Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
Josué fait partie de ceux qui ont vécu la sortie d’Égypte. Lors de la traversée de la Mer Rouge, il devait avoir environ 40 ans. De ce fait, enfant et jeune homme, il a connu l’esclavage en Égypte. Dans le désert, il est vu en présence de Moïse. Il fut le témoin des murmures répétés de ses compatriotes, comme aussi des réponses de l’Éternel. C’est lui qui est délégué par Moïse pour choisir des hommes pour aller au combat contre Amalek qui était venu faire la guerre à Israël (Ex. 17. 8 à 16). Josué et ses hommes sont sur le champ de bataille, Moïse, Aaron et Hur se trouvent en retrait, intercédant. Sans ce service d’intercession, pas de victoire.
Cette bataille représente, pour les enfants de Dieu, le combat contre la chair. La chair c’est, depuis la chute d’Adam en Éden, la propre volonté de l’homme naturel et pécheur, qui s’oppose à Dieu. Elle « convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces deux sont opposés l’un à l’autre » (Gal. 5. 17). La chair habite le croyant jusqu’à son introduction dans la présence glorieuse du Seigneur, par la mort du corps ou par l’enlèvement. Il est ainsi écrit : « Parce que Jah a juré, l’Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération » (v. 16). Si Moïse est vu comme le Sauveur, le législateur et le berger d’Israël, Josué, qui introduira le peuple en Canaan, représente, en type, Christ ressuscité qui, par l’Esprit Saint, nous fait entrer dans les bénédictions spirituelles qui sont dans les lieux célestes.
Les fils d’Israël devaient prendre possession du pays promis à leurs ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob, et cela n’a pas été facile. Nous, croyants et disciples de Jésus Christ, nous combattons avec les secours de l’Esprit Saint, contre « les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes » (Éph. 6. 12). Satan, l’ennemi de Dieu, veut nous empêcher de saisir toute l’étendue des bénédictions résultant de l’œuvre de Christ à la croix. Combien d’hommes et de femmes sont encore prisonniers de fausses doctrines ? Pendant des siècles, nombreux sont ceux qui ont fait des pèlerinages ou vécu cloîtrés dans des monastères pour obtenir la faveur de Dieu ! Et cela se trouve encore de nos jours ! Aucune de ces actions ne peut rendre juste qui que ce soit. Seule la foi en Jésus Christ, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, peut nous donner la vie, selon qu’il est écrit : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (c’est par la grâce que vous êtes sauvés), et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoirensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus… Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur la base des œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éph 2. 4 à 9).
Notre place est acquise, notre position en Christ certaine, et notre héritage assuré ! En ce qui concerne les combats spirituels pour jouir de toutes ces choses, Christ est non seulement notre Sauveur, mais aussi notre grand souverain sacrificateur, notre avocat « auprès du Père » (1 Jean 2. 1).
Après le combat contre Amalek, « Moïse se leva, avec Josué qui le servait ; et Moïse monta sur la montagne de Dieu » (Ex. 24. 13 ; 32. 17). C’est proche de Dieu qu’il reçoit la Loi et les ordonnances concernant le culte qui devra être rendu à l’Éternel, « des sacrifices par feu, en odeur agréable », qui anticipent la glorieuse Personne de Christ se donnant entièrement à Dieu, dans Sa vie et dans Sa mort. Pendant les quarante jours d’absence de Moïse, le peuple tombe dans le péché d’idolâtrie. En redescendant de la montagne « Moïse vit que le peuple était dans le désordre ; car Aaron l’avait livré au désordre », et connaissant la sainteté de Dieu, il brise les tables de la Loi et tend une tente en dehors du camp des tribus d’Israël (Ex. 32. 25).
C’est là que l’Éternel apparaîtra à Son peuple dans la nuée : « Et il arriva que, comme Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendit, et se tint à l’entrée de la tente, et l’Éternel parla avec Moïse. Et tout le peuple vit la colonne de nuée se tenant à l’entrée de la tente ; et tout le peuple se leva, et ils se prosternèrent, … Et l’Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle avec son ami ; et Moïse retournait au camp ; et son serviteur Josué, fils de Nun, jeune homme, ne sortait pas de l’intérieur de la tente » (Ex. 33. 7 à 11).
Au cours de la première année dans le désert, le tabernacle est préparé, et le premier mois, le premier jour du mois de la seconde année, Moïse reçoit l’ordre de dresser « le tabernacle de la tente d’assignation » (Ex. 40. 2 ; Nomb. 9. 15). Par la suite, douze espions, un par tribu, sont envoyés pour explorer le pays (Nomb. 13. 18). Remarquons que c’est à ce moment-là que Moïse change le nom d’Osée (délivrance) en Josué (l’Éternel est sauveur) – Nomb. 12. 9 et 17. Josué en fait partie, et de retour, la mission accomplie, les douze rendent compte de la valeur du pays : « vraiment il est ruisselant de lait et de miel, et en voici le fruit. Seulement, le peuple qui habite dans le pays est fort, et les villes sont fortifiées, très-grandes » (v. 28 et 29).
Consternation ! Dix espions sur douze découragent le peuple : « Nous ne sommes pas capables de monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous » (v. 32). Caleb et Josué s’interposent : « Montons hardiment et prenons possession du pays, car nous sommes bien capables de le faire ». La foi fait face à la peur, parce qu’elle se repose sur les promesses de Dieu ! Mais, « tous les fils d’Israël murmurèrent contre Moïse et contre Aaron » et s’en prirent aussi à l’Éternel en se disant « l’un à l’autre : Établissons un chef, et retournons en Égypte » (Nomb. 14. 2 et 4).
Moïse et Aaron tombèrent sur leur face devant toute l’assemblée des fils d’Israël. Josué et Caleb, « déchirèrent leurs vêtements » (v. 5 à 10). Malgré les encouragements qu’ils s’efforcent de donner, les deux conducteurs et les deux serviteurs fidèles sont menacés de mort : « toute l’assemblée parla de les lapider avec des pierres. Et la gloire de l’Éternel apparut à tous les fils d’Israël à la tente d’assignation ». C’est ainsi que Dieu forma Josué pour qu’il puisse prendre la relève lorsque l’Éternel recueillera son cher serviteur Moïse.
La méditation de ce qui est arrivé à ce peuple nous amène à considérer la faiblesse humaine et la force donnée par Dieu pour passer au travers des circonstances, si difficiles qu’elles puissent être. Fortifions-nous « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éph. 6. 10) !
Si on dit : « Il ne s’agit pas d’une réunion d’assemblée » :
Je m’interroge sur l’expression employée dans le verset ci-dessus : « dans les assemblées ». Cette expression a-t-elle le même sens qu’en 1 Cor. 11. 18 ? :
« …quand vous vous réunissez en assemblée… ».
Ou en 1 Cor. 14. 23 : «…si donc l’assemblée toute entière se réunit ensemble… »
Dans ces deux cas il s’agit bien d’une réunion d’assemblée avec les caractères mis en évidence entre autres par R.K. Campbell (L’Église : p. 109) ou H.R. (Qu’est-ce qu’une réunion d’assemblée ?).
En revanche, les réunions projetées sont pour l’assemblée groupée pour cette occasion mais sans que soient réalisés les caractères d’une réunion d’assemblée.
Le livre : « Que dit l’Écriture ? » page 318 (question 143) présente les choses de manière plus restrictive : ce ne sont pas les caractères d’une telle réunion qui sont retenus mais le fait que ces réunions soient publiques.
« Mademoiselle Prior, deux choses sont interdites aux femmes, parler dans l’assemblée et enseigner où que ce soit. Pour moi, la question est donc très simple : silence dans l’assemblée et jamais d’enseignement.
Si une réunion d’étude se tient dans une maison privée, et est pratiquement une réunion privée, les sœurs sont libres. Je crois que les convenances les retiendront là où se trouvent les frères, mais comme dans une maison privée, elles ont la liberté de parole. Dès que les frères se réunissent en tant que tels au nom du Seigneur, leur place est le silence ; de même, poser une question peut être, comme vous le dites, un enseignement caché. Une réunion dans la salle de réunion de l’assemblée prend plus ou moins nécessairement le caractère d’une réunion de l’assemblée, si elle est ouverte à tous. Il y a, s’il y a liberté, beaucoup de choses liées à la convenance qui doivent nous guider. « La nature même ne vous enseigne-t-elle pas », dit l’apôtre, et chaque chose est belle à sa place : les femmes en avaient une belle [place] dans les évangiles, et même dans les épîtres. On les trouve attachées à Jésus alors que les disciples ne l’étaient pas, mais c’est leur place à elles – un attachement dévoué à Lui, et non un enseignement public. L’ordre de Dieu apporte plus de progrès que toute supériorité d’intelligence. Quant au fait d’avoir la foi pour se taire, je crois que la confiance dans le Seigneur pouvait les faire se taire lorsqu’elles pensaient devoir parler, mais c’est vraiment une question de décorum, pas de foi. « Je ne permets pas à une femme d’enseigner », etc. Je crois avoir répondu à toutes vos questions dans la mesure où je le sais, et j’espère que le Seigneur pourra vous guider en esprit et en cœur. Bien à vous dans le Seigneur ». 1874. J. N. Darby : Letters : Volume 2, number 166, p 265 https://www.stempublishing.com/authors/darby/letters52166E.html.
Question après cette lecture :
Les réunions ont-elles un caractère public ? (c’est-à-dire : ouvert à tous).
« Mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence » (1 Tim. 2. 12)
Tout le paragraphe dont est issu ce verset pourrait avoir comme titre :
« Position de la femme par rapport à l’homme et position de l’homme par rapport à la femme ».
Dès qu’une femme prend une position de leader devant des hommes, il est clair qu’elle sort de sa place.
D’après B.D.
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La Parole est claire et, en public et en présence des frères, les femmes doivent rester dans le silence. S’attacher à la Parole n’est pas faire preuve de raideur.
Les réunions où frères, sœurs et enfants s’expriment librement ne peuvent avoir le caractère de réunions d’assemblée et on ne trouve pas de telles réunions mentionnées dans la Parole (elles peuvent avoir le caractère de réunions de la famille de Dieu). C’est tout à fait différent lorsque l’apôtre Paul nous enseigne pour les moments où « vous vous réunissez ensemble (en un même lieu) » (1 Cor. 12. 20). Dans ces moments-là, hommes, femmes et enfants ont une place et un rôle différents et seuls les hommes peuvent s’exprimer, comme étant « la bouche de l’assemblée ». Les femmes ont leur mari pour poser des questions (ou, si elles sont veuves ou célibataires, elles peuvent s’adresser à un frère) ; quant aux enfants, leurs parents doivent être leurs principaux interlocuteurs.
« Quant à mon peuple, des enfants l’oppriment, et des femmes le gouvernent. Mon peuple ! ceux qui te conduisent se fourvoient, et détruisent le chemin de tes sentiers » (És. 3. 12). Que le Seigneur nous réveille ! C’est l’Assemblée de Dieu, pas la nôtre, et nous ne devons pas y faire ce qui nous semble bon. Que faisons-nous de 1 Timothée 3. 15 : « Afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » et des enseignements de 1 Corinthiens ?
Ce qui demeure, dans une actualité permanente, c’est la Parole, par laquelle notre Dieu et le Seigneur Jésus s’adressent à nous pour nous rappeler encore et toujours quelle doit être notre conduite, à nous chrétiens sur la terre, dans l’attente de la venue du Seigneur. La Parole nous avertit aussi quant à notre conduite dans ce monde où nous devrions être « la lettre de Christ… écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes », comme aussi « des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi lesquels vous reluisez comme des luminaires dans le monde » (2 Cor. 3. 2 et 3 ; Phil. 2. 15).
Ces préceptes nous sont ainsi rappelés pour que nous vivions ici-bas une vie de piété, dans la crainte (saint respect) et la confiance en Dieu, mais aussi dans l’obéissance, non pas légale, mais du cœur, pour le Seigneur (voir Rom. 6. 17). Le Seigneur veut que nous ayons avec Lui des relations personnelles, intérieures, mais qui manifestent des fruits extérieurs, au-dehors, pour Sa gloire. Chère jeune sœur, que le Seigneur te donne, comme à chacun de Ses enfants, le désir de vivre près de Lui, d’une vie de piété qui l’honorera et qui se verra ici-bas dans ta marche, ton attitude, ta tenue, en tout temps et en tout lieu.
Pourquoi faire ces choses qui nous sont rappelées par nos frères d’autrefois ? On peut toujours discuter, raisonner, voire contester – nous savons, hélas ! si bien le faire, mais ce qui nous est demandé, ce que Dieu attend de tous les Siens, c’est simplement d’obéir à la Parole. Nous disons que nous aimons le Seigneur : montrons-le en étant soumis aux commandements qu’Il nous a donnés.
Dieu Lui-même s’adresse à nous (Deut. 22. 5), le Seigneur sollicite nos affections pour Lui (Jean 14. 15). Les apôtres nous enseignent selon ce que l’Esprit du Seigneur leur a communiqué, pour que nous mettions en pratique ce qu’ils nous apprennent, afin que nous vivions et nous conduisions de façon à plaire au Seigneur à tous égards (Col. 1. 10).
Les apôtres parlent aussi d’une manière particulière aux femmes croyantes, dans des passages tels que 1 Cor. 11. 6 et 7 ; 13 à 15 ; 1 Tim. 2. 9 et 10 ; 1 Pier. 3. 1 à 4. Ces enseignements rappelés aux sœurs sont clairs et faciles à comprendre, puisses-tu y appliquer ton cœur pour les réaliser en un réel témoignage pour Lui. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17).
Pour qui faire ces choses ? Pour tes parents qui peut-être te le demandent, pour les frères qui rappellent parfois ces passages et leur importance ? Oui, certainement, car nous avons à obéir à nos parents (Éph. 6. 1 ; Col. 3. 20), à être « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éph. 5. 21), et aussi soumis aux frères conducteurs qui nous ont enseigné ces choses (Héb. 13. 17 ; 1 Pier. 5. 5). Mais avant tout et plus que tout, ne serait-ce pas pour le Seigneur Lui-même ? Ce qui peut nous motiver dans tout ce que nous faisons, n’est-ce pas le désir de Lui être agréable, plutôt qu’aux hommes (voir 1 Thess. 2. 4) ? « Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage » (Col. 3. 23).
Ce sont nos affections pour Lui qui doivent être engagées pour mettre en pratique les choses qui nous sont enseignées par la Parole de Dieu. Si nous réalisons un peu combien le Seigneur Jésus nous a aimés, nous désirons Lui montrer que nous L’aimons en retour. De quelle manière ? En obéissant à ses commandements (voir Jean 14. 15 et 21). L’obéissance est la première manifestation pratique de l’amour.
Ce n’est certainement pas toujours facile (2 Tim. 3. 12), il y a de l’opprobre, peut-être de la moquerie. Mais, au-dessus de cela, il y a l’approbation du Seigneur et la certitude de Lui être agréable, de Lui plaire (voir Col. 1. 9 et 10).
Réfléchissons à cette parole de l’Eternel qui certainement s’adresse à notre conscience : « Ceux qui m’honorent, je les honorerai, et ceux qui me méprisent seront en petite estime » (1 Sam. 2. 30).
A toi de peser ces choses devant le Seigneur, et de Lui demander de te donner la force de réaliser ce témoignage à Sa gloire, si ton amour pour Lui t’y conduit. Son soutien et Sa bénédiction te sont assurés dans le chemin d’obéissance qu’Il place devant toi.
Voir aussi :
« Courtes exhortations aux jeunes sœurs » – A. Guignard
« Importance et signification profonde de la tenue des sœurs » – C. Pfister.
D’après P. F.
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1 Timothée 2. 11 à 14. « Que la femme apprenne dans le silence ». Le terme traduit par « silence » signifie aussi : « calme, tranquillité, discrétion ». Il est différent du terme utilisé en 1 Corinthiens 14. 34, qui signifie strictement : « se taire » (ou « ne pas parler »), en toute soumission ; mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ; car Adam a été formé le premier, et puis Ève ; et Adam n’a pas été trompé ; mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression ».
Ces versets s’appliquent à une sphère plus étendue que celle des réunions de l’assemblée. Ils parlent de la conduite à avoir lorsque hommes et femmes sont présents, et s’appliquent à tout témoignage public. Ils visent l’enseignement donné en public à un auditoire mixte, car il est question d’user d’autorité sur l’homme. La femme ne doit jamais prendre une place de docteur, ou enseigner dans des réunions composées d’hommes et de femmes, car à ce moment-là l’homme est dans la position de celui qui apprend, ce qui renverse l’ordre divin.
L’homme a été formé le premier, il est le représentant de Dieu et le chef ; il devrait donc maintenir la position légitime qui est la sienne : conduire et enseigner. Ève a pris les devants pour transgresser le commandement de Dieu et a été trompée par Satan, montrant qu’elle était un piètre conducteur ; c’est pourquoi, dans le gouvernement de Dieu, les femmes ne doivent pas prendre la place où s’exerce l’autorité et où se donne l’enseignement. Elles doivent apprendre dans le silence et la soumission. Par conséquent, une femme ne doit jamais occuper, en public, une place de « docteur » reconnu pour enseigner la Parole de Dieu, ni donner l’enseignement dans l’assemblée ou devant un auditoire mixte, où elle se met dans une position d’égalité avec l’homme, ou de supériorité par rapport à lui, car elle usurpe alors l’autorité de l’homme.
Cependant, nous voyons que Tite 2. 3 à 5 exhorte les femmes âgées à enseigner « de bonnes choses » et à instruire les jeunes femmes. Ici, les femmes âgées reçoivent le droit d’enseigner, mais le cercle est bien défini, c’est celui des jeunes femmes ; de plus, l’enseignement a un caractère informel et touche à des sujets pratiques plus ou moins liés à la maison et la famille (v. 4 et 5). Il est tout à fait convenable d’aider des femmes à comprendre les Écritures, et de parler avec elles librement sur la Parole. On ne peut qu’encourager les sœurs à œuvrer diligemment pour le Seigneur dans ces sphères-là. Même le fait de communiquer le message de l’Évangile calmement, dans une conversation privée avec des hommes convient à une femme, si cela est fait avec discrétion et mesure.
Mais on peut facilement glisser et se mettre à donner un enseignement formel, et alors une femme n’est plus à sa place. Si elle entreprend une étude de la Parole en public, même si l’auditoire est composé uniquement de femmes, c’est prendre la place d’un « docteur ».
Expliquer la Bible aux enfants, prier et chanter avec eux, est aussi un service qui convient à des femmes. Cette activité est fondamentale dans le foyer, se continue à l’école du dimanche qui peut être un complément. Il est donc tout à fait convenable que des sœurs donnent l’enseignement dans des classes d’enfants de l’école du dimanche, ou des groupes de jeunes femmes, particulièrement lorsqu’elles dépendent de frères sous la responsabilité desquels elles accomplissent leur service. Prions pour qu’un plus grand nombre de femmes fidèles soient actives pour le Seigneur et encouragées à agir dans ces sphères qui sont leur domaine particulier. Ce besoin se fait vivement sentir et l’œuvre du Seigneur dépérit par manque de sœurs énergiques et dévouées pour accomplir leur service. Que le Seigneur bénisse toutes les sœurs qui sont engagées pour lui dans un service approprié.
Dans l’assemblée
1 Corinthiens 14. 34 à 38 nous donne des enseignements clairs sur la place de la femme dans les réunions d’assemblée. « Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi. Et si elles veulent apprendre quelque chose, qu’elles interrogent leurs propres maris chez elles, car il est honteux pour une femme de parler dans l’assemblée. La Parole de Dieu est-elle procédée de vous, ou est-elle parvenue à vous seuls ? Si quelqu’un pense être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que les choses que je vous écris sont le commandement du Seigneur. Et si quelqu’un est ignorant, qu’il soit ignorant ».
Ici, il est clairement dit qu’une femme ne doit pas parler dans l’assemblée. L’expression « dans l’assemblée », ou « dans les assemblées », est utilisée cinq fois dans ce chapitre, et signifie toujours : les réunions de chrétiens en assemblée, le rassemblement de toute l’église. Dans une telle réunion d’assemblée, les femmes ne doivent pas du tout parler, mais se taire dans la soumission.
En 1 Corinthiens 11. 5, l’apôtre parle d’une femme qui prie ou prophétise. Ce passage autorise cette activité pour une femme, mais n’indique pas où elle devait s’exercer. Le chapitre 14 montre clairement qu’un tel ministère pour les femmes n’est pas permis dans l’assemblée, où elles doivent se taire. Il est donc tout à fait évident que c’est en dehors de l’assemblée qu’une femme peut prier et prophétiser.
En Actes 21. 8 et 9, les compagnons de Paul viennent à la maison de Philippe l’évangéliste ; il avait quatre filles qui prophétisaient. D’après le contexte, il semble bien qu’elles prophétisaient chez elles, et non dans l’assemblée ; c’était tout à fait convenable.
Il est important de remarquer que cette interdiction pour les femmes de parler dans l’assemblée n’est pas simplement la parole de Paul — un célibataire, comme diraient certains — mais que ces choses sont « le commandement du Seigneur » (1 Cor. 14. 37). Et si quelqu’un veut être spirituel et plaire au Seigneur, qu’il (ou elle) reconnaisse que c’est le commandement divin. C’est simplement une question d’obéissance à la volonté de Dieu clairement exprimée. Si l’on essaie de raisonner sur ces versets si simples, si l’on s’obstine dans la propre volonté et la désobéissance, cela montre que le cœur ne désire pas faire la volonté de Dieu et que sa Parole n’est pas respectée.
Les Corinthiens, comme beaucoup aujourd’hui, pensaient peut-être qu’ils étaient libres d’agir à leur guise à ce sujet. L’apôtre leur dit donc : « La Parole de Dieu est-elle procédée de vous, ou est-elle parvenue à vous seuls ? » (14. 36) ; c’est-à-dire : Avez-vous autorité de la part du Seigneur sur ce que vous avez à faire à ce sujet ? Ce n’est pas de vous que vient la Parole du Seigneur, mais à vous. Ils devaient donc se soumettre au commandement du Seigneur donné par l’apôtre.
On dit quelquefois que le mot « parler » dans ce verset signifie : causer, bavarder ou chuchoter pendant le service, et que c’est cela que l’apôtre interdisait. Mais c’est là une affirmation absolument fausse et qui ne peut qu’égarer. Le mot grec utilisé ici et dans tout ce chapitre est « laleo ». Il est traduit par le verbe parler dans tout ce chapitre, et 241 fois dans le Nouveau Testament. Il signifie parler, prendre la parole. Ainsi, de même qu’il est dit : « Que les prophètes parlent, deux ou trois » (v. 29), de même il est enjoint aux femmes de ne pas parler : « Il ne leur est pas permis de parler ». C’est le même mot dans les deux cas.
On dit aussi que cette interdiction pour les femmes de parler dans l’assemblée, n’était valable que pour Corinthe, où les femmes étaient ignorantes, bruyantes, effrontées, et incapables de prendre la parole en public. La première déclaration est tout à fait fausse, et la seconde n’est qu’une supposition. Le début de cette épître aux Corinthiens nous montre que Paul l’adressait « à l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe… avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ » (ch. 1. 2).
Cela est catégorique. Les exhortations données dans cette épître n’ont pas une portée simplement locale, mais sont aussi adressées à tous ceux qui se disent chrétiens, où qu’ils soient. Et dans le verset qui nous occupe, l’apôtre dit que les femmes doivent se taire dans « les assemblées ». Il ne dit pas : « dans votre assemblée », mais « dans les assemblées ».
Dans l’assemblée, la femme a une place de soumission et de discrétion, non de direction. Ceux qui participent publiquement, dans l’assemblée, conduisent l’assemblée, que ce soit par la prière, la louange ou l’édification, et cette place de conducteur n’est pas donnée aux femmes.
Beaucoup n’ont pas conscience que, même si un frère prie devant tous, il conduit l’assemblée réunie dans la prière. Ce n’est pas simplement une prière individuelle. Il est le porte-parole de l’assemblée dans la prière ou la louange. Par conséquent, si une femme priait dans une réunion de prière de l’assemblée, ou dans une réunion mixte, elle prendrait une place de conducteur en opposition avec la Parole. En 1 Timothée 2. 8, l’apôtre déclare : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu ». Cette pleine liberté pour prier n’est pas donnée aux femmes.
À cet égard, nous pouvons tirer une leçon de l’histoire d’Anne, en 1 Samuel 1. 9 à 18. Cette femme pieuse priait dans la maison de l’Éternel, alors que les adorateurs étaient assemblés. Remarquons ce qu’il est dit à son sujet : « Anne parlait dans son cœur ; ses lèvres seulement remuaient, mais on n’entendait pas sa voix » (v. 13). Prier à haute voix, dans cette compagnie composée d’hommes et de femmes, n’aurait pas été convenable. Cependant elle pouvait prier dans son cœur ; Dieu l’a entendue et lui a répondu. De même aujourd’hui les femmes peuvent prier et faire monter la louange dans leur cœur au sein de l’assemblée réunie, et joindre leur « amen » aux prières et aux louanges exprimées devant tous ainsi que chanter.
D’après R.K.C.
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Activité des sœurs/filles pendant les rencontres de jeunes :
Quel comportement en public doivent avoir les sœurs/filles pendant les rencontres de jeunes ? En 1 Timothée 2. 12, il est écrit : « Or, je ne permets pas à une femme d’enseigner, ni d’user d’autorité sur l’homme, mais elle doit demeurer dans le silence ». En ce qui concerne le comportement des sœurs dans l’assemblée, nous avons en effet des instructions claires (1 Corinthiens 14. 34).
Qu’en est-il d’une réunion de jeunes, qui est bien une réunion publique, mais pas une réunion en tant qu’assemblée ? A partir de quand commence « l’enseignement » ?
Je suppose qu’il y a au moins un frère responsable dans une réunion de jeunes. Afin de permettre à tous les jeunes de participer aux thèmes, on pourrait de temps en temps attribuer quelques thèmes partiels à certains jeunes. Ceux-ci seraient alors traités par eux et présentés à la réunion de jeunes suivante, accompagnés par le frère responsable.
Enseigner, c’est par exemple :
– La présentation de faits préparés à la maison (travail de recherche) pour le thème de la réunion de jeunes (par exemple, le chrétien et le travail, les caractéristiques de Dieu).
– La présentation d’un personnage de la Bible et son application pratique pour nous aujourd’hui.
Autres réflexions :
Le comportement non biblique des sœurs/filles n’est-il pas aussi de notre faute à nous, frères/garçons, parce que nous « évitons » de traiter certains thèmes ? N’agissons-nous pas à l’encontre de notre responsabilité en tant qu’hommes, ce à quoi nous sommes invités dans 1 Timothée 2. 8 ? (D’ailleurs, ce verset se trouve avant le silence des sœurs).
Frères et sœurs – dans la même relation avec le Seigneur
Il convient tout d’abord de noter que les frères et les sœurs sont tout à fait égaux dans leur relation avec le Seigneur Jésus et avec Dieu le Père : « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni mâle, ni femelle ; car vous tous, vous êtes un dans le christ Jésus » (Gal. 3. 28).
Chaque femme croyante peut et doit donc lire la Parole de Dieu, découvrir les bénédictions spirituelles et en profiter avec autant d’intérêt que, nous l’espérons, tous les hommes croyants. Et toute femme croyante aura besoin de cette préparation spirituelle au même titre qu’un homme croyant, car la foi est extrêmement importante pour la vie personnelle et peut-être aussi pour des tâches particulières dans le mariage et/ou la famille. Priscilla, avec son mari Aquilas, était capable d’expliquer plus précisément la voie de Dieu au grand prédicateur Apollos. « Et il se mit à parler avec hardiesse dans la synagogue. Et Aquilas et Priscilla, l’ayant entendu, le prirent et lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu » (Act. 18.26), et les filles de Philippe pouvaient prophétiser : « Or il avait quatre filles vierges qui prophétisaient » (Act. 21. 9).
Pour cela, ils avaient certainement tous eu besoin d’une préparation spirituelle par la prière et l’acceptation volontaire de la doctrine chrétienne.
Frères et sœurs – même en tant que chrétiens, nous restons dans l’ordre de la création de Dieu
Ce qui peut surprendre l’un ou l’autre, c’est l’enseignement clair du Nouveau Testament selon lequel la relation spirituelle avec les personnes divines, mais aussi avec les chrétiens du sexe opposé, n’abolit pas l’ordre hiérarchique terrestre dans la création. Le chapitre central à ce sujet, 1 Corinthiens 11, décrit clairement l’ordre parmi les hommes qui continue à être en vigueur parmi les chrétiens de Corinthe (et partout dans la chrétienté, cf. 1 Corinthiens 1. 2). « Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu » (1 Cor. 11. 3).
Ce principe est étayé par de nombreux autres passages bibliques et présupposé sans autre discussion. Cela inclut aussi bien le comportement entre mari et femme (Éph. 5. 22 à 33 ; Col. 3. 18 à 20 ; 1 Pier. 3. 1 à 7) que le comportement et le centre de gravité des tâches des femmes et des hommes en général (1 Cor. 11 ; 1 Tim. 2). A cela s’ajoute la déclaration sans équivoque sur le silence des femmes dans les réunions (1 Cor. 14.34). En 1 Timothée 2. 12, il s’agit ici de femmes en général. Les versets 8 et 9 montrent clairement qu’il est question ici des hommes et des femmes en général, car personne ne veut prétendre que seules les femmes mariées se parent de bonnes œuvres ou que seuls les hommes mariés doivent prier en public – voir Paul !
Communication de la foi – pour les sœurs
Si la question se pose de savoir dans quelle mesure et dans quel environnement les sœurs peuvent « communiquer » leur foi, la transmettre et l’échanger, la Parole de Dieu donne ici aussi quelques indications. Les sœurs doivent apprendre « dans le silence et en toute soumission » (1 Tim. 2. 12) ; une femme croyante recevra volontiers un enseignement biblique. Quand ces soirées bibliques sont publiques les sœurs doivent rester dans le silence. L’atmosphère privée à la maison ou dans le petit cercle de visite offre souvent à une sœur une bonne occasion d’apprendre en discutant ou d’échanger des expériences de foi – et là, elle offrira certainement un soutien précieux à son mari/père en lui donnant un passage biblique recherché ou en leur transmettant une pensée (voir Priscilla).
En outre, les sœurs ont toujours la possibilité de prier ensemble et/ou de lire la Parole de Dieu en tant que sœurs. De même, les sœurs plus âgées peuvent et doivent par exemple être des « enseignantes du bien » et donner à leurs jeunes consœurs des instructions pratiques pour la vie conjugale et familiale (Tite 2. 4). Se pourrait-il que dans ce domaine, de nombreuses tâches et opportunités bénéfiques ne sont pas bien exercées/remplies dans nos vies pratiques) ?
Prendre la parole en public ?
Si une réunion de chrétiens rassemble un grand nombre de participants ou si l’événement lui-même a un caractère public, une sœur spirituelle sentira en fait d’elle-même qu’elle doit se tenir à l’écart et, le moment venu, se taire complètement. Même s’il ne s’agit pas d’une réunion en tant qu’assemblée, pour laquelle nous disposons d’une parole claire de Dieu, la Bible montre de manière constante que l’apparition publique est l’affaire de l’homme – et c’est là qu’il est vraiment (appelé) à prier, par exemple, mais aussi à faire des déclarations vraiment spirituelles ! Et si l’homme assume sa tâche, il sera (plus) facile pour la femme d’assumer son attitude de femme. Certains silences ou « se cacher » des hommes/frères ont déjà souvent mis les femmes/sœurs dans des situations difficiles ou les ont peut-être amenées à agir activement de manière inappropriée. Néanmoins, les bons principes de notre Dieu ne sont pas annulés par l’incapacité ou l’inaction de l’homme ou par la supériorité spirituelle (supposée ou réelle) de la femme. C’est précisément dans de tels cas qu’il faut demander au Seigneur la force de remplir sa propre place d’homme ou de femme, malgré les dysfonctionnements existants ou les déficits personnels.
Réunion de jeunes
Il faut tenir compte du fait que les conditions locales sont très différentes. Dans certains endroits, quelques jeunes chrétiens se réunissent à tour de rôle dans les familles pour chanter et lire la Bible. Dans ce cas, une jeune croyante écrira certainement des passages bibliques ou des mots-clés avant ou pendant la rencontre de jeunes et les partagera peut-être aussi, sans pour autant enseigner. L’ensemble de l’événement a un caractère familial, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Mais plus la rencontre de jeunes est importante, plus une chrétienne aura tendance à se tenir en retrait ou/et à renoncer à présenter elle-même des exposés. Si des travaux de groupe sont prévus, une jeune femme croyante partagera peut-être aussi ses notes ou ses pensées dans ces petits groupes. La structuration des pensées bibliques et l’échange en petit comité l’aideront (comme tous les jeunes hommes !) à apprendre pour des tâches ultérieures entre croyants (école de dimanche, mariage, famille, etc.) ou pour son témoignage devant le monde (1 Pier. 3. 5). De même, les sœurs participeront certainement volontiers à un échange sur un thème présenté par un frère. Cependant, tous les participants devraient accepter les éventuelles réticences naturelles des sœurs « silencieuses » et remettre à leur place les interventions bien intentionnées mais déplacées des autres. Mais selon les enseignements du Nouveau Testament, une présentation en public est clairement réservée aux hommes/frères – mais ceux-ci devraient aussi le faire, c’est certainement un bon exercice pour la participation aux réunions en tant qu’assemblée.
Pensées finales
Dans de nombreux domaines de la vie chrétienne, Dieu nous présente un cadre sans donner de « dispositions d’exécution » plus précises. Cela vaut également pour le comportement des sœurs et des frères sauf s’ils sont « clarifiés » par des instructions claires (par exemple, le silence des sœurs lors des réunions ou la prière ou la prophétie la tête couverte) pour notre bénédiction. C’est pourquoi les principes (le « cadre ») doivent être appliqués avec un réel désir de Lui plaire. Reconnaître les limites comme un frère. Et alors, le Seigneur fera en sorte qu’une réunion de jeunes locale se déroule de manière appropriée, de sorte que ces moments soient également une bénédiction pour les participants et l’assemblée locale !
D’après M. S.
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Avoir la tête couverte.
La femme doit se couvrir la tête lorsqu’elle prie ou prophétise, ou quand elle est dans l’assemblée.
L’apôtre donne des instructions en 1 Corinthiens 11. 3 à 16 : « Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu. Tout homme qui prie ou qui prophétise en ayant quelque chose sur sa tête déshonore sa tête, et toute femme qui prie ou qui prophétise la tête découverte, déshonore sa tête, car c’est la même chose qu’une femme qui serait rasée. Car si une femme n’est pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux. Mais s’il est déshonnête pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle soit couverte. Car l’homme, étant l’image et la gloire de Dieu, ne doit pas se couvrir la tête, mais la femme est la gloire de l’homme. Car l’homme ne procède pas de la femme, mais la femme de l’homme ; car aussi l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l’homme. C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise… Jugez-en en vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être couverte ? »
Ces versets nous montrent que Dieu a établi un ordre qu’il voudrait que nous reconnaissions et observions. Ce n’est pas simplement une coutume pour les hommes d’avoir la tête découverte, et pour les femmes d’avoir la tête couverte dans la présence du Seigneur. La Parole donne la raison et la signification de cet ordre.
Dieu est le chef du Christ, Christ est le chef de l’homme, et l’homme est le chef de la femme. Puisque l’homme est l’image et la gloire de Dieu, puisque Christ est son chef, ce serait un déshonneur et une honte pour Christ son chef, s’il avait la tête couverte lorsqu’il prie ou prophétise (c’est-à-dire : parle en public). La gloire de Christ doit être vue et ne doit pas être couverte, spécialement dans l’assemblée.
Mais la femme a été créée pour l’homme et à partir de l’homme ; elle est la gloire de l’homme. Elle doit donc avoir la tête couverte lorsqu’elle prie ou prophétise, car la gloire de l’homme ne doit pas être vue, spécialement dans l’assemblée réunie. C’est la gloire de Christ qui doit être mise en avant, et non pas celle de l’homme.
De plus, le verset 10 nous dit que la femme devrait avoir sur la tête une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise à cause des anges. Il semble que les anges soient témoins de nos actes et auditeurs de nos paroles, mais n’entrent pas dans nos pensées. Donc le témoignage qu’ils peuvent percevoir est quelque chose d’extérieur, de public, et non ce qui se passe dans les cœurs.
C’est pourquoi elle devrait avoir quelque chose qui lui couvre la tête comme marque de l’autorité de l’homme à qui elle est soumise. Lorsqu’une femme a la tête couverte dans la présence du Seigneur, elle reconnaît que l’homme est le chef que Dieu lui a donné. Une femme qui vient dans la présence du Seigneur sans rien sur la tête montre par là qu’elle veut être comme l’homme et qu’elle ne veut pas prendre une place de soumission.Elle déshonore sa tête, bien qu’elle n’en ait peut-être pas conscience. Même si cela est fait dans l’ignorance, la signification ne change pas.
Les anges sont des spectateurs dans l’assemblée et ils devraient voir que l’ordre établi par Dieu y est respecté. Ils voient l’ordre qui règne au ciel et dans toute la création ; ils ne devraient pas voir de désordre parmi les chrétiens. Le propos de Dieu est que les principautés et les autorités dans les lieux célestes connaissent « la sagesse si diverse de Dieu », « par l’assemblée » (Éph. 3. 10 et 11). Cette « sagesse de Dieu » est le mystère de Christ et de l’Assemblée, dont le type est l’époux (qui est la tête) et l’épouse (qui lui est soumise) (Éph. 5. 22 à 32).
Le fait de se couvrir la tête s’applique aux femmes non mariées comme aux femmes mariées. Dans ces versets de 1 Corinthiens 11, il est parlé de l’homme en général et de la femme en général. Une femme doit donc reconnaître l’autorité de l’homme en général, père ou mari, lorsqu’elle est dans la présence du Seigneur. Elle se couvre la tête pour montrer qu’elle la reconnaît.
La honte d’une tête découverte
« Toute femme qui prie ou prophétise la tête découverte déshonore sa tête, car c’est la même chose qu’une femme qui serait rasée. Car si la femme n’est pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux. Mais s’il est déshonnête pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle soit couverte ».
Dans l’Ancien Testament, lorsqu’une femme avait la tête découverte ou rasée, c’était un signe de honte, comme nous le voyons en Nombres 5. 18, où une femme était l’objet de soupçons de son mari, et en Deutéronome 21. 10 à 13, où une femme belle de figure était emmenée captive par un Israélite. Ici, en 1 Corinthiens 11, l’apôtre dit que si une femme prie ou prophétise, la tête découverte, c’est comme si elle avait la tête rasée. Et puisque c’est un signe de honte d’avoir les cheveux coupés ou rasés, elle devrait avoir la tête couverte. Elle ne doit avoir sur elle aucune marque de honte dans la présence du Seigneur. Le fait qu’elle ait la tête couverte indique qu’elle reconnaît son mari comme son chef et jouit de toute sa confiance.
Notons au passage que, d’après ces versets de 1 Corinthiens 11, il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés, mais « si une femme a une longue chevelure, c’est une gloire pour elle » (v. 15). Ces paroles de l’Écriture devraient régler la question des cheveux coupés pour une femme pieuse.
Une longue chevelure n’est pas ce qui couvre la tête
« La chevelure lui est donnée en guise de voile » (1 Cor. 11.15), c’est-à-dire un ornement donné par la nature pour envelopper sa tête. Il ne s’agit pas ici de ce qui couvre la tête, et dont parle l’apôtre dans les versets précédents. Si la gloire de l’homme doit être couverte dans la présence de Dieu, alors assurément la longue chevelure de la femme, qui est sa gloire personnelle, doit être couverte dans la présence du Seigneur.
Paul établit d’abord la différence entre l’homme et la femme : l’homme devrait avoir la tête découverte et la femme devrait l’avoir couverte. Ensuite il considère les choses du point de vue de la bienséance et de la beauté, en se basant sur la constitution de l’homme et de la femme, différente par nature, et donne cette raison supplémentaire pour qu’elle ait la tête couverte et paraisse devant Dieu comme différente de l’homme. « Jugez-en en vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être couverte ? La nature même ne vous enseigne-t-elle pas ? » (v. 13-14). Même dans le domaine de la nature, Dieu a donné à la femme une longue chevelure comme voile qui la cache. Ce qui convient donc à une femme lorsqu’elle prie Dieu, c’est de se couvrir la tête.
« Pas une telle coutume »
« Si quelqu’un paraît vouloir contester, nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu » (v. 16). L’apôtre venait d’exposer la pensée de Dieu à ce sujet, et au cas où quelqu’un contesterait et raisonnerait, il ajoute simplement : « Nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu ».
C’est souvent dans de petites choses comme le fait de se couvrir la tête ou non, que l’état du cœur est manifesté ; c’est un test pour savoir si la volonté est soumise à Dieu et à sa Parole, ou si elle désire aller à l’encontre de la Parole et suivre la mode et le goût du jour. Les coutumes changent, mais les principes de la Parole de Dieu, dans ce domaine comme dans d’autres, demeurent.
Tenue vestimentaire
Avant de conclure notre étude sur le rôle de la femme d’après les Écritures, nous nous sentons obligés d’ajouter quelques remarques sur le sujet important de sa parure et de ses vêtements. Dieu nous a donné aussi des directives à ce sujet dans sa Parole. D’une façon générale, les femmes d’aujourd’hui se sont écartées honteusement, presque partout, de ces commandements de l’Écriture, et il faut attirer l’attention sur ce que Dieu a dit à cet égard. En 1 Timothée 2. 9 et 10, nous lisons : « Que les femmes se parent d’un costume décent, avec pudeur et modestie, non pas de tresses et d’or, ou de perles, ou d’habillements somptueux, mais par de bonnes œuvres, ce qui sied à des femmes qui font profession de servir Dieu ».
Beaucoup de femmes, et même certaines sœurs, suivent les tendances du monde pour leurs vêtements et leur parure. Elles en viennent à porter des vêtements voyants, indécents, se maquillent, etc.
Bien-aimées sœurs, est-ce en accord avec les versets ci-dessus ? Est-ce une tenue décente ? Ces choses sont-elles caractérisées par la pudeur, la modestie, et par ce qui convient à des femmes pieuses ? Certainement pas. Dans les pays dits christianisés, la mode est dégradante pour les femmes. Par son indécence, elle contribue à réveiller les convoitises les plus basses et incite au péché.
Dieu a en horreur que l’on expose ainsi les parties du corps humain liées à la sexualité. Quand le prophète Ésaïe a averti Babylone du jugement à venir, il a prédit comment Dieu la dévêtirait et exposerait sa honte aux nations. « Relève ta robe, découvre ta jambe, traverse les fleuves : ta nudité sera découverte ; oui, ta honte sera vue. Je tirerai vengeance » (És. 47. 1 à 3). De la même manière, les femmes modernes se rendent méprisables en se découvrant, et exposent ainsi leur honte, même dans les assemblées de chrétiens.
L’assemblée à Laodicée reçoit le conseil d’acheter « des vêtements blancs », afin qu’elle soit vêtue et que la honte de sa nudité ne paraisse pas (Apoc. 3. 18). Bien que ceci soit dit dans un sens spirituel, il semblerait également nécessaire d’adresser ces paroles dans un sens littéral à beaucoup aujourd’hui. La première chose qu’Adam et Ève ont faite après avoir péché, fut de se faire des ceintures pour couvrir leur nudité. De nos jours, les hommes et les femmes semblent se complaire à découvrir leur nudité autant que possible. Qu’il est affligeant de voir que, si les femmes semblent être les premières responsables dans cette triste affaire, les hommes les y poussent en y prenant plaisir. Combien sont vraies les paroles de Sophonie (ch. 3. 5) : « L’inique ne connaît pas la honte ».
Bien-aimées sœurs, écoutons Romains 12. 2 : « Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite ». Souvenons-nous aussi de 1 Corinthiens 6. 19 et 20 : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes pas à vous-mêmes ; car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps ».
Jésus et les Siens dans la tempête (Mat. 14. 22 à 33 ; Marc 6. 45 à 52 ; Jean 6. 16 à 21).
Aussitôt après avoir nourri miraculeusement les cinq mille hommes, Jésus contraignit Ses disciples à monter dans une barque, et à aller devant Lui à l’autre rive, pendant qu’Il renvoyait la foule.
C’est Jean qui donne la raison de cet acte. « Jésus donc, sachant qu’ils allaient venir et l’enlever afin de le faire roi, se retira encore sur la montagne, lui tout seul » (6. 15). Quoique saisi d’admiration par la puissance du Seigneur multipliant les pains, cette foule encore incrédule n’était pas en état d’accueillir Jésus comme prophète et roi. C’est Dieu qui le proclamera Roi au milieu d’un peuple repentant, lorsqu’Il apparaîtra pour régner en puissance (Ps. 2. 6).
Jésus, Homme parfaitement dépendant de Son Père, se retire seul sur la montagne pour prier. Il passe des heures à prier. C’est cet office d’intercesseur qu’Il accomplit depuis Sa résurrection (Rom. 8. 34 ; Héb. 7. 25). Il est au ciel pour exercer la sacrificature à l’égard des Siens qui traversent, sans Lui, ce monde tourmenté. Il est le seul homme dans la gloire jusqu’à ce qu’Il vienne enlever Ses rachetés, Son peuple céleste. Puis Il établira avec eux, sur la terre, Son royaume de justice et de paix.
Craignant que Ses disciples ne se laissent entraîner par l’enthousiasme de la foule, Jésus les oblige à s’embarquer seuls, alors que dans une précédente traversée (Marc 4. 35 à 41) Il était avec eux, quoique endormi.
Il faisait donc déjà nuit, et Jésus n’était pas avec eux, ce qui éprouvait d’autant plus leur foi. Alors qu’ils étaient en pleine mer, un vent de tempête soulève les flots, et le frêle esquif est battu par les vagues.
Cette scène illustre bien ce qu’est le monde agité, sans Dieu, et comment Satan déploie toute sa puissance pour soulever l’opposition des hommes contre les disciples de Jésus. Mais du lieu où Il se trouve, Jésus les voit se tourmenter à ramer, face au vent contraire (Marc 6. 48). Ils étaient dans le chemin de l’obéissance à Sa parole, et pourtant de sérieuses difficultés les assaillent.
C’est déjà la quatrième veille de la nuit, entre trois heures et six heures du matin, et ils n’ont pu effectuer que quelque cinq kilomètres. Ils sont exténués de fatigue et le Seigneur n’intervient pas tout de suite. Pourquoi une telle épreuve ?
Ayant vécu une expérience semblable en Asie, Paul donne une réponse à une telle interrogation : « Nous avons été excessivement chargés, au-delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre. Mais nous-mêmes nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin que nous n’eussions pas confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts » (2 Cor. 1. 8 et 9).
C’est dans le chemin de Sa volonté que nous apprenons à connaître le Seigneur, Sa grâce et Sa puissance.
Bien que confiants dans leurs qualités de marins, et connaissant bien le lac, les disciples avaient besoin de saisir que la puissance du Seigneur opère merveilleusement quand nous prenons conscience que nous sommes sans force.
Voici le moment précis où Jésus vient vers eux, marchant sur la mer. Alors qu’Il voulait passer à côté d’eux, Sa présence sur les eaux agitées ne fait qu’accroître leur frayeur. Dans leur angoisse et leur folle imagination, ils croient que c’est un fantôme. Ils jettent un cri de détresse. Alors Jésus Se fait connaître par sa voix rassurante : « Ayez bon courage ; c’est moi, n’ayez point de peur ».
Quelle parole bienfaisante pour qui connaît Sa voix (Jean 10. 4) ! Moi, ton Berger, ton Sauveur qui t’ai aimé jusqu’à la mort de la croix, qui ne veux que ton bonheur éternel ! Sommes-nous conscients de cette promesse : « Voici, moi je suis avec vous tous les jours » ? (Mat. 28. 20)
Dès qu’il entend la voix de Jésus, Pierre, toujours prompt à intervenir, Lui dit : « Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller à toi sur les eaux. Et Il lui dit : Viens » (Mat. 14. 28). Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller à Jésus.
Ainsi tout est possible à celui qui croit (Marc 9. 23). Parole de puissance divine, dominant la nature, et permettant à un disciple d’être porté par les eaux, selon la mesure de sa foi ! Le Seigneur donne toujours la capacité de réaliser ce qu’Il commande. En dépit d’obstacles paraissant insurmontables, un chemin est frayé à celui qui obéit à Son appel.
Mais Pierre détache ses regards de Jésus et, voyant la force du vent, il a peur, le doute le saisit et il commence à enfoncer. Mais il a encore assez de confiance en Lui pour crier : « Seigneur, sauve-moi ! » Cela suffit pour sa délivrance. « Aussitôt Jésus, étendant la main, le prit et lui dit : Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? »
Retenons que la main puissante du Seigneur est toujours prête à nous secourir quand nous crions à Lui dans la détresse (Ps. 34. 17). Si nous regardons à Lui par la foi, Il a toute puissance pour nous faire marcher sans défaillir.
Quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Tous les disciples sont profondément impressionnés, car la gloire de Dieu éclate dans cette délivrance. Aussi lui rendent-ils hommage en disant : « Véritablement tu es le Fils de Dieu ! » (Mat. 14. 33)
Jean 6. 22 à 59.
Lors de la multiplication des pains (ch. 6. 11), seul miracle relaté dans les quatre évangiles, une grande foule d’environ cinq mille hommes, outre les femmes et les enfants, avait été rassasiée après que le Seigneur eut rendu grâces pour cinq pains d’orge et deux poissons, donnés par un petit garçon.
Dès le lendemain, la foule va à la recherche de Jésus jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvé. Mais le Seigneur, qui lit dans les cœurs, met en évidence les vrais motifs de ceux qui espéraient encore être nourris par Lui. Leur cœur restait incrédule face au miracle démontrant qu’il était l’Envoyé de Dieu. Le Seigneur doit leur dire : « Vous me cherchez… parce que vous avez mangé des pains, et que vous avez été rassasiés ». Ainsi il fait ressortir à quel point l’homme est tourné vers la satisfaction de ses besoins naturels, toujours préoccupé par la nourriture du corps. Mais Jésus veut les rendre sensibles à leur avenir éternel par ces paroles : « Mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde… Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (v. 32, 33 et 35).
Le pain évoque une nourriture nécessaire et complète. Seul Christ, le pain de vie, peut satisfaire pleinement la faim spirituelle de l’âme, qui n’a alors, plus faim et soif des choses du monde. C’est Lui qui communique à l’âme vie, amour, joie, paix et force. Mais pour cela une œuvre de Dieu en nous est nécessaire : croire au Sauveur qu’Il nous a donné (v. 29).
Il ne suffit pas que l’intelligence saisisse le message divin, mais il importe que le cœur et la conscience soient touchés profondément par la nécessité de la mort de Christ. Manger Sa chair, boire Son sang pour avoir la vie éternelle (v. 54), c’est croire en un Christ mort et ressuscité. Sa mort sur la croix pour nos péchés signifie le jugement de Dieu qu’Il a subi à notre place.
Tout pécheur qui mange Sa chair et boit Son sang, acceptant ainsi par la foi l’œuvre de Christ, reçoit aussitôt la vie éternelle. C’est une vie nouvelle, la vie même de Jésus, manifestée dans le racheté. « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (v. 51). Il s’agit là d’une action accomplie une fois pour toutes, comme celle de l’Israélite qui mangeait l’agneau, la nuit de la Pâque.
Mais le Seigneur ajoute : « Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (v. 55 et 56). Il ne s’agit donc pas ici de se nourrir de la mort de Christ pour être sauvé, mais pour être fortifié et jouir d’une communion continue avec le Seigneur, tout en portant les fruits de la vie divine.
Cette vie est nourrie, développée par une action continue selon que l’âme s’approprie les vertus de cette mort. Le croyant sait que ses péchés sont pardonnés par la foi au sang de Christ, il possède la vie éternelle, il est conscient que son « vieil homme » a été crucifié avec Christ (Rom. 6. 6 ; Gal. 2. 20), et il jouit de la communion avec son Sauveur et de sa présence en Lui. « Que le Christ habite par la foi, dans vos cœurs » (Éph. 3. 17). « Portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps » (2 Cor. 4. 10).
Ainsi la vie divine étant reçue est fortifiée, l’âme s’attache au Seigneur, tout en se séparant moralement du monde. En outre, Jésus annonce la résurrection de celui qui a part à sa mort : « Moi je le ressusciterai au dernier jour » (v. 39, 40, 44 et 54).
Le Seigneur ajoute : « Moi, je vis à cause du Père, de même celui qui me mangera… vivra à cause de moi » (v. 57). Il reste le modèle parfait à tous égards, Lui dont la viande était de faire la volonté de Celui qui L’avait envoyé (4. 34).
L’obéissance à Sa volonté n’est-elle pas alors le seul motif de la vie de ceux qui Lui appartiennent ? « C’est ici le pain qui est descendu du ciel, non pas comme les pères mangèrent et moururent : celui qui mangera ce pain vivra éternellement » (v. 58). Le Seigneur résume son enseignement.
Nourrissons nos âmes de Christ en nous occupant de Lui chaque jour par Sa Parole, de Son humiliation, de Ses souffrances, de Sa mort, de Sa résurrection et de Son exaltation à la droite de Dieu dans le ciel ! Apprenons toujours mieux à Le contempler, à Le connaître, pour refléter davantage Sa grâce, Son humilité, Sa douceur, Son obéissance, Sa justice, Sa sainteté, Sa foi (2 Cor. 3. 18) ! Notre vie est liée à la Sienne. En revenant à Lui, notre âme est rassasiée ; en croyant en Lui, elle est désaltérée.
Ainsi le croyant peut se nourrir d’un Christ vivant, de Sa parfaite humanité, après avoir mangé Sa chair et bu Son sang pour avoir la vie éternelle.
Jésus se présente ici comme le Fils de l’homme, le pain de Dieu descendu du ciel pour donner la vie au monde, alors que les pères qui avaient mangé la manne dans le désert, pendant quarante ans, moururent. Il est le Fils de l’homme qui meurt pour donner la vie éternelle et Il est la nourriture quotidienne du croyant qui s’identifie avec Lui dans sa mort.
Ne pouvons-nous pas rendre grâces à Dieu pour Son don inexprimable ? (2 Cor. 9. 15)
Ceux qui se retirent de Jésus (Jean 6. 60 à 71).
Comme Fils de l’homme, Jésus vient de présenter la nécessité de Sa mort pour donner la vie éternelle. « Celui qui me mangera… vivra à cause de moi ». « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle » et « demeure en moi et moi en lui » (6. 57, 54, 56).
Croyant qu’il s’agissait de manger matériellement Sa chair et de boire Son sang, « plusieurs donc de ses disciples, l’ayant entendu, dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’ouïr ? » (v. 60)
De tels propos ne soulignent-ils pas l’état d’endurcissement et d’incrédulité du cœur de l’homme ? On peut être dans l’admiration des paroles de Jésus, être touché par Ses miracles et désirer L’imiter comme modèle, sans posséder une foi réelle en Lui : la vie éternelle.
L’homme orgueilleux dans son état naturel ne peut accepter qu’il soit perdu, qu’il ne mérite que la mort comme salaire du péché, et après la mort le jugement de Dieu. Et dans son aveuglement il rejette le seul moyen de salut qui est la mort expiatoire de Christ, à sa place, pour qu’il ait la vie éternelle. Il méprise la grâce qui lui est offerte, en refusant Jésus comme Sauveur, pour se contenter de ses préjugés humains.
Sachant que Ses disciples murmuraient à propos de Ses paroles, Jésus leur dit : « Ceci vous scandalise-t-il ? Si donc vous voyez le fils de l’homme monter où il était auparavant… ? » Ils ne croyaient pas quand Il leur avait dit qu’Il était descendu du ciel (v. 32, 33, 41, 42 et 50), ils murmuraient quand Il leur demande de manger Sa chair et de boire Son sang pour avoir la vie.
C’est Son corps que, comme Fils de l’homme, Il offrait sur la croix pour la vie du monde. Et dans ce même corps, Il allait être élevé dans le ciel après Sa résurrection car, étant rejeté de Son peuple, Son règne sur la terre ne pouvait s’établir à ce moment-là.
Puis Jésus ajoute : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien : les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie » (v. 63).
La chair n’est d’aucun secours pour saisir les paroles de Dieu. La pensée de la chair est la mort, elle est inimitié contre Dieu (Rom. 8. 6 et 7). Les paroles de Dieu se comprennent par l’Esprit qui, opérant dans l’âme, lui communique la vie en abondance, moyennant la foi. Mais le Seigneur savait qu’il y avait parmi ceux qui le suivaient comme disciples, des personnes qui ne croyaient pas, et celui qui Le livrerait. Il les supportait avec beaucoup de patience.
Ils se retirent lorsque les paroles de Jésus, atteignant leur conscience, ne correspondent pas à leurs propres opinions naturelles, aux pensées de la chair. Ils ne faisaient pas partie de ceux que le Père avait attirés à Lui (v. 65 et 44).
Ils étaient insensibles à la grâce qui était offerte à tous, et leur révélait le Père.
Au moment où plusieurs disciples se retirent, ne marchant plus avec lui, Jésus saisit l’occasion de sonder les douze apôtres par une question solennelle : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu » (v. 67 à 69).
C’est sans doute avec tristesse que le Seigneur a vu partir plusieurs de Ses disciples qui s’étaient attachés à Lui pour un temps, avaient profité de Son enseignement, ayant en vue de le pratiquer. Mais une épuration était nécessaire, car Jésus tient moins au nombre qu’à une foi réelle, et à un engagement de cœur pour tous ceux qui Le suivent.
En fait, on ne peut être un vrai disciple de Christ sans avoir la vie qui est en Lui. Aussi Pierre donne-t-il une prompte réponse au nom de tous les douze, pensant que tous sont animés par la foi en Jésus. Le moment est venu de choisir entre Jésus et le grand nombre de ceux qui se sont retirés.
La réponse enthousiaste de Pierre affirme les certitudes de la foi. Ils ne pouvaient trouver la vie éternelle qu’en Lui. Ils croyaient et savaient que Jésus était une Personne divine, le Saint de Dieu, Celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde.
Remarquons bien que la foi précède la connaissance, c’est l’ordre divin que l’homme naturel voudrait toujours inverser. En rapport avec l’obéissance de la foi, le Seigneur déclare : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu » (7. 17).
As-tu saisi la vie éternelle ? As-tu répondu à l’appel du Seigneur concernant chacun de Ses disciples : « Qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi ? » (Jér. 30. 21).
Parlant au nom de tous les disciples, Pierre ne savait pas qui était Judas. Aussi le Seigneur lui fait-il cette terrible révélation : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze, et l’un d’entre vous est un diable ? » (v. 70). Il leur parlait de Judas Iscariote qui allait le livrer.
Comme la conscience de chaque disciple a dû être exercée ! N’oublions jamais que, si nous avons été choisis par le Seigneur, nous avons besoin d’être conscients de notre extrême faiblesse. Seul Il peut nous garder de Le déshonorer.
Puissions-nous être obéissants à Sa parole, soumis à Sa sainte volonté, et toujours conscients que nous sommes les objets de Sa pure grâce ! Que l’exhortation de Barnabas aux nombreux croyants d’Antioche qui s’étaient tournés vers le Seigneur, ait un écho dans notre âme : « Il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur » (Act. 11. 23) !
Les Juifs et la tradition (Mat. 15. 1 à 20 ; Marc 7. 1 à 23).
En lisant les évangiles, nous constatons que le Seigneur Jésus a été confronté tout au long de Son ministère de grâce avec l’opposition croissante des hommes religieux. Ce sont, ici, les scribes et les pharisiens qui, venus de Jérusalem, s’assemblent auprès de Lui.
Ils avaient observé que quelques-uns de Ses disciples mangeaient du pain sans s’être lavé les mains, et ainsi ils les accusent auprès de Lui de transgresser la tradition des anciens.
Cette tradition correspondait à l’origine à des ordonnances détaillées, transmises oralement ou par écrit, d’une génération à l’autre. Avec l’ancienneté, elles étaient sanctionnées par l’autorité humaine qui leur accordait autant de crédit, si ce n’est plus, qu’aux Écritures.
Dans Sa réponse, le Seigneur montre aux pharisiens qu’ils se contentaient d’une piété apparente, tout en suivant les convoitises de leur cœur naturel. Pour démasquer cette hypocrisie qui consistait à paraître pieux et religieux, il cite une parole d’Ésaïe : « Ce peuple-ci m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi ; mais ils m’honorent en vain, enseignant, comme doctrines, des commandements d’hommes » (Marc 7. 7).
Comme est vain le culte des lèvres, alors que le cœur est rebelle vis-à-vis de Dieu ! Gardons-nous d’une religion superficielle qui se contente d’observer des règles humaines, alors que Dieu regarde au cœur !
Puis le Seigneur souligne comment ils annulaient le commandement de Dieu afin de garder leur tradition. Ne pouvant l’accomplir, ils le remplaçaient par des prescriptions rappelant certaines ordonnances de Moïse, dont ils ignoraient le vrai sens. Ainsi ils pratiquaient des lavages extérieurs de personnes ou d’objets, croyant répondre aux exigences d’un Dieu saint.
N’oubliez jamais que la pureté de votre cœur n’est obtenue que par la foi au sang de Christ qui purifie de tout péché (1 Jean 1. 7).
De plus ces pratiques religieuses détournaient ces Juifs de leurs devoirs les plus légitimes. Selon leur tradition, ils croyaient que les dons faits au temple les dispensaient de toute obligation morale envers leurs parents. La parole de Dieu : « Honore ton père et ta mère » (Ex. 20. 12) était annulée par la tradition des hommes.
Le Seigneur met l’accent sur la vanité d’une telle religion de formes, invitant Ses auditeurs à veiller sur ce qui sort du cœur et non sur ce qui entre dans la bouche. Comme il est insensé devant Dieu d’avoir les mains bien lavées et un cœur rempli de souillure ! La véritable souillure n’est-elle pas celle qui vient de notre cœur naturel ? Puissions-nous écouter, comprendre, croire la Parole de Dieu, non seulement pour être sauvés, mais aussi pour être constamment gardés de tout mal ! Sachant que Dieu regarde au cœur, comme il importe que nous jugions à la lumière de la Parole nos pensées, nos motifs, nos tendances et toute souillure qu’elle met en évidence. Puis dans la maison où ils se sont retirés, les disciples perplexes interrogent le Seigneur au sujet de cette souillure venant du dedans, alors qu’ils étaient habitués eux aussi à traiter la souillure sous sa forme extérieure selon les rites du culte juif. Et Jésus doit leur dire : « Vous aussi, êtes-vous ainsi sans intelligence ? »
Puis il indique en détail les choses qui souillent l’homme : « Car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l’impudicité, l’œil méchant, les injures, l’orgueil, la folie. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme » (Marc 7. 21 à 23). Voilà la vérité quant à la méchanceté du cœur humain ! Quelle source de corruption !
Il est profondément humiliant de se rendre compte que notre cœur si mauvais est à l’origine de tout le mal commis dans le monde. Et l’homme foncièrement orgueilleux aime mieux les ténèbres du péché que la lumière projetée par la parole de Dieu sur son état. « Quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière » (Jean 3. 20).
L’homme ne croit pas à sa ruine morale, à son état de totale perdition, alors que Dieu déclare : « Le cœur est trompeur par-dessus tout, et incurable ; qui le connaît ? Moi, l’Éternel, je sonde le cœur, j’éprouve les reins ; et cela pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses actions » (Jér. 17. 9 et 10).
Mais si, du côté de l’homme tout est irrémédiable, la ressource de Dieu existe, et elle est offerte à tous. Jésus, le Fils de Dieu, est venu dans ce monde pour subir à la croix le jugement qui devait atteindre l’homme pécheur, impie, révolté contre son Créateur. « Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8). Dieu peut alors offrir au coupable repentant le pardon de tous ses péchés, et lui communiquer une nature nouvelle, la vie divine, qui, par la puissance du Saint Esprit, accomplit le bien. Le remède de Dieu existe et la foi le saisit.
As-tu accepté par la foi le don de Dieu, et ton cœur est-il lavé de sa souillure par le précieux sang de Christ ?
« Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Cor. 6. 11).
La femme cananéenne (Mat. 15. 21 à 28 ; Marc 7. 24 à 30).
Le Seigneur vient de dévoiler l’hypocrisie des pharisiens, et ce que produit le cœur incurable de tout homme, capable de tous les vices. Mais cette vérité est intimement unie à l’amour infini de Son cœur pour l’homme, dont Il a donné une manifestation saisissante dans Son incarnation pour venir dans ce monde.
S’Il découvre le mal, c’est pour amener l’homme pécheur à le confesser, à se repentir et à croire à l’Évangile. Maintenant, c’est la grâce de Dieu qui révèle la perversité de son cœur en vue de le sauver. S’il refuse aujourd’hui cette offre de salut, il n’y a plus que la condamnation au jour du jugement, avec les peines éternelles comme terrible conséquence.
En dehors des frontières d’Israël, dans les quartiers de Tyr et de Sidon, où le Seigneur s’est retiré, nous découvrons, dans Ses paroles à une pauvre femme cananéenne, l’amour de Dieu en activité. Là, il n’est plus question de l’homme religieux, avec ses ordonnances, son hypocrisie, ses prétentions. Les besoins sont réels, et la misère profonde.
C’est dans une telle sphère morale que la grâce se déploie. La femme cananéenne avait entendu parler de Jésus et cela lui suffit pour aller à Lui, car elle a la foi en Sa puissance et en Sa bonté.
Il y a encore aujourd’hui bien des âmes qui, éprouvant avec angoisse l’esclavage de Satan, s’engagent dans le chemin de la Cananéenne. Les besoins du cœur ne peuvent être satisfaits par une religion formaliste, par de stériles traditions. Il n’y a qu’une seule issue : aller à Jésus tels que nous sommes.
Le pécheur sans ressource trouve auprès de Lui le pardon des péchés, la grâce, la paix, le repos et le bonheur. Cher jeune lecteur, as-tu ainsi rencontré le Seigneur Jésus ? Son amour est parfait, mais le mal doit être jugé pour que l’âme jouisse d’une pleine délivrance.
Cette femme appartenait à une race maudite qu’Israël, s’il avait été fidèle, aurait dû détruire lors de son entrée en Canaan (Deut. 7. 1 et 2). Or que dit-elle ? : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon ». Le Seigneur ne lui répondit mot.
Pourquoi cette indifférence apparente ? Comme Fils de David, et selon le caractère de l’évangile de Matthieu où Jésus est présenté comme Messie, il n’a rien à faire avec une Cananéenne. Sous ce titre, il s’est présenté à Son peuple Israël pour l’accomplissement des promesses faites aux pères (Rom. 15. 8).
De plus, venant apporter la bénédiction à Israël, Son règne ne pouvait s’établir qu’après la destruction des ennemis de Son peuple. Le Fils de David n’a pas de réponse pour elle !
Un deuxième obstacle se présente pour cette femme dans les propos des disciples qui, pour s’en débarrasser, demandent au Seigneur : « Renvoie-la, car elle crie après nous ». Le Fils de Dieu pouvait-il chasser de sa présence une personne venant à Lui avec une telle détresse, sous l’oppression de Satan ? N’y avait-il pas dans le cœur de Jésus de l’amour pour toute créature s’approchant de Lui avec foi ?
Mais le Fils de David doit répondre : « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Quelle rude épreuve pour cette femme qui n’était pas une brebis d’Israël ! Cependant la foi n’est-elle pas fortifiée face aux obstacles ?
C’est alors qu’elle fait appel à l’amour de Dieu s’élevant au-dessus de toute distinction de races, tout en prenant sa vraie place devant Celui qui est riche en miséricorde. Non ! elle ne pouvait pas être repoussée par le cœur compatissant de Jésus. Le Dieu de grâce est aussi bien le Dieu des nations que le Dieu des Juifs (Rom. 3. 29). « Et elle vint et lui rendit hommage, disant : Seigneur, assiste-moi ». Dans un langage très simple s’affirme une foi pleine de hardiesse. Le Seigneur est vu à Sa vraie place comme Celui qui peut secourir au moment opportun, et celle qui implore son intervention se tient devant Lui dans l’attente de Sa réponse.
Comme est admirable cette foi qui compte sur le Seigneur seul et sur Sa plénitude ! Non seulement Il répond aux besoins pressants du pécheur en purifiant Sa conscience par la foi au sang de Christ, mais aussi à tous les besoins variés de tout racheté effectuant son pèlerinage terrestre.
Or la réponse du Seigneur soumet cette foi à une épreuve ultime dans un creuset brûlant qu’elle pourra supporter. « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ». Le Seigneur maintient les droits du peuple de Dieu, malgré toute sa méchanceté. Et cette femme, par sa réponse, va montrer qu’en acceptant toute son indignité, elle est heureuse de ne dépendre que de la grâce de Dieu : « Oui, Seigneur ; car même les chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants » (Marc 7. 28).
Elle reconnaît tout à la fois qu’elle est une vile créature, et que Dieu est plein de bonté pour répondre à tous les désirs de son cœur. Elle croit à la plénitude de la grâce qui dépasse les limites étroites d’Israël. Elle n’a ni droit, ni promesses, mais comme un chien des nations païennes, elle peut se rassasier des miettes qui tombent sous la table des enfants. Sa foi épurée triomphe de tous les obstacles, la fait pénétrer dans le cœur du Dieu d’amour qui déploie devant elle tous les trésors du ciel.
Quel rafraîchissement pour le cœur du Seigneur Lui-même ! La réponse est immédiate : « O femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie ». Le cœur de Dieu est une source inépuisable de bonté. Que par la foi nous puissions prononcer ce « Oui, Seigneur », et recevoir cette réponse donnée à une âme en communion avec Jésus : « Qu’il te soit fait comme tu veux ! » La foi est la clef qui nous donne accès aux richesses insondables du Christ.
Guérison d’un homme sourd et muet (Marc 7. 31 à 37).
Jésus s’en vint vers la mer de Galilée, à travers le pays de Décapolis, dans cette zone méprisée des Juifs à cause du mélange avec des gens des nations. C’est dans un tel lieu que pouvait s’exercer Son ministère de grâce envers des misérables.
« On lui amène un sourd qui parlait avec peine, et on le prie pour qu’il lui impose la main » (v. 32). Ceux qui accompagnent ce malheureux infirme ont confiance en Jésus pour sa guérison.
Aujourd’hui encore, ne pouvons-nous pas amener au Seigneur, avec prière, des âmes sous l’esclavage de Satan ? N’est-ce pas notre responsabilité comme croyants de les mettre en relation avec le divin Médecin ? Car il est écrit : « Notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 4).
L’état de cet homme est une image du résidu d’Israël, que Jésus isole de la nation incrédule, pour qu’il entende la voix de Dieu et puisse parler de Lui et le louer. L’homme, dans son état naturel, est moralement sourd à tous les appels de Dieu. Seule la voix de la conscience, depuis la chute de l’homme, lui permettait de connaître le bien et le mal. Le coupable est condamné, mais il y a la repentance pour celui qui écoute.
Certes, cette voix peut être étouffée pour celui qui s’engage dans un chemin de propre volonté. Une autre voix se fait entendre dans la création, qui raconte la gloire de Dieu, Sa sagesse, Sa puissance et Sa bonté (Ps. 19. 1 à 6). Dieu se fait entendre aussi par Sa Parole divinement inspirée (Ps. 19. 7 à 11). Elle révèle un Dieu qui est lumière et amour, et l’œuvre rédemptrice de Son Fils en faveur de l’homme pécheur. Dieu a voulu assurer le bonheur éternel de l’homme en dépit de sa chute.
Enfin Dieu nous parle par des épreuves : les fléaux, les maladies, la mort, pour que l’homme prenne conscience de son néant et de la brièveté de son existence terrestre. Comme cet infirme sourd et muet, l’homme est incapable d’écouter ces nombreuses voix par lesquelles Dieu lui parle.
Mais le Seigneur va opérer en grâce à l’égard de cet infirme dont Il connaît la détresse. Il le tire à l’écart hors de la foule (v. 33). De même la conversion d’un pécheur nécessite un contact direct et personnel avec le Sauveur qui va toucher son cœur et sa conscience. Puis Jésus lui mit les doigts dans les oreilles. Il se tient tout près de celui qu’Il veut délivrer, l’amenant à prendre conscience de toute sa misère. Enfin, ayant craché, Il lui touche la langue.
Pour nous délivrer de nos misères, le Fils de Dieu s’est incarné, devenant l’Homme de douleurs, et s’est substitué aux coupables, sur la croix où Il a été fait péché pour nous. « Le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (És. 53. 5).
Jésus regarde vers le ciel (v. 34). Pour l’Homme parfaitement dépendant, la source de l’amour et de la puissance pour délivrer l’homme ruiné ne se trouve qu’en Dieu. « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jac. 1. 17).
Puis Jésus soupira. Comme Il était oppressé dans Son âme, en sondant la misère de l’homme sous les conséquences du péché. Il exprime ainsi toutes les compassions de Son cœur plein d’amour.
Ainsi, du côté de Dieu, les ressources sont inépuisables. Pour nous aussi, quelles que soient nos peines, nous pouvons toujours regarder en haut, avec foi et prière, vers Celui qui comprend nos soupirs.
Enfin la voix toute puissante du Seigneur se fait entendre : « Ephphatha, c’est-à-dire, ouvre-toi » (v. 34). Voilà un ordre divin, une parole de vie, de grâce et de consolation. Elle est le seul remède pour amener le pécheur à la repentance envers Dieu et à la foi au Seigneur Jésus (Act. 20. 21). « L’évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit » (Rom. 1. 16).
La Parole appliquée au cœur par la puissance du Saint Esprit détourne l’âme des ténèbres vers la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu (Act. 26. 18).
« Et aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, et le lien de sa langue se délia, et il parlait distinctement » (v. 35). Il est délivré de ce qui l’empêchait d’entendre et de parler, par la parole souveraine de Jésus. Désormais le cœur peut s’ouvrir à la reconnaissance, à la paix et à l’espérance.
L’homme, dans son incrédulité et son inimitié contre Dieu, a sa langue liée. Non seulement il n’entend pas quand Dieu parle, mais ne peut rien exprimer pour Dieu, car son cœur est fermé à la grâce. Mais dès que le travail de Dieu est opéré en lui, il entend la Parole et jouit de Son amour.
Le pécheur recevant par la foi le message divin, une vie toute nouvelle commence pour lui par l’action du Saint Esprit, qui le conduit dans toute la vérité. Il proclame alors les vertus de Celui qui est son Sauveur et son Seigneur. Tous ceux qui assistent à cette scène doivent reconnaître : « Il fait toutes choses bien ; il fait entendre les sourds et parler les muets » (v. 37).
Et pour tous ceux qui font intervenir Dieu dans les différentes circonstances de leur vie, il y a aussi ce dont la foi prend conscience : « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).
La désobéissance des hommes qui ne respectent pas la défense du Seigneur de publier ce miracle, fait ressortir cette tendance naturelle de nos cœurs à ne pas écouter la Parole de Dieu. Selon le caractère de cet évangile de Marc, « le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (10. 45). Il ne recherchait que la gloire de Son Père (Jean 5. 44 ; 12. 43). Ses miracles étaient accomplis avec un cœur rempli de compassion pour ceux qu’Il délivrait, en ne faisant rien pour Sa propre gloire.
N’est-Il pas digne, Celui qui est mort pour chacun de nous, que nous Lui consacrions nos vies ?
Deuxième multiplication des pains (Mat.15. 29 à 39 ; Marc 8. 1 à 9).
Quittant la région de Tyr et de Sidon, Jésus se rend en Galilée où se trouvaient les pauvres du troupeau, le résidu méprisé des Juifs de Judée. Ainsi ce peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière (Mat. 4. 15 et 16). C’est là que les tendres compassions du Seigneur vont s’émouvoir. Sa puissance divine et Son amour inlassable vont s’exprimer librement une nouvelle fois en rassasiant de pain les pauvres de Son peuple (Ps.132. 15).
Il appelle Ses disciples pour leur dire : « Je suis ému de compassion envers la foule, car voici trois jours déjà qu’ils demeurent auprès de moi, et ils n’ont rien à manger ; et si je les renvoie à jeun dans leur maison, ils tomberont en défaillance par le chemin ; car quelques-uns d’entre eux sont venus de loin » (Marc 8. 2 et 3).
Alors qu’Il vient de guérir de nombreux infirmes – ce qui incite les foules à glorifier le Dieu d’Israël (Mat. 15. 29 à 31) – Son cœur toujours sensible découvre d’autres besoins chez cette grande foule qui n’avait plus rien à manger. N’a-t-Il pas Lui-même connu les rigueurs d’un jeûne de quarante jours au désert lors de la tentation par le diable ? Il en est de même aujourd’hui, alors qu’Il est au ciel : Ses compassions ne cessent pas (Lam. 3. 22), elles sont en grand nombre (Ps. 119. 156) et elles sont grandes (2 Sam. 24. 14). Oui, le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux (Jac. 5. 11). Ésaïe vit Sa gloire et parla de lui, disant : « Certainement, lui a porté nos langueurs et s’est chargé de nos douleurs » (És. 53. 4).
Dans leur raisonnement incrédule, les disciples montrent comme ils étaient oublieux de la puissance que Jésus avait déployée lors de la première multiplication des pains. Leur réflexion fait ressortir leur ignorance quant à Sa personne : « D’où aurions-nous dans le désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ? » (Mat. 15. 33).
Ne ressemblons-nous pas souvent aux disciples au moment des difficultés ? Nous sommes arrêtés par l’insuffisance de nos ressources, constatant alors que nous traversons un désert. L’inquiétude et l’agitation s’emparent de nos cœurs, nous sommes en souci, et nous nous tourmentons de beaucoup de choses, comme l’exprime le Seigneur à Marthe (Luc 10. 41).
Lorsqu’il s’agit de nourriture, de breuvage ou de vêtement, le Seigneur déclare : « Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses » (Mat. 6. 32). Mais dans Sa sagesse et pour stimuler notre faible foi, le Seigneur, toujours conscient de nos besoins, peut estimer qu’un certain délai soit nécessaire avant d’accorder Sa réponse. Aujourd’hui encore Il ne repousse jamais une âme venant à Lui, consciente de sa pénurie et de son infirmité.
Maintenant, le Seigneur demande aux disciples de compter leurs maigres ressources. C’est toujours à partir du peu que nous avons qu’Il veut et peut nourrir Son peuple. Quelle est cette modeste provision ? Sept pains et quelques petits poissons !
Après avoir commandé à la foule de s’asseoir sur la terre, Jésus prend les sept pains et les poissons, rend grâces à Dieu, les rompt, les donne à Ses disciples qui les distribuent à la foule. Il daigne s’associer, et prendre comme collaborateurs Ses faibles disciples, les utilisant comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu.
Toute la foule est rassasiée, et avec les restes, sept corbeilles sont remplies. Admirons cette disposition constante du Seigneur de ne rien gaspiller. Ceux qui avaient participé à ce repas miraculeux étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.
Lors de la première multiplication des pains rapportée dans les quatre évangiles, il y avait cinq pains, douze paniers pleins de restes, et cinq mille hommes nourris. Les disciples sont invités par le Seigneur à donner à manger à la foule avant que la multiplication des pains ait lieu. Le nombre douze dans la Parole est en général en rapport avec une administration que Dieu confie à l’homme (douze tribus, douze disciples) et dans laquelle Il est responsable.
Les faibles ressources de l’homme, représentées par les cinq pains, mises entre les mains du Seigneur, deviennent une abondance toute suffisante pour rassasier cinq mille hommes.
Dans la deuxième multiplication, nous avons le côté de Dieu. Le Seigneur opère selon Sa grâce et Sa toute-puissance divine. Il y a sept pains dans les ressources et sept corbeilles pour les restes. Le chiffre sept rappelle la perfection surhumaine.
Cette intervention miraculeuse du Seigneur, qui ne se lasse pas de déployer toute sa puissance envers ceux qui sont dans le besoin, n’a-t-elle pas lieu de s’exercer aujourd’hui à l’égard des âmes qui périssent, comme aussi à l’égard des croyants ? Seule la Parole de Dieu, appliquée par la puissance du Saint Esprit au cœur et à la conscience, peut répondre parfaitement à ces multiples besoins spirituels. Là encore, le Seigneur se plaît à utiliser de faibles instruments, peut-être même un enfant converti, pour donner au temps convenable une « ration de blé » (Luc 12. 42).
« Que la Parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce » (Col. 3. 16). « Une parole dite en son temps, combien elle est bonne ! » (Prov. 15. 23)
Souvenez-vous que lors de la première multiplication des pains, c’était un petit garçon qui avait les cinq pains d’orge et les deux poissons pour les remettre au Seigneur, et une grande foule a été rassasiée ?(Jean 6. 9)
* Un frère égyptien très fondé nous a expliqué que la première multiplication des pains avait lieu en Israël : les 12 paniers sont en relation avec les 12 tribus.
La 2ème occasion se situe aux confins de la frontière, proche des Nations, les 7 corbeilles parlent de la plénitude divine.
Mais les corbeilles sont beaucoup plus grosses que les paniers (l’apôtre Paul avait été descendu dans une corbeille) – donc ces 7 corbeilles contenaient beaucoup plus que les 12 paniers.
Un signe du ciel refusé et un levain à éviter (Mat. 16. 1 à 12 ; Marc 8. 10 à 21 ; Luc 12. 54 à 57).
De nouveau les pharisiens et les sadducéens, deux sectes adverses, savent s’unir momentanément contre Jésus pour Lui demander, en vue de l’éprouver, un signe du ciel. Ses paroles de vérité et Sa vie irréprochable condamnent leur hypocrisie, leur formalisme et leur matérialisme. Et le Seigneur leur donne une raison de Son refus : ils étaient incapables de discerner la vérité à cause de leur incrédulité.
C’est en soupirant profondément dans Son esprit (Marc 8. 12) que le Seigneur affirme qu’il ne sera pas donné de signe à cette génération méchante.
Dans le cas de l’homme sourd et muet (Marc 7. 34), Il avait soupiré en présence de la misère de l’humanité et il y avait une ressource dans l’expression de Sa grâce et de Sa puissance en guérison. Mais ici, face à l’incrédulité d’hommes religieux, il n’y a pas de remède. Il les laisse en leur rappelant le signe de Jonas comme Il l’avait fait auparavant (Mat. 12. 39 et 40). Ce signe parlait de la nécessité de Sa mort et de Sa résurrection.
Quel sort terrible est réservé à ceux qui rejettent les appels de la grâce pour le salut et le bonheur de leur âme. Les temps actuels de la chrétienté, à la veille du retour du Seigneur, sont comparables à ceux d’Israël, au moment où Jésus était sur le point de quitter ce peuple.
Nous n’avons pas de signe du ciel à espérer avant que se réalise la promesse de la venue du Seigneur pour enlever Son Église. La foi s’affermit dans cette attente. Mais certains hommes religieux comme les pharisiens, ou incrédules, de même que les sadducéens, seront laissés sur terre et livrés à une énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge (2 Thess. 2. 11), en attendant que s’exerce le jugement solennel de Dieu à l’égard de tous ceux qui n’auront pas accepté par la foi Jésus comme leur Sauveur personnel.
Cependant, bien des indices confirment que l’Église arrive au terme de son voyage terrestre. Au point de vue moral, c’est la dernière heure, où l’orgueil, l’égoïsme et la propre volonté de l’homme s’affirment de plus en plus, en même temps que se développe l’apostasie chrétienne, c’est-à-dire l’esprit de l’antichrist, qui nie le Père et le Fils (1 Jean 2. 22 et 2 Tim. 3. 1 à 5).
De plus, le retour du peuple juif dans son pays et les nombreux efforts des nations européennes pour s’unir dans les limites de l’ancien empire romain, tous ces indices nous parlent de l’imminence du retour du Seigneur, évènement qui se produira en un clin d’œil. Il sera alors trop tard pour se préparer à rencontrer Dieu. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 8).
Maintenant le Seigneur s’occupe de Ses propres disciples pour les mettre en garde contre le levain des pharisiens et des sadducéens.
Constatant qu’ils avaient oublié de prendre du pain avant de s’embarquer, les disciples supposent dans leur raisonnement que Jésus, en leur parlant du levain, partage leur propre préoccupation. Mais Celui qui lit dans les cœurs est affligé en voyant à quel point les vains raisonnements et les questions matérielles les absorbent.
Comme notre manque de confiance en Lui attriste toujours Son cœur sensible. Aussi Jésus doit leur dire la vérité :
« Pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes, gens de petite foi, sur ce que vous n’avez pas pris de pain ? ». « N’entendez-vous pas, et ne comprenez-vous pas ? Avez-vous encore votre cœur endurci ? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? ayant des oreilles, n’entendez-vous pas ? et n’avez-vous point de mémoire ? Quand je rompis les cinq pains aux cinq mille, combien recueillîtes-vous de paniers pleins de morceaux ? Ils lui disent : Douze. Quand je rompis les sept aux quatre mille, combien recueillîtes-vous de corbeilles pleines de morceaux ? Et ils lui disent : Sept. Et il leur dit : Comment ne comprenez-vous pas ? » (Marc 8. 17 à 21).
Ne sommes-nous pas surpris et peut-être indignés par la stupidité, l’incompréhension des disciples ? Mais, malgré bien des enseignements reçus du Seigneur en écoutant Sa Parole, n’avons-nous pas tendance à leur ressembler ? Ne pourrait-Il pas aussi nous dire en différentes circonstances : « Ne comprenez-vous pas ? ne voyez-vous pas ? n’entendez-vous pas ? Avez-vous votre cœur endurci ? N’avez-vous point de mémoire ? »
Ne sommes-nous pas facilement distraits, inquiets, inconséquents, parfois ingrats, égoïstes, superficiels ? Nous apprenons par cœur certains beaux versets de la Parole, et au moment des multiples tentations d’une journée nous les oublions.
Lors de certains choix, avons-nous le saint désir d’être guidés par cette Parole vivante, avec un exercice de prière, ou bien nous laissons-nous parfois aller au gré des circonstances ou de ce qui nous plaît ?
Puissions-nous nous approprier le secret du psalmiste : « Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » (Ps. 119. 105). La Parole est la source de toute intelligence spirituelle et par sa lumière elle dirige toute la marche du fidèle.
Puis le Seigneur avertit avec patience Ses disciples, les mettant de nouveau en garde contre le levain des pharisiens et des sadducéens, c’est-à-dire contre leur doctrine corruptrice. Bien que différentes l’une de l’autre, ces deux sectes ont en commun ce dangereux levain de l’hypocrisie (Luc 12. 1). C’est ce qui caractérise la religion de la chair qui s’accommode de prescriptions légales, d’une apparence religieuse sans réalité, de la forme de la piété sans sa puissance.
Par ailleurs, les sadducéens se contentaient des raisonnements du cœur naturel qui annulaient toute action de la Parole sur la conscience, et donnaient essor aux convoitises charnelles.
Que nous soyons vrais devant Dieu et devant les hommes dans l’expression de notre foi, et que la Parole de Dieu exerce toute son autorité bienfaisante sur notre cœur et notre conscience !
Guérison de l’aveugle de Bethsaïda (Marc 8. 22 à 26).
Dans leur aveuglement, les Juifs n’avaient rien appris des nombreux miracles opérés par le Seigneur, car ils demandaient encore des signes (v. 11). Les disciples eux-mêmes ne se rendaient pas compte que la puissance divine s’exerçait par ce moyen, et c’est ce que met en évidence le miracle par lequel la vue est donnée à l’aveugle de Bethsaïda.
Avez-vous remarqué que le Seigneur leur pose une série de neuf questions, des versets 17 à 21, à la suite de la deuxième multiplication des pains ? Ainsi souligne-t-il avec douleur l’endurcissement de leur cœur, qui limitait leur compréhension à l’égard de ce que faisait et disait leur Maître ?
Marc est le seul évangéliste relatant ce miracle accompli encore à Bethsaïda, ville qui avait été particulièrement favorisée par la visitation en grâce du Seigneur. C’est là que Sa puissance divine s’était déployée. De plus les trois apôtres, André, Pierre et Philippe appartenaient à cette ville (Jean 1. 45). Mais celle-ci avait méprisé une telle faveur en refusant de se repentir.
Comme sont solennels les reproches du Seigneur à ceux qui rejettent Sa grâce ! (Mat. 11. 20 à 22). Cependant, dans Sa patience qui s’exerce jusqu’à ses extrêmes limites, le Seigneur va encore opérer en grâce et en puissance.
Comme pour le sourd qui parlait avec peine au chapitre 7, on Lui amène un aveugle, et on le prie pour qu’Il le touche. Certes il n’en fallait pas davantage pour Celui qui guérit toutes les infirmités (Ps. 103. 3). Un simple toucher, une parole prononcée par Celui qui est le Maître de la vie, est-ce que cela n’aurait pas suffi ? Mais Jésus agit différemment et la guérison se produit progressivement.
Il prend la main de l’aveugle et le mène hors de la ville, loin de la foule. Il y a tout à la fois une manifestation de compassion dans ce geste du Seigneur, et l’affirmation de la nécessité, pour tout homme, d’un contact personnel avec Jésus. Cet homme, incapable de se diriger, avait besoin d’être conduit.
L’homme, dans son état naturel, est frappé de cécité morale et spirituelle, et, plongé dans les ténèbres du péché, il a besoin d’être retiré à l’écart pour que le Seigneur opère en lui l’œuvre de Sa grâce.
Vis-à-vis de la bourgade de Bethsaïda, cela signifiait aussi que cette ville avait perdu tout droit à être le témoin des œuvres de Christ à cause de son incrédulité. Mais c’est là, à l’écart de la ville, que cet infirme va être l’objet de la puissance curative de Jésus.
Le Seigneur crache sur ses yeux et pose les mains sur lui. Pour opérer la guérison, Il utilise quelque chose qui vient de Lui et contient une vertu divine, la puissance même du Fils de Dieu. Et en posant ses mains sur l’aveugle, Il s’identifiait à lui.
Ce fait annonçait que Jésus était venu dans ce monde pour prendre sur Lui nos péchés, pour être fait péché, et subir à notre place la mort qui en est la terrible conséquence.
Puis Jésus demande à cet homme s’il voyait quelque chose. Sa réponse révèle que le travail n’est pas achevé : « Je vois des hommes, car je vois comme des arbres qui marchent » (v. 24). Pourquoi une telle lenteur dans la guérison de cet homme ? Pourtant il était impossible de douter de la puissance du Seigneur à l’égard de celui qui se trouvait dans une condition si misérable.
Comme un cher serviteur de Dieu l’a exprimé : « Il voulait faire savoir maintenant que la grâce méprisée est sensible ». Va-t-Il renouveler Ses actes de bonté déjà méprisés, sans faire savoir ce qu’Il en éprouve ?
Quant à l’aveugle, il voyait l’homme dans sa grandeur et son orgueil, ce que symbolise l’arbre dans la Parole (Dan. 4. 10 à 18). Et Dieu veut détacher nos regards de l’homme et de sa marche (Éph. 2. 2 et 3). C’est pourquoi Jésus continue à travailler, lui met les mains sur les yeux et l’invite à regarder ; il fut rétabli et voyait tout clairement.
Lorsqu’il voit imparfaitement, cet homme rappelle l’état des disciples au moment où le Seigneur leur reproche leur incrédulité. Sans être dans l’état d’aveuglement de la nation qui rejetait son Messie, les disciples avaient encore une vision confuse. Jésus les avait appelés pour être avec Lui (3. 13 et 14), les séparant de la nation, selon ce qu’Il avait fait avec l’aveugle, le conduisant hors de la bourgade.
C’est là qu’il achèverait Son travail avec toute la patience de la grâce. Après Sa résurrection et le don du Saint Esprit envoyé par Christ glorifié, ils virent tout clairement.
Ensuite Jésus renvoie l’homme guéri en lui disant : « N’entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade » (v. 26). Pour Bethsaïda, le jour de la visitation en grâce était passé. Comme pour Jérusalem, le Seigneur en pleurs pouvait dire : « Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux » (Luc 19. 42). Que restait-il pour celle qui avait méprisé la grâce, si ce n’est le jugement solennel de Dieu ?
Nous aussi, lorsque nous sommes venus à Jésus, nos yeux ont été ouverts et Il a répondu à nos besoins de pécheurs. Sans Lui, notre cas était désespéré. Mais pour ceux dont les yeux ont été ouverts, que voient-ils maintenant ? Sont-ils impressionnés avant tout par la grandeur et l’orgueil de l’homme, ou même par un serviteur de Dieu qui a pu leur être utile ?
Les Corinthiens eux-mêmes regardaient à leurs conducteurs, se réclamant de l’un ou de l’autre comme chef d’école, et ainsi ils avaient des hommes marchant devant eux, ce qui entraînait des dissensions dans l’assemblée (1 Cor. 1. 11 à 13).
L’œuvre n’est pas achevée dans notre âme tant que nos regards sont absorbés par les hommes. Mais quand Jésus est placé devant nos regards, alors nous voyons tout clairement. Nous pouvons être « remplis de la connaissance de Sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle pour marcher d’une manière digne du Seigneur, pour lui plaire à tous égards » (Col. 1. 10).
Nous avons communion avec Dieu au sujet de Celui qui fait les délices de Son cœur, Son unique Fils bien-aimé.
Parmi les nombreux aveugles qui nous entourent, ne pourrions-nous pas en amener un à Jésus, pour que dans la lumière de Sa présence, et à travers un travail progressif de cœur et de conscience, il puisse voir tout clairement ?
Confession de Pierre. L’Assemblée et le Royaume (Mat. 16. 13 à 20 ; Marc 8. 27 à 30 ; Luc 9. 18 à 21).
Maintenant Jésus est seul avec Ses disciples sur le chemin les conduisant vers les villages de Césarée de Philippe, tout au nord de la Palestine.
Alors qu’Il est rejeté des autorités religieuses, Il interroge Ses disciples : « Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme ? Et ils dirent : les uns disent : Jean le baptiseur ; les autres Élie ; et d’autres : Jérémie ou l’un des prophètes ». Les réponses révèlent combien les opinions sont partagées, sans qu’elles manifestent une incrédulité affirmée.
La foule plaçait Jésus au rang des prophètes les plus éminents, mais ces opinions diverses n’exprimaient pas le langage de la foi. Pourtant le Père avait fait entendre Sa voix au sujet de Son Fils lors du baptême de Jean : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17). Lorsque Nathanaël est touché par les paroles de Jésus, il peut déclarer : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu ; tu es le roi d’Israël » (Jean 1. 50).
Puis le Seigneur s’adresse directement à Ses disciples, et cette question, Il la pose à chacun : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? Et Simon Pierre, répondant, dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et Jésus, répondant, lui dit : Tu es bienheureux, Simon Barjonas, car la chair et le sang ne t’ont pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (Mat. 16. 15 à 17).
Réceptif dans son cœur à la révélation du Père, Simon confesse avec hardiesse le beau nom de Celui qui est le Christ, promis aux pères et à Israël. Puis, comme Fils du Dieu vivant, Il possède la vie et la communique aux hommes qui ont la foi en Sa Personne et en Son œuvre rédemptrice.
Bienheureux ceux qui reconnaissent en Jésus Christ leur Sauveur et leur Seigneur ! L’homme naturel avec ses raisonnements subtils ne peut accéder à cette révélation, que seule la foi saisit.
C’est alors l’occasion pour le Seigneur de donner une révélation nouvelle et importante à Pierre : « Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre – ou une pierre – et sur ce roc je bâtirai mon assemblée, et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ».
Dans son épître, Pierre donne une explication à cette expression : « Vous approchant – du Seigneur – comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu, vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle » (1 Pier. 2. 4 et 5). Chaque croyant, par la foi au Fils de Dieu, devient une pierre vivante.
L’Assemblée, que Christ bâtit, est composée de l’ensemble de ces pierres vivantes édifiées sur le seul fondement inébranlable qu’est Sa Personne. Il est le Roc éternel de vie sur lequel Lui-même bâtit son Assemblée pour le ciel et pour l’éternité (Éph. 2. 20 et 21).
Cet édifice a commencé à la Pentecôte, et sera achevé lorsque la dernière pierre sera ajoutée, c’est-à-dire le dernier racheté, avant le retour du Seigneur pour enlever Son Église dans le ciel. Elle apparaît dans la gloire en Apocalypse 21, comme la sainte cité descendant du ciel d’auprès de Dieu, soit pour régner avec Christ pendant mille ans (v. 9 à 27), soit lorsque l’habitation de Dieu est avec les hommes pour l’éternité, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre (v. 1 à 8).
Rien ne peut vaincre ni détruire cette puissance de vie dans le Fils de Dieu. Ainsi la force de Satan, qui détient l’empire de la mort à cause du péché de l’homme, a été brisée lorsque Jésus est entré dans la mort. « Par la mort, Il rendit impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » (Héb. 2. 14). « Il a annulé la mort » (2 Tim. 1. 10). Et « Il est déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1. 4).
Ainsi toute la puissance de Satan ne peut rien contre cette maison spirituelle que Christ bâtit et appelle : « mon assemblée ».
Il n’est pas question ici de l’aspect de la maison de Dieu où l’homme a sa propre responsabilité sur la terre quant à son travail et aux matériaux apportés à cet édifice. Cela, c’est l’enseignement de Paul en 1 Corinthiens 3. Là, l’infidélité de l’homme a entraîné la ruine de l’Église, introduisant des personnes qui, tout en faisant profession de christianisme, n’avaient pas la vie de Dieu. Lors de Sa venue, le Seigneur n’enlèvera que Ses rachetés.
Cher lecteur, en feras-tu partie ?
Enfin le Seigneur évoque un autre résultat de Sa venue ici-bas et de Sa mort, en relation avec la terre : le royaume des cieux. Christ possède un peuple céleste, l’Assemblée, et Il doit régner sur Son peuple terrestre et sur tout l’univers.
En attendant que s’exerce cette domination glorieuse, le royaume s’établit d’une manière mystérieuse sous cette appellation de « royaume des cieux », comme le Seigneur en instruit Ses disciples en Matthieu 13 dans les paraboles. Sous ce caractère de royaume des cieux, le siège du pouvoir est établi dans le ciel, à la suite du rejet du Roi par Israël et par le monde. Ainsi il ne pouvait être introduit qu’à la suite de l’ascension du Seigneur au ciel.
En attendant que Christ établisse sur la terre Son règne en puissance, tous les croyants et tous ceux qui professent le christianisme, ayant la vie de Dieu ou non, sont inclus dans le royaume des cieux dont les principes sont énoncés en Matthieu 5 à 7.
Le Seigneur confie à Pierre une mission spéciale, en lui disant : « Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Mat. 16. 19). Pierre était chargé d’ouvrir, à tous ceux qui reconnaîtraient l’autorité du Seigneur, les portes du royaume, tant Juifs que nations, suite à ses prédications (Act. 2. 36 ; 4. 4 ; 8. 14 à 17 ; 10. 43 à 46).
Nul ne pouvait entrer par la naissance, comme les Juifs, mais par la foi au Seigneur qui était dans le ciel après Sa mort et Sa résurrection. Désormais il était inutile de dire aux Juifs que Jésus était le Christ, un Messie vivant sur la terre, sans être passé par la mort. Seuls ceux qui ont la foi peuvent jouir des bénédictions apportées par Son œuvre à la croix.
Jésus annonçant sa mort (Mat. 16. 21 à 28 ; Marc 8. 31 à 38 ; Luc 9. 22 à 27).
Jésus vient de révéler à Pierre qu’Il bâtirait Son assemblée, et Il parle maintenant du prix qu’Il va payer pour l’acquérir : de grandes souffrances et la mort. Ainsi Dieu pourra accomplir Ses pensées de grâce à l’égard du peuple juif et de tous les pécheurs.
« Dès lors Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, et qu’il souffrît beaucoup… et qu’il fût mis à mort, et qu’il fût ressuscité le troisième jour » (Mat. 16. 21).
La mort du Messie avait été annoncée plusieurs siècles auparavant par les prophètes (És. 53. 7 et 8 ; Dan. 9. 26). Et Jean le baptiseur désigne le Seigneur Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).
Quelle révélation surprenante pour les disciples bien convaincus que Jésus était le Christ, le Messie, et ne voyant que l’établissement de son royaume glorieux ! (Luc 19. 11) L’idée qu’Il serait victime de Ses ennemis et serait mis à mort les stupéfiait.
Entendant parler de Sa mort, « Pierre, le prenant à part, se mit à le reprendre, disant : Seigneur, Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point ! »
Alors qu’il venait de s’exprimer comme oracle de Dieu, proclamant que Jésus était le Fils du Dieu vivant, il essaie maintenant de détourner Christ de Son chemin d’obéissance. Dans l’ardeur de son amour pour Lui et dans le désir de jouir sans délai des gloires du royaume annoncé par les prophètes, il ne peut accepter la nécessité de Sa mort. La réprimande du Seigneur est immédiate et parmi les plus sévères qu’Il ait prononcées : « Va, arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes » (v. 23). Celui que le Seigneur venait de déclarer bienheureux, est maintenant l’instrument de Satan pour s’opposer aux pensées de Dieu. N’est-il pas solennel de constater que nous pouvons posséder une vérité, être enseigné de Dieu, et cependant être opposé aux conséquences qui en résultent dans notre vie pratique ? La chair qui est en nous, si nous ne la jugeons pas, aime les choses qui sont dans le monde, ses plaisirs, ses richesses et sa gloire. Voilà les pensées de l’homme toujours en contradiction avec celles de Dieu !
Pour accomplir Ses conseils, Il était venu « pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Mat. 20. 28).
Pour être gardés de suivre nos propres pensées, même avec les meilleures intentions, laissons-nous sonder et instruire par la vivante Parole de Dieu.
Avec l’annonce de Sa mort, le Seigneur montre aux disciples ce qu’il en coûterait de Le suivre sur ce chemin qui conduit à la gloire avec Lui. Ici-bas, il n’y a qu’un sentier dans lequel Jésus veut engager Ses disciples, celui de Son rejet et pratiquement celui de la mort. « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive : car quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la trouvera ».
Se renoncer soi-même, et prendre sa croix, voilà deux traits essentiels de tout vrai disciple de Jésus dans ce monde. Il s’agit bien sûr de ceux qui possèdent par la foi Sa vie, et l’ont comme objet de leur cœur. Se renoncer soi-même, c’est ne plus vivre pour soi, mais pour Christ (Gal. 2. 20 ; 2 Cor. 5. 15).
L’homme dans son état naturel ne recherche que ses propres intérêts, et ne vit que pour la satisfaction de sa propre volonté, même s’il cherche peut-être à faire du bien à son prochain. Sa nature égoïste le porte à tout centrer sur le moi. Christ est absent de ses propres pensées.
Pierre désirait la gloire sans la souffrance, la couronne sans la croix. Il estimait que la mort de Christ le priverait de cette gloire à laquelle sa chair était attachée. Mais pour amener plusieurs fils à la gloire, Jésus devait passer par les souffrances et la mort de la croix, à cause de nos péchés.
Prendre sa croix « chaque jour » selon l’expression de Luc 9. 23, c’est la mort au monde avec les jouissances variées qu’il procure au cœur naturel par la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie (1 Jean 2. 16).
Celui qui autrefois était condamné à la crucifixion devait porter sa croix jusqu’au lieu du supplice. Ceux qui assistaient à ce spectacle pouvaient estimer qu’il en avait fini avec les choses d’ici-bas.
Ainsi ceux qui nous voient vivre, ne devraient-ils pas reconnaître que nous ne vivons plus pour nous-mêmes et que nous en avons fini avec le monde, tout en suivant un Maître rejeté par lui ? Ne serait-ce pas le caractère de ceux qui jouissent du ciel sur la terre et dont le cœur est là où est leur trésor ? Alors que ceux qui veulent épargner leur vie en lui accordant les convoitises charnelles et mondaines, la perdront pour l’éternité.
« Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ; ou que donnera un homme en échange de son âme ? » Ces paroles solennelles soulignent le prix inestimable d’une âme aux yeux du Seigneur. Toute négligence à cet égard a des conséquences éternelles. C’est dans le temps présent que se décide le sort de notre âme immortelle !
Vivre pour soi-même, aimer le monde et les choses qui y sont, expose une âme à refuser le salut gratuit que Dieu lui offre par la foi en l’œuvre expiatoire de Jésus.
Cher lecteur, L’as-tu accepté pour ton Sauveur personnel ?
Et pour ceux qui appartiennent au Seigneur, trois questions se posent : est-ce que je reconnais réellement Jésus comme mon Maître ? car c’est chaque jour qu’Il m’invite à Le suivre. Quel est le but principal de ma vie ? Un gain éphémère et vain avec une perte irréparable ou une perte minime avec un gain immense et éternel ?
Quelle est mon échelle de valeurs, sachant tout le prix que Jésus attache à une âme ? Aucun effort n’est trop grand à Ses yeux pour le salut éternel d’un pécheur. Qu’un amour ardent nous anime pour les âmes perdues ! Et Jésus ajoute : Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors Il rendra à chacun selon sa conduite » (Mat. 16. 27).
Ayons à cœur de suivre fidèlement le Seigneur !
La transfiguration (Mat. 17. 1à 13 ; Marc 9. 2 à 13 ; Luc 9. 28 à 36).
Le Seigneur vient d’annoncer à Ses disciples qu’un changement de dispensation va résulter de Son rejet et de Sa mise à mort. Tout en s’engageant dans ce chemin qui Le conduisait aux souffrances de la croix, Il veut encourager la foi des Siens en leur montrant qu’il se termine dans la gloire avec Lui.
Ainsi se réalise la promesse du Seigneur : « Il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume » (Mat. 16. 28).
Les trois premiers évangélistes divinement inspirés décrivent cette scène selon leur caractère propre. Matthieu présente le Christ rejeté, prenant Sa position glorieuse de Fils de l’homme. Dans Marc, après le service humble et dévoué de Christ prêchant le royaume, la gloire est annoncée comme la venue du royaume en puissance, et Christ manifesté en gloire sur la terre. Enfin, en Luc, Celui qui est rejeté et doit mourir apparaît dans Sa propre gloire de Fils de l’homme, dans la gloire du Père en tant que Fils de Dieu. Et les saints enseignés du Père entrent dans la gloire magnifique, demeure de Dieu, où ils ont communion avec le Père et avec Son Fils Jésus.
Jésus prit avec Lui les disciples Pierre, Jacques et Jean, les mène à l’écart sur une montagne pour prier (Luc 9. 28). Et Il fut transfiguré devant eux. « Et comme il priait, l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc et resplendissant comme un éclair » (Luc 9. 29).
Il apparaît au regard des témoins éblouis par cette scène, revêtu de majesté et de magnificence, dans cette gloire qu’Il voilait habituellement sous l’humble forme d’esclave.
« Et voici, deux hommes, qui étaient Moïse et Élie, parlaient avec Lui », étant glorifiés comme Lui. Ils représentaient la loi et les prophètes. Moïse avait donné la loi, bientôt violée, et Élie s’était employé à ramener le peuple à son Dieu et à la loi pour son bien, mais en vain. En effet, ils s’adressaient à l’homme dans la chair qui a fini par tuer le Seigneur.
Quel était donc le sujet d’entretien de ces hommes sur cette haute montagne ? Luc seul nous le révèle : « Ils parlaient de sa mort qu’il allait accomplir à Jérusalem » (v. 31). Du côté de l’homme, tout était perdu à cause de sa méchanceté incurable. Aussi, pour Dieu tout reposait sur la mort de Son Fils bien-aimé qui endura à la croix le jugement mérité par l’homme pécheur. Les exigences de la justice divine étant satisfaites, Dieu peut agir en grâce et sauver quiconque croit.
Autre conséquence, toute gloire est donnée au Fils dans le ciel et sur la terre. Malgré la splendeur de cette scène, les disciples sont accablés de sommeil, et en Gethsémané, ils étaient endormis de tristesse. Voilà ce qu’il en est de la nature humaine, aussi bien en présence de la gloire, que du spectacle de la souffrance par anticipation du Seigneur allant à la croix.
En se réveillant les disciples voient la gloire de Jésus et, avec Lui, les deux hommes éminents de l’Ancien Testament. Pierre intervient en disant : « Maître, il est bon que nous soyons ici ; et faisons trois tentes : une pour toi, et une pour Moïse, et une pour Élie, ne sachant ce qu’il disait » (Luc 9. 33). Marc ajoute qu’ils étaient épouvantés. Vu l’état d’Israël et du monde, il était impossible de demeurer dans une telle proximité. L’œuvre de la croix était nécessaire.
« Et comme Pierre parlait encore, voici, une nuée lumineuse les couvrit ; et voici une voix de la nuée, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (Mat. 17. 5). Pierre pensait honorer le Seigneur en le plaçant au même rang que ces illustres serviteurs de Dieu. Aussi Dieu le Père, jaloux de la gloire de Son Fils et de Sa suprématie, fait entendre Sa voix pour déclarer toute la satisfaction de Son cœur à l’égard de Son Bien-aimé.
C’est Lui qu’il faut écouter désormais, car Dieu parle dans le Fils. Que dit-il ? « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28). « Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jean 6. 48).
Cette scène grandiose était un aperçu du royaume de Dieu en gloire, auquel seront associés tous les saints célestes et terrestres. Moïse et Élie figurent les premiers, et les trois disciples les derniers. Moïse, ayant passé par la mort, représente les saints ressuscités et Élie, enlevé au ciel sans voir la mort, évoque les croyants transmués à la venue du Seigneur.
Contempler une telle gloire ne pouvait que stimuler la foi des disciples, mais aussi de tous les croyants, pour accepter sur la terre de porter la croix à la suite de Jésus en attendant de partager Son règne.
Tout glorieux qu’aient été Moïse et Élie, Dieu ne voulait pas que l’on confondît Son Fils avec ces serviteurs exceptionnels, comme au baptême de Jean, au moment où Jésus se trouvait au milieu des pécheurs repentants (Luc 3. 21 et 22).
Entendant la voix du Père, les disciples tombèrent le visage contre terre et furent saisis d’une très grande peur. Et Jésus, s’approchant, les toucha et dit : « Levez-vous, et n’ayez point de peur. Et eux, levant leurs yeux, ne virent personne que Jésus seul » (Mat. 17. 6 à 8). Ainsi Moïse et Élie disparaissent et Jésus reste seul. Il est la clé de toutes les Écritures.
Conduits par le Saint Esprit, nous pouvons Le contempler aussi dans la loi et les prophètes (Luc 24. 27). C’est Jésus seul qu’il faut écouter. Bientôt nous Le verrons face à face, dans des corps glorifiés.
Ayant vu un échantillon du royaume établi en gloire, les disciples soulèvent une question concernant le prophète qui devait venir auparavant. Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement ? Le Seigneur répond qu’Élie vient premièrement et rétablira toutes choses (Mal. 4. 5). Avant l’établissement du règne de Christ, un prophète sera suscité, agissant dans l’esprit et la puissance d’Élie pour ramener le cœur du peuple à Dieu, mais le Seigneur parle aussi de Jean le baptiseur venu avant Son apparition en grâce.
Ce qui doit être accompli selon la prophétie, se réalisera avec la même exactitude que les événements ayant déjà eu lieu. Recevons en pleine assurance de foi tout ce que Dieu dit dans sa Parole.
« Afin que le monde connaisse que j’aime le Père, – et comme le Père m’a commandé, ainsi je fais » Jean 14. 31.
« Parce qu’il a mis son affection sur moi, je le délivrerai ; je le mettrai en une haute retraite, parce qu’il a connu mon nom » Ps. 91. 14.
L’AMOUR DE JÉSUS POUR SON DIEU
Nous avons tendance à penser davantage à l’amour de Jésus pour nous qu’à l’amour qu’Il avait pour Son Dieu. Et pourtant, c’est le tout premier commandement de la Loi, et seul le Seigneur Jésus l’a accompli pleinement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée » (Luc 10. 27). Et cela a été réalisé en Lui d’une manière évidente en toutes choses.
Son amour pour Dieu était le motif constant de Sa conduite et de Ses paroles. Il l’a démontré en toute occasion, non seulement dans les circonstances faciles ou agréables, mais aussi dans les souffrances permanentes qu’Il a connues dans un monde opposé à Dieu. En face de l’hostilité et de la persécution, Il a toujours agi en grâce et en vérité. Il était toujours rempli par l’amour de Celui qui L’avait envoyé et qu’Il révélait.
Même lorsque des hommes haineux ont mis les mains sur le saint Fils de Dieu et L’ont crucifié, nous voyons la perfection de Son amour en ce qu’Il a tout accepté et supporté, sans murmurer. Ensuite, c’est dans une soumission complète à la volonté de Dieu qu’Il s’est offert Lui-même en sacrifice pour le péché, et qu’Il a subi le jugement que nous méritions.
La réponse de Dieu était certaine : « Je le délivrerai ». Il avait vraiment gagné le droit d’être délivré ! Il a été ressuscité, ayant triomphé de la puissance du péché, de la mort et de Satan. Dieu L’a haut élevé et L’a fait asseoir sur Son trône. Il est digne de tout l’honneur et l’adoration que nous pouvons Lui rendre.
« Il s’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a élevé très haut et Lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se plie tout genou… et que toute langue reconnaisse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 8 à 11).
« Penses-tu que je ne puisse pas prier mon Père, et il me fournira à l’instant plus de douze légions d’anges ? Comment alors pourraient s’accomplir les Écritures, selon lesquelles il faut que cela arrive ainsi ? » Mat. 26. 53 et 54.
LA MORT DU SEIGNEUR
C’est lorsqu’Il a été arrêté, au jardin de Gethsémané, que Jésus Christ a adressé ces paroles à Son disciple Pierre, qui avait tiré l’épée pour défendre son Maître. À première vue il était vraiment difficile d’imaginer que Christ, le Messie promis et le Roi des Juifs, se laisserait capturer par Ses ennemis sans manifester aucune résistance. Il savait ce qui L’attendait ; Il avait parlé de Sa mort et de Sa résurrection clairement et à plusieurs reprises.
Pourquoi le grand Dieu, en qui Jésus se confiait toujours n’intervient-Il pas maintenant en Sa faveur ? Une demande précise de la part du Fils de Dieu était-elle nécessaire ? Et si Jésus fait allusion à plus de douze légions d’anges, est-ce seulement pour rassurer Ses disciples ? Non ! Même si Jésus a dû souffrir la mort par crucifixion, Il demeurait le Seigneur, avec toute la puissance divine à Sa disposition.
Jésus avait spécialement insisté sur les Saintes Écritures qui parlent de la mort du Messie d’Israël et de la raison réelle de Sa mort. Tout avait été annoncé prophétiquement auparavant : Christ devait souffrir pour les coupables et le Dieu saint acceptait Sa mort expiatoire comme sacrifice pour le péché.
Jésus Christ est mort. Les conseils de Dieu, établis dans les Écritures de l’Ancien Testament, devaient s’accomplir. Méditer sur cette vérité dépasse notre entendement.
« Notre Seigneur Jésus Christ… est mort pour nous,… afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui » (1 Thess. 5. 10).
Les paraboles du trésor et de la perle de très grand prix (Mat. 13. 44 à 46).
A partir des trois paraboles de l’ivraie, du grain de moutarde et du levain, le Seigneur traite l’apparence extérieure du royaume, car l’activité pernicieuse de Satan et l’infidélité de l’homme ne manqueraient pas de gâter le travail du divin Semeur.
Mélange de bien et de mal, manifestation d’une grande puissance sur la terre, fausses doctrines aux principes corrupteurs, voilà comment ce royaume des cieux se présenterait à la vue du monde.
Puis Jésus entrant dans la maison s’adresse à Ses disciples, et par les trois autres paraboles montre ce qu’Il a cherché et trouvé pour Son cœur dans le royaume vu sous son aspect intérieur, selon les desseins de Dieu.
« Encore, le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ, qu’un homme, après l’avoir trouvé, a caché ; et de la joie qu’il en a, il s’en va, et vend tout ce qu’il a, et achète ce champ-là » (Mat. 13. 44). Dans le champ, figure du monde, un homme qui représente le Seigneur Jésus a découvert un trésor.
Or dès le chapitre 3 de la Genèse, le diable ayant séduit l’homme, l’a entraîné, ainsi que toute sa descendance, dans la désobéissance à Dieu. Ce caractère de rébellion contre Dieu s’est affirmé en Caïn et sa famille, sous l’instigation de Satan, qui a usurpé son titre de chef de ce monde. Mais au sein de cette humanité déchue, Christ avait discerné un trésor particulier.
Au moment même de la création de la terre et de l’univers, ce qui remplissait Son cœur nous est révélé par l’Esprit : « J’étais ses délices tous les jours, toujours en joie devant lui, me réjouissant en la partie habitable de sa terre, et mes délices étaient avec les fils des hommes » (Prov. 8. 30 et 31). Si, par suite du péché, le diable exerçait son tyrannique pouvoir sur l’homme, une telle misère n’a pas repoussé son amour : Il voit toute la valeur de ce trésor dans les conseils de Dieu.
Pour obtenir Son royaume parmi les hommes, Christ a dû vendre tout ce qu’Il avait, tout laisser en venant dans ce monde. Il s’est anéanti Lui-même, prenant la forme d’esclave. Renonçant à Ses droits de Messie, Il a vécu dans la pauvreté (2 Cor. 8. 9). Étant trouvé en figure comme un homme, Il s’est abaissé Lui-même jusqu’à la mort de la croix pour acheter le champ afin de posséder le trésor.
A cause de la joie qui était devant Lui, Il a enduré la croix (Héb. 12. 2). Il a remporté une victoire définitive sur l’Ennemi, délivrant ses captifs qui ont changé de maître. Et ce trésor, tiré du champ, est composé de tous les Siens comme autant de pièces précieuses.
Il n’y a rien de comparable à cette expression sublime de l’amour de Jésus donnant Sa vie pour acquérir le trésor de Son cœur. Il les a achetés pour Dieu par Son sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation.
Il y a aussi ceux qui, d’entre les nations, reviennent de la grande tribulation, ayant lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau, et ceux du résidu d’Israël, qui auront été achetés de la terre (Apoc. 5. 9 ; 7. 14 ; 14. 3).
Bientôt le Seigneur fera valoir Ses droits sur ce monde, et le trésor encore caché sera manifesté en gloire, lorsqu’il sera « glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10).
« Encore, le royaume des cieux est semblable à un marchand qui cherche de belles perles ; et ayant trouvé une perle de très grand prix, il s’en alla, et vendit tout ce qu’il avait, et l’acheta » (v. 45 et 46).
Jésus est ce marchand expert dans l’estimation des belles perles. Israël était et sera une belle perle, et il peut y en avoir d’autres. Mais l’Église est pour l’éternité la perle de très grand prix, l’épouse de Christ, la femme de l’Agneau. Elle est l’unique, destinée à refléter Sa céleste beauté ; et le Seigneur vend tout ce qu’Il avait pour l’acheter. « Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (Éph. 5. 25).
La perle fine est tirée d’un être vivant, l’huître, qui au fond des mers a été blessée par un grain de sable. Entre le manteau et la coquille, le mollusque sécrète autour du corps étranger de minces couches de nacre, formant cette perle pendant six ans. Ce qui lui donne toute sa valeur et sa beauté, c’est son poids, sa couleur, sa régularité, sa forme et son éclat.
Quelle image saisissante de l’amour ineffable de Christ pour Son assemblée ! Il a enduré les souffrances insondables du jugement de Dieu à la croix, déclarant : « les eaux m’ont environné jusqu’à l’âme, l’abîme m’a entouré, les algues ont enveloppé ma tête » (Jonas 2. 6). Acquise par son propre sang, Il se présentera l’assemblée à Lui-même, glorieuse… sainte et irréprochable. « Car nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os » (Éph. 5. 30).
Les yeux de notre cœur ne seraient-ils pas ouverts pour sonder les profondeurs de Son amour pour l’Église ? Nous ne pouvons qu’être émerveillés et adorer.
Avons-nous pensé que chaque racheté du Seigneur fait partie de cette perle de très grand prix, acquise par Ses souffrances et Sa mort sur la croix ? N’est-Il pas digne alors que nous Lui présentions nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, notre service intelligent ? (Rom. 12. 1 ; 1 Cor. 6. 19 et 20).
Les saints de Macédoine s’étaient donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur (2 Cor. 8. 5) et Paul avait fait la perte de toutes choses, les estimant comme des ordures afin de gagner Christ (Phil. 3. 8). C’est la part de ceux qui, ayant Jésus comme Sauveur, L’ont saisi comme le seul objet de leur cœur, en attendant que cela soit pleinement réalisé dans la gloire, quand nous le verrons dans toute Sa beauté… peut-être cette année ? Es-tu prêt ?
La parabole du filet (Mat. 13. 47 à 52).
Rappelons que les trois dernières paraboles de ce chapitre, adressées uniquement aux disciples, révèlent les pensées de Dieu et le but du Seigneur dans le royaume. Pour la joie de Son cœur, Christ a acheté le monde pour posséder le trésor, c’est-à-dire les Siens. Saisi par la beauté morale de l’Église, Son amour l’engage à renoncer à tous Ses droits de Messie, de Fils de David et de Fils de Dieu sur la terre, pour donner Sa vie sur la croix en vue d’acquérir cette perle de très grand prix et de goûter le fruit du travail de Son âme.
« Encore, le royaume des cieux est semblable à une seine jetée dans la mer et rassemblant des poissons de toute sorte ; et quand elle fut pleine, ils la tirèrent sur le rivage, et s’asseyant, ils mirent ensemble les bons dans des vaisseaux, et jetèrent dehors les mauvais » (v. 47 et 48). La seine est une espèce de très long filet de pêche que l’on traîne dans l’eau sur les fonds sableux peu profonds.
Le royaume des cieux est comparé à ce filet qui, jeté dans la mer, rassemble toute sorte de poissons, bons et mauvais. Depuis la venue du Seigneur sur terre, le filet de l’évangile est jeté dans la mer des peuples. Résultat de cette prédication, le christianisme a été adopté comme religion par des masses. Il suffit d’avoir été baptisé pour porter le titre de chrétien, que l’on possède la vie de Jésus ou non. Hélas, tous les chrétiens de nom ne sont pas d’authentiques croyants correspondant aux bons poissons de la parabole.
Aujourd’hui l’évangile est annoncé dans tous les pays du monde entier, et l’Esprit de Dieu opère avec puissance par le moyen des pêcheurs pour rassembler les saints.
Selon ce que le Seigneur avait exprimé, les pêcheurs sont ces serviteurs à l’œuvre pour séparer, selon l’intention divine, les bons poissons. C’est ainsi qu’Il appela Ses disciples : « Venez après moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (4. 19).
Outre le fait de rassembler toute sorte de poissons en tirant le filet sur le rivage, les serviteurs sont responsables d’une deuxième opération, le triage des bons poissons. Comment auront-ils le discernement spirituel du dessein divin ? Ce ne peut être que par la Parole de Dieu.
Le bon poisson est pourvu de nageoires et d’écailles, selon Lévitique 11. 9 à 12. Le vrai chrétien peut se diriger en remontant le puissant courant de ce monde, et résister à l’influence du milieu dans lequel il évolue (1 Jean 5. 4).
Ayant l’intelligence de ce qui réjouit le cœur de Dieu, les serviteurs ne s’occupent que de ce qui est bon. Ils rassemblent les rachetés du Seigneur autour de Lui, en dehors de toute association mondaine et de tout système religieux institué par l’imagination des hommes. Comme il en a déjà été question dans la parabole de l’ivraie, les ouvriers du Seigneur n’ont pas à s’occuper des mauvais, ni pour les combattre, ni pour les juger ou les exterminer. Certes, le salut par la foi en Jésus doit être prêché à tous les hommes, mais la parabole ne présente pas ce sujet.
Ensuite le Seigneur évoque le jugement solennel des méchants : « Il en sera de même à la consommation du siècle : les anges sortiront, et sépareront les méchants du milieu des justes, et les jetteront dans la fournaise de feu : là seront les pleurs et les grincements de dents » (v. 49 et 50).
Ainsi le travail des anges est toujours en relation avec les méchants, pour exécuter la volonté de Dieu dans son juste gouvernement. Les mauvais sont ôtés de la terre pour que puisse s’établir le royaume en gloire. La période de la grâce aura pris fin pour faire place au temps du jugement, tout proche maintenant.
Avez-vous remarqué que le Seigneur utilise les mêmes expressions dans les deux paraboles de l’ivraie et du filet pour décrire cette fournaise de feu où seront les pleurs et les grincements de dents pendant l’éternité ? (v. 42 et 50)
Ainsi le sort des incrédules est décrit avec une précision effrayante s’ils persistent à refuser le salut offert gratuitement par la foi en Jésus. Leur part sera le feu éternel préparé pour le diable et ses anges, alors que les justes seront pour toujours avec le Seigneur. Les maudits s’en iront dans les tourments éternels et les justes dans la vie éternelle, la bienheureuse félicité (Mat. 25. 41 et 46).
As-tu choisi la vie ? (Deut. 30. 19). « Quiconque croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).
Comme Il le déclarait à Ses disciples, Jésus nous pose la même question : « Avez-vous compris ces choses ? Ils lui disent : Oui, Seigneur » (v. 51). Il avait bien dit aux Siens qu’il leur serait donné de connaître les mystères du royaume des cieux (v. 11).
Seul le Saint Esprit, venant habiter dans le croyant, pourrait en donner une réelle compréhension. Et Jésus précise que « tout scribe qui a été fait disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui produit de son trésor des choses nouvelles et des choses vieilles » (v. 52). Le scribe représente ceux qui connaissaient et interprétaient les textes de l’Ancien Testament.
Devenu disciple du royaume des cieux, il ajoute aux révélations précédentes, les enseignements du Seigneur, notamment ceux des paraboles de ce chapitre. Les choses vieilles concernent le royaume annoncé par les prophètes, établi plus tard en gloire, alors que les choses nouvelles révèlent la forme cachée que ce royaume a prise par suite du rejet du roi. Quel trésor inestimable est accordé à ces disciples du royaume, dès à présent et pour l’avenir ! Que notre foi s’approprie de telles richesses !
La tempête apaisée (Mat. 8. 18, 23 à 27 ; Marc 4. 35 à 41 ; Luc 8. 22 à 25).
L’événement qui nous occupe ce mois-ci est relaté dans trois évangiles avec quelques détails particuliers dans chaque récit.
C’était le soir d’un jour où le Seigneur avait enseigné une grande foule près de la mer, par des paraboles (Marc 4. 1 et 2). Jésus avait dit à ses disciples : « Passons à l’autre rive ».
Après avoir renvoyé la foule, ils s’embarquent prenant Jésus, comme il était, c’est-à-dire sans préparatifs, mais toujours avec son amour invariable, sa puissance divine et ses saintes exigences. Ainsi les disciples pouvaient supposer que, dans la compagnie de Jésus, ils étaient à l’abri de toute difficulté.
Et ils prirent le large. Or comme ils voguaient, voici une grande tourmente s’éleva sur la mer, en sorte que le bateau était couvert par les vagues et il s’emplissait déjà d’eau. La mer de Galilée, située bien au-dessous du niveau de la mer et entourée de montagnes, est connue pour ses tempêtes violentes et subites. Devant un tel péril, les disciples, pour la plupart des pêcheurs habitués à affronter la mer, étaient saisis de peur.
Or Jésus se trouvait à l’arrière du bateau. Marc ajoute qu’il s’était endormi sur un oreiller. Une main prévenante l’avait mis à sa disposition, pensant à toute sa fatigue de la journée. Ce sommeil de Jésus est un trait de son humanité. Il traduit la tranquillité et la paix de Celui qui, près de son Dieu, peut jouir d’un peu de repos, malgré le grand tourbillon de vent et les assauts multipliés des vagues.
Confiant en son Dieu, le psalmiste pouvait déclarer : « Je me coucherai, et aussi je dormirai en paix ; car toi seul, ô Éternel ! tu me fais habiter en sécurité » (Ps. 4. 8).
Ainsi, quoique présent, Jésus ne prévient pas la tempête. Et s’Il dormait, les disciples n’avaient-ils pas avec eux le Créateur du monde ? Mais Sa seule présence ne leur suffit plus, car ils sont effrayés par le danger qui les tourmente si violemment.
Les promesses divines, pour le résidu d’Israël éprouvé, n’étaient-elles pas aussi pour eux ? « Car moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur… Ne crains pas, car je suis avec toi » (És. 43. 3 et 5). Mais l’angoisse avait envahi leur cœur et tout espoir d’en sortir par leurs propres efforts et leur propre sagesse était réduit à néant. « Ils montent aux cieux, ils descendent aux abîmes : leur âme se fond de détresse » (Ps. 107. 26).
Devant cette situation critique, il n’y a plus qu’une seule issue : s’approcher de Jésus et Le réveiller. Et leur cri de détresse n’a-t-il pas un écho dans nos cœurs, nous rappelant une circonstance vécue dans notre vie ?
Pour les uns, c’est : « Maître, ne te mets-tu pas en peine que nous périssions ? » (Marc 4. 38) ; pour les autres : « Maître, maître, nous périssons » ! (Luc 8. 24), et encore : « Seigneur, sauve-nous ! nous périssons » (Mat. 8. 25). Ils ne savent pas comment Jésus peut les sauver – mais c’est bien Lui qui avait dit : « Passons à l’autre rive du lac ». Malgré toute leur angoisse, ils sont unanimes pour avoir recours à Jésus qui seul peut les délivrer.
Alors la voix toute puissante du Seigneur se fait entendre. Il commande en maître, reprend le vent, et s’adresse à la mer : « Fais silence, tais-toi » (Marc 4. 39 ; Job 38. 11).
Quelle majesté ! Quelle puissance divine ! Jésus est le Fils de Dieu, le Créateur des mondes, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance (Héb. 1. 2 et 3). Celui qui a établi les lois de la nature est capable de rétablir l’équilibre des éléments déchaînés. Et il se fit un grand calme.
Puis Jésus s’occupe de Ses disciples, leur disant : « Pourquoi êtes-vous ainsi craintifs ? Comment n’avez-vous pas de foi ? Et ils furent saisis d’une grande peur, et ils dirent entre eux : Qui donc est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent ? » (Marc 4. 40 et 41).
Les disciples croyaient en Jésus, car ils Le suivaient ; mais sondés par l’épreuve, leur foi cède à la peur. Ne leur ressemblons-nous pas parfois ? Et le reproche du Seigneur ne nous concerne-t-il pas ? Seule la foi active peut dissiper la crainte des circonstances.
Le manque de foi des disciples n’apparaît-il pas au moment où, dans leur frayeur, ils ont pensé qu’ils allaient périr avec leur Maître ? Et cependant, ils n’étaient pas plus en danger au fort de la tempête qu’au temps où la mer était calme, car Jésus était avec eux. Il ne pouvait être englouti par les eaux.
N’oublions pas cette promesse divine : « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).
Devant des difficultés, apparemment insurmontables, Dieu veut nous apprendre pratiquement que Son amour, Sa puissance et Sa sagesse sont toujours à la disposition de la foi. Il peut apaiser toute agitation de nos cœurs avant même parfois, que ne soient maîtrisés les orages et les tempêtes envoyés subitement par Satan.
Si tu as pris Jésus à bord de ton frêle esquif, tu es en sécurité. Quelle que soit l’adversité, Il est ton Sauveur et ton Seigneur tout puissant ! L’apôtre déclare que la mort même a perdu son aiguillon et devient un gain (1 Cor. 15. 55 à 57 ; Phil. 1. 21). Jésus est avec nous et il est pour nous jusqu’à ce que nous ayons atteint le céleste rivage.
« Il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient » (Ps. 107. 29 et 30). « Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force » (És. 30. 15).
Guérison de deux démoniaques (Mat. 8. 28 à 34 ; Marc 5. 1 à 20 ; Luc 8. 26 à 39).
Par Sa seule parole, le Seigneur Jésus vient d’exercer Sa puissance pour calmer les éléments de la nature. Vents et tempête sont apaisés aussi bien que le cœur des disciples.
Maintenant, il a affaire avec la violence effrayante de Satan. Deux malheureux Gadaréniens, possédés d’une multitude de démons, dominant leur volonté, sortent des sépulcres où ils demeuraient. Ils étaient très violents, et personne ne pouvait passer par ce chemin-là. Les évangélistes Marc et Luc ne mentionnent que l’un des deux démoniaques, appelé Légion, peut-être à cause de la gravité de son cas, mais aussi de son service après sa délivrance.
Cet incident nous donne un aperçu de ce monde invisible, quoique bien réel, des principautés, autorités et dominateurs des ténèbres, une puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes (Éph. 6. 12).
Souvent, quand Légion avait été lié de fers aux pieds et de chaînes, il avait rompu les chaînes et mis les fers en pièces, et personne ne pouvait le dompter. Les démons habitant cet homme le rendaient furieux, lui communiquant une force extraordinaire ; se faisant du mal à lui-même, il ne pouvait que nuire à ses semblables.
Quelle figure saisissante de la déchéance morale de l’homme pécheur ! Entraîné par le diable, victime de ses convoitises charnelles et de ses passions infâmes, c’est en vain que les hommes ont essayé de le maîtriser, de combattre les excès de tout genre (Gal. 5. 19 à 21).
Malgré toutes les règles morales imposées par la société, le cœur de l’homme reste pervers, incurable, toujours porté à rompre tout lien.
Alors que nous nous serions détournés, effrayés par un tel forcené, Jésus ne le repousse pas et le rencontre dans sa nudité, car il ne pouvait cacher son véritable état aux yeux de Dieu.
Quel spectacle horrible que celui de l’homme asservi à Satan ! Parce qu’il a écouté la voix du tentateur qui mettait en doute la parole de Dieu, il ne pouvait en résulter pour lui que souffrances, oppression, corruption et mort. Et la terre, par suite du péché de l’homme, est devenue un vaste cimetière.
En voyant Jésus, l’homme possédé depuis longtemps de plusieurs démons, se jeta devant Lui en s’écriant : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut ? Je te supplie, ne me tourmente pas. Car Jésus avait commandé à l’esprit immonde de sortir de l’homme » (Luc 8. 28 et 29).
Alors que les hommes ne discernaient pas la gloire divine de Jésus, les démons le reconnaissent comme le Fils de Dieu, le Juge qui les condamnera aux tourments éternels. Jacques lui-même précise que les démons croient, et qu’ils frissonnent (2. 19).
Le démoniaque déclare qu’il s’appelle Légion, car beaucoup de démons étaient entrés en lui. Savez-vous qu’une légion romaine au temps du Seigneur comportait environ 6000 soldats ? C’était un très grand malheur pour cet homme que d’être tombé sous une telle domination.
Quoiqu’il en pense, l’homme n’est pas libre, mais il est esclave de Satan, qui le gouverne en satisfaisant tous les désirs du cœur naturel par toutes les choses qui sont dans le monde (1 Jean 2. 15 et 16).
Et il y avait là un grand troupeau de pourceaux paissant sur la montagne. Contraints de sortir de cet homme, et redoutant d’aller dans l’abîme des tourments, ces démons demandent à Jésus d’entrer dans ce troupeau. Avec sa permission, ils sortirent de l’homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se rua du haut de la côte dans le lac et fut étouffé.
Voyant ce qui était arrivé, les gardiens du troupeau s’enfuirent et racontèrent dans la ville et dans les campagnes ce qui était arrivé. Aussitôt les habitants vinrent et trouvèrent assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus, l’homme délivré des démons.
Quelle bonne part est celle de cet homme dans la présence de son Sauveur ! Mais au lieu de se réjouir d’un tel miracle, les habitants effrayés déplorent la perte du troupeau de pourceaux, ces animaux impurs que la loi interdisait de manger. Aussi demandent-ils à Jésus de s’en aller de leur territoire.
Les hommes pécheurs préfèrent la domination de Satan, ce maître dur et cruel, à la présence et la puissance de Jésus. Ils ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises (Jean 3. 19).
Comme notre cœur naturel est insensible à la grâce, et dans son égoïsme, peu accessible à la souffrance de notre prochain ! Pour assurer nos aises, nos intérêts, n’allons-nous pas parfois jusqu’à désobéir à la Parole ?
Au moment où Jésus s’en allait dans la barque, celui qui avait été délivré de l’esprit immonde lui exprime son désir de Le suivre, dans l’attachement de son cœur. Il sait qu’il a été l’objet d’une grâce ineffable. Mais Jésus le renvoya disant : « Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a usé de miséricorde envers toi » (Marc 5. 19).
Il s’en alla, et se mit à publier tout ce que Jésus lui avait fait. C’est la volonté du Seigneur que nous rendions témoignage à ce que Sa grâce a fait pour nos âmes.
Parler de Lui à nos proches, dans notre famille, à nos camarades d’études ou de travail, c’est-à-dire à ceux qui nous connaissent et observent notre conduite, voilà ce qui plaît au Seigneur, en attendant qu’Il nous appelle auprès de Lui. Comme il importe que tout témoin du Seigneur ait une conduite en accord avec ses paroles !
Peux-tu raconter ce que le Seigneur Jésus a fait pour ton âme ? (Ps. 66. 16)
Une guérison et une résurrection (Mat. 9. 18 à 26 ; Marc 5. 22 à 43 ; Luc 8. 40 à 56).
Rejeté du territoire des Gadaréniens, Jésus, le parfait Serviteur, aborde à l’autre rive du lac où une grande foule se rassemble auprès de Lui. Ému de compassion, Il était tout disposé à recevoir l’appel de la foi.
Un chef de synagogue, nommé Jaïrus, vient et se jette aux pieds de Jésus, le suppliant instamment, disant : « Ma fille est à l’extrémité ; je te prie de venir et de lui imposer les mains, afin qu’elle soit sauvée, et qu’elle vive » (Marc 5. 21 à 23). Et Jésus s’en alla avec lui, suivi par une grande foule qui le pressait.
Du sein de cette foule, une femme s’approche. Elle était atteinte, depuis douze ans, d’une maladie incurable, ayant beaucoup souffert d’un grand nombre de médecins. Alors qu’elle avait dépensé en vain tout son bien, son état allait en empirant. Point de guérison, son cas restait désespéré.
Mais elle avait entendu parler de Jésus. Aussi vient-elle par derrière et touche Son vêtement, consciente, et de son impureté et de son profond besoin de guérison. Dans l’assurance de sa foi, elle disait : « Si je touche, ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie ». Et aussitôt elle connut en son corps qu’elle était guérie du fléau.
Jésus, sachant que de la puissance était sortie de Lui, demanda qui l’avait touché. Ses disciples lui dirent : « Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m’a touché ? » Voyant qu’elle n’était pas cachée, effrayée et tremblante, la femme vint et se jeta devant lui, et lui déclara toute la vérité, comment elle avait été guérie instantanément. Et Jésus lui dit : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie ; va-t’en en paix » (Luc 8. 45 à 48).
Cette femme n’avait reculé devant aucune dépense pour recouvrer la santé de son corps. Elle représente tous ceux qui voudraient obtenir le salut par les œuvres et leurs propres efforts, pour s’en glorifier ensuite (Éph. 2. 9). « Dieu… nous a sauvés… non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein, et sa propre grâce » (2 Tim. 1. 9).
Cette femme, à bout de ressources, épuisée et ruinée, touche le vêtement de Jésus et sa foi tire bénéfice de la puissance divine qui la guérit aussitôt.
II ne suffit pas de connaître Jésus par la seule intelligence humaine. Celui qui vient à Lui avec une profonde conviction de péché – Le saisissant par la foi pour son Sauveur personnel – obtient le pardon, la paix, la délivrance.
La femme, voyant que rien ne peut être caché au Seigneur, se jette à Ses pieds : la meilleure place pour dire toute la vérité.
Le Seigneur établit ainsi cette âme dans une relation personnelle avec Lui et lui donne toute l’énergie nécessaire pour rendre témoignage devant le monde et confesser en public ce qu’Il a fait pour elle. Mais aussi, quel réconfort pour sa foi lorsqu’elle entend les paroles de Jésus : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie : va-t’en en paix » (Luc 8. 48). Heureuse dans Son amour, elle connaît désormais Celui qui s’est révélé à son âme, guérissant son infirmité (Ps. 103. 3).
Le délai causé par l’intervention de cette femme a éprouvé la foi de Jaïrus, car sa fille unique de douze ans était sur le point de mourir. Et comme Jésus parlait encore, des messagers viennent annoncer la mort de cette enfant. Mais aussitôt une parole de Jésus vient affermir la foi de ce père angoissé : « Ne crains pas, crois seulement » (v. 50).
Il y avait en Jésus un amour incomparable face à l’état misérable de l’homme, et une puissance invincible pour délivrer les captifs de Satan qui détenait le pouvoir de la mort. Qu’est-ce que Dieu demande de l’homme, si ce n’est la foi ? Cela est vrai pour le pécheur travaillé dans sa conscience, mais aussi pour le croyant dans toutes ses épreuves.
Arrivé à la maison, Jésus ne permet à personne d’entrer si ce n’est aux trois disciples Pierre, Jacques et Jean, ainsi qu’aux parents de la jeune fille. Il veille à ne pas satisfaire la curiosité d’une foule incrédule. Il ne cherche pas à établir Sa popularité. Seule compte pour le parfait Serviteur l’approbation du Maître.
Comme tous pleuraient et se lamentaient sur la jeune fille, il leur dit : « Ne pleurez pas, car elle n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui, sachant qu’elle était morte ».
Comme dans le cas de Lazare (Jean 11. 11 à 15), le Seigneur parle de la mort du croyant comme d’un sommeil, car notre Sauveur a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile (2 Tim. 1. 10).
Puis, la prenant par la main, Jésus cria, disant : « Jeune fille, lève-toi. Et son esprit retourna en elle, et elle se leva immédiatement ; et il commanda qu’on lui donnât à manger ». Quelle joie pour le cœur des parents !
Voilà une résurrection qui rappelle celle de tous les morts en Christ lors de la venue du Seigneur pour enlever Son Église, alors que les croyants vivants seront changés pour revêtir leur corps de gloire. Nous attendons que se réalise cet événement (1 Cor. 15. 51 à 54 ; 1 Thess. 4. 13 à 18).
En figure, ces deux récits présentent l’œuvre du Seigneur Jésus venant sur cette terre. Comme pour la fille de Jaïrus, Il s’est approché d’Israël à l’état de mort, pour lui apporter la guérison. Mais la mort a frappé Israël selon la chair et tout homme pécheur.
Cependant le Seigneur possède toute puissance pour opérer la résurrection nationale de ce peuple à la fin. En attendant, tous ceux qui reconnaissent leur état de misère morale peuvent, comme la femme qui toucha Jésus, venir à Lui par la foi, saisir la grâce et être sauvés.
Trois guérisons. Compassions de Jésus (Mat. 9. 27 à 38).
La grâce toute puissante de Jésus ressuscitait des morts et guérissait toute maladie et toute langueur. C’est ainsi que Dieu donnait une pleine démonstration de la venue du Messie promis à son peuple, le vrai roi d’Israël.
Voici deux aveugles qui suivent Jésus, criant et disant : « Aie pitié de nous, Fils de David ! » (v. 27)
Leur foi dans le Messie d’Israël est affirmée par leur cri et par leur persévérance à venir à Lui jusque dans la maison malgré leur cécité. Jésus leur dit : « Croyez-vous que je puisse faire ceci ? » Voilà la seule condition qui leur est posée. Et la réponse est spontanée, tellement leur besoin de guérison est intense : « Oui, Seigneur ».
Quel écho ont de telles paroles dans le cœur du Seigneur ! Ne démontrent-elles pas une entière soumission de l’âme à Sa volonté ? Quelles bénédictions en sont les conséquences dès maintenant et pour l’éternité !
Alors Jésus toucha leurs yeux, disant : « Qu’il vous soit fait selon votre foi ».
Et leurs yeux furent ouverts (v. 29 et 30).
Ces aveugles rappellent l’état moral de l’homme déchu devant Dieu, mais aussi celui d’Israël à la venue du Seigneur. Jésus, la lumière du monde, ne pouvait exercer Sa puissance en guérison qu’en réponse à la foi. Aussi L’entendons-nous déclarer : « Celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12).
Contrairement à la volonté du Seigneur, les aveugles répandirent sa renommée dans tout le pays. Jésus ne cherchait pas la gloire venant des hommes, évitant d’attirer la curiosité des foules ; mais que notre obéissance Lui soit agréable : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21).
« Et comme ils sortaient, voici, on lui amena un homme muet, démoniaque. Et le démon ayant été chassé, le muet parla » (v. 32).
Dans son état naturel, l’homme pécheur est muet comme il est aveugle. Il ne connaît rien des choses magnifiques de Dieu, des perfections de Jésus et de Son œuvre et il ne peut les voir et en parler.
Mais le Seigneur, plein de miséricorde, intervient pour délivrer le malheureux du joug de Satan. Quel réconfort pour ceux qui l’avaient amené à Jésus ! Maintenant sa langue est déliée pour parler de Celui qui l’a délivré de l’esclavage de Satan. Désormais il peut exalter la grâce et la puissance de Dieu, utilisant pour le bien ce don merveilleux qui lui a été rendu. Ne devait-il pas s’approprier la prière de David : « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, veille sur l’entrée de mes lèvres » ? (Ps. 141. 3)
« Et les foules s’en étonnèrent, disant : Il ne s’est jamais rien vu de pareil en Israël ; mais les pharisiens disaient : Il chasse les démons par le chef des démons » (v. 33 et 34).
L’admiration des foules provoque la jalousie des pharisiens, dont le cœur incrédule est rempli de haine à l’égard de Jésus. Comme ils se sentent jugés par Sa vie parfaite et rayonnante de grâce !
Ces hommes religieux se contentaient des formes de la piété pour mettre en relief leur prestige aux yeux des hommes. Dans la dureté de leur cœur, ils ont l’audace d’attribuer à Satan, le prince des démons, la puissance du Fils de Dieu. C’est ce grave péché, appelé le blasphème contre l’Esprit, qui ne sera pas pardonné aux hommes (12. 31).
Malgré toute la méchanceté des chefs du peuple qui le rejetaient, Jésus poursuit Sa carrière où Sa patiente bonté peut encore s’exercer avec Sa puissance divine. Il continue à enseigner dans leurs synagogues, à prêcher l’évangile du royaume et à guérir toute maladie et toute langueur (v. 35). Son cœur est ému de compassion, car Il discerne les nombreux besoins des foules, et porte en parfaite sympathie les souffrances des hommes.
Il réalise « qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger ». Ces brebis d’Israël, sans vrai berger, étaient privées de direction, de protection et de nourriture, d’où leur état d’épuisement et de souffrance. Les conducteurs d’Israël, sacrificateurs, scribes et pharisiens, dans la recherche de leurs propres intérêts, étaient des pasteurs qui détruisaient et dispersaient le troupeau (Jér. 23. 1 et 2 ; Éz. 34. 1 à 10).
Face à cette infidélité, Jésus, le bon Berger présenté à Son peuple, est rempli de sollicitude pour les faibles, les malades, les méprisés et les pauvres du troupeau. Chacun pouvait venir à Lui avec sa détresse et avec la certitude d’être accueilli, compris et guéri. N’a-t-Il pas dit : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » ? (Jean 6. 37)
Ainsi Jésus voit que la moisson est grande et qu’il y a peu d’ouvriers. Son œil embrassait les campagnes déjà blanches pour la moisson (Jean 4. 35). Pour celui qui, convaincu de péché, réalise toute sa misère morale, il n’y a qu’une seule issue : se jeter dans les bras du Sauveur. Mais pour la moisson, il faut des ouvriers qui, mûs par l’amour des âmes, les conduisent à la source de la grâce et de la vie, c’est-à-dire à Christ.
C’est pourquoi Jésus déclare à ses disciples : « Suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson » (v. 38). Tout vrai serviteur est un collaborateur de Dieu (1 Cor. 3. 9).
C’est à nous de demander des ouvriers et à Dieu seul de les envoyer après les avoir formés à Son école. Ayant foi en Jésus, notre première et constante activité ne reste-t-elle pas la prière selon la volonté du Seigneur de la moisson ?
Mission des douze disciples (Mat. 10. 5 à 42 ; Marc 6. 5 à 13 ; Luc 9. 1 à 6).
Ému de compassion envers les foules délaissées comme des brebis sans berger, Jésus avait demandé à Ses disciples de supplier le Seigneur de la moisson de pousser des ouvriers dans Sa moisson. Maintenant Il appelle ses propres disciples, nommés apôtres ou envoyés.
Il les envoie deux par deux pour annoncer aux brebis perdues de la maison d’Israël que le royaume des cieux s’est approché. Et il leur donne l’autorité de chasser les démons et de guérir toute maladie et toute langueur.
Cette mission, confiée aux douze apôtres, était celle du Seigneur Lui-même dont l’activité est résumée en Matthieu 4. 23 à 25.
Cet évangile du royaume est la bonne nouvelle annonçant aux hommes que le royaume de Dieu sera établi sur la terre. Il sera de nouveau prêché, après l’enlèvement de l’Église, à tous ceux qui n’auront pas entendu l’évangile de la grâce proclamé aujourd’hui, depuis la mort du Seigneur jusqu’à Son retour.
Ceux que le Seigneur envoie dans Son champ, Il les a tout d’abord appelés à Son école, où ils ont été formés, disciplinés, instruits. Pendant un certain temps ils sont avec Lui (Marc 3. 14). Puis vient le temps où il suffit au disciple d’être comme son Maître.
On peut supposer que des leçons essentielles ont été apprises : incapacité totale de la chair, mais ressources inestimables de la grâce, de la puissance et de la sagesse de Dieu. C’est alors que le disciple peut être envoyé par le Seigneur de la moisson, qui Lui seul peut indiquer le moment du départ, le champ de travail à celui qu’Il a préparé. C’est Lui qui conduira, soutiendra et encouragera Ses serviteurs tant que durera leur mission.
Dans la première partie de Son discours (Mat. 10. 5 à 15), le Seigneur donne à Ses disciples des recommandations spéciales pour le temps qui s’écoulera avant Sa mort ; leur mission immédiate concernait Israël auquel Jésus se présentait comme Messie.
La puissance selon laquelle Il établirait son royaume était à l’œuvre pour renverser celle de Satan, délivrer l’homme des conséquences du péché et pourvoir à la subsistance des messagers envoyés par le roi.
Pas de provisions pour le chemin, car l’ouvrier est digne de sa nourriture. Le peuple sera mis à l’épreuve à l’écoute de la bonne nouvelle de l’approche du royaume des cieux. Tous ceux qui la recevraient jouiraient de la paix promise. Et là où les disciples ne seraient pas reçus, ils devraient secouer la poussière de leurs pieds en témoignage contre cette maison, ou contre la ville qui les rejetterait. Le sort de Sodome et de Gomorrhe, villes impies, sera plus supportable au jour de jugement que celui de ceux qui, au lieu d’accueillir leur Messie, l’auront mis à mort.
Au terme de la patience de Dieu, Israël fut rejeté et dispersé parmi les nations jusqu’au jour où, repentant, il reconnaîtra son vrai Messie. Alors l’Israël de Dieu sera sauvé par la foi au sacrifice de Christ.
Puis le Seigneur donne des instructions générales dans la deuxième partie de son discours, pour la période s’écoulant entre Sa première venue et Son apparition glorieuse comme Fils de l’Homme (Mat. 10. 16 à 42).
Chrétien ou juif pendant la tribulation, le vrai disciple est exposé à l’opposition acharnée d’un monde inique et pervers (Mat. 10. 17 et 18). C’est l’opprobre du Christ, inévitable pour celui qui rend fidèlement témoignage à un Christ que le monde a rejeté en Le crucifiant.
L’homme dans son état naturel est inimitié contre Dieu, haïssant la lumière et la vérité qui le jugent. Dans de telles circonstances, le Seigneur envoyait Ses disciples comme des brebis au milieu des loups. Il leur fallait la prudence des serpents, c’est-à-dire la sagesse de Dieu pour éviter les pièges de leurs ennemis, et la simplicité de la colombe pour agir sans calcul, en laissant à Dieu les conséquences.
Comme sont précieux les encouragements du Seigneur lorsqu’Il déclare : « Ne soyez pas en souci comment vous parlerez, ni de ce que vous direz… car ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous » (Mat. 10. 19 et 20).
Cela est d’autant plus vrai que l’on a affaire à l’hostilité de sa propre famille (v. 36). Mais il suffit au disciple qu’il soit comme son Maître, n’ayant aucune crainte face à la haine des hommes, car il y aura un jour où Dieu mettra tout en lumière.
Dieu seul doit être craint, comme Juge qui peut détruire et l’âme et le corps, en enfer.
De plus Dieu prend soin des Siens et rien n’arrive sans Sa volonté. « Les cheveux même de votre tête sont tous comptés », et « vous valez mieux que beaucoup de passereaux », oiseaux insignifiants que votre Père céleste nourrit (Mat. 6. 26).
Enfin le Seigneur met en relief l’importance de Le confesser devant les hommes, et les conséquences qui en résultent dans ce monde. Mais Lui-même confessera devant Son Père, dans le ciel, Ses témoins fidèles.
Outre le courage moral pour faire face à l’opposition du monde, Jésus demande à Son disciple un engagement total, une vraie consécration du cœur. Cela est bien souligné par ces paroles : « Celui qui aime père ou mère plus que moi, n’est pas digne de moi » (v. 37).
De plus Jésus invite Son disciple à prendre sa croix pour venir après Lui. Instrument des condamnés à mort, cette croix rappelle qu’on en a fini avec le monde et ses plaisirs, et qu’on a renoncé à toute volonté propre pour le seul motif : l’amour de Jésus.
Il y aura une récompense pour ceux qui auront reçu les messagers du Seigneur : un prophète, un juste, un de ces petits en qualité de disciple. Aujourd’hui encore, accepter Jésus, recevoir Sa Parole par la foi, suffit pour obtenir ce salut qui a coûté à notre cher Sauveur les souffrances expiatoires de la croix.
Martyre de Jean le Baptiseur (Mat. 14. 1 à 12 ; Marc 6. 14 à 29).
Les passages cités concernent la fin tragique d’un fidèle témoin de la vérité ; Jean le Baptiseur, précurseur du Seigneur Jésus.
Vrai Nazaréen dès sa naissance, il est resté séparé pour Dieu jusqu’à sa mort. Écoutons le témoignage du Seigneur : « Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous ne l’avez pas cru » (Mat. 21. 32).
Marc précise que Hérode le craignait, le sachant homme juste et saint (6. 20). En effet Jean n’avait pas craint de lui dire : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ». Hérodias, femme corrompue, ne pouvait supporter cette condamnation de la part de l’homme de Dieu, aussi nourrissait-elle le désir de s’en débarrasser. Pour satisfaire la convoitise de la chair, Hérode commet cette injustice, de faire prendre Jean et de le faire lier dans une prison à cause de Hérodias, la femme de Philippe, son frère ; car il l’avait épousée (Marc 6. 17).
Ainsi, à la corruption se lie la violence qui s’exprime déjà dans le désir du meurtre (Mat. 14. 5 et Marc 6. 19).
Tout d’abord cette haine était refrénée par la crainte des foules tenant Jean pour un prophète, et par ailleurs Hérode redoutait de nuire à sa renommée.
De plus, il éprouvait un certain respect pour Jean à cause de son autorité morale d’homme de Dieu.
Mais la haine de Hérodias dominant ses passions va triompher de tous les obstacles. Car si Hérode avait quelques scrupules à l’égard de Jean, il n’avait aucune force pour rompre avec ses péchés. Son opposition à la vérité le poussera à sacrifier celui qui la proclame.
Voici un jour favorable, comme Satan sait en préparer à l’aide de ses instruments. Hérode célébrait l’anniversaire de sa naissance, offrant un somptueux repas à ses grands seigneurs où, à travers ses richesses étalées, il exalte l’orgueil de la vie (1 Jean 2. 16). La fille de Hérodias entre, danse, plaît à Hérode et à ceux qui sont à table avec lui. La convoitise des yeux est excitée dans le cœur du roi qui promet par serment, dans sa folie, de lui donner tout ce qu’elle demanderait.
Entraînée par sa mère et habituée à satisfaire ses caprices, cette jeune fille légère entre avec empressement et demande sur le champ que lui soit apportée dans un plat la tête de Jean le Baptiseur.
Est-il possible que le cœur tendre d’une jeune fille puisse formuler une telle demande ? Ne sommes-nous pas rendus attentifs à ce que peut manifester, sous l’impulsion de Satan, le cœur naturel de tout homme ? (Marc 7. 22 et 23 ; Jér. 17. 9 et 10 ; Gal. 5. 19 à 21).
Le roi en fut très attristé, mais par amour-propre, à cause des serments et de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas rejeter sa requête. Comme Satan sait retenir sa victime dans son filet et étouffer la voix de la conscience !
Dans sa lâcheté, Hérode donne l’ordre de satisfaire cette demande, prenant la responsabilité d’un crime odieux. Ainsi la séduction d’une danse valait pour lui la vie d’un prophète.
Jean est décapité dans la prison et sa tête est apportée dans un plat et donnée à la jeune fille qui la porte à sa mère. Bienheureux Jean qui, aux yeux de Dieu, achève sa course en vainqueur, après avoir rempli sa mission de précurseur du Messie d’Israël !
Quant à son misérable meurtrier, il ne peut pas oublier le crime affreux qu’il a commis Lorsqu’il entend parler de Jésus et de ses miracles, il dit à ses serviteurs : « C’est Jean que j’ai fait décapiter ; il est ressuscité d’entre les morts » (Marc 6. 16). Malgré son endurcissement, cet homme est perplexe, car sa conscience l’accuse.
En outre, parler de la résurrection ne peut qu’accroître son désarroi, face au jugement qui l’attend. C’est le malaise de tout homme qui fuit la lumière de Dieu parce que ses œuvres sont mauvaises. Et la lumière de Dieu, à travers les paroles de Jean, avait éclairé la conscience d’Hérode et suscité la haine de Hérodias, en soulignant son inconduite.
Les disciples de Jean vinrent, enlevèrent son corps pour l’ensevelir. « Précieuse, aux yeux de l’Éternel, est la mort de ses saints » (Ps. 116. 15). « Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur… ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent » (Apoc. 14. 13). Puis les disciples rapportèrent à Jésus ce qui était arrivé. Leur cœur bien attristé trouve auprès de lui une parfaite sympathie. N’est-Il pas près de ceux qui ont le cœur brisé ? (Ps. 34. 18) Quel écho a dû avoir dans le cœur de Jésus l’annonce de la mort de Son précurseur ! N’était-ce pas pour Lui l’approche des heures terribles de la croix à la suite de son propre rejet ?
Satan a toujours déployé beaucoup d’énergie pour se débarrasser des fidèles témoins de la vérité, mais cela n’empêche pas Dieu d’accomplir Ses desseins. Et la couronne de vie est promise à ceux qui auront été fidèles jusqu’à la mort, par Celui qui a été mort et qui a repris vie. Il déclare : « Voici, je suis vivant aux siècles des siècles » (Apoc. 2. 10, 8 ; 1. 18).
Mais quelle responsabilité pour ceux qui ont rejeté Christ et refusé la grâce qui leur a été présentée au cours de leur vie terrestre ! Qu’il est dangereux d’étouffer la voix de la conscience !
C’est à la lumière de la Parole de Dieu que tout pécheur découvre son état misérable, sa perdition totale. Et la grâce qui apporte le salut en Christ, lui présente toute l’efficace du sang de Jésus qui purifie de tout péché.
Quelle délivrance lorsqu’une conscience est purifiée par la foi en l’œuvre de Christ ! Elle peut alors jouir de la paix avec Dieu (Rom 5. 1). Un indicible bonheur remplit son âme.
Cher jeune lecteur, peux-tu t’approprier par la foi ces deux versets du Psaume 32. 1 et 2 ?
Un infirme guéri au réservoir de Béthesda (Jean 5. 1 à 9).
Dans le récit que le Saint Esprit nous relate, Jésus monte à Jérusalem lors d’une fête des Juifs. Ce n’était plus les fêtes de l’Éternel comme elles sont décrites en Lévitique 23, car le Seigneur du temple est rejeté depuis le chapitre 1er de cet évangile. Cependant cela n’empêche pas le Seigneur Jésus d’exercer en grâce Sa puissance divine.
Il vient auprès de la porte des brebis, où se trouvait un réservoir d’eau appelé en hébreu Béthesda, ce qui signifie : « maison de miséricorde ». Dans les cinq portiques étaient couchés une multitude d’aveugles, de boiteux et de gens qui avaient les membres secs, attendant le mouvement de l’eau (v. 2 et 3).
Quel douloureux spectacle de la misère humaine s’offrait aux regards de Celui qui ne pouvait qu’être ému de compassion dans Son cœur infiniment sensible !
Chacune de ces infirmités mettait en évidence un aspect de l’état moral de l’homme en chute : sa totale incapacité de voir, d’entendre, de marcher, et d’agir selon la pensée de Dieu.
Mais Jésus est là avec Sa bonté toute puissante, tout proche de ce triste tableau de l’état de Son peuple, et rien de cette misère profonde ne rebute Sa grâce. « C’est Lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités » (Ps. 103. 3).
Malgré les multiples preuves de l’infidélité du peuple, Dieu continuait patiemment à exercer Sa miséricorde. À ce réservoir de Béthesda, Il envoyait, à certaines époques, un ange qui agitait l’eau et le « premier donc qui entrait après que l’eau avait été agitée, était guéri, de quelque maladie qu’il fût pris » (v. 4).
Au milieu de tous ces infirmes évoquant l’état de l’homme sous les terribles conséquences du péché, il y en avait un dont l’état désespéré le constituait un fidèle représentant de l’homme sous la loi.
Toute guérison paraissait impossible pour lui. Sans ami, sans aide, sans raison d’espérer, il était là, tout près des eaux miraculeuses sans pouvoir en profiter. Une année après l’autre il en avait vu qui, guéris, étaient rentrés chez eux tout joyeux. Mais lui, infirme depuis trente-huit ans, n’avait aucune force propre pour se jeter dans les eaux bienfaisantes. Pour avoir cette force, il aurait dû être guéri !
L’état de cet homme est une figure saisissante de l’homme auquel la loi déclarait : « Fais cela, et tu vivras » (Luc 10. 28). Or le péché qui ronge l’homme lui enlève toute capacité de faire le bien. Il est sans force, impie, pécheur, ennemi de Dieu (Rom. 5. 6, 8 et 10). Si Dieu n’intervient pas en dehors de lui, il est voué au jugement éternel.
Or, grâce insondable, Dieu a envoyé Son Fils dans le monde pour sauver les pécheurs, pour que nous vivions par lui (1 Tim. 1. 15 ; 1 Jean 4. 9).
Voyant cet infirme couché là, et sachant qu’il était dans cet état déjà depuis longtemps, Jésus lui dit : Veux-tu être guéri ? « Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne qui, lorsque l’eau a été agitée, me jette dans le réservoir ; et, pendant que moi je viens, un autre descend avant moi » (v. 6 et 7). Comme il sait bien décrire sa condition pitoyable !
L’homme pécheur ne se soumet pas à la loi de Dieu, il ne le peut pas. Personne ne peut accomplir la loi. L’expérience a été faite avec l’homme avant la venue de Christ. La réponse du malheureux infirme démontre bien qu’il n’y a qu’une seule issue : la pure grâce de Dieu. Il en a besoin et la désire de tout son cœur.
C’est elle maintenant qui fait entendre sa voix toute puissante. Jésus dit à l’infirme : lève-toi, prend ton petit lit, et marche. Et aussitôt l’homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha (v. 8 et 9). C’est Jésus qui fait tout, mais il appartenait à cet homme de croire ces paroles qui produisent la guérison immédiate.
Quel contraste entre la loi qui exige de l’homme de faire quelque chose pour vivre, et la grâce de l’Évangile qui le sauve gratuitement, moyennant la foi ! La vie divine lui est communiquée pour marcher à la gloire de Dieu. Et pour chacun de nous il y a cette parole de Jésus : celui qui croit en moi a la vie éternelle (Jean 6. 47). Grâces à Dieu pour le don inexprimable de Son Fils ! Il n’y a point de salut en dehors de la foi en Jésus et en Son œuvre parfaite, pour tout homme atteint de la cruelle morsure du péché.
Conscients de la misère que le péché a entraînée dans ce monde, et confondus par la grande miséricorde du Seigneur Jésus pour nous sauver par grâce, n’avons-nous pas une dernière leçon à retenir de ce récit ? Ce sont les dernières paroles du Seigneur à cet homme qui semblent nous la donner. « Après ces choses, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit : Voici, tu es guéri, ne pèche plus, de peur que pis ne t’arrive » (v. 14).
Certes cet homme est placé sous le juste gouvernement de Dieu, comme l’étaient les Juifs subissant les conséquences en châtiment de leurs péchés. Mais en outre, Jésus est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité (2 Cor. 5. 15).
Vivre pour Jésus, ayant en horreur le mal, veillant sur nos propres voies, n’est-ce pas la conséquence normale de L’avoir accepté comme Sauveur ?
Si tu n’es pas encore converti, saisis l’occasion que Jésus t’offre aujourd’hui d’obtenir le pardon éternel de tes péchés, et si par grâce tu appartiens au Seigneur, sache que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Rom. 8. 28).
Un infirme guéri au réservoir de Béthesda (suite) (Jean 5. 1 à 9).
Quelques gloires du Seigneur Jésus (Jean 5. 10 à 30).
C’était un jour de sabbat que Jésus avait guéri l’homme impotent, près du réservoir de Béthesda. Voyant l’infirme guéri porter son petit lit, les Juifs ne manquent pas de manifester leur opposition et de lui dire : « Il ne t’est pas permis de prendre ton petit lit » (v. 10).
Le sabbat prescrit dans le quatrième commandement de la loi, a été ordonné pour Israël au moment où Dieu lui a donné la manne à manger dans le désert. Et il est rappelé quand le Dieu saint exprime Son désir d’habiter dans un sanctuaire au milieu de Son peuple.
Le septième jour était le sabbat de repos, consacré à l’Éternel, signe de l’alliance perpétuelle de Dieu avec Son peuple. Il est aussi introduit avant que soient présentées les sept fêtes solennelles où l’Éternel convoquait les Siens (Ex. 20. 8 à 11 ; 16. 28 à 30 ; 31. 13 à 17 ; Lév. 23. 2 et 3). Dieu voulait faire participer Son peuple à Son repos, le rafraîchissement qu’Il éprouve dans Son œuvre achevée.
Pour jouir de ce repos, Israël avait à garder les commandements de l’Éternel. Or le péché est entré dans le monde, et par le péché la souffrance, la misère et la mort. L’homme sans Christ cherche en vain le repos, et toute son activité appelle le jugement de Dieu.
Seul le peuple de Dieu goûtera le vrai repos de la rédemption à cause de l’infinie satisfaction que Dieu a éprouvée dans la Personne et l’œuvre de Son Fils bien-aimé (Héb. 4. 3, 9 à 11).
La contradiction haineuse des Juifs donne l’occasion à Jésus, dans Sa réponse, de révéler quelques-unes de Ses gloires, en commençant par parler du travail de Sa grâce, disant : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (v. 17).
En face de la ruine terrible de la première création, il n’y a point de repos, ni pour le Père, ni pour le Fils. Depuis la chute de l’homme, Dieu travaille pour le délivrer de son état de péché. Dieu est amour et a toujours en vue le bonheur de Sa créature.
Dans leur orgueil, les Juifs étaient conscients que le non-respect du sabbat soulignait l’effondrement de tout le système légal, et leur propre condamnation. Pour leur prestige religieux, ils tenaient à observer le sabbat, sans se préoccuper de sa vraie signification.
L’indignation les pousse à chercher à faire mourir Jésus qu’ils accusaient de violer le sabbat et de Se faire égal à Dieu, car Il L’appelait Son Père, étant un avec Lui. Mais là où le péché et la souffrance se manifestaient, le Fils, en communion avec le Père, ému de compassion, ne pouvait être inactif, même un jour de sabbat.
Comme cela a été écrit : « le Dieu d’amour ne peut se reposer dans la misère, ni le Dieu de sainteté dans le péché ». Et quel travail d’amour que celui de Jésus s’offrant comme « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (1. 29)
Une autre gloire ressort de l’union intime du Fils avec Son Père, ce que révélaient parfaitement Ses œuvres et Ses paroles. Dans Son affection infinie pour Son Fils, le Père partage tous Ses desseins avec Lui en vue d’une unité d’action. « Le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’il fait lui-même, et lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci afin que vous soyez dans l’admiration » (v. 20).
Guérir l’infirme de Béthesda n’empêchait pas cet homme de rester sous le régime de la loi et sous les conséquences du péché. Mais Jésus possède en Lui-même, tout comme le Père, la puissance de vivifier un homme mort dans ses fautes et dans ses péchés (v. 21).
Tout le message merveilleux de l’évangile est affirmé dans le verset 24. Jésus donne aujourd’hui la vie éternelle à tous ceux qui croient en Lui. Depuis qu’Il était ici-bas, jusqu’à Son prochain retour, c’est l’heure de la grâce. Elle aura bientôt duré vingt siècles.
Il exercera encore cette puissance dans une heure future pour ressusciter les morts (v. 28 et 29), soit en résurrection de vie pour ceux qui, ayant cru en Lui, auront pratiqué le bien, soit en résurrection de jugement devant le grand trône blanc, pour ceux qui auront fait le mal (Apoc. 20. 11 à 15).
En outre, le Père ne juge personne, mais a donné tout le jugement au Fils. C’est comme Fils de l’Homme, qu’après avoir été humilié et méprisé ici-bas, Il reçoit le pouvoir de juger. Ainsi le Fils est honoré de deux manières, soit en vivifiant des morts, soit en exerçant le jugement (v. 21 et 22).
Comme est admirable l’œuvre de la grâce souveraine à l’égard du racheté ! Mort spirituellement, il reçoit par la foi la vie qui est en Christ ; et ayant mérité le juste jugement de Dieu il ne vient pas en jugement (v. 24). Celui qui S’est anéanti Lui-même, prenant la forme d’esclave, étant trouvé en figure comme un homme, qui S’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix ; c’est Celui que Dieu a haut élevé, Le plaçant à la tête des hommes comme juge (Phil. 2. 7 à 11).
Enfin, une autre gloire de Jésus est relevée dans les versets 19 et 30. C’est celle de Sa parfaite obéissance.
Les écrits prophétiques l’avaient déjà annoncée depuis longtemps : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8). Il n’y a eu sur la terre qu’un seul Homme qui ait glorifié Dieu tout au long de Sa vie par une obéissance positive. Aussi Dieu fait-il entendre Sa voix à deux reprises pour déclarer toute la satisfaction de son cœur : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17 ; 17. 5).
Travail d’amour, parfaite jouissance de l’amour du Père comme Son unique Fils bien-aimé pour accomplir le ministère d’un serviteur obéissant, puissance de vie communiquée à ceux qui se reconnaissent morts dans leurs péchés, exercice du jugement sur tous ceux qui auront rejeté Sa grâce, voilà quelques-unes des gloires appartenant à notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. « Combien grande est sa bonté ! et combien grande est sa beauté ! » (Zach. 9. 17)
Que cette parole de l’Écriture ait un écho en chacun de nos cœurs : « Il est ton Seigneur : adore-le ! » (Ps. 45. 11).
Quatre témoignages rendus à Jésus (Jean 5. 31 à 47).
Devant le refus obstiné des Juifs de Le reconnaître comme le Fils de Dieu, l’Envoyé du Père, Jésus ne veut pas rendre témoignage de Lui-même (v. 31). Mais il fait appel à quatre témoignages rendus à Son sujet.
Le premier est celui de Jean le baptiseur, qui a proclamé la vérité, et annoncé la venue de Celui dont il ne s’estimait pas digne de délier la courroie de la sandale (1. 27).
C’est lui qui, en voyant venir Jésus, s’exclame : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » ; puis lors de la descente du Saint Esprit, il déclare : « Celui-ci est le Fils de Dieu » (1. 29 et 34).
C’est l’occasion pour le Seigneur d’honorer le plus grand des prophètes en disant : « Celui-là était la lampe ardente et brillante, et vous, vous avez voulu vous réjouir pour un temps à sa lumière » (v. 35).
Après quatre siècles de silence de Dieu, la voix d’un prophète se fait entendre pour annoncer la venue du Messie au milieu de Son peuple. Ce puissant témoin de la vérité avait bien déclaré que le royaume des cieux s’était approché, mais il prêchait aussi la nécessité de la repentance pour accueillir le roi.
Puis Jésus présente un deuxième témoignage, celui de Ses œuvres : « Mais moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m’a données pour les accomplir, ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé » (v. 36).
Ces œuvres divines que Jésus seul pouvait accomplir révélaient la puissance et les compassions de Dieu. Ses délices étaient avec les fils des hommes pour leur redonner santé, vie et consolation.
Comme l’envoyé du Père, en constante communion avec Lui, Il pouvait dire : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (8. 29). L’eau changée en vin aux noces de Cana (ch. 2), la guérison du fils du seigneur de la cour (ch. 4) et de l’infirme du réservoir de Béthesda (ch. 5), ces actes d’amour accompagnés de paroles de grâce et de réconfort démontraient qu’Il accomplissait en perfection l’œuvre de Celui qui L’avait envoyé (4. 34).
Puis le Seigneur donne un troisième témoignage : « Et le Père qui m’a envoyé, Lui, a rendu témoignage de moi ». Après le baptême de Jésus, « Voici une voix qui venait des cieux, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).
Dans une autre circonstance, lors d’une prière de Jésus, la voix du Père se fait entendre, mais la foule a cru que c’était un coup de tonnerre ou la parole d’un ange. Et Jésus leur dit : « Cette voix n’est pas venue pour moi, mais pour vous » (ch. 12. 30).
Mais il doit déclarer aux Juifs au sujet de Son Père : « Jamais vous n’avez entendu sa voix, ni vu sa figure ; et vous n’avez pas sa parole demeurant en vous ; car celui-là que lui a envoyé, vous vous ne le croyez pas » (v. 37 et 38). Ainsi, le témoignage du Père ne peut être entendu et compris que de ceux qui croient en Son Fils unique (6. 45 ; 1. 18).
Enfin les Écritures représentent le quatrième témoignage, selon ce que Jésus leur dit : « Sondez les Écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi ; et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (v. 39 et 40).
Jésus, le Fils de Dieu, est la clé des Écritures (Luc 24. 27). Le rejeter, tout en se vantant de posséder la Parole pour avoir la vie éternelle, était absolument insensé. On ne peut avoir la vie éternelle par la seule connaissance littérale des Écritures. La Parole conduit à Christ, le Sauveur des pécheurs, le Fils de Dieu, et « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (3. 36).
C’est l’occasion pour le Seigneur de mettre en relief trois causes d’incrédulité. Ces Juifs n’avaient pas d’amour vrai pour Dieu (v. 42 et 43), sinon ils auraient reconnu Son Envoyé, et la conséquence terrible est qu’ils recevraient l’Antichrist venant en son propre nom.
De plus, ils recherchaient la gloire et l’approbation des hommes (v. 44) et non la gloire de Dieu qui déclare à l’homme qu’il est perdu et qu’il a besoin d’un Sauveur (12. 43 ; 1 Jean 4. 14).
Enfin, ils n’avaient pas la vraie foi aux Écritures inspirées de Dieu (v. 45 à 47). Or Moïse, dont ils se glorifiaient, avait annoncé la venue de Christ, disant : « L’Éternel, ton Dieu, te suscitera un prophète comme moi, du milieu de toi, d’entre tes frères ; vous l’écouterez » (Deut. 18. 15). Et Jésus ajoute : « Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? » (v. 47).
Remarquons la distinction faite par le Seigneur entre ce qui est écrit, ayant une application permanente, et ce qui est parlé pour le moment où cela a été dit. Certes tout ce que Dieu dit aux hommes, quel que soit le mode de communication, est marqué par l’autorité divine. Mais tout n’a pas été rapporté dans la Bible, dont les différents livres constituent les Écritures divinement inspirées (2 Tim. 3. 16 ; Jean 21. 25).
Dieu nous a communiqué par de saints hommes de Dieu, poussés par l’Esprit Saint, tout ce qu’il était nécessaire de savoir pour le salut de notre âme, notre pèlerinage terrestre et notre avenir éternel en gloire. Sondons les Écritures qui rendent témoignage du Seigneur Jésus.
Retour de mission des apôtres. Première multiplication des pains (Mat. 14. 13 à 21 ; Marc 6. 30 à 44 ; Luc 9. 10 à 17 ; Jean 6. 1 à 15).
De retour de la mission que le Seigneur leur avait confiée, les apôtres se rassemblent auprès de Lui ; et « ils lui racontèrent tout : et tout ce qu’ils avaient fait, et tout ce qu’ils avaient enseigné. Et il leur dit : Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu » (Marc 6. 30 et 31).
Ce compte-rendu des disciples au Maître était bien opportun. Certes toute la joie de leur succès les excite. Mais ce qui compte par-dessus tout, c’est l’appréciation du Seigneur sur tout ce que nous faisons et disons. C’est bien aux pieds du Seigneur que nous pouvons apprendre à mieux Le servir, en recevant de Lui toute la sagesse nécessaire.
Maître incomparable, Serviteur parfait, Jésus sait comment Il peut accueillir Ses chers disciples. Connaissant la fatigue qu’entraîne tout service, Il leur dit de venir à l’écart, dans un lieu désert, pour s’y reposer un peu. C’est là qu’ils pourront goûter la communion avec Lui, et les rafraîchissements que procurent Sa présence et la connaissance de Sa volonté.
Car ils sont en ce lieu avec Lui, loin des vains bruits du monde, de son agitation, de ses distractions et de son angoisse. Avec quelle grâce Il leur procure un peu de repos ! Le lieu est désert, mais Lui est là et ils sont rassemblés autour de Lui.
C’est dans une retraite cachée avec Jésus que nous pouvons apprendre les plus belles leçons morales, en partageant Ses pensées et Ses sentiments. Ainsi nos cœurs s’ouvriront pour répondre aux besoins des autres en comprenant leurs peines et leurs joies.
Nous pouvons librement tout confier à Jésus car Il ne renvoie jamais personne à vide, et Il prend soin de chacun des Siens avec Son inlassable amour. De plus, Jésus veut montrer à Ses disciples qu’il convient au serviteur, quand sa mission est accomplie, de se retirer à l’écart dans la solitude, loin des regards des hommes et de leur éventuelle approbation, pour être seul avec Lui.
Mais le repos ici-bas est de courte durée. Apprenant que le Seigneur était parti, les foules le suivirent, le voyant de loin dans la barque.
Devant l’ampleur des besoins, le cœur de Jésus est ému de compassion envers ces âmes qui étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger. Il guérit leurs infirmes et se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Pouvait-il Se reposer en constatant toutes les misères affligeant les hommes sous les conséquences du péché ? Seule Sa parole pouvait sauver celui qui la recevait par la foi, alors que les miracles, par une manifestation de puissance divine, préparaient l’âme à écouter l’enseignement.
« Et comme l’heure était déjà fort avancée, ses disciples venant à lui, disent : Le lieu est désert et l’heure est déjà fort avancée, renvoie-les » (Marc 6. 35).
Ne venaient-ils pas de prêcher l’évangile ? Et maintenant l’incrédulité de leur cœur s’affirme dans une requête où l’égoïsme domine. N’avaient-ils pas avec eux Celui qui, autrefois, avait nourri tout un peuple traversant le désert pendant quarante ans ? Préparer un repas pour cinq mille hommes faisait partie de ce qui est possible pour Dieu.
Malgré tous les obstacles – heure tardive, lieu désert, absence de ressources – la foi peut toujours compter sur Dieu, sur Sa puissance et Ses compassions, sur Ses ressources inépuisables. « Rien n’élargit le cœur comme une foi simple et rien ne le rétrécit davantage que l’incrédulité ».
Confondant tous les raisonnements des disciples, voilà l’injonction du Seigneur : « Vous, donnez-leur à manger ». Malgré ce qu’ils manifestent de leur cœur naturel, Il désire les utiliser comme les canaux de Sa grâce pour rassasier cette foule. Alors qu’ils sont préoccupés par des ressources matérielles et visibles, le Seigneur les conduit à compter leurs maigres ressources : cinq pains d’orge et deux poissons, la provision d’un petit garçon.
Ce que Dieu a donné va être utilisé avec Sa bénédiction, pour les besoins du moment. « Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et regardant vers le ciel, il bénit, et rompit les pains et les donna à ses disciples, afin qu’ils les missent devant eux ; et il partagea les deux poissons entre tous. Et ils mangèrent tous, et furent rassasiés » (Marc 6. 41 et 42 ; Ps. 132. 15).
Ainsi Jésus nous enseigne que nous ne devons pas mépriser ce qui a été donné par Dieu, et que nous pouvons compter ensuite sur Sa bénédiction pour multiplier ce que nous Lui avons apporté, même si cela paraît insignifiant.
Après qu’ils furent rassasiés, Jésus dit à ses disciples : « Amassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu… et ils remplirent douze paniers » (Jean 6. 12 et 13).
Non seulement le Seigneur répond aux besoins réels, mais il donne beaucoup plus, et cependant rien n’est gaspillé. Quelle grâce et quelle sagesse parfaites ! Quel contraste avec l’homme, tantôt avare, tantôt prodigue ! Mais en Jésus nous avons le parfait modèle. Il est notre vie. Que le Christ habite, par la foi, dans nos cœurs ! (Éph. 3. 17)
Toute manifestation de la vie de Jésus en nous est agréable à Dieu, notre Père. Puissions-nous obéir simplement à ce que le Seigneur nous demande et faire l’expérience qu’Il multiplie richement ce qu’Il nous a déjà confié !
Jésus continue Son discours en affirmant Son entière soumission à l’autorité des Écritures, intitulées ici « la loi et les prophètes ».
Il énonce ainsi ce principe : « Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (v. 17). Pas un iota, pas un seul trait de lettre ne passera que tout ne soit accompli. Certes, Jésus est venu apporter la grâce et révéler le Père, mais les exigences d’un Dieu juste et saint subsistent. Le Seigneur a été parfaitement obéissant à tous les commandements de la loi.
Toutes les prophéties messianiques ont eu leur accomplissement en Lui, et par Sa mort sur la croix, Il nous a rachetés de la malédiction de la loi ; étant devenu malédiction pour nous (Gal. 3. 13). Les scribes et les pharisiens se contentaient d’observer certains rites religieux pour être vus des hommes, mais laissaient les choses plus importantes de la loi, le jugement, la miséricorde et la fidélité (23. 23). Ainsi celui qui mépriserait la loi et les prophètes serait exclu du royaume des cieux.
Que ces paroles du Seigneur Jésus atteignent notre cœur et notre conscience ! Il va mettre en évidence le contraste entre les exigences de la loi et ce qu’Il demande, Lui. La loi condamnait essentiellement les actes des deux principes immoraux de l’humanité : la violence et la corruption. Jésus regarde maintenant le mal dans le cœur, car rien ne peut échapper à Son œil scrutateur.
La Loi disait : « Tu ne tueras point » (Ex. 20. 13). Mais Jésus précise que si quelqu’un se met en colère légèrement contre son frère, il est passible du jugement aussi bien que celui qui a tué.
« Quiconque hait son frère est un meurtrier » (1 Jean 3. 15). Se mettre en colère, prononcer une parole blessante, c’est une offense à la gloire de Dieu. Une pensée haineuse, un désir de vengeance ne surgissent-ils pas très rapidement dans nos cœurs, démontrant bien que là est la source du mal, comme le Seigneur l’exprime en Matthieu 15. 19 et 20. Déjà Salomon pouvait dire à Dieu : « Tu connais, toi seul, le cœur de tous les fils des hommes » (1 Rois 8. 39).
Puis le Seigneur entretient les disciples, aux versets 23 et 24, de la nécessité de rechercher dès que possible la réconciliation avec un frère offensé. La première raison, c’est que cela constitue un obstacle à la communion avec Dieu.
N’étant pas en règle avec mon frère, je ne puis offrir à Dieu le culte qui Lui est agréable. Nul ne peut s’approcher réellement de Dieu s’il retient dans son cœur un mal non jugé. De plus, une offense non réglée est un poison dans les relations fraternelles et peut entraîner des conséquences plus graves encore.
Jésus adresse ensuite un avertissement à Israël, qui, par son iniquité, avait obligé Dieu à se constituer sa partie adverse (v. 25 et 26). Christ ayant été rejeté et crucifié, la seule issue sera le jugement pour Israël jusqu’à ce qu’il ait payé le dernier quadrant, valeur représentant le quart d’un sou romain (És. 40. 1 et 2).
Alors que le Seigneur souligne fréquemment la nécessité d’user de grâce envers les autres, Il maintient Ses exigences envers nous-mêmes. Tout ce qui nous incite au mal et nous fait broncher est nuisible à notre âme. Il vaut mieux l’ablation d’un membre, si utile soit-il, plutôt que la perdition (v. 29 et 30). Quand il s’agit de préserver la vie, n’est-on pas prêt à sacrifier un organe aussi précieux que l’œil ?
Pour nous détourner du Seigneur, l’ennemi de nos âmes sait bien nous présenter quelque chose d’agréable au bord du chemin. N’hésitons pas à nous séparer énergiquement, pour l’amour de Jésus, de tout ce qui nous entraîne à pécher.
Les paroles du disciple de Jésus qui se tient dans la sainte présence de Dieu, n’ont pas besoin d’être accompagnées d’un serment. La loi déclarait : « Vous ne jurerez pas par mon nom, en mentant ; et tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu » (Lév. 19. 12). Jacques confirme cet enseignement en disant : « Que votre oui soit oui, et votre non, non » (5. 12).
Le Seigneur rappelle que, sous la loi, il était écrit : « Œil pour œil, dent pour dent » (Ex. 21. 24). Ce qui caractérise désormais les débonnaires et les miséricordieux, c’est qu’ils manifestent la douceur de la grâce, n’insistant pas sur leurs droits, car ils connaissent Dieu comme Père et possèdent sa nature pour faire du bien à tous. Face au méchant qui les frappe sur la joue droite, ils lui présentent aussi l’autre.
Au regard de l’injustice, ils peuvent donner leur manteau qui, sous la loi, ne devait pas être pris en gage (Ex. 22. 26 et 27). A l’obligation de faire un mille avec quelqu’un, Jésus invite ses disciples à doubler la mesure. C’est un encouragement à aller au-delà de ce qui est demandé, même si de telles exigences paraissent injustes.
Loin d’un esprit de vengeance, ceux qui suivent Jésus peuvent, par la foi, la puissance du Saint Esprit et la grâce invincible remplissant leurs cœurs, aimer leurs ennemis, bénir ceux qui les maudissent, faire du bien à ceux qui les haïssent, et prier pour ceux qui leur font du tort et les persécutent. Seul l’amour de Dieu versé dans leur cœur par le Saint Esprit peut produire de telles dispositions.
Ils sont les fils de leur Père qui est dans les cieux, usant de bonté et de miséricorde envers tous les hommes, faisant lever Son soleil chaque jour et envoyant la pluie sur les justes et les injustes.
Et le Seigneur termine cet enseignement par ces paroles : « Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (v. 48). Le principe de notre conduite n’est-il pas de cultiver un esprit de grâce envers tous ? La mesure de Dieu pour nous est élevée, parfaite. Comme cela nous exerce à une sainte vigilance sur nos actes, nos paroles, nos pensées et tous les mouvements de nos cœurs.
Dieu seul peut nous dire par Sa Parole notre véritable état moral. Sachons nous humilier dans la confession de nos fautes, chaque fois que nous avons bronché, et alors nous pourrons nous joindre à ceux qui n’aiment pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité (1 Jean 3. 18). « Celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1 Jean 4. 21).
Vous qui appartenez au Seigneur, n’avez-vous pas à expérimenter les caractères du disciple du royaume, à la maison, à l’école, dans vos rapports de frères ou de sœurs, de camarades ? Ne pouvez-vous pas rendre grâces d’avoir été délivrés de la loi : « œil pour œil, dent pour dent », par Jésus Christ ?
Désirez de tout votre cœur vivre la responsabilité de la grâce. « Bien-aimés, aimons-nous l’un l’autre, car l’amour est de Dieu » (1 Jean 4. 7).
Le sermon sur la montagne (Mat. 6. 1 à 18 ; Luc 11. 2 à 4).
Dans ce chapitre 6, le Seigneur enseigne à Ses disciples comment s’exerce la piété envers Dieu : par la prière et le jeûne, et par la piété envers les hommes dans la pratique de l’aumône et du pardon.
N’avait-Il pas déjà évoqué le vrai motif des bonnes œuvres ? « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 16). Ainsi « quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor. 10. 31). Voilà ce que Dieu approuve, Lui à qui nous aurons à rendre compte, et de nos actes et de nos paroles. Ne lit-Il pas en chacun de nos cœurs au niveau des vrais motifs qui nous font agir ?
« Prenez garde de ne pas faire votre aumône devant les hommes, pour être vus par eux ; autrement vous n’avez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux » (v. 1). Faire l’aumône, c’est exercer la miséricorde, faire un don par amour pour quelqu’un dans la misère ou le malheur. Cela peut être à la portée d’un enfant.
Le Seigneur, s’élevant contre la manière dont les pharisiens pratiquaient l’aumône, souligne que tout ce qui est fait par égoïsme et par amour de notre propre gloire reste sans valeur aux yeux de Dieu. De telles actions ont déjà leur récompense, ayant attiré l’admiration et la louange des hommes.
Par contre, Dieu n’est pas injuste pour oublier même un verre d’eau froide donné à l’un de Ses disciples (10. 42 ; Héb. 6. 10). « Ton Père qui voit dans le secret te récompensera » (v. 4). Il n’est pas dit quand et comment se réalisera cette promesse. Puisses-tu goûter de quelle joie profonde Dieu remplit le cœur de celui qui donne par amour et en pureté ! Dieu aime celui qui donne joyeusement (2 Cor. 9. 7).
On a souvent rappelé que « le bien ne fait pas de bruit, et le bruit ne fait pas de bien ». N’est-il pas difficile que la main gauche ne sache pas ce que fait la droite ? Et pourtant, c’est ainsi que le Seigneur illustre notre manière de donner et de faire le bien. Lui seul devrait s’en apercevoir. Retenons que la récompense de Dieu est en proportion de la fidélité et de l’amour avec lesquels le disciple aura honoré son maître.
Jésus aborde ensuite le sujet de la prière, exercice de piété qui nous met en relation avec Dieu – tout en rejetant le mobile hypocrite d’être vu des hommes.
Certes, la prière en public est bien recommandée par le Seigneur en Mat. 18. 19, mais elle suppose l’accord de ceux qui prient pour obtenir la réponse de Dieu. Celui qui prie s’adresse simplement à Dieu et non pas aux hommes.
Vous qui connaissez le Seigneur comme votre Sauveur, votre vie de prière commence dans la solitude de votre chambre. Vous pouvez vous adresser à Dieu à haute voix. Il est bon d’être seul avec Dieu, loin de tout vain bruit et de toute distraction. Vous pouvez lui exposer avec ferveur, en toute humilité, vos vrais besoins, tous vos soucis, vos difficultés, vos peines et vos sujets de reconnaissance.
Nous sommes aussi mis en garde contre les vaines redites. Gagnerons-nous la faveur de Dieu par de nombreuses paroles ?
De quelle efficacité peuvent être des prières apprises par cœur et répétées avec une certaine routine ? Ne risquons-nous pas de nous contenter de phrases bien formulées, alors que, par une répétition machinale elles seraient vides de sens ? Puissions-nous prier avec foi, exposant nos besoins brièvement, avec précision et en toute simplicité et spontanéité, comme nous le faisons avec nos parents ! « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (v. 8).
Néanmoins, « quiconque demande, reçoit… et à celui qui heurte, il sera ouvert » (7. 8). Nous honorons Dieu par l’expression de notre dépendance et de notre confiance en Lui.
Puis le Seigneur enseigne une prière aux disciples. Elle concerne ceux qui attendaient l’établissement du royaume, mais aussi tous ceux qui ont à cœur l’esprit de prière, en tenant compte de tout ce que Dieu a révélé aujourd’hui à Son peuple.
Hélas ! dans la chrétienté, cette prière est prononcée par beaucoup comme une vaine redite, bien que nous puissions adhérer dans nos cœurs à ce qu’elle exprime. Mais, selon les désirs de l’Esprit de Dieu créés dans notre âme, nous pouvons librement formuler des demandes à notre Père.
Le Seigneur pouvait dire : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15. 7).
Vous remarquerez que les trois premières requêtes ont en vue la gloire de Dieu. N’est-ce pas une indication pour commencer nos prières ? Le nom de Dieu évoque tout ce qu’Il est (Ex. 34. 5 à 7), et Le sanctifier, c’est L’exalter au-dessus de tout autre nom.
La quatrième demande concerne nos besoins matériels, entretenant une dépendance quotidienne vis-à-vis de Celui qui nourrit même les oiseaux.
Enfin, c’est l’exposé de nos besoins spirituels en rapport avec nos péchés, nos faiblesses et tous les dangers qui nous menacent sans cesse. Ainsi le disciple de Jésus désire éviter tout ce qui nuit à la communion avec son Dieu, et il a besoin de la protection divine pour être préservé de chute et gardé de faire le mal. Que nous soyons aussi animés de l’esprit de pardon vis-à-vis de notre prochain, sachant quelle est la grandeur de la dette que Dieu nous a remise en vertu de la foi au sacrifice expiatoire de Son Fils.
Nous voudrions vous indiquer comment peut être exprimée simplement une prière s’inspirant de ce que vous lisez dans la Parole de Dieu. Ainsi, à partir de l’exhortation d’Éphésiens 4. 32 : mon Dieu, accorde moi d’être bon envers les autres, compatissant, leur pardonnant comme Toi tu m’as pardonné en Christ. Et nous pourrons ainsi, en lisant attentivement une portion de l’Écriture, découvrir de nombreux sujets de prières.
Puissions-nous prendre conscience que Dieu s’occupe de tout ce qui nous concerne jusque dans les plus petits détails ! « Les cheveux même de votre tête sont tous comptés » (Mat. 10. 30). Retenons dans nos cœurs cette parole du Seigneur Jésus : « Prie ton Père qui demeure dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera » (6. 6).
Le sermon sur la montagne (Mat. 6. 19 à 34 ; Luc 11. 34 à 36 ; 12. 22 à 34).
À la lecture attentive des versets qui vous sont proposés, vous pouvez découvrir que Jésus met en garde Ses chers disciples contre deux pièges qui peuvent détourner leur cœur de Dieu : les richesses, et les soucis de la vie de chaque jour.
Le chrétien a un avenir céleste, une priorité : le royaume de Dieu, et pour le présent, il met sa confiance en Dieu. Seule la foi peut réaliser de tels objectifs.
« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille gâtent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent » (Mat. 6. 19). Le Seigneur met en opposition les biens matériels et les biens spirituels. Et toute préoccupation du chrétien pour acquérir des trésors sur la terre est insensée, car tout y est vanité, destiné à être détruit.
En outre, les soucis de ce siècle et la tromperie des richesses étouffent la Parole, et elle est sans fruit (13. 22). Il est certes normal pour un croyant de pourvoir à ses besoins et à ceux de sa famille (2 Thess. 3. 12) ; mais il est toujours vrai que c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent, et la convoitise à l’égard des biens matériels peut entraîner beaucoup de douleurs (1 Tim. 6. 10).
Mais comment gagner des trésors incorruptibles dans le ciel ? Écoutons la réponse du Seigneur en Jean 6. 27 et Mat. 10. 40 à 42 et 19. 21. Lisons aussi 1 Tim. 6. 17 à 19 et 1 Cor. 15. 58.
« Là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (v. 21). Un trésor ? Est-ce un amas d’or, d’argent, de pierres précieuses ou de grandes richesses ? Pas seulement ! C’est aussi tout ce qui captive le cœur : un objet particulier ou une personne, que ce soit un camarade ou un ami.
Chacun peut se poser la question : Y a-t-il quelque chose sur cette terre qui attire mon cœur aujourd’hui et occupe toutes mes pensées ? Il ne faut pas être très âgé pour constater que le cœur suit le trésor. En outre, tout ce qui est de la terre peut disparaître d’un instant à l’autre et priver le cœur de son objet.
Ainsi notre conduite sera marquée par ce que nous aimons. Si Jésus vivant dans le ciel est le trésor aimé de mon cœur, l’objet que je contemple par la foi, je pourrai traverser ce monde comme un étranger et un pèlerin, désirant une meilleure patrie, c’est-à-dire une patrie céleste (Héb. 11. 13 à 16 ; Col. 3. 1 à 3).
Par contre, si j’accumule des biens terrestres dans la cupidité qui est l’avidité de posséder quoi que ce soit (Éph. 5. 3), je peux perdre de vue mon espérance céleste, en risquant fort de ne pouvoir achever ma course chrétienne. Seul Jésus, comme le vrai trésor, peut satisfaire les besoins de mon cœur et le remplir d’un bonheur ineffable.
« Si donc ton œil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière ; mais si ton œil est méchant, ton corps tout entier sera ténébreux » (v. 22 et 23). L’œil simple ne voit qu’un objet, Christ. C’est le cas de celui qui a reçu Jésus par la foi, comme Dieu l’a révélé. Son corps tout entier est illuminé (2 Cor. 3. 18 et 4. 6). Laissant de côté tout raisonnement, il lui suffit de connaître la pensée de Christ.
Mais l’œil méchant qui rejette Christ considère plusieurs objets à la fois. L’âme aime mieux les ténèbres que la lumière. Elle est étrangère à la vie de Dieu et l’entendement est obscurci (Éph. 4. 17 à 19). Si la lumière de l’évangile ne produit pas d’effet, le cœur incrédule reste dans les ténèbres, et comme les ténèbres sont grandes !
Certes, la lumière brillera au jour du jugement, mais ce sera pour condamner tous ceux qui n’ont pas cru au Fils de Dieu. Quelle grâce pour celui qui accepte Jésus comme Sauveur dès aujourd’hui ! Il est lumière dans le Seigneur (Éph. 5. 8). Cette lumière pénètre tout son être et produit ses multiples effets en témoignage auprès de ceux qui sont encore dans les ténèbres.
« Nul ne peut servir deux maîtres… vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (v. 24). Aucun esclave n’obéit à deux maîtres. Nul ne peut échapper à la nécessité de faire son choix, même si parfois nous entendons ce défi d’êtres révoltés contre toute autorité : « Ni Dieu ni maître » ! Puisqu’on ne peut servir qu’un seul Maître, lequel servons-nous ? C’est toujours celui que nous aimons, auquel nous nous attachons, et l’autre maître sera haï, méprisé. Un cœur attaché au monde, aux richesses que Jésus désigne ici par Mammon, abandonnera le Dieu vivant et vrai.
Mais en refusant de servir Mammon, de posséder les richesses que ce monde offre, ne va-t-on pas s’exposer à manquer de ce qui est nécessaire pour la vie présente ? N’y a-t-il pas des raisons de se faire du souci ? « Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ? » La recherche inquiète de notre subsistance peut tarir notre confiance en la bonté de Dieu.
Le Seigneur prévient cette disposition naturelle à l’inquiétude. A trois reprises, Il nous invite à ne pas nous mettre en souci pour notre vie (v. 25, 31 et 34).
Jésus met alors en relief plusieurs motifs de confiance en Dieu. La vie est plus que la nourriture qui l’entretient, et le corps plus que le vêtement qui le couvre. Observons dans la nature Ses soins touchants envers des créatures insignifiantes, les oiseaux du ciel, qui ne s’amassent pas de provisions pour les rassembler dans un grenier. « Votre Père céleste les nourrit » (v. 26) (Ps. 104. 27 ; 145. 15 et 16).
Pourquoi valons-nous beaucoup mieux qu’eux ? C’est que nous avons une âme rachetée par la foi au sang de Christ, et la faculté de connaître Dieu pour nous confier en Lui. De plus, le souci que nous nous faisons est totalement inutile, et ne peut rien changer à une situation déterminée, comme le fait d’ajouter une coudée à sa taille (v. 27).
Nous pouvons admirer la beauté dont Dieu a revêtu les lis des champs, que Salomon dans toute sa gloire ne pouvait égaler, et comment Dieu s’occupe d’eux alors qu’ils peuvent être fauchés en un instant.
On peut comprendre que Dieu pourvoit à tous les besoins des Siens pour lesquels Il a donné son Fils (Rom. 8. 32). Il est donc bien inutile de se faire du souci (Phil. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 7), car nous serions semblables aux nations qui n’ont aucune espérance en Dieu. Dès que le doute assaille nos cœurs, nous manquons de confiance en Dieu, et c’est là la source de toutes nos inquiétudes. Mais le Seigneur vient nous rassurer : « À chaque jour suffit sa peine » (v. 34).
« Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ; mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (v. 32 et 33).
Avons-nous accordé cette priorité à Dieu ?
Le sermon sur la montagne (Mat. 7. 1 à 12 ; Luc 6. 37 à 42 ; 11. 5 à 13, 27 à 28).
Alors que le Seigneur aborde la fin de Son discours commencé au chapitre 5 de Matthieu, traitant de la conduite à observer à l’égard de notre prochain, Il souligne une tendance fréquente de nos cœurs naturels à juger les autres. « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés », et en Luc, il est ajouté : « Ne condamnez pas, afin que vous ne soyez pas condamnés » (6. 37).
Ne sommes-nous pas prompts à relever les défauts de nos semblables dans un esprit de critique et de condamnation, allant jusqu’à juger les motifs qui les font agir ? Ainsi, en abaissant autrui, nous nourrissons la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes, et nous nous mettons à la place de Dieu, à qui seul appartient le jugement. « Tu es inexcusable, ô homme, qui que tu sois qui juges ; car en ce que tu juges autrui, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu commets les mêmes choses » (Rom. 2. 1).
Jésus indique deux motifs pour ne pas juger notre prochain. Tout d’abord, nous serons jugés selon la mesure que nous utilisons pour les autres, et rien n’échappe au juste gouvernement de Dieu. Et de plus, en relevant les fautes de nos frères, le fétu ou la paille dans leur œil, nous sommes en général aveugles quant à nos propres péchés bien plus graves, la poutre dans notre œil.
Puissions-nous saisir l’injonction du Seigneur : « Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux » (Luc 6. 36).
Mais ce précepte du Seigneur n’enlève rien au discernement que tout chrétien doit avoir pour apprécier la valeur morale de certains actes, à la lumière de la Parole de Dieu (v. 6 et 15 ; 1 Cor. 5. 12 ; 1 Thess. 5. 21 ; 1 Jean 4. 1).
Un passage nous enseigne dans quel esprit doit s’exercer ce discernement : « Quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur » (Gal. 6. 1).
Ce discernement est nécessaire au sujet des choses saintes, les vérités de l’Écriture que nous avons à présenter aux hommes qui nous entourent en saisissant l’occasion de Dieu, tout en évitant de les profaner. «Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, ni ne jetez vos perles devant les pourceaux » (Mat. 7. 6).
La corruption de certains hommes est telle que le Seigneur les compare à des animaux impurs. « Pour ceux qui sont souillés et incrédules, rien n’est pur, mais leur entendement et leur conscience sont souillés » (Tite 1. 15). Dans certains cas, l’ennemi de nos âmes pourrait exciter la haine et la violence de ces hommes impies contre le disciple de Jésus.
Le Seigneur insiste ensuite sur quelques promesses relatives à la prière, dont l’importance est inestimable (Mat. 7. 7 à 11 ; Luc 11. 5 à 13). Ce sujet tient une grande place dans l’enseignement et la vie de Jésus, ainsi qu’à travers toute l’Écriture.
Après avoir indiqué comment prier et affirmé que notre Père sait de quoi nous avons besoin, en Matthieu 6, le Seigneur incite Ses disciples à formuler leurs requêtes avec une ardeur soutenue, persévérante. Il emploie trois impératifs au temps présent, démontrant que cette action peut se poursuivre sans relâche : demandez… cherchez… heurtez…
Et il ajoute aussitôt trois promesses d’un prix infini, car elles dépendent de notre Père qui ne peut donner que de bonnes choses à ceux qui les lui demandent : « il vous sera donné… vous trouverez… il vous sera ouvert » (Mat. 7. 7 et 8).
Avons-nous vraiment le saint désir d’exploiter ainsi chaque jour les richesses inépuisables de notre Dieu ? Demandons selon nos besoins, cherchons ce que le nouvel homme en nous désire avec ardeur, heurtons quand notre désir devient de l’importunité. La pensée du Seigneur, c’est que nous priions sans cesse, en tout temps et en tout lieu.
L’évangéliste Luc rapporte une illustration de cet enseignement de Jésus sur la prière (Luc 11. 5 à 8). C’est la parabole des trois amis. Sur le minuit quelqu’un reçoit la visite d’un ami arrivé de voyage, alors qu’il n’a rien à lui offrir. Malgré l’heure tardive, il va auprès d’un de ses amis et lui demande : « Ami, prête-moi trois pains ». Voilà l’exemple d’une prière simple, brève, précise, correspondant à un vrai besoin.
Mais l’ami sollicité et dérangé ne paraît pas disposé à accéder à cette demande. C’est pourquoi il répond : « Ne m’importune pas ; la porte est déjà fermée, et mes enfants sont au lit avec moi ; je ne puis me lever et t’en donner ». Mais Jésus ajoute : « Je vous dis que, bien qu’il ne se lève pas et ne lui en donne pas parce qu’il est son ami, pourtant, à cause de son importunité, il se lèvera et lui en donnera autant qu’il en a besoin ».
Cet homme s’est laissé fléchir par l’insistance de son ami exprimant sa pénurie et l’urgence de son besoin. Ayons alors toute confiance dans les réponses de notre Dieu et Père aux prières ferventes de la foi. De plus, ne craignons pas de l’importuner, car Son oreille est toujours ouverte pour entendre notre cri.
Dieu connaît notre incapacité, notre manque de ressources, et Il est toujours disposé à répondre à nos besoins, à toute demande en accord avec Sa volonté (1 Jean 5. 14 et 15). Il ne répondra pas toujours selon tous nos désirs, mais sûrement selon Son amour et Sa sagesse, ayant en vue le bien de nos âmes et la satisfaction de nos besoins spirituels.
Un père ne donnera pas à son fils une pierre inutile, s’il lui demande un pain, ni un serpent dangereux, s’il demande un poisson, ni un scorpion venimeux, s’il demande un œuf. Le Seigneur veut nous assurer de l’efficacité de la prière en évoquant les sentiments paternels d’un homme pour son enfant.
Et pourtant, si l’homme dont le cœur est méchant agit ainsi, combien plus notre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les Lui demandent. Parmi ces bonnes choses, il est question du don du Saint Esprit, en Luc. Puisqu’Il est descendu ici-bas le jour de la Pentecôte, comme Personne pour habiter dans l’assemblée et en chaque croyant (1 Cor. 3. 16 ; 6. 19), nous n’avons plus à Le demander.
« Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes » (Mat. 7. 12). Telle est la règle d’or de tout enfant de Dieu envers autrui. « L’amour est la somme de la loi » (Rom. 13. 8 à 10 ; Lév. 19. 18). Si cette loi royale, selon Jacques 2. 8, était réellement appliquée, il n’y aurait plus de procès, plus besoin de gendarmes ni de prison !
N’oublions pas que l’on reconnaît un vrai disciple de Jésus à ce trait fondamental : «A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35). Mais, pour cela, il faut être né de nouveau.
Possèdes-tu ce trésor incomparable, la vie que Jésus donne, c’est-à-dire la vie éternelle (Jean 5. 24) ?
Le sermon sur la montagne (Mat. 7. 13 à 29 ; Luc 6. 46 à 49 ; 13. 24 à 30).
En terminant Ses discours, le Seigneur adresse des avertissements incisifs à Ses chers disciples, et à tous ceux qui, dans la foule, les entouraient, mais aussi à chacun de nous qui lisons ces versets. La question essentielle est de savoir qui peut entrer dans le royaume des cieux et comment on reconnaît ceux qui en sont les citoyens.
« Entrez par la porte étroite » (Mat. 7. 13) ou « luttez pour entrer par la porte étroite » (Luc 13. 24). Le titre d’enfant d’Abraham ne permet pas d’entrer dans ce royaume. Jésus, humilié et crucifié, est la porte. Il suffit de croire en Lui en confessant son état de péché.
La bonne porte est étroite, car tout orgueil doit être anéanti, toute propre volonté brisée et tout égoïsme banni. On y entre dépouillé de la chair et de la propre justice. Bien qu’il y ait deux portes, il n’y a qu’un moyen d’être sauvé : c’est la foi au seul nom de Jésus (Act. 4. 12).
Il est toujours vrai que : « étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mat. 7. 14) – malgré cette parole de Jésus que « celui qui cherche, trouve ». Pourquoi cela ? C’est que le cœur naturel de tout homme est porté au mal et ne recherche que des plaisirs charnels ou la satisfaction de ses ambitions terrestres.
Il n’est nul besoin de chercher la porte large, car on y entre facilement avec tout ce que l’homme naturel désire, tolère, y compris les traditions religieuses du passé. Mais elle débouche sur ce chemin spacieux qui conduit à la perdition éternelle.
Sur quel chemin te trouves-tu ?
As-tu répondu à l’appel de Jésus pour entrer par la porte étroite et t’engager avec foi dans le chemin étroit qui mène à la vie ? N’a-t-il pas dit : « Moi, je suis la porte », et « Moi, je suis le chemin » (Jean 10. 7 et 9 ; 14. 6) ?
Ou bien as-tu cédé à la puissance d’attraction du chemin spacieux, entraîné irrésistiblement par des camarades sympathiques, mais pervers, par des lectures séduisantes, mais malsaines, par des études ou un sport qui accaparent tout ton temps et ton cœur ?
Et pourtant, il y a ce qui est utile et même nécessaire pour assurer notre subsistance dans ce monde. Que Dieu nous accorde d’être vigilants, attentifs aux enseignements de l’Écriture sainte. Ayons à cœur d’éprouver ce qui est agréable au Seigneur pour faire Sa volonté, en rejetant tout ce qui attire le cœur naturel dans ce monde. Relisons avec soin le passage qui nous met en garde contre l’amitié du monde et l’amour des choses qui s’y trouvent (1 Jean 2. 15 à 17).
Puis, une nouvelle fois, le Seigneur invite Son disciple à faire preuve de discernement tout en évitant l’esprit de jugement. Comment détecter les faux prophètes se présentant comme les porteurs de la Parole de Dieu alors qu’ils n’auraient pas été envoyés par Lui ?
Les habits de brebis évoquent une parure extérieure de douceur et d’humilité, alors que le cœur est rempli de violence et d’avarice pour s’approprier ce qui appartient à autrui, tout en apportant de faux enseignements. Ils se présentent peut-être avec des paroles séduisantes ou flatteuses. Mais Jésus assure à deux reprises qu’il est possible de déceler ces loups sous leur masque : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (v. 16 et 20).
Le fruit permet de déceler à quelle espèce d’arbre il appartient. Malgré toutes les apparences, si rien n’est produit pour Dieu, le sort de cet arbre est d’être coupé et jeté au feu.
Le fruit de quelqu’un, c’est ce qui est manifesté dans sa vie, qu’il s’agisse de ses œuvres ou de l’influence exercée sur les autres (Gal. 5. 22). Ainsi, les épines ne produisent pas des raisins, ni les chardons, des figues. Tout arbre bon ou mauvais se reconnaît à ses fruits. Et ce principe s’applique à ceux qui professent la vérité ou propagent l’erreur.
Retenons que « le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice et vérité » et que les disciples de Jésus sont appelés à marcher dans l’amour et comme des enfants de lumière (Éph. 5. 9, 2, 8).
Outre ceux qui trompent les autres, ces faux ouvriers, il y a aussi ceux qui se trompent eux-mêmes en s’accommodant d’une profession religieuse. Il ne suffit pas de dire : Seigneur, Seigneur, et même d’avoir prophétisé, chassé des démons, et fait beaucoup de miracles au nom du Seigneur.
Le déploiement d’une puissance surnaturelle n’est pas une pierre de touche suffisante pour accréditer un serviteur envoyé par Dieu. Ce qui compte pour Jésus, c’est de faire la volonté de son Père qui est dans les cieux. C’est l’obéissance à toute la Parole qui manifeste l’œuvre de Dieu dans une âme vivifiée par le Saint Esprit.
Quelle parole solennelle le Seigneur adresse à ces hommes qui se seront contentés des apparences de la piété sans en connaître la réalité ! « Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité » (v. 23).
Le Seigneur prend soin aussi d’avertir le résidu juif à venir, qui traversera les temps très éprouvants de la grande tribulation avant Son apparition en gloire pour le règne millénaire. C’est à propos de cette période qu’Il déclare : « Il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes ; et ils montreront de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus » (Mat. 24. 24).
En conclusion de Son discours, le Seigneur rend Ses auditeurs attentifs à toute l’importance d’écouter Ses paroles et de les mettre en pratique. Il illustre Son propos par une image saisissante : l’homme prudent, qui a fondé sa maison sur le roc après avoir creusé profondément (Luc 6. 48), correspond à celui qui met en pratique les paroles du Seigneur. La pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé contre cette maison, et elle est restée fermement établie sur le roc. La maison de l’homme insensé, fondée sur le sable, a subi les mêmes épreuves et n’a pas pu résister, et sa chute a été grande.
Tel est celui qui ne met pas en pratique ce qu’il entend du Seigneur. La seule fondation solide est le roc de la Parole de Dieu qui demeure éternellement. Et « personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ » (1 Cor. 3. 11).
Mais tout ce qui est basé sur le sable mouvant des opinions, des raisonnements et des sentiments des hommes sera renversé. Le résultat est une ruine éternelle. L’épreuve nécessaire révèle la valeur du fondement. Précisons que l’homme est sauvé par la grâce et par la foi, sans œuvres de loi. Mais les œuvres opérées par la foi démontrent qu’une âme est sauvée. Faire la volonté de Dieu, c’est mettre Sa Parole en pratique.
Jésus s’adressait aux foules avec une autorité divine. Il y avait un parfait accord entre ce qu’Il disait et ce qu’Il faisait. C’est en témoin fidèle qu’Il parlait de ce qu’Il connaissait et de ce qu’Il avait vu (Jean 3. 11). Pour répondre aux profonds besoins des hommes, « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17).
Que les paroles de Jésus touchent notre cœur et notre conscience ! « Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants… et elle discerne les pensées et les intentions du cœur » (Héb. 4. 12).
Une guérison et une résurrection (Mat. 8. 5 à 13 et Luc 7. 1 à 17).
À l’issue des discours prononcés sur la montagne, ayant mis en évidence les caractères moraux des sujets de Son royaume, le Seigneur entre dans Capernaüm pour y accomplir Son ministère de grâce et de puissance auprès de ceux qui étaient placés sous les conséquences du péché : les infirmités, les maladies et la mort.
Il était ainsi démontré qu’« Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous », était au milieu de Son peuple. Il était le « Même » que Celui qui autrefois, ayant rendu douces les eaux amères de Mara, avait déclaré à son peuple après trois jours de marche dans le désert : « Je suis l’Éternel qui te guérit » (Ex. 15. 26).
En lisant les évangiles, nous pouvons admirer le parfait équilibre dans le ministère de Jésus entre Son message et Ses œuvres (Mat. 4. 23). Ses actes d’amour et de puissance confirmaient Son enseignement dispensé avec une autorité divine.
Dans son deuxième discours du livre des Actes, Pierre affirme, par la puissance du Saint Esprit, que Jésus le Nazaréen était un Homme approuvé de Dieu auprès des Israélites par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu avait faits par lui au milieu d’eux (2. 22).
Les miracles, faits extraordinaires, merveilleux, n’obéissant pas aux lois de la nature, accréditaient la venue du Fils de Dieu dans ce monde pour y accomplir l’œuvre de la rédemption. Il pouvait délivrer les hommes de la maladie et de la mort. Le vrai miracle est toujours en accord avec la Parole de Dieu pour exalter la grandeur, la puissance et la gloire de Dieu.
La parole de Siméon, en Luc 2. 32, a déjà son accomplissement à l’égard de Jésus comme « lumière pour la révélation des nations ». Alors qu’Il entrait dans les murs de Capernaüm, un centurion, officier romain, lui fait savoir par les anciens des Juifs que son esclave était paralysé, horriblement tourmenté, sur le point de mourir.
Quelle noble conduite est celle de cet étranger, qui, dépourvu d’égoïsme, manifeste un intérêt affectueux pour son esclave, entreprenant cette démarche auprès de Jésus !
Une foi vivante anime cet homme, une foi telle que Jésus n’en avait pas trouvé de semblable en Israël. Il avait entendu parler de Jésus et il savait qu’il pouvait compter sur Sa grâce et Sa puissance divine.
La connaissance du Dieu d’Israël avait porté cet homme à s’intéresser aux Juifs, leur bâtissant lui-même une synagogue. Il aimait les Juifs, parce qu’ils étaient en relation avec le vrai Dieu, et pourtant leurs infidélités à ce Dieu qu’ils prétendaient servir les avaient asservis à l’autorité romaine.
Un autre trait remarquable du centurion, produit par la crainte et l’amour de Dieu, c’est son humilité. Alors que les Juifs affirment : « Il est digne que tu lui accordes cela », c’est-à-dire la guérison de son serviteur, lui-même s’estime indigne d’aller vers Jésus ou de Le recevoir sous son toit. Il prend la vraie place d’un étranger, indigne des faveurs divines, alors que les Juifs étaient le peuple de Dieu.
Enfin, sa foi très hardie s’exprime dans les paroles adressées au Seigneur : « Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ; car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité d’autrui, ayant sous moi des soldats ; et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon esclave : Fais cela, et il le fait (Mat. 8. 7 à 10).
Le Seigneur relève une si grande foi qui apprécie l’excellence de Sa Personne. Car Lui était tout à la fois l’Homme parfaitement dépendant de son Père, et le Fils de Dieu ayant toute autorité par Sa seule parole.
Pour cet étranger, la maladie était l’occasion pour le Seigneur d’exercer Son autorité divine alliée à une grâce incomparable. L’œil de la foi voit toujours de la même manière que Dieu voit.
Le Seigneur peut dès lors parler de l’introduction des nations dans le royaume, alors que les Juifs, se prévalant de privilèges extérieurs, ne pourraient y accéder sans la foi. « Et je vous dis que plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux ; mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents (Mat. 8. 11 et 12).
Ainsi le Seigneur souligne qu’on ne peut hériter de la bénédiction du royaume que par la foi. C’était un privilège d’être un descendant d’Abraham, et celui d’être un enfant de chrétiens n’est pas moins grand, mais cela ne peut donner le droit d’entrer dans le royaume. Seule la foi qui reçoit le témoignage de Dieu a part à cette grâce. Le Seigneur répondit au centurion : « Va, et qu’il te soit fait comme tu as cru ; et à cette heure-là son serviteur fut guéri » (Mat. 8. 13).
Dans la scène émouvante qui suit, voici deux cortèges qui se croisent près de la ville de Naïn. Jésus, le Prince de la vie, rencontre une foule considérable, accompagnant un cercueil. Spectacle saisissant de la douleur humaine, on portait dehors un mort, fils unique de sa mère, et elle était veuve.
Double brisement pour le cœur de cette femme, elle accompagnait au tombeau l’être qui lui était le plus cher, son dernier appui sur la terre. Impitoyable, la mort vient de frapper à deux reprises dans ce foyer. Elle n’épargne même pas une veuve, mère de ce seul fils.
À la vue d’une telle détresse, le cœur de Jésus ne peut qu’être ému de compassion. Le Seigneur la voyant, lui dit : « Ne pleure pas ». Lui seul pouvait prononcer de telles paroles, sachant ce qu’Il allait faire. Car outre Sa sympathie parfaite, Il détenait une puissance divine pour rappeler à la vie celui que la mort avait emporté. « Et s’approchant, il toucha la bière ; et ceux qui la portaient s’arrêtèrent ; et il dit : jeune homme, je te dis, lève-toi. Et le mort se leva sur son séant, et commença à parler ; et il le donna à sa mère » (Luc 7. 14 et 15).
Quelle autorité et quelle majesté dans les paroles de Jésus ! Le mort lui obéit. « Il fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Rom. 4. 17).
Dans les récits évangéliques, le Seigneur ressuscite deux autres morts (Luc 8. 54 ; Jean 11. 43). En donnant ce fils ressuscité à sa mère, il tarissait ses larmes. Les témoins de cette résurrection sont tous saisis de crainte et glorifient Dieu disant : « Un grand prophète a été suscité parmi nous, et Dieu a visité son peuple » (v. 16). Ainsi Dieu est connu comme Il ne l’avait jamais été auparavant.
Et cette puissance de résurrection sera manifestée de manière encore plus glorieuse en Christ, car Il est les prémices de ceux qui sont endormis (1 Cor 15. 20).
C’était toujours en vue de faire du bien que Jésus opérait Ses miracles, mais ils attestaient aussi la puissance de Dieu pour préparer les âmes à entendre la parole leur apportant le salut. En délivrant les malheureux de la maladie, des infirmités et de la mort, Il démontrait qu’Il pouvait les délivrer du péché, cause de toutes ces misères. « Notre Sauveur Jésus Christ a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile » (2 Tim 1. 10).
Message de Jean et témoignage de Jésus à Jean (Mat. 11. 2 à 19 et Luc 7. 18 à 35).
Jean le Baptiseur, au fond de la prison d’Hérode, entend parler des œuvres de Jésus, de Ses miracles. Ne vient-Il pas de ressusciter le fils unique de la veuve de Naïn ? (Luc 7. 15). Jésus semble le laisser dans sa captivité. Ne pourrait-Il pas exercer Sa puissance divine pour délivrer Israël et son prophète ?
Envoyé comme précurseur du Messie, il avait fidèlement prêché le baptême de repentance en rémission de péchés. Jésus était-il bien le Messie promis selon ce que Jean avait annoncé ? (Mat. 3. 11 et 12 ; Jean 1. 23 à 37 ; 3. 27 à 34)
Certes, dans un vrai renoncement à lui-même et conscient de la majesté du Seigneur, il avait déclaré : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue ». Mais si certaines prophéties s’accomplissaient, ce n’était pas le cas pour d’autres (Luc 4. 19 et 21), et sa prison restait close. Que fallait-il penser des Écritures proclamant le jugement des impies avec la venue du Messie ? Et le Seigneur n’établissait pas Son royaume en gloire.
Aussi Jean charge-t-il deux de ses disciples d’un court message auprès de Jésus, traduisant sa perplexité et un certain découragement : « Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Luc 7. 20). À ce moment-là Jésus guérit plusieurs personnes de maladies et de fléaux et de mauvais esprits, et Il donna la vue à plusieurs aveugles.
La réponse de Jésus aux deux messagers met l’accent avec douceur sur la défaillance de Jean. « Allez, et rapportez à Jean les choses que vous avez vues et entendues : que les aveugles recouvrent la vue, que les boiteux marchent, que les lépreux sont rendus nets, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, et que l’évangile est annoncé aux pauvres. Et bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé en moi » (Luc 7. 22 et 23).
La grâce et la puissance que déployait Jésus ici-bas pour le bien, démontraient pleinement qu’Il était le Messie annoncé par le prophète Ésaïe (35. 5 et 6 ; 61. 1). Mais ce que Jean n’avait pas saisi, c’est que le Messie serait rejeté comme Son précurseur, et même retranché, selon l’expression de Daniel 9. 26.
Avant d’exécuter Ses jugements sur un peuple rebelle et apostat, en vue d’établir son règne de justice et de paix sur la terre, Il devait, par Sa mort expiatoire, introduire une nouvelle dispensation pour rassembler le peuple céleste de Dieu. Et tous ceux qui avaient la foi en Jésus ne pouvaient qu’accepter Son rejet actuel avec toutes ses conséquences. Bienheureux celui qui ne serait pas scandalisé par Son abaissement et Son humiliation, en tenant ferme dans sa foi. Ces paroles de Jésus durent dissiper les doutes du cœur de Jean.
N’hésitons pas à confier à Jésus nos problèmes, nos interrogations. Par une parole, Il saura enlever toute crainte de nos cœurs et affermir notre foi en Lui et en Ses promesses face à nos difficultés. Gardons-nous de douter de la puissance du Seigneur pour tout ce qui paraît être une victoire actuelle de Satan : l’état de ruine de l’Église, les nombreuses persécutions des chrétiens en divers pays, le développement du mal sous ses deux traits essentiels, la violence et la corruption, avec une indifférence de plus en plus marquée pour l’Évangile. Malgré toute l’infidélité de l’homme, le Seigneur enlèvera au ciel son Église composée de tous les vrais croyants où qu’ils soient, et après avoir purifié la terre par de terribles jugements, Il apparaîtra pour établir Son règne glorieux pendant mille ans.
Maintenant que les messagers de Jean s’en sont allés, Jésus rend témoignage devant la foule au plus grand des prophètes. De tous les prophètes ayant annoncé la venue de Christ, il est le seul à L’avoir vu, l’ami de l’époux tout réjoui d’entendre Sa voix (Jean 3. 29).
L’admiration de Jésus pour ce serviteur exceptionnel est tout à fait remarquable. Était-il comme un roseau agité par le vent, se laissant fléchir par toutes sortes d’influences ? Non ! son courage et sa fidélité à Dieu avaient imprégné tout son message. Il ne portait pas les habits précieux de ceux qui habitent dans les maisons des rois, car il était consacré à son Dieu, renonçant à tout confort pour servir son maître. N’était-il pas en prison pour avoir dit la vérité ? Et comme précurseur de Christ, il est plus grand qu’un prophète. Il avait été annoncé par la prophétie de Malachie (3. 1), plus de quatre siècles à l’avance. Il devait venir devant Dieu « dans l’esprit et la puissance d’Élie » (Luc 1. 17).
Mais le Seigneur ajoute que « le moindre dans le royaume des cieux est plus grand que lui » (Mat. 11. 11). Jean faisait partie du siècle de la Loi, et Jésus introduisait une nouvelle dispensation, appelée le royaume de Dieu où tout est justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint (Rom. 14. 17).
Ce royaume était caractérisé par des bénédictions spirituelles, célestes et éternelles. On y entre par la nouvelle naissance (Jean 3. 3 et 5). C’est la sphère où les droits de Dieu sont reconnus. Tous les croyants de l’économie de la grâce ont un tel privilège. Aujourd’hui, c’est le temps de la souffrance pour tous ceux qui reconnaissent les droits du roi que le monde rejette ; mais ils régneront avec Christ quand Son royaume sera établi en gloire.
Ensuite Jésus déclare que « depuis les jours de Jean le Baptiseur jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est pris par violence, et les violents le ravissent » (Mat. 11. 12). Sous l’économie de la loi et des prophètes, Israël était le peuple de Dieu. Mais à cause de son impiété, de sa rébellion contre Dieu, de nouvelles dispositions devaient être prises.
Jean fut envoyé pour annoncer l’établissement du royaume, et le seul moyen d’y entrer : la repentance. Confirmant cet enseignement, Jésus pouvait dire : « Luttez pour entrer par la porte étroite » (Luc 13. 24).
Quels sont ces violents ? Ce sont ceux qui, renonçant au seul titre d’enfant d’Abraham et, rejetant toute propre justice, se repentent devant Dieu, confessent leurs péchés, se reconnaissent pécheurs perdus et, acceptant par la foi la grâce de Dieu en Christ, sont éternellement sauvés.
Dieu permet qu’il y ait des obstacles sur le chemin de celui qui se repent, mais l’énergie de la foi peut tout surmonter. Nous sommes toujours dans un monde qui a rejeté le Seigneur Jésus. « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 5. 5).
Il y a toujours deux catégories de personnes qui se manifestent quand Jésus parle. Celles qui justifient Dieu, étant d’accord avec Lui pour se condamner elles-mêmes, et celles qui rejettent le conseil de Dieu contre elles-mêmes. Chaque lecteur doit pouvoir affirmer de quel côté il se trouve.
Le Seigneur compare alors la génération privilégiée à laquelle Il s’adresse à de petits enfants assis dans les marchés qui s’empressent de contredire les propositions de leurs camarades. Les complaintes lugubres de Jean, et le son mélodieux de la flûte évoquant la venue en grâce du Fils de l’homme, avaient été entendus sur les places publiques. Mais Israël, comme nation, n’a pas voulu s’humilier et se repentir dans le premier cas et se réjouir dans le second. Seul un résidu, selon la grâce, a reçu ce double témoignage, et ainsi « la sagesse a été justifiée par ses enfants ».
Tous ceux qui ont cru se rangent parmi les enfants de la sagesse parce qu’ils ont écouté sa voix. Cette voix est celle de Dieu dans toutes les Écritures : Que dit-elle ? Bienheureux l’homme qui m’écoute… ! Bienheureux ceux qui gardent mes voies ! (Prov. 8. 34, 32)
Une pécheresse pardonnée (Luc 7. 36 à 50).
Un des pharisiens invita Jésus à manger avec lui. Luc est le seul évangéliste à rapporter cette circonstance et ce n’est pas la seule fois où Jésus acceptait d’entrer chez un pharisien (11. 37 ; 14. 1). N’avait-il pas déclaré : « Le fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs » ? (v. 34).
Puis le Seigneur précise que « les enfants de la sagesse justifiaient Dieu, en acceptant son témoignage en Christ, tout en se condamnant eux-mêmes ».
« Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum ; et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à les arroser de ses larmes, et les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum » (v. 38 et 39).
Seule la grâce rayonnante du Seigneur poussait cette femme à franchir le seuil de la maison du pharisien pour se jeter aux pieds de Celui qui attire irrésistiblement son cœur. Jésus est son unique ressource.
Elle a le profond sentiment qu’il ne la méprisera pas et ne la repoussera pas, et que Sa miséricorde pouvait répondre à son besoin. Comme le Seigneur a été sensible à chacun de ses gestes, à ses marques d’amour démontrant à quel point elle appréciait les grâces et la dignité de Sa personne.
Consciente qu’elle peut se livrer sans réserve à la grâce inépuisable de son Sauveur, elle arrose Ses pieds des larmes d’une vraie repentance et les essuie avec sa chevelure dénouée, la gloire de la femme. Certes, elle n’a pas encore la connaissance du plein pardon de ses péchés.
En couvrant ses pieds de baisers, elle donne une expression touchante de son amour reconnaissant, car Jésus est désormais l’unique trésor de son cœur. Et le parfum répandu n’exalte-t-il pas la grandeur de Celui qu’elle honore comme le Seigneur ? Elle Lui offre l’hommage de son cœur qui sera délivré pour toujours du poids écrasant de sa culpabilité. Elle ne prononce pas une seule parole, mais ses actes attestent de la plus noble manière qu’elle a beaucoup aimé.
Simon observe cette scène comme un vrai pharisien. Comment cette femme, connue pour sa vie dissolue, ose-t-elle pénétrer dans sa maison, sans invitation ? Ce qu’elle fait avec autant de hardiesse soulève une prompte indignation dans le cœur de Simon, qui se livre à un raisonnement incrédule. Il dit en lui-même : « Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme qui le touche, car c’est une pécheresse » (v. 39).
Voilà le jugement impitoyable du propre juste. Ayant une bonne opinion de lui-même, il n’éprouvait aucun besoin de pardon. De plus, en homme légal, il ose juger selon la justice humaine, que Jésus n’était même pas un prophète. Jésus n’attire pas son cœur, car Il représente ceux dont parle Ésaïe : « Il est méprisé et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (53. 3).
Par une parabole, Jésus va montrer à Simon qu’il sait lire les pensées du cœur sans que rien ne soit exprimé en paroles. Il connaît les péchés de la femme et Il sait ce que le pharisien pense de Lui et d’elle.
« Et Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire… Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante ; et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus ? Et Simon, répondant, dit : J’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : Tu as jugé justement » (v. 40 à 43).
Simon, dans son aveuglement, ignorait qu’il avait une dette vis-à-vis de Dieu manifesté en Christ. Et pourtant, il n’avait même pas reçu Jésus selon les égards habituels en orient : pas d’eau pour les pieds du voyageur fatigué, pas de baiser de bienvenue pour l’hôte, pas d’onction d’huile pour la tête de Celui qui est digne de tout honneur ! Alors que la femme, consciente d’être un grand débiteur à cause de ses nombreux péchés, exprime humblement le respect, la gratitude, l’amour débordant de son cœur brisé.
Par contre, celui qui doit le moins à ses propres yeux, n’apprécie pas la grâce du pardon, il aime peu. Or les deux débiteurs n’avaient pas de quoi payer. Nul ne saurait acquitter un seul péché en dehors de Dieu. Tous les hommes sans exception sont insolvables. L’unique issue, c’est que le créancier remette la dette à tous les deux, faisant grâce à l’un comme à l’autre. « Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5. 8). « Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, c’est le don de Dieu » (Éph. 2. 8). Voilà la bonne nouvelle proclamée encore aujourd’hui aux hommes pécheurs !
Jésus précise à Simon : « c’est pourquoi je te dis : Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé… Et il dit à la femme : Tes péchés sont pardonnés » (v. 47 et 48). Cette femme aimait Jésus à cause de la grâce qu’elle avait discernée en Lui, tout en étant profondément convaincue de péché par l’action de l’Esprit de Dieu dans sa conscience.
Cette grâce produisait en elle l’horreur du péché, et un amour saint avant même que le pardon soit prononcé par le Seigneur. La conscience d’un Dieu qui fait grâce attire le pécheur travaillé par ses péchés et repentant.
Jésus ne se préoccupe pas des remarques de ceux qui l’entourent dans la maison du pharisien, et adresse à la femme une parole divine d’un prix inestimable qui résonne dans son cœur comme la douce mélodie de la grâce : « Ta foi t’a sauvée, va-t-en en paix » (v. 50). Malgré le grand amour exprimé par cette femme, c’est uniquement par la foi qu’elle est sauvée. La foi en Jésus l’avait amenée à Ses pieds, discernant en Lui son Sauveur.
C’est ce que Pierre confirme à tous ceux qui sont rassemblés chez Corneille : « Par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés » (Act. 10. 43). « Et il n’y a de salut en aucun autre » (Act. 4. 12).
Pour qu’il en soit ainsi, Jésus devait se livrer Lui-même en rançon pour plusieurs, subissant à la croix ignominieuse, de la part d’un Dieu juste et saint, tout le jugement que méritait le péché. C’est par la foi en cette œuvre expiatoire que la lourde dette de nos péchés peut être acquittée.
As-tu reconnu dans l’histoire de la pécheresse, dont le nom n’est pas mentionné, ta propre histoire ? Elle ne concerne pas les indifférents, les propres justes, les incrédules, mais ceux qui sont convaincus de péché dans la lumière de Dieu, ayant besoin du pardon que Jésus offre aujourd’hui même à tous ceux qui se repentent en se tournant vers Lui.
Et plus nous sommes conscients d’avoir offensé la gloire de Dieu par nos péchés, plus nous aimerons Celui qui pardonne. Quel écho a cette parole de Jésus dans notre cœur : « Lequel… l’aimera le plus ? »
Jésus avec les siens et face à ses adversaires (Luc 8. 1 à 3 ; 11. 14 à 28 ; 12. 10 ; Mat. 12. 22 à 32 ; Marc 3. 28 à 30).
La lecture des trois premiers versets de Luc 8, mentionnés uniquement par cet évangéliste, nous suggère ce que Pierre annonce dans l’un de ses discours en Actes 10. 38 : « Jésus qui était de Nazareth, comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui ».
Jésus, le Fils de l’homme, était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple (Luc 24. 19). Il passait par les villes et les villages, prêchant et annonçant le royaume de Dieu et partout rayonnaient sa lumière et sa bonté.
Ce royaume est la sphère morale où s’exerce le gouvernement de Dieu. Si le ciel est le siège du pouvoir, la terre est le domaine où s’exerce cette domination. L’autorité de Jésus y est reconnue par ceux dont les péchés ont été pardonnés et qui ont été guéris d’esprits malins et d’infirmités. Ceux qui sont nés de nouveau appartiennent à ce royaume (Jean 3. 3 et 5) caractérisé par la justice, la paix et la joie dans l’Esprit Saint (Rom. 14. 17).
Les douze apôtres étaient avec Jésus (Luc 8. 2). Ils étaient les témoins publics appelés par la grâce de Dieu et envoyés par le Seigneur lui-même pour prêcher le royaume de Dieu et guérir les infirmes (Luc 9. 1).
N’avait-il pas dit : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jean 20. 21) ? C’est Lui qui les avait choisis et établis, afin qu’ils aillent et portent du fruit (Jean 15. 16).
L’autre classe de personnes entourant Jésus, c’était des femmes qui avaient été délivrées d’esprits malins et d’infirmités. Elles étaient les témoins personnels de la puissance du royaume et profondément attirées vers Lui dans leur cœur ; elles le suivaient et l’assistaient de leurs biens (v. 3). Leur dévouement était l’heureuse conséquence de ce que Lui avait fait pour elles.
Sept démons habitaient Marie de Magdala et Jésus les avait chassés. Reconnaissante pour cette merveilleuse délivrance, son cœur brûlait d’amour pour son Seigneur.
Ne sommes-nous pas touchés par un tel attachement aux abords du tombeau ? (Jean 20. 11 à 18).
Nous ne pouvons qu’admirer l’abaissement profond du Seigneur, son obéissance absolue à son Père. Toujours dépendant, il acceptait d’être assisté par ces humbles femmes, alors qu’il était le créateur des cieux et de la terre, soutenant toutes choses par la parole de sa puissance, Lui devant qui tout genou se ploiera et toute langue confessera qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 10 et 11).
Étant en forme de Dieu, Jésus s’est anéanti lui-même pour venir ici-bas comme un homme humble et débonnaire. Il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. Il a été élevé sur cette croix pour que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Il a « porté nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pier. 2. 24). Il a subi de la part de Dieu le jugement qui devait nous atteindre.
Quelle grâce insondable nous était destinée ! L’avons-nous appréciée et reçue dans notre cœur ? Une réponse positive nous engage alors à traduire notre reconnaissance en offrant à Dieu des sacrifices de louanges, sans oublier la bienfaisance et de faire part de nos biens, « car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Héb. 13. 15 et 16).
C’est à propos de la guérison d’un démoniaque aveugle et muet que Jésus est confronté avec ses adversaires, les pharisiens (Mat. 12. 22 à 32 ; Luc 11. 14 à 28).
Craignant les effets d’une puissance divine évidente, ils dirent : « Celui-ci ne chasse les démons que par Béelzébul, chef des démons ». Aussitôt le Seigneur met en évidence leur égarement et comment le dieu de ce siècle avait aveuglé leurs pensées : « Et si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même ; comment donc son royaume subsistera-t-il ? »
Le Seigneur ne pouvait chasser les démons, que par la puissance du Saint Esprit. Car avant d’exercer son ministère de grâce, il avait lié l’homme fort, en remportant une pleine victoire sur cet adversaire lors de la tentation, au désert, citant à trois reprises la Parole de Dieu. Dès lors, il pouvait piller ses biens en délivrant ceux que Satan avait asservis à sa puissance.
Chaque fois que Jésus chassait les démons, il démontrait que le royaume de Dieu était parvenu à ce peuple. Lors de son apparition comme Fils de l’homme, il établira son royaume en gloire par le déploiement de la même puissance.
Attribuer à Satan la puissance par laquelle le Seigneur chassait les démons constituait un péché d’une extrême gravité. C’était le blasphème contre le Saint Esprit qui ne serait pas pardonné. Certes « tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes… Et quiconque aura parlé contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir » (Mat. 12. 31 et 32).
Les premières paroles que Jésus prononce sur la croix correspondent à une prière en faveur de ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). Nous savons quelle réponse Dieu a donnée à ces paroles au début du livre des Actes. Par exemple, en un seul jour, trois mille âmes environ sont amenées à la repentance et à la foi au Seigneur Jésus (Act. 2. 41).
Mais s’opposer à la puissance du Saint Esprit, en la traitant comme étant la puissance de Satan, cela ne pourrait être pardonné ni dans ce siècle, c’est-à-dire le siècle de la loi dans lequel se situaient les Juifs de l’époque, ni dans le siècle à venir, celui où le Seigneur établirait son royaume en gloire. Ainsi un tel blasphémateur était passible du jugement éternel (Marc 3. 29).
Comme nation, les Juifs se sont placés sous les conséquences d’un tel péché, après la Pentecôte, n’acceptant pas le témoignage du Saint Esprit rendu à Christ par ses disciples. Le rejet du message d’Étienne par une résistance volontaire à l’Esprit Saint, a entraîné la dispersion de ce peuple parmi les nations.
Nous vivons aujourd’hui dans cette période privilégiée de la grâce où l’évangile est proclamé à tous les hommes : « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 36). Puis Jésus ajoute : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (Luc 11. 23).
Le test d’un bon service, c’est de travailler et de rassembler avec Jésus dans la soumission à l’autorité de sa Parole. Que nous soyons de ces bienheureux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! (Luc 11. 28).
Jésus face à ses adversaires, et avec sa vraie famille (Mat. 12. 33 à 50 ; Luc 6. 45 ; 11. 24 à 32 ; 8. 19 à 21 ; Marc 3. 31 à 35).
Au chapitre 11 de l’évangile de Matthieu, le Seigneur met en évidence son propre rejet selon ce qui est écrit : Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11). Et le chapitre 12 ne fait que confirmer cette opposition ouverte en particulier de la part des pharisiens qui tiennent conseil contre Lui pour le faire périr (v. 14).
Ce rejet si douloureux pour le cœur de Jésus est constaté à propos du jour du sabbat au cours duquel, Lui, le Fils de l’homme, Seigneur du sabbat, se permettait d’exercer la miséricorde. Puis, c’est l’accusation perverse des pharisiens disant que Jésus chassait des démons par Beelzébul, blasphème impardonnable contre le Saint Esprit.
A partir des propos iniques des pharisiens, l’occasion est donnée au Seigneur de rappeler toute l’importance de la Parole pour révéler l’état du cœur. L’arbre est connu par son fruit… car de l’abondance du cœur la bouche parle (v. 33 et 34).
Comment les pharisiens étant méchants pouvaient-ils dire de bonnes choses ? Si nos esprits sont habités par de mauvaises pensées non jugées, nos lèvres seront promptes à les exprimer en paroles.
N’est-il pas solennel de réaliser que « de toute parole oiseuse qu’ils auront dite, les hommes rendront compte au jour du jugement ; car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (v. 36 et 37) ? Par contre, si notre cœur est occupé de Christ, comme Anne la prophétesse, « nous parlerons de Lui » (Luc 2. 38).
Quelqu’un qui croit dans son cœur en Jésus, comme Seigneur, acceptant son œuvre rédemptrice, et qui Le confesse de sa bouche, est sauvé (Rom. 10. 9 et 10). C’est l’œuvre de Dieu en lui, par laquelle la vie divine lui est communiquée par l’opération de la parole de Dieu et du Saint Esprit. Dès lors, ses pensées sont formées par la Parole de Dieu.
De ce bon trésor sont produites de bonnes choses. Aussi « recevez avec douceur la parole implantée qui a la puissance de sauver vos âmes » (Jac. 1. 21). « Qui surveille sa bouche garde son âme » (Prov. 13. 3).
Conscients de toute l’importance qu’il y a de veiller sur nos paroles, ne devrions-nous pas exprimer fréquemment cette prière : « « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, veille sur l’entrée de mes lèvres » (Ps. 141. 3) ?
A la suite des paroles sévères de Jésus, les scribes et les pharisiens, méchants et incrédules, ont l’audace de lui demander un signe prouvant sa mission divine.
Et pourtant le Seigneur venait de guérir un démoniaque aveugle et muet (v. 22). Les foules elles-mêmes disaient : « Celui-ci serait-il le fils de David ? » (v. 23).
Aussi devant un tel aveuglement Jésus refuse-t-il d’accéder à leur demande. Un autre miracle n’aurait pas changé les dispositions de leur cœur à son égard. Le Seigneur ne leur donne pas d’autre signe que celui de Jonas, qu’un grand poisson engloutit et rejeta vivant. Il annonçait ainsi sa mort, son séjour dans la tombe et aussi sa résurrection. « Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (v. 40 et Jonas 2. 1).
Malgré toutes ses œuvres d’amour le signalant comme le vrai Messie promis à son peuple, ces hommes, religieux et rebelles aux appels de la grâce, ne voulaient rien de Jésus. Ils étaient plus coupables que les hommes méchants de Ninive qui, à la prédication de Jonas, se sont repentis (Jonas 3. 5). La reine de Shéba témoignera contre cette génération au jour du jugement, car, attirée par la sagesse de Salomon, elle était venue des bouts de la terre.
Or ce mépris de Jésus, le divin prédicateur et la Sagesse par excellence, ne pouvait qu’aggraver leur condamnation au jour du jugement. Combien Jonas et Salomon s’estompent devant le Seigneur de gloire !
Puis, par un tableau saisissant, Jésus évoque l’état immonde de cette génération incrédule aux derniers jours (v. 43 à 45).
Le démon, sorti de l’homme, rappelle l’idolâtrie à laquelle Israël s’était adonné. Ce dernier avait obligé Dieu à l’exiler à Babylone, le siège même de l’idolâtrie du monde, caractérisée par l’adoration des démons. De retour de captivité, avec son temple rebâti, son culte rétabli, ce peuple paraissait en ordre. C’est alors que le Seigneur vint pour habiter sa maison, mais il en fut rejeté. Cette maison restait vide, balayée de l’idolâtrie, ornée des formes du culte lévitique. Elle était prête à recevoir une puissance de mal, beaucoup plus effrayante que la première, ce que représente l’association avec les sept autres démons bien plus méchants que le premier.
De retour dans son pays, le peuple juif reste incrédule par rapport à Christ, comme il l’était au temps où Jésus vint sur la terre. Aujourd’hui, le Messie reste caché dans les cieux.
Les Juifs retrouveront le culte lévitique dans un temple reconstruit jusqu’au moment où sera manifesté l’Antichrist, l’homme de péché, le fils de perdition, l’inique qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu. « Lui-même s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (2 Thess. 2. 3 et 4).
Ce seront les temps terribles de l’apostasie et de la grande tribulation (Mat. 24. 21). Cette idolâtrie de la fin entraînera un jugement solennel du peuple apostat par l’ennemi redoutable, appelé dans l’Écriture : l’Assyrien ou roi du nord, qui sera lui-même anéanti par le Seigneur (Dan. 8. 23 à 25 ; Éz. 38 et 39 ; És. 10. 56 ; 28 et 29 ; Zach. 14. 1 à 5). Le résidu croyant sera délivré par Christ pour être introduit dans le règne millénaire de son vrai Messie, le Fils de David.
Alors que Jésus parlait aux foules, sa mère et ses frères se tenaient dehors cherchant à lui parler. Nous savons par ailleurs que ses frères ne croyaient pas en Lui non plus avant sa mort (Jean 7. 5). Et Jésus s’adressant à son messager dit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Et étendant sa main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères ; car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère » (Mat. 12. 48 à 50).
D’après le passage parallèle de Luc, faire la volonté de son Père, équivaut à écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique (8. 21).
Jésus, rejeté, ne pouvait plus avoir de relations avec son peuple incrédule représenté par sa mère et ses frères. Ainsi en sera-t-il d’Israël selon la chair, le peuple terrestre de Dieu, qui s’est exclu, dans l’endurcissement de son cœur, de la bénédiction de recevoir son vrai Messie.
Mais de nouvelles relations pourront être établies avec ceux qui recevront sa parole et se soumettront à la volonté de son Père. Désormais Dieu agira par sa parole opérant dans le cœur, pour constituer son peuple céleste, issu de toute tribu, et langue, et peuple et nation.
Peux-tu te joindre de cœur à ceux qui chantent ce cantique : « A celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » ? (Apoc. 1. 5 et 6)
La parabole du Semeur (Mat. 13. 1 à 23 ; Marc 4. 1 à 20, 24 et 25 ; Luc 8. 4 à 15 et 18).
L’évangile de Matthieu rapporte que Jésus, sortant de la maison, s’assit près de la mer (13. 1). Rejeté par Israël aux chapitres 11 et 12, il prend une nouvelle position pour s’adresser aux foules rassemblées autour de lui sur le rivage, alors qu’il était monté sur une nacelle. Il n’attend plus de fruit de sa vigne, figure d’Israël (Ps. 80. 8 à 16) qui, placé sous la loi, n’a produit que des raisins sauvages (És. 5. 1 à 7).
Malgré les conditions privilégiées accordées à ce peuple, il a été prouvé que l’homme dans son état naturel est incapable de porter du fruit pour Dieu (Ps. 53. 3). Dieu change alors de disposition. Il sème sa Parole dans les cœurs. Si elle est reçue par l’action de l’Esprit et par la foi, la vie divine est communiquée, et, dans ses multiples manifestations, du fruit est produit à la gloire de Dieu.
Le champ concerné par ces semailles n’est pas Israël seulement, mais toute l’humanité figurée par la mer (És. 17. 12 et 13 ; 57. 20). Si le cœur de l’homme est ce terrain sur lequel la Parole est répandue, il y a cependant différents états du cœur en présence de la divine semence.
Jésus dit beaucoup de choses aux foules par des paraboles : « Voici un semeur sortit pour semer… » (Mat. 13. 3 à 9). Écoutons le message qui nous est adressé aujourd’hui : « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10. 17).
Des quatre terrains, un seul produit du fruit pour Dieu, ce qui met en relief les nombreux obstacles pour que la parole de Dieu soit reçue, dans un cœur par la foi. Seule la parole de vie, divine semence, peut produire la nouvelle naissance (Jean 3. 5 à 8), communiquer la nature divine (2 Pier. 1. 4), régénérer (1 Pier. 1. 23). Mais le cœur de l’homme dans son état naturel est trompeur par-dessus tout, et incurable (Jér. 17. 9). Il ne produit que de mauvais fruits attirant le jugement de Dieu en condamnation.
Avant même d’obtenir une explication, les disciples demandent au Seigneur pourquoi il parlait aux foules en paraboles. La réponse montre que cette manière cachée de s’exprimer était liée au fait que le cœur du peuple s’était endurci (Mat. 13. 15). Sous l’action de sa propre volonté il avait bouché ses oreilles, fermé ses yeux et son cœur depuis qu’Ésaïe, le prophète, l’avait annoncé plus de sept siècles auparavant (És. 6. 9 et 10).
Après avoir méprisé tout ce temps de la patience de Dieu, ce peuple finit par rejeter son Messie lorsqu’il lui a été présenté. En Marc 4. 30, le Seigneur donne une indication à travers une interrogation : « Comment comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? »
Par un récit emprunté à la vie ordinaire ou à la nature, domaine du vrai et du possible, il dégage une vérité morale et spirituelle qui est comparée, assimilée à cet événement. Ce royaume ne pouvait s’établir en gloire tant que le roi était rejeté de son peuple. Pour le moment, il prend une forme mystérieuse dont Jésus entretient les siens dans son enseignement.
Seuls les disciples de Jésus, l’ayant accepté comme Sauveur et Seigneur, peuvent entrer dans la connaissance du mystère du royaume des cieux.
Le Seigneur apprécie dans notre cœur le vrai désir de comprendre ce qu’il dit et il donnera son explication au moment opportun. Lisons et relisons avec prière le saint Livre, chaque jour, avec persévérance, sachant que « le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14).
Cher jeune lecteur encore inconverti, aujourd’hui Jésus, le Fils de Dieu, t’offre sa grâce, son pardon, sa paix et toutes les bénédictions accordées à ceux qui reconnaissent la valeur et la nécessité de son œuvre expiatoire. Remettre à demain ce choix capital pourrait être fatal.
Maintenant Jésus va expliquer aux siens cette parabole du Semeur en donnant les raisons de la stérilité des trois premiers terrains.
Dans le premier cas, la semence tombe le long du chemin. Cela correspond au cœur qui ne comprend pas la parole qu’il a entendue, car il est indifférent, incrédule, distrait par toutes sortes de préoccupations qui insensibilisent la conscience. Il y a les études, le travail, les affaires de la vie, les loisirs très attrayants et très diversifiés aujourd’hui. Et que dire de la coupe des délices du péché ? Ce cœur est dur comme un chemin dans lequel tout le monde passe et repasse. La divine semence ne peut y pénétrer, si bien que Satan, le méchant, s’empresse de la ravir, « de peur qu’en croyant ils ne soient sauvés » (Luc 8. 12).
L’excuse très fréquente n’est-elle pas : Je n’ai pas le temps ? Et ainsi Satan, le menteur et le meurtrier, entraîne ses victimes insouciantes vers l’abîme de l’éternelle perdition. Mais béni soit Dieu, Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs (1 Tim. 1. 15).
La semence répandue sur les endroits rocailleux concerne les auditeurs de la Parole qui la reçoivent aussitôt avec joie. Une certaine émotion a saisi l’âme, les sentiments ont été touchés. Mais la conscience n’a pas été travaillée en profondeur par la conviction de péché, provoquant une tristesse selon Dieu et une repentance à salut.
Il n’y a pas de racine, pas beaucoup de terre, pas d’humidité, d’où la sécheresse quand le soleil de la tribulation ou de la persécution apparaît. Il n’y avait que l’apparence de la foi et « au temps de la tentation ils se retirent » (Luc 8. 13). Par contre, le croyant qui a reçu le Christ Jésus, le Seigneur, est enraciné et édifié en lui, affermi dans la foi, à travers toutes les épreuves (Col. 2. 6 et 7).
Dans la troisième catégorie, la semence est tombée entre les épines, dans un sol déjà encombré. Si la Parole a pénétré plus profondément et malgré quelques effets visibles, l’âme manque d’énergie pour vaincre les nombreux soucis de ce siècle.
Que de questions : que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi seront-nous vêtus ? Et puis il y a l’amour des richesses trompeuses, des plaisirs vains, que le monde offre pour répondre à toutes les convoitises insatiables du cœur humain. Privée d’air et de lumière, la jeune plante progressivement étouffée par les épines, ne produit aucun fruit. « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15).
Enfin le quatrième terrain, c’est la bonne terre, une conscience labourée par Dieu, par la vérité. La Parole a été entendue, comprise par la foi, reçue en toute soumission. Elle est retenue dans un cœur honnête et bon, disposé à obéir.
S’il y a du fruit, ce n’est pas grâce au terrain (1 Jean 5. 19), mais à la divine semence tombée dans un terrain préparé par Dieu. L’âme a été convaincue de sa culpabilité, de sa souillure dans la présence de Dieu qui est juste et saint. Elle a prononcé ces paroles du prophète : « Malheur à moi ! car je suis perdu » (És. 6. 5). Le cœur et la conscience ont été atteints. Et le fruit porté avec patience vient manifester la présence de la vie divine (Gal. 5. 22 ; Éph. 5. 9 et 10 ; Phil. 1. 11).
Les croyants sont aussi concernés par l’enseignement de cette parabole qui s’applique « toutes les fois que quelqu’un entend la parole » (Mat. 13. 19).
Le racheté du Seigneur ne peut pas perdre son salut, mais ne peut-il pas s’habituer à entendre la Parole sans y prendre garde, et laisser son cœur s’endurcir ? Ne peut-il pas fléchir sous la séduction des subtiles tentations de l’ennemi, ou se laisser accaparer par les affaires de la vie ? Les épines de ce monde ne peuvent-elles pas encombrer son cœur, créer une somnolence spirituelle, et l’empêcher de porter du fruit pour Dieu ? Écoutons les avertissements du Seigneur : « Prenez garde à ce que vous entendez » (Marc 4. 24), « Prenez donc garde comment vous entendez » (Luc 8. 18).
La parabole de l’ivraie (Mat. 13. 24 à 30, 36 à 43).
Le chapitre 13 de l’évangile de Matthieu présente sept paraboles dont la première est celle du semeur. Nous y avons vu comment le Seigneur opère pour produire du fruit.
Les six paraboles suivantes traitent des résultats de ces semailles dans le monde jusqu’à l’établissement du royaume en gloire. C’est le temps où l’Église est formée sur la terre, et où le royaume est établi alors que le roi, rejeté de son peuple, est caché dans le ciel.
Les trois premières paraboles adressées aux foules exposent l’aspect extérieur du royaume des cieux, tel que les hommes peuvent le voir. Jésus annonce comment par l’infidélité des hommes et l’activité insidieuse de Satan, la récolte dans ce monde serait altérée.
Les trois dernières paraboles font ressortir ce qui est de Dieu au sein d’un tel état de choses. Le cœur de Christ peut apprécier ce qui est d’un prix incomparable à ses yeux, ses rachetés, son Église. Ces dernières paraboles sont communiquées en secret aux disciples, soit dans la maison, lorsqu’ils demandèrent l’explication de celle de l’ivraie.
Tandis que seuls les enfants d’Israël constituaient un royaume pour Dieu, il en est maintenant autrement. Pour faire partie du royaume de Dieu, il faut être né de Dieu (Jean 1. 13), passer par la nouvelle naissance (Jean 3. 3 à 5). Cette opération de l’Esprit de Dieu est produite par la foi en la Parole de Dieu reçue dans le cœur. Appartiens-tu en réalité au royaume de Dieu ?
Jésus leur proposa une autre parabole, disant : « Le royaume des cieux a été fait semblable à un homme qui semait de bonne semence dans son champ. Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie parmi le froment, et s’en alla. Et lorsque la tige monta et produisit du fruit, alors l’ivraie aussi parut » (Mat. 13. 24 à 26).
Cette parabole présente le mélange constitué par la présence de croyants et de personnes qui font profession de christianisme, ayant été baptisées, mais n’ayant pas la vie de Dieu.
Il y a dans ce champ, comme le souligne le Seigneur, la bonne semence, c’est-à-dire les fils du royaume, et l’ivraie représentant les fils du méchant (v. 38).
Depuis le temps du Seigneur et des apôtres annonçant la Parole en toute pureté, les hommes, par manque de vigilance, car ils dormaient, ont permis à l’ennemi de semer l’ivraie. Ils ont laissé s’introduire dans la chrétienté des fausses doctrines et des personnes ne possédant pas la vie de Dieu. Et aujourd’hui partout où la parole est semée, l’ivraie a tout envahi.
On comprend que les esclaves devant ce mélange visible se soient proposé d’arracher l’ivraie. Mais le Seigneur leur dit : « Non, de peur qu’en cueillant l’ivraie, vous ne déraciniez le froment avec elle. Laissez-les croître tous deux ensemble jusqu’à la moisson » (v. 29 et 30). N’ayant pu empêcher l’ennemi de semer l’ivraie, comment ces hommes infidèles auraient-ils pu enlever l’ivraie sans arracher le froment ?
Ainsi l’ennemi avec toute sa ruse a réussi à introduire les fils du méchant parmi les fils du royaume. Il ne s’agit pas ici de païens ou de Juifs, mais de ceux qui ont la forme de la piété et en ont renié la puissance. Ils ne possèdent pas cette vie caractérisée par la pratique de la justice et l’amour des frères (1 Jean 2. 29 ; 4. 7).
Ce mélange de fidèles et d’âmes égarées par Satan constitue la chrétienté, subsistant jusqu’à la venue du Seigneur. Et loin de se conformer aux injonctions du Seigneur, les hommes ont déclenché dans la chrétienté de terribles persécutions et, sous prétexte d’extirper l’ivraie, ils ont souvent ôté le froment.
Il n’appartient pas aux hommes d’exercer le jugement sur ceux qui n’ont pas la vie, d’exterminer ceux qu’on estime hérétiques. C’est le temps où Dieu proclame sa grâce. Par contre pour obéir à la Parole, il est impératif que le fidèle aujourd’hui se sépare du mal et du monde (2 Tim. 2. 19, 22 et 23 ; 2 Cor. 6. 17 ; 7. 1 ; 1 Jean 2. 15).
C’est au temps de la moisson que s’effectuera le triage confié aux anges, figurés dans la parabole par les moissonneurs. Ce sera le jugement séparant les méchants des justes, selon la parole du Seigneur aux moissonneurs : « Cueillez premièrement l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler, mais assemblez le froment dans mon grenier » (v. 30).
Le Seigneur précise à ses disciples que cette séparation aura lieu à la consommation du siècle, événement qui précède l’établissement du royaume en gloire.
Déjà l’ivraie se lie en bottes par toutes sortes d’associations liant les hommes entre eux, qu’il s’agisse des incrédules affirmés ou de ceux qui se prétendent chrétiens sans avoir été vivifiés par la Parole de Dieu. Mais le disciple de Jésus, averti par son Maître, se tient séparé de ces bottes d’ivraie, n’ayant rien à faire avec ces systèmes associatifs qui annoncent l’imminence du jugement. Avant que l’ivraie ne soit brûlée, le froment est recueilli dans le grenier, image de l’enlèvement de tous les croyants dans le ciel.
En donnant ses explications aux disciples, dans la maison, le Seigneur ajoute de nouveaux développements dans les versets 40 à 43 pour le temps où les jugements s’exerceront à l’égard des méchants : « Comme donc l’ivraie est cueillie et brûlée au feu, il en sera de même à la consommation du siècle. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils cueilleront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise de feu : là seront les pleurs et les grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ».
Au terme du temps de sa patience, le Seigneur venu une fois sur la terre, comme le semeur, va envoyer ses anges pour enlever de son royaume tous ceux qui auront été un sujet de scandale, et qui, dans une marche sans frein et sans loi, auront refusé de se soumettre à l’autorité du roi rejeté et caché dans le ciel. La seule issue pour eux sera la fournaise ardente dans la tristesse d’un remords éternel et l’irritation que rien ne pourra apaiser.
Par contre combien est précieuse la part des justes ! Ils sont vus ici dans la partie céleste du royaume, le royaume de leur Père, où ils jouissent de la même relation que le Fils bien-aimé. Leur position est bien plus glorieuse que celle occupée sur la terre dans le royaume établi en gloire. Resplendissants comme le soleil, ils reflètent la gloire de Christ. Comme les objets de sa pure grâce pendant l’éternité, rien ne viendra plus troubler le bonheur des élus.
L’ivraie nous rappelle aussi un enseignement pratique concernant ce que l’ennemi peut semer dans notre cœur. Tel livre que j’ai pu lire à l’insu de mes parents, tel spectacle auquel j’ai assisté sans leur consentement, tels propos de camarades pervers… Rien ne se passe dans l’immédiat, mais plus tard l’ivraie germe…
On peut assister à la lecture de la Parole en famille, aux réunions fidèlement, et cependant à un certain âge des convoitises s’allument, des raisonnements et des doutes assaillent l’esprit, l’ennemi a semé l’ivraie et les résultats alarmants apparaissent au bout de quelque temps. Quelle sera l’issue d’une telle vie ? (Lire Éccl. 12. 1).
Vous vous souvenez de cet entretien du Seigneur Jésus avec la femme Samaritaine, au moment où sa conscience est sondée par la vérité, et que son cœur, en même temps, est attiré par le sentiment de la bonté de Dieu.
Elle prend conscience que Jésus connaît toute sa vie passée, et dans la lumière où elle est placée, elle découvre toute sa culpabilité. Mais par la grâce de Dieu qui opère dans son cœur, elle peut être délivrée et jouir d’un plein pardon. En déclarant à Jésus qu’Il est un prophète, elle démontre qu’elle accepte par la foi la Parole de Dieu tout entière.
Maintenant cette Samaritaine introduit ses coutumes religieuses, tout en cherchant à savoir quel est le lieu où il faut adorer. Elle déclare : « Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer » (v. 20). Malgré sa vie de péché, elle exprime des besoins en présence de Celui qui est l’Envoyé du Père, le Fils de Dieu.
Jésus lui répond : « Femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous, vous adorez, vous ne savez quoi ; nous, nous savons ce que nous adorons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (v. 21 à 24). Voilà le culte que Dieu attend maintenant !
Il ne s’agit plus de ramener un peuple idolâtre au culte de l’Éternel comme s’y employaient les prophètes autrefois. En outre, Jérusalem et Samarie peuvent disparaître entièrement, comme appartenant au système de la loi dans lequel Dieu restait caché derrière le voile, empêchant l’homme de s’approcher.
La religion de formes et de cérémonies est mise de côté. Désormais Dieu est révélé en Christ, comme Père, alors que la loi révélait ce que l’homme devait être.
Ainsi le culte doit répondre à la nature de Dieu, car Dieu est esprit – et à la révélation qu’Il a donnée de Lui-même en Christ qui est le chemin, la vérité et la vie. La grâce et la vérité vinrent par Jésus-Christ, qui a parfaitement exprimé ce que Dieu est : amour et lumière. Seuls ceux qui ont la vie de Dieu peuvent adorer le Père. Car adorer Dieu, c’est Lui offrir ce qui Lui est dû, ce qui est impossible pour l’homme naturel révolté contre Lui.
L’homme en Christ peut présenter à Dieu ce qu’il a reçu, ce que Dieu lui a donné. David avait saisi cela lorsqu’il déclare : « Ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 14).
En Genèse 22, ce thème est évoqué pour la première fois dans ces paroles d’Abraham : « Moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ». Qu’offrait-il à l’Éternel ? Ce que Dieu lui avait donné, son unique fils bien-aimé.
Ainsi nous adorons le Père en Lui présentant Son Fils, les gloires et l’excellence de l’œuvre de Son Fils.
La femme samaritaine a pu entrer dans ce qu’est l’adoration, en connaissant le don de Dieu, et qui était Celui qui lui demandait à boire. C’est en Christ que le Père cherche de vrais adorateurs, et qu’Il les forme pour les rendre capables d’exercer ce saint service dès ici-bas, qui continuera dans le ciel en perfection et pendant l’éternité.
L’adoration est fondée sur un sacrifice : pour nous, celui de l’Agneau de Dieu offert une fois pour toutes sur l’autel de la croix. Nous contemplons les perfections de la Victime et nous adorons, conduits par l’Esprit, en dehors de toute forme matérielle et de toute tradition. Et il importe que nous dépendions de la Parole qui est la vérité.
« La femme, lui dit : je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. Jésus lui dit : Je le suis moi qui te parle » (v. 25 et 26).
C’est l’heure de la grâce pour cette femme, car le Seigneur lui révèle qu’elle peut participer au privilège du culte adressé au Père. La lumière jaillit dans son âme, car Celui qui se révèle à elle est le Christ. Les eaux vivifiantes de la grâce coulent pour rafraîchir son cœur desséché.
Consciente de son état de péché, elle croit que Jésus est le Christ, elle est née de Dieu (1 Jean 5. 1). Les disciples eux-mêmes n’entrent pas dans l’œuvre de la grâce opérée par le Seigneur dans les cœurs, la révélation du Père dans le Fils.
« La femme donc laissa sa cruche et s’en alla à la ville, et dit aux hommes : venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il point le Christ ? » (v. 28 et 29). Quelques instants auparavant elle avait honte de rencontrer ses semblables, et maintenant, oubliant sa cruche, symbole de toute sa peine, elle va vers les hommes de la ville, car sa conscience a été atteinte par la Parole de Dieu.
Dans la jouissance du pardon de ses péchés, elle est aussitôt une messagère de bonnes nouvelles. Jésus remplissait son cœur, elle parle spontanément de Lui. Jésus connaissait à fond sa triste vie passée, et, dans Sa lumière, elle a saisi que la grâce avait tout pardonné.
C’est encore le temps où la lumière et l’amour, la grâce et la vérité s’exercent à l’égard de tout pécheur. Et celui qui reçoit le pardon et la paix, peut devenir un vrai adorateur, tel que le Père en cherche.
L’appel saisissant de cette femme incite les hommes de Sichar à sortir de la ville pour venir à Jésus. Un vrai serviteur amène toujours les âmes à Christ.
En le priant de manger, les disciples ne comprennent pas de quel aliment leur Maître venait de se rassasier. Ils supposent que quelqu’un lui avait apporté à manger. Ce repas que les Juifs Lui avaient refusé par incrédulité, Il l’avait trouvé en communiquant la grâce à une pauvre pécheresse de la Samarie assoiffée de paix, de repos et de bonheur. À l’écoute de Ses paroles, elle avait cru en Lui.
Jésus leur dit : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (v. 34). Plus de dix siècles à l’avance, l’Esprit de Dieu, parlant de Christ, annonce cette déclaration : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8).
Parfaitement obéissant à l’amour du Père, Jésus trouvait tout Son plaisir à sauver des pécheurs, à les amener à Dieu comme des enfants bien-aimés, constitués adorateurs.
À partir de la conversion de cette femme de Samarie, Jésus voit les campagnes blanches pour la moisson. Et c’est l’occasion pour Lui d’ajouter que le semeur et le moissonneur se réjouiront ensemble en voyant le fruit produit.
Entre les semailles et la moisson un certain temps s’écoule. Le travail de Dieu s’opère souvent en plusieurs étapes par le moyen de différents serviteurs. Mais un jour, l’œuvre de Dieu est évidente à tous, et la joie remplit le cœur de tous ceux qui ont participé à cette activité.
Toi qui es sauvé par grâce, sais-tu que tu peux faire partie de la chaîne de ces ouvriers en distribuant un traité avec prière, en citant par cœur un passage des Écritures au moment choisi par Dieu ? Il y aura pour toi l’occasion de participer à la joie du Maître.
Comment recevoir Jésus ? (Jean 4. 30 à 54)
Vous avez remarqué que la femme samaritaine, touchée dans son cœur et sa conscience, est allée aussitôt rendre témoignage aux habitants de la ville.
Son message clair et concis était fondé sur le fait qu’elle avait rencontré Jésus, qui lui avait dévoilé en quelques mots toute sa vie intime, une vie de péché. Cet homme qui lui avait communiqué la grâce et la vérité ne pouvait être que le Christ annoncé par les prophètes. Elle avait eu affaire avec Celui qui sonde les cœurs et les reins (Ps. 7. 9) et connaît les secrets du cœur (Ps. 44. 21). Cela est tout aussi vrai pour chacun de nous aujourd’hui.
En entendant ce témoignage simple et percutant, plusieurs Samaritains de cette ville-là crurent en Jésus. Ils crurent à cause de la parole de cette Samaritaine.
Voilà un moyen que Dieu peut employer pour amener des âmes au Seigneur Jésus qui seul donne la vie éternelle ! Elle n’avait qu’un désir, exprimer le bonheur de son âme délivrée de l’esclavage du péché.
Ne pouvons-nous pas, si nous sommes réellement convertis, déclarer à nos camarades ce que Jésus a fait pour notre âme, raconter simplement dans quelles circonstances nous sommes nés de nouveau ?
L’apôtre Paul pouvait exhorter Timothée à faire l’œuvre d’un évangéliste (2 Tim. 4. 5).
Un fruit est produit, car la bonne nouvelle a été annoncée et reçue dans les cœurs sans être accompagnée d’un miracle comme dans la scène suivante. Un miracle est un fait extraordinaire n’obéissant pas aux lois de la nature. Les Samaritains vinrent à Jésus.
Le vrai ministère de la Parole attache les âmes à Christ, soit les inconvertis pour recevoir la vie divine, soit les croyants pour l’édification, l’exhortation et la consolation.
« Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux ; et il demeura là deux jours. Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (v. 41 et 42).
Jésus, en s’adressant à la Samaritaine, s’était révélé comme le Christ, le Messie, venu pour Israël seulement (v. 26), mais les hommes de la ville le reconnaissent comme le Sauveur du monde (v. 42). L’apôtre Jean fait écho à cette déclaration : « Nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde » (1 Jean 4. 14).
As-tu une foi personnelle en Jésus ? Quiconque croit au Fils de Dieu a la vie éternelle (Jean 3. 36). Le croyant véritable se reconnaît à quelques traits distinctifs : il confesse ses péchés et ne pratique pas le péché (1 Jean 1. 9 et 3. 9) ; il garde la Parole de Dieu et lui obéit (1 Jean 2. 3 à 6) ; il aime son frère et pratique la justice (1 Jean 2. 10 et 29) ; il n’aime pas le monde et il en est victorieux (1 Jean 2. 15 et 5. 4).
Ainsi notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4). Il a envoyé Son Fils dans le monde afin que le monde fût sauvé par Lui (Jean 3. 17). Notre foi repose sur la Parole de Dieu, et l’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu (Rom. 8. 16).
Après avoir consacré deux jours à ces Samaritains assoiffés de vérité, Jésus vient en Galilée où il ne reçoit pas le même accueil qu’à Sichar. Si les Samaritains avaient cru à Sa parole, « les Galiléens le reçurent, ayant vu toutes les choses qu’il avait faites à Jérusalem pendant la fête » (v. 45).
C’est sans doute une allusion à la Pâque de la fin du chapitre 2, où plusieurs crurent en Son Nom, contemplant les miracles qu’Il faisait. Mais Jésus ne se fiait pas à eux et témoignait qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays (v. 44).
N’oublions pas que le Seigneur est honoré quand nous croyons en Lui, en Sa Parole, et que nous Lui obéissons. Aujourd’hui, la Parole de Dieu est complète, et les miracles ne sont plus nécessaires comme preuves vis-à-vis des incrédules pour accréditer le christianisme dans le monde, ou pour confirmer aux Juifs que leur Messie était au milieu d’eux. La foi en la Parole de Dieu suffit pour le salut d’un mourant ou d’une âme en détresse.
Puis Jésus vient à Cana de Galilée où Il rencontre un seigneur de la cour en peine pour son enfant qui allait mourir. Ce père prie Jésus de descendre pour le guérir. Le roi, qu’il servait, ne lui était d’aucun secours dans sa détresse, et il a recours à Celui qui était connu dans son pays comme le charpentier de Nazareth.
Dans la souffrance qui étreint son cœur, il va apprendre à prier pour exposer son besoin avec insistance.
« Jésus donc lui dit : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point » (v. 48). Ce reproche concerne tout à la fois ce père, et les Galiléens attirés par des miracles, alors que les Samaritains crurent à cause de la Parole de Jésus.
Ce père angoissé renouvelle avec insistance sa requête sans être rebuté par la sévérité apparente du Seigneur. Jésus lui dit : « Va, ton fils vit. Et l’homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s’en alla » (v. 49 et 50). Cette foi en la puissance des paroles de Jésus pour guérir, est de la même nature que celle des Samaritains. Il croit sans voir les effets immédiats. La Parole de Jésus lui suffit. Il obéit, s’en va sans être accompagné de Jésus comme il l’avait désiré.
Sa foi sera éprouvée jusqu’au moment où ses serviteurs viennent à sa rencontre, lui rapportant la guérison de son enfant à l’heure même où Jésus lui avait parlé. « Et il crut, lui et toute sa maison » (v. 53). La foi, produite par la Parole du Seigneur, est encouragée par le miracle.
« Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée » (v. 54). Lors du premier miracle de Cana, l’eau avait été changée en vin, évoquant la joie que le Seigneur procurerait à Israël, établi dans le règne millénaire après un temps d’affliction pour sa purification.
Par contre, le second miracle parle de l’état du peuple juif au moment où Jésus lui est présenté. Alors que ce peuple allait mourir, tous ceux qui, par la foi, recevaient les paroles de Jésus, profiteraient de la grâce, et la vie leur serait communiquée. « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12).
Jésus à Nazareth (Luc 4. 16 à 30).
Jésus revient en Galilée dans la puissance du Saint Esprit pour y accomplir fidèlement Son ministère d’amour auprès des hommes. Après avoir vaincu l’adversaire par la Parole, au désert, Il se présente comme l’homme obéissant, prêt à communiquer le message de Dieu aux pauvres du troupeau, dans cette région méprisée des Juifs.
C’est là, dans l’obscurité, qu’Il dispense Ses nombreux bienfaits, prêche la parole de Dieu dans les synagogues et annonce au peuple la délivrance. Et Sa renommée se répandit par tout le pays environnant. Il était glorifié par tous, mais gardé dans l’humilité, étant en communion avec Son Père et étreint par Son amour infini pour les pécheurs.
Le Seigneur vint à Nazareth, la ville où il avait été élevé. Quel témoignage rendons-nous auprès de ceux qui nous connaissent, à la maison, dans notre voisinage, à l’école, là où se déroule notre vie quotidienne ? Ne manquons-nous pas parfois de courage pour exprimer simplement notre foi auprès de nos camarades, des membres de notre famille qui, par ailleurs, peuvent être les témoins de nos défaillances ?
Par contre, Jésus entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume. Avons-nous aussi, le jour du Seigneur, la sainte habitude de nous réunir avec Ses rachetés pour rendre culte en esprit et en vérité, et pour méditer une portion des Saintes Écritures ?
Jésus se leva pour lire. Il est animé d’un saint zèle pour déployer le rouleau du prophète Ésaïe. Il trouve le passage du chapitre 61 où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres ; il m’a envoyé pour publier aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour renvoyer libres ceux qui sont foulés, et pour publier l’an agréable du Seigneur » (v. 18 et 19 ; voir És. 61. 1 et 2 et 42. 7).
Que de fois ce court passage de deux versets avait-il été lu, mais jamais comme il le fut ce jour-là ! Car non seulement c’était la lecture de l’Écriture par le divin Docteur, mais c’était son accomplissement par le Messager de la grâce. Et ayant ployé le livre, Il s’assit et se mit à leur dire : « Aujourd’hui cette écriture est accomplie, vous l’entendant » (v. 21).
Ce n’était pas une lecture au hasard. Il avait trouvé celle qui était nécessaire, au moment voulu de Dieu, et la présentait de la manière convenable. Cette grâce, comme un fleuve inépuisable, coulait pour les pauvres, les prisonniers, les infirmes, les malades. Jésus est la parfaite réponse aux besoins profonds de tout pécheur. Il sauve, il est plein de miséricorde. Il ne rejette personne.
À l’écoute des paroles prononcées par Jésus, les yeux de tous ceux qui étaient dans la synagogue étaient arrêtés sur lui (v. 20). N’était-il pas le prophète annoncé par Moïse dont l’Éternel déclare : « Je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai » ? (Deut. 18. 18)
Philippe le présente à Nathanaël comme Celui dont les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth (Jean1. 46). Les paroles lues à Nazareth exprimaient exactement ce qu’a été ici-bas toute Sa vie consacrée à Dieu.
Oint du Saint Esprit, Il accomplissait son œuvre de grâce, s’adressant à l’homme déchu, loin de Dieu. Sous l’effet de sa propre volonté, l’homme s’est détourné de Dieu et il est tombé entre les mains des voleurs qui l’ont dépouillé, couvert de blessures (Luc 10. 30). Jésus vient du ciel annoncer l’évangile aux pauvres.
Sous l’esclavage de Satan, l’homme impuissant gémit, et il est aveugle, car le péché lui enlève tout discernement. Jésus apporte la vraie délivrance aux hommes. Il brise leurs chaînes, ouvre les portes de leurs prisons, leur donne la vue et les libère de leurs oppressions. Il introduira, en ouvrant leurs yeux aux réalités de la foi, Son règne glorieux appelé ici « l’an agréable du Seigneur ».
Les hommes de Nazareth s’étonnent des paroles de grâce qui sortent de sa bouche. Ils ne sont pas sensibles aux accents de la grâce, mais plutôt à l’origine modeste du Seigneur en disant : « Celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph ? Et il leur dit : Assurément vous me direz cette parabole : médecin, guéris-toi toi-même ; fais ici aussi dans ton pays toutes les choses que nous avons ouï dire qui ont été faites à Capernaüm ».
Et il dit : « En vérité, je vous dis qu’aucun prophète n’est reçu dans son pays » (v. 23 et 24). Le cœur aimant du Seigneur ne pouvait qu’être brisé par la rébellion des hommes qui Le repoussaient avec mépris. Comme sont réelles les paroles du résidu repentant d’Ésaïe 53 : « Il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime » (v. 3). Un cœur rempli d’orgueil ou de propre justice ne peut pas apprécier la beauté du Seigneur. Seule la foi pouvait découvrir les gloires morales de Jésus, Le recevoir comme le Messie promis, annoncé par les prophètes.
Quel que soit l’accueil que les hommes Lui réservent, la grâce de Dieu est encore présentée au peuple par la venue du Seigneur. Mais si les Juifs rejettent Jésus, la grâce s’étendra aux nations.
Il en fut de même au temps du prophète Élie, alors qu’Israël idolâtre était sous le jugement de Dieu. Cette grâce débordait les frontières du pays d’Israël. Si le Seigneur était oint pour annoncer de bonnes nouvelles à ceux qui ont le cœur brisé, alors une veuve de la Sidonie et un lépreux de Syrie sont aussi concernés comme quiconque. Réalisant leur indignité, la veuve de Sarepta et Naaman, à travers un brisement douloureux, ont saisi pour eux-mêmes la grâce et la miséricorde de Dieu (1 Rois 17 ; 2 Rois 5). Ils sont les témoins de deux miracles : la résurrection d’un enfant et la guérison d’un lépreux.
L’homme méprise la grâce de Dieu tout comme il rejette Jésus qui vient de Nazareth. Comprenant les paroles du Seigneur, les hommes de la synagogue sont remplis de colère et le chassent hors de la ville pour le mener sur le bord escarpé de la montagne, de manière à L’en précipiter. Ils n’ont qu’un désir, se débarrasser du Témoin fidèle et véritable.
Combien peu nous savons apprécier les voies merveilleuses de la grâce ! Le cœur de l’homme est trompeur et incurable, et Dieu en connaît les profondeurs : un abîme de mal (Jér. 17. 9 et 10).
N’oublions pas de contempler Jésus dans Son abaissement volontaire jusque dans la misère de l’homme, le rencontrant là où Il est dans sa pauvreté, sa captivité, son aveuglement et son oppression. Jésus est toujours l’Homme parfait dans cette scène où se déploie Sa grâce, bien que la contradiction des Juifs ne puisse qu’affliger Son cœur et Le rejeter sur Son Père pour faire Sa volonté à tout prix.
Appel des disciples.
La pêche miraculeuse (Mat. 4. 18 à 22 ; Marc 1. 16 à 20 ; Luc 5. 1 à 11).
Dans les récits similaires des deux premiers évangiles, il apparaît que Jésus voulait s’associer des compagnons dans l’œuvre d’amour qu’il entreprenait au milieu de Son peuple. Tout en marchant le long de la mer de Galilée, Il vit Simon et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs. « Et Jésus leur dit : Venez après moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. Et aussitôt, ayant quitté leurs filets, ils le suivirent » (Marc 1. 16 à 18).
Les disciples ne pouvaient pas mesurer la portée d’un tel appel, mais seulement reconnaître toute leur incapacité pour y répondre. Jésus voulait amener à Lui-même des pêcheurs repentants, en les retirant d’un monde agité, figuré par la mer.
Dans l’évangile de Jean (1. 35 à 43), nous avons assisté aux premiers entretiens de Jésus avec Ses disciples. André était un disciple de Jean le baptiseur. Ayant entendu son maître parler de Jésus, il Le suivit. Puis ayant trouvé son propre frère Simon, il l’amena à Jésus qui changea son nom en celui de Pierre.
On peut supposer qu’après ce premier contact, ils aient repris leur activité. Maintenant Jésus adresse un appel spécial pour le service de « pêcheurs d’hommes ».
En quelques mots, nous avons toute la préparation du serviteur de Dieu : il est appelé par le Seigneur, il Le suit et il est enseigné par Lui. Puissions-nous faire quelques progrès à Son école, apprenant à Le connaître et à vivre dans Son intimité ! N’a-t-Il pas dit : « Apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » ? (Mat. 11. 29)
En vivant près de Lui, les disciples pouvaient discerner les motifs qui Le poussaient à faire le bien, à se dévouer dans la dépendance de Son Père et l’obéissance à Sa volonté.
Comment être utiles au Seigneur, si ce n’est en écoutant Sa voix, en Le suivant humblement chaque jour, et en L’imitant, Lui le modèle parfait ? Vous voyez comme il est important, après avoir cru, de demander à Dieu qu’Il nous accorde de pratiquer les enseignements de Sa Parole.
Allant un peu plus loin, Jésus vit Jacques et Jean qui raccommodaient des filets dans une nacelle avec leur père Zébédée et des gens à gage. « Aussitôt il les appela ; et laissant leur père Zébédée dans la nacelle… ils s’en allèrent après lui » (Marc 1. 19 et 20).
Aucune objection ne sort de leurs lèvres, et aucun obstacle ne les empêche de répondre, sans délai, à l’appel du Seigneur. L’autorité de Jésus l’emporte sur l’attraction des liens naturels et sur les intérêts matériels.
Les disciples furent appelés à tout quitter pour suivre le Seigneur, mais vous qui avez la vie en Jésus, vous pouvez aussi Le glorifier et Le servir humblement là où Il vous a placés, dans le foyer, à l’école ou ailleurs. C’est ainsi que nous pouvons orner en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur (Tite 2. 10).
Mais c’est l’évangéliste Luc qui relate l’appel particulier de Simon Pierre, se jetant aux genoux de Jésus dans une profonde conviction de péché, la vraie repentance d’une âme placée dans la présence d’un Dieu saint.
Jésus se tenait au bord du lac de Génésareth, alors que la foule se jetait sur Lui pour entendre la Parole de Dieu. Cela paraît être une belle attitude, mais ce n’est pas encore l’heureux état où cette Parole atteint le cœur et attache l’âme par sa divine autorité à Christ.
C’est alors que Jésus vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. « Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Et montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle. Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche » (v. 2 et 4).
Pierre et André avaient déjà rencontré Jésus, L’avaient entendu parler, et L’avaient reconnu comme le Messie, mais n’avaient pas encore quitté leurs occupations quotidiennes. Seule la Parole toute puissante peut engager une âme à marcher entièrement avec Christ.
L’injonction du Seigneur était impérative. L’obéissance à la parole de Jésus ne pouvait qu’entraîner une bénédiction. « Ceux qui font leur travail sur les grandes eaux, ceux-là voient les œuvres de l’Éternel, et ses merveilles dans les eaux profondes » (Ps. 107. 23 et 24) : « Et Simon, répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet » (v. 5).
Il est connu que la nuit est une période favorable pour la pêche, mais ici c’était toute une nuit de travail infructueux. Cela rappelle tous les vains efforts de l’homme sans Dieu, mais avec le Seigneur, et quelles que soient les circonstances, du fruit est produit pour Lui.
À la parole de Jésus, ils lâchent leur filet et le miracle se produit : « Ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider ; et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient » (v. 7).
Ces pêcheurs découvrent que là où l’homme ne peut rien, le Maître qui possède « tout ce qui est sous les cieux » peut tout. Il est Celui qui commande aux poissons de la mer (Ps. 8. 6 et 8).
Il apparaît aussi dans cette pêche miraculeuse que l’homme naturel est incapable de profiter de la bénédiction divine. En un instant, tout pouvait disparaître dans les flots : barque, poissons et pêcheurs. Seule la foi au Seigneur Jésus permet de recevoir la bénédiction de Dieu. Il fallait pour cela l’œuvre expiatoire du Sauveur pour que l’homme, né de nouveau, puisse accomplir ces bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles (Éph. 2. 10).
« Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus, disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire » (v. 8 et 9).
Pierre est placé dans la présence de Dieu, faisant la découverte de son état de péché. Sa conscience est atteinte, il fait sa confession, et Christ se révèle à son âme. Dans la crainte de Dieu qui l’anime, Pierre déclare : « Retire-toi de moi » ; mais en même temps, il reste prosterné aux pieds de Jésus. La grâce l’avait attiré vers Christ, mais il était convaincu de sa totale indignité. C’est la rencontre de Dieu et de l’homme.
Ésaïe lui-même, en présence de Jéhovah sur Son trône, s’écria : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures »… Purifié par le contact de ses lèvres avec le feu du jugement de Dieu, il lui fut dit : « ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » (És. 6. 1 à 7).
« Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes » (v. 10). Cette parole s’adressait en grâce au cœur de Simon. Oui, Jésus venait pour porter le jugement de Dieu que l’homme avait mérité. De plus, Pierre serait employé par la grâce de Dieu pour tirer des hommes de ce monde de péché, et les amener à Dieu pour connaître la joie du salut. C’est ainsi que, en Actes 2. 41, environ trois mille âmes reçoivent la parole annoncée par Pierre devenu pêcheur d’hommes. Maintenant la foi des trois disciples est enhardie pour répondre à l’appel du Seigneur : « ils quittèrent tout et le suivirent ».
Que sommes-nous prêts à quitter pour suivre Jésus ?
Des guérisons à Capernaüm (Marc 1. 21 à 34 ; Luc 4. 31 à 41).
Jésus et Ses disciples vinrent à Capernaüm un jour de sabbat. Étant entré aussitôt dans la synagogue, Jésus enseignait. Le parfait Serviteur de Dieu est tout occupé aux affaires de Son Père, se dévouant dans une inlassable activité que le chapitre 1er de Marc souligne bien. Vous pouvez noter que l’adverbe « aussitôt » est répété onze fois dans ce chapitre.
Tantôt Jésus enseignait, tantôt Il se consacrait à une activité d’amour. Oint de l’Esprit Saint et de puissance, Il a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec Lui (Act. 10. 38).
Pour servir selon la volonté de Dieu, contemplons le Seigneur dans Sa vie d’homme parfait sur la terre. En lisant les Évangiles, ne pouvons-nous pas reconnaître : Voilà un homme qui n’a jamais rien fait pour lui-même ? Il était toujours prêt à répondre en grâce à tous les besoins des hommes, servant Son Dieu en toute fidélité.
Les auditeurs dans la synagogue s’étonnaient de Sa doctrine ; car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes (Marc 1. 22). Seule la parole de Dieu, présentée par le Saint Esprit, exerce une réelle autorité sur le cœur et sur la conscience.
L’apôtre Paul pouvait dire aux Corinthiens : « Nous parlons, non point en paroles enseignées de sagesse humaine, mais en paroles enseignées de l’Esprit, communiquant des choses spirituelles par des moyens spirituels (1 Cor. 2. 13).
Jésus Lui-même était la puissance et la sagesse de Dieu, et rien en Lui ne s’opposait à la libre action du Saint Esprit. Dieu manifesté en chair était là au milieu des hommes, qui ne pouvaient que reconnaître cette autorité, même s’ils refusaient de s’y soumettre. Aujourd’hui aussi la Parole de Dieu que vous lisez possède une puissance divine pour opérer un vrai travail dans votre âme. Puissiez-vous la recevoir avec toute bonne volonté, l’examinant chaque jour avec foi et avec prière, comme le faisaient les Béréens en Actes 17. 11 !
La présence du Seigneur dans cette synagogue, aussi bien que Ses paroles empreintes d’une autorité divine, mettent au jour un homme possédé d’un esprit immonde. C’était un démon qui habitait ce malheureux.
Celui-ci s’écria disant : « Ha ! qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je te connais, qui tu es : le Saint de Dieu » (Marc 1. 24).
Les anges qui ont été entraînés dans la chute de Satan sont les démons dont Jacques déclare qu’ils croient et frissonnent (2. 19). Ils savent que Jésus est le Fils de Dieu, leur Créateur et leur Juge. Il n’y a pas de pardon pour eux et la pensée d’un jugement inexorable les fait trembler. Par contre, pour l’homme coupable, il y a le pardon de Dieu s’il accepte de croire en Jésus comme son Sauveur, confessant ses péchés et reconnaissant son état de pécheur perdu. « Mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3. 18).
« Jésus tança le démon, disant : Tais-toi, et sors de lui. Et l’esprit immonde, l’ayant déchiré et ayant crié à haute voix, sortit de lui. Et ils furent tous saisis d’étonnement… disant : Qu’est ceci ? Quelle doctrine nouvelle est celle-ci ? Car il commande avec autorité, même aux esprits immondes, et ils lui obéissent » (Marc 1. 25 à 27).
La parole toute puissante de Jésus chasse les démons, comme elle peut créer le monde ou le réserver pour le feu au jour du jugement, ou apaiser les flots en furie (Héb. 11. 3 ; 2 Pier. 3. 7 ; Marc 4. 39).
L’homme, au jardin d’Éden, a préféré écouter la voix du tentateur et se placer sous les conséquences de sa désobéissance à Dieu. Jusqu’à la mort, il reste l’esclave du péché sous l’influence de Satan et des démons.
Mais Jésus, vrai Serviteur de Dieu, est venu dans ce monde pour arracher l’homme à la puissance de son cruel adversaire. Pour cela Sa mort expiatoire était nécessaire. Chaque racheté peut déclarer : le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi.
Nous constatons que le Seigneur refuse le témoignage du diable et des démons. Mais par Sa seule parole, Il libère le captif. C’était la puissance de Dieu dans l’homme, triomphant de Satan. Aujourd’hui encore, la grâce qui sauve le pécheur est offerte à tous. N’attendons pas qu’il soit trop tard !
N’oublions pas que l’autorité du Seigneur, par sa parole, se manifestait dès le début de son ministère de différentes manières : Il appelait ses disciples à le suivre, les engageant pour le service, Il les enseignait ainsi que les foules, et Il chassait les démons par la puissance du Saint Esprit.
En sortant de la synagogue, Jésus entra dans la maison de Simon et d’André. Or la belle-mère de Simon était couchée, ayant la fièvre. « Et aussitôt ils lui parlent d’elle. Et s’approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; et aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servit » (Marc 1. 29 à 31).
Cette maladie évoque l’état d’agitation dans lequel se débat l’homme pécheur, loin de Dieu. « II n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants » (És. 57. 21).
Ayant mauvaise conscience, l’homme cherche en vain dans ce monde un bonheur illusoire. C’est une course effrénée pour accroître ses performances dans tous les domaines. Il a soif de vitesse, de pouvoir, de plaisirs mondains, de gloires humaines. L’exploration du cosmos nourrit son orgueil sans limites. Cette fiévreuse activité le dévore jusqu’à la mort, salaire du péché. Et après la mort, c’est le jugement éternel. Mais Jésus est venu lui annoncer la bonne nouvelle de la paix.
Ce Sauveur humble et débonnaire lui offre le salut par la foi en Son sacrifice. C’est alors que l’homme trouve le repos de la conscience et du cœur. Ses péchés étant expiés, il jouit d’une pleine paix en Christ, d’un bonheur incomparable.
Comme la belle-mère de Pierre, il est sauvé pour servir le Seigneur en toute confiance. « De faibles qu’ils étaient ils furent rendus vigoureux » (Héb. 11. 34).
Rien ne peut résister à la puissance libératrice de Jésus. « Comme le soleil se couchait, on lui apporta tous ceux qui se portaient mal, et les démoniaques… et il en guérit plusieurs qui souffraient de diverses maladies, et chassa plusieurs démons » (Marc 1. 32 à 34). Serviteur dépendant de Son Dieu, Jésus accomplissait Sa volonté dans toute Son activité.
Puissions-nous suivre Ses traces pour quelque service que ce soit !
Guérison d’un lépreux et d’un paralytique (Mat. 8. 1 à 4 ; 9. 1 à 8 ; Marc 1. 40 à 2. 12 ; Luc 5. 12 à 26).
Jésus de Nazareth, oint de l’Esprit Saint et de puissance, poursuivait Son chemin, allant de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui (Act. 10. 38).
À travers les miracles de Jésus, c’était toute la bonté de Dieu qui se déployait avec puissance. Quel amour constant motivait toutes Ses œuvres parmi les hommes ! Il y avait enfin sur la terre un Homme qui donnait gloire au Dieu d’amour.
Un seul miracle a fait exception, la malédiction prononcée sur le figuier stérile. L’épreuve de l’homme en Adam est faite. Il ne peut produire aucun fruit pour Dieu. Il doit naître de nouveau en recevant la vie éternelle.
« Et il arriva, comme il était dans une des villes, que voici un homme plein de lèpre ; et voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant : Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. Et étendant la main, Jésus le toucha, disant : Je veux, sois net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui » (Luc 5. 12 et 13).
Jésus s’approche en grâce et en puissance. Il est Emmanuel, Dieu avec nous. Ne s’était-il pas présenté à Israël sorti d’Égypte avec ces paroles : « Je suis l’Éternel qui te guérit » ? (Ex. 15. 26)
Lorsque Naaman, le lépreux, donne à lire la lettre du roi de Syrie, le roi d’Israël doit dire : « Suis-je Dieu, pour faire mourir et pour faire vivre, que celui-ci envoie vers moi pour délivrer un homme de sa lèpre ? » (2 Rois 5. 7) Celui qui, en Israël, était atteint de lèpre, devait être exclu du camp comme impur. Cette terrible maladie rongeait jusqu’à la mort. Elle était incurable. L’Éternel seul pouvait la guérir. Elle est une image saisissante du péché dans son caractère de souillure.
Seule la foi au sang de Christ permet à un homme d’être purifié de tout péché. Ici, l’homme plein de lèpre avait discerné en Jésus la puissance divine toute suffisante pour le délivrer, mais il n’avait pas la certitude que Jésus veuille le guérir. Rien d’étonnant dans un monde où l’égoïsme prévaut ! Mais le Seigneur s’avance avec Sa puissance et Son amour. Il peut et Il veut guérir celui qui sent sa misère. Ému de compassion, Il est animé d’une volonté d’amour.
En outre, Jésus touche le malade de Sa main, sans être souillé Lui-même ; car il est Dieu manifesté en chair, un vrai Homme tout près des hommes, pour les délivrer de l’esclavage de Satan. Les paroles de grâce sortent de ses lèvres : le malade est aussitôt nettoyé de sa lèpre. Dieu seul pouvait prononcer de telles paroles : « Je veux, sois net ».
Maintenant Jésus commande à l’homme guéri de ne le dire à personne : « mais va et montre-toi au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a ordonné ». En constatant la guérison de ce lépreux, faite par Jésus, le sacrificateur avait le témoignage que l’Éternel était au milieu de Son peuple. Il n’y avait plus qu’à se conformer aux prescriptions de Lévitique 14.
Mais Jésus se tenait retiré dans les déserts et priait (Luc 5. 16). Voilà l’Homme dépendant et obéissant qui se confie en Dieu pour Le glorifier et exercer Son ministère de grâce au milieu des pécheurs !
C’est au moment où Jésus annonçait la Parole dans la maison, à Capernaüm, que quatre hommes apportent sur un lit un homme paralysé. Il est précisé en Luc que « la puissance du Seigneur était là pour les guérir ». Quelle incomparable faveur pour ces hommes de pouvoir recourir à la puissance de Jéhovah toujours à la disposition de la foi !
Ce qui est mis en relief, c’est la persévérance de ces hommes. Ils cherchent à l’introduire et à le mettre devant Lui. « Et ne trouvant pas par quel moyen ils pourraient l’introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et le descendirent par les tuiles, avec son petit lit, au milieu, devant Jésus. Et voyant leur foi, il dit : Homme, tes péchés te sont pardonnés » (Luc 5. 18 à 20).
Dieu seul peut parler ainsi, comme l’affirme le Psaume 103. 3 : « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités ». En Israël, sous l’effet du gouvernement de Dieu, celui qui était atteint par une infirmité avait commis certains péchés. Ainsi la guérison d’un tel homme coïncidait avec le pardon des péchés.
La paralysie est une figure marquante de la totale incapacité de l’homme à faire quoi que ce soit pour avoir la vie, à cause du péché. « Car Christ, alors que nous étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies » (Rom. 5. 6). Ainsi ceux qui possèdent par grâce la vie divine peuvent apporter un « paralytique » à Jésus. Il est toujours prêt à exercer Sa puissance et Son amour pour guérir.
N’y a-t-il pas de multiples occasions à saisir ? Un traité d’évangélisation à distribuer avec foi, combattre dans la prière pour une âme précieuse qui n’est pas encore en règle avec Dieu, parler de Jésus à un pécheur en détresse… Qui engage son cœur pour être un porteur de paralytique ?
Certes, c’est le Seigneur qui produit un tel désir dans le cœur, pour qu’il se traduise par des actes. Si nous ne pouvons convertir personne, il nous appartient de montrer le chemin du salut, par exemple à l’aide de quelques versets de l’Écriture connus par cœur.
Ayant entendu les paroles de Jésus, les scribes et les pharisiens accusent le Seigneur de proférer des blasphèmes. Ils n’acceptaient pas que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même. Alors Jésus, connaissant leurs raisonnements, leur dit : « Pourquoi pensez-vous du mal dans vos cœurs ? Car lequel est le plus facile, de dire : Tes péchés sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés… ; alors il dit au paralytique : Lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison » (Mat. 9. 1 à 8).
Les péchés étant pardonnés, le corps était délivré de son infirmité. Le paralytique se leva aussitôt, et ayant pris son petit lit, sortit en la présence de tous. Il s’en alla dans sa maison, glorifiant Dieu.
Les témoins de ce miracle sont saisis d’étonnement, et glorifiaient Dieu ; et ils furent remplis de crainte, disant : « Nous avons vu aujourd’hui des choses étranges ». Mais il ne suffit pas de recevoir de fortes impressions sur ce qu’a fait Jésus. Seule la foi en Lui peut sauver notre âme et nous délivrer de la paralysie du péché.
Lévi (Mat. 9. 9 à 17 ; Marc 2. 13 à 22 ; Luc 5. 27 à 39).
Nous avons déjà constaté qu’en longeant le bord de la mer de Galilée, Jésus avait appelé quatre disciples à Le suivre, alors qu’ils étaient en pleine activité, jetant leurs filets dans la mer ou les raccommodant (Marc 1. 16 à 20).
Maintenant, en passant de nouveau près de cette mer, Jésus vit un publicain, nommé Lévi, assis au bureau de recette. Et il lui dit : Suis-moi. Et quittant tout, il se leva et le suivit. C’est donc en plein travail que Lévi (dénommé Matthieu en Mat. 9. 9) entend l’appel irrésistible de Jésus. C’est ce Lévi qui fera partie des douze disciples que le Seigneur établit « pour être avec Lui, et pour les envoyer prêcher, et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons » (Marc 3. 13 et 15).
Ce compagnon de travail, que Jésus a choisi, était un homme méprisé des Juifs à cause de son occupation de péager. Car les publicains percevaient des impôts pour le compte des Romains, s’enrichissant aux dépens du peuple, qui les haïssait et les mettait au rang des plus viles créatures. L’activité de ces péagers rappelait aux Juifs leur servitude sous le joug romain.
Quelle puissance divine émane de la voix de Jésus pour qu’un homme puisse tout abandonner et Le suivre aussitôt ! Mais aussi comme Dieu est honoré par l’obéissance de la foi ! En suivant un tel Maître, l’âme découvre chaque jour les manifestations de Sa bonté qui demeure à toujours. Quelle vie transformée chez Lévi qui, auparavant était centré sur son propre intérêt, alors que désormais Jésus est l’objet de son cœur !
Comme quelqu’un l’a exprimé : « La grâce détache Lévi de l’amour de l’argent pour en faire un apôtre, et l’amour de l’argent détache Judas de Jésus pour en faire un apostat ». N’oublions pas que Lévi, dénommé Matthieu, retracera un jour, sous la divine inspiration du Saint Esprit, sa propre histoire et celle de son Seigneur dans le premier évangile qui porte son nom.
La réponse de Lévi a des effets immédiats. Il lui fit un grand festin dans sa maison. Remarquons que ce n’est pas d’abord pour les publicains et les pécheurs qu’il le fit, même s’il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens avec eux à table. Il lui suffit d’être près de Jésus, en communion avec Celui dont le plaisir est d’accueillir en grâce des pécheurs repentants.
Seuls les scribes et les pharisiens murmurent contre les disciples, disant : « Pourquoi mangez-vous.et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » (Luc 5. 30). Dans leur propre justice, ils ne peuvent saisir la grâce de Dieu que Jésus apportait à ceux qui se repentent. C’est pourquoi Jésus leur répondit : « Ceux qui sont en santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance » (Luc 5. 31 et 32).
Les propres justes sont ceux qui ont une bonne opinion d’eux-mêmes. Ils estiment ne pas avoir besoin de la grâce, et ils ne la connaissent pas. Mais Jésus est venu en grâce au milieu des pécheurs pour les sauver. Dans Sa pureté et Sa sainteté absolues Il pouvait toucher un lépreux sans se souiller. De même Il peut délivrer un pécheur qui se reconnaît tel et se repent.
Qu’est-ce que la repentance ? Ce n’est pas seulement juger les fruits du vieil homme, de la mauvaise nature dont nous avons hérité à notre naissance. C’est aussi porter un jugement complet sur le moi à la lumière de Dieu, à la suite de la réception du témoignage des Écritures (Rom. 7. 18 ; Job 42. 6). C’est une œuvre de l’Esprit dans l’âme.
Réveillé dans sa conscience, un tel homme juge ses voies et se juge lui-même dans la présence de Dieu. Il est d’accord avec Dieu, s’engage dans le chemin de la repentance et de la foi. Aujourd’hui encore, Dieu dans Sa bonté et Sa patience pousse l’homme à la repentance. Qu’aucun de nos jeunes lecteurs ne méprise cette bonté de Dieu ou ne compte trop sur elle en laissant passer le temps !
Dans Sa miséricorde, Dieu doit opérer un travail pénible pour amener quelqu’un à reconnaître son état de péché et de perdition. Mais parvenue à la conviction de péché, cette âme peut accepter simplement par la foi, l’efficace du sang de Christ qui purifie de tout péché : le salut obtenu par la mort de Christ sur la croix.
Les objets de la grâce ont part à la paix et à la joie. Quel moment inoubliable pour ces publicains et ces pécheurs à table chez Lévi avec Jésus. Quelle joie remplissait le cœur des disciples autour de leur Maître ! Mais les disciples de Jean et les pharisiens ne paraissaient pas sensibles à la grâce venue en Jésus. Ils interrogent encore Jésus et lui demandent pourquoi Ses disciples ne jeûnent pas comme eux-mêmes. Et Jésus répond : « Pouvez-vous faire jeûner les fils de la chambre nuptiale pendant que l’époux est avec eux ? » (Luc 5. 34)
Les disciples de Jésus avaient l’époux avec eux. Assimilés aux fils de la salle de noce, ils ne pouvaient pas jeûner à ce moment-là. Ils ne pouvaient que se réjouir dans leurs cœurs de la présence de Jésus au milieu d’eux. Ils avaient le Messie annoncé par les prophètes, mais aussi Celui qui, venu du ciel, allait procurer à l’homme pécheur la joie du salut, un bonheur éternel.
Mais des jours devaient venir où l’époux leur serait ôté par la violence de ceux qui haïssaient Jésus jusqu’à le condamner comme méritant la mort. Ce sera pour les disciples le temps du jeûne, selon ce qu’exprime le Seigneur : « Vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira ; et vous, vous serez dans la tristesse… Vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 20 et 22).
C’est en dehors de la présence de Christ que le monde se réjouit, mais le croyant n’est heureux qu’en vivant dans la proximité de son Seigneur. Malgré les épreuves il peut se réjouir toujours dans le Seigneur (Phil. 3. 1 ; 4. 4).
À l’aide de la parabole relative au morceau neuf ajouté au vieil habit, et du vin nouveau versé dans de vieilles outres, Jésus explique qu’on ne peut mélanger le système légal que les Juifs voulaient conserver avec celui de la grâce qu’Il apportait. « La pièce prise du neuf ne s’accordera pas avec le vieux » (Luc 5. 36).
Les formes de la religion légale ne peuvent s’accorder avec la joie, la puissance et la liberté de la grâce vivifiante. On ne pouvait que perdre le vin nouveau en le mettant dans de vieilles outres, celles du judaïsme.
Remarquons aussi comme nous avons facilement tendance à mélanger la loi et la grâce au lieu d’accepter simplement que nous avons reçu, et grâce sur grâce. L’homme préfère ce qui exalte la chair, c’est-à-dire le vieux système légal. La grâce s’adresse au pécheur coupable, perdu, sans force. Elle le justifie gratuitement et le sauve. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5. 17).
Le Fils de l’homme, Seigneur du sabbat (Mat. 12. 1 à 21 ; Marc 2. 23 à 28 et 3. 1 à 12 ; Luc 6. 1 à 11).
Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé, et ses disciples ayant faim, se mirent à arracher des épis et à manger des grains. La loi de Moïse autorisait l’Israélite à pénétrer dans le champ de son prochain pour y arracher des épis, sans les couper avec une faucille (Deut. 23. 25). Mais les pharisiens font remarquer au Seigneur que ses disciples accomplissaient cela un jour de sabbat, disant que c’était interdit par la loi (Ex. 31. 14 et 35. 2 et 3) [de fait, ce n’était pas explicitement une œuvre de service, donc il semble que les pharisiens interprétaient la loi en la durcissant].
En lisant le chapitre 2 de Marc vous remarquerez que, pour la quatrième fois, le Seigneur rencontre l’opposition des scribes et des pharisiens. Et chaque fois l’adverbe interrogatif : « pourquoi » est prononcé, manifestant la rébellion du cœur de l’homme religieux vis-à-vis des paroles et des actes du Seigneur et de ses disciples. C’est à propos de la guérison du paralytique (v. 6), du repas donné par Lévi (v. 16), et de la question du jeûne (v. 18).
Fréquemment les adversaires de Jésus cherchaient des motifs d’accusation contre Lui à cause de l’inobservance du sabbat. « Voici, pourquoi font-ils, le jour du sabbat, ce qui n’est pas permis ? » (v. 24)
Le sabbat, mot qui signifie « repos », était le septième jour en lequel Dieu se reposa de toute son œuvre en création, lorsqu’elle fut achevée (Gen. 2. 2 et 3). Après la rédemption opérée par le sacrifice de l’agneau pascal, et après la traversée de la mer Rouge, Dieu institua pour son peuple Israël le sabbat, comme une alliance perpétuelle (Ex. 16. 22 à 30 et 31. 13 à 17). Il manifestait son désir d’introduire l’homme dans son repos.
Parmi les dix commandements de la loi, le sabbat consacré à l’Éternel était le quatrième (Ex. 20. 8 à 11). Et l’Éternel avait déclaré : « Vous garderez mes statuts et mes ordonnances, par lesquels, s’il les pratique, un homme vivra » (Lév. 18. 5). Mais Israël a péché par incrédulité et par désobéissance, et n’a pas pu entrer dans le repos de Dieu. Il fallait la venue de Jésus dans ce monde pour mettre de côté tout le système de la loi que l’homme était incapable d’accomplir et, en particulier, l’ordonnance du sabbat. Cela se pouvait à travers l’œuvre de la croix et la foi au sacrifice sanglant de Jésus.
En opérant bien souvent ses miracles le jour du sabbat, Jésus démontrait combien le système légal était impropre aux desseins de Dieu de faire participer, par la grâce, l’homme à Son repos.
La réponse de Jésus à l’accusation des pharisiens est tirée de l’Écriture. Il cite l’exemple de David qui, poursuivi par Saül, entra dans la maison de Dieu et prit des pains de proposition que seuls les sacrificateurs avaient le droit de manger (Lév. 24. 5 à 9). Il en mangea avec ses hommes.
L’observance des ordonnances légales n’avait plus sa raison d’être au temps où le roi selon le cœur de Dieu était méprisé. Le souverain sacrificateur use de miséricorde (1 Sam. 21. 1 à 6).
Tout comme David, Jésus est rejeté. Et le Seigneur ajoute que les sacrificateurs, officiant dans le temple le jour du sabbat, n’étaient pas coupables, parce que le temple justifiait et sanctifiait leur activité (Nomb. 28. 9 à 10). Et la présence de Jésus au milieu du peuple, comme le Fils de Dieu, représentait quelque chose de plus grand que le temple.
Jésus cite alors cette parole d’Osée 6. 6 : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice » pour démontrer que les pharisiens n’auraient pas dû condamner les disciples qui n’étaient pas coupables.
En appliquant à la lettre une règle de la loi, ils ne comprenaient pas tout le plaisir que Dieu éprouvait dans la miséricorde et non dans les sacrifices. Dieu était en Christ, agissant en grâce envers Israël, et à l’égard de tous les hommes. Il ne pouvait se reposer en présence de la détresse de l’homme sous les terribles conséquences du péché. Comment ce peuple pouvait-il observer le sabbat et rejeter Celui qui était le Seigneur du sabbat et son Sauveur ?
Pour être sauvé, un Juif devait croire en Jésus, le rejeté, et ne pas se contenter d’observer vainement les ordonnances légales. Fait pour l’homme, le sabbat ne lui avait servi de rien. Le Fils de l’homme, étant Seigneur du sabbat, pouvait en disposer à son gré.
Un autre jour de sabbat, Jésus entra dans la synagogue et Il enseignait. Et il y avait là un homme dont la main droite était sèche. Les scribes et les pharisiens L’observaient pour voir s’Il le guérirait ce jour-là, afin de l’accuser. Connaissant leurs pensées, Jésus ordonna à l’homme de se lever devant tous et Il leur dit : « Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat, ou de faire du mal ? de sauver la vie, ou de tuer ? »
La loi pouvait-elle condamner l’amour délivrant, ce jour-là, un homme de son infirmité ? Point de réponse à la question de Jésus. L’homme pécheur, en qui il n’y a rien de bon, ne peut supporter la grâce émanant de la vie parfaite du Seigneur. C’est la grâce qui délivre de la condamnation éternelle, par la foi en l’œuvre expiatoire de Christ, qui a pris notre place sous le jugement de Dieu.
Devant le silence de ses observateurs, Marc précise que Jésus, les ayant regardés avec colère, était affligé de l’endurcissement de leur cœur. Mais cela n’arrête pas l’exercice de son amour et il dit à l’homme : Étends ta main. Cette parole toute puissante de Jésus fait, malgré tout, appel à la foi de cet homme conscient de son infirmité. Soumis à l’ordre impératif du Seigneur, il étendit sa main qui fut rétablie.
Le cœur infiniment sensible de Jésus souffrait intensément face à l’orgueil et à l’égoïsme d’hommes religieux, qui étaient prêts à sauver une bête plutôt qu’un homme, le jour du sabbat !
La main droite de cet homme était inutile, incapable d’accomplir quoi que ce soit. Cette main, rendue saine comme l’autre, est désormais propre à faire le bien dans l’activité et le dévouement pour le Seigneur. Ne sommes-nous pas exhortés à vivre paisiblement, à travailler de nos propres mains pour marcher honorablement envers ceux de dehors, tout en n’ayant besoin de personne ? (1 Thess. 4. 11 et 12)
Les mains de l’apôtre Paul avaient été employées pour ses besoins, pour les personnes qui étaient avec lui et pour secourir les faibles. Nous aussi nous devons nous souvenir des paroles du Seigneur qui a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir (Act. 20. 34 et 35).
L’Écriture souligne l’hypocrisie des pharisiens qui n’acceptaient pas que Jésus fasse le bien un jour de sabbat, alors qu’ils complotaient son meurtre. Puissions-nous avoir en horreur le mal et tenir ferme au bien, en exerçant la miséricorde joyeusement ! (Rom. 12. 9, 8).
Appel des douze apôtres (Mat. 9. 35 à 10. 4 ; Marc 3. 13 à 19 ; Luc 6. 12 à 16).
Jésus accomplissait Son ministère avec un amour inlassable, allant par toutes les villes et par les villages, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute maladie et toute langueur. Sa puissance divine et Sa grâce ineffable étaient toujours en exercice à l’égard de tous ceux qui en éprouvaient le besoin.
Malgré l’opposition croissante des conducteurs religieux du peuple, Il se mettait constamment à la disposition de la foi. « Et voyant les foules, il fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Mat. 9. 36).
Mais Lui était le bon berger, annoncé en Ézéchiel 34 comme celui qui prendrait soin de ses brebis, en contraste avec les mauvais pasteurs. C’est Lui qui déclare : « Moi-même je paîtrai mes brebis ; et moi je les ferai reposer… La perdue, je la chercherai, et l’égarée, je la ramènerai, et la blessée, je la banderai, et la malade, je la fortifierai » (v. 15 et 16).
C’est alors qu’Il dit à Ses disciples : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers : suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson » (Mat. 9. 37). Tout en sondant le misérable état moral des hommes de Son temps, Jésus voyait les prémices d’une grande moisson d’âmes (Jean 4. 35).
C’est toujours à travers les besoins profonds de nos âmes que le chemin est frayé vers le Sauveur. Mais pour la moisson, il faut des ouvriers conduisant les âmes à la source de la vie, de la lumière et de l’amour, des serviteurs de Dieu pour proclamer la bonne nouvelle : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 17).
Constatant qu’il y avait si peu d’ouvriers, le Seigneur invite Ses disciples à prier que leur nombre soit accru. C’est Dieu seul qui suscite, forme et envoie Ses serviteurs, mais Il compte sur les prières de Ses disciples pour que Son œuvre se poursuive. Il désire ainsi que nous soyons Ses collaborateurs (1 Cor. 3. 9), soit que nous intercédions, soit que nous agissions dans Sa dépendance.
A nous de supplier pour des ouvriers, à Dieu seul de les pousser dans Sa moisson aujourd’hui encore. Écoutons cette parole de Dieu s’adressant à chacun de nous : « Qui est celui qui engage son cœur pour venir à moi ? » (Jér. 30. 21).
Maintenant Jésus met en pratique ce qu’Il vient d’énoncer. C’est l’évangéliste Luc qui met en relief la façon dont Il s’en alla sur une montagne pour prier. Et Il passa toute la nuit à prier Dieu.
Il voulait envoyer des hommes dans Son travail et les animer d’une puissance divine pour accomplir une œuvre semblable à la Sienne. Lui-même n’était-il pas l’Envoyé du Père ? Comme en toutes choses Jésus reste notre parfait modèle.
Que nos cœurs soient saisis par Son enseignement et attirés par Son exemple de dépendance et d’obéissance vis-à-vis de Son Père !
Comme Homme il voulait être conduit par Dieu pour le choix de Ses apôtres, ou envoyés. Pour cela une nuit de prière était nécessaire. Puissions-nous persévérer dans la prière, veillant en elle avec des actions de grâces ! (Col. 4. 2).
Ne devons-nous pas constater parfois combien nous nous lassons trop rapidement dans ce précieux service de l’intercession ? Et pourtant nous sommes là à la source de la sagesse, de la puissance et de l’amour en vue d’un service utile pour le maître.
Et quand le jour fut venu, Il appela Ses disciples, c’est-à-dire ceux qui suivent le maître, qui apprennent de lui. Il en choisit douze qu’Il nomma apôtres. Marc précise qu’Il appelle ceux qu’Il voulait. L’initiative vient de Lui seul, après avoir consulté uniquement Son Dieu. Vont-ils répondre librement, spontanément ? « Et ils vinrent à lui », abandonnant leurs occupations antérieures, se renonçant eux-mêmes. Ils quittèrent tout et le suivirent (Luc 5. 11).
Marc, l’évangile du parfait Serviteur, donne deux raisons à ce choix des apôtres : « Il en établit douze pour être avec lui, et pour les envoyer prêcher, et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons » (3. 14).
Être avec Lui pour contempler Sa Personne, entendre Sa voix, jouir de Sa présence et de Sa communion, partager Sa vie, selon ce que Lui-même exprimera : « Apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » (Mat. 11. 29). Plus tard, après la résurrection du Seigneur, « voyant la hardiesse de Pierre et de Jean… ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus » (Act. 4. 13).
Ainsi Jésus confie à Ses apôtres une importante mission. Pourrait-Il demander quelque chose à Ses disciples sans leur donner le moyen de l’accomplir ?
Vous remarquerez que la prédication tient la première place aussi bien dans l’activité du Seigneur que dans celle des apôtres. C’est que Dieu accomplit Son œuvre dans le cœur et la conscience des hommes par Sa Parole. « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11. 28).
Pour toute activité confiée à un serviteur de Dieu, il est deux principes fondamentaux d’une valeur permanente : « Séparés de moi, dit Jésus, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4. 13).
La liste des apôtres est citée quatre fois dans le Nouveau Testament, dans Matthieu, Marc, Luc et Actes 1. Qui sont ces hommes que Jésus envoie dans Sa moisson ? Des pêcheurs, un péager, des hommes sans apparence et, parmi eux, il y a un traître, Judas Iscariote toujours en fin de liste. Il faisait partie de ceux que Jésus avait choisis afin que l’Écriture soit accomplie (Jean 13. 18). Quel avertissement solennel nous adresse cet homme, remplacé en Actes 1 par Matthias !
Puis ce sont ces hommes que Jésus envoya vers toutes les nations en Matthieu 28. 16 à 20. Depuis la Pentecôte, l’édifice qui croît pour être un temple saint dans le Seigneur, selon les pensées de Dieu, est fondé sur les apôtres et prophètes, Jésus Christ Lui-même étant la maîtresse pierre du coin (Éph. 2. 20).
Et dans la gloire, la muraille de la sainte cité a douze fondements sur lesquels sont écrits les noms des douze apôtres de l’Agneau (Apoc. 21. 14). Lire Apocalypse 22. 14.
Les béatitudes (Mat. 5. 1 à 12 ; Luc 6. 20 à 26).
Les paroles de Jésus rapportées dans les chapitres 5 à 7 de l’évangile de Matthieu constituent un message appelé généralement le sermon sur la montagne.
Bien que prononcées en différentes occasions comme cela apparaît dans l’évangile de Luc, ces paroles sont réunies en un seul discours plein de force et de majesté par l’Esprit de Dieu inspirant l’évangile du Messie. Elles constituent la charte du Roi d’Israël, s’adressant aux disciples et aux foules qui les entouraient (Mat. 5. 1 ; Luc 6. 20).
Après avoir commencé de prêcher, en disant : « Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché », Jésus va instruire Ses disciples sur la nature et les principes moraux de ce royaume, tout en présentant les caractères de ceux qui en feront partie.
Ainsi se réalise une partie de Sa mission comme l’avait annoncée Ésaïe : « Par sa connaissance mon serviteur juste enseignera la justice à plusieurs, et lui, il portera leurs iniquités » (53. 11). C’est là le double aspect de l’œuvre de Christ : enseigner les héritiers du royaume dans la justice, et porter les péchés de plusieurs en livrant son âme à la mort. Dans le royaume tout doit être conforme au caractère du Père qui est dans les cieux.
Jésus commence son sermon en proclamant certains hommes bienheureux. L’Ancien Testament se termine par une malédiction (Mal. 4. 6), l’Évangile commence par une bénédiction.
Ces béatitudes, au nombre de sept, se divisent en deux parties. Dans les quatre premières il est surtout question de la justice, et dans les trois suivantes de la miséricorde. Puis, à la fin, deux béatitudes résument le tout, la première répondant à la justice et la seconde à la miséricorde. Ces deux thèmes constituent les sujets principaux des Psaumes.
Toute la Parole nous rappelle que Dieu a en vue le bonheur de l’homme et indique le secret pour l’atteindre. Mais ceux que le Seigneur appelle bienheureux ne sont pas ceux que le monde désignerait ainsi. De plus il ajoute : « le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 14).
« Bienheureux les pauvres en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux » (v. 3). Le Seigneur désigne ainsi les humbles qui ont eu une rencontre personnelle avec Dieu. Placés dans Sa présence, ils ont fait abandon de leurs propres pensées pour recevoir par la foi celles de Dieu telles que la Parole les révèle.
Et Dieu doit déclarer à l’homme déchu : « Mes pensées ne sont pas vos pensées » (És. 55. 8). Ces pauvres en esprit, comme de petits enfants, ne raisonnent pas. Ils ne s’appuient pas sur leur intelligence naturelle pour mettre en question la Parole de Dieu. Leur foi est nourrie de cette Parole, ils possèdent le royaume (Mat. 11. 25 ; 18. 3 et 19. 14).
Entendons le propos de l’homme riche qui vivait sans Dieu : « Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais grande chère » (Luc 12. 19). C’était un insensé qui, amassant des trésors pour lui-même, n’était pas riche quant à Dieu. Son âme ne vivait pas de toute parole sortant de la bouche de Dieu (Mat. 4. 4).
Ces pauvres en esprit sont dépendants de Dieu, ils se renoncent eux-mêmes pour mieux servir leur Maître en faisant ce qu’Il dit (Mat. 16. 24). Dieu est la source de leurs joies (Ps. 16. 5 et 6). Ils reçoivent les richesses que Christ leur donne par Sa mort et Sa résurrection : vie, grâce, justice, paix, repos et bonheur de l’âme rachetée.
« Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (v. 4). Comment ne pas être affligés en constatant les terribles conséquences du péché dans ce monde ? La maladie, la mort entrent dans chaque foyer.
Avec sa sensibilité parfaite, jamais émoussée par le péché, nous pouvons supposer ce que fut la souffrance de Jésus traversant ce monde. Il pouvait déclarer : « Et moi, je suis affligé et pauvre » (Ps. 40. 17). « Lui a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs » (És. 53. 4).
Serions-nous indifférents devant la souffrance et la misère de l’homme ? Ceux qui mènent deuil aujourd’hui, sachant que Jésus a été rejeté de ce monde, seront consolés demain. « Les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée » (Rom. 8. 18). « Si nous souffrons avec lui » (Rom. 8. 17), « nous régnerons aussi avec lui » (2 Tim. 2. 12).
« Bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront de la terre » (v. 5). Ils sont animés d’une bonté qui se déploie jusqu’à ses extrêmes limites, sans jamais devenir de la faiblesse. Ils sont occupés de la douceur et de la débonnaireté de Christ qui a dit : « Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29).
Modérés, ils montrent toute douceur envers tous les hommes (Tite 3. 2). Ils n’insistent pas sur leurs droits (Phil. 4. 5). Lorsque le roi fera valoir Ses droits, alors ils hériteront de la terre.
Nous sommes exhortés à marcher d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés, avec toute humilité et douceur, avec longanimité, nous supportant l’un l’autre dans l’amour (Éph. 4. 1 et 2).
« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c’est eux qui seront rassasiés » (v. 6). Ils ont l’ardent désir de vivre une vie selon la volonté de Dieu, rendant à chacun ce qui lui est dû. Ils ne trouvent pas la justice dans ce monde, mais la violence et la corruption. En priorité, avec le royaume de Dieu, ils recherchent Sa justice (6. 33). La promesse est certaine pour la foi : ils seront rassasiés, lors du règne de Christ.
Quelle réponse apporte à un tel besoin l’Évangile, puissance de Dieu en salut à quiconque croit ! Dieu y montre sa justice en justifiant celui qui est de la foi de Jésus (Rom. 3. 21 à 26).
Les béatitudes (Mat. 5. 1 à 12 ; Luc 6. 20 à 26).
« Bienheureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite » (v. 7).
Parce qu’ils ont connu leur propre misère (Prov. 28. 13, Éph. 2. 4 à 8), leur cœur est sensible à la détresse de leur prochain. Ils agissent selon un principe de grâce qui aura sa récompense dans la miséricorde de Dieu.
Le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs, c’est celui qui a usé de miséricorde envers lui, ce bon Samaritain qui, ému de compassion s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin (Luc 10. 30 à 37).
Si nous avons expérimenté la miséricorde de Dieu, nous serons tout disposés à user de miséricorde envers notre prochain, par exemple en lui annonçant l’évangile de Dieu dès que l’occasion se présente. Et nous attendons la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle (Jude 21). Quelle délivrance, effet de la miséricorde de Dieu, sera celle du résidu pieux d’Israël traversant la grande tribulation pour entrer dans le règne millénaire de Christ ! (Zach. 10. 6)
« Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » (v. 8). Le cœur pur n’a qu’un objet : Dieu. Ses motifs sont éprouvés à Sa lumière. Il a affaire à Celui qui juge, par Sa Parole, les pensées et les intentions du cœur (Héb. 4. 12). Le cœur est le siège des affections et il peut aimer toutes sortes d’objets.
Tous ceux qui appartiennent au Seigneur, étant purifiés de tout péché par Son sang, comprennent que Dieu ne peut pas tolérer de rival dans leur cœur. Y a-t-il quelque chose ou quelqu’un qui prend la place de Christ dans mon cœur ?
Il est bien écrit : « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23). « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5. 21). Ceux qui sont purs de cœur verront Dieu. Dans Sa présence, ils sont en communion avec Lui, connaissant Ses pensées. Ils ont le secret d’un bonheur ineffable (1 Cor. 13. 12 ; 1 Jean 3. 2 et 3 ; Apoc. 22. 4).
« Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu » (v. 9). Ils appliquent le précepte : « autant que cela dépend de vous, vivant en paix avec tous les hommes » (Rom. 12. 18).
Justifiés sur le principe de la foi, ils ont la paix avec Dieu. Ils jouissent de la paix du cœur qui peut alors rayonner dans leur vie. Ils possèdent la paix de Dieu et seront manifestés comme les fils du Dieu de paix (Rom. 15. 33 ; Phil. 4. 9 ; 1 Thess. 5. 23).
Vous qui avez accepté Jésus comme Sauveur, que vous puissiez avec Son secours et par la prière procurer la paix là où vous êtes, dans le foyer, à l’école, au bureau ou à l’atelier. Par contre, ceux qui causent des divisions ne servent pas notre Seigneur Christ (Rom. 16. 17 et 18).
« Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux » (v. 10). Ces croyants sont mis en demeure d’accomplir leur devoir malgré l’opposition rencontrée dans ce monde où l’iniquité prévaut.
De quelle énergie n’ont-ils pas besoin pour être fidèles dans toutes les relations où ils sont placés, en rejetant le mal, et en faisant le bien selon ce qui est écrit : « Ayez en horreur le mal, tenez ferme au bien » (Rom. 12. 9).
Pour eux, céder devant la pression du mal est un reniement de la vérité. Vous qui possédez la vie de Dieu, sachez que « même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11). « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (Ps. 119. 9).
Pourquoi ceux qui pratiquent le bien, la justice, sont-ils persécutés ? N’est-il pas écrit : « Tous ceux… qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés » ? (2 Tim. 3. 12). C’est le Seigneur Jésus qui donne la réponse : « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises » (Jean 3. 19 et 20).
Le Seigneur propose une récompense à ceux qui souffrent pour la justice : « le royaume des cieux leur appartient ».
« Vous êtes bienheureux quand on vous injuriera, et qu’on vous persécutera, et qu’on dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense est grande dans les cieux ; car on a persécuté ainsi les prophètes qui ont été avant vous » (v. 11 et 12).
Il s’agit ici des souffrances les plus nobles que des croyants puissent endurer, les souffrances pour Christ. C’est l’amour pour Jésus qui anime toute leur vie. Au milieu d’un monde qui Le rejette toujours, ils se déclarent sans hésiter pour Lui. Leur récompense est grande dans les cieux, en proportion de la fidélité et de l’amour avec lesquels ils ont souffert pour Son Nom. Elle est présentée comme une marque d’encouragement et n’atténue en rien la glorieuse vérité du salut par grâce et par la foi (Rom. 3. 24 à 26 et 4. 5).
Le Seigneur a pris soin d’avertir Ses disciples : « L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi… Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé » (Jean 15. 20 à 25).
Et Pierre ajoute : « En tant que vous avez part aux souffrances de Christ, réjouissez-vous, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec transport. Si vous êtes insultés pour le nom de Christ, vous êtes bienheureux, car l’Esprit de gloire et de Dieu repose sur vous » (1 Pier. 4. 13 à 16).
Dans un monde ennemi de Dieu, après que leur Maître ressuscité fut élevé de la terre, les apôtres furent bientôt soumis aux inévitables persécutions qu’Il avait annoncées. Ils sont battus et il leur est interdit de parler au nom de Jésus. Mais eux se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le Nom ; et ils ne cessaient tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus comme le Christ, dans le temple et de maison en maison (Act. 5. 41 et 42).
Et le Seigneur rappelle que les prophètes qui avaient précédé les disciples avaient eux aussi connu de semblables persécutions à cause de leur foi, comme cela est évoqué en Hébreux 11. 36 à 38.
N’ayons pas honte de rendre témoignage au Seigneur Jésus aujourd’hui, nous qui avons une espérance céleste. Demain il y aura d’autres témoins au milieu du peuple juif apostat, un résidu pieux qui traversera la grande tribulation et entrera dans le règne de Christ sur la terre. Que nos yeux soient fixés sur Jésus, le témoin fidèle et véritable !
Le sermon sur la montagne (Mat. 5. 13 à 16 ; Marc 9. 50 et 51 ; Luc 14. 34 et 35 et 11. 33).
Après avoir examiné les caractères et la portion de ceux qui seront dans le royaume, à travers les neuf béatitudes prononcées au début du chapitre, le Seigneur Jésus ajoute deux traits distinguant Ses disciples au moyen de deux comparaisons : le sel et la lumière.
Il souligne aussi quelle est la responsabilité de Ses disciples envers les hommes. Par des images simples et claires, le Seigneur énonce une leçon valable pour chaque croyant possédant la vie divine, du plus jeune au plus âgé. Chacun porte en lui-même les traits caractéristiques de la vie de Jésus qui le différencient du monde qui l’entoure.
Combien ce que nous sommes par la grâce de Dieu importe plus que ce que nous disons ou faisons. Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12).
« Vous êtes le sel de la terre » (Mat. 5. 13). Remarquons bien qu’il n’est pas écrit : « Vous devez être le sel de la terre ». Le sel avait une valeur considérable au temps de Jésus. Il donne de la saveur aux aliments, conserve leur pureté et les préserve de la corruption.
De même le vrai disciple de Jésus a un effet analogue sur son entourage. Il a de la saveur et il en donne.Par sa présence au milieu du monde, il exerce une influence empêchant la corruption. Et pourtant il n’appartient pas à ce monde et, séparé du mal par fidélité au Seigneur, il est comparable au sel de la terre.
Et le Seigneur ajoute : « Mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes ». Si le croyant ne se sépare pas du mal, il est disqualifié comme témoin du Seigneur et il se mêle au monde qui a crucifié son Sauveur. Il n’a plus sa raison d’être. Il ne sert à rien. Retenons cet avertissement si solennel de Jésus.
Dans le passage parallèle de Marc (9. 51) il est dit : « Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix entre vous ». Le Seigneur a en vue ici les relations entre les disciples, qui peuvent être aussi gâtées par la tolérance vis-à-vis des manifestations de la chair, en vue d’être agréables les uns aux autres et par souci de ne pas faire de peine en disant la vérité.
Le croyant est exhorté à contrôler, à l’aide de la Parole, non seulement sa conduite, ses actes, mais aussi ses paroles selon ce qui est écrit : « Marchez dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion. Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (Col. 4. 5 et 6).
Le Seigneur seul peut donner une telle sagesse et un tel équilibre dans nos vies si, conscients de notre faiblesse, nous les lui demandons avec foi. « Poursuivez toujours ce qui est bon, et entre vous, et à l’égard de tous les hommes » (1 Thess. 5. 15).
Ainsi la paix selon Dieu est réalisée au sein même d’une vie de sainteté. « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur » (Héb. 12. 14). Que nous soyons de ceux qui, par leur conduite et leurs paroles, font naître une vraie soif de Christ chez ceux qui nous côtoient, afin qu’ils aillent à Jésus pour être rafraîchis et désaltérés par l’eau de la vie, au fleuve de la grâce !
« Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée » (Mat. 5. 14). Alors que le sel éloigne de la corruption, la lumière chasse les ténèbres ; elle sert à éclairer, à révéler, à guider, à réjouir le cœur (Jean 5. 35). « Ce qui manifeste tout, c’est la lumière » (Éph. 5. 13).
Le Fils de Dieu, dans ce monde, était la vraie lumière qui éclaire tout homme. Jésus se présente à plusieurs reprises comme la lumière du monde (Jean 3. 19 ; 8. 12 ; 9. 5 ; 12. 35, 36 et 46). Mais « les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière… mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu » (Jean 3. 19 à 21).
Comme la lune réfléchit la lumière du soleil, le disciple de Christ manifeste la lumière qui émane de la vraie source : « Dieu est lumière » (1 Jean 1. 5). Comme cela a été exprimé : « La lumière est absolue dans sa nature, de manière à exclure tout ce qui n’est pas elle-même ».
S’adressant à la foule, Jésus disait : « Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez fils de lumière » (Jean 12. 36). C’est bien par la foi en Jésus que nous sommes fils de lumière.
Et concernant les croyants d’Éphèse, le Saint Esprit déclare : « Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière (car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité), éprouvant ce qui est agréable au Seigneur » (Éph. 5. 8 à 10).
Mais cette lumière doit briller dans la nuit, telle une lampe placée sur son pied, et non sous le boisseau qui intercepterait tout rayonnement. Le boisseau, ancienne mesure de capacité, est le symbole des affaires de la vie qui accaparent si facilement nos cœurs et empêchent trop souvent notre lumière d’être manifestée.
Un autre obstacle signalé par Marc est le lit sous lequel une lampe peut être placée (4. 21). Il n’est rien d’autre que la paresse et le manque de vigilance. Entendons cet appel solennel : « Réveille-toi, toi qui dors… et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).
La lumière, c’est ce que Dieu est, la pureté parfaite, c’est toute manifestation de la vie de Dieu devant les hommes. « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 16).
Déjà cette lumière luit pour tous ceux qui sont dans la maison, notre famille, ou ceux qui font partie de la maison de Dieu. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11). Ces bonnes œuvres sont le fruit de la vie divine, de la foi opérante par l’amour, en chaque racheté séparé de tout mal pour Dieu.
Le monde peut-il reconnaître la vie et l’amour de Jésus en chacun de nous ? Si c’est le cas, alors notre Père peut être glorifié. Puissions-nous être de ces enfants qui n’aiment pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité ! (1 Jean 3. 18)
Ne craignons pas non plus de confesser le Seigneur avec l’énergie de la foi devant les hommes. Que ce souhait de l’apôtre se réalise en chacune de nos vies ! « Que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie » (Phil. 2. 15 et 16).
« Et voici une voix qui venait des cieux : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » Mat. 3. 17.
LE FILS BIEN-AIMÉ DU PÈRE
À deux reprises, dans la vie du Seigneur Jésus sur la terre, la voix de Dieu s’est faite entendre pour déclarer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ».
La première fois, c’est sur la rive du Jourdain, quand Jésus s’est fait baptiser par Jean le Baptiseur (Mat. 3. 17). La seconde fois, c’est sur la montagne où Il a été transfiguré, Son visage devenant resplendissant comme le soleil (Mat. 17. 5).
Le regard de Dieu suit continuellement ce qui se passe sur la terre. Depuis le début de l’histoire de l’homme sur la terre, Il a toujours eu sous les yeux le spectacle du péché qui marque toute chose de son empreinte malfaisante.
Aucun être humain n’a jamais mérité l’approbation de Dieu. Seul le Seigneur Jésus, l’Homme obéissant à la volonté divine jusqu’au sacrifice de Sa propre vie (Jean 10. 17, 18), a reçu ce témoignage de l’approbation divine : « J’ai trouvé mon plaisir en lui ».
C’était la première fois que Dieu exprimait Sa pleine satisfaction au sujet d’un homme. Ainsi, en Christ, se trouvait accompli ce que les anges avaient proclamé à Sa naissance : « Sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! » (Luc 2. 14).
Jésus, le Fils bien-aimé du Père, quoique possédant la puissance de Dieu, est venu sur la terre « prenant la forme d’esclave » (Phil. 2. 7). Il est devenu véritablement Homme, tout en demeurant le Fils éternel de Dieu, absolument sans péché. Sa vie a été parfaite et sans aucun reproche.
Inclinons-nous devant le témoignage d’un tel amour manifesté dans la Personne unique du Seigneur Jésus ; et, comme l’a dit la voix venant du ciel : Écoutons-le ! (Mat. 17. 5).
« Nathanaël lui répondit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu » Jean 1. 49.
« (Marthe) lui dit : Oui, Seigneur, moi je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui vient dans le monde » Jean 11. 27.
« Jésus Christ : lui est le Dieu véritable et la vie éternelle » 1 Jean 5. 20.
JÉSUS EST LE FILS DE DIEU
Ces passages de la Bible montrent la divinité de Jésus Christ :
– « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu » Jean 1. 1. Le Seigneur Jésus, appelé ici « la Parole », ou « le Verbe », existe depuis toujours et, quoiqu’Il soit distinct du Père, Il forme une unité avec Lui : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10. 30).
– « L’Éternel m’a dit : Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré » (Ps. 2. 7). À la relation éternelle qui existe entre le Père et le Fils s’ajoute une nouvelle relation entre Jésus homme et Dieu le Père.
Dieu Le reconnaît comme Son Fils lorsqu’Il naît sur la terre, ainsi qu’en d’autres occasions de Sa vie :
– À Sa naissance, l’ange déclare à Marie : « Tu enfanteras un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut… celui qui naîtra, saint, sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1. 31, 32 et 35).
– À Son baptême, une voix venue du ciel déclare : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).
– Plus tard, la même voix se fait entendre sur la montagne de la transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le » (Mat. 17. 5).
– Près de la croix, quand Jésus crie à haute voix, le centurion romain déclare : « Véritablement, cet homme était Fils de Dieu » (Marc 15. 39).
– Sa divinité est démontrée aussi lors de Sa résurrection : Jésus est déclaré « Fils de Dieu, en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1. 4).
– Enfin, Sa place dans la gloire est celle de Fils de Dieu, à la droite du Père (Héb. 1. 3).
« Nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père » (Jean 1. 14).