CINQ COURTES EXHORTATIONS

« Au reste, frères, réjouissez-vous, perfectionnez-vous, soyez encouragés, ayez un même sentiment, vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous » 2 Corinthiens 13. 11.

1. « Réjouissez-vous » ! Notre salut éternel, notre relation avec le Seigneur Jésus et la communion avec les autres croyants, nous donnent des motifs d’une véritable joie. Pourtant, nous sommes souvent tristes et découragés. C’est pourquoi nous avons besoin d’être encouragés, toujours à nouveau : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4).

2. « Perfectionnez-vous » ! Cela se rapporte à la maturité et à la fermeté dans la foi. Il s’agit de vivre une vie équilibrée, sans tiédeur de cœur. Cela n’est possible que si nous avons le Seigneur Jésus devant les yeux et si nous le suivons de près.

3. « Soyez encouragés » ! Il y a beaucoup de choses, dans le chemin de la foi, qui peuvent nous décourager. Le Seigneur veut renouveler notre confiance par la Parole de Dieu. Les exemples de croyants de l’Ancien Testament qui plaçaient leur confiance en Dieu dans des situations difficiles, sont un encouragement tout particulier pour nous.

4. « Ayez un même sentiment » ! Le manque d’unité parmi le peuple de Dieu paralyse notre foi. Comment pouvons-nous l’éviter ? Si nous avons tous un cœur concentré sur Jésus Christ et que nous estimons les autres croyants supérieurs à nous-même, nous pouvons avancer d’un même accord.

5. « Vivez en paix » ! L’ennemi fait tout ce qu’il peut pour semer des querelles entre les croyants. Au lieu de lui fournir l’occasion d’agir ainsi, poursuivons la paix. Cela demande l’énergie de la foi et de l’humilité.

D’après « The Good Seed » – septembre 2024

VÉRITÉ ET AMOUR

« Gardant la vérité dans l’amour » Éphésiens 4. 15.

Ce verset de l’épître aux Éphésiens nous propose deux réflexions :

1. Qu’avons-nous à faire ? Il nous est demandé de tenir ferme la vérité divine que nous avons saisie dans la Bible. Proverbes 23. 23 dit : « Achète la vérité, et ne la vends pas ». Le salut est gratuit – Dieu nous le donne par grâce. Mais sa vérité peut nous coûter beaucoup. Pourquoi cela ? Parce que, dans certains cas, nous devrons abandonner quelque chose si nous voulons maintenir la vérité et la mettre en pratique dans notre vie. L’obéissance à la Parole a bien souvent un prix.

2. Comment devrions-nous le faire ? Dans l’amour ! La vérité, ce n’est pas discuter et faire céder nos adversaires par nos arguments. Nous pouvons être aussi clairs que la lune par notre connaissance, mais aussi froids qu’elle. La vérité sans l’amour ne convainc ni ne gagne personne. Si le Seigneur nous a donné une certaine compréhension de la Parole de Dieu, nous devons laisser l’amour divin se manifester par le maintien et la mise en pratique de cette vérité.

Les chrétiens qui gardent la vérité dans l’amour ne sont pas comme la lune, mais comme le soleil. Le soleil donne la lumière et la chaleur ; la lumière c’est la vérité, et la chaleur c’est l’amour. Nous devons faire rayonner tous les deux. En cela, le Seigneur Jésus nous donne un exemple parfait : Il tenait toujours ferme à la vérité et, en même temps, Il rencontrait les personnes en amour.

« La grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » Jean 1. 17.

D’après « The Good Seed » – septembre 2024

LUMIÈRE DES ÉTOILES

« Non, il ne doit pas mourir », murmurait une jeune femme indienne, assise devant sa hutte, observant ce qui se passait autour d’un feu qu’on venait d’allumer. Des guerriers aux visages cruels étaient groupés autour de son père, le chef Plume d’Aigle ; les yeux tournés vers lui, ils attendaient son verdict sur le sort d’un prisonnier solidement attaché à un arbre. Lumière des Étoiles, tel était le nom de la jeune fille, demeurait fascinée par cet homme, le premier visage pâle qu’elle voyait de sa vie : il ne donnait aucun signe de crainte lorsqu’il considérait ses ravisseurs ; il marquait seulement une tristesse infinie en portant ses regards sur un objet, un livre, un livre noir qu’on avait jeté près du feu. « Ah ! se dit Lumière des Étoiles, ils vont brûler son livre ; tiendrait-il plus à son livre qu’à sa vie ? » Et soudain elle se souvint des récits de sa grand-mère.

Un visage pâle était déjà venu au village alors que tous les hommes étaient partis à la chasse ; il s’était entretenu plusieurs fois avec grand-mère ; au bout de trois jours, il s’en était allé mais grand-mère avait gardé une bonne mémoire de ses paroles.

– Enfant, avait-elle raconté à Lumière des Étoiles, il disait : « Je suis malade et ne peux pas rester, mais d’autres viendront. Attendez-les, ils vous expliqueront mieux que moi ». Pour lui, c’était mal de pécher, de haïr, de tuer ; il parlait d’un grand Dieu qui nous aime, dont le Fils était mort pour nous, pour nous sauver, et pour nous conduire dans une contrée où nous ne serons jamais malades ni tristes, et où nous verrons le grand Dieu pour vivre éternellement avec Lui et avec son Fils. Ah ! mon enfant, que de bonnes choses il nous disait !

– Mais comment sais-tu qu’il disait la vérité ? avait demandé Lumière des Étoiles.

– Parce qu’il m’a montré les mots dans son livre, et parce que je voyais sur son visage qu’il ne pouvait pas mentir. Enfant, je suis vieille, mais toi, tu dois attendre ; et quand l’homme viendra, écoute-le, prends bien garde aux paroles de son livre, car notre peuple connaîtra le vrai bonheur quand l’homme au livre reviendra.

Grand-mère n’était plus, mais l’homme au livre était là, tel qu’elle l’avait décrit, un homme qui ne pouvait pas mentir, de cela Lumière des Étoiles en était absolument convaincue. Et s’ils le tuaient, comment trouveraient-ils le bonheur ? Elle joignit ses mains et soupira de nouveau : « Non, il ne doit pas mourir ». Mais comment le sauver ? Il était attaché par des liens solides, et son cheval paissait tranquillement à côté de lui. Le temps était court, que faire ? Soudain une idée germa dans son esprit, une idée dangereuse, mais Lumière des Étoiles, la fille du chef Plume d’Aigle, était courageuse.

Pendant ce temps Denis Wheatley, le prisonnier, ne cessait de considérer sa Bible si proche du feu allumé. Médecin missionnaire, il était venu pour prodiguer des soins et annoncer l’évangile ; mais hélas ! la peur, la cruauté, la superstition avaient tourné les Indiens contre l’homme blanc, et il était destiné à mourir à moins que ne se produise un miracle. « Un miracle peut encore se produire, pensait-il, pour Dieu toutes choses sont possibles ».

À ce moment un cri perçant, suivi par des aboiements des chiens, fit sursauter tout le monde. « Au feu ! au feu ! clamait-on, vite, vite ! le vent chasse ! » et en quelques secondes le camp fut désert. Denis entendait au même instant des pas derrière lui, et une voix murmurait :

– Restez tranquille, mon couteau est tranchant.

Ses liens furent coupés, une jeune fille preste et légère s’empara de sa Bible, dégagea le cheval rendu nerveux par le feu de forêt, et emmena l’homme et sa monture jusqu’à la route. Lorsque le missionnaire voulut remercier la jeune fille :

– Partez vite ! dit-elle, tandis qu’une clameur les avertissait que la fuite du prisonnier était découverte. Denis comprit aussitôt qu’il ne pouvait laisser la frêle enfant aux mains de ceux qui, sans aucun doute, voudraient se venger, et il la fit monter en croupe devant lui, et le cheval prit le galop.

Des semaines, des mois passèrent ; la maladie décima le camp, beaucoup de gens moururent, d’autres restaient sans soins et sans remèdes. Le grand chef lui-même n’y échappa pas. Un jour qu’il se sentait particulièrement abattu par la fièvre, il eut soudain l’intuition d’une présence à côté de lui, il ouvrit les yeux.

– Lumière des Étoiles ! s’exclama-t-il.

– Oui, père, c’est moi, répondit-elle en s’approchant de lui.

– Mon enfant, ma petite enfant, tu es revenue ! je t’ai attendue durant de si nombreuses lunes !

– Oui, père, souriait-elle ; quand tu seras mieux, je te raconterai tout.

Au fur et à mesure qu’il reprit ses forces, elle expliqua sa nouvelle situation. L’homme au visage pâle, son ancien prisonnier qui s’était enfui avec Lumière des Étoiles, était revenu accompagné de sa femme Betty, et tous deux travaillaient jour et nuit pour lutter contre la maladie, distribuant drogues et médicaments ; les villageois reconnaissants l’avaient surnommé : « Guérisseur Courageux », et ne le considéraient plus comme un ennemi, mais comme un ami – et prêtaient même grande attention aux paroles de son livre. Lumière des Étoiles raconta à son père comment Denis et Betty avaient pris soin d’elle, lui avaient enseigné beaucoup de choses, mais surtout, qu’ils lui avaient parlé du vrai Dieu et de son Fils qui l’avait tant aimée qu’Il était mort pour elle. Aujourd’hui Denis pouvait annoncer l’évangile au milieu de ce camp où il avait failli mourir. « Maintenant, disait-il, je vais parler à ce grand Dieu, je vais lui dire que vous désirez voir vos péchés pardonnés et que vous désirez Le connaître. Faites comme moi, joignez vos mains pendant que je prie ». Le grand chef lui-même joignait ses mains humblement, ses lèvres répétaient les paroles qu’il entendait : « afin que nous te connaissions, toi le seul vrai Dieu, et ton Fils Jésus Christ que tu as envoyé pour nous sauver. Amen ».

Lumière des Étoiles ne se sentait plus de joie ; grand-mère avait raison, son peuple avait trouvé le bonheur quand l’homme au livre était revenu.

D’après Almanach Évangélique 1964

LA PRIÈRE D’UNE MÈRE

Hudson Taylor, le célèbre missionnaire qui consacra sa vie à annoncer l’évangile en Chine, avait une excellente mère, très pieuse ; elle priait beaucoup pour ce fils, désirant le voir se dévouer à l’œuvre de Dieu. À l’âge de quinze ans, le jeune homme entra comme employé dans une banque ; sous l’influence de ses compagnons, probablement, il négligea tout ce qui touchait à la vie spirituelle, et se mit à critiquer les chrétiens.

À quelque temps de là, la mère, invitée par une amie, s’absenta pour un séjour d’environ deux semaines. Un après-midi qu’elle se trouvait sans but défini, elle s’enferma dans sa chambre, et pria avec ardeur pour ce fils qui s’éloignait d’elle et de l’amour de Dieu. Elle ignorait ce que faisait le garçon ce jour-là qui, pour lui, était un jour de congé ; elle pria longuement, et ne termina que lorsqu’elle reçut l’assurance d’être exaucée.

Pendant ce temps, Hudson, seul et désœuvré à la maison, cherchait un livre dans la bibliothèque de son père ; il prit une brochure intitulée : « C’est la fin ». Bien que ce fût un sujet d’ordre religieux, il la lut néanmoins jusqu’au bout malgré ses préventions, et comprit qu’il ne pouvait faire mieux que de croire dans le Sauveur et de se confier en Lui. Il mit sa sœur au courant de sa décision, tout en la priant de garder la chose secrète afin de pouvoir l’annoncer lui-même à sa mère.

Lorsque Madame Taylor revint quelques jours plus tard, elle trouva son fils sur le seuil de la porte, prêt à l’accueillir ; mais avant qu’il ait pu prononcer un seul mot, les bras maternels l’enlaçaient, tandis qu’elle murmurait :

– Je sais, mon cher garçon, et je me réjouis avec toi de la nouvelle que tu as à m’annoncer.

– Quoi, dit-il, déçu, Amélie t’a-t-elle renseignée ? elle avait pourtant promis de n’en rien dire..

– Non, répondit la pieuse femme, Dieu m’a donné cette assurance le jour où j’ai prié pour toi.

D’après Almanach Évangélique 1963

UNE DÉCOUVERTE IMPORTANTE

Le docteur James Simpson, justement célèbre par sa découverte du chloroforme, recevait un jour la visite d’un reporter. Après les habituelles questions sur son enfance, ses premières études, ses goûts particuliers, le journaliste l’interrogea sur ses recherches scientifiques.

– Docteur, quelle est votre découverte la plus importante ? demanda-t-il.

M. Simpson regarda un moment son interlocuteur : puis, d’une voix qui laissait percer son émotion, il répondit :

Ma plus grande découverte ? C’est qu’en Jésus j’ai trouvé mon Sauveur. Pour moi, cette découverte aura des conséquences éternelles – elle seule, par delà la tombe, gardera quelque valeur.

Il jugeait ses voies et ses pensées selon l’enseignement divin. « La parole de Dieu est vivante et opérante… elle discerne les pensées et les intentions du cœur ».

Et prenons garde à la suite de ce verset : « Tout est nu et découvert aux yeux de celui (Dieu) à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 12 et 13).

D’après Almanach Évangélique 1962

BURKE LE VOLEUR

L’évangéliste, Moody, se rendit un jour à Saint-Louis (U.S.A.) avec l’intention d’y tenir une série de réunions. À cette occasion, le journal local le plus important annonça qu’il reproduirait dans ses colonnes le texte exact des paroles prononcées par l’orateur, ce qui fit avouer plus tard à Moody l’anxiété qui l’étreignit à cette perspective ; il décida alors d’intercaler autant de versets de la Bible que possible, tant il craignait la faiblesse de ses exhortations. Le quotidien publia en effet un compte rendu très détaillé, en ayant soin d’y mettre de grands en-têtes afin d’attirer l’attention des lecteurs.

À cette même époque se trouvait enfermé un voleur réputé, nommé Burke, homme grand et fort, au visage dur, qui avait déjà passé plus de vingt années de sa vie en prison ; il attendait une nouvelle fois sa mise en jugement pour quelque mauvais coup. Sans distractions le temps passait lentement pour lui, et il ne trouvait rien de mieux que de railler ses gardiens. Un jour quelqu’un jeta un journal dans sa cellule, et son regard fut immédiatement attiré par un titre imprimé en lettres majuscules : « COMMENT FUT PRIS LE GEÔLIER DE PHILIPPES ». « Bonne affaire », se dit Burke et, se réjouissant par avance de la déconfiture du gardien de prison, en ricanant il se mit à lire avec avidité. Mais le récit se révélait bien différent de ce qu’il attendait. « Quelle sornette est-ce que cela ? » grommela-t-il. « Paul et Silas – Un grand tremblement de terre – QUE FAUT-IL QUE JE FASSE POUR ÊTRE SAUVÉ ? » « Les journaux sont-ils tenus maintenant d’imprimer de pareilles sottises ? » Il regarda la date, oui, c’était bien le journal du matin. En jurant, il jeta le papier par terre et se mit à arpenter sa cellule comme un lion en cage. Au bout d’un moment il reprit le texte, mais ressentant peu à peu un grand calme, il lut et relut les mêmes lignes. De nouveau il murmura : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Depuis vingt ans que je suis voleur, jamais je n’ai éprouvé pareil sentiment. Qu’est-ce que cela signifie : être sauvé ? Certes, j’ai vécu une existence de chien, j’en suis fatigué ; si vraiment il y a un Dieu comme le prétend cet homme, il faut que j’essaie de le découvrir, même si cela doit me coûter la vie ». Durant les longues heures de la nuit qui suivit, Burke connut le remords, les regrets de nombreuses années gâchées ; il essaya de prier, et comprit que Jésus, en prenant sur Lui tous nos péchés à la croix, les avait effacés pour toujours.

Le matin, quand le gardien fit sa tournée, le prisonnier eut une parole aimable pour lui, si bien que le fonctionnaire regarda l’homme d’un air ahuri. Le shérif arriva à son tour ; Burke le salua comme un ami et lui raconta qu’il avait été amené à Christ en lisant le sermon de Moody. « Jim, dit le directeur à son subordonné, gardez l’œil sur Burke, il joue maintenant à l’homme pieux et il profitera de la première occasion pour s’échapper ». Quand le procès passa devant le tribunal, le voleur, pour une raison inexplicable, fut libéré.

Sans ami dans la grande ville, connu seulement comme un audacieux hors-la-loi, l’ancien détenu passa un temps pénible dans la honte et le chagrin ; s’il demandait du travail, on le renvoyait. Courageux, soutenu par la puissance de Dieu, il lutta, comprenant que son apparence, son visage, tout son aspect extérieur étaient marqués par une vie de débauche et de péché. Il cria à Dieu, demandant « de le rendre un homme de meilleure apparence afin qu’il puisse trouver un travail honnête ». Après avoir longtemps cherché en vain, il partit pour New-York, espérant que, dans un endroit étranger, il aurait plus de facilités ; mais, peine perdue, il revint à Saint-Louis, découragé, bien que gardé par le Dieu qui l’avait trouvé dans sa cellule.

Un jour, le shérif le convoqua au Palais de Justice ; il s’y rendit le cœur lourd, s’attendant à essuyer de nouvelles accusations. Il fut reçu aimablement.

– Où avez-vous été, Burke ?

– À New-York.

– Qu’avez-vous fait là-bas ?

– J’ai essayé de trouver du travail.

– Tenez-vous toujours ferme à la religion, ainsi que vous en aviez l’intention ?

– Oui, répondit l’ancien prisonnier en regardant le chef droit dans les yeux ; j’ai passé un temps fort pénible, mais j’ai gardé ma foi.

– Burke, reprit le fonctionnaire, je vous ai fait suivre chaque jour pendant que vous étiez à New-York. Je vous soupçonnais d’user de la religion comme d’un mensonge, aussi je tiens à vous dire que je connais la vie de chrétien honnête que vous avez cherché à vivre. Je vous ai fait venir aujourd’hui pour vous offrir un travail sous mes ordres ; vous pouvez commencer tout de suite.

Dès ce moment, la roue tourna pour le pénitent ; il accomplit ses devoirs avec fidélité et une grande conscience, sa réputation se répandit même rapidement dans toute la ville. Moody, qui y était de nouveau de passage, désira le voir ; il trouva l’ex-voleur dans une chambre tout au haut du Palais de Justice avec charge de veiller sur un sac de diamants.

– Moody, dit-il, voyez ce que la grâce de Dieu peut faire d’un voleur. Regardez ce sac de diamants ; de tous ses agents, c’est moi que le shérif a choisi pour garder pareille fortune.

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Act. 16. 30).

D’après l’Almanach Évangélique 1961

QUAND NOUS NOUS SENTONS LOIN DE DIEU

Vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Dieu, et vos péchés ont fait qu’il vous a caché sa face, pour ne pas écouter » Ésaïe 59. 2.

« Mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » 1 Jean 1. 7.

Adam, après avoir péché, dans le jardin d’Éden, s’est caché lorsqu’il a entendu la voix de Dieu (Gen. 3). Le Créateur ne dit pas : « Adam, qu’as-tu fait ? », mais plutôt : Adam, « Où es-tu ? ». À cause de sa désobéissance, Adam craignait la présence de Dieu. Effectivement, nos péchés créent une séparation entre nous et Dieu. Dieu nous aime, mais parce qu’Il a le péché en horreur, Il exige qu’il soit ôté pour qu’Il puisse nous attirer à Lui. La prière, les pleurs, les rites ou les bonnes intentions, ne peuvent rien pour effacer les mensonges, les paroles blessantes, les médisances, les mauvaises actions, ou les conversations futiles auxquelles nous avons participé.

Que faut-il faire quand nous avons péché et que nous nous sentons loin de Dieu ? Nous devons nous tourner vers Lui avec confiance et, dans la lumière de sa présence, Lui confesser ce que nous sommes, en croyant par la foi que « le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché ».

« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).

Si nous reconnaissons nos erreurs et que nous nous repentons, ce qui nous sépare de Dieu disparaît. De cette façon, nous n’aurons pas à nous préoccuper de la présence ou de l’absence, en nous, d’un sentiment de paix, mais nous nous confions seulement dans la Parole de Dieu, qui est fidèle et qui ne peut mentir.

« Car toi, Seigneur ! tu es bon, prompt à pardonner, et grand en bonté envers tous ceux qui crient vers toi » (Ps. 86. 5).

D’après « Il buon seme » – août 2024

DIEU PLEINEMENT RÉVÉLÉ EN JÉSUS

1. Dieu visible en Jésus

« Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » Jean 1. 18.

Dans l’Ancien Testament, Dieu, bien qu’étant connu des croyants, restait invisible. Il avait dit à Moïse : « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut pas me voir et vivre » (Ex. 33. 20). Dans le Nouveau Testament, Paul écrit que Dieu « habite la lumière inaccessible, lui qu’aucun homme n’a vu, ni ne peut voir » (1 Tim. 6. 16).

La naissance de Jésus marque le début d’une nouvelle révélation, par laquelle le Dieu invisible se rend visible dans la Personne de son Fils. Durant sa vie terrestre, Jésus, quoiqu’étant Dieu, est un homme accessible à tous et, en même temps, quoiqu’étant Homme, Il manifeste tous les caractères de Dieu. Comme Il l’affirme Lui-même : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14. 9).

Pendant plus de trois ans, les disciples ont vécu dans la compagnie de Jésus. Leurs écrits témoignent de ce dont ils ont été témoins : son baptême par Jean, son chemin de dévouement, sa mort et sa résurrection.

Malgré sa vie parfaite, Jésus Christ a été rejeté par le monde religieux et politique. Les prophètes avaient annoncé un Libérateur, mais Il n’est pas venu comme ce Roi glorieux que les Juifs attendaient. Le prophète Ésaïe avait déjà annoncé : « Il n’a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, son apparence n’a rien qui nous le fasse désirer. Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, sachant ce que c’est que la souffrance, et comme quelqu’un de qui on se détourne ; il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (És. 53. 2 et 3).

La gloire de Jésus était voilée, mais ses qualités morales faisaient resplendir sa vie sur la terre. Aujourd’hui, nous ne le voyons pas, parce qu’Il est monté au ciel après sa résurrection, mais les croyants ont reçu le Saint Esprit, qui les conduit pour qu’ils discernent dans la Bible la  divinité du Seigneur Jésus, et qu’ils vivent selon son exemple, en cherchant à imiter ses caractères.

2. Dieu parle en Jésus

« Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous (et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité » Jean 1. 14.

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » Marc 9. 7.

Dieu s’est rendu visible aux hommes dans la Personne de Jésus. Lorsque Lui, le fils de Dieu, a parlé, nous avons entendu Dieu Lui-même. Jésus, comme « Parole de Dieu », nous a fait entendre des paroles pleines de grâce et de vérité de la part de Dieu son Père. Pendant sa vie sur la terre, Jésus a annoncé un message de pardon et d’espérance à ceux qui l’écoutaient. Dieu l’avait envoyé « pour annoncer de bonnes nouvelles (ou : évangéliser) aux pauvres ; … pour proclamer aux captifs la délivrance ». Les foules qui l’écoutaient étaient touchées : « Et tous lui rendaient témoignage ; ils s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 18 et 22).

L’amour de Jésus, hier comme aujourd’hui, conquiert les cœurs. Il attirait quiconque ressentait le besoin de pardon et de paix. La vérité et la cohérence de ses paroles obligeaient les auditeurs à reconnaître l’origine divine de son message qui, en même temps, démasquait l’hypocrisie religieuse. Les chefs religieux, ne pouvant fuir la lumière pénétrante de ses paroles, voulaient le faire taire, mais les gardes envoyés pour l’arrêter sont revenus embarrassés, disant : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jean 7. 46).

L’essence de son message, encore actuel, est une merveilleuse promesse : la vie éternelle, offerte gratuitement à quiconque reçoit ses paroles. Cette vie devient réalité dans le cœur de celui qui reconnaît son propre état de pécheur devant Dieu et accepte son offre de salut en Jésus.

La Bible est tout entière le Livre de Dieu. Lisons-là, ouvrons notre conscience et notre cœur à Jésus. Écoutons-le !

3. Dieu : nos mains l’ont touché

Jésus dit à ses disciples : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est moi-même ! Touchez-moi et voyez : un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous constatez que j’ai » Luc 24. 39.

« Puis il dit à Thomas : Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance aussi ta main, mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant » Jean 20. 27.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le Créateur des cieux et de la terre s’est laissé toucher par ses créatures ! Il entre dans sa création en naissant comme un enfant : ce saint enfant que Marie tient dans ses bras est le Fils de Dieu. Même un vieillard très âgé comme Siméon le prend dans ses bras avec émotion et joie, et reconnaît en Lui le salut de Dieu, « le Christ du Seigneur » (Luc 2. 25 à 32).

Depuis l’âge d’environ trente ans, Jésus « a passé de lieu en lieu, faisant du bien » : Il a guéri des malades, même des lépreux, en les touchant ; Il a pris un aveugle par la main (Marc 1. 31 et 41 ; 8. 23) ; Il a ressuscité une jeune fille en la prenant par la main (Marc 5. 41). Une femme, en pleurant, a baigné de larmes les pieds de Jésus, les a essuyés avec ses cheveux, les a embrassés et les a oints d’huile (Luc 7. 38).

Par contre, des mains méchantes se sont aussi posées sur Jésus. Les chefs religieux le haïssaient et Judas leur désigne Jésus en le trahissant par un baiser. Ils se sont moqués de Lui, l’ont giflé, fouetté… Les soldats l’ont crucifié, Lui perçant les mains et les pieds. Après sa mort, un soldat Lui a percé le côté avec sa lance.

Puis, quelques croyants, avec révérence, ont ôté son corps de la croix et l’ont déposé dans un tombeau (Jean 19). Après sa résurrection, Jésus mangera avec ses disciples et leur dira : « Touchez-moi et voyez : un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous constatez que j’ai » (Luc 24. 39). Thomas est invité à toucher du doigt et à mettre sa main dans ses blessures…

Aujourd’hui, Jésus est dans le ciel, Il n’est plus physiquement présent mais, comme chrétiens, nous entrons dans une relation vivante avec Lui, comme s’Il était à côté de nous.

D’après « Il buon seme » janvier 2025

TRADUCTION DE FEUILLETS (114)

« Ah, Seigneur Éternel ! voici, tu as fait les cieux et la terre par ta grande puissance, et par ton bras étendu ; aucune chose n’est trop difficile pour toi » Jérémie 32. 17.

DIEU PEUT TOUT FAIRE

Jérémie pria Dieu dans une situation difficile. Jérusalem était assiégée par l’armée babylonienne. Le prophète lui-même était en prison. Il savait que la conquête et la destruction de la ville étaient imminentes. Dieu ordonna alors à Jérémie d’acheter un champ de son parent. À quoi bon cet achat si tout allait bientôt appartenir aux Babyloniens ? C’était un acte de pleine confiance en l’Éternel, qui rendrait le pays à son peuple. Ainsi, le prophète demeura ferme dans la foi, sachant que rien n’est impossible à Dieu.

Cette déclaration de Jérémie est un encouragement pour tout cœur éprouvé et troublé. Même si votre vie peut paraître sombre, il est bon de faire confiance à Dieu. Il a une solution pour vous, même si vous ne la voyez pas. Attachez-vous à votre Dieu et attachez-vous à sa Parole !

Il est le Créateur du ciel et de la terre. Personne ne peut résister à sa puissance. Quoi qu’il entreprenne, Il l’accomplira à coup sûr. Il peut même accomplir l’impossible dans une situation désespérée. Dieu accomplit toutes ses promesses dans la Bible. Ses promesses sont vraies et certaines. Il n’a pas besoin de revenir sur ses paroles ni de les corriger.

Vous pouvez compter sur Dieu et sur sa Parole. Rien ne lui est impossible, même dans votre vie. Pour lui, il n’y a pas de situation désespérée. Faites-lui confiance ! Il vous veut du bien. Sa bonté demeure à toujours.

D’après Näher zu Dir juin 2025

« Si un homme ou une femme a commis un péché, quel qu’il soit parmi tous les péchés de l’homme, commettant (ainsi) une infidélité envers l’Éternel, et que cette âme-là se soit rendue coupable, ils confesseront leur péché qu’ils ont commis ; et le coupable restituera … l’objet du délit… à celui envers qui il s’est rendu coupable » Nombres 5. 6 et 7.

L’ŒUF EN CHOCOLAT

En juin 2022, Danilo Chiaruzzi, commerçant à Saint-Marin, a reçu une lettre manuscrite : « Je m’appelle Benjamin. J’ai 12 ans et je viens de Suisse. Le 30 mai 2022, je suis venu dans votre magasin. N’ayant pas d’argent sur moi, j’ai volé un œuf en chocolat. Je suis sincèrement désolé et je sais que c’était mal. Pour faire la paix avec Dieu et avec vous, je vous donne 10 € en guise de compensation ».

Après que le propriétaire de l’entreprise ait mis une photo de l’incident sur Facebook, l’histoire a été reprise par plusieurs journaux en ligne. De nombreux commentaires de lecteurs ont révélé combien de personnes accumulent des dettes depuis des décennies.

Notre verset du jour le dit clairement : tout tort causé à autrui est aussi un péché contre Dieu. Il faut donc confesser sa faute à la personne contre laquelle on a péché, et à Dieu. C’est alors seulement que les choses seront mises en ordre.

Deux versets bibliques nous encouragent à ne jamais tergiverser : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera pas, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde » (Prov. 28. 13). « Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1. 9).

D’après Näher zu Dir juin 2025

« Je suis le chemin, et la vérité, et la vie. Personne ne vient au Père si ce n’est par moi » Jean 14. 6.

LA DÉCISION LA PLUS IMPORTANTE

Nous savons que les chemins mènent quelque part. Ils ont généralement une destination. Par conséquent, nous ne devons pas choisir notre chemin à la légère ou selon nos propres idées, sinon nous n’arriverons pas au bon endroit. La Bible parle de quelqu’un qui a fait le mauvais choix : « Il y a telle voie qui semble droite à un homme, mais des voies de mort en sont la fin (Prov. 14. 12).

J’ai rencontré des gens qui disent : La mort, c’est la fin. Le voyage, c’est la destination ! Quelle idée fausse ! Après la mort physique, la vie continue. Tous les êtres humains cheminent vers un destin éternel. Ce n’est pas seulement notre vie qui compte ; arriver à destination est bien plus crucial.

Il n’existe que deux destinations finales différentes. Celle que nous atteindrons après la mort se décide de notre vivant : si nous croyons en Jésus-Christ, nous vivrons avec Lui pour toujours. Mais si nous rejetons le Fils de Dieu comme notre Sauveur personnel, nous subirons le jugement éternel.

La Bible le décrit ainsi : « Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3. 18).

Dieu nous appelle maintenant à une décision : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives » (Deut. 30. 19).

D’après Näher zu Dir juin 2025

« Le Seigneur dit : Voici, je place un fil à plomb au milieu de mon peuple Israël » Amos 7. 8.

LE FIL À PLOMB DE DIEU

Lorsque Dieu place son fil à plomb sur votre vie,

il devient clair si vous allez, oui ou non,

dans la bonne direction.

Ne le voit-Il pas souvent mal placé

lorsqu’Il pose son regard sur vous ?

Car le mètre et le fil à plomb

sont des instruments de mesure dans la main de Dieu,

afin que réussisse une œuvre bonne,

belle aux yeux du Seigneur, et durable.

Si Dieu doit corriger votre « bâtiment »,

une correction est toujours possible.

Tout doit s’harmoniser : telle est la seule intention de Dieu !

Oui, il sera à votre avantage

que Dieu mette son fil à plomb sur vous ;

c’est un signe de sa sollicitude,

qu’Il a coutume de vous témoigner.

D’après Näher zu Dir juin 2025 (Paul Waltersbacher)

« Car ils persécutent celui que toi tu as frappé, et parlent pour la douleur de ceux que tu as blessés » Psaume 69. 27.

NOTRE SEIGNEUR A PORTÉ TOUT LE POIDS QUE MÉRITAIENT NOS PÉCHÉS ET NOTRE CULPABILITÉ

Ce psaume a été, avec raison, appelé le psaume du sacrifice pour le délit. Le Solitaire souffrant, le Seigneur Jésus béni, exprime l’angoisse et la peine de son âme, qui ne peuvent pas ne pas toucher tous les cœurs qui se sont confiés en Lui comme en leur Sauveur. Ici, Il confesse les péchés des croyants, et les ressent comme s’ils étaient les siens (v. 5) – car Il en a pris toute la responsabilité en allant volontairement à la terrible croix du Calvaire, pour les porter en son propre corps. Au verset 4 également, Il peut parler de la valeur merveilleuse de son œuvre de rédemption : « Ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu ». Adam avait transgressé le commandement de Dieu et il n’avait aucune force pour restaurer quoi que ce soit. Mais le Seigneur Jésus a apporté une restauration parfaite, en y ajoutant une bénédiction beaucoup plus grande que celle qu’Adam avait perdue.

Mais au temps de cette grande œuvre, combien L’honoraient-ils par des paroles de reconnaissance et des cœurs pleins d’adoration ? Où était l’attachement dû à un Sauveur aussi merveilleux, si plein de grâce ? – Quelle vision si désespérément triste ! Au moment même où Dieu Le frappait à cause de la culpabilité des péchés de l’homme, l’homme persécutait cruellement cet Homme d’une beauté morale merveilleuse – dans Lequel ils ne voyaient aucune beauté.

Mais dans sa grâce merveilleuse, Il identifie avec Lui-même ceux dont Il dit qu’Il les a blessés. Dieu avait jugé bon de permettre que les disciples fidèles de Christ soient profondément blessés lorsqu’ils rendaient témoignage à l’angoisse que Lui-même supporta sur le Calvaire – tandis que, au même moment, des hommes cruels débitaient leurs paroles de moquerie pour ajouter à cette profonde souffrance.

Lorsque nous contemplons cet arrière-plan sombre et triste de l’inimitié de l’homme, et en même temps les souffrances terribles et indicibles du Seigneur Jésus portant le jugement de Dieu pour nous, cela ne nous confond-il pas en solennel étonnement et en adoration reconnaissante ?

D’après the Lord is near août 1987 (L.M. Grant)

« Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu » Jean 3. 2.

APPRENDRE DE CHRIST

Non seulement Christ est notre docteur (Enseignant), mais Il est l’enseignement Lui-même. Car tout ce qu’Il enseigne a été d’abord présenté en Lui-même et dans son sentier ici-bas. Tous les principes qui plaisent à Dieu ont été manifestés en Christ. Tout ce qui est moralement droit et béni a été exprimé en Christ, et Dieu ne cherchera rien en dehors de Christ. En conséquence, tout ce que Christ enseigne aux siens doit être l’expression de ce qu’Il est Lui-même, et c’est cela seul que le Saint Esprit peut nous enseigner. Il ne peut pas encourager quoi que ce soit en nous qui n’était pas en Christ. L’Esprit est profondément attristé dès que nous nous permettons une chose quelconque ou une voie, contraires à Christ. L’Esprit est en parfaite harmonie avec Christ, et Christ en harmonie avec Dieu – et le plaisir complet de Dieu. Ainsi les trois Personnes de la Trinité ont leur part dans le saint enseignement aujourd’hui.

Nous ne devons donc pas négliger l’enseignement. Nous ne devons pas nous contenter de savoir que nous sommes pardonnés et sauvés. Nous devons être enseignés. Nous devons apprendre chaque jour à l’école de Christ, et par Christ Lui-même. Il attend de nous que nous persévérions à son école toute notre vie. Nous négligeons souvent l’école. Nous pouvons aller à de nombreuses études bibliques et réunions, et cependant négliger l’école. Nous pouvons ne pas apprendre réellement, directement, de Christ Lui-même. Nous pouvons éviter son influence vivante sur nous ; nous pouvons écouter autre chose que Lui-même. Nous trouvons toujours du temps pour ce que nous désirons. Trouvons donc du temps pour apprendre de Christ.

D’après the Lord is near août 1987

« Les fils d’Israël camperont chacun près de sa bannière… autour de la tente de rassemblement, à distance » Nombres 2. 2.

L’ORDRE DANS LE PEUPLE DE DIEU : AUTREFOIS ET MAINTENANT

Quel spectacle ! Environ trois millions de personnes dans six cent mille tentes placées dans un ordre défini autour du tabernacle ! C’était là le camp d’Israël. Les savants ont calculé que le camp devait s’étendre au moins sur 6 à 8 kilomètres dans toutes les directions depuis le tabernacle.

Les familles des Lévites campaient aussi dans un ordre défini autour du tabernacle, proche de lui, pour constituer comme un tampon entre le saint tabernacle et le peuple (Nomb. 1. 53). Les fils de Guershon campaient à l’ouest, les Kéhatites, au sud, les Mérarites au nord. Chacune de ces familles de Lévites avait la charge de transporter des parties spécifiques du tabernacle. Moïse, Aaron et les fils d’Aaron campaient à l’est.

Les autres Israélites campaient tout autour du tabernacle dans l’ordre prescrit par Dieu, mais à distance.

Dieu a toujours désiré demeurer au milieu de son peuple. Israël se rassemblait de bonne volonté autour de l’Éternel, bien qu’il y ait eu une distance entre eux et Dieu. Aujourd’hui, cette distance a été ôtée par la mort de Christ, et nous pouvons nous approcher « avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi » (Héb. 10. 22). Quel privilège, que les croyants, aujourd’hui, puissent se rassembler dans la conscience de la présence du Seigneur au milieu d’eux selon Matthieu 18. 20 ! Si cela signifiait tellement pour Israël, d’avoir l’Éternel au milieu d’eux, combien plus pour nous qui avons été approchés tellement plus près !

D’après the Lord is near août 1987

« De même, en effet, que dans un seul corps nous avons beaucoup de membres, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes beaucoup, sommes un seul corps en Christ et, chacun individuellement, membres les uns des autres » Romains 12. 4 et 5.

L’UNITÉ DES CHRÉTIENS DANS LE SEIGNEUR

Que l’on se souvienne toujours que les chrétiens ne sont pas membres d’un club ou d’une secte, ou d’une association : ils sont membres d’un corps, chacun en relation avec tous, et tous liés par le fait de la présence du Saint Esprit en eux, avec la Tête élevée et glorifiée dans le ciel.

C’est une vérité immense, et son oubli en pratique nous dépossédera, non seulement de ce que nous avons, mais de tout ce que nous sommes. Il n’y a nulle part dans l’univers un lieu où la propre volonté soit autant mise de côté que dans l’Assemblée de Dieu. Et cela n’est-il pas bon ? N’est-ce pas une preuve puissante du terrain divin sur lequel l’Assemblée est réunie ? Ne sommes-nous pas heureux – ne devrions-nous pas l’être – que notre « moi » haïssable soit ainsi déchiré ? Nous enfuirons-nous loin de ceux qui le font pour nous ? Ne sommes-nous pas heureux, ne prions-nous pas souvent, pour être débarrassés de notre moi ? Et nous disputerons-nous avec ceux qui sont des instruments dans la main de Dieu pour répondre à nos prières ? Il est vrai qu’ils peuvent faire ce travail de manière raide et maladroite, mais peu importe. Qui que ce soit qui m’aide à écraser et abaisser le « moi » me rend un grand service, même s’il le fait de manière maladroite.

Une chose est certaine, c’est qu’aucun homme ne pourra jamais nous dérober ce qui, après tout, est la seule chose qu’il vaille la peine de posséder – à savoir Christ. C’est une précieuse consolation. Que le moi diminue – nous aurons plus de Christ. Évodie pouvait mettre la faute sur Syntyche – et Syntyche sur Évodie ; l’apôtre ne pose pas la question de savoir laquelle avait raison et laquelle avait tort, mais il supplie toutes les deux d’avoir « la même pensée dans le Seigneur » (Phil. 4. 2).

D’après the Lord is near août 1987 (C.H.M.)

« Le royaume des cieux a été fait semblable à un homme qui avait semé de la bonne semence dans son champ. Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le froment et s’en alla » Matthieu 13. 24 et 25.

ÊTRE FIDÈLES EN VÉRITÉ À NOTRE NOM DE CHRÉTIENS

Dans cette parabole, le semeur de bonne semence, c’est le Fils de l’homme, le Seigneur Jésus ; la bonne semence, le froment, représente les fils du royaume ; le champ, c’est le monde ; l’ennemi, c’est le diable ; et l’ivraie, ce sont les fils du méchant. Cette parabole met en vue à la fois l’activité dégradante de l’ennemi, et le travail parfait du semeur.

Alors que la bonne semence peut prospérer et produire des grains déformés et tachés aussi bien que des graines de bonne qualité, tous sont du froment. La bonne semence ne peut jamais produire de l’ivraie. Par contre, la semence semée par l’ennemi donnera toujours de l’ivraie – jamais du froment. Finalement toute l’ivraie brûlera, tandis que tout le froment sera rassemblé dans les greniers du Seigneur. La vérité précieuse annoncée par cette parabole du royaume, c’est qu’aucun froment n’est perdu (Jean 3. 16 et 18 ; 17. 12 à 15).

L’activité de dégradation de l’ennemi est signalée dans l’expression « parmi le froment ». L’ivraie est une image du seigle, qui ressemble beaucoup au froment quand il commence à pousser, mais ne produit pas de graines comestibles. L’ivraie, ce ne sont pas simplement les personnes non converties qui n’ont pas entendu l’évangile. Ce sont plutôt « les fils du méchant », qui professent – et apparaissent extérieurement comme étant des fils du royaume. Ils sont toujours mélangés avec les enfants de Dieu, affaiblissant le témoignage en le corrompant.

Alors que cette parabole nous parle de l’activité inévitable de pollution de l’ennemi dans le royaume, l’apôtre Paul écrit, en nous donnant l’assurance et un plan pour agir : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2. 19).

D’après the Lord is near août 1987

« Je vois un bâton d’amandier… Je vois un pot bouillant » Jérémie 1. 11 à 13.

PROPHÉTIE, TRISTESSE, PUIS ENCOURAGEMENT

Jérémie, un homme plein de cœur, fut envoyé par Dieu pour accomplir une mission qui était loin d’être facile pour sa nature sensible. Il se sentait lui-même complètement incapable de déclarer la parole de Dieu à ceux dont il savait qu’ils n’étaient pas disposés à la recevoir. Mais Dieu l’avait choisi dans ce but même avant sa naissance, et rien ne pouvait changer cela. Israël étant tombé dans une rébellion hardie et une grossière idolâtrie, ils devaient être mis en face de la culpabilité de leur condition ; et Dieu avait préparé Jérémie comme son messager, aussi peu que Jérémie se sente préparé pour cela.

Mais ici, au tout début, Dieu lui donne la vision d’un bâton d’amandier, suivie par celle d’un pot bouillant. Comme il est précieux que le bâton d’amandier soit en premier. Cela nous rappelle immédiatement le bâton d’Aaron qui avait bourgeonné, fleuri, porté des amandes (Nomb. 17. 8). Le bâton parle de l’autorité, et dans la main d’Aaron, il nous rappelle l’autorité bénie et fertile en bénédiction abondante, du Seigneur Jésus, notre grand Souverain Sacrificateur. Le mot lui-même, « amande » vient d’une racine signifiant : « se hâte », parce que c’est le premier arbre à fleurir au printemps. De même que le Seigneur Jésus est le Premier-né ressuscité d’entre les morts – de même sont fermes les conseils de Dieu concernant le renouveau futur d’Israël, après lequel il lui est dit : « Tu ne verras plus le mal » (Soph. 3. 15).

Le pot bouillant, toutefois, est un mal venant du Nord, qui fut cause d’un trouble et d’une peine profonde pour cette nation coupable, et illustre l’angoisse qu’Israël aura encore à souffrir de la part d’une puissance du Nord dans la grande tribulation. Jérémie devait annoncer fidèlement de telles souffrances parce qu’ils avaient abandonné leur Seigneur, et devait plaider pour qu’ils reviennent à Lui.

Cependant, bien que le prophète en pleurs doive rendre témoignage au pot bouillant, Dieu avait l’intention que le rameau d’olivier l’encourage avec la perspective d’une bénédiction pure et fructueuse.

D’après the Lord is near août 1987 (L.M. Grant)

« Je suis l’Éternel qui te guérit » Exode15. 26.

JÉHOVAH-ROPHEKA

Nous avons ici la traduction du titre hébraïque Jéhovah-Ropheka. La maladie, comme nous le savons tous, est le résultat du péché. Si notre Seigneur devait s’occuper avec justice du fruit, Il devait s’occuper de la racine, et cela rendait nécessaire la croix avec toutes ses souffrances et sa honte. Sous cet aspect, la vie de notre Seigneur a dû être merveilleuse. Chaque fois qu’Il guérissait un lépreux, chaque fois qu’Il faisait marcher un boiteux, qu’Il faisait voir un aveugle, qu’Il faisait entendre un sourd, Il devait être pleinement conscient, en le faisant, que seule sa mort en sacrifice sur la croix serait capable de régler la question cruciale du péché, – et montrerait qu’Il avait été juste en délivrant, des tristes fruits du péché, l’humanité pauvre, triste et souffrante. Par ces miracles à la vue des hommes, Il prouvait sa puissance, sur la terre, de pardonner. Nous lisons :

« Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés… il dit au paralysé : Je te dis, lève-toi, prends ton petit lit et va dans ta maison. Et à l’instant il se leva devant eux, prit le lit sur lequel il était couché et alla dans sa maison, glorifiant Dieu » (Luc 5. 24 et 25).

Ce que le Seigneur accomplissait dans une mesure quand Il était ici-bas dans l’humiliation, se montrera dans sa plénitude et sa puissance au jour où Lui, le Soleil de Justice, se lèvera avec la guérison dans ses ailes » (cf. Mal. 4. 2).

D’après the Lord is near août 1987

« Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu » 1 Jean 3. 1.

LE DEVOIR D’UN PÈRE DANS SA FAMILLE

Si un père est loin, dans son cœur, de l’amour de son Dieu et Père, en n’étant pas en communion avec Lui, et éteignant l’Esprit, en étant un enfant rebelle, comment peut-il être un père fidèle et répandre, dans sa famille la lumière et la chaleur de l’amour divin, puisqu’il n’en reçoit pas lui-même du Père, qui est Lumière et Amour ?

La contradiction, chez un père chrétien, de ne pas marcher en droiture avec son Père céleste, n’est pas seulement perçue mais ressentie comme une injure par les membres de sa famille. Il a été mis à cette place par Dieu comme père dans sa famille – et investi d’autorité de la part de Dieu comme tel. Mais s’il n’est pas lui-même soumis à son divin Maître, la famille le percevra bientôt, et son autorité sur elle aura peu de poids et d’effet. Le Père céleste supportera-t-Il un tel père dans sa place d’autorité, aussi longtemps qu’il résiste à l’autorité divine suprême ? Quelle pensée vraiment solennelle à considérer par les pères ! L’autorité doit être exercée dans la soumission à Dieu, qui en a investi les pères.

Que Dieu dans sa grâce puisse donner aux pères chrétiens d’être plus à l’aise dans le sanctuaire, plus soumis à Lui comme à leur Père, afin que, dans la sphère de la famille, ils puissent refléter plus brillamment son caractère béni de Père – et avoir du poids, de la gravité et de la sagesse spirituels pour maintenir leur autorité paternelle à sa gloire.

D’après the Lord is near août 1987 (R.K. Campbell)

NOËL DANS LE PHARE

Après avoir, pendant soixante ans, navigué sur toutes les mers, le vieux marin a pris sa retraite – une retraite active : il est devenu gardien de phare. Il est maintenant à l’abri des tempêtes, car la tour lumineuse qu’il habite est fermement assise sur le rocher, et bâtie de pierres et de mortier qui défient l’assaut des vagues. Lorsque, ses lampes allumées et soigneusement mises en bon état, le vieillard redescend l’escalier en spirale pour s’asseoir dans sa cabine au rez-de-chaussée, ce n’est pas sans une profonde impression de bien-être qu’il se met devant sa petite table et lit un bon livre, tandis qu’au-dehors le vent fait rage, et que l’écume des flots vient rejaillir jusque sur les vitres de sa casemate.

Ah ! c’est qu’il en a vu, le père Mathurin ! Que de nuits de Noël se sont passées, pour lui, sous des cieux sans étoiles, dans la colère des éléments conjurés contre une frêle coque de noix ! Il n’y a pas que les flots qui sachent de lugubres histoires : les vieux matelots aussi pourraient en raconter ! Et il ne faudrait pas beaucoup taquiner le bonhomme pour qu’il en commence une, qui serait suivie d’une autre… Le plus difficile, peut-être, serait de l’arrêter.

– La plus terrible nuit que j’aie passée de ma vie, ce fut, disait-il un jour, une nuit de Noël, il y a vingt ans ; j’étais déjà un ancien de l’équipage. On était sur un vapeur, retour de la Planta ; l’Argentine était un beau navire, avec une centaine de passagers de première classe.

Nous étions dans la Manche depuis la veille ; nous avions passé la pointe de Barfleur, et les feux du Havre étaient en vue malgré la brume. Le vent nous poussait plus vite que nous ne l’aurions voulu ; nos deux cheminées crachaient dans la nuit la flamme et la fumée, et la sirène hurlait de temps en temps, comme pour défier la tempête.

Les passagers n’étaient pas à la noce, pour sûr ; mais nous autres, en roulant sur le pont pour la manœuvre, nous nous disions tranquillement : c’est le dernier coup ; demain, on fêtera la fête en famille ; le plancher des vaches n’est pas loin.

Voilà-t-il pas que, tout à coup, le feu se met au navire !

On a prétendu que l’imprudence d’un chauffeur en avait été la cause ; le fait est que le feu s’était mis dans les soutes, et qu’il n’y avait nul moyen de l’éteindre ; il dévorait les entrailles du vaisseau. En un rien de temps, toutes les constructions intérieures : cabines, salons, cloisons, planchers, tout s’effondrait. Le pont brûlait sous nos pieds.

Et pendant ce temps, la tempête augmentait ; le navire, n’étant plus gouverné, courait sur le dos des lames comme un brûlot gigantesque ; sûrement, nous allions être brisés contre les rochers de la côte, si nous n’étions pas brûlés auparavant…

Et, pendant ce temps-là, le beau phare de la Hève nous regardait de son grand œil clignotant… Là, tout près, était la vie, ici la mort, et quelle mort !

Déjà les flammes sortaient par toutes les ouvertures, et le pont devenait intenable. Le capitaine donna l’ordre de mettre les chaloupes à la mer. Vous dire le désespoir, l’affolement des passagers sortis en toute hâte de leurs couchettes sans avoir eu le temps de se vêtir ni de rien emporter. Il y avait des généraux comme on en trouve beaucoup là-bas dans ces pays américains, avec des noms qui n’en finissent plus : je vous assure qu’ils n’étaient pas fiers, ni eux ni leurs épouses. Il y avait de braves gens qui se tenaient les mains, maris, femmes, enfants ; ça vous fendait le cœur… Le plus triste, c’était une troupe de jeunes filles, des danseuses, dont on disait qu’elles revenaient de faire là-bas une tournée théâtrale. Elles avaient amusé tout le monde pendant la traversée, dansant, riant et chantant sur le pont pendant toute la journée… À cette heure, elles étaient là, folles de peur, se tordant les mains, nous implorant tous disant : « Sauvez-nous ! Sauvez-nous donc ! nous ne voulons pas mourir ! Nous paierons ce qu’il faudra ». Ah, bien oui ! Il s’agissait bien d’argent ! À ce moment-là, voyez-vous, pas un de nous ne se serait seulement baissé pour ramasser un sac de louis d’or.

On mit donc les chaloupes à flot, et le sauvetage commença. On embarqua d’abord les femmes et les enfants, puis les hommes… Quand tout fut plein, il y avait encore du monde à bord : le capitaine, deux ou trois camarades et moi. « Enfants, nous dit le capitaine, sauvez-vous si vous pouvez, vous avez fait votre devoir ; moi je reste sur mon navire ». Il n’y avait rien à répondre. C’était vrai, il n’y avait plus rien à faire : dans quelques minutes, le navire allait sombrer…

Je m’attachai autour du corps une ceinture de sauvetage, mes camarades en firent autant et nous nous jetâmes à l’eau, après avoir serré la main du capitaine.

Je nageai vigoureusement… Entre deux vagues, je vis, dans les flammes grandissantes, une vieille femme, cramponnée à un tronçon de mât. D’où sortait-elle ? Probablement, on ne l’avait pas aperçue, en embarquant les passagers. Elle était restée seule ; le capitaine lui-même avait disparu… Peut-être avait-il voulu échapper aux flammes en se jetant à l’eau, lui aussi.

Quoi qu’il en soit, je vis distinctement cette vieille femme qui tenait un livre à la main et chantait ! Oui, elle chantait ! Sa voix me parvenait dans les accalmies du vent. Cette pauvre voix chevrotante prenait à certains mots une force extraordinaire, je les entendais nettement : « Ô Dieu, rocher de mon salut ». Ah ! qu’elle me parut grande, cette vieille femme ! Je revis en pensée, en un seul instant, les généraux, les grandes dames, les jolies danseuses, tous se tordant les mains, implorant du secours, effondrés, affolés, anéantis – et je les comparai à la vieille femme, chantant dans son livre à la lueur des flammes…

D’où lui vient ce courage ? me demandai-je.

« Jésus, mon espoir et ma vie ! » sembla-t-elle me répondre dans un dernier cri. Le navire s’enfonça. Tout à coup : plus rien ! En même temps, une vague énorme m’emporta, me roula ; je perdis connaissance.

« Jésus ! » criai-je pourtant à ce moment suprême où toutes les fautes de ma vie passèrent devant moi. Ce mot vint de lui-même sur mes lèvres, bien que je ne l’aie jamais prononcé auparavant. Je connaissais vaguement l’histoire du Sauveur, mais je n’y avais jamais donné mon attention jusqu’à ce que la vieille femme m’ait fait entrevoir la puissance de ce Nom qu’elle chantait en mourant. Au matin, on me ramassa tout glacé et meurtri sur la plage, au-dessous de la Hève. On me crut mort, comme les autres, car pas une chaloupe n’était arrivée au port ! J’étais le seul survivant de l’Argentine.

Voilà pourquoi vous me voyez occupé à lire mon Livre. J’ai voulu savoir quelle était la foi de la vieille femme ; et je l’ai trouvée dans ce livre, qui est la Bible. J’ai appris que Dieu pardonne les pécheurs comme moi, et qu’il a donné son Fils au monde pour le sauver. Ah ! si je pouvais, chaque soir en allumant mon phare, faire briller au monde entier, la lumière de l’amour divin !

Comme un phare sur la plage

Perçant l’ombre de la nuit,

L’amour de Dieu dans l’orage

Cherche l’homme et le conduit.

Ainsi chantait le vieux matelot de sa voix fêlée, tandis qu’au dehors rugissait la tempête en cette sombre nuit de Noël.

D’après Le Salut de Dieu 2000