ÉTUDE SUR L’ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS

Ch. 1

En Actes 16. 6 et 7, on voit l’indécision de Paul et de ses compagnons quant au chemin à suivre. Ils ont attendu que le Seigneur leur montre Sa volonté. C’était la bonne attitude à assumer : ne rien forcer contre la volonté de Dieu. Le Seigneur a, alors, envoyé un songe à Paul, durant la nuit, au cours duquel il a vu « un homme macédonien… disant : passe en Macédoine et aide-nous » (v. 9). Les apôtres obéirent aussitôt, et l’évangile atteignit ainsi l’Europe pour la première fois.

En Macédoine, une femme nommée Lydie, attentive à la prédication de Paul, crut à l’évangile, fut baptisée et reçut les apôtres chez elle, ayant compris la valeur de l’hospitalité. On trouve aussi la conversion du geôlier de Philippes, dans ce même chapitre.

Des liens d’amour très forts unirent, dès lors, l’apôtre Paul et les Philippiens auxquels il adressa cette épître, quelque neuf ans plus tard, vers les années soixante et un et soixante-trois, cinq ans avant sa mort.

Si nous désirons servir le Seigneur, Il nous montrera le service qu’Il a préparé pour nous, et le lieu où nous devrons le servir. Mais Il ne nous laissera pas faire selon nos idées personnelles, ni selon nos goûts, ni même à l’endroit où nous le désirerions. Tout doit être placé sous la conduite du Saint Esprit.

Cette épître, non doctrinale comme le sont d’autres épîtres, est l’épître de l’expérience chrétienne, pour nous, en même temps que celle de Paul. C’est l’expérience d’un croyant qui a déjà bien avancé dans la vie chrétienne : un chrétien qui a compris que Christ est « sa vie » (ch. 1. 21) ; « son modèle » (ch. 2. 5) ; « son but », qui est la maison du Père où Christ le conduit, lorsqu’il a rejeté tout ce qui, pour lui, était « un gain » selon la chair (ch. 3. 14) ; enfin, Christ est « sa joie » et « sa puissance » (ch. 4. 4 ; v. 13).

Dépendant de son Maître, Paul, avec Timothée, se déclarent « esclaves de Jésus Christ » (ch. 1. 1), tout à la joie de Le servir. L’esclave, comme l’a fait le Seigneur, se met sous l’autorité de son maître, et non au-dessus, (ch. 2. 6 à 8). Contrairement aux disciples ayant suivi le Seigneur durant sa vie, et étant ainsi nommés « apôtres », Paul a eu la vision de Christ dans la gloire et, de ce fait, a porté de droit le titre d’apôtre, ayant reçu des révélations spéciales, sur l’Assemblée chrétienne et la doctrine du « seul corps de Christ ». Dans l’épître, il s’associe Timothée, les surveillants, et les serviteurs. Étant lui-même prisonnier, il s’appuie sur les surveillants qui veillaient sur l’assemblée de Philippes.

On trouve des surveillants en Actes 20. 17 et 28. Aujourd’hui, nommer des apôtres, ou même des surveillants (comme en Actes 14. 23), est une erreur. Cependant, le Seigneur, et Lui seul, forme des surveillants (anciens), où Il le veut, sans l’intervention humaine, et nous devons les reconnaître à ce qui les caractérise (1 Tim. 3. 1 à 7 ; Tite 1. 5 à 9).

Dès le début de l’épître, Paul s’adresse à tous les croyants dans leur caractère de « saints » (mis à part pour Dieu) (v. 1). 2 Corinthiens 12. 11 et 12, a induit en erreur quelques-uns pour nommer des apôtres, parce qu’ils avaient cru voir « des signes » chez tel ou tel croyant ! « Grâce et paix à vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » dit Paul (v. 2) Le Père et le Fils sont associés pour cela, car nous avons besoin de l’Un et de l’Autre et des deux ensemble (Jean 14. 27), pour la communion. La même salutation se retrouve dans plusieurs épîtres. La « joie » doit aussi se trouver dans nos prières, où nous pouvons présenter des demandes pour des choses heureuses. Paul met toujours en avant ce qui glorifie le Seigneur (sauf aux Galates), ensuite, ce qui ne va pas. Le Seigneur fait de même en Apocalypse 1 à 3.

Homme de prière, Paul supplie Dieu pour tous les croyants (v. 4) – et ailleurs pour toutes les assemblées. Prions pour tous les frères et sœurs. Au v. 3, le souvenir qu’il avait des Philippiens était formé par Dieu, et il rendait grâces avec joie, bien qu’au ch. 3. 18, il parle de certains Philippiens « en pleurant ». Jouissons-nous de la joie que Dieu met dans nos cœurs lorsque nous pensons aux uns ou aux autres ? Avons-nous des pensées de grâce envers eux, sachant que nous avons nos propres faiblesses et que nous sommes des objets de la miséricorde divine ? Ces paroles : « Dieu notre Père » (v. 2) étaient nouvelles pour les Juifs, ainsi que pour les Grecs idolâtres. Pour nous, elles sont pour notre bénédiction et notre joie (Gal. 4. 5 à 7) : Dieu nous a adoptés comme des fils et des filles (2 Cor. 6. 18).

Le v. 5 met en avant la part que les Philippiens prenaient à l’évangile : cette expression rappelle que nous devons prier pour ceux qui annoncent l’évangile, mais aussi participer à la propagation de la bonne nouvelle par des dons aux évangélistes (ch. 4. 18). Dans ce chapitre, l’évangile est présenté sous plusieurs aspects. La part que l’on doit prendre à l’évangile (v. 5), la défense et la confirmation de l’évangile (v. 7 et 16) : la lutte entre les ténèbres et la lumière, l’avancement de l’évangile (v. 12) , pour que la bonne nouvelle coure dans le monde. Là où l’évangile n’entre pas, les ténèbres s’épaississent.

Se conduire « d’une manière digne de l’évangile (v. 27) : notre façon de vivre doit confirmer l’évangile, sans quoi notre prédication serait vaine. La foi de l’évangile (v. 28) : recevoir l’évangile par la foi, mais aussi, confirmer l’évangile par une marche de foi.

L’apôtre s’adressait « à tous les saints » (v. 1), donc à nous, maintenant. Chacun est appelé à faire « l’œuvre d’un évangéliste » (2 Tim. 4. 5), même si nous n’avons pas ce don spécial. Paul, en plus des autres dons, avait aussi celui d’évangéliser, et il écrit : « Malheur à moi si je n’évangélise pas » (1 Cor. 9. 16). Cette épître met en relief la communion de l’évangile, même au prix des souffrances qui s’y rattachent (2 Tim. 1. 8 ; 4. 5). Ne soyons pas découragés par l’absence de progrès : Dieu achèvera Son œuvre en nous, jusqu’au « jour de Jésus Christ » (v. 6). Jamais Dieu n’abandonne Son œuvre d’amour qu’Il a commencée en nous. Il ne cesse d’y travailler malgré les obstacles que notre nature Lui oppose, Il affine notre connaissance de nous-mêmes et Sa connaissance, et approfondit notre compréhension spirituelle de la Parole. Son travail s’achèvera le jour où le Seigneur nous enlèvera au ciel : alors « nous lui serons semblables car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2).

Mais, pour le temps de la terre : « Il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21). Le monde Le verra dans Sa gloire, car « Il sera glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10). Dieu est le divin potier, et nous, nous sommes l’argile qu’Il pétrit pour en faire des vases pour Sa gloire. C’est Lui qui travaille. La conversion est la première étape du travail divin dans une âme ; mais Son travail se poursuit, malgré nos résistances (Ps. 138. 8). Travaillons à enrichir notre salut, mais laissons Dieu opérer en nous, « le vouloir et le faire ».

« Le jour de Jésus Christ » parle de la période comprise entre Sa venue en grâce et Son apparition en gloire. Il est lié aux récompenses pour les croyants, résultat du travail de Dieu, pleinement révélé. Le « jour du Seigneur » comprend le laps de temps compris entre Sa venue en gloire et l’état éternel : ce sont les mille ans de Son règne. Enfin, « le jour de Dieu », c’est l’état éternel, où Dieu sera tout en tous (1 Cor. 15. 28).

Le v. 6 révèle le côté de l’œuvre divine. Le v. 10 nous exhorte à ne pas « broncher » : ne pas faire un faux pas, mais aussi, à laisser le Seigneur parfaire Son œuvre jusqu’à la conformité à Lui-même. Pour comprendre les Écritures et ne pas nous écarter du sain enseignement, nous devons rester fermes dans ce que nous apprenons dans la Parole. Nos devanciers ont retrouvé, par l’Esprit, des vérités abandonnées : gardons-les fermement, afin qu’en cela, nous ne bronchions pas.

Paul se savait aimé des Philippiens (v. 7), et il parle de grâce alors qu’il était prisonnier ; et la manière dont les Philippiens vivaient leur amour pour Paul, confirmait l’enseignement de l’évangile de la grâce. Vivons-nous pratiquement notre amour, entre nous, à l’honneur de l’évangile ? (2 Tim. 1. 16 à 18 ; Héb. 10. 33 et 34) Le Seigneur nous commande de nous aimer (Jean 14. 20 et 21 ; 1 Jean 4. 20 et 21).

La fin du v. 7 parle de la participation de Paul et de tous les croyants à la même grâce. Et étant un seul corps, nous participons aux souffrances de tous (1 Cor. 12. 26), et cela dans « les entrailles » de l’amour de Christ (v. 8) : l’amour de Dieu pour nous est le même que Son amour pour Son Fils (1 Jean 17. 23). Obéissons à Jean 13. 34 et 35.

L’amour du Père pour nous, et tout ce qu’Il nous donne sur la terre, porte déjà les caractères de beauté divines dont nous jouirons en perfection dans le ciel, avec le Seigneur Jésus.

Paul réservait une grande place, dans sa vie, pour les supplications et les prières (v. 4 et 9). Cela nous encourage à avoir ce service à cœur. Si nous demandons avec foi, Dieu répond selon Sa grâce, car « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16). Le chrétien doit progresser : les Philippiens avaient un amour sincère pour le Seigneur, ainsi que pour les frères et pour l’apôtre Paul.

Cependant, Paul demande : « que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence, pour que vous discerniez les choses excellentes, afin que vous soyez purs et que vous ne bronchiez pas jusqu’au jour de Christ, étant remplis du fruit de la justice, qui est par Jésus Christ à la gloire et à la louange de Dieu » (v. 9 à 11). La mesure que Dieu place devant nous est très haute. Amour, connaissance, intelligence (spirituelle), discernement, pureté, sont liés pour que nous soyons remplis du fruit de la justice par Jésus Christ – et tout cela pour la gloire de Dieu qui est le but suprême qui est devant nous et qui est la finalité de la vie chrétienne (Jean 15. 8). Nous avons besoin de veiller afin de ne pas « broncher », en réalisant la justice pratique, dans la paix (Jac. 3. 18).

La Parole nous donne ces deux exemples d’amour pour le Seigneur : Marie de Béthanie a oint les pieds du Seigneur avec « un parfum de grand prix », anticipant avec intelligence, et au bon moment, le jour de la sépulture du Seigneur (Jean 12. 1 à 7). D’ailleurs, ayant retenu la parole du Seigneur, disant qu’Il ressusciterait le troisième jour, elle ne s’est pas rendue au sépulcre. Puis, Marie de Magdala, emportée par son amour, mais n’ayant pas la même intelligence de ce qui concernait le sacrifice du Seigneur à la croix, se rend au tombeau pour y chercher le corps du Seigneur déjà ressuscité (Jean 20. 1 à 18) ! Le Seigneur, dans Sa grâce, se met à la portée de chacune : rendant hommage à l’intelligence de Marie de Béthanie, et encourageant Marie de Magdala, à qui Il confie un message précieux (cf. Jean 20. 17).

C’est l’étude assidue de la Parole qui nous donne un amour intelligent pour le Seigneur, par l’Esprit Saint qui a versé dans nos cœurs l’amour de Dieu (Rom. 5. 5 ; Jean 14. 21). Dieu exprime Son amour pour chacun, à travers l’amour manifesté les uns pour les autres (1 Jean 3. 18 ; 1 Thess. 3. 12). Jean 21. 15 à 17, distingue entre agapê (amour) et philéo (amitié). L’amour divin a donné Son Fils qui s’est donné Lui-même. Contemplons plus profondément cet amour absolu de Dieu, afin que notre amour y réponde quelque peu (Ps. 119. 33 à 35). C’est dans l’humilité que nous progresserons dans la connaissance de la pensée divine. Nous pouvons faire « de grandes choses », mais Dieu lit dans nos cœurs : y voit-Il l’humilité qui est la vraie base de la vie chrétienne ?

Nous devons, dans la Parole, discerner Christ « afin de le connaître, Lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances » (Phil. 3. 10). « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Dans l’éternité, nous nous nourrirons d’un Christ (Apoc. 22. 2) dont les gloires, sans cesse, renouvelleront et augmenteront notre compréhension de ce qu’Il est, comme Fils de Dieu et Fils de l’homme, mais sans que nous atteignions Sa connaissance absolue et définitive. Lui-même dit : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27).

Mais sur la terre, exerçons-nous à avoir toujours une conscience pure devant les hommes (Act. 24. 6). Et, jusqu’à la venue du Seigneur, appliquons-nous à avoir une conduite qui honore Dieu (1 Thess. 3. 13). En 1 Corinthiens 11. 1, Paul dit : « Soyez mes imitateurs comme moi aussi je le suis de Christ ». Christ a manifesté la justice divine sur la terre, et Il attend que nous suivions ses traces : Il est notre modèle (1 Pier. 2. 21). Paul, en prison, manifeste la joie de servir le Seigneur, sans se décourager, malgré toutes les difficultés dues à ce qu’il ne peut plus voyager ; et cela à la gloire de Dieu qui tient tout entre Ses mains puissantes (ch. 2. 17). Ses circonstances douloureuses servaient à « l’avancement de l’évangile » (v. 12) qui, ainsi, était entré jusque « dans le prétoire (où se tenait la garde impériale) (Act. 28. 16 ; v. 28 à 31) ; puis jusque dans la maison de César (cf. Phil. 4. 20 à 22), où Paul avait prêché l’évangile, avec courage, appuyé sur le Seigneur. Dieu, par l’Esprit Saint, avait tout conduit pour Sa gloire.

C’est toujours Dieu seul qui conduit les choses nous concernant, sans que nous ne nous en rendions compte, même dans les circonstances douloureuses. Il aurait pu sembler que, Paul étant en prison, son ministère se terminait là. Cependant, Dieu s’est servi de ce qu’il était en résidence surveillée à Rome, pour introduire l’évangile de la grâce jusque dans le « prétoire » (la garde impériale) où quelques soldats avaient cru, et dans la maison même de César (Act. 28. 16, 30 et 31 ; Phil. 4. 22). Ainsi, cette situation qui semblait défavorable à la propagation de l’évangile, Dieu l’a tournée en faveur de « l’avancement de l’évangile » (v. 12).

Joseph, dans ses circonstances douloureuses, avait discerné la main de Dieu en faveur de « la conservation de la vie pour un grand peuple » (Gen. 45. 5 ; 50. 20). Aujourd’hui encore, bien des frères dans les souffrances des persécutions, voient l’évangile avancer par leurs douleurs. L’apôtre, lui, ne s’y trompait pas. Il voit la main divine travailler à l’avancement de l’évangile pour Sa gloire, selon ce que le Seigneur, dans un songe de la nuit, lui avait annoncé, à savoir, qu’il devait rendre témoignage à Rome (Act. 23. 11) ; et cela, malgré un emprisonnement de deux ans à Césarée et d’une captivité de deux autres années à Rome. Ces « liens en Christ » de Paul avaient enhardi les frères pour évangéliser avec plus de courage (v. 13 et 14). Une situation, inattendue pour nous, peut nous amener à présenter l’évangile de la grâce à une âme qui cherche le salut. Même « lié de chaînes », Paul n’en était pas moins un « ambassadeur pour Christ » (Éph. 6. 20), et il réclamait les prières des frères pour lui.

Que le Seigneur nous encourage à nous montrer plus hardis pour témoigner de notre foi, fortifiés par le Saint Esprit. Il arrive qu’en visitant un croyant affligé, nous ressortions encouragés nous-mêmes par sa foi. Paul, quant à lui, vivait Christ et vivait pour lui (v. 21).

L’apôtre savait se réjouir même lorsque des croyants annonçaient l’évangile par « esprit de parti », « croyant susciter de la tribulation pour ses liens » (v. 15, 17 et 18), car l’évangile, malgré tout, était propagé. Cependant, il n’encourage nullement les Philippiens à se joindre à eux, ni à agir dans ce même esprit de parti cherchant à marginaliser Paul qui n’était plus libre.

Quant à nous, sachant que des croyants avec lesquels nous ne jouissons pas de la communion, annoncent l’évangile, bien que nous n’ayons pas la liberté de nous joindre à eux, réjouissons-nous de ce que « Christ est annoncé », et que des âmes sont amenées au salut. Ils sont nos frères en Christ. Hélas ! dans le monde, de faux évangiles sont répandus et égarent bien des âmes loin de Dieu.

Si le Seigneur nous confie un service, accomplissons-le fidèlement. Mais réjouissons-nous de ce qu’il ne nous appartienne pas en propre, et de ce que d’autres en exercent un semblable.

Paul est assuré que ses tribulations se « tourneront à salut » pour lui, par les supplications des frères et les « secours du Saint Esprit » ; et que malgré ses difficultés, il ne sera « confus en rien » et que, « de toutes manières, « Christ sera magnifié dans son corps soit par la vie, soit par la mort » (v. 19 et 20). Ce qui l’anime, quelles que soient ses circonstances, c’est que Christ soit « magnifié ». Les souffrances, le martyre, la mort, rien ne l’arrêtera dans son service.

Il ne sait s’il faut choisir la vie ou la mort. Il préférerait déloger et être avec Christ. Mais il juge plus nécessaire de demeurer en vie afin de travailler « à l’avancement de la joie et de la foi » des Philippiens (v. 21 à 25). La foi en Christ nous conduit, même dans les souffrances, à nous réjouir en Lui ; alors que pour un incrédule, « même dans le rire, le cœur est triste » (Prov. 14. 1).

« Mourir est un gain » est une folie pour l’incroyant. Mais pour nous, c’est franchir la porte de la gloire en Christ. Cependant, « vivre c’est Christ ». Pour nous, nous avons « cette vive attente ; cette espérance ; l’assurance de n’être confus en rien » en vivant pour Lui (v. 20). Paul, ce géant chrétien, nous fait mesurer notre petitesse ! Comme lui, nous avons le Saint Esprit et toute sa puissance. Il y a eu plusieurs grands hommes de foi : du temps du pharaon, Moïse. Sous Saül, David. Sous Achab, Élie. Sous Néron, Paul. Quelque grand qu’il ait été, « il prit courage » en voyant les frères venir à sa rencontre (Act. 28. 15). Devant la perspective de la mort, pourrions-nous dire : « Pour moi, mourir est un gain » ?

Pour les hommes, la mort a toujours été « le roi des terreurs » (Job 18. 14). Dire cela suppose que nous pourrions dire : « Pour moi, vivre c’est Christ » (v. 21). Vivre Christ, c’est vivre comme Lui. Hélas ! Nous en sommes loin. C’est de tout son cœur et de toutes ses forces que Paul servait le Seigneur. Les lapidations, le fouet, et toutes sortes de périls qu’il avait connus ne le faisaient pas reculer. Malgré tant de souffrances et de persécutions, l’apôtre avait le désir de suivre et de servir son Seigneur, et cela jusqu’à la mort.

Le Seigneur avait dit à Ananias, au sujet de Paul : « Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Act. 9. 16). La vie de Christ était manifestée en lui en ce qu’il l’imitait dans sa marche et dans son service. Au milieu des souffrances, il avait de la joie dans les croyants. En Galates 2. 20, il déclare que Christ vivait en lui, le dirigeait, le faisait agir, penser, sentir les choses comme Lui. Le Seigneur avait dit, en parlant de son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent ».

Par opposition, les croyants du v. 17 ne pouvaient pas prétendre que leur vie et leur service étaient tout entiers pour Dieu. Sous les apparences religieuses, Paul dévoile ce qui n’était pas selon Dieu dans leur vie. Que le Seigneur nous aide à être des imitateurs de Paul, comme lui-même l’était de Christ (1 Cor. 11. 1). Paul, sans famille, sans loisirs, n’avait devant lui que de servir le Seigneur, jour et nuit. Sans abandonner les choses légitimes de notre vie, ni nos obligations, pouvons-nous dire : le Seigneur a la première place dans mon cœur ?

Colossiens 3. 1 à 3 nous montre le bon chemin : « Chercher les choses qui sont en haut ». Morts avec Christ, laissons notre propre volonté de côté pour permettre à la vie de Christ de se manifester en nous. La force vient de Lui seul : nous sommes morts au monde et vivants à Dieu, Christ nous ayant acquis une position céleste. L’apôtre ne choisissait pas : s’il devait vivre, c’était pour Christ. S’il devait mourir, c’était pour être avec Christ. Paul aurait préféré « déloger », mais il avait la conviction qu’il demeurerait encore en vie pour « l’avancement et la joie de la foi » des Philippiens (v. 25), et il affirme : « Je sais que je demeurerai » (v. 25).

Peut-être était-ce par une révélation personnelle, car « les secrets de l’Éternel sont pour ceux qui le craignent ». Pierre aussi avait une certitude (2 Pier. 1. 13 et 14). Notre espérance est d’être avec Christ, et nous pouvons dire avec foi : « Viens, Seigneur Jésus ». Alors, nous Lui serons semblables car nous Le verrons comme Il est (1 Jean 3. 2). Ainsi, une joie ineffable remplira nos cœurs et nos bouches de la louange éternelle, car « sa face est un rassasiement de joie » (Ps. 16. 11). Sur la terre, Il est « le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 2).

« Déloger », pour nous, c’est comme lever l’ancre pour un navire, ou lever le camp. C’est le moment où les liens qui nous rattachent à ce monde sont brisés. Le corps retourne à la terre, mais l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné, mais c’est pour être avec Christ : (Luc 23. 43 ; Act. 7. 59 et 60 ; 2 Cor. 5. 8 ; Phil. 1. 23 ; Éccl. 12. 6 et 7). Les pensées de Dieu sont sans équivoque à ce sujet.

Cependant, nous ne passerons pas tous par la mort (1 Thess. 4. 17). Ce sera alors le salut complet (Rom. 8. 11). Paul avait une foi pratique très grande. Hébreux 11. 1 dévoile comment la foi opère en nous, afin de nous donner des certitudes à nous aussi, et de produire en nous « la joie de la foi ». C’est là « l’espérance de son appel » (Éph. 1. 17 à 19). Déloger est de beaucoup meilleur.

Mais nous avons de la famille, des liens d’amour qui se briseraient dans le chagrin et le deuil pour ceux qui resteraient ! Et le Seigneur veut encore se servir de nous sur la terre. Vivre dans la chair, « il en vaut bien la peine » (v. 22) ; mais ce ne sera pas toujours facile ; cependant, évitons de vouloir, égoïstement, partir avant la volonté de Dieu. Paul souligne d’abord les choses heureuses : la foi, l’amour. Avons-nous ce même cœur ? Entre Paul et les Philippiens, il y avait la joie réciproque. Sachons nous réjouir chaque fois que le Seigneur nous donne, à nous ensemble, de bonnes choses. Soyons dignes de ce qui nous est donné : (v. 27 ; Éph. 4. 1 ; Col. 1. 10) ; et soyons dignes de Dieu, car Il nous a « élevés de dessus le fumier pour nous faire asseoir avec les nobles », comme disciples de Jésus Christ.

La joie qui habitait le cœur de Paul pourrait nous faire oublier qu’il était prisonnier à Rome. Cette joie puisait sa source dans la communion profonde dont il jouissait avec son Seigneur. Il recherchait la même communion et la même joie pour les Philippiens. Il les exhortait, dans les difficultés, à chercher leurs ressources dans le Seigneur. Il ne sait pas s’il sera libéré pour se rendre auprès des Philippiens, mais, qu’il soit présent ou absent, l’apôtre désire qu’ils trouvent leurs ressources dans le Seigneur, et non en lui, Paul. Il leur parle de la vie collective de l’assemblée, et il désire qu’ils tiennent ferme et marchent « ensemble », et soient « d’une même âme », « qu’ils se conduisent d’une manière digne de l’évangile du Christ » (v. 27), et qu’ainsi le Seigneur soit glorifié dans l’assemblée. Personnellement ou collectivement, nous n’avons de ressources que dans le Seigneur.

En Éphésiens 4. 1 à 6, Paul rappelle l’unicité de tout ce qui provient de Dieu et qui nous est donné de Lui : « un seul corps, un seul Esprit… une seule espérance… un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. Il y a un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout, et partout et en nous tous ». Le grand dessein final de Dieu est d’unifier tout en Lui-même, comme le montre la prière du Seigneur à Son Père, en Jean 17. 21. Demandons au Seigneur qu’Il forme en nous une même pensée, et que nous nous laissions conduire par l’Esprit Saint qui ne peut nous donner des pensées divergentes. S’il n’y a pas d’unité entre nous, il ne saurait y avoir la moindre paix. Dans les épreuves, les Philippiens devaient combattre, unis entre eux, et ne pas craindre. Combattre en ordre dispersé conduit à la défaite. Il nous faut marcher en accord avec ce que nous prêchons, afin que le témoignage soit clair et puissant auprès du monde.

Le Seigneur nous exhorte à marcher d’une manière digne de l’appel (Éph. 4. 1), digne du Seigneur (Col. 1. 10), digne de Dieu (1 Thess. 2. 12). « Élevés de dessus le fumier », le Seigneur nous « a fait asseoir à la table des nobles ». « L’homme noble se propose des choses nobles, et il se maintiendra par des choses nobles » (És. 32. 8).

Le ch. 2. 2, nous montre le bon chemin quant à la vie de l’assemblée. Si cette unité n’existe pas entre nous, nous sommes en danger. L’épître aux Philippiens est l’épître de l’expérience chrétienne, et nous conduit pratiquement à manifester les caractères de Christ. Paul était inquiet de l’attitude de certains Philippiens qui annonçaient le Christ « par esprit de parti, non pas purement » (v. 17). Et il supplie certains d’entre les croyants de Philippes d’avoir « une même pensée dans le Seigneur » (ch. 4. 2), dans la même humilité que celle qu’a manifesté le Seigneur (cf. ch. 2. 3 à 8).

Il les exhorte aussi à ne pas être « épouvantés par les adversaires » (v. 28). Ce qui peut nous garder de la crainte, c’est de regarder au Seigneur : « Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l’a point commandée ? » (Lam. 3. 37) Devant Nebucadnetsar, les trois jeunes hébreux jetés dans la fournaise de feu, ne sont rien. Mais quelle foi ils manifestent devant ce roi cruel ! Et Dieu les a délivrés (Dan. 3. 16 à 18). C’est par la foi que nous rendrons un puissant témoignage pour le Seigneur, dont nous connaissons l’amour indéfectible.

« Combattant ensemble d’une même âme, avec la foi de l’évangile », car « notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les… dominateurs de ces ténèbres » (Éph. 6. 12). Le Seigneur a « lié l’homme fort », Satan (Mat. 12. 29). 1 Pierre 5. 8 et 9, désigne notre véritable ennemi, contre lequel nous devons revêtir « l’armure complète de Dieu » (cf. Éph. 6. 10 à 18). Les ressources du Seigneur, saisies par la foi, nous rendront « plus que vainqueurs. » Le v. 28 oppose les adversaires, dont la preuve de leur perdition se trouve dans le fait qu’ils sont ennemis des croyants. Nous avons le don du salut et de souffrir pour Christ, comme ultime ressemblance avec Lui, de la part de Dieu. Alors « nous régnerons avec Lui » (2 Tim. 2. 12 ; Héb. 11. 24 à 26) ; et nous sommes des « bienheureux » (Mat. 5. 11 et 12). Nous pouvons souffrir pour la justice pratique (Héb. 10. 34 ; 1 Pier. 4. 12 à 16 ; Jean 15. 20). Les chrétiens persécutés, actuellement, glorifient le Seigneur, en tenant ferme. Prenons courage (Rom. 8. 18). Dans ce même combat que Paul soutenait, ses paroles avaient du poids (v. 30 ; ch. 4. 9).

Ch. 2

Ce qui magnifie l’enseignement de Paul, c’est que sa conduite illustrait ce qu’il écrivait. Nous sommes conscients d’être loin du modèle de l’apôtre ! Il y avait, en Paul, cette jouissance dans la communion de son Seigneur qu’il décrit au v. 1er , et ce sont les effets de cette même communion qu’il recherchait chez les Philippiens, et pour nous aussi : « la consolation en Christ » montre la seule source de consolation pour le croyant, dans les circonstances douloureuses.

« Le soulagement d’amour », dans les craintes ou les peines, nous le trouvons dans l’amour connu et goûté dans le Seigneur. « La communion de l’Esprit » nous montre la seule voie de la communion avec le Seigneur et entre nous, par l’action de l’Esprit. Nous ne pouvons jouir de « quelque tendresse », la plus douce manifestation de l’amour, qu’en étant conscients de la tendresse que le Seigneur nous manifeste, et que nous devons nous porter les uns aux autres, et pas seulement nous supporter. Enfin, la « compassion », pour nos frères et sœurs, comme le Seigneur, souvent « ému de compassion » pour les malheureux.

Mais, en complément de tous ces caractères, l’apôtre leur dit : « Rendez ma joie accomplie en ceci que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose. Que rien ne se fasse par esprit de parti » (v. 2 et 3). Par ailleurs, Paul rappelle qu’il avait reçu deux « envois » précédents, de la part des Philippiens pour ses besoins (ch. 4. 15 à 17), et il leur demande d’aller plus loin, afin que la reconnaissance qu’il en avait éprouvée, soit changée en « joie accomplie », en manifestant entre eux, une même pensée – unité que l’apôtre réclame à chaque chapitre (ch. 1. 27 ; 2. 2 ; 3. 15 et 16 ; 4. 2).

Paul connaissait les difficultés existant parmi les Philippiens, et il en parle avec délicatesse. Comme pour les Corinthiens (1 Cor. 1. 10), il relève premièrement ce qui était bien, avant de parler de ce qui n’allait pas. Grâce et miséricorde merveilleuses de Dieu pour Son Assemblée ! Comme nous y répondons peu ! Christ est notre vie (ch. 1. 21). Ici, Il est notre modèle (v. 3 à 8). Le v. 1er nous rappelle les caractères manifestés dans la vie de Christ.

Les v. 6 à 8 nous donnent la plus grande leçon d’humilité qui ait été manifestée en perfection sur la terre. Et c’est ce modèle-là qui est placé devant nous afin que nous en manifestions quelques reflets. Le Seigneur s’est abaissé pendant toute Sa vie sur la terre, et s’est anéanti sur la croix. Nous sommes souvent occupés de nous-mêmes, cherchant une « vaine gloire », comme Diotrèphe qui voulait dominer, alors que le Seigneur s’occupait des autres, jamais de Lui-même, se dérobant même, lorsque les Juifs voulaient le faire roi !

Les cinq premiers versets du ch. 2, résument toute l’attitude que nous devons avoir les uns envers les autres devant Dieu, et ils régleront toutes nos relations fraternelles, si nous les observons. En les vivant dans l’Assemblée, elles aplaniront toutes les situations, trop souvent conflictuelles, qui troublent la communion. Si chacun veut imposer « sa » pensée, nous formerons un « esprit de parti » désastreux pour l’assemblée.

Dieu veut que nous nous appliquions ces exhortations, chacun à soi-même, en prenant garde à ne pas troubler notre frère, d’une manière ou d’une autre (Gal. 5. 26 ; Rom. 14. 15 ; v. 19 et 20). En Galates 2. 11, Paul a résisté à Céphas parce qu’il était « condamné » par son comportement. Paul a fait ce qu’aurait fait le Seigneur, qui était à la fois humble et ferme. Quant à lui-même, en 2 Timothée 4. 14, Paul s’en remet au Seigneur.

Certaines choses nous concernent, mais d’autres touchent à la gloire de Dieu. Nous ne devons pas transiger. Que chacun se demande, au cours d’une décision, si cela fera du bien à son frère ; le Seigneur, alors, nous montrera le bon chemin (1 Cor. 8. 13). Cherchons toujours le bien spirituel de nos frères, comme le faisait le Seigneur, même sur la croix où Il s’est occupé de Sa mère, du brigand, du pardon pour Ses bourreaux ! Il nous faut être occupés du bien des autres, et non de ce qui nous plairait ; marcher selon l’amour, sinon, notre façon d’agir pourra aller jusqu’à détruire « mon frère, pour lequel Christ est mort » (cf. Rom. 14. 14 et 15). Et c’est souvent ce qui se passe. Mais plutôt, que le Seigneur nous accorde de penser à cela dans la prière !

Cette pensée (v. 5) qui était celle du Seigneur, nous confond, lorsque l’apôtre Paul nous recommande qu’elle soit aussi en nous, aussi misérables que nous soyons ! Adam a voulu s’élever et être « comme Dieu », alors Dieu a dû l’abaisser jusqu’à la mort. Le Seigneur, qui est Dieu, Lui, a voulu s’abaisser, et Dieu « l’a haut élevé » (v. 9). Il était « en forme de Dieu » (réellement Dieu), Il a pris volontairement la « forme d’esclave », selon la prophétie de Zacharie 13. 5. Suprême abaissement dans une soumission volontaire !

Celui qui est le Dieu souverain et au-dessus de tout, éternel et immortel, a pris « la forme d’homme », pour servir, souffrir et mourir. L’homme ayant péché, Dieu a dû prendre la réalité humaine afin que, par la mort (gage du péché), Il rachetât Sa créature perdue, en expiant ses péchés dont Il s’est approprié les conséquences : « Mes iniquités m’ont atteint » « Je suis enfoncé dans une boue profonde ». Durant les trois heures de ténèbres, Christ a été identifié au péché, Lui, le Saint et le Juste ! « Il s’est anéanti Lui-même » (v. 7). Lui, l’être suprême, le Tout-puissant, a été « crucifié en infirmité ».

Aux Philippiens manquant d’humilité (v. 3), (ainsi qu’à nous-mêmes), Paul place sous leurs yeux l’exemple suprême de l’abaissement. Il a voilé Sa divinité et s’est anéanti pour prendre « la forme d’un homme » (la condition humaine), et a servi en prenant « la forme d’esclave », s’étant « abaissé jusqu’à la mort et à la mort de la croix » – la mort infamante des esclaves et des brigands ! Les hommes et les démons ne peuvent pas changer leurs positions de créatures dépendantes de Dieu. Seul, Dieu peut prendre la position de l’homme, en gardant sa nature divine. Seul digne d’être servi, Il est venu pour servir (Mat. 20. 28). Exemple suprême pour nous !

Il s’est glorifié dans son abaissement. Par sa mort, sa résurrection et sa glorification, le Seigneur a transcendé les croyants par la perfection de son œuvre. Lui s’est fait « semblable à nous… à part le péché ». Mais Il nous a faits semblables à lui « car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Dieu nous ayant créés pour nous aimer (car Il est amour), il nous a démontré la parfaite réalité de son amour dans l’œuvre du Seigneur Jésus, nous ayant délivré de l’emprise du péché, et maintenant, purifiés, il nous a fait « asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Christ » (Éph. 2. 5 et 6).

Les caractères des quatre évangiles se retrouvent dans ces versets : v. 6, nous avons le Fils de Dieu, (Jean). v. 7, le serviteur (Marc). v. 8, le Fils de l’homme (Luc). Enfin, v. 9, l’élévation du Messie, l’Oint de l’Éternel, le Roi (Matthieu). S’étant abaissé Lui-même (personne ne le pouvait) (Jean 10. 18), « Dieu l’a haut élevé » (v. 9) ; et Dieu l’a fait « souverain sacrificateur » (Héb. 5. 5). « L’abaissement va devant la gloire » (Prov. 15. 33).

Le Seigneur voulait accomplir l’œuvre de la rédemption, mais cela impliquait la responsabilité de l’homme qui l’a crucifié. Artisan de la création (Prov. 8), Il a voulu naître et mourir comme un homme, faisant ainsi, les délices de Dieu ! Sa vie a été celle d’un esclave volontaire jusqu’à la fin où, en Jean 13. 4 et suivants, Il lave les pieds de ses disciples, ayant voilé sa dignité divine qu’Il conservait, pourtant, et qu’Il dévoilait dans les nombreux miracles qu’Il faisait.

Jusqu’en Gethsémané, où ceux qui voulaient l’arrêter tombent par terre, lorsqu’Il leur dit : « C’est moi ». Au ciel, nous verrons les plaies éternelles que nous avons infligées à Celui qui était le Dieu invisible (Ex. 33. 20), mais qui s’est rendu visible dans l’Homme Christ Jésus, que nous contemplerons éternellement. Il est, en même temps, « le Fils du Véritable, et Lui-même est le Véritable » (1 Jean 5. 20). « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27).

Le Seigneur nous exhorte à sonder les Écritures qui rendent témoignage de Lui , mais nous ne pourrons jamais aller au fond de la connaissance de Sa glorieuse réalité de Dieu et d’Homme. Durant les trois heures de ténèbres, Il a mesuré toute l’horreur des souffrances de « l’étang de feu » qui nous étaient réservées, bien qu’Il n’y fut pas jeté Lui-même. Il a été fait « malédiction ». Mais « Dieu lui a donné un nom au-dessus de tout nom ». C’est le nom de Jésus : « L’Éternel est Sauveur », nom qu’Il a porté jusqu’au bout, et qu’Il portera encore dans l’éternité.

L’expression : « Il n’a pas regardé comme un objet à ravir » signifie que le Seigneur, qui est Dieu, n’a pas insisté sur Ses droits divins, mais « s’est abaissé Lui-même ». Il ne s’est pas emparé avec violence de Ses attributs divins. Dès lors, « Dieu l’a haut élevé ». C’est la réponse de Dieu à Son Fils, car pour la première et unique fois, Dieu a vu un homme marchant en perfection, en humilité, en amour, en dévouement pour Dieu et pour les hommes. Le fils de Dieu a montré, sur la terre, l’exact contraire d’Adam qui a voulu s’élever et être Dieu, et que Dieu a dû abaisser jusqu’à la mort.

Tout, dans les pensées du Seigneur, dans Ses paroles et dans Ses actes, glorifiait Dieu. Et la voix divine a pu proclamer du haut du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-Aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17 ; 17. 5). Voilé sous son humanité parfaite, sa divinité se révélait dans Ses miracles. Le Seigneur, Fils de Dieu (Mat. 11. 27), était « humble de cœur » (cf. Mat. 11. 29).

Quant à nous, nous avons besoin d’être humiliés pour devenir quelque peu humbles. Mais le Seigneur l’était dans Sa nature même, car il n’y avait pas la racine du péché en Lui. Autant Il s’est abaissé volontairement, autant Dieu L’a « haut élevé et Lui a donné un nom au-dessus de tout nom ».

Le Seigneur Jésus, Fils de l’homme méprisé et rejeté, régnera en puissance et en gloire sur la terre (1 Cor. 15. 25), après avoir écrasé Ses ennemis et établi Son règne millénaire. Son nom d’Homme, Jésus – Dieu est Sauveur – ce nom dans lequel Il a été humilié par les hommes, Il le garde éternellement, mais c’est, devant Dieu, un nom de gloire. C’est sous ce nom-là que « tout genou se ploiera des êtres célestes, et terrestres et infernaux, et que toute langue confessera qu’Il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (v. 9 à 11). En glorifiant le Seigneur Jésus ainsi, tous les êtres moraux de l’univers glorifieront Dieu le Père. En prenant la nature humaine, Jésus est devenu de peu inférieur aux anges (Héb. 2. 9), mais, remonté au ciel, Dieu L’a fait asseoir à Sa droite, sur Son trône. Jusqu’ici, les démons ne reconnaissent pas Sa seigneurie. Cependant, ils devront proclamer, de force, qu’Il est « Seigneur », et ceci à la gloire du Père. « Jésus », nom d’abord méprisé, est devenu le nom de Sa domination, ayant été oint « au-dessus de ses compagnons » (Héb. 1. 9) ; alors que David avait été oint « au milieu de ses frères » (1 Sam. 16. 13).

Ce nom de « Sauveur » sera honoré comme Son nom de « Seigneur » (Ps. 72. 17). Apocalypse 19. 11 à 13 le montre triomphant de Ses ennemis en jugement, et portant un nom secret, sous lequel Il combat, en justice et en gloire, Ses ennemis ayant refusé d’honorer le Père en n’honorant pas le Fils (Jean 5. 21 à 23). Sur la croix, le Seigneur a été vu de Ses ennemis pour la dernière fois. Ils Le reverront, placé très haut et triomphant, et non plus avec un visage « défait » par les souffrances morales, et seront « stupéfaits » (És. 52. 13 à 15). Entre trente et trente-trois ans, le Seigneur en paraissait presque cinquante. Mais là, Il fait briller un rayon de Sa divinité : « Avant qu’Abraham fût, je suis ». (Jean 8. 56 et 57).

Il y a deux façons d’être aux pieds du Seigneur, et de confesser Son nom : à salut (Rom. 10. 9), comme Marie, le connaissant comme Seigneur et écoutant Sa Parole ; ou comme Ses ennemis, sous Ses pieds (Phil. 2. 11).

Enfin, l’apôtre exhorte les Philippiens à l’obéissance et à « travailler à leur propre salut » (v. 12 et suivants). Il avait travaillé pour les amener au salut initial (Rom. 10. 9 ; Éph. 2. 8). Mais ensuite, Paul étant absent et prisonnier à Rome, ils devaient se prendre en main eux-mêmes en se confiant au Seigneur seul, pour le salut journalier, personnel (Phil. 1. 19 et 20) – et enfin pour le salut final, lorsque le Seigneur enlèvera Son Assemblée (Rom. 13. 11 et 12).

Les Philippiens avaient des combats à remporter entre eux. À Philippes, l’ennemi produisait des désordres, et ils devaient agir « avec crainte et tremblement », devant le Père (1 Pier. 1. 17). Ils devaient vivre fidèlement afin « d’orner » et d’enrichir leur salut déjà acquis. À Thessalonique, Paul reconnaissait leur « œuvre de foi, leur travail d’amour et leur patience d’espérance » (1 Thess. 1. 3). Ce sont ces choses que nous avons à cultiver afin d’enrichir notre entrée dans l’héritage céleste, dans « la maison du Père ».

Au v. 12, l’apôtre nous exhorte à réaliser pratiquement ce que le Seigneur Lui-même a manifesté, l’humilité dans l’abaissement volontaire (v. 5 à 8) : on ne peut Le suivre sans cette humilité réelle dans nos cœurs. Mais par la foi, l’Esprit a fait naître en nous le nouvel homme qui ne pèche pas car, de nature divine, il ne peut pécher (1 Jean 3. 9). Cette humilité ne doit pas être une attitude de façade, mais réelle, afin que le Seigneur puisse dire à chacun : « Ami, monte plus haut » (Luc 14. 10). Nous ne saurions servir le Seigneur efficacement, et de manière à Lui plaire, sans cette humilité.

C’est aussi la vraie base morale pour « travailler à notre propre salut », afin de nous assurer une plus riche entrée dans la maison du Père ; car, alors, « nous lui serons semblables (au Seigneur), car nous le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Dieu nous invite à progresser. C’est encore dans l’humilité que nous serons capables de Lui obéir, comme le Seigneur a obéi à Son Père (v. 6 à 8, 12). Dieu veut nous donner beaucoup afin que nous ressemblions de plus en plus au Seigneur, en apprenant de plus en plus à Le connaître par les Écritures. C’est aussi la Parole qui nous montre le chemin dans lequel Dieu veut nous voir marcher, en suivant le Seigneur humblement. « C’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (v. 13). Cela exclut notre propre volonté, car tout ce que nous pouvons faire de bien, vient de Dieu seul (Jac. 1. 16 et 17).

Dieu, Lui seul, est l’auteur de notre salut pour l’obtention duquel nous n’avons rien apporté. De même, les bonnes œuvres dans lesquelles nous devons marcher viennent de Dieu (Éph. 2. 10), et notre simple « bonne volonté » nous conduirait dans un chemin d’indépendance. Les v. 9 à 11 de 2 Corinthiens 8 nous enseignent la dépendance de la volonté du Seigneur.

Le Seigneur est, Lui, notre parfait modèle sur les traces duquel nous devons marcher. Il se conformait strictement à la volonté de Son Père, et l’accomplissait à la perfection, jusque dans le jardin de Gethsémané, en proie à la plus terrible agonie ! Dans les difficultés jalonnant notre vie chrétienne, nous devons suivre le Seigneur « sans murmures et sans raisonnements » (v. 14), à l’inverse du peuple dans le désert qui, durant quarante ans, n’a cessé de murmurer et de contester contre Moïse et Aaron – en réalité, contre Dieu. Les disciples aussi raisonnaient en eux-mêmes (Mat. 16. 8 ; Marc 2. 8), ainsi que le peuple contre le Seigneur (Mat. 11. 19). Il adresse alors de terribles reproches aux villes de Chorazin et de Bethsaïda, témoins de Ses miracles, mais qui Le rejetaient !

Mais le Seigneur, dans ce même chapitre, Se soumettait à Son Père (v. 25 à 30). Nous sommes capables, nous aussi, de murmurer et de raisonner, manifestant notre peu de confiance en Dieu, et nous confiant plutôt en nos propres facultés humaines. Quant au Seigneur, « tous… s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22). Pour nous, nous pouvons, conduits par l’Esprit Saint, avoir le saint désir d’obéir à Dieu ; cependant, en nous-mêmes, nous n’avons aucune force pour le faire. Il est indispensable de laisser l’Esprit agir en nous, afin d’avoir aussi la force de « faire » (cf. v. 13).

Dans le monde, il est normal d’organiser l’action et d’agir de façon coordonnée pour atteindre le but proposé à tous les membres d’une association. Mais les enfants de Dieu doivent prendre conscience que nos pensées humaines n’atteignent pas à la hauteur des pensées divines. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel : car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (És. 55. 8 et 9). « Dieu a fait l’homme droit ; mais eux, ils ont cherché beaucoup de raisonnements » (Éccl. 7. 29).

Jacques nous exhorte à ne pas « murmurer les uns contre les autres » (Jac. 5. 9), mais à tout prendre de la main de Dieu. Deutéronome 17. 8 à 11, montre ce que nous devons faire, dans le doute, concernant une situation difficile : prier le Seigneur – symbolisé par les sacrificateurs – pour qu’Il nous montre le chemin, et Lui obéir. Même Moïse n’avait pas toujours la solution des difficultés que rencontrait le peuple, mais il consultait l’Éternel, et il donnait Sa réponse au peuple. De même pour nous, le Seigneur attend que nous Le consultions, en étant sincèrement désireux de Lui obéir.

Dans les v. 14 à 16, l’apôtre exhorte les Philippiens à faire « toutes choses sans murmures et sans raisonnements (Éccl. 7. 9), afin qu’ils soient sans reproche et purs… irréprochables… et qu’ils reluisent comme des luminaires… présentant la parole de vie ». Il y a une réalité purement intérieure, et ce qui se voit extérieurement. « J’ai trouvé que Dieu a fait l’homme droit ; mais eux, ils ont cherché beaucoup de raisonnements » (cf. Éccl. 7. 29). Selon l’absolue rectitude de la nature divine, Dieu a fait l’homme droit. Cependant, Israël, dans le désert, n’a cessé de murmurer et de raisonner durant quarante ans ! Et Dieu a dû réprimer sévèrement cette attitude obstinée. Nous-mêmes ne sommes pas exempts de ces défauts qui affectent la communion avec le Seigneur.

Si même nous sommes dans le monde, nous ne sommes pas du monde (Jean 17. 14 et 16). Gardons-nous de ressembler à cette « génération tortue et perverse » du temps de l’apôtre – et qui s’est considérablement aggravée de nos jours ! Tortu qualifie ce qui n’est pas droit ; et pervers, la propension à faire le mal. Quant à nous, nous devons refléter la lumière divine que le Saint Esprit a mise en nous, à notre conversion, en suivant le Seigneur : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 22). C’est une invitation ferme à marcher dans un chemin de lumière (Mat. 5. 16 et 17), chemin d’obéissance, sans murmures, à l’inverse des hommes de ce monde – nous souvenant que les raisonnements humains nous égarent.

Nous devons présenter ces caractères qui étaient ceux du Seigneur Jésus. Être purs et sans reproche, des enfants de Dieu irréprochables, comme Lui l’était (Héb. 7. 26). Dans les ténèbres morales de ce monde, seul le chrétien possède en lui, la lumière de Dieu, qu’il doit refléter. Prenons garde de ne pas mettre cette lumière sous le boisseau (symbole des activités débordantes parmi lesquelles on n’a plus le temps d’être occupé des intérêts du Seigneur) – ni sous le lit, nous adonnant à la paresse.

À l’imitation du Seigneur, marchons dans la séparation morale de l’esprit du monde, mais ne nous réfugions pas dans un monastère. Nous devons présenter « la parole de vie », en paroles certes, mais en l’illustrant aussi par notre marche pratique. Notre vie devrait être sans reproche aux yeux des hommes, comme elle l’est aux yeux de Dieu qui nous voit, désormais, au travers de la perfection de Christ (Jude 24). N’ayant aucune force en nous pour réaliser cela, appuyons-nous sur le Seigneur, car la puissance est en Lui.

Dans l’épître de Jude, il s’agit d’être irréprochables devant la gloire de Dieu. Mais dans notre passage, c’est plutôt pour la gloire de Paul, en témoignage que son travail a été efficace auprès des Philippiens qui, à leur tour, présentaient la Parole de vie autour d’eux. C’était une couronne de gloire pour lui, pour le jour où l’Église se présentera au tribunal de Christ (1 Thess. 2. 19 et 20). Quoique encore future qu’ait été cette gloire pour l’apôtre, elle n’en faisait pas moins sa joie à ce moment-là (Phil. 4. 1). Que le Seigneur nous donne davantage de forces pour présenter la Parole de vie (Héb. 4. 12), en cohérence avec notre manière de vivre. Quant aux hommes du monde, Satan leur cache la gravité du péché dans lequel ils s’enfoncent de plus en plus, en déconsidérant le bien sans vergogne !

En rappelant les deux dons que les Philippiens lui avaient envoyés, l’apôtre se met humblement au rang d’une simple « libation » (2 Tim. 4. 6), par rapport à leurs sacrifices en sa faveur. Mais ces croyants avaient aussi fait le sacrifice de leur temps, de leur énergie, afin de présenter l’Évangile au sein du monde païen; et cela n’était pas sans danger. Et dans sa joie, lui qui était prisonnier, il s’efface devant eux et s’en réjouit (v. 17).

Ces versets nous convainquent que nous sommes loin de la mesure de l’apôtre Paul qui, lui-même disait : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Cor. 11. 1). Le Seigneur est le parfait modèle, mais Paul était l’exemple d’un racheté qui suivait et servait fidèlement son Seigneur, qui avait dit à son sujet : « Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Act. 9. 16). Mais Paul s’était senti seul dans sa sollicitude pour les Philippiens.

Malgré tout, dans sa captivité, il était animé de la même joie que celle qui remplissait le cœur parfait du Seigneur qui Lui-même a dit : « Personne ne vous ôte votre joie ». Sans un vrai dévouement pour le Seigneur, notre vie est gâchée ; et nos intérêts doivent être ceux du ciel. Cette épître parle dans chaque chapitre de la joie chrétienne (ch. 1. 18 et 26 ; ch. 2. 2, 18, 28 et 29 ; ch. 3. 1. ch. 4. 4 et 10). L’apôtre, pourtant, avait bien des sujets de peine ; mais il souligne que le Seigneur lui avait épargné « tristesse sur tristesse » (v. 27). Malgré nos propres sujets de tristesse, appliquons-nous à reconnaître les occasions de joie. Et Paul exhorte les Philippiens à partager ses propres sujets de joie. La conscience de la présence du Seigneur et de Son regard plein d’amour dans tous nos moments, nous aideront à atteindre ce degré de plénitude de joie, malgré les peines. Dans les Actes, on reconnaissait les disciples « pour avoir été avec Jésus ».

Dans les v. 19 et 25, deux serviteurs fidèles du Seigneur sont auprès de Paul : Timothée – qui a écrit cette lettre sous la dictée de l’apôtre – auquel il dit dans la 1ère épître à Timothée ch. 1. 2 : « à Timothée mon véritable enfant dans la foi ». Mentionné pour la première fois en Actes 16. 1 et 2, ce serviteur était dévoué à l’apôtre. Puis il y avait aussi Épaphrodite, qui avait été deux fois envoyé vers Paul, porteur des dons des Philippiens pour ses besoins (v. 25 ; ch. 4. 25).

Paul disait : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ». C’est cette disposition de cœur qui dictait sa conduite dépourvue d’égoïsme. Toutes ses épreuves n’avaient pas altéré sa foi, et il persévérait dans ses soins spirituels pour ses frères. Le Seigneur, en perfection, intercédait pour ses bourreaux, s’occupait du brigand repentant, prenait soin de sa mère au moment où « une épée transperçait sa propre âme » (Luc 2. 35) – et de son disciple Jean. Et cela, alors qu’Il était crucifié !

Quant à Paul, il connaissait de grands sujets de tristesse : Démas l’avait abandonné, et Alexandre avait montré pour lui « beaucoup de méchanceté » (2 Tim. 4. 10 et 14). Tous ceux qui étaient en Asie s’étaient « détournés » de l’apôtre (2 Tim. 1. 15). Cependant, il était soutenu par de fidèles serviteurs que Dieu lui avait envoyés. Une sincère sollicitude l’animait pour toutes les assemblées (2 Cor. 11. 28), bien qu’il ne les ait pas toute connues. Prions, nous aussi, pour les différents rassemblements, même si « tous cherchent leurs propres intérêts et non pas ceux de Jésus Christ » – assiégés comme nous devrions l’être par cette sollicitude.

Cherchons humblement l’intérêt d’autrui (1 Cor. 10. 23 et 24). Tout serait différent, alors, dans les assemblées ! Sur la terre, Le Seigneur avait renoncé à tout : « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête » (Luc 9. 57 et 58). Dans nos affaires familiales, ne négligeons pas le Seigneur, qui a toutes les priorités : « Mon fils, donne-moi ton cœur ». Notre époque ressemble à celle de l’apôtre, mais n’abandonnons rien.

Dans nos relations entre frères et sœurs doit régner une délicatesse fondée sur l’amour selon Dieu. Comme le Seigneur n’a pas repris durement les pécheurs, l’apôtre montre la même douceur envers les Philippiens, qui l’avaient presque oublié – semblant même les disculper et les consoler, leur disant qu’il avait appris à être dans l’abondance et dans les privations, et à être content en lui-même (ch. 4. 10).

Cependant, il veut leur envoyer Timothée, pensant reprendre courage en prenant connaissance de leurs affaires.

À Rome, les chrétiens ne partageaient pas l’amour de Paul pour le Seigneur. « Tous » cherchaient leurs propres intérêts (v. 21). Leur amour pour le Sauveur était étouffé par « les épines » (Luc 8. 14) ! Quelle différence avec ce que l’apôtre disait de lui-même : « Pour moi, vivre c’est Christ » (ch. 1. 21). Mais Paul était soutenu par Timothée et Épaphrodite, deux serviteurs fidèles, envoyés par le Seigneur pour l’entourer de leurs soins et de leur affection. Épaphrodite avait effectué un voyage très long et épuisant, à la suite duquel il était tombé malade (v. 30). Lui et Timothée vivaient pour Christ.

L’état spirituel bienheureux de l’Église à son tout début s’est rapidement dégradé. Cependant, il s’est toujours trouvé un faible résidu, demeuré fidèle et rempli d’affection fraternelle : « Ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre » (Mal. 3. 16). Ceux-là trouvent leur joie à être ensemble autour du Seigneur pour Le servir, avec une foi qui L’honore. C’est toujours le résultat béni, lorsque le Seigneur remplit un cœur disponible pour Le servir (1 Cor. 10. 24 et 33). Paul disait de Timothée : « Mon enfant bien-aimé et qui est fidèle dans le Seigneur » (cf. 1 Cor. 4. 17). Il avait « pleinement compris » la doctrine de Paul (2 Tim. 3. 10). Paul gardait le plus possible auprès de lui, ce précieux compagnon qui avait été connu à l’épreuve (1 Tim. 3. 8 à 10), ayant servi avec Paul, dans l’évangile (v. 22 ; Rom. 12. 11). Servir avec Paul impliquait bien des souffrances et des dangers ; mais Timothée avait servi « comme un enfant sert son père ».

Quant à ses propres « affaires », Paul attendait le jugement, ne sachant pas quelle en serait l’issue. Bien que vivant très près du Seigneur, il restait dépendant de son Maître, avec une foi accompagnée de prières. Pierre était l’exemple d’un croyant à qui le Seigneur avait montré que « le moment de déposer sa tente approchait » (2 Pier. 1. 14). Paul, lui-même, était assuré qu’il resterait avec les Philippiens (ch. 1. 24 et 25 ; ch. 2. 24). C’était plutôt une certitude de foi qu’une révélation. Paul désirait revoir les Philippiens. Mais il pensait surtout à leur joie à eux, en revoyant Épaphrodite (v. 28), qu’il appelle « mon frère ».

Compagnon d’œuvre et d’armes de l’apôtre durant un certain temps, comme Philémon et Archippe, il avait une place privilégiée dans le cœur de Paul. De telles appréciations pour un frère utile montrent les liens étroits qui nous unissent en Christ. De plus, Épaphrodite avait apporté à l’apôtre un don pour ses besoins ; et lui-même était plein d’affection pour les Philippiens, et fort abattu de ce que ces derniers avaient appris qu’il était malade (v. 26).

Nous sommes souvent centrés sur nos maladies. Épaphrodite, lui, était comme débarrassé de lui-même. Christ, notre modèle, n’a jamais rien fait pour Lui-même, et veut nous employer à Son service qui est à la fois une œuvre et un combat pour maintenir les saines doctrines (Jude 3 et 4). Le péché a introduit la maladie dans le monde. Mais un croyant malade ne l’est pas forcément à cause d’un péché personnel – bien que cela puisse être le cas, mais plutôt pour son perfectionnement (Job). Paul, lui aussi, avait reçu « une écharde pour la chair ». Il est faux de dire qu’un croyant ne doit pas être malade.

Prions pour nos frères et sœurs malades, Dieu les guérira selon Sa volonté ; mais Il permet les épreuves (Héb. 11. 34 et 37). Dans la maladie, demandons à Dieu pourquoi elles sont permises ; et confessons nos fautes, s’il y a lieu. Mais ce doit être l’occasion de faire briller la foi. Dans une profonde communion avec son Seigneur, Paul entrait profondément dans les épreuves de ses frères. Lui-même aurait été très affecté si Épaphrodite avait été repris. Pourtant, Paul avait le don de guérison, mais il n’en usait que pour guérir des incrédules, manifestant ainsi la puissance de l’évangile au sein du monde païen.

Un réel amour fraternel unissait Paul et les Philippiens. Le début du deuxième chapitre commence par l’humilité, et se termine par l’exemple d’Épaphrodite, un serviteur humble et plein d’affection pour ses frères (v. 26 et suivants). L’humilité consiste à se mettre soi-même de côté et à être ainsi disponible pour le service des frères. Paul renvoyait Épaphrodite à Philippes, afin que les Philippiens aient de la joie en le revoyant, et que lui-même ait moins de tristesse.

C’est par délicatesse que l’apôtre, ne s’attachant pas à ses propres intérêts, renvoie Épaphrodite à Philippes, afin qu’en le revoyant, les Philippiens se réjouissent (v. 28). Il cherche toujours à fortifier ses frères et travaille à leur avancement spirituel. Paul et les frères qui le suivaient étaient humbles ; mais tous devaient reconnaître avec joie ceux que le Seigneur avait donnés pour le bien de l’Assemblée (1 Cor. 16. 17 et 18 ; 1 Tim. 5. 17 ; 1 Thess. 5. 12 et 13). Cela nous concerne aussi. Bien qu’il ait eu quelques sujets de tristesse, Paul se réjouissait dans le Seigneur, et il désirait que les saints se réjouissent avec lui. Pour Paul comme pour Épaphrodite, la gloire de Dieu, en servant les saints, passait avant toute autre considération (1 Jean 3. 16).

Épaphrodite, sans doute épuisé après avoir effectué un voyage de trois mille kilomètres pour compléter le service des Philippiens envers Paul, avait été proche de la mort, au service du Seigneur. Ce que d’autres frères n’auraient pu faire, Épaphrodite l’avait fait. Ce don, le second de la part des Philippiens, avait la valeur d’un « parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu » (ch. 4. 15 à 18).

Au ch. 2, nous est révélé le modèle d’humilité qui est proposé pour que nous l’imitions.

Ch. 3

Au ch. 3, nous est montré le « but » à atteindre, et la source d’énergie nécessaire (v. 14). Des frères peuvent avoir de la grâce et de l’humilité mais manquent d’énergie. D’autres peuvent être très énergiques, mais sans humilité et manquant de grâce. Le Seigneur seul peut produire l’équilibre.

Ces mots : « Au reste » (ch. 3. 1 et 4. 8), nous ramènent à nous réjouir dans le Seigneur, d’une joie indépendante des circonstances heureuses ou malheureuses (Néh. 8. 10). Paul, dans son cœur, atteignait très haut, dans la jouissance des choses célestes qui nous sont proposées. À de tels niveaux, la joie ressentie est inaltérable (Jean 15. 10 et 11) ; elle ne peut être goûtée que dans la communion avec le Seigneur et si nous gardons Ses commandements qui ne sont pas pénibles.

Paul, avant de stigmatiser les « mauvais ouvriers » et les « chiens », parle de la joie dans le Seigneur, comme le faisait l’apôtre Pierre (1 Pier. 1. 6). De même, ces deux apôtres ne craignaient pas de répéter les choses de la Parole pour nous affermir dans la piété (2 Pier. 1. 12 et 13).

Dans les deux premiers versets du ch. 3, l’apôtre dit trois fois : « prenez garde ». Nous sommes confrontés à trois dangers clairement identifiés. La vie chrétienne est assimilée à un combat permanent. Si nous sommes occupés des bonnes choses et le mettons en pratique, nous serons préservés des pièges de l’ennemi, nos pensées étant gardées dans le Christ Jésus, et jouissant de la paix de Dieu (ch. 4. 8 et 9).

Dans l’Église, comme de nos jours, il y avait des « mauvais ouvriers », apportant de fausses doctrines qui troublaient les fidèles. Les Galates étaient tombés dans des erreurs judaïsantes. Certains y apportaient la corruption (le chien est un animal impur selon Dieu). Enfin, les Philippiens devaient se garder de la circoncision juive opérée uniquement dans la chair, que Paul appelle la « concision ». C’est dans le cœur que nous devons être « circoncis », séparés moralement du monde, pour Dieu (Act. 15. 1, 10 et 11 ; Rom. 2. 28 et 29). La circoncision dans la chair avait été donnée à Abraham, marquant sa séparation pour Dieu, vis-à-vis des nations (Gen. 17. 10 à 13).

Le christianisme rendait caduques ces dispositions qui n’étaient que symboliques et imparfaites. Quant à nous, ne nous contentons pas d’apparences pieuses : la chair sait se parer du manteau de la piété, mais le Seigneur cherche la vérité dans nos cœurs. Cependant, les hommes ne comprennent pas toujours la pensée de Dieu et, avec sincérité, prônent des erreurs. Gardons-nous de nous remettre sous la loi, en édictant uniquement des exhortations pratiques : Fais ceci ; ne fais pas cela . Appuyons-nous plutôt sur les saines doctrines qui nous sont données : elles sont, pour nous, comme des supports divins, solides et permanents, qui peuvent nous conduire de façon sûre dans le chemin de Dieu, avec une vraie piété de cœur.

Dans ce chapitre, Paul met en opposition son ancien état de Juif pieux, férocement opposé aux chrétiens et acharné à les détruire, donnant sa voix lorsqu’on les faisait mourir – et ce qu’il était devenu lorsque, sur le chemin de Damas, il avait rencontré le Seigneur Jésus dans la gloire, lui disant : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » – Révélation décisive pour lui, car il comprit qu’en persécutant les chrétiens, c’était en réalité persécuter Christ Lui-même, uni à Ses rachetés !

Dès cet instant, comprenant qu’il avait, jusque là, suivi un chemin d’erreur, il s’était converti, abandonnant toute résistance : « Que dois-je faire, Seigneur ? » L’ardent zélateur de la loi, que son intransigeance mettait en valeur auprès des pharisiens et des chefs du peuple, avait « balayé » tout ce qui, pour lui, avait été « un gain ». Désormais, il considérait ces choses comme des « ordures » (v. 8). Il faut peu de temps au Seigneur pour changer un homme lorsqu’Il s’en occupe ! La religion de l’homme est en complète opposition avec la grâce de Dieu qui donne la vie avec Christ. Après notre conversion, nous pouvons comparer ce que nous étions et ce que le Seigneur a fait de nous. (Éph. 2. 10). Nous trouvons trois caractères de la vraie circoncision.

– Nous rendons culte par l’Esprit de Dieu (Jean 4. 23), en opposition avec les sacrifices d’animaux,

– Nous nous glorifions dans le Christ Jésus (Gal. 6. 14) étant morts avec Christ (le contraire de la religion judaïque s’appuyant sur les œuvres).

 – Nous n’avons pas confiance en la chair (v. 3). La religion a l’homme pour centre, la grâce est centrée sur Christ. Si nous rendons culte en rapport avec la croix où nous sommes crucifiés avec Lui, nous n’aurons pas confiance en la chair. Ne pas avoir confiance en la chair nous rappelle que, même si nous sommes délivrés de l’esclavage de la chair, elle est toujours là, en nous, prête à se manifester, même durant le culte, et il faut s’en méfier (Jér. 17. 5). En croissant spirituellement, on apprend à identifier ce qui vient de la chair ou de l’Esprit. Christ seul doit être glorifié par les chrétiens.

Hébreu des hébreux, de la tribu de Benjamin, où se situait Jérusalem, pharisien de surcroît – la secte la plus exacte du culte hébraïque – Saul de Tarse pouvait être considéré comme un exemple pour d’autres. Cependant, c’était la chair qui l’animait dans toutes ses activités. Tenons nous-mêmes notre chair dans la mort, car elle veut toujours se manifester. La loi avait été donnée pour contenir la chair ; mais celle-ci est indomptable (Luc 8. 26 à 39). Les sacrifices d’animaux ne pouvaient ôter un seul péché (Héb. 10. 1 à 4). Leur répétition incessante révélait que le péché était toujours là ! La loi, comme un tuteur, devait conduire le peuple jusqu’à Christ, qui devait, sur la croix, annuler le péché en l’expiant Lui-même. Parfaitement accomplie par le Seigneur, la loi est ôtée de dessus les hommes.

Désormais, nous pouvons rendre culte par l’Esprit Saint, car Dieu est esprit, et veut être adoré pour Lui-même, à cause de Ses gloires. Nos cultes nous occupent trop souvent de ce que le Seigneur à fait pour nous, de nos bénédictions, mais très peu de ce que le Seigneur est pour Son Père, et de ce que le Père est pour Lui. Pensons plus souvent au sacrifice de l’holocauste, offrande du Seigneur à Son Dieu, pour Le glorifier. Ne restons pas toujours au niveau du sacrifice pour le péché.

Paul, en vrai Juif, de la tribu de Benjamin, avait été circoncis le huitième jour ; il avait été instruit dans le judaïsme « aux pieds de Gamaliel, un rabbin de grande renommée. Il était sans reproche quant à l’obéissance aux ordonnances de la loi. Il persécutait l’Assemblée du Seigneur, et était imbu de sa propre justice selon la loi. Cette religion de la chair le flattait beaucoup !

Devenu chrétien, et délivré de la loi, il pouvait morigéner les Colossiens qui revenaient à la loi afin de satisfaire la chair, lui faisant confiance (Col. 2. 20 à 23). Par grâce, Christ nous a délivrés de tout cela : il faut que nous le vivions en réalité, avec l’aide constante du Seigneur. Dès que nous nous relâchons, nous retombons dans l’orgueil spirituel, le pire de tous ! Restons bien près du Seigneur afin d’en être gardés, car nous sommes sans force pour nous en délivrer nous-mêmes.

Paul, de la tribu de Benjamin, avait porté, avant sa conversion, le caractère du « loup » qui déchire et dévore la proie dès le matin (Gen. 49. 27). Mais, après sa conversion, il était devenu le « Bien-aimé de l’Éternel » (Deut. 33. 12). Dans l’histoire chrétienne, il y a eu des personnes qui, après s’être opposées aux chrétiens, ont été, à leur tour, touchées par la grâce de Dieu, tout-puissant pour transformer un homme.

Le Seigneur a dit aux disciples : « L’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu » (Jean 16. 2). C’était exactement ce que faisait Saul de Tarse ! Mais, sur le chemin de Damas, Le Seigneur l’a jeté par terre, et tout a été changé pour lui ; dès lors, il avait rejeté tout ce qu’il avait estimé comme des avantages pour lui jusque là, et désormais, il les considérait « comme des ordures », afin de « gagner Christ » (v. 8).

Paul avait fait le « compte » de ce qu’il perdait et, à l’inverse, de ce qu’il gagnait : Christ ! « Pour moi, vivre c’est Christ » (ch. 1. 21). Paul pouvait dire en ce qui concernait ces faux avantages du passé : « je les ai regardés » ; et une trentaine d’années plus tard, il écrivait aux Philippiens : « je les regarde comme une perte ». Il n’avait pas changé. Pouvons-nous en dire autant depuis notre conversion ou bien avons-nous repris des choses d’abord rejetées, ce qui montre que nous n’apprécions plus le Seigneur de la même manière ? Paul avait vu le Seigneur dans la gloire et cela l’avait marqué toute sa vie. Christ a-t-il un tel prix pour nous, au point que tout le reste ne compte plus ? (Mat. 13. 44 à 46) Bien des choses, non assimilables au « mal », sont permises par la Parole, mais sont-elles avantageuses, profitables ? (1 Cor. 10. 23 et 31)

Se demander, d’abord : Est-ce un gain ? , plutôt que : Est-ce mal ? Cherchons toujours la gloire de Dieu (Jean 7. 18). Sans nous remettre sous une loi (Col. 2. 20 à 23), faisons les choses « à cause de l’excellence de la connaissance de Christ notre Seigneur ». Chrétiens, nous avons été rendus libres (Gal. 5. 1 et 13), mais la volonté du Père est que nous ayons communion avec Son Fils, de façon vivante, et non en apparence seulement.

La loi, donnée au peuple de Dieu, devait le conduire jusqu’à Christ qui, par Sa vie et par Sa mort, a pleinement accompli la loi. Désormais, le croyant est placé dans la liberté, non pour pécher, mais pour vivre de façon spirituellement avantageuse ; en nous attachant « à le connaître, Lui, et la puissance de sa résurrection (premièrement), et la communion de ses souffrances » (v. 10 ; Col. 3. 1 à 3). Nous sommes ressuscités avec Christ, et nos vrais biens sont cachés dans les cieux (Mat. 6. 21). Si le Seigneur est notre « trésor », nous pourrons rejeter les choses inutiles de ce monde. L’apôtre courait « pour remporter le prix, et combattait « non comme battant l’air » (1 Cor. 9. 24).

C’est la chair qui pèche. La chair peut être aussi « religieuse » : mais c’est toujours la chair, entièrement souillée et condamnée (És. 64. 6). Comme Paul, ayons en nous la « justice qui est de Dieu, moyennant la foi » (v. 9). L’épître aux Hébreux nous exhorte à « courir avec patience la course qui est devant nous, les yeux fixés sur Jésus » (ch. 12. 1 et 2), en suivant Ses traces (1 Pier. 2. 21). Cela détournera nos yeux de nous-mêmes, pour les fixer sur Christ dans la gloire.

Deux versets s’opposent quant à l’état moral de Paul. « Mais les choses qui pour moi étaient un gain » (v. 7). Et la justice « qui est par la foi en Christ… pour le connaître, Lui » (v. 10). C’est dans la gloire avec le Seigneur que nous parviendrons tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu… à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Éph. 4. 13). Recherchons dans la Parole les traces que le Seigneur a imprimées sur la terre, afin de croître dans Sa connaissance. Mais pour cela, nous avons besoin de tout Son secours, car nous avons encore la chair en nous qui nous ralentit dans notre course… à moins que le diable ne nous fasse même reculer.

Chacun doit se dire : « J’ai un but à atteindre : Christ dans Son excellence. Crions au Seigneur afin qu’Il nous délivre de toutes les pesanteurs de la chair qui nous empêchent de nous attacher à Christ, comme Paul s’y était attaché sur le chemin de Damas.

À sa conversion, Paul avait abandonné sa justice qui est selon la loi, afin d’être revêtu de la justice de Dieu selon la foi, pour connaître Christ (v. 10). La loi, autrefois imposée au peuple, a été pleinement accomplie par le Seigneur, de sorte que Dieu l’a retirée et ne l’exige plus des hommes. Comme l’apôtre, nous avons à progresser dans la connaissance du Seigneur et à poursuivre le même but : gagner Christ. Paul reconnaissait que lui-même n’avait pas encore « saisi Christ », mais qu’il avait été lui-même saisi par le Christ (v. 12 et 13). Il « courait » de manière à Le gagner. C’est aussi ce qui est placé devant nous afin de nous tirer en avant.

Sur le chemin de Damas, il avait suffi à Paul de la réponse du Seigneur à sa question : « Je suis Jésus que tu persécutes », pour que toute sa vie en soit changée. Désormais, il voulait « connaître Christ, la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances ». Si l’apôtre place la résurrection du Seigneur avant de parler de Ses souffrances, c’est parce qu’il fallait qu’Il ressuscite avant que nous ayons la vie, et que nous puissions communier avec Ses souffrances. Le Psaume 63. 1 et 2 pouvait s’appliquer au désir ardent de Paul qui avait vu le Seigneur dans la gloire, et qui désirait être conforme à Son modèle sur la terre : Christ (Col. 1. 24).

Nous pouvons être amenés à « souffrir pour la justice » de la part des méchants (1 Pier. 2. 21 à 23), comme le Seigneur, dans les afflictions qu’Il a connues dans Sa vie : Judas qui Le trahit, Pierre qui Le renie, les tribunaux iniques qui Le jugent et devant lesquels Il ne répond rien. Cependant, nous ne pouvons entrer dans Ses souffrances expiatoires. En son temps, Jérémie, lui aussi, avait beaucoup souffert de l’opposition acharnée de ceux qui le persécutaient à cause de ses prophéties annonçant les malheurs à Israël (Jér. 20. 7). Paul, lui, voudrait que nous soyons ses imitateurs.

« La puissance de sa résurrection » fait référence à la puissance divine nécessaire à la résurrection du Seigneur ; puissance qui opérera pour nous ressusciter aussi (Éph. 1. 18 à 20). Par Sa résurrection, Christ est les prémices de la nouvelle création, dont nous faisons partie par notre foi en Jésus Christ. C’est pourquoi Paul avait la certitude qu’il ressusciterait (Rom. 6. 8). Nous avons cette même certitude, de sorte que nous disons : « Viens Seigneur Jésus » ! Car « notre bourgeoisie est dans les cieux ».

Pour que nous entrions dans la communion de Ses souffrances, il nous faut d’abord connaître la puissance de Dieu manifestée dans la résurrection. Nous possédons déjà, en germe, cette vie de résurrection, la propre vie de Jésus ressuscité (1Cor. 15. 12 à 19), car nous portons en nous la conformité de la « mort de Jésus » (2 Cor. 4. 10). Si nous sommes appelés à manifester la vie de Christ sur la terre, quant à la sainteté pratique, comme le faisait Paul, nul ne peut entrer dans l’imitation de la mort sur la croix où, seul, le Seigneur a expié nos péchés.

Paul ne connaissait pas d’avance par quel chemin le Seigneur le ferait « parvenir à la résurrection d’entre les morts » (v. 11). Il acceptait cependant de se laisser conduire par son Maître, par quelque chemin qu’Il le ferait passer pour atteindre ce but. Il avait conscience qu’il n’avait pas encore atteint la perfection du Seigneur (v. 12) ; mais c’était le but qu’il poursuivait « oubliant les choses qui sont derrière et tendant avec efforts vers celles qui étaient devant » (v. 14), afin de poursuivre la perfection du Seigneur ; Le connaître toujours mieux selon ce qu’Il veut nous révéler de Lui-même, dans sa communion.

La perfection du Seigneur est notre seule référence à considérer dans notre propre vie. Pierre Le suivait de loin, et il est tombé ! Jean se tenait tout contre lui, et avait reçu Sa réponse. C’est en « sondant les Écritures » que nous approfondissons la connaissance de Christ (Jean 5. 39). « L’esclave n’est pas plus grand que son Maître », et nous sommes exhortés à être fidèles, et à « prendre notre part des souffrances » (2 Tim. 8. 2 et 3 ; ch. 2. 3). Comme l’apôtre, faisons « une chose » : soyons occupés du Seigneur en tous temps !

Reconnaissant qu’il n’était pas parvenu à la perfection, Paul oubliait « les choses qui étaient derrière », et tendait avec effort vers celles qui étaient devant… et courait « droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (v. 14). Cet effort venait du Seigneur, car, disait-il : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (ch. 4. 13). Avant de nous exhorter à être ses « imitateurs » (v. 17), Paul nous montre l’exemple de sa propre conduite (1 Cor. 11. 1). Le Seigneur Lui-même est notre divin modèle (1 Pier. 2. 21), et Il nous encourage à suivre Ses traces avec les forces qu’Il donne, par la Parole et la prière.

Rappelons qu’il y a la perfection initiale acquise définitivement à la conversion (Héb. 10. 14) – la perfection pratique dans laquelle nous avons à faire des progrès – enfin, la perfection future que nous atteindrons lorsque nous serons au ciel avec le Seigneur. Paul reconnaissait qu’il n’était pas encore parvenu à ce stade, mais il « courait droit au but », cherchant a « saisir Christ », à vivre de façon pratique, comme s’il avait déjà atteint cette perfection. C’était ce qui avait du prix pour lui.

Contrairement aux incrédules, le croyant a un but : saisir Christ dans la gloire qu’il verra face à face. Et pour cela, Paul faisait « une seule chose » : Il courait « droit au but », ne laissant rien l’en détourner. Veillons à imiter Marie : assise aux pieds du Seigneur, elle écoutait sa Parole, et cette « bonne part » ne lui serait point ôtée (Luc 10. 39 à 42). Cette même part doit être la nôtre à chacun : c’est le désir du Seigneur que nous soyons « assis » paisiblement à Ses pieds. C’est à travers la Parole que nous apprenons à connaître le Seigneur : « Sondez les Écritures… car ce sont elles qui rendent témoignage de Moi » (Jean 5. 39).

L’aveugle que le Seigneur avait guéri (Jean 9. 24 et 25), savait « une chose » : il avait été aveugle et maintenant il voyait. Chacun est amené à avoir une certitude personnelle en relation directe avec ses circonstances propres. Le Seigneur parle à chacun, de façon personnelle : « Simon, j’ai quelque chose à te dire ». Fixons les yeux sur Jésus (Héb. 12. 2) afin de ne pas Le perdre de vue dans toutes nos occupations, et de faire « toutes choses comme pour le Seigneur ». Le seul but que la Parole nous propose, c’est le Seigneur !

Dans le ciel, nous aurons revêtu la perfection même du Seigneur, et serons un en Lui, comme Lui est un avec le Père (Jean 17. 21). Mais tant que nous sommes sur la terre, notre perfectionnement résulte de la soumission journalière à la Parole. Nos pensées, nos paroles et nos actions doivent répondre à ce que le Seigneur aimerait trouver en nous, au moment où Il reviendra.

Nous devons marcher ensemble avec amour, « dans le même sentier » (v. 16), même s’il arrive que nous n’ayons pas tous une même pensée. Dans ce cas, remettons-nous humblement tous ensemble et avec sincérité au Seigneur, et Lui nous montrera Sa pensée (És. 55. 8 et 9). « Gardons l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Éph. 4. 1 à 3). Courons ensemble, avec énergie, vers le même but, ayant déposé nos fardeaux (ch. 4. 6), afin de mieux courir. Dans cette course spirituelle, tous ceux qui courent gagneront Christ, le but et la récompense.

« Nous tous qui sommes parfaits » (v. 15) : ce sont ceux qui ont compris qu’il est nécessaire de courir vers le but. Peu importe à quel point de la course nous sommes parvenus. Certains sont plus avancés que d’autres, mais l’essentiel est de courir. Nous devons nous aider mutuellement. Il ne s’agit pas de divisions sur les vérités fondamentales que nous devons tous garder ; mais de liberté chrétienne, dans laquelle nous ne sommes pas tous parvenus au même niveau.

Paul espérait « achever sa course » fidèlement (Act. 20. 24) ; et il en parle comme de la certitude d’y être parvenu en 2 Timothée 4. 7. Chacun achève sa course lorsque nous avons pleinement accompli ce que le Seigneur nous a confié. Paul se mettait en compagnie de ceux qui l’imitaient, et les désigne humblement comme exemples à suivre (v. 17). Des frères actuels peuvent être aussi des modèles pour nous, en montrant quelque chose de Christ. Par opposition, Paul pleurait sur ceux qui étaient des « ennemis de la croix du Christ » (v. 18). S’il y a des « anciens » parmi nous, ils doivent être « les modèles du troupeau » (1 Pier. 5. 2 et 3).

« Notre bourgeoisie est dans les cieux » (v. 20). Ces paroles confèrent aux chrétiens une noblesse spirituelle qui les arrache à la « possession » de la terre comme étant leur patrie. Cette vérité les oppose aux incrédules dont les seuls intérêts sont terrestres, et « qui habitent sur la terre ».

Ceux-là subiront la domination diabolique de « la bête qui monte de la mer » (le chef de l’empire romain reconstitué) et de la bête qui monte de la terre (d’Israël), l’antichrist (Apoc. 13. 8 et 14). N’ayant pas la vie divine en eux-mêmes, ils seront séduits par ces deux hommes sataniques qui les égareront pour le jugement.

Par opposition, nos intérêts de croyants sont dans les cieux, notre vraie patrie. Nous traversons la terre comme étant de passage dans un pays qui n’est pas le nôtre, nous acheminant vers notre destination céleste, d’où nous attendons Christ comme Sauveur de nos corps, par la résurrection. Les « bourgeois » du Moyen-âge administraient leurs villes, mais nos droits à nous, chrétiens, sont uniquement dans les cieux. « Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez aux choses qui sont en haut, non pas celles qui sont sur la terre » (Col. 3. 1 et 2).

Nous avons un grand besoin de lire les Écritures qui nous entretiennent du Seigneur Lui-même, et de notre vraie patrie, tandis que nous sommes souvent accaparés par les occupations matérielles. Contrairement à l’assertion de quelques hommes qui se proclament « citoyens du monde », le Seigneur Lui-même dit des croyants : « Ils ne sont pas du monde comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17. 14 et 16). Nous sommes comme des étrangers traversant un pays qui n’est pas le leur, et aux biens duquel ils ne s’attachent pas. De même, nous n’avons pas à nous occuper de la gestion politique de la terre. Le Seigneur a déclaré à Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde… Mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18. 36).

Apprécions-nous suffisamment le Seigneur Jésus pour nous détacher des choses de la terre ? Nous avons à assumer nos tâches matérielles et quotidiennes. Mais nous devons rester de simples spectateurs de ce monde qui se corrompt de plus en plus, sans pour autant nous en isoler comme vivant dans un désert. Le Seigneur disait à Son Père : « Je ne te fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal » (cf. Jean 17. 15). La traversée est pénible et affligeante, mais le Seigneur passe devant nous et nous conduit avec sûreté, dans un chemin où nous devons Le suivre fidèlement : « Toi, suis-moi » (Jean 21. 20 et 22). « Sondez les Écritures car ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5. 39). Cherchons à mieux connaître le Seigneur afin de mieux Le suivre.

Au v. 21, nous avons la dernière acception du terme « Sauveur », celle qui concerne le Seigneur qui, après avoir sauvé nos âmes, et nous avoir sauvés quotidiennement aux milieu de nos circonstances sur la terre, sauvera encore nos corps mortels en les transformant « en la conformité du corps de sa gloire » (Rom. 8. 23 ; 1 Cor. 15. 51 à 55 ; 1 Thess. 4. 16).

Le passage déjà cité de Romains 8 a entraîné une grave erreur d’interprétation. Plusieurs ont pensé que Dieu a prédestiné certains à être sauvés et d’autres à être perdus. Mais Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Simplement, il a « préconnu » ceux qui accepteront le salut gratuit, et les a prédestinés à être rendus conformes à l’image de Son Fils, puis les a appelés, justifiés et glorifiés. Et Il a préconnu aussi ceux qui Le refuseront. Dès lors, soyons heureux d’être des citoyens du ciel ; mais ne négligeons pas ceux qui sont encore dans la perdition (Héb. 9. 27).

Après l’enlèvement de l’Assemblée chrétienne, il sera trop tard pour les incrédules ! L’état mortel qui est le nôtre est assujetti à Sa toute-puissance pour nous ressusciter pour la vie éternelle. Même la vie du Seigneur, ayant « goûté la mort pour tout », était assujettie à Sa propre puissance de résurrection (Éph. 6. 10 ; Jean 10. 17 et 18). Nous avons affaire à de nombreuses puissances : la chair en nous (morte aux yeux de Dieu, mais agissant toujours en nous) ; le diable, et le monde. Toutes ces puissances, encore actives bien que déjà vaincues par le Seigneur, Lui seront bientôt assujetties pour Sa gloire.

Ch. 4

Paul, appelant les croyants de Philippes : « mes frères bien-aimés » manifeste son amour pour eux, dans un sentiment vivant de grâce et d’amour que l’on trouve déjà au ch. 2. 12. L’amour est la base intangible de la vie chrétienne : sans amour, nous ne sommes rien (1 Cor. 13. 1 à 8) ; et l’amour de l’apôtre pour tous les croyants était un amour ardent : « mes frères… ardemment désirés, ma joie et ma couronne » dit-il. Il avait un désir brûlant de les revoir, de leur parler et, en même temps, il les considérait comme sa « couronne » de grâce et de gloire, car il les avait amenés au Seigneur par sa prédication.

En vertu de cette déclaration qu’il leur a faite : « Notre bourgeoisie est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ… » (ch. 3. 20 et 21), il les exhorte à demeurer « fermes dans le Seigneur » (ch. 1. 27 ; 4. 1). Nous ne trouvons la force de rester fermes que dans le Seigneur, en qui nous trouvons et notre joie et notre force, ces deux choses étant liées (Néh. 8. 10 ; 2 Cor. 12. 9). C’est aussi dans « la tranquillité et la confiance » que l’on est fortifié (És. 30. 15), et nous devons aussi tenir ferme et combattre pour la foi (Jude 3). Où Paul trouvait-il la force de tenir ferme dans ses tribulations, sinon en Celui qui le fortifiait et le remplissait de joie ? Le Seigneur nous dit : « Séparés de moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). C’est dans la prière que nous trouvons la force de persévérer dans toutes les circonstances, même celles qui nous paraissent les plus « insignifiantes ». Sans la prière dans le sentiment de notre impuissance, nous ne réussirons pas.

La délicatesse de Paul et son humilité se découvrent dans sa manière de « supplier » Évodie, puis Syntyche, l’une après l’autre et de la même manière, ne cherchant pas à savoir laquelle avait raison ou tort. Peut-être même n’avaient-elle raison ni l’une ni l’autre. L’important, à ses yeux, c’était que ces deux sœurs en Christ, par ailleurs utiles dans le service, retrouvent la communion en ayant de nouveau « une même pensée dans le Seigneur ».

En toutes circonstances, dans l’Assemblée, ce qui est important, c’est de rechercher, ensemble, la seule pensée qui compte : celle de Dieu. « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel » (És. 55. 8 et 9).

L’apôtre pousse la délicatesse jusqu’à ne pas indiquer l’objet de leur différend. Quel que soit l’objet de nos querelles, elles affectent durablement et douloureusement l’Assemblée tout entière. Cette même humilité de Paul se retrouve en Philémon qu’il « prie », alors qu’il avait l’autorité « d’ordonner » ce qui convenait dans cette situation particulière (Philémon 9 et 10). Avant de relever le différend opposant les deux sœurs, Paul s’est adressé à toute l’assemblée, mettant en avant l’humilité du Seigneur Lui-même (ch. 2. 2 à 8).

Paul avait à cœur de reconnaître les services fidèles que ses compagnons d’œuvre avaient rendus, avec lui, dans la « sollicitude pour toutes les assemblées » (2 Cor. 11. 28), et s’adresse même à un frère qu’il ne nomme pas, mais qui a dû se reconnaître, pour l’exhorter à aider les sœurs qui s’opposaient l’une à l’autre. Être une « aide » pour l’assemblée, est un service important (Rom. 16. 2 ; 1 Cor. 12. 28) ; et doit être fait avec douceur, si quelqu’un est « tombé » (Gal. 6. 1 et 2).

Au v. 3, on trouve « Clément » pour la première et dernière fois, comme ayant servi avec Paul. Paul savait, à la fois, pleurer pour ce qui lésait les intérêts du Seigneur (ch. 3. 18), et se réjouir en Lui (cf. 3. 1 ; ch. 4. 4). La vraie joie se trouve dans le Seigneur, connu comme notre Sauveur et notre Berger. À ce seul titre, Paul, même en prison, savait se réjouir en Christ, indépendamment des circonstances. Savons-nous faire de même ? Il insiste : « Encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous » (v. 4). Même dans les persécutions, les chrétiens goûtent la joie de leur Seigneur, qui nous a dit : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie » (Jean 15. 11). Et « Vous donc, vous avez maintenant de la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira : et personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22). « afin que votre joie soit accomplie » (cf. Jean 16. 24).

Paul, vivant très près de son Seigneur, avait le discernement que ses compagnons d’œuvre avaient, comme lui, leurs « noms dans le livre de vie » (v. 3), « écrits dans les cieux » (Luc 10. 17 à 20). Le livre de vie contient les noms des croyants, qui ont la vie de Dieu (Apoc. 20. 15). Les saints de l’Ancien Testament comme les croyants du millénium ont leurs noms écrits « dès la fondation du monde » (cf. Apoc. 13. 8 ; 17. 8). Quant aux vrais chrétiens ayant confessé leurs péchés et cru à l’œuvre du Seigneur sur la croix, le Seigneur n’effacera pas leurs noms du livre de vie (Apoc. 3. 5). En Exode 32. 32, Moïse, aimant le peuple de Dieu qui venait de pécher gravement, suppliait l’Éternel de pardonner « sinon, disait-il, efface-moi, je te prie, de ton livre que tu as écrit ».

En Philippiens 4. 4, Paul exhorte à se réjouir « toujours dans le Seigneur », c’est-à-dire, dans Sa personne, et non selon certaines circonstances heureuses – non plus selon la joie du monde, mais dans une joie sainte et pure émanant du Seigneur même (Jean 15. 8 à 11 ; Ps. 4. 7 ; Néh. 8. 10). C’est de Sa propre joie inaltérable et parfaite qu’Il veut nous réjouir. Aspirons à mieux connaître Celui qui veut nous faire partager une telle joie durant l’éternité.

L’apôtre lui-même jouissait d’une telle relation avec son Seigneur, et il nous y exhorte en 1 Thessaloniciens 5. 16. Il ne s’agit pas de rester insensible aux épreuves : Paul savait pleurer dans certaines situations (ch. 3. 18). Mais il convient de ne pas se laisser « écraser » par les difficultés parfois douloureuses. Pensons à Proverbes 15. 13 ; ch. 17. 22. Paul dirige alors nos pensées sur les ressources à notre disposition : « prier sans cesse » et exposer nos requêtes à Dieu « en toutes choses », même les plus petites, celles qui nous sembleraient les plus faciles. Et enfin, à rendre grâces pour les réponses de Dieu, même si elles sont différentes de ce que nous attendions.

De plus, il nous encourage à manifester la « douceur » de celui qui n’insiste pas sur ses droits : c’est une attitude contraire à notre nature qui se manifeste sans retenue dans le monde. Que le Seigneur nous accorde d’y veiller dans l’humilité. En Exode 2. 11 et 12, Moïse manifeste un tempérament violent en tuant l’Égyptien qui frappait un hébreu. Il croyait que le peuple, esclave en Égypte, comprendrait qu’il voulait les délivrer. Ayant dû s’enfuir après son crime, il dut, désormais, garder les troupeaux de son beau-père durant quarante ans « derrière le désert » : quarante ans durant lesquels il a appris la douceur et l’humilité. Ainsi, Dieu peut désormais l’envoyer délivrer Son peuple, car « cet homme, Moïse, était devenu très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre », et il le manifeste dans une circonstance douloureuse concernant sa sœur Marie qui avait péché contre lui (Nomb. 12. 1 à 3).

Le Seigneur, « débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29), savait reprendre vertement les chefs du peuple, égoïstes et pleins d’orgueil (Mat. 23. 13 et suivants). Au ch. 21. 12 et 13, Il chasse les marchands du temple violemment, afin de purifier la maison de Son Père dont ils avaient « fait une caverne de voleurs ».

Contrairement au monde plongé dans la violence, nous devons manifester la douceur du Seigneur, être soumis aux autorités (Tite 3. 1), car « il ne faut pas que l’esclave du Seigneur conteste, mais qu’il soit doux envers tous » (2. Tim. 2. 24).

Dans les inquiétudes que nous connaissons, apportons tout à Dieu par la prière, et demandons « selon sa volonté » et avec foi, afin qu’Il nous exauce. Dans ces versets de Philippiens 4. 6 et 7, la Parole nous encourage en nous révélant que « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus ». Ainsi, nous sommes exhortés à venir à Dieu pour Lui soumettre nos inquiétudes, avec cette certitude que « le Seigneur est proche » – dans le temps pour venir nous enlever de la scène de ce monde, et proche de nous dans notre vie quotidienne (Mat. 28. 20).

Une supplication est une prière ardente pour un besoin ressenti intensément. Cela nous amène à comprendre plus profondément, dans l’humilité, notre entière dépendance de Dieu, sans laquelle nous ne pouvons rien faire (Jean 15. 5). « Venez à moi vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).

En Actes 16. 25, Paul est l’exemple d’un croyant qui a mis en pratique ce qu’il enseigne lui-même dans les v. 6 et 7 de Philippiens 4. En 1 Samuel 1. 9 à 11 ; v. 17 et 18, on trouve Anne qui, après s’être confiée en l’Éternel, de triste et malheureuse qu’elle était auparavant, car elle était stérile, « n’eut plus le même visage ». La paix de Dieu l’avait pénétrée. Apportons nos fardeaux au Seigneur afin qu’Il nous en soulage, en les portant Lui-même. Et alors « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus » (v. 7). Cette paix bienfaisante est inexplicable, mais, envoyée par Dieu, elle remplit le cœur de celui qui se confie en Lui.

Tout est changé lorsque nous agissons avec foi, si faible quelle soit : « comme un grain de moutarde ». Apportons tout au Seigneur afin que nous ne soyons pas « oscillants », tantôt en haut, tantôt en bas, mais toujours confiants en Christ. Le Dieu de paix, Lui, ne change jamais ; Il présente en Lui-même la stabilité parfaite, et Il nous invite à jouir, avec Lui, de Sa propre stabilité. Quel encouragement, et quelle consolation de savoir qu’Il nous écoute et veut nous remplir de Sa propre paix !

Cette paix est au-dessus de toute intelligence, de tout calcul, mais repose sur la foi seule. L’intelligence spirituelle du croyant repose sur « la crainte du Seigneur, c’est la sagesse, et se retirer du mal est l’intelligence » (Job 28. 28 ; Ps. 111. 10 ; Prov. 18. 10). Notre Père sait ce qu’il nous faut, selon Sa sagesse. Cette paix de Dieu garde nos cœurs et nos pensées, c’est-à-dire qu’elle « monte la garde » sur nos cœurs et nos pensées afin de les préserver de toute inquiétude. Car tout vient des pensées, qui se traduisent par des paroles, puis par des actes. Elles doivent être sanctifiées.

Prions non seulement dans des circonstances difficiles, mais en tout temps, car c’est avant tout de paix que nous avons besoin dans nos cœurs et nos pensées. Le v. 8 insiste pour que nous recherchions « toutes ces choses » : Elles se réfèrent à tout ce qui émane de Dieu qui nous les communique, et nous les montre en Jésus, le Fils de Dieu.

La Parole montre les choses « vraies » ; Les choses venant de Dieu sont « vénérables ». Elles sont « justes », elles sont « pures », « aimables », venant du Dieu qui est « amour », elles sont de « bonne renommée » parmi les hommes qui les observent, si les croyants les vivent (Act. 2. 46 et 47). Paul les vivait et nous invite à être « ses imitateurs » (2 Cor. 11. 1). Pour que ces choses occupent nos pensées, la « vertu » (le courage et l’énergie) doit nous remplir ; et soyons occupés à louer le Seigneur (v. 8).

Ces choses doivent être vues en nous et vécues (v. 9), sous la puissance active du Saint Esprit. Dès lors, « le Dieu de paix sera avec nous ». Penser à « toutes ces choses » remplit notre cœur, et nous garde des pensées mauvaises ou négatives qui, souvent, nous agressent, mais que nous ne devons pas entretenir, car nous ferions le jeu de l’ennemi.

En 2 Corinthiens 10. 1, Dieu, « par la douceur et la débonnaireté de Christ », veut amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (v. 5). Dans les épreuves, nos pensées inquiètes nous tourmentent : mais remettons plutôt tout entre les mains de Dieu ; alors nous serons gardés en paix. L’exemple de Paul devrait nous rassurer, et nous entraîner dans cette voie aboutissant à la paix dont Dieu veut nous remplir. Nous pouvons en parler, mais il nous est plus difficile de les vivre ! Le Seigneur, Lui, « faisait », puis « enseignait ».

Le monde cherche la paix sans le Dieu de paix ; alors il fait la guerre !

Bien qu’il ne soit pas dit que Dieu soit un Dieu de joie, le Fils de Dieu a dit à Ses disciples : « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie ». Le Fils de Dieu, « Jésus se réjouit en esprit » (Luc 10. 21 ; Jean 15. 11). Et aussi, Dieu est « le Dieu bienheureux ». La joie, comme l’amour, peut donc avoir sa source dans la nature divine. Paul se réjouissait dans ses supplications pour les Philippiens (ch. 1. 3 et 4). Il s’était réjoui aussi de l’obéissance des Romains (Rom. 16. 19). Au ch. 4, il s’était « grandement réjoui de ce que les Philippiens avaient pensé à lui, en lui faisant parvenir un don pour ses besoins. Cela l’avait encouragé, car il comprenait que les croyants de Philippes l’avaient fait par amour pour lui – mais aussi pour plaire au Seigneur.

Hébreux 13. 15 et 16 montre l’importance de la bienfaisance aux yeux de Dieu, et pourquoi l’apôtre se réjouit de ne pas avoir été oublié des Philippiens. Il est nécessaire d’entretenir, les uns envers les autres, le désir d’être des aides, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Dans Sa grâce, le Seigneur avait Lui-même fait revivre la pensée des Philippiens pour Paul, et cette affection pour lui le réjouit, bien qu’il ait su être « content en lui-même », dans n’importe quelles circonstances.

Le v. 10 dénote la délicatesse d’esprit de l’apôtre, qui exprime cette pensée que les Philippiens avaient pensé à lui bien avant d’avoir « l’occasion » de lui envoyer ce don et le mot « enfin », ne semble pas être un reproche, mais plutôt, exprime un sentiment de reconnaissance pour leur affection ainsi manifestée. Nous devons voir, chez nos frères, ce que Christ a produit en eux. Le v. 9 nous enjoint d’être occupés de saines pensées, afin que l’ennemi ne remplisse pas nos cœurs de choses vaines. Le plaisir de Dieu est de nous pousser à nous intéresser à nos frères à l’œuvre. Paul ne recherchait rien pour lui-même, mais sa joie éclatait en voyant le mouvement d’amour des Philippiens pour lui.

« Promptitude », « libéralité », sont les maîtres mots qui conduisent aux actions de grâces, concernant les dons faits avec joie et amour (2 Cor. 9. 2 à 5). La vie de Paul était un enchaînement de tribulations des plus pénibles (2 Cor. 11. 23 à 27) ; malgré cela, il savait « être content en lui-même ». Il avait appris cela dans l’intimité avec son Seigneur. Avons-nous appris la même leçon ? Paul considérait que ces « légères tribulations d’un moment, opèrent pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 17 et 18).

« Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8. 28). Néanmoins, il faut distinguer le fait que Paul était content dans les circonstances, et non des circonstances. Il se savait enrichi par les choses venant de Dieu. Efforçons-nous d’être satisfaits de ce que Dieu nous donne, car les richesses apportent avec elles des tourments, alors que la pauvreté s’appuie sur Dieu (1 Tim. 6. 6 ; v. 9 à 11, 17 à 19). Gardons-nous de l’esprit du monde, qui n’est jamais satisfait.

Hébreux 13. 5 nous met en garde contre l’avarice, consistant à vouloir toujours plus d’argent que nous n’en avons. Ce sont nos motifs qui conditionnent la valeur de nos dons. Que donnons-nous pour le Seigneur ? La veuve de Marc 12. 42 avait donné « tout de ce qu’elle avait pour sa subsistance » ; les riches donnaient de leur superflu. Le Seigneur nous confie la gestion personnelle et quotidienne de ce qu’Il nous donne. Tout Lui appartient et, si nous sommes dans la liberté, nous n’en sommes pas moins sous Son regard ; et c’est Dieu qui nous forme. Paul avait été formé par le Seigneur, et avait dû apprendre « combien il devrait souffrir pour son nom » (Act. 9. 16).

En Actes 4. 36 et 37 ; ch. 5. 1 à 5, Barnabas, ayant vendu une terre, en apporta la pleine valeur aux pieds des apôtres. Puis Ananias et Sapphira vendirent à leur tour une terre, voulant se donner bonne apparence. Mais ils ne mirent devant les apôtres qu’une partie de sa valeur, mentant ainsi à Dieu, et le Seigneur les fit mourir. Ils avaient la liberté de garder la terre ou, même en la vendant, ils restaient libres de garder tout l’argent pour eux. Leur péché a été de mentir à Dieu. Demandons à Dieu le nécessaire pour vivre, et soyons-en contents (Prov. 30. 8).

Dans l’abondance ou dans les privations, l’apôtre avait appris du Seigneur à être content en lui-même. Gardons-nous de l’esprit du monde. Nous n’en serons délivrés que bien près du Seigneur. Paul pouvait dire : « Je puis », « Moi ». L’apprentissage est personnel. Impuissant par lui-même (2 Cor. 12. 9), il avait reçu du Seigneur la force de faire tout ce qui Lui plaisait. L’accent est mis sur ses relations intimes avec son Seigneur ; mais ceux qui l’entouraient lui devaient des marques d’amour. Prenons part aux peines de nos frères.

Le v. 14 est un baume pour les Philippiens qui auraient pu penser : « Il méprise notre don ! » Non ! Dans l’humilité, il les rassure en reconnaissant ouvertement qu’il avait besoin d’eux, « dans son affliction », et qu’il n’était pas un « surhomme », pouvant tout par lui-même. Mais plutôt que d’avoir besoin de ses frères, lui aussi était dépendant de la grâce du Seigneur.

Une vraie communion ressort dans la manière dont Paul s’adresse aux Philippiens, comme à des « compagnons » ayant vécu ensemble des épreuves communes. C’est avec une grande reconnaissance qu’il leur parle, au sujet des différents dons qu’ils lui ont fait parvenir, avec une profonde affection pour lui. De toute la Macédoine dont Philippes faisait partie, seuls les Philippiens avaient pourvu à ses besoins, même lorsqu’il était à Thessalonique (v. 16).

On voit, en 2 Corinthiens 8. 1 à 5, que les Philippiens s’étaient « donnés premièrement au Seigneur », source de leur affection pour Paul. Nous appartenons, corps, âme et esprit, au Seigneur. Les Macédoniens, très pauvres et ayant subi des épreuves, avaient « abondé » en libéralité pour l’apôtre, montrant ainsi le bon état de leur foi. Qu’en est-il de nous ?

Contrairement aux Philippiens, les Corinthiens avaient des dispositions opposées (2 Cor. 7. 2 à 11). De plus, Paul travaillait, lui-même, en faisant des tentes (Act. 18. 1 à 4), dans la mesure où il était libre. Mais, lorsqu’il écrivait aux Philippiens, il était prisonnier à Rome, et n’avait plus la liberté de pourvoir à ses besoins ni aux besoins de ceux qui le suivaient. Paul se réjouissait de la générosité des Philippiens à cause du fruit spirituel qui rejaillissait sur eux et abondait pour leur compte (v. 17). L’amour dont il jouissait de leur part, réjouissait l’apôtre.

« Or j’ai amplement de tout, et je suis dans l’abondance ; je suis comblé, ayant reçu d’Épaphrodite ce qui m’a été envoyé de votre part… un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu » (v. 18). Il a plu à Dieu de nous transmettre ces paroles interrompues par un point de suspension, afin de marquer la profonde émotion qu’il ressentait devant l’amour que les Philippiens lui manifestaient de façon réitérée ; son émotion l’empêchait, un instant de poursuivre sa lettre. On retrouve ces mêmes points de suspension en Genèse 48. 7 : Jacob, en évoquant la mort de Rachel, sa chère femme, brisé par l’émotion et les larmes, ne peut, pour un moment, continuer de parler. Sommes-nous aussi sensibles à l’amour de nos frères ?

L’apôtre avait beau se déplacer de ville en ville, la générosité des Philippiens ne se départissait pas ! Bien que Paul ait regardé aux choses élevées (un fruit qui abonde en bénédiction pour les Philippiens), il les encourage en leur disant : « Néanmoins vous avez bien fait de prendre part à mon affliction » (v. 14). Leur don n’était pas inutile pour l’apôtre mais, dans sa joie, il savait que ce fruit de l’Esprit se tournait en gloire pour Dieu le Père (Jean 15. 8 à 5) Soyons, nous aussi, occupés des besoins de nos frères, et non de nos propres intérêts.

L’expression « un parfum de bonne odeur » du v. 18 rappelle l’œuvre du Seigneur sur la croix : expression de bonne odeur, par excellence pour Dieu. Pour le Seigneur, un don fait avec amour a ce même caractère. En Romains 15. 25 à 27, Paul leur dit qu’il allait à Jérusalem, et que les assemblées de Macédoine et de l’Achaïe envoyaient par son moyen, « une contribution, aux besoins des pauvres d’entre les saints qui sont à Jérusalem ». Et il précise que les croyants des nations (en l’occurrence les saints de Rome), sont dans l’obligation morale, ayant bénéficié de leurs biens spirituels (l’évangile), de les servir dans leurs besoins charnels en leur envoyant un don en argent.

La bienfaisance (Héb. 13. 16), est « un sacrifice acceptable » qu’apprécie le Seigneur. Paul connaissait intimement son Dieu (v. 19) et il sait qu’Il pourvoira aux besoins des Philippiens. Si nous connaissons Dieu vraiment « intimement », soyons assurés qu’Il répondra fidèlement à tous nos besoins. Remettons-les-lui. Donnons-Lui aussi notre temps, et nos dons spirituels (2 Cor. 9. 8 et 9). Par contre, Il ne répondra pas aux demandes charnelles. À l’encontre du monde pour qui l’argent est un dieu, ayons une tout autre estimation, quant à nous, dans des pensées plus élevées et des motifs spirituels.

Au v. 19, il est question des « richesses de Dieu en gloire ». En Éphésiens 3. 16, on trouve « les richesses de sa gloire ». Quelle que soit l’expression employée, il s’agit de la richesse de Dieu en toutes choses qu’Il possède dans Sa propre gloire, et dont Il fait jouir Ses bien-aimés. Néanmoins, le traducteur a été scrupuleux et a tenu compte des nuances des deux expressions.

L’apôtre met l’accent sur le fait que la générosité des Philippiens était à la gloire de Dieu (v. 20). Tout ce que nous faisons, conduits par l’Esprit, pour l’amour des frères, rejaillit en gloire pour Dieu. Ce v. 20 est une doxologie (louange adressée à Dieu et au Seigneur Jésus) et cela rejoint la pensée que nous sommes des adorateurs, nous qui autrefois étions des blasphémateurs. Mais maintenant, nous avons été amenés au service de l’adoration, service éternel : tous les autres services cesseront.

On trouve d’autres doxologies dans les épîtres (1 Tim. 1. 17 ; ch. 6. 16 ; Gal. 1. 3 à 5 ; Rom. 16. 27 ; Jude 24 et 25). Chacune d’elles se termine par un Amen. Paul éclaire la portée de la bienfaisance qui produit la louange et les actions de grâce chez ceux qui bénéficient de la générosité des saints (2 Cor. 9. 10 à 12). Alors, l’adoration jaillit : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! » (2 Cor. 9. 15). « Or à notre Dieu et Père soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen » (Phil. 4. 20). Et « Que la grâce du seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen » (v. 23). Tout est gloire pour Dieu, et tout est grâce pour nous ! Le Dieu de gloire se glorifie encore dans le déploiement de Sa grâce pour nous.

Au v. 20 dans notre texte, c’est à notre Père que monte la louange : Dieu connu dans une nouvelle relation. L’épître aux Philippiens nous présente souvent la joie chrétienne, de même que l’épître de Jude.

Au v. 21, Paul invite les Philippiens à saluer chaque saint, comme dans l’épître aux Romains, où il ajoutait : « toutes les assemblées vous saluent » (Rom. 16. 5 à 16). Il avait la même sollicitude pour chacun d’eux, comme pour « toutes les assemblées ». Que le Seigneur nous accorde d’avoir le même amour pour chacun de nos frères et sœurs, sans faire acception de personnes. Cela est d’un grand prix pour Dieu.

Paul craignait qu’il y ait des querelles chez les Philippiens : Il « supplie Évodie et Syntyche d’avoir une même pensée dans le Seigneur » (ch. 4. 2). S’il y a des difficultés entre nous, cela rejaillit sur le niveau de nos cultes, qui restent languissants. Dès lors, demandons au Seigneur, comme autrefois les disciples : « Seigneur, est-ce moi » ?

Dans les Philippiens, Paul ajoute : « Tous les saints vous saluent, et principalement ceux qui sont de la maison de César » (v. 22) ; une heureuse communion régnait entre Paul et les frères qui l’entouraient. En Actes 28, Paul, prisonnier (quoique dans un logement qu’il avait loué), était gardé par un soldat romain, nuit et jour, durant deux ans (v. 30). Là, il recevait beaucoup de personnes qu’il évangélisait. Tous les soldats qui l’ont gardé si longtemps ont, aux aussi, entendu l’évangile. Paul peut parler au ch. 1. 13 de « tout le prétoire » (la garde impériale). Et il y avait aussi « ceux de la maison de César » (Néron qui a fait mourir un grand nombre de chrétiens). Le Seigneur a des rachetés partout, même dans les palais des rois (Prov. 30. 28), et beaucoup sont comme des « lis au milieu des épines » (Cant. 2. 2).

Ne pouvant plus circuler, ni quitter son logis, Paul priait, chantait les louanges de Dieu (Act. 16) et enseignait tous ceux qui le visitaient. Même prisonnier, il restait fidèle et actif, comme l’avait été Joseph, dans la maison de Potiphar. Ainsi, les difficultés chez les Philippiens (ch. 1. 15 à 17) ne le décourageaient pas. La puissance du Saint Esprit le soutenait, et brisait les cœurs les plus endurcis, les amenant au Seigneur. Paul présentait l’évangile devant n’importe quel auditoire, aux foules ou à une âme seule : Philippe avait fait de même (Act. 8. 26 et suivants).

Nous avons tous besoin de la grâce de Dieu, et d’être sensibles au fait que tout est grâce dans notre vie. L’apôtre n’avait jamais oublié qu’il avait été un objet de la grâce divine, lorsque, encore ennemi de Dieu et des chrétiens, sur le chemin de Damas, le Seigneur l’avait renversé par terre. Devenu le grand apôtre, il propageait la réalité de la grâce de Dieu envers les pécheurs qui se repentent, et révélait le « mystère » de l’Assemblée.

L’épître avait commencé par ces mots : « Grâce et paix à vous ». Elle se termine par ceux-ci : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen » (v. 23).

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac

CELUI QUI A PROMIS EST FIDÈLE

« Celui qui a promis est fidèle » (Héb. 10. 23)

  1. DES PROMESSES POUR NOTRE FOI

« Sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété… Par celles-ci, il nous a fait don des très grandes et précieuses promesses ». 2 Pier. 1. 3 et 4.

Dieu est fidèle. Quand Il fait des promesses, Il les tient. Il ne se repent pas de les avoir faites. Il est aussi ponctuel, car il est écrit que « le Seigneur ne tarde pas en ce qui concerne la promesse » (2 Pier. 3. 9). Dieu ne manque jamais à Sa parole, comme il nous arrive parfois de le faire. Le patriarche Abraham avait reçu des promesses qui, du point de vue humain, paraissaient irréalisables : sa femme, Sara, était stérile et avait plus de quatre-vingt-dix ans, et lui-même avait cent ans ; mais Dieu avait dit qu’Il leur donnerait un fils ! Était-ce bien possible ?

Abraham, comme nous le lisons dans l’épître de Paul aux Romains, avait la pleine conviction que, ce que Dieu avait promis, Il était capable de l’accomplir (Rom. 4. 21). Et il n’a pas été déçu ! Sara aussi, sa femme, « estima fidèle celui qui avait promis » (Héb. 11. 11). Si l’épître aux Hébreux nous encourage à retenir la confession de notre espérance « sans chanceler », c’est parce que « celui qui a promis est fidèle » (Héb. 10. 23).

Mais pour bénéficier de l’accomplissement des promesses, la foi est nécessaire. Seul le croyant peut s’approprier toutes les promesses de Dieu et fonder ses certitudes sur elles. Lui seul peut en profiter. Si Abraham comptait sur les promesses divines, c’est parce qu’il croyait en Celui « qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient » (Rom. 4. 17). D’innombrables personnages de la Bible – non seulement de grands champions de la foi, mais aussi des croyants humbles et simples qui ne se sont pas distingués par des actes extraordinaires et mémorables – ont vu s’accomplir de grandes promesses grâce à leur confiance en Dieu.

Mais quelles sont les promesses que Dieu nous a faites, à nous, chrétiens, qui avons accepté Jésus comme notre Sauveur ? Voici la plus grande, que nous pouvons lire dans la 1ère épître de Jean : « Et telle est la promesse que lui-même nous a donnée : la vie éternelle » (1 Jean 2. 25).

2. DES PROMESSES NOMBREUSES ET MERVEILLEUSES

« Selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habite » 2 Pier. 3. 13.

Les merveilleuses promesses que Dieu nous a faites sont pour le présent et l’avenir, et toutes sont fondées sur Jésus Christ, sur Son sacrifice et sur Sa résurrection. Si nous avons foi en Lui, Dieu nous promet :

– d’être délivrés de l’esclavage du péché et d’avoir la victoire sur le mal, comme il est écrit : « Or l’aiguillon de la mort, c’est le péché… Mais grâces à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Cor. 15. 56 et 57) ;

– l’aide et la consolation dans les épreuves ;

– la force et le courage pour affronter les difficultés ;

– la capacité de témoigner de l’amour de Dieu par nos paroles et par l’exemple ;

– la paix intérieure et la tranquillité de l’âme.

Tout cela est absolument réel, et tout vrai croyant en fait l’expérience quotidienne dans sa vie. L’accomplissement certain des promesses du Seigneur nous rassure, réjouit nos cœurs et fortifie notre foi.

D’autres promesses sont pour un temps à venir mais, par la foi, nous pouvons en anticiper la réalisation et les apprécier dès maintenant, car « la foi est l’assurance de ce qu’on espère, et la conviction de réalités qu’on ne voit pas » (Héb. 11. 1).

Nous avons déjà la promesse que Christ reviendra pour prendre les croyants et les emmener au ciel avec Lui, avant que les terribles jugements de Dieu s’abattent sur un monde incrédule – « Je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi » – la promesse encore de régner avec Lui, étant « héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment » (Jac. 2. 5) et aussi celle de recevoir des récompenses et des couronnes si nous avons été fidèles : « la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l’aiment ». Et bien d’autres encore !

Aux promesses de biens futurs se rattachent la persévérance et la patience dans l’attente : « Car vous avez besoin de patience, afin que, ayant fait la volonté de Dieu, vous receviez ce qui est promis » (Héb. 12. 36). Soyons « imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent de ce qui avait été promis » (Héb. 6. 12) !

D’après « Il buon seme » – novembre 2023

PENSÉES SUR JEAN 13

  1. L’amour de Jésus pour les Siens

« Avant la fête de Pâques, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » Jean 13. 1.

Le chapitre 13 marque le commencement d’une nouvelle section de l’évangile de Jean. Nous aimerions le lire soigneusement et nous y arrêter un peu, car il nous donne les dernières paroles de Jésus, qui sont de toute importance pour les siens sur la terre pendant le temps de Son absence. Nous y trouvons encouragement, consolation et espérance.

Le Fils de Dieu était sur le point de retourner à son Père, laissant les disciples dans ce monde. Son enseignement, dans les chapitres 13 à 16, concerne la période de temps qui se situe entre la Pentecôte et Son retour pour les Siens, quand Il viendra les prendre pour être avec Lui dans la maison de Son Père (Jean 14. 2 et 3). Cette section se termine avec le chapitre 17 qui en est le point le plus élevé : nous entendons le Fils de Dieu s’adresser à Son Père céleste par la prière. Il prie pour tous ceux qui Lui appartiennent !

Dans quelques heures seulement, la pâque allait être célébrée ; ensuite, Jésus serait crucifié. Cependant le Seigneur ne pense pas ici à « l’heure » de Sa mort, mais au moment où Il allait quitter ce monde. Cela allait être un changement radical pour les disciples. Ils avaient espéré jusqu’à la fin que Christ demeurerait avec eux et établirait Son royaume en Israël (voir Marc 10. 32 à 37 ; Act. 1. 6).

Il est à la fois remarquable et très beau que le Fils de Dieu parle ici des croyants comme étant « les siens ». Ce sont ceux pour lesquels Il laissa Sa vie. Ils Lui appartiennent entièrement, et ainsi ils appartiennent aussi au ciel.

Mais maintenant ils sont laissés dans un monde mauvais où ils doivent prendre Sa place et rendre témoignage de Lui. « Les siens » peuvent n’être que de peu d’importance dans ce monde et peuvent faire l’expérience que le monde les hait (15. 18 et 19) et les rejette, mais ils sont précieux aux yeux du Seigneur. Il les aime et les aimera toujours, d’un amour inaltérable. Il ne les abandonnera pas mais Il prendra soin d’eux jusqu’à ce qu’Il vienne les chercher pour être avec Lui dans le ciel.

2. Toute la puissance est dans les mains de Celui qui nous aime

« Pendant qu’ils étaient en train de souper, (le diable ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer), Jésus, sachant que le Père lui a tout remis entre les mains, qu’il est venu de Dieu et s’en va à Dieu, se lève du souper… et commence à laver les pieds des disciples » Jean 13. 2 à 5.

Le contraste que nous avons ici ne pourrait pas être plus grand : nous avons d’un côté l’amour permanent du Seigneur Jésus pour les Siens, et de l’autre, la haine du diable et l’infidélité de Judas. Un disciple qui avait fait l’expérience de l’amour du Seigneur pendant plus de trois ans est devenu celui qui L’a trahi ! C’est un exemple de ce qui pourrait arriver si nous laissons libre cours à la cupidité et que nous ouvrons ainsi notre cœur au diable.

Nous pourrions être effrayés en voyant l’influence toujours croissante du diable sur Judas. Mais, en même temps, nous sommes placés devant une source de consolation : ce passage dirige nos pensées loin de nous-mêmes et du diable, vers Jésus et le Père dans le ciel. Le Père « a tout remis entre les mains » de Son Fils. Il est vrai que le diable possède une grande puissance, et qu’il a en haine ceux qui appartiennent à Jésus – « les siens », mais toute puissance est dans les mains de Jésus qui nous aime. Le Père peut placer avec confiance toutes choses entre les mains du Fils de Dieu, saint et pur, que ce soit pour la vie ou la mort, le présent ou l’avenir. Sa vie était sans tache : Il allait s’en aller à Dieu exactement comme Il était venu de Lui : sans être entaché de quelque péché que ce soit.

Dieu avait mis entre les mains de Son Fils la puissance de mener à bien Ses plans ; mais ici, Il se sert de Ses mains pour accomplir le service d’un esclave : Il lave les pieds de Ses disciples. Que Son amour pour « les siens » est grand !

3. Jésus lave les pieds des disciples

« (Jésus) vient à Simon Pierre ; celui-ci lui dit : Seigneur, tu me laves les pieds, toi ? Jésus lui répondit : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras par la suite. Pierre lui dit : Non, tu ne me laveras jamais les pieds ! Jésus lui répondit : Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi » Jean 13. 6 à 8.

Pouvons-nous nous représenter cette scène ? Jésus, le Créateur de l’univers, ôte Ses vêtements et se met à laver les pieds de Ses disciples. Aucun d’eux ne réagit, sauf un – Pierre. Il est conscient de l’humilité incompréhensible de son Seigneur. Et il ne peut pas accepter ce qui est en train de se passer !

Il parle à trois reprises : tout d’abord, il est étonné, ensuite il proteste et enfin il réclame plus que ce qu’il a premièrement refusé. Nous pensons peut-être que c’est un comportement bien typique de Pierre. Mais comment aurions-nous réagi ?

Par ses objections, Pierre montre qu’il manque de compréhension et de respect. C’est un avertissement pour nous. Mais il est plus instructif de considérer les réponses que le Seigneur donne aux objections de Son disciple. Voyons de plus près les deux premières réponses :

« Ce que je fais… tu le comprendras par la suite ». À ce moment-là, Pierre n’était pas capable de comprendre l’acte symbolique de son Maître. Il devrait attendre que Jésus soit remonté au ciel et que le Saint Esprit soit venu sur la terre. Alors, avec l’aide de cette Personne divine et sous Sa conduite, il serait capable de « comprendre » et de se servir de cette connaissance dans son service envers les autres croyants, comme le montrent les lettres qu’il écrira plus tard.

« Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi ». Le plus grand intérêt de Pierre était de partager des choses avec le Seigneur ; il voulait être en communion avec Lui. Mais pour cela, il fallait que tout ce qui pouvait le souiller dans sa marche soit ôté et qu’il soit purifié par l’eau de la Parole de Dieu (Éph. 5. 26).

4. Le maintien de la communion avec Jésus

« Simon Pierre lui dit : Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête. Jésus lui dit : Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds : il est net tout entier ; et vous, vous êtes nets, mais non pas tous. Car il savait qui le livrait ; c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous nets » Jean 13. 9 à 11.

Quand Pierre saisit qu’il ne peut être en communion avec son Seigneur que si ses pieds sont lavés, il en demande davantage : il veut que tout son corps soit lavé. On peut comprendre ce désir, car il montre le grand attachement de Pierre à son Seigneur. D’un autre côté, on voit que Pierre n’a pas encore compris le sens symbolique profond du lavage des pieds. C’est pourquoi le Seigneur doit le corriger à nouveau.

Celui qui est « né de l’eau et de l’Esprit » est en figure entièrement « baigné » ; il est « net », pur aux yeux de Dieu. En ce qui concerne l’éternité, tout est réglé pour lui. Il possède une relation éternelle avec son Sauveur et Seigneur. Le « bain » qui était nécessaire une fois n’a pas à être renouvelé (voir ch. 3. 3 ; 15. 3 : « Vous, vous êtes déjà nets (ou : purs), à cause de la parole que je vous ai dite »).

Il en est autrement pour les « pieds ». Les croyants vivent dans le monde et entrent donc souvent en contact avec des choses impures. Il leur arrive de commettre des péchés, en pensée, en paroles ou en actes. C’est pourquoi le Seigneur doit régulièrement laver les souillures de leurs « pieds ».

Cette action du Seigneur sur la terre, à ce moment-là, symbolise le service qu’Il accomplit actuellement depuis le ciel. Il désire profondément que les Siens réalisent une communion sans nuage avec Lui. C’est pourquoi Il attire notre attention par Sa Parole, la Bible, sur les péchés et les transgressions, nous amenant à les Lui confesser. Nous sommes alors rendus pleinement libres de venir à Lui et de L’aimer avec des cœurs remplis de joie.

5. Jésus nous donne un exemple

« Quand donc il leur eut lavé les pieds, il reprit ses vêtements, se remit à table et leur dit : Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc moi, le seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ; c’est un exemple que je vous ai donné : comme je vous ai fait, moi, vous aussi faites de même » Jean 13. 12 à 15.

Le lavage des pieds était une chose habituelle en Orient à cette époque ; c’était un geste que l’on accomplissait lors de l’accueil de visiteurs. C’était le plus souvent les esclaves qui s’en chargeaient. Le fait que Jésus Lui-même ait lavé les pieds de Ses disciples montre Son incomparable humilité. C’est certainement pour cette raison que d’innombrables artistes, au cours des siècles, ont représenté la scène du lavage des pieds.

Mais le geste de Jésus ne doit pas être pris premièrement comme une leçon pratique d’humilité, aussi importante que soit une telle vertu en elle-même. Jésus se présente ici Lui-même comme « Seigneur et Maître ». C’est pourquoi Il s’exprime avec autorité et fermeté lorsqu’Il ordonne à Ses disciples de se laver les pieds les uns aux autres.

Souvenez-vous que Jésus était près de retourner au ciel. Les Siens resteraient dans le monde. Mais Son service de lavage des pieds se poursuivrait, d’une façon figurée : le Seigneur glorifié nous parle par Sa parole tout au long de notre vie, attirant notre attention sur nos péchés et nos transgressions – et non seulement sur les nôtres, mais ici particulièrement sur ceux des autres croyants.

C’est pourquoi Il nous rappelle notre responsabilité mutuelle : celui qui voit que l’un de ses frères s’est « souillé » par le péché – et la personne en question ne s’en rend pas compte – celui-là doit venir humblement vers lui pour le restaurer par une parole de l’Écriture. C’est un service d’amour, parce que le bonheur et la joie de l’autre sont en jeu : il s’agit de l’aider à retrouver sa joie, dans et avec le Seigneur Jésus.

6. Prendre soin les uns des autres – Un avertissement

« En vérité, en vérité, je vous dis : L’esclave n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites. Je ne parle pas de vous tous ; moi, je connais ceux que j’ai choisis. Mais c’est afin que l’Écriture soit accomplie : Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi. Je vous le dis dès maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand cela arrivera, vous croyiez que c’est moi (que moi, Je suis) » Jean 13. 16 à 19.

Jésus a donné un exemple à Ses disciples : de la même manière qu’Il leur a lavé les pieds, ils doivent eux aussi se laver les pieds les uns aux autres. Sans aucun doute, cet acte du Seigneur a une portée symbolique, car Il dit à Pierre : « Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras par la suite » (v. 7).

Il importe au Seigneur que les Siens prennent soin les uns des autres. Aujourd’hui encore, Il attend qu’ils aient entre eux un amour actif. Si quelqu’un « s’est laissé surprendre par quelque faute », les autres doivent le relever « dans un esprit de douceur », comme par l’Esprit de Dieu (Gal. 6. 1). Ceux qui pensent qu’un tel travail d’amour est indigne d’eux se placent en réalité au-dessus du Seigneur Jésus. Cependant, qu’il est heureux et béni que, non seulement nous sachions ce que nous avons à faire, mais que nous le fassions parce qu’Il nous le demande.

Parmi les douze disciples, il y en avait un dont le Seigneur n’attendait pas qu’il manifeste cet amour actif : c’était Judas. Il avait été appelé à être un apôtre, mais le Seigneur le connaissait dès le début : il était « un diable » (6. 70). Même l’Ancien Testament mentionne la trahison de Judas. C’est un avertissement sérieux pour ceux qui font montre d’une apparence de christianisme, mais qui, intérieurement, sont loin de Christ (Ps. 41. 9).

Les disciples devaient être surpris que l’un d’entre eux ne fasse pas partie « des Siens », mais le Seigneur ne l’est pas. Il est le « Je suis », le Fils omniscient de Dieu.

7. Une attitude humble – Traîtrise de Judas

« En vérité, en vérité, je vous dis : Celui qui reçoit quelqu’un que j’envoie me reçoit ; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Ayant dit cela, Jésus fut troublé dans son esprit et rendit témoignage : En vérité, en vérité, je vous le dis : l’un de vous me livrera. Les disciples se regardaient donc les uns les autres, perplexes, se demandant de qui il parlait » Jean 13. 20 à 22.

Une fois de plus, le Seigneur se réfère par Sa parole au lavage des pieds. Mais cette fois, Il ne met pas l’accent sur la responsabilité de ceux qui accomplissent cette tâche ; maintenant, Il a en vue ceux qui bénéficient de ce service.

Attirer l’attention de quelqu’un sur ses actes répréhensibles, avec une affection fraternelle et avec l’aide de Dieu, n’est pas facile. Cela demande du courage et beaucoup d’humilité. Mais il est tout aussi difficile d’accepter d’être corrigé. Qui aime à être repris ? Là aussi une attitude humble est nécessaire. Ainsi, si les enfants de Dieu veulent recevoir un bénéfice spirituel les uns des autres, ils doivent être prêts à considérer avec attention toute suggestion de correction, afin de voir si elle vient de leur Seigneur dans le ciel.

Ensuite le Seigneur nous fait voir comme Il est affligé de ce que ce soit Judas qui se prépare à Le trahir. La pensée que l’un de ceux en qui Il avait confiance Le livrerait à Ses ennemis ne Le laisse pas insensible (voir Ps. 55. 12 à 14). Son amour ne pouvait le supporter. Quelle fin terrible serait celle de Judas !

Aucun des disciples n’était sans péché, mais cet acte horrible ne pouvait être commis que par quelqu’un qui n’était pas « des Siens », mais qui était la proie du diable.

Judas savait très bien que le Seigneur faisait allusion à lui, mais il laissa les autres disciples perplexes jusqu’à la fin. Son hypocrisie allait bientôt atteindre son maximum.

8. Inquiétude des disciples – Une question difficile à poser

« Or l’un de ses disciples, que Jésus aimait, était à table, tout contre le sein de Jésus. Simon Pierre lui fait alors signe de demander qui était celui dont il parlait. Lui, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Seigneur, qui est-ce ? Jésus répond : C’est celui à qui je donnerai le morceau après l’avoir trempé. Ayant donc trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote, fils de Simon » Jean 13. 23 à 26.

« L’un de vous me livrera », dit le Seigneur à Ses disciples. Cela les remplit d’inquiétude car, quoique le traître sache parfaitement qu’il s’agit de lui, il ne laisse rien paraître.

L’atmosphère est tendue dans la chambre haute. Les disciples sont perplexes et anxieux : qu’est-ce que le Seigneur a voulu dire ? Mais pourquoi ne le Lui demandent-ils pas ? Manifestement, aucun d’eux n’a le courage de le faire, même pas même Pierre, qui est habituellement leur porte-parole.

Ce n’est pas la première fois que les disciples n’osent pas poser directement une question au Seigneur. N’ont-ils pas confiance en Lui ? (voir Marc 9. 32)

Jean, qui ne se nomme jamais par son nom dans cet évangile dont il est l’auteur, est le disciple qui était le plus conscient de l’amour du Seigneur (voir 19. 26 ; 21. 7, 20 à 24). C’est vers lui que Pierre se tourne : Jean est certainement celui qui peut demander au Seigneur qui est celui qui Le trahira.

N’avons-nous pas parfois de tels sentiments ? Comme disciples de Jésus, le Seigneur nous a tous appelés également à Le suivre ; et pourtant, il y a des différences dans nos vies de foi personnelles. Nous sentons parfois clairement que d’autres croyants sont plus proches du Seigneur que nous. Nous devrions le reconnaître sans en être jaloux, et en profiter, comme Pierre l’a fait ici.

Jésus révèle que Judas est le traître en lui tendant le morceau trempé dans le plat. En ce temps-là, ce geste signifiait un honneur particulier rendu à un invité.

9. La chute de Judas

« Quand Judas eut pris le morceau, Satan entra en lui. Jésus lui dit : Ce que tu fais, fais-le vite. Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui avait dit cela ; car quelques-uns pensaient que, puisque Judas avait la bourse, Jésus lui avait dit : Achète ce dont nous avons besoin pour la fête ; ou : Donne quelque chose aux pauvres. Après avoir reçu le morceau, Judas sortit aussitôt ; or il faisait nuit » Jean 13. 27 à 30.

Cela a dû être un véritable choc pour Judas : le Seigneur savait exactement ce qu’il s’apprêtait à faire ! Mais Judas ne saisit pas cette dernière occasion de revenir de son chemin fatal. Après que Jésus ait eu révélé qui serait celui qui Le trahirait, en donnant à Judas le morceau de pain, Satan prend complètement possession de lui.

Nous pouvons distinguer trois étapes dans la chute de Judas :

Il y avait tout d’abord sa cupidité, qu’il ne maîtrisait pas et qui avait fait de lui un voleur (ch. 12. 6).

Puis Satan a éveillé en lui la pensée qu’il pourrait obtenir une compensation pour les 300 deniers auxquels le parfum du vase de Marie aurait pu être vendu (ch. 12. 4 à 6). Alors il a négocié pour 30 pièces d’argent, auprès des principaux sacrificateurs (Mat. 26. 15)., le prix de la trahison de son maître

Enfin, Satan entre en lui. Ainsi, le chef des démons prend lui-même le contrôle sur Judas, qui devient l’outil impuissant des projets du diable. Pour Judas, il n’est plus possible maintenant de faire marche arrière ; c’est pourquoi le Seigneur lui dit : « Ce que tu fais, fais-le vite ».

Cela ne signifie pas – comme les disciples l’ont pensé – que Judas devait acheter quelque chose pour la Pâque, mais qu’il allait livrer son Seigneur et Maître aux mains de Ses ennemis. Judas n’allait rien donner non plus aux pauvres, mais le Fils de Dieu, qui était riche, était venu sur la terre pour vivre « dans la pauvreté, afin que par sa pauvreté [nous soyons] enrichis » (2 Cor. 8. 9).

À la croix de Christ, le péché le pire que l’homme ait pu commettre et l’amour infini de Dieu, allaient se rencontrer.

10. Gloire de Jésus, gloire de Dieu

« Lorsqu’il fut sorti, Jésus dit : Maintenant, le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même ; et aussitôt, il le glorifiera » Jean 13. 31 et 32.

Après que Judas soit sorti dans la nuit, la chambre haute s’illumine. Le Seigneur peut maintenant parler librement à Ses disciples des choses les plus chères à Son cœur les concernant. Le lecteur attentif percevra le caractère unique des chapitres suivants (14 à 17), dans leur luminosité et leur chaleur. Les dernières paroles de Jésus sont profondes et émouvantes.

Maintenant, Jésus parle de Lui-même, de Sa mort et de Son ascension. Voyons cela de plus près :

– Le Fils de l’homme est glorifié : Quand des Grecs sont venus vers Philippe parce qu’ils désiraient voir Jésus, le Seigneur a parlé de l’heure dans laquelle le Fils de l’homme devait être glorifié (ch. 12. 23, 24). Il était évident qu’il s’agissait de Sa mort sur la croix : de Son obéissance, Son amour, Sa sainteté, Son dévouement. Que Jésus est glorieux !

– Dieu est glorifié en Lui : Quiconque veut contempler l’essence même de Dieu – Il est lumière et Il est amour (1 Jean 1. 5 ; 4. 8, 16) – doit regarder à la croix de Golgotha. Là, Dieu a jugé le péché en Son Fils (c’est la lumière), parce qu’il voulait épargner des pécheurs et les avoir avec Lui dans la gloire du ciel, (c’est l’amour). Que Dieu est glorieux !

– Dieu, aussitôt, le glorifiera : La réponse appropriée de Dieu au sacrifice expiatoire de Son Fils, c’est que l’Homme Jésus Christ occupe maintenant une position glorieuse à la droite de Dieu. Par cela, Dieu a immédiatement glorifié Son Fils.

11. Un commandement nouveau

« Enfants, je suis encore pour peu de temps avec vous : vous me chercherez ; et, comme je l’ai dit aux Juifs : Là où moi je vais, vous, vous, ne pouvez pas venir – je vous le dis aussi maintenant à vous. Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » Jean 13. 33 à 35.

Pour la première fois, le Seigneur s’adresse ici à Ses disciples en les appelant « petits enfants ». D’un côté, Il les voit comme ceux qui ont été amenés dans la famille de Dieu (voir 1. 12) ; d’autre part, ils ont besoin de Ses soins d’amour, car Il n’était plus avec eux que pour un (court moment) temps très court. Dans ce chemin vers le ciel, qui passait par la croix, personne ne pouvait Le suivre. Jusque-là – à la différence d’aujourd’hui – alors que Jésus vivait sur la terre, tous pouvaient venir à Lui. Cependant, dans un sens littéral, personne ne peut venir à Lui maintenant. Mais ce que les croyants attendent, c’est le moment où le Seigneur reviendra pour les recevoir dans la gloire (14. 2 et 3).

Cette nouvelle situation apporte avec elle un nouveau commandement : les croyants qui sont sur la terre doivent s’aimer les uns les autres. C’est plus que d’aimer son prochain comme soi-même (voir Luc 10. 27). C’est aimer comme Jésus Lui-même l’a manifesté dans Sa vie sur la terre. Cet amour montre quelque chose de la nature même de Dieu. C’est une puissance infatigable et sans cesse active en faveur des autres.

« Comme je vous ai aimés », dit le Seigneur, donnant par cette parole la norme de l’amour dans la famille de Dieu. Et comment a-t-Il aimé ? Il dira plus tard à ce sujet : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (15. 9). La qualité de l’amour qui existe entre Dieu le Père et Son Fils, se trouve aussi au milieu des disciples de Jésus. Ils ont la vie divine en eux et montrent par un amour mutuel qu’ils appartiennent à un monde différent, un monde céleste.

12. La présomption de Pierre

« Simon Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu ? Jésus lui répondit : Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; mais tu me suivras plus tard. Pierre lui dit : Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je laisserai ma vie pour toi ! Jésus répond : Tu laisseras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te dis : Le coq ne chantera pas, que tu ne m’aies renié trois fois. » Jean 13. 36 à 38.

Est-ce que le nouveau commandement que Jésus venait de donner n’avait fait aucune impression sur Pierre ? S’aimer l’un l’autre comme le Seigneur les aimait, cela résonne comme un vrai défi. Une fois de plus, Pierre ose parler. Car, quoi qu’il puisse arriver, il ne veut pas perdre son Seigneur ; il veut le suivre. C’est pourquoi il pose cette question : « Seigneur, où vas-tu ? ».

Dans Sa réponse, le Seigneur attire l’attention sur Sa mort expiatoire et Sa résurrection – et personne ne peut Le suivre dans ce chemin-là. Lui seul pouvait accomplir la rédemption. Mais, dans un sens plus large, quelques-uns suivraient le Seigneur, dont Pierre. Nous en apprenons davantage à ce sujet au chapitre 21. Là, Jésus prédit que Pierre mourrait en martyr (v. 18 et 19).

Mais Pierre ne se satisfait pas d’un « plus tard ». Au lieu de faire confiance au Seigneur et d’accepter Sa réponse, il montre de la présomption. Il perd de vue l’amour du Seigneur et ne pense qu’à son propre amour pour Lui – qu’il estime grand et permanent. Il veut laisser sa vie pour le Seigneur !

Que Pierre se connaît peu lui-même ! Il devra l’apprendre amèrement quelques heures plus tard. Il faillit dès qu’une servante s’adresse à lui, l’ayant reconnu comme étant un disciple de Jésus. Il nie même connaître Jésus. Quand il est interpellé pour la troisième fois, il craint tellement pour sa vie qu’il renie son Seigneur avec des imprécations et des jurons (voir Mat. 26. 74).

Retenons cet avertissement sérieux : la confiance en soi-même conduit à la défaite !

D’après « The Good Seed » 2024

TRADUCTION DE FEUILLETS (63)

« L’Éternel vous a envoyé tous ses serviteurs les prophètes, se levant de bonne heure et les envoyant ; et vous n’avez pas écouté, et vous n’avez point incliné vos oreilles pour écouter » (Jér. 25. 4).

UN AVERTISSEMENT IGNORÉ

La tempête fait rage depuis deux jours sur une île des Caraïbes. Les routes sont bloquées ou inondées, les toits sont recouverts, il y a des décombres partout.

Une voiture avance lentement sous la pluie, qui ôte presque toute visibilité. Elle suit les feux arrière d’une autre voiture. Mais, alors que la première voiture traverse un pont, les feux disparaissent soudain. Le conducteur de la voiture qui la suit s’arrête et sort. Il découvre avec horreur que la partie médiane du pont a disparu : la voiture qui le précédait est tombée dans la rivière.

Il fait rapidement demi-tour avec sa voiture et bloque la rue. Puis il sort pour avertir les conducteurs des véhicules qui arrivent derrière lui. Il agite les bras et crie mais, à sa grande horreur, la voiture suivante ne s’arrête pas. Craignant apparemment une embuscade, le conducteur accélère, contourne l’obstacle, et tombe dans la rivière. D’autres phares se dirigent vers lui. Il tente à nouveau d’éviter la catastrophe. Et encore une fois, il doit constater que son avertissement est ignoré. Avant que les autorités ne puissent fermer complètement le pont, 29 personnes ont contourné l’obstacle et sont mortes. Une catastrophe !

Pourquoi les conducteurs ne se sont-ils pas arrêtés ? Par peur, par précipitation ou par indifférence ? Pourquoi le peuple d’Israël n’a-t-il pas écouté lorsque Dieu lui a parlé par l’intermédiaire des prophètes ?

Et en est-il autrement aujourd’hui ? Dieu parle encore aux gens, Il appelle à travers les chrétiens, par des traités, des affiches… des maladies et des accidents. Il met en garde, parce qu’Il veut sauver les gens de la mort éternelle, pour les empêcher de tomber dans la fosse (cf. Job 33.18). L’ignorez-vous toujours – ou L’écoutez-vous ?

D’après die gute Saat mars 2024

« Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche : elle ne reviendra pas à moi sans effet, mais fera ce qui est mon plaisir, et accomplira ce pourquoi je l’ai envoyée » (És. 55. 11).

CE N’ÉTAIT PAS UN PORTEFEUILLE !

À l’occasion d’une réunion d’évangélisation, des participants racontèrent ce que Jésus Christ avait accompli dans leur vie. L’un d’eux sortit un Nouveau Testament de sa poche et raconta ce qui suit :

J’étais un voleur à la tire. Dans mon milieu, on vantait mon adresse manuelle. Un jour, j’ai remarqué la poche de pantalon d’un homme qui marchait devant moi. Elle me semblait particulièrement tentante. J’anticipai une bonne prise : un portefeuille épais. En un tournemain je me le suis approprié. Chez moi j’ai eu alors une grosse déception : le portefeuille était un livre. En colère, je l’ai jeté dans un coin.

Quelque temps après, en rangeant la chambre, je l’ai eu de nouveau sous les yeux. Par curiosité j’ai commencé à le lire. Mon intérêt croissait d’un jour à l’autre, et j’ai bientôt, par ce Nouveau Testament, appris à connaître le Sauveur, Jésus-Christ.

Que la direction de Dieu est extraordinaire, et quelle force se trouve dans Sa Parole. Si l’on voulait rassembler tous les récits, de circonstances, de conversions extraordinaires, ce serait une série de véritables aventures. De nombreux événements, de nombreuses transformations radicales nous sembleraient impossibles. Mais celui qui les a vécues est mieux informé !

« Comme tu ne sais point quel est le chemin de l’esprit… ainsi tu ne connais pas l’œuvre de Dieu qui fait tout » (Eccl. 11. 5).

D’après die gute Saat mars 2024

« Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mat. 7. 21).

UNE ÉLÈVE DE LISZT

Le compositeur Franz Liszt brillait comme un virtuose du piano dans les salons distingués. À cette époque, il était devenu à la mode dans ces milieux de se qualifier d’étudiant de Liszt – mais cela n’était pas toujours juste.

Une jeune pianiste qui donnait un concert à Iéna s’était également décrite, à la légère, comme une « élève de Liszt » afin d’attirer davantage de public. Mais le jour du concert, elle apprend, consternée, que Liszt vient d’arriver à Iéna.

Le cœur battant, l’artiste se précipite vers le maître et lui avoue son mensonge. Liszt lui pardonne et lui demande de s’asseoir au piano, et de lui jouer le programme de la soirée. Pendant deux heures entières, il corrige tout ce qui doit être amélioré. Et à la fin il dit : Alors, mon enfant, vous pouvez maintenant dire que vous êtes une élève de Liszt.

Quiconque se dit « chrétien » exprime qu’il reconnaît Christ comme son Seigneur et Maître et qu’il est son « disciple ». Peut-être que beaucoup ne sont même pas conscients de ce que cela signifie réellement. Comme ce serait terrible si un jour le Seigneur devait leur dire : Je ne vous ai jamais connus !

Il ne suffit donc pas d’utiliser simplement le nom de « chrétien ». La rencontre personnelle avec Jésus-Christ est la première condition préalable. Mais alors, ceux qui suivent Jésus-Christ seront également reconnus par le fait qu’ils « font la volonté de leur Père ». Il est encore temps de passer d’un chrétien de nom à un « vrai » chrétien en recevant le pardon du Seigneur Jésus.

D’après die gute Saat avril 2024

« Et j’ai cherché parmi eux un homme qui fermât l’enceinte, et qui se tint à la brèche devant moi pour le pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en ai point trouvé » (Éz. 22. 30).

LA MISSION DE CHRIST SUR LA TERRE

Christ est venu, non pas surtout pour prêcher l’évangile, bien qu’Il ait annoncé la délivrance au prisonnier. Il est venu plutôt afin qu’il y ait un évangile à prêcher. Il est venu sur la terre dans un but étrange, tellement différent de celui des êtres humains qui s’accrochent à la vie, et qui traversent la vie, décidés à vivre. Christ est venu sur la terre dans l’intention d’y mourir, parce qu’il était désireux de délivrer les hommes du péché, ce qui ne pouvait se faire que par la mort, une mort dont on se souviendra éternellement.

Les hommes d’état, aujourd’hui, effrayés par la tendance au barbarisme et au chaos, cherchent un remède. L’un d’eux a terminé son discours par : On demande un homme ! quelqu’un qui soit capable de faire sortir les nations de leur calamité. Dans un jour proche, l’Homme de péché sera révélé au monde comme un chef.

Mais longtemps auparavant, Dieu avait cherché un Homme. Quand cet Homme vint, tout était vraiment sans espoir pour la race humaine, car « il n’y avait pas d’homme, il n’y avait personne pour répondre. Alors Christ s’est offert Lui-même, le Juste pour les injustes ! Il fut officiellement présenté à la nation par le gouverneur romain : « Voici l’homme ! » – l’Homme de Dieu. Dieu a pu s’écrier : « J’ai trouvé une propitiation ». Et ainsi Il a été cloué sur la croix dans les ténèbres physiques et spirituelles, et dans la faiblesse et la défaite apparentes. Car il n’y avait pas de déploiement de puissance par la Victime sans espoir, bien que le soleil se soit obscurci et que les rochers se soient fendus. Et cependant une œuvre plus puissante qu’il n’y en a jamais eu était accomplie dans le royaume spirituel invisible, car là, Il est devenu, en endurant la mort de la croix, un Prince et un Sauveur « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ».

D’après the Lord is near septembre 1984

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair » (Gen. 2. 24).

LE MARIAGE, POUR LA VIE

Dieu présenta une femme à Adam selon Ses propres pensées. Adam n’avait pas le choix.

Il n’a jamais non plus divorcé, bien qu’il ait vécu 930 ans. Ainsi, depuis le tout début, le principe du mariage est posé clairement devant nous pour que nous le croyions. Le croyant, aujourd’hui, doit avoir pleinement confiance que si Dieu a l’intention que lui ou elle se marie, il peut dépendre sur Lui pour qu’Il pourvoie au conjoint convenable, comme il le fit pour Adam. Ce ne serait certainement pas la pensée de Dieu qu’un croyant épouse un inconverti. En fait, plus que cela, un croyant est libre de se marier, seulement « dans le Seigneur », c’est-à dire dans la soumission à la volonté de Dieu ; car ce n’est pas parce que deux personnes sont sauvées qu’elles se conviennent nécessairement pour devenir mari et femme.

Que le croyant s’attende au Seigneur, et qu’il dépende honnêtement de Lui pour qu’Il le conduise clairement au conjoint convenable, au moment convenable. Cela signifie une foi simple et sans fard. Les mariages à l’essai sont une insulte à Dieu, car ils ne montrent aucune foi, mais sont une expérience charnelle qui laisse Dieu entièrement de côté.

Un homme qui envisage le mariage doit être pleinement préparé à l’avance à « s’attacher à sa femme ». Cela implique une fidélité absolue, un dévouement de cœur, et un amour pur et honnête. Une femme, également, doit être pleinement préparée à se dévouer volontairement au véritable bien-être de son mari. S’ils n’ont pas, les deux, cet accord de cœur et le sens de la direction de Dieu, mieux vaut beaucoup mieux continuer à s’attendre au Seigneur. Car, étant mariés, ils doivent être « une seule chair », liés par Dieu pour la vie. Union précieuse et sacrée !

D’après the Lord is near septembre 1984 (L.M. Grant)

« Nous sommes son ouvrage, ayant été créés ans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10).

LES BONNES ŒUVRES NE SONT QUE LE FRUIT ET LA PREUVE DE LA FOI

Vous avez peut-être entendu quelqu’un dire : Ils ont une religion d’œuvres – il veut dire, en général, une religion qui prétend obtenir le salut au moyen d’efforts humains. Nous ne pouvons avoir aucune communion avec une telle religion. C’était la voie de Caïn, qui mène à la destruction.

Mais dans un sens juste, la véritable religion est une religion d’œuvres, des œuvres non pas afin d’être sauvé, mais plutôt des œuvres qui sont les fruits du salut. L’épître de Jacques nous dit : « Le service religieux pur et sans tache devant Dieu le Père, le voici : visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, se conserver pur du monde. » Nous oublions souvent que ces œuvres ne sont pas un choix, mais que Dieu s’attend réellement à ce que nous les fassions ; Il a préparé à l’avance ces bonnes œuvres afin que nous marchions en elles. Nous devrions nous en souvenir tous les jours.

En Tite 2. 14, nous apprenons que notre Seigneur Jésus Christ « s’est donné lui-même pour nous, afin… de purifier pour lui-même un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les bonnes œuvres ». Il était commandé à Timothée d’ordonner « à ceux qui sont riches dans le présent siècle… qu’ils soient riches en bonnes œuvres… qu’ils soient prompts à donner » (1 Tim. 6. 17 et 18). En Hébreux 13. 16, nous lisons ces paroles d’exhortation : « Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices ». De ces passages nous apprenons, au sujet des bonnes œuvres, tout d’abord, que Dieu les a préparées à l’avance, et qu’il est content que nous les fassions ; que nous ne devons pas les oublier, mais marcher en elles, et les accomplir avec zèle.

D’après the Lord is near septembre 1984 (A.M. Benham)

« Tout a été créé par lui et pour lui, et lui est avant tout, et tout subsiste par lui. Il est le chef du corps, de l’assemblée, lui qui est le commencement, le Premier-né d’entre les morts, afin qu’en tout, il tienne, lui, la première place » (Col. 1. 17 et 18).

JÉSUS CHRIST EST LE THÈME CENTRAL DE LA BIBLE

Christ était prééminent dans la création. Toutes choses furent faites par Lui et pour Lui. Il est le grand Supporteur de l’univers physique.

Christ est prééminent dans la rédemption. Il est le Chef de l’Église et désire avoir la prééminence dans le cœur de tous les chrétiens. Quand Il est né, il n’y avait pas de place pour lui dans l’hôtellerie. Le monde est plein de confusion et de chaos aujourd’hui parce qu’il n’y a pas de place pour Lui. C’est seulement quand Il viendra comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs qu’il y aura la paix et la justice sur la terre.

Christ est le thème de la Bible. Le Seigneur Jésus Christ peut être trouvé sur chaque page de l’Écriture. Souvent, quand nous voulons lire quelque chose au sujet de Jésus, nous nous tournons vers l’un des quatre évangiles, mais nous pouvons aussi Le trouver dans les autres livres de la Bible. En Genèse, si vous lisez entre les lignes l’histoire de Joseph, vous verrez Jésus. En Exode, toutes les parties du tabernacle parlent de Lui. En Lévitique, Il est en type dans les sacrifices. Il est le serpent d’airain en Nombres, le Prophète plus grand que Moïse en Deutéronome, le Chef de l’armée de l’Éternel en Josué, et le parent qui a le droit de rachat en Ruth. Chacun des psaumes messianiques parle de Lui. Il est la sagesse personnifiée dans les Proverbes, le Bien-aimé dans le Cantique des cantiques. Ésaïe parle de Christ quand il dit : « Il a été blessé pour nos transgressions », et Zacharie, quand il dit : « Ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé ». Il est le thème de chaque épître du Nouveau Testament, le Grand Souverain Sacrificateur en Hébreux, et le Roi des rois et Seigneur des seigneurs dans l’Apocalypse.

D’après the Lord is near septembre 1984

« Et il lui dit : Donne le manteau qui est sur toi, et tiens-le. Et elle le tint, et il mesura six mesures d’orge, et les mit sur elle » (Ruth 3. 15).

DIEU DONNE LA BÉNÉDICTION EN RAPPORT AVEC NOTRE ÉTAT PRÉSENT

Boaz donna à Ruth six mesures d’orge. Qu’est-ce que cela représentait ? Nous ne le savons pas. Mais nous savons que notre Boaz ne donne pas en petite quantité. Ruth aussi a reçu une quantité abondante, car Boaz a dû la mettre sur elle. S’il n’y en avait eu que peu, Ruth aurait pu la soulever elle-même.

Mais le fait que les dimensions de ces mesures ne soient pas mentionnées implique que notre attention ne doit pas attirée sur leurs dimensions, mais sur leur nombre : six. C’est le nombre des jours de travail d’un homme dans la semaine – cela parle de la tâche qui est dévolue à la créature. Les bénédictions du Seigneur ne dépasseront jamais beaucoup notre état personnel. Dieu ne pouvait pas bénir un Israélite des bénédictions chrétiennes. Il ne peut pas non plus donner à quelqu’un qui est encore dans l’état de Romains 7 la joie de toutes les merveilleuses bénédictions décrites en Éphésiens. Les bénédictions pratiques reçues par une telle personne seront en relation avec sa condition présente : essayer d’accomplir la loi. Celui-là recevra six mesures, et non sept. Ruth non plus n’a pas reçu sept mesures. Elle recevra celle qui manque, la septième, dans le chapitre suivant. Cette mesure, c’est Boaz lui-même ! Si nous avons été faits un avec Christ, nous possédons tout. Nous possédons toutes Ses richesses et nous Le possédons aussi Lui-même. L’apôtre Jean a écrit : « Je vous ai écrit, pères, parce que vous connaissez celui qui est dès le commencement » (1 Jean 2. 14). Cela inclut tout !

Si nous voulons Le posséder, nous devons faire la seule chose qui soit nécessaire – nous devons rester à Ses pieds (Luc 10. 38 à 42). Alors nous recevrons sept mesures d’orge. Quelle portion merveilleuse que d’être, en pratique, liés au Seigneur !

D’après the Lord is near septembre 1984 (H.L. Heijkop)

« Dès l’enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus » (2 Tim. 3. 15).

NE PAS MÉPRISER NOTRE PRIVILÈGE

L’arrière-plan de Timothée avait eu une valeur inestimable : encore enfant, il avait connu les Saintes Écritures : l’Ancien Testament, bien sûr. Il est certain que c’est cela qui l’avait préparé à recevoir le précieux évangile de la grâce de Dieu en Jésus Christ, quand Paul le lui a présenté. Une étude fidèle de l’Ancien Testament aurait certainement préparé quelqu’un à recevoir le message du Nouveau. Même ces Écritures de l’Ancien Testament peuvent rendre quelqu’un sage à salut par la foi qui est en Jésus Christ.

Lorsque Christ a été reçu dans le cœur, Lui-même est l’éclairage qui rend merveilleusement clair le message évangélique contenu dans ces Écritures écrites longtemps avant Sa venue. Avec quel cœur rempli les disciples ont-ils dû étudier ces Écritures bénies, après que Christ ait été ressuscité d’entre les morts, chaque page étant illuminée à nouveau par cette lumière merveilleuse ! Le salut était pleinement annoncé dans la Loi et dans les prophètes ; et les types et les prophéties qui s’y trouvent nous donnent matière à étude et méditation.

Mais qu’en est-il de ceux de la jeune génération, maintenant, qui ont été enseignée dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament ? Quel merveilleux privilège ils ont ! Mais ils n’en auront pas la conscience jusqu’à ce que leur âme soit amenée à mettre réellement sa foi dans le Christ Jésus. Alors seulement la merveille et la douceur de Son message de grâce et de vérité est rendue vitale et précieuse au cœur. Mais s’il en est ainsi, comme nous devrions sonder avec diligence et avec joie sa vérité vivante et sacrée !

D’après the Lord is near septembre (L.M. Grant)

« Ils furent lapidés…ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de mouton… dans le besoin, affligés, maltraités (eux dont le monde n’était pas digne), errant dans les déserts et les montagnes, les cavernes et les grottes de la terre » (Héb. 11. 37 et 38).

VOIR LES CHOSES COMME DIEU LES VOIT

Quand le péché est entré dans le monde, le monde a perdu le sens des valeurs. Ce que le monde considère comme valable, Dieu le décrit comme « vanité des vanités ». En Éphésiens 4. 17 et 18, nous lisons que les nations marchent « dans la vanité de leurs pensées » (avec des résultats nuls), parce qu’elles ont « l’intelligence obscurcie, étrangères à la vie de Dieu… à cause de l’endurcissement de leur cœur ».

Cette perte de l’évaluation correcte des valeurs se rapporte aussi aux personnes. Ainsi, Ésaïe 53. 3 nous dit prophétiquement que Christ a été « méprisé, et (que) nous n’avons eu pour lui aucune estime ». Cependant, Dieu déclare : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir » (És. 42. 1). En Actes 22. 22, les Juifs dirent de l’apôtre Paul : « Ôte de la terre un pareil homme, car il n’aurait pas dû vivre ». Et cependant nous lisons à son sujet qu’il « a été enlevé jusqu’au troisième ciel » (2 Cor. 12. 2).

Ce qui est triste, cependant, c’est que ce sens faussé des valeurs peut toucher les croyants. Nous pouvons facilement penser que les possessions terrestres sont les vraies richesses, alors qu’en fait elles ne le sont pas. À la pauvre assemblée de Smyrne, le Seigneur dit : « Je connais ta tribulation, ta pauvreté (pourtant tu es riche) » (Apoc. 2. 9). Mais à l’assemblée riche de Laodicée, il dit : « Parce que tu dis : Je suis riche… je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que toi tu es le malheureux et misérable, pauvre … ». Cela dépend réellement du fait que nous désirons voir les choses comme Dieu les voit – ou comme le monde les voit. Dans le premier cas, nous ne pouvons pas nous tromper ; dans le cas inverse, nous sommes sûrs d’errer et de nous faire du mal.

D’après the Lord is near octobre 1984 (A.M. Behnam)

« Étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mat. 7. 14).

ACCEPTER D’ÊTRE SEUL

Il est humain de se tenir avec la foule ; il est divin de se tenir seul. C’est humain de suivre les gens, de glisser avec la marée ; c’est la voie de Dieu, de suivre un principe, d’aller contre la marée.

Il est naturel de faire des compromis avec sa conscience et de suivre la mode sociale et religieuse pour en obtenir un gain ou du plaisir ; il est divin de les sacrifier toutes deux sur l’autel de la vérité et du devoir.

« Personne n’a été à mes côtés ; tous m’ont abandonné » (2 Tim. 4. 16), a écrit l’apôtre meurtri dans la bataille, en décrivant sa première convocation devant Néron pour répondre de sa vie parce qu’il croyait et enseignait le contraire de l’évangile de Dieu concernant Jésus Christ.

La vérité n’est plus à la mode depuis que l’homme a échangé son vêtement de pure lumière contre un vêtement de feuilles mortes. Noé a construit et vogué seul. Ses contemporains se riaient de sa bizarrerie, et ont tous péri. Abraham a marché et adoré seul. Les Sodomites riaient du simple berger, suivaient la mode, et ont nourri les flammes. Daniel a mangé et prié seul. Élie a sacrifié et rendu témoignage seul. Jérémie a prophétisé et pleuré seul. Jésus a aimé et est mort seul.

L’Israël des rois louait Moïse et persécutait les prophètes. L’Israël du temps de Caïphe louait les prophètes et persécutait Jésus. Et des multitudes, maintenant, dans l’Église comme dans le monde, applaudissent le courage et la persévérance des patriarches et des prophètes, des apôtres et des martyrs, mais condamnent comme entêtement ou folie la fidélité à la vérité aujourd’hui.

On recherche maintenant, des hommes et des femmes, jeunes ou vieux, qui seront fidèles à leurs convictions sur la vérité et le devoir, au prix de la fortune, des amis, et de la vie elle-même.

D’après the Lord is near octobre 1984

« Véritablement, cet homme était Fils de Dieu » Marc 15. 39.

JÉSUS EST DIEU

Jésus est-il Dieu le Fils ? Cette question est la pierre de touche absolue aujourd’hui. Ce n’est pas suffisant de demander : Jésus est-il le Fils de Dieu ? – car il est commun, aujourd’hui, de dire que Shakespeare, Byron, le colonel Ingersoll, que l’homme saoul qui sort de la taverne, le meurtrier dans sa cellule de prison, sont des fils de Dieu. Une telle affirmation est aussi fausse qu’elle est un blasphème.

Mais posez la question franchement : Jésus est-Il le Fils de Dieu ? Si la réponse est : Non, soyez assuré que cela vient du diable, aussi plausibles et précis que soient ces enseignements.

La référence, ce sont les passages suivants : « La Parole était Dieu (Jean 1. 1). « Tout fut fait par elle » (Jean 1. 3). « La Parole devint chair » (Jean 1. 14). « Jean rend témoignage de lui… j’ai vu et j’ai rendu témoignage que Celui-ci est le Fils de Dieu » (Jean 1. 15 et 34).

Que ces Écritures écartent à jamais le mensonge que Jésus n’est pas Dieu le Fils. Il nous est dit que la Parole – une Personne divine – était Dieu, et le Créateur de toutes choses. Cela étant, Il ne pouvait jamais cesser d’être Dieu. Il nous est dit ensuite que cette Personne divine et glorieuse devint un Homme – Jésus, le Fils de Dieu. Rien d’étonnant à ce que Son nom lui-même ait ce sens. Le nom de Jésus signifie Jéhovah-Sauveur, et Jéhovah est Dieu. Plus de sept siècles avant Sa naissance de la vierge, Son nom fut donné : Emmanuel – Dieu avec nous.

Répondons comme Thomas, il y a longtemps, quand il se trouva dans la présence du Sauveur ressuscité : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20. 28).

D’après the Lord is near octobre 1984 (A.J. Pollock)

« Les iniques se courbent devant les bons, et les méchants, aux portes du juste » (Prov. 14. 19).

LE TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN

En réfléchissant sur ce proverbe, nous avons tendance à demander : Pourquoi ne voyons-nous pas cela aujourd’hui ? Devons-nous attendre jusqu’à ce que le Seigneur soit assis sur Son trône de jugement avant que cela arrive ? Y a-t-il une application de ce verset pour le temps présent ?

Nous, les rachetés célestes de Dieu, qui sommes appelés à partager le rejet de notre Seigneur, nous ne désirons pas réellement que les incrédules se prosternent devant nous au sens littéral. Mais comme nous aimerions les voir reconnaître, quand ils se trouvent dans une réunion de chrétiens, que le Seigneur est réellement parmi nous ! Plus de telles réunions sont dépouillées de tout arrangement humain qui interfère avec la liberté de l’Esprit, plus cela a de chances de se produire.

Mais ce proverbe indique aussi que la foi, l’amour, et la sainteté donnent une dignité morale et une autorité aux croyants, que les incroyants doivent reconnaître, même de mauvaise grâce. Pensez à la dignité de Daniel, même dans la fosse aux lions – à celle de l’apôtre Paul, même en prison – de l’apôtre Jean, même en exil sur une petite île rocheuse – d’Étienne, écrasé sous les pierres de ses ennemis furieux. Pensez à ces hommes « illettrés et du commun », reconnus par leurs persécuteurs, par les chefs religieux, pour « avoir été avec Jésus ».

Oh, que cette autorité morale, cette profondeur de conviction, cet amour de la vérité, cette acceptation même de souffrir, puissent être trouvés abondamment aussi en nous qui vivons au vingt-et-unième siècle.

D’après the Lord is near octobre 1984

« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Tim. 3. 16).

LA VALEUR ABSOLUE DE L’ÉCRITURE

Ce verset exprime une affirmation absolue et sans compromis, d’une portée immense. Si elle n’était pas véridique, alors Paul et ses écrits ne seraient dignes que d’un profond mépris ; mais comme elle est vraie, ses écrits, et toute l’Écriture, exigent le plus profond respect et la soumission : ils sont donnés par l’inspiration de Dieu.

Il n’est pas dit que toute l’Écriture soit une révélation ; mais plutôt qu’elle est donnée par l’inspiration directe de Dieu, Dieu Lui-même inspirant les mots de chaque auteur. L’Ecclésiaste, par exemple, n’est pas du tout une révélation de Dieu, mais le fait que Dieu ait inspiré Salomon pour qu’il écrive juste ce dont il avait fait l’expérience en mettant à l’épreuve « tout ce qui est sous le soleil », et en concluant que « tout est vanité et poursuite du vent ». Le but, et le point de vue du livre entier doivent être considérés dans l’étude de chacun des livres de l’Écriture ; mais l’Écriture est un ensemble complet, chaque partie étant parfaite à sa place, pure dans sa vérité, sans aucune contradiction dans toutes ses parties, telle qu’elle a été donnée dans les langues originales.

Tout est profitable, même les généalogies, les noms de villes, etc. Si je n’y ai pas trouvé de profit, cela est dû à mon manque de discernement spirituel. Mais l’enseignement de valeur vitale et éternelle s’y trouve. Elle apporte aussi la conviction concernant toute pratique qui ne supporterait pas sa lumière précieuse, qui sonde – et avec cela la puissance pour corriger, qui est nécessaire, et l’instruction dans la justice. Nulle part ailleurs nous ne pouvons trouver ce qu’est réellement la justice, mais l’Écriture répond pleinement à toutes ces questions. Que ce trésor que nous avons en main est merveilleux !

D’après the Lord is near octobre 1984 (L.M. Grant)

« Le fruit du juste est un arbre de vie, et le sage gagne les âmes » (Prov. 11. 30).

ANNONCER L’ÉVANGILE

Un homme réfléchi, de grande maturité spirituelle, disait récemment : J’ai rencontré des chrétiens sur cet hémisphère pendant vingt ans. Je les ai étudiés, j’ai écouté leur conversation, et je conclus avec tristesse que bien peu nombreux sont ceux qui se donnent pour mission de chercher à gagner des âmes pour le Seigneur Jésus.

Que font les autres ? Ils croient à la Bible, de la première à la dernière page, mais ils ne témoignent pas du Seigneur Jésus et ne cherchent pas à Lui gagner des âmes. Ils sont encore attachés aux choses subtiles et douces de ce vingtième siècle matérialiste, et ils ne veulent pas le sacrifier pour le Seigneur. Ils peuvent réciter comme un perroquet une terminologie pieuse impressionnante, mais ils ne sont pas franchement avec Christ à la recherche de ceux qui sont perdus. Ils ne font que parler.

Ils ont commencé de nouveaux groupes, organisé de nouveaux comités, installé les derniers équipements, promu des sports pour gagner les jeunes, patronné des clubs de filles, dirigé des compétitions amicales, distribué des repas – ils ont tout essayé sauf ce que Jésus Christ a enseigné, c’est-à-dire d’aller de maison en maison visiter les gens et leur parler de la nouvelle extraordinaire de la croix et de Christ, en les avertissant du malheur éternel de ceux qui mourront sans être sauvés.

Tous les hommes sont occupés de leurs propres plans et de leurs propres objectifs, et le Seigneur Jésus, bien malheureusement, vient en dernière place. Combien d’entre eux ont jamais pensé à distribuer des traités et à gagner des âmes ? Nous devons continuellement nous demander : Pourquoi est-ce que je fais cela ? Est-ce le premier désir de Dieu pour moi ? Ai-je un désir quelconque qu’ils soient sauvés ? Nous sommes appelés à réveiller et gagner pour Christ des amis, des voisins, des parents, et des collègues de travail. Posez-vous la question que les quatre lépreux, à la porte de Samarie, se posaient : « Pourquoi sommes-nous assis ici jusqu’à ce que nous mourions ? » (2 Rois 7. 3)

D’après the Lord is near octobre 1984

« Et Moïse se tint à la porte du camp, et dit : – A moi, quiconque est pour l’Éternel. Et tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui » (Ex. 32. 26).

SUR QUEL CHEMIN VOUS TENEZ-VOUS ? – QUESTION VITALE

Moïse avait été seul avec Dieu pendant quarante jours. Dieu, de Ses propres doigts, avait écrit la loi sur des tables de pierre pour Son peuple. Ils avaient promis à haute voix de garder cette loi, étant confiants qu’ils étaient capables de le faire. Mais que voit Moïse maintenant ? Il les voit danser gaiement et crier autour d’un veau d’or qu’ils avaient fabriqué pendant qu’il était sur la montagne.

Comment pouvait-il leur donner maintenant la loi de Dieu, solennelle et sainte ? La justice de Dieu exigeait leur destruction immédiate et totale, car Dieu est un Dieu jaloux de la loyauté de Son peuple à Son égard. Il ne pouvait pas tolérer leur idolâtrie et leurs festivités, et le fait d’attribuer leur délivrance de l’Égypte à leur idole. L’alliance entre le peuple et Dieu, basée sur leur promesse d’obéissance à Sa loi, était rompue. L’incident du veau d’or démontre l’impuissance totale de l’homme à maintenir une relation avec Dieu en gardant la loi qu’Il a donnée.

Mais, Dieu en soit béni ! – l’histoire ne s’arrête pas là. Dieu Lui-même établit un fondement nouveau et différent sur lequel une relation peut être maintenue. Le chapitre suivant de l’Exode apporte la grâce souveraine. Où le péché abondait, la grâce, maintenant surabonderait. Autrement dit, la conséquence de cet incident du veau d’or annonce la rédemption par la grâce reposant sur l’œuvre accomplie par le Seigneur sur la croix.

Oh, que tout lecteur de ceci puisse avoir des oreilles pour entendre l’appel de Dieu ! Où vous tenez-vous ? Êtes-vous, comme Moïse, du côté de Dieu ? Ou bien êtes-vous, comme la masse du peuple, impliqué dans une simple forme de piété, dansant encore sur le chemin large qui descend à la destruction ?

D’après the Lord is near novembre 1984

ÉTUDE SUR L’ÉPÎTRE DE JACQUES

Ch. 1

Cette épître, écrite par Jacques, le frère du Seigneur, est un des premiers écrits du Nouveau Testament, probablement rédigé vers l’an quarante-cinq. Jacques, le frère de Jean, avait été tué par ordre d’Hérode (Act. 12. 2). En Jean 7. 5, comme ses frères, il ne croyait pas en Jésus Christ. Mais, après la mort du Seigneur, converti, il persévérait avec ses autres frères et sa mère avec les apôtres (Act. 1. 14), et devint une « colonne » dans l’assemblée de Jérusalem (Act. 15. 13 ; Gal. 2. 9).

Il se nomme « esclave de Jésus Christ » (v. 1), soumis à la volonté de Celui qui est mort pour lui. Il n’était pas des douze apôtres, mais Dieu est souverain pour se servir de qui Il veut.

L’épître est transitoire entre le judaïsme et le christianisme : les Juifs devenus chrétiens continuaient à aller au temple, car les vérités de l’assemblée n’étaient pas encore connues. Ce sera le ministère de Paul, instruit par l’Esprit Saint, de les révéler. Comme l’épître aux Hébreux, cette épître s’adresse aux Juifs, même ceux qui étaient dans la dispersion à cause de leurs infidélités (Deut. 32. 15, 21, 22 et 26). Les douze tribus étaient encore reconnues comme le peuple de Dieu, bien que déjà dispersées.

Cependant, l’épître aux Hébreux, écrite peu de temps avant la destruction de Jérusalem, présente essentiellement la Personne du Seigneur et Son œuvre bien plus excellentes que les types de l’Ancien Testament, et s’adresse à des chrétiens dans la souffrance (Héb. 10. 32 à 34). Si les premiers chrétiens, au début, étaient tous Juifs, l’évangile de la grâce devait atteindre toutes les nations (Act. 1. 6 à 8). Dieu, pour cela, se servira de la lapidation d’Étienne (Act. 7), pour disperser les disciples au loin (Act. 8. 2 à 4) – le peuple, dès lors, étant rejeté. Ces chrétiens comprenaient de vrais croyants (Act. 6. 7), mais aussi des professants sans vie ; et Jacques se montre très sévère avec ces derniers.

L’épître comprend les salutations (v. 1) ; les épreuves et tentations (v. 2 et 17) ; les exhortations pratiques par la Parole (v. 18 à 25) ; et le service religieux (v. 26 et 27). Les v. 3 à 6 sont des commandements impératifs, comme la loi. L’enseignement reprend celui du sermon sur la montagne (Mat. 5 à 7), mais dans une perspective différente : Jacques s’adresse à des frères dans la foi, notion toute nouvelle pour les Juifs, car Dieu avait mis fin au Judaïsme, et il exhorte les croyants à en sortir (Héb. 13. 13). Paul, s’élevant contre les Galates voulant judaïser, devra reprendre fermement Céphas (Gal. 2. 11), mais tombera dans le même travers à la fin de sa vie (Act. 21). Dieu le délivrera en permettant qu’il soit jeté en prison.

Le v. 2 propose d’estimer comme « une parfaite joie » de connaître des tentations, des circonstances difficiles en suivant Christ. Pour le croyant, les épreuves de la foi doivent engendrer la joie de marcher dans le même chemin que le Seigneur. C’est ainsi qu’a fait Moïse (Héb. 11. 26) : « car il regardait à la rémunération ». Jacques insiste sur la justification par les œuvres qui sont une preuve que la foi est là (ch. 2. 24). Il faut que notre foi soit active.

Les v. 2 et 12 parlent de la foi dans les épreuves. – les v. 13 à 15, des tentations de la chair nous entraînant dans le péché : Dieu n’y est pour rien. Les disciples avaient persévéré avec le Seigneur, dans Ses tentations dues aux dures épreuves ayant jalonné Son chemin ici-bas (Luc 22. 28). La couronne de vie récompensera celui qui persévère dans les épreuves (v. 12). Ces épreuves sont parfois « un feu ardent » (1 Pier. 1. 12 et 13) ; et doivent avoir pour fruit de « tourner à louange, à gloire et à honneur au jour de Jésus Christ » (1 Pier. 1. 6 à 8).

Les apôtres persécutés « se réjouirent d’avoir été trouvés dignes de souffrir pour le Nom » (Act. 5. 41). Dans toutes les circonstances, « réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Phil. 4. 4). Croire en Christ et souffrir pour Lui sont donc un don gratuit et une bénédiction (Phil. 1. 29). « Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez… des biens meilleurs et permanents » (Héb. 10. 34). Mais pour accepter joyeusement les épreuves de la foi, il faut beaucoup aimer le Seigneur (Jac. 1. 12, fin du verset). C’est ce que Dieu nous propose.

Pour le croyant, les épreuves font partie de la discipline de notre Père céleste par laquelle Dieu nous forme (Héb. 12. 4 à 8). Ne nous roidissons pas et ne perdons pas courage. Notre Père veut produire en nous la patience, qui ne nous est pas naturelle, afin que nous ressemblions au Seigneur, dont la patience a eu « son œuvre parfaite » (v. 4). La patience, ici, nous ramène à l’origine du mot : pâtir, signifiant : souffrir. Compatir : souffrir avec. Jacques nous invite à accepter la souffrance et à l’endurer de façon parfaite, lorsqu’elle est de longue durée.

Cela a été la part du Seigneur sur la terre, et c’est dans ce même chemin qu’Il veut nous entraîner. Asaph avait connu une épreuve qui revenait « chaque matin ». Cela le poussa longtemps à « porter envie aux arrogants », jusqu’à ce que Dieu le fasse « entrer dans ses sanctuaires » (Ps. 73. 3 à 17). Alors, son estimation des circonstances changea complètement. Désagréable sur le moment, la discipline porte un fruit béni plus tard (Héb. 12. 10 et 11). La patience est donc un fruit de l’Esprit que Dieu veut produire dans Ses enfants (2 Pier. 1. 5 à 7).

Dieu veut toujours purifier les Siens de leurs imperfections, comme il est révélé en Malachie 3. 2 et 3, où « l’affineur » s’assied pour purifier l’argent, jusqu’à ce que son visage se reflète parfaitement dans le métal en fusion. Le Seigneur envoie des épreuves pour que nous portions du fruit pour Lui. C’est dans l’épreuve que la foi se manifeste : « Le juste vivra de foi » (Héb. 10. 38). Les témoins de la foi ont été « rendus forts dans la bataille » (Héb. 11. 32 à 38). La foi de Daniel l’a fortifié dans la fosse aux lions, de même que celle de ses trois amis dans la fournaise, et ils ont triomphé des épreuves. La puissance de Dieu est indispensable pour cela.

Job, d’abord patient dans ses épreuves, perd patience devant les accusations de ses amis fâcheux. Saül n’a pas su attendre jusqu’au bout la venue de Samuel, pour offrir l’holocauste (1 Sam. 13. 8 à 12). La patience du Seigneur, à la mort de Lazare, Lui fait attendre le moment de Dieu avant d’intervenir ; et il en résulte de la gloire pour Son Père. Soyons « parfaits et accomplis, ne manquant de rien » quant aux biens spirituels, afin d’être rendus conformes à l’image de Son Fils. Ces exhortations s’adressent à chacun et à l’Assemblée. Paul, en Romains au ch. 5. 3 et 4, va plus loin que Jacques : c’est le but complet de l’épreuve de la foi.

Le manque de sagesse nous empêchera d’estimer les épreuves que Dieu nous envoie, comme étant « une parfaite joie ». Alors, demandons à Dieu cette sagesse d’en haut qui nous manque, et gardons-nous de la sagesse humaine sous la domination du diable (ch. 3. 15). Dieu répondra à notre besoin nettement exprimé, ainsi qu’Il l’a fait pour Salomon qui demanda à Dieu la sagesse pour bien juger Son peuple (1 Rois 3. 5 à 12). Recherchons la sagesse, l’intelligence spirituelle, le discernement des pensées de Dieu (Prov. 2. 1 à 6), et Il nous donnera tout cela libéralement sans nous faire de reproches (v. 5), car Dieu est riche en bénédictions et veut bénir richement (Mat. 7. 7 à 11).

Nous pouvons bien demander à Dieu qu’Il augmente notre foi, comme le firent les disciples (Luc 17. 5). « Sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11. 6). L’exaucement du Seigneur se mesure à l’ampleur de la foi (Mat. 21. 21 et 22 ; Marc 11. 24). L’Éternel fait de précieuses promesses à Son peuple (Jér. 29. 12 à 14), et en Malachie 3. 10, où Il promet Sa bénédiction « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de place ». Ne serait-ce pas pour nous aussi ?

Si notre foi est faible, ne nous décourageons pas, car la plus petite foi trouvera sa réponse en bénédiction. Mais attachons nos cœurs à faire des progrès en foi et en sagesse, et soyons encouragés par cette parole du Seigneur : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations » (Luc 22. 28).

Prier « avec foi, ne doutant nullement », c’est être assuré que le Seigneur répondra. Le doute retient le Seigneur d’exaucer nos prières qui deviennent inutiles (v. 7). « La foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas » (Héb. 11. 1). La foi compte sur Dieu et L’honore en ne doutant pas, car Dieu est fidèle. Une foi, même faible, si elle existe malgré tout, sera exaucée (Marc 11. 22 à 24).

Le Seigneur connaît nos cœurs faibles et vacillants, et Sa miséricorde ne manque jamais. Mais, douter de Dieu, c’est Le déshonorer. Si notre foi est faible, écrions-nous comme ce père : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité » (Marc 9. 24). À la foi, rien n’est impossible (Mat. 17. 20) ; mais demandons selon la volonté du Seigneur, sans « forcer Sa main ».

L’état de notre cœur est important pour que nous soyons exaucés : être séparé du monde, tenir la chair dans la mort, et se réconcilier avec son frère si nécessaire (Marc 11. 25). Le Seigneur reconnaît et admire une grande foi par laquelle Dieu est glorifié (Luc 7. 9). Nous savons que le Seigneur peut nous exaucer, mais il nous arrive de douter qu’Il le veuille, comme ce lépreux qui dit au Seigneur : « Si tu veux, tu peux me rendre net ». Et le Seigneur le guérit et lui dit : « Je veux, sois net » (Mat. 8. 2 et 3). À un autre, qui doutait de la puissance du Seigneur, Il répond : « Le Si tu peux, c’est : crois ! Toutes choses sont possibles à celui qui croit ».

Ce manque de discernement de la volonté divine peut venir de notre mauvais état intérieur. Souvent, nous déposons nos fardeaux aux pieds du Seigneur, puis nous le reprenons aussitôt, manifestant notre manque de confiance en Dieu. Vivons, habituellement, dans le sanctuaire, et notre foi et notre discernement seront fortifiés (1 Jean 5. 14 et 15). Si « nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient… l’Esprit… intercède par des soupirs inexprimables », et présente à Dieu nos vrais besoins – et Dieu qui connaît la pensée de l’Esprit nous exauce selon Sa sagesse et Son amour. C’est un grand encouragement.

La foi a trois acceptions : la foi pour le salut ; la confiance en Dieu, et l’acceptation par la foi, de toutes les vérités révélées par la Parole (1 Tim. 1. 18 et 19 ; 4. 1), comme Paul pouvait le dire de lui-même à la fin de sa vie (2 Tim. 4. 7 et 8). Une foi vacillante nous rend semblables au flot de la mer, comparaison solennelle car assimilée aux méchants (És. 57. 20). Il nous arrive de « monter aux cieux et de descendre aux abîmes » (Ps. 107. 25 à 27). Pourtant, la Parole montre souvent que Dieu dépasse en bénédictions les pauvres limites de notre foi !

« Incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies » (v. 8), nous qualifie avec justesse : ces paroles montrent que la source de nos actions est tout entière dans nos pensées. Prenons garde à ne pas avoir un cœur « double » (Jac. 4. 8). Jacques désigne peut-être un faux chrétien, au v. 7 et, l’absence de foi ôtera, pour lui, tout espoir de réponse, même s’il prie. Cependant, tenons-nous pour avertis sérieusement. Une foi vivante doit caractériser le croyant.

Les v. 9 à 11 montrent que – que nous soyons riches ou pauvres en biens terrestres – la même foi en Dieu nous met tous au rang de frères aux yeux du Seigneur. Dieu a « choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’Il a promis à ceux qui l’aiment » (Jac. 2. 5). Soyons contents de ce que Dieu a permis que nous soyons (1 Cor. 15. 10). La richesse peut conduire à l’orgueil et à l’égoïsme – et la pauvreté, à l’envie et au reniement de Dieu (Prov. 30. 8 et 9), et Dieu nous met à l’épreuve ainsi. Que nos frères soient riches ou pauvres, considérons-les de la même manière, car Dieu ne fait pas acception de personnes. Paul considérait Onésime, un esclave converti, « comme un frère bien-aimé » (Philémon 15).

Moïse, élevé par la fille du Pharaon, aurait pu lui succéder sur le trône. Mais il préféra « l’opprobre du Christ » car « il regardait à la rémunération » (Héb. 11. 23 à 26). « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8. 9).

Le v. 11 compare la gloire humaine à une fleur éphémère. Plusieurs exemples sont donnés dans l’Ancien Testament (És. 40. 6 à 8 ; Ps. 37. 1 et 2 ; Ps. 103. 14 et 15) ; et le v. 17 révèle la bonté de Dieu pour ceux qui Le craignent et sa justice pour « les fils de ses fils ». Le croyant doit mesurer les choses qu’il rencontre dans le monde, à la lumière de Dieu révélée dans Sa Parole. En opposition, le croyant pieux doit se glorifier dans « son élévation » spirituelle (v. 9). C’est là notre héritage céleste auquel nos cœurs doivent s’attacher, car les choses terrestres sont éphémères.

Jacques parle aux croyants éprouvés, mais aussi aux professants s’appuyant sur leurs richesses, qu’il stigmatise sévèrement (ch. 5. 3). Dieu peut permettre qu’un croyant ait des richesses terrestres, mais son cœur ne doit pas s’y attacher. Dans l’Ancien Testament, les richesses, pour les Juifs, étaient un gage de bénédictions divines. Mais Christ a apporté d’autres valeurs : désormais, Il pouvait dire au jeune homme riche de Matthieu 19. 16 à 25 : « va, vends ce que tu as, et donne aux pauvres ; et tu auras un trésor dans le ciel ; et viens, suis-moi ». Dans le christianisme, les bénédictions des croyants sont spirituelles.

Le v. 11 montre que, si un croyant riche met son cœur dans ses richesses, sa vie spirituelle se flétrira. Mais plutôt « qu’il se glorifie dans son abaissement » en ce que, au lieu de profiter sans retenue de ses biens, il les gère pour le profit des pauvres, en étant lui-même sobre en toutes choses.

Le v. 12 nous ramène au v. 2, mais introduit la pensée que l’épreuve endurée avec patience manifeste la fidélité. Alors, il recevra la « couronne de vie que Dieu a promise à ceux qui l’aiment », parce que « Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). « Il n’y a pas de plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 12) ; C’est pourquoi : « Par ceci nous avons connu l’amour, c’est que lui a laissé sa vie pour nous ; et nous, nous devons laisser nos vies pour nos frères » (1 Jean 3. 16). Mais déjà, qu’il s’estime « bienheureux ».

Cependant, soyons conscients que l’épreuve, dans certains cas, peut aller jusqu’à la persécution (1 Pier. 4. 12 et 13), et même au sacrifice suprême (Apoc. 2. 9 et 10). Mais le croyant doit regarder à la rémunération, et il recevra sa récompense dans le ciel. Et, si l’épreuve est commandée par Dieu afin de manifester la foi et la fidélité, c’est aussi Lui qui, à la fin, « fera l’issue » (1 Cor. 10. 13), après qu’on aura éprouvé Ses soins.

Avant le millénium, le résidu juif fidèle, dans les persécutions, adressera à Dieu cette demande de Matthieu 6. 13 : « ne nous induis pas en tentation… », afin qu’il n’y ait pas de défaillance. Le Seigneur les a déclarés d’avance : « bienheureux » (Mat. 5. 10 à 12). Au ciel, tous les croyants ne jouiront pas de la même position devant le Seigneur : tout se détermine dans l’état spirituel qui est le nôtre, sur la terre : bien qu’étant tous sauvés, suivant les divers « matériaux » que nous apportons à l’édification de l’assemblée, il y aura ou non des récompenses (1 Cor. 3. 14 et 15). Travaillons pour « qu’une riche entrée dans le royaume éternel nous soit donnée » (2 Pier. 1. 10 et 11).

Des v. 13 à 20, nous trouvons les tentations de la chair, dont le point de départ se trouve dans les convoitises particulières caractérisant chacun. Là encore, les secours divins sont indispensables pour les combattre. Ces tentations-là ne viennent pas de Dieu : « Il n’est pas tenté par le mal » car Sa nature est absolument pure. Il s’est détourné du Seigneur lorsqu’il était fait péché sur la croix ! Les convoitises se trouvent en permanence dans nos cœurs naturels. Satan les connaît et introduit en nous la tentation, leur faisant produire leurs mauvais fruits : le péché. La convoitise est donc la racine du péché, condamnée par la loi qui dit : « Tu ne convoiteras pas » (Ex. 20. 17). Acan a « vu » des choses que Dieu avait interdites ; il les a « convoitées » et les a « prises ». C’est toujours le même déroulement. Pour ne pas succomber, tenons-nous nous-mêmes pour morts au péché (Rom. 6. 11). Le Seigneur Lui-même a été tenté par le diable (Mat. 4. 3 à 10), mais l’absence de convoitise en Lui, rendait les tentations inopérantes. Il a ainsi glorifié Son Dieu.

Dieu « nous a donné les très grandes et précieuses promesses afin que, par elles vous participiez à la nature divine, ayant échappé à la corruption qui est dans le monde par la convoitise » (2 Pier. 1. 4). Romains 7. 8 montre la nature pécheresse qui enfante les convoitises, tandis que Jacques parle de la convoitise qui produit les péchés. C’est le commandement de la loi qui donne vie au péché et produit la mort (Rom. 7. 11) : « les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6. 23).

À l’abri du sang du Seigneur, nous ne sommes plus sous le jugement ; cependant, les péchés que nous pouvons encore commettre ont des conséquences. David a connu la discipline divine, après son grave péché de 2 Samuel 11. L’épître à Tite parle des jeunes « veuves » croyantes qui recherchent les plaisirs charnels. Il dit qu’elles sont « mortes en vivant » (Tite 5. 5 et 6) : la communion avec le Seigneur est rompue.

Rejetons immédiatement nos mauvaises pensées, car ce sont elles qui engendrent les péchés, et crions au Seigneur pour avoir Son secours. Plutôt que de chercher à combattre en vain les mauvaises pensées, soyons occupés du bien et « des choses qui sont en haut » (Phil. 4. 8 ; Col. 3. 1 à 3), car « les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu… amenant toute pensée captive à l’obéissance du Christ » (2 Cor. 10. 4 et 5).

Dans sa vie, le croyant, peut, par sa manière de vivre, ressembler à un mort en ne laissant pas le Seigneur manifester Sa propre vie en lui. C’est pourquoi Il nous dit : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éph. 5. 14).

Jacques montre le cheminement qui conduit au péché et à la mort, car il peut conduire à la mort physique (1 Cor. 11. 30). Mais ce cheminement du péché est évitable, car l’enfant de Dieu a reçu la nature divine – le nouvel homme – qui ne peut absolument pas pécher et se complaît à faire la volonté de Dieu (1 Jean 3. 9). Si nous péchons encore, « ce n’est plus moi qui fait cela, c’est le péché qui habite en moi » (Rom. 7. 17 et 20). La convoitise agit en nous comme l’hameçon qui « fait monter les poissons » (Hab. 1. 14 et 15).

Ne cherchons pas à nous disculper en disant : « c’est plus fort que moi », ou en rejetant la faute sur d’autres, lorsque nous avons péché, comme le fit Adam qui rejeta sa faute sur Dieu Lui-même (Gen. 3. 12). La Parole nous rappelle que nos tentations ne sont qu’humaines et que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de ce que nous pouvons supporter, et que c’est Lui qui fait l’issue (1 Cor. 10. 13). Nous avons, chacun, des convoitises particulières, et c’est sur ces points-là que le diable nous tente.

« Dieu est lumière et il n’y a en Lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5). Dès l’origine de la création, Dieu a séparé la lumière des ténèbres. Il est le « Père des lumières » et, tout ce qui nous introduit dans la lumière – tout don parfait – vient de Dieu (Jac. 1. 17). Et le don suprême, c’est le Seigneur Lui-même. S’Il est le Père des lumières pour les croyants, Il est également « le Père de tous », le Créateur (Éph. 4. 6) qui, regardant Sa création, a pu dire que : « cela était très bon » (Gen. 1. 31). Soyons occupés de Lui et appuyons-nous sur Lui car, Lui seul est stable dans un monde mouvant. Il est Le Rocher inébranlable ; Il ne change pas (Nomb. 23. 19). « Le Même » est un des noms de Dieu.

Quant à nous, nous étions « haïssables et nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3. 3), mais Dieu nous a aimés (1 Jean 4. 10), et : « de sa propre volonté, Il nous a engendrés » (Jac. 1. 18), ou « régénérés » (1 Pier. 1. 23). Nous sommes « nés de Dieu » (Jean 1. 13 ; 1 Jean 5. 1). C’est pourquoi, désormais, nous sommes appelés à « reluire comme des luminaires dans une génération tortue et perverse » (Phil. 2. 15). Jacques dit que les croyants sont « une sorte de prémices de Ses créatures » (v. 18). Et : « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5. 17) : par Sa résurrection, le Seigneur a posé les « bases » de la nouvelle création où rien d’impur n’entrera. Par notre foi en Lui, nous portons déjà ces caractères de la nouvelle création dont Christ est les vraies prémices et, liés à Lui par les liens de la vie éternelle, nous serons introduits effectivement dans la nouvelle création dans les temps éternels.

Engendrés par la volonté de Dieu, régénérés : il y a des conséquences : être prompts à écouter, lents à parler, lents à la colère. « Écouter est meilleur que sacrifice… » (1 Sam. 15. 22). Écouter la voix de Dieu dans la Parole tout entière, pour la pratiquer ; et écouter nos frères, car nous sommes tous des « bien-aimés » (v. 19), par amour pour le Seigneur et les uns pour les autres. Notre Père nous écoute quand nous Lui parlons.

« Dans la multitude des paroles la transgression ne manque pas » (Prov. 10. 19). Ainsi, soyons sobres en paroles quotidiennement et, plus encore durant le culte (Éccl. 5. 1 et 2). L’adoration peut aussi être respectueusement silencieuse devant la sainteté divine (Hab. 2. 20). Cependant, nous sommes quelquefois amenés à soutenir quelqu’un lassé, par une parole, tout en écoutant nous-même le Seigneur (És. 50. 4). Mais restons « sourds et aveugles » quant aux sollicitations de l’ennemi (És. 42. 19 à 21). Pourtant, si le Saint Esprit nous donne une parole pour le bien de l’assemblée, nous sommes responsables de la dire, tout en gardant la maîtrise de ce que nous disons (1 Cor. 14. 32). L’Esprit qui nous dirige nous laisse la liberté de parler et de chanter avec notre intelligence (1 Cor. 14. 15). Et ce que nous disons doit s’inscrire dans la direction de l’Esprit, à ce moment-là. Alors, tout sera à sa place.

« Lents à la colère ; car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (v. 20). Nous devons porter les caractères de notre Père qui est « lent à la colère et grand en bonté » (Ex. 34. 6 ; Prov. 16. 32). Gardons-nous des choses charnelles (Gal. 5. 19 et 20), de toute parole déshonnête… amertume, courroux, colère, crierie, injure, malice (Éph. 4. 29 à 31). Une sainte colère peut parfois nous animer, contre le mal et non contre les personnes ; et cette colère ne doit pas durer (Éph. 4. 26 et 27).

Le Seigneur se mit en colère deux fois dans les évangiles : pour purifier le temple en Jean 2. 13 à 17 , et lors de la guérison de l’homme à la main sèche en Marc 3. 1 à 5. Mais c’était une sainte colère de Dieu. La colère fait partie des perfections divines (Mal. 2. 2).

Beaucoup de tristesses viennent des manifestations charnelles parmi les frères. La malice naturelle, non jugée, débordera immanquablement, un jour, si nous entretenons des « racines d’amertume » (Héb. 12. 15). C’est le caractère de Satan, le malin.

Recevons donc, « avec douceur, la parole implantée » (Jac. 1. 31). C’est la réception de la Parole implantée dans nos cœurs qui, premièrement nous sauve en nous conduisant au Seigneur, mais aussi qui nous soutient dans notre marche de croyants, pour notre sanctification. Nous devons donc mettre la Parole en pratique. Elle a « la puissance de sauver vos âmes » (v. 21). C’est la délivrance pour chaque jour. On a le salut initial : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 31) – le salut journalier, ici, et la délivrance finale en Rom. 13. 11, lorsque le Seigneur viendra nous chercher. Mais c’est avec douceur que nous devons recevoir la Parole , c’est-à-dire avec des cœurs disposés à la recevoir et à la vivre, et non avec un esprit de rébellion (1 Pier. 2. 1).

Au v. 22, Jacques reprend l’enseignement du Seigneur Lui-même, en Jean 13. 17 : « Si vous connaissez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » et, en Jean 14. 21 à 23, Il nous montre que notre obéissance découle tout naturellement de notre amour pour Dieu et pour le Seigneur Jésus.

Pour mettre la Parole en pratique, il faut un cœur préparé (v. 21) : tenir la chair dans la mort. Le vieil homme ne peut se soumettre à la Parole, qui lui est contraire. De plus, l’écouter seulement sans la mettre en pratique, c’est se séduire soi-même : on croit être en bon état, alors que c’est la chair qui agit. Il faut donc écouter la Parole et la garder (Luc 11. 27 et 28), la vivre. Sinon, on est comme celui « qui bâtit sa maison sur le sable », sans fondement (Mat. 7. 24 à 27). Il faut la bâtir « sur le roc ». Connaître le Seigneur implique de garder Ses commandements (1 Jean 2. 3 et 4) et, « en lui, l’amour de Dieu est véritablement consommé » (v. 5).

Le Seigneur, comme homme, a obéi à la Parole. « Ta loi est au-dedans de mes entrailles » (Ps. 40. 8). « Il a rendu la loi grande et honorable » (És. 42. 21). « Il commença de faire et d’enseigner » (Act. 1. 1). Esdras « avait disposé son cœur à rechercher la Parole, à la faire et à l’enseigner » (Esd. 7. 10). Marchons « comme Christ a marché » (1 Jean 2. 6).

Dans l’épître de Jacques, appelée le « berceau du christianisme », l’Esprit a placé les principes fondamentaux et élémentaires de la foi chrétienne. Nous devons les vivre pratiquement, sous peine de nous séduire nous-mêmes. Cependant, « que la Parole habite en vous richement » (Col. 3. 16), dans la communion du Seigneur. Matthieu 7. 21 met en garde contre la profession chrétienne sans vie : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ».

La Parole est un miroir dans lequel chacun voit ses défauts qu’il convient de corriger. La loi était un miroir aussi pour les Juifs, mais ne leur donnait pas la force de l’accomplir. Nous, nous avons le Saint Esprit pour cela. Elle nous reprend lorsque nous n’obéissons pas. Les Thessaloniciens mettaient en pratique ce qu’ils avaient appris et étaient devenus des modèles (1 Thess. 1. 6 à 10). Notre responsabilité est d’autant plus grande que nous possédons toute la Parole. « Vous avez accepté, non la parole des hommes, mais celle de Dieu » (1 Thess. 2. 13). Recevons la Parole comme « venant de Dieu ».

Le peuple, autrefois, écoutant la Parole, a pris conscience de son état misérable, et pleure (Néh. 8. 8 et 9). Toute la Parole agit « pour enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice » (2 Tim. 3. 16). Obéir suppose qu’on aime le Seigneur (Jean 14. 21 à 23). Sans l’amour, nos œuvres ne servent à rien (1 Cor. 13. 1 à 7). Que le Seigneur nous donne des cœurs qui L’aiment véritablement car, pour celui qui L’aime, « ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean 5. 3).

La « loi parfaite » (v. 25) nous est proposée : parfaite car portant le caractère de Dieu. C’est aussi « la loi de la liberté » car elle nous affranchit de l’esclavage du péché : le nouvel homme est libre d’obéir à Dieu. Mais le vieil homme, percevant l’obéissance comme une contrainte, doit être tenu dans la mort. La loi s’adressait à l’homme dans la chair : elle était « un ministère de condamnation » (2 Cor. 3. 9). Mais, pour les croyants : « la vérité vous affranchira » (Jean 8. 31 à 36). « Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant » (Gal. 5. 1).

Seulement : « n’usez pas de la liberté comme d’une occasion pour la chair » (Gal. 5. 13). La crainte de déplaire au Seigneur nous maintiendra dans la liberté d’obéir à Dieu sans l’entrave du péché. « La loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Rom. 8. 2).

La « nourriture » spirituelle du Seigneur, sur la terre, était de « faire la volonté de son Père et d’accomplir son œuvre » (Jean 4. 34). « C’est mes délices, ô mon Dieu ! de faire ce qui est ton bon plaisir » (Ps. 40. 8). « Tes paroles… ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15. 16). On retrouve la loi de la liberté au chapitre 2. 12, qui jugera nos actes et nos paroles.

En plus de la loi de Moise, nous trouvons aussi la loi royale, celle de l’amour. Un cœur aimant le Seigneur « regarde de près » dans la loi parfaite : il la recherche, comme fit Josias, qui a persévéré dans le bien, malgré le mauvais état du peuple. Il a été un faiseur d’œuvres. Dans la fidélité, nous serons « bienheureux » dans nos œuvres.

Notre vie extérieure doit manifester ce que nous professons être. Un service religieux est formé d’actes extérieurs, de bonnes œuvres préparées à l’avance par Dieu (Éph. 2. 10). Mais deux conditions s’imposent : tenir sa langue en bride, et marcher dans l’amour et la sainteté.

Nous avons affaire à Celui qui sonde les cœurs et nous enseigne dans le sermon sur la montagne : « Ton Père qui voit dans le secret » (Mat. 6. 6). Jacques insiste sur la réalité de la profession chrétienne, qui peut être sans vie. Nous devons nous « conserver purs du monde » (v. 27), car, si nous sommes dans le monde, dans lequel le Seigneur nous envoie, nous ne lui appartenons pas (Jean 17. 14 à 18). C’est sa conduite et ses activités qui montreront si un professant est vraiment un enfant de Dieu.

Le Psaume 34. 12 et 13 dit : « Garde ta langue du mal et tes lèvres de proférer la tromperie ». La vraie piété du cœur est précieuse devant Dieu, et le christianisme vécu met l’homme entièrement de côté. Paul disait « Pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1. 21). Gardons-nous d’avoir une bonne opinion de nous-mêmes, comme ce pharisien de la parabole de Luc 18. 9 à 12 qui osait dire à Dieu : « Je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes … » et se vantait de ses mérites supposés. Jéhu, en son temps et à sa place, se vantait ostensiblement de son zèle pour l’Éternel (2 Rois 10. 16). Mais, emporté par sa fureur dans le jugement, l’œuvre « inaccoutumée » de Dieu ; il est allé trop loin, et Dieu a dû venger le sang versé de Jisreël sur la maison (Os. 1. 4). Certains peuvent se « mesurer eux-mêmes à eux-mêmes, se comparant eux-mêmes à eux-mêmes, manquant d’intelligence » (2 Cor. 10. 12).

Désirons être fidèles et obéissants à la Parole – mais c’est le Seigneur seul qui peut apprécier notre état intérieur. Paul ne se souciait pas d’être jugé par les autres, et ne se jugeait pas lui-même ; mais il était conscient que le Seigneur était seul à pouvoir le juger (1 Cor. 4. 3 à 5). Jacques 3. 2 et 6 montrent que nous devons maîtriser nos paroles afin de nous gouverner nous-mêmes et de ne faire de mal à personne (1 Pier. 3. 10). Nos paroles peuvent être légères, folles, des plaisanteries oiseuses. Dieu nous en demandera compte, car : « de l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34).

Par contre, appliquons-nous à avoir « des paroles de grâce assaisonnées de sel » (Col. 4. 6), qui sont le fruit de l’Esprit si nous sommes occupés du Seigneur, afin que nous soyons agréables pour Dieu (Ps. 19. 14). Soyons comme Élie qui se tenait devant l’Éternel. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Jac. 2. 8). Dieu est saint et Ses enfants doivent se conserver intérieurement « purs du monde », ce système organisé sans Dieu ; car « l’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4. 4) ; mais nous devons visiter ceux qui sont dans le besoin (v. 27) : c’est une œuvre extérieure venant du cœur. « Dieu a tant aimé le monde… », c’est-à-dire, l’humanité. Ne nous « conformons pas à ce présent siècle mauvais » (Rom. 12. 2), et rejetons toute association avec le monde (2 Cor. 6. 14 à 16) ; les organisations « humanitaires » même n’ont rien de commun avec l’amour chrétien : ce n’est que de la philanthropie. Gardons-nous-en. Une hyperactivité spirituelle peut être le signe d’un mauvais état intérieur. De même, que le souci de notre sanctification ne nous submerge pas. « Cessez de mal faire et apprenez à bien faire » (És. 1. 16 et 17).

Dans ce verset, Ésaïe place la cause de la veuve et de l’orphelin devant le croyant, pour qu’il en prenne soin. Soyons comme le Seigneur « qui allait de lieu en lieu faisant du bien » (Act. 10. 38). « Le chef de ce monde n’a rien en moi » disait-il (Jean 14. 30). Jugeons-nous nous-mêmes afin de porter du fruit. Visiter ceux qui sont dans la peine est une œuvre de la grâce agissant en nous. Quant à Dieu, Lui-même a visité Son peuple ; mais cela peut avoir deux significations différentes : soit pour la bénédiction, soit en jugement. C’est par amour que nous devons marcher sur les traces de notre Seigneur « Il nous a retirés du présent siècle mauvais » (Gal. 1. 4). Vivons cela pratiquement avec Lui.

Ch. 2

Ce chapitre parle aux professants, avec ou sans la vie, mais qui ne montrent pas l’amour (v. 1 à 13), ni les œuvres manifestant la foi (v. 14 à 26). Seule, la foi nous justifie devant Dieu, mais elle se montre aux hommes dans les œuvres qu’elle suscite.

Dieu lit dans nos cœurs et nous met en garde contre de mauvaises pensées pouvant naître en nous (v. 4). Le Seigneur ne se fie pas à nos sentiments naturels (Jean 2. 24 et 25). Défions-nous de l’exemple du monde qui fait grand cas des apparences avantageuses aux yeux des hommes. Dieu, Lui, regarde au cœur (1 Sam. 16. 7). Si nous nous parons d’une belle apparence sans fondement, Dieu agira de manière à nous amener à être conformes à ce que nous professons être. Si nous traitons différemment un riche et un pauvre, dans le monde ou dans l’assemblée, nous ne marchons pas sur les traces du Seigneur, venu d’abord pour sauver ceux qui sont conscients de leur misère et de leurs besoins.

Dans ce chapitre, le Seigneur est présenté comme « le Seigneur de gloire » qui, Lui, ne faisait pas acception de personnes (v. 10). Il fustigeait sévèrement les « scribes et les pharisiens hypocrites » (Mat. 23. 13 à 33), mais Il reprenait sèchement Pierre lui-même (Mat. 16. 21 à 23). « Certainement, l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (Ps. 39. 6). Mais, devant le Seigneur de gloire, les apparences ne tiennent pas !

Comme Élisée, autrefois, tenons-nous devant Dieu. Ce prophète n’a eu aucun égard à la grande apparence d’un Naaman, chef de l’armée Syrienne ; mais il l’a guéri de sa lèpre. Le vieil homme est sensible à la considération du monde et rechercherait volontiers les honneurs. Le Seigneur, Lui, n’a jamais cherché à briller : Il était humble et, il n’y « avait pas d’apparence en Lui pour nous le faire désirer » (És. 53. 2). Néhémie, dans le premier chapitre de son livre, nous entretient de sa peine devant les misères du peuple à Jérusalem, avant de nous dire qu’il était « échanson du roi ». Tout en craignant le roi, il le nomme « cet homme ». Devant Dieu, l’homme le plus puissant n’est rien.

Le Seigneur met à nu le cœur des Juifs qui recherchaient la gloire humaine et non celle de Dieu (Jean 5. 43 et 44). Imbus d’eux-mêmes, ils ne pouvaient venir au Seigneur pour être sauvés. Dans l’assemblée, nous sommes en danger d’entourer de soins empressés certains frères plus en vue que d’autres, alors que nous négligeons de prendre les mêmes soins de frères moins doués. Chacun est, pourtant « le frère pour lequel Christ est mort » (1 Cor. 8. 11).

Deutéronome 10. 17 et 18, nous montre l’Éternel comme le « Dieu grand, puissant, et terrible, qui ne fait point acception de personnes… qui fait droit à l’orphelin et à la veuve ». Il se penche avec compassion sur les besoins des malheureux. Romains 12. 16 nous exhorte à l’humilité.

Le livre d’Esther montre Haman, l’homme recherchant des honneurs toujours plus grands et qui finit pendu – et Mardochée, ignoré des grands, assis à la porte du roi. Et, au jour où le roi l’honore, il revient s’asseoir à sa place habituelle (Est. 6. 12). Le même amour de Dieu s’offre à tous les hommes, et Il ne veut pas que l’on fasse fléchir le droit ni des pauvres ni des riches (Lév. 19. 15).

Les chrétiens juifs ne respectaient pas cette règle morale (Jac. 2. 6). Prophétiquement, le Seigneur disait : « Moi, je suis affligé et pauvre » ; « Bienheureux celui qui comprend le pauvre » (Ps. 40. 17 ; 41. 1). Les pauvres ont un grand prix aux yeux de Dieu, à plus forte raison s’ils sont des frères en Christ (v. 5). Car, la seule différence que Dieu fasse entre les frères tient dans le degré de piété et de communion.

Les pharisiens méprisaient le peuple : « Cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite » (Jean 7. 49). Mais le monde n’est pas digne des petits, qu’il méprise, et que Dieu aime (Héb. 11. 38). Dans l’assemblée, Dieu nivelle les différences sociales (1 Cor. 1. 26 à 29 ; Gal. 3. 27 et 28). Aimons les frères les plus effacés comme ceux qui sont les plus en vue. Cependant, « l’évangile est annoncé aux pauvres » (Mat. 11. 5). Même pauvre quant au monde, le croyant est riche quant à Dieu (Luc 12. 16 à 21). Et les croyants riches sont appelés à n’être pas « hautains » (1 Tim. 6. 17). Les richesses peuvent empêcher la conversion (Mat. 19. 16 à 24).

Cette épître relève des tout premiers temps du christianisme, où les chrétiens juifs restaient attachés au judaïsme. Peut-être que ces riches des v. 6 et 7, mêlés aux croyants, étaient étrangers à la grâce. Les croyants de toutes les époques du christianisme, sont mis en garde contre l’admiration des riches, et contre la déférence que l’on peut observer envers eux, car nous les voyons, là, mépriser les pauvres du troupeau (v. 6 et 7 ; 5. 1). Même les chrétiens, de nos jours, sont capables d’entrer en procès les uns contre les autres devant les tribunaux ! (1 Cor. 6. 1 à 3)

Les vraies richesses qui nous sont proposées par Dieu sont spirituelles : « Tel fait le riche et n’a rien du tout ; et tel se fait pauvre et a de grands biens » (Prov. 13. 7). « Se faire pauvre » signifie ne pas s’attacher aux biens de la terre, afin d’être moralement libre de suivre le Seigneur qui, « étant riche a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8. 9).

Dans l’Ancien Testament, les richesses étaient un signe de la faveur de Dieu. Aujourd’hui, si les richesses ne sont pas condamnables en elles-mêmes, nous devons nous en servir pour le Seigneur : Il nous en demandera compte. Ce qui est condamnable, c’est le désir de s’enrichir (1 Tim. 6. 9), et de se servir des richesses pour dominer dans le monde ou dans l’assemblée. Le Seigneur, Lui, s’est abaissé toujours plus (Phil. 2. 6 à 8). Agur demandait de n’avoir ni pauvreté ni richesse, mais d’être nourri quotidiennement du pain nécessaire (Prov. 30. 8 et 9). Le travail doit être le moyen de pourvoir à nos propres besoins, afin de n’être à charge à personne, et d’aider les nécessiteux (2 Thess. 3. 7 et 8). Il arrive qu’un frère pauvre soit plus spirituel qu’un autre frère, riche. Quant au Seigneur, « il a été opprimé et affligé » (És. 53. 4).

Cette épître se met à la portée des premiers chrétiens encore dépourvus des écrits du Nouveau Testament. Cependant, le christianisme a une tout autre portée que la loi mosaïque : Ce qui a du prix pour Dieu, c’est que nous soyons « riches en foi » (Jac. 2. 5). Soyons disposés à nous considérer comme n’étant rien quant aux fausses valeurs mondaines, mais comme étant ces choses « folles, faibles, viles, qui ne sont pas » mais que Dieu appelle à Lui (1 Cor. 1. 27 et 28). Jacques dit : « Écoutez, mes frères bien-aimés… » (v. 5), et il nous rappelle que Dieu « a choisi les pauvres quant au monde, riches en foi ». La grâce n’exclut personne, mais les richesses du monde peuvent être un obstacle pour venir au Seigneur. Cependant, les croyants subissent l’opposition du monde quand ils affichent ouvertement leur foi. Que Dieu nous fortifie dans ces circonstances-là.

Le livre de Néhémie nous montre les riches opprimant leurs frères pauvres, alors que ce faible résidu de Juda était revenu de captivité par pure grâce ! (Néh. 5. 2 à 9) Les chrétiens doivent se comporter tout autrement : les serviteurs doivent obéissance à leurs maîtres ; mais ceux-ci doivent rester doux envers eux (Éph. 6. 5 à 9). C’est là, la « loi royale » : amour, miséricorde, patience, bonté. S’aimer les uns les autres, sans distinction de rang, est le plus grand commandement de la loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée… » et le second lui est semblable : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mat. 22. 37 à 39). « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 34 et 35). Celui qui aime les autres a accompli la loi (Rom. 13. 7 à 10).

Jacques reste au niveau de la loi ; mais le Seigneur est allé beaucoup plus loin : « Il a été dit… mais moi je vous dis… » (Mat. 5. 21 à 44). C’est là, « la loi de la liberté », d’une plus haute portée que la loi mosaïque. Mais cette liberté du croyant ne doit pas être « une occasion pour la chair » (Gal. 5. 1 et 13).

Sachons, avec l’aide de Dieu, manifester dans le monde et entre nous, les caractères d’amour de notre Père (1 Cor. 13), nous souvenant que « Dieu a versé son amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5).

Sous la loi, l’homme pécheur est incapable d’y obéir, et devient transgresseur. Il fallait obéir à tous les commandements : être coupable sur un seul, c’était être coupable sur toute la loi. Seul, le Seigneur a pleinement accompli la loi, sans aucune transgression, mais en la transcendant au-dessus de la lettre : « … il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent, en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux » (Mat. 5. 43 à 45) ; de sorte que Dieu a proclamé : « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 17. 5). Dieu a pu mettre la loi de côté, comme ayant été parfaitement accomplie. Dans le christianisme, nous ne sommes plus mis à l’épreuve par l’obéissance à la loi, mais nous sommes placés sous la grâce. Jacques s’adresse aux premiers chrétiens juifs, encore attachés au système mosaïque.

Les Galates pensaient devoir se remettre sous la loi ; mais Paul leur dit : « Vous êtes déchus de la grâce… » (Gal. 5. 4). « Le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua ». La loi rendait le « péché excessivement pécheur » (Rom. 7. 11 à 13), et il n’y avait aucun espoir pour l’homme. Les Galates renversaient ce que Dieu avait établi : la grâce. Le Seigneur a accompli la loi à la gloire de Dieu, tout en répondant à notre misère, de sorte que la loi n’est plus la règle de vie du croyant. Désormais, notre modèle, c’est Christ. Cependant, sauf ce qui concerne le sabbat, tous les commandements ont encore leur valeur morale pour nous.

La loi disait : « Fais ces choses et tu vivras – sur la terre. La grâce sauve par la foi et, dès lors, les œuvres prouvent que l’on a la vie éternelle, pour le ciel.

Tous les hommes sont pécheurs ; les Juifs, transgresseurs de la loi, ne sauraient être sauvés sans la foi en Christ. Sous la grâce, le croyant, lui aussi, transcende la loi, et doit produire des fruits à la gloire de Dieu, « comme devant être jugé par la loi de la liberté » (v. 12). La grâce nous a libérés de la puissance du péché, par le Saint Esprit, de sorte que nous sommes libres de vivre selon la sainteté pratique, dans la paix parfaite quant aux péchés du passé.

Et la grâce nous conduit à aimer Dieu et notre prochain, c’est-à-dire, tous les hommes (Mat. 22. 36 à 40). Le Seigneur nous exhorte à nous aimer les uns les autres (Jean 13. 34 et 35). Ce commandement est nouveau, par rapport à l’ancienne alliance. Aimer ainsi, c’est porter les vrais caractères divins : « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16) ; et « Dieu est lumière » (1 Jean 1. 5).

« La loi est donc sainte… et le commandement est juste et bon » (Rom. 7. 12), mais elle s’adressait au vieil homme, incapable d’obéir. Mais le Seigneur a pris nos péchés sur Lui-même, et en a subi le jugement. Dieu a trouvé en Lui-même les motifs de nous aimer : « la miséricorde se glorifie à l’égard du jugement ». La loi de la liberté est la loi parfaite (ch. 1. 25) ; elle ne s’adresse plus au vieil homme, mais à l’homme régénéré, dont la joie est de se soumettre volontairement à Dieu. Comme conséquence, faire acception de personnes, c’est pécher contre Dieu et Sa manière d’agir. Cependant, si nous sommes appelés, parfois, à reprendre notre frère, cela ne doit pas se traduire par un jugement, car Dieu juge sévèrement ceux qui jugent sans miséricorde (v. 13). « La miséricorde se glorifie vis à vis du jugement ».

À la fin, les incrédules seront jugés sans miséricorde, devant le grand trône blanc, et jetés dans l’étang de feu (Apoc. 20. 11 à 15). Mais pour les croyants : « toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor. 5. 17) ; le Seigneur met Sa main sur eux pour dire : ceux-là sont à moi. Dès maintenant, nous sommes fondés à avoir « toute assurance » devant Dieu Lui-même (1 Jean 4. 17), car le Seigneur a accompli l’œuvre de la rédemption qui nous sauve. Et, si nous péchons, « nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le Juste » (1 Jean 2. 1).

Rappelons que Jacques écrivait pour les tout premiers chrétiens, judaïsant encore, et parmi lesquels se trouvaient des professants n’ayant pas la foi. Au v. 1er de ce chapitre, c’est comme s’il leur disait : « vous n’avez pas la foi de notre Seigneur Jésus Christ, si vous faites acception de personnes ». Au v. 14, il est question de quelqu’un qui dit avoir la foi mais, n’ayant pas d’œuvres, on peut douter qu’il soit vraiment sauvé. Seules, les œuvres peuvent montrer la foi.

Cependant, la justification selon la Parole de Dieu, repose uniquement sur la foi en Jésus Christ, par la rédemption (Rom. 3. 24) sans œuvres de loi (v. 28) ; mais les œuvres témoignent que la foi existe vraiment. Dieu lit au plus profond des cœurs et n’a besoin d’aucune preuve pour discerner la foi. Mais les hommes ont besoin d’une preuve visible pour conclure que la vraie foi est là. Cependant, les œuvres ne sont pas forcément, à elles seules, une preuve de foi, si l’obéissance à la Parole est absente de la vie habituelle. Les incrédules savent aussi se livrer à des activités altruistes (humanitaires) ; mais sans la foi en Dieu, ce ne sont pas « les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10).

Sur la croix, le brigand repenti n’a eu aucune possibilité de faire de bonnes œuvres ; pourtant, le Seigneur l’a sauvé (Luc 23. 43).

Le Seigneur stimule, par cette épître, notre énergie spirituelle, afin que la foi se manifeste. La nouvelle naissance seule fait apparaître la foi chez quelqu’un (Jean 3. 3, 5 et 6). La foi est comparable aux racines d’un arbre : si elle existe, elle se manifestera par les œuvres – les fruits (Mat. 7. 17 à 20). Aimons nos frères « en action et en vérité » (1 Jean 3. 17 et 18). Paul cherchait des fruits d’humilité chez les Corinthiens (1 Cor. 4. 17 à 20). La justification a pour motif divin la grâce (Rom. 3. 24), et s’applique aux croyants par la foi (v. 28), par le moyen du sang de Christ (Rom. 5. 9) ; et elle se démontre par les œuvres de foi (Jac. 2. 24). « La foi sans les œuvres est morte » (v. 20 et 26), rappelle la pensée exprimée en Éphésiens 5. 14 : « Réveille-toi, toi qui dors et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi ». Si quelqu’un est exhorté à se relever « d’entre les morts », c’est qu’il est vivant ; mais s’il dort, il ressemble à un mort !

Les versets 15 et 16, nous mettent en garde contre l’indifférence coupable que l’on peut manifester envers les besoins d’un frère ou d’une sœur. Souvenons-nous qu’en faisant du bien à nos frères éprouvés, c’est au Seigneur Lui-même que nous le faisons (Mat. 25. 36 à 40). La question posée par les justes (v. 37 de Mat. 25), indique que le bien qu’ils avaient fait à leurs frères n’avait pas la récompense pour but, mais était fait par amour. Lorsque le Seigneur multiplie les pains et les poissons, Il dit à Ses disciples « Vous, donnez-leur à manger » (Marc 6. 37) ; et Il les associe à Son miracle d’amour car, s’Il multiplie les pains et les poissons, Il donne cette nourriture à Ses disciples pour qu’ils la mettent devant les foules. Le Seigneur réalise, là, par anticipation du millénium, la prophétie du Ps. 132. 15 : « Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres ». À notre tour, ne fermons pas nos entrailles à nos frères dans le besoin, mais sachons les aimer assez pour y pourvoir, selon nos moyens.

Les Juifs, les musulmans comme les chrétiens, croient en un Dieu unique. Mais il ne suffit pas de croire en un seul Dieu : encore faut-il croire que le Seigneur Jésus est mon Sauveur personnel, pour que je sois sauvé. Jacques rappelle que même les démons croient en un seul Dieu ; mais « ils frissonnent » (Mat. 2. 19), car n’étant pas soumis à Dieu, ils savent qu’ils sont perdus. Le monothéisme religieux, en soi, n’accorde pas le salut : il faut la foi.

Les œuvres de la foi, « préparées à l’avance pour que nous marchions en elles », accomplies dans la communion avec Dieu, doivent, chez les vrais croyants, se substituer aux œuvres de loi, stériles en elles-mêmes, pour plaire au Seigneur.

Dans ce chapitre 2, Dieu se plaît à relever les œuvres qui justifient la foi personnelle d’Abraham et de Rahab. C’étaient des œuvres selon Dieu mais, pour les hommes, Abraham était un meurtrier en s’apprêtant à sacrifier son propre fils, et Rahab trahissait son pays. Mais Dieu relève la foi d’Abraham, le Juif à qui Dieu avait parlé, et qui a cru Dieu sur parole (Gen. 15. 1 à 6) : « Et cela lui fut compté à justice ». Cette parole de Genèse est rappelée trois fois dans le Nouveau Testament (Rom. 4. 3 ; Gal. 3. 6 ; Jac. 2. 23).

Mais, au chapitre 22 de la Genèse, « Dieu éprouva Abraham » : « Montre-moi ta foi… » (Jac. 2. 18) ; et sa foi est manifestée lorsqu’il accepte d’offrir son fils sur l’autel. Même si Dieu a retenu la main d’Abraham, dans son cœur Abraham obéissait à Dieu, sans murmure, manifestant ainsi sa foi. Dans nos circonstances personnelles, Dieu attend de nous la même foi obéissante pour Sa gloire, et pour le témoignage aux yeux du monde. Si nous sommes parfois dans la détresse, prenons courage en Christ : « Si tu perds courage au jour de la détresse, ta force est mince » (Prov. 24. 10).

C’est alors que Dieu appelle Abraham « son ami » (2 Chron. 20. 7 ; És. 41. 8 ; Jac. 2. 23). Dieu peut-Il nous appeler « Ses amis » ? Le Seigneur a dit : « Vous êtes mes amis si vous faites tout ce que moi je vous commande » (Jean 15. 14). Le Seigneur peut nous commander, personnellement, de petites ou de grandes choses.

Nous devons obéir aux plus petites avant d’être invités à obéir aux grandes. Hébreux 11. 8 et 9 rappelle qu’Abraham quitta son pays et sa parenté sans savoir où il allait, pour obéir à Dieu. Et sa foi brilla lorsqu’il accepta d’offrir Isaac. S’appuyant sur les promesses divines, il savait que Dieu pouvait ressusciter Isaac d’entre les morts (v. 17 à 19). Les versets 1 et 13 d’Hébreux 11, montrent que la foi projette la réalisation des promesses de Dieu dans l’avenir, et qu’elle ne vacille pas dans les épreuves, si elle s’appuie sur la puissance et la fidélité divines. Comme Dieu avait parlé à Abraham, le Seigneur Jésus nous a parlé : croyons-Le sur parole, et obéissons-Lui.

Contrairement à ce qui s’était passé pour Abraham, Dieu n’avait pas parlé à Rahab. Mais la marche du peuple depuis sa sortie d’Égypte, et les manifestations extraordinaires de la faveur divine pour ce peuple, avaient parlé puissamment à la prostituée étrangère ! Devant un témoignage aussi irrésistible de la puissance de Dieu, elle a cru, et était profondément persuadée que Dieu donnerait son pays à Israël (Jos. 2. 9 à 11). Sa foi simple se manifeste en cachant les espions envoyés pour explorer son pays, et en leur faisant promettre qu’elle aurait la vie sauve avec toute sa famille. Elle a même attaché un cordon d’écarlate à sa fenêtre, preuve de sa foi, se mettant ainsi, par avance, symboliquement et sans doute sans le comprendre, sous la protection du sang de Christ. Devant une telle foi, Dieu exauce Rahab, et elle entrera dans la généalogie du Seigneur (Mat. 1. 5). La foi de Rahab est née du témoignage de la faveur de Dieu pour Israël.

Le brigand sur la croix a eu la foi en considérant le Seigneur crucifié comme lui, mais qui n’avait « rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41). Rahab a discerné dans les espions réfugiés dans sa maison, des « messagers » envoyés de Dieu, lui apportant l’assurance qu’elle serait sauvée ! (Jac. 2. 25) Dieu sauve indistinctement tous ceux qui ont la foi, en toute race ou nation. Aux yeux des hommes, le croyant est justifié par les œuvres de la foi (Jac. 2. 24). Le v. 26 stigmatise un professant sans la vie divine.

Ch. 3

La conduite du croyant se discerne dans la maîtrise de sa propre langue qui, laissée libre, peut faire beaucoup de mal (ch. 1. 19 et 20). Pour l’assemblée, les docteurs sont nécessaires, mais en petit nombre, car leur responsabilité est plus grande. Le docteur enseigne la Parole pour la faire comprendre, mais il doit la mettre en pratique, comme chaque croyant, en témoignage pour le monde qui nous regarde. Sinon, il peut être une occasion de chute pour plusieurs. Cependant, tous ceux qui présentent la Parole ne sont pas docteurs. Malheureusement, il reste peu de docteurs dans les assemblées, actuellement !

C’est pourquoi : « Sondez les écritures… car ce sont elles qui rendent témoignage de moi » nous dit encore le Seigneur Jésus (Jean 5. 39).

Au premier chapitre, Jacques nous invite à écouter plus qu’à parler (v. 19). Au ch. 3, il exhorte à éviter d’être « beaucoup de docteurs » (v. 1). Le docteur fait comprendre la Parole. Il a une grande responsabilité et il en recevra « un jugement plus sévère ».

« Nous faillissons tous à plusieurs égards » souvent, et nous péchons en paroles, dans la vie quotidienne. La ressource, c’est la confession. Il nous est quelquefois difficile de tenir notre langue, qui reflète l’état de notre cœur : « De l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34). Supplions le Seigneur qu’Il nous donne la force de vivre ce que nous disons, et ne ressemblons pas aux pharisiens qui disaient et ne faisaient pas (Mat. 23. 3) – spécialement les frères qui exhortent.

« Dans la multitude des paroles, la transgression ne manque pas, mais celui qui retient ses lèvres est sage » (Prov. 10. 19). Jacques s’inclut lui-même dans ce qui nous caractérise « tous » (v. 2). Si nous présentons la Parole dans l’assemblée, faisons-le comme « des oracles de Dieu » (1 Pier. 4. 11). Attention aux bavardages, dans les réunions : ils dénotent l’inconscience de la présence du Seigneur. « Qui surveille sa bouche garde son âme, et la ruine est pour celui qui ouvre sa bouche toute grande » (Prov. 13. 3). « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, et veille sur l’entrée de mes lèvres ». Que Dieu garde nos lèvres. (Ps. 141. 3). En paroles aussi, le Seigneur est notre modèle : « Tous s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22). Il pouvait dire : « Ma pensée ne va pas au-delà de ma parole ». Il était « un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant le peuple » (Luc 24. 19). Dieu, le premier, voit tout ; mais les hommes nous voient aussi. « Les choses que Jésus commença de faire (1) et d’enseigner (2) » (Act. 1. 1).

Nos paroles doivent être la confirmation de notre marche qui doit se voir en premier. « Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (Col. 4. 6). « Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, propre à l’édification » (Éph. 4. 29).

Dans la dépendance du Saint Esprit, ayons à cœur l’édification de tous, ayant dépouillé le vieil homme. Le Seigneur nous connaît à fond ; cependant, Il nous confie un service qui reflète quelque chose de Lui-même, dans Sa communion, car : « séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5).

Si nous tenons notre langue « en bride » (Jac. 1. 26), c’est que, premièrement, nous maîtrisons notre cœur. Alors, tout le corps sera bridé (ch. 3. 2). De petites choses apparemment insignifiantes peuvent entraîner de grands résultats, bons ou mauvais. Le mors des chevaux est une petite pièce métallique que l’on met entre leurs lèvres, et qui sert à diriger tout leur corps. Le gouvernail des bateaux, petit élément caché sous l’eau, sert à les diriger sûrement dans leur cheminement sur la mer (Prov. 30. 18 et 19).

La langue, tout petit membre du corps, peut faire de grands ravages moraux ! Les animaux sauvages se domptent, la langue ne peut être domptée (Jac. 3. 8). Seul, le nouvel homme sait dire de bonnes choses, mais le vieil homme n’en dit que de mauvaises. Avant de parler, demandons-nous : Est-ce vrai ? Est-ce bon ? Est-ce utile ?

Fuyons la médisance que la Parole condamne ; et plus encore, la calomnie. « La langue fausse hait ceux qu’elle a écrasés et la bouche flatteuse amène la ruine » (Prov. 26. 28). Et au v. 20 de Proverbes 26 : « Faute de rapporteur, la querelle s’apaise ». « Ne soyez pas comme le cheval, comme le mulet… dont l’ornement est la bride et le mors, pour les refréner quand ils ne veulent pas s’approcher de toi » (Ps. 32. 9). Dieu, parfois, nous réfrène pour nous diriger selon Sa volonté et, par de petites choses, nous bride. Nous serons jugés sur nos paroles (Mat. 12. 37). Gardons-nous aussi de la vantardise (Jac. 3. 5). Les possibilités de la langue sont vastes comme le monde, pour l’iniquité – choses fausses – comme 2 Timothée 2. 19, et alimentent ce qui est voué à la géhenne (v. 6). C’est « ce qui sort de la bouche qui souille l’homme » (Mat. 15. 11) ; et « du cœur, viennent les mauvaises pensées » (v. 19). « Que les paroles de ma bouche… soient agréables devant toi ô, Éternel » (Ps. 19. 14). Soyons occupés de ce qui est bon selon Philippiens 4. 8.

Romains 3. 13 et 14 rappelle le v. 8 de Jacques 3 : « la langue… un venin mortel ». Jacques s’adresse aux frères (v. 10 et 12), capables d’avoir le même comportement que Doëg, dans 1 Samuel 21 et 22 qui était un ennemi et qui, d’une parole, a provoqué la mort de nombreuses personnes dont quatre-vingt-cinq sacrificateurs ! Jacques s’adresse aux frères qui sont capables de se comporter de la même manière entre eux ! Jacques parle de façon solennelle pour toucher nos consciences et nos cœurs, en montrant que même la nature s’oppose à de tels comportements (v. 9 à 12). Agir ainsi, dénote que nous laissons faire le vieil homme toujours en nous, nous qui avons reçu le Saint Esprit. « Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi » (v. 10).

Le vieil homme ne peut jamais dire ou faire de bonnes choses : il se complaît dans le péché. Le nouvel homme, lui, ne peut jamais pécher (1 Jean 3. 9), car il est formé de la vie même de Christ. Que le Seigneur nous aide à être conscients que notre vieil homme « est crucifié avec Christ » (Gal. 2. 20). Soyons attentifs à ceci, que notre frère est celui « pour lequel Christ est mort », afin de n’en pas dire du mal.

Il ne faut pas rapprocher le v. 12 de Matthieu 7. 18 à 20, où le Seigneur oppose les croyants qui, seuls, portent de bons fruits, tandis que les incrédules, n’en portant que des mauvais, seront jugés et jetés au feu. Ici, ce sont les croyants mêmes qui sont capables de porter de bons ou de mauvais fruits ! Cela nous rappelle que nos corps doivent être sanctifiés (Rom. 12. 1), à la gloire du Seigneur, « en sacrifice agréable à Dieu ». Jacques nous fait sentir toute la tristesse d’un tel comportement, incompatible avec la nature divine et ce que Dieu attend de ses enfants (Éph. 4. 29 ; 5. 3 et 4; Col. 4. 6).

Une seule parole malheureuse peut décourager une âme. Si le Seigneur remplit nos cœurs, nous serons gardés des médisances et des calomnies, paroles diaboliques ! Dieu entend toutes nos paroles. Pierre, après qu’il a déclaré par la révélation venant du Père, que le Seigneur était « le Christ, le Fils du Dieu vivant », s’entend rabrouer sévèrement, un moment plus tard : « Va arrière de moi, Satan » (Mat. 16. 16 et 23). « Le Père » du v. 9 nous ramène au Créateur, comme pour Malachie 2. 10 ; Ésaïe 64. 8, en contraste avec Jean 20. 17, où les croyants deviennent des enfants de Dieu.

Rappelons-nous les trois questions que nous devons nous poser avant de parler : Est-ce vrai ? Est-ce bon ? Est-ce nécessaire ? Si un frère, même sérieux, nous a rapporté une chose supposée vraie, ne nous précipitons pas : un seul témoin n’est jamais suffisant. Le Psaume 39. 1 et 3 montre que les bonnes intentions ne suffisent pas à garder notre langue : Dieu seul peut et veut nous garder du mal. Les v. 13 à 18 montrent qu’une jalousie amère produit les querelles. Un ressentiment peut être conservé longtemps dans le cœur, au lieu des bonnes œuvres que Dieu place devant nous, il y a « de mauvaises actions » (v. 16) : c’est là « mentir contre la vérité » (v. 14). Cela doit être jugé et confessé selon Matthieu 18. 15 à 17. Si, dans une assemblée, il y a des querelles, ce n’est jamais par le Saint Esprit : c’est le vieil homme qui agit ! « Rejetons les œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière » (Rom. 13. 12 à 14).

Jacques veut que l’on ait « une bonne conduite » (v. 13). Si nos cœurs sont remplis de Christ, nous porterons de bons fruits dans une communion constante avec Lui. Encourageons-nous mutuellement à vivre saintement : ayant une bonne conduite… la douceur de la sagesse… la sagesse d’en haut », qui sont les caractères de Dieu ; au lieu de « jalousie… désordre… querelle… sagesse diabolique ».

Le danger est de passer légèrement sur ces sérieuses exhortations et, ainsi, d’attrister le Saint Esprit en ne confessant pas nos fautes au Seigneur – et, si nécessaire, aux frères également. Le manque de puissance dans les assemblées vient de la légèreté de notre vie spirituelle. Nous n’accordons trop souvent que peu d’importance à notre comportement et, s’il y a de la jalousie, les mauvais fruits sont produits à chaque occasion.

Ce que Dieu attend de nous, c’est que notre vie intérieure soit à Sa gloire ; sinon, notre « intérieur » se manifestera tôt ou tard, contredisant notre aspect extérieur, peut-être convenable. Prenons garde à la sagesse de « l’homme animal » qui n’a que son âme créée, dépourvue du Saint Esprit (1 Cor. 2. 14), sagesse « diabolique » (v. 15). L’homme naturel ne peut recevoir la « sagesse d’en haut », inséparable de Christ reçu dans le cœur, car cela est considéré comme « folie » par le monde (1 Cor. 1. 18 à 22). Mais ici, l’apôtre s’adresse à des croyants ayant le Saint Esprit, leur permettant d’acquérir la « sagesse d’en haut » (v. 17).

Cependant, nous sommes capables, si nous laissons agir le vieil homme, de penser et d’agir comme le monde : et les « fruits » en sont diaboliques et produisent des querelles (Prov. 13. 10). En Galates 5. 19 à 22, Dieu nous rappelle deux sortes d’œuvres que nous sommes à même de porter : « les œuvres de la chair » opposées au « fruit de l’Esprit ». Demandons à Dieu de nous donner Sa sagesse (Jac. 1. 5). « Or vous êtes de lui (Dieu) dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption, afin que… celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur » (1 Cor. 1. 30). Paul s’était conduit, envers les Corinthiens, « avec simplicité et sincérité de Dieu, non pas avec une sagesse charnelle » (2 Cor. 1. 12).

Conseiller de David, Akhitophel avait joué un rôle dangereux, car ses conseils portaient la marque de la sagesse selon l’homme. Sa vie s’est terminée par le suicide. Les Proverbes parlent beaucoup de la sagesse divine que nous devons manifester dans notre vie (Prov. 2. 1 à 5) : elle est liée à la crainte de Dieu et au discernement de Sa pensée. Elle est personnifiée par le Seigneur Jésus (Prov. 8), et porte Ses mêmes caractères (Luc 2. 40 ; És. 11. 63. Jac. 3. 17). Elle est « pure », car nous sommes « sans conscience de péché » ; mais il faut laisser le vieil homme dans la mort où le Seigneur l’a mis. Elle est aussi, « paisible », car nous sommes les enfants du « Dieu de paix » : nos pensées, nos paroles, nos actions doivent porter ces caractères de pureté et de paix intérieures (Mat. 5. 8 et 9 ; 1 Pier. 3. 4). Elle est « traitable » : nous devons être à l’écoute de nos frères et ne pas imposer nos pensées ni nous obstiner dans notre position, ou manifester quelque violence de sentiments et de paroles.

Pierre dit : « soyez sobres, veillez » (1 Pier. 5. 8). Nous avons besoin de tout l’amour de Dieu pour nous garder dans la fermeté et la douceur, équilibre impossible sans le secours divin. Les premiers chrétiens n’étaient pas différents de nous, mais « ils étaient un cœur et une âme » (Act. 4. 32), se laissant tous conduire par l’Esprit de Dieu. Notre comportement doit être le même entre nous afin d’avancer ensemble, et non les uns plus vite que les autres, ce qui serait manquer à l’amour fraternel. « Que les membres aient un égal soin les uns des autres » (1 Cor. 12. 25). On peut s’appuyer sur la Parole pour insister sur ce que l’on considère comme « nos droits » ; mais il n’en ressort que du désordre. Mais si nous manifestons les vrais caractères du Seigneur, quel beau témoignage pour le monde !

La sagesse d’en haut s’acquiert peu à peu, lorsqu’on est converti, dans la mesure où on se laisse pénétrer par la Parole de Dieu lue régulièrement, avec des cœurs soumis. Dieu est quelquefois obligé de revenir sur les mêmes leçons : « Mes enfants, pour l’enfantement desquels je travaille de nouveau jusqu’à ce que Christ ait été formé en vous » (Gal. 4. 19). Sa volonté, c’est que nous ressemblions toujours plus à Son Fils, dans ce monde. Dans ce but, Il travaille jour et nuit dans nos cœurs. Paul pouvait dire : « Je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi » (Gal. 2. 20). « Affranchis du péché et asservis à Dieu, vous avez votre fruit dans la sainteté » (Rom. 6. 22).

La discipline « plus tard, rend le fruit paisible de la justice » (Héb. 12. 11). Si nous semons dans la paix (Jac. 3. 18, nous récolterons des fruits paisibles. Aimons tous les frères « sans partialité » en toute vérité, « sans hypocrisie » (Jac. 3. 17). Isaac et Rebecca étaient partagés quant à l’amour qu’ils portaient à leurs deux fils : il en est résulté la ruine de leur famille ! Aimez-vous « l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur, vous qui êtes régénérés » (1 Pier. 1. 22).

Ch. 4

« Guerres » et « batailles », dans les assemblées, révèlent l’activité du vieil homme. Paul constate, avec tristesse, que les Corinthiens restaient « des petits enfants » spirituels. Ils ne pouvaient pas supporter une nourriture spirituelle solide, mais seulement « du lait ». Ces croyants se disputaient en se réclamant « de Paul… d’Apollos, de Céphas … de Christ » (1 Cor. 1. 12 ; 3. 1 à 3). Que faisons-nous nous-mêmes ? Même s’il est admis que Jacques s’adressait aux Juifs chrétiens dont quelques-uns n’avaient pas la vie, tirons profit de ces paroles. Même si l’on n’en vient pas au meurtre, s’il y a de la haine dans nos cœurs pour des frères, nous portons ce caractère de meurtriers (Jac. 4. 2). David, un croyant fidèle par ailleurs, avait envoyé Urie à la mort afin de prendre sa femme (2 Sam. 11).

La chair et l’Esprit combattent en nous (Gal. 5. 17) ; et, prier en nous laissant conduire par la chair, ne peut que nous priver de l’exaucement de Dieu (v. 1 à 3). « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés ». « … vous demandez mal… » ne concerne pas des maladresses pour formuler nos prières : Dieu connaît nos cœurs. Demander mal veut dire, là, que nos demandes n’ont d’autres buts que notre propre plaisir, nos voluptés. Comment, dans ces conditions, Dieu nous exaucerait-Il ?

Quel contraste entre les fruits de la « sagesse d’en haut » (ch. 3. 17 et 18), et les premiers versets de notre chapitre ! Pourtant, l’apôtre s’adresse aux mêmes personnes ! En 2 Samuel 2. 25 à 30, un combat fratricide avait eu lieu en Israël, entre les serviteurs de David et ceux d’Ish-Bosheth, fils de Saül. Mais à la fin, « Joab sonna de la trompette » et le combat s’arrêta. « Joab s’en revint de la poursuite d’Abner » (v. 30), mais il y avait de nombreux morts ! Les combats entre frères ne peuvent faire que des victimes, et ne servent en aucune manière les intérêts du Seigneur.

Gardons-nous donc de la jalousie entretenue dans les cœurs : il n’en résulte que des querelles (ch. 3. 14 ; 1 Jean 3. 14 et 15). Contre ces tendances de la chair en nous, nous avons la ressource de la prière de la foi, et selon la volonté du Seigneur : alors, « II nous écoute… et nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées » (1 Jean 5. 14 et 15). « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15. 7).

Que nos demandes ne soient pas caractérisées par des préoccupations terrestres, mais célestes, bien que nous ayons aussi des besoins matériels auxquels Dieu pourvoit. L’oraison dominicale que nous trouvons en Matthieu 6. 9 à 13, nous ramène aux vraies priorités, selon Dieu.

– Ce qui touche à la gloire de Dieu (v. 9 et 10).

– Nos besoins matériels (v. 11).

– Le pardon de Dieu pour nous et le pardon pour nos frères à notre tour (v. 12).

– La demande d’être gardés des tentations dans les épreuves, et d’être délivrés du mal (v. 13).

Nos prières sont trop souvent des demandes « pour nous », uniquement. Ne faisons pas de Dieu notre « serviteur ». Mais attachons-nous à demander l’éclatement de Sa gloire à la venue du Seigneur.

L’orgueil, la faute du diable (1 Tim. 3. 6), est à la base des désordres dans le monde et dans les assemblées. Mais, « Dieu résiste aux orgueilleux mais Il donne la grâce aux humbles » (v. 6). « Il donne une plus grande grâce » ; par l’Esprit, nous devons nous juger nous-mêmes. « Résistez au diable, (l’instigateur des troubles parmi les frères), et il s’enfuira de vous » (v. 7).

L’Assemblée, la Bien-Aimée, future Épouse de Christ, est adultère, dans la mesure où elle s’attache au monde en même temps qu’au Seigneur. « Je vous ai fiancés à un seul mari… comme une vierge chaste » (2 Cor. 11. 2). Israël était adultère vis à vis de l’Éternel (Osée ; Jér. 3. 8 à 10). Le monde s’insinue dans nos cœurs, comme un étranger qui occuperait indûment nos maisons (Soph. 1. 8). Faisons nôtre le cheminement moral de Moïse (Héb. 11. 24 à 26). « Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal » (Jean 17. 15). Le monde ne veut pas de Christ. « N’aimez pas le monde » (1 Jean 2. 14 à 17). Le temps vient où l’Église apostate sera « vomie » de la bouche du Seigneur (Apoc. 3. 16). « Nul ne peut servir deux maîtres » (Luc 16. 13).

Tout ce que dit l’Écriture est pour notre profit, rien n’est dit en vain. Progressons dans sa connaissance afin qu’elle s’implante en nous et s’imprime dans notre marche. La Parole tout entière travaille à nous séparer de l’influence du monde. Israël était un peuple mis à part pour Dieu et nous-mêmes qui marchons dans le monde, nous ne sommes pas du monde (Jean 17. 16) : « Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez point la convoitise de la chair » (Gal. 5. 16 et 17).

Les convoitises chamelles sont opposées à la volonté de Dieu. Nous ne plaisons à Dieu que lorsque nous nous laissons conduire par l’Esprit qui ne peut en aucune manière « désirer avec envie » (v. 5), car Il est Dieu, et n’est pas « tenté par le mal » (ch. 1. 13). Il est, cependant de bons désirs, inspirés par l’Esprit dans le cœur des croyants : « Désirez avec ardeur les dons de grâce les meilleurs » (1 Cor. 12. 31 ; 14. 1). Ces dons sont employés pour « l’édification, l’exhortation et la consolation » de l’assemblée (1 Cor. 14. 3). Le Saint Esprit « donne une plus grande grâce » : Il « prend de ce qui est à Christ et nous le communique » (Jean 16. 14 et 15).

C’est une grâce de Dieu, « s’Il résiste aux orgueilleux » (Prov. 3. 34 ; Jac. 4. 6 ; 1 Pier. 5. 5), car Il veut l’humilité en nous afin que nous ressemblions au Seigneur (Mat. 11. 29). Dieu apprécie « un cœur brisé et humilié » (Ps. 51. 17). L’orgueil est plusieurs fois stigmatisé dans les Proverbes (3. 34 ; 8. 13 ; 16. 5 et 18). C’est là, « la faute du diable » (1 Tim. 3. 6). Gardons-nous de l’orgueil devant le Seigneur, mais aussi devant tous les hommes, et en particulier vis à vis de tous les chrétiens que nous ne devons pas juger, comme faisait le pharisien à l’égard du publicain (Luc 18. 10 à 14).

Prenons exemple sur le Seigneur qui « s’est abaissé lui-même » (Phil. 2. 6 à 8). Si nous sommes « tombés », notre état doit produire l’humiliation et la repentance et nous conduira à une humilité habituelle. Rester humble est un exercice quotidien (1 Pier. 5. 5). C’est dans la conscience de la sainteté de Dieu que nous pouvons nous humilier réellement, et confesser nos misères ; « nettoyez vos mains » – vos actions – et « purifiez vos cœurs » souvent doubles dans leurs motivations (v. 8). Zabulon, autrefois, allait à l’armée avec un cœur qui n’était pas double (1 Chron. 12. 33).

Dieu avait dû humilier le peuple durant quarante ans dans le désert, pour lui « faire du bien à la fin » (Deut. 8. 11 à 17). Dieu « habite… avec celui qui est abattu et d’un esprit contrit » (És. 57. 15). Prenons garde à notre cœur naturel, que Dieu estime être « méchanceté en tout temps » (Gen. 6. 5). « Soumettez-vous à Dieu » (v. 7), comme le Seigneur s’y est soumis : nous pourrons alors « résister au diable » qui lance ses dards enflammés : s’il rencontre Christ en nous, il s’enfuira. S’il trouve le monde en nous, nous sommes vaincus d’avance (1 Pier. 5. 8 et 9). Il nous faut revêtir « l’armure complète de Dieu » (Éph. 6. 13).

Dans les tentations, nous devons résister au diable par la force du Seigneur et l’effet de la Parole en nous ; ou fuir, si le danger est trop pressant dans une tentation extérieure, comme le fit Joseph avec la femme de Potiphar (Gen. 39. 7 à 12). Les tentations sont souvent intérieures à nous-mêmes, et naissent dans nos propres cœurs. Et nous y succombons lorsque, au lieu de les haïr et de les rejeter, nous les entretenons dans notre esprit. Que notre cœur soit rempli du Seigneur afin que, occupés de Lui seul, Satan n’ait pas de prise sur nous.

Demandons le secours du Seigneur avec foi, et Il nous aidera. Après le péché d’Adam et Ève, l’accès d’Éden fut fermé pour l’humanité. Mais maintenant, le sacrifice de Christ nous a ouvert le chemin du ciel : alors, « approchez-vous de Dieu et Il s’approchera de vous » (Jac. 4. 8). Le Seigneur nous dit encore : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14. 23).

Nous pouvons nous approcher de Dieu par la prière – nous approcher « avec confiance du trône de la grâce, pour avoir du secours au moment opportun » (Héb. 4. 16) – pour la louange « avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi… » (ch. 10. 22). De manière habituelle, il faut s’approcher et se purifier pour se tenir dans la présence de Dieu, car la grâce n’excuse pas le péché (Ps. 24. 3 et 4 ; Jac. 4. 8). Invité à aller à Béthel où Dieu était apparu à Jacob, celui-ci prend conscience qu’il faut qu’il se purifie avec toute sa famille (Gen. 35. 1 et 2).

De même que Dieu invitait Son peuple : « revenez à moi et je reviendrai à vous » (Mal 3. 7 et 8), Il nous adresse la même invitation : « Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous ». Ce peuple n’avait même plus conscience de l’amour de Dieu pour lui ; il frustrait toujours son Dieu et restait indifférent. Ne nous endurcissons pas dans une indifférence semblable, et méditons les bénédictions abondantes du Seigneur pour ceux qui L’écoutent (Mal. 3. 10). Joseph, alors qu’il se faisait reconnaître de ses frères, leur dit : « Approchez-vous de moi » (Gen. 45. 4). Le Seigneur nous dit la même chose afin de nous bénir.

Nos actes doivent être dictés par les mouvements d’un cœur purifié. Alors le Père et le Fils peuvent manifester leur amour de façon particulière (Jean 14. 23). Le psalmiste demandait : « Sonde-moi, ô Éternel ! et éprouve-moi : examine mes reins et mon cœur » (Ps. 26. 2). Nous sentirons vraiment nos misères si nous nous gardons de toute légèreté quant à notre marche devant Dieu. Alors nous pleurerons sincèrement, peut-être en secret ; mais Dieu « voit dans le secret » (Mat. 6. 6 et 17).

« Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (Mat. 5. 4). Le monde ennemi et le mauvais état de notre cœur bafouent les droits du Seigneur : s’en purifier conduit le Seigneur à répondre à nos prières. « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements » (Joël 2. 12 et 13). Ne nous endurcissons pas comme le peuple, autrefois, au sujet duquel Dieu dut dire à son prophète : « Éphraïm s’est attaché aux idoles : laisse-le faire » (Os. 4. 17).

Les sujets d’humiliation ne manquent pas, en ce qui concerne le monde ou notre propre état : Salomon avait prié pour tous les cas où le peuple pécherait, dans la mesure où « chacun » reconnaîtrait « la plaie de son propre cœur » (1 Rois 8. 28 à 53). « Le juste pèche sept fois le jour ». L’apôtre invite à sentir nos misères et à nous humilier devant le Seigneur (v. 9 et 10) : « Que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse » (v. 9). Notre cœur naturel n’aime pas cela mais, dans ce chemin de douleur, Dieu veut nous élever dans la vie spirituelle. La joie superficielle et le rire factice cachent toujours la tristesse d’un cœur éloigné de Dieu (Prov. 14. 13).

Colossiens 3. 5 à 9, invite à « dépouiller le vieil homme » et ses caractéristiques, afin de « revêtir » le nouvel homme (v. 12 à 15) qui porte les caractères du Seigneur Lui-même.

« Que la Parole du Christ habite en vous richement » (v. 16). Alors : « Réconcilie-toi avec Lui… Reçois l’instruction de sa bouche… Si tu te retournes vers le Tout-Puissant, tu seras rétabli… Tu le supplieras et Il t’entendra et tu acquitteras tes vœux » (Job 22. 21 à 27). La discipline, parfois douloureuse, est toujours nécessaire. Et : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’Il vous élève quand le temps sera venu » (Jac. 4. 10 ; 1 Pier. 5. 6 et 7). Dieu ne veut pas que nous restions accablés par la conscience de notre misère, mais veut nous restaurer, dans l’humiliation, afin que nous goûtions la vraie joie. Abraham étant fortifié par la communion avec Melchisédec, le roi de Sodome n’eut aucune prise sur lui Alors Dieu lui dit : « Abraham, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très grande récompense » (Gen. 14. 18 à 24 ; 15. 1). Dieu prend plaisir à récompenser la fidélité manifestée dans Sa communion.

La médisance est condamnée dans la Parole (Lév. 19. 16 à 18) ; et en Jacques 4, ainsi que dans l’épître de Pierre. Marie est devenue lépreuse pour avoir, avec Aaron, parlé contre Moïse (Nomb. 12). Le peuple fut arrêté sept jours dans sa marche, jusqu’à la restauration de Marie.

Parler « l’un contre l’autre » (Jac. 4. 11) peut revêtir deux formes : la médisance qui repose sur des choses réelles mais que l’on rapporte ; et la calomnie qui est un mensonge volontaire pour faire du mal à quelqu’un. Murmurer contre nos frères, revient à ne pas les accepter tels qu’ils sont, mais sans le déclarer publiquement.

Dès le début de sa marche dans le désert, le peuple, n’acceptant pas ses circonstances conduites par Dieu, murmure contre Son serviteur Moïse (Ex. 15. 24 ; 16. 2). « Pourquoi tentez-vous l’Éternel ? » (Ex. 17. 2 et 3). Le contraire d’une telle attitude envers nos frères, c’est avoir du support pour eux, de les accepter tels qu’ils sont. Nous ne devons pas juger les motifs intérieurs qui, par principe, nous sont inconnus, mais les faits avérés concernant notre frère (1 Cor. 5. 12). « Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés » (Mat. 7. 1 et 2 ; Rom. 2. 1 ; ch. 14).

D’ailleurs, le verset 12 de notre chapitre montre que nous ne devons pas juger les motifs des hommes en général – notre prochain. Dieu seul discerne nos vraies intentions, souvent cachées à nos propres yeux (Héb. 4. 12 et 13). Contrairement à ce que pensait Caïn, chacun de nous doit dire : je suis « le gardien de mon frère » (Gen. 4. 9).

À Corinthe, le mal était public et déshonorait Dieu. L’apôtre leur dit : « Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes » (1 Cor. 5. 13). Cependant, l’amour doit nous conduire à « ramener un pécheur de son égarement » et, ainsi, à « couvrir une multitude de péchés » (Jac. 5. 20), en particulier, en ne les divulguant pas, et en évitant que d’autres péchés semblables ne soient commis par la suite. C’est donc le mal commis et connu que nous devons juger, pour maintenir la gloire de Dieu, et non les motifs des cœurs. Mais avant tout, jugeons-nous nous-mêmes. Matthieu 7. 15, 16 et 21, montre que c’est aux fruits que nous reconnaissons ce qui vient de Dieu ou non. Parler contre son frère, revient à le rabaisser et à nous élever nous-mêmes : c’est le pharisaïsme !

Nous jugeons la loi lorsque, sachant qu’elle interdit de juger nos frères, nous les jugeons quand même, considérant qu’elle n’est pas bonne, sans autorité. Mais Romains 7. 12 dit : « La loi est donc sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon ». Certes, nous ne sommes plus sous la loi, mais elle conserve toute sa valeur morale pour nous, reposant sur l’amour : « L’amour est donc la somme de la loi » (Rom. 13. 10). Le Seigneur n’est « pas venu pour abolir la loi mais pour l’accomplir ».

L’épître de Jacques, écrite parmi les toutes premières, fait transition entre le judaïsme et le christianisme. Elle n’a rien de doctrinal mais trace la vie chrétienne pratique, selon la morale divine. Seul, le Seigneur est à la fois « législateur et juge ». Seul, Il peut sauver en amour ou détruire en justice (ch. 4. 12). Dans ces versets, il peut s’agir d’une destruction disciplinaire du corps, pour un croyant désobéissant ; tandis que la destruction « de l’âme et du corps dans la géhenne » (Mat. 10. 28), parle de la perdition éternelle des incrédules. Juger nos frères sur leurs motifs cachés, c’est usurper la place qui revient au Seigneur seul.

Le dernier paragraphe, nous met en garde quant à la manière qui nous est naturelle, de former des projets sans nous mettre sous la dépendance de Dieu ; notre vie comme nos circonstances ne nous appartiennent pas (v. 14). « Tu m’as donné des jours comme une largeur de main » (Ps. 39. 5). « Ne te glorifie pas du jour de demain, car tu ne sais pas ce qu’un jour enfantera » (Prov. 27. 1). Au faîte de sa gloire et de sa puissance, Nebucanetsar s’est vu ravalé au rang des bêtes, mangeant de l’herbe comme le bœuf (Dan. 4). Dieu seul a tout en main pour Sa gloire et notre bénédiction.

Ne soyons pas comme les moqueurs des derniers temps, qui pensent que « toutes choses demeurent au même état dès le commencement de la création » (2 Pier. 3. 4). Ne soyons pas comme « installés sur la terre » ainsi que le riche de la parabole de Luc 12. 16 à 21, et à qui Dieu dut dire : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? » Notre christianisme ne doit pas revêtir un caractère terrestre, encore moins mondain, mais céleste. Examinons nos voies devant Dieu.

Tous nos projets doivent être placés sous la dépendance de Dieu, de façon réelle dans nos cœurs. Paul disait en Actes 18. 20 : « Il faut absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem ; je reviendrai vers vous, si Dieu le veut ». Mais en Actes 21, l’Esprit Saint, de ville en ville, lui dit de ne pas y aller, mais il y va quand même et là, il se laissera entraîner à faire un vœu. Cet exemple nous met en garde contre notre propre volonté, contraire à celle de Dieu.

Faire des projets à long terme sans se placer sous la volonté divine n’est pas sage : la parabole de Luc 12. 13 à 21, nous le montre. Le chapitre 4 de Jacques montre quelle attitude doit avoir le croyant : s’humilier, se soumettre, chercher la volonté de Dieu. C’était là les caractères du Seigneur Lui-même, sur la terre. « Soumettez-vous donc à Dieu… » (Jac. 4. 7) : le résultat en sera la paix. Vouloir absolument exécuter nos projets ne produit que des troubles.

La « jactance » du v. 16 confine à l’orgueil qui nous est naturel. La « vanterie » que l’on retrouve chez les Corinthiens (1 Cor. 5. 6), n’est « pas bonne ».

Le v. 17 de Jacques 4 montre que le péché ne consiste pas seulement à faire le mal, mais aussi à ne pas faire le bien que nous savons faire. Celui qui sait enseigner a une grande responsabilité, s’il ne le fait pas. Cependant, le v. 17 nous concerne tous, quel que soit notre âge : c’est un péché personnel : « pour lui c’est pécher ». Ne cherchons pas à imiter le service d’un autre frère, mais la neutralité ou la passivité ne conviennent pas non plus au croyant : l’esclave de Luc 12. 47, connaissant la volonté de son maître mais ne l’ayant pas faite, est châtié.

Si nous ne connaissons pas la volonté de Dieu dans un cas particulier, prions avec persévérance et sincérité ; et, quand Il nous la dévoilera, faisons-la. Dans les Juges, au chapitre 5, toutes les tribus étaient conviées au combat, mais Ruben a préféré rester à ses occupations, et la Parole stigmatise cette indifférence. « Je veux que tu insistes sur ces choses, afin que ceux qui ont cru Dieu s’appliquent à être les premiers dans les bonnes œuvres » (Tite 3. 8 et 14). « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17).

Au v. 13 du chapitre 4, l’apôtre s’adresse à des croyants vantards agissant selon leurs propres pensées. Au ch. 5. 1 à 6, il s’adresse à des riches quant au monde, qui sont sans Dieu, mais probablement au milieu des chrétiens. Ils faisaient souffrir les fidèles en les spoliant de leur dû (v. 4) et vivaient dans les délices et les voluptés. « Malheur à celui… qui se sert pour rien de son prochain, et ne lui donne rien pour son travail » (Jér. 22. 13). Mais, par-dessus tout, ils avaient « mis à mort le Juste », le Seigneur. Quant aux « frères », (v. 7 et 8), il les exhorte, dans les épreuves, à prendre patience jusqu’à la venue du Seigneur.

Ch. 5

L’apôtre ne mélange pas les catégories de ceux à qui il s’adresse : « A vous maintenant, qui dites… » (ch. 4. 13). « A vous maintenant, riches… » (ch. 5. 1). Ces paroles peuvent aussi s’adresser à des croyants riches qui abuseraient de leurs richesses vis à vis de leurs employés. L’argent lui-même n’est pas condamnable, mais bien le mauvais usage qu’on peut en faire. Dieu ne blâme pas un Abraham, un Barzillaï, un Joseph d’Arimathée qui, tous les trois, étaient riches ; parce qu’ils usaient de leurs richesses selon Dieu.

Le Seigneur, le vrai riche, a vécu dans la pauvreté afin de nous enrichir (2 Cor. 8. 9). Les frères riches ne doivent pas ressembler aux riches du monde (Jac. 2. 5 à 7). Plutôt que les richesses terrestres qui sont éphémères (Prov. 23. 4 et 5), et nous conduisent vers toutes sortes de maux (1 Tim. 6. 9 et 17 ; Prov. 11. 28 ; 30. 8), convoitons les richesses spirituelles. Ces riches avaient « amassé un trésor dans les derniers jours » (v. 3). Peu d’années plus tard, le peuple allait être dispersé et Jérusalem détruite. Nous vivons, nous aussi, les derniers temps avant la venue du Seigneur : il n’est plus temps de penser aux richesses terrestres. « Une sainte conduite » « la piété », hâter « la venue du jour de Dieu » doivent caractériser le croyant (2 Pier. 3. 11), dans une vraie attente du Seigneur qui a dit : « Je viens bientôt » (Apoc. 3. 11 ; 22. 7 et 20).

Ces versets mettent en évidence la puissance du Seigneur qui entend les cris des opprimés et y répondra. « Le Seigneur Sabaoth » désigne l’Éternel de l’Ancien Testament qui commande à ses armées célestes – ses anges. « L’armée des cieux t’adore » (Néh. 9. 6). Au contraire, dans Jér. 33. 22, il s’agit de l’ensemble des astres. Dans le Nouveau Testament, ce Nom de l’Éternel des armées est indiqué une autre fois en Romains 9. 29. Rien n’échappe aux yeux de Dieu : « Malheur » à ceux qui trompent leurs semblables, les volent, les frustrent de leur salaire, tardent à les payer ou les emploient pour rien (Lév. 19. 11 à 13 ; Jér. 22. 13). « Malheur à ceux qui sont à l’aise en Sion » (Amos 6. 1 à 6).

Vivons « sobrement » quant à nous-mêmes, « justement » quant à notre prochain et « pieusement » quant à Dieu (Tite 2. 12). Gardons-nous de penser comme les Juifs d’autrefois qui disaient : « Quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Éternel et c’est en eux qu’Il prend plaisir. Et où est le Dieu de jugement ? » (Mal. 2. 17) Du temps de Néhémie, les Juifs revenus de captivité réduisaient à la servitude leurs frères pauvres (Néh. 5. 1 à 9). Cette manière d’agir est contraire à la pensée de Dieu. Ces versets s’adressent à tous. Dans ses champs, Boaz recommandait aux moissonneurs de laisser tomber volontairement « des épis, des poignées » afin que Ruth puisse en amasser beaucoup. C’était un homme juste.

Le v. 5 de notre chapitre rappelle la parabole de Luc 16. 19 à 25 : le riche avait vécu dans les délices et, en hadès, il était tourmenté. Lazare, pauvre dans sa vie, était recueilli dans le sein d’Abraham et goûtait la félicité éternelle. Matthieu 6. 24 rappelle que nous ne pouvons servir Dieu et Mammon – le dieu des richesses. Soyons contents de ce que le Seigneur nous accorde. Le Seigneur, le pauvre par excellence, a dit prophétiquement : « Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux » (Zach. 11. 12 et 13). Il s’est dépouillé de Ses prérogatives divines pour nous enrichir des richesses célestes. Attachons-nous à ces trésors d’en haut qu’Il nous réserve. La justice pratique dans laquelle le Seigneur a marché condamnait les Juifs et le faisait haïr des chefs du peuple. Nous devons vivre selon les mêmes principes.

Dieu prend grand intérêt aux pauvres (Mat. 11. 5 ; Luc 4. 18 ; 6. 20). Mépriser les pauvres, c’est mépriser Dieu. Nous devons manifester « la douceur » qui n’insiste pas sur ses droits (Phil. 4. 5), et cela, avec la « vérité dans l’homme intérieur », et non comme les disciples, et Judas en particulier, qui s’indignaient de la « perte » du parfum répandu sur le Seigneur, feignant de s’intéresser aux pauvres, alors que Judas « était voleur » ! (Mat. 26. 6 à 9).

Au v. 7 de notre chapitre, l’apôtre s’adresse de nouveau à ses « frères » et les exhorte à la patience (dont le mot vient de : pâtir, souffrir) ; et cela en vue de la venue du Seigneur (v. 8). Il s’agit, ici, de la solennité de l’action du Seigneur, en Son temps, pour délivrer les Siens qui souffrent, et pour exercer le jugement.

L’exemple du « laboureur » (v. 7) qui attend les fruits avec patience, montre que les épreuves auront leur fin à la venue du Seigneur. Les versets 7 et 9 sont liés avec le v. 11 du ch. 4 : patience dans la soumission au Seigneur et dans le support mutuel. « Le Seigneur est patient envers tous » (2 Pier. 3. 9), nous devons l’être aussi. A Philadelphie, Il dit : « Tu as gardé la parole de ma patience » (Apoc. 3. 10).

C’est la vérité révélée de Sa venue proche, en délivrance pour les Siens opprimés, en attendant que les actions de tous soient manifestées. « Ne murmurez (gémissez) pas les uns contre les autres, frères » (v. 9) : gémir ainsi, montre que l’on se supporte mal les uns les autres : c’est cette fâcheuse tendance que nous devons juger, chacun pour soi-même, et non juger nos frères. Soyons affermis dans nos cœurs (v. 8), « car la légère tribulation d’un moment, opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire, nos regards n’étant pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas… qui sont éternelles » (2 Cor. 4. 17 et 18).

La patience du laboureur qui laboure, sème et attend la maturité des fruits, nous est donnée en exemple. Les pluies de la première saison assurent la germination des grains semés, et celles de la dernière saison produisent l’abondance des fruits. Dans la Parole, la pluie est souvent symbolique de la bénédiction céleste. Ici (Jac. 5. 7), la bénédiction d’Israël, à la fin des temps, est prophétisée en Osée 6. 3 ; Ps. 84. 6 : c’est la pluie de la dernière saison. Mais Joël 2. 23, 28 et 29, annonce les premières et les dernières bénédictions sur le résidu fidèle d’Israël.

En ce qui concerne l’Église, la descente du Saint Esprit sur les disciples (Act. 2), représente la première bénédiction sur elle, la pluie de la première saison : le Saint Esprit remplissant les disciples fait germer la Parole du Seigneur qu’ils avaient reçue – mais pas comprise jusque-là. Pierre cite la prophétie de Joël (v. 17 et 18), et sa première prédication, amène trois mille âmes au Seigneur ! La dernière bénédiction pour l’Église – sa dernière pluie assurant le plein fruit à la gloire de Dieu -, interviendra lorsque le Seigneur l’enlèvera pour être toujours avec Lui.

Héb. 12. 6 à 11 exhorte à la patience, dans la discipline du Seigneur, patience reposant sur la foi pratique qui doit se manifester dans la vie des chrétiens. En attendant d’être « manifestés au tribunal de Christ » (2 Cor. 5. 10), soyons persévérants et longanimes dans l’épreuve. Les prophètes (v. 10), sont des exemples de patience dans les souffrances qu’ils enduraient de la part du peuple (Mat. 23. 34). De même, un chrétien fidèle montrant Christ dans sa vie, n’est pas supporté par le monde (Mat. 5. 11 ; Jac. 1. 12). La fin de l’épître est centrée sur la patience et la prière.

Le v. 12 rappelle l’enseignement du Seigneur en Mat. 5. 33 à 37.

Job, dans ses épreuves, montre une patience qui aboutira à une double bénédiction. Dieu a permis que Satan l’éprouve, non en punition contre un péché caché (Job 1. 1 et 8 ; 2. 3), mais pour lui apprendre à ne plus se confier en sa propre justice. Dans une mesure, Job a perdu patience devant l’attitude de ses amis qui n’ont pas eu une parole de consolation (ch. 2. 11 à 13). Aux chapitres 3 et suivants, une dispute « théologique » éclate entre Job et ses « consolateurs fâcheux » qui osent l’accuser de péchés cachés.

Cependant, si Job conteste avec ses amis, il ne discutera pas avec Dieu lorsqu’Il s’adressera directement à lui (chapitre 38 et suivants). L’intervention directe de Dieu lui ouvre les yeux ; il reconnaît son indignité et se soumet de tout cœur à Dieu : « Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : c’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (ch. 42. 5 et 6).

Puis, à la fin, Dieu lui rendra justice contre les idées de ses amis, pour lesquels il devra prier pour qu’ils soient pardonnés de ne « pas avoir parlé de Dieu comme il convient, comme mon serviteur Job » (ch. 42. 7). Enfin, il sera doublement béni dans ses biens (v. 10 à 12). Mais la grâce de Dieu lui donne sept fils et trois filles, comme auparavant, comme s’il les recevait par la résurrection (v. 13). Dieu ne l’a pas éprouvé au-delà de ce qu’il pouvait supporter (1 Cor. 10. 13). Pourtant, Job, durant son épreuve, ne s’est guère appuyé sur Dieu, qu’il pensait être contre lui. Quant à nous, appuyons-nous sur le Seigneur dans nos épreuves, afin qu’Il nous bénisse. Bien que Job ait beaucoup lutté avant de céder à Dieu, son livre montre que Dieu « discipline ceux qu’Il aime » (Héb. 12. 7) : ne méprisons pas la discipline du Seigneur et ne perdons pas courage, car Il nous aime (v. 5).

Les circonstances de Paul étaient souvent pénibles, mais ils les a vécues avec le Seigneur (Phil. 4. 12 et 14). Il avait reçu « une écharde pour la chair » afin de le prévenir de tout orgueil. La grâce est toujours suffisante, de sorte que Paul, dans son infirmité, parlant de lui-même et non des autres, laissait toute la place à la puissance du Seigneur (2 Cor. 12. 1 à 10).

Tout sert, entre les mains de Dieu, pour notre bien (Rom. 8. 28). « Pour te faire du bien à la fin » (Deut. 8. 1 à 16). Si nous sommes exercés ainsi dans les épreuves endurées avec patience, il y aura « le fruit paisible de la justice » (Héb. 12. 11).

L’apôtre reprend l’enseignement du Seigneur (Mat. 5. 33 à 37), concernant les serments. Le sermon sur la montagne sera la règle morale en vigueur durant le millénium, mais les chrétiens ne doivent pas jurer, car un jugement de Dieu s’y rattache (Jac. 5. 12). Cependant, nous sommes tenus de « prêter serment » devant la justice des hommes, si nous y sommes appelés. Le Seigneur Lui-même, ayant entendu « la voix d’adjuration » de la bouche du souverain sacrificateur, y a répondu afin d’obéir à la loi (Lév. 5. 1 ; Mat. 26. 63 et 64).

Nous devons être connus comme ayant une parole vraie et ferme : « Que votre oui soit oui, et votre non, non ». L’importance de ces exhortations est soulignée par ces mots : « Mais avant toutes choses… » (v. 12) : la vérité dans nos bouches doit passer avant tout.

Dans l’Ancien Testament, si un Juif faisait un vœu, il était tenu de le respecter (Nomb. 30. 3), car le peuple était mis à l’épreuve. Pour nous, prononcer un serment serait un acte de propre volonté condamnable, surtout si l’on jurait par le ciel ou par tout ce qui touche à Dieu : ce serait prendre Son nom « en vain » (Ex. 20. 7). Pierre a renié son Maître « avec serment » (Mat. 26. 72) ; «… alors il se mit à faire des imprécations et à jurer » (v. 74). Jurer est une prérogative de Dieu car Il est tout-puissant et Il peut dire : « J’ai juré par moi-même… » (Gen. 22. 16), car personne n’est au-dessus de Lui. Il avait juré de donner le pays de Canaan au peuple (Deut. 1. 34) ; et juré de détruire la génération rebelle (Deut. 2. 14).

Si, en disant la vérité, nous ne sommes pas crus, montrons-nous « patients dans les tribulations, persévérants dans la prière » (Rom. 12. 12). « Ne vous vengeant pas vous-mêmes… mais laissez agir la colère, car il est écrit : à moi la vengeance, moi je rendrai, dit le Seigneur » (cf. v. 19 ; 1 Pier. 2. 23 ; Ps. 37. 5 et 6). Persécuté par Ses « adversaires », le Seigneur priait (Ps. 109. 4). Puis, nous sommes exhortés à faire du bien à nos ennemis (v. 20). Laissons le Seigneur s’interposer entre nous et nos circonstances, afin que la foi ne soit pas fluctuante.

Dans la joie, chantons des cantiques ensemble (Éph. 5. 19 ; Col. 3. 16) – mais aussi dans nos circonstances personnelles, comme Paul et Silas (Act. 16. 25). Les apôtres persécutés, en Actes 5. 41, « se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom ». Que la joie du Seigneur remplisse notre cœur en tout temps, car Sa présence fait du bien.

Si la maladie, ou un accident, sont une conséquence de l’entrée du péché dans le monde, ils ne sont pas forcément un châtiment personnel. Ils peuvent être envoyés par Dieu pour nous apprendre quelque chose que nous n’apprendrions pas sans cela. Il est vrai qu’ils peuvent être une conséquence d’un péché déterminé non confessé (1 Cor. 11. 29 et 30). Dieu, par ce moyen, peut aussi éprouver notre foi (Phil. 2. 25 à 30). Dieu envoie parfois des maladies préventives, pour brider la chair dont les manifestations non réfrénées ruineraient la vie spirituelle d’un chrétien (2 Cor. 12. 7 à 12). Mais alors, comme l’Apôtre Paul, assimilons la leçon pour notre profit.

On ne doit pas « imposer » à Dieu une guérison. C’était aux anciens, appelés auprès du malade, à discerner si Dieu voulait le guérir ou non. Paul avait « laissé Trophime malade » (2 Tim. 4. 20). Il n’y a plus d’anciens désignés, comme du temps où l’autorité du Seigneur s’exerçait par l’intermédiaire des apôtres. Mais il y a encore des frères qui sont « à la tête », et dont la vie habituelle et la discrétion doivent inspirer la confiance. C’est eux, s’ils sont spirituels, qui doivent discerner la pensée du Seigneur pour demander la guérison du malade ou non. Oindre le malade d’huile consiste à apporter ce qui vient du Seigneur : entourer le malade de prières et d’une atmosphère de sainteté pratique par le Saint Esprit.

Sans doute, de nos jours, nous n’appelons pas suffisamment les frères à notre aide, dans les difficultés et les maladies.

L’onction d’huile était une coutume juive, concernant la purification des lépreux (Lév. 14. 16 et 17). On oignait d’huile aussi les sacrificateurs, le jour de leur consécration (Lév. 8. 1, 2, 12 et 30), et les rois. Les disciples, envoyés en mission par le Seigneur, guérirent des infirmes et chassèrent des démons après les avoir oints d’huile (Marc 6. 12 et 13). L’huile n’avait pas de vertu de guérison, mais elle était administrée au nom du Seigneur. En Jacques, il est surtout question de la prière de la foi des anciens, et c’est elle qui guérissait le malade (v. 14 et 15). Mais il leur fallait discerner si Dieu voulait guérir ou non le malade. Pour cela, trois conditions spirituelles étaient indispensables : une foi ferme (Jac. 1. 6) ; demander selon la volonté du Seigneur (1 Jean 5. 14) ; enfin, vivre en communion habituelle avec Dieu (Jean 15. 17). L’huile est un symbole du Saint Esprit agissant en sanctification.

Jacques écrivait aux douze tribus dans la dispersion (ch. 1. 1). Les premiers chrétiens, tous Juifs tout d’abord, ont eu, durant quelques années, beaucoup de difficultés à se séparer des coutumes judaïques.

Ici, oindre le malade d’huile signifie pour nous : l’entourer d’une atmosphère de sainteté pratique : les frères appelés à son chevet doivent être, eux-mêmes, sanctifiés, avoir à cœur de lui présenter la Parole, et surtout de prier pour lui et avec lui. Il peut s’agir d’une maladie consécutive à un péché non confessé. Nous devons confesser nos fautes afin d’être guéris, non « aux anciens », ce qui pourrait être assimilé à un clergé, mais « l’un à l’autre ». Alors il y avait le pardon (v. 15). Dieu seul peut pardonner les péchés (Ps. 103. 3). Ici, il s’agit d’un pardon « administratif » pour un croyant (Jean 20. 23).

Cependant, certains péchés nécessitent l’action directe de l’assemblée. Confesser et prier relèvent de la vérité et de l’amour. Ces relations-là ne se trouvent plus beaucoup parmi nous. Plutôt qu’à la bonne réputation, nous devrions tenir à une bonne conscience devant Dieu. Se confesser à quelqu’un suppose qu’on ait une grande confiance en la discrétion du frère en qui l’on se confie. Cette épître nous met sévèrement en garde contre l’usage inconsidéré de ce que nous disons. Ces versets nous montrent un moyen simple et saint pour la guérison du corps et la restauration de l’âme (1 Cor. 11. 26 à 32).

Une maladie peut n’être qu’une participation aux conséquences du péché dans le monde, car les soins divins passent aussi par la souffrance : les malheurs de Job l’avaient rapproché de Dieu (Job 42). La puissance de la prière d’un croyant marchant dans la justice pratique « peut beaucoup » (v. 16).

L’exemple d’Élie nous encourage à prier avec une foi puissante. Dans ses circonstances, Élie répondait aux exigences essentielles pour être exaucé : foi, communion, discernement (1 Rois 17 ; 18) – en particulier, en ce qui concernait le peuple qui s’était détourné de son Dieu (Deut. 11. 16 et 17). Mais si l’on revient à Dieu, il y a de la bénédiction pour nous : la pluie (v. 18), et du fruit pour Dieu.

Les soins d’amour que l’on doit avoir pour un croyant qui s’égare de la vérité (v. 19), couvriront « une multitude de péchés » (v. 20 ; 1 Pier. 4. 8) ; Il ne s’agit pas d’indulgence coupable qui ferme les yeux sur le péché d’un frère, mais, après la confession, de ne plus voir le péché confessé. Ou, envers un pécheur inconverti (v. 20), « il sauvera une âme de la mort ». En ce qui concerne un croyant, on pense à la mort physique comme discipline (Rom. 8. 13), car l’aboutissement du péché place la mort devant l’homme. Mais Dieu efface le péché confessé et pardonné : « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 8. 12 ; Ps. 32. 1).

Écrite dans les premiers temps du christianisme, cette épître s’adresse aux Juifs devenus chrétiens, parmi lesquels se trouvaient des professants sans vie. Il leur a été difficile de se libérer des coutumes juives : par conséquent, certains versets présentent, pour nous, quelques difficultés que l’Esprit de Dieu éclaire. L’épître ne parle pas de doctrine, mais essentiellement de la vie chrétienne pratique. Gardons précieusement ses exhortations.

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac

BERACA 32 : JOSUÉ

La grande victoire à Jéricho a été donnée par l’Éternel. Le peuple a fait sa part dans l’obéissance et dans l’action. Selon la parole de l’Éternel, les hommes armés ouvraient la marche, ensuite venaient les sept sacrificateurs portant les sept trompettes, puis ceux qui portaient l’arche de l’alliance ; le peuple fermait la marche. Une fois par jour, pendant six jours, la procession fit le tour de la ville murée, et le septième jour, sept fois. Au son des trompettes et aux cris des Israélites, les murs s’écroulèrent.

Rahab et ceux qui s’étaient réfugiés chez elles furent épargnés. « Et les jeunes hommes, les espions, entrèrent et firent sortir Rahab, et son père, et sa mère, et ses frères, et tous ceux qui étaient à elle ; ils firent sortir toutes les familles des siens » (Jos. 6. 22 et 23). La foi de cette femme et son témoignage, dans la discrétion, eurent un impact sur son entourage. C’était semblable au jour où, en Égypte, les fils d’Israël mirent le sang sur les poteaux et les linteaux des portes. Il fallait la foi pour entrer dans la maison de Rahab et attendre la délivrance. « Par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas avec ceux qui n’avait pas cru, parce qu’elle avait reçu les espions en paix » (Héb. 11. 31). Soyons de ceux qui avertissent du jugement à venir les âmes que nous côtoyons, afin qu’elles se mettent à l’abri du sang de Christ. N’y avait-il pas un « cordon d’écarlate » à la fenêtre ? (Jos. 2. 21). Le cordon de fil écarlate parle « du sang précieux de Christ » par lequel nous sommes rachetés.

Les fils d’Israël devaient porter « un cordon de bleu » attaché à leur vêtement. Sa présence leur rappellerait « tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les fassiez, et que vous ne recherchiez pas les pensées de votre cœur, ni les désirs de vos yeux, après lesquels vous vous prostituez » (Nomb. 15. 38). Cette image, pour nous croyants, dans la période de la grâce, nous dit que nous appartenons à Celui qui a connu la mort pour nous sauver et qui est glorifié dans le ciel. Le cordon de bleu parle à nos cœurs du ciel : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez à ce qui est en haut, non pas à ce qui est sur la terre ; car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3. 1 à 3).

Dès que les murs de Jéricho tombèrent, les Israélites durent détruire la ville, ses habitants et les animaux ; seuls « l’argent, et l’or, et les vases d’airain et de fer » pouvaient être conservés car « ils seront saints, consacrés à l’Éternel : ils entreront dans le trésor de l’Éternel » (Jos. 6. 19). Tout le reste de ce que contenait la ville était anathème (ou frappé de malédiction).

La victoire si facile à Jéricho fit que pour la prise d’Aï, une petite ville, on ne consulta pas l’Éternel. Ceux qui explorèrent les lieux estimèrent que ce serait une prise facile. Alors, « il y monta du peuple environ trois mille hommes ; mais ils s’enfuirent devant les hommes d’Aï (Jos. 7. 4). À cette nouvelle, Josué et les anciens sont dans l’humiliation. « Et Josué déchira ses vêtements, et tomba sur sa face contre terre, devant l’arche de l’Éternel, jusqu’au soir… » (v. 6).

Que s’était-il passé ? « Et l’Éternel dit à Josué : Lève-toi ; pourquoi te jettes-tu ainsi sur ta face ? Israël a péché, et même ils ont transgressé mon alliance que je leur avais commandée, et même ils ont pris de l’anathème, et même ils ont volé, et même ils ont menti, et ils l’ont aussi mis dans leur bagage » (v. 10 et 11). Ce fait est mis à découvert et Acan doit confesser : « En vérité, j’ai péché contre l’Éternel, le Dieu d’Israël, et j’ai fait telle et telle chose : j’ai vu parmi le butin un beau manteau de Shinhar, et deux cents sicles d’argent, et un lingot d’or du poids de cinquante sicles ; je les ai convoités, et je les ai pris ; et voilà, ils sont cachés dans la terre, au milieu de ma tente, et l’argent est dessous » (Jos. 7. 20 à 22).

« L’Éternel invite Josué à se lever et à comprendre la raison de la défaite : Quelque chose n’est pas en ordre au milieu du peuple. L’anathème, autrement dit le péché, empêche Dieu de combattre en faveur des Siens. Grande leçon pour chacun de nous ! Notre conscience est comme le camp d’Israël. Une faute que nous cachons, que nous refusons de confesser aux hommes et à Dieu, nous prive de Sa communion, sans laquelle un chrétien est battu d’avance. Chose plus grave encore : il s’agit du grand Nom que nous portons (v. 9), celui de Christ, qui sera déshonoré par notre défaillance. « Que feras-tu pour ton grand nom ? » est une prière intelligente. Celui qui parle ainsi sait faire passer la gloire de Dieu avant ses propres intérêts. « Aide-nous, ô Dieu de notre salut ! à cause de la gloire de ton nom ; et délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom », demandera Asaph au Ps. 79. 9.

Le péché caché était la principale raison de la défaite sévère essuyée par Israël. Mais celle-ci avait aussi un autre motif. La victoire de Jéricho avait manifestement donné au peuple confiance en lui-même. Chose d’autant plus surprenante qu’il s’agissait alors d’un miracle ! Quelle était la part d’Israël dans la destruction de la terrible forteresse ? Mais que de fois nous ressemblons à ce peuple ! Quand le Seigneur nous a délivrés d’une situation difficile, au lieu de nous appuyer davantage sur Lui pour l’épreuve suivante, nous cessons d’éprouver le besoin de Son secours. Et c’est la chute ! D’autre part, notre cœur est ainsi fait que, si pour de grandes difficultés nous sommes prêts à nous confier en Dieu, pour les petites nous estimons souvent pouvoir nous en tirer tout seuls. L’histoire de la prise d’Aï nous apprend que nous avons un besoin continuel du Seigneur. Au lieu des trois mille soldats prévus, il en faut dix fois plus avec une manœuvre compliquée. La restauration est toujours une opération longue et pénible. À Jéricho, le peuple devait apprendre à connaître la puissance de Dieu ; à Aï, il est nécessaire qu’il fasse l’expérience de sa propre faiblesse » (J.K.).

À quatre reprises importantes : « Josué se leva de bonne heure le matin ». Dans l’épreuve, l’Éternel l’encourage : « Ne crains point, et ne t’effraye point ». S’il y a eu la défaite à Aï et un jugement dans la vallée d’Acor, l’Éternel accorda au peuple d’autres victoires. Les fidèles en Israël, dans un jour proche, traverseront la grande tribulation, et recevront « la vallée d’Acor pour une porte d’espérance » (Osée 2. 15). Jour après jour, confions-nous dans le Seigneur.

ÉTUDE SUR L’ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS

Ch. 1

Venu à Éphèse pour la première fois en Actes 18, Paul y séjournera plus longtemps au ch. 19, prenant soin des croyants qui s’y trouvaient.

Comme des Juifs disaient du mal de la « voie », Paul sépara les disciples d’avec eux. Éphèse contenait le temple de Diane procurant un commerce lucratif aux artisans, et la prédication de l’évangile occasionna de grandes difficultés à Paul.

Au ch. 20, Paul repart d’Éphèse et convoque les anciens de l’assemblée, les mettant en garde contre les dangers intérieurs et extérieurs, disant qu’ils ne verraient plus son visage. L’épître a été écrite depuis la prison, car son ministère n’était pas terminé.

La hauteur de la pensée de Dieu, dans l’épître aux Éphésiens, nous révèle la grandeur de Son Fils en qui nous sommes vus, conséquence de Son œuvre à la croix. L’apôtre avait révélé « tout le conseil de Dieu » aux Éphésiens (Act. 20. 27), avec des exhortations pratiques complétant la partie doctrinale.

Cette épître nous révèle le « mystère » des nations « cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse dans le Christ Jésus » (ch. 3. 6). Après l’introduction (v. 1 et 2), une doxologie complète s’élève (v. 3) ; ensuite, le travail du Père (v. 4 à 6) ; celui du Fils (v. 7 à 12) ; enfin, celui du Saint Esprit (v. 13 et 14).

L’apôtre révèle une série de bénédictions. Il nous a élus, prédestinés, rendus agréables, Il nous donne la rédemption, Il nous fait connaître le mystère de Sa volonté, Il nous a faits héritiers, Il nous a scellés du Saint Esprit, Il nous donne l’Esprit de sagesse. Ces révélations élevées convenaient à l’heureux état des Éphésiens qui, en Apocalypse 2, recevront pourtant une sérieuse admonestation du Seigneur, car ils avaient « abandonné leur premier amour ». Qu’en est-il de nous ? Restons dans la proximité du Seigneur, afin d’acquérir la vraie connaissance (1 Cor. 8. 1 à 3 ; Ps. 25. 14), et « n’attristons pas le Saint Esprit ».

Les versets 3 à 14, nous placent sur le terrain de la « louange de la gloire » « du Dieu et Père du Seigneur Jésus Christ », puis du « Bien-Aimé » et enfin du « Saint Esprit » (v. 6, 12 et 14). Ensuite, nous trouvons une des prières de l’apôtre ; la deuxième se trouve au ch. 3. 14 et suivants. Le sujet reprend au ch. 2.

Marchons fidèlement pour saisir la hauteur spirituelle de telles pensées pratiques (ch. 4, 5 et 6) ! En contraste avec la marche d’autrefois (ch. 2. 1 à 3), progressons « jusqu’à l’état d’hommes faits » (Éph. 4. 13), car « l’appel de Dieu », en relation avec Ses conseils, change tout.

Paul, le petit, mais envoyé de Dieu (Gal. 1. 1 et 15), plein d’amour pour les Juifs, est pourtant apôtre des nations ; tandis que Pierre, ayant ouvert l’évangile aux mêmes nations, est resté l’apôtre des Juifs.

L’épître s’adresse « aux saints » – par position (v. 4), et « fidèles » – par notre marche : soyons fidèles afin que nos cultes soient spirituels. Gardons-nous de l’esprit des nations (ch. 4. 17 à 19), car notre position est « en Christ ».

Dans l’épître aux Colossiens, Lui est vu « en nous » (Col. 1. 27). Dieu nous voit déjà « en Christ », « dans les lieux célestes », position intouchable. Paul, ici, loue Dieu dès le début ; mais il s’interrompt parfois pour le louer !

« Je vous exhorte donc… à marcher d’une manière digne de l’appel dont vous avez été appelés » (ch. 4. 1).

Nous louons « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » qui, maintenant est devenu notre Dieu et notre Père (Jean 20. 17), à cause du travail de Dieu, du Seigneur et du Saint Esprit, car Il nous a « élus » (v. 4), « prédestinés à l’adoption » (v. 5), par la « rédemption » (v. 7). Devant tant de riches bénédictions de Dieu, notre louange Lui est due, car « tout vient de toi, et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29. 11 à 14). Comme l’apôtre, souvenons-nous d’où nous avons été tirés, et louons Dieu.

Sur la terre, bien qu’Il ait été Dieu Lui-même, le Seigneur connaissait Dieu comme Son « Dieu et Père » ; nous-mêmes, élus en Lui, nous sommes enfants de Dieu et avons une relation de fils et de filles.

Le verset 3 met l’accent sur la plénitude de la bénédiction spirituelle en Christ. Sous la loi, le peuple avait des bénédictions terrestres, mais les nôtres sont célestes, et notre culte répond à ce caractère (Héb. 13. 15). « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni homme ni femme, ni esclaves ni hommes libres » (Gal. 3. 28) : nos bénédictions sont en Christ. En Éphésiens, Dieu donne, par grâce, par la foi (ch. 2. 8) – notre responsabilité, c’est de ne pas mettre nos cœurs aux richesses de ce monde (Mat. 6. 19 et 20). Col. 3. 1 à 3 et Phil. 4. 8 et 9, nous invitent à être occupés des choses d’en haut. Dieu nous a élevés très haut après nous avoir sauvés : nos bénédictions sont pour nous une source de paix et de joie, et pour Dieu, un motif de gloire.

Notre héritage céleste est en Christ (v. 11), et nous jouissons déjà des arrhes par le Saint Esprit (v. 14). Christ est dans les cieux (v. 3 et 10) ; « au-dessus » de toute puissance établie (v. 21) ; « assis dans les lieux célestes » (ch. 2. 6).

Au ch. 3. 10, « la sagesse divine » est donnée à connaître dans les lieux célestes, et Christ est « celui qui est monté au-dessus de tous les cieux » (ch. 4. 10). Or, si nos bénédictions sont spirituelles et célestes, nos combats sont aussi spirituels, et dans les cieux où sont les puissances de méchanceté (Éph. 6. 12), bien que nous soyons encore soumis aux contingences matérielles. C’est dans le ciel que nous contemplons le Seigneur, le centre des propos de Dieu, « l’Agneau préconnu dès avant la fondation du monde » (1 Pier. 1. 20), mais destiné à réunir en Lui, toutes choses durant Son règne (Éph. 1. 10).

Vivons dans cette perspective, car Dieu nous a « élus en Lui, avant la fondation du monde », choisis, prédestinés… adoptés comme des fils, selon le « bon plaisir de sa volonté » (v. 9 à 11 ; És. 46. 9 et 10). Alors, regardons « devant » et « courons droit au but » (Phil. 3. 14). Dieu ne veut damner personne, mais les incrédules se préparent eux-mêmes à la destruction (Rom. 9. 22), tandis qu’Il prépare Lui-même les « vases de miséricorde » pour manifester sa gloire (v. 23). Dieu connaît d’avance ceux qui répondront à Son appel, et Il a le pouvoir de nous « placer irréprochables devant sa gloire » (Jude 24). Héritiers de Dieu, obéissons à Sa Parole (Éph. 6. 1).

« Dieu… nous a sauvés et nous a appelés d’un saint appel… selon son propre dessein, et sa propre grâce qui nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles » (1 Tim. 1. 9).

En Romains 8. 29 et 30, Dieu révèle les grandes lignes de Son plan de grâce : Il nous a « préconnus », « prédestinés à être conformes à l’image de son Fils », « appelés », « justifiés », « glorifiés ». Ayant préconnu que nous accepterions Sa grâce, Il nous a adoptés par Jésus Christ. L’amour de Dieu veut sauver tous les hommes, mais notre responsabilité d’accepter Sa grâce reste entière (Jean 3. 16).

En Luc 14. 23, Dieu dit dans une parabole : « contrains les gens d’entrer ». Matthieu 25. 31 à 46 dévoile la destination opposée des croyants et des incrédules. Le diable, ses anges, et ceux qui refusent la grâce seront jetés dans l’étang de feu. Ainsi, la souveraineté de Dieu est affirmée par rapport à l’homme responsable, même si : « Dieu est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

Vases de miséricorde, Il nous a préparés pour la gloire (Rom. 9. 23), et Lui-même, « il sera glorifié dans ses saints, et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1. 10). L’élection du croyant, dès avant la fondation du monde, secret de la famille de Dieu, n’est révélée qu’à l’intérieur de la maison du Père.

Le plan éternel divin se réalise pleinement en Jésus Christ, « à la louange de sa gloire » (v. 6, 12 et 14). « Conduits par l’Esprit de Dieu, nous sommes fils de Dieu » (Rom. 8. 14), car nous avons été graciés. Les anges sont des serviteurs irréprochables devant Dieu, mais seuls, les croyants également serviteurs, sont des fils : c’est là, « la richesse de sa grâce » (v. 7) ; l’adoption est la réception de la position de fils comme don.

Le fils prodigue de Luc 15, confesse son indignité, mais son père le revêt de « la plus belle robe ». Le Seigneur Jésus, « premier-né entre plusieurs frères », est le Fils unique, et jouit de l’héritage comme un fils adulte partageant les pensées du Père, tandis que, enfants adoptifs et cohéritiers de Christ, nous n’en jouissons que comme « des enfants en bas-âge » (Gal. 4. 1 à 3).

Satan nous accuse devant Dieu si nous marchons mal, mais notre position est intouchable car nous sommes « rendus agréables dans le Bien-Aimé », étant revêtus de Lui, comme la peau de l’holocauste revenait au sacrificateur (Lév. 7. 8). Le Seigneur intercède pour nous, comme l’Ange de l’Éternel intercédait pour Joshua (Zach. 3. 1 et 2). La bien-aimée du Cantique des cantiques était « noire » mais « agréable ».

Disons avec le psalmiste : « Vois, ô Dieu ! et regarde la face de ton oint » (Ps. 84. 9). Par la rédemption, nous sommes en Christ, le Fils de Dieu en qui Il a « trouvé son plaisir » (Mat. 3. 17). Dieu a payé notre rachat en donnant Son Fils. La rédemption n’était possible qu’à ce prix, et toutes les bénédictions spirituelles et célestes en découlent. « Il plut à l’Éternel de le meurtrir, il l’a soumis à la souffrance » (És. 53. 10). « Vous êtes rachetés de votre vaine conduite… par le sang de Christ » (1 Pier. 1. 18 à 20). « Vous vous êtes vendus pour rien et vous serez rachetés sans argent » (És. 52. 3) – rachetés par le sang de Christ.

« Les gages du péché c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rom. 6. 23).

« Agréables dans le Bien-Aimé » (v. 6), pensée similaire à « Toi que Dieu fait jouir de sa faveur » (Luc 1. 28). C’est le fruit du travail de Christ (v. 7 à 12). Le Seigneur est, Lui, « le Bien-Aimé » ; mais nous-mêmes étant « en Lui », nous sommes, nous aussi, des bien-aimés, scellés par le sang de Christ qui a eu « part au sang et à la chair » ; « en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés » (Col. 1. 14), « en qui nous avons été faits héritiers » (v. 7 et 11). C’est une haute position intouchable, selon « les richesses de sa grâce », car tout repose sur Christ, le Rédempteur pour nous, objets de la rédemption. La grâce à « abondé » et « surabondé » (v. 8 ; Rom. 5. 17 à 21) ; elle nous éclaire, nous révélant « le mystère de sa volonté ».

Dès l’instant où nous entrons dans Sa famille, Dieu nous révèle Ses secrets, envers Christ et envers Ses enfants (v. 10 et 11), et nous traite en fils dans Sa maison et non en esclaves (Jean 15. 15). Cette connaissance nous est donnée par le Saint Esprit nous conduisant « dans toute la vérité » (Jean 16. 12 et 13 ; Éph. 1. 8 et 9) ; c’est « l’Esprit de sagesse et de révélation » (v. 17 ; 1 Cor. 2. 7 à 10 ; Rom. 16. 25 et 26 ; Col. 1. 25 et 26).

Les premiers chrétiens étaient des Juifs, mais les croyants d’Israël et des nations sont « cohéritiers et coparticipants de la promesse de Dieu dans le Christ Jésus » (Éph. 3. 6 à 9). L’apôtre Paul, envoyé vers les nations pour leur révéler « la rémission des péchés » par la foi en Jésus Christ (Act. 26. 18), rappelle que c’est par le sang du Seigneur que la rédemption est possible (v. 7), car « sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22) ; « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (Ex. 12. 13). Si, dans l’Ancien Testament, le sang des boucs et des taureaux était des actes « remémoratifs de péché », il fallait « le sang précieux de Christ » pour que les péchés nous soient remis définitivement.

Dans Son amour, Sa bonté et Sa « longue patience », Dieu nous « pousse à la repentance » (Rom. 2. 4) : là où le « péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom. 5. 20). Désormais, le péché peut nous surprendre, mais il ne « domine plus sur nous » (Rom. 6. 12 à 14). La grâce de Dieu a abondé « envers nous en toute sagesse et intelligence » (v. 8), nous révélant que Dieu s’est proposé de « réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre » (v. 10). Dans ces versets, il s’agit du millénium, où Christ régnera, car « il faut qu’il règne » (1 Cor. 15. 25), là où Il a été rejeté : c’est encore l’avenir, contrairement à Galates 4. 4 et 5, qui parle du passé, lorsque le Seigneur est venu pour souffrir et mourir pour nous. Lorsqu’Il aura régné et que tout Lui aura été soumis, Il remettra Lui-même le royaume à « Dieu le Père » : ce sera « l’état éternel » où Dieu, en trois Personnes, « sera tout en tous » (1 Cor. 15. 24 et 28). Durant Son règne, Christ purifiera les cieux, souillés par la présence de Satan et de ses anges, par Son propre sang, meilleur que celui qui purifiait le tabernacle (Héb. 9. 23), comme Il purifiera la terre où l’homme a péché ; alors, Il réunira toutes choses en Lui-même, sous Sa seule autorité, car « il faut qu’en toutes choses, il tienne, lui, la première place » (Col. 1. 18).

Il est seul le centre des conseils éternels de Dieu.

La Parole nous transporte sur les sommets de la volonté de Dieu, concernant Son Fils et notre position en Lui, afin que tout aboutisse à Sa gloire. Il nous a « adoptés pour lui… selon le bon plaisir de sa volonté » (v. 5 et 6) ; Il nous fait « connaître le mystère de Sa volonté… de réunir en un » les choses célestes et terrestres (v. 9 et 10) ; et Il nous a faits « héritiers… selon le conseil de sa volonté » (v. 11). Par la rédemption, Il nous a « adoptés pour lui », à la « louange de la gloire de sa grâce », et nous a faits « héritiers » « à la louange de sa gloire ». Comme enfants de Dieu, « cohéritiers de Christ » (Rom. 8. 15 à 17), un héritage nous est promis, « incorruptible, sans souillure, immarcescible, conservé dans les cieux » (1 Pier. 1. 4). Cet héritage, durant le « millénium », concerne toute la création sur laquelle le Seigneur régnera, l’épouse Lui étant unie : c’est « l’espérance de son appel » (v. 18). Ici, l’héritage est céleste. Ensuite, Christ remettra le royaume à Dieu qui sera « tout en tous » (1 Cor. 15. 28).

Le « nous », (v. 12), parle des Juifs dont l’espérance messianique existait avant la venue de Christ (Deut. 18. 18 ; Act. 7. 37) ; le « vous », s’adresse aux croyants des nations ayant « entendu la parole de la vérité » (v. 13 ; 1 Pier. 1. 10 à 12). Mais Dieu a « détruit le mur mitoyen de clôture » entre chrétiens juifs et gentils (ch. 2. 14). Les Juifs ayant rejeté leur Messie, le millénium rétablira le résidu pieux dans ses bénédictions terrestres, par la foi ; car « sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11. 6). Les croyants de l’Ancien Testament n’ont pas reçu les choses promises, mais les chrétiens juifs sont sur le même pied que ceux des nations qui, autrefois étrangères « aux alliances de la promesse » (ch. 2. 12), ont reçu « l’évangile du salut » (ch. 1. 13).

Dieu nous associe à l’héritage du Bien-Aimé pour « être à la louange de sa gloire » (v. 14). Les conseils éternels de Dieu sont tous centrés sur Son Fils, et Sa grâce nous unit à lui. D’un autre côté, c’est « dans les saints » que le Seigneur jouira de Son héritage (v. 18). Le gage de ces vérités, c’est que Dieu habite en nous par le Saint Esprit (v. 13 ; ch. 4. 30 ; 2 Cor. 1. 21 ; Éz. 9. 2 à 4). L’Esprit a baptisé l’Église, d’abord composée de Juifs, une fois pour toutes en Actes 2 ; ensuite, des croyants des nations ont été baptisés (Act. 10. 40 à 44 ; 19. 1 à 6). Bientôt, l’Esprit Saint retournera au ciel, emmenant les croyants à la rencontre du Seigneur (1 Thess. 4. 13 à 18). Jusqu’à ce moment-là, il est « celui qui retient » l’apparition de l’antichrist (2 Thess. 2. 7) ; « ce qui retient » (v. 6), étant l’Église elle-même.

En Genèse 1. 2, « l’Esprit de Dieu planait sur la face de l’abîme » ; maintenant, Il « habite en nous » (1 Cor. 3. 16). Durant la « grande tribulation » l’Esprit agira sur la terre comme dans l’Ancien Testament, mais n’y habitera plus. Nous sommes donc très privilégiés, car Dieu le Saint Esprit habite en nous et au milieu de nous. Il ne convient pas de « prier » le Saint Esprit car c’est par lui que nous pouvons prier le Père et le Fils. Les trois personnes du Dieu unique sont égales entre elles, mais la place du Saint Esprit est spécifique dans la rédemption.

Les versets 13 et 14 nous parlent « du Saint Esprit de la promesse » dont nous sommes « scellés », et qui est « les arrhes de l’héritage », preuve que nous hériterons bien « de la possession acquise, à la louange de sa gloire ». « La rédemption de la possession acquise », rappelle que l’héritage aussi est racheté (Rom. 8. 20 et 21). Dans l’Ancien Testament, une terre aliénée pouvait être rachetée par le plus proche parent, ou bien, au jubilé. Jérémie en prison, devait racheter un champ, prophétisant que le peuple, sur le point d’être transporté à Babylone, jouirait, plus tard, de ses possessions retrouvées (Jér. 32. 6 à 15).

Bien que « nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties » (Héb. 2. 8), Christ a tout racheté par Son sacrifice à la croix, même l’Église, ce trésor que le Seigneur a trouvé dans le « champ » du monde (Mat. 13. 44). Il faut que le Seigneur règne, sur un héritage racheté ; et si nous en jouissons déjà par la foi, nous en jouirons avec Lui, en perfection, car nos corps attendent encore « le jour de la rédemption » (Éph. 4. 30). Dans le monde racheté vivent des âmes soumises au Seigneur ; quant à ceux qui ne se soumettent pas, ils subiront le jugement final (2 Pier. 2. 1), alors que le sang de Christ suffit pour sauver tous les hommes.

Le Saint Esprit, puissance « de sagesse et de révélation », nous conduit dans la connaissance de l’héritage :

1) Il nous révèle : « l’espérance de son appel ». « Sondez les écritures » nous dit le Seigneur (Jean 5. 39) « jusqu’à ce que nous parvenions tous… à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (Éph. 4. 13).

2) Il nous révèle : « les richesses de la gloire de son héritage dans les saints », car c’est à travers eux que Christ jouira de l’héritage universel.

3) Il révèle « l’opération de la puissance de sa force » en le ressuscitant. Le verset 17 parle du « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ » qui est vu, là, comme Homme sur la terre ; au ch. 3. 14, il s’agit du « Père de notre Seigneur » : c’est le Fils éternel.

Paul rend grâces pour ce que Dieu a produit à Éphèse et qui Le glorifie : leur foi, leur amour et leur espérance (v. 15 à 18). Il prie pour leur avancement, sachant qu’il faut toujours progresser, car nous ne « voyons qu’en partie » (1 Cor. 13. 9 à 12). Cette première prière rappelle la nécessité d’être éclairés par la Parole et le Saint Esprit ; la deuxième met l’accent sur l’amour (ch. 3. 18), car Dieu est : « lumière » et « amour ».

En prison à Rome, Paul, comme son Seigneur, prend soin des Éphésiens. Imitons-le en prenant soin de nos frères, en essayant de les voir avec l’œil de Dieu ; car chacun est : « le frère pour lequel Christ est mort » (Rom. 14. 15). Portons les infirmités des faibles, et gardons-nous de l’orgueil. Prions pour nos familles, pour l’Assemblée, et pour tous les frères. Connaître la Parole nous condamne si nous ne la pratiquons pas, et le Seigneur est notre modèle (1 Cor. 11. 1).

L’expression : « Les yeux de votre cœur étant éclairés » montre que les affections doivent progresser avec la connaissance. Soyons aussi « libéraux », car cela produit de nombreuses actions de grâces (2 Cor. 9. 10 à 14), pour Sa gloire.

Dieu est : « le Père de gloire » (v. 17), et toute la gloire Lui revient.

Dieu éclaire les « yeux de notre cœur », siège de nos affections, pour nous dévoiler Ses plus hautes pensées concernant Son Fils, Son œuvre et ses conséquences – nos bénédictions célestes, élevées au niveau de la gloire du Seigneur et de « son héritage ». Déjà assis sur le trône du Père, le Seigneur Jésus s’assiéra bientôt sur Son propre trône royal, et les justes régneront avec Lui (Ps. 37. 29), sur un héritage céleste et terrestre. Alors, tout l’univers se prosternera devant le Fils glorifié (Phil. 2. 10).

Notre « entendement » pour comprendre ces choses, relève de notre faculté de décision de « ne plus marcher comme le reste des nations ». « Soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite » (Rom. 12. 2). « Les yeux de notre cœur » étant « éclairés », obéissons par amour pour le Seigneur ; retenons la Parole «dans un cœur honnête et bon » et portons « du fruit avec patience » (Luc 8. 15). Si nos affections sont réveillées, l’Esprit Saint nous fera comprendre beaucoup de choses inaccessibles à l’intelligence naturelle : de grandes révélations ont été faites à des disciples illettrés, mais qui aimaient le Seigneur ardemment. Dieu remplit toujours les cœurs qui aiment. « L’excellente grandeur de sa puissance » parle du dynamisme divin que rien n’a pu retenir, concernant « la résurrection de Christ d’entre les morts, par la gloire du Père » (Rom. 6. 4). Par sa propre puissance (Jean 2. 19 ; 10. 18) ; et par la puissance de l’Esprit Saint (1 Pier. 3. 18). Ainsi, les trois Personnes de la divinité sont impliquées dans la résurrection du Seigneur, et la même puissance opérera « envers nous qui croyons » (v. 19), pour nous ressusciter.

Le Seigneur est « les prémices de ceux qui sont endormis » (1 Cor. 15. 20), et nous ressusciterons avec Lui, vivant déjà de la vie éternelle, acquise par la résurrection de Christ. Nous, Ses « cohéritiers », Dieu nous associe à Sa résurrection et à Sa séance « dans les lieux célestes » (Éph. 2. 6 ; Apoc. 3. 21), où il s’est assis de plein droit (Héb. 8. 1). Tout est sous Son autorité (v. 21 ; ch. 6. 12). « Supérieurement » élevé au-dessus de tout, il domine dans ce « siècle » – le temps de la grâce – et « dans celui qui est à venir » – le millénium, même si « nous ne voyons pas encore que tout lui soit assujetti » (Héb. 2. 6 à 8.

Au verset 22, l’Esprit introduit l’Assemblée, dont le Seigneur est le « chef » – la tête, tandis que nous sommes Ses membres (1 Cor. 12. 12), unis à Lui de façon absolue. Il commande Son « corps », et si un membre n’obéit pas, il en résulte de l’infirmité pour l’ensemble. Un autre « chef » est dénoncé au ch. 2. 2 : Satan, « le chef de l’autorité de l’air » qui nous fait « respirer » une atmosphère morale empoisonnée. Cependant, le Seigneur domine toutes choses, car : « il est la plénitude de celui qui remplit tout en tous » (v. 23), « afin qu’en toutes choses il tienne, lui, la première place ; car en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter » (Col. 1. 18 et 19), « corporellement » (Col. 2. 9) : il s’agit du corps qu’Il a pris sur la terre, mais aussi de Son « corps » spirituel.

Ch. 2

Ayant révélé Ses plus hautes pensées concernant son Fils promis à la gloire universelle – et nous en Lui (ch. 16), Dieu (ch. 2), dévoile l’état dans lequel Il nous a trouvés : « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (v. 1). Alors, Il introduit Sa grâce et nous élève à la gloire « en Christ » (v. 5 à 7).

Puis, Dieu montre qu’Il a réconcilié « en un seul homme nouveau » les croyants juifs et gentils. Enfin, les v. 20 à 22 dévoilent le but divin : faire des croyants « un temple saint », « une habitation de Dieu par l’Esprit », une maison vivante pour le Dieu vivant. L’Assemblée est présentée sous l’aspect du « corps de Christ » (ch. 1. 23), et sous l’aspect de « l’habitation de Dieu » (ch. 2. 22). « Mystère caché dès les siècles en Dieu » (Éph. 3. 9).

L’apôtre s’adresse particulièrement aux chrétiens issus des nations. « Vous » (v. 1) ; au v. 3, il dit : « nous », ce sont les Juifs ; mais tous étaient séparés de Dieu par le péché (fin du v. 3).

La parenthèse des v. 2 à 4 renferme notre état naturel à tous (Ps. 51. 5 ; Rom. 5. 12), et « les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6. 23). Ayant une nature pécheresse, nous avons ajouté nos propres péchés, et mérité la mort, et la « colère de Dieu » nous était réservée (Rom. 1. 18). Ces versets dévoilent trois ennemis : Satan, la chair, et le monde.

En Romains 6, le croyant est vu « mort en Christ » : c’est-à-dire : mort au péché. Dieu a opéré et nous a « vivifiés… avec le Christ » (v. 5), Juifs et nations, bénis « ensemble dans le Christ ». N’oublions pas d’où nous sortons ! « L’atmosphère » du monde est polluée par la présence de Satan et du péché ; il est « le chef de l’autorité de l’air » et souille les cœurs des hommes qui sont ses esclaves. Il est « le chef du monde », dirigeant l’esprit des hommes loin de Dieu.

Cependant, Dieu a triomphé de lui car il n’a rien dans le Seigneur (Jean 14. 30 et 31). Les incrédules peuvent avoir une religion, mais ils sont perdus (Jean 8. 39 à 41). Romains 3. 9 à 20 dresse un tableau effrayant de l’état des hommes, et fait mesurer quelque peu la grâce divine. Les convoitises de la chair creusent une fosse de perdition aux hommes, mais la grâce divine a préparé une éternité de bonheur et de gloire aux croyants.

Dans l’épître aux Romains, nous sommes morts, car nous avons péché, mais vivants en Christ, en croyant en Lui. Dans les Éphésiens, nous sommes morts, car nous étions « par nature des enfants de colère » (v. 3), mais l’œuvre de Dieu nous fait passer de la mort à la vie, en Christ. La colère de Dieu demeure sur « les fils de la désobéissance » (Éph. 5. 6), tandis que le chrétien est un « fils d’obéissance ». « Soyez saints, car moi je suis saint » (1 Pier. 1. 13 à 15). La perfection de Dieu appelle Sa colère, mais il est aussi amour. Sa grâce et Son amour s’adressent à tous, mais beaucoup n’acceptent pas le salut.

« Le train de ce monde » fait penser à un fleuve impétueux emportant les incrédules, et même les chrétiens, s’ils n’y prennent garde. C’est à travers l’état lamentable des hommes que la plénitude de Dieu s’est révélée. Il a trouvé en Lui-même les motifs de nous aimer, car « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16), et tout est à Sa gloire.

En face de ce que nous étions par nature, les versets 4 et suivants révèlent ce que Dieu a fait, tout à Sa gloire : « sa miséricorde », « son amour » (v. 4), « sa grâce » et « sa bonté » (v. 7), sont entrés en activité, mais sont inséparables de Sa sainteté. Morts, « il nous a vivifiés ensemble avec le Christ » ; en Rom. 6. 11, nous sommes vivants à Dieu, en relation avec notre marche chrétienne ; dans les Éphésiens, c’est en rapport avec la position que Dieu nous a faite. Et « il nous a fait asseoir ensemble en Christ », position dont nous jouissons déjà par la foi. Ce mot : « ensemble » rassemble les croyants juifs et gentils, avec le Seigneur glorifié. Les conseils de grâce divins nous ont attribué la plus haute place qui puisse être faite à des êtres venant d’aussi bas que nous (1 Sam. 2. 8 ; 1 Jean 5. 11). La vie qui nous est donnée est inséparable d’un Christ ressuscité qui nous la communique, car Il est « le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16).

La « richesse » de Dieu est souvent évoquée dans cette épître (ch. 1. 7 et 18 ; 3. 8 et 16), en relation avec Sa miséricorde, Sa grâce ou Sa gloire. La miséricorde est omniprésente dans les Écritures, et Dieu s’en attribue la paternité, déjà en Exode 34. 6. Elle a en vue les besoins individuels, et on la trouve dans les épîtres à caractère personnel. En Apocalypse 5. 12, on voit l’Agneau « recevoir » la richesse, car il a été ici-bas « le pauvre » entre les pauvres. Cependant, c’est en lui que nous avons cette position céleste, car Il est le don de Dieu, l’expression parfaite de la richesse divine.

Aux v. 5 et 8, l’Esprit révèle sans ambiguïté que le salut ne repose nullement sur nos œuvres « afin que personne ne se glorifie », mais sur la grâce reçue par la foi, qui sont des dons de Dieu. Les v. 2 et 6 opposent la fatigue d’une marche dans le péché, autrefois, et le repos de notre position actuelle : « Assis dans les lieux célestes en Christ ». Seule, une profonde communion avec le Seigneur peut nous donner la jouissance d’une telle relation avec Lui, dès maintenant.

Colossiens 2. 12 parle de notre position en Christ également ; même si ces choses sont pour le ciel, nous pouvons en réaliser déjà quelque chose. Citoyens du ciel, marchons en rapport avec cette haute position, par une séparation effective d’avec le monde (Col. 3. 1 à 3 ; Jean 17. 14). Sur la terre, le Seigneur réalisait parfaitement cette double position : « le fils de l’homme qui est dans le ciel » (Jean 3. 13). A l’apparition du Seigneur avec Ses saints, Il sera glorifié aux yeux de tous (2 Thess. 1. 10) ; dans les Éphésiens, c’est éternellement que les saints glorifiés seront comme un témoignage inaltérable « des immenses richesses de sa grâce ». Soyons-en dès aujourd’hui les témoins. Cette position suprême nous est acquise par grâce, par la foi (v. 8 à 10) : nous n’y avons aucun mérite (Jean 6. 28 et 29) ! Lorsque Jacques parle de la foi « morte sans les œuvres », il exhorte aux œuvres de la foi, et non aux œuvres qui « sauveraient » (És. 64. 6).

La gloire du salut ne doit rejaillir que sur Dieu seul.

Sauvé par grâce, par la foi, le croyant doit « marcher dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance ». Tout est de Dieu : le salut et les bonnes œuvres. Étant « une nouvelle création », nous n’avons qu’à obéir au Seigneur. C’est Dieu qui nous forme, comme le divin potier (Jér. 18. 1 à 6), pour Son service, et Son œuvre est parfaite, pour Sa gloire (Ps. 139. 15 à 17). Sous des formes différentes, ces bonnes œuvres sont celles que le Seigneur a accomplies sur la terre, « allant de lieu en lieu, faisant du bien » (Act. 10. 38). Soyons dépendants, nous attendant au Seigneur, comme Éliézer : « Fais-moi faire, aujourd’hui, une heureuse rencontre » (Gen. 24. 12). Portons ces caractères de « peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (Tite 3. 1 à 14), nous « appliquant à être les premiers dans les bonnes œuvres » (Tite 2. 14). Nos œuvres doivent démontrer notre salut par la grâce et le sang de Christ. Vouloir se sauver en ajoutant nos œuvres à celle de Christ, c’est faire injure à Dieu et à Sa grâce souveraine.

Le verset 11 nous invite à nous souvenir d’où nous avons été tirés : morts dans nos fautes (v. 1 à 3). Sans Christ, sans droit en Israël, sans espérance, sans Dieu, haïssant les Juifs qui nous méprisaient ; c’était notre état autrefois. Mais nous sommes « approchés par le sang de Christ », Dieu a fait de nous, croyants juifs et des nations, « un seul homme nouveau », un seul « corps », « en faisant la paix » : c’est notre position actuelle, de laquelle nous avons à nous souvenir (És. 51. 1).

Les Juifs d’autrefois connaissaient Dieu et avaient reçu la circoncision, signe de l’alliance avec l’Éternel (Gen. 17. 11 à 13). Mais, ayant violé la loi donnée par Moïse, leur circoncision dans la chair, qui aurait dû avoir un écho dans leurs cœurs (Jér. 4. 4), perdait toute sa signification (Rom. 2. 24 à 29), et la culpabilité du peuple était plus grande que celle des nations sans Dieu. C’est la circoncision complète du cœur qui compte pour les chrétiens juifs et gentils (Phil. 3. 2 et 3 ; Col. 2. 11).

Le Seigneur a « aboli l’inimitié » entre Juifs et nations ; inimitié qui nous opposait à Dieu, qui nous a tous « enfermés dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » (Rom. 11. 32). Nous sommes, maintenant, tous frères en Christ. La chrétienté professante à qui Dieu s’est révélé, doit « craindre », hors de la vraie conversion, de perdre toute prétention au salut car, à l’enlèvement de l’Église, seul le résidu juif sera sauvé (Rom. 11. 21 à 24), et annoncera l’évangile du royaume parmi les nations, sur la base de la croix du Seigneur, car la « bonne nouvelle de la paix » est pour les Juifs et les nations.

La loi des commandements a été abolie afin de permettre à tous de s’approcher de Dieu, car la loi nous était contraire car, parce que nous ne pouvions pas l’accomplir, elle nous condamnait et réclamait notre mort ; mais le Seigneur, par Sa croix, nous donne la vie éternelle.

Les trois Personnes de la divinité ont participé à l’œuvre du salut. Le Fils a accompli notre rédemption ; le Saint Esprit nous conduit au Père et le Père nous reçoit.

Le Seigneur ayant « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20), nous sommes « approchés », et notre paix est personnifiée en Jésus Christ : croyants juifs et des nations sont en paix avec Dieu, et les uns avec les autres. Le Seigneur est cette « branche qui porte du fruit par-dessus la muraille » (Gen. 49. 22), détruisant « le mur mitoyen de clôture ». Le Seigneur a dit : « Le salut vient des juifs » (Jean 4. 22), car lui-même était juif, et la grâce de Dieu passait des Juifs aux nations (És. 49. 4 à 6). Ce changement transporte Juifs et nations sur un terrain nouveau : la loi promettait la vie sur la terre à qui l’accomplirait ; la grâce donne la vie éternelle à qui croit au Seigneur. Il est venu unir les brebis juives et celles des nations, afin qu’il y ait « un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10. 14 à 16). « La loi des commandements nous était contraire » et, seul le Seigneur l’a accomplie (Mat. 5. 17) : nous sommes sauvés par la grâce.

À la croix, « Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d’Israël » se sont unis pour crucifier le Seigneur (Act. 4. 27) : Juifs et nations l’ont rejeté (Jean 1. 10 et 11). Mais c’est là que Dieu a répandu Sa grâce pour tous, et a fait de nous, croyants juifs et des nations, « un seul homme nouveau », « un seul corps à Dieu » (v. 15 et 16) : c’est l’Assemblée unie à Christ. Autrefois « étrangers », nous sommes maintenant, « concitoyens des saints » juifs ; « forains », autrefois, « errants et vagabonds sur la terre » (Gen. 4. 14), nous sommes devenus « gens de la maison de Dieu » (v. 19). C’est dans cette maison spirituelle, « habitation de Dieu par l’Esprit » que nous offrons des « sacrifices spirituels » (1 Pier. 2. 5) : l’Assemblée appartient à Christ.

La « bonne nouvelle de la paix » est annoncée à tous, d’abord par le Seigneur (És. 52. 7) ; puis par ceux qui, sauvés, annoncent l’évangile (Rom. 10. 15). « L’Éternel » des Juifs est devenu pour nous : « le Père » « auprès duquel nous avons accès… par un seul Esprit » (v. 18).

L’épître rappelle les caractères de l’Assemblée, le « corps de Christ » (ch. 1. 23) se perfectionnant dans l’harmonie de son fonctionnement (ch. 4. 11 à 16) ; la « maison de Dieu » et « le temple saint » (v. 19 à 21) ; « l’Épouse de Christ » (ch. 5. 25 à 27). La « maison » a un architecte, un bâtisseur et un propriétaire : le Seigneur. Moïse a été fidèle sur la maison de Dieu, comme serviteur, mais Christ, comme Fils (Héb. 3. 4).

1 Corinthiens 3 rappelle notre responsabilité pratique et le danger de corrompre le temple de Dieu, car l’Assemblée est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 14 et 15). Cette maison spirituelle s’édifie avec des pierres vivantes, le Seigneur étant « la maîtresse pierre du coin » sur qui tout l’édifice s’ordonne. Bientôt, il sera Lui-même « la pierre du faîte », achevant l’édifice ; alors une glorieuse proclamation jaillira : « grâce, grâce sur elle » (Zach. 4. 7). Le Seigneur est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc. 22. 13).

Le Dieu de grâce veut que la maison de la grâce soit remplie de tous ceux qui, conscients de leur perdition et de leur misère morale, acceptent d’y entrer (Luc 14. 16 à 24).

Ch. 3

Dans ce chapitre qui est une parenthèse, Paul révèle le « mystère caché dès les siècles en Dieu » (v. 9). C’était là, « l’administration » qu’il avait reçue par grâce, par révélation (v. 1 à 13). L’Esprit avait travaillé puissamment en lui, lui conférant une profonde intelligence dans la compréhension du « mystère du Christ » (v. 6) : ce mystère, c’est l’assemblée unie à Christ, comme le corps est uni à la tête, chose inconnue dans l’Ancien Testament.

Saul, ce ravageur de l’assemblée (Act. 8. 1), converti sur le chemin de Damas, était maintenant le « prisonnier du Christ Jésus, pour vous, les nations » (v. 1) ; il n’était pas prisonnier des hommes, mais du Christ Jésus (Philémon 1 à 9). Ses liens travaillaient « pour l’avancement de l’évangile » (Phil. 1. 12). Il administrait la révélation de ce mystère, et annonçait parmi les nations, les « richesses insondables du Christ » (v. 8).

À partir du v. 14, Paul fait monter la deuxième prière pour que nous croissions dans la connaissance de la gloire divine et que nous nous plongions dans l’infini des conseils d’amour de Dieu. Ce mystère révélait la place que Dieu réservait aux nations : « cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa promesse » avec les croyants juifs. Dieu avait mis Israël à part des nations, autrefois, et le mystère révélé à Paul ne pouvait être mis en lumière clairement dans l’Ancien Testament, car il y aurait eu contradiction. Mais le Seigneur devait renverser le « mur mitoyen de clôture » séparant Israël des nations. Cependant, la jalousie d’Israël l’a empêché de recevoir cette vérité, et il s’y est opposé violemment (Luc 4. 24 à 30) ; par la suite, les Juifs chercheront à faire mourir Paul qui annonçait cela aux nations.

C’est par l’Esprit que ces choses étaient révélées, et on ne peut les recevoir que par l’Esprit (1 Cor. 2. 6 à 10), étant régénérés. Ce sont les « apôtres et prophètes » du Nouveau Testament qui en ont eu la révélation. On trouve bien quelques allusions voilées de l’assemblée chrétienne, dans l’Ancien Testament. Ève prise d’une côte d’Adam ; Rebecca amenée à Isaac etc… Il est vrai qu’on peut y voir une image de l’assemblée unie à Christ, mais par une projection prophétique double, à travers l’assemblée juive.

Également on trouve cette prophétie concernant le salut parvenant aux nations (És. 49. 6), mais l’assemblée n’y est pas vue. L’apôtre s’appuie sur ses écritures hébraïques pour annoncer l’évangile (Act. 13. 32 et 33). Pierre fait allusion à David (Act. 2. 30 à 35), mais jusque-là, le mystère de l’assemblée restait caché. Cette révélation faite à l’apôtre devait nous être communiquée, car elle est importante pour la foi et notre appréciation des conseils divins, afin qu’il y ait du fruit pour Dieu dans notre vie. Paul était serviteur de l’évangile (Col. 1. 23 et 24), dans l’humilité (v. 8) : le sommes-nous aussi, à notre mesure ? C’est notre mesure spirituelle qui conditionne la compréhension des choses profondes qui nous sont révélées. Paul avait persécuté le Seigneur en persécutant les saints, et il en était resté humble. « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 1 à 5). C’était la première révélation de l’intimité de l’union de Christ avec les saints : ce sont « les richesses insondables du Christ » que nous comprendrons à la perfection dans le ciel.

Le mystère révélé à Paul mettait en lumière devant tous, l’intimité de Christ avec Son assemblée (Éph. 5. 32), et montrait sa « sagesse si diverse » aux anges qui sont dans les « lieux célestes ». Les anges, ainsi que les hommes en général, ont la révélation de la gloire de Dieu pour les croyants, dans la contemplation de l’assemblée (v. 14 et 15 ; Rom. 16. 25 et 26 ; 1 Cor. 2. 7 ; Col. 2. 3). Le rôle des anges est important : bien qu’étant « dans les lieux célestes », ils agissent sur les hommes : soit les anges fidèles servant Dieu, soit les anges déchus s’opposant à Lui. Parmi eux, existent des hiérarchies. Ils chantèrent de joie en admirant la création (Job 38. 7). Dieu les utilisait souvent en faveur de Son peuple ; ils seront présents lors des jugements apocalyptiques ; ils se sont manifestés lors de la naissance du Seigneur (Luc 2. 9 et 13). Durant le temps de la grâce, ils observent l’assemblée, et à cause d’eux, les sœurs doivent montrer leur soumission en se couvrant la tête (1 Cor. 11. 10). Les apôtres avaient été « un spectacle » pour eux (1 Cor. 4. 9). Notre responsabilité est entière, à leur sujet, car ils nous observent à notre insu. Mais, à la fin, seule la gloire de Dieu sera exaltée. Dans tout ce qui concerne l’évangile de la grâce, « les anges désirent regarder de près » (1 Pier. 1. 12). Pourtant, « les saints jugeront les anges » (1 Cor. 6. 3).

Ces versets montrent le côté de Dieu où tout est parfait, et nous transportent dans les cieux (ch. 1. 3 ; 2. 6 ; 6. 12) ; cela nous rappelle que nous sommes du ciel, notre vraie patrie. « Dans le Christ Jésus » sont révélées la grâce de Dieu, sa sagesse, sa gloire, et maintenant nous Lui appartenons et devons porter Ses caractères. Ce « propos des siècles » a Christ pour centre (v. 11), et est « l’image du Dieu invisible » (Col. 1. 15). Que Dieu ait fait grâce à des êtres déchus tels que nous, doit bien étonner les anges ! Mais cela doit nous donner « hardiesse et confiance par la foi en Lui » (v. 12), pour croître dans la compréhension des propos divins, par l’Esprit Saint qui a conduit l‘apôtre dans ces révélations si hautes. En Actes 6. 5, nous trouvons Étienne, « plein de foi et de L’Esprit Saint ». D’autres « reçurent l’Esprit Saint » par l’imposition des mains des apôtres, (Act. 8. 17).

Les éphésiens ne devaient pas se décourager par les afflictions de Paul, car il y a toujours des consolations pour les croyants souffrant pour la justice (2 Cor. 1. 3 à 5 ; Phil. 1. 12 à 14) ; ils en seront délivrés et elles produiront, dans le ciel : « un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4. 16 et 17). La révélation de ces choses éternelles nous encourage (Rom. 8. 28). Alors qu’au ch. 1. 3, Paul s’adressait au « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ », au ch. 3. 14, il prie le « Père de notre Seigneur Jésus Christ », de nous fortifier « selon les richesses de sa gloire », et il introduit la pensée de l’amour (v. 18). Ce chapitre, parle beaucoup du Père, du Seigneur Jésus, et du Saint Esprit : les trois personnes de la divinité. Dieu habite en nous par le Saint Esprit. Notre corps est le « temple du Saint Esprit » individuellement (1 Cor. 6. 19) ; et ensemble, nous sommes « le temple de Dieu » (1 Cor. 3. 16). Respectons cet Hôte divin.

Les chapitres 1 et 2 montrent la puissance, la gloire, la grâce de Dieu ; et le croyant, scellé du Saint Esprit (ch. 1. 13). Cet Hôte divin fortifie le croyant afin que « Christ habite » dans son cœur (ch. 3. 17), Le chapitre 3 introduit l’amour dans les conseils divins (v. 18 et 19) – le ch. 4, l’unité de l’Esprit dans les croyants, car « il y a un seul Dieu et Père de tous » (v. 6). Le Seigneur veut, chez les Siens, un état convenable dans l’amour pour Lui, afin que la communion soit maintenue (Jean 14. 23). C’est en étant « enracinés et fondés dans l’amour » que nous comprendrons « avec tous les saints », quelque chose des « dimensions » des conseils de Dieu, en amour et en grâce, et l’amour de Christ (v. 18 et 19). Soyons « enracinés et édifiés » en Christ et « affermis dans la foi », afin de marcher « en Lui » (Col. 2. 6 et 7). Une conséquence de la présence de Christ dans le croyant, c’est qu’il a en lui : « l’espérance de la gloire » (Col. 1. 27). Le Dieu d’amour est devenu tangible en Christ, car toute la plénitude de Dieu habitait en Lui (Col. 1. 19). Méditons ces versets.

Cette prière de l’apôtre est pour tous les croyants. Être « enracinés » fait allusion à une plante dont les racines profondes lui permettent de résister aux tempêtes ; être « fondés » c’est avoir notre fondement en Christ, afin de n’être pas « agités et jetés çà et là ». Le croyant trouve sa stabilité et sa nourriture dans l’amour du Seigneur.

Les conseils éternels de Dieu sont pour tous les hommes (Jean 3. 16) : c’est la « largeur » ; ils ont une portée éternelle : « Je t’ai aimée d’un amour éternel » (Jér. 31. 3) : c’est la « longueur ». Mais ses conseils avaient en vue Son Fils qui « s’est abaissé lui-même jusqu’à la mort et à la mort de la croix » (Phil. 2. 8) : c’est la « profondeur » de l’abaissement de Christ. A cause de cela, « Dieu l’a haut élevé » (Phil. 2. 9) : c’est la « hauteur ». Dieu révèle à nos affections les quatre dimensions de Ses conseils d’amour.

Être fondés et enracinés dans l’amour, c’est garder Ses commandements (Jean 14. 21), car « les secrets de l’Éternel sont pour ceux qui le craignent » (Ps. 25. 14), et c’est dans la sainteté pratique selon la volonté de Dieu (1 Thess. 4. 3), qu’Il nous les révèle (1 Cor. 2. 9). Dans les évangiles, si le Seigneur enseignait les foules en paraboles, il les expliquait à Ses disciples – Ses amis – dans l’intimité (Jean 15. 15). Cette compréhension des conseils divins n’est pas réservée à une élite, mais à « tous les saints » (v. 18). Enfants de Dieu, nous mettons notre confiance dans le Père et dépendons de Lui.

Hébreux 12. 7 nous parle de notre position, mais Il veut que nous jouissions pleinement de notre relation avec Lui, comme fils et filles, ayant avancé dans la connaissance de Ses pensées (1 Jean 2. 12 à 14). Il faut, pour cela maintenir la séparation avec le monde (2 Cor. 6. 16 à 18). Dieu veut nous remplir « jusqu’à toute (sa) plénitude », dans la « connaissance de l’amour de Christ » (Éph. 3. 19). Les Israélites pouvaient ramasser toute la manne nécessaire. Les limitations sont toujours de notre côté ; cependant, Dieu ne rabaisse jamais Ses exigences envers Ses enfants : il veut « que nous parvenions tous à l’état d’hommes faits » (Éph. 4. 13). « Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (Phil. 1. 6).

Le ch. 3 s’achève sur une louange à l’égard de la puissance de Dieu opérant en nous, et faisant « plus que ce que nous demandons ou pensons » : la grâce divine agissant au-delà de nos limitations pour exprimer nos besoins, pour lesquels « l’Esprit nous est en aide » (Rom. 8. 26). Cependant, Dieu aime que nous Lui exposions nos besoins, et si nos prières sont selon Dieu, elles en portent le caractère.

Cette doxologie se rapporte à toutes les révélations et bénédictions exposées dans ce chapitre. La gloire de Dieu doit être vue « dans l’Assemblée » (v. 21), parce qu’elle doit refléter les caractères du Seigneur qui est au milieu d’elle. L’Assemblée, « corps de Christ », est unie à Lui de manière indissoluble, et la gloire de son Seigneur doit rejaillir sur elle et être observée du monde ; de même, la « sagesse » des conseils de Dieu est révélée aux anges qui nous observent (v. 10).

Dans « l’Assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité », le croyant doit savoir « comment il faut se conduire » (1 Tim. 2. 15). L’assemblée est laissée sur la terre afin de montrer la vérité et de la soutenir. Elle est « le temple du Saint Esprit » et « l’habitation de Dieu par l’Esprit ». Et, lorsque nous sommes réunis au nom du Seigneur, Il promet sa présence au milieu des Siens (Mat. 18. 20).

Cette « puissance qui opère en nous » (v. 20), trouve son application pratique au ch. 4, dans la réalisation vécue de l’unité des croyants dans l’Assemblée (v. 2 à 16) – et d’une manière personnelle, dans notre vie de chrétiens (v. 17 à 32), de façon à « marcher d’une manière digne de l’appel dont nous avons été appelés », d’une manière digne de l’évangile de Christ (ch. 4. 1 ; Phil. 1. 27).

L’apôtre était en prison « pour nous les nations », pour avoir prêché l’unité des croyants juifs et gentils, et les bénédictions célestes de l’Assemblée unie à Christ dans le ciel. Dieu avait fait de Paul le révélateur « de l’administration du mystère caché dès les siècles en Dieu » (Éph. 3. 9). « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). Christ est « l’homme noble qui se propose des choses nobles » d’Ésaïe 32. 8 : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » (Ps. 16. 8). Nous avons part à cette noblesse ; comment la vivons-nous ?

Les conseils divins exposés, Paul introduit l’unité des croyants que nous devons garder « par le lien de la paix » (ch. 4. 3). Que Dieu nous aide à réaliser ces caractères des versets 1 à 3, et qu’il n’y ait pas de contestations (2 Tim. 2. 24). Si le Seigneur était « débonnaire et humble de cœur » (Mat. 11. 29), notre propre comportement nous humilie et devrait nous rendre humbles, en nous rappelant que : « de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles » (Ps. 113. 7 et 8). Au Psaume 22, le Seigneur se compare à « un ver ». Ne faisons rien « par esprit de parti » (Phil. 2. 3). Gardons ces caractères des v. 2 et 3 d’Éphésiens 4, pour manifester « le fruit de l’Esprit » (Gal. 5. 22). Galates 6. 1 et 2, exhorte à user de douceur, même pour reprendre un frère qui a péché. Supportons-nous « l’un l’autre dans l’amour » comme Dieu nous supporte. « Aimez-vous les uns les autres » (Jean 13. 34 et 35). « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit » (Gal. 5. 25).

Ch. 4

Les versets 1 à 3 nous exhortent à réaliser ces sept caractères pour une « marche digne de notre appel » : « l’humilité » ; « la douceur » ; « la longanimité » ; « le support » ; « l’amour » ; garder « l’unité de l’Esprit » et « la paix ». Les croyants sont unis en un seul corps en Christ par l’Esprit Saint. Son œuvre est intouchable, mais gardons la manifestation pratique de cette unité spirituelle, malgré nos différences, chacun apportant ce que l’Esprit lui donne, « pour l’accroissement du corps de Christ en amour » (v. 16).

Nous avons « tous été baptisés d’un seul Esprit » « abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit » (1 Cor. 12. 13). Dieu place souverainement chacun de nous, comme Il l’entend, dans « le corps » (1 Cor. 12 à 14). Les dons que le Seigneur fait à l’Assemblée sont complémentaires, et en bénédiction, s’ils sont exercés dans l’unité et dans la paix. Nous devons juger la chair qui combat contre l’Esprit afin qu’elle ne se manifeste pas. Gardons cette « unité de l’Esprit » caractérisant les premiers chrétiens qui « étaient un cœur et une âme » (Act. 4. 32), et qui avaient « la crainte du Seigneur » (Act. 9. 31) : seul, l’Esprit peut produire un accord, et ne « l’attristons pas » (Éph. 4. 30).

Éphésiens 4. 1 à 6, étant relatif à une marche collective, efforçons-nous de garder la manifestation de l’unité conférée aux croyants, dans la paix, avec persévérance, car ces choses sont élevées au niveau de l’Esprit qui est Dieu. Il faut, pour cela, à chacun, l’esprit de droiture (Ps. 143. 10). Cette unité est en relation avec les trois Personnes de la divinité : un seul Esprit nous unit en « un seul corps », nous donnant « un seul appel » une « seule espérance » (v. 3 et 4). C’est le cercle le plus restreint, concernant les vrais croyants ayant la vie. Un seul Seigneur en qui il y a « une seule foi », un « seul baptême » : cercle plus large désignant la profession chrétienne en général, avec ou sans la vie (v. 5). Enfin : « Un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tout, partout, et en nous tous » (v. 6) : c’est le cercle le plus étendu du Dieu universel, Père des croyants ayant engendré tous les hommes (És. 64. 8 ; Gen. 1. 26 ; Act. 7. 28).

Les hommes ont gardé « l’image » de Dieu, mais ont perdu Sa « ressemblance » et se sont éloignés ; mais il y a un chemin de retour (Luc 15). Donnons à Christ Sa vraie place, car nous sommes « scellés du Saint Esprit » ; nous sommes « une habitation de Dieu par l’Esprit » et « Christ habite par la foi dans nos cœurs ». En Romains 1. 18 à 32, nous trouvons la responsabilité des hommes, mais l’épître aux Éphésiens s’adresse aux croyants.

Au v. 7, une « mesure de grâce » est donnée à chacun des croyants, en vue du « perfectionnement des saints », pour le bien de l’Assemblée, pour notre accroissement dans la « connaissance du Fils de Dieu » (v. 13), et afin que tout le corps soit bien lié ensemble (v. 16). « Chacun » reçoit donc un don particulier, de caractère plus élevé – ou modeste – des aides (1 Cor. 12. 28), mais tous sont importants car c’est le Seigneur qui les donne, et la miséricorde divine se rattache à leur exercice (Rom. 12. 6 à 8). En Nombres 3. 23 à 37, ceux qui portaient les cordages du tabernacle avaient la même importance que ceux qui se chargeaient des ustensiles saints.

Après avoir « goûté la mort pour tout », le Seigneur, vainqueur de la mort – forteresse de Satan – est ressuscité et a « emmené captive la captivité et a donné des dons aux hommes ». Étant glorifié dans le ciel comme homme, Christ a reçu des dons (Ps. 68. 18), et les donne aux saints encore sur la terre (Éph. 4. 8). L’Esprit Saint transmet ces dons de puissance divine aux croyants (Act. 2), pour l’édification des saints.

« Les apôtres et les prophètes » au début de l’Assemblée, ayant posé ses fondements, ont été des dons fondamentaux (1 Cor. 3. 10 ; Éph. 2. 19 et 20 ; 3. 5), Jésus Christ étant « la maîtresse pierre du coin ». Il y a aussi des dons permanents : l’évangéliste, appelant les âmes au salut, les ajoutant à l’Assemblée ; le pasteur parlant aux cœurs et aux âmes, encourageant et paissant le troupeau ; le docteur instruisant l’Assemblée en découpant droit la Parole.

La Parole étant complète, les prophètes, maintenant, rappellent les vérités de la Parole qu’ils appliquent au cœur et à la conscience, répondant aux besoins de l’Assemblée. Tous ces dons travaillent pour l’édification de l’Assemblée (v. 12 à 16) ; « pour l’utilité » (1 Cor. 12. 7) ; et la prophétie, pour « l’édification, l’exhortation et la consolation » (1 Cor. 14. 3, 5, 12 et 26). L’autorité du Seigneur dans l’Assemblée s’exerce par ces dons.

Vainqueur du tombeau, Christ a délivré les captifs de Satan, qui ne « renvoyait pas chez eux ses prisonniers » (És. 14. 17). Barak, type du Seigneur, est exhorté à « emmener captive sa captivité » (Jug. 5. 12) ; et le Seigneur proclame : « Je tiens les clefs de la mort et du hadès » (Apoc. 1. 18). La victoire du Seigneur ayant lié « l’homme fort » (És. 49. 24 et 25) nous délivre. Philippiens 2. 6 à 9, montre le parcours descendant du Seigneur. D’où Il est descendu : de la gloire ; où Il est descendu : dans la mort. Puis son chemin remontant : « Dieu l’a haut élevé », avec ce but suprême : que « tout genou se ploie » devant Lui. Descendu de Sa gloire divine, Il est remonté, ayant acquis une gloire nouvelle comme homme.

Le millénium s’installera en jugements, mais sera un règne de justice et de paix. L’Assemblée doit montrer au monde ce que sera ce règne où tout Lui sera assujetti, car il faut « qu’il remplisse toutes choses » (v.10).

Dieu donne, en grâce, des dons différents, mais « à employer les uns pour les autres » (1 Pier. 4. 10), simplement et fidèlement (Rom. 12. 6 à 8). « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de services, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous » (1 Cor. 12. 4 à 6). Dieu nous parle par les dons. Demandons à Dieu les dons les plus grands, pour l’édification de l’Assemblée (1 Cor. 12. 31) ; et même si nous ne sommes que faiblement doués, que les dons soient employés pour l’édification. Nous sommes coupables de ne pas demander les dons les meilleurs (1 Cor. 14. 1 et 12), et « surtout de prophétiser » : nous avons besoin d’exhortation, d’édification et de consolation » (1 Cor. 14. 3). En 1 Cor. 12. 4 à 11, l’Esprit produit l’exercice des dons. En Éphésiens, le Seigneur donne à des frères différents dons pour notre croissance spirituelle, et pour « l’unité de la foi » (Éph. 4. 13). Reconnaissons de tels hommes et persévérons « dans la doctrine et la communion des apôtres » (Act. 2. 42).

Le Seigneur fait des dons à l’Assemblée pour son édification et le perfectionnement des saints, « afin que nous parvenions tous à l’état d’homme fait » – ou parfait ; pour cela, le service se poursuit, pour « l’édification du corps de Christ » « jusqu’à ce que nous parvenions tous à la mesure de la stature de la plénitude du Christ » (v. 13). La responsabilité de l’apôtre était de « présenter tout homme parfait en Christ » (Col. 1. 28). Dieu n’abaisse jamais le niveau proposé.

Appliquons-nous, dans le support mutuel et l’amour, à croître « dans l’unité de la foi » (v. 13), afin que l’exercice des dons porte des fruits en bénédiction. « L’unité de la foi » désigne l’ensemble des connaissances que nous possédons de la Parole. Tenons ferme, car l’ennemi travaille à nous diviser en tordant les Écritures. La responsabilité des serviteurs est d’exercer leurs dons pour l’accomplissement des buts divins des v. 12 et 13. Mais la responsabilité de tous est d’écouter et de recevoir l’enseignement afin de croître, et la mesure, c’est Dieu (Mat. 5. 48), et Christ (Éph. 4. 1). Paul était freiné dans son service auprès des Corinthiens, par leur faible avancement spirituel (1 Cor. 3. 1). Si les serviteurs sont fidèles, ils « plantent » et « arrosent », et Dieu fait croître (1 Cor. 3. 6) : Christ « nourrit » et « chérit » Son Assemblée : recevons ce qu’Il nous donne. Nous avons tous reçu un don, exerçons-le fidèlement pour le bien de tous.

Timothée devait « ranimer » le don qu’il avait reçu et ne pas le « négliger » (1 Tim. 4. 14 à 16 ; 2 Tim. 1. 6). De même Archippe (Col. 4. 17). « Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, d’amour et de conseil » (1 Tim. 1. 7). La crainte, suscitée par Satan, peut nous empêcher d’exercer les dons – en particulier celui de prophète peut provoquer de la colère envers lui, et il peut être craintif et se taire, ou au contraire, trop parler. Les dons eux-mêmes sont excellents, mais les serviteurs doivent, par leur conduite, orner la doctrine. Pour cela, « n’attristons pas le Saint Esprit de Dieu » et ne « l’éteignons pas » (Éph. 4. 30 ; 1 Thess. 5. 19). La mesure placée devant nous est très élevée et Dieu travaille à ce que nous « croissions tous dans la connaissance de son Fils » (v. 13).

Ne restons pas « des petits enfants » spirituels ayant besoin de « lait », ce qui est anormal. « La nourriture solide est pour les hommes faits » (Héb. 5. 12 à 14). Pierre exhorte les anciens à « paître » et « surveiller » le troupeau de Dieu, ne « dominant pas sur lui », mais en étant un « modèle » (1 Pier. 5. 1 à 4). Parallèlement, soyons obéissants, afin que les serviteurs exercent leur service « avec joie et non en gémissant » (Héb. 13. 17). Les dons fondamentaux sont toujours là, pour que nous ne soyons pas « emportés çà et là par tout vent de doctrine » (Éph. 4. 14) ; car « des loups redoutables sont entrés parmi nous » ; et « d’entre nous-mêmes, des hommes se sont levés pour annoncer des doctrines perverses » (Act. 20. 29 et 30). Gardons la saine doctrine et recevons les exhortations, étant parvenus aux temps mauvais où « ils ne supporteront pas le sain enseignement… mais ils se tourneront vers les fables » (2 Tim. 4. 1 à 4). « Sondons les Écritures », comme les chrétiens de Bérée, pour voir « si les choses sont bien ainsi » (Act. 17. 10 et 11) afin de mieux connaître celui qui est le centre de tout.

Le verset 14 avertit de trois dangers menaçant les croyants : immaturité, instabilité, crédulité – et égarement dans les fausses doctrines. Dieu veut que « nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ », « étant vrais dans l’amour », car « l’amour se réjouit avec la vérité » (1 Cor. 13. 6) : gardons cet équilibre. L’apôtre Jean aimait « dans la vérité » (2ème et 3ème épîtres). « L’amour que Dieu a versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5), doit croître pour le Seigneur (v. 15), et pour les frères, pour l’accroissement du corps tout entier (v. 16). Pour cela, il est indispensable de « nous supporter l’un l’autre dans l’amour » (v. 2), dans lequel doit fonctionner le corps, dans l’exercice des dons, en vue de son accroissement. Sans l’amour, l’activité sera stérile (1 Cor. 13. 1 à 3).

Dieu nous a montré Son amour à la croix, et attend de nous une marche dans l’Esprit Saint. Le corps ne fonctionne que par la contribution harmonieuse de chaque membre par rapport à l’ensemble (les jointures du fournissement) : pour croître « de l’accroissement de Dieu », nous devons être « alimentés et bien unis ensemble » (Col. 2. 19). Chacun doit fonctionner selon ce que le Seigneur lui donne, pour l’édification du corps ; mais attention aux matériaux que nous apportons (1 Cor. 3. 11) C’est le Seigneur qui donne l’accroissement, mais la responsabilité individuelle est mise en avant. Si un membre n’agit pas, ou mal, l’ensemble du corps en souffre car, ici, le corps s’édifie lui-même. Bien que les dons soient très différents, nous devons les employer pour l’édification de l’Assemblée qui est un « temple saint » édifié sur « la maîtresse pierre du coin » (Éph. 2. 21) : tout doit fonctionner harmonieusement.

En mécanique, pour que les différentes pièces travaillent bien, il ne doit y avoir ni jeu ni blocage : veillons à ce que ni relâchement ni friction ne viennent troubler la marche de l’Assemblée. Même la famille chrétienne est engagée dans cet accroissement spirituel en amour. « Enfants, n’aimons pas de parole ni de langue, mais en action et en vérité » (1 Jean 3. 18). Nous retrouvons la vérité liée à l’amour exprimés en action. Dieu éprouve ce que nous apportons et juge si cela contribue réellement à l’édification – ainsi que nos motifs cachés du cœur.

À partir du verset 17, l’apôtre, après nous avoir révélé les pensées les plus hautes de Dieu concernant l’union de Son Fils avec les croyants, nous fait redescendre au niveau des hommes faibles que nous sommes. Cependant, le chrétien, encore sur la terre, doit montrer Christ dans sa vie.

À partir de ce que nous étions (Éph. 2. 1 à 3), toute notre vie doit changer. Le reste de l’épître nous exhorte à cela. Le peuple juif, mis à part des nations (Nomb. 23. 9), a reçu, plus tard, le très beau témoignage de ne pas obéir aux lois du monde (Est. 3. 8) ; de même les chrétiens, qui « ne sont pas du monde » (Jean 17. 16), doivent être « asservis à la justice » (Rom. 6. 18), et ne plus « marcher dans le bourbier de corruption » du monde (1 Pier. 4. 4). Endurci, aveugle, son entendement obscurci, celui-ci est impur et a perdu « tout sentiment moral » (1 Tim. 4. 2). Le chrétien est « lumière dans le Seigneur » et doit marcher comme tel, dans la pureté (Éph. 5. 8 ; 1 Tim. 4. 12 ; 5. 2).

Laissons la Parole de Dieu nous « façonner » pour le Seigneur.

Un contraste absolu marque la marche du monde, dans la vanité, la corruption ; son « entendement obscurci » sans moralité, le livre à la débauche et à l’impureté. La marche des croyants ayant « dépouillé le vieil homme » et ayant « revêtu le nouvel homme créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité », loin d’être légaliste, a le Seigneur Jésus, comme modèle : « Afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21). « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1. 21). On « apprend le Christ » en « l’entendant » et en étant « instruits en lui selon que la vérité est en Jésus » (v. 20 et 21). L’étude de la Parole enseigne à connaître Celui qui est la vérité (Jean 14. 6). Sa personne, Son amour, Sa marche sont placés devant nous. Laissons-Le vivre Sa vie en nous, et restons occupés de Lui (1 Tim. 4. 12 à 16 ; 2 Tim. 3. 14). Mais l’épître aux Éphésiens place les choses bien plus haut : il faut « apprendre le Christ » et, également « apprendre de lui » (Mat. 11. 29).

Autrefois, « étrangers à la vie de Dieu », mais maintenant « renouvelés dans l’esprit de notre entendement », nous voyons avec « l’œil de Dieu », conduits par l’Esprit Saint, et sommes « transformés à l’image » du Seigneur, par Sa contemplation, « de gloire en gloire… en Esprit » (2 Cor. 3. 18). La conversion apprend à connaître le Sauveur ; ensuite, il faut croître dans la connaissance et la ressemblance du Seigneur, en restant fidèles à ce que nous avons appris de Lui par l’Esprit (2 Tim. 3. 14 ; Jean 15. 26). Ces paragraphes dirigent nos regards vers Jésus afin que nous Lui ressemblions, en actes et en « paroles de grâce » « assaisonnées de sel ».

C’est parce que « le vieil homme » a été cloué sur la croix (Rom. 6. 4), et que nous avons « revêtu le nouvel homme », qu’un changement complet est possible (Éph. 4. 25 à 32), même si la chair est encore en nous. « Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les convoitises de la chair » (Gal. 5. 15 et 16). « N’attristons pas le Saint Esprit de Dieu » (Éph. 4. 30). Deux côtés se trouvent dans ces exhortations : abandonner ce qui vient du vieil homme ; permettre au nouvel homme de vivre sa vie sainte. Ces exhortations se retrouvent en Colossiens 2. 20 à 23, et Colossiens 3. 1 à 11. Ce n’est plus Adam innocent, mais une participation à la nature divine. Marchons donc « d’une manière digne de notre appel » (Éph. 4. 1 ; Rom. 12. 1 et 2).

Vivons ce dépouillement les uns envers les autres (Éph. 4. 25 à 32). « Parler la vérité » les uns aux autres, ne pas conserver sa colère, prononcer des paroles d’édification, ôter la colère, le courroux, l’amertume, les crieries, l’injure, la malice – mais qu’il y ait la bonté, la compassion, le pardon. La colère de Dieu fait partie de Sa perfection, mais entre nous elle est pernicieuse.

En 1 Samuel 25, Abigaïl, calme la colère meurtrière de David contre Nabal ; colère qu’il veut sanctifier au nom de l’Éternel. Soyons indignés contre le mal, mais que l’amour préside dans nos cœurs. La colère du Seigneur (Marc 3. 5), était divine, mêlée de tristesse et d’amour, et il guérit l’homme à la main sèche. Le mensonge vient du diable (Jean 8. 44). « Parlons la vérité » à nos frères avec amour (Col. 3. 9 ; Zach. 8. 16 et 17), car les silences peuvent être des mensonges muets ! En Jean 4, le Seigneur ne rudoie pas la Samaritaine, mais l’amène, avec douceur, à confesser la vérité.

A la chute d’Adam, Dieu a prononcé des paroles sévères. Le sol « maudit », l’homme le cultivera « péniblement », « à la sueur de son front » (Gen. 3. 17 à 19). Pour le croyant actuel, tout est nouveau : son travail est sanctifié, s’il le fait à la gloire de Dieu. Il doit être « paisible » (1 Thess. 4. 11), afin que, n’étant pas « oisif », il ne vive pas « dans le désordre » (2 Thess. 3. 6 à 10), et qu’il puisse « secourir les faibles » vivant dans le besoin (Act. 20. 34 et 35). C’est le contraire de « dérober » (v. 28) qui est une désobéissance à la loi (Ex. 20. 15), et la cupidité est une idolâtrie fermant l’accès du royaume de Dieu aux hommes qui sont tels. Même honnêtes avec nos semblables, nous « dérobons » souvent notre temps au Seigneur, pour nos intérêts. Il nous en demandera compte.

Le travail est une constante dans toute la Parole (Prov. 6. 6) ; deux dangers à éviter sont la paresse et la négligence, ou, au contraire la suractivité dévorant toutes nos énergies dérobées au Seigneur. En Malachie, c’est dans les dîmes que le peuple « frustrait » l’Éternel. Faisons part de nos biens à ceux que le besoin presse, en « n’oubliant pas la bienfaisance » (Héb. 13. 16).

Prenons garde aussi « à l’irritation » qui, entretenue dans nos cœurs, ouvre la porte à Satan dont on « n’ignore pas les desseins » : détruire et rompre la communion avec le Seigneur et entre nous.

Que nos paroles ne soient pas « oiseuses » – inutiles (Mat. 12. 36) ; « déshonnêtes » (Éph. 4. 29) ; bénissons Dieu, mais ne « maudissons pas les hommes de la même bouche » (Jac. 3. 9) ; mais plutôt, que nos paroles « communiquent la grâce à ceux qui l’entendent » (v. 29). « De l’abondance du cœur la bouche parle » (Mat. 12. 34). Certaines choses souillent particulièrement et ne doivent « pas même être nommées entre nous » (Éph. 5. 3 et 4), car un chrétien doit se reconnaître par « une parole, dite en son temps » (Prov. 15. 23), pour l’édification, selon les besoins. Boaz a prononcé des paroles « bonnes » pour Ruth, et l’amertume liée au passé s’est muée en consolation pour elle (Ruth 2. 13).

Certes, nous ignorons de nombreux besoins que Dieu connaît : c’est dans Sa dépendance que nos paroles communiqueront la grâce, et gardons-nous de l’égoïsme qui nous paralyse. Si nous « attristons » le Saint Esprit, au lieu de nous « communiquer les choses de Christ » (Jean 16. 14 et 15), il doit travailler pour produire la repentance en nous. Le Saint Esprit habite nos corps encore mortels, et Il peut être « attristé » dans nos vies personnelles ; « éteint » si, dans l’assemblée, les dons sont étouffés ou conduits par l’esprit de l’homme ; ou « contristé » par un mauvais état spirituel prolongé et la rébellion (És. 63. 10). Dieu dut combattre contre Son peuple (Jér. 21. 5), car il s’égarait continuellement. À ce moment-là, le Saint Esprit agissait sur la terre, mais n’habitait pas dans les hommes. Aujourd’hui, Il habite dans chaque vrai croyant, pour l’éternité.

Parallèlement à l’épître aux Éphésiens, celle aux Colossiens nous exhorte : « Marchez dans la sagesse envers ceux de dehors, saisissant l’occasion. Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun » (Col. 4. 5 et 6).

Jugeons les fruits de la chair (v. 31), qui ne doivent pas se manifester entre nous, mais plutôt ceux du v. 32. L’amertume formée peu à peu, comme une racine, bourgeonnera et portera des fruits (Héb. 12. 15). Il faut donc juger le péché jusqu’à la racine et tenir la chair dans la mort, pour laisser l’Esprit porter Son fruit. La colère est une irritation brusque et brève, tandis que le courroux est plus durable. Il ne s’agit pas, ici, de la sainte colère du v. 26, selon Dieu. S’il y a de la malice, elle nous fera concevoir de la méchanceté envers nos frères (1 Cor. 5. 8 ; Col. 3. 8) ; Jacques parle d’un « débordement de malice » (Jac. 1. 21). Restons des « petits enfants » quant à la malice (1 Cor. 14. 20), et rejetons-la (1 Pier. 2. 1). Si le mal « est doux à notre bouche », si « nous le cachons sous la langue », si « nous l’épargnons » (Job 20. 12 à 14), la communion avec le Seigneur et avec les frères est interrompue et nous nous faisons du mal entre nous.

Le verset 32 est l’antidote du mal dans l’assemblée. Le pardon doit régner entre nous, « comme Dieu, en Christ, nous a pardonné » : il y va de la paix et de la prospérité de l’assemblée. Miséricorde, bonté, humilité, douceur, longanimité, support et pardon doivent régner entre nous (Col. 3. 12 et 13). Il faut se pardonner mutuellement « jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mat. 18. 21 et 22) : c’est à dire toujours, et le pardon doit être dans nos cœurs, une disposition permanente, prête à se manifester, comme Joseph dut travailler la conscience de ses frères pour leur repentance, alors que le pardon était déjà dans son cœur (Gen. 45. 4).

Matthieu 18. 15 montre le cheminement rendant possible le pardon effectif et la restauration de la communion entre deux frères, après une offense. Souvenons-nous de la parabole des dix mille talents et des cent deniers. Notre mémoire gardera peut-être le souvenir d’une offense, mais pardonnons de tout notre cœur, et n’y revenons pas. Dieu ne se souvient plus de nos péchés (Jér. 31. 34). « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). Étienne, lapidé, prenait l’offense pour Dieu, et implorait Son pardon pour ses bourreaux. Son intercession a touché Saul qui, arrêté sur le chemin de Damas par le Seigneur, s’est converti et est devenu l’apôtre Paul.

Ch. 5

Soyons les « imitateurs de Dieu » (Éph. 5. 1 ; Mat. 5. 44 et 45). Il est amour et lumière, et Il a « versé son amour dans nos cœurs » (Rom. 5. 5), « afin que nous ne marchions plus comme le reste des nations » (Éph. 4. 17), mais que notre marche soit « digne » de notre « appel » (Éph. 4. 1), « comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8 et 15). Notre position céleste engage notre marche sur la terre, mais pour cela, regardons à Christ, notre parfait modèle qui a été, dans Son offrande à Dieu, ce « parfum d’agréable odeur ». Sommes-nous toujours « la bonne odeur de Christ pour Dieu, en tout lieu » ? (2 Cor. 2. 15) Présentons « nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Rom. 12. 1). 1 Jean 3. 16 nous exhorte au sacrifice envers nos frères ; que le Seigneur nous en donne la force. La vie parfaite du Seigneur a été « l’offrande de gâteau ». À la croix, en tant qu’holocauste, Il s’est offert à Dieu pour nous, et a été ce parfum de bonne odeur montant vers Dieu. En tant que sacrifice pour le péché et pour le délit, Dieu a dû L’abandonner !

La fornication, l’impureté, la cupidité, la parole folle, la plaisanterie ne doivent même pas être « nommées entre nous », car nous sommes saints. Nous ne devons plus marcher dans ces choses honteuses (ch. 4. 17), et n’ayons « rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres » (ch. 5. 11). Nous sommes capables de faire ces choses, car nous avons encore la vieille nature qui veut toujours se manifester. « Crucifiés avec Christ », « tenons-nous pour morts », afin que les fruits de la nouvelle nature se manifestent. Dieu seul peut nous garder.

Ne nous habituons pas à de mauvaises pensées et au mauvais entourage qu’offre le monde, et dans lequel même des camarades peuvent nous entraîner. Il faut fuir ces choses et ces fréquentations. La fornication représente les relations intimes hors du mariage, et Dieu la condamne (1 Thess. 4. 3 à 5) ; 1 Cor. 6. 13 à 15). Le Seigneur a prié Son Père pour que, dans ce monde, nous soyons gardés du mal (Jean 17. 15). Des paroles même peuvent souiller notre esprit, qui appartient à Dieu. Si des mauvaises pensées traversent notre esprit, ne les entretenons pas, cela provoquerait très vite un mauvais état permanent.

Gardons-nous surtout des mauvaises lectures et des spectacles délétères : « Abstenez-vous de toute forme de mal » (1 Thess. 5. 22). Joseph a su fuir en Genèse 39. 12, et il est un exemple pour nous. Satan se sert de nos convoitises pour introduire la tentation ; mais Dieu ne permet pas qu’elle soit au-dessus de nos forces, et Il nous en délivrera si nous nous confions en Lui. La cupidité veut posséder plus que ce que Dieu nous donne, et c’est le caractère du monde.

Notre position de sainteté nous oblige à nous sanctifier pratiquement. « Assis dans les lieux célestes en Christ » (ch. 2. 6), portons, sur la terre, ces caractères célestes, qui ne seront plus manifestés si nous laissons libre cours à la chair. Samson en est un triste exemple (Jug. 16. 20). Mais, ayant le Saint Esprit en nous, « marchons par l’Esprit et nous n’accomplirons pas les œuvres de la chair » (Gal. 5. 16), et défions-nous des ruses de Satan. Tenons-nous dans la lumière divine, car la crainte de Dieu a beaucoup baissé, et cela interrompt la communion.

Nous avons la contrepartie du mal dans les versets 19 et 20 de notre chapitre et en Philippiens 4. 8. Tenons-nous-en à cela, et nous pourrons répondre victorieusement à Satan. La séduction caractérise l’ennemi et conduit à « la colère de Dieu sur les fils de la désobéissance » (v. 6 ; 2 Cor. 11. 13 à 15), c’est à dire, sur les incrédules portant la livrée chrétienne, car le salut, pour le croyant, ne saurait être remis en cause ; mais s’il y a accident, il doit y avoir restauration (1 Jean 1. 7 à 10). Anticipons le règne millénial, règne de justice, de paix et de joie (Rom. 14. 17), en portant ses caractères (1 Jean 3. 9 à 11), car l’Église fait partie du royaume dont le gouvernement est dans les cieux (le royaume des cieux).

Autrefois, nous étions ténèbres ; mais, en nous donnant la vie en Christ, Dieu a fait de nous « des enfants de lumière », car « Il est lumière » (1 Jean 1. 5), et « la vie était la lumière des hommes » (Jean 1. 4). C’est pourquoi l’apôtre dit : « vous êtes lumière dans le Seigneur ». Il n’est pas dit que nous soyons amour, car « l’amour a été versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Mais, étant « de bien-aimés enfants, marchons dans l’amour » (ch. 5. 1).

Le verset 8 oppose notre caractère d’autrefois – ténèbres – à celui d’aujourd’hui – lumière – et nous exhorte à marcher comme des « enfants de lumière », avant reçu la vie divine qui est la lumière des hommes (Jean 1. 4). Christ doit être vu en nous. Le verset 9 rappelle ce qu’est le fruit de la lumière : « bonté, justice, vérité », différent du fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22).

La « vérité est en Jésus » (v. 21) et nous devons « parler la vérité chacun à son prochain » (v. 25), car la vérité va de pair avec la lumière. Le Seigneur est la lumière, et Il a fait luire la lumière divine dans les ténèbres de ce monde dont les œuvres étaient mauvaises, et qui L’a rejeté (Jean 3. 19). Christ vit en nous, et notre marche doit refléter Sa lumière (Mat. 5. 14 à 16). La bonté procède de l’amour de Dieu, et se manifeste envers tous les hommes (Rom. 2. 4), les poussant à la repentance, et « il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants » (Mat. 5. 45). L’homme en Adam manifeste la haine et l’égoïsme ; mais le croyant doit manifester cet équilibre dans sa vie, qui doit refléter ces caractères divins : la bonté, la justice et la vérité, car son Père exerce Son amour même envers ceux qui nous haïssent.

David avait « usé d’une bonté de Dieu » envers Méphibosheth (2 Sam. 9. 1 et 3). « Éprouvons ce qui est agréable au Seigneur » dans toutes nos circonstances, manifestant la fermeté, dans la vérité et l’amour. À la femme samaritaine, le Seigneur manifeste une grande bonté : « Si tu connaissais le don de Dieu » ; cependant, il est ferme dans la vérité : « appelle ton mari ». Elle doit confesser qu’elle en a eu cinq et que celui qu’elle a n’est pas son mari. La femme adultère de Jean 8, est l’objet de la bonté du Seigneur, mais Il maintient la vérité envers cette femme : « ne pèche plus », et aussi envers les Juifs pécheurs qui se retirèrent tous.

En toutes choses, efforçons-nous de discerner la pensée de Dieu « bonne et agréable et parfaite » (Éph. 5. 10 ; Rom. 12. 2). Philippiens 4. 8 et 9 montre des choses agréables au Seigneur devant diriger nos pensées et nos actes.

Séparons-nous des « œuvres des ténèbres » afin que notre attitude les reprenne et les retienne même. Lot vivant dans Sodome, et voulant reprendre les habitants livrés au mal, fut accusé de vouloir « faire le juste » (Gen. 19. 9). Le monde ne supporte pas la justice des croyants (1 Pier. 4. 4) ; ils doivent rester doux (Phil. 4. 5), n’insistant que sur les droits de Dieu. N’ayons aucune participation ni communion avec les œuvres des ténèbres (2 Cor. 6. 14 à 17). Dieu ayant fait de nous Ses fils et Ses filles, « achevons la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Cor. 7. 1 ; Rom. 6. 20 à 23). Prions Dieu comme le psalmiste : « Sonde-moi, ô Dieu » (Ps. 139. 23 et 24). Le brigand, sur la croix, s’est vu dans la lumière, et la crainte de Dieu l’a tourné vers le Seigneur.

Le Seigneur nous ayant retirés du monde (Jean 17. 23 et 24), ne Le trahissons pas en adoptant la livrée du monde, laissant croire que nous ne Le connaissons pas. Le sommeil spirituel ressemble à la mort (Éph. 5. 14), et la lumière est cachée. Sur la sainte montagne, le Seigneur apparaît en gloire, mais celle-ci n’est vue que « quand ils furent réveillés ». Ne dormons pas, car nous sommes du jour (1 Thess. 5. 4 à 8). Réveillés et debout, nous qui avons la vie, nous verrons la lumière et discernerons la gloire de Christ (És. 60. 1).

Ce chapitre exhorte à marcher : « dans l’amour », « dans la lumière », « dans la sagesse » (v. 1, 8 et 15). Non la sagesse de l’homme, mais celle de Dieu (1 Cor. 1. 24), que nous devons demander à Dieu, si nous en manquons (Jac. 1. 5). Les versets 14 à 21 montrent une progression : se réveiller, se relever, marcher soigneusement, avec sagesse ; discerner la volonté du Seigneur avec intelligence ; être sobres en toutes choses pour être remplis de l’Esprit, qui nous rendra capables d’exercices spirituels « de cœur », ensemble, et de rendre toujours grâce. Enfin, couronnant la vie chrétienne collective : être « soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ ».

Réveillés, debout et remplis de l’Esprit, nous marcherons avec cette lampe à notre pied et cette lumière à notre sentier (Ps. 119. 105). Alors, la sagesse d’en haut (Jac. 3. 13 à 18) se manifestant (1 Cor. 2. 6 et 7) de manière plus large, nous « saisirons l’occasion envers ceux du dehors » (Col. 4. 5). Néhémie, informé des ruines de Jérusalem, saisit l’occasion plusieurs mois après. Et, quoique prêt dans son cœur, c’est avec crainte qu’il formula sa prière au roi. Suivons cet exemple, en « achetant le temps » vis à vis du monde. Marchons « sobrement » pour nous-mêmes, « justement » envers nos semblables et « pieusement », en rapport avec Dieu (Tite 2. 11 à 13).

Recherchons la sagesse divine (Prov. 2. 1 à 6) qui commence par « la crainte de l’Éternel » (Prov. 1. 7), et laissons-la nous conduire dans la vie et en assemblée, pour le témoignage du Seigneur, comme Abraham était reconnu pour « un prince de Dieu » au milieu des étrangers (Gen. 23. 6). Notre entendement étant renouvelé, nous pouvons comprendre les caractères de la volonté de Dieu (Rom. 12. 2). Si nous sommes sobres en tout, le Saint Esprit pourra remplir notre vie. Dieu, en Christ, nous a conféré une haute position (les trois premiers chapitres) : nous sommes, d’une certaine manière, envoyés de là pour témoigner au monde des caractères glorieux de l’héritage qui nous est donné en Christ. Fuyons les caractères du monde (Rom. 13. 13 et 14 ; Osée 4. 11), et acceptons « la communion des souffrances de Christ » (Phil. 3. 10), pour comprendre les pensées de Dieu, si nous sommes disposés à les faire, et non en étant d’avance, décidés à faire notre propre volonté (Jér. 42. 19 à 22 ; Mat. 9. 2 à 8). L’excitation charnelle ôte tout discernement (Lév. 10. 8 à 11).

Sous l’ancienne économie, des gens pouvaient être remplis de l’Esprit, momentanément, comme Élisabeth et Zacharie (Luc 1. 41 à 67) ; mais l’Esprit habitant en nous éternellement, le Seigneur veut nous en remplir de manière habituelle, pour nous disposer à faire sa volonté, et que nos louanges (v. 19) soient heureuses durant les cultes, et en tous temps. Quels sont nos entretiens ? Louons-nous Dieu dès le matin ? Confessons nos péchés afin de présenter « nos corps en sacrifice vivant » (Rom. 12. 1), et que la « Parole du Christ habite en nous richement » (Col. 3. 16). Être « soumis les uns aux autres » suppose le rejet de l’orgueil (Prov. 13. 10), l’humilité vraie sans parti pris (Phil. 2. 3 et 4). Enfin, que tous, nous nous soumettions à nos conducteurs (Héb. 13. 17), bien qu’ils ne doivent pas « dominer sur les héritages » (1 Pier. 5. 1 à 3). Tout cela, « dans la crainte de Christ ».

Ensuite, le Saint Esprit nous parle des relations familiales et domestiques : Amour, soumission, obéissance, mais toujours en référence au Seigneur. Le foyer chrétien, modèle de l’union de Christ avec l’Assemblée (v. 32), union qui sera scellée pour l’éternité, aux noces de l’agneau (Apoc. 19. 7), est une institution sainte, et indissoluble, sur la terre.

Les épouses, exhortées à se soumettre à leurs « propres maris comme au Seigneur », représentent l’Assemblée soumise au Seigneur (v. 24) : position aucunement inférieure, mais complémentaire de celle du mari : « Je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Gen. 2. 18). Ève, en Éden, a pris le dessus sur son mari, a discuté avec le serpent et, par sa chute, a entraîné, et son mari et toute l’humanité. Plus tard, l’Église séduite par l’ennemi sera entraînée dans l’indépendance.

1 Pierre 3. 1 et 2 montre jusqu’où doit aller la soumission des épouses. Le mari, dans son foyer, représente le Seigneur, chef de l’Assemblée (v. 23). La distinction entre : obéir et se soumettre doit être clairement comprise. Obéir implique un ordre reçu que l’on exécute ; mais on peut obéir froidement et par devoir, ou par simple crainte d’une punition, et même en haïssant celui par qui nous sommes commandés. Se soumettre, au contraire, suppose l’amour pour nos frères (v. 21), pour le Seigneur, et l’épouse pour son mari (v. 22) : se soumettre veut dire : montrer son amour en cherchant à plaire à celui à qui on est soumis. Il n’est pas demandé aux enfants ni aux esclaves de se soumettre, mais d’obéir pour plaire au Seigneur, car Dieu connaît les circonstances et la mesure de chacun, et tous, nous sommes esclaves de Jésus Christ.

N’imitons pas le monde qui bascule de plus en plus dans l’indépendance et le désordre – mais la soumission à l’Écriture est une source de bénédiction. Sur la croix, le Seigneur S’est « livré lui-même » à Dieu, pour Son Assemblée : Il a donné toute Sa Personne, tout ce qu’Il était en Lui-même. C’est un tel modèle à imiter qui est donné aux maris vis à vis de leur épouse ! Et Dieu n’abaisse jamais le niveau de ce qu’Il a établi.

Les maris doivent aimer leur femme « comme Christ a aimé l’Assemblée » et se dévouer pour elle, les soutenir dans les circonstances du ménage, les nourrir spirituellement et prier avec elle (1 Pier. 3. 7). Le Seigneur « a aimé l’Assemblée » – c’est le passé ; Il la « purifie », la « nourrit et la chérit » – c’est le présent ; « Il se la présentera à lui-même » – c’est l’avenir. Il s’occupe de Sa Bien-Aimée afin de lui conférer Sa propre beauté et Sa pureté lors de son enlèvement, « comme une vierge chaste » (2 Cor. 11. 2).

Comme Aggée le dit, à propos du temple reconstruit durant le millénium : « La dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première » (Aggée 2. 9), la dernière gloire de l’Assemblée reflétera la propre gloire du Seigneur, car Il l’aura purifiée par la Parole, « Il se la présentera » à Lui-même, revêtue de Sa propre sainteté, et « irréprochable » dans ses actes dont il ne restera que ce qu’Il aura produit Lui-même. Puis, Il se présentera au monde, avec elle et « Il sera glorifié… et admiré » (2 Thess. 1. 10). « Toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui… afin qu’Il tienne, Lui, la première place » (Col. 1. 16).

Le verset 28 rappelle Genèse 2. 22 à 24, montrant la profondeur de l’union de l’homme et de la femme, mariés selon Dieu : ils sont « une seule chair ». Ainsi, « aimer sa propre femme », pour le mari, c’est s’aimer soi-même, car elle est « os de ses os et chair de sa chair » (Gen. 2. 23). Le mari doit prendre soin de sa femme comme le Seigneur prend soin de Son Assemblée (v. 29), car Dieu a institué le mariage pour être un modèle prophétique de l’union de Christ avec l’Assemblée, Sa future épouse qui brillera de la gloire de son époux. Le verset 32 réalise parfaitement le verset 31, car Christ a dû quitter Ses relations avec Son peuple terrestre, Ses parents selon la chair, pour s’unir à l’Église, Son épouse.

Rejetons résolument la pensée moderne consistant à s’occuper de son propre corps, en négligeant égoïstement les liens sacrés du mariage : les époux se doivent un respect mutuel. Prendre soin de sa femme, assure, pour le mari, le bien de son foyer : soins d’amour et de nourriture, matérielle, si possible, mais surtout spirituelle ; car Christ « nourrit et chérit » Son Assemblée.

Actes 9. 5 montre le Seigneur défendant les Siens, membres de Son corps, contre Saul les persécutant. Cette union de Christ et des Siens est un mystère méconnu dans le passé, mais bien connu parmi nous ; et le mariage chrétien doit rester ce reflet (v. 33) de l’union du Seigneur avec l’Église (v. 32). Le Seigneur s’occupe de nos foyers, nous amenant à refléter quelque chose de ce grand mystère.

Des dangers menacent nos foyers : l’esprit d’indépendance qui peut gouverner la femme, et l’autoritarisme du mari, étouffant toute liberté de son épouse. L’Église est devenue indépendante vis à vis du Seigneur, et autoritaire, avec le clergé.

L’union libre, si fréquente dans le monde, c’est de la fornication (Héb. 13. 4).

Le verset 31 montre qu’un jeune couple forme un foyer nouveau, indépendant, et le jeune homme marié, devient le chef d’une nouvelle famille. Le mari est exhorté à aimer « sa propre femme » (v. 25, 28 et 33), car le christianisme a aboli la polygamie, tolérée dans l’Ancien Testament et dont il restait des exemples au début de l’Église : des hommes polygames se convertissaient parfois, mais ils ne pouvaient être surveillants ou anciens (1 Tim. 3. 2 ; Tite 1. 6).

Un foyer selon Dieu, où règnent l’amour et la paix, L’honore et Il peut alors bénir.

Ch. 6

L’apôtre s’adresse d’abord à ceux qui doivent se soumettre : femmes, enfants, esclaves. Puis à ceux à qui revient l’autorité : maris, pères, maîtres.

Les enfants de parents chrétiens sont extérieurement sanctifiés (1 Cor. 7. 14). Ils doivent obéir à leurs parents dans le Seigneur, « en toutes choses » (Col. 3. 20) : il s’y rattache une promesse et de grandes bénédictions : « afin que tu vives longtemps sur la terre » (Ex. 20. 12 ; Prov. 10. 13). Il faut qu’ils gardent les « commandements du père et l’enseignement de la mère » ; les « lier sur leurs cœurs » et les « attacher à leur cou » (Prov. 6. 20 et 21) : c’est-à-dire obéir avec amour, répondant à l’amour des parents – et à garder et emporter partout avec eux leurs enseignements. L’épître qui nous place dans les cieux, donne des promesses sur la terre, quant à l’obéissance des enfants. L’obéissance donne la paix avec Dieu, avec ses parents et avec soi-même (Prov. 3. 1).

L’enfance du Seigneur est un exemple de soumission par amour (Luc 2. 51), alors qu’il est demandé aux enfants « d’obéir en toutes choses », même si cela leur demande un effort. Si nous appliquons les principes scripturaires pour élever nos enfants, leur vie en sera gouvernée jusqu’à la vieillesse (Prov. 22. 6). La fermeté et la douceur sont indispensables, afin de ne pas les décourager par une discipline trop rigide, les conduisant, à terme, à la révolte ; mais discipliner les enfants est indispensable et engage la responsabilité des parents. Une correction mesurée est parfois nécessaire (Prov. 19. 18). Nous avons des conseils pour élever nos enfants : (Prov. 13. 24 ; 22. 15 ; 23. 13 et 14 ; 29. 15 à 17).

Les enfants ont aussi leur responsabilité, car il leur est demandé d’obéir, et il s’ensuit de la bénédiction comme pour les fils de Récab (Jér. 35. 6 à 8, 10).

La discipline comprend aussi l’enseignement de la Parole conduisant au salut d’abord, et peu à peu à l’autodiscipline, par amour pour le Seigneur connu. Si un conflit naît entre parents et enfants, interrogeons le Seigneur sur ce que Lui ferait à notre place ; Il ne manquera pas de répondre si nous voulons obéir.

Timothée est un exemple d’un croyant qui a été élevé « dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (2 Tim. 1. 5). Pourtant, l’apôtre l’exhorte à « garder ce qui lui a été confié » (1 Tim. 6. 20 et 21). Si nous avons élevé nos enfants selon le Seigneur, n’oublions pas les exhortations et les prières, afin qu’ils persévèrent.

Abraham a été béni pour avoir enseigné ses fils dans « la voie de l’Éternel » (Gen. 18. 19). Éli, le sacrificateur, a été rejeté avec toute sa maison pour la méchanceté de ses fils, « parce qu’il ne les a pas retenus » (1 Sam. 3. 12 et 13). Adonija que David, son père, « n’avait jamais chagriné », s’est élevé contre lui (1 Rois 1. 5 et 6). Élevons nos enfants selon la volonté divine et avertissons-les dans les dangers, mais comptons sur Sa grâce pour le résultat.

Les versets 5 à 9 exhortent les esclaves et leurs maîtres chrétiens : les esclaves à l’obéissance joyeuse « comme asservis au Seigneur » ; et leurs maîtres, à la douceur, comme ayant eux-mêmes un maître au-dessus d’eux. Les domestiques croyants doivent aussi obéir à leurs maîtres, même s’ils sont « fâcheux » (1 Pier. 2. 18). Cela est vrai aussi entre employés et employeurs.

Nous sommes tous « esclaves de Jésus Christ » et des fils du Père : soyons donc des serviteurs et des enfants obéissants, car nous sommes appelés « pour l’obéissance de Jésus Christ » (1 Pier. 1. 2). Lui-même était esclave de l’homme « dès sa jeunesse » (Zach. 13. 5). N’ayant jamais « contesté », le Seigneur a pu « enseigner les opposants » (2 Tim. 2. 24). Les esclaves devaient servir, non seulement sous le regard de leurs maîtres, mais même en leur absence, car le Seigneur voit tout et en tout temps (Col. 3. 22). Pour servir avec intelligence, il faut nous soumettre à la direction du Saint Esprit (Éph. 5. 17 et 18). Seul, le Saint Esprit donne la force de servir dans de dures conditions, et Dieu regarde à la manière dont nous exécutons notre travail, et le Seigneur, seul, récompense (v. 8).

Les maîtres sont exhortés à la même obéissance au Seigneur que les esclaves (v. 9). Le Seigneur n’a pas égard à la position sociale, mais Il discipline chacun également. Paul, contrairement à la loi (Deut. 23. 15 et 16), a renvoyé à Philémon son esclave fugitif. Il devait user envers lui d’autant plus de douceur que, désormais, maître et esclave devenaient des frères en Christ. Ce qui préside aux relations entre maîtres et serviteurs chrétiens, c’est l’amour de Dieu, versé dans nos cœurs, bien que chacun doive rester à sa place, relativement à l’autre. Mais ces positions domestiques sont indépendantes des positions spirituelles dans l’Assemblée. Le Seigneur s’était fait l’esclave de tous (Zach. 13. 5), mais c’était Lui qui enseignait. L’exemple des relations de Boaz avec ses serviteurs est édifiant (Ruth 2. 4).

Les maîtres doivent être « justes et équitables » (Col. 4. 1), et c’est à eux que Dieu dit qu’Il ne fait pas « acception des personnes ». Faire acception de personnes fait de nous des « juges, ayant de mauvaises pensées » (Jac. 2. 1 à 4). Jacques 4. 11 et 12 nous montre que nous ne devons pas « parler contre nos frères » car nous les jugeons alors, et cette attitude légale est contraire à la foi.

Nous pourrons vivre ces enseignements en nous « fortifiant dans la puissance du Seigneur » qui nous conduit Lui-même à combattre « les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes ». Nous avons besoin de toute sa force pour un tel combat ! C’est la même puissance qui a opéré pour notre salut envers nous qui croyons, et en résurrection pour le Seigneur, et pour nous (Éph. 1. 19 et 20). « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4. 13), mais « séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). Recherchons la puissance même de Dieu, et non la nôtre.

Cependant, la puissance du Seigneur doit s’accompagner, pour nous, de « l’armure complète de Dieu », afin de « tenir ferme contre les artifices du diable ». Le Seigneur a brisé sa puissance, mais ses ruses sont toujours là. Être revêtu de l’armure est un acte volontaire : « revêtez-vous ». S’il manque une seule pièce, c’est là que Satan attaquera et nous blessera. Approfondissons nos connaissances des Écritures afin de distinguer une fausse doctrine de la vérité ; et cette armure doit être sur nous en permanence. « Notre lutte n’est pas contre le sang et la chair » (v. 12), comme en Romains 7. C’est à un combat « céleste » que nous sommes appelés, et les « puissances » qui nous sont opposées sont telles, que l’armure dont nous devons nous revêtir doit être divine dans son essence. David, revêtu de l’armure – humaine – de Saül, ne pouvait pas marcher contre Goliath. L’ennemi s’acharne à contrecarrer le travail de Dieu, dans tous les aspects de la vie des hommes et des croyants.

Notre position stable, « assis dans les lieux célestes en Christ », nous met à même de combattre pour la conquête de notre patrie céleste. Au cours de cette épître, le cercle se restreint de plus en plus. Il est d’abord collectif dans les ch. 1 à 5. 21, puis il intéresse le foyer familial et domestique (ch. 5. 22 ; 6. 9). Enfin, les exhortations deviennent individuelles (v. 10 à 20). Chacun est appelé à un combat céleste, en suivant le Seigneur.

Nous sommes exhortés trois fois à « tenir ferme » (v. 11, 13 et 14). Veillons en nous attendant au Seigneur, et « revêtons l’armure complète de Dieu ». Notre lutte n’est pas contre « la chair et le sang » ; « nos armes ne sont pas charnelles » mais amènent « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10. 3 à 5). Le combat chrétien est défensif, dans l’obéissance à Dieu : les ennemis sont ces « puissances spirituelles dans les lieux célestes » : leur force est de Dieu, mais s’étant détournés de leur Créateur, leur puissance de mal s’exerce sur la terre. Ils sont devenus : « les dominateurs de ces ténèbres » dans « ce présent siècle mauvais ».

Pour conquérir Canaan, Josué et le peuple ont combattu physiquement, mais dans l’obéissance, à Jéricho en particulier. Notre combat est spirituel, contre les « artifices du diable ». Notre position, notre héritage et nos bénédictions sont célestes : notre combat est donc dans le ciel, car l’ennemi l’occupe mais il en sera chassé. En Luc 10. 17 et 18, le Seigneur dit : « Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair ». Le Seigneur seul a le pouvoir de chasser Satan, mais Il nous associe à Son combat et à Sa victoire.

Les anges fidèles participent à cet affrontement spirituel : en Apocalypse 12. 7 à 9, le « dragon » est « précipité sur la terre » où il déchaînera sa puissance de méchanceté, et il n’y aura plus aucune lumière spirituelle sur la terre (Apoc. 9. 1 et 2) : Dieu « enverra une énergie d’erreur » (2 Thess. 2. 11), et les incrédules croiront au mensonge. Contre de telles puissances, s’il nous manque une seule pièce de l’armure, Satan nous blessera par cette faille dans notre défense ; notre responsabilité est de nous en revêtir. Les ruses de Satan sont les attaques spirituelles : fausses doctrines, versets tordus, pensées humaines mêlées à la vérité, nous détournant du Seigneur. Si un croyant s’égare ainsi, continuons à l’aimer comme un frère, mais redressons ses erreurs. Paul a repris l’erreur momentanée de Pierre, qui revenait au judaïsme.

L’armure nous protège aussi contre le doute. Répondons à ces ennemis invisibles comme le Seigneur au désert : « Il est écrit », « Il est encore écrit ». Il était revêtu de l’armure complète et a pu résister au diable. Puis Il l’a chassé : « Va-t’en, Satan », c’était « l’épée de l’Esprit ». « Résistez au diable et il s’enfuira de vous » (Jac. 4. 7). Satan ne peut ôter notre position céleste, mais veut nous empêcher d’en jouir, en faisant de nous des chrétiens « terrestres » puis « mondains » qui déshonorent le Seigneur.

Nous sommes dans le camp du Seigneur, notre chef et les anges de Dieu nous aident. Notre connaissance du Seigneur, selon la vérité, c’est « la ceinture » ceignant les reins – l’homme intérieur – centre de la force. « C’est moi qui sonde les reins et les cœurs » (Apoc. 2. 23). Satan, rencontrant le Seigneur dans un croyant ceint de la vérité, s’enfuit. Une marche de justice pratique et une « conscience sans reproche devant Dieu et les hommes » (Act. 24. 16 ; 1 Tim. 1. 19), nous revêt de la « cuirasse de la justice ». Notre marche doit confirmer nos paroles : « les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix ». La foi dans la révélation de la vérité sera notre « bouclier ». Le « casque du salut », c’est l’assurance de notre salut éternel acquis à la croix. Ne donnez pas occasion au diable (Éph. 4. 27).

Le verset 15 renvoie à Ésaïe 52. 7, désignant le Seigneur annonçant de bonnes nouvelles et à Romains 10. 15, concernant les croyants annonçant l’Évangile. Il faut en jouir soi-même, en position et en pratique, afin que notre marche rende l’Évangile crédible. N’insistons pas sur nos droits (Phil. 4. 5), avec le secours de Dieu, et cela sera perçu des hommes du monde. Le Seigneur l’a réalisé sur la terre (Éph. 2. 17).

« Le bouclier de la foi » fait allusion aux grands boucliers de l’armée romaine s’articulant ensemble, opposant à l’adversaire une protection totale. Fortifions-nous ensemble, dans la vérité, « chacun par la foi qui est dans l’autre » (Rom. 1. 12). Dans la tempête décrite en Actes 27. 20 à 25, Paul, espérant en son Dieu contre toute espérance, encourage ses compagnons de voyage et les fortifie. Dans les tempêtes secouant l’Assemblée, le Seigneur nous encourage : « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (Mat. 16. 18). Les croyants d’Hébreux 11, dans toutes leurs afflictions, ont été fortifiés par leur foi dans les promesses de Dieu. « Sans la foi, il est impossible de lui plaire » (Héb. 11 6). Dieu nous forme à travers nos circonstances, parfois douloureuses. Appuyons-nous sur Sa Parole d’où la foi naît (Rom. 10. 17), et se fortifie – et les « dards enflammés du méchant » seront impuissants.

Dans le Psaume 64. 2 à 6, Satan attaque un croyant s’appuyant sur Dieu ; mais dans le Psaume 91. 4 à 6, on voit la protection divine sur le fidèle, et dans le Psaume 121. 6, le croyant est protégé « des dards enflammés » : le soleil, la lune. Une connaissance profonde du Seigneur, par la Parole, nous permettra de résister au diable, à ses tentations et à ses pièges. Les insinuations de Satan quant au péché – qu’il présente d’abord comme peu grave puis, une fois confessé, comme étant trop grave pour être pardonné – est un de ces dards enflammés. Mais la Parole est formelle : le péché est grave (Prov. 21. 2), mais la grâce divine pardonne toujours les péchés confessés (1 Jean 1. 9).

« Le casque du salut » protégeant les pensées, les dirigeant vers tout ce qui est « vrai », « vénérable », « juste », « pur », « aimable » (Phil. 4. 8), est repris en 1 Thessaloniciens 5. 8, avec la « cuirasse de la foi et de l’amour », protégeant le cœur et les affections, montrant l’importance de ces deux pièces de l’armure. Satan peut faire douter les mal affermis, au sujet du salut. Mais la Parole est claire et affirmative : (Rom. 8. 1 ; Jean 3. 16 ; 1 Jean 3. 1 ; 1 Jean 5. 1) en particulier. La Parole est « puissante par Dieu », détruisant « les forteresses » de la pensée des hommes (2 Cor. 10. 4 et 5). La pensée humaine a été la source du péché, en Éden : « vous serez comme Dieu ». Enfants de Dieu, certes, mais nous restons des hommes.

L’épée de l’Esprit, la Parole de Dieu, doit être gardée tout entière : le logos. Et, dépendants de l’Esprit Saint, nous pourrons appliquer la Parole à propos : théma. « vivante et opérante » (Héb. 4. 12 et 13), elle nous sonde d’abord (Éz. 3. 8 à 11), avant de sonder les autres (Act. 2. 37). En Juges 3. 16 à 20, Éhud tue le roi de Moab, armé d’une courte épée qu’il présente comme une parole de la part de Dieu pour lui. La main d’Éléazar combattant les Philistins était restée « attachée à l’épée », et Dieu a délivré Son peuple. La Parole nous nourrit et nous sanctifie en profondeur : gardons-la précieusement.

En 1 Timothée 2. 1 à 4, 8, nous devons prier « pour tous les hommes », « en tout lieu » ; mais en Éphésiens 6. 18, nos prières sont pour la maison de la foi « en tout temps ». La prière prolonge l’armure pour que nous nous adressions à Dieu comme à un père.

En Exode 17. 8 à 13, Israël vainc Amalek grâce aux mains de Moïse, maintenues élevées dans l’intercession jusqu’à la fin du combat. Notre souverain sacrificateur intercède pour nous, et nos prières doivent monter vers Dieu, incessantes et persévérantes (Luc 18. 1 à 8). Le Seigneur, souvent en prière, est notre exemple de dépendance (Luc 6. 12 ; 11. 1).

Nos prières doivent être formées « par l’Esprit » (v. 18). Nous sommes scellés par l’Esprit (Éph. 1. 13), et Il nous fait discerner les pensées de Dieu et nos besoins. Et lorsque nous ne savons pas « ce qu’il faut demander comme il convient », l’Esprit « intercède pour nous, par des soupirs inexprimables » (Rom. 8. 26). Prions par Lui pour la gloire de Dieu, comme le Seigneur l’enseigne à Ses disciples. « Père, que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne » (Luc 11. 2), prière correspondant aux besoins des disciples d’alors, et à ceux du résidu juif de la fin, et dont une partie de la chrétienté a usé à faux. La prière nous communiquera la direction du Seigneur et Sa force pour notre marche, si nous les recherchons sincèrement. L’Esprit est donc prépondérant pour entrer dans les choses divines et pour nous adresser à Dieu (Jude 20).

La prière est parfois un cri du cœur, répondant à un besoin impérieux : (Néh. 2. 4 ; Nomb. 12. 13), prière de Moïse intercédant pour Marie, lépreuse. Réunis ensemble, faisons des prières courtes et précises. Les longues prières doivent être réservées à la solitude avec Dieu.

Éphésiens 6 nous place dans le combat, non dans l’adoration. Il y a les actions de grâce, à cause de la grâce dont nous sommes les objets ; la supplication répond à une demande pressante ; ou la prière pour nous-mêmes, dans nos besoins des ressources divines. « En tout lieu » : où que nous nous trouvions, invoquons le Seigneur. Jonas a prié Dieu dans le ventre du grand poisson, et Dieu l’a entendu.

Que nos cœurs soient en ordre devant Dieu, pour qu’Il puisse recevoir nos prières. Au tombeau de Lazare, le Seigneur dit à Dieu : « Je sais que tu m’entends toujours ». Prions pour nos frères en communion avec le Seigneur, afin que Dieu bénisse, comme Il a béni Job, « quand il eut prié pour ses amis » (Job 42. 6).

Ayons une foi solide dans les réponses de Dieu, pour « ne nous inquiéter de rien » (Phil. 1. 6).

« Pour tous les saints et pour moi » dit l’apôtre. Malgré la puissance de l’Esprit en lui, ambassadeur de Dieu lié de chaînes, il éprouvait le besoin des prières des frères pour accomplir son service (Col. 4. 3 et 4 ; Rom. 15. 30 et 31). L’aide de ses frères lui était précieuse (Éph. 6. 21 ; Col. 4. 7). Prions aussi pour le service, même effacé, de nos frères. Prions pour tous !es croyants : « élargissez-vous » (2 Cor. 6. 13). Sans égoïsme, aimons tous nos frères, et « le Seigneur Jésus Christ en pureté » (v. 24).

Le « mystère de l’évangile » nous est parvenu, bien que l’ennemi ait lié l’apôtre de chaînes, car la Parole n’est pas liée. Dieu s’est servi, peut-être, des soldats romains convertis chargés de garder Paul, pour faire circuler ses écrits inspirés.

L’évangile est propre à nous communiquer « la paix », « l’amour », « la foi » et « la grâce » (v. 23 et 24).

ÉTUDE SUR APOCALYPSE 1 à 5 ; 19 à 22

Ch. 1

Ce livre est une prophétie dévoilant les jugements du Seigneur, sur l’assemblée professante, d’abord, et ensuite sur le monde opposé à Dieu.

Il concerne le Seigneur Jésus, fils de l’homme qui, par ces jugements, revendique Sa gloire et, après avoir détruit les ennemis, établira Son royaume millénial, car, après la déchéance de l’homme qui devait hériter du monde, c’est le Fils de l’homme qui en héritera.

Dieu, comme autrefois à Abraham (Gen. 18. 17), nous révèle Ses secrets qu’Il a confiés à Son Fils, qui les transmet à Ses esclaves, par le moyen de Son ange et de Jean (v. 1), dans « la journée dominicale » (v. 10). Jean était dans l’île de « Patmos pour la Parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ » (v. 9).

L’Apocalypse est la réalisation des déclarations solennelles du Seigneur, en Jean 5. 20 à 27 : toute autorité Lui a été donnée, car il est Fils de Dieu et Fils de l’homme : méprisé, haï et crucifié, c’est Lui qui jugera Ses ennemis. C’est là le message de ce livre (Act. 17. 30). À la fin, Sa gloire éclatera et Il établira Son règne.

Dès la Genèse, Dieu s’est révélé à l’homme (Gen. 16. 13 et 14). Dans le Nouveau Testament, Dieu se révèle en plénitude, par le Fils. Si le Seigneur est l’Héritier du monde, nous sommes, par pure grâce, les cohéritiers en Christ.

L’Apocalypse n’est pas la seule prophétie de la Bible : toutes celles de la Parole annoncent les gloires futures du Seigneur ; mais elle est, spécialement, « le témoignage de Jésus Christ » (ch. 19. 10). Elle couronne toutes les prophéties. « Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche » (v. 3 ; ch. 2. 11 ; 22. 7). Ce livre est donc précieux pour nous : la bénédiction est spécialement promise à ceux qui gardent cette parole.

Aux sept assemblées, le Seigneur dit : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (ch. 2 et 3). La prophétie doit avoir tout son effet sur nos cœurs et nos consciences, et nous détacher du monde qui est jugé : le Juge est à la porte (Rom. 13. 11 et 12 ; 1 Pier. 4. 7 ; 2 Pier. 3. 4 à 7).

Au ch. 22. 16, le Seigneur « signe » la prophétie : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées ». Le monde, lui, n’a pas d’oreille pour écouter, car c’est trop tard pour lui.

Ces choses se situent au moment décrit en 2 Thessaloniciens 2. 8 à 12, où le monde sera plongé dans « une énergie d’erreur », ayant refusé la vérité ! Dieu, alors, parle, au monde condamné, par les jugements. Puisqu’il n’écoute pas, le Seigneur, « Roi des rois et Seigneurs des seigneurs », s’adresse aux assemblées.

Les autres prophéties sont données aux prophètes par l’Esprit Saint. Ici, Dieu donne à Jésus Christ cette révélation, pour la communiquer à Son « esclave » Jean, par le moyen de l’ange. Car le Seigneur est vu, là, comme le « Fils de l’homme » (v. 13), réalisant Sa dépendance du Père (Marc 13. 31 et 32). Le Seigneur, cependant, nous appelle « amis », nous ayant révélé Ses pensées, et non plus « esclaves » (Jean 15. 15).

Une particularité de ce livre, c’est que Dieu n’est pas vu comme notre Père, mais Celui de Jésus Christ. Jean a « rendu témoignage : de la Parole et du témoignage de Jésus Christ » (v. 2) : c’est l’Esprit de prophétie (ch. 19. 10). Au moment où se déroulent les jugements, la parenthèse de la grâce est refermée (Ps. 2. 9 à 12). Se retournant, Jean voit le Seigneur comme Juge, et non plus tel qu’il Le connaissait, comme le Dieu de grâce.

« Le temps est proche » (v. 3), et la venue du Seigneur est imminente. L’Apocalypse nous concerne donc, et doit influencer notre marche, en témoignage pour Lui. Dès le début, Dieu dévoile à qui Il s’adresse : aux sept assemblées qui sont en Asie mineure (v. 4), les saluant d’une parole de grâce et de paix, de la part de Celui qui est « le Dieu Éternel ». Celui qui était connu sous la loi, par les Juifs ; Celui qui vient (l’Éternel connu en Jésus Christ). Puis, « de la part des sept Esprits » (la plénitude de l’Esprit de Dieu dans ses différents aspects (És. 11. 2 à 4).

Le chandelier avait sept branches pour éclairer le lieu saint. Au ch. 4. 6, on trouve sept lampes de feu, faites pour brûler par le jugement. Et « de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle » (v. 5). Le seul vrai témoin, qui se révèle comme « le premier-né des morts », ayant autorité sur les morts ; et « le prince des rois de la terre », ayant autorité sur les vivants.

Le Seigneur encourage Jean, en lui rappelant qu’Il est « Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang » (v. 5), tel qu’il l’avait connu avant et après la croix, avant de se montrer à lui dans sa terrible apparition de Juge des assemblées ; apparition si impressionnante que Jean tombe « à ses pieds comme mort » ! (v. 17)

Cet encouragement nous concerne aussi : si nous péchons souvent, souvenons-nous que nous sommes « lavés dans son sang » pour l’éternité. Nous sommes son salaire. Et Jean éclate en louanges : « À Lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (v. 6). « Car de Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses ! À Lui la gloire éternellement ! Amen » (Rom. 11. 36).

Christ se présente comme « le témoin fidèle, le premier-né des morts et le prince des rois de la terre », et rappelle ce qu’Il a fait de nous : « Il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père » (v. 6), en relation avec ce qui va arriver : après les jugements des assemblées et du monde, nous régnerons avec Lui : rois et sacrificateurs, adorateurs et intercesseurs (ch. 5. 8). Ils sont un reflet du Seigneur, Roi et Souverain sacrificateur, et « ils régneront avec Lui mille ans » (ch. 20. 6). Cette position est le privilège des « vingt-quatre anciens », symbolisant les saints de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament.

La sacrificature est un office de la grâce (Zach. 6. 13). « Il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15. 5) ; et : nous serons « manifestés avec Lui en gloire » (Col. 3. 3). C’est pourquoi marchons en vertu de cette position noble qu’Il nous a faite. « L’homme noble se propose des choses nobles et il se maintiendra par des choses nobles » (És. 32. 8). Cette position céleste nous est déjà acquise (Éph. 2. 5 et 6). « Il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces » (1 Pier. 2. 21).

Jean connaissait le Seigneur « débonnaire et humble de cœur », sur le sein duquel il pouvait se pencher librement. Mais l’Apocalypse révèle le Juge en action judiciaire dans les assemblées et sur la terre ; et ceci, en relation avec Sa gloire qu’Il revendique contre les hommes qui l’ont crucifié.

Abaissé et humilié par Son peuple et les hommes des nations à qui Il offrait Sa grâce avec amour, le Seigneur avait révélé Sa gloire future sur la sainte montagne, à Pierre, Jean et Jacques (Mat. 17). C’est aux yeux de tout l’univers qu’Il se manifestera en gloire. Alors, il y aura une lamentation universelle. Lorsqu’Il enlèvera Son Église auprès de Lui, seuls les saints Le verront. « Il vient avec les nuées » (v. 7 ; ch. 19. 14) : il semble qu’il s’agit là des anges et peut-être des saints qui lui sont associés dans les jugements.

En Matthieu 26. 64, Il apparaîtra en gloire et en puissance « sur les nuées du ciel ». Il se révèle comme « l’alpha et l’oméga… Celui qui est, et qui était, et qui vient » (v. 7) : Il est (éternel en Lui-même) ; Il était (avant la création, avant le temps) ; et Il vient pour juger la terre souillée par le péché (ch. 21. 6 ; 22. 12 et 13).

Tout en étant fils de l’homme, héritier du royaume du monde, Il est le Dieu Tout-puissant, l’Éternel qui s’est révélé à Abraham et à Moïse en particulier. Il est « Dieu manifesté en chair », « en Fils » (1 Tim. 3. 16 ; Héb. 1. 2). Il régnera sur les rois de la terre et dominera sur ceux qui dominent. Il est Celui qu’aucun œil ne peut voir, qui seul possède l’immortalité. Jean, dans sa première épître, Le révèle comme étant le Fils du Dieu véritable et la vie éternelle, étant Lui-même ce Dieu véritable et la vie éternelle (ch. 5. 20).

En exil dans l’île de Patmos, Jean a reçu cette révélation, Dieu se servant des circonstances où l’apôtre se trouvait. Ces terribles jugements s’accompagnent, pour nous, d’encouragements. Jean, recevant ces révélations que nul autre n’a reçues, se considère humblement comme : « votre frère » ayant « part avec vous à la tribulation » : il sait n’être pas seul dans les souffrances. « Dans l’île de Patmos pour la Parole de Dieu et pour le témoignage de Jésus Christ » : loin d’être amer, dans les épreuves, il trouve de l’intérêt pour son service.

Paul, en Actes 28. 20, comprenait la signification des épreuves qu’il endurait. Cherchons, nous aussi, à comprendre le sens de nos circonstances.

Après l’enlèvement de l’Église, il y aura une autre compagnie de croyants, sur la terre, subissant des persécutions durant la grande tribulation : certains seront « égorgés pour la Parole de Dieu » (ch. 6. 9 à 11). D’une manière très générale, Jean se considère comme leur frère. Actuellement, le royaume des cieux est encore en mystère ; nous en faisons partie, bien que le Roi (Christ) ne soit pas encore révélé au monde comme tel. Mais nous avons part, avec Lui, à Sa patience : nous attendons Sa venue. En attendant, nous avons la « Parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ » (v. 2 ; ch. 19. 10), qui est « l’esprit de prophétie ».

Cette révélation à l’apôtre a lieu « dans la journée dominicale » (v. 10) : le jour de la résurrection du Seigneur – et pour nous, le premier jour de la semaine, mis à part pour l’adoration. À l’époque des apôtres, être « en esprit » pour recevoir une révélation, était nécessaire : Paul (2 Cor. 12. 1 à 5) ; Pierre (Act. 11. 5), avaient eu des révélations qu’ils ont rapportées dans la Parole, maintenant complète. Et l’Esprit Saint, en nous, nous aide à comprendre la Parole.

Sans vouloir limiter la puissance de Dieu, Il faut donc être prudent, aujourd’hui, quant à cette notion d’ « être en esprit », ou même dans nos rêves. En Ézéchiel 3. 12, le prophète, dans sa vision, avait vu « une grande commotion » (bouleversement), et en avait ressenti de l’amertume. Dieu révèle à Jean des jugements sur les assemblées et sur le monde. Au ch. 17. 3 et 21. 10, l’apôtre est emporté « en esprit », d’abord dans le désert, pour lui montrer la sentence de la grande prostituée (Babylone prophétique) ; ensuite, et en contraste, sur « une grande et haute montagne », d’où il voit « l’épouse, la femme de l’Agneau » qui est en même temps, « la sainte Cité, Jérusalem descendant du ciel d’auprès de Dieu ». En Matthieu 4. 1 à 8, le Seigneur a été transporté par le diable en différents endroits d’Israël, afin d’y être tenté. Mais il ne nous est pas dit que ce fut en esprit.

En Nombres 10. 1 à 10, on trouve les trompettes qui convoquaient le peuple au rassemblement, pour les départs, la guerre et diverses occasions. La voix autoritaire « comme d’une trompette » (v. 10), se retrouve au ch. 4. 1. Elle annonce une vision si terrifiante, que Jean tombe aux pieds du Fils de l’homme revêtu de toute la majesté du Juge suprême, annonçant un jugement gouvernemental sur l’Église ayant manqué à sa responsabilité – mais aussi, en destruction sur le monde.

Jean doit écrire ce qu’il voit aux sept assemblées nommées (v. 11). Existant localement en Asie mineure à l’époque de Jean, ces sept assemblées symbolisent le développement de l’histoire de l’Église tout entière.

Jean voit « le Fils de l’homme au milieu des sept lampes d’or » (v. 12 et 13), tenant « dans sa main droite, sept étoiles » (v. 16). Ces sept lampes d’or figurent sept assemblées revêtues de la justice pratique dans le monde. Les sept étoiles dans la droite du Juge représentent la partie responsable des assemblées locales. Ces sept lampes sont comme distinctes, à la différence du chandelier du temple qui était un. Le Seigneur les voit dans leur état particulier et les juge séparément. Ainsi, bien que représentant l’Assemblée tout au long de son histoire, elles en sont distinguées.

Ce Fils de l’homme est à la fois, Jésus Christ et l’Ancien des jours de Daniel 7. 13 et 14 ; v. 22. Le Dieu absolu venant dans Son caractère d’Héritier du monde, ayant la domination éternelle. Lui-même exerçant les jugements, Sa robe descend jusqu’aux pieds et Il est ceint à la poitrine d’une ceinture d’or : justice divine intrinsèque. Ses pieds d’airain révèlent la justice divine, en marche pour le jugement du péché, dans l’Assemblée et dans le monde.

Le v. 14 révèle que c’est le Fils de l’homme qui vient pour juger les assemblées. Mais en même temps, Il est Dieu : « L’ancien des jours qui s’assit. Son vêtement était blanc comme de la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine pure » (Dan. 7. 9). La blancheur des cheveux révèle la pureté et la sagesse divines de Ses jugements. La longue robe rappelle la dignité du Juge, dans ses jugements justes, selon le bien, au moment voulu de Dieu. « Ses yeux, comme une flamme de feu (ch. 2. 18 ; 19. 12) et ses pieds semblables à de l’airain brillant, comme embrasés dans une fournaise » : le Seigneur scrute tout, d’un regard perçant, en jugement ; et Ses pieds d’airain dévoilent la justice divine en marche pour le jugement du péché, dans l’Assemblée et dans le monde. L’airain symbolise la justice divine en relation avec le péché. À la cuve d’airain, les sacrificateurs se lavaient, avant d’offrir les sacrifices sur l’autel d’airain.

« Sa voix comme une voix de grandes eaux » montre la solennité de l’avertissement et la majesté du Juge. « Et Il avait dans sa main droite sept étoiles » : Sa main tient avec force ceux qui, dans les assemblées, ont la responsabilité de les conduire. Les épîtres sont adressées « à l’ange de l’assemblée » (ch. 2 et 3). Cependant, chacun a sa part de responsabilité. Jean a vu « sept lampes d’or » ; « sept étoiles » ; « sept assemblées ». Cette répétition du chiffre sept (le plus haut chiffre indivisible) symbolise ce qui est complet : 4, est le chiffre désignant l’homme sur la terre. 3 est le chiffre divin : la trinité. 4 + 3 = 7.

Les anges sont « des esprits administrateurs » (Héb. 1. 14). L’Ange de l’Éternel représente Dieu. Pierre, sortant de prison et se présentant aux frères, n’est pas cru de ceux-ci et ils pensent que « c’est son ange » (Act. 12. 15). On trouve aussi « les anges des enfants » qui voient continuellement la face du Père. Les étoiles, créées en Genèse 1. 16 et 17, symbolisent des autorités subordonnées, par rapport au soleil, image de l’autorité suprême (v. 16). Elles Lui doivent des comptes. Les anges des assemblées doivent les administrer à la gloire de Dieu.

Ceux qui conduisent les assemblées locales ont une énorme responsabilité ! L’« épée aiguë à deux tranchants » qui sort de Sa bouche révèle que c’est la Parole de Dieu, redoutable, qui opérera en jugement (Ps. 33. 8 et 9). Ces symboles montrent l’immédiateté et la solennité des jugements annoncés par le Fils de l’homme, Juge et Héritier du monde. Il est « la Parole qui devint chair et habita au milieu de nous » (Jean 1. 1 et 14). La solennité de la vision jette Jean, comme mort, aux pieds de Celui qu’il ne connaissait, jusque-là, que comme son Berger sur le sein duquel il aimait se pencher.

C’est aussi comme notre Berger que nous Le connaissons. Ceux qui refusent de Le recevoir comme le Sauveur, auront affaire à Lui comme Juge. Mais, à Son disciple bien-aimé, Il dit : « Ne crains point ; moi je suis le premier et le dernier (l’alpha et l’oméga), et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ; et je tiens les clefs de la mort et du hadès » (v. 17 et 18).

Comme Daniel, au ch. 10. 7 et 8, Jean n’a plus de force pour se tenir debout. Ésaïe, dans sa vision du ch. 6. 5, s’écrie : « Malheur à moi ! car je suis perdu… car mes yeux ont vu… l’Éternel des armées ». Nul ne peut supporter la vue de la gloire de Dieu, sinon les croyants ressuscités. Le Seigneur nous encourage, cependant : « Moi, l’Éternel, ton Dieu, je tiens ta droite, moi qui te dis : ne crains point, moi je t’aiderai » (És. 41. 13). Certes, le Seigneur reste notre Berger ; mais n’oublions pas qu’Il est, avant tout, le Fils de Dieu dont l’apparition comme Juge est terrifiante, même pour les Siens ! S’Il tient les clefs de la mort et du hadès (Mat. 11. 23), c’est pour en libérer les âmes qui y sont, attendant la résurrection.

Le v. 19 trace le plan de l’Apocalypse :

1) Les choses que Jean a vues : le Seigneur dans Sa gloire de Juge.

2) Les choses qui sont : toute la période de l’Église, jusqu’à la fin.

3) Les choses qui doivent arriver après celles-ci : les jugements tombant sur le monde, après l’enlèvement de l’Église.

L’Assemblée de Dieu, comme une « colonne », doit soutenir, haut et ferme, la lampe de la vérité chrétienne, pour la faire briller et la montrer de loin (1 Tim. 3. 15). Tenons ferme.

Ch. 2

L’Apocalypse prophétise les jugements du Seigneur sur le monde. Mais les ch. 2 et 3 annoncent solennellement les jugements sur l’Assemblée professante (1 Pier. 4. 17). Ici, le Seigneur voit l’état de l’ensemble de Son Assemblée responsable, telle qu’elle est devenue au cours de son histoire.

Les sept assemblées nommées, et dont l’état spirituel différait à ce moment-là, existaient en Asie mineure. Prophétiquement, elles représentaient le développement de la décadence au sein de l’Église, depuis le temps des apôtres, jusqu’à l’apostasie finale. L’Esprit Saint décrit, malgré l’état général décadent, la fidélité de quelques-uns des croyants, et des réveils successifs.

Les quatre premières désignent l’Église jusqu’au Moyen-âge. La quatrième poursuit sa course jusqu’au retour du Seigneur, avec les trois dernières. Dans les trois premières, l’exhortation et la récompense sont adressées à tous, dans le même ordre (v. 7, 11 et 17). Mais, à partir de la quatrième, l’ordre est inversé, ne s’adressant plus qu’à ceux qui restent fidèles (v. 26 à 29 ; ch. 3. 5, 6, 12, 13, 21 et 22).

L’assemblée dans son ensemble ne répondant pas aux exhortations du Seigneur, Il s’adresse, alors, à « celui qui a des oreilles », et Il cherche des « vainqueurs ». À chacune des assemblées, le Seigneur s’adresse selon le même schéma. Il se présente selon ses propres caractères décrits au chapitre premier (v. 13 à 16), et s’adresse « à l’ange de l’assemblée », partie responsable à qui le Seigneur confie Ses intérêts. Il signale ce qu’il y a de bon. Puis, Il adresse les reproches propres à chacune, et l’invite à la repentance. Enfin, Il exhorte les fidèles et promet la récompense aux vainqueurs.

Seules, deux des assemblées n’encourent aucun reproche : Smyrne et Philadelphie. Une seule, Laodicée ne présente plus rien de bon, selon l’estimation du Seigneur. Des gens sont nommés, en bien ou en mal (v. 6, 13 et 15). L’épée aiguë à deux tranchants fouille les consciences (Héb. 4. 12), et l’Assemblée est responsable de se retirer du mal (2 Tim. 2. 19), et de faire briller la lumière de Dieu dans ce monde de ténèbres. Elle est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). À Éphèse (v. 1), la salutation (différente de celle de l’épître aux Éphésiens qui s’adressait à toute l’assemblée), ne s’adresse qu’à « l’ange », dépositaire de la responsabilité du témoignage. Dès les temps des apôtres, la piété des croyants fléchissait déjà.

Mais dans la chute de l’Église, Dieu a produit deux réveils. La Réforme qui a poussé des fidèles à sortir de l’Église ; mais qui, ensuite, a dégénéré. Puis, au 19ème siècle, l’Esprit Saint a réveillé des fidèles qui ont dû sortir (ch. 3. 1 à 6) : ce fut le réveil évangélique. Cependant, le bon ou le mauvais état d’une assemblée locale tient à l’état spirituel de tous les croyants.

L’état spirituel d’Éphèse décrit ici, se situe entre les années 57 et 167. Le Seigneur se présente comme marchant « au milieu des sept lampes d’or », tenant dans Sa main « les sept étoiles ». Il y a encore une relation intime entre Lui et « les étoiles », auxquelles Il reconnaît « l’œuvre, le travail, la patience » ; mais, contrairement à l’Assemblée à Thessalonique (1 Thess. 1. 1 à 3), il manquait l’amour (v. 4).

À Laodicée, le Seigneur ne peut plus marcher « au milieu », mais se « tient à la porte » de l’Assemblée, et frappe à la porte des cœurs. Éphèse restait très ferme dans sa marche morale, éprouvant ce qui était bon ; mais il leur manquait « le premier amour ». Qu’en est-il de nous ? L’amour est la base essentielle, unique, de la vie chrétienne (1 Cor. 13. 1 à 8, 13). Poursuivons l’amour. L’amour pour le Seigneur, c’est de garder Ses commandements (Jean 14. 21 ; Jér. 2. 1 à 3). Seule, l’estimation de Son amour pour nous nous Le fera aimer à notre tour, en L’honorant. L’amour de Dieu a été « versé dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Et soyons occupés de Lui, afin qu’il y ait de l’amour entre nous (Jean 13. 34 et 35).

Si notre communion avec le Seigneur s’affaiblit, nous ne devons pas réagir durement, en ne nous attachant qu’à la vérité – ni avec laxisme, ne voyant que l’amour. Mais : « L’amour se réjouit avec la vérité » (1 Cor. 13. 6). C’est un équilibre, non un compromis. C’est en restant fidèles à l’évangile que nous honorerons le Seigneur.

Dans les versets 2 et 3, le Seigneur reconnaît la fidélité des croyants d’Éphèse, qui gardaient l’enseignement de l’apôtre Paul, quant à la marche dans l’Assemblée. « Tu ne t’es pas lassé ». Paul leur écrira : « Après avoir tout surmonté, tenir ferme » (Éph. 6. 13). Mais cette marche pratique fidèle ne portait plus la marque « des premières œuvres » : désormais, il manquait l’amour (v. 4). L’amour est la véritable base de la vie chrétienne. « L’amour ne périt jamais » (1 Cor. 13. 8). L’amour est le fondement même de la nature intime de Dieu : « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16) ; et Il a « versé son amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rom. 5. 5).

Le déclin d’Éphèse a commencé 30 ou 40 ans après l’enseignement de l’apôtre Paul. Garder les formes extérieures de la fidélité, mais sans l’amour qui est le « moteur » de la vie chrétienne, n’a pas de valeur.

Les quatre premières assemblées décrivent le déclin de l’Église primitive, jusqu’au Moyen-Age où, sous la papauté triomphante, l’Église a atteint sa plus grande autorité sur le monde, mêlant une partie de la vérité à de l’idolâtrie. C’est à cette époque où, toute-puissante, « la femme Jésabel » (v. 20), l’esprit de fausse prophétie dominant l’Église, a introduit l’idolâtrie, sous la forme du culte des anges et des saints, ainsi que le culte de Marie. On a également ajouté tous les livres deutérocanoniques à la Bible, faussant la vérité !

Le point de départ de ces déviations, c’est l’abandon du premier amour. Dieu nous dit : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (Prov. 23. 26). À la conversion, notre cœur brûle pour le Seigneur. Mais l’abandon du premier amour est une déchéance (v. 5) ! L’abandon est un acte conscient, volontaire. L’appel du Seigneur à la repentance suit la description détaillée de l’état dans lequel étaient les Éphésiens. Il en est de même pour nous, car le Seigneur veut nous réveiller. Le sommeil spirituel peut conduire à l’apostasie, comme le Seigneur le montre dans ces sept épîtres, et dans la suite du livre. Il ne cache rien des conséquences s’il n’y a pas de repentance : « Je viens à toi et j’ôterai ta lampe de son lieu » (v. 5). « Je viens à toi » est un avertissement solennel, car c’est pour ôter la lampe. Seule, la repentance apportait le pardon.

Au ch. 1. 1 et 2, la Parole nous montre que le témoignage qui nous est confié ne nous appartient pas : c’est le témoignage « de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus Christ ». Nous devons manifester que nous appartenons au Seigneur, en obéissant à Sa Parole. Si une assemblée locale ne porte plus ce caractère de témoin de Jésus Christ, le Seigneur ôte la lampe. La lampe est faite pour éclairer, mais c’est le Seigneur qui est la « lumière » (Jean 8. 12) ; et nous devons vivre, personnellement et en assemblée, de telle manière qu’elle brille. Nous en sommes tous responsables. La vie de l’Assemblée ne se résume pas aux réunions, mais concerne toute notre vie. Les « lampes » que le Seigneur allume, doivent briller dans ce monde de ténèbres.

À Éphèse, le Seigneur relevait des choses positives qui L’honoraient: « tu hais les œuvres des Nicolaïtes, lesquelles moi aussi je hais » (v. 6). Ces Nicolaïtes mangeaient « des choses sacrifiées aux idoles » et commettaient « la fornication ». Finalement, ces fausses doctrines ont été acceptées et pratiquées (v. 14 et 15), mésusant ainsi de la liberté des enfants de Dieu. Dieu nous dit : « Achète la vérité et ne la vends pas ». Gardons précieusement ce que le Seigneur nous a confié. L’exhortation à écouter est individuelle, bien que le Seigneur ait encore marché « au milieu » de l’Assemblée.

À Thyatire, seul un résidu reste fidèle : c’est à lui qu’Il s’adresse (v. 24). « Celui qui vaincra », c’est celui qui aura retrouvé son premier amour et qui aura rejeté les fausses doctrines. A ceux-là, le Seigneur promet qu’ils mangeront « de l’arbre de vie dans le paradis de Dieu » (v. 7). Là, il n’y a qu’un seul arbre (ch. 27. 2 et 14). Image du Seigneur Jésus, dont nous nous nourrissons déjà (Jean 6. 51). En Éden se trouvaient l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Encore de nos jours et jusqu’à la fin, le Seigneur cherche des vainqueurs : « Toi, suis-moi ». Avons-nous des oreilles pour écouter ? Écouter, c’est marcher sur le chemin de la victoire. Moïse avait « choisi l’opprobre du Christ » plutôt que « les délices du péché » (Héb. 11. 25 et 26). Regardons, nous aussi, à la « rémunération ».

Smyrne (qui signifie : myrrhe, symbole de souffrance), était une assemblée d’Asie mineure, et le Seigneur l’avertit qu’elle devait passer par la persécution. C’est une figure de l’Église primitive persécutée par le monde romain s’opposant à la propagation du christianisme. « Vous aurez une tribulation de dix jours » représente dix périodes de violentes persécutions sous dix empereurs romains qui se sont succédé durant cent cinquante ans environ. C’est « l’Église des catacombes ».

À l’assemblée souffrante, le Seigneur n’adresse aucun reproche, mais des encouragements, et Il se présente comme « le premier et le dernier, qui a été mort et qui a repris vie » (v. 8 ; ch. 1. 18). À elle, persécutée jusqu’à la mort, le Seigneur se présente comme le vainqueur de la mort – et, ressuscité, Il a reçu « plusieurs diadèmes » (ch. 19. 12). Paul, manifesté fidèle, a reçu la « couronne de justice » (2 Tim. 4. 7 et 8). Et les croyants, possédant toutes choses : « soit mort soit vie » (1 Cor. 3. 22), marchent dans le chemin du triomphe du Seigneur, possédant en Lui la vie éternelle. Encore aujourd’hui, les croyants, persécutés dans certains pays, peuvent être encouragés par ces paroles.

À Smyrne, Dieu permit ces tribulations pour réveiller l’amour des chrétiens pour leur Sauveur, après que l’Église ait abandonné son premier amour. Tribulation, pauvreté et outrages caractérisaient ces persécutions. Outre les souffrances physiques, les croyants étaient spoliés de leurs biens, et devaient se réfugier dans d’anciennes carrières désaffectées, tentant d’échapper à leurs bourreaux.

Pourtant, malgré sa pauvreté matérielle, le Seigneur dit à Smyrne : « Tu es riche » (v. 9). Dépouillés de leurs biens, ces croyants étaient « riches quant à Dieu » : richesse spirituelle, possédant dans le ciel, « un héritage immarcescible » (1 Pier. 1. 4).

Ayant cette perspective de la mort devant eux, les croyants sont encouragés par l’espérance d’être bientôt avec le Seigneur. Cette richesse de Smyrne contrastait avec la fausse richesse de Laodicée (ch. 3. 7). Ces gens se disant « juifs » et qui ne l’étaient pas, cherchaient peut-être à réintroduire le légalisme avec un clergé dans l’assemblée, à la manière du fonctionnement des synagogues juives, dirigées par « un chef de synagogue ». C’était un véritable blasphème, car c’était une vraie entrave à la vie spirituelle de l’Assemblée.

Déjà en Actes 15, des chrétiens juifs cherchaient à réintroduire le légalisme dans l’Assemblée. Satan présidait à ce retour à la loi juive (v. 9). Ce clergé prendra toute son ampleur à Thyatire. Contrairement à Éphèse qui avait discerné les faux apôtres (v. 2), à Smyrne, le Seigneur doit dénoncer les faux Juifs, afin que l’assemblée les reconnaisse comme étant « la synagogue de Satan ».

Ce danger se retrouvera à Philadelphie (ch. 3. 9) ; mais, si Smyrne doit passer par la persécution, Philadelphie sera « gardée de l’heure de l’épreuve » (cf. ch. 3. 10). Cependant, Smyrne a tenu ferme, devant les assauts du « lion rugissant », avant qu’il ne se transforme à Pergame, « en ange de lumière ». L’épreuve est un moyen de jauger et fortifier la foi (1 Pier. 1. 4 et 5). « Bienheureux est l’homme qui endure la tentation ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment » (Jac. 1. 12). La tentation, ici, est l’épreuve de souffrance pour la foi que le Seigneur nous exhorte à supporter avec patience.

Le v. 11 mentionne « la seconde mort » que les croyants de Smyrne étaient assurés de ne pas subir (l’enfer où les âmes des incrédules souffriront éternellement de l’absence absolue de Dieu, dans leurs péchés non pardonnés, en compagnie du diable et de ses anges, ainsi que de la « bête » et du faux prophète du ch. 13 (ch. 20. 10 à 15 ; ch. 19. 19 à 21).

Deux « tribunaux » se trouvent dans les Écritures. Le tribunal de Christ où seront « manifestés » les croyants, au cours duquel ils verront toute la grâce de Dieu déployée durant leur vie, à chacune de leurs circonstances (2 Cor. 5. 10). Mais, « il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom. 8. 1). Puis « le grand trône blanc » où le Seigneur jugera et condamnera tous les incrédules (Apoc. 20. 11 à 15). La grâce de Dieu triomphera au tribunal de Christ et Sa gloire, au grand trône blanc.

Tout au long de l’histoire de l’Église, le Seigneur cherche des « vainqueurs ».

Comme pour les sept assemblées, le Seigneur s’adresse « à l’ange de l’assemblée qui est à Pergame » (v. 12) : la partie responsable. Mais prenons tous à cœur les intérêts du Seigneur dans l’Assemblée, comme dans le Psaume 137. 1 à 6.

En l’an 313, après les terribles persécutions à Smyrne portant les caractères du Seigneur rejeté et mis à mort, l’empereur Constantin a adopté lui-même le christianisme, et a protégé les chrétiens. En 393, l’empereur Théodose a proclamé le christianisme seule religion officielle de l’empire romain. Mais le diable s’est servi de cette fausse sécurité, comme piège pour endormir les chrétiens : protégée par le monde où Satan règne et habite (car il est le prince de ce monde), l’assemblée s’y est réfugiée. Le nom de Pergame dérive d’un mot signifiant : mariage. Elle s’est « mariée » avec le monde !

C’est un avertissement solennel pour nous, car le monde porte toujours ce caractère de corruption et d’idolâtrie. Les persécutions contre l’Assemblée ont été appelées : la semence de l’Assemblée, car chaque fois, l’Assemblée a prospéré, car le Seigneur s’occupe des Siens avec amour. Le monde organisé sans Dieu est gouverné par Satan, prenant tantôt la figure d’un serpent rusé, tantôt celle du lion rugissant, tantôt celle d’ange de lumière (2 Cor. 12. 7). C’est alors qu’il est le plus dangereux ! Le monde, alors, devient l’ami de l’Église ! Sous les assauts de l’ennemi, l’Église, d’abord, a résisté ; mais peu à peu, elle a cédé à ses sollicitations. Pergame s’est réfugiée dans le monde ; Thyatire, elle, pénétrera et dominera le monde : l’Église atteindra toute sa puissance dominatrice sur le monde, durant tout le Moyen-âge, abolissant les vrais caractères célestes de l’Assemblée.

Au v. 12, le Seigneur se présente comme « Celui qui a l’épée aiguë à deux tranchants » : c’est la Parole de Dieu personnifiée en Jésus Christ. Elle est vivante et opérante (Héb. 4. 12 et 13). Elle répond au caractère judiciaire du Seigneur (ch. 1. 16) et est appropriée à l’état de Pergame : elle dévoile où cette assemblée habite : « là où est le trône de Satan » (v. 13). Habiter, c’est demeurer de façon habituelle ; situation plus que dangereuse. La Parole est toujours là pour nous faire discerner le bien du mal, dans nos circonstances personnelles, mais aussi, en assemblée. Malgré cette situation, Pergame restait fidèle (cf. v. 13) ; cependant, Satan lui tendait un terrible piège : le monde la protégeait !

C’est à Pergame que, pour la première fois, la Parole montre l’existence d’un résidu (v. 16), distingué de « ceux qui tenaient la doctrine de Balaam » (v. 14), et des Nicolaïtes (v. 15). Idolâtrie et corruption morale (fornication) étaient tolérées : Balaam, moyennant le « salaire d’iniquité », enseignait au peuple l’idolâtrie et la fornication (Nomb. 25. 1 à 9, 31. v. 8 et 16). Dans son aspect et ses « sacrifices », il parodiait les sacrificateurs de l’Éternel, et ses offrandes ressemblaient aux sacrifices à Dieu : mais c’était un devin. En 2 Corinthiens 11. 13 à 15, la Parole dénonce les faux docteurs dirigés par Celui qui se transforme encore en « ange de lumière ».

Si nous sommes appelés à souffrir pour le nom du Seigneur, 1 Pierre 4. 16 et 17 nous encourage à ne pas en avoir honte. Le jugement de Dieu commence par Sa propre maison, car le Seigneur s’occupe de ceux qu’Il aime. Ces doctrines perverses (Balaam et Nicolaïtes) n’étaient pas jugées, à Pergame ; aussi, le Seigneur est obligé de les dénoncer à la conscience des fidèles. Éphèse haïssait les « œuvres des Nicolaïtes », comme le Seigneur Lui-même. Le Seigneur invite Pergame à la repentance, sinon, Il menaçait de combattre ceux qui retenaient ces doctrines corrompues (v. 16). Il ne peut tolérer le mal dans l’Assemblée. Prenons-y garde et veillons-y, car nous sommes tous des sentinelles. Satan cherche toujours à renverser ce que le Seigneur édifie.

L’appel à la repentance est toujours individuel, et il est adressé à cinq des sept assemblées (ch. 2. 5, 16 et 22 ; ch. 3. 3 et 19). La repentance est le seul moyen de revenir au Seigneur si l’on s’est écarté.

La « manne cachée », c’est Christ dans le ciel : caché pour le monde, mais nourriture des croyants fidèles. Le « caillou blanc » est une marque distinctive octroyée par le Seigneur à celui qui a des « oreilles pour écouter » (v. 17). C’est un nom secret que reçoit celui qui jouit d’une communion intime avec son Seigneur, après avoir vaincu. Au v. 17, le « caillou blanc » évoque l’objet usité autrefois en Grèce, pour marquer l’approbation, ou lors d’un vote. C’est à cela que Paul fait allusion en Actes. 26. 10, disant : « j’y donnais ma voix ».

À Thyatire, on voit l’aboutissement du mal dans l’Assemblée. C’est l’église qui a remplacé le Seigneur par l’homme. Aussi, le Seigneur se présente à elle comme « le Fils de Dieu » ayant la domination sur Son Assemblée. Il a ses « yeux comme une flamme de feu (Héb. 4. 12 et 13), et Ses pieds sont semblables à de l’airain brillant » (v. 18 ; ch. 1. 14 et 15). Il discerne tout ce qui caractérise cette assemblée, et va la juger.

Cependant, le Seigneur connaît ses « œuvres, son amour, sa foi, son service, sa patience et les dernières œuvres qui dépassent les premières » (v. 19). Il reconnaît un résidu fidèle, caché au milieu de Thyatire.

On peut penser aux Vaudois ou à d’autres, restés individuellement fidèles, durant les siècles du long Moyen-âge. Ce résidu a l’approbation du Seigneur. Il voit tout ce qui se fait pour Lui, dans le secret des cœurs.

Mais le Seigneur voyait aussi « la femme Jézabel », fausse prophétesse qui enseigne et égare les esclaves (ou serviteurs), les entraînant à la fornication (dans le sens large), et à manger des choses sacrifiées aux idoles (v. 20). On a introduit le culte des anges, des saints, et accentué le culte de Marie déjà apparu dans la période de Pergame. Jézabel, assimilée à la méchante femme d’Achab, a, comme elle, l’esprit de domination. L’Église a perdu son caractère céleste pour dominer sur la terre ! Elle sera, alors, « jetée sur un lit » ; et « ses enfants » (produits directs et approbateurs de son faux enseignement) mourront sous le jugement. Le Seigneur dénonce solennellement « les profondeurs de Satan » dans lesquelles elle était plongée (v. 24). Le Seigneur annonce pour elle, « une grande tribulation ».

Après l’enlèvement de l’Église, il restera, sur la terre, la fausse église, assimilée à « Babylone la grande » (ch. 18. 2). Au ch. 13, la prophétie annonce la « résurrection » de l’empire romain sous l’aspect de la formation actuelle de l’Europe. Au ch. 17. 15, la « prostituée » (la fausse église), domine le système politique pour un temps, avant d’être détruite, après que ce système religieux, politique et économique, aura dominé sur la terre entière, allant jusqu’à faire commerce « d’esclaves et des âmes d’hommes » ! (ch. 18. 11 à 13) Soyons sur nos gardes quant aux fausses doctrines qui courent encore dans la chrétienté, et séduisent tant de chrétiens.

Alors, plus tard, le Seigneur a rejeté ce témoignage, et a produit un premier réveil : la Réforme, durant laquelle certaines vérités scripturaires, enfouies dans l’oubli, ont été retrouvées. Thyatire a dominé jusque vers 1500. Mais c’est la première forme qu’a pris l’Église qui poursuit sa route jusqu’au retour du Seigneur, avec Sardes, Philadelphie et Laodicée. Les fidèles seuls sont exhortés à tenir ferme jusqu’au retour du Seigneur (v. 25). Pour certains chrétiens, l’enseignement (le magistère) de l’Église compte plus que l’enseignement de la Parole de Dieu. L’église a interdit aux chrétiens la Bible jusqu’en 1936 ! Ce sont là : « les fables ingénieusement imaginées » (2 Tim. 4. 3 et 4). Elle enseigne le salut par les œuvres, alors qu’on est sauvé par la foi, et le chrétien fait des œuvres de foi. Elle a longtemps pratiqué « les indulgences, consistant à donner de l’argent à l’Église pour obtenir le salut… dominant ainsi sur les âmes.

Dieu a usé de patience (v. 21), appelant à la repentance. « Mais elle ne veut pas se repentir de sa fornication ». Au milieu de tant de ténèbres, Dieu s’occupait de ceux qui restaient fidèles. Ne méprisons pas non plus « le temps des petites choses » qui sont les nôtres. Dieu a suscité un Samuel au moment où même la sacrificature était tombée, en Israël. Philadelphie n’avait pas de grandes œuvres, mais avait gardé le nom du Seigneur et Sa Parole (ch. 3. 8), malgré son « peu de force ». Faibles, nous le sommes, mais gardons ce que le Seigneur nous confie.

A partir de Thyatire, l’Esprit inverse l’ordre entre la promesse faite au « vainqueur » (v. 26), et l’exhortation à « celui qui a des oreilles » pour écouter (v. 29). C’est que l’Esprit ne s’adresse plus à l’ensemble, mais au résidu seul (v. 24). Philadelphie, dans son intégralité, semble porter ce caractère résiduel. Quant à Laodicée, le résidu semble être si petit, que le Seigneur ne s’adresse plus qu’à un individu qui, éventuellement, entendrait Sa voix (ch. 3. 20). Les quatre dernières assemblées cheminent parallèlement jusqu’au retour du Seigneur.

Le Seigneur discernait ce résidu fidèle, caché au milieu de cette grande Église (Thyatire). Élie, en son temps, croyait être resté seul fidèle ; mais l’Éternel lui dit : « Je me suis réservé sept mille hommes… qui n’ont pas fléchi les genoux devant Baal » (1 Rois 19. 10 à 14). Ainsi, durant le long Moyen-âge, il y a eu des fidèles (Jean Huss, Wycliffe, Tyndale, et d’autres, déjà au 14ème siècle, alors que la Réforme n’a eu lieu qu’au début du 16ème siècle. Ces fidèles n’avaient pas la force de sortir de l’église : le Seigneur d’ailleurs, ne le leur demandait pas. Cependant, c’est à ce faible résidu qu’Il fait cette promesse : « Je lui donnerai autorité sur les nations ; et il les paîtra avec une verge de fer » (v. 27). Thyatire a dominé sur les nations par sa propre volonté.

Mais au résidu faible se trouvant au milieu d’elle, c’est le Seigneur qui lui donnera sa propre autorité (Ps. 2. 7 à 9 ; Apoc. 12. 5 ; 19. 15). Le Seigneur associe les Siens à l’exercice de Son autorité, en jugement et en gouvernement (1 Cor. 6. 2). Cette promesse est liée à « celui qui gardera mes œuvres jusqu’à la fin » (v. 26). « Tes œuvres » (v. 19) désignaient celles du résidu fidèle ; celles de la masse ayant « les profondeurs de Satan » au v. 23 ; enfin, au v. 26, le Seigneur dit : « mes œuvres » : ce sont celles que le Seigneur a faites, pour la rédemption, mais aussi, celles qu’Il opère dans Ses rachetés, et qui sont « les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10). « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’Il a envoyé » (Jean 6. 28 et 29). Les œuvres des croyants sont les œuvres de Dieu, si elles sont faites « en Christ ».

Autrefois, les Vaudois ont été persécutés parce qu’ils refusaient les fausses doctrines enseignées dans l’église. A ces fidèles, le Seigneur ne leur imposait pas d’autre charge, considérant leur faiblesse ; mais Il leur demandait de tenir ferme ce qu’ils avaient (v. 25 ; Act. 15. 28). Ces versets élargissent nos cœurs, en nous montrant qu’il y a de vrais croyants se trouvant dans l’église, et que le Seigneur s’occupe d’eux avec amour, bien qu’ils aient peu de connaissance. À Philadelphie ayant de grandes connaissances, il sera beaucoup redemandé (Luc 12. 47 et 48).

Lors du retour d’une partie du peuple à Jérusalem, du temps d’Esdras, à leur départ de Babylone, les ustensiles du temple furent pesés et comptés, ainsi qu’à l’arrivée : il ne manquait rien. Le Seigneur sait ce qu’Il nous a confié ; à la fin, Il comptera ce que nous aurons gardé ou perdu. À chacun, Il dit : « Tiens ferme ce que tu as » (v. 25 ; ch. 3. 11). Ce qui réjouit le cœur du Seigneur à Philadelphie, c’est qu’elle a « gardé sa parole et n’a pas renié son nom » (cf. ch. 3. 8). Héritiers spirituels de Philadelphie, notre responsabilité de garder toute la Parole est grande.

Durant le Moyen-âge, des scribes copiaient soigneusement les Écritures. Puis, l’invention de l’imprimerie facilita la multiplication des Bibles. Dieu préparait les cœurs pour le réveil de la Réforme vers 1500. De nos jours, il est facile de se procurer la Bible : que cela n’en diminue par l’importance dans nos cœurs !

Comme pour ces croyants d’autrefois, cette promesse du Seigneur : « Je viens bientôt », nous encourage à poursuivre le chemin, quelles que soient nos circonstances, en gardant « le bon dépôt » (1 Tim. 6. 20). Pour ces âmes pauvres et restées dans l’ombre, à Thyatire, il y avait les « profondeurs de Satan ». Le Seigneur leur donnera, en pleine lumière, autorité sur les nations ! « Je lui donnerai l’étoile du matin » (v. 28), c’est le Seigneur Lui-même et l’espérance de Sa venue, en attendant le matin éternel où les croyants partageront la gloire du Fils de l’homme. Thyatire n’a pas gardé cette vérité ; mais le Seigneur l’a fait renaître dans les cœurs réveillés. C’est une de Ses gloires.

Ch. 3

Sardes, assemblée d’Asie mineure, représente prophétiquement le déclin spirituel qui a suivi la « Réforme ». Dieu a suscité un réveil, au milieu de l’église, l’Esprit Saint remettant en lumière des vérités fondamentales que l’église avait perdues : le salut par la foi ; la communion par le pain et le vin…

La violente réaction de l’église l’a conduite à se livrer à des persécutions des plus cruelles contre ceux qu’elle appelait les « hérétiques » ; ils ont dû se séparer de l’église qui dominait le monde.

Mais peu de temps après, les croyants issus de la Réforme ont abandonné les vérités retrouvées. Le Seigneur est obligé de dire à Sardes : « Tu as le nom de vivre, et tu es mort » (v. 1).

Les trois dernières assemblées : Sardes, Philadelphie et Laodicée sont des assemblées portant le caractère de résidus n’ayant pas le rayonnement de Thyatire. Entre Thyatire et Sardes, il y a eu la Réforme. Le Seigneur s’adresse, là aussi, à l’ange de l’assemblée, la partie responsable. Il a « les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles ». Les sept Esprits de Dieu rappellent la plénitude de l’Esprit, Sa toute-puissance pour le jugement (ch. 5. 6). Mais Il ne tient plus les « sept étoiles dans sa droite » et ne marche plus « au milieu des sept lampes d’or » (ch. 2. 1).

Chaque fois que Dieu produit un réveil, très vite les vérités retrouvées se transforment en « credo » perdant sa force pratique dans les cœurs. Les hommes ne gardent jamais longtemps ce que Dieu donne. Sardes représente le déclin succédant à la Réforme. La Bible répandue parmi les chrétiens par l’invention de l’imprimerie, avait permis de retrouver le salut par la foi, alors que l’église enseignait le salut par les œuvres.

Une différence essentielle entre Sardes et Thyatire, c’est que cette dernière a dominé le monde durant tout le Moyen-âge, alors que la première a cherché la protection du monde politique qui l’a dominée, au lieu de chercher le secours auprès de Dieu. Le Seigneur lui rappelle, là, que c’est Lui qui détient l’autorité sur Son Assemblée.

Après la Réforme où les croyants sortis de l’église ont été persécutés, il y a eu les « guerres de religion », où des atrocités ont été perpétrées. Une plus grande liberté accordée de Dieu pour la lecture de la Bible, interdite jusque-là, a abouti à l’abandon des vérités retrouvées : la connaissance du salut par la foi semble avoir ôté des cœurs la nécessité de pratiquer les « œuvres », indispensables afin de prouver la réalité de la foi, manifestant la vie divine en nous. (Jac. 2. 16 à 24).

Une autre différence entre ces deux formes de l’église, c’est que l’église s’est livrée au mysticisme, avec le culte des anges, des saints, de Marie – a multiplié les monastères etc… Ayant rejeté ces faussetés, on est tombé dans le rationalisme, niant les vrais caractères du Seigneur Jésus.

La Parole seule conduit à toute la vérité. « Achète la vérité et ne la vends pas ». Gardons-nous des raisonnements intellectuels qui n’ont aucune place pour comprendre la Parole de Dieu, pas plus que « l’imagination du cœur de l’homme » (Gen. 6. 5 ; 8. 21).

Le Seigneur n’avait pas trouvé les œuvres de Sardes « parfaites » (v. 2), et il en découlait un état de mort spirituelle. Dans l’Église, il y a « des vases à honneur et des vases à déshonneur » (2 Tim. 2. 19 à 21), dont certains n’ont pas la vie. Aussi le Seigneur lui dit-Il : « Souviens-toi… comment tu as reçu et entendu, et garde, et repens-toi ». Sardes avait reçu et compris la Parole de vérité, rejetant « les profondeurs de Satan » (ch. 2. 24). Gardons, nous aussi, la vérité reçue dès le 19ème siècle, avec repentance si nous nous sommes relâchés.

Sardes devait affermir ce qui restait et qui allait mourir. Aux vainqueurs, le Seigneur promet « un vêtement blanc », et affirme leur dignité malgré leur peu de connaissance. En Juda, autrefois, l’Éternel reconnaissait qu’il y avait encore « de bonnes choses » (2 Chron. 12. 12). Quelques-uns, à Sardes, aimaient encore le Seigneur, mais à Sardes, vu dans son ensemble, il est dit : « tu es mort » ! Alors le Seigneur l’avertit : « Je viendrai sur toi comme un voleur », pour le jugement et non pour la bénédiction (v. 3). Il est « la pierre qui tombera » sur les impies et les « broiera » (Mat. 21. 42 à 44).

Au milieu de Sardes, spirituellement mort pour s’être laissé dominer par le monde, le Seigneur discerne « quelques noms… qui n’ont pas souillé leurs vêtements ». Dieu seul en connaît le nombre. Alors le Seigneur dit : « Ils marcheront avec moi en vêtements blancs, car ils en sont dignes » (v. 4). Le Seigneur connaît qui est digne de marcher avec Lui en « vêtements blancs ». Jacques 1. 27 exhorte à se « conserver pur du monde ». Les vêtements blancs reflètent la pureté spirituelle, la sainteté de celui qui en est revêtu : caractères du Seigneur.

Ces quelques fidèles, à Sardes, étaient préparés par le Seigneur au réveil spirituel du 19ème siècle, ce « cri de minuit » (Mat. 25). Des serviteurs fidèles, en étudiant la Parole, ont retrouvé de grandes vérités oubliées par l’Église : le retour du Seigneur, l’unité du corps de Christ, et plusieurs autres – et ceci, dans plusieurs pays d’Europe occidentale, bien que sans liens entre eux. Le Seigneur a regardé à leur fidélité dans leur amour pour Lui. Ce qui plaît au Seigneur, c’est de garder Sa Parole, comme Philadelphie (v. 8). Quel que soit le degré de connaissance, les vêtements blancs revêtiront tous les vrais croyants (ch. 4. 4).

« Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2. 19). La séparation du mal (moral et ecclésiastique) doit se faire dans le cœur d’abord, avant de se réaliser concrètement. A Thyatire, les fidèles étaient séparés de cœur, bien avant la séparation réelle lors de la Réforme. Depuis Thyatire, l’appel au vainqueur se fait avant l’invitation à écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées : c’est qu’Il s’adresse, maintenant, au résidu seul ; alors que, jusqu’à Pergame, Il s’adressait à l’ensemble.

Le Seigneur fait cette promesse aux fidèles de Sardes : « Je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges » (v. 5). Au ch. 13. 8, il est question de « ceux qui habitent sur la terre, dont le nom n’a pas été écrit, dès la fondation du monde, dans le livre de vie » : ce sont ceux qui honoreront la « bête » et qui sont uniquement attachés aux choses terrestres (ch. 20. 15). Mais ceux qui croiront au Seigneur, après l’enlèvement de l’Église, participeront au règne de Christ, sur la terre, et leurs noms sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau, « dès la fondation du monde ». Quant aux vrais chrétiens, ayant été « préconnus dès avant la fondation du monde » (Rom. 8. 29), et étant aimés par le Père comme Il a aimé Son Fils (Jean 17. 23 et 24), leurs noms sont écrits « dès avant la fondation du monde ».

À Sardes donc, le vainqueur, c’est celui qui s’est gardé pur quant au monde. Que Dieu nous accorde cette force morale, et que nous gardions Sa Parole. Le résidu, à Sardes est si faible et ignoré, que le Seigneur éprouve le besoin de confesser le nom de ceux qui, dans la faiblesse, sont restés fidèles (v. 5), devant le Père, d’abord, puis devant Ses anges (Luc 12. 8 et 9).

Paul, en 2 Timothée 2. 13, dit : « Si nous le renions (le Seigneur), Lui aussi nous reniera ». Le Seigneur parle à nos consciences : restons fidèles. Le Seigneur ne pouvait pas approuver Pierre qui L’avait renié, mais Il l’a restauré. Écoutons nous aussi « ce que l’Esprit dit aux assemblées ». Nous sommes les héritiers spirituels de ceux qui, dès le début du 19ème siècle, ont porté ces caractères de Philadelphie : Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée marchent simultanément, jusqu’au retour du Seigneur. Il y a donc des croyants qui portent ce caractère philadelphien : Est-ce notre cas ?

Philadelphie a « peu de force » ; mais elle a gardé « la Parole » et n’a « pas renié le nom » du Seigneur ; elle a aussi « gardé la parole de sa patience » (v. 10) : elle attend le retour du Seigneur. Le Seigneur ne fait pas le reproche, à Philadelphie, d’être faible, mais, se présente à elle sous les caractères de Dieu : « Saint » (v. 7 ; És. 40. 25 ; 1 Jean 2. 20) ; et « le Véritable » (1 Jean 5. 20). Il ouvre une porte « que personne ne peut fermer », car Il a « la clé de David » (És. 22. 22). Il est « la racine et la postérité de David » (Apoc. 22. 16). Cette porte s’ouvre sur l’accès à toute la vérité retrouvée ; et elle est toujours ouverte !

C’est la seule assemblée où le Seigneur dit : « Je viens bientôt » (v. 11). La porte sépare le dehors du dedans : être dans le Véritable, c’est être en parfaite sécurité. À Laodicée, le Seigneur frappe à la porte des cœurs.

Les ch. 2 et 3 résument toute l’histoire de l’Église : l’abandon du premier amour (v. 1 à 7). La persévérance dans les persécutions (v. 8 à 11). L’institution d’une religion d’État (v. 12 à 17). L’idolâtrie et les « profondeurs de Satan » (v. 18 à 29) ; cependant, un résidu fidèle subsiste au milieu de cette corruption (v. 24 et 25). Thyatire demeure jusqu’au retour du Seigneur qui s’est servi de ce résidu pour produire le réveil de la Réforme. Sardes, l’état de l’Église après la Réforme, à l’état de mort ; mais quelques noms n’ont pas souillé leurs vêtements (ch. 3. 1 à 6). Ce résidu de Sardes a servi au réveil évangélique du 19ème siècle. Ces fidèles de Philadelphie ont dû se réunir à part. Le Seigneur ne lui fait aucun reproche (v. 7 à 13).

Enfin, le terrible état final de l’Église ayant de grandes prétentions, mais n’ayant plus rien de Christ : le Seigneur va la vomir de Sa bouche ; Il discerne quelques personnes susceptibles d’entendre Sa voix, et frappe à la porte (v. 14 à 22). Philadelphie, tout entière, porte ce caractère de résidu fidèle. Les frères du 19ème siècle, conduits par l’Esprit Saint, ont remis en lumière les vérités que l’Église avait perdues, et ont laissé de nombreux écrits expliquant les pensées de Dieu. Ils ont compris que tout clergé est à bannir de l’Assemblée, les frères devant se laisser conduire par le Saint Esprit (Mat. 23. 8 à 10).

Gardons précieusement la Parole de Dieu, dans nos cœurs et dans notre marche pratique (Jean 14. 15, 21 et 23). « J’ai de la joie en ta Parole, comme un homme qui a trouvé un grand butin » (Ps. 119. 162). « L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples » (Ps. 119. 130). La porte de notre cœur est-elle ouverte afin que la Parole entre en nous ? « Manger » la Parole procure la « joie et l’allégresse » du cœur (Jér. 15. 16). C’est avec « peu de force » que Philadelphie a gardé la Parole du Seigneur ; qu’elle n’a pas « renié son nom » et a « gardé la parole de sa patience ». Laodicée, avec toutes ses prétentions, n’a rien gardé ! L’Église professante a renié le nom du Seigneur (2 Tim. 3. 1 à 5). Garder de vivantes relations journalières avec le Seigneur, c’est le caractère de Philadelphie. La « synagogue de Satan » désigne la prétention humaine, dans l’Église professante, d’établir un clergé : c’est alors une religion où le Seigneur n’a plus Sa place !

Des frères peuvent être formés par le Seigneur pour être pasteurs au sein d’une assemblée locale. Mais, s’ils doivent être reconnus par les fidèles, en aucun cas, ils ne doivent être nommés par les hommes. Dans ces conditions, il y a de l’ordre au milieu des assemblées, car cela vient du Seigneur. Au 19ème siècle, le réveil s’est heurté à une violente opposition de l’Église professante. Mais le Seigneur dit à Philadelphie : « Je les ferai venir et se prosterner devant tes pieds, et ils connaîtront que moi je t’ai aimé » (v. 9).

Le Seigneur dévoile Ses affections spéciales pour ces fidèles ayant gardé Sa Parole et qui Le suivent de près, malgré l’opposition de l’apostasie. Il aimait de façon spéciale, Pierre, Jacques et Jean ; de même, Marthe, Marie et Lazare. Cependant, Il aime tous les vrais croyants. Il est important que nous nous sentions aimés du Seigneur, et que nous soyons beaucoup occupés de Son amour, afin que nous L’aimions davantage à notre tour. « Nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). À ceux qui ont à cœur de se garder dans d’heureuses communications avec Lui, Il fait cette promesse : « ils seront à moi, mon trésor particulier » (Mal. 3. 16 à 18).

Lors de l’apparition du Seigneur en gloire, accompagné de Son Église qu’Il aura enlevée auprès de Lui, la fausse Église restée sur la terre, viendra se prosterner aux pieds du Seigneur et de Ses rachetés. Le Seigneur patiente encore (v. 10 ; 2 Pier. 3. 9). Dans cette attente « patiente », Philadelphie sera « gardée de l’heure de l’épreuve » (v. 11), la grande tribulation que connaîtront le monde et la fausse Église. Durant cette période de jugements, des hommes n’ayant jamais entendu la prédication de l’évangile de la grâce, croiront à l’évangile du royaume. Énoch, Abraham ont été épargnés des jugements. Noé et Lot les ont traversés. Philadelphie doit tenir ferme de peur que sa couronne ne soit donnée à d’autres. Que cela nous rende attentifs, car le Seigneur nous demandera des comptes ; et chacun devra répondre pour lui-même, au tribunal de Christ (2 Cor. 5. 10).

« Je viens bientôt » (v. 11), promesse qui réchauffe le cœur, contrairement à la menace de jugement pour Sardes (v. 3). Philadelphie est exhortée à tenir ferme, afin que sa couronne ne soit pas attribuée à d’autres. C’est une récompense pour la fidélité présente. Dans l’infidélité, le Seigneur donne le témoignage à d’autres.

Ce caractère philadelphien, le Seigneur l’a porté en perfection : « J’ai mis devant toi une porte ouverte ». Il est venu sur la terre offrant le salut aux hommes. « Tu as peu de force » : Fils de Dieu, Il est venu dans l’humilité et la faiblesse. « Tu as gardé ma Parole » : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé ». « Tu n’as pas renié mon nom » : Il se savait aimé de Son Père, et Il a gardé la patience. Le Seigneur nous invite à Le suivre. Puis, contrairement à ce qu’a été Philadelphie : faible et méprisée, le Seigneur promet au vainqueur de faire de lui « une colonne dans le temple de son Dieu » (v. 12). La colonne évoque la force, la stabilité d’une construction élevée soutenant un édifice. « L’Assemblée est, sur la terre, la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). Dans le temple de Jérusalem, il y avait deux colonnes, nommées, l’une : « Jakin » (Il établira, affermira) ; l’autre : « Boaz » (en lui est la force).

Dans ce v. 12, le Seigneur, dans Son amour, identifie quatre fois les croyants fidèles, quoique faibles, à Lui-même et a « son Dieu ». « Il ne sortira plus jamais dehors ». Sur la terre, le croyant qui est entré dans la « bergerie » du Seigneur, en sort aussi, pour le service du Seigneur, avec les difficultés qui s’y rattachent, et « trouve de la pâture » (Jean 10. 9). Dans le ciel, les croyants jouiront d’un bonheur éternel, en présence du Seigneur. Ici-bas, recherchons, comme le psalmiste, la présence du Seigneur dans « son temple » (Ps. 27. 4). Philadelphie a dû sortir, dans l’opprobre, de l’Église infidèle. Mais, au ciel avec le Seigneur, il n’y aura plus de « dehors ». Les vrais croyants seront associés au Seigneur dans Son règne millénaire, et dans l’état éternel.

Héritiers spirituels du « réveil » du 19ème siècle, supplions le Seigneur qu’Il nous accorde la force de garder ces caractères de Philadelphie si facilement abandonnés ! Perdre sa couronne, ne signifie pas que Philadelphie pourrait perdre la vie éternelle : c’est impossible (Jean 10. 27 et 28). Mais gardons la communion avec le Seigneur. « J’écrirai sur lui le nom de mon Dieu » : c’est une relation d’appartenance intime à Dieu. Déjà des « fils et des filles » en nous retirant du mal, si nous sommes des « vainqueurs », nous serons alors comme une possession spéciale de Dieu : Son nom sera écrit sur nous. « J’écrirai sur lui… le nom de la Cité de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu » Cette Cité céleste se retrouve au ch. 21. 2, lors de l’établissement de l’état éternel. Le nom de la « Cité » céleste, possession spéciale de Dieu, sera aussi écrit sur le vainqueur de Philadelphie ; « et mon nouveau nom » (fin du v. 12).

Comme Philadelphie a été associée, sur la terre au nom rejeté de Jésus, elle sera identifiée, dans le ciel, au nom de Jésus glorifié. Il y a similitude entre l’abaissement du Seigneur que Dieu a « haut élevé, et devant qui « tout genou se ploiera » (Phil. 2. 5 à 11), et l’abaissement, sur la terre, de Philadelphie, que Dieu associera à l’élévation de Son fils, et devant laquelle les faux croyants se prosterneront (v. 9). L’exhortation n’est adressée qu’au vainqueur : serons-nous de ceux-là ?

Laodicée décrit la fin de l’histoire de l’Église sur la terre. Elle apparaît après Philadelphie. Cependant, les quatre dernières assemblées décrites dans ces chapitres, continuent leur marche jusqu’au retour du Seigneur : il y aura donc, jusqu’à la fin, des croyants gardant les caractères de Philadelphie, ayant de grandes connaissances de la Parole, avec humilité. Laodicée, imbue de ce qu’elle a, se croit riche, mais n’a plus rien du Seigneur !

Il s’y présente comme « l’amen », en qui se réalisent les promesses de Dieu, avec sa complète approbation. « Le témoin fidèle », quand l’Église a pleinement failli. Et le « Dieu véritable et la vie éternelle». Puis, comme « le commencement » de la nouvelle création (1 Cor. 15. 22 et 23 ; 2 Cor. 5. 16 à 18). La création actuelle passera, mais le Seigneur est le chef de la nouvelle création (Col. 1. 17 et 18).

Le Seigneur ne commente pas les œuvres de Laodicée, mais stigmatise sa tiédeur. Il s’adresse « à l’ange de l’assemblée » : à la responsabilité de chacun, dans ce qui porte encore le nom d’assemblée chrétienne, mais où Il ne discerne plus l’amour (1 Cor. 13. 1 à 3). Laodicée n’est pas « froide » comme le monde incrédule : elle n’a pas nié les vérités chrétiennes. Elle n’est pas « bouillante » comme ceux dont la vie est entièrement consacrée au Seigneur. Elle est « tiède », pleine d’orgueil (v. 17). Mesurons l’amour que le Seigneur a pour nous, et supplions-Le qu’Il ranime notre amour pour Lui. Le servir sans amour provoque Son dégoût (v. 16).

« Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (v. 22). Le Seigneur discernait, dans les œuvres de Philadelphie, qu’elles étaient faites pour Lui et avec Lui, dans la fidélité. Laodicée n’avait plus que de la prétention, dans une religion sans vie.

Les fils de Coré, objets de la grâce divine, alors que leur père avait été englouti, étaient « bouillants » pour leur Seigneur (Ps. 45. 1). Ils étaient occupés du Roi. Soyons occupés du Seigneur, afin que s’ouvre notre bouche et qu’Il la remplisse (Ps. 81. 10).

C’est ce qui manquait à Laodicée, faussement riche (Osée 12. 8). De grandes connaissances, à Philadelphie, s’accompagnaient de la conscience de sa faiblesse, contrairement à Laodicée, où la connaissance des vérités la plongeait dans une enflure d’orgueil (1 Cor 8. 2). « Je vais te vomir de ma bouche » : cette affirmation du Seigneur n’est pas une hypothèse, mais une certitude !

Le Seigneur lui dit : « Je te conseille d’acheter de moi de l’or passé au feu » (v. 18). L’or représente la justice divine, manifestée par le Seigneur ayant subi le jugement à notre place. C’est cette justice dont nous sommes les bénéficiaires, que nous devons manifester pratiquement, en témoignage pour le Seigneur. Succédant à Philadelphie ayant gardé ces précieuses vérités dans son cœur, humblement, Laodicée, héritière de ces connaissances, mais sans que son cœur soit touché, n’en tire plus que de l’orgueil, s’attirant le dégoût du Seigneur.

Les fausses richesses mondaines s’opposent aux vraies richesses que nous trouvons en Christ (Job 22. 23 à 26 ; Mat. 6. 19 à 21). Prenons garde aux fausses richesses matérielles et morales (Luc 12. 16 à 21). Le bon état spirituel vient des soins constants du Seigneur (Deut. 8. 16 et 17). Ce rejet du Seigneur pour Laodicée se produira après l’enlèvement de l’Église, de laquelle les fidèles de Laodicée font partie (v. 20 à 22). Notre responsabilité à tous, c’est de participer activement à la marche de l’Assemblée, humblement et avec amour. Dieu lit dans nos cœurs, et tout sera manifesté au tribunal de Christ. Paul pouvait dire : « Pour moi, vivre, c’est Christ » (Phil. 1. 21).

L’assemblée apostate restera sur la terre pour le jugement. « Tu es le malheureux et le misérable, et pauvre, et aveugle, et nu » (v. 17) : cette appréciation du Seigneur s’oppose à la prétention de Laodicée ; et le Seigneur s’occupe d’elle en grâce (v. 18). Nos frères du 19ème siècle nous ont légué les vérités de la Parole, ayant connu pour cela beaucoup de souffrances. Ces vérités, nous les avons reçues sans efforts : prenons garde à les conserver précieusement, mais en restant humbles.

Supplions le Seigneur qu’Il nous accorde de garder les caractères spirituels de Philadelphie, et qu’Il nous garde de la tiédeur laodicéenne – ou même de l’état de mort de Sardes. Attachons-nous aux intérêts du Seigneur, et non aux nôtres (Phil. 2. 19 à 21). Le Seigneur a des intérêts dans l’Assemblée même, qui est chère à Son cœur. Nous devons nous attacher, avec les forces qu’Il nous donne, à maintenir, dans l’Assemblée, Ses intérêts, pour que Sa gloire y soit manifestée.

Durant la conquête de Canaan, le peuple devait revenir à Guilgal (le lieu où l’opprobre de l’Égypte avait été roulé de dessus eux), pour y reprendre des forces, dans l’humilité. C’est en revenant sans cesse au pied de la croix, que nous serons amenés à rester humbles, tout en étant occupés des intérêts du Seigneur.

Le conseil du Seigneur d’acheter des « vêtements blancs » parle de la pureté du Seigneur (le Dieu saint), et de justice pratique : les « bonnes œuvres préparées à l’avance » placées devant nous (Éph. 2. 10). Les prétendues bonnes œuvres qu’un homme fait dans son état naturel, sont, devant Dieu, « comme des vêtements souillés » (És. 64. 6).

Les fidèles de Sardes sont revêtus de vêtements blancs (v. 4). Le Seigneur Lui-même est la plus belle robe du ciel revêtant le vrai croyant. Le Seigneur désire que la nudité de Laodicée « ne paraisse pas » (v. 18). La profession chrétienne peut faire illusion. On peut être paré du nom de Christ, et plus tard, être « trouvé nu » (2 Cor. 5. 3). L’Église professante fera illusion jusqu’à l’enlèvement de la vraie Église au ciel. C’est alors que sa « nudité » paraîtra, portant le caractère de « Babylone » que le Seigneur détruira (ch. 17 et 18). Aujourd’hui, Laodicée fait encore partie de ce qui porte, extérieurement, le nom de Christ ; et Il s’occupe d’elle (v. 19), car, si « le jugement commence par la maison de Dieu » (1 Pier. 4. 17), Il discipline tous ceux qui lui appartiennent (Héb. 12. 6 et 7). Que cela nous encourage.

Le « collyre » désigne le Saint Esprit donnant au croyant de voir les choses selon Dieu (2 Rois 6. 14 à 18 ; Éph. 1. 18 ; 1 Jean 2. 20). « Aie donc du zèle et repens-toi » : s’exhorter à ne pas tarder à nous repentir dès que notre conscience est touchée : soit pour la conversion, soit pour reconnaître nos fautes et les abandonner.

Que nous portions les caractères du Seigneur, comme en Colossiens 3. 12 à 14, où l’on retrouve l’action du Père, du Fils et du Saint Esprit. Notre état spirituel doit permettre au Saint Esprit d’être à l’aise en nous : sinon, nous pouvons « éteindre » Son action.

Le Seigneur dit à Laodicée, dans sa généralité : « Je vais te vomir de ma bouche » ; mais cela ne s’adresse pas aux fidèles qui s’y trouvent et qu’Il veut réveiller. Si, à Sardes, il se trouvait encore « quelques noms » de fidèles, à Laodicée, l’appel se fait encore plus individuel. « Si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (v. 20). Le Seigneur ne peut plus se tenir au milieu de Laodicée ; Il est dehors, et Il frappe, à la fois à la porte de l’assemblée et à la porte des cœurs. Et si une âme entend et Lui ouvre, le Seigneur entre et partage Sa joie avec cette âme, dans une communion intime avec elle. N’est-ce pas important pour nous ? Le souper est un repas tardif, dans la nuit. Il est tard, dans l’histoire de l’Assemblée ; mais le Seigneur appelle encore à une communion intime avec Ses bien-aimés : ouvrons-Lui nos cœurs. La table de la communion, encore dressée pour les fidèles, en présence des ennemis (Ps. 23. 5 et Jean 14. 23) appelle encore à une communion pratique avec le Seigneur, en gardant Ses commandements.

La promesse est là : « J’entrerai chez lui ». Le Seigneur ne force pas la porte : c’est nous qui devons ouvrir dès qu’Il frappe. La Bien-Aimée du Cantique des cantiques, ayant pris ses aises, avait tardé à ouvrir, et son Bien-Aimé avait passé plus loin. Le Bien-Aimé frappe à la porte, et il parle : « Ouvre-moi » et il lui montre sa main à travers le guichet. Notre Seigneur nous montre toujours Ses mains percées par amour pour nous. Nous, Ses brebis, nous connaissons Sa voix qui nous attire ; mais c’est nous qui disposons du « verrou » de notre cœur. Si nous entendons Sa voix, sommes-nous disposés à Lui ouvrir ?

À Laodicée, la promesse faite au vainqueur, c’est de s’asseoir sur le trône du gouvernement du Seigneur sur le monde, en Sa compagnie : c’est une récompense publique différente de la promesse faite à Philadelphie (v. 12). Actuellement, le Seigneur ayant vaincu les ennemis, s’est assis sur le trône du Père comme Sacrificateur (Héb. 5. 6 ; 8. 1 ; 12. 2). Durant le millénium, Il sera assis sur Son trône, comme Roi et Sacrificateur (Zach. 6. 12 et 13) et les fidèles de Laodicée Lui seront associés.

Les chapitres 4 et 5 parlent beaucoup du trône de Dieu.

Ch. 4

Jean a écrit : les choses qu’il a vues (le Seigneur revêtu de la justice divine) ; les choses qui sont (le jugement que le Seigneur porte sur l’état de l’Assemblée, au cours de son histoire encore actuelle (ch. 2 et 3) ; et les choses qui doivent arriver après celles-ci (le jugement du monde (ch. 4 jusqu’à la fin).

Ces jugements ne commencent qu’au ch. 6 ; les ch. 4 et 5, ne sont qu’un prélude à ces jugements. Les trois premiers chapitres montrent les choses qui se passent sur la terre.

Une grande voix derrière Jean, lui dit : « Monte ici » (v. 1) : cela peut représenter l’enlèvement de l’Église au ciel ; c’est dans cette haute position que Jean voit les choses à venir. Tout d’abord, il voit les anciens (symboliquement, les croyants de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament) adorer le Dieu créateur (ch. 4. 10 et 11). Puis, au ch. 5. 9, il voit les anciens adorer le Dieu rédempteur. C’est, pour Jean, un changement complet de sphère de la vision. Les choses terrestres sont passées ; et c’est depuis le ciel qu’il a vu « les choses qui doivent arriver après celles-ci ».

La voix qu’il entend est puissante « comme d’une trompette » (ch. 1. 10 ; ch. 4. 1). Au-delà des jugements, la grâce est encore là, manifestée par la vision de « l’arc-en-ciel… semblable à une émeraude » (v. 3). C’est le signe de l’alliance de Dieu avec l’homme (Gen. 9. 12 à 17), et dont Dieu se souvient en grâce, même dans Ses jugements. L’émeraude (pierre verte), est le symbole que Dieu protégera la nature « assujettie à la vanité » des hommes (Rom. 8. 19 à 22). « Maudit est le sol à cause de toi » (Gen. 3. 17). Mais la terre sera affranchie au jour de la gloire des enfants de Dieu. La portée définitive des jugements s’effectuera après le millénium. Alors, il y aura l’état éternel.

En Ézéchiel (ch. 1. 15 à 21), est dévoilé « le char du gouvernement de Dieu » allant et venant sur la terre ; et aux v. 26 à 28, nous avons une préfiguration prophétique du trône que Jean a vu. Et sur ce trône « une ressemblance comme l’aspect d’un homme, dessus, en haut » (cf. Éz. 1. 26). Dieu révèle les vérités progressivement. Après avoir donné la loi à Moïse, Dieu fait monter vers Lui, Aaron Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens ; mais ceux-ci ne voient que ce qui était sous les pieds de l’Éternel (Ex. 24. 1 ; v. 9 et 10). En Ézéchiel, les choses sont plus précises, et le sont encore plus dans l’Apocalypse.

Si les sept lampes d’or symbolisaient la lumière divine que l’Assemblée devait faire briller sur la terre, les sept lampes de feu parlent de la plénitude des jugements de Dieu, sur « ceux qui habitent sur la terre ». « Du trône sortent des éclairs et des voix et des tonnerres » (v. 5), manifestant la colère de Dieu s’apprêtant à juger le monde qui, obstinément et de tout temps méprise la grâce divine.

Créateur de toutes choses, et des hommes, Dieu revendique Sa gloire de Créateur dans le jugement des incrédules, et Il a donné tout le jugement au Fils de l’homme (Act. 17. 30 et 31) ; Il parle très fort aux hommes, par les circonstances difficiles qu’ils connaissent. Il convient d’élever nos pensées (de monter en haut, comme Jean), pour voir les choses avec les yeux de Dieu.

Au temps de l’Église, nous connaissons le trône de la grâce (Héb. 4. 14 à 16). Dans l’histoire d’Israël, le trône du gouvernement de Dieu était à Jérusalem (Jér. 3. 17). Actuellement, le Seigneur gouverne depuis le ciel. Durant le millénium, Son trône sera de nouveau à Jérusalem. L’aspect du trône (ch. 4. 3) : « semblable à une pierre de jaspe et de sardius » (pierre rouge), rappelle la rédemption par le sang de Christ. Il évoque aussi le siège de la gloire et de la royauté du Seigneur : tout, ici, est majestueux, et tout dit gloire.

Les vingt-quatre anciens sont assis sur des trônes, comme rois et sacrificateurs, ce qui évoque peut-être les vingt-quatre classes de sacrificateurs établies par David. Pécheurs, nous étions « assis sur le fumier ; et Dieu nous a fait asseoir avec les nobles ». Si la terre nous méprise comme croyants, Dieu nous accueille au troisième ciel, en Sa présence, comme Paul en 2 Corinthiens 12. 1 à 4. Dieu nous ouvre des « portes dans le ciel » (v. 1), pour nous encourager, car les jugements terribles qui sont préparés pour le monde incrédule, seraient effrayants, même pour nous qui en serons épargnés. Mais le Seigneur se présente à nous, et pour nous, comme l’agneau qui a été immolé, ayant « les sept Esprits de Dieu », dans ses sept aspects, révélés en Ésaïe 11. 2.

Les éclairs, les voix, les tonnerres, sortant du trône du gouvernement de Dieu (v. 5), avertissent que les jugements s’apprêtent à tomber sur le monde incrédule. Les croyants, eux, sont à l’abri des jugements : leur purification définitive de toute souillure est symbolisée par la « mer de verre semblable à du cristal » (v. 6). Elle rappelle la « mer », grand bassin plein d’eau placé devant le temple, où les sacrificateurs devaient se laver les mains et les pieds, avant d’entrer en service. Mais ici, la pureté des saints est comme solidifiée, immuable.

Les anciens, symbolisant les croyants de tous les temps, sont assis sur vingt-quatre trônes, vêtus de blanc et ayant des couronnes d’or : ils sont tranquilles, sans crainte, revêtus de la pureté de Christ, et participant à la royauté du Seigneur dans Son gouvernement du monde.

Ces choses grandioses sont placées devant nous pour nous rassurer, avant de nous dévoiler les terribles jugements destinés aux impies de la terre. Les « quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière » jugent ce qui est à venir et ce qui est passé (v. 6). Et ils ont aussi une plénitude d’intelligence en toutes choses, car ils sont « pleins d’yeux tout autour et au-dedans » (v. 8). Rien n’est caché au regard de Dieu. Ils ont aussi « six ailes » qui les assimilent aux séraphins d’Ésaïe 6.

Ils symbolisent les caractères divins en jugement : la dignité et la puissance souveraines du Juge : le lion ; la stabilité patiente mais inexorable du veau (ou du bœuf), qui va de l’avant, dans le chemin droit de la justice ; la pleine intelligence en jugement (l’homme) ; et enfin, la vue perçante de l’aigle et sa rapidité pour fondre sur sa proie, depuis le haut des airs.

Ces jugements annoncés ont pour but de purifier la terre en vue de l’établissement du royaume millénaire de Christ. Ces quatre animaux sont symboliques : ils peuvent représenter des anges, ou les croyants dans la gloire céleste, servant à exécuter les jugements sur la terre : « Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (1 Cor. 6. 1 à 3). Ils peuvent aussi symboliser les quatre classes de la création : l’homme ; les animaux domestiques ; les animaux sauvages et les oiseaux : Dieu est vu comme Créateur.

En Ésaïe 6, ces séraphins se trouvent autour du trône de la sainteté de Dieu, et Ésaïe en est épouvanté, se sachant impur. Mais un des séraphins purifie le prophète et fait propitiation pour lui. Le Dieu saint est aussi le Dieu de la grâce.

En Apocalypse 4, le trône est vu comme le trône du gouvernement divin sur la terre. En Ézéchiel 1, et ch. 10. 8 à 17, quatre animaux symboliques (des chérubins), ont quatre « ailes » (pour le ciel), et des « roues » (pour le gouvernement de la terre). Au ch. 10. 2, 4 et 18, la gloire de Dieu quitte le temple et remonte au ciel. En Apocalypse 4, le jugement vient du ciel.

En Apocalypse 4. 8, les quatre animaux rendent gloire au Dieu créateur, dans Ses divers caractères révélés dans l’Ancien Testament. Les anciens, alors, adorent en se prosternant devant le même Dieu Créateur, mais avec une plus grande intelligence de Celui qu’ils connaissent, comme leur « Seigneur » et leur « Dieu », en jetant leurs couronnes devant le trône (v. 10 et 11).

Dans le Nouveau Testament, le Seigneur avec *, correspond à l’Éternel de l’Ancien Testament. Le nom de Père, réservé aux croyants, n’est pas mentionné dans l’Apocalypse, livre de jugements sur le monde incrédule.

Ces mêmes anciens, adorent le même Dieu, mais comme le Rédempteur (ch. 5. 14). Au ch. 4, ils jettent leurs couronnes devant le trône du Créateur : ces couronnes montrent la royauté de celle qui est réservée comme l’Épouse de l’Agneau (ch. 19. 7). Ils reconnaissent la grâce dont ils sont les objets, en rendant leurs couronnes à Celui qui seul en est digne (v. 11), oubliant leur propre royauté, dans leur bonheur de louer la gloire de Dieu.

Si Dieu nous ouvre « une porte dans le ciel » (v. 1), à nous qui sommes les objets de Sa grâce, c’est pour nous avertir de nous séparer moralement de ce monde sur lequel de grands jugements vont tomber. Ainsi que les anciens adorant le Dieu créateur et le Dieu rédempteur (ch. 4 et 5), notre adoration doit en tenir compte (Rom. 11. 33 à 36). Colossiens 1. 16 révèle que la création est l’œuvre de Dieu pour Son Fils. C’est le théâtre où l’œuvre du Seigneur s’accomplira en rédemption, et où Il régnera en gloire.

Ch. 5

C’est le Dieu tout-puissant qui est assis : c’est un titre ; et Il tient dans sa droite « un livre, écrit au-dedans et sur le revers, scellé de sept sceaux » (v. 1). Le Seigneur avait rappelé aux Juifs : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5. 17). Mais, la rédemption accomplie, Dieu se repose dans Sa majesté ; et la main de Sa puissance tient un livre écrit de façon complète : le ch. 22. 18 et 19 avertit qu’on ne doit rien ajouter, ni rien retrancher à ce livre.

Au v. 6, le Seigneur Jésus apparaît « comme un agneau qui se tenait là, comme immolé » : c’est avec ses mains percées qu’Il prend le livre. Au v. 2, « un ange puissant » pose une question solennelle : « Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? » Aucune créature n’a cette dignité : le livre des jugements, seul le Seigneur a le droit de l’ouvrir.

Et c’est un ancien, symbole des rachetés, qui révèle à Jean la puissance royale du lion qui a vaincu tous les ennemis. Ce « lion » se retrouve en Genèse 49. 9, en Proverbes 30. 30 et en Amos 3. 8. Adoré comme Créateur (ch. 4), Il est, ici, adoré dans Sa dignité et Sa gloire de rédempteur.

Au ch. 4, on trouvait le Seigneur sur Son trône, les anciens et les quatre animaux. Au ch. 5, sont présents : Dieu, le Seigneur, les quatre animaux associés aux anciens dans l’hommage à l’agneau (v. 8), et les anges (v. 11). Au v. 8, on voit les anciens intercédant pour les saints de la grande tribulation : les coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints ». Le livre des jugements porte ce caractère, déjà en Ézéchiel 2. 10. Il en sort « des lamentations, et des plaintes, et des gémissements ». Écrit de façon complète, il est aussi scellé de sept sceaux : nul ne peut l’ouvrir, sinon le Seigneur comme Juge.

Les larmes que Jean verse montrent qu’il est encore sur la terre, en proie à une émotion humaine. Pas plus que les anges, dans cette scène, Jean ne voit par lui-même « le lion » qui a vaincu pour ouvrir les sceaux. Il est plutôt comme un prophète de l’Ancien Testament, sondant les choses divines (1 Pier. 1. 10 et 11).

Les anciens, (les rachetés), ont cette intelligence ; et ce sont eux qui adorent et chantent ; les anges disent la dignité de l’Agneau (v. 11 et 12) : ils sont puissants et obéissent à Dieu (Ps. 103. 20). Mais ils n’ont pas « l’intelligence » des pensées de Dieu. Les chapitres suivants montrent les jugements en rapport avec la dignité du Seigneur, comme Créateur et Rédempteur.

Que les hommes qui refusent la grâce sont responsables ! Le Père a donné au Fils toute autorité de juger (Jean 5. 22). L’héritage du monde appartient à Dieu, le Créateur, et Il l’avait confié à Adam. Mais la faillite morale de l’homme étant consommée, Satan s’est emparé de l’héritage, comme « prince de ce monde ».

L’héritage revient de droit au Seigneur seul : « Il faut qu’Il règne ». L’Apocalypse décrit comment le Seigneur arrachera l’héritage à Satan. L’accomplissement de tous les conseils de Dieu se trouve dans ce livre (Éph. 1. 10 et 11). À nous, associés en grâce au Seigneur (premier-né entre plusieurs frères), le Saint Esprit ouvre l’intelligence spirituelle pour que nous comprenions ces choses si élevées concernant la gloire du Seigneur.

« Racine et postérité de David » : Racine, Il en est l’origine comme Roi (Act. 2. 34 et 35) ; mais comme postérité de David, le Seigneur s’est fait homme, né dans la famille royale, et garde éternellement ce caractère de « Fils de l’homme », vrai fils de David (Ps. 110. 1). Il a été crucifié comme homme, tout en restant pleinement Dieu. Et, en tant qu’Agneau immolé, Il revendique Son royaume lui appartenant de toute éternité.

Au ch. 4, Jean voit les anciens couronnés d’or, associés au Roi dans Son gouvernement de la terre par les jugements. Ceux-ci nous sont révélés pour que nous sachions ce à quoi nous serons associés avec le Seigneur. Jean a vu le lion vainqueur, mais le Seigneur est révélé dans Son caractère d’Agneau, image de la faiblesse, « la faiblesse de Dieu plus forte que les hommes » (1 Cor. 1. 25), et le Seigneur est « descendu dans les parties inférieures de la terre » (Éph. 4. 9).

Au ch. 5, n’étant plus assis sur des trônes, les anciens, associés au trône de Dieu, se prosternent. Le Seigneur est au milieu du trône, des animaux, des anciens et des anges. Sur la croix, au milieu des malfaiteurs – et maintenant au milieu des Siens assemblés.

« Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29). La gloire de l’Agneau, c’est d’avoir été immolé. Ses « sept cornes » et ses « sept yeux » sont « les sept Esprits de Dieu » : plénitude de la puissance et du discernement divins. Identifié à la « Parole » vivante (Jean 1. 1), le Seigneur, qui est Dieu, discerne nos pensées les plus secrètes (Héb. 4. 12 et 13). Et « l’Agneau immolé », ayant le plein discernement de ce qui se passe dans le monde, est envoyé sur toute la terre pour juger les hommes (v. 6).

Il est au milieu du trône, des animaux, des anciens et des multitudes d’anges introduits ici (v. 11). Sur la croix, Il a été au milieu des malfaiteurs ; et dans l’Assemblée, Il est au milieu de ceux qui se réunissent à Son nom.

Parfaite réponse à la question de l’ange (v. 2), il est la consolation de Jean qui « pleurait fort » ; et Son rôle de juste Juge se matérialise aux v. 6 et 7, où Sa puissance, Ses droits et Sa gloire sont pleinement établis pour pouvoir ouvrir les sept sceaux. Alors, dès « qu’Il eut pris le livre… les quatre animaux et les vingt-quatre anciens tombèrent sur leurs faces devant l’Agneau » (v. 8), et il s’ensuit la louange universelle (v. 11 à 14).

La part des rachetés est plus excellente, mais leur responsabilité est plus grande. L’action des animaux, dans ces scènes, est en rapport avec les caractères divins en jugement, décrits au ch. 4 : puissance, fermeté, intelligence et rapidité. Liés aux vingt-quatre anciens dans les jugements, ils en prennent l’initiative. Les vingt-quatre anciens ont des harpes pour chanter le cantique nouveau de la rédemption, comme adorateurs. Suivant les circonstances où il est chanté, le cantique nouveau prend différentes significations.

Dans le culte, c’est la gloire du Seigneur, dans ce qu’Il est et dans ce qu’Il a fait pour Dieu et pour nous qui doit être en vue : « Tu es digne ». Les harpes, introduites dans le culte juif par David, servaient à la louange dans le temple (Ps. 147. 1 et 7). Dans l’Assemblée chrétienne, on ne trouve pas d’instruments de musique : le culte consiste à « chanter de nos cœurs à Dieu dans un esprit de grâce » (Col. 3. 16). Le Saint Esprit « pince habilement » les cordes de la harpe de nos cœurs. Dieu entend nos actions de grâces ; mais Il entend aussi la « musique » de nos cœurs, s’ils chantent vraiment avec joie (Jean 20. 20).

Les anciens ont aussi des « coupes d’or pleines de parfums » : ils sont sacrificateurs pour donner efficace aux prières des saints persécutés sur la terre, durant la grande tribulation. Certains, parmi eux seront mis à mort pour leur fidélité (ch. 6. 9). Les saints célestes de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament sont glorifiés (les anciens). Mais il y aura des saints terrestres (Juifs et des nations) qui traverseront la grande tribulation, ayant besoin de prières efficaces (ch. 8. 3 et 4), avant le royaume du Seigneur. Bien qu’Il soit glorifié dans le ciel, le Seigneur n’a pas encore reçu Son royaume, et il y aura encore des saints sur la terre. Ensuite, Il régnera durant mille ans et, enfin l’état éternel sera établi.

La prière est, devant Dieu « l’encens, l’élévation des mains comme l’offrande du soir » (Ps. 141. 2) ; et est « agréable » à Dieu (Prov. 15. 8). Ne nous lassons pas dans la prière.

Le v. 9 résume l’œuvre de la croix : l’Agneau a été immolé et a acheté pour Dieu… des hommes de toutes les nations : le salut est offert à tous les hommes. Après Sa résurrection, le Seigneur a commandé d’apporter l’évangile à toutes les nations (Marc 16. 15). Dans la louange universelle décrite dans ce chapitre, seuls, les anciens chantent le cantique des rachetés. Les autres créatures rendent hommage d’une manière différente : la création même « toutes les choses qui y sont » proclame la rédemption dont elle est l’objet, après avoir été soumise à « la vanité », à cause du péché (Rom. 8. 18 à 22).

Alors, durant Son règne de mille ans, Christ établira la paix universelle entre toutes les créatures terrestres (És. 11 et 65). La rédemption des hommes et de la création repose tout entière sur l’œuvre de la croix. Il est difficile d’identifier qui sont ces créatures qui sont « au-dessous de la terre » (v. 13). Mais l’accent est mis sur le fait que la louange est universelle. On trouve déjà que tous les êtres « célestes, terrestres et infernaux » se prosternent, en Philippiens 2. 10 et 11. Le Seigneur est le centre des conseils de Dieu et de la gloire, aux yeux de tout l’univers.

Ch. 19

Les « noces de l’Agneau sont venues » (v. 7), mais n’auront lieu qu’après la destruction de « Babylone », la fausse église (ch. 17), et de tout le système du monde organisé sans Dieu (ch. 18). Ces choses arriveront après l’enlèvement de la vraie Église, et notre comparution devant « le tribunal de Christ ». Alors, l’Épouse de Christ, dans le ciel, est à l’abri des jugements.

L’injonction du ch. 18. 4 et 5 s’adressera aux fidèles qui seront sur la terre à ce moment-là. Nous avons pour nous, la même exhortation en 2 Corinthiens 6. 17 et 18. Le Seigneur a prié Son Père de nous garder du mal (Jean 17. 15), et nous ne devons pas participer aux péchés du monde. Le jugement de « la grande prostituée » fait éclater la joie dans le ciel (ch. 18. 20 ; 19. 1 et 2).

Les vrais croyants étant enlevés au ciel, l’église professante, sans vie, continuera sur la terre, en progressant dans le mal, s’appuyant sur l’homme, et non sur Christ. « Le mystère d’iniquité opère déjà » (2 Thess. 2. 6 et 7) : encore caché au sein même de l’Église (Apoc. 2. 20 et 21), il sera révélé après l’enlèvement des vrais croyants. Alors, « une énergie d’erreur » sera envoyée de Dieu à ceux qui auront refusé de croire à la vérité pour être sauvés (cf. 2 Thess. 2. 11 et 12).

Actuellement, il y a encore, sur la terre, « Celui qui retient » le déferlement du mal, conjointement à « ce qui retient ». Nous devons nous tenir devant notre Seigneur, car des choses délétères, encore plus ou moins cachées, se produisent déjà dans le monde : la magie, en particulier (ch. 18. 23). L’orgueil et la prétention de « Babylone » se manifestent en dominant pour un temps la « bête » et les rois de la terre (ch. 17). Mais très vite, les rois et la Bête s’en débarrassent et la dépouillent de sa domination (v. 15 à 17), sans doute à la moitié de la « semaine d’années » de Daniel : alors se produira la grande tribulation. Puis, le Seigneur détruira Babylone (18. 21). Le but de la bête et des rois de la terre, c’est de combattre « contre l’Agneau, mais l’Agneau les vaincra » (ch. 17. 13 et 14).

Le v. 1er du ch. 19 : « Après ces choses » montre que la page est définitivement tournée et que, désormais, « les noces de l’Agneau » peuvent se réaliser, et les alléluias retentissent dans le ciel où « une foule nombreuse » se réjouit (v. 1 et 6). Ce sont les seuls Alléluias du Nouveau Testament. On en trouve au Psaume 104. 35. Les vingt-quatre anciens et les quatre animaux rendent hommage à Dieu qui est assis sur le trône, et non à l’Agneau (Apoc. 18. 4), et ajoutent : « Amen » (Ainsi soit-il). Nos « amen », signe de notre association à ce qui a été dit, sont souvent bien faibles ! Le Seigneur disait souvent : « En vérité, je vous dis ». Cela voulait dire : « Amen, je vous dis ».

Les « noces de l’Agneau » ne sont pas détaillées, car l’objet principal de l’Apocalypse, ce sont les jugements de la terre, et la prise de possession du royaume par le Seigneur. Ces terribles jugements tombant sur les hommes sont les conséquences de leur incrédulité obstinée. Alors, ces jugements sont « véritables et justes » (v. 2). Durant le règne du Seigneur, Satan, enchaîné dans l’abîme, ne pourra plus nuire aux hommes. Cependant, il restera des ennemis qui se « soumettront en dissimulant » (2 Sam. 22. 45 ; Ps. 18. 44).

À la fin du règne, Satan, libéré de sa prison, entraînera ces ennemis irréductibles dans une dernière révolte contre le Seigneur, qui les détruira (ch. 20. 1 à 3, 7 à 10). La patience de Dieu a attendu longtemps, mais elle aura sa fin (Joël 3. 13 ; Apoc. 14. 15) ! Dieu, à la fin, endurcit les cœurs qui s’obstinent contre Lui. Sous les jugements, les hommes blasphèment (ch. 16. 9 ; v. 11 et 21).

Au contraire, les esclaves de Dieu Le louent dans le ciel (v. 5). La mesure spirituelle des rachetés (petits et grands), est différente, mais tous seront remplis de Christ (1 Cor. 15. 40 et 41).

Les vingt-quatre anciens représentent la « femme de l’Agneau » (v. 7) (l’Église), et « les conviés » aux noces (les saints de l’Ancien Testament) (v. 9). Jean le Baptiseur en est un (Jean 3. 29). La « grande voix » (v. 6), souvent en relation avec les jugements (ch. 6 à 18), est ici pour la louange, car le Seigneur est entré dans Son héritage (ch. 11. 16 à 18), d’abord usurpé par Satan. Le « mystère de Dieu », le jugement (son œuvre étrange, son travail inaccoutumé (És. 28. 21) et Sa patience, s’achèvent là (ch. 10. 5 à 7 ; 11. 15). Ce sont les noces de l’Agneau, non du lion, et non les nôtres. Passé, présent et avenir pour l’Église se trouvent en Éphésiens 5. 25 à 27.

Les noces de l’Agneau se dérouleront après l’enlèvement de l’Église, le tribunal de Christ et la destruction de « Babylone ». La joie dans le ciel éclate, car « le Seigneur… est entré dans son règne… et les noces de l’Agneau sont venues » (v. 6 et 7).

Notre espérance repose sur cette perspective future du Seigneur s’unissant à Son Église ; prenant possession de Son héritage ; jugeant les ennemis et nous introduisant dans l’état éternel. C’est le grand but de Dieu. Dieu a dit, en Genèse 2. 18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Dieu a préparé une Épouse à Son Fils. Bien que l’Épouse soit destinée à ces glorieuses noces avec l’Agneau de Dieu, ce sont essentiellement « les noces de l’Agneau » (Mat. 22. 2).

En Genèse 24, Éliézer est envoyé chercher une épouse pour Isaac. Et dans la parabole de Matthieu 25. 10, le Seigneur vient chercher son épouse qui entre aux noces avec Lui. Est-ce déjà, pour nous un sujet de joie ? « Sa femme s’est préparée ; et il lui a été donné d’être vêtue de fin lin, éclatant et pur, car le fin lin, ce sont les justices des saints » (v. 7 et 8). Notre responsabilité actuelle, c’est de tisser les glorieuses beautés de son vêtement d’Épouse de l’Agneau, par nos actes de justice « Mais cela « lui a été donné » (v. 8 ; Éz. 16. 14). C’est Dieu qui produit en nous « le vouloir et le faire » ; et c’est le Seigneur qui prend soin de Sa future Épouse, afin de Se la présenter parfaite, de sa perfection à Lui (Éph. 5. 25 à 27). « Marchez comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8). La beauté de la robe de l’Épouse n’est faite que de ce que Christ produit Lui-même. Comme Ève a été amenée à Adam, l’Épouse sera présentée à Christ.

Au contraire, « Babylone » (la prostituée) s’est vêtue elle-même (ch. 18. 16) avec « les abominations de la terre » et est devenue « le repaire des démons ». Satan s’acharne à produire des contrefaçons de ce que Dieu fait : les vêtements de la fausse épouse par rapport à la vraie ; le cheval blanc et celui qui le monte au ch. 6. 2, par opposition à Celui qui apparaît au ch. 19. 11 (le Seigneur). Les magiciens de l’Égypte imitaient les signes que faisait Moïse de la part de Dieu. La « bête » du ch. 13. 13, fera descendre le feu du ciel comme faisait Élie. Il y aura la « trinité » satanique : le dragon, la bête et le faux prophète.

Les « bienheureux conviés aux noces de l’Agneau » sont les saints de l’Ancien Testament comptés parmi les « vingt-quatre anciens » : les « esprits des justes consommés » (Héb. 12. 22 et 23) , comme Jean le baptiseur (l’ami de l’Époux). L’Église seule est l’Épouse, et les noces de l’Agneau ont lieu dans le ciel. Sur la terre, les noces du Roi auront lieu avec le résidu juif pieux, à l’aube du millénium. Et ceux des nations ayant refusé de prendre la marque de la bête et qui auront subi « la grande tribulation », « régneront avec le Christ mille ans » (ch. 20. 4), sur la terre. Les anges qui sont des serviteurs (des esclaves de Dieu), ne sont pas des « conviés » aux noces.

Un « cantique nouveau » est chanté par les saints célestes au ch. 5. 9. Il est aussi chanté par les saints terrestres, au ch. 14, qu’ils apprennent du ciel. Ce cantique a plusieurs portées distinctes, exprimées par ceux qui le chantent, selon les choses concernant ces différentes compagnies de croyants.

En Apocalypse, Jean est vu comme un prophète, serviteur et esclave comme l’ange (ch. 19. 10), bien que par leur position respective quant à la rédemption, leur relation à Dieu soit toute différente. Ainsi que Jean commettant cette erreur de se prosterner aux pieds de l’ange, l’Église professante s’est dévoyée, durant son histoire, en adorant les anges, qui sont des créatures (Col. 2. 18). Jean répétera la même erreur au ch. 22. 8 et 9, et recevra la même répréhension. En Actes 10. 25 et 26, Corneille se prosterne aux pieds de l’apôtre Pierre, qui doit le reprendre aussi. Nous-mêmes avons souvent besoin des mêmes leçons, répétées plusieurs fois. L’adoration n’appartient qu’à Dieu seul.

« L’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus » (ch. 19. 10). Un tiers de la Parole de Dieu est occupé par la prophétie ; et le « témoignage de Jésus » se trouve aussi dans l’Ancien Testament, mettant en évidence l’accomplissement de toutes les promesses, glorieuses et divines, concernant « l’Héritier », le Seigneur Jésus. L’Esprit de Christ animait déjà les prophètes de l’Ancien Testament. Aimons donc la prophétie : c’est le témoignage de Jésus.

Jusque-là, les jugements étaient exécutés par des anges. Mais ici, le Seigneur apparaît Lui-même dans toute Sa puissance et Sa pureté en justice divine (le cheval blanc), pour un dernier combat guerrier, avant d’établir Son royaume de mille ans. « Une épée aiguë à deux tranchants sort de Sa bouche, afin qu’Il en frappe les nations » (v. 15). Il triomphe des ennemis qui sont détruits ; et les deux « bêtes » sont jetées dans l’étang de feu. Enfin, Satan est lié (ch. 20), durant le millénium, qui sera un règne où la justice exécutive s’exercera chaque matin, envers ceux qui auront péché (Ps. 101. 8).

Au baptême de Jean, le ciel s’est ouvert pour contempler le Seigneur Jésus sur la terre (Mat. 3. 16). En Actes 7. 56, il s’est ouvert pour qu’Étienne, martyrisé, contemple le Seigneur « debout à la droite de Dieu ». Ici, le ciel s’ouvre (v. 11), pour que le Seigneur en sorte afin de détruire les ennemis, car Dieu Lui a donné tout le jugement (Jean 5. 27).

« Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin, blanc et pur » (v. 14), comme les vêtements de l’Épouse (v. 8). Ces « armées » sont essentiellement constituées par les saints célestes escortant le Seigneur dans son combat triomphant. Les anges s’y trouveront aussi (2 Thess. 1. 7 à 10). Cependant, seul le Seigneur combat par l’épée de Sa bouche : les saints jugeront le monde judiciairement (ch. 20. 4). Ésaïe 11. 4 montre la continuité des Écritures, en dévoilant le Seigneur, frappant « la terre avec la verge de sa bouche ». Ici, nous avons le deuxième acte de Sa seconde venue. Au premier acte, Il aura enlevé Son Église auprès de Lui.

Au ch. 1. 16, Il se présentait déjà avec « une épée aiguë à deux tranchants », destinée à Son Église infidèle. Ici, c’est pour détruire les ennemis qui se dressent contre Dieu en blasphémant (ch. 16. 9, 11 et 21). Le Seigneur est appelé ici, « la Parole de Dieu » (v. 13), comme en Jean 1. 1.

Le Dieu éternel intervient pour combattre les ennemis innombrables, en un lieu appelé « Armagédon » (ch. 16. 16), en Israël. Aussi nombreux soient-ils, ils sont vaincus par la puissance triomphante du Seigneur. Comme au ch. 1. 14, « ses yeux sont une flamme de feu » (rien n’est caché pour Lui) ; et « sur sa tête il y a plusieurs diadèmes » (Ps. 21. 3). Sa gloire éclate dans Son triomphe définitif. « Il porte un nom écrit que nul ne connaît » (v. 12). Pourtant, au v. 16, « Il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père » (Mat. 11. 27) : sa nature intime est impénétrable. Gardons-nous de toute « familiarité » déplacée avec Celui qui, par pure grâce, nous appelle « ses frères » (Jean 20. 17) : Il serait inconvenant de l’appeler « notre Frère », bien que ce soit vrai.

Lorsque le Seigneur lui apparaît, Jean « tombe à ses pieds comme mort » (ch. 1. 17). N’oublions pas qu’Il est en même temps, parfaitement Dieu et parfaitement Homme. Son retour pour enlever Son Église, puis pour établir Son règne de gloire en puissance, est un sujet de profonde joie. Pensons au retour de l’arche en Israël (2 Sam. 6. 12 et 19). Son « vêtement est teint dans le sang » (v. 13), dévoilant un jugement guerrier, terrible et complet (És. 63. 1 à 3). Nous sommes peu habitués à considérer le Seigneur sous cet aspect. Mais le jugement fait partie de Sa gloire (Rom. 12. 19).

À Son Église, témoin infidèle, Il s’était montré comme « le Témoin fidèle et véritable ». En. face des ennemis, Il est révélé comme « fidèle et véritable » (v. 11). Comme en Jean 1. 1, le Seigneur est manifesté comme étant « la Parole » : Il est appelé ainsi de toute éternité. La Parole est apparue dans le monde, apportant « la grâce et la vérité » à salut (Jean 1. 17) : le jugement a été repoussé à plus tard (Jean 12. 47 et 48). C’est dans notre chapitre que le moment est venu, pour la « Parole de Dieu », d’agir en jugement.

Soyons reconnaissants de ce que nous sommes dans la période où la grâce est encore présentée aux hommes, et de ce que nous sommes venus au Seigneur, la « Parole », révélée en grâce. Aux v. 17 et 18, d’innombrables oiseaux de proie sont appelés au « grand souper de Dieu » (És. 34. 15 et 16), pour dévorer la chair de ces multitudes d’ennemis morts, étendus sur la terre d’Israël, tous ayant refusé de se soumettre de cœur au Seigneur. Ce souper fait contraste avec celui de Luc 14. 21 et 22, le souper de la grâce de Dieu.

Les deux bêtes du ch. 13 : celle qui « monte de la mer », chef de l’empire romain reconstitué ; et celle qui « monte de la terre » d’Israël, l’Antichrist, le faux prophète, ayant fait des miracles afin de séduire les hommes et de les pousser à honorer la première bête, ont assemblé leurs armées « afin de livrer combat à celui qui était assis sur le cheval et à son armée » (v. 19).

Mais le combat projeté n’a vraisemblablement pas lieu : subitement, ces deux hommes possédés de Satan, sont « jetés vifs dans l’étang de feu », par le Seigneur Lui-même, apparaissant dans toute Sa puissance, Sa justice et Sa majesté – vengeance divine terrifiante contre eux : l’étang de feu, « préparé pour le diable et ses anges » (Mat. 25. 41), est inauguré par deux hommes qui y sont jetés les premiers, mille ans avant le diable ! « Le reste fut tué par l’épée de Celui qui était assis sur le cheval, laquelle sortait de Sa bouche, et tous les oiseaux furent rassasiés de leur chair » (v. 21 ; Éz. 39. 11 à 16).

Quel contraste avec le souper de la grâce préparé par Dieu pour les croyants ; ou avec « le banquet des noces de l’Agneau » qui aura déjà eu lieu alors (v. 9) ! « Bienheureux » seront ceux-là (v. 9 ; ch. 20. 6). L’Antichrist dont il est question, est décrit en 2 Thessaloniciens 2. 3 et 4, comme « l’homme de péché », « l’inique », « le fils de perdition ». Après s’être opposé ouvertement à Dieu, il se présentera, assis dans le temple, comme étant lui-même Dieu, et séduira les hommes qui l’adoreront : c’est « l’énergie d’erreur pour qu’ils croient au mensonge ».

Ici, associé au chef de l’empire romain ressuscité, il prétend combattre contre le Fils de Dieu ! Mais, ayant perdu de son influence sur le monde, il n’est plus caractérisé que comme « le faux prophète » (v. 20). Ces deux hommes sont jetés dans l’étang de feu, sans passer par la mort, par l’intervention directe du Seigneur accompagné de Ses saints. Les armées des deux bêtes, elles, connaîtront la mort, et comparaîtront, pour être jugées au grand trône blanc. La Parole révèle que, dans l’Ancien Testament, ces deux croyants, Hénoc et Élie, sont entrés vivants au ciel.

Au ch. 20. 1 à 3, le diable est lié par un ange, avec une grande chaîne », et jeté dans « l’abîme » où il est scellé, « afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ». C’est l’ultime épreuve à laquelle Dieu va soumettre les hommes : délivrés de l’influence de Satan durant les mille ans du règne de Christ, le cœur des hommes incrédules qui se seront soumis « en dissimulant », ne sera pas changé.

À l’issue de ce règne millénial, Satan, délivré de sa prison, séduira de nouveau les ennemis de Dieu, qui se rassembleront de nouveau, cherchant à détruire « le camp des saints et la Cité bien-aimée » (v. 7 à 9). « La clé de l’abîme » du v. 1, sert à l’ange, ici, pour fermer l’abîme sur Satan. Au ch. 9. 1 et 4, la même clé avait été donnée à « une étoile tombée du ciel sur la terre », avec laquelle elle avait ouvert le même abîme, d’où étaient sorties des « sauterelles » chargées de nuire « aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leurs fronts ». L’abîme, qu’il ne faut pas confondre avec l’étang de feu, est un lieu mystérieux où se trouvent les démons (2 Pier. 2. 4 ; Luc 8. 30 et 31). « Le dragon, le serpent ancien, le diable, Satan » ces différents noms dévoilent les caractères de ce grand ennemi : puissance maléfique, séducteur, rusé, calomniateur, accusateur des frères et enfin, adversaire. Sa méchanceté foncière est déjà dévoilée en Job, où il a cherché à détruire cet homme saint. Mais aussi, au ch. 12 de l’Apocalypse, où il voudra détruire la nation juive. Si nous sommes rebelles à Dieu, le Seigneur peut nous faire passer par « l’école » de Satan, afin de nous ramener à Lui. Satan, vaincu à la croix, sera chassé du ciel (ch. 12. 9) ; Il n’y sera plus jamais.

Le règne de Christ, ne sera pas encore l’état éternel : il y aura encore des méchants qui seront détruits chaque matin (Ps. 101). Au v. 4, trois catégories de croyants se trouvent assis sur des trônes : les vingt-quatre anciens des ch. 4 et 5 : ils sont assis sur juger le monde (1 Cor. 6. 2 et 3). Puis, les martyrs mis à mort pour avoir prêché l’évangile du royaume, avant la grande tribulation (ch. 6. 9 à 11). Enfin, les martyrs de la grande tribulation (ch. 7. 13 à 15). Ceux-ci ayant souffert de terribles épreuves, Dieu en prend soin spécialement (cf. ch. 7. 17). Ces trois compagnies de saints, font partie de la première résurrection (v. 5 et 6).

Ch. 20

Les saints ayant vécu avant et pendant la grande tribulation, feront partie de la première résurrection (v. 4 à 6). « Le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis » (v. 5) : on les trouve au v. 12, jugés définitivement devant le grand trône blanc. Il y a donc deux résurrections : celle des justes dont l’Église fait partie ; et celle des méchants, après le règne du Seigneur (Luc 14. 13 et 14 ; Act. 24. 15 ; 1 Cor. 15. 20 à 25).

Christ en est les prémices ; puis, chacun en « son propre rang » (v. 23). Le reste des morts désigne les incrédules de tous les temps : ils reprendront vie pour le jugement, mais leurs esprits, n’ayant aucune relation vitale avec Dieu, garderont ce caractère moral de mort : c’est « la seconde mort » (v. 14 ; 21. 8). Cependant, tous seront rendus vivants. Les croyants goûteront en perfection les bénédictions éternelles. Et les « morts » connaîtront les peines éternelles dans l’étang de feu. Rendons grâces de ce que le Seigneur S’est fait connaître à nous comme notre Sauveur.

Jean 5. 24 à 29, révèle les deux résurrections, mais comme séparées dans le temps. Ce laps de temps : mille ans, concernant le règne de Christ, doit nous rendre prudents, car Dieu mesure le temps différemment de nous. « Mille ans à tes yeux, sont comme le jour d’hier quand il est passé, comme une veille dans la nuit » (Ps. 90. 4). « Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection : sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ, et ils régneront avec lui mille ans » (v. 6). L’Église, qui est céleste, régnera depuis le ciel avec le Seigneur, et apparaîtra avec Lui (2 Thess. 1. 9 et 10) – tandis que les saints de la période apocalyptique régneront sur la terre (ch. 5. 10). Le Seigneur reviendra et apparaîtra sur la montagne des Oliviers, aux yeux du résidu d’Israël (Zach. 14. 3 à 5).

Quant à l’Église, la Parole dit : « Et je vis la sainte Cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari » (Apoc. 21. 2). Elle garde (même dans l’état éternel), son caractère céleste : bien qu’elle descende du ciel d’auprès de Dieu, elle ne se pose pas sur la terre : nouvelle Jérusalem, Cité spirituelle, elle est comme superposée au-dessus de la Jérusalem terrestre. L’Église est considérée à la fois comme l’Épouse de l’Agneau, et la sainte Cité céleste. Elle partagera la gloire éternelle du Roi, son céleste Époux, qui régnera depuis le ciel, tandis que sur la terre, régnera « le prince », de la part de Christ. Le ciel bénira la terre. Ésaïe parle beaucoup de ces temps de bénédictions futures.

Dans les v. 7 à 10, Satan, délié, séduit une fois de plus les incrédules qui se seront « soumis à Christ en dissimulant » ; ceux qui sont « aux quatre coins de la terre » (v. 8). Leur volonté, c’est de « monter sur la largeur de la terre » : la terre d’Israël ; « et ils environnèrent le camp des saints : le résidu d’Israël ; et la Cité bien-aimée » : Jérusalem (v. 9). Ils veulent détruire le peuple terrestre de Dieu. Mais « du feu descendit du ciel de la part de Dieu et les dévora ». Gog et Magog, dont parle déjà Ézéchiel (ch. 38 et 39), et qui désignent les ennemis d’Israël qui s’assemblent contre lui, avant le règne de Christ, ne sont pas les mêmes : ces derniers (v. 8), sont manifestés après ce règne. De même, la Babylone de l’Apocalypse ne désigne pas l’ancienne ville, celle de l’Ancien Testament, bien qu’elle en reflète les caractères de corruption morale.

Par contre, Jérusalem, même après la résurrection du Seigneur, garde ce caractère de « sainte Cité » (Mat. 27. 53). Durant le millénium, règne de justice, de paix et de bénédiction, Satan étant dans l’incapacité de nuire aux hommes, il y aura des conversions. Les nations devront monter à Jérusalem pour la fête des tabernacles, d’année en année, pour être bénies (Zach. 14. 15).

Mais il y aura aussi des incrédules irréductibles : ce sont ceux-là que Satan, une fois délié de sa prison, séduira et entraînera pour détruire Israël. Mais la colère de Dieu se déchaînera directement du ciel contre eux, et ils seront anéantis subitement (v. 9). Alors Satan sera « jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont et la bête et le faux prophète (ch. 19. 20) et ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles » (v. 10). Dieu, le Tout-puissant, aura le dernier mot !

La « trinité » du mal (Satan, la bête et le faux prophète) est jetée dans l’étang de feu et de soufre (v. 10). Leur sort sera partagé par tous les incrédules de tous les temps. « Et je vis » (v. 11), montre que la vision de Jean se poursuit sans délai, et que le « grand trône blanc » apparaît tout de suite après le rejet définitif du grand ennemi. C’est le même trône devant lequel les croyants seront manifestés. Mais ici ne se trouveront que les incrédules, que la Parole appelle : « les morts, les grands et les petits » (v. 12). Quel que soit le degré de responsabilité qui ait été le leur dans leur vie, leur jugement reposera sur leur rejet du Seigneur comme Sauveur.

« Celui qui était assis dessus » (sur ce trône), est le Seigneur Lui-même, car Dieu lui a donné « tout le jugement » (Jean 5. 22). Devant le Juge, « la terre s’enfuit et le ciel ; et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux ». Devant la majesté impressionnante de ce grand trône blanc, où rayonnent la sainteté absolue de Dieu et Sa justice inflexible, la création actuelle, qui a été assujettie au péché, ne peut en supporter la présence : elle s’enfuit ! Elle sera détruite par le feu (2 Pier. 3. 7 à 10). Elle sera remplacée par la nouvelle création qui, elle, reposera toute entière sur la rédemption accomplie par le Sauveur, et reflétera Sa sainteté et Sa justice immuables.

Au ch. 2 et 3, où le Seigneur juge son Église infidèle, Il apparaît comme « Fils de l’homme » (ch. 1. 12) ; de même qu’au ch. 14. 14, lors de la moisson de la terre. Ici, il semble que le même Seigneur soit vu comme Dieu Lui-même, jugeant les hommes, non plus comme infidèles (l’Église), ni comme ennemis, mais comme incrédules, ayant refusé la grâce offerte à tous : Il est vu comme « Celui qui est assis sur le trône » ; de même, au ch. 4. 2, et ch. 5. 1 et 7.

« La mer rendit les morts qui étaient en elle ; la mort et le hadès rendirent les morts qui étaient en eux, et ils furent jugés selon leurs œuvres » (v. 13). « Il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement » (Héb. 9. 27). Mais seuls les croyants rencontreront le Seigneur comme leur Sauveur, car Son œuvre de rédemption a pleinement satisfait à la justice de Dieu. Les incrédules Le rencontreront comme leur Juge. Et là, il n’y a ni cour d’appel ni cour de cassation. Après les livres des « œuvres », une ultime preuve de la culpabilité des incrédules sera trouvée dans le « livre de vie », où leurs noms ne se trouveront pas écrits (v. 15). Les meilleures œuvres des incrédules sont, devant Dieu, « comme des vêtements souillés » (És. 64. 6) ; et le Dieu de justice ne peut faire que des choses parfaitement justes (Gen. 18. 23 à 25).

Quant aux croyants, ils sont appelés à « marcher dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance ». Dans le livre de vie apparaissent à la fois la grâce de Dieu offerte à tous les hommes, et leur responsabilité de l’accepter, alors que beaucoup la refusent. Tous les hommes sont-ils, dès le début, inscrits dans le livre de vie, avec cette possibilité d’en être effacés à cause de l’incrédulité ? (Ex. 32. 31 à 33 ; Ps. 69. 26 à 28 ; Apoc. 3. 5)

Dieu veut que tous les hommes soient sauvés . Ou bien, selon la « préconnaissance » de Dieu, tous n’y sont-ils pas écrits dès la fondation du monde ? (Apoc. 13. 8) Paul, dans son amour pour le peuple de Dieu, avait souhaité être séparé de Dieu, pourvu que le peuple soit sauvé ! Et en Exode 32. 33, Dieu répond à Moïse : « Celui qui aura péché contre moi, je l’effacerai de mon livre ».

L’étang de feu est préparé pour les incrédules, et la parabole de Luc 16. 26, montre qu’ils auront la vision, de loin (comme Balaam, Nomb. 24. 17), des bienheureux, pour l’éternité dans la présence du Seigneur. Mais un « grand gouffre » infranchissable les en séparera définitivement. La mort et le hadès sont jetés dans l’étang de feu, détruisant ainsi le dernier ennemi : la mort (1 Cor. 15. 26). Vaincue définitivement par la résurrection du Seigneur qui y est entré pour en vaincre la puissance (cf. 1 Cor. 15. 55 et 56), la mort ne pourra plus subsister, et sera abolie. La mort est aussi un ennemi de Dieu, car Il est le « Dieu vivant » qui a la vie en Lui-même. Comme croyants, nous avons déjà, en nous, le principe même de la vie éternelle que nous donne le Seigneur ressuscité (Héb. 2. 14). Et dans l’état éternel, nous en jouirons à la perfection.

Ch. 21

Le ciel et la terre actuels, souillés par le péché, s’enfuient devant la sainteté de Dieu apparaissant dans le grand trône blanc (ch. 20. 11). « Et il ne fut pas trouvé de lieu pour eux » : ils seront détruits par le feu (2 Pier. 3. 10 à 12). Puis vient le jugement des « morts, les grands et les petits » : tous les incrédules de tous les temps, passibles de l’étang de feu (v. 15).

Ayant fait place nette de l’ancienne création assujettie au péché, Dieu peut, dès lors, créer « un nouveau ciel et une nouvelle terre » (ch. 21. 1) : c’est l’état éternel où rien ne subsistera de l’ancienne création : « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (v. 5). Jean voit « la sainte Cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari » (v. 2) ; mais elle ne se pose pas sur la terre : elle garde son caractère céleste, son origine divine, bien qu’établissant un lien de sainteté avec la nouvelle terre.

« La mer n’est plus » (v. 1) : la mer, essentielle à la vie sur la terre actuelle, mais aussi, symbole du monde en proie à l’agitation, n’a plus sa place dans la nouvelle création, où tout est empreint de la stabilité divine, éternelle. Cette nouvelle Jérusalem, c’est l’Église dont l’origine est dès « avant la fondation du monde » (Éph. 1. 4), elle est l’habitation de Dieu dans la nouvelle création. Une telle révélation ne se retrouve guère dans les Écritures ! En Ésaïe 65. 17 et 66. 22, la prophétie s’arrête au règne millénial, avant l’état éternel, non encore révélé. Dans l’état éternel, il n’y aura plus de distinction entre Israël et les nations. Simplement : « Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes » (v. 3), et la justice divine y « habitera » (2 Pier. 3. 13).

Durant le millénium, la justice régnera, sous le gouvernement du Roi, car « il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15. 25). Les hommes, dans l’état éternel, habitant la nouvelle terre, seront les saints vivants d’avant et pendant le millénium. Dieu, alors, « sera tout en tous » (cf. 1 Cor. 15. 28). Ici, il n’est plus question du Seigneur Jésus, ni du Fils de Dieu, ni de l’Agneau, mais de Dieu dans la plénitude de Son être, réalisant alors Son désir éternel : habiter avec les hommes.

Dans la Genèse, Dieu visitait l’homme « au frais du jour ». Avec Israël délivré d’Égypte, Dieu conduisait Son peuple dans le désert, habitant dans la « tente d’assignation », caché par la nuée. Dans le temple de Salomon, Dieu était toujours caché dans la nuée, et le peuple devait offrir sans cesse des sacrifices. Lorsque le Seigneur Jésus était sur la terre, c’était Dieu visitant Son peuple qui L’a rejeté. Dans l’Église, Dieu habite présentement sur la terre, dans les croyants.

Dans le règne millénial, le Roi des rois régnera en justice. Mais, même dans ce règne de bénédiction, la perfection ne sera pas encore établie, car le péché sera encore présent. Seul, l’état éternel permettra que Dieu habite vraiment, selon Son propos d’amour et de grâce, au milieu des hommes rachetés, dans la perfection éternelle.

Durant le millénium, la ferveur même des croyants ira probablement en diminuant, comme on le voit en Nombres 29. 13 à 32, où, de jour en jour, le nombre des taureaux offerts va en diminuant. Le v. 22, se rapportant au règne millénial, révèle qu’il n’y aura pas de temple. « Le Seigneur, Dieu, le Tout-puissant, et l’Agneau, en sont le temple » Et, dans l’état éternel, c’est l’habitation de Dieu dans la sainte Cité (l’Église), qui sera le temple. Si Dieu peut nous faire entrevoir ces choses, c’est parce qu’elles ont été rendues possibles par la rédemption accomplie à la croix, et que le Seigneur a glorifié Son Père : « C’est accompli » ; et ici, comme en écho : « C’est fait ». Sans la rédemption, rien des propos de Dieu, dans l’accomplissement de Sa grâce en amour, n’aurait été possible.

Le v. 6 révèle que la grâce est offerte jusqu’au bout, sur la terre. Dans l’état éternel, tout ce qui aura fait souffrir les hommes n’existera plus (v. 4). Au v. 6, Dieu se présente, comme au ch. 1. 8 ; 22. 13, comme « l’alpha et l’oméga ». C’est Dieu dans Sa plénitude, Son éternité en qui tout est contenu. Le Dieu bienheureux veut nous faire jouir de Sa béatitude éternelle, déjà durant le millénium. Dans l’éternité, nous Le verrons simplement comme le Dieu de gloire. Nous pouvons voir l’éternité de Dieu, comme un « présent » immuable, intemporel : « Je suis Celui qui suis » (Ex. 3. 14). Et en Jean 8. 58, le Seigneur dit : « Avant qu’Abraham fût, Je suis ».

Au v. 6 et 7, Dieu appelle les hommes, depuis le commencement de l’histoire de l’Église, jusqu’à ceux qui vivront avant et pendant le millénium, à répondre à cet ultime appel de Sa grâce, et ainsi, à entrer dans les bénédictions éternelles. Dieu a offert Sa grâce durant toute l’histoire de l’humanité ; depuis Adam et Ève, que Dieu, après leur péché, a couverts de peau, cachant leur nudité – image du sacrifice de Christ couvrant les péchés de tous les hommes. Et jusqu’au bout, Dieu appelle à recevoir Sa grâce, et promet de donner gratuitement à celui qui a soif, « de la fontaine de l’eau de la vie ». La longue patience de Dieu s’exercera jusqu’à l’extrême limite.

Pour hériter de ces choses, il faut vaincre (v. 7) tout ce qui résiste aux appels de Dieu, comme il est promis aux sept églises (ch. 2 et 3). Le v. 8 avertit solennellement du terrible sort final des « timides » qui reculent toujours et ne répondent jamais aux appels divins : « l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort ». Nicodème et Joseph d’Arimathée, d’abord timides pour s’afficher avec le Seigneur, ont pris courage après Sa mort, et ont réclamé Son corps à Pilate même, la plus haute instance de l’autorité à Jérusalem ! Pierre, d’abord timide devant le monde, a renié Son Seigneur, mais a été restauré, car il Lui avait déjà donné son cœur, et le Seigneur lui a dit : « Suis-moi » (Jean 21. 19). Sa grâce envers Pierre, malheureux d’avoir renié son Seigneur, se manifeste en Marc 16. 7, où Il l’encourage spécialement. On peut appartenir au Seigneur, et que notre foi ait des défaillances, comme la Bien-aimée du Cantique des cantiques (ch. 5. 2).

Les menteurs du v. 8, sont ceux qui répondent au caractère même du diable qui « est menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). Et Dieu ne peut supporter le mensonge. En 1 Corinthiens 6. 9 à 11, Dieu montre Sa grâce à l’œuvre envers les hommes naturels mais qui se sont repentis : ils sont « lavés… sanctifiés… justifiés ». Les v. 1 à 8 parlent de l’état éternel où Dieu Se manifeste dans la plénitude de Son être : amour et lumière, offrant Sa grâce (v. 6) et ne supportant pas le péché (v. 8). Et dans Son amour, Il ôtera, dans la nouvelle création, tout ce qui aura fait souffrir les hommes (v. 4). On ne regrette jamais d’avoir donné son cœur au Seigneur.

Quant à son déroulement prophétique, l’Apocalypse s’achève avec les huit premiers versets du ch. 21, décrivant succinctement l’état éternel.

Les versets suivants nous ramènent au royaume millénial de Christ, pour décrire les caractères de l’Église, vue symboliquement comme la « sainte Cité, Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu » : « la femme de l’Agneau » (v. 9 et 10). En opposition avec le ch. 17. 1 où Jean est amené dans « un désert », lieu stérile où rien ne peut désaltérer l’âme, pour y voir la fausse Église (Babylone), qui vient de la terre – dans notre chapitre, il est amené « sur une grande et haute montagne », pour y contempler, depuis cette haute position, la vraie Église de Christ qui, elle, vient du ciel d’auprès de Dieu : c’est « la femme de l’Agneau » – et non du Roi, car le Seigneur n’est pas le Roi de l’Église, mais son Époux.

Dans le millénium, la sainte Cité n’est pas encore appelée « nouvelle » Jérusalem, car le règne du Seigneur se déroulera sur la terre actuelle où le péché existera encore. La « nouvelle » Jérusalem sera pour l’état éternel où Dieu fera « toutes choses nouvelles », dans la nouvelle création où le péché n’existera plus. Les épîtres aux Corinthiens et aux Éphésiens nous montrent l’Église comme corps de Christ et comme Son Épouse. Ici, elle est décrite comme « la sainte Cité » d’origine céleste et qui « a la gloire de Dieu » (v. 11). C’est la gloire de Dieu qui l’illumine et qu’elle reflète : référence à Jean 17. 21 à 24, où la gloire du Seigneur, Fils de l’homme glorifié, est reflétée par les croyants aux yeux du monde. Cette gloire du Seigneur sera la « lumière » dans le millénium (ch. 22. 5), et dans l’éternité. Le « luminaire » (ch. 21. 11), de « jaspe cristallin », est le Seigneur Lui-même (ch. 4. 3) : il illumine la Cité et Sa lumière se projette sur le monde millénial, car « l’Agneau est sa lampe » (v. 23). La Cité a aussi « une haute muraille » (v. 12 ; Zach. 2. 5), et douze portes gardées par des anges : le mal qui existera encore durant le règne de Christ, n’entrera pas dans la Cité.

Au v. 12, le principe de la muraille, déjà vue en Néhémie, puis en Ézéchiel 42. 20, montre la volonté de Dieu, que ce qui porte Son propre caractère de sainteté, soit séparé du mal et de toute souillure extérieure. Aussi, la sainte Cité est protégée de ces dangers par « une grande et haute muraille ». Longueur, largeur et hauteur sont égales : « douze mille stades », manifestant la perfection de la Cité, dans son caractère pourtant fini, mesurable : il s’agit de l’Église du Seigneur reflétant Sa perfection, bien qu’elle-même soit tirée de la terre.

Bien que le temple terrestre, à Jérusalem, soit détruit, il sera rebâti : il est décrit prophétiquement en Ézéchiel 40 et suivants, en vue du règne millénial. Mais ici, il ne s’agit pas du temple, mais de la Jérusalem céleste, l’Église, reflétant la gloire et la lumière de Celui qui en est, et « le temple », et « sa lampe » (v. 22 et 23). Lorsque la dernière « pierre vivante » sera apportée à l’édifice, Christ, le fondement de l’Assemblée, sera aussi la « pierre de faîte » (Zach. 4. 7) : Il est « l’alpha et l’oméga ».

Les douze portes rappellent la perfection administrative de Dieu, durant le millénium à venir. En Israël, autrefois, c’était aux portes des villes que les jugements se prononçaient. Mais en même temps, ces portes apporteront, aux douze tribus d’Israël, les bénédictions divines, milléniales, qui en sortiront de la part du Seigneur, le Roi. Au désert, les douze tribus occupaient les mêmes places autour de la tente d’assignation. Les douze anges se tenant aux portes, en gardent les entrées, comme garants que rien d’étranger à la sainteté de la Cité n’y pénétrera. Ils sont des « esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » ; et ce n’est pas à eux que Dieu « a assujetti le monde habité à venir » (le millénium) (Héb. 1. 14 et 2. 5). Ce rôle sera conféré à l’Église, conjointement avec Christ.

Avant le règne de Christ, les anges seront envoyés pour exécuter les jugements divins ; mais durant le règne, leur service changera de caractère. C’est cette Cité que les saints de l’Ancien Testament attendaient (Héb. 11. 10). Rien d’impur n’entrera là : « seulement ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau » (v. 27) : c’est-à-dire, les saints de l’ancienne économie ; les martyrs de la dernière « semaine d’années » de Daniel (ceux d’avant la grande tribulation, au ch. 6. 9 à 11 ; et ceux de la dernière demi-semaine, durant cette terrible épreuve, pour ceux qui refuseront de prendre la marque de la bête. Tous ces saints ont « part à la première résurrection » (ch. 20. 6).

Les douze fondements de la Cité rappellent qu’elle repose sur l’enseignement fondamental des douze « apôtres de l’Agneau » (v. 14 ; Éph. 2. 19 et 20. ch. 3. 5 et 6).

Les pierres précieuses ornant ces fondements (v. 19), rappellent les beautés du Seigneur dont la Cité est revêtue. Elles se trouvaient déjà sur les épaulières et le pectoral d’Aaron (Ex. 28. 9 ; 15. 20). Satan, avant sa chute, en était revêtu (Éz. 28. 13). En 1 Corinthiens 3. 12, nous sommes exhortés à apporter de « l’or, de l’argent, des pierres précieuses » pour l’édification de l’Assemblée, selon nos responsabilités. Qu’une telle Cité est précieuse au cœur de Dieu, pour que même chaque porte soit vue comme étant faite d’une seule perle (Mat. 13. 45 et 46) !

La Cité descend du ciel, mais ne se pose pas sur la terre. Elle porte les caractères glorieux de Christ et Lui est associée dans Son règne. Le millénium se déroulera sur la terre et sous le ciel actuels. Et, bien que les croyants soient purifiés par le sang de Christ (Col. 1. 19 et 20), le péché existera encore sur la terre, d’où le symbole de la muraille de séparation. Il y aura encore des rois, apportant leur gloire à la sainte Cité (v. 24), mais pas de bénédiction pour la nation qui n’y viendra pas (Zach. 14. 16 à 18).

Ces figures symboliques ne doivent pas nous faire penser que les hommes qui seront sur la terre milléniale, entreront dans la Cité céleste : il n’y aura pas de mélange du terrestre avec le céleste. Dans l’état éternel, le mal n’existera plus : il n’y aura plus besoin de muraille et « Dieu habitera avec les hommes » (v. 3).

Toutes les beautés divines sont reflétées par la Cité. Toutes les perfections morales de Christ sont représentées dans les douze pierres précieuses différentes. Déjà, sur la terre, nous avons à en reproduire, chacun différemment, les beautés spirituelles. « L’or pur et le verre transparent » de la rue, rappellent la justice divine et la purification parfaite et définitive des saints.

La « sainte Cité » qui nous est montrée ici, est bien la « Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de Dieu » (v. 10), durant le millénium. Dieu et l’Agneau en sont le temple, et les saints célestes auront une entière liberté dans la présence de Dieu. Cette sainte Cité, en relation avec la terre, durant le règne de Christ, est en contraste avec la Jérusalem terrestre qui, dans le même temps, aura un temple (Éz. 40 à 44).

Le temple terrestre suppose une « distance » entre Dieu et les hommes. Dans la tente d’assignation, au désert ou dans le temple, à Jérusalem, il y avait un voile derrière lequel Dieu restait invisible et sans contact direct avec son peuple. Dans le millénium, le péché existera encore, de sorte que Dieu, sur la terre, restera à distance.

L’Église, quant à elle, est le temple de Dieu, sur la terre, depuis la Pentecôte jusqu’à son enlèvement auprès de Christ, et nous avons directement accès auprès de Dieu (Héb. 10. 19 à 22).

Dans la Cité céleste, nous verrons, dans la face de Christ, la gloire morale de Dieu. « Celui qui m’a vu a vu, le Père » (Jean 14. 9). Le Seigneur est « la lumière du monde » (cf. Jean 8. 12). Ici, Il sera comme un porte-lumière, manifestant la plénitude de la gloire morale divine.

Le v. 22 montre les différents noms de Dieu révélés à Son peuple dans l’Ancien Testament. La Cité céleste sera, dans le millénium, en relation avec Israël, et les nations se conduiront à sa lumière (v. 24 à 26), selon les préceptes moraux donnés dans le sermon sur la montagne. Satan, étant lié alors, ne pourra plus nuire aux hommes, durant le règne de Christ. Ces nations seront contraintes de monter à Jérusalem une fois par an, à la Pentecôte ; sinon, il n’y aura pas de bénédictions pour elles (Zach. 14. 16 à 18). D’ores et déjà, portons nos regards vers la gloire de Christ qui nous est montrée là, ainsi qu’au ch. 22.

La Cité céleste, reflétant la gloire de Christ, « n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer ; car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau est sa lampe » (v. 23) ; et elle sera en relation avec la scène terrestre. Tout sera lumière dans un jour sans fin ! La prophétie d’Ézéchiel annonce le retour de la gloire de l’Éternel dans le temple, à Jérusalem, durant le millénium (Éz. 43. 1 et 2).

L’Église, sur la terre, est responsable, malgré sa faillite, de manifester la gloire de Christ qui est « lumière et amour ». Israël reflétera la gloire de Dieu, durant le règne de Christ (És. 60. 1 et 3), et ses portes resteront ouvertes tandis qu’il sera « mis en honneur pour toujours » (cf. És. 60. 11 et 15).

Dans l’Ancien Testament, « toujours » veut dire : jusqu’à la fin du millénium. Dans le Nouveau Testament, pour l’Église, il signifie : pour l’éternité. Dans la Cité céleste, la muraille et les portes symbolisent l’impossibilité absolue, pour le péché, d’entrer là où Dieu Lui-même se trouve. Elles montrent aussi qu’il y aura des relations spirituelles et bénies entre la Cité céleste et la Jérusalem terrestre. Il en sera de même pour Israël durant le millénium (Zach. 2. 1 à 5), où Dieu annonce qu’Il sera autour de Jérusalem « une muraille de feu » : Comment le péché ou un ennemi entreraient-ils là ?

Dans la Cité céleste, n’entreront que les saints de l’Ancien Testament, « les amis de l’Époux », et les martyrs de la période apocalyptique, qui ont part à la première résurrection : ils sont « écrits dans le livre de vie de l’Agneau » (v. 27) ; « ils régneront avec Christ mille ans » (ch. 20. 6).

Quant à la sainte Cité, elle est l’Épouse elle-même, « ornée pour son mari » (v. 2). Dès son enlèvement auprès de l’Époux, elle est complète. Les saints de l’Ancien Testament seront « conviés aux noces de l’Agneau », mais ne font pas partie de l’Assemblée chrétienne et, par conséquent, ne sont pas l’Épouse.

Le v. 24 montre, de façon solennelle, que les nations lui apporteront « leur gloire » : c’est-à-dire à la sainte Cité. Cependant, toute la gloire revient au Seigneur Jésus qui sera au milieu de l’Assemblée rachetée, la Jérusalem céleste.

Ch. 22

Après le ch. 1er, introduction à l’Apocalypse, et les ch. 2 et 3 ne concernant que l’Église, le ch. 21. 1 à 8 nous a entretenus de l’état éternel ; du v. 9 au v. 5 du ch. 22, un retour en arrière chronologique, nous a ramenés au millénium, pour nous décrire l’état extérieur de la sainte Cité, illuminée par la présence de Dieu, (et sa gloire se projette sur la terre milléniale) ; enfin, au ch. 22. 1 à 5, on voit l’intérieur de la sainte Cité : un fleuve de vie.

Au milieu de sa rue (ou place), l’arbre de vie portant un fruit permanent. Ces glorieuses dispositions célestes sont en bénédiction à la terre milléniale, et parlent de Christ : le fleuve de vie symbolise la vie éternelle que possède tout croyant, vie d’origine divine : le fleuve sort du trône de Dieu et de l’Agneau ; vie entretenue par les fruits de l’arbre de vie (Christ, nourriture inépuisable des croyants).

Le Seigneur est venu sur la terre pour que Ses « brebis aient la vie… en abondance » (Jean 10. 10). Parmi les hommes restés sur la terre après l’enlèvement de l’Église, ceux qui accepteront l’évangile du royaume prêché par le résidu juif, recevront la vie éternelle, ainsi que les martyrs de la période apocalyptique – vie entretenue par la Parole de Christ.

Le début de la Genèse et la fin de l’Apocalypse présentent de grandes similitudes : l’arbre de vie est toujours là, mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal a été éliminé par la croix. Puis, le fleuve de vie est toujours là : il traverse toute l’Écriture, démontrant la grâce de Dieu toujours à l’œuvre.

Les feuilles de l’arbre guériront les nations de tout ce qui les aura tourmentées, dans toute l’histoire humaine : maladies, mort, catastrophes diverses, haine, guerres, massacres etc… Le règne de Christ sera un règne de paix, de prospérité, de justice : les hommes, sur la terre « n’apprendront plus la guerre » : « De leurs épées ils forgeront des socs » (És. 2. 4 ; Michée 4. 3). Jean n’est pas appelé à sceller ces choses, contrairement à Daniel (Dan. 12. 9), car « le temps est proche » (v. 10).

Dans le millénium, en Israël, un fleuve sortant de « dessous le seuil de la maison » dans le temple, ira se déverser dans la Mer Morte, assainissant ses eaux stériles ; des poissons en grand nombre s’y multiplieront, ainsi que beaucoup « d’arbres dont on mange ». Les marais, autour de la mer, resteront stériles (Éz. 47), montrant que dans cette période, le péché, quoique jugulé, restera présent sur la terre.

Ésaïe 14. 1 et 2, parle de cette même époque bénie pour Israël car ce qui restera d’Israël (le résidu), sera entièrement converti, ayant cru au Messie (Héb. 8. 8 à 12). « Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu » (Mat. 5. 8). Dans les nations, certains se convertiront, mais d’autres « se soumettront en dissimulant ».

Dans la sainte Cité descendue du ciel d’auprès de Dieu, ces similitudes sont d’un caractère plus élevé : tout est spirituel. Il n’y aura plus de malédiction, là. Le nom du Seigneur sera sur le front de « ses esclaves » : Quant aux incrédules, avant le millénium, le nom de la « bête » sera écrit sur leurs fronts. Il n’y aura plus de nuit, dans la Cité, car Dieu y fera briller sa lumière éternelle, tandis que sur la terre, subsistera le soleil (Ps. 36. 8 et 9).

Bien que le millénium soit un règne de justice, la grâce sera toujours là, car elle a été révélée à la croix. Elle s’exercera encore, durant le règne de justice, envers la terre milléniale (les feuilles de l’arbre de vie, pour la guérison des maux des nations).

Actuellement, la responsabilité des saints de l’Église est de rappeler au monde que la grâce est offerte à tout homme. Et dans l’état éternel, la même Église glorifiée en sera encore le témoignage éternel. Dieu avait donné à Adam la domination sur la terre, comme Son représentant. Mais le péché ayant rompu les relations entre Dieu et Adam, la croix du Seigneur, (le second Adam), a dû ôter le péché de devant Dieu. Et c’est le Seigneur qui, Lui, régnera en justice, à la perfection. « Nous verrons Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4. 6), et nous « le verrons comme Il est » (1 Jean 3. 2). Si les saints sont fidèles, le Seigneur Lui-même les fera mettre à table « et s’avançant, Il les servira » (Luc. 12. 37). Leur service se poursuivra dans le ciel (Apoc. 22. 3).

Dans ce verset : ils « le » serviront : l’Agneau aussi est Dieu. Ces serviteurs sont « les vainqueurs » qui mangeront de l’arbre de vie (ch. 2. 7). Alors, les saints régneront « aux siècles des siècles » (v. 5) – éternellement.

A partir du v. 6, nous avons la conclusion du livre. Dieu signifie clairement que la fin est imminente. « Ces paroles sont certaines et véritables » (v. 6). Toute la Parole porte ce caractère de certitude et de vérité (1 Tim. 1. 15 ; 3. 1 ; 4. 9 ; 2 Tim. 2. 11 ; Tite 3. 8). Le Seigneur Lui-même est « le Dieu véritable » (1 Jean 5. 20).

Mais Dieu insiste, ici, afin de nous exhorter à ne pas mépriser la prophétie (2 Thess. 5. 9) : elle occupe les deux tiers de la Parole et parle de la gloire du Seigneur. « Il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15. 25) ; elle concerne ainsi tous les croyants. Le Seigneur dit souvent, dans l’évangile : « En vérité, en vérité, je vous dis » ; montrant que ses paroles auront un accomplissement certain. Nos difficultés à comprendre, parfois, n’enlèvent rien à la vérité de la Parole (2 Pier. 1. 16 et 19 ; Deut. 29. 29). Toute la Parole est la vérité, le Seigneur est la vérité, l’Esprit est la vérité. Ce livre est adressé à « ses esclaves » et à ceux qui « gardent les paroles de ce livre » (v. 6, 7 et 9).

« Je viens bientôt » : parole encourageante adressée pour la première fois à l’Église de Philadelphie (ch. 3. 11). Au ch. 22 ; le Seigneur le dit trois fois : au v. 7, Il s’adresse à ceux qui traverseront la grande tribulation. Au v. 12, à ceux qui, lorsqu’Il viendra régner, seront jugés. Enfin, au v. 20, ces paroles sont adressées à l’Église (v. 17).

Jean connaissait le Seigneur sur la terre ; mais au ch. 1, il tombe « à ses pieds comme mort ». Les croyants, de même que les prophètes qui sont des serviteurs, sont appelés, ici, « des esclaves ». Mais Dieu distingue entre Ses esclaves (v. 6) désignant le résidu Juif qui reconnaîtra le Seigneur, et les croyants de l’Église que le Seigneur appelle « ses amis » (Jean 15. 15). Bien que nous soyons nous aussi esclaves de Jésus Christ, comme Paul, le Seigneur nous aime comme Ses rachetés.

« Bienheureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre » (v. 7), est comme un écho du ch. 1. 3. Ainsi, Marie gardait les paroles du Seigneur dans son cœur. Serrons-les, nous aussi, dans notre cœur, tandis que l’ennemi s’efforce d’y mélanger le mensonge (v. 15). « C’est moi, Jean » : de nombreuses fois, Jean est montré assistant « en Esprit », à de nombreuses scènes extraordinaires. Et c’est lui que Dieu a choisi pour transmettre ces révélations.

Saisi par la solennité de ces visions, il tombe à terre, aux pieds de l’ange, pour rendre hommage, comme au ch. 19. 10. Mais l’ange, compagnon d’esclavage de Jean et des prophètes, refuse cet hommage qui ne doit être adressé qu’à Dieu seul. Au ch. 1. 17, Jean, ébranlé par la solennité de l’apparition, rend un juste hommage au Seigneur. Pierre aussi, refusera l’hommage que Corneille lui adressait (Act. 10. 25). Dans la chrétienté professante, bien des gens acceptent qu’on s’agenouille devant eux ! L’orgueil, même religieux, de l’homme, le pousse toujours à vouloir être égal à Dieu. Les anges, pourtant plus élevés en position, sont humbles, et refusent d’être adorés à la place de Dieu. L’ange dit à Jean qui se prosterne devant lui : « Garde-toi de le faire » (v. 9).

Le v. 10 enjoint à Jean de ne pas sceller « les paroles de la prophétie de ce livre » ; car « le temps est proche ». En Daniel 12. 8 et 9, les paroles qui étaient adressées au prophète, étaient « scellées » (cachées quant à leurs significations prophétiques), car elles concernaient le temps de la fin, durant lequel « les sages comprendront » (v. 10). L’Apocalypse est une prophétie pour le temps de la fin, auquel nous sommes parvenus. Elle n’est donc pas scellée, ni pour l’Église, maintenant, ni pour ceux qui, durant les temps apocalyptiques, croiront ces paroles qui ne peuvent être comprises que par l’Esprit. Nous sommes parvenus à « la fin des siècles » (1 Cor. 10. 11). Cependant, les paroles prononcées par « les tonnerres » du ch. 10. 4, Jean devait les sceller : momentanément, leur teneur n’était pas révélée.

Le v. 11 est un solennel avertissement à ne pas tarder, alors que le temps de la grâce dure encore, à se convertir. Car le temps viendra où la position de chaque homme par rapport à Dieu sera irréversible. L’injuste commettra encore l’injustice. Celui qui est souillé se souillera encore. Quant à celui qui sera trouvé juste, il pratiquera encore la justice ; et celui qui sera saint, se sanctifiera encore. Dieu connaît l’endurcissement définitif des cœurs, rendant la repentance impossible (Éz. 3. 27).

« Je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son œuvre » (v. 12). Cette pensée, le Seigneur l’exprime déjà au ch. 3. 11. La « récompense » l’accompagne, comme en Ésaïe 40. 10, où elle concerne plutôt le Seigneur, pour Son œuvre. Mais en Apocalypse, il s’agit, d’une part, de récompenser les œuvres des croyants,, comme en Philippiens 3. 10, 12 et 14. Quant aux incrédules recherchant les honneurs terrestres, « ils ont déjà leur récompense », ayant obtenu ce qu’ils recherchaient sur la terre (Mat. 6. 2, 5 et 16). Les prétendues bonnes œuvres faites dans l’incrédulité sont devant Dieu « comme un vêtement souillé » (És. 64. 6). Les vraies bonnes œuvres sont « préparées à l’avance » par Dieu Lui-même, afin que les croyants « marchent en elles » (Éph. 2. 10).

Cependant, les incrédules (les morts), seront jugés selon leurs œuvres (Rom. 2. 5), et jetés dans l’étang de feu, par le Seigneur apparaissant sur le grand trône blanc (Apoc. 20. 11 à 15). « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7).

Dans les derniers versets de l’Apocalypse, ce ne sont plus les anges qui parlent, mais « Jésus » qui confirme solennellement la révélation de Lui-même, et de son témoignage (ch. 1. 1). Comme aux ch. 1. 8 et 21. 6, Il se présente de nouveau comme « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (v. 13). Dieu se présente déjà ainsi (És. 41. 4 ; 44. 6 ; 48. 12). Dans la pensée de Dieu, le Seigneur est le fondement de toutes choses, mais aussi Celui par qui tout s’achève, Celui qui amène tout à la conclusion parfaite (Héb. 12. 12).

Le v. 14 montre ce qu’il en est de ceux qui sont lavés dans le sang du Seigneur, par la foi en Lui : ils « lavent leurs robes » (leur marche pratique et publique est sanctifiée). Alors, ils ont « droit à l’arbre de vie » (ch. 2. 7 ; 22. 2 et 14). Ce sont ceux qui « entrent par les portes dans la Cité » (cf. ch. 21. 27) ; c’est-à-dire, les saints de l’Ancien Testament, et les martyrs de la période apocalyptique. Tous ceux-là ont part à la première résurrection, et sont des saints célestes. Dans l’état éternel, il n’y aura plus de distinction ni de séparation entre Israël et les nations. Mais Dieu, au milieu de « la sainte Cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu », « habitera avec les hommes, et ils seront son peuple, et Dieu Lui-même, sera avec eux, leur Dieu » (ch. 21. 2 et 3).

Mais le v. 15 du ch. 22, scelle le sort terrible de ceux que la Parole appelle, ici, « les chiens », désignant la souillure demeurée attachée aux incrédules irréductibles : ils seront « dehors », l’entrée de la sainte Cité leur étant interdite, car leur part est dans l’étang de feu et de soufre.

Au v. 16, le Seigneur se porte garant de tout ce qui a été dit dans ce livre en général, et des dernières paroles en particulier. Bien que le Seigneur ait envoyé « son ange pour nous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées », Il nous a placés au-dessus des anges, que nous serons amenés à juger (2 Cor. 6. 3).

Le Seigneur dit au résidu d’Israël : « Moi, je suis la racine et la postérité de David » : la racine, car étant Dieu, Il est avant David, et sa postérité, car, en tant que fils de l’homme, il est le descendant de David, le roi d’Israël.

Mais à l’Église, Il se présente comme « l’étoile brillante du matin ». Cette étoile est-elle vraiment « levée dans nos cœurs » ? C’est pour les chrétiens que le Seigneur prend ce caractère, avant l’enlèvement de l’Église, tandis que le monde est encore plongé dans la nuit morale. Par ce symbole, le Seigneur ranime notre espérance de Le voir bientôt.

Après l’enlèvement de l’Église au ciel, auprès de Jésus, lorsqu’Il établira Son royaume, Israël le verra comme le « soleil de justice » (Mal. 4. 2). Ce v. 16 montre à l’évidence, que l’Apocalypse, si sa partie prophétique, révélant les terribles jugements réservés au monde ennemi le concernent, le message ne s’adresse pas à lui, mais « aux assemblées » : le monde ennemi et incrédule ne reçoit pas les avertissements divins. Nous sommes donc responsables d’étudier ce livre qui clôt toute la Parole de Dieu, car il nous est adressé directement. C’est « la révélation de Jésus Christ » transmise par Son ange envoyé de Dieu, à Jean qui a rendu témoignage de ce qu’il a vu et entendu (ch. 1. 1).

« L’Esprit et l’Épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (v. 17). Cet appel adressé au Seigneur Jésus, montre que l’Esprit Saint n’est pas à l’aise dans ce monde ennemi de Dieu et corrompu. Et c’est l’Esprit qui forme ce cri d’appel de l’Épouse, l’Église du Seigneur.

C’est l’espérance vivante formée dans le cœur des vrais croyants. Le Seigneur dit : « Je viens bientôt » (v. 7, 12 et 20). Nous devons accepter que la patience du Seigneur dure aussi longtemps que nécessaire. Mais l’Épouse, conjointement avec l’Esprit, formule un appel immédiat : « Viens » ! L’exhortation, à celui qui entend, de dire : « Viens », s’adresse personnellement à chaque vrai croyant.

Pour que ce désir de voir le Seigneur soit formé dans nos cœurs, une préparation est nécessaire : Tissons-nous la robe de l’Épouse : le fin lin dont elle sera revêtue, et qui sont « les justices des saints » ? (ch. 19. 8) Et elle-même sera vue « comme une Épouse ornée pour son mari » (ch. 21. 2). La patience de Dieu attend jusqu’à l’ultime moment, et appelle « celui qui a soif… et qui veut », à venir prendre « gratuitement de l’eau de la vie ».

Mais il faut que quelqu’un ait soif, et qu’il veuille boire de l’eau de la vie. Cet ultime appel, s’adressant à quelqu’un qui veut être sauvé, est touchant, avant que tombent tous ces terribles jugements sur la terre ! Il doit venir au Seigneur Jésus, la vraie source des eaux de la vie éternelle. « Ho ! Quiconque a soif, venez aux eaux » (És. 55. 1). Le Seigneur dit : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jean 7. 37). Le saint désir de Dieu est de sauver quiconque le veut vraiment. « Si tu as soif, tu iras aux vases et tu boiras » (Ruth 2. 9). « Dieu est patient, ne voulant pas qu’aucun périsse » (2 Pier. 3. 9).

En Genèse 2. 22, est montrée la première évocation de l’Épouse de l’Agneau, dans la personne d’Ève, que l’Éternel Dieu a formée d’une « côte de l’homme », puis l’a amenée à l’homme. Mais, dès le ch. 2 de l’Apocalypse, la vraie Épouse de Christ est présentée, dans son état sur la terre. Elle se retrouve, à la fin du livre, appelant la venue de l’Époux, mais aussi, priant pour ceux qui ont soif ; « l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables », dans nos prières maladroites. Sans doute, nous devons regarder en haut ; mais aussi, vers le bas, où gisent tant d’âmes perdues ! Le Seigneur dit : « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (Jean 7. 38). En Jean 4. 35, le Seigneur dit que « la moisson est déjà blanche » : très mûre. Mais la patience divine attend encore.

Témoigner, c’est manifester la vraie joie produite en nous par l’assurance d’appartenir au Seigneur. Plus nous serons près du Seigneur, plus nous désirerons Sa venue. Toute la Parole est un témoignage du Seigneur. Mais spécialement dans l’Apocalypse Il témoigne de Lui-même. Il le confirme par deux fois, ici : « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous rendre témoignage de ces choses dans les assemblées ». Puis : « Moi, je rends témoignage à quiconque » (v. 16 et 18).

Tandis que la Parole de Dieu est frelatée autour de nous, ayons à cœur de la garder tout entière : ne rien y ajouter, comme faisaient les pharisiens, à la loi ; ni rien en retrancher, comme le diable le faisait, au désert, lorsqu’il essayait de tenter le Seigneur ; ou comme Jéhoïakim qui l’avait mise au feu. Gardons-la précieusement, dans sa totalité (Deut. 4. 2 ; 12. 32 ; Prov. 30. 6 ; Ps. 119. 160). Les Écritures rendent témoignage du Seigneur (Jean 5. 39). Nous devons conformer nos vies à la Parole, et non la Parole à notre manière de vivre. Balaam, averti par Dieu, espérait, par cupidité, que Dieu changerait d’avis (Nomb. 22. 19). L’exactitude de la Parole en notre possession est confirmée par les découvertes des livres d’Ésaïe, à la mer morte.

« L’arbre de vie » du v. 19, parle de Christ, nourriture des croyants, de ceux qui sont écrits dans le « livre de vie », et dont les noms ne peuvent pas en être effacés. Leur part de l’arbre de vie, ne peut pas leur être ôtée. La part des « menteurs », des « timides », des « chiens », est dans l’étang de feu. Si un croyant pèche, c’est une chute, et non un état.

Le Nouveau Testament s’achève par la grâce, alors que la fin de l’Ancien Testament menaçait de malédiction (Mal. 4. 4 à 6). L’ultime exhortation à attendre le Seigneur, produit la réponse : « Viens, Seigneur Jésus ».

D’après Réunions d’études à Bordeaux-Lac

TENIR FERME FACE AU MAL

« Possède un modèle des saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour qui est dans le Christ Jésus. Garde le bon dépôt par l’Esprit Saint qui habite en nous » 2 Tim. 1. 13 et 14.

« Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » Apoc. 3. 11.

TENIR FERME FACE AU MAL

Les chrétiens peuvent se réjouir et être reconnaissants pour tout ce qui contribue à enrayer la marée toujours montante de l’incrédulité et du péché. Cependant, dans le combat que nous devons mener contre le mal, les limites que posent les Écritures ne doivent pas être négligées. Ce danger apparaît tout particulièrement lorsque notre attention se concentre sur un mal particulier. Nous devons faire attention à bien respecter ce qui nous a été confié, afin que nous ne laissions rien passer, mais que nous gardions Sa Parole en toutes choses et que le Nom de Celui qui est « le Saint, le Véritable » (Apoc. 3. 7 et 8) ne soit pas renié.

Nous devons nous conformer à tout ce qui vient de Dieu et qui correspond à ce que nous enseigne Sa Parole, où que cela se présente et quels que soient les moyens ou les personnes qu’Il utilise dans ce qu’Il s’est proposé pour nous. Mais cela ne serait pas selon Dieu si quoi que ce soit de bon servait à altérer ou abandonner la vérité pour nous éloigner de l’obéissance que nous devons au Seigneur Jésus.

« Tiens ferme ce que tu as » ! Cette parole met notre cœur à l’épreuve, mais nous encourage aussi à être fidèles au Seigneur. Ne nous efforçons donc pas de rechercher l’approbation des hommes, mais celle du Seigneur Jésus. Il y aura une couronne pour quiconque tiendra ferme ce qu’il a. L’ennemi cherche à nous priver de cette couronne, non pas dans l’intention de la donner à d’autres, mais pour refuser au Seigneur Jésus ce que Ses rachetés Lui doivent.

D’après « The Good Seed » octobre 2023

LES ENSEIGNEMENTS D’UN GRAND-PÈRE (12)

Nous avons trouvé le peuple de Dieu dans la détresse et la plus profonde misère. Le roi qu’ils avaient demandé ne leur était d’aucun secours : ni lui, ni eux ne savaient se tourner du côté de l’Éternel qui seul pouvait les délivrer de toutes leurs détresses.

Les voici sans ressources en présence des Philistins qui étaient leurs pires ennemis, et ils sont réduits à se cacher dans les lieux désolés de la terre. La différence entre eux et ceux qui ont affaire avec Dieu dans toutes leurs circonstances est grande.

Pauvre Saül ! Dans cette extrémité, il se souvient que Samuel lui avait dit d’attendre à Guilgal pendant sept jours jusqu’à ce qu’il descende vers lui (ch. 10. 8), et qu’il lui ferait savoir ce qu’il aurait à faire. Il attend jusqu’au jour assigné mais, voyant que le peuple se dispersait d’auprès de lui, il dit : « Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de prospérités ». Et le voici qui offre l’holocauste lui-même, sans que l’homme de Dieu soit avec lui.

Il montre ainsi son manque de confiance en la parole qu’il lui avait dite, et par conséquent en la parole de l’Éternel dont Samuel était le porteur. Il a patienté un moment, mais il n’a pu soutenir l’épreuve jusqu’à la fin.

Comme il achevait d’offrir l’holocauste, Samuel arrive. Quelle confusion pour Saül ! « Qu’as-tu fait ? » lui dit Samuel. Saül avoue qu’il n’a pas fait la seule chose qu’il aurait dû faire en pareille circonstance : il n’a pas supplié l’Éternel.

Quand nous sommes dans les difficultés, dans les peines, dans les détresses, notre ressource est toujours en Dieu Lui-même, et c’est à Lui que nous avons à nous adresser en toute confiance : « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver », disait le psalmiste (Ps. 46. 1). Il est le Dieu des délivrances. Il entend nos cris et Il y répond dans la puissance d’un amour qui ne varie jamais.

Dans tout cela, Saül a montré qu’il n’y avait aucune relation entre son âme et Dieu, et qu’il ne possédait pas cette foi de grand prix sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, et sans laquelle nous ne pouvons que nous égarer. « Tu as agi follement », lui dit Samuel, « tu n’as pas gardé le commandement de l’Éternel ». La conséquence désastreuse pour Saül en a été que son règne n’a pas subsisté et qu’un autre a été roi à sa place.

Nous avons là bien des enseignements pratiques. Premièrement, je vous ferai remarquer, chers enfants, l’importance de la foi qui croit Dieu sur parole et qui agit en conséquence ; ensuite l’obéissance absolue en Sa Parole, obéissance qui ne calcule, ni ne raisonne, mais qui dit simplement : Dieu a parlé, je dois obéir sans me préoccuper des conséquences et des résultats de ce que je ferai.

Le peuple était dans un pauvre état : il n’y avait plus que six cents hommes avec Saül. Où étaient les trois mille qu’il s’était choisis lui-même ? La plus grande partie, n’ayant pas plus de foi en l’Éternel que leur roi, s’étaient enfuis. La peur des ennemis leur avait fait abandonner le roi qu’ils avaient désiré et dans lequel ils s’étaient réjouis quand ils avaient crié : « Vive le roi ! » Voilà le résultat de la confiance en l’homme.

Seul un petit nombre restait attaché au roi ; malgré tout, c’était l’Éternel qui l’avait établi sur eux, et ils lui devaient obéissance et fidélité. Jonathan était avec eux, et, bien différent de son père, il savait se confier en Dieu ; c’est lui qui allait être un instrument puissant dans Sa main pour la délivrance du peuple. Si l’homme montre son incapacité – et il ne saurait faire autre chose – par contre la foi brille dans tout son éclat, lorsqu’en apparence tout lui est contraire. C’est ce que nous verrons dans la suite de notre récit.

Il y a une autre chose que j’aimerais vous faire remarquer : les ennemis avaient réduit le peuple à l’impuissance en l’empêchant de forger des armes. Comment aller à la guerre sans cela ?

Pour nous, deux armes puissantes et invincibles sont entre nos mains. Ne laissons pas nos ennemis nous les ravir.

La première est la Parole de Dieu, qui est l’épée de l’Esprit. Elle est vivante et opérante, plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants ; elle pénètre jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles. Les épées des hommes apportent la mort là où elles pénètrent ; la nôtre produit la vie, la vie éternelle, dans les cœurs qu’elle transperce. Ne négligez pas la lecture de ce saint Livre afin de bien le connaître et de pouvoir vous en servir contre toutes les ruses de votre grand ennemi, Satan.

Vous savez que notre Seigneur s’est toujours servi de cette épée quand il a été tenté par ce redoutable adversaire. Il l’a vaincu simplement en disant : « Il est écrit… » « Il est encore écrit ». « Il est aussi écrit ». Battu sur toute la ligne, Satan a dû Le laisser et s’en aller confus.

La seconde arme est la prière. Par elle nous faisons intervenir Dieu dans nos circonstances. Qui peut résister à ce Dieu puissant quand II intervient en notre faveur ? C’est ce que nous verrons dans le chapitre suivant.

Vous vous souvenez que nous avons vu le peuple de Dieu dans une grande détresse, caché qu’il était dans les cavernes, dans les broussailles, dans les rochers, dans les lieux forts et dans les fosses : un peuple sans armes en présence d’un redoutable adversaire. Sur eux était un roi sans puissance, sans ressources ; même son armée se retirait de lui ; et, ce qui était le pire de tout, ce roi, sans foi, ne savait pas même crier au Dieu qui lui avait donné son trône et qui seul pouvait le délivrer. Voilà le résultat de la folie du peuple qui avait voulu un roi comme les autres nations.

Par contre, Jonathan, le fils de Saül, qui était un homme de foi, avait déjà remporté une victoire sur les ennemis. Cette victoire, loin de les abattre et de les humilier, n’avait eu pour résultat que de mettre la haine dans le cœur de ces ennemis, et les voici qui, de nouveau, rassemblent une armée nombreuse comme le sable qui est sur le bord de la mer. La foi de Jonathan ne se laisse pas arrêter par de telles difficultés ; au contraire, c’est pour elle une occasion de remporter de nouvelles victoires, ainsi que nous allons le voir dans le chapitre 14 que nous lirons ensemble aujourd’hui.

Vous remarquez que, dans le commencement de ce chapitre, Jonathan est seul avec son jeune homme, celui qui portait ses armes. Celui-ci était un homme de foi comme son maître, un inconnu du monde ; nous ne savons pas même quel était son nom, mais soyons certains qu’il était bien connu de Dieu et que, dans un jour à venir, il aura une place glorieuse parmi ses grands hommes. C’était un précieux serviteur qui suivait son maître et qui lui obéissait sans raisonnement, même en présence de difficultés qui paraissaient insurmontables. Il pouvait lui dire : « Fais tout ce qui est dans ton cœur ; va où tu voudras, voici, je suis avec toi selon ton cœur » (v. 7).

Heureux les jeunes qui possèdent en partage une foi de pareil prix et qui la montrent, non en faisant des choses qui brillent aux yeux des hommes, mais simplement dans l’obéissance à la Parole de Dieu, en marchant dans le sentier de la foi. Je dis : « sentier », car le chemin dans lequel les fidèles ont à marcher est toujours un chemin resserré et étroit, comme nous allons le voir. Vous savez, du reste, où conduit le chemin large. Lisez Matthieu 7. 13 et 14 où nous voyons où aboutissent les deux chemins.

Jonathan n’était donc pas avec son père dans ce moment-là et il ne lui fit pas connaître ce qu’il allait faire. La foi ne peut rester associée avec l’incrédulité, ni avoir affaire avec elle dans l’œuvre de Dieu : ce sont deux choses absolument incompatibles. Il vaut mieux, infiniment mieux, être seul avec Dieu que dans la compagnie des incrédules, même avec toute une armée.

Pour Jonathan, voir les ennemis prospérer et le peuple de Dieu dans l’oppression et la souffrance, était une chose insupportable, aussi dit-il à son jeune homme : « Viens, et passons jusqu’au poste des Philistins qui est là, de l’autre côté ». Ignoré du peuple de Dieu et de son roi, il entreprend une œuvre qui pouvait paraître téméraire, même impossible. Mais la foi compte sur un Dieu qui sauve avec beaucoup ou peu de gens.

Les Philistins s’étaient établis dans un poste qui paraissait imprenable. Deux rochers à pic en défendaient l’approche, et seul un passage resserré et abrupt pouvait conduire Jonathan vers eux. Ce chemin était si difficile à escalader qu’il fallait s’y agripper avec les mains et les pieds. Fallait-il donc s’y aventurer ?

C’est Dieu qui va le leur dire, et cela par la bouche même de leurs ennemis ! Si les Philistins leur disaient de se tenir où ils étaient, c’était bien ; ils les attendraient sur place et ils pourraient les recevoir avec la puissance infinie du Dieu qui combattait pour eux et qui fait ce qu’Il veut dans les cieux et sur la terre. Si les ennemis leur disaient de monter vers eux, ce qui était encore plus dangereux, il n’y avait qu’à le faire, malgré le rude chemin par lequel il fallait s’approcher d’eux.

Mais comment donc Jonathan et son compagnon pouvaient-ils les combattre, puisque même leurs mains étaient nécessaires pour escalader le rocher ? Soyez sans crainte, glorieux champions de la foi ! C’est Dieu qui combattra pour vous et vous verrez la délivrance qui vient de l’Éternel ; les ennemis de son peuple ne sont devant lui que du chaume emporté par le vent.

« Monte après moi », dit le valeureux Jonathan à son serviteur, « car l’Éternel les a livrés en la main d’Israël ». Parole merveilleuse. Il ne dit pas : l’Éternel les a livrés en mes mains, ce qui pourtant était le cas, mais en la main d’Israël. Dans sa victoire il reste associé au peuple de Dieu. Ce n’est pas sa propre personne qui est en jeu dans toute cette scène, mais bien le peuple bien-aimé de Dieu. Lui, Jonathan, n’était qu’un instrument dans la main de ce Dieu tout puissant. La cause n’était pas celle de Jonathan, mais bien celle de tout le peuple. Jonathan n’était rien à ses propres yeux ; il ne voyait que le bien du peuple.

La frayeur de Dieu est sur tous les ennemis : Où est Saül et son armée ? Loin du lieu de la victoire de la foi. Ainsi sont toujours les incrédules : ils ne voient, ni ne connaissent les merveilles du Dieu tout puissant.

Voici donc Jonathan et son serviteur qui ont remporté une grande victoire. Les sentinelles de Saül regardèrent et virent la multitude des ennemis qui s’en allaient et s’entre-tuaient. Ignorant ce qui s’était passé, Saül montre son incapacité en présence de la victoire comme il l’avait montrée en présence des ennemis.

Non seulement cela, mais aussi, il est une entrave aux résultats définitifs de la victoire. Il montre ici comme toujours ce qu’est la chair lorsqu’elle s’ingère dans les choses de Dieu et veut s’associer à Son œuvre dans le monde.

Peut-être ne comprenez-vous pas bien ce que veut dire ce mot « la chair ». Lisez à ce sujet le chapitre 8 de l’épître aux Romains ; là vous trouverez plusieurs fois ce mot en contraste avec « l’Esprit ». Dieu appelle « la chair », la mauvaise nature qui est dans l’homme à cause de sa désobéissance à la volonté de Dieu. Adam avait été créé innocent, ne connaissant pas le mal ; dans le paradis terrestre il était capable de jouir de Dieu, son Créateur, et de tout ce que ce Dieu plein de bonté avait mis à sa disposition ; mais, ayant écouté la voix de l’ennemi, qui l’a trompé, l’homme est devenu pécheur, aimant le mal, craignant Dieu, le haïssant et s’éloignant de Lui de plus en plus. Ses pensées sont obscurcies et il ne sait discerner, ni ce qui est bon, ni ce qui est agréable à Dieu. Sa nature est mauvaise et incurable. C’est cette nature mauvaise qui est appelée la chair.

Elle peut avoir une belle apparence, comme c’était le cas chez Saül ; mais, malgré cette apparence, il était toujours opposé aux pensées de Dieu. C’est pourquoi il est dit que « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Rom. 8. 6 et 7).

C’est pourquoi aussi le Seigneur dit à Nicodème : « Il faut être né de nouveau ». Pourtant Nicodème était un docteur de la loi et, par conséquent, un homme très religieux (Jean 3. 1 à 10). Malgré tous ses privilèges, il lui fallait une nouvelle nature, une nouvelle vie pour pouvoir entrer dans le royaume. Il lui fallait être né de nouveau Cette nouvelle vie s’acquiert par la foi au Seigneur Jésus. Lisez le v. 16 de ce chapitre 3 de Jean et vous verrez que celui qui croit a la vie éternelle. Il est donc né de nouveau puisqu’il possède une vie qu’il n’avait pas auparavant.

Avez-vous la vie éternelle ? Êtes-vous nés de nouveau ? C’est une des questions des plus solennelles. Pour en avoir la certitude, il ne faut pas regarder au dedans de soi, mais croire simplement ce que Dieu dit. Croyez-vous au Seigneur Jésus ? Oui ? Eh bien ! Vous avez la vie éternelle, vous êtes nés de nouveau. C’est Dieu qui le dit ; le Dieu qui ne peut mentir le déclare dans Sa Parole.

Cette vie nouvelle aime Dieu, se réjouit en Lui, Le sert et Lui obéit, Lui est agréable. Ceux qui la possèdent ne sont pas dans la chair, mais dans l’Esprit, car c’est le Saint Esprit qui produit cette vie, par le moyen de la Parole qui opère en puissance dans le cœur et la conscience de l’homme qui est né de nouveau. J’aime à penser que vous croyez simplement ces choses. C’est par la foi qu’on les possède. Or « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » Rom. 10. 17).

Vous voyez la différence bien marquée entre Saül et Jonathan ? Le premier, malgré ses aimables qualités, n’agissait jamais avec Dieu ; c’était un homme dans la chair. Jonathan, son fils, au contraire, était un homme de foi. Il faisait intervenir Dieu dans ses actes et Dieu lui manifestait Ses pensées et déployait devant lui Sa puissance. Il était un instrument de bénédiction pour le peuple de Dieu, ainsi que nous l’avons déjà vu deux fois. Il a manifesté par la suite de nouvelles manifestations de sa foi.

D’après La Bonne Nouvelle 1945