous sentons plus forts, parce que ce que nous avons jugé comme bon, nous voulons le dire à d’autres. Mais c’est notre pensée. Si c’est une pensée qui est fondée sur la Parole, si c’est la pensée de Dieu, il nous faut insister sur les pensées de Dieu, mais pas sur nos pensées.

C’est justice et paix et joie. Si je suis en paix avec Dieu, si je poursuis la justice, si je suis en paix avec mes frères et sœurs, quelle joie, quelle joie nous avons de marcher ensemble, selon la pensée de Dieu, selon sa Parole, si nous montrons ainsi que nous sommes ses témoins dans ce monde, quelle joie ! Ici cette joie se montre dans notre comportement ensemble.

Et cette joie va se montrer dans ce monde. Ils vont dire : Voilà ce n’est pas des chrétiens qui sont toujours tristes. Non. C’est des chrétiens qui sont joyeux dans le Seigneur, qui ont la joie de se réunir ensemble, qui ont la joie de suivre ensemble le Seigneur. C’est cela notre service envers Dieu, « agréable à Dieu », cherchant ce qui est agréable à Dieu.

Et puis ce n’est pas seulement agréable à Dieu. Il y a ces deux aspects, l’aspect vis-à-vis de Dieu, et aussi vis-à-vis des hommes. « Et approuvé des hommes ». On voit que c’est « agréable à Dieu » et « approuvé des hommes ». Souvent que cherchons-nous en premier ? C’est d’avoir une bonne renommée, que les hommes nous estiment. Mais c’est premièrement « agréable à Dieu ». Et ainsi c’est aussi « approuvé des hommes ».

Le chapitre a commencé par cette exhortation assez simple : « Quant à celui qui est faible en foi, recevez-le ». On peut se demander : mais qu’est-ce que ça veut dire « recevoir » ? Je pense que ça veut dire : J’accepte d’avoir une relation positive avec tel frère, j’accepte cela, je cultive le fait d’avoir une relation positive avec un frère, avec mon frère, que le Seigneur me donne.

Nous avons parlé de juger et de mépriser. C’est quelque chose qu’on fait de très loin. Quand on est proche, quand on a accepté d’avoir une relation positive avec un frère, avec une sœur, dans un sens on ne peut pas juger, on ne peut pas mépriser, parce que c’est quelque chose que l’on fait de loin. Quand on est en présence de ce frère, on ne pourrait pas le lui dire. Si même il y avait quelque chose à juger, à redresser, nous avons un chemin très clair, très positif que le Seigneur nous donne. Il faut se laver les pieds les uns aux autres. Il y a un chemin pour cela.

Mais le Seigneur nous fait découvrir par ce passage que nous devrions être très attentifs au bien que le Seigneur a placé dans mon frère, et le bien que le Seigneur a placé en moi, mon frère devrait le percevoir aussi. Nous trouvons ici des indications quant à ce bien et qui va parfois très loin parce que nous avons vu dans le début du paragraphe que, outre le fait que celui qui respecte par exemple le jour, y a égard à cause du Seigneur ; il mange à cause du Seigneur, il rend grâces à Dieu, c’est une chose extrêmement positive, extrêmement noble.

C’est vraiment ce que Dieu nous demande de faire, ce que le Seigneur nous demande, que nous acceptions et que nous vivions sous son autorité et que nous soyons reconnaissants en toutes choses. Or celui-là qui s’est tenu à distance de son frère, il ne sait même pas ce que le frère fait de positif – il ne le sait pas. Il n’a pas de proximité, il n’a pas de communion, avec ce frère. Il passe à côté de ce que ce frère réalise devant Dieu.

Et puis ici il est dit dès le début au sujet du domestique : « Il se tient debout ou il tombe pour son propre maître ». C’est quand même quelque chose d’extrême d’être prêt à tomber pour son maître, à perdre sa vie pour son maître. C’est une chose extraordinaire et voilà je suis passé à côté de cela, parce que pour une raison ou une autre, une chose qui peut-être était quand même de peu d’importance, j’ai refusé d’avoir une relation positive avec ce frère. Je ne l’ai pas reçu et je ne me suis même pas rendu compte que ce frère, tel qu’il est, Dieu l’a reçu. Dieu l’a reçu et moi, je ne suis pas capable de le recevoir.

Mais alors justement dans la partie que nous abordons maintenant, nous avons des choses très positives. Nous avons tellement besoin les uns des autres et c’est pour cela aussi que le Seigneur nous a donnés les uns aux autres. C’est tout le bien que nous pouvons nous faire, mais avec la connaissance aussi que nous avons les uns des autres.

Par exemple dans le v. 21, il est dit : « Il est bon de ne pas manger de chair, de ne pas boire de vin, et de ne faire aucune chose en laquelle ton frère trébuche, ou est scandalisé, ou est faible ». Ça veut dire que dans la relation et la communion que j’ai avec mon frère, je sais quels sont les points où il peut avoir des problèmes car je connais mon frère. Je sais qu’il y a des choses qui peuvent le faire broncher, je les connais et où il peut être choqué, scandalisé.

Je les connais parce que j’ai une vraie proximité avec mon frère. Je sais qu’il y a une chose où il est faible et donc, je vais faire attention à cela. Mais c’est aussi parce que je le sais. Mais je ne peux pas savoir cela de loin, ce n’est pas possible. Il faut que j’aie une proximité avec mon frère. Je dois travailler à cela.

Ensuite nous retrouvons des choses qu’on a déjà vues v. 17 et 18. Nous avons au v. 19 des choses qui tendent à la paix, des choses qui tendent à l’édification mutuelle. Ça veut dire que ce n’est plus du tout la destruction, mais c’est la construction. Les uns et les autres, nous pouvons nous faire grandir.

Et puis si nous allons dans le chapitre 15, nous voyons que les forts portent les infirmités des faibles. Ça aussi c’est extraordinaire. On ne peut pas faire cela de loin : porter les infirmités des faibles. On peut rappeler aussi effectivement comme on l’a déjà dit, une infirmité, ce n’est pas un péché. Mais c’est une chose que l’on peut porter avec son frère.

Et puis chercher à plaire à son prochain en vue du bien, pour le bien, pour l’édification de mon frère. Tout cela dépend de cette attitude de départ : recevez-le. Est-ce que j’accepte de me donner à mon frère et d’avoir une relation positive avec mon frère ? Les choses vont encore beaucoup plus loin parce que ces deux frères qui en apparence au départ ne sont pas du tout faits pour marcher ensemble, qui ont de grandes différences, de grands problèmes, est-ce que ces deux frères vont arriver ensemble à glorifier Dieu d’un commun accord, d’une même bouche ?

Et c’est bien à cela que nous sommes appelés, ensemble, unis ensemble par de vrais liens, des liens profonds, des liens de connaissance, des liens de communion, des liens d’amour, des liens dans la justice, dans la paix et dans la joie. Que nous puissions nous présenter là le dimanche matin au culte avec un même sentiment selon le Christ Jésus, dans un commun accord, dans une même bouche et glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ !

Avoir un même sentiment ou avoir une même pensée, ça ne veut pas dire forcément penser la même chose. Avoir une même pensée, un même sentiment, c’est ce sentiment que le Seigneur soit glorifié. On peut avoir des pensées différentes sur plusieurs points, mais avoir ce profond désir que le Seigneur soit glorifié.

Ces quatre mots, amour, justice, paix, joie, bien-aimés, que nous puissions être tous exercés pour que ce soit l’ambiance de toute notre vie d’assemblée. Quelquefois on se dit : « Nous avons une bonne doctrine », et puis nous la discréditons complètement. Nous parlons de l’unité du corps et nous sommes complètement divisés dans un rassemblement. Mais qui est-ce que nous cherchons à tromper ?

Si quelqu’un vient, comme on dit, « de l’extérieur », qu’il entre dans un rassemblement, vous savez, ce n’est pas beaucoup la doctrine qui va l’impressionner. Mais si justement il respire une atmosphère d’amour, de justice, de paix, de joie, des gens qui sont très différents les uns des autres, mais qui enseignés par le Saint Esprit pour manifester cela, voilà quelque chose qui est à la gloire du Seigneur et qui accréditera une doctrine juste à laquelle nous sommes attachés.

Pour ne pas scandaliser je voudrais dire encore deux choses. Nous avons dans le chapitre 17 de Matthieu où même le Seigneur, possesseur des cieux et de la terre, créateur des mondes, dans son humilité, a dit à son disciple Pierre : « … afin que nous ne les scandalisions pas » (v. 27). Quelle humilité et en même temps quelle puissance pour commander à un poisson de faire venir un statère dans la gueule de ce poisson pour payer ces impôts ! Quelle grandeur morale !

« Afin que nous ne les scandalisions pas ». Il nous donne cet exemple. Pierre qui avait cru défendre son Maître comme il le fera plus tard à Gethsémané. « Les receveurs des didrachmes vinrent à Pierre, et dirent : Votre maître ne paye-t-il pas les didrachmes ? » Bien sûr qu’il paye, c’est un bon Juif, mon Maître ! « Que t’en semble, Simon ? » Le Seigneur montre sa position, qu’Il est au-dessus de tout ; mais malgré cela : « pour que nous ne les scandalisions pas » …

La dernière chose que je voudrais dire, c’est peut-être une difficulté. Peut-être que plusieurs d’entre nous ont pensé à un passage où on pourrait dire : mais pourtant l’apôtre Pierre lorsqu’il était avec des nations mangeait avec eux (Gal. 2 à partir du v. 11) et puis ensuite quand sont venus des gens de Jérusalem, de chez Jacques, c’est-à-dire certainement un frère principal de Jérusalem, il s’est retiré. On dira : c’est très bien, il ne voulait pas les scandaliser, il ne voulait pas les choquer.

Il s’agit de points qui touchent à la conscience, sur laquelle la Parole ne tranche pas, et non pas sur des points de doctrine. Tout de même je ne vais pas aller désobéir pour ne pas attrister mon frère. Il y a quelque chose qui ne va plus là, nous sommes bien d’accord. Et en effet le fait de se retirer parce qu’il avait peur de la réaction de ces Juifs, était en train de mettre à mal l’enseignement et combien Paul y était sensible, lui qui écrira aux Éphésiens que le mur mitoyen de clôture est rompu, qu’il n’y a plus de Juifs, qu’il n’y a plus de Grecs, qu’il n’y a plus d’esclaves, qu’il n’y a plus d’hommes libres.

Là c’était porter atteinte à la vérité telle que le Seigneur l’avait donnée. Et alors là il n’y a plus de question de scandaliser ou d’attrister, il fallait qu’il soit conforme à l’enseignement qu’il avait reçu du Seigneur. Cet exemple que l’on trouve en Galates 2, est que Paul reprend vertement Pierre, surtout que Pierre avait eu des expériences lorsque la toile est descendue et qu’il avait été enseigné par ces choses.

Voilà qu’il retombe dans ce même travers, de vouloir dire : Non, il y a les Juifs d’un côté et puis il y a les nations de l’autre ; et puis il ne mangeait plus parce qu’il disait : On va me faire des reproches. C’est bien une question de conscience sur des points que la Parole ne touche pas et non pas de faire des compromis avec la doctrine et la vérité telle que l’Écriture nous la révèle.

Alors dans le v. 19 on a pour ainsi dire ce résumé des versets précédents : que nous poursuivions les choses qui tendent à la paix, nous cherchions la paix. Ici, ce n’est pas concrétiser la paix entre les frères, mais c’est le résultat si nous marchons selon l’amour.

Et deuxièmement les choses qui tendent à l’édification mutuelle. Est-ce que j’ai à cœur d’avoir vraiment l’édification, le bien de notre frère ? Ne pensons jamais : je suis utilisé pour l’édification de l’autre. Non, c’est mutuel. C’est pour le bien de nous deux. Ne pensons jamais que c’est juste pour le bien de l’autre. Je sais déjà tout et je fais comme le Seigneur ? Non. C’est mutuellement pour les uns comme pour les autres.

Les versets 20 à 23 touchent le point que nous avons déjà vu : la conscience. Si je fais des choses contre ma conscience, l’apôtre dit : c’est pécher. Soyons vraiment clairs que nous ne devons jamais agir contre notre conscience. Mais comme nous l’avons entendu, la conscience n’est pas la mesure, mais c’est la Parole de Dieu.

Nous lisons ces versets pour croître dans la connaissance de la Parole, du Seigneur, dans la grâce. Mais si je fais quelque chose qui est un modèle pour mon frère, et si par moi il fait quelque chose contre sa conscience, c’est moi aussi qui suis coupable pour le péché de mon frère. Gardons nos pensées et nos comportements pour le bien de notre frère.

« Toi, tu as de la foi ; aie-la par devers toi-même devant Dieu » (v. 22). Nous sommes tous devant Dieu. Et si j’ai la foi, je peux accomplir des choses devant Dieu certainement, s’il n’a pas touché la conscience de mon frère. Et si je ne le fais pas pour mon frère, Dieu le voit.

Il voit que j’ai la liberté, mais je renonce à cette liberté pour mon frère et cela sera pour mon salaire parce que Dieu voit que je renonce pour mon frère, pour Dieu. Dieu nous montre que la conscience a sa place dans nos vies et qu’il faut être prudent pour ne pas toucher négativement la conscience de mon frère.

Une petite remarque sur les choses qui tendent à la paix, celles qui tendent à l’édification mutuelle. On a dit au début de cette réunion qu’il ne s’agissait pas pour les uns ou pour les autres de forcer notre frère. Il ne s’agit pas en effet de forcer, mais de présenter ce qui tend à l’édification, il s’agit d’accompagner, si on peut dire, de placer sur le cœur de chacun, sur la conscience aussi ce qui va contribuer à nous faire avancer dans ce chemin de la connaissance de la pensée de Dieu, dans ce chemin de la liberté en Christ.

On a souligné que cette édification mutuelle, c’est ce qu’on trouve dès le début de l’épître aux Romains. C’était, si on peut dire, le but de l’apôtre Paul lorsqu’il écrit cette épître ou lorsqu’il leur dit : « Je désire ardemment de vous voir, [comme il ne pouvait pas les voir à ce moment-là, il leur écrivait] afin de vous faire part de quelque don de grâce spirituel, pour que vous soyez affermis, c’est-à-dire pour que nous soyons consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l’autre » (1. 11 et 12).

L’apôtre Paul savait très bien qu’il y avait ceux qui étaient plus forts et ceux qui étaient plus faibles et l’apôtre Paul lui-même jouissait certainement plus que beaucoup d’autres de cette liberté qu’il avait dans le Seigneur. Son désir était bien que les croyants soient affermis, son désir était bien l’édification.

Mais pour autant il n’oublie pas cet aspect mutuel lorsqu’il dit : « pour que nous soyons consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l’autre ». L’apôtre savait discerner et désirait discerner cette foi qui était dans un frère qui pouvait paraître plus faible et il était prêt à recevoir aussi un encouragement, une source de consolation, en voyant cela, par cette foi du frère. « Consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi ». C’est cette édification mutuelle.

Après effectivement nous voyons que l’apôtre va mettre les choses en regard, si nous pouvons dire. Est-ce que nous pouvons mesurer l’importance des choses, est-ce que nous pouvons mesurer d’un côté ce que je me sens être libre de faire – là c’était une viande, manger ceci ou cela, je suis libre -, mais d’un autre côté qu’est-ce qui est mis en face de cela ? L’œuvre de Dieu. Alors qu’est-ce qui a le plus de poids, qu’est-ce qui a le plus de valeur, ma liberté de manger, ou l’œuvre de Dieu ?

Si nous sommes droits devant le Seigneur, la réponse est évidente pour chacun de nous. Il est bon de ne pas faire cette chose dans laquelle un frère bronche ou est scandalisé ou est faible. Qu’est-ce qui est important ? Que je mange de la chair, que je boive, et quelle est l’importance de cela par rapport au risque que mon frère soit scandalisé, qu’il soit faible et que cela au lieu de l’édifier, je vais l’amener à se ramener encore plus sur sa faiblesse, peut-être ressasser sa faiblesse, parce qu’il va voir la liberté que j’ai et lui n’a pas cette liberté ?

L’apôtre nous appelle à mettre les choses en face l’une de l’autre, ce qu’est ma liberté, ma liberté en Christ et puis ce qu’est l’œuvre de Dieu, le bien de mes frères. Il souligne : « Toi, tu as de la foi ; aie-la par devers toi-même devant Dieu » et « celui qui hésite, s’il mange, est condamné, parce qu’il n’agit pas sur un principe de foi ».

On peut entraîner facilement notre frère. On lui dit : « Mais écoute, mon frère, tu vois bien, nous sommes des chrétiens, nous sommes libres, tu vois bien que moi je suis libre, il y a d’autres frères qui sont libres de faire ceci ou cela. Tu as des scrupules, mais enfin comprends bien que les scrupules, c’est déplacé. Viens avec nous, fais comme nous ».

C’est facile, on peut le faire avec beaucoup de bonne volonté pour encourager un frère. Et puis il va le faire parce qu’il est entraîné, mais il a un remords, il hésite, il bronche, il a quelque chose dans son cœur qui fait qu’il n’est pas à l’aise.

Il est bon de nous encourager et de nous exhorter à travailler à l’édification, mais pas de forcer la conscience d’un frère, pas de l’amener à faire quelque chose qui peut-être est juste, mais à propos de quoi sa conscience n’est pas libre et il va trébucher.

Je pense que c’est vraiment important parce qu’on peut commettre une erreur comme cela avec beaucoup de bonne volonté, le désir d’encourager quelqu’un à saisir la liberté dans laquelle il est. Mais ce n’est pas en forçant sa conscience qu’on le fera, c’est en recherchant ensemble ce qui tend à l’édification et même, comme l’apôtre Paul le disait, en étant encouragé chacun par la foi qui est dans l’autre. Si mon frère réalise que sa foi m’encourage, est-ce qu’il ne va pas lui-même être encouragé à progresser ?

Avant de continuer sur ce sujet, excusez-moi de revenir en arrière sur ce qui a été dit plus tôt. Je n’ai pas été au bout de ma pensée concernant la femme surprise en adultère. Les pharisiens, les scribes, viennent au Seigneur Jésus pour la juger. Ce qu’ils disent est vrai, elle a été surprise en adultère. D’après la Loi elle doit être lapidée. Que répond le Seigneur ? Le Seigneur dit : « Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle ».

Du plus âgé au plus jeune, ils s’en vont. Pourquoi ? « Du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés » (Mat. 7. 2). Bien sûr l’adultère était un grave péché. Il est dit aussi de la Loi « quiconque gardera toute la Loi et faillira en un seul point, est coupable sur tous » (Jac. 2. 10). Ils doivent s’en aller. Et puis, ce qui est extraordinaire, le Seigneur dit : « Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ». Incroyable pour nous ! Il y avait la grâce de Dieu qui était là.

Il savait ce qu’il y avait dans le cœur de cette femme et que dit-il ? « Moi non plus, je ne te condamne pas ». Ensuite « Va, – dorénavant ne pèche plus ». La grâce est là. Au détriment de la vérité ? Non. « Dorénavant ne pèche plus ». Mais la grâce était là. Bien-aimés, est-ce que nous souvent nous n’agissons pas comme les pharisiens ?

Nous voyons le côté de la sainteté de Dieu et c’est important. N’oublions pas le côté de l’amour de Dieu, de la grâce de Dieu. Lui sait ce qu’il y a dans les cœurs.

En revenant maintenant à ce sujet, nous avons donc lu au v. 13 : « Jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère ». Nous avons lu au v. 15 : « Car si, à cause d’une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour ». Et nous avons lu ici : « Il est bon de ne pas manger de chair, de ne pas boire de vin, et de ne faire aucune chose en laquelle ton frère bronche, ou est scandalisé, ou est faible ».

Il est bon de prendre des exemples. Cela nous parle beaucoup plus. On peut parler dans l’abstrait mais soyons concrets. Prenons donc un exemple. Nous avons entendu le fait d’être séparés, homme et femme. On n’a pas eu la réponse mais on a bien compris que ce n’était pas une affaire de doctrine, mais de coutume, d’habitude.

Si maintenant je décide : Moi, je vais me mettre avec ma femme du côté femmes, tant pis. Est-ce que tu fais quelque chose de mauvais quant à la vérité ? Non. Mais par contre si tu attristes les frères et sœurs, si tu causes du trouble à cause de cela, eh bien, ne le fais pas, sinon c’est pécher.

Un autre exemple qui, je pense va nous parler à tous : c’est peut-être un sujet dont il est délicat de parler, mais c’est un sujet qui touche beaucoup de personnes : le port du pantalon pour la femme, pour les sœurs. Un sujet qui a déjà créé beaucoup de troubles. Première question : Est-ce que porter un pantalon maintenant, est-ce que c’est porter un pantalon d’homme ? Franchement je ne vais pas acheter un tailleur-pantalon et le mettre, moi. C’est très clairement un habit de femme, pantalon, veste. Il y a des pantalons qui sont typiquement des pantalons de femme que je ne mettrais jamais.

Donc pour une sœur, pour une femme, porter un pantalon, ce n’est plus quelque chose qui est contre la doctrine. Mais si maintenant je me dis : Puisque je suis libre de le faire, puisque ce n’est pas quelque chose de contraire, je vais le faire. Eh bien, nous avons lu que si en faisant cela tu attristes ton frère ou ta sœur, nos frères et sœurs âgés notamment, ce n’est pas une bonne chose. Nous n’avons pas à attrister. Si cela crée du trouble dans l’assemblée, tu n’as pas à le faire.

Il nous est dit aussi de ne pas être une pierre d’achoppement, une occasion de chute. Peut-être que toi dans ta conscience tu es libre de le faire, mais peut-être que tu vas être un exemple pour les plus jeunes, tu vas peut-être créer des conflits dans des familles, à cause de cela, pour un plus jeune qui n’a pas compris la même chose. Alors pour cette deuxième raison, ne le fais pas non plus, même si tu te sens libre.

Tu es libre devant Dieu, mais à partir du moment où tu crées de la tristesse, des troubles, une occasion de chute, il ne faut pas le faire. Tu peux maintenant en tant qu’enfant le dire aussi : J’ai entendu maintenant que ce n’était pas une mauvaise chose. N’oublie pas non plus qu’en tant qu’enfant tu dois obéir à tes parents. Si tes parents t’ont dit de ne pas le faire, ne le fais pas, par obéissance au Seigneur. Voilà un exemple très concret.

Nous pouvons faire des choses si nous avons la liberté de les faire, mais nous devons faire attention aux résultats que cela peut engendrer. Alors on peut dire : Oui, mais, voilà quand je suis dans le privé, je mets un pantalon et puis à l’assemblée je n’en mets pas. C’est hypocrite. Qu’est-ce qu’il y a dans ton cœur ? Est-ce que tu le fais dans un sentiment où tu n’es pas à l’aise ou est-ce que tu le fais pour plaire au Seigneur ?

Tu es libre de mettre un pantalon, mais pour plaire au Seigneur, tu te changes. Je connais des familles où les filles mettaient le pantalon, mais quand c’était pour manger à table quand le grand-père venait, elles se changeaient. Pour faire plaisir au Seigneur, pour ne pas créer du trouble. Voilà un exemple mais nous pouvons en trouver d’autres.

Que ce que nous faisons, nous le fassions pour le Seigneur, pour la paix. Et nous avons ce verset : « Poursuivons les choses qui tendent à la paix » (v. 19). Bien-aimés, la paix, pourquoi devons-nous la poursuivre ? Parce qu’elle nous fuit. Combien vite arrivent les conflits ! Nous devons rechercher la paix.

Il y a deux autres versets dans la Parole qui nous en parlent. « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur, veillant de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu » (Héb. 12. 14 et 15). De nouveau poursuivre la paix et la sainteté de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu, cette grâce si importante.

Un autre verset dans la 1ère épître de Pierre au chapitre 3. Nous lisons au v. 8 : « soyez tous d’un même sentiment, sympathisants, fraternels, compatissants, humbles » et puis au v. 11 : « qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ». Est-ce que nous avons le désir d’avoir la paix dans nos familles, dans l’assemblée ? En ayant cette paix, ce sera l’édification aussi. C’est la paix qui édifie. N’avons-nous pas tous besoin de cette paix ?

Une dernière remarque : Un frère a dit que quelqu’un qui vient de l’extérieur, lorsqu’il entre dans une assemblée, ce n’est pas la doctrine qu’il va juger, c’est l’atmosphère. J’aimerais lire un verset dans l’évangile de Jean au chapitre 13 : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (v. 34 et 35).

Le verset 1 du chapitre 15 va introduire une conclusion : « Or nous devons, nous les forts, porter les infirmités des faibles, et non pas nous plaire à nous-mêmes ». On peut relever d’abord « nous les forts ». Paul s’associe lui-même à ceux qu’il appelle forts. Mais en même temps on peut dire qu’il place la barre assez haut.

Au lieu d’avoir ce regard qu’on a évoqué tout au long de la journée sur celui qu’on qualifie de faible, il faut avoir un autre regard. La faiblesse de l’autre, d’abord est-elle réelle ? Mais ce n’est plus là le sujet. Supposons qu’il y a faiblesse. Nous avons à porter cette faiblesse avec lui, « porter les infirmités ».

La deuxième partie de la phrase nous éclaire sur ce que cela veut dire par une négation : « non pas nous plaire à nous-mêmes », non pas se complaire dans le sentiment qu’on est fort. Alors tout de suite, au v. 3, l’apôtre place devant nous le modèle : « Car aussi le Christ n’a point cherché à plaire à lui-même, mais selon qu’il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi » avec ce rappel qu’on a à plusieurs reprises dans d’autres passages, pour quoi ces choses de l’Ancien Testament ont-elles été écrites, à quoi elles nous servent. Elles sont là pour notre instruction.

Le Seigneur est devant nous un modèle que nous sommes appelés à regarder, être des imitateurs de Christ, apprendre de lui. Bien sûr la mesure de ce que le Seigneur a accompli, nous ne l’atteignons pas. Je crois qu’il nous est utile quand même de lire en rapport avec ce qui vient d’être dit, ce que Paul dit sur ce sujet, dans un contexte un peu différent, en 1 Corinthiens 8 où il conclut le chapitre en écrivant : « C’est pourquoi, si la viande est une occasion de chute pour mon frère, je ne mangerai pas de chair, à jamais, pour ne pas être une occasion de chute pour mon frère » (v. 13).

C’est carrément définitif. Paul envisagerait de ne plus manger de viande du tout si cela est une occasion de chute pour son frère. Et au chapitre 10 il nous dit : « Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses sont permises, mais toutes choses n’édifient pas. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui » (v. 23 et 24). Ne cherchons pas à nous plaire à nous-mêmes, notre propre intérêt.

Il y a une mesure là que nous ne pouvons pas aborder sans prendre la référence suprême, celle du Seigneur qui a tout laissé pour venir sur la terre, pour aller ce chemin jusqu’à la croix et pour mourir sur la croix à notre place, qui a tout laissé.

Le verset du Psaume 69 cité nous dit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi ». Les outrages de ceux qui outragent Dieu sont tombés sur lui. Ça va bien au-delà de tout ce qui a été abordé dans tous les versets précédents. Que sont manger et boire, que sont les jours, que sont même ce qu’on vient d’évoquer, comparés à ce que le Seigneur Jésus a vu, lui, ce à quoi il a renoncé, pour la gloire de Dieu et par amour pour nous ?

« Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance ». Et puis alors cette prière que fait l’apôtre : « Or le Dieu de de patience et de consolation vous donne d’avoir entre vous un même sentiment selon le christ Jésus, afin que, d’un commun accord, d’une même bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ ».

Toute cette phrase, tous ces deux versets sont remplis de tout ce qui nous unit : le commun accord, la même bouche, le même sentiment, tout ce qui nous réunit dans un même but, dans une même direction. Nous ne regardons plus l’un vers l’autre, mais nous regardons vers Dieu pour glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ. Nous replaçons à cette mesure-là les choses comme celles que nous venons d’évoquer qui peuvent amener à des sentiments différents, des manières d’agir différentes.

Quelle valeur ont-elles face à cela, face à l’œuvre du Seigneur, face à la gloire de Dieu ? Est-ce qu’une viande, un vêtement, tout ce que chacun peut penser, des choses qui ont toutes en commun d’être liées à la marche sur la terre, sont-elles suffisamment importantes pour brouiller ce qui devrait nous faire tendre vers cet esprit uni pour glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ ?

Le verset 7 résume un peu : « Recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu » pour que « vous glorifiiez le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ ». Il est frappant que l’apôtre n’ait pas dit cela au début. Il a d’abord développé tout cela sur des aspects qui plaçaient cette mesure presque mineure, mais qui sont importants quand même parce que c’est notre quotidien, c’est nous-mêmes, c’est nos limitations, mais qui petit à petit nous amènent à la mesure la plus élevée de ce qui compte, de ce qui est vraiment important.

On trouve alors ici trois ressources divines dans ces versets 3 à 5 :

Premièrement, la personne de notre Seigneur comme modèle, comme il s’est identifié avec Dieu. Il est notre modèle pour que nous nous identifiions avec lui, comment pardonner tout pour nos frères, pour nos sœurs.

Deuxièmement les Écritures. Pour eux c’était les Écritures de l’Ancien Testament, pour nous en fait c’est toute la Parole qui nous montre la patience et la consolation, l’instruction pour la patience, être patient envers l’un, envers l’autre et mutuellement.

Consolation : ce peut être traduit par encouragement, exhortation. Ce sont des choses de l’Écriture qui nous exhortent, qui nous encouragent pour être pour le bien de l’autre. Et Dieu Lui-même est le Dieu de patience et de consolation. Ça veut dire le Dieu qui nous donne patience, consolation, encouragement et exhortation. Dieu agit même aujourd’hui pour que nous ayons vraiment dans nos cœurs, dans nos vies, cette patience l’un envers l’autre et aussi cette consolation, cet encouragement, cette exhortation.

Le v. 7, c’est vraiment comme le but. Nous avons commencé au v. 1 par « recevez-le », le faible, v. 3 « car Dieu l’a reçu ». Ici « recevez-vous les uns les autres ». C’est déjà une autre perspective que de penser seulement que les forts doivent recevoir les faibles, mais que c’est une chose mutuelle.

J’ai besoin de cette réception comme mon frère aussi et pas seulement comme Dieu l’a reçu, mais comme aussi le Christ vous a reçus à la gloire de Dieu. Encore une fois le Seigneur est Dieu. Ensemble ils travaillent pour notre bien. Le Seigneur nous a reçus – nous avons pensé à cela déjà ce matin – à la gloire de Dieu. Ça nous montre même dans ces petits détails de notre vie, que nous pouvons glorifier Dieu. Mais comme nous l’avons vu aussi, on peut faire le contraire.

Mais c’est le but pour notre vie, de glorifier Dieu. Nous avons nous-mêmes été reçus par le Christ. Alors « recevez-vous les uns les autres à la gloire de Dieu ».

Études à Mutzig (2019)

COLOSSIENS – Introduction

L’épître aux Colossiens ressemble beaucoup à celle aux Éphésiens. Toutefois, cette lettre ne présente pas les saints comme assis dans les lieux célestes, mais plutôt comme marchant encore dans un désert. Des ressources célestes sont à leur disposition pour le voyage, et en particulier la ressource suprême de la Personne de Christ : « Car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement » (2. 9). En relation avec cette plénitude, Paul emploie constamment le terme « tout ».

L’apôtre devait mettre en garde les Colossiens contre les dangers de la philosophie, d’une part, et contre ceux du mysticisme religieux, d’autre part. La philosophie séduit seulement l’intelligence, alors que le mysticisme est une grossière insulte à l’intelligence. Parfois on trouve les deux dangers mélangés, ce qui constitue une autre monstruosité avec deux têtes qui se contredisent. L’autorité prééminente de Christ est la réponse à ces deux courants.

Christ est présenté comme le chef de toute la création et le chef (ou la tête) du corps, l’Église. Il réconciliera toutes choses sur terre et dans les cieux, mais il a maintenant réconcilié tous les croyants. Il a transmis par l’apôtre Paul les ministères de l’évangile et de l’Église. Il pourvoit ainsi aux besoins du monde et à ceux de ses saints.

Nous trouvons dans ce livre une nourriture céleste substantielle qui nous préservera du mal sous ses formes les plus déguisées.

L. M. Grant

Dans les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens, l’Esprit de Dieu déploie devant nous, par le moyen de l’apôtre Paul, les plus hautes vérités du christianisme.

Les deux épîtres donnent la prééminence aux grandes vérités de l’Église corps de Christ, et de Christ Tête du corps. Il y a cependant la différence importante que voici : tandis que l’épître aux Éphésiens met en avant les privilèges du corps, l’épître aux Colossiens met l’accent sur les gloires de la Tête. Tandis que dans l’épître aux Éphésiens, l’Église est vue comme représentée en Christ dans le ciel, dans l’épître aux Colossiens Christ est vu comme représenté dans l’Église sur la terre.

Il semblerait que l’épître ait été écrite avec un double objectif :

– D’abord, déployer la plénitude qui réside en Christ, la Tête de l’église, de sorte que les croyants, conscients de la plénitude de leurs ressources en Christ, peuvent échapper au piège de recourir aux expédients de la chair religieuse pour alimenter la vie chrétienne ;

– Deuxièmement, exposer le propos de Dieu qui est de manifester Christ dans l’Église, – non seulement dans la gloire future, mais déjà dans son passage ici-bas à travers le temps.

En Colossiens 1, après l’introduction (ch. 1. 1 à 14), il est présenté :

– Premièrement, les gloires de la Personne de Christ (1. 15 à 19) ;

– Deuxièmement, les gloires de l’œuvre de Christ (1. 20 à 23) ;

– Troisièmement, la gloire du mystère qui est « Christ en vous, l’espérance de la gloire » (1. 24 à 29).

Ensuite en Colossiens 2. 1 à 19 nous sommes mis en garde contre les différents expédients par lesquels le diable cherche à contrecarrer le propos actuel de Dieu qui est de manifester le caractère de Christ, comme Tête dans le ciel, dans les membres de son corps sur la terre.

En Colossiens 2. 20 à 3. 11, l’apôtre présente la pratique qui doit découler de ce que les croyants sont morts et ressuscités avec Christ.

Puis dans Colossiens 3. 12 à 4. 6, nous sommes exhortés à exprimer la vie de Christ moralement :

– Dans le cercle chrétien (3. 12 à 17),

– Dans le cercle de la famille (3. 18 à 21),

– Dans le cercle social (3. 22 à 4. 1),

– Et envers ceux du dehors (4. 2 à 6).

Enfin les salutations d’usage terminent l’épître (4. 7 à 18).

H. Smith

NÉHÉMIE 6. 15 à 19 ; 7

Ce livre de Néhémie place devant nous, d’une manière toute particulière, la personne de Néhémie. Et sans vouloir dire que Néhémie est véritablement un type du Seigneur Jésus, dans toute sa vie il nous présente bien des caractères que le Seigneur Jésus a montrés en perfection pas après pas.

Dans le livre des Actes, au début de ce livre, il nous est dit concernant la personne du Seigneur Jésus « que Jésus commença de faire et d’enseigner, jusqu’au jour où il fut élevé [au ciel] » (1. 1 et 2). Ce qui a caractérisé le Seigneur Jésus dans sa vie, c’est tout à la fois les actions qui ont été les siennes, et les paroles qu’Il a dites. Et nous savons combien, dans tout ce qu’Il a fait comme dans tout ce qu’Il a dit, Il a fait briller quelque chose de la gloire de Dieu.

Une action qui peut paraître anodine quand elle est réalisée par les hommes, brille d’un éclat remarquable quand elle est accomplie par le Seigneur.

Et dans ce livre de Néhémie, concernant Néhémie, on trouve tout à la fois toutes les paroles qu’il a pu dire et toutes les actions qu’il a faites. Et chacune est empreinte d’un caractère que nous pouvons considérer avec bonheur.

Quand nous considérons Néhémie, ce qu’il a dit et ce qu’il a fait, nous pouvons nous demander où était cette source qui lui a donné la force qui était la sienne ; et nous arrêter sur un verset qui termine le 2ème livre des Chroniques, et qui nous donne toute l’origine du secours que Néhémie a pu trouver.

2 Chroniques 36. 23 – c’est ce que le roi Cyrus de Perse va publier : « L’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda. Qui d’entre vous, quel qu’il soit, est de son peuple, – que l’Éternel, son Dieu, soit avec lui, et qu’il monte ! »

Voilà l’exhortation que le roi Cyrus donne à tous ceux qui ont à cœur de monter : que l’Éternel, leur Dieu, soit avec eux. Et ce qui a caractérisé Néhémie tout au long de sa vie, c’est qu’il a goûté la présence de l’Éternel avec lui. Il se tenait devant l’Éternel, dans la crainte qui convenait. Et c’est bien là pour nous la source de toute notre force quel que soit le chemin que nous ayons à fournir. Nous tenir sous le regard de Dieu, dans la crainte qui convient.

Quand nous considérons les paroles de Néhémie, elles sont toutes remplies d’une très grande sagesse. À la fin du chapitre 2, Néhémie peut dire : « Et je leur répondis et je leur dis : Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer, et nous, ses serviteurs, nous nous lèverons et nous bâtirons ; mais vous, vous n’avez ni part, ni droit, ni souvenir à Jérusalem » (2. 20).

Quelles paroles remplies de sagesse, à la fois pour encourager les siens, et pour leur montrer le caractère du travail qu’il convenait d’accomplir. Et dans les versets qui précédent, nous avons cette sagesse de Néhémie dans ces paroles où il peut dire à un moment : « Je fais un grand travail ». Voilà ce qu’était pour lui l’œuvre qui lui était confiée, un grand travail pour Dieu. Tout ce que Dieu nous confie cela a de la valeur, même si aux yeux des hommes cela peut nous paraître petit, mais aux yeux de Dieu cela a du prix, de la valeur.

Un peu plus loin il dira – dans ce même début du chapitre 6 : un homme comme moi (6. 11). L’humilité caractérisait Néhémie. Et ce qui le caractérisait aussi, ce sont les prières qu’il fait monter. C’est un homme de prière, c’est un homme d’action. Il savait se tenir devant Dieu, écouter ce que Dieu avait à lui dire. Et une fois qu’il avait entendu et écouté, il savait agir. C’est un homme d’action, c’est lui qui encourageait le peuple à bâtir, c’est lui qui donnait l’exemple, c’est lui qui savait répondre à l’ennemi, c’est lui qui savait, quand il y avait des difficultés au milieu de ses frères, comment s’approcher d’eux. Quel exemple remarquable nous avons en Néhémie !

Quand nous en arrivons au verset 15 de ce chapitre 6, « la muraille fut achevée le vingt-cinquième [jour du mois] d’Élul, en cinquante-deux jours », nous mettons ce verset en parallèle avec celui que nous avons lu à la fin de Néhémie 2.

Néhémie 2. 20, c’est un point de départ. Néhémie 6. 15, c’est une étape – nous ne pouvons pas dire que c’est le point final parce qu’il y aura d’autres étapes à franchir – mais c’est une étape. Il faut que nous sachions, dans notre vie, discerner le point de départ et les étapes, et faire le point quand nous arrivons à une étape. Nous avons toujours besoin de regarder en avant vers le but final ; mais nous avons aussi besoin de savoir quelques fois regarder en arrière et nous poser la question : Avons-nous fait des progrès depuis l’année dernière ?

Connaissons-nous un peu mieux le Seigneur Jésus que l’année dernière ? Vivons-nous un peu plus à sa gloire, ou avons-nous régressé ?

Nous savons que, dans la vie chrétienne, nous ne pouvons pas rester stationnaires : ou nous faisons des progrès, ou nous reculons. Et quand nous faisons le point, comme Néhémie est amené à le faire là, que constatons-nous ? Que lisons-nous en Néhémie 2. 20 ? « Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer ».

Ici au verset 15, c’est le constat : Dieu effectivement a fait prospérer son peuple. C’est dans la faiblesse, sans doute. Mais tout ce que Dieu fait, c’est d’une manière qui est toujours encourageante. Nous pouvons toujours nous confier en Dieu, et nous ne sommes jamais déçus.

Et quand Dieu opère dans nos cœurs, quand Dieu opère de manière extérieure, c’est toujours d’une manière qui nous étonne parce que nous manquons de foi, et c’est toujours une manière qui fait monter de nos cœurs vers Lui la louange et la reconnaissance. Quel travail merveilleux Dieu a permis qu’il soit opéré !

Une dernière remarque peut-être encore. Voilà une œuvre qui a été opérée et qui étonne ceux qui sont des spectateurs, l’ennemi. Et ils sont obligés de constater que c’était l’œuvre de Dieu. Nous ne pouvons éviter de citer ce que nous avons dans le livre des Actes, au chapitre 5. C’est Gamaliel, un pharisien, qui va s’adresser aux hommes israélites et leur dire au verset 35 : « Hommes israélites, prenez garde à vous-mêmes par rapport à ces hommes, [et voyez] ce que vous allez faire ».

Et nous continuons la lecture, et au verset 38 nous lisons : « Et maintenant je vous dis : Ne vous mêlez plus de ces hommes, et laissez-les ; car si ce dessein ou cette œuvre est des hommes, elle sera détruite ; mais si elle est de Dieu, vous ne pourrez les détruire ; – de peur que vous ne soyez même trouvés faire la guerre à Dieu » (Act. 5. 38 et 39).

Nous avons d’un côté les œuvres que les hommes peuvent faire – pour aussi impressionnantes et brillantes qu’elles puissent être, le résultat c’est qu’elles sont détruites. [Et de l’autre] il y a ce que Dieu fait, l’œuvre de Dieu qui opère, s’Il le juge bon, en utilisant des instruments, mais Dieu n’a besoin de personne pour agir – il n’y a que ce que Dieu fait qui demeure d’une manière indestructible.

Nous lisons au verset 15 : « La muraille fut achevée… en cinquante-deux jours ». Quiconque parmi nous a déjà essayé de bâtir quelque chose en pierre sait que c’est très long. Cinquante-deux jours, une grande ville, une grande circonférence à bâtir, il n’y a pas d’autre explication, d’autre possibilité que Dieu y ait mis sa main.

C’est extrêmement important que nous sachions reconnaître quand Il met sa main. Dieu y a mis sa main, et les ennemis vont le reconnaître (v 16). Ils vont le reconnaître, se rendant compte que ce n’est pas possible humainement parlant sans le soutien d’en-haut. Sans la bonne main d’en-haut, il n’est pas possible de bâtir de cette manière-là avec cette vitesse-là.

Que le Seigneur fasse que nous soyons attentifs à ce qu’Il fait, au milieu de nous, en nous, et puis aussi dans l’assemblée, que nous sachions le reconnaître et nous y parviendrons.

On a parlé des qualités de Néhémie. Et il y en a une que j’aimerais souligner. C’est ce qui nous est dit au tout début du livre. Néhémie 1. 1 : « Comme j’étais à Suse, la capitale, Hanani, l’un de mes frères, lui et quelques hommes vinrent de Juda ; et je les interrogeai sur les Juifs, les réchappés qui étaient restés de la captivité, et au sujet de Jérusalem… (v 4) Et lorsque j’entendis ces paroles, je m’assis et je pleurai ; et je menai deuil [plusieurs] jours, et je jeûnai, et je priai le Dieu des cieux, etc. » (Néh. 1. 1, 2 et 4).

Un peu plus loin, chapitre 2 verset 3 : « Alors j’eus extrêmement peur. Et je dis au roi : Que le roi vive à toujours ! Pourquoi mon visage ne serait-il pas triste, quand la ville, le lieu des sépulcres de mes pères, est dévastée, et que ses portes sont consumées par le feu ? »

Ézéchiel 43. 10 : « Toi, fils d’homme, montre à la maison d’Israël la maison, afin qu’ils soient confus à cause de leurs iniquités ; et qu’ils en mesurent la disposition. Et, s’ils sont confus de tout ce qu’ils ont fait, fais-leur connaître la forme de la maison, et son arrangement, et ses issues, et ses entrées, et toutes ses formes, et toutes ses ordonnances » (Éz. 43. 10 et 11).

Ce premier caractère qui nous est montré dans ce livre, c’est l’attachement de Néhémie pour le peuple de Dieu, pour les choses de Dieu. Et ce n’est pas un simple attachement superficiel, c’est un attachement qui est vrai et profond, et qui se manifeste dans ce jeûne qu’il accomplit.

Et même dans les circonstances où il avait intérêt à ne pas montrer sa tristesse à ce roi qui pouvait faire mourir d’une seule parole, il ne peut cacher sa tristesse. Et même dans ces circonstances il était triste. Et pourquoi ? Parce que la ville de ses pères était dévastée. Et c’est quelque chose de précieux au cœur de Dieu.

On le voit en Ézéchiel, Dieu lui montre une partie du temple. Et Il lui dit : s’ils sont confus, s’ils mènent deuil sur tout ce qu’ils ont fait, alors tu leur montreras les formes, les règlements, les lois de la maison. Et pour nous, c’est une chose sur laquelle nous avons à méditer. Nous sommes-nous habitués à ce qui se passe dans la grande chrétienté ?

Nous sommes-nous habitués à ce qui se passe au sein des milieux dits évangéliques où la Parole a été rappelée il y a maintenant plus de cent quatre-vingts ans ? Nous satisfaisons-nous de ce qui se passe dans les assemblées, et les assemblées avec lesquelles nous avons été en communion il y a quelques années ? Ou, est-ce que nous pleurons et que nous menons deuil ?

Et bien sûr, que fait Néhémie ? Il ne cherche pas en lui-même pour agir – cela a été dit, mais on peut le rappeler. Il se confie en Dieu, il se tourne vers Dieu. C’est là qu’il va trouver le secours, c’est là qu’il va trouver l’aide, c’est là qu’il va trouver la puissance et la force. La muraille construite en cinquante-deux jours : quelle chose extraordinaire ! Ce n’est pas quelque chose de l’homme.

Rappelons-nous que les circonstances n’étaient pas faciles mais particulièrement difficiles. L’ennemi s’est employé à empêcher la construction de cette muraille. À un moment donné il a fallu construire la muraille la truelle dans une main et l’épée dans l’autre.

Combien de circonstances l’ennemi a cherché à susciter pour empêcher la construction de la muraille ! Et les murmures qu’il y avait au milieu du peuple, et le manque d’amour qu’il y avait au milieu de lui (ch. 5)… Mais malgré tout cela, Dieu a permis que cette muraille soit construite en cinquante-deux jours.

Pour nous c’est pareil. Si nous pouvons nous tenir autour du Seigneur Jésus, c’est à Dieu que nous le devons, et Il l’a permis aussi dans des circonstances particulièrement difficiles. L’ennemi, Satan, s’est bien efforcé de disperser les croyants, et il y est malheureusement arrivé dans bien des cas.

Et le résultat, quel témoignage ! D’abord, la mise de côté de l’homme. Ils ont été abaissés à leurs propres yeux. L’homme avec tout son orgueil, toute son opposition à Dieu, car c’est à Dieu que s’adressait toute cette opposition, a dû reconnaître que c’était effectivement un travail de Dieu. Et lorsqu’on est placé devant le travail de Dieu, lorsque celui-ci se manifeste ainsi d’une manière aussi remarquable, l’homme est abaissé. Le Seigneur Jésus va bientôt abaisser toute montagne.

Combien donc s’élèvent, se dressent, dans leur orgueil contre Dieu, voulant mettre de côté tout ce qui vient de Dieu. Et aujourd’hui, que n’entend-on pas sur Dieu Lui-même, sur le Seigneur, sur les vérités, sur la Parole de Dieu ! Ces hommes-là un jour, seront obligés de reconnaître que Dieu est la vérité, et que ce qu’Il a fait demeure à toujours.

Et quelle chose terrible si c’est au grand trône blanc, parce qu’ensuite ce sera une mort éternelle. S’il y a quelqu’un qui ne connaît pas Jésus comme son Sauveur, il est temps encore de venir à Lui. Car pour celui qui est indifférent, même le timide, comme il nous est dit, le Seigneur un jour lui donnera d’être dans cet étang de feu et de soufre. Il est encore temps de venir au Seigneur Jésus.

Pour nous, quelle chose merveilleuse de reconnaître comment Dieu s’occupe ainsi des siens, de ceux qui ont à cœur sa maison, qui ont à cœur ses intérêts, car les intérêts du Seigneur, c’est sa maison – les siens qui le manifestent ainsi en se tenant devant Lui.

Et quelle réponse extraordinaire faite à la foi de cet homme qui s’est tourné vers Dieu dans son deuil, dans sa misère. On aurait pu lire d’autres passages dans les chapitres qui suivent, mais chacun pourra les relire ; et on verra comment cet homme s’est tenu sur ses genoux.

Au chapitre 9, c’est le peuple lui-même tout entier qui va s’humilier. Et là aussi on retrouve avec Esdras, de la même manière, un homme qui mène deuil. Quand quelqu’un se tient ainsi à genoux, il entraîne les croyants qui ont aussi à cœur la parole de Dieu, les intérêts de Dieu.

Et n’attendons pas d’être tous ensemble, mais que déjà le Seigneur nous donne d’être [individuellement] des hommes de prière, qui prient pour la maison de Dieu, qui prient pour l’intérêt des croyants, qui prient pour la gloire de Dieu, qui prient pour les intérêts de nos maisons, de nos enfants, de nos familles, de nos rassemblements, de l’ensemble de la maison de Dieu, de l’ensemble de tous les croyants.

Il y a un point que l’on peut rappeler. C’est en Apocalypse 3, à Philadelphie, à la fin du verset 9 : « Et ils connaîtront que moi je t’ai aimé ». Et on trouve aussi cette pensée en Malachie 3. 17 : « Et ils seront à moi, mon trésor particulier ». Quelle chose merveilleuse ainsi d’être conscients que Dieu a les yeux sur ceux qui étaient remontés. Ils ne sont pas nombreux, on le verra, par rapport à tous les Juifs, à tout ce qu’ils ont été. Et comme Dieu s’est plu à voir ces cœurs qui se tenaient devant Lui, qui désiraient ainsi ses intérêts ! Et voyez de quelle manière Il a répondu ! La muraille a été reconstruite en cinquante-deux jours.

Nous désirons lire trois versets dans le livre d’Esdras. Esdras 7, à la fin du verset 28 : « Et moi, je fus fortifié selon que la main de l’Éternel, mon Dieu, était sur moi, et je rassemblai d’Israël des chefs pour monter avec moi ».

Chapitre 8. 18 : « Et ils nous amenèrent, selon que la bonne main de notre Dieu était sur nous, un homme intelligent d’entre les fils de Makhli, fils de Lévi, fils d’Israël ».

« Car j’avais honte de demander au roi des forces et de la cavalerie pour nous aider en chemin contre l’ennemi ; car nous avions parlé au roi, en disant : La main de notre Dieu est en bien sur tous ceux qui le cherchent ; et sa force et sa colère sont contre tous ceux qui l’abandonnent. Et nous jeûnâmes, et nous demandâmes cela à notre Dieu, et il nous exauça » (v. 22 et 23).

Nous avons rappelé, tout à l’heure, comment et combien la main de l’Éternel avait été en bien avec Néhémie, avec le peuple, pour la reconstruction de cette muraille – reconstruction qui était dans les pensées de Dieu. C’est ce que Dieu voulait, et Dieu a donné tous les moyens, Il a donné à Néhémie la sagesse, le discernement, la force, pour faire ce que Dieu voulait.

Entre le temps d’Esdras, dans les versets que nous avons lus, et les versets de Néhémie 6, il s’est écoulé bien des années. Parfois il est bon de regarder en arrière ; peut-être que certains du peuple au temps de Néhémie pensaient : Autrefois les choses se sont bien passées, mais aujourd’hui nous sommes plus faibles. Que va-t-il arriver ?

La ressource est la même : la main de Dieu, la bonne main de Dieu est en bien sur tous ceux qui Le cherchent.

Alors la question est là, placée devant chacun de nous : Est-ce que je cherche Dieu ? Est-ce que je cherche le Seigneur ? Si je suis encore loin de Dieu, ce jour est un jour de grâce et de salut. Demain ne nous appartient pas – à personne. C’est maintenant le temps favorable. Venez à Jésus, Il ne repousse personne. Il a accompli l’œuvre que Dieu Lui avait donnée à faire pour que quiconque croit en Lui soit sauvé, et qu’ainsi il passe l’éternité avec le Seigneur pour L’adorer.

Pour nous qui avons cru, avons-nous progressé ? Avons-nous régressé ? Le Seigneur le sait très bien, mais nous avons besoin d’être rendus conscients de l’état dans lequel nous sommes aux yeux de Dieu.

Eh bien, la ressource est là, et si nous sentons notre faiblesse, la misère qui est la nôtre, ne nous décourageons pas ! Reconnaissons devant Lui ce qu’Il nous donne de connaître, et le Seigneur, Lui, agira.

« La main de notre Dieu est en bien sur tous ceux qui le cherchent ». Que le Seigneur nous accorde de Le chercher chaque jour, dès le point du jour, tout au long de nos journées. Dans la nuit aussi nous pouvons Le trouver. Le Seigneur désire se faire trouver de nous.

Nous devons nous souvenir, et avoir bien présent devant nos yeux, quand nous méditons de tels passages, ce que signifie la muraille. Que signifie la muraille aujourd’hui pour moi personnellement ? – La séparation du mal.

Le monde doit être au dehors de mon cœur, de ma maison, de l’assemblée. La muraille parle de séparation de cœur pour Christ. « Et la muraille fut achevée ». Dieu a commencé cette bonne œuvre. C’est Lui qui a eu le premier mot, c’est Lui qui a le dernier mot. Mon cœur est-il réceptif à ce que Dieu fait ?

« Et la muraille fut achevée ». La Parole de Dieu nous dit que nous avons une responsabilité, chacun de nous pour soi-même devant Dieu. Nous devons achever la sainteté dans la crainte de Dieu. Nous devons nous purifier nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu (2 Cor. 7. 1). Christ est la sainteté (Héb 7. 26). Il est notre sainteté (1 Cor 1. 30).

De qui ai-je besoin ? Cher enfant, cher jeune, qui te trouve dans cette salle, de qui as-tu besoin ? – De Christ, c’est tout. Christ seul pourra remplir ton âme, Christ seul pourra réjouir ton cœur, Christ seul pourra te combler encore aujourd’hui, malgré la ruine qui nous a atteints.

Dieu a commencé une bonne œuvre, en ce jour-là Dieu l’a achevée. Aujourd’hui encore Il est ce même Dieu. Il a donné la force à son serviteur Néhémie, qui est un serviteur extrêmement attachant. Pourquoi ? – Parce qu’il nous parle de Christ.

Christ seul a pu dire, par l’Esprit prophétique : « Mon Dieu sera ma force » (És. 49. 5). Aujourd’hui, chers amis, aujourd’hui chère jeunesse, Christ seul est votre force, Christ seul est votre sécurité. La séparation, oui le Seigneur la veut ; mais sa présence dans mon cœur assure cette séparation. De qui ai-je besoin ? De qui avons-nous besoin, chers amis ? – De Christ, et de Christ seul.

La muraille – on vient de nous rappeler avec combien de solennité, son importance – est ce qui sépare, et c’est bien un point essentiel, capital. Et alors on pourrait avoir peut-être cette pensée : Mais si la muraille sépare, c’est quelque chose de terrible. Je vais me retrouver seul.

La muraille a aussi une autre signification : la muraille unit. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la séparation n’est pas quelque chose – malgré le terme que l’on emploie – qui divise, mais au contraire qui unit.

Et nous avons un exemple remarquable dans ce livre de Néhémie, au premier verset du chapitre 8 : « Alors tout le peuple s’assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux ».

Nous avons là un exemple remarquable de l’unité manifestée par ce résidu, tout le peuple, alors que la muraille a été bâtie. Une muraille sépare, mais aussi elle unit les croyants autour de la personne du Seigneur Jésus.

On a vu que cette muraille a été bâtie en cinquante-deux jours. On a déjà dit que c’était impossible à l’homme de réaliser une telle construction en si peu de temps, et que c’était bien parce que Dieu y avait mis sa main que cette muraille avait pu être bâtie en cinquante-deux jours.

Mais comprenons que, pour ce résidu, cette construction n’a pas été facile. Souvenons-nous de ce que l’ennemi pouvait dire, en se moquant, au chapitre 4 au milieu du verset 2 : « Achèveront-ils en un jour ? » C’est la moquerie la plus complète manifestée par les ennemis. Et nous avons vu que plus le peuple est fidèle, plus nous manifestons quelques traits de fidélité – plus nous connaîtrons l’opprobre du Christ.

Il est aussi frappant de voir cette mention de « cinquante-deux jours ». Dans la Parole, bien des durées de temps sont fixées : la création a duré sept jours ; dans le livre de Daniel, dans la révélation prophétique, il est question de soixante-dix semaines d’années.

C’est quelque chose de remarquable quand on se souvient que Dieu, Lui, est hors du temps. Pour Dieu, le temps ne compte pas : avant la fondation du monde, on parle volontiers de l’éternité passée. L’éternité future, l’esprit humain ne peut pas la saisir. Pour Dieu le temps ne compte pas.

Mais quand Il s’adresse à nous, avec toute la miséricorde, toute la bonté qui sont les siennes, Dieu vient, on peut dire, se mettre à notre portée, nous amener à quelque chose que nous puissions comprendre, que nous puissions apprécier, que nous puissions goûter. Et on reparle du temps. Là nous avons cinquante-deux jours. Nous avons rappelé dans la prière, il y a eu une œuvre qui a duré trois heures.

Nous avons bien compris que la muraille parle de séparation. Elle parle aussi, comme nous venons de l’entendre, d’unité ; elle unit ceux qui sont à l’intérieur. La muraille nous parle aussi de protection. C’est une protection autour de nous. Nous devons aussi nous poser la question, chacun de nous : Est-ce que cette séparation, cette protection du mal, du monde, nous aimons la garder pour notre propre protection ?

Je pense aussi aux jeunes qui souvent sont assaillis par des personnes avec lesquelles ils ont à faire dans la vie normale, dans la vie de tous les jours, qui cherchent à les attirer, à les employer aussi pour des choses qui ne paraissent pas mauvaises, des choses qu’on peut se permettre.

Et puis après nous voyons qu’il y a les nobles qui disent : Mais quand même, nous pouvons, nous avons prêté serment, nous avons des contacts. Nous avons dans notre vie tout ce qui peut se faire. Et chacun, les jeunes comme nous, les plus âgés, nous pouvons avoir des contacts, beaucoup de liaisons avec tant de personnes. Attention !

La séparation du monde dans la muraille, la séparation aussi de tout ce qui n’est pas Christ, cela nous l’avons bien compris, c’est un puzzle. Il s’agit de Christ, Christ à l’intérieur, et tout ce qui veut nous amener à un autre chemin lié avec le monde, cela nous enlève aussi la protection dont nous avons tellement besoin dans un monde qui nous entoure et qui veut exercer beaucoup d’influence sur nos cœurs.

Alors, c’est la séparation, c’est l’unité, cela nous met ensemble et cela nous protège collectivement, mais cela nous protège aussi individuellement. Pour moi personnellement, je dois également avoir et connaître cette muraille, et la maintenir et, pour être protégé, ne pas la laisser détruire par n’importe quoi.

Et c’est la même chose quand je pense à ma maison. C’est tellement important d’avoir aussi une sorte de muraille autour de la maison, une sorte de protection, où nous gardons – d’ailleurs nous allons le voir plus tard – où nous gardons aussi les portes pour ne pas laisser entrer à l’intérieur de la muraille des choses qui nuisent à nos enfants et à nous-mêmes.

C’est une séparation pour la gloire de Dieu, pour notre propre jouissance, mais aussi pour la jouissance du Seigneur Jésus, qui désire voir autour de Lui des cœurs qui sont pour Lui. On verra au chapitre 8 l’expression qui est si touchante : « La joie de l’Éternel est votre force » (8. 11).

Il y a le côté de Dieu qui fait tout ; il y a aussi notre responsabilité. L’apôtre Pierre exhorte les croyants en leur disant : « Joignez à votre foi, la vertu ; et à la vertu, la connaissance ». La vertu, c’est l’énergie spirituelle. Il est vrai que c’est Dieu qui a mis sa main. C’est incontestable.

Mais ces constructeurs avaient une énergie qui était selon Dieu, une vertu, et peut-être que de nos jours on manque un peu de vertu, de cette énergie spirituelle qui agit pour Dieu, qui agit avec le Seigneur Jésus. Nous avons une vie assez facile, nous avons beaucoup de moyens pour nous distraire, pour occuper nos esprits ; et on risque quelquefois de se laisser glisser dans une vie plus ou moins facile, mais où on manque de vertu.

Que le Seigneur agisse dans nos cœurs, et il y aura un témoignage pour Lui. Si nous Le regardons, son témoignage est merveilleux. Tout au long de l’évangile, nous voyons aussi que ses adversaires ont été confus lorsque le Seigneur pouvait, par ses paroles, les mettre de côté, les mettre par terre.

Et on se souvient de cette parole de Nicodème qui a pu dire au Seigneur : « Personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3. 2). Si Dieu est avec nous, il y aura aussi un témoignage.

Nous pensons à ce que ces hommes ont dit à Isaac au chapitre 26 de la Genèse : « Et Isaac leur dit : Pourquoi venez-vous vers moi, puisque vous me haïssez et que vous m’avez renvoyé d’auprès de vous ? Et ils dirent : Nous avons vu clairement que l’Éternel est avec toi » (v. 27 et 28). Veuille le Seigneur agir dans nos cœurs pour qu’il y ait aussi un tel témoignage dans nos vies. Que nous soyons des enfants, que nous soyons des jeunes ou des plus âgés, Dieu veuille qu’il y ait un témoignage pour le cœur du Seigneur Jésus.

On vient de voir un miracle de Dieu. Non pas un miracle pour frapper les sens, mais un miracle où la bonne main de Dieu a été vue – chose que chaque enfant de Dieu est appelé à voir dans sa propre vie, dans une marche avec le Seigneur, voir sa main dans les choses qui nous concernent individuellement, sa main dans les choses qui concernent notre famille, et puis aussi sa main au milieu de l’assemblée. Une assemblée selon le Seigneur, c’est une assemblée où le Seigneur agit.

Devant ce miracle il y a plusieurs attitudes qui nous sont présentées là :

– Il y a l’attitude de la foi qui reconnaît ce que Dieu a fait et qui bénit.

– Il y a l’attitude, on pourrait dire, de l’opposition, de ceux qui sont opposés non pas à Israël mais à Dieu. On reconnaît que c’est la main de Dieu, mais ici en Néhémie 6. 16, il n’y a aucun effet sur leur cœur. C’est la main de Dieu, mais en quelque sorte on regimbe.

En Genèse 26. 28, les personnes étrangères au peuple de Dieu ont reconnu que Dieu était avec eux. Cela avait eu un effet dans leur cœur. Ici il n’y a aucun effet dans leur cœur. Et on voit dans les versets qui suivent que les manigances entre Tobija et certains de Juda continuent. Ensuite il y a un autre aspect :

– Ceux qui sont du peuple de Dieu auraient pu dire : Dieu a agi. Peut-être qu’autrefois Il n’était pas là, mais Dieu a agi. Il faut donc que nous nous interrogions, il faut donc que nous remettions en question notre manière d’agir, notre manière de nous comporter.

Mais il n’y a rien de tout cela. On continue à envoyer lettres sur lettres à Tobija, et on reçoit les lettres de Tobija. On ne voit rien de ce que Dieu a fait. Le prophète Ésaïe 5.12 nous dit : « La harpe et le luth, le tambourin et la flûte, et le vin, [abondent dans] leurs festins ; et ils ne regardent pas l’œuvre de l’Éternel, et ils ne voient pas l’opération de ses mains ».

Dans ce livre d’Ésaïe Dieu lève le voile sur la raison pour laquelle je ne sais pas voir la main du Seigneur dans ce qui me concerne, dans ce qui concerne ma famille, dans ce qui concerne l’assemblée. Ne cherchons pas plus loin : ce sont des choses disons grossières qui nous occupent davantage. Il y a des choses qui peuvent nous entraîner, et ce sont des choses comme celles là. L’attitude normale d’un chrétien en communion avec son Seigneur, c’est de voir la main du Seigneur et de s’en réjouir.

Rappelons simplement cette expression : « en ces jours-là » (v 17). En ces jours-là où Dieu avait opéré d’une manière merveilleuse, en ces jours-là c’est triste qu’il y ait des cœurs partagés : une mauvaise correspondance, une mauvaise association, des mauvaises relations. Que c’est triste d’avoir des cœurs partagés qui ne savent pas voir l’œuvre de Dieu !

Et pourtant on verra qu’au début ce Meshullam avait construit la muraille. Il y a deux fois son nom dans le chapitre 3 ; mais ses descendants, qu’ont-ils fait ? Que Dieu veuille nous garder dans nos relations ! Il fallait écrire des lettres autrefois, maintenant on a des moyens de communication encore bien plus rapides. On peut faire beaucoup de bien, il est vrai, mais gardons-nous dans ces rapportages. Alors ici on minimise le mal, et combien de versets dans la Parole de Dieu nous parlent de ces rapportages !

Que le Seigneur veuille nous aider et nous donner des cœurs sensibles pour voir ce qu’Il opère Lui-même pour sa gloire, et que nous soyons gardés de cette tiédeur et de cœurs partagés !

Néhémie 4. 1 : « Et il arriva que, lorsque Sanballat apprit que nous bâtissions la muraille » ; v. 7 : « Mais il arriva que, lorsque Sanballat et Tobija, et les Arabes, et les Ammonites, et les Asdodiens, apprirent » ; v. 15 : « Et quand nos ennemis apprirent que nous étions informés » ; chapitre 6. 1 : « Et il arriva que, lorsque Sanballat, et Tobija, et Guéshem, l’Arabe, et le reste de nos ennemis, apprirent » ; v. 16 : « Et il arriva que, lorsque tous nos ennemis l’apprirent ». Comment l’ont-ils appris ? Nous allons en avoir le secret.

v. 17 : « En ces jours-là aussi, des nobles de Juda envoyèrent lettres sur lettres à Tobija ». Il ne nous est pas dit ce qu’il y avait dans ces lettres, mais à travers ces lettres ils ont été informés de ce que Dieu faisait. Et c’est bien par ces lettres qui leur étaient envoyées qu’ils l’ont appris. Dieu l’a permis. Et on voit bien, en réalité, ce que Dieu en pense. Le but de tout cela nous est donné un peu plus loin, au verset 19 : « Ils disaient aussi devant moi ses bonnes actions, et ils lui rapportaient mes paroles. Tobija envoyait des lettres pour m’effrayer ».

C’était en fait un travail de l’ennemi qui avait deux objectifs : le premier était d’essayer d’inciter Néhémie à s’associer avec Tobija – ils disaient aussi devant moi ses bonnes actions. L’objectif était de faire que Néhémie s’associe avec Tobija comme eux-mêmes l’avaient fait. Et le deuxième objectif de l’ennemi était d’essayer d’effrayer Néhémie afin que la construction de la muraille s’arrête. Et pour nous, la façon dont nous communiquons avec d’autres croyants, entre nous-mêmes peut-être, est aussi quelque chose d’important.

Pourquoi écrivons-nous ? Pourquoi enseignons-nous ? Pourquoi communiquons-nous les uns avec les autres ? Est-ce afin d’essayer de nous conduire à nous associer au monde – À nous associer aux autres croyants ? La Parole montre clairement de quelle manière Tobija était opposé à la construction de la muraille. Et il est triste de dire qu’il y en avait qui étaient là au milieu, et parmi les principaux, puisque l’un était souverain sacrificateur, qui cherchaient à introduire le mélange là, au milieu, en poussant Néhémie à s’associer avec Tobija.

À nous aussi, on peut présenter de bons aspects de ce qui existe au milieu de la chrétienté afin que nous nous mélangions à elle. Et c’est un sujet auquel il nous faut faire attention. Cela ne veut pas dire qu’il y ait forcément des mauvaises choses. Mais quel est l’objectif de ce qui nous est présenté ? Et le secret de ceux qui présentaient ces choses, quel était-il ? C’est qu’ils étaient eux-mêmes mélangés.

Il nous est dit qu’ils avaient prêté serment à Tobija « car il était gendre de Shecania, fils d’Arakh, et Jokhanan, son fils, avait pris la fille de Meshullam, fils de Bérékia » (v. 18). Prêter serment, c’est fort. Ce n’est pas seulement une question d’amitié, mais de soumission à quelqu’un. À qui devons-nous prêter serment, si on peut le dire ainsi ?

 – C’est au Seigneur, à Dieu Lui-même, à sa Parole. Et le secret est révélé là.

Quand quelqu’un vient nous inciter à nous mélanger au monde, qu’est-ce que cela veut dire au juste ? Lui-même est-il mélangé ou est-il attaché au Seigneur, ou est-il séparé ? On a parlé de l’intérêt de la muraille. Nous avons ainsi à faire attention à la marche les uns des autres, non pas pour nous juger – ce n’est pas là la question – mais pour comprendre l’origine des pensées qui nous sont présentées. Viennent-elles de Dieu ou viennent-elles de cœurs partagés ?

Est-ce la pensée de Dieu que nous marchions, que nous construisions pour Dieu, que nous édifiions l’assemblée comme cela nous est dit dans la première épître aux Corinthiens : « Que tout se fasse pour l’édification » (14. 26) ?

Ou bien est-ce afin que l’ennemi puisse s’introduire sournoisement dans la maison de l’Éternel, afin d’arrêter l’œuvre de Dieu ? Cela a été dit, et au chapitre 13 de Néhémie on découvre que Tobija avait une chambre dans le temple, et quelle chambre ! Elle était en rapport avec le service des portiers, des chantres et des Lévites, c’est-à-dire ce qui est fondamental pour que la muraille puisse être efficace.

On verra au début du chapitre 7 qu’il ne suffit pas que la muraille soit construite, qu’il ne suffit pas que les portes soient posées, qu’il ne suffit pas que les verrous et les barres soient posés. Il faut encore que le service de garder aux portes de la maison de l’Éternel soit effectivement accompli. On verra ainsi l’importance des portiers, des chantres et des Lévites.

Et qu’il est frappant de voir justement là cette chambre en Néhémie 13 où Tobija avait été installé. Que le Seigneur nous donne d’être attentif aux associations que nous avons avec le monde ou qu’on nous proposerait avec des paroles aimables, douces, pour essayer de nous détourner du service que le Seigneur nous a confié ; et le principal des services, c’est l’adoration du Seigneur Jésus.

Nous voyons, dans ce verset 17, deux dangers dont l’apôtre Paul parle aussi. Dans les Actes des Apôtres chapitre 20, il avait invité les anciens d’Éphèse à Milet pour leur donner quelques enseignements, et les avertir aussi des dangers qu’il voyait. Et là dans Actes 20 l’apôtre ne dit pas : Je suppose que ces dangers vont venir, ou il est possible qu’ils arrivent…

Non, il dit au verset 29 : « Moi je sais qu’après mon départ il entrera parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau ». Cela, c’est donc Tobija qui a essayé de faire des dégâts au milieu du peuple de Dieu.

Actes 20, verset 30 : « Il se lèvera d’entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des [doctrines] perverses pour attirer les disciples après eux ». Ce danger, nous le voyons dans les nobles de Juda qui entretenaient des contacts avec Tobija et envoyaient lettres sur lettres. Ces dangers que nous trouvons ici dans l’Ancien Testament sont toujours là et il faut que nous soyons vigilants.

En ce qui concerne Meshullam, je voudrais montrer dans le chapitre 3 qu’il n’a pas seulement aidé à bâtir la muraille, mais au verset 30 nous lisons : « Meshullam, fils de Bérékia, répara vis-à-vis de sa demeure ». C’était très bien. On en a vu deux ou trois qui ont réparé la muraille près de leur maison.

Et ici au chapitre 6 nous voyons qu’il y a une alliance de sa fille, et pourtant le père avait si fidèlement aidé à construire la muraille près de sa maison. Et cela nous dit que, si le Seigneur nous a confié des enfants, c’est seulement la grâce de Dieu quand ils marchent avec nous sur le même chemin pour suivre le Seigneur.

Nous les parents, nous avons des devoirs, c’est clair ; nous avons la prière qui est très, très importante. Mais autrement, c’est la grâce de Dieu, et jamais parce que nous étions si bien comme parents. Alors Meshullam a construit sa maison, il a construit la muraille près de sa maison et quand même il a eu le chagrin de cette alliance de sa fille.

Un mot sur le verset 16 : « Toutes les nations qui nous environnaient craignirent et furent fort abaissées à leurs propres yeux ».

Voilà deux caractères qui sont mentionnés dans ce verset 16, la crainte et l’abaissement à ses propres yeux. Ce sont deux caractères remarquables, la crainte de Dieu et l’abaissement à ses propres yeux. Et pourtant ici, on ne trouve pas de résultat. C’est quelque chose de sérieux parce que, s’il n’y a pas eu de véritable résultat à la gloire de Dieu, on peut penser que cette crainte [et] cet abaissement, étaient superficiels ou momentanés. Alors pour ce qui nous concerne, qu’en est-il ?

Nous savons que, lorsqu’il y a un retour individuel, ou collectif, il faut toujours revenir au commencement, toujours revenir au point de départ. Qu’est-ce qui caractérisait l’histoire de l’assemblée au commencement de son histoire sur la terre ? – C’est ce que nous avons au début du livre des Actes : « Et toute âme avait de la crainte » (Act. 2. 43). Et il est dit un peu plus loin que les assemblées étaient en paix, marchant dans la crainte du Seigneur (Act. 9. 31). Ce qui caractérisait individuellement chacun, ce qui caractérisait l’état de l’assemblée à ce moment-là, au début de cette histoire remarquable, c’était cette crainte, non pas la peur, nous le savons bien, mais ce désir d’honorer Dieu, de donner au Seigneur toute la place qui est la sienne, de reconnaître son autorité, ses droits.

Et si c’est particulièrement vrai concernant la vie de l’assemblée, c’est également vrai forcément dans la marche individuelle. Il y a un mot sur lequel il faut que nous nous attachions, c’est le mot « priorité ». Quelle est dans notre vie la priorité qui nous conduit ? Est-ce que, dans tout ce qui nous concerne, dans nos actes extérieurs bien sûr, mais d’abord dans notre être intérieur, dans nos affections, dans nos pensées, dans notre méditation, notre priorité est-elle l’attachement à la Personne du Seigneur Jésus ?

C’est bien dans la mesure où Il a cette priorité, tous ces droits sur nos cœurs qu’il y aura alors cette crainte qui sera formée dans nos cœurs. Crainte individuelle, crainte collective, bénédiction individuelle, bénédiction collective. Il est remarquable de voir ce qui nous est dit dans le prophète Malachie, Malachie, à peu près contemporain de Néhémie : « Ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre… et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom » (Mal. 3. 16).

Comme le cœur du Seigneur est réjoui quand Il voit les siens, individuellement comme collectivement, qui marchent dans la crainte. Mais on est saisi ; c’est intérieurement, dans nos cœurs, que cette crainte doit se trouver, et non pas un moment, mais continuellement.

Et puis il y a cette autre expression : « abaissé à leurs propres yeux ». Quelle est notre vision, la vision de nos propres yeux ? Quelle appréciation avons-nous sur nous-mêmes à nos propres yeux ? Nous savons, en nous connaissant un peu, que nous sommes vite satisfaits de nous-mêmes, et comme vite nous avons une bonne opinion de nous-mêmes. Mais cela n’a aucune valeur.

Ce qui compte, c’est l’appréciation que le Seigneur a sur nous. Et c’est bien en nous tenant petits, abaissés à nos propres yeux que nous pouvons L’honorer ; il y a de telles exhortations dans la Parole qui concernent cet enseignement. Dans l’épître aux Romains, au chapitre 12 nous avons ce verset 16, la fin du verset 16 : « Ne soyez pas sages à vos propres yeux ». Souvenons-nous de cette exhortation : « Ne soyez pas sages à vos propres yeux ». Abaissé, être sage à ses propres yeux. Il y a dans la Parole un homme qui est mentionné comme étant petit à ses propres yeux. Alors, nous nous posons la question : De qui s’agit-il ? Qui est mentionné dans la Parole comme étant petit à ses propres yeux dans l’Ancien Testament ? – Eh bien, c’est sûrement David, le bien-aimé de l’Éternel, quelqu’un qui L’a honoré. Pas du tout ! Celui qui est mentionné comme étant petit à ses propres yeux, c’est Saül. C’est extraordinaire que Saül puisse être mentionné ainsi.

Nous avons cette mention en 1 Samuel 15. 17 : « Et Samuel dit : N’est-ce pas, quand tu étais petit à tes propres yeux, tu es devenu chef des tribus d’Israël, et l’Éternel t’a oint pour roi sur Israël ? » Et nous retrouvons cette même pensée. Il y a eu des moments dans sa vie où Saül était petit à ses propres yeux. L’était-il réellement ? L’était-il en apparence ? Cela ne nous est pas dit, et nous n’avons pas à nous poser cette question. Mais nous avons à nous la poser à nous-mêmes.

Ce que nous manifestons extérieurement n’est-il qu’une apparence, ou est-ce la réalité ? Nous voyons que Saül a été, à un moment, petit à ses propres yeux et il en a reçu, à ce moment-là, une grande bénédiction. Et nous sommes exhortés à être continuellement petits à nos propres yeux, et il y aura continuellement une bénédiction sur nous-mêmes.

Encore un mot sur la crainte. On a insisté sur la crainte de l’Éternel qui est le caractère de l’assemblée à son commencement, et cette crainte doit remplir nos cœurs. Elle est fondamentale pour la bénédiction de la vie de l’assemblée. Elle est aussi fondamentale pour la bénédiction de nos relations les uns avec les autres.

Et nous avons en Éphésiens 5. 21 cette pensée : « Étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ ». C’est toujours la crainte de Christ, la crainte du Seigneur. C’est reconnaître ses droits et son autorité. Et les relations entre frères et sœurs, entre croyants, ne peuvent être bénies que s’il y a cette crainte de Christ.

Tout le reste ne peut que rester à un niveau humain, et nous savons combien ce qui est humain est fragile et facilement rompu. Ce qui peut être heureux au départ et qui n’est qu’humain, hélas, ne durera probablement pas. Mais s’il y a cette crainte de Christ, la bénédiction est durable et elle est de la part de l’Éternel.

Dans les versets qui suivent (17, 18 et 19) de Néhémie 6 il y a ces lettres qui sont envoyées, et on a bien mentionné le danger aujourd’hui d’utiliser des moyens de communication bien plus rapides, et nous avons tous saisi de quoi il s’agissait. Et le danger, dans ces moyens modernes de communication, c’est que nous risquons, quand nous les rédigeons de ne pas être dans la crainte de Christ, et de les rédiger à la légère. Nous risquons alors, avec tristesse, de constater que ces messages contiennent des informations, des phrases qui vont nous blesser les uns les autres.

Quand nous avons à nous approcher de l’un de nos frères, si nous sommes amenés à le rencontrer, à aller chez lui, nous ne pouvons le faire qu’avec tremblement et crainte, mesurant combien nous sommes fragiles et faibles pour accomplir un tel service, et nous ne pouvons le faire qu’avec beaucoup de prières et beaucoup de dépendance.

Quand nous écrivons une lettre, déjà nous n’avons plus notre frère en face de nous, nous avons une certaine liberté ; et quand nous écrivons un courriel, alors là on a encore plus de facilité pour écrire, encore plus peut-être de précipitation, encore plus de danger d’avoir une pensée pas tout à fait exacte, qui peut blesser notre frère.

Ayons une plus grande prudence dans tout ce que nous sommes amenés à avoir comme contacts et relations les uns avec les autres. Gardons cette pensée de la crainte de Christ.

On a vu aussi dans ce passage qu’il y avait là des relations familiales. Que nous avons encore besoin d’une très grande vigilance dans nos contacts, et quand nous sommes amenés à nous approcher les uns des autres. Oh, bien sûr, nous connaissons la pensée contenue dans la Parole, nous connaissons la Parole. Mais ne pensons pas que nous sommes à l’abri de nous laisser entraîner par nos sentiments humains. C’est un grand danger pour nous, peut-être même inconsciemment. Nous allons donner une préférence à ce qui a trait à nos sentiments humains, oubliant de donner toujours la priorité au Seigneur. Soyons vigilants quand nos sentiments humains se mêlent à la vie de l’assemblée. On a parlé de serment, on a parlé d’engagement, c’est là quelque chose de sérieux. Aux jours d’aujourd’hui les serments, les engagements des hommes valent, on peut dire, ce que les hommes valent. Les engagements des hommes sont vite rompus. Les serments pris avec beaucoup d’engagement extérieur peuvent être rompus plus facilement.

Mais, comme on nous l’a rappelé, quand il s’agit de serment devant Dieu, c’est autre chose, c’est extrêmement sérieux. Serment et engagement à l’égard de la Personne du Seigneur, serment et engagement dans les relations affectives. Et on peut dire que le serment le plus important que nous ayons dans notre vie sur la terre, c’est l’engagement du mariage.

Nous savons combien tout d’abord nous sommes exhortés, invités, enseignés, à ne pas avoir dans les liens du mariage des associations qui ne sont pas selon la pensée de Dieu. On ne peut pas, dans n’importe quel domaine, s’associer, avoir communion avec un incrédule. Comme cela est vrai à l’égard du mariage ! Et nous pouvons bien dire avec peine et tristesse, et nous avons probablement à nous en humilier, que, s’il y a un domaine dans lequel l’influence du monde a pénétré, c’est bien dans celui du mariage.

Probablement, dans les générations précédentes, il n’y a jamais eu de mariage rompu. Aux jours d’aujourd’hui que devons-nous constater ? Nous ne pouvons que baisser la tête. Mais lisons un verset sur ce sujet si sérieux, si solennel, dans l’évangile selon Matthieu au chapitre 19 verset 6 : « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. Ils lui disent : Pourquoi donc Moïse a-t-il commandé de donner une lettre de divorce, et de la répudier ? Il leur dit : Moïse, à cause de votre dureté de cœur, vous a permis de répudier vos femmes ; mais au commencement il n’en était pas ainsi » (v. 6 à 8).

Dans ces versets on a trois choses :

– Ce que Dieu a uni, c’est l’œuvre de Dieu, ce que Dieu fait ;

– nous avons ensuite ce que l’homme fait, l’homme sépare ;

– et nous avons l’explication de ce travail néfaste de l’homme, la dureté de cœur.

Un mot sur ce verset 16, mais d’abord au chapitre 2 verset 20 nous lisons ce verset qui nous a déjà été lu : « Et je leur répondis et je leur dis : Le Dieu des cieux, lui, nous fera prospérer ». Et alors dans ce verset 16 que nous avons ici, il nous est dit : « Et elles reconnurent que cette œuvre avait été faite de par notre Dieu ».

Voilà Celui qui a fait l’œuvre. Ce n’est pas peu. C’est leur Dieu qui l’a fait, et nous devons bien mettre l’accent dessus. La gloire revient à Dieu et non pas à eux, et il est important que ce soit ainsi parce qu’alors on peut avoir de la crainte, parce que ce n’est pas la main de l’homme, c’est la main de Dieu.

Eux-mêmes ne sont que faiblesse, mais Dieu a fait. Et parce que c’est Lui qui a fait, il y a de la crainte. Nous reconnaissons que c’est Lui qui l’a fait, c’est un témoignage à la gloire de Dieu. Sinon ce serait la prétention de l’homme.

Apocalypse 3. 9 : « Ils connaîtront que moi je t’ai aimé ». Nous ne sommes que des objets de grâce. La force n’est pas de nous, elle est de Dieu. En Actes 4. 13 : « S’étant aperçus qu’ils étaient des hommes illettrés et du commun, ils s’en étonnaient, et ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus ». Voilà la source : la proximité de la source donne ce rayonnement.

Pierre et Jean n’étaient pas la source. Ils sont allés à la source, et le résultat c’est qu’ils parlaient avec hardiesse. Eux-mêmes étaient des gens du commun [du peuple]. Et nous devons bien être à notre place et reconnaître que nous ne sommes que faiblesse. Mais en même temps notre faiblesse n’a jamais été un obstacle pour Dieu, pour opérer – bien au contraire ce sont nos prétentions qui sont des obstacles pour Dieu.

Rappelons-nous ce que Dieu pouvait dire à Gédéon : « de peur qu’Israël ne se glorifie contre moi » (Jug. 7. 2). Alors nous frustrons Dieu. Ici c’est vraiment un témoignage que de reconnaître que c’est Dieu qui a fait.

Jude 3 et 4 : « Je me suis trouvé dans la nécessité de vous écrire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints ; car certains hommes se sont glissés [parmi les fidèles], inscrits jadis à l’avance pour ce jugement, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et seigneur, Jésus Christ ».

À la fin de ce chapitre 6, ils essaient de pousser Néhémie à être mélangé, et ils renient Dieu Lui-même par leur serment. Nous devons avoir conscience que, quand nous nous engageons avec le monde, en fait nous renions le Seigneur Jésus. Dans de telles circonstances, il nous faut remettre l’affaire à Dieu.

On ne le voit pas combattre contre ces hommes, on ne le voit pas répondre à ces lettres par des lettres. Il a fait son travail, il a remis la chose à Dieu.

Jude 1 à 20 nous dit exactement cela. Déjà au verset 17 : « Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des paroles qui ont été dites auparavant par les apôtres de notre seigneur Jésus Christ, comment ils vous disaient que, à la fin des temps… » – on aurait pu citer Actes 20 ou l’apôtre Pierre dans sa deuxième épître, « afin que vous sous souveniez des paroles qui ont été dites à l’avance par les saint prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur par vos apôtres » (2 Pier. 2. 2) ; et puis en Jude 1 à partir du verset 20 : « Mais vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, priant par le Saint Esprit, conservez-vous dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle ; et les uns qui contestent, reprenez-les ; les autres sauvez-les avec crainte, les arrachant hors du feu, haïssant même le vêtement souillé par la chair.

Or, à celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez et de vous placer irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie, – au seul Dieu, notre Sauveur, par notre seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, force et pouvoir, dès avant tout siècle, et maintenant, et pour tous les siècles ! » (Jude 20 à 25)

Ces hommes, on les laisse. Notre responsabilité si on peut dire, le chemin dans lequel nous avons à marcher, la vie que nous avons à vivre, c’est d’être édifiés sur cette très sainte foi, de prier par le Saint Esprit, de nous conserver dans l’amour de Dieu, d’attendre la venue du Seigneur Jésus et puis, comme cela nous a été dit à plusieurs reprises, de remettre les choses à Dieu.

C’est Lui « qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez et de vous placer irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie ». Ce ne sont pas mes actions qui vont me garder, je dois faire ce que j’ai à faire, et à me confier en Dieu qui va ainsi me garder, qui va s’occuper de nous, de l’assemblée. Il va le faire avec bonté, avec amour.

C’est ce que fait Néhémie dans cette circonstance. Il ne leur fait pas la guerre, il fait ce que le Seigneur lui a demandé de faire, il marche dans le chemin que Dieu lui a demandé d’emprunter. Et pour nous c’est exactement pareil.

Par rapport à ces ennemis au verset 16, est-ce qu’on pourrait dire où est le problème pour eux ? Parce qu’ils ont de la crainte, ils sont abaissés à leurs propres yeux, ils reconnaissent l’œuvre de Dieu. Quel est le problème avec eux ?

On peut dire qu’il y a crainte et crainte. Il y a : reconnaître la main de Dieu – et ne pas la reconnaître ; il y a : se sentir petit à ses propres yeux, et il y a plusieurs manières de l’être. Et le mieux, c’est de regarder des exemples dans la Parole.

Dans le livre de Josué au chapitre 2, au milieu du verset 9 – nous savons qu’il y a là ces deux espions des fils d’Israël qui sont arrivés à Jéricho et ont été reçus dans la maison de Rahab ; et elle leur dit : « Je sais que l’Éternel vous a donné le pays, et que la terreur de votre [nom] est tombée sur nous, et que tous les habitants du pays se fondent devant vous ; car nous avons entendu comment l’Éternel a mis à sec les eaux de la mer Rouge devant vous, lorsque vous sortiez d’Égypte, et ce que vous avez fait aux deux rois des Amoréens qui étaient au delà du Jourdain, à Sihon et à Og, que vous avez entièrement détruits. Nous l’avons entendu, et notre cœur s’est fondu, et le courage d’aucun homme ne se soutient plus devant vous ; car l’Éternel, votre Dieu, est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas » (v 9 à 11).

Ainsi donc, à Jéricho même, le cœur de tout le monde, y compris Rahab, s’est fondu, tout le monde est dans la terreur. Mais il y a deux attitudes. Il y a l’attitude du roi de Jéricho et au chapitre 6 verset 1 on lit : « Et Jéricho était fermée, et avait barré [ses portes] devant les fils d’Israël ».

Il y a d’un côté, deux craintes : la crainte de Rahab, et la crainte des gens de Jéricho. Ici dans notre chapitre nous avons la même crainte chez les ennemis du peuple de Dieu. C’est la même crainte que celle des hommes de Jéricho. C’est une crainte insoumise. Ce n’est pas une crainte où on se plie devant Dieu en disant : c’est la main de Dieu et on va se laisser conduire par ce Dieu-là.

Ce n’est pas la crainte que nous voyons dans une Rahab, qui sent qu’il y a ce Dieu-là auquel son cœur aspire et elle, elle va pouvoir entrer dans la congrégation d’Israël. C’est cette crainte-là – non pas une crainte orgueilleuse, non pas une crainte qui est le résultat des raisonnements humains. Il y a bien des gens qui savent que Dieu existe, qui sentent qu’il y a un Dieu, qui ont une certaine crainte de Dieu. Mais est-ce que cela se traduit par des faits ?

Maintenant la question ne va pas se poser, parce que la Parole de Dieu me parle d’abord à moi. Quelle est ma crainte de Dieu ? Est-ce une crainte fruit de raisonnements, ou bien une crainte parce que j’ai été touché, que je sens que j’ai besoin qu’Il me conduise, je sens que je ne suis rien, que j’ai tout en Lui, que mes sources sont là ? Voilà la question.

Ensuite « abaissé à ses propres yeux ». Nous avons lu tout à l’heure ce qu’il était dit de Saül en 1 Samuel 9.

1 Samuel 9. 21 : « Et Saül répondit et dit : Ne suis-je pas Benjaminite, de la plus petite des tribus d’Israël ? Et ma famille n’est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin ? Et pourquoi me dis-tu de telles choses ? » C’est au moment où Samuel vient pour l’oindre roi sur Israël.

Quelle est la manière de se considérer petit ? Il y a la manière d’un incrédule sur cette terre qui dit : Eh bien, j’occupe une toute petite situation dans ce monde, je suis ouvrier, je suis je ne sais quoi. Alors cela, c’est être petit à ses propres yeux d’une manière humaine. Mais il y a une autre manière, penser que nous sommes des objets de grâce, qu’il n’y a rien en nous – quoi que ce soit – que nous puissions mettre en avant.

Si nous mettons quelque chose en avant, nous sommes sur un terrain humain. Le Seigneur nous amène justement à nous tenir dans cette véritable humilité, le sentiment de ce que nous sommes devant le Seigneur : rien du tout, et des objets de grâce, des objets d’un amour incomparable, d’un amour pour lequel il n’y a aucun mot humain pour en donner toute la mesure.

La crainte de Dieu peut avoir ces deux côtés. Nous pouvons avoir la crainte de Dieu, et nous pouvons aussi parler de la crainte devant Dieu.

Avoir la crainte devant Dieu, cela veut dire qu’on voit les choses que Dieu peut faire et qu’on a peur. Comme ici les nations. D’ailleurs ici ce sont les nations qui entouraient le peuple de Dieu qui craignirent et furent fort abaissées à leurs propres yeux. Mais qui les abaissait à leurs propres yeux ? – C’est Dieu qui a fait cela en agissant pour son peuple, et les nations devaient comprendre que c’était Dieu qui agissait pour Israël, et pas pour les nations, mais contre elles. Alors ils ont peur devant Dieu ce qui est le côté de la crainte de Dieu que nous pouvons avoir, que nous devons avoir devant Dieu ; c’est une crainte salutaire. C’est la crainte de faire des choses qui déplaisent à Dieu. Voilà une crainte qui est agréable aux yeux de Dieu : que nous ne voulons pas faire des choses qui Le déshonorent, qui ne plaisent pas à Dieu.

Et c’est notre cœur renouvelé qui a cette crainte qui veut vraiment faire ce qui plaît à Dieu. Dans notre vieille nature, c’est autrement, la chair agit autrement. Mais cette nouvelle nature a la crainte de Dieu, elle veut suivre le chemin de Dieu, elle veut plaire à Dieu.

Et quant à ce deuxième groupe – car ici il y a deux groupes, verset 16 et versets 17 et 18. Le premier groupe, ce sont les nations qui entourent le peuple d’Israël ; et aux versets 17 et 18, ce sont des personnes qui se trouvent dans le pays. Attention, c’est le danger qui nous menace et qui existe toujours. Peut-être que pour ceux qui sont reconnaissables comme des ennemis, nous sommes plus à l’abri. Mais pour ceux qui se trouvent à l’intérieur et qui font semblant d’être un peu comme nous, être les mêmes, etc., c’est toujours beaucoup plus dangereux pour nous, pour nos cœurs, pour nos consciences, pour nos pensées aussi.

Et si nous regardons, si nous écoutons les pensées de ceux-là qui se trouvent dans le pays – d’ailleurs un peu comme des Philistins plus tard qui étaient dans le pays et qui étaient le grand danger pour le peuple de Dieu en tout temps – c’est aussi pour nous de prendre les pensées des gens qui nous entourent, de ne pas seulement les connaître mais d’en faire nos propres pensées. Les pensées que nous avons conduisent notre marche et notre cœur.

C’est pour cela, attention aux pensées des gens qui nous entourent. Nous sommes si facilement influencés par leur façon de penser, leur façon de juger, leur façon de voir les choses. Est-ce que nous ne voyons pas très souvent les choses comme le monde, comme les gens qui nous entourent les voient, au lieu de les voir comme la Parole les voit, comme le Seigneur nous les montre ?

Le terme hébreu qui est utilisé ici pour crainte, c’est un terme qui a le sens d’avoir peur, tout simplement.

Aux versets 18 et 19 nous avons des hommes dont les noms sont mentionnés. Et vous pouvez remarquer, la plupart ont le nom de Dieu dans leur nom. On pourrait dire : voilà un étalage de foi. Par exemple, vous avez Jokhanan, celui à qui l’Éternel a fait grâce ; Bérékia, béni de l’Éternel.

Voilà une belle apparence. Mais ce n’est pas l’apparence religieuse qu’il nous faut. Ce n’est pas parce qu’on cite des versets de la Parole, ce n’est pas parce qu’on parle de la Parole, que la voix vient de Dieu.

Notre frère Philippe Rollet me racontait qu’il avait connu une personne âgée qui s’était convertie à la fin de sa vie. Et cette sœur a reçu quelque temps après la visite de personnes de cette secte que nous connaissons bien, qui passent de porte en porte. Et ils lui ont parlé, ils lui ont parlé, et il y a eu des versets de cités… Et à la fin cette sœur leur a dit : Vous savez il n’y a pas longtemps que je lis la Bible, je suis âgée et à mon âge on ne retient pas bien les phrases, mais il y a une chose que j’ai remarquée dans ce que vous m’avez dit : ce n’est pas la voix de mon Berger.

On a parlé tout à l’heure de l’importance du mariage. Mais si vous remarquez bien, Tobija, qui était-il ? Au chapitre 2 et au verset 19 il est dit : « Et quand Sanballat, le Horonite, et Tobija, le serviteur ammonite, et Guéshem, l’Arabe, l’apprirent… ». Tobija était un serviteur ammonite, c’est-à-dire un fils d’Ammon, un descendant de Lot.

De nos jours on dirait un chrétien. En 1 Corinthiens 7. 39, au milieu du verset : « La femme… est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur ». Elle fait peut-être attention à ne pas se marier avec un incrédule, avec quelqu’un qui est ouvertement contre le Seigneur, et peut-être quelqu’un de chrétien, quelqu’un qui n’est pas converti mais qui est favorable au christianisme, qui a peut-être été élevé dans le monde religieux ou chrétien. Pouvons-nous nous marier aussi dans ce cas-là ?

L’apôtre le dit : « Dans le Seigneur ». Et c’est pour nous de toute importance. On le voit bien dans cette scène. Ce n’est pas avec Sanballat, le Horonite, ou Guéshem, l’Arabe. C’est Tobija, quelqu’un qui était un descendant de la famille d’Abraham, du neveu d’Abraham, Lot ! Se marier dans le Seigneur, combien c’est important.

Et remarquez l’apôtre ne dit pas : dans le Sauveur car on pourrait dire : c’est un croyant, ou elle appartient au Seigneur Jésus. Oui, c’est vrai, et on ne va pas se mettre sous un joug mal assorti avec les incrédules. C’est parfaitement vrai. Mais l’apôtre dit plus que cela. Il dit : « dans le Seigneur ».

Qu’est-ce que cela veut dire, se marier dans le Seigneur ? – Cela veut dire : être sauvé, bien sûr ; cela veut dire aussi être soumis au Seigneur Jésus, Le reconnaître comme le Seigneur dans mon cœur, dans ma vie. Et si j’épouse quelqu’un dont le Seigneur Jésus est le Sauveur, mais pas son Seigneur dans sa vie, est-ce que je vais pouvoir aussi marcher comme le Seigneur Jésus nous demande de marcher dans l’obéissance à sa Parole ?

On voit donc que cette question du mariage est un sujet de toute importance et que nous avons à être exercés sur cette question. Et que le Seigneur nous donne aussi de pouvoir marcher avec un compagnon ou une compagne que Lui nous a donné(e), qui Lui appartient, qui est attaché(e) à la Personne du Seigneur Jésus, pour chercher sa gloire, ses intérêts, et de pouvoir ainsi fonder ensemble un foyer où le Seigneur Jésus a la première place, un foyer qui Lui appartient, et pouvoir ainsi aussi élever nos enfants dans le respect de la Personne du Seigneur Jésus, dans l’attachement à sa personne.

On pourrait se poser la question de savoir pourquoi le livre de Néhémie n’est-il pas terminé à la fin du chapitre 6, puisque la tâche de Néhémie est terminée, le mur a été achevé comme nous l’avons vu au verset 15 de ce chapitre 6.

Mais nous voyons aussi, en ce qui nous concerne, qu’il y a encore des choses à faire, à regarder, après ce travail. Je veux dire, quand le Seigneur nous a donné un lieu où nous savons que nous nous rassemblons dans la présence de notre Seigneur, c’est une très bonne chose. Mais ce n’est pas un lieu que le Seigneur nous a donné sans responsabilités.

Et nous voyons maintenant, dans les chapitres qui suivent, que Néhémie prend des mesures pour la sécurité de la ville. Encore plus tard, au chapitre 8, nous voyons que la Parole de Dieu est à nouveau au milieu du peuple. Et ce sont deux choses qui sont très importantes. Le Seigneur nous a donné un lieu où nous nous rassemblons et où nous savons qu’Il est présent. Nous nous rassemblons autour de Lui.

Mais il faut toujours être vigilants pour que ce lieu soit en sécurité vis-à-vis de toutes les choses qui sont dans ce monde, et que la Parole de Dieu garde toujours sa valeur pour nos cœurs personnellement, et pour nous tous. Ce sont deux choses très importantes.

Et maintenant, dans le premier verset du chapitre 7, nous avons d’abord les portiers. Ce sont eux qui étaient responsables. Nous lisons un verset en 2 Chroniques 23. 19 : « Et il plaça les portiers aux portes de la maison de l’Éternel, afin qu’il n’y entrât aucune personne impure en quoi que ce fût ».

C’était donc la tâche des portiers. La ville était maintenant entourée par la muraille, mais il y avait aussi des portes, et par les portes, il y avait un certain contact avec ceux qui étaient en dehors de la ville, et là il fallait des portiers qui gardaient les entrées et les sorties, qui regardaient tout ce qui entrait dans la ville, et tout ce qui en sortait.

Et c’est une tâche très importante aussi dans l’assemblée locale. Il faut des portiers qui regardent et qui sont vigilants, qui sont intéressés à ce que le lieu où le Seigneur a promis sa présence reste protégé de toutes ces choses qui nous entourent.

Ainsi, nous avons le maintien de la sécurité du lieu : l’enseignement de la Parole concernant les portiers. Et on pourrait dire qu’il y a dans cet enseignement une partie négative, pour la sécurité. Par contre il y a la partie positive : ce sont les chantres et les Lévites. L’assemblée n’est pas simplement un endroit où nous ne laissons pas entrer les choses qui seraient contre le Seigneur.

C’est un endroit où le Seigneur a sa place, où nous nous réunissons autour de Lui. Quelquefois nous savons qu’Il est là. Mais il ne suffit pas de savoir simplement que le Seigneur est là, il est important d’en faire l’expérience. Et c’est important, je parle en particulier pour nos jeunes, de faire l’expérience de la présence du Seigneur au milieu de nous. Cela est impossible dans aucun endroit où l’homme a rendez-vous ! L’important, c’est d’être avec le Seigneur. Et comme l’a dit le frère Mackintosh : cela compte beaucoup.

Alors il y a les chantres, qui chantent les louanges du Seigneur. On pourrait dire que c’est leur service. Et nous, nous avons ce service-là, dans un sens. Dans le premier chapitre de la première épître aux Corinthiens, au verset 9, nous lisons : « Dieu, par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur, est fidèle ».

Voilà l’appel de chaque enfant de Dieu à la communion. Et comment peut-on être en communion avec le Seigneur, vivre de sa communion sans aimer le Seigneur ? Ce n’est pas possible.

Avec le chapitre 7 de ce livre de Néhémie, nous passons à une autre étape de la vie du résidu. La première étape, nous l’avons vu, c’est la construction de la muraille. Maintenant c’est le fonctionnement du résidu à l’intérieur de la muraille.

En ce qui nous concerne, il y a un ordre dans le fonctionnement de la vie du croyant, de la vie de l’assemblée. Dans le chapitre précédent, l’accent a été mis à plusieurs reprises sur les ennemis et les mauvais ouvriers.

Dans le chapitre 7 l’accent est mis sur des ouvriers fidèles. Il y a différentes catégories d’ouvriers, et on vient de citer les trois catégories : les portiers, les chantres et les Lévites. Il est remarquable de voir, en particulier dans le livre des Chroniques auquel on a fait référence, combien les services des portiers, des chantres et des Lévites viennent s’imbriquer les uns dans les autres.

S’il n’y avait eu que des portiers, le service aurait été incomplet ; de même s’il n’y avait eu que des chantres, ou s’il n’y avait eu que des Lévites, le service aurait été incomplet. On a besoin de portiers, de chantres et de Lévites.

On l’a signalé, les portiers ont cette charge de veiller ; les chantres, ce sont davantage ceux qui présentent la louange ; et les Lévites, dans le temps du résidu, ce sont ceux qui présentaient la Parole. Au départ, les Lévites avaient la charge des ustensiles dans le temple.

Lisons un ou deux versets dans le livre des Chroniques, pour trouver les caractères de ces différents serviteurs. Tout d’abord, dans le premier livre des Chroniques au chapitre 9. Du verset 17 jusqu’au verset 27 au moins, nous avons les caractères des portiers. Il est dit de ces portiers au verset 22 : « Ils furent enregistrés par généalogies dans leurs villages ».

Il était important, concernant les portiers comme pour tout serviteur, qu’ils puissent connaître leur généalogie, mais nous dirons probablement quelque chose sur les généalogies un peu plus tard lorsque nous verrons le paragraphe lié aux généalogies dans ce chapitre 7. Mais l’essentiel, c’est de connaître le fondement sur lequel repose chaque croyant, son origine divine, quel est son Sauveur.

Il nous est dit au verset 23 qu’ils « étaient [établis] aux portes de la maison de l’Éternel, de la maison de la tente, pour y faire la garde. Les portiers étaient vers les quatre vents, à l’orient, à l’occident, au nord, et au midi » (v 23 et 24) – donc une vigilance qui devait se situer partout. Ce n’était pas à un seul secteur qu’il fallait être vigilant. C’était dans tous les domaines, à toutes les portes ; et si nous continuions à lire, nous verrions que les portiers, non seulement devaient avoir une vigilance aux portes à l’entrée de la ville, mais encore qu’ils devaient avoir une vigilance chacun devant sa maison.

Vigilance à l’extérieur, vigilance à l’intérieur. Et nous comprenons bien la vigilance devant nos maisons, pour empêcher de laisser entrer ce qui ne convient pas à la sacrificature. Verset 25 : « Et leurs frères, dans leurs villages, devaient venir de sept jours en sept jours, d’un terme à l’autre, auprès d’eux ». Ce n’était pas un service qu’ils accomplissaient de temps en temps, à certains moments. C’était un service qui devait être accompli continuellement sans qu’il y ait un seul moment où la vigilance ne soit pas réalisée.

Quand on lit le début de ce chapitre 7, on peut être étonné de trouver que la muraille a été construite, que les battants des portes ont été posés, mais qu’il n’est plus question des verrous et des barres. Nous nous rappelons bien que dans notre étude du troisième chapitre nous avons trouvé que le fait d’avoir mis les verrous et les barres était mentionné positivement pour quelques-uns des travailleurs, des ouvriers de cette muraille.

Nous ne les trouvons pas du tout ici, et la raison est tout simplement que, maintenant, il s’agit de ceux qui se servent des verrous et des barres, c’est-à-dire les portiers. Maintenant les portiers sont là. Avant ils n’étaient pas encore établis, l’ordre n’était pas encore établi à l’intérieur de la ville. Avant il était nécessaire de fermer, d’avoir mis les verrous et les barres.

Et maintenant il y a les portiers qui ont le devoir de garder, d’être vigilants pour la ville. Ils étaient vigilants pour ceux qui entraient et sortaient. Quelqu’un pouvait-il entrer ? Eh bien, oui. Il pouvait entrer, mais la condition pour des personnes qui voulaient entrer, c’était la pureté.

J’aimerais bien faire une petite application pour nous aujourd’hui. Est-ce que la maison de Dieu est fermée ? Dans un sens, oui ; mais dans un autre sens, non. Il y a aussi des portes qui s’ouvrent pour chacun qui est pur. Bien sûr il y a des personnes qui peuvent entrer, mais la condition reste la même : il faut la pureté du cœur, il faut la purification par le sang de Christ. Il faut être croyant, il faut être converti. Alors, quelqu’un qui est converti, qui est pour ainsi dire pur, peut entrer.

Ce n’est pas un cercle fermé dans le sens où on a fermé, et puis plus personne ne peut entrer. Et nous sommes heureux que le Seigneur appelle encore aujourd’hui des personnes à entrer, qui le peuvent parce qu’elles sont pures.

En 1 Chroniques 9. 19, il est écrit : « Et Shallum, fils de Koré, fils d’Ébiasaph, fils de Coré, et ses frères, les Corites, de la maison de son père, étaient [préposés] sur l’œuvre du service, gardant les seuils de la tente ; et leurs pères avaient été [préposés] sur le camp de l’Éternel, gardant l’entrée » ; et puis il est parlé des familles au verset 22 : « Ils furent enregistrés par généalogies dans leurs villages ; David et Samuel, le voyant, les avaient établis dans leur charge. Et eux, et leurs fils, étaient [établis] aux portes de la maison de l’Éternel, de la maison de la tente, pour y faire la garde » (v. 22 et 23).

Il paraît que maintenant nous avons de nouveau des familles de portiers. À l’époque, pour le peuple c’était vraiment des familles, des descendants de ceux qui étaient portiers autrefois. C’était donc une suite de personnes, par descendance, par généalogie. Qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui pour nous ? On peut en faire aussi une application. Il est clair que ce n’est pas parce que je suis le fils d’un père fidèle que je suis appelé aussi à être portier.

Mais c’est maintenant une suite dans l’état d’esprit, dans l’esprit dans lequel je sers, je vis, et je peux faire le travail. Je dois être dans l’esprit de ceux qui étaient les portiers auparavant. Nous pouvons penser à nos frères, d’il y a peut-être cent ans. Il y avait aussi des frères qui étaient portiers dans le temps, qui gardaient, qui étaient vigilants. Aujourd’hui il s’agit de les imiter dans le même esprit, dans la même attitude spirituelle qu’ils avaient autrefois. Voilà la descendance, la généalogie que nous trouvons et que nous devons suivre aujourd’hui.

Notre frère a exprimé combien ce passage, ce chapitre 7, est important. On peut se poser la question : Pourquoi la séparation et les portiers étaient-ils importants dans ce cas ? Et ce passage est important car il nous montre l’administration dans ce qui doit entrer et ce qui ne doit pas entrer dans la sainte cité et dans la maison de Dieu.

Et on n’a pas assez veillé autrefois. Et on entend quelquefois nier la séparation. Et quelqu’un vient vous dire : Vous êtes trop stricts. Eh bien, ce passage nous montre l’importance de ce service qui est accordé à quelques-uns et à tous en même temps.

On peut le montrer par la façon dont ce chapitre commence. Il nous dit ceci : « Or il arriva, quand la muraille fut bâtie et que j’eus posé les battants [des portes] » On a lu au chapitre trois que ce n’est pas Néhémie qui a posé les battants des portes.

On peut lire par exemple au chapitre 3, verset 3 : « Et les fils de Senaa bâtirent la porte des poissons ; ils en firent la charpenterie, et en posèrent les battants, les verrous et les barres. » Et si on lit tout ce chapitre, on voit effectivement que ces portes étaient posées par les habitants. Alors pourquoi lit-on dans ce chapitre que Néhémie posa les battants des portes ?

– Parce que c’est Néhémie qui a supervisé, il a contrôlé d’une manière particulière ces travaux. Comme un ingénieur fait un pont. Ce n’est pas lui qui maçonne à proprement parler les parties du pont. Mais c’est bien lui qui les contrôle. Et si Néhémie a pris cette peine de superviser, de contrôler d’une manière particulière, que les battants étaient bien posés, c’est pour nous faire voir l’importance de la pose de ces battants.

Et ceci d’ailleurs est souligné d’une manière particulière au chapitre 6, quand Néhémie dit : « Et je leur envoyai des messagers, disant : Je fais un grand travail et je ne puis descendre » (Néh. 6. 3). Donc on voit ainsi, il y a peut-être un passage où il dit qu’il n’avait pas posé les portes, chapitre 6 fin du verset 1 : « quoique jusqu’à ce temps-là je n’eusse pas posé les battants aux portes », on voit de quelle manière il s’est exprimé au verset 3 du chapitre 6 où il dit qu’il lui restait encore un grand travail à faire. Ainsi, ce sujet, duquel l’ennemi cherche à nous éloigner, est d’une importance fondamentale.

Le deuxième sujet aussi, et on voit dans toute la généalogie combien il est important de savoir qui peut entrer dans Jérusalem. Et pour nous, l’application a été faite. Il y a un deuxième point où il nous est parlé des portiers, des chantres et des lévites immédiatement après. Or ces portiers, il vient de nous être dit qu’ils étaient aussi liés à la maison de l’Éternel.

Et on le voit en 1 Chroniques 26 verset 19, que ces portiers étaient de la famille de Merari. Ils étaient d’ailleurs, si on le regarde, extrêmement nombreux. Ce qui nous montre l’importance de ces portiers. Et le fait que cela nous soit cité juste après, en rapport avec la muraille, nous montre combien la muraille est indissolublement liée au temple de Dieu. Ce sont les mêmes, qui sont dans le temple, qui gardent les choses saintes du temple, qui sont associés à la muraille.

On voit donc ainsi que ce chapitre est des plus important, que la muraille est indissolublement liée à la maison de l’Éternel elle-même, à la louange avec les chantres, au service de la Parole avec les Lévites. Et ainsi pour nous, combien aussi ce service de surveillant est important dans l’assemblée.

Et aussi le fait qu’il y ait une bonne origine pour les personnes dont nous entendons parler en rapport avec la généalogie ; elles ne prennent pas, dans l’assemblée, une place où elles ne peuvent pas entrer parce que c’est la gloire de Dieu qui est en question ; il faut garder la sainteté, garder les vérités que le Seigneur nous a confiées.

À propos des portiers, on a rappelé qu’ils avaient la responsabilité devant l’Éternel de ne laisser entrer que ceux qui étaient purs. C’est parfaitement vrai. Il y a aussi le sens inverse, et cela parle aussi à la responsabilité de ceux à qui le Seigneur a confié tout spécialement – et chacun est impliqué dans cela – de voir quand peut-être des jeunes ou des moins jeunes montrent des signes d’affection pour le monde, pour les choses qui sont dans le monde.

Quelquefois peut-être on ne le discerne pas, d’autres fois on le discerne, et puis on laisse faire, en quelque sorte, on ne dit rien, alors qu’il faudrait agir préventivement de la part du Seigneur en disant : Attention ! Danger ! Et nous pouvons, peut-être plusieurs, baisser la tête en voyant que certains se sont éloignés du terrain que le Seigneur a Lui-même fixé.

Eh bien, il y a eu peut-être de la négligence de notre part, en oubliant d’agir, par amour pour ces âmes, parce que nous sommes un seul corps en Christ et que nous avons négligé de leur dire un mot, une parole, quelque chose qui rappelle à leur cœur qu’on ne peut pas impunément s’en aller dans le monde.

Nous sommes dans le monde, mais le Seigneur l’a dit : « ils ne sont pas du monde ». Comme cela parle à nos consciences comme à nos cœurs ! Et nous voudrions dire encore une fois aux jeunes qui sont parmi nous, que les frères que peut-être ils trouvaient stricts, trop stricts, pensaient devant le Seigneur qu’il y a pour eux une responsabilité, la responsabilité de veiller sur le troupeau de Dieu (Act. 20. 28 ; 1 Pier. 5. 2 et 3).

Le Seigneur connaît la responsabilité qu’Il a donnée à chacun. Mais encore une fois, ce qui doit lier les uns comme les autres c’est l’amour pour le Seigneur, la gloire du Seigneur, l’honneur qui Lui revient. Dans un sens comme dans un autre, les portiers ont une charge combien précieuse pour le Seigneur, parce que c’est son assemblée, celle qu’Il aime, pour laquelle Il s’est livré ; et Il se la présentera à Lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable. Nous le savons et cela réjouit nos cœurs.

Mais pour le moment présent, que le Seigneur donne à chacun de nous d’avoir conscience que s’Il nous confie [d’agir], c’est Lui qui donne la force, le discernement pour dire ce qu’il faut dire, comment cela doit être dit, pour un cœur qui a tendance à s’éloigner, et chacun de nos cœurs (nous le savons) a bien cette tendance si nous ne veillons pas ; et que nous sachions aussi recevoir de la part de nos frères ce qu’ils ont aussi à nous dire parce que c’est aussi de la part du Seigneur.

On pourrait lire un verset en Marc 13, verset 34, venant de la bouche du Seigneur Jésus. : « C’est comme un homme allant hors du pays, laissant sa maison, et donnant de l’autorité à ses esclaves, et à chacun son ouvrage… ; et il commanda au portier de veiller ».

Nous savons qu’il s’agit dans ces premiers versets du chapitre 7 de Néhémie, du gouvernement de la ville, de l’administration, et chacun a sa responsabilité. Nous en tirons un enseignement pour l’assemblée. Dans la 1ère épître aux Corinthiens nous avons un enseignement concernant la manière de se réunir ; dans la 1ère épître à Timothée, il nous est dit : « comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » (3. 15).

Dans ce chapitre 3, il nous est parlé des surveillants : « Cette parole est certaine, que si quelqu’un aspire à la surveillance, il désire une œuvre bonne » (3. 1). Il ne s’agit pas d’un président, pas de quelqu’un qui dirige. Il s’agit de quelqu’un qui acquiert une autorité morale. Il y a beaucoup de qualificatifs qui sont requis du surveillant.

L’autorité morale de celui qui a à cœur le bien de l’assemblée – et nous savons que ce service est souvent lié à des souffrances, parce que celui qui l’accomplit le fait pour la gloire du Seigneur. En Apocalypse 2 et 3, il est parlé de l’ange de l’assemblée, la partie responsable, mais chacun de nous, frères et sœurs de l’assemblée, nous sommes aussi responsables.

Nous avons lu en Marc 13 que, quand le maître s’en va, il donne de l’autorité. C’est le Seigneur Jésus qui a autorité sur son assemblée. C’est donc une autorité déléguée. Le frère qui agit, agit au nom du Seigneur. Il y a des réunions d’administration. Et rappelons ce qui a été dit tout à l’heure, c’est la responsabilité de chacun, frère et sœur. Il ne s’agit pas de s’ingérer dans les affaires d’autrui, pas du tout. Il ne s’agit pas de relever toutes les faiblesses de nos frères et sœurs, ce qui serait une occupation misérable.

Mais celui qui est insensible à ce qui porte atteinte à la gloire du Seigneur n’est pas dans un bon état. En contrepartie, entre parenthèses, ajoutons que c’est être dans un bon état que de reconnaître le bien chez nos frères et nos sœurs. L’apôtre Paul pouvait parfois faire des remarques très importantes, mais il se plaisait néanmoins à relever le bien. Le Seigneur Jésus a dit à ses disciples, ce qui nous touche toujours très profondément, « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations » (Luc 22. 28).

Voilà la grâce du Seigneur, voilà ce qui va ramener l’âme : d’abord ne pas être insensible à ce qui touche à la gloire du Seigneur, et alors de ce côté-là les sœurs sont aussi responsables. Si elles apprennent quelque chose de grave, elles n’ont pas à dire : ce sont les frères qui s’en occupent, elles n’ont pas à dire : cela ne me regarde pas.

Si elles ont un mari, elles peuvent en parler à leur mari ; si elles sont célibataires ou veuves, elles peuvent en parler à un frère. Chacun a sa responsabilité. C’est pour cette raison qu’une décision d’assemblée est prise par l’assemblée tout entière.

Mais il est vrai qu’il y a des réunions d’administration. Actes 15 nous parle des frères qui étaient réunis pour examiner une situation particulière. Et dans les réunions d’administration, comme on a besoin d’être toujours beaucoup plus conscients que nous prenons des décisions au nom du Seigneur ! Il pourrait arriver parfois que, dans de telles réunions, on l’oublie. Nous signons des lettres au nom du Seigneur. Est-ce que vraiment le Seigneur Jésus pourrait signer ce mot ? Mais peut-être qu’on n’a pas à établir des différences. C’est une chose extrêmement solennelle que de prendre une décision au nom du Seigneur.

Il s’agit donc de l’administration, ici de la ville – et pour nous un enseignement particulier concernant la vie d’assemblée. Mais ce qui nous touche aussi, c’est qu’au début, avant de parler de l’administration, il est parlé des portiers, des chantres et des Lévites. Peut-être que nous aurions mis les Lévites avant les chantres, et que nous aurions dit : Eh bien, on est dans la sécurité, on vient de rappeler que les portes sont ouvertes pour chaque brebis du Seigneur, il y a une place pour chaque brebis du Seigneur qui veut bien se soumettre à l’autorité de la Parole de Dieu et reconnaître que c’est le Seigneur qui est Seigneur.

On demandait une fois à une personne : Où vous réunissez-vous ? Et elle a dit : Où le Seigneur est Seigneur. Et c’est une responsabilité que cela, mais c’est aussi un immense privilège. Une place pour chaque brebis. L’assemblée n’est pas une élite de frères et sœurs qui ont acquis un certain degré.

Il est heureux qu’il y ait des progrès ; on demande qu’on porte des fruits, qu’on fasse des progrès, et c’est bien nécessaire. Mais ce qu’il y a de très touchant, c’est qu’une fois qu’on est dans cette enceinte bénie, il y a d’abord les chantres.

C’est un petit peu comme dans le livre d’Esdras où, avant de bâtir la maison, on a bâti l’autel, ce qui revient au Seigneur, cette louange qui Lui revient, qui réjouit son cœur. Et quand quelqu’un vient de se convertir, il n’a peut-être pas beaucoup de connaissance, mais il peut déjà avoir un cœur ouvert pour apporter la louange du Seigneur.

Il sera ensuite bien nécessaire qu’il y ait les Lévites pour l’enseignement, et peut-être la patience aussi envers ceux qui sont de jeunes convertis sachant que nous avons des progrès à faire. Et c’est très touchant de trouver cette mention dès le premier verset avant qu’il soit parlé du gouvernement de la ville, ce qui revient pour le cœur du Seigneur.

Ce doit être un encouragement pour chacun, pour les jeunes frères qui s’expriment, qui sont la bouche de l’assemblée. Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être là depuis dix ans pour ouvrir sa bouche dans la réunion de prières. C’est ainsi qu’on apprend. Et puis le Seigneur apprenant à son serviteur, il y aura peut-être une louange qui va rafraîchir le cœur de toute l’assemblée.

Sur quelle base les portiers, les chantres et les Lévites vont-ils fonctionner ? Sur quelle base le gouvernement de l’assemblée va-t-il s’édifier ? Les portiers vont-ils faire entrer, ou laisser entrer, ceux qui leur plaisent, et ne pas faire entrer ceux qui leur déplaisent ? Que le Seigneur nous garde de pareille erreur. Nous avons besoin qu’Il le fasse. Et que ce soit les portiers, que ce soit les chantres ou que ce soit les Lévites, on a besoin de l’enseignement de la Parole de Dieu ; et puis on a aussi besoin du sentiment de la présence du Seigneur, quelque chose qui s’acquiert dans sa communion. On a besoin en quelque sorte de se saisir à la fois de la vérité divine, de la connaissance de la vérité divine, et nous savons bien que nous avons besoin que Dieu nous ouvre l’intelligence de la vérité.

Psaume 119. 18 : « Ouvre mes yeux, et je verrai les merveilles qui sont dans ta loi ». Ne pensons pas à notre intelligence personnelle. Elle n’a pas de valeur pour ce qu’on vient d’expliquer. Nous avons besoin, comme le psalmiste le disait, qu’Il ouvre nos yeux, nous avons besoin de cet exercice de cœur.

Et nous avons besoin de la communion avec le Père, communion qui saisit que la base sur laquelle nous avons marché, c’est la grâce. Ainsi donc nous avons besoin à la fois de la grâce et puis de la paix.

Autant, à la fin du dernier paragraphe du chapitre précédent ces hommes portent des noms qui sont complètement démentis par leurs actions, autant les deux noms mentionnés, Hanani et Hanania, portent une autre marque : la marque de la grâce de Dieu. Les deux, ils avaient la grâce de Dieu. Ces noms rappellent la grâce divine dont ceux qui les portent sont les objets. Ce sont des hommes qui savaient ce qu’est la grâce.

Nous trouvons Hanani dès le premier chapitre. C’est un homme qui va rapporter fidèlement l’état des choses tel que Dieu le voit. C’est un homme qui va en parler à son frère. C’est un homme qui va compter – il faudrait relire le chapitre 1 pour le revoir – qui va compter sur Dieu malgré sa douleur. C’est un homme qui en quelque sorte va compter sur la grâce de Dieu, qui sait ce qu’est la grâce de Dieu. Et Dieu y répond.

Et nous, nous avons besoin de marcher par la grâce de Dieu. Nous ne pouvons pas plaire à Dieu autrement qu’avec les ressources qu’Il nous donne. Il n’y a pas de ressources en moi ; et chaque jour je dois confesser qu’il n’y a pas de ressources en moi qui puissent plaire à Dieu. Je ne peux pas plaire à Dieu en quoi que ce soit. Il faut que cela vienne d’en haut ; de la grâce de Dieu.

Le service des chantres nous est décrit dans le 1er livre des Chroniques, au chapitre 25, premier paragraphe. Nous avons là tout ce que la Parole de Dieu nous dit sur les chantres. – Verset 1 : « Et David et les chefs de l’armée mirent à part pour le service, d’entre les fils d’Asaph et d’Héman et de Jeduthun, ceux qui devaient prophétiser avec des harpes, et des luths, et des cymbales…

– Verset 2 : Des fils d’Asaph… sous la direction d’Asaph, qui prophétisait sous la direction du roi.

– Verset 6 : Tous ceux-là étaient sous la direction de leurs pères.

– Verset 7 : Et leur nombre, avec leurs frères instruits dans l’art de chanter à l’Éternel, tous les hommes experts, était de deux cent quatre-vingt-huit.

– Verset 8 : Et ils jetèrent les sorts pour leurs charges, le petit comme le grand, l’homme expert avec le disciple ».

Il est frappant de relever que le service des chantres nous est présenté dans le 1er livre des Chroniques. Dans les livres de Samuel et les livres des Rois, il ne nous est rien dit sur le service des chantres. Le service des chantres commence avec le livre des Chroniques.

Sans doute il y a eu en Exode 15 le cantique qui a été chanté par tout le peuple, au moment de la délivrance et, on pourrait dire, il n’a pas été repris par la suite par le peuple. L’état de service des chantres commence avec le livre des Chroniques. Il y a deux caractères qui marquent ce livre : d’une part le caractère de David lui-même, et d’autre part le fait que dans les livres de Samuel et des Rois, l’arche n’était pas au milieu du peuple. Elle y était du temps de Saül, mais il nous est dit qu’on n’interrogea pas l’arche en ce temps-là. L’arche pouvait y être, mais elle n’était pas utilisée par eux.

Deux points essentiels : le caractère de David et la présence de l’arche. Le caractère de David : dans les livres de Samuel et des Rois, il est vu comme un combattant, comme un guerrier, comme quelqu’un qui remporte des victoires. Ce n’est pas sous ce caractère-là que la louange peut monter vers Christ.

Dans le livre des Chroniques David est vu comme étant à la tête du peuple, comme étant le chef de tribu. Pour nous c’est quand nous considérons le Seigneur, l’autorité du Seigneur, que la louange peut monter vers le Seigneur.

Et nous voyons bien en 1 Chroniques 25. 1, que celui qui dirige la louange, c’est David. C’est donc bien le Seigneur qui domine, l’autorité du Seigneur, et c’est le Seigneur qui est le chef de la louange. Nous voyons dans tous ces versets de ce premier paragraphe l’action de David, l’action du Père, et nous comprenons que cette louange ne peut être que quand le Seigneur Lui-même entonne la louange.

Et c’est donc pour nous la direction, pour que la louange soit une louange que le Seigneur reçoit, que ce soit des paroles venues du cœur, et que toute la gloire soit donnée à la personne du Seigneur, et que cette gloire du Seigneur puisse ainsi être agréable à Dieu.

Nous avons au verset 7 ce qui nous a déjà été présenté, à savoir que ceux qui faisaient monter la louange étaient instruits dans l’art de chanter à l’Éternel. La louange que nous apportons à Dieu, en toutes circonstances et tout spécialement dans les réunions de culte, a été préparée dans le cœur : c’est ce que Dieu a formé dans nos cœurs que nous pouvons apporter à Dieu.

Ce n’est pas quelque chose que nous inventons ou qui vient de notre propre imagination. Nous sommes invités à offrir une louange agréable à Dieu. Et puis, dernier point, verset 8 : Qui est-ce qui chante ces louanges ? – Bien sûr ce sont les chantres, mais il est ajouté une quatrième distinction à tout ce qui nous a été dit : « le petit comme le grand, l’homme expert avec le disciple ». La louange monte de la bouche de l’assemblée, et c’est toute l’assemblée qui apporte la louange à Dieu.

Chaque pays a un gouvernement, des frontières et des lois. Celui qui veut changer de pays doit s’annoncer pour partir. Et alors, dans l’assemblée, on pourrait aller et venir comme il nous plaît ? Il y a aussi une autorité établie, on l’a rappelé, c’est celle du Seigneur Jésus. Il y a une autorité déléguée, c’est celle de l’assemblée.

Dans l’assemblée, il y a une responsabilité différente. On ne peut pas demander à un jeune converti de prendre les responsabilités des pères qui, par leur témoignage, par leur vie avec le Seigneur, ont acquis une autorité morale. Mais l’assemblée n’est pas une démocratie, ce n’est pas comme dans ce monde où la majorité l’emporte. Il faut demander au Seigneur qu’Il accorde des frères qui ont le discernement pour saisir sa pensée, la pensée du Seigneur.

Rappelons aussi que l’autorité déléguée ne veut pas dire infaillibilité. Les parents ont une autorité sur les enfants, elle est de Dieu ; mais les parents ne sont pas infaillibles. Évidemment c’est une immense responsabilité devant le Seigneur. Et quand il s’agit de l’administration, il faut avoir la pensée du Seigneur.

Et ce que nous voulons rappeler, c’est que, pour l’assemblée, on a rappelé l’exemple de la muraille, du mur. C’est comme une haie. On ne peut pas quitter le pays comme il nous plaît, et dans l’assemblée non plus, on ne va pas d’un lieu à un autre comme il nous plaît. On reconnaît l’autorité du Seigneur, on se soumet les uns aux autres dans la crainte de Christ. Que le Seigneur nous aide, qu’Il nous garde dans toute la bénédiction qu’il y a pour la gloire du Seigneur.

Hanania était un homme fidèle. 1 Corinthiens 4. 2 : « Ici, au reste, ce qui est requis dans des administrateurs, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle ».

Un frère n’est pas infaillible, et le portier certainement pas non plus et nous sommes tous portiers pour nous-mêmes. Nous avons ce petit portail-là, à savoir nos lèvres, et quand nous les ouvrons au mauvais moment, au mauvais endroit, eh bien, nous pouvons peut-être passer à côté du portier le dimanche matin, qui n’aura rien dit.

Nous avons encore deux portails-là, que sont nos oreilles et nos yeux, que nous pouvons utiliser et souvent ces portails-là sont trop ouverts ; et il faut parler des derniers portails que nous passons pratiquement très, très vite [c’est-à-dire nos pensées] et le dimanche matin le portier n’a peut-être rien dit. Il se trouve qu’il n’a jamais été aussi facile de pécher dans le secret. Donc, il n’est pas plus facile aujourd’hui d’être portier.

Il y a quelque chose qui est important pour nous quand il est dit que « les portes de Jérusalem ne devaient pas être ouvertes avant que le soleil ne fût chaud, et qu’on devait fermer les battants [des portes] pendant qu’ils étaient là ».

« Avant que le soleil ne fût chaud ». On ne peut pas faire les choses dans une demi-obscurité. Il faut que ce soit fait à la pleine lumière de Dieu, marcher dans la lumière de Dieu. Quelquefois il y a des questions difficiles qui surviennent, et on est peut-être un peu hâtifs ; mais il faut attendre que le soleil soit chaud. La pleine clarté doit être établie pour que la conscience soit libre et qu’il n’y ait pas par la suite des regrets, des regrets de choses dites qu’on ne peut pas retirer.

Quel remarquable caractère que celui de la fidélité d’Hanani ! Être fidèle, c’est exécuter avec minutie ce qui a été promis. Ici l’exemple de fidélité que nous pouvons considérer, c’est Dieu. Dieu est fidèle. Le Seigneur, dès le début de l’Apocalypse, est présenté comme « le Témoin fidèle » (1. 5).

Dans ce monde, quand on a une fidélité, une amitié, de vingt ans, de trente ans, on estime que c’est un exploit. La fidélité de Dieu, elle, demeure à toujours. Dieu est fidèle et sa fidélité ne peut pas changer. Ce qu’Il a promis, Il l’accomplit sans qu’il n’y ait rien de changé.

Il est remarquable de se souvenir de cette parole de Moïse en Deutéronome 32, au milieu du verset 4. Moïse peut dire : « C’est un *Dieu fidèle ». Quand est-ce que Moïse a dit cela ? Est-ce en commençant sa vie, en disant : Oui, je vais avoir une vie devant moi, mais j’ai entendu dire, je sais, j’ai lu, que Dieu est fidèle ? Moïse dit cela à la fin de sa vie.

Quelle vie que celle de Moïse ! Elle commence d’une manière bien difficile, élevé dans la maison du Pharaon ; il va ensuite être à la tête du peuple pas toujours facile, loin de là ; il va, à chaque pas de la traversée du désert, connaître tous les murmures du peuple. Que de difficultés ! Que de peines ! Que reste-t-il comme souvenir en Moïse ? De quoi va-t-il parler ? Va-t-il parler de l’expérience qu’il a faite, de tous les combats qu’il a menés ? Il se souvient d’une chose : « C’est un Dieu fidèle ». Et il peut dire juste avant : « Il est le Rocher ».

Nous lisons aussi, dans le Nouveau Testament, les noms d’hommes fidèles, par exemple : en Colossiens 4, au verset 7 il est dit : « Tychique, le bien-aimé frère et fidèle serviteur », et au verset 9 : il est dit : « Onésime, le fidèle et bien-aimé frère ». Pour ces deux frères il y avait deux caractéristiques : ils étaient fidèles et bien-aimés. Il y a des occasions où un frère est fidèle, mais pas vraiment aimé ; ou un frère est aimé, et pas vraiment fidèle. Les deux ensemble, c’est très important.

Et ici pour Hanania nous voyons qu’il avait les deux caractéristiques. Il est dit qu’il était fidèle, et il est dit aussi qu’il craignait Dieu. Il ne craignait pas les hommes, parce que ce pourrait être un danger – nous lisons dans les Proverbes chapitre 29 verset 25 : « La crainte des hommes tend un piège, mais qui se confie en l’Éternel est élevé dans une haute retraite ».

Hanania était un homme qui craignait Dieu, et pas les hommes. Je pense que si nous voyons sa fidélité, c’est parce qu’il était en communion avec son Dieu, il était – ce n’est pas dit ici mais on le suppose – il était aimé.

Juste une petite remarque concernant Hanani, « Hanani, mon frère ». Néhémie établit Hanani, son frère, comme chef du gouvernement de Jérusalem. Là il ne dit rien, il dit simplement « mon frère ». C’était son frère qui, au premier chapitre, lui avait raconté l’état de Jérusalem, que Jérusalem était [dévastée], la misère de Jérusalem.

Les deux frères se comprenaient, ils étaient confidents l’un de l’autre, il n’avait pas besoin de dire encore autre chose. Pour Hanania il dit : un homme fidèle. Dans la version allemande, nous avons encore le mot « très », « un homme très fidèle ».

Mais pour Hanani il n’était pas besoin de le dire. Peut-être encore une petite remarque : quant à mon propre frère je n’exprime pas tellement de louange, parce que la louange concernant mon frère selon la chair pourrait être un peu colorée par les liens de famille. Donc ici il dit simplement : « mon frère ».

Quelque chose aussi qui doit nous arrêter, c’est que, pour être gouverneur aujourd’hui, pour être appelé à une telle position, il faut des capacités, il faut de la connaissance. Oui, peut-être, c’est possible. Mais la Parole souligne que ce qui compte pour Dieu, et ce qui comptait pour son cher serviteur Néhémie, c’était une qualification morale. Qu’est-ce qui est demandé ? – La fidélité et la crainte.

Nombres 9. 6 : « Et il y eut des hommes qui étaient impurs à cause du corps mort d’un homme, et qui ne pouvaient pas faire la Pâque ce jour-là ; et ils se présentèrent ce jour-là devant Moïse et devant Aaron. Et ces hommes lui dirent : Nous sommes impurs à cause du corps mort d’un homme ; pourquoi serions-nous exclus de présenter l’offrande de l’Éternel au temps fixé, au milieu des fils d’Israël ? Et Moïse leur dit : Tenez-vous là, et j’entendrai ce que l’Éternel commandera à votre égard » (v 6 à 8).

Puis en Nombres 15. 32 : « Et comme les fils d’Israël étaient au désert, ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat. Et ceux qui le trouvèrent ramassant du bois, l’amenèrent à Moïse et à Aaron, et à toute l’assemblée. Et on le mit sous garde, car ce qu’on devait lui faire n’avait pas été clairement indiqué » (v. 32 à 34). Et ce qui devait lui arriver se trouve dans le verset suivant, un verset terrible : « Et l’Éternel dit à Moïse : L’homme sera mis à mort » (v 35).

Enfin en Nombres 27. 4. Il s’agit des filles de Tselophkhad qui se présentent devant Moïse, Éléazar, les princes et toute l’assemblée et qui disent : « Pourquoi le nom de notre père serait-il retranché… Donne-nous une possession au milieu des frères de notre père. Et Moïse apporta leur cause devant l’Éternel. Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Les filles de Tselophkhad ont bien parlé ».

Hanania était un homme fidèle, et il craignait Dieu plus que beaucoup d’autres. Être fidèle et craindre Dieu, cela ne nous conduit pas à avoir toujours immédiatement la réponse, la solution à des situations qui se présentent.

Je me souviens d’un frère qui nous parlait souvent de Moïse, en nous rappelant ces passages qu’il nous citait toujours et qui nous montraient que l’on voit quelqu’un comme Moïse qui pourtant était fidèle et craignait Dieu – mais voilà, c’était un homme qui savait dire : Je ne sais pas, et combien est important que nous avons besoin de ne pas nous lasser d’attendre que le soleil soit haut pour ouvrir les portes.

Combien nous pouvons retenir cette pensée de ne pas nous hâter et d’être conscients que le Seigneur parle au cœur toujours dans ce sentiment de l’humilité qui doit nous caractériser et de la nécessité de faire ce que nous voyons au chapitre 3, de demander le secours à l’Éternel, et c’est Dieu qui va montrer le critère approprié à la situation.

Juste une remarque sur le mot « fidèle ». Le terme utilisé dans l’original est très fort et pourrait se traduire « vrai devant Dieu ».

Nous avons, en Actes 16, les effets du travail dans le cœur d’une femme nommée Lydie, et cette femme dit : « Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez ». Quelquefois, quand on voit des âmes très exercées, elles comprennent et se soumettent. Quand nous voyons quelqu’un qui revendique les droits du Seigneur, c’est bien.

En Actes 9. 26, il est dit de Paul après sa conversion : « Et étant arrivé à Jérusalem, il cherchait à se joindre aux disciples ; et tous le craignaient, ne croyant pas qu’il fût disciple ; mais Barnabas le prit et le mena aux apôtres, et leur raconta comment, sur le chemin, il avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment il avait parlé ouvertement, à Damas, au nom de Jésus » (v. 26 et 27).

« Il cherchait à se joindre aux disciples ». Mais ce n’est pas sur son propre témoignage qu’il est admis, c’est sur le témoignage de Barnabas.

Néhémie 7. 4 on lit : « Or la ville était spacieuse et grande ». Quand le Seigneur explique aux disciples où ils pourraient trouver la chambre haute, Il parle aussi d’une grande chambre. Et cela nous montre que le lieu où l’on se rassemble, le lieu où le Seigneur nous invite, est assez grand pour chaque croyant.

Nous avons entendu les conditions ; c’est sûr, nous les trouvons dans la Parole, mais la possibilité, et le désir du Seigneur, c’est [qu’il y a de la place] pour tous.

Il ne suffit pas de mettre les battants aux portes, il faut aussi les verrous. Et il est frappant de voir que, pour les fermer, il faut que le soleil se couche et que l’ombre du soir arrive, et aussi que les portiers soient présents pour discerner effectivement ceux qui pourraient entrer dans la sainte cité, et ceux qui ne conviendraient pas, et pour s’assurer aussi que les barres sont bien posées. Parce que, si les barres sont mal posées, à la faveur de la nuit quelqu’un pourrait effectivement entrer en repoussant les battants.

Et c’est bien la mise en pratique des vérités concernant la séparation que nous avons à mettre en œuvre. Et cela, on le voit aussi dans l’épître à Tite en rapport avec le surveillant.

« Car il faut que le surveillant soit irréprochable comme administrateur de Dieu, ni arrogant, ni coléreux, ni adonné au vin, ni brutal, ni avide d’un gain honteux, mais hospitalier, aimant le bien, sage, juste, pieux, maître de soi, tenant ferme la fidèle parole selon la doctrine, afin qu’il soit capable, tant d’exhorter par un sain enseignement, que de réfuter les contredisants. Car il y a beaucoup d’insubordonnés vains discoureurs et séducteurs, principalement ceux qui sont de la circoncision, auxquels il faut fermer la bouche, qui renversent des maisons entières, enseignant ce qui ne convient pas, pour un gain honteux » (1. 7 à 11).

On voit ainsi l’importance du rôle des portiers. Il faut qu’ils connaissent la Parole de Dieu. Il faut qu’ils tiennent ferme. Il faut qu’ils soient capables, tant d’exhorter par un sain enseignement, que de réfuter les contredisants. Il est important ainsi de pouvoir veiller, de considérer les choses à la lumière de la Parole de Dieu, de façon que, effectivement, ce qui est présenté, les personnes qui pourraient venir, soient manifestées, qu’elles n’ont pas à entrer dans la maison de Dieu, dans la sainte cité ; et on voit cette importance dans notre passage : il faut mettre des gardes chacun devant sa maison.

C’est aussi leur rôle. Et pourquoi ? Il nous est dit dans Tite : « auxquels il faut fermer la bouche, qui renversent des maisons entières, enseignant ce qui ne convient pas, pour un gain honteux ». On voit dans la Parole des portiers qui laissent faire et l’Éternel le leur reproche.

Dans l’Apocalypse, il est dit à l’assemblée qui est à Pergame – il y en a qui sont responsables dans cette assemblée : « Je sais où tu habites, là où est le trône de Satan ; et tu tiens ferme mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même dans les jours dans lesquels Antipas était mon fidèle témoin, qui a été mis à mort parmi vous, là où Satan habite. Mais j’ai quelques choses contre toi : c’est que tu as là des gens qui tiennent la doctrine de Balaam, lequel enseignait à Balac à jeter une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des choses sacrifiées aux idoles et qu’ils commettent la fornication » (Apoc. 2. 13 et 14). Ce n’est pas que l’ange de l’assemblée ait enseigné ces choses, mais c’est qu’ils aient laissé faire.

En 1 Timothée 3. 4 : « … conduisant bien sa propre maison, tenant ses enfants soumis en toute gravité. Mais si quelqu’un ne sait pas conduire sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’assemblée de Dieu ? » (v. 4 et 5)

On comprend pourquoi il est dit du service de portier en Néhémie au verset 3 du chapitre 7 qu’il faut qu’ils soient : « chacun à son poste, et chacun devant sa maison ». C’est la première responsabilité que nous avons. Chaque frère établi a d’abord cette responsabilité d’être le surveillant en ce qui concerne sa maison. Et s’il ne répond pas à cette responsabilité, il ne peut pas vraiment agir comme surveillant parmi les autres croyants.

Et il y a aussi une deuxième pensée qu’on voit aussi au verset 3 de notre chapitre 7 : « … on devait placer des gardes d’entre les habitants de Jérusalem ». C’est-à-dire que les gardes étaient là parmi le peuple, entre les uns et les autres ; seulement ils avaient reçu cette responsabilité concernant cette partie du peuple. Il me semble que cela concerne aussi les assemblées.

Il y a des assemblées en très grand nombre, peut-être pas ici ; mais dans bien des endroits dans le monde, il y a de très grandes assemblées et il n’y a jamais un seul surveillant. Dans le témoignage des assemblées il y en a toujours plusieurs, mais quand même pas partout.

Au temps des apôtres on établit des surveillants, des anciens et ils étaient toujours plusieurs, il n’y en avait jamais un seulement – pour éviter aussi que quelqu’un fasse des choses qui ne conviennent pas dans l’assemblée, mais que les tâches soient peut-être aussi accomplies. Il y avait un ancien qui avait à cœur certains frères et sœurs.

J’ai vu aussi cela dans une assemblée assez nombreuse, où vraiment un frère ne pouvait pas connaître réellement toutes les familles, ce n’était pas possible. Dieu nous donne ici, en cela aussi, des enseignements. Chacun avait aussi, dans l’entourage, [des personnes] pour lesquelles il portait une certaine responsabilité, et un autre pour d’autres familles. Ils n’étaient pas établis comme c’est le cas ici, mais c’est Dieu qui montrait, c’est le Seigneur qui montrait le soin de ce mur, les travaux, à chacun de ces surveillants, de ces frères.

D’ailleurs, dans le Nouveau Testament nous comprenons que ce sont des frères qui ont déjà un certain âge qui sont appelés des anciens. Ce ne sont pas des jeunes, des nouveau-nés, n’est-ce pas, qui viennent d’être convertis mais ce sont toujours des personnes qui ont déjà une certaine vie avec le Seigneur Jésus, qui ont une qualité morale, une responsabilité et une autorité morale.

Donc ces frères déjà un peu plus âgés faisaient des visites dans les familles ; ils voyaient où il y avait des dangers ; ils voyaient comment les enfants grandissaient ; ils voyaient peut-être où un mot d’exhortation ou d’encouragement était à dire. Je crois que c’est une application tout à fait pratique que nous pouvons tirer de ces mots : « d’entre les habitants de Jérusalem ».

Certains pourraient dire : Mais je ne comprends pas. On parle des anciens, mais on n’en voit pas. Je ne comprends pas bien. – Certainement nous n’avons plus d’apôtres, de personnes qui ont l’autorité de Dieu pour en établir. Mais cela n’empêche pas que Dieu a établi ces personnes qui ont une autorité morale.

Mais en général ce sont des frères qui ne s’en rendront même pas compte, qui répudieront le terme d’ancien, qui pourtant ont une autorité morale de la part de Dieu, une autorité qui vient d’une communion avec Dieu, une autorité que Dieu donne. Et nous pensons peut-être les uns et les autres à des frères qui nous ont précédés, qui avaient cette autorité morale.

Que le Seigneur fasse qu’une brebis sache reconnaître quand Il a donné une autorité morale, et que nous sachions reconnaître ces personnes.

C’est profondément touchant de voir Néhémie, ce cher serviteur, agir comme il a agi, ce qu’il a pu choisir étant enseigné par son Dieu, et de voir – on pourrait se dire aujourd’hui – quand même un rassemblement qui fonctionnerait selon la pensée de Dieu, chacun à son poste, chacun à la portion de champ qui lui a été confiée, qui ne dépasse pas sa mesure. Jamais il ne faudrait aller plus loin ; il ne faut pas non plus rester en-deçà. « Chacun à son poste, et chacun devant sa maison ».

Verset 4 : « la ville était spacieuse et grande, mais le peuple peu nombreux… il n’y avait point de maisons bâties ». « Et mon Dieu me mit au cœur de rassembler ». Le principe de base, chacun le sait, nous l’avons lu dans les écrits de nos chers frères d’autrefois, le principe de base de l’unité, c’est la séparation du mal.

Et la grâce nous rassemble et nous attire par l’amour de Jésus dans sa présence, dans la présence du Seigneur. Dieu l’a donné pour être chef sur toutes choses à l’assemblée qui est son corps. Le Seigneur est le Seigneur dans son assemblée ; Il est le Seigneur des individus. Chacun à son poste, chacun devant sa maison. La maison du croyant, chaque famille, devrait être le reflet de cet ordre qui est selon Dieu. Dieu n’est pas un Dieu de désordre.

On est frappé quand on lit ces versets de la Parole, encore une fois, de l’intelligence spirituelle que Dieu a donnée à son cher serviteur qui vraiment, nous le redisons, est un serviteur extrêmement attachant. Que chacun puisse s’en souvenir dans son cœur pour s’attacher à Celui que Néhémie servait, son Dieu, le Seigneur, à la gloire de son nom.

Dans l’assemblée, le Seigneur a droit de regard sur tout, pas seulement dans l’assemblée, mais aussi dans nos maisons. Dans l’assemblée, au milieu des siens, là où le Seigneur se plaît à se rencontrer avec ceux qu’Il n’a pas honte d’appeler ses frères, Il a le droit de regard sur tout. Comme, bien sûr, Il est le premier-né entre plusieurs frères, Dieu l’a oint d’une huile de joie au-dessus de ses compagnons. Il est notre Chef, cela nous devons nous en souvenir. Parlons-en au Chef quand quelque chose ne va pas.

Quand nous ne savons pas discerner [le chemin], quand nous sentons que quelque chose ne va pas, il faut en référer au Chef. Encourageons-nous les uns les autres à regarder à Celui qui ne fait jamais défaut. Néhémie n’a pas été déçu, il a été rendu intelligent parce qu’il était en contact avec le ciel.

Aujourd’hui encore, chers amis, chers enfants, chère jeunesse, Dieu nous donnera cette intelligence, Dieu nous donnera ces qualités morales si nous apprenons à ne désirer qu’une chose : rester devant Lui, petits, humbles. Qui ne veut rien sans Lui, peut tout en sa bonté.

Une petite remarque sur l’expression : « Il n’y avait point de maisons bâties » (v. 4). On a vu précédemment que Meshullam, fils de Bérékia, répara vis-à-vis de sa maison. Eh bien on voit que cela n’a pas duré. Tout ce qu’il faut faire, c’est s’occuper du Seigneur. On peut penser au reproche que Dieu fait dans le livre du prophète Aggée, d’habiter dans des maisons lambrissées (Aggée 1. 4). C’est cela qui comptait. Ce n’était pas le conseil de Dieu, c’était « vos » maisons lambrissées.

Est-ce ce qui compte pour moi aujourd’hui ? Y a-t-il un contraste entre ce que j’affiche, et ce que le Seigneur lit dans mon cœur ? Est-ce ce que c’est d’abord les maisons lambrissées ? Mon désir c’est que chacun de nous ait le désir profond que ce soit d’abord le Seigneur qui règne, et pas les maisons lambrissées.

Les maisons sont là, et il y a des portiers, mais il y a aussi des chantres et il y a des Lévites qui enseignent la Parole.

Est-ce que Néhémie va chercher à faire entrer des gens pour peupler Jérusalem ? Il nous est dit : « Et mon Dieu me mit au cœur de rassembler les nobles et les chefs, et le peuple, pour les enregistrer par généalogies ». Son désir était d’identifier qui avait le droit d’habiter en Israël, qui avait le droit d’entrer dans Jérusalem, et pas d’amener [des gens] – que n’importe qui entre de manière que la ville soit bien occupée. Non, il avait à cœur d’enregistrer par généalogies.

Et remarquez bien, c’est Dieu qui lui mit au cœur, c’est le cœur qui est en action, c’est le travail de Dieu dans son cœur qui effectivement va lui permettre de faire attention, à ce moment-là, devant cet état de choses, à qui peut être rassemblé, et de quelle manière. Et puis, on le voit ensuite, il nous est dit : « je trouvai le registre généalogique de ceux qui étaient montés au commencement, et j’y trouvai écrit ».

Ce mot « trouvai » montre qu’il y a un travail qui a été fait ; ce n’est pas le registre généalogique qui l’a dit, il y a eu une recherche afin de trouver le registre qui pouvait être utilisé, et dans ce registre, il a regardé d’une manière particulière ceux qui étaient montés au commencement avec Zorobabel, avec Jéshua, le type du Seigneur Jésus. Il faut revenir au commencement, à la Parole de Dieu. Comment pouvons-nous enregistrer les choses de Dieu ?

Comment pouvons-nous recevoir quelqu’un effectivement dans la sainte cité – pour nous, dans l’assemblée ? C’est en revenant à ce qui était au commencement, c’est en revenant à la Parole de Dieu, en revenant à Celui qui est monté à la droite de Dieu, au Seigneur Jésus – au type du Seigneur Jésus, c’est-à-dire Zorobabel – qui est Seigneur sur son assemblée, cela a été rappelé, et à Jéshua le souverain sacrificateur qui est aussi un type du Seigneur Jésus.

Il y a un travail qui est effectué, c’est Dieu qui lui a mis au cœur d’enregistrer ceux qui étaient au commencement, et de le faire comme la Parole de Dieu lui disait de le faire. Pour nous, si nous nous trouvons devant une difficulté, nous avons ainsi à rechercher ce qui était au commencement – au commencement de l’assemblée dans la Parole de Dieu – et ainsi discerner si c’est bien selon la Parole, dans le registre généalogique.

« Mon Dieu me mit au cœur ». C’est une touchante expression qui nous rappelle la communion intime avec Dieu de ce fidèle serviteur de Dieu.

Nous savons qu’un jour, David a voulu dénombrer le peuple [de son propre chef], et il en est résulté des conséquences fâcheuses ; mais ce qui est relevé ici, c’est la communion avec Dieu de ce serviteur fidèle.

Nous savons que toute cette liste était déjà mentionnée dans le livre d’Esdras, au chapitre 2. À quelques détails près, on retrouve tous les noms qui étaient donnés dans le livre d’Esdras, de ceux qui retournèrent à Jérusalem, ceux qui avaient été déportés de leur terre pendant soixante-dix ans – ils avaient des champs, ils avaient des maisons, et puis il fallait remonter à Jérusalem pour trouver des ruines.

Mais c’était le lieu que Dieu avait donné à son peuple. C’est touchant de trouver à la fin du chapitre : « les sacrificateurs …, et tout Israël habitèrent dans leur ville » (7. 73). C’était le lieu que Dieu avait donné à son peuple. « Tout Israël » ? – Non, c’était un résidu, mais Dieu voyait là son peuple, parce que c’était là qu’Il le voulait.

Ils étaient la représentation du peuple de Dieu, l’expression du peuple de Dieu. On a lu tous ces noms, et peut-être que certains jeunes se sont dit : Pourquoi se donner tant de peine à relire tous ces noms ? – Eh bien, c’est pour nous montrer l’intérêt que Dieu a porté à ceux qui ont quitté leurs aises pour remonter dans une ville ruinée, et pour y travailler pour la gloire de Dieu.

Il est toujours parlé des « fils de… » : pour les sacrificateurs, les Lévites, les chantres… C’est une continuation du témoignage. Chers jeunes gens, chères jeunes filles, ayez aussi à cœur cette continuation du témoignage qui est précieuse au cœur du Seigneur.

Vos noms ne sont pas écrits dans un livre de généalogie. Bien sûr –  il faut d’abord que vos noms soient écrits dans le livre de vie. Quand les disciples sont revenus vers le Seigneur, ils étaient heureux d’avoir remporté des victoires, d’avoir accompli des miracles ; mais le Seigneur Jésus leur dit : « Réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux » (Luc 10. 20).

On a adressé quelques paroles d’évangile peut-être aujourd’hui. Est-ce que nos noms sont écrits dans le livre de vie ? Il y a un moment solennel à la fin de l’Apocalypse, où des livres sont ouverts, et puis un livre est ouvert, le livre de la vie ; et la preuve est donnée là que si quelqu’un n’y était pas trouvé écrit – c’est extrêmement solennel – il était jeté dans l’étang de feu (Apoc. 20. 15).

Il ne faut pas passer à la légère devant les appels pleins de grâce de l’amour d’un Dieu qui est patient encore aujourd’hui, du Seigneur Jésus qui appelle encore aujourd’hui à la repentance et à la foi en Lui. La première chose, c’est avoir la certitude que nos noms sont écrits dans le livre de vie.

Mais il y a aussi ce fait, que Dieu apprécie ceux qui ont à cœur le témoignage qu’Il a maintenu au travers des siècles. Il s’est toujours maintenu un petit témoignage dans la séparation du mal et du monde, pour que la louange puisse encore monter devant Lui.

Ce qui nous a toujours frappé – on l’avait rappelé une fois ici – c’est que dans les temps les plus solennels que la terre connaîtra, à Jérusalem il y aura un petit témoignage, deux témoins. Et qu’est-ce qu’ils font ? Ils sont vêtus de sacs, mais ils sont à l’autel et ils adorent. Ils mènent deuil sur l’état du peuple, mais ils adorent à l’autel. Et c’est ce qui nous convient encore aujourd’hui : mener deuil sur l’état de la chrétienté, mais en même temps se souvenir de ce qui est dû au Seigneur, ce culte qui Lui est dû.

C’est un encouragement très particulier pour nos chers jeunes gens, pour nos chères jeunes filles, quand on lit ces expressions : « les fils de…, les fils de… ». Et nous savons bien que les sœurs ont toute leur responsabilité devant le Seigneur. Elles sont indispensables dans la vie des familles. Une mère pieuse, une épouse pieuse, c’est le fondement et la bénédiction des familles. Que le Seigneur dans sa grâce veuille vous encourager, chacun de vous.

On entend quelquefois parler de séparation. Ce n’est pas une connotation négative, mais c’est bien le contraire, c’est pour la bénédiction de nos cœurs, c’est pour la jouissance de nos bénédictions, la jouissance du Seigneur Lui-même, pour la gloire du Seigneur.

Que le Seigneur veuille éveiller nos affections pour Lui, pour qu’il puisse y avoir encore à la veille de son retour ce maintien du témoignage qui est précieux au cœur du Seigneur. Ce n’est pas pour rien qu’il y a deux fois dans la Parole, à peu de distance, la liste de tous les noms de ces hommes qui sont retournés à Jérusalem.

En rapport avec la séparation, simplement la lecture d’un verset au chapitre 12 de Néhémie, le verset 30 : « Et les sacrificateurs et les lévites se purifièrent, et ils purifièrent le peuple, et les portes, et la muraille ».

Un mot pour nous encourager à voir le Seigneur Jésus. Nous sommes engagés dans le chemin où le Seigneur a passé devant nous, individuellement et collectivement.

Nous avons lu au verset 4 de Néhémie 7 : « Or la ville était spacieuse et grande, mais le peuple peu nombreux au milieu d’elle ». Il n’est pas simplement dit : « le peuple était peu nombreux », ce qui était sans doute vrai, ce n’était qu’un résidu ; mais il est bien dit : « peu nombreux au milieu d’elle ». Ce qui veut dire que, de ceux qui étaient remontés, la plus grande majorité n’habitait pas dans la ville, ils habitaient dans les campagnes environnantes.

Quelle était la différence entre habiter dans la ville, et habiter dans les campagnes ?

– Simplement, habitant dans les campagnes, ils n’avaient pas besoin de se soumettre à la surveillance des portiers, ils n’étaient pas engagés dans le service de la louange et des Lévites. Ils pouvaient, si on peut employer cette expression, vivre tranquillement pour eux-mêmes.

Et justement n’est-ce pas ce qui nous arrive très souvent, de ne pas avoir à manifester cette énergie de la foi pour être fidèles dans la marche et dans la vie du rassemblement ? Et le bon fonctionnement de l’assemblée – nous pouvons le dire une fois encore – nécessite le bon fonctionnement de chacun des membres du corps.

L’assemblée est souvent comparée dans la Parole à un corps ; et si un des membres ne fonctionne pas, c’est le corps tout entier qui en subit les conséquences. Nous voyons comment la Parole nous encourage à rechercher de manifester cette énergie de la foi, cette vertu qui a déjà été mentionnée dans le verset 5 : « Mon Dieu me mit au cœur ». C’est Dieu qui intervient. Une fois encore, ce n’est que le travail de Dieu qui est efficace et durable.

Et puis cette généalogie nous est présentée. Et on a insisté sur le fait que cela nous paraît souvent fastidieux de lire des généalogies. Et nous savons bien que, si nous la lisons simplement de nos yeux, nous sommes bientôt tentés de nous arrêter dans la lecture. Il faut la lire à haute voix si nous voulons aller au terme de cette lecture.

Et pourtant il y a d’autres passages dans la Parole où nous trouvons des généalogies. Dans le premier livre des Chroniques, pratiquement les neuf premiers chapitres sont des généalogies. Et si Dieu conserve ainsi ces généalogies, s’il y en a autant, c’est qu’elles ont un intérêt pour nous, et que Dieu, à travers ces généalogies, ces listes de noms, veut nous enseigner quelque chose.

Dans les chapitres qui nous les donnent, on a une généalogie assez technique. C’est Dieu qui, dans sa souveraineté, nous montre tous ceux qu’Il connaît, et qu’Il embrasse, et qui sont disponibles pour la bénédiction qu’Il veut sans exception déployer envers chacun. C’est toute la souveraineté de la grâce de Dieu.

Dans le chapitre 2, nous voyons davantage le gouvernement de Dieu, on y trouve ceux que l’Éternel est obligé de frapper fort à cause de leur péché. D’un côté la souveraineté de Dieu, de l’autre côté la responsabilité du croyant qui peut connaître le gouvernement de Dieu. Dans le chapitre 3, on a la généalogie des fils de David, de tous ceux qui découlent de la royauté, et cette généalogie de la royauté ne s’arrête pas à la captivité, mais elle continue après, montrant ainsi que la grâce de Dieu ne se laisse pas arrêter par les défaillances des hommes, mais qu’elle va au-delà et qu’elle surpasse les misères des hommes.

Dans le chapitre 4 on a encore une généalogie qui concerne la royauté, mais avec le côté de la responsabilité ; il y a ceux qui sont les artisans, ceux qui participent au bon fonctionnement de cette généalogie. Et on voit ainsi que, quand Dieu place devant nous une liste de noms, c’est toujours pour nous enseigner. Si Dieu prend soin de noter le nom de chacun dans ces généalogies, c’est pour nous en montrer l’importance.

Avec Dieu tout compte, tout a de l’importance. Dieu note tout, Il sait tout, Il voit tout, Il n’oublie rien, Il nous le montre dans cette généalogie.

Quels enseignements pouvons-nous trouver dans cette généalogie de Néhémie 7 ? Elle nous présente ceux qui peuvent faire connaître leur origine et qui sont appelés, qualifiés, pour vivre au milieu de la ville, dans les maisons bâties, d’une manière qui convienne. Il est important pour nous de nous souvenir de quelle généalogie nous faisons partie, quand nous sommes nés, à qui nous appartenons.

Au Psaume 87 nous avons des pensées similaires : « Et de Sion il sera dit : Celui-ci et celui-là sont nés en elle ; et le Très-haut, lui, l’établira » (Ps. 87. 5). Quand l’Éternel enregistrera les peuples, Il comptera : « celui-ci est né là ». Il nous est dit, au verset 2 : « L’Éternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob ».

Voilà, Sion est l’objet de l’amour de l’Éternel. Et ceux qui peuvent manifester, déclarer, qu’ils sont nés là, que Dieu peut reconnaître comme nés là, ceux-là sont spécialement les objets de l’amour de Dieu. Qu’est-ce qui fait la valeur de Sion ? Il nous est dit ici : « La fondation qu’il a posée est dans les montagnes de sainteté » (v. 1). Ce qui faisait la valeur de Sion aux yeux de Dieu, c’était la fondation, c’était le fondement.

Quel est le parallèle pour nous ? Il faut pouvoir déclarer et goûter que nous sommes enfants de Dieu, que nous appartenons à Dieu et que, appartenant à Dieu, nous appartenons au corps de Christ, que nous sommes les membres du corps de Christ, que nous sommes dans l’assemblée. Et qu’est-ce qui fait la valeur de l’assemblée aux yeux de Dieu ? C’est son fondement, et ce fondement, c’est Celui qui est à la fois le fondement et la Tête ; c’est Christ, la valeur inestimable de l’assemblée de Dieu, pour Dieu Lui-même. Et nous faisons partie de cette assemblée. Nous sommes nés là, nous sommes enfants de Dieu, nous avons ce caractère, cette vie divine.

Et alors, cette vie divine, nous la garderions pour nous ? Essaierions-nous égoïstement presque de l’oublier, de la mettre de côté et ne voudrions-nous pas venir vivre au milieu, avec toutes les responsabilités, toutes les joies et toutes les bénédictions qui s’y rattachent ?

La comparaison de la généalogie [de ce chapitre 7 de Néhémie] avec celle d’Esdras 2 se révèle très intéressante. Je ne veux pas entrer dans le détail, mais conseiller à chacun de le faire.

Quelques remarques nous ont été dites sur l’expression : « fils de…, fils de… » qui parle à chacun. Et il y a aussi d’autres choses intéressantes. Vous verrez, il y a certains noms qui ont été hébraïsés après Esdras. C’étaient des personnes qui sont venues, qui avaient sur elles une trace de Babylone, cela s’était manifesté dans leurs noms. Et pour nous, est-ce que nous manifestons un accroissement dans la vie spirituelle ? Est-ce que nous désirons être de plus en plus ressemblants au Seigneur Jésus, porter les caractères du Seigneur Jésus ?

À la conversion, il reste des traces du monde dans lequel nous vivons, des péchés qui sont là encore et que nous avons à juger. C’est un travail que le Seigneur Jésus fait [en nous]. Est-ce que, en quelque sorte, nous nous sommes hébraïsés ? Ou est-ce que nous avons régressé ?

Si nous regardons au chapitre 7, il y a quelque chose d’intéressant : le nom de Nakhamani a été rajouté (v. 7), et combien il est beau de voir cette personne-là qui s’est certainement engagée pour le Seigneur, mais pas tout de suite, qui s’est engagée pour le Seigneur pour être sur cette liste. Est-ce que, nous aussi, nous nous engageons pour le Seigneur au point d’être rajoutés, si on peut dire, à la liste ?

Il y a d’autres aspects qui sont intéressants : au verset 29, il nous est parlé des hommes de Kiriath-Jéarim ; et si nous regardons en Esdras 2 il est parlé des hommes de Kiriath-Arim – voilà une assemblée, si on peut dire, qui a retrouvé le terrain sur lequel elle devait se trouver. Ils étaient là, ils étaient avec eux, ils étaient dans la généalogie, mais ils avaient perdu une partie de leur nom. Ils étaient devenus Kiriath-Arim, et là ils sont redevenus Kiriath-Jéarim.

Chers amis, est-ce que nous aussi, nous avons évolué, est-ce que nous avons retrouvé une paix dans l’assemblée, une vie spirituelle qui glorifie le Seigneur Jésus ?

Quant à la vérité, nous sommes bien sûr aux pieds du Seigneur Jésus, nous avons certainement la vérité que nous maintenons, à laquelle nous sommes attachés, mais il nous faut progresser – et progresser vers quoi ? – Vers ce que la Parole de Dieu nous enseigne, ce qu’elle désire que nous vivions en pratique, et aussi progresser pour ressembler de plus en plus au Seigneur Jésus, pour que nous puissions attirer les chrétiens : on les reconnaissait parce qu’ils portaient les caractères de Christ.

Au verset 32 : « Les hommes de Béthel et d’Aï ». Dans le livre d’Esdras, ils sont dissociés. N’avons-nous pas là quelque chose qui nous montre une assemblée, des frères qui se sont aidés les uns les autres pour marcher ensemble dans l’unité ?

Ah, qu’il est beau, là aussi, de voir des chrétiens desquels on peut dire : ils sont ensemble. C’est un travail de Dieu, que Dieu a fait et que la Parole nous a conservé.

Si on regarde les chiffres, on voit que dans certains cas le nombre des personnes a diminué, et dans beaucoup de cas il a progressé. Quelle chose merveilleuse là aussi ! S’il y a eu des découragements, s’il y a eu peut-être des personnes qui n’étaient pas dans la généalogie, il y en a eu beaucoup d’autres qui ont été rajoutées, qui ont été amenées ainsi à faire partie de la généalogie. Et cela nous permet de voir la grâce du Seigneur qui travaille dans les cœurs.

Si on regarde le nombre total de personnes, au verset 66 : « Toute la congrégation réunie était de quarante-deux mille trois cent soixante [personnes], sans compter leurs serviteurs et leurs servantes », c’est le même nombre que celui qui est donné en Esdras 2. 64. Pour certains, le nombre a diminué, et pour beaucoup d’autres, il a augmenté. Et cela nous montre la fidélité de Dieu qui a veillé sur les siens.

Il y a aussi quelque chose de merveilleux dans cette généalogie. Il y a sept catégories de personnes : les fils d’Israël, les sacrificateurs, les Lévites, les chantres, les portiers – on comprend tout cela ; et puis il y a les Néthiniens, et les fils des serviteurs de Salomon.

Et cela, c’est la grâce de Dieu car ils n’appartenaient pas, au départ, au peuple de Dieu. Les Néthiniens ce sont des Gabaonites, des gens qui venaient de ces nations qui auraient dû être détruites, et qui ont été conservées au milieu du peuple après l’alliance faite avec eux. Ils étaient venus, réalisant que c’était là qu’était la vérité. Ils sont entrés par la ruse, avec beaucoup de faiblesse, mais chose merveilleuse, ils sont là.

Et puis les serviteurs de Salomon. C’était de ces Cananéens qui avaient été mis sous le joug par Salomon, qui n’avaient pas été détruits, et cela nous parle aussi de la grâce. Et combien de personnes, dans l’assemblée ont été amenées par le Seigneur, parfois dans des circonstances difficiles, arrachées aux ténèbres, et qui font partie ainsi de ceux qui se trouvent autour du Seigneur Jésus dans l’assemblée.

Les hommes du peuple d’Israël, les sacrificateurs, les Lévites, les chantres, les portiers, les Néthiniens, les fils des serviteurs de Salomon : voilà les éléments moraux pour qu’une assemblée soit constituée. La différence, c’est que maintenant, pour le peuple de Dieu, chaque frère, chaque sœur, tous sont des sacrificateurs. Nous sommes un peuple de sacrificateurs.

C’est pourquoi nous avons une place qui nous est réservée avec le Seigneur. Avec ses forces, actuellement, l’assemblée est une sainte sacrificature pour offrir à Dieu des sacrifices de louange. Aujourd’hui on a rappelé en particulier le service des frères dans l’assemblée, on a parlé des portiers, on a parlé aussi des chantres – rappelons que le Seigneur dit : « Au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges » (Héb. 2. 12).

Nous avons le privilège de pouvoir chanter les louanges du Seigneur. Et les sœurs sont bien utiles dans le chant. Que le Seigneur nous encourage à chanter de nos cœurs à Dieu.

Un détail que nous voulons remarquer. Il s’agit des Néthiniens – on vient de nous dire qu’ils étaient donnés. Ils faisaient un service modeste mais précieux au cœur du Seigneur. Qui est-ce qui s’occupe de l’entretien du local ? Qui est-ce qui balaie le local ? Qui est-ce qui va remplacer une maman pour qu’elle puisse venir à la réunion ? Qui est-ce qui va rapporter à quelqu’un qui est malade, quelqu’un qui est âgé, quelque chose qu’il a reçu du Seigneur dans l’assemblée ?

Ce sont des services modestes mais si précieux au cœur du Seigneur que ceux de ces « donnés ». Ces services sont utiles aussi pour la bénédiction et l’harmonie de l’assemblée.

Et en parlant des fils de ces serviteurs de Salomon, il serait intéressant de voir comment ils se tenaient et comment ils étaient vêtus. La reine de Sheba, quand elle a vu la tenue de ces serviteurs avec tout ce qu’elle a vu d’autre, a été remplie d’admiration. Il y a beaucoup d’enseignements dans tous les détails qui nous sont donnés ici concernant la vie de l’assemblée.

Au verset 61, [nous lisons] : « Mais ils ne purent pas montrer leurs maisons de pères et leur descendance, s’ils étaient d’Israël ». Nous avons déjà dit une parole d’invitation pour venir au Seigneur. Et il faut savoir [si on est à Lui]. Et ces gens ne savaient pas s’ils étaient d’Israël. Ils étaient avec Israël.

Si on avait demandé à Judas : Connais-tu le Seigneur ?, il aurait pu répondre : Quelle question ! Je suis son disciple depuis trois ans. Et à la fin il a perdu ce titre puisqu’il a trahi le Seigneur, parce qu’il ne s’est pas décidé pour Lui.

Au fond, son œuvre peut être résumée ainsi : « Et il a aimé la malédiction : qu’elle vienne sur lui ! Et il n’a pas pris plaisir à la bénédiction : qu’elle soit loin de lui ! » (Ps. 109. 17)

Quelqu’un qui ne peut pas dire s’il est d’Israël, ou s’il appartient au Seigneur, est perdu. Il ne suffit pas, pour être sauvé, de venir quelquefois le dimanche, et dans la semaine à la réunion entendre quelque chose. C’est une décision personnelle.

Les gens qui sont mentionnés ici « ne purent pas montrer leurs maisons de pères et leur descendance, s’ils étaient d’Israël ». J’espère que quand le Seigneur viendra, chacun de nous saura qu’il est à Lui.

Verset 62 : « les fils de Delaïa, les fils de Tobija, les fils de Nekoda, six cent quarante-deux ». Et si on regarde en Esdras 2. 60, ils étaient six cent cinquante-deux. Ici il y en a dix de moins. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il y en a dix qui ont trouvé leur généalogie, et combien c’est précieux ! On voit des personnes converties qui ne prennent pas leur place. Et puis on crie au Seigneur pour cela. Et un jour ils s’avancent. On trouve leur généalogie.

Comme ce travail est celui du Seigneur, le travail de Dieu. Et quel bonheur de voir cette âme s’avancer. On en a connu. Et que le Seigneur veuille faire que beaucoup d’âmes, qui tardent à prendre leur place à la table du Seigneur, s’avancent et montrent effectivement qu’elles font bien partie de cette généalogie, qu’elles appartiennent au Seigneur Jésus qui désire qu’on Le reconnaisse comme Seigneur.

Il y a un autre point qui nous est dit un peu plus loin, aux versets 64 et 65 : « Ceux-ci cherchèrent leur inscription généalogique, mais elle ne se trouva pas ; et ils furent exclus, comme profanes, de la sacrificature. Et le Thirshatha leur dit qu’ils ne devaient point manger des choses très saintes, jusqu’à ce que fût suscité le sacrificateur avec les urim et les thummim ».

On peut se pencher là-dessus en rapport avec la prophétie en ce qui concerne le peuple d’Israël, mais il y en a une, aussi, et c’est la même que celle où il nous est dit qu’il ne fallait ouvrir les portes que quand le soleil était chaud ; et à un moment donné, on ne sait pas. Peut-il participer, ou pas, on ne sait pas.

Alors il faut se tourner vers « le sacrificateur avec les urim et les thummim ». C’est le Seigneur Jésus. Et je dirai que dans chaque cas il faut se tourner vers Lui. C’est Lui qui va montrer si effectivement cette personne appartient bien au peuple de Dieu, si elle en fait partie. C’est Lui qui va nous montrer, c’est vers Lui qu’il faut se tourner, on le voit là dans le cas de ceux qui ne trouvaient pas leur généalogie, mais je crois que c’est dans chaque cas que nous pouvons rechercher auprès du Seigneur pour qu’Il nous montre ainsi quand le soleil est chaud, qui appartient à son peuple et peut ainsi participer.

Dans la seconde épître à Timothée, nous avons ce verset souvent cité : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » (2 Tim. 2. 19). Qui est-ce qui sait ceux qui sont au Seigneur et ceux qui ne le sont pas ? Le Seigneur le sait, c’est Lui qui a la lumière sur toutes choses. Que de fois nous avons tendance à juger, à penser : Eh bien voilà, ce jeune homme, cette jeune fille demande à prendre sa place. C’est une famille que nous aimons bien – et on ne va pas chercher plus loin.

Que le Seigneur nous garde de cela mais, qu’au contraire, chaque fois qu’il y a une demande d’admission, que ce soit un exercice de toute l’assemblée pour demander au Seigneur sa pensée, si cette personne est bien à Lui, elle sera admise. Parce que, qui est-ce qui reçoit à la table ? Ce n’est pas nous. Si c’est nous qui recevons à la table, ce n’est plus la table du Seigneur. C’est le Seigneur qui reçoit.

Et nous avons à Lui demander sa pensée. Que de fois nous avons pensé nous sortir d’affaire en nous fiant à notre propre jugement. Quand il y a une demande d’admission, que le Seigneur fasse que chacun se mette devant Dieu pour Lui poser la question. Un de nos bien-aimés devanciers pouvait dire : Peut-être que nous avons laissé entrer dans l’assemblée des gens qui sont maintenant en communion et qui ne sont pas convertis.

Je me souviens, quand j’étais jeune, d’une sœur qui m’a raconté qu’elle avait été recrutée pour être monitrice dans un camp biblique. C’était une famille très sérieuse, une famille chrétienne. Et elle m’a raconté que les enfants avaient expliqué comment il fallait être pour être sauvé. Et elle m’a dit : Et moi, je n’étais pas sauvée. Et c’est par la suite qu’elle a donné son cœur au Seigneur. C’est extrêmement solennel.

Nous devons être sûrs que nous sommes au Seigneur. Si nous avons un doute, si Satan arrive à jeter le doute dans le cœur d’un jeune converti, eh bien, qu’il en parle au Seigneur. C’est là, avec le Seigneur, qu’il aura les assurances – et pas dans nos raisonnements. Et quant à nous, nous sommes responsables de le reconnaître aussi, nous sommes responsables de grandir pour le Seigneur.

Ce que nous venons d’entendre est bien solennel. Un frère posait une fois une question au sujet d’un jeune. Un autre frère lui a dit : « S’il est converti ? – Il est en communion ». Le premier a répondu : « Je ne vous demande pas s’il est en communion, je vous demande s’il est converti ».

Il ne faut pas que cela trouble les jeunes, parce que, dans la jeunesse, il est normal de passer par ces luttes de l’affranchissement. Et il arrive – vous le savez bien – que, lorsque nous sommes jeunes convertis, nous sommes pleins d’ardeur pour le Seigneur, c’est normal. Mais après, on découvre qu’on a les mêmes pensées [qu’avant], on découvre ce que sont nos pauvres cœurs, et c’est là que la lutte commence.

On voudrait qu’après avoir connu cette merveilleuse délivrance, on arrête de regarder à nous-mêmes, qu’on regarde simplement au Seigneur. Parce que dans ces luttes, il est vrai qu’elles nous amènent quelquefois à douter de notre propre salut, parce que l’ennemi nous guette et il dit : Tu es chrétien ? [Tu appartiens] au Seigneur ? C’est magnifique ! Et il vient nous troubler. Alors vous connaissez cela peut-être, et c’est normal. On dit cela pour que les jeunes ne soient pas découragés.

C’est normal et bien nécessaire de passer par ces luttes de l’affranchissement ; de découvrir cette liberté, cette certitude, quand on cesse de regarder à nous-mêmes et qu’on regarde à Christ. Christ, c’est Toi la vie, c’est Toi la perfection, c’est Toi l’amour, c’est Toi la bonté.

Alors, si Lui est tout cela, est-ce que je pourrai être plus exigeant que Dieu, quand Dieu est pleinement satisfait de Christ ? C’est là qu’on saisit cette délivrance merveilleuse. Cela ne veut pas dire que dans la suite on ne peut pas avoir des luttes, que nous nous conduisions légèrement, ou que, à la fin de la vie, avec la faiblesse de nos corps, l’ennemi qui est tellement cruel peut encore instiller le doute.

Que le Seigneur nous accorde de regarder simplement à Lui, avec foi, pour découvrir cette vie que nous possédons, parce que celui qui croit au Fils a la vie éternelle. On le chante dans un cantique, sa vie est notre vie, et pour l’éternité. Si nous avons mis notre confiance dans le Seigneur Jésus, c’est pour l’éternité.

Une petite remarque concernant les versets 66 à 69. On a tout d’abord le nombre complet de la congrégation ; puis nous trouvons que les serviteurs et les servantes ne sont pas comptés ; puis : « et parmi eux, il y avait deux cent quarante-cinq chanteurs et chanteuses ». Jusqu’ici, nous n’avons pas trouvé ces personnes, « les chanteurs et chanteuses ».

Nous avons bien trouvé les chantres, mais les fils d’Asaph n’étaient pas ce nombre-là, ils étaient moins nombreux. Et après cela, il y a une mention qui nous étonne peut-être : il est fait mention de chevaux, de mulets, de chameaux et d’ânes. Pourquoi tout cela est-il compté ?

Et puis après, on trouve ce que les uns et les autres ont donné pour le service de la maison de l’Éternel, pour la ville. Il me semble que Dieu veut aussi nous montrer les priorités. Il y a d’abord tout le peuple qui est montré, et puis ensuite il y a les chanteurs et les chanteuses – il y a quelques jours un jeune me demandait : Qu’est-ce qui est le plus important pour nous chrétiens ? Est-ce donc de prêcher l’évangile ?

Non. Bien sûr, c’est un devoir que nous avons, dont nous nous occupons volontiers, n’est-ce pas ? Prêcher l’évangile, amener des âmes à Dieu. Mais il semble bien que le service pour Dieu, le service de la louange, le service de l’adoration, c’est ce qui est la première chose que Dieu attend, que Dieu aime. Il cherche des fils qui L’adorent en esprit et en vérité. Le Seigneur Jésus le dit dans le Nouveau Testament, c’est pour cela que le Père veut les amener à Christ, pour avoir des adorateurs.

Toutes ces choses, les chevaux, les ânes, etc., cela passe en deuxième position. La première chose à faire, c’est de chanter la louange de l’Éternel, la louange de Dieu. Et ce qui est très beau ici dans cette expression, chanteurs et chanteuses, c’est que jusqu’ici nous n’avons pas trouvé d’expression qui nous parle des femmes, n’est-ce pas ? Ici les chanteurs et les chanteuses sont mentionnés ensemble pour la louange, pour l’adoration de Dieu.

Les minorités, les services, les noms, sont mentionnés chacun à sa place et c’est important. Mais le plus important semble être de chanter la louange de l’Éternel. Voilà ce qu’Il attend. Et quand tout est dit, à la fin, on a : « Ils habitèrent dans leur ville ». Et avant cela, différentes catégories de personnes sont mentionnées, les sacrificateurs en premier lieu (encore une fois cette pensée), en deuxième lieu les Lévites, « et les portiers, et les chantres » – c’est-à-dire ceux qui enseignent le chant, pas simplement les chanteurs et les chanteuses, « et ceux du peuple, et les Néthiniens, et tout Israël, habitèrent dans leur ville ».

Ce sont donc ceux-là qui ont la responsabilité, qui doivent habiter là selon les priorités de Dieu qu’Il nous montre aussi dans un tel paragraphe. Soyons des sacrificateurs qui connaissent le cœur du Seigneur, le cœur de Dieu, pour apporter la louange et l’adoration. Pour l’adoration, il faut connaître notre Seigneur ; il faut connaître notre Dieu et Père pour pouvoir vraiment entrer dans ses pensées intimes qui Lui plaisent, concernant le Seigneur Jésus.

Études près de Pau Année 2011

DÉCOURAGEMENT

« Mon âme, de tristesse, se fond en larmes ; affermis-moi selon ta parole » Psaume 119. 28.

« Pourquoi es-tu abattue, mon âme ? Et pourquoi es-tu agitée au-dedans de moi ? Attends-toi à Dieu » Psaume 42. 11.

Dans la vie d’un chrétien, il peut parfois y avoir des périodes de tristesse et de découragement. Comment surmonter ces moments dans lesquels la joie disparaît et où le désir de vivre peut même se dissiper ?

La Bible nous montre quelques exemples d’hommes de Dieu qui ont connu des moments difficiles de dépression. Job, terriblement éprouvé, a désiré ne jamais être venu au monde (Job 3. 11). Le roi David, après avoir commis une faute grave, a prié Dieu, lui demandant de lui rendre la joie du salut (Ps. 51. 12). Le prophète Élie a été consolé par les paroles de Dieu, et a ensuite reçu de l’aide de la part d’Élisée, envoyé par Dieu (1 Rois 19. 12 à 21).

Nous avons tous besoin du secours divin. Ne nous focalisons pas sur nous-mêmes ; si nous connaissons le Seigneur, tournons-nous vers Lui. Il a dit à l’apôtre Paul, découragé : « Ma grâce te suffit ! » (2 Cor. 12. 9 et 10). Dieu nous encourage aussi par nos relations avec des amis ou d’autres personnes auxquelles nous pouvons parler de nos souffrances. Écoutons-les.

D’après « Il buon seme » – mai 2024

DE GRANDES ESPÉRANCES ?

« Et toi, tu chercherais pour toi de grandes choses ? Ne les cherche pas » Jérémie 45. 5.

Ces paroles ont été adressées par le prophète Jérémie à Baruc, qui était un homme fidèle à Dieu. Il avait aidé Jérémie lorsque ses pairs s’étaient opposés à lui. Baruc avait aussi écrit les paroles du prophète sur un rouleau. Mais le roi avait rejeté ces communications divines et avait brûlé le rouleau. Une telle opposition avait profondément frappé Baruc. Découragé, il s’était exclamé : « Malheur à moi ! car l’Éternel a ajouté le chagrin à ma douleur » (Jér. 45. 3).

Sommes-nous aussi découragés et déçus ? Pourquoi en serait-il ainsi ? C’est peut-être parce que nous nous attendions à mieux. Peut-être que nous avions attendu de grandes choses pour nous-mêmes. Comme croyants, nous ne recherchons pas, en général, quelque gloire dans ce monde sans Dieu. Mais peut-être que nous avons le secret désir de devenir grands au milieu des enfants de Dieu…

Les disciples étaient tombés dans ce piège : ils se demandaient lequel serait le plus grand parmi eux. Afin de leur donner une leçon, le Seigneur Jésus fait venir un petit enfant auprès de Lui et déclare : « Celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est lui qui est grand » (Luc 9. 46 à 48).

Mais ils ont vite oublié cette leçon. Peu après, une autre contestation s’élève entre eux pour savoir lequel parmi eux serait estimé le plus grand (22. 24). Cette fois, le Seigneur Jésus rappelle aux disciples son humilité : Quiconque veut le suivre, doit servir humblement les autres, comme Lui, le Maître, leur en a donné l’exemple (Luc 22. 24 à 27).

D’après « The Good Seed » – mai 2024

TRADUCTION DE FEUILLETS (92)

« Avant qu’ils crient, je répondrai, et pendant qu’ils parlent, j’exaucerai » Ésaïe 65. 24.

VOIR L’INTERVENTION DE DIEU CHAQUE JOUR

Dans la précipitation, je me mets en route pour une longue distance. Peu après, je m’aperçois que j’ai oublié le calendrier évangélique que je voulais donner. Je ne peux pas retourner chez moi, et la librairie chrétienne est déjà fermée. Comment puis-je maintenant me procurer ce calendrier ? Je pourrais peut-être rencontrer le frère X., de notre ville, qui doit avoir des calendriers dans sa voiture. Mais dans une ville d’un million d’habitants, une telle rencontre est presque exclue.

Si le Seigneur le veut, Il peut faire en sorte que je rencontre cet ami. Ce n’est pas une prière, mais une pensée qui me traverse l’esprit.

Il faut que je reprenne de l’essence. L’entrée chez mon pompiste habituel est bloquée par un immense camion. Je poursuis donc jusqu’au pompiste suivant. Au moment de payer, je croise le frère X. Il est en chemin pour aller visiter un hôpital, et doit aussi faire le plein d’essence.

Naturellement, cet ami a des calendriers évangéliques dans son coffre – par hasard ?

Que mon problème soit résolu, parce que deux chrétiens, au même moment, se rencontrent à un poste d’essence d’une ville d’un million d’habitants, et qu’il puisse m’aider – cela n’est certainement pas un hasard !

Est-ce que nous comptons vraiment sur la bonté de Dieu qui veut nous conduire aussi dans notre vie de tous les jours ? Prions donc chaque jour, de manière concrète, pour être dirigés par Lui. Alors nous ferons l’expérience que nous avons un grand Dieu, qui prend soin de nous, même dans les plus petites choses.

D’après der Herr ist nahe novembre 2024

« Mes adversaires m’outragent comme un brisement dans mes os quand ils me disant tout le jour : Où est ton Dieu ? » Psaume 42. 10.

MON DIEU, MONTRE-TOI !

Lors de tremblements de terre, d’éruptions volcaniques, d’inondations, ainsi que de malheurs ou de catastrophes personnelles, on entend souvent la question : Et où est Dieu ? – parfois comme une expression de moquerie ou de colère face à sa propre impuissance, mais parfois aussi comme un véritable cri de détresse.

La question « Où est Dieu ? » n’est pas nouvelle. Au Moyen Âge, lorsqu’il y avait une menace de peste, on sonnait ce qu’on appelait les cloches de la peste. L’une de ces cloches spéciales porte l’inscription impressionnante : Mon Dieu, montre-toi ! D’une part, c’est un cri d’urgence devant une catastrophe devant laquelle on est impuissant, mais d’autre part, il exprime la confiance en Dieu : seul Dieu peut aider.

Dans le Psaume 42, on se moque de l’auteur, on le tourmente et on lui jette au visage : « Où est ton Dieu ? », comment réagit Celui à qui l’on s’adresse ? Le fidèle rappelle ses expériences avec son Dieu et s’exhorte : « Attends-toi à Dieu » (v. 10 et 11) Le croyant est certain que son Dieu a tout en main et que rien ne lui échappera. Bien qu’il attende toujours que Dieu intervienne dans sa situation difficile et lui montre une issue, il est toujours certain qu’il continuera à louer et glorifier Dieu.

Mais il ne peut faire confiance à Dieu de cette façon que parce que Dieu est vraiment son Dieu, parce qu’il a un lien personnel de confiance avec Lui. C’est pourquoi il Lui laisse la manière de le secourir, parce que son Dieu sait mieux. Il sait qu’il est en sécurité auprès du « Dieu de sa vie » (v. 8).

Ainsi, quiconque entretient une relation de foi avec le Dieu de la Bible, Le connaît, Lui fait confiance tout au long de sa vie – même s’il ne comprend pas toujours immédiatement Dieu et ses voies.

D’après die gute Saat novembre 2024

« Comme un père a compassion de ses fils, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent » Psaume 103. 13.

RETOUR À LA MAISON

Les nationaux-socialistes avaient tué son père parce qu’il était en contact avec la résistance ; son mari s’était caché en Italie. Elle-même avait été emmenée dans un camp de concentration près de Dantzig. Ses deux garçons, âgés de 3 et 2 ans, lui avaient été enlevés et avaient reçu d’autres noms. Un an plus tard, en septembre 1945, elle part à leur recherche. Sont-ils encore en vie ? Où sont-ils ? La reconnaîtront-ils tous les deux ?

Finalement, elle découvre deux frères dans un foyer pour enfants en Autriche. Elle et son mari y vont. On leur amène les deux garçons qui les regardent mais ne disent pas un mot. Puis l’aîné court et pose les pieds sur les chaussures de son mari, s’accrochant à son pantalon – comme il le faisait toujours auparavant. Mais le plus petit court vers elle, monte sur ses genoux et reste longtemps assis sans dire un mot. La famille est réunie.

Aujourd’hui encore, des enfants grandissent sans père ni mère : dans les zones de guerre, dans les pays où les gens sont persécutés, à travers le monde. Quels souvenirs gardent-ils d’une maison ? Qu’imaginent-ils être un père ou une mère ? Et quelle image ont-ils de Dieu qui veut être pour eux un Père ?

Ce sont précisément ces enfants que Dieu invite à connaître son amour. La Bible dit : « Comme un père a compassion de ses fils, l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent » (Ps. 103. 13) et : « Si donc vous, qui êtes méchants, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! » (Mat. 7. 11). Quiconque croit en Jésus-Christ sait que « Le Père lui-même vous aime » (Jean 16. 27).

D’après die gute Saat novembre 2024

« De sa plénitude, en effet, nous tous nous avons reçu et grâce sur grâce » Jean 1. 16.

(Le Seigneur dit) : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » 2 Corinthiens 12. 9.

« Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis » 1 Corinthiens 15. 10.

LA GRÂCE SURPASSE TOUT

Seigneur, quand les problèmes de ma vie prennent le dessus et que ma confiance en Toi est mise à l’épreuve, quand je crois que Tu ne réponds pas à mes prières, Tu me rappelles que Ta grâce me suffit.

Quand je deviens arrogant et que j’oublie que je ne peux rien faire sans Toi, Tu me rappelles que j’ai besoin de ta grâce.

Quand je me sens dépassé et que je perds courage, quand j’atteins mes limites – même alors Tu me rappelles Ta grâce.

Quand je réussis et que je me sens fort ; quand je suis fier de ce que j’ai accompli, Tu me rappelles que cela n’est qu’à mon détriment, car cela fait obstacle au développement de Ta puissance.

Quand la maladie, la tristesse ou la souffrance me frappe – lorsque je suis déprimé ou plein d’anxiété, Tu me rappelles encore une fois que Tu m’entoures de ta grâce.

Quand je vais bien et que je prends cela pour acquis ; quand j’oublie que tout don vient uniquement de Toi, Tu me rappelles que je dois tout aux soins de Ta grâce.

Quand je m’éloigne de Toi et que mes péchés m’accablent, Ta grâce est là pour me pardonner, me relever et me ramener à Toi.

Merci, Seigneur, car pour pouvoir m’accorder cette grâce incommensurable, Tu as donné Ta vie sur la croix du Calvaire !

D’après die gute Saat novembre 2024

« Ne crains point, car je t’ai racheté ; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » Ésaïe 43. 1.

SE RECONNAÎTRE

Elle sort de la maison, les épaules affaissées. Elle porte les deux lourds sacs-poubelles dans lesquels elle a collecté les déchets du bureau. Fatiguée, elle se dirige vers le conteneur pour s’en débarrasser. En chemin vers mon lieu de travail, je peux bien observer cette femme. En la dépassant, je la salue chaleureusement et lui dis : « Bonjour ! » Puis quelque chose d’étrange se produit. La femme, qui venait de se pencher, s’avance en traînant le pas, se redresse et ses yeux s’illuminent lorsqu’elle me salue en retour.

Quelques jours plus tard, nous nous retrouvons. Je la salue à nouveau amicalement et j’ajoute : Je vous souhaite une bonne journée ! Elle me sourit avec reconnaissance et répond dans un allemand approximatif : Bonjour, bonne journée. Désormais, ce petit rituel se répète chaque fois que nous nous rencontrons. J’ai maintenant appris son nom et elle est heureuse quand je l’appelle par son nom. Désormais, je ne rencontre plus une femme aux épaules affaissées. Au lieu d’attendre que je lui dise bonjour, elle me salue joyeusement de loin. Parfois, j’ai même l’impression de l’entendre chanter.

Je ne sais pas si son changement est simplement dû à mon salut. Mais cela me rappelle que de petites choses qui semblent évidentes peuvent faire une grande différence. « Bonjour » – un mot, deux syllabes et un nom. Cela ne demande aucun effort, mais cela montre à l’autre personne que je la remarque et qu’elle est importante pour moi. Être amical dans les relations les uns avec les autres a souvent un grand impact ! Pour cette femme, c’est comme un rayon de lumière dans sa situation déprimante – que quelqu’un la remarque, connaisse son nom et soit heureux de la voir.

Comme cela est plus merveilleux, que le Dieu éternel nous connaisse, vous et moi, par notre nom ! Il n’y a personne sur la terre à qui Dieu ne prête pas attention et à qui Il ne porte pas intérêt, pour lui révéler son amour et son salut par la foi en son Fils Jésus Christ.

D’après die gute Saat novembre 2024

« Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » Jean 11. 25.

ÊTRE ASSURÉ DE LA RÉSURRECTION APRÈS LA MORT

Quand j’étais jeune, nous vivions à la campagne. Nous avions un beau jardin, avec un ruisseau au bord du jardin. Un jour, un garçon et une fille sont passés de l’autre côté. Je vis la petite fille arracher des touffes de cresson avec leurs racines et les tremper dans l’eau, et je l’entendis qui disait : elles vont ressusciter et commencer à pousser. – Quoi ! s’exclama le garçon en secouant la tête. Pense donc, quand on est mort, on va revenir à la vie ?

Cette petite conversation m’a interpellé. J’avais été élevé par des parents chrétiens et je trouvais presque incroyable qu’un garçon de huit ou neuf ans n’ait, apparemment, jamais entendu le message chrétien de la résurrection.

Maintenant je ne m’en étonne plus. Malheureusement, de nombreuses personnes ne connaissent pas la Bible. Elles ne connaissent pas le récit de la résurrection de Jésus Christ, ou sa déclaration, que tous les morts ressusciteront.

Et pourtant, tôt ou tard, tous seront confrontés à cette question : Quand je serai mort, est-ce que je ressusciterai ? Dieu Lui-même, et Lui seul, peut donner une réponse valable à cette question, dans sa Parole.

Et la Bible affirme clairement que tous ceux qui sont morts ressusciteront – soit en « résurrection de vie », soit en « résurrection de jugement » (Jean 5. 28 et 29). Jésus Christ est Celui par qui la résurrection est devenue un fait historique. La résurrection est en même temps l’heure de vérité quant à la vie de chacun de nous.

Est-ce peut-être pour cela que tellement de gens ne s’arrêtent pas sur cette question ?

D’après the good Seed novembre 2024

« Ainsi donc, sortons vers lui, hors du camp, portant son opprobre » Hébreux 13. 13.

LE CONTRASTE ENTRE JUDAÏSME ET CHRISTIANISME

Ce passage ne se réfère pas à Moïse, mais à Christ qui « a souffert hors de la porte » (Héb. 13. 12). Les croyants doivent s’identifier avec Christ dans son rejet. Ils doivent voir que le christianisme est le passage complet de ce qui est charnel et religieusement mondain – comme c’était le cas pour le Judaïsme – à ce qui est purement spirituel et céleste. La croix a été la fin du système religieux sur la terre, convenant à l’homme dans la chair – aussi bien que la fin de nos péchés – et maintenant, comme chrétiens, nous possédons ce qui est entièrement nouveau et éternel.

Avons-nous compris, et gardons-nous en mémoire le contraste entre le Christianisme et le Judaïsme, et l’exhortation à sortir « vers lui, hors du camp ». Nous détachons-nous clairement de ce qui fait appel, comme religion, à la vue et aux sens, en nous attachant à notre position parfaite en Christ, et au caractère purement spirituel et céleste du christianisme ?

Avons-nous été enseignés de Dieu, et avons-nous gardé en mémoire que ce n’est que lorsque Christ est reproduit en nous qu’il y a quelque fruit pour Dieu ? Sommes-nous continuellement conscients que, porter du fruit, c’est reproduire Christ, dans l’obéissance et la dépendance, dans la douceur et l’humilité, dans l’amour et la patience, dans le support et la persévérance ?

D’après the Lord is near décembre 1986

« Non seulement cela, mais nous nous glorifions aussi dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience, la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance » Romains 5. 3 et 4.

RECONNAÎTRE ET ACCEPTER LA DISCIPLINE DE LA PART DE DIEU

Tribulation, épreuves, déceptions, chagrins – ces choses portent un coup mortel à la tranquillité et au relâchement du pécheur, mais ce sont les choses même que Dieu, maintenant, prend en main et dont Il se sert pour faire prospérer son œuvre dans l’âme de tous ceux qu’Il a justifiés. Ainsi, le croyant, au lieu d’être ému et découragé par ces choses, peut se glorifier en elles, « sachant que la tribulation produit la patience, la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance ».

La patience est cette attitude de soumission et de renoncement à notre propre volonté vis-à-vis de Dieu dans ses actes providentiels quand nous sommes dans des circonstances qui sont déplaisantes pour l’homme naturel. Elle parle ainsi : Lui sait mieux, et Il ne se trompe pas. Il a choisi mes circonstances, Il m’a guidé par sa sagesse infinie, et m’a fortifié par son amour immuable. Mais quelqu’un pourra dire : Oui, c’est très bien si c’est Dieu qui envoie l’épreuve, mais qu’en est-il si c’est le diable ou des hommes méchants qui en sont la cause ? Nous répondons : Cela ne fait aucune différence car, ce que Dieu n’empêche pas, Il le permet, et si, dans sa sagesse et son amour, Il voit qu’il convient de le permettre, c’est toujours pour notre bien. C’est exactement ce que nous voyons dans le cas de Job.

Quoi que ce soit que Dieu permette, Il le permet pour notre bien, afin que, au travers de l’épreuve, nous puissions gagner une riche bénédiction pour notre âme, une expérience plus profonde de son amour qui nous soutient – et apprécier toujours plus notre espérance de la gloire. Et de plus, chaque épreuve est aussi une occasion pour exercer la fidélité, la patience – et la confiance en Lui, qui a toujours sa récompense.

D’après the Lord is near décembre 1986

« C’est nous qui sommes la circoncision, nous qui rendons culte par l’Esprit de Dieu, qui nous glorifions dans le Christ Jésus et qui n’avons pas confiance dans la chair » Philippiens 3. 3.

QUE SIGNIFIE LA CIRCONCISION POUR LE CHRÉTIEN ?

On dit souvent, et avec raison, que le diable ne se soucie pas de vous, que vous vous vantiez ou que vous vous grondiez, aussi longtemps que vous êtes occupé de vous-même. Car vous devez savoir que vous ne pouvez jamais être plus grand ni vous élever plus haut que ce dont vous êtes occupé ; et aussi longtemps que votre moi remplit votre regard, Christ est éclipsé.

Si vous avez dit qu’il n’y a rien de bon dans la chair, vous avez dit tout ce qu’il est nécessaire de dire. Vous avez maintenant le droit et le privilège de vous en détourner vers Celui qui est bon, pleinement et pour toujours – et d’être occupé de Lui.

Quand un vote de non-confiance est passé et appliqué, à la Chambre des Communes, en Angleterre, le gouvernement tombe, et un nouveau ministère le remplace. C’est ce que vous devez faire : passer un vote de non-confiance dans la chair. Comment faire cela ? Cessez de l’encourager. Détournez-vous-en et tournez-vous vers le Seigneur, et laissez le Saint Esprit de Dieu prendre les rênes et vous guider désormais. Vous ne pouvez pas demander quelque chose à une personne en qui vous n’avez pas confiance ; vous ne lui communiqueriez pas vos secrets, et ne lui permettriez encore moins de diriger et contrôler votre vie ; et pourtant, n’est-ce pas ainsi que vous avez traité la chair ? – D’où l’échec et l’esclavage. Prenez donc l’épée à deux tranchants de la vérité de Dieu quant à cette indignité, et plongez-la jusqu’à la garde – jusqu’au cœur. Finissez-en avec la chair – n’ayez plus de relations avec elle – et marchez désormais dans l’heureuse liberté de l’Esprit, vous occupant de Christ.

Il sera alors visible que vous êtes arrivé à la conclusion de Dieu quant à cette question, et que vous serez fidèle au sens de votre circoncision.

D’après the Lord is near décembre 1986 (J.T. Mawson)

« Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; et les choses révélées sont à nous et à nos fils, à toujours, afin que nous pratiquions toutes les paroles de cette loi » Deutéronome 29. 29.

LE DEVOIR DES CHRÉTIENS : MONTRER, PAR NOTRE MARCHE ET NOS PAROLES, LA GRANDEUR DE DIEU

La création est l’œuvre visible de Dieu. L’homme peut s’y plonger et l’observer avec de puissants télescopes, microscopes, et autres instruments. Plus il fait cela, plus il doit se rendre compte que sa grandeur infinie va bien au-delà de la capacité de l’homme à l’expliquer. S’il est honnête, il admettra qu’il y a des limites à la compréhension qu’il a, aussi bien de l’ampleur que de la minutie de la création. Après avoir dépensé des milliards de dollars pour la recherche, l’homme est encore incapable de comprendre le mystère de la vie.

Ni télescope ni microscope ne peuvent découvrir ce qui est dans le cœur de Dieu. C’est un mystère qui ne peut pas être connu à moins que Dieu ne décide de le révéler. Mais à la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, et à la Pentecôte le Saint Esprit est venu du ciel pour demeurer dans ceux qui avaient cru au Fis de Dieu. Le Fils de Dieu et le Saint Esprit nous ont tous deux révélé des mystères extraordinaires. Le Fils a révélé le Père et son cœur d’amour infini. Le Saint Esprit, par les apôtres et leurs écrits, nous a fait connaître que tous ceux qui ont cru l’évangile sont maintenant des membres du corps de Christ, pendant que Christ est maintenant au ciel comme Chef (comme Tête) de ce corps. C’est une révélation tellement grande que même les anges s’en étonnent. Ils apprennent maintenant, dans l’Église, à connaître la sagesse si variée de Dieu.

Notre responsabilité, c’est de témoigner, et d’affirmer ce mystère par nos paroles, notre marche, et par la position que nous prenons dans ce monde, en nous séparant de tout ce qui est faux et ne vient pas de Dieu.

D’après the Lord is near décembre 1986

« En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » Juges 21. 25.

LA VOLONTÉ PROPRE ET L’INSOUMISSION DES INDIVIDUS AMÈNE LA RUINE D’UN PAYS

Dès le début du livre de Ruth, nous apprenons qu’il traite d’événements qui se produisirent « dans les jours où les juges jugeaient ». Dans le dernier verset du livre précédent, Juges, nous apprenons que le temps des Juges était caractérisé par deux choses. D’une part, « il n’y avait pas de roi en Israël », et d’autre part, « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux ».

La condition d’un pays qui a rejeté le principe d’autorité, ce qui entraîne forcément un peuple sans un chef qui le dirige ou une autorité qui le gouverne – sa condition est bien sérieuse. Là où c’est le cas, il s’ensuit que tout homme fait ce qui est bon à ses yeux, et par suite rien n’est fait comme cela doit être fait.

La perte de la royauté implique la montée de la démocratie, ce qui conduit au règne de la propre-volonté – de l’anarchie – à la suppression de toute retenue, et l’indulgence pour tout genre de licence.

Le peuple de Dieu était réduit à une telle condition au temps des Juges. Hélas ! Sous bien des aspects cette basse condition trouve sa contrepartie dans le monde de nos jours, et au milieu des chrétiens de nom. Les mêmes principes sont à l’œuvre et produisent les mêmes résultats. La propre-volonté de l’homme, qui ne supporte aucune retenue, rejette de plus en plus l’autorité. La royauté s’efface devant la volonté du peuple – chaque personne cherchant à faire ce qui est juste à ses propres yeux. Les conséquences inévitables de la démocratie sapent l’autorité dans tous les domaines de la vie. Le peuple cherche à régner à la place du roi et de ses représentants ; les hommes cherchent à régner à la place des maîtres, et les enfants à la place de leurs parents. Le résultat, c’est que tout le système du monde est démoralisé et tombe rapidement dans la ruine et le chaos.

D’après the Lord is near décembre 1986

« Le matin, comme il retournait à la ville, il eut faim. Voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; et il n’y trouva rien que des feuilles » Matthieu 21. 18 et 19.

L’HOMME, DANS SON ÉTAT NATUREL, NE PEUT PAS PRODUIRE DE FRUIT POUR DIEU

Accomplissant des prophéties de l’Ancien Testament, le Seigneur Jésus était entré le jour précédent comme un roi venant dans sa capitale. Il avait été acclamé et salué par les foules enthousiastes. Cependant, quand Il regardait à la cité bien-aimée depuis le Mont des Oliviers, Il prévoyait son sort terrible. Il emploie maintenant cet incident du figuier stérile pour chercher à éclairer ses disciples à cet égard.

Il les enseigne aussi par ce signe. Le figuier semblait prometteur, mais était absolument sans fruit. Il est vain de s’attendre à un fruit spirituel venant de la nature humaine. Celle-ci peut produire des feuilles et peut-être des fleurs, mais jamais de fruit pour le cœur de Dieu. Les habitants de Jérusalem avaient manifesté leur enthousiasme par leurs acclamations, mais il n’y avait pas de véritable fruit de l’Esprit manifesté en cela.

Quelle est alors la différence entre du fruit authentique de l’Esprit, et de simples feuilles ? C’est ceci : la simple profession peut bien produire des feuilles, impressionnantes pour l’homme. La foi véritable, cependant, produira des feuilles et aussi du fruit, acceptable pour Dieu et en bénédiction pour l’homme.

La faim du Seigneur fut déçue ce jour-là par le figuier stérile. Mais Il attend le jour de sa puissance, quand ses souhaits seront satisfaits. Il jouira alors du fruit du figuier – Israël – quand Il régnera en justice comme le vrai Fils de David.

D’après the Lord is near décembre 1986

« Il y avait une petite ville, et peu d’hommes dedans ; et un grand roi vint contre elle, et l’investit, et bâtit contre elle de grandes terrasses ; or il s’y trouva un homme pauvre et sage, qui délivra la ville par sa sagesse ; mais personne ne se souvint de cet homme pauvre » Ecclésiaste 9. 14 et 15.

L’ESTIMATION DE DIEU N’EST PAS CELLE DE L’HOMME

Que nos pensées naturelles sont perverties ! Si un homme jouissant d’un grand honneur et de dignité concevait un plan sage pour délivrer sa ville d’une terrible attaque par un grand adversaire, il serait hautement acclamé, et peut-être qu’on érigerait un monument en son honneur. Mais un homme pauvre qui montre une telle sagesse, celui-là est oublié !

Dieu, dans sa sagesse, a ordonné que son propre Fils bien-aimé, Lui qui est digne d’un honneur infiniment plus grand que les plus grands hommes, vienne dans ce monde comme un Homme pauvre. Il est venu dans une humilité et une grande bonté, remarquables dans un monde si petit comparé à l’univers qu’Il avait créé, et si faible en comparaison des grandes forces de puissance satanique qui ont complètement entouré les hommes, ne leur laissant aucun moyen d’y échapper.

Cet Homme pauvre a agi avec une sagesse merveilleuse dépassant la pensée, non seulement en concevant un plan pour sauver le monde, mais en sacrifiant sa propre vie afin de mener à bien ce plan jusqu’à une merveilleuse perfection. L’œuvre est accomplie par laquelle le monde sera finalement libéré de tout danger, et par laquelle, déjà maintenant, d’innombrables âmes ont été éternellement sauvées d’une fin terrible.

Combien y en a-t-il dans le monde, aujourd’hui, qui se souviennent réellement de ce pauvre Homme sage ? Malheureusement, pour la grande majorité, Il est « oublié de leur cœur comme un mort » (Ps. 31. 12). Que tout croyant, en contraste visible, se souvienne de Lui avec joie, de tout son cœur, et dans la reconnaissance et l’adoration.

D’après the Lord is near décembre 1986 (L.M. Grant)

« Le matin, sème ta semence, et, le soir, ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux seront également bons » Ecclésiaste 11. 6.

À NOUS DE SEMER – À DIEU DE FAIRE PROSPÉRER

Une dame de la noblesse se promenait un jour dans son jardin, près de l’endroit où un ouvrier réparait le mur d’enceinte. Elle s’arrêta et parla à l’homme de son âme, insistant sur la nécessité d’être sauvé et prêt à rencontrer Dieu ; mais ses paroles semblaient avoir peu d’effet.

Des années plus tard, parlant à un autre ouvrier, elle lui dit : – Thomas, je crains que vous n’ayez pas encore regardé à Christ pour être sauvé.

– Vous vous trompez, Madame, répondit l’ouvrier. J’ai regardé à Lui et je suis sauvé.

– Comment cela est-il arrivé ? demanda la comtesse.

– C’est pendant que vous parliez à Jacques, mon compagnon de travail, quand nous réparions le mur du jardin.

– Mais comment avez-vous entendu ?

– J’étais de l’autre côté, et je vous ai entendue par un trou dans le mur.

Un mot dit en son temps, que cela est bon, et comme Dieu a souvent employé ce mot comme message de vie pour des âmes. Ayez le courage de parler pour Jésus Christ partout et en tout temps. Dieu se servira de sa propre Parole.

« Semez près de toutes les eaux ». Nous ne savons pas où la semence peut tomber et prospérer. Notre devoir, c’est de semer.

D’après the Lord is near décembre 1986

L’ASSEMBLÉE DE DIEU

Matthieu 16. 13 à 22 – Éphésiens 3. 8 à 12

Il n’est pas parlé de l’Assemblée qui soit restée un mystère jusqu’à ce que Dieu en ait donné l’administration à l’apôtre Paul (Éph. 3. 9).

Dans l’épître aux Éphésiens il n’est pas fait mention du retour du Seigneur, car « nous sommes bénis… dans les lieux célestes » (1. 3), notre position est céleste, nous ne sommes pas d’ici-bas.

Dans quel but la création a-t-elle été faite ? – Pour que Christ ait un jour ce complément à son propre bonheur, une épouse avec laquelle Il partagera sa gloire (Éph. 3. 10).

En Genèse 1, nous trouvons une première figure de l’Assemblée dans la création du soleil et de la lune. Le soleil est une figure de Christ, la lune une figure de l’Assemblée, qui porte la lumière de Christ. Le soleil est la source de la lumière et de la chaleur – la lune le reflète sur la terre en recevant tout de lui.

Deuxième allusion en Genèse 2, dans la création de l’homme et de la femme : Christ est l’époux. C’est la plus belle allusion à ce qui est révélé au chapitre 5 des Éphésiens. Mais il y a une différence à remarquer : Adam a reçu Ève de Dieu, tandis que, dans Éphésiens, nous lisons que Christ se la présente à lui-même, car Il est Dieu.

En Matthieu 16, nous trouvons la première allusion à l’Assemblée. Dans le Nouveau Testament, l’Assemblée nous est présentée sous quatre aspects : Corps de Christ – Maison de Dieu – Assemblée de Dieu – Épouse de Christ. À cause de notre faiblesse, Dieu nous présente les choses sous différents aspects, afin que nous puissions saisir quelque peu sa pensée.

C’est l’évangile selon Matthieu qui a été choisi, parce que cet Évangile présente Christ comme le Messie, le Sauveur promis, qui est rejeté par le peuple, et cela permet l’introduction d’un ordre nouveau. Toutes les promesses de l’Alliance sont mises de côté, alors que le Seigneur parle de cette parenthèse qui va s’ouvrir, dans laquelle Dieu aura des voies différentes à l’égard de la terre.

C’est la parenthèse de la grâce qui s’ouvre à la croix ; une épouse se forme, et quand la dernière pierre sera posée, lorsque l’édifice sera complet, la parenthèse sera fermée et Il se la présentera selon Éphésiens 5. 27.

Les voies de Dieu envers Israël reprendront, ainsi que le cours des prophéties, interrompu pendant la parenthèse.

Nous trouvons trois appréciations de la Personne du Seigneur en Matthieu 16 :

1. Versets 1 à 4. Une génération méchante qui cherche des signes et manifeste une complète incrédulité ; les pharisiens disent de Lui : « Il a un démon – Il est fou – C’est un Samaritain ».

2. Versets 13 et 14 : une autre classe de personnes qui ont une appréciation plus élevée, disent de Lui : C’est Élie, Jérémie, un grand prophète… , ils Lui donnent le nom des prophètes les plus honorés en Israël. Ils pensaient ainsi l’honorer. C’est ce que peut produire de meilleur « la chair et le sang ».

3. La troisième appréciation, donnée par la bouche de Pierre, ce n’est ni le sang ni la chair qui lui ont révélé ces choses, mais le Père révélant son Fils. « Tu es le Christ ». Le Christ correspondait à la foi juive ; « Fils de Dieu », Nathanaël avait pu dire : « Tu es le Fils de Dieu (Jean 1. 50), mais Pierre ajoute « du Dieu Vivant ».

Pour donner un nom, une autorité supérieure est nécessaire, cette autorité a été donnée à l’homme au moment de la création, c’est lui qui a donné le nom aux animaux.

Ici, c’est le Seigneur qui, dans sa grâce, change le nom de Simon Barjonas, qui signifiait en somme « pêcheur », « fils d’un pêcheur », en celui de Pierre, première pierre qui allait être placée sur le roc qui est Christ Lui-même.

« Vivant », qui ne peut mourir, chose impossible à comprendre pour la chair. La puissance de la mort est la plus terrible qui s’oppose à nous, c’est pour cela que dans le Cantique des Cantiques nous lisons : « L’amour est fort comme la mort » (ch. 8. 6).

Cette puissance n’a pas prévalu contre le Fils de Dieu, vivant, « c’est un roc ». Il est entré dans la mort en toute puissance de vie. Il a jeté un grand cri sur la croix.

Ayant passé par la mort il est sorti victorieux. La tête de l’ennemi est écrasée (Gen. 3. 15), et il est déterminé Fils de Dieu en puissance par la résurrection des morts (Rom. 1. 4).

Au chapitre 2 des Actes, le Seigneur, après avoir passé par la mort, commence à bâtir son Église.

Quarante jours s’écoulent sur la terre après sa résurrection, pour prouver qu’Il est ressuscité et bien vivant.

Dix jours (dix est l’épreuve de ce qui est de Dieu dans l’homme) de séance dans le ciel, pour prouver qu’un homme est admis dans le ciel et peut se tenir dans le temple de la sainteté.

Le Seigneur bâtit ensuite, en ajoutant les pierres à l’édifice. Nous n’avons pas à les considérer suivant ce qu’est leur témoignage, mais suivant ce que Dieu les a faites. Ce sont des pierres « vivantes » ayant la nature et la vie du roc, du fondement, vie de résurrection, vie éternelle.

Dieu nous communique sa nature et sa vie.

Quatre vérités sont mises en lumière dans les versets de Matthieu 16 :

1. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Ce titre embrasse toutes les gloires de la personne du Seigneur, gloires terrestres et célestes. La révélation en est faite par le Père.

Les promesses de l’Ancien Testament s’attachant au Christ, se trouvent accomplies dans cet Homme abaissé sur la terre. C’est également l’accomplissement du Psaume 2. 7 : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré ».

Il possède une puissance de vie que la mort ne peut atteindre.

2. « Tu es Pierre ». Tu as dit quel était mon nom, et moi je te donne un nouveau nom, en rapport avec une nouvelle économie et scène de gloire ; tu seras une pierre participant à la nature et à la vie de la pierre, du « roc » de fondement. La foi nous y place.

3. « Sur ce roc, je bâtirai mon Assemblée ». Pourquoi dit-il « sur ce roc ». Il ne dit pas : Sur cette pierre. Le Seigneur savait à l’avance comment l’ennemi arriverait à tordre ces paroles, l’abus qui allait en être fait.

Il emploie des termes différents « pétros » qui signifie une pierre, « pétra » qui signifie « rocher ». À partir de ce moment, il est parlé de ce conseil éternel qui allait être développé par Paul, après que Dieu lui en eut donné la révélation.

« Il faut » (v. 21) que toutes les conséquences du péché soient anéanties par la mort, le péché doit avoir sa juste rétribution. Le talon brisé de Genèse 3. 15, c’est la marche arrêtée, la mort de la croix.

Il faut qu’un homme, celui qui n’a rien eu à faire avec le péché, en subisse le jugement. Il faut que le Fils de l’homme souffre, mais qu’Il ressuscite après être descendu dans la mort, où la colère de Dieu, le bâton de la justice, L’a frappé pendant les trois heures sombres de la croix.

Pourquoi le mot « Bâtir » ? – La pensée se porte sur le caractère de l’Assemblée comme « Maison de Dieu ».

Comme « Corps de Christ », nous pouvons en saisir la portée en considérant le corps humain, chef d’œuvre de la création. Dans le corps formé de molécules, toutes les molécules, toutes les parties obéissent à la tête par le moyen des nerfs.

Dans le symbole de la « maison » nous sommes amenés à considérer la demeure où Dieu a voulu habiter avec nous. Dans toute la Parole nous trouvons cette pensée. Ce qui doit caractériser cette demeure, c’est l’amour, la sainteté et la lumière. Tout doit être en parfaite conformité avec les droits de Dieu.

En Éphésiens 2, nous trouvons trois termes : édifice, maison, temple.

L’ « édifice » nous présente le travail de construction. Dans le temple de Salomon le travail était fait silencieusement ; il en est de même maintenant. Dieu ajoute les pierres dans le silence. C’est pourquoi le Saint Esprit est sur la terre, c’est Lui qui agit.

La « maison », c’est la demeure où Dieu habite : nous sommes sa maison (Éph. 2. 22 ; Héb. 3. 6). C’est un état de choses complet, le Saint Esprit y habite.

Le « temple » fait penser à la gloire, à la majesté infinie de Celui qui habite dans ce lieu. C’est la majestueuse construction dans laquelle Dieu trouvera sa joie dans l’éternité.

4. « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ».

L’Ennemi a faussé cette déclaration du Seigneur, pour compromettre la vérité de l’Évangile.

Une comparaison familière : C’est un père de famille, qui a plusieurs fils et qui donne à son fils aîné les clefs de son magasin, en lui demandant de ne recevoir que certaines personnes. C’est une nécessité pour ce fils d’accomplir cette tâche avec fidélité, mais cette mission que le père lui a confiée n’ajoute rien à sa qualité de fils , qui n’en est pas influencée.

C’est une nouvelle économie ou dispensation (ou : période de temps) qui commence. Lorsque le roi est monté dans les cieux, le royaume des cieux a été inauguré ; un nouvel ordre de choses a commencé.

Dans ce royaume, on entre par la repentance et par la foi ; le chapitre 2 des Actes nous en montre les premiers résultats par l’ouverture du royaume à trois mille personnes le jour de la Pentecôte. Le baptême d’eau est l’expression publique de l’entrée dans le royaume.

Dans le chapitre 10 des Actes, le royaume a été ouvert aux nations.

Sur la terre, les hommes confessent le Seigneur et reconnaissent ses droits, c’est la profession chrétienne ; le baptême en est l’expression symbolique.

Il y a lieu de distinguer l’Église du royaume. Dans l’Église, nous entrons par la foi au Seigneur mort et ressuscité. Le royaume est la profession du Christ ; et nous devons nous rappeler que le Seigneur ôtera de son royaume tous les éléments qui ne conviennent pas à sa gloire. Ce royaume sera établi en puissance et en jugement.

La « Maison » : Pour bâtir une maison il faut assembler des pierres tirées de la carrière. Nous sommes des pierres vivantes (1 Pier. 2. 5) ajoutées par la foi à la pierre de fondement, unies entre elles par des liens indissolubles que nous trouvons en 1 Pierre 1.

Nous y trouvons :

1. Le prix payé : (le même pour tous). C’est le sang précieux. On a employé ce mot, pour donner une idée, mais il n’y a pas de mots pour donner une appréciation exacte de la valeur qu’il a pour Dieu.

2. La régénération : il a fallu passer par le chemin de la régénération de la nouvelle naissance. Tous les rachetés passent par le même chemin, ils sont :

3. Scellés du même Esprit : c’est le sceau de Dieu pour le jour de la rédemption. Ces liens sont pour le temps et l’éternité ; ils sont de Dieu, ils sont éternels.

Dans la 1ère épître de Pierre, au chapitre 2, il est parlé de l’utilité de la maison, ce que Dieu attend de chacun de ceux qui la forment.

En Jean 4, nous voyons que Dieu nous a cherchés, sauvés, non seulement pour que nous n’allions pas en enfer, mais pour avoir pour Lui-même des adorateurs. C’est le « saint sacerdoce ».

Pour exercer le « sacerdoce royal » il faut sortir auprès de ceux de dehors pour leur apporter les biens de la maison de Dieu.

1 Corinthiens 1. 1 à 3 ; 10. 14 à 22

Les premiers versets montrent que le conseil de Dieu demeure. C’est dans cette épître adressée à une Assemblée descendue au niveau le plus bas, que nous le trouvons. Le mal moral était grand, les sectes nombreuses.

Au chapitre 5 nous trouvons un incestueux.

Au chapitre 6 les frères allaient en procès devant ceux des nations.

Au chapitre 14 les femmes parlaient dans l’Assemblée.

Les Galates au point de vue doctrinal, étaient descendus plus bas, mais pas au point de vue moral, et pourtant dans l’Assemblée de Corinthe il ne manquait pas de dons.

Avant de parler du mal, l’apôtre présente ce que Dieu avait fait d’eux. Il replace pour ainsi dire le terrain de Dieu sous leurs pieds. Aucune autre épître ne commence ainsi : C’est à l’Assemblée de Dieu, aux sanctifiés dans le Christ Jésus, aux saints appelés qu’elle est adressée.

Que devenait le désordre en présence de ces heureuses réalités ? Que ces trois premiers termes ont dû briser le cœur des Corinthiens, parce que, au fond, ils aimaient le Seigneur. La 2ème épître nous parle des larmes de repentir qu’ils ont versées.

Dans ce temps-là il y avait les païens, les Juifs et l’Assemblée de Dieu. Une lettre adressée à l’Assemblée parvenait à son adresse. Et maintenant, au milieu de toutes les dénominations, comment reconnaître l’Assemblée ?- C’est l’endroit où la Seigneurie de Christ est reconnue, à l’exclusivité de tout autre centre, où l’homme prend une place quelconque. Tous les croyants de Dieu sont membres du corps de Christ ; s’ils n’en sont pas conscients, ils font une perte immense, mais ils en font quand même partie.

Mais il y a ceux qui le réalisent, qui ont compris ce que le Seigneur a voulu d’eux, et qui ont obéi.

On appelle souvent cela de l’orgueil. L’obéissance n’est pas de l’orgueil, car il n’y a rien de plus difficile que d’obéir.

Quand il n’y en aurait dans une localité que « deux » réunis au nom du Seigneur, ils ne sont pas l’Assemblée de Dieu, mais ils en sont l’expression locale.

Quels que soient la misère et l’état moral, dans lesquels se trouvaient les Corinthiens, c’est à l’Assemblée de Dieu qui est à Corinthe qu’est adressée l’épître.

En Proverbes 8, nous lisons, versets 30 et 31 : « … Me réjouissant dans la partie habitable de la terre, mes délices étaient dans les fils des hommes ». La partie habitable, c’est l’Assemblée ; ses délices sont dans les cœurs qui L’ont reçu. C’est ainsi qu’il est précieux au cœur du Seigneur que nous nous occupions de ce sujet qui remplit son cœur.

Les expressions que nous trouvons dans les versets 14 à 22 du chapitre 10 de la 1ère épître aux Corinthiens s’expliquent par la situation des Corinthiens qui étaient sortis du paganisme.

Il est parlé de la « table des démons ». Jamais, quelles que soient les dénominations des divers rassemblements, nous ne pouvons dire que la table dressée parmi eux est « la table des démons », mais si le danger n’est pas le même, nous devons veiller et être attentifs, car le Nouveau Testament est un livre de principes et les enseignements qu’il comporte doivent être reçus comme tels.

Dans une même localité, peut-il y avoir deux tables que Dieu puisse sanctionner ? – Non.

Dans ces versets, nous trouvons ce qu’est la table du Seigneur. Il ne s’agit pas de venir écouter un homme, de se grouper autour d’un homme, ou en vertu de principes, mais c’est la puissance du nom de Jésus qui rassemble. Le nom et la Table du Seigneur sont des aimants irrésistibles.

« Je suis là », il n’y a pas d’autres raisons.

En Jean 20 nous avons le rassemblement type. Le Seigneur dit aux siens : « Paix vous soit », et il est dit d’eux : « ils se réjouirent quand ils virent le Seigneur ». C’est la paix et la joie qui sont la portion de ceux qui sont réunis autour du Seigneur.

C’est Lui qui est le centre, et tous les regards, les cœurs, les pensées doivent être pour Lui. À « la Table du Seigneur », c’est là qu’est manifestée l’unité du Corps. En 1 Corinthiens 11, c’est la cène du Seigneur, et là il est question de souvenir.

Dans les divers systèmes, la cène du Seigneur, le souvenir de Lui-même et de son œuvre peuvent être trouvés par une âme, mais non pas la table, car elle est l’expression de « l’unité du corps ».

La coupe nous rappelle le sang versé à la croix, pour la rémission de nos péchés.

Le pain parle du corps, de son corps saint, parfait. Nous avons une part avec ces choses bénies – et aussi de son corps mystique formé de tous les croyants unis à la Tête glorifiée.

À cette table est exprimée l’unité du corps, car il y a un seul pain, un seul corps. La communion est la commune part à ce sang, à ce corps dans lequel « Il s’est chargé de nos péchés ».

L’Assemblée de Dieu : Ce mot a une importance très grande. Dans notre version la traduction a supprimé le mot « église » à cause de la corruption qui s’est glissée dans l’emploi de ce mot.

Exemple : On parle de l’Église libre… baptiste… ou bien des Églises, en désignant les bâtiments où un culte est rendu. C’est pourquoi le mot « Assemblée » a seul été employé, car il traduit très exactement le mot grec « écolisae » qui textuellement veut dire : « Un peuple sorti de la masse ». Voilà la signification du mot « Assemblée ».

C’est de la grande famille d’Adam déchue, misérable, qu’est sorti un peuple pour le ciel ; c’est l’Épouse de Christ. C’est Dieu qui opère, qui travaille, pour sortir les pierres de la carrière. De même qu’il est impossible que des pierres sortent elles-mêmes d’une carrière, il est impossible que les âmes sortent par elles-mêmes.

L’Assemblée de Dieu est laissée pour un temps sur la terre – elle est céleste – mais c’est pour la manifestation de la grâce, pour annoncer les vertus de Celui qui nous as appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière (1 Pier. 2. 9).

La manifestation de l’unité est laissée à la responsabilité de l’homme. Le Seigneur demande que les siens soient « UN » afin que « le monde croie que toi tu m’as envoyé » (Jean 17. 21).

Toutes les organisations humaines sont la négation de l’unité du corps. Au lieu d’être un témoignage, elles sont un blâme jeté sur le nom du Seigneur.

Dans la division de l’Épître (fin du ch. 9 de 1 Corinthiens), qu’on a appelé la constitution de l’Église, nous trouvons deux grands sujets :

« La maison de Dieu » – « Le corps de Christ ». Dieu habite dans la maison par son Esprit. Dieu n’ajoute que des pierres vivantes, et non des matériaux impropres ou impurs, mais Dieu a associé des bâtisseurs humains à son œuvre. Il a donné pour cela des dons aux hommes. Cela constitue la responsabilité de l’homme.

Dès la Pentecôte (ce mot signifie : cinquante) l’homme a été associé au travail de Christ, en premier lieu les apôtres, puis Philippe et ensuite Paul (apôtre) et une multitude d’autres ouvriers.

Rien n’est plus excellent que l’Assemblée si l’on considère le travail de Dieu ; rien n’est plus triste quand nous considérons le travail des hommes. L’avertissement nous est donné : « Que chacun considère comment il édifie » (1 Cor. 3. 10). Que chacun prenne garde aux matériaux qu’il apporte, afin de ne pas gâter et corrompre l’œuvre de Dieu.

Il y a trois catégories d’ouvriers : les bons ouvriers qui apportent l’or, (figure de la justice divine), l’argent (figure de la rédemption), les pierres précieuses (qui nous parlent de gloire).

Il nous faut annoncer ces trois choses ; si nous ne le faisons pas, si nous apportons « du bois, v. 12, du foin, du chaume », ce sont des matériaux destructibles.

Le travail des bons ouvriers aura sa récompense (v. 14), car leurs matériaux supporteront l’épreuve du feu.

Le travail des ouvriers qui, quoique convertis, n’ont pas apporté de bons matériaux, sera brûlé et eux-mêmes seront sauvés comme à travers le feu.

Le travail des ouvriers corrupteurs, destructeurs de l’œuvre de Dieu (v. 19) sera brûlé, et eux-mêmes seront brûlés avec leurs œuvres.

Dans la maison de Dieu, il faut reconnaître ses droits ; ne pas y marcher avec notre volonté, mais avec une sainte crainte dans la présence du Seigneur.

Reçus dans la maison d’un ami, nous avons à tenir compte qu’il est le chef de la maison et à agir en conséquence, en veillant à nous conformer à ce qui est établi dans sa maison. Combien plus dans la maison de Dieu !

Le corps est aussi envisagé sous deux aspects :

1. Le corps qui se développe à la mesure de la stature de la plénitude de Christ (Éph. 4. 13) .

2. Le corps sera vu dans la plénitude de son Chef (ou : de sa Tête) à sa consommation. Il y a un seul corps. Tous les croyants sur la terre, à un moment donné, forment ce corps. Conduits par l’Esprit , nous avons à le reconnaître.

Le seul pain est le symbole de ce corps.

Nous ne pouvons faire partie sur la terre que du corps de Christ ; par contre nous ne pouvons faire partie d’aucune association religieuse. Un jeune chrétien demandait ce qu’il y avait lieu de penser de « l’Union chrétienne des jeunes gens ». Il lui fut répondu : C’est l’association pour laquelle j’ai le plus de sympathie, mais si nous voulons la juger à la lumière de la Parole, je ne la trouve pas dans l’Écriture. Je ne peux faire partie que de ce que Dieu a établi.

J’oublie et je nie la vérité si je ne me tiens pas à ce que Dieu a établi. On a voulu comparer les associations religieuses aux différentes armes constituant une armée. Mais dans une armée tout converge vers le même but. Les diverses armes sont sous une même autorité, un même chef, et ont un même but – ce qui n’est pas le cas dans les diverses associations religieuses, qui au contraire divisent ce que Dieu a établi : « Un même corps ».

Dans l’exposé de ce qu’est « la Table du Seigneur », l’apôtre commence par la coupe, et finit par le pain. Il commence par la coupe qui nous rappelle le sang versé pour la rémission de nos péchés ; c’est la première condition pour être amené dans le corps de Christ. Il faut être d’abord lavés de nos péchés, puis nous sommes scellés du Saint Esprit qui nous unit à Christ, comme membres de son corps.

Le chapitre 10 nous présente la Table. Ceux qui s’y réunissent sont ceux qui sont lavés dans le sang de Christ et scellés du Saint Esprit – un fait d’une grande importance.

Le second élément, c’est que, par le secours du Saint Esprit, nous formons le corps de Christ.

Ce n’est donc ni autour d’un homme, ni autour d’une doctrine, que nous nous réunissons, mais sur le terrain de « l’unité du corps » que nous sommes assemblés autour du Seigneur.

M.M. Henry et Tapernoux (Pau – 1923)