LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (11)

Nous savons que Saül et son serviteur, après avoir longtemps vainement cherché les ânesses qui étaient perdues, se sont décidés à aller vers Samuel, l’homme de Dieu.

Mais une difficulté se présente devant eux : ils constatent qu’ils n’ont rien à lui apporter et que le pain manque dans leurs sacs. Il en est toujours ainsi lorsque quelqu’un veut s’approcher de Dieu, il constate que sa misère est grande et que, de fait, il n’a rien que son complet dénuement à apporter à Dieu : il a faim et il n’a rien pour payer.

Le fils prodigue du chapitre 15 de Luc a fait la même constatation : il périssait de faim et il n’avait que ses haillons quand il est revenu vers son père. Quel pauvre être que l’homme ! Il a tout perdu, il est perdu lui-même et, avec cela, il a encore la prétention de pouvoir faire quelque chose.

Le serviteur de Saül avait dans sa main le quart d’un sicle d’argent, et il pensait pouvoir l’apporter à l’homme de Dieu. Il ne connaissait pas encore les exigences de la loi qui voulait que l’Israélite soit racheté avec un demi-sicle d’argent (Ex. 30. 13). Les ressources étaient insuffisantes pour lui-même ; il ne pouvait donc en aucune manière secourir son maître. Ainsi est l’homme pécheur, il ne peut « racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon, car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu’il y renonce à jamais » (Ps. 49. 7 et 8). L’un et l’autre n’avaient pas encore appris que, dans les choses de Dieu, tout est absolument gratuit. Dieu est un Dieu qui donne. Il ne demande rien.

Le prophète Ésaïe le proclamait bien haut : « Quiconque a soif, venez aux eaux, et vous qui n’avez pas d’argent, venez, achetez et mangez ; oui, venez, achetez sans argent et sans prix » (És. 55. 1). De même le Seigneur, étant sur la terre, disait à une femme samaritaine : « Si tu connaissais le don de Dieu ». Dieu est donc un Dieu qui donne.

Du reste, que pourrions-nous Lui apporter si ce n’est notre misère et nos nombreux péchés ? L’homme, dans sa folie, se figure toujours que Dieu exige quelque chose de lui ; il ne connaît ni la sainteté de Dieu, ni la ruine dans laquelle il se trouve lui-même. Le fils prodigue a dû tout recevoir gratuitement de la part de son père. Nous avons à venir tels que nous sommes, reconnaissant franchement ce que nous avons fait, confessant nos fautes ; et Dieu se glorifie en nous pardonnant et en nous enrichissant de tout ce qu’il y a dans la Personne de Son Fils.

Saül et son serviteur ne pouvaient compter que sur la bonté de l’homme de Dieu. Mais comme cette bonté dépassait de beaucoup ce que l’un et l’autre auraient supposé ! Il en est ainsi de tous ceux qui s’approchent de Dieu. Saül dit à son serviteur : « Tu dis bien ; viens, allons ». Bien leur en a pris. Ils ne se doutaient guère que l’homme de Dieu savait ce qu’il en était des ânesses qu’ils cherchaient, qu’il leur enseignerait le chemin et tout ce qu’ils rencontreraient dans ce chemin, qu’un grand festin les attendait, heureuses nouvelles pour des hommes perdus et qui n’avaient plus de pain dans leurs sacs.

Lorsque nous lisons ces pages, il nous semble que nous n’avons qu’un simple récit historique, mais, lorsque nous les considérons de près, nous y voyons la merveilleuse grâce de Dieu qui y brille dans tout son éclat, comme du reste dans toutes les pages de Sa divine Parole. Si nos yeux étaient plus simples et plus éclairés par la lumière du Saint Esprit, que de merveilles nous découvririons dans ces récits qui se succèdent, et qui sont tout autant de révélations de ce qu’est l’amour de Dieu.

Vous vous demandez sans doute de quelle manière Saül a été accueilli par Samuel. Tout a été conduit par la main même de Dieu, et tout est allé mieux que Saül et son serviteur n’auraient osé l’espérer.

Comme ils montaient à la ville, ils trouvèrent des jeunes filles qui sortaient pour puiser de l’eau. Elles connaissaient Samuel et le lieu où se trouvaient les eaux qui désaltèrent. Immédiatement elles ont pu renseigner Saül et lui dire où était l’homme de Dieu ; et même elles lui disent : « Le voilà devant toi ».

En particulier, vous jeunes filles, qui lisez la « Bonne Nouvelle », ces versets ne sont-ils pas écrits pour vous d’une manière particulière ? Connaissez-vous Celui qui est la source des eaux de la vie, savez-vous où Il demeure ? Le connaissez-vous pour vous-mêmes et êtes-vous capables de Le faire connaître aux personnes avec lesquelles vous êtes en contact ? Vous voyez que ces jeunes filles étaient capables de faire cela.

Pour parler un autre langage, connaissez-vous le Seigneur Jésus ? C’est Lui qui a dit, et qui l’a même crié afin que tous puissent l’entendre : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eaux vives couleront de son ventre. Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui. (Jean 7. 37 à 39). C’est aussi Lui qui a dit à la femme Samaritaine : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais » (Jean 13. 14). La soif de bonheur se trouve au fond du cœur de tout homme, elle le dévore ; il cherche par tous les moyens possibles à la calmer, mais le vrai bonheur ne se réalise que dans la Personne du Seigneur Jésus.

Ces jeunes filles savaient donc où se trouve la source qui désaltère. Ce sont des images, il est vrai, mais Dieu veut nous enseigner par ce moyen. Elles savaient aussi où était la maison du voyant, elles le connaissaient. Il était en quelque sorte le représentant de l’Éternel au milieu de Son peuple. Savez-vous où le Seigneur se trouve, où Il a une demeure sur la terre ? Il a dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20). Lorsque vous vous réunissez dans l’assemblée, souvenez-vous qu’Il est là, présent en Esprit, bien qu’invisible à l’œil de la chair. L’Assemblée est la Maison de Dieu.

Les jeunes filles disent à Saül : « Le voilà devant toi, hâte-toi maintenant ». Pour aller au Seigneur, il n’y a pas un instant à perdre, car le temps presse. C’est aujourd’hui qu’on Le trouve ; aujourd’hui est le jour du salut ; demain ne nous appartient pas.

C’était un jour bien favorable pour Saül, car Samuel avait offert un sacrifice sur le haut-lieu ; il bénissait le sacrifice et le peuple mangeait, se nourrissant ainsi de la chair de la victime qui avait été offerte à l’Éternel. Je pense qu’il n’est pas nécessaire de vous dire que ce sacrifice était une image du sacrifice plus grand et plus parfait de Christ – sacrifice qui est pour la bénédiction éternelle de tous qui y ont une part, c’est-à-dire de tous ceux qui croient en Lui. Par Sa mort, Il a ôté nos péchés devant les yeux de Dieu. Ces récits nous font connaître la valeur infinie de l’œuvre que notre Seigneur et Sauveur a accomplie en notre faveur. Ce sont des ombres ; nous, nous avons la pleine réalité.

Saül devait se hâter, car c’était dans ce jour même qu’il trouverait place au festin de Samuel. De même, c’est aujourd’hui qu’il faut venir au Sauveur pour avoir la vie éternelle et une place au grand festin de Dieu, le grand souper auquel tous sont conviés. Malheureusement, un grand nombre de personnes n’en font aucun cas. En terminant cette leçon, vous lirez dans l’évangile de Luc le récit que le Seigneur nous donne de ce grand souper (Luc 14. 15 à 24). Bienheureux ceux qui se rendent à l’invitation, car c’est un festin plus grand que celui auquel Samuel avait invité Saül.

Voici donc Saül et son serviteur qui montent à la ville, ils y trouvent Samuel qui vient à leur rencontre : il vient lui-même au-devant d’eux. Cela nous fait penser au père qui court au-devant de son fils prodigue revenant à lui. Il le voit quand il est encore loin. Le Dieu de grâce ne demande qu’à bénir, Son cœur est ému de compassion envers de pauvres misérables qui reviennent à lui.

Vous remarquerez aussi que l’Éternel avait averti Samuel, lui faisant savoir que, le lendemain, Il lui enverrait celui qui devait être prince sur Son peuple Israël. Ce futur roi est maintenant devant lui. Que devait-il se passer dans le cœur de l’un et de l’autre ? Saül pensait à ses ânesses, Samuel pensait à tout autre chose.

Premièrement Saül est pleinement rassuré au sujet des ânesses, elles étaient retrouvées. Ce devait être un grand soulagement pour lui de le savoir ; mais il ne se doutait guère de tout ce que Samuel lui ferait connaître dans cette mémorable rencontre ; la grâce de Dieu envers lui dépassait de beaucoup tout ce qu’il aurait pu penser. Il en est toujours ainsi lorsque nous recherchons la présence de Dieu. Lorsque vous vous trouvez dans des circonstances difficiles ou pénibles, adressez-vous toujours à Dieu Lui-même en premier lieu ; jamais vous ne serez confus, et de plus vous verrez des merveilles.

Samuel invite Saül à manger avec lui, il veut qu’il ait une part à ce sacrifice qui a été offert et dont on va se nourrir dans les hauts lieux, sacrifice dont lui avaient parlé les jeunes filles. Lui, un étranger, allait avoir une part à ce repas béni. Ce devait être une grande joie pour un homme qui n’avait pas de pain dans son sac et qui, nécessairement, devait être fatigué à la suite d’un si long voyage. Tous ces détails nous sont donnés de Dieu dans Sa Parole, afin que nous soyons bien pénétrés de la grandeur de Sa grâce envers nous.

C’est ce Dieu qui a fait inviter des pauvres, des estropiés, des aveugles et des boiteux au festin où tout est déjà prêt : « Venez ! » fait-il dire par Ses serviteurs.

Mais Samuel a aussi une autre parole à dire à Saül, une parole qui était propre à agir sur sa conscience : « Je te déclarerai tout ce qui est dans ton cœur ». Aimeriez-vous que quelqu’un sache tout ce qui est dans votre cœur et vienne vous le dire ? Je me souviens que, il y a déjà longtemps, je disais à une jeune fille : « Voudriez-vous que nous prenions une feuille de papier et un crayon et que nous y écrivions toutes nos fautes ? » « Oh ! non, il y en aurait trop », fut sa réponse. En effet, nos fautes sont nombreuses, mais Dieu sait ce qui est caché au plus profond de nos cœurs, ces cœurs qui sont trompeurs par-dessus tout et incurables.

Il nous est dit que l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse et que Dieu le sonde. Nous ne pouvons rien Lui cacher, car Il est au courant de tout ce qui nous concerne. C’est à ce Dieu saint que nous avons affaire : Il est lumière.

Or Samuel, qui était un fidèle serviteur de Dieu, avait, d’une part, à faire connaître la grâce de son Dieu. C’est ce qu’il a fait en invitant Saül au sacrifice. D’autre part, il devait être vrai avec celui auquel il s’adressait. Son Dieu est lumière. Il en est de même maintenant quand l’Évangile est annoncé. Il nous fait connaître la grâce de Dieu en vérité. La lumière manifeste tout ; Il se doit à Lui-même de nous faire connaître ce que nous sommes.

Mais aussi Sa grâce est plus grande que toute la misère de Sa créature. Il peut recevoir un brigand qui se mourait sur une croix, un Saul de Tarse qui était sur le chemin de Damas, une Samaritaine qui était près du puits de Sichar. Il ne met jamais dehors celui qui vient à Lui. Son amour surpasse toute connaissance. Retenez bien dans vos cœurs ces deux grandes vérités qui sont à la base même de l’Évangile ; Dieu est amour et Il est lumière. Ce n’est que dans la lumière que nous pouvons jouir de cet amour.

Voici Samuel qui introduit Saül et son jeune homme dans la salle où l’on prenait le repas ; il leur donne une place d’honneur au milieu des invités et commande au cuisinier d’apporter la portion qui avait été mise à part. Il dit à Saül : « Voici ce qui a été réservé ; mets-le devant toi et mange ; car cela a été gardé pour toi, pour le temps fixé, lorsque j’ai dit : J’inviterai le peuple. » (v. 24). Tout devait être merveilleux pour cet étranger qui se trouvait à table avec des personnes qui lui étaient inconnues auparavant et au milieu desquelles il se trouvait comme avec des amis.

Ce passage m’a souvent fait penser à celui que nous trouvons en Colossiens 1. 5 : « A cause de l’espérance qui vous est réservée dans les cieux ». Saül avait une part qui lui était réservée dans le haut lieu, à un festin. Cette part lui avait été donnée par le serviteur de Dieu ; les Colossiens, et nous avec eux, nous en avons une dans les cieux, dans la maison du Père. C’est notre Seigneur qui a fait Lui-même tous les frais d’une telle place et nous y a invités Lui-même. Y a-t-il une part plus précieuse que celle-là ?

Après le repas, Samuel a parlé avec Saül sur le toit. Nécessairement il avait beaucoup de choses à dire à celui qui devait être roi sur le peuple de Dieu. Le Seigneur, lui aussi, a beaucoup de choses à nous enseigner.

Il le fait généralement dans la « chambre haute ». C’est là qu’Il réunit les Siens. Vous savez qu’en Orient les toits des maisons sont en terrasse. C’est sur ces toits que se bâtissent les chambres hautes. Souvent ces chambres sont mentionnées dans la Parole. C’est là que les disciples se sont réunis pour la prière avec les femmes et avec Marie, la mère de Jésus, après qu’Il est monté au ciel (Act. 1. 13).

Au lever de l’aurore d’un jour nouveau, Saül se remet en route pour rentrer à la maison. Comme tout devait être nouveau pour lui ! Que de choses imprévues lui étaient arrivées et que de choses étranges il avait entendues ! En partant de la maison de son père, maison de laquelle il s’était éloigné de telle manière qu’il était incapable d’en retrouver le chemin, il avait tout perdu, il cherchait en vain ; et voici tout était retrouvé et, bien plus que cela, il connaissait le haut lieu où un sacrifice avait été offert ; il avait mangé de ce sacrifice ; il avait entendu la parole même de l’Éternel par la bouche d’un fidèle serviteur, choses qu’il ne connaissait pas autrefois ; et même l’homme de Dieu l’avait oint pour être roi.

Les pensées de Dieu sont bien élevées au-dessus de celles des hommes, autant que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Tout ce que Saül désirait en partant était de retrouver les ânesses perdues, et voici qu’il rentrait comblé des bénédictions de Dieu.

Le Nouveau Testament nous fait connaître des choses encore plus excellentes. Voici un pauvre pécheur égaré, perdu, ruiné, ayant faim et soif de bonheur, et qui périt dans sa misère ; dans son extrémité il se tourne vers le Sauveur du monde ; là il est reçu en grâce, comblé de bienfaits. Il trouve infiniment plus que son cœur n’aurait désiré et que ce qu’il avait perdu ; il a une place au grand souper de Dieu, à ce festin où tout est déjà prêt ; il est oint de l’Esprit Saint et bientôt, quand son Seigneur sera manifesté en gloire, il régnera avec Lui, car les rachetés ont été faits rois et sacrificateurs pour Dieu le Père.

« Samuel prit une fiole d’huile et la versa sur la tête de Saül, et il le baisa et dit : L’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour prince sur son héritage ? » Saül rentra donc à la maison dans des conditions bien différentes de celles dans lesquelles il se trouvait quand il en était parti. Nous avons dans toutes ces choses une merveilleuse illustration de ce qu’est la grâce de Dieu.

Avant de le laisser aller, Samuel enseigna à Saül tout ce qu’il devait rencontrer sur son chemin en rentrant à la maison de son père. Son serviteur lui avait dit auparavant : « Peut-être nous enseignera-t-il le chemin par lequel nous devons aller ». Ce « peut-être » montrait une certaine incrédulité ; malgré tout Dieu a été fidèle ; Il a fait connaître le chemin et même tout ce que Saül rencontrerait sur le chemin. Il en est de même pour tous ceux qui viennent à Dieu par Jésus Christ.

Samuel a donc annoncé d’avance à Saül les choses qu’il rencontrerait sur son chemin en rentrant à la maison. Il y aurait trois grandes étapes et, dans chacune d’elles, il apprendrait de grandes et merveilleuses leçons. En a-t-il fait son profit ? Nous le verrons plus tard. Puissions-nous ne rien perdre de ce que Dieu veut nous enseigner en nous racontant ces choses. Toute la Parole de Dieu est écrite pour notre instruction.

En arrivant à la frontière de sa tribu, Saül devait faire une première rencontre près du sépulcre de Rachel, la mère de Benjamin. Jacob avait érigé un monument sur le sépulcre de sa femme bien-aimée. Ce sépulcre existait encore. Il devait rappeler bien des choses à Saül.

Rachel était morte en donnant le jour à son fils. Elle l’avait appelé Ben-oni, ce qui veut dire : « fils de ma douleur » ; mais Jacob l’avait appelé Benjamin, « fils de ma droite ». Nous avons ici la première grande leçon que nous avons à apprendre en entrant dans notre héritage, c’est que Jésus est le Fils de la droite du Père. La main droite est celle de la puissance.

L’Évangile est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, lisons-nous en Romains 1. 16. Il nous fait connaître un puissant Sauveur, Jésus, le Fils de Dieu, qui a triomphé de toute la puissance de Satan et de la mort. Dieu a un Fils unique et bien-aimé ; Il l’a envoyé dans le monde et il n’y a de salut en aucun autre. Avez-vous pensé que, pour sauver l’un d’entre nous, il a fallu la puissance même de Dieu ? Autrefois ce Dieu s’est glorifié en tirant les mondes du néant. Maintenant Il magnifie Sa puissance, non en créant de nouveaux mondes, mais en sauvant des pécheurs. Cette puissance s’est montrée quand Son Fils est entré en vainqueur dans la mort et quand Il en est sorti victorieux.

Elle se montre aussi maintenant en arrachant des pécheurs à la domination de Satan, en les délivrant du pouvoir des ténèbres et en les introduisant dans le royaume du Fils de l’amour de Dieu. « C’est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, qui a relui dans nos cœurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ », lisons-nous en 2 Corinthiens 4. 6.

Près de ce sépulcre de Rachel, Saül devait rencontrer deux hommes qui lui diraient que les ânesses étaient retrouvées. Il n’avait donc plus à se fatiguer pour les chercher. Ils lui diraient encore que son père avait oublié l’affaire des ânesses, mais qu’il était en peine quant à son fils, disant : « Que ferai-je au sujet de mon fils ? » Un père qui est en peine de son fils !

Soyez bien assurés que, s’il n’était question que de Kis et de Saül, Dieu ne nous aurait pas donné ce récit. Il a d’autres choses à nous faire savoir. Comme un père est en peine d’un fils qui s’est égaré et qui est loin de sa maison, le Père est en peine d’un pauvre pécheur qui s’est éloigné de Lui ; Son cœur est tourné vers lui. Nous en avons un merveilleux récit dans le chapitre 15 de Luc, récit bien connu et souvent médité. Un pauvre prodigue s’en est allé dans un pays éloigné. Hélas ! Il y a tout perdu. Quand il revient, dans ses haillons et son dénuement, son père le voit comme il est encore loin ; il est ému de compassion envers lui, il court à sa rencontre et le couvre de baisers. Le père attendait son retour ; que n’a-t-il pas fait pour lui lors de son arrivée à la maison ? Ce Dieu plein de tendresse a mille moyens pour nous faire comprendre combien nous sommes chers à Son cœur.

Que Dieu nous garde de toute incrédulité. Vous qui n’avez pas encore cru au Seigneur Jésus, avez-vous pensé que le Père est en peine de vous, qu’Il vous attend ? Reviendrez-vous à ce Dieu qui ne demande qu’à vous pardonner toutes vos fautes ? Toute la maison du Père se réjouit quand le fils perdu revient à la maison. Ces deux hommes qui étaient près du sépulcre de Rachel étaient comme deux témoins de ce que le Père est pour le fils qui revient à la maison.

Nous avons vu la première grande leçon que Saül devait apprendre près du sépulcre de Rachel. Un sépulcre nous parle de mort. Or la mort est le salaire du péché. Ensuite nous avons vu que le Fils de la droite du Père est un Sauveur puissant, et enfin, que le Père est en peine pour un fils qui est perdu.

Aujourd’hui nous allons considérer une autre scène qui s’est déroulée dans le voyage de Saül, à Béthel, la maison de Dieu, où il devait aussi passer. Ceux d’entre vous qui ont lu nos enseignements sur le livre de la Genèse se souviennent sans doute de l’échelle de Jacob à Béthel. En arrivant dans ce lieu, Saül a été trouvé par trois hommes qui montaient vers Dieu à Béthel. Ils apportaient trois chevreaux, trois gâteaux de pain et une outre de vin. Vous savez qu’en Israël on ne devait jamais paraître devant l’Éternel à vide, il fallait lui apporter quelque chose quand on venait dans Son sanctuaire. Ces hommes apportaient donc ces choses en présent à ce Dieu qui avait si richement béni Son peuple terrestre.

Aujourd’hui il n’est plus nécessaire de faire un long voyage pour pouvoir rencontrer Dieu dans Son saint lieu. Car là où deux ou trois sont assemblés au nom du Seigneur, Il est là au milieu d’eux. L’Assemblée, maintenant, est la maison de Dieu sur la terre.

Dans la première épître à Timothée, chapitre 3. 14 et 15, nous lisons : « Je t’écris ces choses… afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité ». Dans ce sanctuaire, nous pouvons venir, nous aussi, et c’est notre glorieux privilège de pouvoir apporter à Dieu quelque chose qui Lui soit agréable ; non pas des sacrifices matériels, mais des sacrifices spirituels qui Lui sont agréables par Jésus Christ, qui racontent les grandes choses qu’Il a faites pour nous, ce que Son Agneau a fait, en venant dans le monde pour ôter le péché. Certes, c’est un sacrifice plus grand et plus parfait que celui que ces hommes allaient offrir à Béthel.

Nous pouvons aussi Lui parler du seul Homme qui l’ait glorifié dans Sa vie – un Homme sur lequel Il a pu ouvrir Son ciel quand Il Lui a dit : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai trouvé mon plaisir ». C’est de quoi nous parle par avance cette offrande de gâteau qui se faisait dans le sanctuaire terrestre. Les sacrificateurs avaient à en offrir le mémorial sur l’autel. Ne vous réjouissez-vous pas en pensant à cet Homme parfait que Dieu a couronné de gloire et a placé à Sa droite au plus haut des cieux ?

Ces hommes apportaient aussi une outre de vin ; or le vin, dans la Parole, nous parle de joie dans la communion. Ou, si vous préférez, de la joie que nous avons en commun avec le Père et le Fils. Le Père se réjouit dans le Fils et nous avec Lui, nous nous réjouissons dans cette Personne excellente. Il est la joie du ciel et déjà maintenant nous connaissons quelque peu cette joie qui remplira nos cœurs pendant l’éternité.

Béthel est vraiment une maison merveilleuse. Là nous trouvons aussi de l’amour et de la sollicitude pour ceux qui s’y rencontrent. Ces trois hommes s’enquièrent du bien-être de Saül, ce voyageur qu’ils rencontrent sur leur chemin : chose bien différente de l’égoïsme qui caractérise le monde dans lequel nous sommes. Ils lui donnent deux pains et il les prend de leurs mains. Dans la maison de Dieu on ne connaît pas la disette ; là il y a du pain en abondance.

Vous savez que Jésus lui-même a dit : « Moi, je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » ; et : « Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6. 35 et 51). C’est de Christ, et d’un Christ mort, que nos âmes se nourrissent, et c’est dans ce Christ mort que nous trouvons la vie, la vie éternelle.

Peut-être trouvez-vous que c’est un langage difficile à comprendre ; aussi je vais vous l’expliquer d’une autre manière : Si vous croyez au Seigneur Jésus, vous aurez la vie éternelle, une vie éternellement heureuse dans le ciel. Vous n’aurez plus faim et soif des choses de ce monde, car le bonheur qui remplira votre cœur sera plus grand que les choses les plus précieuses que ce monde peut donner.

Saül, dans ce voyage, passait de merveilles en merveilles. Mais nous verrons plus tard qu’il n’a rien compris et n’a pas su profiter de tout ce que Samuel lui a enseigné et des choses qu’il a vues dans ce mémorable voyage.

Saül devait encore passer dans un autre endroit et y voir d’autres choses précieuses, y apprendre une troisième leçon. « Après cela, tu viendras au coteau de Dieu », lui dit Samuel. C’était un lieu élevé, on s’y trouvait au-dessus des choses de la terre et près de Dieu. Là se trouvaient des ennemis, les Philistins. Ceux-ci n’ont pas pu empêcher les prophètes de descendre vers Saül. Ils avaient devant eux un luth, un tambourin, une flûte et une harpe, et eux-mêmes prophétisaient.

Ces choses sont écrites pour nous servir d’instruction. Que Dieu nous donne des yeux pour les voir et des cœurs pour les apprécier. Je tâcherai de vous les expliquer le plus simplement possible. Quand vous serez devenus grands, si vous aimez le Seigneur et que vous mettez de la diligence pour méditer ces choses, vous les comprendrez mieux et vous en jouirez davantage. Ne vous découragez jamais si parfois vous ne comprenez pas les passages que vous lisez. Ce sont souvent les pages qui nous semblent les plus obscures qui deviennent plus tard les plus brillantes et les plus précieuses à nos cœurs. J’en ai fait l’expérience maintes fois.

Bientôt nous serons dans le ciel, dans la maison du Père mais, en attendant, nous pouvons y pénétrer par la foi, nous élever jusqu’au « coteau de Dieu ». Puisque nous sommes déjà assis dans les lieux célestes en Christ, en attendant d’y être assis avec Lui, nous pouvons jouir déjà des choses qui sont dans les cieux. En croyant simplement ce que Dieu nous dit, nous pouvons dès maintenant jouir des choses qui sont dans les cieux. Cette joie se manifeste par des cantiques et de la louange.

L’ennemi de nos âmes voudrait bien nous empêcher d’en jouir, de même que les Philistins étaient au « coteau de Dieu » pour tâcher de ravir au peuple d’Israël leurs privilèges. Mais souvenons-nous que nous avons à faire à un ennemi vaincu. Si nous sommes fidèles au Seigneur, Il nous rendra capables de jouir de notre héritage qui est dans les cieux.

Ces hommes descendaient donc du coteau de Dieu, leur joie était grande et les instruments de la louange marchaient devant eux. Le luth a dix cordes (Ps. 33. 2). C’est l’instrument de la louange en rapport avec les exigences de la loi qui a dix commandements. Ces dix commandements sont là comme autant de témoins qui se dressent contre nous pour nous accuser. Nous les avons tous violés ; celui qui faillira en un seul point de la loi est coupable sur tous.

La loi exigeait la mort du coupable, mais, à la mort de Christ, le Juste a souffert pour les injustes. La loi n’a plus rien à réclamer puisque la mort est intervenue pour la rançon des transgresseurs. Lorsqu’un pécheur a cru cela, il y a bien des cordes harmonieuses qui vibrent dans son cœur, la louange monte devant ce Dieu qui a ainsi justifié le coupable par un moyen qui est digne de Lui. Autant de commandements, autant de sujets de louanges qui glorifient un Dieu Sauveur.

Le tambourin exprime la joie de cette délivrance. Marie, la sœur de Moïse, a pris un tambourin quand elle est sortie avec les femmes pour célébrer la délivrance du peuple au travers des eaux de la mer Rouge (Ex. 15. 20).

La flûte, qui est un instrument à vent, nous parle de la grâce de Dieu qui, sous le souffle de l’Esprit de Dieu, vient réjouir le cœur de ceux qui entendent parler de cette grâce.

Enfin la harpe nous parle de la louange dans les cieux. Elle a un grand nombre de cordes, car grande est la multitude des rachetés qui, pendant l’éternité, donneront gloire à l’Agneau qui a été immolé. Chacun aura un sujet de louange différent, mais tous, à l’unisson, chanteront les louanges de Dieu.

Dans cette compagnie qui descendait du « coteau de Dieu », l’Esprit de Dieu saisit Saül et il prophétisa lui aussi. Quelles heureuses rencontres il devait faire sur son chemin ! En dernier lieu il devait descendre à Guilgal et y attendre que Samuel vienne pour y sacrifier. C’est là qu’il montrera si vraiment il a cru Dieu, si sa foi s’est emparée des choses qu’il a vues et entendues. On peut avoir été bien près du ciel, être éclairé, goûter du don céleste, devenir participant de l’Esprit saint, goûter de la bonne Parole de Dieu et, en fin de compte, être un réprouvé.

Aujourd’hui nous recommencerons notre méditation sur le premier livre de Samuel au chapitre 10. 9. Vous n’avez pas oublié quelle heureuse rencontre Saül a faite lorsqu’il est allé vers Samuel ; comment il a trouvé infiniment plus qu’il n’aurait osé espérer en venant vers lui. Il en est toujours ainsi lorsque nous nous approchons de Dieu. Il se plaît à bénir et donne une abondante grâce à ceux qui viennent à Lui ; jamais ils ne sont confus, bien au contraire. En Lui se trouve la source inépuisable de toutes bénédictions, pour le temps et pour l’éternité.

Dans toutes vos joies, dans toutes vos difficultés, dans vos détresses, et même en présence de toutes vos fautes, cherchez Sa présence, adressez-vous à Lui par la prière, et cela en toute confiance, et vous n’en aurez jamais de regrets : « Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses. L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre. Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l’homme qui se confie en lui ! » a dit le roi David quand il a traversé des circonstances particulièrement douloureuses qui étaient les conséquences de sa folie (Ps. 34. 6 à 8).

Voici donc Saül qui, maintenant, sait quel est le chemin dans lequel il doit marcher et quelles sont les circonstances qu’il devra traverser en retournant à la maison de son père. Malheureusement le v. 9 nous rapporte un fait qui, en apparence, était de peu d’importance, mais qui manifestait dans quel état se trouvait son âme. Il nous est dit qu’il tourna le dos à Samuel.

Nous savons que jamais Dieu ne nous donne une parole sans un but bien précis et défini. Le cœur de Saül n’avait pas été touché par toutes les choses qu’il avait vues et entendues et par les bontés dont il avait été entouré par l’homme de Dieu. Ainsi est le cœur de l’homme ; il reçoit tout de la part de ce Dieu plein de bonté, et cela avec la plus noire ingratitude. Le cœur de Saül n’était pas avec Samuel. Il était bien différent de celui d’Élisée qui abandonna ses bœufs et son labour pour courir après Élie (1 Rois 19. 20). Souvent, dans de très petites choses, un homme, et même un enfant, donne à connaître quel est l’état de son âme.

Malgré tout l’Éternel a été fidèle envers Saül et Il lui a fait rencontrer les choses que Samuel lui avait annoncées. Venu au coteau de Dieu, l’Esprit le saisit et il se mit à prophétiser. Ceux qui le connaissaient auparavant en étaient surpris, et ils se disaient l’un à l’autre : « Qu’est-il donc arrivé au fils de Kis ? Saül aussi est-il parmi les prophètes ? » Et l’un d’eux dit : « Et qui est leur père ? »

Cela montre que, dans leur entourage, on n’avait aucune confiance ni dans le fils, ni dans ses parents. Ce sont nos voisins et les personnes qui sont en contact avec nous chaque jour, ceux qui nous voient et qui nous entendent, qui peuvent, mieux que personne, juger de ce que nous sommes. Nos actes et nos paroles nous recommandent à notre entourage. Là souvent, sans que nous nous en doutions, nous rendons notre témoignage.

Chers enfants ! veillez sur vos paroles, sur vos actes et sur toute votre manière d’être et de faire. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite », lisons-nous dans le livre des Proverbes, chapitre 20. 11.

Ce qui s’est passé plus tard a bien confirmé que la mauvaise impression des voisins de Saül était justifiée. Plus tard il est devenu un ennemi et un persécuteur de l’oint de l’Éternel, et il a fini misérablement sur les montagnes de Guilboa. Retenez bien les enseignements que nous avons dans les pages dont nous nous occupons maintenant afin que vous soyez gardés du mal et que vous n’ayez pas une fin misérable comme, hélas ! bien des jeunes gens qui donnaient beaucoup d’espoir à leurs parents et à leurs amis, mais qui se sont détournés du Seigneur et sont descendus toujours plus bas et, pour finir, ont abandonné tous les enseignements qu’ils avaient reçus dans leur jeune âge.

Maintenant il s’agit d’établir Saül comme roi sur Israël, ainsi que l’Éternel l’avait montré à Samuel. A cet effet, il convoque le peuple devant l’Éternel à Mitspa. C’est une bonne chose que d’être dans la présence de Dieu dans tout ce que nous avons à faire, surtout dans les moments solennels de notre vie. Samuel savait bien cela, et certes il avait aussi un but en les convoquant à Mitspa plutôt qu’ailleurs.

Vous vous souvenez que c’est à Mitspa que précédemment il avait déjà réuni le peuple quand celui-ci était dans la misère parce qu’il s’était détourné de l’Éternel (1 Sam. 7). Dans cette circonstance il leur dit : « Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous ». C’était aussi là, entre Mitspa et le rocher, que se trouvait la pierre qu’il avait dressée et qu’il avait appelée « Ében-Ezer », en disant : « l’Éternel nous a secourus jusqu’ici ». C’était là aussi qu’il se rendait dans son voyage annuel, rappelant ainsi aux Israélites combien la fidélité de l’Éternel envers eux était grande puisqu’il les avait ainsi secourus. Notre Dieu ne change pas, et certes, nous aussi nous pouvons rendre témoignage à la fidélité de Dieu qui ne nous a jamais abandonnés jusqu’à maintenant.

Si, au moins, le cœur du peuple avait été capable de comprendre ces choses et de les apprécier ! Quand Samuel a convoqué les fils d’Israël, il leur a rappelé leur délivrance de l’Égypte et la fidélité du Dieu qui les avait sauvés de toutes leurs détresses. Il leur rappelle aussi, comme un fidèle témoin doit le faire, combien leur faute a été grande de dire : « Établis un roi sur nous ».

Saül s’était caché parmi les bagages. Ici, comme dans une autre circonstance (1 Chron. 9. 21), il montre de l’humilité. Il avait d’aimables qualité naturelles, mais ces choses, sans la possession d’une vie nouvelle, n’ont pas de valeur aux yeux de Dieu. Il faut être né de nouveau pour pouvoir entrer dans le royaume de Dieu, dit le Seigneur à Nicodème (Jean 3. 3 à 5). Ces qualités naturelles ne peuvent être victorieuses au jour de l’épreuve.

Dieu reconnaît les choses aimables qui peuvent être dans l’homme, mais, malgré cela, l’homme est un pécheur coupable devant Lui, car « il n’y a point de juste, non pas même un seul » (Rom. 3. 10). Saül était modeste, il était soumis à son père, il écoutait volontiers un conseil, même de la bouche d’un de ses serviteurs ; malgré cela, plusieurs fois, il a cherché à faire mourir David. De fait, il était un meurtrier. Or aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui.

Samuel fit approcher les tribus d’Israël, puis les familles, laissant ainsi à l’Éternel le soin de désigner celui qu’Il avait choisi comme roi pour Son peuple. La tribu de Benjamin fut prise, puis la famille de Saül et, enfin, ce fut lui qui fut pris. Tout était de Dieu. Nous remarquons aussi quelle a été la sagesse de Samuel dans toute cette affaire, comme aussi dans presque toute sa vie. Saül n’étant pas là, Samuel interroge l’Éternel qui indique le lieu où il se trouve.

Voici enfin le roi désiré qui se trouve devant les yeux du peuple, et celui-ci pousse des cris de joie et dit : « Vive le roi ! » Vous remarquez qu’ils ne louent pas l’Éternel ; leurs yeux étaient fixés sur le roi qui était grand et beau, mais où était leur cœur pour l’Éternel qui le leur avait donné ? Il ne semble pas qu’ils aient pensé à Lui. Nous savons que leur cœur était bien loin de ce Dieu qui les avait tirés d’Égypte et les avait introduits dans le bon pays qu’ils possédaient. C’est du reste pourquoi ils avaient demandé un roi. Ne sachant pas se confier en Dieu, ils désiraient être comme toutes les autres nations qui ne connaissaient pas l’Éternel et qui avaient un roi pour les conduire. L’homme aime toujours mieux avoir quelque chose de visible devant les yeux que de marcher par la foi en un Dieu qu’il ne voit pas.

Ensuite Samuel dit au peuple quel était le droit du royaume et l’écrivit dans un livre qui fut déposé devant l’Éternel. Tout a été fait dans un ordre parfait et Dieu même en a été le témoin. L’Éternel pourra-t-il répandre sa bénédiction sur Son peuple par le moyen de ce roi ?

La suite de l’histoire de Saül nous le fera savoir ; mais nous pouvons bien dire d’avance qu’il est écrit : « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras, et dont le cœur se retire de l’Éternel » (Jér. 17. 5). La chose ne s’est que trop réalisée dans la suite pour le pauvre peuple d’Israël. Malgré cela, ceux dont l’Éternel avait touché le cœur suivirent et servirent le roi puisqu’il était l’élu de l’Éternel. De la même manière maintenant, nous avons à obéir à ceux que Dieu a élevés en dignité dans le monde, quels qu’ils soient, et à les servir. Ils sont les ministres de Dieu, et nous leur devons tout honneur.

Le commencement du chapitre onze du premier livre de Samuel nous fait connaître les circonstances pénibles que traversait le peuple de Dieu dans ces temps-là. Nakhash, un Ammonite, campait contre Jabès de Galaad. En cherchant sur une carte vous trouverez sans trop de peine où se trouve cette ville qui est mentionnée plusieurs fois dans les Écritures. Elle se trouve de l’autre côté du Jourdain, au nord du torrent de Jabbok qui est bien connu aussi des lecteurs de la parole de Dieu.

Vous savez que les Ammonites étaient des descendants de Lot, le neveu d’Abraham. Plusieurs fois nous les trouvons en guerre avec le peuple d’Israël. Souvent les proches parents qui ne font pas partie du peuple de Dieu en sont les pires ennemis. Ne sachant pas se confier en Dieu pour leur délivrance, les hommes de Jabès demandèrent de faire une alliance avec Nakhash. L’incrédulité se prive de toute la puissance que Dieu met à la disposition des Siens, et n’en reçoit qu’opprobre et humiliation, tandis que ceux qui se confient en Dieu ne seront jamais confus.

Ce méchant descendant de Lot consent à faire alliance avec eux à la condition de leur crever à tous l’œil droit. Il trouvait sa satisfaction dans une telle cruauté en pensant qu’il y en aurait de l’opprobre sur tout le peuple de Dieu. C’est du reste ce que l’ennemi de nos âmes cherche à faire en tout temps car, en mettant de l’opprobre sur le peuple de Dieu, il en met par conséquent sur Dieu Lui-même. Si nous manquons de foi, nous devenons les jouets de l’ennemi, et le résultat final en est de l’opprobre sur le Seigneur et sur les Siens. Les ennemis du peuple de Dieu se réjouissent lorsqu’ils ont pu arriver au bout de leurs desseins et que les saints sont dans la confusion.

Malgré tout, Dieu veillait sur Son peuple et Il se servit de cette occasion pour que celui qu’Il avait choisi pour roi sur Son peuple soit un moyen de délivrance dans Sa main. Les hommes de Jabès envoyèrent à Guibha de Saül des messagers qui rapportèrent les paroles de Nakhash au peuple, et celui-ci se mit à pleurer.

Vous savez que Dieu entend nos paroles et qu’Il n’est pas sourd à nos larmes. Lisez le verset 12 du Psaume 39, il est bien propre à encourager ceux qui prient et qui pleurent. Dans le prophète Ésaïe chapitre 38. 5, l’Éternel envoie dire à Ézéchias : « J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes ». Nous avons affaire à un Dieu qui est plein de compassion. Il est comme une tendre mère qui entend son enfant qui crie et qui pleure. N’y tenant plus, elle quitte tout pour aller au secours de son enfant bien-aimé, elle le délivre, l’entoure de ses bras et le console, comme ce même prophète disait : « Une femme oubliera-t-elle son nourrisson… ? Même celles-là oublieront ; … mais moi je ne t’oublierai pas » (És. 49. 15).

Dans vos peines, dans vos détresses, en présence de tous les dangers qui vous guettent, criez, pleurez même. N’a-t-Il pas dit : « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » ? (Mat. 5. 4) L’Éternel a vu la détresse de Son peuple et pour le délivrer Il va se servir du roi qu’Il lui a donné.

Saül emploie un étrange moyen pour rassembler le peuple pour la guerre : Il menace de mettre en pièces les bœufs de ceux qui ne sortiraient pas après lui. Au lieu de faire appel à leur amour pour leurs frères qui étaient dans la détresse, il se sert de la peur pour les faire agir. C’est un moyen qui peut être efficace pour des hommes du monde, mais qui ne manifeste nullement les caractères du Dieu d’amour.

C’est la frayeur qui tombe sur le peuple et ils sortent comme un seul homme. Malgré tout, Dieu est fidèle et Il opère une si grande délivrance en faveur des habitants de Jabès qu’il ne reste pas deux ennemis ensemble. Ceux qui ne furent pas tués furent dispersés. Ce fut un jour heureux pour ceux qui, peu de temps auparavant étaient dans une grande détresse. Après une si éclatante victoire, la royauté fut affermie et Samuel renouvela la royauté.

Le peuple se réjouit, il y eut de la reconnaissance envers l’Éternel, et ils lui offrirent des sacrifices de prospérités. Saül lui-même, dans toute cette circonstance, montra un esprit de bonté et de pardon. Nous avons déjà remarqué dans ce roi d’aimables dispositions. Malheureusement, dans la suite, il ne persévéra pas dans une telle voie. Il ne suffit pas de bien commencer, mais il faut aller jusqu’au bout. L’homme naturel peut bien aller un moment dans un chemin qui semble bon, mais s’il ne naît pas de nouveau, tôt ou tard, il succombera. C’est ce que nous verrons plus tard dans l’histoire de Saül.

La royauté étant donc établie, le ministère de Samuel comme juge était en quelque sorte terminé au milieu du peuple d’Israël. Il parle encore une fois à ce peuple, au commencement du chapitre 12, et il leur demande de témoigner devant l’Éternel et devant le roi qui venait d’être établi, si en quelque chose il avait manqué de fidélité dès sa jeunesse – c’est-à-dire pendant une longue vie, puisqu’il était un vieillard. Le peuple reconnaît que jamais il ne leur a fait tort, qu’il ne leur a point fait de violence et qu’il n’a jamais pris de présent de leur main. L’Éternel en était témoin. C’est un beau témoignage rendu à la fidélité de ce juge dont je vous parle depuis longtemps.

Nous l’avons vu jeune garçon servant l’Éternel ; il a continué son service fidèlement jusqu’à ses cheveux blancs. C’est un bel exemple que le Seigneur met devant vos yeux. Ne désirez-vous pas lui ressembler ? Le secret pour cela, ou plutôt, les deux secrets, nous les avons déjà mentionnés au cours de nos entretiens. Premièrement, il ne laissait tomber en terre aucune des paroles de l’Éternel. Vous aussi, lisez cette bonne Parole, qu’elle soit votre seule et unique règle de conduite en tout temps et en toutes circonstances.

Le second est une vie de prières continuelles. Vous vous souvenez que sa mère était une femme de prières. Lui aussi a profité de l’exemple qu’il a eu dans cette pieuse femme, et il a été un homme de prières et un grand homme de Dieu. Regardez vous-mêmes combien de fois nous le trouvons en prières dans le récit que Dieu nous donne de sa vie. Le Psaume 99 aussi, v. 6, nous rappelle qu’il était un de ceux qui ont invoqué le nom de l’Éternel et qui ont crié à Lui. La parole et la prière sont comme les deux grands ressorts qui font mouvoir toute la vie des fidèles croyants et des grands serviteurs de Dieu. Puissiez-vous vous en souvenir en tout temps.

Dans ce chapitre 12 nous trouvons une autre grande leçon ; c’est que Samuel a agi avec vérité envers le peuple et leur a montré combien leur infidélité envers l’Éternel avait été grande et combien leurs fautes avaient été nombreuses. C’est ce qu’il fait dans les v. 6 à 17. Il leur rappelle ce que l’Éternel a fait pour eux depuis le jour où II les a tirés du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, et chaque fois ils ont été rebelles. Ce n’est pas dans le but de les accuser qu’il leur rappelle ces choses, mais dans le but de les avertir.

L’amour va avec la vérité. Certes Samuel aimait le peuple de Dieu, mais ce n’est pas vraiment aimer que de cacher la vérité et de ne pas avertir ceux qu’on aime quand ils font le mal ou quand ils sont en danger de le faire. Samuel était en quelque sorte mis de côté puisque le peuple avait voulu un roi. Maintenant qu’ils l’avaient, ils allaient continuer à marcher dans l’obstination de leur mauvais cœur, ne faisant aucun cas de la loi de l’Éternel et servant les idoles. Samuel leur donne un solennel avertissement en leur faisant savoir que, s’ils n’écoutaient pas la voix de l’Éternel, ils périraient, eux et leur roi – avertissement accompagné de tonnerres et de pluie au temps de la moisson des froments.

Une crainte salutaire est tombée sur le peuple à la vue de ces éléments déchaînés. Les fils d’Israël savaient bien que Samuel était un homme de prières puisqu’ils s’adressent à lui afin qu’il prie l’Éternel, son Dieu, en leur faveur. Cela les a amenés à reconnaître qu’ils ont péché. Malheureusement il arrive fréquemment que des personnes, sous le coup d’épreuves ou d’avertissements solennels, reconnaissent leur culpabilité, mais pour un temps seulement. L’épreuve finie, les difficultés ayant disparu, leur piété s’en va aussi. C’est bien ce qui a caractérisé ce pauvre peuple d’Israël.

Le psalmiste dépeint leur manière d’agir : « Avec tout cela ils péchèrent encore, et ne crurent point par ses œuvres merveilleuses ; et il consuma leurs jours par la vanité, et leurs années par la frayeur. S’il les tuait, alors ils le recherchaient, et ils se retournaient, et cherchaient Dieu dès le matin ; et ils se souvenaient que Dieu était leur rocher, et Dieu, le Très-Haut, leur rédempteur mais ils le flattaient de leur bouche, et ils lui mentaient de leur langue » (Ps. 78. 32 à 36).

Nous arrivons maintenant au chapitre 13 qui commence une nouvelle division de notre premier livre de Samuel et traite d’un nouveau sujet, savoir de la manière dont Saül s’acquitta de sa responsabilité de roi du peuple de Dieu.

Avant d’entrer dans quelques détails sur ce sujet important, j’aimerais vous dire encore quelques mots de Samuel, dont le service, comme juge en Israël, était terminé. Il ne montre aucune amertume à la pensée d’être ainsi mis de côté à cause de l’ingratitude du peuple envers lui. C’est un des beaux traits de la vie de cet homme de Dieu. Il acceptait de n’être rien, pourvu qu’il y eût de la bénédiction pour le peuple de Dieu. Même après avoir averti le peuple, il leur dit : « Quant à moi aussi, loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous ».

Tant qu’il accomplissait son service de juge en faveur du peuple, il priait pour eux ; maintenant qu’il était mis de côté, il continuait ce précieux service d’intercesseur en leur faveur. À ses yeux, cesser de prier pour eux était un péché contre l’Éternel, car après tout ils étaient Son peuple. Quel dévouement et quelle noble recherche du bien du peuple de Dieu ! Vous avez là un bel exemple devant les yeux. Il n’est pas nécessaire d’être âgé pour accomplir un tel service. Un enfant peut prier aussi bien qu’un vieillard.

Maintenant nous allons nous occuper de Saül. Le voici roi sur Israël, le peuple de Dieu, comme Samuel le lui avait annoncé lors de sa première rencontre avec lui. A-t-il conscience de la grandeur de la tâche qui lui incombe et de la responsabilité qui repose sur lui ? Va-t-il mettre en pratique tous les enseignements qu’il a reçus de ce serviteur qui lui a enseigné tant de choses ?

Rien ne nous le fait penser car, pour peu qu’il eût conscience de sa faiblesse, nous l’aurions vu en prières. Jamais nous ne le voyons sur ses genoux. Il n’avait donc pas pris exemple sur Samuel qui, si souvent, invoquait l’Éternel. Saül se choisit trois mille hommes, faisant ainsi de la chair son bras. Il n’avait pas compris ce que le prophète Jérémie a enseigné plus tard : « Maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras » (Jér. 17. 5). Il les choisit lui-même au lieu de laisser l’Éternel lui choisir son armée. C’est sa propre sagesse qui le conduit, et il oublie que toute la sagesse de l’homme n’est que folie aux yeux de Dieu.

Deux mille hommes sont avec lui sur la montagne de Béthel, et mille avec Jonathan, son fils, à Guibha de Benjamin. C’est la première fois que nous trouvons le nom de ce fils de Saül qui était un vrai homme de foi, et aussi, ainsi que nous le verrons dans la suite, une des figures les plus nobles et sympathiques de ces temps-là.

Alors que Saül était ainsi avec son armée, voilà que son fils, avec son unique millier, frappe les ennemis. Saül s’en attribue toute la gloire et, au son de la trompette, fait publier cette victoire par tout le pays. C’est souvent ce qui arrive : des hommes sans foi et sans puissance s’attribuent des choses que seule la foi peut opérer et s’en glorifient. Saül dit : « Que les Hébreux l’entendent ». Pourquoi ne dit-il pas : Israël » ? C’est que Saül ne voyait dans le peuple qu’une nation comme les autres nations qui l’entouraient. Les Philistins pouvaient dire : Les Hébreux, oubliant ou ne connaissant pas les glorieux privilèges du peuple d’Israël.

Israël veut dire prince de Dieu. Ce mot hébreu vient de Héber qui était un descendant de Sem, fils de Noé, et un des ancêtres d’Abraham. En disant Hébreu, Saül méconnaissait la foi glorieuse d’Abraham et la position élevée dans laquelle l’Éternel avait placé Jacob en l’appelant Israël et en faisant de sa postérité son peuple.

Saül pensait rassembler le peuple autour de lui en faisant ainsi publier la victoire de Jonathan. C’est ce qui eut lieu en effet. Mais aussi les ennemis se rassemblent et comme ils sont nombreux ! Comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et trente mille chars, et six mille cavaliers. Que va faire le peuple en présence de tous ces ennemis ? Va-t-il invoquer l’Éternel ? Le roi qu’il s’est choisi le conduira-t-il à Celui qui seul peut le délivrer ?

Non ! c’est la détresse et la débandade. Le peuple se cache dans les cavernes, dans les broussailles, dans les rochers, dans les lieux forts et dans les fosses. Ils avaient demandé un roi qui les conduise dans leurs guerres. Maintenant qu’ils en avaient un, il ne leur était d’aucun secours en présence de leurs ennemis. Ni les uns ni les autres ne savaient se confier en l’Éternel.

D’après La Bonne Nouvelle 1944

LA RÉSURRECTION DE JÉSUS CHRIST

« Ensuite il (Jésus ressuscité) a été vu de plus de cinq cents frères à la fois… Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres ; et après tous… il a été vu aussi de moi (Paul) » 1 Corinthiens 15. 6 à 8.

« Si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine… Mais maintenant, Christ a été ressuscité d’entre les morts… » 1 Corinthiens 15. 17 et 20.

LA RÉSURRECTION DE JÉSUS CHRIST

Pour les Grecs du 1er siècle, comme pour la majeure partie de nos contemporains, la résurrection des corps (le retour de la mort à la vie) était considérée comme quelque chose d’impossible. Ce fait est confirmé par l’ironie et les moqueries des Athéniens à l’égard de Paul quand il affirmait la réalité de la résurrection des morts (Act. 17. 32). Même dans l’église de Corinthe, certains doutaient que les corps puissent ressusciter, ce qui avait conduit l’apôtre à combattre le scepticisme sous-jacent, en rappelant l’importance primordiale de la résurrection. En effet, nier la résurrection équivaut à rejeter l’essence même du christianisme : la résurrection de Christ, l’au-delà, les jugements à venir… Cela signifie nier que Dieu ait accepté le sacrifice de Christ qui efface notre culpabilité et fait de nous des fils de Dieu, si nous croyons en Jésus et L’acceptons comme notre Sauveur.

Paul pouvait défendre vigoureusement la résurrection parce que, alors qu’il croyait qu’il fallait tout mettre en œuvre contre le nom de Jésus le Nazaréen et qu’il persécutait Ses disciples, Jésus Lui-même l’a arrêté en lui parlant depuis le ciel (Act. 9. 4 à 6). Tombé à terre et ébloui par une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil, Paul dut remettre en question toutes ses convictions erronées. Mais dès ce moment et par la suite, Christ ressuscité et vivant devint le centre de son existence et de sa prédication.

Son témoignage s’ajoutait ainsi à celui des nombreux témoins de la résurrection de Jésus. Ceux-là, par le récit qu’ils donnaient de ce à quoi ils avaient assisté, confirmaient la vérité de Sa résurrection, de la même manière que, dans un procès, les témoignages dignes de foi servent à clarifier les faits.

La résurrection de Jésus Christ est un fait confirmé sur lequel se basent notre foi et notre espérance de disciples de Christ, par ce que nous rapporte la Parole de « Dieu qui ne peut mentir » (Tite 1. 2).

D’après « Il buon seme » octobre 2023

L’ÉGLISE

Jésus dit : « Sur ce roc je bâtirai mon assemblée » Matthieu 16. 18.

L’ÉGLISE

Dans le Nouveau Testament, le mot « ekklesia » est traduit par les termes « église » ou « assemblée ». Dans le langage courant, le terme « église » s’identifie à un édifice religieux ou à une communauté de chrétiens. Par contre, dans le Nouveau Testament, ce mot se réfère exclusivement à toutes les personnes qui ont cru en Jésus Christ et qui ont mis leur foi en Lui pour être sauvées. « L’Église universelle », depuis sa formation (au jour de la Pentecôte, Act. 2. 1) jusqu’au jour où le Seigneur viendra la prendre pour l’emmener au ciel (1 Thess. 4. 16 et 17), comprend toutes ces personnes.

Qui est Celui qui « édifie » l’Église ? C’est Jésus Christ Lui-même, qui a dit : « Je bâtirai mon assemblée ».

De qui est-elle composée ? Comme nous l’avons déjà dit, de tous les vrais chrétiens, qui sont des « pierres vivantes » édifiées sur un « fondement » qui est Jésus, et Lui seul, car « personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, qui est Jésus Christ » (1 Cor. 3. 11).

Quelle est la fonction de ceux qui la composent ? Adorer Dieu et être Ses témoins. « Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés en une maison spirituelle – un saint sacerdoce – pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pier. 2. 5).

Le terme « église » (ou « assemblée ») peut aussi se référer aux chrétiens qui se réunissent dans une localité déterminée ; on parle dans ce cas d’une « assemblée locale » (Act. 13. 1).

Jésus seul connaît ceux qui Lui appartiennent. L’Église n’est pas visible. Mais les croyants de l’Église sont bien visibles, ce sont ceux qui ont une relation vivante avec Christ et marchent en suivant Ses traces.

D’après « Il buon seme » octobre 2023

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (10)

Ce que l’Éternel avait dit arriva à tout Israël, c’est ce que nous apprend le chapitre 4 du livre de Samuel, dont nous voulons nous occuper aujourd’hui. Souvenez-vous que toute parole de Dieu s’accomplit à la lettre, qu’Il annonce la bénédiction ou qu’Il annonce le jugement.

Dieu, dans cette circonstance, s’est servi des Philistins pour châtier Son peuple. Les Philistins, vous l’avez sans doute remarqué, sont les ennemis acharnés du peuple de Dieu. Sans cesse ils étaient en guerre avec lui. Ils représentent, pour ce qui nous concerne, ceux qui font profession de christianisme sans toutefois faire partie du peuple de Dieu ou, si vous comprenez mieux, ceux qui, tout en portant le nom de chrétiens, n’ont jamais été convertis. Il ne suffit pas d’avoir été baptisé et de participer à certaines cérémonies religieuses, mais il faut avoir affaire avec Dieu personnellement au sujet de ses péchés et avoir reçu l’assurance qu’ils nous ont été pardonnés, pour être un vrai chrétien.

Ce sont donc les Philistins qui sont en bataille contre les fils d’Israël, car ce n’était pas seulement les deux fils d’Éli qui étaient coupables, mais aussi toute la nation. Souvent, quand un mal quelconque se manifeste parmi le peuple de Dieu, c’est que l’état général du peuple est mauvais. Si donc vous voyez des choses humiliantes se produire autour de vous, au lieu d’accuser celui qui en est coupable, examinez premièrement vos voies devant le Seigneur, afin de savoir si vous n’êtes pas coupables vous-mêmes de choses mauvaises.

C’est en demandant au Seigneur de vous montrer ce en quoi vous pouvez avoir manqué que vous serez capables de connaître vos propres fautes et d’en être pardonnés et délivrés. « Dieu est lumière et il n’y a en lui aucunes ténèbres », nous est-il dit (1 Jean 1. 5). La lumière manifeste tout, on ne peut rien cacher quand on est dans la lumière. C’est en nous tenant devant ce Dieu qui est lumière que nous pouvons être heureux. Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne, mais il n’en est pas dit autant des ténèbres. Vous trouverez ce passage à la première page de votre Bible.

Israël partit donc en bataille contre les Philistins : ils pensaient pouvoir les vaincre, mais, hélas ! ils furent battus devant eux. Quand on a une mauvaise conscience et des péchés qui ne sont pas jugés, on est sans force contre l’ennemi, et nécessairement on est vaincu par lui.

C’est ce qui arriva à ce pauvre peuple qui était dans un mauvais chemin. Environ quatre mille hommes tombèrent dans cette bataille. Que devait faire Israël en présence de ce désastre ? Il fallait rechercher l’Éternel, s’humilier devant Lui et Lui demander ce qu’ils avaient à faire. Au lieu de cela, les anciens du peuple, qui auraient dû avoir de l’expérience et connaître la pensée de Dieu, n’en disent rien et proposent d’aller chercher l’arche de l’alliance de l’Éternel, chose dont Dieu n’avait jamais parlé. En agissant ainsi, ils pensaient que Dieu étant là, leurs ennemis seraient sans force contre Lui, chose qui était parfaitement vraie en elle-même ; mais ils oubliaient que Dieu est saint et qu’il ne peut s’associer avec le mal en aucune manière. Israël et les Philistins ont dû en faire l’expérience aussi bien les uns que les autres ; devant Lui il n’y a pas d’acception de personnes, et les uns comme les autres ont dû porter la peine due à leurs péchés.

Le résultat de tout cela fut que les hommes d’Israël furent encore battus devant leurs ennemis et qu’ils s’enfuirent chacun dans sa tente. Hélas ! Trente mille hommes tombèrent dans ce jour-là. Les deux méchants fils d’Éli moururent, ainsi que l’Éternel l’avait annoncé par la bouche de l’homme de Dieu (ch. 2. 34). On ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme sème, il le moissonne aussi. Pauvres fils d’Éli ! Ils meurent à la fleur de l’âge et sont précipités dans l’éternité sous le jugement de Dieu. Leurs grands privilèges n’ont fait qu’aggraver leur responsabilité. Ils ont eu un père pieux, ont accompli un service dans le lieu saint, et les voici qui meurent de la mort des méchants qui n’accomplissent pas la moitié de leurs jours (Ps. 55. 23). Quel désastre !

Nous avons vu, lors de notre dernier entretien, la fin misérable des deux fils d’Éli et le désastre qui est tombé sur le peuple de Dieu. Comme les conséquences du péché sont affreuses ! Puissiez-vous en avoir une sainte horreur. La source de tous ces maux qui affligent notre pauvre humanité ne se trouve pas ailleurs. Aujourd’hui nous verrons la fin d’Éli.

C’était un vieillard âgé de plus de cent ans, auquel l’Éternel avait accordé, non seulement cette longue vie, mais aussi l’honneur de juger le peuple de Dieu pendant quarante ans. Dans sa vie, il y avait de belles choses mais, ainsi que je vous l’ai fait remarquer précédemment, il manquait d’énergie pour réprimer le mal qui était dans sa famille. Il n’avait pas su ajouter à sa foi la vertu (2 Pier. 1. 5) et, hélas ! il a dû en supporter les conséquences.

Vous pouvez penser comme il était dans l’anxiété en pensant à ses deux fils qui étaient à la guerre, et cela d’autant plus que l’homme de Dieu lui avait fait savoir de la part de l’Éternel que ses deux fils mourraient en un seul jour. Mais une angoisse encore plus grande étreignait son cœur en pensant à l’arche de Dieu, l’arche qui lui était plus précieuse même que ses enfants.

Pauvre Éli ! Son cœur tremblait pour l’arche, et voici un messager qui vient annoncer dans la ville le désastre qui atteignait le peuple de Dieu : le peuple était battu dans la bataille et l’arche de Dieu était prise. Il tombe à la renverse de dessus son siège et se brise la nuque. Vous remarquez que ce n’est pas en entendant la mort de ses fils, mais bien quand il a su que l’arche était prise qu’il est tombé. Comme cette arche lui était précieuse ! Malgré tout, ce fut une triste fin que celle de ce serviteur de Dieu.

Quelle différence avec celle d’un Jacob qui, malgré bien des fautes, pouvait s’en aller en adorant, appuyé sur le bout de son bâton.

Voici donc Éli qui est mort, ainsi que ses deux fils, et voici encore sa belle-fille, femme de Phinées, qui meurt en mettant au monde un fils qui va porter pendant sa vie un nom qui rappellera cette triste journée. Elle appela l’enfant I-Cabod, Ce qui veut dire : privé de gloire. C’est bien ce qui en était du peuple et de la famille sacerdotale. L’arche, la gloire du peuple de Dieu, s’en était allée du milieu d’eux. Voilà quatre morts en un seul jour dans la famille du grand sacrificateur !

Il arrive parfois que Dieu doit agir d’une manière solennelle dans Son gouvernement ; Sa sainteté l’exige. On ne se moque pas de Dieu, et ce qu’un homme sème, cela aussi, il le moissonne. Malgré tout, nous avons affaire à un Dieu de grâce, plein d’amour envers les Siens. Pour Éli, c’était la fin des peines et des souffrances et le repos éternel du paradis de Dieu. Là il entrait comme un objet de la grâce de ce Dieu que, après tout, il avait aimé et servi. Le changement était grand pour lui. Nous avons toujours à nous souvenir de deux choses :

1° La grâce de Dieu qui est plus grande que la misère de ceux qui se confient en Lui,

2° Son gouvernement qui est plein de sagesse et qui est aussi en rapport avec Sa sainteté et qui commence déjà envers ceux qui sont le plus près de Lui.

Nous aurons l’occasion de le constater si nous pouvons continuer ensemble la lecture du livre de Samuel.

Maintenant, que va-t-il arriver ? Le sacrificateur est mort, ainsi que ses fils, la sacrificature est ruinée, l’arche de Dieu est entre les mains des ennemis, la gloire s’en est allée, et le peuple de Dieu est dans l’opprobre : du côté de l’homme tout est perdu et ruiné sans espoir. Malgré tout, Dieu saura bien revendiquer Sa gloire, et la folie de Son peuple ne sera qu’une occasion pour Lui de manifester Sa puissance. Les Philistins pensaient avoir remporté une grande victoire et s’en glorifiaient en mettant l’arche de l’Éternel dans la maison de leur dieu qu’ils appelaient « Dagon ». Leur triomphe a été de courte durée. Il en est toujours ainsi des méchants.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 5 du premier livre de Samuel. Vous vous souvenez que l’arche de l’Éternel a été prise et que les Philistins l’ont placée dans la maison de leur dieu qu’ils appelaient « Dagon », à Asdod. Vous vous demandez peut-être ce que veut dire ce mot. Il vient d’un mot hébreu qui signifie poisson. Le tronc de cette idole se terminait, en effet, en forme de poisson ; la partie supérieure avait des mains et un visage. L’homme, dans sa folie, se fait des dieux selon sa propre imagination et adore du bois, de la pierre, de l’argent et de l’or.

Vous trouverez dans le livre du prophète Ésaïe, chapitres 40 à 48, plusieurs passages qui parlent des idoles, de leur incapacité pour délivrer, et de la folie de ceux qui mettent en elles leur confiance. Hélas ! Il n’est pas nécessaire d’aller en pays païens pour trouver des idoles ; ne voyons-nous pas dans nos contrées, qui se vantent de leur christianisme, des quantités d’images taillées et d’images de fonte devant lesquelles des personnes nombreuses viennent faire leurs prières ? « Gardez-vous des idoles », est la dernière recommandation donnée aux croyants par Jean, le disciple bien-aimé (1 Jean 5. 21). De fait, tout ce qui, dans nos cœurs, vient prendre la place que le Seigneur seul est en droit de posséder est une idole.

Mais revenons à notre sujet. Il semble que, malgré leur victoire, les Philistins n’étaient pas sans inquiétude en pensant à l’arche qui était dans le temple de leur dieu ; aussi ils se sont levés de bonne heure et sont allés voir ce qui s’était passé pendant la nuit. Or leur idole était tombée et gisait la face contre terre devant l’arche de l’Éternel. Pauvre idole et pauvres idolâtres ! Si au moins ils avaient, par ce moyen, appris à connaître la folie de leur culte. Mais non, ils ont remis leur dieu à sa place. Un drôle de dieu qu’il faut porter, mettre en place et qui ne peut ni voir, ni entendre, ni délivrer !

Le lendemain, de bonne heure, ils viennent constater ce qui s’était passé, et voilà que, de nouveau, leur dieu était gisant la face contre terre, mais cette fois-ci la tête et les deux mains étaient coupées et se trouvaient sur le seuil. N’ayant pas de mains, il ne pouvait donc rien faire ! Cette seconde constatation n’a rien appris aux Philistins, pourtant l’Éternel, dans Sa grâce, voulait leur montrer la vanité et le néant du dieu qu’ils avaient servi jusqu’à ce jour. Mais l’homme est aveuglé par le prince des ténèbres. Il faut la puissance de Dieu pour lui ouvrir les yeux et lui montrer le néant et la folie des choses dans lesquelles il met sa confiance. Le peuple d’Israël n’avait pas su glorifier l’Éternel, son Dieu, mais ce Dieu se glorifiait Lui-même devant Ses ennemis. Les Philistins ont dû l’apprendre à leurs dépens. Non seulement l’Éternel a montré la folie de leur dieu, mais aussi Sa main s’est appesantie sur eux et Il les a frappés dans leurs corps d’une maladie humiliante, et aussi dans leurs biens, car les souris ont dévasté le pays. Voyant cela, ils ont consulté leurs princes qui ont décidé d’envoyer l’arche dans une autre ville. Hélas ! la frayeur de l’Éternel a accompagné l’arche à Gath et ensuite à Ékron. Une consternation mortelle était dans toute la ville et le cri en montait vers les cieux. Vraiment la victoire qu’ils avaient remportée sur le peuple de Dieu tournait à leur confusion.

Il en est toujours ainsi pour ceux qui pensent pouvoir faire la guerre à Dieu ou à Son peuple. Car Dieu ne donne jamais Sa gloire à un autre, et même la folie de Son peuple n’est pour Lui qu’une occasion de manifester Sa sagesse et Sa puissance. Il ne peut en aucune manière associer Son nom avec le mal, et cela pas plus chez les Siens que chez Ses ennemis. Israël et les Philistins, dans toute cette scène, ont dû en faire, les uns et les autres, l’amère expérience.

Ce sont des choses dont vous ferez bien de vous souvenir. N’oubliez jamais que Dieu est saint et qu’Il tire vengeance de tout ce qui jette du déshonneur sur Son nom. Dans toute cette scène, nous voyons aussi l’égoïsme du cœur de l’homme. Les habitants d’Asdod se débarrassent de l’arche ; peu leur importe ce qui en sera des habitants de Gath, pourvu qu’eux soient délivrés. Les habitants de cette ville n’agissent pas mieux vis-à-vis de ceux d’Ékron et ils leur envoient cette arche qui leur a amené tant de calamités. Voilà les habitants de cette ville qui poussent des cris en voyant l’arche qui vient chez eux.

Qu’auraient dû faire les uns et les autres ? S’humilier devant Dieu et Lui demander ce qu’ils avaient à faire de Son arche. C’est du reste toujours ainsi que nous devons agir lorsque la main de Dieu s’appesantit sur nous. Nous verrons, la prochaine fois, comment Dieu s’est servi de toutes ces choses pour que l’arche soit renvoyée au milieu du peuple de Dieu.

Vous vous souvenez comment Dieu a su veiller sur Sa gloire quand Son arche était dans le pays des Philistins. Maintenant nous allons voir comment ce Dieu puissant a agi pour que l’arche puisse revenir au milieu de Son peuple. C’est le chapitre 6 du livre de Samuel qui nous raconte comment la chose a eu lieu.

Pendant sept mois, l’arche est restée dans le pays des Philistins ; ce fut un temps de détresse pour ce peuple, car la main de Dieu s’est appesantie fortement sur eux. Ceux qui ne mouraient pas étaient frappés dans leurs corps. Un cri montait de la ville jusque vers les cieux. Que faire ? Il ne leur vint pas à la pensée de s’humilier devant ce Dieu qui les châtiait, et ils n’ont cherché qu’à se débarrasser de Son arche. Ainsi est l’homme dans tous les temps. La présence de Dieu le gêne et, au lieu de s’approcher de Lui en vérité et avec un cœur humilié, il s’éloigne de plus en plus de Lui. Pourtant Il est le Dieu bienheureux et la source de tout bonheur ; ceux qui s’approchent de Lui ne seront jamais confus.

Ces pauvres Philistins préfèrent garder leurs idoles abîmées, mutilées, et qui ne peuvent leur être d’aucun secours, et renvoyer l’arche du seul vrai Dieu. Ils rassemblent les sacrificateurs et les devins pour savoir ce qu’ils devaient faire de l’arche de l’Éternel et de quelle manière ils devaient la renvoyer en son lieu. Ces hommes ont bien, dans une certaine mesure, le sentiment de leur culpabilité, et ils cherchent à apaiser le Dieu d’Israël comme ils cherchent à apaiser la prétendue colère de leurs faux-dieux ; à cet effet, ils proposent de rendre un sacrifice pour le délit. Ils se souviennent aussi de quelle manière l’Éternel a châtié l’Égypte lors de la délivrance de Son peuple. Malgré tout cela, ils préfèrent garder leurs vaines idoles et se complaire dans leur vanité.

Dieu, dans Sa souveraine grâce, s’est servi de tout cela pour l’accomplissement de Ses desseins à l’égard de l’arche : il est le Dieu qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Le moyen qu’emploieront les Philistins ne sera qu’une occasion pour leur montrer que c’est bien Lui qui les a châtiés et qu’on ne se moque pas de Lui impunément : on n’associe pas Sa gloire avec les idoles.

Ils ont placé l’arche sur un chariot neuf et y ont attelé de jeunes vaches qui allaitaient. De quel côté vont-elles aller ? Vers leurs petits ? Non, elles vont tout droit par le chemin de Beth-Shémesh, marchant sur une seule route, allant et mugissant, sans se détourner ni à droite, ni à gauche, jusqu’à la frontière du pays d’Israël. C’était donc bien un témoignage puissant que la main de Dieu était dans tout cela.

Les princes des Philistins virent ces choses ; que devaient-ils penser de tout ce qui s’était passé depuis qu’ils avaient pris l’arche jusqu’à ce jour ? Mais n’avez-vous jamais vu la main de Dieu dans vos circonstances et en particulier dans certains événements de votre vie ? Y avez-vous pris garde et avez-vous écouté ce que ce Dieu, qui s’intéresse aux plus petits détails de notre vie, a voulu vous dire ? Il parle, mais savons-nous faire notre profit des enseignements qu’Il veut nous donner ? Nous nous laissons facilement distraire et ainsi nous perdons toute la bénédiction qu’Il avait en réserve pour nous.

Ceux de Beth-Shémesh moissonnaient les froments dans la vallée. Ils levèrent les yeux, et voilà l’arche qui vient à eux : ils se réjouirent en la voyant. Cette scène nous fait penser à ce qui aura lieu dans peu de temps quand le Seigneur Jésus viendra pour chercher les Siens. Jusqu’à ce jour-là, la vie continuera son train habituel. Les uns seront aux champs faisant la moisson comme les hommes de Beth-Shémesh; d’autres garderont leurs troupeaux comme les bergers (Luc 2. 8) ; d’autres, comme Siméon, se rendront à la maison de Dieu ; d’autres enfin, comme Anne, seront en prière ; et voici, le Seigneur viendra.

En un clin d’œil, en un instant, nous serons avec Lui. Quelle joie excellente remplira tous les cœurs, et quel changement dans la condition des uns et des autres. Cette espérance glorieuse est bien propre à ranimer nos cœurs qui souvent sont abattus et découragés. Attendez le Seigneur chaque jour ; vous ne serez pas confus dans votre espérance.

Les hommes de. Beth-Shémesh se réjouirent donc et offrirent des sacrifices et des holocaustes à l’Éternel. Jamais les princes des Philistins n’avaient vu chose pareille dans leur pays. Ont-ils été touchés dans leur cœur ? Dieu seul le sait. Qu’ont-ils raconté dans la ville d’Ékron à leur retour ? Nous l’ignorons, mais ce que nous savons, c’est que malgré tout Dieu est un Dieu de grâce, que Sa grâce est à l’intention de tous les hommes et qu’Il ne repousse aucun de ceux qui viennent à Lui.

Voici donc l’arche de l’Éternel qui est au milieu du peuple de Dieu. Si Israël n’a pas été fidèle, l’Éternel, Lui, est fidèle ; et si, d’un côté, Il a dû châtier son peuple, d’un autre côté Il lui a fait voir Sa bonté et Sa volonté d’habiter au milieu d’eux. Malgré toutes ses fautes, Israël était Son peuple. Il l’est encore aujourd’hui alors même qu’Il est dispersé parmi toutes les nations. Dieu veille sur Son peuple malgré toutes les persécutions dont il est l’objet. Certainement ceux qui lui font du mal attirent sur eux-mêmes un jugement ; et celui qui le touche, touche à la prunelle de son œil, c’est-à-dire, est frappé de cécité morale : il n’a plus de discernement, il se précipite vers sa ruine.

Les hommes de Beth-Shémesh se réjouirent donc quand ils virent l’arche revenir au milieu d’eux. Il y avait bien de quoi remplir leur cœur d’une sainte allégresse, mais ils ont oublié que c’était une arche sainte et que seuls les sacrificateurs avaient le droit de s’en approcher. Ils ont regardé dans l’arche et l’Éternel les a frappés d’un grand coup : soixante-dix hommes moururent. Ces choses sont écrites pour nous servir d’avertissement.

Nous n’avons jamais à oublier quelle est la sainteté de Dieu, et nous ne pouvons nous approcher de Lui qu’avec un saint respect. Il ne demande qu’à nous bénir, mais Il ne peut le faire qu’en maintenant ce qui convient à Sa gloire. Vous savez très bien que, lorsque vous avez à parler à un de vos supérieurs, vous avez à le faire avec le respect qui lui est dû. La chose est encore bien plus évidente lorsque nous nous approchons du grand Dieu qui a fait les cieux et la terre.

Les habitants de Beth-Shémesh, devant le jugement qui les a frappés, ne firent pas mieux que les Philistins lorsque la main de Dieu s’est appesantie sur eux : ils envoyèrent des messagers aux habitants de Kiriath-Jéarim en leur disant : « Les Philistins ont ramené l’arche de l’Éternel : descendez, faites monter l’arche vers vous ». Ils se débarrassaient ainsi de cet arche sans se soucier de ce qui en serait des habitants de Kiriath-Jéarim.

Vous remarquez que le premier verset du chapitre se relie au chapitre 6. Nous voyons, dans ce verset, qu’à Kiriath-Jéarim il s’est trouvé une maison qui a recueilli l’arche. On la fit monter dans la maison d’Abinadab, sur la colline, et ils sanctifièrent Éléazar, son fils, pour la garder.

Je ne saurais vous dire combien j’aime ce que nous avons dans ce verset. L’arche de l’Éternel a trouvé un lieu de refuge dans la maison d’une famille pieuse. Comme cette famille devait être précieuse au cœur de l’Éternel, et quelle bénédiction devait reposer sur cette maison. Il nous est dit que cette maison était sur la colline. Vous savez que tout dans les Écritures a une signification, et souvent beaucoup plus profonde que nous ne le pensons. Dans la Parole tout est grand, merveilleux, au-delà de toute expression. Cette maison était donc élevée au-dessus de la plaine. Si cela était vrai au sens physique, combien plus la chose était vraie au sens moral, spirituel.

Si le peuple de Dieu était dans un bas état, humilié devant ses ennemis, sans sacrificature et sans sacrificateur depuis la mort d’Éli, cette maison avait l’Éternel au milieu d’elle, jouissait de Sa présence et avait à cœur Sa gloire et Ses intérêts. C’était en particulier une part précieuse pour ce fils, Éléazar, d’avoir le glorieux service de garder l’arche de l’Éternel.

Vous pouvez bien penser que ce Dieu puissant a béni abondamment cette maison de Sa bénédiction qui seule enrichit. Le Psaume 132 fait une allusion au séjour de l’arche dans cette maison : v. 6. « Nous l’avons trouvée dans les champs de Jaar ». Jaar est une expression poétique qui désigne Kiriath-Jéarim.

Maintenant, il n’y a plus d’arche à garder, mais nous avons à maintenir devant le monde les droits de la gloire du Seigneur Jésus. Il est le Seigneur de toute la terre, toute autorité lui a été donnée dans les cieux et sur la terre. Sans doute vous aimez ce Seigneur de gloire. Comment pouvez-vous Le servir dès votre enfance ? La chose est bien simple : Lui obéir en toutes choses. Que Sa parole fasse donc autorité dans toutes les circonstances que vous êtes appelés à traverser. Demandez-vous en tout temps quelle est Sa volonté. C’est ainsi que vous maintiendrez Ses droits dans un monde qui L’a rejeté et qui s’éloigne de plus en plus de Lui.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 7 du premier livre de Samuel. Vous vous souvenez que je vous ai déjà fait remarquer que le premier verset du chapitre 7 se relie au chapitre précédent ; c’est donc au v. 2 que vous commencerez votre lecture. La version du serviteur de Dieu, J.N. Darby, dont je me sers toujours dans les citations que je vous fais, a au commencement du v. 2 un petit astérisque, comme, du reste, vous en trouvez assez souvent dans cette traduction. Ce signe indique un changement de sujet dans le récit qui nous est donné.

Il nous est dit qu’il se passa un long temps, vingt années, pendant lequel le peuple vécut sans l’Éternel. Il semble qu’il L’avait oublié, et, chose encore pire, il servit d’autres dieux, des dieux étrangers, ce que la loi défendait absolument. Dans quel bas état est tombé le peuple de Dieu, allez-vous dire. Ce pauvre peuple n’avait pas été touché par la grâce que Dieu leur avait témoignée en leur renvoyant l’arche de l’alliance ; même il semble qu’ils ne s’en sont nullement souciés lorsque seule la famille d’Abinadab l’avait recueillie. La conséquence de tout cela fut que les Philistins, malgré tous les jugements qui sont tombés sur eux, ont continué à dominer sur Israël et à l’opprimer.

Pauvres fils d’Israël ! Ils oubliaient que l’Éternel était leur libérateur. Ils ne se sont pas souvenus du Dieu puissant qui les avait fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu et qui ne demandait qu’à les combler de bienfaits comme Il l’avait fait jusqu’à ce jour. L’ingratitude et l’oubli se trouvent au fond de notre mauvais cœur.

Vous vous souvenez que Jacob a été longtemps chez Laban ; vingt années, lui aussi, sans s’occuper du Dieu qui lui était apparu à Béthel, ni du vœu qu’il Lui avait fait. Ce n’est qu’après ces longues années qu’il est enfin allé bâtir un autel dans ce lieu où il avait eu la vision de l’échelle dont le sommet touchait aux cieux. Encore, pour qu’il y aille, il a fallu que l’Éternel lui dise d’y monter et lui rappelle le vœu qu’il Lui avait fait. Vous-mêmes, ne vous arrive-t-il pas souvent d’oublier pendant bien des jours le Dieu qui vous comble de bienfaits ?

Samuel, qui était un fidèle serviteur de l’Éternel, a enseigné au peuple ce qu’il devait faire. Nous pouvons bien penser que pendant ce long temps il a prié pour ce peuple infidèle. Le Psaume 99 et le prophète Jérémie, chapitre 45, nous parlent de Samuel comme étant un intercesseur en faveur du peuple de Dieu. C’était un précieux service qu’il accomplissait, service auquel vous aussi vous pouvez vous employer.

Depuis tout jeune on peut prier pour les personnes que l’on connaît et avec lesquelles on est en relation. Vous vous souvenez qu’Anne, la mère de Samuel, était une femme de prière. Son fils suivait l’exemple qu’il avait eu dans sa pieuse mère. C’est une grâce inestimable que d’avoir une mère qui prie pour vous et avec vous ; puissiez-vous l’apprécier et être vous-même des enfants de prière.

Mais ce n’était pas suffisant de se lamenter après l’Éternel, il fallait revenir à Lui et reconnaître ses fautes. Il fallait cesser de mal faire et apprendre à bien faire. Il y avait des dieux étrangers au milieu d’eux, il fallait les ôter et s’attacher fermement à l’Éternel. Samuel leur a dit que s’ils faisaient ce qu’il leur disait, ils seraient délivrés. Dans cette occasion le peuple a obéi et s’en est bien trouvé. L’Éternel a été fidèle à Sa promesse.

Gravez bien dans votre cœur que l’obéissance est le grand principe guérisseur de tous les maux qui peuvent nous affliger. Dans quelque circonstance que vous puissiez vous trouver, obéissez à ce que dit la Parole du Seigneur ; vous vous en trouverez toujours bien. Soyez bien assurés que toute désobéissance amène avec elle ses funestes conséquences : il ne peut pas en être autrement. Si les fils d’Israël n’avaient pas fait ce que Samuel leur avait dit, ils seraient restés dans leur misère et sous la dure servitude des Philistins.

Une autre chose : le peuple devait se rassembler, car c’est dans le rassemblement que nous recevons la bénédiction. Satan cherche toujours à disperser ; le Seigneur rassemble et Il bénit ceux qui sont autour de Lui. La perte est toujours grande quand nous négligeons le rassemblement. Évidemment l’ennemi nous donnera de bonnes excuses pour ne pas aller à l’assemblée tel ou tel jour ; il fait mauvais temps, tu as beaucoup de travail aujourd’hui, tel et tel néglige les rassemblements beaucoup plus que toi et ne s’en porte pas plus mal, et bien d’autres choses semblables. Soyez certains que c’est le tentateur qui aura le profit de votre négligence, et vous-même vous n’en aurez qu’une perte.

Quand on obéit, on voit les merveilles d’un Dieu qui se plaît à bénir ceux qui Le recherchent.

Je viens m’entretenir avec vous aujourd’hui, et vous parler des grandes choses que l’Éternel a faites pour Son peuple quand il a été réuni à Mitspa. Vous vous souvenez que Samuel leur avait dit de se rassembler dans ce lieu, et qu’il prierait l’Éternel pour eux.

La prière a une grande importance et a toujours occupé une grande place dans la vie des hommes de Dieu. Lorsque le peuple a été réuni, il a puisé l’eau et l’a répandue devant l’Éternel. Que signifiait cet acte ? Vous savez que nul ne peut recueillir de l’eau qui est répandue sur le sol. Dieu seul peut le faire ; il lui suffit d’envoyer un rayon de son soleil et cette eau s’évapore et s’envole dans les nuées. Cette eau répandue était donc une image de ce qu’était la nation ; elle était dans un si misérable état que Dieu seul pouvait intervenir en sa faveur et la restaurer. C’était donc de leur part une belle confession du bas état dans lequel ils se trouvaient.

Certainement Dieu ne pouvait que prendre Son plaisir en eux, voyant leur humiliation. Ils jeûnèrent ce jour-là et dirent : « Nous avons péché contre l’Éternel ». Vous savez que si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. Cherchez ce passage dans la première épître de Jean, afin que vous puissiez sans cesse vous en souvenir. Dieu est fidèle à Sa promesse et juste envers Christ, car c’est Lui qui, par Son sacrifice, nous donne le pardon de toutes nos fautes. Puisqu’Il a porté le châtiment que nous avions mérité, c’est un acte de justice envers Lui de nous remettre nos fautes. Si un ami m’a payé toutes mes dettes, ce serait une injustice de la part de mon créancier que de venir m’en réclamer le montant.

Là, à Mitspa, Samuel a jugé les fils d’Israël ; il fallait bien que chacun reconnaisse personnellement ses fautes ; ce fidèle serviteur pouvait faire connaître aux uns et aux autres quelle était leur culpabilité.

Après cela, il prit un agneau de lait, un petit agneau qui n’avait jamais quitté sa mère, et il l’offrit tout entier en holocauste à l’Éternel. C’était un sacrifice de toute beauté : il parlait, par avance, de Celui qui, de toute éternité, était auprès du Père, Son nourrisson, Son artisan, Ses délices de chaque jour, comme nous le lisons dans le chapitre 8 des Proverbes, et qui est venu s’offrir en sacrifice – sacrifice qui est monté devant Dieu comme un parfum d’agréable odeur.

Vous remarquez que ce n’était pas un sacrifice pour le péché que Samuel a offert, mais bien un holocauste qui rappelait la relation dans laquelle le peuple se trouvait déjà avec l’Éternel – relation qui ne pouvait que subsister et que rien ne pouvait rompre, puisqu’elle reposait, non sur la fidélité du peuple, mais sur la valeur du sacrifice que Christ allait accomplir.

Du reste Israël, ainsi que nous-mêmes, ne pouvait en aucune manière être béni qu’en vertu du sacrifice de Christ. Au moment où Samuel offrait l’holocauste, les Philistins montèrent contre Israël pour lui faire la guerre. Ils pensaient que le bon moment pour les attaquer était arrivé, puisqu’ils étaient réunis, non point pour faire la guerre, mais pour adorer. La sagesse de l’homme n’est que folie aux yeux de Dieu et certes Dieu ne voulait pas abandonner ceux qui Lui rendaient culte, ni un peuple qui s’était humilié devant Lui. Si ce peuple était incapable par lui-même de faire face à ses ennemis, son Dieu saurait bien les protéger et les délivrer, et c’est ce qu’Il fit en envoyant un grand tonnerre sur les Philistins et en les mettant en déroute ; et ils furent battus devant Israël.

L’Éternel est un grand Dieu et ceux qui se confient en Lui ne seront jamais confus. Quand Israël était dans un mauvais état, il a fui devant ses ennemis, ainsi que nous l’avons vu au chapitre 4. Maintenant qu’il sert son Dieu, ce sont ses ennemis qui s’enfuient devant lui comme la fumée devant le vent. A cette occasion, Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher et l’appela « Eben-Ezer », ce qui veut dire : la pierre de secours ; il l’a fait en disant : « L’Éternel nous a secourus jusqu’ici ». Vous trouverez plusieurs fois Eben-Ezer dans vos lectures de la Parole ; vous vous souviendrez de ce que ce mot veut dire. Ne pouvez-vous pas, vous aussi, dire que le Seigneur vous a secourus jusqu’ici ? Le chemin du croyant est comme tout parsemé de monuments qui s’appellent Eben-Ezer.

Mais je vois que je m’allonge. Ce chapitre contient tant de belles choses. Nous y reviendrons encore dans notre prochaine leçon. En attendant, cherchez vous-mêmes et nous verrons si nous avons eu les mêmes pensées.

Nous avons vu que l’Éternel est intervenu en faveur de Son peuple qui s’était humilié devant Lui. Il avait envoyé un grand tonnerre qui avait mis en déroute les Philistins. Sa puissance est infinie et II fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Cette puissance est constamment employée en faveur de ceux qui se confient en Lui ; certes, jamais ils ne sont confus. Dans vos difficultés, vos détresses, vos luttes, ne manquez jamais de Le faire intervenir ; faites-le en toutes choses et certainement vous serez émerveillés. Je pourrais vous en raconter un grand nombre dont j’ai été le spectateur pendant ma longue vie.

Depuis ce jour mémorable, les Philistins ne sont jamais rentrés dans le pays ; ils furent abaissés et aussi réduits à l’impuissance. La fidélité de Samuel eut des conséquences heureuses et pour longtemps. S’il est vrai qu’un seul pécheur détruit beaucoup de bien, comme ce fut le cas avec les malheureux fils d’Éli, il est vrai aussi que la fidélité d’un seul homme pieux a des conséquences heureuses et bénies pour longtemps. Non seulement le peuple d’Israël a été préservé des invasions de ses ennemis, mais aussi les villes qui étaient tombées sous la domination des Philistins retournèrent au peuple de Dieu. Ainsi une grande bénédiction pour tout le peuple de Dieu a été la conséquence de ce jeûne et de cette humiliation qui ont eu lieu à Mitspa.

L’humilité va au-devant de la gloire comme l’orgueil va au-devant de l’écrasement. Il en est toujours ainsi. Lisez à ce sujet ce qui est écrit dans la première épître de Pierre, chapitre 5. 5 à 7, et gravez-le au plus profond de vos cœurs. Depuis ce jour-là, le peuple jouit de la paix ; y a-t-il chose plus appréciable que la paix ? Que ne donneraient pas les hommes aujourd’hui pour la posséder ?

Les derniers versets de notre chapitre nous apprennent que Samuel faisait un voyage d’année en année, toujours le même ; il s’arrêtait dans trois endroits : à Béthel, à Guilgal et à Mitspa. En faisant cela il rappelait au peuple trois grandes vérités qu’il était en danger d’oublier. La première, qu’il y avait la maison de Dieu. Béthel veut dire maison de Dieu. C’est là que Jacob vit dans son songe la merveilleuse échelle dressée sur la terre et dont le sommet touchait aux cieux.

Pour nous, aujourd’hui, la Maison de Dieu, c’est l’assemblée. Vous trouverez cette vérité dans le chapitre 3 de la première épître à Timothée Lorsque vous vous réunissez avec les saints dans l’assemblée, venez-y avec tout le respect qui est dû à la Personne du Seigneur ; Il est là au milieu de deux ou trois que Son nom a assemblés. S’Il est invisible à l’œil de la chair, la foi Le contemple, et le fidèle fait la douce expérience qu’Il est là, Il console, Il encourage, Il édifie ; Sa présence réjouit le cœur des Siens.

Ensuite il allait donc à Guilgal. C’était là que le peuple avait campé près du Jourdain après être entré dans le pays de la promesse, et c’est aussi là que Josué avait dressé les douze pierres qui avaient été prises au fond du Jourdain. Ces douze monuments proclamaient que ce peuple avait été tiré des profondeurs des eaux de la mort. Le Jourdain, dans les Écritures, est l’image de la mort. Guilgal veut dire : « roulement », car depuis que le peuple a été à Guilgal, l’opprobre de l’Égypte a été roulée de dessus lui.

Pour nous, nous sommes morts et ressuscités avec Christ, et même, par la foi, assis en Christ dans les lieux célestes. Nous ne sommes pas plus du monde que le Seigneur Lui-même, et notre bourgeoisie est dans les cieux. C’est de là que nous sommes et nous avons à agir comme étant tels. C’est une grâce inappréciable que de ne plus être d’un monde qui passe et qui s’en va vers le jugement, conduit par le prince des ténèbres.

En dernier lieu, Samuel allait donc à Mitspa. Cela rappelait à un peuple oublieux que l’Éternel les avait secourus jusqu’ici et qu’Il pouvait encore le faire et le délivrer dans toutes ses détresses. Le monument Eben-Ezer était là pour le leur rappeler.

Après ce voyage, Samuel retournait à Rama, car là était sa maison. Là, il avait bâti un autel. Petit enfant, il s’était prosterné devant l’Éternel. À la fin sa vie, il était encore un adorateur. Deux choses ont caractérisé la vie de cet homme de Dieu : la prière et l’adoration. N’aimeriez-vous pas lui ressembler ?

Si le chapitre 7 de notre livre contient bien des sujets de joie, le chapitre 8, par contre, est plein de sujets de tristesse. Ainsi est souvent la vie du croyant. De grandes joies et de grandes tristesses sont nécessairement la part de celui qui veut être fidèle au Seigneur. L’apôtre Paul en parle souvent dans ses épîtres et spécialement dans la deuxième épître aux Corinthiens et l’épître aux Philippiens. Mais dans toutes ses afflictions, le fidèle trouve en Dieu de précieuses consolations : Il est le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation qui console les Siens dans toutes leurs afflictions (2 Cor. 1. 4). C’est une grâce inappréciable que de Le connaître ainsi et de faire en tout temps l’expérience de Sa fidélité qui ne fait jamais défaut pour ceux qui se confient en Lui.

Le premier sujet de tristesse pour Samuel, que nous voyons dans ce chapitre, provient de ses fils qui ne marchaient pas sur les traces de leur père. Le bon exemple qu’ils avaient eu sous les yeux ne leur avait pas profité et ils recherchaient le gain déshonnête. Comme cela devait être douloureux pour leur père pieux de voir la conduite de ses fils. Lui, il avait suivi l’exemple de sa pieuse mère qui était une femme de prière et ses fils n’en faisaient aucun cas. Vous-mêmes voudriez-vous assombrir les derniers jours de vos vieux parents ? Le livre des Proverbes nous dit qu’un fils sage réjouit son père, et qu’un fils insensé est le chagrin de sa mère (ch.10. 1).

Il semble aussi que le discernement spirituel a fait défaut à Samuel dans cette circonstance. Vous savez qu’un seul Homme n’a jamais eu ni faiblesse, ni défaillance. C’est Samuel qui a établi ses fils comme juges sur Israël ; il pensait que ses fils seraient justes et droits comme lui, hélas ! il n’en a rien été. Il aurait mieux fait d’attendre que l’Éternel Lui-même établisse de nouveaux juges sur Son peuple.

Quoi qu’il en soit, ce fut une chose pénible pour lui d’entendre dire au peuple : « Tes fils ne marchent pas dans tes voies ».

Un autre grand sujet de tristesse pour Samuel fut d’entendre le peuple demander un roi comme les autres nations. En le faisant, il rejetait l’Éternel et Samuel, Son prophète. Ils ajoutaient à leurs nombreux péchés celui d’abaisser le niveau du peuple de Dieu au niveau des nations idolâtres qui ne connaissaient pas l’Éternel, ni Sa grande puissance, cette puissance qui avait délivré le peuple de l’Égypte, lui avait fait traverser les eaux de la mer Rouge et du Jourdain, l’avait introduit dans le pays de la promesse et l’avait délivré maintes fois de ses ennemis.

De fait, c’était l’Éternel qui était leur roi, qui les avait menés en triomphe devant leurs ennemis, qui avait envoyé ses tonnerres pour anéantir ceux qui venaient contre eux pour leur faire la guerre. Qu’avaient-ils donc besoin d’un roi pour les conduire dans leurs guerres, puisque l’Éternel combattait pour eux ?

Samuel en est attristé et, comme de coutume, il prie. Si nous savions toujours faire comme lui, que de choses pénibles et humiliantes nous éviterions.

Fidèle témoin, il a aussi clairement averti le peuple de ce qu’il en serait du régime du roi qu’ils demandaient, mais ils n’ont rien voulu entendre et ils ont persévéré dans leur désir d’être comme les autres nations. Nous ne tarderons pas à en voir les funestes conséquences ; si nous n’écoutons pas la voix de Dieu, nécessairement nous aurons affaire avec Sa discipline. Encore une fois nous voyons la sagesse de Samuel. L’Éternel lui dit d’écouter la voix du peuple et d’établir un roi sur eux. Au lieu de cela, il dit aux hommes d’Israël de retourner chacun dans sa ville. Il voulait attendre que l’Éternel Lui-même leur en choisisse un et qu’Il le lui envoie. C’était plus sage, et l’Éternel l’a choisi Lui-même et le lui a envoyé plus tard. C’est ce que nous verrons dans le chapitre suivant. Je n’aimerais pas clôturer cette leçon en vous laissant sur une impression pénible et je veux la terminer en vous apprenant une chose qui vous réjouira.

Si Joël, le fils aîné de Samuel, a été infidèle, ainsi que nous l’avons vu, par contre son petit-fils Héman a été un sujet de joie pour l’Éternel. Nous lisons, en effet, dans le premier livre des Chroniques, chapitre 6. 31 à 34 : « Et ce sont ici ceux que David établit pour la direction du chant sur la maison de l’Éternel, depuis que l’arche fut en repos. Et ils faisaient le service devant le tabernacle de la tente d’assignation, pour le chant, jusqu’à ce que Salomon eût bâti la maison de l’Éternel à Jérusalem ; et ils se tinrent là selon l’ordre établi pour leur service. Et ce sont ici ceux qui se tenaient là et leurs fils: Des fils des Kéhathites : Héman, le chantre, fils de Joël, fils de Samuel, fils d’Elkana ».

C’est donc lui qui en tout premier lieu est mentionné comme chantant les louanges de l’Éternel et conduisant ceux qui accomplissaient ce précieux service devant la demeure de Dieu. Si le fils de Samuel n’avait pas été fidèle, son petit-fils avait agi d’une manière bien différente. Après tout, la fidélité de Samuel a eu des résultats précieux dans sa famille même.

Vous vous souvenez que Samuel, au lieu de choisir un roi pour Israël, est retourné dans sa maison, en attendant que l’Éternel en choisisse un et le lui envoie. En faisant ainsi, il était certain de ne pas se tromper et de pouvoir dire au peuple : Voici le roi que l’Éternel vous a choisi.

C’est ce qui, en effet, a eu lieu plus tard, et cela nous est raconté dans le chapitre 9 du premier livre de Samuel. C’est ce dont je désire vous occuper aujourd’hui. Ce chapitre est rempli d’enseignements précieux. Puissiez-vous en faire votre profit et y trouver autant de joie en le lisant que j’en ai eu moi-même, il y a déjà bien des années, lorsque je l’ai lu et médité avec un grand nombre d’amis.

Mais comme le temps passe rapidement ! Faites comme Moïse, homme de Dieu, qui a dit à l’Éternel : « Enseigne-nous à compter nos jours, afin que nous en acquérions un cœur sage ». Je ne vous dis pas où ce passage se trouve, désirant que vous le cherchiez vous-mêmes dans le premier Psaume d’un des cinq livres. Vous avez sans doute remarqué qu’il y a cinq livres de Psaumes. Je tâcherai, dans une autre occasion, de vous en expliquer le caractère. Aujourd’hui cela nous détournerait trop du sujet qui nous occupe. Puisque nous n’avons que peu de jours ici-bas, sachons au moins ne pas gaspiller le temps précieux qui nous est donné pour servir et honorer notre Seigneur dans un monde où Il a été couronné d’épines. Que nous réalisions ce que dit le cantique « Seigneur ! sanctifie nos jours, nos moments. Fais que notre vie t’honore en tout temps ». Maintenant occupons-nous de notre chapitre.

En commençant nous y trouvons un homme fort et vaillant, de la tribu de Benjamin, dont le nom était Kis. Nous savons que, pour être fort, il faut avoir conscience de sa faiblesse et de son incapacité ; cela nous fait dépendre du Dieu tout-puissant qui se plaît à magnifier Sa puissance dans notre infirmité. L’apôtre Paul disait : « Quand je suis faible, alors, je suis fort » (2 Cor. 12. 10). L’apôtre Paul, lui aussi, était de la tribu de Benjamin. C’est la seule tribu qui s’est attachée à la maison de David lorsque le royaume a été partagé après la mort de Salomon. Il semble qu’une bénédiction particulière a reposé sur cette tribu. Du reste, il est toujours vrai que la bénédiction est la récompense toute naturelle de la fidélité au Seigneur. Nous trouvons ce principe tout du long des Écritures.

Kis avait un fils dont le nom était Saül ; c’est lui que l’Éternel avait choisi pour régner sur Son peuple. Aux yeux des hommes, nul n’était plus propre que lui à occuper ce poste d’honneur. Il était un homme d’élite ; dans la guerre un chef capable. Sa haute stature le faisait remarquer aux yeux de tous, puisqu’il était plus grand que tout le peuple depuis les épaules en haut. Sa beauté aussi le distinguait. Ces caractères, appréciés par les hommes, n’ont que peu de valeur aux yeux de Dieu. Du reste, la fin de Saül ne manquera pas de nous le montrer.

C’est un grand danger de regarder à ce qui a de l’apparence, mais Dieu regarde au cœur. Lui seul sait ce qui en est de notre être intérieur : Il sonde les reins et les cœurs. Puissiez-vous vous en souvenir afin de marcher dans la crainte et dans la dépendance de Dieu, qui seul peut nous garder sans que nous bronchions et nous placer irréprochables dans Sa gloire avec abondance de joie. Nous verrons dans notre prochaine leçon quelles ont été les circonstances qui ont mis Saül en contact avec Samuel, car Dieu dirige toutes choses pour l’accomplissement de Ses desseins d’amour envers les siens.

Lors de notre dernière leçon, je vous ai dit quelques mots de Saül et de son père, mais, faute de temps, je n’ai pas pu vous donner beaucoup de renseignements sur ce futur roi d’Israël. Nous allons maintenant voir les circonstances qui ont accompagné l’établissement de son règne.

Son père avait perdu ses ânesses ; chose en apparence insignifiante, mais qui a été, dans la main de Dieu, le moyen par lequel Il l’a amené vers Samuel, qui l’a oint pour être roi sur le peuple d’Israël. Évidement la perte de ces ânesses était sensible à Kis. Dans son désir de les retrouver, il a envoyé son fils Saül avec un de ses serviteurs pour les chercher. Mais ces deux hommes ont couru en vain et ne les ont pas trouvées. Passant d’un pays dans un autre, ils se sont fatigués sans succès.

Ces deux hommes qui cherchent nous font penser à tant d’êtres humains dans ce monde. Depuis que l’homme a perdu le paradis terrestre, il cherche, cherche sans cesse, sans trouver le bonheur qu’il a perdu à cause de sa désobéissance. Quel pauvre être que l’homme ! Dieu l’avait établi sur la création qui était sortie parfaite de Ses mains, mais, depuis la chute, il est comme un pauvre roi détrôné, misérable, sans repos et sans paix. Les uns cherchent le bonheur dans une chose, les autres dans une autre, et tous font la même expérience que le roi Salomon qui a dit : « Vanité des vanités ! Tout est vanité et poursuite du vent ».

Mais Dieu est plein de miséricorde. Il voyait ce pauvre Saül qui dépensait ses forces en vain et Il s’est servi de son serviteur pour lui indiquer ce qu’il avait à faire. Souvent Dieu se sert des humbles et des petits pour nous enseigner les leçons les plus grandes et les plus précieuses. Si nous savions au moins toujours écouter quand Dieu veut nous parler !

Vous connaissez certainement l’histoire de la petite fille israélite qui avait été emmenée en captivité par les Syriens et qui servait Naaman, chef de l’armée du roi de Syrie. Ce grand chef était lépreux, et cette petite fille dit à sa maîtresse : « Oh ! si mon seigneur était devant le prophète qui est à Samarie ! Alors il le délivrerait de sa lèpre ». Bien lui en a pris d’écouter la voix de cette petite esclave : il a été délivré de son affreuse maladie et a appris à connaître le seul vrai Dieu. C’est un encouragement pour vous, enfants, à être fidèles au Seigneur Jésus. Si vous l’aimez, Il peut se servir de vous pour faire de grandes choses, et cela même à votre insu.

Le serviteur de Saül savait que, dans la ville voisine, il y avait un homme de Dieu, et il a conseillé son maître d’aller le voir. « Peut-être », lui dit-il « nous enseignera-t-il le chemin par lequel nous devons aller ». Nous pouvons remarquer ici une des qualités de Saül, il consent à écouter le serviteur qui était sous ses ordres. Il était, ainsi que nous l’avons vu, un homme d’élite et beau, mais il y a aussi chez lui d’aimables qualités. Vous remarquez, enfants, que maintenant la question, pour Saül et pour son serviteur, était de savoir quel était le chemin par lequel ils devaient aller.

Ils étaient perdus. Il en est ainsi de tout homme dans son état naturel ; il a tout perdu et il est aussi perdu même. Triste condition ! Qui donc peut lui faire connaître le chemin qui le ramènera à Dieu ? Vous savez que le Seigneur a dit : « Je suis le chemin… nul vient au Père que par moi » (Jean 14. 6). C’est donc au Seigneur Jésus qu’il faut aller, de la même manière que Saül et son serviteur sont allés à l’homme Dieu. Vers lui ils ont trouvé infiniment plus qu’ils n’auraient jamais osé espérer. Il en est de même pour tous ceux qui s’approchent de Dieu par Jésus Christ.

Samuel, vers lequel Saül était allé, était donc un homme de Dieu. Je pense qu’il est bon que je vous donne quelques enseignements sur ce qu’est un homme de Dieu. Lorsqu’une question se pose, quand nous lisons la Parole, nous avons à nous souvenir que c’est la Parole elle-même qui pourra nous renseigner. C’est donc dans les Écritures que nous trouverons la réponse à la question qui est devant nous dans ce moment. Dans les deux épîtres à Timothée nous trouvons ce titre : homme de Dieu. Ce sont les seules fois où il est employé dans le Nouveau Testament.

Par contre, nous le trouvons fréquemment dans l’Ancien Testament. Un homme de Dieu est un homme qui est là de la part de Dieu, qui Le sert, qui vit dans Sa communion, qui marche selon les enseignements de Sa Parole et qui, par conséquent, est capable de faire connaître le Dieu qu’il sert, quelle est Sa volonté et quelles sont Ses ressources en présence des besoins du moment – de même aussi, ce que doivent faire ceux qui veulent lui obéir. Un homme de Dieu pouvait dire : « Ainsi dit l’Éternel ! » Samuel occupe une grande place parmi les hommes de Dieu de l’Ancien Testament. Ce titre glorieux lui est donné plusieurs fois. Dans le v. 6 de notre chapitre, il nous est dit qu’il était un homme considéré et que tout ce qu’il disait arrivait infailliblement. Une telle considération ne pouvait provenir que d’une marche fidèle et irréprochable. Le secret de l’infaillibilité de ce qu’il disait venait du fait que l’Éternel se révélait à lui par Sa parole, ainsi que nous le lisons au chapitre 3. 21. Il vivait aussi dans une intime communion avec l’Éternel.

Nous verrons plus loin que, un jour avant que Saül vienne vers lui, l’Éternel l’avait déjà averti, lui disant : « Demain, à cette heure, je t’enverrai un homme du pays de Benjamin » ; et lorsque Samuel voit Saül, l’Éternel lui répond : « Voilà l’homme dont je t’ai parlé ». Répond quoi ? dira quelqu’un. C’était la réponse à la demande de Samuel. Il vivait donc dans une intime communion avec Dieu.

C’est une chose merveilleuse qu’un homme sur la terre soit dans une telle intimité avec le grand Dieu tout-puissant. Samuel attendait que l’Éternel lui envoie le roi qu’Il avait choisi, et Dieu l’avertit d’avance de son arrivée et lui donne des signes certains qu’il était bien celui dont Il lui avait parlé. Il n’y avait donc pas à s’y tromper.

Nous remarquons aussi que d’autres serviteurs de Dieu ont été honorés par Lui et ont reçu de Sa part ce titre d’hommes de Dieu. Moïse est appelé six fois de ce nom (Deut. 33. 1 ; Jos. 14. 6 ; 1 Chron. 23. 14 ; 2 Chron. 30. 16 ; Esd. 3. 2 et dans le titre du Psaume 90). Il vaut la peine que nous considérions de près tous ces divers passages, car leur importance est grande.

Nous pouvons remarquer trois choses principales qui nous sont dites de Moïse, en rapport avec son titre d’homme de Dieu.

La première, c’est que la parole de l’Éternel était dans sa bouche. La loi de l’Éternel est même appelée la loi de Moïse. Ce qu’il avait dit était la parole même de l’Éternel dans toute sa pureté. Il n’y avait rien ajouté et il n’en avait rien retranché. Cela est des plus importants dans tous les temps. Lisez la Parole et mettez-la en pratique, ne vous laissez pas arrêter par la peur des conséquences de votre obéissance : c’est Dieu qui s’en charge. N’y ajoutez rien, n’en retranchez pas un trait de lettre. Faites toujours ce que Dieu dit et vous vous en trouverez bien.

Une seconde chose qui caractérisait Moïse, c’est qu’il était un homme de prières : « Prière de Moïse, homme de Dieu », avons-nous vu dans le Psaume 90. Là, il priait pour un peuple coupable qui avait violé la sainte loi qu’il lui avait apportée du sommet du mont Sinaï.

La troisième chose qui nous est dite en rapport avec ce titre d’homme de Dieu est la part bénie que ses fils ont eue dans la tribu de Lévi. C’est cette tribu qui avait le privilège inestimable de pouvoir servir Dieu dans Son sanctuaire. Ces trois choses nous font penser à Timothée qui, dès son enfance, connaissait les saintes lettres. L’apôtre Paul, dans les deux épîtres qu’il lui a adressées, nous montre l’importance de garder la Parole et de persévérer dans la prière.

Mais je vois que ma leçon s’allonge ; malgré cela j’aimerais vous parler encore de David, le doux psalmiste d’Israël qui chantait les louanges de l’Éternel quand il était un jeune garçon, en jouant de la harpe lorsqu’il gardait les brebis de son père. Il est aussi appelé plusieurs fois un homme de Dieu, et cela en rapport avec la louange : 2 Chron. 8. 14 ; Néh. 12. 36. Vous lirez ces passages. Il était donc un homme de Dieu qui louait l’Éternel et qui enseignait le peuple de Dieu à Le louer. Heureux service !

Élie et Élisée aussi ont reçu ce titre d’hommes de Dieu. Lisez leur histoire et vous en retirerez un réel profit pour vos âmes.

Nous trouvons aussi d’autres hommes de Dieu dont les noms ne nous sont pas donnés, dans 1 Rois 13. 1 ; 2 Chron. 11. 2 et 25. 7.

Enfin, dans Juges 13, un homme de Dieu dont le nom est « Merveilleux », Je pense que vous y verrez les traits de Celui qui est homme et Dieu tout à la fois. Un homme qui, dans la flamme du sacrifice, est monté dans les cieux. Il n’est pas difficile d’y voir un rayon de la gloire de notre Seigneur.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce titre « homme de Dieu », mais j’aime à penser que le peu que je vous en ai fait connaître suffira pour vous faire désirer de revêtir les caractères d’hommes de Dieu.

D’après La Bonne Nouvelle 1943

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (9)

Nous relirons encore aujourd’hui le chapitre du premier livre de Samuel. Il contient tellement d’enseignements précieux que j’ai à cœur de vous en parler une fois de plus.

A la naissance du fils tant désiré, Anne, sa mère l’a appelé « Samuel », ce qui veut dire : demandé à Dieu, ou Dieu a exaucé.

Vous vous souvenez qu’Elkana et Anne portaient des noms qui avaient une signification et qui rappelaient l’un et l’autre qu’ils connaissaient la merveilleuse grâce de Dieu. Le nom de leur fils rappelait que ce Dieu de grâce répond aux prières de ceux qui revendiquent, non leurs bonnes œuvres, mais bien la grâce de ce Dieu qui se plaît à bénir ceux qui se confient en Lui.

Sitôt que Anne eut sevré son fils, elle l’amena à la maison de l’Éternel afin qu’il paraisse devant Lui et qu’il demeure là pour toujours. Dans ce temps-là, l’Éternel habitait à Silo, là où était l’arche ; plus tard Il a habité à Jérusalem dans le temple que Salomon avait bâti.

Maintenant que ce temple est détruit, le Seigneur ne demeure plus dans une maison faite de main d’homme, mais dans une maison spirituelle composée de pierres vivantes. Tous les croyants sont comme les pierres-mêmes de cet édifice. Ils sont unis les uns aux autres par le Saint Esprit et forment ainsi l’assemblée de Dieu.

Quand les croyants sont assemblés au nom du Seigneur Jésus, Il vient là au milieu d’eux et Il les bénit. Sa présence n’est pas visible à l’œil de la chair, mais elle se réalise par la foi. Puisqu’Il a promis d’être au milieu d’eux (Matthieu 18. 20). Il ne peut manquer à Sa parole, et tous ceux qui viennent là, se confiant en Lui, en font l’heureuse expérience de la même manière qu’Elkana et Anne en ont fait l’heureuse expérience dans la maison qui était à Silo. Dans cette maison ils ont prié, ils ont été consolés, réjouis et ont adoré, car l’Éternel était là.

Il en est de même pour nous quand nous nous rassemblons, non autour d’un homme, mais autour du Seigneur. Il est fidèle et Il se plaît à bénir ceux qui se confient en Lui.

Le cœur d’Anne devait déborder de joie et de reconnaissance envers l’Éternel. La prière et les larmes avaient fait place à l’adoration. Il en est toujours de même lorsque nous prions avec instance. Dieu nous répond, et naturellement la reconnaissance remplit le cœur et de la bouche s’élève la louange.

Nous comprenons que cette femme pieuse ne pouvait rien désirer de mieux pour son fils que de le voir demeurer dans ce saint lieu pour tous les jours de sa vie ; aussi elle le prête, pour tous les jours de sa vie, à ce Dieu qui l’avait si richement bénie.

Heureuse mère, et heureux fils d’une telle mère ! Avez-vous su apprécier votre mère qui, dès votre jeune âge, vous a appris à prier et vous a conduits dans le lieu où Dieu est adoré ?

En allant à la maison de l’Éternel, Anne a pris avec elle trois jeunes taureaux pour les offrir en sacrifice à l’Éternel. Elle savait qu’on ne peut s’approcher de Dieu qu’en vertu d’un sacrifice. Or le sang de taureaux et de boucs ne peut pas ôter les péchés, mais seul le sang de Christ nous purifie de tout péché et nous rend parfaits à perpétuité. Le sacrifice d’Anne parlait à l’avance de ce sacrifice, il en était une ombre, une figure.

Elle a aussi amené avec elle un épha de farine et une outre de vin. La farine nous parle de Celui qui a dit : « Je suis le pain qui est descendu du ciel ». Le vin nous parle de la joie que le croyant a dans la Personne du Seigneur Jésus. Vous savez qu’il est dit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4).

Enfin, Samuel, bien que très jeune, s’est prosterné devant l’Éternel. Dès son enfance, il a été un adorateur. Le Père en cherche dans le monde. Avez-vous pensé que malgré votre jeunesse vous pouvez vous aussi Lui rendre ce précieux service ? Vous pouvez chanter Ses louanges et Lui parler de ce que le Seigneur Jésus a fait en venant dans ce monde ; Lui, le seul homme qui L’ait glorifié dans Sa vie et dans Sa mort.

Aujourd’hui nous lirons le deuxième chapitre du premier livre de Samuel. Vous remarquerez d’emblée que les dix premiers versets de ce chapitre sont une prière de Anne. Cette chère Anne priait quand elle était dans la détresse, et elle continuait à le faire quand elle était dans la joie. Il y a là un grand enseignement pratique pour nous. Prions sans cesse. Généralement, quand nous sommes dans des difficultés, cela nous pousse à prier, mais malheureusement, lorsque les circonstances changent et que les difficultés disparaissent, nous négligeons facilement la prière.

Priez en tout temps, faites intervenir le Seigneur dans vos circonstances quand tout semble aller à souhait aussi bien que lorsque vous traversez des circonstances pénibles ou difficiles. C’est une vérité de toute importance.

Il est évident que les prières changent de caractère suivant les besoins et les temps que nous traversons. Nous n’avons qu’à comparer la prière d’Anne au premier chapitre de notre livre avec celle qui nous occupe dans ce moment, pour voir la différence du caractère de ses prières, mais, dans un cas comme dans l’autre, elle avait affaire avec l’Éternel.

Dans le premier chapitre, elle répandait son âme devant Dieu, dans la grandeur de sa plainte et de son chagrin, en versant beaucoup de larmes. Dans le chapitre 2, elle répand son cœur devant ce même Dieu, mais un cœur qui débordait de joie et de reconnaissance. De fait, sa prière est une suite presque ininterrompue de sujets de louange.

Nous avons à nous souvenir que celui qui sacrifie la louange glorifie le Seigneur ; Il y prend plaisir. La louange est la conséquence toute naturelle de la prière. Si nous demandons quelque chose au Seigneur, Il se plaît à nous donner richement ; et en juste retour, nous avons à Le louer et à Lui témoigner notre reconnaissance.

Puisque nous sommes sur le sujet de la prière, je profiterai de l’occasion pour vous donner quelques recommandations à cet égard. Prenez la bonne habitude de prier pour toutes choses. Nous avons affaire avec un Dieu qui s’intéresse à toutes nos circonstances, petites ou grandes. Il compte nos allées et nos venues, Il met nos larmes dans Ses vaisseaux, Il les inscrit même dans Son livre, il a poussé la sollicitude jusqu’à compter les cheveux de nos têtes. Rien n’est trop grand et rien n’est trop petit pour Lui ; et de plus, Il nous aime, et de quel amour !

Parlez-Lui donc de vos peines, de vos joies, de vos travaux, de vos allées et de vos venues, de vos désirs et de vos craintes. N’oubliez surtout pas de Lui parler de vos fautes. Vous savez que nous avons à les Lui confesser, et qu’Il est prêt à nous pardonner. Faites des prières courtes et précises ; évitez tout ce qui n’est pas en harmonie avec la grandeur et la majesté de Celui à qui vous vous adressez. Souvenez-vous qu’Il est le grand Dieu qui est dans les cieux et que vous n’êtes que de pauvres mortels sur la terre.

Dans vos prières, employez autant que possible les mots et les expressions dont la Parole se sert. Vous ne pouvez pas en trouver de plus belles, ni de plus parfaites. Un grand nombre de prières nous sont rapportées dans la Bible ; lisez-les, et ainsi vous apprendrez à prier d’une manière qui sera agréable au Dieu auquel vous vous adressez.

Maintenant, je vois que je ne vous ai encore rien dit de la prière d’Anne. Faute de temps, nous ne pourrons pas nous en occuper aujourd’hui, nous le ferons donc une autre fois si le Seigneur le permet. En attendant, lisez-la vous-même et cherchez-y quelques enseignements. Certainement le Seigneur vous en donnera si vous vous confiez en Lui. Ce qui nous vient directement de Lui est toujours plus précieux que ce qui nous a été donné par un de Ses serviteurs.

Nous reviendrons donc aujourd’hui sur le cantique d’Anne. Vous avez sans doute remarqué que trois mots sont employés dans les Écritures pour désigner la louange des rachetés. Ce sont : des « psaumes », des « hymnes », et des « cantiques ».

Voyez à ce sujet Colossiens 3. 16. Le mot psaume est le terme le plus général ; il est employé en rapport avec ce qui se passe dans le cœur des fidèles lorsqu’ils considèrent ce que Dieu est, ce qu’Il dit et ce qu’Il fait. Les psaumes sont l’expression des élans d’une âme pieuse vers Dieu, C’est comme si une corde harmonieuse vibrait au dedans d’eux en pensant à Sa bonté, à Sa fidélité, à Ses œuvres, à Sa sagesse, en un mot à toute Sa gloire.

Les hymnes sont en rapport avec le culte, l’adoration.

Les cantiques célèbrent toujours une délivrance quelconque.

La prière de Anne est donc un cantique puisqu’elle célèbre l’heureuse délivrance dont elle a été l’objet, la délivrance de l’opprobre qui pesait sur elle et qui a pris fin lors de la naissance de son fils Samuel, ce fils tant désiré. Son cantique commence par l’expression de la joie qui remplissait son cœur de mère : « Mon cœur s’égaie en l’Éternel ». Ce Dieu fidèle avait répondu à son ardente prière. Vous remarquez que ce n’était pas dans ce qu’elle avait reçu qu’elle se réjouissait, mais bien dans le Donateur Lui-même.

Il nous arrive souvent de nous réjouir dans les circonstances que nous traversons plutôt que de nous réjouir dans Celui qui nous les dispense. Hélas ! Les circonstances changent souvent et nous voici tout abattu. Mais Dieu, qui ne peut changer, se plaît à nous bénir et Lui ne peut changer ; Il reste le même, car il n’y a en Lui ni variations, ni ombre de changements.

Anne, dans ce moment, réalisait ce que nous avons dans le commencement du chapitre 3 des Philippiens : « Réjouissez-vous dans le Seigneur ».

Les Philippiens devaient certainement se réjouir en voyant Épaphrodite revenir auprès d’eux après avoir accompli le service qu’ils lui avaient confié en l’envoyant jusqu’à Rome porter un secours à l’apôtre Paul. Il avait été malade et fort près de la mort en faisant ce long voyage. Maintenant qu’il revenait guéri auprès des Philippiens, leur joie devait être grande. « Réjouissez-vous dans le Seigneur », leur dit l’apôtre, Lui ne change pas.

Certainement vous avez des sujets de joie, recevez-les de la main du Seigneur avec reconnaissance, mais souvenez-vous que ces choses passeront tôt ou tard, mais que le Seigneur reste quand tout nous manque. C’est Lui qui fera notre joie pendant l’éternité. En Lui, jamais nous n’aurons de déceptions.

« Ma corne est élevée en l’Éternel ». La corne, dans, les Écritures, est le symbole de la puissance. Les quatre grandes monarchies qui ont dominé sur Israël sont comparées à quatre grandes cornes dans la fin du chapitre 7 de Zacharie. Vous en trouverez d’autres exemples en cherchant dans votre Bible.

Anne n’était qu’une pauvre et faible femme, mais Dieu Lui-même l’avait délivrée et l’avait abondamment bénie. Lui seul avait pu lui accorder le désir de son cœur et répondre à sa foi. Maintenant « sa bouche pouvait s’ouvrir sur ses ennemis », non pour les narguer, mais bien pour leur parler de la fidélité du Dieu en qui elle s’était confiée et de la puissance qu’Il avait déployée en sa faveur. Dans la fin de ce premier verset, elle se réjouit dans le « salut de Dieu ».

C’est ce Dieu qui avait été sa délivrance et qui est celle de tous ceux qui s’attendent à Sa bonté. Il sauve de la puissance de l’ennemi de nos âmes, Il nous délivre pendant notre voyage ici-bas de tous les dangers auxquels nous sommes exposés, et bientôt Il nous délivrera de ce monde et nous introduira dans les demeures célestes, dans la maison du Père. Réjouissons-nous, nous aussi, dans le grand salut qui va bientôt être consommé dans la gloire.

Nous avons médité le premier verset du cantique d’Anne. Le deuxième verset que nous allons considérer ensemble contient deux grandes vérités sur lesquelles j’aimerais que nous nous arrêtions un peu. Prêtons une oreille attentive à ce que Dieu veut nous enseigner par ce moyen.

La première de ces vérités, c’est que Dieu est saint : « Nul n’est saint comme l’Éternel ! ». Nous ne saurions trop insister sur cette première vérité. Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal, et nous ne pouvons jouir de Sa grâce et de Ses bénédictions qu’en nous séparant du mal sous toutes ses formes.

« Ayez en horreur le mal », lisons-nous dans Romains 12. 9. « Vous serez saints, car je suis saint » (Lév. 11. 44.) Nous pourrions citer d’autres passages, mais la chose importante n’est pas d’en connaître un grand nombre, mais bien de mettre en pratique ce que nous savons. Un homme ne peut pas devenir un saint par ses propres efforts ; il est un pécheur coupable. « L’Éthiopien changerait-il sa peau et le léopard ses taches ? » (Jér. 13. 23)

Mais tous ceux qui croient au Seigneur Jésus ont été sanctifiés par l’offrande de Son corps faite une fois pour toutes – c’est-à-dire, qu’ils sont devenus des saints en vertu de Son sacrifice.

Nous avons à nous emparer de cette vérité par la foi de la même manière que nous avons cru que nos péchés nous ont été pardonnés en vertu du sang qui a coulé pour nous sur la croix. Ensuite nous avons à marcher comme des saints et à nous séparer pratiquement de tout mal, non pour devenir des saints, mais parce que nous le sommes. Vous obéissez à vos parents non pas pour devenir leur enfant, mais parce que vous l’êtes. De la même manière, puisque Dieu a fait de nous des saints, nous avons à obéir à Sa Parole.

C’est ainsi que se réalisera la prière du Seigneur : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité » (Jean 17. 17). C’est cette parole qui nous apprend à connaître ce qui est bien et ce qui est mal, ce que Dieu ne peut pas approuver. Ainsi cette Parole nous sanctifie lorsque nous la mettons en pratique dans notre vie de chaque jour. De là l’importance qu’il y a de la lire et d’y conformer notre vie.

La seconde vérité sur laquelle nous voulons encore nous arrêter est dans ces mots : « Il n’y a pas de Rocher comme notre Dieu ». Maintes fois nous trouvons le rocher dans les Écritures. Je me bornerai à vous citer deux versets qui, je l’espère, seront suffisants pour nous faire comprendre ce que Dieu veut nous enseigner ici.

Le premier se trouve dans le livre des Proverbes, chapitre 30. 26. « Les damans, sages entre les sages, sont un peuple sans puissance, et ils ont placé leurs maisons dans le rocher ». Ce sont de gentils petits mammifères des pays chauds. Ils ont quelque analogie avec les marmottes que nous trouvons dans nos montagnes. Leurs doigts sont très courts et, au lieu de posséder des griffes avec lesquelles ils pourraient se défendre contre leurs ennemis, ils sont enfermés dans de petits sabots. Ils vivent dans les rochers. Leur seule ressource, en présence d’un danger quelconque, est de se cacher dans les anfractuosités des rochers, ainsi ils sont à l’abri de tous leurs ennemis. Le lion, pas plus que l’aigle, ne peuvent les atteindre dans leurs cachettes. Il faudrait pour cela s’attaquer premièrement au rocher lui-même.

Nous avons ici une belle illustration de ce qu’est le croyant qui, n’ayant aucune puissance et aucune sagesse en lui-même serait à la merci de tous ses ennemis s’il ne pouvait se réfugier en Christ qui est le Rocher des siècles. Caché pour ainsi dire en Lui, nous sommes à l’abri de tout danger. C’est ce que le psalmiste avait bien compris quand il disait : « Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant toi, ô Éternel, mon rocher et mon rédempteur » (Ps. 19. 14).

Cela est agréable à Ses oreilles, quand nous nous adressons à Lui dans la conscience de notre incapacité, et que nous mettons notre confiance en Son œuvre à la croix pour être sauvés, et en Sa puissance infinie pour être gardés de tout mal.

Certainement le commencement du v. 3 du cantique d’Anne est une allusion aux paroles de Pennina qui, ainsi que nous l’avons vu au v. 6 du premier chapitre, la chagrinait aigrement pour la pousser à l’irritation. C’était bien mal de sa part d’agir ainsi. En le faisant, elle manifestait la méchanceté qui était au fond de son cœur. Elle ne savait pas que Dieu l’entendait et qu’Il interviendrait en faveur de la pieuse Anne. « Ne multipliez pas vos paroles hautaines ; que l’insolence ne sorte pas de votre bouche. Car l’Éternel est un Dieu de connaissance et par lui les actions sont pesées » (1 Sam. 2. 3).

Il avait vu ce que faisait Pennina et certainement cela était mauvais à Ses yeux. Nous avons là un enseignement important dont nous avons à nous souvenir sans cesse. Dieu prend connaissance de tout ce que nous faisons, de ce que nous disons, et même des pensées qui sont au plus profond de nos cœurs. Cela est propre à nous rendre vigilants et à nous faire veiller sur toute notre conduite. Quand une pensée de haine, de méchanceté ou de jalousie vient au dedans de nous, nous avons à le confesser et à crier au Seigneur afin qu’Il nous en délivre.

Lorsque des choses mauvaises ne sont pas jugées, elles peuvent nous conduire beaucoup plus loin dans le mal. Nous lisons dans la première épître de Jean, ch. 3. 14 et 15 : « Celui qui n’aime pas son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui ». Lisez aussi ce qui nous est dit de Caïn dans les versets 11 et 12 de ce chapitre. Dieu pèse toutes nos actions ; elles peuvent paraître bonnes à nos yeux et même aux yeux de nos semblables, mais demandons-nous ce que Dieu en pense, considérons cela à la lumière de Sa parole et souvent nous aurons à nous juger et à nous humilier devant Lui.

V. 4. « L’arc des puissants est brisé, et ceux qui chancelaient se ceignent de force ». L’arc est l’arme de la force, car il faut une grande vigueur pour bander un arc qui envoie la flèche au loin. On peut être puissant dans le monde ; et, pour un moment, il peut sembler que tout cède devant la volonté de ceux qui font le mal ; mais, à un moment donné, Dieu intervient, et ils sont, comme dit le psalmiste, détruits en un moment ! Ils périssent « consumés par la frayeur » (Ps. 73. 19).

Nous en avons plusieurs exemples dans la Parole ; un des plus remarquables est celui d’Haman qui se trouve dans le livre d’Esther, ch. 3 à 7. Au moment même où ce méchant homme pensait arriver à l’accomplissement de ses desseins en faisant mettre à mort le peuple de Dieu, le jugement est tombé sur lui et il a été pendu au bois de cinquante coudées qu’il avait fait préparer pour Mardochée.

Mais aussi, il est précieux de savoir que ceux qui ont le sentiment de leur faiblesse se ceignent de force, car le Seigneur se plaît à déployer en eux Sa puissance. Ce Dieu est aussi Celui qui pourvoit aux besoins de ceux qui se confient en Lui, et Il les comble de bienfaits. C’est ce que nous avons dans le verset 5. Nous avons de nouveau à la fin de ce verset une allusion à Anne et à Pennina. Autrefois Anne était sans enfants et maintenant l’Éternel lui avait donné Samuel et allait lui envoyer d’autres enfants.

Nous avons la même pensée exprimée à la fin du Psaume 113. Du reste, comparez ce psaume avec le cantique d’Anne et vous y trouverez beaucoup d’analogies, de même que dans le cantique de Marie (Luc 1. 46 à 55). Vous verrez aussi que les fidèles de tous les temps ont fait les mêmes expériences. Vous aussi, vous ferez de même si vous vous confiez dans le Seigneur.

Je vois que nous n’avançons pas beaucoup dans la méditation du cantique d’Anne. Cette précieuse page des Écritures contient tant d’enseignements pratiques que nous pourrions nous y arrêter encore bien plus longtemps. La Parole de Dieu est infinie, comme du reste, tout ce qui est de Lui.

Regardez les étoiles, les plantes, les animaux, et vous verrez qu’une vie d’homme est trop courte pour apprendre à en connaître quelque chose. Sachez, dès votre jeune âge, rendre la gloire qui est due à ce Dieu qui fait tant de merveilles, mais surtout n’oubliez pas Son œuvre en rédemption. L’œuvre que le Seigneur a accomplie en sauvant des pécheurs est plus grande que celle de créer les mondes.

Mais commençons notre sujet. Nous sommes restés au v. 6. Avez-vous remarqué que si des hommes avaient écrit ce verset, ils auraient mis exactement le contraire de ce que nous y trouvons ? Certainement vous et moi nous aurions écrit : L’Éternel fait vivre et il fait mourir, car c’est là le résumé de l’histoire de tous les hommes. On vit et, ensuite, on meurt.

C’est la grande leçon qui nous est donnée dans le chapitre 5 du livre de la Genèse. Un seul homme, Énoch, fait exception à cette règle. Le salaire du péché, c’est la mort, et il est réservé aux hommes de mourir une fois (Héb. 9. 27). Si tout se bornait à cela, la vie serait bien triste, mais l’Éternel est celui qui fait vivre ; la mort peut faire son œuvre, mais bientôt le Seigneur manifestera Sa puissance en faisant sortir du tombeau tous ceux qui se sont endormis.

À Sa voix puissante tous seront rendus vivants. Soyez bien assurés que ce n’est pas le prince de la mort qui aura le dernier mot, mais bien le Prince de la vie. Jésus à toujours commandé quand Il s’est trouvé en présence de la mort.

Cherchez trois passages dans les évangiles de Marc, Luc et Jean où nous voyons le Seigneur qui commande à la mort, et chaque fois elle a lâché sa proie. Il fait donc descendre dans le shéol, car c’est lui qui a en main les clés de la mort et du hadès (Apoc. 1. 18). Il peut donc en faire monter. Quel jour glorieux que celui dans lequel Il fera valoir Ses droits sur les corps de tous Ses bien-aimés ! C’est là l’espérance consolante de tous les Siens qui sont dans les larmes.

Il est aussi Celui qui appauvrit et qui enrichit, qui abaisse et qui élève aussi (v. 7). Pour que nous puissions jouir des richesses insondables qui sont en Lui, Il doit souvent nous dépouiller de tout ce sur quoi nous pouvons peut-être mettre notre confiance. Il nous fait sentir toute notre misère et nous amène à la conscience que nous sommes si pauvres que nous n’avons rien à Lui apporter que notre misère et nos nombreux péchés.

Lorsque nous en sommes arrivés là, Il nous donne tout : Il nous enrichit des richesses de Sa grâce, des richesses de la gloire de Son héritage, des richesses de Sa miséricorde, des immenses richesses de Sa grâce, des richesses insondables du Christ, des richesses de Sa gloire. Que sont les biens de ce monde à côté des richesses que nous venons d’énumérer ?

Que voulez-vous chercher dès votre jeune âge ? L’argent et l’or qui périssent ont-ils du prix pour votre cœur ? La sagesse, Christ Lui-même, a dit : « Avec moi sont les richesses et les honneurs, les biens éclatants et la justice. Mon fruit est meilleur que l’or fin, même que l’or pur, et mon revenu meilleur que l’argent choisi. Je marche dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de juste jugement, pour faire hériter des biens réels à ceux qui m’aiment, et pour que je remplisse leurs trésors » (Prov. 8. 18 à 21). Non seulement Il enrichit, mais aussi Il élève, et cela jusque dans la gloire dans laquelle Il est entré lui-même. Malheureusement aujourd’hui les hommes aiment mieux la gloire qui vient de leurs semblables que la gloire qui vient de Dieu seul (Jean 5. 44). Nous verrons jusqu’où il peut élever ceux qui se laissent bénir par Lui.

La dernière fois que nous avons été ensemble, nous avons terminé notre entretien sur le grand fait que le Seigneur peut élever et qu’Il peut enrichir. Nous allons aujourd’hui considérer de plus près cette glorieuse vérité qui nous est développée d’une manière particulière dans le v. 8 du cantique d’Anne.

Premièrement, quelles sont les personnes qu’Il va élever au faîte de la gloire et auxquelles il va conférer des honneurs ? De grands hommes ? Non ! Des misérables, des pécheurs : « De la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre ». Souvent les pauvres sont méprisés dans le monde – un monde qui estime les hommes pour ce qu’ils ont plutôt que pour ce qu’ils sont.

Ce sont précisément ceux que le monde méprise qui sont les objets de la sollicitude du Seigneur et ceux dont Il s’occupe d’une manière particulière : « L’évangile est annoncé aux pauvres » (Luc 7. 22).

Nous avons déjà remarqué l’analogie qu’il y a entre notre cantique et le Psaume 113, psaume dans lequel l’Éternel est célébré pour Sa grandeur. « Qui est comme l’Éternel, notre Dieu. Il a placé sa demeure en haut ; il s’abaisse pour regarder dans les cieux et sur la terre ; de la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles, avec les nobles de son peuple » (v. 5 à 7).

Où a-t-il donc placé Sa demeure, puisque de là il doit s’abaisser pour regarder dans les cieux ? C’est ce dont Salomon avait conscience lorsqu’il dit : « Mais Dieu habiterait-il vraiment avec l’homme sur la terre ? Voici les cieux et les cieux des cieux ne peuvent le contenir ».

Avez-vous considéré sur quoi Son regard se repose ? Ce n’est ni sur les merveilles qui sont dans les cieux, ni sur les grandes choses qui sont sur la terre, mais bien sur de pauvres êtres misérables et coupables. Quel amour que le Sien ! Sentez-vous votre misère, avez-vous un peu conscience de votre culpabilité et de vos fautes ?

Sachez que ce grand Dieu a les yeux sur vous et qu’Il ne demande qu’à vous délivrer, à vous bénir, à vous enrichir, à vous donner une part précieuse avec les Siens et une place avec Lui dans Sa gloire. Lisez le chapitre 4 de l’Apocalypse ; là vous verrez un trône sur lequel le Seigneur Jésus est assis ; et autour de Son trône vingt-quatre trônes sur lesquels sont assis vingt-quatre anciens. Ces anciens sont là l’image de ceux qui seront bientôt assis dans les cieux ; les saints de l’Ancien Testament avec ceux des temps actuels.

Vous remarquerez la merveilleuse gradation que nous avons dans ce verset 8 : Il fait lever, il élève, il fait asseoir avec les nobles, il donne en héritage un trône. Que c’est précieux ! Dieu se plaît à Se glorifier dans Sa grâce comme dans toutes Ses œuvres. Dans le verset suivant, Il garde les pieds de Ses saints afin qu’ils ne puissent pas aller s’égarer dans un mauvais chemin. Nous ne savons pas nous garder nous-mêmes, mais en Lui sont la puissance et la fidélité pour le faire, en faveur de ceux qui se confient en Lui.

Le dernier verset de notre cantique (v. 10) contient le jugement qui fondra sur les méchants. Le Seigneur sera le Roi de gloire dont la puissance sera établie sur l’univers tout entier. Les cieux et la terre seront la sphère de Sa domination. Ce sera un temps bienheureux pour tous ceux qui L’aiment. Vous réjouissez-vous en pensant qu’Il vient ?

Anne ayant répandu son cœur dans la louange devant l’Éternel, s’en retourna dans sa maison et Samuel resta dans la maison de l’Éternel. Là, dès son jeune âge, il a appris à servir l’Éternel.

Vous auriez pensé qu’Anne, ayant reçu ce fils en réponse à ses prières, l’aurait gardé auprès d’elle afin de jouir de son affection. Cette pieuse femme avait bien compris que la seule chose pour laquelle il vaut la peine de vivre ici-bas, c’est de servir le Seigneur ; c’est pourquoi, elle consacra son enfant à ce service dès sa plus tendre enfance,

Avez-vous pensé qu’ici-bas tout est vanité, et que même les choses les plus belles de ce monde sont gâtées par le péché, comme un fruit qui a belle apparence, mais qui, à l’intérieur, est dévoré par un ver rongeur ? Donc il est absolument inutile de chercher le bonheur dans les richesses, les honneurs, les arts, les sciences, les plaisirs, en un mot toutes les choses après lesquelles les hommes courent. Tout est vanité et rongement d’esprit. La recherche de ces choses occasionne des peines, de la fatigue et, en fin de compte, ne laisse dans les cœurs que de l’amertume et des déceptions.

Je pourrais vous raconter bien des choses à ce sujet, mais cela prendrait trop de temps. Je vous conseille de lire avec attention le livre de l’Écclésiaste, dans lequel Salomon nous parle de toutes les choses pour lesquelles il s’est fatigué et a montré beaucoup de sagesse. Dans aucune d’elles il n’a trouvé le bonheur, bien au contraire.

Par contre, il vaut bien la peine de vivre ici-bas, même une longue vie pour servir le Seigneur, et vivre pour Celui qui pour nous est mort et a été ressuscité. Vous êtes au commencement de votre vie dans le monde, avez-vous pensé au but que vous allez poursuivre ? L’un d’entre vous désire peut-être devenir riche et à l’intention de beaucoup travailler afin d’avoir beaucoup d’argent. Hélas, l’argent ne peut satisfaire une âme immortelle, et tôt ou tard il faudra le laisser, et ces biens, à qui seront-ils ?

Les honneurs de ce monde sont-ils ce que vous allez poursuivre ? Savez-vous que toute chair est comme l’herbe et sa gloire comme la fleur de l’herbe ?

Un autre dira : J’aimerais des choses meilleures et je veux étudier les sciences et toutes les connaissances de la sagesse humaine. Mais toutes les sciences des hommes ne vous feront pas connaître ce qui en sera de vous quand vous serez dans l’au-delà et ne vous donneront aucun repos. Voudriez-vous être comme ces pauvres savants qui enterraient un de leurs collègues et qui ont dû entendre de la bouche de l’un d’eux : « Puisque la somme de nos connaissances ne nous permet pas l’espoir d’un revoir futur ». Pauvres savants ! Ils ignoraient ce que le plus humble des croyants connaît parfaitement, et ils étaient étrangers à ce qui fait la joie de ceux qui ont Jésus pour leur Sauveur et leur espérance. Dieu cache ces choses aux sages et aux intelligents. Du reste, les sages de ce monde ont crucifié le Seigneur de gloire.

Sachez bien, mes enfants, que le seul vrai but d’une vie heureuse est de servir humblement Celui qui pour nous a sacrifié Sa vie. Tout autre but amène tôt ou tard l’amertume et une confusion éternelle.

Anne avait bien compris cela. Quelle joie pour son cœur lorsqu’elle voyait son fils bien-aimé servir l’Eternel dans Son sanctuaire, et quelle récompense pour la mère et pour le fils pendant l’éternité !

Il est évident que, les services variant à l’infini, Samuel ne faisait pas des choses bien remarquables dans sa jeunesse. Le chapitre suivant nous apprend qu’il ouvrait les portes de la maison de l’Éternel. Un enfant peut faire cela. Ayant été fidèle dans de petites choses, le Seigneur lui en a confié plus tard de plus grandes. Si nous sommes fidèles dans ce qui est du domaine d’un enfant, nous aurons de plus importants services plus tard.

Du reste, c’est un principe qui est vrai en tout temps. Étienne et Philippe ont commencé par servir aux tables. Plus tard, l’un a été le premier qui a eu l’honneur de donner sa vie pour son Seigneur, l’autre, Philippe, a été un puissant évangéliste. Voyez ce qui nous est dit d’eux dans les chapitres 6 à 8 du livre des Actes. Souvent bien des personnes se figurent que le service consiste dans de grandes choses. C’est une profonde erreur. Nous pouvons servir le Seigneur dans les choses de la vie de chaque jour. Pensez-y et que, à la venue du Seigneur, il puisse vous dire : Cela va bien, bon et fidèle serviteur.

Nous avons laissé Samuel qui servait l’Éternel en la présence d’Éli, le sacrificateur ; plus loin nous le voyons servant, jeune garçon, ceint d’un éphod de lin. L’éphod était le vêtement des sacrificateurs. Il revêtait donc, dès son jeune âge, les caractères d’un sacrificateur qui servait l’Éternel dans le lieu saint. Il avait aussi une ceinture, qui nous parle du service. Celle-ci tenait les vêtements en ordre, serrés contre le corps de celui qui était ainsi ceint.

Pour nous, la ceinture est la Parole : « Ayant ceint vos reins de la vérité ». Or la Parole est la vérité. Elle met tout en ordre dans notre être intérieur ; car elle nous amène à juger tout ce qui n’est pas compatible avec ce qui convient à la gloire de Dieu.

C’est pourquoi son éphod était de lin. Le lin représente les justes actes, les justes faits des saints. Ce sont des images, mais elles nous font connaître ce qu’était la manière de faire et de vivre de Samuel. Il servait l’Éternel dans Son sanctuaire et se tenait écarté de tout ce qui est mal. Nous avons dans tout cela un grand contraste avec les fils d’Éli. Tous deux étaient des fils de Bélial (Bélial est un des mots employés dans les Écritures pour désigner l’ennemi de nos âmes).

Chez Éli nous voyons de la piété, mais qui n’était pas accompagnée de l’énergie nécessaire pour réprimer le mal. Cette énergie est appelée la vertu (2 Pier. 1. 5). Puisque ses fils se conduisaient mal et déshonoraient l’Éternel dans son sanctuaire, il aurait dû les chasser de ce lieu saint, car ils étaient parfaitement indignes de servir dans la maison de Dieu. Au lieu de cela, il leur fait une réprimande qui n’a produit aucun effet.

Vous savez que les parents ont reçu de Dieu une autorité dont ils sont responsables de se servir pour le bien de ceux qu’Il leur a confié. Soyez bien assurés que cela est aussi pénible pour les parents que pour les enfants, de devoir corriger ceux qu’ils aiment, mais ils le font pour leur bien et, plus tard, il y en a de la bénédiction pour les enfants et de la joie pour les parents.

« Corrige ton fils, et il te donnera du repos et procurera des délices à ton âme » (Prov. 29. 17). Lisez aussi les v. 4 à 11 du chapitre 12 de l’épître aux Hébreux qui nous fait connaître le pourquoi de la discipline pour les enfants et aussi pour les croyants, car Dieu, le Père, fait participer à Sa discipline Ses propres enfants. C’est pour leur profit et afin de les rendre participants de Sa sainteté. Si la discipline, pour le présent, ne semble pas un sujet de joie, mais de tristesse, plus tard, elle produit le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle.

Pauvre Éli ! il n’a eu que souffrance et tristesse dans sa famille, et le jugement de Dieu est tombé sur ses fils et sur sa postérité. Les conséquences du mal ont souvent une portée beaucoup plus grande que nous ne le pensons. De fait, la maison d’Éli tout entière est tombée sous le jugement de Dieu, ainsi que nous le fait savoir la fin de notre chapitre 2.

Par contre, quelle joie dans la famille d’Elkana. Chaque année Anne montait avec son mari pour sacrifier le sacrifice annuel. Elle apportait à son fils une petite robe. Quel travail d’amour que celui de cette mère. Chaque année la robe devenait plus grande, car il grandissait auprès de l’Éternel, agréable à l’Éternel et aux hommes. Y a-t-il joie plus grande pour un cœur de mère que de voir un fils qui ainsi, dès son jeune âge, glorifie le Seigneur et manifeste les caractères du Seigneur Lui-même ?

Nous lisons, en effet, en Luc 2. 52, que Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.

Anne ayant été fidèle avec son premier enfant, le Seigneur lui en a confié d’autres : trois fils et deux filles. Heureuse maison que celle où le Seigneur est connu et où les enfants, dès leur jeune âge, ont le privilège d’entendre parler de Lui et sont enseignés à Le servir. Aimeriez-vous mieux ressembler aux enfants d’Éli qu’à ceux de la pieuse famille d’Elkana ?

Nous nous sommes déjà plusieurs fois occupés ensemble du deuxième chapitre du premier livre de Samuel. Il contient tant de richesses et d’enseignements importants, que j’aimerais vous en parler encore aujourd’hui. La Parole de Dieu est infinie et jamais nous ne l’épuiserons en la lisant et en la méditant. Ne craignez jamais de relire maintes fois le même chapitre. Vous y trouverez toujours de nouvelles richesses.

Nous avons vu Samuel qui grandissait auprès de l’Éternel ; les fils d’Éli qui déshonoraient son beau nom dans son sanctuaire ; et, enfin, leur pauvre père qui, tout en étant un homme pieux, manquait d’énergie pour réprimer le mal qui était dans sa maison. La fin du chapitre est profondément triste.

Un homme de Dieu, envoyé par l’Éternel, est venu vers Éli pour lui annoncer le jugement qui tomberait sur sa maison. Il lui rappelle tout ce que l’Éternel avait fait pour lui et pour sa famille, dès le pays d’Égypte, et la manière dont sa famille s’est conduite. Vous remarquez que plus on est près de Dieu, plus on est privilégié par Lui, plus aussi on est responsable devant Lui et plus le châtiment est grand pour ceux qui ne sont pas fidèles. Pauvre Éli ! Sa famille allait tomber sous le jugement de Dieu. Il n’y aurait plus de vieillard dans sa maison ; sa famille allait être retranchée de la sacrificature et ses deux fils mourraient en un seul jour, ce qui, nous le verrons plus loin, s’est accompli à la lettre. Souvenez-vous que ce que Dieu promet a lieu certainement, aussi bien lorsqu’il annonce des jugements que lorsqu’il s’agit de bénédictions.

Ensuite, cet homme de Dieu annonce qu’à sa place Dieu suscitera un sacrificateur fidèle qui fera ce qui est dans le cœur de Dieu et auquel il bâtira une maison stable ; chose qui n’a pas pu avoir lieu pour Éli à cause de son infidélité et de celle de ses fils.

Éli jugeait tout ce mal, mais il ne s’en séparait pas, et c’est ce en quoi il manquait. Un principe des plus importants à retenir est que nous avons à nous retirer de l’iniquité où qu’elle se trouve. Il ne suffit pas de la juger, mais il faut s’en séparer à tout prix : « Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur », lisons-nous en 2 Timothée 2. 19.

En agissant comme il le faisait, Éli méprisait l’Éternel et honorait ses fils plus que Lui. La conséquence de ce grand mal était que sa maison allait être mise de côté et remplacée par une autre, ce qui a eu lieu sous les règnes des rois David et Salomon. Mais si nous considérons de plus près ce qui nous est dit ici d’un sacrificateur fidèle qui devait remplacer Éli, nous verrons que le Saint Esprit veut nous parler d’un plus grand que tous les sacrificateurs qui ont officié dans le lieu saint jusqu’à ce jour et qu’Il veut diriger nos yeux sur la Personne du Seigneur Jésus Lui-même, qui bientôt sera roi et sacrificateur sur Son trône comme la chose nous est si merveilleusement annoncée dans le chapitre 6 du prophète Zacharie.

Lisez vous-même les v. 12 et 13 de ce chapitre et vous verrez combien de gloires sont accumulées sur la tête de cet homme qui a pour nom « Le Germe ». Vous êtes-vous demandé pourquoi il porte un tel nom ? Vous savez que c’est dans le germe que se trouve le principe de la vie. C’est en Christ seul que se trouve la source, le principe merveilleux de la vie. Lui seul a pu dire : « Je suis la vie ». Cherchez dans l’évangile de Jean le passage où cette parole se trouve.

Vous remarquez que, partout où l’homme a manqué, Christ est venu revendiquer les droits et la gloire de Dieu. C’est Lui qui remplace en toutes choses l’homme en Adam. La loi a été violée par l’homme, Lui l’a rendue grande et honorable. La sacrificature a été ruinée par l’infidélité des fils d’Éli, et c’est Lui qui est sacrificateur pour l’éternité. Plus tard, nous verrons la chute de la royauté et, en fin de compte, c’est Lui qui sera le Roi de gloire dont l’autorité sera reconnue dans les cieux et sur la terre et pour toujours. N’ayons aucune confiance, ni en nous-mêmes, ni dans les hommes, mais souvenons-nous que nous avons tout pleinement en Lui.

Aujourd’hui nous nous occuperons d’une des pages les plus merveilleuses de l’histoire de Samuel ; celle qui, probablement, a le plus intéressé les petits lecteurs du précieux livre qui nous occupe maintenant. Ce récit se trouve dans le chapitre 3 : « Et le jeune garçon Samuel servait l’Éternel devant Éli ». Vous remarquez que le Saint Esprit se plaît à rappeler le service que ce jeune garçon fidèle a accompli dès son enfance.

Gardez bien cette parole dans votre cœur et ne perdez pas vos jeunes années à des vanités ou à des choses de néant au service d’un mauvais maître qui voudrait bien vous avoir comme esclaves. Ce mauvais maître s’appelle « Satan », il est menteur et meurtrier ; il cherche à vous pousser à mal faire ou à poursuivre des convoitises qui font la guerre à l’âme et qui ne laissent qu’amertume et déception. Il fait briller devant les yeux de ceux qu’il veut perdre des choses qui paraissent désirables. Ceux qui se laissent prendre par ses promesses, les poursuivent souvent pendant une vie entière, dépensent leurs facultés, leurs forces, leur vie et, en fin de compte, perdent leur âme sans avoir trouvé le bonheur un seul instant.

Souvenez-vous qu’ici-bas tout est vanité et rongement d’esprit ; seule la grâce de Dieu peut sauver l’homme de la mort et le rendre heureux dans le présent et pour l’éternité. Mais revenons à Samuel.

Il vivait dans un temps difficile : la parole de l’Éternel était rare en ces jours-là et la vision n’était pas répandue. Dieu ne pouvait pas librement donner à connaître Ses pensées à cause de l’infidélité de Son peuple. Il fallait beaucoup d’énergie pour marcher fidèlement dans un temps pareil. Lorsqu’il y a une grande abondance de bénédiction parmi le peuple de Dieu, il est relativement facile de marcher fidèlement, mais quand tout va mal, il n’y a que la puissante grâce de Dieu qui peut garder ceux qui désirent être fidèles.

Dans quel pauvre état était tombé le peuple de Dieu : la loi avait été violée, la sacrificature était en ruine à cause des fils d’Éli ; ce sacrificateur pieux baissait de plus en plus dans son état spirituel. Au premier chapitre, il a manqué de discernement ; au chapitre 2, d’énergie pour réprimer le mal qui était dans sa maison ; ici ses yeux sont troubles, et il ne peut voir ; le moment était venu où le jugement allait tomber sur sa maison ; c’est dans un tel temps que Samuel devait servir l’Éternel avec fidélité. Comme il avait besoin de la grâce de Dieu pour pouvoir Le glorifier dans des circonstances aussi difficiles.

Il en est de même pour ceux qui désirent être fidèles aujourd’hui ; souvenez-vous-en, et n’oubliez pas que la grâce de Dieu est suffisante pour faire face aux difficultés quelles qu’elles soient. L’exemple de Samuel est bien propre à vous encourager. C’est même de lui que l’Éternel s’est servi pour annoncer à Éli ce qui devait tomber sur sa maison. Comme ce devait être humiliant pour ce vieux sacrificateur d’entendre de la bouche de ce jeune garçon, qui était son élève, la parole que l’Éternel prononçait à son sujet !

L’un et l’autre étaient couchés dans le temple de l’Éternel. Ce devait être une chose des plus solennelles que de passer une nuit dans ce saint lieu. Les Psaumes 134 et 135, que vous lirez avec attention, nous dépeignent d’une manière sublime la solennité d’une telle scène. C’est dans le silence solennel de la nuit et dans ce sanctuaire que, pour la première fois, l’Éternel a appelé Samuel et S’est révélé à lui personnellement.

Jusqu’à ce jour, il avait entendu parler de ce grand Dieu qui avait fait des choses merveilleuses pour son peuple ; Il l’avait servi, avait vu le culte qui Lui était rendu dans ce sanctuaire ; il s’était même prosterné devant Lui, ainsi que nous l’avons vu à la fin du chapitre 1er, mais jusqu’à ce jour-là il n’avait pas encore eu affaire avec Lui personnellement ; Dieu Lui-même ne lui avait pas parlé. Comme ce devait être impressionnant et solennel, d’entendre la voix de Dieu au sein de la nuit. C’était la voix d’un Dieu de grâce qui voulait se faire connaître personnellement à ce jeune garçon. C’est du reste ce qu’il veut faire avec chacun de vous.

Il parle de bien des manières différentes. Il le fait dans un songe, dans une vision, par un événement, par une parole entendue dans une prédication, par la lecture d’une portion de Sa Parole, par le chant d’un cantique et par mille autres manières. Ce Dieu est riche en moyens.

J’ai connu un jeune homme auquel il a parlé par ce simple verset : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement » (Mat. 5. 22). Depuis lors, ce jeune homme n’a plus eu de repos avant de savoir comment il pouvait être sauvé, et enfin il a trouvé. C’est Dieu qui lui avait parlé.

Probablement que Dieu vous a appelé déjà plus d’une fois ; avez-vous dit, comme Samuel : « Parle, car ton serviteur écoute » ? Au sein de la nuit, Samuel s’est levé et a couru vers Éli. Vous remarquerez qu’il n’y avait en lui ni distraction, ni paresse, mais une sainte diligence. Il aurait pu dire : C’est la nuit. Je demanderai demain matin à Éli : c’est le moment de dormir, pourquoi réveiller ce vieillard ? Non ! Il court trois fois vers lui. Bien lui en a pris. Demain ne nous appartient pas. C’est aujourd’hui qu’il faut répondre à l’appel de Dieu. C’est à Dieu que maintenant il faut s’adresser. Criez à lui et il vous répondra et vous révélera Ses pensées.

Nous voulons aujourd’hui revenir sur l’histoire de Samuel quand l’Éternel l’a appelé. Vous vous souvenez sans doute de ce que je vous ai dit sur ce sujet, aussi nous n’y reviendrons pas, mais nous considérerons d’autres détails sur lesquels je ne vous ai rien dit faute de temps. Enseigné par Éli, Samuel a dit : « Parle, car ton serviteur écoute ».

Je vous recommande de toujours mettre en pratique les enseignements de ceux qui sont plus âgés que vous et surtout ce qui vous est dit par des vieillards. Si Samuel n’était pas allé vers Éli lorsqu’il l’a appelé et n’avait pas fait ce que ce serviteur de Dieu lui avait dit, il n’aurait pas pu profiter de ce que Dieu voulait lui révéler et n’aurait pas fait connaissance personnellement avec l’Éternel. Un grand danger guette les jeunes gens maintenant, c’est celui de se croire bien supérieurs à ceux qui ont été avant eux. On méprise volontiers ceux que l’on appelle avec dédain « les vieux ». Cela a déjà fait beaucoup de mal et conduira la jeunesse plus loin que nous ne le supposons généralement.

Cela fait penser aux jeunes gens qui avaient été élevés avec Roboam, le fils de Salomon. Vous savez quelles ont été les conséquences désastreuses pour le peuple de Dieu que ce jeune roi ait écouté les conseils de ces jeunes gens qui avaient grandi avec lui, conséquences qui se font sentir encore aujourd’hui.

L’Éternel donc vint et se tint là et annonça à Samuel tout ce qui devait arriver à la maison d’Éli. Il devenait ainsi le dépositaire des pensées de Dieu, et cela le constituait prophète puisqu’il devait parler de la part de l’Éternel. Vous pouvez penser combien Samuel devait craindre de rapporter à Éli ce que Dieu lui avait fait entendre. Il semble même qu’Éli avait conscience que la parole qui avait été révélée à ce jeune garçon était une parole fâcheuse pour lui puisqu’il lui dit : « Ainsi Dieu te fasse, et ainsi il y ajoute si tu me caches quoi que ce soit de toute la parole qu’il t’a dite ».

Samuel, fidèle témoin, lui rapporta toutes les paroles et ne les lui cacha point. En cela encore il a manifesté les caractères du Seigneur, celui qui a été le témoin fidèle et véritable. Vous savez que le faux témoin ne sera pas tenu pour innocent et que nous sommes laissés ici-bas pour être les témoins du Seigneur Jésus dans les divers milieux où nous avons été placés. Le Seigneur Lui-même a dit à Ses disciples : « Vous serez mes témoins jusqu’au bout de la terre ». C’est même la dernière parole qu’Il leur a adressée avant de monter au ciel (Act. 1. 8).

Il est évident que notre vie doit être en harmonie avec ce que nous disons. Malheureusement, souvent nos actes viennent détruire l’effet qui peut avoir été produit par nos paroles. Notre conduite et ce que nous disons devraient toujours être à la hauteur du témoignage qui nous est confié.

Il est beau de voir l’humilité d’Éli : il courbe la tête sous le gouvernement de Dieu et se soumet à Sa sagesse, même dans Sa discipline envers son pauvre serviteur. Sachons, nous aussi, nous humilier sous la puissante main de Dieu.

Après ces choses, il nous est dit que Samuel grandissait. Il devenait un homme fait et Dieu était avec lui. Il ne laissait tomber en terre aucune des paroles de l’Éternel. Ceci est d’une grande importance. Gardons soigneusement au dedans de nos cœurs tout ce que nous entendons de cette bonne parole et mettons-la en pratique dans notre vie de chaque jour.

Marie gardait par devers elle toutes les choses qu’elle avait entendues concernant le Seigneur, et elle les repassait dans son cœur (Luc 2. 19). Puissions-nous faire de même.

C’est en agissant ainsi que Samuel faisait des progrès. La conséquence de tout cela fut que l’Éternel a fait de lui Son prophète. Un prophète est quelqu’un qui parle de la part de Dieu. Non seulement Samuel a été ainsi établi comme étant le porteur des paroles de l’Éternel, mais aussi Dieu a incliné le cœur de tout le peuple à le reconnaître comme tel depuis Dan jusqu’à Beer-Shéba, ou, si vous préférez, du nord au sud du pays – ces deux localités étant, la première à l’extrémité nord du pays, l’autre à la limite sud. Depuis lors l’Éternel S’est révélé à lui par le moyen de Sa parole.

Si donc vous désirez que Dieu vous révèle Ses pensées, lisez Sa Parole. Il pourra se servir de vous pour un service quelconque et vous serez capables de parler de Lui à ceux qui vous entourent.

D’après La Bonne Nouvelle 1942

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (8)

Après s’être ainsi occupé de ses frères, Joseph a fait entrer Jacob, son père, devant le Pharaon, et il l’a fait se tenir devant lui. Ce devait être un jour mémorable pour ce vieillard, que celui dans lequel il s’est tenu devant le Pharaon, ce grand Roi qui dominait sur toute l’Égypte.

Abraham, son grand-père, s’était tenu devant Un plus grand que lui, puisqu’il marchait devant l’Eternel, ainsi que nous l’avons vu dans le chapitre 24.

Que sera-ce quand nous serons présentés par le Seigneur devant Son Dieu et Père ? Lisez à ce sujet 1 Thessaloniciens 3. 12 et 13. Le Seigneur donc, à Sa venue, amènera devant Son Père tous ceux qu’Il Lui a donnés. C’est une pensée des plus solennelles, dont nous avons à nous souvenir ; elle est propre à nous séparer pratiquement de tout ce qui est incompatible avec la gloire de ce grand Dieu, ce Dieu saint en présence duquel nous serons manifestés bientôt.

Si l’on venait dans ce moment vous dire que vos parents viennent vous chercher pour vous présenter à un de leurs amis, qui est un grand personnage, immédiatement vous regarderiez si vos vêtements sont en ordre et si vos mains sont propres. C’est ainsi que la pensée de paraître bientôt devant la sainteté de Dieu met dans les cœurs un désir ardent de se séparer de tout ce qui est mal, car ce Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal. C’est pourquoi il est dit ici : « Pour affermir vos cœurs, sans reproche en sainteté devant notre Dieu et Père en la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints ».

Le Pharaon demande à Jacob : « Combien sont les jours des années de ta vie ? » car c’était un vieillard âgé de cent trente ans. C’était une longue vie. Mais aux yeux de Dieu et même aux yeux du patriarche elle était peu de chose, car cette vie s’était passée presque tout entière sous la discipline de Dieu et sans communion avec Lui. De fait il n’y avait eu dans cette vie que peu de jours pour Dieu et qui puissent vraiment compter devant Lui. On ne trouvait pas dans Jacob une longue vie pour Dieu comme ce fut le cas dans la vie d’Abraham. Jacob en a conscience et il ne craint pas de le confesser, reconnaissant ainsi devant le roi d’Égypte que sa vie, malgré le nombre des années, n’avait guère été à la gloire de Dieu.

Nous avons ici une belle leçon d’humilité, à laquelle vous avez à prendre garde. Souvenez-vous que Dieu résiste aux orgueilleux et « qu’il donne la grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand le temps sera venu ».

On aime à voir ce vieillard devant le grand roi de toute l’Égypte. Il avait passé sa vie à paître le bétail, et le voici qui se tient en présence d’un des plus grands souverains de la terre. C’est Dieu qui a voulu cette rencontre. Avant de sortir, Jacob a béni le Pharaon. Or, « sans contredit, le moindre est béni par celui qui est le plus excellent », nous est-il dit dans l’épître aux Hébreux au chapitre 7. 7.

Le moindre croyant, parce qu’il est aimé de Dieu, qu’il possède la vie éternelle, qu’il est héritier des bénédictions qui sont dans les cieux, et qu’il a part à la gloire à venir, est plus grand que le plus puissant des monarques de la terre. Bien loin de s’enorgueillir d’avoir une telle part, le fidèle marche dans l’humilité, conscient de sa faiblesse et de ses fautes, mais aussi conscient de la grâce dont il est l’objet. Il peut désirer que tous les hommes puissent avoir une part aussi précieuse que la sienne, car tout ce qui est dans le monde ne saurait être comparé avec les choses qui sont dans les cieux et qui sont la part de tous ceux qui croient au Seigneur Jésus comme leur Sauveur.

Mais posséder une chose et en jouir sont deux choses bien différentes. La question pour nous est de savoir jouir de ce qui est à nous et qui nous a été donné dans la Personne du Seigneur Jésus. Pour cela il faut de la diligence pour les rechercher et nous en emparer par la foi. Certainement, si nous recherchons les choses d’ici-bas, nous ne jouirons pas de celles qui sont en haut. Il nous est dit, dans le livre des Proverbes, que la main des diligents enrichit (ch. 10. 4). Si cela est vrai dans les choses matérielles, cela est vrai aussi dans les choses spirituelles. Quelles sont donc les choses que vous voulez rechercher dès votre enfance ?

Avec le v. 13 du chapitre 47 de la Genèse commence donc un sujet dans le récit de l’histoire de Joseph. Je suppose que vous vous souvenez de ce que je vous ai dit à ce sujet.

Maintenant, Joseph ne nous est plus présenté comme s’occupant de ses frères, mais bien de l’Égypte tout entière. Il est encore ici un type de Christ qui ne s’occupe pas seulement des Siens, mais aussi de tout ce qui est dans le monde, car tout doit Lui être soumis dans les cieux et sur la terre. C’est là ce qui est appelé le « mystère de la volonté » de Dieu (Éph. 1. 9). Le monde ignore ces choses, mais le croyant se réjouit à la pensée que bientôt tout sera ainsi soumis à Christ et que tout Lui appartiendra. Il a des droits sur toutes choses, parce qu’Il en est le Créateur, puis aussi parce qu’Il a tout racheté par Son sacrifice.

La domination de Joseph s’étendait sur toute l’Égypte, ainsi que le Pharaon le lui avait dit après qu’il lui eût expliqué ses songes : « Sans toi nul ne lèvera la main ou le pied dans toute l’Égypte » (Gen. 41. 44).

Les Égyptiens, aussi bien que les fils de Jacob, ont dû avoir affaire avec lui pour du pain. Ils ont expérimenté que c’était auprès de lui seul que se trouvaient les ressources pour ne pas mourir de faim. La famine sévissait dans tout le pays d’Égypte et elle était très intense. Seul Joseph possédait des provisions en abondance et il fallait aller à lui pour avoir du pain. Déjà précédemment, le Pharaon avait dit à son peuple : « Allez à Joseph, faites tout ce qu’il vous dira », de même que maintenant il n’y a de ressource que dans la Personne du Seigneur Jésus. C’est Lui qui est le seul « sauveur du monde », le seul soutien de la vie.

Mais quel tableau nous avons ici de l’état de l’Égypte dans ce moment-là : la famine dans toute son horreur, les ressources qui sont à bout, et la mort qui guette tout un peuple. C’est l’image de l’état dans lequel le monde se trouve maintenant. Partout c’est une soif et une faim ardente de bonheur ; mais nul ne sait où il se trouve. Tout ici-bas est assujetti à la vanité et tout passe rapidement.

Dans le Seigneur Jésus seul se trouvent les ressources inépuisables. Si les hommes d’aujourd’hui étaient aussi sages que les Égyptiens qui criaient à Joseph, s’ils savaient aller au divin Joseph, ils trouveraient en Lui la vie éternelle, la joie, les richesses insondables, le bonheur pour le présent et pour l’éternité.

Vous remarquez que Joseph a tout acheté contre du blé, tout était sous sa main : l’argent, les troupeaux, les terres de l’Égypte et même le peuple, il a tout acheté pour le Pharaon, le roi, son seigneur. De la même manière maintenant celui qui vient au Seigneur reçoit le salut, le pardon de ses péchés, la vie éternelle, mais aussi il appartient au Seigneur. Son être tout entier Lui appartient, corps, âme, vie, biens, tout est à Lui. Être à Lui, c’est le bonheur suprême. Il est le Maître débonnaire et humble de cœur qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes » (Mat. 14. 28 et 29).

Maintenant tout est à Joseph et c’est de lui que tous dépendent : ils reçoivent tout de sa puissante main ; aussi bien celui qui sème que celui qui mange du pain. Il pourvoit aux besoins du peuple et de leurs maisons et de leurs petits-enfants. Il est ainsi une image de Celui duquel nous dépendons pour toutes choses.

Nous remarquons que les Égyptiens sont pleins de reconnaissance envers Joseph. Ils lui disent : Tu nous as conservé la vie ; que nous trouvions grâce aux yeux de mon seigneur, et nous serons serviteurs du Pharaon. Nous aussi nous avons trouvé grâce aux yeux du Seigneur et nous avons en Lui la vie éternelle, nous qui méritions la mort. Maintenant nous pouvons servir Dieu en attendant d’être pour toujours avec le Seigneur.

Joseph met ainsi tout en ordre en Égypte et assujettit tout le peuple au Pharaon. Il fait une loi sur les terres de l’Égypte : au Pharaon un cinquième. Ce cinquième qui était ainsi prélevé sur les terres de l’Égypte représente pour nous les droits de Dieu sur toutes choses – droits que nous avons à lui rendre, dont nous ne pourrons pas Le frustrer. Il a droit à la reconnaissance de nos cœurs, à la louange et c’est notre glorieux privilège que de Lui apporter ainsi chaque jour ce tribut qui Lui est si justement dû. Pour le cinquième, lisez ce qui nous est dit en Lévitique 5. 16. Ce cinquième représente les droits de Dieu. Hélas ! L’homme L’a lésé dans ces choses et demeure coupable envers Lui. A nous de le Lui rendre.

Maintenant l’histoire de Joseph est presque terminée, et le Saint Esprit, dans la fin de notre livre de la Genèse, nous parle de nouveau de Jacob. C’est un sujet qui commence avec le v. 27 de notre chapitre 47, et va jusqu’à la fin du livre.

Dieu a accordé à Jacob de pouvoir rester dix-sept années dans le pays d’Égypte, près de son fils bien-aimé. Ce dut être pour lui un temps heureux et béni.

La joie de son cœur devait être grande en voyant la gloire dont ce fils était entouré et aussi toute la sagesse que Dieu lui avait donnée pour tout diriger dans ce grand pays. Joseph rendait ainsi devant les yeux des Égyptiens un brillant témoignage au seul vrai Dieu, le Dieu d’Israël. Je ne pense pas qu’il y ait une plus grande joie pour un cœur de père que de voir ses enfants marcher fidèlement et glorifier le Seigneur dans leur conduite. Mais aussi quelle souffrance quand ils s’éloignent du chemin de Dieu et oublient les enseignements qu’ils ont reçu dans la maison paternelle.

Demandez à Dieu avec instances qu’Il veuille vous garder du mal et qu’Il vous accorde la grâce de marcher selon tous les enseignements que ce Dieu sage et bon vous donne dans Sa Parole. Ainsi vous réjouirez le cœur du Seigneur et celui de vos parents.

Lisez avec attention et prière le livre des Proverbes, et mettez en pratique tous les enseignements qui nous y sont donnés. Vous remarquerez que ce livre est particulièrement écrit pour donner au jeune homme de la connaissance et de la réflexion (ch. 1. 4).

Jacob maintenant jouissait pleinement de la communion avec Dieu. Il pouvait considérer toute la patience de Dieu envers lui ; toute Sa fidélité concernant les promesses qu’Il lui avait faites. Nous comprenons que, à la fin de sa vie, il pouvait adorer, appuyé sur le bout de son bâton (Héb. 11. 21).

Mais tout a une fin ici-bas, même une longue vie de cent quarante-sept ans. Les jours de Jacob approchèrent de la mort. C’est un moment solennel quand il faut quitter tout ce que nous avons eu ici-bas, même ceux que nous avons aimés.

Pour celui qui est sans Sauveur, c’est marcher vers le roi des épouvantements, et la mort n’écoute personne : elle pose sa froide main sur sa victime, et elle l’emporte, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, qu’on soit prêt ou qu’on ne le soit pas.

Pour le croyant, celui qui a mis sa confiance dans son Sauveur, c’est la fin des peines et de la souffrance, l’heureux moment de quitter une terre où tout est désolation pour être avec le Seigneur, ce qui est de beaucoup meilleur.

Puissions-nous toujours marcher dans la lumière de Dieu et dans Sa communion, afin que, arrivés au terme du voyage, nous n’ayons rien à juger et que nous puissions partir en pleine paix. Nous pouvons compter sur la fidélité de Dieu pour qu’Il nous garde sans reproche jusqu’à ce jour-là.

Au moment de quitter les siens, Jacob avait encore un grand désir, celui de ne pas être enterré dans le pays d’Égypte. Il voulait qu’on le mette dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté des fils de Heth.

Vous vous souvenez de ce que nous avons dit de ce sépulcre, lorsque nous nous sommes occupés de l’enterrement d’Abraham au chapitre 25 de notre livre. Aussi Jacob fait jurer à son fils Joseph de l’enterrer dans ce sépulcre. Étant le père de Joseph, il aurait pu avoir un magnifique sépulcre dans le pays d’Égypte et de somptueuses funérailles ; mais pour lui, la caverne où étaient enterrés ses pères avait infiniment plus de valeur que toutes ces choses. Il savait que ceux qui étaient enterrés dans le sépulcre de ses pères ressusciteraient à la première résurrection et auraient une part dans le royaume promis à Israël. C’était sa foi qui le faisait agir ainsi en appréciant les choses à leur juste valeur.

Aussi lorsque Joseph lui eut donné la promesse requise, Jacob s’est prosterné sur le chevet de son lit et a pu adorer le Dieu qui l’avait accompagné pendant tout son pèlerinage et qui lui accordait encore cette joie avant de mourir.

Cette scène est de toute beauté pour ceux qui, avec Jacob, possèdent en partage une foi de pareil prix – foi qui, je l’espère, est la part de tous les lecteurs de la Bonne Nouvelle. Il suffit de croire en toute simplicité ce que Dieu nous dit dans Sa bonne Parole. Les choses dont Il nous parle, Il nous les donne, la foi les reçoit et le cœur est rempli de joie en les possédant.

Aujourd’hui vous lirez le chapitre 48 de notre livre de la Genèse. Là vous trouverez Jacob malade et près de sa fin. Souvenez-vous qu’il n’y a pas d’espoir pour l’homme de rester sur la terre. Aurions-nous une vie de cent quarante-sept ans comme Jacob, un jour il faut partir et tout quitter. Vous êtes jeunes et il vous semble que vous avez un long avenir devant vous ; n’oubliez pas que nos jours sont comme une vapeur paraissant sur la terre et puis disparaissant.

Le psalmiste disait : « Voici, tu m’as donné des jours comme la largeur d’une main et ma durée est comme un rien devant lui ». Cherchez vous-même ce verset à la fin du premier livre des Psaumes. Vous avez probablement remarqué que le livre des Psaumes est divisé en cinq livres.

Joseph vient donc voir son père, accompagné de ses deux fils Manassé et Éphraïm. C’est un moment solennel quand il faut quitter cette terre et toutes les choses au milieu desquelles on a vécu et que l’on a aimées. Dans un tel moment, combien sont misérables ceux qui n’ont vécu que pour les choses visibles et qui partent sans espérance. Mais, par contre, quel bonheur remplit le cœur de ceux qui ont aimé le Seigneur et qui se réjouissent à la pensée de le voir et d’être pour toujours avec Lui !

Dans ce moment solennel, Jacob repense à ce que l’Éternel avait fait pour lui. Si lui n’avait pas été très fidèle, l’Éternel l’avait été et avait accompli fidèlement toutes ses promesses envers le patriarche. C’est pourquoi il rappelle dans ce moment que ce Dieu tout-puissant lui était apparu à Luz et lui avait fait des promesses. Malgré toutes ses fautes, Jacob était un croyant et il attachait du prix aux promesses qui avaient été faites à Abraham et à sa semence. Croyez Dieu et désirez obtenir les choses qu’il a promises dans la Parole ; ces choses sont infiniment plus précieuses que tout ce que le monde peut offrir. Ici-bas tout passe et tout est vanité, mais les choses que Dieu offre sont éternelles ; la mort n’y change rien.

Une autre chose caractérisait Jacob dans ce moment. Il était dans une pleine communion avec Dieu et il savait que l’Éternel donnerait une part particulière aux deux fils de Joseph et qu’Ils seraient comptés au nombre des tribus d’Israël. Comment le savait-il ? C’est Dieu qui le lui avait révélé. Pour qu’il puisse ainsi nous faire entrer dans ses pensées secrètes, il faut vivre bien près de Lui.

Nous pouvons bien penser que les dix-sept années que Jacob a passées en Égypte furent pour lui des années particulièrement bénies et dans lesquelles il a beaucoup joui de la communion avec Dieu.

Ensuite Jacob, en quelques mots touchants, rappelle la mort de Rachel, sa femme bien-aimée, qu’il a enterrée sur le chemin d’Éphrath qui est Bethléhem. Certaines douleurs restent dans le cœur jusqu’à la fin d’une longue vie. Le Seigneur le permet pour nous faire réaliser quel est le monde dans lequel nous sommes et nous faire nous attacher aux choses qui sont éternelles, aux choses célestes.

Il arrive aussi fréquemment que nous nous attirons, à cause de nos infidélités, des peines que nous devons endurer comme discipline. Pauvre Jacob ! Ainsi que nous l’avons déjà vu précédemment, il a dû endurer bien des souffrances qui n’étaient que la conséquence de ses fautes. Ce qu’un homme sème, il le récolte aussi. Celui qui sème pour la chair, récolte de la chair la corruption (Gal. 6. 7 et 8). On ne peut pas s’attendre à une vie heureuse en marchant dans la désobéissance à la parole de Dieu et en suivant le chemin de la propre volonté.

Malgré tout, nous pouvons admirer ce vieillard qui rappelle cette douloureuse discipline par laquelle il avait dû passer en courbant la tête sous la main de Dieu sans proférer une parole de murmure. C’est déjà une grande chose quand nous savons mettre notre bouche dans la poussière et faire comme le psalmiste qui, étant sous les coups de la discipline de Dieu, disait : « Je suis resté muet, et je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait » (Ps. 39. 9).

Nous avons affaire avec un Dieu qui nous aime et qui fait concourir toutes choses pour notre plus grand bien. Un jour, comme le psalmiste, avec des cœurs qui adorent, nous dirons en considérant le chemin qu’il nous a fait parcourir : « Je sais que c’est en fidélité que tu m’as affligé ».

Vous aurez peut-être un peu de peine à vous souvenir de tout ce que je vous ai enseigné aujourd’hui, et je crains d’avoir un peu dépassé ce que vous pouvez comprendre maintenant, mais plus tard vous pourrez relire ces lignes, et j’aime à croire qu’elles vous seront en consolation et en encouragement. Si le Seigneur vous laisse quelque temps ici-bas, certainement vous rencontrerez des peines et des difficultés. Souvenez-vous que Dieu seul saura vous soutenir et vous consoler.

Vous vous souvenez que nous avons vu Jacob malade et à la fin de ses jours. Son fils Joseph était auprès de lui. Jacob rend témoignage à la grâce de Dieu qui s’est plu à le bénir. Ce Dieu agit toujours de même envers ceux qu’Il aime. Pendant de longues années, Jacob avait pleuré son fils Joseph, pensant qu’il était mort, et maintenant ce fils était devant lui, et non plus un humble berger, mais un grand seigneur sur toute l’Égypte ; non seulement cela, mais aussi il avait la joie de voir aussi les fils de son fils chéri. Le cœur du patriarche devait déborder de reconnaissance envers ce Dieu qui avait fait de telles choses pour lui.

Souvenez-vous que Dieu est bon, qu’Il nous aime et qu’Il veut notre bonheur. Si parfois Il doit nous discipliner, Il ne le fait que autant que cela est nécessaire, et pour notre profit. Vous pouvez vous confier en Sa bonté pour tout ce qui vous concerne et dans toutes les circonstances que vous traversez, et jamais vous ne serez confus.

Ces deux fils de Joseph devaient donc avoir une part dans l’héritage de l’Éternel au milieu des fils d’Israël lorsqu’ils se partageraient le pays de la promesse. Mais les fils d’Éphraïm devaient devenir une nation plus grande et plus forte que ceux de Manassé, alors même que ce dernier était le premier-né. Il semble que dans ce moment-là Joseph n’était pas à la hauteur des pensées de Dieu. Son père âgé, et à la fin de sa course ici-bas, ayant les yeux appesantis par la vieillesse, avait un parfait discernement de la volonté de Dieu. Cela provenait du fait que dans ce moment-là il était en pleine communion avec Dieu. La propre volonté ne venait en aucune manière obscurcir son discernement spirituel. Sa foi était à la hauteur des pensées de Dieu et il voyait même dans l’avenir ce qu’il en serait des deux fils de Joseph.

La foi est une chose merveilleuse : elle voit les choses invisibles, et celui qui la possède jouit de ces choses comme s’il les avait entre les mains.

Je me demande si vous comprenez ce que je vous dis dans ce moment ? Comme cela peut vous paraître un peu difficile, je vais vous donner un exemple. Vous n’avez jamais vu le Seigneur Jésus de vos propres yeux, et cependant vous savez qu’Il est dans le ciel, vous en êtes assurés. Vous le savez parce que Dieu l’a dit dans Sa parole et vous pouvez vous réjouir à la pensée qu’Il va revenir pour vous chercher. C’est la foi qui vous donne cette assurance.

D’autres personnes ne savent pas où est le Seigneur, ne se soucient pas de Lui et ne L’attendent pas : ces personnes n’ont pas la foi, elles n’ont pas cru ce que Dieu dit dans Sa parole.

Or Jacob était un croyant, il avait la foi. Le voici donc qui annonce ce qui va arriver aux deux fils de Joseph et il les bénit.

Une autre chose que Jacob a dit à son fils : « Je meurs, et Dieu sera avec vous ». Il pouvait parler de la fidélité de Dieu, car Il avait été avec lui pendant une longue vie de près de cent cinquante ans. Il reconnaît qu’il n’a pas été fidèle comme ses pères, Abraham et Isaac, qui avaient marché devant Dieu ; lui n’avait pas fait de même, mais malgré cela ce Dieu avait été son Berger, l’avait gardé et l’avait béni.

Vous allez peut-être me demander ce que c’est que de marcher avec Dieu. La chose est bien simple : lorsqu’une personne marche devant nous, nous voyons tout ce qu’elle fait, ses faits et gestes nous sont connus, elle ne peut rien nous cacher. Donc marcher devant Dieu, c’est avoir une vie dans laquelle il n’y a rien qui Lui soit caché, dans laquelle tout Lui est manifesté, nos actes, nos paroles, tout étant fait comme devant Lui.

Prenez la bonne habitude, dès votre jeune âge, de faire tout comme en la présence de Dieu, et de Lui parler de tout ce qui vous concerne : de vos allées et de vos venues, de vos travaux, de vos désirs, de vos peines, ne Lui cachez rien. Jamais vous ne regretterez d’avoir agi ainsi, et, arrivés à la fin de votre vie vous n’aurez pas, comme Jacob, à confesser que vous n’avez pas marché avec Dieu.

En terminant, encore un mot : Jacob donne à Joseph une portion de plus qu’à ses frères. De fait, Joseph était l’héritier des bénédictions de Jacob. En Israël, une double portion était la part du fils premier-né, et c’était Joseph qui avait ce droit, car Ruben l’avait perdu à cause de ses fautes, et c’était Joseph qui avait hérité de ce droit. Voyez à ce sujet 1 Chroniques 5. 1. En tout cela Joseph, comme dans presque toute sa vie, est un type de Christ. C’est Christ qui héritera de tout, et nous, nous hériterons avec Lui, ainsi qu’il est écrit : « héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » (Rom. 8. 17). Savons-nous apprécier un tel héritage ? Voulez-vous courir après les choses qui passent, ou voulez-vous mettre votre diligence pour acquérir les choses du royaume de Dieu ?

Maintenant nous arrivons à la dernière étape de la vie de Jacob avec le chapitre 49 de notre livre. Le voici sur son lit, prêt à mourir.

Le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux nous apprend que Jacob mourant bénit chacun de ses fils. Il les appelle et dit : « Assemblez-vous, et je vous ferai savoir ce qui arrivera à la fin des jours. Réunissez-vous et écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père ». Nous avons donc ici une prophétie dans laquelle Jacob nous fait connaître ce qui arrivera à la fin des jours.

Entrer dans les détails de ce chapitre nous entraînerait trop loin et il y aurait des choses trop difficiles pour que vous puissiez les comprendre. Je me bornerai donc à vous donner quelques grandes lignes des vérités que nous trouvons dans cette merveilleuse page.

Les trois premiers fils de Jacob, Ruben, Siméon et Lévi sont en quelque sorte ensemble et présentent les caractères de l’homme dans la chair – ou si vous aimez mieux, dans son état naturel. Aucune bénédiction n’est prononcée sur eux, mais seulement des malédictions.

Ce qui a caractérisé ces trois fils est la corruption et la violence. Ce sont les deux formes que revêt tout le mal qui est dans le monde. La corruption a aussi bien un caractère religieux qu’un caractère moral. Partout ici-bas c’est l’idolâtrie et la cruauté. L’homme s’exerce à perfectionner les moyens de destruction et, hélas ! partout le sang coule sur la terre. Le monde aujourd’hui est semblable à celui du temps de Noé, monde qui a été englouti par les eaux du déluge. Le monde d’aujourd’hui sera détruit, non par de l’eau, mais bien par le feu ainsi que nous l’apprenons par la seconde épître de Pierre, chapitre 3. 7. « Maudite soit leur colère, car elle a été violente », dit Jacob : Qu’en sera-t-il de ceux qui devront entendre leur jugement de la bouche du Seigneur ?

Après cela, voici Juda qui occupe une large place dans les paroles de Jacob. Il nous fait savoir que la tribu de Juda sera la tribu royale ; et nous savons que notre Seigneur a surgi de Juda et que c’est à Lui qu’appartient le sceptre. Ce qui nous est dit ici s’applique plus à Christ qu’à Juda lui-même. Qui sera loué comme notre Seigneur ? N’est-Il pas aussi celui qui dominera sur Ses ennemis et devant qui tous se prosterneront ?

Zabulon et Issacar sont l’image de l’état des Juifs maintenant. Après avoir rejeté leur Messie, ils sont dispersés parmi les nations, toujours agités et sans repos, comme la mer ; ils s’assujettissent à tout, pourvu qu’ils puissent gagner de l’argent. Ils se trouvent bien là où ils peuvent trafiquer.

Dan est une image de l’Antichrist qui revêtira un caractère diabolique, comme le serpent, et dominera sur le peuple incrédule. Pendant ce temps les fidèles diront : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » – le salut qui arrivera certainement par la venue du Messie.

Gad, Aser et Nephthali sont ensemble et revêtent les caractères du résidu fidèle d’Israël pendant ce temps-là, et qui attendra cette délivrance. Si les ennemis lui tombent dessus et semblent un moment être victorieux, en fin de compte ce sont eux qui tomberont sur leurs ennemis et les anéantiront.

D’Aser viendra le pain excellent qui fera les délices du Roi, donc de Christ ; il trouvera en eux Sa satisfaction, Son bon plaisir, car à cause de Lui ils porteront l’opprobre et endureront la souffrance de la part de leurs ennemis.

Nephthali, comme une biche légère, qui marche sur les lieux élevés, glorifie Dieu dans sa marche.

Avez-vous pensé que Dieu observe votre manière d’être et de faire ? Trouve-t-Il Son plaisir en voyant comment vous vous conduisez dans la rue, à la maison, à l’école ? Rien n’échappe à Son œil. « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11).

Non seulement la marche de Nephthali est belle, mais aussi ses paroles sont agréables à Dieu. Quelles sont les paroles que Dieu peut trouver belles, si ce n’est celles qui proviennent d’un cœur qui est vrai devant Lui ? Quand un pécheur reconnaît sa misère et mène deuil sur ses fautes, ce sont de belles paroles. « Soyez vrais devant Dieu et devant les hommes, ayant dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain » (Éph. 4. 25).

Maintenant, je vais vous laisser, car nous ne pouvons pas aujourd’hui finir ce merveilleux chapitre. Gardez dans votre cœur ce que vous avez pu comprendre et plus tard vous trouverez dans cette page bien d’autres merveilles. C’est un infini comme tout ce qui est de Dieu.

Maintenant nous arrivons à Joseph, celui dont je vous ai parlé si longuement. Sa personne est si merveilleuse, parce qu’elle nous parle du Seigneur Jésus, le divin Joseph. Ici, comme dans les autres chapitres, où il est question de Lui, nous voyons briller les rayons de la gloire de notre Seigneur. C’est lui qui est la seule branche qui ait porté du fruit pour Dieu, et même tout le fruit qu’il a pu récolter dans le monde provient de Lui.

Ici il est représenté par un arbre planté près d’une fontaine. Là on ne connaît pas la sécheresse et un arbre, dans de telles conditions, ne peut que porter du fruit en abondance ; ses rameaux poussent par-dessus la muraille, nous est-il dit. Cela veut dire que sa bénédiction s’étend aux nations qui étaient sans Dieu et sans espérance dans le monde. Les bénédictions étaient promises à Israël, ce peuple qui était séparé des autres nations et comme entouré d’une muraille qui le mettait à part de tous ceux qui l’environnaient. Mais, après la venue du Seigneur Jésus, l’Évangile a été prêché à toutes les nations et des fruits abondants ont été produits parmi les Gentils aussi bien que parmi les Juifs.

Ce divin Sauveur a rencontré dans le monde la haine, la méchanceté et toute la puissance de l’ennemi ; c’est ce dont nous parle le v. 23. Les archers L’ont provoqué amèrement, et ont tiré contre Lui et L’ont haï. Rien ne L’a arrêté, Son arc est demeuré ferme par les mains du Puissant de Jacob. L’arc, dans les Écritures, est l’arme de la force. C’est Jésus aussi qui est le Berger, le Bon Berger dont vous connaissez l’histoire et dont, j’aime à le croire, vous êtes une brebis. Il est aussi la Pierre choisie et précieuse auprès de Dieu, mais que les bâtisseurs ont rejetée. Cherchez dans la première épître de Pierre le passage où il en est question.

Toutes les bénédictions sont comme accumulées sur Sa tête ; ce n’est qu’en Lui qu’il y en a, il ne peut s’en trouver dans aucun autre. C’est en Christ que nous sommes bénis de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes, et c’est en Christ que les Juifs seront bénis bientôt sur la terre. Les bénédictions prononcées par Jacob vont jusqu’au bout des collines éternelles.

Et pourtant c’est Christ qui a été rejeté de Son peuple et Lui que rejettent bien des personnes, même au milieu de ce qui s’appelle la chrétienté. Les hommes n’ont eu pour Lui aucune estime, et pourtant Il est plus beau que les fils des hommes, et toute Sa personne est désirable.

Enfin, nous trouvons Benjamin, le fils de la droite de son père. Il est ici un type de Christ quand il viendra pour exterminer Ses ennemis lors de l’établissement de Son règne. Ce n’est pas par la prédication de l’Évangile que ce règne s’établira, comme bien des personnes se le figurent, mais bien par le jugement de tous Ses ennemis.

Ce sont donc là les douze tribus d’Israël, tribus qui existent encore. Plusieurs sont perdues maintenant, mais Dieu, quand le moment sera venu, saura les retrouver et Il les ramènera dans le pays de la promesse, et le Seigneur régnera sur le peuple tout entier. Alors seront accomplies toutes les promesses faites aux pères, et toutes les prophéties que Dieu a données à Son peuple.

C’est ce dont Jacob avait le sentiment profond au moment où il allait mourir. C’est pourquoi il a voulu que son corps soit transporté dans le pays de la promesse et soit mis dans le sépulcre où avaient déjà été déposés ceux d’Abraham, de Sara, d’Isaac, de Rebecca et de Léa ; tous ceux-là auront part à la première résurrection et pourront jouir de la bénédiction que l’Éternel leur a promise et dont leur foi s’est emparée.

Avez-vous cru les promesses que Dieu a faites et qui sont la part de tous ceux qui L’ont honoré de leur confiance ? Maintenant Il a fait des promesses pour le ciel et ceux qui croient peuvent chanter :

Tandis qu’au ciel ma place est prête,

Ici-bas, j’ai la paix du cœur.

Maintenant Jacob est mort, sa longue vie ici-bas est terminée ; pour lui, après bien des orages, c’est le repos auprès de son Sauveur en attendant le jour de la résurrection, jour dans lequel il recevra les choses dont sa foi s’est emparée et dont il pourra jouir éternellement.

Joseph pleure son père. Tôt ou tard les précieux liens de la famille sont brisés, et il ne reste que des larmes et des regrets pour ceux qui demeurent ici-bas. Bien des larmes sont répandues sur cette pauvre terre, et cela même dans les lieux qui paraissent les plus favorisés.

Joseph lui-même a beaucoup pleuré. Cherchez dans votre Bible tous les passages où nous le voyons répandre des larmes. Les honneurs dont il était entouré et les richesses qui étaient entre ses mains ne l’ont pas empêché de verser beaucoup de larmes. N’enviez pas ceux qui sont haut placés dans le monde : souvent ce sont ceux qui sont dans les honneurs et dans l’opulence qui sont les plus à plaindre et qui ont le plus de sujets de souffrances.

Vous-mêmes, plus d’une fois, vous avez pleuré ; sachez bien que si Dieu vous donne encore des jours ici-bas, vous aurez encore à verser bien des larmes. Ne vous découragez pas pour cela et souvenez-vous que Dieu recueille nos larmes dans ses vaisseaux et que même Il les inscrit dans Son livre. Cherchez ce passage ; vous le trouverez dans le deuxième livre des Psaumes. Ce Dieu est aussi Celui qui console les Siens dans toutes leurs afflictions (2 Cor. 1. 4) et qui bientôt essuiera les larmes de dessus tout visage (És. 25. 8).

Après cela, Joseph commande à ses serviteurs, les médecins, d’embaumer le corps de son père. Vous remarquez ici comme Joseph était élevé en dignité dans le pays d’Égypte, puisque les médecins n’étaient que ses serviteurs. On fit à Jacob un grand deuil dans le pays d’Égypte, car il était le père d’un grand seigneur qui dominait sur tout le pays et devant lequel tous devaient fléchir les genoux (ch. 41. 43). Jacob aurait pu avoir un somptueux sépulcre en Égypte, mais il a préféré à cela l’humble caverne qui était dans le champ de Macpéla, où étaient déjà déposés les corps d’Abraham, de Sara, d’Isaac, de Rebecca et de Léa.

La foi sait estimer les choses d’une manière toute différente de ce que l’homme naturel ne le fait. Ce dernier ne voit que les choses visibles, tandis que le croyant voit les choses invisibles ; ces choses sont éternelles, tandis que ce qui se voit n’est que pour un temps.

Un très gros camp monta dans le pays de Canaan avec Joseph et ses frères. On fit là de grandes lamentations au sujet de Jacob. Après cela, Joseph retourna en Égypte avec ses frères. C’est là que Dieu l’avait placé et qu’il avait son service. D’un autre côté, c’était aussi dans les conseils de Dieu que la postérité de Jacob séjourne dans ce pays jusqu’au jour glorieux où l’Éternel interviendrait avec puissance, à main forte et à bras étendu pour les délivrer et les introduire dans le pays de la promesse.

Cette délivrance est une image d’une délivrance plus grande encore, quand le Seigneur Jésus Lui-même avec Sa puissance ressuscitera ceux qui sont endormis, changera ceux qui sont vivants sur la terre et nous ravira dans le ciel, la maison de Son Père. Vous réjouissez-vous dans cette bienheureuse espérance ?

Lorsque les frères de Joseph virent que leur père était mort, ils pensèrent que Joseph allait se venger sur eux de tout le mal qu’ils lui avaient fait. Ils ne connaissaient pas le cœur de Joseph et avaient de la peine à comprendre qu’ils étaient entièrement pardonnés. L’homme a de la peine à s’élever à la hauteur des pensées de Dieu, et entre difficilement dans la connaissance de l’étendue de Sa grâce.

De nouveau Joseph pleure en voyant que ses frères doutaient de son amour. Leur incrédulité affligeait son cœur. Combien de fois, nous aussi, nous affligeons le cœur du Seigneur Jésus lorsque nous ne savons pas nous confier pleinement dans Sa bonté envers nous. Ne doutez jamais de Son amour, pas même en présence de vos fautes. Son amour est plus grand que toute notre misère.

Après la mort de Jacob, nous avons celle de Joseph. Qu’on soit un grand seigneur dans le monde ou un humble berger, tôt ou tard, il faut quitter cette terre et abandonner toutes les choses au milieu desquelles nous avons vécu et que nous pouvons avoir aimées.

Joseph a conscience de toute la fidélité de l’Éternel en faveur des Siens et a la bienheureuse certitude que Dieu fera remonter le peuple dans le pays de leurs pères. Sa foi se montre ainsi dans toute sa beauté au moment même où, à vues humaines, il ne lui restait plus rien qu’un sépulcre. Tous les honneurs dont il a été entouré en Égypte ne sont rien, comparés avec la gloire dont il sera entouré au jour de Christ.

Maintenant nous voici à la fin du livre de la Genèse. Soyez bien assuré que nous n’avons vu que les bords des richesses qu’il contient, une bien petite partie. Continuez d’en faire la lecture et vous y trouverez bien d’autres merveilles. Cherchez-y toujours la Personne du Seigneur Jésus, le divin Joseph ; c’est Lui qui est la clé de toutes les Écritures.

La dernière fois nous avons fini la lecture du livre de la Genèse. Depuis lors je me suis demandé quel était le sujet que nous devions prendre pour poursuivre nos études sur la Parole. J’aurais eu du plaisir à lire avec vous le livre de l’Exode, mais il présente certaines difficultés qui m’ont décidé à y renoncer, non qu’il n’y ait pas là des richesses bien grandes, mais par le fait qu’il s’y trouve des vérités qui dépassent ce que vous pouvez comprendre maintenant. Or, le Seigneur enseignait ceux qui étaient autour de lui « selon qu’ils pouvaient l’entendre » (Marc 4. 33).

Comme nous avons à L’imiter en toutes choses, j’ai donc le devoir de vous parler de choses qui sont à votre portée et dont vous pouvez profiter maintenant. Plus tard, quand vous serez devenus grands, si le Seigneur n’est pas venu, et si Dieu vous accorde quelques années de vie ici-bas, vous trouverez d’autres écrits qui vous feront connaître les richesses contenues dans le livre de l’Exode. Toutes les merveilles contenues dans la Parole de Dieu sont à la disposition de la foi ; mais il faut de la diligence pour s’en emparer. « La main des diligents enrichit », lisons-nous dans le livre des Proverbes (ch. 10. 4).

J’ai donc pensé que vous seriez heureux d’entendre parler de Samuel et de David, qui sont des hommes de Dieu remarquables. Nous lirons donc le premier livre de Samuel, livre dont j’ai beaucoup joui moi-même il y a quelques années, dans une série de réunions auxquelles probablement plusieurs d’entre vous ont assisté. Vous allez donc, chacun de vous, lire pour vous-même le premier chapitre de ce livre. Je serais heureux si vous vouliez bien noter sur une feuille de papier quelques pensées qui vous auront été suggérées par cette lecture ; et quand nous méditerons ensemble vous pourrez constater si nous avons eu les mêmes pensées. Ce serait un encouragement pour vous et pour moi.

Je me suis aussi demandé si quelquefois vous priez pour moi ? Soyez bien assurés que nous avons besoin des prières les uns des autres. Vous savez que l’apôtre Paul demandait les prières de ceux auxquels il écrivait. Lisez dans le chapitre 6 de l’épître aux Éphésiens, les v. 18 et 19.

Avant de commencer ce précieux livre de Samuel, je veux vous donner quelques courts renseignements sur les livres qui précèdent. Ainsi vous pourrez vous-mêmes commencer à les méditer tout seuls.

Je ne vous dis rien de la Genèse, puisque nous venons de nous en occuper ensemble.

Le mot « Exode » veut dire « la sortie ». Ce livre de l’Exode nous raconte comment l’Éternel a fait sortir Son peuple de l’Égypte, l’a introduit, conduit et nourri dans le désert. Il nous donne aussi des enseignements concernant la construction du tabernacle. Pour nous, ces enseignements ont une portée pratique : Dieu nous a sauvés de la puissance d’un maître plus redoutable que le Pharaon, Satan lui-même ; Il nous a délivrés non pas de l’Égypte, mais de ce monde, et nous voici en route pour le pays de la promesse, le ciel même. Outre cela, nous connaissons un lieu où nous pouvons rencontrer la présence de Dieu, plus merveilleux que le tabernacle qui était dans le désert : l’Assemblée de Dieu.

Le « Lévitique », ainsi que son nom l’indique, était le livre des « Lévites » qui enseignaient le peuple, ce qui concernait le culte qui devait être rendu à Dieu.

Le livre des « Nombres », où tout est compté ou dénombré, si vous préférez, nous raconte comment le peuple s’est conduit dans le désert : une bien misérable histoire ! Pourtant, en le dénombrant, Dieu reconnaissait qu’il était Son peuple et qu’Il s’intéressait à tout ce qui le concernait.

Le « Deutéronome », mot qui veut dire : « La loi, une seconde fois », fait connaître au peuple les conditions qui étaient nécessaires pour qu’il puisse jouir des bénédictions qui seront à sa disposition quand il serait dans le pays de la promesse dans lequel il allait entrer. Ce livre peut se résumer dans un seul mot « obéissance ». C’est un principe qui est vrai dans tous les temps. Aujourd’hui, comme alors, nous ne pouvons profiter des privilèges que Dieu met à notre disposition qu’en marchant dans l’obéissance à Sa parole.

Le livre de « Josué » nous raconte comment Dieu a introduit le peuple dans le pays par le moyen de Josué. Pour nous, nous connaissons le divin Josué qui va nous introduire dans le ciel même. Il vaut la peine de suivre un tel Chef.

Le livre des « Juges », ainsi nommé parce qu’il nous parle du temps où les juges jugeaient le peuple de la part de l’Éternel, est le pendant du livre des Nombres. Dans ce dernier, le Saint Esprit nous raconte, ainsi que nous venons de le voir, comment le peuple s’est conduit dans le désert, tandis que les Juges nous racontent comment il s’est conduit dans le pays. Hélas ! dans une contrée comme dans l’autre, il a désobéi à l’Éternel.

Le livre de « Ruth » nous montre comment la grâce de Dieu peut s’élever au-dessus de la misère de l’homme et même au-dessus des exigences de la loi. Cette grâce s’en va au loin vers les nations qui n’ont pas de promesses et qui sont sans Dieu et sans espérance dans le monde. C’est en vertu de cette grâce que nous pouvons être sauvés et que nous pouvons subsister devant Dieu. Retenons bien dans nos cœurs cette précieuse vérité. Lisez, en terminant, Hébreux 12, les versets 15 et 28.

Aujourd’hui nous allons donc commencer la lecture du premier chapitre du premier livre de Samuel. Il est de toute évidence que je ne pourrai pas vous expliquer toutes les choses qui s’y trouvent, mais je me bornerai à attirer votre attention sur les principaux faits qui nous y sont rapportés, et surtout sur ce qui peut particulièrement vous être utile.

Vous remarquerez que le livre commence par le mot « et ». Cela veut dire qu’il se relie à ceux qui précèdent. Vous vous souvenez que le livre des « Juges » nous raconte comment le peuple de Dieu s’était mal conduit dans le pays de la promesse. Il n’avait nullement écouté les enseignements que Dieu lui avait donnés dans le livre du Deutéronome, et, au lieu d’obéir à la loi de l’Éternel, chacun faisait ce qui était bon à ses yeux, c’est-à-dire que chacun faisait sa propre volonté. C’est ce qui a amené tout le désordre et toutes les mauvaises choses qui nous sont racontées dans ce livre.

Nous y voyons même qu’un petit-fils de Moïse, nommé Jonathan, était sacrificateur auprès d’une image taillée pour la tribu des Danites (ch. 18. 30). Chose horrible ! Être un descendant d’un serviteur aussi fidèle que Moïse, qui avait donné la loi dont le premier commandement défendait les images taillées, qui avait détruit le veau d’or, et être au service d’une idole… On peut avoir des parents pieux et fidèles et tomber bien bas quand on désobéit aux enseignements que Dieu nous donne dans Sa Parole.

Demandez à Dieu de bien vouloir vous garder, Lui seul peut le faire. La conséquence de cette désobéissance a été que le peuple s’est trouvé dans la misère et sous le jugement de Dieu.

Le livre de Ruth fait suite à celui des Juges ; là, le peuple est dans la famine ; et voici un homme dont le nom est Élimélec, qui, au lieu de s’humilier devant Dieu, va encore plus loin dans le chemin de la désobéissance, quitte le bon pays que l’Éternel a donné à Son peuple et va au pays de Moab, ce qui était positivement défendu. Lire Deutéronome 23. 3 à 7.

Là, il y meurt, ainsi que ses fils. Hélas ! Seule sa femme revient dans le deuil, la tristesse et l’amertume. C’est tout ce que l’on trouve quand on désobéit à Dieu. Mais, au milieu d’une telle scène, voici la grâce de Dieu qui brille d’un éclat bien merveilleux envers sa belle-fille, Ruth, une Moabite qui ne méritait rien, et qui n’avait aucun droit aux promesses divines, ni aux bénédictions qui étaient la part du peuple d’Israël.

Cette femme était caractérisée par une grande foi, foi qui s’élevait au-dessus de toute la misère de l’homme et qui trouve en Dieu la réponse à tous ses besoins : un Dieu qui se plaît à enrichir ceux qui se confient en Lui.

À la fin de ce petit livre se trouve une courte généalogie qui part du fils de Juda et qui aboutit à David le roi, et dans cette généalogie est nommé Obed, le fils de Ruth. Ruth a donc été dans les ancêtres de notre Seigneur, selon la chair.

Ceci dit, nous arrivons à notre premier livre de Samuel, qui nous fait connaître ce roi David, le roi selon le cœur de Dieu.

Vous voyez comment, dans les Écritures, tout nous est donné avec un ordre parfait. J’aimerais pouvoir vous en montrer d’autres exemples, mais cela nous prendrait trop de temps. Vous pouvez le remarquer vous-même en lisant la Parole. Mais il nous faut enfin nous occuper de notre livre de Samuel.

Lorsque nous lisons les Écritures, nous sommes en présence de tant de merveilles que nous ne savons ni où commencer, ni où finir. Vous remarquez que dans ce premier livre de Samuel tout est en désordre parmi le peuple de Dieu : la loi avait été violée déjà à Sinaï, les premiers chapitres de notre livre nous apprennent que la sacrificature a été ruinée à cause de la méchanceté des fils d’Éli, le souverain sacrificateur ; et le jugement allait tomber sur le peuple et sur ceux qui servaient dans la maison de Dieu.

C’était un état de choses qui ressemblait à la chrétienté d’aujourd’hui. La Parole de Dieu n’est plus écoutée et c’est le désordre partout, même au milieu de ceux qui prétendent encore servir Dieu. Le jugement est à la porte. Les événements qui se déroulent aujourd’hui nous avertissent de ce qui va arriver. Que faire dans des temps pareils ? Les premières pages de notre livre de Samuel sont pleines d’instruction à ce sujet.

Lisez vous-même ce premier chapitre et certainement le Seigneur Lui-même vous donnera bien des enseignements importants. Il est précieux de profiter des enseignements qui nous sont donnés par d’autres personnes, mais ceux que le Seigneur nous donne Lui-même ont toujours un prix particulier pour nos âmes. Samuel a certainement appris beaucoup de choses par la bouche d’Éli, mais il en a appris de plus intimes, de plus précieuses quand l’Éternel se révélait Lui-même par Sa parole. Qu’il en soit ainsi de vous tous.

Vous n’avez pas oublié ce que je vous ai dit concernant l’état dans lequel se trouvait le peuple de Dieu, tel qu’il nous est dépeint au commencement du premier livre de Samuel.

Aujourd’hui je veux vous parler du père et de la mère de Samuel, dont la piété faisait contraste avec l’état général du peuple. Le père s’appelait Elkana ; un nom remarquable puisqu’il veut dire « Dieu de la grâce » ; sa femme se nommait Anne, ce qui veut dire « grâce ». En somme, elle portait le même nom que son mari.

Vous savez que chez les fils d’Israël les noms avaient une grande importance, et souvent ils caractérisaient ceux qui les portaient. Elkana et sa femme connaissaient donc quelque chose de la grâce de Dieu. N’est-ce pas là la première chose qu’un homme devrait connaître ?

Il est évident que, étant sous la loi, ils ne pouvaient pas connaître toute l’excellence de cette grâce comme elle nous a été révélée dans la Personne du Seigneur Jésus ; car la loi a été donnée par Moïse, et la grâce vint par Jésus Christ (Jean 4. 17). Malgré cela, avant la venue du Seigneur, Dieu avait donné bien des exemples de cette grâce, et les âmes qui cherchaient Dieu pouvaient en connaître suffisamment pour y trouver une réponse à leurs besoins.

Dieu avait fait grâce à Adam et il n’est pas mort le jour même de son péché, puisqu’il a eu une longue vie de neuf cent trente ans. Noé a trouvé grâce aux yeux de l’Éternel, et bien d’autres avec lui. Cherchez vous-mêmes dans les Écritures et vous trouverez un grand nombre d’exemples de cette merveilleuse grâce de Dieu.

Pour pouvoir en jouir, il est de toute nécessité de connaître sa propre culpabilité. La grâce n’est que pour les coupables, comme la miséricorde n’est que pour les misérables. J’aime à penser que vous aussi vous savez que vous êtes des coupables et que c’est en vertu de cette grâce libre et gratuite que vous pouvez subsister devant Dieu.

Donc Elkana et sa femme connaissaient quelque chose de la grâce de Dieu, et le premier résultat de cette connaissance était qu’ils allaient chaque année à Silo pour adorer l’Éternel des armées.

Peut-être que vous vous êtes demandé ce que signifiait ce titre : « Éternel des armées » ? L’Éternel des armées, c’est le Dieu qui a à Sa disposition toutes les armées célestes, ces myriades d’anges, puissants en force et en dignité, ils sont Ses serviteurs accomplissant Son bon plaisir. Le Seigneur disait à Pierre : « Penses-tu que je ne puisse pas maintenant prier mon Père, et il me fournirait plus de douze légions d’anges ? » (Mat. 26. 53). L’Éternel des armées est donc le Dieu qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre.

Connaître Dieu fait de nous des adorateurs. Or Dieu est glorifié lorsque nous venons ainsi Lui rendre culte. Elkana allait donc adorer à Silo, car c’était là que se trouvait l’arche de l’Éternel.

Nous ne pouvons pas aller adorer n’importe où. Dieu avait fixé un lieu où Son peuple devait venir Lui rendre culte et Lui offrir des sacrifices. Lisez le chapitre 12 du livre du Deutéronome et vous verrez que là, Dieu donne tous les enseignements à Son peuple concernant cette précieuse vérité. Un Israélite devait aller, avec toute sa famille, rendre culte dans le lieu que l’Éternel aurait choisi. Les enfants y avaient une part comme les grandes personnes. C’est ce que faisait Elkana. Là il y avait des portions pour lui, pour ses femmes et pour ses enfants.

Certainement vos parents vous emmènent avec eux, le premier jour de la semaine, dans le lieu où le Seigneur a mis la mémoire de Son nom et où Il vient à nous pour nous bénir. Vous avez là une part comme tous ceux qui sont présents. En Israël la part était matérielle, c’était la chair des sacrifices qui étaient mangés dans la présence de Dieu ; pour nous, c’est une part spirituelle. Certainement vous connaissez quelque chose de la joie qu’il y a à chanter les louanges du Seigneur. C’est cette part précieuse qui est la vôtre et celle de tous les adorateurs de maintenant.

Vous pouvez aussi remarquer qu’il n’y avait pas que de la joie à Silo. Là se trouvaient les deux fils d’Éli, qui étaient de méchants hommes. Nous aurons malheureusement l’occasion de reparler d’eux plus tard. Ce devait être un grand sujet de souffrances pour un Elkana pieux, de voir ces malheureux qui méprisaient l’offrande de l’Éternel, mais cela ne l’empêchait pas de continuer d’aller à Silo d’année en année, car il venait là chercher la présence de l’Éternel.

Or, celui qui cherche le Seigneur Le trouve. Nous n’avons jamais à regarder aux hommes, mais bien au Seigneur, Lui est toujours fidèle. Elkana avait d’autres sujets de souffrances, nous en parlerons lors de notre prochaine leçon. Ceci dit, je vous quitte pour cette fois, me demandant si cette leçon n’a pas été un peu trop longue pour vous. Il vaut mieux peu et bien retenir que beaucoup et tout oublier.

Je vous ai dit, la dernière fois, qu’Elkana avait des sujets de souffrances. La vue de la conduite des fils d’Éli devait certainement en être une grande pour lui, en voyant ces malheureux qui livraient la gloire de l’Éternel à l’opprobre.

Une autre souffrance était la sienne, celle de voir sa femme bien-aimée, Anne, être l’objet de la haine de Pennina, qui était son ennemie, nous est-il dit. Anne pleurait ; ce devait être une chose bien pénible pour Elkana que de voir la douleur de sa femme chérie.

Elkana et Anne étaient pieux, et Pennina, ne l’était pas, c’est ce qui occasionnait bien de la souffrance dans cette maison. Dans toutes nos difficultés nous avons à nous souvenir qu’il y a une ressource pour ceux qui veulent être fidèles au Seigneur, cette ressource c’est la prière.

Anne le savait bien, et vous voyez la grande place que ce saint exercice de l’âme avec Dieu avait dans la vie de cette pieuse femme. Au v. 10, il nous est dit qu’elle priait longuement devant l’Éternel ; au v. 15, elle répandait son âme devant l’Éternel ; au v. 16, elle lui parlait dans la grandeur de sa plainte et de son chagrin ; au v. 26, elle dit : « Je suis la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel, j’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite » enfin, au chapitre 2. 1 : « Et Anne pria ».

Elle prie quand elle est dans l’amertume, et elle continue à prier quand elle est dans la joie. Nous prions facilement quand nous sommes dans la détresse, mais souvent nous négligeons la prière quand les circonstances paraissent favorables. Priez en tout temps et pour toutes choses.

Anne ayant été une femme de prières, tout naturellement Samuel, son fils, lui aussi a été un homme de prières. Il avait été à une bonne école. Nous aurons maintes fois l’occasion d’en reparler au cours de la lecture de ce livre. Dieu peut exercer la foi de ceux qui prient, et faire attendre la réponse à leurs prières pendant un temps, mais tôt ou tard Il répond, et cette réponse est d’autant plus merveilleuse qu’il a fallu l’attendre plus longtemps.

Autre chose, avant de nous donner ce que nous avons demandé, Dieu nous fait jouir de Sa paix, et cela même lorsque les circonstances n’ont pas changé. Vous connaissez le merveilleux passage de Philippiens 4. 6 et 7 : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus ».

C’est ce qu’Anne a expérimenté après avoir ainsi répandu son âme devant l’Éternel. Elle put s’en aller son chemin, elle mangea et elle n’eut plus le même visage. Au lieu de la tristesse, ce visage reflétait la paix qui remplissait son cœur : la paix de Dieu était sa part. Elkana et sa famille peuvent maintenant se lever, se prosterner devant l’Éternel et rentrer chez eux en attendant le moment où Dieu exaucera la prière de Sa fidèle servante.

C’est une chose précieuse que de pouvoir ainsi rechercher le. Seigneur en tout temps. Nous pouvons être dans des circonstances pénibles, mais Lui nous sauve de toutes nos détresses et, pour finir, nous avons de nombreux sujets de Le bénir. Heureux les enfants qui ont des parents qui prient pour eux. Anne a prié pour Samuel avant sa naissance et elle a prié après.

Ce premier chapitre du premier livre de Samuel est plein d’enseignements pratiques pour nous ; si nous savions mieux y prendre garde, nous serions gardés de bien des faux pas dans notre marche de chaque jour. Anne, dans sa prière, dit à l’Éternel qu’elle Lui donnera son fils pour tous les jours de sa vie. Savez-vous que vos jours ne vous appartiennent pas ? Ils sont au Seigneur, Lui qui a tous les droits sur chacun de nous.

La conséquence bien simple de tout cela, c’est que nous n’avons pas le droit de faire les choses qui nous plaisent, mais que nous avons à prendre conscience que nous sommes esclaves de Christ. C’est un heureux esclavage, c’est même la seule vraie liberté. Je me souviens que, quand j’étais enfant, dans presque toutes les réunions de prières, un vieillard indiquait ce cantique :

« Seigneur, sanctifie nos jours, nos moments ».

Il avait bien compris que ses jours et ses moments étaient au Seigneur.

Autre chose, Anne a dit que le rasoir ne passerait pas sur la tête de son fils. Cela voulait dire qu’il serait un « Nazaréen de Dieu ». Nazaréen veut dire « séparé ». Vous lirez à ce sujet le chapitre 6 du livre des Nombres, qui nous enseigne ce qu’était le Nazaréat. Ce fils donc, dès son entrée dans le monde, était séparé du monde et du mal pour être tout entier à Dieu. Cela faisait de lui un vrai témoin au milieu du peuple. C’était une belle vie qui s’ouvrait devant lui. Cela n’est-il pas propre à vous faire envie ?

Lisez donc attentivement tout ce qui nous est dit de Samuel et demandez à Dieu qu’Il vous accorde la grâce d’être fidèles comme lui l’a été.

D’après la Bonne Nouvelle 1941

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (7)

Aujourd’hui, je veux vous parler de Benjamin. C’était donc le plus jeune des fils de Jacob ; de même que Joseph, il lui était né de Rachel, sa femme bien-aimée.

Vous savez qu’il n’avait pas participé au crime de ses frères quand ils avaient vendu Joseph. Il était toujours resté auprès de son père, qui l’aimait tendrement.

Sur l’ordre de Joseph, il était descendu en Égypte avec ses frères. Lorsque Joseph le vit, son cœur fut ému envers lui et il se cacha dans sa chambre pour y pleurer. Il ne pouvait pas encore se faire connaître à lui dans ce moment, car il avait d’autres pensées à son égard. Il voulait, par son moyen, éprouver ses frères et voir ce qu’il en était d’eux. C’est pourquoi il fit mettre sa coupe d’argent à l’entrée de son sac.

C’est donc là que le serviteur de Joseph retrouva cette coupe, lorsqu’il fouilla les sacs des fils de Jacob. Quelle fut leur détresse en voyant cette coupe, et cela d’autant plus que Benjamin était parfaitement innocent ! Dans ce moment-là, quatre paroles furent prononcées. J’aimerais que nous les considérions ensemble et avec une profonde attention car, par ce moyen, le Saint Esprit veut nous parler d’un plus grand que Benjamin, le Seigneur Jésus qui, tout en étant parfaitement innocent, a dû être traité comme le plus vil des malfaiteurs quand il est venu vers ses frères, les fils d’Israël.

La première de ces paroles c’est : « Que celui de tes serviteurs chez qui la coupe se trouvera meure ; et, nous aussi, nous serons serviteurs de mon Seigneur ». L’intendant de Joseph dit : « Maintenant, qu’il en soit selon vos paroles ».

Benjamin n’a pas dû mourir, mais le Saint et le Juste, le Seigneur Jésus, vous le savez, a dû mourir à cause de nous qui étions des coupables. Il en a été selon ces paroles, non pour Benjamin, mais bien pour Lui, alors même que Pilate, le juge, par trois fois, a déclaré qu’aucun crime n’était en lui. Lisez vous-même le chapitre 23 de l’évangile de Luc et notez les trois passages dans lesquels Pilate déclare Son innocence. Vous pouvez aussi les noter dans l’évangile de Jean, à la fin du chapitre 18 et au commencement du chapitre 19.

Benjamin, donc, aurait dû mourir, et ses frères auraient été serviteurs de Joseph si la chose s’était accomplie à la lettre. Mais c’est le Seigneur Jésus qui est mort et, depuis cette mort, notre glorieux et bienheureux privilège est de servir le Seigneur. Vous voyez qu’ici, comme dans toutes les Écritures, le Saint Esprit nous parle de Lui.

Une deuxième parole : « Celui chez qui elle sera trouvée sera mon serviteur, et vous, vous serez innocents ». De même le Seigneur Jésus a été le parfait Serviteur et, en vertu de Son service qui L’a conduit à la mort, de pauvres coupables tels que nous sont justifiés et sans conscience de péché devant Dieu, lavés comme ils le sont dans Son sang, et plus blancs que neige.

Une troisième parole : « Nous sommes serviteurs de mon Seigneur, tant nous que celui en la main duquel la coupe a été trouvée ». Ici, nous avons de nouveau une image du Seigneur : Il est avec les Siens qui, tous ensembles, comme un corps de sacrificateurs, peuvent servir Dieu, le Père, dans Son sanctuaire. C’est une part précieuse entre toutes. Quand vous chantez les louanges du Seigneur dans l’assemblée, vous accomplissez ce précieux service autour de Lui et dans le lieu où Il a mis Son nom. En faisant cela vous Le glorifiez, car celui qui sacrifie la louange Le glorifie. Cherchez ce verset dans le Psaume 50.

Enfin, une quatrième parole : « Lui sera mon serviteur ; et vous, montez en paix vers votre père ». De nouveau, nous trouvons le parfait Serviteur, celui qui est Serviteur à toujours et, en vertu de Son service, nous montons en paix vers la maison du Père, là où nous allons entrer bientôt. J’aime à penser que tous, vous vous réjouissez à la pensée d’être bientôt dans cette demeure céleste, que du fond de vos cœurs vous dites : « Viens, Seigneur Jésus ! » Nous ne pouvons le faire qu’avec des cœurs reconnaissants envers Lui de ce qu’Il a été ainsi obéissant jusqu’à la mort de la croix pour nous.

Vous avez sans doute repensé à Benjamin et à ses frères quand ils étaient devant Joseph après que la coupe a été trouvée dans son sac ; et vous vous êtes demandé comment tout cela s’est terminé. Eh bien, voici, Joseph leur dit : « Ne savez-vous pas qu’un homme tel que moi sait deviner ? » Il savait donc tout ce qui en était d’eux. Nous pouvons donc nous représenter un peu l’angoisse qui a rempli leurs cœurs en entendant une telle parole. Il était donc impossible de rien lui cacher ; il savait quelle avait été leur vie passée et il était parfaitement inutile de venir lui dire, comme ils l’avaient fait autrefois : « Nous sommes d’honnêtes gens ».

Dieu veut la vérité dans l’homme intérieur et on ne peut rien Lui cacher. Il est très important que nous en soyons profondément pénétrés. Maintes fois vous avez entendu dire que Dieu est amour. Cela est parfaitement vrai, mais il est tout aussi vrai qu’Il est lumière. On ne peut rien Lui cacher et on ne peut pas se cacher de Lui. Si nous ne venons pas dans Sa lumière maintenant, un jour Il mettra devant la lumière de Sa présence nos fautes cachées et, devant Son trône blanc, tout ce que nous aurons fait, dit et pensé sera pleinement manifesté. Lisez les versets 12 à 15 du chapitre 20 du livre de l’Apocalypse.

Parlez-Lui de tout ce qui vous concerne, et surtout, ne Lui cachez aucune de vos fautes. Le Psaume 32 est là pour nous instruire et nous enseigne comment nous pouvons être bienheureux. Nous y lisons : « J’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel, et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché ». « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité ». Cherchez vous-mêmes le passage dans la première épître de Jean et notez-le afin de bien vous en souvenir.

Sous le coup de la détresse qui remplissait le cœur des fils de Jacob, et en entendant les paroles de Joseph, ils reconnaissent ce qu’il en est d’eux et Juda est le porte-parole pour reconnaître leurs fautes et les confesser : « Que dirons-nous à mon seigneur ? Comment parlerons-nous et nous justifierons-nous ?» Tout semblait être contre eux et ils avaient la bouche fermée.

C’est déjà une bonne chose et même une chose excellente, quand un coupable se tait et ainsi reconnaît qu’il ne peut pas se justifier. C’est là qu’il faut en venir lorsque nous nous présentons devant Dieu. « Je suis resté muet, et je n’ai pas ouvert la bouche, car c’est toi qui l’as fait », dit le psalmiste (Ps. 39. 9). « Comment parlerons-nous et comment nous justifierons-nous ? » dit Juda. Quand nous sommes coupables, et nous le sommes tous, nous n’avons rien d’autre chose à faire que de baisser la tête sous la main de Dieu et à fermer la bouche.

Juda ajoute : « Dieu a trouvé l’iniquité de ses serviteurs ». Il reconnaît donc que la main de Dieu est sur eux, et cela à cause de leurs fautes.

Souvent nous voyons des personnes qui sont dans des circonstances pénibles et douloureuses, et qui disent : « Pourquoi, pourquoi ? » Si ces personnes jetaient un coup d’œil sur leur vie passée, elles pourraient se souvenir de bien des fautes plus ou moins oubliées, et qui n’ont jamais été jugées ni confessées. Dieu permet ces circonstances afin de les faire rentrer en elles-mêmes, et considérer leur passé à la lumière de Sa présence, afin de pouvoir leur pardonner pendant qu’il en est encore temps.

C’est précisément ce que voulait Joseph avec ses frères, et c’est pourquoi il les a fait passer par des choses douloureuses, mais qui étaient nécessaires pour les amener à reconnaître ce qu’ils étaient. Ce n’était plus le moment de dire : « Nous sommes d’honnêtes gens ». Ils n’avaient rien d’autre à faire que de reconnaître leur effrayante méchanceté.

Vous vous souvenez sans doute de ce que nous avons considéré dans lequel nous avons vu Juda reconnaissant sa culpabilité et celle de ses frères. C’est toujours ce que nous avons à faire lorsque nous avons commis quelque faute, car celui qui se condamne lui-même, Dieu le justifie, et si Dieu justifie, qui pourra condamner ? Personne.

Dans la fin de notre chapitre 44 de la Genèse, nous voyons dans Juda les preuves évidentes d’une réelle conversion. Il se met à plaider devant Joseph en faveur de Benjamin dans des termes si touchants qu’ils sont propres à émouvoir le cœur le plus dur. Il parle de son vieux père, du fils de ce dernier, que son père croit mort et qu’il pleure, de l’amour de son père pour son plus jeune fils qu’il aurait voulu garder auprès de lui, mais qui a dû descendre en Égypte à cause de la volonté de Joseph : si un accident lui arrivait en chemin, et si ses fils revenaient d’Égypte sans lui, ses cheveux blancs descendraient avec douleur au shéol.

La détresse dans laquelle se trouve ce pauvre Juda lui donne une éloquence qui est propre à arracher des larmes à l’homme le plus endurci. Il ne saurait retourner vers son père si le jeune homme n’est pas avec lui et il ne saurait se résoudre à voir la douleur de son père et le malheur qui l’atteindrait s’il se voyait privé de son plus jeune fils ; aussi il propose à Joseph de rester serviteur en Égypte à la place de son frère.

Cela nous montre quel changement s’était opéré en lui depuis le jour où, avec ses frères, ils avaient rapporté la tunique ensanglantée de Joseph. Vous vous souvenez qu’ils lui avaient dit : « Nous avons trouvé ceci, reconnais si c’est la tunique de ton fils ou non ». Dans l’endurcissement de leurs cœurs, ils ne se souciaient ni de la vérité, ni de la douleur de leur père, ni de ses larmes. Quel cœur dur et froid que celui de l’homme sous la puissance de Satan !

Maintenant, tout est changé. Ce sont des sentiments tout différents qui remplissent leurs cœurs, et Juda était tout disposé à se sacrifier en faveur de son frère, afin d’épargner à son père la douleur de perdre son plus jeune fils.

Lorsqu’une vraie conversion a été opérée dans un cœur, on en voit certainement les fruits dans la vie de celui chez lequel la chose a eu lieu. Il ne suffit pas de dire qu’on est converti, mais la vie doit le manifester. Du reste, nous parlons souvent plus par nos actes et notre manière de faire que par nos paroles.

J’aime à penser que vous connaissez tous le Seigneur Jésus comme votre Sauveur, et que vous êtes même heureux de Le confesser quand l’occasion se présente ; mais n’oubliez pas que vos paroles et vos actes doivent être en parfait accord avec ce que vous professez.

Maintenant, les frères de Joseph sont arrivés au point où il voulait les voir afin de pouvoir les pardonner. Ils reconnaissent qu’ils sont coupables, ils sont là devant lui, brisés, humiliés, repentants. Dans cette dernière extrémité, n’ayant plus aucune ressource que celle de la miséricorde de Joseph, ils vont apprendre à connaître quel est ce glorieux personnage devant lequel ils sont là, tout tremblants, et quel est son amour pour eux.

Si cela était vrai dans ce moment-là, cela est vrai encore aujourd’hui pour tous ceux qui, reconnaissant leur misère, n’ont plus aucune ressource en eux-mêmes, et se tiennent devant Celui en qui ils ne voient qu’un juge qu’ils ont offensé : Il se révèle à eux comme leur Sauveur, Celui qui les aime, qui leur pardonne, les comble de bienfaits.

Nous comprenons pourquoi le Pharaon a appelé Joseph Tsaphnath-Pahnéakh, ce qui, vous vous en souvenez, veut dire : sauveur du monde.

Aujourd’hui vous lirez en entier le chapitre 45 du livre de la Genèse. C’est une des pages les plus impressionnantes de la Parole de Dieu ; il faut avoir un cœur bien endurci pour ne pas être profondément ému en la lisant.

Nous avons vu la dernière fois que Juda, sous le coup de l’épreuve qu’il avait traversée en compagnie de ses frères, a fait une belle confession, reconnaissant sa culpabilité et l’impossibilité complète dans laquelle il se trouvait de pouvoir se justifier. C’est à cela que Joseph voulait amener ses frères, afin de pouvoir les faire jouir d’un plein pardon. Il en est de même maintenant de la part de Dieu, qui ne demande qu’à justifier même les plus grands coupables et veut leur accorder le pardon de leurs péchés. Mais, pour cela, il est absolument nécessaire qu’ils reconnaissent qu’ils sont des pécheurs perdus. Repentez-vous, et croyez à l’évangile, a dit le Seigneur dès le début de Son ministère ici-bas (Marc 1. 15).

Il est de toute évidence qu’on ne peut apprécier la grâce de Dieu que dans la mesure où l’on a reconnu sa misère. Lorsqu’on l’a fait, on peut dire, avec le psalmiste : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert » (Ps. 32. 1). Le roi David, qui a écrit ce psaume, n’a pu jouir de ce bonheur qu’après avoir dit : « Je ferai confession de mes transgressions à l’Éternel, et toi tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 5).

Joseph, en entendant les paroles de son frère Juda, est profondément ému. Il aimait ses frères d’un amour profond; tout ce qu’il avait enduré de leur part n’avait en rien changé cet amour. Il ne peut plus se contenir et il fait sortir tous ceux qui se tenaient auprès de lui, voulant être seul avec ses frères au moment de se faire connaître à eux.

Le Seigneur, Lui aussi, nous aime, et d’un amour plus grand que celui qui remplissait le cœur de Joseph pour ses frères. Or c’est en ayant affaire avec Lui dans le secret qu’on apprend à Le connaître. Avez-vous, une fois dans votre vie, été seul avec Lui et, caché dans votre chambre, avez-vous eu affaire avec Lui au sujet de ce que vous êtes et de ce que vous avez fait ? Lui avez-vous parlé de vos fautes ? Lui avez-vous dit tout ce que vous avez fait, même des choses que vous n’avez osé raconter à personne ? Il ne demande que cela de vous.

Lorsque le fils prodigue est revenu à la maison, il a dit à son père : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi (Luc 15. 21). Alors son père le couvrit de baisers. Tout était oublié, pardonné. Quel bonheur pour le prodigue, mais aussi quel bonheur pour le cœur du père !

Joseph laisse éclater sa voix en pleurs : comment dépeindre l’émotion qui remplissait son cœur dans ce moment ? Alors il dit à ses frères : Je suis Joseph ! La foudre tombant sur le lieu où ils étaient les aurait moins émotionnés que d’entendre cette déclaration. Voyez la confusion qui remplissait leurs cœurs.

Ils avaient dit : « Jetons-le dans cette citerne et nous verrons ce que deviendront ses songes », et maintenant le voici devant eux, bien vivant et entouré d’une gloire extraordinaire ! Sans s’en douter, en se prosternant devant lui, ils avaient accompli à la lettre les songes que Joseph leur avait racontés.

Rien n’est impossible à Dieu, ce qu’Il a dit s’accomplit à la lettre et rien ne peut être un obstacle à la réalisation de Ses desseins : « Le conseil de l’Éternel subsiste à toujours, les desseins de Son cœur, de génération en génération », lisons-nous dans le Psaume 33. 11. Or les desseins de Dieu sont toujours des desseins d’amour envers les Siens. Malgré tout ce qu’ils étaient ; Dieu voulait bénir les frères de Joseph et Il l’a fait.

Dans le but d’atténuer dans une mesure l’effet produit par ses paroles, Joseph ajoute : Mon père vit-il encore ? C’était une chose qu’il savait parfaitement, puisqu’ils lui avaient déjà parlé de lui le jour précédent (ch. 43. 29). Avec une grande délicatesse, il veut leur épargner une émotion trop profonde.

Veillez sur vos paroles, car il y a telle parole qui transperce comme une épée (Prov. 12. 18). Vous remarquez comment, dans le livre des Proverbes, la sagesse nous met en garde contre des paroles que souvent nous prononçons mal à propos. Pensez-y lorsque vous êtes appelés à dire quelque chose. Parlez peu et demandez-vous si votre parole est dans un esprit de grâce assaisonnée de sel ; c’est-à-dire de ce qui préserve de la corruption. La parole des frères de Joseph avait souvent été mauvaise, et ils ont dû récolter ce qu’ils avaient semé. Considérez les résultats de leur conduite.

Nous avons donc vu Joseph qui s’est fait connaître à ses frères. Maintenant il leur dit : Approchez-vous de moi. Il voulait les avoir bien près de son cœur car, ainsi que nous l’avons déjà vu plusieurs fois, il les aimait.

Cela nous fait penser à un plus grand que Joseph, le Seigneur Jésus qui veut avoir les Siens bien près de Lui. Il a dit Lui-même, étant ici-bas : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi ». Cherchez ce passage dans le chapitre 17 de l’évangile de Jean. Il veut nous avoir avec Lui pour la satisfaction de Son propre cœur et Son bonheur sera parfait quand nous serons tous auprès de Lui dans Sa propre gloire. Pour nous avoir, il a souffert la mort de la croix. Quand nous Le verrons ainsi dans Sa gloire éternelle, alors seulement nous saurons combien Il nous a aimés.

Quitter une telle gloire pour être dans le monde un Homme de douleur qui a connu ce que c’est que la langueur ! Quel jour heureux lorsque nous Le verrons et que nous contemplerons Son propre bonheur.

Joseph aussi a voulu consoler ses frères. Au fond de leur cœur il pouvait rester un peu d’amertume en pensant à ce qu’ils lui avaient fait en le vendant pour l’Égypte. Mais Joseph leur fait comprendre que, malgré tout, la main de Dieu était derrière toute cette scène, et que Dieu s’était servi de toute leur méchanceté pour l’accomplissement de Ses pensées d’amour envers eux et de Ses desseins envers l’Égypte. C’est Joseph qui a conservé la vie à ses frères et à un grand peuple par une grande délivrance. Sans l’intervention de Joseph, tout le peuple d’Égypte serait mort de faim.

Nous trouvons le même principe à propos de la Personne du Seigneur Jésus. Lisez à ce sujet ce qui nous est dit dans le livre des Actes, ch. 4. 23 à 28. Là, d’un côté nous voyons le crime commis par les Juifs et les nations en mettant à mort le Seigneur Jésus, crime dont ils sont responsables ; et de l’autre, les conseils de Dieu qui s’est servi de ce crime pour sauver des coupables tels que nous. Sans la mort de Christ, nous aurions tous été perdus pour l’éternité. Dieu est plus grand que l’homme, et si ce dernier est grand dans sa méchanceté, Dieu, lui, se montre encore plus grand dans Son amour et dans Sa grâce. La croix du Calvaire, qui est la démonstration de la méchanceté de l’homme, est en même temps la manifestation la plus éclatante de l’amour d’un Dieu qui a voulu nous sauver. C’était ce Dieu qui avait envoyé Joseph devant ses frères en Égypte pour les conserver de reste sur la terre, et qui a envoyé Son Fils pour que nous ayons en lui la vie éternelle.

Maintenant, l’histoire de la tribulation des frères de Joseph était terminée. Il n’y avait plus rien qui puisse les troubler, bien au contraire, leur cœur devait être rempli de joie et de reconnaissance envers Joseph qui avait usé envers eux d’une telle bonté et d’une telle sagesse. Aux pires détresses avaient succédé une paix parfaite et une joie bien grande.

Il nous arrive fréquemment de nous demander pourquoi Dieu nous fait passer par telle ou telle circonstance pénible ou difficile. Je suis certain que plus d’une fois il vous est arrivé d’avoir une déception, une peine, une contrariété, peut-être même une maladie, et vous vous êtes demandé le pourquoi de ces choses. Soyez bien certains que Dieu avait un but d’amour envers vous, et que bientôt vous pourrez L’adorer en voyant Sa sagesse en permettant ces choses. Il vous a peut-être gardé de bien des dangers en permettant l’épreuve, et vous a peut-être amenés à juger bien des choses sur lesquelles il ne pouvait pas mettre son approbation.

Ne cherchez pas le pourquoi des choses qui vous arrivent maintenant, mais confiez-vous en la fidélité du Dieu qui dirige et conduit tout pour le bien de ceux qui L’aiment. Ceux qui se confient en Lui ne seront jamais confus.

Maintenant que le but que Joseph s’était proposé à l’égard de ses frères a été pleinement atteint, il va s’occuper de leur bonheur de toute manière. « Hâtez-vous de monter vers mon père, et vous lui direz : « Ainsi dit ton fils Joseph : Dieu m’a établi seigneur de toute l’Égypte ; descends vers moi, ne t’arrête pas. Et tu habiteras dans le pays de Goshen, et tu seras près de moi, toi, et tes fils, et les fils de tes fils, et ton menu et ton gros bétail, et tout ce qui est à toi ; et je t’y entretiendrai ».

Encore ici nous voyons dans Joseph une belle image du Seigneur Jésus, le Roi de gloire, qui veut nous avoir près de Lui afin que nous puissions jouir de tout ce que Sa grâce voudra bien mettre à notre disposition. Nous irons à Sa rencontre sur les nuées du ciel et nous serons toujours avec Lui. J’aime à penser que vous vous réjouissez de Le voir et d’être avec Lui ; que, du fond de votre cœur, vous dites : Viens, Seigneur Jésus !

En attendant, nous avons à Le servir fidèlement chaque jour, car nous avons été convertis des idoles pour servir le Dieu vivant et pour attendre des cieux Son Fils, Jésus qui nous délivre de la colère qui vient.

Vous vous souvenez que Joseph a voulu que ses frères aillent chercher leur vieux père. Il leur dit : « Vous raconterez à mon père toute ma gloire ». Comme cette gloire était grande ! Un seul homme, en Égypte, était plus grand que lui : le Pharaon. Il l’avait établi seigneur sur sa maison et gouverneur sur toutes ses possessions, pour lier ses princes à son plaisir et pour rendre sages ses anciens (Ps. 105. 21 et 22).

Où trouver un homme semblable à celui-ci ? avait dit le Pharaon. Il y avait bien de quoi réjouir le cœur de Jacob en apprenant que ce fils qu’il avait pleuré, croyant qu’il était mort, était bien vivant et entouré d’une telle gloire.

Les pensées du Dieu d’amour sont élevées au-dessus des pensées des hommes autant que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Qui pourrait nous faire connaître le bonheur qui remplira nos cœurs lorsque nous comprendrons l’immensité de la grâce dont nous sommes les objets, et quand nous verrons la gloire magnifique de notre Seigneur, gloire devant laquelle pâlit celle de Joseph lorsqu’il était à la cour du Pharaon ?

« Vous vous hâterez, et vous ferez descendre mon père », avait dit Joseph. Il lui tardait de revoir ce père bien-aimé dont il avait été privé pendant tant d’années.

Après cela, Joseph se jette au cou de Benjamin et de ses frères ; il les baisa et pleura sur eux. Quelle scène ! Elle nous rappelle celle du fils prodigue lorsqu’il est revenu et qu’il est tombé dans les bras de son père. Ce sont des choses que nous pouvons contempler, en présence desquelles nous pouvons adorer, mais que nous ne pouvons dépeindre.

Qu’en sera-t-il quand nous verrons le Seigneur pour la première fois ? Lui, Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait. Dans toute cette scène, qui était le plus heureux, de Joseph ou de ses frères ? Sans contredit, c’était Joseph, car son amour pour ses frères était le plus grand. Évidemment ses frères ne pouvaient faire autrement que de l’aimer ; leur haine avait fait place à un profond amour, mais Joseph les aimait d’un amour plus pur et plus désintéressé que le leur. Nous, nous aimons le Seigneur, mais c’est Lui qui nous a aimés le premier, et notre amour ne saurait être comparé au sien. Quel bonheur pour Lui quand il verra autour de Lui tous ceux pour lesquels Il a sacrifié sa vie.

L’amour est le contraire de l’égoïsme. L’égoïsme nous fait toujours penser à nous-mêmes, tandis que l’amour se dépense toujours pour les autres. Ayez en horreur l’égoïsme ; il est digne de toute notre réprobation ; et de plus un égoïste n’est jamais heureux, car son cœur est sans cesse plein d’envie. Or l’envie est comme une lèpre rongeuse qui détruit tout bon sentiment.

Pensez au bonheur de vos semblables, demandez-vous comment vous pourrez rendre heureux celui-ci ou celui-là. Vous avez votre mère qui s’est dépensée sans compter pour vous, n’est-elle pas digne de toute votre sollicitude ? Cherchez à la soulager dans sa tâche journalière, à lui venir en aide dans son travail, à lui éviter des peines et des soucis. Votre père aussi a travaillé pour pourvoir à vos besoins et vous a donné toutes les choses qui vous étaient nécessaires, y avez-vous pensé ? Témoignez-lui toute l’affection dont il est digne ; obéissez-lui sans jamais murmurer, lors même que parfois il vous commande des choses qui vous contrarient. La plupart d’entre vous, vous avez des frères, des sœurs, de petits amis ; cherchez à leur faire plaisir.

Le Seigneur Jésus, étant un jeune garçon, avançait en stature et en faveur auprès de Dieu et des hommes. Or un égoïste ne jouit ni de la faveur de Dieu ni de celle des hommes. Un égoïste est un être malheureux qui rend malheureux ses semblables : c’est un être vil et misérable. Demandez à Dieu de vous garder de cet affreux péché.

Après cela, les frères de Joseph parlèrent avec lui. Que de choses ils avaient à se dire après tant d’événements et un si long temps de séparation. Le revoir était bien doux pour les uns et pour les autres et cela d’autant plus que la séparation avait été cruelle. Ils pouvaient réaliser ce que disait le psalmiste : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble » (Ps. 133. 1).

Maintenant tout est prêt pour que Jacob et ses fils puissent descendre en Égypte et y séjourner. L’Éternel avait dit à Abraham que sa semence séjournerait dans un pays qui n’était pas le sien pendant quatre cents ans, et voici, la chose allait s’accomplir, car tout ce que Dieu dit arrive infailliblement. Souvenez-vous de cela. Le ciel et la terre passeront, mais Ses paroles ne passeront point.

La rumeur de ce qui était arrivé parvint jusqu’à la maison du Pharaon et cela fut bon à ses yeux et aux yeux de tous ses serviteurs. Vous vous souvenez que le Pharaon avait Joseph en grande estime et lui avait donné une position glorieuse dans tout son royaume. Le voici qui donne des ordres concernant des chariots pour que le voyage puisse s’accomplir dans les conditions les plus favorables possibles. Joseph donne à ses frères des provisions pour le chemin et les renvoie en leur disant de ne pas regretter leurs meubles, car le meilleur de tout le pays d’Égypte serait à eux.

Cela nous fait penser à ce qui aura lieu bientôt quand nous quitterons cette pauvre terre pour aller à la rencontre du Seigneur Jésus sur les nuées et qu’Il nous introduira dans la maison du Père. Alors, certainement nous ne regretterons pas les choses d’ici-bas, pas même les meilleures qui nous ont été données pour le temps de notre séjour dans le monde. Nous avons à nous souvenir que toutes les choses qui sont entre nos mains ne nous sont que prêtées, et cela pour un temps relativement bien court, et que nous allons les quitter bientôt.

Nos vrais biens sont clans les cieux. J’aimerais que vous lisiez à ce sujet ce qui se trouve dans l’évangile de Luc 16. 10 à 12. Là nous voyons que les richesses de ce monde sont très petites, qu’elles sont injustes, et qu’elles ne sont pas à nous. Ce ne sont pas les vraies richesses. Nous avons à les employer en vue de l’éternité en les administrant fidèlement. Si nous le faisons, Dieu nous donnera ce qui est à nous, c’est-à-dire les bénédictions célestes.

À quoi voulez-vous mettre vos cœurs ? Aux choses qui passent ou à celles qui demeurent pour l’éternité ? Vous vous souvenez de l’homme riche dont les champs avaient beaucoup rapporté, qui avait rassemblé ses biens dans ses greniers et qui disait à son âme : « Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais grande chère. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? » (Luc 12. 19 et 20) Certainement vous ne voudriez pas ressembler à ce malheureux. Recherchez donc les choses qui concernent le royaume de Dieu, et les choses nécessaires pour cette vie vous seront données par-dessus. Dieu sait de quoi vous avez besoin ; confiez-vous en Lui pour toutes choses.

Maintenant, une autre parole que Joseph a dite à ses frères et dont vous devez vous souvenir : « Ne vous querellez pas en chemin ». De quoi nous sommes capables, et de quoi nous avons besoin d’être gardés ! Il arrive fréquemment que des enfants se querellent, et souvent pour des motifs des plus futiles. Cela déshonore Dieu et les prive de la jouissance de Son amour. Demandez-Lui de vous garder, Lui seul peut le faire, car nos meilleures résolutions n’aboutissent qu’à des déceptions. Il se peut que vous ayez à subir quelques injustices ; mais si vous vous souvenez de la grâce dont vous êtes les objets de la part du Seigneur et de toutes les fautes qu’il vous a pardonnées, il vous sera facile d’oublier quelques torts réels ou imaginaires qui vous auront été faits.

Maintenant les frères de Joseph se mettent en route pour retourner vers leur père. Quel changement dans leur condition ! Comme tout est nouveau pour eux. Ils allaient vers Joseph le cœur plein d’inquiétude, maintenant tout est changé. Ce Joseph dont ils avaient peur leur a pardonné ; il les a consolés, comblés de bienfaits. La joie maintenant remplit leurs cœurs.

Il en est de même de tous ceux qui viennent au Seigneur Jésus, le divin Joseph. On vient à Lui en tremblant, et voici qu’on trouve en Lui un Sauveur qui pardonne, qui console et remplit le cœur d’espérance et de joie. Certes, jamais personne n’a regretté d’être allé à Lui ; bien au contraire, le seul regret est de ne pas l’avoir fait plus tôt. Pourquoi les frères de Joseph ont-ils tant tardé à retourner vers lui, et pourquoi tant de personnes restent-elles loin du Sauveur si longtemps ? À Jésus l’on ne peut être, ni trop tôt, ni trop longtemps, chantez-vous quelque fois.

Voici les frères de Joseph qui arrivent à la maison de leur père, Vous représentez-vous cette rentrée des fils de Jacob ? Probablement que ce pauvre Jacob se demandait avec anxiété quel serait le résultat de ce second voyage en Égypte, et voilà ses fils qui arrivent en lui disant : Joseph vit encore ! Aurait-il jamais pensé à une chose pareille ? De plus, ce Joseph qu’il avait pleuré comme mort pendant bien des années était gouverneur sur toute l’Égypte ! Comme Jacob devait être heureux en entendant ses fils !

Eh bien, ce pauvre vieillard, au lieu de se réjouir, reste froid, car il ne les croit pas. L’incrédulité nous prive de toutes les bénédictions que Dieu met à notre disposition. Jacob, dans un certain sens, était en droit de ne pas croire ses fils, car ils ne lui avaient pas toujours dit la vérité ; mais personne n’a le droit de ne pas croire le Dieu qui ne peut mentir ; le faire, c’est dire qu’Il est comme les hommes qui sont menteurs. Quand Jacob vit les chariots que Joseph avait envoyés pour les transporter, son esprit se ranima, et il dit : C’est assez, Joseph, mon fils vit encore, j’irai, et je le verrai avant que je meure.

Cette parole nous fait penser à ce que le Seigneur a dit à Thomas qui, lui aussi, n’avait pas cru le message des disciples : « Parce que tu m’as vu, tu as cru, bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (Jean 20. 29).

Ceux qui croient maintenant au Seigneur ne L’ont point vu et ils seront bienheureux, car ils auront une part avec Lui dans les cieux. Bientôt ce peuple d’Israël, qui ne croit pas maintenant, verra le Seigneur et, comme Jacob, ils croiront quand ils verront ; leur part sera dans le royaume sur la terre. Ce sera une part précieuse, mais qui ne sera pas comparable à la part de ceux qui auront la leur dans la gloire céleste.

La longue discipline à laquelle Jacob avait été soumis touchait à sa fin ; le but que Dieu s’était proposé à son égard était atteint. La fidélité de Dieu est grande. Il se plaît à bénir, mais Il ne peut le faire que d’une manière qui soit en parfaite harmonie avec Sa sainteté. S’Il discipline les Siens, Il le fait pour leur profit, afin de les rendre participants de Sa sainteté.

Ayez en horreur le mal sous toutes ses formes. Le mal amène toujours avec lui ses funestes conséquences ; il est une offense à la sainteté de Dieu. Voyez la différence entre la vie d’Abraham et celle de Jacob ; pourtant tous deux étaient des croyants ; mais le premier marchait devant Dieu, c’est-à-dire que sa vie était pleinement manifestée à Dieu, et ce Dieu pouvait lui communiquer Ses pensées et l’appeler Son ami. Tandis que Jacob, qui usait de moyens détournés pour arriver à ses fins, n’a eu qu’une longue vie de souffrances et de détresses. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que Dieu a pu faire briller sur lui le regard de Sa face. Mais pour que la chose puisse avoir lieu, il a dû être brisé et amené à n’avoir plus aucune confiance en lui-même.

Sa fin a été comme un beau coucher de soleil après une longue journée d’orage. Alors il a pu expérimenter la fidélité de Dieu envers lui, pauvre Jacob, qui avait été si peu fidèle. Ces choses sont écrites pour notre profit. Dieu, par ce moyen, veut nous enseigner. En lisant ainsi l’Ancien Testament vous apprendrez à connaître les dangers auxquels vous êtes exposés, de quoi vous êtes capables ; mais aussi combien est grande la bonté de Dieu envers ceux qui se confient en Lui.

Pour aujourd’hui nous laissons Jacob et ses fils prêts à partir pour aller vers Joseph. Nous réservons pour une autre leçon ce que fit Jacob avant d’aller en Égypte. C’est un récit si merveilleux que je désire en faire un sujet à part.

Lisez vous-même le chapitre 46 de notre livre de la Genèse et notez sur un papier les diverses pensées qui vous ont été suggérées par cette lecture, de même que les questions qui se sont posées à vous en présence de ce récit. C’est un bon moyen pour rendre une lecture de la Parole profitable. Lorsque vous lisez, ayez à portée de votre main un papier et un crayon, et rapidement, en deux ou trois mots, notez ce qui vous a frappés, ainsi vous vous en souviendrez, et plus tard vous y reviendrez. L’apôtre Paul disait à son enfant Timothée : « Considère ce que je dis, car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses » (2 Tim. 2. 7). Il ne faut donc pas donner un simple coup d’œil à ce qu’on lit, mais le regarder avec attention. Faites de même.

Nous arrivons maintenant au chapitre 46 du livre de la Genèse. Je pense que vous l’avez lu, ainsi que je vous avais engagés à le faire. Soyez bien assurés que nous sommes loin d’avoir épuisé tout ce que contient le chapitre 45. En le lisant de nouveau, vous trouverez encore bien d’autres choses précieuses auxquelles nous ne nous sommes pas arrêtés, car toutes les pages de la Parole de Dieu sont un infini, comme tout ce qui est de ce grand Dieu qui a fait la terre et les cieux.

J’aimerais que, dès votre enfance, vous preniez la bonne habitude d’admirer Ses œuvres et de Lui donner gloire. Elles sont toutes faites avec une sagesse parfaite, et Il les a toutes faites, car Sa bonté demeure à toujours. Mais parmi toutes Ses œuvres, il en est une qui surpasse toutes les autres et en présence de laquelle nous adorerons pendant l’éternité. C’est l’œuvre de la croix.

Mais revenons à notre chapitre 46. Avant de commencer à le méditer, je vous ferai remarquer qu’il commence par une vraie merveille, que j’ai souvent admirée. Nous y voyons où Dieu a pu amener un Jacob, qui autrefois était sans cesse en activité, pour arriver à l’accomplissement de Ses desseins. Maintenant il n’a plus d’autre volonté que de faire celle de Dieu. Vous pouvez penser comme son cœur lui criait bien fort d’aller vers Joseph, et cela le plus rapidement possible. II y avait si longtemps qu’il n’avait pas revu ce fils bien-aimé. Joseph, lui aussi, lui avait envoyé dire de venir vers lui et avait mis à sa disposition des chariots et des provisions pour le voyage ; le Pharaon lui-même lui avait fait dire, ainsi qu’aux siens : Venez vers moi et je vous donnerai ce qu’il y a de meilleur au pays d’Égypte.

Mais Dieu ne lui avait pas dit d’y aller ; aussi Jacob, au lieu, de se rendre en Égypte, va à Beër-Shéba, et là il adore le Dieu qui lui avait fait des promesses bien assurées. Voyez ce vieillard offrant des sacrifices au Dieu de son père Isaac. C’est une scène touchante. Il rend à Dieu ce qui Lui est dû et il attend un ordre de Sa part.

Vous avez là un enseignement des plus importants. Avant toute chose, pensez aux bontés de Dieu et témoignez-Lui la reconnaissance qui Lui revient. Soyez reconnaissants, nous est-il dit. Cherchez ce passage dans l’épître aux Colossiens.

Pendant que Jacob était à Beer-Shéba, Dieu lui parla dans des visions de la nuit et lui dit de descendre en Égypte – qu’Il y descendrait avec lui et qu’Il l’en ferait remonter. Maintenant il peut aller, puisque l’Éternel lui avait dit de le faire ; et puisqu’Il était avec lui tout irait bien dans ce voyage.

C’est ainsi que nous avons à agir en toutes choses. Nous sommes certains que si le Seigneur est avec nous, nous pouvons aller sans crainte partout où Il nous envoie. Par contre, si nous n’avons pas la certitude qu’Il est avec nous dans le chemin dans lequel nous marchons, il vaut mieux s’arrêter. Il se peut que, dans telle ou telle circonstance, nous ne sachions pas ce que nous avons à faire ; dans ce cas, il vaut mieux attendre et faire comme Jacob qui restait en adorant à Beër-Shéba.

Nous avons ensuite, dans ce chapitre, les noms des fils d’Israël et de leur famille. C’est un témoignage de l’intérêt que l’Éternel prenait à eux. Il voulait s’intéresser à tous ceux qui faisaient partie de la famille du patriarche. Il voulait les connaître nom par nom et savoir quel était leur nombre. Aujourd’hui encore, Dieu connaît le nom et le nombre de tous ceux qui font partie de Son peuple et qui sont dans le monde. Nous pouvons être dispersés dans les milieux les plus divers, mais soyons bien assurés qu’Il est au courant de tout ce qui nous concerne et qu’Il s’intéresse à toutes nos circonstances, rien n’échappe à Sa sollicitude. Jamais le bon Berger n’oublie aucune de Ses brebis chéries. Il a dit : « Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais » (Jean 10. 27).

Plus tard, quand il s’agira de faire remonter le peuple d’Égypte, nous retrouvons, au commencement du livre de l’Exode, le nom des fils d’Israël. L’Éternel ne les a pas oubliés pendant le long temps qu’ils ont passé en Égypte. Il connaît ceux qui y sont descendus et Il connaît aussi tous ceux qui doivent en remonter. Vous voyez comme la sollicitude du Seigneur est grande envers tous les Siens. Aujourd’hui Il sait quel est le nom et le nombre de tous ceux qui L’attendent et qui partiront à Sa rencontre sur les nuées. J’aime à penser que tous les petits lecteurs de la « Bonne Nouvelle » sont de ce nombre.

La fin du chapitre 46 de la Genèse dont nous nous sommes occupés la dernière fois nous a fait connaître la rencontre mémorable de Jacob avec son fils Joseph. Quel heureux moment pour l’un et pour l’autre ! Cette rencontre eut lieu dans le pays de Goshen, ce bon pays dans lequel Joseph a voulu installer ses frères.

Joseph, ayant été averti par Juda que Jacob venait en Égypte, est monté sur son char pour aller à la rencontre de son père. Ce char devait être magnifique ; nécessairement il était en rapport avec la grandeur et la gloire de Joseph. Nous pouvons nous représenter la majesté de celui devant lequel on courait en criant : Qu’on s’agenouille ! devant celui qui autrefois avait été dans la prison, abaissé, humilié et dans la souffrance.

Ces choses nous font penser à ce qui se trouve dans le Psaume 45 en rapport avec la Personne du Seigneur Jésus, le bien-aimé de Son peuple, qui vient pour établir Son règne glorieux. Là, prospérant dans sa majesté et dans sa magnificence, il mène en avant son char à cause de la parole de la vérité, et de la débonnaireté, et de la justice. Dans ce jour-là, sa droite lui enseignera des choses terribles. Il vient promptement, car à Lui appartient le sceptre et Il dominera sur tous les peuples. Les hommes d’aujourd’hui se demandent ce qui adviendra des événements qui se déroulent maintenant sur la terre. La chose est simple pour l’humble croyant qui s’en tient à ce que Dieu dit dans Sa parole : tout aboutira à l’établissement du règne de Christ.

Si cela peut vous intéresser, je vous dirai que la description du char du Roi de gloire, ce char glorieux dont nous parle le Psaume 45, nous est donnée dans le premier chapitre du prophète Ézéchiel. Probablement que vous vous êtes demandé, et bien d’autres personnes avec vous, ce que pouvait bien être les choses qui nous sont dépeintes dans ce chapitre extraordinaire. C’est donc la description de ce char glorieux de notre Seigneur, le char de son gouvernement dans les cieux et sur la terre.

Vous ne sauriez comprendre maintenant tous les détails qui nous sont donnés dans ce chapitre. Mais vous y remarquez premièrement les quatre animaux qui mènent ce char, puis le char lui-même avec ses quatre roues et bien haut le siège ou, si vous préférez, le trône sur lequel est assis celui qui conduit ce char. C’est un glorieux personnage qui a l’aspect d’un homme. Il est à peine nécessaire de vous dire que cet homme, c’est le Seigneur Lui-même qui conduit tout dans les cieux et sur la terre.

Mais je m’écarte de mon sujet ; revenons à Joseph. Il se montre ainsi à son père dans toute sa gloire. Il n’y a pas de paroles pour raconter ce qui s’est passé dans le cœur de l’un et de l’autre. Évidemment Jacob a versé d’abondantes larmes de joie en revoyant ce fils bien-aimé ; mais le Saint Esprit ne nous parle ici que des larmes que Joseph a répandues. Il pleura longuement sur son cou, nous est-il dit.

Souvent nous voyons Joseph pleurer. Vous pouvez vous-même chercher les nombreux passages où nous voyons cela. Il avait un cœur sensible et plein de tendresse.

En cela il est encore une image du Seigneur Jésus, le divin Joseph, qui a été ici-bas l’Homme de douleurs qui pleurait sur Jérusalem, qui pleurait au tombeau de Lazare, celui dont il avait fait son ami. Homme parfait, Il ressentait toutes les douleurs de Sa créature et Il sympathisait parfaitement à tous les maux qui affligent l’humanité au milieu de laquelle Il se trouvait : Il a porté nos douleurs, est-il dit.

Cette rencontre de Joseph avec son père nous fait penser à ce moment qui est proche où nous verrons le Seigneur pour la première fois. Que se passera-t-il dans nos cœurs et dans le cœur du Seigneur Jésus lorsque nous le verrons dans tout l’éclat de Sa gloire, quand nous Le verrons comme Il est et que Lui verra Son Épouse pour laquelle Il a sacrifié sa vie, pour laquelle Il est mort sur la croix qui a été dressée sur le mont Calvaire ?

Dans la fin de notre chapitre, Joseph s’occupe du bien-être de ses frères et s’intéresse à leurs circonstances, de même que le Seigneur s’occupe de tout ce qui nous concerne et pourvoit à tous nos besoins matériels et spirituels. Certes, il nous aime plus que Joseph n’aimait ses frères. Il fait bon pouvoir se confier en Lui pour tout ce qui nous concerne, car Il a soin de nous.

Vous avez sans doute remarqué que, dans la plupart de vos Bibles, dans l’Ancien Testament, se trouve, au commencement de certains chapitres et même de quelques versets, un astérisque. Vous vous êtes probablement demandé le pourquoi de ce petit signe. Cela veut dire que là où il se trouve il y a un changement de sujet dans ce qui nous est dit. Cela nous aide à saisir la pensée de Dieu lorsque nous y prenons garde.

Ce fait est particulièrement important à considérer dans la lecture du livre des Psaumes. Là, vous remarquerez, dans le corps même d’un psaume, un astérisque plus petit ; il indique les divisions du psaume. Nous n’avons pas le temps de nous arrêter plus longuement sur ces choses aujourd’hui, mais je tenais à attirer votre attention sur cela afin que vous y preniez garde dès votre enfance. Il y a de bonnes habitudes que vous avez à prendre dès votre jeune âge ; vous en recevrez ainsi de la bénédiction pendant toute votre vie. C’est en se donnant de la peine, et en mettant beaucoup d’attention à la lecture que nous faisons, qu’on arrive à faire des progrès dans la connaissance des pensées de Dieu. Il en vaut la peine, car rien ne saurait égaler cette connaissance précieuse.

Maintenant, venons au sujet qui doit nous occuper aujourd’hui. Vous remarquez précisément que le v. 31 de notre chapitre est marqué de ce petit astérisque. C’est donc un nouveau sujet qui va commencer et qui se continuera jusqu’au v. 13 du chapitre 47.

Dans cette partie de notre livre, ainsi que nous en avons déjà dit un mot lors de notre dernière leçon, Joseph s’occupe du bien-être de ses frères. Il ne leur a pas dit, comme nous l’aurions probablement fait : maintenant que je vous ai pardonné vos fautes envers moi et que je vous ai donné du blé, mettez-vous au travail et arrangez-vous le mieux possible. Tâchez de mieux faire que précédemment.

Non ! cela n’aurait pas été digne de l’amour de Joseph pour ses frères. Il continue à s’occuper d’eux tous, à s’intéresser à leur bonheur. Non content de faire en leur faveur tout ce qui était en son pouvoir, il va aussi intercéder pour eux auprès du Pharaon, afin qu’il leur donne la meilleure partie du pays dans lequel ils séjournaient. Vraiment, la bonté de Joseph envers ses frères est inlassable, et il ne se ménage aucune peine afin qu’ils puissent être dans le bien-être de toute manière.

Une fois de plus, nous retrouvons ici ce que je vous ai fait remarquer tout du long de l’histoire de Joseph, qu’il est une belle image du Seigneur Jésus, Lui qui est le divin, le vrai Joseph. On a dit souvent, et avec raison, que Joseph est le plus beau type de Christ dans les Écritures.

Avez-vous pensé à ce que ce précieux Sauveur a fait pour vous ? Avez-vous essayé de compter Ses bienfaits ? Ils sont trop nombreux pour que nous puissions le faire. Seule l’éternité nous en révélera toute l’étendue, toute l’immensité. Il vous a pardonné toutes vos fautes. Certes, elles étaient nombreuses. Le psalmiste disait qu’elles étaient plus nombreuses que les cheveux de sa tête (Ps. 40. 12).

Vous vous souvenez sans doute que si nous confessons nos péchés, Il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité. Cherchez le verset qui nous le fait savoir dans la première épître de Jean. Tout est donc pardonné pour celui qui a confessé, non des lèvres, mais du cœur ; et c’est au Seigneur Lui-même qu’il faut le faire et non à des hommes qui sont pécheurs et coupables comme nous. Cela étant fait, nous pouvons nous confier entièrement dans le Seigneur pour tout ce qui nous concerne, car Il a soin de nous. Mieux que Joseph, Il s’intéresse à tous nos besoins.

Vous êtes jeunes et vous avez la vie devant vous si le Seigneur tarde encore un peu, et s’Il ne vous retire pas à Lui de bonne heure. Laissez-Le vous diriger en toutes choses ; adressez-vous à Lui dans toutes vos circonstances, petites ou grandes, heureuses ou malheureuses. Ne faites jamais une chose de votre propre volonté, mais demandez-Lui de vous faire connaître quelle est la Sienne. Ainsi, vous ferez l’heureuse expérience de Sa fidélité et vous ne manquerez de rien. Dans vos détresses, vos luttes, vos larmes, souvenez-vous qu’Il intercède pour vous devant Dieu comme Joseph le faisait en faveur de ses frères devant le Pharaon. Quel privilège de connaître le Seigneur mieux que Joseph, Il nous donne la meilleure part, non dans le pays d’Égypte, mais dans les lieux célestes, bénis que nous sommes en Lui de toute bénédiction dans les lieux élevés !

Là-haut, dans la maison du Père,

en lui nous avons tous les biens,

tous les trésors du sanctuaire,

sa force est notre lumière,

sa gloire et son amour

sont à nous.

D’après La Bonne Nouvelle 1940

LE LANGAGE DU SANG

[Jésus a] fait la paix par le sang de sa croix. (Col. 1. 20).

Vous avez été approchés [de Dieu] par le sang du Christ. (Éph. 2. 13).

LE LANGAGE DU SANG

Voici un contraste :

– Abel, fils d’Adam, gît sur le sol. Il vient d’être tué par son frère aîné Caïn. Dieu s’adresse au meurtrier : « La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi. Et maintenant tu es maudit, chassé de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère » (Gen. 4. 10 et 11).

– Jésus, le Fils bien-aimé de Dieu, est cloué sur une croix, mort. Un soldat lui transperce le côté, et son sang coule (Jean 19. 34). Symboliquement, la terre reçoit de la main des hommes le sang du Fils de Dieu.

Le sang d’Abel criait vengeance et parlait de malédiction. Quel va être le langage du sang de Jésus  ? Comment Dieu va-t-il s’adresser aux meurtriers de son Fils  ? Ce langage, le voici : « Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, étant devenu malédiction pour nous » (Gal. 3. 13). Au lieu de maudire et de chasser loin de lui les meurtriers de son Fils, Dieu, désormais accessible, purifie et donne la paix à ceux qui croient que le sang de Jésus, répandu à la croix, établit cette paix définitive entre Dieu et l’homme (Colossiens 1. 20).

Le sang de Jésus parle donc un langage infiniment meilleur que celui d’Abel (Héb. 12. 24) ! C’est un langage de pardon et de réconciliation. Au lieu de crier vengeance, il procure un salut gratuit et complet, pour celui qui croit en Jésus. Il proclame haut et fort l’immense amour divin pour des hommes pécheurs, ennemis de Dieu. Quelle merveilleuse nouvelle !

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D’après La Bonne Semence mars 2024

BERACA 31 : JOSUÉ

À Guilgal, les fils d’Israël savent qu’ils sont entrés dans le pays promis. Et l’Éternel dit à Josué : « Fais-toi des couteaux de pierre, et circoncis encore une fois les fils d’Israël » (Jos. 5. 2). La circoncision avait été donnée à Abraham comme « … un signe d’alliance entre moi et vous ; et tout mâle de huit jours, en vos générations, sera circoncis parmi vous » (Gen. 17. 11). Pendant la traversée du désert elle n’avait pas été pratiquée, mais dès l’entrée en Canaan, l’Éternel la demande. Ce signe dans la chair de l’homme rendait témoignage de son appartenance à Dieu.

L’Éternel avait aussi dit à Son peuple par Moïse : « … vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte » (Ex. 19. 6). La circoncision, en image, est pour nous croyants, le rappel que nous appartenons à Dieu. Elle n’est pas effectuée sur le corps de l’homme, mais elle est intérieure, c’est une circoncision de cœur comme l’apôtre le dit aux Colossiens : « … vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’a pas été faite de main, dans le dépouillement du corps de la chair, par la circoncision du Christ, ayant été ensevelis avec lui dans le baptême, dans lequel aussi vous avez été ressuscités ensemble par la foi en l’action puissante de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. Et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans l’incirconcision de votre chair, il vous a vivifiés ensemble avec lui ; il nous a pardonné toutes nos fautes » (Col. 2. 11 à 13).

Quand Josué et le peuple eurent accompli cette exigence qui était, depuis Abraham, un signe de bénédiction, « … l’Éternel dit à Josué : Aujourd’hui j’ai roulé de dessus vous l’opprobre de l’Égypte » (Jos. 5. 9). Comme promis à Abraham, 450 ans plus tard, sa descendance est entrée dans le pays qu’il avait reçu en héritage par promesse. Les fils d’Israël, longtemps esclaves en Égypte, étaient enfin libres ! L’opprobre de l’Égypte n’était plus ! « Et on appela le nom de ce lieu-là Guilgal ou roulement » (v. 9).

À Guilgal, ils ont mis de côté ce qui était du passé. En regardant le fleuve coulant « par-dessus tous ses bords », ils se souvenaient d’avoir passé à sec, mais que c’était en vertu de l’arche de l’alliance qui avait ouvert les flots ; en voyant les douze pierres, ils pouvaient dire : nous sommes arrivés en vie dans le pays. Là, à Guilgal, par la circoncision, ils se sont engagés à suivre l’Éternel. Toutefois, les combats n’étaient pas finis, il restait des ennemis à combattre pour prendre possession des lieux. Il leur faudrait de la dépendance et de la vigilance ; c’est pourquoi ils reviendront souvent à Guilgal vers Josué, puis aux temps de Samuel, d’Élie et d’Élisée. C’est à Guilgal qu’ils célébrèrent la première Pâque et qu’ils ont mangé « le vieux blé du pays » ; alors « la manne cessa » (Jos. 5. 10 à 12).

– « La circoncision correspond à ce jugement que nous avons à porter sur chaque réapparition de la chair en nous. Quand il est pratiqué, alors nous découvrons les ressources et les joies qui nous attendent sur ce « rivage » des lieux célestes. En premier lieu, le vieux blé du pays, qui vient remplacer la manne : image d’un Christ glorifié dont le racheté se nourrit.

Puis vient la Pâque ; elle peut être célébrée sous les murs mêmes de Jéricho. « Tu dresses devant moi une table, en la présence de mes ennemis » (Ps. 23. 5). Enfin voici l’Ange promis par l’Éternel dès les premiers jours de l’Exode (Ex. 23. 23) : Jésus est pour nous dans le ciel et dirigera nos combats si nous Lui en laissons la direction.

Comme un gardien redoutable veillant à l’entrée de Canaan, se dresse la puissante forteresse de Jéricho barrant le chemin du peuple. Obstacle terrifiant ! À quoi correspond-il pour nous ? Quand le nouveau converti, passé depuis peu de la mort à la vie, s’apprête à vivre sa foi, Satan cherche aussitôt à l’effrayer. Il place devant lui de grosses difficultés : Un témoignage à rendre devant des camarades moqueurs, l’abandon d’une habitude, un aveu ou des excuses à faire à quelqu’un qu’on a offensé. Bien plus, dans certains pays, ceux qui se déclarent chrétiens ont à affronter de vraies persécutions. Comment faire face à ces réactions inévitables de l’Ennemi ? En laissant le Seigneur tout diriger à Sa manière. À nous, Il demande une pleine confiance en Lui, du zèle (voyez-les se lever de bonne heure), et un témoignage bien clair auquel correspondent les sept trompettes (Jos. 6. 13). Il faut aussi de la persévérance ! Sept jours et sept fois le septième jour ! La patience doit avoir son œuvre parfaite (Jac. 1. 4). Et enfin la condition principale : il faut réaliser la présence du Seigneur avec nous dans notre marche quotidienne. L’arche qui s’était tenue pour Israël dans le Jourdain est maintenant avec le peuple pour lui donner la victoire » (J.K.).

« Et il arriva, comme Josué était près de Jéricho, qu’il leva ses yeux et vit ; et voici, un homme se tenait debout devant lui, son épée nue dans sa main ; et Josué alla vers lui et lui dit : Es-tu pour nous, ou pour nos ennemis ? Et il dit : Non, car c’est comme chef de l’armée de l’Éternel que je suis venu maintenant. Et Josué tomba sur sa face contre terre, et lui rendit hommage » (Jos. 5. 13 et 14). Pour nous, rachetés du Seigneur, c’est comme si nous entendions la voix de notre Chef par son Esprit : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui ? » (Rom. 8. 31 et 32).

Oui ! Dieu est pour nous, Christ intercède pour nous (Rom. 8. 33), l’Esprit aussi « par des soupirs inexprimables » (v. 26). Quand les Israélites font le tour de Jéricho pendant sept jours, ils paraissent aux yeux de leurs ennemis comme insignifiants : une fois par jour ? Un rien ! ont-ils probablement pensé. Mais, le septième jour, sept fois ! La puissance de Dieu d’un côté, l’obéissance et la persévérance du peuple de l’autre ; le cri de victoire allié aux trompettes, telles furent les armes qui firent tomber la muraille imprenable. Seule Rahab fut épargnée avec les siens, en réponse à sa foi. Oui ! « Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Cor. 10. 4). Oh ! que notre foi honore et glorifie Celui qui a été mort puis ressuscité. Il est « le premier et le dernier, et le vivant » (Apoc. 1. 17). Il conduira nos combats à la victoire si nous Le laissons guider nos pas.

TRADUCTION DE FEUILLETS (62)

« Je n’ai pas honte de l’Évangile, car il est la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit ». Romains 1. 16.

ÉVANGILE ET NON LOI

Depuis que Jésus-Christ a accompli l’œuvre de rédemption sur la croix, l’évangile de la grâce a été proclamé aux hommes. Ce message contraste clairement avec la loi des dix commandements.

L’Évangile n’est pas simplement une doctrine, ou une règle qui traite du comportement des gens, comme le faisait la loi. Non, c’est la puissance de Dieu, parce qu’elle peut changer fondamentalement les gens pour leur salut.

L’Évangile n’impose pas aux gens des exigences qu’ils ne peuvent pas satisfaire, comme le faisait la loi. Il n’exige pas, mais donne gratuitement un salut parfait et éternel.

L’Évangile ne se limite pas à un groupe spécifique de personnes, comme la loi, qui a été donnée uniquement au peuple d’Israël. La bonne nouvelle de la grâce s’adresse à tous, dans les pays du monde entier.

L’Évangile n’est pas faire, mais croire. La loi disait : « Fais cela et tu vivras ». La bonne nouvelle, au contraire, c’est : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé » (Act. 16. 31).

Aujourd’hui encore, l’évangile de la grâce est annoncé afin que les gens puissent recevoir le pardon de leurs péchés et trouver la paix avec Dieu. Malheureusement, de nombreuses personnes réagissent avec indifférence ou de manière négative. Cependant, quiconque accepte ce merveilleux message avec foi et se tourne vers Dieu en confessant ses péchés, recevra le pardon et le vrai bonheur.

D’après Näher zu Dir mars 2024

« Pour qu’ils cherchent Dieu, en s’efforçant si possible de le toucher… quoiqu’il ne soit pas loin de chacun de nous ». Actes 17. 27.

DIEU EST PROCHE

Les grandes et petites îles Diomède sont situées dans le détroit de Béring. Même si elles ne sont séparées que de quatre kilomètres, elles ne sont pas proches, car la grande appartient à la Russie, et la petite, aux États-Unis. De plus, le décalage horaire est de 21 heures, car la ligne de changement de date se situe entre elles. Si proches et pourtant si lointaines !

L’inverse existe aussi : si loin et pourtant si proche ! Le Dieu vivant nous semble loin, ce qui n’est pas vrai du tout. « Il n’est pas loin de chacun de nous », a témoigné Paul aux Athéniens. Dieu était proche d’eux, mais ils ne Le connaissaient pas, même s’ils avaient élevé un autel à ce « Dieu inconnu ».

Ce sont souvent nos idées fausses qui nous éloignent de Dieu. Si nous pensons qu’Il est insensible et exigeant, nous gardons nos distances. Même avec l’idée d’un Dieu tolérant, nous ne pouvons pas trouver Ses voies. Ce n’est que lorsque nous nous ouvrons à Son amour en Jésus-Christ que nous pouvons nous rapprocher de Lui. En mourant sur la croix, le Seigneur Jésus a payé le prix pour que Dieu puisse nous accepter et pardonner tous nos péchés.

Voulez-vous venir à Dieu ? Alors confessez-Lui votre culpabilité et croyez en Jésus-Christ, le Sauveur ! Priez Dieu et vous saurez qu’Il est vraiment proche ! Éphésiens 2. 13 s’applique désormais également à vous : « Dans le Christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ ».

D’après Näher zu Dir mars 2024

« Après avoir autrefois, à bien des reprises et de bien des manières, parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là Dieu nous a parlé dans le Fils ». Hébreux 1. 1 et 2.

NOTRE MESSAGE : JÉSUS

Quelle est la différence entre le christianisme et les religions en général ? Les religions mettent l’accent sur le fait de suivre des enseignements, d’adopter une vision du monde et d’agir selon certaines normes éthiques et morales. Le christianisme, d’autre part, a une Personne comme contenu. Ici, l’accent n’est pas mis sur nos actions, mais sur notre foi en Jésus-Christ.

Bouddha et Mahomet ne délivrent pas du mal, et leur message n’a pas le pouvoir de changer nos vies à partir de zéro. La foi chrétienne nous conduit à Christ, qui a le pouvoir de nous sauver complètement et de nous donner la vie éternelle. Jésus ne nous apporte pas seulement un message de Dieu, mais Il est ce message. Il ne se contente pas de proclamer la vérité, mais Il dit : « Je suis… la vérité ». Non seulement il nous montre le chemin qui mène à Dieu, mais il affirme : « Je suis le chemin » (Jean 14. 6). Non seulement il ouvre de nouvelles perspectives, mais il dit : « Je suis la porte » (Jean 10. 9).

Être chrétien, ce n’est pas seulement suivre une doctrine, pratiquer certains rituels ou faire le bien, mais c’est accepter Jésus-Christ comme Sauveur et Le suivre comme Seigneur. Accepter Jésus, c’est se confier en Lui et Lui ouvrir la porte de notre vie et de notre cœur. Cela signifie aussi accepter Ses paroles telles qu’elles sont communiquées dans la Bible. Personne ne peut prétendre croire en Jésus s’il refuse de L’écouter. C’est pourquoi il est nécessaire de lire la Parole de Dieu avec la prière : Oh Dieu ! aide-moi à connaître Ton Fils Jésus-Christ et à croire en Lui.

D’après die gute Saat mars 2024

« Voici un homme plein de lèpre. Voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant : Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. Jésus étendit la main, le toucha et dit : Je veux. Sois net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui ». Luc 5. 12 et 13.

LA GUÉRISON PAR LE TOUCHER DU SEIGNEUR JÉSUS

Aux temps bibliques, la lèpre était une maladie particulièrement redoutée, considérée comme très contagieuse et incurable. Quiconque qui, parmi les Juifs, tombait malade était traité comme impur selon les dispositions de la loi. Tout contact physique avec lui était interdit. Il était exclu de la communauté et n’était plus autorisé à assister aux services religieux. Cela signifiait que le lépreux vivait en dehors des portes de la ville. Un seul roi lépreux a été traité différemment : il a reçu une maison d’isolement (2 Rois 7. 3 ; 15. 5).

Malade en phase terminale, exclu, isolé, quel terrible sort !

Une telle personne « pleine de lèpre » voit Jésus venir dans sa ville – son seul espoir de sortir de sa misère. Il se jette devant Jésus et lui demande : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net ». Dans Son amour, Jésus-Christ tend la main et touche le lépreux ! Depuis combien de temps le patient n’a-t-il pas été touché ? Et puis il entend les mots : « Je veux, sois net ».

De même que la lèpre souille la peau, le péché souille nos entrailles, nos cœurs. De plus, le péché a un effet similaire à celui de la lèpre : non seulement il pèse sur notre conscience, mais il détruit également les relations personnelles. Mais il y en a Un qui ne se détourne pas de nous. C’est Jésus-Christ. Il attend que nous venions à Lui avec nos péchés. Il peut et Il veut nous purifier. Demandons-le-Lui !

 « Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). Nous ferons alors l’expérience d’une merveilleuse communion d’amour avec Dieu le Père, avec Son Fils Jésus-Christ et avec tous ceux qu’Il a lavés par Son sang (cf. Apoc. 1. 5).

D’après die gute Saat mars 2024

« Prépare-toi… à rencontrer ton Dieu ». Amos 4. 12.

« Le Seigneur… est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance ». 2 Pierre 3. 9.

PRÉPAREZ-VOUS À RENCONTRER VOTRE DIEU !

Les messages clairs sont rares aujourd’hui. Il faut souvent lire entre les lignes pour savoir ce que cela veut vraiment dire. Les contrats sont en petits caractères, les offres comportent un astérisque. Et si vous n’y faites pas attention, vous aurez subitement, et sans le vouloir, souscrit un abonnement. La Bible ne propose pas de telles tromperies. Ses déclarations sont claires et sans fard. Le verset ci-dessus du prophète Amos fait ressortir un point important : chacun de nous rencontrera Dieu à un moment donné. Tout le monde doit être prêt à cela. Quant à Dieu, Il nous a déjà rencontrés. En un sens, Il nous tend la main en Son Fils Jésus-Christ : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16).

Ce passage, comme beaucoup d’autres passages bibliques, nous renvoie à l’amour de Dieu : Il veut que tous les hommes soient sauvés. En même temps, il précise que l’on peut se perdre. Peut-être sommes-nous tellement habitués aux « belles paroles » que nous supportons à peine d’être confrontés à la vérité : soit nous acceptons la grâce, soit nous sommes perdus ! Soyons ouverts à ce que Dieu nous dit dans la Bible. Ce sont des déclarations claires mais pleines d’amour. C’est pourquoi aujourd’hui il est dit : Soyez prêts à rencontrer votre Dieu !

D’après die gute Saat mars 2024

« De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti non seulement dans la Macédoine et dans l’Achaïe, mais partout votre foi envers Dieu s’est répandue ». 1 Thessaloniciens 1. 8.

« Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pourquoi je l’ai envoyée » (És. 55. 11).

L’ÉGLISE-RADIO LATVIA, AUTOUR DES ANNÉES 1980

Les dirigeants de l’U.R.S.S. étaient opposés avec violence à la foi chrétienne et à l’annonce de l’évangile. En ce temps-là, des chrétiens de Finlande, qui géraient une station de mission par la radio, avaient reçu la permission de voyager jusqu’à Riga. Dans une famille qu’ils visitèrent, ils rencontrèrent une femme âgée. Elle était venue d’un village éloigné et avait une histoire intéressante à raconter.

Elle vivait seule dans sa maisonnette dans un grand village. Un soir, elle tomba sur le programme de la station missionnaire de la radio, et pour la première fois de sa vie elle entendit l’évangile de Jésus Christ. Après l’émission, elle joignit les mains et accepta le Seigneur Jésus comme son Sauveur.

Ainsi commença sa vie de chrétienne. Dès lors, elle écouta régulièrement les messages de la mission par radio et apprit à connaître toujours mieux le message biblique. Mais une chose la préoccupait : était-elle la seule croyante de toute la région ? Ou y avait-il d’autres chrétiens qu’elle ? Elle n’en avait, dans tous les cas, rencontré aucun. Avec précaution, elle questionna les habitants de son village. Et à sa grande surprise, elle trouva une femme qui confessait Jésus Christ, puis toute une famille, et plus tard, une autre personne – il y avait une véritable « église de radio » dans ce village ! Elle n’avait donc pas été la seule à répondre à l’appel de Dieu. Dès lors, elle put vivre sa foi chrétienne avec d’autres. Elle en fut grandement encouragée et fortifiée dans son cœur.

D’après the good seed mars 2024

« Les richesses font beaucoup d’amis, mais le pauvre est séparé de son ami ». Proverbes 19. 4.

L’AMITIÉ SELON DIEU

L’amitié véritable ne peut pas être achetée à prix d’argent. Cependant, en règle générale, parmi les hommes sur la terre, l’argent tend à être un facteur important dans les relations d’amitié. Il ne devrait certainement pas en être ainsi parmi les enfants de Dieu. Les amitiés ne devraient pas se fonder et se maintenir sur la base des bénéfices que nous pouvons en gagner pour nous-mêmes. L’amitié est plutôt le fruit de la communion et des intérêts communs. La vraie amitié encourage l’amour et la loyauté, et apparaîtra dans les temps difficiles. « Un frère est né pour la détresse » dit un autre proverbe (Prov. 17. 17).

Il nous est dit en Éphésiens 5. 1, d’être imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants ; cela doit durer toute la vie, et ne doit pas être une règle qui s’applique seulement dans des situations particulières. Le cœur de Dieu nous est montré par le père de l’enfant prodigue en Luc 15. Le fils prodigue avait de nombreux amis, mais seulement aussi longtemps que sa fortune a duré. Quand, à la fin, il est retourné à la maison, misérable, en haillons, et affamé, il a trouvé l’amour de son père inchangé. Il n’a reçu aucun reproche de son père, mais seulement la preuve de son amour et de son pardon.

La loyauté est devenue un fait de plus en plus rare dans le monde. Même la loyauté dans les relations du mariage a fortement décliné dans la société contemporaine, en particulier à mesure que les droits de la personne et l’indépendance ont été plus affirmés.

Nous ne pouvons pas non plus limiter la pauvreté du verset ci-dessus au seul côté financier. Ne nous est-il pas naturel de rechercher l’amitié de quelqu’un de populaire et ayant de l’influence, plus que celle d’une personne humble et peu en vue ? Dieu, cependant, ne fait pas acception de personnes. Les quatre évangiles nous montrent aussi comment le Sauveur se penchait toujours vers les pauvres et les opprimés. Il appela de tels à être Ses disciples ; et Il appelait de tels Ses amis (Jean 15. 15).

D’après the Lord is near août 1984

« Quoi que vous fassiez, faites-le de cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que du Seigneur vous recevrez la récompense de l’héritage : c’est le Seigneur Christ que vous servez ». Colossiens 3. 23 et 24.

LE SERVICE SELON LA PENSÉE DE DIEU

Le service fidèle pour Christ doit toujours être le fruit de la communion avec Lui. Aucune énergie ou activité, quelque grande qu’elle soit, ne peuvent le remplacer. Il est bon de garder cela à l’esprit dans des jours d’excitation et d’activités fiévreuses. Et il faut se souvenir que la communion avec Christ implique toujours la séparation d’avec le monde : les deux choses ne peuvent coexister.

Mais on peut poser la question : Tous les croyants au Seigneur Jésus sont-ils appelés à servir ? Ils le sont certainement, bien que tous ne le soient pas de la même manière. Et il n’y a pas de sphère légale dans laquelle ils peuvent être placés qui doive nécessairement les en empêcher. Le vrai service chrétien, c’est simplement d’exprimer Christ. L’enseignant le plus doué ne peut pas faire plus, et le plus faible et le plus petit du troupeau n’est pas appelé à faire moins.

En Jean 15. 19, nous apprenons que le croyant est retiré du monde, ayant été choisi hors du monde par Christ. « Vous n’êtes pas du monde… moi je vous ai choisis en vous tirant hors du monde ». En Jean 17. 16 à 18, Christ dit à Son Père en parlant des Siens : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde… Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde ». Comme Christ a été envoyé dans le monde pour manifester Son Père, de même Il a laissé les Siens ici-bas pour Le manifester jusqu’à ce qu’Il vienne.

D’après the Lord is near août 1984

« Voici, je pose comme fondement… une précieuse pierre de coin, un sûr fondement : celui qui se fie à elle ne se hâtera pas ». Ésaïe 28. 16.

LE RYTHME DIVIN

Dieu n’est jamais lent, de Son point de vue. Mais Il l’est à notre avis, parce que notre tendance à faire des choses trop tôt, avec impétuosité, est une faiblesse humaine universelle. Cela peut ne pas être seulement le résultat de notre condition déchue, mais l’une des infirmités de notre propre nature de créatures, d’être pressés. Quand nous commençons à apprendre les voies de Dieu, nous avons tellement de choses à désapprendre qu’il y a certaines leçons que Dieu ne commence pas à nous apprendre avant que nous ayons dépassé les premières étapes. L’une de ces leçons profondes, c’est d’avancer très lentement avec Lui. Ce n’est pas de l’indifférence, ce n’est pas traînasser ; c’est seulement l’opposé d’un esprit ramolli et négligeant, car c’est une disposition bien éveillée et énergique à garder dans l’ordre de la volonté de Dieu.

Dieu vit et agit dans l’éternité. Tout détail de Son œuvre doit Lui être semblable, et avoir en soi-même la majesté et le mouvement mesuré, aussi bien que la précision et la promptitude de la sagesse infinie. Quand nous agissons avec Dieu, nous n’agissons pas avec des créatures impétueuses et myopes. C’est une grande chose de venir réellement à la connaissance de qui Dieu est, et comment nous devons nous conduire avec Lui. Il n’y a pas de précipitation chez Celui qui voit et connaît tout depuis l’éternité. Il est vrai que Dieu agit souvent instantanément dans Sa maturité et Sa sagesse sans bornes, et non pas dans la hâte d’une créature pressée. Il est également vrai que nous devons courir « avec patience la course qui est devant nous » (Héb. 12. 1), et courir « dans la voie de tes commandements » (Ps. 119. 32), mais nous devons courir avec toutes nos facultés apaisées, une détermination réfléchie. Marcher avec Dieu est une course lente avec la créature. Nous devons laisser Dieu user de hâte, et nous, de mesure.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Grâce et paix à vous, de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous retirer du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père ». Galates 1. 3 et 4.

LE CHRÉTIEN DANS SON ENVIRONNEMENT

Ce monde est mauvais : c’est le verdict de Dieu à son égard. Il « gît dans le méchant », qui est le « dieu de ce siècle », et qui a aveuglé les esprits de ceux qui ne croient pas. Les chefs mondiaux de ces ténèbres sont de mauvais esprits, Satan et son armée de démons. Il est bon pour les chrétiens, et spécialement les jeunes chrétiens, d’être pleinement conscients de cela. Celui qui regarde à un tel monde pour trouver le bonheur ne le trouvera jamais là. Quel bien peut-on espérer d’un monde qui a rejeté Christ ?

Ils sont tellement nombreux, ceux qui manquent de voir le mal, parce qu’ils se placent d’un point de vue erroné pour estimer les choses. Dieu juge le monde d’après ce qu’il a fait à Son Fils. Quelle place a-t-il pour Christ ? En jugez-vous par la même règle ? Vous dites : Oh, il n’y a point de mal en ceci, ou en cela. Mais quelle place y a-t-il là pour Christ ? Est-Il souhaité là ? Seriez-vous heureux dans votre cœur s’Il venait et vous trouvait à cela ?

« Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus » dit l’apôtre (Col. 3. 17). Est-ce un critère trop élevé à votre goût ? Non, si Christ a de la valeur pour votre cœur. Finissons-en avec cette manière d’estimer si une chose est mauvaise ou non. Quel mal y a-t-il en ceci ou en cela ? Ayez quelque chose de positif devant votre cœur. Qu’y a-t-il pour Christ en cela ? Pouvez-vous être là en représentant Christ ? Est-ce un mot que vous pouvez dire en Son nom, ou une action que vous pouvez faire comme Lui appartenant, et pour Sa gloire ? S’il en est ainsi, vous pouvez le faire de tout votre cœur ; sinon, mieux vaut ne pas y toucher si vous souhaitez avoir la paix et la joie véritables dans votre âme.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ». 2 Timothée 2. 22

UN CŒUR PUR

Si quelqu’un s’est purifié en se séparant des vases à déshonneur, et a ainsi évité les dangers du mal spirituel, il ne doit pas se reposer dans une confortable satisfaction de soi. Non, il doit plutôt appliquer d’autant plus le jugement de soi-même, en fuyant les convoitises de la jeunesse, afin de montrer une maturité en accord avec son état spirituel. Ensuite il y a la recherche positive de la justice, le désir que tout soit droit dans les relations. La foi personnelle doit aussi être nourrie, la confiance et la dépendance réelles dans le Dieu vivant. Et l’amour est le souci actif pour la bénédiction des autres. Enfin, la paix, car elle ne précède pas les autres qualités, mais les complète de manière précieuse.

La séparation ne doit pas être de l’isolement, cependant, car on doit poursuivre ces choses « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ». Notre communion est ainsi définie avec simplicité. Elle ne peut pas être avec tous les chrétiens, car tous ne se sont pas purifiés de mélanges avec le mal. Ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur sont ceux dont le cœur, avec dépendance, L’invoquent sous Sa fidèle autorité. Un cœur pur n’est pas un cœur sans péché, mais un cœur non partagé, Christ étant son seul Objet. Ce n’est pas Christ et quelque théorie, ou dénomination, ou entreprise favorites ; mais Christ, comme Objet premier du cœur. Que cette simplicité de cœur plaît à Dieu, celle qui ne regarde qu’au Seigneur Jésus, avec la ferme intention de L’honorer !

D’après the Lord is near septembre 1984

« Mais ils n’écoutèrent pas la voix de leur père, car c’était le bon plaisir de l’Éternel de les faire mourir ». 1 Samuel 2. 25.

« Je vais juger sa maison pour toujours… parce que ses fils se sont avilis et qu’il ne les a pas retenus ». 1 Samuel 3. 13.

LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS

Quelques-uns d’entre nous sont-ils trop pris par l’œuvre de Dieu pour faire d’autres choses que nous devrions faire ? Je ne suis pas seulement occupé à l’œuvre chrétienne, mais je suis un père et un mari chrétien. Certaines crises, dans les foyers chrétiens, entre mari et femme, entre parents et enfants, sont dues au fait que nous ne faisons pas face à notre responsabilité de chrétiens. C’est parce qu’Éli était trop pris par l’œuvre de Dieu que ses fils, en grandissant, devinrent la honte de son propre foyer.

Non seulement il n’y avait pas d’instruction dans ce foyer, mais il n’y avait pas non plus d’influence. Ses fils ne connaissaient pas l’Éternel, et ils ne connaissaient pas leur propre père. N’y a-t-il pas là un mot d’appel à certains d’entre nous qui sommes engagés dans l’œuvre chrétienne ? Nous sommes bien impliqués dans l’œuvre du Seigneur. Nous aimons cette action et nous y sommes plongés jusqu’aux oreilles. Comment nos enfants grandissent-ils ? Nous connaissent-ils ? Remplissons-nous notre responsabilité de les enseigner, ou laissons-nous cela à faire par le moniteur de l’école du dimanche ou quelqu’un d’autre ?

La deuxième chose au sujet d’Éli, c’était un manque de spiritualité, qui ruinait son œuvre. En plus des problèmes dans son foyer, il y en avait dans son propre cœur. C’était un homme tellement occupé à regarder les autres qu’il ne se regardait pas lui-même. Dans le Cantique des cantiques, nous lisons : « Ils m’ont mise à garder les vignes ; ma vigne, qui est à moi, je ne l’ai point gardée » (Cant. 1. 6). Je pense à un jardinier qui passait tout son temps à maintenir propres les jardins des autres, mais le sien était en désordre ! Il n’avait pas le temps de tondre le gazon, d’arracher les mauvaises herbes des plates-bandes, ou de nettoyer les rosiers. Le terrain du jardinier était le plus en désordre de toute la rue.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Elle se leva pour glaner ; et Boaz commanda à ses jeunes hommes, disant : Qu’elle glane même entre les gerbes, et ne lui en faites pas de reproche, et vous tirerez aussi pour elle quelques épis des poignées, et vous laisserez ; et elle les glanera, et vous ne l’en reprendrez pas. Ruth 2. 15 et 16.

LE MINISTÈRE DONNÉ AVEC À-PROPOS

Que Boaz était affectueux, qu’il était plein de tact ! Il ne dit pas aux jeunes hommes de donner à Ruth une pile d’épis en une fois – beaucoup moins de travail pour les serviteurs comme pour Ruth. Boaz savait que les choses que nous nous procurons par nos efforts ont plus de valeur pour nous que celle que nous recevons en cadeau.

Il en est de même du Seigneur. Il ne nous donne pas la sagesse dans une coquille de noix, ou dans un nombre de textes simples. Non, Il commence par nous donner un principe relatif à un évènement ou à une personne. Ensuite Il nous donne un autre côté de ce fait dans une relation totalement différente. Ainsi nous apprenons à connaître Sa Parole et la vérité par une recherche diligente et par l’étude. Ce sont seulement ceux qui attachent de la valeur à la vérité et qui prennent le temps et se donnent la peine de comprendre les pensées de Dieu qui seront richement récompensés.

Il en est de même quant à notre service. Le Seigneur ne nous a-t-Il pas, maintes fois, fait trouver de telles poignées quand nous ne nous y attendions pas ? Et en retour Il nous a demandé de passer ces poignées à d‘autres. Si les frères qui enseignent pensent aussi aux nouveaux convertis et aux faibles, leur ministère le montrera. Il se peut qu’ils soient au courant de certains besoins particuliers, et qu’ils y répondent par des détails, mais ils devraient suivre l’exemple que montre Boaz. Les jeunes gens laissaient tomber des poignées d’épis afin que Ruth puisse les ramasser. Ni la personne à laquelle la remarque est destinée, ni les autres personnes présentes ne doivent se rendre compte que les remarques étaient destinées à une personne particulière. Le ministère ne doit pas être personnel, ni attirer l’attention sur une personne.

D’après The Lord is near septembre 1984

« Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? Il leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Matthieu 16. 13 et 16.

UNE SEULE PIERRE COMME FONDEMENT

Il y avait des suppositions sans fin, parce qu’il n’y avait pas de réel exercice de cœur au sujet du bien-aimé Seigneur. Il se détourne maintenant de ces suppositions sans cœur, et pose la question directement aux Siens : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Il désirait savoir ce qu’ils pensaient de Lui, comment leur cœur L’avait estimé ; et Simon Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Nous avons ici la déclaration véridique, le fondement ferme de tout l’édifice de l’Église de Dieu, et de tout véritable christianisme pratique : « Christ, le Fils du Dieu vivant ». Tous doivent être remplis de cette vie nouvelle, divine, céleste, qui est venue dans ce monde et qui est communiquée à tous ceux qui croient au nom du Fils de Dieu.

Il est donc évident que la merveilleuse réponse que le Seigneur donne ensuite à Pierre se réfère à 1 Pierre 2 quand Pierre dit : « vous approchant de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie et précieuse auprès de Dieu, vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes (les mêmes mots) êtes édifiés » (v. 4 et 5). Tous ceux qui croient en Jésus participent de Sa vie, un rocher. La vie de Christ, le Fils du Dieu vivant, circule à travers tous Ses membres, et chacun en particulier. Nous avons donc le Dieu vivant, la pierre vivante et les pierres vivantes. C’est toute la vie ensemble, la vie découlant d’une source divine, par un canal divin, et se répandant chez tous les croyants, les faisant ainsi être des pierres vivantes.

D’après The Lord is near septembre 1984 (C.H.M.)