SONDEZ LES ÉCRITURES (19)

Parabole des cultivateurs de la vigne (Mat. 21. 33 à 41 ; Marc 12. 1 à 9 ; Luc 20. 9 à 16).

Les cultivateurs de la vigne.

Cette parabole retrace l’histoire d’Israël sous le régime de la loi. En raison des privilèges dont il était entouré, ce peuple avait la responsabilité de porter du fruit pour Dieu. Le maître de maison qui planta une vigne, c’est Dieu. La vigne représente Israël, comme l’indique l’Ancien Testament : Psaume 80. 8 à 17 ; Ésaïe 5. 1 à 7 ; 27. 2 ; Jérémie 2. 21.

L’Esprit de Dieu souligne tous les soins de Dieu à l’égard de Sa vigne : « Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? » Mais cette vigne n’a produit que des raisins sauvages. N’est-ce pas là l’image fidèle de l’homme dans son état naturel ?

Israël était un échantillon de la race humaine dont Dieu s’est occupé en vain. L’homme déchu est incapable de produire du fruit pour Dieu. Mais le Seigneur Jésus s’est présenté comme le vrai cep, élu selon les conseils de Dieu, Se substituant à Israël. Et tout sarment demeurant en Lui peut porter du fruit pour glorifier Son Père (Jean 15).

La parabole met surtout l’accent sur la responsabilité, la haine et la culpabilité des chefs religieux. C’est à eux que Dieu avait loué Sa vigne, Israël. Lorsque la saison des fruits approcha, le Maître envoya ses esclaves aux cultivateurs pour recueillir ses fruits. Mais ces méchants cultivateurs, « ayant pris ses esclaves, battirent l’un, tuèrent l’autre, et en lapidèrent un autre. Il envoya encore d’autres esclaves en plus grand nombre que les premiers, et ils leur firent de même ». C’est ainsi que furent souvent traités, sous l’économie de la loi, les prophètes envoyés successivement par l’Éternel à Son peuple.

Ces hommes de Dieu étaient suscités quand Israël se détournait de l’Éternel pour servir les idoles, et ils avaient pour mission de ramener leur cœur au vrai Dieu et à Sa sainte loi comme le fit Élie (1 Rois 18. 36 à 40). La Parole rapporte comment Zacharie, fils de Jéhoïada, a été lapidé sur ordre du roi Joas, alors qu’il venait de délivrer un message solennel au peuple (2 Chron. 24. 20 à 22). Et le Seigneur parle de Jérusalem comme de la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés (Mat. 23. 37).

Enfin, dernière ressource de Sa grâce, Dieu envoya Son « unique fils bien-aimé » (Marc 12. 6), ajoutant ces paroles : « ils auront du respect pour mon fils ». « Voyant le fils, les cultivateurs raisonnèrent entre eux, disant : Celui-ci est l’héritier, tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. Et l’ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent ». Ainsi l’état incurable des conducteurs religieux et du peuple est pleinement démontré.

C’est à la croix que s’achève l’économie de la loi, comme aussi l’épreuve de l’homme responsable. Révolté contre Dieu, l’homme pense être maître de ce monde, dont Satan est désormais le chef.

Puis le Seigneur interroge Ses interlocuteurs dans l’évangile de Matthieu, quant au sort à réserver à ces méchants cultivateurs. Ils sont amenés par leur réponse à prononcer leur propre jugement. En effet, lors de la destruction de Jérusalem par les Romains, ces Juifs ont péri misérablement.

De plus, la vigne a été louée à d’autres cultivateurs. Désormais Dieu opère dans le cœur de l’homme par Sa Parole et Son Esprit pour lui communiquer une vie nouvelle, et obtenir du fruit. Israël est mis de côté comme peuple, et le salut par la foi en l’œuvre de Christ est offert à tout homme.

La maîtresse pierre du coin (Mat. 21. 42 à 46 ; Marc 12. 10 à 12 ; Luc 20. 17 à 19).

Se référant aux Écritures, le Seigneur rappelle aux Juifs quelles seront les conséquences de Son rejet (Ps. 118. 22 et 23). Les bâtisseurs sont surtout les conducteurs du peuple – et la pierre rejetée, le Seigneur Jésus.

Par Sa mort expiatoire, Christ devient la maîtresse pierre du coin, fondement d’une maison spirituelle composée de pierres vivantes : les croyants issus d’entre toutes les nations (1 Pier. 2. 5 à 7, 9). Tout ce que Dieu réalise en Christ, pierre choisie et précieuse, est merveilleux pour la foi. A l’aube du millénium, une nation naîtra en une fois (És. 66. 8), passant par la repentance et la nouvelle naissance (Éz. 36. 27). C’est l’Israël de Dieu accueillant son Messie pour le règne millénaire.

Le Seigneur annonce un double jugement des méchants cultivateurs. Lors de la destruction de Jérusalem en l’an 70, Israël, comme nation, a été brisé par les armées romaines. Le royaume de Dieu leur a été ôté. De plus, tous les désobéissants heurtant contre la Parole, Christ, seront aussi brisés (1 Pier. 2. 8).

Le deuxième jugement, annoncé par le Seigneur, entrera en vigueur après la période de la grâce et l’enlèvement de l’Église. Christ sera encore présenté aux Juifs. Mais au lieu de tomber sur la pierre, c’est la pierre, Christ venant du ciel, qui tombera sur eux et les broiera.

Le Seigneur évoque probablement la pierre détachée sans main, qui détruira le dernier empire des nations, l’empire romain, avec son chef et leurs associés : les Juifs apostats ayant à leur tête l’Antichrist (Dan. 2. 34, 35 et 45).

Reconnaissant que le Seigneur parlait d’eux par ces paraboles, les principaux sacrificateurs et les pharisiens cherchaient à Le saisir pour Le faire mourir. Mais ils n’osèrent pas à cause des foules qui Le tenaient pour un prophète. Dans une scène précédente, tout le peuple se tenait suspendu à Ses lèvres pour L’entendre (Luc 19. 48).

Pour toi, mon enfant, la voix de Jésus a-t-elle un écho dans ton cœur ? Est-il ton Sauveur ?

Le tribut de César (Mat. 22. 15 à 22 ; Marc 12. 13 à 17 ; Luc 20. 20 à 26).

Culpabilisés par les paroles du Seigneur atteignant leur conscience (Mat. 21. 45), les pharisiens se voient dans l’obligation de s’allier aux hérodiens, qu’ils détestaient, pour surprendre Jésus dans Ses paroles.

Luc nous révèle leur intention de Le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur. Unis dans une haine commune, ils veulent prendre le Seigneur en défaut. Mais ils seront jugés eux-mêmes, malgré toute leur ruse, par Celui dont la sagesse est parfaite dans tous Ses actes et toutes Ses paroles.

Ils ignorent que la sagesse du monde est folie devant Dieu (1 Cor. 3. 19 ; Job 5. 13) et ils seront pris dans leur propre piège. Que le cœur de l’homme est méchant, en présence de Celui qui est la grâce et la vérité !

Les pharisiens tenaient à conserver les privilèges de la nation juive, sa religion, ses traditions, et il leur était insupportable d’être assujettis aux Romains. Par contre, les hérodiens étaient favorables à l’autorité romaine, ainsi qu’à la protection d’Hérode.

Quoique opposées dans leurs principes, ces deux classes viennent à Jésus avec des flatteries sur Son intégrité pour Lui poser une question insidieuse : est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? La réponse de Jésus n’allait-elle pas Le discréditer aux yeux du peuple ou de César ?

Si le Seigneur donnait Son accord pour payer l’impôt à César, il était en contradiction avec Lui-même comme Messie, roi d’Israël et Libérateur de la domination romaine.

Dans le cas contraire II soutenait la révolte contre l’autorité romaine et s’exposait à être livré à César par le moyen des hérodiens.

Aussitôt Jésus, connaissant leur méchanceté, dénonce leur hypocrisie puisqu’ils veulent L’enlacer dans Ses paroles, tout en cherchant à Le flatter.

Alors Jésus demande à voir une monnaie du tribut. Ces représentants du peuple doivent avouer eux-mêmes qu’il s’agit de l’effigie de César. La monnaie utilisée leur rappelait leur asservissement au pouvoir romain, à cause de leurs péchés.

Homme parfait, le Seigneur donne la réponse pleine de sagesse : « Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu ». Atteints dans leur conscience, ils ont la bouche fermée et se retirent.

Ainsi ces Juifs, placés sous le gouvernement de Dieu, sont invités à rendre à César ce qui lui était dû par suite de leurs infidélités. Mais le Seigneur saisit cette occasion pour souligner toute l’importance de leurs devoirs envers Dieu, qu’ils honoraient de leurs lèvres, avec un cœur fort éloigné de Lui (Mat. 15. 8).

Le Seigneur nous adresse aussi un avertissement. La soumission aux autorités en place est requise du croyant dans la mesure où il ne désobéit pas à Dieu (Rom. 13. 1 et 7 ; Act. 5. 29). Puissions-nous honorer Dieu comme Il en est digne en le craignant et en vivant de foi ! (Héb. 10. 38).

Les sadducéens et la résurrection (Mat. 22. 23 à 33 ; Marc 12. 18 à 27 ; Luc 20. 27 à 40).

Les sadducéens, une troisième secte des Juifs, se présentent à Jésus. Ils ont l’intention de Le confondre par une question spécieuse (trompeuse, qui séduit par une fausse apparence de vérité) au sujet de la résurrection, en laquelle ils ne croyaient pas.

Ils lui exposent le cas d’une femme qui, selon la loi de Moïse, avait eu sept maris, c’est-à-dire sept frères qui moururent les uns après les autres, sans laisser de postérité, en ayant tous eu la même femme (Deut. 25. 5 à 10). Dans la résurrection, lequel des sept sera le mari de cette femme ?

Ils pensent embarrasser Jésus et mettre en question la foi en la résurrection.

C’est l’occasion pour le Seigneur de relever la double erreur de ces incrédules : « Vous errez, ne connaissant pas les Écritures, ni la puissance de Dieu ». Et l’incrédulité moderne repose sur les mêmes bases. Celui qui cite les Écritures sans le secours du Saint Esprit ne peut que se fourvoyer dans une fausse interprétation. N’ayant pas la révélation de Dieu, l’incrédule ignore la toute-puissance de Dieu comme elle s’affirme dans la résurrection des morts.

La mort n’est pas un terme à l’existence des hommes. Selon l’expression d’Exode 3. 6, Dieu était toujours le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, longtemps après leur mort. Morts pour les hommes, ils vivaient pour Dieu, ce qui impliquait leur résurrection à venir. Serviteur parfait, le Seigneur fait appel à l’autorité des Écritures pour présenter cette vérité fondamentale.

Ici Il ne parle que de la première résurrection, celle des justes, qui seront ressuscités d’entre les morts (Marc 12. 25). Ce qui appartient à la première création, telle l’institution divine du mariage, ne se poursuit pas dans le ciel. Après la résurrection, les relations naturelles prennent fin avec la vie terrestre, et sont remplacées par une condition spirituelle, céleste et glorieuse.

Christ remplira tous les cœurs et occupera toutes les pensées, dans le repos éternel d’une activité parfaite.

Pour Dieu tous vivent (Luc 20. 38). A la création, Dieu a formé l’homme d’un corps tiré de la terre et d’une âme vivante, par le souffle divin (Gen. 2. 7). Par le péché, la mort est réservée à tous les hommes. (Héb. 9. 27). Le corps retourne à la terre, et l’esprit, la partie immatérielle de notre être, à Dieu qui l’a donné (Éccl. 12. 7).

Ainsi la mort ne constitue qu’une séparation provisoire du corps et de l’âme. A la résurrection ils seront à nouveau réunis. Mais pour les croyants, c’est la résurrection de vie dans la félicité éternelle, lors de la venue du Seigneur ; et pour les incrédules, c’est la résurrection de jugement (Jean 5. 28 et 29), dans les tourments éternels, après le règne de mille ans (Apoc. 20. 10 à 15).

Ne te laisse pas égarer par les raisonnements trompeurs des sadducéens du christianisme, mais reçois simplement par la foi cette grande vérité de la résurrection, fondement de l’espérance chrétienne (Rom. 10. 9 ; 1 Cor. 15. 16, 17 et 20).

Question de Jésus aux pharisiens (Mat. 22. 41 à 46 ; Marc 12. 35 à 37 ; Luc 20. 41 à 44).

Jésus Christ, fils de David.

C’est au tour de Jésus de poser aux pharisiens assemblés une question relative à Sa gloire divine. Vont-ils reconnaître Ses droits de Seigneur d’après les Écritures (Rom. 10. 12) ou bien choisiront-ils de rester ignorants ?

Dans un premier temps, le Seigneur leur demande : « Que vous semble-t-il du Christ ? – de qui est-il fils ? » Ils lui disent : De David (Mat. 22. 42). Les scribes savaient que le Messie devait être un descendant de David (Jér. 23. 5 ; És. 9. 6 et 7 ; 1 Chron. 17. 11 à 13 ; Ps. 89. 3 et 4, 35 et 36).

Mais Jésus leur pose une autre question embarrassante en relation avec le Psaume 110. 1 : « Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? » Maintenant ils n’ont rien à répondre et leur confusion est telle qu’ils n’osent plus l’interroger. Leur ignorance est liée à leur incrédulité.

Seule la foi pouvait discerner la nature divine de Christ. Jésus Christ est bien le fils de David, selon la chair, comme Sa généalogie le précise (Mat. 1. 1 et Luc 1, 32). Il est aussi Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous » (És. 7. 14 ; Mat. 1. 23). Cette origine divine est clairement affirmée en Michée 5. 2 et dans le Psaume 2. 7, au moment de Son incarnation.

Venu ici-bas, Jésus n’a pas occupé le trône de David, mais les hommes L’ont méprisé, rejeté et crucifié. Lui-même s’est abaissé, étant devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix. Mais Dieu, L’ayant ressuscité, L’a exalté dans le ciel sur Son trône, et Lui attribue la domination sur toutes choses, en attendant de mettre Ses ennemis sous Ses pieds. C’est alors qu’Il régnera sur Israël. Son peuple le reconnaîtra comme son Messie, Celui qu’il avait autrefois retranché (Dan. 9. 26).

Dans leur incrédulité tenace, ces pharisiens rejettent la sagesse qui les confond. Ils préfèrent entretenir la haine de leur cœur contre Jésus, dans le désir de Le faire mourir. Ils veulent se débarrasser du témoin fidèle et véritable, inconscients de leur état de perdition. Que de personnes leur ressemblent aujourd’hui, se fiant à leur intelligence naturelle. Elles rejettent la vérité divine qui sonde leur cœur et leur conscience, et n’éprouvent pas le besoin d’être sauvées par la foi en l’œuvre expiatoire de Christ.

Par contre, la foi a toujours su reconnaître Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant (Jean 1. 42 ; Mat. 16. 16). Ainsi Jésus, quoique méprisé, était le Seigneur de David, et Son fils selon la chair. Il est le Fils de Dieu, et le Fils de l’homme, héritier de toutes choses (Héb. 1. 2). Ainsi Jésus glorifié, à la droite de Dieu dans le ciel, est la source de toute bénédiction pour Ses chers rachetés.

Les deux pites de la veuve (Marc 12. 41 à 44 ; Luc 21. 1 à 4).

Assis vis-à-vis du trésor du temple, Jésus regardait comment la foule jetait de la monnaie au trésor Ce regard pénétrant de Jésus ne considère pas seulement la main qui donne, mais aussi les motifs secrets du cœur.

Parmi les riches qui donnaient beaucoup, il découvre une pauvre veuve qui jeta deux pites, somme équivalant à cinq centimes environ. Selon l’estimation des hommes, quelle offrande insignifiante, comparée aux dons de ceux qui, fortunés, donnaient de leur superflu ! Mais ce qui compte, c’est l’appréciation du Seigneur : « cette pauvre veuve a jeté plus que tous les autres… de sa pénurie, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Dieu apprécie nos dons en fonction de ce que nous gardons pour nous-mêmes, et non d’après ce que nous offrons. Cette veuve n’a rien conservé pour elle-même. Le Seigneur se plaît à révéler un tel dévouement, la beauté morale d’un tel acte de foi. Elle devait désormais se confier en Dieu pour obtenir sa subsistance, puisqu’elle avait donné ses dernières ressources (1 Tim. 5. 5).

Comme elle, puissions-nous être pénétrés de la bonté de Dieu, pour L’honorer, en Lui offrant ce qui vient de Lui ! David offrant volontairement des trésors pour la maison de l’Éternel déclare : « Tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 14 à 17). Ce qui explique la riche libéralité des assemblées de la Macédoine, malgré leur profonde pauvreté, c’est que ces saints s’étaient donnés premièrement au Seigneur (2 Cor. 8. 1 à 5).

Ne sommes-nous pas exhortés à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent ? (Rom 12. 1). C’est l’entière consécration de nos vies à Dieu, en retour de Ses compassions.

Dans le mouvement du cœur de cette veuve qui ne possédait que deux pites, il y a un encouragement pour ceux qui ne disposent que de faibles ressources. Le Seigneur apprécie encore dans ce cas tout don fait par amour pour Lui. Comme l’exprime l’apôtre : « Si la promptitude à donner existe, elle est agréable selon ce qu’on a, et non pas selon ce qu’on n’a pas » (2 Cor. 8. 12). Puissions-nous réaliser en pratique ce que nous chantons parfois :

« Seigneur, toi qui pour nous t’offris en sacrifice,

Remplis-nous de ferveur pour mettre à ton service

Nos jours, nos biens, nos corps, nos cœurs ».

N’oublions pas, chers amis, les paroles de Jacques : « Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? » (2. 5)

Que la foi opérante par l’amour nous anime jusqu’au retour du Seigneur !

Jésus censure les scribes et les pharisiens.

Sa lamentation sur Jérusalem. (Mat. 23 ; Marc 12. 38 à 40 ; Luc 20. 45 à 47).

Jésus met en garde les foules et les disciples contre les scribes et les pharisiens (Mat. 23. 1 à 12).

Jésus vient de réduire au silence les différentes catégories de ses adversaires. Maintenant il prononce un discours où Il commence par avertir les foules et les disciples contre les scribes et les pharisiens. Il les condamne bien plus sévèrement qu’il ne l’a jamais fait à l’égard d’un publicain ou d’un pécheur.

Il dénonce en vérité le mal qui les ronge : l’hypocrisie religieuse. Matthieu seul a conservé l’ensemble de ce discours, alors que Marc et Luc n’en donnent que quelques fragments.

Quelle responsabilité est celle de ces foules averties par le Seigneur au sujet de ces conducteurs qui les pousseront, quelques jours plus tard, à exiger la crucifixion de leur Messie ! Le Seigneur commence par reconnaître que le peuple doit garder la loi de Moïse, et l’accomplir comme ces chefs religieux le leur enseignent.

Mais leur conduite contredit cette loi, et ils ne se préoccupent pas de lui obéir. C’est pourquoi le Seigneur déclare : « ils disent et ne font pas » (v. 3). Ils chargent les autres de fardeaux pesants et difficiles à porter (v. 4) – mais Lui, Jésus, donne le repos à ceux qui sont chargés (11. 28).

Ne sommes-nous pas parfois concernés par ces paroles ?

Connaissant certaines vérités de l’Écriture, et étant capables, à l’occasion, de les communiquer à d’autres, sommes-nous prompts à les mettre en pratique ? (Jean 13. 17).

Puis le Seigneur souligne leur vanité, par leur désir d’être vus des hommes et d’occuper la première place. Dans les repas, les synagogues ou les places publiques, partout ils revendiquent la place honorifique en tant que rabbis, c’est-à-dire maîtres. Ils se contentent d’une apparence religieuse sans réalité, en élargissant les franges de leurs vêtements et leurs phylactères, (bandes de parchemin sur lesquelles on inscrivait des passages de la loi) (Deut. 6. 8 ; 11. 18).

En contraste, que voyons-nous dans la vie du Seigneur sur la terre ? De la crèche jusqu’à la croix, Il s’abaisse toujours plus, prenant la dernière place. Serviteur avant d’être conducteur, nul ne s’est abaissé comme Lui. Il revendique la gloire de Dieu seul. Pour Lui s’est réalisé ce qu’il exprime ici : « Quiconque s’abaissera sera élevé » (v. 12 ; Phil. 2. 6 à 11).

Les sept malheurs prononcés contre les scribes et les pharisiens (v. 13 à 36).

Au début de Son ministère, le Seigneur a prononcé neuf béatitudes pour les fils du royaume. Maintenant Il annonce sept malheurs condamnant les chefs religieux des Juifs, qui sont sur le point de réclamer Sa mort, ayant rejeté Sa Personne et Ses œuvres de grâce.

Toujours opposés à Jésus tout au long de Son ministère, ils tiennent à conserver leur position en vue, au milieu du peuple, utilisant le système légal pour nourrir leur orgueil. Ainsi ils ferment le royaume des cieux devant les hommes, n’y entrant pas eux-mêmes, mais empêchant les autres d’y entrer.

Pour pénétrer dans ce royaume, la soumission à l’autorité de Christ, reconnu comme roi, est nécessaire. Il faut devenir « comme les petits enfants » (Mat. 18. 3).

Hypocrites dans leur position, ces conducteurs religieux, ces chefs du peuple, l’étaient aussi dans leur zèle déployé pour recruter des adeptes de la religion juive parmi les nations (v. 15). Et ce nouveau prosélyte était deux fois plus « fils de la géhenne » que les pharisiens qui l’avaient gagné à leur cause. II avait, à travers leur hypocrisie, des traits plus marqués qu’eux, comme étant passible des tourments éternels de l’enfer.

Puis le Seigneur leur reproche, dans le troisième malheur (v. 16 à 22), d’introduire des ordonnances imaginaires à propos d’une certaine manière de faire des serments. Ils discréditent ainsi ce qui a une réelle valeur aux yeux de Dieu, la maison de Dieu, au profit des choses matérielles : l’or du temple, l’autel de Dieu. Ils ne retiennent que l’offrande.

Cette religion, qui s’arrête aux objets matériels, ne manque pas d’attrait pour l’homme naturel. De plus, dans le quatrième malheur, Jésus souligne leur exactitude scrupuleuse dans les petits détails sans importance, alors qu’ils délaissent les choses plus importantes de la loi : le jugement, la miséricorde et la fidélité.

Certes, payer la dîme était une prescription de la loi (Deut. 14. 23 à 29), même si la dîme n’était pas fixée sur des herbes. Un tel formalisme peut bien convenir à un incrédule. Mais pratiquer ce qui est juste, être enclin à la miséricorde comme l’est notre Père dans les cieux (Luc 6. 36), et ne pas douter de la fidélité de Dieu, ne peut découler que de la vie divine dans un croyant.

Ainsi à quatre reprises le Seigneur dénonce leur aveuglement, eux qui coulaient le moucheron et avalaient le chameau.

Quant aux deux autres malheurs (v. 25 à 28), sans aucun ménagement et dans son indignation, Jésus lève le masque de ces pharisiens, qui trompent la confiance des simples. Leur hypocrisie consiste à vouloir paraître justes aux hommes. Semblables à des coupes et des plats nettoyés au dehors, ils sont pleins de rapine et d’intempérance au dedans. Usant de leur autorité, ils s’approprient ce qui ne leur appartient pas, et manquent de sobriété. C’est à partir d’un cœur purifié par la foi en Christ et en son œuvre, qu’une pureté extérieure peut être manifestée.

Et le Seigneur les compare ensuite à des sépulcres blanchis, faisant ressortir qu’ils sont corrompus intérieurement, morts aux yeux de Dieu, malgré des apparences trompeuses (Ps. 51. 6 ; 2 Cor. 5. 10).

Enfin, en bâtissant des tombeaux aux prophètes que leurs pères idolâtres ont tués, ils oublient que ces prophètes ont annoncé la venue de Christ qui, au milieu d’eux, est rejeté et bientôt mis à mort (v. 29 à 36). Ainsi ils portent les mêmes caractères moraux que leurs pères, et comblent leur mesure. Serpents, race de vipères, comment pourraient-ils échapper au jugement éternel ?

Lamentations sur Jérusalem (v. 37 à 39).

Jésus va laisser déserte cette maison de Dieu qui n’est plus que leur maison. Il aurait bien voulu offrir à cette ville de Jérusalem l’occasion de se réfugier sous Ses ailes, mais Il doit déclarer : « vous ne l’avez pas voulu ». Il ne serait plus vu jusqu’à ce qu’ils disent : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Ps. 118. 26).

As-tu répondu aux appels de la grâce ?

Discours depuis la montagne des Oliviers.

Avènement du Fils de l’homme et le royaume (Mat. 24. 1 à 31 ; Marc 13. 1 à 27 ; Luc 21. 5 à 28).

Les chapitres 24 et 25 de Matthieu, comme aussi les parties correspondantes des évangiles de Marc et de Luc, abordent une succession d’événements prophétiques annoncés par le Seigneur, depuis Son départ jusqu’à l’établissement du royaume.

Question des disciples concernant le temple (Mat. 24. 1 à 3 ; Marc 13. 1 à 4 ; Luc 21. 5 à 7).

Les disciples voudraient faire partager au Seigneur leur admiration pour la belle apparence extérieure du temple qu’Il vient de quitter, étant rejeté de Son peuple (Mat. 23. 38 ; 24. 1) : « Maître, regarde, quelles pierres et quels bâtiments ! » (Marc 13. 1)

Mais le Seigneur avait déjà déclaré que cette maison de prière était devenue une caverne de voleurs (Mat. 21. 13). Et maintenant Il répond à Ses disciples que, malgré sa splendeur, ce temple serait entièrement détruit. C’est le sujet que Luc seul développe avec la destruction de Jérusalem par les Romains.

Intrigués par cette affirmation du Seigneur, quatre disciples Pierre, Jacques, Jean et André lui ont exprimé trois demandes : « Dis-nous quand ces choses auront lieu, et quel sera le signe de ta venue et de la consommation du siècle ». Le Seigneur donne Sa réponse, en parties distinctes, avec des avertissements et des exhortations appropriés aux besoins des disciples, au cours du temps s’écoulant jusqu’à Son retour en gloire.

Prédictions relatives à la destruction de Jérusalem (Luc 21. 8 à 24).

A cause de Son rejet, le Seigneur avait prédit les châtiments terribles devant tomber sur Israël et sur le monde. Mais si la masse du peuple reste incrédule, le Seigneur connaît ceux qu’Il a rachetés, et les avertit à l’avance des temps difficiles qu’ils auront à traverser.

Plusieurs exhortations se succèdent : prenez garde aux séducteurs se réclamant de mon nom (v. 8) ; ne vous épouvantez pas par les guerres et les bruits de guerre (v. 9) ; mettez dans vos cœurs de ne pas vous préoccuper à l’avance de votre défense vis-à-vis de vos adversaires (v. 14) ; possédez vos âmes par votre patience, en présence de vos persécuteurs (v. 19).

Luc s’occupe du jour où Jérusalem sera environnée d’armées. Les disciples devront fuir pour éviter de périr lors de la prise de la ville par Titus et par les Romains en 70. Et c’est ce qui s’est produit effectivement pour tous ceux qui ont profité des recommandations du Seigneur.

Dès lors, Jérusalem est foulée aux pieds pendant que dure le temps des nations. Dieu avait retiré le gouvernement du monde à Israël pour l’attribuer aux nations. Ce qui est primordial dans ces événements prophétiques, c’est l’histoire actuelle et future du peuple terrestre de Dieu.

Un commencement de douleurs (Mat. 24. 4 à 14 ; Marc 13. 5 à 13).

Les prophéties du Seigneur, en Matthieu et en Marc, envisagent les événements de la fin, lors de Son apparition en gloire, pour introduire Son royaume sur la terre par des jugements. Ce sera la consommation du siècle qui se déroule depuis la mort de Christ. C’est le temps où le dieu de ce siècle, Satan, aveugle les pensées des incrédules pour les entraîner vers la perdition.

Jésus relate ici ce qui se produira peu avant la fin. Le témoignage des disciples en ce temps-là aura le même caractère, et affrontera les mêmes circonstances que celui rendu au Seigneur au moment de Son départ.

Les disciples sont avertis contre les séducteurs préparant la venue de l’Antichrist. Dieu exercera Ses jugements envers les hommes trompeurs et violents : guerres, famines, pestes et tremblements de terre. Ce sera un commencement de douleurs pour la réalisation des voies de Dieu. Les persécutions des disciples de Christ, à cause de Son nom, seront multipliées. L’iniquité prévaudra et l’amour de plusieurs sera refroidi ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin connaîtra la délivrance.

Dans ce temps-là l’évangile du royaume sera prêché à toutes les nations, préparant ceux qui le recevront pour le royaume terrestre de Christ (Mat. 24. 14).

L’Esprit de Dieu passe sous silence le temps actuel de la grâce, où l’Église est rassemblée depuis la Pentecôte en Actes 2 jusqu’à la venue du Seigneur pour l’enlever au ciel.

La grande tribulation et la venue du Fils de l’homme (Mat. 24. 15 à 31 ; Marc 13. 14 à 27 ; Luc 21. 25 à 28).

C’est après l’enlèvement de l’Église que se situe ce temps d’épreuve effrayant dont la durée de trois ans et demi est annoncée par Daniel (9. 27). Si ces jours n’avaient pas été abrégés, nulle chair n’aurait pu être sauvée. Ce sera la grande tribulation ou la détresse de Jacob (Jér. 30. 7).

Le signe distinctif marquant le début de cette période sera l’idole, appelée abomination, établie dans le lieu saint, devant laquelle les Juifs apostats, ayant à leur tête l’Antichrist, se prosterneront sous peine de mort (Apoc. 13. 15).

L’Antichrist séduira les nations, souillera le temple (v. 15), et persécutera avec une rage diabolique les fidèles qui devront s’enfuir sans tarder. Accédant à leur prière, Dieu préparera lui-même leur fuite.

Nous pouvons admirer toute la sympathie de Jésus à l’égard de ces fidèles dont beaucoup seront martyrs pour Son nom. Ses exhortations ne peuvent être que profitables pour nous ; persévérez (v. 13), priez (v. 20), veillez (v. 42). Le culte idolâtre de l’Antichrist entraînera une désolation totale en Israël.

Lors de l’apparition subite du Fils de l’homme, le temps de la patience de Dieu ayant pris fin, le châtiment s’exercera inexorablement contre les incrédules, aussi bien parmi les Juifs que parmi les nations. Toute la terre sera purifiée par des jugements.

Le peuple élu et les nations ayant accepté l’évangile du royaume, entreront dans les bénédictions du règne de justice et de paix, comme la terre n’en aura jamais connu.

Discours de la montagne des Oliviers.

Avènement du Fils de l’homme et le royaume (Mat. 24. 32 à 51 ; Marc 13. 28 à 37 ; Luc 17. 26 à 36 ; 21. 28 à 38).

Après les enseignements prophétiques de Jésus à Ses disciples sur Sa venue et les événements préalables, Il les rend attentifs aux caractères des fidèles et de leur service, au cours de la période se situant entre Son départ et Son retour pour établir Son règne sur la terre. Ainsi nous sommes concernés par ces enseignements du Seigneur.

Exhortations à la vigilance pour attendre le retour du Seigneur (Mat. 24. 32 à 44 ; Marc 13. 28 à 32 ; Luc 21. 28 à 33 ; 17. 26 à 36).

Pour signaler la certitude et l’imminence de Son apparition en gloire, Jésus évoque la parabole du figuier, image d’Israël. Lorsque son rameau est tendre et qu’il pousse des feuilles, c’est le signe que l’été est proche.

Pour le peuple juif reprenant vie, cet été rappelle le règne de Christ après l’hiver affreux de l’incrédulité et de la méchanceté de l’homme. Avec quelle sainte ferveur les fidèles attendront-ils le lever du soleil de justice ! (Mal. 4. 2)

La génération incrédule et perverse des Juifs au temps du Seigneur ne changera pas dans son opposition à Christ jusqu’au temps de la fin, où elle sera jugée lors de Sa venue. D’ailleurs Moïse avait déjà dénoncé le caractère d’une telle génération (Deut. 32. 5 et 20). Mais elle passera, de même que le ciel et la terre.

Seules les paroles de Jésus ne passeront point, comme aussi toute la Parole inspirée (1 Pier. 1. 23 à 25). Mais il s’agit de croire tout ce que Dieu nous dit, en particulier quant à l’avenir de ce monde, aux bénédictions réservées à la foi, et au jugement éternel pour ceux qui ont refusé de se repentir.

Le moment précis de l’apparition en gloire du Fils de l’homme est connu du Père seul, ce secret étant réservé à Sa propre autorité. Dieu permet que nous soyons dans l’ignorance de ce jour pour que ceux qui l’attendent soient maintenus dans un état de vigilance continuelle.

Car le danger est grand de s’endormir spirituellement, nos cœurs étant appesantis par la gourmandise et les convoitises de la chair, l’ivrognerie et tout ce qui ôte le sens, les soucis de la vie (Luc 21. 34).

Le jour du Seigneur sera celui d’une tribulation universelle et subite. Il surprendra entièrement le monde incrédule et insouciant. Il en sera comme aux jours de Noé. En construisant son arche, il annonçait sans équivoque que des jugements allaient atteindre les hommes impies, assoiffés de jouissances terrestres. Le déluge vint et « les fit tous périr ».

Luc parle des jours de Lot où il n’est plus question de se marier ; on recherchait aussi les plaisirs terrestres et les intérêts matériels jusqu’au jour où « il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr ».

Il en sera de même au jour où le Fils de l’homme sera manifesté (Luc 17. 26 à 30). Une distinction très nette est formulée entre ces incrédules qui seront pris pour les jugements, et ceux qui, ayant mis leur confiance dans le nom du Seigneur, seront laissés pour les bénédictions du règne.

Remarquons toutefois la différence avec ce qui se passera lors de l’enlèvement de l’Église. Le Seigneur enlèvera tous les vrais enfants de Dieu. Seuls seront laissés ceux qui subiront le jugement lors de Son retour en gloire.

N’oublie pas que tu peux avoir des parents chrétiens, et ne pas être un enfant de Dieu !

Ces enseignements solennels du Seigneur ont pour but de nous inciter, comme rachetés, à une attente persévérante de Son retour qui se produira en un clin d’œil (1 Cor. 15. 52). Marc met en relief l’importance de prendre garde (13. 5, 9, 23, 33), de veiller (13. 33 à 35, 37) et de prier (13. 33).

Attendre le Seigneur avec la patience de la foi ne peut que révéler notre amour pour Lui, notre dévouement dans l’obéissance à Sa Parole. Comme le maître de la maison, soyons déterminés à ne pas nous laisser ravir ce que nous possédons par grâce.

L’esclave fidèle et prudent et le méchant esclave (Mat. 24. 45 à 51 ; Marc 13. 34 à 37).

A la lumière du passage de Marc 13. 37 nous sommes concernés par l’enseignement du Seigneur : « Ce que je vous dis, à vous, je le dis à tous : Veillez ».

La maison aujourd’hui représente l’ensemble des chrétiens. Tous ceux qui se réclament du nom de Christ sont appelés à Le servir, comme esclaves établis par le maître sur les domestiques de sa maison pour leur donner de la nourriture en son temps. Le Seigneur a en vue le ministère de la Parole parmi les chrétiens (Act. 20. 28 ; 1 Tim. 1. 12).

Deux qualités sont requises de ces esclaves : la fidélité pour ne pas s’écarter des enseignements connus de l’Écriture, et la prudence, c’est-à-dire la sagesse communiquée par le Saint Esprit pour répondre aux besoins et aux circonstances de chacun.

L’esclave, ayant servi selon la volonté du maître dans l’attente de son retour, sera déclaré bienheureux. Il sera établi sur tous les biens de son maître au jour de son règne glorieux.

Mais des hommes au sein de la maison peuvent occuper une place de serviteurs, perdant de vue le retour du maître. Ils disent dans leur cœur : « Mon maître tarde à venir ».

Ils vont alors se comporter de manière opposée à la volonté du Seigneur. Ils ne se soucient nullement de leurs responsabilités, maltraitent leurs compagnons de service, dominent avec dureté sur les âmes, tout en s’associant aux plaisirs de ce monde et aux ivrognes.

Combien de serviteurs infidèles, revendiquant une autorité religieuse, dans l’oubli du retour du Seigneur, se sont levés au cours de l’histoire de l’Église, se compromettant avec un monde caractérisé par la corruption et la violence. Le maître les traite comme de méchants esclaves. Ils partageront le terrible sort des hypocrites, là où seront les pleurs et les grincements de dents, les tourments éternels. Ils sont jugés selon la position qu’ils auront occupée eux-mêmes.

Retenons les déclarations impératives du Seigneur : Soyez prêts, prenez garde, veillez, et priez. Lui-même dit à chacun des siens : « Je viens bientôt » (Apoc. 22. 7, 12 et 20).

La parabole des dix vierges (Mat. 25. 1 à 13).

À la rencontre de l’époux (v. 1).

Le Seigneur présente la dixième et dernière parabole du royaume des cieux. Elle traite de la responsabilité individuelle pendant l’absence de Christ. Le roi est caché dans les cieux après avoir été rejeté du monde.

C’est le temps où ceux qui l’ont reçu lui rendent témoignage par le Saint Esprit, envoyé sur la terre à la Pentecôte, jusqu’au retour du Seigneur pour enlever Son Assemblée. Le royaume des cieux comprend une sphère plus étendue que l’Assemblée, tout en l’incluant.

Cette parabole peut donc s’appliquer aux saints de la période actuelle, à la veille du retour de Jésus. Le début de la parabole souligne l’élan spontané des premiers chrétiens qui, très tôt, ont été instruits quant à cette vérité. Les Thessaloniciens s’étaient tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils (1. 9 à 10).

Ces croyants du début de l’ère chrétienne étaient sortis à la rencontre du Seigneur. Ils avaient quitté, soit le système judaïque condamné, soit le paganisme plongé dans l’idolâtrie.

Les dix vierges (v. 2 à 5).

Le Seigneur compare le royaume des cieux, selon la coutume orientale de l’époque, à dix vierges sorties à la rencontre de l’époux. Arrivant de nuit vers la salle de festin, l’époux était escorté et éclairé sur son parcours par des jeunes filles. Ce service accompli, elles avaient le privilège d’entrer avec lui aux noces.

Ces dix vierges ayant pris leurs lampes, représentent ceux qui, ayant entendu l’Évangile proclamé en tous lieux, ont fait profession de christianisme. Ils sont sortis pour attendre le Seigneur. Mais hélas ! de bonne heure se sont glissées parmi les croyants des personnes ayant embrassé le christianisme comme religion, sans avoir été vivifiées.

N’ayant pas la puissance du Saint Esprit pour manifester les traits de la vie divine, elles sont représentées par les cinq vierges folles qui avaient des lampes sans huile pour les alimenter.

N’était-il pas inconséquent de s’engager à projeter de la lumière, peut-être toute une nuit, sans prendre l’huile nécessaire ? (v. 3 ; Rom. 8. 8 et 9)

Par contre, les cinq vierges prudentes avaient pris de l’huile dans leurs vases, bien conscientes de leur service. Elles évoquent ceux qui, dans la chrétienté, ont la vie de Dieu et dont le Saint Esprit, habitant en eux, fait briller les caractères dans l’attente du retour de Christ (1 Jean 2. 20 et 27 ; 2 Cor. 1. 21 et 22 ; Éph. 1. 13 ; 1 Cor. 6. 19 ; Phil. 2. 15 et 16).

Mais les chrétiens dans leur ensemble n’ont pas persévéré dans cette attente. L’Église a perdu la réalisation de sa vocation céleste, se laissant séduire par le monde. Le sommeil spirituel dans lequel ont sombré les chrétiens a duré bien des siècles. C’est bien ce que souligne le Seigneur : « elles s’assoupirent toutes et s’endormirent » (v. 5).

Le cri de minuit (v. 6 à 9).

« Mais au milieu de la nuit il se fit un cri : Voici l’époux ; sortez à sa rencontre » (v. 6).

Ce cri de minuit a retenti au début du dix-neuvième siècle, lors d’un réveil produit par le Saint Esprit. Cette vérité du retour du Seigneur pour enlever Son Église, perdue de vue depuis de nombreux siècles, a été remise en lumière, produisant ses effets sanctifiants. Les croyants étaient appelés à sortir cette fois de l’état de sommeil dans lequel la chrétienté était plongée par manque de vigilance (2 Cor. 6. 17).

Tant que les vierges étaient endormies, on n’aurait guère pu distinguer les prudentes des folles. Mais au réveil, la différence est évidente lorsqu’elles apprêtent leurs lampes. Les lampes de celles qui n’avaient pas d’huile avec elles s’éteignirent aussitôt.

Que peut apporter une religion sans vie ? L’huile manque et il n’y a pas de lumière pour le Seigneur, ce que le Saint Esprit peut seul produire. Angoissées, « les folles dirent aux prudentes : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent » (v. 8). En accord avec ce qu’elles avaient fait elles-mêmes, les vierges prudentes renvoient les folles à la source, là où elles pouvaient obtenir de l’huile.

Il est impossible au croyant, possédant la vie divine, scellé du Saint Esprit, de communiquer cette vie à quiconque, aussi cher qu’il lui soit. C’est l’œuvre exclusive de Dieu. Cependant il importe que les fidèles soient réveillés pour avertir leurs proches, parfois de simples professants (Rom. 13. 11 et 12 ; 1 Thess. 5. 4 à 8).

L’entrée des noces (v. 10 à 13).

Pendant que les vierges folles allaient acheter de l’huile, « l’époux vint ; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces » (v. 10). Leur service accompli, elles vont occuper leur place avec l’époux dans la salle des noces.

Mais pour celles qui n’étaient pas prêtes, une parole terrifiante fixe leur sort éternel : « Et la porte fut fermée ». Nul ne pourra l’ouvrir. C’est la séparation définitive entre ceux qui, dans la lumière, jouissent d’un bonheur ineffable, et ceux qui, dans les ténèbres du dehors, ont pour partage les pleurs et les grincements de dents.

Malgré les supplications incessantes des vierges folles, le Seigneur leur répond : « En vérité, je vous dis : je ne vous connais pas » (v. 12 ; 7. 23). II les considère comme des étrangers pour lui, car il connaît ceux qui sont siens (2 Tim. 2. 19).

L’exhortation terminant la parabole nous concerne de très près : « Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (v. 13). Nous parvenons au terme du jour de la grâce. Que nos cœurs soient vigilants pour attendre celui qui nous dit : « Je viens bientôt » (Apoc. 3. 11).

Le temps appartient à Dieu seul. Aujourd’hui est le jour favorable pour accepter le salut que Dieu offre gratuitement. Demain risque d’être trop tard.

Suis-je prêt pour la venue du Seigneur Jésus ?

Jugement des nations à la venue du Fils de l’homme (Mat. 25. 31 à 46).

Après avoir montré toute l’importance de la vigilance et de la fidélité du serviteur dans l’attente de Son retour, Jésus reprend le récit prophétique des temps de la fin, interrompu aux versets 30 et 31 du chapitre 24, lors de l’apparition glorieuse du Fils de l’homme pour son peuple terrestre.

Apparition du Fils de l’homme en gloire (v. 31).

Actuellement le Seigneur est dans le ciel, assis à la droite de Dieu, jusqu’à ce que Ses ennemis soient mis pour marchepied de Ses pieds (Héb. 10. 12 et 13). Bientôt Il va se lever pour les détruire en vue d’établir Son règne de justice et de paix.

Il commencera par exterminer les armées de l’empire romain avec leur chef, « la bête », et le faux prophète ou l’Antichrist qui sera à la tête des Juifs apostats (Apoc. 19. 11 à 21).

Puis le Fils de l’homme exercera un terrible châtiment envers les nations voisines d’Israël, liguées avec l’ennemi implacable, l’Assyrien ou roi du Nord, oppresseur du peuple de Dieu (Ps. 83 ; És. 29. 5 à 7 ; Éz. 38 et 39 ; Zach. 14. 2 et 3).

Enfin le Fils de l’homme s’assiéra sur le trône de Sa gloire pour juger les nations subsistant au temps de Son apparition.

Jugement séparatif (v. 32 et 33).

Après les jugements guerriers, le Fils de l’homme, assis sur Son trône établi en paix, jugera les nations vivant à ce moment-là, et auxquelles l’évangile du royaume avait été annoncé. Selon une sagesse infaillible pour discerner et séparer, Il prononcera Son jugement judiciaire et individuel.

Tel un berger, il séparera les brebis d’avec les chèvres, en deux groupes distincts, et les conséquences de Son jugement seront éternelles, comme pour le jugement des morts, devant le grand trône blanc, après le millénium (Apoc. 20. 11 à 15).

Dans les deux cas les hommes sont jugés selon leurs œuvres, manifestant en public l’état des cœurs, mais aussi à quel point le jugement de Dieu est justifié.

Les brebis, que le berger connaît et met à Sa droite, représentent ceux qui ont écouté et reçu les messagers du roi leur ayant prêché l’évangile du royaume, tout en subissant des privations, des afflictions et des persécutions. Le Seigneur semble évoquer ici l’accueil réservé à Ses propres disciples annonçant le royaume de Dieu (10. 40 à 42), et dont la mission sera reprise par le résidu pieux de la nation juive des temps de la fin.

Ces messagers, le Seigneur les appelle « mes frères » (v. 40). Cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière (24. 14) à ceux qui n’auront pas entendu l’évangile de la grâce. C’est l’éternelle bonne nouvelle dont le thème est présenté en Apocalypse 14. 6. Il aura pour but de disposer les cœurs, après un travail de conscience, à recevoir le Roi de gloire pour entrer dans Son royaume. Les chèvres caractérisées par l’indépendance et l’indifférence vis-à-vis des messagers du Roi, seront placées à sa gauche pour leur malheur éternel.

Bénédiction des justes (v. 34 à 40).

Ces justes, appelés les bénis du Père, hériteront avec le Fils de l’homme du royaume préparé dès la fondation du monde. Ils connaîtront sur la terre purifiée par les jugements un bonheur parfait, car alors régneront la justice et la paix (5. 6 et 9).

Le Seigneur n’oublie pas comment, auparavant, ils ont sympathisé avec la souffrance de ses messagers de l’évangile du royaume, ils se sont identifiés avec eux dans leurs privations et leurs persécutions. Le Seigneur tient compte de tout ce qui est fait à l’un des Siens, comme si cela s’adressait à Lui-même. Saul ignorait qu’il persécutait le Seigneur dans la gloire, en poursuivant de sa haine ceux qui croyaient en Lui (Act. 9. 5).

Le Seigneur déclare que, en recevant les envoyés du Roi, en croyant leur message, c’était comme s’ils L’avaient accueilli Lui-même. Déclarés justes, ils entreront dans la vie éternelle, un bonheur ineffable sous le règne de Christ (v. 46).

Mais ces justes n’ont pas conscience d’avoir rendu de tels services au Roi. N’ayant pas agi pour une récompense, leur vrai motif était l’amour pour le Seigneur, sans qu’ils s’en soient rendu compte. Les occasions de servir le Seigneur aujourd’hui sont multiples, quel que soit notre âge, si nous Lui appartenons.

Puissions-nous poser la deuxième question de Saul sur le chemin de Damas : « Que dois-je faire, Seigneur ? » (Act. 22. 10) ! N’oublions pas non plus que Dieu prépare à l’avance les bonnes œuvres que nous accomplissons pour Lui (Éph. 2. 10). Le Seigneur disait à Ses disciples : « Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie, me reçoit » (Jean 13. 20).

Malédiction des injustes (v. 41 à 46).

Ceux que le Roi maudit et envoie dans le feu éternel ne sont pas condamnés pour avoir persécuté et emprisonné Ses serviteurs, mais pour les avoir ignorés, n’ayant pas pris soin d’eux, tout en opposant un refus à l’évangile du royaume. Le Seigneur révèle leur indifférence coupable, s’Il ne relève pas même une hostilité déclarée.

Prêtons une sérieuse attention à ce que Dieu nous dit par sa Parole, sinon « comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? » (Héb. 2. 3). Un même sort atteindra tous ceux que Dieu n’a pas inscrits dans le livre de vie : le feu éternel que Dieu a préparé pour le diable et ses anges. Il n’y a que deux issues possibles pour l’homme après la mort : les tourments éternels ou la vie éternelle pour les justes.

As-tu la vie ? (Deut. 30. 19).

Complot contre Jésus (Mat. 26. 1 à 5 ; Marc 14. 1 et 2 ; Luc 22. 1 et 2).

Le Seigneur vient de terminer Ses discours en public. Maintenant Il déclare en toute simplicité à Ses disciples ce qui va arriver. « La Pâque est dans deux jours, et le Fils de l’homme est livré pour être crucifié ». Il veut fixer leurs pensées sur Ses souffrances et Sa croix.

Vrai Agneau de la Pâque, Il devait souffrir et mourir afin d’accomplir les conseils de Dieu, et obtenir une rédemption éternelle pour tous ceux qui accepteraient par la foi Son œuvre parfaite. Il va se livrer Lui-même en sacrifice volontaire, pour glorifier Dieu et sauver Son assemblée, c’est-à-dire Son épouse et les croyants de toutes les économies.

Ainsi se réalisera ce que le serviteur hébreu exprimait en type : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre » (Ex. 21. 5).

Assemblés dans le palais du souverain sacrificateur, appelé Caïphe, les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tiennent conseil pour exécuter leur dessein criminel. Mais ils voudraient éviter de faire mourir Jésus pendant la fête, craignant les foules attirées à Jérusalem à cette occasion. En effet, les foules tenaient Jésus pour un prophète (Mat. 21. 46), et elles prenaient plaisir à L’entendre (Luc 19. 48).

Malgré toute la ruse de ces hommes religieux voulant éviter le tumulte parmi le peuple, seul ce que Dieu a décrété s’accomplira. Et Jésus annonce Lui-même Sa crucifixion avant que ces hommes au cœur dur et à la conscience cautérisée n’aient pris leur décision. Dieu avait arrêté à l’avance que Christ, la vraie Pâque, serait sacrifié ce jour-là.

Trahison de Judas (Mat. 26. 14 à 16 ; Marc 14. 10 et 11 ; Luc 22. 3 à 6).

Satan a préparé un instrument pour exécuter le complot inique des chefs du peuple. C’est Judas, l’un des douze disciples choisis par le Seigneur. Pourquoi ce choix de Judas ? Sans doute pour mettre en évidence les perfections morales de Jésus tout au long de Son ministère, s’exerçant en présence d’un homme dont Il savait qu’il Le livrerait.

En outre la Parole fait ressortir aussi la différence cruciale entre le remords de Judas, dont l’issue fatale est dans le malheur éternel, et la repentance d’un Pierre croyant, ayant renié son Maître qui avait prié pour lui afin que sa foi ne défaille pas.

Judas avait respiré l’odeur du parfum répandu sur les pieds de Jésus à Béthanie, mais son cœur endurci par l’amour de l’argent, malgré ses égards apparents pour les pauvres, était indifférent en présence d’une telle scène d’adoration. La proximité du Seigneur, si utile aux autres disciples, n’avait aucun effet sur le cœur et la conscience de Judas. Il avait nourri secrètement une convoitise au lieu de la juger. Avare, il devient voleur, hypocrite, puis il va trahir son Maître pour de l’argent.

Judas étant dominé par le péché, Satan va prendre possession de lui, celui qu’il a fasciné : « Et Satan entra dans Judas » (Luc 22. 3). Dès lors, dans cet état effrayant, il peut mettre à exécution son funeste projet. Il aborde les sacrificateurs en vue de négocier le prix qui lui serait payé pour leur livrer Jésus. Ils lui comptèrent trente pièces d’argent, le prix d’un serviteur sous la loi (Ex. 21. 32), « le prix magnifique » auquel Jésus a été estimé par les chefs du peuple (Zach. 11. 13).

Célébration de la Pâque (Mat. 26. 17 à 20 ; Marc 14. 12 à 17 ; Luc 22. 7 à 18).

Voici venu le moment de célébrer la dernière Pâque de la vie de Jésus ici-bas. Elle fut alors observée selon sa pleine signification, car Celui qui l’avait instituée était là pour y participer. Le lendemain, Il serait Lui-même le véritable Agneau de Dieu mourant sur la croix.

Pour les préparatifs de la Pâque, rien n’est laissé à l’initiative des disciples. C’est Jésus qui fixe tout : le moment, la manière, le lieu.

Les disciples, par leur question, montrent que le choix appartient au Seigneur.

N’est-ce pas à Lui que revient le choix d’un lieu de rassemblement pour les Siens ? Et tout est simple lorsqu’on s’attend à Lui. N’a-t-Il pas la connaissance de toutes choses ?

Un homme portant une cruche d’eau vient à la rencontre de Pierre et de Jean envoyés par le Seigneur. N’est-ce pas la figure du Saint Esprit procurant les rafraîchissements de la Parole de Dieu ?

Le maître de la maison était connu du Seigneur et son cœur était disposé à reconnaître les droits de son Maître. C’est pourquoi il offre une grande chambre garnie à Celui qui n’avait pas de « lieu où reposer sa tête ».

Quand l’heure fut venue, Jésus se mit à table avec les douze apôtres en leur disant : « J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous avant que je souffre ». Dans Son amour parfait, Il exprime un besoin de Son cœur. Et Il ajoute qu’Il n’en mangerait plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu (Luc 22. 16).

Cette pâque marquait la fin du régime de la loi, de toute relation du Seigneur avec Son peuple selon la chair. Et le sacrifice de Christ serait le fondement des bénédictions de la terre pour Israël et les nations, mais il introduisait aussi un nouvel état de choses célestes.

Puis le Seigneur prit la coupe accompagnant la pâque, rendit grâces et dit : « Prenez ceci et le distribuez entre vous, car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu » (Luc 22. 17 et 18). Il ne pourrait participer au vin, symbole de la joie en Israël, que dans un temps à venir, lorsque le royaume serait établi en gloire, sous le règne du Fils de l’homme.

En vertu de l’œuvre de la croix, Sa joie sera accomplie en relation avec Son peuple terrestre (Soph. 3. 17) et avec Son peuple céleste lors du repos éternel.

« Toi-même tu verras ce que ton cœur réclame :

De ton œuvre à la croix le fruit mûr et parfait ;

Tu jouiras, Seigneur, du travail de ton âme,

Et ton amour divin en sera satisfait »

(Hymnes et Cantiques N° 64 strophe 4).

Jésus lave les pieds des disciples (Jean 13. 1 à 11).

L’amour immuable de Christ (v. 1).

Ayant achevé Son service pour le monde ; le Seigneur va s’occuper de Ses disciples dans les chapitres 13 à 17, leur donnant des enseignements, des promesses et des consolations en vue de Son départ. Il ne s’occupe plus du monde, sinon pour prononcer sa condamnation.

Jésus étant rejeté de la terre, l’heure est venue pour Lui de passer de ce monde au Père.

Pourra-t-Il, après l’œuvre de la croix, comme Homme glorifié dans le ciel, continuer à entretenir des relations avec Ses disciples ? L’Esprit de Dieu donne ici la réponse : « Jésus… ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin », c’est-à-dire tant qu’il y aura des rachetés ayant besoin de Ses soins sur la terre.

Son amour parfait demeure actif en faveur des Siens. Il veut leur donner une part avec Lui, dans une nouvelle position, alors « qu’il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu ». Il reste leur serviteur en amour et ne les abandonnera pas (Ex. 21. 2 à 6). Ni l’horreur de la croix, ni la joie de s’en aller au Père n’ébranlent Son amour pour les siens.

Judas déterminé dans sa trahison (v. 2).

Or pendant qu’il était à souper avec Ses disciples, le diable met dans le cœur de Judas de Le livrer. Cette mention semble renforcer la beauté de la scène qui suit. Tout est contraste entre l’amour et la haine, entre le Sauveur et Satan, entre les Siens et le traître.

Jésus accomplit l’œuvre d’un esclave (v. 3 à 5).

Le Seigneur savait ce qui pourrait priver les Siens de la jouissance de leur part avec Lui, là dans le ciel où Il allait être élevé : c’est le péché attaché à leur marche dans ce monde souillé, rempli de corruption et de violence. Comme est précieuse cette communion les unissant à Lui dans la gloire – et pourtant elle peut être interrompue à tout instant dès qu’ils pèchent !

C’est pourquoi le Seigneur, en vue de rétablir la jouissance de cette communion, va laver les pieds des disciples, accomplissant l’humble service d’un esclave. Jésus « se lève du souper et met de côté ses vêtements ; et ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il verse de l’eau dans le bassin, et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint ».

L’eau versée dans le bassin représente un effet de la Parole de Dieu. Elle applique la mort au vieil homme et à ses actes. Rien de la nature adamique ne subsiste devant Dieu. C’est pourquoi la mort de Christ était nécessaire. De Son côté percé par la lance du soldat romain sortit du sang et de l’eau. Le sang expie les péchés et l’eau purifie de tout ce que l’homme est en Adam.

Lorsqu’un croyant contracte une souillure, fruit de la nature pécheresse, sous l’effet de la Parole atteignant son cœur et sa conscience, par la puissance du Saint Esprit, il jugera ce péché en le confessant, et sera pleinement purifié. C’est le service actuel que le Seigneur accomplit pour les Siens, en amour, de la gloire où Il se trouve (Jean 5. 3 ; Éph. 5. 26 ; 1 Jean 1. 9).

Il n’est pas question ici du sang, car le sujet traité est la pureté et non l’expiation. Le sang parle de la mort de Christ dans son caractère expiatoire et répond aux exigences de la justice divine. L’eau répond aux exigences de la sainteté, la mort de Christ mettant fin à notre état de souillure.

L’ignorance de Pierre (v. 6 à 10).

Pierre se sentant indigne d’avoir les pieds lavés par le Seigneur Jésus déclare : « Tu ne me laveras jamais les pieds ». Jésus lui répond : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi », une part avec Christ dans la nouvelle position qu’Il allait occuper dans le ciel. Aussitôt Pierre voudrait qu’Il lui lave aussi les mains et la tête. Et Jésus ajoute : « Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net ; et vous, vous êtes nets » (v. 10).

Le premier lavage du corps tout entier correspond à la nouvelle naissance opérée par la Parole et la puissance du Saint Esprit (Jean 3. 5 et 6). La chose est faite une fois pour toutes, comme dans le cas de l’aspersion du sang. Mais par manque de vigilance, en traversant ce monde, le croyant peut se souiller.

C’est alors que le Seigneur intervient pour lui laver les pieds. Remplissant Son office d’avocat auprès du Père, Il le purifie en l’incitant à se juger constamment à la lumière de la Parole qu’Il applique à sa conscience (Héb. 10. 22 ; 1 Jean 2. 1). Alors la souillure de la conscience est ôtée, et la communion avec Dieu rétablie. Mais comme sacrificateur, le Seigneur est toujours vivant pour intercéder auprès de Dieu afin d’obtenir la grâce et le secours qui nous sont nécessaires dans notre faiblesse et notre infirmité, pour que nous ne péchions pas (Héb. 4. 14 à 16).

Déjà sous la loi nous avons, pour l’exercice de la sacrificature, ce qui correspond en type au lavage des pieds. Lors de leur consécration, les sacrificateurs étaient lavés tout entiers (Ex. 29. 4 ; Lév. 8. 6). Ainsi le croyant, au bénéfice de l’œuvre de la croix, est purifié de ses péchés une fois pour toutes.

Mais pour entrer dans le tabernacle, afin d’y accomplir leur service quotidien, il leur suffisait de se laver les mains et les pieds à la cuve d’airain (Ex. 30. 17 à 21). Ils ne devaient plus être lavés entièrement.

Ainsi le croyant qui a péché a besoin d’être purifié dans sa conscience, et le Seigneur, utilisant l’eau de la Parole, l’amène à juger sa faute et les causes de celle-ci.

Le traître mis à part (v. 10 et 11).

Le Seigneur déclare que Judas n’était pas net. Sa conscience n’avait pas été atteinte par la Parole, bien qu’il l’ait entendue. Il n’avait pas la foi en la parole du Seigneur. Il est perdu pour l’éternité. Quel solennel avertissement !

Soumets-toi à l’action de la Parole sur ton cœur et sur ta conscience, soit pour avoir la vie éternelle, soit pour être restauré si tu as péché comme croyant.

Le Seigneur institue la Cène (Mat. 26. 26 à 29 ; Marc 14. 22 à 25 ; Luc 22. 19 et 20).

Vous êtes nombreux à constater, chaque dimanche, que l’assemblée se souvient de la mort du Seigneur à l’aide de deux signes visibles de ce sacrifice, que sont le pain et le vin versé dans une coupe. Ces deux éléments sont placés sur une table, autour de laquelle des frères et des sœurs en Christ sont rassemblés pour commémorer ce sacrifice parfait.

Quelle est la signification de la Cène, repas du soir, institué par le Seigneur Jésus pour Ses disciples ?

L’institution de la Cène.

Alors qu’il était à table avec Ses disciples, Jésus institua le souvenir de Sa mort. Il allait accomplir, sur la croix, ce que préfigurait la fête de la Pâque. Il vient de célébrer avec eux la dernière des sept pâques citées par la Parole. Désormais, après Son sacrifice, la Cène parlerait d’une œuvre accomplie – alors que la Pâque annonçait une œuvre future, lorsque l’Agneau de Dieu, sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, serait immolé pour expier nos péchés (1 Pier. 1. 19 et 20).

Ainsi la Pâque n’avait plus sa raison d’être, car l’ancien ordre de choses sous le régime de la loi arrivait à son terme. Dès lors, le Seigneur institue Son souper en souvenir de Sa mort.

Le pain, corps du Seigneur.

Le corps représenté par le pain rompu, et le sang versé, par le vin de la coupe, parlent de la mort du Seigneur. Le sang séparé du corps, c’est la mort. Le Seigneur a désiré que Ses rachetés, pendant le temps de Son absence, se souviennent de Sa mort jusqu’à ce qu’il vienne (1 Cor. 11. 26).

Le cœur du racheté n’est-il pas sensible à cette demande du Seigneur : « Faites ceci en mémoire de moi » ?

« Ayant pris un pain, et ayant rendu grâces, Il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, mangez… Ceci est mon corps, qui est donné pour vous » (Mat. 26. 26 ; Luc 22. 19). Par Son geste le Seigneur évoque toutes les souffrances qu’il allait endurer à la croix, jusqu’à la mort, dans Son corps formé par Dieu.

N’a-t-Il pas porté nos péchés en son corps sur le bois de la croix (1 Pier. 2. 24) ? Après avoir souffert de la part des hommes, Il est frappé de Dieu, subissant le terrible châtiment qui devait nous atteindre pour l’éternité. Quel amour insondable Le soutenait pour affronter les trois heures sombres de l’abandon de Dieu et de l’expiation !

Le pain rompu chaque dimanche rappelle au cœur des Siens que Son corps a été donné pour eux, offert en sacrifice.

Mais le seul pain symbolise aussi, selon une révélation donnée à Paul par le Seigneur dans la gloire, le corps spirituel de Christ formé de tous Ses rachetés, vivifiés et scellés du Saint Esprit. Ils sont unis à Lui comme les membres d’un seul corps dont Il est la tête glorifiée dans le ciel (1 Cor. 10. 17 ; 12. 13).

Le sang de la nouvelle alliance versé pour plusieurs.

Ensuite le Seigneur prend la coupe, et ayant de nouveau rendu grâces, Il la donne à Ses disciples en disant : « Buvez-en tous. Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour plusieurs en rémission de péchés » (Mat. 26. 27 et 28).

La première alliance avait été établie entre Dieu et Israël en Sinaï. Le peuple s’était engagé à la légère à faire tout ce que l’Éternel lui avait commandé, et cette alliance avait été ratifiée par le sang des taureaux (Ex. 24. 8 ; Héb. 9. 20). Mais Israël a transgressé cette alliance (Osée 8. 1), il est condamné à mort par cette loi.

De plus, lorsque Jésus s’est présenté, Il a été crucifié. L’homme, ayant failli à sa responsabilité, ne peut s’attendre qu’au jugement de Dieu. Mais la justice de Dieu ayant été pleinement satisfaite par le sacrifice de Christ à la croix, la grâce de Dieu peut sauver le pécheur qui se repent, et établir pour Israël une nouvelle alliance fondée sur le sang de Christ (Jér. 31. 31 à 34 ; Héb. 8. 6 à 13), et dans laquelle Dieu seul S’engage. Bientôt Israël va connaître les bénédictions terrestres découlant de cette nouvelle alliance, quand l’Église sera enlevée au ciel.

Le sang de Christ a été versé pour plusieurs en rémission de péchés. Ces plusieurs concernent tous ceux qui, par la foi, acceptent l’efficace du sang de Christ, qu’ils appartiennent à Israël ou aux nations. Il n’y a pas d’alliance pour les chrétiens. Seuls les rachetés du Seigneur, dont les péchés ont été pardonnés par la foi au sacrifice de Christ, peuvent se souvenir de Sa mort.

Nul ne devrait être admis à la Table du Seigneur s’il n’a pas la certitude d’être sauvé par la grâce et par la foi. Par contre, tout racheté, en communion à la Table du Seigneur, ne devrait pas se priver du privilège de répondre au désir du Seigneur de se souvenir de Sa mort, en dehors d’un motif approuvé par Lui.

Le vin nouveau dans le royaume.

En Luc 22. 17 et 18, le Seigneur reçoit, au début du repas de la Pâque, une première coupe, instituée semble-t-il par la tradition juive, et après avoir rendu grâces Il la remet à Ses disciples sans y participer Lui-même. Il déclare alors : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu ».

Ce fruit de la vigne, le vin, évoque la joie de Dieu et des Siens. Israël selon la chair n’a pu réjouir le cœur de Dieu. Il faut attendre l’établissement du royaume de justice et de paix. Jésus goûtera cette joie avec Ses disciples au ciel, d’une manière nouvelle, et non sur la terre réservée à ceux qui seront soumis au règne de Christ.

Si tu appartiens au Seigneur, ne peux-tu pas dès maintenant préparer ton cœur pour ce jour où, conscient de ta responsabilité, tu pourras te souvenir de la mort du Seigneur ?

L’exemple de Christ pour nous (Jean 13. 12 à 20).

En lavant les pieds de Ses disciples, le Seigneur a voulu leur montrer, en figure, comment Il accomplirait un service d’amour à leur égard, dans la gloire où Il allait entrer. Ayant repris Ses vêtements et Se remettant à table avec eux, il va les sonder par une question : « Savez-vous ce que je vous ai fait ? »

Il est le modèle parfait de ceux qui possèdent la vie par la foi en Son sacrifice expiatoire. Ainsi leur suggère-t-Il de suivre Son exemple en se lavant les pieds les uns aux autres. Reculer devant un service aussi humble serait en contradiction avec ce que Lui leur a fait, Lui, le Seigneur auquel obéissent Ses disciples, et le Maître qui les enseigne.

Un vrai croyant, souillé par un péché commis, peut être restauré par l’action de la Parole et du Saint Esprit produisant une réelle conviction de péché, accompagnée de la confession à Dieu. A cet effet un disciple du Seigneur Jésus, s’inspirant de Son exemple, peut accomplir un tel service dans l’amour et la vérité, en utilisant l’Écriture à bon escient.

Il y a lieu de préciser qu’une offense personnelle nécessite la confession du coupable auprès de la personne lésée. Lorsque le mal est jugé selon toute son horreur, l’âme découvre comme tout à nouveau l’amour immuable de Dieu, se repent dans l’humiliation, et jouit comme auparavant de la communion perdue. Toute trace de souillure est ôtée.

L’amour, pour notre frère coupable d’un péché qui l’a souillé, pourrait-il nous laisser indifférents ? Ne devrait-il pas nous pousser à nous mettre à ses pieds pour lui aider à recouvrer la communion interrompue, lui, le frère pour lequel Christ est mort ? Dans une autre circonstance ce sera peut-être lui qui viendra à notre secours pour que nous jugions devant Dieu une faute commise.

C’est aux objets de Sa grâce que le Seigneur, ayant en vue le bien des Siens, déclare : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (v. 17). « C’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil 2. 13).

Il ne suffit pas de savoir ou de vouloir, mais il s’agit d’agir en toute humilité, en nous jugeant nous-même pour présenter la Parole, véritable miroir de l’âme, révélant la faute et les dangers encourus par celui que l’ennemi a surpris (Gal. 6. 1 et 2).

Maintenant le Seigneur, sachant que l’Écriture devait s’accomplir (Ps. 41. 9), déclare que l’un de Ses compagnons allait le trahir. Tout en étant choisi par Lui, il était un diable (Jean 6. 70).

Malgré cela, les disciples avertis ne devaient pas douter que Jésus était bien le Seigneur en qui ils avaient cru. Et recevoir quiconque était envoyé de Sa part, c’était Le recevoir Lui-même ainsi que Son Père qui L’avait envoyé.

Judas dénoncé (Jean 13. 21 à 30).

Troublé dans son esprit et profondément attristé, le Seigneur informe solennellement Ses disciples : « l’un d’entre vous me livrera » (v. 21). Les disciples ne sachant pas de qui il s’agissait, cette parole les atteint dans leur conscience et les met en perplexité. Chacun d’eux n’était-il pas capable d’accomplir une telle trahison ? N’avaient-ils pas affaire à Celui qui sonde les reins et les cœurs (Apoc. 2. 23), et connaît notre cœur incurable ? (Jér. 17. 9 et 10)

Seule la Parole vivante et opérante peut nous aider à nous juger comme Dieu le fait (Héb. 4. 12 et 13) pour que nous soyons gardés de satisfaire une convoitise charnelle.

Jean, le disciple que Jésus aimait, comme il se désigne à cinq reprises dans son évangile, était à table dans le sein de Jésus, près de Son cœur, pour recevoir Ses intimes communications. Pierre, plus éloigné, lui fait signe de demander duquel Il parlait. Jean, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, interroge le Seigneur.

Ne désirons-nous pas occuper la place de Jean, tout près du Seigneur, pour connaître Ses secrets ? Mais ici, c’est un terrible secret que le Seigneur révèle à Ses disciples : « C’est celui à qui moi je donnerai le morceau après l’avoir trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote » (v. 25 et 26). Le Seigneur donne par ce geste une dernière marque de confiance, comme un maître de maison, autrefois, l’exprimait à l’un de ses conviés considéré.

Le cœur de Judas reste insensible en face de cette dernière manifestation d’amour du Seigneur. Endurci par l’amour de l’argent – car il était voleur et portait la bourse (Jean 12. 6) – après avoir reçu le morceau trempé, Satan entra en lui. Quel sort terrible !

Ce qui souligne la responsabilité de Judas, c’est qu’il a vécu longtemps dans la proximité de Jésus, le Juste parfait. Jésus accomplissait Son ministère d’amour sans se lasser, offrant la grâce à tous, allant de lieu en lieu, faisant le bien.

Comme les autres disciples, Judas n’avait manqué de rien, entouré des mêmes soins, de la même bonté et de la même confiance. Mais il est resté insensible dans son cœur et dans sa conscience.

Séduit par Satan, il sera entraîné dans les tourments éternels, avec ce titre que lui donne le Seigneur : le fils de perdition (Jean 17. 12).

On peut s’habituer à entendre la Parole, tout en lui résistant jusqu’au moment où il sera trop tard, malgré le remords que l’on peut ressentir.

« Ayant reçu le morceau, il sortit aussitôt : or il était nuit » (v. 30). C’est au moment où le Seigneur prononçait Ses dernières paroles à Ses disciples que le traître réalisa promptement son affreux forfait. Moralement cette nuit était bien plus intense que celle qui recouvrait la terre. Pour Judas, elle ne cessera pas, comme pour ceux qui auront rejeté Jésus, le Sauveur.

L’as-tu accepté comme la lumière du monde, comme ton Sauveur personnel ?

D’après La Bonne Nouvelle 1995

SONDEZ LES ÉCRITURES (18)

Les ouvriers de la vigne (Mat. 20. 1 à 16).

Cette parabole fait suite à la question de Pierre posée au chapitre précédent (v. 27). Il attendait du Seigneur une promesse de récompense, vu qu’il avait tout quitté pour le suivre, comme d’ailleurs les autres disciples.

Répondant à Son appel, Christ était le vrai motif de leur engagement. Cependant la récompense, pour un travail accompli, n’est jamais un droit, mais un encouragement lorsque le disciple s’est engagé dans le chemin pour l’amour de Christ. Si nous oublions que tout est grâce dans l’économie présente, nous risquons d’accuser Dieu d’injustice.

Cette parabole fait ressortir la souveraineté de Dieu qui dispense ses dons, ses récompenses, comme Il lui plaît. Il est bon et juste dans tout ce qu’Il fait.

L’engagement des ouvriers.

Un maître de maison engage des ouvriers pour un certain travail dans sa vigne. Avec les ouvriers de la première heure, il convient du prix d’un denier par jour. Puis il sort encore à la troisième, à la sixième, à la neuvième heure, et même à la onzième heure, c’est-à-dire une heure avant la fin de la journée.

Chaque fois il rencontre sur la place du marché des ouvriers qui ne faisaient rien, et il les envoie avec ces paroles : « Je vous donnerai ce qui sera juste » (v. 4 et 7). Ils s’en vont dans la vigne sans convenir d’un prix. Nous comprenons qu’ils s’en remettent à l’appréciation du maître, ayant confiance en sa justice et en sa bonté.

Mécontentement des ouvriers de la première heure.

Le soir étant venu, à la demande du maître, l’intendant commence par payer les ouvriers de la onzième heure en leur donnant un denier. Quand les ouvriers de la première heure se présentent, ils croyaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. Voyant cela, ils ne purent s’empêcher de murmurer contre le maître, disant : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as faits égaux à nous qui avons porté le faix (fardeau) du jour et la chaleur » (v. 12).

Le maître, en leur rappelant ce qui avait été convenu, ajoute : « Mais je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ton œil est-il méchant parce que moi je suis bon ? » (v. 14 et 15)

Ces ouvriers de la première heure n’avaient pas lieu de se plaindre, ayant reçu le denier convenu, mais ils ne pouvaient accepter de voir les autres recevoir autant qu’eux, surtout ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure. Quel ouvrier n’aurait pas tenu de semblables raisonnements ?

La bonté de Dieu révèle que l’homme est toujours prêt à accuser Dieu d’injustice ; mais « le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? » (Gen. 18. 25) Il est souverain pour attribuer ses biens comme cela Lui convient.

Dans sa grâce, Il appelle des ouvriers à la onzième heure et leur donne autant qu’à ceux qui ont été appelés plus tôt. Car les derniers venus ont eu confiance en sa parole, en sa justice et en sa bonté. C’est ce qu’Il apprécie par-dessus tout. Ainsi les derniers sont les premiers, et les premiers les derniers.

Enseignement de la parabole en relation avec les voies de Dieu.

Les ouvriers de la première heure tombés d’accord avec le maître sont une figure d’Israël sous le régime de la loi, alors que les ouvriers de la onzième heure représentent les nations, étrangères aux alliances de la promesse, et qui étaient les objets de la grâce de Dieu.

Paul est arrivé tard dans l’œuvre, s’estimant le moindre des apôtres, mais il peut déclarer : « J’ai travaillé beaucoup plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » (1 Cor. 15. 10).

Gardons-nous de nous comparer les uns aux autres selon les dons reçus du Seigneur. Il sait estimer le travail accompli pour Lui, mais il apprécie encore plus la foi en Lui, en Sa parole, en Son amour et en Sa sagesse. Cette foi opérante par l’amour ne se préoccupe pas de la récompense. L’ouvrier est satisfait d’occuper la place assignée par Dieu, comptant sur la grâce pour être envoyé travailler fidèlement dans Sa vigne, même si le jour est avancé.

De plus, il apprécie la grâce communiquée aux autres par le moyen des dons que Dieu leur a confiés. Il était dit aux Hébreux : « Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore » (6. 10). « Chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail » (1 Cor. 3. 8).

Cela est arrivé aux premiers appelés, mais n’oublions pas que la grâce récompense au-delà de tout mérite du travail, grand principe de tout vrai service accompli pour l’amour du Seigneur.

Avez-vous remarqué l’inversion de la sentence entre le début de la parabole (19. 30) et la fin (20. 16) : « Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers les derniers » ? Dans le premier cas est évoquée la pensée de l’homme demandant une récompense, et dans le dernier il s’agit de la souveraineté du Dieu qui se plaît à bénir selon les richesses de Sa grâce et de Sa bonté. Ouvriers de la onzième heure, puissions-nous répondre à l’appel du Seigneur en comptant sur sa pure grâce pour le servir en toute humilité (Act. 20. 19).

En chemin, montant à Jérusalem (Mat. 20. 17 à 28 ; Marc 10. 32 à 45 ; Luc 18. 31 à 34).

Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Mat. 20. 17 à 19 ; Marc 10. 32 à 34 ; Luc 18. 31 à 34).

A plusieurs reprises déjà, Jésus avait entretenu ses disciples de ses souffrances, de sa mort et de sa résurrection. Maintenant ils étaient en chemin, montant à Jérusalem où Il allait mourir sur une croix infâme. Stupéfiés et remplis de crainte, ils le suivaient.

C’est alors qu’Il leur parle à nouveau des choses qui vont Lui arriver : la trahison de Judas, sa condamnation par les principaux sacrificateurs et les scribes, les Juifs le livrant aux nations, à Pilate et à ses soldats, les injures, les coups de fouet, les crachats, la crucifixion avec sa mort et, au troisième jour, sa résurrection. N’avait-il pas dressé sa face résolument pour aller à Jérusalem ? (Luc 9. 51)

Méditons avec un saint recueillement ces paroles du Seigneur Jésus en nous disant : « Cher Sauveur tu as tant souffert pour moi ! »

Luc précise que les disciples ne comprirent rien à ces choses ; et cette parole leur était cachée (18. 34). Ils étaient encore tout occupés de la gloire du royaume qu’ils allaient partager avec Lui, comme Il le leur avait déclaré au chapitre précédent. Mais ils ne comprenaient pas que le chemin pour y arriver passait par la croix, où Il devait mourir après avoir souffert sous le jugement de Dieu.

Fondement de toutes nos bénédictions présentes et futures, cette œuvre marque-t-elle toute notre vie ?

Demande des fils de Zébédée (Mat. 20. 20 à 24 ; Marc 10. 35 à 41).

Les paroles de Jésus, relatives à ses souffrances et à sa mort, n’auraient-elles pas dû sensibiliser le cœur des disciples et y produire une vraie sympathie ?

Pourtant deux d’entre eux, Jacques et Jean, fils de Zébédée, accompagnés de leur mère, expriment le désir d’occuper une place d’honneur dans le royaume, étant assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche, dans sa gloire. Ne traduisaient-ils pas ainsi leur égoïsme, leur ambition charnelle, la vanité incurable du cœur naturel ?

La réponse du Seigneur manifeste qu’Il est le parfait Serviteur, obéissant à la volonté de son Père. Il allait bientôt boire la coupe des souffrances et subir le baptême de la mort. Et c’était à ceux qui le suivraient dans un chemin de renoncement, de souffrances et de mort pour l’amour de son Nom, que seront attribuées des places d’honneur dans le royaume, par le Père ; car Jésus garde sa place de Serviteur.

Certes Jésus seul a traversé les souffrances et la mort expiatoires. Mais ceux qui le suivent seront identifiés avec Lui dans sa réjection, pouvant aller jusqu’au martyre pour certains chrétiens.

Cela nous fait penser à Paul, dont le cœur était attiré par Christ vers la gloire (Phil. 3. 10 et 11). Le chemin qui conduit à la gloire passe par la croix (Act. 14. 22 ; Rom. 8. 17 ; 1 Pier. 4. 12 et 13).

Ces paroles du Seigneur prennent tout leur sens pour son disciple : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur : si quelqu’un me sert, le Père l’honorera » (Jean 12. 26).

Nous savons que Jacques fut le premier des apôtres à donner sa vie pour son Maître (Act. 12. 2) et Jean, qui se désigne par l’expression touchante « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13. 23), a consacré toute une longue vie à Son service. Le Seigneur avait déclaré à ses disciples qu’ils seraient assis sur douze trônes, jugeant les douze tribus d’Israël (Mat. 19. 28).

Jacques et Jean soulèvent l’indignation des dix autres disciples. Mais le Seigneur saisit cette occasion pour déployer sa parfaite grâce.

La vraie grandeur des disciples de Jésus (Mat. 20. 25 à 28 ; Marc 10. 42 à 45).

En appelant les disciples auprès de Lui, avec une patience incomparable, le Seigneur va leur donner, ainsi qu’à chacun de nous, une leçon d’humilité. Il met en contraste la grandeur selon les hommes et la grandeur selon Dieu, sur cette terre.

Ceux qui gouvernent les nations dominent sur elles, et les grands de ce monde usent d’autorité, mais le Seigneur ajoute : « Il n’en est pas ainsi parmi vous, mais quiconque voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et quiconque d’entre vous voudra devenir le premier, sera l’esclave de tous » (Marc 10. 42 à 44).

Parmi les disciples de Jésus, la vraie grandeur c’est de prendre l’humble place de celui qui sert les autres, tout en servant le Seigneur (Col. 3. 23 et 24). Souvenons-nous de Celui qui s’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, et que Dieu a haut élevé, Lui donnant un nom au-dessus de tout nom (Phil. 2. 8 à 11).

C’est le parfait modèle, source de la grâce nécessaire pour être l’esclave de tous, c’est-à-dire de n’importe qui, du plus faible, du plus misérable, du plus vil, comme de chacun. Une telle leçon a d’autant plus de prix que Jésus la donne sur le chemin le conduisant à la croix.

Au verset 45, le Seigneur donne une signification à sa mort. Il va donner sa vie en rançon pour plusieurs. Ces plusieurs sont tous les rachetés placés au bénéfice de son œuvre expiatoire (Héb. 9. 28).

Fais-tu partie de ces plusieurs ?

Par contre, il est écrit en 1 Timothée 2. 6, que l’homme Christ Jésus s’est donné Lui-même en rançon pour tous. C’est la propitiation. La rançon ayant été payée, Dieu est favorable à tout homme qui peut venir à Jésus, le Sauveur.

Ainsi, le Seigneur meurt pour payer notre rançon, et nous apprendre à aimer et à servir (Éph. 5. 2).

Guérison des deux aveugles de Jéricho (Mat. 20. 29 à 34 ; Marc 10. 46 à 52 ; Luc 18. 35 à 43).

Les deux aveugles.

Poursuivant son chemin vers Jérusalem, Jésus, suivi d’une grande foule, sort de Jéricho. C’était la première ville rencontrée par les fils d’Israël après leur traversée du Jourdain. Cette ville avait été longtemps frappée de malédiction.

Avec ce double miracle commencent les dernières scènes de la vie de notre cher Sauveur sur la terre, et sa dernière présentation à Israël, comme Fils de David, le vrai Roi de ce peuple.

Assis au bord du chemin, mendiant, deux aveugles, dans un complet dénuement, apprennent que Jésus passait. Un ardent désir les pousse à s’écrier : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ».

Tout en reconnaissant sa dignité qu’ignoraient les pharisiens (Mat. 22. 41 à 46), ils sont convaincus qu’il peut répondre à leur besoin. Malgré l’opposition de la foule qui essaie de les faire taire, dans leur persévérance ils crient d’autant plus fort : « Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ». Ils saisissent l’ultime occasion où le Fils de David montait pour la dernière fois à Jérusalem.

Matthieu – l’évangile du Messie, du Roi d’Israël – est le seul à signaler la présence des deux aveugles, deux témoins de la grâce et de la puissance de Jésus répondant à leur foi. Car par la bouche de deux ou trois témoins toute chose sera établie (Deut. 19. 15). Cela avait son importance pour les Juifs attachés à la loi.

Par contre Marc dénomme l’un de ces aveugles : Bartimée. Devant son insistance pour implorer sa pitié, Jésus le fait appeler. Aussitôt, jetant loin son vêtement, il se lève en hâte et vient à Lui. Spontanément il se débarrasse de toute entrave pour aller au plus vite près de Celui qui peut le guérir.

Le Seigneur met à l’épreuve la foi de ces deux aveugles par sa question : « Que voulez-vous que je vous fasse ? Ils lui disent : Seigneur, que nos yeux soient ouverts. Et Jésus, ému de compassion, toucha leurs yeux ; et aussitôt leurs yeux recouvrèrent la vue ; et ils le suivirent » (Mat. 20. 32 à 34).

C’est l’exemple saisissant d’une âme éprouvant le besoin ardent d’être sauvée et qui trouve son Sauveur par la foi en Jésus, avec le pardon et la paix, malgré tous les obstacles rencontrés. Quel privilège ensuite de suivre Jésus, par amour, sur le chemin conduisant à la gloire éternelle !

Cher lecteur, possèdes-tu le salut de ton âme par la foi en Jésus après avoir été convaincu de péché et de ton état de perdition ?

Sur le plan prophétique, malgré l’aveuglement du peuple, aux derniers jours, un résidu d’Israël aura les yeux ouverts pour reconnaître par la foi son vrai Messie, le Fils de David, son Roi.

Zachée (Luc 19. 1 à 10).

Aux abords de Jéricho, Jésus vient de guérir deux pauvres aveugles qui, sauvés par la grâce et par la foi, n’ont qu’un désir : Le suivre dans son chemin. Maintenant Jésus, en grâce, s’introduit dans une maison de cette ville maudite, et y apporte le salut.

Jésus approche Zachée.

Zachée éprouvait un besoin intense : « il cherchait à voir Jésus, quel il était », et pourtant que d’obstacles se dressaient sur son chemin.

Chef de publicains, il collectait les impôts pour les Romains et cette position déshonorante lui valait le mépris des Juifs, supportant mal leur asservissement aux nations.

Riche, il faisait partie de ceux dont le Seigneur venait de dire : « Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! » (18. 24)

Petit de taille, il est conscient de son incapacité naturelle, et la foule qui entoure Jésus l’empêche de réaliser son désir. Mais qu’importe, il surmonte toute crainte de l’opinion de ses semblables, court et monte sur un sycomore pour Le voir. Mais il ne pouvait échapper au regard de Jésus qui l’interpelle : « Zachée, descends vite ; il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ».

C’est le langage de la grâce qui comble bien au-delà de tout ce qu’il pouvait supposer, celui que Jésus appelle par son nom. Zachée saisit, par la foi, l’aujourd’hui de Dieu.

Jésus entre dans la maison de Zachée.

Obéissant avec promptitude au Seigneur, Zachée l’accueille avec joie dans sa maison. Mais tous ceux dont les cœurs sont remplis de propre justice murmurent, disant qu’il était entré chez un pécheur pour y loger.

Or chaque fois que Jésus entrait dans un foyer, n’était-ce pas chez un pécheur ? Quelle dureté marque le cœur de l’homme étranger à la grâce !

Dans l’entretien où Zachée ouvre son cœur au Seigneur apparaissent et sa délicatesse de conscience et sa générosité, malgré sa fausse position. Mais cela ne pouvait le sauver. Il était inutile de se justifier.

S’abstenant de toute accusation, Jésus parle uniquement du salut venu à cette maison. Zachée était par la foi fils d’Abraham, et le Fils de l’homme était venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Le verbe « chercher » absent en Matthieu 18. 11, où il s’agit des petits enfants, évoque le travail de conscience d’une âme qui s’est égarée, étant responsable devant Dieu des péchés commis. À travers une profonde repentance envers Dieu, elle découvre son état de perdition et son besoin d’un Sauveur qu’elle reçoit comme un petit enfant croyant simplement ce qu’on lui dit.

Ainsi l’égarement n’est pas mis en compte avant l’âge de la responsabilité. Seule la foi en Jésus a sauvé Zachée.

Cher lecteur est-ce bien ton cas ?

La parabole des mines (Luc 19. 11 à 27).

En réponse aux pharisiens qui l’interrogeaient pour savoir quand, viendrait le royaume de Dieu, Jésus avait déclaré : « Voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17. 21). Alors qu’Il était près de Jérusalem, ceux qui Le suivaient pensaient que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître à la suite de cette parole : « Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).

Or pour sauver le pécheur, Jésus devait d’abord être rejeté de son peuple, souffrir et mourir pour accomplir l’œuvre de la rédemption. Ainsi le royaume de Dieu ne pouvait qu’être différé comme le montre la parabole des mines. Avant son établissement, la terre sera purifiée par les jugements.

La mission confiée aux dix esclaves (v. 11 à 14).

« Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne » (v. 12 et 13).

Cet homme noble, c’est Jésus, qui après son rejet comme roi (v. 14), va aller au ciel, ce pays éloigné. Comme homme glorifié, Il reçoit le royaume, étant investi de la domination universelle, puis II reviendra revendiquer ses droits de souverain sur la terre.

Au moment où Il remet sa mine, quel écho a l’injonction du maître dans le cœur de chaque serviteur : « Trafiquez jusqu’à ce que je vienne ? » Chaque serviteur est responsable vis-à-vis du Seigneur de ce qui lui a été donné. Comment va-t-il se conduire à l’égard du dépôt remis par le maître ? Sera-t-il fidèle à sa parole ou oisif ?

Dans cette parabole chaque esclave reçoit le même don, une mine. Cela ne nous parle-t-il pas des dons en relation avec la profession du christianisme ? Quel cas faisons-nous de la Parole de Dieu à la portée de tout chrétien, des opérations du Saint Esprit venu comme personne divine sur la terre depuis la Pentecôte ?

Le vrai croyant conscient de sa responsabilité quant à ce qu’il a reçu, par la grâce de Dieu, va faire fructifier le don du maître au temps de son absence ; vivre de toute parole de Dieu, proclamer la vérité dans le monde et dans l’assemblée, exalter Christ dans sa vie, par la puissance du Saint Esprit, tout en attendant avec ferveur son retour.

Sans doute les fruits produits seront différents selon le zèle de chaque esclave.

Dans les concitoyens exprimant leur haine de l’homme noble par leurs paroles : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (v. 14), ressort la culpabilité des Juifs. Jésus a été rejeté comme roi (Jean 19. 15) et condamné à la crucifixion. Puis après sa mort, malgré les discours de Pierre et d’Étienne manifestant toute la patience de Dieu, dans le livre des Actes, le peuple juif dans son ensemble a confirmé le refus définitif de son roi.

C’est aussi le comportement de tout incrédule vis-à-vis de Christ.

L’appréciation du maître et la rétribution des esclaves fidèles (v. 15 à 19).

A son retour le maître désire savoir combien chacun avait gagné par son trafic pour le rétribuer en conséquence.

Dans cette parabole la responsabilité de l’esclave est bien soulignée à partir du don reçu de la part du maître. L’amour pour le maître absent que l’on sert, va produire le dévouement et la fidélité.

Le premier esclave, loin de s’attribuer quelque mérite à son travail, reconnaît que la mine du maître a produit dix mines. En ce qui nous concerne, le bien que Dieu produit dans nos vies est le fruit de sa pure grâce. Le maître donne aussitôt son appréciation : « Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très-peu de chose, aie autorité sur dix villes » (v. 17).

Sa récompense sera d’exercer l’autorité sur autant de villes qu’il a gagné de mines. Ici le Seigneur est vu comme roi venant établir son royaume. Puissions-nous aussi nous consacrer aux intérêts du Seigneur, alors qu’Il est encore rejeté et absent de cette terre ! Sa récompense sera à la mesure de notre dévouement.

Le deuxième esclave présente à son maître le profit de son travail, soit cinq mines, et reçoit la récompense correspondant à sa mesure de fidélité, étant établi sur cinq villes. Ce que nous aurons acquis ici-bas dans la jouissance personnelle de Christ, de sa grâce, et dans les résultats d’un service fidèle envers Lui, nous le conserverons pour le ciel.

Le sort réservé à l’esclave infidèle (v. 20 à 26).

Le troisième serviteur est méchant, car il ne connaît pas son maître, l’estimant sévère, exigeant, et injuste. Il n’a rien fait pour lui, tout en proclamant son autorité.

Il portait bien le titre d’esclave, tout comme bien des chrétiens qui se contentent de la seule profession, sans avoir la vie divine, c’est-à-dire la foi en l’œuvre de Christ. Il est reproché au méchant esclave, économe infidèle, de ne pas avoir mis son argent à la banque pour qu’il soit retiré avec l’intérêt.

Si son jugement n’est pas prononcé, toutefois son sort sera assimilé à celui des ennemis du roi (Mat. 25. 30). La mine lui sera ôtée et donnée à celui qui a les dix mines.

Ainsi plus on est fidèle dans la mise en valeur de ce que le Seigneur nous a confié, plus on reçoit, déjà ici-bas, et pour l’éternité. Mais si un homme énonce la vérité qui lui a été présentée, sans qu’elle soit accompagnée d’une foi réelle, cela même qu’il a lui sera ôté.

Le jugement des ennemis du roi (v. 27).

Les ennemis du roi qui n’ont pas voulu de son règne sont amenés et tués devant lui. Ce jugement solennel frappera les Juifs incrédules et apostats, génération issue de celle qui rejeta le Seigneur, tout en ayant les mêmes caractères.

Ne craignons pas l’opprobre de Christ au temps de son rejet. Que nous soyons fidèles dans l’administration de ce qu’Il nous a confié ! Bientôt nous aurons en partage sa joie et son autorité dans le royaume.

Parabole des talents (Mat. 25.14 à 30).

Cette parabole, souvent mise en rapport avec celle des mines (Luc 19. 11 à 27), souligne toute l’importance du service pour ceux que le Seigneur emploie. Elle se rattache à la parabole précédente pour présenter deux aspects de la vie chrétienne : servir le Seigneur en l’attendant, comme le réalisaient les jeunes croyants Thessaloniciens (1 Thess. 1. 9 et 10).

Avant son départ, le Maître remet ses biens à ses esclaves (v. 14 et 15).

Le Seigneur s’en va hors du pays, c’est-à-dire d’Israël, et confie à ses propres esclaves une partie de ses biens pour qu’ils les fassent prospérer au cours de son absence. Rejeté par les hommes, Christ a quitté cette terre. Les biens qu’il a distribués à ses esclaves, selon sa sagesse et sa souveraineté, sont liés à sa venue ici-bas pour accomplir l’œuvre de la croix.

Il appartient au Maître d’adapter le don à la capacité du vase, si bien que l’un reçoit cinq talents, un autre deux, et un autre un. Tous n’ont pas la même capacité, ni le même don comme en Luc 19, à propos des mines où il est question de la responsabilité du serviteur. Mais ils ont le même Seigneur et devraient avoir le même zèle pour Le servir.

Le Maître n’exprime pas ici ce qu’ils doivent faire des talents reçus, car tout est grâce dans l’exercice des dons, dès l’instant où il y a la connaissance de son cœur plein de bonté.

Ne négligeons pas le don que nous avons reçu, même s’il ne s’agit que d’un talent. Ne devrions-nous pas plutôt nous attribuer cette parole : « Qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? » (1 Cor. 4. 7). Ainsi nos facultés naturelles et spirituelles constituent nos capacités, et le don de grâce est communiqué par le Maître à chacun selon sa propre capacité.

L’objectif de l’esclave fidèle ne sera-t-il pas de faire fructifier un tel don qu’il soit grand ou petit, à la gloire de son Seigneur ? Des dons de grâce différents à l’adresse des croyants sont énumérés en Romains 12. 6 à 16.

Comment les esclaves ont utilisé les biens du Maître ? (v. 16 à 18).

Conscients que les intérêts du Maître leur ont été confiés, deux esclaves fidèles ont fait valoir les talents reçus. Celui qui avait eu cinq talents, a pu en acquérir cinq autres, et celui qui avait reçu les deux, en gagne deux autres. Avec la même diligence ils ont doublé ce qu’ils avaient reçu au départ, sans avoir la même capacité.

Mais quel contraste avec l’esclave infidèle n’ayant reçu qu’un talent ! Il s’est contenté de le cacher dans la terre, au lieu de s’en servir dans l’intérêt de son Maître que, malgré toutes ses prétentions, il ne connaissait pas.

Appréciation du Maître à son retour et récompense des esclaves fidèles (v. 19 à 23).

A son retour, longtemps après, le Maître règle compte avec ses esclaves. Ils avaient eu du temps pour faire valoir les talents reçus de sa main. Leur amour pour le Maître soutenait leur fidélité, leur patience et leur persévérance.

Nous serons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal (2 Cor. 5. 10).

Les deux premiers esclaves ayant doublé les sommes confiées, entendent chacun la même appréciation du Maître : « Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître » (v. 21 et 23). Matthieu met l’accent sur la fidélité. Ces deux esclaves, outre leur établissement dans le royaume, reçoivent la suprême récompense : entrer dans la joie du Maître qu’ils ont aimé et connu, tout en le servant.

Destinée de l’esclave inutile (v. 24 à 30).

Le troisième esclave avait caché le talent du Maître dans la terre. Il n’a rien fait, c’était un paresseux. De plus il est déclaré méchant, car il ne connaissait pas son Maître et sa bonté, n’ayant aucune confiance en lui, méprisant même le don reçu.

Il accuse son Maître de dureté, d’injustice, prétendant le connaître, alors qu’il est le seul à ne pas le connaître. Il professe être un esclave tout en étant incrédule. Il ne reconnaît ni les droits de Dieu, ni son amour.

Cet esclave représente tous ceux qui possèdent des privilèges chrétiens sans en jouir d’une manière vitale. Ils ont la profession sans la vie de Dieu. Ils perdent tout ce qui leur a été confié, comme cela est confirmé au v. 29, et en Hébreux 6. 4 à 6. Dieu fait une distinction entre les dons reçus et la grâce opérant dans le cœur.

Le talent de l’esclave infidèle est donné à celui qui en avait dix. Ainsi ceux qui sont fidèles obtiennent toujours davantage. C’est comme étant inutile que l’esclave méchant et paresseux est condamné. Il est jeté dans les ténèbres du dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents (v. 30). C’est le jugement éternel.

Toi qui appartiens au Seigneur Jésus, puisses-tu faire valoir pour sa gloire le don que tu as reçu. La récompense par excellence du fidèle sera de partager la joie du Maître.

Hélas ! caché dans une aride terre,

Plus d’un talent, Seigneur, n’a rien produit !

Autour de nous, notre faible lumière

N’a pas brillé pour éclairer la nuit.

Oh ! puissions-nous pendant la dernière heure,

Porter du fruit pour toi, travailler tous

Jusqu’au moment d’entrer dans ta demeure.

Réveille-nous, Seigneur, réveille-nous !

(Hymnes et Cantiques n°244 strophe 3)

Le souper de Béthanie (Mat. 26. 6 à 13 ; Marc 14. 3 à 9 ; Jean 12. 1 à 11).

Un souper pour le Seigneur (Jean 12. 1 et 2).

Alors que se trame à Jérusalem le complot meurtrier des méchants (Mat. 26. 3 à 5), un repas est préparé pour le Seigneur par les siens dont le cœur est rempli de son amour. Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie. On lui fit là un souper.

Même si Lazare, le mort que Jésus avait ressuscité d’entre les morts, est présent, ce repas est toutefois préparé en l’honneur du Maître qui y occupe la place centrale.

L’Esprit de Dieu dans l’évangile de Jean déroule une scène symbolique des résultats bénis découlant de l’œuvre expiatoire de Jésus et de son triomphe remporté sur la mort. La preuve en est donnée dans la résurrection de Lazare.

Jésus apparaît ici comme le Prince de la vie (Act. 3. 15) et comme le roi de gloire (Ps. 24. 7 à 10).

Lazare est un type de la résurrection future d’Israël (Éz. 37), et Marthe représente ceux qui, traversant vivants la grande tribulation, entreront dans le règne millénaire de Christ, sur la base de sa mort et de sa résurrection.

En attendant que le peuple terrestre jouisse des bénédictions le concernant, les rachetés de l’économie (période) présente de la grâce goûtent une précieuse part dans l’intimité avec leur Seigneur.

Ils Lui rendent culte par l’Esprit, réalisant par grâce différents caractères de la vie chrétienne, comme les représentent Lazare, Marthe et Marie.

« Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui ». C’est l’expression de la communion. Mort et ressuscité, il avait reçu une vie nouvelle.

C’est aussi le cas de chaque racheté du Seigneur. Mort au monde et au péché, il vit à Dieu (Rom. 6. 10 et 11).

Lazare ne prononce pas une parole, mais il lui suffit d’être là où est son Seigneur pour partager avec lui ce repas. Il est le témoin bien vivant de ce que Jésus a fait pour lui.

« Marthe servait ». Elle exerçait sans bruit le don de grâce reçu du Seigneur. Autrefois le Seigneur l’avait blâmée, car elle était distraite par beaucoup de service (Luc 10. 40). Jésus n’était pas son seul objet. Maintenant qu’elle le connaît comme la résurrection et la vie (Jean 11. 25 à 27), elle sert, de cœur, spontanément (Col. 3. 23).

Acte de foi et d’amour de Marie (Jean 12. 3).

Marie réalise le privilège par excellence de la vie chrétienne : l’adoration, le culte, ayant Jésus pour seul Objet, alors que dans le souper fait en son honneur, la communion est avec Lui et le service accompli pour Lui.

« Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum ».

Comme quelqu’un l’a exprimé : « Jésus seul remplit son âme, elle fixe les yeux sur Lui ; son cœur ne bat que pour Lui, ses mains et ses pieds sont d’accord avec ses yeux et son cœur. Elle oint les pieds de Jésus, et Lui essuie les pieds avec ses cheveux, la gloire de la femme » (1 Cor. 11. 15).

Consciente de la dignité de Celui qui est Dieu manifesté en chair, son geste démontre que ce parfum pur de grand prix n’a pas encore assez de valeur pour demeurer sur les pieds adorables de son Sauveur. Mais en l’essuyant, Marie en imprègne sa chevelure, et le parfum remplit de son odeur toute la maison.

Dans cet acte de foi et d’amour, le cœur s’épanche comme le parfum du vase brisé, procurant au Seigneur un rafraîchissement bienfaisant avant les heures terribles de la croix.

Dans les évangiles de Matthieu et de Marc, Marie n’est pas nommée. C’est une femme qui, dans les deux cas, répand le parfum sur la tête du Seigneur.

Selon le caractère de Matthieu, elle oint la tête du Roi, fils de David, le Messie rejeté, au moment où Il va mourir. Son parfum se répand de la tête sur le corps du Seigneur (Mat. 26. 12). Par une intuition spirituelle, elle discerne que le corps de Jésus sera enseveli, mais avec l’assurance qu’Il ne pourra rester dans le tombeau.

Dans l’évangile de Marc, le parfum est répandu sur la tête du Prophète et du parfait Serviteur, venu sur la terre pour accomplir la volonté de Dieu dans l’œuvre de la rédemption (Marc 14. 3). Et cette gloire n’est pas moindre que celle du Roi.

Dans l’évangile de Jean, Marie, dans sa muette ferveur, ne pouvait oindre que les pieds du Fils de Dieu. Selon son habitude elle occupe sa place aux pieds du Seigneur (Luc 10. 38 ; Jean 11. 32).

Intervention des disciples et approbation du Seigneur (Jean 12. 4 à 8).

Indignés, les disciples reprennent vivement la femme qui a osé faire la perte d’un tel parfum estimé par Judas Iscariote à trois cents deniers. Selon eux, on aurait pu distribuer cet argent aux pauvres. Mais l’Écriture précise que Judas était voleur, et qu’il avait la bourse et portait ce qu’on y mettait. En fait, pour lui, l’amour de l’argent passait avant les pauvres (1 Tim. 6. 9 et 10).

Mais le Seigneur honore Marie de son approbation devant tous. Elle a fait une bonne œuvre envers Celui qui doit déclarer : « Permets-lui d’avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture ».

Ce privilège n’a pas été accordé aux femmes venues au tombeau vide pour embaumer le corps du Seigneur avec les aromates, car Il était déjà ressuscité.

Sans négliger l’exercice de la bienfaisance (Gal. 6. 10), offrons sans cesse au Seigneur un sacrifice de louanges, sachant combien Il apprécie l’adoration d’un cœur qui l’aime.

Les chefs du peuple veulent faire mourir Lazare, car après sa résurrection plusieurs des Juifs croyaient en Jésus. Ne voulaient-ils pas se débarrasser d’un témoin gênant ? Mais Dieu poursuit son œuvre en dépit de l’incrédulité des hommes.

Entrée de Jésus à Jérusalem (Mat. 21. 1 à 11 ; Marc 11. 1 à 11 ; Luc 19. 29 à 44 ; Jean 12. 12 à 19).

Jésus acclamé comme Roi entre à Jérusalem.

Jésus, accompagné de ses disciples, s’approche de Jérusalem. Arrivant à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Il envoie deux de ses disciples chercher dans le village voisin, l’ânon sur lequel Il devait faire son entrée à Jérusalem, comme Zacharie l’avait prophétisé (9. 9).

Tout en sachant qu’Il allait mourir près de cette ville qui tue les prophètes, Jésus se présente ici à son peuple dans l’humilité et la grâce, comme le Roi, le fils de David. L’ânesse et l’ânon sont à sa disposition, au moment voulu, et le propriétaire répond au besoin du Seigneur.

Dans cette scène éphémère tout semble se soumettre à l’autorité du Seigneur.

La citation en Matthieu 21. 5 (de Zacharie 9. 9), ne retient que le caractère de débonnaireté du Seigneur et omet les deux expressions : « Il est juste et ayant le salut », c’est-à-dire qu’il exécutera le jugement à l’égard de ses ennemis, et comme Sauveur, il délivrera le résidu pieux de son peuple. Mais ce n’était pas encore le temps où le Fils de l’homme viendrait sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire (Mat. 24. 30).

Dans sa souveraineté le Seigneur savait qu’un ânon était tenu en réserve pour lui seul (Luc 19. 30), et les disciples l’amenèrent à Jésus. Ayant jeté leurs vêtements sur l’animal, ils mirent Jésus dessus. Et une immense foule étendit ses vêtements sur le chemin, et d’autres coupaient des rameaux des arbres, les répandant sur la voie royale qui conduisait le fils de David dans la ville du grand Roi.

N’y avait-il pas dans cette scène une esquisse de la fête des tabernacles, annonçant le Millénium ?

À la descente de la montagne des Oliviers, la multitude des disciples se réjouissant par l’Esprit, se mit à louer Dieu disant : « Hosanna (mot signifiant  « Sauve, je te prie ») au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts » (Mat. 21. 9 ; Marc 11. 9 et 10 ; Luc 19. 37 et 38).

C’est la prophétie remarquable du Psaume 118. 22, dont l’accomplissement se réalisera entièrement à l’entrée du règne millénaire. Mais maintenant, à cause du rejet de Christ, la paix est ôtée de la terre, alors qu’elle avait été proclamée à sa naissance, par les anges aux pauvres du troupeau (Luc 2. 14).

Désormais Christ ressuscité, élevé dans le ciel, est notre paix (Éph. 2. 14). Et lorsqu’Il régnera sur la terre, « Lui sera la paix » (Michée 5. 5).

Luc fait ressortir le contraste entre la joie communicative des disciples et les réactions incrédules des pharisiens s’opposant au témoignage rendu au fils de David, le roi, le Messie promis. Et Jésus répond : « Si ceux-ci se taisent, les pierres crieront » (19. 40). Au moment du rejet de son Fils, Dieu ne pouvait pas se taire. Un témoignage à la gloire du Messie devait être proclamé, en accord avec les Écritures.

Si Jésus entre dans la ville avec le calme de sa majesté royale, toutefois l’élan enthousiaste des foules qui l’accompagnent est de courte durée. La réalité de leur foi va être testée en réponse à une question posée : « Qui est celui-ci ? » Elles déclarent : « Celui-ci est Jésus, le prophète, qui est de Nazareth de Galilée » (Mat. 21. 11). Réponse exacte certes, mais qui pouvait être celle de personnes n’ayant pas la foi.

Jésus pleure sur Jérusalem et signale son sort (Luc 19. 41 à 44).

En présence de la ville bien-aimée, Jésus ressent douloureusement les souffrances qui l’atteindraient, parce qu’elle n’avait pas connu le jour de sa visitation en grâce, par son roi.

Cette vision de la cité, renversée par terre avec ses enfants, fait couler les larmes de l’homme de douleur, étreint par l’Esprit de grâce. L’Éternel n’avait-il pas déclaré à ce peuple : « Oh ! si tu avais fait attention à mes commandements, ta paix aurait été comme un fleuve » (És. 48. 18).

Que de fois le Seigneur avait voulu rassembler les enfants de cette cité, comme une poule ses poussins sous ses ailes et ils ne l’avaient pas voulu ! (Luc 13. 34)

Il ne restait plus que le jugement destructeur en l’an 70, lors du siège des Romains par Titus, mais aussi, après l’enlèvement de l’Église, celui qui aura lieu lors des évènements de la fin, avant l’instauration du règne de Christ.

Nous sommes confondus par la patience de Dieu à l’égard de son peuple et envers le monde ; et pourtant Dieu n’est pas indifférent à tout le mal commis par l’homme, et à toute la souffrance poignante qui en résulte. « Le Seigneur est patient… ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

Le message de Jésus présenté au début de son ministère reste toujours actuel : « Repentez-vous et croyez à l’évangile » (Marc 1. 15).

L’as-tu reçu par la foi ?

Mais pour le maintien en équilibre de ses perfections, Dieu devra mettre un terme au déploiement de sa grâce, afin d’exécuter ses jugements, même si c’est son œuvre étrange et son travail inaccoutumé (És. 28. 21). L’homme ne peut pas toujours se moquer de Dieu et résister aux appels de sa grâce impunément.

Cependant, tant que dure l’économie de la grâce, appliquons-nous à exercer la miséricorde et la patience envers tous, comme Dieu notre Père nous en donne l’exemple parfait.

L’évangéliste Marc est seul à préciser que Jésus entra « dans le temple ; et après avoir promené ses regards de tous côtés sur tout, comme le soir était déjà venu, il sortit et s’en alla à Béthanie avec les douze » (11. 11). Rien n’échappe à son regard scrutateur. Sans prononcer une parole, Il ne peut que s’éloigner de la cité incrédule et rebelle pour trouver refuge avec ses disciples auprès de ceux qui L’aiment et ont été témoins de la puissance de la résurrection.

Peux-tu dire en vérité au Seigneur : « Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi » ? (Cant. 7. 10)

Jésus purifie le temple (Mat. 21. 12 à 17 ; Marc 11. 15 à 19 ; Luc 19. 45 à 48).

De retour à Jérusalem, dès le matin, Jésus entre dans le temple. Il va déployer son autorité royale pour purifier Sa maison.

Ceux que le Seigneur chasse du temple (Mat. 21. 12 et 13).

Après sa présentation comme Roi à Jérusalem, Jésus se rend au temple, centre religieux de ce peuple. Son zèle pour la maison de son Père le porte à purifier ce lieu profané par la présence de vendeurs et d’acheteurs qu’Il chassa.

On peut penser que le trafic et le change de la monnaie pratiqués dans le temple trouvaient une justification dans ce qu’énonçait la loi en Deutéronome 14. 24 à 26. Ceux qui venaient de loin pour sacrifier à l’Éternel pouvaient acheter du bétail ou des colombes sur place. Et des hommes impies avaient profité de ces dispositions légales pour faire de l’enceinte du temple une caverne de voleurs, se livrant à de honteuses escroqueries, déshonorant le nom de Dieu.

Sous une forme interrogative l’Éternel avait déjà fait ce reproche à leurs pères en Jérémie 7. 11. Mais le Seigneur rappelle quelle était la destination de cette maison d’après les Écritures : « Ma maison sera appelée une maison de prière » (És. 56. 7). Cela sera pleinement réalisé lors de la deuxième venue du Seigneur pour établir sa bénédiction selon cette prophétie.

Aujourd’hui encore il est extrêmement grave de corrompre le temple actuel de Dieu dans lequel le Saint Esprit habite. Quiconque le fait sera détruit (1 Cor. 3. 17). Des maux semblables à ceux dénoncés par le Seigneur ont affecté la chrétienté. On a estimé que la piété est une source de gain et l’apôtre déclare : « C’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent » (1 Tim. 6. 5 à 10).

En Apocalypse 18. 21 à 23 sont présentés les terribles jugements devant atteindre ce qui est appelé la maison de Dieu sur la terre, là où le mal a été toléré et le monde s’est infiltré.

Guérison des infirmes (Mat. 21. 14).

Alors qu’Il vient d’intervenir avec autorité contre le mal introduit dans la maison de son Père, Jésus se met aussitôt à la disposition de ceux qui, conscients de leur état, éprouvent le besoin d’aller à Lui. Il s’agit des aveugles et des boiteux.

De tels infirmes étaient privés du privilège de servir dans le sanctuaire comme sacrificateurs selon Lévitique 21. 18. Il leur était interdit d’entrer dans la maison lorsque David prit la forteresse de Sion (2 Sam. 5. 8). Mais le vrai Fils de David, posant ses pieds en Sion, accueille en grâce ces infirmes et les guérit en exerçant sa puissance divine.

Dans ces infirmes nous avons deux traits de l’homme naturel. Il est incapable de voir et de marcher selon Dieu. Mais il lui suffit d’aller à Jésus dans une entière confiance en sa grâce et en sa puissance pour être délivré.

Louange des enfants et protestations des chefs religieux (Mat. 21. 15 à 17).

Au moment où Jésus manifestait le cœur de Dieu plein de grâce pour l’homme infirme et pécheur, voilà des enfants dont le cœur était rempli de louanges, et ils criaient dans le temple : « Hosanna au Fils de David ! »

C’était l’écho des cris jetés par les foules entourant le Seigneur lors de son entrée royale à Jérusalem. Mais les principaux sacrificateurs et les scribes à la vue des merveilles qu’Il faisait, et à l’écoute des accents de louanges des enfants, en furent indignés et dirent à Jésus : « Entends-tu ce que ceux-ci disent ? » Mais Jésus leur dit : Sans doute ; n’avez-vous jamais lu : « Par la bouche des petits enfants et de ceux qui tettent, tu as établi ta louange ? » (Ps. 8. 2)

Malgré l’opposition de l’homme incrédule, Dieu accomplit ce qui est son bon plaisir, et reçoit la louange de ce qui est petit et faible. Force et louange sont produites par Lui et pour Lui.

En présence des œuvres merveilleuses de Jésus et du témoignage qui Lui est rendu, ces hommes religieux restent endurcis dans leur cœur rempli de haine, ennemis de la vérité qui les condamne. Jésus les laisse, sort de la ville rebelle et s’en va à Béthanie, le lieu où Il est aimé de quelques cœurs dévoués ; mais quel sort terrible est réservé à celui qui rejette la grâce de Dieu !

Ces petits enfants qui avaient entendu que Jésus était le Fils de David n’ont pas besoin de beaucoup d’explications pour exprimer spontanément la louange annoncée prophétiquement au Psaume 8. Il en est ainsi de ceux qui reçoivent dans la simplicité d’une foi vraie, la Parole de Dieu.

Pensons à la réponse immédiate de l’aveugle-né guéri, lorsque le Seigneur s’est révélé à lui comme le Fils de Dieu : « Je crois Seigneur ! Et il lui rendit hommage » (Jean 9. 35 à 38). « Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai… Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 33 et 36).

Cher jeune lecteur, possèdes-tu la vie éternelle ?

Le figuier stérile maudit (Mat. 21. 18 à 22 ; Marc 11. 12 à 14 ; 20 à 26).

Malédiction prononcée par Jésus sur le figuier (Mat. 21. 18 et 19 ; Marc 11. 12 à 14).

Comme Jésus sortait de Béthanie, il eut faim. Et, voyant de loin un figuier, il s’en approcha pour voir s’il y trouverait des figues, mais il ne vit que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Voyant cela, il dit : « Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi. Et ses disciples l’entendirent ».

Le figuier est une figure du résidu d’Israël, revenu en Canaan après la captivité babylonienne pour accueillir son Messie. Le figuier était planté dans la vigne du Seigneur, représentant la nation dans son ensemble (Luc 13. 6). Lorsque le roi se présente, il ne trouve que des feuilles. Ce n’était pas la saison des figues, s’écoulant d’août à octobre.

Pourquoi est-ce que Jésus le maudit puisque ce n’était pas la saison des figues ? Or on sait que des figues précoces peuvent apparaître au printemps (saison à laquelle se rapporte le récit), en particulier dans les vallons abrités. On comprend l’étonnement de Jésus de ne trouver aucune figue sur cet arbre vigoureux, couvert de feuilles.

Stérile, ce figuier est l’image d’Israël et de l’homme dans la chair, dont Dieu s’est occupé à travers son peuple terrestre, avec beaucoup de soin, comme l’évoque le prophète : « Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? » (És. 5. 4) L’histoire d’Israël, c’est notre histoire écrite de la main de Dieu.

Avec quelle patience et quelle grâce il a supporté ce peuple qui, se plaçant volontairement sous le régime de la loi, n’a produit que des feuilles, une profession religieuse, une apparence de piété, sans fruit pour Dieu ! Ayant rejeté et crucifié Christ, lapidé Étienne, il est mis de côté pour toujours.

L’homme naturel doué de facultés admirables, en donnant essor à son génie, se surpasse sans cesse dans le domaine des sciences et des techniques. Quelle humiliation de constater, à la fin de la civilisation chrétienne, que sur le plan moral et spirituel il est un arbre sec, stérile pour Dieu ! L’imagination de son cœur est mauvaise dès sa jeunesse (Gen. 8. 21). Il est incurable. La seule issue pour lui est la repentance.

Or Dieu veut du fruit comme l’exprimait le Seigneur : « En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit » (Jean 15. 8). Mais la nature de l’homme en Adam et celle d’Israël sous la loi est incapable d’en produire.

Le temps de la loi n’était pas celui de la saison des fruits. Seul le temps de la grâce peut en produire en abondance. Le vieil homme étant condamné définitivement à la croix, Dieu communique une nouvelle nature sur le principe de la foi. Elle produit le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22) et de même, sur le pied de la grâce, l’Israël de Dieu sera restauré à la fin.

Puissance de la foi (Mat. 21. 20 à 22 ; Marc 11. 20 à 24).

Le lendemain matin, passant près du figuier maudit la veille par le Seigneur, les disciples constatent qu’il est séché depuis les racines. Le jugement de Dieu l’avait frappé d’une manière surnaturelle, et Pierre en fait la remarque au Seigneur.

N’est-ce pas une image frappante du jugement solennel de Dieu à l’égard de notre nature pécheresse ? Pour la foi il a été porté par Christ à la croix.

S’Il cherche dans votre cœur les fruits d’une vraie repentance, les trouvera-t-Il ?

Jésus répondit à Pierre : « Ayez foi en Dieu », c’est-à-dire appuyez-vous sur la fidélité immuable de Dieu, en dépit de ce qui peut sécher et disparaître autour de vous. La foi est cette faculté spirituelle du croyant qui reçoit la Parole de Dieu dans son cœur (Jean 3. 33 ; Rom. 10. 17).

Puis le Seigneur ajoute : « Quiconque dira à cette montagne : Ôte-toi, et jette-toi dans la mer, et qui ne doutera pas dans son cœur, mais croira… tout ce qu’il aura dit lui sera fait… Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait » (Marc 11. 23 et 24).

Les paroles aussi bien que la prière sont l’expression d’une foi authentique qui reçoit ce qu’elle désire, en accord avec la volonté de Dieu.

La montagne est le symbole d’une grande puissance terrestre, d’un obstacle à surmonter, d’une difficulté à vaincre, mais la foi dispose de la puissance de Dieu et peut obtenir tout ce qu’Il approuve.

En rapport avec le jugement prononcé par Jésus sur le figuier, l’exhortation adressée aux disciples prévoit l’opposition acharnée des Juifs qu’ils affronteraient après son départ (1 Thess. 2. 14 à 16). Seule la foi triompherait.

Mais Israël à cause de son incrédulité a été comme une montagne jetée dans la mer des nations, après la destruction de Jérusalem par les Romains en 70.

Dieu exauce la prière de la foi. Ce principe est de toute importance pour notre marche, notre service, nos combats. Il importe de vaincre par la foi, en bannissant le doute et en fixant nos yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi (c’est à dire : Celui qui amène la foi à son accomplissement). Il suffit à la foi de faire intervenir Dieu dans l’attente de sa réponse dont elle est assurée.

Pour cela la communion avec un Dieu d’amour est à cultiver soigneusement. C’est pourquoi le Seigneur ajoute une nouvelle condition : l’esprit de pardon envers ceux qui ont pu nous léser (Marc 11. 25 et 26).

Il s’agit ici du pardon gouvernemental et non du pardon des péchés que Dieu octroie une fois pour toutes à ceux qui acceptent par la foi l’œuvre expiatoire de Christ. Dans son juste gouvernement Dieu tient compte de la conduite des siens. Il n’approuve jamais le mal dans nos voies. Le péché porté à notre connaissance doit être confessé et abandonné pour que nos prières soient exaucées (Prov. 28. 13 ; 1 Jean 1. 9).

Si quelqu’un te fait tort, pardonne-lui, et n’oublie pas de confesser ta faute à quelqu’un que tu as offensé. « Vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éph. 4. 32).

Les dernières paroles de Jésus en public (Jean 12. 20 à 36).

Des Grecs désirent voir Jésus (v. 20 à 26).

Au moment où le service public de Jésus est presque achevé, et avant qu’Il laisse Sa vie sur la croix, Dieu permet qu’un triple témoignage soit rendu à différentes gloires de Son Fils :

– Sa gloire de Fils de Dieu est manifestée lors de la résurrection de Lazare (Jean 11. 41 à 44).

– Puis Il est reconnu par une grande foule comme le Fils de David, le roi d’Israël entrant à Jérusalem (Jean 12. 12 et 13).

– Enfin la demande des Grecs, hommes des nations, fournit l’occasion au Père de proclamer la gloire de Jésus comme Fils de l’homme qui jugera le monde et son chef – mais ceux qui croiront en Lui participeront aux bénédictions de Son règne.

Après Son rejet comme Messie, Jésus ne pouvait pas porter le titre de Fils de l’homme sans passer par la mort, pour régner sur tout l’univers et introduire des hommes avec Lui dans la gloire. Mais sans avoir besoin de mourir, Il était Fils de Dieu (Luc 1. 36) et Fils de David (Mat. 1).

Ces Grecs, venus à Jérusalem pour adorer pendant la fête, expriment à Philippe leur désir de voir Jésus, au moment où les principaux sacrificateurs tiennent conseil pour Le faire mourir. Puis André étant informé, les deux disciples le disent à Jésus qui donne comme réponse : « L’heure est venue pour que le Fils de l’homme soit glorifié » et pour cela, Sa mort était nécessaire.

Le grain de blé tombant en terre devait mourir pour porter beaucoup de fruit, des grains de la même nature que la semence. Quoique en vertu de Son humanité parfaite Il aurait pu remonter au ciel tout seul – comme artisan des conseils de Dieu – Il s’engage à porter le jugement de la multitude de rachetés dont Il s’entourera au ciel.

Puis le Seigneur souligne les conséquences immédiates de Sa mort pour les compagnons de Sa gloire (v. 25 et 26). Le suivre implique le fait de charger sa croix, c’est-à-dire la mort au péché et au monde. C’est abandonner une vie de vanité, en portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans notre corps (2 Cor. 4. 10).

N’y a-t-il pas trop de personnes qui veulent servir le Seigneur, faire de grandes choses pour Lui, évangéliser même, et qui redoutent de Le suivre dans un chemin de fidélité où elles rencontreront l’opprobre des systèmes religieux, tout comme le Maître l’a connu au sein du Judaïsme ?

Le Seigneur, modèle parfait, a ouvert aux Siens un chemin en dehors du monde. Si nous nous souvenons de Son amour le poussant à venir nous sauver, en subissant le terrible jugement de Dieu qui devait nous atteindre, alors nous ne pouvons pas désirer ici-bas une autre part que la Sienne.

Prière de Jésus dans le pressentiment de Sa mort et réponse du Père (v. 27 et 28).

Troublé dans Son âme, le Seigneur éprouve le sentiment angoissant quant à la coupe amère que le Père Lui donnerait à boire : être abandonné d’un Dieu juste et saint, lorsqu’Il porterait nos péchés en Son corps sur la croix et donnerait Sa vie en rançon pour plusieurs.

Mais aussitôt l’homme parfait se soumet à la volonté parfaite de Son Père en disant : « Père, glorifie ton Nom » (v. 27). Là où l’homme pécheur avait déshonoré le nom de Dieu, Il accomplit l’œuvre de la rédemption, revendiquant à tout prix la gloire de Dieu. Dans Son amour invincible Il permet à des coupables repentants de pouvoir jouir de l’amour de Son Père pendant l’éternité.

Aussitôt une voix vint du ciel : « Et je l’ai glorifié et je le glorifierai de nouveau ». Glorifié lors de la résurrection de Lazare, Il allait l’être encore par la résurrection de Christ Lui-même (Rom. 6. 4). Ayant délié les douleurs de la mort, il n’était pas possible qu’Il fût retenu par elle.

Si ce cher Sauveur a enduré la mort pour d’autres, Il en sortira vainqueur en vertu de Ses propres perfections.

Interventions de la foule et avertissements de Jésus (v. 29 à 36).

A la foule étonnée d’entendre cette voix, Jésus annonce les conséquences solennelles de Sa mort et de Sa résurrection :

– Le jugement du monde qui se condamne définitivement en rejetant le Seigneur de gloire.

– La puissance de Satan, chef de ce monde, est brisée pour toujours, il sera jeté dehors ;

– Enfin, la croix où mourut le Sauveur reste le point d’attraction pour tous les hommes à la place d’un Messie vivant pour les Juifs seulement.

« Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » (v. 32).

La croix de Christ marque la rupture complète avec le monde. Il n’y avait plus de place pour Lui sur la terre qui Le rejetait. Mais acceptant par amour de prendre sous le jugement de Dieu la place de l’homme pécheur, Il ne pouvait être élevé dans le ciel qu’en passant par la mort.

Sur la croix Il est situé entre le ciel et la terre. Rappelons que l’autel d’airain où l’on offrait les sacrifices à l’Éternel était dans le parvis, mais en dehors du tabernacle. C’était le lieu de rencontre entre le Dieu saint et l’homme pécheur.

A l’approche de Son départ, le Seigneur annonce à Son peuple que la lumière était là pour peu de temps. Croire en la lumière, c’était être fils de la lumière.

De même aujourd’hui, à la fin du jour de la grâce, l’Esprit Saint dit : « Si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 7). « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi » (Éph. 2. 8).

Est-ce ton cas, cher jeune lecteur ?

Endurcissement du peuple et dernier avertissement du Seigneur (Jean 12. 37 à 50).

Les derniers versets du chapitre 12 de Jean marquent la fin du ministère public de Christ auprès du peuple juif. Malgré l’incrédulité obstinée de cette nation, Jésus adresse un dernier appel à ceux qui avaient été les témoins de Ses miracles et les auditeurs de Son enseignement.

Endurcissement de la nation juive (v. 37 à 43).

« Et quoiqu’il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne crurent pas en lui » (v. 37). C’est à propos de l’eau devenue du vin aux noces de Cana que Jésus manifesta Sa gloire ; et Ses disciples crurent en lui (2. 11).

En proie au doute au fond de sa prison, Jean le baptiseur envoie deux de ses disciples auprès de Jésus, qui leur confie un message pour lui : « Allez, et rapportez à Jean les choses que vous entendez et que vous voyez : les aveugles recouvrent la vue les boiteux marchent ; les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l’évangile est annoncé aux pauvres » (Mat. 11. 4 et 5).

Ces miracles prouvaient que Dieu était en Christ, qu’Il était l’envoyé du Père pour délivrer Son peuple. Et malgré le déploiement de puissance divine, le peuple dans son ensemble a persisté jusqu’à maintenant dans l’incrédulité, même si quelques-uns crurent en Lui au cours de Son ministère.

Déjà le prophète Ésaïe pose la question dans le chapitre qui évoque le chemin de l’homme de douleurs rejeté de Son peuple et souligne l’incrédulité de la nation en prononçant le jugement de Dieu : « Qui a cru à ce que nous avons fait entendre, et à qui le bras de l’Éternel a-t-il été révélé ? » (53. 1)

Quels ont été les effets produits par Son enseignement, et la vue de Ses miracles, sur l’ensemble de la nation ?

Et l’évangéliste ajoute : C’est pourquoi ils ne pouvaient croire parce qu’Ésaïe dit encore : « Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, afin qu’ils ne voient pas des yeux, et qu’ils n’entendent pas du cœur, et qu’ils ne soient convertis, et que je ne les guérisse » (6. 9 et 10).

Ces paroles peuvent nous étonner. Elles font ressortir que la longue patience de Dieu envers ce peuple, dans le déroulement de son histoire, était à son terme. En envoyant Son Fils dans le monde, le dessein de Dieu n’était pas d’endurcir et de vouer les hommes à la perdition éternelle, mais de les sauver. Et Jésus avait offert à tous la grâce et le salut.

Mais le jugement de Dieu commence à s’exercer là où Sa miséricorde rencontre une incrédulité et un endurcissement invétérés. Nous avons ainsi la preuve effrayante de la complète dépravation du cœur de l’homme.

Lorsque le prophète prononce l’aveuglement judiciaire du peuple, il est précisé : « Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui » (v. 41 ; És. 6. 1 à 5). Celui que le prophète considère dans toute Sa majesté et Sa sainteté est bien le Seigneur Jésus, Celui qui serait crucifié quelques jours plus tard.

Ainsi l’épreuve de l’homme, et pas seulement du Juif, est terminée à la croix. L’homme a condamné le Saint et le Juste : un homme parfait, Dieu manifesté en chair, apportant la vie, la lumière et l’amour. L’homme pécheur ayant rejeté une telle grâce, Dieu devait à Sa gloire d’exécuter Son jugement.

Mais, insondable mystère de la grâce, Jésus a subi le jugement de Dieu à la croix pour sauver d’indignes humains, ceux qui se repentent et acceptent par la foi cette œuvre rédemptrice.

Il est ajouté que plusieurs chefs crurent en Lui mais que, craignant les pharisiens, ils ne le confessaient pas, aimant la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu (v. 42 et 43). Or selon Romains 10, 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ».

Ce passage souligne bien l’importance de la confession de bouche du Seigneur Jésus. Ne craignons pas d’affirmer que nous appartenons au Seigneur, si cela est vrai.

Dernier appel du Seigneur en public (v. 44 à 50).

Ce dernier appel de Jésus constitue un condensé de l’évangile selon Jean. Il rappelle Sa mission en venant dans le monde, avec l’inévitable jugement atteignant celui qui le rejette.

Celui qui croit en Lui et Le voit, croit et voit Celui qui l’a envoyé, c’est-à-dire Son Père, dont Il est la parfaite expression.

Ensuite Jésus déclare : « Moi, je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (v. 46). La lumière révèle Dieu et dévoile l’état de l’homme (8. 12 ; 9. 5). Celui qui croit en Jésus a la lumière de la vie. Il est délivré des ténèbres, du pouvoir de Satan (Col. 1. 13).

De plus, le Seigneur n’est pas venu pour juger, mais afin de sauver le monde.

Touchés par les paroles de Jésus, les Samaritains crurent et connurent qu’Il est véritablement le Sauveur du monde (4. 42).

Enfin le Seigneur annonce le jugement inexorable, au dernier jour, pour celui qui Le rejette et ne reçoit pas Ses paroles. C’est Sa parole qui prononcera cette condamnation. Or le Père qui L’a envoyé, Lui a commandé ce qu’Il devait dire et comment le dire. Ses paroles et Ses actes étaient la parfaite expression de Dieu Lui-même, en grâce.

Le commandement de Dieu, c’est de croire au nom de Son Fils Jésus Christ (1 Jean 3. 23) et celui qui croit à son nom a la vie éternelle (1 Jean 5. 13). « Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit (ou ne croit pas) au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

As-tu la vie éternelle ?

L’autorité de Jésus (Mat. 21. 23 à 27 ; Marc 11. 27 à 33 ; Luc 10. 1 à 8).

Jaloux de leur autorité officielle comme conducteurs du peuple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens survinrent auprès de Jésus alors qu’Il enseignait et évangélisait dans le temple. Ils lui disent : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ? »

Il venait de purifier le temple, et durant Son ministère Il agissait et parlait avec une puissance divine à laquelle ils ne pouvaient s’opposer (Marc 1. 22 et 27).

La double question de ces chefs religieux se présente comme un défi agressif à l’autorité de Jésus. Il leur était insupportable de penser que leur influence auprès du peuple pouvait être affaiblie par l’autorité divine de Jésus.

Le Seigneur leur répond par une question qui va les plonger dans l’embarras. « Le baptême de Jean, d’où était-il ? du ciel, ou des hommes ? »

Un trait pénétrant de vérité transperce leur conscience. Ils sont livrés à leur propre raisonnement, soulignant leur détermination à ne pas croire.

S’ils avaient accepté le caractère céleste de la mission de Jean, ils étaient condamnés par les paroles de ce fidèle témoin de Dieu qu’ils n’avaient pas crues (Mat. 3. 7 à 12). Jean n’avait-il pas été envoyé de Dieu ? (Jean 1. 6 ; Luc 7. 26 à 28). Il avait annoncé le Messie, L’avait vu, et le Seigneur le déclare le plus grand des prophètes. Ainsi, accepter le baptême de Jean et son ministère comme étant de Dieu conduisait à reconnaître l’autorité divine de Jésus. Ceux que Jean baptisait étaient convaincus de péché à l’écoute de sa prédication et se repentaient. Ils étaient prêts à croire au Sauveur annoncé par Jean.

Si les chefs religieux rejetaient le baptême de Jean, le considérant comme étant des hommes, ils craignaient le peuple, car tous estimaient que Jean était réellement un prophète.

En réalité ces hommes tenaient à leur influence et voulaient préserver leur popularité, car « ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu » (Jean 12. 43).

Ne pouvant répondre au dilemme posé par Jésus, ils n’ont pas d’autre issue que d’avouer leur ignorance humiliante et leur totale incompétence, disant : « Nous ne savons ». Et le Seigneur leur répond : « Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses ».

C’était inutile, vu leur incrédulité obstinée. Le Seigneur leur ferme la bouche et ils étaient disqualifiés pour émettre quelque appréciation que ce soit sur Sa mission.

Ainsi est démontrée cette parole de l’Écriture : « La sagesse de ce monde est folie devant Dieu » et les raisonnements des sages sont vains devant Celui qui les prend dans leurs ruses (1 Cor. 3. 19 et 20).

Parabole des deux fils (Mat. 21. 28 à 32).

Maintenant le Seigneur, à l’aide d’une parabole que seul Matthieu mentionne, va soumettre à leur jugement le misérable état dans lequel ces chefs religieux se trouvent.

C’est un effet de Sa grâce que de leur fournir l’occasion de se condamner eux-mêmes, ce qui était relativement facile sous le régime de la loi, à la seule lumière des dix commandements et en particulier du dixième (Ex. 20. 1 à 17).

L’homme adresse les mêmes paroles à ses deux enfants. « Mon enfant, va aujourd’hui travailler dans ma vigne ». Il y a dans cette demande, tout à la fois l’expression de la tendresse et de l’autorité d’un père honoré par l’obéissance de son enfant.

Dans l’Ancien Testament la vigne évoque Israël sous la loi qui déclarait : « Celui qui aura fait ces choses vivra par elles » (Gal. 3. 12). Mais nulle chair n’a jamais été justifiée par des œuvres de loi.

Ce n’est pas l’obéissance complète qui caractérise ces deux enfants.

Le premier oppose un refus catégorique, mais plus tard il se repent et obéit. Il représentait en Israël, les pécheurs endurcis et les publicains ne se préoccupant pas de la loi. Mais au puissant appel à la repentance de Jean le Baptiseur, ils eurent du remords. S’ils ne pratiquaient pas la loi de Moïse en croyant les paroles de Jean, ils étaient concernés par cette parole de Jésus : « La sagesse est justifiée par ses enfants » (11. 19).

Le second enfant fait une belle profession en paroles, mais désobéit. Les principaux sacrificateurs et les anciens avaient apparemment une conduite honorable. Ils se contentaient d’une profession religieuse sans la foi. Avec la prétention d’aller travailler à la vigne de Dieu, ils ne firent rien. Mis de côté, il n’y avait pour eux d’autre issue que le jugement.

L’état misérable de l’homme désobéissant l’exposait à une condamnation éternelle. Mais « là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20).

Dieu n’attend plus de l’homme naturel qu’il fasse quelque chose, mais qu’il croie ce qu’Il dit par le moyen de Ses serviteurs comme Jean. Aujourd’hui il suffit de croire au Seigneur Jésus qui a expié nos péchés sur la croix pour être sauvé (Act. 16. 31).

As-tu accepté le salut gratuit que t’offre la grâce de Dieu ?

D’après La Bonne Nouvelle 1994

QU’EST-CE QUE LA PROVIDENCE ?

« Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » Rom. 8. 28.

QU’EST-CE QUE LA PROVIDENCE ?

Dire qu’un évènement est providentiel, c’est reconnaître qu’il est opportun et inespéré. Un chrétien verra l’action de Dieu là où d’autres verront l’effet du hasard. Mais le hasard n’existe pas. Dieu conduit souverainement, avec autorité, sagesse et amour, toutes les situations dans lesquelles se trouvent ceux qui Lui ont confié leur vie.

La Bible n’emploie pas le mot « providence », mais elle affirme que Dieu veille sur les hommes qui s’interrogent sur la façon dont Dieu agit dans le monde, et comment Il pourvoit à leurs besoins et à ceux de toutes Ses créatures.

Le chrétien sait que les circonstances ne sont pas fortuites dans la vie d’une personne ; Dieu Lui-même les dirige ou les permet. « Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a pas commandée ? » (Lam. 3. 37). Dieu aime chaque individu et Il s’occupe personnellement de lui, afin d’user de grâce et de bonté envers lui ; Il désire l’attirer à Lui.

Le croyant qui a placé sa foi dans le Seigneur Jésus sait que toute sa vie est conduite par un Dieu qui l’aime et qui désire lui faire du bien. Il sait qu’il fait partie de « ceux qui sont appelés selon son dessein », même s’il est conscient de la faiblesse de son propre amour pour Dieu.

« Oh ! que ta bonté est grande, que tu as mise en réserve pour ceux qui te craignent, et dont tu uses devant les fils des hommes envers ceux qui se confient en Toi ! » (Ps. 31. 19).

D’après « Il buon seme » – septembre 2023

IL N’Y A PAS DE CRÉATION SANS CRÉATEUR

« (Dieu) fait la grande Ourse, Orion, et les Pléiades… Il fait de grandes choses qu’on ne saurait sonder, et des merveilles à ne pouvoir les compter » Job 9. 9 et 10.

« Quand je regarde tes cieux, l’ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as disposées : Qu’est-ce que l’homme, que tu te souviennes de lui… ? » Ps. 8. 3.

IL N’Y A PAS DE CRÉATION SANS CRÉATEUR

Dieu donne d’innombrables preuves de Son existence à celui qui ouvre les yeux pour les voir. Plus la science moderne sonde les mystères de l’univers, plus elle démontre l’existence d’un Créateur. L’idée ne viendrait à personne qu’une navette spatiale soit capable de s’élever dans l’espace, de tourner en orbite autour de la terre et d’atterrir au lieu et à l’heure prévus, sans la contribution de l’ingéniosité des mathématiciens, des physiciens, des ingénieurs en électronique et des informaticiens. Que dire alors devant la multitude des astres qui gravitent dans le cosmos avec une précision rigoureuse ?

On a dit aussi qu’il faut infiniment plus de naïveté pour croire que l’univers est sorti spontanément du néant, qu’il n’en faut pour croire en un Dieu Créateur.

Certains scientifiques ont calculé que le soleil émet, en une seconde, la puissance de dix milliards de bombes nucléaires. Dans la partie de l’univers qui nous est accessible, des milliards d’étoiles émettent de l’énergie, et cela ne représente qu’une partie infinitésimale de l’immensité inconnue, devant laquelle on est pris de vertige.

Le monde que nous découvrons grâce au microscope est aussi incroyable que le monde cosmique. Le microscope électronique révèle la beauté, l’ordre et l’harmonie de l’infiniment petit, qui n’est pas moins extraordinaire que l’infiniment grand. Oui, la grandeur de notre Créateur est magnifique. Apprenons à rester humble devant Lui, en Lui rendant l’honneur qui Lui est dû !

D’après « Il buon seme » – août 2023

SONDEZ LES ÉCRITURES (17)

Le fils prodigue (Luc 15. 25 à 32).

Le fils aîné.

Malheureusement le père ne peut faire partager entièrement toute sa joie. Quelqu’un se tient en dehors de cette scène où l’amour avait tout préparé pour la joie de chacun. C’est le fils aîné, qui s’indigne, non sans raison, de la vie dissolue de son frère, tout en refusant de s’associer aux sentiments de grâce de son père.

Quoique près, il ne veut pas entrer. « Or son fils aîné était aux champs ; et comme il revenait et qu’il approchait de la maison, il entendit la mélodie et les danses ; et, ayant appelé l’un des serviteurs, il demanda ce que c’était. Et il lui dit : Ton frère est venu, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré sain et sauf. Et il se mit en colère et ne voulait pas entrer » (v. 25 à 28).

Peut-être pouvait-il se dire : « A quoi bon accomplir de bonnes œuvres, avoir une conduite honnête, si ce débauché, le déshonneur de toute sa famille, est ainsi reçu ? » Comme son orgueil était froissé !

Ce fils aîné représente la classe des pharisiens et des scribes, murmurant et disant à propos du Seigneur Jésus : « Celui-ci reçoit des pécheurs et mange avec eux » (v. 2). Hommes revêtus de propre justice, contents d’eux-mêmes, ils s’enorgueillissaient de leur bonne conduite, de leurs traditions religieuses.

Jésus étant la parfaite expression de la grâce, ils ne cessaient de Le contredire et de Le haïr. Ils ne pouvaient supporter la grâce qui pardonne les transgressions. Ils n’éprouvaient nul besoin de grâce et de pardon, s’estimant irréprochables.

De même aujourd’hui, qu’ils sont nombreux ceux qui s’imaginent pouvoir mériter le ciel par des œuvres ! Ils s’estiment ne pas être assez mauvais pour avoir besoin d’un Sauveur. Quel contraste avec ceux qui sont humiliés devant Dieu par leur propre état : « toutes nos justices sont comme un vêtement souillé » (És. 64. 6) ! Il n’y aura au ciel que des objets de grâce. L’as-tu compris ?

Mais la grâce invite les propres-justes, ces gens représentés par le fils aîné. « Et son père étant sorti, le pria ». Le père agit comme pour son fils prodigue, il va dehors, à la rencontre du fils aîné pour lui demander de venir au festin. Dans le livre des Actes, l’évangile est annoncé en premier lieu aux Juifs. Mais ils n’acceptèrent pas cette grâce qui accordait aux nations la même faveur qu’à eux (Act. 13. 46 ; 1 Thess. 2. 15 et 16).

Malgré l’insistance du père, le fils aîné lui répondit : « Voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai transgressé ton commandement ; et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ; mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras » (v. 29 et 30).

Voilà le langage de la propre justice et celui d’un égoïsme obstiné ! Dans la maison de son père il avait le sentiment d’accomplir un service d’esclave, comptant les années de labeur. Quelle est la valeur de l’obéissance sans amour ?

Il reproche à son père, alors qu’il avait la jouissance de tous ses biens, de ne pas lui avoir donné de récompense, pas même un chevreau, peu de chose à côté du veau gras !

Sans amour pour son père, il n’a que haine et mépris pour son frère, le désignant par l’expression : « celui-ci, ton fils » (1 Jean 4. 20 et 21). Aurait-il donc pu faire bonne chère avec ses amis, alors que son frère était perdu ? Quelle dureté et quel aveuglement dans un cœur insensible à la grâce !

Israël, semblable au fils aîné, imbu de sa propre justice, n’appréciait pas ses immenses privilèges, fermant son cœur à l’amour de Dieu. L’homme naturel ne comprend pas que Dieu justifie gratuitement par Sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, par la foi en Son sang (Rom. 3. 24 et 25).

Réponse du père.

« Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; mais il fallait faire bonne chère et se réjouir ; car celui-ci, ton frère, était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (v. 31 et 32).

Tout à la joie d’avoir retrouvé son fils perdu, le père agit selon son amour, le traitant lui aussi comme son enfant. Comme il souhaite que ce fils aîné s’associe à sa joie ! Mais son égoïsme et sa propre justice constituent un obstacle qui paraît infranchissable.

Le cœur du peuple terrestre, malgré tous ses privilèges (Rom. 9. 4 et 5) s’était endurci et s’éloignait toujours plus de Dieu, rejetant le salut par la foi en l’œuvre de Christ, persécutant ceux qui prêchaient l’évangile aux nations. Mais la grâce étant apparue ici-bas en Christ, cherche inlassablement des pécheurs pour les sauver. Il n’y aura au ciel que des pécheurs sauvés par grâce et une joie éternelle remplira tous les cœurs.

En feras-tu partie ?

Ainsi, ces trois paraboles de Luc 15 font ressortir toute l’activité des trois Personnes de la Déité : celle du Fils, le bon berger à la recherche de sa brebis perdue ; celle du Saint Esprit projetant la lumière de la Parole dans le monde pour trouver l’homme mort dans ses fautes et dans ses péchés ; celle du Père dont l’amour accueille le plus misérable des pécheurs repentants.

Dans les trois cas, une joie qui désire être partagée, remplit le cœur de Celui qui a trouvé de tels objets de la grâce (v. 5, 6, 7, 9, 10 et 32).

L’économe infidèle (Luc 16. 1 à 13).

Dans cette parabole, l’enseignement de Jésus concerne Ses disciples. Quel usage peuvent-ils faire des biens de la terre sous l’économie de la grâce, où les bénédictions du croyant sont célestes, spirituelles et éternelles ? Sous la loi, la faveur de Dieu s’exprimait, à l’égard de l’Israélite obéissant, par une abondance de biens matériels et terrestres (Deut. 28. 1 à 14).

Or ne sommes-nous pas conscients que, tout en possédant les biens célestes et permanents, nous nous attachons facilement aux choses de la terre ?

L’infidélité de l’économe (v. 1 et 2).

« Il y avait un homme riche qui avait un économe ; et celui-ci fut accusé devant lui comme dissipant ses biens ». Les biens appartiennent au maître. Et l’économe doit les administrer pour le compte de son maître. De même, « la terre est au Seigneur et tout ce qu’elle contient » (1 Cor. 10. 26 ; Ps. 24. 1 ; Aggée 2. 8) ; et l’homme y avait été placé par Dieu pour gérer Ses biens. Or « ce qui est requis dans des administrateurs, c’est qu’un homme soit trouvé fidèle » (1 Cor. 4. 2).

Mais au lieu de faire fructifier tout ce que Dieu lui avait confié, en obéissant à son Créateur, l’homme a dissipé les biens de son maître et en a disposé pour son profit personnel.

L’épreuve, à laquelle Israël a été soumis par Dieu sous la loi, a mis en relief cette effrayante infidélité de l’homme, qui s’est montré entièrement indigne de la confiance que Dieu avait placée en lui comme économe.

Et le maître, l’ayant appelé lui dit : « Qu’est-ce que ceci que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration ». L’épreuve de l’homme est close. Dieu ne peut plus avoir confiance en lui, et Il se doit de le traiter comme un infidèle. Il est renvoyé, ayant perdu sa place, mais pas les biens qu’il gérait. Désormais Dieu agira en grâce envers tous les hommes en envoyant Jésus dans le monde.

La prompte résolution de l’économe (v. 3 à 7).

Destitué de son administration, l’économe se livre à quelques brèves réflexions au sujet de son avenir. Voici une occasion à saisir encore dans le présent, et elle ménagera son avantage dans l’avenir ! Après avoir rejeté les moyens qu’il ne peut accepter, tout à coup il pense aux débiteurs de son maître et les appelle auprès de lui. Son habileté montre qu’il a pris au sérieux la parole de son maître. Par écrit, il déduit une partie de leur dette à chacun, selon des critères financiers qu’il sait apprécier. Plus tard, il compte ainsi avoir des amis et être reçu dans leurs maisons.

La louange du maître (v. 8).

Le maître loue la prudence de son économe, tout en le qualifiant d’injuste. Car après avoir dilapidé les biens de son maître, il s’était encore tiré d’affaire aux dépens de ce dernier. Mais ce qui est à retenir, c’est sa prévoyance.

Les croyants peuvent employer, en vue de leur avenir, les biens terrestres qui appartiennent tous à Dieu. Sans doute, comme hommes responsables devant Dieu, ils sont considérés comme des économes infidèles.

Et le Seigneur ajoute que les hommes de ce monde sont plus prudents que les fils de la lumière. Mais tout Son désir est que les croyants imitent un tel savoir-faire dans le domaine spirituel.

Le conseil du Seigneur aux disciples (v. 9).

« Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand vous viendrez à manquer, vous soyez reçus dans les tabernacles éternels ». Que sont ces richesses injustes – sinon les biens terrestres que l’homme déchu a utilisés pour satisfaire ses convoitises, oubliant que tout appartient à Dieu ?

Elles sont injustes, car elles sont mal employées par le gérant qui se les est appropriées. Mais le croyant, mû par la crainte de Dieu, va employer, par amour pour les autres, pour la gloire du Seigneur, et en vue du ciel, ces biens pour un peu de temps encore entre ses mains, tout en sachant que Dieu en est le propriétaire.

De manière imagée, ce sont ces amis qui se font les disciples de Jésus, c’est-à-dire en réalité de Dieu Lui-même. Tout ce que le Seigneur nous confie sur la terre peut être transformé en bénédictions éternelles.

Réflexions déduites de la parabole (v. 10 à 13).

« Celui qui est fidèle dans ce qui est très petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand ; et celui qui est injuste dans ce qui est très petit, est injuste aussi dans ce qui est grand ». Les richesses injustes, ce qui est très petit, ce qui est à autrui, représentent les choses terrestres et temporelles qui nous sont prêtées au cours de notre courte vie dans ce monde, pour les gérer en toute fidélité envers notre Maître.

Cela nous prépare pour administrer fidèlement ce qui est grand, les vraies richesses, ce qui est à nous, c’est-à-dire les richesses spirituelles, impérissables, toutes les gloires de Christ. Et tout ce qui est à Christ est à nous (Rom. 8. 17). Mais si nous sommes infidèles dans l’administration des choses d’ici-bas, en nous les appropriant, ce sera aussi le cas pour le domaine spirituel (1 Tim. 6. 17 à 19 ; 1 Pier. 1. 4) ; 2 Pier. 1. 3 et 4).

L’économe infidèle prétendait servir tout à la fois son maître, et l’argent avec tout ce qu’il procure. Ainsi le Seigneur met-il en garde Ses disciples en affirmant : « Nul ne peut servir deux maîtres ». Il est impossible de servir Dieu et les richesses de ce monde (Mat. 6. 24).

Qui as-tu choisi d’aimer et de servir ? Quel maître domine sur ton cœur ?

L’homme riche et Lazare (Luc 16. 14 à 31).

Les pharisiens se moquent de Jésus (v. 14 à 18).

Avares, les pharisiens se moquèrent du Seigneur, car il venait de leur déclarer qu’on ne peut servir deux maîtres à la fois : Dieu et les richesses (v. 13 et 14). Ils étaient esclaves des biens terrestres qui accaparaient leur cœur. Aussi Jésus leur dit-il : « Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes ; mais Dieu connaît vos cœurs : car ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (v. 15).

Déployant un zèle scrupuleux pour leur religion, afin d’être bien considérés des hommes, ils ne recherchaient que leur propre gloire, sans se soucier de donner à Dieu la place qui Lui revient. Or toute idole, ce qui prend la place de Dieu dans nos cœurs, est une abomination.

La loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean. Mais la loi ayant été violée et les prophètes rejetés, Dieu introduit une nouvelle économie, Son royaume. Pour y entrer il fallait user de violence, c’est-à-dire rompre avec le système légal au terme duquel les jugements allaient fondre inexorablement sur les Juifs refusant la grâce (v. 16 et 17).

Le riche et Lazare (v. 19 à 22).

Le Seigneur illustre Ses affirmations par une parabole : « Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement. Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères, et qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères » (v. 19 à 21).

Bien que voyant son prochain, pauvre et malade, couché à sa porte, le riche employait pour lui-même, dans le luxe, l’égoïsme et la gourmandise, ces biens de la terre appartenant à Dieu, et qu’il était responsable d’administrer pour Lui et en vue du ciel. Il n’est question ni de l’impiété du riche, dont le nom n’est pas cité, ni de la piété de Lazare dont le nom signifie « secours de Dieu ».

Ces deux hommes représentent deux classes de personnes dans ce monde. Ceux qui, voulant jouir du présent, sacrifient l’avenir, préférant à Dieu les plaisirs que procurent les biens de ce monde, et ceux qui renoncent à tout en vue de l’avenir. Une telle inégalité subsiste jusqu’au moment où un même sort les atteint tous, tôt ou tard – la mort inéluctable pour les fils des hommes. Au-delà du tombeau l’âme connaît aussitôt les conséquences permanentes de son choix sur la terre.

Au-delà de la mort (v. 23 à 31).

Maintenant Jésus lève le voile sur l’au-delà, et tout est changé. « Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli » (v. 22).

Lazare, le pauvre auquel personne ne s’intéressait sur la terre, est transporté dans le sein d’Abraham, symbole de la félicité la plus élevée pour un Juif.

Pour le chrétien, la part est plus excellente encore : « Nous serons toujours avec le Seigneur » et « Être avec Christ, … est de beaucoup meilleur » (1 Thess. 4. 17 ; Phil. 1. 23).

Quant au riche, ce qui le concerne est très bref : « Il fut enseveli ». Point de part avec Dieu, et pourtant il ne cesse pas d’exister. Il est déjà dans un lieu de tourment évoqué à quatre reprises dans ce passage.

En hadès, lieu invisible où vont les âmes après la mort, il voit de loin Lazare dans le sein d’Abraham. « Et s’écriant, il dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme » Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux ; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté » (v. 24 et 25). Si seulement il pouvait un peu apaiser la soif ardente qui le dévore, un peu d’eau du bout du doigt de Lazare pour rafraîchir sa langue !

Sur la terre il avait possédé à profusion les biens, les plaisirs et les honneurs, mais il n’avait rien pu emporter outre-tombe (1 Tim. 6. 7). Il n’avait devant lui que les tourments éternels.

Par contre, pour Lazare, qui s’était confié en Dieu pour supporter sa misère et ses maux, c’est la consolation d’un bonheur ineffable pour son âme.

Abraham ajoute une autre raison au refus d’accéder à la demande du riche : « Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous » (v. 26). Il y a un gouffre infranchissable entre le paradis (ch. 23. 43) et le lieu de tourment.

C’est sur la terre que se décide le sort éternel d’une âme – que l’on peut être sauvé par la foi en l’œuvre parfaite du Seigneur Jésus à la croix. Il a enduré le jugement que nous avions mérité. « C’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2 ; 5. 20). Si la grâce offerte par Dieu est rejetée, après la mort, c’est le jugement (Héb. 9. 27).

Peux-tu déclarer par la foi : Jésus est mon Sauveur ? Il n’y a que ces deux possibilités : le bonheur près de Jésus, ou le malheur loin de Lui.

Conscient que pour lui-même il est trop tard, le riche voudrait que Lazare aille avertir ses cinq frères pour les inciter à la repentance et leur éviter ce lieu de tourment. Cette dernière demande est aussi rejetée, car seule la foi en la parole de Dieu peut communiquer la vie divine par un travail profond de cœur et de conscience, et non par un miracle spectaculaire à travers une résurrection d’entre les morts. « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent » (v. 27 à 31).

Il est donc nécessaire de se repentir sur la terre pour aller au ciel, et la Parole de Dieu est un témoignage suffisant et complet pour l’homme pendant sa vie sur la terre.

Foi et obéissance du serviteur (Luc 17. 5 à 10).

Foi du disciple (v. 5 et 6).

Le Seigneur vient d’entretenir Ses disciples de la malédiction réservée à ceux qui sont en piège à des petits, plus faibles qu’eux, et de la nécessité de toujours pardonner à un frère qui se repent d’un péché commis. Habitués au régime de la loi sous lequel l’homme naturel se glorifie, ils considèrent que les principes du royaume énoncés par Jésus demandaient une réelle énergie de foi. C’est pourquoi ils ne peuvent s’empêcher de Lui dire : « Augmente-nous la foi » (v. 5).

Et Lui leur répond : « Si vous avez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à ce mûrier : Déracine-toi et plante-toi dans la mer ; et il vous obéirait » (v. 6). Bien que très petit, le grain de moutarde renferme la vie. De même la vie de la foi, en faisant intervenir Dieu, obtient ce qui est impossible à la nature. Car pour Dieu rien n’est impossible.

Cependant la foi discerne ce qui est selon la volonté de Dieu, dans une vie de communion intime avec Lui, et s’engage dans un chemin d’obéissance à la Parole. Elle sait alors qu’elle obtiendra les choses qu’elle a demandées (1 Jean 5. 14 et 15). Dans Sa réponse, le Seigneur montre qu’il ne s’agit pas avant tout d’une certaine mesure de foi, mais de sa vitalité, au moment où elle compte sur Dieu seul.

Quelle que soit ta difficulté, si par la foi tu te confies en ton Dieu, tu feras l’expérience de David : « Fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur… confie-toi en lui, et lui, il agira » (Ps. 37. 4 et 5). Une foi exercée ne peut qu’être fortifiée.

L’obéissance du serviteur (v. 7 à 10).

Si la foi dispose de toute la puissance de Dieu, elle ne peut s’exprimer que dans l’obéissance à Sa volonté. Et le Seigneur souligne toute la valeur de ce principe de l’obéissance par une comparaison empruntée à la vie courante de l’époque.

Il considère le cas d’un maître qui, ayant un esclave labourant ou paissant le bétail, lorsqu’il revient des champs ne lui dit pas de se mettre à table ; mais il lui demande, au contraire, de lui apprêter le souper et de le lui servir ; après cela l’esclave pourra manger et boire. Puis le Seigneur dit du maître : « Est-il obligé à l’esclave de ce qu’il a fait ce qui lui avait été commandé ? Je ne le pense pas. Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites : Nous sommes des esclaves inutiles ; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait » (v. 9 et 10).

Dès que nous connaissons la volonté de Dieu, nous n’avons pas à nous interroger pour savoir si nous avons assez de foi, mais il nous appartient d’obéir de cœur et promptement, sans y ajouter quelque raisonnement que ce soit. L’esclave, dont tout le temps appartient au maître, en rentrant des champs, au lieu de prendre son repos en mangeant et buvant, lui obéit en lui préparant son repas et en le lui servant.

Il arrive que, ayant discerné la volonté de Dieu, nous redoutions de nous engager dans un tel chemin à cause des conséquences douloureuses que nous pressentons : le mépris, l’opprobre, et parfois la persécution pour le nom du Seigneur. Combien de martyrs ont préféré mourir comme leur Maître, plutôt que de désobéir à la parole de Dieu !

L’esclave a fait ce qui avait été commandé. Il ne peut prétendre mériter quoi que ce soit de la part de son maître, car il est sa propriété. De même, le croyant appartient au Seigneur. Il est Son esclave à cause du prix payé pour son rachat. Il ne vit plus pour lui-même, mais pour Celui qui pour lui est mort et a été ressuscité (2 Cor. 5. 15). Tout son être est, par amour, consacré au Seigneur, car il peut déclarer : « le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal. 2. 20). Désormais, animé d’un esprit de grâce, il ne peut que se dévouer et obéir, car il connaît la volonté du Seigneur.

« Nous sommes des esclaves inutiles ».

C’est l’humilité qui nous convient dans ce service, ce que nous devons penser de nous-mêmes, comme esclaves de Christ. Si le Seigneur daigne Se servir de nous comme de Ses instruments, c’est une grande faveur. Mais il peut aussi nous mettre de côté lorsque nous nous sommes enflés d’orgueil, et c’est un effet de sa miséricorde. N’oublions pas cette parole du Seigneur, parfaitement obéissant à Son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8. 29).

C’est dans la jouissance de l’amour du Seigneur que notre foi peut s’affirmer en toute hardiesse, et que l’obéissance à la Parole de Dieu peut être pratiquée dans une marche selon Sa volonté, sans nous mettre en souci pour les conséquences.

« Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21). Écoutons ce qui est écrit dans le rouleau du livre : « Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10. 7). Serviteur parfait, Jésus a été obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix (Phil 2. 8).

La résurrection de Lazare (Jean 11. 1 à 27).

Ce chapitre 11 présente le témoignage rendu au Fils de Dieu dans la résurrection de Lazare.

Jésus est informé de la maladie de Lazare (v. 1 à 4).

Il y avait à Béthanie, village proche de Jérusalem, un foyer hospitalier où le Seigneur se retirait volontiers. Il abritait deux sœurs, Marthe et Marie, et leur frère Lazare.

C’était pour le cœur du Seigneur affligé par l’incrédulité et la haine des Juifs, l’occasion d’y être rafraîchi. Marthe se dévouait dans le service pour recevoir ses hôtes, alors que Marie, assise aux pieds de Jésus, écoutait Sa parole. Et le Seigneur doit déclarer qu’elle avait choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée (Luc 10. 39 à 42).

Cette part de Marie peut être aussi la vôtre, vous qui avez entre vos mains la Parole de Dieu.

Le Seigneur aimait chaque membre de cette famille, qui lui était très attachée. Comme cela peut se produire dans tout foyer, à un moment donné, l’épreuve est survenue par la maladie de Lazare. Que vont faire les deux sœurs de Béthanie ? Elles désirent transmettre leur peine à Jésus là où Il se trouve.

Remarquons toute la délicatesse de sentiments exprimée dans le message : « Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade » (v. 3). Il n’y a pas de requête formulée, pas de demande au Seigneur pour qu’Il vienne guérir le malade aimé de Lui, mais l’expression de toute leur confiance en Son amour parfait et en Son autorité.

Mais ce récit nous apprend ce qui était prioritaire pour Jésus, l’obéissance à la volonté de Son Père dans une dépendance constante de Lui, et non pas Son affection pour les Siens.

Il aurait pu, comme dans le cas du fils malade du seigneur de la cour à Capernaüm, par une seule parole, guérir Lazare à distance. Mais ce n’était pas selon la volonté de Son Père. Aussi Jésus reste-t-Il au lieu où Il se trouvait, tout en déclarant : « Cette maladie n’est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (v. 4).

Cette maladie n’aura pas pour résultat définitif la mort, mais la gloire de Dieu dans le déploiement de Sa puissance et de Son amour, par le triomphe de la vie sur la mort.

La mort de Lazare (v. 5 à 16).

L’œuvre plus grande que la guérison de Lazare, c’était bien sa résurrection d’entre les morts. « Or Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare » (v. 5), et c’est après avoir énoncé cette déclaration que l’évangéliste ajoute : « Il demeura encore deux jours au lieu où il était » (v. 6) ; puis Jésus propose à ses disciples de retourner en Judée (v. 7), tout en connaissant la haine meurtrière des Juifs envers Lui.

Le Seigneur nous dicte ici une double leçon, que la foi est appelée à saisir dans tous les temps : Veillons à ne pas nous laisser guider par nos sentiments, ou arrêter par la crainte des hommes. Écoutons ce que l’Esprit prophétique exprime au sujet de Christ : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8).

Jésus était la lumière de la vie. Le temps où Il accomplissait la volonté de Son Père, au cours de Son séjour ici-bas, c’était pour Lui le jour (v. 9 et 10). Quel modèle parfait pour nous dans Son humanité. C’est en faisant la volonté de Dieu que nous marchons dans la lumière.

Puis Jésus précise à Ses disciples : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais pour l’éveiller » (v. 11). C’est dans un tel langage incompréhensible pour les disciples qu’Il parle de la mort, la comparant à un sommeil, car Il détenait le pouvoir de ressusciter les morts. Puis Il leur dit ouvertement : « Lazare est mort ; et je me réjouis, à cause de vous, de ce que je n’étais pas là, afin que vous croyiez. Mais allons vers lui » (v. 14 et 15).

Les disciples allaient être les spectateurs des effets de la puissance de la vie dans le lieu même de la mort, conséquence du péché. Et leur foi dans le Fils de Dieu en serait affermie.

Thomas, surtout connu pour son incrédulité quant à la résurrection de Jésus, montre, par une brève intervention, qu’il aimait son Maître résolu à aller en Judée. « Allons-y, nous aussi, afin que nous mourions avec lui » (v. 16).

Jésus rencontre Marthe (v. 17 à 27).

Au moment où Jésus arrive à Béthanie, le corps de Lazare était déjà dans le sépulcre depuis quatre jours. Quel que soit l’état de corruption de ce corps, rien n’empêchera le Seigneur de manifester qu’Il est la résurrection et la vie. Et les Juifs venus pour consoler les deux sœurs affligées seraient aussi les témoins privilégiés de ce que Jésus allait faire.

Apprenant l’arrivée de Jésus, Marthe va au-devant de Lui. Toujours prompte à intervenir, elle Lui dit « Seigneur, si tu eusses été ici mon frère ne serait pas mort ; mais même maintenant je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera » (v. 21 et 22).

Sa foi en la puissance de Dieu permet au Seigneur de lui donner une révélation nouvelle : « Ton frère ressuscitera » ; et elle répond : « Je sais qu’il ressuscitera en la résurrection, au dernier jour ». Elle croyait à la résurrection générale, mais ignorait la résurrection d’entre les morts.

Ayant en vue tous les hommes, « Jésus lui dit : Moi, je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra ; et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais. Crois-tu cela ? Elle lui dit : Oui, Seigneur, moi je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (v. 25 à 27). Celui qui croit en Jésus, la résurrection et la vie, quoique mort, vivra, sera ressuscité ; et celui qui vit, étant présent dans son corps, ne mourra point à jamais.

C’est ce qui se produira à la venue du Seigneur pour enlever son Église et tous les croyants endormis dans la foi en Jésus.

As-tu une telle espérance ?

La résurrection de Lazare (Jean 11. 28 à 44).

Marie vient à la rencontre de Jésus (v. 28 à 32).

En appelant secrètement sa sœur, Marthe est consciente que la place de Marie était d’être auprès du Maître, discernant qu’elle n’était pas à la hauteur des pensées de Jésus, tout en le confessant comme le Christ, le Fils de Dieu (v. 27).

Aussitôt Marie se lève promptement pour aller, non pas au sépulcre, mais là où Jésus était. Dans le deuil elle a besoin de Lui.

Remarquons son attitude spontanée et familière. Dès qu’elle Le voit, elle se jette à Ses pieds. Ne nous incite-t-elle pas à imiter un tel mouvement de foi lorsque nous sommes éprouvés ? Dans les trois scènes où l’Écriture parle d’elle, elle occupe toujours cette place (Luc 10. 42 ; Jean 12. 3). Elle prononce alors ces paroles : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort ».

Si elle regarde en arrière, comme c’est souvent le cas de ceux qui sont dans le deuil, ses paroles montrent qu’elle connaissait la puissance du Seigneur. Mais elle ne peut qu’exprimer sa peine, montrant à quel point la mort dominait son esprit.

Frémissement et pleurs de Jésus (v. 33 à 35).

Jésus, voyant Marie pleurer, ainsi que les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit et se troubla. Quelle peine profonde mêlée d’indignation est produite dans l’âme du Seigneur à la vue du pouvoir de la mort sur l’esprit de l’homme !

Jésus avait dit à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie » (v. 25). Il détenait une puissance invincible pour délivrer l’homme des conséquences affreuses et éternelles du péché. Et pour que cette puissance s’exerce en faveur des croyants, Il devra entrer dans la mort, jugement de Dieu, et en sortir vainqueur dans Sa résurrection d’entre les morts.

Mais Il éprouve en même temps, dans Sa sensibilité humaine parfaite, la douleur intense causée par la mort. Puis il leur dit : « Où l’avez-vous mis ? Ils lui disent : Seigneur, viens et vois. Jésus pleura » (v. 34 et 35).

L’homme de douleurs visite la vallée des larmes. Il pleure avec ceux qui pleurent sous les conséquences désastreuses du péché. Pourtant l’homme est le chef-d’œuvre du Créateur. Mais la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché (Rom 5. 12). Comme nous saisissons peu à quel point le Seigneur était étreint dans Son cœur et accablé dans Son esprit, en constatant le malheur dans lequel le péché avait plongé l’homme.

En voyant Jésus verser des larmes, les Juifs donc dirent : « Voyez comme il l’affectionnait. Mais quelques-uns d’entre eux dirent : Celui-ci, qui a ouvert les yeux de l’aveugle, n’aurait-il pas pu faire aussi que cet homme ne mourût pas ? » (v. 36 et 37). Comme les raisonnements de l’homme l’égarent ! Il admet que Jésus aurait pu repousser le jour de la mort de Lazare, mais il ignore qu’Il possède, comme Fils de Dieu, la puissance triomphante de la vie sur la mort pour en délivrer l’homme.

Quel baume bienfaisant pour les sœurs de Béthanie dans le deuil lorsque Jésus pleure avec elles, même s’il y avait une raison infiniment plus profonde à ces larmes.

Lorsque la mort ravit un bien-aimé du Seigneur à une famille de croyants, ils sont assurés de la parfaite sympathie de Jésus, tant humaine que divine. Encore aujourd’hui, alors qu’Il est dans la gloire, Son cœur compatissant peut consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit.

Jésus au sépulcre de Lazare (v. 38 à 44).

A la demande de Jésus d’ôter la pierre de la grotte où reposait le corps de Lazare, Marthe ne peut s’empêcher d’intervenir : « Seigneur, il sent déjà, car il est là depuis quatre jours. Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (v. 38 à 40).

Était-il plus difficile au Seigneur de ressusciter un corps dans un état de corruption plus ou moins avancé, qu’un corps qui n’était pas encore dans cet état, ou qu’un corps réduit en poussière ? Non, celui qui croit verra la gloire de Dieu déployée en résurrection à l’égard des croyants, et sur-le-champ envers Lazare.

Pour exercer Sa puissance divine, Jésus éprouve le besoin de dépendre de Son Père auquel Il s’adresse devant tous : « Père, je te rends grâces de ce que tu m’as entendu. Or moi je savais que tu m’entends toujours ; mais je l’ai dit à cause de la foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que toi, tu m’as envoyé. Et ayant dit ces choses, il cria à haute voix : Lazare, sors dehors ! Et le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller » (v. 41 à 44).

Ressuscité par la voix toute-puissante de Jésus, Lazare sort ; et pour lui permettre de marcher librement, il fallait le délier. Désormais il pouvait vivre en ressuscité. Mais Lazare a dû mourir une seconde fois, étant encore sur la terre.

Par contre, lorsque les saints endormis seront ressuscités par le Seigneur, ils revêtiront un corps semblable au Sien comme homme ressuscité et glorifié. Ce corps spirituel est incorruptible, hors d’atteinte du pouvoir de la mort.

Ainsi Jésus, le Fils de Dieu, se présente dans ce chapitre comme la résurrection et la vie. Il a le pouvoir de donner la vie à ceux qui sont morts ; or l’homme, dans son état naturel, est mort moralement dans ses fautes et ses péchés. Sauvés par la grâce, nous avons été vivifiés ensemble avec le Christ et ressuscités ensemble (Éph. 2. 5).

Peux-tu joindre ta voix à celle de tous les rachetés pour louer éternellement le Seigneur Jésus ?

La résurrection de Lazare (Jean 11. 45 à 57).

Effets du miracle de la résurrection de Lazare (v. 45 et 46).

Plusieurs Juifs venus auprès de Marie, témoins de la résurrection de Lazare, miracle le plus impressionnant de cet évangile, crurent en Jésus. Celui qui est la résurrection et la vie relève d’entre les morts un homme dont le corps était déjà atteint par la corruption. Par Sa parole toute-puissante Il donne une preuve irréfutable de Sa nature divine.

Ces Juifs rappellent les paroles des Samaritains déclarant à la femme du puits de Sichar : « Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (4. 42).

Mais d’autres Juifs allèrent rapporter aux Pharisiens ce que Jésus venait de faire (v. 46). Ils ne pouvaient qu’exciter la jalousie et la colère de ces ennemis acharnés. Ne découvrons-nous pas ici la dureté de nos cœurs naturels incurables ? Les miracles du Seigneur étaient pour certains « une odeur de mort pour la mort » (2 Cor. 2. 16).

Réunion du sanhédrin, conseil et prophétie de Caïphe (v. 47 à 52).

Le tribunal suprême des Juifs est convoqué par les principaux sacrificateurs et les Pharisiens dès qu’ils sont informés de ce miracle notoire. Ils dirent : « Cet homme fait beaucoup de miracles. Si nous le laissons ainsi faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et ôteront et notre lieu et notre nation » (v. 47 et 48).

Ils semblent redouter qu’en suivant Jésus, le peuple ne suscite une répression sanglante de la part des Romains. Devant l’attrait des foules pour le ministère de grâce de Christ, ils craignent surtout que leur prestige en soit terni.

En réalité, c’est la crucifixion du Seigneur qui entraînera la destruction de Jérusalem et la dispersion de la nation par les Romains. Rejeté comme Messie, Jésus ne pouvait pas établir Son règne glorieux à ce moment-là, selon la prophétie de Daniel (7. 27, 14).

Caïphe, le souverain sacrificateur, donne son avis en disant : « Il nous est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas » (v. 49 et 50). Voilà les calculs de la sagesse humaine qui, craignant l’influence du Seigneur sur les foules, pensait que cela soulèverait l’hostilité de Rome.

Mais Dieu, qui domine tous les événements, se sert de Caïphe pour énoncer une vérité que le Saint Esprit nous communique : « Il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés » (v. 51 et 52).

La restauration future d’Israël aura lieu quand ce peuple reconnaîtra, dans la repentance, Jésus comme son vrai Messie, regardant à Celui qu’ils ont crucifié (Zach. 12. 10 ; És. 53. 5 et 6). En attendant que tout Israël soit sauvé, il faut que la plénitude des nations soit entrée (Rom. 11. 25 et 26).

En vertu du sacrifice de Christ, Dieu ordonne maintenant à tous les hommes de se repentir et d’accepter Jésus comme Sauveur (Act. 17. 30 et 31 ; 4. 12). De plus, le Saint Esprit descendu ici-bas à la Pentecôte comme conséquence de la mort et de la glorification de Christ, unit entre eux, par Sa puissance, tous les enfants de Dieu possédant la vie éternelle et la même foi en Jésus. Ils constituent une seule famille, un seul Corps, le Corps de Christ, l’assemblée de Dieu (Éph. 4. 4 ; 1. 23).

Décision du sanhédrin et attitude de Jésus. Pâque des Juifs (v. 53 à 57).

« Depuis ce jour-là donc, ils consultèrent ensemble pour le faire mourir » (v. 53). Après le rejet de Ses paroles (ch. 8), de Ses œuvres (ch. 9), Dieu manifeste encore de façon éclatante toute Sa puissance divine à Son Fils par la résurrection de Lazare. Par une seule parole divine, un homme sort du tombeau où il était enseveli depuis quatre jours.

Bien que témoins de ce triomphe de la vie sur la mort, et du ministère de grâce et de puissance du Seigneur, les Juifs, fidèles représentants de toute la race humaine, sont unanimes pour condamner le seul Homme parfait comme méritant la mort (Act. 3. 14 et 15). C’est à la croix que la méchanceté du cœur de l’homme s’est pleinement affirmée. « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu » (Rom. 8. 7).

Étant ennemis, nous ne pouvons être réconciliés avec Dieu que par la mort de Son Fils (Rom. 5. 10). Dieu en a fini avec l’homme en Adam, à la croix où Christ a subi le jugement qui devait l’atteindre, « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 15 et 16).

Désormais un nouvel homme sort de la mort par la résurrection de Christ. Il est en Christ et appartient à la nouvelle création.

Dès lors Jésus se retire près du désert, dans une ville appelée Éphraïm où il séjourne avec Ses disciples. Tout en connaissant le décret des chefs du peuple, Il sait aussi que Son heure n’était pas encore venue, quoique toute proche. Les Juifs montent à Jérusalem pour se purifier avant la fête de Pâque. Ce serait la dernière avant l’offrande de l’Agneau de Dieu, Sa mort sur la croix.

Aujourd’hui encore les hommes se contentent souvent d’une apparence religieuse au sujet de Christ, mais certains reçoivent Jésus comme leur Sauveur et désirent Le suivre dans un chemin de renoncement à soi-même et en se séparant du monde qui L’a crucifié (Luc 9. 23).

As-tu fait ce dernier choix ?

Les dix lépreux (Luc 17. 11 à 19).

La rencontre (v. 11 à 13).

Tout en se rendant à Jérusalem, Jésus traversait la Samarie et la Galilée. « Comme il entrait dans un village, dix hommes lépreux le rencontrèrent ; et ils s’arrêtèrent de loin ; et ils élevèrent la voix, disant : Jésus, maître, aie pitié de nous ! »

Ces malheureux lépreux étaient exclus par la loi de toute communication avec leurs semblables (Lév. 13. 45 et 46). Ils étaient atteints de cette terrible maladie, très contagieuse et incurable. Dieu seul pouvait les guérir. Ils étaient regroupés pour se prodiguer mutuellement les soins que tout le monde leur refusait. Ils se tiennent à distance pour élever leur voix et implorer la pitié de Jésus.

La guérison (v. 14).

En les voyant, Jésus leur dit : « Allez, montrez-vous aux sacrificateurs. Et il arriva qu’en s’en allant, ils furent rendus nets ». Les sacrificateurs seuls pouvaient constater la guérison d’un lépreux et le réintégrer dans ses privilèges au milieu de son peuple (Lév. 13. 2 ; 14. 3 ; Mat. 8. 4).

La parole de Jésus met à l’épreuve leur foi par l’obéissance à ce qu’Il leur demande. Et c’est en se dirigeant vers les sacrificateurs qu’ils sont rendus nets. Ils ont montré ainsi leur confiance en la parole du Seigneur qui supposait leur guérison. En chemin ils étaient bien conscients de leur guérison dont ils n’eurent pas le moindre doute.

Le comportement du Samaritain (v. 15 et 16).

« Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ; et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain ».

Voilà un homme qui avait moins de lumière que ses neuf compagnons Juifs, tous guéris comme lui. Cependant son cœur est saisi par la grâce lorsqu’il constate sa délivrance miraculeuse. Il ressent profondément ce besoin de revenir à Celui qui est la source de cette grâce insondable : Cela est prioritaire pour lui par rapport aux prescriptions de la loi et au rôle des sacrificateurs. Son cœur est rempli de louange, il glorifie Dieu à haute voix, et vient se jeter aux pieds de Jésus, qu’il estime digne de toute sa reconnaissance.

Lui seul entendra les paroles réconfortantes du Seigneur : « Lève-toi, et t’en va ; ta foi t’a sauvé » (v. 19). Un nouveau jour se lève dans sa vie. Par la foi il a connu son Sauveur et a pu donner gloire à Dieu, lui un étranger. Un lien indestructible l’unit à son Seigneur.

« Et les neuf, où sont-ils ? » (v. 17).

Ils avaient bien été guéris, mais restaient attachés au système légal. D’ailleurs, ne s’étaient-ils pas strictement conformés aux paroles de Jésus ? Cependant n’est-ce pas avec tristesse que Jésus pose la question ? L’ingratitude de ceux qui appartenaient à Son peuple ne Le laissait pas indifférent. « Mais plusieurs qui sont les premiers seront les derniers, et des derniers seront les premiers » (Mat. 19. 30). Le Seigneur a déjà mis en évidence dans une parabole le contraste entre le sacrificateur, le lévite et le bon Samaritain (Luc 10. 31 à 37).

L’instruction actuelle du récit des dix lépreux.

La lèpre est une figure saisissante du péché dans son caractère de souillure. Et tous les hommes ont péché. Ils ne peuvent être sauvés que par la grâce et par la foi en l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus et en Son sang qui purifie de tout péché (1 Jean 1. 7).

L’homme samaritain représente tout croyant qui, dans un état normal, conscient de la grâce infinie dont il est l’objet pour être sauvé, offre au Père un culte qui Le glorifie, L’adore en esprit et en vérité. Il adresse aussi sa louange à Christ pour Son œuvre accomplie une fois pour toutes à la croix.

Et le Saint Esprit, descendu sur la terre, va occuper son cœur et ses pensées des conséquences glorieuses de cette œuvre parfaite. Être aux pieds de Jésus pour l’exalter est désormais tout son bonheur. Il possède Celui qui est la source de la vie, de la lumière, de la grâce et de la puissance.

Aujourd’hui encore, bien des personnes sauvées ne sont pas libérées des systèmes établis par l’homme. Elles sont guéries comme les neuf, mais restent asservies aux ordonnances légales, leur dérobant les gloires variées de Christ. Elles sont privées de cette vraie joie, liée à la jouissance de la grâce, qui permet à l’âme de s’épanouir spirituellement.

Veillons aussi à ne pas laisser accaparer nos cœurs par tout ce qui pourrait les détourner de Christ. Contemplons notre céleste Objet qui nous a rachetés à si grand prix ! Il en résultera des conséquences immédiates selon 2 Corinthiens 3. 18.

Parabole de la veuve et du juge inique (Luc 18. 1 à 8).

Persévérance dans la prière (v. 1).

Le Seigneur vient d’avertir Ses disciples qu’ils auront à traverser un temps de très grande détresse, avant l’instauration du royaume de Dieu en gloire, lors de l’apparition subite du Fils de l’homme. Certains d’entre eux devront laisser leur vie comme martyrs.

Dans l’attente de la délivrance, le Seigneur montre que la ressource des justes aux derniers jours sera de persévérer dans la prière, sans se lasser, c’est-à-dire sans se décourager. Certes, en tout temps cette instruction conserve toute sa valeur (Rom.12. 12 ; Col. 4. 2 ; 1 Thess. 5. 17). C’était l’attitude du Seigneur Lui-même en présence de Ses adversaires (Ps. 109. 4).

Dieu éprouve la foi, amène l’âme à se confier en Lui seul plutôt que dans la bénédiction. Sans réponse de la part de Dieu, elle persévère dans les supplications, malgré l’opposition de l’adversaire (Rom 8. 25).

La parabole.

Pour les convaincre de l’exaucement de leurs prières, le Seigneur établit un contraste entre le comportement d’un juge inique de ce monde et le Dieu de grâce, ému de compassion envers ses élus qui crient à Lui.

« Il y avait dans une ville un certain juge qui ne craignait pas Dieu et qui ne respectait pas les hommes ; et dans cette ville-là il y avait une veuve, et elle alla vers lui, disant : Venge-moi de mon adversaire. Et il ne le voulut pas pour un temps. Mais après cela, il dit en lui-même : Quoique je ne craigne pas Dieu et que je ne respecte pas les hommes, néanmoins, parce que cette veuve m’ennuie, je lui ferai justice, de peur que, revenant sans cesse, elle ne me rompe la tête » (v. 2 à 5).

Cette veuve représente ceux qui, dépourvus de toutes ressources humaines, sont rejetés sur Dieu seul. Elle persévère dans sa requête jusqu’à ennuyer le juge inique, et elle obtient ce qu’elle désirait. Combien plus ceux qui implorent leur Dieu avec foi recevront-ils l’exaucement de leurs demandes en dépit des obstacles ?

« Et le Seigneur dit : Écoutez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et il use de patience avant d’intervenir pour eux ? » (v. 6 et 7)

Lors de la grande tribulation (Mat. 24. 21 ; Marc 13. 19), le résidu pieux en Israël connaîtra la délivrance de Dieu en sa faveur. Il fera appel au Juge de toute la terre (Gen. 18. 25). Celui-ci ne fera-t-il pas ce qui est juste en réponse au cri de la foi ? La détresse de ce résidu juif mettra en relief sa confiance en son Dieu et sa patience. Elle le préparera moralement, par la repentance, pour le royaume de Dieu.

Tant que Dieu n’intervient pas, c’est que selon Sa sagesse, Il a des motifs pour user de patience. Dieu reste parfait dans toutes Ses voies, agissant en grâce, en justice et en sainteté. Il mesure aussi bien l’intensité que la durée de l’épreuve de la foi, toutes choses travaillant ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Ps 57. 2 ; Rom. 8. 28).

Le Seigneur déclare à Simon que Satan avait demandé à cribler les disciples comme le blé et il ajoute : « mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Luc 22. 31 et 32). Dieu veut manifester dans Ses élus un état qui leur permette d’obtenir une pleine bénédiction. « Mais le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre ? » (v. 8) : Question bien solennelle ! L’homme a la responsabilité de répondre.

Le Seigneur évoque ce temps où l’apostasie juive atteindra son apogée dans un rejet délibéré de la vérité révélée concernant Christ et Son œuvre.

Il en est de même aujourd’hui dans la chrétienté, là où l’on s’est contenté de la seule profession. Dans quel état d’oubli de Dieu se trouve le monde chrétien ! Mais du côté des élus de Dieu, y aura-t-il persévérance jusqu’à la fin, cette vraie foi appuyée sur Dieu seul, malgré toutes les persécutions ? Certes ils crieront dans leur détresse, mais la question du Seigneur semble révéler que leur foi ne sera pas à la mesure de la glorieuse délivrance apportée par le Fils de l’homme. Cela rappelle la question de Jésus à Pierre délivré des eaux où il enfonçait : « Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mat. 14. 31)

Les temps difficiles auxquels nous sommes parvenus, à la veille du retour du Seigneur, offrent quelque analogie avec ceux du résidu juif avant sa délivrance finale. Bien des cris et des prières ferventes montent vers Dieu en face de la misère physique et morale envahissant l’ensemble de l’humanité. Et que d’épreuves douloureuses au sein du peuple de Dieu !

Mais c’est aussi le temps où la patience de notre Seigneur est salut. Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pier. 3. 9). De plus il prépare Son Assemblée en la sanctifiant et en la purifiant avant son enlèvement (Éph. 5. 26). Et ensuite auront lieu les jugements sur l’église apostate, et sur ceux qui, restés sur terre, auront refusé l’évangile de la grâce de Dieu.

Par contre, pour le résidu juif, le Fils de l’homme commence par juger ces méchants oppresseurs des élus de Dieu qui seront épargnés pour régner avec Christ sur la terre.

Puissions-nous prendre au sérieux l’exhortation du Seigneur pour les temps actuels : Prions toujours, sans nous lasser, dans une réelle confiance en notre Dieu Tout-puissant (Dan. 6. 27 ; Ps 34. 7).

Le pharisien et le publicain (Luc 18. 9 à 14).

Le Seigneur adresse cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s’ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien.

Aucun homme ne peut cacher au Seigneur de tels sentiments lorsqu’ils sont entretenus dans le cœur : c’est l’esprit du pharisien. « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras » (Jér. 17. 5). Et Dieu déclare par la voix de la sagesse : « Je hais l’orgueil et la hauteur » (Prov. 8. 13). « L’orgueil va devant la ruine » (Prov. 16. 18). « Qui méprise son prochain pèche » (Prov. 14. 21).

La confiance en soi, l’estime excessive de soi entraînant le mépris du prochain, caractérisaient ces auditeurs de Jésus, qui s’opposaient à Son enseignement marqué par la grâce et la vérité.

La prière du pharisien (v. 11 et 12).

Deux hommes, un pharisien et un publicain, montèrent au temple pour prier. Dieu avait déclaré : « Ma maison sera appelée une maison de prière » (És. 56. 7). Un homme en prière exprime sa confiance en Dieu. Mais quelle est la valeur de la prière de ceux qui se confient en eux-mêmes et en leur propre justice ?

Les pharisiens constituaient une secte parmi les Juifs, propres-justes et zélés, attachés à la lettre de leur interprétation de la loi, et à leur tradition dont l’application annulait la parole de Dieu (Marc 7. 13).

En tout temps la religion de la chair prive Dieu de ce qui Lui est dû, et elle nourrit l’orgueil de l’homme (Col. 2. 23). Ces pharisiens étaient les ennemis les plus acharnés de Christ.

Le pharisien se tient à l’écart, séparé des pécheurs qu’il méprise, s’estimant ne pas être comme le reste des hommes. Aveuglé par son orgueil, il n’a pas conscience que tous les hommes ont péché et que tout le monde est coupable devant Dieu (Rom. 3. 9 et 19).

Il s’adresse bien à Dieu, mais n’a rien à lui demander. Que pourrait-il obtenir ? (Jac. 4. 2). Dans l’étalage de sa propre justice, il énumère devant Dieu le mal qu’il ne fait pas, se vante du bien qu’il fait, et rend grâces de ne pas ressembler aux autres hommes, ou même au publicain. Il se mesure d’après le reste des hommes et non selon la loi de Dieu.

« Tout cœur orgueilleux est en abomination à l’Éternel » (Prov.16. 5).

Et le Seigneur ajoute : « Ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16. 15). « Qui détourne son oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est une abomination » (Prov. 28. 9).

Depuis la chute en Éden, l’homme a toujours eu la tendance à s’élever dans son cœur, à s’estimer supérieur à son prochain, et même à chercher à être l’égal de Dieu. Il n’y a aucun péché que Dieu condamne plus fortement que l’orgueil. L’orgueil attire Son jugement. « L’Éternel démolit la maison des orgueilleux » (Prov. 15. 25).

Nous connaissons le cas du chef de l’empire chaldéen, Nébucadnetsar, dont le cœur s’éleva et l’esprit s’endurcit jusqu’à l’orgueil. Destitué de sa dignité royale, il devint comme une bête, jusqu’à ce qu’il connût que le Dieu Très-haut domine sur le royaume des hommes (Dan. 4. 30 à 37 ; 5. 18 à 21). « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » (Jac. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 5).

La prière du publicain (v. 13).

Les publicains étaient méprisés des Juifs, car ils s’étaient mis au service des Romains pour percevoir des impôts, et ils le faisaient souvent avec dureté et injustice. Ils sont fréquemment mentionnés avec les pécheurs (Mat. 9. 10 et 11 ; 21. 31 et 32). Mais Jésus était l’ami des publicains et des pécheurs qui se repentaient et acceptaient par la foi la grâce de Dieu, comme Matthieu et Zachée (Mat. 11. 19 ; 9. 9 ; Luc 19. 9 et 10).

« Le publicain, se tenant loin ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur » (v. 13).

Quelle ardente supplication et quelle humble confession ! Son attitude, ses regards, ses actes et ses paroles révèlent sa contrition de cœur, son humilité à cause de ses péchés par lesquels il a offensé Dieu. Il a besoin du pardon d’un Dieu dont il éprouve la miséricorde, tout en se condamnant lui-même.

Chaque détail de cette prière très courte, véritable cri de l’âme, le concernait lui-même, comme pécheur, et Dieu comme Celui qui doit être apaisé, rendu propice.

Enseignés par l’Écriture, nous savons que le sang de Jésus nous purifie de tout péché : c’est le moyen de la grâce de Dieu pour nous justifier (1 Jean 1. 7 ; Rom. 3. 24 et 25).

Les résultats (v. 14).

Le Seigneur déclare au sujet du publicain « qu’il descendit en sa maison, justifié plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé ». Celui qui prend sa place devant Dieu comme pécheur perdu est élevé au rang du pécheur repentant, sauvé par grâce.

Alors que celui qui se drape dans sa propre justice, met en relief ses mérites et se complaît dans la haute opinion qu’il a de lui-même tout en méprisant le reste des hommes, montre qu’il n’a pas besoin de Dieu ; il sera abaissé sous le jugement éternel.

Considérons l’abaissement de Christ jusqu’à la mort de la croix et Son exaltation par Dieu dans le ciel (Phil. 2. 7 à 11).

Il est certain que la propre justice déplaît à Dieu et que l’humilité à cause de notre péché Lui est agréable. Nous sommes-nous approchés de Dieu un jour comme le publicain ?

Jésus et Ses disciples en chemin vers Jérusalem (Mat. 19. 1 à 15 ; Marc 10. 1 à 16 ; Luc 18. 16 et 17).

Au terme de Son ministère en Galilée, Jésus s’achemine désormais vers Jérusalem pour y accomplir l’œuvre de la rédemption. Il est près des confins de la Judée, au-delà du Jourdain. De grandes foules le suivent et, dans Ses compassions, Il est toujours prêt à guérir les malades.

Selon Sa coutume, Il continue à enseigner, sachant bien qu’un jour, après Sa mort et Sa résurrection, des fruits seraient produits par le Saint Esprit dans certains cœurs.

Question au sujet du mariage et du divorce.

Des pharisiens viennent au Seigneur pour l’éprouver. Hommes religieux, observateurs scrupuleux de la loi, ils pensent l’embarrasser par leur question au sujet du divorce, le mettant en contradiction avec Moïse.

Ils lui demandent : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce soit ? » Si Jésus reconnaît que Moïse avait permis le divorce (Deut. 24. 1 à 4), Il doit préciser toutefois que c’était à cause de leur dureté de cœur.

Le premier couple humain a été formé par Dieu avant la chute de l’homme. Mais le péché étant entré dans le monde, l’orgueil, l’égoïsme et la propre volonté de l’homme ont endurci son cœur. Les relations les plus intimes ont été altérées par le péché, ce qui explique les mesures adoptées par Moïse.

Ainsi l’homme a démontré qu’il était incapable de vivre à la hauteur de la perfection des relations établies par Dieu au commencement. C’est en considérant ce que Dieu a fait et comment Il l’a fait à l’origine que l’on est instruit de Sa pensée sur toute chose.

C’est ce principe important que le Seigneur souligne à propos du mariage, pour que l’homme, animé de la crainte de Dieu, s’y conforme. « Mais au commencement de la création, Dieu les fit mâle et femelle : c’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère et sera uni à sa femme, et les deux seront une seule chair… Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10. 6 à 9 ; Gen. 2. 24).

Ainsi le Seigneur ne cautionne pas la répudiation, ce que confirme la parole solennelle de Malachie 2. 16. Avec quel profond exercice de prière un jeune croyant doit-il envisager son mariage pour avoir l’approbation du Seigneur, car cet acte engage toute sa vie ultérieure ! Un tel lien ne peut se dissoudre que par la mort, selon l’enseignement de la Parole.

Devant le rappel de ce que Dieu avait institué au commencement, les disciples réagissent en disant : « Si telle est la condition de l’homme vis-à-vis de la femme, il ne convient pas de se marier ». Mais le Seigneur ajoute : « Tous ne reçoivent pas cette parole, mais ceux à qui il est donné » (Mat.19. 10 et 11).

Il voulait parler du célibat positif pour Dieu, qui ne peut être réalisé que par la puissance du Saint Esprit. Un croyant peut vivre en dehors des liens du mariage, pour le royaume de Dieu, même si cela est exceptionnel. Mais le mariage est institué par Dieu et cette relation est à respecter là où elle existe.

Mépriser le mariage, ce qui est fréquent aujourd’hui, est d’une extrême gravité, c’est s’opposer au plan de Dieu (Héb. 13. 4).

N’avez-vous pas de nombreux camarades, enfants de parents divorcés, dont le cœur est broyé par la souffrance liée au départ du foyer de l’un des parents ?

Que ce spectacle douloureux vous fasse apprécier le bonheur d’appartenir à un foyer chrétien !

Jésus et les petits enfants.

« Alors on lui apporta de petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât ; mais les disciples reprenaient ceux qui les apportaient » (Mat. 19. 13). La grâce incomparable rayonnée par Jésus, Ses sentiments à l’égard des petits enfants, disposaient leurs parents à les Lui amener pour que Sa bénédiction repose sur eux.

Comme il était précieux pour Son cœur d’accueillir ces petits, venant spontanément à Lui en toute simplicité, humilité et confiance ! L’évangéliste Marc relève l’indignation du Seigneur face aux reproches des disciples. Ils pensaient sans doute que le Seigneur avait des choses plus importantes à faire que de s’occuper de petits enfants : quelle douleur pour le cœur du Seigneur de constater que Ses disciples étaient loin de partager Ses pensées !

Aujourd’hui encore, allez à Jésus. Il veut vous bénir.

Nous admirons la réponse du Seigneur : « Laissez venir à moi les petits enfants ; ne les en empêchez pas ; car à de tels est le royaume de Dieu… quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point » (Marc 10. 14 et 15). Le Seigneur se plaît à souligner la place prioritaire des petits enfants dans Son cœur. Remarquons les mentions fréquentes de Matthieu à leur égard (11. 25 ; 18. 1 à 14 ; 19. 13 à 15, 21, 15 et 16).

Ce que Jésus appréciait chez ces petits êtres, c’est qu’ils recevaient Ses paroles en toute simplicité, donc le royaume de Dieu pour y entrer. Comme tout être humain, ils possédaient la nature pécheresse, mais leur cœur naturel n’était pas encore endurci par le contact avec le monde, le mal, les raisonnements subtils et rusés des hommes.

Le petit enfant, sans être innocent, est plus ou moins sensible au péché. Il n’a pas encore cette inimitié contre Dieu qui caractérise foncièrement l’homme responsable, dont la conscience lui fait connaître le bien sans qu’il puisse l’accomplir, et le mal qu’il est toujours porté à commettre ; c’est pourquoi le Seigneur avertit solennellement tous ceux qui empêchaient, pour des raisons diverses, ces chers petits de venir à Lui.

Et en même temps Il les cite en exemple à ceux qui entraient dans le royaume de Dieu. Les pensées du Seigneur envers les petits enfants et ceux qui leur ressemblent n’ont pas changé.

Es-tu entré dans ce royaume de Dieu ? Fixe toute ton attention sur cette scène où Jésus prend ces petits enfants entre Ses bras, pose Ses mains sur eux et les bénit, comme si tu étais l’un d’eux. Jésus t’aime et veut te sauver aujourd’hui.

Jésus aime les petits ;

Dans Ses bras Il les a pris,

Alors que sur le chemin,

Il allait, faisant du bien.

« Oh ! merci, merci, Seigneur,

Tu nous aimes, quel bonheur » !

Un jeune homme riche (Mat.19. 16 à 30 ; Marc 10. 17 à 31 ; Luc 18. 18 à 30).

Comme Jésus sortait sur la route, un homme accourut, et se jeta à genoux devant Lui. Matthieu précise qu’il était jeune, et Luc, qu’il était un chef du peuple. Il paraissait sérieux, bien disposé, s’approchant avec une grande déférence vis-à-vis du Seigneur qu’il considérait comme un grand rabbi.

L’entretien avec le Seigneur.

Le jeune homme pose sa question : « Bon maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? » Il ne parle pas d’être sauvé. C’est un Juif, désirant faire quelque chose, accomplir un commandement qu’il ignore, pour obtenir la vie éternelle.

Il considérait le Seigneur comme un homme bon parmi les fils d’Adam déchus, auquel lui-même et d’autres auraient pu ressembler. Il ne se rendait pas compte de la ruine de l’homme, de son incapacité à faire le bien (Ps. 14. 3), et il ne voyait pas en Jésus, le Fils de Dieu qui seul est bon. Le Seigneur était venu du ciel parce qu’il n’y avait personne de bon sur la terre, et que personne ne pouvait hériter de la vie éternelle par ses propres œuvres (Rom. 3. 12).

La loi promettait la vie ici-bas à celui qui l’observait (Lév. 18. 5). Ainsi le Seigneur place-t-il ce jeune homme devant la loi, en lui citant les commandements relatifs aux rapports de l’homme avec son prochain. Il l’épargne en ne citant pas les trois premiers et le dixième commandement. La réponse est immédiate : « Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse ». Que me manque-t-il encore ? Il n’avait ni tué, ni commis adultère, ni volé, ni prononcé de faux témoignage, il avait honoré ses parents. Cependant il reconnaît ne pas posséder la vie éternelle.

Le Seigneur apprécie les qualités morales de cet homme comme Marc le souligne : « Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima et lui dit : Une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix » (10. 21).

C’est cette parole qui va sonder le véritable état de son cœur, révélant sa convoitise secrète. Il a affaire à Celui qui connaît et éprouve le cœur, aux yeux de qui toutes choses sont nues et découvertes (Héb. 4. 13). L’amour des richesses gouverne le cœur de ce jeune homme, malgré ses dispositions naturelles aimables. Au fond de son cœur existe cette vile convoitise de l’or, ressort de sa propre volonté.

Affligé par cette parole du Seigneur, il s’en alla tout triste. Il préfère les biens de ce monde, ses aises, lui-même, à Dieu manifesté en grâce et en vérité. Luc précise qu’il était extrêmement riche (18. 23). Il enfreint le premier commandement (Mat. 22. 37 et 38), car ses richesses étaient son idole.

Seule la foi pouvait tout abandonner pour suivre Jésus avec l’assurance d’obtenir des biens meilleurs et permanents dans le ciel.

Combien de personnes seront perdues pour avoir préféré à Jésus quelques vanités, quelques frivolités, les plaisirs d’un jour et les honneurs de ce monde !

Le danger des richesses.

« Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à Ses disciples : Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! » (Marc 10. 23). Cette parole provoque l’étonnement des disciples, car sous la loi les richesses étaient un signe de la faveur de Dieu à l’égard des justes.

Ainsi ceux qui les possédaient pouvaient-ils s’attendre à entrer dans le royaume. La réponse de Jésus signale un danger : « Enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (v. 24). La confiance dans les richesses constitue un réel obstacle, même si certains se laissent détourner par des choses futiles.

« Et qui peut être sauvé ? » demandent les disciples excessivement étonnés. « Et Jésus, les ayant regardés, dit : Pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu ». L’homme est perdu. Il ne peut rien faire pour obtenir la vie éternelle.

C’est alors que Dieu intervient en grâce pour le pécheur, au moyen de la croix de Jésus. La foi seule discerne cette ressource divine et obtient le salut. L’œuvre accomplie par Jésus est parfaite et complète. La justice de Dieu est sur tous ceux qui croient. Le besoin d’un salut venant de Dieu est bien établi, aussi bien que l’état de perdition de tout homme.

As-tu saisi pour toi-même ce grand salut ?

Ceux qui ont tout quitté.

A la suite de ce que le Seigneur venait de dire au jeune homme riche et aimable, Pierre lui dit : « Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ». Jésus, répondant, dit : « En vérité, je vous dis : Il n’y a personne qui ait quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi et pour l’amour de l’évangile, qui n’en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant, maisons, et frères, et sœurs, et mères, et enfants, et champs, avec des persécutions, et dans le siècle qui vient, la vie éternelle » (Marc 10. 29 et 30).

Avec le sacrifice de ce qui a le plus de prix pour le cœur humain, ceux qui se confient en Dieu recevront, déjà ici-bas, au centuple, aussi bien en relations fraternelles qu’en bénédictions spirituelles, ce qui a été abandonné pour l’amour du Seigneur.

Les persécutions sont aussi annoncées comme conséquence de la haine contre Dieu et du rejet de Christ, mais le don inestimable de Dieu sera la vie éternelle en gloire.

Que sont nos petits renoncements à côté du sacrifice suprême de notre cher Sauveur ? Mais le Seigneur connaît les motifs de nos cœurs. Aussi suivons-Le par amour, sans nous soucier des récompenses.

Retenons cette parole solennelle : « plusieurs qui sont les premiers seront les derniers ; et les derniers seront les premiers ».

D’après La Bonne Nouvelle 1993

SONDEZ LES ÉCRITURES (16)

Conséquences de la venue du Seigneur Jésus dans ce monde (Mat. 10. 34 à 36 ; Luc 12. 49 à 53).

A la naissance du Seigneur Jésus une multitude d’anges louaient Dieu disant : « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! » (Luc 2. 14) Mais nous savons qu’il a été rejeté des hommes méchants, et les siens ne l’ont pas reçu (Jean 1. 11). « Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs… mais nous n’avons eu pour lui aucune estime » (És. 53. 3).

Aussi entendons-nous ces paroles de Jésus : « Je suis venu jeter le feu sur la terre ; et que veux-je, si déjà il est allumé ? » (Luc 12. 49). Ainsi l’effet de sa venue dans le monde fut de déclencher la haine implacable de l’homme, non pas la paix, mais l’épée (Jean 7. 7 ; Mat. 10. 34).

Sous l’impulsion de sa propre volonté, l’homme est inimitié contre Dieu. Il se révolte dès qu’on lui déclare qu’il est sous le jugement de Dieu (Jean 3. 36). En rejetant Jésus les hommes allumaient le feu de ce jugement bien avant son exécution finale par Dieu.

Cependant Jésus est venu dans ce monde pour révéler aux pécheurs l’amour de Dieu. Pour cela Il devait subir le jugement qui devait atteindre les coupables, en passant par le baptême de la mort comme Il l’exprime : « Mais j’ai à être baptisé d’un baptême ; et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12. 50)

Le jugement qui allait s’exécuter sur Lui à la croix pour satisfaire les exigences de la justice et de la sainteté de Dieu, permettrait à Sa grâce de s’exprimer librement à l’égard de tous les hommes et de toucher leur cœur (Rom 5. 21).

Jusqu’à ce que cette œuvre de la rédemption soit accomplie, Il était à l’étroit dans son cœur, car l’amour infini de Dieu en lui était comme contenu douloureusement. Il ne pouvait avoir communion avec les pécheurs qu’Il côtoyait et bien peu avec ses disciples.

Mais après le baptême de Sa mort, si l’homme naturel n’a pas changé, la grâce de Dieu a pu surabonder, et la gloire de Dieu a été magnifiée.

En attendant le jour où le jugement s’exécutera sur tous les méchants pour introduire le règne de justice et de paix du Fils de l’homme, le Seigneur annonce aux siens qu’ils entreraient en conflit avec ceux qui le rejetteraient : « Pensez-vous que je sois venu donner la paix sur la terre ? Non, vous dis-je ; mais plutôt la division. Car désormais ils seront cinq dans une maison, divisés : trois seront divisés contre deux, et deux contre trois… » (v. 51 à 53).

Il en donne l’explication ailleurs. « La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises » (Jean 3. 19 et 20).

Dans bien des familles, lorsque l’Évangile a été reçu de certains membres, il est arrivé que les liens les plus intimes selon la nature ont été brisés. Ceux qui sont restés ennemis de Dieu, dans leur orgueil sont devenus des persécuteurs. Et c’est souvent le chrétien qui est accusé d’avoir causé la division dans sa famille.

Outre l’opposition du monde (2 Tim 3. 12), combien est douloureuse cette hostilité de la part de ceux qui nous sont chers. C’est alors que se réalise cette parole : « les ennemis d’un homme sont les gens de sa maison » (Michée 7. 5 à 7).

Mais le Seigneur peut, dans un tel cas, soutenir ceux qui souffrent pour son Nom, leur accordant toute la patience et la douceur nécessaires en face des opposants, qui peuvent aussi être saisis par la puissance de la grâce divine.

Nécessité de la repentance (Luc 13. 1 à 5).

A partir de deux évènements récents et solennels Jésus exhorte ses auditeurs à la repentance.

Il s’agit d’abord des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec leurs sacrifices (v. 1). Jésus leur dit : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses ? »

Selon l’idée que les Juifs avaient du gouvernement de Dieu, ces Galiléens devaient être très coupables pour avoir subi un tel châtiment. Mais l’état du peuple juif, à cette époque, était tel que ceux auxquels arrivait un malheur ne le méritaient pas davantage que ceux qui étaient épargnés. C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « Non, vous dis-je ; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même manière » (v. 3).

Alors qu’il se croit meilleur que son semblable, l’homme est prêt à conclure que le jugement de Dieu atteint celui qui est touché par un malheur. Mais tout homme est coupable devant Dieu. Le jugement de Dieu doit s’exercer à l’égard des impies. C’est un effet de la grâce de Dieu s’il prolonge le temps de sa patience.

Bien des calamités atteignent certains individus, certaines nations, et ce sont autant de signes précurseurs de ce qui attend tous ceux qui ne se repentent pas. « Aujourd’hui si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur » (Ps. 95. 7 et 8).

Une autre catastrophe est évoquée par le Seigneur à propos de la tour de Siloé qui, en tombant, tua dix-huit personnes : « Croyez-vous qu’ils fussent plus coupables que tous les hommes qui habitent Jérusalem ? Non, vous dis-je ; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous pareillement » (Luc 13. 4 et 5).

Avec quelles compassions le Seigneur adressait-il ses avertissements ! Encore quelques années et cette ville de Jérusalem coupable du sang des prophètes et de nombreux témoins de la foi, subirait un jugement effroyable.

Cela rappelle à tout homme pécheur son inimitié et sa culpabilité devant Dieu. S’il ne se repent pas sur la terre, il ne lui reste plus que le jugement éternel de Dieu.

Les voies de Dieu à l’égard des hommes s’exercent selon deux principes essentiels. S’il y a d’un côté la souveraine grâce donnant la vie éternelle à celui qui croit au Fils (Rom 6. 23), d’un autre côté, le gouvernement d’un Dieu juste s’exerce envers tous les hommes selon ce principe solennel : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal 6. 7 et 8).

T’es-tu repenti et as-tu accepté le salut que Dieu t’offre gratuitement aujourd’hui au début d’une nouvelle année ? Demain il sera peut-être trop tard !

La parabole du figuier stérile (Luc 13. 6 à 9).

A travers la parabole du figuier, le Seigneur présente l’histoire d’Israël, peuple que Dieu avait favorisé de toutes manières. Israël était le figuier planté dans la vigne de Dieu (Joël 1. 7 ; Mat. 21. 18 à 22).

C’est en vain que, depuis trois ans, le propriétaire venait chercher du fruit. Aussi prononce-t-il cette sentence au vigneron : « Coupe-le ; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre ? » (v. 7). Pour être coupé, il n’est pas nécessaire de porter de mauvais fruits. Il suffit de ne pas en porter de bons. Le figuier était inutile et encombrait la vigne.

Mais le vigneron propose une ultime tentative dans le souci d’améliorer les conditions de culture du figuier afin de l’aider à porter du fruit : « Maître, laisse-le cette année aussi, jusqu’à ce que je l’aie déchaussé et que j’y aie mis du fumier ; et peut-être portera-t-il du fruit : sinon, après, tu le couperas » (v. 8).

Cette dernière année rappelle tous les soins pleins d’amour, tout le travail patient du Seigneur au sein de son peuple, en vue d’obtenir quelque fruit de l’homme naturel, si cela avait été possible.

Mais cette dernière épreuve manifeste que l’homme dans la chair, malgré toutes ses prétentions religieuses, est totalement incapable de porter du fruit pour Dieu : occupant inutilement la terre, il est démontré qu’il n’y avait plus rien à faire, si ce n’est d’exercer le jugement.

Israël est un échantillon de toute la race humaine pécheresse. A travers ce peuple Dieu a mis en évidence ce qui caractérise toute la descendance d’Adam : aucun fruit pour Dieu. Mais la venue de Jésus dans ce monde a révélé tout l’amour de Dieu pour le pécheur alors qu’Il a en horreur le péché.

Et l’épreuve de l’homme dans la chair se termine à la croix, lorsqu’il commet le crime le plus odieux de l’humanité, la condamnation à mort du Saint et du Juste, « l’unique Fils bien-aimé » (Marc 12. 6 et 7).

Par la mort de Christ, Dieu en a fini avec ce premier homme (És. 2. 22), mais par la foi en cette œuvre expiatoire de la croix, le croyant reçoit une nouvelle nature : il est né de Dieu. C’est ce qu’exprime le Seigneur à Nicodème : « Il vous faut être nés de nouveau » (Jean 3. 7). Seuls ceux qui possèdent la vie éternelle peuvent porter du fruit pour Dieu.

De même, lorsque le Fils de l’homme établira son règne sur la terre, l’Israël de Dieu sera restauré après avoir reconnu comme Messie Celui qu’il a crucifié autrefois. Dieu lui donnera un cœur nouveau et mettra son Esprit au-dedans de lui (Éz. 36. 26 et 27). Et Christ lui adressera cette parole de grâce : « De moi provient ton fruit » (Osée 14. 8). Et toutes les nations de la terre seront bénies à travers Israël.

Guérison d’une infirme un jour de sabbat (Luc 13. 10 à 17).

Luc seul a conservé le récit de cette guérison où le cœur plein de compassion du Seigneur est étreint devant l’infirmité de cette femme venue entendre la parole dans la synagogue. Depuis dix-huit ans elle était courbée par un esprit d’infirmité et ne pouvait nullement se redresser. Elle était liée par Satan. « Et Jésus, la voyant, l’appela et lui dit : Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il posa les mains sur elle : et à l’instant elle fut redressée, et glorifiait Dieu » (v. 12 et 13).

C’est l’Éternel qui relève ceux qui sont courbés (Ps 146. 8). Ne nous arrive-t-il pas parfois d’être courbés spirituellement, lorsque les choses de la terre accaparent nos cœurs ou que nous nous chargeons de fardeaux que nous aurions pu confier au Seigneur ? (1 Pier. 5. 7). Le Seigneur peut aussi nous délivrer de telles infirmités.

Ce miracle, accompli un jour de sabbat, est l’occasion pour le chef de synagogue de s’indigner vis-à-vis de la foule, même s’il reconnaît à Jésus le pouvoir d’accomplir des miracles. « Il y a six jours où il faut travailler ; venez donc ces jours-là, et soyez guéris, et non pas le jour de sabbat » (v 14).

Le régime de la loi dans lequel le sabbat avait été institué, supposait l’homme capable d’obéissance. Alors il pouvait participer au repos qu’annonçait le sabbat. Jésus seul a pu accomplir la loi (Mat. 5. 17). Sous le système de la loi l’homme naturel ne pouvait être que condamné.

« Le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua » (Rom 7. 11). Aussi le Seigneur est-il venu délivrer l’homme du péché et de l’esclavage de Satan. Comment se serait-Il reposé là où le péché abondait ? Il ne pouvait interrompre son activité de grâce à l’égard des pécheurs, même un jour de sabbat.

Jésus s’adresse alors au chef de synagogue : « Hypocrites ! chacun de vous ne détache-t-il pas de la crèche son bœuf ou son âne un jour de sabbat, et ne les mène-t-il pas boire ? Et celle-ci qui est fille d’Abraham, laquelle Satan avait liée, voici, il y a dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du sabbat ? »

Cette parole confond tous les adversaires de Jésus et les couvre de honte. Ces observateurs de la loi n’hésitaient pas à délier leur bœuf ou leur âne un jour de sabbat, alors qu’ils s’opposaient au travail de la grâce lorsqu’il s’agissait de délivrer une pauvre femme que Satan avait liée depuis si longtemps. Quelle hypocrisie !

Malgré leur religiosité, ces Juifs, dans leur état misérable, étaient eux aussi asservis à la puissance de Satan. Ils ne discernaient pas tout l’amour actif de Jésus qui ne pouvait que s’exprimer, même un jour de sabbat, pour délivrer du joug de Satan une fille d’Abraham (Gal 3. 7).

Dès qu’elle est consciente de sa guérison, sa foi la pousse à glorifier Dieu. « Et toute la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qui étaient faites par lui » (v 17).

Que nous soyons disposés dans nos cœurs à imiter une telle foi !

Christ un avec le Père (Jean 10. 22 à 30).

Le Seigneur dans le temple.

Lors de la fête de la dédicace célébrée à Jérusalem, en hiver, Jésus se promenait dans le temple, au portique de Salomon (v. 22 et 23). Cette fête annuelle, que Moïse n’avait pas ordonnée à Israël, avait lieu en souvenir de la purification du temple, après sa profanation par les idolâtries d’Antiochus Épiphane, roi de Syrie, et violent persécuteur des Juifs.

Jésus, le vrai Salomon, est encore le roi méprisé et rejeté des siens. Les Juifs, faisant fi de la voix de leur conscience, viennent l’entourer pour l’interroger à nouveau : « Jusques à quand tiens-tu notre âme en suspens ? Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous franchement ». Voulaient-ils rendre Jésus responsable de leur incrédulité ? « Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que moi je fais au nom de mon Père, celles-ci rendent témoignage de moi ; mais vous, vous ne croyez pas, car vous n’êtes pas de mes brebis » (v. 24 à 26).

Les Juifs, qui ne croyaient pas, ont rejeté les paroles de Jésus (Jean 8) et le témoignage de ses œuvres (Jean 5 et 9). Il était alors inutile de leur déclarer qu’Il fût le Christ. D’ailleurs, combien sont solennelles ces paroles du Seigneur disant que n’étant pas ses brebis, ils ne croyaient pas. Ils ne faisaient pas partie des élus de Dieu, comme Il l’avait déjà souligné (8. 43 et 44).

Face à cette incrédulité, de nouveau le Seigneur va mettre en évidence les caractères distinctifs de ses brebis et leurs incomparables privilèges. Car maintenant son activité s’exercera envers son troupeau. « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main » (v. 27 et 28).

Les brebis représentent tous ceux qui appartiennent au bon Berger ; ce sont ceux que le Père lui a donnés (v. 29) et c’est Lui qui les a rachetés par sa mort (v. 11, 15, 17 et 18).

Deux traits caractérisent ses brebis : elles écoutent sa voix, ne connaissant pas celle des étrangers (v. 5), et elles le suivent, réponse spontanée à son amour infini. Chaque brebis écoute l’appel irrésistible de son Berger comme Lazare dans le tombeau entendit celui de Jésus (Prov. 20. 12).

C’est l’attrait de sa Personne qui engage la brebis à Le suivre pour Le connaître toujours mieux, s’inspirer de son exemple et Lui obéir de cœur.

Quant au Berger, il connaît ses brebis, chacune par son nom. Ainsi elles ne manquent de rien (Ps. 23. 1). Elles lui sont confiées par le Père. Quel prix ont-elles pour son cœur puisqu’Il a dû laisser sa vie pour elles ! Il leur donne la vie éternelle, vie qui est entretenue dans la connaissance du Père et du Fils (Jean 17. 3).

Cette vie divine et éternelle leur est souverainement accordée comme un libre don de sa grâce. Elles ne peuvent pas périr puisqu’elles ont un sûr abri dans sa main toute puissante. Hélas ! elles peuvent s’égarer, tomber, mais elles ne périront jamais. Il s’agit ici de l’éternelle sécurité des brebis.

Puis son Père, qui les lui a données, est plus grand que tous ceux qui voudraient leur nuire. C’est pourquoi le Seigneur ajoute : « Personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un » (v. 29 et 30).

Ce passage fait briller la gloire divine de Jésus. Il y a entre le Père et le Fils une parfaite unité de nature pour assurer aux brebis une éternelle sécurité. Qui pourrait les ravir alors qu’elles sont dans la main du Père et dans celle du Fils ?

Si l’un de nos jeunes lecteurs était indécis quant à la certitude d’être une brebis, qu’il écoute la voix du bon Berger. Pourquoi lui résister plus longtemps ?

La maison d’Israël abandonnée par le Seigneur (Luc 13. 31 à 35).

Hostilité d’Hérode.

Sous prétexte de déférence pour Jésus, des pharisiens vinrent L’avertir de s’en aller, car Hérode voulait le tuer. Hérode voilait son animosité avec la ruse d’un renard. Lui, un étranger, de quel droit était-il le roi des Juifs ? Les promesses d’Israël ne le concernaient absolument pas et il ne pouvait que s’opposer à Christ puisqu’il n’avait pas la foi.

Mais Hérode avait une crainte superstitieuse vis-à-vis de Jésus à cause de ses miracles, et sa conscience était tourmentée par le meurtre de Jean le baptiseur (9. 7 à 9). Il utilise astucieusement les pharisiens, dont il connaissait la haine contre Jésus, pour L’engager à s’éloigner du territoire qu’il gouvernait.

Aussi la réponse de Jésus est-elle directement adressée à Hérode dont les intentions ne le troublent pas. « Allez, dites à ce renard : Voici, je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé » (v. 32).

Ce qui importait pour le Serviteur parfait, c’était de faire la volonté de son Père jusqu’à ce qu’Il soit glorifié. Dans une obéissance absolue Il faisait le bien, guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance, sachant qu’au terme d’un tel chemin ce serait sa mort à Jérusalem, comme les prophètes qui l’avaient précédé.

Puis Il ajoute : « Mais il faut que je marche aujourd’hui et demain et le jour suivant, car il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem » (v. 33). Faisant toujours les choses qui plaisent au Père, il ne se préoccupe pas de l’opposition rencontrée, ni des conséquences de sa fidélité.

Puissions-nous cultiver la communion avec le Seigneur pour marcher dans un chemin d’obéissance et compter sur ses ressources divines quand les souffrances inévitables se présenteront !

Plainte du Seigneur sur Jérusalem.

Ayant devant Lui la mort, dont serait coupable la ville rebelle, Jésus déclare : « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (v. 34). C’est l’Éternel de l’Ancien Testament qui parle ici. Lui seul pouvait rassembler Israël par le ministère des prophètes (Jér. 31. 10), mais sous l’angle de sa responsabilité, Israël avait rejeté l’Éternel.

Pourtant avec quel amour et quelle patience le Seigneur avait entrepris de ramener à Lui ce pauvre peuple, mais en vain. Aussi, ayant épuisé les ressources de la grâce, Il allait quitter ce peuple infidèle.

C’est le cœur étreint par la douleur qu’Il doit s’exprimer : « Voici, votre maison vous est abandonnée ; et je vous dis, que vous ne me verrez point jusqu’à ce qu’il arrive que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (v. 35, citation du Ps. 118. 26).

Dans ce temps encore futur, lors de la grande tribulation (Mat. 24. 21), l’Israël de Dieu sera amené à une profonde repentance, regardant vers Celui qui autrefois a été crucifié pour ses transgressions à Jérusalem (Zach. 12. 10).

Ainsi, c’est la grâce qui triomphe. L’homme a tout perdu sur le pied de la responsabilité, mais sur le principe de la grâce, par la foi au sacrifice de Christ, il reçoit un plein salut, une complète délivrance et le vrai bonheur de l’âme rachetée pour l’éternité.

Savez-vous qu’une femme étrangère est venue, par la résolution de sa foi, s’abriter sous les ailes de l’Éternel, le Dieu d’Israël où elle a pu goûter un profond sentiment de la grâce ? C’est Ruth, la Moabite, qui fait partie de la généalogie de Jésus Christ (Ruth 2. 12 ; Matt. 1. 5).

Avons-nous tous fait le choix de Ruth ?

Guérison d’un homme hydropique.

Guérison un jour de sabbat.

Le Seigneur accepte de prendre un repas, un jour de sabbat, chez un des principaux des pharisiens. Docteurs de la loi et pharisiens sont là, l’observant pour essayer de l’embarrasser, mais c’est Lui qui va leur fermer la bouche. Aveuglés par leurs prétentions religieuses, ils n’avaient pas conscience d’avoir devant eux Celui qui sonde les cœurs.

« Et voici il y avait un homme hydropique devant lui » (v. 2). Que va faire Jésus toujours sensible à la misère humaine ? Il va mettre à l’épreuve par une question ces docteurs de la loi. « Est-il permis de guérir, un jour de sabbat ? » (v. 4). Et ils se turent. Et l’ayant pris, Il le guérit, et le renvoya ».

Ainsi Il revendique les droits de la grâce contre le sabbat, signe de l’ancienne alliance (Ex. 31. 17). Et Jésus répondant aux pensées non exprimées, mais qu’Il lisait dans leurs mauvais cœurs, dit : « Qui sera celui de vous, qui, ayant un âne ou un bœuf, lequel vienne à tomber dans un puits, ne l’en retire aussitôt le jour du sabbat ? ». Ainsi le Seigneur une fois encore dénonce leur hypocrisie.

Pour préserver leurs propres intérêts, ils n’auraient pas hésité à transgresser la loi dans son quatrième commandement, en particulier. Alors l’amour et la puissance de Dieu ne pouvaient-ils pas s’exprimer en un jour de sabbat à l’égard de l’homme placé sous les conséquences du péché et en danger de mort ? Les pharisiens avaient ainsi l’occasion d’apprendre ce qu’est la grâce de Dieu, cette grâce dont ils avaient besoin pour eux-mêmes ainsi que chacun de nous. Celui qui se présentait devant eux en était la parfaite expression.

Comment l’homme entrera-t-il dans le repos de Dieu ?

Dieu pouvait-il se reposer en présence du péché entraînant la misère de l’homme, que Lui-même avait créé pour le rendre heureux dans la mesure où il obéirait à sa parole ? L’homme a préféré écouter la voix du tentateur, interrompant follement le repos de Dieu lorsqu’il a mangé du fruit défendu (Gen. 3).

Ainsi l’homme n’entra jamais dans le repos de Dieu. Et lorsque Christ vint sur la terre, pour montrer que le péché était toujours là, il poursuivit son œuvre de grâce en guérissant malades et infirmes et en délivrant les démoniaques, même le jour du sabbat. C’est pourquoi il pouvait dire aux Juifs : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5. 17).

Et dans leur haine fanatique, ils cherchaient à le faire mourir parce qu’Il violait le sabbat. Si l’homme avait gardé la loi, il aurait eu droit au repos, mais il ne pouvait s’y soumettre (Rom. 8. 7). Ainsi la guérison de cet homme, le jour du sabbat, démontrait que toute relation entre l’homme sous la loi et Dieu était rompue.

De son côté l’homme pécheur s’est révélé incapable de jouir du repos après le travail. Et il ne pouvait y avoir de repos pour Dieu face au désordre et à la ruine accumulée par le péché. La justice pouvait-elle se reposer en présence de l’iniquité de l’homme ? Et l’amour pouvait-il se reposer sur une scène où doit s’exercer le jugement ?

Ainsi c’était le bon plaisir de Jésus d’agir en grâce jusqu’à ce que le repos de Dieu dont le sabbat est la figure soit établi sur la base de la rédemption.

Il reste donc un repos pour le peuple de Dieu. « Nous qui avons cru, nous entrons dans le repos » (Héb. 4. 9, 3). Seule la foi en l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus nous permet d’accéder au repos éternel dans le ciel.

Pour le présent, le croyant goûte le repos de la conscience purifiée par le sang de Christ, en attendant de jouir de celui de la gloire. « Son repos sera gloire » (És. 11. 10). C’est ici le repos de Dieu : « Il se reposera dans son amour » (Soph. 3. 17).

Fais-tu partie de ces bienheureux selon le Psaume 32. 1 et 2 ?

Deux enseignements de la grâce (Luc 14. 7 à 14).

Le choix d’une place.

Au début du chapitre 14 le Seigneur est entré dans la maison de l’un des principaux pharisiens. Ceux qui étaient présents l’observaient avec malveillance. Maintenant c’est à son tour de constater avec tristesse comment les conviés choisissaient les premières places.

N’est-ce pas fréquent dans le monde où l’homme naturel, sous l’impulsion de l’orgueil de la vie, cherche à obtenir toujours plus d’honneur ou la meilleure part ?

Le monde, ayant exclu Dieu, trouve son plaisir à exalter le moi. Dans son activité fébrile, l’homme s’élève contre Dieu, car il a écouté la voix du tentateur au jardin d’Éden : « Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » (Gen. 3. 5). Dès lors c’est le désir d’être quelqu’un, d’obtenir la première place qui ronge le cœur naturel.

Aussi le Seigneur adresse-t-Il aux conviés une parabole : « Mais, quand tu seras convié par quelqu’un à des noces, ne te mets pas à table à la première place, de peur qu’un plus honorable que toi ne soit convié par lui, et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne et ne te dise : Fais place à celui-ci ; et qu’alors tu ne te mettes avec honte à occuper la dernière place » (v. 8 et 9).

Il est intolérable pour la chair d’être mise de côté, dans l’humiliation et le mépris. Elle cherche une place là où « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9. 58).

Mais Dieu a invité le pécheur au festin préparé par son amour. C’est sur la terre, en acceptant la grâce offerte à tous par Jésus, que nous y prenons place. Cette place, nous l’occuperons pendant l’éternité.

Encore faut-il pour cela la sagesse de l’humilité dont le Seigneur donne l’exemple parfait en prenant la dernière place pour venir nous sauver. « Il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom » (Phil. 2. 8 et 9).

C’est en contemplant le modèle parfait que le croyant peut réaliser l’humilité, le renoncement à soi-même, ne recherchant pas sa propre gloire. Si Jésus est l’objet de mon cœur, je puis me contenter de la dernière place ici-bas, car c’est celle où je le rencontrerai.

Le secret du bonheur.

Puis Jésus indique la conséquence de l’abaissement : « Mais quand tu seras convié, va et assieds-toi à la dernière place, afin que, quand celui qui t’a convié viendra, il te dise : Ami, monte plus haut. Alors tu auras de la gloire devant tous ceux qui seront à table avec toi. Car quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé » (v. 10 et 11).

Que nos pensées et nos affections soient concentrées sur Jésus, le modèle incomparable : c’est le secret du bonheur ! Alors nous sommes délivrés de nous-mêmes, des vexations du moi, des convoitises de la chair, n’ayant aucune importance à nos propres yeux.

Jésus s’est abaissé Lui-même jusqu’à la mort ignominieuse de la croix et le monde n’a pas cessé de l’humilier lorsqu’Il est venu sur cette terre. En conséquence Dieu l’a haut élevé et la foi Le contemple dans le ciel, couronné de gloire et d’honneur (Prov. 29. 23).

Es-tu prêt à occuper ici-bas cette place d’humilité dans ton foyer, à l’école ou ailleurs, par amour pour le Seigneur ? Elle nous ouvre le chemin qui conduit à la gloire avec Lui.

Récompense en résurrection.

Ayant appris aux convives à choisir leur place, Jésus va maintenant enseigner son hôte à choisir ses invités. Si l’homme du monde envisage un avantage immédiat sur la terre pour satisfaire son égoïsme, le croyant agit en vue du ciel où, dans la résurrection des justes, il recevra la récompense de sa conduite. « Mais quand tu fais un festin, convie les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles ; et tu seras bienheureux, car ils n’ont pas de quoi te rendre la pareille : car la pareille te sera rendue en la résurrection des justes » (v. 13 et 14).

Ayant reçu la vie de Jésus par la foi en son œuvre expiatoire, le croyant agira selon les aspirations de sa nouvelle nature, caractérisée par l’amour de Dieu et du prochain. S’oubliant lui-même, il recherchera l’intérêt d’autrui (Luc 6. 31 ; 1 Cor. 13. 4 à 7).

Le motif qui nous fait agir est-il l’amour pour le Seigneur, dans la recherche de son approbation, sans être influencé par la récompense ?

Le croyant ne compte pas sur une récompense actuelle, sachant que dans la résurrection des justes, il recevra la juste rétribution de son activité.

Cette résurrection de vie (Jean 5. 28 et 29), ou résurrection d’entre les morts (Act. 4. 2), ou première résurrection (Apoc. 20. 4 et 6) aura lieu plus de mille ans avant celle des méchants pour le jugement. Il y aura donc :

  • La résurrection des saints de l’Ancien Testament et les rachetés du Nouveau Testament lors de la venue du Seigneur (2 Thess. 1. 10).
  • La résurrection des martyrs (selon Apoc. 6. 9, 11, 13 et 15 ; 15. 2 à 4) avant Son apparition en gloire pour régner sur la terre.

Les noces du fils du roi (Mat. 22. 1 à 14).

Invitation des Juifs.

Cette parabole du royaume des cieux annonce le lever du jour où l’Évangile sera proclamé. Dieu est le Roi et Christ est le Fils pour lequel des noces ont lieu. Mais comme les pensées des hommes sont éloignées de celles du Dieu de toute grâce qui envoie Ses esclaves pour convier ceux qui étaient invités aux noces ; et ils ne voulurent pas venir (v. 3).

Ces premiers conviés étaient les Juifs durant le temps où Jésus était sur la terre. Ils refusèrent la bénédiction que le Fils de Dieu leur offrait. Puis, après la mort de Jésus, Dieu envoya encore une fois Ses esclaves, les apôtres, comme on le trouve dans les premiers chapitres du livre des Actes.

Au début, l’Évangile n’a été proclamé qu’aux Juifs. L’invitation du roi correspond bien au langage de l’Évangile : « tout est prêt : venez aux noces » (v. 4 ; Jean 19. 30). Par le sacrifice de Christ à la croix tout était prêt pour que ces coupables reçoivent la grâce qui leur était présentée.

Mais la plupart méprisèrent cette invitation, accaparés par les affaires du monde, tandis que les autres s’opposèrent violemment aux messagers, mettant à mort certains d’entre eux, comme le fidèle témoin Étienne.

Le roi fut irrité du traitement que reçurent Ses messagers et Il envoya ses troupes, faisant périr ces meurtriers et brûlant leur ville. C’est ce qui arriva lorsque l’armée romaine détruisit Jérusalem.

Invitation des nations.

Cependant, grâce insondable, Dieu veut faire participer le pécheur aux noces dont seul Son Fils est digne. Les esclaves seront envoyés vers les nations, car Il désire que des hommes puissent partager Ses propres pensées, Son dessein à l’égard de Son Fils : « Allez donc dans les carrefours des chemins, et autant de gens que vous trouverez, conviez-les aux noces » (v. 9). Ils assemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, tant mauvais que bons, car le salut est suffisant pour les mauvais et il est nécessaire pour les bons. Et la salle des noces fut remplie de gens qui étaient à table (v. 10).

Les apôtres et les disciples de Jésus se sont tournés vers les nations pour leur annoncer l’Évangile (Act. 13. 46).

Pas de robe de noces !

Aujourd’hui encore cette activité se poursuit et « quiconque » est invité à prendre place à cette table préparée par la grâce de Dieu en Christ. Mais hélas ! il y avait quelqu’un qui avait accepté l’invitation sans être vêtu d’une robe de noces. Il avait ainsi refusé d’honorer le fils du roi.

Cela n’échappe pas au regard du roi qui s’adresse à lui : « Ami, comment es-tu entré ici, sans avoir une robe de noces ? Et il eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-le pieds et mains, emportez-le, et jetez-le dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus » (v. 12 à 14).

Dans le temps actuel les invités se mettent à table. Mais pour jouir de ce festin éternel auquel tous les hommes sont appelés, il est nécessaire d’être revêtu de la justice de Christ (Gal. 3. 27 ; És. 61. 10).

Ces personnes venant des carrefours des chemins pouvaient être bien habillées ou en haillons. Mais aux yeux du roi elles étaient aussi mal habillées les unes que les autres, car personne n’avait une robe de noces que seul le roi pouvait procurer.

Devant Dieu toutes nos justices sont comme un linge souillé (És. 64. 6). Rien de ce que l’homme pourrait fournir ne serait convenable dans la présence d’un Dieu saint pour une fête aussi glorieuse.

Mais il est solennel de penser que quelqu’un a refusé ou négligé le vêtement convenable. C’était un homme religieux, mais sans Christ. Il s’était contenté de la profession chrétienne sans posséder la vie divine. Il aura la bouche fermée et, lié pieds et mains, sera jeté dans les ténèbres de dehors, pour subir des tourments éternels (Mat. 25. 46).

Par la foi en Christ.

Cette justice de Dieu dont le croyant est revêtu s’obtient par la foi en Christ, en Son œuvre expiatoire (Phil. 3. 9). Il est ainsi revêtu de Christ qu’il a accepté comme son Sauveur personnel (Rom. 3. 23 à 26). En dehors de Christ mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, il n’y a point de salut.

Ne te contente pas d’habitudes religieuses, d’une simple profession extérieure. Souviens-toi de ce qu’a dit à ses esclaves le père de la parabole au sujet du fils prodigue, repentant : « Apportez dehors la plus belle robe, et l’en revêtez…» (Luc 15. 22). As-tu revêtu Christ ?

Le grand souper (Luc 14. 15 à 24).

Cette parabole est similaire à celle du roi qui fit des noces pour son fils (Mat. 22. 1 à 14). L’enseignement dans les deux cas est le même, bien que les détails diffèrent selon le caractère de l’évangile. En Luc « un homme fit un grand souper et y convia beaucoup de gens. Et à l’heure du souper, il envoya son esclave dire aux conviés : Venez, car déjà tout est prêt » (v 16 et 17).

C’était un grand souper, sans limite de provisions ou d’invitations. Dès le commencement Dieu avait en vue ce souper et il devait avoir lieu quand le Messie s’est présenté aux Juifs à la fin de leur histoire.

1) Première invitation :

Mais hélas ! ces premiers conviés représentant les Juifs avec leurs chefs, lors de la première venue de Jésus sur la terre, s’excusent unanimement. L’un d’eux avait acheté un champ et devait le voir. Un autre avait acquis cinq couples de bœufs et voulait les essayer. Un troisième venait de se marier et ne pouvait venir.

Ces raisons avouées semblent légitimes aux yeux des hommes et, dans ces excuses, il n’y a rien de mal en apparence. Mais dans tous les cas elles manifestent une complète indifférence pour l’invitation au grand souper. Les cœurs sont absorbés par les choses de la terre : les affaires, les biens et la famille.

Ainsi tout ce qui détourne l’homme de Christ, de la vie éternelle, d’une joie céleste, est nuisible pour son âme, mettant en évidence qu’il ne se préoccupe pas de son salut. En face de l’offre de la grâce de Dieu, le cœur naturel de l’homme manifeste à quel point il est opposé aux choses de Dieu (Rom 8. 7).

Ces excuses ne sondent-elles pas nos cœurs ? On entend parfois cette question : quel mal y a-t-il en ceci ou cela ? En réalité, ce qui importe, c’est de savoir si je fais une chose pour Christ et s’Il peut m’approuver en cela.

Ainsi nous avons à prendre garde qu’un objet occupant une place dans notre âme ne parvienne à porter atteinte à la fraîcheur de notre communion avec le Seigneur : pour l’un ce peut être la lecture d’un livre, pour un autre un passe-temps favori, ou une amitié mondaine. De tels objets peuvent même nous dérober le temps à réserver à Dieu.

2) Deuxième invitation :

Après le refus des premiers invités, le maître de maison, en colère, envoie son esclave promptement dans les rues et les ruelles de la ville pour amener les pauvres, et les estropiés, et les aveugles, et les boiteux. Cette ville, où les malheureux sont amenés au festin, représente encore Israël.

Après l’élévation de Jésus dans le ciel, les apôtres devaient être Ses témoins, en commençant par Jérusalem pour amener ceux qui se reconnaîtraient moralement perdus, misérables, pauvres, infirmes, et sans force. Dieu connaît à fond cette misère, et Sa grâce insondable y a richement pourvu par le sacrifice parfait de Son Fils. Quand l’homme était incapable d’aller vers Dieu, c’était l’occasion pour la grâce de Dieu de S’approcher de lui en Christ, d’ôter ses péchés par l’œuvre de la rédemption.

3) Troisième invitation :

Dans Luc, où Christ est connu comme le Fils de l’homme, nous n’avons pas le mauvais traitement des messagers, ni le châtiment de ceux qui les avaient maltraités, ni le jugement de leur ville par le feu. Mais nous pouvons admirer l’humilité du serviteur et la grâce persévérante du maître qui ne peut être satisfait tant que la maison n’est pas remplie.

C’est pourquoi ce troisième appel retentit en faveur des nations : « Va-t-en dans les chemins et le long des haies, et contrains les gens d’entrer afin que ma maison soit remplie ». (v. 23). Ce travail se poursuit encore jusqu’à la venue du Seigneur.

Quelqu’un avait dit au Seigneur : « Bienheureux est celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu ! » (v. 15). Mais Christ parle d’un festin actuel auquel sont conviés tous les pauvres pêcheurs : « Venez, car déjà tout est prêt ». Le Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tim 2. 4).

As-tu pris place au grand souper de la grâce ? Si tu as répondu favorablement, alors tu peux aussi à ton tour, dans un esprit d’humilité, appeler des âmes à entrer pour remplir la maison.

Le disciple de Christ (Luc 14. 25 à 35).

Voyant de grandes foules qui allaient avec Lui, sans doute à cause des paroles de grâce qu’Il venait de prononcer, Jésus précise les conditions selon lesquelles quelqu’un venant à Lui pourra Le suivre, c’est-à-dire être Son disciple.

Ce qui caractérise le disciple, c’est qu’il apprend les enseignements de son maître, puis il lui ressemble dans sa vie pratique. « Il suffit au disciple qu’il soit comme son maître » (Mat. 10. 25) « Tout homme accompli sera comme son maître » (Luc 6. 40).

Ce que demande Jésus à Son disciple (v. 26 et 27) :

Si les affections de famille entrent en conflit avec l’amour voué à Jésus, la force de ce lien devient haïssable (ch. 12. 52 et 53). Ainsi, pour suivre Christ, Son disciple peut être obligé de faire le sacrifice de ses amis, de certains membres de sa famille, et de plus il doit haïr sa propre vie, son « Moi », l’amour de soi-même s’opposant à l’amour de Dieu (Mat. 6. 24).

Puis le Seigneur ajoute : « quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple ». C’était la coutume qu’un condamné à mort porte l’instrument de son supplice jusqu’au lieu de sa crucifixion (Jean 19. 17).

Porter sa croix, c’est réaliser la mort au monde avec ses plaisirs, c’est la mort à tout ce que la chair aime, et le renoncement à toute propre volonté. Alors le disciple peut suivre son maître, l’objet qui captive son cœur. Quel gain inestimable (Phil. 3. 8) !

Calculer la dépense (v. 28 à 30) :

Être disciple de Jésus, Le suivre et L’imiter, prendre conscience de cette parole de Paul : « Je suis crucifié avec Christ », un tel objectif ne peut être atteint par l’homme naturel.

Ce ne peut être l’enthousiasme d’un moment sous l’effet d’une émotion religieuse. Il s’agit premièrement de s’asseoir et de calculer la dépense. Si quelqu’un entreprend de bâtir une tour, il doit s’assurer d’abord qu’il a de quoi l’achever, sinon il risque d’être l’objet de moqueries.

Une profession d’être disciple de Jésus ne suffit pas. Il est nécessaire de connaître ce que sont nos vraies ressources en Christ, et ce que cela implique dans la vie pratique. Sinon nous pourrions nous attirer les railleries justifiées du monde et jeter de l’opprobre sur Christ et sur l’évangile.

Parabole du roi qui part à la guerre (v. 31 et 32) :

Il ne s’agit pas de sous-estimer la puissance de notre cruel adversaire. A la croix, Christ, par Sa mort, a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable (Héb. 2. 14) ; maintenant nous pouvons lui résister, étant fermes dans la foi, tout en étant conscients que nous n’avons aucune force en nous-mêmes (1 Pier. 5. 9).

Il peut nous effrayer par toutes sortes de difficultés qui paraissent insurmontables, ou nous séduire par ses artifices pour que nous nous écartions du sentier de la dépendance du Seigneur. Les forces de l’ennemi sont bien supérieures à celles que nous pouvons lui opposer par nous-mêmes. Mais si nous faisons intervenir le Seigneur, dont la puissance se déploie dans notre infirmité, alors nous pouvons obtenir la victoire.

Que nous soyons gardés, étant présomptueux, de dépasser notre mesure de foi, ou bien, étant remplis de crainte, d’en venir à accepter des compromis avec le monde ! Comme le souligne le verset 33, puissions-nous renoncer à tout ce que nous avons !

Ainsi, notre cœur étant libre, nous pouvons suivre notre Maître, comptant par la foi sur Sa force invincible, sachant qu’Il peut faire face à tout !

Illustration du sel (v. 34 et 35) :

Le vrai disciple est comme le sel (Mat. 5. 13). Il conserve les aliments, les préservant de la corruption, et il leur donne de la saveur (Marc 9. 49 et 51).

Or le péché a tout corrompu sur la terre. Ayant la vie divine, le disciple de Jésus, en suivant son Maître, présentera les caractères du sel par une entière séparation du mal et du monde. Il sera un témoin de Christ. Mais si ces traits de la vie de Jésus ne sont pas reproduits, par infidélité et manque de sainteté, celui qui a professé être le disciple de Jésus ne sert plus à rien. Le sel a perdu sa saveur. Il n’est propre, ni pour la terre, ni pour le fumier, on le jette dehors.

« Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende » (v. 35).

Cher jeune lecteur, es-tu un disciple de Jésus ?

La brebis perdue (Luc 15. 1 à 7 ; Mat. 18. 12 et 13).

Alors que les publicains et les pécheurs étaient attirés par les paroles de grâce de Jésus, les pharisiens et les scribes, hommes religieux et propres-justes, murmuraient, disant : « Celui-ci reçoit des pécheurs, et mange avec eux » (v 2). S’il n’en était pas ainsi, qui serait sauvé ?

Quel contraste entre ceux qui étaient sensibles à l’amour de Dieu s’approchant d’eux pour les délivrer de leur misère, et ceux qui, inconscients de leur véritable état, repoussaient la grâce en rejetant le Sauveur qui offrait Sa grâce à tous.

C’est l’occasion pour le Seigneur Jésus de présenter, en trois paraboles, cette grâce insondable de Dieu, éprouvant de la joie à chercher et à recevoir le pécheur perdu.

Sous trois aspects différents, l’état d’un pécheur est mis en relief : la brebis, la drachme et le fils prodigue, tous trois perdus. Et son salut est obtenu en grâce à la fois par le Fils, le bon Berger, par le Saint Esprit, la femme diligente qui allume sa lampe, et par le Père qui reçoit le pécheur repentant.

La brebis perdue.

Dans la parabole de la brebis perdue, le bon Berger est poussé par une énergie d’amour invincible pour aller à sa recherche. Une seule brebis sur cent… cela ne semble pas avoir beaucoup d’importance ! Mais le berger ne peut tolérer qu’une seule brebis soit perdue.

C’est celle-là qui lui manque. Rien ne l’arrête dans Son dévouement jusqu’à la mort et à la mort de la croix. C’est là qu’Il a trouvé sa brebis. Dans Son amour inlassable Jésus seul connaît le prix d’une âme, et l’incapacité de tout pécheur pour revenir à Dieu.

Le pécheur est comme la brebis égarée qui ne retrouve jamais les traces du troupeau, même si elle souffre, appelle, languit après le berger.

Puis, pour ramener son précieux fardeau à la maison, le berger met sa brebis sur ses propres épaules, bien joyeux. Il n’est question dans cette scène que de la joie du berger. Et la brebis est désormais en sécurité. Qu’importe sa faiblesse, ses craintes, ses fatigues, ses souffrances ! Les épaules toutes-puissantes du berger la portent en un lieu sûr.

Dans un monde corrompu et plein de violence, rappelons-nous cette déclaration réconfortante : « Personne ne la ravira de ma main » (Jean 10. 28).

Comment abandonnerait-il sa brebis, sachant le prix qu’elle lui a coûté ? De retour à la maison, son seul désir est de faire partager la joie de son cœur dont le motif s’exprime dans ces paroles : « J’ai trouvé ma brebis perdue ». Ainsi la joie du ciel est celle de Dieu Lui-même, de l’amour rédempteur.

Quelle louange va retentir dans le ciel lorsque les objets de la grâce de Dieu vont exalter à toujours les gloires de l’Agneau qui a été immolé ! « Il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance » (Luc 15. 7).

C’est la bonté de Dieu dans le don de Son propre Fils qui me pousse à la repentance (Rom. 2. 4), et Dieu trouve Sa joie à faire grâce. C’est au moment où le pécheur accepte Jésus comme Sauveur que la joie éclate dans le ciel.

Ton âme est-elle rachetée ? Éprouves-tu une pleine paix dans la jouissance de l’amour de Dieu pour toi ?

La drachme perdue (Luc 15. 8 à 10).

Dans la parabole de la drachme perdue (pièce de monnaie grecque), nous avons une illustration de l’amour de Dieu en activité pour amener à lui le pécheur. La drachme ignore qu’elle appartient à quelqu’un, qu’elle est perdue. Elle est inerte, indifférente à tout, et ne sert à rien dans les ténèbres et sous la poussière.

C’est l’image fidèle d’un pécheur mort dans ses fautes et dans ses péchés (Éph. 2. 1, 4 et 5), alors que dans la première parabole, c’est la figure d’un être vivant s’éloignant toujours plus de Dieu, tel que cela est décrit en Romains 3. 9 à 20.

La femme allume la lampe et balaie la maison pour chercher cette drachme. Sa diligence persévérante montre tout l’intérêt qu’elle lui porte. Elle ne ménage pas sa peine jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée. L’amour merveilleux du Berger attire mon cœur, mais il faut que ma conscience et mon cœur soient touchés.

C’est le travail secret du Saint Esprit de donner toute puissance à la Parole de Dieu dans un cœur rempli de ténèbres. Il projette la lumière divine dans les replis les plus cachés de mon cœur, dont il manifeste la méchanceté. Je découvre que je suis un pécheur misérable, perdu, une vile créature.

Si je n’avais pas, au même moment, conscience que Dieu m’aime tel que je suis, ce serait le désespoir. Mais la révélation, par la Parole et le Saint Esprit, de ce que je suis, de tout le mal dont je suis capable, outre les péchés commis, en présence de toute la bonté de Dieu qui sacrifie Son Fils unique pour mes péchés, produit en moi une conviction de péché, une réelle contrition de cœur, l’amertume dans l’âme, pour aboutir à cet aveu : « Maintenant mon œil t’a vu : C’est pourquoi j’ai horreur de moi et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (Job 42. 5 et 6).

Oui, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur amené à la repentance. Il peut alors se reposer par la foi sur la grâce de Dieu.

Nous sommes-nous reconnus dans cette brebis et dans cette drachme, toutes deux perdues ? Elles représentent fidèlement tout homme dans son état naturel, quelle que soit sa dégradation morale. Mais l’œuvre de la rédemption est accomplie, l’amour et la justice de Dieu sont révélés à la croix. « Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19. 10).

Suis-je sauvé ou perdu ?

Le fils prodigue (Luc 15. 11 à 19).

Cette parabole admirable met en relief l’amour actif de Dieu envers le pécheur égaré par sa propre volonté et ses convoitises. La grâce du Père s’y exprime librement dans l’accueil de ce fils perdu, et elle y trouve toute sa joie. L’homme pécheur hait la lumière et ne peut supporter la grâce.

Cette grâce place tous les hommes au même niveau moral (Rom. 3. 23), C’est pourquoi le Seigneur choisit le cas d’un homme le plus dépravé que l’on puisse supposer, pour manifester la vraie grâce de Dieu (Ps. 130. 4).

Loin de la maison (v. 11 à 16).

C’est en premier lieu chez le plus jeune fils que s’affirme un mouvement de propre volonté : « Père, donne-moi la part du bien qui me revient ». Son cœur était resté insensible à l’amour et à tous les bienfaits dont il jouissait sous l’autorité et le regard du père qu’il ne peut plus supporter. Il n’a qu’un désir : vivre loin de la maison paternelle ; dégagé de toute contrainte, il serait enfin libre de faire ce qui lui plaît.

Quelle image saisissante de l’homme révolté contre Dieu, fuyant loin de Sa face ! (És. 53. 6).

Le père lui ayant donné sa part, peu de jours après, le jeune homme « s’en alla dehors en un pays éloigné ; et là il dissipa son bien en vivant dans la débauche ». Il peut désormais se laisser aller à ses penchants funestes, ne se rendant pas compte qu’il s’est placé ainsi sous l’esclavage du diable, maître cruel et tyrannique.

Le monde dans lequel nous vivons est loin de Dieu, dans les ténèbres, sous les conséquences du péché. Il est certain que tous les hommes n’atteignent pas le même degré de souillure, mais tous ont péché, ayant tourné le dos à Dieu, et en cela il n’y a pas de différence. Ils se persuadent qu’ils peuvent chercher le bonheur loin de Dieu. Mais que de blessures et de flétrissures à cause du péché !

« Et après qu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là ; et il commença d’être dans le besoin ». Il s’est abreuvé à la coupe des délices du péché. Tant qu’il avait de l’argent, il avait de nombreux compagnons pour se distraire, s’amuser follement, en se plongeant dans le mal. Comme il était loin de la maison de son père !

Mais les ressources s’épuisent jour après jour, jusqu’au moment où il n’a plus rien, et de surcroît une famine sévit dans ce pays-là. Outre son bien dépensé, il a gaspillé son temps, ruiné sa santé, affaibli ses facultés.

Créé pour avoir des relations avec Dieu, l’homme pécheur a rompu tout lien avec son Créateur, et rien dans ce monde ne peut satisfaire les besoins profonds de son âme.

Cependant le jeune homme pense avoir assez de force pour se tirer d’affaire dans le lieu où il s’est égaré. « Il s’en alla et se joignit à l’un des citoyens de ce pays-là, et celui-ci l’envoya dans ses champs pour paître des pourceaux ».

Quelle déchéance pour un Juif : gardien d’animaux impurs ! (Lév. 11. 7). Il s’enfonce toujours plus dans la souillure. Il avait tellement faim qu’il désirait « remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient, et personne ne lui donnait rien ».

Sa situation est désespérée. Rien ne se donne dans le pays éloigné. Tout se vend très cher, au prix de l’âme. Le monde éblouit un instant, mais quand vient la misère, les amis d’autrefois deviennent des ennemis, et personne n’apporte du secours. Le vide au cœur, il meurt de faim.

La repentance (v. 17 à 19).

Mais le travail de Dieu se produit. Car si Dieu a en horreur le péché, il aime le pécheur dans sa détresse morale. Quand le fils prodigue revient à lui-même, il y a tout à coup ce qui l’attire vers la maison de son père : « Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim ! ».

Quel changement subit dans ses sentiments à l’égard de son père ! Il évoque sa bonté, l’abondance de pain dans sa maison, la satisfaction des mercenaires. Pourquoi s’était-il enfui si ce n’est sous l’impulsion de sa propre volonté. Il était bien responsable de sa misère extrême.

Aussi faible que soit sa connaissance de la bonté de son père, il ne peut pas rester plus longtemps là où il est. « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires ».

Sa confession est franche, il reconnaît son péché, et il est conscient de son indignité ; mais il reste encore quelque sentiment de propre justice, car il se contenterait d’être traité comme un mercenaire. Or, sur le plan des mérites il n’a pas plus droit au titre de mercenaire qu’à celui de fils.

Ainsi l’homme pécheur n’a droit qu’au jugement de Dieu et à la condamnation éternelle. Mais par la pure grâce de Dieu et la foi en l’œuvre parfaite de Christ sur la croix, il obtient la position de fils.

La grâce ineffable de son Sauveur a tout fait pour lui. « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! » (2 Cor. 9. 15)

Faites le compte des nombreux objets de distraction, tous plus attrayants les uns que les autres : jeux, sports, mode, excursions, passe-temps favoris, études… Ne peuvent-ils pas nous empêcher de nous arrêter et de nous juger profondément devant Dieu, reconnaissant ce que nous avons fait et ce que nous sommes, dans une vraie repentance ?

Le fils prodigue (Luc 15. 20 à 24).

Le retour à la maison et l’accueil paternel.

« Et se levant, il vint vers son père ». S’il s’était contenté de faire sa déclaration, le fils prodigue serait resté dans sa misère. Mais les fruits d’une vraie repentance sont produits par des actes confirmant les paroles prononcées.

Il se lève, se met en marche vers la maison de son père. Il avance, quels que soient les obstacles du chemin.

Que de pensées assaillent son esprit, que de doutes, d’incertitude quant à la réception ! Certes le père est bon, même pour les serviteurs. Mais lui, dans quelles conditions s’est-il enfui, et de plus, quelle vie débauchée a-t-il menée ensuite ? Son père ne sera-t-il pas irrité, ou bien accepterait-il de le traiter comme un mercenaire ? Et pourtant un désir irrésistible de voir son père s’est allumé dans son cœur.

« Et comme il était encore loin, son père le vit ». L’amour a fait sortir le père. Depuis longtemps il attendait le retour de ce fils égaré. Il faisait le guet, quand tout à coup il aperçoit la silhouette de son enfant, cause de tant de souffrances, de honte et de nuits d’insomnie.

Il est méconnaissable sauf pour son père ; c’est bien lui, tout couvert de lambeaux, et le visage buriné par la misère. Oui, Dieu est amour, et cherche sans cesse à ramener des pécheurs perdus.

Sais-tu qu’il étend encore sa main vers toi si tu es resté sourd jusqu’ici aux appels de sa grâce ? (És. 65. 2)

« Et il fut ému de compassion ». Quelle intense émotion étreint son cœur à la vue de son fils ! Rien ne peut le retenir dans son élan vers lui. « Et courant à lui, il se jeta à son cou et le couvrit de baisers ». Quelle belle expression d’un amour parfait lorsque ce père ouvre ses bras et serre sur son cœur ce fils qui n’a pas encore prononcé une seule parole !

Le baiser est le signe de la réconciliation (2 Cor. 5. 19), la marque de l’amour que Dieu nous porte. Dieu non plus ne fait pas de reproches, mais attend en grâce et se plaît à pardonner, à guérir, à justifier et à donner la vie éternelle, à tout pécheur qui vient à lui, en reconnaissant sa misère.

Maintenant le prodigue fait sa confession : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ». Il ne formule pas la troisième proposition d’être traité comme un mercenaire, car ce serait indigne de toute l’effusion d’amour du père. Il a désormais toute certitude dans cette parfaite grâce. Il en a fini avec lui-même sous l’étreinte de l’amour.

L’entrée dans la maison du festin :

« Mais le père dit à ses esclaves : Apportez dehors la plus belle robe, et l’en revêtez ; et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses pieds, et amenez le veau gras et tuez-le ; et mangeons et faisons bonne chère ; car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé » (v. 22 à 24).

Selon la volonté du père, le fils est revêtu de la plus belle robe avant d’entrer dans la maison, où il ne pouvait pénétrer avec ses haillons. Car là, tout est sainteté, lumière et amour. C’est sur la terre que Dieu est venu, en Christ, rencontrer le pécheur. C’est là, qu’Il le revêt de la robe de la justice divine acquise par le sacrifice expiatoire de la croix. Ceux qui ont foi en cette œuvre sont « justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5. 21 ; És. 61. 10). Ils ont revêtu Christ (Gal. 3. 27). Nul ne pourra entrer au ciel sans être revêtu de cette robe, déjà sur la terre.

De plus, le père fait mettre un anneau à la main de son fils. L’anneau que des époux portent à leur doigt, concrétise leur union indissoluble devant Dieu jusqu’à la mort. Mais pour le pécheur repentant, il s’agit d’une union indestructible, éternelle avec le Père, et son Fils, Jésus Christ, Époux de l’Assemblée. L’occasion nous est encore offerte de nous montrer dignes d’une telle union.

Enfin, le père demande qu’on lui donne des sandales. Les esclaves marchent nu-pieds mais lui, comme fils, chausse des sandales. Ainsi tout enfant de Dieu est rendu capable de marcher en nouveauté de vie, par la puissance du Saint Esprit, d’une manière digne de Dieu (Gal. 5. 25 ; 1 Thess. 2. 12). Rien ne manque à la parure du fils. Tout en lui évoque l’amour de Dieu et les richesses insondables de Christ.

Maintenant dans la maison, tous s’associent au festin de joie que le père a désiré. On tue le veau gras, « et ils se mirent à faire bonne chère ». C’est la joie dans la communion, Dieu seul peut nourrir nos âmes et nous réjouir (Phil. 4. 4). Quelles ineffables délices seront notre part dans l’éternité, celles que Dieu trouve en son Fils bien-aimé !

« Dieu qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ, … et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus » (Éph. 2. 4 à 6). Oui, pour tout pécheur confessant sa culpabilité, il y a un salut parfait par la foi au Fils de Dieu.

Cher jeune lecteur, es-tu revêtu de cette plus belle robe de la justice divine pour pouvoir participer au festin que l’amour de Dieu a préparé dans le ciel ?

D’après La Bonne Nouvelle 1992

UNE ÉNIGME DÉVOILÉE

« Car j’ai porté envie aux arrogants, en voyant la prospérité des méchants » Ps. 73. 3.

« Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours » Ps. 73. 26.

UNE ÉNIGME DÉVOILÉE

Lire le Psaume 73

Qu’il est difficile de se lever chaque matin pour affronter toujours la même épreuve pesante… Quelle douleur de commencer la journée sans savoir si nous pourrons arriver à son terme, si lourd est le poids de la souffrance que nous devrons supporter… Qu’il est décourageant, à la fin d’une journée passée dans l’amertume et les difficultés, de comparer sa propre souffrance avec l’arrogance et l’indifférence de ceux qui ignorent Dieu volontairement et qui pourtant semblent prospérer, comme l’écrit Asaph dans le Psaume 73 : « Voici, ceux-ci sont des méchants, et ils prospèrent dans le monde, ils augmentent leurs richesses » (v. 12).

En réfléchissant sur ce qui lui semble être une injustice, Asaph exprime sa déception personnelle : « Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur » (v. 13). Avec amertume il compare sa triste situation avec celle des incrédules qui paraissent heureux, et il n’y trouve aucune explication plausible, « jusqu’à ce que », comme il l’affirme, il soit « entré dans les sanctuaires de Dieu… : j’ai compris leur fin » (v. 17).

C’est alors que l’esprit d’Asaph s’illumine, que les tourments de son esprit s’évanouissent et que sa conscience se réveille. Il comprend que la prospérité du « méchant » est aussi sa perte, et qu’aucun de ses succès ne survivra. En constatant que Dieu l’a pris par la main pour le conduire près de Lui, dans Sa présence, Asaph s’étonne de s’être senti malheureux. Qu’est-ce qui a changé pour lui ? – Son épreuve est toujours présente, mais maintenant il fait reposer sa foi dans la force, la sagesse et la grâce de Dieu. Et, avec Dieu à ses côtés, il peut Le louer sans réserve, le cœur rempli de joie.

D’après « Il buon seme » – août 2023

TROIS CONTRASTES

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » Éph. 2. 8.

« Christ est la fin de la Loi pour justice à quiconque croit » Rom. 10. 4.

TROIS CONTRASTES

1. La grâce au lieu de la Loi. « La loi est intervenue afin que la faute abonde ; mais là où le péché abondait, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20). La Loi a montré combien la culpabilité de l’homme envers Dieu est grande. Elle a aussi manifesté clairement que personne ne peut garder les commandements de Dieu pour obtenir la vie éternelle. Parce que la Loi ne peut pas venir en aide au pécheur, Dieu agit en grâce. Il ne demande plus rien à l’homme, mais Il lui offre la vie éternelle par Son Fils qui a souffert et qui est mort sur la croix.

2. La grâce à la place des œuvres. « Si c’est par la grâce, ce n’est plus sur la base des œuvres, autrement la grâce n’est plus la grâce » (Rom. 11. 6). La grâce est en contraste avec les œuvres. Il est impossible pour quiconque de gagner le salut par lui-même en accomplissant des œuvres. Dieu n’acceptera jamais d’œuvres de la part d’un pécheur, aussi sincère que soit son intention. Dieu ordonne au pécheur qu’il se repente et qu’il confesse ses péchés afin qu’il puisse être sauvé par la grâce.

3. La grâce au lieu du paiement. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Tous ceux qui croient sont justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus » (Rom. 3. 23 et 24). L’homme ne peut pas obtenir la rédemption en payant à prix d’or ou d’argent pour cela : elle est entièrement gratuite. Il ne peut être déclaré juste par Dieu que sur le fondement de la grâce, et cela s’il place sa foi dans le Seigneur Jésus qui a payé, par Son sang, le prix de la rédemption « Vous avez été rachetés de votre vaine conduite… non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pier. 1. 18 et 19).

D’après « The Good Seed » juillet 2023

SONDEZ LES ÉCRITURES (15)

L’homme esclave du péché et enfant du diable (Jean 8. 33 à 50).

Au moment où Jésus annonce une pleine délivrance pour tous ceux qui, par la foi, connaissent la vérité, les Juifs, dans leur orgueil national, rétorquent : « Nous sommes la postérité d’Abraham, et jamais nous ne fûmes dans la servitude de personne » (v. 33).

Ces malheureux avaient-ils oublié la fournaise de fer de l’Égypte (Deut. 4. 20), la servitude babylonienne et l’actuel joug des Romains ? N’étaient-ils pas asservis, depuis plus de six siècles, par les nations païennes à cause de leur idolâtrie ?

En réponse à leur affirmation, le Seigneur va montrer, alors qu’ils ont l’illusion d’être libres, qu’ils sont en réalité esclaves de Satan à cause du péché – comme tout homme qui n’est pas encore affranchi par la connaissance de la vérité : « Quiconque pratique le péché est esclave du péché » (v. 34), car « on est esclave de celui par qui on est vaincu » (2 Pier. 2. 19).

Comment être délivré d’une aussi affreuse condition ? En acceptant par la grâce de Dieu et par la foi, le salut que Jésus offre à tout homme reconnaissant sa misère.

Bien qu’étant la postérité d’Abraham selon la chair, comme esclaves du péché, les Juifs n’étaient pas assurés de demeurer dans la maison. Désirant que des fils demeurent dans Sa maison pour toujours, Dieu a envoyé ici-bas Son propre Fils pour délivrer ceux qui étaient les esclaves du péché. « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (v. 36 ; Gal. 5. 1).

La vérité, c’est la Parole du Dieu vivant qui révèle Ses pensées, Sa volonté. Par elle nous connaissons Dieu dans Sa nature : amour et lumière. Mais en outre, une relation intime est établie avec le Fils lui-même ; c’est l’heureuse liberté des enfants de Dieu, c’est Christ qui nous affranchit.

Les Juifs se réclamaient de leur qualité d’enfants d’Abraham (v. 33 et 39). Cela était vrai selon la chair. Mais moralement ils n’étaient pas enfants de celui que l’Écriture appelle le père des croyants (Rom. 4. 11).

C’est la nature de nos œuvres qui met en évidence à quelle famille nous appartenons, soit celle de Dieu, soit celle du diable.

En cherchant à faire mourir le Seigneur, l’Envoyé du Père, qui leur avait dit la vérité, ils accomplissaient les œuvres de leur père, et ils doivent entendre ces paroles solennelles : « Vous avez pour père le diable ». Or les deux caractères de Satan sont bien affirmés : il est le meurtrier dès le commencement, et il est menteur, le père du mensonge (v. 44).

De plus, Satan agit dans le cœur de l’homme par la convoitise, source de toute corruption (1 Jean 2. 16). Il importe de savoir à quelle famille on appartient. Il ne suffit pas d’être enfant de parents chrétiens pour faire partie de la famille de Dieu. Se prévaloir d’un tel privilège est aussi prétentieux – et fatal – que le titre de « postérité d’Abraham » revendiqué par les Juifs qui étaient prêts à mettre à mort Celui qui leur disait la vérité.

Les Juifs, aveuglés par leur haine, auxquels les formes religieuses suffisaient, ne discernaient pas qu’ils avaient devant eux « Dieu manifesté en chair » – Jésus venu en grâce. Il leur est démontré que, malgré leurs propos, ils ne sont pas plus les fils de Dieu qu’ils n’étaient les vrais enfants d’Abraham.

Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi je procède de Dieu et je viens de lui ; car je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé » (v. 42). Un trait distinctif de la vie divine, c’est l’amour : « Quiconque aime est né de Dieu » (1 Jean 4. 7). Si les Juifs avaient eu Dieu pour Père, ils auraient aimé Jésus, l’Envoyé du Père, venu pour dire les paroles de Dieu (v. 25, 26, 28, 38, 40, 45, 46 et 47).

Ce chapitre met l’accent sur la terrible responsabilité des Juifs, de rejeter la Parole de Dieu, mais cela est aussi vrai pour quiconque l’ayant entendue, ne l’a pas crue. Seule la nature divine nous permet de comprendre le langage divin (v. 43 et 47 ; Rom. 10. 17).

L’opposition des Juifs aux paroles de Jésus est de plus en plus déterminée. Ils L’obligent, malgré toute la patience et la grâce qui l’animent, à maintenir les exigences de la vérité. « Mais moi, parce que je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas… Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; c’est pourquoi vous, vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu » (v. 45 et 47).

Hélas ! leur réplique est un blasphème contre Jésus. « Ne disons-nous pas bien que tu es un Samaritain, et que tu as un démon ? » (v. 48). De tels propos révélaient leur état déplorable en face de Celui qui reste le parfait Modèle de Ses rachetés : « Qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage ; quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pier. 2. 23).

Ses réponses sont empreintes de douceur : « Moi, je n’ai point un démon, mais j’honore mon Père, et vous, vous jetez du déshonneur sur moi. Mais pour moi, je ne cherche pas ma gloire ; il y en a un qui cherche, et qui juge » (v. 49 et 50).

Certes, le Seigneur reste le témoin fidèle et véritable devant ceux qui le rejettent en s’opposant à Ses paroles. A travers l’iniquité de l’homme, la divinité du Seigneur est mise en relief. L’homme, qui se contente d’une religion officielle exaltant son orgueil, ne peut supporter la venue en grâce de Jésus comme la lumière de la vie. Il préfère se débarrasser de ce témoin gênant en le tuant.

N’oublions pas que l’homme dans son état naturel est toujours révolté contre Dieu. « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu » (Rom. 8. 7). Mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rom. 6. 23).

Quelle est notre réponse à la question de Dieu au début d’une nouvelle année : « Qu’as-tu fait de mon Fils ? »

Jésus revendique la gloire de Sa personne (Jean 8. 51 à 59).

Alors qu’Il vient de présenter le jugement de Dieu comme terrible conséquence de Son rejet et du refus de Sa parole qui est la vérité, communiquant la vie éternelle à quiconque la reçoit, Jésus déclare aux Juifs : « En vérité, en vérité, je vous dis : Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra point la mort, à jamais » (v. 51).

La mort éternelle, mentionnée quatre fois dans l’Apocalypse comme la seconde mort, est l’éternelle séparation de Dieu. L’âme immortelle connaîtra, après la résurrection de jugement, les tourments éternels. Si les gages du péché, c’est la mort, le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur (Rom. 6. 23). Dans Sa grâce Dieu offre au pécheur la vie éternelle ; mais la promesse ne concerne que celui qui garde Sa parole venue du ciel en Jésus. Garder Sa parole, c’est m’approprier et retenir par la foi ce qu’elle exprime de l’œuvre de Christ (1 Cor. 15. 3 et 4), c’est la cacher dans mon cœur (Ps. 119. 11) et être gouverné par elle dans ma vie quotidienne, en lui obéissant par amour pour le Seigneur (Jean 14. 23 et 24 ; Apoc. 3. 8).

La réplique des Juifs est immédiate : « Maintenant nous connaissons que tu as un démon… Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? et les prophètes sont morts. Qui te fais-tu toi-même ? » (v. 52 et 53)

Dépourvus de tout discernement à cause de leur incrédulité, ils étaient incapables de prendre conscience de la portée spirituelle de cette précieuse promesse de Jésus chargée de consolation et d’espérance. Certes Abraham et les prophètes étaient bien morts, mais Jésus, plus grand qu’eux tous, les avait appelés et envoyés.

Il est venu dans ce monde pour rencontrer en bonté des pécheurs, Lui, la lumière de la vie, Lui, le Dieu Sauveur. Conscient de Sa gloire, Jésus ne s’en glorifiait pas. C’est Son père qui Le glorifiait – comme son Fils bien-aimé en qui Il trouvait son plaisir – à Son baptême et sur la montagne de la transfiguration (Mat. 3. 17 et 17. 5).

En Le ressuscitant après Sa mort expiatoire, Dieu l’exalte à Sa droite où Il est couronné de gloire et d’honneur (Jean 17. 5 ; Héb. 2. 9). « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27).

Le Seigneur ajoute, en parlant de son Père : « Et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais : et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur, semblable à vous ; mais je le connais, et je garde sa parole » (v. 55).

En dépit de leur profession de connaître Dieu, les Juifs ne connaissaient pas Celui qui glorifiait Son Fils. S’ils distinguaient Dieu des idoles, ils restaient cependant dans leur état de perdition.

Par contre, garder la parole de Dieu, cela signifiait pour Jésus d’achever l’œuvre que le Père lui avait confiée, « étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2. 8).

Pour nous, si nous connaissons réellement le Père, cela sera évident par notre soumission à sa Parole.

« Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; et il l’a vu, et s’est réjoui » (v. 56). Enfants d’Abraham selon la chair, ils n’avaient pas la foi du père des croyants et ne faisaient pas ses œuvres (v. 39). Car ils haïssaient Jésus, alors qu’Abraham s’était réjoui en voyant Son jour.

Dieu avait fait des promesses à Abraham. Il lui donna un fils dans sa vieillesse, Isaac, auquel s’appliquaient les promesses. Lors de l’épreuve de Morija, Abraham, obéissant à Dieu, offre son fils en holocauste ; Isaac, rendu à son père, devient un type de Christ ressuscité. Paul, en citant Genèse 22. 18, déclare que la semence d’Abraham était Christ (Gal. 3. 16) dont Isaac était un type.

C’est par la foi qu’Abraham reçoit la révélation de Dieu, relative au jour où Christ établirait Son règne, lui-même y participant comme ressuscité. Il s’était réjoui du jour où Christ accomplirait les promesses inconditionnelles que Dieu lui avait adressées (Héb. 11. 10).

Les Juifs démontrent par leur réponse que l’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu (1 Cor. 2. 14). « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » Ils attribuent cette parole à son âge comme homme. « Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Avant qu’Abraham fût, je suis » (v. 57 et 58). Jésus n’avait pas exprimé qu’il avait vu Abraham, mais qu’Abraham avait vu son jour, celui de Son règne glorieux. La réponse de Jésus fait ressortir qu’Il est l’Éternel, Celui qui n’a ni commencement, ni fin.

Il s’appelle : JE SUIS, c’est l’existence absolue de Dieu, l’éternité de Son être. Dieu lui-même Se trouvait là dans la Personne de cet Homme méprisé, rejeté. En Apocalypse 1. 4, Il est appelé « Celui qui est, qui était et qui vient ». C’est l’existence continue. Pour Se mettre en relation avec l’homme et accomplir l’œuvre de la croix, Il est entré dans le temps.

Ne pouvant supporter les paroles de Jésus affirmant qu’Il était Dieu, les Juifs prennent des pierres pour Le lapider, accomplissant ainsi les œuvres de leur père, le diable, « meurtrier dès le commencement ». Mais Jésus se cacha et sortit du temple (v. 59).

Pouvaient-ils mettre à mort Celui qui est l’Éternel, quand son heure n’était pas venue, le moment de Se livrer Lui-même ? En face de la lumière et de la vérité divines manifestées en grâce dans la Personne de Jésus, les Juifs, aveuglés par Satan, blasphèment, et dans leur haine implacable veulent faire mourir le témoin fidèle. Comme est solennelle cette parole du Seigneur pour tous ceux qui refusent de croire : « Vous mourrez dans vos péchés » ! (v. 21 et 24).

Jésus est le Fils éternel de Dieu. « Le christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tim. 1. 15). L’homme est perdu. Dieu veut le sauver par la mort de Christ sur la croix. « C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé ».

« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Act. 16. 31).

La guérison d’un aveugle (Jean 9. 1 à 23).

Après avoir quitté le temple où les Juifs voulaient le lapider, Jésus vit un homme aveugle dès sa naissance qui était assis et mendiait (v. 8). Incapable de voir Celui qui est la lumière du monde, cet homme misérable se trouve sur le chemin où la grâce souveraine de Dieu va pouvoir s’exprimer librement.

Pensant au gouvernement de Dieu, les disciples interrogent Jésus : « Rabbi, qui a péché : celui-ci, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (v. 2). Certes il est écrit : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7), ce qui signifie que les fautes commises entraînent des conséquences, sur cette terre, pour le coupable (Ex. 20. 5 fin).

Mais la réponse du Seigneur met en relief l’état d’aveuglement moral de l’homme dès sa naissance, avant même qu’il ait commis des péchés. « Ni celui-ci n’a péché, ni ses parents, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui » (v. 3). Il n’était donc pas question de péchés appelant le jugement de Dieu sur cet homme ou sur ses parents. Mais le Seigneur était venu pour accomplir l’œuvre de Dieu qui permettrait de délivrer l’homme de cette cécité morale et spirituelle.

Dieu seul peut donner la vue à un aveugle-né, comme il peut ouvrir nos yeux sur notre état de pécheurs perdus, sur les exigences de Sa justice et de Sa sainteté, sur la nécessité de l’œuvre expiatoire du Seigneur Jésus.

Puis Jésus ajoute : « Il me faut faire les œuvres de Celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (v. 4 et 5).

Tous ceux qui le désiraient pouvaient profiter de la lumière, c’est-à-dire de la présence du Seigneur ici-bas, avant qu’Il ne soit rejeté des hommes. Car les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, leurs œuvres étant mauvaises.

Au sein de ces épaisses ténèbres morales, les rachetés ont à reluire comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie (Phil. 2. 15). Bientôt ce sera l’apparition du Seigneur en gloire avec Ses rachetés pour exécuter Ses jugements sur le monde, puis établir Son règne comme soleil de justice.

Dans le temps présent, le Saint Esprit, descendu sur la terre à la Pentecôte, travaille avec efficacité pour amener des pécheurs à l’acceptation du salut par la foi au Seigneur Jésus, mort sur la croix pour leurs péchés.

La grâce de Dieu daigne nous employer comme collaborateurs de Dieu pour proclamer ce grand salut. Ceux que nous côtoyons chaque jour sont-ils vraiment conscients que nous appartenons à Jésus et que nous désirons qu’ils partagent notre bonheur ?

Ayant dit ces choses, Jésus cracha en terre et fit de la boue de son crachat, et mit la boue comme un onguent sur ses yeux, et lui dit : « Va, et lave-toi au réservoir de Siloé ». L’homme, avec l’énergie de la foi, obéit aussitôt et revient voyant.

Cette boue formée à partir du crachat du Seigneur Jésus – ce qui venait de Lui avec sa vertu divine – mélangé avec la terre (ce qui est humain) évoquait Son humanité. Or comme homme, Jésus était méprisé, et cela représentait un obstacle pour l’homme naturel. C’était comme la boue sur les yeux de l’aveugle.

Mais dès que Jésus est reconnu comme l’Envoyé de Dieu (Siloé), sous l’effet de la Parole (l’eau), c’est la délivrance : la boue tombe, les yeux sont ouverts et la lumière du salut brille. L’œuvre de Dieu s’est accomplie dans cet aveugle-né, et dans tous ceux qui acceptent Jésus comme leur Sauveur.

Merveilleuse grâce de Dieu qui fait passer un pécheur misérable des ténèbres à la lumière ! Dieu a dû envoyer Son Fils unique dans le monde pour sauver des pécheurs. N’oublions jamais de louer notre Dieu pour Son don inexprimable (2 Cor. 9. 15).

Un tel changement ne peut passer inaperçu aux yeux des voisins et connaissances de l’aveugle. Celui qui était auparavant aveugle, assis, inactif et dans l’obligation de mendier, voit maintenant tout clairement, va et vient sans aucun secours.

Au comble de l’étonnement, ils l’interrogent : « Comment ont été ouverts tes yeux ? Il répondit et dit : Un homme, appelé Jésus, fit de la boue et oignit mes yeux, et me dit : Va à Siloé et lave-toi. Et je m’en suis allé, et je me suis lavé, et j’ai vu » (v. 11).

Il peut rendre un témoignage éloquent à ce que Jésus, qu’il ne connaît pas, lui a fait. Sais-tu, lorsque l’occasion se présente, raconter ta conversion, ce que Jésus a fait pour racheter ton âme ? Le Seigneur peut te donner le courage et remplir ton cœur d’une joie intense.

Amené devant les pharisiens qui l’interrogent à leur tour pour savoir comment il avait recouvré la vue, l’homme guéri répète ce que Jésus avait fait pour lui. Certains des pharisiens répliquent : « Cet homme n’est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat », car c’était en un jour de sabbat que Jésus avait opéré ce miracle. Cela constituait pour eux une grave désobéissance à la loi.

D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? » Dans leur perplexité ils interrogent l’aveugle pour qu’il donne son opinion. Il répondit : « C’est un prophète » (v. 18).

Dieu avait parlé à Son peuple par le moyen de nombreux prophètes, et les miracles aussi bien que les paroles de Jésus auraient dû le faire reconnaître comme l’Envoyé de Dieu. Mais seule la foi pouvait faire cela.

Alors les pharisiens interrogent les parents de l’aveugle pour qu’ils rendent leur témoignage. Tout en craignant de dire ce qu’ils pensent, pour ne pas être chassés de la synagogue, ils déclarent les deux choses vraiment importantes : cet homme était leur fils, et il était né aveugle.

Ils ajoutent : « Mais comment il voit maintenant, nous ne le savons pas… il a de l’âge, interrogez-le » (v. 21). Ils se placent du côté des ennemis du Seigneur. Il y a toujours ceux qui préfèrent marcher avec le monde par crainte de l’opprobre s’attachant aux disciples d’un Christ rejeté.

N’ayons pas honte de rendre témoignage au Seigneur devant les hommes (Mat. 10. 32 ; Luc 12. 8).

Qu’aucun de nos lecteurs ne méprise la grâce de Dieu qui lui est offerte aujourd’hui !

Le témoignage de l’aveugle guéri et sa rencontre avec le Fils de Dieu (Jean 9. 24 à 41).

Le seul témoignage des parents reconnaissant leur fils né aveugle empêche les pharisiens de nier ce miracle. Aussi s’empressent-ils de jeter du déshonneur sur le Seigneur par des paroles blasphématoires : « Nous savons que cet homme est un pécheur » (v. 24).

Comme preuve de cette affirmation, ils avaient déjà déclaré : « Cet homme n’est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat » (v. 16). Mais l’aveugle guéri avait répondu, ayant éprouvé la puissance de Sa parole : « c’est un prophète » (v. 17). Maintenant ils lui adressent cette adjuration : « Donne gloire à Dieu ». Ils voudraient le contraindre à penser comme eux au sujet de Jésus.

Et la réponse de l’aveugle guéri, tout empreinte de simplicité et de vérité, s’exprime spontanément : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois » (v. 25). C’était un fait irrécusable, il était sûr de sa guérison, et tous les raisonnements les plus subtils ne pouvaient ébranler ce qu’il avait expérimenté.

Pouvons-nous parler avec une telle assurance de ce que Jésus a fait pour notre âme ? L’apôtre pouvait dire : « je sais qui j’ai cru » (2 Tim. 1. 12), et Job déclarait : « Je sais que mon rédempteur est vivant » (19. 26). Une vraie conversion ne peut pas passer inaperçue.

Afin de recueillir un témoignage qui jetterait du discrédit sur Jésus, les pharisiens interrogent encore l’aveugle guéri sur la manière dont le miracle s’est opéré. « Que t’a-t-il fait ? Comment a-t-il ouvert tes yeux ? » A ces vaines questions il répond spontanément : « Je vous l’ai déjà dit et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous encore l’entendre ? Voulez-vous aussi, vous, devenir ses disciples ? » (v. 27)

Ces paroles qui atteignent leur conscience ne font qu’exciter leur colère et « ils l’injurièrent et dirent : « Toi, tu es le disciple de celui-là ; mais nous, nous sommes disciples de Moïse… mais, pour celui-ci, nous ne savons d’où il est » (v. 28 et 29).

Certes Dieu avait parlé par Moïse, mais ignoraient-ils que Moïse avait parlé de Jésus ? (Deut. 18. 15) Et dans leur mépris de Jésus ils restent incrédules au sujet de Son origine et de Sa parole.

L’aveugle guéri se comporte comme un vrai disciple de Jésus. Les injures des pharisiens le poussent à rendre un témoignage toujours plus net qu’ils ne pourront supporter. Il leur dit : « En ceci pourtant il y une chose étrange, que vous ne sachiez pas d’où il est, et il a ouvert mes yeux. Or, nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux envers Dieu et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. Jamais on n’ouït dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si celui-ci n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (v. 30 à 33).

Ainsi il proclame que Jésus faisait la volonté de Dieu, et qu’il était de Dieu. Quels progrès rapides fait cet homme dans sa foi, pleine de hardiesse, face à l’opposition haineuse des Juifs. Aussi lui expriment-ils leur mépris dans leurs paroles et leur rejet : « Tu es entièrement né dans le péché, et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent dehors » (v. 34).

C’est là qu’il va rencontrer Jésus rejeté avant lui à la suite de Son témoignage fidèle (8. 59).

« Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé dehors, et l’ayant trouvé, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit et dit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Et Jésus lui dit : Et tu l’as vu, et celui qui te parle, c’est lui. Et il dit : Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage » (v. 36 à 38).

Le Seigneur attendait, hors du camp religieux, ce témoin courageux qui avait souffert pour Son Nom, désirant Se révéler à lui, comme l’objet de son cœur. Il ne pouvait demeurer là où son Seigneur avait été rejeté dans Ses paroles (ch. 8) et dans Ses œuvres (ch. 9 et 15. 24).

Remarquons aussi comment le Seigneur s’occupe des jeunes croyants rencontrant l’opprobre du Christ dans le milieu où ils se trouvent. La jouissance de Sa personne et de Son œuvre peut inonder leur cœur de paix et de joie pour affronter victorieusement l’opposition d’un monde d’où ils ont été retirés moralement.

Le Seigneur S’est présenté à l’aveugle guéri comme le Fils de Dieu, l’objet de sa foi. « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 5. 5). Quelle réceptivité dans le cœur de celui auquel Jésus se révèle ! Dès qu’il apprend que Jésus est le Fils de Dieu, il croit et Lui rend hommage. Son Sauveur devient son Seigneur dont il va désormais reconnaître tous les droits sur son cœur par une vie d’obéissance. Cet objet, captivant les affections de son cœur renouvelé, lui communique l’énergie pour résister à l’ennemi et être victorieux du monde.

La foi de l’aveugle guéri s’exprime dans cette parole : « Je crois ». En s’adressant à Jésus comme Seigneur, il reconnaît les droits de Celui qui doit être craint et obéi. Enfin, en Lui rendant hommage, il offre l’adoration qui revient au Fils de Dieu.

Ce sera l’activité éternelle de notre âme dans le ciel. Il suffit à certains croyants de savoir qu’ils sont sauvés, mais ils ne reconnaissent pas Jésus comme Seigneur, retenus peut-être dans les systèmes religieux. Ils ignorent en particulier la présence du Seigneur là où deux ou trois sont assemblés en son Nom (Mat. 18. 20).

Blessés dans leur orgueil religieux, les pharisiens, tout en prétendant y voir clair, sont aveuglés par leur haine à l’égard du Fils de Dieu (v. 39 à 41). Venu dans ce monde comme la lumière, Jésus manifeste l’état d’aveuglement de l’homme, qui a mieux aimé les ténèbres que la lumière, car ses œuvres étaient mauvaises (ch. 3. 19).

Prétendant voir et conduire les autres, ces chefs religieux étaient aveugles. Ce péché, de rejeter la lumière venue dans la Personne du Seigneur, demeurait. Certes Jésus, comme Fils de l’homme, était venu chercher et sauver ce qui était perdu, Encore fallait-il reconnaître son état de perdition et recevoir Sa parole toute puissante, sa Personne glorieuse et son œuvre parfaite, par la foi, dans le cœur.

Chacun de nos jeunes lecteurs peut-il déclarer avec la certitude de la foi : Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois ?

Le bon Berger (Jean 10. 1 à 15).

L’histoire de l’aveugle-né nous a montré que la bergerie juive ne pouvait convenir aux brebis du bon Berger. Cet aveugle guéri, à la suite d’un témoignage fidèle, a été chassé dehors où il écoute la voix de Jésus, le Berger d’Israël, dont il est devenu une brebis.

Ce caractère de bon Berger est l’un des plus précieux pour le racheté, car il rappelle tout à la fois l’amour qui a poussé le Seigneur à donner Sa vie pour les brebis, et les tendres soins qu’Il leur prodigue dans le chemin où Il les conduit sur cette terre.

Jésus déclare aux pharisiens : « En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par ailleurs, celui-là est un voleur et un larron. Mais celui qui entre par la porte, est le berger des brebis » (v. 1 et 2).

Israël était la bergerie de Dieu, séparé des nations païennes. La loi de Dieu lui avait été communiquée et il jouissait de nombreux privilèges, matériels et spirituels. Mais cette sainte loi de Dieu, s’adressant à l’homme dans la chair, fut bientôt abandonnée au profit de l’idolâtrie et de toute la corruption qui en résulte.

Au temps où le Seigneur vint au milieu de Son peuple, après le retour de la captivité de Babylone, le formalisme religieux prévalait. Les chefs religieux s’opposaient violemment à Jésus et à Sa doctrine. Ils avaient la prétention d’être des bergers, sans avoir été établis par Dieu.

N’aimant pas les brebis, ils recherchaient avant tout leur profit et leur gloire. Ils portaient le caractère de voleurs s’appropriant tout ce qu’ils pouvaient, en usant parfois de violence – ou de larrons en agissant à la dérobée (Éz. 34. 1 à 10, 19 ; Zach. 11. 4 et 5).

Enfin le Berger annoncé par les Écritures arriva. Il avait les caractères décrits par les prophètes au sujet du Messie. Il s’est assujetti à toutes les ordonnances établies par Dieu, marchant selon la volonté de Dieu. Ayant les qualités d’un bon Berger, quand Il se présente, Dieu lui ouvre (v. 3).

S’il entre dans la bergerie, ce n’est pas pour y laisser Ses brebis. Car le bercail n’était qu’une prison pour protéger les brebis des bêtes sauvages, et il n’y avait là rien à manger. Mais pour paître les brebis, le Berger va les conduire dehors. « Les brebis écoutent sa voix ; et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors ».

Ce qui caractérise une brebis, c’est qu’elle écoute la voix du Berger. Et chaque brebis est connue du Berger par son nom. « Et quand il a mis dehors toutes ses propres brebis, il va devant elles ; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix (v. 4).

Les brebis écoutent et connaissent la voix du Berger. Il sait parler à leur cœur et, se confiant en Lui, elles le suivent hors de l’enceinte religieuse où Il est rejeté. Il suffit à la brebis d’écouter la voix du Berger et de Le suivre. Le Berger pourvoit à tous les besoins de Ses brebis.

L’aveugle-né du chapitre 9 avait bien écouté la voix de Jésus, son Berger : « Va, et lave-toi au réservoir de Siloé », puis ayant été chassé dehors par les Juifs, il rencontre Jésus. Connaissant bien la voix du Berger, les brebis s’enfuient lorsque se fait entendre la voix des étrangers, même si cette voix essaie d’imiter celle du bon Berger.

La voix de Jésus nous est-elle bien connue ?

Puis le Seigneur Se présente comme étant la porte. « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture » (v. 7 à 9). Le vrai Berger était entré par la porte de la bergerie d’Israël, que Dieu lui avait ouverte, pour appeler Ses brebis et les faire sortir de l’enceinte où s’exerçait la malédiction d’une loi enfreinte – ensuite pour les faire entrer dans ce nouvel état de choses qu’est le christianisme : Jésus est Lui-même la porte. Nul ne peut être sauvé que par Lui, et de plus, la brebis connaît une vraie liberté que la loi ne procurait pas.

Enfin elle peut jouir d’une nourriture abondante comme l’évoque le Psaume 23. Les croyants de l’économie de la grâce sont bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ (Éph.1. 3).

Quelle part est celle de la brebis ! Le Berger lui donne la vie, la liberté, la nourriture et la sécurité. Voler, tuer et détruire, tels sont les traits distinctifs des voleurs. Mais par contraste Jésus ajoute : « Moi, je suis venu afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance » !

Tous les croyants avant l’œuvre de la croix possédaient bien la vie de Dieu, mais à la Pentecôte, le Saint Esprit vint, comme Personne divine, baptiser en un seul corps les disciples assemblés, les unissant à Christ, la tête glorifiée dans le ciel.

Dès lors, ils eurent la vie en abondance, cette vie manifestée en Christ venu dans ce monde pour révéler le Père. Une telle vie ne pouvait être communiquée qu’après la résurrection de Christ.

Au verset 11, le Seigneur prend le titre de bon Berger en contraste avec les mercenaires qui avaient la prétention de paître les brebis d’Israël. « Moi, je suis le bon Berger : le bon Berger met sa vie pour les brebis ». C’est la preuve suprême de Son amour pour les acquérir.

Le mercenaire est payé pour soigner les brebis. Il tient à sa vie et à ses gages, et ne se soucie pas des brebis en danger, que le loup enlève et disperse.

Une autre raison pour laquelle le bon Berger met sa vie pour Ses brebis, c’est qu’elles sont placées dans une relation avec Lui, le Berger, comparable à celle qu’Il possède vis-à-vis du Père : « Je connais les miens et je suis connu des miens, comme le Père me connaît et moi je connais le Père » (v. 14 et 15). Si le bon Berger connaît les Siens, quelle doit être alors leur confiance en Lui ? Mais le Seigneur ajoute : « Je suis connu des miens ».

Que le désir ardent de l’apôtre soit le nôtre : « Pour le connaître, lui » (Phil. 3. 10) !

Ainsi le bon Berger donne Sa vie pour Ses brebis (v. 11 et 15), Il donne la vie en abondance à Ses brebis (v. 10 et 28), Il appelle Ses propres brebis par leur nom (v. 3), Il les connaît (v. 14 et 27) et Il les garde (v. 28 et 29). Les brebis écoutent la voix du Berger (v. 4, 16 et 27), elles Le suivent (v. 4 et 27) et elles Le connaissent (v. 14 et 15).

Jeune lecteur, est-ce que tu fais partie du troupeau du bon Berger ?

Le Bon Berger (Jean 10. 16 à 21).

Le Seigneur Jésus vient de déclarer, au début du chapitre, qu’Il est la porte des brebis. C’est en entrant par cette porte qu’elles sont sauvées. Il se présente comme le bon Berger donnant Sa vie pour elles, les conduisant et leur dispensant tous les soins dont elles ont besoin. Que pourrait-Il faire de plus pour leur prouver Son amour infini et Sa tendresse incessante ?

Maintenant, après avoir évoqué Sa mort pour réaliser les conseils de Dieu, Jésus dit : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (v. 16).

L’œuvre de Jésus ne sera pas limitée au peuple juif, mais des croyants d’entre les nations auront part aux bénédictions célestes et éternelles. Le seul troupeau sera constitué de tous ceux qui écoutent Sa voix et auxquels Il communique la vie éternelle. Ces brebis sont rassemblées depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur pour enlever son Église, par le ministère des apôtres et des évangélistes envoyés dans le monde (Mat. 28. 19).

Il y a un seul troupeau, car toutes les brebis ont la même vie, et elles suivent un seul berger dont il leur suffit de connaître la voix. Mais beaucoup de voix se font entendre dans ce monde. Que vont faire les brebis ? « Elles ne suivront pas un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers » (v. 5).

C’est pour avoir méconnu un tel caractère que bien des brebis ont été dispersées, et que des divisions se sont produites. C’est dans la soumission à la volonté de Dieu, dans l’obéissance à Sa Parole que des brebis pourront suivre le bon Berger, en dehors du monde et de tout système religieux organisé par l’homme.

Au verset 17 le Seigneur prononce une des paroles les plus remarquables du Nouveau Testament : « A cause de ceci le Père m’aime, c’est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne ». En donnant Sa vie sur la croix, Jésus donne à Son Père un motif pour L’aimer. Seule une Personne divine pouvait faire cela.

Se donner Lui-même jusqu’à la mort, et reprendre Sa vie en résurrection, revendiquant la gloire du Père, là où régnaient le péché et la mort, cela constituait un nouveau motif à l’affection du Père, même si de toute éternité le Fils était aimé du Père dont Il faisait les délices continuelles (Prov. 8. 30).

Et bien au-dessus de ce qui concerne Ses brebis, dans son dévouement total jusqu’à la mort, dans l’œuvre unique de la croix, Jésus a en vue, avant tout de glorifier Son Père. Ainsi la croix va bien plus loin que le salut des pauvres pécheurs. Elle est au centre de l’univers moral de Dieu.

C’est là qu’une victoire complète et définitive a été remportée. La question du bien et du mal y a été entièrement résolue avec le triomphe parfait du bien. Nos affreux péchés devaient être effacés.

Du côté de l’homme, il y avait la haine contre Dieu révélé en bonté. De plus, Satan soulevait le monde entier contre Christ. Mais en Lui, nous contemplons la perfection de Son obéissance et de Son amour pour le Père ; et en Dieu, c’est la perfection de la justice contre le péché unie à un amour infini.

Ainsi, là où l’homme était assujetti à la mort à cause du péché, Jésus, qui avait la vie en Lui-même, laisse Sa vie pour la reprendre au-delà de la mort, afin d’établir l’homme dans une nouvelle position conforme à la gloire de Dieu.

Désormais le racheté peut jouir de la grâce de Dieu qui pardonne au coupable, de la relation d’enfant de Dieu connu comme Père, de la Personne de Son Fils, de la vie éternelle dans la connaissance du Père et du Fils (Jean 17. 3).

N’oublions pas que l’homme pécheur, ennemi de Dieu, était passible du jugement éternel, ayant offensé la justice et la sainteté de Dieu. Si Dieu exécutait Son jugement, tous les hommes seraient perdus. Mais Jésus, homme parfait, prend la place des coupables et endure tout le poids de la colère de Dieu.

C’est par cette obéissance que Jésus laisse sa vie pour la reprendre (Phil. 2. 8).

Il ajoute : « Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre ; j’ai reçu ce commandement de mon Père » (v. 18).

Seul le Fils de Dieu pouvait obéir ainsi. A plusieurs reprises, les Juifs voulaient se saisir de Lui pour le faire mourir, mais Son heure n’était pas encore venue (Jean 2. 4 ; 7. 30 ; 8. 20). Ils ne le prendront que lorsqu’Il Se donnera Lui-même.

L’œuvre étant accomplie, Il remet lui-même Son esprit entre les mains de Son Père (Luc 23. 46). Toute Sa vie, Sa mort et Sa résurrection sont marquées par l’obéissance. Cet évangile de Jean, qui nous présente Jésus comme le Fils de Dieu, met aussi en relief Son obéissance et Sa dépendance dans toute la perfection de Son humanité.

Comme est glorieux Celui qui nous a sauvés (Apoc. 1. 5 et 6) !

Enfin les Juifs discutent les paroles de Jésus et sont divisés. Certains l’outrageaient jusqu’au blasphème, l’accusant d’être fou et d’avoir un démon. C’était le jugement de l’homme naturel.

D’autres, dont la conscience était touchée jusqu’à un certain point, sensibles à Ses œuvres, disaient : « Ces paroles ne sont pas d’un démoniaque ; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ? » (v. 21).

Que nous soyons gardés dans la crainte du Seigneur pour recevoir dans nos cœurs et par la foi Ses paroles et Son œuvre glorieuse de la croix, par laquelle nous obtenons un salut éternel !

La mission des soixante-dix (Luc 10. 1 à 24 ; Mat 11. 20 à 30 ; 13. 16 et 17).

Le Seigneur Jésus avait déjà envoyé Ses douze disciples pour prêcher le royaume de Dieu et leur avait donné autorité sur les démons avec le pouvoir de guérir malades et infirmes (9. 1 à 6). Maintenant Il désigne soixante-dix autres messagers pour annoncer encore que le royaume de Dieu s’était approché.

Sachant qu’Il Lui restait peu de temps pour passer de ce monde au Père, Il pousse Lui-même des ouvriers dans Sa grande moisson. Sa grâce est inlassable tant que l’heure du jugement n’a pas sonné. Il envoie Ses ouvriers deux à deux devant Sa face dans toutes les villes et les lieux où Il devait Lui-même aller. C’est aussi ce qu’Il avait fait dans Sa sagesse parfaite avec les disciples (Marc 6. 7).

La mission des soixante-dix diffère de celle confiée aux douze disciples, car elle est établie sur la gloire de Jésus révélée dans le chapitre 9, à la suite de Son rejet par les Juifs. Jésus met en relief ce qui est moral et éternel, ce que sera la part des Siens après Son rejet, l’effet de Son témoignage dans le monde et le jugement devant atteindre les Juifs incrédules et rebelles.

Aujourd’hui aussi « le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Corruption et violence caractérisent toutes les classes de la société. L’homme naturel, qui se déclare volontiers tolérant, est indifférent à l’Évangile quand il n’affiche pas ouvertement son incrédulité et son opposition.

Quel spectacle pour Dieu qui voit comme la méchanceté de l’homme est grande sur la terre et appelle Ses jugements ! (Gen. 6. 5,11 et 12). Cependant Il est patient, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pier. 3. 9).

Dieu parle aux hommes par les guerres, les cataclysmes ou différents fléaux des temps modernes. L’Évangile est proclamé par toute la terre, Dieu ordonnant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent, avant l’heure toute proche de Son jugement (Act. 17. 30 et 31).

Devant l’étendue de la moisson, Jésus constate qu’il y a peu d’ouvriers. Aussi invite-t-Il Ses disciples à supplier le Seigneur de pousser des ouvriers dans Son champ, ce qui est toujours vrai aujourd’hui. Comme Seigneur de la moisson, Il se chargera de les appeler, de les former et de les envoyer.

Mais Il ne leur cache pas qu’ils sont comme des agneaux au milieu des loups. Sans défense apparente, ils devaient compter, à cause de ce caractère de douceur et d’humilité, sur la protection du Seigneur, tout en étant exposés à diverses afflictions (2 Cor. 4. 8 et 9).

Ils ne devaient pas se charger de provisions, ni saluer personne en chemin, car le temps pressait. Entrant dans les maisons, ils devaient apporter la paix ; et s’ils y rencontraient un fils de paix, elle reposerait sur lui. Ils avaient aussi pour mission de guérir les infirmes. Par contre, ceux qui ne les recevraient pas, alors qu’ils affirmaient que le royaume de Dieu s’était approché, n’avaient plus rien à attendre, si ce n’est le jugement.

C’est le moment pour Jésus de prononcer des malheurs sur les villes de Galilée où Il avait enseigné et accompli tant de miracles. Le sort de Sodome, malgré son immoralité, et celui de Tyr et de Sidon, sera plus supportable au jour du jugement que celui de Chorazin, de Bethsaïda et de Capernaüm, villes ayant méprisé les grands privilèges accordés.

Aujourd’hui encore c’est le jour de la grâce qui s’achèvera bientôt, soit pour le bonheur des rachetés, soit pour le malheur éternel des incrédules. Le sort d’une âme est fixé définitivement sur la terre.

Les soixante-dix reviennent avec joie pour annoncer au Seigneur qu’ils avaient chassé des démons en Son nom. Et cela conduit Jésus à évoquer le temps où Satan sera chassé du ciel et précipité sur la terre (v. 18 ; Apoc. 12. 7 à 9).

Puis le Seigneur donne autorité à Ses messagers sur toute la puissance de l’ennemi et rien ne leur nuira.

Et Il ajoute : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux » (v. 20). Voilà tous les privilèges d’une position céleste appartenant à ceux qui sont les compagnons de Christ dans la gloire. C’est la place de l’Église. Quelle bénédiction d’être avec le Seigneur dans la Maison du Père ! Le ciel purifié de la présence de Satan, sera leur demeure éternelle.

« En cette même heure, Jésus se réjouit en esprit et dit : Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi » (v. 21).

Quelle satisfaction pour Jésus de voir s’accomplir les conseils du Dieu d’amour ! Dieu voulait établir dans une position céleste ces petits qui recevraient Son Fils en toute humilité, dans la simplicité de leur foi. Ces bénédictions célestes sont la part des enfants.

Pour entrer dans cette relation avec Dieu comme Père, il fallait que le Fils vînt sur la terre révéler le Père. Et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, car Dieu seul scrute ce mystère de l’union de la divinité et de l’humanité de Sa Personne.

Ainsi le Père est révélé et les croyants sont introduits dans une relation vitale avec lui, comme Ses enfants. Jésus pouvait s’approcher de l’homme pécheur en grâce, et comme Homme Il a pu donner Sa vie sur la croix pour nous sauver.

C’est bien un changement de dispensation en faveur des croyants qui est annoncé par les paroles de Jésus. Les bénédictions célestes sont la part de l’Église. Dès que l’Église sera enlevée au ciel, une nouvelle dispensation sera introduite pour le peuple terrestre de Dieu. Lui aussi sera béni pendant le millénium sur la base de l’œuvre de Christ.

Le Seigneur souligne la béatitude des disciples qui voyaient et entendaient le Messie, privilège que des prophètes et des rois n’avaient pas connu tout en l’ayant désiré.

Apprécions-nous tous la grâce de croire Dieu et ce qu’il dit ? Le Seigneur pourra-t-il nous dire : « Tu as gardé ma Parole » ? (Apoc. 3. 8)

Les deux plus grands commandements et la parabole du Samaritain (Mat. 22. 34 à 40 ; Marc 12. 28 à 34 ; Luc 10. 25 à 37).

Un homme distingué en Israël, docteur de la loi, rencontre et interroge Jésus. Il a l’intention de l’éprouver par une question, démontrant qu’il était aveuglé par ses prétentions. Peut-être voulait-il mettre le Seigneur dans l’embarras : « Maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle ? » (v. 25)

Ce besoin de la vie éternelle n’est-il pas plus ou moins conscient dans le cœur de l’homme ? Et ne prouve-t-il pas que l’homme est déchu, qu’il ne possède pas cette vie éternelle ?

Cet homme pensait qu’il pourrait par ses efforts l’obtenir. Mais il ignorait son état de péché, sa totale incapacité à faire le bien, c’est-à-dire des œuvres qui lui mériteraient le pardon de Dieu, le bonheur et l’héritage céleste. Or le cœur de l’homme naturel est trompeur par-dessus tout et incurable (Jér. 17. 9).

Le Seigneur répond par une question adressée à la conscience de son interlocuteur. Rien ne peut être caché à Celui qui sonde les reins et les cœurs. Il lui dit : « Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? » (v. 26). Seule la Parole de Dieu peut donner la réponse à ce désir d’obtenir la vie éternelle.

Certes ce docteur avait la vraie connaissance de la Loi de Dieu. Enseignant cette Loi au peuple, il devait savoir ce que Dieu demande à l’homme.

Dans sa réponse au Seigneur il présente l’essence de la loi, les deux plus grands commandements desquels dépendent la loi tout entière et les prophètes : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée » ; « et ton prochain comme toi-même » (v. 27 ; Mat. 22. 37 à 40).

Le Seigneur approuve ces paroles citées d’une manière intelligente, tout en répétant les paroles de la loi : « Fais cela, et tu vivras » (v. 28 ; Lév. 18. 5). Voilà les exigences de la loi rappelées devant un Dieu présent ! Sa conscience ne l’accusait-elle pas d’avoir négligé tout aussi bien sa responsabilité envers Dieu qu’envers son prochain ? Aussi vient-il demander à Jésus : « Qui est mon prochain ? » n’osant pas parler de son amour pour Dieu. Car aimer son prochain, cela se voit et se connaît.

Alors la question éprouvante le poursuit : Ai-je toujours aimé mon prochain comme moi-même ? La tradition des anciens ne déclarait-elle pas : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi » ? (Mat. 5. 43). Il essaie de se justifier par sa question, mais le Seigneur va lui montrer par une parabole saisissante qui est son prochain.

« Et Jésus, répondant, dit : Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi-mort » (v. 30).

Ce malheureux illustre l’état de tous les hommes, y compris celui du docteur de la loi. L’homme est perdu, sans ressource. Jérusalem rappelle l’état de bénédiction dans lequel Dieu avait placé l’homme à la création. Mais l’homme a écouté la voix de Satan, le menteur, et s’est trouvé à cause de sa transgression sur le chemin qui descend, en figure, à Jéricho, le lieu de la malédiction (Jos. 6. 26 ; 1 Rois 16. 34).

L’homme a perdu l’innocence avec le jardin d’Éden, le bonheur dans la communion avec son Créateur et toute énergie pour faire le bien. Trois hommes rencontrent celui qui a été dépouillé, laissé à demi- mort.

Tout d’abord le sacrificateur et le lévite (v. 31 et 32), représentants du régime de la Loi sous lequel Dieu avait placé Israël. Ainsi, sous la Loi, la ruine totale et irrémédiable de tout homme a été manifestée, sans qu’il soit porté remède à cet état misérable. Comme était nécessaire alors la venue dans ce monde du Rédempteur promis ! Pour que s’exerce la sacrificature lévitique, il fallait offrir des sacrifices ; le lévite ne pouvait qu’enseigner la loi, mais que peut faire ou entendre un homme à demi-mort ?

Vains secours de la religion dont les deux représentants s’en vont, sans apporter le moindre soulagement au malheureux laissé dans son état pitoyable.

« Mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui » (v. 33 et 34).

Qui est ce troisième voyageur ? Un étranger, le Fils de Dieu, venu du ciel pour chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19. 10). Il allait Son chemin, tracé par Dieu. Partant de la crèche de Bethléhem pour rencontrer en grâce tout pécheur. Il s’engageait dans la voie qui Le conduisait à la croix afin d’y subir le jugement de Dieu à cause des péchés.

Il s’approche avec compassion du malheureux sans lui demander de faire quoi que ce soit pour se sauver. C’est Lui qui fait tout ce qui est nécessaire dans la puissance de l’amour divin. Il verse sur ses blessures de l’huile et du vin, emblèmes de la force et de la joie. Puis il le mène sur sa propre bête, à sa place, à l’hôtellerie.

Il y a un lieu sur la terre où les objets de la grâce sont en sécurité en attendant le repos de la maison du Père. Ils sont confiés aux soins d’une personne qui s’occupera d’eux avec intérêt. Pour nous ce lieu est l’Assemblée où il est pourvu à nos besoins par la Parole et la prière.

Puis le lendemain le Samaritain donne deux deniers à l’hôtelier pour qu’il ait soin de l’homme dépouillé et blessé, jusqu’à son retour. En partant, le Seigneur nous a confié à la garde et aux soins d’un divin hôtelier : le Saint Esprit qui nous conduit et nous prépare pour être les compagnons de la gloire de Christ dans le ciel. Le denier représentait le salaire quotidien d’un ouvrier. Si bien qu’en donnant deux deniers, le Samaritain démontre qu’il comptait revenir bientôt.

« Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? » (v. 36). Ou bien : lequel a été ton prochain ? Ce prochain : c’est Jésus, notre Sauveur. Avons-nous joui de Sa grâce et de Sa miséricorde envers nous ? Alors la parole de Jésus prend tout son sens : « Va, et toi fais de même » (v. 37).

User de miséricorde envers le prochain quel qu’il soit, tous les pauvres misérables qui ont besoin de secours, c’est-à-dire tous les hommes, telle est la disposition du cœur de ceux que Jésus a rachetés par la foi en Son sacrifice expiatoire. La loi qui exigeait l’amour ne pouvait le produire. Mais Jésus a voulu ici-bas nous aimer et être notre prochain.

Puissions-nous aimer à notre tour et Dieu et notre prochain, en possédant la vie éternelle animée de la puissance du Saint Esprit !

Le choix de la bonne part (Luc 10. 38 à 42).

A environ trois kilomètres à l’est de Jérusalem, il y avait dans le village de Béthanie, un foyer aimé du Seigneur. Là se trouvait une famille comprenant deux sœurs, Marthe et Marie, et leur frère Lazare. En chemin avec Ses disciples, Jésus entra un jour dans le village où Marthe le reçut chez elle avec toute diligence.

Qui mieux que Jésus aurait pu apprécier ce dévouement ! Marthe s’empresse de bien accueillir cet hôte, digne de tout honneur, dans sa maison. Y a-t-il une place dans nos cœurs pour le Seigneur, une place préparée pour Lui seul ?

Mais Marie, s’étant assise aux pieds de Jésus, écoutait Sa parole (v. 39). C’est ainsi qu’elle manifestait l’attachement de son cœur pour le Seigneur. N’a-t-il pas dit : « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » ? (Luc 11. 28)

Pour Marie, ce qui comptait, c’était Jésus seul. Rien n’avait autant d’importance que ces moments où, dans une attitude humble, à Ses pieds, elle était toute à l’écoute des paroles de grâce sortant de Sa bouche. Aussi laisse-t-elle tout de côté pour se concentrer dans son esprit et dans son cœur sur l’enseignement du Maître.

« La parole du Seigneur demeure éternellement » (1 Pier. 1. 25). La sagesse de ce monde et tous les raisonnements des hommes ne peuvent rien contre les affirmations divines qui demeurent inébranlables. Puissions-nous avoir suffisamment conscience de l’efficacité des paroles de Jésus opérant dans le cœur pour communiquer la vie éternelle, pour nourrir cette vie par la puissance du Saint Esprit et nous révéler la vérité.

Nous sommes engendrés par la parole de la vérité et rendus nets à cause de Sa parole (Jac. 1. 18 ; Jean 15. 3). Il y a dans la Parole une puissance vivante, ce que Marie avait bien saisi par la grâce de Dieu.

Mais Marthe était distraite par beaucoup de service. Or nous sommes exhortés à vaquer au service du Seigneur sans distraction (1 Cor. 7. 35). Le service, tout utile qu’il fût, prenait dans le cœur de Marthe la place qui revenait à Jésus seul. Il devenait un obstacle s’interposant entre le Seigneur et son âme.

Si notre attention est fixée sur Jésus, tout service, quel qu’il soit, sera accompli dans l’humilité et l’obéissance de l’amour. Nous n’avons pas alors le risque de rechercher notre propre importance dans une activité. Étant venue à Jésus, Marthe dit : « Seigneur, ne te soucies-tu pas de ce que ma sœur me laisse toute seule à servir ? Dis-lui donc qu’elle m’aide » (v. 40).

Le prophète Élie dans une phase de découragement avait déclaré : « je suis resté moi seul » (1 Rois 19. 14). Dieu doit alors lui révéler que sept mille hommes en Israël n’avaient pas fléchi le genou devant Baal, se préservant de toute idolâtrie.

Que le Seigneur nous garde de penser que nous sommes seuls à Le servir ! Il y a tous ceux qui, bien connus de Lui, l’invoquent d’un cœur pur, poursuivant la justice, la foi, l’amour, la paix.

« Et Jésus, lui répondant, dit : Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses, mais il n’est besoin que d’une seule ; et Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée » (v. 41 et 42).

Sortant de sa place, Marthe se permet d’adresser une plainte au Seigneur au sujet de sa sœur pour qu’Il partage son souci. Dans un esprit de grâce Jésus adresse une répréhension à Marthe, en l’appelant deux fois par son prénom, ce qui met en relief une intention de l’Esprit quant au contenu du message.

Beaucoup de choses occupaient le cœur de Marthe, y produisant du souci et du tourment, un état d’inquiétude et de peine, tandis qu’une seule chose était nécessaire quand le Maître s’introduisait dans ce foyer comme un ami de la famille. Le choix de Marie était le meilleur : assise aux pieds de Jésus pour capter dans son cœur toutes Ses paroles.

Pensons au choix de Ruth, la Moabite, s’adressant à Naomi : « Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (1. 16) ; à celui de Moïse : « choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte » (Héb. 11. 25 et 26).

« Qui est l’homme qui craint l’Éternel ? Il lui enseignera le chemin qu’il doit choisir » (Ps. 25. 12). Sur le point de quitter le peuple, Josué lui adresse un appel pressant : « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (24. 15). Il avait pris pour lui-même une inébranlable décision de cœur, et cela n’est possible que pour ceux qui ont choisi la vie (Deut. 30. 19).

Marie avait choisi la bonne part, selon l’estimation du Seigneur, la seule qui importe pour la foi. En réalité, nous ne pouvons bien servir un tel Maître que si nous nous sommes assis à Ses pieds, en toute humilité et soumission pour écouter Sa Parole ; car pour tout service utile, nous avons à être pénétrés dans nos cœurs de la pensée de Christ.

Plus tard, dans la scène de Jean 12, Marthe sert. Elle exerce, sans fausse note, le don de grâce reçu du Seigneur pour le profit de chacun. Celui qui est le plus près de Christ est celui qui le servira le mieux, et sans cette proximité on ne peut le servir. Le Psalmiste pouvait déclarer : « Ma part, ô Éternel, je l’ai dit, c’est de garder tes paroles » (Ps. 119. 57).

Désirons-nous, chers jeunes lecteurs, faire le choix de la bonne part, comme Marie ? N’en sous-estimons pas l’importance, car les conséquences sont pour l’éternité.

Jésus dénonce les formes religieuses (Luc 11. 37 à 54).

Comme Jésus parlait encore, un pharisien lui demande de dîner chez lui. À l’étonnement de son hôte, Jésus se met à table sans se laver les mains, contrairement à la tradition des anciens rappelée en Marc 7. 2 à 6.

L’observance de ces prescriptions cérémonielles donnait à ces pharisiens une apparence de sainteté, alors que Dieu doit déclarer : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi » (Mat. 15. 8 ; Marc 7. 6).

C’est l’occasion pour le Seigneur de prononcer un jugement solennel sur ces conducteurs d’Israël qui se contentaient des formes d’une religion sans vie. Aussi dénonce-t-il cette hypocrisie : « Pour vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au-dedans vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. Insensés ! celui qui a fait le dehors, n’a-t-il pas fait le dedans aussi ? Mais donnez l’aumône de ce que vous avez ; et voici, toutes choses vous seront nettes » (v. 39 à 41).

L’homme substitue des lavages et des rites visibles, dont la chair peut se glorifier, à la pureté du cœur et à l’amour de Dieu et du prochain.

Il est vain de prétendre cacher l’intérieur à Dieu, notre Créateur, par des apparences trompeuses. Le cœur de l’homme doit être tout d’abord purifié (Act. 15. 9, 11 ; 1 Jean 1. 7) pour que se réalise une marche pure et digne du Seigneur.

Tout était pur pour ceux qui manifestaient un amour vrai tout en exerçant la charité. Ce qui souille devant Dieu c’est le péché, la désobéissance aux lois divines.

Toutes choses seront nettes pour ceux qui, étant purifiés, pratiquent le bien. Ayons à faire avec Dieu pour tout ce qui est intérieur, et ce qui est extérieur découlera de l’état du cœur. Jésus seul peut purifier un cœur par la foi en Son sang ; puis, à travers le jugement de soi-même, la marche pourra être en accord avec la pureté de cœur.

Le Seigneur prononce trois malheurs pour dénoncer l’hypocrisie des pharisiens (v. 42 à 44). Ils payaient la dîme sur certaines plantes, d’un coût dérisoire, et ils négligeaient le jugement (c’est-à-dire le discernement de ce qui est juste dans les rapports avec Dieu et avec le prochain) et l’amour de Dieu, source de toutes les vertus.

Ainsi ces pharisiens recherchaient leur propre gloire en occupant les premiers sièges dans les synagogues, et en désirant les salutations dans les places publiques. Les hommes, s’arrêtant aux apparences, pouvaient les considérer comme des saints, alors que Jésus les compare à des sépulcres sur lesquels on marche sans se rendre compte que l’intérieur est plein de corruption.

À l’écoute des paroles de Jésus aux pharisiens, un docteur de la loi lui dit : « Maître, en disant ces choses tu nous dis aussi des injures » (v. 45). Cette intervention incite le Seigneur à déclarer le véritable état de ces docteurs chargés d’enseigner la loi au peuple.

Il est relativement aisé d’exposer les Écritures en exigeant des auditeurs qu’ils se conforment à leur enseignement. Mais ce qui marque davantage celui qui entend une prédication, c’est lorsqu’il constate que l’enseignement est vécu par celui qui le présente.

Mais le Seigneur prononce un premier malheur sur ces docteurs qui chargeaient les hommes de fardeaux difficiles à porter, qu’ils ne touchaient pas d’un seul de leurs doigts.

Ensuite Jésus reproche à ces docteurs de bâtir les tombeaux des prophètes que leurs pères avaient tués. Ils semblaient honorer ainsi ces prophètes, alors qu’ils auraient dû recevoir leur témoignage et accueillir Celui qu’ils avaient annoncé. Et comme ils ne l’avaient pas fait, ils s’associaient à ceux qui les avaient mis à mort.

Le Seigneur leur annonce qu’ils seraient eux-mêmes mis à l’épreuve : « La sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, et ils en tueront et en chasseront par des persécutions : afin que le sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde soit redemandé à cette génération » (v. 49 et 50).

Dieu leur envoya des apôtres et des prophètes avec les disciples que le Seigneur a laissés après Son départ. Ils en tuèrent plusieurs dont le premier fut Étienne. Dans Son discours, il montre quel accueil ils avaient réservé à ceux qui avaient annoncé la venue de Christ (Act. 7).

Si les premiers meurtriers d’un juste s’étaient repentis, reconnaissant leur culpabilité, ainsi que les générations suivantes, Dieu leur aurait pardonné. Mais si les descendants marchent dans la mauvaise voie de leurs pères, au terme de la patience de Dieu, le juste jugement fondra sur eux.

Et ce jugement sera d’autant plus terrible sur les dernières générations qu’elles n’ont tiré aucune leçon des expériences de celles qui les auront précédées.

Enfin le Seigneur adresse un troisième malheur à ces docteurs de la loi qui, par orgueil, enlevaient la clef de la connaissance au lieu de croire et de pratiquer ce qu’ils enseignaient : « Vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché ceux qui entraient » (v. 52).

Après s’être repentis et avoir cru à l’évangile, ils auraient dû, comme Jean le baptiseur, amener les âmes qu’ils instruisaient au Seigneur. Avec quelle tristesse le Seigneur a dû prononcer ces malheurs ; mais selon le propre témoignage des pharisiens, Il était vrai et ne s’embarrassait de personne, ne regardant pas à l’apparence des hommes (Mat. 22. 16). Il reste pour Ses disciples le parfait Modèle.

Gardons-nous de toute fausseté en nous contentant d’un simple formalisme religieux que Jésus condamnait chez les pharisiens. Savez-vous que l’esclave infidèle sera coupé en deux et aura sa part avec les hypocrites ? (Mat. 24. 51).

Malheureusement les scribes et les pharisiens rejettent les avertissements du Seigneur et Lui tendent des pièges, Le provoquant à parler, pour L’embarrasser et Le trouver en défaut. C’est bien notre tendance naturelle de prendre en faute ceux dont nous n’acceptons pas les reproches.

Mais si nous recevons les réprimandes qui nous sont adressées, nous pouvons, avec l’aide du Seigneur, juger ce qui Le déshonore, et nous attacher à faire le bien selon Sa volonté.

Le levain des pharisiens et l’avarice (Luc 12. 1 à 21 ; Mat. 10. 26 à 33 ; Marc 13. 11).

Ayant en vue le témoignage que Ses disciples auraient à rendre après Son départ, Jésus les avertit avant tout, malgré la présence d’une nombreuse foule : « Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens qui est l’hypocrisie ». Ce mal qui pousse l’homme à simuler ce qu’il n’est pas en réalité, à dissimuler ses mauvaises actions par d’autres apparemment bonnes, ce mal agit perfidement pour se développer en ceux qui sont en contact avec lui.

Quant aux pharisiens, ils voulaient paraître plus religieux qu’ils ne l’étaient. De même qu’un peu de levain fait lever la pâte tout entière (Gal. 5. 9), l’hypocrisie contamine et pénètre les pensées, les paroles et les actions de celui qui en est atteint.

En quoi ce mal est-il un danger pour les disciples ? C’est que cette tendance est propre à notre nature humaine. Or Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur, Il nous donne un cœur pur par la foi dans le sang de Christ, et Il attend que notre conduite manifeste que nous vivons en communion avec Lui.

En outre, ceux qui suivent un Seigneur aujourd’hui méprisé peuvent avoir honte de révéler aux yeux du monde leur relation avec Lui. Aussi Jésus encourage-t-Il ceux qu’Il appelle Ses amis à ne pas craindre de Le confesser devant les hommes, quelles que soient les conséquences : les terribles persécutions que connaîtraient les disciples au début de l’ère chrétienne ! Aussi avec une grâce incomparable, Jésus les prépare à affronter ces moments éprouvants avec la hardiesse de la foi, tout en fixant leurs pensées sur les soins de leur Père.

Dieu, qui se préoccupe d’un passereau insignifiant, ne veillerait-il pas avec tendresse sur Ses enfants éprouvés ? Enfin, toute la sollicitude de Dieu envers Ses enfants ressort de cette expression saisissante : « Les cheveux même de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc pas : vous valez mieux que beaucoup de passereau » (v. 6 et 7).

Les rachetés acquis au prix du sang de Christ ont une si grande valeur pour Dieu qu’Il ne cesse de les entourer de Ses soins fidèles. Ils n’ont rien à craindre, si ce n’est de craindre Dieu.

Puis le Seigneur déclare : « Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu » (v. 8 et 9).

Évoquant l’opposition que rencontreraient les disciples après Son départ, Jésus leur dit qu’il sera pardonné à celui qui parlera contre le fils de l’homme, ce qui était le cas des Juifs qui le rejetaient lorsqu’Il était parmi eux. Mais il ne sera pas pardonné à celui qui rejettera le témoignage du Saint Esprit relatif à Jésus ressuscité, annoncé par le ministère des disciples. Ceci eut lieu lors du jugement des Juifs comme nation après le martyre d’Étienne.

Pour leur éviter tout souci lorsque les disciples auraient à rendre témoignage, le Seigneur les rassure en leur disant que le Saint Esprit leur enseignerait ce qu’ils auraient à dire.

Voici quelqu’un de la foule venant interpeller le Seigneur au sujet du partage de l’héritage avec son frère. Tout en refusant d’agir à ce moment-là comme Juge en Israël, le Seigneur va montrer que seule est importante la position de l’âme immortelle devant Dieu.

Il s’attaque à la racine du mal : l’avarice. « C’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent » (1 Tim. 6. 10). « Voyez, et gardez-vous de toute avarice ; car encore que quelqu’un soit riche, sa vie n’est pas dans ses biens » (v. 15). « Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ? » (Mat. 16. 26)

La parabole du riche, et de ses greniers devenus exigus, symbolise cette avidité insatiable d’amasser toujours plus des biens périssables. Accumuler, calculer, établir des projets, il n’en finit pas de raisonner. Aux yeux des hommes il paraissait avisé, prévoyant, mais aux yeux de Dieu c’est un insensé qui se complaît dans son égoïsme.

Il oubliait qu’il dépendait de Dieu pour le rapport des terres et que ses biens, dont il n’était que l’administrateur, appartenaient avant tout à son Créateur. De plus, quant à ses plans d’avenir Dieu n’avait-il pas Son mot à dire ? (Jac. 4. 13 à 16).

Ses biens constituaient son idole, et il n’incluait pas dans ses calculs les droits et la souveraineté de Dieu, les besoins de son prochain et l’éventualité de la mort. Suprême imprévoyance, il négligeait totalement ce qu’il avait de plus précieux : son âme impérissable.

Il pensait lui accorder du bien-être en accumulant des biens matériels pour en jouir égoïstement, pendant les quelques années de sa vie terrestre. Mais son âme est redemandée par Dieu le jour même où il a formulé ses projets. Il a tout perdu, y compris son âme. Et le Seigneur conclut : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche quant à Dieu » (v. 21).

Ils sont toujours nombreux aujourd’hui, ces insensés, insouciants quant au sort éternel de leur âme. Ils oublient que, lors de la création de l’homme, Dieu souffla dans ses narines une respiration de vie, et que l’homme devint une âme vivante, c’est-à-dire immortelle (Gen. 2. 7).

Ainsi à la mort, le corps est confié à la terre dans l’attente de la résurrection, et l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné (Éccl. 12. 7). L’homme reste responsable vis-à-vis de son Créateur, ce qui entraîne des conséquences éternelles.

L’homme ayant failli à sa responsabilité par la chute, Dieu, dans Sa bonté, lui accorde un certain temps lors de son passage dans ce monde pour qu’il accepte à travers la repentance, le don de sa grâce : la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rom. 6. 23). Cette vie est dans Son Fils : « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5. 12).

As-tu choisi la vie ?

La confiance en Dieu (Mat. 6. 25 à 34 ; Luc 12. 22 à 32).

Si les richesses détournent facilement le cœur des enfants de Dieu, il peut en être de même des soucis de la vie quotidienne. Le Seigneur, qui connaît les tendances de nos cœurs craintifs, avertit Ses disciples : « Ne soyez pas en souci pour la vie, de ce que vous mangerez ; ni pour le corps, de quoi vous serez vêtus : la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement » (Luc 12. 22 et 23).

Loin de recommander la paresse et l’insouciance à l’égard de la vie présente, Il souligne toute l’importance de la confiance en Dieu pour bannir toute crainte quant à l’avenir. Ainsi le cœur n’est pas détourné de ce qui est prioritaire : la recherche du royaume de Dieu et de Sa justice.

En réalité la vraie prévoyance, c’est de mettre toute sa confiance en Dieu, sachant que Lui s’occupera de nos besoins quotidiens. Lisons ce que David déclare au sujet du juste au Psaume 37. 25. Il y a lieu d’ailleurs de bien distinguer entre les soucis et la prévoyance telle que l’Écriture la recommande en Proverbes 6. 6 à 8 et 30. 25.

Dieu s’occupe de toutes Ses créatures et en particulier de celles qui paraissent les plus insignifiantes. « Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’ont pas de cellier ni de grenier ; et Dieu les nourrit : combien valez-vous mieux que les oiseaux ! » (Luc 12. 24 ; Job 39. 3 ; Ps. 147. 9)

Un oiseau n’a pas de souci pour sa subsistance ; chaque jour il découvre ce que Dieu lui a préparé. Pourquoi un croyant serait-il en souci lorsqu’il connaît l’amour de Dieu ?

Que de petits témoins de la bonté incomparable de Dieu remplissent Sa création ! Sachons les observer avec attention pour que soit entretenue dans nos cœurs une confiance inébranlable en Celui qui est notre Père.

Remarquons aussi l’inutilité des soucis, car souvent nous ne pouvons rien changer à une situation donnée. « Et qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille ? Si donc vous ne pouvez pas même ce qui est très petit, pourquoi êtes-vous en souci du reste ? » (Luc 12. 25 et 26)

L’important n’est pas d’avoir une grande ou une petite taille, mais c’est la vie que Dieu entretient par la nourriture qu’Il fournit aussi bien à l’homme qu’à la bête (Ps. 104. 27 et 28 ; 145. 16).

Puis le Seigneur invite Ses disciples à considérer « les lis, comment ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un d’eux ».

Jésus voudrait que Ses disciples n’aient pas plus de souci que les lis si magnifiquement parés par leur Créateur. « Et si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui au champ et qui demain est jetée dans le four, combien plus vous vêtira-t-il, gens de petite foi ! »

Les lis peuvent être fauchés en un instant, et cependant Dieu s’occupe d’eux. Combien plus prendra-t-Il soin de ceux qui ont été rachetés par le sang précieux de Christ ! (Rom. 8. 32)

Pierre nous donne le secret pour ne pas être assaillis par des inquiétudes : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (5. 7). Et Paul exhorte ses chers Philippiens : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4. 6).

Cependant, quand les disciples redoutent un naufrage sur une mer tourmentée, le Seigneur est obligé de leur dire : « Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi ? » (Mat. 8. 26)

Nous devons reconnaître que dans certaines circonstances nous nous comportons comme les disciples. « Ne recherchez pas ce que vous mangerez ou ce que vous boirez, et n’en soyez pas en peine ; car les nations du monde recherchent toutes ces choses, et votre Père sait que vous avez besoin de ces choses ; mais recherchez son royaume, et ces choses vous seront données par-dessus » (Luc 12. 29 à 31).

Les nations du monde n’ont pas de relation avec Dieu et ne Le connaissent pas comme Père ; c’est pourquoi leur cœur est absorbé par les soucis de la terre. Mais ceux qui connaissent le Père ont le privilège de se confier en Lui, recherchant tout ce qui a trait à Son royaume, cette sphère où les droits de Dieu sont reconnus.

« Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint ». (Rom. 14. 17). Quel contraste avec le monde qui a rejeté Jésus et Son royaume !

Le souci n’est pas nécessaire, car Dieu promet de pourvoir aux besoins de celui qui a choisi la bonne priorité : le royaume de Dieu et Sa justice (Mat. 6. 33). C’est pourquoi le Seigneur répète trois fois : « Ne soyez pas en souci » (Mat. 6. 25, 31 et 34). « Dieu ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité… bienheureux l’homme qui se confie en toi » (Ps. 84. 11 et 12).

La confiance en Dieu est le seul remède contre les inquiétudes du cœur auxquelles l’homme est souvent enclin. Comme ces enseignements sont nécessaires pour vous aussi, soit à l’école, soit dans vos relations avec vos camarades ou vos frères et sœurs !

Sans négliger le travail et les obligations de la vie quotidienne, puissions-nous rechercher premièrement le royaume de Dieu et Sa justice !

D’après La Bonne Nouvelle 1991

SONDEZ LES ÉCRITURES (14)

Un démon que les disciples n’ont pas pu chasser (Mat. 17. 14 à 21 ; Marc 9. 14 à 29 ; Luc 9. 37 à 43)

Au moment où se déroulait la scène glorieuse de la transfiguration, les disciples que Jésus avait laissés étaient en difficulté en présence d’une grande foule et des scribes qui disputaient avec eux.

Alors que Jésus interrogeait ses disciples sur ce qui leur arrivait, un homme s’approche de Lui, se jetant à genoux devant Lui, et lui dit : « Maître, je t’ai amené mon fils qui a un esprit muet, et, partout où il le saisit, il l’agite violemment ; et il écume, et grince des dents, et il devient sec ; et j’ai dit à tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu. Et Lui, leur répondant, dit : Ô génération incrédule, jusques à quand serai-je avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ». Aussitôt en présence de Jésus, l’esprit malin déchira l’enfant qui, tombant à terre, se roulait en écumant.

En réponse à la demande de Jésus, le père déclara que son fils unique était dans cet état depuis son enfance ; et souvent le mauvais esprit qui l’habitait l’avait jeté dans le feu et dans les eaux pour le faire périr. Dans la détresse qui le torturait, il implore Jésus : « Mais si tu peux quelque chose, assiste-nous, étant ému de compassion envers nous » (Marc 9. 17 à 23).

Le Seigneur est tout à la fois en présence de la puissance de Satan qui cherchait à faire périr cet enfant, et de l’incrédulité des disciples. Quel spectacle affligeant pour son cœur ! Mais, venu en amour ici-bas, il était prêt à délivrer l’homme du terrible esclavage du diable.

Satan est encore le chef de ce monde, mais s’il court çà et là sur la terre et s’y promène (Job 1. 7), il sera jeté dehors (Jean 12. 31). Il est toujours très actif entraînant les hommes à la perdition éternelle par la violence ou par la séduction du péché, mais il ne peut anéantir le peuple de Dieu en ruine, fidèlement représenté par l’état de cet enfant.

Quant aux disciples, le Seigneur réprouve leur manque de foi, sans se départir de l’exercice de sa grâce et de sa puissance. Rien ne peut résister à cette bonté qui s’exprime dans ces paroles du Seigneur : « Amenez-le-moi ». Il ne peut laisser le cri de la foi sans réponse, quelle que soit sa faiblesse.

Tu peux toujours aller à Jésus, lui confier un vrai besoin avec une foi simple. Son cœur plein de compassion ne peut que t’accueillir, et la puissance de son bras te secourir (Ps. 31. 19).

En réponse à la faible foi de ce père si éprouvé le Seigneur déclare : « Le « Si tu peux », c’est : Crois ! toutes choses sont possibles à celui qui croit ». Voilà un secret révélé par le Seigneur à ses disciples ! La puissance de Dieu est à la disposition de la foi.

Du côté de Dieu, il n’y a pas de limite au déploiement de la puissance de sa grâce. C’est ainsi que Jésus est venu dans ce monde, Dieu manifesté en chair, pour sauver l’homme pécheur et perdu.

Mais la difficulté est du côté de la foi de l’homme, peu ou pas conscient de sa totale ruine morale. Cependant, si un homme éprouve une vraie conviction de péché, ayant un profond besoin de salut, il lui suffit de croire que Jésus est mort pour ses péchés à la croix (Rom. 4. 25).

Tout éploré, le père angoissé ajoute : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité ». Prenant conscience de son manque de foi cet homme saisit par la foi que Dieu seul peut délivrer. Ce cœur, jusque-là incrédule, est brisé et se confie sans réserve en Celui qui peut guérir.

« Et Jésus, voyant que la foule accourait ensemble, tança l’esprit immonde lui disant : Esprit muet et sourd, je te commande, moi, sors de lui et n’y rentre plus ». Et le démon sortit après avoir crié et déchiré violemment l’enfant qui devint comme mort. Mais Jésus le prit par la main et il se leva.

Les disciples, témoins de cette délivrance, demandèrent au Seigneur lorsqu’il fut entré dans la maison, pourquoi ils n’avaient pas pu chasser ce démon. Jésus leur dit : « Cette sorte ne peut sortir en aucune façon, si ce n’est par la prière et par le jeûne ». Pourtant le Seigneur, en les appelant, leur avait donné autorité sur les esprits immondes (Marc 6. 7).

Leur incrédulité les avait privés de la communion avec Dieu sans laquelle ils ne pouvaient disposer de la puissance de Jésus.

La prière met notre âme en contact avec Dieu en qui nous avons la puissance, la grâce et la sagesse pour l’exercice de tout service. En priant, nous réalisons toute notre faiblesse, notre néant. Nous sommes rejetés sur Dieu qui seul peut et veut agir pour répondre à nos nombreux et divers besoins. Ses ressources inépuisables sont toujours à la disposition de la foi.

Jeûner correspond spirituellement au jugement de nous-mêmes, à la sobriété en toutes choses, pour nous s’abstenir de tout ce qui nourrit la chair par la satisfaction de nos convoitises (1 Jean 2. 15 et 16). Le monde est rempli d’idoles pour répondre à tous les désirs du vieil homme. Mais ce monde apparaît au nouvel homme comme un désert.

Pour servir le Seigneur avec efficacité, combien nous avons besoin d’être gardés de la puissance d’attraction qu’exerce sur le cœur naturel tout ce qui est dans le monde. C’est par la prière et par le jeûne que nous pourrons jouir de la communion avec le Père et avec le Fils et être des vases sanctifiés, utiles au maître, préparés pour toute bonne œuvre (2 Tim 2. 21).

Retenons que le Seigneur se plaît à honorer la plus faible foi face au plus grand obstacle, lorsqu’il dit à ses disciples : « Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là et elle se transporterait ; et rien ne vous serait impossible » (Mat. 17. 20).

Au seuil d’une nouvelle année, n’aurions-nous pas foi en Dieu ? (Marc 11. 22)

Jésus annonce sa mort et sa résurrection (Mat. 17. 22 et 23 ; Marc 9. 31 ; Luc 9. 43 à 45).

Jésus rappelle à ses disciples que « le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes ; et ils le feront mourir ; et le troisième jour il sera ressuscité. Et ils furent fort attristés ».

Alors que Jésus venait d’exercer sa puissance pour délivrer un démoniaque, les disciples encore impressionnés par la vision de la transfiguration sur la haute montagne, pensaient que le royaume serait bientôt établi en gloire. C’est précisément à ce moment-là que Jésus les entretient de la nécessité de sa mort et de sa résurrection au troisième jour.

C’est en vertu de cette mort qu’une part dans la gloire pouvait leur être attribuée. Les disciples n’avaient pas retenu que le Seigneur parlait de sa mort avec Moïse et Élie, sur la montagne. Cette mort était indispensable pour délivrer l’homme de son état de péché, et l’établir dans la nouvelle création, comme étant en Christ, placé sous les effets bénis de son amour et de sa puissance (2 Cor. 5. 17).

La foi en la mort et en la résurrection de Christ, fondement de tout ce que Dieu a voulu opérer pour des pécheurs, ouvre l’accès à la gloire de Dieu pour l’éternité.

Les disciples sont fort attristés par les paroles de Jésus leur annonçant sa mort. Mais le Seigneur pourra leur dire : « votre tristesse sera changée en joie… Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 20 et 22).

Dès maintenant la joie des rachetés, conséquence de la mort de Christ, est incomparable, « ineffable et glorieuse », en attendant qu’ils soient placés irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie (Jude 24 et 25).

Les didrachmes (Mat. 17. 24 à 27).

C’est au moment où ils arrivent à Capernaüm que Jésus et les disciples rencontrent les agents qui percevaient l’impôt pour le temple, probablement l’impôt que Moïse avait prescrit en Exode 30. 11 à 16, ou peut-être celui fixé par Néhémie (Néh. 10. 32 et 33).

Les receveurs de ces didrachmes demandent à Pierre : « Votre maître ne paie-t-il pas les didrachmes ? Il dit : Oui ». Par cette réponse spontanée Pierre, sans consulter son maître, le met au rang des Juifs zélés.

Dans le système politique et religieux officiel, il ne veut pas qu’on traite son maître comme un étranger. D’ailleurs le Seigneur en tant qu’homme, né sous la loi, dans son chemin d’obéissance et d’humiliation, se soumettait aux ordonnances et aux autorités en place.

Mais par sa réponse, Pierre renie la royauté du Seigneur et la relation qui l’unissait au Père. N’avait-il pas été témoin sur la sainte montagne de la gloire de Sa personne, Lui, le Fils de Dieu et le Fils de l’homme ?

Dès son entrée dans la maison, Jésus, selon sa divine connaissance de toutes choses, s’adresse à Pierre : « Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui reçoivent-ils des tributs ou des impôts, de leurs fils ou des étrangers ? Pierre lui dit : Des étrangers. Jésus lui dit : Les fils en sont donc exempts. Mais, afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer, jette un hameçon, et prends le premier poisson qui montera ; et quand tu lui auras ouvert la bouche, tu y trouveras un statère ; prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi ».

Ici le Seigneur associe son disciple avec Lui dans sa dignité de fils. Il le place dans la même relation que Lui, comme homme, vis-à-vis du Père (Ps. 2. 7 ; Luc 1. 35). Lui est le Fils selon sa propre dignité et nous, ses rachetés, nous sommes fils par la foi en Son œuvre (Jean 20. 17 ; Rom. 8. 15).

Remarquons aussi l’extrême pauvreté du Seigneur qui n’avait même pas un statère sur lui pour répondre à la demande de ceux qui collectaient le tribut (2 Cor. 8. 9).

Le Seigneur explique à Simon que Lui, le Fils du Roi, ne peut être soumis aux impôts. Le Seigneur du temple devait-il payer le tribut du temple ? Ainsi Il unit à cette gloire de fils, comme faisant partie de la même famille, un simple pécheur de la Galilée méprisée, mais aussi chaque croyant, aussi faible soit-il.

Quelle grâce insondable est soulignée dans cette expression de notre cher Sauveur : « Afin que nous ne les scandalisions pas, va-t’en à la mer » ! Et sa gloire de Créateur, de Fils de l’homme qui dispose de toutes choses dans sa création, est exaltée quand il commande à un poisson indomptable, du fond de la mer, d’apporter dans sa bouche un statère couvrant exactement le tribut demandé pour Lui et pour son disciple.

Celui qui est notre Sauveur démontre dans cette scène qu’Il sait tout et qu’Il peut tout. Ainsi le Seigneur se soumettait aux lois en vigueur (Rom. 13. 1 et 7), pour éviter tout scandale, n’ayant aucun droit à faire valoir dans ce monde, et en même temps Il magnifie la grâce et la puissance de Dieu.

Nos cœurs ne sont-ils pas profondément remués par ces paroles de Jésus, empreintes de sollicitude : pour moi et pour toi ? Il est venu du ciel pour mourir à la place des coupables, afin de les établir dans la position de fils devant Dieu, semblables à Lui, et avec Lui.

Quelles délices pour son cœur lorsqu’il contemplera en gloire le fruit du travail de son âme et que son amour divin en sera satisfait ! Il amènera plusieurs fils à la gloire qui, dans des corps glorifiés, pourront considérer les perfections infinies de sa Personne, et apprécier les résultats merveilleux de son œuvre à la croix.

C’est en vertu de ses souffrances expiatoires et de sa mort que, par une grâce ineffable, nous pourrons durant l’éternité l’adorer et le louer comme il en est digne, chantant autour du trône de l’Agneau le cantique nouveau.

Sur nous resplendira ta face.

Dans nos cœurs remplis de ta grâce,

Toi seul aura toute la place

A toujours.

Le plus grand dans le royaume des cieux (Mat. 18. 1 à 5 ; Marc 9. 33 à 37 ; Luc 9. 46 à 48).

C’est au moment où le Seigneur vient de les entretenir de ses souffrances et de sa mort, d’après le récit de Marc (9. 30 à 32), que les disciples sont préoccupés de savoir lequel sera le plus grand dans le royaume des cieux ; il en résulte même une dispute entre eux. Ils sont convaincus de faire partie de ce royaume, d’autant plus que Pierre venait de constater dans quelle position élevée il avait été placé avec Jésus.

Puis, dans la maison, le Seigneur qui sonde les secrets des cœurs, les interroge : « Sur quoi raisonniez-vous en chemin ? »

Quelque peu gênés, ils gardaient le silence. « Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4. 13). Et Il ajoute : « Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9. 35).

Celui qui était le Messie d’Israël est venu sur cette terre dans l’abaissement qu’annonce bien le prophète : « Il n’a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, il n’y a point d’apparence en lui pour nous le faire désirer » (És. 53. 2). Ce n’était pas le moment de l’établissement du royaume en gloire.

Combien il est affligeant de penser que les sentiments des disciples étaient si opposés à ceux du Seigneur qui avait devant lui l’œuvre de la croix. L’égoïsme de nos cœurs naturels nous éloigne toujours de la pensée de Christ.

Et Jésus appela auprès de lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant mis entre ses bras leur dit : « En vérité, je vous dis : si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux ».

Il ne suffisait donc pas d’être Juif, descendant d’Abraham, pour être un sujet du royaume. Il fallait être né de nouveau, recevoir une nouvelle nature par la conversion, moyennant la foi au Seigneur Jésus mort pour nos péchés. C’est ce que le Seigneur enseigne à Nicodème en Jean 3. 3 à 6. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création… toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17), mais « la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu » (1 Cor. 15. 50).

Il n’y a point de salut par les œuvres, ni par la seule connaissance des vérités de l’Écriture. Dieu nous communique la vie qui est en Christ par l’action du Saint Esprit et de la vivante et permanente Parole de Dieu (1 Pier. 1. 23). A nous de recevoir par la foi le témoignage des Écritures.

Perdu ou sauvé ! il n’y a pas de condition intermédiaire ! Où passeras-tu l’éternité ? Es-tu converti(e) ?

Le caractère de ceux qui sont convertis, c’est celui d’un petit enfant ; c’est-à-dire qu’ils renoncent à toute prétention, à leurs propres opinions, pour croire tout ce que Dieu dit dans sa Parole, avec la simplicité d’un petit enfant.

Dieu ne peut recevoir l’homme pécheur dans son état naturel, avec son orgueil et sa vanité. « Tout cœur orgueilleux est en abomination à l’Éternel » (Prov. 16. 5). Dieu doit employer toutes sortes de moyens pour briser notre résistance orgueilleuse, et nous amener en toute humilité à accepter le salut qu’il nous offre gratuitement en Jésus.

Puis le Seigneur donne sa réponse à la question des disciples : « Quiconque donc s’abaissera comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux ». Ne possédant rien, un petit enfant dépend entièrement de ses parents ; ne connaissant rien, il met toute sa confiance en eux ; ne gagnant rien de ses propres mains, il reçoit tout comme un cadeau de leur part.

Pour réussir dans ce monde, il faut être quelqu’un ou quelque chose, il faut en avoir fini avec le caractère du petit enfant. Combien d’enfants aspirent après ce qu’ils estiment être les avantages des adultes ? L’homme se tourne volontiers vers ce qui est grand, haut estimé dans ce monde de vanité (Luc 16. 15).

Dans le royaume de Dieu, il en est tout autrement. Et le Seigneur reste notre modèle parfait. Lui qui est Dieu, possédant la gloire de toute éternité, Créateur de toutes choses, s’est anéanti pour devenir un homme ; prenant la forme d’esclave, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix (Phil. 2. 5 à 11). Dans son amour, Il voulait introduire des hommes dans le royaume de Dieu, dans le ciel même.

Mais c’est encore le temps de son rejet, et celui où ceux qui ont la foi en Lui sont méprisés comme Lui. Et l’humilité, l’abaissement, doivent caractériser ceux qui sont entrés dans le royaume. Ils apprennent ainsi à rechercher la dernière place pour découvrir qu’elle est déjà occupée par Christ, Lui, le Serviteur de tous.

Le chemin dans lequel nous acceptons par la foi de n’être rien, le « moi » étant cloué à la croix, nous conduit à la gloire. N’oublions jamais la place que les hommes ont réservée au Seigneur de gloire quand il est venu dans ce monde, une crèche ; et quand il l’a quitté, une croix.

Enfin le Seigneur ajoute : « et quiconque reçoit un seul petit enfant tel que celui-ci en mon nom, me reçoit ». L’exemple du petit enfant sert au Seigneur à caractériser les siens, qui ont tant de prix pour son cœur (Mat. 25. 34 à 40).

Avec quelle grâce et quelle patience Il nous apprend ce qu’est la vraie humilité qui conduit à la gloire (Prov. 15. 33). C’est être occupé de lui, pénétré de Sa pensée à l’égard des siens, après avoir jugé la chair qui est en nous.

Quelle belle promesse nous est offerte ! Nous avons ici-bas l’occasion de recevoir le Seigneur en recevant l’un de ces petits. L’honneur que Dieu attribuera à chacun sera à la mesure de son dépouillement. Oui, la gloire de Dieu est réservée aux humbles. (Lire Ps. 34. 19 ; 131. 2 ; 51. 17 ; És. 57. 15 ; Mat. 5. 3 ; 10. 40 à 42).

Que la perspective de la gloire éternelle marque toute notre vie présente !

Une récompense (Marc 9. 38 à 41 ; Luc 9. 49 et 50).

Alors que Jésus vient de dire à Ses disciples de recevoir un petit enfant en Son Nom, Jean intervient : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, qui ne nous suit pas ; et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne nous suit pas » (Marc 9. 38).

Comme nos paroles révèlent souvent les dispositions de nos cœurs naturels, cette occupation de nous-mêmes, de notre importance, ces tendances sectaires avec un manque de grâce évident ! Et pourtant, en apparence, les disciples semblent revendiquer la gloire du Maître.

Mais l’expression : « il ne nous suit pas » met l’accent sur un égoïsme de caste qui place au second plan le nom du Seigneur : aussi le Seigneur leur dit : « Ne le lui défendez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom, et qui puisse aussitôt mal parler de moi, car celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (v. 39 et 40).

C’était le temps sérieux où Jésus était de plus en plus rejeté, et accepter ou refuser Sa Personne aurait dû beaucoup plus absorber les pensées des disciples. Ceux qui suivent le Seigneur s’engagent dans un chemin d’obéissance à Sa parole parce que Sa personne exerce un puissant attrait sur leur cœur. Mais il est exclu de voir en cela un mérite quelconque.

Un cœur occupé de lui-même, c’est le terrible fléau de l’égoïsme qui entraîne la jalousie. Mais un cœur occupé de Christ s’élargit, et de saintes affections y sont produites pour Dieu et pour le prochain. Alors se réalise une croissance harmonieuse à la ressemblance de Christ.

Les disciples avaient chassé des démons au nom du Seigneur sans toujours y réussir (v. 28), mais ici ils interdisent à un autre de le faire par étroitesse d’esprit.

Avec quelle grâce le Seigneur s’associe à Ses disciples qui partageaient si rarement Ses pensées. C’est ainsi qu’Il leur dit : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Que dans le chemin où le Seigneur nous appelle à Sa suite, nous soyons gardés de l’étroitesse d’un esprit sectaire, rétrécissant le cœur ! Qu’en toutes choses Il tienne, Lui, la première place (Col. 1. 18).

Que nous apprenions à juger la chair dès son premier mouvement dans notre cœur, et que toute gloire soit donnée au Seigneur Jésus dans nos vies ! Il apprécie tout ce que nous pouvons faire ou dire par amour pour Lui. Qu’y-a-t-il de plus insignifiant qu’une coupe d’eau donnée à un disciple de Christ ? N’est-ce pas à la portée d’un enfant qui connaît Jésus comme son Sauveur ? Pour celui qui le fait humblement, en Son Nom, une récompense est promise.

Nous pensons à la pauvre veuve qui a jeté ses deux pites au trésor du temple. Cette modique somme représentait tout ce qu’elle avait pour vivre (Luc 21. 3). Comme une telle confiance a du prix pour Son cœur !

Les occasions de chute (Mat. 18. 6 à 9 ; Marc 9. 42 à 49 ; Luc 17. 1 à 3).

Maintenant le Seigneur aborde, sur un ton très solennel, le thème des occasions de chute. Quiconque sera une occasion de chute pour un petit enfant qui croit en Lui, « il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une pierre de meule et qu’il fût jeté dans la mer » (Marc 9. 42).

Dieu apprécie toutes choses dans nos vies sur cette terre, en relation avec Son Fils bien-aimé. Alors que les hommes L’ont méprisé et crucifié, Dieu l’a exalté à sa droite.

Le Seigneur souligne l’importance d’entrer dans la vie, c’est-à-dire dans le royaume de Dieu, coûte que coûte. Que le sort d’une âme est sérieux ! Car si les occasions de chute existent pour les petits, il y en a aussi pour chaque individu.

La main, le pied ou les membres, organes si nécessaires, peuvent nous entraîner au péché et à la perte de notre âme. Chacun doit examiner devant Dieu et juger, sans complaisance, tout ce qui peut le détourner d’accepter le salut que Dieu offre gratuitement à quiconque.

La main peut commettre des actes répréhensibles, le pied s’engager dans une voie de désobéissance à la Parole, et l’œil, cette fenêtre de l’âme, peut favoriser par les nombreux appâts de ce monde séducteur l’excitation des convoitises.

Et comme il s’agit d’une question de vie ou de mort à l’égard de l’éternité, une douloureuse amputation doit être pratiquée par le renoncement impitoyable à l’occasion de chute. C’est ce qu’impliquent les verbes : coupe-le, arrache-le.

Réalises-tu toute l’importance de recevoir aujourd’hui la vie éternelle, par la foi en l’œuvre parfaite du Seigneur Jésus mort sur la croix pour tes péchés ?

Quand nous quittons cette terre, le sort de notre âme est fixé pour toujours : ou bien c’est le bonheur éternel avec Jésus, ou bien c’est le feu éternel, ce lieu où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. Ce sont des tourments éternels pour l’âme qui aura refusé la grâce de Dieu. Où passerai-je l’éternité ?

« Chacun sera salé de feu » (v. 49). Dieu a en horreur le mal et Il doit le juger. Pour tous ceux qui sont perdus, c’est le jugement éternel. Le croyant, lui aussi sur cette terre, a des comptes à rendre à Dieu qui juge selon l’œuvre de chacun (1 Pier. 1. 17). Et chacun sera manifesté devant le tribunal de Christ pour recevoir les choses accomplies dans le corps selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal (2 Cor. 5. 10).

De plus, « tout sacrifice sera salé de sel ». En retour des compassions de Dieu, le racheté est exhorté à présenter son corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent (Rom. 12. 1), comme Christ l’a réalisé dans Son humanité parfaite que typifie l’offrande de gâteau. « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous ».

La paix selon Dieu ne peut être réelle et durable qu’en vivant dans la sainteté. Que dès ton jeune âge tu puisses servir le Seigneur par la foi et dans la séparation du mal !

À propos des offenses entre frères et de la présence du Seigneur dans l’Assemblée (Mat. 18. 15 à 20).

Le Seigneur présente ici des principes de toute importance et souvent négligés dans les relations entre frères en Christ. Leur application aurait évité bien des souffrances parmi les enfants de Dieu.

C’est dans un esprit de grâce, d’humilité que doivent se régler les offenses personnelles entre disciples de Jésus. Il s’agit de gagner son frère et non pas de se justifier ou de colporter le mal connu.

Le frère offensé a la responsabilité de parler à celui qui est coupable d’un péché envers lui (Lév. 19. 17). Dans l’amour vrai, il montrera à ce frère qu’il s’est fait du tort à son âme, plutôt que d’insister sur son propre préjudice. Dans bien des cas, cette première démarche fraternelle, accomplie dans la crainte de Dieu, devra suffire.

Par contre, si le frère rencontré n’écoute pas, une autre visite de l’offensé est nécessaire – sans divulguer ce mal – mais en présence d’une ou deux personnes, afin que les faits soient établis devant témoins (Deut. 19. 15). S’il y a encore refus d’écouter, une troisième et dernière étape est envisagée. Il faut en parler à l’assemblée.

Dans le cas où le frère n’accepte pas la répréhension, il sera tenu comme un étranger, un païen et comme un publicain. Il y a rupture de communion avec lui. L’assemblée a la responsabilité et l’autorité de traiter de tels cas.

Qu’un esprit de douceur et d’humilité nous anime envers ceux qui nous ont fait tort. Notre Père n’est-il pas miséricordieux envers nous ? De plus, c’est Dieu qui justifie. Ayons en vue le bien de l’âme du coupable, qui peut être rendu sensible à une démarche empreinte de grâce.

Dès votre jeune âge, évitez, avec le secours du Seigneur, toute médisance et toute calomnie qui sont de véritables fléaux pour le peuple de Dieu, et appliquez-vous à pardonner comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné (Éph. 4. 32).

Le Seigneur montre ici que l’assemblée chrétienne va prendre la place d’Israël comme témoignage de Dieu sur la terre. Avant la mort de Christ, l’assemblée était le peuple d’Israël qui avait pour centre le temple de Jérusalem, dans lequel Dieu avait fait Sa demeure. Mais après le rejet, la mort et l’ascension de Jésus, Israël est mis de côté, et le Seigneur est le centre du rassemblement de Ses rachetés.

Lorsque l’assemblée est réunie au nom de Jésus, Il est présent au milieu d’elle, et les décisions qu’elle prend sont revêtues de Son autorité. Le ciel ratifie ce que l’assemblée lie ou délie sur la terre. L’assemblée est l’unique autorité ecclésiastique que Dieu reconnaisse sur la terre, et le croyant est tenu de s’y soumettre.

Pour que la présence du Seigneur soit une réalité dans une assemblée de croyants, il est indispensable qu’elle Lui soit soumise et que la Parole de Dieu exerce toute son autorité sur les cœurs.

Puis, dans ce rassemblement des deux ou trois, d’accord, selon ce qu’exprime Jésus, pour prier, une précieuse promesse leur est assurée. « Quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ».

Cette promesse est sans limite dans la mesure où nous respectons la condition morale de l’accord de ceux qui sont réunis au nom du Seigneur. Ce commun accord a été réalisé dans la prière d’Actes 4. 24 à 30, pour que la Parole de Dieu soit annoncée avec toute hardiesse. Et c’est le bon plaisir de notre Père de répondre richement à de telles requêtes (Éph. 3. 20 et 21).

Retenons toute l’importance de la réunion de prières !

Ainsi l’assemblée du Dieu vivant (1 Tim. 3. 15) se compose des croyants réunis au nom du Seigneur, selon ce qu’Il déclare : « Car là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux ».

Voilà une promesse inestimable, mais aussi un privilège incomparable pour les rachetés encore ici-bas ! Il y a un lieu sur la terre où un témoignage est rendu dans un rassemblement qui peut être réduit à sa plus simple expression : « deux ou trois ».

C’est au nom du Seigneur Jésus que sont assemblés Ses rachetés. Lui leur assure Sa présence au milieu d’eux, pourvoyant à tout. Il est le seul centre de ces rachetés qui reconnaissent Ses droits, Son autorité sur leurs cœurs. Le Seigneur se plaît à être présent au milieu de ces quelques croyants, sans apparence aux yeux des hommes, sans organisation humaine Ils constituent Son trésor particulier.

Lui se révèle à eux en leur montrant les marques de Ses souffrances en Son corps, ce qu’Il a enduré pour eux à la croix.

Ils se réjouissent en Le voyant par la foi, et leurs cœurs brûlent d’amour pour Lui. Il n’a pas honte de les appeler frères, disant : « J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges » (Héb. 2. 12).

Autour du Seigneur sur cette terre, ils sont dans l’espérance d’être autour de Lui dans la gloire, où tous les rachetés seront réunis pour toujours, chantant le cantique nouveau.

Ceux qui ont été amenés dès leur tendre enfance aux réunions de l’assemblée, dans la présence du Seigneur, ont bénéficié d’un très grand privilège. « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! » (Ps. 133. 1).

Chers jeunes lecteurs, n’abandonnez pas un tel rassemblement pour satisfaire les désirs du cœur naturel, ou par incrédulité, comme Thomas qui voulait voir la marque des clous et mettre sa main dans le côté du Seigneur pour croire en Lui.

Que Dieu ouvre vos yeux sur le Seigneur de gloire, qui doit dire de celui qui se retire : « Mon âme ne prend pas plaisir en lui » (Héb. 10. 38).

Puissiez-vous prononcer les paroles spontanées de Thomas reconnaissant Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20. 29).

Comment pardonner ? (Mat. 18. 21 à 35)

Le Seigneur vient d’expliquer comment, à travers trois démarches possibles, doivent se régler les torts entre frères (Mat. 18. 15 à 17). Cet enseignement suscite sans doute la question spontanée de Pierre au sujet du pardon. De ce fait le Seigneur va traiter avec clarté et autorité ce sujet en l’illustrant par la parabole du serviteur impitoyable.

Voici la question de Pierre : « Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? »

Malgré la générosité de sa proposition, craignait-il les conséquences malheureuses d’une indulgence excessive ? Jésus lui répond : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois ». Il montre ainsi qu’il faut pardonner autant de fois que l’occasion se présente, c’est-à-dire toujours.

L’esprit du royaume, c’est d’être imprégné de la grâce qui pardonne. Comme cela est contraire à notre nature adamique ! N’oublions jamais que nous sommes des objets de la grâce : si nous sommes souvent exhortés à nous pardonner les uns aux autres, c’est parce que Dieu nous a pardonné en Christ (Éph. 4. 32 ; Col. 3. 13).

Le roi de la parabole, c’est Dieu qui, selon les droits de Sa justice, veut compter avec Ses esclaves. L’un deux, représentant tout homme dans son état naturel, lui devait la somme extraordinaire de dix mille talents. Or il n’avait pas de quoi payer.

C’est l’image saisissante de l’énorme dette de nos péchés vis-à-vis de Dieu. « Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon » (Ps. 49. 7). Devant un Dieu juste et saint, l’homme est un débiteur insolvable.

Selon sa justice le roi devait exiger le paiement ; mais devant la supplication de l’esclave qui, selon sa propre justice, se sentait capable de tout payer, touché de compassion, le roi relâche l’esclave et lui remet sa dette. Celui-ci, oubliant la faveur dont il a été l’objet, dès qu’il sort, rencontre un autre esclave qui lui devait cent deniers, montant dérisoire à côté de la dette qui lui avait été remise.

Selon Matthieu 20. 2, le denier représente le salaire quotidien d’un ouvrier agricole. Impitoyable, il étranglait son compagnon en disant : « Paye, si tu dois quelque chose », et il le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette.

Cette parabole représente fidèlement notre manière de nous comporter en face des petites injustices que nous pouvons avoir à subir. Nous disons que nous avons pardonné, mais n’avons-nous pas parfois de la peine à oublier un tort peut-être bien insignifiant ? Par contre écoutons ce que Dieu déclare à Son peuple : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 10. 17).

Le pardon divin, dont nous sommes les objets à cause de la foi au sang précieux de Christ qui purifie de tout péché, nous rend responsables d’exercer la miséricorde auprès de notre frère (Mat. 5. 7 ; Jac. 2. 13).

Selon les lois de Son gouvernement dans Son royaume, Dieu tient compte de la manière dont nous nous comportons vis-à-vis de nos frères. Les compagnons de l’esclave maltraité, extrêmement affligés, rapportèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé. En colère, le maître livre le méchant esclave aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût tout payé.

Le Seigneur ajoute : « Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère » (v. 35). Quand nous sommes victimes d’une injustice, avec tristesse, sachons la confier au Seigneur, au lieu de préparer une vengeance ou de nous livrer à une médisance. Le Seigneur rétribuera chacun selon ses œuvres et selon ses motifs, car Il regarde au cœur.

Les dispensations de Dieu envers les Juifs sont évoquées dans cette parabole. Leur dette envers Dieu était immense. Non seulement ils avaient transgressé la loi, mais ils ont comblé la mesure de leur méchanceté en crucifiant le Fils de Dieu. Et la première parole de Christ sur la croix fut une intercession pour Ses bourreaux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23. 34).

En réponse à cette prière, Dieu avait comme remis la dette au peuple juif, puisqu’Il ne l’a pas frappé immédiatement après la croix. Pierre, par la puissance du Saint Esprit, a présenté l’évangile au peuple : « Repentez-vous donc et vous convertissez pour que vos péchés soient effacés » (Act. 3. 19). Mais cette grâce a été rejetée après le discours d’Étienne, lors de sa lapidation.

En outre, les Juifs s’opposèrent à ce que la grâce, dont ils auraient pu bénéficier pour eux-mêmes, soit offerte aux nations païennes, représentées par l’esclave qui devait les cent deniers. Dans leur jalousie, ils empêchaient les serviteurs de Dieu, comme Paul, de parler aux nations afin qu’elles soient sauvées (1 Thess. 2. 16).

Il n’y avait pas d’autre issue, selon le juste gouvernement de Dieu, que de livrer ce peuple aux mains des Romains pour qu’il soit soumis à un terrible châtiment, et enfin dispersé parmi les nations. La parole de Jacques 2. 13 est ainsi confirmée : « Le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas usé de miséricorde. La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » pour tous ceux qui ont cru au Seigneur Jésus.

Comment suivre Jésus ? (Mat. 8. 18 à 22 ; Luc 9. 57 à 62)

Suivre Jésus peut être un bon désir, mais les conditions requises montrent qu’il ne s’agit pas d’une décision prise à la légère (Mat. 14. 28 à 31). Il est nécessaire d’abord de calculer la dépense, et ensuite de ne pas se laisser arrêter par quelqu’obstacle que ce soit. Jésus n’engage personne à Sa suite par surprise, ou par un élan irréfléchi.

Un scribe faisant partie de l’élite du peuple, à cause de son instruction, s’approche du Seigneur. Gagné à la cause du Christ, n’aurait-il pas pu exercer une grande influence ?

Il se présente avec des paroles qui paraissent montrer de bonnes dispositions : « Maître, je te suivrai où que tu ailles ». La réponse du Seigneur est immédiate : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ».

Remarquons que ce scribe ne répond pas à un appel précis du Seigneur. Voulait-il s’engager après Jésus à cause de l’honneur qu’il pourrait en retirer ? Aussi le Seigneur lui montre-t-Il qu’on ne peut Le suivre que dans un chemin de renoncement, où il suffit au disciple qu’il soit comme son Maître (Mat. 10. 25). Si même les renards et les oiseaux du ciel ont un domicile dans ce monde, le Fils de l’homme, venu du ciel, ne pouvait trouver un lieu de repos ici-bas, dans une création asservie à Satan et souillée par le péché.

Jésus était dans ce monde l’Étranger céleste. Et, dans ce chemin qu’Il a Lui-même frayé, il n’y a aucune satisfaction pour la propre volonté et l’égoïsme.

Il faut faire abandon de ses aises, de tout ce que convoite le cœur naturel, et parfois de ses droits. Mais le Seigneur conduit Ses disciples hors du monde, à la gloire dans laquelle Il est Lui-même entré après Sa résurrection, alors qu’ils ont à vivre en étrangers pour le présent.

Le Seigneur confirme ce qu’Il a déjà exprimé : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour et me suive » (Luc 9. 23).

Puis Jésus appelle un autre homme : « Suis-moi ». Mais une objection se présente, comme un conflit de priorités : « Seigneur, permets-moi d’aller premièrement ensevelir mon père. Et Jésus lui dit : Laisse les morts ensevelir leurs morts ; mais toi, va, et annonce le royaume de Dieu » (Luc 9. 59 et 60).

Nul ne peut suivre Jésus si son cœur est accaparé par les affaires de la vie. Il importe au disciple de reconnaître que le Seigneur seul a des droits absolus sur son cœur. C’est un devoir légitime d’honorer ses parents selon ce que recommande l’Écriture, mais la priorité revient au Seigneur en face des droits de la nature. Il faut premièrement suivre Jésus et Lui obéir (Mat. 10. 37).

Aux yeux de Dieu, le monde est dans un état de mort morale tel qu’une séparation complète est nécessaire pour tout croyant utile au Maître, préparé pour toute bonne œuvre. Jésus nous appelle hors de ce monde dans la puissance de la vie.

Celui qui appartient au Seigneur, enseigné par la Parole de Dieu et le Saint Esprit habitant en lui, éprouvera ce qui est agréable au Seigneur (Éph. 5. 10). La vraie obéissance est sans réserve, sans regret, sans délai.

Y aurait-il dans nos vies quelque chose que nous ferions passer premièrement, avant ce que le Seigneur nous demande : chercher et annoncer le royaume de Dieu ? (Mat. 6. 33 ; 1 Cor. 4. 20) Et celui qui ne marche pas après Lui, sur le chemin qui aboutit au ciel, ne peut se trouver que dans le chemin spacieux qui mène à la perdition (Mat. 7. 13 et 14). Sur quel chemin te trouves-tu aujourd’hui ?

Enfin un autre aussi lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais permets-moi de prendre premièrement congé de ceux qui sont dans ma maison. Et Jésus lui dit : Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière n’est propre pour le royaume de Dieu » (Luc 9. 61 et 62).

Cet homme s’offre de lui-même pour suivre Jésus comme dans le premier cas, et il demande un délai comme dans le second cas. Il n’avait pas rompu de cœur avec ceux qu’il avait laissés dans sa maison. Le Seigneur le compare au laboureur qui trace un sillon en détournant sa vue du travail qui est devant lui. Regardant en arrière, il ne peut que dévier et ne rien faire de bon.

Comme les affections naturelles, les habitudes ou les relations anciennes dans le monde peuvent vite prendre le pas sur l’obéissance due au Seigneur, et nous conduire ensuite à des regards en arrière, à des regrets et parfois à un abandon bien humiliant.

Quoique très naturelle, la demande de cet homme de prendre congé des siens risquait de l’entraîner à se détourner de son dessein par sa famille. Il y a des moments décisifs dans la vie de tout homme en présence de l’évangile, qu’il s’agit de saisir, sous peine de tout perdre. Le Seigneur donne un avertissement solennel à ce propos : « Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17. 32). Elle regarda en arrière et elle devint une statue de sel (Gen. 19. 26). Le monde était dans son cœur et elle périt avec lui.

Fixons nos regards sur Jésus, le Modèle parfait de tout ce qu’Il enseigne. Il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem pour y accomplir sur la croix l’œuvre que le Père Lui avait donnée à faire. « Rien n’arrêta son ineffable amour ».

A cause de la joie qui était devant lui, il a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » (Héb. 12. 2).

Que rien ni personne ne nous détourne du chemin de l’obéissance au Seigneur ; que tout en répondant à Son appel nous soyons plus conscients qu’Il s’est acquis tous les droits sur nos vies ! « Qu’en toutes choses, il tienne lui, la première place » (Col. 1. 18).

Christ et la fête des tabernacles (Jean 7. 1 à 13).

A cause de l’hostilité ouverte des Juifs, Jésus se tenait en Galilée, car en Judée ils cherchaient à Le faire mourir.

Certes ce dessein meurtrier ne pouvait encore se réaliser, car c’est Lui qui se livrerait quand Son heure serait venue (17. 1). L’heure de Sa mort serait le couronnement de son obéissance (Phil. 2. 8) et alors seulement, les hommes méchants pourraient se saisir de Lui.

Le récit précise que la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche. Venu sous le régime de la loi, Jésus allait-Il, selon Deutéronome 16. 16, célébrer cette fête de huit jours ? Typiquement, c’était un événement très important en Israël, avec deux traits essentiels. D’abord il rappelait chaque année, dès l’entrée dans le pays, le pèlerinage d’Israël à travers le désert pendant quarante ans.

De plus, il annonçait l’établissement du règne de Christ où le peuple pourrait exulter de joie et entrer dans le repos qu’il n’avait jamais pu obtenir sous la loi.

C’était la dernière fête de l’année, après la moisson et la vendange, c’est-à-dire après l’exécution du jugement de Dieu. La moisson est la figure du jugement séparant l’ivraie du bon grain et, la vendange, celle de la vengeance exécutée dans le pressoir de Dieu par le Seigneur d’après Ésaïe 63. Le huitième jour évoque l’état éternel selon Apocalypse 21.

Selon Lévitique 23, sept fêtes devaient être célébrées à l’Éternel au cours de l’année. Ces fêtes manifestaient la perfection des voies de Dieu pour rassembler Son peuple et l’introduire dans Son repos.

Le sabbat occupe une place à part, Il est le grand résultat de tout : repos de l’Église dans le ciel, repos d’Israël sur la terre, auquel s’ajoute celui de la création dans la bénédiction à venir. Si le sabbat, jour de repos, se renouvelait tous les sept jours, les autres fêtes étaient annuelles.

À l’origine de toutes ces fêtes, la Pâque (v. 5) représentait la mort de Christ. La fête des pains sans levain (v.6 à 8), qui l’accompagnait pendant sept jours, parlait d’une vie de sainteté dans la séparation de tout mal. Le levain, dans la Parole, est le symbole du péché.

Quant à la gerbe des prémices (v. 9 à 14), elle évoquait la résurrection de Christ, prémices de ceux qui sont au bénéfice de Sa mort.

Et la Pentecôte, cinquante jours plus tard, annonçait le rassemblement des croyants et la descente du Saint Esprit sur la terre (Act. 2). Puis il s’écoulait un intervalle de temps assez long jusqu’au septième mois, correspondant à la dispersion d’Israël parmi les nations après le rejet de son Messie et, en même temps, à la formation de l’Église par le Saint Esprit sur la terre depuis la Pentecôte.

Enfin, après l’enlèvement de l’Église au ciel, Dieu va rassembler son peuple terrestre, ce qu’évoque la fête des trompettes (Nomb. 29. 1) ou de Jubilation (v. 23 à 25), en vue du règne millénaire.

Mais il y aura pour l’Israël de Dieu une grande tribulation et un travail profond de repentance annoncé par le jour des propitiations (v. 26 à 32). Il reconnaîtra comme son Messie Celui qui a été crucifié à Golgotha.

Alors la fête des tabernacles, au quinzième jour (v. 33 à 44), pourra être célébrée dans une joie ininterrompue (Deut. 16. 15) par un peuple restauré et heureux sous le règne de justice et de paix de Christ.

Tout homme en Israël devait se présenter devant l’Éternel trois fois par an : à la Pâque, à la Pentecôte et à la fête des tabernacles. Dieu montrait ainsi qu’il désirait s’entourer d’hommes purifiés par la foi en l’œuvre de Christ pour les rendre heureux dans Sa présence. Cela aura lieu à toujours dans l’état éternel (Apoc. 21. 2 et 3).

Au moment de cette fête des tabernacles, les Juifs cherchent à faire mourir le Seigneur qui devait apporter de telles bénédictions. L’homme animal ne peut entrer dans le dessein de Dieu, d’assurer le bonheur de l’homme sur la base de la rédemption. Les frères de Jésus, représentant les Juifs, ne croyaient pas en Lui non plus, car ils recherchaient, comme le trahissent leurs paroles, la gloire qui vient de l’homme (Jean 5. 44 ; 7. 4 et 5).

Incrédules, ils n’étaient pas conscients qu’Il était le Fils de Dieu, mais ils désiraient qu’Il soit approuvé du monde, et qu’Il déploie Sa puissance pour exalter l’orgueil des Juifs. L’homme naturel cherche toujours à faire valoir ses dons, à se faire un nom dans ce monde pour son profit personnel. Cependant les miracles de Jésus attestaient qu’il était bien le Messie promis à Israël.

Sans l’œuvre de la croix, le Seigneur ne pouvait établir Son règne sur l’homme pécheur et en inimitié contre Dieu. C’est pourquoi Il doit dire : « Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt ». Ils étaient du monde qui ne pouvait les haïr.

Le monde a toujours le temps de se réjouir dans ses fêtes religieuses d’où il exclut le Seigneur et ceux qui ont cru en Lui. C’est pourquoi Il ne pouvait pas monter avec ses frères à la fête.

Mais lorsque ses frères furent montés, alors Lui aussi se rendit à Jérusalem, comme en secret et non dans Sa gloire. Il obéissait aux commandements de la loi, prenant la place des humbles. Il cherchait la gloire de Celui qui L’avait envoyé (v. 18). Serviteur dépendant, Il attend le moment de Dieu pour aller à la fête.

Et là, les opinions du monde les plus diverses s’expriment à Son sujet. Pour les uns Il est homme de bien, et pour d’autres Il séduit la foule. Mais personne ne parlait ouvertement de Lui par crainte des Juifs, à cause de l’opprobre qui aurait pu en résulter.

Aujourd’hui encore, Jésus est méprisé, et prendre position pour Lui, c’est s’exposer au rejet ou même à la persécution de la part du monde.

Vous qui avez accepté Jésus comme votre Sauveur personnel, soyez comme Moïse qui, par la foi, estima l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses en l’Égypte. (Héb. 11. 26).

Jésus à la fête (Jean 7. 14 à 36).

Si Jésus monte à la fête des tabernacles, c’est comme en secret et non pas publiquement. Il se trouvait au milieu d’un peuple incrédule et ne pouvait manifester à ce moment-là Sa puissance et Sa gloire comme Messie. Il ne pourra le faire qu’après l’enlèvement de l’Église au ciel, en faveur d’Israël repentant, qui reconnaîtra Celui qu’il a crucifié. Cependant, en la dernière journée de la fête Il révèle le privilège de celui qui croira en Lui après sa glorification.

Sans se laisser arrêter par la haine des Juifs qui cherchaient à Le faire mourir, Jésus monte au temple où Il enseigne avec une autorité divine. C’est ce qui provoque une première objection des Juifs : « Comment celui-ci connaît-il les lettres, vu qu’il ne les a point apprises ? » (v. 15).

Ils ne pouvaient pas admettre que l’on soit capable de prêcher sans avoir fait des études comme les rabbins. Mais Jésus leur répond : « Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même » (v. 17).

Sa doctrine était du Père, et non pas humaine.

Comment alors discerner que la doctrine ou l’enseignement est de Dieu ? C’est lorsque quelqu’un désire faire Sa volonté. Dieu répondra à ce besoin de Lui obéir en communiquant Sa Parole, qui apportera la lumière et les directions nécessaires. Ainsi la soumission à la volonté de Dieu est le moyen pour le croyant de connaître la vérité.

Conformons notre vie à la volonté de Dieu, décidons dans notre cœur de Lui obéir, selon ces saints désirs que produit le Saint Esprit dans une âme vivifiée – et la lumière de la Parole jaillira !

De plus, l’obéissance à une vérité déjà reçue dans le cœur sera l’occasion pour Dieu de nous révéler d’autres vérités. C’est selon ce principe qu’une âme peut faire des progrès spirituels. La conscience est sondée et le cœur disposé à recevoir la vérité. L’enseignement de Dieu est vrai, il porte le cachet de la sainteté. Dieu est glorifié et l’homme naturel est humilié et condamné.

Si, au contraire, notre volonté propre agit, la Parole de Dieu demeure incompréhensible, car elle est l’expression de la volonté de Dieu opposée à celle de l’homme.

C’est pourquoi les Juifs ne pouvaient comprendre que Jésus venait de Dieu. Ne cherchant pas Sa propre gloire, Il ne parlait pas de Lui-même. Homme toujours dépendant de Celui qui L’avait envoyé, Il ne communiquait que les paroles données par Son Père.

Depuis que Jésus avait guéri l’infirme de Béthesda un jour de sabbat (5. 16), les Juifs dans leur haine fanatique cherchaient à Le faire mourir. Or eux-mêmes violaient la loi en pratiquant la circoncision un jour de sabbat (v. 19).

Prescription légale, cette ordonnance ne pouvait délivrer l’homme de son état de péché, alors que Jésus était venu dans ce monde pour sauver des pécheurs. C’est ainsi qu’Il avait guéri un homme tout entier un jour de sabbat. C’est pourquoi Il déclare : « Ne jugez pas sur l’apparence, mais portez un jugement juste ». Cela ne peut se réaliser que si nous acceptons par la foi le Seigneur, qui pouvait dire : « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données » (17. 8).

L’homme, livré à ses propres opinions, regarde à l’apparence extérieure, mais Dieu regarde au cœur (1 Sam. 16. 7).

Par leurs raisonnements sur ce qu’était Jésus et sur Son origine, les Juifs montraient qu’ils ne voulaient rien de Lui. L’homme, dans son état naturel, est incrédule. Aussi Jésus doit-il crier dans le temple : « Je ne suis pas venu de par moi-même, mais celui qui m’a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, car je viens de lui, et c’est lui qui m’a envoyé » (v. 28).

Savoir qui est Jésus et qui L’a envoyé, voilà ce qui importe ! Ses paroles et Ses œuvres en rendaient témoignage. Quelle responsabilité pour celui qui n’accepte pas Jésus, le Fils de Dieu, comme Sauveur !

Les paroles de Jésus atteignent les consciences mal à l’aise de ses auditeurs et ils cherchent à Le tuer, mais « personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue » (v. 30). Mais il y aura un temps décrété par Dieu seul où Son heure sera venue, celle de Sa mort et de Sa glorification (12. 23 ; 13. 11 ; 17. 1).

Devant les huissiers chargés de Le prendre, Jésus déclare : « Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m’en vais à celui qui m’a envoyé. Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir » (v. 33 et 34).

Il retournerait au ciel où personne ne pourrait Le suivre, sauf tous ceux qui croiraient en Lui et en Son œuvre expiatoire. Cette parole très solennelle de Jésus annonçait un jugement inexorable pour ce peuple, après Son départ. Il y aura un temps où il sera trop tard pour saisir la grâce de Dieu (12. 35 et 36 ; 2 Cor. 6. 2 ; Mat. 25. 10).

Les temps actuels sont marqués par la grâce et la patience de notre Dieu Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4). Mais les hommes élaborent toutes sortes de raisonnements pour ne pas croire.

Ils mettent en question la divinité de Jésus, parfois Sa parfaite humanité, souvent la pleine inspiration par le Saint Esprit de la Parole de Dieu. Ils s’arrêtent aussi aux opinions des hommes religieux, dont les titres sont sanctionnés par des études, ou ils sont rebutés par la conduite des chrétiens inconséquents. Le Seigneur doit leur dire : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (5. 40).

Jésus est-il ton Sauveur ? Crois-tu à la Parole de Dieu qui est la vérité ? Alors le Saint Esprit peut te faire comprendre les paroles du Seigneur Jésus pour le bien de ton âme.

La dernière journée de la fête (Jean 7. 37 à 53).

La fête des tabernacles où l’Israélite ne devait être que joyeux, comportait un huitième et dernier jour appelé « la grande journée de la fête » (v. 37 ; Lév. 23. 36).

Si la fête des tabernacles préfigurait le millénium, dispensation finale pour l’histoire d’Israël et du monde, le dernier jour évoque l’état éternel avec les nouveaux cieux et la nouvelle terre (Apoc. 21. 1). En attendant d’établir Son règne terrestre, le Seigneur, par Son rejet et Sa mort, met un terme à l’histoire du peuple juif responsable, placé sous le régime de la loi, jusqu’à ce que le peuple repentant reconnaisse Celui qu’il a percé et L’accueille comme son vrai Messie.

Le Seigneur a passé le septième jour, appartenant au système légal, dans le sépulcre. Il est ressuscité le huitième jour, introduisant par Sa résurrection un nouvel ordre de choses dont ce jour est le premier. Ainsi, ce n’est pas le septième jour, c’est-à-dire le sabbat, que Jésus se présenta, mais le huitième jour, jour de la gloire de la résurrection.

Il se tint là, et cria disant : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (v. 37 et 38).

L’invitation du Seigneur suppose que quelqu’un a soif, c’est-à-dire qu’il a un profond besoin dans son âme. Au sein de la masse qui allait Le rejeter et Le crucifier, certaines personnes, venant à Christ avec de réels besoins et une vraie conviction de péché, trouveraient une pleine satisfaction dans Sa parfaite grâce. L’âme se désaltère en jouissant d’une joie accomplie dans ce que donne le Saint Esprit.

En vertu de la mort, de la résurrection et de la glorification de Christ, le Saint Esprit a été envoyé sur la terre comme source de vie et de puissance divines dans le croyant. Certes, rien n’est changé du côté de l’homme dont l’iniquité subsiste, ni dans ce monde dont l’inimitié contre Dieu s’affirme toujours plus.

Mais c’est au milieu du désert de ce monde que l’âme est invitée à venir à Christ pour être désaltérée au fleuve de la grâce et goûter déjà sur la terre un bonheur incomparable.

Dans l’expression « des fleuves d’eau vive couleront de son ventre », le Seigneur affirme que celui qui a répondu à Son appel par la foi, tout en étant rassasié pour lui-même, sera un canal pour rafraîchir d’autres âmes autour de lui. Car le ventre ou les entrailles dans la Parole évoquent le siège des affections, la partie sensible aux impressions les plus secrètes.

Le croyant, qui a goûté dans son cœur la grâce et les perfections de Christ, peut transmettre à autrui ce qui l’a rafraîchi. Il s’agit bien des affections renouvelées du cœur et non pas de l’intelligence.

Les affections spirituelles étant exercées, ce besoin de communiquer à d’autres ce qui a été bienfaisant pour l’âme sera spontané sous l’effet de la puissance du Saint Esprit.

A ce sujet nous avons l’explication de l’Écriture : « Or Il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en Lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus, n’avait pas encore été glorifié » (v. 39).

Au préalable, l’œuvre de la rédemption devait s’accomplir pour que le Seigneur entre dans Sa gloire, d’où Il enverrait le Saint Esprit sur la terre pour habiter dans le croyant. L’Esprit est dans le racheté la puissance de la vie nouvelle. Il l’occupe de Christ exalté dans le ciel et le conduit dans toute la vérité (Jean 16. 13 et 14).

Les Écritures avaient annoncé que le Saint Esprit déploierait toute Sa puissance pour la bénédiction d’Israël lorsque Dieu reprendrait Ses relations avec lui (Joël 2. 28 ; És. 44. 3 ; 58. 11). Mais en attendant que le peuple terrestre reconnaisse par la foi son Messie qu’il a rejeté, la part de ceux qui croient au Seigneur dans le temps actuel où Il est méprisé est bien plus excellente, car le Saint Esprit fixe leur cœur sur un Christ céleste, source de toute bénédiction spirituelle et éternelle.

Quelle grâce est accordée à ceux qui, aujourd’hui, viennent à Jésus pour étancher la soif de leur âme et s’abreuver au fleuve de ses délices ! (Ps. 36. 8). Puis, par eux, « des fleuves d’eau vive » coulent vers autrui, dans un monde comparable à un lieu aride pour l’âme, en attendant que Dieu exerce sur lui Ses jugements.

Ces paroles de Jésus ne manquent pas de produire un certain effet sur des gens de la foule, entraînant encore une contestation sur ce qu’Il était (v. 40 à 42). N’ayant pas la foi, ils ne peuvent que raisonner et se diviser.

Certains veulent Le prendre, mais personne ne met les mains sur Lui. Les huissiers chargés de se saisir de Lui sont obligés de reconnaître auprès des sacrificateurs et des pharisiens, sans leur avoir amené Jésus : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (v. 46). Quel beau témoignage !

Occupons la place de Marie assise aux pieds du Seigneur pour écouter Sa parole ! (Luc 10. 39).

Mais les pharisiens sont irrités par cette réponse et déclarent : « Et vous aussi, êtes-vous séduits… Mais cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite » (v. 48 et 49). Ils sont imbus de l’esprit de tout clergé qui veut être un intermédiaire entre Dieu et les hommes au lieu de mettre l’âme en contact direct avec la Parole de Dieu.

Ils ne pouvaient supporter que la foule ait, sur Jésus, une opinion différente de la leur. La seule intelligence humaine ne peut comprendre l’Écriture. La foi, sous l’action de l’Esprit Saint, est indispensable pour en jouir.

Enfin, c’est l’intervention timide de Nicodème (v. 50 et 51) qui, sans doute, n’a pas oublié l’entretien qu’il a eu avec le Seigneur (ch. 3). Cependant il n’a pas eu l’énergie de se séparer du mal puisqu’il était l’un d’entre les pharisiens. Son conseil ne fait qu’exciter leur haine.

Retenons l’injonction toujours actuelle : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche » (Jér. 15. 19).

Jésus et la femme adultère (Jean 8. 1 à 11).

Jésus s’était retiré sur la montagne des Oliviers, conscient de ne pas avoir de chez-soi sur la terre, alors que chacun de Ses contestataires s’en allait dans sa maison (Mat. 8. 20).

Et malgré l’opposition haineuse des Juifs qui, rejetant Sa grâce, cherchaient à Le faire mourir, Jésus revient dès le point du jour au temple pour enseigner la Parole de Dieu au peuple.

Les scribes et les pharisiens, hommes religieux, surviennent à ce moment-là et, s’appuyant sur la loi de Dieu, tendent un piège subtil au Fils de Dieu dans le désir pervers de L’embarrasser.

Ils lui amènent une femme ayant commis un grave péché qui, selon la loi, la condamnait à mort (Lév. 20. 10 ; Deut. 22. 22). C’est le cas de tout péché commis par fierté (Nomb. 15. 30 et 31). Ils pensaient mettre ainsi le Seigneur en contradiction, soit avec la loi, soit avec la grâce qu’Il manifestait et enseignait.

Ils déclarent au Seigneur que Moïse a commandé de lapider de telles femmes : « Toi donc, que dis-tu ? Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent de quoi l’accuser » (v. 5 et 6).

Ils ne sont pas conscients qu’ils sont en présence de Dieu manifesté en chair, Celui qui « discerne les pensées et les intentions du cœur » (Héb. 4. 12).

Si Jésus condamnait cette femme coupable, n’était-ce pas en opposition avec la grâce, alors qu’on l’appelait « L’ami des publicains et des pécheurs » ? (Luc 7. 34). N’était-Il pas venu dans ce monde pour « chercher et sauver ce qui était perdu » ? (Luc 19. 10). N’avait-Il pas déclaré : « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’Il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui ? (Jean 3. 17)

Si Jésus prononçait le pardon, n’était-ce pas nier l’autorité de la Loi et porter atteinte à la vérité ? N’avait-Il pas dit : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » ? (Mat. 5. 17). Ne pouvaient-ils pas L’accuser de se compromettre avec le péché, alors que toute Sa vie manifestait son respect de la sainteté de Dieu et de la justice de la loi ?

Mais comme était vaine leur ruse satanique devant le Fils de Dieu ! Ils cherchaient à diriger la pointe de l’épée de l’Esprit vers Jésus, et aussitôt ils en sont transpercés eux-mêmes. Selon Sa sagesse parfaite, le Seigneur leur prouve que cette loi divine les atteint tous, telle une épée sans poignée qui pénètre d’abord celui qui l’utilise.

Jésus ne répond pas immédiatement à Ses interlocuteurs. S’étant baissé, Il écrivait sur la terre ». Ils ne peuvent supporter ce silence et continuent à l’interroger. S’étant relevé, Il leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché, jette la première pierre contre elle ». « Et s’étant encore baissé, Il écrivait sur la terre » (v. 7 et 8).

Le Seigneur donne sa vraie force à la loi. Elle condamne tout homme et le place sous la sentence de mort. Elle défend même le mouvement du cœur en interdisant la convoitise.

La loi qu’ils voulaient appliquer à cette femme coupable, les concernait aussi. Elle met leur conscience à nu. Celui qui l’avait écrite de Son doigt sur les deux tables en Sinaï était là devant eux (Ex 31. 18). « La vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme » (Jean 1. 9).

Convaincus de péché « ils sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ». N’ayant pas accompli la loi, comment pouvaient-ils condamner l’accusée ? Ils redoutent que leurs péchés ne soient révélés devant tous.

Cependant Dieu déclare : « Il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3. 23). N’avaient-ils pas alors l’occasion de saisir la grâce par la foi en Jésus, qui manifestait la lumière de la vie ? (v. 12). Mais, pensant à leur réputation, tous se retirèrent.

« Jésus s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas, va, dorénavant ne pèche plus » (v. 10 et 11).

Nous avons dans cette scène une parfaite expression de la grâce et de la vérité. Celui qui seul était sans péché aurait eu le droit d’exercer le châtiment et Il ne condamne pas la coupable, tout en condamnant sa conduite. Celui qui est déclaré : « Juge des vivants et des morts » était venu dans ce monde comme Sauveur.

Aucun homme n’avait pu accomplir la sainte loi de Dieu, alors Jésus s’offre lui-même à Dieu à la place du pécheur. C’est à la croix que « la bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées » (Ps. 85. 10).

Les accusateurs n’ont pas pu supporter l’effet de la lumière révélant leur état de péché. Selon cette parole de Jésus : « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière » (Jean 3. 19 et 20). S’ils étaient restés auprès de Jésus pour confesser leurs péchés que manifestait la vérité, ils auraient aussi découvert comment la grâce peut tout pardonner et délivrer des coupables d’un jugement mérité. Seule la femme condamnée par ses semblables va pouvoir apprécier cette grâce dans les paroles de Jésus, car elle est restée auprès de Lui. Elle devait encore compter sur la grâce pour réaliser l’injonction du Seigneur : « Va, dorénavant ne pèche plus ».

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1). N’oublions pas cette parole du bon Berger : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais » (Jean 10. 27 et 28).

Jésus, la lumière du monde (Jean 8. 12 à 32).

Jésus vient de confondre les scribes et les pharisiens en atteignant leur conscience par Sa parole, alors qu’ils pensaient Lui tendre un piège. En outre, Il ne condamne pas la femme pécheresse, mais la renvoie avec ces paroles : « Dorénavant ne pèche plus ».

Cette scène illustre l’enseignement qu’Il va donner maintenant : « Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (v. 12). Cette parole proclame la déité du Seigneur Jésus. Car Dieu, dans Sa nature, est Esprit (Jean 4. 24), lumière (1 Jean 1. 5), et amour (1 Jean 4. 8 et 16).

Venant dans le monde plongé dans les ténèbres du péché, Christ, la vraie lumière, éclaire tout homme, comme ce fut le cas pour les scribes et les pharisiens qui n’en profitèrent pas. Ce qui manifeste tout c’est la lumière (Éph. 5. 13). Mais celui qui suit le Seigneur aura la lumière de la vie. C’est bien le cas de Ses brebis qui écoutent Sa voix et Le suivent (Jean 10. 27).

Ainsi la possession de la vie, l’acceptation du salut par la grâce et par la foi, concernent chacun individuellement, si même l’évangile s’adresse à tous les hommes, puisque notre Dieu Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (1 Tim. 2. 4).

Depuis que l’homme désobéissant a été chassé du jardin d’Éden, le monde est enveloppé de ténèbres morales, à tel point que dans le temps présent Christ est rejeté de ceux qui portent encore Son nom, comme faisant partie de la profession chrétienne.

Mais les appels de la grâce à la fin de l’ère chrétienne sont toujours plus pressants : « Celui qui me suit aura la lumière de la vie ». Nul ne peut suivre et servir deux maîtres. Suivre le Seigneur dans le chemin qu’II a frayé ici-bas implique le renoncement aux vanités de ce monde, aux convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme (1 Pier. 2. 11).

L’âme, ayant Christ pour objet, possède alors la lumière de la vie, la paix et le bonheur dans la jouissance d’une communion intime avec Lui. Ayant sa source en Dieu, la lumière a brillé en Jésus, au sein des ténèbres morales de ce monde, communiquant la vie à ceux qui le reçoivent et le suivent.

En réponse aux paroles de Jésus, les pharisiens lui dirent : « Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n’est pas vrai » (v.13). C’est comme Fils de Dieu, lumière du monde, que le Seigneur affirmait ce qu’il était, alors que les Juifs ne voyaient en lui qu’un homme sans apparence et de ce fait n’acceptaient pas son témoignage.

Mais si Dieu parle, ce qu’Il dit est vrai et Il se révèle par Sa parole. Jésus savait d’où Il venait et où Il allait, après avoir accompli l’œuvre de la croix. Mais les Juifs, en jugeant selon la chair, étaient étrangers à la révélation de Dieu que seule la foi saisit. Tout au long de l’évangile de Jean, le Seigneur Se présente comme l’Envoyé du Père qui, de plus, était avec Lui ; si bien que selon la loi il y avait un témoignage divin (Deut. 17. 6).

A une première question des Juifs : « Où est ton père ? », Jésus répond : « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père ; si vous m’aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père » (v. 19). L’homme naturel, aveuglé par le péché, ne peut connaître Dieu, alors que Son Fils était venu en grâce. « Le monde, ne l’a pas connu. Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1. 11).

Malgré la haine de ces hommes, personne ne Le prit, parce que Son heure n’était pas encore venue (v. 20).

Jésus était venu pour sauver le pécheur mais, rejeté, Il met en relief les conséquences de l’incrédulité de ceux qui ne L’avaient pas reçu : « Si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés » (v. 24).

Ce qui était vrai pour les Juifs de l’époque, l’est aussi pour tous ceux qui, aujourd’hui, refusent d’accepter l’évangile de la grâce de Dieu.

Puis les pharisiens posent leur deuxième question : « Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument ce qu’aussi je vous dis ». Ses paroles étaient la parfaite expression de ce qu’Il était, Son langage Le présentait Lui-même, étant la vérité. Toute Sa vie, Ses pensées, Ses paroles et Ses actes démontraient qu’Il était l’envoyé du Père. Les huissiers du chapitre précédent doivent reconnaître : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (7. 46). Tout ce que Jésus disait ou faisait était en accord avec la volonté de Son Père.

N’y-a-t-il pas parfois un écart sensible entre ce que nous disons ou montrons à notre prochain et ce que nous sommes réellement ?

Malgré Sa solitude le Seigneur pouvait exprimer : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (v. 29). Il était venu dans le monde pour faire la volonté de Dieu. Et dans ce chemin qui Le conduisait à la croix de Golgotha, Il jouissait de toute l’approbation de Son Père. « Comme il disait ces choses, plusieurs crurent en lui » (v. 30). Voilà les effets bénis de la Parole de Dieu qui opère dans les cœurs et dans les consciences, dans un milieu hostile !

« Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (v 31 et 32).

Dès que la foi est communiquée à une âme qui a entendu la Parole de Dieu, une vie nouvelle commence dans laquelle Jésus, d’abord connu comme Sauveur, devient le modèle du jeune disciple. Christ étant l’objet qu’il contemple, il reproduira en paroles et en actes quelques traits de cette vie de perfection morale.

Il importe de persévérer dans la Parole qui nous éclaire quant à la pensée de Dieu en toutes choses. Elle est la vérité dans laquelle nous fait entrer le Saint Esprit, qui sonde les choses profondes de Dieu. La vérité affranchit l’âme du péché, du « moi », du monde, de la loi.

C’est la vraie délivrance, la pleine liberté, par la puissance du Saint Esprit. C’est la vie consacrée au Seigneur dont Paul disait : « Pour moi, vivre c’est Christ ».

D’après La Bonne Nouvelle 1990