NOS PROBLÈMES – LA SOLUTION DE DIEU

(Les femmes venues au tombeau de Jésus) disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? Elles regardent et voient que la pierre avait été roulée ; or elle était très grande » Marc 16. 3 et 4.

NOS PROBLÈMES – LA SOLUTION DE DIEU

Trois femmes se dirigeaient vers la tombe de Jésus, absorbées par leur conversation, et abattues. Elles avaient un grave problème, qu‘elles ne savaient comment résoudre : la grande et lourde pierre qui scellait la tombe. Qui l’ôterait de devant le tombeau creusé dans la pierre ? Le problème, qui semblait impossible à surmonter, occupait entièrement leurs pensées, révélait leur faiblesse et entravait leurs plans.

Elles arrivent au lieu où se trouve le tombeau et découvrent que la pierre n’est plus là. Incroyable ! Elle a été roulée, emportant leur souci et leur problème avec elle.

Leurs craintes les avaient abattues. Nous ne lisons pas qu’elles aient prié. Elles n’étaient occupées que de leur difficulté, alors qu’en fait, il n’y avait rien qui ait besoin d’être résolu ! La pierre avait été roulée, seulement pour elles, car il n’était pas nécessaire qu’elle le soit pour la résurrection du Seigneur. Elles durent entrer dans le tombeau pour être convaincues de la résurrection de leur Seigneur. Il était bien ressuscité !

Qu’apprenons-nous de cet évènement ?

1. Apportons tout d’abord nos problèmes au Seigneur, ensuite seulement aux autres, si cela est nécessaire ;

2. N’oublions pas que notre Seigneur peut intervenir et nous aider dans toutes nos préoccupations, même aujourd’hui ;

3. Attendons-nous à des surprises, car il n’y a pas de problèmes pour Dieu ; Il a des plans pour nous et avec nous ;

4. Regardons plutôt vers le ciel, afin de voir Sa puissance et Sa gloire.

Les grandes et lourdes pierres peuvent être un problème pour nous, mais non pas pour Dieu.

D’après « The Good Seed » juin 2023

ÉTUDE SUR 1 THESSALONICIENS

Ch. 1

Dans cette épître, comme dans la plupart des épîtres, Paul s’associe d’autres disciples. Ici, Silvain et Timothée.

Silvain est probablement la forme latinisée de Silas (Act. 16, 17 et 18).

Il était précieux, pour l’apôtre, de s’adjoindre ces deux frères, fidèles et actifs, et ayant un bon témoignage. Pour l’encouragement des assemblées, il est bon que des frères s’associent, avec prières.

Dans l’adresse, en tête de l’épître, Paul ne rappelle pas sa qualité d’apôtre. Sans doute, les Thessaloniciens, le connaissant bien, ne contestaient pas son apostolat.

Paul, dans la plupart de ses épîtres, souhaite la « grâce et la paix » ; sauf pour Timothée où il dit : « Grâce, miséricorde et paix ». La grâce vient en premier lieu, la paix ensuite ; l’inverse est impossible car, pour jouir de la paix de Dieu, il faut d’abord être au bénéfice de la grâce.

Il faut être sauvés par grâce, par la foi, et non par les œuvres. Les Galates, voulant retourner à la loi en revenant à la circoncision, ne jouissaient plus de la paix. L’apôtre leur dit : « Vous êtes déchus de la grâce » (Gal. 5. 4).

On trouve la première prédication de Paul aux Thessaloniciens, dans le ch. 16 des Actes v. 1 à 4.

Thessalonique était une ville importante de Macédoine. C’est au v. 10 de ce ch. 16, que l’on voit Luc se joindre au groupe qui accompagnait l’apôtre : c’est la première fois que l’écrivain des Actes, dit : « nous cherchâmes à partir ».

Très vite, les Juifs suscitent des persécutions contre l’apôtre (ch. 17. 5 à 9), et elles se poursuivront sur ces nouveaux convertis, après le départ de Paul. Aussi, Paul était-il inquiet à leur sujet, craignant que les Thessaloniciens soient ébranlés (ch. 3. 1 à 5).

Mais ceux-ci ayant tenu ferme, l’apôtre était rassuré (v. 6). Dans nos circonstances adverses, demandons au Seigneur la force de tenir ferme dans notre foi en Lui. « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20).

L’apôtre rendait toujours grâces pour tous (v. 2) ; il n’en oubliait aucun ; il avait de bonnes raisons pour cela : la fermeté des Thessaloniciens dans les tribulations le remplissait de joie et de reconnaissance envers Dieu (v. 3) ; mais aussi, il rappelle avec émotion leur « œuvre de foi », leur « travail d’amour », leur « patience d’espérance ».

La foi des Thessaloniciens se montrait active et se voyait (Jac. 2. 17 et 18). C’est un exemple pour nous, car les œuvres sont les conséquences de la foi, et le seul moyen de prouver notre foi.

Tite 2. 6 et 7 nous exhorte à être des modèles dans les bonnes œuvres. Rendons toujours grâces à Dieu pour le travail qu’Il produit dans nos frères, et prions instamment les uns pour les autres.

L’apôtre cite en premier leur œuvre de foi, à laquelle s’enchaînent le travail d’amour et la patience d’espérance.

On trouve une « chaîne » similaire et plus complète en 2 Pierre 1. 5 à 7, où l’amour vient en dernier ; mais il est « vu en transparence » dans tous les caractères précédents.

L’amour chrétien est une conséquence de la foi. Comme les Thessaloniciens manifestaient l’amour entre eux, aimons-nous entre nous (1 Jean 3. 18), laissant ainsi « l’amour de Dieu qui a été versé dans nos cœurs », couler librement de Dieu vers nos frères. C’est un témoignage puissant, et cela fait du bien aux assemblées. L’amour est de Dieu et demeure éternellement (1 Cor. 13. 13).

Même les œuvres de la foi, si elles sont faites sans amour, ne portent aucun fruit (1 Cor. 13. 1 à 3).

Les caractères de l’amour sont décrits aux v. 4 à 8 de 1 Corinthiens 13. Si la « patience » est liée à « l’espérance », c’est parce que nous avons besoin de patience pour attendre le retour de notre Seigneur, car c’est cela que nous espérons. Dieu est patient, ressemblons-Lui. « Courons avec patience la course » (Héb. 12. 1 et 2). Dieu veut que nous croissions tous (Éph. 4. 13).

« L’élection » est la conséquence de la « préconnaissance » de Dieu. Il connaissait, avant la fondation du monde, qui, d’entre les hommes, se convertirait ou non (1 Pier. 1. 1 et 2).

Ceux qui viennent à Lui par le Seigneur Jésus, Il les a « prédestinés à être conformes à l’image de son fils ». Puis Il les a « appelés… justifiés… glorifiés » (Rom. 8. 29 et 30).

Sur la croix, le Seigneur Jésus a fait la « propitiation » pour tous les hommes (il a rendu Dieu propice à tous). Mais l’expiation n’est que pour ceux qui ont cru : leurs péchés sont expiés.

C’est dans la puissance de l’Esprit Saint que Paul avait prêché l’évangile aux Thessaloniciens, et pas seulement en paroles. Paul, un vivant exemple pour tous, vivait lui-même ce qu’il prêchait, de sorte que les Thessaloniciens avaient été pleinement convaincus : à travers l’apôtre, ils voyaient Christ.

Si le Seigneur nous appelle à parler de Lui et de la grâce de Dieu, et que nous ne vivions pas ce que nous disons, nous ne convaincrons personne.

Paul se souvenait d’où le Seigneur l’avait tiré : le Seigneur lui avait dit : « Je suis Jésus que tu persécutes ». Aussi, pouvait-il dire : « Je n’ai pas honte de l’évangile » (Rom. 1. 16). Il avait été persuadé, et avait cru ; le souvenir de sa conversion, sur le chemin de Damas, restait vivant dans sa mémoire.

En retour, il était pleinement convaincant, car il avait en vue « Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (1 Cor. 2. 1). Paul s’en tenait à ce qui est vital : le Seigneur sur la croix.

A Thessalonique, Paul présentait Jésus Christ dans Ses souffrances, Sa mort et Sa résurrection, discourant, expliquant, disant, d’après les Écritures ; et cela, avec persévérance : « durant trois sabbats » (Act. 17. 2 et 3).

C’était l’habitude de l’apôtre : « j’ai été parmi vous dans la faiblesse, et dans la crainte, et dans un grand tremblement ; et ma parole et ma prédication n’ont pas été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l’Esprit et de puissance, afin que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » (1 Cor. 2. 3 à 5).

Le serviteur doit être un instrument docile dans la main de Dieu. Il y avait, chez Paul, « une grande plénitude d’assurance » (v. 5), dans la hardiesse de l’Esprit Saint ; et l’amour de Dieu pour les Thessaloniciens, en particulier, habitait dans le cœur de l’apôtre.

Pierre aussi, dans les Actes (ch. 2), était animé d’une grande hardiesse et d’une profonde conviction ; et sa première prédication aboutit à la conversion de trois mille âmes (v. 41) ! Vivons les enseignements de l’évangile, et nous serons, dans la main de Dieu, des prédicateurs convaincants. « Je sais qui j’ai cru », disait Paul (2 Tim. 1. 12).

De plus, l’amour de Paul pour ses chers Thessaloniciens était un amour profond et fervent : « Vous nous étiez devenus fort chers » (ch. 2. 8).

Il parle alors des résultats de sa prédication : « Et vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur » (v. 6). Remarquons la différence de ce qu’il dit aux Thessaloniciens : « vous êtes devenus », et de ce qu’il dit aux Corinthiens : « Soyez mes imitateurs » (1 Cor. 11. 1).

« Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la Parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7). Notre foi, comme celle des Thessaloniciens, doit entrer en activité pour se manifester.

En imitant l’apôtre, les Thessaloniciens imitaient Christ Lui-même, car Paul disait : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1. 21). Sa conduite était un modèle, car lui-même imitait le Seigneur.

Il disait aussi : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20). Mais sa marche si fidèle s’accompagnait de grandes tribulations ; là encore, il montrait Christ dans Son abaissement (Phil. 2. 5).

Il fixait ses yeux sur le divin modèle, lui-même se considérant « comme un vase de terre, afin que l’excellence de la puissance soit de Dieu » (2 Cor 4. 7 ; 11. 23 à 28).

Toutes ses souffrances le faisaient ressembler au Seigneur. Mais, malgré cela, Paul, ainsi que les Thessaloniciens, goûtaient à « la joie de l’Esprit Saint » (v. 6).

Aux Philippiens parmi lesquels certains annonçaient Christ « par esprit de parti », croyant « susciter des tribulations » pour Paul, il se réjouit, malgré tout, de ce que « Christ est annoncé » (Phil. 1. 28).

Les apôtres, emprisonnés, battus mais relâchés, « se retiraient de devant le sanhédrin en se réjouissant d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom ; et ils ne cessaient tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus » (Act. 5. 41 et 42). Le Seigneur nous dit : « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33).

Dans les tribulations, les Thessaloniciens s’étaient montrés joyeux et généreux envers Paul (2 Cor. 8. 2 à 4). Ils étaient devenus des modèles dans la Macédoine, l’Achaïe et en tous lieux (v. 8). « Des fleuves d’aux vives » coulaient de leur ventre (cf. Jean 7. 38).

L’apôtre se réjouit de ce que les Thessaloniciens avaient reçu la Parole de Dieu avec des cœurs simples et fervents ; de telle sorte qu’elle « retentissait » de chez eux, comme une cloche heurtée produit un son qui s’entend au loin (« en tous lieux »).

La Parole courait et était glorifiée (2 Thess. 3. 1), par le témoignage de leur foi qui se répandait autour d’eux. La Parole que nous avons reçue personnellement, en famille et en assemblée, se répand-elle autour de nous ? Chacun doit s’éprouver lui-même à ce sujet.

Les Thessaloniciens s’étaient « tournés des idoles vers le Dieu vivant et vrai ». De nos jours, dans nos pays, les idoles de bois, de pierre ou d’argent et d’or, n’existent plus. Pourtant, nous sommes toujours en danger d’entretenir des « idoles » dans nos cœurs : ce sont les passions auxquelles nous pouvons être soumis ; peut-être des activités qui accaparent tout notre temps ou notre énergie, et qui ne laissent plus de place pour le Seigneur dans notre vie.

Ceux qui sont « nés dans l’Assemblée » ont, en général, reçu une éducation « honorable » ; mais eux aussi ont à se méfier des passions qui peuvent être les leurs. Nous devons abandonner ces « idoles », à notre conversion, afin qu’à notre tour, nous devenions des témoins convaincants, comme l’étaient les Thessaloniciens.

Servons « le Dieu vivant et vrai » et non les idoles. L’amour de l’argent, en particulier, est une terrible idole dont on doit se détourner. Dieu ne nous demande pas de vivre sans argent : c’est impossible ; mais de nous détourner de « l’amour de l’argent » (1 Tim. 6. 6-10). « Nul ne peut servir deux maîtres… vous ne pouvez servir Dieu et les richesses » (Luc 16. 13).

Certains, parmi les Thessaloniciens, pensaient qu’ils n’avaient plus à travailler en attendant le retour du Seigneur. Mais l’apôtre les reprend fortement (2 Thess. 3. 10 et 11). Servir le Seigneur, ce peut être aider nos frères selon leurs besoins. La note du v. 9, renvoie à Col. 3. 23 et 24 : servir comme un esclave, entièrement soumis à son maître, peut-être pour un service obscur, ignoré de tous, mais connu de Dieu.

Les Thessaloniciens s’étaient « tournés… vers Dieu… pour attendre des cieux son Fils » (v. 10). C’est là l’espérance chrétienne : nous attendons le retour du Seigneur pour nous enlever à Sa rencontre et être toujours avec Lui (ch. 4. 13 à 18).

Ressuscité d’entre les morts, le Seigneur nous communique, déjà, la vie éternelle qui se manifestera à Sa venue pour les croyants, afin de nous faire partager Sa gloire de Fils de l’homme, car Sa vie de résurrection est déjà en nous.

Puis, « Il nous délivre de la colère qui vient ». C’est la colère de Dieu qui s’abattra sur le monde incrédule, après l’enlèvement de l’Église.

Le ch. 5 de l’Apocalypse révèle que le Seigneur Jésus, le « lion de la tribu de Juda » (v. 4 et 5), « a vaincu pour ouvrir les sceaux » qui scellent « le petit livre » des jugements. Mais, c’est « l’Agneau immolé » qui ouvrira les sceaux (v. 7 ; ch. 6. 1). Et Il ouvrira ainsi les sept sceaux. C’est de cette colère que nous sommes délivrés par le Seigneur (Jean 3. 36). Soyons dignes de cette apparition, en vivant sobrement quant à nous-mêmes, justement quant aux autres, et pieusement quant à Dieu (Tite 2. 11 à 13).

Le monde qui vit dans l’impiété tout en connaissant la vérité, a, à sa disposition, l’intelligence pour connaître Dieu par les choses créées. Il est donc « inexcusable » de rester dans l’ignorance. Après l’enlèvement des croyants, il sera livré à « une énergie d’erreur » (2 Thess. 2. 1 à 12). Mais à nous qui avons « beaucoup reçu, il nous sera beaucoup redemandé ».

Les v. 9 et 10 sont un résumé de toute la vie chrétienne, depuis la conversion, pour servir et attendre le retour du Seigneur, puis pour être délivrés de la colère de Dieu. En attendant, nous devons continuer nos activités jusqu’à Son retour.

Nous étions « morts » pour Dieu ; mais maintenant, nous sommes « morts au monde », mais « vivants à Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ ». Cette merveilleuse espérance nous pousse, avec l’Esprit Saint, à dire : « Viens, Seigneur Jésus » (Apoc. 22. 20).

Ch. 2

Au premier chapitre, Paul s’était attaché à faire l’éloge de la manière dont les Thessaloniciens avaient reçu l’évangile.

Mais ici, Paul prend soin de rappeler aux Thessaloniciens de quelle manière il s’était lui-même comporté au milieu d’eux : il rappelle qu’après avoir « été outragés à Philippes » (Act. 16. 11 à 24), lui et ses compagnons avaient poursuivi leur travail d’évangélisation pour les Thessaloniciens, « avec toute hardiesse en notre Dieu » (v. 2), « avec beaucoup de combats ». Il leur dit : « Notre exhortation n’a eu pour principe ni séduction, ni impureté, et nous n’y avons pas usé de ruse » (v. 3). Ils n’avaient usé d’aucune « flatterie » « ni de prétexte de cupidité » (v. 5).

Les Juifs, rebelles à l’évangile, avaient déclenché des persécutions contre les apôtres (Act. 17. 1 à 5). Puis, quittant la ville, ils évangélisèrent à Bérée, où les Juifs reçurent la Parole avec « toute bonne volonté » (v. 10). Mais les Juifs venus de Macédoine troublèrent la ville. N’ayant pu s’emparer des apôtres (v. 14 et 15), il est probable qu’ils les calomnièrent auprès des Thessaloniciens.

Aussi Paul, inquiet sur l’effet de ces calomnies, s’empresse-t-il de rétablir la vérité dans leur esprit. La calomnie est un mensonge délibéré en vue de discréditer quelqu’un. Discréditer sans cause un serviteur de Dieu est une chose grave.

Sans doute, l’apôtre avait-il appris ces calomnies de la bouche de Timothée, qu’il avait envoyé visiter les Thessaloniciens, et qui, revenu auprès de Paul, lui avait rapporté de bonnes nouvelles. Malgré tout, l’apôtre s’était vu obligé de remettre les choses en ordre dans la pensée des croyants de Thessalonique, qui pouvaient en être troublés – conscient que la calomnie laisse toujours subsister un doute.

Paul n’avait pas « frelaté la Parole », comme il s’en défend déjà auprès des Corinthiens (2 Cor. 2. 17). Il l’annonçait toujours avec droiture, sans esprit de « séduction », qui consiste à édulcorer la Parole de la pensée du péché et de la culpabilité devant le Dieu Saint.

« Approuvés de Dieu », les apôtres répandaient la Parole, selon la volonté de Dieu, ne cherchant pas à plaire aux hommes, mais à Dieu qui éprouve les cœurs (v. 4).

Paul exhorte les Thessaloniciens à continuer, comme au début de leur conversion, à placer toute leur confiance, non dans la parole des hommes, mais dans la vraie Parole de Dieu (v. 13). Nous avons souvent besoin que Dieu nous rappelle les vérités déjà connues.

Si nous devons annoncer l’évangile, demandons-nous devant Dieu si nos motifs sont purs, à l’image de ceux de l’apôtre ; car il peut y avoir « un esprit de parti », opposé à une « bonne volonté » (Phil. 1. 15 à 17).

Comme pour les Corinthiens (2 Cor. 11. 7 à 11), Paul n’avait pas voulu être à charge aux croyants de Thessalonique (v. 6). Mais, dit-il : « Nous avons été doux au milieu de vous. Comme une nourrice chérit ses propres enfants (v. 7)… c’est en travaillant nuit et jour pour n’être à charge à aucun de vous, que nous vous avons prêché l’évangile de Dieu » (v. 9).

« Vous en êtes témoins et Dieu aussi » (v. 10). Le comportement d’un évangéliste doit être pur afin que sa prédication soit convaincante. Dieu peut permettre qu’il reçoive des dons pour sa subsistance, mais il doit rester dépendant du Seigneur.

L’amour pour ses frères se manifestait pleinement envers eux : ils lui étaient « devenus fort chers » (v. 8). Au v. 7, il se compare à une nourrice chérissant ses enfants, et au v. 11, à un père.

Dans une mesure, le cœur de Paul ressemblait à celui du Seigneur. C’est un bel exemple pour nous, dans nos relations fraternelles. Le premier motif nous dirigeant dans le service pour le Seigneur, doit être l’amour. Sans amour, notre service ne vaut rien (1 Cor. 13. 1 à 8).

Nous avons, devant nous, un but merveilleux : « Dieu… nous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire ». Aussi, l’apôtre nous exhorte : « Que vous marchiez d’une manière digne de Dieu » (v. 12).

L’apôtre, sûr que sa conduite avait été irréprochable, en prend deux témoins : les Thessaloniciens et Dieu (v. 10). Pour prendre Dieu Lui-même à témoin, il faut être pleinement assuré de la véracité de ce que nous disons. Mais Paul était conscient de n’avoir rien à se reprocher.

La manière de se comporter de l’apôtre avait tourné les cœurs des Thessaloniciens vers Dieu Lui-même. Il s’était conduit : « saintement » (séparé de tout mal devant Dieu) ; « justement » (sa marche pratique devant les hommes : il avait revêtu « la cuirasse de la justice » (Éph. 6. 14) ; « irréprochablement » (Paul n’avait rien à se reprocher). La conduite de Paul, serviteur de Christ, était vraiment « approuvée de Dieu ». Quel modèle pour nous !

Marchons ainsi, et selon les exhortations de Tite 2. 12, afin que nous ne nous attirions aucune critique de la part du monde, et aucune réprobation de la part de Dieu.

Au ch. 1, l’apôtre dit aux Thessaloniciens : « Vous êtes devenus nos imitateurs et ceux du Seigneur » (v. 6). Quant aux Corinthiens, il les exhorte à devenir ses imitateurs (1 Cor. 11. 1).

Dans le ch. 20 des Actes, l’apôtre affirme n’avoir « mis aucune réserve à… annoncer tout le conseil de Dieu » (v. 26). Les persécutions que Paul avait subies ne l’avaient nullement arrêté dans son service, et sa prédication avait été pleinement reçue.

Les Thessaloniciens étaient aussi devenus « les imitateurs des assemblées de Dieu qui sont dans la Judée dans le Christ Jésus » (v. 14). Ils avaient été profondément touchés par la prédication de l’apôtre, de sorte que « la Parole du Seigneur avait retenti » de chez eux, et s’était propagée plus loin (ch. 1. 8), car ils la mettaient en pratique. D’imitateurs, ils étaient devenus des modèles.

Christ est notre modèle : nous devons le contempler dans Sa marche sur la terre, marchant dans la vérité et dans l’amour, afin de L’imiter. Sommes-nous des « modèles du troupeau » ? (1 Pier. 5. 3)

Le v. 10 du ch. 2 s’adresse à chaque croyant. Soyons conscients que Dieu n’abaisse jamais le niveau de ce qu’Il attend de nous.

Au v. 7, Paul s’était conduit comme « une nourrice qui chérit ses propres enfants » (une nourrice est poussée par sa nature à l’amour, à l’affection pour ses enfants, dont elle prend soin, qu’elle nourrit et qu’elle soigne lorsqu’ils sont malades).

Au v. 11 et 12, il s’identifiait à un père qui exhorte et console « ses propres enfants », témoignant qu’ils devaient marcher « d’une manière digne de Dieu qui vous appelle à son propre royaume et à sa propre gloire ».

Ayant ce but devant nous, devenons vraiment des imitateurs du Seigneur, notre modèle.

La composition de la famille – un père, une mère – assure aux enfants, soins, affection, protection et direction pour leur marche devant Dieu et devant les hommes. Nous avons tout cela en Christ. Le but que Dieu place devant nous, c’est que notre marche soit « digne de Dieu » (v. 12 ; Éph. 4. 1 ; Phil. 1. 27 ; Col. 1. 10 ; Apoc. 3. 4).

Notons que le Saint Esprit parle à chacun d’entre nous, personnellement (v. 11). Ayons ces relations d’affection entre nous.

L’apôtre trouvait une consolation, au milieu des persécutions, dans les Thessaloniciens qui étaient son espérance, sa joie, sa couronne devant le Seigneur Jésus « à sa venue » (v. 19 et 20). La venue du Seigneur est mentionnée dans tous les chapitres (1. 10 ; 2. 19 ; 3. 13 ; 4. 15 et 5. 23).

La manière dont les Thessaloniciens avaient reçu « non la parole des hommes mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la Parole de Dieu », poussait Paul à rendre sans cesse grâces à Dieu (v. 13).

Si Dieu utilise tel frère pour nous parler : sachons Le voir, derrière le frère qui présente la Parole ; la Parole « opère en vous qui croyez » (v. 13). Elle « est vivante et opérante » (Héb. 4. 12). Elle opère des conversions, mais elle opère aussi, continuellement en nous, nous conduisant dans nos circonstances, et nous faisant faire des progrès spirituels.

Écrite par des hommes, elle est entièrement inspirée de Dieu. Lorsque la Parole nous est présentée, nous devons chercher ce que Dieu veut nous dire (Act. 17. 11). Et le frère qui parle, doit le faire comme « oracle de Dieu », mais humblement, à cause de ses propres infirmités.

Paul, comme les autres apôtres, tout infirmes qu’ils aient été, ont été des « écrivains inspirés » de Dieu. Leurs écrits sont entièrement sûrs (2 Pier. 1. 21).

La Parole de Dieu avait si bien pénétré dans le cœur des Thessaloniciens qu’ils étaient devenus les imitateurs de Paul et du Seigneur (ch. 1. 6). Mais, dans les persécutions qui s’en étaient suivies, ils étaient devenus les imitateurs des assemblées de la Judée, première assemblée du Seigneur, et première à avoir connu la persécution (Act. 8. 1 à 3). Comme les chrétiens de Judée, les Thessaloniciens avaient tenu ferme leur foi, sous la violence de leurs « compatriotes » (ch. 2. 14).

Saul, l’ancien persécuteur des assemblées du Seigneur, étant devenu l’apôtre Paul, était persécuté à son tour par les Juifs. Le Seigneur dit de lui, à Ananias : « Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Act. 9. 16). Et les persécutions personnelles éclatent au ch. 17.

L’évangile de la grâce n’est pas accepté par le monde, car Satan (l’adversaire), en est le chef. Mais les Juifs religieux ne l’acceptent pas non plus, car la grâce de Dieu pour tous les hommes est incompatible avec la loi qui avait été donnée aux Juifs par Moïse. En n’acceptant pas que le pardon divin s’étende à tous les hommes (És. 49. 6 ; 56. 6 à 8 ; Act. 13. 6 à 8), ils s’opposaient à l’ordre divin (Act. 17. 30 et 31).

Dieu est souverain, et personne ne peut L’empêcher de sauver ceux qui s’approchent de Lui, mais quelle responsabilité pour ceux qui s’y opposent !

Même les apôtres, tous Juifs, ont eu quelque difficulté à accepter que Dieu étende Sa grâce à toutes les nations (Act. 11. 17 et 18).

Le Seigneur Lui-même, apportant « la grâce et la vérité », avait été rejeté par Son peuple (Jean 1. 10 et 11). Il avait été également rejeté par Ses propres frères qui « ne croyaient pas en Lui non plus » (Jean 7. 5). Le monde a haï et hait encore le Seigneur. Si nous sommes fidèles, le monde ne peut que nous haïr aussi. Lorsqu’un croyant souffre de la part du monde, pour le Seigneur, il participe à Ses souffrances (1 Pier. 4. 12 à 14).

Ce sont les Juifs qui ont mis à mort le Seigneur et les prophètes (v. 15) et, de ce fait, « ne plaisent pas à Dieu » : « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Mat. 23. 37).

Cherchons, quant à nous, à « plaire à Dieu » en marchant dans l’obéissance à Sa volonté. Le Seigneur Jésus, le modèle parfait, nous en montre le chemin : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent ».

Au v. 16, l’apôtre annonce, prophétiquement, que la colère de Dieu va se déchaîner sur ce peuple rebelle. Soixante-dix ans après la mort du Seigneur, Jérusalem a été détruite par les Romains, et le peuple chassé parmi les nations.

Mais elle parle aussi de la colère qui se manifestera de nouveau, durant la « grande tribulation » que traversera ce peuple dans un temps encore à venir. Si nous lassons la patience de Dieu, il nous « discipline pour notre profit » (Héb. 12. 10).

Paul avait été un terrible persécuteur des assemblées. Mais converti et rempli de zèle pour le Seigneur, il pouvait stigmatiser la méchanceté des Juifs. De même que Pierre ayant renié le Seigneur, mais restauré dans la repentance, pouvait reprocher aux Juifs d’avoir « renié le Saint et le Juste » (Act. 3. 13 et 14).

Paul apprend aux Thessaloniciens qu’il avait eu l’intention de se rendre auprès d’eux par deux fois, mais que Satan l’en avait empêché (v. 17 et 18). L’adversaire s’oppose toujours à ce que nous fassions la volonté de Dieu : il barre le chemin et nous laisse dans le désarroi.

Le Saint-Esprit, et le Seigneur aussi, peuvent nous empêcher de faire ce que nous croyons utile pour Son service (Act. 16. 6 et 7). Mais dans ce cas, Il nous ouvre toujours Son chemin à Lui (v. 10 à 12). Si Paul avait été empêché de visiter ses chers Thessaloniciens, il leur a écrit, pour notre plus grand profit à nous – qui avons ses épîtres.

Paul manifeste son amour pour ces croyants de Thessalonique, comme il le dit au v. 8 : « vous nous étiez devenus fort chers ». Qu’il y ait, dans nos cœurs, une place particulière pour tous les frères, et pour toutes les assemblées.

Ch. 3

Aux Philippiens, l’apôtre dit : « mes frères bien-aimés et ardemment désirés, ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes » (ch. 4. 1). Aux Thessaloniciens, il dit : « vous êtes notre gloire et notre joie » (ch. 2. 20).

Paul était un « gagneur d’âmes » ; il se réjouissait déjà de ce qu’il amenait à Dieu, ses chers convertis de Philippe et de Thessalonique, et qui constituaient pour lui comme une couronne de gloire que le Seigneur lui donnerait à Sa venue.

Désirons, nous aussi, ces glorieuses couronnes, en amenant des âmes au Seigneur, et en étant utiles à nos frères et sœurs, avec amour. Paul venait de parler des tribulations et, dans cette perspective, il place devant eux la venue du Seigneur ; c’est seulement à ce moment-là que les croyants seront définitivement délivrés de toutes les peines qui les accablent sur la terre.

Mais Paul place surtout la présence de Christ devant eux : « Être avec Christ… est de beaucoup meilleur » (Phil. 1. 23). Paul espérait avec patience la venue du Seigneur : « Quelle est notre espérance… N’est-ce pas bien vous devant notre Seigneur Jésus, à sa venue ? » (v. 19). L’espérance de Sa venue nous rend patients. Mais nous devons « hâter » Sa venue en travaillant à gagner des âmes, car le Seigneur ne viendra pas tant qu’une seule âme qui doit venir à Lui, ne sera pas venue.

Prophétiquement, le Seigneur dit : « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés » (És. 8. 18 ; Héb. 2. 13). Aucun ne manquera.

Paul rappelle « l’œuvre de foi, le travail d’amour et la patience d’espérance » des Thessaloniciens (ch. 1. 3).

Lui-même réalisait ces caractères dans sa propre activité. Au ch. 2. 2, il avait persévéré avec hardiesse à prêcher l’évangile, malgré les combats et les persécutions qui ne l’avaient pas fait reculer. C’était son « œuvre de foi ». Au v. 7 et 8, l’amour du Seigneur se manifestait en lui et à travers lui, pour ses chers convertis : c’était son « travail d’amour ». Enfin, au ch. 3. 19, Paul attendait avec patience la venue du Seigneur : c’était sa « patience d’espérance ».

Le Seigneur prend patience en attendant l’heure de Son retour, et Il nous associe à Sa patience (Apoc. 3. 10). Bientôt, le Seigneur, qui a beaucoup travaillé, « verra du fruit du travail de son âme » (És. 53. 11). L’exhortation de Paul aux Thessaloniciens reposait sur sa propre expérience. Ces exhortations sont aussi pour nous, pour « une riche entrée » dans le royaume.

Au tribunal de Christ, il ne sera retenu de notre vie que ce qu’Il aura Lui-même produit pour Sa gloire. Si notre mobile est l’amour pour le Seigneur, Il nous récompensera.

Sept couronnes sont mentionnées dans le Nouveau Testament (1 Cor. 9. 25 ; 2 Tim. 4. 8 ; Jac. 1. 12 ; 1 Pier. 5. 4 ; Apoc. 2. 10 et 3. 11). Ces couronnes seront jetées aux pieds du Seigneur (Apoc. 4. 4).

L’apôtre voit d’abord la gloire revenant au Seigneur avant Sa joie (v. 20 de notre chapitre). Cette gloire du « Fils de l’homme », rayonnera sur nous dans le ciel ; et nous partagerons Sa joie dont nous pouvons jouir déjà, sur la terre (Jean 15. 11). « Nous lui serons semblables » (1 Jean 3. 11).

Au ch. 3, Paul manifeste son amour pour les Thessaloniciens en désirant recevoir de leurs nouvelles quant à leur état et à leur fermeté. Il était inquiet, craignant que ces nouveaux convertis n’aient pas tenu ferme dans les souffrances. Dans son amour pour eux, il avait préféré rester seul à Athènes où il s’était enfui, et leur avait envoyé Timothée et Silas : « pour vous affermir et vous encourager » (v. 2). « L’amour ne cherche pas son propre intérêt » (1 Cor. 13. 5).

Nous-mêmes, mesurons bien nos motifs, dans nos activités pour le Seigneur. Soyons affectueux envers nos frères pour les aider, et non les juger (2 Thess. 2. 17 ; 3. 3). Timothée devait faire l’œuvre d’un docteur (affermir leur foi) ; et l’œuvre d’un berger (consoler et encourager).

Ces versets parlent de foi et d’amour (v. 2, 6 et 7). La fermeté est difficile dans les persécutions ; mais c’est dans de telles souffrances que le Seigneur affermit la foi (Héb. 11. 34). Il nous avertit que nous aurons des persécutions (Jean 15. 20), et nous encourage au ch. 16. 33 : « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ». Rien ne nous ôte notre joie, car le Seigneur nous a placés sur le terrain de Sa victoire.

Paul avait soigneusement averti les croyants de Thessalonique qu’ils auraient des tribulations. Dans le monde païen d’alors, la foi chrétienne nouvelle s’opposait au paganisme, et était rejetée, et violemment combattue par les Juifs sous la loi.

L’ennemi s’oppose toujours à la vérité divine, et notamment au christianisme, cherchant à faire reculer les croyants afin de les décourager, et de leur faire abandonner la foi. Lorsque le Seigneur nous amène à présenter le salut par la foi, nous devons toujours avertir les nouveaux convertis qu’ils connaîtront des difficultés du fait de l’opposition des hommes du monde.

Paul s’inquiète au sujet de la foi des croyants de Thessalonique (v. 5), car les persécutions sont une « épreuve de la foi », et notre nature rejette volontiers les souffrances. Cependant, il nous faut tenir ferme, en nous confiant dans la force du Seigneur.

Paul, ce « gagneur d’âmes », était animé d’une grande sollicitude pour les nouveaux croyants, désirant que chacun grandisse dans la foi et dans la connaissance de l’amour du Seigneur. La foi chrétienne, dans la Parole de Dieu, a trois sens: la foi initiale dans l’œuvre du Seigneur qui nous donne le salut – la foi pratique qui trouve sa force dans notre confiance en Dieu, et se manifeste par une marche fidèle dans l’obéissance à la Parole – enfin, c’est aussi l’ensemble de la doctrine chrétienne que nous croyons et que nous recevons, par la foi en la vérité divine, et que nous voyons évoquée au v. 10 (les Thessaloniciens avaient encore besoin d’être enseignés dans la connaissance de la Parole).

La foi pratique possède une grande puissance, car Dieu se plaît à exaucer une foi qui ne doute nullement (Jac. 1. 5 à 8). « Jésus leur dit : si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; et rien ne vous serait impossible » (Mat. 17. 20). Bien sûr, il faut que nous discernions la volonté de Dieu, avant de demander quoi que ce soit.

Dans nos pays tolérants, nous ne connaissons pas les persécutions, qui sévissent encore dans différentes régions du monde pour les chrétiens. Mais, si nous sommes fidèles dans le milieu où nous vivons ordinairement, nous connaîtrons, malgré tout, des difficultés relationnelles avec notre entourage. Malgré tout, restons fidèles afin de discerner ce qui est selon Dieu ou non, mais sans fanatisme qui conduit à la violence religieuse.

Outre les persécutions que subissait Paul, il connaissait aussi des « afflictions » (2 Cor. 1. 3) ; mais il savait que toutes ces souffrances produiraient « un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 16 à 18). Mais lui-même étant consolé de Dieu, il pouvait, à son tour, consoler les Thessaloniciens (2 Cor. 7. 5 à 7). Les bonnes nouvelles de leur foi et de leur amour que Timothée avait apportées à Paul, l’avaient consolé (v. 6 et 7) ; l’avaient fait « revivre » (v. 8 ; 2 Cor. 6. 9). « Les bonnes nouvelles d’un pays éloigné sont de l’eau fraîche pour une âme altérée » (Prov. 25. 25).

Peut-être, malgré tout, avaient-ils besoin d’être encouragés dans l’espérance du retour du Seigneur, car Paul en parle dans chaque chapitre.

Dans sa seconde épître, il rectifie l’erreur doctrinale qui se faisait jour parmi eux, selon laquelle la venue du Seigneur avait déjà eu lieu. Le ch. 4 de sa première épître nous enseigne de façon précise quant à la venue du Seigneur pour enlever Son Église.

Consolé, Paul redouble d’actions de grâces à leur sujet. Rendons toujours grâces à Dieu quand nous apprenons de bonnes nouvelles de nos frères.

L’amour de Paul pour ces croyants entretenait en lui un grand désir de les revoir (ch. 2. 17 ; 3. 6 ; v. 10). Il les reverra plusieurs années plus tard.

Humble, Paul avait besoin de consolations et les recherchait auprès des croyants (Rom. 1. 11 et 12). Il avait des « nécessités » (peut-être des difficultés matérielles) (2 Cor. 11. 27). Et des tribulations de toutes sortes (2 Cor. 11. 14 et 25), et de la « sollicitude pour toutes les assemblées » (v. 28). Mais il acceptait toutes ces souffrances (Phil. 4. 12 et 13).

Le niveau spirituel que Dieu place devant nous est très élevé, et il ne l’abaisse jamais. « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les enseignements » (2 Thess. 2. 15).

Au ch. 2. 13, l’apôtre rendait grâces à Dieu parce que les Thessaloniciens avaient reçu l’évangile comme étant « véritablement la Parole de Dieu ».

Mais au ch. 3. 9, il redoublait d’actions de grâces, car ils avaient tenu ferme dans les persécutions. Ces persécutions, parfois violentes, toujours pénibles à supporter, conduisant souvent à la mort, s’accompagnaient de peur ; mais ces souffrances ne les avaient pas détournés de la foi et de l’amour (v. 6) ; et leur fermeté réjouissait l’apôtre. « Réjouissez-vous toujours. Priez sans cesse » (ch. 5. 16).

Paul pouvait exhorter ces nouveaux convertis, car il vivait lui-même ce qu’il leur prêchait. Il rend grâces à Dieu ; il se réjouit et il prie « nuit et jour » (v. 10). Cet amour de l’apôtre est à l’image de celui du Seigneur, et est un exemple pour nous. « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre » (Jean 13. 34).

Cette mesure divine de l’expression de l’amour, Paul la réalisait dans sa vie, et elle est à notre portée à nous aussi.

Paul pouvait ajouter : « Ne vous inquiétez de rien » (Phil. 4. 6) : c’est cela, la foi. Nous sommes exhortés à « combattre le bon combat » et à « garder la foi » (1 Tim. 1. 18). Mais aussi « avant toutes choses, à faire des supplications, des prières, des actions de grâces pour tous les hommes » (1 Tim. 2. 1) ; et « que tous les hommes prient en tout lieu, élevant des mains saintes, sans colère et sans raisonnement » (1 Tim. 2. 8) ; ce que l’on retrouve au v. 12 de notre chapitre : « envers tous ».

Le Seigneur nous dit d’aimer même nos ennemis (Mat. 5. 43 à 48). Le Seigneur seul peut nous donner la force de porter ces caractères (Jean 3. 16). « Faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10).

Paul, dépendant de Dieu dans ses circonstances, priait « très instamment » afin de revoir les Thessaloniciens pour compléter leur foi, (leur connaissance de la Parole) (v. 10). Il avait la même attitude pour Timothée (2 Tim. 1. 3).

Bien qu’ils s’aimaient déjà les uns les autres, Paul exhorte les Thessaloniciens à « abonder et à surabonder en amour les uns envers les autres et envers tous » (v. 12). Cette exhortation est aussi pour nous.

Il semble que ce qui manquait principalement à « leur foi », c’était la question du retour du Seigneur, car il en parle dans tous les chapitres, et il développe les caractères de cet événement encore futur, au ch. 4. 13 à 18. La note du ch. 3. 2, assimile « encourager » à : exhorter, consoler. Jude aussi, nous exhorte à nous « édifier nous-mêmes sur notre très sainte foi » (v. 20).

La « sollicitude » de Paul pour « toutes les assemblées » (2 Cor. 11. 28), se manifestait par des soins adaptés aux besoins de chacune, et non par des critiques stériles. C’est un exemple solennel pour nous. Prions, nous aussi, pour toutes les assemblées où surgissent des difficultés.

Comme le Seigneur aime Son Assemblée, aimons-la d’un amour ardent. C’est « l’amour de Dieu qui est versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5) qui doit présider à toutes nos relations entre nous (1 Jean 3. 14 à 16 ; 4. 7 ; v. 20 et 21).

Paul s’effaçait devant Christ : « Pour moi, vivre, c’est Christ ». « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Phil. 1. 21 ; Gal. 2. 20). C’est la mesure que Dieu, qui est amour et lumière, place devant nous. Paul met l’accent sur « le travail d’amour » des Thessaloniciens, des bonnes nouvelles de leur amour, et leur commande de surabonder en amour, mais aussi, en sainteté (v. 13). Que Dieu nous donne la force de porter ces caractères divins. Notre position de sainteté doit se vivre pratiquement (ch. 4. 3). Maintenant, notre vie « est cachée avec le Christ en Dieu ». Mais quand Il sera manifesté aux yeux du monde, nous serons manifestés avec Lui (Col. 3. 3 ; 2 Thess. 1. 10).

Il s’agit, là, de l’apparition glorieuse du Seigneur avec tous Ses saints, comme dans notre chapitre v. 13 ; et Tite 2. 12 et 13. Sa venue en gloire nous rappelle notre responsabilité, en amour et en sainteté.

Au v. 11, Paul met l’accent sur l’unité des Personnes divines : il prie « notre Dieu et Père (premier sujet) et le Seigneur Jésus (second sujet) pour qu’il nous fraye (verbe au singulier) le chemin.

Ch. 4

Le ch. 4 se divise en deux parties : la première, du v. 1 au v. 12, nous parle de notre marche chrétienne, selon Dieu.

La seconde, du v. 13 au v. 18, nous entretient de la première phase de la seconde venue du Seigneur, pour enlever à Lui Son Église.

La première partie, elle-même (notre marche), se divise en trois cercles relatifs à notre témoignage : 1) quant à Dieu (v. 1 à 8) ; 2) quant à nos frères (v. 9 et 10) ; 3) quant au monde (v. 11 et 12).

Paul leur avait déjà donné des instructions à ce sujet (v. 2). Et ils marchaient de telle manière qu’ils plaisaient ainsi au Dieu saint. Mais l’apôtre les exhorte à y abonder « de plus en plus » (v. 1 et 2).

En Genèse 5. 21 à 24, Hénoc avait marché « trois cents ans avec Dieu », et avait été enlevé sans passer par la mort, parce qu’il avait reçu le témoignage « d’avoir plu à Dieu » (Héb. 11. 5).

La foi des Thessaloniciens n’avait pas fléchi, et leur amour ne s’était pas refroidi. Paul les exhorte, malgré tout, à surabonder en amour, comme lui-même envers eux (ch. 3. 12) : il était un modèle qu’il fallait suivre. « Au reste donc, frères… comme vous avez reçu de nous de quelle manière il faut que vous marchiez et plaisiez à Dieu » (v. 1).

Serviteur fidèle de Dieu et rempli de zèle en amour (ch. 2. 10 à 12), Paul était plus convaincant (Phil. 4. 9) qu’un chrétien infidèle. Il était un imitateur de Christ, et on pouvait l’imiter (1 Cor. 11. 33). Et, à travers ces croyants d’autrefois, nous sommes appelés à nous réveiller, pour « plaire à Dieu ».

Ailleurs, nous sommes exhortés à « marcher d’une manière digne de Dieu », « du Seigneur », « de l’évangile ». La mesure est très haute, et répond à la sainteté de Dieu, et Il ne la rabaissera pas. Ces exhortations revêtent l’autorité du Seigneur, et nous font obligation d’y répondre : « nous vous exhortons par le Seigneur Jésus… de quelle manière il faut que vous marchiez et plaisiez à Dieu (v. 1).

Resté peu de temps à Thessalonique, Paul leur rappelle ce qu’il leur avait dit, et qu’ils avaient pleinement reçu. Mais il leur montre qu’il n’était, lui, qu’un canal entre les mains de Dieu. Prenons garde que les commandements du Seigneur ne remplissent pas que notre tête, ne produisant aucun effet.

Avant de donner la doctrine sur la venue du Seigneur, l’apôtre insiste sur la manière dont nous devons marcher, en sainteté et en amour. Le Seigneur, notre modèle « n’a point cherché à plaire à Lui-même » (Rom. 15. 3), mais à Dieu : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8. 29). « Christ nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21).

Nous avons été « régénérés » afin que nous soyons « intelligents » quant à Dieu (Éph. 5. 17), et que nous comprenions que « c’est ici la volonté de Dieu, votre sainteté » (v. 3). Notre corps, notre esprit, notre âme appartiennent à Dieu seul, et le Saint Esprit est venu habiter en nous. Une marche selon la chair attriste le Saint Esprit.

Les apôtres avaient écrit aux croyants des nations : « Il a semblé bon au Saint Esprit et à nous… qu’on s’abstienne des choses sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication » (Act. 15. 28 et 29). Le monde païen avait des mœurs dissolues : la fornication ainsi que l’adultère se pratiquaient sans vergogne : les Thessaloniciens sortaient du paganisme, et avaient besoin d’être fortifiés.

Le Seigneur nous a avertis : « Aux jours de Noé… on se mariait ». Mais, « aux jours de Lot », on ne se mariait plus ; mais les débordements sexuels se pratiquaient au grand jour ! Et notre monde actuel lui ressemble de plus en plus, et sera jugé à son heure. La fornication et l’adultère sont condamnés en tout temps (v. 3 à 6). « Quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps ». « Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? » – « que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous ? » (1 Cor. 6. 13 à 20). Nous ne sommes plus à nous-mêmes. La fornication est un fruit de la chair (Gal. 5. 19).

Notre marche doit être sainte, car Dieu est saint (1 Pier. 1. 14 à 16). Veillons sur nos pensées, car ce sont elles qui nous poussent au péché (Phil. 4. 8). « Affranchis du péché », livrons-nous tout entiers à Dieu (Rom. 6. 14 à 19). Seule, la puissance de Dieu peut nous donner la force d’avoir de saines pensées, et de marcher « dans la sainteté ». Mépriser ces exhortations, c’est mépriser Dieu (v. 8).

Les Thessaloniciens étaient enseignés de Dieu à s’aimer les uns les autres (v. 9 et 10), et ils manifestaient cet amour qui vient de Dieu – amour « qui est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5). Dieu Lui-même se sert de chacun de nous pour manifester Son amour de façon pratique, envers tous ses rachetés, car maintenant, enfants de Dieu, nous avons reçu Sa propre nature ; et : « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 ; 16). Les croyants de Thessalonique le réalisaient pratiquement (v. 10). C’était un beau témoignage que l’apôtre rendait à ces enfants de Dieu !

Que le Seigneur nous accorde un tel empressement à nous aimer les uns les autres, laissant Dieu aimer nos frères, à travers chacun de nous. Cet amour ne nous est pas naturel, car, de nous-mêmes, nous étions « haïssables et nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3). Ce qu’il y avait en nous, c’était : « Venez, tuons-le, et possédons son héritage » (Mat. 21. 38). Mais, maintenant : « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères » – mais de façon pratique (1 Jean 3. 14 et 18).

Cependant, si les Thessaloniciens s’étaient « tournés des idoles vers Dieu », ils s’aimaient entre eux ; mais l’apôtre les exhorte à « y abonder de plus en plus ». Nous ne parviendrons jamais à la perfection pratique, ici-bas ; nous aurons toujours des progrès à faire. L’amour que nous manifestons reste souvent très faible, entaché d’égoïsme.

Mais le Seigneur nous dit : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous vous aimiez l’un l’autre. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 34 et 35). Notre amour pour les frères doit porter le caractère de celui du Seigneur : « comme je vous ai aimés » ; et Lui, Il est allé jusqu’à la mort pour nous ! Il y va du témoignage convaincant que nous sommes Ses « disciples ».

Les caractères de l’amour chrétien sont décrits en 1 Corinthiens 13. 4 à 8 : « L’amour ne périt jamais », car il est un caractère de Dieu, et Dieu est éternel. L’amour peut aller, selon les circonstances, jusqu’à « donner nos vies pour nos frères » (1 Jean 3. 16 ; 1 Thess. 2. 8 ; Héb. 10. 32 à 34).

« Que l’amour fraternel demeure » (Héb. 13. 1). L’amour est le couronnement de l’enchaînement des vertus chrétiennes (2 Pier. 1. 5 à 7). Mais il doit se manifester de façon plus divine envers « ceux qui travaillent parmi vous, sont à la tête dans le Seigneur, et vous avertissent, et de les estimer très haut en amour à cause de leur œuvre » (1 Thess. 5. 12 et 13).

Élargissons-nous, dans nos cœurs, afin d’aimer tous nos frères dans la foi, comme le faisaient les Thessaloniciens (v. 10). « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière » (1 Jean 2. 10). L’amour fraternel s’exerce dans la lumière.

Jean, dans sa deuxième et troisième épître, déclare : « que j’aime dans la vérité ». Cet amour est lié à la grâce et à la miséricorde divine, pour nous rendre « intelligents » et nous donner le discernement spirituel (Phil. 1. 9 et 10).

A Thessalonique, certains frères, dans l’attente du retour du Seigneur, pensaient qu’il n’était plus nécessaire de travailler : cela créait du désordre (2 Thess. 3. 11). C’est pourquoi l’apôtre les exhorte à « faire leurs propres affaires, à travailler de leurs propres mains » (v. 11) et ainsi : « à manger leur propre pain », sans se mêler des affaires des autres (2 Thess. 3. 11 et 12). « Pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes » (Rom. 12. 18 ; Héb. 12. 14) ; et cela afin d’avoir de quoi donner à ceux qui sont dans le besoin (Éph. 4. 28 ; 1 Tim. 6. 17 et 18). Le témoignage pratique doit appuyer le témoignage oral (v. 12).

Paul était un exemple à ce sujet. « Vous appliquant à vivre paisiblement » (v. 11), veut dire : vous fixant pour ambition de… Le monde tourmenté dans lequel nous vivons ne facilite pas une vie paisible ; le Seigneur seul nous « donne et nous laisse la paix » (Jean 14. 27).

Le travail, pour nous, est un fruit de l’amour pour les frères (v. 11), et un témoignage « envers ceux de dehors » (v. 12). Refuser le travail, pour un croyant, c’est se déshonorer, et le déshonneur rejaillit sur le Seigneur.

Comme les Thessaloniciens, nous devons aimer tous les frères (v. 9 et 10), même ceux avec lesquels nous ne pouvons pas marcher, en l’absence de communion.

Le principe de la résurrection était déjà dévoilé par le Seigneur Lui-même (Jean 5. 25 à 28 ; et Jean 14. 2 et 3).

Et les Thessaloniciens avaient été enseignés sur ce sujet par l’apôtre Paul. Mais ils ignoraient encore les modalités de cet événement, qui se déroulera en deux temps, et pour deux catégories de personnes : les croyants de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament, ressusciteront en premier lieu, pour être toujours avec Christ. Puis, mille ans plus tard, le Fils de Dieu « qui a la vie en lui-même » et qui a l’autorité pour cela, jugera et condamnera les incrédules de tous les temps. « Tout œil le verra » (Apoc. 1. 7).

Les Thessaloniciens, victimes des persécutions, étaient en souci pour ceux des leurs qui étaient morts : ils craignaient que ceux-là n’aient pas de part à la résurrection, lorsque le Seigneur viendrait pour enlever les Siens. Peut-être pensaient-ils que ces derniers ressusciteraient « au dernier jour » (Jean 11. 24). C’est pourquoi l’apôtre donne cet enseignement (1 Thess. 4. 15 à 18).

Le v. 14, rappelle Sa venue « en gloire » avec tous les Siens (2 Thess. 1. 10), pour établir Son royaume, après les jugements sur le monde (ch. 5).

Ces versets sont une profonde consolation pour les croyants dans le deuil, et entretiennent notre espérance de la venue du Seigneur, en grâce d’abord, pour les croyants de tous les temps ; puis en gloire, dans leur compagnie.

Le Seigneur distingue toujours entre « les siens et « les autres » (v. 13 ; ch. 5. 6). Pour Lui et pour nous, il y a un « dedans » et un « dehors ». « Ceux qui dorment » et ceux « qui se sont endormis par Jésus » (v. 13), sont tous les croyants qui sont morts dans la foi, quel que soit le degré de révélation qu’ils avaient. Tant qu’un homme vit, il peut se convertir ; mais s’il meurt dans l’incrédulité, il est éternellement perdu.

Quand le Seigneur prendra les Siens avec Lui, tout sera définitivement réglé. Et, l’ignorance de ces vérités peut être volontaire (2 Pier. 3. 5), par négligence ou indifférence. Même des croyants peuvent être « devenus paresseux à écouter » (Héb. 5. 11), et ne retenir que les « premiers rudiments » de la foi. C’est une grâce que Dieu nous ait révélé de si glorieuses vérités !

L’espérance de notre résurrection repose sur le sûr fondement de la résurrection du Seigneur Lui-même (v. 14) : « Car si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité » signifie : parce que nous croyons. Comme Christ est mort, nous le sommes aussi avec Lui ; et comme Il est ressuscité, nous le serons aussi. Par la foi en Lui, Il nous a déjà donné (comme en germe), Sa propre vie de résurrection. Mais nous sommes encore au temps de l’espérance de la réalisation de ce grand événement.

L’amour du Seigneur pour Ses rachetés est tel qu’Il viendra les chercher « Lui-même » (v. 16).

Le monde, lui, ne verra rien, sinon qu’il comptera les disparitions inexplicables. Mais nous, nous entendrons son « cri de commandement avec une voix d’archange, et avec la trompette de Dieu » (v. 16). C’est la trompette du « grand rassemblement » et du « départ » pour le ciel, des croyants de tous les temps, de l’Ancien et du Nouveau Testament (Nomb. 10. 1 à 6 ; 1 Cor. 15. 51).

Dans une partie de la chrétienté, on mêle les deux venues du Seigneur : la première pour enlever les Siens (vivants et ou endormis), ainsi que ceux qui, par la suite, persécutés pour leur foi, durant la « grande tribulation » seront mis à mort. Puis, Son apparition « avec les nuées », mille ans plus tard, pour le jugement des incrédules, devant « le grand trône blanc » (Apoc. 20. 11 à 15). Les croyants endormis, ne sont pas encore « dans la maison du Père » (Jean 14. 2), mais « dans le paradis » (Luc 23. 42 et 43). Quant au Seigneur, il n’est jamais dit qu’Il s’est « endormi », mais qu’Il est mort, ayant porté nos péchés. Les v. 15 à 18 nous parlent du Seigneur et non du Sauveur : c’est Lui qui a autorité sur ces choses.

Dans notre chapitre, tout est douceur et grâce pour nous, Ses rachetés : c’est Lui-même qui vient nous prendre pour nous introduire dans Sa gloire.

Par cette expression : « Nous, les vivants, qui demeurons jusqu’à la venue du Seigneur » (v. 15), l’apôtre invite les chrétiens de tous les temps à attendre le retour du Seigneur de leur vivant : « nous ne nous endormirons pas tous ». Cet enlèvement des croyants par le Seigneur, est un « mystère » (1 Cor. 15. 51).

Le point important de ce verset, c’est que nous serons « tous changés : en un instant, en un clin d’œil ». Ceux qui sont morts dans la foi, ressusciteront premièrement, et ceux qui seront encore vivants à la venue du Seigneur ne les devanceront aucunement, mais seront changés : car « les corps mortels et corruptibles revêtiront l’immortalité et l’incorruptibilité » (1 Cor. 15. 52 et 53). Devant la révélation de cette vérité bénie, l’apôtre éclate en louanges : « La mort a été engloutie en victoire… Où est ô mort, ta victoire ? » (1 Cor. 15. 54 et 55).

Ceux qui se sont endormis en Christ goûtent déjà la présence du Seigneur, dans le paradis – même si ce n’est pas encore « la maison du Père ». La résurrection réunira l’âme au corps, devenu « spirituel » (1 Cor. 15. 44). « Ainsi, nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 17).

L’âme, immortelle, ne peut être détruite : le sort éternel de chacun est définitivement scellé, à l’instant de la mort, ou à la venue du Seigneur. Il est donc inutile de prier pour les morts.

Les croyants morts ressusciteront donc, suivant ainsi le même chemin qu’a suivi le Seigneur, qui est passé par la mort avant de ressusciter. « Dans l’Adam, tous meurent… dans le Christ tous seront rendus vivants » (1 Cor. 15. 22). La première résurrection doit se dérouler en trois étapes : premièrement, « Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue » (v. 23). Mais ces derniers concernent les croyants de l’Ancien Testament en même temps que ceux de l’Église ; puis, les martyrs de la période pré-milléniale. Les croyants de l’ancienne alliance ne font pas partie de l’Épouse de Christ, mais sont « les amis de l’Époux » qui se réjouissent en sa présence (Jean 3. 29).

La seconde résurrection ne concerne que les incrédules qui paraîtront devant le grand trône blanc, pour le jugement.

Le Seigneur reviendra en personne pour chercher ceux qui sont les fruits de Ses souffrances à la croix ; et cela concerne tous ceux qui, dans l’ancienne ou dans la nouvelle alliance, sont morts dans la foi. Il y aura, pour eux, des récompenses célestes, des couronnes, après qu’ils auront comparu, en grâce, devant le tribunal de Christ.

Mais pour les incrédules… le jugement (Mat. 25. 41 à 46) !

Chronologiquement, les versets 15 à 18 se dérouleront avant le v. 14 : l’enlèvement de l’Église (v. 15 à 18), se réalisant avant l’apparition en gloire du Seigneur, avec tous les saints, ce qu’évoque le v. 14.

« La trompette de Dieu » (v. 16), n’a rien à voir avec les « sept trompettes » de l’Apocalypse qui déclencheront une succession de jugements sur la terre. Ici, cette trompette évoque le départ des troupes de l’armée romaine ; mais elle évoque aussi la trompette qui sonnait pour le départ des camps d’Israël, dans le désert (Nomb. 10).

Au tombeau de Lazare, le Seigneur a pleuré de compassion ; mais il a crié : « Lazare, sors dehors » (Jean 11. 43). S’Il ne l’avait pas appelé par son nom, tous les morts auraient repris vie. Le v. 16, parle aussi de la « voix de l’archange » : seul l’archange Michel nous est connu.

Ces paroles sont une consolation pour les croyants en deuil.

Apocalypse 4. 1 nous rapporte un commandement : « Monte ici ». Jean, en esprit, a vu ce qui se passera dans le ciel, à la venue du Seigneur. Ce commandement émane de la même voix du ch. 1. 10 à 13 : C’est la voix du Fils de l’homme, le Seigneur.

Peut-être est-ce ce même commandement que nous entendrons ! Comme le Seigneur a été élevé sur une nuée, notre rencontre avec Lui se fera « en l’air » (1 Thess. 4. 17), et le monde ne Le verra que lorsqu’Il viendra pour régner.

Nous serons transformés pour être comme Lui (Phil. 3. 20 et 21 ; 1 Jean 3. 2). Alors, rassasiés de joie dans la contemplation de Sa face (Ps. 16. 11), nous ne serons « que joyeux » (Deut. 16. 15), délivrés de toutes nos souffrances, physiques et morales.

« Consolez-vous (exhortez-vous) donc l’un l’autre par ces paroles » (1 Thess. 4. 18).

Ch. 5

A partir du v. 4 du ch. 5 commencent des exhortations, basées sur les instructions qui s’achèvent au v. 3, comme la conclusion de la parenthèse du ch. 4. 15 à 18.

Cet enseignement concerne « le jour du Seigneur » dont la Parole parle plus d’une centaine de fois.

Les disciples interrogèrent le Seigneur, déjà en Actes 1. 6 et 7, sur ce « temps » où Il rétablira le royaume pour Israël. Pour le monde incrédule, ce jour viendra « comme un voleur » (1 Thess. 5. 2 ; 2 Pier. 3. 10), car les incrédules ne l’attendent pas : ce jour, pour eux, surviendra de façon inopinée. Ce jour, de gloire pour le Seigneur, mais de jugement pour le monde, est évoqué comme « le jour de l’Éternel » (Joël 2. 1) ; comme « le jour de Dieu » (2 Pier. 3. 11) ; et comme « le jour de Christ » (Phil. 2. 16). Ce « jour » représente une longue période qui s’étendra de l’enlèvement de l’Église jusqu’après le royaume millénial de Christ, aux « temps éternels ».

Les hommes incrédules quant à Dieu, cherchent de façon effrénée à établir « la paix et la sûreté » sur la terre, par leurs arrangements. Et, au moment où ils croiront parvenir à leurs fins, après l’enlèvement des saints, « une subite destruction viendra sur eux… et ils n’échapperont pas » (v. 3). Dans leur inconscience des jugements suspendus sur eux, les hommes diront, comme du temps de Malachie : « Où est le Dieu de jugement ? » (Mal. 2. 17) appelant, à leur insu, ce terrible « jour » qui sera insupportable pour eux (ch. 3. 2 ; És. 34. 2 ; Mat. 24. 43).

Après l’enlèvement de l’Église, il y aura une période de prospérité pour ceux qui se mettront à la suite de « la bête ». Mais les croyants de cette époque-là, refusant de s’y soumettre, ne pourront ni acheter ni vendre (Apoc. 13. 16 et 17). Dans ce dénuement complet qui sera leur part, quiconque leur donnera une simple « coupe d’eau froide » par compassion, ne perdra point sa récompense (Mat. 10. 42).

Mais l’apôtre s’adresse à des « frères » (v. 1 et 4) ; c’est-à-dire à des croyants qui ont cette part bénie d’être informés de ce que Dieu va faire, et d’entrer dans l’intimité des plans divins.

Ces jugements annoncés ne nous concernent pas autrement que parce qu’ils seront liés à l’apparition en gloire du Seigneur, aux yeux du monde qui Le rejette et Le méprise, comme lorsqu’Il était sur la terre : on L’a frappé et injurié ; on a craché sur Lui et on L’a couronné d’épines, puis crucifié !

Mais Il apparaîtra, aux yeux du monde, dans tout l’éclat de Sa gloire et de Sa puissance, et nous Lui serons associés, apparaissant en gloire avec Lui. Cela doit nous inciter à dire : « Viens, Seigneur Jésus ! ».

En Apocalypse 3. 3, Sardes est invitée à « veiller », car le Seigneur dit : « Je viendrai sur toi comme un voleur » ; comme pour le monde. Cette exhortation s’adresse à l’assemblée de Sardes, ayant « le nom de vivre » mais qui, en réalité, est morte (v. 1). Cependant, le Seigneur appelle ceux qui, dans cette assemblée, ont vraiment la vie (v. 4), et qui seront avec le Seigneur lorsqu’Il viendra.

On a souvent pensé que l’Église sera enlevée, in extrémis, avant la grande tribulation. Que le Seigneur nous accorde de L’attendre vraiment, chaque jour ! Nous avons cette promesse de Sa grâce : « Je te garderai de l’heure de l’épreuve » (Apoc. 3. 10). « Ne dormons pas comme les autres » (1 Thess. 5. 6). « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14). Ces jugements annoncés font partie de la gloire du Seigneur.

Le contraste est clairement établi entre les ténèbres et la lumière : « Veillons et soyons sobres » (v. 6). La sobriété consiste à ne pas se laisser aller aux fausses joies de ce monde, même si nous ne sommes pas « destinés à la colère » (v. 9). Étant dans le monde, nous sommes en danger d’imiter les agissements de ce monde voué au jugement.

Le Seigneur nous a communiqué Sa ressemblance spirituelle et morale : Lui-même est « lumière » ; et Il nous dit : « Vous êtes lumière dans le Seigneur » ; avec cette conséquence : « Marchez comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 7 et 8).

« Le jour du Seigneur » (v. 2), correspond au « jour de l’Éternel », dans l’Ancien Testament « Le jour de Dieu » désigne l’état éternel. « Le jour de Christ », parle de la venue en grâce du Seigneur, et de Son apparition en gloire.

« Ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit » (v. 7). Ce verset doit être pris littéralement, mais aussi moralement. Le monde offre beaucoup d’occasions d’exciter la chair qui s’enivre , alors, de fausses joies.

Les descendants de Caïn, déjà, ont voulu « arranger » leur vie de façon agréable (Gen. 4. 21), en bâtissant des villes, dans l’éloignement de Dieu, et en introduisant des activités pour leur propre plaisir, afin de rendre le monde plus attrayant.

Notre position de croyants doit refléter d’autres caractères que ceux du monde : lumière morale – la veille, au lieu du sommeil spirituel – et la sobriété morale (Tite 2. 12).

« La nuit » dont il est question au v. 7, caractérise la manière ténébreuse dont marche le monde, ne connaissant pas Celui qui a dit : « Moi, je suis la lumière du monde » (Jean 8. 12).

Nous sommes « tous des fils de la lumière » (v. 5) ; appelés à manifester la lumière dont le Seigneur nous a remplis, en mettant Sa propre vie de résurrection en nous. « Celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » : on ne peut avoir la vie sans avoir la lumière, morale et spirituelle, qui s’y rattache. Laissons le Seigneur manifester Sa lumière en nous et à travers nous.

« Ceux qui usent du monde comme n’en usant pas à leur gré » (1 Cor. 7. 31). Ce comportement des croyants, n’est ni facile, ni sans dangers de la part du monde qui les entoure, car c’est volontairement, qu’ils pratiquent cette séparation morale, conscients d’être des « forains et des étrangers ». Sans doute, Dieu ne nous interdit pas d’user des « progrès techniques » mis à notre disposition, par exemple pour Le servir, ; mais quel usage en faisons-nous ?

Nous devons « revêtir l’armure complète de Dieu » (Éph. 6. 13 à 18), dont quelques éléments sont rappelés en Thessaloniciens ch. 5. 8 et És. 59. 16 et 17 : « la cuirasse de la foi » nous protège des « dards enflammés du méchant ».

David combattit Goliath avec les seules armes de sa foi en Dieu. La cuirasse dont Saül l’avait d’abord revêtu, l’empêchait de marcher (1 Sam. 17. 38 et 39).

Le « casque du salut », protégeant nos pensées, nous maintient dans l’espérance de l’acquisition complète du salut. Le salut initial (acquis par la foi en Christ), nous est assuré. Chaque jour, nous avons besoin de délivrances pratiques : « travaillez à votre propre salut » (Phil. 2. 12).

Enfin, lorsque le Seigneur viendra nous enlever au ciel, nous obtiendrons le salut de notre corps, car ce corps aura été « le temple du Saint Esprit » (1 Cor. 6. 19). Du croyant, tout sera arraché à la mort ! (2 Thess. 2. 13 et 14). Nos affections et nos pensées doivent être soumises à l’approbation du Seigneur (Jean 14. 23). « Pensez aux choses qui sont en haut » (Col. 3. 2) ; on peut relier cela à 1 Corinthiens 13. 13 : « ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ».

Les ressources humaines ne nous sont d’aucune utilité dans les combats de la foi. C’est la seule puissance de Dieu qui nous donne la victoire sur l’ennemi ! Le salut complet nous est acquis par le Seigneur, « soit que nous veillions soit que nous dormions » (du sommeil de la mort) (1 Thess. 5. 10 ; Phil. 1. 20), si nous sommes « endormis par Jésus » (ch. 4. 14).

« Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut » (v. 9), car Sa colère est tombée sur le Seigneur, notre substitut.

Si un croyant marche mal, Dieu le discipline pour le ramener à Lui, avec amour. Mais Dieu réserve Sa colère contre le monde incrédule ; Dieu est patient, mais Sa patience prendra fin devant l’obstination des incrédules de refuser le salut qu’Il offre gratuitement à tous les hommes (2 Thess. 2. 11).

Apoc. 16. 9 et 11 nous montre que, dans les jugements les plus terribles, les réactions des hommes se traduiront par le blasphème contre Dieu !

Quant aux croyants, même ceux qui sont « délogés », ils auront part à la gloire avec le Seigneur.

Nous avons à nous « édifier » et à nous « consoler l’un l’autre » (ch. 4. 18 ; 5. 11), sur la base du retour du Seigneur dont parlent tous ces chapitres. Disposons nos cœurs à recevoir la parole d’exhortation (Héb. 13. 22).

Les versets 12 à 22 sont des exhortations : v. 12 et 13, en rapport avec ceux qui « travaillent » dans l’Assemblée ; v. 14 et 15, concernant les relations fraternelles ; v. 16 à 18, pour notre conduite personnelle ; v. 19 à 22, notre comportement par rapport au Saint Esprit et au mal.

Le verset 12 nous enjoint d’observer un comportement d’amour envers « ceux qui travaillent » parmi nous : « de les estimer très haut en amour » (v. 13).

Cette expression s’oppose au comportement de Diotrèphe qui, dans l’assemblée, s’opposait et chassait ceux qui le gênaient, car il aimait « à être le premier » (3 Jean 9).

Ces frères qui travaillaient se reconnaissaient à deux autres caractères : Ils étaient « à la tête », car l’Assemblée a besoin de direction, le Saint Esprit édifiant des frères pour cela. Enfin, ces frères avertissaient les autres.

Œuvrant dans l’Assemblée, ils devaient être reconnus de tous, mais devaient agir avec douceur et humilité (Gal. 6. 1), et être les serviteurs de leurs frères. Car, « qu’as-tu, que tu n’aies reçu ? Et si aussi tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu ? » (1 Cor. 4. 7).

Eux-mêmes devaient faire des « sentiers droits à leurs pieds » (Héb. 12. 12 et 13). Considérons nos propres faux-pas, comme Sem et Japhet, marchant à reculons.

Peut-être, à Thessalonique, ceux qui s’étaient habitués à ne pas travailler, supportaient-ils mal ces frères qui étaient à la tête. Mais, à travers ces ouvriers, dans les assemblées, c’est le Seigneur qui nous conduit et nous parle. « Vous qui êtes spirituels » : ce verset de Galates 6. 1, parle à nos consciences : sommes-nous dans l’état convenable pour « avertir » nos frères ? Ce qui convient à chacun, mais plus encore à ceux qui conduisent, c’est une profonde humilité.

Le Seigneur, Lui, était « débonnaire et humble de cœur » ; et, avant de laver les pieds des disciples, Il s’est dépouillé de Ses vêtements et s’est ceint du linge du serviteur. Nous devons devenir très humbles avant de pouvoir « laver les pieds » des autres.

Si le Seigneur place des frères « à la tête », nous devons les reconnaître et leur être soumis, afin qu’ils agissent « avec joie » (Héb. 13. 17). « Car ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur recommande » (2 Cor. 10. 18). Honorons les « anciens d’un double honneur » (1 Tim. 5. 17). Peut-être que, appréciant bien l’apôtre et Timothée, les Thessaloniciens méprisaient ceux qui conduisaient parmi eux. D’où les exhortations de Paul.

Les désordres, dans nos assemblées, viennent de notre méconnaissance de nos conducteurs, et de ce que nous ne les avons pas écoutés. Même si, autrefois, l’Assemblée a connu des frères richement doués, ces exhortations demeurent pour nous qui sommes au temps « des petites choses ».

« Celui qui exhorte… celui qui distribue… celui qui est à la tête… celui qui exerce la miséricorde… » ont toujours leur utilité dans les rassemblements. « Nous vous prions, frères, de connaître ceux qui travaillent parmi vous » (v. 12). L’apôtre parle de plusieurs, afin que nous soyons tous encouragés.

En Juges 8. 4 à 7, Gédéon n’est pas « reconnu » comme conducteur du peuple, par les hommes de Succoth ; et il réagit dans un esprit de vengeance.

Si ces v. 12 et 13 ne sont pas mis en pratique, c’est souvent que les frères qui sont à la tête ne sont ni doux ni humbles, et provoquent jalousie et rancœur.

1 Timothée 5. 1 et 2, montre la bonne attitude à avoir envers ces frères.

L’apôtre avait envoyé Épaphrodite aux Philippiens afin qu’ils en aient de « la joie » (ch. 2. 25 à 30). Accueillons avec une vraie joie de cœur les frères qui nous visitent. Si un frère est appelé par le Seigneur, il doit s’avancer dans son service. Mais il ne faut pas que les autres se reposent sur lui, et n’agissent plus.

Appliquons ces choses dans les rassemblements, pour goûter la paix (Act. 9. 31 ; Rom. 12. 18). Soyons humbles et soumis à la Parole, afin de ne pas mettre en avant les faiblesses de nos frères. Le v. 14 trace la voie à différents frères – mais : « usez de patience envers tous » s’adresse à chacun.

« Les déréglés » sont ceux qui n’obéissent pas à la Parole, et ils doivent être avertis.

Chacun peut être découragé. :Élie le fut, devant les menaces de Jézabel, après avoir triomphé de quatre cent cinquante sacrificateurs de Baal. « Paul prit courage en voyant les frères » venir à sa rencontre (Act. 28. 15). Et il demande les prières des Thessaloniciens au ch. 5. 25.

Le v. 15 nous met en garde contre notre nature, qui est encline à rendre « mal pour mal », ce qui déshonore Dieu et n’apporte pas la paix.

Laissons le nouvel homme développer les caractères du Seigneur « qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage » (1 Pier. 2. 22 et 23 ; Lév. 19. 18 ; Prov. 20. 22). Paul et Silas, persécutés à cause de leur fidélité, ne cherchèrent pas à se venger (Act. 17. 10 et 11).

Ici, l’apôtre leur rappelle qu’ils étaient devenus ses « imitateurs » (ch. 1. 6). L’exhortation est aussi pour nous.

Dieu arrêta David sur le chemin de la vengeance contre le méchant Nabal, par la sagesse d’Abigaïl (1 Sam. 25. 26, 32, 33 et 35). Et cela a tourné en bien pour David, devenu roi (v. 30 et 31).

Ayons, nous aussi, cette attitude de paix, témoignage dans l’Assemblée et pour le monde (Mat. 5. 39 et 40 ; Rom. 12. 17). « Laissez agir la colère » (Rom. 12. 19), veut dire que c’est le Seigneur qui prend notre cause en main ; car Il ne reste jamais indifférent à ce que l’on fait aux Siens (2 Tim. 4. 14).

Devant le grand trône blanc d’Apocalypse 20. 12, les incrédules seront jugés selon leurs œuvres.

« Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (Phil. 4. 5). Soyons de ceux « qui procurent la paix », et « qui seront appelés fils de Dieu » (Mat. 5. 9).

« Cherchez les choses qui sont en haut » (Col. 3. 1 et 2), en ayant jugé la chair (v. 5 à 9). Puis, revêtir les caractères du Seigneur : « miséricorde, bonté, humilité, douceur, longanimité, support et pardon » – et cela, dans « l’amour qui est le lien de la perfection » (v. 12 à 14).

Phil. 4. 8 et 9 montre ce qui doit occuper nos pensées. Enfin, 1 Thessaloniciens 5. 15 nous dit : « poursuivez ce qui est bon », car ce qui plaît à Dieu tend à nous échapper. « Poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit » (1 Tim. 6. 11) ; ces vertus doivent se poursuivre avec « ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2. 22), et conditionnent une vie de communion avec le Seigneur, conduisant à la paix qu’Il nous laisse, et à la joie qu’Il nous donne, Sa propre joie (Jean 14. 27 ; 15. 11).

La joie du Seigneur peut se goûter même dans les circonstances difficiles : « Réjouissez-vous toujours » (v. 16). La joie du Seigneur était inaltérable en Lui, même dans ces moments où « son âme était saisie de tristesse jusqu’à la mort » (Mat. 26. 38).

Il n’est pas dit que Dieu soit un Dieu de joie, mais « de paix » (Phil. 4. 9). La paix émane de la nature même de Dieu ; la joie est liée aux circonstances vécues avec le Seigneur. « Personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22). Que le Seigneur nous aide à nous réjouir en toutes occasions, afin que nous traversions les difficultés paisiblement : « La joie de l’Éternel est votre force » (Néh. 8. 10).

Paul savait trouver de la joie au milieu des tristesses (Phil. 2. 26 à 28) ; et il se réjouissait de la puissance du Seigneur, s’exerçant dans son infirmité (2 Cor. 12. 8 à 10). S’il souffrait (Act. 9. 16), il goûtait pleinement la joie du Seigneur ; et il l’exprime dans son isolement (2 Tim. 4. 16). Toute la bonté que Dieu nous manifeste doit se traduire en joie et reconnaissance, dans nos cœurs. Appuyons-nous sur Lui, et non sur les circonstances. « Rejetant sur lui tout votre souci car il a soin de vous » (1 Pier. 5. 6 ; Héb. 12. 1).

Les v. 16, 17 et 18 de notre chapitre, sont intimement liés : c’est « la volonté de Dieu ». La prière et les actions de grâces rendent plus facile la traversée des épreuves. Le Seigneur priait beaucoup et, dans les moments les plus difficiles, « il priait plus instamment » (Luc 22. 44). Nous devons réserver, chaque jour, des moments d’intimité avec le Seigneur, pour prier et rendre grâces. Mais un esprit de prière doit aussi nous animer constamment, par de courtes prières muettes, sans interrompre nos activités (Néh. 2. 5). N’oublions pas que l’accès du sanctuaire nous est largement ouvert, jour et nuit.

« Priez sans cesse » (v. 17) « par toutes sortes de prières et de supplications… en tous temps » (Éph. 6. 18). « En toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu, par des prières des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4. 6) « en tous lieux » (1 Tim. 2. 8).

Dieu connaît parfaitement nos besoins sans que nous les Lui exprimions ; mais Il veut que nous en prenions conscience nous-mêmes, et que, étant sans force, nous nous tenions dans Sa dépendance, pour recevoir de Lui ce qui nous est nécessaire.

Le Seigneur Jésus, par Sa mort et Sa résurrection, nous a ouvert le chemin, afin que nos prières montent vers Dieu en tout temps. Lui-même, dans Sa vie d’homme parfait, a eu une vie de prière et de dépendance envers Son Dieu ; notamment lorsqu’Il choisit Ses disciples, et à Gethsémané.

Rendons toujours grâces pour tout ce que Dieu nous accorde, dans Sa bonté, Sa miséricorde, Son amour, afin de Lui exprimer notre reconnaissance. Dans toutes nos circonstances, heureuses ou non, rendons grâces, car « toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28) : c’est la volonté de Dieu « bonne et agréable et parfaite » (Rom. 12. 2). Nos vies sont faites de moments faciles et de moments difficiles. Mais, au ciel, nous verrons toute la beauté du travail divin dans nos vies ; alors, nous serons émerveillés !

Le Seigneur étant rejeté (Mat. 11. 20), Il loue son Dieu (v. 25), voyant les pensées de Son Père se réaliser. Prions pour nous-mêmes et pour tous les hommes. Dans la prière, recherchons d’abord la gloire de Dieu, avant d’exprimer nos propres besoins (Mat. 6. 9 et 10).

Au verset 19, le Saint Esprit est comparé à un feu, qui peut être éteint si on ne le laisse pas se manifester librement dans l’Assemblée.

Dans l’ancienne alliance, le Saint Esprit survenait sur un homme choisi de Dieu, et le poussait à parler de Sa part. Élihu, par exemple, est une image du Saint Esprit (Job 32. 8 et 18).

Dans le christianisme, le Saint Esprit habite dans les croyants, et Il est comparé à « un fleuve tranquille » (1 Cor. 14. 26 à 31) : Et : « les esprits des prophètes sont assujettis aux prophètes » (v. 32).

L’Esprit peut être éteint, dans l’Assemblée, s’il y a une organisation humaine qui ne Lui laisse pas la liberté d’agir – si un frère prend trop de place – si d’autres restent toujours passifs, contre la volonté de Dieu – si on méprise les prophètes qui, par l’Esprit, nous édifient, nous exhortent et nous consolent (1 Cor. 14. 3), dans le but d’édifier l’Assemblée (v. 5) – et si, dans l’assemblée locale, quelqu’un marche dans le péché , alors, l’Esprit peut être empêché d’agir.

Mépriser les prophètes, c’est mépriser le Saint Esprit, mépriser Dieu qui nous parle.

En Actes 11. 28 et 29, Agabus, un prophète, annonça une grande famine ; et les disciples d’Antioche écoutèrent et agirent en conséquence. Prenons garde à ne pas « attrister le Saint Esprit », dans notre vie personnelle, en marchant selon notre propre volonté. Nous devons laisser le Saint Esprit agir en nous, pour réaliser ce que nous chantons dans le cantique 20 : « où l’Esprit Saint est notre directeur ».

« Éprouvez toutes choses » (v. 21). Il faut être attentifs à ce qui est dit dans les réunions : nous devons nous assurer, par la Parole, que ce qui est présenté est juste, comme le faisaient les Béréens (Act. 17. 11).

Apollos, insuffisamment instruit de la vérité, a humblement accepté d’être enseigné plus exactement par Aquilas et Priscilla (Act. 18. 24 et 25). A son tour, il a été utile pour « l’avancement » des autres (v. 27).

En toutes choses, retenons ce qui est spirituellement « avantageux » pour nous : « Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune » (1 Cor. 6. 12). « Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses sont permises, mais toutes choses n’édifient pas » (1 Cor. 10. 23).

Enfants de Dieu (Jean 20. 17), veillons à porter les caractères de notre Père céleste : « Vous serez saints, car moi… je suis saint » (Lév. 19. 2). Ne nous associons pas (dans le domaine physique, moral ou intellectuel), à ce qui est incompatible avec la sainteté de Dieu : nous en serions souillés.

En tout premier lieu, veillons sur nos propres pensées (Phil. 4. 8 et 9). Que la connaissance de la Parole amène « toute pensée captive à l’obéissance du Christ » (2 Cor. 10. 5). Avec l’aide du Seigneur, chassons les mauvaises pensées qui se forment dans notre esprit, afin qu’elles ne nous souillent pas. Tout notre être doit être gardé dans la sainteté pratique (ch. 4. 7 ; 5. 23).

Notre corps même, qui est le temple du Saint Esprit, doit être gardé de toute forme de mal. « Que vous soyez sages quant au bien, et simples quant au mal » (Rom. 16. 19).

Ne cherchons pas à connaître « les profondeurs de Satan » (Apoc. 2. 24), sous prétexte de les éviter : nous nous mettrions en danger d’y tomber.

« Abstenez-vous de toute forme de mal » : du mal moral et aussi doctrinal. S’abstenir (se priver totalement) des convoitises charnelles (1 Pier. 2. 11).

Abraham et Lot étaient tous deux « étrangers », mais seul, Abraham portait ce caractère de « forain ». Lot s’était installé dans ce monde corrompu.

Paul nous parle de la sainteté des apôtres (ch. 2. 10), de la sainteté fraternelle (3. 13), de la sainteté de notre marche (4. 3) et de la sainteté journalière (5. 23). C’est la volonté de Dieu. « Sanctifie-les par la vérité » (Jean 17. 17).

Confessons soigneusement nos fautes afin de garder la communion avec Dieu, notre Père.

L’esprit (siège des pensées et de nos relations avec Dieu), l’âme (où se forment les sentiments), et le corps doivent être maintenus dans la sainteté. Les animaux mêmes ont une âme, mais sont dépourvus de l’esprit. Le Seigneur Lui-même dit : « Reçois mon esprit » (Luc 23. 46) « Mon âme est troublée » (Jean 12. 27). Et Il avait pris un corps.

Pour que nous réalisions cette sainteté pratique, l’apôtre nous place devant « la venue de notre Seigneur Jésus Christ » (v. 23). Si nous attendons vraiment la venue du Seigneur, cette pensée consolante nous sanctifiera aussi.

Cette épître ne nous place pas devant la mort : « Nous les vivants qui demeurons » (ch. 4. 17), mais devant le retour du Seigneur : soit pour enlever l’Église au ciel, soit pour établir Son royaume sur la terre. Il s’agit surtout de la vie éternelle dans laquelle « nous lui serons semblables car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2 et 3). Lui seul peut nous conserver dans la sainteté (1 Cor. 1. 7 et 8 ; Jude 24). Comment nous trouvera-t-Il à Sa venue ? Pensons à la parabole de l’esclave qui n’attend pas le retour de son maître.

« Priez pour nous » (v. 25). Si Paul priait lui-même pour les Thessaloniciens, il éprouvait aussi la nécessité que l’on prie pour lui (Éph. 6. 18 ; 2 Thess. 3. 1), afin que son ministère soit efficace (Col. 4. 2 et 3), et qu’il soit délivré des ennemis (Rom. 15. 30). Paul était, comme chacun de nous, un membre du corps de Christ et, à ce titre, il avait besoin du soutien des prières des saints. La prière de la foi est une puissance agissante qui vient de Dieu.

« Saluez tous les frères par un saint baiser » (v. 25), nous enjoint de veiller sur nos sentiments et nos pensées, vis à vis de nos frères, afin qu’il n’y ait pas d’hypocrisie entre nous : « Les baisers de celui qui hait sont fréquents » (Prov. 27. 6) ; car ce « saint baiser » doit être une vraie manifestation de l’amour fraternel.

« Je vous adjure par le Seigneur que la lettre soit lue à tous les saints frères » (v. 26 et 27). L’adjuration place ceux à qui elle est adressée dans une position solennelle devant le Seigneur (2 Tim. 4. 1). Les épîtres d’édification et d’exhortation que Paul écrivait aux saints frères, étaient si importantes pour tous, (et pour nous), qu’il fallait qu’elles soient lues d’une assemblée à l’autre (Col. 4. 16).

« Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous » (v. 28). Personnellement, en famille et en assemblée, nous avons besoin de toute la grâce de Dieu, pour mettre en pratique les enseignements de cette épître.

D’après Réunion d’étude à Bordeaux-Lac

RÉUNION SUR 1 SAMUEL 16 ET 17

C’est dans toute la Parole de Dieu que nous avons à chercher le Seigneur, comme nous le montre le passage de Luc 24 où le Seigneur lui-même « parlait à ses disciples dans le chemin et, commençant par les prophètes, leur expliquait dans toutes les écritures, les choses qui le regardent ».

Posons-nous donc la question quand nous commençons notre lecture : Seigneur, où es-Tu dans ce passage ?

Si nous y trouvons le Seigneur, nous y trouverons du même coup une bénédiction. Sinon, autant dire que nous perdons notre temps.

Sous quelle forme trouverons-nous donc le Seigneur ? Par des types et des contrastes. Ici, les contrastes sont multiples, et de taille.

Saül a été la grande déception de Samuel. Le peuple lui a demandé un roi parce qu’il avait en réalité renié Dieu. Mais Dieu, justement, a acquiescé dans cette affaire, car Il voulait démontrer, à la fois, l’incapacité de l’homme, même dans toutes les bénédictions possibles, à satisfaire au cœur de Dieu – et en même temps, la corruption du cœur de l’homme.

Samuel, chargé d’oindre ce roi, se demandait probablement quel type d’homme ce serait. Saisi, Samuel se réjouit de la prestance de Saül. Les contrastes alors se multiplient entre Saül et le roi selon le cœur de Dieu.

Saül s’occupe à chercher des ânesses, un animal impur s’il en fût. En Exode 13, il est dit que le premier-né d’une ânesse, il fallait ou le racheter ou lui briser la nuque. Comme par un parallèle humiliant pour l’homme, son premier-né devait être lui aussi racheté.

David, lui, s’occupe de brebis : il est berger. Ces brebis dont il s’occupe, il peut les offrir aussi à Dieu en sacrifice.

Ch. 16

Ce ch. 16 marque la charnière entre le roi selon le cœur du peuple et le roi selon le cœur de Dieu.

La Bible, c’est l’histoire de deux hommes : le premier et le second. Ce contraste, on le retrouve de nombreuses fois dans la Parole. En somme, il y a le laboureur et le berger dans les personnes de Caïn et d’Abel, puis, l’enfant selon la chair et selon la promesse en Ismaël et Isaac – l’homme profane, l’homme du monde, et l’objet de la grâce de Dieu, en Ésaü et Jacob.

Nous lisons en Genèse 37. 2 : « Ce sont ici les générations de Jacob : Joseph, âgé de 17 ans, paissait le menu bétail avec ses frères. » Autrement dit, les dix premiers sont complètement mis de côté et Dieu s’arrête sur Joseph.

Nous tenons du premier homme par notre naissance naturelle, et du second, par la nouvelle naissance.

Nous sommes-nous parfois demandé pourquoi Dieu en avait tant contre le premier-né en Égypte ?

– Le premier-né est selon la chair et, pour cette raison, sous le jugement et la condamnation de Dieu, rejeté, éliminé.

Saül, en fait, n’a jamais retrouvé ses ânesses ; on les a retrouvées pour lui. David, lui, au péril de sa vie, a délivré ses propres brebis de la patte de l’ours et de la gueule du lion.

Il n’est pas dit de Saül qu’il était laboureur. Mais la Parole mentionne un épisode où il revient un jour des champs avec son attelage de bœufs et où il apprend que la menace de se faire crever l’œil droit pèse sur les hommes de Jabès de Galaad. Il met alors en pièces son attelage, en envoie les morceaux à tout Israël et déclare qu’on ferait ainsi aux bœufs de ceux qui ne descendraient pas à la bataille. Ses hommes, c’est par la peur qu’il les a racolés.

David, quant à lui, a recruté aussi. Mais, c’est du milieu des parias qu’il a tiré ses hommes forts. Il n’a pas rempli leur bourse d’or, mais il a rempli leur cœur.

Samuel a pleuré toute une nuit sur Saül, le roi charnel que Dieu avait rejeté. On peut chercher toute sa vie les côtés sympathiques de la chair, mais Dieu l’a crucifiée !

« Remplis ta corne d’huile ! »

A cet ordre, Samuel est pris de panique et pense que Saül, quand il l’apprendra, le tuera. Cela nous rappelle vaguement Hérode le Grand, qui a fait massacrer toute une génération de petits garçons parce qu’on s’était joué de lui. Derrière cet acte barbare était le diable, qui pensait empêcher la naissance du Messie.

Que répond l’Éternel ?

Saül est mis de côté, et pour que David soit oint roi, un sacrifice est nécessaire, celui d’une génisse. Cela ne nous rappelle-t-il pas la génisse rousse des Nombres, ce livre du désert, au ch. 19 ?

Ce sacrifice nous parlait de la sanctification, du jugement de soi (au moyen du cèdre – la grandeur de l’homme, en l’occurrence, celle de Saül qui dépassait de la tête tous les hommes du peuple – au moyen également de l’hysope, ce végétal de petite taille qui suggère la faiblesse de l’homme.

Saül, l’homme charnel, a non seulement épargné le meilleur d’Amalek, figure de la chair, sous prétexte de sacrifier à l’Éternel (1 Sam. 15. 15), mais il a aussi fait preuve d’impatience. Nous lisons « et je me suis fait violence » (1 Sam. 13. 12). Or, l’apôtre en 2 Corinthiens 3, se recommande par une grande patience ! Quand notre propre volonté est brisée, alors nous savons attendre, car la tribulation produit la patience, et la patience, l’expérience… – celle des soins du Seigneur au travers de l’épreuve, l’expérience aussi que le Seigneur aura été avec nous dans le feu. Puis, vient ensuite l’espérance (Rom. 5).

Samuel arrive chez Isaï. Voilà Éliab : un grand homme, beau, fort ! D’une grande apparence, il impressionne Samuel, dont nous entendons le monologue intérieur. Mais c’est un second Saül, dur, qui se montre incapable de s’entendre avec son plus jeune frère, à la manière des frères de Joseph à l’égard de ce dernier, envoyé lui aussi par son père pour s’enquérir de leur bien-être. Il y a du mépris dans ses rapports avec David, à qui il prête des intentions qu’il n’a même pas.

Application pour notre monde éclairé du 21ème siècle, miné par l’apparence. Derrière un certain brio, des détresses, des angoisses, des troubles, des désespoirs, enfin, des cœurs vides ! Ne voyons-nous que l’apparence ?

Naaman, le Syrien, chef de l’armée de Syrie, avait très à cœur, lui aussi, l’apparence de sa distinction : « je pensais qu’il promènerait sa main sur la place malade », autrement dit, que le prophète Élisée soignerait l’apparence sans juger le fond. Mais Dieu regarde au cœur !

Derrière un air sérieux, une apparente piété et une tenue irréprochable, le frère en face de nous est peut-être le jouet de tempêtes, de détresses et de vide.

On fait alors passer les sept fils d’Isaï. Ce chiffre sept nous ramène à la première création, celle qui va être mise de côté. Mais il reste le huitième, quantité négligeable que l’on n’a même pas jugé bon d’aller chercher pour la circonstance. Nous chantons : « Dans la faiblesse extrême, ta vertu s’accomplit ». Combien de réveils dans l’Écriture produits par des femmes stériles, par exemple, Anne, pour ne citer que cet exemple !

« Nous ne nous placerons point autour de la table, jusqu’à ce qu’il soit venu ici ».

Lorsque Joseph reçoit ses frères pour la deuxième fois, il met le cadeau de côté, il dispose ses frères dans l’ordre décroissant, mais il fait table à part parce que leur péché n’a pas été confessé. Plus tard, quand il s’est révélé à eux, nul doute qu’il a mangé avec eux à la même table.

Citons au passage ce verset de Proverbes 30 : « Tu saisis le lézard par la queue, et il est dans le palais des rois ». Pensons aussi à la table de proposition du tabernacle : elle symbolisait la communion collective du peuple de Dieu et celle des croyants, maintenant pour nous dans le rassemblement. « J’entrerai chez lui et je souperai avec lui » (Apoc. 3. 20) : pas de vie chrétienne sans communion avec le Seigneur.

De Saül, il nous est dit qu’il était grand et qu’il était beau. Un autre, Saul, nous est présenté dans le Nouveau Testament comme quelqu’un de grand et le premier en tout. Il venait de Tarse et a été trouvé par le Seigneur sur le chemin de Damas. A partir de ce moment-là, il a été appelé Paul, c’est à dire, le « petit ».

David, lui, était beau, avait le teint rosé et avait de beaux yeux. Que voyait Dieu dans les yeux de David pour les qualifier de beaux ? Sans doute le regard de la foi que David a manifestée toute sa vie. Il est dit aussi de Léa, symbole du système juif, qu’elle avait les yeux délicats.

En Actes 7, nous trouvons un enfant dont il est dit qu’il était beau de visage : Moïse, bien sûr ! Beau à Dieu, de cette beauté spirituelle, image du Seigneur et beau aussi par sa communion avec Dieu.

« Lève-toi et oins-le ! »

Deux rois ont été oints par une fiole d’huile et deux par une corne d’huile.

La fiole est un récipient fabriqué par l’ingéniosité de l’homme et symbolise une onction où l’homme a apposé sa signature. Le premier roi ainsi oint, c’est Saül et le second, un roi terrifiant, c’est Jéhu ! A Élisée qui avait reçu la mission terrible de l’oindre, l’Éternel dit « Et tu prendras la fiole d’huile, et tu la verseras sur sa tête, et tu diras : Ainsi dit l’Éternel : je t’oins roi sur Israël. Et tu ouvriras la porte, et tu t’enfuiras, et tu n’attendras pas ».

Non, le prophète de la grâce ne pouvait pas se réjouir d’oindre un tel roi. Saül et Jéhu ont largement prouvé leur côté charnel.

Mais la corne d’huile, elle, est un objet naturel qui a poussé sur la tête d’un animal et que Dieu met à notre disposition, tout comme les pierres de l’autel que le ciseau de l’homme ne devait pas altérer. Cette huile, bien sûr, c’est celle du Saint-Esprit. Et ainsi, David est oint au milieu de ses frères qui sont les témoins de cette scène. Nous lisons alors, que « l’Esprit de Dieu saisit David depuis ce jour-là et dans la suite », et que David est nommé pour la première fois. Cette scène ne nous transporte-t-elle pas au Jourdain au baptême de Jean ?

Ch. 17

Au ch. 17, David va lutter par la foi contre le méchant. On va lui mettre un casque et une côte de mailles, l’armure de Saül. Malheureusement, ces armes sont les mêmes que celles de Goliath et elles sont mises de côté.

Non, David va au torrent se chercher ses armes : cinq pierres lisses dont une seule suffira pour coucher le géant. « Une parole dite en son temps, combien elle est bonne » !

C’est facile de dire des choses justes dans les réunions, pour peu qu’on en ait un peu l’habitude, mais de prononcer des paroles que nous avons été chercher dans l’eau vive de la Parole de Dieu qui rafraîchit et qui fait du bien, c’est moins facile ! Nous sommes des hôtes devant la Parole de Dieu ; ne l’oublions pas. Nous devrions trembler en la citant.

Puis, David tue Goliath avec sa propre épée et là, nous nous étonnons de voir Saül s’étonner ! « Abner, de qui ce jeune homme est-il fils ? »

De la même manière, les pharisiens se demandaient de qui le Seigneur était fils et ils ne savaient d’où il était.

Comment la chair peut-elle discerner ce qui vient de Dieu ? Ainsi, Saül en reste au stade de l’apparence. Mais Dieu qui n’est jamais tributaire des circonstances montre ici Sa souveraineté.

Les hommes avertis se taisent à la croix pendant que deux hommes prennent la parole.

L’un, un centurion, homme plus habitué à la dureté qu’aux éloges spirituels, un étranger de surcroît, rend témoignage de l’identité du Seigneur : « En vérité, celui-ci était Fils de Dieu ».

L’autre, un malfaiteur, justement cloué à la croix, parle de la perfection du Seigneur : « celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ».

Derrière d’apparents paradoxes, David est semblable au Fils de Dieu rejeté par le monde qui ne Le connaît pas. Bien sûr, la foule a crié « Hosanna au Fils de David », de même que Saül a pris David chez lui, l’a fait son porteur d’armes et son joueur de harpe. Il est même dit qu’il l’aima beaucoup… mais quand on met la chair de côté, l’homme naturel devient furieux.

Parler de Dieu n’est pas tellement un problème. Parler de la croix, annoncer la défaite de l’homme fort et la mise de côté de tout ce qui fait l’homme… la conversation tourne souvent court parce que la loi et la grâce sont incompatibles.

Nous qui sommes facilement légaux comme nous le montre Colossiens 2. 20, souvenons-nous de la harpe de David, cette douce voix de la grâce qui avait le don d’apaiser les fureurs de Saül.

Souvenons-nous aussi de la parole de Jean le Baptiseur : « Il faut que Lui croisse et que moi, je diminue ». Que la douce voix de la grâce soit entendue dans notre vie, nous qui savons que la grâce de Dieu est surabondante.

D’après réunion tenue par B. Durst

TRADUCTION DE FEUILLETS (54)

« Car tout ce qui a été écrit auparavant l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des Écritures, nous ayons espérance ». Romains 15. 4.

LA BIBLE EST LA PAROLE DE DIEU

Des passages de l’Ancien Testament, cités intégralement dans toutes les parties du Nouveau Testament, avec de très nombreuses allusions ou références tacites sinon exprimées, lient toutes les parties de la Bible et lui donnent ce caractère d’être unique et complète. Le contenu de tous les livres fait de même. Ils lui donnent une unité et une complémentarité – car ce sont une série d’événements qui s’étendent du début à la fin, de la création au royaume. Et des prophéties de l’Ancien Testament, concernant des événements du Nouveau Testament, sont comme des citations, dans le Nouveau, de passages de l’Ancien. Et ainsi, dans la bouche de plusieurs témoins de la plus haute dignité, nous avons l’unicité et la consistance du volume divin, du début à la fin, pleinement montrées et établies.

Cela veut nous dire que tout cela est le souffle d’un seul et même Esprit. L’Écriture elle-même le dit aussi. Et de plus, les contenus aussi parlent dans ce sens. Leur lumière et leur puissance évidentes, les gloires morales dans lesquelles ils brillent de manière si claire, si abondante et si variée, témoignent que Dieu est leur source. Et ainsi, l’origine divine du livre, de même que son unité et son esprit de suite, sont établis. Et nous nous attachons à ces vérités en face de toutes les insultes qui leur sont adressées par des hommes déraisonnables et méchants ; des oppositions de critique, faussement ainsi nommée, se répandent en vain comme des vagues coléreuses sur le rivage. Dieu Lui-même a fixé les limites, et ces choses ne font que se retourner sur eux avec l’écume de leur honte.

D’après the Lord is near décembre 1983 (J.G.B.)

« J’estime, en effet, que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée ». Romains 8. 18.

UN COMPTE

Débit

Les souffrances du temps présent

« Dans les travaux bien davantage, sous les coups excessivement, dans les prisons bien plus souvent, en danger de mort souvent (cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans les profondeurs de la mer), en voyage souvent, dans les dangers sur les fleuves, dans les dangers de la part des brigands, dans les dangers de la part de mes compatriotes, dans les dangers de la part des nations, dans les dangers à la ville, dans les dangers au désert, dans les dangers en mer, dans les dangers parmi de faux frères, en peine et en labeur, en veilles souvent, dans la faim et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et le dénuement. En plus de ces circonstances exceptionnelles, il y a ce qui me tient assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées ». (2 Corinthiens 11. 23 à 28).

Total : légère affliction, seulement pour un temps.

Crédit

La gloire qui doit nous être révélée

« Mais, même si notre homme extérieur dépérit, toutefois notre homme intérieur est renouvelé de jour en jour » (2 Cor. 4. 16).

« Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ… nous a régénérés… pour un héritage incorruptible »(1 Pier. 1. 3 et 4).

« Ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu,… ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Cor 2. 9).

« Dieu… a voulu faire connaître les richesses de sa gloire dans des vases de miséricorde » (Rom. 9. 23).

« Désormais, m’est réservée la couronne de justice que le Seigneur, le juste juge, me donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui aiment son apparition » (2 Tim. 4. 8).

« Quand le Christ, qui est notre vie, sera manifesté, alors vous aussi vous serez manifestés avec lui en gloire » (Col. 3. 4).

« Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 17).

Total : Un poids éternel de gloire

D’après the Lord is near décembre 1983 (J.G.B.)

Et ils dirent : Allons, bâtissons-nous une ville, et une tour dont le sommet atteigne jusqu’aux cieux ; et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre. Genèse 11. 4.

RENDRE TÉMOIGNAGE COMME CHRÉTIEN

Un cours d’une université traitait de grandeur dans l’architecture. Quinze étudiants parlaient de structures de villes et d’immeubles immenses qui sont des villes en eux-mêmes.

– La Tour de Babel, intervint soudain le professeur, est le premier exemple de telles choses énormes. Connaissez-vous son histoire, ou quelqu’un peut-il la raconter ?

Une étudiante croyante avait sa bible avec elle et demanda si elle devait lire ce récit. Très étonné, le professeur lui demanda : Comment, vous avez une bible avec vous ? Voulez-vous la vendre ? L’étudiante eut alors l’occasion d’expliquer que, pour un chrétien, il est tout à fait normal de lire la bible chaque jour, et d’avoir une relation personnelle avec Jésus Christ. Elle lut alors le récit de la Genèse, et le cours se poursuivit.

Plus tard le professeur vint vers l’étudiante et exprima à nouveau son étonnement, qu’il y eut encore des personnes qui pratiquaient effectivement leur christianisme.

Trois semaines plus tard, une étudiante chinoise demanda doucement à la chrétienne si elle avait de nouveau sa bible avec elle. La jeune chinoise la feuilleta, puis dit qu’elle souhaiterait en avoir une en allemand. L’étudiante croyante lui en procura une et l’invita plusieurs fois chez elle dans sa famille.

Babel est le lieu de l’opposition contre Dieu, l’occasion de la dispersion des langues. Mais le récit qu’en fait la bible fut une occasion pour que des personnes de différents pays puissent à nouveau réfléchir aux droits de Dieu et au salut par Jésus Christ.

D’après der Herr ist nahe octobre 2023

Voilà, Dieu opère toutes ces choses deux fois, trois fois, avec l’homme, pour détourner son âme de la fosse, pour qu’il soit illuminé de la lumière des vivants. Job 33. 29 et 30.

DIEU PARLE

Des gens inquiets se penchaient sur un ouvrier qui venait de tomber d’un toit. Il ouvrit alors les yeux. Il était donc toujours en vie ! Il fut immédiatement transféré à l’hôpital. Le médecin qui l’examina n’en revenait pas : Philippe n’avait que quelques contusions.

Son père, un chrétien fervent, s’adressa sincèrement à la conscience de son fils : Il n’y avait qu’un pas entre toi et la mort. Dieu t’a protégé. Où serais-tu maintenant s’Il ne l’avait pas fait ? Mais le jeune homme oublia l’accident et continua à vivre sans Dieu.

Les années passèrent. Un jour, Philippe aidait un ami à remplacer le papier peint dans la salle à manger. Ils enlevèrent d’abord le vieux papier peint. Une couche de papier faite de vieux journaux apparut en dessous. Philippe les parcourut brièvement. Puis ses yeux s’arrêtèrent sur un article. Que lisait-il ! « Hier, Philippe B. travaillait sur un toit et est tombé de dix mètres de haut. À l’hôpital où il a été transporté, seules des blessures légères ont été constatées ».

Ces mots frappèrent Philippe en plein cœur. Dieu lui rappelait comment Il l’avait préservé si longtemps auparavant. Après quelques jours de lutte intérieure, il capitula : Seigneur Jésus, libère-moi de ma volonté obstinée. Je veux te faire confiance. Je crois que ton sang peut aussi effacer mes péchés. Il trouva la paix avec Dieu et commença une vie nouvelle, en communion avec son Sauveur.

D’après die gute Saat octobre 2023

Nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre. Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva. Tite 3. 3 à 5.

LE JUGE ET LE CONDAMNÉ

Charles Colson (1931-2012), un ancien conseiller du président Nixon, était impliqué dans l’affaire de Watergate, et fut emprisonné pendant plusieurs mois. Quand il devint chrétien, il employa son temps à évangéliser dans les prisons américaines.

Des visiteurs dévoués se joignaient souvent à ce groupe, amis des prisonniers, pour leur apporter l’évangile. Après l’une de ces visites, Colson, lorsqu’il passait le contrôle de sortie, s’aperçut que l’un des visiteurs, le juge Clement, n’avait pas suivi le groupe. Ennuyé, il retourna en arrière et le trouva dans la cellule du prisonnier James Brewer.

– Un instant, dit le visiteur à Colson. Cela est important. Vous savez que j’étais le juge qui a condamné James à la peine maximum. Mais il est maintenant mon frère, et nous avons besoin d’un moment pour prier ensemble.

Colson raconta ensuite : J’étais terrassé sur le seuil de cette cellule. Devant moi se tenaient deux hommes, l’un qui avait le pouvoir, l’autre sans aucun pouvoir, l’un, blanc, l’autre, noir, le premier avait condamné le second.

Partout, sauf dans le royaume de Dieu, ce prisonnier aurait été près d’attaquer celui qui l’avait envoyé dans cette cellule. Mais maintenant ils étaient en communion et leurs visages reflétaient une expression extraordinaire de bonheur, alors qu’ils priaient ensemble.

En quittant la prison, le juge Clement, très ému, expliqua qu’il avait prié pour Brewer chaque jour depuis qu’il l’avait condamné, quatre ans auparavant.

D’après The good Seed octobre 2023

Et il (Samson) retourna quelque temps après… et se détourna pour voir le cadavre du lion ; et voici il y avait dans le corps du lion un essaim d’abeilles, et du miel. Juges 14. 8.

LES LEÇONS DONNÉES PAR LA RUCHE

Qu’un essaim d’abeilles est intéressant ! Les abeilles peuvent vivre dans un arbre creux, dans une boîte en bois, ou même dans la carcasse d’un lion. Leur cité n’a ni maire ni responsable supérieur, ni conseil de ville, ni directeur politique. Même s’il y a une reine, elle ne dirige ni son organisation ni ses destinées.

Cependant, dans tout le règne de la nature, il n’y a pas de communauté plus efficiente. Les habitants sont tous pour un et un pour tous. Il y a parfaite coopération et unité d’action. Il n’y a pas de jalousie ni de dispute, et les abeilles ne se battent pas entre elles. Elles combattront leurs ennemis, cependant, et l’homme lui-même doit se méfier de leur colère.

Leur système de répartition des travaux est le meilleur au monde. Chaque ouvrière connaît sa tâche précise, et l’accomplit sans que cela lui soit dit ou montré par un supérieur – car il n’y a pas de supérieur. Dans la cité des abeilles, il n’y a pas de problème de chômage.

Peut-être que Dieu désire que nous apprenions, de ces petites créatures fascinantes, comment nous devrions fonctionner dans les assemblées des saints. Que le témoignage du Seigneur sera brillant et vivant là où il y a coopération et unité proches parmi les croyants, ou nous identifions que l’ennemi, c’est le diable, et non pas nos frères croyants ; et où chaque membre du corps agit selon les capacités que Dieu lui a données.

A la différence des abeilles, qui agissent par leur instinct, nous avons un Supérieur très réel et très précieux, qui est en nous et au milieu de nous pour glorifier Christ et pour nous guider dans toute la vérité. Quelle quantité de miel est produite parmi les saints, pour la gloire de Dieu et l’édification de nous-mêmes en amour, quand nous sommes fidèlement soumis à notre Conducteur divin !

D’après The Lord is near janvier 1984

Vous aussi, prenez patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche. Jacques 5. 8.

UNE PROMESSE POUR LES CROYANTS

Des jugements terribles vont être déversés sur ce monde – tellement terribles qu’ils font trembler le cœur, même quand on les lit seulement. Qu’il est encourageant d’avoir devant nous la perspective d’être bientôt pris pour être toujours avec le Seigneur. L’Église ne passera pas par la grande tribulation. Cela est prouvé, de la manière la plus convaincante, par un verset de la Parole. Le Seigneur dit aux Siens : « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3. 10).

Le Seigneur nous a donné la parole de Sa patience, c’est-à-dire la vérité relative à Sa venue pour les Siens, et des directives pour attendre patiemment Sa venue. De plus Il promet aux Siens qu’ils seront gardés hors de l’heure de la tribulation, qui approche rapidement, sur toute la terre – qui atteindra tous ceux qui habitent sur la terre.

Notez l’exactitude du langage. Ce n’est pas simplement qu’ils seront gardés de la tentation, mais de l’heure de la tentation. Et, vu que la tribulation sera sur le monde entier, et qu’aucune partie de la population du monde n’y échappera, il n’y a qu’une manière pour que l’Écriture soit logiquement accomplie : c’est que les rachetés du Seigneur soient retirés par l’appel du Seigneur (cf. 1 Thes. 4. 16-17). Il n’y a pas de moyen d’être gardés de l’heure, sauf en étant retirés de sa sphère d’action, c’est-à-dire du monde lui-même.

Que c’est réconfortant ! Quelle lumière dorée illumine notre sombre nuage !

D’après The Lord is near janvier 1984 (A.J.P.)

Et vous, vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés (vous y avez marché autrefois, selon la façon de vivre de ce monde, selon le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance). Éphésiens 2. 1 à 2.

NOUS AVONS TOUS BESOIN D’ÊTRE DÉLIVRÉS DE L’ESCLAVAGE DU DIABLE

L’homme, par nature, est l’esclave de Satan ; le monde présent, méchant, est la scène de son esclavage, et ses péchés sont les chaînes qui le lient. Il est l’outil de Satan, mené par lui captif selon sa volonté. Et c’est une captivité volontaire, car Satan a aveuglé la pensée de sa victime et assombri sa compréhension, de sorte qu’il prend son esclavage pour de la liberté, et aime les péchés eux-mêmes, qui sont ses chaînes maintenant, et qui seront le ver rongeur qui le fera souffrir en enfer à toujours. Oh, quelles méthodes rusées que celles du diable !

Satan sait habilement forger des chaînes ; sa longue expérience lui a donné de nombreuses occasions d’examiner les goûts de ses victimes, et de forger une chaîne convenant à chacun. Certains sont retenus par la chaîne de fer de la convoitise et de la passion, et avancent, tête baissée, vers leur jugement. D’autres, avec les chaînes plus respectables de la mondanité, de l’amour de l’argent, et de l’admiration des hommes. Ils sont conduits ainsi, en silence, mais de façon sûre, vers le gouffre. Le verre de l’ivrogne, le porte-monnaie de l’avare, et le manteau de fausse religion de l’hypocrite, de même, servent à son but. Une forme de piété, sans la conversion à Dieu, peut être l’outil le plus efficace à l’usage de Satan pour tromper et détruire l’âme de sa victime pour l’éternité.

Avez-vous été délivré du joug de fiel de Satan, ou êtes-vous encore son esclave ? Si vous n’avez pas été rendu libre par le Fils de Dieu, vous êtes encore sous la puissance de Satan, et il vous conduit vers « l’étang de feu ».

« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 4. 7).

D’après The Lord is near janvier 1984

Celui-ci (Jésus), parce qu’il demeure éternellement, a le sacerdoce qui ne se transmet pas. De là vient aussi qu’il peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui : il est toujours vivant afin d’intercéder pour eux. Car un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint, exempt de tout mal, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé plus haut que les cieux. Hébreux 7. 24 à 26.

LE BONHEUR DE CONNAÎTRE JÉSUS COMME NOTRE SEULE ET PARFAITE RESSOURCE

Nous ne connaissons jamais la force de l’amour de Jésus – notre grand souverain sacrificateur – jusqu’à ce que nous nous appuyions sur Lui avec le lourd fardeau de tentation, de peine et de craintes. Alors nous prenons conscience et nous expérimentons qu’Il est l’Homme qui est l’égal de Dieu, l’Homme de la droite de Dieu, que Dieu a fait fort et puissant pour sauver parfaitement tous ceux qui viennent à Dieu par Lui. Nous reconnaissons alors qu’Il connaît la peine qui est trop profonde pour une consolation humaine ; Lui est capable de nous comprendre. Puis nous faisons l’expérience de Sa merveilleuse tendresse, de Son amour et de Sa compassion, de la parfaite sympathie de Celui qui a été affligé dans toute notre affliction et qui intercède constamment pour nous là-haut.

Un tel souverain sacrificateur est à nous dans les cieux – tout-puissant, connaissant toutes choses, plein d’amour ; glorieux dans Sa sainteté, Sa puissance et Sa vérité ; plein, au delà de toute expression, de miséricorde et de compassion. Il est réellement homme, ayant souffert et triomphé comme homme, et maintenant plein de sympathie pour Ses rachetés comme Homme sur le trône, nous apportant en Lui-même – JÉSUS – l’océan de l’amour divin ; car, bien que véritablement Homme, connaissant les limitations de l’humanité, ses épreuves et ses fardeaux, ses faiblesses et ses peines, – la plénitude de la Déité demeure en Lui. Il est notre Sauveur, notre Ami, et notre Guide ; Celui qui nous aime à toujours, l’Époux de notre âme ; toujours le même dans l’ombre et dans la lumière du soleil, au milieu de nos défaites et de nos triomphes, de nos peines et de nos joies – « le Même, hier, et aujourd’hui, et éternellement » (Héb. 13. 8).

D’après The Lord is near janvier 1984

Et Isaac aimait Ésaü, car le gibier était sa viande ; mais Rebecca aimait Jacob. Genèse 25. 28.

VIVRE DANS LA SOUMISSION À DIEU ET POUR SA GLOIRE

Personne ne peut réellement reprocher à Isaac d’avoir aimé le gibier. Le gibier, c’est très bon ! Mais nous pouvons bien nous demander si son goût pour le gibier avait affaibli sa vision spirituelle. Quelle grande part du conflit et du brisement de cœur qui eurent lieu dans son foyer peuvent remonter à son goût pour le gibier d’Ésaü ! Ce qui est plus important : sa connaissance du plan souverain de Dieu fut-elle obscurcie par son appétit aiguisé ? Pesons bien ses paroles au départ de son fils Ésaü : « Apprête-moi un mets savoureux comme j’aime… afin que mon âme te bénisse avant que je meure » (Gen. 27. 4) ; puis rappelez-vous que le plan souverain de Dieu était la bénédiction de Jacob.

En tant que chrétiens, nous pouvons apprendre des leçons valables de ce côté malheureux de la vie d’Isaac – une vie, par ailleurs, vécue en grande partie à la gloire de Dieu. Nous aussi pouvons permettre à nos appétits d’entraver notre témoignage chrétien :

1. En oubliant que nos habitudes de nourriture et de boisson peuvent peiner un frère plus faible (Rom. 14. 15).

2. En manquant d’autodiscipline, ce qui compromet notre témoignage et obscurcit la différence vitale entre ceux qui ont le Seigneur comme Dieu, et ceux dont le dieu est le ventre (Phil. 3. 19).

3. En imitant le monde dans son appétit insatiable pour plus de nourriture, de la meilleure nourriture, de la nourriture exotique, pendant que des millions sont misérables, ayant faim et manquant de nourriture.

Heureusement, Isaac finit par agir par la foi et à bénir Jacob et Ésaü selon le propos de Dieu (Héb. 11. 20). Et, Dieu en soit béni, nous pouvons marcher par la foi, et éviter ces deux extrêmes : indulgence pour soi-même et ascétisme légaliste. Le modèle biblique est l’équilibre, la bonne gestion, et la sensibilité, à la lumière de Romains 14. 17 : « Car le royaume de Dieu, ce n’est pas manger et boire, mais justice, paix et joie dans l’Esprit Saint ».

D’après The Lord is near février 1984 (G.W. S.)

Or il y a eu également de faux prophètes parmi le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs qui introduiront furtivement des sectes de perdition, allant jusqu’à renier le maître qui les a achetés, faisant venir sur eux-mêmes une prompte destruction. 2 Pierre 2. 1.

LE DANGER DU POISON SPIRITUEL

L’empoisonnement par la nourriture est ce que l’on craint le plus des maladies de la nutrition. Il est non seulement dangereux, mais souvent fatal. Toute personne raisonnable évitera une nourriture s’il suspecte qu’elle est empoisonnée, aussi affamé qu’il soit et aussi appétissante que cette nourriture paraisse.

Pour une raison quelconque, de nombreux chrétiens ne prennent pas la chose aussi sérieusement quand il s’agit de nourriture spirituelle. Le corps est-il plus important que l’âme ?

L’apôtre Pierre nous donne l’un des dénominateurs communs de ces faux docteurs, quand il dit qu’ils « renient le Maître qui les a achetés » (2 Pierre 2. 1). Jude parle de ceux « qui renient notre seul Maître et Seigneur, Jésus Christ » (Jude 4), et Jean parle du « menteur… qui nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22). Pierre aussi expose leurs méthodes comme étant une exploitation secrète par de fausses paroles. Ce qui est triste, c’est que « beaucoup suivront leurs excès » (2 Pier. 2. 2). Mais leur succès est de courte durée parce qu’ils feront « venir sur eux-mêmes une prompte destruction ».

La manière d’échapper au danger de l’empoisonnement par la nourriture, Pierre nous dit que c’est se souvenir « des paroles qui ont été dites à l’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur par vos apôtres » (2 Pier. 3. 2) – se souvenir de la Bible !

Les exhortations fréquentes de Paul à Timothée, son bien-aimé fils dans la foi, sont pleines de sens : « Attache-toi à la lecture… à l’enseignement » (2 Tim. 4. 13). « Étudie-toi à te présenter à Dieu : approuvé… exposant justement la parole de la vérité. Mais évite les discours vains et profanes… Ceux qui s’y livrent… se sont écartés de la vérité » (2 Tim. 2. 15 à 18).

Puissions-nous tous dire avec le psalmiste : « Je t’ai cherché de tout mon cœur ; ne me laisse pas m’égarer de tes commandements » (Ps. 119. 10).

D’après The Lord is near février 1984 (A.M.B.)

Ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l’Esprit, aux choses de l’Esprit. Romains 8. 5.

LA CHAIR ET L’ESPRIT

Aucune personne ne devient meilleure ou pire. L’état d’une personne peut devenir meilleur ou pire, mais sa nature demeure exactement ce qu’elle est. Quand quelqu’un est sauvé, il ne devient pas meilleur : sa nature pécheresse reçue d’Adam demeure aussi pécheresse que jamais. Mais il reçoit de Dieu une nouvelle nature qui est elle-même perfection absolue : c’est la nature vue dans la Personne du Seigneur Jésus, une nature caractérisée par la puissance vivante de l’Esprit de Dieu, et en conséquence appelée « l’Esprit » en contraste avec « la chair ».

Un incroyant a seulement sa nature charnelle, et en conséquence est tourné vers les choses charnelles, les choses dont il est lui-même le centre. Le croyant, ayant les deux natures, peut se laisser aller à ce qui est charnel, et être malheureux. Mais son vrai caractère est d’avoir ses pensées aux choses de l’Esprit, dont Christ est le Centre. Il est « dans l’Esprit », et non « dans la chair » (Rom. 8. 9). Il se peut qu’il ait un combat pour décider de juger les tentations de la chair et de s’en détourner ; mais la puissance pour surmonter n’est pas en lui-même, mais dans l’Esprit de Dieu, qui demeure en lui.

Plus que cela, l’Esprit de Dieu n’attire pas notre attention sur Sa propre œuvre dans le cœur de la personne, pour qu’elle regarde en elle-même sa condition personnelle. En fait, l’Esprit, à l’œuvre dans l’âme, détourne nos yeux de nous-mêmes vers la Personne bénie du Seigneur Jésus Christ à la droite du Père, pour voir en Lui toute perfection, toute vertu divine, toute l’excellence qui réjouit le cœur du Père. Quelle puissance réelle il y a dans un Objet aussi absorbant !

D’après The Lord is near février 1984 (L.M.G.)

Et le soleil se lève, et le soleil se couche, et il se hâte vers son lieu où il se lève. Le vent va vers le midi et il tourne vers le nord ; il tourne et retourne ; et le vent revient sur ses circuits. Toutes les rivières vont vers la mer, et la mer n’est pas remplie ; au lieu où les rivières allaient, là elles vont de nouveau. Ecclésiaste 1. 5 à 7.

LA SAGESSE DANS L’ECCLÉSIASTE

L’Ecclésiaste est le grand livre classique sur la philosophie, écrit par l’homme le plus sage qui ait jamais vécu. Et il confesse depuis le début de son livre que la philosophie ne fait que tourner en rond. Car elle est, bien sûr, basée sur ce qu’on peut observer, et tout ce qu’on peut observer de la création suit une voie circulaire. Le soleil, les vents, les eaux, tous les acteurs les plus puissants et les plus intéressants en rapport avec notre existence elle-même, doivent se mouvoir en circuits, sinon nous cesserions d’exister. Le sang, dans notre corps, exige la même chose. Et il nous est dit que cela est également vrai de tous les atomes, de même que du ciel étoilé avec ses « roues dans les roues ».

Tout ce système complexe de cercles est tellement extraordinaire et précis qu’une philosophie honnête doit confesser qu’il y a un Esprit au-dessus de l’univers et en-dehors de lui, qui a conçu et créé cet ordre magnifique.

La philosophie ne peut pas aller au-delà ; mais ce grand Dieu s’est révélé, à la fois dans les Écritures, la Parole écrite de Dieu, et dans Son Fils bien-aimé, qui est la vivante Parole de Dieu, l’expression parfaite des pensées de Dieu. Cette révélation est plus merveilleuse que les merveilles de la création, dépassant de loin tout ce que les sens humains peuvent observer. L’Écriture est digne de notre attention et de notre méditation les plus profondes ; et Christ est digne de notre confiance et de notre adoration absolues.

D’après The Lord is near mars 1984 (L.M.G.)

ÉTUDE SUR 1 ROIS

Ch. 1

Les deux livres de Samuel parlent de l’établissement de David comme roi d’Israël.

Les livres des Rois, du règne de Salomon, roi de gloire et de puissance, où la lumière a brillé sur le royaume, mais qui s’est terminé dans la décadence, due à la responsabilité de l’homme.

Les rois d’Israël, ainsi que quelques rois de Juda, ayant succédé à Salomon, ont manifesté un état bien triste !

Les livres des Chroniques, en revanche, parlent des rois de Juda sous la lumière de Dieu, qui occulte de tristes épisodes, afin de faire briller Sa grâce. Avant les rois, Israël vivait sous l’autorité directe de Dieu, par l’intermédiaire de la sacrificature, jusqu’à son déclin avec Éli.

C’est alors que, dans Sa bonté, Dieu a suscité Samuel, d’une grande piété, dès son enfance, s’adonnant à la prière (1 Sam. 12. 23). Et il a dû établir la royauté avec Saül, le roi selon la convoitise d’Israël qui, après avoir rejeté l’autorité de Dieu, avait voulu être gouverné comme les nations (1 Sam. 8. 7).

Dieu, alors, a « donné Saül dans sa colère (contre Israël), et il l’a repris dans sa fureur » (contre Saül).

C’est alors qu’apparaît David, le roi que Dieu a choisi (Ps. 78. 70), beau type de Christ dans Ses souffrances, auquel a succédé Salomon, type du Seigneur dans Son futur règne de justice et de paix, dans Sa glorieuse puissance.

Entre le règne de David et celui de Salomon, il n’y a pas d’interruption, car tous deux représentent le Seigneur, d’abord caché aux yeux du monde et d’Israël : David est dans sa chambre (v. 15) – et le règne millénaire de Christ, vu de tout Israël et des nations : Salomon est intronisé publiquement.

Dans ce livre, bien que la loi soit toujours en vigueur, mais non plus avec son caractère de « feu » du Sinaï, Dieu apporte aussi la grâce. Cependant, le roi de grâce (David), fait place au roi de gloire et de justice, avec Salomon. Lui ne fuira pas devant ses ennemis, ni devant les ennemis que David avait épargnés. Sous le commandement de son père lui-même, Salomon les mettra à mort, selon le caractère de justice de son règne, préfigurant celui de Christ (Ps. 101).

Mais, à la fin du règne de grâce d’un Christ caché (David), et avant l’établissement public de Son règne en gloire (Salomon), se place le « règne » éphémère d’Adonija, qui est un type prophétique de l’antichrist, régnant à Jérusalem un temps très court, avant d’être jeté dans l’étang de feu (Apoc. 19. 20), avec la « bête qui monte de la mer » (cf. Apoc. 13).

C’était une ultime épreuve pour David, mais Dieu s’en sert pour établir le règne de Salomon, du vivant de David. Dieu prend soin de David dont la vigueur s’en est allée (v. 1 à 4), à peine âgé de soixante-dix ans (2 Sam. 5. 4). Sa confiance en Dieu est intacte (Ps. 71. 5 et 17). Jusqu’à la fin, des personnes fidèles ont servi David, dont Nathan et Bénaïa (v. 10). Puis, Abishag est introduite pour servir le roi dans sa vieillesse, mais « il ne la connut pas ». Au chapitre 2, Abishag est l’objet de la convoitise d’Adonija, qui pense ainsi légitimer sa prétention au trône d’Israël, en prenant la concubine de David ! A cause de cela, il sera mis à mort (v. 25). Abiathar avait partagé les combats de David, durant sa réjection ; mais maintenant, il le trahit en suivant Adonija. Souvenons-nous de ce verset : « après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éph. 6. 13). Jamais contrarié par son père (v. 6), Adonija, de même qu’Absalom, était d’une rare beauté (2 Sam. 14. 25), et dérobait le cœur des hommes d’Israël » (cf. 2 Sam. 15. 6). Comme Absalom, il a été en piège à ceux qui l’ont suivi. Discipliner les enfants sans les « irriter », est indispensable pour leur bien, (Prov. 13. 24 ; Héb. 12. 6 à 8), afin qu’ils ne restent pas comme des « bâtards ». Exercée avec des soins d’amour, la discipline produira plus tard de la reconnaissance. Les hommes, en général, regardent aux apparences, et il en résulte toujours des conséquences fâcheuses. Samuel, lui-même, s’est longtemps attaché à Saül (1 Sam. 10. 23 et 24), bien que Dieu ait dû le rejeter, et que Samuel ait été amené à oindre David à sa place (cf. 1 Sam. 16. 4 à 13). Et même là, Samuel s’attarde, tout d’abord, aux apparences, tandis que l’Éternel regarde au cœur. Et c’est David, le dernier présenté à Samuel, qu’il a dû oindre à la place de Saül. Moment solennel où Dieu choisit, parmi les fils d’Isaï, tous conviés au repas, celui que l’on avait négligé d’inviter ! Le Seigneur veut que nous Le suivions avec des cœurs intègres.

Adonija, s’emparant de la royauté, est un type de l’antichrist à qui on ne « donnera pas l’honneur du royaume ; mais qui entrera paisiblement, et prendra possession du royaume par des flatteries » (Dan. 11. 21), pour une durée de sept ans environ. Adonija n’a pas été oint roi, comme David et Salomon. Mis au courant, David réagit immédiatement, selon le cœur de Dieu, en intronisant Salomon, publiquement, ce jour-là même (v. 30). Cette circonstance montre où était le cœur des principaux personnages d’Israël. Pour nous-mêmes, si notre cœur est, soit double soit fidèle, cela se manifestera dans notre vie.

La trahison de Joab, proche parent de David, ne surprend pas. Toujours prêt à tout, au profit de ses intérêts, allant, au besoin, jusqu’au meurtre perpétré froidement, afin de sauvegarder son pouvoir, il a pu donner longtemps le change par habileté. Mais en l’occurrence, il commet la faute qui lui sera fatale.

Plus surprenant est le revirement d’Abiathar, dont toute la famille avait été massacrée par Saül ; Abiathar, alors, s’était réfugié auprès de David qui, en l’accueillant, lui avait dit : « Près de moi tu seras bien gardé » (1 Sam. 22. 20 à 23). Il avait « porté l’arche de l’Éternel » (ch. 2. 26), et pris part aux souffrances de David, alors pourchassé par Saül. Maintenant, séduit par Adonija, il trahit lui aussi, et il sera remplacé, dans la sacrificature par Tsadok. Prenons garde que nos affections pour le Seigneur ne se refroidissent pas.

Mais des fidèles s’attachent à David et Salomon jusqu’au bout : Nathan, le prophète, toujours auprès de David, dans les difficultés. « Les hommes forts », eux aussi, restent fidèles jusqu’à la fin, malgré l’effacement de David, dû à son âge. Le moment du choix est là : ou on choisit la fidélité à David, ou on choisit Adonija, l’imposteur. Tôt ou tard, le cœur se révèle tel qu’il est.

Au verset 9, Adonija ne lésine pas sur les moyens de gagner le peuple à sa cause : il sacrifie en abondance des « bêtes grasses », afin de rassasier ceux qui le suivent. On retrouve le même état d’esprit que celui que le peuple, au désert, avait manifesté, lors de sa sortie d’Égypte : « le peuple s’assit pour manger et pour boire, et se leva pour se divertir » (Ex. 32. 6). A cette invitation d’Adonija, personne ne proteste ; et tout semble perdu pour Bath-Shéba et pour Salomon, qui risquent d’être mis à mort par Adonija (v. 21). Mais c’est Dieu Lui-même qui intervient, par l’initiative de Nathan. Dans ses invitations, Adonija, judicieusement, avait choisi ceux qui lui semblaient être favorables à ses ambitions, excluant ceux qu’il savait être fidèles à David et à Salomon. Pour nous, gardons-nous de faire acception de personnes, dans nos relations, ou nos invitations. Gardons-nous, aussi, de choisir nos « conseillers » parmi ceux que nous savons nous être favorables. Il est des situations, dans le monde, par exemple, où il ne faut pas regretter, parfois, de n’être pas invité. Souvent, les incrédules sentent que ce n’est pas notre place d’être invités à leurs fêtes. Si toutefois, un incrédule nous invite et que nous « voulions aller » (1 Cor. 10. 27 et 28), jugeons sainement quel doit être notre comportement.

Le Seigneur, Lui, pouvait aller chez les incrédules où, chaque fois, Il apportait la lumière. Quant à nous, n’oublions pas que nous sommes des « luminaires ». Si nous sommes invités chez des incrédules, ne laissons pas le Seigneur à la porte des maisons ; mais qu’Il nous aide à parler de Lui. Combien de fois manquons-nous à témoigner pour Lui ! Lui seul peut « balayer » les obstacles. Dans notre besoin de compagnie, choisissons « les bons compagnons » (Ps. 119. 63). Nathan choisit d’envoyer Bath-Shéba auprès de David, car elle est plus proche du roi que lui. Il s’agit clairement de sauver sa vie et celle de Salomon, que Dieu a choisi pour succéder à David (1 Chron. 22. 6 à 10). Puis, lui-même intervient à son tour, et confirme les paroles de Bath-Shéba, ayant à cœur que la seule volonté de Dieu s’accomplisse concernant Salomon. C’est Dieu qui conduit Nathan à agir ainsi, afin de toucher le cœur affaibli mais toujours intègre de David. De plus, Bath-Shéba, mère de Salomon, est un type du résidu fidèle de la fin, qui attendra et recevra le Messie promis, le Roi des rois, dont Salomon est le type. Un symbole prophétique est donné en Apocalypse 12, où une femme enfante dans la douleur, un enfant « mâle qui paîtra les nations avec une verge de fer » : le Seigneur Jésus, régnant en gloire.

Ces versets montrent l’intervention de Dieu selon Sa pensée pour brusquer les choses concernant l’intronisation de Salomon. « Toutes choses le servent ». Il se sert d’une faute grave d’Adonija, pour faire monter Salomon sur le trône de David, alors qu’il est encore en vie, et David s’en réjouit (v. 48). Au-dessus des circonstances, Dieu fait travailler « ensemble toutes choses pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom 8. 28) ; et Il intervient à Son moment.

David était âgé, mais sa tête et son cœur ne sont pas affaiblis et, comprenant que c’est la volonté divine, il donne des ordres pour que Salomon monte sur son trône « ce jour-ci » (v. 30), déjouant les plans d’usurpation d’Adonija qui avait compté sur sa faiblesse.

Dieu voit tout ce qui se passe dans les cœurs, et intervient selon Ses plans, pour nous délivrer des pièges de l’ennemi. Si nous marchons mal, Il nous discipline pour notre bien : on peut se cacher des hommes, mais pas de Dieu !

Fatigué et s’effaçant de la vie publique, David se ressaisit avec discernement, et provoque, alors, un revirement dans la situation. Dans une circonstance plus ancienne, David, fatigué, prête le flanc à l’ennemi qui pense, alors, à l’anéantir (2 Sam. 11). Mais Dieu intervient auprès de lui par Nathan, et le ramène dans le droit chemin, car David était toujours prêt à s’humilier, et reconnaît son péché que Dieu fait passer aussitôt (cf. 2 Sam. 12. 13). Dieu nous aime et nous encourage. David est entouré de compagnons qui craignent l’Éternel (Ps. 119. 63) : Tsadok, Nathan, Bénaïa, les Kéréthiens (exécuteurs des hautes œuvres), et les Péléthiens (coureurs) (cf. 2 Sam. 8. 18), et qui sont prêts à obéir.

En cette circonstance, Nathan, conduit par Dieu, a joué un très beau rôle. Lorsque David avait voulu construire le temple, Nathan, manquant de discernement, l’avait encouragé. Mais Dieu l’avait démenti, l’envoyant auprès de David pour lui dire que ce serait seulement Salomon qui construirait le temple. Mais ici, son conseil est selon Dieu (comme en 2 Sam. 12), et David le comprend et obéit. De lui-même, David, affaibli, n’aurait sans doute pas décidé de faire monter son fils sur son trône, de son vivant. Mais c’était « le jour de Dieu » pour cela. Selon la pensée de Dieu, il devait en être ainsi car, et David et Salomon, sont tous deux l’image du même Seigneur, d’abord caché aux yeux des hommes, dans le ciel, (c’est David (v. 15 et 47) – puis, avec Salomon, manifesté aux yeux de tous durant le millénium, régnant publiquement, en gloire, en puissance et en justice, dans la paix universelle (c’est le Seigneur, Roi des rois). David comprend la pensée de Dieu, et renverse la situation aussitôt, détruisant l’ambition des impies qui prétendaient s’emparer de la royauté (v. 41 à 53). Il y eut donc David et Salomon sur le trône, types de Christ dans Ses souffrances et Sa réjection, puis dans Son glorieux triomphe, durant Son règne millénaire. Dans ces passages, on retrouve les trois institutions essentielles d’Israël : le roi, le sacrificateur et le prophète.

Les dix premiers chapitres rapportent la puissance et la gloire de Salomon dont la sagesse était insurpassable, tandis que, humble, il ne cherchait pas à se mettre en avant et à faire valoir ses droits (Phil. 4. 5) : on vient le chercher, on le fait monter sur le trône, on l’oint pour être roi. Le début de son règne est à la gloire de Dieu.

Puis il y aura un « tournant » dans sa vie royale, où il agira contrairement à la Parole de Dieu. Les nombreuses « femmes étrangères » qu’il aima, outre la fille du pharaon, « détournèrent son cœur après d’autres dieux » (ch. 11). A la fin, il mourra sans repentance.

Guihon, qui signifie source jaillissante, à l’occident de Jérusalem, est situé à l’opposé d’En-Roguel, source de l’espion : Adonija et ses invités ont entendu le tumulte de Jérusalem, et non de Guihon, trop éloigné (C’est par Guihon que l’eau sera amenée à Jérusalem, par un aqueduc).

Bénaïa, homme fort de David, était entré par ses exploits dans ses « audiences privées » (2 Sam. 23. 23). Il était chef des Kéréthiens et des Péléthiens, la garde rapprochée de David, puis de Salomon. Désirons, quant à nous, vivre si près du Seigneur que nous discernions Ses pensées.

Le festin d’Adonija et des conjurés est brusquement troublé par le bruit de la ville se réjouissant. En Daniel 5, le festin profane offert par le roi Belshatsar est troublé par une main écrivant sa sentence sur le mur. En Ésaïe 21. 4, le prophète dit : « Le tremblement s’est emparé de moi ; la nuit de mon plaisir, il me l’a changé en effroi ». On retrouve cette terreur s’emparant d’Adonija et de ses invités « comme ils terminaient leur repas » (v. 41 et suivants). Joab, homme de guerre toujours sur le qui-vive, au son de la trompette, s’inquiète du tumulte de Jérusalem. La sainte joie du peuple se réjouissant du couronnement de Salomon, contraste avec la jouissance charnelle des conjurés (v. 39 à 41). Mais Dieu est intervenu, déjouant leurs ambitions. Ces deux situations opposées révèlent l’état des cœurs.

Que nos joies soient, pour nous aussi, des joies saintes. Adonija avait préparé les choses pour satisfaire ses ambitions charnelles : « Moi, je serai roi » (v. 5), sans se préoccuper de la volonté de Dieu. Tout semblait se dérouler à son goût, jusqu’à l’arrivée de Jonathan (v. 42 à 48). Mis en éveil par le tumulte de la ville, ils apprennent que David a intronisé Salomon, le roi selon la volonté de Dieu. Alors, la panique s’empare de tous, et ils s’enfuient, « chacun son chemin », tandis qu’Adonija se réfugie à la tente de l’Éternel et saisit les cornes de l’autel, se mettant sous la protection de Dieu. Il sera mis à mort au chapitre 2. Jonathan, homme fidèle à David, lui avait déjà été utile lors de la conjuration d’Absalom (2 Sam. 15. 27 ; 17. 17). On le retrouve, ici, dans des circonstances un peu similaires, toujours fidèle messager. Son père, Abiathar, autrefois protégé par David, avait eu une longue vie de fidélité, et avait porté l’arche. Mais, à la fin de sa vie, il a abandonné David pour suivre Adonija. Que le Seigneur nous aide à rester fidèles jusqu’à la fin de nos jours.

Cependant, Jonathan, son fils, ne l’a pas suivi. Adonija, le voyant entrer, tente la flatterie : « Entre, car tu es un vaillant homme, et tu apportes de bonnes nouvelles », afin de le séduire (Prov. 29. 5). Dans le livre de Job, Élihu, lui, ne savait pas flatter (Job 32. 21 et 22). Mais la réponse de Jonathan montre sa fermeté : « Oui, mais ». Ces deux mots résument la séparation entre ceux pour qui l’intronisation de Salomon est une bonne nouvelle, et ceux que la nouvelle va plonger dans l’effroi.

Au verset 47, le trône est celui du royaume, tandis que en 1 Chroniques 29. 1, il prend le caractère de trône de l’Éternel. Salomon était le roi selon la volonté de Dieu. Les serviteurs de David sont revenus auprès de lui pour bénir le roi, avec respect et reconnaissance, à cause des bénédictions qu’ils en avaient reçu. Et David s’est prosterné sur son lit, selon la coutume orientale d’alors. Jusqu’à la fin de sa vie il est resté fidèle à son Dieu. Le Seigneur, pour le moment, est assis sur le trône de Son Père ; dans Son règne millénaire, Il sera assis sur Son propre trône de gloire. David et Salomon sont à l’image du règne du Seigneur : David comme roi rejeté, puis Salomon comme roi de justice (Apoc. 3. 21 ; 5. 6). C’est peut-être pour cela que Salomon est couronné deux fois (1 Chron. 23. 1 ; 29. 22 à 25). Dieu l’agrandit, et tous, même les fils du roi, se soumettent à lui.

Ce chapitre montre le contraste entre la paix de ceux qui suivent la volonté divine, et le trouble de ceux qui s’y opposent. Le monde peut ourdir ses complots pour satisfaire ses ambitions, mais la puissance de Dieu est souveraine, et rien ne peut lui résister : « Ce que sa bouche a dit, sa main l’accomplira ». Adonija, Joab, Shimhi, adversaires déclarés, vont se soumettre en dissimulant, et seront mis à mort (ch. 2. 25, 34 et 46), selon la justice du royaume millénaire de Christ. Nous vivons encore le temps de la grâce et de la patience du Seigneur. Mais, durant Son règne sur la terre, Il exercera la justice divine – justice immédiatement exécutée (Ps. 101).

Ch. 2

A la fin de sa vie, David commande à son fils Salomon, assis sur le trône d’Israël à sa place, de rester fidèle jusqu’au bout, comme lui-même l’avait été avec Dieu. Les recommandations de David étaient, pour Salomon, comme un testament de David. Dieu avait fait une promesse conditionnelle à David (v. 4) ; et David désirait que l’Éternel puisse l’accomplir.

Il recommande à Salomon de se fortifier en Dieu et non en lui-même, d’être un homme, et d’observer les commandements de Dieu (v. 2 et 3). C’était la condition pour la bénédiction du règne de Salomon.

On retrouve les mêmes recommandations que Josué avait reçues de la part de Dieu (Jos. 1. 6 à 9). Il fallait donc que Salomon, roi d’Israël, garde « les voies de Dieu, ses statuts, ses commandements, ses ordonnances et ses témoignages » (v. 3 ; Ps. 119). Ces recommandations s’adressent aussi à nous, dans notre marche ici-bas. Cette même fermeté est requise dans notre vie de croyants ; Paul dit à Timothée : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le christ Jésus » (2 Tim. 2. 1). Les commandements de David à son fils se référaient à la loi. Quant à nous, nous sommes exhortés à nous fortifier dans la grâce, afin de garder les commandements du Seigneur. Sous la grâce, nous pouvons avancer dans l’amour pour Dieu et pour les frères. « Veillez, tenez ferme dans la foi ; soyez hommes, affermissez-vous. Que toutes choses parmi vous se fassent dans l’amour » (1 Cor. 16. 13 et 14). Ce sont les conditions requises pour combattre le bon combat dans ce monde.

Dès le début de notre vie chrétienne, nous devons demander à Dieu qu’Il nous garde fidèles et nous fasse croître vers l’état « d’hommes faits », spirituellement adultes (1 Jean 2. 14 et 15), afin que nous soyons tous de bons combattants, maintenant fermement les enseignements de la Parole (Jude). Une comparaison nous montre que si nous enfreignons les lois de la nature, il en ressort toujours du mal de toute sorte ; alors que si nous les respectons, il en résulte du bien pour nous. C’est la même chose dans le domaine spirituel : si nous ne respectons pas la Parole de Dieu, notre vie spirituelle périclite, tandis qu’elle croît, si nous lui obéissons de cœur. Ainsi, les commandements de Dieu sont pour notre bénédiction, alors que notre propre volonté nous conduit au mal. Les recommandations solennelles de David à Salomon avaient pour but de permettre à Dieu de réaliser Ses promesses que David rapporte dans le Ps. 132. 11 et 12.

Pour nous, le Seigneur nous exhorte à garder Ses commandements, afin de nous bénir (Jean 14. 21 à 24). L’obéissance à Ses commandements d’amour doivent nous faire refléter l’amour divin qui est en nous. Il ne suffit pas de connaître les commandements du Seigneur, mais il faut les garder dans nos cœurs, afin de les mettre en pratique (Jean 13. 16 et 17). Certains commandements de la loi sont répétés pour les chrétiens : « Honore ton père et ta mère » (Éph. 6. 1 et 2). Ceci ne s’adresse pas qu’aux enfants mais quel que soit notre âge, aussi longtemps que nos parents sont en vie. Les bénédictions conditionnelles du verset 4, dans notre vie, sont actuelles.

Le Psaume 119. 105, nous rappelle que la Parole, comme une lampe brillant dans la nuit, nous éclaire sur la qualité de notre marche chrétienne, et nous montre dans quel chemin nous nous engageons. Elle nous fait discerner si nous obéissons au Seigneur, ou si nous faisons notre propre volonté. Il nous faut donc la lire assidûment, et la sonder, car elle rend témoignage du Seigneur.

Ces recommandations de David à Salomon sont là pour régler sa vie personnelle ; mais aussi, quant à la manière dont il devra agir envers les ennemis (v. 5 à 9). Comme « roi de grâce », David a épargné ses ennemis durant sa vie.

Mais, avec Salomon, « roi de justice et de puissance », un changement de régime du royaume, oblige celui-ci à sévir en jugement, contre ces mêmes ennemis qui sont aussi les siens ; il préfigure le règne de justice du Seigneur avant et pendant le royaume de mille ans, où des jugements auront lieu. Les hommes sont responsables de se repentir (Act. 17. 30 et 31. Sous la grâce, nous devons aimer nos ennemis (Mat. 5. 43 à 45). En tuant deux chefs d’armée, Joab avait fait du mal à David (v. 5). De même, faire du mal aux chrétiens, c’est faire du mal au Seigneur, auquel nous sommes unis (Mat. 25. 40 à 45 ; Act. 9. 5).

Joab, Shimhi, Adonija et Abiathar étaient des ennemis de David, qui les avait épargnés durant sa vie, tant par faiblesse que parce qu’il représentait Christ, roi dans le temps de la grâce. Et on peut s’étonner qu’il demande à Salomon de le venger de ses ennemis, au moment où ce dernier monte sur son trône. C’est que David et Salomon représentent le même Seigneur, passant de l’économie de la grâce actuelle, à l’économie de la justice, durant le règne millénaire de Christ. Et la justice va de pair avec le jugement (Ps. 89. 14).

Certes, pour les croyants, le Seigneur déclare, en grâce : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Ps. 85. 10 et 11 ; Héb. 8. 12). Christ a satisfait aux exigences de la justice divine, en permettant l’exercice de la grâce pour les croyants. Quant aux ennemis, incrédules, le Seigneur s’en souviendra en jugement, au temps de Son règne de justice (Apoc.).

Joab avait mis à mort deux des chefs de l’armée, s’opposant ainsi, par violence, à David même : « Tu sais ce que m’a fait Joab ». Il avait été « une écharde » pour David. Même s’il a pu donner de bons conseils à David, il n’en était pas moins un homme naturellement violent, ambitieux, tuant froidement ceux qui, étant haut placés, menaçaient sa propre autorité – contre la volonté de David (2 Sam. 3. 36 à 38). Le meurtre n’effraie pas cet homme. Dans un moment d’égarement, David lui demande de placer le mari de Bath Shéba au plus dangereux de la bataille, afin de le faire mourir, et Joab n’y voit aucune objection ! La vieillesse ne l’a pas assagi. Veillons sur notre état spirituel qui peut se dégrader lorsque nous vieillissons.

Au verset 6, 9 et chapitre 3. 28, se trouvent les premières mentions de la sagesse de Salomon, sagesse liée à l’exercice de la justice. Salomon a demandé à Dieu qu’Il lui donne un cœur sage, qui écoute. Et Dieu l’a exaucé, et l’a rendu capable d’exercer des jugements révélant sa sagesse, dont entendront parler les nations alentour. Il était un type de Christ, exerçant la justice durant Son règne, avec Sa sagesse divine (Apoc. 5. 12). Pourtant, David n’oublie pas ceux qui lui ont apporté leur aide ; et il parle en bien de Barzillaï et de ses fils qui « mangeront à ta table » dit-il à Salomon (v. 7 ; 2 Sam. 19. 31 à 38). Dieu n’oublie pas ceux qui font du bien selon Sa pensée.

La fin du verset 5, parle de la ceinture de Joab et de ses sandales, symbolisant le service et la marche ; le sang des meurtres commis entachait son service et sa marche. Veillons sur nous-mêmes, à cet égard, afin que le péché n’entache pas notre service et notre marche morale, mais que nous honorions le Seigneur, en Le servant (Éph. 6. 14 et 15). C’est souvent dans la pratique de notre vie que nous sommes défaillants. De même, lorsque Absalom, figure de l’antichrist, cherche à prendre le royaume, David doit s’enfuir.

Mais le cœur d’Ithaï s’attache à David et le suit dans son exil. Puis il va le servir : sur le conseil du roi, il rejoindra Absalom (mais au profit de David), afin d’annuler « le conseil d’Akitophel » qui s’est déclaré pour l’usurpateur.

Shimhi lui, a maudit le roi. Comme pour David, les ennemis de Christ seront jugés, mais les fidèles, récompensés. Dieu regarde au cœur, tandis que nous regardons beaucoup aux apparences qui font souvent illusion pour un peu de temps, avant que le Seigneur ne révèle les cœurs.

Matthieu 25. 31 à 46 montre les jugements de Christ sur les hommes : les croyants iront au ciel, les incrédules dans l’étang de feu. Shimhi, au retour de David, était revenu se soumettre à lui, reconnaissant sa faute, en apparence (2 Sam. 19. 16 à 23) ; et il était avec lui, lors de la tentative avortée d’Adonija. Mais David ne se fiait pas à son attitude. Il ne suffisait pas qu’il ait dit : « J’ai péché » (2 Sam. 19. 20). David discernait que ce « retour » n’était pas profond, venant du cœur. Salomon lui fait jurer « par l’Éternel », qu’il sera mis à mort, s’il quitte Jérusalem. Quatre ans plus tard, Shimhi, enfreignant son serment, quittera momentanément la ville où il était assigné à résidence, pour se lancer à la poursuite de deux de ses serviteurs enfuis. Il est mis à mort, car il a maudit David, l’oint de l’Éternel (cf. 2 Sam. 16. 5 à 8), et a méprisé le serment qu’il avait prononcé devant Dieu (v. 42 et 43). « Nul ne peut dire anathème à Jésus par l’Esprit Saint ». Shimhi avait traité David de « fils de Bélial », mais c’était lui qui en était un !

Actes 13. 36 donne une belle épitaphe de la vie de David : « Il a servi, en son temps, aux conseils de Dieu ». Les conseils divins sont fermes, et s’accomplissent toujours. C’est une grâce, s’il nous est donné d’être des serviteurs fidèles pour que ces conseils se réalisent. Soyons une aide, et non une entrave. Malgré ses chutes, David est resté fidèle, et Dieu a pu se servir de lui.

2 Samuel 23. 1 à 7 rapporte les dernières paroles de David, qui se situent probablement entre les versets 9 et 10. L’Esprit de l’Éternel avait parlé à son cœur, et Sa Parole avait été sur sa langue (v. 2). Le Seigneur nous parle par Sa Parole, et nous devons partager avec nos frères, ce qu’Il nous a donné, afin d’être utiles à tous.

Enfin, « David s’endormit avec ses pères » (v. 10). « Endormi par (ou en) Jésus » (1 Thess. 4. 14). Dieu s’était « cherché un homme selon son cœur », et Il avait vu, dans le cœur de David, l’homme qui servirait à Ses conseils, et auquel Il pourrait faire « des grâces assurées », avant qu’il « s’endorme » (És. 55. 3 ; Act. 13. 37). Ces grâces assurées de David, prophétiques, concernent le Seigneur Jésus ressuscité, qui vit éternellement.

Salomon, ayant le privilège et la responsabilité de succéder à son père, homme de Dieu, présente un autre aspect du Seigneur. Il est le roi de gloire exerçant le jugement sur les impies, et récompensant les fidèles (Mat. 25. 34 et suivants). La grâce de Dieu l’accompagne, car son cœur est bien disposé. Les ennemis de David, qui sont aussi ceux de Salomon, se manifestent très vite. Autrefois les objets de la miséricorde de David, ils ont été mis à l’épreuve ; mais leurs cœurs sans repentance se découvrent très vite, et avec la sagesse que Dieu lui donne, Salomon discerne leur soumission « en dissimulant ». Le jugement tombe aussitôt sur eux. Dieu lit dans nos cœurs, ne se fiant pas aux bonnes apparences. La chair qui est encore en nous veut toujours se manifester. Il doit y avoir la repentance et la confession, afin que nous soyons restaurés.

Adonija semble reconnaître que le royaume est donné de Dieu à Salomon, mais on n’observe chez lui aucune repentance pour sa tentative de s’emparer du royaume. Sa requête, au sujet d’Abishag, par l’intermédiaire de Bath-Shéba, part d’un cœur pervers et égoïste. Bath-Shéba, d’ailleurs, se méfie de lui : « Est-ce en paix que tu viens ? » (v. 13) Et il répond : « En paix ». « Le méchant… les paroles de sa bouche étaient lisses comme le beurre, mais la guerre était dans son cœur » (Ps. 55. 20 et 21). Salomon discerne le calcul secret d’Adonija, et la sentence tombe sur lui aussitôt. Il avait « prononcé cette parole contre sa propre vie » (v. 23). Outre qu’il n’avait aucun droit à avoir Abishag, sa prétention à cette « légitimité » sur celle qui avait été la femme de David, dévoilait son secret désir de reconquérir une place de suprématie, et de reprendre le royaume à Salomon. Mais celui-ci ne s’y trompe pas (v. 22).

Mais avant cela, il est beau de voir le respect du roi tout-puissant pour sa mère. Dès qu’il la voit, il se lève, va à sa rencontre, s’incline devant elle, s’assied sur son trône et la fait asseoir à sa droite (la place d’honneur), sur un trône. Ce respect dévoile l’amour du roi pour sa mère, mais aussi son obéissance à la loi : « Honore ton père et ta mère » (Ex. 20. 12 ; Éph. 6. 1). Ce commandement accompagné de promesses, est toujours valable pour nous, chrétiens, quel que soit notre âge, tant que nos parents vivent. Les jeunes enfants doivent leur obéir pour plaire au Seigneur qui leur donne ce commandement. Devenus adultes, ils doivent leur porter honneur. Salomon a honoré sa mère, mais ne lui a pas obéi. Le Seigneur Lui-même, enfant, honorait Ses parents, en leur étant soumis (Luc 2. 49), et sur la croix, Il a honoré Sa mère en prenant soin d’elle (Jean 19. 27). La différence entre obéir et se soumettre, tient essentiellement à l’activité de l’amour dans nos relations familiales. On peut obéir par crainte ; mais on se soumet par amour.

Cependant, quand ils se marient, les époux doivent quitter père et mère, et sont « une seule chair » (Éph. 5. 31). Dans le mariage, si les époux sortent des dispositions morales établies de Dieu, le désordre et les douleurs s’ensuivent. Dieu a établi l’homme chef de famille, et sa femme « une aide qui lui corresponde », dans l’amour. Ferme, Salomon rappelle les promesses que Dieu a faites à David, et met à mort Adonija, un des ennemis.

Ch. 3

Salomon est un type de Christ jugeant Ses ennemis avant Son règne, et exerçant la justice divine sur la terre, durant Son règne de paix et de prospérité, pendant mille ans. Salomon exerce cette justice, dans ce jugement qu’il prononce, avec la sagesse donnée de Dieu, du verset 16 à 28.

La fille du pharaon, qu’il épouse, s’alliant ainsi avec les nations, contrairement à la volonté de Dieu, représente les nations avant et pendant le règne millénial du Seigneur, et non l’Église de Christ, qui ne sera plus sur la terre, lorsque le Seigneur jugera le monde et établira Son règne. A ce moment-là, les nations monteront, d’année en année, à Jérusalem, pour y rendre hommage à Dieu (És. 19. 23 à 25 ; Zach. 8. 23 et 14. 16), mais n’entreront pas dans le temple de l’Éternel, comme Israël le fera (Éz. 46. 8 à 10).

Contrairement à la fille du pharaon, plusieurs femmes de l’Ancien Testament représentent l’Église : Ève, Rebecca, Rachel, que Jacob a eu bien de la peine à acquérir, Asnath, jointe à Joseph dans sa gloire, Séphora, associée à Moïse dans sa réjection, et enfin Ruth, la Moabite unie à Boaz. Plus tard, la Parole nous apprend que Salomon a « aimé mille femmes » !

Salomon fit habiter sa femme dans la ville de David, jusqu’à ce qu’il lui eût bâti une maison (2 Chron. 8. 11) : elle est un type des nations bénies du Seigneur, avant le millénium, mais à qui le Seigneur accorde une place moins proche de Lui qu’à Israël, durant Son règne. Les croyants des nations jouiront des bénédictions qui leur seront attribuées, mais seront distinguées du peuple de Dieu (Apoc. 7. 9 à 17). Le temple bâti, l’arche étant dedans, Jérusalem représente la sainteté de Dieu qui est là.

Durant le millénium, Ézéchiel 47. 9 à 11, montre que les hommes connaîtront le bonheur terrestre, mais que le péché, retenu par la présence de Christ, sera encore là ; et il y aura des jugements exercés chaque matin (Ps. 101) : les marais ne seront pas assainis. Nous, croyants, sommes étroitement liés à la mort et à la résurrection de Christ. Rien ne peut plus nous séparer de Lui (Rom. 8. 21 à 39). Notre place sera supérieure à celle d’Israël, dans le ciel.

Entre le moment où Salomon amène sa femme dans la ville de David, et le moment où il a bâti la maison de l’Éternel et celle de sa femme, il a ce songe de l’Éternel, au cours duquel il lui adresse cette prière qui va tout changer dans son comportement : il reçoit, à ce moment-là, sagesse pour juger le peuple, et obéissance pour lui-même. Il y avait, jusque-là, bien que « Salomon aimait l’Éternel », cette restriction répétée aux versets 2 et 3 : « seulement » le peuple et Salomon adoraient l’Éternel sur les hauts lieux, ce qui n’était pas selon la volonté de Dieu. Ces hauts-lieux étaient de deux sortes : sur certains on adorait Dieu, sur d’autres, on adorait les idoles.

Nous devons adorer Dieu où le Seigneur se trouve, et non où il nous plairait de le faire. Pour la Pâque, les disciples avaient demandé au Seigneur : « Où veux-tu que nous apprêtions la Pâque ? » (Luc 22. 9). Les chrétiens aussi peuvent avoir des hauts lieux où ils pensent adorer le Seigneur. Au début du règne de Salomon, l’arche était dans la ville de David, à Jérusalem, et l’autel à Gabaon où on sacrifiait des holocaustes (1 Chron. 16. 39). Dieu usait de grâce et de miséricorde, en attendant que le temple soit construit, où Il mettrait la « mémoire de son nom ». Sur les hauts lieux, l’arche était absente : la présence de Dieu n’était pas réalisée comme il convenait.

Après son songe, Salomon n’adorera plus que devant l’arche, où il offre des « holocaustes et des sacrifices de prospérité » (de communion). Salomon progresse, car il désirait obéir. Nos progrès sont liés à l’obéissance. Certes, Dieu est souverain pour bénir les Siens qui l’adorent, mais nous connaissons de quelle manière le Seigneur veut être adoré : gardons ces vérités, dans la communion avec Lui. Ayons des cœurs larges pour tous les frères, mais dans le chemin étroit. Dans la fraction du pain, nous reconnaissons l’ensemble de tous les vrais croyants de l’Église, où qu’ils adorent (Apoc. 2. 24 et 25). Gardons précieusement cette vérité de la Parole ; mais gardons-nous d’aller rompre le pain où cette vérité n’est pas reconnue, ou ignorée. Le Seigneur lit dans les cœurs de tous.

« Salomon aimait l’Éternel, marchant dans les statuts de David, son père » (v. 3), pour lequel il avait beaucoup de déférence. Âgé d’environ vingt ans, sa piété était grande, au moins jusqu’au chapitre 11, où nous apprenons qu’« il aima beaucoup de femmes étrangères ». Dans sa piété, il manquait de discernement, car il sacrifiait à Gabaon, le principal haut-lieu, contrairement à son père qui avait compris que l’adoration devait être rendue devant l’arche, à Jérusalem (Ps. 132), après la mise de côté de Silo, lors de la triste affaire de la famille d’Éli, le sacrificateur (1 Sam. 2 à 4). Ce psaume montre l’amour de David pour l’arche, qui représente le Seigneur.

En 1 Chroniques 21 (fin du chapitre), David avait peur de l’autel qui était à Gabaon, sur le terrain de la loi. C’est dans l’aire d’Ornan, à Jérusalem, qu’il dresse un autel sur lequel il offre des holocaustes, sur le terrain de la grâce. C’était là le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter Son nom (Deut. 12. 4 et 5).

Avec une grande libéralité de cœur, Salomon offre mille holocaustes à Gabaon ; et dans Sa grâce, l’Éternel use de miséricorde envers lui, en lui apparaissant là, au cours d’un songe de la nuit – comme Dieu le fit souvent dans l’Ancien Testament (1 Sam. 3. 3 à 10, par exemple). Maintenant que nous avons la Parole complète et le Saint Esprit, les songes venant de Dieu sont rares. Par cette question posée à Salomon, Dieu veut manifester les désirs secrets de son cœur. Et cette question nous est posée à tous : quels sont nos désirs intimes, quant à Dieu ? Ainsi que Samuel, jeune enfant, avait répondu : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute », le songe de Salomon a complètement changé son attitude : désormais, c’est à Jérusalem, devant l’arche, qu’il adorera. À Gabaon, Dieu a compté mille holocaustes, démontrant la haute appréciation que Salomon avait de l’Éternel. A Jérusalem, « devant l’arche de l’alliance de l’Éternel, il offrit des holocaustes ». Dieu ne comptabilise plus la quantité, mais la valeur des sacrifices offerts, dans une heureuse communion avec l’Éternel, comme le montrent les sacrifices de prospérité (v. 15). C’est en adorant là où le Seigneur a promis Sa présence, que l’on manifeste notre communion avec Dieu – de même que l’Éternel a ramené Salomon à Jérusalem, pour y adorer.

Ainsi en Luc 24, le Seigneur, ressuscité, a ramené à Jérusalem les deux disciples qui s’en éloignaient, allant à Emmaüs. Les réponses de Salomon réjouissent le cœur de Dieu, et il va recevoir plus qu’il n’avait demandé. C’est alors, à Jérusalem, que Salomon a bâti le temple de l’Éternel, là où le peuple devait avoir son cœur. Dieu a tous les moyens pour communiquer Ses pensées aux croyants : les songes ou la Parole : « Dieu parle une fois, et deux fois et l’on n’y prend pas garde » (Job 33. 14 à 16). Nous devons être attentifs à ces communications qu’Il nous adresse, par Sa Parole et le Saint Esprit. Ayons des cœurs qui écoutent, pour éviter des errements douloureux et humiliants.

Ayant le cœur bien disposé, Salomon reconnaît la bonté de Dieu, et lui rend grâces – et pieusement, il honore son père (v. 6 à 9 ; Prov. 23. 15, 16, 19, 22, 24 et 25). Salomon, dans ses Proverbes, reconnaît l’Éternel comme son vrai Père. Dans son humilité, il confesse son incapacité à juger le peuple, et adresse ses demandes à Dieu, qui voit sa sincérité. Dieu veut mettre nos cœurs à nu, afin de nous enseigner et de nous bénir. Il est prêt à donner à celui qui Lui demande (Luc 18. 35 à 43 ; Mal. 3. 10). Il demande toujours : « Que veux-tu que je te fasse ? ». Il faut demander pour notre bien, et non « pour le dépenser pour nos voluptés » (Jac. 4. 2 et 3), par un exercice de prière, reconnaître notre faiblesse, et avoir confiance en Dieu. « Si quelqu’un manque de sagesse, qu’il demande à Dieu » (cf. Jac. 1. 5). Dieu répond selon la mesure de ce qu’Il est, non selon la mesure de notre cœur. Ne soyons pas comme Laodicée qui dit : « Je n’ai besoin de rien ». Salomon demande en rapport avec la lourde tâche qui l’attend, et Dieu y répond.

En Josué 15. 18 et 19, Acsa demande une bénédiction qui lui est accordée. De même, Jahbets demande à Dieu : « Si tu me bénissais abondamment, et si tu étendais mes limites, et si ta main était avec moi, et si tu me mettais à l’abri du mal, en sorte que je fusse sans douleur ! Et Dieu fit arriver ce qu’il avait demandé » (1 Chron. 4. 10). Avons-nous humblement soif de bénédictions, de grandir spirituellement, d’être gardés par Dieu ?

Salomon, à la question de Dieu, ne demande rien pour lui-même, sinon « un cœur qui écoute », de manière à juger le peuple de Dieu justement. Sa demande satisfait Dieu, et Il la lui accorde, en y ajoutant ce qu’il n’avait pas demandé (v. 11 à 13). Dans nos prières, nous avons besoin d’être guidés par le Saint Esprit (Rom. 8. 26) ; et Dieu nous accorde souvent plus et mieux que ce que nous demandons. Salomon se nomme « ton serviteur » (v. 7 à 9). Le Seigneur a été le parfait Serviteur, dépendant du Père. Serviteurs de Dieu, nous avons besoin de cœurs qui écoutent, afin de Le servir selon Sa volonté. Les bonnes intentions ne suffisent pas. L’enseignement divin entre en nous par le cœur et la conscience. Même si Dieu se sert de notre intelligence, elle doit être soumise à l’Esprit Saint, et nous devons écouter la Parole, comme Marie (Luc 10. 39), pour être rendus intelligents quant aux pensées du Seigneur (Jean 12. 3). Instruite aux pieds du Seigneur, Marie, avec intelligence, a oint les pieds du Seigneur, mais n’est pas allée au tombeau, sachant qu’Il ressusciterait.

Nos cœurs étant engagés, écoutons la Parole, afin de marcher de manière à Lui plaire. « Écouter est meilleur que sacrifice » (1 Sam. 15. 22). Ne pas écouter la Parole, c’est se vouer aux égarements de notre cœur naturel. Écouter Celui qui nous a été « fait sagesse », rend capable de discerner entre le bien et le mal. C’est par le cœur et la conscience que la connaissance du Seigneur entre en nous, dans notre être moral. C’est ce que Dieu a donné à Salomon : « Mes brebis écoutent ma voix, et elles me suivent » (Jean 10. 27). La Parole nous instruit des pensées de Dieu, si nous l’écoutons avec le cœur (Ps. 32. 8). Nous n’entrons pas toujours directement dans Ses pensées : nous avons souvent besoin d’être exercés pendant un temps, dans la séparation du monde, avant d’être conduits dans Son chemin (Ps. 25. 4 et 5). Le Seigneur peut nous diriger par Sa Parole ; par une conviction profonde et personnelle, mais conforme à Sa Parole, et non en contradiction avec elle ; enfin, par les circonstances, nous encourageant dans une direction donnée. Mais cette troisième manière, ne doit pas passer en premier.

En 2 Corinthiens 12. 9, Paul, ayant fait une demande au Seigneur, écrit : « Et Il m’a dit » C’est la foi exercée, telle qu’elle est définie en Hébreux 11. 1. Mais, obtenir une réponse du Seigneur, suppose que nous sommes disposés à obéir ; sinon nous supporterons les conséquences de notre « indépendance », que ce soit pour le mariage ou pour tout autre besoin.

Le Seigneur est un exemple pour nous : en Hébreux 10. 5, Il dit : « Tu m’as formé un corps ». Mais dans le Psaume 40. 6, Il dit : « Tu m’as creusé des oreilles ». Dans l’éternité, avant Sa venue sur la terre, Il était à l’écoute de Son Dieu.

Dans ce monde appelant « le bien, mal, et le mal, bien », nous avons le plus grand besoin d’écouter Dieu pour nous-mêmes – mais aussi pour conduire l’assemblée, selon la pensée de Dieu. Salomon demande à Dieu la sagesse, en rapport avec sa propre incapacité à conduire le peuple par lui-même. Son fils, après lui, n’aura pas cette sagesse. Gardons-nous de toute prétention, car « qui est suffisant pour ces choses ? » (2 Cor. 2. 16).

Se déclarant « stupide », Agur reçoit la sagesse (Prov. 30). Plaire à Dieu, c’est recevoir de Lui ce qui nous est nécessaire (Mat. 6. 33), moralement et matériellement (cf. Prov. 30. 8). Dieu donne plus que ce que nous demandons, mais selon nos vrais besoins (Éph. 3. 20).

Quant à Salomon, il a reçu « un cœur sage et intelligent », de sorte qu’il fut un roi unique dans l’histoire humaine (v. 12). Il a écrit sur beaucoup de sujets (1 Rois 4. 32 à 34) ; et sa sagesse, en son temps, a été connue universellement (ch. 10. 4 à 8). Il a été un type de Christ dans Son triomphe et Sa gloire, comme « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19. 16). Cependant, un bon début de carrière ne garantit pas la suite. Salomon, par la suite, a fléchi, et s’est éloigné de Dieu. Que le Seigneur nous accorde de persévérer jusqu’au bout, dans la fidélité et l’obéissance à Sa Parole.

Bien que Dieu ait accordé à Salomon plus qu’il ne Lui avait demandé, Il le place, au verset 14, sur le terrain de la responsabilité : « Si tu marches dans mes voies, gardant mes statuts et mes commandements… je prolongerai tes jours ». Mais, sur ce terrain-là, nul ne peut se maintenir longtemps sans faillir. Le peuple avait proclamé : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Mais il est tombé aussitôt après. Obéir à Dieu suppose que nous Lui demandions Sa force. Notre volonté n’y suffit pas.

Les premières bénédictions accordées à Salomon répondaient à sa demande de recevoir « un cœur qui écoute ». Mais ensuite, Dieu lui fait des promesses conditionnées à sa marche, et à sa fidélité (v. 14). Marchons dans le chemin tracé par la Parole, et selon la vérité connue, demandant au Seigneur, la force de rester fidèles (Prov. 4. 20 à 22). Moïse avait déjà reçu ce commandement pour le peuple (Deut. 5. 31 à 33). Le peuple serait béni, sur la terre, dans la mesure où il obéirait à la loi. Sous la grâce, nos bénédictions sont subordonnées à notre soumission à la Parole. « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21). C’est par amour que nous pouvons suivre le Seigneur. Alors, Dieu donne libéralement et ne fait pas de reproches (Jac. 1. 5 et 22).

Salomon s’est écarté, par la suite, des commandements de l’Éternel. Mais, il met en garde ses propres fils (Prov. 5. 1 et 7).

Écoutons la voix du Bon Berger, et suivons-Le (Jean 10. 27). Sa voix se fait entendre dans Sa Parole.

Prévenu deux fois (1 Rois 2 et 3) et ici, Salomon, contrairement à la loi (Deut. 17. 17), a eu beaucoup de femmes, d’or et de chevaux (1 Rois 11. 1 ; ch. 10. 14, 15, 28 et 29). La sincérité de Salomon était réelle (v. 9 et 15), mais il aurait dû rester « petit à ses propres yeux », comme au début de son règne. Les exhortations s’adressent à la nouvelle nature, et non à la chair, incapable d’obéir à Dieu. Dans son humilité, Gédéon reçoit de Dieu ce commandement. « Va avec cette force que tu as » (Jug. 6. 14 et 15). Dieu ne peut rien faire d’un croyant imbu de lui-même.

A Gabaon, Salomon s’attachait à la religion judaïque. Mais, à Jérusalem, il adore l’Éternel, devant l’arche, figure de Christ. Nous devons servir le Seigneur et l’adorer là où Il a promis Sa présence, dans la communion avec Lui, afin de plaire à Dieu.

Devant l’arche, Salomon offre des sacrifices de prospérité : les deux premiers sacrifices sanglants commandés par l’Éternel (Lév. 1 et 3). Dans le sacrifice de prospérité, l’Éternel et l’adorateur avaient leur part, et jouissaient ensemble d’un Christ offert, à la fois à Dieu et pour l’adorateur. « Et Salomon « fit un festin à tous ses serviteurs » (fin du verset 15).

Dans le culte, jouissons-nous tous de l’adoration rendue à Dieu au sujet de Son Fils, notre Seigneur Jésus ?

Dans son jugement au sujet de l’enfant qu’il lui fallait rendre à sa vraie mère, comme Dieu, Salomon ne fait pas acception des personnes, mais s’attache à faire jaillir la vérité. Comme le fera le Seigneur, à l’aube de Son règne, et durant celui-ci, Salomon a dû détruire ses ennemis (ch. 2). Mais, ces deux femmes ne sont pas des ennemies, aussi, le roi fait justice à la vraie mère, sans châtier la fausse mère, pour qui il use de grâce.

Durant Son règne millénaire, le Seigneur rendra une justice de paix, dans les différends qui se produiront sur la terre. Comme Dieu, Salomon regarde au cœur, et les sonde : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ». Dans les litiges pouvant survenir au milieu de nous, la ressource, c’est la prière (Dan. 2. 17 à 19) qui nous donnera la sagesse d’en-haut (Jac. 3. 17).

Le Seigneur répondait avec sagesse à Ses contradicteurs (Mat. 22. 15 à 21 par exemple).

Si nous souffrons injustement pour le Seigneur, remettons-nous à Lui « qui juge justement » et nous encourage (Ps. 37. 5 à 7 ; 1 Pier. 2. 23).

Ne pouvant s’appuyer sur aucun indice pour porter un jugement juste, le roi Salomon sonde le cœur de ces deux femmes. La menace de couper l’enfant en deux fait jaillir, du cœur de la vraie mère, une ardente supplication. Son cœur s’émeut, et elle préfère sacrifier son amour pour son fils, en le donnant à l’autre femme, pourvu qu’il vive. Et le roi ne s’y trompe pas : « Donnez à celle-là l’enfant qui vit, et ne le tuez point: c’est elle qui est sa mère » (v. 27).

L’amour que nous devons au Seigneur doit être assez fort pour nous pousser à bien des sacrifices. Des croyants, dans certains pays, sont amenés à sacrifier leur propre vie par amour pour leur Sauveur. Les entrailles de la mère de cet enfant étaient tout émues (v. 26).

Combien de fois voyons-nous les entrailles du Seigneur s’émouvoir, en voyant la misère des foules qui l’entouraient !

La parabole du fils prodigue, nous montre l’émoi du père en apercevant de loin, son fils revenant vers lui. Les entrailles de Dieu s’émeuvent de joie, lorsqu’un pécheur vient à repentance.

Salomon avait besoin de toute la sagesse de Dieu, pour discerner la vérité. Et il reconnaît la mère de l’enfant, au profond émoi qui s’empare d’elle, à la menace de voir tuer son enfant. C’est toujours la volonté de Dieu que la vérité se révèle. Seul, le Saint-Esprit peut et veut nous diriger, en s’appuyant sur les Écritures. « Dieu est amour ». Et notre amour doit y répondre en ne recherchant pas nos « propres intérêts » (1 Cor. 13. 5).

Dans ces chapitres des Rois, le caractère de Dieu se révèle, à travers la sagesse de Salomon. Mais le Seigneur « est plus que Salomon » qui n’en est qu’un type imparfait. Très tôt, la sagesse du Seigneur Jésus s’est révélée (Luc 2. 52). L’enseignement du Seigneur étonnait les foules (Marc 6. 2), faisait dire « Jamais homme ne parla comme cet homme ». Sans recourir à quelque artifice que ce soit, le Seigneur discernait ce qu’il y a de plus secret dans les cœurs (Jean 8. 7 à 9).

L’épée que Salomon avait fait apporter, rappelle la Parole qui est « plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles » (Héb. 4. 12 et 13) ; elle nous fait comprendre les pensées de Dieu.

De ces deux femmes, l’une fait penser à un chrétien n’ayant pas la vie en lui, et qui abandonne dès qu’une difficulté surgit. L’autre, à un croyant aimant son Seigneur, et qui est prêt à tout donner par amour pour Lui. Derrière cette scène, Dieu révèle que la vie, dont il est Lui-même la source, lui est précieuse. C’est Sa volonté que « tous vivent ». Et il déploie Sa sagesse à travers le jugement de Salomon, afin que cet enfant reste vivant. Cette sagesse est connue de tout Israël (v. 28), et préfigure la sagesse du Seigneur qui sera connue du monde entier, durant le millénium.

Comme Salomon au chapitre 2, Le Seigneur exercera Son jugement contre les ennemis. Puis dans Son règne, durant lequel des ennemis encore là se soumettront en dissimulant, les méchants seront mis à mort chaque matin (Ps. 101), mais Il exercera Sa justice afin que la paix règne entre les hommes. Dieu est un Dieu de paix ; et Il veut que la paix qu’Il donne règne entre les frères, par la justice pratique, dans la « crainte de l’Éternel ». La crainte du croyant est de déplaire à Dieu, et il est enseigné du Seigneur (cf. Ps. 25. 14, 12 à 15). Sans intégrité dans notre marche, nous n’avons aucun discernement. Dans les audiences privées qu’avait David avec certains de ses serviteurs, cette intimité avec le roi était pleine de bénédictions pour eux.

Si aucun type du Seigneur, dans l’Ancien Testament, n’atteint sa perfection, Salomon, ici, en est une image remarquable, par sa sagesse et ses capacités surpassant celles de tous les hommes (v. 32 à 34).

Ch. 4

Au chapitre 4, sous le règne de Salomon, Israël connaissait l’abondance, la joie, la paix, et la sécurité (v. 20 à 25). Le pays était administré par onze princes au lieu de douze, révélant l’imperfection, tandis que durant le millénium, l’administration sera parfaite. Parmi eux, on trouve Azaria, fils de Tsadok, sacrificateur après la mise de côté de la maison d’Éli ; Abiathar, chassé de la sacrificature (ch. 3. 27), mais élevé au rang de prince, car Salomon, en grâce, n’oubliait pas ses services rendus à David (Héb. 6. 10).

Pierre, après avoir renié son Maître, a été restauré, devenant un grand apôtre.

Enfin, aux versets 1 et 25, Dieu montre qu’Israël, d’abord un, devait se diviser entre : Juda et Israël. Ici, Salomon dominait, depuis l’Euphrate jusqu’à la frontière d’Égypte, en paix de tous côtés.

Ces chapitres sont prophétiques du règne millénial de Christ, où régnera la paix universelle (v. 24 ; És. 11. 1 à 9 ; 65. 23 à 25) – règne de prospérité et d’abondance (Lév. 5. 22 à 24 ; 26. 10) – de joie (v. 20 ; És. 25. 6).

La Parole de Dieu nous procure, à la fois, la paix de l’âme, la joie dans une connaissance toujours plus profonde du Seigneur, et l’abondance inépuisable des richesses spirituelles, dans la connaissance, la compréhension et la jouissance de la Parole.

Durant Son règne de gloire, « au nom de Jésus se ploiera tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2. 10 et 11). Ce règne de gloire de Celui qui a été méprisé, rejeté, cloué sur une croix, n’est pas attendu de ce monde impie ; mais notre temps touche à ce moment : préparons-nous, tout d’abord, à l’enlèvement de l’Église, pour « être toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4. 13 à 18).

Ce chapitre décrit l’organisation du royaume de Salomon, tout à la gloire du roi, et pour le bonheur de son peuple (v. 20 et 25).

Il avait douze intendants, parmi eux, on trouve un fils d’Abinadab, et Akhimaats (v. 11 et 15). Ces deux intendants, mariés à deux filles de Salomon, avaient été ennoblis. Tous deux avaient été fidèles au service de David : Abinadab avait gardé l’arche dans sa maison, durant vingt ans, et Dieu l’avait béni (1 Sam. 7. 1 et 2). Et ses fils, eux aussi fidèles, servaient Salomon.

Akhimaats avait porté la bonne nouvelle à David, qu’il pouvait reprendre son règne menacé par son fils Absalom (2 Sam. 18. 19 et 28). David lui-même avait rendu témoignage de sa fidélité (cf. 2 Sam. 18. 27).

Si nous sommes fidèles au Seigneur, dans notre vie, Il nous placera dans une plus grande proximité de Lui-même, dans le ciel. Ce qui est fait pour Sa gloire ne perdra pas sa récompense.

Ces intendants avaient reçu un territoire à gérer, et non une tribu. Parmi eux, Juda, la tribu royale (le Seigneur est issu de Juda), ne se trouve pas : cette tribu, étant proche de Jérusalem, bénéficiait de ses privilèges royaux. Toute la sagesse, et l’intelligence hors du commun de Salomon, sont des images de celles, parfaites, du Seigneur, qui seront reconnues universellement durant le millénium. « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix ».

Les versets 20 à 24 décrivent l’étendue des territoires sur lesquels Salomon dominait, bien qu’il n’y régnât pas absolument. Dieu avait promis à Abraham que le peuple issu de lui, serait nombreux comme le sable sur le bord de la mer, et comme les étoiles des cieux (Gen. 22. 17). C’est ce qui se réalisait du temps de Salomon (v. 20).

Puis, le verset 29 révèle la grandeur du cœur de Salomon « large comme le sable qui est sur le bord de la mer » : première partie de la prophétie faite à Abraham. « Comme les étoiles des cieux » se réalisera durant le règne du Seigneur Lui-même.

Salomon, ainsi que le Seigneur durant le millénium où II régnera universellement, était capable d’englober, dans son cœur, tout Israël.

Le verset 24 représente « le grand Israël », territoire que Dieu avait donné à Son peuple, mais que celui-ci n’a jamais conquis. Dieu lui avait donné « tous lieux que foulera la plante de vos pieds » (Jos. 1. 2 à 4). La foi d’Israël avait manqué pour aller jusqu’au bout de la conquête du territoire. L’accomplissement partiel, du temps de Salomon : depuis l’Euphrate jusqu’à la frontière d’Égypte, préfigure le territoire propre à Israël (Ex. 23. 31), durant le règne universel de Christ. Et il était en paix avec les rois, « en deçà du fleuve » (v. 24), qui lui apportaient des présents.

Ces rois représentent les nations sur lesquelles le Seigneur régnera sans partage, et qui lui apporteront des offrandes. Les psaumes 8. 4 à 9, et 68. 29 à 32, prophétisent de la domination du Fils de l’homme, même sur les animaux : domination que Dieu avait confiée à Adam, mais que seul, le Seigneur réalisera en perfection et dans la paix universelle.

La vigne et le figuier (ainsi que l’olivier), figurent Israël ; de Dan à Beër-Shéba représente tout Israël. En contraste avec le règne guerrier de David qui, à cause de cela n’a pu construire le temple, Salomon (le Pacifique), l’a construit dans son règne de paix. De même, le Seigneur n’établira pas Son règne, tant qu’Il aura à combattre Ses ennemis. Ce n’est qu’après le chapitre 19. 11 à 21, qu’il l’établira.

Le roi ne devait pas avoir beaucoup de chevaux (Deut. 17. 16), en contraste avec le verset 26 qui surprend. Pour le Seigneur, à qui revient la gloire, il n’y a pas de restriction.

Après avoir montré la grandeur de Salomon comme roi, la Parole nous le montre là, dans sa grandeur morale (v. 29 et suivants). Sa renommée, « répandue parmi toutes les nations alentour » (v. 31), préfigure la renommée universelle du Seigneur, durant Son règne. Les croyants, alors autour de Lui, dans le ciel, contempleront alors Sa grandeur.

La sagesse de Salomon répondait à sa demande d’avoir « un cœur qui écoute » et Dieu lui avait donné une intelligence capable de comprendre les choses spirituelles, et de les expliquer. Dieu utilise nos capacités naturelles, dans la mesure où nous les mettons à Son service.

Dieu lui avait donné aussi « un cœur large », capable d’aimer tous ses sujets. Le Seigneur veut aussi que nous élargissions nos cœurs (1 Cor. 6. 13), afin d’aimer tous nos frères, et d’avoir de la sollicitude pour toutes les assemblées, comme Paul.

Salomon portait, à sa mesure, ce caractère qu’avait le Seigneur, dès son enfance (Luc 2. 52). La Parole dévoile deux sortes de sagesse : la sagesse humaine (Jac. 3. 14 et 15) et la sagesse d’en haut, qui vient de Dieu (v. 17). Cette sagesse de Salomon, « plus grande que celle de tous les fils de l’Orient » était la réalisation de la promesse de Dieu (ch. 3. 12). Le discernement du croyant l’aide à comprendre les pensées de Dieu.

Salomon était plus sage qu’aucun homme, plus qu’Héman qui se désolait de ne pas trouver Dieu (Ps. 88) ; et qu’Éthan qui se réjouissait en Dieu (Ps. 89). Il y avait un déséquilibre entre ces deux hommes, contrairement à Salomon, qui a aussi écrit le Psaume 127. Même la lointaine reine de Shéba avait entendu parler de la sagesse de Salomon. Seule la sagesse du Seigneur est plus grande que celle de Salomon, car elle est divine.

Dieu n’a pas jugé bon de nous transmettre tous les écrits de Salomon : Il nous a conservé les Proverbes, l’Écclésiaste et le Cantique des cantiques. Selon Job 28. 28, la sagesse, c’est la crainte du Seigneur, et l’intelligence, c’est se retirer du mal. Nous risquons de nous habituer au mal que nous côtoyons et, ainsi, de perdre l’intelligence des pensées de Dieu. Restons donc bien près du Seigneur. La largeur divine du cœur du Seigneur Lui permet de nous aimer tous, certitude précieuse entre toutes ! Connaissant nos besoins, Il y pourvoit, et Il est plein de compassion pour nous, prenant soin de chacun, comme si nous étions les seuls pour son cœur d’amour.

L’esprit de Salomon était très vaste : il avait écrit « trois mille proverbes, ainsi que mille et cinq cantiques (v. 32). Les proverbes s’adressent aux hommes, de la part de Dieu, et sont en bénédiction pour eux, et les cantiques sont des louanges des croyants adressées à Dieu.

Le roi Salomon avait aussi la capacité de parler sur tout : sur les arbres, et en particulier sur le cèdre représentant la grandeur de l’homme ; et sur l’hysope, symbole de sa faiblesse. Et il parla aussi sur les animaux (v. 33), sur lesquels il ne dominait pas, à l’encontre du Seigneur de gloire qui, dans Son règne, dominera aussi sur les bêtes (Ps. 8. 6 à 8). On trouve le cèdre et l’hysope dans « l’eau de purification » avec la génisse rousse : le cèdre et l’hysope devaient être jetés dans le feu, avec la génisse (Nomb. 19. 1 à 6) : la grandeur et la faiblesse de l’homme devait être jugés (jetés au feu) par celui qui se purifiait. On retrouve les mêmes ingrédients dans la purification du lépreux guéri (Lév. 14. 1 à 4). Chacun doit se juger lui-même devant Dieu.

La renommée du Seigneur, dont celle de Salomon n’était qu’un type imparfait, se répandait autour de Lui jusque dans la Syrie (Mat. 4. 24). Et les gens s’étonnaient de sa sagesse (Marc 6. 2) tandis que son cœur large secourait les âmes dans le besoin qui s’approchaient de Lui (v. 6). Dans nos circonstances souvent difficiles, approchons-nous du Seigneur, sans faire appel à nos propres ressources, et Lui nous secourra. Interrogeons-le, lorsque nous sommes perplexes dans notre vie, et Il nous répondra avec amour.

Si la renommée de Salomon était connue par les nations alentour, celle du Seigneur sera universelle : prophétiquement, Dieu lui dit : « Je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre » (És. 49. 6). Jésus dit : « Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8. 12).

Ch. 5

Hiram, roi de Tyr, « avait toujours aimé David » (v. 1), malgré la haine de Saül pour lui, et le fait que David ait été chassé du trône d’Israël et pourchassé par son propre fils Absalom ; son amour pour lui ne s’était jamais départi.

De sorte qu’Hiram s’est réjoui du projet de Salomon de bâtir le temple de l’Éternel, et y participe en donnant à Salomon tout le bois dont il avait besoin. « Et il y eut paix entre Hiram et Salomon, et ils firent alliance eux deux » (v. 12).

Si des hommes aiment le Seigneur alors qu’Il est encore dans la réjection et dans l’opprobre, il y aura une haute récompense pour eux, durant la gloire du règne millénial de Christ ; et ils se réjouiront d’une « joie ineffable et glorieuse» dans la contemplation de sa face » (Ps. 16. 11), et en Le voyant dans Son triomphe final.

D’une certaine manière, Hiram, ce roi des nations dans leur gloire, a été associé à la gloire de Salomon, en relation avec le temple qu’il a contribué à construire, au-delà de la demande de Salomon : celui-ci lui avait demandé des bois de cèdre, et Hiram y a ajouté des bois de cyprès.

Le Seigneur attend que nous fassions plus que ce qui nous est demandé (Mat. 5. 41). En Ézéchiel 27 et 28, longtemps après le temps de Salomon et d’Hiram, le roi de Tyr et son orgueil insensé est assimilé à l’image du monde gouverné par Satan ; et sa destruction lui est annoncée.

En Ésaïe 14, c’est, d’une manière identique, le roi de Babylone (v. 3 et 4), qui est assimilé à la gloire du monde, gouverné par le diable. Et sa fin lui est signifiée. Quant à Hiram, il avait déjà, dans son amour pour David, fourni les matériaux nécessaires pour lui construire une maison (2 Sam. 5. 10 et 11). Et dans notre texte, il va plus loin, et participe à la construction du temple.

Pour le tabernacle dans le désert, nul étranger ne put participer à sa construction. Mais le temple de Salomon est un type du règne de gloire du Seigneur, non plus sur Israël seul, mais aussi sur toutes les nations qui seront sur la terre alors, et qui devront y affluer, pour y apporter leurs offrandes (Zach. 14. 16). Depuis Tyr, on venait écouter le Seigneur (Marc 3. 8). Lui-même n’hésitait pas à sortir des limites d’Israël, pour y secourir une malheureuse mère, dont II dit qu’Il n’avait pas vu une telle foi en Israël (Mat. 15. 21 à 28).

Dans les plans de Dieu, le salut est universellement offert à tous les hommes (És. 49. 6).

Ces chapitres relatent la période la plus heureuse et bénie du règne de Salomon ; et la construction du temple qu’il entreprend, répond à la promesse de Dieu à David, dont Il avait hautement apprécié l’intention de le lui bâtir (2 Sam. 7. 12 à 14, 16). Et « dans son affection » et son « affliction », David avait accumulé beaucoup de matériaux, afin de bâtir le temple (1 Chron. 29. 1 à 5).

Mais, au-delà de la promesse concernant Salomon (1 Chron. 28. 20), la prophétie se projette sur le Seigneur Lui-même, lors de Son règne de gloire, de paix et d’abondantes bénédictions pour tous les hommes (Éph. 2. 14 à 17), et où tout sera réalisé en perfection. Dans ces chapitres, Salomon s’allie avec Hiram, après s’être allié avec le pharaon, et Dieu ne réagit pas : « Les voies de l’homme sont devant les yeux de l’Éternel, et Il pèse tous ses chemins » (Prov. 5. 21).

Objet de la grâce, Salomon est aussi un type de Christ dominant sur toutes les nations durant Son règne, dans une paix universelle (És. 19. 23 à 25). Dieu est un Dieu de paix, et l’on ne peut rien construire dans la dispute : l’évangile est la bonne nouvelle de la paix, et l’Assemblée de Dieu est une œuvre de paix.

La « guerre » entre croyants ne peut que détruire ce que Dieu construit. Nous devons « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 5). David, roi guerrier, n’avait pu construire le temple.

Quant à nous-mêmes, retirés du présent siècle mauvais, ces chapitres ne nous autorisent pas à nous allier avec le monde, dont nous devons être moralement séparés, comme Israël était séparé de tous les peuples.

Cependant, durant le règne de Christ, il sera uni à l’Égypte et à l’Assyrie (cf. És. 19. 24). Dieu a dit : « J’ai appelé mon Fils hors d’Égypte ». Les nations ayant bien agi envers Israël, s’en sont trouvées bien. Salomon sait que la paix dont il jouit dans son royaume procède de Dieu (v. 4).

Dans nos diverses circonstances venant de Dieu, nous devons Le servir en paix. Le Seigneur nous fait jouir de Sa propre paix divine (Jean 14. 27), personnellement et ensemble dans l’assemblée, pourvu que nous sachions la garder, sachant que le Seigneur nous a destinés à partager Sa propre gloire.

« Ainsi que l’Éternel a parlé » (v. 5). Salomon s’appuyait sur la Parole de Dieu pour décider de bâtir une maison pour l’Éternel. Que ce soit la Parole qui nous conduise.

Deux dangers nous guettent : connaître la volonté de Dieu, et ne pas y obéir. Ne pas la connaître, et agir selon notre propre volonté.

Salomon, s’adressant à Hiram, un homme du monde mais qui lui est favorable, dans sa demande des bois nécessaires pour la construction du temple, lui donne les vrais motifs de sa demande : – C’est pour l’Éternel.

Que notre attitude soit claire, aux yeux du monde, sur notre comportement : c’est pour Dieu.

En 2 Samuel 7. 12 et 13, la pensée de Dieu, relativement au fils de David, se projette sur le vrai fils de David : le Seigneur Jésus, Fils de Dieu. Ce que l’Éternel avait dit à David, David l’avait clairement transmis à Salomon. Les Psaumes insistent sur les enseignements que les pères doivent transmettre à leurs descendants, « de générations en générations ». Ainsi doit-il en être dans nos familles. A la pensée divine, clairement révélée, il faut obéir.

David avait ramené l’arche à Jérusalem, et il avait eu l’intention de bâtir le temple de l’Éternel ; et lorsque Dieu lui apprend que ce sera Salomon qui devra le construire, il continue de rassembler les matériaux indispensables. Et Salomon avait assisté, dans toute son enfance, à cet empressement de son père : et à son tour, il y sera zélé.

Dans le comportement journalier de leur père, nos enfants voient-ils des occupations mondaines, ou au contraire, de saintes occupations pour Dieu ? Ils en seront influencés toute leur vie.

Aux versets 4 et 5, Salomon dit : « Mon Dieu » : pour lui, l’Éternel n’est pas Dieu d’une manière générale, mais son Dieu personnel. Ne parlons jamais de Dieu, à un incrédule, de manière évasive ; mais disons : Il est mon Dieu ; mon Sauveur ; Il est venu me sauver.

Thomas, voyant les mains et le côté percés du Seigneur après Sa résurrection, s’écrie : mon Seigneur et mon Dieu !

Salomon, pudiquement, ne dit pas tout, à Hiram. David avait répété à Salomon les propos de l’Éternel refusant qu’il bâtisse le temple lui-même : « Car tu as versé le sang » (1 Chron. 28. 3). À Hiram, il dit simplement : « à cause de la guerre dont ses ennemis l’entourèrent » (v. 3). Nos enfants doivent avoir la même pudeur envers leurs parents, et tous, les uns envers les autres.

La « maison de Dieu » est unique. Certes, le temple a été démoli et rebâti plusieurs fois et, au seuil du millénium, il sera définitivement reconstruit (Éz. 40 et suivants). Mais aux yeux de Dieu, c’est toujours la même maison (Aggée 2. 9). De même l’Assemblée que le Seigneur bâtit Lui-même (Mat. 16. 18), est une et est intouchable.

Si même nous en avons ruiné le témoignage, l’Assemblée, dispersée, morcelée, reste la même, jusque dans la glorieuse éternité.

Devant la jeunesse délicate de Salomon, David prend soin, en vue de la maison de Dieu qui doit être « très grande en renom et en beauté dans tous les pays » (1 Chron. 22. 5), d’accumuler tout ce qu’il faudra pour la bâtir. Et cependant, Salomon lui-même devra compléter l’accumulation des bois nécessaires et des pierres de taille.

Mais il a affaire à Hiram au cœur libéral. Toute cette scène nous parle de la magnificence divine qui se déploiera durant le règne millénial du Seigneur. Zélé, Hiram détaille le déroulement des opérations, jusqu’à Jérusalem et ce n’était pas peu de chose (v. 9) !

De son côté, Salomon pourvoira à la nourriture du pays de Hiram, chaque année (v. 11). Le Seigneur, dans Sa grâce, veut toujours employer les Siens, et en prend soin, même s’Il peut se passer d’eux.

Dans sa grandeur royale, Salomon reste humble, reconnaissant que ses propres sujets ne peuvent rivaliser avec les Sidoniens, pour la coupe des bois (v. 6). Cependant, il s’intéresse à ce travail et y fait participer son peuple. Reconnaissons, avec humilité, la supériorité de nos frères, et soyons des aides pour tous.

La fidélité de Salomon conduit Hiram, comme la reine de Shéba, à bénir l’Éternel (ch. 10. 9). Dieu conduit toutes choses (Dan. 1. 9), mais toujours pour Sa gloire (1 Pier. 2. 11 et 12).

Dans l’énorme richesse du Liban (Éz. 27), il manquait l’essentiel : le froment, figure de Christ dans Son humanité. Dans le millénium, les nations seront richement bénies, et rendront hommage à Christ, à Jérusalem. Hiram n’a pas eu à regretter d’avoir servi Salomon, le roi d’Israël, peuple qui a les alliances et les promesses : car « le salut vient des juifs » (Jean 4. 22).

La sagesse de Dieu, donnée à Salomon, amène la paix, entre lui et Hiram, et conduit ces deux rois à contracter une alliance de cœur engageant leur affection réciproque (v. 12).

Cet état de choses surprend, car Dieu avait interdit à Son peuple de s’allier en aucune manière avec les nations. Mais Il y a là une préfiguration de ce qui caractérisera, en perfection, l’état moral établi durant le règne de Christ, où l’évangile du royaume aura été prêché. Les nations, alors, monteront, d’année en année à Jérusalem, pour y adorer l’Éternel.

La sagesse de Salomon se manifestait dans le jugement des ennemis (ch. 2. 6) ; sa justice, dans son gouvernement du royaume (ch. 3. 28) ; son influence se faisait sentir dans les nations alentour, pour leur instruction (ch. 4. 29, 30 et 34 ; ch. 10. 1 à 8). Enfin, ici, elle s’exerce pour la construction du temple.

Cette sagesse exceptionnelle est prophétique de la sagesse du Seigneur, qui s’étendra sur toutes les nations du monde, durant Son règne. Cette sagesse de Salomon avait produit la paix autour de son royaume, comme, durant le millénium, Christ fera régner la paix universelle.

Ésaïe 9. 2 prophétise de la délivrance du résidu fidèle des Juifs, de la terrible « détresse de Jacob » de la fin. Le verset 3 montre le peuple entré dans la paix, à l’aube du millénium – le verset 4, de la destruction de l’Assyrien, dernier ennemi d’Israël. Puis le verset 5 parle de la fin de tout conflit guerrier durant le glorieux règne du Seigneur.

Enfin, le verset 6 prophétise de la naissance de Christ, et de Son établissement comme Roi universel, dans Ses différents caractères : « Merveilleux, conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix ». Dieu passe sous silence toute la période du rejet de Christ par Son peuple et par le monde.

Durant Son règne, Sa puissance étendra Son empire et la paix sur tout l’univers (v. 7 ; Dan. 2. 44). La paix est attribuée à la nature même de Dieu (Rom. 16. 20 ; Phil. 4. 9).

Cette paix est précieuse, aux yeux de Dieu, dans l’Assemblée : « Bienheureux ceux qui procurent la paix » (Mat. 5. 9). Mais, pour autant qu’elle dépende de nous, nous devons la maintenir avec tous les hommes (Rom. 12. 18). Tout est possible avec le Seigneur.

L’organisation du travail pour la construction du temple est placée sous l’influence de la sagesse de Salomon : trente mille hommes sont engagés pour couper des bois : un mois au Liban (à quelques 300 kilomètres), et deux mois à la maison. Acheminer les arbres coupés au Liban jusqu’à Jérusalem, représentait toute une organisation (ch. 5. 8 et 9). Puis, Salomon avait recruté soixante-dix mille hommes étrangers (2 Chron. 2. 17 et 18) qui portaient des fardeaux, et quatre-vingt mille qui taillaient la pierre.

Cette sagesse s’accompagnait de bonté envers ces travailleurs, auxquels il était attribué un repos plus long que leur temps de labeur.

De même, autrefois, dans le désert, les lévites n’étaient pas surchargés pour le transport du tabernacle. De plus, ils ne servaient qu’à partir de trente ans, jusqu’à cinquante ans. Puis ils devaient garder ce qui leur était confié.

Dieu prend soin de Ses serviteurs en mesurant leur service, et en leur ménageant le repos nécessaire.

La sagesse de Salomon contraste avec le début du règne de son fils, Roboam (ch. 12) qui, n’ayant pas écouté les doléances du peuple (par ailleurs en mauvais état), voulut le charger encore plus et le châtier durement. Il s’ensuivit la scission entre Juda et Israël.

Le résidu remonté de Babylone n’a pas connu ces mêmes conditions sagement ordonnées. Les chrétiens, aujourd’hui, ne jouissent plus de l’ordre des débuts de l’Assemblée.

Sur la montagne, les pierres étaient taillées directement (v. 15), avec une telle exactitude, qu’elles étaient posées à leurs places, sans retouches (ch. 6. 7), en Israël même : on retrouve encore des pierres du fondement du temple portant les marques de la manière de tailler les pierres à l’époque de Salomon, différente des manières ultérieures.

Ces fondations montrent l’emplacement exact du temple où il sera reconstruit.

Comparés à une « maison spirituelle » (1 Pier. 2. 5), et à une cité céleste (Apoc. 21), taillés dans la carrière du monde, nous sommes posés sans bruit. Dieu considère que ce premier temple est le même que le dernier, dans le millénium.

L’Église, primitive ou finale, est la même, bâtie sur le « fondement » : Jésus Christ, posé par les apôtres (Mat. 16. 18 ; 1 Cor. 3. 10 et 11 ; Éph. 2. 19 à 22). Le Seigneur sera aussi la « pierre du faîte » (Zach. 4. 7). Il est « l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin » (Apoc. 21. 13).

Ch. 6

Les conseils de Dieu sont fermes et assurés. À sa sortie d’Égypte, le peuple a chanté le cantique de la délivrance, sur les bords de la Mer Rouge, et a reçu cette assurance d’être introduit et planté sur la montagne de l’héritage de Dieu, le lieu que l’Éternel avait préparé pour Son habitation, le sanctuaire que Ses mains avaient établi (Ex. 15. 17).

Avec le temple de Dieu que Salomon bâtissait, cette promesse divine se réalisait. La construction, débutée en la quatrième année du règne de Salomon, a duré sept ans (v. 37 et 38).

Les plans du temple avaient été donnés à David par Dieu Lui-même, « par écrit » (1 Chron. 28. 11, 12 et 19).

Les dispositions de la maison n’étaient pas laissées à l’imagination des hommes, mais devaient être établies selon la pensée de Dieu.

Ce chapitre nous donne les détails et les proportions du temple, qui étaient le double de celles du tabernacle dans le désert : dans cette maison « tout dit gloire » (Ps. 29. 9).

La Parole de Dieu est entre nos mains, et nous devons la garder dans son intégralité, et rester fidèles jusqu’au bout. Après avoir bâti le temple, Salomon s’est éloigné de l’Éternel.

Mais Dieu l’a utilisé durant cette période où il a été fidèle. Cette maison de Dieu a été bâtie « sur la montagne de Morija, où l’Éternel était apparu à David, son père, sur l’emplacement que David avait préparé dans l’aire d’Ornan, le Jébusien » (2 Chron. 3. 1).

Le portique était identique à celui du tabernacle : vingt et dix coudées. Dans notre chapitre, la hauteur n’est pas indiquée. Mais en 2 Chroniques 3. 3 et 4, elle est de cent vingt coudées (soixante mètres) ! Il ne s’agit pas d’une erreur, cela nous rappelle le Psaume 24. 7, où il est écrit : « Portes, élevez vos têtes ! Et élevez-vous, portails éternels, et le roi de gloire entrera ».

Les pierres, longues de dix coudées et de huit coudées, étaient des pierres de prix (1 Rois 7. 9 à 11). Mais ce qui était important, c’était la présence de Dieu dans le temple.

Certes, nous qui sommes comparés à « des pierres vivantes » nous sommes, pour le cœur de Dieu, d’un grand prix, puisqu’Il nous a rachetés au prix de la vie du Fils de Dieu. Mais l’Assemblée n’a de valeur que dans la mesure où le Seigneur est là.

Aux Juifs incrédules qui rejetaient leur Messie, le Seigneur a dit : « Votre maison (le temple de Dieu) vous est laissée déserte » (Mat. 23. 38 et 39). Le temple était toujours là, mais Dieu n’y était plus !

Le Seigneur bâtit Lui-même Son Assemblée (Mat. 16. 18). Mais notre responsabilité, c’est d’y apporter de bons matériaux (1 Cor. 3. 12 à 15).

Le tabernacle, autrefois, constituait l’habitation de Dieu au milieu de Son peuple seul, dans le désert.

Mais le temple de Salomon était prophétique de celui qui sera établi durant le millénium, et qui sera ouvert et au peuple et aux nations. Chaque pierre était posée à sa place assignée, conformément au plan établi par Dieu.

L’ensemble des pierres était recouvert de bois de cèdre, puis d’or (justice et gloire de Dieu).

Des chambres étaient construites tout autour, pour l’habitation des sacrificateurs, ainsi que pour y entreposer des réserves. Sous Néhémie, on y avait même logé Tobija qui était un ennemi du peuple.

Cette proximité des chambres avec le temple, nous parle de l’intimité de Dieu avec Ses rachetés. Ces chambres nous rappellent qu’Apocalypse 21. 3 nous dit : « l’habitation de Dieu est avec les hommes ». Et Jean 14. 2 : « Dans la maison de mon Père il y a plusieurs demeures ».

Un détail important rappelle que les poutres de la charpente reposaient sur des retraits des murs, afin de ne pas rentrer dedans. Cela nous rappelle que le Seigneur reste toujours à part de Ses rachetés, car Il a revêtu notre nature humaine « à part le péché ».

Les pierres de prix de la construction nous rappellent que Dieu nous aime d’un amour éternel, inconditionnel. Il nous a estimés au prix de la vie de Son Fils bien-aimé !

Au verset 20, les dimensions de l’oracle (le saint des saints) sont égales : vingt coudées en longueur, vingt en largeur, et vingt en hauteur. Cela rappelle les dimensions de la cité céleste (l’Assemblée) : douze mille stades (chiffre symbolique) : longueur, largeur et hauteur sont égales (Apoc. 21. 16). Ces proportions parlent de perfection, mais restent mesurables, rappelant l’origine terrestre de la cité durant le règne millénaire de Christ.

Mais dans le même chapitre au verset 2, la même cité, « nouvelle Jérusalem descendant du ciel d’auprès de Dieu, elle, n’est plus montrée mesurable, mais revêtue de la gloire infinie et éternelle de son Époux.

Salomon reçoit des promesses conditionnées par son obéissance à la loi (v. 12 et 13), car il vivait sous le régime de la loi.

Le peuple avait proclamé, à sa sortie d’Égypte : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Par la suite, Dieu dut abandonner Son peuple, à cause de ses rébellions : « Lo-Ammi » : pas mon peuple. Mais cela a été pour permettre aux nations d’entrer dans la faveur du Dieu saint, par la porte de la grâce.

Au chapitre 2, 3 et 4, Dieu a prononcé beaucoup de « si » conditionnels. Au chapitre 9. 3 et 4, Dieu met Salomon devant sa responsabilité personnelle, bien qu’Il ait sanctifié cette maison. « Et toi, si tu marches devant moi comme a marché David ton père, d’un cœur parfait et en droiture… j’affermirai le trône de ton royaume » (v. 4).

Salomon était un type imparfait de Christ. Quant à nous, enfants de Dieu, nous sommes sous le règne de la grâce : toutes les promesses de Dieu nous sont assurées, inconditionnellement.

Nous sommes exhortés à suivre le Seigneur fidèlement : « Faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor. 10. 31). Nous avons aussi des œuvres préparées à l’avance pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10).

La loi introduit la crainte. La grâce sollicite l’amour qui « est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5).

Si nous sommes « esclaves de Jésus Christ », c’est par amour pour Lui, en réponse à la grâce dont nous sommes les objets. L’Esprit Saint nous dit : « Occupe-toi de ces choses » (de la Parole, 1 Tim. 4. 15). « Demeure dans les choses que tu as apprises ». Ces exhortations ont été données dans un triste temps, et elles sont pour nous. Suivons-les pour plaire à Dieu.

Les plans de la maison de Dieu ont été donnés à David par l’Esprit. Tout, à l’intérieur, était recouvert de bois de cèdre, matériau noble rappelant la grandeur de Dieu, et le cèdre était caché sous l’or, gloire et justice divines.

Les pierres du bâtiment, image des croyants dans le millénium, se trouvaient donc cachées par tout ce qui représentait les caractères de Dieu : la sainteté. Ces pierres n’ont leur place, là, que dans la mesure où elles sont recouvertes d’or, car Dieu nous voit à travers l’œuvre de Christ grâce à laquelle nous pouvons nous tenir dans la présence de Dieu.

Avant tout, la maison parlait de Dieu, et était pour Dieu.

L’oracle abritait l’arche, type de Christ.

Le voile (2 Chron. 3. 14 – symbole du corps offert du Seigneur), a été déchiré depuis le haut jusqu’en bas, à la mort du Fils de Dieu. (Mat. 27. 50 et 51).

De même l’autel, la table, le chandelier, nous parlent de Christ : tout était d’or, ou recouvert d’or. Il fallait que cet or manifeste la présence sainte et pure de Dieu révélée en Christ, et non les richesses que les hommes peuvent posséder (Job 22. 24 et 25).

Rien n’était laissé à l’imagination humaine, ni même à la sagesse de Salomon. Les mesures étaient le double de celles du tabernacle du désert.

Dans l’oracle, les versets 23 à 28, mettent en relief les deux chérubins, gardiens symboliques de la sainteté de Dieu : aussi sont-ils, eux aussi, recouverts d’or.

En Éden, ils ont été placés, après la chute de l’homme, afin de garder le chemin de l’arbre de vie qui parle de Christ, nourriture du croyant.

Dans le tabernacle du désert, ils étaient penchés sur le propitiatoire, considérant le sang du sacrifice qui y avait été versé.

Mais ici, ils sont debout, tournés vers l’entrée de la maison, montrant que Dieu ouvrait la porte de la grâce aux nations (2 Chron. 3. 13). Durant le millénium, Dieu accueillera les nations venues à Jérusalem y apporter à Dieu leurs oblations.

Les chérubins sont là pour s’assurer que tout ce qui se trouve dans le temple, dans la présence de Dieu, soit digne de sa sainteté. Bien que Salomon n’y ait pas travaillé lui-même, il en est le maître d’œuvre : « il revêtit… il fit… il sculpta… (v. 15, 23 et 29). Dans ces passages, on ne voit pas de voile, mais des portes en olivier sculptées de chérubins, de palmiers, de fleurs entr’ouvertes ; le tout recouvert d’or.

En 2 Chroniques 3. 14, on voit un voile. Les livres des Rois et des Chroniques (qui doivent le plus retenir notre attention), n’ont pas les mêmes caractères spirituels.

Les portes, ici, nous parlent d’ouverture et les chaînes du verset 21, fermant l’oracle, montrent que Dieu, prenant Son plaisir à accueillir Ses rachetés, en vertu du sacrifice de Christ, veille sur ce qui entre là. Nous, nous avons pleine liberté pour entrer dans les lieux saints (Héb. 10. 19), car le voile est déchiré.

Salomon a bâti la maison de Dieu en sept ans, chiffre de la perfection : ayant été construite selon les ordonnances de Dieu à David, elle portait les caractères parfaits de tout ce que Dieu fait, même s’Il emploie pour cela des hommes qui, eux, sont imparfaits – à condition que ceux-ci n’y mêlent pas leurs pensées personnelles.

Ce qui demeurera dans l’éternité, c’est ce que Dieu seul aura produit.

Dieu s’est réjoui de ce qu’une maison était construite à Jérusalem où, désormais, Il pouvait faire habiter la mémoire de Son nom.

Il y avait des chambres latérales (ch. 6. 5) ; elles étaient destinées aux sacrificateurs. Le Seigneur dit, en Jean 14. 2 : « Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures ». Elles sont préparées pour les croyants qui sont tous des « sacrificateurs pour son Dieu et Père ». Et le Seigneur vient bientôt pour nous y introduire pour l’éternité, et y exercer la sacrificature, conjointement avec Lui, le Souverain sacrificateur.

Ch. 7

Au chapitre 7. 1 et 8, Salomon bâtit sa maison et celle de la fille du pharaon, symbole de Christ dans Ses relations intimes avec Son épouse, l’Assemblée, alors que le chapitre 6 nous a entretenus de la maison du Père.

Puis on trouve la maison de la forêt du Liban (v. 2), où Salomon avait fait un parvis, dans lequel il avait mis le trône de son gouvernement, en jugement sur les nations environnantes qui lui étaient soumises (Nomb. 24. 15 à 24). Le Seigneur détruira Ses ennemis qui s’élèveront contre Lui, afin d’établir Son règne de paix et de justice : justice exécutive, mais aussi d’apaisement, lors des différends entre les hommes.

Le règne de Salomon a été marqué par la paix, sans aucune guerre. Cette domination de Salomon s’étendait depuis l’Égypte jusqu’au fleuve Euphrate. C’était un type de la domination universelle du Seigneur, durant Son règne à venir.

L’Épouse de Christ Lui sera associée, durant Son règne, pour exercer le jugement sur les nations. Tous ces détails architecturaux, difficiles à interpréter, nous émerveillent, en nous montrant les beautés des plans divins qui, tous, nous parlent du Seigneur qui en est le centre, mais auquel l’Assemblée est étroitement liée.

L’Éternel distingue entre l’Égypte et Canaan : en Deutéronome 23. 7, Dieu dit à Son peuple : « Tu n’auras pas en abomination l’Égyptien car tu as séjourné comme étranger dans son pays ». Et en Ésaïe 19. 23 à 25, l’Égypte et l’Assyrie sont vues comme associées à Israël, peut-être pour le servir. L’Égypte est une figure du monde d’où Israël a été tiré.

La fille du pharaon représente donc l’Assemblée chrétienne tirée des nations, unie au Seigneur. Si, au chapitre 10. 1 et 2, Salomon a péché en aimant beaucoup de femmes étrangères, en épousant la fille du pharaon, il a accompli les plans de Dieu.

En type, Christ n’est pas allé chercher son épouse céleste en Israël, mais dans les nations. Israël lui, appelé dès la fondation du monde, a des promesses terrestres.

L’Assemblée, préconnue dès avant la fondation du monde, a une position et des promesses célestes et éternelles.

Hiram, né d’un père Tyrien et d’une mère hébreue (v. 13 et 14), n’était pas le roi de Tyr (ch. 5. 1), mais un ouvrier habile dans les travaux en airain. Il symbolise l’association des nations à Israël, durant le millénium.

Pour la construction du tabernacle, Dieu avait employé deux hommes habiles du peuple d’Israël : Betsaleël et Oholiab (Ex. 31. 2 et 6).

Mais ici, nous avons un aspect prophétique : l’œuvre de Christ s’étend sur l’ensemble des nations, au-delà d’Israël. Hiram est rempli de sagesse et de connaissances, et réalise des ouvrages colossaux !

La maison elle-même est recouverte de cèdre, que l’on retrouve dans la description des beautés du Seigneur, dans le Cantique des cantiques au chapitre 5. 15, où Ses jambes sont comparées à des « colonnes de marbre blanc, reposant sur des socles d’or fin ; son port, comme le Liban, distingué comme les cèdres ». Dans la maison de la forêt du Liban, il y avait quarante-cinq colonnes. Elles participaient à la beauté et à la gloire de la maison d’où le roi gouvernait. Peut-être représentent-elles les croyants de l’Église, associés à la gloire du Seigneur. « À celui qui vaincra, je le ferai une colonne dans la maison de mon Dieu » (Apoc. 3. 12). Dans le temple où la gloire de Dieu se suffit à elle-même, ne se trouvaient que deux colonnes extérieures : Jakin : Dieu établira, affermira ; Boaz : en Lui est la force.

Les trois maisons bâties par Salomon montrent sa gloire royale ; mais au-delà de Salomon, c’est de la gloire du Seigneur dans Son règne millénaire qu’il s’agit, Son Assemblée Lui étant associée dans Son gouvernement sur Israël et sur les nations.

Pour le temple, Hiram avait fait deux colonnes d’airain (v. 15) qui, toutes deux, parlaient du Seigneur.

Celle de droite avait pour nom : « Il établira, affermira » Ses propres conseils de grâce et de gloire : c’est au futur, et cela nous projette dans le millénium ; car c’est à la responsabilité de Dieu qui s’engage par-devers Lui-même, après la destruction du premier temple, qui relève de la défaillance des hommes.

Celle de gauche : « En Lui est la force » : c’est permanent et éternel, car tout repose sur Sa puissance.

Ces colonnes étaient richement ornées d’un cordon qui en faisait le tour, de fleurs de lis, de deux cents grenades. Tous ces détails rappellent la beauté morale du Seigneur, et la richesse des fruits qu’Il porte pour Son Dieu et Père. Hiram, ouvrier en airain, avait aussi construit l’autel d’airain (2 Chron. 4. 1). L’airain rappelle la justice divine en rapport avec les hommes ; et l’autel où l’on offrait des sacrifices, le moyen que Dieu donne à ceux-ci pour s’approcher de Lui.

Dans ce livre des Rois, l’autel n’est pas mentionné, car il rappelle la communion des croyants avec Dieu, la grâce ayant déjà opéré. La présence de cet ouvrier, étranger à Israël, rappelle les nouvelles relations de grâce du Seigneur avec les nations, durant Son règne de gloire. Dans le désert, seuls les Israélites étaient appelés à entrer en relation avec l’Éternel, sur le terrain de la loi.

Dans le temple, la gloire de Dieu brille et projette ses rayons de lumière jusque dans le millénium : dès lors que le sacrifice de Christ a déjà eu lieu une fois pour toutes, tout homme, d’Israël et des nations, a une pleine liberté de s’approcher de Dieu. Désormais, l’entrée dans Sa divine présence est entièrement libre pour tout croyant.

Déjà, dans le temple, tout est disposé pour mettre en évidence cette pleine liberté de s’approcher de Dieu.

Dans le tabernacle du désert, les chérubins se faisaient face en étendant leurs ailes au-dessus du propitiatoire, et regardaient l’arche et le sang qui avait été porté sur le propitiatoire : ils contemplaient à la fois Christ et Son sang versé pour la propitiation des pécheurs. Dans le temple, ils étaient dressés face à l’entrée de l’oracle, et leurs quatre ailes déployées s’étendaient sur toute sa largeur : ils proclamaient ainsi, l’accueil sans réserve de Dieu pour quiconque s’approchait de Lui.

Le livre des Rois ne mentionne pas non plus le voile séparant le lieu saint du lieu très saint (l’oracle). Mais on trouve des portes s’ouvrant, là encore, pour accueillir ceux qui entrent dans la présence divine.

Dans le temple prophétique d’Ézéchiel, ceux qui entraient par la porte du nord devaient sortir par celle du midi, et vice-versa (Éz. 46. 9). La porte de l’orient devait être fermée, car c’était par elle que la gloire de l’Éternel était entrée (cf. Éz. 43. 1 et 2). Le prince, lui, pouvait offrir des sacrifices volontaires dans cette porte qu’on devait lui ouvrir ; mais elle devait, ensuite, être refermée (ch. 44. 1 à 3, 46. 12).

Dans le millénium, même les nations apporteront leurs oblations à l’Éternel dans Son temple, car la grâce divine aura une portée universelle.

Hiram (v. 14), était rempli de sagesse de la part de Dieu (Ex. 31. 1 à 5 ; Job 32. 8). Il était également habile en toutes sortes de travaux bien différents (2 Chron. 2. 13 et 14 ; ch. 4. 11 à 16).

Les deux colonnes qu’il avait faites étaient colossales : deux mètres de diamètre !

Les grenades qui les ornaient, si elles parlaient des fruits portés par le Seigneur pour Son Dieu, rappelaient aussi celles que les sacrificateurs devaient porter au bas de leurs vêtements, alternées avec des clochettes, et en nombre identique, : le témoignage oral et les fruits devaient être en parfait équilibre. Veillons, nous aussi, en ce qu’il en soit ainsi.

Les lis montraient la beauté royale de Salomon. Cependant, le Seigneur dit que même dans toute sa gloire, il « n’était pas vêtu comme l’un d’eux » (Mat. 6. 29).

Le Seigneur, le divin Boaz, « est le même, hier, aujourd’hui et éternellement » (Héb. 13. 8). Il « règne, revêtu de majesté ; Il s’est ceint de force » (Ps. 93. 1). La cuve servait à la purification des sacrificateurs, avant leur service. Sauvés (Tite 3. 4 et 5), nous sommes tous sacrificateurs, et devons nous purifier en permanence, par la confession de nos défaillances, avant notre service.

Les dix bases d’airain (v. 27), supportaient les dix cuves du verset 38. Elles servaient à laver « l’intérieur et les jambes » des animaux sacrifiés (Lév. 1. 9). Elles étaient munies de roues pour pouvoir être déplacées. Ce lavage des sacrifices est une image de la pureté du Seigneur, la vraie victime « sans défaut et sans tache » (1 Pier 1. 19), offerte une fois pour toutes.

Le Seigneur avait pu dire aux Juifs : « Qui d’entre vous me convainc de péché ? » (Jean 8. 46). Prophétiquement, Il avait dit : « Tu as sondé mon cœur, tu m’as visité de nuit ; tu m’as éprouvé au creuset, tu n’as rien trouvé ; ma pensée ne va pas au-delà de ma parole » (Ps. 17. 3).

Cependant, les animaux sacrifiés, offerts par des hommes imparfaits, devaient être lavés.

« La mer », servait au lavage des mains et des pieds des sacrificateurs (2 Chron. 4. 6).

Sur les panneaux des bases (v. 29), il y avait des lions, symbole de la puissance et de la dignité royale du Seigneur durant le millénium.

Des bœufs, figurant la force inébranlable, tranquille, et la patience, caractérisant le Seigneur.

Enfin, on trouvait aussi des chérubins, qui parlent de l’intelligence et de la sagesse divines : « On ne sonde pas son intelligence » (És. 40. 28).

L’Homme Christ Jésus, apparaîtra, revêtu de la majesté royale, de force divine et d’intelligence parfaite quant aux conseils de grâce et de gloire divins. En Apocalypse 4. 6 et 7), on retrouve les lions symboliques, les veaux, les chérubins.

Mais ce livre étant, en grande partie, un livre de jugements, on y trouve aussi, « l’aigle volant », rappelant la soudaineté d’un jugement inattendu pour le monde (Éz. 1. 10). Tous ces détails pouvant nous apparaître difficiles à comprendre et peu compatibles, mais vus ensemble, ils nous rappellent cependant les perfections divines vues dans le Seigneur Jésus.

Faire « le tour de l’autel » (Ps. 26. 6), invite à nous souvenir de tous les détails de la perfection du Seigneur, dans Ses caractères personnels, et de Son œuvre.

En tant que souverain sacrificateur, Christ n’a aucun besoin de se purifier dans la mer d’airain (Héb. 7. 26). Et « Il n’est pas entré dans les lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (cf. Héb. 9. 24).

Dans le tabernacle, au désert, ou dans le temple, les lieux saints n’étaient que des figures imparfaites des vrais, c’est-à-dire, le ciel, dans la présence de Dieu devant lequel Christ est monté avec la valeur parfaite de Son sang versé, satisfaisant ainsi à toutes les saintes exigences divines. Sur la terre, Dieu demandait, pour étayer l’intelligence humaine de Son peuple (comme pour nous aussi), de faire des choses qui n’étaient que des images des réalités célestes. De même qu’Il a fait de nous des êtres qui portent Son image et Sa ressemblance.

Le Seigneur est aussi le modèle éternel de l’Homme « qui est dans le sein du Père », et qui, en tant que tel, est descendu du ciel et y est remonté (Jean 3. 13 ; 6. 62). Notre chapitre, avec tous ses détails, fait le lien avec Hébreux 9. 10 à 12, où il est rappelé que tous ces symboles de l’Ancien Testament ont reçu leur plein accomplissement en perfection, par le Seigneur Jésus qui s’est offert Lui-même.

Hiram n’a fait que les objets d’airain, tous placés à l’extérieur du temple.

Quant aux objets d’or, tout ce qui touchait à la gloire de Dieu, Salomon l’a fait faire par ses ouvriers israélites, et ils étaient placés à l’intérieur du temple.

Tous ces types imparfaits ont trouvé leur fin à la mort de Christ, et ont fait place aux choses purement spirituelles glorifiant le Seigneur.

Cependant, toutes ces instructions concernant la construction et l’ornement du temple venaient de Dieu. David en avait reçu, par l’Esprit, le modèle (1 Chron. 28. 11 et 12), car tout devait répondre à ce qui touchait à la manifestation, aux yeux des hommes, de la gloire de Dieu. David avait préparé beaucoup de matériaux, en vue de la construction du temple, mais c’est Salomon qui, selon Dieu, devait le construire. Et Salomon n’a pas manqué d’apporter au temple, tout ce que David, son père, avait préparé (v. 51).

Christ, par Son sacrifice sur la croix, a préparé tout ce qui rend possible l’établissement futur de Son règne. Ces choses-là seront manifestées dans leur réalité aux yeux de tous, et tous verront, dans Ses mains et dans Son côté, le souvenir de Son œuvre de grâce et de gloire. Le verset 47 rappelle l’infinie richesse de Son œuvre, satisfaisant en perfection la plénitude de la gloire de Dieu.

Ch. 8

Ce chapitre nous amène au règne millénial, où la gloire et la puissance de Christ brilleront avec éclat aux yeux de tout l’univers, et spécialement d’Israël.

Et cette glorieuse manifestation du Seigneur repose tout entière sur Son sacrifice à la croix.

Type du Seigneur de gloire, Salomon rassemble autour de lui tout le peuple « pour faire monter l’arche » qui accompagnait le peuple dans le désert, et la placer dans l’oracle (v. 1 et 6).

L’arche est une image du Seigneur que l’on adorera durant Son règne.

Comme le Seigneur, Roi et Sacrificateur durant Son règne de gloire, Salomon, ici, est, lui aussi, roi de gloire sur Israël, et sacrificateur, non qu’il exerce la sacrificature lui-même; mais en introduisant la sacrificature dans le temple qu’il a construit.

En 2 Samuel 6. 1, lorsque David veut introduire l’arche à Jérusalem, il a rassemblé trois mille hommes Mais ici, c’est tout le peuple que Salomon rassemble autour de lui. Le résidu complet d’Israël se rassemblera autour de Christ durant Son règne, ajoutant à la gloire de Son Messie.

Auparavant, l’arche se trouvait à Jérusalem, sous la tente d’assignation avec tous les ustensiles : maintenant elle allait être en repos.

Au septième mois (le mois d’Éthanim), il y avait trois fêtes : Le premier jour, « un mémorial de jubilation ». Le dixième jour, la fête « des propitiations » où le peuple devait s’affliger en se souvenant qu’il avait dû être racheté (Zach. 12. 11 à 14). Le quinzième jour, « la fête des tabernacles » durant laquelle le peuple ne devait être « que joyeux » (Lév. 23. 24, 27 et 34). La fête des tabernacles était un type de la paix, de l’abondance et de la joie, durant le règne de Christ, où Dieu, alors, habitera au milieu de Son peuple, et la joie jaillira du cœur. La loi sera écrite dans les cœurs d’Israël, et non plus sur des tables de pierre (Héb. 8. 10).

Lorsque la création a été terminée, le Créateur s’est reposé le septième jour. Mais, le péché étant intervenu dans le monde, Dieu a dû se remettre au travail : « Mon Père travaille, jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5. 17) ; et cela pour accomplir la rédemption.

À la fin de la crucifixion, le Seigneur s’est écrié « C’est accompli » (cf. Jean 19. 30). Dès lors, le repos éternel de Dieu et des rachetés est assuré, et rien ne peut plus le troubler.

Le grand nombre d’animaux sacrifiés lors de la dédicace du temple montre que c’était un grand jour, et que Salomon et le peuple en appréciaient toute la valeur. Et l’arche a été mise dans le lieu très saint. Les barres ayant servi à son transport dans le désert, étaient visibles dans l’oracle, mais ne se voyaient pas de l’extérieur : elles faisaient se souvenir de l’exode du peuple, de l’Égypte à Canaan.

Dans le désert, l’arche contenait les tables de la loi, la manne, et la verge d’Aaron.

La manne dans une cruche d’or figurait Christ, à la fois Homme parfait et Dieu de gloire.

La verge d’Aaron figurait la sacrificature guidant le peuple dans le désert. Seules les tables de la loi se trouvaient encore dans l’arche, manifestant que, durant le millénium, subsistera une règle morale, que le Seigneur a donnée dans le « sermon sur la montagne » (Mat. 5 à 7).

Dans le désert, la nuée, image de la présence de Dieu, avait rempli la tente d’assignation, et même Moïse ne pouvait s’y tenir (Ex. 40. 34 et 35) ; le peuple connaissait cela. Dans notre chapitre, la nuée remplit la maison de l’Éternel, et les sacrificateurs ne pouvaient s’y tenir pour accomplir leur service (v. 10 et 11). La foi du peuple s’en trouvait affermie, le peuple se souvenant de la nuée qui avait rempli la tente d’assignation, autrefois.

On retrouve la nuée en Matthieu 17. 6, lorsque le Seigneur apparaît en gloire aux yeux des disciples, et ils ont peur (Luc 9. 34), conscients de la présence de Dieu.

La dédicace du temple figurait la « dédicace » de l’Assemblée, lors de sa naissance et de son baptême par le Saint Esprit, en Actes 2. Mais dans l’Assemblée, les croyants, eux, peuvent se tenir sans crainte dans la présence de Dieu, ayant pleine liberté pour entrer en tout temps dans le lieu saint. La gloire de Dieu a rempli le temple, parce que Salomon avait tout fait selon le commandement de Dieu. Si nous obéissons au Seigneur, Sa gloire se verra dans notre vie. L’arche a été placée « en son lieu », et le Seigneur se trouve au milieu des Siens réunis en Son nom : en Son lieu. Dieu, dans l’éternité, habitera dans l’Assemblée qui est Sa maison – avec les hommes (Apoc. 21. 2 et 3).

Les sacrificateurs, des pécheurs, ne pouvaient se tenir dans la présence d’un Dieu saint et juste (v. 11), qui « habitait dans l’obscurité profonde » (v. 12), car le chemin des lieux saints célestes n’était pas encore ouvert. Sous la loi, Dieu n’était pas un Dieu de près, mais de loin, et se tenait à distance, ne pouvant être vu des hommes (Deut. 5. 22 ; Jér. 23. 23), car Il « habite la lumière inaccessible » (1 Tim. 6. 16) et selon ces caractères, Il ne peut se manifester ainsi aux hommes.

Le Seigneur, Lui, « la lumière du monde » (Jean 8. 12), a pleinement révélé la lumière divine ; et « le peuple assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière » (Mat. 4. 16). Il était l’Envoyé de Dieu qui est « lumière » (1 Jean 1. 5).

Comme chrétiens, nous ne pouvons pas voir Dieu dans Sa nature propre, car Il est esprit (Jean 4. 24). Il est le « Dieu qu’aucun des hommes n’a vu ni ne peut voir ». Mais nous verrons Dieu dans la face de Christ : « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jean 14. 9). Comme chrétiens, nous sommes approchés, et nous pouvons, en tout temps, entrer dans les lieux saints qui sont ouverts pour nous. Nous sommes « lumière dans le Seigneur », et devons « marcher comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8).

Salomon s’adresse à Dieu et Le bénit devant tout Israël ; et il demande la bénédiction de Dieu sur le peuple. Bénir Dieu signifie dire du bien de Lui, Le louer et L’adorer. Demander à Dieu de bénir quelqu’un, c’est Lui demander qu’Il lui fasse du bien. Et nous pouvons faire cela.

Salomon a réalisé ce que le peuple, délivré de l’armée du pharaon, a chanté (Ex. 15. 2), prophétisant que Dieu voudrait une habitation pour Son nom (cf. Ex. 15. 17). Dans le désert, l’habitation de Dieu était itinérante. Salomon lui a donné « un lieu fixe » (v. 13). Dieu ne dit pas qu’Il habitera dans la maison. Salomon a conscience que la maison qu’il a bâtie ne peut Le contenir, pas plus que « les cieux des cieux » (v. 27) ; mais que là reposera Son nom (v. 18, 19 et 29).

Pour les chrétiens, la présence du Seigneur au milieu des deux ou trois réunis en Son nom, (Mat. 18. 20), assure un lieu ferme où la mémoire de Son nom est rappelé, car l’Assemblée est « l’habitation de Dieu par l’Esprit ». Le croyant est le temple du Saint Esprit.

Cela est bien plus élevé que tout ce que nous présente notre chapitre, car tout est l’œuvre du Seigneur. Dieu a « parlé de sa bouche… et de sa main a accompli sa parole » (v. 15 et 20). Dieu se souvient de Ses promesses et les accomplit toujours. Si David avait eu à cœur de bâtir la maison, Dieu a bien accompli son désir, mais par la main de son fils Salomon. Qu’il n’ait pu la bâtir lui-même a attristé David, mais il a amassé les matériaux nécessaires « dans son affliction » (1 Chron. 22. 14), et « dans son affection » (cf. 2 Chron. 29. 3) ; car David aimait beaucoup l’Éternel.

Si, dans notre amour pour le Seigneur et pour Son Assemblée, le Seigneur nous empêche de faire une chose que nous avons à cœur, cela doit nous encourager à prier, et à faire quelque chose pour Lui et avec Lui.

Dieu avait dit à David qu’il avait bien fait d’avoir eu à cœur de Lui bâtir une maison. Dans une réunion, il arrive qu’un autre frère indique un cantique que nous avions à cœur, ou lise un passage de la Parole auquel nous pensions : ne nous en affligeons pas, mais soyons-en réjouis, comme si le Seigneur nous disait : « tu as bien fait de l’avoir eu à cœur ».

Si Dieu n’a pas permis que David bâtisse lui-même la maison, c’est parce qu’il était un homme de guerre (1 Chron. 28. 13). Pour établir Son royaume, le Seigneur devra d’abord combattre Ses ennemis d’Israël et des nations. Dieu est un Dieu de paix, et dans le royaume de Christ, la paix sera établie. On trouve une similitude entre notre chapitre et le passage correspondant de 2 Chroniques 5 et 6. Mais les livres des Chroniques ont le caractère de la grâce de Dieu. On n’y trouve pas toujours les mêmes détails.

En 2 Samuel 7. 12 et 13, Dieu fait deux promesses : Il assurera la pérennité de la dynastie de David ; et Salomon bâtira la maison de Dieu à Jérusalem. Et « sa main l’a accompli ». Dieu avait promis qu’Il affermirait le trône de Salomon pour toujours. Mais, à cause de l’infidélité des rois et du peuple, Dieu a dû mettre Son peuple de côté, disant : « Pas mon peuple », car les promesses de Dieu étaient conditionnelles. Salomon était un type de Christ assis sur son trône glorieux (v. 20 ; 1 Chron. 29. 23). La manne et la verge d’Aaron, qui nourrissait et conduisait le peuple dans le désert, n’ont plus leur place dans le royaume.

On a vu Salomon, type de Christ, Roi de gloire. On l’a vu, aussi, comme assumant le rôle de sacrificateur : non en ce qu’il agissait comme tel, mais en ce qu’il a introduit l’arche et la sacrificature dans la maison de l’Éternel, comme le Seigneur est roi et sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec : sacrificature qui ne se transmet pas.

Puis, nous le voyons comme intercesseur, anticipant les fautes du peuple, et demandant le pardon pour elles toutes, comme le Seigneur, dans Sa position actuelle dans le ciel, intercède pour nous, dans les circonstances où nous faillissons, et nous délivre.

On remarque un contraste important entre le comportement de Salomon et notre comportement de croyants. Salomon commence par louer Dieu, avant de formuler sa prière. Nous, nous oublions souvent de louer le Seigneur au cours de nos prières ; mais la louange a toute sa place dans les prières (Phil. 4. 6).

Un autre contraste se montre en ce que le peuple avait été placé sous une alliance dont l’application dépendait de sa fidélité à la loi. Pour nous, nous ne sommes pas sous une loi, mais sous la grâce. Quand nous tombons, Dieu, dans Son amour, nous aide à nous relever, et nos relations avec Lui restent les mêmes. Pour nous, Il n’est pas seulement le Dieu d’Israël, Il est notre Père grâce à l’œuvre du Seigneur à la croix.

Pour le peuple, les promesses divines étaient conditionnées par la marche du roi et du peuple. Dans le règne de Christ, Dieu mettra Ses lois, non plus sur des tables de pierre, mais dans leur entendement, et les écrira sur leurs cœurs : ils seront tous convertis (Héb. 8. 8 à 12), car ils auront reconnu leur Messie dans « Celui qu’ils auront percé » (Zach. 12. 8 à 14). Ils obéiront de cœur à une loi de grâce, et non à une loi de feu. Salomon a conscience que la grâce divine, pour la descendance de David, est conditionnée par la fidélité. Quant à nous, si nous péchons, nous devons confesser nos fautes, pour rétablir la communion avec Dieu, nous mettant « d’accord » avec Lui sur notre propre état, devant Sa sainteté. Notre relation avec Dieu est établie fermement pour l’éternité, car le Seigneur a répondu aux exigences de Sa sainteté, de Sa justice et de Sa gloire.

Si nous sommes sous la grâce, c’est parce que Dieu est venu à nous en Christ. « Mais Dieu habitera-t-il vraiment sur la terre ? Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir ; combien moins cette maison que j’ai bâtie ! » (v. 27).

L’apôtre Jean dit, que si tout ce que le Seigneur a fait, alors qu’Il était sur la terre, était écrit, le monde entier ne contiendrait pas les livres qui seraient écrits (Jean 21. 25). Dieu est esprit et Il est infini : la création elle-même ne peut Le contenir. Mais Dieu s’est rendu visible, palpable, en prenant la forme d’un homme, et nous verrons « la gloire de Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4. 6). Le Seigneur est devenu un homme, car c’est l’homme Adam qui a péché : c’était donc un homme juste qui devait mourir pour les injustes ; car « les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6. 23).

Salomon, devant l’infini de Dieu, reconnaît que la maison qu’il a construite ne peut le contenir. Cependant, la vraie valeur de la maison, c’est que le nom de l’Éternel reposait là (v. 29). La seule valeur de nos réunions, c’est qu’elles se réalisent au nom du Seigneur qui, dès lors, a promis Sa présence (Mat. 18. 20). Avons-nous conscience qu’Il est là lorsque nous sommes réunis ensemble ?

Aux versets 28 et 29, Salomon fait deux demandes : que les yeux de l’Éternel soient nuit et jour sur cette maison, et que Dieu écoute sa prière. De même, Le Seigneur a les yeux fixés sur Sa maison (l’Assemblée), nuit et jour, sondant tout ce qui s’y passe ; mais Il sonde aussi nos propres maisons.

L’Assemblée ne commence pas lorsque nous sommes réunis ensemble, mais elle est réelle en permanence, et les yeux du Seigneur sont sur nous nuit et jour. Marchons comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8 à 10).

Aux Juifs infidèles, le Seigneur avait dit « Votre maison vous est abandonnée » (Luc. 13. 35). Les bâtiments du temple étaient bien là, mais Dieu n’y était plus !

Dans sa faiblesse, Salomon implore Dieu d’écouter sa supplication, depuis le lieu de Son habitation, les cieux (v. 30), et qu’Il pardonne, après la confession des péchés. Comme Salomon, ici, soyons humbles (Mat. 11. 29). Salomon, par son attitude, fait comprendre au peuple que Dieu est là. D’abord fidèle lui-même, il tombera le premier. Prenons garde à la chute, après une victoire spirituelle.

Le Saint Esprit qui habite en nous et au milieu de nous (Jean 14. 16 et 17), agit dans notre conscience. Il n’est plus besoin de « jurer » devant l’autel de Dieu. La Trinité divine est en chacun des croyants.

Ce n’était pas la place de Salomon d’exercer comme sacrificateur, mais il a introduit l’arche, et la sacrificature qui s’y rattache, dans le temple de Dieu. Il est donc un type du Seigneur Jésus, Roi et Sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec. De plus, ici, il a ce rôle d’intercesseur pour les péchés futurs du peuple. Le Seigneur, Lui, intercède pour nous auprès du Père (1 Jean 2. 1) : nous avons constamment à confesser nos manquements (cf. 1 Jean 1. 6 à 10).

Et le Seigneur lave Son Assemblée dans l’eau pure de la Parole (Éph. 5. 25 et 26). Il est notre Avocat plaidant constamment pour nous, en vertu de Son sang versé. Salomon prophétise aussi au sujet des péchés que commettra le peuple, car il ne dit pas : Si ton peuple pèche contre toi, mais « Quand ton peuple… aura péché ». Et en même temps, il donne le remède. « S’ils prient… s’ils confessent… s’ils se tournent vers cette maison » etc…, Salomon implore alors le pardon pour le peuple repentant.

Dieu a toujours voulu avertir Son peuple des péchés qu’il commettrait, mais Il dévoile toujours le moyen de la délivrance. Pour le chrétien, il n’est pas de faute trop grande qui ne trouve le remède dans la repentance : nous devons toujours nous mettre d’accord avec Dieu sur notre propre état spirituel – alors, il y a restauration.

« Que le serment vienne devant ton autel » (v. 31) montre que nous devons toujours revenir à Dieu, au pied de la croix où le Seigneur s’est sacrifié pour nous racheter, là où nous L’avons fait souffrir.

Durant le millénium, Dieu écrira la loi sur le cœur du peuple et dans son entendement. Le résidu se convertira lorsque le Seigneur lui apparaîtra avec Ses mains et Son côté percés, et qu’il se repentira en Le reconnaissant comme le Messie. Dieu, alors, sera « clément envers leurs injustices » (Héb. 8. 8 à 10). Il aura été clément pour nous aussi, mais alors nous serons avec Lui dans la gloire. Ces choses dévoilent le cœur de Dieu qui désire toujours pardonner ; cependant, Il ne fait jamais de compromis avec le péché. S’Il est « lumière » (ce serait terrible s’Il n’était que cela !) Il est aussi « amour », et Il ne peut que nous aimer, car c’est Sa nature même d’aimer, et Il nous a créés pour cela.

Aussi, le jugement auquel les hommes l’obligent, c’est « son œuvre étrange, son travail inaccoutumé » (És. 28. 21). « Ce n’est pas volontiers qu’il contriste les fils des hommes » (Lam. 3. 33). Dieu a toujours pour but un retour vers Lui. Le père du fils prodigue a couru à lui, en le voyant revenir, et l’a couvert de baisers (Luc 15. 20). Dieu veut nous « enseigner le bon chemin » (v. 36) afin que nous y marchions.

Les versets 37 et 38 montrent que les circonstances collectives appellent la repentance individuelle : chacun doit juger son propre état de cœur, car Dieu nous sonde personnellement.

En Josué 7. 1 à 13, le péché d’Acan a rejailli sur tout le peuple devenu anathème ; et l’anathème d’Acan a dû être ôté du milieu du peuple afin que ce dernier retrouve la faveur de l’Éternel. « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur… et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle » (Ps. 139. 23 et 24). Acan a été lapidé.

Mais pour nous, il y a le retour possible par la confession. Aucun péché ne surpasse la grâce divine.

Quant à « l’étranger » (v. 41), la reine de Shéba, et plus tard, l’eunuque de la reine Candace, en sont des illustrations littérales. Ce dernier, venu à Jérusalem pour adorer l’Éternel selon la loi, est retourné en Éthiopie (le plus ancien pays christianisé), converti à la foi chrétienne, et baptisé. Dieu l’a fait passer de la loi à la grâce. Nous-mêmes, nous étions des étrangers, par rapport à Israël (Éph. 2. 11 à 14).

Au verset 44, la guerre est envisagée par Salomon, pour le peuple qui devra aller, « par le chemin par lequel Dieu l’aura envoyé» : il devra se tourner vers Dieu pour la victoire. David, en son temps, en guerre contre les Philistins, avait dû, selon les ordres de Dieu, les tourner par derrière. Et l’Éternel lui avait dit « et aussitôt que tu entendras, sur le sommet des mûriers un bruit de gens qui marchent, alors tu t’élanceras, car alors l’Éternel sera sorti devant toi pour frapper l’armée des Philistins » (2 Sam. 5. 23 à 25). Et David ayant marché dans le chemin mystérieux que Dieu lui avait montré, fut victorieux.

Dieu avait révélé à Salomon que le peuple pécherait, et il en évoque sept circonstances successives qui vont en s’aggravant, et pour lesquelles Salomon fait appel à la grâce divine, s’il y a repentance (v. 44 à 53). Sa prophétie va jusqu’à mentionner les péchés contre l’Éternel qui L’obligeraient à livrer Son peuple à l’ennemi (v. 46), et jusqu’à la compassion que montrerait Cyrus, roi de Perse qui, bien plus tard, autoriserait ceux du peuple qui le voudraient, à remonter à Jérusalem (Esd. 1. 1 à 4).

Dans Sa grâce, Dieu révèle ces choses, encore à venir alors, mais qui se réaliseront en leur temps. Dieu, par discipline envers Son peuple rebelle, devra le chasser dans les nations ennemies. Cependant, Son amour Le conduira à susciter de la compassion dans le cœur de Cyrus, et à délivrer un résidu qui est remonté à Jérusalem sous la conduite d’Esdras. On comprend que cette prière prophétique de Salomon qui remontait jusqu’à Moïse (v. 53), était directement inspirée de Dieu. Pour nous, si nous péchons, nous avons cette ressource de la repentance qui nous ramène infailliblement à la communion avec Dieu. Aux yeux de Dieu, « toutes choses sont nues et découvertes » (Héb. 4. 13) ; mais Sa grâce toujours prête à se manifester, procure aux croyants une paix parfaite.

Le psalmiste fuit le regard divin. Mais à la fin, il est heureux de se tenir dans la lumière de Dieu, comprenant qu’il est un objet de la grâce de l’Éternel (Ps. 139. 23 et 24).

Abraham, dès qu’il apprend l’intention divine de détruire Sodome, intercède avec insistance, jusqu’à supposer qu’il pût y avoir, dans la ville, dix justes : il n’ose aller plus loin. Mais la grâce de Dieu épargnera Lot, le seul juste se trouvant dans cette ville perverse !

Quelle que soit la forme du péché que nous commettons, c’est toujours contre Dieu que nous péchons (v. 46). L’Éternel avait averti d’avance le peuple que, s’il péchait sans repentance, il s’ensuivrait une discipline sévère: « Et si… vous ne recevez pas mon instruction, et que vous marchiez en opposition avec moi, je marcherai, moi aussi, en opposition avec vous » (Lév. 26. 23, 24, 27 et 28).

Quant à nous, nous devons nous souvenir constamment que le Seigneur Jésus est mort sur la croix, portant nos péchés devant le Dieu saint. Le début du verset 46 nous concerne particulièrement, et doit être rapproché de Romains 3. 23 : « Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu ».

Mais la grâce a donné le Seigneur Jésus pour prendre sur Lui nos péchés passés, présents et futurs, et les expier tous. Car « nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le Juste » (1 Jean 1. 8 à 10 ; 2. 1 et 2).

Le remède pour les péchés du peuple, autrefois, est le même pour nous aujourd’hui : la repentance de tout notre cœur (v. 47, 48 et suivants).

Dieu seul lit dans nos cœurs, comme Il lisait dans le cœur de Daniel, cet homme de Dieu qui était droit devant Dieu et les hommes (Dan. 10. 12). La Parole ne relève rien de négatif sur lui.

Le verset 47 montre le jugement que le peuple devait porter sur son propre état, comme nous-mêmes devons le faire.

L’exemple de Manassé, un des pires rois qu’ait connu le peuple, montre jusqu’où la grâce divine consent à aller dans le pardon des péchés, dès qu’il y a repentance !

Nous avons aussi l’expérience de Jonas s’opposant au plan de Dieu, et objet d’une terrible discipline. Dès qu’il se trouve dans une profonde détresse, il crie à Dieu, et Dieu le délivre (Jonas 2). Rien n’arrive par hasard (v. 46). Dieu dirige nos circonstances, même au travers de nos fautes, et veut nous apprendre à nous remettre à Lui avec foi (Lam. 3. 31 à 33, 37).

Dans la prière, le peuple en exil devait se tourner vers son pays, vers Jérusalem, et vers la maison que Salomon avait construite (v. 48). Pour nous, la Parole nous invite à nous tourner vers notre Sauveur. « Fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2). C’est en Lui seul que nous avons toutes bénédictions : tournons-nous vers Dieu avec confiance. Dieu, au temps convenable, inclinera le cœur de Cyrus pour avoir compassion du peuple captif. « Le cœur d’un roi, dans la main de l’Éternel, est des ruisseaux d’eau ; Il l’incline à tout ce qui lui plaît » (Prov. 21. 1).

Puis Salomon invoque la puissance et l’amour de Dieu pour Son peuple Israël qu’Il avait mis à part des nations (v. 53), comme nous-mêmes. Sacrificateur et intercesseur, Salomon évoque les cieux, habitation de Dieu (v. 49).

Le verset 51 dévoile la raison pour laquelle l’Éternel a fait sortir le peuple d’Égypte : « car ils sont ton peuple et ton héritage ». Dieu révèle à Israël pourquoi Il l’a choisi, plutôt qu’un autre peuple : « Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples… car vous êtes le plus petit de tous les peuples ; mais parce que l’Éternel vous a aimés » (Deut. 7. 7). Israël descend d’Abraham, appelé par Dieu à quitter son pays et sa parenté, pour aller au pays de Canaan que Dieu a promis de lui donner, à lui et à sa descendance. Le peuple d’Israël est donc « l’héritage » de l’Éternel sur la terre.

Pour nous, chrétiens, nos bénédictions sont essentiellement célestes, en Christ.

C’est seulement durant Son règne de gloire, que le Seigneur jouira pleinement de cet héritage qu’est Israël. En Égypte, le peuple opprimé, était impuissant à se libérer de « la fournaise de fer ». Dieu seul pouvait le délivrer et en a pris soin, bien qu’Il ait dû le châtier lorsqu’Israël s’est livré à l’idolâtrie, puis a rejeté son Sauveur. Cependant, Dieu reprendra ses relations avec lui, lorsqu’il reconnaîtra son Messie dans « celui qu’ils auront percé » (Zach. 12. 10 à 14). Alors, Dieu écrira sa loi, non plus sur des tables de pierre, mais dans leur entendement et sur leurs cœurs » (Héb. 8. 10). A ce moment-là, le Seigneur héritera de la terre, à travers son héritage vivant : Israël.

A partir du verset 46, Salomon envisage que le peuple soit captif, sans ressources parmi les nations, à cause de son péché contre l’Éternel. Cependant, les ressources sont toujours là : revenir à Dieu dans la repentance. Les serviteurs de Dieu ont l’intelligence des intérêts de Dieu, et insistent souvent sur le fait que le peuple délivré d’Égypte, est le peuple de Dieu et Son héritage (Deut. 9. 25 à 29 ; Ex. 32. 11). C’est vraiment la foi sur les promesses divines, qui sont en Christ.

Une telle intelligence spirituelle dans les prières nous est bien nécessaire ! Étant les objets de la miséricorde divine, notre position en Christ est intouchable.

Néhémie, Daniel, avaient une conduite exemplaire : ces hommes de Dieu s’identifiaient avec le peuple, dont ils s’appropriaient les péchés (Néh. 1. 6 à 11 ; Dan. 9. 3 à 19). En Josué 7. 11, lors de l’anathème d’Acan, l’Éternel dit à Josué : « Israël a péché ». Le péché d’un seul souillait tout le peuple.

L’apôtre Paul avait la conviction d’être « le premier des pécheurs ». Si tel est notre sentiment personnel, Dieu s’occupera de nous en grâce (Nomb. 23. 8). Comme le peuple, séparé de toutes les nations pour être à Dieu seul, nous ne sommes pas du monde comme le Seigneur n’est pas du monde (Jean 17. 14 et 16) ; et c’est pour être unis à Lui. Si Dieu châtie Son peuple pour ses péchés, Il le défend contre la méchanceté des nations (Nomb. 23. 20 et 21).

Quant à Israël, Dieu le ramènera à Lui, et Lui-même rétablira Sa souveraineté à Jérusalem (cf. Zach. 1. 14 à 16). L’Éternel déclare solennellement que, toucher au peuple, c’est toucher à la prunelle de Dieu (cf. Zach. 2. 6 à 8). Dieu aime Son peuple, qu’Il délivrera, et duquel Il fera, en son temps, un peuple fidèle : un peuple de sacrificateurs (Ex. 19. 5 et 6) – un peuple saint, consacré à l’Éternel (Deut. 7. 6 à 8 ; 14. 2).

C’est aussi la part céleste de l’Église « Ecclesia » (hors de), d’être formée de sacrificateurs pour Dieu. Elle a été appelée hors du monde pour Le servir et L’adorer.

Salomon, dans ces chapitres, est comme au sommet d’une montagne, près de Dieu. Il prononce une prière avec de saintes paroles. Bientôt, il tombera et, à la fin, il n’aura pas, pour lui-même, la moindre parole de repentance ! Mais ici, Salomon est un type remarquable de Christ sur Son trône de gloire, et dans Ses attributs de Sacrificateur (Zach. 6. 13). Il agit, ici, comme le Seigneur le fera durant Son règne glorieux. Pendant sa prière, Salomon était à genoux, tourné vers l’autel, ses mains étendues vers le ciel, en supplication (1 Jean 2. 1). Puis, il s’est levé et s’est tourné vers le peuple pour le bénir (v. 54 et 55). Il est l’image de Christ, bénissant Son peuple et les nations, durant le millénium.

Autrefois rejeté et crucifié, le Fils de l’homme régnera en puissance et en justice sur toute la terre. Ce chapitre représente le sommet de l’histoire du peuple dans ses relations avec Dieu, après la triste histoire des Juges, et le règne misérable de Saül. Au verset 56, la fidélité de Dieu est rappelée. Tout ce qu’Il avait promis est arrivé. il ne fait pas de compromis avec les hommes, mais toutes Ses promesses se réalisent, quand il y a retour vers Lui, et Ses jugements sont ajustés à chaque cas.

Ayant prié à genoux, Salomon bénit debout. C’est la première fois, dans la Parole, que quelqu’un adopte cette attitude devant Dieu.

Ce passage mentionne le péché à neuf reprises, et montre que les ressources sont toujours en Dieu. Israël sous la loi, devait obéissance, car la loi disait : « Fais cela et tu vivras ». Et le peuple, lorsque la loi lui fut donnée, au Sinaï, répondit présomptueusement : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Il en était bien incapable.

Quant à nous, sous la grâce, nous nous trouvons dans une sécurité parfaite et inconditionnelle, sous la protection absolue du sang de Christ versé à la croix.

Salomon a plus de pondération que le peuple au Sinaï : il a compris que, si l’Éternel n’agit pas Lui-même, le peuple sera incapable de marcher selon les exigences de la Parole. Nous pouvons transposer cela pour nous, bien que, sous la grâce, seul le Seigneur, par Son Esprit, produise en nous le désir et la force de Le suivre. « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21). Pour Le suivre, nous avons besoin qu’Il se tienne près de nous, et de l’entendre nous dire : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 23). Le Seigneur nous dit encore : « Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). Si nous sommes persuadés de pouvoir faire les choses par nous-mêmes, le Seigneur nous laissera faire l’expérience de notre incapacité sans Son aide.

Le verset 46 reconnaissait qu’il n’« y a pas d’homme qui ne pèche ». Mais c’est un immense bonheur d’être désormais sous la grâce, sur la base de la rédemption accomplie. Toute inclination de nos cœurs vers Dieu est un fruit béni de l’action du Saint Esprit en nous (v. 57) ; et Salomon demande la grâce divine pour lui et pour le peuple, afin que toute la marche du peuple soit dédiée à Dieu, en obéissance à « ses voies… ses commandements… ses statuts… ses ordonnances… » (v. 58). Et cela devait servir de témoignage à « tous les peuples de la terre » que « l’Éternel, Lui, est Dieu » (v. 59). Il en est de même pour nous aujourd’hui (v. 60 et 61). Ces demandes de Salomon étaient selon Dieu, car au chapitre 9, Dieu a répondu à sa demande.

Et, plus tard, Daniel s’est emparé de ces promesses de délivrance, au sujet du peuple captif à Babylone. Et celui-ci a été délivré, car, bien qu’il ait été sous condition d’obéir à la loi à laquelle il avait complètement manqué, le peuple, aimé de l’Éternel, a été délivré inconditionnellement.

Dans les versets 57 à 59, Salomon s’identifie au peuple, comme le Seigneur le fera, au Jourdain, lors de Son baptême. Il s’est mêlé au peuple confessant ses péchés, alors que Lui-même était pur du péché. Puis, Salomon demande au peuple que son « cœur soit parfait avec l’Éternel » oubliant de demander la même chose pour lui-même !

Et, à partir du chapitre 11, l’histoire de Salomon se dégrade. Soyons assez humbles, si nous demandons de semblables choses pour nos frères, de les demander d’abord pour nous-mêmes.

Salomon se réjouit de ce que l’Éternel a accompli Ses promesses (v. 56). Nous avons les promesses du Seigneur, qu’Il sera toujours avec nous. Lors de sa prière, Salomon avait les mains élevées vers le ciel. On retrouve cette attitude dans le Nouveau Testament (1 Tim. 2. 8). Mais l’apôtre met surtout l’accent sur la sincérité du cœur, en sainteté, « sans colère et sans raisonnement ». Jacques 4. 3 dit : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés ». C’était une attitude de respect dans la présence de Dieu, mais aussi de supplication. Paul exhorte à faire, en toutes choses, des « prières, des supplications, avec des actions de grâce » (Phil. 4. 4 à 7). Nos cœurs doivent être préparés à la prière fervente dans le jugement de nous-mêmes, humblement. L’exemple du pharisien prétentieux et du publicain humble et repentant, montre l’état dans lequel nous devons être devant Dieu.

La dédicace du temple coïncide avec la fête des tabernacles, type du millénium, suivie du « huitième jour » image de l’état éternel. Cette fête dura quatorze jours au lieu de sept, tant était grande la joie du peuple, ayant offert, avec le roi, un sacrifice de prospérité impressionnant (v. 62 à 66).

Au huitième jour, le peuple bénit le roi, tellement la joie était grande de l’abondance de l’offrande faite à l’Éternel, et parce que Dieu avait fait du bien à David… et à son peuple. Nous réjouissons-nous lorsque le Seigneur se trouve au milieu de nous ? Nos actions de grâces reflètent l’état de notre joie, en le voyant par les yeux de la foi.

Ch. 9

Ce chapitre rappelle que Salomon, au bout de vingt ans, a terminé la construction de la maison de l’Éternel et sa propre maison (v. 1 et 10). Salomon a mené à bien « tout son désir qu’il prit plaisir de faire ». L’accomplissement de son désir de faire la volonté divine a été, pour lui, un plaisir !

Dieu lit dans nos cœurs les sentiments qui y naissent, dans l’accomplissement de notre service pour Lui. Une vraie joie de Le servir ne peut que Lui plaire.

Dans la première apparition de Dieu à Salomon (ch. 3. 9), au cours de laquelle il avait demandé à Dieu de lui donner un cœur qui écoute, Dieu l’avait exaucé. Et cela s’était soldé par la prise de conscience, par Salomon que, désormais, c’était à Jérusalem, devant l’arche de l’Éternel, que Salomon devait adorer (v. 15), et non plus à Gabaon, le principal haut-lieu. Puis il avait compris qu’il devait construire la maison de l’Éternel, là, à Jérusalem.

Ces ouvrages terminés, Dieu apparaît de nouveau à Salomon, en lui rappelant les conditions liées aux bénédictions promises. Il fallait qu’il marche dans l’obéissance, en tout ce que Dieu avait commandé, afin que l’Éternel puisse faire habiter Son nom là, et que « le trône de ton royaume sur Israël » soit affermi à toujours (v. 2 à 5). La promesse était ferme et définitive.

Cependant, à cause de l’incrédulité et de l’idolâtrie du peuple, Dieu a dû ôter la royauté d’Israël, et le chasser du pays. Mais Sa promesse demeure « sans repentance » et, au-delà de Salomon, il y a un Roi futur sur lequel repose cette promesse ferme : C’est le Seigneur Jésus, cet « Homme qui ne manquera pas sur le trône d’Israël » (v. 5), et qui régnera à toujours.

Le verset 3, inconditionnel, se projette sur le royaume millénial de Christ. Cette « maison » sur laquelle Dieu dit : « Mes yeux et mon cœur seront toujours là », (bien que le temple ait été démoli et reconstruit plusieurs fois durant l’histoire), sera reconstruite pour le millénium (Éz. 40 et suivants). Mais pour Dieu, c’est toujours la même maison qui est devant Ses yeux (Aggée 2. 9).

Ici, Dieu répond à la fidélité de Salomon, comme Il répondra à l’humilité de Daniel. C’est dans le Seigneur seul que Dieu a trouvé tout le désir de Son cœur, et c’est Lui seul qu’Il a en vue, le vrai Fils de David (És. 32. 1 et 2 – et aussi le résidu d’Israël, pour le millénium (Ps. 10. 17), ce règne de paix universelle et de justice divine (És. 11. 6 à 9 ; 65. 25).

Le verset 4 de notre chapitre, rappelle la responsabilité de Salomon et du peuple (ch. 3. 14). Dieu se souvient toujours de Ses promesses : « comme j’ai parlé à David, ton père » (v. 5). Nous avons aussi des promesses, et nous devons nous attacher à les rendre valables (1Tim. 4. 15 ; 2 Tim, 1. 14 ; ch. 2. 15).

Pour les chrétiens, c’est l’Assemblée qui est « l’habitation de Dieu en Esprit », chacun étant « une pierre vivante » placée par le Seigneur dans le saint édifice (1 Pier. 2. 2 à 5). Le Seigneur est notre Intercesseur. « Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai ».

Quant à Israël, sauvé d’Égypte et conduit aux portes de Canaan, par pure grâce, il a failli, déjà en déclarant présomptueusement, en recevant la loi : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons », alors qu’il en était incapable. La loi met en évidence l’impossibilité des hommes à y obéir. Nous ne pouvons servir Dieu qu’en nous appuyant sur Sa grâce et sur Sa force.

Salomon était conscient de la présence du péché dans l’homme (ch. 8. 46), et aurait dû faire appel à la grâce de Dieu, pour Lui plaire.

Les versets 6 à 9, réitèrent les avertissements de Lévitique 26. 23, 24, 27 et 28). Seul le Seigneur donne la force de Le suivre, et Dieu, comme un Père envers Ses enfants qu’Il aime, nous châtie, selon les besoins (Héb. 12. 7). Bien que Dieu ait su que Salomon se détournerait du droit chemin, Il laisse la porte ouverte à la miséricorde. Dieu ne punit jamais un péché encore futur, mais seulement ceux que nous avons commis.

Les versets 4 à 9, rappellent les promesses divines faites à Moïse (Deut. 29. 10 à 13, 27 à 29), et que connaissait Salomon, car il s’adressait, à ce moment-là, à une nouvelle génération. Dieu répète souvent les choses déjà enseignées, car nous sommes oublieux. Paul disait aux Philippiens : « Vous écrire les mêmes choses n’est pas pénible pour moi, et c’est votre sûreté » (3. 1).

Dans notre chapitre, il est humiliant de constater que notre mauvaise conduite est observée par le monde, qui s’étonne des conséquences (v. 8 et 9). Le peuple, racheté d’Égypte, nous rappelle que nous étions morts dans nos fautes. Si l’Église est en ruine, c’est parce qu’elle a abandonné la Parole de Dieu.

Le verset 10 ouvre une nouvelle division de l’histoire de Salomon. « Au bout de vingt ans ». Hiram, le roi de Tyr, qui avait fourni Salomon des matériaux nécessaires pour la construction du temple et de sa propre maison, et de l’or en abondance, est mentionné de nouveau. Toutes ces constructions terminées, Salomon lui donne vingt villes de Galilée qui ne lui plurent pas et qu’il méprisa (v. 12 et 13).

Il y avait eu, entre David et Hiram, une profonde affection, que celui-ci reportait sur Salomon, ici, image de Christ durant le millénium, au cours duquel les nations monteront à Jérusalem pour y adorer, et que Dieu bénira, selon la prophétie de Noé à ses fils, Sem et Japheth (Gen. 9. 27). Alors, Israël sera une bénédiction pour les nations. Ce don des villes d’Israël à cet étranger était une faute de Salomon qui, après tant de fidélité à Dieu, n’a plus la même appréciation de l’héritage de l’Éternel.

Naboth, fidèle à l’héritage de ses pères, y perdra la vie (1 Rois 21. 1 à 14). Shamma, sauvera un simple champ de lentilles, nourriture du peuple (2 Sam. 23. 11 et 12). Et l’Éternel déclare que le pays d’Israël Lui appartient (Lév. 25. 23). Restons fidèles à l’héritage spirituel que nous a laissé le Seigneur, héritage qui Lui appartient, et dans lequel Il trouve Sa joie que nous partageons avec Lui, par l’Esprit.

L’amitié entre Salomon et Hiram n’était pas répréhensible en soi, mais elle ne justifiait pas le don que Salomon lui a fait et qu’il a méprisé. Le monde n’apprécie pas les choses spirituelles qui font notre joie (Mat. 7 6). Les liens d’amitié avec les gens du monde que nous fréquentons doivent rester limités au strict nécessaire. « Achète la vérité et ne la vends point » (Prov. 23. 23).

Salomon a mis sept ans pour bâtir la maison de l’Éternel, et treize ans pour bâtir la sienne. Il a montré, en s’occupant du temple d’abord, que pour lui, la maison de l’Éternel était plus importante que la sienne. L’Assemblée, l’habitation de Dieu par l’Esprit, devrait être pour nous, plus importante que les biens terrestres. Veillons à ce que nos affections pour l’Assemblée ne s’affadissent pas. Gardons le « bon dépôt » (2 Tim. 3. 14).

La Galilée, peut-être à cause de ce don de Salomon à Hiram, était appelée : la « Galilée des nations », du temps où le Seigneur était sur la terre. Cette partie d’Israël était, de ce fait, méprisée des Juifs de Judée. Mais c’est là que, dans Son amour pour les petits, les rejetés, le. Seigneur a assuré la plus grande partie de Son ministère de grâce. Prophétiquement, le Seigneur a dit au Psaume 119. 63 : « Je suis le compagnon de tous ceux qui te craignent, et de ceux qui gardent tes préceptes ».

Ils étaient des Galiléens, et II les a enseignés avec amour. On a méprisé le Seigneur parce qu’Il était humble et débonnaire. Marchons sur Ses traces.

« Qu’est-ce que ces villes-là que tu m’as données, mon frère ? » (v. 13). Ce mot « mon frère », dénote une amitié intime entre Salomon et Hiram. Si le monde incrédule nous traite en « frères », revoyons notre état spirituel et notre témoignage. Supplions le Seigneur pour que le témoignage qu’Il nous a confié amène des âmes à Lui. Le mépris d’Hiram pour le don de Salomon caractérise les réactions du monde pour les choses spirituelles qui font notre bonheur, et qu’il ne peut comprendre, car elles ne peuvent s’apprécier que par l’Esprit. Un homme sans besoins spirituels ressentis ne peut venir à Dieu, car rien de ce qui est spirituel ne plaît à la chair.

Aux versets 15 et suivants, la Parole revient en arrière, concernant ceux que Salomon a employés pour bâtir les différentes constructions. Toutes les nations qui auraient dû être détruites mais qu’Israël n’avait pu détruire (v. 20 et 21), Dieu avait déclaré qu’elles demeureraient, mais comme des « épines ». Et Salomon les assujettit aux corvées. À Guézer, le Pharaon avait brûlé la ville, tué les Cananéens restants, allant plus loin qu’Israël.

Durant le règne de Christ, il n’y aura plus de Cananéens dans le pays (Zach. 14. 21). Puis, le pharaon avait donné la ville en ruines à sa fille. Le monde ne peut donner que des choses vouées au jugement. Ésaïe dit : « toutes nos justices, sont comme un vêtement souillé » (ch. 6. 6). Cependant, Salomon, type de Christ qui, Lui, ne donne que de bonnes choses en bénédiction, rebâtit la ville. Comme Israël qui était mélangé aux nations restantes dans le pays, l’Église est un mélange de croyants et de professants. Sans les rejeter (Mat. 13. 28 et 29), il faut nous en séparer, pour garder la communion « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2. 19 à 22).

Au début de son règne, Salomon, objet de la faveur de Dieu, avait reçu des richesses qu’il n’avait pas demandées. Par la suite, il semble qu’il devient insatiable : il en possède tellement qu’il ne sait plus qu’en faire.

La Parole distingue entre ceux à qui Dieu permet d’être riches, et ceux qui « veulent devenir riches » (1 Tim. 6. 9, 17 à 19). Comme roi en Israël, il n’aurait pas dû acquérir tant de richesses, ni tant de chevaux, ni tant de femmes (Deut. 17. 14 à 17) Déjà, Hiram lui avait donné beaucoup d’or (v. 14). Et aux versets 26 à 28, les flottes des deux rois partent à Ophir, chercher quatre cent vingt talents d’or (dix-neuf tonnes !). Les vrais trésors de la maison de Dieu sont bien autre chose que tout l’or d’Ophir. Les richesses selon le monde sont un piège dont les croyants doivent se méfier. Il y a danger de déshonorer le Seigneur. « Ne me donne ni pauvreté ni richesse » (Prov. 30. 8).

Cependant, en-dehors du comportement humain de Salomon, dans lequel on perçoit un fléchissement de sa piété (v. 19), il est toujours un type de Christ dans Sa domination universelle durant Son règne, où Il dominera sur tout l’univers : en ce sens, Il sera infiniment riche.

Le pharaon qui avait pris Guézer et l’avait brûlée, la redonne à Israël, et Salomon la rebâtit (v. 16 et 17), assujettissant les Cananéens restants au service d’Israël, sans les tuer, comme Saül avait fait aux Gabaonites. Le Seigneur, antitype de Salomon, détruira les nations ennemies avant et après Son règne (Apoc. 19. 11 à 18 ; 20. 7 à 11). Mais durant Son règne de mille ans, les nations seront assujetties à Sa puissance. Le Seigneur détruira seulement les individus incrédules qui pécheront (Ps. 101. 8). Quant à ceux qui se seront convertis, d’Israël et des nations, en recevant l’évangile du royaume, la loi étant écrite dans leurs cœurs, ils seront des hommes libres (v. 22), et Dieu dit : « Je serai clément envers leurs injustices » (Héb. 8. 10 à 12).

La loi interdisait déjà à Israël d’assujettir les Israélites à l’esclavage (Lév. 25. 39, 43 à 45). Salomon, fidèlement, en a fait des chefs et des hommes de guerre (1 Sam. 8. 7 à 12 ; 2 Chron. 8. 9).

Le verset 24, prophétique, montre, à travers la fille du pharaon, femme de Salomon, les nations unies au Seigneur durant Son règne millénial. Cependant, Salomon distingue clairement qu’elle ne peut demeurer là où l’arche de l’Éternel a séjourné, dans la « ville de David ».

Au verset 25, Salomon, contrairement aux autres rois (et Osias en particulier qui a péché en pareil cas), faisait fumer l’encens sur l’autel d’or, ayant un rôle sacerdotal inattendu, si l’on ne prend pas en compte qu’il préfigure Christ qui, Lui, en perfection et de plein droit, sera, durant le millénium, roi et « sacrificateur sur son trône » (Zach. 6. 12 et 13), divin Melchisédec. Alors, la bénédiction rejaillira d’Israël vers les nations.

Milo (v. 24), la citadelle (ou ville) de David, ensuite, a été annexée à Jérusalem (2 Sam. 5. 9).

Les versets 26 à 28, montrent Salomon et Hiram agissant de concert pour construire une flotte à Etsion-Guéber, pour aller chercher de l’or à Ophir. Et l’entreprise prospère sans aléas.

Plus tard, Josaphat, voulant faire la même chose, voit sa flotte détruite avant d’entrer en action. Toute cette puissance, cette richesse, cette réussite dans les entreprises de Salomon, nous reportent au Seigneur Lui-même durant Son règne, où Sa domination assujettira le monde entier à Sa puissance infinie. Ésaïe 9. 6 et 7 déclare : « Il n’y aura pas de fin à son empire ». Durant le règne de Salomon, il y avait des étrangers en Israël : Dieu ne condamne pas les relations avec les étrangers, mais bien les dérives morales que ces contacts peuvent entraîner (Lév. 17. 8 et 9).

Nous-mêmes ne sommes pas appelés à nous retirer du monde, mais à prendre garde à ne pas penser et agir comme le monde , à ne pas céder à l’attrait des richesses. « Si les biens augmentent, n’y mettez pas votre cœur » (Ps. 62. 10). Soyons soigneux avec ce que le Seigneur nous donne, comme des « économes fidèles », afin de le faire fructifier pour le Seigneur. Par ailleurs, nous avons « des biens meilleurs et permanents », tous les « trésors du sanctuaire », dans lesquels nous ne puisons pas assez : alors, riches comme nous le sommes de ces richesses spirituelles, nous vivons, spirituellement, comme des pauvres.

Ch. 10

Le chapitre 10 présente Salomon au sommet de sa gloire, de sa puissance, de sa richesse, mais surtout de sa sagesse, et de sa renommée. Prophétiquement, la gloire universelle du Seigneur Jésus est vue dans celle de Salomon.

C’est la « renommée de Salomon en relation avec le nom de l’Éternel » (v. 1), qui a attiré la reine de Sheba, et l’a déterminée à entreprendre ce long voyage, afin de s’assurer de ce qu’elle avait « entendu dire… sur tout son état », et qu’elle n’avait pas cru (v. 6 et 7). Qu’elle évoque elle-même « le nom de l’Éternel » montre qu’elle avait des besoins profonds et, de propos délibéré, elle se rend en Israël, à Jérusalem, pour rencontrer le roi Salomon. La reine est si étonnée de découvrir toute la beauté qui entoure le règne de Salomon, qu’en elle « il n’y eut plus d’esprit » (v. 5) ; et elle déclare, dans son admiration « Tu surpasses en sagesse et en prospérité la rumeur que j’en ai entendue » (v. 7). Cette sagesse de Salomon, il l’avait demandée à Dieu qui la lui avait donnée. D’autres monarques puissants régnaient dans les pays d’alentour, mais c’est vers Salomon que cette reine étrangère vient, attirée par sa gloire. Seul, le Seigneur dépassera la sagesse et la gloire de Salomon aux yeux de tout l’univers, durant Son règne, car « en Lui, la plénitude de la déité s’est plu à habiter ». En Jésus, il y a « plus que Salomon ».

Salomon, dans sa sagesse, a répondu à toutes les questions de la reine de Sheba ; il a pu élucider, pour elle, toutes les énigmes qu’elle ne pouvait résoudre seule. C’est en Christ que, pour nous, se résout tout ce qui resterait mystérieux sans Lui. Nous pouvons apporter à ceux qui ne connaissent pas le Seigneur quelque lumière sur ce qui est obscur pour eux.

Une conduite fidèle gène toujours le monde, et peut générer des persécutions. Cependant, « il vaut mieux souffrir en faisant le bien qu’en faisant le mal » (1 Pier. 3. 17 ; 4. 1 à 5).

La reine est venue vers Salomon « pour l’éprouver par des énigmes » (v. 1), non comme les pharisiens qui ont cherché à enlacer le Seigneur dans Ses paroles, mais pour élucider ce qui, dans son esprit, restait obscur. Aucune de ses questions n’est restée sans une réponse qui a comblé son intérêt, et dissipé toute incrédulité chez elle (voir v. 7). Celui qui a pensé et écrit les Proverbes et l’Écclésiaste avait cette capacité de satisfaire à tous les besoins spirituels de cette étrangère (v. 13). Connaissant le Seigneur, nous pouvons apporter, nous aussi, des réponses a ceux qui cherchent la vérité que nous connaissons.

Malgré le « fort grand train » accompagnant cette reine, son cœur restait vide et triste ! Ainsi sont les hommes. « Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; et les choses révélées sont à nous et à nos fils » (Deut. 29. 29). En Juges 14. 12, Samson propose une énigme aux Philistins. La reine pose des énigmes à Salomon parce qu’elle cherche des réponses. Elle avait apporté à Salomon plusieurs tonnes d’or, des aromates et des pierres précieuses, une très grande richesse terrestre. Mais elle est repartie comblée, avec des richesses spirituelles, bien plus précieuses « Tout son désir ». Il n’y eut pas une chose cachée pour le roi » (v. 3).

En Jean 7. 46, les huissiers chargés d’arrêter le Seigneur, sont revenus seuls, déclarant : « Jamais homme ne parla comme cet homme ». Toute la sagesse divine était en Lui.

L’intendant de la reine de Candace, venu à Jérusalem pour y adorer selon la loi, sur le chemin du retour, a rencontré la grâce en Jésus Christ (Act. 8. 36), car le Seigneur répond aux besoins. La reine admire aussi tout ce qui concerne la maison du roi ; la tenue de ses serviteurs l’ordre de service de ses officiers, leurs vêtements (v. 5). Répondons-nous à Colossiens 2. 5, concernant l’ordre dans la maison de Dieu ? Nous nourrissons-nous à satiété des mets de la table du Seigneur, à travers Sa Parole ?

Israël, au désert, avait la manne chaque jour. En Canaan, il a trouvé le vieux blé du pays. Œuvre de Christ, sa maison est parfaite, car c’est Lui qui la bâtit, la nourrit et la chérit. Qu’en faisons-nous ? Ayant revêtu Christ, que notre « tenue » soit à Sa gloire.

Sophonie 1. 8 dit : « Je punirai tous ceux qui se vêtent de vêtements étrangers ». Puis, qu’il y ait de l’ordre dans l’Assemblée (1 Cor. 14. 33), afin que Christ soit vu. La reine de Candace, si riche, proclame : «  heureux les gens » de Salomon. Sommes-nous heureux de servir le Seigneur ? La seule et la vraie « rampe » (v. 5), c’est le Seigneur par qui on accède à Dieu le Père (Jean 14. 6).

Les vêtements des serviteurs et des officiers de Salomon, qu’admire la reine de Sheba, nous rappellent que nous avons « revêtu le nouvel homme » qui est Christ (Col. 3. 10). C’est notre position devant Dieu ; mais cette position morale doit se voir dans notre comportement habituel, aux yeux des frères et aux yeux du monde. De même, notre tenue vestimentaire doit être correcte, notamment lors des réunions, dans la présence du Seigneur qui est « plus grand que Salomon ».

La reine admire aussi « les échansons », dont le rôle était de servir le vin au roi : le vin, dans la Parole, est souvent symbole de la joie du Seigneur : notre vie est-elle « un vin » rendant joyeux le cœur du Seigneur ? Sommes-nous des canaux de joie pour ceux qui nous entourent, ou des sources de tristesse ? Dans la maison de Salomon, chaque serviteur servait à sa place, dans une bonne tenue. Et toute cette activité ordonnée soigneusement, honorait pleinement le maître de la maison.

Nous sommes dans l’Assemblée qui est la maison de Dieu, tout en étant « la maison même ». Nous sommes, frères et sœurs, chacun à la place où Dieu nous a mis, et le Seigneur, au milieu de nous est notre chef, maître dans Sa maison. Et chacun a reçu un don que nous sommes responsables d’exercer soigneusement, afin d’honorer le Seigneur. Pensons que c’est Lui qui appelle, forme, et envoie Ses serviteurs pour Le servir, Lui, et nul ne doit « dominer sur les héritages » du Seigneur. Tout, en nous, devrait diriger le regard des hommes vers Lui. Restons donc chacun à la place ordonnée de Dieu, et soyons attentifs à agir de Sa part, au bon moment.

Si tel était le cas, un étranger entrant au milieu des frères, prendrait conscience « que Dieu est véritablement parmi nous » (1 Cor. 14. 24 et 25). Pensons aussi que les anges contemplent la sagesse de Dieu en observant le fonctionnement de l’Assemblée. Dans les réunions, le soin que prennent les sœurs, quant à elles, de se couvrir la tête selon la Parole, rend témoignage qu’elles sont à leur place dans l’Assemblée, et qu’elles honorent le Seigneur. L’assemblée locale doit refléter les caractères de Christ : « Vous êtes, vous, notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes » (2 Cor. 3. 2). C’est la lettre de Christ.

Si nous portions davantage le caractère de « colonne et de soutien de la vérité » (1 Tim. 2. 15), bien des âmes, en peine de la vérité, rejoindraient l’Assemblée, et la gloire en rejaillirait sur le Seigneur. À la cour de Salomon, tous fonctionnaient dans un ordre parfait, et sa renommée s’étendait aux pays environnants.

La reine de Sheba, venue de loin, est un type des nations étrangères qui, dans le règne millénial, viendront à Jérusalem, admirer cette justice unique exercée par le Seigneur, et s’étonneront de tant de perfection ! Nous non plus, comme la reine de Shéba, nous n’avons pas entendu « la moitié » de toutes les beautés morales concernant le Seigneur.

Le monde pense que Dieu est un simple concept intellectuel. Mais nous, nous Le connaissons comme le Dieu Sauveur. Nathanaël ne croyait pas que le Messie puisse venir de Nazareth, avant qu’il L’ait vu de ses yeux (Jean 1. 46 et 47). Thomas a dû voir le Seigneur ressuscité pour croire qu’Il était vivant. Alors, de son cœur convaincu, a jailli ce cri d’adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Ce long voyage de la reine peut nous rappeler le « voyage » d’une âme, avant qu’elle connaisse son Sauveur. Nous-mêmes voyons maintenant « comme à travers un verre, obscurément », mais au ciel, « face à face » (1 Cor. 13. 12). La reine a vu les choses concernant Salomon, et a cru (v. 7). Croyons tout ce que nous lisons dans la Parole.

Le verset 8 montre que le Seigneur veut nous rendre heureux de Le servir, et non Le servir par contrainte (Héb. 13. 17). Le Seigneur nous « laisse la paix » et nous « donne sa paix », si nous gardons Ses commandements (Jean 13. 17 : 14. 21 à 27). Puis, Il nous donne « sa joie » (cf. Jean 15. 11). Ainsi, la paix et la joie du Seigneur sont deux fruits du salut acquis à la croix du Seigneur. Ne soyons pas comme les gens du monde, pour qui « même dans le rire le cœur est triste ».

La reine a donné intelligemment à Salomon, tous les présents qu’elle avait apportés, après avoir vu sa gloire. L’adoration est, pour nous, un service intelligent : « le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Héb. 13. 15). Comme Dieu, Salomon n’a pas été le débiteur de la reine (v. 13), dont le cœur rendu intelligent, voit plus haut que Salomon, et s’écrie : « Béni soit l’Éternel » (v. 9).

Ch. 11

Le chapitre 10 met la note finale à la gloire de Salomon, à sa sagesse. Jusque-là, il était un beau type du Seigneur Jésus qui sera manifesté en gloire et en puissance, durant Son règne millénaire encore à venir. Le règne de Salomon, dans le deuxième livre des Chroniques (livre de la grâce de Dieu), s’achève sur l’exaltation de la gloire de Salomon (ch. 9).

Cependant, notre chapitre 11 débute par ce mot, renversant toute l’appréciation divine sur ce grand roi : « Mais ». Peu à peu, Salomon a enfreint les ordonnances divines pour les rois d’Israël (Deut 17. 15 à 20). Il s’est amassé des richesses outre ce que l’Éternel lui avait donné. Il a aimé « beaucoup de femmes étrangères » et acquis beaucoup de chevaux en Égypte, où le peuple ne devait retourner en aucun cas. Puis, il aurait dû écrire un exemplaire de la loi et y lire chaque jour.

Son cœur s’est détourné peu à peu, et à la fin de sa vie, il est devenu idolâtre pour complaire à ses femmes – les trois premières, une Moabite, une Ammonite et une Édomite, toutes descendantes d’Abraham. Peut-être a-t-il pensé qu’il n’y avait pas de mal à aimer ces femmes qui, comme Israël, descendaient de ce patriarche. Mais ces peuples, tous ennemis d’Israël, ne devaient en aucun cas entrer dans la congrégation d’Israël.

Enfin, il avait pris également des Sidoniennes et des Hétiennes. Ces deux peuples, les Cananéens, occupaient la Palestine avant la conquête du pays, et auraient dû être détruits par Israël.

Salomon avait eu une jeunesse paisible et pleine de sagesse de la part de l’Éternel, mais a connu une vieillesse moralement misérable, plongée dans le péché et l’idolâtrie.

David, lui, avait aussi commis des fautes graves, mais sa conscience l’avait repris douloureusement, il s’était repenti, confessant son péché. Aussi, Dieu a-t-il pu dire de lui qu’il avait eu « un cœur parfait » (1 Rois. 9. 4).

Il semble que Salomon ne se soit jamais repenti. Prenons garde à ne pas nous éloigner de Dieu, peu à peu car, alors, nous perdrons la communion avec Lui, et n’aurons plus aucun discernement de Sa volonté. Ce n’est pas la connaissance de la Parole qui nous garde, mais de rester bien près du Seigneur.

Le chapitre 11 met en relief la responsabilité de Salomon quant aux conséquences de son péché sur le peuple, et jusqu’après son retour de captivité de Babylone (Néh. 13. 23 à 26). Si Dieu commence par dénoncer le comportement de Salomon, par rappeler « qu’il aima beaucoup de femmes étrangères » et « qu’il s’attacha à elles par amour » (v. 2), Il montre, a plusieurs reprises que son cœur a été pris comme dans un filet.

Pour son mariage avec la fille du pharaon, il avait compris que Jérusalem, étant la ville sainte de Dieu, sa femme ne pouvait pas y demeurer. Mais, à la fin de sa vie, il bâtit « des haut lieux » pour les idoles de ses femmes, et lui-même leur rendit culte : après avoir été fidèle, il s’est mis sous un « joug mal assorti avec les incrédules » (2 Cor. 6). Lui connaissait la Parole de Dieu, et était responsable ; ses femmes ne la connaissaient pas.

Il est solennel, que Salomon qui avait si bien compris qu’il est indispensable de « garder son cœur de la femme étrangère » (Prov. 7. 5), de le voir s’abîmer dans une idolâtrie aussi horrible que le culte de Moloc, au cours duquel il fallait immoler des enfants ! Le mal qu’il a laissé grandir en lui a pris toute la place, et il est tombé.

Le mariage chrétien doit être réalisé entre deux conjoints convertis, et décidés à vivre ensemble dans la fidélité au Seigneur et à Sa Parole, et moralement séparés du monde. « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23). Ruth la Moabite a obtenu miséricorde, car sa foi dans la fidélité de Dieu à tout changé pour elle.

Puissions-nous toujours porter sur notre vie le même jugement que l’Éternel ! Dieu, qui voit tout dans le secret, fait plusieurs fois allusion à la fidélité de David, au moment où tout s’effondre dans la vie de Salomon (ch. 11 et 12).

En Jean 21, le Seigneur, qui lit dans le cœur de « Simon, fils de Jonas », pousse Son disciple à confesser sa misère « M’aimes-tu ? » Et celui-ci est contraint de répondre : « Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t’aime ». Le chrétien possède la même nature que les incrédules. Restons près du Seigneur pour être bien gardés, afin que la nouvelle nature se développe. Le Seigneur nous aime, et « nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).

Salomon avait demandé à Dieu de lui donner la sagesse pour conduire le peuple (ch. 3. 5) ; et l’Éternel la lui avait donnée, ainsi que la richesse et la gloire qu’il n’avait pas convoitées.

Mais, au verset 14, il y avait eu un « Si » conditionnel, répété au chapitre 9. 2 à 4. Enfin, ce « si » se projetait sur le peuple tout entier (cf. 9. 6 et 7). Dieu avait rappelé qu’Il s’était révélé et avait commandé de ne pas aller vers d’autres dieux. Salomon, longtemps fidèle, s’était détourné de Dieu pour honorer les idoles de ses femmes étrangères : « Et Dieu eut de la colère contre Salomon » (ch. 11. 9 et 10). Notre cœur est engagé, soit dans le bien, soit dans le mal : « Là où est votre trésor, là sera aussi votre cœur » (Luc 12. 34). Si le Seigneur est vraiment notre trésor, c’est Lui que nous servirons. Ce sont les femmes de Salomon qui « détournèrent son cœur » (v. 3), bien qu’il ait écrit beaucoup de Proverbes touchant ce qui concerne l’état du cœur. Remplir notre cœur d’autres choses que du Seigneur nous détournera de Lui, tôt ou tard, car nous sommes très vite défaillants. Les avertissements du chapitre 9. 6 se sont réalisés.

Cependant, Dieu est un Dieu juste, un Dieu de mesure : « Le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? » (Gen. 18. 25). Il est toujours douloureux, pour Dieu, de juger et de frapper les hommes coupables : c’est « son œuvre inaccoutumée ».

Il pèse les situations de façon juste et mesurée. Il conservera une tribu au fils de Salomon « à cause de David », le roi selon le cœur de Dieu, qui lui avait fait des promesses inconditionnelles, et « à cause de Jérusalem », la ville que Dieu avait choisie (v. 13). Cela supposait qu’il y ait un retour de Salomon vers Dieu. Mais Salomon, dans son éloignement de Dieu, avait perdu le discernement et la sagesse. On ne voit pas qu’il se soit repenti et ait confessé ses fautes – au contraire d’Achab ou même de Manassé en leur temps.

Dieu est sensible aux motifs des cœurs, et cherche toujours à les attirer à Lui, dans la repentance et la confession. Salomon s’étant élevé très haut, est tombé très bas. C’est alors que Dieu Lui-même lui a suscité des adversaires, pour toucher son cœur, mais en vain. Les conséquences se sont étendues jusque sur le peuple qui, élevé très haut par la gloire et la puissance du roi qui, à la suite de la chute de Salomon, a été dispersé. Lorsque David, ayant péché, s’était repenti à l’intervention de Nathan le prophète, Dieu avait pardonné aussitôt (2 Sam. 12. 7 à 14). Cependant, il y avait eu des conséquences : le fils qui lui était né de son adultère est mort, ainsi que d’autres de ses fils – bien qu’Adonija soit mort après son père. Mais pour Salomon, sans retour à Dieu, la sentence s’accomplit (ch. 12. 20). Dieu se glorifie dans Son jugement, en même temps que dans Sa grâce, en conservant une tribu au fils de Salomon. Il s’agit de la tribu de Juda, ainsi que de Benjamin, très petite tribu que d’aucuns ont pu considérer comme ne devant pas être comptée comme telle, mais liée avec Juda, géographiquement. Juda et Benjamin sont deux types du Seigneur. Au retour de la captivité, seuls, Juda et Benjamin sont remontés à Jérusalem, les dix autres tribus restant dans la dispersion.

L’adversaire de toujours, c’est Édom (Ésaü). Haman, l’Édomite dans le livre d’Esther, est « l’adversaire des Juifs ». Que Salomon ait épousé des femmes Édomites n’empêche pas Édom de rester l’adversaire. Même si nous nous associons au monde, il reste un ennemi. Quant aux Philistins, Dieu suscite leurs ravages en Israël, lorsque le peuple s’éloigne de Dieu. Si nous n’écoutons pas le Seigneur, Il nous fait passer sous Sa discipline. Quoi qu’il en soit, Dieu accomplira Ses desseins envers Israël : il sera à la tête des nations sur lesquelles il dominera, alors que, présentement, il est à la queue. La haine de Hadad remonte à la défaite que David a fait subir à Édom (2 Sam. 8. 3 à 6) ; ainsi qu’à la destruction de tous les mâles en Édom, que Joab avait accomplie (1 Rois 11. 15 et 16). Joab, avec cruauté, avait outrepassé la volonté de Dieu à cet égard. Dieu ne commande pas toujours de détruire entièrement. Dans ces circonstances, la miséricorde des hommes est très rare. Dieu l’avait commandé à Saül qui n’avait pas obéi.

Roboam qui monta sur le trône d’Israël après Salomon son père, était le fils d’une femme Édomite (ch. 14. 21), et non un fils de la fille du pharaon. Les fautes des parents ont des conséquences sur leurs enfants. Roboam était loin d’avoir les capacités et la sagesse de Salomon, son père !

Hadad, évadé d’Édom que Joab avait détruit sous le règne de David, et réfugié en Égypte où tout lui était favorable à la cour du pharaon, gardait une haine tenace contre David.

Il revient chez lui, animé de la même haine envers Salomon, fils de David. Et c’est en adversaire qu’il revient. Le monde est un ennemi du Seigneur et des croyants, et cela se vérifie de nos jours encore, dans les pays où règne la persécution contre les enfants de Dieu. Veillons sur nos pensées, et surtout, qu’il n’y ait aucun sentiment de haine ou de rancœur, mais des pensées de grâce (Héb. 12. 15). Pensons qu’en nous, la vieille nature incorrigible est toujours prête à manifester sa méchanceté naturelle. Ce récit du livre des Rois met en évidence que ces adversaires sont suscités contre Salomon par l’Éternel Lui-même, à cause de ses infidélités, ayant entraîné celles du peuple.

Contrairement à Proverbes 16. 7 ou Dieu dit : « Quand les voies d’un homme plaisent à l’Éternel, Il met ses ennemis même en paix avec lui », les derniers actes de Salomon ne plaisaient pas à Dieu (v. 9) ; dès lors, il a eu des ennemis et Dieu a arraché le royaume de ses mains, comme Il l’avait dit (v. 11 à 13), et l’a donné à Jéroboam, son serviteur. Bien que tout soit changé pour Salomon : plus de paix, des adversaires se dressant contre lui, son cœur n’a pas été touché, et il n’y a pas eu de repentance. Lorsque le Seigneur nous place sous Sa discipline, c’est toujours par amour, et pour nous ramener à Lui, dans la soumission à Sa Parole. S’il n’y a pas de retour au Seigneur, notre cœur s’endurcit.

« Pourquoi seriez-vous encore frappés ? vous ajouterez des révoltes. Toute la tête est malade et tout le cœur défaut » (És. 1. 5). Hadad, Rezon (v. 23), et Jéroboam, sont les trois adversaires que Dieu a suscités à Salomon.

Hadad, Édomite, est un homme du monde, et nous devons être moralement séparés de ce monde soumis à Satan, cet ennemi de Dieu et des croyants. Par la tentation ou la persécution, il essaie toujours de nous faire tomber. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31). Mais s’Il est contre nous, qui sera pour nous ? Le monde nous haïra toujours, comme lui étant étrangers.

Édom a toujours été ennemi du peuple de Dieu David en a fait l’expérience avec Doëg l’Édomite, lorsque, fuyant Saül, il s’était caché à Nob, ville des sacrificateurs (1 Sam. 21 et 22). Le monde est un ennemi permanent des chrétiens ; nous devons nous en tenir à l’écart dans notre marche.

Parmi ses nombreuses femmes, Salomon avait pris des Édomites qui l’ont entraîné à l’idolâtrie, et son état moral a décliné jusqu’à la fin.

Dieu montre le dernier acte de Salomon, et son cœur sans repentance, lors de sa tentative de meurtre contre Jéroboam (v. 40). Si Dieu suscite des adversaires à Salomon, c’est en discipline et par amour pour lui. Mais ces hommes du monde sont des ennemis.

Concernant le Seigneur, c’est ce même monde qui a crié devant Pilate : « Ôte, ôte ! Crucifie-le ! » (Jean 19. 15).

Hadad, jeune garçon lorsqu’il s’est enfui en Égypte, a gardé sa haine toutes ces années. Mais, dans toutes les circonstances, tout est dans la main du Seigneur (Lam. 3. 37). Cependant, dans ces paragraphes, qu’Il nous fasse discerner Son enseignement. Toute discipline est un fruit de Son amour.

Dans ses dernières années, Salomon a été dur (ch. 12. 4), et a lassé le peuple qui avait abandonné l’Éternel (v. 33). Il n’y a pas eu de résidu comme du temps d’Élie, où. Dieu s’était réservé sept mille hommes fidèles !

Quoique l’Égypte, nation du monde, soit en paix avec Israël, elle comble Hadad de ses faveurs. Le monde révèle toujours son vrai visage. La vie de Salomon, image de Christ dans Sa gloire, s’est terminée, dans sa vieillesse, par un fiasco, au contraire de celles de David et de Jacob, malgré leurs chutes. L’ennemi devient plus dangereux quand notre état faiblit. Nous avons des ennemis extérieurs (Hadad, Rezon), et des ennemis intérieurs (Jéroboam), la chair en nous et dans l’Assemblée (Act. 20. 29 et 30).

Le salut acquis ne garantit pas des chutes. Par la Parole, nous discernons ce qui est à la gloire de Dieu ou non, en nous et dans l’Assemblée (Mat. 7. 15 et 16). Salomon avait élevé Jéroboam (profane), à une place dominante, à cause de ses capacités (v. 28). Attachons-nous à ceux qui aiment le Seigneur (1 Cor. 1. 26 et 27). « Je suis le compagnon de ceux qui te craignent et de ceux qui gardent tes préceptes » (Ps. 119. 63).

Le verset 26 trace le début de l’histoire de Jéroboam, Éphratien ou, plus probablement, d’Éphraïm, nom que la Parole donne généralement aux dix tribus d’Israël, en opposition avec Juda. Fils d’une veuve, « il était un fort et vaillant homme » (v. 28), et Salomon, sans discernement, n’avait rien vu d’autre que cela, et l’avait préposé sur le travail qu’il avait entrepris à Milo (v. 27).

Saül faisait la même chose avec ceux ayant des capacités hors du commun.

Mais, au verset 26, Jéroboam « leva aussi sa main contre le roi », de même que Shéba avait fait contre David (2 Sam. 20). Révoltés contre le roi, ils sont devenus des ennemis, alors que Salomon avait fait de Jéroboam un de ses premiers lieutenants.

Au verset 29, la présence d’un prophète, Akhija, témoigne que le roi avait failli, et entraîné le peuple dans sa chute, et que Dieu travaillait à ramener le peuple vers Lui. Au début du règne de Salomon, il y avait Nathan, le prophète qui l’avait oint roi sur Israël. Maintenant, Akhija annonce à Jéroboam que Dieu va lui donner dix tribus qu’il arrache du royaume de Salomon. Mais il lui annoncera, au chapitre 14. 6 à 11, que Dieu lui retirera la royauté, à cause de sa désobéissance.

La Parole dévoile que c’est hors de Jérusalem qu’Akhija rencontre Jéroboam et, après avoir déchiré son propre manteau neuf en douze morceaux, il les donne à Jéroboam, montrant ainsi que le royaume de Salomon lui est arraché, à part une tribu, Juda, qui restera aux descendants de Salomon, à cause de David, et de Jérusalem (v. 30 à 32). En son temps, Saül, voulant retenir Samuel qui refusait de s’en retourner en sa compagnie, après lui avoir annoncé que l’Éternel lui arrachait le royaume pour le donner à David, avait déchiré la robe du prophète (1 Sam. 5. 27).

Mais ce transfert du royaume d’Israël à Jéroboam ne devait pas perdurer « à toujours », à cause de David (v. 39). Cette restriction fait allusion à l’amour de Dieu pour David, dont le Seigneur est, selon la chair, le descendant, et dont le royaume durera à toujours.

Il est vraisemblable que Jéroboam, dans sa révolte contre le roi, s’appuyait sur une partie du peuple. Dans l’histoire de l’Église, des serviteurs doués ont pu entraîner des croyants à leur suite, les éloignant de la vérité révélée. Prenons garde à ne pas nous laisser séduire par des conducteurs que nous avons le devoir de respecter, mais non d’admirer et de suivre. La Parole est un sûr contrôle de ce que nous entendons dans les réunions : Dieu a-t-il parlé et qu’a-t-il dit ?

Ce qui manque souvent, c’est la crainte de Dieu, et Jéroboam n’a jamais craint Dieu. Son comportement est marqué par l’orgueil et le verset 37 montre qu’elle était sa convoitise : « Tu régneras sur tout ce que ton âme désire » !

Parvenu à la royauté sur les dix tribus, il fait deux veaux d’or et les place aux deux extrémités de son royaume, voulant éviter que le peuple ne revienne à Jérusalem pour y adorer le vrai Dieu, et qu’il ne retourne à Roboam, roi de Juda (ch. 12. 26 à 29).

Le verset 33 montre tout le mal que Salomon avait fait au peuple en les entraînant à l’idolâtrie, étant lui-même devenu idolâtre pour complaire à ses femmes étrangères. Personne, semble-t-il, n’a cherché à le retenir, et ce n’était pas pour son bien. Sous le règne de Roboam, les lévites, dispersés dans toutes les tribus, retournèrent en Juda. Bien que Dieu ait su d’avance que Jéroboam pécherait et entraînerait le peuple à l’idolâtrie, au verset 38, Il l’avait mis à l’épreuve : « Et si tu écoutes tout ce que je te commanderai ».

Nous-mêmes, Dieu nous met à l’épreuve, quant à notre foi et à notre obéissance, établissant ainsi notre responsabilité, même s’Il sait que nous pécherons. Mais Dieu laisse toujours le chemin ouvert à la repentance, et ne sévit jamais avant que le péché n’ait été réellement commis. Après une chute, l’Esprit travaille pour nous amener à la repentance, rétablir la communion, marcher dans l’obéissance, et rester fermes. On ne voit aucune repentance en Jéroboam (ch. 13. 4 à 6) comme il y en eut chez Achab (ch. 21. 27 à 29). « Et si tu écoutes… et marches dans mes voies ». Pour marcher, il faut d’abord écouter (v. 38). Dans l’Église, si les « bergers » faillissent, nous avons le divin Berger pour nous conduire (Éz. 34).

On découvre au verset 40, un autre Salomon, « roi de paix », mais qui veut faire mourir Jéroboam qui s’enfuit en Égypte.

Plus tard, Asa aussi, ne se soumettra pas à la volonté de Dieu, et « s’irritera » contre le prophète, et le mettra en prison (2 Chron. 16. 10).

Ainsi que la Parole le relate pour chaque roi, Dieu rappelle, d’une manière générale, tout ce que Salomon a fait, n’insistant que sur sa sagesse que Dieu lui avait conférée et qui a fait sa gloire, dans les nations d’alentours.

Toute notre vie chrétienne est consignée dans le livre divin. Après l’enlèvement de l’Église, ayant déjà revêtu Christ et en parfait accord avec Dieu, nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Christ, non pour y être jugés, car le Seigneur l’a été à notre place, mais où toute la grâce de Dieu révélée en perfection rejaillira sur Lui, en gloire et en louanges éternelles. Alors, nous recevrons des récompenses ou des pertes, selon ce que nous aurons fait sur la terre, soit bien, soit mal : obéissance ou indépendance seront déterminantes. Ayons à cœur les intérêts du Seigneur (Phil. 2. 21).

Salomon est loin d’avoir vécu la même fin que David son père, ou même que Jacob, dont la vie tumultueuse a connu une belle fin « adorant appuyé sur son bâton » (Héb. 11. 21). L’ultime chose révélée sur la vie de Salomon, c’est sa tentative de meurtre sur Jéroboam, puis, que lui-même mourut (1 Rois. 11. 40 à 43).

Il était pourtant l’auteur inspiré des Proverbes reflétant sa sagesse ; du Cantique des cantiques, poème à la gloire de l’amour entre le Bien-aimé et sa Bien-aimée, où la cour du roi se révèle beaucoup plus simple que celle de Salomon. C’est surtout à la fin de sa vie qu’il a manqué – enfin, de l’Écclésiaste, livre probablement écrit à la fin de sa vie, semblant désabusé, mais se terminant par un beau « rayon de soleil » : « Écoutons la fin de tout ce qui a été dit : crains Dieu, et garde ses commandements, car c’est là le tout de l’homme, car Dieu amènera toute œuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Éccl. 12. 13 et 14). Il y a un temps de vivre et de servir le Seigneur, et un temps de mourir (cf. Éccl. 3. 2).

Le Psaume 90. 12 dit : « Enseigne-nous ainsi à compter nos jours afin que nous en acquérions un cœur sage ». Seule, la sagesse du Seigneur sera révélée à toutes les nations, durant le millénium.

En Écclésiaste 2. 18 et 19, Salomon s’était demandé quel homme serait celui qui lui succéderait : un sage, ou un sot ? Son fils, Roboam, âgé de quarante ans lorsqu’il fut intronisé, n’a rien hérité de la sagesse de son père, mais s’est révélé être un sot, incapable de faire face intelligemment aux circonstances. Dès le début de son règne, sa méchanceté a divisé le royaume, uni jusque-là. Dix tribus se sont séparées de Juda et de Benjamin.

Déjà, David avait dû combattre pour éviter la partition du royaume. Éphraïm a toujours voulu être un royaume indépendant de Juda. Salomon avait été oint pour roi sur tout Israël à Guihon, aux portes de Jérusalem.

Ch. 12

Mais Roboam se fait introniser à Sichem (ch. 12. 1), à une quarantaine de kilomètres au nord. C’est là aussi, qu’Abimélec avait été fait roi (Jug. 9. 6). Roboam n’avait pas profité de l’enseignement de son père. Prenons garde que les enfants ne méprisent pas la Parole que leurs parents leur enseignent. Intercédons pour eux.

Le peuple se plaint devant Roboam, que Salomon avait fait peser un joug trop lourd sur eux, alors que les travaux les plus durs, effectués par des esclaves étrangers, étaient surveillés par des Israélites. Incapable de répondre lui-même, Roboam demande trois jours de réflexion, et consulte les vieillards : « Comment conseillez-vous de répondre à ce peuple ? » Puis, les jeunes gens qui avaient grandi avec lui : « Que conseillez-vous que nous répondions à ce peuple ? ». Il flatte leur orgueil en les associant à la réponse à donner au peuple et, eux le flattent à leur tour (v. 6 à 11). Et l’orgueil l’emportera sur la raison : « Mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père ».

Il accomplit, sans le savoir, la volonté de Dieu qui, quoi qu’il en soit, conduit toujours toutes choses. Dieu n’a pas permis que Jéroboam, de son côté, soit intronisé à Jérusalem, car il ne devait pas régner sur Juda et, à ce titre, c’est en dehors de Jérusalem qu’il avait rencontré Akhija le prophète (ch. 11. 29 et suivants). Connaissant toutes choses d’avance, Dieu les fait travailler à accomplir Sa volonté qui est de glorifier Son Fils. Mais cela n’enlève rien à notre responsabilité.

Antithèse du Seigneur venu pour servir, Roboam veut être servi. Il en résulte la division du royaume qui perdure encore. Adoram est lapidé, et Roboam s’enfuit à Jérusalem (v. 18 et 19).

De nos jours, seuls Juda et Benjamin, revenus en Israël, coupables de la mort du Seigneur, attendent leur jugement, la grande tribulation.

La méchanceté et la sottise de Roboam ont eu des conséquences terribles : désormais, le royaume d’Israël a été divisé jusqu’à nos jours. Le Seigneur seul le restaurera dans son intégralité, à l’aube de Son propre règne de mille ans.

La fin désolante du règne de Salomon a eu une tragique influence sur son fils Roboam. Notre marche dans l’obéissance à la Parole de Dieu, ou notre indépendance d’esprit envers la volonté du Seigneur, auront toujours des conséquences de longue portée. Malgré les tristes résultats de sa dureté envers son peuple, Roboam, loin de se repentir, s’organise pour la guerre, afin de ramener les dix tribus dissidentes.

Il faut l’intervention « de Shemahia, homme de Dieu » parlant au nom de l’Éternel, pour lui révéler que « c’est de par moi (l’Éternel) que cette chose a eu lieu » (v. 22 à 24). Et, pour une fois, il obéit. Ces chapitres nous montrent le partage des responsabilités dans ces évènements tragiques. Salomon, par sa désobéissance aux commandements de l’Éternel, Roboam, son fils, par sa sotte méchanceté ; et enfin, Jéroboam, qui, par son ambition profane institue, au sein des dix tribus sur lesquelles il règne, une véritable idolâtrie séparant Israël de son Dieu !

Mais au-dessus des hommes. Dieu accomplit Sa volonté. Il envoie le prophète, Shemahia, comme Il le fera, chaque fois que les choses iront mal au sein du peuple de Dieu, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espoir de ramener le peuple à Lui.

Après Malachie, dernier prophète de Juda et de l’Ancien Testament, Dieu s’est tu durant plus de quatre cents ans ! C’est une situation terrible lorsque Dieu se tait et laisse libre cours à la désobéissance volontaire de Son peuple. « Éphraïm s’est attaché aux idoles, laisse-le faire ». Alors « l’Éternel ne les a pas pour agréables » (Os. 4. 17 ; ch. 8. 11 à 13).

Sous la grâce, Dieu nous aime et fera tout pour nous ramener à Lui si nous nous égarons. Pour Israël, Dieu le ramènera dans l’avenir en vue du règne de Christ. L’Éternel avait dit à Shemahia : « Parle », et il obéit : « Ne montez pas, et ne faites pas la guerre à vos frères, les fils d’Israël ; retournez chacun à sa maison » et ils obéissent. « Inclinez votre oreille et venez a moi, écoutez et votre âme vivra et je ferai avec vous une alliance éternelle, les grâces assurées de David » (És. 55. 3). Cette parole prophétique projette notre pensée vers le règne du Fils de David (selon la chair), le Seigneur Jésus, qui régnera sur toute la terre, tandis que le peuple sera glorifié en Christ (cf. És. 55. 5). Les évènements sont encore à venir, car le peuple incrédule a rejeté son Messie jusqu’à aujourd’hui. Le Seigneur a dû dire à Pilate : « Maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18. 36).

Dès le début de son règne, Jéroboam « dit dans son cœur ». Il ne consulte pas Dieu. Il calcule selon son ambition (v. 26 et 27), et entraîne le peuple dans sa chute idolâtre (ch. 12. 30). Dès lors, Jéroboam sera une triste référence pour qualifier le règne des rois d’Israël, dont aucun ne sera fidèle.

Par contraste, David, le roi fidèle, servira de comparaison aux rois de Juda ayant été obéissants. Dieu avait fait une promesse de bénédiction à Jéroboam, s’il marchait fidèlement (ch. 11. 38). Mais son ambition l’emporte dans ses calculs profanes, concernant l’avenir qu’il imagine (ch. 12. 26 et 27). Souvenons-nous que la foi ne calcule pas, mais s’empare des promesses de Dieu. Jéroboam invente une religion, selon sa pensée. Il instaure un culte idolâtre : deux veaux d’or qu’il place aux deux extrémités du pays et proclame : « Voici tes dieux, Israël ! qui t’on fait monter du pays d’Égypte » (v. 28). Son seul but est de séparer de Juda les tribus d’Israël, et de les maintenir sous sa coupe, afin de satisfaire son ambition. Dieu connaissait bien son cœur, lorsqu’Il lui dit : Tu régneras sur tout ce que ton âme désire ».

La chrétienté a connu, elle aussi, de tels dévoiements ! La Réforme avait retrouvé la vérité dans la seule Parole de Dieu. Mais pour s’en distancer, on a ajouté à la Bible tous les livres apocryphes.

En Exode 32. 5, Aaron avait fait un seul veau d’or, et avait fait référence à l’Éternel. Jéroboam fait deux veaux d’or, mais ignore l’Éternel. Il institue des sacrificateurs non lévites, dresse des hauts lieux et proclame une fête selon son propre cœur, au huitième mois, parodiant la fête du quinzième jour du septième mois (Nomb. 29. 12). Cela préfigure l’avenir qui verra un culte satanique avec l’antichrist se faisant adorer à Jérusalem. Gardons bien la Parole de Dieu.

Ch. 13

La fin du chapitre 12 rapporte les actes de Jéroboam, dès qu’il accède au trône d’Israël, il fait deux veaux d’or : « il fit une maison de hauts lieux », institue un culte idolâtre et établit des sacrificateurs d’entre toutes les classes du peuple ». Enfin, il instaure une fête selon son idée. De plus, il offre lui-même l’encens sur l’autel qu’il a bâti, s’attribuant l’office de grand sacrificateur (ch. 13. 1). Tout cela est une parodie satanique du Seigneur Lui-même comme roi et sacrificateur sur Son trône.

Prophétiquement, ces choses nous ramènent au moment où l’antichrist, à Jérusalem, s’élèvera « contre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération, en sorte que lui-même s’assied au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (2 Thess. 2. 3 et 4).

L’homme de Dieu du chapitre 13, comme tous les vrais prophètes, parle au peuple par la Parole de Dieu. Il représente Dieu dans ses paroles et dans ses actes. Dans ce chapitre, on trouve deux prophètes qui, chacun à son tour, parlent de la part de l’Éternel (v 2, 3, 21 et 22).

Moïse, David, étaient en leur temps des prophètes et ont parlé de la part de Dieu Dans le Nouveau Testament, il est rappelé que « toute écriture est inspirée de Dieu » (2 Tim. 3. 16 et 17).

Que le Seigneur nous accorde d’être nous aussi des hommes de Dieu. Le « vieux prophète » (v. 11) en tant que tel, habite dans un lieu lié à l’idolâtrie, et n’a rien fait pour la dénoncer.

Au chapitre 12. 22. l’homme de Dieu est désigné par son nom : Shemahia.

Au chapitre 13, l’homme de Dieu envoyé par l’Éternel depuis Juda, reste anonyme. Cet homme a prophétisé ce qui devait se passer dans l’immédiat (v. 3), comme signe tangible qu’il était vraiment envoyé de Dieu. Il désigne même le nom du futur roi (Josias), qui détruira les lieux idolâtres, bien plus tard (2 Rois 23. 14 à 16). Si l’homme de Dieu s’adresse directement à l’autel lui-même et non au roi, c’est que Jéroboam a été mis sur le trône d’Israël par Dieu Lui-même, et il s’adresse à sa conscience. Tandis que l’autel est l’instrument d’un culte idolâtre voué à la destruction.

Nous, chrétiens, « nous avons un autel dont ceux qui servent le tabernacle n’ont pas le droit de manger » (Héb. 13. 10). Cet autel est celui qui nous relie à Dieu. Le prophète (comme nous-mêmes, si nous servons Dieu), devait être séparé de tout mal et du monde dans ses caractères corrompus.

On pourrait croire que la conscience de Jéroboam serait touchée dès que se réaliseraient les différents signes annoncés par l’homme de Dieu venu de Juda. Sa main qu’il avait étendue contre lui est paralysée, l’autel se fend et les cendres sont répandues (v. 4 à 6). De fait, s’il supplie le prophète d’intercéder pour lui, auprès de Dieu qui se rend à sa supplication, c’est plus par l’angoisse de rester paralysé que par une quelconque repentance. Les versets 33 et 34 montrent, au contraire, que son état n’a fait que s’aggraver.

Remarquons que Jéroboam dit : « Implore, je te prie, l’Éternel ton Dieu » (v. 6), et non « notre Dieu ».

Au verset 8, l’homme de Dieu, fidèle aux commandements que Dieu lui a donnés, refuse toute faveur de la part du roi. Il lui répond sans crainte, lui opposant la volonté de Dieu.

Alors, Satan intervient une seconde fois, utilisant un moyen plus subtil : il utilise un vieux prophète qui va lui mentir et le faire tomber, en évoquant « l’intervention » d’un ange car, sachant qu’il ment, il n’ose pas affirmer directement que c’est Dieu qui lui a parlé (v. 18 et 19).

L’homme de Dieu vient de Juda. Il devait aller droit devant lui et il revient en arrière. Il ne devait pas manger de pain ni boire d’eau dans ces lieux corrompus par l’idolâtrie, et il mange du pain et boit de l’eau chez le vieux prophète.

C’est alors que la parole de Dieu vient véritablement aux yeux du prophète, et il annonce à l’homme de Dieu venu de Juda ce qui va lui advenir (v. 20 à 22). Celui-ci après être retourné en arrière contre la volonté de Dieu, n’a plus aucun discernement quant au mensonge du vieux prophète. II a été déchiré par un lion rencontré sur son chemin. Ce lion est une image de Satan qui « rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer ».

Sondons les Écritures afin de discerner le vrai du faux auquel nous pouvons être confrontés.

Abraham était resté fidèle, dans la tentation (Gen. 14. 21 à 24).

Jérémie, dans sa fidélité, avait discerné le mensonge dans la bouche d’Hanania et l’avait dénoncé (Jér. 28. 10 à 17), Paul en Galates 1. 8, dit que si quelqu’un évangélise outre ce que lui avait évangélisé, « qu’il soit anathème ».

« Le vieux prophète » du verset 11 était vraiment un prophète. Mais, vivant à Béthel, où Jéroboam avait placé l’idole, il n’était pas à sa place de prophète de l’Éternel. D’ailleurs, il n’avait aucune force pour reprendre le roi idolâtre de sa corruption. Nous-mêmes devons éviter de nous compromettre avec la corruption mondaine, ni de nous mélanger à la confusion ecclésiastique, cela sans mépriser personne, mais en aimant tous les hommes.

« L’homme de Dieu venu de Juda » n’aurait pas dû douter de la Parole de Dieu « vivante et permanente » (1 Pier. 1. 23). Ce que Dieu lui avait commandé en l’envoyant à Béthel, Dieu ne pouvait pas l’infirmer ensuite.

Sans doute, le vieux prophète, touché dans sa conscience par les paroles et les faits que ses fils lui avaient apportés concernant l’intervention de l’homme de Dieu, avait à cœur de le recevoir chez lui. Mais malgré son refus catégorique, il insiste jusqu’au mensonge (v. 18), et le fait tomber misérablement !

L’homme de Dieu voit qu’il a affaire à un prophète âgé, et manifeste du respect pour lui, allant jusqu’à céder à ses instances. Cependant, Dieu connaît nos cœurs et les éprouve. En l’occurrence, l’homme venu de Juda n’a pas tenu ferme la Parole de Dieu. Dès lors, la lumière lui est ôtée, et il ne discerne pas le mensonge du vieux prophète.

Dieu alors, révèle au vieux prophète ce qui va se passer pour l’homme venu de Juda (v. 20). « Ton cadavre n’entrera pas dans le sépulcre de tes pères ». Mais en même temps, Dieu semble labourer la conscience du vieux prophète : il selle l’âne pour celui qu’il avait ramené du chemin et, à l’ouïe de la mort de cet homme, il va recueillir son cadavre d’auprès du lion qui l’a tué, l’ensevelit dans son propre sépulcre et dit à ses fils lorsque lui-même mourra : « Placez mes os à côté de ses os ». Et il comprend que la prophétie s’accomplira réellement, discernant même que l’action divine ira plus loin que ce que l’homme de Dieu avait prophétisé (v. 32).

Après son mensonge, le vieux prophète, objet de la discipline divine, est contraint comme malgré lui, d’annoncer la vérité à l’homme de Dieu – de même que, dans les Nombres, Balaam avait dû bénir le peuple de Dieu, alors qu’il aurait voulu le maudire ! Dans la désobéissance volontaire, nous tombons entre les mains de Satan C’est le « lion rugissant » (1 Pier. 5. 8). Le même ennemi, dans le deuxième paragraphe, avait pris la figure du serpent rusé.

Le Seigneur nous exhorte à mettre la Parole en pratique (Jean 13. 17). David, dans ses chutes, s’était repenti, et Dieu l’avait béni. Que le Seigneur nous fortifie dans la fidélité.

Le châtiment sévère de l’homme de Dieu est en rapport avec la sainteté de Dieu et Sa justice. Cependant, Il se plaît à pardonner lorsqu’il y a repentance. L’homme de Dieu venu de Juda ne semble pas s’être repenti.

En son temps, Ézéchias s’éleva dans son cœur. « Et il y eut de la colère contre lui et contre Juda et Jérusalem ». Mais il s’humilia et l’Éternel lui pardonna (2 Chron. 32. 24 à 26). Dans notre chapitre, le lion avait tué l’homme de Dieu rebelle, mais ne l’avait pas mangé et n’avait pas déchiré l’âne (v. 28). Satan (dont le lion est une image), malgré sa puissance de méchanceté, ne peut jamais aller au-delà de ce que Dieu lui permet. Bien que Satan rôde autour de nous jour et nuit, le Seigneur protège les Siens. Restons bien près de Lui. Tout est dans la main de Dieu, et Il commande même aux bêtes dont Il se sert à l’occasion. Il a ouvert la bouche de l’ânesse de Balaam pour réprimer la folie du prophète (Nomb. 22. 28 à 30 ; 2 Pier. 2. 16).

Ce n’est pas toujours expressément la volonté de Dieu que nous affrontions des difficultés ; mais Il les permet, et voudrait nous conduire, dans les circonstances, par Son Esprit.

Paul avait été empêché par le Saint Esprit d’annoncer la Parole en Asie ainsi qu’en Bithynie (Act. 16. 6 et 7) Puis Dieu l’avait conduit à se rendre en Macédoine (v. 8 et 9). Enfin, Satan l’avait empêché de se rendre vers les Thessaloniciens (1 Thess. 2. 17 et 18). Alors, Paul avait « forcé » la porte en envoyant à sa place Timothée (ch. 1. 1 et 2).

Quant à Jéroboam, « il ne revint pas de sa mauvaise voie », et multiplia les sacrificateurs d’entre toutes les classes du peuple. « Quiconque le désirait, il le consacrait ». Et par cela il y eut du péché sur la maison de Jéroboam, pour l’exterminer et la détruire de dessus la face de la terre » (v. 33 et 34).

Ch. 14

C’est par la maladie de son fils, Abija, (maladie que Dieu permet), que l’Éternel parle a Jéroboam, se servant des circonstances pour réveiller sa conscience : « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28).

Abija, peut-être déjà un jeune homme, seul de la maison de Jéroboam, était agréable à l’Éternel. Seul, il sera enterré, et Israël « mènera deuil sur lui » (v. 13). C’est une chose terriblement douloureuse pour une famille, de perdre un enfant ! La maladie et la mort sont les conséquences du péché. Cependant, le Seigneur est venu sauver ce qui était perdu. De plus, l’Éternel, dans Sa grâce, ôte le juste de devant le mal » (És. 57. 1 et 2 ; Ps. 91. 9 et 10).

Ce chapitre parle des conséquences des actes idolâtres de Jéroboam. Ainsi que le rappelle Osée 8. 7 : « il a semé le vent et il moissonne le tourbillon » « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). Notre vie a toujours des conséquences en relation directe avec nos actes, soit en bénédiction, soit en douleurs, pour nous-mêmes et pour l’assemblée.

Jéroboam réagit, devant la maladie d’Abija, par la dissimulation : conscient de la contradiction existant entre le fait qu’il a ôté le vrai culte, et le fait qu’il veut consulter l’Éternel, il ordonne à sa femme de se déguiser afin d’aller vers le prophète Akhija : il ne veut pas que, ni le peuple ni le prophète que le grand âge a rendu aveugle, devinent qui est cette femme venue consulter l’Éternel.

Dieu a usé longuement de patience envers ce roi rebelle ! Il voulait lui faire du bien et le lui avait annoncé par Akhija le prophète ; c’est donc vers lui que Jéroboam envoie sa femme. Ce roi profane attendait un miracle de la part de Dieu ! Cependant, Dieu révèle d’avance la dissimulation à son prophète (v. 5). Le Dieu de vérité ne laisse jamais un mensonge dans l’ombre.

Comme il a révélé celui de Jéroboam, II mettra en lumière aussi celui d’Achab (ch. 22. 29 à 38). Ce roi impie s’était, lui aussi, déguisé pour aller à la bataille, pensant passer inaperçu aux yeux des ennemis. Mais Dieu a permis qu’une flèche « tirée à l’aventure » l’atteigne et le blesse mortellement. Saül aussi s’était déguisé pour consulter une diseuse de bonne aventure, mais l’Éternel avait révélé à cette femme la supercherie (1 Sam. 28. 8).

Quant à nous, enfants de Dieu, ne pensons pas mentir sans que Dieu dévoile notre mensonge. Nous pouvons tromper les frères et nous tromper nous-mêmes, mais nous ne tromperons pas le Seigneur (Ps. 139. 1 à 4).

Quant à Akhija, on peut se demander ce qu’il faisait dans ce milieu corrompu. Il vivait à Silo ou la présence de Dieu avait été goûtée avant que Dieu établisse Sa présence à Jérusalem. Dieu se garde toujours des témoins cachés, mais fidèles. Et le sacrificateur, lui, avait perdu tout discernement car, connaissant l’iniquité de ses fils, « il ne les avait pas retenus » (1 Sam. 3. 13).

Mais, en ce qui concerne Akhija, prophète fidèle, Dieu l’avait préparé pour donner à Jéroboam la réponse qui convenait. Dieu ne veut pas que nous cautionnions les péchés d’autrui, en fermant les yeux. Car tout péché viendra en jugement, soit très vite, soit plus tard. Cependant, tout sera mis en lumière (1 Tim. 5. 22 à 24).

On sait peu de choses sur la femme de Jéroboam. Elle est soumise et fait ce qu’il lui demande. Pourtant, elle ne semble pas avoir été une aide pour son mari, ne l’ayant pas retenu du mal qu’il faisait.

Cependant, devant les « choses dures » révélées par Akhija, on peut penser à sa douleur ! Ce fils procurait du plaisir autour de lui, et le peuple l’appréciait. En allant vers le prophète, elle devait espérer tout autre chose que ce qu’il lui a annoncé. Dieu met toujours tout en évidence et ne cache pas Sa sentence. Devant Belshatsar, qui festoyait de façon impie, une main écrivit sa sentence sur le mur, devant lui (Dan. 5. 5, 24 à 28).

En ce qui concerne Jéroboam, Dieu voulait briser son cœur rebelle. Il lui rappelle le bien qu’il avait voulu lui faire. Mais, en réponse à la bonté de Dieu, Jéroboam avait « jeté Dieu derrière son dos » (v. 8 et 9). Les chrétiens professants ne font pas autrement avec le Dieu de patience. Un jour, Il se montrera, non plus comme le Dieu de grâce, mais comme le terrible Juge des incrédules : il sera trop tard pour eux. Pour Ses enfants rachetés, Dieu veut, si nous avons péché, nous conduire tout de suite à la repentance, afin de rétablir la communion.

La prophétie d’Akhija s’est réalisée par Baësha (ch. 15. 28 à 30).

Abija, seul de la famille de Jéroboam à présenter devant l’Éternel quelque chose d’agréable, est retiré de la sphère corrompue dans laquelle il se trouvait. Malgré la douloureuse séparation que cela représente pour les parents, Dieu peut, dans certains cas, en arriver à cette extrémité. Pour Abija, c’était un jugement non contre lui, mais pour ses parents impies.

La chute d’Israël, peuple choisi de Dieu, a commencé par celle de Salomon, et s’est aggravée sous le règne de Jéroboam, roi idolâtre qui avait « jeté l’Éternel derrière son dos » et entraîné son peuple dans l’idolâtrie.

En Israël, aucun roi n’a été fidèle ; et Dieu a permis que ce peuple soit déporté en Assyrie, beaucoup plus tôt que Juda qui, lui, a connu plusieurs rois fidèles, et a été déporté beaucoup plus tard, à Babylone.

Dans notre vie chrétienne, nous avons des chutes que nous devons confesser immédiatement afin de retrouver la communion avec Dieu. Si nous nous obstinons et que notre état s’aggrave, Dieu nous fera passer sous Sa discipline pour nous ramener à Lui. Sans confession, nos chutes entraînent toujours des conséquences graves. Pour Israël, la discipline est annoncée par Akhija qui est surpris par l’immédiateté du châtiment qu’il discerne : « mais quoi ?… déjà maintenant ! » (v. 14). La solennité est marquée du sceau de Dieu : « l’Éternel a parlé » (v. 11).

Dans cette prophétie sur Israël, Israël, mal conduit par Jéroboam, ne se repent pas (v. 15 et 16). Dès lors, la discipline suivra son cours.

Les parents sont responsables d’élever leurs enfants dans la crainte du Seigneur. Mais, devenus grands, les enfants ont la responsabilité d’obéir eux-mêmes à Dieu.

Le Seigneur se sert aussi d’un enfant, parfois, comme dans la multiplication des pains : un petit garçon était là, avec cinq pains et deux poissons. En Israël, sacrificateurs et Lévites qui craignaient l’Éternel se sont réfugiés en Juda (2 Chron. 11. 13 et 14).

Dans les versets 13 à 15, Akhija prophétise la mort du fils de Jéroboam : un roi en Israël retranchera la maison de Jéroboam (ch. 15. 29 et 30) ; et Israël sera retranché du pays (v. 15 ; 2 Rois 18. 9 à 12). Dieu a patienté longtemps. Avec l’Église tout entière, Dieu use de patience, mais le jugement est inéluctable (Apoc. 2 et 3) – après l’enlèvement des croyants au ciel (1 Thess. 4. 13 à 18).

Dieu avait maintenu Akhija à Silo, en Israël, bien qu’il ait été fidèle, car Dieu se réserve toujours un résidu pieux au milieu de la corruption, en témoignage pour Lui-même. Le prophète devenu aveugle à cause de son grand âge, a eu le discernement spirituel de ce que Dieu ferait, en discipline pour le roi et pour Israël : l’enfant mourut. Et on l’enterra, et tout Israël mena deuil sur lui » (v. 18).

Il n’en fut pas de même pour Jéroboam, son père, à qui Dieu avait reproché de ne pas avoir été comme son serviteur, David (v. 8). « Dieu le frappa et il mourut » (2 Chron. 13. 20).

David avait péché mais s’était repenti et avait été restauré. Dieu fait souvent référence à lui, car c’est à cause de la fidélité de David que Dieu a maintenu Juda sur sa terre. David était un type du Seigneur, qui maintient Sa bonté sur Son Assemblée. Gardons les enseignements qui nous ont été transmis par de fidèles serviteurs de Dieu, des frères ayant, par l’Esprit Saint, retrouvé les vérités autrefois perdues par l’Église.

Nous avons le livre des Chroniques des rois d’Israël (v. 19), et celui des Rois de Juda (v. 29). Dans le livre des Rois, est plutôt mis en évidence tout ce qui provient de la chair, dans la conduite des rois successifs – dans les Chroniques, c’est davantage ce qui touche à la gloire de Dieu dans le comportement des rois.

Au verset 21, il s’agit de Roboam, roi de Juda, régnant à Jérusalem où Dieu avait mis la gloire de Son nom. En 2 Chroniques 11, il avait bien commencé, mais peut-être superficiellement. Mais, fils d’une Ammonite, une des femmes de Salomon, très vite, il s’était éloigné de Dieu (ch. 11. 5 à 7).

Les mères sont généralement citées en relation avec le comportement des rois. C’est à elles que Dieu a dévolu le soin d’élever leurs enfants dans la vérité et dans la fidélité. Leur rôle peut être positif ou négatif. Mais les enfants ont leur responsabilité personnelle.

Au chapitre 12. 24, Roboam a obéi. Mais l’histoire montre l’hostilité permanente qui dressa les deux royaumes l’un contre l’autre. Quant à nous, Dieu veut la paix entre les frères.

Le verset 24 dévoile la corruption existant en Juda, telle qu’elle s’était manifestée dans les nations que l’Éternel avait chassées de devant Israël. La vraie nature de l’homme est relevée dans ces livres, et nous avons, en nous, cette même nature adamique.

Deutéronome 23. 17 interdisait absolument ces pratiques dissolues (Rom. 1. 21 à 24). Dieu avait détruit par le feu du ciel, Sodome, ville adonnée à ces comportements abominables aux yeux de Dieu. Comme Asa, petit fils de Roboam, tous les rois qui ont été fidèles, ont dû ôter ces hommes corrompus. Les temps actuels développent, sans honte, de telles pratiques que la Parole condamne. Soyons au clair à cet égard.

Les premières conséquences de ces péchés, au sein du peuple, se montrent à partir du verset 25 : Shishak, roi d’Égypte, monte contre Jérusalem et pille les trésors de la maison de Dieu et de celle du roi, emportant même les boucliers d’or qu’avait fait Salomon. Ces boucliers symbolisaient la glorieuse protection divine, sur le roi et son peuple, aussi longtemps que durerait leur fidélité.

Roboam, voulant maintenir les apparences, fit des boucliers d’airain. Mais l’airain, dans la Parole, est une image de la justice inflexible de Dieu. Et dans ce passage, ces boucliers rappelaient à Roboam et au peuple de Juda, qu’ils étaient, désormais, sous le jugement divin. Jamais le Seigneur ne nous pousse à sauvegarder les apparences.

Le prophète Shémahia est alors envoyé vers Roboam, lui révélant que le pillage de Shishak était une conséquence de leurs péchés. Alors, le roi et les chefs d’Israël s’humilièrent et Dieu ne les détruisit pas, mais les assujettit à Shishak (2 Chron. 12. 1 à 8), manifestant ainsi un changement de régime dans Ses relations avec Son peuple. Toute la richesse qu’avait laissée Salomon était perdue ! Nos péchés, même s’ils sont confessés, laissent toujours des traces à leur suite, lorsque la chair agit.

Comme Jéroboam, roi d’Israël, Roboam agit en idolâtre, et laisse la corruption se développer, piétinant la gloire de Dieu. Quel contraste avec le chapitre 10, où la reine de Shéba ne peut qu’admirer la gloire de Salomon ! Quelle déchéance, ici !

Quant à l’Église, la Parole nous avertit que c’est par la maison de Dieu que commence le jugement (1 Pier. 4. 17).

L’Assemblée est précieuse aux yeux de Dieu, et nous devons nous montrer vigilants et fidèles. Si nous avons péché (car nous sommes faillibles), la restauration passe par la repentance et la confession. Et si Dieu doit nous discipliner, Il le fait comme un père discipline ses fils (Héb. 12. 7), par amour pour nous et pour Son Assemblée.

Chaque fois que rois et sacrificateurs ont manqué, Dieu a envoyé un prophète, comme à Roboam ; et chaque fois, il s’est trouvé des cœurs qui se sont repentis.

Ch. 15

En contraste avec David qui avait recherché l’Éternel (ch. 15. 4 et 5), ces chapitres nous montrent des rois qui ne L’ont pas recherché.

Au début de son règne, Roboam avait obéi à Dieu (ch. 12. 22 à 24), mais il n’a pas persévéré dans sa soumission. « Et il y eu guerre entre Roboam et Jéroboam, tous leurs jours » (v. 30).

Dans ces conflits continuels, Juda avait récupéré Béthel (maison de Dieu), mais par la suite, cette ville avait connu une situation désastreuse (Amos 4. 4).

Il est rappelé que la mère de Roboam était Naama, une Ammonite : et Ammon, un des descendants de Lot, était un ennemi d’Israël. Roboam, en épousant Maaca, avait eu une nombreuse famille (2 Chron. 11. 21). Elle fut la mère d’Abijam, et a eu aussi une mauvaise influence sur lui. Elle est aussi la grand-mère d’Asa qui, lui, décida d’être fidèle, montrant qu’il prenait la responsabilité d’échapper librement à la mauvaise influence de sa famille. Roboam, en épousant cette femme, a provoqué beaucoup de misère en Israël. « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23). Les épouses étrangères des rois ont eu une influence désastreuse sur eux et leurs fils.

Mais des rois pieux ont eu, aussi, des fils infidèles. Les enfants doivent choisir pour eux-mêmes. Timothée avait eu une grand-mère et une mère pieuses, et lui fut fidèle à son tour (2 Tim. 1. 5). Chacun a son libre-arbitre se traduisant par la bénédiction ou la discipline. Asa a choisi d’obéir à Dieu (ch. 15. 11 à 13). Dieu distingue entre le comportement des pères et des fils (Éz. 18. 2 et 20).

Après cette série de rois infidèles et idolâtres, la Parole nous donne comme un rafraîchissement, avec Asa. Fils d’Abijam, qui « marcha dans tous les péchés de son père (v. 3), Asa décida, lui, de faire « ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, comme David son père » (v. 11). Il purifia le royaume des « hommes voués à la prostitution, et ôta toutes les idoles que ses pères avaient faites. Et même à Maaca, sa mère (sa grand-mère), il ôta sa position de reine, parce qu’elle avait fait un simulacre pour ashère » qu’il brûla dans la vallée du Cédron (v. 12 et 13). Dans sa fidélité. Asa alla jusqu’à ne pas épargner sa grand-mère (Mat. 10. 37), conscient que sa position de reine, précisément, la mettait bien en vue, et que l’épargner eut été un exemple désastreux.

L’amour filial, ici, n’est pas remis en cause, mais le péché public qui détruit la communion et le témoignage. Une attitude claire manifeste le véritable amour selon Dieu. Les enfants élevés par des parents fidèles ont un modèle qu’ils doivent suivre ; cependant, il arrive toujours un moment où ils doivent prendre leur propre responsabilité devant Dieu, et s’engager personnellement dans le chemin de l’obéissance volontaire. Il est rafraîchissant, pour les parents, les frères et les sœurs, de voir un enfant faire plaisir par une marche d’obéissance qui plaît au Seigneur.

En 2 Chroniques, nous avons plus de détails sur la vie d’Asa, qui a été parfait, intègre devant Dieu, et qui a régné quarante et un ans. Pourtant, son règne a connu deux périodes distinctes : pendant longtemps, il a marché fidèlement devant Dieu ; puis, à la fin de sa vie, il a perdu la crainte de l’Éternel.

2 Chroniques 16. 11 nous rapporte « les actes d’Asa, les premiers et les derniers ». Et les derniers ne furent pas selon Dieu, mais selon la chair. Dieu a cherché à le ramener dans le droit chemin, mais il n’a pas écouté (cf. 2 Chron. 16. 7 à 10).

Il faut bien commencer sa vie, et persister afin de bien l’achever avec le Seigneur, car dans la vie chrétienne, rien n’est définitivement acquis. Compter sur nos propres forces aboutit toujours à la chute. Pourtant, Dieu met en relief sa fidélité, disant : « le cœur d’Asa fut parfait tous ses jours » (2 Chron. 15. 9 à 17).

Au chapitre 14. 8 à 15 de 2 Chroniques, la guerre victorieuse qu’Asa fit contre un million d’Éthiopiens, en s’appuyant sur l’Éternel, contraste avec son comportement tout différent contre Baësha : là, il ne s’est plus appuyé sur l’Éternel, mais sur le roi de Syrie, en lui envoyant de l’argent et de l’or ! Dans les difficultés, appuyons-nous sur le Seigneur seul, et Il nous délivrera.

En son temps, Gédéon avait dû détruire l’ashère de son propre père, selon le commandement de l’Éternel, et il avait obéi ; et son père, touché dans sa conscience, avait eu une sainte réaction (Jug. 6. 25 à 27, 31). Si nous avons à cœur d’obéir par amour pour le Seigneur, Il nous fortifiera et nous montrera le chemin où nous avons à marcher.

Dans notre chapitre (v. 14), « les hauts lieux ne furent pas ôtés ». C’est une image des compromis que des croyants peuvent faire, concernant la volonté divine : Dieu avait placé la gloire de Son nom à Jérusalem. Mais, peut-être pour des raisons de commodité, ils préféraient rendre culte à Dieu sur les hauts lieux. Ces lieux de culte non conformes à la volonté de Dieu, ne furent ôtés que par Josaphat, le fils d’Asa (2 Chron. 17. 1 à 6). L’obéissance n’est pas toujours facile, mais c’est le chemin de la bénédiction.

Le cœur d’Asa fut parfait, comme le cœur de Noé (Gen. 6. 9), et celui de Job (Job 1. 8). Noé « était parfait parmi ceux de son temps » : c’était une perfection relative, et après le déluge, ayant planté une vigne et fait du vin, il s’enivra. Job, quant à lui, avait une haute opinion de lui-même, et sa dure épreuve l’en a délivré. David aussi était parfait selon Dieu, malgré ses chutes. Mais Dieu voit la disposition habituelle d’un croyant, et relève son désir persistant d’obéir humblement, bien qu’il ait ses faiblesses. C’est la manifestation de la grâce divine qui nous a rendus parfaits (en position) en Christ (Phil. 3. 15), mais reconnaît aussi la perfection d’un croyant qui connaît ses faiblesses, et qui, habituellement, désire plaire au Seigneur. Si, dans notre marche, il se produit des chutes, confessons-les afin de rétablir la communion avec le Seigneur car, en ce qui concerne le témoignage, rien n’est jamais acquis définitivement. « Est-ce qu’on tombe et qu’on ne se relève pas ? » (Jér. 8. 4)

Il est probable que Jéroboam, avant Baësha, ait eu la pensée de bâtir Rama (1 Rois 12. 28). Mais c’est à ce dernier que revint la décision de la construire, afin de ne permettre à personne d’entrer ou de sortir de chez Asa, roi de Juda. Dès le début du schisme du peuple de Dieu, et jusqu’à la fin du royaume d’Israël, il y eu guerre entre les deux royaumes. Il n’est jamais selon la pensée de Dieu que des frères en Christ se querellent.

En 2 Chroniques 14. 8 à 15, devant l’armée des Éthiopiens forte d’un million d’hommes, Asa à la tête d’une armée moitié moindre, s’était confié à Dieu, et il avait remporté une éclatante victoire sur les ennemis.

Mais devant Baësha, il rechercha le secours auprès du roi de Syrie en pillant tout ce qui restait d’or et d’argent dans la maison de Dieu et dans sa propre maison. L’Éternel le lui reproche par la bouche de Hanani le voyant (v. 7 à 9). Quelles que soient les difficultés que nous rencontrons, tournons-nous vers le Seigneur seul, et il agira en bien pour nous. Le secours qui vient du monde amène toujours de l’amertume à la fin. La Syrie a toujours été un ennemi indéfectible d’Israël. En l’occurrence, cependant, le roi de Syrie « écouta Asa », et fit la guerre contre le royaume d’Israël, en faveur du royaume de Juda (v. 20 et 21). Asa pouvait penser que son stratagème réussissait. Mais ce n’était pas la pensée de Dieu (2 Chron. 16. 7 à 9). Se tourner vers la Syrie, c’était, moralement, dépouiller Dieu de Ses prérogatives de secourir Juda, bien mieux que ne pouvait le faire le roi de Syrie. La conséquence, c’est que désormais, il eut des guerres (2 Chron. 16. 9). Mais Asa n’a pas écouté : il avait abandonné l’Éternel ! Cette victoire sur les Éthiopiens avait eu une heureuse influence sur un certain nombre de gens ayant rejoint Juda, d’Éphraïm, de Manassé, de Siméon ; « car beaucoup d’Israélites passèrent à lui (à Asa) quand ils virent que l’Éternel, son Dieu, était avec lui (2 Chron. 15. 9). Ainsi, les craintes de Jéroboam et de Baësha se confirmèrent.

Il peut y avoir des personnes encouragées à se réunir où elles sentent que là est la vérité. Mais elles peuvent aussi perdre courage, si elles s’aperçoivent que l’on ne vit pas ce que l’on professe. Dans notre vie chrétienne, il nous convient de laisser toute la place au Seigneur.

Au verset 15 de 2 Chroniques 15, « tout Juda se réjouit… et ils avaient recherché l’Éternel de toute leur âme, et ils l’avaient trouvé ». Mais au verset 9 du chapitre 16, l’Éternel reproche à Asa son action auprès du roi de Syrie et lui dit : « En cela, tu as agi follement ». Souvenons-nous que nos actes doivent avoir plus de poids, en témoignage, que nos paroles.

En Philippiens 4. 9, Paul rappelle que sa conduite parlait pour la gloire de Dieu (Jean 13. 17). « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Cor. 11. 1). Restons attachés à Christ dans notre marche car « séparés de moi vous ne pouvez rien faire », dit le Seigneur aux Siens (Jean 15. 5).

Certes, après avoir été secouru par le roi de Syrie, Asa a pu bâtir, avec les matériaux emportés de Rama, deux villes que Baësha avait commencé de construire. Mais ce n’était pas là le plan de Dieu pour Asa. « Au temps de sa vieillesse, il fut malade des pieds » (v. 23). Cette maladie est survenue au moment où Asa s’était complètement détourné de Dieu, et elle ne fit que s’aggraver, car il a persisté à s’éloigner du bon chemin qu’il avait longtemps suivi (2 Chron. 16. 12). Il a eu de grands honneurs dans sa mort (v. 14). Cependant, quelque honneur qu’on donne à un mort, quelque précaution qu’on prenne pour la dissimuler, la mort est là ! Et après la mort, le jugement (Héb. 9. 27), « Si un arbre tombe, vers le midi ou vers le nord, à l’endroit où l’arbre sera tombé, là il sera » (Éccl. 11. 3).

Dieu avait promis de faire une maison stable à Jéroboam, s’il marchait fidèlement. Mais, infidèle lui-même, Jéroboam a eu un fils, Nadab qui, lui non plus, ne plut pas à Dieu : il ne régna que deux ans et « fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » (1 Rois 15. 25).

Baësha le frappa et régna à sa place. Lui aussi « fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » (v. 34). Cependant, Dieu permit qu’il règne vingt-quatre ans sur Israël. Dieu seul est souverain, en ce qui concerne la longueur du règne d’un roi : elle ne reflète pas forcément la fidélité ou l’infidélité de celui-ci. Dieu, dans Sa grâce, laisse souvent du temps à la repentance.

Pas plus que Jéroboam, Baësha n’avait une conduite qui pût plaire Dieu ; lui aussi fit « ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » (ch. 15. 34). Cependant, Dieu avait annoncé à Jéroboam que sa maison serait détruite entièrement, à cause de son péché d’idolâtrie : les deux veaux d’or qu’il avait placés en Israël afin d’empêcher le peuple de retourner à Jérusalem pour y adorer l’Éternel ; et Il s’est servi de Baësha pour cela. Baësha n’a été qu’un instrument de jugement entre les mains souveraines de Dieu.

Ce terrible péché de Jéroboam a influencé la conduite, par la suite, de tous les autres rois qui se sont succédé sur le trône d’Israël. Dieu savait qu’il n’y aurait pas de repentance. C’est pourquoi Il a appliqué la sentence qu’Il avait prononcée. Parmi ces rois idolâtres, seul le fils de Jéroboam, Abija, qui avait en lui quelque chose qui plaisait à Dieu, fut, à l’avance retiré de devant le mal (ch. 14).

Ce qui se passe pour les chrétiens est un combat constant. Restons prudents quant à l’interprétation des évènements qui surviennent dans une maison. Il peut arriver, de nos jours, que Dieu retire un juste de devant le mal qui va se produire (És. 57. 1).

Aux versets 25 à 30, il est rappelé que Nadab, qui ne régna que deux ans, lui aussi, fit le mal, comme avait fait son père, Jéroboam. Et Baësha le mit à mort, et marcha, lui-même, aussi mal (v. 33 et 34), mais régna vingt-quatre ans ! Puis, « il y eut guerre entre Asa et Baësha, roi d’Israël, tous leurs jours » (v. 31 et 32), et lui-même, devait connaître la même fin que Jéroboam (ch. 14. 9 à 11 ; ch. 16. 4).

Ch. 16

Au chapitre 16. 1, il y a comme un rayon de lumière : Dieu intervient par le prophète Hanani pour dire à Baësha : « Parce que je t’ai élevé de la poussière, et que je t’ai établi pour être prince sur mon peuple Israël, et que tu as marché dans la voie de Jéroboam… voici, j’ôterai Baësha et sa maison » (v. 2 à 4).

Baësha, bien qu’ayant servi à l’exécution du jugement de Dieu sur Jéroboam et sa descendance, n’a aucune crainte quant à lui-même et, dans sa puissance (v. 5), rien ne le retient de marcher dans la même voie : c’est ce qui caractérise l’homme et son cœur incurable !

Quant à Éla, son fils, lui aussi marcha dans le mal, après que son père, Baësha, soit mort. Ce dernier avait servi au jugement divin contre Jéroboam et sa maison, mais Il lui est reproché d’avoir tué le roi (v. 7). Certes, il avait exécuté la sentence de Dieu, mais sa dureté ambitieuse était à sa seule responsabilité.

En Ésaïe 10. 5 à 12, l’Assyrien, ennemi d’Israël est sollicité par l’Éternel pour châtier Son peuple. Mais lui, « il a à cœur de dévaster » et de tuer « pas en petit nombre », ne réalisant pas que Dieu se servait de lui pour corriger Son peuple, et qu’à son tour il répondrait de ses actes, en jugement sur lui.

On retrouve la même pensée divine en Zacharie 1. 12, 13, 15 et 16. L’Éternel avait été « un peu courroucé » contre Juda, et l’avait châtié en l’exilant à Babylone durant soixante-dix ans.

Mais l’ennemi avait « aidé au mal ». Les instruments dont Dieu se sert, agissent toujours plus loin que Dieu ne le veut. C’est Dieu seul qui dirige toutes nos circonstances. C’est « de la bouche du Très-haut que viennent les maux et les biens ». Et c’est à nous de nous repentir de nos péchés, et de « retourner jusqu’à l’Éternel » (Lam. 3. 37 à 42).

Éla, le fils de Baësha, régna deux ans. Et la Parole nous le montre s’enivrant honteusement à Thirtsa (v. 8 et 9). L’ivrognerie est un malheur pour ceux qui s’y adonnent et pour leur entourage ; elle est très répandue dans nos pays, et les jeunes doivent y prendre garde pour eux-mêmes.

Et, très vite, l’Éternel permet qu’il soit éliminé de la scène (v. 10). Zimri qui l’a frappé, règne à sa place, et frappe toute la famille de Baësha (v. 11). Cependant, le règne de Zimri ne dura que… sept jours ! À son tour, il sera l’objet de la colère de Dieu suscitant Omri qui, lui aussi, cherche à le mettre à mort afin de régner à sa place. Israël était campé à Guihbethon, contre les Philistins, mais sous la conduite d’Omri, ils abandonnent le combat pour venir contre Zimri qui avait mis mort le roi Éla. Zimri voyant cela, s’enferme dans le palais du roi et brûle la maison sur lui (v. 15 à 18). Tous ces rois ont été marqués par le mal, et ont fini tragiquement.

Asa, roi de Juda, qui a régné longtemps, a fini tristement, mais Juda a vécu en paix. Pour nous, le Seigneur nous accorde paix et tranquillité dans ce monde où tout va mal.

Tous ces rois d’Israël ont avancé toujours plus dans le mal. En contraste, Asa, roi de Juda, a connu un long règne de paix et de stabilité. Dans sa vieillesse, seulement, il eut un comportement attristant. Durant son long règne, sept rois infidèles et sans repentance, se succédèrent en Israël. Zimri même, ira jusqu’à se suicider (v. 18), en contradiction avec la Parole de Dieu.

Tibni et Omri s’opposent en une guerre civile qui déchire le peuple de Dieu. Et le peuple qui suivit Omri triompha (v. 22). Cependant, « Omri… fit pis que tous ceux qui avaient été avant lui » (v. 25).

Quant à Achab, il alla encore plus loin dans le mal et épousa une femme étrangère, Jézabel, fille du roi des Sidoniens (v. 30 et 31). Un mariage qui n’est pas selon la volonté de Dieu entraîne toujours des conséquences fâcheuses pour soi-même et l’entourage immédiat (Deut. 7. 1 à 4 ; 2 Cor. 6. 14 et 15). Deux pensées principales se dégagent de ces passages : d’un côté, la volonté de Dieu qui provoque la mise à mort de ces rois successifs à cause du mal qu’ils font ; et d’un autre côté, la responsabilité de ces rois qui sont tous dévorés d’ambition personnelle, et suppriment leurs prédécesseurs sur le trône, pour régner à leur place. Aucun n’a conscience de l’autorité de Dieu. La cause de ces crimes successifs, c’est qu’il n’y avait, dans le royaume d’Israël, aucune dynastie établie de Dieu, dynastie que l’Éternel avait promise à Jéroboam, pourvu qu’il soit fidèle – ce qui ne fut pas le cas (ch. 11. 37 et 38). En contraste, en Juda, depuis David, tous les rois sont de sa lignée. Par conséquent, tous sont de la tribu de Juda, et cela jusqu’au Seigneur Jésus, le « Roi des rois ». « Il est évident que notre Seigneur a surgi de Juda » (Héb. 7. 14). Seul, le premier roi, Saül, que par la suite, Dieu a ôté et remplacé par David, était de la tribu de Benjamin, et aucun de ses fils n’a régné. Mais toutes ces tristesses, en Israël, sont aussi dues à des alliances contraires aux commandements de l’Éternel pour Son peuple. Dieu ne veut aucun mélange entre les croyants et le monde.

Achazia, roi de Juda avait pour mère Athalie, fille d’Omri roi d’Israël (2 Chron. 22. 2). Il y avait eu une alliance par mariage entre les deux royaumes (Israël et Juda), contre la volonté de Dieu. Et Achazia fit le mal comme avait fait Achab, roi d’Israël (où on avait instauré une religion humaine), « car sa mère était sa conseillère à mal faire » (v. 3 et 4).

La Parole rapporte peu de chose d’Omri, sinon qu’il acheta à bas prix la montagne qui était l’héritage de Shémer – ce qui ne devait pas se faire, selon la loi de l’Éternel, chacun devant s’attacher à son héritage. Shémer, comme Ésaü qui méprisa son droit d’aînesse, avait méprisé son héritage. Sous le règne d’Achab, Naboth avait préféré mourir que de se défaire de son héritage. Enfin, Omri bâtit, sur cette montagne; la ville de Samarie (v. 24). Pour lui comme pour Achab, le fait de payer leurs acquisitions ôtait tout autre scrupule : leur orgueil était satisfait !

Quel prix a pour nous l’héritage spirituel que Dieu nous a donné dans Sa Parole ? C’est un héritage céleste où nous sommes assis ensemble avec le Christ (Éph. 2. 6).

Cette progression du mal reflétait l’état du peuple et l’exemple que ces rois se donnaient les uns aux autres. Le monde d’aujourd’hui se sépare de plus en plus de toute morale qui pourrait retenir la propagation du mal. Tenons-nous-en séparés, avec l’aide du Seigneur.

Il y a encore, cependant « ce qui retient » (la présence de l’Église sur la terre), et « Celui qui retient » (le Saint Esprit dans les croyants). Lorsque l’Église, enlevée de la terre avec le Saint Esprit sera au ciel, le mal alors se déchaînera sans retenue. Omri marcha dans tous les péchés de Jéroboam (v. 26).

En contraste, « Asa fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, comme David, son père » (ch. 15. 11). David était la bonne référence. « Souvenez-vous de vos conducteurs… et imitez leur foi » (Héb. 13. 7).

Le règne d’Achab commença à la trente-huitième année d’Asa, et dura vingt-deux ans (v. 29). Il fit le mal plus que tous ceux qui l’avaient précédé sur le trône d’Israël (v. 30), jusqu’à épouser une Sidonienne, et il servit Baal (v. 32), entraînant le peuple dans l’idolâtrie. Souvent, ceux qui sont à la tête entraînent les autres.

Hiel, reflétant l’état du peuple, a reconstruit Jéricho, ville maudite, et ses deux fils en sont morts (Jos. 6. 26). Le vieux prophète de Béthel aussi (ch. 13. 1), était influencé par l’état moral du peuple.

Enfin le chapitre 17 apporte un rayon de lumière Dieu envoie Élie pour ramener le peuple.

Ch. 17

De manière soudaine, Élie, envoyé par Dieu, apparaît à Israël. C’est toujours lorsque le mal atteint son paroxysme parmi le peuple, que Dieu envoie un prophète afin de le ramener à Lui.

Et Élie, effectivement; ramènera Israël à Dieu, au moins momentanément, en prouvant au peuple que « L’Éternel, c’est lui qui est Dieu ! » (ch. 18. 39). Nous connaissons tous des chutes, mais « Est-ce qu’on tombe et qu’on ne se relève pas ? » (Jér. 8. 4). Mais le peuple tombe toujours plus bas, et l’Éternel est obligé d’intervenir pour révéler à Achab une prochaine famine.

Élie, dont on connaît peu de chose, sinon qu’il était de Galaad, faisant partie des deux tribus et demie qui avaient demandé comme une faveur qu’on ne leur fasse pas passer le Jourdain, en restant, de ce fait, loin du lieu de la bénédiction, Jérusalem. Dieu n’envoie pas un prophète de Juda, mais Élie, un inconnu qui, cependant peut dire : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant » (v. 1). D’où qu’il vienne, Élie vit dans la proximité de Dieu, dans une profonde dépendance.

Et Dieu l’a envoyé parler à Achab, ce roi méchant. Et le message divin est loin d’être plaisant à transmettre et à entendre. Cependant, aussi longtemps qu’Élie se tient près de Dieu, il en a la force.

Si nous nous tenions toujours bien près du Seigneur, nous ne nous inquiéterions pas des circonstances difficiles, sachant que Dieu mène toujours toutes choses à bonne fin pour les Siens ; car le manque de foi nous conduit à la crainte. Combien de fois le Seigneur nous dit : « Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté ? ». Comme les disciples, demandons au Seigneur d’augmenter notre foi.

L’Esprit Saint souligne la foi d’Élie en Jacques 5. 17 et 18, ainsi que sa dépendance. Ce n’est pas de sa propre initiative qu’Élie a retenu la pluie durant trois ans. Mais, ayant recherché instamment la volonté de Dieu, il y a obéi. Il avait les mêmes passions que nous et, dans nos propres circonstances, nous avons en Dieu les mêmes ressources qu’Élie. La foi et la dépendance de Dieu font la force des croyants, dans les vicissitudes de la vie.

Dieu aime Son peuple et c’est Lui qui lui envoie Son prophète. En contraste avec les idoles d’Israël, aveugles, muettes, sourdes et qui ne marchent pas, Élie rappelle à Achab que l’Éternel est « vivant » (cf. v. 1). Il est la source même de la vie. Cette parole d’Élie projetait sur Achab la vraie lumière, s’il avait bien voulu la recevoir.

Le Seigneur pouvait dire : « Je suis la lumière du monde » (Jean 8. 12) – la lumière morale dont nous avons tant besoin, spécialement dans ces derniers jours que nous vivons !

Achab et le peuple avaient complètement perdu la lumière, en adorant les idoles, derrière qui se cachent les démons. Élisée, après Élie, avait la même dépendance (2 Rois 3. 12), et les mêmes paroles, pouvant dire : « L’Éternel… devant qui je me tiens, est vivant » (cf. ch. 3.14). C’était la Parole de Dieu qui était dans la bouche d’Élie. Dieu regarde les fils des hommes, et prend connaissance de l’état de leurs cœurs, guettant le moindre signe de repentance, afin que les choses puissent changer selon Sa grâce. « Ne puis-je pas faire de vous comme fait ce potier, ô maison d’Israël ? » (Jér. 18. 1 à 6). Après avoir gâté le premier vase qu’il tentait de faire, le potier en avait fait un autre comme il lui avait plu. Dieu agit pour le bien final, même s’Il doit envoyer des moments difficiles afin que nous revenions à Lui.

Dans cette sécheresse, en Israël, Élie aussi devait en souffrir : tous unis en un seul corps, nous partageons souffrances et joies. Caleb et Josué ont aussi partagé, avec le peuple, les quarante ans du désert avec ses peines. Paul dit à Timothée : « Prends ta part de souffrances comme un bon soldat de Jésus Christ » (2 Tim. 2. 3).

À Élie, Dieu donne deux ordres : Va… cache-toi » (v. 3). Puis « Va, montre-toi à Achab » (ch. 18. 1). D’abord caché au torrent du Kérith (signifiant : bénédictions), il est nourri miraculeusement par les corbeaux. Élie obéit sans murmurer (Mat. 6. 31 à 33). C’était « là » qu’Élie devait aller, pas ailleurs (v. 4, 9 et 10). Le torrent parle de la puissance de l’Esprit Saint agissant en grâce. Élie dépendant, est un type du Seigneur, dépendant de Dieu sur la terre (Ps. 110. 7).

Il y avait des veuves en Israël, mais incapables de recevoir Élie, il est envoyé vers une veuve à Sarepta, de Sidonie (d’où était aussi Jézabel), hors d’Israël. Cette étrangère devra confesser son impuissance à satisfaire le « premièrement » d’Élie (v. 13). Alors, Dieu a multiplié Ses bienfaits (v. 15).

Les difficultés que le Seigneur place sur notre chemin ne sont pas sans motifs, car Dieu veut toujours nous bénir. L’Éternel avait caché Élie au torrent du Kérith, où il l’avait nourri et abreuvé. Puis Il avait permis que le torrent tarisse, mettant ainsi Élie en difficulté. Cependant, cette épreuve avait pour but de préparer Son prophète à affronter des circonstances bien plus difficiles (ch. 18). La manière des hommes est bien différente : ils envoient étudier la Parole dans des écoles, mais Dieu forme Ses serviteurs directement sur le terrain. Dieu a fait passer Élie par des circonstances inattendues : le torrent… les corbeaux qui le nourrissent… la veuve de Sidon, pauvre et à bout de ressources !

Mais, lui-même objet de la grâce divine, il a été un dispensateur de la grâce de Dieu, en privé, pour cette veuve et son fils : durant toute une année, la poignée de farine et le fond d’huile qu’avait encore cette femme étrangère, ne s’épuisèrent pas ! A son tour, cette femme passera par le creuset, en voyant mourir son fils. Mais Dieu n’envoie pas l’épreuve sans but. Cette douleur de perdre son fils la rend presque agressive envers Élie, mais l’amène à confesser son iniquité (v. 18), dont elle prend conscience ; et peut-être se souvient-elle d’un péché particulier. Dieu ne nous révèle que ce que nous avons besoin de savoir (Deut. 29. 29).

En Jean 4. 16 à 18, le Seigneur, par contre, avec la Samaritaine, était entré dans les détails. La confession et la repentance sont toujours le chemin du salut par la foi. Dieu n’abandonne jamais l’œuvre de grâce qu’Il a commencée dans une âme. Les épreuves ont ceci de positif, qu’elles nous poussent à nous poser des questions sur les raisons que le Seigneur a pour les permettre. Son but suprême est de délivrer et de bénir les Siens. Ce malheur survenant dans la vie de cette femme la conduit à reconnaître que Dieu est le Dieu vivant, Celui qui communique la vie (v. 24), et Celui qui l’entretient (v. 13 à 16). Le plan de Dieu était de lui rendre son fils vivant ; et en le recouvrant, elle fait un grand pas vers la connaissance de Dieu, mais aussi découvre que la Parole de Dieu est la vérité (cf. v. 24 ; Jean 17. 17 et Ps. 119. 160). Elle a compris que, derrière Élie, c’est Dieu qui agit en grâce, et Élie, lui-même en a conscience. Avant l’épreuve; l’Éternel était pour elle, le Dieu d’Élie (v. 12). Après, Il est devenu son Dieu, et le Dieu de vérité.

Au verset 18, elle appelle Élie « homme de Dieu », mais comme un titre – ensuite, avec une vraie conviction personnelle.

Dans cette scène, la primauté du Seigneur est mise en évidence : « Fais-moi premièrement » (v. 13). Puis « Donne-moi ton fils » (v. 19).

Le Seigneur doit être servi le premier, et nous Lui devons tout. Toutefois, il ne convient pas de penser qu’une épreuve fait toujours suite à un péché, mais qu’elle survient pour nous former par le Seigneur et nous bénir.

Job était un homme « juste » selon Dieu, et sa terrible épreuve l’a conduit, à la fin, à dire à Dieu : « J’avais entendu parler de toi, mais maintenant, mon œil t’a vu ».

En Marc 4. 25 à 27, le Seigneur s’adressait à Son peuple incrédule, sans repentance, lui rappelant que, du temps d’Élie, cette même incrédulité caractérisait déjà Israël, poussant Dieu à envoyer Son prophète vers une femme étrangère.

Dans notre chapitre, Dieu amène cette grande vérité de la résurrection et de la vie, caractères du Seigneur Lui-même, qu’Il nous communique et entretient par Sa Parole et l’Esprit. Cette résurrection du fils de la veuve est le fruit de la communion d’Élie avec Dieu, et c’est la première réelle résurrection dans la Parole. Elle figure, aux yeux de Dieu, la première résurrection qui est pour tous les croyants, de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Abraham avait reçu Isaac comme ressuscité, en figure. Il y eut aussi la résurrection du fils de la Sunamite (2 Rois 4. 35), puis, le fils de la veuve de Naïn (Luc 7. 11 à 15), (le premier qui soit d’Israël) ; enfin, encore en Luc 8. 53 à 55.

Élie était un homme de prières (Jac. 5. 15), et ici, il crie à Dieu par deux fois (v. 20 et 21), brièvement. Notre chapitre montre que cet enfant est des nations. Dans l’éternité, la résurrection pour les hommes des nations était dans les plans divins. Les croyants sont déjà sur le terrain de la résurrection.

La femme évoque son iniquité, non celle de son fils, pourtant pécheur. En figure, c’est Christ, sans péché qui s’est chargé de nos péchés, qui est mort à notre place, et qui est resté dans le tombeau durant trois jours (Élie se couche sur l’enfant trois fois, s’identifiant avec lui, sans qu’il se passe rien). Le troisième jour, Christ est ressuscité, et nous avec Lui (Rom. 6. 3 à 11).

Élie se tenait en permanence devant l’Éternel ; aussi, est-ce avec une foi vigoureuse, dans une entière dépendance, sans un murmure, qu’après avoir habité au torrent du Kérith où, selon la promesse de Dieu, il avait été nourri, matin et soir par des corbeaux, sur le commandement de l’Éternel, il se rend à Sarepta avec la même foi, où une femme veuve avait reçu commandement de le nourrir.

Il est remarquable que les promesses de Dieu soient conditionnées par l’obéissance d’Élie : les corbeaux devaient nourrir le prophète là où l’Éternel lui avait dit d’habiter (v. 4). Puis il devait habiter à Sarepta, chez une femme veuve, et non ailleurs. Et c’est seulement là qu’il a rencontré cette veuve, et où il a été nourri (v. 9 et 10). C’est dans l’obéissance à Dieu que l’on trouve la bénédiction, la joie et la paix.

L’aventure amère de Jonas est là comme un avertissement : ouvertement désobéissant au commandement de l’Éternel qui l’envoie à Ninive l’avertir du jugement imminent de Dieu, il s’enfuit et en subit de terribles conséquences.

À l’inverse de Jonas, Philippe l’évangéliste, que le Seigneur envoie sur le chemin de Gaza « lequel est désert », obéit sans murmures et il est en bénédiction à l’eunuque, intendant de la reine Candace, qu’il y rencontre (Act. 8. 26 à 39).

Le chemin du Seigneur est souvent mystérieux, mais on y trouve la bénédiction. « Va… cache-toi » (v. 3). Élie avait reçu cet ordre surprenant. Mais, avec Dieu, un service caché peut être plus efficace que s’il est effectué publiquement.

Samuel aussi avait prié durant des années, et le peuple le savait.

Dieu pouvait changer l’instinct des corbeaux, ces oiseaux voraces, pour nourrir son prophète deux fois par jour. Comme il avait pu changer le comportement des vaches ramenant l’arche de l’Éternel en Israël, alors que, séparées de leurs veaux, elles allaient, malgré elles, en mugissant, conduites seulement par l’Éternel Lui-même (1 Sam. 6. 10 et suivants). Josué et Caleb ont traversé le désert avec le peuple désobéissant, mais eux, avec des cœurs soumis à Dieu, et avec Lui. Élie se tenait devant Dieu et était caractérisé par la foi, l’obéissance, la dépendance, et la prière (Jac. 5. 17).

Sous la conduite de Dieu, il était un prophète de jugements en public (ch. 1. 8) ; et un prophète de grâce, caché, agissant en privé (ch. 17. 13 à 24).

Actuellement, le Seigneur est caché aux yeux du monde, et Il fait des miracles pour les Siens, en privé. Bientôt, Il agira publiquement dans le monde, en de terribles jugements.

Si Élie devait aller en Sidonie vers une veuve étrangère à Israël, c’est que Dieu veut étendre Sa grâce au monde entier (Luc 4. 25). Jézabel aussi était Sidonienne (ch. 16. 31). Mais Dieu exerce Sa souveraine grâce seulement envers les pécheurs repentis. Cette veuve avait été préparée par l’Éternel pour nourrir le prophète, mais il fallait que sa foi soit exercée. C’est un exemple de la manière dont Dieu répond aux besoins des Siens, par le moyen d’autres croyants. L’issue de l’exercice est assurée, mais la foi doit être avivée. Il est à remarquer que cette femme, malgré le commandement de Dieu de nourrir Élie, en est bien impuissante, car elle n’a rien, sinon un reste de farine dans un pot et un peu d’huile dans un vase !

Mais, à partir du moment où elle reconnaît son impuissance (v. 12), Dieu agit en grâce, et envers le prophète, et envers elle et son fils. Si peu qu’elle ait possédé, elle avait l’essentiel : la farine, dans la Parole, représente l’humanité de Christ, et l’huile, le Saint Esprit. Avec cela, Dieu va la nourrir avec son fils, ainsi qu’Élie, toute une année ! Mais Dieu a un autre but. Jusque-là, la femme s’appuyait en confiance sur la foi d’Élie, lui obéissant sans murmure, et elle confesse son impuissance.

Cette nourriture multipliée rappelle la multiplication des pains du Seigneur : « Il rassasiera de pains ses pauvres » durant le millénium. Mais face à la mort, elle réalise que le péché en est la cause (v. 18). Enfin, par la résurrection de son fils, la veuve a appris à connaître Dieu et à prendre conscience que Sa Parole est la vérité (v. 24). Là où régnait la mort, la vie triomphe.

Élie exige peu de choses de la veuve, mais il importe qu’elle lui fasse « premièrement » de ce qu’elle a, un petit gâteau (Mat. 6. 31 à 34). Le Seigneur doit avoir, en nous, la première place pour nous bénir. Dieu prend soin des veuves. Celle-ci, sans ressources, avait reconnu qu’Élie vivait près de Dieu (v. 12), et c’est à elle qu’il est envoyé.

La femme de 2 Rois 4. 9 avait discerné la même chose d’Élisée.

Ch. 18

La famine envoyée par Dieu à Samarie était une conséquence de l’infidélité des rois d’Israël et du peuple : ayant abandonné l’Éternel et adoré les Baals, ils ne connaissaient plus le vrai Dieu (v. 21), et avaient perdu la lumière que Sa présence, au milieu d’eux, leur apportait, après les avoir délivrés de l’Égypte, conduits dans le désert, et introduits dans le pays de la promesse.

Il fallut le miracle que Dieu produisit à la supplication d’Élie (v. 39), pour ramener le peuple, pour un temps, à l’Éternel.

Aux versets 1 et 2, c’était la troisième fois que la Parole de Dieu était envoyée à Élie (ch. 17. 28), et ici Élie, à l’écoute de l’Éternel, obéit, bien qu’il ait connu la méchanceté d’Achab. Il avait dût se cacher du roi pour un temps, et maintenant il devait se montrer à lui, pour lui annoncer qu’après trois ans de sécheresse, il y aurait de nouveau de la pluie.

L’annoncer d’avance à Achab était nécessaire afin que ce dernier ne prétendit pas attribuer le retour de la pluie aux prophètes de Baal. Il fallait que la suprématie de Dieu soit clairement établie.

Élie est un modèle d’obéissance pour nous, dans une communion étroite avec Dieu (Jac. 5. 16 à 18), et il formule des demandes au bon moment.

Bien avant ces temps-là, Samuel, n’apparaissant pas sur la scène, priait instamment pour le peuple, et ce dernier le savait (1 Sam 7. 8). De même pour Saul de Tarse, Ananias avait été séparé par Dieu et avait été utile pour celui qui devait être l’apôtre Paul (Act. 9). Bien que Dieu puisse donner des ordres paraissant parfois contradictoires, Ses desseins ne changent jamais. Il peut changer Sa manière de conduire les circonstances selon les besoins, mais c’est toujours en vue de la fin qu’Il s’est proposée (Deut. 8. 16). Son but, ici, était de ramener le peuple à Lui-même, établissant ainsi Sa souveraineté sur Israël (Jér. 18. 6 à 10). Recherchons, cas par cas, la pensée du Seigneur pour y obéir.

Dans Sa maison, Seigneur est souverain, et nos pensées humaines, notre manière de voir les choses, n’ont aucune valeur pour Dieu, qui dirige tout par Son Esprit – et il est indispensable que nous soyons dépendants de Lui. D’un côté, le monde est occupé de ses affaires, comme Achab de ses chevaux ; de l’autre, Élie, dépendant de Dieu, doit se montrer à Achab et il obéit.

Dieu conduit les circonstances lors de cette rencontre à hauts risques pour le prophète, mais il est confiant dans son Dieu (Héb. 13. 6).

Notre attitude reflète notre degré de confiance en Dieu et détermine notre force pour obéir.

Très dure à vivre, la famine était nécessaire, pour ramener le peuple à son Dieu. Si nous nous éloignons de Dieu, nous perdons la lumière, et le goût de lire la Parole. Il s’ensuit une « famine » spirituelle que seul, un retour à Dieu et à Sa Parole peut faire disparaître. Amos 8. 11 à 14, annonce une telle famine à Israël, avant le règne millénial du Seigneur.

Le chapitre 6. 14 de l’Apocalypse dit : « Le ciel se retira comme un livre qui s’enroule ». Les hommes n’auront plus aucun accès à la vérité, et, animés par une « énergie d’erreur », croiront au mensonge satanique (2 Thess. 2. 8 à 12).

Lévitique 26. 14 à 16 est un sérieux avertissement envers toute désobéissance : pas de bénédiction ! Il se produit une grande langueur spirituelle parmi nous si le Saint Esprit est contristé. Recherchons-en la cause pour retrouver la communion avec Dieu (Mal. 2. 2).

Abdias craignait l’Éternel (v. 3), mais restait au service d’Achab, ce roi corrompu et méchant. Il ne comprenait pas qu’on ne peut « servir deux maîtres » (Mat. 6. 24).

Certains croyants, comme Élie, qui ont conscience qu’ils n’ont, en eux-mêmes, aucune valeur, et sont consacrés entièrement à Dieu désirent L’honorer.

D’autres, comme Abdias, ont un cœur partagé : bien qu’il eût soustrait cent prophètes de l’Éternel à la mort, il restait dans un milieu dominé par huit cent cinquante prophètes de Baal et des ashères (v. 19) ! À la rencontre d’Élie, il l’appelle : « Mon seigneur». Mais Élie le reprend sévèrement : « Va, et dis à ton seigneur » (v. 8). Réellement, son seigneur était Achab et, malgré sa crainte de l’Éternel, il ne s’était pas séparé du mal et craignait l’homme (Prov. 3. 7 et 8 ; Prov. 8. 13). « La crainte de l’homme tend un piège » (Prov. 29. 25).

Quant à Achab, roi corrompu au cœur sec et égoïste, il s’inquiétait plus de la vie de ses chevaux et de ses mulets, que de son peuple soumis à une dure famine (v. 2). Il ne comprenait pas qu’il était responsable, alors, des souffrances d’Israël.

Dieu conduit toutes choses selon Sa pensée, et permet que ce soit Abdias qui rencontre Élie le premier, alors que le message qu’Élie devait transmettre était pour Achab. Le verset 3 rapporte qu’Abdias « craignait beaucoup l’Éternel » Et Dieu va mettre à l’épreuve ce qui est peut-être une certaine foi chez lui. Il est saisi de crainte lorsque Élie l’envoie dire à son maître (v. 8). Connaissant la méchanceté du roi qu’il sert, il est pris de panique à la pensée qu’Achab le tuera, croyant que l’Éternel déroberait encore Son prophète aux yeux de ce roi méchant (v. 9 à 14).

Enfin, il se rassure lorsque Élie lui affirme qu’il se montrera réellement à Achab. Alors il obéit (v. 15 et 16), comprenant enfin que l’Éternel était derrière le prophète. La faible foi d’Abdias, mise à l’épreuve, était fortifiée. Dieu veut toujours fortifier la foi faible – peut-être la nôtre (Éph. 6. 10).

Abdias était dans une fausse position, en servant ce roi méchant, lui qui craignait l’Éternel ! Il avait caché cent prophètes, les nourrissant de pain et d’eau durant longtemps, sans doute au péril de sa propre vie, tandis que Jézabel tuait les prophètes de l’Éternel, et Dieu qui pèse les cœurs saura en tenir compte. Même un verre d’eau donné ne perdra pas sa récompense. Certes, il saura rappeler à Élie ce qu’il a fait, à savoir ses mérites.

D’autres que lui-même auraient dû le dire. Élie, au chapitre 19. 10 à 14, fait requête contre le peuple, tombant dans le même travers. N’ayons pas une « haute opinion de nous-mêmes » (Rom. 12. 3).

Moïse, en son temps, avait intercédé pour le peuple, devant l’Éternel.

Sans doute, Abdias était apprécié d’Achab pour « ses bons et loyaux services ». Le monde ne déteste pas employer des chrétiens, à cause de leur honnêteté. Cependant, « nul ne peut servir deux maîtres » (Mat. 6. 24). « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Act. 5. 29). Mais Abdias obéit à Achab sans murmures (v. 5) et, lorsqu’il doit obéir à Dieu, il trouve des objections ! Il avait choisi une position confortable dans le monde. Il était plus en sécurité chez Achab, durant la famine. Cependant, au moment où il faut obéir à Dieu, il prend conscience de la cruauté de son maître.

Le chef de ce monde est un maître cruel, qui prend tout et ne donne rien, sinon des biens matériels à ceux qui le servent. Le fils prodigue en a fait l’expérience. Élie avait choisi de servir l’Éternel de qui il tenait sa force (v. 15).

Au chapitre 19, Élie, réduit à sa propre force, défaille et s’enfuit. Dieu a veillé jalousement sur Élie durant ces années de famine, en le cachant aux yeux d’Achab qui l’a recherché obstinément, de royaume en nation (v. 10). Les craintes d’Abdias étaient justifiées, car étant à son service, il connaissait la cruauté de ce roi impie.

Élie aussi, sera saisi de crainte au chapitre 19. 5, il s’enfuira… et reconnaîtra qu’il n’était pas « meilleur que ses pères » (v. 4). L’orgueil est latent en nous, contrairement à la nature du Seigneur.

Abdias a peu confiance en Dieu, et est rempli de crainte (Prov. 29. 25). Le début de ce verset donne le caractère d’Abdias ; la fin révèle celui d’Élie dans notre chapitre. L’état moral d’Abdias n’était pas bon, et la Parole ne parle de lui que dans ces versets, puis on n’en entend plus parler, car « le juste qui chancelle devant le méchant est une fontaine trouble et une source corrompue » (Prov. 25. 26).

Au verset 17, Achab, rencontrant Élie, l’agresse verbalement, mais le prophète ne se laisse pas troubler, et sa réponse ferme domine le roi qui, malgré sa haine contre lui, après l’avoir cherché pour le tuer, ne tient pas devant Dieu qui lui donne un ordre, et… le roi s’exécute ! La sécheresse de cœur de ce roi se révèle dans sa préoccupation pour ses chevaux, alors qu’il est indifférent à la misère du peuple. A la fin de notre chapitre, son indifférence se montre en ce qu’il se hâte pour manger et boire (v. 41 et 42).

Il était le fils d’Omri qui avait fait pis que tous ceux qui l’avaient précédé (ch. 16. 25). Le verset 19 révèle la pensée divine de manifester Sa puissance devant le peuple, et rien ne l’arrêtera. Achab a pu avoir l’intention de mettre Élie à mort, Dieu incline son cœur à obtempérer à l’ordre impératif d’Élie qui est, là, la bouche de Dieu. Achab ne peut rien faire d’autre qu’obéir. « Le cœur d’un roi, dans la main de l’Éternel, est des ruisseaux d’eau ; il l’incline à tout ce qui lui plaît » (Prov. 21. 1).

« Est-ce bien toi, celui qui trouble Israël ? » (v. 17). Ce verset montre de quelle manière le monde estime les croyants : comme des gens qui troublent la libre marche des incrédules, car ils sont « ce qui retient » la libre expansion du mal (2 Thess. 2. 6), et témoignent du jugement de Dieu sur ce monde impie.

Le premier, le Seigneur a été accusé de troubler le monde d’alors, dès sa naissance (Mat. 2. 3 et 4 ; Luc 2. 34).

Cependant, la réponse d’Élie à Achab est sans faiblesse ni ambiguïté : « C’est toi et la maison de ton père, parce que vous avez abandonné les commandements de l’Éternel et que tu as marché après les Baals » (v. 18).

C’est l’abandon des commandements de Dieu par le monde incrédule, qui jette le trouble et le désordre dans les esprits, les hommes se détournant de plus en plus de toute moralité Gardons précieusement les enseignements des Écritures. Entraîné par les rois idolâtres, le peuple avait perdu la connaissance du vrai Dieu, il est incapable de répondre à Élie (v. 21).

Seul, le miracle que Dieu produit par le moyen d’Élie leur redonne le discernement que c’est l’Éternel qui est Dieu (v. 30 à 39). D’innombrables personnes, dans le monde, même christianisé, sont dans cette incertitude quant à Dieu, quant à l’éternité, quant au jugement, et ne choisissent pas. L’essence même du témoignage chrétien est ceci : convaincre les indécis que Dieu appelle à la repentance, et qu’il est vital de faire le bon choix. « Combien de temps hésiterez-vous entre les deux côtés ? ». Être à demi-croyant, c’est n’être pas croyant du tout, et il est impératif de choisir maintenant. Ceux qui ne prennent jamais position quant à Dieu, sont les timides » – ou lâches – qui sont voués à l’étang de feu (Apoc. 21. 8).

En son temps, Josué avait fermement choisi pour lui-même et pour sa maison (Jos. 24. 2, 14 et 15). Le peuple, lui, avait fait une réponse qui aurait été heureuse s’il n’y avait pas eu d’idoles au milieu de lui (v. 16 à 18) ! Prenons garde à nous-mêmes, et aux idoles cachées dans nos cœurs. Nos faiblesses proviennent d’un manque de séparation morale du monde.

A Ézéchias, Ésaïe, envoyé par Dieu, dit, au sujet des hommes étrangers auxquels il avait montré tout ce qu’il y avait dans sa maison « Qu’ont-ils vu dans ta maison ? » (1 Rois 20. 15).

Que le Seigneur nous donne la force de nous juger nous-mêmes, et non nos frères, et de nous attacher à Lui (Deut. 30. 19).

Abdias se réclamait de l’Éternel, mais n’avait pas pris position fermement, hésitant entre les deux côtés. Il en était de même des sept mille hommes qui n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal (ch. 19. 18), que l’Éternel reconnaissait comme restés fidèles lorsque Élie dit : « Je suis resté moi seul prophète de l’Éternel » – personne, parmi ces hommes, ne s’était déclaré être fidèle à Dieu ! Ainsi, Élie a pu se sentir confirmé, dans sa pensée qu’il était vraiment seul !

Nous sommes appelés à nous déclarer ouvertement comme appartenant au Seigneur, et à ne pas avoir honte de l’Évangile (Rom. 1. 16 ; 2 Tim. 1. 8). Cependant, reconnaissons que nous n’avons pas toujours eu le courage de confesser le Seigneur autour de nous. Nous pouvons Le renier par notre silence, bien que nous vivions dans des pays tolérants pour les chrétiens, tant qu’ils ne se montrent pas trop insistants.

C’est une joie pour le Seigneur de voir un racheté Le confesser ouvertement. Certains croyants souffrent pour Lui, et le Seigneur le sait, et les soutient. Le Seigneur désire nous combler de Ses bénédictions : « Ouvre ta bouche toute grande, et je la remplirai » (Ps. 81. 10). Dans notre faiblesse, dont nous devons être conscients, demandons au Seigneur qu’Il nous fortifie, et nous donne le courage de vivre notre foi et de parler du Seigneur à notre entourage. « Quand je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 10 ; 2 Tim. 1. 7). Parfois, pourtant, il ne faut pas trop insister (Mat. 6. 6).

Dans les versets 7 et suivants, Élie parle au cœur et à la conscience du peuple, deux choses qui doivent aller de pair dans l’annonce de l’Évangile. Le courage d’Élie, dans ce chapitre, lui donne la force de dominer même le roi Achab, et les quatre cent cinquante prophètes de Baal. Pourtant, il a su se mettre à part, dans l’humilité, pour prier l’Éternel (v. 36 et 37). Et l’Éternel lui a répondu.

Deux scènes essentielles s’opposent dans ce chapitre : d’une part, les quatre cent cinquante prophètes de Baal s’agitent, crient, sautent autour de l’autel, invoquant leur idole, mais n’obtiennent – et pour cause – aucune réponse.

Il y a bien des idoles dans le cœur des hommes, ces vanités naissant dans l’imagination, sous l’influence de Satan ! En elles-mêmes, les idoles ne sont rien « mais les choses que les nations sacrifient, elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu » (1 Cor. 10. 20). Les prophètes de Baal sont nombreux, et l’on pourrait penser que le nombre triomphera. Mais Dieu seul va montrer Sa toute-puissance.

D’autre part, Élie invoque l’Éternel, et Dieu lui répond en faisant tomber le feu sur l’holocauste que le prophète a offert (v. 38). Ce miracle avait pour objet de prouver au peuple que les idoles sont impuissantes (Ps. 115. 4 à 8) et Qui est le vrai Dieu (v. 39).

Dieu a répondu merveilleusement à Élie, comme Il répond toujours à ceux qui L’invoquent avec foi. Le peuple était placé devant un choix, comme autrefois Josué avait clairement choisi que, lui et sa maison, serviraient l’Eternel (Jos. 24. 15). Le peuple, alors avait protesté qu’il adorerait l’Éternel qui l’avait délivré d’Égypte et conduit en Canaan. Mais Josué n’était pas convaincu, car il savait que le peuple conservait des idoles. Josué et les anciens étant morts, le peuple avait abandonné l’Éternel.

Dans notre chapitre, les choses sont encore plus graves que du temps de Josué. Le peuple ne sait plus qui est le vrai Dieu (v. 21) ! Au chapitre 19, Élie se décourage. Si le peuple est revenu à l’Éternel, persévérera-t-il ? D’autre part, il s’enfuit pour sa vie, à la menace de Jézabel (v. 1 à 3).

Si, après avoir remporté une victoire spirituelle, nous relâchons notre vigilance sur nous-mêmes, nous fléchirons jusqu’à la chute.

Pour Élie, le chapitre 18. 22 dévoile le germe de sa défaillance du chapitre 19 : il se met en avant avec avantage, en se comparant au peuple entier !

Dans cette manifestation de toute-puissance de Dieu, en réponse à la supplication d’un seul homme, l’Éternel met le démenti à la croyance humaine, que le nombre fait la force. Gédéon a dû l’apprendre pour lui-même dans son combat contre les multitudes de Madian : son armée, d’abord de trente-deux mille hommes, s’est vue réduite, par l’Éternel, à trois cents combattants, qui vont triompher avec des flambeaux et des trompettes !

À Aï, Dieu n’était pas avec le peuple, et il est vaincu malgré son armée nombreuse.

Par le moyen d’Élie, envoyé de Dieu, l’Éternel a compassion du peuple et le bénit, dans Sa patience, malgré la dureté de cœur d’Israël (Ps. 78). Dieu a devant les yeux l’Agneau et le gâteau du sacrifice, et a supporté les péchés d’autrefois. Si, au verset 21 le peuple ne sait que dire, au verset 24, il reconnaît que la parole d’Élie est bonne : sa curiosité est éveillée. Mais Élie veut, quant à lui, apporter la preuve de la vanité des idoles mises en opposition à Dieu. Le peuple était tombé dans l’état que décrit Michée 7. 2 à 6. Et Élie, pour lui-même, regardait et s’attendait à l’Éternel (cf. Michée 7. 7), car sa foi était vigoureuse (Héb. 11. 1), et il avait la conviction que Dieu lui répondrait.

Contrairement à Lévitique 19. 28 et 21. 5, les prophètes de Baal se font des blessures et le sang coule sur eux (v. 28). Dans la chrétienté aussi, il y a eu bien des flagellations et des meurtrissures volontaires, en vue d’obtenir la faveur divine.

Paul, au geôlier de Philippes prêt à se tuer, dira : « Ne te fais aucun mal » (Act. 16. 28). La grâce de Dieu ne demande aucune meurtrissure de notre corps, dont nous devons prendre soin, puisqu’il est le temple du Saint Esprit (1 Cor. 3. 16). Gardons notre corps en sainteté (Rom. 12. 1 ; 1 Thess. 4. 3 et 4 ; 5. 23). Ne méprisons pas notre corps, nous aurons à en rendre compte. À la résurrection, nous retrouverons notre corps pour un salut complet (Rom. 8. 11).

C’est seulement à l’heure de l’offrande de gâteau, par la prière, les supplications et les actions de grâces (Phil. 4. 6 et 7), que nous obtiendrons la faveur de Dieu. L’unité d’Israël était perdue depuis longtemps, mais Élie la voit encore avec l’œil de Dieu : il bâtit l’autel avec douze pierres.

L’unité de l’Église n’est plus vue que dans la fraction du pain, englobant, dans nos pensées, tous les chrétiens. Réalisons-le pratiquement avec les rassemblements avec lesquels nous sommes en communion. De même qu’Israël sera rassemblé un jour, l’Église morcelée sur la terre, sera réunie en une, lorsque le Seigneur la prendra pour être toujours avec Lui.

Élie répare l’autel de l’Éternel qui avait été renversé et, avec les forces que Dieu lui donne, en construit un autre avec douze pierres représentant les douze tribus d’Israël (v. 30 et 31). Dans sa foi, Élie voit l’unité du peuple que Dieu s’est acquis pour Lui-même, unité perdue depuis longtemps, mais que Dieu renouvellera en son temps.

Élie a fait aussi un fossé autour de l’autel, rappelant que le peuple, mis à part pour Dieu, était séparé des nations. Le peuple étant tombé dans l’idolâtrie, le prophète, connaissant la pensée de Dieu, veut l’amener à la restauration. Souvenons-nous que le Seigneur a dit : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 14). Dans la séparation morale, nous ne devons pas nous comporter comme le monde, bien que nous n’ayons pas à nous retirer physiquement du monde, comme font les moines. Cette séparation morale est le tout premier témoignage auquel nous sommes appelés.

Élie a le souci de démontrer la Toute-puissance divine et, pour cela, ordonne qu’on verse de l’eau en abondance sur l’holocauste, le bois et l’autel. Il peut y avoir aussi, dans la pensée d’Élie, le souci de se conformer à la loi : il fallait laver l’intérieur et les jambes de l’holocauste (Lév. 1. 9 à 13). Dans sa ferveur, Élie fait une prière pressante et revêtue d’humilité : « Je suis ton serviteur… Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, et que ce peuple sache que toi, Éternel, tu es Dieu, et que tu as ramené leur cœur » (v. 36 et 37).

Alors, bien que l’offrande soit noyée par l’eau, le feu de Dieu tombe sur l’holocauste qui est consumé, ainsi que le bois, les pierres de l’autel, la poussière et l’eau du fossé ! Le caractère de Dieu, c’est de ramener Ses rachetés, lorsqu’ils se sont éloignés de Lui (« l’égarée, je la ramènerai » (Éz. 34. 16).

Au début de cette scène grandiose, le peuple ne montre aucun élan du cœur ; mais devant la toute-puissance directement manifestée, il se jette sur sa face et s’écrie d’une seule voix : « L’Éternel, c’est Lui qui est Dieu ! L’Éternel, c’est Lui qui est Dieu » (v. 39). La puissance et la gloire de Dieu éclatent aux yeux du peuple que l’Éternel a ramené à Lui.

Sous la loi, les sacrifices figuraient l’offrande du Seigneur sur la croix. « Dieu a fait tomber sur Lui l’iniquité de nous tous ». « Le châtiment de notre paix a été sur Lui » (És. 53. 5 et 6).

Ici, c’est le feu de Dieu qui tombe sur l’offrande d’Élie. Cela rappelle les souffrances du Seigneur, et touche notre cœur, bien qu’il ne s’agisse, alors, que d’un sacrifice commémoratif de poché ».

Au chapitre 9. 23 du Lévitique, on trouve la première fois où le feu de Dieu consume l’holocauste. Le feu, image du jugement divin, est tombé sur le Seigneur Jésus.

Lorsque le Saint Esprit est venu sur le Seigneur, au Jourdain, Il s’est manifesté sous la forme visible d’une colombe.

Lors du baptême de l’Assemblée chrétienne, en Actes 2, Il est apparu sous la forme de « langues divisées, comme de feu » (v. 3). Il y avait là, d’abord, une action purificatrice de la part de Dieu. Cela rappelle aussi la division des langues, à Babel, obligeant les hommes, qui ne se comprenaient plus entre eux, à se disperser.

On voit en Actes 2, que les langues » restent « divisées » ; et les apôtres, s’exprimant dans toutes les langues dans lesquelles parlaient les Juifs dispersés parmi les nations, mais réunis à Jérusalem pour la Pentecôte, annoncent « les choses magnifiques de Dieu » dans toutes les langues, de manière qu’elles soient comprises de tous (v. 8 à 11). La Parole est aussi un feu qui jugera les incrédules, mais aussi, qui purifie nos cœurs.

Cependant, dans notre chapitre, le feu n’est pas tombé sur le peuple, mais sur l’holocauste, en jugement du péché du peuple. C’est avec une foi profonde qu’Élie avait prié pour qu’il ne plût pas ; avec la même foi, il pria pour qu’il plût de nouveau (Jac. 5. 17 et 18). Cependant, il plut à Dieu, dans notre chapitre, de faire attendre Élie avant que la pluie tombe de nouveau (v. 42 à 45). Et Élie attendit avec patience. Pour prier, on le voit se mettre à l’écart au sommet du Carmel. Il se tenait devant Dieu, selon son habitude, et discerne les pensées divines. Nous devons « prier en tous temps », mais il est mieux de prier dans le silence, à l’écart (Mat. 6. 6). Le jeune homme qui servait Élie semble douter, mais Élie l’invite à persévérer (v. 43) et Dieu a répondu. Que Dieu nous accorde une telle patience dans la prière.

Enfin, loin de se reposer, Élie, plein d’énergie, court devant le char d’Achab sur plus de vingt kilomètres, jusqu’à Jizreël ! (v. 46)

Ch. 19

Un grand fossé sépare les chapitres 18 et 19 de la vie d’Élie. Mais l’Éternel, ici, prend en main la restauration de Son fidèle serviteur qui est tombé (Ps. 103. 13 et 14).

Élie était de ceux qui craignent l’Éternel. Mais, il devait apprendre qu’il n’y avait point de force en lui. La force nous est donnée par Dieu seul.

Élie n’a pas interrogé Dieu avant de s’enfuir. Nous-mêmes, nous oublions souvent de consulter le Seigneur sur la bonne direction à suivre. Lui seul conduit nos circonstances.

Au verset 2, Jézabel dit : « si demain… je ne mets ton âme comme l’âme de l’un d’eux » (les prophètes). Pourquoi cette menace différée plutôt que de dépêcher un meurtrier sur- le-champ ? Sans doute Dieu veille-t-Il ! D’autres grands serviteurs de Dieu ont manifesté des défaillances (David, Pierre, Paul… ). Cela nous met en garde contre notre faiblesse provoquant nos propres défaillances.

Si ce grand prophète a dû être mis de côté, sa carrière n’en a pas moins continué, jusqu’à son glorieux enlèvement au ciel, sans connaître la mort.

Jézabel, cette terrible femme idolâtre, use de la faiblesse de son mari, en le « poussant au mal » (ch. 21. 7, 8, 25 et 26). Elle est une image d’une certaine chrétienté ayant mêlé l’idolâtrie à la Parole de Dieu.

Cependant, Achab, ici, pousse sa femme au mal, en lui racontant « en détail » comment Élie a tué les prophètes de Baal, mais en omettant de lui rapporter le miracle du feu tombé du ciel sur l’holocauste. Dans nos foyers, chacun des conjoints influence l’autre. Que le Seigneur nous accorde que ce soit en bien !

Dans les circonstances concernant Élie, Dieu semble laisser faire, mais ce n’est que pour un temps.

En Apocalypse 2. 21 et 22, Il a laissé du temps à la Jézabel prophétique, afin qu’elle se repente ; mais elle ne le veut pas. Les hommes ont crucifié le Seigneur Jésus, et Dieu use de compassion, et des millions d’hommes ont été sauvés, mais Sa patience aura un terme.

Au chapitre 21. 27 à 29, on voit Achab se repentir, et Dieu lui fait grâce. Dieu a horreur du mal, mais Il patiente en ce qui concerne les conséquences du péché, car le jugement est, pour Lui, « son œuvre étrange, son travail inaccoutumé » (És. 28. 21).

Comme Moïse, en Nombres 11. 15, ou comme Jonas, Élie est découragé de ce que Dieu n’intervienne pas très vite. Il demande la mort pour son âme (v. 4), mais notre vie appartient à Dieu. Saül s’est suicidé, comme aussi Akhitophel. Ici, Élie ne se tient plus « devant l’Éternel », mais ne voit plus que Jézabel et ses menaces. Connaissant la méchanceté de cette femme meurtrière (ch. 21. 5 à 14), Élie laisse les circonstances nouvelles s’interposer entre lui et l’Éternel, et il est sans force.

Au chapitre 18, Élie a déployé une très grande énergie spirituelle devant tout le peuple et les quatre cent cinquante prophètes de Baal. Sa force résidait dans ce qu’il obéissait à l’Éternel, qui lui disait : « Cache-toi », et il se cachait. Puis « Montre-toi », et il se montrait.

Après cela, il se relâche, et tombe. Sa fuite précipitée est incohérente, car en pleine dépression, il fuit au désert, sans nourriture ! Si nous remportons une victoire spirituelle, ne nous appuyons pas sur cela, car alors nous tomberons. Si Dieu a patienté envers Élie et l’a restauré, combien plus envers nous, Ses enfants, usera-t-Il de patience, et prendra-t-Il soin de nous ramener !

La fin du verset 4 montre l’humiliation d’Élie, qui découvre qu’il n’était « pas meilleur que ses pères ». C’est le point de départ d’un travail intérieur que Dieu a employé pour sa restauration. Dieu lui redonne les forces physiques, en envoyant un ange qui lui apporte un gâteau cuit sur des pierres chaudes et une cruche d’eau. Il nous faut, parfois, prendre soin de quelqu’un, matériellement (Jac. 2. 15 et 16).

Le Seigneur a nourri les disciples partis pêcher et revenant à vide (Jean 21. 5 à 7).

L’ange a dû réveiller Élie deux fois, avant qu’il ait la force de marcher quarante jours et quarante nuits jusqu’à Horeb, le Sinaï, où Israël a reçu la loi. Alors, un vent violent, le feu, un séisme passent devant Élie, mais l’Éternel n’y était pas.

Enfin, une voix douce, subtile, dévoile la présence de Dieu en grâce. Là, Dieu sonde son cœur de nouveau (v. 9 et 13). Prophète de jugement, Élie découvre que Dieu est le Dieu de la grâce ! Et il est restauré. Dans le service, regardons au Seigneur, et non au service.

Les soins de Dieu pour Élie sont touchants : Il lui donne un gâteau cuit sur des pierres chaudes. Il n’accable pas de son « poids » divin Son prophète défaillant (Job 33. 6 et 7). Dans nos défaillances, Dieu ne nous accable pas, mais nous restaure, comme Il le fit pour Pierre (Jean 21).

Ce paragraphe dévoile ce qui se passe dans le cœur d’Élie, et le travail de l’Éternel qui l’a conduit à la restauration. Mais, premièrement, l’Éternel, avec amour, a pris soin de le nourrir en lui donnant un gâteau cuit sur des pierres chaudes, image du Seigneur ayant souffert le jugement pour nos péchés, et la cruche d’eau, symbole du Saint Esprit appliquant la Parole à nos âmes. Et l’énergie que lui a procurée cette nourriture lui a donné la force de marcher quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu.

Dans notre chemin, seule la Parole nous donnera la force de marcher dans la communion avec Dieu. C’est à Horeb (le Sinaï), que Dieu avait révélé la loi à Moïse. Mais c’est là qu’Élie, attaché de cœur à la loi, va découvrir que l’Éternel est le Dieu de la grâce !

Au chapitre 18, Dieu avait agi en grâce envers le peuple, lorsqu’il avait reconnu que c’est l’Éternel qui est Dieu (v. 39) ; mais Élie ne l’avait pas compris. « Que fais-tu ici, Élie ? » (v. 10) Cette question aurait dû faire comprendre à Élie qu’il n’était plus à sa place, et qu’il devait retourner « par son chemin, vers le désert de Damas » (v. 15).

Dans nos chutes, retournons toujours vers le Seigneur, afin d’être restaurés, et seule, la Parole nous donnera la force d’aller jusqu’au bout du chemin.

La caverne où Élie a passé la nuit, correspond à son état, à ce moment-là : peut-être cherche-t-il à se protéger en se cachant. Mais Dieu lui dit de sortir de là et de se tenir « devant l’Éternel » (v. 11), position qu’il avait abandonnée. Et on ne voit pas Élie sortir pour obéir. Les puissantes manifestations des terribles jugements qui se manifestent alors : le vent déchirait les montagnes et brisait les rochers, le tremblement de terre et le feu devaient être si impressionnants, qu’ils n’incitaient guère à sortir !

Mais à la « voix douce, subtile », il voile son visage et sort pour se tenir devant le Dieu de grâce. Dieu lui pose la même question (v. 13) ; et de nouveau, Élie « fait requête contre Israël » (Rom. 11. 2).

Moïse, après l’affaire du veau d’or, avait plaidé en faveur du peuple. Abdias avait caché cent prophètes de l’Éternel : Élie n’était donc pas seul. Découragé, Élie a des pensées erronées centrées sur lui-même (cf. v. 10 et 13). Il n’a pas compris l’action divine du chapitre 18, où Dieu a manifesté Sa grâce envers le peuple, en agréant l’holocauste consumé par le feu du ciel. Élie n’a pas persévéré dans la foi.

Incompris de Ses disciples, le Seigneur, Lui, ne s’est jamais découragé. (Mat. 20. 25 à 28). Imitons Le, selon notre mesure.

Élie est en contradiction avec lui-même : en fuite pour sauver sa vie, il demande à Dieu de prendre son âme !

Le-Seigneur n’a pas reculé devant la mort.

Après être monté « au sommet du Carmel », dans la communion avec Dieu faisant grâce au peuple en lui donnant de la pluie (ch. 18. 42), Élie se réfugie à Horeb, la montagne de la loi !

Plus tard, pleinement restauré, il apparaîtra, avec Moïse, sur la montagne de la transfiguration (Mat. 17). La douceur de Dieu est touchante : Élie s’était éloigné de Dieu, et Dieu va le chercher là où il est, sans l’accabler de reproches.

À Gethsémané, le Seigneur laisse dormir les disciples accablés de tristesse (Luc 22. 45). Ce n’est qu’avec douceur que l’on peut écouter une âme qui s’est éloignée du Seigneur, et la ramener. Il a fallu que Dieu parle deux fois à la conscience d’Élie, comme le Seigneur a posé trois fois la même question à Pierre, afin de le restaurer (Jean 21).

Élie se croyait seul, et l’Éternel lui apprend qu’Il s’est « réservé sept mille hommes » qui lui sont restés fidèles (v. 18). Il est, alors, restauré dans l’humilité.

Responsables de la ruine de l’Église, voyons-la comme Dieu la voit. Moïse aimait le peuple, et Paul l’Assemblée, plus qu’eux-mêmes (Ex. 32. 31 ; 33. 13 ; Rom. 9. 3 et 4).

L’épreuve porte toujours un côté positif, et n’est pas forcément la conséquence du péché.

Élie accuse le peuple de « chercher sa vie ». Parole excessive, injuste, inspirée par l’ennemi. Mais Dieu prend soin de lui, car rien n’est insignifiant pour Lui, et les relations vitales d’Élie avec Dieu ne sont pas changées.

Esdras et Daniel, en leur temps, s’associèrent à la misère du peuple, comme nous devons le faire pour l’Église. « Mes brebis écoutent ma voix » (Jean 10). Le monde parle fort pour se faire entendre et occulter la voix de Dieu. Dans l’épreuve, nous aimerions nous protéger comme Élie dans la caverne. Mais la « voix douce » du Seigneur nous fait sortir vers Lui, pour de douces communications.

Pensant sincèrement être resté seul fidèle, Élie, à la question que l’Éternel lui pose deux fois, répond deux fois la même chose (v. 9, 10, 13 et 14). Il accuse ses frères, se justifie et s’endurcit.

Jonas aussi, en son temps, a manifesté son découragement en voyant que Dieu avait sursis à exécuter le jugement qu’il avait prononcé sur Ninive, la repentance s’étant manifestée ; il s’était irrité, alors, et avait demandé la mort ! Et lui aussi s’était obstiné dans ses réponses à Dieu (Jonas 4. 3 à 9).

Élie pensait, à ce moment-là, agir en communion avec l’Éternel, mais comme Jonas, il s’était éloigné de Dieu, et n’agissait plus que par sa propre volonté. Si nous sommes occupés de nous-mêmes, nous nous éloignons du Seigneur, seule source de lumière, et nous devenons prisonniers de nos impressions charnelles.

Le jugement de Dieu prévu par Dieu et annoncé, s’exécutera réellement, mais pas forcément dans l’immédiat. Il ménage toujours un temps à la repentance, jusqu’à ce que l’iniquité atteigne à son comble (Gen. 15. 16). Le monde est en sursis, car Dieu patiente.

Mais, en premier lieu, il fallait qu’Élie, envoyé de Dieu, appelle les instruments préparés par Dieu pour cela. Élie devait oindre Hazaël pour roi sur la Syrie, car c’est lui qui a jugé Israël (2 Rois 8. 7 à 12). Il devait oindre aussi Jéhu pour roi sur Israël : c’est lui qui devait juger la maison d’Achab (2 Rois 9. 6 à 10). Enfin, il devait également oindre Élisée pour être prophète à sa place. Pour exécuter ces commandements de Dieu, Élie devait « retourner par son chemin » (v. 15). En fait, c’est Élisée qui oindra Hazaël et Jéhu.

C’était la quatrième fois que Dieu disait à Élie : « Va », et qu’Élie obéissait (ch. 17. 3, 9 ; ch. 18. 1 ; ch. 19. 15). Dieu, enfin, révèle à Élie qu’Il s’est « réservé sept mille hommes, tous les genoux qui n’ont pas fléchi devant Baal » (v. 18). C’est alors que le prophète comprend son erreur et, humilié, revient à Dieu et retrouve la lumière.

Élie, au verset 13, en entendant la « voix douce, subtile », avait voilé son visage en sortant de la caverne, car « l’homme ne peut voir Dieu et vivre » (Ex. 33. 20). Comme tel, Dieu ne peut être vu des créatures (1 Jean 4. 12 ; 1 Tim. 6. 16). Mais, dans le ciel, les rachetés verront Dieu dans la face de Christ qui est « Dieu manifesté en chair » (cf. 1 Tim. 3. 16). Ce verset montre que même les anges n’ont vu Dieu qu’en Christ. En Ésaïe 6. 1 et 2, les séraphins se voilent la face et les pieds.

Le Seigneur dit, en Jean 14. 9 : « Celui qui m’a vu à vu le Père ». Enfin, Dieu s’est rendu visible, audible et touchable en Jésus (1 Jean 1. 1 à 4). En Christ, l’Homme ressuscité, nous verrons Dieu, et nous contemplerons et entendrons des « paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer » (2 Cor. 12. 4).

La grâce se manifeste toujours, dès qu’apparaît la repentance, et Dieu sursoit au jugement (1 Rois 21. 27 à 29). Ce chapitre montre que c’est Dieu qui dirige les évènements, à l’insu des hommes, qui croient toujours décider eux-mêmes. C’est Lui, le Créateur souverain qui, même dans l’univers créé, « maintient toutes choses par la parole de sa puissance » (Héb. 1. 3).

Élisée, prophète de la grâce, en général, n’en a pas moins prononcé des jugements (v. 17 ; 2 Rois 2. 23 et 24 ; 2 Rois 7. 19 et 20). En 2 Rois 13. 14 à 19, il annonce simplement un jugement à venir contre les Syriens, après qu’ils auront exécuté des jugements sur Israël (peut-être le verset 17 évoque-t-il ce renversement de situation).

Ces sept mille hommes fidèles étaient un résidu que Dieu connaissait. On retrouve ces fidèles en Malachie 3. 16 à 18 ou encore en Apocalypse 7. 1 à 4, des douze tribus d’Israël, scellés au front du sceau de Dieu. De tout temps, Dieu s’est gardé un résidu caché que sa fidélité a préservé du jugement : Son « trésor particulier ». Même si beaucoup de choses étaient perdues, Dieu met en exergue ces hommes restés fidèles dans leur cœur.

Les choses concernant l’Église sont identiques : dans la chrétienté, une grande partie de la vérité est perdue. Mais Dieu s’est réservé un résidu qui, malgré un mauvais enseignement, reste fidèle à son Dieu (Apoc. 2. 24 et 25), au sujet de Thyatire. Désirons avec ardeur de garder les caractères de Philadelphie, qui nous ont été transmis par nos devanciers ; et gardons-nous de tout esprit de prétention : notre responsabilité sera mesurée à l’aune de ce que nous avons reçu. Pensons à ceux qui sont persécutés pour leur foi, et qui tiennent ferme.

Élie a compris le message de Dieu : il n’était pas le seul à être resté fidèle, comme il le croyait. Enfin, Élie, que Dieu envoie oindre Hazaël, roi sur la Syrie, Jéhu, roi sur Israël, et Élisée comme prophète à sa place, va tout de suite trouver Élisée, humilié en comprenant qu’il était dans l’erreur en se croyant seul (ch. 18. 22 ; ch. 19. 10 et 14), son humiliation est devenue humilité.

Il accepte qu’Élisée le remplace, et il se rend vers lui en premier (v. 19). Il le trouve labourant sa terre après la forte pluie qui est tombée (cf. 18. 45), succédant à trois ans de sécheresse, avec un attelage de vingt-quatre bœufs ! Il déploie là une énergie et une habileté hors du commun. Si « l’abondance du revenu est dans la force du bœuf » (Prov. 14. 4), que dire de l’abondance du revenu d’Élisée, dans le déploiement de la force de tant de bœufs tirant tous à la fois !

Élisée était probablement riche. Mais, dès qu’Élie eut jeté son manteau sur lui, « il abandonna les bœufs » (v. 20), et courut après Élie. Celui-ci lui fait comprendre que ce n’est pas lui qui l’appelle au service (v. 21) et Élisée comprend, alors, que l’appel émane de Dieu. Dès lors, Élisée abandonne son travail, et sacrifie la paire de bœufs qu’il offre à l’Éternel. Et, après avoir donné la chair à manger au peuple, il abandonne tout et « s’en alla après Élie ; et il le servait » (v. 21).

La Parole reste muette quant au désir exprimé par Élisée de baiser ses parents avant de suivre Élie (v. 20). En son temps, le Seigneur a pris soin de Sa mère, même s’Il peut nous amener à agir au-dessus des relations familiales, car Il veut avoir la première place dans nos cœurs.

Dieu, en Horeb, avait dit à Élie : « Va, retourne par ton chemin » (v. 15), signifiant au prophète défaillant, de revenir jusqu’au point de départ de son égarement. Au verset 20, c’est lui qui dit à Élisée : « Va, retourne », car il est conscient qu’à son tour, Élisée se trompe sur l’auteur de son appel.

Appelés à servir, nous devons tout donner au Seigneur, sinon nos vies sont languissantes. Souvent, Dieu appelle au service des personnes qui travaillent, pourvoyant aux besoins de leur famille, comme Gédéon (Jug. 6) ; Lévi, auquel le Seigneur dit : « Suis-moi »; ainsi que Pierre, Jean et Jacques, son frère. Aucun de ceux-là n’a hésité à suivre le Seigneur. Rachetés, « nous ne sommes plus à nous-mêmes ». Les jeunes croyants, en particulier, doivent être attentifs, mais nous tous aussi.

Luc 9. 61 et 62 est en contradiction avec le comportement d’Élisée qui obéit tout de suite. Si le Seigneur nous confie un service, qu’il n’y ait pas de jalousie, si un autre frère accomplit le même, ou est amené à nous remplacer. Ce n’est pas « mon » service, mais celui du Seigneur qu’Il confie à l’un ou à l’autre. Le « flambeau » passe, ainsi, de génération en génération et le Seigneur est glorifié. Élie n’a manifesté aucune rancœur envers Élisée, son remplaçant.

À Horeb, Élie, prophète de jugements, a rencontré le Dieu de grâce (v. 12). Cette révélation, nouvelle pour lui, il l’a transmise à Élisée qui, même s’il a dû exercer parfois des jugements, a été le prophète de la grâce. Le Dieu de grâce est aussi Celui qui juge. Il a montré au peuple l’amour de Dieu. Remplacé par Élisée, Élie, devenu humble, a été enlevé vivant dans la gloire. On le retrouve sur la montagne de la transfiguration, avec Moïse.

Élisée avait demandé une double mesure de l’esprit d’Élie sur lui (2 Rois 2. 9). Et, si Élie avait fait sept miracles, Élisée en a fait quatorze. Ayons à cœur de servir humblement, à la mesure de ce que le Seigneur nous demande. Élie est resté quelque temps avec Élisée qui, avec lui, s’est formé au service. Enfin, lorsque Élie a été enlevé au ciel, Élisée a été reconnu par les fils des prophètes comme son successeur (cf. 2 Rois 2. 15) : symboliquement, le manteau d’Élie qu’il avait jeté sur lui, et qu’Élisée avait ramassé (v. 13), l’identifiait à son maître, ainsi qu’on le voit (2 Rois 2. 8 ; v. 14).

Il a servi Élie humblement, image du Seigneur qui est venu pour servir, et qui servira les Siens dans le ciel (Marc 10. 45 ; Luc 12. 37). Succession réussie, comme pour Paul et Timothée. C’est lors des défaillances de la royauté et de la sacrificature que Dieu envoie des prophètes, image du Seigneur qui, Lui, fut parfait. Comme Élisée, nous devons « revêtir Christ », pour le salut et pour la marche (Gal. 3. 28 ; Rom. 13. 13 et 14). Loin de Dieu, les profanes que sont Jézabel et Ben-Hadad, emploient la même expression (ch. 19. 2 ; 20. 10), invoquant le nom de l’Éternel en vain.

Ch. 20

Après que Achab ait raconté à Jézabel ce qu’Élie a fait (v. 19), Dieu n’en a pas fini avec le roi d’Israël, mais va permettre que le roi de Syrie assiège Samarie, et cherche à dépouiller Achab afin d’intervenir en sa propre faveur, mais aussi pour se glorifier (ch. 20). Dieu lui parlera de nouveau à la fin du chapitre, en vain : le cœur d’Achab restera insensible.

Ben-Hadad ayant rassemblé « toutes ses forces », et se faisant aider par trente-deux rois, assiège Samarie et envoie un message extravagant à Achab (v. 3), prétendant le dépouiller de son or, de son argent, de ses femmes et de ses fils les plus beaux.

Mais ce qui surprend encore plus, c’est le consentement inattendu d’Achab (v. 4) qui ne résiste pas aux exigences exorbitantes de Ben-Hadad : caractère mou, inconsistant, il fait ce qu’on lui commande. On le voit aux chapitres 18. 19 et 20, lorsque Élie lui commande de rassembler au Carmel tous les prophètes idolâtres. On le constate de nouveau dans notre chapitre ; enfin, on retrouve ces mêmes dispositions au chapitre 21, avec Jézabel : c’est elle qui le venge du refus de Naboth de lui vendre sa vigne, il ne résiste pas au mal. Jacques 4. 7 nous exhorte : « Résistez au diable, et il s’enfuira de vous ».

Au deuxième message encore plus exigeant de Ben-Hadad, Achab semble prendre peur, car l’ennemi convoite, cette fois, non seulement les biens d’Achab dont celui-ci est toujours prêt à se dépouiller (v. 9), mais aussi ceux de ses serviteurs (v. 6). Alors, il prend conseil des anciens, qui l’exhortent à ne pas consentir aux exigences du roi de Syrie. Mais, ni Achab, ni les anciens ne consultent l’Éternel.

Tenons ferme la Parole, elle est « une lampe à notre pied, une lumière à notre sentier » (Ps. 119. 105). Les compromis avec les incrédules ne sont pas possible, sinon, le Seigneur est déshonoré. De même, recherchons, auprès de Dieu, les secours qui nous sont nécessaires. Que Achab appelle son ennemi « Mon seigneur » (v. 4 et 9), montre qu’il ne connaît pas Dieu.

Plus tard, Ézéchias, dans une situation semblable, réagira d’une manière qui honore Dieu (2 Rois 19) : il consulte Dieu par le prophète, et se rend lui-même dans la maison de l’Éternel, conscient que Sankhérib outrage le Dieu vivant (v. 14 à 16). Dans l’incertitude s’attachant aux grandes comme aux petites circonstances, sachons consulter le Seigneur et nous attendre à Lui « en toutes choses » (Phil. 4. 6). Dieu répond toujours selon Sa sagesse et Son amour.

Néhémie, dans un moment dangereux pour lui, a prié secrètement, de manière très brève, et Dieu l’a exaucé (Néh. 2. 4).

Bien que responsable de la situation, Achab rejette sa responsabilité sur Ben-Hadad (v. 7). La réponse d’Achab à Ben-Hadad met ce dernier en colère, et il décide la destruction de Samarie (v. 10). Cependant, on est surpris de la réponse d’Achab : « Que celui qui se ceint ne se vante pas comme celui qui délie sa ceinture » (v. 11). Dans un combat, nul n’est sûr de la victoire. Dieu, alors, envoie son prophète pour encourager Achab, et il opère un miracle : il triomphera de l’ennemi très supérieur en nombre (v. 17 à 21). Cette victoire de la part de l’Éternel avait un but, en grâce pour le roi : « Tu sauras que moi je suis l’Éternel ». Achab ne le savait pas !

Au chapitre 18, le peuple l’avait reconnu momentanément, mais l’avait de nouveau oublié car, au verset 28, l’Éternel dit : « Vous saurez que moi je suis l’Éternel ».

Plein de bonté envers Achab, ce roi impie, Dieu lui donne une victoire imméritée afin de Se faire connaître à lui. Mais cela n’a pas touché son cœur.

Pourtant, constatant une humiliation dans le cœur d’Achab, Dieu différera le jugement qu’Il lui réservait : « je ne ferai pas venir le mal en ses jours ; mais dans les jours de son fils, je ferai venir le mal sur sa maison » (ch. 21. 27 à 29). Dieu parle à notre cœur plusieurs fois. Mais Il peut nous laisser aux conséquences de notre endurcissement (Osée 4. 17).

Le pharaon avait endurci son cœur plusieurs fois. A la fin, c’est Dieu qui l’endurcit, sans remède. Ninive s’étant repentie, Dieu a suspendu le jugement. Judas, dans le Nouveau Testament s’était endurci sans retour (Prov. 29. 1). Lorsque Jézabel n’intervient pas, Achab semble écouter le prophète. Mais, dès qu’elle est présente et intervient, Achab est jugé ! (ch. 21) Femme diabolique, Jézabel a fini tragiquement. « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Prov. 22. 8 ; Osée 8. 7 ; Gal. 6. 7). Si l’on tombe, le Dieu de grâce veut toujours nous relever et nous bénir.

Peu d’hommes s’opposèrent à l’armée innombrable de la Syrie. Les chefs qui menèrent le combat pour Israël, étaient deux cent trente-deux, choisis parmi les « serviteurs des chefs des provinces », hommes sans doute peu aguerris (v. 14 et 15). L’armée était composée d’à peine sept mille hommes. Mais, cette armée dérisoire (comme deux petits troupeaux de chèvres), anéantit cent vingt-sept mille Syriens, lors du deuxième combat, après que Ben-Hadad eut reconstitué, à l’identique, son armée détruite ! C’est une constante dans la Parole : Dieu utilise peu de forces humaines, afin que Sa puissance seule soit manifestée.

Ici, Dieu dit à Achab : « Et tu sauras que moi je suis l’Éternel » (v. 13) ; et au peuple : « Vous saurez que moi je suis l’Éternel » (v. 28).

Gédéon fera la même expérience de la toute-puissance de Dieu. En Juges 7. 2 à 7, Gédéon délivrera Israël de « Madian et Amalek nombreux comme des sauterelles », avec seulement trois cents hommes, équipés de cruches contenant un flambeau, et de trompettes ! Dieu ne voulait pas qu’Israël se glorifie de sa victoire. On retrouve les mêmes dispositions en 2 Chroniques 14, où les ennemis étaient plus du double d’Israël !

Également, au chapitre 20 de 2 Chroniques. L’Éternel dit à Josaphat et au peuple de Juda : « cette guerre n’est pas la vôtre, mais celle de Dieu » (v. 15). Contre les Philistins, après un premier combat victorieux, David fut invité par l’Éternel, à attendre qu’« un bruit de gens qui marchent au-dessus des mûriers » se fasse entendre, avant de s’élancer à la bataille, car l’Éternel Lui-même combattait pour Israël (2 Sam. 5. 16 à 25), et II est le Dieu de l’impossible. La gloire revient toujours à Dieu, car, lorsque c’est Lui qui combat, Il est toujours vainqueur.

Paul écrivait au Corinthiens : « Quand je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 10). Nulle chair ne doit se glorifier, et nous sommes encouragés à laisser le Seigneur diriger nos combats spirituels et nos circonstances, afin d’être vainqueurs par Sa puissance et Son amour.

Au chapitre 18, le peuple avait reconnu que c’était « l’Éternel qui est Dieu », mais malgré la mise à mort des prophètes de Baal et le miracle opéré par Dieu, il n’avait pas persévéré dans la bonne voie. A trois reprises, Dieu envoie un prophète parler à Achab ; et ce n’est plus Élie car, sans doute les prophètes de Dieu n’ont plus besoin d’être cachés par Abdias (ch. 18).

Dieu prend soin de Son peuple, à cause des sept mille hommes restés fidèles. Ce résidu lui est cher, et Il accomplit Ses promesses en sa faveur, et s’efforce de parler ainsi au cœur de tout le peuple. Dieu est toujours favorable à Son peuple (même s’Il doit le châtier), dès lors que les ennemis se manifestent avec arrogance envers Dieu, en méprisant Sa gloire (Zach. 1. 2, 14 à 17). Nous sommes les objets de la discipline de Dieu, comme des fils qu’Il agrée (Héb. 12. 6).

Dans notre chapitre, les serviteurs des chefs des provinces sortent les premiers, et Dieu se sert du petit nombre qu’ils sont (deux cent trente-deux) pour tromper Ben-Hadad qui veut, dans son ivresse (v. 16), les saisir vivants ! Mais, devant la faible armée d’Israël, les Syriens s’enfuient (v. 20). Dieu a agi par Sa puissance. « Croyez à l’Éternel votre Dieu » (2 Chron. 20. 17 et 20). Par la foi, nous sommes vainqueurs si nous nous appuyons sur le Seigneur. Dieu ne change pas : Sa grâce est toujours prête à se manifester envers la foi. Ici, Dieu agit en délivrance envers Israël, mais on ne voit pas Achab revenir à l’Éternel, ni même être reconnaissant (v. 21).

Deux fois, les Syriens disent : « Nous serons plus forts qu’eux » (v. 23 et 25), bien que Dieu ait revendiqué Sa gloire dans ce combat, où Israël, peu nombreux, avait remporté, par la puissance divine, une écrasante victoire car « Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles » (Jac. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 5). En déclarant que l’Éternel est « un dieu de montagnes » et non de plaine, de sorte qu’en combattant Israël dans la plaine, ils seraient forcément vainqueurs, ils outragent la gloire de Dieu, qui est le Créateur. Et, de nouveau, Dieu les a écrasés (v. 28 à 30).

Pourtant, Achab, dans la dureté de son cœur éloigné de Dieu, ne reconnaît pas l’Éternel comme son Dieu, et ne voit pas Sa majesté !

Asa, plus tard, a d’abord fait confiance en l’Éternel (2 Chron. 14. 8). Mais à la fin, ayant oublié que Dieu est tout-puissant, il s’est appuyé sur le roi de Syrie, pour protéger le royaume de Juda, et a déclenché une guerre contre Israël (2 Chron 16. 1 à 10). Faisons confiance à Dieu, et non aux hommes.

Ne connaissant pas l’Éternel, les Syriens attribuent leur défaite au fait que : « leurs dieux sont des dieux de montagnes ; c’est pourquoi ils ont été plus forts que nous ; mais si nous les combattons dans la plaine, certainement nous serons plus forts qu’eux » (v. 23).

Mais l’Éternel est le Créateur tout-puissant. Et devant l’arrogance des Syriens poursuivant Israël sans cause (Ps 10. 2), bien qu’il soit en très mauvais état, Achab en tête, Dieu accorde de nouveau à Son peuple une éclatante victoire (v. 29 et 30). Sagesse et droiture manquaient aux Syriens, et « l’orgueil va devant la ruine » (Prov. 16. 16 à 18). Ici, c’est Dieu Lui-même qui combattait pour Israël. Dieu revendique toujours Sa gloire, même si les ennemis l’ignorent et si Israël y est indifférent, ou impuissant à y répondre. La victoire de David sur Goliath illustre cette vérité (1 Sam. 17. 43 à 45). Dieu désire que nous Le mettions à l’épreuve par notre foi : alors Il se plaît à nous combler de bénédictions (Mal. 3. 10). Nos doutes et notre impiété empêchent Dieu de nous bénir abondamment.

Cette reconnaissance du peuple que « c’est l’Éternel qui est Dieu » (ch. 18. 39), appelle la grâce divine sur lui, car, miséricordieux, l’Éternel écoute et répond. De plus, Il est sensible à l’intercession en faveur de Sa gloire, comme on le voit en Josué 7. 9 : « Que feras-tu pour ton grand nom ? » Après la défaite d’Aï, le peuple devait prendre conscience de l’anathème, avant que l’Éternel ne lui accorde la victoire.

La miséricorde divine envers Achab, type même de l’homme ayant rejeté Dieu, est caractéristique de Sa patience. Témoin de la longue sécheresse ayant duré trois ans et demi, puis de la pluie abondante ayant succédé ; témoin aussi du feu du ciel ayant consumé l’holocauste – enfin, bénéficiaire de deux éclatantes victoires sur les Syriens, Achab, objet d’une longue miséricorde de la part de Dieu, ne confesse pas ses fautes, sinon passagèrement (ch. 21. 27), et périra misérablement d’une flèche « tirée à l’aventure » ! (ch. 22. 34).

Si la patience de Dieu a épargné Achab si longtemps, c’est que le jugement est, pour Dieu, « son travail inaccoutumé ». Cependant « L’homme qui, étant souvent repris, roidit son cou, sera brisé subitement, et il n’y a pas de remède » (Prov. 29. 1). En Malachie 3. 6 et 7, l’Éternel déclare : « Moi… je ne change pas ; et vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés. Dès les jours de vos pères, vous vous êtes détournés de mes statuts… Revenez à moi, et je reviendrai à vous ».

Lorsque Dieu use de Sa puissance, il doit y avoir des fruits, en réponse au but que Dieu poursuit, et envers les croyants, et envers les incrédules qui y assistent. Si Dieu nous accorde des choses que toutes les apparences semblaient nous refuser, ne lui exprimerons-nous pas notre reconnaissance avec actions de grâces ? Ne perdons pas courage devant les obstacles. Dieu peut tout surmonter afin de bénir : « Invoque-moi au jour de la détresse je te délivrerai et tu me glorifieras » (Ps. 50. 15). Pensons que notre incrédulité déshonore Dieu.

« En toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu, avec des prières et des actions de grâces » (Phil. 4. 6). Aucune circonstance n’embarrasse le Dieu tout-puissant (2 Chron. 14. 11). Ici, un nombre dérisoire d’hommes anéantit une armée considérable.

Par la foi, Moïse pouvait dire au peuple : « Tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel, qu’Il opérera pour vous aujourd’hui » (Ex. 14. 13). Dieu se plaît à utiliser nos faibles capacités pour opérer de grandes délivrances.

Ben-Hadad, vaincu et en fuite, use d’un stratagème pour avoir la vie sauve (v. 32), et rencontre son vainqueur qui l’accueille comme un frère ! Aux versets 4 et 9, Achab l’appelle : « Mon seigneur ». Ici, c’est « mon frère ». Achab descend de plus en plus bas, dans son jugement complètement faussé par son impiété. Tout idolâtre qu’il soit, il est responsable de son attitude envers son ennemi, que Dieu avait voué à la destruction (v. 42).

Jean 3. 10 distingue clairement entre les enfants de Dieu et ceux du diable : la justice les sépare. Aux Juifs incrédules, le Seigneur dit : « Vous, vous avez pour père le diable » (Jean 8. 44). Tout en aimant tous les hommes, restons moralement séparés du monde (2 Cor. 6. 14 à 18), en les avertissant.

Ben-Hadad et sa suite saisissent l’occasion de vivre dans les paroles d’Achab. L’indulgence envers le monde nous détournera de Dieu. Mais, s’enfermer en nous-mêmes éteint le témoignage. Restons près du Seigneur pour ne pas être ennemis de Dieu (Jac. 4. 4).

Il semble difficile de voir Achab gérer des villes à Damas ; sans doute Ben-Hadad devait rendre des villes d’Israël dont son père s’était emparé. Achab a, comme roi d’Israël, une position privilégiée par rapport à Ben-Hadad, roi étranger, mais, indifférent et profane, il scelle une alliance avec son ennemi.

Bien que nous soyons dans le monde, que nous y travaillions sous l’autorité d’autrui, que le Seigneur nous accorde de ne contracter aucune alliance contre nature avec le monde : mariage, associations professionnelles qui nous détourneraient de la fidélité au Seigneur. « Ne devez rien à personne » (Rom. 13. 8). Certains croyants, ayant conscience des dangers qui les guettaient, ont abandonné leur travail afin de se délivrer des pièges de l’Adversaire.

Abram est un exemple pour nous. Le roi de Sodome, qui lui offrait des richesses en échange des âmes qu’il convoitait, s’entend répondre par le patriarche « J’ai levé ma main vers l’Éternel… si, depuis un fil jusqu’à une courroie de sandale, oui, si, de tout ce qui est à toi, je prends quoi que ce soit, afin que tu ne dises pas : moi, j’ai enrichi Abram » (Gen. 14. 21 à 24).

Selon la volonté de Dieu, Achab aurait dû exterminer Ben-Hadad et son armée. Mais il a épargné son ennemi en faisant alliance avec lui ! Les conséquences se solderont par la mort du roi d’Israël (ch. 22. 32 à 34).

Au verset 35 de notre chapitre, c’était la volonté de Dieu que le compagnon du prophète le frappe. Mais il a refusé, se laissant conduire par ses sentiments naturels pour son ami. Ce refus d’obéir à l’Éternel lui a été fatal (v. 36). Un autre homme, recevant la même étrange demande, obéit et le blesse (v. 37). Le compagnon du prophète, plus proche de lui, et plus à même de comprendre que sa demande était selon Dieu, était plus responsable d’obéir.

En 2 Samuel 11, David ayant gravement péché est l’objet de l’intervention de Dieu par Nathan, le prophète, qui lui raconte une parabole à l’issue de laquelle David prononce lui-même sa propre condamnation (ch. 12. 5 et 6).

Dans notre chapitre, le prophète ayant les yeux bandés (symbole de l’aveuglement spirituel d’Achab), envoyé vers Achab, prononce à ses oreilles une parabole ayant le même but, et le roi prononce à son tour son propre jugement. Mais, entre David et Achab, la différence fondamentale, est que le premier reconnaît, humilié, qu’il a « péché contre l’Éternel », et Dieu lui a fait grâce. Le second ne s’est pas repenti, et Dieu a dû le mettre à mort. Achab n’a pas saisi l’occasion et retourne à sa maison « triste et irrité » (v. 43). Puis, il tombera encore plus bas dans l’affaire de Naboth où il sera définitivement rejeté.

« La tristesse qui est selon Dieu opère une repentance à salut dont on n’a pas de regret » (2 Cor. 7. 10). Mais la tristesse d’Achab était selon la chair, et non selon Dieu. « Si vous n’écoutez pas, et si vous ne prenez pas à cœur de donner gloire à mon nom, dit l’Éternel des années, j’enverrai parmi vous la malédiction et je maudirai vos bénédictions, et même je les ai maudites, parce que vous ne le prenez pas à cœur » (Mal. 2. 2). Lorsqu’on est repris par Dieu, il ne faut pas se raidir contre Lui, mais se soumettre.

Ayant été malade, Ézéchias a eu une prolongation de vie de quinze années. Puis, il commet une faute, amenant Ésaïe à prononcer sa sentence, et il se soumet (2 Rois 20. 15 à 18).

En 2 Chroniques 24. 17 à 21, Joas, roi très fidèle jusqu’à la mort de Jéhoïada, le prophète qui l’avait élevé et conduit jusque-là, à la fin, commande que l’on mette à mort Zacharie, fils de Jéhoïada, qui le reprenait de la part de Dieu, car Joas et le peuple avaient abandonné l’Éternel et servaient les idoles.

Asa également, assiégé par Baësha, cherche du secours auprès de Ben-Hadad au lieu d’avoir recours à Dieu, et se voit repris par « Hanani le voyant ». Mais il s’irrite contre lui et le met en prison. Puis il « opprima quelques-uns du peuple » (2 Chron. 16. 1 à 10).

Au lieu d’être irrités lorsque la Parole nous reprend, le Seigneur veut que nous gardions la joie dont Il nous remplit (Jean 15. 11). C’est la joie accomplie d’écouter ce que le Seigneur nous enseigne dans Sa Parole (Jean 17. 13), et de garder les commandements de Dieu ; la joie de Lui obéir, et la joie d’être exaucés (Jean 16. 23 et 24) – enfin, la joie de jouir de la communion avec le Père et le Fils et les uns avec les autres (1 Jean 1. 3 et 4). « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4).

Ch. 21

C’était par fidélité à la Parole de l’Éternel que Naboth, attaché à « l’héritage de ses pères » (Nomb. 36. 5 à 9), refusa de le céder au roi d’Israël (v. 3).

Jézabel, femme d’Achab, sans scrupules et criminelle, écrit des lettres au nom du roi, et les envoie aux anciens et aux nobles, leur mandant qu’ils mettent Naboth à mort (v. 8 à 10). Ces hommes qui auraient dû être les protecteurs du peuple, obéissent sans hésitation, et Naboth, Israélite fidèle, confronté à deux faux témoins, hommes iniques (Ex. 23. 1), est lapidé (v. 11 à 13).

Beaucoup de chrétiens connaissent, depuis leur petite enfance, la Parole de Dieu, ce riche héritage spirituel qui nous a été transmis par nos prédécesseurs. Soyons fermement attachés à garder cet héritage précieux : « Achète la vérité, et ne la vends point » (Prov. 23. 23 ; 2 Tim. 1. 5 et 14).

Femme profane et idolâtre, Jézabel fait proclamer un jeûne à l’occasion de la lapidation de Naboth, comme si la mort de ce juste avait été commandée par Dieu. Elle invente que Naboth a blasphémé en maudissant « Dieu et le roi » (v. 10). Probablement connaissait-elle ce verset de Lévitique 24. 16 : « Et celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera certainement mis à mort, toute l’assemblée ne manquera pas de le lapider ». Elle se sert du nom de Dieu pour faire mourir un vrai serviteur de Dieu ! Prenons garde à ne pas utiliser la Parole injustement, pour parvenir à nos fins, satisfaisant ainsi à notre propre volonté.

La mort inique de cet homme accusé à faux, nous fait penser au Seigneur, accusé de blasphémer parce qu’Il avait déclaré être le Fils de Dieu. S’Il a dû mourir hors de Jérusalem, Naboth, lui, est mort hors de la ville où il habitait : Jizreël (v. 1).

Toute cette scène est l’œuvre de Satan. Mais Naboth a agi en Israélite pieux et fidèle jusqu’au bout, ressemblant ainsi au Seigneur qui est allé jusqu’au terme de Son œuvre de rédemption. La mort imméritée de Naboth a eu bien des répétitions au cours de l’histoire : Étienne (Actes 7) ; beaucoup de chrétiens, durant les guerres de religion, ont connu le même sort injuste. Mais de nos jours, encore, des chrétiens sont persécutés, parfois jusqu’à la mort.

Dans cette scène, on retrouve les deux caractères de Satan : le mensonge et le meurtre (Jean 8. 44). Cependant, Dieu ne restera pas indifférent à ce meurtre inique, et la condamnation est tombée sur Achab et sur Jézabel (v. 17 à 26 ; 2 Rois 9. 26). Dieu punit toujours les attaques contre ceux qui Lui sont chers à cause de leur fidélité. Il châtie toujours ceux qui « touchent à la prunelle de son œil » (Zach. 2. 8).

Achab et Jézabel forment un couple aux relations extrêmes dans lesquelles on ne se reconnaît pas. Cependant, dans les couples, même chrétiens, les conjoints s’influencent mutuellement. Prenons garde de ne pas avoir d’effets négatifs ou même néfastes sur notre conjoint. Nous devons être des aides réciproques l’un pour l’autre.

Achab, homme méchant mais faible, en épousant Jézabel, est tombé sous la coupe d’une femme sans scrupules : rien ne l’arrête sur le chemin de la violence et du meurtre, sans crainte de Dieu. Elle n’est pas de la trempe d’une Abigaïl, qui a su pallier au manquement d’égards de son mari, au sujet de David. Achab fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel « sa femme le poussant » (v. 25), véritable épitaphe écrite par Dieu Lui-même, concernant cette mauvaise femme, dont le nom servira, plus tard, à désigner ceux qui, dans la chrétienté, conduiront les fidèles à « commettre la fornication et à manger des choses sacrifiées aux idoles» (Apoc. 2. 20).

Cependant Achab est coupable du mal qu’il a fait, au même titre que sa femme. Jézabel méprise son propre mari (v. 7), et lui déclare : « Moi, je te donnerai la vigne de Naboth ». Jézabel mène Achab, et le diable mène Jézabel. Nous sommes responsables, devant Dieu et les hommes, si nous nous laissons entraîner par le mal, même si nous n’en sommes pas les instigateurs.

Achab est à peine arrivé dans la vigne de Naboth, que Dieu réagit aussitôt en envoyant Élie (v. 17), et la sentence de Dieu est révélée clairement à ce roi impie. Alors, devant le désastre annoncé sur sa maison, Achab se repent et mène deuil (v. 27), ce qui amène l’Éternel à surseoir au châtiment (v. 28 et 29). David, entrant dans les « sanctuaires de Dieu » (Ps. 73. 3 et 17), avait dit : « J’ai péché contre l’Éternel ». Achab n’y entrait pas, et ne dit pas cela. Cependant, devant cette humiliation, Dieu repousse l’exécution de la sentence sur le fils d’Achab (v. 29).

Ch. 22

Éloigné de Dieu, Achab considère les prophètes de l’Éternel qui lui parlent pour son bien, comme des ennemis : « M’as-tu trouvé, mon ennemi ? » dit-il à Élie (ch. 21. 20).

Et de son ennemi mortel, Ben-Hadad, il dit : « Il est mon frère » ! (ch. 20. 32) Puis, de Michée cherchant à le détourner de ses projets funestes contre lui, il déclare : « Je le hais… » (cf. 22. 8).

Paul, en son temps, écrivait aux Galates : « Je suis donc devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? » (ch. 4. 16).

Ben-Hadad n’avait pas tenu la promesse qu’il avait contractée avec Achab (20. 34) ; alors celui-ci veut recouvrer Ramoth de Galaad qui appartenait à Israël. C’était une ville de refuge, image du Seigneur disant : « Père, pardonne-leur », (et où l’homicide involontaire pouvait se réfugier). Achab et Ben-Hadad avaient contracté une alliance contraire aux exigences de Dieu, qui avait séparé Israël des nations.

De même, au chapitre 22. 2, Josaphat, roi croyant de Juda, se joint à Achab, roi incrédule d’Israël, pour aller à la guerre. Nous sommes obligés de vivre dans le monde ennemi de Dieu, mais nous ne devons pas nous allier avec lui. « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Cor. 15. 33). L’erreur, mêlée à la vérité, l’annule, et ne devient pas la vérité. La raison de cette alliance, c’est que Josaphat s’était allié par mariage à la maison d’Achab (2 Chron. 18. 1) : son fils, Joram avait épousé une fille d’Achab (cf. 2 Chron. 21. 6).

Il est frappant que le nom d’Achab ne soit plus mentionné dans ce chapitre, sinon à sa mort (v. 34), comme si Dieu ne le connaissait plus.

Au chapitre 20, c’était Ben-Hadad qui avait déclaré la guerre à Israël, et Dieu avait vaincu cet ennemi, car la gloire de l’Éternel était en jeu.

Mais, lorsque Achab fait la guerre à la Syrie et consulte d’abord les quatre cents prophètes (qui mentent) ; puis, à contrecœur, Michée, prophète de l’Éternel – à la demande de Josaphat qui discerne le mensonge dans la bouche des faux prophètes – Dieu permet qu’Achab soit battu et tué, car il n’a pas écouté. Quoi que nous entreprenions, consultons d’abord, le Seigneur : Lui seul peut nous rendre « plus que vainqueurs ».

Dans ce chapitre, Dieu permet qu’un esprit de mensonge s’exprime par la bouche des quatre cents prophètes (v. 19 à 22), car Dieu a décidé la perte d’Achab, roi impie. Allié au roi de Syrie, puis au roi de Juda, Achab avait contracté deux alliances, montrant son incohérence dans ses actions. On ne partage pas un « héritage » avec des ennemis. Contrairement au roi d’Israël, Naboth, cohérent avec lui-même et attaché, selon Dieu, à l’héritage de ses pères, avait refusé, au prix de sa vie, de s’en séparer. Josaphat déclarant à Achab : « Moi, je suis comme toi » (v. 4), s’identifie à lui, et veut interroger l’Éternel après coup. De plus, il se lie lui-même les mains, et prisonnier de ses paroles, bien qu’il ait entendu la prophétie de Michée, il va à la bataille et frôle la mort (v. 29 à 33).

Malgré son inconséquence, Dieu l’a délivré (2 Chron. 18. 31 et 32). Pourtant, Josaphat retombera dans le même travers (2 Rois 3. 7). Ne pas juger sérieusement nos fautes nous poussera à y retomber ; comme Abraham avait dit de sa femme, à deux reprises, lors de deux circonstances différentes : « Elle est ma sœur ».

Les quatre cents prophètes du chapitre étaient bien inutiles : un seul prophète de l’Éternel était suffisant pour connaître Sa pensée. L’intervention de Michée, vrai prophète de l’Éternel, en est la preuve. Mais ces prophètes n’étaient pas de l’Éternel. Les quatre cent cinquante prophètes de Baal avaient été détruits (ch. 18. 40), mais pas les quatre cents prophètes des ashères (cf. ch. 18. 19). Ce sont eux, probablement, qui prophétisaient, en mentant, la victoire d’Achab, au chapitre 22, lui disant ce qu’il voulait entendre (Éz. 13. 6 à 9) ! En réalité, la prophétie de Michée, prophète de l’Éternel, était pour le bien d’Achab qui, désirant faire sa propre volonté, est passé outre à l’avertissement de Dieu.

De nos jours, on entend quelquefois la prédication de l’évangile du salut selon des doctrines qui flattent la chair et ne touche pas la conscience ni le cœur (2 Tim. 4. 3). La vraie doctrine ne flatte jamais la chair. Allons à la vraie source de la vérité.

En Jérémie 42, le peuple avait décidé d’aller en Égypte, puis avait consulté l’Éternel. Mais il avait méprisé Sa Parole, car il s’était séduit lui-même, et était parti en Égypte, désobéissant à son Dieu !

Enfin, bien qu’Élie se soit cru seul prophète de l’Éternel, il y avait aussi Michée. Bien que le messager d’Achab encourage Michée à annoncer du bien au roi, à l’instar des quatre cents prophètes des ashères, Michée affirme qu’il dira ce que l’Éternel lui commandera. Cependant, dans un premier temps, il lui annonce les mêmes choses que les faux prophètes qui mentent (v. 15). Mais, sitôt après, il annonce la vérité concernant Achab, de la part de l’Éternel (v. 17 à 23). C’était lui dire « Voilà ce que te disent tes prophètes qui te mentent, et voilà ce que te dit l’Éternel, le Dieu de vérité ».

Michée raconte avec des paroles qu’Achab pouvait comprendre, sa vision, bien réelle, de ce que Dieu lui avait montré. De même que « l’armée des cieux » (v. 19) parle, ici, des créatures célestes (les anges), dans d’autres passages, la même expression peut désigner les étoiles. Le Dieu de grâce voulait faire passer Achab du terrain du mensonge à celui de la vérité.

Le mensonge, étranger à la nature sainte de Dieu, est le propre de Satan, « menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). La demi-vérité du jardin d’Éden est un mensonge ! (Gen. 3. 5). Mentir est une offense à Dieu, et fait le jeu de Satan.

Aux versets 11 et 12, le faux prophète Sédécias ose dire : « Ainsi dit l’Éternel » alors que c’est Satan, « transformé en ange de lumière » (2 Cor. 11. 14 et 15), qui lui inspire ces paroles !

Comme en Matthieu 7. 21 à 23, ce ne sont pas des croyants qui utilisent légitimement le nom de l’Éternel, mais de faux prophètes incrédules. Cet esprit de mensonge mêlé à la vérité, extrêmement dangereux, se rencontre de plus en plus de nos jours. Ne recherchons pas des choses qui peuvent plaire à la chair, mais qui tordent les Écritures. Achab prêtait une oreille complaisante à ce qu’il désirait entendre (v. 13 et 16), et se laissait conduire par le mensonge (És. 30. 9 à 11).

Ne recherchons pas seulement des paroles qui encourageraient nos propres pensées (2 Tim. 4. 1 à 4). On voit cela dans la chrétienté où il se propage des enseignements attirants, mais qui détournent les cœurs de la vérité. Achab comprend aussi que Michée se moque de lui, en répétant textuellement ce que les autres prophètes lui disent (v. 16). Par leur grand nombre, ils impressionnent Achab, en annonçant d’une même bouche, du bien au roi, de sorte que celui-ci pouvait penser qu’ils disaient la vérité de la part de l’Éternel.

Malgré tout, il savait que Michée parlait réellement selon l’Éternel, mais cela ne lui plaisait pas (v. 16) ! Ne nous laissons par impressionner par le grand nombre, mais donnons à la Parole de Dieu toute son autorité pour nous diriger : « Ta Parole est la vérité » (Jean 17. 17). Sans la direction de la Parole, nous nous égarerons.

Dès les premières paroles de Michée, l’Éternel révèle à Achab qu’Israël va être privé de « berger », montrant ainsi au roi qu’il va mourir (v. 17). Achab était un mauvais berger qui, loin de conduire le peuple et de le paître, le dispersait sur les montagnes. Loin de paître le peuple, il se paissait lui-même, et le jugement est là !

Sans doute n’avons-nous pas à conduire le peuple de Dieu personnellement, mais à rechercher le bien de l’Assemblée, chacun selon notre mesure, de telle sorte que les rachetés se rassemblent autour de Seigneur, seul vrai berger (Éz. 34. 2 à 4, 7 à 19).

Être pasteur est un don direct de Dieu, et le frère qui reçoit cette charge doit répondre aux caractères qui sont requis d’un pasteur selon Dieu (1 Tim. 3. 1 à 7 ; Tite 1. 5 à 9). De plus, il ne doit pas « dominer sur les héritages » (1 Pier. 5. 1 à 4). Son rôle est de prendre soin de l’assemblée locale ; de discerner ce qui peut la faire souffrir, et de ramener ceux qui s’éloignent ou s’égarent, par une parole de sagesse, avec humilité et douceur. Et nous avons à leur être soumis (cf. 1 Pier. 5. 5).

Dieu, dans Sa souveraineté, peut se servir de Satan, dans certaines circonstances, pour parvenir à Ses buts. Dans les versets 19 à 22, Il l’utilise en gouvernement dans Son jugement sur Achab. Dieu utilise Satan pour éprouver Job, cet homme « juste et se retirant du mal », et le délivrer de sa propre satisfaction de lui-même.

Satan, créature de Dieu, mais tombé dans l’orgueil, fait partie des plans divins. Satan, en cherchant à nuire aux hommes et à Dieu, fait une œuvre qui le trompe.

À l’opposé, Dieu parvient toujours à Ses desseins, en tournant en bien le mal que fait Satan, et Il triomphera, à la fin, pour Sa propre gloire. Dieu savait tout le mal qui surviendrait dans le monde. Pourtant, tout tournera au triomphe des plans d’amour du grand Dieu souverain et Tout-puissant.

Sédécias, un des faux prophètes, ne supporte pas la révélation de son mensonge, et frappe Michée, homme de Dieu (v. 11 à 24). Michée, envoyé par l’Éternel, annonce fidèlement la vérité. En cela même, il est un type du Seigneur Jésus qui, alors que les chefs du peuple le jugeaient, a été frappé, ainsi que par la soldatesque de Pilate. Michée était l’image du Seigneur de vérité, que les hommes incrédules ne supportent pas. De nos jours encore, le diable se fait « lion rugissant », et frappe durement les chrétiens, dans de nombreux pays.

Au verset 24, Sédécias, en le frappant, se moque de Michée ; mais la réponse du prophète ne lui laisse aucune illusion (v. 25). C’est alors que le roi, loin d’écouter la prophétie de Michée, le fait mettre en prison « jusqu’à ce que je revienne en paix », dit-il. Pour le roi aussi, la réponse de Michée est sans appel.

Mais il fallait des témoins que l’Éternel avait parlé par son prophète ; aussi Michée dit : « Peuples, entendez-le tous ! » (v. 28). En cette conjoncture, ni Achab ni Josaphat n’ont écouté la parole de l’Éternel, et sont montés à la bataille (v. 29 et suivants). Achab avait bien compris la prophétie de Michée, et qu’il était le berger dont Israël allait être privé (v. 17).

Mais son orgueil prévaut sur l’obéissance à l’Éternel, malgré une certaine crainte qui le pousse à utiliser un pauvre stratagème pour détourner l’attention des ennemis sur Josaphat (v. 30). Misérable ruse faite de lâcheté qui a failli réussir (v. 31 à 33).

Cependant, Dieu veillait sur Sa Parole qui s’est réalisée au sujet d’Achab : le roi d’Israël a été tué par une flèche tirée « à l’aventure » (v. 34).

Quant à Josaphat, il avait contracté une triste alliance avec Achab, par le mariage de leurs enfants respectifs ; et le roi de Juda s’était lié les mains vis à vis du roi d’Israël (v. 4). Josaphat, conscient du mensonge des quatre cents prophètes, est monté à la bataille avec un cœur sans doute malheureux. Mais il s’était trop engagé avec Achab, et il a dû participer à la bataille, quoique à contrecœur. C’est une leçon pour nous, de ne pas nous engager délibérément dans une situation d’où nous ne pourrions sortir indemnes.

Le résultat pour Josaphat, bien qu’il ait discerné le mensonge des faux prophètes (v. 7), est qu’il ne peut pas protester lorsque Michée est condamné à la prison, et est impuissant à se retirer du projet de guerre contre la Syrie : en cela il est coupable. En 2 Chroniques 18, Dieu rappelle les faits et les paroles de ce triste jour-là ! On constate même que Josaphat n’a pas l’énergie de résister à Achab qui lui suggère de revêtir ses habits royaux, tandis que lui-même se déguiserait. Et c’est ce qu’ils font ! Les Syriens, en voyant Josaphat avec ses robes royales, pensent voir en lui le roi d’Israël, et concentrent leur attaque sur lui, tandis qu’Achab, déguisé, n’est plus reconnaissable, et ne court plus guère de risques, pense-t-il…

Cependant, Josaphat se voyant en danger, crie à l’Éternel qui le délivre. Comprenant alors qu’ils se trompent de roi, les Syriens se détournent (v. 33). Ainsi, Dieu sauve le roi de Juda, tandis qu’Achab est tué.

Reprendre Ramoth de Galaad aux Syriens pouvait passer pour un acte pieux de la part du roi d’Israël qui, loin d’écouter Michée, le considérait comme son ennemi. On pense à cette parole du peuple, en Ésaïe 30. 10 « Dites-nous des choses douces, voyez des tromperies ».

Mais Michée, bien qu’il sût ce qui lui en coûterait, a rendu un témoignage public fidèle. Ceux qui sont persécutés pour leur foi, mais restent fidèles, glorifient le Seigneur qui, bien plus que Michée, a été persécuté et mis à mort. Ce projet de guerre contre la Syrie était un piège de Satan entraînant la mort d’Achab, selon la volonté divine (ch. 21. 19).

Au verset 4, Josaphat cautionne la division d’Israël, en disant : « Mon peuple… ton peuple », oubliant que c’était un seul peuple. Pour nous, s’unir à d’autres chrétiens sans la communion, c’est cautionner la division, au lieu de garder la vérité du seul corps de Christ, à part de la division qui apporte la confusion. En contact avec ce qui n’est pas juste selon la Parole, on participe à ce qui est erroné (ou impur) (Aggée 2. 12 et 13 ; 2 Tim. 2. 22 ; ch. 3. 5). Pas de compromis (Prov. 6. 27), car nous sommes sanctifiés par le Seigneur. Ne déguisons pas la vérité : Dieu voit et sait tout. Si nous nous sommes égarés, revenons à la vérité (Ps. 7. 12), sachant que Dieu connaît tout de nous (Ps. 139. 1 à 18, 23 et 24).

C’était trop tard pour Achab ; mais Dieu a sauvé Josaphat qui était dans une mauvaise position.

Les livres des chroniques profanes, des rois de Juda et d’Israël n’existent plus. Seuls restent les livres des Chroniques inspirés de l’Esprit de Dieu, que nous possédons dans la Bible. Selon l’esprit du monde, Achab a fait de grandes choses (v. 39) mais la Parole n’en a retenu que peu, sinon ce qui ne convenait pas aux yeux de Dieu. Ce roi a perdu sa vie.

Dans les deux livres des Rois, Dieu met en évidence ce qui caractérise les hommes, pour leur humiliation – et dans les Chroniques, l’Esprit de Dieu fait ressortir ce qui est à Sa gloire.

Quant à Josaphat, le livre des Rois montre ses faiblesses, tandis que les Chroniques rapportent qu’il fut fidèle, comme son père Asa. Cependant. Dieu dut le reprendre par le prophète Jéhu qui, avec courage, lui dit : « Aides-tu au méchant, et aimes-tu ceux qui haïssent l’Éternel ? » Et il revint à l’Éternel, et ramena le peuple à son Dieu et il y eut de la bénédiction pour tous (2 Chron. 19. 2 à 5).

Au chapitre 20 des Chroniques, Josaphat, s’appuyant sur l’Éternel, sera victorieux.

Quant à Asa, père de Josaphat, roi pourtant fidèle, lorsque le prophète Hanani l’a réprimandé de la part de l’Éternel, il s’est mis en colère et l’a jeté en prison ! (2 Chron. 16. 7 à 10) Lorsque le Seigneur nous reprend, obéissons, sinon nous deviendrons comme Achab.

Le verset 43 de notre chapitre, le verset 3 de 2 Chroniques 19, ainsi que le chapitre 20. 3, sont tout à l’honneur de Josaphat. Le nom de sa mère, Azuba, est donné (v. 42). Le rôle des mères est important dans le comportement futur des enfants. Elles doivent les élever dans la crainte de Dieu et dans Sa discipline, préparant ainsi pour eux, une marche fidèle durant toute leur vie.

Le verset 44 révèle que les hauts lieux où le peuple adorait l’Éternel, ne furent pas ôtés par Josaphat ; tandis que en 2 Chroniques 17. 6, il ôta les hauts lieux où le peuple adorait les idoles. Quoiqu’il en soit, adorer l’Éternel sur les hauts lieux ne correspondait pas à la volonté divine, car Dieu avait mis « la mémoire de son nom » à Jérusalem.

C’est ce que Salomon avait compris, après le songe où l’Éternel lui avait parlé (1 Rois 3. 4 à 15). Au début, les hauts lieux pouvaient paraître légitimes, mais Jéroboam y avait placé, à Dan et à Béthel, deux veaux d’or, idoles qu’Israël adorait (ch. 12. 28 à 30).

Les tribus non intégrées au territoire d’Israël avaient fait un autel de grande apparence. Et, bien qu’elles n’aient pas eu de mauvaises intentions, il s’en était suivi des troubles (Jos. 22). Restons fidèles à la Parole dans notre vie pratique. Dans la chrétienté, bien des manières d’adorer Dieu s’apparentent à « faire fumer l’encens sur les hauts lieux », où même à se livrer à des cérémonies religieuses de grande apparence, n’ayant rien à voir avec l’adoration « en esprit et en vérité ».

Seul, le nom du Seigneur doit nous inciter à nous réunir, là où Il a mis « la mémoire de son nom », l’Assemblée selon la Parole. Chercher la paix avec tous les frères par compromis, ne saurait être la vraie paix selon Dieu. Josaphat, désirant la paix avec Israël, avait contracté des alliances contre la volonté de Dieu Ayant beaucoup de richesses, il en désirait encore plus (v. 49), contrairement à Deutéronome 17. 17. Puis, il oscille entre plusieurs attitudes avec différents rois d’Israël, tantôt s’alliant avec eux, tantôt s’y refusant (v. 50 ; 2 Rois 3. 5 à 7 ; 2 Chron. 20. 35).

Le livre de Job nous enseigne au sujet des richesses (Job 22. 21 à 26). Retenons les leçons de nos fautes passées, et des conséquences qui ont suivi.

Le brisement des navires construits pour aller chercher de l’or d’Ophir, loin d’être un échec comme Josaphat a pu le croire, était une grâce de Dieu en sa faveur.

Nos « petits » péchés non réglés sont « des petits renards qui ravagent nos vignes » (Cant. 2. 15). Ne négligeons pas de les régler promptement ; mais restons vigilants.

Achazia n’a régné que deux ans sur Israël, et a marché selon les voies mauvaises de ses parents (v. 52 à 54).

C’est durant notre courte vie que nous apprenons à nous connaître comme Job à la fin, reconnaissons : « Maintenant mon œil t’a vu, et je me repens ». Tarder à nous repentir de nos tendances mauvaises, conduit le Seigneur à nous discipliner sévèrement. Comme Achazia a proposé une alliance profane à Josaphat, le monde ne manque pas de nous tendre la main afin de nous faire dévier de la foi et de la piété, nous poussant à désobéir à Dieu. Ne lui prêtons pas une oreille complaisante, et Dieu en sera glorifié.

Enfin, le premier livre des Rois s’achève sur la colère de l’Éternel contre Achazia qui, comme son père, a fait pécher Israël.

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac

NOTRE GRAND SOUVERAIN SACRIFICATEUR

« Nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses de façon semblable à nous, à part le péché » Héb. 4. 15.

NOTRE GRAND SOUVERAIN SACRIFICATEUR

Le Fils de Dieu devint véritablement un Homme – tout comme nous (Héb. 2.7). Sa bonté et Sa sympathie en sont des preuves convaincantes. Il y a cependant des personnes qui utilisent cette vérité pour propager la fausse doctrine disant qu’Il a pris notre nature pécheresse et qu’Il était capable de pécher. Il est donc extrêmement important que nous soyons bien au clair sur l’enseignement des Écritures sur ce point.

Les apôtres Pierre, Paul et Jean ont tous trois commentés ce sujet de la même manière, mais, selon la personnalité de chacun d’eux, en insistant sur des aspects différents.

Pierre, étant un homme d’action, présente Christ comme un exemple pour la marche du croyant, Le décrivant comme Celui « qui n’a pas commis de péché » (1 Pier. 2. 22). Le Seigneur Jésus n’a jamais commis un seul péché. Pour le vrai chrétien, c’est un fait irréfutable. Aucun de Ses accusateurs n’a pu le convaincre de péché (Jean 8. 46). Et Pilate a confirmé Son innocence à trois reprises (Luc 23. 4, 15 et 22).

Paul, d’autre part, était un penseur qui connaissait bien l’Écriture. Son témoignage au sujet de Christ, c’est : « Il n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5. 21). Cette déclaration va plus loin que celle de Pierre. Elle montre que toutes les pensées et tous les mobiles de Christ, sans exception, étaient sans péché.

Enfin Jean, qui était celui des douze disciples qui connaissait le mieux le Seigneur, a pu écrire : « Il n’y a pas de péché en lui » (1 Jean 3. 5). Christ était sans péché dans Son essence même. Il était la véritable offrande de gâteau, dans laquelle il n’y avait pas de levain (image du péché) (Lév. 2. 11).

D’après « The Good Seed » juin 2023

COMMENT DIEU AGIT POUR LES SIENS

« Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » Rom. 8. 28.

COMMENT DIEU AGIT POUR LES SIENS

Pour comprendre et vivre en pratique la vérité que ce verset de l’épître aux Romains nous présente, nous devons le lire avec attention.

– « Nous savons ». Ce n’est ni une supposition, ni un souhait, mais une certitude en ce qui concerne notre amour pour Dieu.

– « … que toutes choses ». Notre vie et les différentes situations dans lesquelles nous pouvons nous trouver ne sont pas dues au hasard, car notre grand Dieu domine sur tout (1 Chron. 29. 12).

– « … travaillent ensemble ». C’est par la merveilleuse coordination de la providence divine que toutes choses sont dirigées pour l’accomplissement du plan de Dieu.

– « … pour le bien ». Dans notre monde civilisé, beaucoup d’initiatives sont prises, qui sont opposées à la volonté de Dieu, mais Dieu fait travailler toutes les circonstances de la vie du croyant à son bien. Les desseins de Dieu dépassent notre compréhension et nos attentes. Il se sert même de nos problèmes et de nos souffrances pour notre bien.

– « … de ceux qui aiment Dieu ». Dieu nous aime tous, mais cette promesse est adressée spécialement à ceux qui Le connaissent comme leur Père et qui, en conséquence, l’aiment.

– « … qui sont appelés selon son dessein ». Dieu appelle tous les hommes à croire en Son amour ; et ceux qui ont cru, Il les a appelés pour qu’ils soient éternellement associés à Jésus Christ, leur Sauveur.

Tout ce que Dieu permet dans notre vie a un but suprême, éternel : nous rendre conformes à l’image de Jésus Christ (cf. Rom. 8. 29).

D’après « The Good Seed » juin 2023

BERACA 21 : LES CONFIDENTS DE DIEU

Suite, sur Moïse : Sept jugements sont déjà tombés sur l’Égypte. Moïse et Aaron continuent à être ce que Dieu veut qu’ils soient : les témoins et les oracles du grand et seul Dieu créateur, possesseur des cieux et de la terre. Les fils d’Israël habitent toujours dans le pays de Goshen. À partir du troisième signe ou jugement, le pays de Goshen est épargné. Il y a eu l’eau changée en sang, les grenouilles et les moustiques, trois premiers signes qui ont touché toute l’Égypte. Ensuite, Dieu protège Son peuple : « Et je distinguerai, en ce jour-là, le pays de Goshen, où se tient mon peuple, en sorte que là il n’y ait point de mouches venimeuses ; afin que tu saches que moi, l’Éternel, je suis au milieu du pays. Et je mettrai une séparation entre mon peuple et ton peuple » (Ex. 8. 22 et 23).

Lorsque la peste a frappé, « tous les troupeaux des Égyptiens moururent ; mais des troupeaux des fils d’Israël, il n’en mourut pas une bête » (9. 6). À la suite des trois premiers signes, ont suivi les mouches venimeuses, la peste et la poussière devenue infectieuse. La septième plaie est la grêle : « Et il y eut de la grêle, et du feu entremêlé au milieu de la grêle, qui était très-grosse, telle qu’il n’y en a pas eu dans tout le pays d’Égypte depuis qu’il est devenu une nation. Et la grêle frappa, dans tout le pays d’Égypte » (Ex. 9. 24 et 25).

Nous pouvons mettre en parallèle les jugements sur l’Égypte et ceux qui vont tomber sur le monde lors de « l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée toute entière » (Apoc. 3. 10). Les jugements iront s’intensifiant jusqu’au grand combat d’Armagédon, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur en gloire. Il y aura trois phases successives : premièrement les sceaux, ensuite les trompettes et finalement les coupes. Les sceaux sont ouverts par l’Agneau (Apoc. 6), les trompettes sont sonnées par sept anges et les coupes sont dans la main de sept autres anges. L’Agneau ouvre les sceaux un par un, les anges se présentent l’un après l’autre pour sonner de la trompette, et au son de la première trompette « il y eut de la grêle et du feu, mêlés de sang, qui furent jetés sur la terre » (Apoc. 8. 7).

Trois mille cinq cents ans ne changent pas le cœur de l’homme, au contraire, plus le temps avance, plus la violence augmente ; il suffit de lire la description qu’en fait prophétiquement l’apôtre Paul : « … dans les derniers jours il surviendra des temps difficiles : les hommes seront égoïstes, avares, … cruels, n’aimant pas le bien,… amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu » (2 Tim. 3. 1 à 5).

Comme le Pharaon s’est endurci, les hommes impies ne se repentiront pas ! Même si le Pharaon appelle Moïse et Aaron, pour leur dire : « J’ai péché cette fois ; l’Éternel est juste, et moi et mon peuple nous sommes méchants », même s’il supplie Moïse d’intercéder, du moment où l’Éternel arrête le fléau, « il continua de pécher, et il endurcit son cœur, lui et ses serviteurs » (Ex. 9. 27 et 34).

Quant aux hommes impies, dans un jour à venir, souffrant sous les jugements, à quatre reprises nous lisons : « ils ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains » (Apoc. 9. 20) ; « ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leur magie, ni de leur fornication, ni de leurs vols » (v. 21). « … les hommes furent brûlés par une chaleur intense ; alors ils blasphémèrent le nom de Dieu qui détient le pouvoir sur ces plaies, mais ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire » (16 v. 9). « …et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, mais ils ne se repentirent pas de leurs œuvres » (Apoc. 16. 11).

8) Les sauterelles. A la suite de la grêle, « le cœur du Pharaon s’endurcit, et il ne laissa point aller les fils d’Israël, comme l’Éternel avait dit par Moïse » (Ex. 9. 35). Dieu avait parlé à sept reprises par de grands jugements, et rien ne put arrêter le Pharaon. Maintenant c’est Dieu qui endurcit son cœur et les appels se répètent par Moïse et Aaron : « Ainsi dit l’Éternel, le Dieu des Hébreux : Jusques à quand refuseras-tu de t’humilier devant moi ? Laisse aller mon peuple, pour qu’ils me servent » (10. 3).

Une huitième plaie va s’abattre sur le pays, une invasion de sauterelles : « elles mangeront le reste qui est échappé, que la grêle vous a laissé, et elles mangeront tout arbre qui croît dans vos champs » (v. 5). A la suite de cette menace et à l’insistance de ses serviteurs, le Pharaon vient avec une nouvelle offre : « Allez, servez l’Éternel, votre Dieu. Qui sont ceux qui iront ? Et Moïse dit : Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles, avec notre menu bétail et avec notre gros bétail ; car nous avons à célébrer une fête à l’Éternel » ; et le Pharaon de répliquer : « Il n’en sera pas ainsi ; allez donc, vous les hommes faits, et servez l’Éternel » (Ex. 10. 8 à 11).

C’est ainsi que Satan cherche à retenir les âmes par les affections naturelles et les liens de la famille. Abraham, lui aussi, avait reçu, du roi de Sodome, une offre un peu semblable : « Donne-moi les personnes, et prends les biens pour toi » (Gen. 14. 21). Aucun membre de la famille de la foi, si petit soit-il, ne doit demeurer au pouvoir de l’Ennemi. Rien ne servait au Pharaon de dialoguer, Dieu « est plus grand que tous » (Jean 10. 29) ; « Malheur à celui qui conteste avec celui qui l’a formé ! » (És. 45. 9). Ainsi les sauterelles ont envahi le pays, jusque dans les maisons. Elles avaient été annoncées et elles sont arrivées, menaçant une Égypte déjà ruinée. Autrefois, Joseph avait sauvé le pays d’Égypte, quatre siècles plus tard, le Pharaon le ruine ; de même Satan entraîne le monde à sa perte.

9) Les ténèbres. Le Pharaon avait bien reconnu son péché (Ex. 10. 16), mais, dès qu’il y a une interruption dans les jugements, son incrédulité réapparaît et il endurcit son cœur. Sans doute a-t-il a cherché à expliquer la plaie des sauterelles en disant : le fléau a été très intense, mais c’est un fait naturel, un vent les a amenées et les a, par la suite, emportées dans la mer, ignorant volontairement que c’était à la parole de l’Éternel. L’Égypte, et le Pharaon endurci, sont plongés tout d’un coup dans d’épaisses ténèbres. Elles figuraient si bien les ténèbres morales dans lesquelles ils se trouvaient. Mais la lumière était dans toutes les demeures des Israélites ! Nous aussi, croyants, au milieu des ténèbres de ce monde, nous possédons la lumière de la Parole et de la présence de Dieu dans nos cœurs, par Son Esprit. Malgré les ténèbres qui vont s’épaississant dans ce monde, les enfants de Dieu sont « tous fils de la lumière et fils du jour ; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres » (1 Thess. 5. 5).

Le soleil était, pour les Égyptiens, une des divinités dont le Pharaon portait le nom, le dieu Râ. Le Pharaon ne peut même pas sortir pour prier son dieu. En contraste, la lumière était chez tous les Israélites ! Dans l’Apocalypse aussi, quand l’ange verse sa coupe sur le trône de la Bête, son royaume devient ténébreux (Apoc. 16. 10). Les ténèbres s’installent de plus en plus, au sein des nations dites chrétiennes, où la Parole de Dieu est mise de côté. Quand l’Esprit et l’épouse seront retirés auprès du Seigneur, les ténèbres iront s’épaississant, mais pour le reste fidèle en Israël « se lèvera le Soleil de justice » (Mal. 4. 2). Dans l’attente de notre grand départ, chrétiens, « soyons sans reproche et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles, au milieu d’une génération dévoyée et pervertie », parmi laquelle nous devrions reluire comme des luminaires dans le monde (Phil. 2. 15 ; Mat. 5. 14).

SAUVÉ OU PERDU ?

« Par la foi, Abel offrit à Dieu un meilleur sacrifice que Caïn ; par ce sacrifice, il a reçu le témoignage d’être juste » Héb. 11. 4.

SAUVÉ OU PERDU ?

À première vue, il semblerait que Caïn et Abel avaient fait des choses semblables. Ils avaient tous deux apporté un sacrifice. Caïn avait apporté du fruit de la terre, le résultat de son propre travail. Abel avait sacrifié un animal de son troupeau. Mais Dieu accepta le sacrifice d’Abel, et pas celui de Caïn. Abel avait agi par la foi. Il était clair qu’il suivait l’exemple que Dieu Lui-même avait donné quand Il avait revêtu ses parents avec la peau d’un animal, qui était mort à leur place pour répondre de leur culpabilité devant Dieu (Gen. 3. 21). Caïn, quant à lui, s’était approché de Dieu selon ce qu’il pensait convenable, et il n’a pas été accepté.

Luc nous rapporte que deux hommes, un Pharisien et un collecteur d’impôts, vinrent dans le temple de Jérusalem pour y prier. Le Pharisien, avec prolixité et complaisance, décrivait la vie juste et pieuse qu’il menait. Le collecteur d’impôts déclarait simplement : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur ! » (Luc 18. 13). La prière du Pharisien n’avait aucune valeur pour Dieu. Par contre, Dieu accepta la prière du publicain et lui pardonna ses péchés.

Deux criminels étaient crucifiés en même temps que le Seigneur Jésus. Tous deux savaient qu’ils n’avaient plus que quelques heures à vivre. L’un d’entre eux se moquait du Fils de Dieu, mais l’autre Le reconnut comme étant le Seigneur, et Lui confia son avenir. Le premier fut perdu pour l’éternité, le second éternellement sauvé.

En fin de compte, il n’y a, encore aujourd’hui, que deux groupes de gens. Apparemment ils ont beaucoup de choses en commun, mais à leur mort, leurs chemins se séparent. Quiconque aura accepté Jésus Christ comme son Sauveur et Seigneur peut se réjouir à l’avance de connaître un bonheur éternel dans le ciel ; tous les autres seront en enfer, exclus pour toujours de la présence de Dieu.

C’est pendant que nous sommes encore en vie que nous devons prendre la décision du lieu où nous passerons l’éternité.

D’après « The Good Seed » juin 2023

LA FIN DU « VIEIL HOMME »

« Si ce que je ne veux pas, moi, je le pratique, ce n’est plus moi qui l’accomplis, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc cette loi pour moi qui veut pratiquer le bien, c’est que le mal est là, avec moi… La loi de l’esprit de vie dans le Christ Jésus m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » Rom. 7. 20, 21 ; 8. 2.

« Notre vieil homme a été crucifié avec lui (Christ)… De même vous aussi, considérez-vous vous-mêmes comme morts au péché, mais comme vivants à Dieu dans le Christ Jésus. Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel pour vous faire obéir à ses convoitises » Rom. 6. 6 à 12.

LA FIN DU « VIEIL HOMME »

En m’approchant du Seigneur avec foi, j’apprends à connaître Dieu et Son Fils, Jésus Christ. Je reçois une vie nouvelle, la vie éternelle. J’apprends ainsi à me connaître mieux moi-même. Ce que je découvre peut cependant me décourager. En fait, non seulement je commets des péchés, mais je me rends compte qu’il y a en moi une nature mauvaise qui produit ces péchés.

Comme croyant « né de nouveau », je possède une nature nouvelle animée par le Saint Esprit de Dieu pour faire le bien. Mais l’ancienne nature est toujours là. Alors, d’un côté je désire plaire au Seigneur, mais de l’autre j’ai tendance à pécher !

L’Évangile me révèle quel est le secret de la victoire : la mort de Christ, qui a effacé mes péchés, m’a aussi libéré de l’esclavage du péché qui est en ma chair (la « vieille nature » en moi). Ce péché a été condamné par Dieu à la croix (Rom. 8. 3). Si je crois cela, je suis victorieux du péché et libéré de sa domination.

Les versets cités de Romains 6 placent trois points importants devant nous :

– Ce que Dieu a accompli : « Notre vieil homme a été crucifié avec Christ » ;

– La conséquence : « Considérez-vous vous-mêmes comme morts au péché ; cette libération est un fait accompli par Christ ;

– L’application pratique : « Que le péché ne règne donc pas dans votre corps ». Si, en ce qui concerne le péché, je me considère moi-même comme mort avec Christ, le péché ne peut plus être mon « maître », et je comprends que ma vie est liée à celle de Christ – « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3. 3). Je peux alors détourner mes yeux du mal qui est en moi et vivre en étroite et heureuse communion avec mon Seigneur.

D’après « Il buon seme » juin 2023