L’APÔTRE PAUL (1)

Un grand serviteur de Dieu

J’aimerais que nous nous occupions ensemble de la vie et de l’œuvre d’un grand serviteur de Dieu, l’apôtre Paul. C’est l’un des noms de la Bible que vous entendez citer le plus souvent et je suis certain que plusieurs d’entre vous sauraient trouver d’eux-mêmes quelques raisons à ce choix.

L’apôtre Paul a écrit plusieurs livres du Nouveau Testament.

En effet, il est, de façon certaine, l’auteur de 13 épîtres dont 9 sont adressées à des assemblées, et 4 à des chrétiens particuliers. De plus, le livre qui est appelé l’épître aux Hébreux est très probablement de lui.

Les écrits de l’apôtre Paul ont une grande importance, non seulement par le nombre de pages de la Bible qu’ils remplissent, mais aussi par l’intérêt des sujets qu’ils traitent.

Certaines de ses épîtres se lient de façon connue à des circonstances de sa vie, et nous pourrons, lorsque la suite du récit nous aura amenés à l’un de ces moments particuliers, étudier les lettres écrites à cette occasion.

– Mais les épîtres sont difficiles, trop difficiles pour nous !

– L’apôtre Pierre disait déjà que dans les lettres de Paul il y a des choses difficiles à comprendre (2 Pier. 3. 16). Mais elles renferment aussi beaucoup de vérités simples, qu’il importe de connaître dès le début de la vie chrétienne. Nous nous limiterons à celles-là. Et par la suite, vous pourrez en comprendre d’autres, si vous vous appliquez à la lecture de la Parole de Dieu. Tout chrétien, jusqu’à la fin de sa vie, peut dire qu’il lui reste beaucoup à apprendre dans les Écritures.

– Est-ce que nous n’avons pas aussi à étudier la vie de l’apôtre Paul, parce qu’il a été un chrétien fidèle qu’il faut imiter ?

– Certainement, et il y a beaucoup de profit à considérer sous cet aspect la carrière de ce grand serviteur. Beaucoup d’hommes de Dieu nous offrent dans la Bible de précieux exemples. Mais pour l’apôtre Paul cela est tellement vrai qu’en écrivant aux Corinthiens, aux Philippiens et aux Thessaloniciens il a pu lui-même se proposer à eux comme modèle.

– Mais savez-vous pourquoi il pouvait demander aux chrétiens d’être ses imitateurs, les en supplier même ? (1 Cor. 4. 16).

– Parce qu’il était lui-même imitateur de Christ (1 Cor. 11. 1).

C’est ce qu’il ne faut jamais oublier. Le Seigneur reste toujours le grand modèle. Dans l’épître aux Hébreux, il nous est parlé d’un grand nombre de témoins dont nous avons à imiter la foi. Mais, aussitôt après, nous sommes exhortés à fixer les yeux sur Jésus (Héb. 12. 2). L’apôtre Paul a eu des défaillances. Le Seigneur Jésus est le modèle parfait pour tous les âges de la vie. L’évangile de Luc nous le présente comme un enfant soumis à ses parents, plein de zèle pour tout ce qui concerne Dieu, avançant en sagesse et en stature (Luc 2. 49 à 52). Et dans toutes les conditions où Il peut se trouver, chaque chrétien trouve en Jésus le modèle à imiter.

Les exhortations que Paul nous adresse dans ses épîtres, en nous montrant ce que nous devons être, nous dépeignent ce qu’a été notre adorable Sauveur. Nous trouvons un exemple très net de cela dans les versets 13 et 14 du chapitre 3 de l’épître aux Colossiens.

Il y a aussi un côté de l’activité de l’apôtre Paul qui nous intéresse directement, nous qui ne sommes pas Juifs : par lui l’Évangile a été apporté aux nations.

C’est en effet le service spécial qui lui a été confié (Act. 22. 21). Il s’appelle lui-même « apôtre des nations » (Rom. 11. 13). Il dit aussi « j’ai été établi, moi, prédicateur et apôtre et docteur des nations » (1 Tim. 2. 7 et 2 Tim. 1. 11).

– Mais qu’est-ce que les nations ? Est-ce que nous en faisons partie ?

– Sans doute. Dans le Nouveau Testament ce mot désigne les hommes étrangers au peuple Juif. On emploie souvent dans le même sens le mot « Gentils ».

Paul n’a pas été le premier à présenter l’évangile à d’autres qu’aux Israélites, puisque Pierre, dès le chapitre 10 des Actes, l’annonce à des Romains dans la maison de Corneille ; mais l’apôtre Paul a été appelé à un service particulier en faveur de ceux qui n’étaient pas Juifs, non seulement en leur apportant la Bonne Nouvelle du salut dans de nombreux voyages missionnaires, mais aussi en établissant dans ses écrits que la grâce de Dieu s’étendait, sans distinctions, aux Juifs et aux autres.

Aussi, nous tous qui, par naissance, n’avions aucun droit aux promesses faites à Israël (Éph. 2. 11 et 12), nous devons apporter la plus grande attention à ces révélations de l’apôtre qui nous sont directement adressées.

Saul de Tarse, persécuteur de l’assemblée.

L’apôtre Paul, dont nous allons suivre la vie en détail, nous est d’abord présenté dans le livre des Actes jusqu’au chapitre 13 sous le nom de Saul.

– À quelle occasion son nom est-il ainsi changé ?

– C’est à son passage dans l’île de Chypre, première étape du voyage qu’il a entrepris pour porter l’évangile au loin, qu’il commence à être appelé Paul, nom sous lequel il est continuellement désigné par la suite. C’est là le début de son service particulier d’apôtre.

Saul était Juif. Il appartenait à la tribu de Benjamin. Au temps du Seigneur ceux que l’on reconnaissait comme Juifs appartenaient, pour la plupart, aux tribus de Juda, Benjamin ou Lévi qui avaient formé l’ancien royaume de Juda. Ils ne vivaient pas tous en Palestine ; beaucoup s’étaient établis dans diverses parties de l’empire romain et jusqu’à Rome même. C’est ainsi que Saul est né dans une ville de la province romaine de Cilicie nommée Tarse, port important sur la côte d’Asie Mineure. L’apôtre dit lui-même que cette ville n’est pas sans renom (Act. 21. 39).

Tout ce que nous savons de ses parents c’est que son père était pharisien (Act. 23. 6) et qu’il avait le titre de citoyen romain dont Saul a hérité par droit de naissance (Act. 22. 27).

La famille de Saul devait donc être, comme toute la secte des pharisiens, très attachée à la Loi.

Le Seigneur, dans les évangiles, met à nu le vrai caractère des pharisiens. Dans leur orgueil ils prétendaient accomplir la loi ; mais aucun homme ne peut satisfaire aux exigences des commandements de Dieu, et leur prétention les conduisait à l’hypocrisie. Ils voulaient être les conducteurs religieux du peuple et s’opposaient avec haine à l’enseignement du Seigneur, et plus tard à celui des disciples. Dieu a permis que celui qui devait écrire plus tard l’épître aux Romains et l’épître aux Galates ait été dans sa jeunesse un pharisien zélé : quand il parle de la loi c’est en connaissance de cause.

– Comment un Juif pouvait-il être en même temps citoyen romain ?

– Rome accordait ce titre à quelques hommes pris parmi les peuples qu’elle avait soumis, soit pour s’allier des personnages influents, soit en récompense de services rendus, soit même moyennant une forte somme d’argent (Act. 22. 28). La qualité de citoyen romain conférait bien des privilèges : la protection des autorités et un régime de faveur devant les magistrats et les tribunaux. À Philippes, à Jérusalem et à Césarée, Paul a revendiqué les droits attachés à ce titre.

Saul fut élevé à Jérusalem où il suivit l’enseignement d’un docteur célèbre de la Loi, pharisien, appelé Gamaliel, que le chapitre 5 du livre des Actes nous présente comme un homme honoré de tout le peuple. Il siégeait au sanhédrin qui était le tribunal suprême des Juifs et quand les apôtres comparurent devant ce tribunal et se trouvèrent menacés de mort à cause du témoignage qu’ils rendaient au Seigneur Jésus, Gamaliel donna des conseils de modération. Il admettait que l’œuvre des apôtres pouvait être de Dieu.

Nous aimons trouver chez cet homme distingué de tels sentiments de tolérance qui contrastent avec la haine des autres chefs des Juifs. Mais nous savons bien qu’il ne suffit pas d’avoir du respect pour l’évangile ou de la bienveillance et même de la sympathie pour les chrétiens. Pour être sauvé il faut recevoir l’évangile pour soi-même, par la foi, donc avec certitude, comme un pécheur qui se sait perdu et qui saisit la grâce de Dieu.

Saul était loin de partager la modération de son maître. Aveuglé par Satan, comme la plupart des principaux Juifs, il considérait le christianisme comme une doctrine impie et croyait servir Dieu en s’efforçant de le détruire.

La première mention qui nous est faite de Saul nous le montre dans sa haine contre les chrétiens. Quand le premier martyr, Étienne, paya de sa vie son témoignage fidèle pour le Seigneur, Saul, qui n’était encore qu’un jeune homme, consentait à sa mort et gardait les vêtements de ceux qui le tuaient à coups de pierre (Act. 7. 58 ; 22. 20).

La fureur de Saul contre les disciples du Seigneur ne fit que croître. Il nous est dit qu’il ravageait l’assemblée. Il entrait dans les maisons des chrétiens et traînait hommes et femmes pour les jeter en prison. Comment connaissons-nous tous ces détails ?

Luc, l’auteur du livre des Actes, nous rapporte brièvement ces faits dans le cours de son récit au début du chapitre 8, mais c’est Paul lui-même qui, à bien des reprises, raconte quelle a été sa conduite en ce temps-là.

Dans son discours du chapitre 22 des Actes, il reconnaît devant tout le peuple qu’il a persécuté les chrétiens jusqu’à la mort. Dans un autre discours prononcé pour sa défense devant le roi Agrippa, il rappelle qu’il a enfermé dans les prisons plusieurs des saints, qu’il a acquiescé à la mort de ceux que l’on condamnait et que, transporté de fureur, il les persécutait même jusque dans les villes étrangères (Act. 26. 9 à 11). Il écrit aux Galates (1. 13) qu’il avait persécuté outre mesure l’assemblée de Dieu. Il mesurait bien toute l’horreur de sa conduite passée : « Je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que car j’ai persécuté l’Assemblée de Dieu » dit-il aux Corinthiens (1 Cor. 15. 9).

C’est surtout dans la première épître à Timothée qu’il se juge sans ménagements : « Moi, qui auparavant était un blasphémateur, un persécuteur et un violent », et pour conclure il se classe comme le premier des pécheurs. Mais dans le même passage il dit par deux fois « miséricorde m’a été faite ».

Quel exemple ! : Dieu choisit un être indigne, un persécuteur de l’Assemblée, un ennemi déclaré de l’Évangile pour l’établir dans son service et en faire son messager « devant les nations et les rois et les fils d’Israël ».

Et Paul ne dissimule rien de son passé humiliant, maintenant complètement réglé devant Dieu, car il rappelle que son ancien état misérable fait briller la grâce du Seigneur.

La vie de Saul de Tarse a été complètement transformée par un événement extraordinaire, d’une importance telle que le livre des Actes nous en donne trois fois le récit : au chapitre 9 dans l’ordre des événements que nous rapporte l’auteur, puis aux chapitres 22 et 26 dans les discours de Paul devant le peuple et devant le roi Agrippa.

Non content de persécuter les chrétiens de Jérusalem, Saul, poussé par Satan, étendait aux villes étrangères son activité contre les disciples du Seigneur. Il lui arriva ainsi de se rendre à Damas pour se saisir des chrétiens de cette ville et les amener prisonniers à Jérusalem. Sur sa demande, le souverain sacrificateur lui avait confié des lettres adressées aux principaux Juifs de Damas qui devaient lui apporter leur concours dans cette œuvre de méchanceté.

Damas est une très vieille ville, puisqu’elle est déjà mentionnée au chapitre 15 de la Genèse comme la patrie d’Éliézer, serviteur d’Abraham. C’était la capitale de la Syrie, au nord de la Palestine. Elle subsiste encore aujourd’hui. Pour aller de Jérusalem à Damas il faut parcourir plus de 300 kilomètres. C’était une expédition de plusieurs jours avec les moyens de locomotion de l’époque, car on cheminait lentement, soit à pied, soit à dos d’animal. Mais l’acharnement de Saul contre les chrétiens ne connaissait pas d’obstacle.

Accompagné de son escorte, Saul approchait enfin de Damas quand tout à coup, en plein midi, une grande lumière, plus éclatante que le soleil, brilla du ciel comme un éclair autour de lui et de ses compagnons. Tous furent projetés à terre et Saul entendit une voix qui lui disait :

– Saul, Saul ! pourquoi me persécutes-tu ?

– Qui es-tu, Seigneur ? répondit-il.

– Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi entre dans la ville de Damas et là il te sera dit ce que tu dois faire.

Saul se releva, mais la gloire de la lumière qui les avait enveloppés l’avait privé de la vue. Aveugle, il dut être conduit par la main jusqu’à Damas et resta là trois jours sans voir, sans boire ni manger.

La splendeur de cette vision, l’autorité de la voix qu’il avait entendue, lui avaient subitement révélé la dignité de Celui qui s’adressait à lui et il l’appelle aussitôt « Seigneur ». Cette première rencontre avec Jésus comme le Seigneur dans la gloire du ciel marquera tout son ministère. Plus tard, parlant du Sauveur crucifié il l’appellera « le Seigneur de gloire » (1 Cor. 2. 8).

Saul avait pensé qu’il fallait faire beaucoup contre le nom de Jésus le Nazaréen et voilà que Celui qu’il avait jusque-là méprisé et combattu se manifeste à lui comme un Jésus glorieux qui a sur lui les droits de Seigneur et qui, du haut du ciel, s’associe à ses disciples persécutés sur la terre et ressent pour Lui-même les outrages dont on les accable. Subitement, tout ce que le jeune pharisien orgueilleux avait poursuivi avec acharnement, dans la prétention de servir Dieu, apparaissait, dans cette lumière aveuglante, comme la suprême injure faite à Dieu et à son Christ.

« Il t’est dur de regimber contre les aiguillons » ajoute le Seigneur, comme le rapporte Paul dans son récit devant Agrippa (Act. 26). Ces aiguillons étaient sans doute les reproches de sa conscience qu’il s’efforçait de faire taire. Dieu lui avait déjà parlé par le témoignage fidèle que rendaient les chrétiens persécutés. Et maintenant le Seigneur en personne venait le rencontrer, l’arrêter sur son chemin.

Comme l’entrée dans Damas de cet aveugle, vaincu, conduit par la main, était loin des projets audacieux qu’il avait formés ! Ses yeux ne pouvaient plus rien discerner des choses de la terre, mais dans quelle obscurité morale plus profonde encore se débattait son âme ! Quel effondrement ! Quel désespoir aurait pu l’accabler si la même voix, l’engageant à poursuivre sa route, ne l’avait assuré qu’il ne serait pas laissé à son désarroi mais que d’autres communications touchant un avenir pour lui allaient lui être faites. « Il te sera dit ce que tu dois faire ».

Une conversion est un changement de direction. Nous trouvons dans le Nouveau Testament bien des cas de conversion – bien des exemples d’hommes qui marchaient loin de Dieu et qui, amenés dans sa lumière, se sont tournés vers Lui et ont été sauvés. Mais l’exemple le plus saisissant paraît bien être celui de Saul, arrêté sur le chemin, convaincu sur-le-champ de son égarement ; brisé dans son orgueil, menant deuil sur son péché pendant trois jours dans les ténèbres et dans le jeûne, jusqu’à ce que Dieu lui fasse entendre un message de pardon et de paix.

C’est une rencontre personnelle de Jésus que Saul fait sur le chemin de Damas. C’est l’un des deux seuls exemples où notre Seigneur se désigne Lui-même sous son nom d’homme « Jésus ». Dans les évangiles, Il s’adresse à ses disciples ou aux Juifs – Il s’appelle lui-même « le Fils de l’homme ». Ici, venant rencontrer Saul sur son chemin d’opposition et de haine, Il prend le nom sous lequel il avait vécu dans l’humilité sur la terre.

Le Seigneur dans la gloire était le même Homme, le même Jésus débonnaire et méprisé, né dans l’étable de Bethléem, qui était passé de lieu en lieu faisant du bien et qui avait été cloué sur la croix du Calvaire.

Ce Jésus, Dieu L’a ressuscité et L’a exalté à sa droite (Act. 2. 32 et 33). Toute l’incrédulité que Saul, comme les principaux des Juifs, avait opposée au message de la résurrection proclamé par les apôtres, tombe devant cette révélation.

Désormais Jésus sera son Seigneur, son maître. Il ne vivra que par Lui et pour Lui. Telle est la part de tous les rachetés de Jésus. Il faut avoir affaire personnellement avec Lui. Nous devons croire en Lui comme en notre Sauveur qui a expié nos péchés à la croix. Nous devons Le reconnaître aussi comme notre Seigneur. Gardons-nous d’oublier qu’Il a tous les droits sur nous.

Dans sa réponse, nous l’avons vu, le Seigneur montre combien Il est étroitement associé aux siens. Les persécuter, c’était Le persécuter, Lui. C’est l’affirmation touchante de notre union avec Lui.

Il y a là un enseignement que l’apôtre Paul développera plus tard dans ses épîtres aux Corinthiens, aux Éphésiens et aux Colossiens. Tous les croyants sont les membres du corps de Christ dont Lui est la tête glorifiée dans le ciel. Toucher à un membre du corps, c’est toucher au corps tout entier, c’est toucher à la tête même. Qu’il est précieux pour le cœur de chaque croyant encore sur la terre de se sentir uni par de tels liens à Jésus dans la gloire, et qu’il est doux d’entendre ici notre bien-aimé Sauveur l’affirmer Lui-même dans sa réponse à Saul !

Le message d’Ananias

Il y avait à Damas un disciple nommé Ananias. Paul dit de lui, plus tard, que c’était un homme pieux selon la Loi, qui avait un bon témoignage de tous les Juifs de cette ville (Act. 22. 12).

Le Seigneur l’appelle dans une vision : « Ananias ! » Nous trouvons dans le livre des Actes plusieurs récits où le Seigneur s’adresse ainsi à l’un des siens, soit directement, soit par le moyen d’un ange.

Ananias est prompt à répondre : « Me voici, Seigneur » (Act. 9. 11). Le Seigneur lui dit : « Lève-toi, va dans la rue appelée la Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul, de Tarse ; car voici, il prie, et il a vu dans une vision un homme nommé Ananias qui entrait et lui imposait les mains pour qu’il recouvre la vue ».

Les indications données à Ananias sont simples. Toute cette conversation est empreinte d’une douce intimité. On sent qu’Ananias vivait de façon habituelle dans la présence du Seigneur. Il est prêt à obéir, mais dans la liberté qu’il connaît avec son Maître il Lui présente ce qu’il a déjà entendu dire de Saul et ne cache pas son étonnement : « Seigneur, j’ai entendu beaucoup de personnes dire, à propos de cet homme, tout le mal il a faits à tes saints dans Jérusalem ; et ici il a pouvoir, de la part des principaux sacrificateurs, de lier tous ceux qui invoquent ton nom ».

Mais le Seigneur avec patience donne réponse aux questions qui montent dans l’esprit de son serviteur et lui révèle son propos à l’égard de Saul : « Va ; car cet homme est un instrument que je me suis choisi pour porter mon nom devant les nations, les rois et les fils d’Israël ; car je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom ».

Vivre dans l’intimité du Seigneur comme Ananias est un privilège dont tout croyant peut jouir encore aujourd’hui. Nous avons toujours la liberté de lui exposer simplement par la prière tout ce qui nous préoccupe, et nous recevons par sa Parole la communication de ses pensées.

Dieu opère chez Saul une transformation complète pendant ces trois jours de jeûne et d’obscurité. « Voici, il prie » : c’est ainsi que le Seigneur le présente à Ananias. Quel changement ! Le jeune pharisien orgueilleux qui jusque-là n’était guidé que par ses propres pensées et prétendait les imposer aux autres même par la violence, est devenu un homme dépendant qui implore humblement Dieu. Et Dieu répond. Il va lui envoyer son disciple, mais à l’avance Il annonce à Saul, par une vision, cette visite et Il lui précise même le nom de ce messager, son geste d’imposition des mains et la guérison qui suivra.

Ce que Dieu a en vue pour Saul dépasse de beaucoup ce que devait attendre cet homme en prière. Non seulement la vue va lui être rendue et le pardon de ses péchés va lui être annoncé, mais il lui sera révélé comment Dieu l’a choisi pour un service exceptionnel.

Lui qui s’était acharné contre le nom de Jésus et contre ceux qui invoquaient ce nom béni allait avoir à proclamer ce nom même devant les nations, dans les vastes contrées où il n’avait jamais été entendu, devant les rois, l’auditoire le plus difficilement accessible – et aussi, mais cela ne vient qu’en troisième lieu, devant les fils d’Israël, ses frères selon la chair auxquels il est toujours resté fidèlement attaché. Ce service entraînerait bien des tribulations. Après avoir tant fait souffrir les fidèles qui invoquaient le nom du Seigneur, Saul, désormais, souffrirait beaucoup pour ce nom et il estimerait cela comme un privilège, comme un don gratuit (Phil. 1. 29).

Ananias, serviteur docile, se rend aussitôt dans la maison où séjourne Saul et lui impose les mains. C’est là un geste d’association. Ananias ne considère plus Saul comme le persécuteur, mais comme un homme repentant, un frère dans la foi, un disciple lui-aussi de Jésus. Il lui dit : « Saul, frère, le Seigneur, Jésus qui t’est apparu dans le chemin par où tu allais m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli de l’Esprit Saint ».

C’est Jésus qui domine cette scène, comme il dominera dorénavant toute la vie de Saul. C’est Jésus qui l’avait arrêté sur le chemin et qui maintenant lui envoie Ananias. C’est par Jésus qu’il recouvre la vue, qu’il reçoit le pardon de ses péchés et le don du Saint Esprit.

Aussitôt des yeux de Saul tombent comme des écailles, et il voit. Ce miracle dans le domaine corporel est l’image de ce qui se passe dans son âme : sa propre justice, sa prétention de servir Dieu et d’accomplir la loi, tout ce qui obscurcissait son jugement et le retenait dans un aveuglement moral, tout cela disparaît. Dès maintenant, par la foi, il peut voir Jésus ; il s’attachera lui-même et exhortera les autres à Le contempler, à Le considérer, à fixer les yeux sur Lui (Héb. 2. 9 ; 2 Cor. 3. 18 ; Héb. 12. 2 et 3).

Le récit du chapitre 22 des Actes ajoute ces paroles d’Ananias : « Et maintenant pourquoi tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lave-toi de tes péchés, en invoquant son nom ». Les choses vieilles sont passées, Saul n’a plus à s’y attarder. Il appartient à un ordre de choses tout nouveau. Il entre par le baptême dans ce christianisme qu’il avait cherché à détruire.

Une vie de consécration à son Seigneur s’ouvre devant lui. Il mange, il reprend des forces et il demeure quelques jours avec ces mêmes disciples de Damas qu’il était venu persécuter.

Il ne peut garder pour lui-même les révélations merveilleuses qu’il a reçues. Il entre dans les synagogues des Juifs et il leur annonce Jésus. Il affirme que Celui-ci est le Fils de Dieu. Sa prédication a d’abord pour sujet la gloire personnelle de Celui qui s’est révélé à lui. Jésus lui-même avait maintes fois déclaré dans les évangiles qu’il était le Fils de Dieu, et c’est ce témoignage qui le fit condamner à mort.

Les discours de Saul étaient d’autant plus saisissants que nul n’ignorait sa violente opposition à Christ et aux chrétiens à Jérusalem, ni les projets de persécution qui l’avaient amené à Damas.

Mais il se fortifiait de plus en plus, confondait les Juifs et démontrait que Jésus était le Christ. Instruit dans les Écritures, comprenant maintenant avec le secours du Saint Esprit ce que l’Ancien Testament disait à l’avance de Jésus, Saul pouvait donner des preuves convaincantes de cette vérité : Jésus, le rejeté, le crucifié, est le Christ.

Quand le Seigneur interroge sur Lui-même ses disciples, dans le chapitre 16 de Matthieu, Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». C’est cette double révélation – Jésus, le Fils de Dieu – Jésus, le Christ, que Saul apporte dans les synagogues de Damas.

Christ est la traduction grecque du mot hébreu Messie qui signifie Oint (Jean 1. 41 ; 4. 25). Moïse, David, les prophètes avaient annoncé un grand libérateur, un roi qui régnerait en justice, un descendant de David qui rétablirait le royaume de son père, et apporterait la bénédiction à son peuple. C’est ce Messie promis que les Juifs attendaient.

Dans le premier chapitre de Jean, André dit à Simon : « Nous avons trouvé le Messie (le Christ) » et c’est exactement dans cette pensée que Philippe dit aussitôt après à Nathanaël : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi et dont les prophètes ont écrit, nous l’avons trouvé ». C’est sous ce titre que Jésus se présentait d’abord à son peuple. Mais « Il vint chez soi et les siens ne l’ont pas reçu ».

Mais ceux qui le reçoivent discernent en lui par la foi, non seulement l’Oint de Dieu, le Christ annoncé, celui sur qui reposent toutes les promesses faites à Israël, mais le Fils de Dieu, le Fils Unique que, dans son amour pour le monde, Dieu a donné « afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle ».

« Mais tout cela a été écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie par son nom » (Jean 20. 31).

L’école de Dieu

La suite du récit du chapitre 9 des Actes indique que des jours en grand nombre se sont écoulés avant que Saul retourne de Damas à Jérusalem. Paul précise aux Galates que ce séjour dura trois ans, et que pendant cette période, il fit un voyage en Arabie sur lequel nous n’avons pas d’autres détails.

Le témoignage que Saul rendait au Seigneur Jésus ne manqua pas de lui attirer la haine des Juifs. Ils s’étaient d’abord étonnés de l’entendre prêcher Christ avec force, lui qui peu auparavant déployait tant d’ardeur dans la persécution contre les chrétiens. Mais leur surprise fit bientôt place à une violente hostilité et ils décidèrent de le faire mourir. Ils surveillèrent jour et nuit les portes de la ville pour le tuer. Ils obtinrent même le concours du gouverneur du roi Arétas, qui fit garder la ville pour se saisir de lui (2 Cor. 11. 32).

C’est ainsi que les hommes qui s’opposent à Dieu trouvent facilement un concours parmi leurs semblables : le peuple d’Israël avec ses chefs s’est joint aux Romains pour faire périr Jésus ; bien des fois dans la suite de l’histoire de l’apôtre Paul, nous verrons les Juifs ameuter contre lui les gens des nations. Tel est le monde toujours unanimement opposé à Dieu et rebelle à sa grâce.

Mais Saul apprit le complot qui se tramait contre lui, et les disciples le firent échapper en le dévalant dans une corbeille par une fenêtre à travers la muraille.

Saul était entré à Damas aveugle, brisé, conduit par la main. Il en repartait à la dérobée et, par une fuite humiliante, échappait avec peine à ceux qui voulaient attenter à sa vie. Comme tout cela contraste avec la mission qu’il avait sollicitée et obtenue du souverain sacrificateur et dont il comptait s’acquitter brillamment.

Mais Paul, parti de Jérusalem la haine au cœur, misérable quant à Dieu, y retournait étreint par l’amour du Christ, riche de toute la grâce du Seigneur.

Arrivé à Jérusalem, Saul cherchait à se joindre aux disciples. Mais les chrétiens, se souvenant de la part qu’il avait prise au meurtre d’Étienne et aux persécutions qui avaient suivi, doutaient de sa conversion, le craignaient et l’évitaient.

Il y avait dans l’assemblée de Jérusalem un frère nommé Barnabas qui a joué par la suite un rôle important dans la vie de l’apôtre Paul. Il appartenait à la tribu de Lévi et était né dans l’île de Chypre, donc, comme Saul, en dehors de la Palestine. Il nous est parlé de lui dès le début de l’histoire de l’Assemblée à la fin du chapitre 4 des Actes. Possesseur d’une terre, il la vendit et en apporta le prix aux apôtres pour que cet argent soit distribué aux chrétiens qui étaient dans le besoin. Son nom était primitivement Joseph, mais les apôtres, appréciant son désintéressement, l’appelèrent « Barnabas » ce qui signifie « fils de consolation ». C’est sous ce nom qu’il est continuellement désigné dans le Nouveau Testament.

Barnabas prit Saul, le mena aux apôtres, leur raconta comment il avait vu et entendu le Seigneur sur le chemin, et comment, à Damas, il avait ouvertement parlé au nom de Jésus. Saul demeura ainsi quelques jours chez l’apôtre Pierre.

Il ne restait pas inactif. Allant et venant dans Jérusalem, il parlait du Seigneur. Il s’adressait particulièrement aux Juifs qui, comme lui, n’étaient pas originaires de Palestine, qui parlaient en général la langue grecque, et que l’on appelait pour cela les Hellénistes. Saul ne craignait pas d’entrer en discussion avec eux ; mais son zèle pour le Seigneur lui attira de nouveau la haine des opposants qui cherchaient à le faire mourir.

Les frères de Jérusalem eurent connaissance de ce méchant dessein, et pour faire échapper Saul l’envoyèrent à Tarse, sa ville d’origine. Nous ne savons pas combien de temps dura ce séjour-là, mais nous pouvons bien penser que, toujours actif, il continua d’annoncer Jésus à ceux qui l’entouraient.

Saul était appelé à un grand service pour le Seigneur. Il devait apporter l’évangile aux nations. Dès sa conversion, nous le voyons plein de zèle pour parler de Jésus autour de lui. Mais avant que puisse commencer son ministère d’apôtre, il devait être formé pour cela par Dieu Lui-même. L’Arabie, c’est le désert. Quand Saul a interrompu son séjour à Damas et s’est retiré pour un temps en Arabie, il s’isolait avec Dieu.

Il se trouvait là à l’école de Dieu, il recevait la révélation de ses pensées, il apprenait les leçons nécessaires à sa formation.

C’est ainsi que Dieu prépare ses serviteurs, dans la retraite avec Lui : quand Moïse, âgé de 40 ans, sortit pour visiter ses frères, il voulut s’employer aussitôt à leur délivrance. Mais les Israélites ne reconnurent pas sa mission et il dut s’enfuir et séjourner comme étranger dans le pays de Madian pendant quarante ans. Ce n’est qu’au bout de ce long temps à l’écart, dans le secret, qu’il fut appelé par l’Éternel et envoyé vers le Pharaon pour faire sortir d’Égypte le peuple d’Israël.

Quand David se présenta pour lutter contre Goliath, il connaissait les délivrances de l’Éternel pour les avoir apprises au désert, loin de tous, dans la lutte contre le lion et contre l’ours.

II en est ainsi aujourd’hui encore : dès qu’un croyant a reçu Jésus comme son Sauveur, il peut et doit parler autour de lui du salut que Dieu lui a accordé ; il a le privilège d’être un témoin de Christ avec le secours du Saint Esprit. Mais pour accomplir un ministère public au service du Seigneur il faut avoir été à l’école de Dieu qui enseigne de bien des manières, par sa Parole et par les expériences qu’Il permet. Il n’est pas d’enseignement donné par les hommes qui puisse suppléer à ces leçons-là.

Nous remarquons aussi que ce n’est que trois ans après sa conversion que Saul prend avec les apôtres un contact d’ailleurs assez bref. Il ne remontera ensuite à Jérusalem qu’au bout de quatorze ans, c’est-à-dire à la fin de son premier voyage missionnaire (Gal. 2. 1 ; Act. 15). Il tenait son appel directement du Seigneur. Son ministère n’avait pas à être accrédité par d’autres. Son enseignement reposait sur les vérités qui lui avaient été directement révélées.

Il était dans les pensées de Dieu que la prédication de l’évangile s’étende aux nations, dans les débuts tout au moins, indépendamment des apôtres restés à Jérusalem, attachés encore aux formes du culte Juif. Il devait être bien établi que le christianisme était entièrement distinct du judaïsme.

Nous voyons enfin que Saul dut séjourner à Tarse, sa ville d’origine. Quand le Gadarénien eut été délivré des démons, il pria Jésus de lui permettre de Le suivre. Mais Jésus le renvoya chez lui et lui dit : « Va dans ta maison, auprès des tiens, et raconte-leur tout que le Seigneur a fait pour toi et comment il a usé de miséricorde à ton égard ». Et l’homme s’en alla et se mit à publier, par toute la ville et dans toute la contrée ce que Jésus lui avait fait (Marc 5 ; Luc 8). Son témoignage fut reçu par ses compatriotes, puisque Jésus, quand il revint dans ces parages, fut reconnu, bien accueilli, et put opérer beaucoup de guérisons (Marc 6. 53).

C’est d’abord à ceux qui vivent avec nous que nous devons parler de Jésus. C’est quelquefois plus difficile que de s’adresser à des étrangers. On craint davantage la moquerie d’un camarade de tous les jours que celle d’un inconnu.

Nous risquons souvent d’être empêchés de parler de l’évangile à nos proches, parce que nous sentons que nos paroles ne correspondraient pas à notre conduite qu’ils observent et qu’ils connaissent bien.

Souvenons-nous que notre témoignage pour le Seigneur ne doit pas être en paroles seulement, mais dans toute notre manière de vivre.

L’assemblée d’Antioche

La persécution qui avait suivi la mort d’Étienne avait dispersé les chrétiens de Jérusalem. Seuls les apôtres étaient restés dans cette ville. Les autres croyants s’étaient enfuis dans les contrées voisines, en Judée et Samarie. Certains passèrent plus loin, jusque dans l’île de Chypre ou vers le nord de la Palestine jusqu’en Phénicie et à Antioche.

Antioche, à 500 kilomètres au nord de Jérusalem, était alors une très grande ville – en importance, la troisième de l’empire romain, après Rome et Alexandrie. Il y affluait des gens de toutes nationalités et entre autres des Juifs.

Les chrétiens dispersés, pleins de zèle pour le Seigneur, parlaient de Lui aux Juifs qu’ils rencontraient. Certains même qui étaient originaires de Chypre ou de Cyrène, habitués à avoir des relations avec les gens des nations, annoncèrent Jésus aux Grecs d’Antioche. Le Seigneur bénit le témoignage qu’ils rendaient, si bien que beaucoup de leurs auditeurs crurent et se tournèrent vers le Seigneur.

Satan avait cherché, par la persécution, à anéantir le christianisme naissant ; mais Dieu s’est servi de la dispersion de ses enfants pour faire propager l’évangile. C’est ainsi que l’ennemi fait une œuvre qui tourne à sa confusion. Dieu, souverain, fait concourir toutes choses à sa propre gloire.

Il est beau de voir comment ces exilés, au lieu de s’appesantir sur leurs difficultés, s’employaient à faire connaître à d’autres le Sauveur qu’ils avaient trouvé.

Leur cœur était occupé de Jésus, et de l’abondance du cœur, la bouche parle (Luc 6. 45). Tout croyant, si simple soit-il, peut ainsi être un messager de la grâce auprès de ceux qui l’entourent, s’il est lui-même plein de l’amour du Seigneur.

L’assemblée qui était à Jérusalem entendit parler de cette œuvre de Dieu et envoya à Antioche Barnabas, ce disciple que nous avons déjà vu consacrer ses biens aux besoins de ses frères et amener Saul aux apôtres. Ceux-ci l’avaient appelé « fils de consolation ».

Il nous est dit de lui maintenant qu’il était « homme de bien et plein de l’Esprit Saint et de foi ». Il était ainsi bien qualifié pour accomplir un service utile près de ces croyants d’Antioche. Étant lui-même originaire de Chypre, il était à même de bien les comprendre.

Quand il arriva à Antioche « il vit la grâce de Dieu et s’en réjouit ». Cet homme de foi ne s’arrêtait pas aux résultats visibles, mais remontait à la source et ce qu’il discernait, c’était la grâce de Dieu à l’œuvre.

Nous pouvons penser que Barnabas, rempli de l’Esprit Saint, avait beaucoup de choses à dire aux fidèles d’Antioche. Mais toutes se résument à ceci : « Il les exhortait à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur ».

C’est ce que Jésus enseignait Lui-même à ses disciples dans cette belle image du sarment attaché au cep. Combien de fois il parle de « demeurer en Lui », de « demeurer dans son amour » dans le chapitre 15 de l’évangile de Jean.

Toute notre conduite chrétienne doit découler de notre attachement de cœur au Seigneur. Et c’est à son amour à Lui pour nous que s’alimentent nos affections. Pensons davantage à l’amour qui L’a conduit à se livrer Lui-même pour nous, à l’amour dont Il nous entoure chaque jour, à cet amour qui nous veut avec Lui pour l’éternité ; c’est ainsi que nous pourrons l’aimer un peu mieux en retour. « Nous, nous aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).

S’il veut que notre cœur l’aime

Sans partage, ni détour,

C’est qu’il est d’abord lui-même

Immuable en son amour.

« Une grande foule fut ajoutée au Seigneur » : Tel fut le résultat du témoignage rendu par ces croyants fidèles et de la prédication de Barnabas. Il y a là plus que la mention du salut par la foi pour un grand nombre d’âmes ; il y a le rappel des liens établis avec Christ pour tous ces nouveaux convertis.

L’œuvre de Dieu prospérait. Selon les expressions du Seigneur (Mat. 9. 37), la moisson était grande et il fallait que le maître de la moisson (Dieu Lui-même) y pousse de nouveaux ouvriers. Barnabas était loin de vouloir conserver pour lui-même une place prépondérante. Il se rendit à Tarse où Saul s’était réfugié et le ramena avec lui à Antioche. Là commença pour ces deux serviteurs de Dieu un ministère commun qui s’étendit par la suite à bien d’autres champs d’activité. Pendant toute une année ils se réunirent dans l’assemblée et enseignèrent une grande foule. Leur prédication ne se limitait pas aux premiers rudiments de l’évangile, mais ils s’appliquaient à affermir les âmes dans toute la vérité.

Leur activité eut des résultats bénis : les croyants d’Antioche parlaient de Christ et dans leur conduite manifestaient la vie de Christ, si bien qu’on les appela du nom de Christ. Pour la première fois les disciples reçurent le beau nom de chrétiens.

Ce nom, hélas, a été pris depuis par bien des hommes qui n’ont que la profession sans la réalité. Mais il reste un titre précieux pour ceux dont la vie est vraiment liée à celle de Jésus, pour ceux qu’Il appelle lui-même les siens.

Les deux assemblées de Jérusalem et d’Antioche continuaient à être en relations suivies. Des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux nommé Agabus, que nous retrouvons bien plus tard dans l’histoire de Paul, déclara par le Saint Esprit qu’une grande famine aurait lieu dans toute la terre.

Il y avait encore en ce temps-là, comme dans l’Ancien Testament, des révélations de Dieu par prophétie concernant les évènements à venir.

Maintenant, nous possédons la Parole de Dieu complète et le prophète est celui qui, parlant de la part de Dieu par le Saint Esprit, applique la Parole aux cœurs et aux consciences pour l’édification, l’exhortation et la consolation de l’Assemblée.

À l’annonce de cette famine, l’égoïsme naturel du cœur de l’homme ne l’aurait incité qu’à amasser des provisions pour se mettre à l’abri de la disette. Mais l’amour qui animait les disciples d’Antioche les pousse à penser aussitôt à leurs frères de Judée qui, après les persécutions qu’ils avaient subies, pouvaient être dans un plus pressant besoin qu’eux-mêmes et ils décidèrent de leur envoyer un secours auquel chacun contribua selon ses ressources.

Plus tard l’apôtre Paul exhortera les Corinthiens à participer ainsi à une collecte semblable, chacun donnant selon qu’il aurait prospéré (1 Cor. 16. 2). Dieu aime celui qui donne joyeusement (2 Cor. 9. 7).

Nous devons être reconnaissants quand Il nous accorde l’occasion de manifester de façon pratique l’amour chrétien en faisant part de nos biens à nos frères matériellement moins favorisés. Nos dons doivent être d’autant plus importants que nos ressources sont plus élevées. L’apôtre Paul ordonne par Timothée à ceux qui sont riches de faire du bien, d’être riches en bonnes œuvres, d’être libéraux, prompts à donner (1 Tim. 6. 18). Et le Seigneur est attentif au dévouement de ceux qui, pauvres eux-mêmes, se privent pour secourir les autres : il apprécie la pite de la veuve, le verre d’eau froide donné en son nom.

C’est à Barnabas et à Saul que fut confié le soin de porter aux anciens de la Judée les sommes recueillies. Quelle joie pour eux d’être les messagers de ce témoignage d’amour fraternel !

L’appel de Saul et de Barnabas

Barnabas et Saul retournèrent à Antioche après avoir remis aux anciens de Jérusalem les secours dont ils avaient été chargés pour les frères de Judée.

Ils amenaient avec eux un neveu de Barnabas appelé Jean, mais désigné généralement par son surnom de Marc.

Nous trouvons dans le chapitre 12 des Actes que c’est vers la maison de Marie, mère de Marc, que s’est dirigé l’apôtre Pierre aussitôt qu’il a été tiré hors de la prison par l’intervention d’un ange. Il allait là tout naturellement, comme vers une maison amie. Et là, en effet, se trouvaient rassemblés plusieurs disciples qui priaient pour lui. Marc appartenait donc à une famille dévouée au service des saints.

Dieu continuait à bénir l’assemblée qu’Il avait formée à Antioche et pourvoyait à l’édification et à l’encouragement des siens. Il y avait là des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon Niger, Lucius le Cyrénéen, Manahem et Saul.

Comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit : « Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés ».

Dans la Parole, le jeûne accompagne souvent la prière : ces hommes de Dieu mettaient de côté les préoccupations matérielles, s’abstenaient de ce qui satisfait la chair et renonçaient même pour un temps à prendre toute nourriture afin d’être uniquement aux affaires du Seigneur.

Dans cette séparation complète des choses de la terre, ils se trouvaient bien préparés pour discerner la pensée de Dieu et ils reçurent directement ses communications par le Saint Esprit. Suivons cet exemple : pour demeurer dans la communion avec le Seigneur et connaître sa pensée il ne faut pas se laisser absorber par les affaires de la vie.

Barnabas et Saul sont ainsi l’objet d’un appel spécial pour une mission dont nous allons voir l’importance. Ils sont mis à part à Antioche, en dehors de toute intervention des apôtres alors à Jérusalem. Ce ministère indépendant de tout ce qui aurait pu avoir un caractère d’autorité humaine, relevait directement de Dieu par les directions du Saint Esprit.

Après avoir à nouveau jeûné et prié, les compagnons de Saul et de Barnabas leur imposèrent les mains. Nous avons déjà vu, quand Ananias mit les mains sur Saul à Damas, que c’est là un geste d’association. Barnabas et Saul partaient pour leur nouveau champ d’activité avec la pleine communion de ceux avec qui ils avaient travaillé jusque-là. Si l’appel de Dieu est la condition première pour s’engager dans le service du Seigneur, la communion fraternelle doit aussi être recherchée.

Première étape : l’île de Chypre

Envoyés par le Saint Esprit, Barnabas et Saul trouvent le chemin tracé d’avance par Dieu lui-même.

C’est ainsi qu’ils allèrent s’embarquer à Séleucie, port qui desservait la ville d’Antioche et qui a maintenant disparu. De là ils se rendirent par mer dans l’île de Chypre, la patrie de Barnabas. Ils étaient accompagnés par Marc, qui les aidait dans le service.

Arrivés à Salamine, grande ville sur la côte est de l’île, « ils annonçaient la Parole de Dieu dans les synagogues des Juifs ». C’est ainsi qu’ils allaient procéder à chaque étape de leur voyage, prêchant d’abord l’évangile aux Juifs. Leur attachement à leurs frères selon la chair les poussait sans doute à s’adresser à eux en premier lieu, mais il était bien aussi dans la pensée de Dieu que la bonne nouvelle du salut fût annoncée au Juif premièrement puis au Grec (Rom. 1. 16). La mention de plusieurs synagogues à Salamine semble indiquer qu’il y avait un grand nombre de Juifs dans cette ville.

Barnabas et Saul traversèrent ensuite l’île de Chypre dans toute sa longueur pour arriver à Paphos, ville de la côte ouest, à deux cents kilomètres environ de Salamine. Là se trouvait le représentant du pouvoir romain, le proconsul Serge Paul, homme intelligent qui recherchait la vérité.

Il y avait auprès de lui un Juif, dénommé Bar-Jésus ou Élymas qui se prétendait prophète et pratiquait la magie. Par ses pratiques surnaturelles, Élymas cherchait à s’assurer une influence sur l’esprit du proconsul. Ce dernier fit appeler Barnabas et Saul et leur demanda d’entendre la Parole de Dieu. Mais le magicien Élymas, mécontent de l’intérêt que Serge Paul prenait au message des apôtres et craignant que son prestige en souffrît, leur résistait, cherchant à détourner le proconsul de la foi.

C’est alors que Saul reprit sévèrement ce contradicteur. Il le fit, non dans un mouvement de colère naturelle, mais sous l’action et avec l’autorité de l’Esprit Saint. Ses paroles démasquaient le véritable caractère d’Élymas : « toi qui est plein de toute fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice » – et en même temps prononçaient sur lui un jugement de la part de Dieu : « La main du Seigneur est sur toi : tu seras aveugle, sans voir le soleil pour un temps ». Ce châtiment s’exécuta aussitôt. Élymas, frappé de cécité, cherchait à tâtons quelqu’un qui le conduisît par la main.

Combien est grave la condition des hommes qui s’opposent à l’évangile. Ils sont des instruments dans les mains de Satan et participent à ses œuvres de ténèbres. « Fils du diable » peut dire Paul à Élymas. Le Seigneur disait de même aux Juifs qui s’opposaient à lui : « Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père » (Jean 8). Ce faux prophète Élymas représente le peuple qui s’est toujours opposé à l’évangile annoncé aux nations et qui, en châtiment, a été frappé d’aveuglement pour un temps. Aujourd’hui encore, si des Juifs sont individuellement sauvés par la grâce de Dieu, le peuple dans son ensemble reste endurci et persiste à rejeter son Messie, jusqu’à ce que Dieu, après l’enlèvement de l’Église, lui dise à nouveau : « Tu es mon peuple ».

« Le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant saisi par la doctrine du Seigneur ». Le miracle de puissance et de jugement opéré à la parole de Paul pouvait bien frapper son esprit. Dieu venait par ce signe appuyer le message de ses serviteurs.

Mais il faut bien noter que c’est « la doctrine du Seigneur » qui saisit le proconsul.

À Salamine c’est la Parole de Dieu que les apôtres annonçaient. C’est la Parole de Dieu que Serge Paul avait demandé à entendre. C’est elle maintenant qui le convainc.

« La foi vient de ce qu’on entend – et ce qu’on entend par la Parole de Dieu » (Rom. 10. 17). Nous voyons au début de l’évangile de Jean que « plusieurs crurent au nom du Seigneur en contemplant les miracles qu’il faisait mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux » (Jean 2. 23).

Reconnaître dans un miracle la main de Dieu, c’est simplement se rendre à l’évidence ; mais la foi s’applique aux choses qui ne se voient pas ; elle croit ce que Dieu dit parce que c’est Dieu qui le dit.

Nous notons, comme nous l’avons déjà indiqué, que dès ce passage à l’île de Chypre, début de sa mission d’apôtre, Saul abandonne son nom sous lequel nous l’avons suivi jusqu’ici et sera désormais toujours appelé Paul.

La prédication de Paul à Antioche de Pisidie

Paul et ses compagnons quittèrent l’île de Chypre à Paphos et gagnèrent par mer une province de l’Asie Mineure appelée la Pamphylie au nord-ouest de Chypre.

Marc, qui les avait accompagnés jusque-là, les abandonna et retourna seul à Jérusalem.

Les difficultés l’avaient-elles effrayé ? Était-il resté trop attaché au judaïsme ou à sa famille ? Quoi qu’il en soit, il fit une grande perte en renonçant à partager avec Paul et Barnabas les souffrances de l’évangile, et son abandon fut, comme nous le verrons au chapitre 15, l’occasion d’un triste désaccord, entre ces deux grands serviteurs de Dieu.

Mais le Seigneur prit soin de lui, et sans que nous soient rapportées les expériences qu’il dut faire, nous savons qu’il fut rétabli dans son service puisque Paul, bien plus tard, tout à la fin de sa course, put écrire à Timothée : « Prends Marc et amène-le avec toi, car il m’est utile pour le service » (2 Tim. 4. 11). Nous notons aussi que le Saint Esprit a employé ce serviteur, défaillant au début de sa course mais pleinement restauré par la suite, pour écrire l’évangile qui porte son nom et qui nous présente Jésus sous les traits du parfait Serviteur.

Poursuivant leur route vers le nord, Paul et Barnabas ne firent à Perge qu’une halte sur laquelle il ne nous est rien rapporté, et arrivèrent dans la province de Pisidie, à une ville nommée Antioche, qu’il ne faut pas confondre avec la ville du même nom, capitale de la Syrie, d’où ils étaient partis. Bien des villes à cette époque, portaient ce nom d’Antioche en souvenir d’Antiochus, ancêtre de la famille des Séleucides qui avait régné sur ces contrées.

À Antioche de Pisidie, Paul et Barnabas entrèrent dans la synagogue le jour du sabbat et s’assirent pour écouter la lecture que l’on faisait, selon la coutume, dans la loi et les prophètes. Le Seigneur ne manque pas de leur fournir l’occasion d’annoncer l’évangile : les chefs de la synagogue, remarquant ces étrangers, les invitèrent à parler s’ils avaient quelque parole d’exhortation à adresser au peuple.

Paul, se levant, prononça un discours dont le chapitre 13 des Actes nous a conservé les termes.

Le livre des Actes nous rapporte ainsi le texte d’un certain nombre de prédications :

– Celle de Pierre à Jérusalem le jour de la Pentecôte (Act. 2).

– Son discours au temple après la guérison de l’homme boiteux (Act. 3).

– La réponse de Jean et de Pierre devant le sanhédrin (Act. 4).

– Le discours d’Étienne devant le sanhédrin (Act. 7).

– La prédication de Pierre dans la maison de Corneille (Act. 10).

Ici nous avons le premier discours qui nous soit rapporté de Paul. La suite du récit des Actes nous en donnera d’autres, prononcés à Athènes (Act. 17), à Jérusalem (Act. 22); à Césarée (Act. 26).

Dans chaque cas nous pouvons admirer la sagesse avec laquelle ces hommes de Dieu, conduits par l’Esprit Saint, présentaient l’évangile d’une manière adaptée aux circonstances, aux besoins et à la compréhension de leur auditoire. Ces discours méritent toute notre attention.

C’est l’évangile prêché dans sa pureté avec la puissance du Saint Esprit agissant sans entraves aux premiers temps de l’Église. Ce n’est pas pour rien que Dieu en a consigné les termes dans le saint livre. Ce sont des modèles de la façon dont Christ doit être présenté aux âmes.

Dans la synagogue, Paul s’adressait à des Juifs ou aux prosélytes. Ce dernier nom désigne les gens des nations qui observaient le culte juif.

Les livres de l’Ancien Testament étaient bien connus des uns et des autres. Paul leur rappelle sommairement l’histoire du peuple d’Israël depuis le choix des patriarches, la sortie d’Égypte, la traversée du désert, l’introduction en Canaan. Il cite en passant les Juges, Samuel, Saül le roi infidèle qui fut retranché après un règne de quarante ans et en arrive enfin au roi David à qui Dieu a rendu ce témoignage : « J’ai trouvé David, le fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui fera toute ma volonté ».

L’attente d’un Messie, fils de David, restait chère au cœur de tous les Juifs, même de ceux dispersés hors de leur pays et, par ce rappel de l’histoire de leurs pères, Paul ravive leur intérêt pour le Christ qu’il allait leur annoncer : il leur présente Jésus comme le Sauveur promis par Dieu à Israël.

Pour clore l’annonce qu’en avaient fait les prophètes de l’Ancien Testament, Jean le dernier et le plus grand des prophètes, immédiatement avant la manifestation de Jésus, était venu prêcher le baptême de repentance à tout le peuple. Âgé seulement de trente ans environ, il achevait sa course.

Le service pour lequel il avait été suscité était pleinement rempli. Il avait proclamé la grandeur de Celui qui venait après lui, s’estimant lui-même indigne de dénouer seulement la courroie de ses sandales.

La parole de ce salut, l’annonce du Christ sauveur, s’étendait maintenant bien au-delà des bords du Jourdain et s’adressait à tous les fils d’Abraham et à tous ceux qui, avec eux, craignaient Dieu – à tous ceux qui, ce jour-là, dans la synagogue, écoutaient le message de Paul.

Ce message ne présentait pas seulement la venue de Christ au milieu de son peuple selon la promesse de Dieu. Il exposait aussi comment ce peuple L’avait rejeté. Les habitants de Jérusalem et leurs chefs, particulièrement privilégiés et responsables, méconnaissant les Écritures et Celui qu’elles annonçaient, qui les avait accomplies. Le rejet de Christ par les Juifs, sa mort par la main des gentils à qui Il a été livré, sa mise au tombeau, s’étaient déroulés comme les prophètes l’avaient annoncé.

Mais Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts. Cette résurrection était affirmée par le témoignage des siens qui l’avaient vue ; elle était le sujet de l’heureuse nouvelle que les apôtres apportaient à Antioche : Dieu avait accompli sa promesse, non seulement par la venue de Jésus dans ce monde, mais aussi par sa résurrection.

Paul continue à faire appel aux Écritures et cite textuellement plusieurs passages.

En rappelant la parole du Psaume 2 : « Tu es mon Fils ; aujourd’hui je t’ai engendré » il établit que Jésus est le Fils de Dieu.

Par le passage d’Ésaïe 55 : Je vous donnerai « les grâces assurées de David » il affirme que le royaume glorieux promis à la semence de David sera établi au-delà de la mort et de la résurrection.

Par la parole même de David au Psaume 16 « Tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption » il donne la certitude que le Christ devait ressusciter.

David, mort et enseveli, n’était pas sorti du sépulcre, mais sa foi avait saisi que le Fils, héritier des promesses, le Saint de Dieu, ne pouvait être retenu par les liens de la mort.

Ces vérités ainsi établies en s’appuyant sur les Saintes Lettres, Paul ouvre devant ses auditeurs les bienheureuses conséquences qui en découlent pour eux : c’est la rémission des péchés qu’il leur annonce par Jésus mort et ressuscité.

La loi de Moïse n’avait pu justifier aucun d’eux. Elle leur faisait sentir, au contraire, leur incapacité à accomplir la volonté de Dieu, et prononçait leur condamnation. Mais maintenant, quiconque croyait en Jésus était justifié par Lui.

Quel heureux message et combien chacun de ceux qui l’entendaient devait y être attentif.

Paul, citant une fois de plus la parole des prophètes, rappelle ce verset d’Habakuk : « Voyez, arrogants, étonnez-vous, disparaissez ; car moi je fais une œuvre en vos jours, une œuvre que vous ne croiriez pas si quelqu’un vous la racontait ».

Dans le livre du prophète, ce passage introduit l’annonce des jugements que le peuple s’était attiré par sa méchanceté. Paul l’emploie pour présenter le sort terrible de ceux qui commettent la plus grande offense envers Dieu en refusant le pardon qu’Il offre en son Fils.

Un arrogant est celui qui méprise, dénigre ce qui est bon. Le mépris des dons parfaits de Dieu est la suprême injure que Lui fasse l’homme : « Ils méprisèrent le pays désirable » reproche-t-Il à son peuple « et il jura à leur sujet qu’il les ferait tomber dans le désert » (Ps. 106. 24 et 26). « Ésaü méprisa son droit d’aînesse » (Gen. 25. 34) et il ne put hériter de la bénédiction (Héb. 12. 17).

« Comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? » (Héb. 2. 3). Cet avertissement demeure pour tous ceux à qui le grand salut est annoncé.

« Voici, c’est maintenant le temps favorable ; voici, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6. 2).

L’Évangile repoussé par les Juifs est annoncé aux Gentils à Antioche de Pisidie et à Iconium.

La prédication de Paul dans la synagogue d’Antioche de Pisidie éveilla un grand intérêt chez ses auditeurs. Peut-être que pour certains elle présentait seulement l’attrait d’une doctrine toute nouvelle, mais dans le cœur de beaucoup d’autres l’Esprit de Dieu opérait une œuvre plus profonde. Tous demandèrent à Paul et à Barnabas de reprendre ce sujet le sabbat suivant.

Quelques-uns, particulièrement intéressés, s’attachèrent aux apôtres et continuèrent dès ce jour-là à converser avec eux. Il y avait là des Juifs et des prosélytes, c’est-à-dire, comme nous l’avons déjà vu, des personnes des nations qui suivaient le culte juif.

Dans ces entretiens particuliers Paul et Barnabas les exhortaient à persévérer « dans la grâce de Dieu ». Il était établi que l’homme ne pouvait être justifié devant Dieu par la loi de Moïse. L’évangile prêché par les apôtres annonçait la justification par la foi en Christ, le salut par la pure grâce de Dieu.

Ceux qui s’attachaient aux apôtres avaient reçu cette vérité, mais il ne fallait pas que ce soit là une impression passagère.

L’épître aux Galates nous montre que les Gentils risquaient, comme les Juifs, après avoir reçu la grâce qui met l’homme entièrement de côté, de retomber sous le joug de la loi en recherchant ce qui semble donner quelque mérite à nos œuvres. Que de fois nous trouvons dans la Parole l’exhortation à persévérer et des exemples de persévérance !

Le sabbat suivant, presque toute la ville fut assemblée. C’est le désir d’entendre la Parole de Dieu qui les poussait vers la synagogue.

Mais les Juifs furent remplis de jalousie en voyant les foules. Leur orgueil se refusait à admettre que la Parole de Dieu soit annoncée aussi aux païens. Ils ne voulaient pas de l’évangile qui classait uniformément Juifs et Gentils comme des pécheurs perdus sans autre ressource que la grâce. Dans leur irritation ils contredisaient Paul et en vinrent même à blasphémer, c’est-à-dire à prononcer des paroles injurieuses envers Dieu.

Devant cette opposition, Paul et Barnabas adressent aux Juifs un avertissement sévère : « C’était à vous premièrement qu’il fallait annoncer la Parole de Dieu ; mais puisque vous la rejetez et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les nations » (Act. 13. 46) ; et ils invoquent une citation du chapitre 49 d’Ésaïe « Je t’ai établi pour être la lumière des nations, afin que tu sois en salut jusqu’au bout de la terre » (v. 6).

Ce verset du prophète s’applique au Seigneur. L’Esprit de Dieu avait annoncé à l’avance que le Messie serait rejeté et que tout son travail d’amour au milieu de son peuple paraîtrait être sans résultat mais, à cette occasion, Il avait révélé aussi que, dépassant le rassemblement du résidu d’Israël, Christ serait donné pour la lumière des nations, pour salut de la part de Dieu jusqu’au bout de la terre.

La prophétie qui s’appliquait au Seigneur Lui-même pouvait à bon droit être revendiquée par ses messagers comme le faisaient Paul et Barnabas.

Cette déclaration très nette provoqua chez les auditeurs appartenant aux nations une grande joie : ainsi les merveilles de la grâce de Dieu que Paul annonçait étaient bien pour eux aussi ! Ils donnèrent gloire à la parole du Seigneur et « tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent ».

Par la puissance du Saint Esprit, la Parole de Dieu faisait son œuvre de salut et se répandait en dehors même de la ville dans tout le pays.

L’hostilité des Juifs n’en fut qu’accrue. Ils excitèrent contre les apôtres les femmes de qualité qui servaient Dieu et les principaux de la ville. Ces femmes qui avaient quitté le paganisme et avaient appris à connaître le Dieu d’Abraham subissaient l’influence des chefs des Juifs.

Les dignitaires de la ville inclinaient à suivre leurs concitoyens plutôt que des étrangers. Tous étaient conduits par Satan, adversaire inlassable du Seigneur et des siens. Ensemble ils suscitèrent une persécution contre Paul et Barnabas et les chassèrent de leur territoire.

Sans insister, les apôtres quittèrent la ville ; mais ils secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds. C’est ainsi que Jésus avait commandé de faire, envers ceux qui ne les recevaient pas, aux douze, puis aux soixante-dix envoyés devant Lui (Luc 9. 5 ; 10. 11). Par ce geste ils marquaient la rupture entre eux et les opposants abandonnés à leur endurcissement.

Mais dans cette même ville, les apôtres laissaient des disciples remplis de joie et de l’Esprit Saint. Les évènements qui venaient de se dérouler auraient pu les attrister, mais connaître Jésus donne une joie que le monde ne peut ôter.

Ayant cru, ils avaient reçu le Saint Esprit. C’est une plénitude de joie et de l’Esprit Saint que Dieu leur accordait. Comme nous le trouvons dans le chapitre 3 de l’évangile de Jean « Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure ».

Paul et Barnabas, chassés d’Antioche, se rendirent à Iconium. C’était un trajet de plus de cent kilomètres vers l’est à travers une région de hauts plateaux. Sur l’emplacement de l’ancienne Iconium subsiste aujourd’hui une ville moderne appelée Konia.

Là encore les deux apôtres commencèrent par entrer ensemble dans la synagogue, et ils parlèrent à ceux qui étaient assemblés avec une telle puissance, par le secours de l’Esprit, qu’une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent.

Mais les Juifs qui ne croyaient pas émurent, irritèrent contre eux les esprits des Gentils.

Cette opposition n’intimida pas Paul et Barnabas qui séjournèrent assez longtemps à Iconium et continuèrent à prêcher hardiment. Ils le faisaient en s’appuyant non sur leurs propres forces mais sur le Seigneur, et le Seigneur répondait à la foi de ses serviteurs en leur accordant d’accomplir des miracles qui venaient attester le caractère divin de la parole annoncée.

Cependant l’opposition des ennemis de l’évangile se faisait plus pressante. La multitude de la ville était partagée, les uns étant avec les Juifs hostiles ; les autres avec les apôtres.

Finalement les adversaires Grecs et Juifs, avec leurs chefs, résolurent de lapider Paul et Barnabas. L’ayant appris, les apôtres s’enfuirent dans une province voisine nommée Lycaonie et y continuèrent leur travail d’évangélisation. Ils suivaient l’exemple de leur maître, le Seigneur Jésus qui, sans résister aux desseins meurtriers de ses ennemis, échappait à leur main pour poursuivre ailleurs son ministère d’amour.

Paul lapidé à Lystre

Dans la province de Lycaonie où ils s’étaient enfuis, Paul et Barnabas firent halte à une ville appelée Lystre. Il n’est pas fait mention là de synagogue. Peut-être n’y avait-il pas de Juifs et il semble que Paul se mit à prêcher l’évangile sur la place publique. Dans l’auditoire se trouvait un homme qui était infirme dès sa naissance et n’avait jamais pu marcher. L’intérêt avec lequel il écoutait montrait qu’il croyait la parole annoncée.

Paul, discernant chez cet homme la foi pour être guéri, lui dit à haute voix : « Lève-toi droit sur tes pieds ». Et aussitôt l’infirme se mit à sauter et à marcher. Ce miracle nous rappelle beaucoup d’autres guérisons opérées ainsi en réponse à la foi, par le Seigneur lui-même quand Il était sur la terre, ou plus tard par les apôtres. Nous pouvons admirer la confiance avec laquelle l’infirme de Lystre obéit sans hésiter à l’injonction de Paul.

L’opération de la puissance de Dieu était manifeste. Ce n’était pas une amélioration progressive comme dans la plupart des guérisons médicales ; mais de façon soudaine, cet homme put sauter et marcher.

Un tel prodige provoqua chez la foule un profond étonnement. Ils étaient témoins d’une opération surnaturelle, et dans leur ignorance ils l’attribuèrent aux faux dieux qu’ils adoraient. Dans toutes ces contrées de civilisation grecque, on rendait culte à un grand nombre de dieux imaginaires, à chacun desquels on prêtait quelque attribut ou quelque caractère humain.

Ils étaient les personnages d’innombrables récits fabuleux, ou mythes, qui tiennent une grande place dans la littérature antique. Chaque peuple avait adapté à ses propres traditions, la mythologie grecque qui s’étendait ainsi avec de multiples variantes à tout l’empire romain. Bien des villes avaient édifié en l’honneur de telle ou telle divinité, des temples somptueux ornés de la statue du dieu invoqué et des prêtres, personnages souvent très influents, étaient voués à ces cultes idolâtres.

Les prophètes de l’Ancien Testament avaient déjà dénoncé le néant des idoles. Dans son épître aux Corinthiens l’apôtre Paul nous le confirme : « Nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde et qu’il n’y a point d’autre Dieu qu’un seul » (1 Cor. 8. 4). Mais en même temps il nous révèle que derrière ces idoles se cachaient les démons auxquels les hommes sont asservis (1 Cor. 10. 20).

Le dieu auquel on attribuait la suprématie sur les autres divinités se nommait Jupiter. Dans les récits mythologiques il servait souvent comme messager d’un autre dieu que l’on appelait Mercure. Les foules de Lystre pensaient donc que les deux apôtres, doués d’un pouvoir de guérison miraculeux, ne pouvaient être que leurs dieux qui avaient pris la forme d’hommes et, dans la langue de leur pays, ils leur attribuaient la gloire de ce prodige. Ils décernaient le titre de Jupiter à Barnabas qui avait dû assister avec dignité et en silence à la guérison de l’infirme et appelaient Paul Mercure, qui parlait et agissait. Le prêtre, sacrificateur de Jupiter, participant à l’élan général, amena des taureaux aux portes de la ville pour les sacrifier en l’honneur de ces divinités.

Nous comprenons l’horreur dont furent saisis Paul et Barnabas, en apprenant que l’on attribuait à des idoles le miracle de bonté accompli par la puissance du vrai Dieu et, qu’eux-mêmes, disciples de Christ étaient pris pour des divinités païennes à qui l’on allait offrir un sacrifice. C’est ce que témoigne leur geste spontané de déchirer leurs vêtements, signe de désapprobation, d’indignation et de chagrin.

En même temps ils s’élancèrent dans la foule pour arrêter l’accomplissement de cet acte impie en affirmant : « Nous sommes, nous aussi, des hommes humains, comme vous ayant les mêmes penchants que vous ». Ils continuèrent en exhortant les habitants de Lystre à abandonner l’idolâtrie, religion sans réalité, cause de leur funeste méprise et à « se tourner vers le Dieu vivant, qui a fait créé le ciel, et la terre et, la mer et tout ce qui s’y trouve toutes les choses qui y sont » Ils leur expliquaient que si ce Dieu créateur tout-puissant ne leur était pas connu et s’Il avait laissé jusque-là les nations agir à leur guise, Il s’intéressait pourtant à tous les hommes comme en témoignaient ses soins providentiels, les pluies et les saisons fertiles, la nourriture et la joie dont Il remplissait le cœur de ses créatures.

Cette prédication était bien adaptée à l’état de ces foules totalement ignorantes et imprégnées de leur paganisme. Nous trouverons au chapitre 17 des Actes que dans le discours qu’il prononce à l’adresse des Athéniens, semblablement éloignés de toute connaissance du vrai Dieu et adonnés aux cultes païens, Paul introduit le christianisme en présentant d’abord, comme ici, Dieu, souverain Créateur, soutien de la vie de tous les hommes.

Les apôtres eurent grand-peine à dissuader les habitants de Lystre de leur offrir un sacrifice. Cette scène qui avait sans doute impressionné fortement les esprits de tous les assistants aurait dû les préparer à recevoir l’évangile. Mais les Juifs d’Antioche et d’Iconium qui s’étaient montrés tellement opposés aux apôtres, poussés encore par Satan, vinrent les persécuter jusqu’à Lystre. Ces adversaires gagnèrent les habitants de la ville à leur cause et les foules, qui peu auparavant étaient prêtes à honorer les apôtres comme divinités, se tournèrent contre eux. Les Juifs lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville où ils le laissèrent pour mort.

Mais Dieu prit soin de lui de façon merveilleuse. Alors que les disciples, étreints certainement d’une grande tristesse, entouraient son corps meurtri, Paul se leva, entra de nouveau dans Lystre et y resta tranquillement encore un jour. Le lendemain il se rendit avec Barnabas dans la ville de Derbe située dans une contrée montagneuse voisine.

Inlassables, les deux apôtres recommencèrent à évangéliser, et leur prédication amena beaucoup d’âmes au Seigneur. Si l’ennemi animait les Juifs et soulevait les foules contre eux, les contraignant à abandonner successivement l’œuvre entreprise dans chaque ville traversée, Dieu ouvrait devant eux de nouveaux champs de travail et bénissait sa Parole. Ces deux serviteurs, chassés de ville en ville, portaient ainsi toujours plus loin l’heureux message qui délivrait les hommes de l’esclavage de Satan.

Dans ces récits des Actes, les croyants sont presque constamment appelés les disciples. Ce nom désigne ceux qui suivent l’enseignement d’un maître. Ce maître n’a pas besoin d’être davantage précisé. Ce n’était ni Paul ni Barnabas, si précieux que fût leur enseignement, mais Celui dont ils n’étaient que les porte-paroles, notre Maître à tous, le Seigneur Jésus.

Quand Il était sur la terre, ses disciples avaient tout quitté pour Le suivre et Il les enseignait. Être disciple de Christ, c’est recevoir sa parole et la mettre en pratique. Puissions-nous tous mériter ce titre comme les premiers croyants !

Le retour à Antioche

Après avoir évangélisé la ville de Derbe et amené là beaucoup d’âmes à suivre le Seigneur, Paul et Barnabas ne craignirent pas de reprendre le chemin du retour et de repasser dans les villes où ils avaient été cruellement persécutés. À Lystre, à Iconium, à Antioche de Pisidie, ils avaient laissé beaucoup de disciples récemment convertis qui avaient besoin d’être affermis et auxquels ils se sentaient très attachés.

Paul et Barnabas fortifiaient les âmes de ces croyants et les exhortaient à persévérer dans la foi. Ils ne leur cachaient pas les difficultés qui ne manqueraient pas de se dresser devant eux : « C’est par beaucoup d’afflictions, leur disaient-ils, qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Act. 15. 22).

Nous voyons souvent dans les évangiles, et même dans le premier chapitre des Actes, que les disciples pensaient que le Seigneur allait établir son règne sur son peuple Israël. C’est ce qu’Il fera après l’enlèvement de l’Église et les jugements qui doivent suivre.

Mais durant le temps de la grâce dans lequel nous sommes, le royaume de Dieu n’est pas une domination matérielle visible sur la terre. C’est un domaine spirituel, l’ordre de choses nouveau dans lequel on entre par la foi.

Dans ce royaume les caractères moraux de Dieu, tels que Christ les a manifestés en perfection, sont reconnus et maintenus. « Le royaume de Dieu est justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14. 17). Ces caractères, vus chez ceux qui appartiennent au royaume, ne peuvent que provoquer l’hostilité du monde, toujours opposé à Dieu.

Une marche fidèle à la suite du Seigneur ne peut pas être exempte de tribulations. Les apôtres en étaient un exemple. Paul en avertit Timothée : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés » lui écrivait-il après avoir rappelé les persécutions qu’il avait lui-même endurées à Antioche, à Iconium et à Lystre (2 Tim. 3. 11).

Si nous connaissons peu l’opposition du monde, l’opprobre de Christ, c’est souvent parce que notre témoignage manque de netteté et que notre conduite reflète une regrettable conformité à ce monde plutôt que les traits de notre divin Modèle. Il vaut pourtant bien la peine d’être du côté du roi rejeté : que sont les mépris du monde et même les débordements de sa haine en regard de l’approbation du Maître et des soins de son amour ?

Dans chacune des assemblées qu’ils traversaient, les apôtres établissaient des anciens. Les croyants choisis devaient veiller au maintien de l’ordre dans l’assemblée. Ils sont appelés aussi surveillants dans la première épître à Timothée, et dans l’épître à Tite sont énumérées les qualités qu’ils devaient avoir.

Les apôtres avaient, de la part du Seigneur, l’autorité pour nommer ainsi des anciens dans chacune de ces assemblées nouvellement formées. Plus tard l’apôtre Paul pouvait donner à Tite l’ordre d’en établir dans les assemblées de Crète (Tite 1. 5).

Il n’y a plus maintenant personne qui soit qualifié pour faire un tel choix. Nulle part nous ne voyons que les membres d’une assemblée se choisissent à eux-mêmes des surveillants.

N’y a-t-il donc plus besoin d’anciens et l’exercice de cette charge a-t-il disparu ? Il est au contraire toujours nécessaire que des hommes de Dieu fidèles, dévoués, veillent avec soin sur le bon ordre de l’assemblée et sur la marche de leurs frères.

Le Seigneur ne manque pas d’y pourvoir ; Lui-même qualifie ceux des siens qu’Il choisit. Sans être désignés par les hommes, dans la dépendance de Dieu, ils accomplissent humblement ce service d’amour. Si nul n’a à les désigner, tous doivent reconnaître ceux que Dieu a établis et leur être soumis (1 Thess. 5. 12 et 13 et Héb. 13. 17).

Paul et Barnabas priaient avec jeûne pour les chrétiens de ces assemblées « en les recommandant au Seigneur en qui ils avaient cru ». Quand ils étaient partis d’Antioche, ils avaient été eux-mêmes objets de prières accompagnées de jeûne.

Maintenant c’est dans le même esprit, se libérant de l’emprise de tous les soins ordinaires de la vie pour mieux réaliser la communion avec Dieu, qu’ils faisaient monter leurs supplications en faveur des nouveaux convertis qu’ils allaient quitter. Ils ne les laissaient pas à eux-mêmes, mais les recommandaient au Seigneur, Celui qu’avait saisi leur foi.

C’est ainsi qu’ils traversèrent les provinces déjà parcourues, la Lycaonie, la Pisidie, et qu’ils parvinrent à Perge de Pamphylie, leur première étape en Asie Mineure quand ils étaient arrivés de Chypre. Aucun détail ne nous est donné sur leur premier passage ; peut-être n’avaient-ils fait là qu’une courte halte sans évangéliser. En traversant à nouveau cette ville, ils y annoncèrent la Parole, puis allèrent s’embarquer dans un port tout voisin, Attalie, d’où ils gagnèrent par mer Antioche, capitale de la Syrie, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir.

Dès qu’ils furent arrivés, ils réunirent l’assemblée pour faire à tous le récit de leur voyage. Ils racontèrent, nous est-il dit, non pas tout ce qu’ils avaient fait eux-mêmes et comment ils avaient converti beaucoup de païens, mais « toutes les choses que Dieu avait faites avec eux et comment Il avait ouvert aux nations la porte de la foi ».

Ils prenaient la place de simples témoins de l’œuvre de Dieu. C’est bien en effet Lui qui avait opéré ce miracle d’incliner le cœur de ces multitudes à recevoir l’évangile si opposé à leurs anciennes croyances. La foi est un don de Dieu et elle ouvrait l’accès aux nations. Béni soit-Il d’avoir étendu ainsi jusqu’à nous le déploiement de sa grâce !

Quelle précieuse communion dans leur service, à leur départ comme à leur retour, Paul et Barnabas avaient recherché et trouvé dans cette assemblée d’Antioche. Ils firent là un long séjour avec les disciples. Quel rafraîchissement pour eux, après les souffrances du voyage et l’opposition desséchante qu’ils avaient rencontrées, de se retrouver au milieu de cette assemblée nombreuse, attachée à Christ, qu’ils avaient précédemment enseignée pendant un an tout entier (Act. 11. 26).

C’est ainsi que le Seigneur ménage à ses serviteurs les haltes nécessaires. « Venez », a-t-Il dit aux douze qui, au retour de leur mission, se rassemblaient autour de Lui et Lui racontaient tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné, « Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu ».

D’après la Bonne Nouvelle 1961

NOTES SUR ÉZÉCHIEL

Introduction

Nous ne savons que peu de chose du prophète dont nous allons étudier le livre, seulement quelques rares détails personnels qu’il nous donne au cours de ses prophéties et en relation avec elles. Nous apprenons qu’il était sacrificateur, fils de Buzi, que sa femme mourut soudainement, en signe à Israël ; qu’il habitait Tel-Abib sur le fleuve Kébar dans le pays des Chaldéens. Il mentionne Daniel, son contemporain, connu de son propre temps pour sa justice, au même titre que Noé et Job.

Mais il n’y a guère d’écrits dans la Bible qui soient plus caractéristiques, et aucun ne fournit plus d’images pour le dernier livre du Nouveau Testament, la plus vaste et la plus profonde des prophéties. Ézéchiel, Jérémie et Daniel sont les prophètes de la captivité, ils ont des points de contact sans doute, mais ils sont différents dans leur ton, leur style et leurs buts, aussi bien que dans leur condition extérieure et dans les circonstances que Dieu a employées pour donner la forme qu’ont leurs prédications.

Le lot de Jérémie était d’être laissé avec les pauvres du pays, et ensuite d’être emmené avec ceux qui, par manque de foi, s’enfuirent en Égypte, à la recherche d’une sécurité qu’ils auraient pu trouver s’ils étaient restés là où ils étaient, dans la soumission à leur maître babylonien. Jérémie pleura et se lamenta jusqu’à la fin avec le résidu bien-aimé mais indigne.

Le lot de Daniel était d’être emmené captif la troisième année de Jéhoïakim, quand le jugement solennel annoncé à Ézéchias fut exécuté par Nebucadnetsar ; toutefois Dieu ne se laissa pas sans témoin à Babylone et montra où se trouvaient sa sagesse et son secret, même lorsqu’Il eut élevé les empires des Gentils et fait de son peuple Lo-ammi.

Ézéchiel était un de ceux qui furent emmenés en captivité sous le règne suivant de Jéhoïakin – (la trentième année (ch. 1. 1) a beaucoup embarrassé les savants. Mais il semble clair que le point de départ des 30 ans soit l’ère de Nabopolassar, père de Nebucadnetsar qui devint roi de Babylone en 625 av. J.C. à peu près au moment où Hilkija trouva le livre de la Loi dans le temple, si fécond en bénédictions pour Josias et les justes en Juda) – fils de Jéhoïakim, quand le roi de Babylone dispersa tout ce qu’il y avait de meilleur dans le pays, y compris notre prophète.

Il ne restait plus qu’une étape à franchir, le règne désastreux de Sédécias, pour que la colère de Jéhovah pût les chasser tous de sa présence à cause de leurs provocations répétées et de leur incurable rébellion. C’est en vue de ce temps-là qu’Ézéchiel prophétise au milieu des captifs en Chaldée et, passant par-dessus les temps des Gentils, qui sont le sujet de Daniel, il s’arrête longuement sur la restauration d’Israël à la fin.

On est frappé de la sainte énergie, du zèle pour Dieu, de l’indignation et de l’autorité morale que le prophète manifeste en reprenant Israël. Il est emporté là où l’Esprit le conduit, comme dans le char majestueux de la gloire de Jéhovah, qu’il décrit avec la puissance irrésistible de ses roues et des ailes qui le surmontaient, et nulle part il ne flatte le peuple ; même dans la captivité, il adressa à Israël les plus sévères remontrances pour les péchés dont il ne s’était pas encore repenti et qui avaient entraîné le peuple si bas.

Le livre déployé devant lui et mangé par lui, était écrit devant et derrière, c’étaient des lamentations, des plaintes et des gémissements, et le prophète devait dire au peuple rebelle toutes les paroles de l’Éternel, avec son front « comme un diamant plus dur que le roc ». Lui et Daniel ont seuls le titre de « fils d’homme », en exceptant naturellement Celui qui est le maître, et le plus abaissé des serviteurs, qui s’est approprié tous les titres de honte, de souffrances et de réjection – mais le jour viendra où eux aussi seront manifestés avec Lui en gloire.

Ceux qui s’occupent du cadre extérieur de la vérité dans ce livre ne manquent pas de remarquer le sens profond du pur et de l’impur, de la sainteté lévitique, des images du temple, des fêtes, des sacrificateurs et des sacrifices, dont le livre est rempli, ce qui est bien naturel puisqu’il est écrit par un membre de la famille sacerdotale.

Tous ces caractères qui le distinguent ne sont pas une imitation servile du Pentateuque : nous verrons que Dieu affirme son droit à modifier, à omettre ou à ajouter dans ce jour où le prophète Jérémie, contemporain d’Ézéchiel, déclare explicitement que l’Éternel établira une nouvelle alliance avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda, alliance dont il est dit : « non selon l’alliance que je fis avec leurs pères, au jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, mon alliance qu’ils ont rompue quoique je les eusse épousés, dit l’Éternel » (Jér. 12. 31 à 34). Sans doute tout ce passage peut s’appliquer au chrétien aujourd’hui, car le sens de la nouvelle alliance est répandu et est devenu nôtre par la foi ; mais il sera appliqué à Israël et à Juda comme tels, par la grâce de Dieu, dans ce jour-là, comme les versets qui suivent (v. 35 à 40) le montrent clairement.

C’est en vain que les rabbins raisonnent sur l’immutabilité de la Loi donnée par Moïse; leurs propres prophètes les démentent. La vraie signification de l’avertissement donné par Moïse en Deutéronome 12. 32 est d’empêcher les Israélites d’ajouter ou de retrancher quelque chose à la Loi d’une manière arbitraire ou de leur propre volonté. Moïse ne déniait pas à un prophète l’autorité de le faire, spécialement en vue du grand changement qu’allaient introduire la présence d’un Messie régnant et la nouvelle alliance. Ézéchiel prédit quelques-uns de ces changements caractéristiques, qui auront lieu quand Israël sera restauré et que la théocratie sera de nouveau en vigueur ; nous en verrons les détails au fur et à mesure de l’étude de ce livre.

On s’est plaint de l’obscurité de notre prophète. Mais ce reproche n’est pas vraiment fondé, il date déjà du temps de Jérôme, qui appelle son livre : un labyrinthe des mystères de Dieu. Cette prétendue obscurité provient spécialement de deux choses : d’abord un sujet décrivant le gouvernement de Dieu pourrait-il être simple ? Ses proportions sont immenses, et pour employer un symbole, il lui faut une mesure infiniment supérieure aux facultés d’une créature.

Ensuite, la masse des hommes dans la chrétienté a adopté un système faux qui consiste à changer les espérances juives en prophéties concernant les bénédictions du vrai chrétien. On ne peut s’étonner, dans ces conditions, que l’on n’aperçoive les tableaux qu’au travers d’un épais brouillard. Appliquons ses visions correctement, et nous les trouverons en général remarquablement explicites et pleines de force. Il est absurde de supposer que des détails si minutieux et circonstanciés ne soient que des phrases de littérature.

La structure du livre est claire. La première moitié des prophéties dans l’ordre chronologique strict avant la destruction finale de Jérusalem, quand Sédécias appela sur lui-même la juste punition de sa rébellion et de son parjure (ch. 1 à 24). Ézéchiel montre, au moyen de symboles magnifiques suivis des plus évidentes accusations de péché, l’inutilité absolue de tout effort pour secouer le joug de Babylone, ce que Sédécias essayait de faire par le moyen de l’Égypte. Mais quoiqu’il pût employer Nebucadnetsar, c’était bien l’Éternel qui jugeait Jérusalem, Lui qui demeurait entre les chérubins. Moralement il ne pouvait pas en être autrement. La sentence judiciaire sur le peuple, la cité, le temple, et le roi, est exposée dans cette première partie.

La seconde partie s’ouvre par une sorte de parenthèse formant transition, dans laquelle le prophète annonce sept objets de jugement sur les nations voisines du pays, en négligeant l’époque à laquelle ces peines doivent être subies et en les groupant dans une unité morale (25 à 32) ; ensuite il revient à Israël et montre le terrain individuel sur lequel Dieu agirait désormais envers lui ; (33) il prophétise d’abord contre les bergers ou les princes coupables (34) et en deuxième lieu contre l’inimitié de la montagne de Séhir (35), puis garantit la restauration morale (36) et générale (37) de tout Israël et la destruction de Gog et de toutes ses armées (38 et 39).

Enfin s’annonce le retour de la gloire de Dieu, avec le rétablissement du sanctuaire, des rites et de la sacrificature dans le pays et la nouvelle distribution des douze tribus comme nation sous le gouvernement du prince, car depuis ce jour-là le nom de la ville doit être Jehovah-Shamma (40 à 48). Que ce soit en jugement ou en bénédiction, c’est le jour de l’Éternel pour la terre, et non une promesse de bénédiction pour la chrétienté, comme les allégoristes le prétendent : une telle doctrine ne fait qu’induire en erreur, erreur commune qui enlève à Christ et à l’Église sa gloire céleste que l’Esprit Saint a pour fonction de maintenir ici-bas, et dont nous jouirons d’une manière parfaite quand le Seigneur sera venu, transformant nos corps à sa ressemblance et nous faisant apparaître avec Lui dans la gloire de ce jour.

Quand on appelle cela judaïser, ce n’est que pure ignorance et incrédulité. Nous parlons en effet de l’avenir d’Israël suivant les prophètes. Judaïser signifie réellement mélanger des éléments juifs à l’Évangile et les imposer aux chrétiens dans le temps actuel. Mais la vérité sur laquelle nous insistons ici, c’est que les chrétiens enlevés et glorifiés avec Christ auront alors disparu de la terre. Par conséquent il s’agit, dans ce temps à venir, d’une autre vocation, lorsqu’Israël sera greffé sur son propre olivier.

Donc s’attendre à l’accomplissement littéral des visions du prophète est simplement de la foi, ce n’est pas judaïser, mais bien le contraire ; nous sommes d’autant plus préservés de mêler leurs espérances avec les nôtres que quand nous attendons leur accomplissement pour Israël. Le retour de Babylone ne répond en aucune façon aux prophéties de la fin, cela ne prouve pas l’imperfection de celles d’Ézéchiel, mais montre que ces glorieuses anticipations doivent encore trouver leur accomplissement.

Le « Tout Israël » attend encore son rétablissement lorsque le Rédempteur viendra à Sion. Ézéchiel 20. 33 est en parfait accord avec cela, car Jérémie et tous les prophètes enseignent la destruction des apostats et des rebelles. On a dit que les différences entre l’ancien temple et celui décrit par Ézéchiel n’étaient pas essentielles – elles prouvent au contraire que, ou bien nous devons renoncer à l’inspiration du prophète, ou bien maintenir qu’il prédit un retour, futur encore, avec un nouveau temple, des cérémonies modifiées, un nouveau partage entre les douze tribus restaurées et placées sous la bénédiction après que leurs derniers ennemis auront été détruits par les jugements divins.

Tout en étant un homme, Ézéchiel était prophète, et nous sommes obligés de croire qu’il était inspiré, de sorte que ses écrits nous donnent la Parole de Dieu sans mélange et sans erreur.

Ch. 1

Les circonstances dans lesquelles Ézéchiel a été appelé à prophétiser sont très remarquables. Ce n’était ni en Juda ni en Israël qu’il se trouvait, mais parmi les captifs au bord du fleuve Kébar. Aussi l’Éternel accompagna-t-Il sa Parole de signes extraordinaires. Il est le seul homme de l’Ancien Testament dont il est dit que les cieux lui furent ouverts et qu’il vit des visions de Dieu (v. 1).

Mais cette manifestation divine a eu lieu en vue du jugement de l’iniquité d’Israël, et non pas comme dans l’évangile de Matthieu au ch. 3. 16, pour exprimer le plaisir du Père dans le Fils de Dieu sur la terre, et encore moins pour permettre au chrétien de contempler le Fils de l’homme dans le ciel comme dans Actes 8. 56.

Ce n’est pas sans raison que la Parole fait mention de la cinquième année de la captivité du roi Jéhoïakin. Le peuple laissé dans le pays avait eu un temps amplement suffisant pour se repentir de ses vains espoirs, ainsi que de sa rébellion et de son idolâtrie. Il avait reçu les avertissements de ses frères emmenés loin du pays ; les avaient-il pris à cœur ? Il faut lire les v. 11 à 16 du ch. 36 du second livre des Chroniques pour trouver la réponse à cette question.

Mais c’est en vue d’un jugement final et plus complet qu’Ézéchiel est appelé à rendre témoignage. Il voit un vent de tempête, une grosse nuée et du feu au milieu duquel il aperçoit la ressemblance de quatre animaux (v. 4 et 5). C’était déjà suffisant pour rabaisser l’orgueil des Juifs qui estimaient Dieu tellement attaché à leur race et à leur pays qu’ils n’avaient jamais pris sérieusement garde à sa menace jusqu’à ce qu’elle se réalisa.

Hélas ! ils n’y prennent pas encore garde aujourd’hui, mais refusant de reconnaître son jugement contre leurs péchés, ils se trompent eux-mêmes en pensant que s’ils sont dispersés, c’est afin de pouvoir prêcher aux Gentils que Dieu est le Dieu d’Israël ; ils devraient plutôt se souvenir que, pendant des milliers d’années, Il a refusé d’être appelé leur Dieu à cause de leur idolâtrie, dont le rejet du Messie et de l’évangile a été comme l’aboutissement.

Une nouvelle tempête d’indignation divine, venant du Nord, c’est-à-dire de Babylone, était sur le point de fondre sur Juda. Mais il y a plus : les quatre animaux avaient la ressemblance d’un homme (v. 5). Le ch. 10 nous révèle que les animaux ne sont autres que des chérubins. Ils ne sont pas deux, comme ceux qui avaient été formés de l’or pur et battu du propitiatoire, où Dieu siégeait comme sur un trône, mais quatre, en relation, je pense, avec la créature. Le Dieu d’Israël qui demeurait entre les chérubins de l’arche était au milieu de son peuple et on ne pouvait L’approcher qu’avec du sang, selon la justice divine. Mais Ézéchiel voit ses jugements providentiels venant de l’extérieur. Dieu jugerait son peuple coupable par Babylone, son instrument. C’est pourquoi c’est le feu qui caractérise ici le déploiement de son jugement destructif venant du ciel.

Nous ne nous étendrons pas sur les explications plus ou moins étranges que Juifs et chrétiens ont données de ces symboles. Voyons seulement quelques traits de leurs figures : ils avaient l’apparence d’un homme, bien que chacun ait eu quatre faces et quatre ailes, mais leurs pieds étaient droits et la plante de leurs pieds comme celle d’un veau, la face d’un bœuf répondant à celle d’un chérubin (comp. v. 10 et 10. 14). L’activité ou l’aptitude à l’action semble représentée par les mains d’homme, la rapidité d’exécution venant d’en-haut par les ailes, sans aucune déviation quelconque en dehors du but poursuivi et leurs quatre côtés leur permettaient de se mouvoir dans toutes les directions.

Ils sont les supports symboliques du trône, étant à la tête des créatures préservées du déluge dans l’arche, l’homme représentant l’intelligence, le lion la force, le bœuf la patience ou la stabilité et l’aigle la rapidité d’exécution, attributs de Dieu ou qualités de ses jugements. Ils allaient et venaient avec la rapidité de l’éclair.

Mais il y a aussi les roues, dont la description nous montre exactement l’inverse des circonstances dirigées par un hasard aveugle. Les instruments du gouvernement providentiel, au-dessous de l’étendue, étaient complètement en accord avec ce qui était au-dessus, et plus haut encore se voyait la ressemblance d’un trône, sur lequel était comme l’aspect d’un homme exerçant le jugement, quoique avec l’attribut de la grâce – l’arc dans la nuée – envers un monde méchant.

Ainsi le trône de Dieu ne se trouvait plus en Israël mais le Dieu du ciel allait employer les gentils à exécuter sa volonté en punissant Jérusalem coupable.

C’est son trône depuis le ciel, pas encore son trône dans le ciel, comme nous l’avons dans l’Apocalypse, ch. 4, où nous ne trouvons plus de roues, mais six ailes. Là, les animaux ne sont plus seulement des chérubins, mais des séraphins, disant : Saint, saint, saint ; ils sont associés et identifiés avec le trône de Celui qui juge tout suivant sa nature. Le monde est soumis à son jugement, et en tout premier lieu les Juifs et gentils apostats « tous ceux qui habitent sur la terre ». Les animaux sont au milieu du trône et non plus au-dessous de lui comme dans Ézéchiel.

Nous comprenons donc aisément que les chérubins représentent le pouvoir exécutif judiciaire de Dieu, peu importe à qui il est confié et dans quelles circonstances il se manifeste. Il y a une différence entre ce qu’on a vu après la chute de l’homme et le moment où Dieu a établi le propitiatoire. Ainsi, ce qu’Ézéchiel a vu sur la terre n’est pas la même chose que ce que Jean a vu lorsqu’il fut introduit en esprit par la porte ouverte dans le ciel. Nous voyons toujours que le principe général est modifié par la sagesse divine, suivant le cas et le but que Dieu se propose, et nous ne pouvons le saisir que sous la direction de l’Esprit, par sa Parole qui nous expose sa gloire en Christ.

Le Dieu souverain qui dirige toutes choses a été révélé dans l’apparence d’un homme et s’est trouvé ainsi en relation avec les hommes. Ses attributs mentionnés ici sont gouvernementaux et manifestés par des instruments sur la terre suivant une providence qui ne néglige rien. Il n’y a pas de plus belle réfutation de l’obscurité païenne ou de l’étroitesse juive que cette représentation symbolique des voies divines envers Israël telles qu’elles sont vues en Chaldée. Tout cela est la vérité positive qui manifeste la gloire de Dieu dans sa manière d’agir, aussi bien dans ce temps-là que dans celui où Il s’occupera de la bénédiction renouvelée d’Israël repentant, pour la joie de toute la terre.

Israël sentira alors combien son incrédulité a été grande en rejetant l’Éternel-Messie, lorsqu’Il devint un Homme et qu’Il accomplissait ainsi la prophétie d’Ésaïe ch. 3, en complet accord avec ce chapitre.

Ch. 2

La nouvelle position que Dieu prend vis-à-vis du peuple est mise en évidence par le titre que Dieu donne dans ce chapitre et dans les suivants au prophète tombé sur sa face. Du milieu de l’apparence de la gloire de l’Éternel, une voix prononce ces mots : fils d’homme. Daniel a été appelé une fois de ce nom (ch. 7. 17) et Ézéchiel, plus de cent fois. C’est le titre que Jésus a pris comme Messie rejeté qui devait souffrir, être exalté et retourner dans la gloire comme Fils de l’Homme.

Ses serviteurs ont ce même nom, comme étant identifiés avec la gloire de Dieu qui se déclare maintenant en dehors d’Israël et qui juge ce peuple par le moyen des Gentils.

Fortifié par l’Esprit, le prophète reçoit sa mission envers les enfants d’Israël, quoique – ou plutôt parce – qu’ils avaient rejeté Dieu – envers les Gentils rebelles (ce qu’ils étaient en réalité) pas meilleurs que des païens moralement, et bien pires même en culpabilité (v. 3 à 5).

C’est pourquoi le prophète ne doit pas les craindre, ni eux, ni leurs paroles, ni leurs regards, quelques révoltés qu’ils pussent être, mais au contraire leur dire les paroles de l’Éternel – qu’ils les écoutent ou qu’ils n’en fassent rien – car ils étaient rebelles. En outre Ézéchiel est exhorté à ne pas être rebelle comme eux mais à ouvrir sa bouche et à manger ce que Dieu lui donnerait (v. 3). Là-dessus une main fut étendue tendant un rouleau de livre, qu’il déroula devant le prophète, écrit devant et derrière et c’était des lamentations et des plaintes et des gémissements (v. 9 et 10).

Tel était le caractère de son premier témoignage. Nous verrons comment la grâce triomphe à la fin pour la gloire de Dieu.

Ch. 3

Ézéchiel mange le livre, et voici qu’il était doux comme du miel. Le prophète était envoyé à Israël avec la certitude qu’ils n’écouteraient pas, endurcis comme ils l’étaient, mais il pouvait les affronter avec un front de diamant. Il avait reçu la parole de Dieu dans son cœur et il fallait qu’il aille vers eux avec ces mots : ainsi dit l’Éternel (v. 10 et 11).

Puis l’Esprit l’emporta, accompagné du bruit de la gloire, et après qu’il eut passé sept jours parmi ceux de la captivité à Tel-Abib, la Parole de Dieu lui annonça qu’il était établi comme une sentinelle sur Israël, avec la responsabilité solennelle d’être fidèle. Il n’était plus question, là, de la nation, mais de la fidélité individuelle.

À la fin du chapitre il voit de nouveau la gloire comme il l’avait vue auparavant près du fleuve Kebar et il reçoit l’ordre d’être prisonnier dans sa maison, avec sa langue collée à son palais, car ils étaient un peuple rebelle ; Dieu ouvrirait encore sa bouche en les appelant encore solennellement à écouter, mais ils étaient rebelles.

Ch. 4

Le prophète doit maintenant mettre le siège devant Jérusalem, figure de celui des Chaldéens (v. 12). Je pense qu’il faut compter les 390 années d’Israël (v. 5) depuis Jéroboam, auquel Akija le prophète, annonça le don que Dieu lui faisait des dix tribus arrachées de la main de Salomon et que les quarante ans de Juda (v. 6) se rapportent au règne de Salomon lui-même, pendant lequel fut déterminée la ruine de la portion la plus favorisée du peuple, quoiqu’il soit difficile de discerner les résultats de l’idolâtrie sous la richesse et la sagesse du roi. « Ils m’ont abandonné », tel était le message de Dieu au prophète dans ce temps-là.

La semence de David devait être affligée et elle l’a été, mais pas pour toujours. Mais si des jours plus heureux les attendent, ils ont à traverser d’abord une longue nuit de ténèbres et l’heure la plus pénible sera encore celle qui précédera immédiatement l’aurore, car ils ont ajouté à leur idolâtrie la méchanceté plus grande encore de rejeter leur Messie et de s’opposer à l’Évangile prêché aux nations, de sorte que la colère est venue sur eux à son comble.

Il ne semble pas que le fait que la maison d’Israël, c’est-à-dire les dix tribus, a été emmenée en captivité bien avant la fin de cette période, soit un obstacle à ce que j’avance, car c’est dans la manière d’Ézéchiel d’embrasser toute la nation sous ce titre, quoique, ailleurs il en distingue aussi les deux parties. Juda n’employa pas pour la gloire de Dieu le règne long, paisible et prospère de celui qui, au milieu de bénédictions sans pareilles, tourna son cœur vers d’autres dieux – et la sentence de Lo-Ammi ne fut exécutée sur eux que lorsque la portion du peuple élu qui était restée attachée à la maison de David, et le dernier roi de cette famille, eurent justifié par leur trahison envers l’Éternel les tribus qui depuis longtemps avaient été ravies de leur pays.

Comme est solennel le témoignage que Dieu rend à l’homme envisagé dans la responsabilité qu’il a de marcher suivant la lumière qui lui a été donnée ! Non seulement il s’éloigne de plus en plus de Dieu, mais il tombe dès le début ; tous les appels qui lui sont adressés ne servent qu’à prouver son éloignement de cœur et de volonté. Ainsi, aucune chair ne peut se glorifier en sa présence. Puissions-nous nous glorifier dans le Seigneur ! Ce n’est pas le premier homme, mais le second, qui a glorifié Dieu ; c’est justement pourquoi Dieu a glorifié le Fils de l’homme en Lui-même, et cela immédiatement après la croix.

Il y a encore ici une autre question. Le prophète doit manifester dans sa personne la dégradation aussi bien que le jugement rendu imminent par l’iniquité du peuple. Et il doit donner un autre signe (v. 9 à 17). Dans sa mesure, Ézéchiel doit faire l’expérience de la condition d’Israël sous le juste jugement de Dieu, non pas parce qu’il était en dehors de la faveur divine, mais au contraire parce qu’il était assez près de Dieu pour pouvoir entrer dans la réalité de leur misère (quoique le Fils de l’homme fût le seul qui pût descendre en grâce dans ses profondeurs), la prendre sur lui d’une manière parfaite et souffrir bien au-delà de ce qui a pu être ou sera jamais leur part.

Jésus, dans son zèle pour Dieu et dans son amour pour son peuple, pouvait seul porter le fardeau, que ce soit en gouvernement ou en expiation. Mais la gloire de sa personne Le rendait propre à le faire dans ces deux cas, sans rien laisser de côté de ce qui était dû à Dieu, et avec les immenses résultats de la bénédiction, autant pour nous maintenant que pour les Juifs pieux des derniers jours. Jamais Il ne chercha à éviter, comme Ézéchiel le fait ici, les conséquences de l’état de ruine d’Israël ; jamais Il ne demande que rien ne Lui soit épargné – excepté s’il était possible, cette coupe de malédiction indicible que Lui seul devait boire et qu’Il but jusqu’à la lie, afin que la grâce puisse régner par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

Ch. 5

Ce chapitre nous donne de nouveaux détails sur le jugement de destruction qui ne devait rien épargner, car le précédent n’allait pas au-delà du siège de Jérusalem par les Chaldéens, avec toutes les misères qui l’accompagnaient, La forme dans laquelle le Dieu d’Israël annonçait aux Juifs le sort épouvantable qui allait être le leur, et la destruction qui allait fondre sur eux, est particulièrement impressionnante parce que, tant dans la manière dont le prophète recevait l’ordre de cuire son pain que dans celle dont il devait raser ses cheveux, il rompait entièrement avec les coutumes et cela ne pouvait se justifier que par l’autorité de Dieu Lui-même et par les exigences morales de son peuple.

Ézéchiel devait sans doute le ressentir profondément en sa qualité de sacrificateur. Nous trouvons quelque chose d’analogue dans la vision de Pierre, où se montrent les préjugés bien enracinés des Juifs, préjugés qui sont néanmoins dominés par Dieu qui voulait sauver des Gentils et les introduire dans la communion avec ceux d’Israël qui croyaient. Dans notre prophétie il ne s’agit pas de la grâce sortant pour rencontrer et bénir des païens en leur annonçant le Sauveur, mais du jugement tombant sans rémission sur Jérusalem, chose étrange pour Israël qui l’entendait.

Les épreuves, jusque-là, n’avaient été que des châtiments temporaires, le fleuve de la pitié continuait à couler conne d’habitude, et la masse des Israélites se plaisait à espérer qu’il devait en être toujours ainsi, et que Dieu était pour ainsi dire lié à eux. Ils savaient cependant fort bien que le peuple L’avait souvent déshonoré et même d’une manière habituelle dans son abaissement. Le prophète devait leur faire voir et entendre ce qui allait se réaliser prochainement et d’une façon si terrible, d’après le message qu’il avait reçu de l’Éternel. C’était la position élevée et centrale d’Israël, et par-dessus tout celle de Jérusalem parmi les peuples et les pays qui les entouraient, qui rendait leur rébellion et leur idolâtrie si graves, et qu’il était impossible de les ignorer ou de les supporter plus longtemps.

Dans les v. 7 à 12, nous voyons clairement le dessein divin. Un tiers devait périr par la peste et la famine dans la cité assiégée ; un tiers devait tomber par l’épée autour de la ville et le dernier tiers devait être dispersé à tous les vents et être encore poursuivi par l’épée. Ici nous voyons comment les habitants de Jérusalem représentent dans ces circonstances « toute la maison d’Israël », sans qu’il soit tenu compte des dix tribus qui avaient déjà été déportées.

La souillure du sanctuaire de Jéhovah par les abominations païennes introduites par les rois, les sacrificateurs et le peuple, avaient rendu Jérusalem intolérable. Le jugement aurait lieu aux yeux des nations qui avaient vu leur infidélité envers le vrai Dieu, leur Dieu. Les païens eux-mêmes seraient étonnés, car ils n’avaient aucune notion d’un dieu qui traitait pareillement le peuple qui faisait profession de L’adorer.

Ch. 6

Ce chapitre montre que Dieu tient compte de l’idolâtrie du peuple dans le pays tout entier, quoique Juda, comme nous l’avons vu, ait en cela une fâcheuse priorité. C’est pourquoi Ézéchiel reçoit l’ordre de tourner sa face « contre les montagnes d’Israël », (v. 1 à 7).

Ainsi l’Éternel allait faire venir l’épée pour détruire Israël, car ils l’avaient abandonné pour des idoles qui, non seulement ne pouvaient pas les protéger contre la destruction, mais au contraire les y exposaient. Les adorateurs, les autels et les images devaient tous périr, les idolâtres, devant leurs idoles, leurs ossements dispersés autour de leurs autels. Pourtant l’Éternel se souvient de la grâce au milieu du jugement (v. 8 à 10). Et de nouveau Ézéchiel doit marquer d’une manière caractéristique le jugement certain de Dieu sur les abominations d’Israël (v. 11 à 14).

Ch. 7

Le ch. 7 clôt ces préliminaires de malheur. Il est facile à comprendre et remarquable par le langage abrégé, étrange, abrupt, par lequel l’Esprit proclame, en répétant souvent et d’une manière emphatique les mêmes termes, la fin pour le pays d’Israël, la fin qui était imminente (v. 1 à 9).

Nous voyons ensuite que non seulement les quatre coins du pays tombent sous les jugements décisifs de Dieu, mais que les résultats en sont complets et écrasants. Aussi loin que l’homme peut voir il n’y a pas de rétablissement possible. Les sentiments habituels des hommes disparaissent (v. 12). La colère est sur toute la multitude ; les espérances particulières de l’Israélite sont anéanties, car le jubilé lui-même est supprimé et avec lui toute perspective de rentrer en possession de son bien (v. 13).

Comment des idoles pourraient-elles l’aider ? Le son de la trompette qui encourage l’homme et qui, pour un Juif, devait être l’assurance que Dieu entendait et était prêt à prendre sa cause en main comme d’habitude, était absolument sans effet, car la colère de Dieu est sur la multitude (v. 14). Ils sont ainsi comme enfermés dans les cercles concentriques d’une ruine qui va les dévorer (v. 15 à 18).

Le prophète de Dieu annonce un coup après l’autre, de la part de Dieu contre son peuple affaibli par le sentiment de sa culpabilité. Dans le jour de leur calamité, ils sont obligés de s’apercevoir que leurs dieux ne sont que vanité, rien de plus que de l’argent et de l’or, et « ils jetteront leur argent dans les rues et leur or sera rejeté comme une impureté ». Et il est impressionnant de voir le prophète ajouter : « leur argent ni leur or ne pourra les délivrer au jour de la fureur de l’Éternel ; ils ne rassasieront pas leurs âmes et ne rempliront pas leurs entrailles, car c’est ce qui a été la pierre d’achoppement de leur iniquité » (v. 19).

Mais Dieu n’avait-il pas choisi un endroit pour sa demeure et le lieu de son repos ? Hélas ! c’est là que la pire des iniquités s’était manifestée contre Lui. Leur gloire était leur honte. « De la beauté de son ornement il a fait sa gloire ; mais ils y ont fait des images de leurs abominations et de leurs choses exécrables. C’est pourquoi j’en ai fait pour eux une impureté abjecte et je l’ai livrée en pillage, aux mains des étrangers et pour butin aux méchants de la terre et ils la profaneront. Et je détournerai d’eux ma face et ils profaneront mon lieu secret ; et les violents y entreront et le profaneront » (v. 20 à 22).

Enfin le prophète reçoit l’ordre de fabriquer la chaîne symbolique de l’esclavage pour ceux qui ne seraient pas retranchés, les iniques des nations prendraient possession de leurs maisons ; la destruction venait, c’est en vain qu’on rechercherait la paix, et à sa place il y aurait calamité sur calamité et rumeur sur rumeur, le prophète n’aurait pas de vision, mais « la Loi est périe de chez le sacrificateur et le conseil de chez les anciens ». Le roi menant deuil, les princes vêtus de stupeur, les mains du peuple rendues tremblantes, tel est le tableau (v. 23 à 27) de ce temps effroyablement troublé.

Toutes ces choses se sont accomplies à la lettre comme nous le savons. « Je leur ferai selon leur voie et je les jugerai par leurs propres jugements et ils sauront que je suis l’Éternel » C’est la conclusion de cet avertissement préliminaire si solennel.

Ch. 8

Les ch. 8 à 11 sont évidemment les quatre parties d’une même vision. La première expose l’idolâtrie excessive de Juda à Jérusalem, en commençant par la maison de Dieu. Dans la seconde, la destruction est ordonnée de Dieu sur tous ceux qui sont laissés dans la ville, à l’exception d’un résidu qui reçoit une marque et qui est composé de ceux qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui se commettent au dedans de la ville ; cette destruction commence par le sanctuaire de l’Éternel ; la troisième montre le rôle des chérubins et autres agents du jugement divin, avant que la gloire de l’Éternel ne prenne lentement ses dispositions de départ. Enfin, la quatrième annonce les malheurs sur les princes et le peuple laissés de reste, tout en assurant les justes qu’ils auraient un sanctuaire en l’Éternel Lui-même, alors qu’il n’y en avait aucun autre dans les pays de leur dispersion, et qu’à la fin la miséricorde de Dieu les rassemblerait dans leur pays ; cependant la gloire se retirait de la ville sur la montagne des Oliviers. Les ch. 12 à 14 inclus relatent diverses circonstances se rapportant à ce qui précède et l’exposé des voies de Dieu à cet égard.

La sixième année mentionnée au v. 1er est l’année qui suit celle de la première vision, ch. 1, v. 2, en comptant depuis la captivité de Jéhoïakin. Le prophète a de nouveau à faire avec Dieu, tandis que les anciens de Juda sont assis devant lui. C’est en Esprit, non pas corporellement, qu’il est emmené à Jérusalem, dans les visions de Dieu et qu’il voit là, à l’entrée de la porte intérieure regardant vers le Nord, c’est-à-dire vers la Chaldée, le siège de l’idole de jalousie, qui provoque à la jalousie. Le nom de l’idole ne nous est pas indiqué; était-ce Baal ou Ashtoreth ? (voyez 2 Rois 21 ; 2 Chron. 33).

En tout cas elle était un défi au Dieu d’Israël et sollicitait l’hommage de tous ceux qui entraient dans le temple. On voit par-là combien Juda était incliné à offenser l’Éternel et à le forcer moralement à accomplir sa menace d’abandonner sa maison. Cela donne toute son importance à la vision de sa gloire. L’Éternel n’avait pas encore quitté définitivement le temple et se plaisait à justifier sa manière d’agir si solennelle envers son peuple.

« Tu verras encore de grandes abominations », dit l’Éternel au prophète (v. 6) et il lui montre, tracées sur le mur, autour de la chambre où il l’avait fait entrer, toute sorte de figures de reptiles et de bêtes exécrables, et toutes les idoles de la maison d’Israël. C’est une scène d’idolâtrie grossière, une reproduction de l’avilissement de l’Égypte, et devant elles se tenaient, non pas la lie du peuple, mais ses chefs, soixante-dix hommes des anciens d’Israël.

Dieu avait jadis choisi soixante-dix anciens, et l’une de leurs fonctions les plus importantes était de réprimer le culte des idoles. Ici nous trouvons le même nombre, surpris sur le fait même, rendant culte à des images. Shaphan, était le scribe qui avait lu le livre de la Loi devant le pieux Josias ; quel changement depuis lors ! C’était maintenant son fils Joazania qui se tenait au milieu des soixante-dix idolâtres.

Et ce n’était pas tout. Ils disaient : « l’Éternel ne nous voit pas, l’Éternel a abandonné le pays ». Non seulement ils avaient cessé de maintenir la vérité, mais pire que cela, ils étaient tombés assez bas pour nier la puissance de Dieu ; c’était l’apostasie.

L’Éternel montre ensuite à Ézéchiel des femmes assises à l’entrée de la porte de la maison, pleurant Thammuz. Ce n’était plus l’idolâtrie syrienne ou égyptienne, mais celle de Phénicie, du caractère le plus grossier ; celle que les Grecs adoptèrent dans la fable d’Adonis et d’Aphrodite.

Il y avait pire encore, tant à cause de l’endroit où la scène se passe que des personnes qui adoraient le soleil, le grand objet de l’idolâtrie des Sabéens et plus tard des Perses ; environ 25 hommes se tenaient entre le portique et l’autel, tournant le dos au temple et regardant vers l’Orient ; leur nombre correspond aux classes de la sacrificature et au souverain sacrificateur. Aussi un châtiment implacable doit tomber sur les Juifs, sans miséricorde, et l’Éternel lui-même l’infligera.

Ch. 9

Ce chapitre nous montre comment l’Éternel a préparé l’exécution du jugement sur tout le peuple, à l’exception du résidu préservé à Jérusalem. Le jugement cette fois encore vient du Nord, et ceux qui l’exécutent se tiennent à côté de l’autel d’airain, expression des exigences divines et du jugement sur la terre. La gloire quitte l’endroit où elle siégeait. Jérusalem est livrée à la vengeance de l’Éternel.

Mais une marque doit distinguer tous ceux qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui se commettent dans la ville. L’affliction est le fruit de la communion avec Dieu dans les mauvais jours. Ceux qui ressentent cette sainte tristesse sont mis à l’abri des destructeurs, d’une manière tout à fait définitive. Tous les autres doivent périr, vieillards et jeunes gens, vierges, enfants et femmes : mais pas un seul de ceux qui ont la marque. Et c’est par le sanctuaire que la destruction commence. Nous trouvons la même pensée dans la première Épître de Pierre, 4. 17. Ceux qui sont le plus rapprochés du Seigneur portent la responsabilité la plus lourde.

Mais il ne suffit pas de commencer par les anciens qui étaient devant la maison ; la parole adressée aux vengeurs dit : « rendez impure la maison et remplissez les parvis de tués ». Le prophète en se voyant épargné, tombe sur sa face et intercède pour le peuple; mais il n’y a pas place pour la compassion et toute cette scène est rendue plus solennelle encore par le rapport que vient faire l’homme vêtu de lin, lorsqu’il a achevé sa tâche : « J’ai fait comme tu m’as commandé ».

Ch. 10

La vision qui suit complète le tableau du jugement commencé aux ch. 8 et 9. Elle rappelle ce que le prophète avait déjà vu lorsqu’il était au milieu des captifs sur les bords de Kébar. Il s’y trouve certaines modifications qui s’expliquent par le fait que le prophète avait été transporté par l’Esprit dans les visions de Dieu à Jérusalem ; la ville était maintenant dans le jour de sa visitation pour son impureté de chair et d’esprit, et Dieu commençait par le sanctuaire, tout en prenant connaissance de l’état de la cité toute entière et en exceptant seulement ceux qui soupiraient et gémissaient à cause de toutes les abominations qui se commettaient au dedans d’elle.

C’était un spectacle solennel pour le prophète captif, de contempler la gloire de Dieu dans un pays païen, mais c’était tout aussi significatif de la voir dressée en vengeance contre la cité sur laquelle ses yeux et son cœur reposent à perpétuité.

C’est de Celui qui n’est même pas nommé, mais qui remplit le trône, que vient l’ordre d’accomplir un jugement de destruction sur la ville (v. 1 à 3) ; et celui qui avait reçu la mission de marquer les justes, afin qu’ils soient épargnés, reçoit maintenant le commandement de remplir ses mains des charbons de feu qui se trouvaient entre les chérubins et de les répandre sur Jérusalem. La nuée de la présence de l’Éternel était là, mais elle n’apportait ni abri, ni direction au peuple qui avait abandonné tout respect de sa volonté et avait préféré un veau d’or au Dieu d’Israël. Quel changement depuis le jour où l’Éternel allait devant eux et remplissait le sanctuaire !

Mais maintenant (v. 4 et 5) la gloire quitte cet endroit au lieu de venir y habiter. L’Éternel abandonne la résidence qu’il lui avait plu de choisir – pas pour toujours cependant, puisque c’est pour l’éternité qu’Il l’avait choisie – mais Il en est moralement chassé par l’iniquité et l’apostasie de son propre peuple. La prophétie d’Ézéchiel dit explicitement qu’Il reviendra habiter là et ne quittera plus jamais sa maison, aussi longtemps que la terre durera, car son peuple jouira alors du repos de Dieu sous le Messie et la nouvelle alliance.

Mais de même que, dans ses dernières paroles, David était obligé de dire que « sa maison n’était pas ainsi avec Dieu », notre prophète dit en symboles mystérieux la rupture des liens entre Dieu et Israël par les signes solennels de leur jugement. Cela est bien mis en évidence devant les yeux du prophète par les spectacles étranges que le Seigneur lui donne à décrire ; quoiqu’Il pût faire en d’autres temps, c’était à ne pas s’y tromper l’Éternel qui ordonnait la destruction de sa propre ville et du sanctuaire.

Nous voyons ensuite l’exécution, de façon que tout fut rendu plus impressionnant et plus certain pour ceux qui pensaient qu’il était impossible, quels que fussent les leçons et les châtiments de l’Éternel, qu’Il ne reconnaisse plus Israël comme étant sien, et que malgré les succès temporaires de l’ennemi, le pays, la ville et le temple seraient un rempart imprenable l’empêchant d’obtenir un avantage durable sur le peuple élu. L’homme en effet oublie vite les principes immuables de Dieu et tourne à son propre avantage et à son propre honneur ce que Dieu fait dans le seul but de maintenir la vérité et la justice pour sa gloire.

Les v. 15, 20 et 22 identifient parfaitement la gloire vue au début sur les bords du Kebar, mais elle ne revient qu’en passant et chargée de la triste tâche de sceller le jugement et de marquer l’abandon d’Israël sous la loi, devenu maintenant apostat.

Le symbole du gouvernement divin en providence était là, mais il n’occupait pas son siège dans le saint des saints. Il se tenait sur le seuil et le parvis était rempli de la splendeur de la gloire de l’Éternel, mais il n’entrait plus à l’intérieur. C’était une visitation judiciaire en obéissance aux ordres de Celui qui, d’en haut, contrôlait chacun de ces mouvements. La colère était sortie contre Jérusalem. Et c’était Lui qui dirigeait tout et non pas les idoles muettes des gentils, qui ont des bouches et ne parlent pas, des yeux, des mains et des oreilles, mais ne voient, ni ne touchent, ni n’entendent pas.

Quelques traits diffèrent aussi de ceux de la première manifestation. Non qu’il y ait quelque séparation des roues d’avec les chérubins, ou la moindre divergence dans l’action commune ou dans le but de leurs mouvements compliqués. L’intelligence pénétrant le corps tout entier, le dos, les mains, les ailes, les roues, est plus affirmée. Le v. 13 nous montre un mouvement de la plus haute signification : la gloire de l’Éternel quitte le seuil de la maison, s’élève et s’arrête encore une fois à l’entrée de la porte orientale. Elle s’arrête, puis elle s’en va.

Ch. 11

Le ch. 11 qui complète cette portion de la prophétie, confirme entièrement ce qui précède : la gloire de l’Éternel peut s’arrêter encore un instant à la porte orientale, mais elle s’en va. Dans la vision de l’Éternel, Ézéchiel voit toute l’excessive présomption des chefs de Jérusalem qui conseillaient le roi Sédécias pour sa ruine et pour la leur, et cela en contradiction avec le message que l’Éternel avait envoyé par Jérémie ; ils semblent se servir du style imagé de ce dernier pour remplir leur but.

Nous ne pensons pas que le chiffre de 25 hommes (v.1 à 12), le même que celui des adorateurs du feu du ch. 8, suffise pour les identifier les uns avec les autres. Ici ces chefs sont des princes du peuple, non pas des sacrificateurs. Comme la scène précédente montrait l’apostasie religieuse, celle-ci fait ressortir l’impudence et l’infidélité des chefs civils, quoiqu’elle se passe à l’entrée de la porte de la maison de l’Éternel. Ce sont eux qui étaient les mauvais conseillers.

Jérémie avait exhorté les Juifs de Jérusalem à la soumission au roi de Babylone et les captifs à bâtir des maisons, à planter des jardins et à élever leurs familles dans l’exil, en priant pour la paix de la ville jusqu’à ce que 70 ans fussent accomplis et qu’un résidu pût retourner à Jérusalem. Les faux prophètes prédisaient que tout était bien dans le pays comme dans la captivité ; ils fomentaient la rébellion sous couleur de patriotisme et se réclamaient du nom de l’Éternel, tout en encourageant l’insubordination de dessous sa main qui les humiliait. Ils se dressaient contre les vrais prophètes et même tournaient en dérision la figure employée par Jérémie en s’en servant pour leur propre thèse (Jér. 29. 5).

Ce v. 3 : « ce n’est pas le moment de bâtir des maisons », c’est-à-dire le temps de paix pendant lequel on peut s’occuper de ces travaux est bien loin, signifie qu’ils étaient résolus à résister aux Chaldéens à outrance, malgré l’avertissement du prophète. C’est pourquoi Ézéchiel est appelé avec emphase à prophétiser contre eux : l’Esprit de l’Éternel tombe sur lui et lui enjoint de nouveau de parler au nom de l’Éternel, car leurs secrets étaient découverts dans sa lumière. L’Éternel leur retourne leur proverbe, après leur avoir rappelé leurs actions criminelles ; seulement c’était leurs tués qui étaient la chair et la ville la marmite, et eux devaient en sortir, mais non pas pour échapper comme ils l’espéraient. L’Éternel enverrait contre eux l’épée redoutée, en dehors de la ville à laquelle ils étaient si fortement attachés, car ils seraient livrés pour le jugement en la main d’étrangers.

L’Éternel déclare solennellement qu’Il les jugerait dans les confins d’Israël et qu’ils sauraient qu’Il est l’Éternel. Ainsi la ville ne serait point pour eux une marmite et ils ne seraient pas la chair au-dedans d’elle ; ils seraient jugés par l’Éternel sur les frontières, forcés de connaître Celui dans les statuts duquel ils n’avaient point marché et dont ils n’avaient pas pratiqué les ordonnances ; ils avaient agi au contraire selon les droits établis par les nations qui étaient autour d’eux.

Or, pendant qu’Ézéchiel prophétisait, Pelatia le fils de Benaïa mourut (v. 13) ; le prophète tombe sur sa face et il intercède pour le résidu, car tout captif qu’il ait été, il aimait, malgré leur orgueil, les hommes qui habitaient à Jérusalem. Mais la parole de l’Éternel lui rappelle avec force que c’était ses propres frères, les hommes de sa parenté, même toute la maison d’Israël, qui étaient un objet de mépris pour les habitants de Jérusalem ; ces derniers étaient parfaitement satisfaits d’eux-mêmes, parce qu’ils étaient restés dans la ville, tandis que leurs frères étaient en captivité.

C’est pourquoi l’Éternel fait à ce pauvre résidu dispersé la merveilleuse promesse d’être pour lui comme un sanctuaire, et de les ramener dans son pays (v. 16 à 21).

Dans un jour de ruine, il en est toujours ainsi. Ceux qui s’enorgueillissent de l’ancienneté, de la succession et des règles comme d’une possession exclusive, ne font que mûrir pour le jugement divin, tandis que ceux qui sont le plus méprisés sont ceux qui ont la vérité et reçoivent la bénédiction au milieu de leur humiliation et de leur faiblesse ; l’Éternel promet ici d’être un petit sanctuaire aux Juifs dispersés, de les rassembler d’entre les peuples et de leur donner le pays. Il leur donnera un seul cœur et un esprit nouveau, changeant leur cœur de pierre en un cœur de chair pour marcher dans le chemin d’obéissance, pour reconnaître Dieu et être reconnus de Lui, tandis que les idolâtres endurcis recevront la due récompense de leurs actes.

Et alors nous voyons la gloire s’éloigner une fois de plus, non pas du temple, mais de Jérusalem même. Elle monte de la ville et se tient sur la montagne des Oliviers. Puis l’Esprit enlève le prophète, le ramène en Chaldée, où il raconte toutes ces choses à ceux de la captivité. Cela nous rappelle Matthieu 28, lorsque Jésus ressuscité vient sur une montagne de Galilée donner aux disciples son grand message pour toutes les nations, sans même que son ascension au ciel soit mentionnée. C’est Jérusalem laissée de côté, un résidu envoyé par le Seigneur, qui reprend sa position de Galiléen en résurrection, le gage magnifique de son retour malgré son rejet actuel. Le rideau tombe sur la gloire lorsqu’elle atteint la montagne des Oliviers et elle ne reparaît que dans les derniers chapitres, aux derniers jours (comparez Zach. 14. 4 avec Act. 1. 9 à 12).

Le prophète, ramené en Esprit, quoique sa présence corporelle n’eut pas quitté sa maison où étaient assis devant lui les anciens, déclare les scènes terribles dont il a été témoin ; quelle consolation pour les captifs !

Ch. 12

Après ces visions qui servent pour ainsi dire d’introduction, le prophète est appelé à insister auprès du peuple sur la certitude de la fin imminente et complète de toutes les espérances présentes ; car ce n’était pas seulement l’orgueilleux résidu resté dans le pays qui nourrissait de vains espoirs, mais beaucoup aussi de ceux qui étaient captifs sur les bords du Kebar.

La première scène est symbolique et montre que le pays devait être une fois de plus balayé par la destruction, tandis que la plupart des Juifs attendaient une rapide délivrance, en dépit de l’affirmation contraire que Dieu leur donnait.

C’est pourquoi nous voyons que l’Éternel cherche à pénétrer la conscience des captifs de la folie qu’il y avait à se laisser aller à de tels rêves. Hélas ! ils étaient rebelles, la maison rebelle ! Moïse, dans son cantique, leur avait fait le reproche d’être une génération tortue et perverse, des fils en qui il n’y a pas de fidélité; et David dans le Psaume 68 les caractérise comme rebelles.

Si Ézéchiel doit entendre et leur répéter la sentence divine, ce n’est pas quelque chose de nouveau, mais c’est plutôt la manifestation que le jugement est en cours d’exécution, que le mal ancien est excessif, et que rien n’a pu l’extirper, ni la fraîche vigueur de leur jeunesse, ni leur puissance nationale. Ce n’était pas là la tache blanche, mais bien la vieille plaie de lèpre active et profonde.

Le prophète devait préparer son bagage et l’emporter de nuit ; cet acte si étrange de sa part devait exciter la curiosité des Juifs et il devait leur en donner l’explication. Le prince de Jérusalem, Sédécias et toute la maison d’Israël étaient représentés par ce fardeau porté par Ézéchiel. Cette prédiction, comme celle de Jérémie, allait s’accomplir à la lettre.

L’historien Josèphe nous dit que le roi, pensant voir une contradiction dans ces deux prophéties, décida de ne croire à aucune. Il est bien certain que Sédécias ne put échapper aux Chaldéens, mais tomba aux mains du roi de Babylone, lui parla face à face et le vit de ses yeux ; il est certain qu’après être tombé dans le piège, il fut emmené à Babylone, mais ne vit pas cette ville quoique il y mourut. Le fait que le prophète devait couvrir son visage de manière à ne pas voir le pays n’était que l’image de la réalité.

Qu’il était solennel et humiliant pour le peuple de l’Éternel de savoir par les jugements qui le désolaient et le dispersaient, que c’était Lui qui était l’Éternel ! Mais cela même, Il le fait tourner à son profit, en en laissant quelques-uns épargnés par ce jugement pour déclarer toutes leurs abominations parmi les païens ; car qui aurait pu porter un témoignage aussi accablant contre l’idolâtrie, si ce n’est ceux qui avaient ainsi souffert en succombant à ce piège ?

Le peuple du pays peut voir ensuite en Ézéchiel l’image de ce qu’il serait lui-même, en mangeant son pain et en buvant son eau dans la crainte. Puis le chapitre se termine par des reproches pour l’incrédulité du peuple à la parole prophétique, incrédulité si générale qu’elle en était devenue proverbiale Chaque vision allait trouver son accomplissement et la parole ne serait plus différée. « En vos jours, maison rebelle, je dirai une parole et je l’exécuterai » (v. 25). Quel témoignage porté à la haine de l’homme contre Dieu ; et quel témoignage contre l’homme qui accepte si aisément l’appât de l’ennemi lui disant que le moment de l’exécution est encore éloigné. Il n’aime pas l’intervention de Dieu, dont la domination lui parait intolérable. Mais Dieu dit : « aucune de mes paroles ne sera plus différée ; la parole que j’aurai dite sera exécutée » (7. 23)

Ch. 13

Ce chapitre s’occupe des hommes et des femmes qui, prétendaient avoir la pensée du Dieu d’Israël, mais qui étaient des instruments de l’ennemi et des adversaires de la volonté de Dieu, prophétisant sans inspiration divine, pour la ruine de son peuple.

C’était une chose particulièrement affligeante pour l’Esprit, comme cela en est une maintenant pour nous, de voir dans l’assemblée de faux frères et de faux prophètes, dont le but est leur propre personne, et dont les moyens sont, d’un côté la flatterie, et de l’autre, une manière arrogante de parler qui convient à ceux qu’ils veulent influencer, cherchant toujours à diminuer et à injurier ceux qui maintiennent la vérité au nom du Seigneur (comp. 2 Cor. 11).

Prétendre, de son propre chef, être prophète expose au jugement de Dieu qui, tout en étant plein de grâce et miséricordieux, doit maintenir sa majesté et sa vérité, qui ne doivent pas être dénaturées et profanées. Il ne pouvait y avoir que la destruction pour de tels gens et pour ceux qui les suivaient. Ils étaient comme des renards dans des lieux déserts, pleins de ruse et de malice. Il n’était pas étonnant qu’ils ne soient pas montés aux brèches et n’aient pas fermé l’enceinte autour de la maison d’Israël afin de tenir ferme dans la bataille au jour de l’Éternel.

Ils nous rappellent ceux qui, plus tard, cherchaient l’apparence dans la chair, contraignant les Gentils à être circoncis, de peur qu’eux-mêmes ne souffrent de la persécution pour la croix de Christ. De telles personnes ne craignaient pas l’Éternel et ne possédaient pas son secret, mais ce qu’ils prononçaient n’était que fausseté et divination, car ils disaient : « L’Éternel a dit », alors qu’Il ne les avait pas envoyés, et en conséquence des hommes espéraient l’accomplissement de leurs paroles. De là cet appel solennel « N’avez-vous pas vu des visions de vanité et prononcé des divinations de mensonge quand vous dites : l’Éternel a dit ! et je n’ai point parlé ? »

Alors Dieu déclare : « C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur » (v. 8 à16). Quelle chose terrible lorsque les ennemis de Dieu L’obligent moralement à devenir leur ennemi ! Miséricordieux et plein de grâce, Il est lent à la colère, mais quand ses saints risquent d’être détruits et son propre honneur compromis par une patience trop prolongée, la guerre est déclarée à ceux qui, avec hypocrisie, travaillent à ruiner sa gloire et à contrecarrer sa sainte volonté relativement à son peuple ; et la colère de l’Éternel est en rapport avec sa Majesté.

Il est contre les prophètes de vanité et sa main est sur eux. « Ils ne sont pas dans l’assemblée de mon peuple et ils ne seront pas écrits dans le registre de la maison d’Israël, et ils n’entreront pas dans la terre d’Israël » (v. 9) Leurs noms doivent être effacés comme ayant perdu tous leurs droits ; c’est un jugement public sur la terre et non une question de jugement éternel – quoiqu’il soit également clair que leur portion sera une destruction éternelle. Ce serait méconnaître le juste sens de ce passage que d’y voir la perte de la qualité de membre de l’assemblée ici-bas, et celle de la communion des saints dans le ciel. Du reste, le caractère du péché est rappelé dans la punition.

Les faux prophètes essayaient-ils de calmer le sentiment national des Juifs en leur promettant un prompt retour de leur exil ? Ils ne reverraient plus jamais le pays dont ils avaient été et dont ils allaient être chassés par l’ennemi ; et alors ils apprendraient qui était leur Dieu Jéhovah, dont ils s’étaient moqués. Il ne permet pas que son peuple soit entraîné à la ruine et que ses séducteurs restent impunis, et encore moins que le mot sacré de paix soit appliqué à tort pour des buts personnels ; de même, pour employer une image : lorsqu’une muraille est construite avec du mauvais mortier, elle ne tient pas et n’est qu’une tromperie. Elle s’écroulera, telle est la parole dite à ceux qui construisent « Il y aura une pluie torrentielle ; et vous, pierres de grêle, vous tomberez, et un vent de tempête éclatera » (v. 11).

C’est aussi de la même manière que les autres prophètes annoncent les malheurs futur d’Israël, dans le Psaume 83, Ésaïe 28 et 29, Ézéchiel 38. 22, Apocalypse 8 et 16. L’Éternel se porte garant Lui-même d’un tel jugement, le refuge des mensonges sera rasé, et les mauvais conducteurs et ceux qu’ils ont entraînés seront détruits ; c’est Dieu qui juge ainsi les faux prophètes et leurs visions de paix, alors qu’il n’y a pas de paix.

Les femmes aussi jouent leur triste rôle dans la ruine morale d’Israël (v. 17 à 19). Leur influence a été grande dans ce monde pour le mal et pour le bien ; et comme Dieu a daigné accorder à certaines d’entre elles ses meilleurs dons, nous ne pouvons nous étonner que Satan se serve de celles qu’il peut employer pour le mal. La forme particulière du mal mentionné ici est la manière dont elles prennent dans leurs filets par les objets les plus mesquins de cette vie, tuant moralement ceux qui ne devraient pas mourir, et faisant vivre les âmes qui ne devraient pas vivre.

C’est de cette manière d’ailleurs que l’erreur agit toujours. La fausse doctrine enhardit les mauvais et cherche à alarmer les bons. Le monde fait ainsi sa religion. Il peut y avoir des malédictions et des avertissements, mais ils n’ont aucune influence parce qu’on s’en débarrasse habilement, tout en gardant une apparence de haïr l’iniquité et d’aimer la justice ; l’homme marche ainsi dans une vaine apparence jusqu’à ce que, dans l’enfer, il lève ses yeux en haut, étant dans les tourments.

D’un autre côté, la grâce n’est pas du goût du monde, elle lui semble pire qu’une tolérance païenne du péché. De là vient que les croyants qui suivent le monde par amour de leurs aises et de leur position ne trouvent jamais la nourriture dont leurs âmes ont besoin en tant que nés de Dieu; ils s’épuisent ainsi dans la faim et la misère ; s’abstenant peut-être dans une certaine mesure des jouissances du monde, ils sont cependant privés de la consolation chrétienne, écartant de leur propre aveu – jusqu’au jour où ils sont au ciel – cette communion des saints et le culte de leur Dieu et Père qui devraient les caractériser sur la terre.

C’est en vain qu’on s’oppose à Dieu. La vérité, c’est que, aveuglés par les ruses de l’ennemi, ils ne sont pas conscients que c’est avec Dieu qu’ils sont en lutte, jusqu’à ce que cette lutte se termine à leur confusion éternelle, et que leurs desseins soient mis au jour devant ceux dont ils espéraient faire leurs victimes. Dieu déclare que à la fin de tout cela, leur destruction est arrivée et en même temps la délivrance pour son peuple qu’ils avaient cherché à tromper.

« Et vous saurez que je suis l’Éternel » (v. 23). Tel est le glas qui retentit toujours pour le jugement des ennemis d’Israël au-dedans et au-dehors.

Connaître l’Éternel est un arrêt de jugement pour les pécheurs qui demeurent dans leurs péchés.

Ch. 14

La visite des anciens au prophète devient l’occasion d’une nouvelle révélation, mais pas cette fois sous forme d’une vision. Ils semblaient venir pour écouter la Parole de Dieu mais Dieu ne s’est pas trompé par leur attitude, et de même le prophète ne doit pas s’écarter du devoir solennel qui lui est imposé. La semence sainte s’est souillée, et ses chefs méritent le blâme plus que tous ceux qu’ils ont égarés par leur exemple. Quelle que fut leur apparence ou leur position, ils avaient élevé leurs idoles dans leurs cœurs.

Il n’y avait là aucune intervention et aucune influence extérieures, les anciens aimaient ces abominations ; ils couraient après leurs idoles avec une secrète avidité et ils satisfaisaient leur ardent désir de faux-dieux en plaçant devant leurs faces la pierre d’achoppement de leur iniquité, en rébellion ouverte et délibérée contre l’Éternel, ce qui n’était qu’une infamie.

« Serais-je consulté par eux ? » Insulter Dieu en adorant des idoles, puis venir ainsi devant son prophète, était un signe d’endurcissement et non de repentance. À celui qui viendra ainsi, l’Éternel répondra selon la multitude de ses idoles. Dieu est puissant et ne méprise personne ; mais Il ne peut pas prendre part. Son propre déshonneur et ses jugements sont salutaires à ceux qui Le craignent. Comment pourrait-Il répondre aux anciens rebelles sinon en leur faisant sentir sa majesté ? Ils recherchaient une réponse par curiosité. Il leur prouverait que leurs nombreuses idoles n’étaient rien, « afin de prendre la maison d’Israël par leur propre cœur, car ils se sont tous séparés de moi par leurs idoles ». Les anciens et le peuple s’étaient éloignés de Dieu qui voulait agir sur leur cœur.

Dans les v. 6 à 11 nous trouvons un message encore plus explicite adressé à la maison d’Israël, lui demandant de se repentir et de se détourner de ses idoles : sinon l’Éternel répondrait Lui-même à ceux qui venaient consulter, et cela en les retranchant, aussi bien un prophète séduit que ceux qui le consultent. Dieu agit ainsi judiciairement, se montrant sévère envers un peuple indocile, et renvoyant ceux qui mentent à ceux qui aiment le mensonge, afin que tous soient punis ensemble, et qu’Israël puisse apprendre la leçon dont il avait besoin, et être de nouveau son peuple comme Lui serait leur Dieu.

Avec le v. 12 commence une nouvelle parole de Dieu à Ézéchiel, et le prophète doit entendre cette sentence terrible que, lorsque l’excès du mal amène un châtiment de Dieu sur un pays, les trois saints hommes, Noé, Daniel et Job, dont l’intercession s’est produite à des moments critiques de l’histoire de l’homme, ne pourraient, par leur justice, sauver qu’eux-mêmes ; il n’est question ici que du gouvernement de ce monde et non pas de grâce pour la vie éternelle. Si la famine, les mauvaises bêtes, l’épée ou la peste étaient envoyées, ces trois hommes ne délivreraient ni leurs fils ni leurs filles, ils ne se délivreraient qu’eux seuls, Mais que serait-ce quand ces quatre plaies seraient envoyées par Dieu sur Jérusalem ? Qui pourrait protéger le peuple coupable ?

Ainsi, quel que fut l’amour que le prophète ressentait pour le peuple, quelle que fut l’affliction qu’il voyait après coup tomber sur lui, il est amené à reconnaître la justice des voies de l’Éternel, malgré leur sévérité – Lui qui ne fait jamais couler une larme sans cause, et fait briller la grâce au-dessus du jugement.

Ch. 15

Le message de l’Éternel dans ce court chapitre revêt la forme d’une parabole, dont l’explication est rendue certaine par les derniers versets. Il y a sans doute une distinction voulue entre les différents arbres employés comme symboles dans l’Écriture. Comparons-en trois brièvement ici : le figuier, l’olivier et la vigne.

Le figuier est le seul qui soit appliqué exclusivement à Israël – à telle enseigne qu’on ne peut manquer de voir en lui le représentant particulier de cette nation en contraste avec les Gentils. Comparez surtout Matthieu 24 et Luc 21 ; dans le premier passage nous voyons le figuier seul, sans le second (les Gentils étaient introduits selon la portée de l’évangile de Luc) « le figuier et tous les arbres ».

L’olivier – nous le voyons en Romains 11 – comprend d’abord les Juifs comme branches naturelles de l’arbre de la promesse, et comme témoignage sur la terre, croissant sur le trône d’Abraham ; ensuite, après leur rejet pour cause d’incrédulité, les Gentils greffés contre nature ; enfin par pure grâce, bien qu’en accord avec la promesse, Israël sera greffé de nouveau, sur la base de sa repentance, sur son propre olivier, lorsque les Gentils sont rejetés et que la grâce restaure la nation élue pour toujours.

La vigne à une application plus variée ; d’abord Israël, qui devient stérile, puis le Seigneur avec les disciples, sarments de Celui qui est le vrai cep, et enfin la vigne de la terre, quand la chrétienté abandonne la grâce et la vérité qui vinrent par Jésus Christ, et que, à la fin des temps le jugement divin n’épargne plus personne.

La vigne n’est d’aucune valeur si elle ne porte pas de fruit. D’autres arbres, s’ils ne portent pas de fruit ou s’ils cessent d’en donner, peuvent être extrêmement utiles. Mais si le cep ne produit pas de fruit, il n’est bon qu’à être brûlé. Et si son bois est sans utilité avant que le feu ne le touche, qu’en reste-t-il lorsque les deux bouts sont consumés et que le milieu est brûlé ?

Il en est précisément ainsi, dit l’Éternel, des habitants de Jérusalem. Sans fruit pour Dieu, ils sont destinés au feu du jugement divin. Si les Juifs avaient manqué au témoignage confié à leurs soins, s’ils avaient falsifié ce témoignage, s’ils avaient trahi son nom, que pouvait faire l’Éternel, sinon consumer comme des ennemis ceux qui, d’entre tous les hommes, avaient la plus lourde responsabilité, celle d’obéir à sa Loi ? Fermer les yeux sur leur turpitude morale et leur abominable idolâtrie ne pouvait convenir au Dieu qui voit tout et qui avait choisi ce peuple, seul parmi toutes les nations de la terre, pour habiter au milieu de lui ; et le moment n’était pas encore venu de poser, dans la mort et la résurrection de Christ, le fondement d’une nouvelle création qui ne tomberait ni ne passerait pas. C’est pourquoi le Dieu vivant doit agir envers son peuple sur la base de l’alliance conclue avec eux, de là l’action annoncée ici par le prophète.

« C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, comme le bois de la vigne parmi les arbres de la forêt, que j’ai livré au feu pour être consumé, ainsi je livrerai les habitants de Jérusalem et je mettrai ma face contre eux » (v. 6 à 8). Que cette déclaration est énergique ! L’Éternel ne se bornerait pas à livrer les habitants de Jérusalem comme le bois de la vigne pour être consumés, mais il mettrait « sa face contre eux ». Quel présage pour ceux qui connaissaient son nom et sa haine du mal ! Et comme s’il ne suffisait pas que l’Éternel proclame ainsi son opposition fermement décidée, il est ajouté : « ils sortiront d’un feu et un autre feu les consumera ». Il en était bien ainsi de la cité coupable du grand Roi. Si l’on évitait le feu ici, ce n’était que pour le rencontrer ailleurs. Il n’y avait pas moyen d’en sortir, car aucune repentance ne s’était montrée, et Dieu ne pouvait tolérer qu’on se moque de lui.

Celui qui jadis avait jugé l’humanité dans son ensemble ou dans une partie de sa culpabilité, doit maintenant s’occuper du cas de son propre peuple. S’ils avaient écouté et s’ils avaient marché dans ses voies, Il aurait subjugué leurs ennemis et ils auraient été comblés eux-mêmes de toute sorte de biens ; mais ils n’avaient pas voulu écouter, et s’étaient choisi les dieux étrangers des païens. Ainsi l’Éternel devait, ou bien consentir à son propre déshonneur en supportant Jérusalem en dépit de son apostasie, ou bien les forcer à apprendre qu’Il était l’Éternel en mettant sa face contre eux. Triste alternative !

Comme il ne pouvait être question de la première voie, la seconde était la seule voie que méritaient leurs iniquités, le seul chemin ouvert jusqu’à la venue du Messie qui, en portant leur jugement, permettrait à la grâce de Dieu de recommencer quelque chose de nouveau en justice sur la base de la grâce souveraine.

Le prophète ne pouvait donc faire autre chose que d’annoncer : « je ferai du pays une désolation, parce qu’ils ont commis le péché » (v. 8).

Ch. 16

Si, dans le chapitre précédent, le symbole de la vie stérile destinée au feu nous a montré le côté négatif de la condition de Jérusalem et ses conséquences certaines, son iniquité positive nous est représentée d’une manière frappante dans l’allégorie suivante.

Le peuple élu avait été destiné à supplanter les nations et aurait dû le faire – des nations que le pays rejetait à cause de leurs abominations, et on ne peut concevoir aucune figure plus poignante que celle qui représente l’origine et la naissance de Jérusalem, comme provenant de Canaan, d’un père Amoréen et d’une mère Héthienne (v. 3).

Cela est naturellement moral et non pas historique. Ésaïe qualifie les chefs de « Sodome », et le peuple de « Gomorrhe », de la même manière. Dès les jours les plus anciens, nous voyons comment les deux races mentionnées par Ézéchiel étaient considérées par les patriarches (Gen. 15. 16 ; 27. 46).

Mais l’Écriture montre elle-même que le fait de naître d’une race méprisable ne peut lier pour toujours l’homme au mal ; lorsque Dieu intervient en quoi que ce soit, que voyons-nous ici ? Une pauvre misérable, privée de soins les plus nécessaires, jetée dans les champs le jour même où elle est née (v. 4 et 5). L’Éternel passa près d’elle, la vit souillée dans son sang et lui dit dans son sang « Vis » (v. 6). Grâce à ses soins, elle devint une femme, revêtue des plus splendides ornements, et l’Éternel fit une alliance avec elle, et la prit pour Lui. Et celle qui avait été ainsi purifiée et magnifiquement ornée devint un royaume et acquit une renommée qui se répandit partout (v. 7 à 14).

Que fit-elle en retour ? « Tu te confias en ta beauté, et tu te prostituas à cause de ta renommée ». C’est un triste tableau. La beauté de Jérusalem était pour tout passant (v. 15 et 16). La souillure de l’idolâtrie de Jérusalem dépassait tout ce qui avait précédé et tout ce qui devait suivre, et elle se signalait par le fait qu’elle dépensait pour les infâmes idoles des païens les innombrables faveurs de son époux divin, car c’est ce que son créateur était pour elle. Elle avait encore ajouté à l’affliction de son cœur, le fait qu’elle ne s’était pas souvenue des jours de sa jeunesse, quand elle était nue et découverte, gisante dans son sang (v. 22).

L’Éternel détaille ensuite les excès d’impureté auxquels Jérusalem s’était abandonnée dans ses désirs sans frein, non seulement en accueillant chaque nouvelle idolâtrie qui se présentait, mais en recherchant et en entretenant avec des étrangers jusqu’aux Gentils les plus éloignés ; les Philistins même avaient honte de son infamie, et se contentaient de leurs propres dieux.

C’est, hélas, une vérité solennelle que, lorsque le peuple de Dieu s’écarte de Lui, il est capable de s’égarer plus loin que tous les autres. Sans la protection de Celui qu’ils ont méprisé, ils deviennent une proie toute particulière pour Satan et les victimes qu’il recherche le plus, car c’est par eux qu’il peut de la manière la plus effective jeter le déshonneur sur le Dieu vivant.

Quelle énigme l’histoire morale du monde et de l’homme n’est-elle pas pour tous ceux qui ne voient pas le conflit entre Dieu et son ennemi ! Alors, c’était Jérusalem qui était en jeu, aujourd’hui c’est l’Assemblée; mais c’est toujours l’opposition du diable au Fils de Dieu.

Les v. 30 à 34 nous révèlent une terrible aggravation de la culpabilité de Jérusalem. Elle n’avait besoin d’aucune richesse, tellement l’Éternel l’avait abondamment bénie. D’autres, dans leur convoitise ardente de biens qu’ils avaient vus ailleurs pouvaient les attribuer à la puissance des dieux des collines ou des vallées, et ainsi ajouter idoles à idoles ; mais Jérusalem était inexcusable parce qu’il n’existait rien parmi les nations, grandes ou petites, près ou loin, qu’elle eût quelque raison de convoiter. C’était donc convoiter des faux dieux pour le seul plaisir de convoiter ; c’était pécher pour pécher.

Alors l’Éternel somme Jérusalem la prostituée d’écouter sa sentence sur sa débauche folle et insatiable (v. 35 à 43). Il menace sa ville coupable de l’exposer à la vue de tous ses amants et de tous ceux qui la paissent, et de lui infliger les châtiments qui conviennent aux adultères, jusqu’à ce que sa colère cesse et que sa jalousie se détourne « et tu ne commettras pas l’infamie, par-dessus toutes tes abominations » (v. 43).

Le proverbe qui convenait à pareille iniquité est prononcé par l’Éternel : Telle mère, telle fille, appliquant ainsi la relation morale de Jérusalem, non pas au père des croyants ou autres héritiers de la promesse, mais aux races corrompues de Canaan. Jérusalem, comme on le voit aux versets 45 à 52, avait dépassé non seulement Samarie son aînée, mais même Sodome, sa plus jeune sœur. Elle avait eu assez de connaissance pour pouvoir les juger, mais au lieu de cela, elle s’était précipitée avec encore plus d’ardeur dans de plus grandes abominations.

Les deux premières, lorsqu’elles avaient connu Dieu, ne l’avaient pas glorifié comme Dieu, mais dans leur ingratitude et leur orgueil, l’avaient abandonné, et s’étaient livrées aux faux dieux, à des affections corrompues et à un esprit réprouvé. N’étaient-elles pas plus excusables que Jérusalem ? « Toi aussi, sois honteuse et porte ta confusion ! parce que tu as justifié tes sœurs ». Comme le changement sera complet, et l’humiliation profonde lorsque les Juifs sentiront et confesseront honnêtement la vérité telle que l’Éternel la prononce ici. Et nous sommes assurés qu’ils le feront.

Hélas ! cette repentance est pour un jour futur, mais ce jour viendra sûrement, et Jérusalem, si longtemps infidèle, inclinera son cœur devant la fidélité incomparable de l’Éternel se révélant Lui-même à elle en Jésus qu’elle a mis à mort. Cela aura lieu à la fin de ce temps, quand la prédiction du retour de la captivité s’accomplira par grâce (v. 53 à 57). Ceux qui rabaissent cette prophétie à la restauration des Juifs sous Cyrus et à la part que les races d’au-delà de la Mer Morte et limitrophes de la Palestine prirent alors à leur sort, n’en ont qu’une bien pauvre idée. Une captivité plus grande et plus terrible devait suivre sous le 4ème empire ; mais le retour de la captivité attend le jour brillant où toute peine sera bannie de la terre pour ceux qui s’humilient devant le Nazaréen revenant pour régner.

Cela est encore plus clair par ce qui suit : v. 58 à 63. C’est la restauration finale de Jérusalem sous la nouvelle alliance, désignée expressément, ici et ailleurs, « l’alliance éternelle », en contraste avec celle de Sinaï, sous laquelle la restauration après une culpabilité sans précédent comme celle de Jérusalem avait été impossible. C’est montrer une ignorance fondamentale de la grâce que de confondre cette alliance-là avec la Loi ; et la mention de Samarie et de Sodome, en particulier, aurait dû mettre en garde contre cette erreur qui s’est répétée depuis les pères jusqu’à nous à travers la Réforme.

Il est du plus grand intérêt de voir que les villes les plus coupables, avant et après la loi, sont assurées d’une restauration en même temps et sur le même terrain que Jérusalem. Elle les aura pour sœurs en ce jour, elle qui n’aurait pas voulu même prononcer leurs noms dans les jours de son orgueil et de son péché. Mais la grâce de Dieu change tout pour l’homme et change l’homme en vue de la gloire.

Ch. 17

Nous avons ici une autre de ces illustrations si typiques de notre prophète, présentant l’état de choses existant parmi le peuple de Dieu, la ruine menaçante à cause de l’impiété du roi, et finalement le royaume du Messie, le plus abaissé dans sa première présentation, mais exalté par Dieu au moment convenable au-dessus de la terre entière. Quoiqu’il y ait maint point de ressemblance entre la dernière partie de ce chapitre et des prophéties telles qu’Ésaïe 2 et 53, Daniel 2. 34, 35, 44 et 45, Michée 5, celle qui nous occupe a ses propres caractères bien distincts, comme d’ailleurs chacune des autres que nous venons de citer.

Le grand aigle n’est autre que le roi de Babylone, que Dieu, dans sa sagesse souveraine, a établi comme tête du système impérial gentil, après qu’Israël ait donné la preuve de sa ruine morale et de sa rébellion contre l’Éternel. Un autre prophète avait déjà employé une comparaison semblable au sujet de Nebucadnetsar (Jér. 48. 40 ; 49. 22).

Mais ici l’allégorie est complète, car le cèdre du Liban représente la royauté en Israël dont la maison de David était investie, qui maintenant, à cause de ses péchés, se trouvait dans la servitude du chef des Gentils. Jéhoïakim est le roi de Juda décrit ici comme la plus haute pousse de la cime, laquelle Nebucadnetsar transporta avec lui à Babylone, alors la plus fameuse des villes de l’antiquité, non seulement par sa grandeur, mais aussi par son commerce (És. 13. 19 ; 44. 14). De plus, le conquérant plaça à Jérusalem un autre roi, de la semence du pays, non pas un étranger, mais un prince de la maison de David, Matthania, oncle (frère) du roi exilé, sous le nouveau nom donné à son maître.

Sédécias aurait pu prospérer là, en servant loyalement le roi des rois babyloniens. Mais la seule condition sous laquelle Dieu aurait assuré la paix et une certaine mesure de prospérité aux Juifs, était leur sujétion à l’empire gentil : ils auraient dû reconnaître que cet asservissement était la discipline de Dieu sur son peuple à cause de sa désobéissance incurable et à cause de ses rois.

Sédécias était comme un saule planté près de grandes eaux. Sa sécurité résidait dans une dépendance fidèle à Nebucadnetsar, en s’humiliant sous la puissante main de Dieu, ou bien, suivant l’image employée par le prophète, en étant comme une vigne de peu de hauteur avec des branches tournées vers Celui qui l’avait plantée et ses racines sous lui. Cette vigne aurait pu produire non seulement des branches et des racines, mais aussi du fruit.

Hélas, il n’en était pas ainsi, malgré les nombreux avertissements prophétiques qui lui avaient été donnés. Le nouveau roi, comme le peuple jadis, regarda vers l’Égypte pour avoir du secours – vers les Égyptiens qui étaient des hommes et non pas Dieu, et leurs chevaux, chair et non pas esprit ; comme jadis ils avaient convoité les bonnes choses de l’Égypte, maintenant de nouveau, pour se débarrasser du joug de Babylone, ils contestaient tous, grands et petits, pour le déshonneur de Dieu.

Le second aigle est le roi d’Égypte qui visait à l’empire du monde et était en lutte avec Nebucadnetsar pour l’acquérir. Mais c’est Dieu qui commande et qui avait donné cet empire au roi de Babylone. C’était les voies de sa providence. Le royaume entre les mains du premier Adam n’avait abouti à rien. Israël, Juda, la maison de David, avaient complètement manqué, et n’avaient duré que pour jeter un nouveau déshonneur sur son nom d’Éternel qui les avait choisis.

Le jour n’était pas encore venu pour le second Homme, le dernier Adam, vrai fils de David et fils de l’homme. C’est pourquoi Dieu avait laissé provisoirement cette suprématie universelle entre les mains des hommes les plus vils : c’était comme une leçon pour ceux qui avaient préféré leurs propres voies au Dieu vivant ; et l’endroit où l’exaltation contre le vrai Dieu avait pris naissance, et d’où étaient sortis les faux dieux, était devenu la verge et la prison d’Israël, des personnes de la maison de David et du peuple abandonné à leur état misérable. Mais eux, et par-dessus tout Sédécias, qui plus que tous les autres, aurait dû connaître la volonté de Dieu, avaient cherché l’aide de l’Égypte dans l’espoir de se rendre indépendants de Babylone. Se tourner ainsi vers le Pharaon, c’était rejeter l’Éternel plutôt encore que Nebucadnetsar et devait entraîner leur propre destruction sans que leur maître chaldéen eût à faire un grand effort pour cela. Un souffle de ce vent d’Orient suffisait pour flétrir la vigne sans fruit, pour la dessécher entièrement dans les carrés où elle poussait.

Dans les v. 2 à 21 nous trouvons la solution de l’énigme, et l’Esprit lui-même donne l’interprétation de la parabole. L’Éternel accuse le fils de David régnant alors, de perfidie contre Lui-même et contre Nebucadnetsar. Il avait violé son alliance avec les Chaldéens, cette alliance scellée du nom de l’Éternel. Les choses en étaient-elles vraiment arrivées à ce point, que le roi païen Nebucadnetsar aurait plus de respect pour le serment de l’Éternel que le fils de David, le roi de Juda ?

Cette conduite de la part de Sédécias rendait absolument impossible pour Dieu de protéger plus longtemps le roi et le peuple coupables ; et cela d’autant plus qu’ils portaient son nom. « Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités ». Le jugement doit commencer par la maison de Dieu; car ils disaient : « nous voyons », c’est pourquoi leur péché demeure.

Il faut que Dieu soit sanctifié dans tout ce qui s’approche de Lui ; et si le péché demeure toujours le péché, il est infiniment moins excusable là où sa parole est connue, et là où son nom est proclamé devant les hommes. C’est donc selon la justice que Sédécias devait être pris au filet de la rétribution divine, et mourir sans avoir trouvé l’aide du Pharaon et de sa grande armée sur laquelle il avait compté au jour de la plus grande détresse. Il était à Babylone le prisonnier de celui dont il avait rompu l’alliance. C’était l’amère récompense qu’il avait reçue de l’Éternel, qui avait plaidé avec lui pour sa transgression, avait tué ses fugitifs, et dispersé de tous côtés ceux qui étaient de reste ; c’était la preuve de la réalité de l’outrage fait à son nom.

Mais le chapitre ne se termine pas sans nous donner une perspective bien différente (22 à 24) Il s’agit ici du Messie dans son royaume, non pas du Messie souffrant sur la terre, qui venait du ciel, mais du roi d’Israël régnant en justice, désigné plus loin comme David, le vrai Bien-Aimé sous le sceptre duquel le peuple tout entier sera réuni de nouveau, pour ne plus jamais être divisé par sa folie, et pour ne plus jamais tomber dans l’idolâtrie ou dans d’autres péchés.

Tout cela n’est pas le mystère du royaume tel que nous le connaissons aujourd’hui, ni le jour de la réjection, mais celui de la puissance, judiciaire sans doute, mais bienfaisante sur terre. Ce n’est pas non plus l’appel des âmes hors du monde pour les amener à un Christ glorifié dans le ciel, mais c’est le pays et toute la terre bénis sous le règne de Celui qui établit pour toujours le sanctuaire au milieu d’Israël.

Sans nier que Zorobabel puisse être une image fugitive du grand Roi et du puissant règne de paix et de bénédiction indiqué ici, je ne puis le considérer que comme une réalisation bien faible d’une promesse si glorieuse. L’interprétation qu’en font les anciens et les modernes me semble injurieuse et bien éloignée de la vérité ; en effet ils détruisent les espérances d’Israël dans les voies de grâce de Dieu et ils abaissent l’Assemblée jusqu’à lui faire usurper les promesses de la bénédiction terrestre et la gloire du peuple juif, au lieu de la maintenir dans la communion des souffrances de Christ, et dans l’attente de la joie et de la gloire céleste dans son amour à sa venue.

Ch. 18

Ce chapitre et le suivant terminent cette partie de la prophétie qui suit la vision de la gloire de Dieu quittant Jérusalem après avoir employé Nebucadnetsar comme instrument providentiel. C’est un jugement moral démontrant la nécessité d’un jugement extérieur par lequel ils apprendraient que celui qui parlait et qui agissait était l’Éternel.

Les v. 1 à 6 méritent d’être soigneusement pesés. Lors de la captivité, Dieu agit envers son peuple qui murmure et Il met fin à ses voies gouvernementales sur la base d’Exode 34. 6 et 7. Depuis ce moment, Il les prend sur leur propre terrain – et comme ils se plaignaient de devoir souffrir si durement pour les fautes de leurs pères, Il allait leur donner ce qu’ils méritaient par eux-mêmes. Il est évident qu’un pécheur doit souffrir pour son péché ; et s’il met en doute qu’il soit juste de payer pour la faute de ses pères, il doit admettre qu’il est bien juste d’être puni pour sa propre faute. Les âmes des pères, comme celles des fils, étaient à Dieu et le pécheur doit mourir. Il n’y avait aucun moyen d’y échapper.

Le premier cas est celui d’un homme juste, tant vis-à-vis de Dieu que de son prochain, qui s’est tenu éloigné de l’impureté et de l’injustice, et a en outre manifesté son amour envers les malheureux, s’est abstenu de l’iniquité et a rendu un jugement juste entre homme et homme, en marchant dans les ordonnances divines ; celui-là vivra certainement (v. 5 à 9).

Mais si son fils est un homme violent, qui verse le sang, devrait-il vivre ? « certainement il mourra, son sang sera sur lui » (v. 10 à 13). Tel est le second cas.

Il y a un troisième cas : un fils qui ne suit pas le mauvais exemple de son père, mais qui voit tous les péchés qu’il a commis et y prend garde, « celui-là ne mourra pas pour l’iniquité de son père, certainement il vivra » (v. 14 à7). Ces différents cas sont brièvement comparés dans les v. 13 à 20. Le père méchant périra ; le fils averti par son exemple, vivra. Il en ressort cette maxime : l’âme qui a péché, celle-là mourra. Le fils ne souffrira pas pour le péché du père, ni le père pour celui du fils, mais chacun récoltera ce qu’il aura semé.

Mais de nouveaux cas se présentent dans les versets suivants : que se passera-t-il si le méchant se détourne de son péché, ou le juste de sa justice ? Chacun portera son propre fardeau, récoltant les fruits bénis de l’Esprit, ou la corruption de la chair (v. 21 à 24).

La bouche d’Israël est fermée. Ses murmures ne sont que sophismes. Le juge de toute la terre n’agirait-il pas justement ? (v. 25 à 29). Ceux qui blâment les voies de l’Éternel en grâce ou en jugement ne se sont jamais vus dans sa lumière. Quelle humiliation pour Israël ou pour nous, que Dieu daigne justifier ses propres voies et nous convaincre de notre propre péché ! (v. 30 à 32).

C’est un appel à la conscience, non pas l’appel de la grâce, dans lequel Dieu promet qu’Il leur donnera un nouveau cœur et qu’Il mettra en eux un nouvel esprit qui produira en eux l’aversion d’eux-mêmes, la vraie repentance, et les rendra propres pour des bénédictions futures (ch. 36). La comparaison des deux chapitres de ce même prophète est des plus instructives, et la mauvaise interprétation que l’on fait fréquemment du premier est aussi opposée à l’évangile. L’esprit ici les accable sous la conviction de leur péché. Le jour est encore à venir où Dieu plantera Israël dans son pays et le bénira de toutes les choses excellentes de la terre.

Ch. 19

Le ch. 19 est une complainte sur les princes ; le chapitre précédent montrait l’état du peuple et de l’âme de chacun, princes et peuple. Dans les v. 1 à 4 nous avons la fin de Joachaz ou Shallum, fils de Josias, fils injuste d’un père juste, qui mourut en Égypte où le Pharaon Neco l’avait emmené prisonnier.

Cela n’alla pas mieux avec les autres ; car Dieu était oublié et les mauvaises voies se terminent mal.

Jehoïakin sentait les chaînes de Nebucadnetsar, comme aussi Sédécias, mais avec plus de souffrances encore et d’ignominie, car sa culpabilité envers l’Éternel était grande. Le prophète ne pouvait donc que se lamenter.

Ce ne fut pas à cause de leur faiblesse que le peuple choisi et ses princes tombèrent ; ce ne fut pas à cause de leur force que l’Égypte ou Babylone eurent le dessus. Israël s’était détourné de l’Éternel vers le péché et il a dû, comme c’est encore le cas aujourd’hui, servir, dans la douleur, les plus méchants des nations. La domination appartient à Shilo, qui reviendra en puissance aussi sûrement qu’Il a été crucifié en faiblesse.

Ch. 20

Cette nouvelle division du livre s’ouvre avec un exposé complet et solennel du péché d’Israël, non seulement comme l’Éternel le voyait à ce moment-là, mais vu à la lumière de ses desseins envers eux dans le passé et dans l’avenir. En fait, nous ne jugeons jamais notre position actuelle d’une manière complète, à moins que nous ne nous soumettions à la pensée et au but de Dieu car, tandis que nous devons bien considérer la condition où II nous a placés au début, Il veut que nous regardions en avant vers le but qu’Il s’est proposé, et qu’ainsi nous sentions mieux si notre état correspond à ces deux choses.

Les anciens d’Israël venaient consulter l’Éternel : n’était-ce pas de la foi ? Ils s’asseyaient devant Ézéchiel. N’était-ce pas de l’humilité qui honore Dieu dans la personne de son serviteur ? Mais celui qui sonde les reins et les cœurs avait vu qu’il n’y avait là aucun exercice de conscience devant Lui ; et pourquoi répondre quand il n’y a que vide et hypocrisie ?

C’était indigne de sa part de tolérer cette légèreté. « Je suis vivant dit-il, si je suis consulté par vous ». Mais en même temps il Lui plaît de justifier ses voies et le prophète reçoit l’ordre de placer devant eux les abominations de leurs pères. Dieu va ainsi à la source du mal, et le peuple doit le juger à sa racine, plus que dans ses effets.

L’Éternel rappelle son serment à Israël, en le répétant (v. 5 à 9) d’une manière impressionnante, jurant par Lui-même puisqu’Il ne pouvait jurer par quelque chose de plus grand, et montrant ainsi plus fortement l’immutabilité de son conseil. C’est expressément d’Israël que l’apôtre déclare que les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir. Pour cette raison même, Il juge et doit juger leurs voies : sinon Il serait forcé de sanctionner ou d’excuser le péché. Et comme Il ne le peut pas, Il agit envers l’infidélité d’Israël, en la rappelant depuis le début. Même alors, en dépit des remontrances adressées à chacun d’eux, leurs abominations et les idoles de l’Égypte appellent sa colère qui est déchaînée contre eux tous dans ce pays. Mais la grâce prévaut sur le jugement, et Il a soin de son propre nom devant les païens.

Israël ne se montra pas meilleur hors d’Égypte que lorsqu’il y habitait ; son péché devint même plus évident et moins excusable, car dans les solitudes du désert il était avec l’Éternel ; mais il courut après de faux dieux, il possédait ses statuts et ses ordonnances, mais ne les observa pas et les méprisa ; il avait des sabbats comme signe entre l’Éternel et lui, et les profana. L’Éternel fut ainsi de nouveau provoqué à le détruire dans le désert, comme il l’avait été en Égypte ; mais son nom contre lequel Israël avait péché avec tant d’orgueil, était sa protection et sa défense (v. 10 à 16).

L’Éternel était ému de compassion, mais il faut qu’Il affirme son autorité, la justice de ses jugements et la valeur particulière de ses sabbats, entre Lui et eux.

Plusieurs ont trouvé une difficulté dans le v. 25 de notre chapitre, tant les commentateurs que les lecteurs. Mais la solution se trouve dans le simple principe que Dieu, dans son gouvernement, châtie en rétribution son peuple coupable, et appelle les verges, ses propres verges, même quand ces instruments sont totalement étrangers à son esprit et à son cœur. Cela est vrai même du Saint de Dieu, de Christ Lui-même qui, rejeté par les hommes et soumis aux souffrances par eux, est dit avoir été frappé de Dieu (Ps. 69 ; Zach. 13).

C’est une grande et sérieuse erreur de penser que les statuts qui n’étaient pas bons et les ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre, signifiaient ceux de Dieu dans lesquels ils étaient tenus de marcher dans l’obéissance. Cela rendrait l’Écriture absolument obscure, et ferait de Dieu l’auteur du mal. Ceux qui interprètent ainsi l’expression « des statuts qui n’étaient pas bons », montrent leur incompréhension de la question.

La vraie explication se trouve dans l’amère servitude de son peuple aux règles corrompues et destructives des païens, dans la démoralisation de leur vie et les dons horribles qu’ils faisaient de leurs premiers-nés à Moloch. Le v. 26 ne laisse dans mon esprit aucun doute quant à la force réelle du v. 25. Leur idolâtrie était déjà coupable en Égypte et dans le désert, mais elle l’était davantage encore en Canaan, et plus insultante pour Dieu. Les faux cultes se perpétuent eux-mêmes, mais la vérité ne subsiste que par la grâce (v. 29).

Dans les versets suivants, nous voyons que Dieu place sur leurs consciences leur péché continuel et haineux par lequel ils déshonoraient l’Éternel ; c’est pour cette raison qu’Il ne pouvait être consulté par eux par l’intermédiaire d’un prophète : tels pères, tels fils. Mais Dieu prendrait soin qu’ils ne puissent pousser jusqu’au bout l’iniquité apostate de leur cœur. Ils ne seraient pas, après tout, pareils aux païens, ils ne réussiraient pas, en rejetant le joug de l’Éternel pour servir le bois et la pierre. Ils en avaient toute la culpabilité dans leurs esprits, mais Dieu n’oubliait pas son propre honneur, et ils paieraient la pénalité. « Je suis vivant, dit le Seigneur, l’Éternel, si je ne règne sur vous avec une main forte et un bras étendu » (v. 33). Est-ce seulement en jugement ? Sans doute, mais en vue de purifier Israël.

Il veut avoir son peuple séparé des Gentils, quelle que puisse être la marche des évènements. Le résultat sera que l’Éternel seul sera exalté, et cela quand les hommes l’attendront le moins. Aussi sûrement que l’été suit l’hiver sur la terre, la lumière succédera aux ténèbres du jour de l’homme. Les peuples anciens sont gardés par Dieu pour cela, malgré eux et malgré l’ennemi. Car, si Satan règne maintenant, Dieu est au-dessus de lui et régnera publiquement comme Il le fait actuellement dans sa providence cachée.

Mais c’est dans le v. 35 que nous trouvons une allusion importante à cette nouvelle parole de l’Éternel. Il n’est pas question ici du temps ou de Jérusalem, ou de la dernière branche régnante d’où est sorti le feu qui a dévoré son fruit, de sorte qu’il n’y ait plus de sceptre pour régner jusqu’à ce que Shilo vienne. Ici c’est le peuple dans son entier, Israël, et cette allusion à leur avenir spécial est du plus haut intérêt. C’est avec eux et non avec le résidu dans le pays et dans la ville que Dieu répétera l’histoire du peuple élu.

Après les avoir rassemblés d’entre les peuples et hors des pays où ils sont encore dispersés, et cela non pas par des moyens paisibles, moraux ou évangéliques, mais avec une main forte et un bras étendu et avec effusion de fureur, Il les introduira dans le désert des peuples et entrera en jugement avec eux face à face, comme Il le fit jadis avec leurs pères dans le désert du pays d’Égypte.

Là Il les fera passer sous la verge, comme le berger le fait avec ses brebis, et Il les introduira dans le lien de l’alliance. C’est la grâce souveraine, mais régnant par la justice, alors les rebelles seront séparés de l’Israël de Dieu et ceux qui se sont révoltés contre l’Éternel (car les Israélites ne sont pas confondus avec les pécheurs d’entre les Gentils) ne seront plus avec son peuple. Il les fera sortir du pays où ils séjournent, mais aucun d’eux n’entrera dans la terre d’Israël. Quel contraste frappant avec la destinée du résidu de Judée qui devra souffrir dans le pays pour ses propres péchés. C’est là qu’il refusa le Christ de Dieu venu au nom du Père; c’est là qu’il recevra l’antichrist venant en son propre nom (comp. Zach. 11. 16 et 17 ; 13. 8 et 9) également Dan. 12. 1 pour le résidu et v. 2 pour l’ensemble du peuple parmi les Gentils – c’est du moins ce que je comprends dans ces versets.

Il était donc inutile pour les Israélites tels qu’ils étaient de penser que leur culte était acceptable pour Dieu. S’ils ne voulaient pas écouter l’Éternel, il valait mieux rester ouvertement dans le mal, que de garder une apparence offensante pour Lui : les dons reçus des hommes dans cet état d’idolâtrie ne faisaient que profaner son nom.

Mais son dessein demeure : « Car en ma montagne sainte, en la haute montagne d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel, là me servira la maison d’Israël tout entière, dans le pays ; là je prendrai plaisir en eux, et là je demanderai vos offrandes élevées et les prémices de vos offrandes, dans toutes vos choses saintes » (v. 40). Qui pourrait prétendre que cette promesse a été accomplie ou même qu’elle a reçu un commencement d’accomplissement ? Le peuple et le pays d’Israël seront alors saints, dans toute la force du terme. Alors, mais pas avant, l’Éternel sera sanctifié en Israël aux yeux des nations. L’Évangile qui a été annoncé depuis la mort et la résurrection de Christ est en contraste avec cela ; car là, tous ensemble sont considérés comme pécheurs et sont perdus, et ceux qui croient, non seulement trouvent une grâce qui ne fait aucune distinction, mais deviennent un nouvel homme dans lequel il n’y a ni Juif ni Gentil.

Dans ce jour le prophète parle, la distinction réapparaîtra, et Israël délivré de toutes ses idoles et de ses hauts lieux, adorera l’Éternel son Dieu sur la montagne de sa sainteté, sur la haute montagne d’Israël. Il sera alors accepté et connaîtra l’Éternel ; les promesses faites aux pères seront accomplies, non seulement en nous qui croyons et qui irons au ciel à la venue de Christ, mais dans les enfants d’Israël sur la terre, qui alors se repentiront, et cela à cause de sa grâce qui agit librement et domine au-dessus du péché des créatures à cause de son nom ; s’il n’en était pas ainsi, être un pécheur serait être perdu sans remède et sans espoir.

Ch. 21

Les cinq premiers versets nous montrent la conquête de la Judée sous l’image d’une forêt en feu. Le prophète doit tourner sa face vers le Sud et prophétiser contre le Midi et cela est répété avec emphase. Le jugement est exercé contre tous, forts ou faibles et d’une manière complète qui montre que c’est la main de l’Éternel. La parole était certes assez claire, mais l’homme comprend difficilement ce qu’il n’aime pas entendre.

Ce qui suit (v. 6 à 12) est encore plus complet. Il ne parle plus avec des images, mais emploie le langage ordinaire. Le carnage est général, non en vengeance mais en châtiment. Ce n’est plus une conflagration, mais l’épée. La sentence irrévocable s’exécute contre la Judée. Tous devaient y prendre garde.

Ce n’était pas de l’affectation de la part d’Ézéchiel, Dieu entendait que cela fût senti profondément, par le prophète en premier lieu, afin que les autres en aient de la crainte. La certitude du jugement, jugement national seulement, devait remplir d’angoisse le cœur du prophète.

Dans les v. 13 à 22, il parle d’eux comme des grands, non plus au figuré comme d’arbres secs ou verts. L’Éternel frappera ses mains l’une contre l’autre et satisfera sa fureur ». Puis avec une image particulièrement énergique du Chaldéen et de ses augures, nous avons une nouvelle description de ce qui avait attiré la colère de l’Éternel contre Jérusalem.

Le roi de Jérusalem était encore plus perfide envers l’Éternel que le roi idolâtre de Babylone il n’avait pas respecté son serment. Aussi Sédécias est-il appelé un profane, méchant prince d’Israël dont le jour est venu au terme de l’iniquité de la fin. Le Seigneur viendra et régnera, mais jusque-là il n’y aura que la ruine. À Lui appartient le juste jugement.

Le chapitre se clôt avec une prophétie relative aux fils d’Ammon. Jérusalem était le premier objet de la vengeance destructive, mais les fils d’Ammon ne devaient pas échapper et devaient tomber à leur tour. Le rejet du gouvernement de Dieu par le moyen de la Loi aboutissait à la destruction complète d’Israël ; mais la grâce interviendra et Dieu restaurera en miséricorde ce qui, aussi longtemps que les promesses étaient conditionnelles, était perdu sans retour, car le peuple avait violé toutes les conditions sans en remplir aucune. Il devait être emmené en captivité et le royaume ruiné jusqu’à la venue du Messie, mais les fils d’Ammon devaient être jugés dans leur propre pays.

Ch. 22

Ce chapitre est une accusation foudroyante contre Jérusalem pour la violence et la corruption et plus spécialement l’idolâtrie qui étaient au milieu d’elle. L’Éternel fait honte à cette ville et en fait un objet de raillerie pour tous les hommes, près ou loin (v. 1 à 5). Même les dignitaires de la loi, ceux qui gouvernaient, donnaient l’exemple de l’iniquité sous toutes ses formes et à tous les degrés. Qui pourrait s’étonner que le nom de Dieu fût blasphémé parmi les Gentils, quand les Juifs violaient, aussi bien vis-à-vis de Dieu que vis-à-vis des hommes, tous les commandements de la Loi qui pouvaient les gêner ?

Cela est détaillé en termes humiliants dans les v. 7 à 12, et cela se termine par ce qui était aussi bien la cause que la conséquence de toutes leurs autres iniquités : les Juifs avaient oublié l’Éternel. Les v. 13 à 16 nous donnent l’expression de l’indignation divine. Si les Juifs semblaient forts moralement et physiquement, où serait leur force au jour des voies de Dieu ? Aussi vrai que sa parole demeurerait, ils seraient dispersés par les pays, afin que là, sinon à Jérusalem, un terme fut mis à leur impureté, et qu’ils deviennent conscients, en la confessant à d’autres, de leur souillure intérieure, et qu’ils connaissent l’Éternel comme ils ne L’avaient jamais connu auparavant.

Dans la suite du chapitre, nous trouvons une accusation encore plus terrible s’il est possible. Si le chapitre précédent était la prophétie de l’épée, celui-ci est celui de la fournaise. Quelle que puisse être l’horreur sanglante de l’épée, le feu de l’indignation divine ne peut que présager des choses pires pour ce monde ; et la prophétie naturellement ne va pas au-delà. Mais c’était l’action de l’Éternel à cause des péchés de Jérusalem et non pas celle des Gentils à cause de leur puissance.

Les derniers versets, abandonnant les images, s’expriment dans les termes les plus clairs. Coupable et livrée au jugement, Jérusalem ressemble à un pays non cultivé par l’homme et privé des ressources naturelles de Dieu, un vrai désert moralement. Les prophètes qui conspiraient au milieu d’elle étaient comme des lions rugissant et déchirant la proie ; les sacrificateurs non seulement faisaient violence à la Loi, mais profanaient le sanctuaire, les princes n’étaient que des loups rapaces et altérés de sang en vue d’un gain déshonnête. Partout le mal, en haut et en bas ! Les prophètes se réclamaient de la parole de l’Éternel pour couvrir leurs mensonges, tandis que le peuple du pays, n’étant pas protégé contre le mal, dans son abaissement, se livrait à toute sorte de violence et de rapine. L’Éternel ne trouvait pas un homme pour bâtir la muraille ou pour se tenir à la brèche devant Lui; hélas ! il n’en existait aucun !

Ch. 23

Le prophète continue à montrer le péché d’Israël et particulièrement celui de Jérusalem. La sainte cité est comparée ici à Samarie, comme deux sœurs d’une même mère : le peuple juif ; sœurs aussi dans leur idolâtrie. Il fait remonter le mal jusqu’à sa première apparition. Les idoles qui les avaient trompées en Égypte les firent tomber finalement aux mains des Assyriens et de Babylone. Elles avaient manifesté leur idolâtrie en Égypte, et dans leur chemin elles avaient persévéré dans les péchés de leur jeunesse.

Leurs noms symboliques Ohola, l’aînée et Oholiba sa sœur signifient : sa tente et ma tente en elle. Le lecteur ne manquera pas d’observer combien ces noms symboliques sont appropriés. Le culte de Samarie était réellement l’indépendance de l’Éternel. Mais à Jérusalem, le service divin avait été ordonné de l’Éternel, comme le sien propre ; néanmoins toutes deux lui appartenaient. « Elles étaient à moi, et elles enfantèrent des fils et des filles ». L’usurpation de Jéroboam ne détruisit pas le titre de Jéhovah, elle fut la cause du ministère spécial d’Élie et d’Élisée, et d’autres encore envoyés par la grâce de Dieu, dans le but de les avertir si faire se pouvait.

L’aînée, Ohola ou Samarie, montra vite que le mal ancien était toujours là (v. 5 à 8). L’adoration des veaux attira finalement le jugement exécuté par ceux mêmes qui en dernier lieu l’avaient séduite et détournée de l’Éternel, et l’Assyrien l’exécuta sur Samarie (v. 9 et 10).

Jérusalem avait-elle été mise en garde ? La vue d’Ohola avait-elle eu une bonne influence sur Oholiba ? Au contraire : elle se corrompît plus qu’elle. La plus jeune, la plus favorisée des deux sœurs suivit l’aînée, et descendit encore plus bas dans son idolâtrie, elle se passionna même pour les fils de l’Assyrie. « Et je vis qu’elle s’était rendue impure : elles suivaient toutes deux la même voie » (v. 13). Puis, non satisfaite, elle se passionna pour les Chaldéens et leur culte idolâtre. Les fils de Babylone la souillèrent, mais son âme se détacha d’eux.

Il en est toujours ainsi là où ne se trouvent pas la faveur et la volonté de Dieu, l’alliance avec le mal est promptement suivie de dégoût mutuel. Mais hélas il y a encore pire. « Mon âme, dit l’Éternel, se détacha d’elle, comme mon âme s’était détachée de sa sœur ». Il livra Jérusalem à un esprit réprouvé (v. 19 et 20). À partir du v. 22, le Seigneur, l’Éternel, menace Jérusalem. Ceux-là même avec lesquels elle commettait le péché seraient ceux qui la châtieraient, ils le feraient arec furie, sans miséricorde, et en la chargeant d’ignominie. Le peuple idolâtre perdrait, suivant le symbole, son nez et ses oreilles, et ses fils et ses filles lui seraient enlevés ; le feu et l’épée accompliraient l’œuvre de destruction. Jérusalem serait dépouillée de ses vêtements et de ses bijoux ; sa méchanceté devait prendre fin et elle ne se souviendrait plus de l’Égypte. Juda ne devait pas moins souffrir que les dix tribus rebelles.

Depuis le v. 32, le prophète reprend la coupe mentionnée au v. 31 et applique cette figure aux voies judiciaires de l’Éternel envers Jérusalem. Le jugement de Juda, la plus favorisée, dépasserait celui de Samarie, car en vérité sa culpabilité était plus grande

Ensuite, depuis le v. 36 à la fin, nous trouvons une comparaison qui termine l’histoire des deux sœurs. Toutes deux étaient adultères, toutes deux chargées de sang. Elles avaient poussé leur idolâtrie jusqu’à brûler leurs enfants à Moloch, souillant le sanctuaire de l’Éternel et profanant ses sabbats.

« Voici, elles ont fait ainsi au milieu de ma maison » (v. 39). Elles n’avaient négligé aucun moyen pour induire en péché ceux du dehors, pour le déshonneur de l’Éternel, employant pour eux, d’une manière inique, l’encens et l’huile de l’Éternel. Et comme Jérusalem avait recherché des étrangers venus de loin, elle avait été jusqu’à courtiser de vulgaires buveurs du désert. Ces deux femmes Ohola et Oholiba étaient radicalement corrompues. Ce n’est pas Dieu seulement, mais des hommes justes qui les jugeraient du jugement des adultères et du jugement de ceux qui versent le sang (v. 45).

Leur jugement ne tarderait pas. La femme adultère devait être lapidée jusqu’à la mort. « Vous porterez les péchés de vos idoles et vous saurez que je suis l’Éternel » (v. 46 à 49).

Ch. 24

Ce nouveau message de l’Éternel offre cette particularité, que le prophète note expressément le jour précis où commence l’accomplissement de la prédiction. Comme plus haut, il comptait le temps depuis la captivité de Jéhoïakin. Il y avait là en action une puissance supérieure, pour faire connaître que le siège de Jérusalem commençait ce jour-là.

La marmite remplie de morceaux de viande et d’os choisis, bien bouillis (v. 1 à 8) est l’image terrible que l’Éternel explique plus loin, en allusion à la sécurité dans Jérusalem dont les Juifs se vantaient volontiers (ch. 11). Si la chair ne se confie jamais en Dieu pour la vie éternelle ou pour la rémission complète des péchés, la religion de forme compte trop sur le fait que Dieu ne peut révoquer ses promesses, elle ne tient pas compte le moins du monde de sa volonté ou de sa gloire et déshonore son nom et sa parole.

Mais les hommes trompent leurs âmes, comme les Juifs le faisaient ici, eux sur lesquels sans distinction le jugement allait tomber. « Qu’on ne jette pas le sort sur elle ». Aucun ne pouvait échapper à la punition. Si le péché de Jérusalem, même le péché de sang (d’autant plus grand chez Israël qu’ils savaient combien Dieu maintenait le caractère sacré de la vie dans l’homme, son image – vérité rapidement oubliée par les Gentils) était profondément enraciné et commis effrontément, sans souci de le cacher – l’Éternel devait agir dans la rétribution.

Dans les v. 9 à 14, nous voyons que Jérusalem serait prise et détruite, et non pas superficiellement. La description continue l’allégorie précédente. Maintenant, l’Éternel fait savoir que non seulement les os seront brûlés, mais la ville elle-même, sous l’image de la marmite placée vide sur les charbons, de façon que son airain devienne brillant et que sa souillure soit consumée au-dedans d’elle. La discipline n’avait pas été exercée depuis longtemps, le gouvernement conforme à ses lois avait été méprisé. Les plus cruels des soldats de la terre allaient venir et exécuter le décret divin.

Dieu annonce ensuite au prophète qu’Il va le frapper dans ses affections intimes pour que, s’il était possible, les captifs du Kebar soient forcés de sentir comme il était solennel d’avoir renié le vrai Dieu, ce qui avait amené le jugement sur les Juifs. Cette affliction soudaine qui frappe Ézéchiel sans qu’il doive manifester aucun signe de deuil, ne passe pas inaperçue. Ils lui en demandent la signification. Cet acte leur est expliqué et le peuple est informé que Dieu voulait leur apprendre que leurs circonstances ne laisseraient point de place aux pleurs ou à un deuil ordinaire.

La destruction était commencée. L’Éternel profanait Lui-même son sanctuaire par le jugement, comme eux l’avaient fait par leurs transgressions et leurs abominations, et il ne leur restait qu’à persévérer dans leurs iniquités en se lamentant. Quel tableau de désespoir lorsque le chagrin est trop profond pour que les larmes puissent couler, et que le sentiment de la culpabilité oblige les hommes à abandonner toute espérance.

Il n’est pas juste de dire que les écrivains sacrés ont introduit leurs propres noms dans leurs prophéties. Si l’on croit réellement qu’ils étaient inspirés dans le plein sens du mot, c’est Dieu qui les conduisait et les autorisait à le faire comme le prophète le fait ici. « Ézéchiel sera pour vous un signe : selon tout ce qu’il a fait, vous ferez. Quand cela arrivera, vous saurez que je suis le Seigneur, l’Éternel ».

Ch. 25

Nous avons maintenant un message de l’Éternel qui, tout en étant lié à la prophétie précédente contre Israël et surtout contre Jérusalem, forme une transition naturelle jusqu’aux nations étrangères qui, les unes après les autres, tombent sous le même jugement divin (ch. 24 à 32). Ammon et Moab avaient une origine malheureuse et humiliante qui leur donnait une sorte de parenté bâtarde avec Israël ; Édom, plus noble d’après la chair, n’en était spirituellement pas plus rapproché ; il en était même l’ennemi le plus acharné ; et les Philistins, sans aucune relation avec Israël, avaient ce sort particulier de vivre sur les frontières sud-ouest du pays, bien qu’ils aient été des Gentils et les plus cruels des oppresseurs, jusqu’à leur sujétion par David. Contre tous ceux-là le prophète a une parole de la part de l’Éternel.

La question qui peut se poser est de savoir qui sont ces fils de l’Orient, que certains Juifs et chrétiens, pensent être les Chaldéens. Je pense, avec d’autres, qu’il est plus juste de les considérer comme étant les Ismaélites qui devaient, lors du grand bouleversement amené par Nebucadnetsar, établir là leurs parcs et y placer leurs demeures, en un mot, passer leur vie nomade dans le pays de ceux qui avaient triomphé en voyant la profanation du sanctuaire de l’Éternel, la désolation du pays d’Israël et la captivité de Juda. C’était un coup plus sensible de devenir la possession des Bédouins nomades, que de tomber simplement sous la puissance des Babyloniens. Les fils d’Ammon ont été détruits d’une manière irréparable pour l’homme.

Mais ils ne sont pas seuls. Moab n’était pas moins hostile. Leurs forteresses de montagne, leurs orgueilleuses fortifications devaient être sans valeur quand viendrait le jour de Dieu, et il allait venir bientôt. Comme il est vrai que Dieu résiste aux orgueilleux ! Nous avons vu l’orgueil de Moab, que Dieu ressentait comme une injure, parce qu’il avait osé dire : « la maison de Juda est comme toutes les nations » (v. 8 à 11). Mais elle ne l’était pas, ni dans ses privilèges, ni dans son châtiment, mais seulement hélas ! dans ses péchés. Ce n’était pas cela que Moab n’aimait pas, mais bien la miséricorde que Dieu leur avait témoignée, et leur appel pour être à la tête des nations comme témoins de l’Éternel ; c’est pour cela qu’Il exécute ses jugements sur Moab afin qu’ils Le connaissent. C’est le Dieu d’Israël qui gouverne les nations.

Séhir était avec Moab ; mais la haine implacable d’Édom doit avoir une place distincte (v. 12 à 14). Édom n’aurait-il pas dû être attristé à cause de son frère ?

Au contraire, il prit motif de sa ruine par les Gentils pour se venger de ses vieux griefs. Mais on ne se moquait pas plus de Dieu alors que maintenant et dans ce cas particulier, Il exécutera sa vengeance sur Édom par la main de son peuple. « Et ils agiront en Édom selon ma colère et selon ma fureur ; et ils connaîtront ma vengeance (non pas simplement, que je suis l’Éternel) dit le Seigneur, l’Éternel ».

Des étrangers étaient venus de Crète s’établir dans le pays des Philistins pour opprimer Israël ; ils avaient pu se lever pour venger leurs anciens, ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire au jour de leur grandeur ; Dieu ne l’avait pas oublié (v. 15 à 17). La menace de jugements divins est ici particulièrement forte. C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant, lorsqu’Il venge son peuple de ses ennemis hautains.

Ch. 26

Une autre ville de l’Occident qui avait attiré la colère et le jugement de l’Éternel y a une importance exceptionnelle, c’est la cité renommée de Tyr. C’est une leçon d’autant plus sérieuse que Tyr ne semble pas avoir été animée d’une hostilité réelle contre Israël. C’était plutôt de l’avidité commerciale, qui voyait dans les désastres du peuple élu une occasion de trouver un profit.

Cela avait provoqué un antagonisme contre Israël que l’Éternel avait ressenti. Le fait que Dieu châtie son peuple n’excuse pas la convoitise égoïste qui aurait voulu profiter de ses difficultés et de sa chute. Le prophète l’indique ici (v. 1 à 6). Tyr avait dit que Jérusalem était brisée « je serai remplie ; elle a été rendue déserte ». L’Éternel lui répond : « J’en veux à toi Tyr ! et je ferai monter contre toi des nations nombreuses ». Le malheur est prononcé, sa poussière même sera balayée, elle sera comme un lieu, au milieu de la mer, pour étendre les filets, et ses filles (ses colonies, je suppose) dans la campagne, tomberont par l’épée. Ainsi elle connaîtra qu’Il est l’Éternel.

La grande puissance de l’empire du monde mettra fin à ces villes, investira ce marché des nations avec tous les engins nécessaires à un siège, démolira ses murailles et ses tours avec ses pointes de fer et ses machines ; les Tyriens seront massacrés et les richesses et les marchandises de la ville seront sa proie. Il est possible que le « ils » du v. 12 aille plus loin que Nebucadnetsar et comprenne Alexandre-le-Grand, dont la vengeance fut encore plus complète, et qui renversa dans les eaux de la mer ses pierres et son bois et jusqu’à sa poussière. Après cela il ne pouvait plus y avoir de renaissance.

L’effet moral en fut immense parmi les nations. C’est ce que décrivent les v. 15 à 18. Les puissances commerciales devaient éprouver tout particulièrement la ruine complète d’une ville aussi renommée et puissante sur les mers. Aussi nous est-il dit que les îles tremblèrent au bruit de sa chute. Car beaucoup des riches s’enfuirent, et les autres restèrent pour être détruits.

La destruction de Tyr devait être complète (v. 19 à 21). Quelle que fût l’importance de sa position (il semblait que sa prospérité précédente dût inviter à reconstruire un centre commercial semblable) tout espoir de relèvement serait vain de la part de l’homme, car le Seigneur dit : « Je ferai de toi une terreur, et tu ne seras plus ; et on te cherchera et on ne te trouvera plus à jamais, dit le Seigneur, l’Éternel ». Ainsi devait périr la splendeur d’une cité dont la renommée s’étendait au loin parmi les nations et qui amassait les richesses et les répandait sur les mers et les terres des Gentils. Tel devait être le sort misérable de ceux qui veulent, par pur esprit de lucre, se mêler des affaires d’Israël, même dans sa désolation.

Ch. 27

Ce chapitre nous offre un tableau vivant du commerce de Tyr. Il commence par une complainte et continue par une allégorie, s’adressant à Tyr personnellement. Sa position est exposée en peu de mots, comme aussi son contentement de soi-même. Depuis le v. 4, l’allégorie compare Tyr à un vaisseau, et cela est frappant quand on pense au caractère particulier de cette ville. Les v. 8 à 11 nous montrent l’équipage, les pilotes, les marchands, les matelots, les soldats. Ses voisins sont supposés être les marins et les pilotes avec des mercenaires, de Perse à l’orient, de Lud et de Puth à l’occident. Tyr les mettait tous à contribution et aimait à rassembler les plus éloignés sous sa bannière.

Avec le v. 12, nous entrons dans son commerce avec l’étranger, commençant à Tarsis même, et finissant au v. 25 avec les navires de ce pays. Dans ces temps reculés, Tarsis semble avoir donné son nom aux vaisseaux qui naviguaient partout, ou au moins qui accomplissaient des voyages au long cours (v. 12). Puis au v. 13 vient une autre catégorie de marchandises ; et de l’ouest nous passons à l’extrême orient, et au v. 14 à l’Arménie du Nord, puis au Sud avec Dedan, enfin à la Syrie qui fournissait ses marchés d’escarboucles, de pourpre, de broderie, de fin lin, de corail et de rubis.

Tyr avait aussi des relations avec Juda et le pays d’Israël (v. 17) et il semble que Damas lui donnait en échange de ses marchandises du vin d’Alep (Helbon) et de la laine blanche.

L’Arabie et tous les princes de Kélaz la fournissaient d’agneaux, de béliers et de boucs, et les marchands de Sheba et de Rhama, d’aromates excellents, de pierres précieuses et d’or. Puis viennent les négociants de toute la Mésopotamie, et les vaisseaux de Tarsis, qui étaient les grands moyens de transport de l’ancien monde.

Mais aucune richesse, aucune gloire, fussent-elles au cœur des mers, ne pouvait résister à la parole de l’Éternel ; le jour de Tyr était venu. Au v. 26 commence la description que le prophète fait de la ruine de Tyr. Nous retrouvons là l’allégorie du début. Tyr est un vaisseau qui est amené dans de grandes eaux et Nebucadnetsar est le vent d’Orient qui la brise.

Tyr s’était élevé lentement jusqu’à l’apogée de son commerce, mais en peu de temps elle tomba en ruines sous les coups de Nebucadnetsar, puis sous ceux d’Alexandre le Grand d’une manière irrémédiable. « Tu ne seras plus à jamais » (v. 28 à 36). Le deuil universel que cette ruine a amené rappelle celui dont nous lisons la description dans l’Apocalypse, au sujet d’une autre ville bien plus corrompue, car elle est la corruption de ce qui était incomparablement plus excellent dans les temps du Nouveau Testament, et dont le jugement est encore suspendu mais viendra sûrement, car puissant est le Seigneur Dieu qui la juge.

Ch. 28

Ce chapitre, le troisième de cette série, termine la description du péché de Tyr, et ajoute une courte accusation contre Sidon, la cité mère, généralement inférieure à sa fille en puissance et en splendeur, et éloignée d’elle de moins de quarante kilomètres.

Chacune a son caractère distinct : la première, les plaisirs éphémères d’une grande ville commerçante au moment de la chute de Jérusalem, la seconde, son immense trafic réduit subitement à rien au milieu de la consternation générale des hommes ; alors le prince de Tyr est décrit avec la chute irrémédiable de son orgueil.

Il semble que le prince régnant à l’époque de la prophétie fût Ithobalus, selon l’historien Josèphe, ou Ithbal 2, suivant les annales phéniciennes ; il est probable que c’est lui qui a donné occasion à ce portrait sévère mais magnifique. C’est le type du prince du monde à ce moment-là, et plusieurs des expressions employées ici semblent empruntées pour la prédiction concernant l’antéchrist ou l’homme de péché à venir.

Le prince est la personnification de l’orgueil et de la richesse de Tyr dans son ensemble. L’on ne saurait trouver caractère d’orgueil plus méprisable, plus aveuglant, plus corrompu. Il vit dans l’égoïsme et l’exalte dans sa forme la plus grossière. Il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament stigmatise la convoitise comme idolâtrie et appelle l’amour de l’argent la racine de tout mal. Le pire orgueil caractérise ce prince. Il dit : « Je suis Dieu, je suis assis sur le siège d’un dieu, au cœur des mers », et voici, il était un homme et non pas Dieu, et il doit abandonner cette prétention, quoique dans son impiété il élève son cœur comme un cœur de dieu.

Ceux qui ont amassé des richesses se donnent volontiers comme sages, et c’est le cas de ce prince : il était plus sage que Daniel, et rien de caché n’était obscur pour lui ! Hélas ! quelle folie et quelle pauvreté. Était-il riche quant à Dieu ? Il avait pu amasser des richesses, l’or et l’argent remplissaient son trésor ; c’était là le but de sa sagesse, c’était là son triomphe, car c’était son propre travail. Toutes ses pensées convergeaient vers lui-même, et non pas vers Dieu.

Était-ce donc la proximité d’Israël qui avait amené le prince de Tyr à pervertir tout ce qu’il connaissait ? Dieu lui apprendrait que sa responsabilité se mesurait à ce qui aurait dû lui être à profit, non pas à son orgueil, et que sa ruine n’en serait que plus sévère, plus sûre et plus rapide. S’il aspirait à être Dieu, il sentirait ce que c’est que d’être un homme faible lorsque l’épée des étrangers, des terribles entre les nations, profaneraient sa splendeur, et qu’il mourrait de la mort de ceux qui sont tués au cœur des mers ; et il aurait ainsi la preuve que ces mers n’étaient pas un refuge imprenable, mais seraient pour lui un tombeau d’infamie. Il mourrait de la mort des incirconcis, des hommes les plus éloignés de Dieu.

On peut se demander si le personnage décrit aux v. 11 à 19 est le même, ou un autre. Je suis enclin à croire que c’est le même historiquement, mais avec une allusion plus directe à la chute de Satan : cela expliquerait pourquoi l’Esprit de Dieu a changé « princes » en « rois ». Le tableau est ici beaucoup plus détaillé, tout en ayant des points de contact avec le premier. On trouve en lui la beauté de la créature ; toutes les qualités les plus excellentes données, sinon acquises, intérieurement aussi bien qu’extérieurement ; la position la plus haute et la plus délicieuse dans la nature ; les lumières variées de Celui qui est lumière, quoique naturellement pas dans leur plénitude de grâce et de gloire ; une expression de joie et de satisfaction. Il y avait en lui l’intelligence en action judiciaire et en protection de par l’ordre de Dieu. Tout cela dans la sphère même où Dieu déployait son autorité. Il connaissait les jugements de Dieu. En outre il n’a pas glissé graduellement vers le mal et n’a pas cédé à une tentation du dehors, « tu fus parfait dans tes voies depuis le jour où tu fus créé, jusqu’à ce que l’iniquité s’est trouvée en toi » (v. 15).

Puis nous retournons à ce que nous avons vu dans la description qui précède (v. 16 à 19). Peut-on douter que, dans cette accusation, Dieu n’ait pas en vue la chute et la ruine de son ennemi ? Les âmes mal établies dans la vérité, sont souvent exposées à traiter la Parole de Dieu de folie, parce qu’elles ne voient pas ces allusions au passé et au futur, et surtout parce qu’elles ne voient pas Christ dans les prophéties. Elles parlent d’exagérations orientales, là où ceux qui connaissent la vérité trouvent les motifs les plus sérieux de reconnaissance pour la grâce de Dieu qui a réuni ses révélations en un tout harmonieux.

La fin du chapitre est la prophétie contre Sidon (v. 20 à 24). Dieu est maintenant connu par sa grâce dans le Christ Jésus notre Seigneur. Avant l’évangile, Il l’était par ses jugements, il en sera de nouveau de même lorsque l’année favorable de l’Éternel s’ouvrira par le jour de la vengeance de notre Dieu. Que la différence entre le sort de Sidon et celui d’Israël est solennelle ! Les Sidoniens sauront qu’Il est l’Éternel par les jugements au moyen desquels Il sera sanctifié au milieu de leur ville ; Israël saura qu’Il est l’Éternel leur Dieu, lorsqu’Il les aura rassemblés d’entre les peuples, ils seront encore dispersés et Il sera sanctifié en eux aux yeux des nations (v. 25 et 26).

Ch. 29

Les quatre chapitres (29 à 32) que nous allons étudier contiennent la prophétie contre l’Égypte, tandis que les trois précédents traitaient de Tyr et de son prince et roi. Le mal dénoncé ici n’est plus l’orgueil de la richesse, mais la confiance en soi-même, spécialement en ce qui concerne la sagesse politique. Nous verrons comment Dieu réduit à rien la puissance qui est ainsi caractérisée et qui s’était élevée contre Lui dans un esprit d’indépendance hautaine, car nous avons ici le jugement des nations, y compris Israël, avant que Babylone n’eut acquis la suprématie impériale.

Dieu devait agir comme nous le lisons dans les v. 1 à 5 vis-à-vis de la confiance que l’Égypte avait en elle-même ; son roi est comparé ici au monstre des eaux couché au milieu des nombreuses branches du Nil. Quand son heure viendrait, la destruction ne tomberait pas seulement sur lui, mais aussi sur tous les poissons qui s’attacheraient à lui pour qu’il les protège. Il serait donné en pâture aux bêtes de la terre et aux oiseaux des cieux.

Le peuple élu avait cherché du secours en Égypte avant ce moment-là : et quel en avait été le résultat ? L’alliance d’Israël avec une nation qui ouvertement se confiait en elle-même et non en Dieu, avait été en sérieux dommage à Israël quand l’Égypte avait été brisée (v. 6 et 7).

Les v. 8 à 12 nous apprennent que l’Égypte serait frappée dans ce qui était son plus grand orgueil, dans son fleuve. Ce grenier du monde, ce jardin de la terre, allait devenir pendant quarante ans un désert, et les Égyptiens seraient exilés : tel serait le châtiment que lui infligerait Nebucadnetsar.

Mais comme on reconnaît là la parole et la main de Dieu ! C’était une sentence mesurée, le malheur devait arriver sûrement, et il prendrait fin, non moins sûrement, selon sa parole (v. 13 à 16). Quelle chose merveilleuse, et comme elle a été accomplie à la lettre ! Aucune intelligence humaine n’aurait pu la prévoir. C’était le contraire de ce qui s’était passé jusqu’alors, et aucune autre nation n’avait eu une destinée semblable.

Plus nous méditons la Parole, plus nous connaissons la véritable histoire de l’homme ; nous n’apprenons pas la prophétie par l’histoire, mais l’histoire par la prophétie, car Dieu seul voit et parle sans erreur et sans variation, et notre sagesse consiste à apprendre de Lui dans le respect de sa parole : laissons les hommes qui préfèrent voir de leurs yeux ou écouter les paroles d’autres hommes. Israël, lent à comprendre comme il l’était, devait apprendre ainsi que Lui était l’Éternel. Quoique restaurée, l’Égypte ne regagna pas sa domination; elle redevint un royaume, mais le plus faible de tous, et ne fut plus l’objet de la confiance d’Israël.

Le reste du chapitre relie à son commencement une prophétie entièrement distincte quant à l’époque, mais analogue quant au sujet (5. 17 à 20). Cela suit naturellement le sort de Tyr, car ce passage nous montre l’Éternel compensant la peine énorme que Nebucadnetsar avait eue à prendre, par la conquête de l’Égypte, cette cité dont une grande partie des richesses lui avait échappé. On ne peut pas s’étonner que le pays d’Égypte ait été désolé pendant longtemps.

Quant au v. 21, nous n’avons rien qui nous dise que cette prophétie se soit réalisée. Mais nous n’en avons pas besoin. L’Éternel a parlé et cela suffit pour que nous soyons certains de la chose : Israël put revivre et Ézéchiel annoncer son message au milieu du peuple ; ce dernier apprit ainsi qui était Celui qui voulait l’avertir à l’avance de ce qui allait arriver.

Ch. 30

La première des deux prophéties contenues dans ce chapitre est un exemple frappant de ce qui caractérise la parole de prophétie : la liaison étroite qui existe entre les désastres présents et le grand jour où Dieu interviendra en puissance et jugera (non pas les morts d’abord) mais les vivants. Comme il y avait alors un gouvernement direct de Dieu sur Israël, s’occupant aussi des nations qui s’étaient mêlées des affaires du peuple, de même il y en aura un, incomparablement meilleur, quand le Seigneur viendra régner sur la terre. En attendant, sa providence invisible continue à gouverner souverainement, tandis que les Juifs sont abandonnés parce qu’ils sont apostats et qu’ils ont rejeté le Messie.

Nous trouvons, dans les v. 1 à 5, l’intervention de l’Éternel dans la chute de l’Égypte ; elle est la même en principe que celle du jour de l’Éternel qui termine ce siècle et s’étend sur celui qui est à venir. Non seulement les races de l’Afrique devaient tomber, mais aussi les fils du pays de l’alliance, terme qui semble désigner les Juifs qui avaient fui les détresses de leur patrie pour aller vivre dans ces pays-là. Et il ne s’agit pas seulement de la contrée renommée pour sa sagesse parmi les anciens, mais aussi de ses alliés ou de ses appuis : de Migdol à Syène, ils tomberont au milieu d’elle. D’autres pays étaient-ils désolés ? Tels seraient les Égyptiens au milieu de la dévastation générale : pas d’oasis dans le désert, mais le désert partout. Même un peuple éloigné, qui pouvait s’estimer à l’abri, serait terrifié et non sans raison : une grande angoisse sera sur eux. Voici, le jour venait !

L’instrument de la vengeance divine est distinctement nommé (v. 10 à 12), mais cela ne signifie pas que Dieu ait la moindre sympathie pour la nation qui était terrible entre les nations, ni pour les méchants auxquels le pays avait été vendu, ni pour les étrangers qui l’avaient dévasté.

Mais l’heure était venue de juger sa méchanceté et son orgueil et le plus méchant de tous était désigné pour en être l’exécuteur.

Corme jadis, c’était maintenant avec les dieux de l’Égypte qui Dieu avait surtout affaire. C’est ce qu’Il avait devant Lui quand le destructeur avait passé à travers le pays et avait frappé les premiers-nés dans la nuit de la Pâque ; c’est ce qu’Il a devant Lui ici, lorsqu’il dit qu’il n’y aura plus de prince du pays d’Égypte.

Il y aura de la frayeur en Égypte, de la désolation dans Pathros, le feu dans Tsoan, des jugements dans No (Thèbes ou Diospolis), Il verserait sa fureur sur Sin (Pelusium) la multitude de No-Ammon serait retranchée et il y aurait des ennemis en plein jour à Noph (l’ancienne Memphis). Tous seraient rabaissés et humiliés, aussi bien dans la Haute et la Moyenne, que dans la Basse Égypte. La jeunesse, dans ces villes célèbres par leurs temples d’idoles, Aven ou On (Héliopolis) et Pi-Béseth (Bubaste) périrait par l’épée, les femmes seraient emmenées captives et à Takh-Panès, le siège de l’autorité et de la puissance royales, le jour serait changé en obscurité. Quel tableau de ruine complète et quel témoignage pour l’Éternel par la parole et par les faits eux-mêmes !

Si le premier message s’adressait au pays, au peuple et aux villes de l’Égypte, le suivant est pour le roi (v. 20 et 21). Le Pharaon Néco avait poussé au loin les conquêtes de l’Égypte, mais les revers qui allaient briser la puissance de son pays seraient d’autant plus humiliants. C’est en vain que l’on espérait la guérison ou la délivrance : l’Éternel avait abaissé le Pharaon, sans qu’il lui fût possible de se relever. Nous le voyons dans les versets suivants avec plus de détails (v. 22 à 26). Les Égyptiens eux-mêmes, et pas seulement des mercenaires étrangers, seraient dispersés parmi les nations ; telle serait la conséquence de l’intervention du roi de Babylone par une démoralisation et une ruine complète. Si c’était Nebucadnetsar, ce n’en était pas moins le glaive de l’Éternel étendu par lui contre le royaume du Sud. C’était dans leur peine que les Égyptiens apprendraient et sauraient que c’était l’œuvre de l’Éternel.

Ch. 31

Le prophète nous montre maintenant, en images frappantes, la ruine de l’Égypte. L’avertissement solennel de la chute de l’Assyrien, le plus grand des monarques de la terre dans ce temps-là, est appliqué au royaume du Pharaon, illustrant le principe si souvent énoncé dans l’Écriture en rapport avec les individus, que le Seigneur abaisse les orgueilleux et élève les humbles.

L’Assyrie avait dépassé en magnificence toutes les puissances connues jusqu’alors. Elle pouvait être fière de sa sagesse politique, mais cette dernière ne pouvait lui assurer ni l’objet de son ambition, ni la force du nombre, ni l’agrandissement de son territoire. L’Assyrien avait été parmi les nations comme le cèdre du Liban parmi les arbres, en grandeur, en hauteur autant qu’en beauté. Dieu n’avait rien épargné de ce qui pouvait orner et agrandir Ninive ou la nation dont elle était la capitale. Il lui avait même donné d’exercer une puissance et une influence immenses sur le pays d’alentour : tous lui portaient envie. Mais l’Assyrien convoitait pour lui-même la gloire de roi des rois, et le fait de s’élever pareillement dans son cœur amena sa ruine.

Aussi voyons-nous dans les v. 10 à 17 la terrible chute qu’il fit du sommet de sa grandeur, jusque dans la poussière de la dégradation et de l’impuissance : c’est une leçon pour tous ceux qui dépassent leur mesure, un appel à mener deuil et à trembler. L’Égypte en avait-elle profité moralement ? Ne s’était-elle pas hâtée au contraire de suivre les mêmes traces ? Et si le Pharaon avait égalé l’Assyrien en gloire et prétendu même en avoir davantage, ne devait-il pas subir le même châtiment ? Aussi est-ce dans les lieux bas de la terre que l’Égypte doit descendre avec les autres. La puissance et la civilisation ne donnent droit à aucune exception.

En Dieu seul est la stabilité, et Il le montrera envers son peuple sur la terre comme au ciel, lorsque ce peuple aura appris à se connaître lui-même aussi bien qu’à connaître Dieu. Jusque-là, la circoncision d’Israël est faite incirconcision et ce peuple est plus coupable que les Gentils qu’il méprise.

Ch. 32

Il ne suffisait cependant pas d’avoir montré la chute de l’Assyrien comme un exemple pour la ruine de l’Égypte. L’Esprit de Dieu ajoute encore comme conclusion un nouveau message en deux parties ; l’un dans la première moitié du chapitre annonce la catastrophe qui menaçait le Pharaon sous la figure d’un lion et d’un monstre des eaux, jadis la terreur des nations, maintenant pris, tué et exposé à la vue de tous par le roi de Babylone ; l’autre un tableau complet de ce qui avait été esquissé dans le chapitre précédent, le monarque une fois puissant avec toute la multitude, descendant, faible maintenant, dans les lieux bas de la terre, dans le shéol lui-même, là où sont tous ceux qui sont tombés avant lui ; il n’aura pour toute consolation que la certitude que lui et les siens partageront le sort inévitable des princes et des peuples.

Le prophète annonce donc dans les v. 1 à 16 que le roi d’Égypte serait un objet d’horreur et de pitié, et une occasion de deuil et non pas de crainte et d’envie : le pharaon, semblable au monstre des eaux sorti de son élément, échoué sur le rivage, capturé par les hommes, remplissant le pays de son sang une proie pour tous les oiseaux et les bêtes.

Le lecteur pourra comparer les v. 7 et 8 aux v. 12 et 13 du ch. 8 de l’Apocalypse. La destruction politique de l’Égypte est comparée à l’obscurcissement des étoiles, aux nuages qui couvriront le soleil. Le passage de l’Apocalypse a ceci de particulier qu’il semble ne s’appliquer qu’à l’Occident (comp. Apoc. 12. 4), l’empire d’Orient n’étant pas compris dans ce jugement, mais devant subir le sien propre plus tard. Ici la sphère où le malheur tombe est le pays d’Égypte.

Les v. 9 et 10, laissant le symbole, prennent le langage courant et nous parlent de l’effet produit par la nouvelle de la destruction de l’Égypte sur les nations qu’elle n’avait même pas connues : beaucoup de peuples et de roi seront effrayés et trembleront chacun pour sa propre vie.

La venue du conquérant qui devait détruire l’orgueil de l’Égypte et ses multitudes, source de lamentations parmi les nations, est annoncée aux v. 11 à 16. Ses ruines sont un témoignage de son ancienne splendeur, comme aussi de sa soudaine et complète désolation et de l’extinction de son commerce, jadis actif, et de son agriculture, célèbre dans le monde entier.

Les eaux des rivières deviendront limpides et couleront comme de l’huile, au lieu d’être troublées par les instruments du commerce. La main de l’Éternel est manifeste, et l’Égypte saura qu’Il est l’Éternel.

Dans la seconde partie du chapitre, la prophétie prononcée quinze jours après la première, est encore plus profonde ; elle semble dévoiler le monde invisible et forme l’élégie la plus solennelle qui ait jamais été composée sur un peuple païen.

Le cœur du Juif pieux qui, connaissait d’avance les jugements des nations et savait pourquoi ils s’exécutaient, ne devait pas être insensible, et encore moins insulter au malheur de son ennemi tombé, ancien ou nouveau. Le chrétien, lui, pense aux hommes en vue de l’éternité mais, Dieu en soit loué, il est chargé de l’évangile, du ministère de la réconciliation fondé sur l’œuvre de Celui qui est venu révéler Dieu en grâce, mais a été méprisé et rejeté des hommes, et avant tout des Juifs eux-mêmes.

Ici nous voyons le jugement qui balaie toute la terre, après une longue période de patience, et qui envoie les orgueilleux dans la fosse. Là, ils gisent tous « avec les incirconcis », ceux qui n’ont eu aucune relation avec Dieu. Là se trouvent l’Assyrien, Elam, Meshec et Tubal (pour ces derniers nous trouverons une explication plus complète aux ch. 38 et 39), Édom, Sidon et les autres pays au nord de la Palestine, honteux de cette puissance dont ils avaient été jadis si fiers, portant leur confusion avec ceux qui descendent dans la fosse. La terreur de l’Éternel reste, et elle est avant tout pour ceux qui ont eux-mêmes apporté la terreur par l’épée.

Ch. 33

Dans les sept chapitres 33 à 39, le prophète revient à Israël, à ses pasteurs, à ses montagnes, à sa restauration, à sa reconstitution nationale, à son union sous un seul chef, le Bien-Aimé, son Prince pour toujours, lorsque le dernier ennemi trouve sa fin avant que commence le règne de paix.

Sous la figure d’une sentinelle, Ézéchiel est établi pour avertir la maison d’Israël afin que, si quelqu’un ne reçoit pas l’avertissement, son sang soit sur sa tête ; si la sentinelle ne sonne pas de la trompette, son sang paiera pour eux. C’est la responsabilité individuelle qui devient le principe directeur, mais cela n’empêche pas que l’appel et le devoir d’un seul soit d’en avertir plusieurs. Telle était la place du prophète (v. 1 à 9).

C’était un jour de jugement et non de grâce. Quelques-uns ont fait cette étrange confusion. Le désespoir n’aura aucun résultat, tandis que la repentance pourrait servir. Avoir pratiqué la justice précédemment ne préservera pas du péché présent, et avoir marché dans le péché n’empêchera pas de s’en détourner. Les voies de la justice sont immuables ; les gages du péché, c’est la mort. La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse et la connaissance du Saint est l’intelligence.

La nouvelle de la chute de Jérusalem avait mis longtemps, semble-t-il, à arriver au prophète, mais alors il ouvre sa bouche qui était restée muette, pour annoncer solennellement de nouveaux jugements, surtout à cause de la prétention des Juifs à employer le langage de la foi, alors que leur cœur était loin du Seigneur. La grâce est suffisante pour chacun et pour toutes les circonstances, mais elle est inséparable de la foi qui donne gloire à Dieu, comme on le voit chez Abraham. Mais qu’étaient-ils ?

Qu’étaient leurs voies ? Qu’était leur jugement d’eux-mêmes ? Hélas ! plongés dans le péché, méprisant les ordonnances du Seigneur, livrés à la méchanceté, ils avaient la plus haute idée d’eux-mêmes, tout en parlant mal du Seigneur, livrés à la méchanceté, comme nous l’avons vu. Pouvait-on s’attendre à autre chose qu’au jugement ? Se prévaloir des promesses dans un pareil état devait attirer la ruine sur eux.

Ch. 34

Nous avons maintenant une prophétie solennelle, juste mais sévère, contre les rois ou pasteurs d’Israël, que l’Éternel rend responsables d’avoir, par égoïsme, affligé et ruiné son peuple (v. 1 à 6).

Sans crainte de Dieu et sans amour pour son peuple, ils avaient oublié tant leurs propres relations avec l’Éternel que celles d’Israël. Aussi tout alla mal, et il ne pouvait en être autrement, puisque ses droits n’existaient pas pour eux. Comme les souverains des Gentils, ils considéraient le peuple qu’ils gouvernaient corme leur appartenant et non pas comme le troupeau de Dieu ; il n’en résultait que confusion et mauvais ouvrage.

Quel contraste avec Celui qui daigne être fils de David et roi d’Israël, qui gouvernera justement et régnera sur eux avec justice ! Il sera comme un abri contre l’orage, des ruisseaux d’eau dans un lieu sec, comme l’ombre d’un grand rocher dans un pays aride, comme la lumière du matin quand le soleil se lève, un matin sans nuage, comme l’herbe tendre qui germe de la terre après la pluie.

Les pasteurs s’étaient nourris eux-mêmes au lieu de nourrir le troupeau, sans tenir compte des profits qu’ils en tireraient. Ses peines n’avaient pas provoqué leur sympathie. Ils gouvernaient avec dureté et rigueur, les livrant en proie aux bêtes sauvages, les privant des soins du berger ; les brebis étaient dispersées sur la face de la terre, aucun d’entre eux ne les avait cherchées.

Mais Celui qui était appelé à tenir le sceptre sur Israël n’était pas insensible au gémissement de son peuple sous ses méchants rois (v. 7 à 10). Le péché de ces derniers est dévoilé, les bergers sont convaincus de péché et condamnés, mais l’Éternel promet de délivrer son troupeau.

Nous voyons dans les v. 11 et 12, la faillite complète des bergers qui rejette sur l’Éternel lui-même le soin des brebis, et Il entreprend non seulement de les redemander de la main de ceux qui étaient placés sur eux, mais de les chercher partout où elles étaient dispersées. Cela est exposé en détail dans les v. 13 et 14, dans un langage si simple et si précis qu’il est impossible de ne pas y voir le témoignage de Dieu à l’œuvre qu’Il accomplira pour Israël sur la terre, lorsqu’il aura achevé de rassembler son Église pour le ciel.

Ces paroles n’ont jamais été accomplies jusqu’ici ; donc elles doivent l’être encore. C’est sur Lui qu’en reposent l’assurance et la certitude et sur sa bonté qui demeure à toujours, comme le peuple le chantera bientôt, et avec quelle joie ! C’est en vain que les sages raisonnent sur la non-exécution de sa menace quand les hommes se repentent comme à Ninive. Elle s’exécutera, mais Il aime écouter le cri de ceux qui s’humilient devant Lui à sa parole, et Il diffère le coup jusqu’au moment où sa patience perdrait son caractère et deviendrait de l’indifférence pour le mal, ce qui ne peut être.

Celui qui promet sait comment faire tourner toutes les circonstances pour le bien. Telle qu’a été la patience passée, telle sera la future moisson en bénédictions. Ce jour de bonté et de miséricorde ne sera pas sans le jugement des méchants, au contraire. Nous avons vu au ch. 33 que l’état individuel devant Dieu aura une force en Israël qu’il n’avait jamais eue sous la première alliance ; il en sera ainsi aussi quand Il jugera entre brebis et brebis, entre béliers et boucs, et qu’Il montrera la vanité de ceux qui détruisent ce qui ne peut leur servir à eux-mêmes, au grand dommage du troupeau. Il jugera les vivants aussi bien que les morts.

Mais il y a plus encore. S’il y a le jugement de l’oppresseur, il y aura la délivrance des malheureux et la bénédiction du peuple rentré dans la terre d’Israël ; la grâce n’arrête pas son cœur à la mesure des hommes (v. 20 à 31).

Il ne s’agit pas ici de Zorobabel ou de Néhémie, ni de la dynastie asmonéenne, encore moins de celle des Hérodes, mais du Roi, du Messie, comme nous le savons par ailleurs, distingué ici de l’Éternel qui parle et qui accomplira. Si l’on interprète autrement, on est exposé à penser que la parole prophétique est absurdement exagérée. Mais si l’on y voit le Seigneur régnant sur Israël rassemblé par la grâce et la puissance divine, on sent que les mots ne s’élèvent pas au-dessus de la réalité ; quand cela arrivera, ceux qui attendent sa gloire, éprouveront sur la terre même que ce qui avait été dit était bien inférieur encore à la réalité. Et que sera-ce alors dans le ciel !

À tous points de vue, il est absurde d’interpréter ces prophéties comme s’appliquant à l’Église ou à l’évangile. Alors les bêtes sauvages même auront une autre nature, et la terre verra sa récolte augmentée ; ce sera le jour que la création attend, après lequel elle soupire, elle sera alors délivrée des liens de la corruption dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu.

C’est le jour où le Messie se lèvera pour eux, non plus rejeté et méprisé comme jadis, mais comme un plant de renom (v. 29) et Israël ne souffrira plus de la faim dans son pays et ne portera plus l’ignominie des nations. L’Éternel sera avec eux, leur Dieu ; et ils seront son peuple.

A-t-Il parlé et ne fera-t-Il pas ? Y a-t-il quelque chose de trop grand ou de trop difficile pour le Seigneur ?

Ch. 35

Au ch. 25 le prophète avait menacé Séhir et Édom qui habitaient un pays de forteresses naturelles, et étaient jaloux de la faveur que l’Éternel montrait à son peuple. Ici, il reprend ce sujet avec plus de détails. Cette prophétie est d’autant plus solennelle qu’elle forme contraste avec la promesse de bonté et de grâce donnée à Israël au chapitre qui précède. C’était précisément cette bénédiction accordée par la grâce divine au peuple élu qui, dès le commencement, avait provoqué la jalousie, toujours croissante, de la race sœur. Ils allaient bientôt éprouver ce que c’est que d’avoir l’Éternel contre soi, d’avoir sa main étendue pour rendre le pays désolé et dévasté. Peu de temps après, la parole de l’Éternel allait se réaliser dans leur ruine et dans celle de leurs cités.

Dieu connaît les intentions du cœur, et son jugement distingue toutes choses. Israël avait beaucoup d’ennemis et tous étaient toujours prêts à faire du mal au peuple choisi par l’Éternel. Mais Il tient les yeux fixés sur « l’inimitié perpétuelle » d’Édom, et voit sa persistance plus cruelle « au temps de l’iniquité de la fin » que dans le passé. Il n’y avait là aucun sentiment de générosité, le sentiment naturel était devenu un ver rongeur. Celui qui avait été si indignement déshonoré par son propre peuple, le châtiait : qu’étaient donc les Édomites pour oser en profiter afin de lui faire du mal sans mesure et sans pitié ? Ils apprendraient à connaître que Lui est l’Éternel, lorsque leurs montagnes seraient remplies de tués, que leurs villes seraient désolées et que le sang les poursuivrait.

Mais Dieu prend note des paroles des hommes aussi bien que de leurs intentions ; le Seigneur le dit d’une manière encore plus claire et solennelle que dans le ch. 12 de Matthieu.

Pour pouvoir tirer une leçon toute actuelle des déclarations des v. 10 à 13 : n’y trouvons-nous pas une analogie avec ce qui se voit dans la chrétienté ? Peu comprise, il est vrai, de ceux qui aujourd’hui se montrent si jaloux de ce qui est réellement selon la Parole et l’Esprit de Dieu. Eux aussi oublient que Dieu est un Dieu de vérité dans ses saints, et que leur rassemblement au nom du Seigneur, dans la dépendance de la présence et de l’action du Saint-Esprit est le chemin dans lequel ils peuvent montrer leur foi et marcher fidèlement. Les clergés de toutes sortes n’aiment naturellement pas ce qui condamne leur position et leur existence comme entièrement contraires à l’Écriture. La leçon s’applique à tous ceux qui supportent et défendent un état de choses que l’Écriture ne peut justifier. Une mauvaise conscience réveille le mal dans le cœur naturel et ils ne trouvent pas de mots assez amers, d’insinuations assez basses, contre ceux qui actuellement restent attachés à. la volonté révélée du Seigneur au sujet de l’Assemblée.

Qu’ils sachent que le Seigneur agira envers eux. La fausse Église sera jugée lorsque les noces de l’Épouse de l’Agneau seront venues. Il considère comme dite contre Lui-même toute parole méprisante prononcée contre son peuple qui, dans sa faiblesse, s’attache à sa parole. « Je t’ai entendu », dit-il.

Le chapitre se termine par une sentence contre l’ennemi (v. 14 et 15). Il n’y a jamais eu d’opinion plus erronée que celle qui prétend que l’Éternel ne restaurera pas et ne bénira pas Israël. Ce ne sera pas à cause de ses mérites, mais dans sa propre grâce par le moyen du Messie jadis rejeté ; Lui détruira aussi sûrement les ennemis d’Israël qu’Il tiendra les promesses faites aux pères. Mais ni l’une ni l’autre de ces voies n’est l’Évangile, qui tout au contraire rassemble maintenant Juifs et Gentils pour la gloire céleste avec Christ, le Sauveur et le chef de l’Église dans le ciel. Nous ne Le connaissons pas selon la chair, ni par tels jugements qu’Il exécute contre Édom, ni même par sa miséricorde envers Israël, mais comme mort, ressuscité et glorifié dans le ciel, suivant les desseins de Dieu jadis cachés, mais maintenant révélés en Lui et en son corps.

Ch. 36

L’Éternel s’adresse maintenant aux montagnes d’Israël personnifiées et leur annonce la consolation qu’Il tient en réserve pour elles, malgré toute la méchanceté de l’Édomite.

Il est bon de se rappeler ici que, dans l’Israël de jadis, il y avait un gouvernement sous le nom révélé de l’Éternel, mais sous les conditions de la Loi qui, étant reçue par l’homme dans sa chair, ne pouvait aboutir qu’à la ruine, et y aboutit en effet. Maintenant, c’est un état de choses entièrement différent, car c’est sur un Christ rejeté, le Fils de Dieu, que l’Assemblée est bâtie, son corps et son épouse par pure et absolue grâce, formée de croyants juifs et gentils sans distinction, destinés à être avec Lui dans les cieux et à régner avec Lui sur la terre.

Mais le gouvernement du monde en Israël n’est pas abandonné de Dieu pour toujours. Il s’occupera de nouveau d’Israël à la venue du Seigneur, le Fils de l’homme glorieux, et déplacera son gouvernement d’une manière parfaite, pour sa propre gloire sous la nouvelle alliance, et par conséquent sur un principe supérieur à la faiblesse de la créature. Cela sera le point de départ de la bénédiction du monde, des âmes en vue de la gloire céleste avec Christ, mais le jugement revenant en justice dans le monde, et tous les hommes droits le suivant.

Ainsi la seconde venue du Seigneur pour le monde est caractérisée par l’exécution des jugements ; et cela d’autant plus que toute l’Écriture montre que l’état de la terre à ce moment-là sera un état de mal sans exemple dans l’apostasie, non seulement la rébellion et le rejet de la vérité, mais le grand mensonge consommé par l’homme s’asseyant comme Dieu dans le temple de Dieu. Et Dieu n’agira pas contre les principaux offenseurs, mais contre chacun et contre tous ceux qui se sont élevés contre Lui, tout en délivrant et en exaltant son ancien peuple, maintenant encore justement abaissé à cause de ses péchés.

Toutes ces prophéties, quelle qu’ait pu être leur application partielle dans le passé, dirigent nos regards en avant. Si Israël doit réapparaître pour sa grâce, Édom réapparaîtra pour son jugement. J’entends par là naturellement le jugement des vivants, non pas des morts. Ce dernier suivra la fin, quand tous les méchants de tous les âges ressusciteront et seront jugés par le Fils de l’homme.

Mais ici c’est de la terre qu’il s’agit, non du jugement éternel, et le prophète devait parler de consolation aux montagnes d’Israël, si longtemps désolées. Car Dieu n’a pas créé la terre ou l’homme sur elle, pour être éternellement victime du péché, de la vanité et de la corruption. Il délivrera certainement de tout le mal que Satan a amené, mais il doit y avoir jugement aussi bien que miséricorde, et nous voyons les deux ici. Si l’ennemi disait : « Ha, ha ! les hauteurs éternelles sont devenues notre possession », la réponse de l’Éternel par son prophète était : « Parce que, oui, parce qu’on vous a désolées, et qu’on vous a englouties de toutes parts, afin que vous fussiez la possession du reste des nations, et que vous avez été en butte au bavardage de la langue et aux mauvais propos des hommes : à cause de cela, montagnes d’Israël, écoutez la parole du Seigneur, l’Éternel ».

Si l’insulte, même inexprimée, est pour ainsi dire prise en note par l’Éternel, combien plus cette joie méchante de l’humiliation qu’Israël avait méritée, et de la désolation du pays qui en était la conséquence, comme si cet abaissement était le résultat de la victoire d’Édom sur le seul vrai Dieu ! Mais Il avait entendu et cependant attendait encore avant de le juger. Sa main exécutera bientôt ce que sa bouche a prononcé, et une ruine plus terrible encore attend l’orgueilleux Édom.

Édom et Israël ne sont qu’endormis dans la poussière et reviendront bientôt. Édom avec son orgueil encore indompté et son désir de vengeance, Israël repentant et soumis par la patience de la grâce infinie de Dieu. Et alors, dans ce monde, chaque race recevra sa part en ce jour, Édom finalement de la main même d’Israël (Comp. És. 12. 10 à 14, 34, 35 et 63 ; Abdias).

Le Seigneur garantit sous serment, Il est jaloux pour la bénédiction d’Israël et indigné à cause de son opprobre. C’est en vain que l’on applique ces paroles au retour du peuple de Babylone, qui n’était qu’un exemple de ce qui arrivera au peuple tout entier. Celui qui respecte l’Écriture et qui connaît les faits pourrait-il prétendre que le Seigneur a multiplié les hommes sur les montagnes d’Israël, la maison d’Israël tout entière (v. 10). Ces mots semblent avoir été écrits spécialement pour garder les âmes de ces vues étroites et trompeuses. L’Éternel a-t-il établi le résidu revenu dans son pays « comme en vos temps d’autrefois », en lui faisant plus de bien que lors de votre commencement ? (5. 2). Le pays et les montagnes ne sont-ils plus privés d’enfants ? (v. 12). Ne savons-nous pas que sous le quatrième empire, ils furent soumis à une dévastation plus terrible encore ? La prophétie est encore à venir, et elle s’accomplira aussi sûrement que l’Éternel est vivant, comme Il l’a juré par son prophète au sujet du pays d’Israël.

Le message suivant de l’Éternel donne les raisons morales pour lesquelles le pays d’Israël a été laissé désolé, et le peuple dispersé parmi les nations ; il expose le déshonneur jeté sur son nom, sa grâce qui restaure et ses effets sur le cœur et sur les voies d’Israël, ainsi que sa puissance qui redonne à leurs pays une prospérité et une fécondité plus grande qu’auparavant ; et l’Éternel sera sanctifié en eux aux yeux de toutes les nations.

Les voies d’Israël dans le pays et hors du pays sont rappelées dans les v. 16 à 20, partout elles avaient été une profanation pour Celui qui les avait choisis comme son propre peuple ; et elles ne montraient que la corruption de l’idolâtrie : la violence meurtrière et la profanation de son nom parmi les nations. Mais il est l’Éternel qui ne change pas, c’est pour cela qu’ils n’avaient pas été consumés. C’est à cause de son nom qu’Il les sanctifierait et qu’Il serait sanctifié en eux (21 à 24).

Nous n’avons pas besoin de rechercher ni quand, ni comment ce travail de la grâce divine s’accomplira, et il n’y a pas besoin d’une discussion détaillée pour le déterminer. Il y a des indications qui rendent la réponse tout à fait simple. Le retour de Babylone n’a pas été un accomplissement définitif, mais comme les arrhes de la réalisation à venir de la prophétie, car il n’y a qu’un résidu numériquement insignifiant qui revint. Esdras 9 ne prétend nullement être ce que les fidèles attendaient, pas plus que Néhémie 9 ultérieurement. Le premier parle de « notre servitude », le second dit : « nous sommes aujourd’hui serviteurs, et quant au pays que tu donnas à nos pères pour qu’ils en mangeassent le fruit et les bons produits, voici, nous y sommes serviteurs ; et il rapporte beaucoup aux rois que tu as établis sur nous à cause de nos péchés ; et ils dominent à leur gré sur nos corps et sur notre bétail et nous sommes dans une grande détresse ».

Comme cela est éloigné de ce qu’Ézéchiel prédit ! « Je vous prendrai d’entre les nations et je vous rassemblerai de tous les pays et je vous amènerai sur votre terre » (v. 24). Après le décret de Cyrus, la grande masse d’Israël resta dispersée parmi les nations.

Mais il y a une preuve plus claire encore que la prophétie reste à accomplir, et c’est ce que nous trouvons aux v. 25 à 28. Les Juifs, pour ne pas dire Israël, avaient-ils été purifiés de toutes leurs impuretés ? Malachie répond à cette question et le Seigneur lui-même donne la preuve qu’il n’en était pas ainsi, que lorsqu’elle s’accomplira, il y aura une nouvelle naissance du peuple juif. Dieu leur donnera un cœur nouveau et un esprit nouveau, il changera leur cœur de pierre et leur en donnera un de chair. Il mettra en eux son esprit et fera qu’ils marcheront en sainte obéissance ; ils seront son peuple, Il sera leur Dieu.

Comment prétendre que cela a été accompli ? Il se peut qu’il y ait une allusion à ces versets dans les paroles du Seigneur en Jean 3. 5, mais elle est entièrement distincte de l’application qu’on en fait.

Il y a plus car le prophète continue en disant que cette bénédiction d’Israël comprendra des biens extérieurs et une abondance terrestre inconnue jusqu’alors (v. 29 et 30).

C’est en vain que l’on traite d’incroyable cette prédiction d’une nouvelle fertilité, ou que l’on prétend qu’elle ne résultera pas d’une puissance divine extraordinaire. Le Nouveau Testament nous en montre le principe en Romains 8 : la création qui soupire pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Cela ne rentre pas dans le message de l’Évangile, mais c’est un fruit de la puissance divine, quand Christ ne sera plus caché, mais apparaîtra en gloire, et que les enfants de Dieu seront révélés. La différence ici est que l’apôtre relie cette délivrance bénie à la révélation des saints ressuscités, tandis que le prophète la rattache à la restauration et à la renaissance d’Israël.

C’est seule la grâce appliquée à l’âme par le Saint-Esprit qui produit la vraie crainte de Dieu et le jugement de soi-même. « Il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint ». C’est cela aussi qui conduit Israël à avoir horreur de ses iniquités passées et à les confesser de tout son cœur. Quel bonheur pour lui de se soumettre à sa souveraineté dont Il use en grâce et en salut ! L’Éternel effacera tout l’opprobre dont les nations les avaient couverts, pour la gloire de son propre nom, tout en produisant des sentiments propres à la repentance d’Israël. Ceux qui ont été amenés à l’évangile ont été appelés à de meilleures bénédictions qui ont incité plusieurs d’entre eux à quitter maison et pays. Il n’y a pas eu de reconstruction des villes jadis désolées comme part de leur héritage. Mais Dieu exécutera sûrement chacune de ses paroles, quand le jour sera venu de restaurer le royaume d’Israël.

Sous la loi, Israël était ruiné ; sous l’évangile il n’y a ni Juif ni Grec, mais lors de l’union avec Christ dans les cieux, quand le royaume sera manifesté en puissance, les Juifs seront à leur pays et à leurs villes, qui jouiront de la bénédiction et de la gloire de l’Éternel et ne seront plus désolées.

Ch. 37

Ce chapitre contient une vision remarquable, et son explication. II n’est pas question ici de la conversion de l’âme ni de la résurrection du corps, mais de la renaissance d’Israël comme peuple.

Dans ce temps-là le peuple était dispersé et sans existence politique ; il avait devant lui de plus grandes tribulations que celles qui lui avaient été infligées par les Assyriens ou les Babyloniens, et qui avaient été clairement annoncées par les prophètes. Cette révélation était donnée aux captifs qui menaient deuil, pour les consoler après leur dernier exil et avant le dernier, et pour les soutenir en présence de ces désastres sans précédent, par la certitude de leur renaissance nationale sous l’action pleine de grâce du Seigneur.

L’Éternel ne cache nullement ce qu’Il entend signifier par les ossements dans la plaine : non seulement il n’y avait là aucune force, mais même aucune vie. Le prophète est incapable de répondre lui-même à la question qui lui est posée. Mais cette impuissance ouvre le chemin à la parole du Seigneur (v. 1 à 6).

Nous voyons là l’impuissance totale de l’homme, et Dieu trouve ainsi une occasion de montrer sa puissance. Il est le Dieu qui fait vivre les morts – et où exercerait-Il sa glorieuse puissance, sinon en faveur de son peuple ? Il donne au prophète de voir et d’écouter et même de parler (v. 7 à 10). Il est impossible d’appliquer ce qui est dit là au retour de Babylone de moins de 43 000 personnes, car les armes de jadis dépassaient de beaucoup celles des temps modernes. Le résidu revenu au pays n’était qu’une petite armée comparée à celle de Juda seulement sous les rois. Nous trouvons plus loin qu’il s’agit d’Éphraïm autant que de Juda, cela est dit immédiatement après : « toute la maison d’Israël ». Ainsi il ne s’agit pas ici du retour de la captivité de Babylone.

Mais nous ne sommes pas laissés à notre propre raisonnement. Celui qui nous a donné la vision par son serviteur y a ajouté une interprétation bien claire (v. 11 à 14). Pour un esprit simple et soumis à l’Écriture, il ne peut y avoir d’hésitation quelle que soit l’explication que nous puissions faire de cette vision, sa signification directe et expresse est la renaissance, par la puissance de Dieu, de son ancien peuple Israël, alors complètement détruit, mort et enterré, mais prêt à quitter sa tombe suivant la parole de l’Éternel : « Ces os sont toute la maison d’Israël ».

Dieu veut consoler son peuple et confondre l’incrédulité qui dit : « Nos os seront desséchés et notre attente a péri, nous sommes retranchés ! ». Sa grâce fidèle entreprendra de faire ce qui est manifestement au-dessus du pouvoir de l’homme. Il déclare qu’Il veut, non seulement les tirer de la tombe où ils sont maintenant ensevelis comme nation, mais qu’Il les amènera dans le pays d’Israël, ce qui ne s’applique ni à ceux qui ressuscitent d’entre les morts, ni aux âmes converties à Dieu par l’évangile, car qu’avons-nous à faire avec le pays d’Israël ? Mais leur rentrée dans leur pays est le complément simple et nécessaire. L’Ancien Testament tout entier le confirme. Constamment nous voyons dans la résurrection nationale d’Israël, le peuple et le pays liés ensemble : bénédiction sur les deux, comme hélas, actuellement, malédiction sur les deux.

Le sens de ce passage semble donc incontestable, sauf pour ceux dont l’esprit faussé par les doctrines de certaines écoles, ne voient pas les desseins de Dieu envers Israël sur la terre, tout en comprenant bien ses voies célestes pour l’Église ; le point de départ de cette erreur provient de ce qu’on substitue l’homme à Christ. Leur interprétation de la prophétie en particulier est viciée par cette erreur fatale qui supprime pratiquement de la Bible les espérances d’Israël, et rabaisse les nôtres à une sorte de succession à leur héritage avec quelque lumière et quelques privilèges en plus.

C’est contre cette première corruption de la chrétienté largement répandue et fortement enracinée, que Paul a combattu si vaillamment. Elle est très insidieuse, il semble à ceux qui sont sous son influence que le meilleur moyen d’être gardé de judaïser, c’est de nier que les Juifs redeviendront jamais une nation, et restaurés dans leur propre pays. Ils appliquent à la chrétienté maintenant, ou à l’Église dans la gloire, toutes les prédictions de bénédiction et de gloire futures pour Israël. Funeste erreur, car c’est précisément judaïser, de faire des chrétiens et de l’Église les simples successeurs et héritiers d’Israël. La vérité disparaît ainsi entièrement ; les brillantes perspectives d’Israël sont niées, et le chrétien est rendu au monde, au lieu d’entreprendre sa position de bénédiction dans les lieux célestes en contraste avec celle d’Israël sur la terre.

Mais il y a là une autre perspective qui lui est connexe. La résurrection d’Israël comme peuple n’est pas tout ce que le prophète apprend et communique ici. Elle fait l’objet de la première moitié de ce chapitre ; ce n’est pas son réveil individuel, quelque vrai qu’il soit, mais leur résurrection nationale sous l’opération de l’Esprit et non par la volonté de l’homme ou la politique du monde, comme il convient au peuple élu qui sera finalement béni de l’Éternel. Il y avait une nouvelle bénédiction à leur donner et il fallait faire disparaître l’ancien opprobre qui avait longtemps déshonoré Israël depuis le jour de Roboam. Quand Dieu mettra sa main à sa restauration au dernier jour, Il réunira les Israélites comme ils l’étaient jadis sous David et Salomon, et leur unité ne sera plus jamais brisée ou même menacée. Ce sera l’œuvre du vrai Bien-aimé lorsqu’il régnera comme Prince de Paix.

C’est aussi une preuve, évidente de la perversité humaine, que des paroles comme celles des v. 15 à 17 aient pu être incomprises. Elles le sont cependant, non par les Juifs qui restent attachés à leurs espérances futures, mais par les chrétiens qui se trouvent sous l’évangile de la grâce de Dieu révélée dans un Christ mort et ressuscité. C’est ainsi que Satan trompe les âmes. Les Juifs ont absolument raison quand ils maintiennent qu’Israël sera encore béni dans son pays sous le Messie et la nouvelle alliance, et cela non pas vaguement ou partiellement, mais après que l’apostasie et les jugements divins les auront encore diminués, tout Israël sera sauvé, rassemblé et uni, Juda et Joseph comme un tout.

Ils sont complètement trompés quand ils ne voient pas leur Messie le Sauveur dans Jésus de Nazareth, et par conséquent ils périssent parce qu’ils n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais Satan trompe la chrétienté en ceci, que tout en confessant Celui qui a été crucifié comme Fils de Dieu, non seulement elle mélange la Loi et l’évangile et perd ainsi la consolation, la puissance et l’assurance du salut de Dieu en Christ, mais en outre elle voit dans les gloires prédites à Israël sur la terre une description des privilèges des chrétiens, ignorant ainsi leur position céleste et niant la fidélité de Dieu et sa future miséricorde envers Israël.

Il n’y a vraiment aucune excuse à ne pas comprendre un symbole aussi simple que celui des v. 16 et 17, dont l’explication est aussitôt donnée (v. 18 à 23).

Appliquer un tel langage au résidu des Juifs revenus de Babylone est aussi faux que de l’appliquer à l’église de la Pentecôte. Il n’y a même aucune analogie. C’est l’union des deux maisons d’Israël longtemps divisées et rien d’autre. Cela n’a pas encore eu l’ombre d’un accomplissement. On ne peut concevoir paroles plus explicites. Cela signifie le rassemblement futur et l’union de tout Israël comme une seule nation sous un seul roi. Elle ne sera jamais plus divisée, plus jamais souillée. Plus encore, il sera le peuple de l’Éternel, Lui sera son roi. Le Juif ne peut pas dire que cela s’est réalisé, et il est absurde pour le Gentil de se l’appliquer à lui-même. En aucun cas cela n’est applicable au corps chrétien. Un résidu juif serait revenu de Babylone pour être souillé, non pas tant par ses transgressions que par une chose bien pire que son ancienne idolâtrie, le rejet et la crucifixion de son Messie : cela est-il un accomplissement des paroles d’Ézéchiel ?

Mais il est ajouté : « Et mon serviteur David sera roi et il y aura un seul pasteur sur eux tous, et ils marcheront dans mes ordonnances et ils garderont mes statuts et les pratiqueront » (v. 24) De nouveau nous trouvons là une confirmation, si du moins elle était nécessaire. Car aucun croyant de bon sens ne peut douter qu’il s’agit de Christ, non comme chef de l’Église dans le ciel, mais comme Roi d’Israël quand il régnera sur la terre. Jamais depuis que la prophétie a été prononcée, il n’y a eu même un semblant d’accomplissement de cette prophétie. Jamais depuis, Israël n’a eu un seul berger ; et il n’a pas marché dans ses ordonnances, ni gardé ni pratiqué ses statuts. Il ne peut s’agir là des chrétiens dans le monde, encore moins des chrétiens au ciel, mais d’Israël seul (v. 25).

Ce sont, comme Ésaïe le dit, les grâces assurées de David, cette alliance éternelle que l’Éternel fait avec Israël. La résurrection de Christ l’explique. C’est ainsi qu’il régnera sur Israël dans son pays. Dans un langage qui ressemble beaucoup à celui d’Ésaïe, Ézéchiel continue avec l’assurance de l’Éternel (v. 26 à 28). Ce qui peut nous humilier, c’est que des chrétiens puissent mettre en question ce qui est dit là. Une seule chose peut l’expliquer : l’abandon que la chrétienté a fait du sens approprié et réel de ses propres bénédictions. Le résultat de la prophétie est si simple et si positif, et de nature si glorieuse, que même les païens sauront que l’Éternel sanctifie son peuple, quand son sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours.

Qui peut affirmer que cela est vrai maintenant, soit d’Israël, soit au sujet de qui cela est dit, soit de l’Église à laquelle cela n’est pas adressé ?

Ch. 38

Les deux chapitres qui suivent contiennent une prédiction du jugement de Dieu dans les derniers jours – quand Israël sera restauré – sur un grand chef du Nord-Est et son immense armée de satellites et d’alliés, sur les montagnes du pays saint.

Dans les v. 1 à 9 tout est clairement défini, à l’exception du nom du prince qui est probablement symbolique. Nous avons là devant nous le dernier ennemi d’Israël. Il habite le pays de Magog, ce fils de Japheth (voyez Gen. 10. 2) qui se répandit dans les vastes steppes de l’ancienne Scythie. Il est le chef de toutes les Russies, prince de Rosh (Russie) de Meshec (Moscou) et de Tubal (Tobolsk). Nous le voyons ici lui-même ainsi que son pays et son peuple.

Mais le Seigneur l’Éternel est contre lui : au lieu de reconnaître le bien qui arrive à un peuple un temps abaissé, il veut s’agrandir lui-même et se trouve ainsi en guerre, non pas contre l’Israël de Dieu, mais contre le Dieu d’Israël. Celui qui se confia dans l’homme et dans un bras de chair doit être maudit, nous en avons la preuve en Gog. Car l’Éternel déclare qu’Il le fera retourner, lui mettra un anneau dans les mâchoires et le fera sortir, lui et toute son armée.

Il sera démontré alors comme une leçon finale, qu’aucun roi n’est sauvé par la multitude de son armée, qu’un homme puissant n’est pas délivré par beaucoup de force, et qu’un cheval ne peut servir à se mettre en sûreté. L’Éternel annule le conseil des païens, tandis que son conseil demeure à toujours. On les voit venir parfaitement équipés, un grand rassemblement, avec le bouclier et l’écu, tous portent l’épée ; la Perse est là aussi, obligée de suivre le puissant chef du Nord, avec Cush et Puth, et Gomer et toutes ses bandes, et la maison de Togarma avec les siennes, un innombrable peuple avec Gog.

L’avertissement prophétique avait été donné depuis longtemps. Aucune grande nation de l’ancien monde n’avait été si lente à prendre le commandement de l’Orient populeux. Mais si retardée qu’elle l’ait été, cette époque est vue d’une manière vivante par le voyant du Kebar : « Après beaucoup de jours tu seras visité : à la fin des années tu viendras dans le pays d’Israël, où le peuple habite en sécurité ». Gog vient comme une tempête, comme une nuée pour couvrir le pays.

Mais aucune arme ne peut réussir contre Israël. Ils peuvent être nombreux, et leurs adversaires innombrables, mais qu’est-ce pour le Seigneur, sinon une occasion de se manifester Lui-même comme l’ennemi des ennemis de son peuple ? Gog apprend cela, comme nous le verrons, trop tard, non seulement pour lui-même et son immense suite, mais pour ceux qu’il avait laissés paisibles dans son pays. C’est le jour de la juste rétribution et du gouvernement divin sur la terre, quand le destructeur si longtemps préservé, retourne dans le pays de sa possession. Et Dieu ne vengerait-il pas ses élus, quand celui qui se confie dans des multitudes sans nombre, jette son regard d’envie sur le pays sur lequel les yeux de l’Éternel reposent continuellement ?

Ainsi la prophétie suppose le retour du peuple tout entier dans son pays, non plus un résidu seulement comme après la captivité de Babylone. Mais il y a plus. Elle annonce un état de tranquillité entièrement différent de n’importe quelle époque de l’histoire passée d’Israël. Gog en tire avantage, mais pour sa propre ruine. Il ne croit pas à l’amour de Dieu pour son peuple et ne pense pas un instant qu’II puisse prendre place au milieu de son peuple pour le défendre contre ses ennemis.

Si le jour de la bénédiction est venu pour Israël, par la miséricorde de Dieu, ce jour est aussi celui du jugement des nations. Nous avons ici le jugement le plus étendu, lors de la confédération finale avant le règne de paix et de justice. Rien ne peut dépasser la puissance de la description qu’en fait le prophète. Gog comptait trouver une proie facile dans un peuple apparemment si exposé et faible. Il ne songe pas un instant que dans ce même pays d’Israël, lui et son immense armée vont périr par la main de l’Éternel, l’un par l’autre.

Ce n’est pas seulement que les combattants eux-mêmes sont pris à leur propre piège mais ceux qui assistent au combat devront apprendre que Celui dont le nom est l’Éternel, est le Souverain sur toute la terre. Ils devront dire bientôt : En vérité il y a une récompense pour les justes, en vérité il est un Dieu qui juge la terre.

On remarquera (v. 14 à 16) que la chute de Gog est annoncée expressément pour la « fin des jours », tout autant que pour le jour où Israël « habitera en sécurité ». Non seulement aucun de ces termes ne peut s’appliquer aux jours de Zorobabel, comme quelques-uns l’ont supposé, ou aux temps où Antiochus persécutait le résidu rentré au pays, mais l’envergure même de la destruction empêche de l’attribuer à ces temps-là. Jamais, depuis l’époque d’Ézéchiel, il n’y a même eu un point concordant. C’est pourquoi l’accomplissement de cette prédiction est, sans aucun doute, encore à venir.

Plusieurs auteurs prétendent que Gog n’est autre que le grand antagoniste occidental des Juifs, comme dans Daniel, etc… C’est méconnaître notre prophète, car il n’entre jamais dans le système des quatre puissances impériales qui devaient fouler Jérusalem aux pieds jusqu’à l’accomplissement des temps des nations. Nebucadnetsar lui-même est considéré comme l’instrument de l’Éternel pour accomplir son œuvre, mais nous ne le voyons pas dans Ézéchiel comme tête de la statue.

Gog appartient à une autre sorte d’ennemis et périt plus tard, quand, aveuglé par sa convoitise d’agrandissement territorial, il ne voit pas qu’il attaque l’Éternel Lui-même en cherchant à piller et à détruire Israël. Ésaïe parle de lui au ch. 33 comme d’autres le font en termes généraux. Dieu seul gouverne, quels que puissent être l’orgueil, la convoitise ou la volonté de Gog, l’Éternel l’amène contre Israël pour sa propre destruction. « Et quand il vient, ma fureur, dit le Seigneur, l’Éternel, me montera au visage ». Plus de craintes pour le pays d’Israël, plus de coups portés aux Gentils – du moins jusqu’après le millénium – une invasion au commencement et une à la fin du règne du Messie.

Que ceci n’est pas autre chose que la destruction des ennemis d’Israël avant le millénium, ressort clairement des paroles qui suivent, sans parler du ch. 39 et de tout le reste de la prophétie. Prendre ces paroles pour de simples images d’une révolution politique, ne repose sur aucun fondement et est même contraire au contexte. Il n’y a aucun changement de gouvernement en Israël et le peuple n’éprouve plus aucune souffrance, ses ennemis lointains qui sont rassemblé sur leurs collines vont périr pour toujours.

La formidable commotion en Canaan ajoute à la solennité de la scène, le pays et la mer, le ciel et la terre sont ébranlés, montrant ainsi la présence de Celui qui dirige toutes choses en faveur d’Israël ; non seulement les ennemis s’égorgeront l’un l’autre, mais la peste et le sang et une pluie torrentielle et les pierres de grêles, le feu et le soufre entrent en action, et il est impossible qu’il s’agisse ici d’Antiochus Épiphane. Pour le croyant qui attend les voies futures de Dieu au sujet d’Israël, toute difficulté disparaît.

Je dois ajouter que la pensée qu’il s’agirait ici des Turcs est sans fondement. Dieu leur a permis de posséder le pays pendant des siècles, en défi à une chrétienté aussi coupable et idolâtre que les Juifs l’étaient avant la transportation de Babylone, mais ici c’est le puissant chef du Nord, dans les derniers jours, suivi par les myriades de l’orient et du Sud de l’Asie qui périt avec toute son armée sous le jugement de Dieu, en essayant de prendre possession du pays d’Israël après que le peuple est revenu de sa longue dispersion.

Ch. 39

Ce chapitre continue le sujet du précédent : l’accusation divine contre le grand ennemi du nord. Sa puissance et ses ressources formidables ne feront que rehausser la victoire que l’Éternel, en le détruisant complètement, remporte pour son peuple.

Les jugements de Dieu sont comme toujours mesurés au péché du peuple qui a attiré sur lui le déplaisir divin. Ainsi le jugement de la bête et du faux prophète est effrayant, au-delà de toute expression, leur sort définitif est d’être jetés dans l’étang de feu. Il semble qu’il doive en être de même de la petite corne de Daniel 8 (ou roi du Nord de Daniel 11). Il était intervenu dans les affaires que Dieu avait avec son peuple. II manifestait tout son mépris pour sa vérité, et même pervertissait cette vérité au profit de ses desseins de destruction. Gog est jugé comme un vulgaire agresseur, poussé par le désir d’acquérir de nouveaux territoires en se reposant sur sa force brutale. Mais il a à faire face à une puissance plus grande que la sienne qui l’abat dans l’ignominie.

Ce n’est pas tout. Dieu agira contre le pays d’où Gog est venu, aussi bien que contre les îles qui ont envoyé des contingents à son armée (v. 6 et 7). Ni la distance, ni l’isolement, ne pourront protéger contre le jugement consumant de ce jour-là, car le Seigneur se lève pour appeler les vivants à rendre compte, comme quelqu’un qui se réveille, comme un homme puissant qui crie, poussé par le vin. Les habitants du monde apprendront enfin la justice. Le croyant sait que ces jugements, à la fois si solennels et si bénis dans leurs résultats, n’ont jamais été accomplis. Magog n’est pas Rome ni un Édom spirituel, mais la Scythie des anciens (v. 8 à 10).

Ce n’est pas là un avertissement vague adressé à un ennemi quelconque, pas davantage un principe général de la providence divine. Le Saint-Esprit prend ici la peine de montrer d’une manière précise le jugement d’un ennemi déterminé, jugement longtemps suspendu et tombant comme le dernier coup de l’Éternel sur la puissance la plus formidable qui se soit jamais élevée contre Israël et qu’Il exécute immédiatement avant que sa gloire revienne dans toute sa splendeur habiter au milieu de son peuple dans son pays. Gog avait pensé prendre possession du pays, l’Éternel va le lui donner pour tombeau, à la vue de tous, sur le chemin même de nombreux passants.

Ce souci de purifier le pays de la vue même d’un ossement d’homme est remarquable, mais bien naturel quand on pense que la gloire doit demeurer là. Les gens qui passeront par-là devront aider ceux auxquels incombera ce travail, d’enterrer tous les restes de ce massacre prodigieux d’ennemis, tous les habitants du pays y prendront part. Cette multitude de tués donnera son nom à une ville. Mais le jour où toute impureté aura disparu du pays est celui que l’Éternel reconnaît pour son jour dans lequel Il sera glorifié.

Peut-il y avoir un doute quant à l’époque où ces conditions se rencontreront ? Il est simple de voir qu’il s’agit du jugement de Dieu sur le chef de toutes les Russies dans le pays saint, après qu’Israël aura été ramené des pays de sa dispersion. Il est nécessaire de bien discerner la fidélité et la miséricorde de Dieu envers Israël de la bénédiction particulière de l’Église. Pour les apprécier toutes les deux, il nous faut les distinguer et voir le rapport qu’elles ont chacune avec Christ. Une interprétation mystique ne met rien à sa place et enveloppe tout de brouillard.

Ensuite le prophète adresse aux oiseaux et aux bêtes des champs un message remarquable par sa force. C’est le temps pour eux de manger d’un sacrifice tel qu’il n’y en a jamais eu auparavant et qu’il n’y en aura jamais plus. D’immenses armées ont été décimées et ce qui en restait a été dispersé ou pris ; le monde a-t-il jamais assisté à un pareil massacre ? Il est encore sûrement à venir.

Si l’Éternel invite les bêtes de proie à un grand sacrifice, n’exécutera-t-il pas sa parole ? Nous trouvons un appel semblable en Apocalypse 19. 17 et 18, mais adressé seulement à tous les oiseaux qui volent par le milieu du ciel. Cela a lieu en vue de la destruction qui doit frapper les armées de l’Occident à la fin de la dispensation actuelle, et je suppose que les oiseaux seuls sont appelés, car il s’agit du jugement de ceux qui se sont détournés du témoignage céleste de la chrétienté.

Ici cela va plus loin, car les jugements de Dieu tombent sur les innombrables hordes orientales, qui n’ont pas seulement méprisé l’évangile, mais ont cherché à s’emparer du pays pendant que son peuple terrestre y était établi en paix. C’est une grave erreur de nier ces jugements des vivants avant le règne du Seigneur ici-bas comme le vrai Salomon ; et c’est une vérité évidente dans la Parole de Dieu, que l’évangile ne supprime pas toute règle et toute autorité et toute puissance, mais que c’est Christ Lui-même qui les exercera à sa venue en gloire. Toutes choses ont été mises sous ses pieds pendant qu’Il est assis sur le trône de Dieu, mais l’acte de mettre tous ses ennemis sous ses pieds n’est pas encore commencé.

Christ est occupé à un autre travail maintenant. Il appelle les cohéritiers qui doivent être glorifiés, ressuscités ou transmués à sa venue, et doivent régner avec Lui dans son royaume. Le fait de s’assujettir toutes choses n’est pas l’œuvre de la grâce divine, mais de la puissance exercée sur la terre, non pas toujours en destruction, quoique le royaume se termine avec des destructions imminentes, comme nous le voyons ici et en Apocalypse 20. 8 et 9.

Les v. 21 à 24 nous montrent l’effet moral du jugement exécuté contre Gog et ses armées. L’évangile, s’il est reçu, place l’âme en association avec Christ pour le ciel. La vue des jugements servira au Seigneur à enseigner aux nations la justice sur la terre. Israël, lui aussi, a besoin de l’apprendre, et il apprendra que Celui qui agit ainsi est l’Éternel, son Dieu, « dès ce jour-là et dans la suite ». On ne pourra plus douter qu’Israël n’a été emmené en captivité que pour son iniquité et que c’est à cause d’elle que l’Éternel lui a retiré sa faveur et l’a livré à l’épée de ses ennemis. C’est sa rétribution qui explique l’histoire passée du peuple avec toutes ses afflictions.

Mais il y a une perspective brillante pour Israël : je ne parle pas de l’évangile ni de l’Église, où il n’y a ni Juif ni Grec, mais du royaume de la terre, lorsque Israël sera réinstallé dans son pays et occupera la première place entre les nations, en faveur, en paix, en justice, possédant la puissance et la gloire manifestées de l’Éternel (v. 25 à 29).

Une remarque pratique et d’une grande importance pour l’âme peut être faite ici : c’est que Dieu ne cache jamais sa face au chrétien, le croyant possède la vie éternelle en Christ, il se trouve placé dans la pleine efficace de son sacrifice et possède le Saint-Esprit habitant en lui comme un témoin permanent.

Ensuite nous anticipons ce qui sera vrai d’Israël plus tard, au lieu de nous trouver sur le terrain d’épreuve de l’Israël d’autrefois. Mais l’incrédulité traditionnelle de la chrétienté voile, pour les âmes, la vraie grâce de Dieu dans laquelle nous sommes ; cela est vrai pour des croyants qui ajoutent encore l’erreur qui consiste à donner à l’avance à l’Église cette place d’honneur et de bonheur terrestres qui est réservée à Israël sous le Messie, quand la montagne de la maison de l’Éternel sera établie sur le sommet des montagnes, exaltée au-dessus des collines, et que toutes les nations y viendront. L’effet de cette erreur est de faire descendre l’Église du ciel sur la terre, et de méconnaître les espérances d’Israël.

Nous pouvons ajouter que si l’Esprit doit être répandu sur Israël quand le nouvel âge commencera, ce n’est pas alors que les saints seront baptisés en un seul corps. Par un seul Esprit nous avons tous été baptisés en un seul corps, Juifs ou Gentils, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit (1 Cor. 12). En Colossiens 3, il est établi que Christ est tout en tous ; et en Éphésiens 2, que le mur mitoyen de clôture a été détruit, afin qu’Il créât les deux en Lui-même pour être un seul homme nouveau. Mais il n’en sera pas ainsi ici-bas. Au contraire, dans le millénium, les saints juifs seront dans une position plus rapprochée et plus honorée que les Gentils sur la terre. C’est un état qui contraste avec l’état actuel de l’assemblée maintenant : la croix a mis fin à ces distinctions pour le ciel.

Ch. 40

Les derniers chapitres du livre nous présentent une vision des plus remarquables, dans laquelle le prophète nous communique ce qu’il voit pour Israël et son pays : quelque chose de plus grand que sa restauration : la gloire. C’est là la signification toute simple de cette vision, quoiqu’il y ait des détails parfois minutieux, et maintes difficultés comme cela est fréquemment le cas dans ces descriptions. Mais il y a là à peine plus d’obscurité dans les ch. 40 à 48 d’Ézéchiel que dans les ch. 25 à 40 de l’Exode. La difficulté réside dans des circonstances de détail qui sont en dehors de nos habitudes ou de nos études. En réalité, il n’y en a pas dans le plan général, sauf pour ceux qui n’appliquent pas la vision justement. Les détails du temple futur dans le pays ne sont pas plus difficiles à comprendre que ceux du tabernacle d’autrefois dans le désert.

Certains écrivains, comme on le sait, considèrent que la vision s’applique à l’Église d’aujourd’hui. Ils prétendent généralement que nous ne pouvons avoir une compréhension claire d’une prophétie tant qu’elle n’est pas accomplie ; or l’Église a une existence de plus de 1800 ans, ils devraient donc avoir d’abondants matériaux pour leur démonstration. Au contraire, ils sont précisément ceux qui trouvent une difficulté insurmontable à interpréter la prophétie. Il n’y a rien d’étonnant à cela, puisque leur pensée tout entière est erronée. Certains n’en tirent qu’une ingénieuse explication. Ils n’en font pas une vraie exposition ; et leurs remarques doivent les avoir à peine satisfaits eux-mêmes. Un de leurs commentateurs les plus érudits s’exprime ainsi sur une portion de leurs écrits, et nous pouvons l’appliquer à l’ensemble : Personne ne peut expliquer comment il faut le comprendre, et je n’ose même pas faire une supposition. Cet homme doit plutôt être admiré que méprisé pour la confession sincère qu’il fait de leur faillite et de la sienne. Tous les interprètes allégoristes sont sur une mauvaise piste. Il serait étrange qu’une vision symbolique de la chrétienté laisse de côté le jour des expiations, la fête des semaines et l’action du souverain sacrificateur dans la présence de Dieu, ses traits les plus essentiels comme types.

Un grand nombre d’autres écrivains religieux ont essayé, en vain, d’adapter la vision aux Juifs revenus de la captivité de Babylone ; les faits qui se sont réalisés alors sont infiniment au-dessous de ce qui est prophétiquement annoncé. Le résultat inévitable de ces applications, comme celles de l’école précédente est d’abaisser le caractère de la Parole divine. Il y a en effet plutôt un contraste qu’une analogie entre les promesses glorieuses du prophète et la faible réalisation qui en a été faite sous Zorobabel, telle qu’elle est rapportée par Esdras et Néhémie. Non seulement ces interprétations ne sont pas d’accord avec la prophétie, mais elles ont pour résultat de diminuer l’Écriture elle-même. En effet et à plus forte raison, la tendance des deux écoles n’aboutit qu’à miner l’inspiration.

L’un de ces écrivains s’exprime ainsi : « Ézéchiel a eu une vue idéale de l’état des Juifs sur le point d’être restaurés après la captivité ». Mais, demanderons-nous, cet idéal a-t-il été réalisé ? Ne différait-il pas immensément de l’état des Juifs en Palestine après leur retour ? Le temple bâti après la captivité correspondait-il au bâtiment si soigneusement mesuré dans nos chapitres ? Avaient-ils un prince, des prêtres et des sacrifices sans souverain sacrificateur (particularité remarquable dans cette prophétie) tels qu’ils nous sont décrits ? Les Juifs possédaient-ils la gloire revenue dans leur pays ? Les douze tribus, avec les dispositions spéciales prévues pour les sacrificateurs, les lévites et le prince, avaient-elles pris dans le pays la place qui est si soigneusement décrite par le prophète ? Les eaux salutaires coulèrent-elles du temple vers la mer Morte à ce moment-là ? Les sacrificateurs et les Lévites cessèrent-ils d’habiter dans toute la Palestine et demeurèrent-ils autour du sanctuaire, à des endroits assignée à chacun d’eux ? Nous savons qu’aucune de ces choses ne fut réalisée après la captivité.

Le prophète avait sans doute en vue la restauration du temple matériel alors en ruines, ainsi que celle, non seulement du culte, mais de la nation tout entière avec les privilèges les plus riches d’un gouvernant théocratique et pas uniquement spirituel. Sans doute aussi une juste et vraie interprétation supprime-t-elle tout besoin de confondre le chrétien et l’Église avec les espérances d’Israël, mais l’explication la moins satisfaisante est celle qui rapporte tout cela aux cinq siècles qui ont précédé la naissance de Christ, et qui nie l’accomplissement littéral de cette prophétie dans l’avenir, pour Israël dans son pays.

Pas un seul détail de ces visions n’a été réalisé par un seul fait parmi les captifs revenus. Moins de 5000 hommes, femmes et enfants revinrent de Babylone, petit reste d’un résidu, ce ne sont pas les douze tribus que le prophète voit prendre possession de la part qui leur est attribuée dans le pays, sept au Nord, cinq au Sud, dépassant les anciennes frontières de la Palestine, avec Jérusalem entre elles. En tous cas, il n’y a jamais rien eu qui ressemble, de près ou de loin, à la sainte offrande élevée, pas plus d’ailleurs qu’à la division du pays en lots, de l’est à l’ouest, qui est prédite ici.

Le fait est que ceux qui retournèrent de Babylone revinrent à l’ordre existant avant la captivité, et ne réalisèrent en aucune manière la condition particulière prédite par Ézéchiel. Aucun d’entre eux n’apparaît comme étant le prince, alors que le souverain sacrificateur demeure comme auparavant un personnage important ; le pays ne fut pas réparti par le sort au résidu, encore moins à tout Israël, et les étrangers n’y trouvèrent pas plus leur héritage que dans le temps d’autrefois. La Pentecôte était comme jadis une des trois grandes fêtes des Juifs, tandis que la prophétie ne lui fait aucune place. Ces différences sont des plus caractéristiques et prouvent, aux croyants du moins, que la dernière vision attend encore son accomplissement dans l’histoire des Juifs : dire qu’elle ne le sera jamais, c’est s’avouer incrédule, en tout cas quant à la prophétie.

Il est vrai que la vision ne doit pas être regardée comme une description de ce que l’on se rappelait du temple de Salomon – travail bien inutile pour ceux qui possédaient les livres des Rois et des Chroniques. C’est une révélation divine d’une nouvelle condition, lorsqu’Israël sera restauré finalement et pour toujours. C’est un temple matériel, un ordre nouveau important de fêtes, de sacrifices, de cérémonies, de sacrificature, et aussi de constitution générale de la nouvelle capitale et de la nation, dans des circonstances entièrement nouvelles, le tout couronné de la gloire de l’Éternel qui daigne revenir habiter le pays. Mais n’en disons pas plus là-dessus, nous y reviendrons en détail dans l’étude des chapitres.

Il nous faut cependant insister sur ce point : il ne faut pas séparer ces chapitres d’une manière absolue de ceux que nous avons déjà vus. La dernière série, 40 à 48, est la suite glorieuse, naturelle et parfaitement intelligible des prophéties précédentes : cela est tellement vrai que les ch. 33 à 39 la préparent en annonçant, non seulement le jugement, mais aussi l’heureux retour de la nation élue aux derniers jours.

Dans le ch. 33, nous avons vu établir le nouveau terrain de la conduite individuelle devant Dieu, les chefs jugés au ch. 34, et Édom au ch. 35, ensuite au ch. 36 l’annonce de la restauration d’Israël dans son propre pays, avec un nouveau cœur et un nouvel esprit, l’Esprit de Dieu en eux. Nous avons vu la vision, sous forme de parabole, au ch. 37, où les ossements desséchés reçoivent soudain vie et force, et il est dit expressément qu’ils représentent, non pas les chrétiens ou les hommes en général, mais la maison d’Israël sous la figure de la résurrection, ramenée à la vie et placée par l’Éternel dans son propre pays, unie comme elle ne le fut jamais.

Éphraïm et Juda, depuis les jours de Jéroboam, sont sous une seule tête, un roi, sur les montagnes d’Israël. Nous avons eu devant nous la dernière et formidable attaque qui sera faite, contre Israël en train de s’établir en paix en Canaan, par le grand chef du Nord-Est, avec ses myriades qui seront exterminées par l’intervention divine (ch. 38 et 39) et l’Éternel sera ainsi glorifié par son peuple sur la terre.

Suit la dernière vision bien à sa place et dans laquelle est établie avec précision la constitution religieuse et civile d’Israël. La gloire prendra une fois encore sa place au milieu du peuple, son sceau ne sera plus jamais brisé jusqu’à ce que la bénédiction soit complète et éternelle, jusqu’à ce que le jugement ne trouve plus de mal à juger. La plupart des chrétiens sont arrêtés par cet obstacle : la simple prédiction des sacrifices, des fêtes et autres ordonnances d’après la Loi lévitique. Ils pensent qu’il faut les expliquer de manière qu’elles ne soient pas en désaccord avec l’épître aux Hébreux. Mais cette idée suppose qu’il ne peut pas y avoir de changement de dispensation et que, parce que nous sommes chrétiens, ceux que vise la prophétie doivent se trouver dans la même relation que nous. C’est une erreur, car l’épître en question s’adresse aux croyants depuis la rédemption, pendant que Christ est dans les lieux célestes jusqu’à son retour en gloire.

La prophétie d’Ézéchiel, au contraire, est occupée du peuple terrestre et suppose la gloire de l’Éternel habitant de nouveau dans le pays de Canaan. La vérité est que la bénédiction d’Israël et celle des Gentils – seulement subordonnée à celle des Juifs dans cette prophétie et dans presque toutes les autres – est un état de choses en contraste avec le christianisme où Il n’y a ni Juifs ni Gentils, mais où tous sont dans le Christ Jésus. Ainsi le terrain et la position sont tout différents de ce que nous avons dans l’épître aux Hébreux.

Des sacrificateurs terrestres, distingués du peuple, dans une position toute spéciale vis-à-vis du prince, un sanctuaire matériel avec des sacrifices et des holocaustes tangibles sont clairement énoncés par Ézéchiel ; ils sont évidemment tout à fait étrangers au christianisme. Ils sont les uns et les autres incompatibles avec la doctrine de l’Épître pour ceux qui sont « participants à l’appel céleste » mais ne seraient-ils pas à leur place pour ceux qui sont de l’appel terrestre, quand l’Éternel choisit de nouveau Jérusalem et que la gloire habite le pays ? C’est là la vraie question.

Nous reconnaissons pleinement que les sacrifices ne vont pas avec notre foi en la seule offrande qui nous a rendus parfaits à perpétuité. Un temple sur la terre ne s’accorde pas avec le vrai tabernacle que le Seigneur a fait et non pas l’homme, et dans le sanctuaire duquel, maintenant que le voile est déchiré pour nous, nous sommes invités à entrer hardiment. D’ailleurs l’affirmation d’une sacrificature terrestre pour des chrétiens est, en principe sinon en fait, la négation de la proximité de Dieu par le sang de Christ, et de l’évangile tel que nous le connaissons.

Mais la venue du Seigneur pour régner sur la terre, amènera nécessairement des changements profonds d’une immense importance. C’est là le grand objet de toute prophétie, qui met en avant la nouvelle condition dans laquelle se trouve Israël à la tête des nations, sous le Messie et la nouvelle alliance, l’Église ayant disparu de la terre, et en fait régnant sur elle avec Christ, dont elle est l’Épouse alors glorifiée.

Les prophètes, d’Ésaïe à Malachie, mettent en lumière pour ce jour glorieux, un temple terrestre avec des sacrifices, une sacrificature et des cérémonies appropriées. Ce n’est pas là le christianisme ; qui oserait, en ayant une telle nuée de témoins inspirés, prétendre qu’un état de choses n’est pas en accord avec la vérité et pour la gloire de Dieu dans ce jour ? Il est vain de se retrancher derrière la ressource habituelle, l’incrédulité, ce nuage qui voile la prophétie non accomplie. Non, pour l’incrédulité toute écriture est obscure ; pour la foi elle est la lumière de Dieu, communiquée par des hommes qui avaient reçu de l’Esprit Saint le pouvoir de le faire.

Et la difficulté particulière du cas présent réside seulement, si nous en croyons l’apôtre Paul, dans la présomption de la chrétienté, qui présume que la chute des Juifs est définitive, et que les Gentils les ont supplantés pour toujours. La vérité est que Dieu n’épargnera pas les Gentils dans leur incrédulité actuelle qui ne fait que croître, mais dans sa grâce il appellera sûrement, et avant longtemps, Israël à la repentance. Ceux qui maintenant attendent Christ, avec les saints ressuscités, serons enlevés vers Lui, et le Libérateur viendra de Sion et ôtera l’impiété de Jacob. Si le Roi des rois et Seigneur des Seigneurs prend une position si nouvelle, il serait singulier que tout ne soit pas changé en conséquence, et en accord avec cette position.

C’est précisément ce que les prophètes montrent, en contraste avec l’épître aux Hébreux, comme avec les autres épîtres apostoliques. Notre sagesse est d’apprendre de Dieu par sa parole et son Esprit, et non pas de juger l’Écriture par des conclusions tirées de notre propre position, de nos circonstances, ou même de notre relation avec Dieu. Laissons la place aux diverses évolutions et manifestations de sa gloire dans les siècles à venir, au lieu de faire de ses voies actuelles, si profondes et bénies qu’elles soient, quelque chose d’exclusif : c’est un piège bien naturel pour l’esprit étroit et égoïste de l’homme.

Venons-en maintenant au préambule de la vision (v. 1 à 4). Son but est bien évident. La vision concerne les espérances d’Israël lorsqu’il est ramené dans son pays, elle leur montre comme sera complète l’œuvre dans les derniers jours (malgré leurs péchés d’autrefois), surtout en rapport avec la présence de Dieu dans un sanctuaire nouveau et approprié, une présence qui ne sera plus jamais perdue, d’autant moins lorsque viendront l’éternité, les nouveaux cieux et la nouvelle terre dans toute la force de ces termes.

On peut résumer ainsi les quatre principales interprétations qui ont été données de ces chapitres (11 à 18).

– L’interprétation historique littérale qui en fait une description prosaïque destinée à conserver le souvenir du temple de Salomon ;

– L’interprétation historique idéale qui prédit d’une manière vague, un avenir de bonheur ;

– La théorie juive qui assume que l’idée a été effectivement adoptée par le résidu rentré au pays.

– L’hypothèse chrétienne ou allégorique, celle de Luther et d’autres réformateurs, généralement suivie par beaucoup aujourd’hui, qui s’efforce de découvrir dans ces chapitres un immense système symbolique du bonheur qui est en réserve pour l’Église.

Mais tout cela laisse de côté une cinquième explication, la seule véritable, je n’en doute pas, qui voit dans ces chapitres la conclusion nécessaire de toute la prophétie, et spécialement des chapitres qui précédent la prédiction du complet rétablissement, dans les derniers jours, d’Israël converti et en possession de toutes les bénédictions promises pour toujours dans son pays, avec la gloire de l’Éternel au milieu de lui. C’est là le seul accomplissement messianique convenable de la vision qui doit être prise dans sa signification simple, juste et littérale, symbolique ou figurée suivant que l’indique le contexte de chaque passage.

Nous avons donc ici la description des mesures des parvis du temple et de leurs dépendances, avec une suite au ch. 42 qui peut être considérée comme terminant la première partie de la description et qui est importante en ce qu’elle détruit la notion qu’il y avait eu – qu’il pouvait y avoir – une ressemblance réelle entre la vision prophétique d’Ézéchiel et un temple réalisé auparavant. Le mur en dehors de la maison (v. 5) n’est pas mesuré avant que nous arrivions à la fin du ch. 42, où il est dit qu’il a 500 cannes de chaque côté, ce qui, donné avec l’exactitude la plus expresse, ne peut être considéré comme une hyperbole sans ébranler le caractère du prophète et de toute l’Écriture ; c’est-à-dire que l’enceinte est considérablement plus grande que la cité toute entière. Comment cela peut-il se faire, nous le verrons peut-être quand nous en viendrons à ce passage.

Il suffit ici de remarquer que le temple décrit par Ézéchiel doit être vu dans l’avenir, comme tout ce qui l’entoure. On peut bien concevoir un tabernacle déjà réalisé comme type des choses actuelles célestes en Christ ; mais ici c’est une prophétie de ce qui trouvera son accomplissement pour Israël dans son pays, lorsque l’Église aura été transmuée à la venue de Christ et régnera avec Lui sur la terre. Il n’y a point de place ici pour une application allégorique ; nous avons vu déjà que la théorie juive est une impossibilité, et nous pouvons repousser le vague idéal comme une véritable infidélité. Quant aux prophètes, les disciples aujourd’hui comme ceux de jadis, sont lents de cœur à les croire.

L’application de cette description à l’avenir est, non seulement la seule raisonnable, mais véritablement la seule possible. En même temps, tout en maintenant que l’évidence est en faveur du temple futur sous le Messie, dans la nouvelle alliance, nous admettons qu’il peut y avoir maintes leçons de vérité et de justice cachées dans le bâtiment et dans les cérémonies et l’ordre général décrits ici, sans accepter cependant les fantaisies de certains, et la confusion de tous les temples de l’Écriture, ceux de Salomon, de Zorobabel, d’Hérode et d’Ézéchiel. Mais en présence de ces interprétations erronées, nous devons veiller avec vigilance de peur que nous ne pervertissions la sainte Parole de Dieu.

Il y a peu de remarques à faire sur les détails de notre chapitre. Dès la première partie (v. 6 à 16) la porte orientale est mesurée, le seuil et les piliers, le portique au dedans et au dehors, les chambres des deux côtés, la largeur de l’entrée, la longueur de la porte et des piliers, la canne mesurant 6 coudées.

Dans la seconde partie (v. 17 à 23), où nous avons le parvis extérieur, il mesure la porte qui regarde vers le Nord, ses chambres, ses piliers, ses portiques, ses degrés, ainsi que la distance entre la porte du parvis intérieur et celles qui lui faisaient vis-à-vis du côté de l’Orient et du Nord.

Dans la troisième (v. 24 à 27) nous avons la mesure de la porte du Midi du parvis intérieur. Cette porte est mesurée (v. 28 à 31) de la même manière, ainsi que celle de l’Orient et du Nord (v. 35 à 38). Puis vient la description (dans les v. 38 à 43) des chambres et des entrées auprès des piliers des portes, et des huit tables de pierres de taille sur lesquelles on égorgeait l’holocauste, quatre de chaque côté, et (v. 44 à 47) les cellules en dehors de la porte pour les sacrificateurs qui font l’acquit de la charge concernant l’autel (le parvis lui-même ayant cent coudées de côté, avec l’autel devant la maison). Le chapitre se termine avec la mesure du portique de la maison (v. 48 et 49).

On remarquera que ce sont les fils de Tsadok qui font le service de la maison. Ils avaient la charge de cette sacrificature perpétuelle, qui appartenait à la descendance d’Ithamar, selon le jugement de l’Éternel annoncé à Éli, après qu’Abiathar eut pris part à la rébellion d’Absalon. Nous trouverons la même restriction tout du long de la vision (voyez ch. 43. 19 ; 44. 15 ; 48. 11).

Ch. 41

Il est frappant de voir que notre prophète ne mentionne ni l’or ni l’argent dans sa description du temple. Tous les deux cependant occupaient une place importante dans le tabernacle de jadis, et l’emploi de l’or est caractéristique dans le bâtiment de Salomon. Pourquoi ?

L’or semble être toujours dans l’Écriture le symbole de la justice divine, non pas dans le sens de jugement exercé sur la terre pour la vengeance de Dieu (cela est plutôt représenté par l’airain), mais symbole de ce dont nous nous approchons dans les lieux célestes. De là la différence entre l’autel des holocaustes et celui de l’encens – mais la pleine signification de l’or se trouve dans l’arche avec son propitiatoire d’or pur.

Quant à l’argent, nous le trouvons dans certaines parties du tabernacle, comme les bases du lieu saint, les crochets des piliers et les baguettes d’attache. Il est le type de la grâce, étant la monnaie de la rançon d’Israël. Nous voyons donc que l’argent, aussi bien que l’or, conviennent à ce qui représente le tabernacle pour le peuple traversant le désert, que l’or seul (et non pas l’argent) caractérise la cité céleste du ch. 12 de l’Apocalypse, tandis que aucun des deux métaux n’est mentionné par le prophète dans sa description du sanctuaire millénaire. On ne peut pas douter pourtant de la présence de l’or dans ce temple, mais cette omission est d’autant plus frappante.

Il y a peu à dire sur ce chapitre dans le but que nous poursuivons. Le prophète est amené du parvis en vue du temple lui-même puis à l’intérieur, et en note toutes les mesures. On remarquera que les symboles employés ici expriment la puissance judiciaire (les chérubins) et la victoire (les palmiers) qui sont particulièrement appropriés au temps millénaire.

Au v. 22 nous lisons que l’autel de bois était haut de 3 coudées, et que « c’est ici la table qui est devant l’Éternel. Cette identification de l’autel avec le nom de la table des pains de proposition est remarquable ; le lecteur peut comparer à ce sujet Malachie 1. 7 et 12. Puis les v. 23 à 26 nous montrent les portes par lesquelles on accédait au temple et au lieu saint, un accès jusqu’à Dieu, totalement différent de ce que nous connaissons, nous qui estimons le sacrifice de Christ d’après sa valeur dans les cieux, et y entrons à travers le voile déchiré. Pour Israël, bien que certainement racheté, la barrière sera à nouveau dressée.

Ch. 42

La mesure de la maison ou du sanctuaire étant terminée, le prophète visite les cellules ou chambres pour les sacrificateurs ; il y a pour ceux-ci des règles expresses : c’est là qu’ils doivent manger, c’est là qu’ils doivent déposer les choses très saintes, c’est là qu’ils doivent ôter et remettre leurs vêtements.

Le paragraphe final présente une petite difficulté, certains lisant cinq coudées, là où nous avons « cinq cents cannes ». Sans doute cet espace serait beaucoup plus grand que le mont Morija d’aujourd’hui, mais le croyant, qui peut d’après la prophétie s’attendre à d’importants changements physiques, ne s’y arrête pas.

Ch. 43

Une scène incomparablement plus élevée s’ouvre maintenant devant le prophète. La gloire de l’Éternel se déploie et revient habiter au milieu de son peuple. C’est le signe du retour de Dieu à Israël, qu’Il avait quitté depuis la transportation des Juifs à Babylone.

Mais le retour du peuple de Babylone, pas plus d’ailleurs que la mission du Messie, ne satisfont la prophétie. Jérusalem est foulée aux pieds des nations jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. Le Fils de l’homme, à son apparition, rassemblera Israël et jugera toutes les nations. L’Éternel gouvernera alors la terre, avec Jérusalem comme centre terrestre – le retour de la gloire en est le symbole.

À son départ, les Juifs ont cessé d’être reconnus comme le peuple de l’Éternel mais lorsque, sous le Messie et la nouvelle alliance, ils sont ramenés, la gloire revient. Il n’y a pas de plus grande erreur que de penser que cette vision s’applique à la première venue de Christ en humiliation, quand les Juifs l’ont rejeté et crucifié. La prophétie exige que nous croyions que la gloire reviendra effectivement. Cela n’a pas eu lieu quand les Juifs revinrent en Judée par l’effet de la proclamation de Cyrus, et pas davantage lorsque le Seigneur Jésus était ici ; cela aura lieu quand II viendra pour régner. Le gouvernement de Dieu sera alors établi et fleurira aussi longtemps que durera la terre, car il reposera sur Christ, et non sur le premier homme sous la loi, mais avec la grâce comme fondement, « la gloire habitera le pays » et cela pour toujours. Ce n’est qu’alors et pas avant, que la création se réjouira. En attendant elle soupire, mais avec espérance, car elle sera délivrée ; et Christ est le seul libérateur, à sa venue en puissance et en gloire. L’Esprit travaille actuellement en témoignage.

Dieu avait une habitation au milieu d’Israël de jadis, après avoir opéré la rédemption pour lui et l’avoir fait sortir du pays d’Égypte.

Aussitôt après, dès qu’ils sont délivrés de la maison de servitude, ils se mettent à chanter ses louanges : « Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté, tu l’as guidé par ta force jusqu’à la demeure de ta sainteté. Tu les introduiras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi » (Ex. 15. 1 à 17). Mais il y avait là plus que de l’anticipation, car il ajoute, ch. 24. 45 et 46 « Et j’habiterai au milieu des fils d’Israël, et je serai Dieu, et ils sauront que moi, l’Éternel, je suis leur Dieu qui les ai fait sortir du pays d’Égypte, pour habiter au milieu d’eux ».

Le temple était en substance le même, seulement il était approprié à l’établissement d’Israël dans le pays, et n’était plus le tabernacle qui errait çà et là dans le désert avec les Israélites. Dans les deux cas, de même qu’il n’y avait là qu’une rédemption extérieure, son habitation était pour ainsi dire extérieure aussi, et était liée à leur fidélité comme témoins du seul vrai Dieu et à leur responsabilité sous la loi. Le résultat a été la ruine, comme c’est toujours le cas pour le premier homme.

Ensuite, au temps marqué, vint le Seigneur Jésus, le Fils de l’Homme, le vrai temple de Dieu, Lui, le Saint de Dieu. Hélas ! il fut rejeté, et toutes les espérances d’Israël et de l’homme dans la chair furent ensevelies dans son tombeau. Mais la grâce de Dieu opéra la rédemption par Lui, crucifié, et une nouvelle habitation pour Dieu fut formée en ceux qui confessent son nom, Juifs ou Gentils, « édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l’Esprit ». C’est l’assemblée, et elle continue, quelle que soit la ruine de ce temple saint.

Mais ce dont parle Ézéchiel n’est aucune de ces choses, mais l’habitation que l’Éternel fera pour Lui-même « dans le pays des fils d’Israël pour toujours ». C’est ce que nous trouvons fréquemment dans les derniers psaumes, particulièrement dans le Psaume 132. C’est encore une chose non accomplie.

Pourquoi pense-t-on que c’est chose incroyable que Dieu puisse ainsi habiter au milieu d’Israël ici-bas ? Nous ne doutons pas qu’il forme maintenant un corps en vue du ciel, en vue de la rédemption en Christ. Mais la grâce sera à l’œuvre en puissance pour Israël et les nations, comme elle l’est aujourd’hui pour l’Église, afin que tout l’univers puisse connaître les vertus du sang de Christ et reconnaisse la gloire de Dieu dans la bénédiction de la création autrefois asservie à la corruption, mais délivrée alors de son long esclavage. Le mal moral et la corruption religieuse disparaîtront. Tout sera à la gloire de Celui qui seul est digne. Le peuple qui pendant si longtemps avait apporté le trouble sur la terre, sera honteux de sa souillure et de sa rébellion contre l’Éternel et sera dans ce jour-là le témoin de sa grâce bien plus encore qu’il ne l’a été de sa colère.

Le prophète reçoit donc l’ordre de placer devant Israël le temple dans toutes ses mesures, afin qu’il puisse voir de quoi l’avait privé son iniquité. La vision agira profondément sur eux dans l’avenir (v. 10 à 12). La sainteté doit régner en ce jour-là bien plus encore qu’autrefois (comp. Zach. 14). Nous voyons ensuite les mesures de l’autel, puis les ordonnances relatives aux holocaustes et l’aspersion du sang.

Nous avons déjà dit qu’il est vain d’appliquer cette description au retour du peuple de Babylone. Mais la suite le montrera encore davantage. Le présent chapitre le prouve déjà : il n’y a pas eu de retour de la gloire.

Les Juifs gémissaient alors sous le joug des nations. Encore moins cela peut-il s’appliquer dans la suite, après la destruction de la ville par les Romains. L’accomplissement est à venir. Israël retournera dans son pays, sera converti et béni sous l’Éternel et sous Dieu, mais, en tant qu’Israël et non en tant que chrétiens. Les chrétiens juifs ou gentils appartiennent à Christ dans le ciel, il n’y a aucune différence, et c’est pourquoi un des traits caractéristiques du christianisme, c’est que de telles distinctions disparaissent tant que Christ est la Tête dans le ciel, et que son corps est en formation sur la terre par le Saint-Esprit envoyé d’en-haut.

Lorsque les visions d’Ézéchiel seront accomplies, ce sera le règne de l’Éternel-Jésus sur la terre, et la distinction d’Israël d’avec les nations sera rétablie pour la bénédiction sous la nouvelle alliance, non pas pour la malédiction sous la Loi comme autrefois. Ceux qui appliquent cette prophétie, en même temps que l’épître aux Hébreux, aux chrétiens, détruisent la force de l’une et de l’autre. Le résultat en est qu’on est à moitié juif et à moitié chrétien. Tel est l’aspect de la chrétienté pour le déshonneur du Seigneur, la détresse de nos âmes et l’affaiblissement de la Parole de Dieu.

Nous devons donner à chaque Écriture sa propre valeur et, tout en restant attachés comme chrétiens à la doctrine de l’épître en ce qui nous concerne nous-mêmes, nous pouvons nous réjouir des brillantes anticipations du prophète pour Israël. Le peuple céleste se repose sur un seul sacrifice et pénètre dans le saint des saints, où Christ est à la droite de Dieu. Mais le peuple terrestre aura un sanctuaire et un pays qui lui conviennent, et tel sera l’ordre de son culte.

Les v. 18 à 27 nous donnent les ordonnances de l’autel après que nous en avons vu les mesures. Il y est question de sacrificateurs ; ils sont désignés également comme étant des Lévites et de plus comme étant de la semence de Tsadok, et le service de l’autel leur est confié. Tous les sacrifices se suivent dans leur ordre : sacrifice pour le péché, holocaustes, sacrifice de prospérité. C’est le renouvellement du sacrifice lorsque la terre et Israël sont soumis au règne du Messie manifesté en gloire, et gouvernant en justice et en paix.

C’est l’apostasie du ritualisme de chercher à introduire maintenant le système des sacrifices, alors que nous sommes appelés à nous en tenir dans la foi au seul sacrifice de Christ accepté dans le ciel. Mais nous ne devons pas fermer les yeux à la révélation de ce jour à venir pour la terre, où Dieu sanctionnera pour Israël sacrificateur et peuple, sacrifice et autel. Si nous sommes incapables d’expliquer toutes les différences, nous sommes en tous cas obligés de nous soumettre aux Écritures, qui sont absolument simples dans leur signification, tant pour nous aujourd’hui que pour Israël plus tard. Nous soumettre en toute simplicité à Christ et à sa parole est le secret de toute intelligence, qui a son prix aux yeux de Dieu.

Ch. 44

Le prophète est ramené à la porte qui regarde l’Orient. Cette fois elle est fermée. Auparavant quand il l’avait vue, la gloire de l’Éternel venait par ce même chemin dans la maison et la remplissait (v. 1 à 3). L’entrée de l’Éternel, le Dieu d’Israël, suffisait pour fermer cette porte à tous, excepté à son représentant. Car il aura un représentant sur la terre – le prince – et ce prince s’y assiéra pour manger le pain devant l’Éternel. Il aura l’honneur d’entrer et de sortir par le portique de cette porte.

Aucun souverain sacrificateur n’a jamais pu réclamer ce droit. En fait, ce n’est pas un sacrificateur, mais le prince, le chef terrestre d’Israël. Nous apprendrons davantage à son sujet dans les ch. 45 et 46. Il suffit de dire ici qu’il n’est certainement pas le Messie, car quoiqu’il soit entièrement distinct d’un sacrificateur, il a besoin d’offrir un sacrifice pour le péché, et peut avoir des fils. Sans doute il sera un prince de la maison de David.

Et je vis, et voici, la gloire de l’Éternel remplissait la maison de l’Éternel; et je tombai sur ma face » (v. 4). C’est visiblement le royaume. Le prince sera là, de même la gloire de l’Éternel. Jusqu’à présent on n’a rien vu de semblable, sinon en type une fois dans les jours de Salomon ; il y a de plus grandes choses en réserve pour Israël. Les hommes n’ont pas compris la différence entre les ordonnances et les lois de la maison données ici, et les circonstances passées du temple (v. 5). Ils ont omis « d’appliquer leur cœur à considérer » et ont tout confondu avec ce qui a été. Le Saint-Esprit seul peut nous montrer les choses à venir selon Dieu.

D’après les v. 6 à 8, on ne suivra plus désormais les idoles. Israël en aura fini avec toutes ses abominations. Il n’y aura plus d’intrigues au sujet de la sacrificature et l’on ne rompra plus l’alliance de l’Éternel. La sainteté sera observée dorénavant dans la maison de l’Éternel pour toujours. Ici il leur rappelle leurs péchés. Les Lévites qui se sont détournés sentiront leur honte dans les jours du royaume. Ils sont dégradés de leur office – au moins dans la partie la plus élevée – et ne sont autorisés à faire qu’un service secondaire pour le sanctuaire. Triste contraste avec les jours de Moïse !

Mais ce sont les jours du royaume et la justice règne. La réputation de jadis ne suffit pas. Si leurs fils ont marché infidèlement avant l’apparition de l’Éternel en gloire, ils doivent en porter les conséquences. L’Éternel sera exalté en ce jour-là, et ceux qui se sont humiliés, Il les exaltera.

S’il fallait des preuves pour connaître la juste application de la vision finale (ch. 40 à 48) on ne pourrait en trouver de plus simples et de plus décisives qu’aux derniers versets de ce chapitre. Ce n’est nullement un ministère pour prêcher les bonnes nouvelles de Dieu en grâce pour établir les enfants de Dieu dans sa vérité ou dans leurs privilèges. Le temps de l’Église aura passé avant que cette prophétie commence à se réaliser, aussi sûrement qu’il a commencé longtemps après que cette prophétie a été écrite.

C’est en vain que l’on avance que, dans le christianisme, il y a des sacrificateurs, cela ne désigne pas une classe de fonctionnaires chrétiens qui représentent leurs frères et jouissent d’une plus grande proximité de Dieu que les autres. C’est la sacrificature mystique de ceux qui croient en Christ. Ils ont tous la liberté de s’approcher de Dieu, étant les uns et les autres approchés par le sang de Jésus.

Affirmer une relation d’une plus grande proximité pour quelques-uns, c’est la nier – non seulement pour les autres mais pour tous ; d’autant plus que son essence même est que la grâce place tous ceux qui sont de Christ dans la même perfection absolue par son sang. L’efficace de son sacrifice est complète, sans changement, éternelle. L’enseignement du Nouveau Testament est que tous ceux qui croient sont sacrificateurs.

C’est le même sang précieux qui a effacé leurs péchés, qui les a approchés de Dieu. Ils sont en Christ devant Lui.

Il n’y avait aucune différence dans leur état de péché, de même il n’y en a aucune quant à leur accès à Dieu, c’est pourquoi nous avons tous libre accès dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a ouvert à travers le voile, c’est-à-dire sa chair. Nous sommes une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices perpétuels à Dieu par Jésus-Christ, une sacrificature royale pour publier les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Mais ici, c’est une partie favorisée du peuple élu qui pouvait représenter la masse, là où les autres ne pouvaient aller, et comme c’est une sacrificature terrestre, les sacrifices le sont aussi. La graisse et le sang (v. 15 et 16) selon la Loi étaient la portion de l’Éternel : cela est indiqué minutieusement en Lévitique 3 et 7 au sujet du sacrifice de prospérité. On a fait remarquer que bien que l’autel dans l’Ancien Testament soit désigné comme la table du Seigneur, elle n’est pas appelée son autel. L’autel de jadis pouvait à juste titre être appelé sa table, parce qu’on y plaçait et y consommait « le sacrifice fait par feu à l’Éternel ». Cela ne s’applique en aucune manière au Nouveau Testament où il n’est pas question de pareille offrande, mais bien de la communion de l’Assemblée dans le sanctuaire de Christ, en annonçant sa mort.

Les détails confirment les remarques que nous venons de faire. Ainsi il était enjoint aux sacrificateurs de porter des vêtements de lin, tandis que la laine leur était interdite. Leurs vêtements ordinaires étaient pour l’extérieur, mais pour leur service ils devaient porter les vêtements sacerdotaux, et les déposer dans les cellules saintes. Ils ne devaient ni raser leurs têtes, ni porter les cheveux longs, ni boire de vin quand ils entraient dans le parvis intérieur. Ils ne devaient pas épouser une veuve sauf celle d’un sacrificateur, mais une vierge de la maison d’Israël (v. 17 à 22). Tout cela est clairement une répétition de l’ordre lévitique pour les prêtres terrestres d’Israël, dans les jours du futur royaume, avec cette aggravation que les conditions du mariage ne concernant que le souverain sacrificateur, s’appliquent à tous les sacrificateurs. Mais dans leur signification littérale, ces préceptes ne concernent en rien les chrétiens, et encore moins une classe parmi les chrétiens.

Leurs devoirs, comme on le voit ensuite s’étendent aux questions du cérémonial et aux questions judiciaires (v. 23 et 24). La Loi relative à la souillure contractée pour un mort, subsiste aussi rigide qu’auparavant (v. 25 à 27). La mort sera dans ce temps-là rare et exceptionnelle, mais c’est une raison de plus pour que les sacrificateurs ne doivent en aucune manière être placés sous son pouvoir.

Ils seront satisfaits d’avoir l’Éternel pour héritage, au lieu de la part charnelle qu’avait l’Israélite.

Mais ils recevront leur portion des offrandes de l’Éternel, de tout ce qui est voué à Dieu et des prémices de tous les premiers fruits, en s’abstenant de ce qui est mort de soi-même, ou de ce qui a été déchiré (v. 28 à 31). Il n’est sûrement pas utile de démontrer que ces règlements seront entièrement en vigueur quand la gloire de l’Éternel visitera et gouvernera la terre. Ils ne peuvent être appliqués dans le ciel, ou à ceux qui participent à l’appel céleste.

Tout ramène à Christ. S’Il est connu de la foi, pendant qu’Il est dans les hauts lieux sur le trône du Père, une relation céleste se trouve formée, et « tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes ». Mais quand Il sera manifesté en gloire et prendra la terre, il y aura un changement correspondant dans la position qu’occupera son peuple. Ce dernier ne sera pas un peuple céleste, mais terrestre, le Saint Esprit ne les formera pas en un seul corps avec une tête céleste, mais il les placera, en tant qu’Israël et nations, dans leurs positions respectives et distinctes ; la vieille inimitié et la jalousie auront disparu sous le règne de Celui que tous reconnaissent comme l’Éternel, roi sur toute la terre. De là vient aussi que les distinctions terrestres des sacrificateurs et lévites, avec les autres traits distinctifs d’un culte terrestre, sont établies suivant la volonté de Dieu, au lieu de la proximité céleste des chrétiens d’aujourd’hui.

Ch. 45

Ce chapitre nous donne un trait caractéristique de l’âge nouveau, l’offrande élevée mise à part pour l’Éternel (v. 1 à 5). L’Éternel réclame son droit comme possession reconnue du pays, mais Dieu assigne cette offrande au sanctuaire de son peuple et à ceux qui y rendent culte, sacrificateurs ou lévites. C’est quelque chose de tout nouveau pour le millénium, dans le passé rien de semblable n’a été connu.

D’après les v. 6 à 8, Israël a sa part dans la possession de la ville, le prince la sienne, et les tribus la leur dans le pays en général. L’Éternel lie le système tout entier de son peuple, civil et religieux, à son nom. Désormais l’oppression sera aussi inconnue que la corruption dans le culte. Mais cela n’en est pas moins clairement la terre et un peuple terrestre. Les choses célestes n’ont pas de place là.

Cela nous amène à une exhortation morale, adressée à ceux de la maison du prince (v. 9 à 12). Dieu daigne régler toutes choses pour son peuple sur la terre, rien ne reste en dehors de sa connaissance. Ensuite les redevances religieuses sont décrites avec précision (v. 13 à 17). Les positions relatives du prince et du peuple sont ainsi définies, il n’y a aucune confusion, mais leurs intérêts sont communs et ne pourraient être séparés.

Nous en arrivons aux temps et aux saisons tels qu’ils devaient être observés par Israël. Et nous remarquons tout de suite un ordre nouveau pour la purification du sanctuaire (v. 18 à 20). Ce n’est plus maintenant un témoignage au commencement de leurs mois, ni une expiation au septième mois. L’année s’ouvre à son premier jour avec une offrande qui nous présente Christ dans son dévouement sans tache, souffrant pour le péché, cela est répété le septième jour pour celui qui pèche par erreur et pour le simple, afin qu’aucun de ceux-là ne soit privé de la jouissance de Dieu et de ses privilèges.

Mais il y a les fêtes aussi bien que la propitiation pour la maison. Dieu remet en vigueur la Pâque. C’est la grande institution qui ne change pas, pour son peuple, commencée en Égypte, observée dans le désert, célébrée dans le pays, et après un long temps d’indifférence de nouveau par Ézéchias, puis par Josias et maintenant nous voyons que dans le royaume, Israël devra célébrer la fête de sept jours avec des pains sans levain (v. 21 à 24).

Il n’y a pas ici des milliers de bœufs et de brebis offerts volontairement d’un cœur libre, mais le prince et tout le peuple, le 14ème jour du premier mois, sont identifiés comme ils ne l’ont jamais été auparavant dans un seul taureau pour le sacrifice pour le péché, tandis qu’en chacun des sept jours le prince doit offrir un holocauste complet, avec son signe de parfaite consécration à l’Éternel, et son sacrifice journalier pour le péché, et non sans le sacrifice sanglant approprié.

Chose frappante, la fête des semaines n’apparaît nulle part. Il y a des personnes qui conçoivent le millénium comme le temps particulier du don de l’Esprit, et qui pourraient naturellement s’attendre à ce que cette fête des semaines fût la plus importante de toutes. Mais elle est entièrement omise et cela est solennellement instructif.

Le don de l’Esprit a été et est la caractéristique de ce jour de grâce où nous devons marcher par la foi et la patience, plutôt que du jour où le royaume vient en puissance. Cela ne veut pas dire que le Saint Esprit ne sera pas répandu sur toute chair, car les prophètes le disent explicitement. Mais Il est descendu maintenant, non seulement en puissance et en bénédiction, mais baptisant tous ceux qui croient, Juifs et Gentils, en un seul corps, le corps de Christ, tête glorifiée de l’assemblée dans les lieux célestes.

Il n’en sera pas ainsi dans ce jour futur. Israël et les nations seront bénis et se réjouiront ensemble; mais une union comme celle du « seul corps » n’est pas annoncée. Ils seront chacun sur son propre terrain, formant des cercles distincts quoique bénis, autour de leur Seigneur et Dieu, dont le trône terrestre sera à Jérusalem en ce jour-là. Il me semble donc qu’il est très naturel que la Pentecôte ne se trouve pas dans ce temps de bénédiction pour la terre, car elle a trouvé son accomplissement le plus élevé et le plus riche dans l’Assemblée de Dieu unie à Christ dans les lieux célestes.

Mais la fête des tabernacles se retrouvera sûrement. Elle est prescrite à nouveau ici et au temps habituel (v. 25). Le sens de l’œuvre de Christ est pleinement maintenu, comme dans la Pâque, mais la fête qui aura la signification la plus complète alors est clairement le grand rassemblement qui se réjouira devant l’Éternel après la moisson et après la vendange (cf. Apoc. 14) lorsqu’ils regarderont en arrière vers les jours de leur pèlerinage passé pour toujours. C’est la bénédiction d’Israël lorsque la gloire resplendit sur Sion.

Ch. 46

Ce chapitre nous donne de nouveaux détails sur le culte public du millénaire dans le sanctuaire, pour le prince, le peuple et les sacrificateurs une place toute particulière étant faite aux sabbats et aux nouvelles lunes.

La porte du parvis intérieur qui regarde vers l’Orient devait toujours être fermée, sauf le jour du sabbat et le jour de la nouvelle lune. La raison pour laquelle ces deux jours ont une place si importante est évidente. Ceux qui sont de Dieu n’ont plus désormais à entrer dans le repos, car ils y sont arrivés. Le jour est venu, le peuple de Dieu n’a plus besoin de garder le sabbat. La gloire habite le pays, et les fils d’Israël sont rassemblés de partout, de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Sud. Dans le désert ils avaient suivi un chemin solitaire, sans trouver de cité où habiter – tout cela est passé et pour toujours ; ils ont été conduits par le bon chemin et sont arrivés à une ville d’habitation, à sa ville, car c’est là le vrai nom dont elle peut se parer ; comme nous allons le voir, l’Éternel est là.

« En ce jour-là, il sera dit à Jérusalem : ne crains pas Sion, que tes mains ne soient pas lâches ! l’Éternel ton Dieu, au milieu de toi, est puissant, il sauvera, il se réjouira avec joie à ton sujet, il se reposera dans son amour, il s’égaiera en toi avec chant de triomphe » (Soph. 3. 16). C’est pourquoi le sabbat a tout naturellement beaucoup d’importance, et le jour de la nouvelle lune aussi. Israël, qui pendant si longtemps avait décru pour finalement disparaître, renouvelle maintenant sa lumière, pour ne plus jamais la perdre. La nouvelle lune représente donc très justement Israël restauré à ce moment et toujours.

Il était convenable que le prince et le peuple adorent, comme nous le voyons aux v. 2 et 3, devant l’Éternel. Mais même le prince n’entre pas, il se tient près des poteaux de la porte, il rend son culte sur le seuil. Il ne peut pas s’approcher comme nous le faisons maintenant en Esprit au travers du voile déchiré, car le peuple a sa bénédiction sur la terre et non dans les lieux célestes.

L’ordre des sacrifices dans les circonstances ordinaires est exposé aux v. 4 à 8. Il y a pourtant une différence dans les solennités (v. 9 à 11) ; le prince entre et sort au milieu du peuple, tandis que (v. 12), quand il offre un sacrifice volontaire, la porte de l’orient lui est ouverte et est refermée ensuite.

Il est aussi remarquable de constater que si l’holocauste journalier consistait en un agneau offert chaque matin, comme sous l’ancienne alliance, il n’est plus question d’un agneau offert le soir (v. 13 à 15). La raison en est que c’est le temps où le soleil d’Israël ne se couchera plus. L’agneau du soir avait sa raison d’être jadis. Mais maintenant qu’ils sont dans la lumière de son jour, l’agneau du soir disparaît, tandis que celui du matin continue d’être offert en holocauste continuel.

Nous voyons ensuite quel soin est pris pour que le prince ne puisse dépasser ses justes limites, dans le cas d’un don fait à un de ses serviteurs, de manière à garder intacts les droits de ses fils, aussi bien que ceux de chaque Israélite (v. 16 à 18). Le jugement en ce jour sera toute justice. Le jubilé est ainsi observé dans toute sa force. Les derniers versets de ce chapitre montrent qu’il n’est pas question seulement d’holocaustes, mais aussi de sacrifices pour le péché et pour le délit : l’état d’Israël sur la terre est exigé encore. Nous avons ici Israël béni sur la terre pendant le royaume, Satan lié, le péché réprimé, mais pas encore extirpé, et dans certains cas, la grâce agissant envers lui, là où il n’exige pas l’anathème ou l’excommunication.

Ch. 47

Voici maintenant ure particularité très caractéristique de cet âge futur, en rapport avec le sanctuaire de l’Éternel : des eaux en sortent avec un pouvoir salutaire et un volume croissant.

Joël avait déjà prédit : « une source sortira de la maison de l’Éternel et arrosera la vallée de Sittim (Joël 3. 18). Cette prophétie fait prévoir une véritable exubérance de bénédictions terrestres comme un gage de la faveur de Dieu et de son bon plaisir dans sa créature. La vallée de Sittim (des acacias) confirme cela, car la question n’est pas de savoir si les eaux pourraient couler vers ce lieu situé de l’autre côté du Jourdain, à une douzaine de kilomètres de la Mer Morte. Ce jour-là n’est pas sujet aux conditions de la nature, telles qu’elles existent aujourd’hui. La nature s’est soumise au Créateur lorsqu’Il est venu ici comme un Homme pour mourir et ressusciter, elle se soumettra encore quand Il viendra exécuter le jugement sur les vivants, lors de son retour dans son royaume. C’est précisément parce qu’elle offre un exemple spécial de sécheresse que Dieu choisit cette vallée et déclare qu’elle sera arrosée ; c’est parce que la mer d’Orient est proverbialement une mer morte qu’elle abondera en vie. La bénédiction se répandra jusqu’aux bouts de la terre depuis la maison de l’Éternel.

Bien plus tard, Zacharie déclare que la moitié des eaux s’écoulera vers la Méditerranée et l’autre vers la Mer Morte, ajoutant ainsi à ce que Joël avait annoncé ; cela aura lieu été comme hiver, car la source de ces eaux est bien au-dessus des ressources de la création.

Ézéchiel, entre ces deux prophètes, va nous parler en détail de ces eaux et de leurs effets, qui nous révèlent une énergie entièrement différente de celle de l’homme ou de la nature. Cette vision, dans son ensemble comme dans ses détails, appartient au futur et suppose le royaume rétabli sur Israël restauré et installé pour toujours dans son pays.

Le fait remarquable que nous racontent les v. 1 à 5 de notre chapitre est l’augmentation du volume des eaux, sans qu’il soit fait la moindre allusion à l’apport d’affluents comme cela existe toujours dans la nature. On reste émerveillé de cette manifestation de la puissante grâce de Dieu, tout jaillit de sa maison, et les eaux, au lieu de diminuer à mesure qu’elles s’éloignent de leur source, deviennent rapidement plus profondes, montant jusqu’aux chevilles, puis aux genoux, puis aux reins, et enfin jusqu’à ce qu’elles forment une rivière dans laquelle il faut nager et qu’on ne peut traverser.

Les effets de cette abondance apparaissent immédiatement (v. 6 à 12) sur les deux rives des arbres en quantité et dans ces eaux, où la mort a régné si longtemps, des poissons en si grand nombre que les pêcheurs peuvent étendre leurs filets d’un bout à l’autre de ce qui a été la mer de bitume ! Cependant nous sommes encore dans le temps qui n’est pas la perfection ni dans les conditions de l’éternité, car la mer existe toujours (Apoc. 21), ses marais et ses étangs ne sont pas assainis, quelle que puisse être en eux, sur leurs bords, la force de la vie végétale et animale. Comme est belle cette bonté de Dieu au v. 12, qui pourvoit à la nourriture et à la guérison ! Tout cela est une scène terrestre.

Le reste du chapitre nous décrit la place qu’occupera Israël dans le pays. Les conseils de Dieu demeurent. Joseph, quelque sombre qu’ait été l’histoire de ses fils, doit avoir sa portion ; la chair a manqué, Ruben a perdu son droit d’aînesse, mais le don de grâce subsiste (v. 13 à 21). Peut-on supposer que la place manquera pour Israël rassemblé de toute la terre ? Non, car la terre produira d’autant plus, l’abondance de la mer et les richesses des nations viendront à Sion sans mesure. La nation et le royaume qui refuseraient de servir Jérusalem doivent périr. Des rois seront ses nourriciers, des princesses ses nourrices.

On pourrait craindre qu’un si petit espace ne suffise pas aux tribus d’Israël et aux étrangers qui séjournent au milieu d’elles et y ont engendré des enfants (v. 22 et 23). Il n’en est rien, et l’on voit aussi que cette largeur de cœur et cette libéralité sont des choses absolument nouvelles pour ce peuple.

De tous côtés il est évident que ce que nous lisons n’appartient pas au passé, mais au brillant avenir que Dieu a réservé à Israël dans son pays, où l’étranger sera le bienvenu pour un héritage dans n’importe quelle tribu. Il en sera ainsi pour le Juif dans ce temps-là, heureux contraste avec tout ce qui a été auparavant ! Il l’apprendra de Dieu lorsqu’il sera soumis à Jésus et que lui-même, béni comme il le sera, deviendra une bénédiction pour d’autres. Bonne mesure, pressée et secouée et qui débordera, telle est celle qu’Il donnera pour la gloire de sa grâce qui demeure à toujours.

Ch. 48

La distribution des tribus dans le pays, depuis Josué jusqu’à la ruine de la royauté, diffère en tous points de celle de la prophétie que nous lisons dans ce chapitre, et depuis ce temps-là rien de semblable n’a eu lieu.

Dan est à l’extrême Nord, et non Nephtali comme autrefois. Ensuite vient Aser et après lui seulement Nephtali. Manassé, qui était jadis divisé par le Jourdain, est comme les autres avec Éphraïm au Sud, puis vient Ruben dont la possession était autrefois à l’Est du Jourdain. Juda vient après, immédiatement avant la sainte offrande. Au Sud de cette dernière se trouve la portion de Benjamin, ce qui renverse exactement l’ordre ancien dans lequel ce dernier était au Nord de Juda. Puis viennent Siméon et Issacar, lequel était auparavant au Nord de la Samarie et au Sud-Ouest de la mer de Galilée. Enfin Zabulon, jadis au nord d’Issacar, et Gad qui se trouve à l’extrême Sud.

On remarquera que, de même qu’aux jours de Josué, le pays devait être divisé par le sort, il en sera de même au jour où un plus grand que Josué prendra le royaume. L’offrande est une caractéristique entièrement nouvelle de cette redistribution d’Israël, quand viendra Celui qui a droit à la couronne, et dont la première pensée est pour le sanctuaire de l’Éternel. Prince, sacrificateurs, Lévites, tous seront là ; chacun à sa place en relation avec la ville et le sanctuaire. Car il n’est pas question ici de ciel ou de cité céleste, nouvelle Jérusalem qui descend du ciel et d’auprès de Dieu, mais de la terre et du pays.

Le temple est mentionné ici, alors qu’il est passé sous silence emphatiquement dans le ch. 21 de l’Apocalypse. Ainsi il ne peut et il ne pourrait y avoir ni sacrificateurs, ni Lévites, ni fêtes, ni sacrifices dans la cité céleste de l’Apocalypse, pas davantage que dans la chrétienté actuelle.

Dans Ézéchiel il y a des traits essentiels et indélébiles, qui ne sont intelligibles que pour ceux qui, croyant les prophètes, attendent le siècle à venir avant l’éternité, et l’accomplissement de la prophétie relative à la bénédiction d’Israël et des Gentils sous le règne du Seigneur Jésus, quand Il sera venu avec tous ses saints en gloire. Bienheureux sont ceux qui confessant la joie et le repos futurs d’Israël sur la terre, convertis à la grâce et à la fidélité de Dieu, sont d’autant plus libres pour attendre le Fils de Dieu du ciel, Celui qui nous délivre de la colère qui vient. Voir distinctement la position du peuple terrestre, d’abord sous l’ancienne responsabilité légale, ensuite sous le Messie et la nouvelle alliance, aide beaucoup ceux qui, par grâce croient malgré les efforts de Satan.

Nous arrivons à la fin de cette prophétie et le dernier verset nous montre la présence de l’Éternel dans la cité qu’Il a choisie. Israël pourra se glorifier de cela, plus que de tous ses privilèges, et à juste titre, car c’est le complément et le couronnement de tout.

Quelle merveilleuse fin de leurs longs pèlerinages et de leurs nombreuses peines ! Comme cela est digne de la grâce salutaire, qui lavera la culpabilité, quand ils se tourneront vers Lui avec foi, discernant et reconnaissant enfin leur folie dans la lumière de son amour, Lui qui n’a jamais changé, mais qui est mort pour eux tant de siècles avant qu’ils ne tombent devant sa face avec honte et contrition.

D’après W. Kelly

TRADUCTION DE FEUILLETS (66)

« Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’homme Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous ». 1 Timothée 2. 5 et 6.

LE PONT D’AVIGNON

Presque aucun pont n’est aussi célèbre que le pont Saint-Bénézet à Avignon, en France. Construit en 1355, il enjambait les deux bras du Rhône en 22 arches. Avec ses 900 mètres au total, c’était à l’époque le pont le plus long d’Europe. Mais il dut être abandonné dès 1660. Il reste 4 arches – les autres ont été détruites par la guerre et les inondations (et peut-être par des calculs incorrects). Il est aujourd’hui considéré comme le symbole de la ville d’Avignon et est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais en tant que pont, transition ou connexion, il a manqué son objectif.

Les ponts doivent relier entre eux et être sûrs – tout comme Dieu a construit un pont vers les hommes. Pour eux, Il a envoyé Son Fils Jésus-Christ, qui a payé la « rançon pour tous » sur la croix. Maintenant, tous pourraient être sauvés – s’ils le voulaient… s’ils se réclamaient du prix qui a été payé pour eux… s’ils acceptaient l’œuvre de salut du Calvaire.

Mais beaucoup préfèrent construire leur propre pont, tracer leur propre chemin vers Dieu, et se rendent compte trop tard qu’ils n’y parviendront jamais, qu’ils n’atteindront jamais le but. Seul le chemin que Dieu Lui-même a préparé mène au but. C’est pourquoi Jésus-Christ a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père si ce n’est par moi » (Jean 14. 6).

Le pont vers Dieu est là : s’Il vous y porte, vous atteindrez le but, et il a de la place pour tout le monde. Il vous suffit de l’accepter – chacun personnellement.

D’après Die gute Saat mai 2024

« Écoutez l’instruction, et soyez sages, et ne la rejetez point…. Celui qui m’a trouvée (la sagesse), a trouvé la vie ». Proverbes 8. 33 et 35.

ÊTRE RELIGIEUX NE SUFFIT PAS

Peut-être que vous croyez qu’il y a un Dieu au ciel. Peut-être appartenez-vous même à une église ou à une communauté. Mais sans Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur, ce que vous croyez et faites ne sert à rien.

J’ai été religieux pendant de nombreuses années, mais malheureux. Mais maintenant, je connais Jésus comme mon Sauveur, et parce que je l’ai, je suis vraiment heureux. Peu de temps après ma conversion, une amie est venue, que je n’avais pas vue depuis longtemps. Lorsqu’elle m’a vu, elle s’est exclamée : « Quelque chose a enlevé dix ans de ton visage depuis la dernière fois que je t’ai vu ! » « Oui, » ai-je dit, « mais les dix ans sur mon visage ne sont rien, comparés au fardeau que le Seigneur Jésus a retiré de mon cœur ».

L’année dernière, une femme est apparue au rayon des livres et m’a accueilli avec ces mots : « Depuis qu’on m’a donné un calendrier chrétien ici l’année dernière, quelque chose s’est produit : je me suis convertie » – et cela se voyait sur son visage.

Puis-je vous demander ? Y a-t-il des péchés non pardonnés qui pèsent sur vous ?

Et connaissez-vous Celui qui a « porté nos péchés en son corps sur le bois » – et dont il est dit que « par ses meurtrissures nous sommes guéris » (1 Pier. 2. 24 ; És. 53. 5) ?

Quels que soient votre passé et le fardeau qui pèse sur vous, et quelques soient vos efforts religieux, ce dont vous avez besoin, ce n’est pas d’une religion, mais d’un Sauveur : Jésus-Christ ! Si Jésus-Christ est votre Sauveur, vous avez Celui qui vous rendra heureux dans toutes les situations – et puis qui vous recevra au ciel.

D’après die gute Saat mai 2024

« Dieu est amour. En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous : c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui ». 1 Jean 4. 8 et 9.

L’AMOUR DE DIEU

Êtes-vous conscient que Dieu vous aime inconditionnellement ? Peut-être faites-vous partie de ces personnes qui disent : Je ne peux pas imaginer cela. Il y a tellement de choses dans ma vie que Dieu ne peut pas approuver. Alors, comment peut-Il m’aimer ? Je voudrais Lui plaire par de bonnes actions, mais puis-je ainsi annuler les mauvaises actions ? Que dois-je faire pour rendre Dieu satisfait de moi ?

La réponse, c’est que vous ne pouvez pas gagner l’amour de Dieu ! Dieu nous aime, non pas parce que nous sommes très aimables, mais parce qu’Il veut nous aimer. Il est amour ! Cependant, cela ne signifie pas qu’Il est le bon Dieu qui néglige généreusement tous les péchés. Il ne peut pas faire cela, parce qu’Il est à la fois saint et juste : « Dieu serait-il injuste quand il donne cours à la colère ? » (Rom. 3. 5).

Non, c’est parce que Dieu est amour qu’Il offre à tous la possibilité d’être libéré de tous ses péchés sans aucun effort de sa part. Si vous Lui confessez sincèrement vos péchés, vous en recevrez le pardon. Vous pouvez alors reconnaître que Jésus a déjà reçu le châtiment pour tous vos péchés.

Mais peut-être faites-vous partie de ces gens qui croient qu’ils méritent certainement l’amour de Dieu ? Ils sont convaincus qu’ils n’ont jamais rien fait de mal. Dans ce cas aussi, Dieu vous aime ! Et c’est pourquoi Il veut vous libérer de votre illusion. Il ne veut même pas avoir à vous punir, puisque vous êtes mort dans vos péchés, car son amour pour vous se transformerait en un jugement impitoyable.

« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 4. 7).

D’après die gute Saat mai 2024

« Bienheureux l’homme qui ne marche pas dans le conseil des méchants, et ne se tient pas dans le chemin des pécheurs, et ne s’assied pas au siège des moqueurs ». Psaume 1. 1.

QUI EST CET HOMME ?

Au début des années 1900, un Américain se trouvait à Jérusalem et fut invité à prendre la parole lors d’un grand rassemblement de Juifs. Il choisit le Psaume 1 comme thème et le lut en hébreu. Puis il demanda : Maintenant, mes auditeurs, qui était cet homme heureux dont parle le psalmiste ? Cet homme qui n’a jamais marché dans le conseil des méchants, n’a jamais suivi le chemin des pécheurs, ni ne s’est assis avec les moqueurs. Il était absolument sans péché. Qui était-ce ?

Comme personne ne répondait, il demanda : Se pourrait-il que ce soit le patriarche Abraham, qui a reçu de Dieu tout le pays de Canaan en possession ? Un Juif âgé a répondu : Non, cela ne peut pas être Abraham, car il a menti au sujet de sa femme. L’Américain a répondu : C’est exact, ce ne peut pas être lui. Abraham était le père de tous les croyants, mais il était un pécheur justifié par la foi. Mais qui cela pourrait-il être alors ? Peut-être Moïse, à qui Dieu a donné les dix commandements, ou David, le roi et poète, auteur de nombreux psaumes ?

Non, non, s’écrièrent ses auditeurs, cela ne peut pas être Moïse, car il a tué un Égyptien et l’a enterré dans le sable. Et David non plus ne peut pas l’être, car il a commis adultère et a fait tuer le mari de cette femme.

Tout le monde resta silencieux pendant un long moment. Alors un Juif se leva et dit : « Mes frères, l’homme du Psaume 1, c’est Jésus de Nazareth. Il est le seul à remplir les conditions de ce psaume. Et puis il a raconté comment il avait lu le Nouveau Testament et avait été convaincu que Jésus de Nazareth était le Messie promis et qu’en Lui les promesses de Dieu s’étaient accomplies.

D’après die gute Saat juin 2024

« Comme vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui, enracinés et édifiés en lui ». Colossiens 2. 6.

LE CHRÉTIEN DOIT AVOIR DES RACINES PROFONDES

C’était un jour parfait pour s’asseoir au coin du feu. La neige et le vent tourbillonnaient dehors tandis que nous nous installions pour regarder les flammes monter des grosses bûches. Alors l’un de nous jeta un chiffon de papier sur le feu, et les flammes s’élevèrent plus hautes, mais seulement quelques instants.

Et je pensai : Comme cela ressemble au témoignage chrétien. Les croyants qui sont des grosses bûches, se dévouent fermement, prennent du temps, démarrent lentement, et sont plus remarqués par leur persévérance que pour leur étalage de traits d’esprit. Les chrétiens de papier et les mouvements de papier chrétien, d’autre part, s’allument vite, brûlent avec éclat, mais s’éteignent vite.

Il est triste que le christianisme contemporain semble plus impressionné par les feux de papier. Les concerts évangéliques attirent de plus grandes foules que les études bibliques ; les réunions de prière sont remplacées par des repas de témoignages ; les offres de littérature contiennent plus de livres concernant le dernier personnage en vue que des méditations de doctrine fondamentale.

Les raisons à cela : une spiritualité immédiate semble logique à la génération qui grandit en étant habituée au café instantané et aux fours à micro-ondes ; une génération qui parle peu d’être crucifié avec Christ ; une génération qui s’intéresse plus à s’affirmer qu’à se renier soi-même. Et plus encore, ceux qui insistent sur les grosses bûches dans le témoignage chrétien semblent avoir perdu leur éclat, et on leur préfère un feu de papier.

C’est là notre génération. Mais nous ne sommes pas obligés d’en faire notre expérience personnelle. Par la grâce nous pouvons être enracinés et fondés en Christ. Et lorsque nous comprenons que nous avons tout en Christ, nous pouvons être délivrés d’une piété superficielle comme d’une orthodoxie morte.

D’après the Lord is near décembre 1984 (G.W. Steidl)

« C’est pour cela que beaucoup sont faibles et malades parmi vous, et qu’un assez grand nombre dorment. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés, c’est le Seigneur qui nous discipline, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde ». 1 Corinthiens 11. 30 à 32.

NON PAS S’ANALYSER, MAIS SE JUGER

Le jugement de soi sur lequel je désirerais attirer l’attention est un exercice chrétien sacré d’un caractère des plus salutaires. Il est basé sur la confiance sans nuage quant à notre salut et notre acceptation en Christ. Le chrétien est appelé à se juger lui-même, parce qu’il est – et non pas pour voir s’il est – un chrétien. Cela fait toute la différence. Si je devais m’examiner pendant mille ans, je ne me trouverais jamais autre qu’une chose sans valeur, ruinée et vile – quelque chose que Dieu a mis de côté, et que je suis appelé à estimer comme mort.

Comment pourrais-je jamais espérer trouver des preuves convaincantes par un tel examen ? Impossible ! Les preuves d’un chrétien ne se trouvent pas dans son moi ruiné, mais en Christ ressuscité ; et plus vite il en aura fini avec le premier, et sera occupé du dernier, plus il sera heureux et saint.

Le chrétien se juge lui-même, juge ses habitudes, juge ses pensées, ses paroles et ses actions, parce qu’il est un chrétien, non pas parce qu’il doute de l’être. S’il doute, il n’est pas à même de juger quoi que ce soit. C’est dans la connaissance et dans la jouissance de la stabilité éternelle de la grâce de Dieu, de l’efficacité divine du sang de Jésus, de la toute-puissance de son rôle d’avocat, de l’autorité inaltérable de la Parole, de la sécurité de la plus faible des brebis de Christ – c’est en entrant, par l’enseignement du Saint Esprit, dans ces réalités sans prix, que le vrai croyant se juge lui-même. L’idée humaine de l’examen de soi-même est fondée sur l’incrédulité. L’idée divine du jugement de soi-même est fondée sur la confiance.

D’après the Lord is near décembre 1984 (C.H.M.)

« Lui qui fait monter les vapeurs du bout de la terre, qui fait les éclairs pour la pluie, qui de ses trésors fait sortir le vent ». Psaume 135. 7.

LA BIBLE, TOUJOURS PRÉSENTE

Le responsable d’une librairie médicale renommée dit à ses assistants : Regardez tous les livres de la bibliothèque, et mettez à la cave tous ceux qui ont plus de dix ans – ils sont dépassés.

Mais la Bible n’est pas dépassée. Ses premiers mots furent écrits par Moïse il y plus de trois mille ans. C’est de loin le livre le plus vieux du monde, et cependant le plus vendu aujourd’hui malgré l’indifférence générale aux choses de Dieu, qui ronge comme un cancer les bases vitales d’un gouvernement stable aujourd’hui.

La Bible a laissé les empreintes les plus profondes sur le monde, changeant son histoire et modifiant son apparence. Chaque jour des millions de mains rendent témoignage à la puissance dynamique de la Bible quand ils datent leurs lettres et leurs documents : av. J.C. (avant Jésus Christ) – ou ap. J.C.

Bien qu’étant le livre le plus ancien du monde, la Bible est le plus actuel. Il y a quelques années, un officier anglais donnait un cours sur l’électricité. Il expliquait la grande découverte de Kelvin, que la pluie est toujours causée par une décharge électrique. Cet officier était un chrétien sincère, et il avait toujours une vieille Bible dans sa poche. Il dit : Messieurs, il se trouve que je possède un volume très ancien qui anticipe la découverte de Lord Kelvin. Cette annonce piqua la curiosité de ses auditeurs, et à la fin du cours ils l’entourèrent en demandant, incrédules, à quel livre ancien il se référait.

Il réagit en sortant sa Bible et lut : « Qui a découpé des canaux aux torrents de pluie, et un chemin à l’éclair des tonnerres, pour faire pleuvoir sur une terre où il n’y a personne, sur le désert où il n’y a pas d’hommes… ? » (Job 38. 25 et 26).

D’après the Lord is near décembre (A.J. Pollock)

« Un homme de haute naissance se rendit dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Il appela dix de ses esclaves et leur donna dix mines et leur dit : Faites-les fructifier jusqu’à ce que je revienne ». Luc 19. 12 et 13.

LA RESPONSABILITÉ D’ANNONCER L’ÉVANGILE

Que faisons-nous au milieu de la scène qui nous entoure ? Comment répondons-nous à notre quadruple responsabilité : envers Dieu, envers l’Église, envers les pécheurs perdus, envers notre propre âme ? La question est de poids. Regardons-la dans la présence de Dieu, dans toute son étendue.

Faisons-nous réellement tout ce que nous pouvons pour l’avancement de la cause de Christ, pour le bien de l’Église, pour les progrès de l’évangile ? Je vous avoue, mon ami, que je crains bien que nous ne fassions pas bon usage de toute la grâce, la lumière, et la connaissance que Dieu nous a imparties. Je crains que nous n’employions pas avec diligence nos talents, nous occupant de cela jusqu’au retour du Maître. Je crains que des personnes qui ont beaucoup moins de connaissance, moins de déclarations de foi, soient plus pratiques, plus actives en bonnes œuvres, plus honorées pour la conversion d’âmes précieuses, plus employées par Dieu en général. Vous et moi, sommes-nous assez vidés de nous-mêmes, adonnés à la prière, ayant l’œil simple ?

Il y a un grand danger de se satisfaire de notre connaissance, de nos principes, de notre position, et en même temps de marcher dans un esprit charnel, mondain, égoïste, insouciant. La fin de cela sera certainement terrible. Pensons-y.

D’après the Lord is near janvier (C.H.M.)

« Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus qui est appelé Christ ? » Matthieu 27. 17.

UN CHOIX CRUCIAL À FAIRE

Un vote très inhabituel eut lieu il y a près de 2000 ans. L’endroit était la salle de jugement d’un gouverneur romain nommé Pilate. Il n’y avait pas eu de discours dans ce but, pour une campagne électorale. Les électeurs hurlaient, mais étaient inconséquents. Le problème de base était volontairement obscurci. En fait, les deux candidats devant le peuple ne devaient pas être élus à un poste de responsabilité et de puissance. Au contraire, ils étaient soumis à la volonté du peuple pour un choix honteux de vie ou de mort. L’un serait relâché et retrouverait la liberté. L’autre serait crucifié.

Examinez bien les deux « candidats » qui faisaient face au peuple ce jour-là : Barabbas, accusé avec raison de sédition, de vol et de meurtre – un homme qui suivait sa propre volonté quelque en soit le coût pour les autres, ou Jésus Christ, accusé injustement de blasphème et de perversion spirituelle – un Homme qui accomplissait la volonté de Dieu, quelqu’en soit le prix pour Lui-même.

Le choix du peuple ? Barabbas. Ce choix reflétait fidèlement l’attitude de l’humanité envers le don d’amour du Créateur. Il confirmait le témoignage, et de l’Écriture et de l’expérience humaine, que l’homme est devenu étranger envers Dieu et qu’il a besoin du salut. Il montrait par l’expérience que la nature de l‘homme est celle de Barabbas plutôt que chrétienne. En choisissant Barabbas, ils choisissaient celui qui était bien comme eux.

Ce qui est impressionnant, c’est que Dieu se servit de ce choix honteux pour déployer ses conseils d’amour conçus avant la fondation du monde. Christ rejeté devint Christ crucifié, puis Christ ressuscité et glorifié. Le salut vient à ceux qui reçoivent Christ par la foi et laissent son amour divin remplacer leur haine semblable à Barabbas.

Les élections sont encore en cours. Avez-vous déjà voté ?

D’après the Lord is near janvier 1985 (G.W. Steidl)

« Quoi que vous demandiez en priant, si vous croyez, vous le recevrez ». Matthieu 21. 22.

LA FOI, INDISPENSABLE POUR LA BÉNÉDICTION

Dieu, dans sa sagesse, a ordonné que l’homme soit l’un des liens essentiels dans la chaîne de la bénédiction divine. Celui qui aurait pu avoir « plus de douze légions d’anges a cependant choisi le faible instrument humain, sans lequel sa puissance ne peut souvent pas être manifestée et disponible.

Ce mystère divin est encore plus profond quand nous en venons au royaume de la prière. Souvent, dans l’Écriture, il est révélé que Dieu a déterminé quelque action ou bénédiction, mais attend jusqu’à ce que l’intercesseur humain, par la foi et la prière, ait mis en marche ces actions et ces bénédictions. Il y a des récits précis préservés pour nous par Dieu, d’une telle intercession divine portant ses fruits, par de nombreux grands hommes de la Bible.

La foi comme force motrice est beaucoup discréditée parmi les hommes dans ces jours de nombreuses inventions dans le monde matériel. Cependant les chrétiens doivent encore vivre en méritant le nom biblique ancien de croyants. Ils doivent encore régler leurs pendules sur le Soleil de justice plutôt que sur les horloges des hommes. Ils doivent encore maintenir leur attitude de « regarder à Jésus » pour la délivrance et la bénédiction. Nous n’avons pas besoin de nous intéresser à penser avec les grands penseurs, car leurs théories changent tous les jours ; mais nous avons besoin de nous intéresser de tout notre cœur à croire avec les grands croyants, en un Dieu vivant qui ne change pas, afin que, comme le fidèle Abraham, cela puisse nous « être compté à justice ».

D’après the Lord is near janvier (N. Deck)

« Les armes de notre guerre, en effet, ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu… amenant toute pensée captive à l’obéissance de Christ ». 2 Corinthiens 10. 4 et 5.

LE DEVOIR DE CONTRÔLER NOTRE ESPRIT

La Bible indique que la vie de nos pensées est un aspect extrêmement important et vital du fait d’être un chrétien. Ce que nous sommes est grandement déterminé par ce que nous pensons et comment nous pensons. Proverbes 23. 7 dit : « Comme il a pensé dans son âme, tel il est ». L’Écriture, nous donne non seulement la responsabilité de contrôler notre esprit, mais elle indique aussi quelques lignes de conduite définies, à suivre afin d’avoir une vie de pensées qui soit dirigée par Dieu et qui Lui plaise.

Un principe, pour contrôler notre esprit, c’est de dominer nos préoccupations. En 2 Corinthiens 10. 5, nous voyons que nous devons amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ ». Les pensées immorales et les pensées égoïstes doivent être surmontées tout comme des captifs ennemis en temps de guerre. Remarquez que la lutte spirituelle est le fond de ce passage. Il est vrai qu’il nous est presque impossible d’empêcher de mauvaises pensées de traverser notre esprit, mais nous pouvons nous empêcher d’en être préoccupés. Comme l’a dit Luther il y a bien longtemps : Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux de voleter au-dessus de votre tête, mais vous pouvez les empêcher de construire leur nid dans vos cheveux. Nous pouvons arrêter d’avoir des fantasmes. Nous pouvons arrêter de lire certaines revues. Nous pouvons arrêter de regarder des films qui pollueront notre esprit, et certains spectacles de télévision. Bref, nous pouvons contrôler beaucoup de ce qui entre dans notre esprit, et nous pouvons certainement contrôler les préoccupations de la vie de nos pensées.

D’après the Lord is near janvier 1985

« (André) trouve d’abord son propre frère Simon et lui dit : Nous avons trouvé le Messie (ce qui se traduit par : Christ). Et il le mena à Jésus. Jésus, l’ayant regardé, dit : Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui se traduit par : Pierre) ». Jean 1. 41 et 42.

UNE PIERRE VIVANTE

Ce n’était pas un zèle pour l’évangile qui poussa André, dans son cœur, à inviter Pierre, mais une attraction spontanée du cœur vers la Personne du Seigneur Jésus. Son message simple et direct à son frère eut un effet immédiat ; car l’entretien d’André avec le Seigneur ne lui avait laissé aucun doute, qu’Il était le bienheureux Messie d’Israël.

Il est intéressant de voir qu’on n’entend pas un mot de la part de Simon. Il est seulement celui qui reçoit. Et les paroles du Seigneur ressortent dans leur remarquable simplicité. Il donne à Simon un nouveau nom, Céphas (ou, en grec, Pierre), ce qui signifie simplement une pierre. Le nom changé montre qu’il est maintenant la propre possession du Seigneur. Et il est une des « pierres vivantes » dont Pierre lui-même écrit plus tard qu’elles sont édifiées en une maison spirituelle, l’Église de Dieu.

Il y a là une indication précieuse concernant les actions de Dieu dans le temps présent, l’Église étant la possession particulière du Seigneur Jésus, fermement construite, dans une unité vitale, sur le fondement de Dieu, qui est Jésus Christ (cf. 1 Pier. 2. 5 ; 1 Cor. 3. 10 et 11). Simon ne dit rien ici, car une pierre reste simplement à la place où elle a été posée. Quand nous sommes convertis à Dieu, il ne nous est pas dit de nous joindre à une église : en fait, le Seigneur Lui-même fait immédiatement de nous une pierre dans sa propre grande Église, nous place à l’endroit que nous devons conserver solidement. Nous dépendons uniquement de sa parole.

D’après the Lord is near janvier 1985 (L.M.Grant)

NOËL – PÂQUES – ASCENSION – PENTECÔTE

« Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » Actes 2. 21.

NOËL – PÂQUES – ASCENSION – PENTECÔTE

Il y a quelques mois, c’était « Noël ». Ces vacances commémorent la naissance de Jésus Christ. Nous ne pouvons pas déterminer précisément quel est le jour où cela s’est produit, il y a environ 2000 ans. Mais, de toutes manières, la date exacte n’a pas d’importance. Ce qui est beaucoup plus important, c’est que Jésus, le Fils de Dieu, est devenu un homme pour nous racheter de nos péchés.

Afin d’accomplir cette œuvre, le Seigneur Jésus a dû mourir sur la croix. Il n’avait jamais rien fait de mal, et cependant, Il a accepté volontairement d’être puni par Dieu pour le péché, afin que Dieu puisse nous pardonner. Jésus est mort, et ressuscité trois jours plus tard. C’est « Pâques » qui nous le rappelle.

Après sa résurrection, Jésus est resté sur la terre pendant quarante jours. Plusieurs de ses disciples, encore lents à croire, L’ont vu et ont été convaincus qu’Il était réellement ressuscité. Puis Il est retourné à Dieu, son Père, au ciel. Nous parlons de « l’Ascension » – c’est aussi un jour fêté par la chrétienté.

Il y a dix jours entre « l’Ascension » et le jour de « Pentecôte ». À la Pentecôte, le Saint Esprit est venu sur la terre, comme Jésus l’avait annoncé à ses disciples. Le 2ème chapitre des Actes des Apôtres nous rapporte cet évènement.

La Pentecôte est le début de l’Église chrétienne. Tous les croyants ont été baptisés en un seul corps par le Saint Esprit ; ils sont devenus indissolublement liés les uns aux autres et avec Jésus Christ, leur Tête dans le ciel.

Depuis lors, beaucoup de gens ont été amenés à croire au Seigneur Jésus – tout d’abord autour de Jérusalem, puis en Samarie, ensuite plus loin dans toute l’Asie mineure, puis en Europe. Tous les croyants, dans le monde entier, appartiennent à la seule Église, ou Assemblée, ou Rassemblement, dont la Bible nous parle dans le Nouveau Testament.

D’après « The Good Seed » mai 2024

ENTRE L’ASCENSION ET LA PENTECÔTE

(Le jour de son ascension, Jésus dit à ses disciples : ) « Vous serez baptisés de l’Esprit Saint dans peu de jours » Actes 1. 5.

« Vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins… jusqu’au bout de la terre » Actes 1. 8.

ENTRE L’ASCENSION ET LA PENTECÔTE

Pendant plus de trois ans, les disciples de Jésus ont été témoins oculaires de sa vie et de ses miracles. Ils ont aussi – comme beaucoup d’autres personnes – été témoins de sa mort. Les disciples ont vu et entendu concrètement le Seigneur après sa résurrection, à plusieurs reprises, pendant une période de quarante jours, et cela, pas d’une manière fugitive. Jésus est apparu aussi à plus de cinq cents croyants à la fois (1 Cor. 15. 4 à 8).

Le jour de son ascension, avant d’être « élevé au ciel », le Seigneur a parlé une dernière fois à ses disciples, en leur rappelant leur mission : « Vous serez mes témoins… jusqu’au bout de la terre ». Et pourtant, ils l’avaient tous abandonné lors de son arrestation, Pierre l’avait renié au moment de son procès, et presque tous l’avaient laissé seul lorsqu’Il était sur la croix. Comment pourraient-ils être ses témoins ? Mais le Seigneur leur dit qu’ils recevraient de la puissance au moment de la descente du Saint Esprit, quelques jours plus tard.

Dans cette attente, peut-être se sont-ils demandés comment cet évènement mystérieux se produirait, mais ils sont restés ensemble, unis dans la prière (Act. 1. 14) et dans l’écoute des Saintes Écritures. Ils ont obéi et sont restés à Jérusalem, comme le Seigneur le leur avait commandé. Et, le jour de la Pentecôte, alors qu’ils étaient en prière, le Saint Esprit est descendu sur eux. Le premier résultat a été qu’ils ont parlé d’autres langues et qu’ils ont pu ainsi rendre témoignage, dans leurs propres langues, à beaucoup d’étrangers présents à Jérusalem.

D’après « Il buon seme » mai 2024

ÉTUDE SUR LES ÉPÎTRES DE JEAN

PREMIÈRE ÉPÎTRE DE JEAN

Dans cette épître, le Saint Esprit montre quels sont les caractères des conseils de Dieu, conseils que, dans sa grâce, le Seigneur est venu accomplir.

La gloire de Dieu, sa sainteté, sa justice sont absolues. ses conseils, à l’égard des siens et de l’humanité en général, sont en relation avec sa nature.

L’apôtre a deux grands sujets devant lui : la vie éternelle (1 Jean 5. 20), qui était auprès du Père (1 Jean 1. 2), que le Seigneur est venu manifester et communiquer aux croyants (Jean 3. 16) et la communion qui s’établit avec le Père et le Fils, et par voie de conséquence, entre les enfants de Dieu.

L’apôtre Jean ne se nomme pas. Toute la place est laissée à Dieu. Cette épître ne s’adresse à personne en particulier, elle a un caractère universel.

Ch. 1er

– v. 1 et 2. Ce « commencement » concerne le moment où le Seigneur est venu apporter sur la terre « la grâce et la vérité » (Jean 1. 17), réalisant ainsi les conseils de Dieu, conçus « dès l’éternité ». Il apportait la vie éternelle à quiconque croit en Lui.

Jean s’associe les autres apôtres pour témoigner de ce qu’ils ont vu : « Bienheureux sont les yeux qui voient ce que vous voyez » (Luc 10. 23), ce qu’ils ont entendu : « les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche » (Luc 4. 22), ce qui faisait dire aux huissiers envoyés pour le prendre : « Jamais homme ne parla comme cet homme » (Jean 7. 46), ce qu’ils ont contemplé : « Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père » (Jean 1. 14) et enfin ce qu’ils ont touché. Après sa résurrection, Jésus dit à ses disciples : « Touchez-moi et voyez » (Luc 24. 39).

Le Seigneur était la Parole vivante (1 Jean 1. 1). Dans cette Personne divine, la vie et la lumière étaient associées (Jean 1. 4). On les retrouve ici (v. 2 et 5). Le Seigneur communique la vie à ceux qui croient en Lui, parce qu’Il a la vie en Lui-même.

– v. 3. Ces témoins nous annoncent ces choses pour que nous ayons communion avec le Père, avec son Fils, avec eux (c’est à dire les apôtres), et les uns avec les autres. Notre communion repose sur cet enseignement des apôtres, « témoins oculaires de sa majesté » (1 Pier. 1. 16). C’est un principe de communion vital, inaltérable : quiconque croit en Lui, reçoit la vie éternelle (1 Jean 5. 1).

– v. 4. Il est question ici de la joie du chrétien. Elle est liée à la possession de la vie et découle de la communion dont on jouit avec le Père et son Fils. Christ est la source bénie de notre joie. Il nous donne sa propre joie, cette joie qui était la sienne sur cette terre (Jean 15. 11).

Si le chrétien pèche, sa conscience le reprend et l’amène à demander à Dieu : « Rends-moi la joie de ton salut » (Ps. 51. 12). Le Seigneur dit : « Personne ne vous ôte votre joie » (Jean 16. 22). Rien n’a pu altérer sa joie, pas même la perspective des souffrances de la croix. Il nous est constamment proposé comme modèle : « Fixant les yeux sur Jésus » (Héb. 12. 2).

– v. 5. Dieu est lumière et Dieu est amour (ch. 4. 8 et 16). Dieu veut que nous manifestions quelques reflets de ses caractères dans notre marche de croyants. Éphésiens 5. 7 à 10 met en évidence un des caractères de la nouvelle nature : « Vous êtes lumière dans le Seigneur » et précise ce qui doit en découler dans notre marche. 1 Thessaloniciens 5. 4 et 5 déclare : « Vous êtes tous des fils de la lumière ».

Le Seigneur s’est présenté comme la lumière du monde (Jean 8. 1 à 12) et Il le montre, par exemple, dans sa réponse aux pharisiens, quand ils lui amènent la femme surprise en adultère. Ses paroles projettent sur eux une telle lumière divine, qu’ils ne peuvent la supporter. On sent la vérité de cette déclaration : « les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3. 19). Mais Dieu est lumière, et dès la création, Il a séparé la lumière d’avec les ténèbres (Gen. 1. 3 et 4).

On voit en 2 Corinthiens 6, dans les v. 14 et suivants, que le croyant doit aussi, dans sa vie, séparer ce qui est de Dieu de ce qui appartient à ce monde, envahi par des ténèbres spirituelles. Au ch. 4. 6 de la même épître aux Corinthiens, c’est Dieu Lui-même qui nous est présenté comme ayant « relui dans nos cœurs ». Ainsi, nous sommes en mesure de contempler sa gloire dans la face de Christ.

– v. 6. Il s’agit du cas d’un professant sans vie. Il marche dans les ténèbres, tout en prétendant être en relation avec Dieu : c’est un mensonge !

– v. 7. Les croyants sont maintenant dans sa merveilleuse lumière et c’est leur privilège d’y marcher, en conformité avec ce que Dieu est dans sa nature. Désormais, dans la lumière, nous avons des joies et des intérêts communs. Nous pouvons goûter une communion qui est le fruit de la connaissance des Personnes divines. D’autre part, dans cette lumière, nous apprenons à connaître l’efficace du sang de Jésus Christ qui nous rend propres pour la lumière.

– v. 8 et 10. Ces versets soulignent deux erreurs possibles. Une fois converti, on peut dire que l’on n’a plus le péché en soi. On prétend avoir atteint une perfection exempte de péché. Pensée erronée, déjà introduite dans la chrétienté, du temps de l’apôtre. Dans ce cas, « nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous ». On peut nier aussi avoir commis des péchés. Ce serait faire Dieu menteur, ce serait montrer que « sa Parole n’est pas en nous ». En fait, nous faillissons tous de plusieurs manières et à plusieurs égards.

– v. 9. L’apôtre nous exhorte à confesser nos péchés. Nous faisons alors appel à la fidélité de Dieu et à sa justice satisfaite par l’œuvre de Christ à la croix. Il pardonne nos péchés, nous purifie de toute iniquité et nous sommes lavés de toute souillure.

Ainsi, dans ce premier chapitre, il est question de la lumière, de la vie et de la vérité.

Ch. 2

– v. 1 et 2. L’apôtre s’adresse à des croyants. « Mes enfants » écrit-il. Comme tels, ils marchent dans la lumière et ils sont appelés à ne pas pécher. Toutefois, « si quelqu’un a péché », il y a une ressource précieuse, et l’apôtre tourne nos regards vers Jésus-Christ le Juste.

Un enfant qui désobéit à son père, ne cesse pas pour autant d’être son enfant. Et le pardon des péchés d’un croyant est rendu possible par l’office d’avocat du Seigneur Jésus. Il se tient continuellement pour nous devant le Père et soutient parfaitement notre cause.

Certes, le péché est une grave offense faite à Dieu, et de plus, il nous souille. Si nous avons péché, confessons-le donc aussitôt, avec sincérité, de façon précise (Ps. 32. 1 à 5) et abandonnons-le (Prov. 28. 13).

Les deux offices actuels du Seigneur Jésus en faveur des siens sont ceux d’avocat (1 Jean 2. 1) et de souverain sacrificateur (Héb. 4. 14). En tant qu’avocat, il plaide en notre faveur, quand nous avons péché (Luc 22. 32). Cet office ne s’exerce pas uniquement à l’égard des croyants d’origine juive, mais en faveur de tous ceux qu’Il s’est acquis par son sang précieux, dans le monde entier.

En Luc 22. 61, le Seigneur, se tournant, regarde Pierre. Et ce dernier, qui vient de renier son Maître, pleure amèrement et se repent. C’était le début d’un travail divin, en vue de sa restauration. Déjà, au ch. 13 de l’évangile de Jean, le Seigneur avait dit à Pierre qui refusait de se laisser laver les pieds : « Si je ne te lave, tu n’as pas de part avec moi » (v. 8). Il exerce en permanence ce lavage, par sa Parole, en faveur de ceux qui Lui appartiennent.

Il faut retenir que Romains 3. 26 présente l’autre aspect, la justification « une fois pour toutes » du pécheur repentant qui s’approche de Dieu par Jésus-Christ. Cette position est acquise, elle ne peut être mise en cause par l’Ennemi.

Le sacrifice parfait du Seigneur a rendu Dieu propice à quiconque s’approche de la croix et accepte d’être lavé dans le sang précieux de Christ. Ce sacrifice n’a d’efficace que pour « tous ceux qui croient » (Rom. 3. 22). Il est vrai que le Seigneur s’est donné en rançon pour tous (1 Tim. 2. 6). Mais son œuvre n’est efficace qu’envers les plusieurs qui viennent à Lui (Mat. 20. 28).

Le péché doit rester un accident chez le croyant. Il doit se hâter de le confesser et de l’abandonner. La grande pensée de la propitiation, par substitution, est présentée déjà dans l’Ancien Testament. En Exode 25. 10 à 22, on voit sur l’arche un couvercle en or, appelé propitiatoire. Le péché de celui qui vient à Dieu, dans la repentance et dans la foi, est « couvert » (Ps. 32. 1). C’est sur ce propitiatoire, qu’une fois l’an, le souverain sacrificateur, entrant dans le lieu très saint, déposait le sang d’une victime devant Dieu. Le Seigneur Jésus, notre grand souverain sacrificateur, a fait propitiation une fois pour toutes pour les péchés du peuple (Héb 2. 17).

Les v. 3 à 6 présentent les fruits de la vie éternelle. Le croyant doit garder les commandements du Seigneur. Les v. 7 à 11 nous incitent à l’amour pour les frères.

– v. 3 à 6. La vie chrétienne est basée sur des certitudes : « Nous savons » (1 Jean 5. 1 à 3). Aimer Dieu et garder ses commandements, c’est montrer que l’on aime aussi les frères. 1 Pierre 1. 22 exhorte les enfants de Dieu à l’obéissance à la vérité et à l’amour des frères. Ces deux choses sont liées.

Jean 14. 21 et Jean 15. 10 exhortent à garder les commandements divins. Ce qui n’implique pas que l’on trouvera toujours dans la Parole une indication précise pour chaque circonstance qui se présente. Mais, en se laissant diriger par le Saint Esprit, nous serons conduits à discerner la volonté de Dieu pour la faire.

Pour certains chrétiens persécutés, garder la Parole supposait d’abord la cacher soigneusement pour être en mesure de la lire au moment opportun. Nous qui avons toute liberté pour la lire, faisons-le journellement pour la mettre en pratique dans la vie quotidienne. Serrons cette exhortation dans notre cœur et notre conscience : « Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne » (Apoc. 3. 11).

– v. 7 à 11. C’est avec tendresse que l’apôtre s’adresse aux enfants de Dieu : « Bien-aimés » (ch. 3. 2 et 21), enfants (ch. 2. 1), frères (ch. 3. 13 et 14). Il leur donne un commandement ancien. Le Seigneur l’avait laissé aux siens, lorsqu’il était sur la terre : « Aimez-vous les uns les autres ». Les croyants ayant maintenant la vie de Christ en eux, c’est devenu un commandement nouveau (Jean 15. 12 ; 2 Jean 1. 5). L’amour pour les frères est une pierre de touche. Il permet de montrer si nous gardons sa Parole, si nous sommes réellement en Lui.

Malgré notre faiblesse, cherchons à ressembler à notre modèle (1 Pier. 2. 21). « Voyant Jésus qui marchait », Jean le Baptiseur s’écrie : « Voilà l’Agneau de Dieu », car la marche du Seigneur Le faisait reconnaître (Jean 1. 29).

L’amour, versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint (Rom. 5. 5), doit être vraiment mis en pratique (2 Jean 1) vis à vis du Seigneur et de nos frères. Obéissons à la Parole. Chez le croyant, la vie et la lumière vont de pair, ils sont en Christ (Jean 1. 4).

Dès la création, Dieu avait séparé la lumière d’avec les ténèbres. C’est la chute de l’homme qui a introduit les ténèbres morales dans ce monde : « Le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5. 19). Jésus-Christ dit : « Moi, je suis la lumière du monde » (Jean 8. 12). En tant que croyants, « nous sommes les fils de la lumière » (1 Thess. 5. 5). Il nous appartient de marcher « comme des enfants de lumière » (Éph. 5. 8), et de reluire « comme des luminaires dans ce monde » (Phil. 2. 15).

« Ce qui est vrai en Lui et en vous » précise le v. 8. L’amour doit s’exercer dans la vérité (2 Jean 1). 1 Corinthiens 13. 4 à 8 montre comment agissent les caractères de l’amour. On voit, en 1 Jean 3. 18, l’amour et la vérité en action. Un amour véritable est inséparable de la lumière divine. Haïr son frère, c’est marcher comme le monde.

Ayons un œil simple et notre corps tout entier sera rempli de lumière (Mat. 6. 22). Quelqu’un a fait remarquer : « Si nous tournons le dos à la lumière, elle continuera de luire sur notre dos », ce qui donne une idée de l’étendue de la miséricorde divine. « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur » s’écrie le psalmiste (Ps. 139. 23). On doit supporter l’action de la lumière, et condamner fermement toute jalousie et toute amertume. Mon frère est « celui pour lequel Christ est mort » (1 Cor. 8. 11). Attachons-nous à discerner ce que Christ a produit en lui.

Il y a dans cette épître un contraste complet entre l’amour et la lumière, d’une part, et la haine et les ténèbres, d’autre part. Il y a incompatibilité entre ce qui est de Dieu et ce qui vient du diable (2 Cor. 6. 14 à 16). Voilà qui aide à discerner le vrai chemin. La vie chrétienne n’est pas une vie de repos ni de facilité. Une grande responsabilité se lie au nom de frères.

La seconde épître de Pierre (ch. 1. 5 à 8) trace le sentier que suit la foi, à mesure qu’elle avance. Notre salut est une certitude précieuse (1 Jean 3. 1) ; et Dieu veut que cette vie divine reçue abonde en fruit porté pour Lui (Jean 15. 8). Ces fruits seront visibles vis à vis de nos frères mais aussi à l’égard des gens de ce monde. N’oublions pas que « Dieu veut que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9). « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4. 18). Puisse notre sentier présenter un tel caractère !

C’est la nature même de Dieu, d’être lumière et amour. Or le v. 11 parle de « celui qui hait son frère » ! On a peine à accepter qu’une telle assertion puisse désigner quelqu’un d’autre qu’un professant sans vie ! Et pourtant, ce peut être le cas. Une telle personne est dans les ténèbres et elle y marche. Elle est sous la domination de Satan.

– v. 12. Il faut être pardonné au nom du Seigneur, pour être appelé un enfant de Dieu. Nous sommes ramenés au début de ce chapitre, où l’on voit que les enfants de Dieu peuvent encore pécher, mais il est précisé ici : « Vos péchés vous sont pardonnés par son nom ».

Ce mot : « enfant » évoque notre relation de famille avec le Père. En 1 Pierre 5. 3, les croyants sont considérés comme un troupeau, en relation avec le Berger. Le nom du Seigneur est le seul nom qui sauve (Act. 4. 10 à 12 ; 10. 43 ; 3. 6). Dans l’Ancien Testament, c’est le nom de l’Éternel qui est invoqué (Ps. 23. 3 ; 25. 11 ; 31. 3).

On devient enfant de Dieu par la nouvelle naissance : c’est un don de l’amour de Dieu (1 Jean 3. 1). Cette nouvelle naissance est opérée par l’Esprit Saint (Jean 3. 3 et 5) sur le fondement du pardon des péchés (1 Jean 1. 9).

– v. 13. L’apôtre s’adresse à toute la famille : aux pères, aux jeunes gens et aux petits enfants. Ces expressions évoquent des degrés différents de maturité spirituelle. Les sœurs, évidemment, sont concernées tout autant que les frères.

Concernant les « pères », Jean souligne chez eux une connaissance approfondie du Seigneur : « Celui qui est dès le commencement ». Cette connaissance s’acquiert par une riche expérience, qui est le fruit d’une marche avec Lui. Toutefois, l’apôtre leur écrit aussi, car ils ont besoin, comme les autres, d’être fortifiés et renouvelés dans leur être intérieur. Une réelle connaissance de Celui qui est dès le commencement confère aux pères une certaine autorité. Les autres membres du troupeau de Dieu attendent d’eux des directions, de la sympathie et de la sagesse. Que le Seigneur nous aide à ne pas rester de petits enfants spirituels (1 Cor. 3. 2) ou, pire encore, de le redevenir (Héb. 5. 11 à 13). Même jeune, un enfant de Dieu peut être appelé à servir le Seigneur qui le fortifiera (Jér. 1. 4 à 8).

Énoch, après avoir marché trois cents ans avec Dieu, a été enlevé auprès de Lui, sans passer par la mort. C’était la preuve irréfutable qu’il avait plu à Dieu (Héb. 11. 5).

– v. 14. Les jeunes gens sont l’expression de la vigueur spirituelle, parce qu’ils ont vaincu Satan. C’est une force qui s’acquiert par la Parole de Dieu : elle demeure en eux. Ils sont appelés à se séparer du monde. Un avertissement solennel leur est adressé : « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15).

On pense à Timothée, ce fidèle serviteur de Dieu, dont personne ne devait mépriser la jeunesse (1 Tim. 4. 12). Pour être en permanence un vainqueur (Apoc. 2 et 3), il faut imiter le Seigneur. Il a vaincu Satan au désert, répondant chaque fois à ses attaques par la Parole.

Dans les v. 18 à 27, les « petits enfants » dans la foi, qui ont encore peu avancé avec Christ, sont plus longuement exhortés. Cependant, nés de nouveau, ils connaissent Dieu comme leur Père, après avoir été des « enfants de colère » (Éph. 2. 3).

Il faut avoir le désir d’atteindre le développement spirituel des « hommes faits » (Éph. 4. 11 à 13), en puisant dans la Parole une plus grande connaissance du « vrai Dieu et du Seigneur Jésus Christ » (Jean 17. 3).

-v. 13 et 14. Les jeunes gens ont vaincu Satan et ils sont victorieux. C’est un combat continuel, mais ils sont forts, parce que la Parole de Dieu demeure en eux. « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (Éph. 6. 10). Il faut résister, tout surmonter et tenir ferme (Éph. 6. 13). Dans ce même passage, le v. 17 parle de l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu. Pour être fort, il faut connaître la Parole. Elle doit avoir autorité sur nous, s’implanter en nous (Jac. 1. 21). D’après 1 Jean 5. 18 et 19, le Méchant ne touche pas celui qui est né de Dieu, même s’il vit dans un monde qui, tout entier, « gît dans le méchant ».

Pères et petits enfants ont connu et connaissent : ces différents temps du même verbe rendent compte d’un progrès vers un état définitif.

– v. 15. Comme les jeunes gens, n’aimons pas le monde ni les choses qui y sont. Le monde s’applique à être séduisant, mais aimer le monde, c’est se constituer ennemi de Dieu (Jac. 4. 4). Dans ce verset, les adultères, après avoir connu le Seigneur, s’éloignent de lui, pour trouver des satisfactions charnelles dans le monde. « Je vous ai fiancés à un seul mari » écrit Paul (2 Cor. 11. 2). « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2. 15). C’est la source évidente d’une grande partie de nos maux.

On trouve dans l’Écriture trois significations de ce mot « monde » :

1 – Le monde créé (Gen. 1. 1).

2 – Toute l’humanité (Jean 3. 16).

3 – Un système organisé, sans Dieu (1 Jean 2. 15). C’est le monde de Lémec (Gen. 4. 19 à 24). Dans ce sens, le monde est orné, paré, il se veut séducteur. L’Écriture recommande : « Ne vous conformez pas à ce siècle, mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement » (Rom. 12. 2).

Moïse a renoncé au monde (dépeint sous les traits de l’Égypte) et il a choisi l’opprobre du Christ (Héb. 12. 24 à 26). Satan, le chef du monde actuel, n’avait rien en Christ, notre Seigneur, Homme ici-bas (Jean 14. 30 et 31). Ne nous mettons pas sous un joug mal assorti avec les incrédules (2 Cor. 6. 14). « Notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). 1 Corinthiens 7. 31 recommande de ne pas user de ce monde « à notre gré », car nous n’en faisons plus partie (Jean 17. 14). D’ailleurs, le monde s’agite en vain. « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (Ps. 39. 6).

– v. 16. Ève et Adam n’ont pas résisté à la triple tentation de Satan, dans le jardin d’Éden : elles étaient l’expression des choses qui sont dans le monde : « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie » (Gen. 2. 6). Le Seigneur a été tenté de la même manière, mais au désert et après quarante jours de jeûne. Mais « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3. 5). En tant que chrétiens, nous rencontrons dans ce monde les mêmes tentations.

Mais loin de n’avoir qu’un caractère négatif, la vie de la foi doit être remplie de ces « bonnes œuvres, préparées à l’avance, pour que nous marchions en elles » (Éph. 2. 9).

– v. 17. Faire la volonté de Dieu, c’est marcher sur les traces du Seigneur (Jean 4. 34). Ce sont de tels vrais disciples qu’il appelle « mon frère, ma sœur, ma mère » (Mat. 12. 50).

Détournons nos yeux de la vanité de ce monde (Ps. 119. 37). Nos convoitises sont bien souvent le levier dont Satan se sert pour nous éloigner de Dieu. Son but est de nous pousser à négliger la Parole. Il cherchera même à la falsifier et voudrait nous amener à la tordre. Écoutons l’avertissement très solennel d’Apocalypse 22. 18 et 19.

v. 18 à 22. L’apôtre s’adresse longuement aux « petits enfants ». Ils étaient particulièrement en danger d’être séduits par l’esprit de l’Antichrist.

Moralement, c’était déjà la dernière heure. Cette expression ne se trouve qu’ici. 2 Pierre 3. 3 et 2 Timothée 3. 1 parlent des « derniers jours », expression qui désigne les temps « fâcheux », qui préparent la venue de l’Antichrist, qui apparaîtra en personne, après l’enlèvement de l’Église.

Il est appelé « l’homme de péché, le fils de perdition ». Il s’élève et s’oppose à Dieu. Il se présentera dans le temple de Dieu et se fera adorer comme dieu (2 Thess. 2. 3 et 4). Il est encore appelé « l’Inique ». Sa venue a lieu par « l’opération de Satan ». Il fait des miracles, des signes, des prodiges de mensonge (2 Thess. 2. 8 et 9). Il séduit les incrédules par l’injustice. Apocalypse 13. 11 le décrit comme une « bête qui monte de la terre », apparaissant en Israël, peut-être du milieu de la tribu de Dan (Gen. 49. 16 et 17). Jean est le seul à l’appeler l’Antichrist.

À l’inverse du Seigneur, que l’on a pu voir sur la terre comme un petit Enfant, couché dans une crèche, l’Antichrist sera « révélé » comme un homme, rempli de puissance satanique. Son activité diabolique caractérise déjà la « dernière heure ». De faux docteurs apparaissent : « Ils n’étaient pas des nôtres… ils sont sortis du milieu de nous » (1 Jean 2. 19). Paul parle de « loups redoutables », d’hommes qui se lèvent d’entre les croyants, annonçant « des doctrines perverses pour attirer des disciples après eux » (Act. 20. 29 et 30).

Ce sont des séducteurs « qui ne confessent pas Jésus Christ venu en chair » (2 Jean 7). L’esprit de l’Antichrist procède du « Menteur », de Satan (Jean 8. 44). Il nie que Jésus est le Christ, il « nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22). On se souvient pourtant que le Seigneur a dit : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14. 6).

Dieu ne veut pas que ses enfants se laissent troubler par des fausses doctrines et Il leur donne les ressources, en particulier celles que l’on trouve dans ces versets de 1 Jean 2. 20 et 21 : « Vous avez l’onction de la part du Saint ». Le Saint Esprit nous communique la vérité et nous scelle (Éph. 1. 13 et 14 ; 2 Cor. 1. 21 et 22 ; Jean 16. 13).

Les petits enfants dans la foi connaissent le Père, ils ont donc l’essentiel. Ils reconnaissent la voix du Bon Berger (Jean 10. 4), ils L’écoutent (Jean 10. 27). En revanche, ces brebis du Seigneur n’écouteront pas la voix des « voleurs et des larrons » (Jean 10. 8).

L’Esprit de Dieu, dans ce passage de 1 Jean 2, instruit les petits enfants. Il leur montre clairement le vrai rôle de ceux qui, tout en se trouvant parmi les croyants, sont en fait dirigés par l’esprit de l’Antichrist.

L’onction du Saint Esprit ne dépend pas du degré de maturité spirituelle, mais il faut veiller ensuite à ne pas attrister le Saint Esprit, cette Personne divine qui daigne habiter en nous (Éph. 4. 30).

La Parole de Dieu distingue : « l’homme animal », l’incrédule (1 Cor. 2. 14) ; celui qui est « charnel », un croyant qui laisse la chair agir habituellement en lui (1 Cor. 3. 1) – l’homme « spirituel », un croyant qui est conduit par le Saint Esprit (1 Cor. 2. 15).

Dans l’évangile de Jean, au ch. 9, on trouve le récit d’un aveugle-né guéri par le Seigneur. Il fait des progrès spirituels rapides et apprend à distinguer les mauvais bergers du Bon Berger. Apprenons aussi à éprouver les esprits pour « voir s’ils sont de Dieu » (1 Jean 4. 1).

– v. 22 à 25. Aux Juifs incrédules, le Seigneur dit : « Vous avez pour père le diable. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et le père du mensonge » (Jean 8. 44). L’Antichrist a les mêmes caractères que le diable. « Il nie le Père et le Fils » (1 Jean 2. 22).

Les « plusieurs » antichrists mentionnés au v. 18 viennent de la même source mauvaise et sont animés par le même esprit. De nos jours, où nous manquons de crainte et de sagesse, il nous faut parfois beaucoup de temps pour reconnaître l’esprit de mensonge qui se répand dans l’Église, où l’on respecte de moins en moins la Parole (Jude 3). Si nous cherchons avec ferveur à acquérir une bonne connaissance de l’Écriture, nous serons rendus capables de reconnaître la voix du Bon Berger, et notre cœur sera tenu fermé aux diverses voix qui s’élèvent dans ce monde mauvais.

1 Jean 4. 2 et 3 et 2 Jean 7 et 9 enseignent comment discerner les esprits. « Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu ». « Dieu a été manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16). Jésus disait à ses détracteurs : « Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8. 58). Et Pierre reconnaît : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16).

Le Fils révèle le Père (Jean 20. 17). Mais, même si nous croyons au Fils, le mystère de sa Personne reste insondable (Mat. 11. 27). Le Père a envoyé le Fils (Jean 14. 24). Ils sont liés d’une manière indissociable (Jean 14. 1 et 10).

Rejeter le Fils, c’est rejeter Celui qui l’a envoyé (Luc 10. 16).

Les apôtres ont été les témoins oculaires de ce que le Seigneur a annoncé dès le commencement (Marc 1. 1 ; Luc 1. 1 et 2). La scène de la transfiguration, à laquelle ils ont eu le privilège d’assister (2 Pier. 1. 16 à 18) a confirmé sa majesté.

« Ayant cru à l’évangile de notre salut », nous sommes scellés par le Saint-Esprit (Éph.1. 13 et 14). Ne pensons pas que la réception du Saint-Esprit soit comme une sorte de baptême supplémentaire indispensable !

L’évangile de la grâce, annoncé par le Seigneur, a été confirmé « par ceux qui l’ont entendu » (Éph. 2. 3). Nous devons le garder tel que Dieu nous l’a confié. Veillons à ne pas porter atteinte à l’étendue de l’œuvre du Seigneur Jésus en faveur des pécheurs (Gal 1. 8).

Si la divinité du Seigneur était souvent voilée pendant les jours de sa chair, elle s’est montrée clairement en plusieurs occasions : quand II reprend le vent et la mer, et ils s’apaisent – quand II multiplie les cinq pains et quelques poissons, pour rassasier une grande foule – ou encore quand Il guérit des malades, des infirmes, ou ressuscite des morts, montrant qu’Il est le maître de la vie, qu’Il est Dieu. Les apôtres ont été témoins de ses miracles et leur témoignage est précieux pour la foi.

Les « saintes lettres qui peuvent nous rendre sages à salut » (2 Tim. 3. 15). Elles nous introduisent, par pure grâce, dans l’intimité de Dieu. Et nous avons la responsabilité de garder « ce que nous avons entendu dès le commencement ». Nous pouvons « demeurer dans le Fils et dans le Père ».

– v. 25. « C’est ici la promesse que Lui nous a promise, la vie éternelle ». L’accent est mis sur « Lui ». Sa promesse est sûre et ferme (Jean 5. 24 ; 1 Jean 5. 13). Mais nous devons saisir les bénédictions qui s’y rattachent : « Poursuivre la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit », et « combattre le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 11 et 12).

– v. 27. Le Saint-Esprit nous enseigne par le moyen de la Parole. Il dénonce l’activité de ceux qui cherchent à nous égarer. Déjà, dans l’Ancien Testament, l’Éternel déclarait : « Ma Parole… et mon Esprit demeurent au milieu de vous » (Aggée 2. 5). Dans le Nouveau Testament, le Saint Esprit s’est servi de plusieurs apôtres pour compléter le canon des Écritures (Éph. 4. 11 et 12) « en vue du perfectionnement des saints ». L’Esprit travaille pour nous faire croître « dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 3. 18). Il « prend de ce qui est à Christ, et nous l’annonce » (Jean 16. 13 et 14). Lui seul peut faire comprendre les Écritures. En dépit de la diversité des dons (1 Cor. 12. 28), l’Esprit est un, et Il ne peut pas conduire les croyants à avoir des pensées qui s’opposent (1 Cor. 2. 16).

« L’onction est vraie et n’est pas mensonge » (1 Jean 2. 27). C’est « l’Esprit de vérité » (Jean 16. 13). Le serviteur doit se laisser diriger pour être « propre à enseigner » (2 Tim. 2. 24). « L’onction demeure en nous » – c’est une affirmation, et nous devons aussi « demeurer en Lui » – c’est une exhortation. Il est indispensable que le Saint Esprit soit libre d’agir en nous. C’est seulement par son moyen que les choses spirituelles se discernent (1 Cor. 2. 12 à 16).

En 1 Cor. 2. 12, nous connaissons « les choses divines par le moyen de l’Esprit qui est de Dieu ». En 1 Corinthiens 2. 13, ces choses spirituelles nous sont « communiquées » par des « moyens spirituels », par des paroles enseignées de l’Esprit (1 Cor. 12. 14). Ces choses spirituelles sont discernées par l’Esprit de « puissance, d’amour et de conseil » (2 Tim. 1. 7).

Que l’Esprit demeure en nous ne nous dispense nullement de veiller et de poursuivre la sainteté. Notre corps est le temple du Saint-Esprit (1 Cor. 3. 16). Il faut que la Parole habite en nous ; ainsi l’Esprit sera libre d’agir et nous pourrons croître, ne pas rester des « petits enfants » dans la foi (Éph. 4. 14).

– v. 28. Après avoir parlé aux « petits enfants », l’apôtre Jean s’adresse maintenant à tous les enfants de Dieu pour les exhorter à demeurer en Lui, c’est à dire en Christ. Ainsi, ils ne seront pas « couverts de honte » à sa venue, au tribunal de Christ (2 Cor. 5. 10). C’est là que toutes nos œuvres seront manifestées (1 Cor 3. 12 à 15).

L’ouvrier du Seigneur, qui se sera laissé conduire par l’Esprit Saint, aura apporté de bons matériaux à la construction de l’édifice : « de l’or, de l’argent, des pierres précieuses ». Tandis que le mauvais ouvrier, sous l’influence de sa propre volonté, aura apporté de mauvais matériaux : « du bois, du foin, du chaume ». Il ne perdra pas son salut, mais bien sa récompense (Apoc. 22. 12). Peut-être peut-on penser que sa place sera plus éloignée du Seigneur qu’il ne l’aurait souhaité ? Retenons les exhortations de 1 Pierre 1. 3 et 4, 10 et celles de 2 Jean 8. Tous les rachetés recevront la couronne de vie, mais il y a d’autres couronnes, et nous pouvons les perdre par notre faute. Nous ne pourrons pas les jeter aux pieds du Seigneur (Apoc. 4. 10). Ayons le désir de parvenir « à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude de Christ » (Éph. 4. 13).

– v. 29. « Si vous savez » : c’est d’une connaissance intuitive qu’il s’agit. « Sachez que quiconque pratique la justice est né de Lui ». Ici, il s’agit par contre d’une connaissance acquise par l’expérience. Le verbe connaître en français, dans les écrits de Jean en particulier, est la traduction de deux verbes qui, dans la langue originale, ont un sens assez différent (gindskij et oïda). On peut même les trouver parfois réunis dans le même verset, en Jean 13. 7 par exemple : Pierre ne savait pas encore, mais il saurait plus tard, par expérience, la portée pratique du lavage des pieds.

Le croyant qui, par la nouvelle naissance, a reçu la nature même de Dieu (Jean 3. 3 ; Jac. 1. 18), doit pratiquer la justice, montrant ainsi sa foi (Jac. 2. 24). L’incrédule, lui, pratique le péché (1 Jean 3. 7 à 9). Le caractère de Celui auquel nous appartenons maintenant est d’être le Juste (1 Jean 3. 7), d’où cette exhortation, adressée au croyant, de pratiquer, lui aussi, la justice. Lire l’exhortation de Romains 6. 12 : « Que le péché ne règne point dans votre corps mortel ».

Ch. 3

– v. 1. Nous sommes appelés à contempler l’amour que Dieu montre à l’égard de sa propre famille, formée de tous ceux qui ont reçu son Fils comme Sauveur et Seigneur (Jean 1. 12). On lit aussi en Jean 3. 16 : « Dieu a tant aimé le monde ». Jean nous invite à admirer l’immensité de l’amour divin. C’est la même expression qui est employée quand les disciples admirent la beauté des pierres du temple (Marc 13. 1).

Pierre met en évidence ce que doit être la sainte conduite des gens de la maison de Dieu (2 Pier. 3. 11). À l’inverse, les enfants du diable manifestent les caractères de celui dont ils sont les esclaves. Ce sont l’injustice et la haine (1 Jean 3. 10). Nous faisions tous partie à l’origine de ces enfants du diable, mais par grâce, nous nous sommes « tournés vers le Dieu vivant et vrai » (1 Thess. 1. 9).

Les enfants que Dieu aime, ces « frères aimés de Dieu » (1 Thess. 1. 4), sont aussi « aimés du Seigneur » (2 Thess. 2. 13). Le Seigneur dit : « ils étaient à toi, et tu me les a donnés » (Jean 17. 6) ; et encore : « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés » (Héb. 2. 13). De même aussi, l’Assemblée est présentée comme la future épouse de Christ, mais ce n’est pas le sujet des épîtres de Jean.

Dieu est le grand Donateur. L’amour est un don de Dieu (Jean 3. 16 ; 17. 23 et 26) et « Il a versé son amour dans nos cœurs » (Rom. 5. 5). Nous sommes rendus capables d’aimer le Seigneur et de nous aimer les uns les autres. Le Père de notre Seigneur Jésus Christ est devenu notre Père (Jean 20. 17).

De même que le monde n’a pas connu Dieu (Jean 17. 25), il ne nous connaît pas. Comme il a haï le Seigneur, il nous hait aussi (Jean 15. 18). « L’esclave n’est pas plus grand que son maître » (Jean 15. 20). Sommes-nous animés du même esprit que les apôtres ? « Ils se réjouissaient d’avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom » (Act. 5. 41).

– v. 2. « Bien-aimés » : cette expression se retrouve trois fois dans le ch. 4, aux v. 1, 7 et 11. Quand le Seigneur sera « manifesté », notre ressemblance avec Lui deviendra parfaite, « car nous le verrons comme il est » et non plus « comme à travers un verre, obscurément » (1 Cor. 13. 12). « Ceux qui aiment Dieu… » (Rom.8. 28), nous serons « conformes à l’image de son Fils » (Rom. 8. 29). Même « le corps de notre abaissement sera transformé en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3. 21). « Semé corps animal, il ressuscite corps spirituel » (1 Cor. 15. 44).

Il fera partager aux siens sa gloire de Fils de l’homme, mais non pas celle qui n’appartient qu’à Dieu. Il est devenu et reste un homme, mais Il n’a jamais cessé d’être Dieu (1 Jean 5. 20).

D’ores et déjà, cherchons à Lui ressembler, en purifiant notre marche ici-bas, car Lui est pur (1 Jean 3. 3).

L’apôtre passe sans transition du Père au Fils, manifestant ainsi l’unicité des Personnes divines.

– v. 3. Notre espérance est en Lui et nous sommes appelés à nous purifier « comme Lui est pur ». De nombreuses Écritures établissent la pureté de Celui qui est notre modèle. Citons Jean 8. 46 ; 1 Pierre 2. 22 ; 2 Corinthiens 5. 21 et Hébreux 7. 26. Notre responsabilité est de chercher à Lui ressembler dans notre vie pratique – alors que, de son côté, le v. 7 du chapitre 1er établit que nous avons été purifiés une fois pour toutes par le sang de Jésus Christ. Enfants de Dieu désormais, cette purification constante nous gardera du péché, par la pratique de la justice (1 Jean 3. 7).

– v. 4. L’iniquité (une marche sans frein) caractérise celui qui pratique habituellement le péché, tandis que, chez le croyant, le péché doit toujours être un accident.

De fait, les v. 4 à 10 établissent le contraste entre les enfants de Dieu qui pratiquent la justice, et les enfants du diable qui vivent dans l’iniquité. L’exhortation de Romains 6. 12, déjà mentionnée, est en relation avec notre responsabilité : « Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel, pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci ».

La vieille nature est toujours dans le croyant et Romains 7. 14 à 24 décrit les vains efforts d’un croyant pour se libérer de ce marécage du péché, dans lequel il reste embourbé à son grand désespoir. Il se rend compte qu’il est sans force et que le péché, contre son gré, le retient captif. Il pèche, tout en ayant le désir de ne plus pécher. Et cela, jusqu’au moment où, à bout de forces, il s’en remet à un Autre pour être délivré de ce corps de mort. Oui, comprenant son incapacité totale, il se tourne enfin vers le Seigneur (Rom. 7. 25).

Les gnostiques, qui prétendaient parvenir à la perfection par une connaissance absolue des choses de Dieu, niaient que le croyant puisse encore pécher. L’incrédule n’a pas conscience de ses péchés, donc il ne s’en inquiète pas. Mais le croyant, qui a la vie de Christ en lui, a sa conscience troublée par un péché et doit le confesser pour rétablir la communion avec Dieu. L’état normal du croyant, c’est de ne pas pratiquer le péché, mais la justice. La nouvelle naissance change tout dans nos relations avec Dieu.

Les incrédules font la volonté de leur père, le diable (Jean 8. 41 à 44). Le Seigneur est « venu détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3. 8). Le Seigneur est présenté comme ayant vaincu l’homme fort et pillé ses biens (Mat. 12. 29). À la croix, le Seigneur a triomphé en public des « principautés et des autorités » et Il a anéanti les œuvres du diable (Col. 2. 14 et 15).

Que le Seigneur nous aide à porter, habituellement, les vrais caractères des enfants de Dieu, en pratiquant des actes de justice pratique, pour ressembler à notre divin Modèle.

– v. 10. Le croyant, qui a reçu la vie de Dieu, est comparable à un arbre sauvage qui aurait reçu un excellent greffon. Il produira désormais de « bons fruits » auxquels Dieu prend plaisir ; mais sur le vieux tronc peuvent encore pousser des rejets, producteurs de fruits sauvages. La « semence de Dieu » (1 Jean 3. 9) est semblable à ce greffon qui, en se développant, ne porte que de bons fruits. L’incrédule, n’ayant pas la vie divine, ne produit rien de bon pour Dieu, même si ses apparences sont aimables.

Pour la « semence de Dieu », pour ces croyants « participant à la nature divine », il y a de « très grandes et précieuses promesses » (2 Pier. 1. 4). Parmi les fruits portés, citons la marche dans la lumière (1 Jean 1. 7) ; la connaissance de Christ, en gardant ses commandements (1 Jean 2. 3) ; on désire marcher « comme Lui a marché » (1 Jean 2. 6). Le croyant demeure dans la lumière, en aimant son frère (1 Jean 2. 10) ; il ne pratique pas le péché (1 Jean 3. 9). Cet amour pour les frères est réaffirmé (1 Jean 3. 14) et porte des conséquences visibles : le croyant est prêt à laisser sa vie pour les frères (1 Jean 3. 16) et à les assister s’ils sont dans le besoin (1 Jean 3. 17).

– v. 11. L’amour est le thème central de l’épître. Souvenons-nous de ces paroles du Seigneur : « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15. 3). L’amour de Dieu, versé dans nos cœurs (Rom. 5. 5), doit se manifester à l’égard de tous nos frères, le degré de communion n’entre pas en jeu.

C’est le message « entendu dès le commencement » de la bouche du Seigneur : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13. 35 ; 15. 12 et 17).

En contraste, les incrédules ne pratiquent pas la justice, n’aiment pas les frères. Ce sont, en puissance, des « meurtriers », comme Caïn qui haïssait son frère et le tua (1 Jean 3. 12), car de la haine peut germer le meurtre. La haine est inscrite dans nos cœurs naturels (Tite 3. 3). Le monde haïssait le Seigneur. Pilate et Hérode devinrent amis entre eux le jour où ils condamnèrent Jésus. Caïn, averti par Dieu qui l’engage à accepter le sacrifice pour le péché « couché à la porte » (Gen. 4. 7), refuse d’écouter, devient un meurtrier et, pour finir, sort de devant l’Éternel (Gen. 4. 16).

Personne ne sera jugé et condamné sans avoir d’abord été averti qu’il y a un sacrifice, une ressource pour être délivré du péché. Quant aux « œuvres justes » d’Abel, il faut comprendre que, par la foi, il a compris qu’il devait apporter les premiers-nés de son troupeau et leur graisse pour être agréé. C’était, pour Dieu, une figure de Christ, mourant sur la croix pour les péchés – tandis que Caïn apporta le fruit du sol, tiré d’une terre maudite par Dieu à cause du péché (Gen. 3. 17 ; 4. 3).

v. 13. Comme le monde hait le Seigneur, il hait aussi le croyant. La Parole nous en avertit (Jean 15. 18 à 20 ; 1 Pier. 4. 4 ; Jean 17. 14).

– v. 14. Aimer les frères prouve que nous sommes passés de la mort à la vie. Par contre, celui qui n’aime pas son frère demeure dans la mort. C’est un meurtrier et aucun meurtrier n’entrera dans la sainte cité (Apoc. 22. 15). Veillons donc à marcher dans la lumière (1 Jean 1. 7), dans l’amour pour le Seigneur et pour tous les frères.

– v. 15. 1 Samuel 18. 5 à 11 illustre ce verset. : Saül avait commencé par aimer David, mais ensuite, sa jalousie transforme cet amour en haine, et il tente plusieurs fois de le faire mourir. La haine fait de l’homme un meurtrier, même s’il ne parvient pas à ses fins.

– v. 16 et 17. À l’inverse, Dieu place devant nous le modèle parfait, le Seigneur Jésus. « Lui a laissé sa vie pour nous ». C’est par ce sacrifice que nous avons connu, et que nous connaissons l’amour. Il s’agit d’une connaissance permanente. Elle nous pousse à laisser aussi, si le Seigneur nous y conduisait, notre vie pour nos frères.

Il y a dans l’Écriture des exemples concrets : Prisca et Aquilas avaient exposé leur propre cou pour l’apôtre (Rom 16. 3) ; Épaphrodite, pour l’œuvre, avait été « proche de la mort » (Phil 2. 25 à 30). Romains 12. 1 nous exhorte à « offrir nos corps en sacrifice vivant ». Mais, même si le Seigneur ne nous place pas dans ces situations extrêmes, notre dévouement pour les frères peut se manifester de façon pratique : prier les uns pour les autres, porter les charges les uns des autres (Gal. 6. 2), faire part de nos biens à ceux de nos frères que l’on sait être dans le besoin.

– v. 18. Jean nous met en garde contre le fait de manifester de la sollicitude pour nos frères, en paroles seulement (Jac. 2. 15 et 16). La réalité de notre vie chrétienne doit se manifester pratiquement (Éz. 33. 31). Unis en Christ, agissons à l’égard de nos frères et sœurs comme envers ceux « pour lesquels Christ est mort » (1 Cor. 8. 11). Aimer en pratique est un commandement du Seigneur (Jean 15. 14 ; 13. 35).

Regardons le modèle afin que nous suivions ses traces (1 Pier. 2. 21). Soyons fidèles dans les petites choses matérielles, et Dieu nous confiera les bénédictions spirituelles, nos vraies richesses (Luc 16. 9 à 12). Dieu « prend plaisir à de tels sacrifices », auxquels se lie la bienfaisance (Héb. 13. 16). Le sacrifice de nos biens est lié à celui de la louange dans le culte. Dieu voit « dans le secret » ce que nous donnons – ou plutôt gardons pour nous-mêmes (Mat. 6. 1 à 4). Les Macédoniens s’étaient « donnés premièrement au Seigneur », puis aux apôtres. Et malgré leur grande pauvreté, Paul parle de « la richesse de leur libéralité » (2 Cor. 8. 2 à 5).

– v. 18 et 19. C’est avec une douceur affectueuse que l’apôtre s’adresse aux croyants, comme à des « frères » (v. 13) et à des « enfants » (v. 18) pour les exhorter à aimer « en action et en vérité ». Lui-même les aimait de cette manière-là (2 Jean 1). L’amour est le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22). Il doit être sans hypocrisie (1 Pier. 1. 22).

Ananias et Sapphira avaient voulu mentir en mettant secrètement de côté une partie du prix de la terre vendue. Ils sont immédiatement démasqués (Act. 5. 1 à 10) car ils ont, en fait, « menti à l’Esprit-Saint ». « Aucune créature n’est cachée devant Dieu. Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui auquel nous avons affaire » (Héb. 4. 12 et 13).

L’obéissance et la fidélité mettent notre cœur à l’aise devant Dieu pour demander et obtenir selon nos besoins, parce que « nous gardons ses commandements et pratiquons ce qui est agréable devant lui » (1 Jean 3. 20 à 22).

– v. 19 à 21. En aimant nos frères « en action et en vérité », nous nous fondons sur Dieu lui-même et sur sa Parole, et non sur notre conscience qui n’est pas toujours un guide sûr : elle peut être altérée et peu sensible. « Si notre cœur (ici, il s’agirait plutôt de la conscience ?) nous condamne », suite à un péché ou à une manifestation de la chair, tel que l’égoïsme par exemple, « Dieu est plus grand que notre cœur », sa grâce couvre notre misère, et « Il sait toutes choses ».

Pierre, en reniant son Seigneur, avait donné toute apparence de ne plus l’aimer ; mais il avait la ferme assurance de la connaissance parfaite du Seigneur : « Tu sais que je t’aime » (Jean 21. 17).

C’est en aimant que nous assurons nos cœurs devant Dieu, car nous avons la ferme conviction d’être « de la vérité ». Pensons aussi à Jean 2. 28. Ne soyons pas craintifs de façon irraisonnée, mais ne négligeons pas de chercher à avoir une bonne conscience, bien que ce ne soit pas ce qui nous justifie (1 Cor. 4. 4 ; 11. 31). Aimer « en action et en vérité » doit être mis premièrement en pratique dans la maison de la foi (Gal. 6. 9 et 10), où la bienfaisance a sa place (Héb.13. 16). Voir aussi 3 Jean 5 à 9.

– v. 22. Comme David (2 Sam. 24. 14), reposons-nous avec confiance sur les grandes compassions de Dieu et confessons-Lui nos fautes. Si l’on garde et si l’on met en pratique ses commandements, « quoi que ce soit que nous lui demandions », nous le recevrons de Lui (1 Jean 5. 14 et 15).

Dans la scène de Luc 5. 8, Pierre exprime sa crainte : « Retire-toi de moi, Seigneur », mais en même temps, il manifeste sa confiance en se jetant à genoux devant le Seigneur. La pratique habituelle de la piété rendra nos prières intelligentes. Nous apprenons à discerner la pensée de Dieu. Les enseignements de sa Parole sont éminemment pratiques.

– v. 23. Ce verset est une sorte de résumé de l’essentiel de la foi chrétienne : « Nous croyons au nom du Fils de Dieu » (c’est la conversion) et « nous nous aimons l’un l’autre » (la marche dans l’amour).

– v. 24. Il y a une joie réciproque dans cette communion entre le Seigneur et le croyant qui garde ses commandements. Le Seigneur présente les conditions pour qu’une telle communion s’établisse, en Jean 14. 23 et en Apocalypse 3. 20. On trouve l’exemple suprême dans Jean 14. 10, entre le Père et le Fils.

C’est l’habitation de l’Esprit Saint en nous qui rend possible cette précieuse intercommunion, et nous en donne l’assurance. Mais, pour en jouir, il faut chercher Dieu de tout notre cœur et Lui obéir (Ps. 119. 2).

Laissons-nous conduire par l’Esprit de Dieu, et nous porterons le caractère de « fils de Dieu » (Rom. 8. 14). C’est en obéissant à sa Parole, éclairée dans nos cœurs par l’Esprit Saint, que nous ferons des progrès, et jouirons de la communion avec notre Dieu.

Ch. 4

– v. 1 à 5. Le chapitre montre la nécessité d’apporter par nos actes la preuve de notre relation avec Dieu. Ici, la confession de « Jésus Christ venu en chair » est la preuve que nous Lui appartenons réellement. Par ces paroles : « Bien-aimés », l’apôtre met en évidence la qualité de notre relation avec Dieu.

Les croyants sont mis en garde contre les faux prophètes. Ils nient cette vérité de « Jésus Christ venu en chair ». Ils s’opposent ainsi à l’enseignement du Saint Esprit, qui veut nous conduire dans toute la vérité (Jean 16. 13) et qui communique des « choses spirituelles par des moyens spirituels » (1 Cor. 2. 12 à 16).

Tandis que la doctrine de ces faux prophètes, dirigés par l’esprit de l’Antichrist (chap. 2. 18 et 19), est un danger mortel, spirituellement parlant, pour le chrétien. En niant que le Seigneur Jésus soit « Dieu, manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16), une doctrine qui était déjà soutenue par les gnostiques, on plaît à ce monde. Les gnostiques prétendaient que le Seigneur n’était qu’un homme et que, de ce fait, il pouvait pécher. C’était contredire la Parole qui affirme : « qu’il n’y a pas de péché en Lui » (1 Jean 3. 5), qu’il « n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5. 21), que « nous avons un souverain sacrificateur… qui a été tenté en toutes choses, à part le péché » (Héb. 4. 15).

Il y a donc opposition absolue entre le témoignage de l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’Antichrist qui anime ces faux prophètes. Les enfants de Dieu les ont vaincus, du fait de la présence en eux de l’Esprit de Dieu (1 Jean 4. 4). À noter que les égarements ne se limitent pas à nier la divinité de Christ. Mais retenons que pour les discerner, la Personne du Seigneur est la pierre de touche (1 Cor. 12. 3). Jean 15. 26 met en évidence le témoignage que le Saint Esprit rend actuellement au Seigneur, durant le temps de son absence. 1 Corinthiens 12. 10 cite, parmi les dons, celui du « discernement des esprits » ; mais chacun d’entre nous est appelé à « éprouver les esprits » (1 Jean 4. 1). « Celui qui est spirituel discerne toutes choses » (1 Cor 2. 15). Tous les dons de l’Esprit sont pour « l’édification du corps de Christ ». Dieu désire que nous parvenions « tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Éph. 4. 11 à 13).

Le conseil que donnait, en son temps, Akhitophel, était pour ceux qui l’écoutait, « comme si l’on se fût enquis de la parole de Dieu » (2 Sam. 16. 23). Mais son véritable état d’esprit fut révélé aux fidèles quand il parla contre David, type de Christ. Balaam aussi, contraint par Dieu à dire des choses merveilleuses au sujet du peuple élu, suivait pourtant un chemin « pervers » devant Dieu (Nomb. 22. 32). Gardons « le bon dépôt » (2 Tim. 1. 13 et 14), car cet esprit, qui est celui de l’Antichrist, est plus actif encore dans ces temps de la fin.

Dans les paroles entendues, puis-je retrouver mon Seigneur, dans toute l’excellence de sa Personne et de son œuvre ? Ne nous fions pas à nos émotions, à nos sentiments, à nos pensées, et même à nos exercices. Ils peuvent être produits par l’homme naturel et, dans ces conditions, ils troubleront toujours l’eau pure de la Parole de Dieu.

L’Antichrist cherche à plaire à ceux qui font partie de ce monde, mais aussi à la chair qui est encore dans le croyant. L’Esprit de Dieu, qui agissait sans entrave chez l’apôtre Paul, se comporte tout autrement (1 Thess. 2. 3 et 4 ; 2 Tim. 4. 1 à 3). Il veut que « toutes nos pensées soient amenées captives à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10. 5).

– v. 6 à 10. L’Esprit d’erreur est populaire, et le monde l’écoute (1 Jean 4. 5), mais celui qui connaît Dieu, confesse « Jésus Christ venu en chair » et il est attentif à ce que disent les apôtres. Ces derniers, conduits par l’Esprit Saint, ont l’intelligence des pensées de Dieu. Ainsi, Paul peut parler de son « intelligence dans le mystère de Christ » (Éph. 3. 4).

Sans nul doute, les apôtres font partie de ces « saints hommes de Dieu qui ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pier. 1. 21). Ce sont des « collaborateurs de Dieu » (1 Cor. 3. 9) et ils sont dans la lignée des écrivains sacrés de l’Ancien Testament. En fait, Dieu a produit les apôtres « les derniers sur la scène » (1 Cor. 4. 9), pour « compléter la Parole de Dieu » (Col. 1. 25).

– v. 6. Si nous sommes de Dieu, nous devons écouter et recevoir pleinement l’enseignement des apôtres. Les croyants à Thessalonique ont agi de cette manière (1 Thess. 2. 13). Il faut se laisser conduire par l’Esprit de vérité (Jean 14. 15). « Celui qui n’est pas de Dieu, ne nous écoute pas » (1 Jean 4. 6). L’esprit d’erreur conduit le monde à la perdition (2 Thess. 2. 13). Ceux qui n’ont pas aimé la vérité pour être sauvés, restent sous la domination de Satan. Ce dernier est une créature, et il reste sous le contrôle de Dieu, auquel il doit rendre des comptes sur son activité et Dieu lui assigne des limites à ne pas franchir (Job 1. 12 ; 2. 6).

Les enfants de Dieu ont reçu « l’Esprit de puissance, d’amour et de conseil » (1 Tim. 1. 7), et ils sont donc capables et responsables de discerner les esprits.

– v. 7. Comme enfants de Dieu, nous devons manifester quelques traits de sa nature. Dieu est amour et Il a versé cet amour dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Nous sommes appelés à nous aimer l’un l’autre. C’est la preuve que nous sommes nés de Dieu et que nous Le connaissons. Cette connaissance est la conséquence d’une profonde intimité, de liens d’amour avec Dieu lui-même. Les caractères de l’amour sont décrits en 1 Corinthiens 13. 4 à 8. Il nous faut aimer tous les hommes, car ils sont aimés de Dieu (Jean 3. 16).

Les deux caractères de la nature divine sont présentés dans cette épître : « Dieu est lumière et il n’y a en lui aucunes ténèbres » (1 Jean 1. 5), et « Dieu est amour » (1 Jean 4. 8 et 16). Le péché faisait obstacle entre Dieu et les hommes. Les ténèbres morales humaines, apportées par le péché, ont dû être ôtées, pour que l’amour de Dieu puisse se manifester librement. Avec quelle joie Jean le Baptiseur s’écrie : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).

Dieu est un « Dieu d’amour et de paix » (2 Cor. 13. 11). Ne pas manifester d’amour, c’est montrer que l’on ne connaît pas Dieu (1 Jean 4. 8).

– v. 9 et 10. Dans l’Ancien Testament, c’était une des exigences de la Loi : « Tu aimeras l’Éternel ton Dieu » (Deut. 6. 5). Tandis que dans le Nouveau Testament, c’est Dieu qui manifeste son amour envers nous. Ne négligeons pas, bien-aimés, de nous aimer l’un l’autre (1 Jean 4. 7), et soyons occupés de l’amour de Dieu (Rom. 5. 8).

On trouve ici trois motifs pour lesquels Dieu a envoyé son Fils : « Afin que nous vivions par lui », car nous étions morts (Col. 2. 13), « Pour être la propitiation pour nos péchés », car nous étions coupables (Tite 3. 4), « pour être le Sauveur du monde », car nous étions perdus (Luc 19. 10).

Cette expression « Fils unique » se retrouve en Jean 1. 14 et 18 ; 3. 16 et 18 ; Genèse 22. 2 ; Psaume 22. 20 ; 35. 17. Le Fils est « unique » dans l’amour du Père. En Le donnant pour notre rachat, Dieu a montré l’immensité de cet amour (Marc 12. 6). Il a trouvé en Lui-même des motifs pour nous aimer. Dès lors « il convenait pour Lui que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances » (Héb. 2. 10). Ce sont de grands mystères que nous adorons, sans pouvoir en mesurer l’étendue, mais ce sont tout autant de motifs pour l’aimer un peu à notre tour.

– v. 11 et 12. On trouve en Jean 13. 34 la vraie mesure de l’amour entre les frères : le Seigneur dit : « comme je vous ai aimés ». Dieu « n’a pas épargné son propre Fils » : voilà la mesure de l’amour de Dieu pour nous. Et c’est le commandement d’amour du Seigneur : « Que nous nous aimions l’un l’autre » (1 Jean 4. 21 ; 5. 1).

Aimer Dieu, aimer les frères, apportent la preuve de notre nouvelle naissance (1 Jean 4. 7). L’amour que Dieu a versé dans nos cœurs crée des liens divins entre des frères qui ne se connaissent pas ; ils se manifesteront lors d’une rencontre. C’est le même Père qui nous a engendrés. L’amour de Dieu est consommé (rendu parfait) en nous par l’action du Saint Esprit.

En Jean 1. 18, le Fils révèle le Père que « personne n’a jamais vu » et fait connaître son amour. Ici, en 1 Jean 4. 12, c’est par notre amour l’un vis à vis de l’autre que l’amour de Dieu est consommé en nous. Nous pouvons ainsi être la « lettre de Christ… connue et lue de tous les hommes » (2 Cor. 3. 2 et 3). Les hommes de ce monde peuvent voir Dieu à travers l’amour des croyants entre eux (Jean 13. 35) : c’est un témoignage rendu dans ce monde, où la haine a tout envahi.

– v. 13. C’est par l’Esprit Saint que nous avons reçu, que nous garderons ses commandements. Sa présence est l’assurance que Dieu demeure en nous (1 Jean 3. 24). Nés de Lui, nous pouvons aimer « en action et en vérité » (1 Jean 4. 18) et pratiquer la justice (1 Jean 2. 29).

Dieu « ne donne pas l’Esprit par mesure » (Jean 3. 34). Ce n’est pas une puissance, comme beaucoup le croient, mais une des Personnes divines. Il habite dans le croyant et dans l’Assemblée (Jean 14. 16 ; Éph. 2. 22).

– v. 14. La Parole présente le Dieu unique, en trois Personnes : Père, Fils et Saint-Esprit. C’est par l’Esprit que nous rendons le témoignage que « le Père a envoyé le Fils, pour être le Sauveur du monde » (Jean 4. 42) ; c’est un de ses titres de gloire. Il est le Sauveur pour Israël, mais aussi pour le monde entier (1 Jean 2. 2 ; És. 49. 6). L’Évangile aussi est présenté à « toute la création » (Marc 16. 15). Le salut par Jésus-Christ est offert à tous les hommes, mais seuls ceux qui l’acceptent sont sauvés (Jean 3. 16).

– v. 15. Jésus doit être confessé comme le Fils de Dieu. Ce verset est à rapprocher de Romains 10. 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur ».

Après sa résurrection, le fils de la veuve de Naïn parle. Il peut rendre témoignage (Luc 7. 11 à 15). Chez Lazare, c’est une autre manifestation de la vie. Ressuscité et délié, il se lève et il marche (Jean 11. 44). À la fille de Jaïrus, Jésus ordonne qu’on donne de la nourriture, car la vie à besoin d’être fortifiée (Marc 5. 42 et 43).

– v. 16. La connaissance et la foi doivent aller de pair. S’il n’y a pas la foi, la connaissance ne peut sauver personne. Mais elle sert d’aliment, là où la foi se trouve.

Le Seigneur ne se fiait pas à ceux qui, voyant ses miracles, avaient acquis une certaine connaissance de Lui. Ce n’était pas la foi (Jean 2. 23 à 25). On trouve déjà la foi dans le livre de Job (ch. 33. 23 à 28 ; 19. 25). « Moi, je sais que mon Rédempteur est vivant, et que le dernier, il sera debout sur la terre ».

– v. 16 et 17. Si nous connaissons et croyons à cet amour de Dieu pour nous, nous demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous. La communion est réalisée.

« Comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». « Nous savons que nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3. 2). Nous avons toute assurance quant au jour du jugement. « Nous serons manifestés devant le tribunal de Christ pour recevoir ce que nous avons fait dans le corps, soit bien, soit mal » (2 Cor. 5. 10). Mais le Seigneur sera à nos côtés (Zach. 2. 1 à 4) et, déjà revêtus de nos corps glorifiés, nous serons d’accord avec Lui. La plénitude de sa grâce et de son amour seront mis en évidence.

Il a payé notre dette : « C’est accompli » (Jean 19. 30), Il en a fini avec le péché (Rom. 6. 5 à 10 ; 1 Pier. 4. 1 et 2). Romains 14. 10 et 11 décrit aussi cette séance du tribunal (appelé ici le tribunal de Dieu) et nous sommes avertis que nous devrons Lui rendre compte – tandis qu’Apocalypse 20. 11 à 15 concerne seulement le jugement des incrédules, prononcé au grand trône blanc. Jugés « chacun selon ses œuvres », n’étant pas écrits dans le livre de vie, ils sont jetés dans l’étang de feu.

Dieu manifeste son amour « pour nous », en envoyant son Fils « pour que nous vivions par lui » (v. 9), et « pour être la propitiation pour nos péchés » (v. 10). Son amour « en nous » est source de communion avec Lui et avec les frères (1 Jean 4. 12). Cet amour « avec nous », nous donne l’assurance que nous ne serons pas jugés. Apprendre que nous sommes identifiés avec le Seigneur, déjà dans ce monde, nous montre toute la perfection de la manifestation de l’amour de Dieu en nous.

– v 18. « La crainte et le tourment » peuvent provenir de ce que l’on a pas confessé certains péchés, ou de ce que l’on n’a pas pleinement saisi la grandeur de l’amour de Dieu pour nous. Les frères de Joseph n’avaient pas compris à quel point il les aimait. Il avait pourtant longtemps travaillé pour leur entière restauration. Devant leur repentance, il avait ouvert ses bras et son cœur et les avait comblés de bénédictions. Leurs doutes, à la mort de Jacob, brisent son cœur et lui font verser des larmes (Gen. 45. 1 à 7 ; 50. 15 à 21). Craignons d’attrister notre Dieu par notre incrédulité.

– v. 19 à 21. « Nous, nous aimons Dieu, parce que lui nous a aimé le premier ». Ce fait nous rappelle un commandement : « Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1 Jean 4. 21). C’est un solennel avertissement pour celui qui dit : « J’aime Dieu » et qui hait son frère : il est menteur. Aimons nos frères en Christ. Dieu a mis son sceau, sa nature, son amour, son Esprit en eux. Dans nos frères, nous voyons Christ.

Ch. 5

Ces versets complètent l’enseignement précédent, en mettant d’abord en relief la victoire de la foi (1 Jean 5. 4 et 5), en rappelant « le témoignage de Dieu au sujet de son Fils » (v. 9), témoignage que celui qui croit au Fils de Dieu a au dedans de lui-même (1 Jean 5. 10). Suit alors ce témoignage que Dieu a scellé : Il nous a donné la vie éternelle dans son Fils (1 Jean 5. 11 et 12).

Affermissons notre « appel et notre élection » afin de recevoir une riche entrée « dans le royaume éternel de notre Seigneur et sauveur Jésus Christ » (2 Pier. 1. 10 et 11). Les couronnes que nous recevrons de sa grâce, nous les jetterons devant son trône de gloire (Apoc. 4. 10).

– v. 1 à 5. Croire que « Jésus est le Christ » nous introduit dans la famille de Dieu. Nous recevons la capacité d’aimer Dieu, « celui qui engendre » et nos frères, « ceux qui sont engendrés » du Père. Nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, si nous aimons Dieu et obéissons à ses commandements, qui ne sont pas pénibles.

C’est par la foi, en croyant que Jésus est le Fils de Dieu, que nous serons vainqueurs de ce monde incrédule.

La foi, cet œil qui voit l’invisible, génère un véritable amour pour Dieu et pour les frères. Dirigée par l’Esprit Saint, la foi est mise en contact avec « les choses profondes de Dieu » (1 Cor. 2. 10), et en particulier avec tout ce qui touche à la manifestation de son amour pour nous (1 Jean 4. 9). La nouvelle naissance « par l’eau, par la Parole et par l’Esprit » a lieu par la foi en Jésus Christ (Jean 3. 3 à 5). La force de garder les commandements de Dieu et d’y prendre plaisir vient aussi de la foi (Ps. 112. 1 ; 119. 35).

L’amour humain, qui s’appuie sur les seuls liens familiaux et sur l’attirance réciproque que l’on peut éprouver, peut être un piège (Mat. 5. 46). Tandis que l’amour divin ne fait pas acception de personnes. Si un frère ou une sœur marchent dans la désobéissance, ce n’est pas les aimer que de fermer les yeux sur leurs fautes ; mais on doit prier pour eux et les avertir. S’ils refusent d’obéir à la Parole, je dois m’en éloigner pour rester obéissant à la pensée du Seigneur : « Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur. Tu ne manqueras pas à reprendre ton prochain et tu ne porteras pas de péché à cause de lui » (Lév. 19. 17). Si moi-même, je désobéis et que j’entraîne d’autres frères dans ce chemin, je ne marche pas dans l’amour. À la différence de l’amour humain, l’amour de Dieu ne périt jamais (1 Cor. 13. 4 à 8).

Si nous aimons Dieu, Il nous gardera du monde (1 Jean 5. 5). « L’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jac. 4. 4). Certes, nous sommes « dans le monde mais nous ne sommes pas du monde » (Jean 17. 14). Nous en sommes vainqueurs parce que le Seigneur a « vaincu le monde » (Jean 16. 33).

Maintenant « notre bourgeoisie est dans les cieux » (Phil. 3. 20). Tous les ennemis du croyant : la chair, le monde, Satan, la mort – gages du péché – (Rom. 6. 23) sont vaincus. Mais des difficultés surgissent lorsque nous manquons de foi et que nous ne réalisons pas pratiquement que « la foi est opérante par l’amour » (Gal. 5. 6). C’est elle qui « purifie le cœur » (Act. 15. 9).

La foi d’Abraham a été victorieuse du monde et de ses convoitises, elle reçoit sa récompense (Gen. 13. 8 et 9, 14). Abraham est béni par Melchisédec (Gen. 14. 19) et repousse énergiquement les tentations du roi de Sodome (v. 22 et 23). Dieu l’encourage ensuite et se présente à lui comme « son bouclier et sa très grande récompense » (Gen. 15. 1). Comme Abraham, n’acceptons rien de ce monde corrompu. Dieu tient en réserve pour les siens « des biens meilleurs et permanents » (Héb. 10. 34).

Dans les v. 6 à 20 de ce ch. 5, nous avons le témoignage de Dieu au sujet de son Fils et il est question aussi de la puissance de la foi. Le v. 13 est comme un résumé de toute l’épître : Jésus Christ, le Fils de Dieu, donne la vie éternelle à quiconque croit en Lui.

– v. 6 à 8. L’Esprit rend témoignage de la puissance de l’eau et du sang sortis du côté percé du Seigneur mort. Le sang est pour l’expiation des péchés, et l’eau, pour la purification de la conscience. Le v. 6 rappelle l’ordre chronologique et historique des choses : l’eau, le sang et l’Esprit rendant témoignage. Dans le v. 8, c’est plutôt le ministère de l’Esprit qui est mis en avant. Dans l’Ancien Testament, il fallait deux ou trois témoins pour juger une affaire. Ici, il y a trois témoins, d’accord pour un même témoignage.

L’état de souillure de l’homme en Adam nécessitait une purification de sa souillure et de sa culpabilité. La mort de Christ était indispensable pour cela. Romains 6. 3 à 5 montre notre identification à un Christ « mort et ressuscité ». Le Seigneur a enseveli le péché dans la mort pour que nous en soyons quitte, et que nous entrions dans sa vie de résurrection. Tite 3. 5 parle du « lavage de la régénération » ; « nous avons été lavés… sanctifiés… justifiés » (1 Cor. 6. 11).

Nous méritions le jugement de Dieu, mais Christ a été, pour nous, la victime expiatoire. Moïse lave Aaron et ses fils tout entiers, une fois pour toutes (Ex. 29. 4), avant qu’ils ne s’approchent pour servir pour la première fois. Ensuite, ils devaient seulement se laver les mains et les pieds (Ex. 30. 19). Le Seigneur montre aussi à Pierre que « celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds » (Jean 13. 10). En ce qui concerne l’Assemblée, « Christ l’a aimée » (hier), Il la sanctifie, en la purifiant (aujourd’hui), afin de se la présenter (demain) (Éph. 5. 25). L’Esprit est Dieu, c’est donc un témoin irréfutable : Il est la vérité (1 Jean 5. 6). Le Seigneur aussi est la vérité (Jean 14. 6) et, de même, la Parole est la vérité (Jean 17. 17). Cet « Esprit de vérité » (Jean 1. 17) nous « conduit dans toute la vérité » (Jean 16. 13). Il rend témoignage du Seigneur (Jean 15. 26). « Que Dieu soit vrai » (Rom. 3. 4).

– v. 9 et 10. C’est une parenthèse. Elle met en relief notre responsabilité de recevoir le témoignage de Dieu au sujet de son Fils. Ne pas croire Dieu, c’est Le faire menteur, Lui faire injure.

– v. 11 et 12. Le témoignage de Dieu porte sur une Personne, Christ ; sur son œuvre à la croix, et sur les résultats de cette œuvre : la vie éternelle pour celui qui croit en Lui. Elle est en nous comme don, elle est en Lui comme source.

Nous devons porter le témoignage du Seigneur devant ce monde. Jean devait rendre témoignage « de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus Christ » (Apoc. 1. 2). Le Seigneur nous associe à son propre témoignage et se présente Lui-même comme « le témoin fidèle et véritable » (Apoc. 3. 14). Les apôtres avaient « contemplé » Celui qui est dès le commencement (1 Jean 1. 1) et qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5. 20).

– v. 13 à 16. Cette expression « nous savons » revient plusieurs fois dans ce chapitre : c’est une épître de certitudes. Déjà, du temps de l’apôtre, l’on s’attaquait à la divinité du Seigneur et à la vie éternelle. Mais le christianisme repose sur des certitudes, basées sur la Parole et reçues par la foi (Rom. 10. 17). Il ne se fonde pas sur des sentiments ou des expériences. « Qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jean 3. 36). C’est la base de la foi, clé de l’épître.

Nous avons de la confiance pour prier (1 Jean 5. 14 et 15). Nous savons qu’Il nous écoute « si nous demandons quelque chose selon sa volonté ». Pour cela, nous avons besoin de discernement. Il faut que nous soyons à l’aise dans notre conscience vis à vis de Dieu, et que nous gardions ses commandements (1 Jean 3. 21 et 22). « Que nous soyons remplis de la connaissance de sa volonté » (Col. 1. 9 et 10). C’est la connaissance de sa Parole et le désir sincère d’obéir qui nous fera discerner les besoins de la vie divine en nous.

Marchons bien près de Lui. L’amour, si important soit-il, ne suffit pas. Il faut aussi la connaissance de la volonté de Dieu pour la faire. Un encouragement pour nous, c’est « qu’il nous écoute », si nous demandons « selon sa volonté », et il nous exauce (1 Jean 5. 15) ; mais, de notre côté, il faut de l’obéissance. « Qui détourne son oreille pour ne pas écouter, sa prière même est une abomination » (Prov. 28. 9). La Parole nous exhorte à prier de façon assidue (Luc 11. 5 à 13 ; 1 Tim. 2. 1 à 8 ; Phil. 4. 6 et 7).

Dieu est seul juge du moment opportun pour répondre à nos prières (Dan. 10. 12 et 13), et notre attitude doit être : « Que ta volonté soit faite » (Mat. 6. 10). Le Seigneur est, pour nous, l’exemple parfait (Mat. 26. 42). En contraste, on trouve en Jacques 4. 2 et 3 et 1. 6 à 8 les raisons pour qu’une prière ne soit pas exaucée. 1 Jean 5. 16 et 17 nous exhorte à manifester de l’intérêt pour un frère qui pèche, en priant pour lui. Abraham n’a pas laissé son neveu Lot entre les mains de l’Ennemi. Contrairement aux protestations de Caïn, nous sommes les gardiens de nos frères.

Un péché « à la mort » peut être n’importe quel péché, mais commis dans de telles conditions, qu’au lieu d’éveiller la compassion, il excite l’indignation et exclut la prière d’intercession. Ananias et Sapphira, en Actes 5. 1 à 10, ont péché à la mort (il s’agit de la mort physique, en gouvernement, de la part de Dieu). On n’a pas prié pour eux. Un autre exemple nous est donné, en relation avec la cène du Seigneur prise indignement (1 Cor. 11. 28 à 30). La ressource, c’est la confession et l’abandon du péché qui rendent possible le pardon (Jac. 5. 14 à 16 ; Prov. 28. 13). « Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jac. 5. 16, 19 et 20).

– v. 18 à 21. Trois fois il est écrit : « Nous savons ». Que savons-nous donc ? Que la nouvelle nature ne pèche pas ; que le monde est gouverné par l’Ennemi ; et que le Fils de Dieu est venu et nous a donné une intelligence. Il est Dieu, le Véritable et la vie éternelle. Celui qui est né de Dieu ne pratique pas habituellement le péché (1 Jean 3. 9). Ici, c’est une affirmation absolue : la nouvelle nature ne pèche pas. S’il fait des chutes, c’est qu’il a laissé agir le vieil homme. Toutefois, il y a des ressources pour le croyant. La communion avec le Seigneur est rétablie par la confession.

« Celui qui est né de Dieu se conserve lui-même » (1 Jean 5. 18 ; Jac. 1. 27 ; Jude 20 et 21 ; 1 Pier. 1. 4). Ces différentes citations montrent deux aspects : ce que Dieu fait en notre faveur, et ce que nous sommes appelés à réaliser dans notre vie (Prov. 22. 5).

Le contraste est complet entre le croyant et le monde (1 Jean 5. 19). « Nous sommes de Dieu, et le monde entier gît dans le Méchant » : il le gouverne, le monde est en quelque sorte couché, il gît, sous sa domination.

Sous des aspects parfois attrayants, le monde et la chair ne peuvent rien produire de bon qui soit selon Dieu (És. 64. 6). À l’opposé, la nouvelle nature ne peut faire que le bien, selon la volonté de Dieu, et le croyant écoute la voix du Seigneur (Jean 10. 27). Vivons dans la lumière, séparés du péché, marchant selon les exigences de la lumière de Dieu (Rom. 6. 9 à 11) et Satan s’enfuira comme un oiseau de proie effrayé par la lumière divine ! L’incrédule est sous la domination du péché, qui règne sur lui de façon absolue. Le croyant, lui, est affranchi de la loi du péché par le Saint Esprit (Rom. 8. 2 et 4). Mais il faut d’abord être passé par la nouvelle naissance (Jean 3. 6).

Le v. 20 tourne nos regards vers le Fils de Dieu, venu dans ce monde gâté par le péché, afin de nous en retirer, et de nous donner aussi une intelligence spirituelle, pour que « nous connaissions le Véritable ». Ce titre du Seigneur est très précieux, dans un monde où tout est faux. Il revêt aussi ce caractère dans l’Apocalypse (3. 7 et 14). Dans cette épître, le Seigneur est identifié avec Dieu, Il est Dieu, la vie éternelle, et nous sommes en Lui, le Véritable.

Soyons humbles et remplis de compassion vis à vis de ce monde qui périt, à la ressemblance du Seigneur Homme ici-bas.

L’intelligence spirituelle, cet « entendement renouvelé » (Rom. 12. 2), permet d’entrer dans la connaissance des choses divines et de décider d’obéir à sa Parole, faisant ainsi des progrès. J.N. Darby dit, au sujet de l’entendement, que « c’est la faculté qui nous permet de décider », mais il ajoute « je ne dis pas que nous le sommes ».

– v. 21. L’épître, adressée à tous les enfants de Dieu, se termine par une mise en garde contre les idoles. Après tout, une idole, c’est tout ce qui prend dans mon cœur la place qui appartient au Seigneur. Toutes choses ont été faites pour le Créateur, à sa gloire (Col. 1. 16 ; 2. 9). Il est aussi le Dieu rédempteur (Col. 1. 19 et 20) ; II est assis à la droite de la majesté (Héb. 1. 3) ; II est encore « Dieu manifesté en chair » (1 Tim. 3. 16).

Le Seigneur est le Véritable, c’est dire que tout en dehors de Lui est sans valeur (1 Cor. 10. 14). « Ceux qui se confient dans les idoles sont comme elles » (Ps. 115. 8). L’on peut être sa propre idole, être dominé par son égoïsme et son orgueil.

DEUXIÈME ÉPÎTRE DE JEAN

v. 1 à 6. La première épître présente le Seigneur comme le Fils de Dieu et la Vie éternelle, et se termine par une mise en garde contre les idoles. La seconde avertit les croyants de ne pas recevoir ceux qui n’apportent pas la saine doctrine. Ils ne doivent pas même les saluer (2 Jean 10 et 11). La troisième et dernière est une exhortation à recevoir ceux qui apportent la bonne doctrine et marchent dans la vérité.

La vérité est mise en évidence dans ces épîtres. C’est « Christ venu en chair » (1 Jean 4. 2). Maintenir cette vérité doit s’accompagner de l’amour « les uns pour les autres » (2 Jean 5). L’amour se réjouit avec la vérité (1 Cor. 13. 6).

La seconde épître est adressée à une sœur. On y voit le prix que Dieu attache à la maison chrétienne. C’est une sphère où peut se développer l’amour entre les membres de la même famille, dans la crainte de Dieu.

Le bien ou le mal, dans nos familles, a des répercussions dans l’Assemblée. La Parole nous met en garde contre ceux qui « s’introduisent dans les maisons », entraînant les faibles à pécher (2 Tim 3. 1 à 6) et contre ceux qui « renversent des maisons entières » (Tite 1. 10 et 11).

L’amour dans la vérité qui animait l’apôtre à l’égard de ces croyants est l’amour de Dieu lui-même. C’était la joie de l’apôtre d’apprendre que ses enfants marchaient dans la vérité (2 Jean 4 ; 3 Jean 3 et 4).

Cinq fois, dans cette épître, il est question de la vérité, étroitement liée à l’amour qui est ce « commandement que nous avons eu dès le commencement » (1 Jean 3. 11 ; Jean 15. 12). Il ne faut pas de compromis ; il faut marcher résolument dans la vérité et dans l’amour (1 Pier. 1. 22 ; Éph. 5. 1 à 9).

Ces chrétiens étaient sans doute très vulnérables, et nous le sommes aussi. Mais nous devons nous attacher à la vérité pour la vivre, dans l’amour : « que, étant vrais dans l’amour, nous croissions… jusqu’à Christ » (Éph. 4. 15). Il est le seul but du croyant.

La Parole est la vérité (Jean 17. 17) ; le Saint Esprit, qui demeure en nous, est la vérité (Jean 14. 17) ; Christ est la vérité (Jean 14. 6).

Les croyants, élus de Dieu en Christ (Éph. 1. 3 et 4), ont reçu la grâce, le pardon gratuit de Dieu. Ils sont constamment aussi les objets de sa miséricorde, de ses compassions à l’égard de nos faiblesses ; de la paix que Dieu donne, inaltérable quant à la conscience. La paix du cœur peut être troublée si nous péchons, mais Dieu peut la rétablir. Remarquons que la miséricorde est généralement mentionnée, dans les épîtres adressées à une personne en particulier.

L’expression au v. 3 : « le Fils du Père » est unique. Il est aussi le Fils de Dieu, et les faux docteurs niaient cette vérité fondamentale. On comprend pourquoi, à cinq reprises dans cette seconde épître, la vérité est mise en avant. Elle l’est six fois dans la troisième épître.

La Loi mosaïque disait : « Tu aimeras ton Dieu ». Sous l’économie de la grâce, nous disons : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19). Aimer selon Dieu, c’est marcher dans ses commandements. Le Saint Esprit, qui nous a été donné, « verse » constamment en nous une capacité renouvelée d’aimer (Rom. 5. 5).

– v. 7 à 9. Nous sommes mis en garde contre les attaques de l’Ennemi, de l’esprit de l’Antichrist, du « séducteur ». Il prêche « un autre Jésus », par « un autre esprit », et présente « un autre évangile » (2 Cor. 11. 3 et 4). Ses envoyés sont appelés de « faux apôtres car ils se transforment en apôtres de Christ » ; comme « Satan se transforme en ange de lumière » (2 Cor. 11. 13 et 14), ces « impies… renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ » (Jude 4).

Dans le combat du chrétien qui commence à la maison, pour la défense de la vérité, la conscience de notre faiblesse doit nous inciter à revenir sans cesse à la Parole et à répondre, comme le Seigneur Lui-même a répondu à Satan : « II est écrit… il est encore écrit » (Mat. 4. 4 à 7). C’est « l’épée de l’Esprit » (Éph. 6. 17) à laquelle Satan ne peut pas résister. Des ennemis extérieurs, et d’autres, intérieurs, qui ne sont pas moins redoutables, s’attaquent au troupeau de Dieu. « C’est pourquoi, veillez » recommande l’apôtre Paul (Act. 20. 28 et 29). Puis il confie les anciens d’Éphèse, et chacun de nous, « à Dieu et à la Parole de sa grâce » (Act. 20. 32).

L’influence de ces séducteurs, qui sont « sortis », se fait sentir dans le monde. Ils nient que le Seigneur Jésus Christ soit Dieu venu – ou manifesté – en chair (1 Tim. 3. 16). C’est le mystère de la piété, renié par l’esprit de l’Antichrist (2 Thess. 2. 9). Dans le livre de Job, Satan montre sa méchanceté foncière.

Et la Parole ici nous avertit : « Prenez garde » (2 Jean 8 ; Marc 13. 15). Oui, prenez garde, disent les apôtres, « afin que nous ne perdions pas ce que nous avons opéré » (2 Jean. 8). Craignons d’être « menés en avant » (2 Jean 9), dans « l’erreur des pervers » (2 Pier. 3. 17), de transgresser l’enseignement de la Parole. Ne recevons pas ceux qui n’apportent pas la saine doctrine (2 Jean 10). Dieu est jaloux quant à tout ce qui concerne son Fils.

Prenons garde qu’un serviteur du Seigneur « n’ait pas travaillé en vain en nous » (Gal. 4. 11). Désirons « une riche entrée dans le royaume » (2 Pier. 1. 11), en « demeurant dans les choses que nous avons apprises » (2 Tim. 3. 14). Les vérités nouvelles, que Satan présente, font régresser et tomber le croyant qui les accepte. Seul, l’Esprit Saint conduit dans toute la vérité (Jean 16. 13), concernant Christ et son œuvre.

La fidélité recevra sa récompense, mais cherchons l’approbation du Seigneur sur notre conduite, et Il donnera son appréciation au temps convenable. « Tu as été fidèle en peu de chose, entre dans la joie de ton Maître » (Mat. 25. 21).

La Parole de Dieu est complète et ne change pas. Mais nous sommes appelés à croître dans sa connaissance dans le cadre, bien défini, de la vérité révélée (2 Pier. 3. 17). Demeurer dans la doctrine du Christ, c’est avoir « le Père et le Fils » (2 Jean 9 ; Jean 14. 9 ; Mat. 11. 27).

La Parole exhorte à « redresser un homme qui s’est laissé surprendre par quelque faute » (Gal. 6. 1), et à « enseigner avec douceur les opposants » (2 Tim. 2. 14 et 25). Mais elle ne parle pas ainsi des séducteurs, animés par l’esprit de l’Antichrist. L’injonction est claire : « Ne les recevez pas… ne les saluez pas » (2 Jean 10). « Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable » (1 Pier. 5. 10).

– v. 10 à 13. Ne minimisons pas le mal doctrinal en insistant sur le mal moral. 1 Corinthiens 5. 9 à 13 montre quel doit être notre comportement vis à vis d’un frère, convaincu d’un mal moral. Il convient de n’avoir « aucun commerce avec lui », de ne pas même « manger avec lui », et quant à l’Assemblée, elle doit « ôter le méchant » pour être une nouvelle pâte.

Quand il s’agit du mal doctrinal, qui porte souvent atteinte à la Personne même du Seigneur, il ne suffit pas de marquer son désaccord avec les paroles de celui qui cherche à entrer, mais « ne le recevez pas dans votre maison, et ne le saluez pas » (2 Jean 10). Nous sommes vulnérables ; évitons soigneusement de recevoir de tels hommes, ce serait exprimer une communion qui est impossible. Les saluer avec affection, d’une manière chrétienne, « Dieu vous garde », « Dieu vous bénisse »… c’est participer à leurs mauvaises œuvres. Notre salutation aurait le caractère d’une caution donnée à leur égard et à leurs mauvaises œuvres.

On se souvient des paroles de Paul à Élymas : « Ô homme plein de fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice… voici, la main du Seigneur est sur toi et tu seras aveugle… pour un temps » (Act. 13. 6 à 10). Au contraire, entre enfants de Dieu, saluons-nous « par un saint baiser » (Rom. 16. 16 ; 1 Cor. 16. 20 ; 2 Cor. 13. 12 ; 1 Pier. 5. 14). C’est l’expression chrétienne d’une réelle communion. Quant à l’hospitalité, elle doit être en honneur parmi nous, exercée envers ceux qui apportent la saine doctrine du Christ (3 Jean).

Si un frère s’égare, cherchons, avec amour, à le ramener (Jac. 5. 19 et 20 ; Gal. 2. 11 à 14). S’il persévère dans le mal et que la communion soit rompue, nous devons marquer de la réserve à son égard, et laisser Dieu opérer en restauration.

L’attitude d’Élie vis à vis d’Abdias, qui servait Achab, ce roi impie, mais qui, pourtant « craignait l’Eternel », est un exemple de cette attitude réservée (1 Rois 18. 7 et 8). Mais ce n’est pas une simple divergence de pensée qui doit engendrer une telle attitude (2 Tim. 2. 25 ; 2 Pier. 3. 1). Nous sommes exhortés à croître « dans la grâce » (2 Tim. 2. 25 ; 2 Pier. 3. 1) et à marcher soigneusement (Éph. 5. 15).

Conduit par l’Esprit Saint, Jean écrit seulement ce qui est nécessaire pour fortifier notre foi. Dieu donne toujours, par le moyen de ses serviteurs, ce qui est utile pour notre croissance spirituelle. Que Dieu parle ou se taise, c’est toujours avec sagesse (Dan. 12. 8 à 10).

Jean avait beaucoup d’autres choses à dire mais il attendait de parler plutôt « de bouche à bouche » (2 Jean 12 ; 3 Jean 13 et 14). Saisissons aussi l’occasion de parler entre nous de ce qui édifie l’âme (Mal. 3. 16), afin que notre joie soit accomplie (complétée). Étudions avec ferveur la Parole, car elle est inspirée (2 Tim. 3. 16 et 17). Dieu, dans sa grâce, s’adresse à nous personnellement. Ne Lui faisons pas l’affront de négliger ou de mépriser ce qu’Il nous dit. Dieu parlait bouche à bouche avec Moïse. Nous avons le privilège de pouvoir nous entretenir avec Lui, par la prière, et de nous nourrir de sa Parole.

Dans les liens de la foi et de la communion en Christ, l’épître se termine par des salutations « de la part des enfants de la sœur élue » à la « dame élue ». « Que la Parole du Christ habite en vous richement, en toute sagesse, vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre » (Col. 3. 16), et « le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4. 8).

TROISIÈME ÉPÎTRE DE JEAN

La deuxième épître contient une exhortation à ne pas recevoir les faux apôtres, les séducteurs. La troisième, au contraire, exhorte à recevoir les frères qui apportent la vérité, et à pratiquer l’hospitalité envers eux. Ils servent véritablement le Seigneur et ne reçoivent rien des nations (v. 7). Cette épître insiste sur le bon témoignage de deux serviteurs : Gaïus (v. 1 à 8) et Démétrius (v. 12). Elle parle d’un troisième, Diotrèphe (v. 9 à 11), dont le comportement était tout à fait fâcheux.

– v. 1 à 3. Jean, le dernier apôtre sur la scène, apporte un message important. Les « temps fâcheux » avaient déjà commencé. Il faut garder la vérité. Elle était déjà nommée cinq fois dans la deuxième épître, elle l’est six fois dans la troisième. La deuxième épître met l’accent sur la connaissance de la vérité – la troisième sur le témoignage rendu à la vérité, et la marche dans la vérité. Christ Lui-même est la vérité (Jean 14. 6). On voit le Seigneur prendre note de tout ce qui se passait dans le temple (Marc 11. 1).

Dieu prend note de tout, et particulièrement de la manière dont nous gardons la vérité touchant son Fils. Rien ne Lui échappe, que ce soit dans nos cœurs ou dans l’Assemblée. Quand Il parle, mettons en pratique ce qu’Il dit. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Gaïus, le modèle des fidèles, marche dans la vérité (v. 3), et le témoignage en était venu aux oreilles de l’apôtre. Il s’en réjouissait, d’une joie produite dans son cœur par l’Esprit de Dieu.

Dieu se réjouit lorsque ses enfants gardent la vérité et y marchent. Imitons ce serviteur. Il n’avait peut-être pas reçu de don spécial, mais son service, l’hospitalité, était fort utile (v. 5 ; Rom 12. 13 ; 16. 23). Soyons les imitateurs des apôtres, et des modèles « pour tous ceux qui croient » (1 Thess. 1. 6 à 8). Gaïus est appelé « bien-aimé » à cause de son témoignage fidèle à la vérité. Ce titre, si précieux, est donné d’abord au Seigneur Lui-même, par son Père : « Tu es mon Fils bien-aimé » (Marc 1. 11), et aux enfants de Dieu en général (1 Jean), c’est-à-dire à ceux qui portent les mêmes caractères que le Seigneur : « Saints, mis à part, et bien-aimés » (Col. 3. 12 ; Dan. 10. 11).

Jean dit, touchant Gaïus : « Le bien-aimé, que j’aime dans la vérité » (v. 1). Expression qui montre à quel point l’amour et la vérité sont indissociables. L’amour sans la vérité n’est qu’un amour de complaisance, et la vérité sans l’amour deviendrait vite du pharisaïsme. On peut s’estimer fidèle et manquer d’amour.

L’amour divin ne fait pas acception de personnes. Gaïus marchait dans la vérité et dans l’amour, avec grâce. Son âme prospérait et Jean souhaite qu’il prospère de plus en plus. Le souhait du chrétien est une prière. Gaïus était-il maladif ? Ce n’est qu’une conjecture. En tout cas, Jean semble désirer que sa prospérité visible de l’extérieur et la santé de son ami aillent de pair avec son bien être spirituel. Encore faut-il se rappeler qu’une mauvaise santé et la souffrance sont des moyens, dans la main de Dieu, de nous amener à nous rejeter sur Lui et à faire par ce moyen des progrès spirituels. Les vents du nord et du midi sont appelés à souffler sur sa plantation, pour que ses aromates s’exhalent (Cant. 4. 16).

Mais ne restons pas indifférents, si quelqu’un parmi nous est malade (1 Tim. 5. 23). Souvent, quand tout va bien, nous nous éloignons de Dieu. Mais Il dit toujours : « Perfectionnez-vous » (2 Cor. 13. 11). Notre corps est le temple du Saint-Esprit. Utile à peu de chose, l’exercice physique ne doit pas supplanter la piété. Celle-ci aura des effets sur toute notre vie ici-bas et pour l’éternité (1 Tim 4. 8).

La piété nous engagera à prier pour ceux qui sont encore dans leurs péchés (Rom. 10. 1). Elle nous rendra obéissants, « sages quant au bien, et simples quant au mal » (Rom. 16. 19). Dieu veuille qu’il puisse être dit que nous marchons dans la vérité, « ornant l’enseignement qui est de notre Dieu Sauveur », par notre conduite (Tite 2. 13).

v. 4 à 7. La vie de Gaïus était pleinement en accord avec l’enseignement du Psaume 1. 1 à 3 : il marche dans la séparation du monde – un tel état est déclaré bienheureux (v. 1) ; il se nourrit de la Parole, jour et nuit (v. 2) ; il est comme un arbre planté près des eaux, il prospère, sa croissance est harmonieuse (v. 3).

Jean était encouragé d’entendre un si bon témoignage rendu au sujet de Gaïus, alors que tant de dangers menaçaient l’assemblée, au milieu de laquelle sévissait aussi un Diotrèphe. Ce dernier prenait peut-être pour prétexte la prudence, pour chasser les frères étrangers visiteurs, hors de l’Assemblée. Mais ses vrais motifs étaient loin d’être bons.

Comme Paul le fait constamment et le recommande (Phil. 4. 8 et 9), Jean commence par parler de ce qui glorifie Dieu. La conduite de Gaïus était le reflet de sa piété intérieure. Dans une période de sécheresse spirituelle, il portait du fruit pour Dieu, selon la promesse de Jérémie 17. 7 et 8. Gaïus aimait « en action et en vérité » (1 Jean 3. 18), il agissait fidèlement envers tous les frères, même les étrangers, quand ils apportaient la vérité quant à Christ. Il mettait en application l’enseignement du Seigneur dans Matthieu 25. 31 à 40, où II s’identifie aux Siens. Il le fait aussi dans Actes 9. 5 : « Je suis Jésus que tu persécutes ».

On se souvient que Joab n’est pas nommé parmi les « hommes forts » de David. Mais son porteur d’armes l’est, car Dieu avait discerné les vrais motifs de ce cœur dévoué. Il prenait part avec amour et simplicité aux combats de l’Éternel. Gaïus agissait de la sorte. Est-ce aussi notre cas ?

Israël est comparé à une vigne, que Dieu a soigneusement cultivée mais qui n’a produit que des raisins sauvages (És. 5. 1 à 3). Le Seigneur seul est le « vrai cep ». Les croyants, qui sont semblables à des sarments, participent à la vie de Christ lui-même (Jean 15. 1 à 8). Ils sont appelés à porter « beaucoup de fruit » à la gloire de Dieu. Comme Gaïus, prenons « le joug du Seigneur » et « apprenons de lui » (Mat. 11. 29 et 30), pour refléter quelques traits de ses caractères, même dans ce temps de « petites choses », qu’il ne faut pas « mépriser » (Zach. 4. 10).

On voit en Matthieu 10. 40 à 42 que celui qui donne est identifié aux yeux de Dieu avec celui qui reçoit de sa part ; il recevra la même récompense de la part du Seigneur. Mais il faut que le mobile soit l’amour (Jean 15. 12).

Dieu désire que nous ouvrions toutes grandes les portes de notre maison à un frère fidèle qui est de passage. Et l’apôtre exhorte Gaïus à leur faire aussi la conduite, comme s’il s’agissait de Dieu Lui-même. De telles exhortations sont fréquentes dans les épîtres : Tite 3. 13 et 14 ; 1 Corinthiens 16. 6 ; 2 Corinthiens 1. 15 et 16 ; Romains 1. 24 ; 2 Corinthiens 8. 23 et 24. C’est toujours encourageant pour un frère, d’être accueilli et accompagné (Act. 28. 15), en particulier s’il est jeune et craintif (1 Cor. 16. 10 et 11).

Abraham est vu faisant la conduite à l’Éternel lui-même, et apprenant à cette occasion ce que Dieu s’apprêtait à faire et qu’il ne voulait pas lui cacher (Gen. 18. 16 à 22). En 2 Timothée 1. 16 à 18, Onésiphore cherche soigneusement, jusqu’à ce qu’il ait trouvé l’apôtre Paul alors en prison. Quel encouragement pour ce dernier de voir un tel zèle !

Même les étrangers vivant en Israël devaient être traités comme des Israélites de naissance (Lév. 19. 34). La Parole nous exhorte à faire « du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10). C’est une manière de prendre part à l’évangile (Phil. 1. 3 à 5). Nous sommes responsables de recevoir, d’accompagner et d’honorer avec amour, ceux qui « sont sortis pour le nom », restant entièrement dépendants du Seigneur.

Leur responsabilité est de se montrer digne de tels soins. Nous devons demeurer fidèles et humbles devant Dieu et les hommes, toujours conscients que nous sommes « des serviteurs inutiles ». Notre modèle, le Seigneur lui-même, « n’avait pas un lieu où reposer sa tête » (Mat. 8. 20 ; Luc 9. 58), et l’on voit plutôt un village de Samaritains refuser de Le recevoir, parce que sa face était tournée vers Jérusalem.

v. 8 à 10. Si nous sommes exhortés à recevoir ceux qui marchent dans la vérité, c’est afin de « coopérer avec la vérité » (v. 8 ; 2 Cor. 1. 11). Nous le ferons aussi par des supplications. Il ne faut jamais oublier que « nous sommes collaborateurs de Dieu » (1 Cor. 3. 9).

L’hospitalité est l’un des devoirs de l’amour que Dieu place devant nous (1 Jean 4. 11 ; Rom. 15. 1 ; Act. 5. 29). C’est un privilège que Dieu nous accorde (Héb. 13. 1).

Tous les dons doivent s’exercer pour la bénédiction du corps de Christ (Rom. 12. 4 à 8). Il est parlé des « aides » en même temps que des plus grands dons (1 Cor. 12. 28). Soyons disponibles, pour répondre à la volonté de Dieu qui a « préparé à l’avance les bonnes œuvres, afin que nous marchions en elles » (Éph. 2. 10). Ce service doit s’exercer spécialement envers des serviteurs qui dépendent entièrement du Seigneur pour leurs besoins. Mais dans ce service aussi, ne laissons pas de place à notre propre volonté. Sinon, nous pourrions suivre les pensées de la chair. Ce serait « du bois, du foin, du chaume », destinés à être brûlés (1 Cor. 3. 11 à 15).

Recevoir les envoyés du Seigneur, c’est Le recevoir lui-même (Mat. 10. 40), ou comme si l’on recevait un ange (Gal. 4. 14). On reçoit « à la gloire de Dieu » (Rom. 15. 7).

Diotrèphe était tout l’opposé de Gaïus et Dieu met à nu ses vrais motifs. La vanité de notre chair non jugée peut gâter une vie chrétienne tout entière. Rien ne permet de supposer que Diotrèphe n’était pas un chrétien. Mais il voulait occuper « la première place » et affirmait violemment son autorité. Il se montrait jaloux de ses prérogatives et le sentiment de sa propre importance l’amenait à rejeter les serviteurs itinérants qui auraient voulu visiter l’assemblée. Retenons l’avertissement que nous trouvons dans la conduite de Diotrèphe. Par nature, nous sommes tous « remplis de nous-mêmes ».

Cet homme avait oublié que le parfait modèle, Christ, a pris volontairement la dernière place. C’est Lui qui est seul Chef sur la Maison de Dieu (Éph. 5. 23 ; Col. 1. 18). Pierre met en garde les anciens – il l’était lui-même, tout comme Jean – de ne pas « dominer sur des héritages mais d’être les modèles du troupeau » (1 Pier. 5. 3).

Faire sciemment du mal à des croyants, c’est comme « toucher la prunelle de son œil » (Zach. 2. 8). Diotrèphe « débitait de méchantes paroles » contre l’apôtre.

Jacques stigmatise l’usage pernicieux que l’on peut souvent faire de notre langue (Jac. 3. 6) et produire ainsi beaucoup de mal. « Ne parlons pas l’un contre l’autre » (Jac. 4. 11).

C’est souvent l’oisiveté qui pousse à aller « de maison en maison », à être « causeur », à se « mêler de tout » et à « dire des choses qui ne conviennent pas » (1 Tim. 5. 13).

L’orgueil spirituel se manifestait dans le comportement de Diotrèphe, devenu un instrument dans la main de Satan, tout comme cet Alexandre, l’ouvrier en cuivre (2 Tim. 4. 14).

Jean, qui avait une autorité apostolique, se propose, s’il visite ces croyants, de se souvenir de ce mauvais conducteur. On retrouve la même autorité chez Paul (1 Cor. 4. 21). C’est une autorité qui peut aller très loin (1 Cor. 5. 5). Jean respecte l’Assemblée et la laisse à sa responsabilité, avant d’agir lui-même, si l’Assemblée manque à exercer la discipline. Elle doit agir lorsque les droits du Seigneur ne sont pas respectés (Act. 5. 1 à 10). « Quiconque voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave » (Mat. 20. 27).

v. 11 à 15. Dieu a noté soigneusement tout ce qui se passait dans cette assemblée : il s’y trouvait en tout cas deux croyants qui marchaient à la gloire du Seigneur et un autre qui le déshonorait. Si le Seigneur entre au temple, regarde tout ce qui s’y passe, sans dire un mot, le lendemain, il chasse dehors les marchands et les changeurs (Marc 11. 11). Plus tard, il purifiera tout ce qui Lui appartient. Il prend note et agit en conséquence.

Le christianisme doit être positif. Nous sommes exhortés à « imiter le bien » qui est de Dieu (1 Jean 3. 9), et non le mal qui est du diable. Faisons du bien avec sagesse, et soyons simples, en appelant mal ce qui est mal (Rom. 16. 19).

L’apôtre s’adressant de nouveau à Gaïus, l’appelle « Bien-aimé », terme qui suppose une profonde communion et prend une résonance particulière, quand on lit ce qui précède, concernant Diotrèphe. Si le mal est contagieux, inversement, le bien a un effet stimulant et apaisant.

Malgré de brillantes qualités, Gaïus, devant l’autorité écrasante d’un Diotrèphe, aurait pu se décourager. Quand la chose est nécessaire, nous devons savoir dire non, et même nous opposer au mal (Gal. 2. 11). Le Psaume 34. 12, cité en 1 Pierre 3. 11 et 12, exhorte le croyant à se détourner du mal et à faire le bien. Dieu est très attentif à tout ce que nous faisons.

L’état de Diotrèphe pouvait résulter d’un réel manque de soins à son égard. Avertissons nos frères avec amour, et pratiquons le lavage des pieds (Jean 13. 14). Il faut imiter la conduite de ceux de nos frères qui sont de bons exemples (Phil. 3. 17 ; 1 Cor. 11. 1), et être attentifs l’un à l’autre.

Démétrius n’était pas un homme présomptueux, il avait le témoignage de tous. En lui, la vérité était démontrée dans une mesure telle qu’elle témoignait en sa faveur.

Sa marche conforme à son enseignement, faisait que l’apôtre aussi rendait témoignage de son intégrité et de son dévouement. Dans cet ordre d’idées, on pense à ce qu’il est dit d’Étienne (Act. 6. 8) et de Corneille (Act. 10. 1 et 2).

Dans la deuxième épître de Jean, les faux docteurs mettaient l’amour en avant, pour rejeter la vérité ! Diotrèphe, lui, manquait d’amour, sous le prétexte de préserver la vérité, mais ses vrais motifs étaient de satisfaire son orgueil. Gardons de façon équilibrée ces deux piliers de la vie chrétienne, la vérité et l’amour, pour la gloire de Christ.

Luc 6. 26 nous met en garde, cependant, contre ce désir de vouloir plaire indistinctement à tous les hommes : nous ne serions plus « le sel de la terre » (Mat. 5. 13). Peut-être que Démétrius faisait partie de ceux que Diotrèphe rejetait ? Mais sa vie s’identifiait à la vérité. Comme en ce temps-là, la vérité malmenée a besoin de tels témoins pour être maintenue. C’est important aux yeux de Dieu, car le témoignage du Seigneur nous est confié.

L’apôtre préférait « parler bouche à bouche » avec Gaïus. Il faut se souvenir que tout n’est pas forcément bon à écrire.

Le but de l’apôtre, dans ces deux épîtres, était d’apporter des exhortations de la part de Dieu. Il ne cherche pas à nommer tous ceux qu’il voudrait que Gaïus salue. Il diffère à cet égard de Paul, dans ses épîtres (Rom. 16. 1 à 16 ; Col. 4. 10 à 18).

Appelons amis, ceux auxquels la Parole reconnaît ce caractère. On les distingue de trois manières : Christ est mort pour eux (Jean 15. 13) ; ils obéissent au Seigneur (Jean 15. 14), et connaissent tout ce que le Seigneur a entendu de son Père (Jean 15. 15).

D’après Réunion d’études à Bordeaux-Lac

BERACA 36 : LES JUGES D’ISRAËL

Le livre de l’Exode décrit la délivrance des fils d’Israël, esclaves en Égypte. Le sang d’un agneau placé sur les linteaux et les poteaux des portes a épargné chaque famille du dernier jugement tombant sur un peuple idolâtre. Le Pharaon refusait d’obéir à l’Éternel, seul vrai Dieu, qui disait : « Laisse aller mon peuple afin qu’il me célèbre une fête dans le désert » (Ex. 5. 2). Par Moïse, les Israélites reçoivent la loi et les ordonnances concernant le tabernacle et les sacrifices.

Étienne, à l’heure de son martyre, a remis en lumière ce que Dieu fait, pour Israël, en envoyant Moïse « pour chef et pour libérateur, par la main de l’ange qui lui était apparu au buisson. C’est lui qui les conduisit dehors, en faisant des prodiges et des miracles dans le pays d’Égypte, et dans la mer Rouge, et au désert pendant quarante ans. C’est ce Moïse qui a dit aux fils d’Israël : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi ; écoutez-le (voir :Mat. 3. 17). C’est lui qui fut dans l’assemblée au désert, avec l’ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï, et avec nos pères ; qui reçut des oracles vivants » (Act. 7. 35 à 38).

En considérant le chemin parcouru, de l’Égypte en Canaan, Moïse dit au peuple : « tu as vu que l’Éternel, ton Dieu, t’a porté comme un homme porte son fils, dans tout le chemin où vous avez marché, jusqu’à ce que vous soyez arrivés en ce lieu-ci » (Deut. 1. 31). Et quel chemin ! À cause de leur incrédulité, ils durent « marcher dans le désert grand et terrible, désert de serpents brûlants et de scorpions, une terre aride où il n’y a point d’eau ». Mais l’Éternel a fait sortir pour eux « de l’eau du roc dur » (Deut. 8. 15). Huit siècles plus tard, le prophète Ésaïe rappellera à ce peuple les compassions de leur Dieu : « dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l’Ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et dans sa miséricorde il les a rachetés, et il s’est chargé d’eux, et il les a portés tous les jours d’autrefois » (És. 63. 9).

Dès la première année, en route vers de la terre promise, les Israélites reçurent l’arche de l’alliance. Elle était l’assurance de la présence de l’Éternel au milieu d’eux. Comme nous l’avons vu avec Moïse et Josué, les expériences furent tantôt heureuses, tantôt malheureuses. Elles démontrent aussi le combat du chrétien. Nous sommes libérés du poids d’une condamnation éternelle, sauvés par grâce, mais confrontés aux combats pour prendre possession des biens célestes. Les Israélites ont combattu avec l’épée. L’épée du chrétien est celle de « l’Esprit qui est la Parole de Dieu », seule arme, avec la prière, pour contrer un ennemi qui attaque comme un lion rugissant ou un serpent rusé (Éph. 6. 17). Les victoires d’Israël, sous Josué, avaient leur point de départ à Guilgal, lieu du jugement de soi-même, et où se trouvait l’Ange de l’Éternel.

Le livre des Juges continue l’histoire de la prise de possession du pays et de la garde de ce qui avait été conquis. Dès le début du livre, un déclin s’installe. Ils interrogent l’Éternel pour savoir qui montera contre le Cananéen. La réponse fut : « Juda montera ; voici, j’ai livré le pays en sa main. Et Juda dit à Siméon, son frère : Monte avec moi dans mon lot » (Jug.1. 2 et 3).

Nous constatons qu’ils n’obéirent pas complètement, signe évident d’un déclin. Au lieu de croire par la foi aux paroles de l’Éternel, au lieu d’obéir simplement, Juda s’appuie sur son frère Siméon. Bien que « l’Éternel fut avec Juda » pour prendre possession de la montagne, il ne dépossède pas les habitants de la vallée, « parce qu’ils avaient des chars de fer ». « Et les fils de Benjamin ne dépossédèrent pas le Jébusien, habitant de Jérusalem ; et le Jébusien a habité avec les fils de Benjamin » (Jug. 1. 2, 19 et 21). Le restant de ces nations eut un impact négatif par la suite.

« Et l’Ange de l’Éternel monta de Guilgal à Bokim ; et il dit : Je vous ai fait monter d’Égypte, et je vous ai introduits dans le pays que j’avais promis par serment à vos pères, et j’ai dit : Je ne romprai jamais mon alliance avec vous ; et vous, vous ne traiterez point alliance avec les habitants de ce pays, vous démolirez leurs autels. Et vous n’avez pas écouté ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela ? Et aussi j’ai dit : Je ne les chasserai pas de devant vous, et ils seront à vos côtés, et leurs dieux vous seront en piège. Et il arriva que, comme l’Ange de l’Éternel disait ces paroles à tous les fils d’Israël, le peuple éleva sa voix et pleura » (Jug. 2. 1 à 5). L’Ange de l’Éternel, chef de son armée (Jos. 5. 14), s’était attendu à ce qu’Israël revienne à Guilgal, point de départ des glorieuses victoires aux jours de Josué. En vain ! Alors l’Ange est monté à Bokim, lieu des pleurs. L’Éternel n’abandonne pas son peuple mais il doit les placer sous sa discipline.

Environ mille ans plus tard, aux temps de Néhémie, les Lévites, dans une prière d’actions de grâce, rappellent le cheminement chaotique de leur peuple, : « Et tu les livras en la main de leurs adversaires qui les opprimèrent. Et au temps de leur détresse ils crièrent à toi, et toi, tu entendis des cieux, et selon tes grandes compassions tu leur accordas des sauveurs qui les sauvèrent de la main de leurs oppresseurs » (Néh. 9. 27).

Quelques-uns de ces sauveurs, dont nous nous occuperons, apportent de nombreuses instructions. Certes, ils ne sont pas de la taille de Moïse, ni de Josué, mais ils furent suscités pour guider et aider le peuple. Dès que Dieu les retirait de la scène, « les fils d’Israël faisaient de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ». Ensuite, à leur demande, l’Éternel leur donne un roi, chose mauvaise « aux yeux de l’Éternel ». De nombreux rois se succèdent, et si quelques-uns marchent avec l’Éternel, la plupart d’entre eux « firent ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ». Alors, afin de les ramener à lui, Dieu leur envoie « tous ses serviteurs les prophètes, chaque jour se levant de bonne heure, et les envoyant » (Jér. 7. 25).

Le déclin constaté dans l’histoire du peuple d’Israël, s’est reproduit dans la chrétienté. De la descente du Saint Esprit au retour du Seigneur, l’Assemblée (Église), « colonne et soutien de la vérité », est devenue « la grande maison ». L’évangile proclamé « en puissance, et dans l’Esprit Saint » par les apôtres, est souvent, de nos jours, « un évangile différent » (1 Thess. 1. 5 ; Gal. 1. 6). Les croyants, si unis dans les premiers jours, sont présentement divisés sous tant de noms différents. Mais pour Dieu, l’Église est une et en Christ. Chérissons la réunion autour du Seigneur et en son nom « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2. 22).

ÉTUDE SUR LE LIVRE DE JOSUÉ

Ch.1er

Moïse est un type du Seigneur Jésus nous conduisant à travers ce monde qui, moralement, est un désert, après nous avoir délivrés de l’Égypte, autre figure du monde où nous étions esclaves du péché.

Durant le voyage, la manne nourrissait le peuple, et le rocher qui les suivait (Christ), l’abreuvait.

C’est avec chagrin que Moïse n’a pu voir le pays, dans toutes ses limites, que du haut d’une montagne, sans pouvoir y entrer. Jamais le peuple n’a conquis le vaste pays qui lui était donné. Salomon seul y a dominé, sans toutefois y régner vraiment. Il a été une figure de Christ régnant en gloire sur la terre, durant le millénium.

Josué, succédant à Moïse, est, lui aussi, une figure du Seigneur, mais en nous conduisant dans la conquête des bénédictions célestes (Éph. 2. 4 à 6). Canaan est une figure du ciel occupé par les ennemis (Éph. 6. 12).

À la veille de la conquête, Josué voit venir à lui un homme, son épée nue dans sa main C’était le « chef de l’armée de l’Éternel » (Jos. 5. 13 à 15). C’est le Seigneur Lui-même qui conduira le combat. Pour nous, actuellement, nous sommes, à la fois dans le désert, combattant pour conquérir nos bénédictions célestes, en attendant d’en jouir lorsque nous serons dans le ciel avec le Seigneur.

Josué, longuement formé auprès de Moïse, a appris auprès de lui lors de l’affaire du veau d’or ; son discernement avait encore besoin de s’affiner. C’est sous la conduite d’autres serviteurs que nous-mêmes, nous apprendrons à servir. Le plus souvent, Josué restait dans « la tente d’assignation », dans la présence divine. Dans son combat contre Amalek, Moïse, sur la montagne, combattait avec lui dans la prière. Le Seigneur intercède continuellement pour nous, qui combattons dans notre faiblesse, mais avec sa puissance à Lui. II est beau de voir l’attitude de Moïse vis-à-vis de Josué. Il intercède pour que l’Éternel choisisse un homme qui lui succède pour conquérir le pays.

L’Éternel lui désigne Josué (Deut. 31. 3). Moïse avait changé le nom d’Osée en Josué (Dieu Sauveur) (Nomb. 13. 17). L’épître aux Éphésiens, parallèle au livre de Josué, nous montre comme étant nous-mêmes déjà dans le ciel. Israël n’a jamais occupé tout le territoire que Dieu lui avait donné, et Josué le lui reproche (Jos. 18. 3) Ils avaient accepté le voisinage des ennemis auprès d’eux Certains avaient même triomphé des Israélites.

Nous sommes appelés à croître dans la conquête des bénédictions qui nous sont données, car elles sont sans limites. Le Seigneur, dans sa sagesse (Nomb. 27. 18 à 20 ; Deut. 34. 9), veut nous combler de bénédictions. Il nous dit : « Sondez les Écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi ». Dieu et homme, le Seigneur sera, dans l’éternité, ce fruit inépuisable, sans cesse renouvelé, dont nous nous nourrirons sans jamais l’épuiser (Apoc. 22. 2). Cependant, conduits par l’Esprit, demandons au Seigneur qu’Il nous apprenne à comprendre la Parole plus profondément. Notre combat, tandis que nous sommes sur la terre, se situe dans le ciel, contre « les puissances spirituelles de méchanceté » qui s’y trouvent » (Éph. 6. 12).

Mais revêtons-nous de toute « l’armure de Dieu » et fortifions-nous « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force » (v. 10). Il faut de l’énergie spirituelle pour combattre sous la conduite du Seigneur. Mais n’oublions pas que nos bénédictions nous sont déjà données : à nous de nous en emparer (Jos. 1. 3), sous la conduite du Seigneur qui nous les a acquises. Le service de Josué, formé d’abord par Moïse qu’il servait, est devenu public après la mort de celui-ci. Moïse, l’Éternel ensuite, exhortent Josué à la fermeté, car le combat était difficile et long. « Faire l’acquit de la charge » que Dieu nous donne à accomplir, demande de nous la force du Seigneur.

« Fortifie-toi et sois très ferme » (v. 7). C’est à nous, aujourd’hui, que s’adresse cette exhortation. Si Josué devait accomplir « toute la loi », nous devons être attentifs à nous laisser conduire par la Parole, car nous courons le danger d’être influencés par le monde. Seule la Parole, reçue et appliquée, nous donnera, chaque jour, une appréciation juste de la pensée de Dieu, pour notre conduite, et pour prendre des forces pour le combat journalier sous la conduite du Seigneur.

Le v. 4 de ce chapitre a son importance, car les limites que Dieu a départies au peuple dépassent beaucoup ce que le peuple a eu la force de conquérir. Depuis le désert du midi, !es frontières montaient, au nord jusqu’au Liban et jusqu’au fleuve Euphrate, tout le pays des Héthiens et jusqu’à la grande mer d’occident (Nomb. 34). Le Seigneur seul, durant son règne de gloire millénaire, établira peuple sur un aussi grand territoire. Les ennemis qui occupaient ces contrées et qui auraient dû être détruits par Israël selon les commandements de Dieu, en subsistant, ont empêché le peuple de progresser dans la conquête inachevée. Pour posséder ce grand pays, déjà donné par l’Éternel, il fallait en fouler le sol (v. 3). Mais tout ce que Dieu donne aux hommes requiert plus d’énergie que ce qu’ils sont enclins à déployer. Il fallait détruire entièrement ces peuples idolâtres (Ex. 23. 20 à 33).

Pour nous, chrétiens, nos bénédictions, pour célestes qu’elles soient, n’en sont pas moins à conquérir, déjà sur la terre, pour que nous en jouissions. Certes, ce ne sera que dans le ciel, avec le Seigneur, que nous en jouirons en perfection. Mais nous en jouirons dans la mesure où nous les aurons conquises sur la terre, en suivant le Seigneur Jésus dans notre marche. Nous sommes en territoire ennemi, et nous emparer de ces bénédictions suppose un combat spirituel.

Au ch. 5. 13 à 15, un homme, son épée nue dans sa main, se présente devant Josué, qui lui demande s’il est pour le peuple ou pour ses ennemis. Et cet homme répond : « Non, car c’est comme chef de l’armée de l’Éternel que je suis venu maintenant ». C’est le Seigneur, et Il révèle à Josué que c’est Lui-même qui conduira les combats, et mènera le peuple à la conquête du pays. Il fallait que Josué soit « ferme » pour la conquête du pays ; et « très ferme » pour garder toute la loi (v. 6 et 7). La possession des bénédictions que Dieu nous donne libéralement, par grâce suppose que nous tenions très ferme la Parole tout entière.

Ces exhortations pour Josué nous concernent aussi (v. 7 à 9 ; Prov. 3. 1 à 6 ; Gal. 2. 19 et 20, ch. 6. 14 ; Éph. 6). Prenons conscience des dangers qui nous entourent. Isaac, en Genèse 26 1 à 3, est exhorté par Dieu à demeurer dans le pays où les bénédictions divines lui étaient données – et Dieu serait avec lui. Moïse, appelé de Dieu, peut délivrer le peuple de l’Égypte, doutant de ses capacités pour cela, s’entend répondre « Parce que je serai avec toi » (Ex. 3. 10 à 12). Ce n’était pas Moïse lui-même qui était important, mais la présence de Dieu et sa puissance pour conduire le peuple à travers le désert. Pour Josué, « le chef de l’armée de l’Éternel » était avec lui pour la conquête du pays que Dieu donnait au peuple (v. 5 ; Deut. 31. 6). Déjà, Dieu était avec lui pour passer le Jourdain.

Nous avons cette promesse encourageante pour nous : « Moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20). Obéir aux commandements de l’Éternel mène aux bénédictions promises. Mais souvent notre présomption nous fait tomber, comme le peuple autrefois (Deut. 5. 27). Nous savons qu’il s’est vite détourné des commandements de la loi ! Notre attiédissement nous conduit aux défaites (Jér. 3). Le Seigneur est avec nous lorsque nous Lui obéissons et II nous bénit. Mais Il ne nous abandonne pas lorsque nous nous écartons comme Jacob (Gen. 28. 15). C’est un encouragement, car nous sommes assurés que le Seigneur ne nous abandonnera jamais.

Sa volonté est de nous bénir continuellement et de nous conduire toujours plus loin dans la vie de communion avec Lui. Quant aux commandements de la Parole, Il nous dit : « Ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu prospères partout où tu iras » (v. 7). Comme un berger, le Seigneur marche devant nous dans le chemin où Il nous mène. Si l’on s’écarte de Lui, Il viendra toujours nous chercher et nous ramènera à Lui. Il nous dit encore : « Ne te laisse pas effrayer » (v. 9), car Il est partout avec nous. Gardons toute la Parole (v. 7).

À Timothée, Paul dira : « Demeure dans les choses que tu as apprises », et il l’exhorte à se souvenir « de qui il les avait apprises » (1 Tim. 3. 14). « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont enseigné la Parole de Dieu et considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7). Ce que nous avons, tenons-le ferme.

L’Éternel a parlé directement à Josué (v. 1 à 9), qui a obéi aussitôt, non sans préparation (v. 10 et 11). Il fallait se préparer à traverser le Jourdain, fleuve qui, à cette époque de l’année « dégorgeait par-dessus tous ses bords » (ch. 3. 15). Avant cela, le peuple avait connu la Pâque (délivrance du péché), la Mer Morte (mort de Christ), et maintenant le Jourdain, symbole de la mort du croyant et de sa résurrection avec Christ (ch. 4. 1 à 9).

Si Dieu nous appelle à un service, obéissons promptement, non sans nous y préparer en nous munissant des provisions nécessaires. Nous devons connaître la Parole, nous en nourrir quotidiennement dans l’esprit de réaliser notre mort avec Christ et de notre résurrection « en nouveauté de vie » (Rom. 6. 4).

Jusqu’au Jourdain, le peuple avait la manne. Dès son entrée dans le pays de Canaan. II a mangé « du vieux blé du pays (Christ glorifié), des pains sans levain et du grain rôti » après avoir fait la Pâque (ch. 5. 10 et 11). Tout est un don de Dieu, et chacun doit se nourrir de Christ, chaque jour, afin de croître en forces et en stature spirituelle car, pour nous emparer de nos bénédictions célestes, nous-mêmes étant encore sur la terre, il nous faut les forces et la persévérance pour combattre, non contre « le sang et la chair », comme les Israélites, mais contre les puissances de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Éph. 6. 2), en étant revêtus de « l’armure complète de Dieu » (v. 17 et 18). Cette armure comporte des armes défensives : la cuirasse, le bouclier, le casque ; puis, deux armes offensives : l’épée de l’Esprit qui est la Parole, et la prière.

Dans ce chapitre, il n’est pas question de l’arche, mais de se préparer. On trouvera l’arche au ch. 3. 3 mais Josué s’adresse, dans ces deux passages, aux mêmes « officiers ». L’arche, figure de Christ, doit passer devant le peuple en armes, à une distance respectueuse, car c’est le chef de guerre qui conduit le combat. De même, les trois jours de préparation nous rappellent les trois jours où le Seigneur est resté dans la mort (gages du péché), afin de nous en délivrer, et de nous rendre propres au combat de la foi en Le suivant.

Le combat ne commence qu’après le franchissement du Jourdain. Ces choses sont présentées dans l’absolu : Dieu a tout préparé d’avance, mais il faut s’en emparer « vous passerez ce Jourdain » (v. 11) mais, en suivant l’arche, il n’y a rien à craindre, car le pays leur était donné de Dieu. Comme tout ce qui vient de Dieu, tout est ferme et bien assuré – cependant la foi en exercice est indispensable.

Les deux tribus et demie de Nombres 32 se retrouvent dans nos v. 12 à 18 : elles ressemblent à des croyants au caractère terrestre, attachés de cœur aux biens de la terre, plus qu’à leurs bénédictions célestes. Un croyant céleste s’attache aux biens célestes qui lui sont donnés dans le Seigneur. Moïse en a ressenti de la peine, mais leur a fait promettre de participer à la conquête du pays, même s’ils s’installaient en deçà du Jourdain avec leurs troupeaux. « Le pays… que votre Dieu vous donne » (fin du v. 11), devient « le pays de votre possession » (ch. 22. 4 et 19). Ce n’était plus le pays que Dieu leur avait donné ; mais ils avaient plutôt choisi eux-mêmes leur « héritage » (Nomb. 32. 19) !

De ces deux tribus et demie, fortes de cent dix mille hommes, au recensement de Nombres 26, seuls quarante mille hommes traversèrent le Jourdain, participant à la conquête de Canaan (Jos. 4. 12 et 13) ! Ils sont restés sept ans loin de leurs familles. À la sortie d’Égypte, Dieu avait promis que « pas un chien de remuerait sa langue ». Mais ici, on ne trouve plus la même foi chez tous les Israélites. On prend des arrangements pour son confort, on ne suit plus tout à fait l’Éternel, on compose avec Lui !

Rester hors des rassemblements nous livre davantage à l’influence du monde et nous affaiblit. Loin de Jérusalem, les deux tribus et demie ont érigé un « autel de grande apparence », en souvenir de leur appartenance à Israël, provoquant un grand trouble. Ce sont ceux-là qui, les premiers, ont été transportés en captivité. Dans la conquête de Canaan, ils sont demeurés fidèles et ont même encouragé Josué (v. 18). On les voit passer « armés devant les fils d’Israël », premiers au combat (ch. 4. 12). Cependant, il faut de la fidélité à la Parole de Dieu jusqu’au bout. Y sommes-nous attachés de cœur ?

Ch. 2.

La déclaration des hommes des deux tribus et demie (v. 17) qui, en Nombres 32, avaient choisi de rester en deçà du Jourdain, malgré la simplicité de leurs arguments, préfigurait déjà la fin de l’unité du peuple. Leur détermination à ne pas habiter dans le pays que l’Éternel leur donnait, avait poussé Moïse à accepter un compromis. Ils pourraient habiter ou ils avaient choisi de demeurer, à condition que les hommes, armés et équipés, aident leurs frères à conquérir le pays. Même après la conquête, ils devaient encore être exhortés à rester dans le pays (ch. 22. 19). Au ch. 1. 17 et 18, ces hommes semblent oublier toutes les rébellions dont le peuple s’était rendu coupable envers l’Éternel, en contestant envers Moïse. Ils affirment à Josué : « Tout homme qui sera rebelle à ton commandement et qui n’écoutera pas tes paroles en tout ce que tu nous commanderas sera mis à mort ». Ces paroles catégoriques se trouveront infirmées par la suite car, comme nous l’avons vu, seuls quarante mille hommes sur cent dix mille, passeront le Jourdain, et nous ne voyons pas que les autres aient été mis à mort !

Cependant, la grâce de Dieu se manifeste envers Rahab, une prostituée (v. 1). Le Seigneur Jésus, en Son temps, entrera en grâce dans la maison de Zachée, le pécheur (Luc 19. 7). Rahab, seule à Jéricho, reçoit les espions en paix (Héb. 11. 31) et reconnaît que Dieu était avec le peuple (v. 9 à 11). En Matthieu 21. 31, le Seigneur dira aux Juifs : « les publicains et les prostituées vous devancent dans le royaume des cieux ».

L’amour d’un pécheur pour le Seigneur est d’autant plus fort qu’il lui a été beaucoup pardonné » (Luc 7. 47). Nous ne sommes tous que des objets de la grâce divine. Paul lui-même, un savant dans les Écritures, se reconnaissait comme le premier des pécheurs, mais sauvé par pure grâce. Quant à Rahab, qui en fait trahit son peuple, par sa foi, elle plaît à Dieu, et elle est sauvée par la grâce avec toute sa famille. L’homme regarde à l’apparence et Dieu regarde au cœur. Les deux espions, représentent le peuple de Dieu, apportant la grâce là où règne le péché, et Rahab la prostituée nous représente, nous, pécheurs des nations et objets de la grâce. Étrangère aux alliances du peuple de Dieu, elle est ajoutée à Israël, et entre dans la lignée du Seigneur. Ce qui est remarquable c’est que Rahab, n’ayant jamais eu de contact avec les Hébreux, a la foi dans l’Éternel dont elle a entendu les grandes actions en faveur du peuple. Elle aussi, comme tout Jéricho, tremblait devant le peuple de Dieu, mais, contrairement à tous les habitants de cette cité ennemie, elle sait que l’Éternel « est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas » (v. 11). Sa foi semble supérieure à celle de bien des Israélites !

À peine les espions sont partis de chez elle, elle s’empresse de mettre le « cordon d’écarlate » à sa fenêtre, comme à la sortie d’Égypte, le peuple avait dû mettre le sang de l’agneau de la Pâque sur leurs portes. Elle aussi a été sauvée par sa foi (Rom. 1. 8 ; v. 20). Et sa foi a chassé de son cœur la crainte de l’homme. La gloire de Dieu est de se faire connaître comme le Dieu sauveur, aux Juifs et aux nations (Éph. 2. 1, 2, 4 et 5, 13 à 16). La séparation primitive existant entre Israël et les nations a été anéantie par le sacrifice du Seigneur (És. 49. 6). La grâce a atteint les nations à cause de l’incrédulité des Juifs qui, pour un temps, ont été séparés de Dieu, jusqu’à ce qu’ils reconnaissent le Seigneur comme leur Messie. En attendant, les disciples étaient exhortés à faire « disciples toutes les nations » (Mat. 28. 19 et 20).

Comme Rahab, une prostituée, nous étions tous, au plus bas état moral qu’un être humain peut atteindre (1 Cor. 6. 11). Si nous n’étions pas policés par une certaine morale inculquée dès l’enfance, nous serions capables des pires choses, car notre cœur naturel est le même que celui de tous les hommes. Même en appartenant au Seigneur, nous devons tenir la chair dans la mort. Alors, notre comportement dans le monde peut honorer Dieu qui offre sa grâce à tous les hommes.

Sans doute, Rahab, réagissant selon son cœur naturel, ment-elle aux v. 4 et 5 et nous ne devons pas nous laisser aller de cette façon, car le mensonge est l’œuvre du diable. On trouve d’autres mensonges en 2 Samuel 17. 18 à 20, mais « toutes choses servent Dieu » qui les utilise pour sauver David. Dieu nous exhorte à « dépouiller le mensonge » (Éph. 4. 25 et 30). Nous devons au contraire, manifester notre origine céleste (Jean 17. 16). « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17). Dieu est le Dieu de la vérité et sa grâce va s’exercer envers cette pécheresse qui, par la foi, a reçu les espions en paix, entrant ainsi dans les plans divins.

Les deux hommes israélites ne semblent pas avoir beaucoup exploré le pays. L’essentiel de l’action divine, dans cette scène, est d’être intervenu dans Jéricho même, pour sauver une âme de la destruction qui attendait les habitants de la ville. Rahab et toute sa famille ont été emmenées hors de Jéricho, sauvées par grâce, en ayant mis le « cordon d’écarlate à sa fenêtre, et à cause de sa foi en ce Dieu qui « est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas » (v. 11).

Il n’est pas une âme qui ait la foi, que Dieu ne sauvera. Il nous a « préconnus » dès avant ta fondation du monde et nous a sauvés par la grâce, faisant toutes choses en vue de la fin qu’Il s’est proposée en Lui-même. Les deux Israélites sont entrés dans Jéricho au péril de leur vie mais ils y sont allés comme des messagers de la sublime grâce de Dieu. Dans l’épître aux Hébreux, ch. 11. 31, dans la lignée des hommes de foi, Rahab paraît aussitôt après Moïse. Qu’y avait-il de commun entre ces deux personnages de l’Ancien Testament ? La foi ! Et elle a servi sans doute sans s’en rendre compte aux plans de Dieu pour le bien de son peuple afin de l’encourager (v. 24). De plus, on voit que ce que Rahab a fait par la foi n’est pas oublié de Dieu, et son histoire est consignée dans la Parole pour toujours. De même la femme qui a répandu le parfum de grand prix sur la tête du Seigneur (Mat. 26. 6 et 13).

Rahab savait déjà ce que Dieu avait fait en faveur de son peuple. Dès l’entrée des espions chez elle, elle prend position pour les sauver de ceux qui les recherchent. Elle montre sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 25). Dieu prend soin de ceux qui se tournent vers Lui et les mène en avant (v. 9 ; Prov. 9. 10 ; Mat. 15. 22 à 28). Beaucoup de croyants montrent leur foi dans ce monde qui les persécute.

Dans sa crainte d’être détruite avec sa famille, Rahab se tourne vers Dieu et est sauvée – quand les autres habitants de Jéricho, ayant la même crainte, sont perdus, ayant rejeté Dieu ! Seule la foi sauve. Le Seigneur dit dans l’évangile « Qu’il vous soit fait selon votre foi » (Mat. 9. 29). Peu éclairée quant à Dieu, Rahab peut dire : « Je sais que l’Éternel vous a donné le pays » (v. 9). Se mettant sous la protection divine, elle sera épargnée du massacre de la ville, suivra le peuple et entrera même dans la lignée du Seigneur Jésus !

Notre foi, trop faible, freine l’exaucement de Dieu (Luc 17. 6). Dieu utilise souvent des instruments faibles, ne méprisant personne : un jeune garçon avec sept pains et deux poissons, une prostituée. Rahab a caché les espions sous des tiges de lin préparées pour elle. Le lin symbolise les justices des saints (Apoc. 19. 8). Appliquons la Parole de Dieu à nous-mêmes. Dieu nous montre que son propos est d’amener les nations à la foi. Tamar et Ruth sont, elles aussi, entrées dans la lignée du Seigneur. En Genèse 49. 22, Jacob mourant prophétise au sujet de Joseph, qu’il serait comme une branche portant du fruit et passant par-dessus la muraille, supprimant ainsi la séparation entre les Juifs et les nations. On retrouve la même pensée de Dieu en Éphésiens 2. 14. Comme Joseph, le Seigneur, rejeté par les Juifs, est devenu le Sauveur de ceux des nations qui viennent à la foi comme Rahab.

Loin de cacher la gravité de notre état moral, la Parole nous la rappelle, comme elle le fait pour Rahab, qui est nommée « la prostituée » (Héb. 11. 31). L’oublier serait amoindrir la gloire de Dieu en minimisant l’étendue de sa grâce. Chacun de nous est « un tison arraché du feu (Mal. 3. 2). Au ch. 11 de l’épître aux Hébreux, sont nommés Abraham et Rahab, opposés par leur état moral initial.

Mais ce qui fait tout le prix de ce rapprochement, c’est que Rahab a été sauvée par sa foi, que Dieu se plaît à faire progresser. « Je sais » (v. 9) : C’est l’assurance de la foi. « L’Éternel est Dieu dans les cieux en haut » (v. 11) : connaissance sûre de Dieu » « Jurez-moi par l’Éternel » (v. 12) : confiance de la foi en Dieu. Elle se confie en l’Éternel, non pas aux hommes. Aucun serment n’est plus élevé qu’en prenant Dieu à témoin.

Les espions vont répondre à sa demande pour elle et sa famille. Ils y placent des conditions auxquelles sa famille devra se soumettre, ainsi qu’eux-mêmes (v. 14, 17, 18 à 20). Et elle se soumet aussitôt. La première condition, c’est qu’elle devra mettre un « cordon d’écarlate » bien visible à sa fenêtre. Ce cordon rappelle le sang de l’agneau, qui mettait les Israélites à l’abri de la destruction, la nuit de la Pâque, en Égypte – type du sang de Christ qui nous sauve (1 Pier. 1. 19). Rahab s’empresse de satisfaire à cette exigence, et sa foi la sauvera elle et sa famille. La foi ranime le courage et renouvelle les forces. Les Cananéens, devant le déploiement de la puissance de Dieu en faveur d’Israël, se « fondaient » (v. 9, 11 et 24) : ils étaient abattus. La prophétie d’Exode 15. 15, se réalisait à la lettre.

Rahab qui tremblait elle-même, ne pense pas qu’à elle, mais englobe toute sa famille dans sa démarche auprès des espions. Cela est particulièrement important pour nos enfants, que nous sommes responsables d’instruire concernant le salut et tout ce qui touche à la grâce de Dieu, sachant que, par ailleurs, nous sommes impuissants nous-mêmes à les décider de se convertir. La décision leur appartient. Loin de fuir la colère de Dieu comme ses compatriotes, Rahab se tourne vers l’Éternel et à été sauvée. Les espions ont été, pour elle, comme des messagers venus l’appeler à la grâce !

En son temps, Abraham avait intercédé pour les habitants de Sodome que Dieu allait détruire. Il supputait qu’il pouvait y avoir au moins dix justes (Gen. 18. 22 à 32). Il pensait à son neveu Lot habitant dans ce lieu de honteuse perversion. Dieu lui a montré qu’il n’y avait qu’un seul juste, Lot. Mais le jugement divin ne pouvait s’abattre sur la ville tant que Lot s’y trouvait. Cependant, sa conduite habituelle faisait que ses gendres ne l’ont pas cru lorsqu’il les a avertis de la destruction de Sodome.

Rahab habitait sur la muraille qui s’est écroulée. Mais sa maison à elle a été épargnée, pour son salut et celui de sa famille, bien qu’il ne soit nullement question de salut « collectif » ; seuls, ceux qui étaient dans la maison ont été sauvés. Il a fallu que chaque membre de sa famille croie Rahab sur parole. C’est la foi ! Rahab, dans sa piété, a pris soin de sa famille selon 1 Timothée 5. 8. Nous devons montrer le chemin aux nôtres.

En Actes 16. 31 à 34, Le geôlier de Philippes est touché par la Parole de grâce, et il « se réjouit, croyant en Dieu avec toute sa maison ». La foi naît souvent, dans un foyer, du témoignage d’un seul de ses membres. Comme Joseph était « le conservateur de la vie » pour sa famille, le Seigneur nous a communiqué la vie éternelle. Comme les espions, Paul, plus tard, a été dévalé dans une corbeille par une fenêtre (2 Cor. 11. 33). Rahab montre sa foi par ses œuvres (Jac. 2. 25), et Dieu a « usé de bonté » envers elle (ch. 6. 23), et envers nous aussi. Sur les douze espions envoyés par Moïse, Josué et Caleb rendirent compte fidèlement.

Ici, Josué choisit soigneusement deux hommes qui eux, affirment : « Oui, l’Éternel a livré tout le pays entre nos mains ». Ils ont une ferme certitude de la faveur de Dieu (v. 18 et 34). Rahab a témoigné publiquement de sa foi, en suspendant le cordon d’écarlate à sa fenêtre. Avons-nous des preuves visibles, chez nous, que nous sommes chrétiens ? La femme vertueuse de Proverbes 31. 21 ne craignait pas le froid du monde alentour (la neige), « car toute sa maison est vêtue d’écarlate ».

Ch. 3.

Après avoir marché quarante ans dans le désert où l’Éternel l’a nourri avec la manne, le peuple va franchir le Jourdain. Dès le lendemain de la Pâque qu’il célébra alors, la manne cessa, et il a mangé « le vieux blé du pays » : en figure, Christ ressuscité et glorifié, nourriture du croyant, jouissant de son état de mort avec Christ, et ressuscité avec Lui. Nous sommes à la fois dans le désert (le monde), et déjà vus dans le ciel « assis ensemble avec le Christ Jésus » (Éph. 2. 6).

Comme le Jourdain qui, tout le temps de la moisson, « regorge par-dessus tous ses bords », présentait un obstacle majeur, que le peuple ne pouvait franchir par ses propres moyens, l’Ennemi place devant nous des difficultés de toutes sortes nous empêchant de conquérir les bénédictions célestes que Dieu veut nous donner, et qui sont à notre disposition dans la Parole : obstacles moraux, matériels, ou difficultés que dresse le monde dans lequel nous vivons etc.

La moisson, pour nous, dure toute la vie. Comme pour le peuple, nous avons besoin du Seigneur pour nous aider à franchir notre « Jourdain ». La Parole montre que le peuple a écouté les instructions de Dieu, et y a obéi sans murmures ! Conscients de notre mort et de notre résurrection avec Christ, nous pouvons jouir des bénédictions spirituelles qu’Il nous donne, aussi longtemps que le Seigneur se tient au milieu de nos difficultés, les écartant afin que nous puissions franchir les obstacles, comme les Israélites ont franchi le Jourdain, aussi longtemps que les pieds des sacrificateurs se tinrent au milieu du fleuve (v. 17).

À la Mer Rouge, le peuple a été délivré de l’esclavage de l’Égypte, en pleine nuit (délivré de Satan par la mort de Christ). Là, les ennemis étaient derrière lui : il était délivré d’un jugement qui serait tombé sur lui. Au Jourdain, Dieu veut lui donner un bon pays à conquérir, car l’ennemi est devant. Et cela se passe de bon matin (v. 11). À la Pâque, le peuple devait obéir aux instructions divines pour être à l’abri du jugement. À la Mer Rouge, Dieu délivre Israël des ennemis (c’est la rédemption : Ex. 14. 25 ; 15. 3). Au Jourdain, Dieu le conduit à la conquête de Canaan.

Nous-mêmes, nous sommes dans le monde, et en même temps à la conquête du ciel (la vraie Canaan) ; mais pour l’instant, c’est encore la Canaan des combats. À la croix où le Seigneur est mort à notre place, nous sommes morts avec Lui, car il n’y avait rien de bon en nous. Ainsi, maintenant ressuscités avec Lui par la foi, nous vivons en Lui (Rom. 6. 11).

Sittim (bois d’acacia), parle de l’arche dont elle était faite, et qui est une image de Christ conducteur des croyants. L’arche devait marcher devant le peuple, à distance : il y a toujours une distance morale entre le Seigneur et nous. À Gethsémané, le Seigneur s’est éloigné des trois disciples d’un « jet de pierre ». Nous ne pouvons Le suivre qu’à distance. Le salut du peuple est l’image du salut individuel des chrétiens. En même temps, Il est le « Seigneur de toute la terre » (v. 11 ; És. 49. 6), car Il parle à tous les hommes, ayant toute autorité dans le ciel et sur la terre (Mat. 28. 18). Et cela est rappelé au v. 11, en relation avec l’arche au milieu du Jourdain, fleuve de la mort vaincue. Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité ». Le peuple suivait l’arche, car il devait passer par un chemin qu’il ne connaissait pas. Par sa mort, le Seigneur a ouvert devant nous « un chemin nouveau et vivant » où nous marchons par la foi. Le Seigneur seul nous a ouvert l’accès du ciel, à la croix, où Pierre ne pouvait pas aller (Jean 13. 36).

Dans les instructions de Dieu, rien n’est laissé à l’initiative du peuple. Et l’arche s’arrêtera au milieu du Jourdain jusqu’à ce que tous soient passés. Le Seigneur agit pour nous aider à nous emparer des bénédictions qu’Il a préparées pour nous, jusqu’à la fin de notre vie. Dans le désert, l’arche, portée sur l’épaule, précédait le peuple d’une distance de trois jours, pour lui chercher un lieu de repos. Il fallait que le peuple fixe les yeux sur elle, comme nous devons fixer les yeux sur Jésus (Héb. 12. 2), pour Le suivre dans le chemin où Il nous conduit afin de faire « des merveilles au milieu de nous » (v. 5). Après avoir franchi la Mer Rouge, le peuple a chanté le magnifique cantique de la délivrance, où il anticipe le plan divin (Ex. 15. 11). Mais ici, afin de jouir pleinement des bénédictions et de franchir le Jourdain, Josué dit : « Sanctifiez-vous ».

Aux v. 5 et 10, une chose de première importance est révélée : « le Dieu vivant est au milieu de vous » et Il y fait « des merveilles ». Il convient, en relation avec sa présence, de se sanctifier, en se séparant de tout mal. Les « merveilles» que Dieu veut faire en faveur de son peuple sont à cette condition. Tite 2. 11 et 12 nous exhorte à « vivre sobrement » pour nous-mêmes, « justement » aux yeux du monde, reluisant comme une lumière au sein des ténèbres morales, et « pieusement » vis-à-vis de Dieu. Après le péché d’Acan, le peuple est appelé à se sanctifier de nouveau, afin de pouvoir vaincre ses ennemis (ch. 7. 13). Telle doit être notre attitude morale devant Dieu et les hommes, journellement. Notre communion avec le Seigneur ne peut être rétablie qu’à ce prix, et la Parole, comme une eau pure, nous lave.

Ce n’est qu’en communion avec le Seigneur que nous pouvons « conquérir » nos bénédictions : lire la Parole en étant en mauvais état spirituel nous sera peu bénéfique. Conquérir le pays de Canaan, pour le peuple, supposait des combats incessants, et il n’en va pas autrement pour nous. Cet appel à se sanctifier, du v. 5, semble avoir été réalisé, car le peuple obéit à toutes les instructions divines, sans un murmure – et Pierre nous exhorte à avoir « une sainte conduite… en piété » et « à être trouvés sans tache » (2 Pier. 3. 11 à 14).

L’arche (image du Seigneur Jésus nous frayant le chemin dans nos difficultés), selon les instructions divines, s’engage la première dans le Jourdain. Prions sans cesse le Seigneur, afin qu’Il nous conduise chaque jour. Il a seul la puissance d’opérer cette sanctification avec « une abondance de joie » (Jude 24). La pâque devait être mangée avec des pains sans levain, le levain étant un type du péché. Ces images de l’Ancien Testament nous instruisent sur la sainteté requise pour les chrétiens, qui s’accompagne d’une joie sainte goûtée comme une fête. Dans le désert, beaucoup de murmures et de révoltes affligeants ont jeté le déshonneur sur le peuple et sur le nom de l’Éternel. Le peuple devait apprendre à connaître son propre cœur.

Il n’est pas possible de vivre, d’ores et déjà, dans le ciel, avec du péché non jugé. Ce jugement personnel suppose l’humiliation, la confession et l’abandon du péché. Sans ces trois conditions, on retombera dans le même péché. De même, se séparer du péché sans s’en être humilié conduira à l’orgueil. Israël en est un exemple au cours de son histoire. Lorsque Dieu le châtiait, il revenait à Lui. Mais, une fois délivré, il retombait dans son péché (Jug. 10. 10 à 14, 16). Dieu avait pitié de son peuple et le délivrait. Il use de la même miséricorde envers nous, ses rachetés.

Le passage du Jourdain « regorgeant par-dessus tous ses bords », était une grande « merveille ». Pour nous, le Seigneur veut toujours nous conduire, dans les difficultés qui se manifestent à nous. Mais veillons à ne pas y faire obstacle en entretenant habituellement du péché (Prov. 28. 13 et 14). Tout au long de notre vie, nous avons à nous emparer des bénédictions célestes que Dieu veut nous donner. Soyons donc soigneux quant à la confession de nos fautes, n’oubliant pas que nous avons encore la chair en nous. Toutes les ressources sont dans le Seigneur et Il ne veut pas que nous nous contentions de quelques petites bénédictions : Il veut nous les donner toutes. « Bénis de toutes bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ » (Éph. 1. 3). Et « les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est l’espérance de votre appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints, et qu’elle est l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons » (cf. Éph. 1. 18 et 19).

Toutes ces choses appartiennent à la sphère céleste, et nous pouvons dire avec le Psaume 16. 11 : « Ta face est un rassasiement de joie » la joie sainte et pure, en goûtant une relation spirituelle heureuse avec notre Seigneur, dans la paix, « pour le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendus conformes à sa mort » (Phil. 3. 10). Ainsi, nous avons « communion avec Dieu au sujet de son fils ». Ces bénédictions se prolongent bien au-delà du salut, et nous introduisent dans la jouissance des richesses divines qui nous sont données (Jean 17. 20 et 21). « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (ch. 1. 3).

Comme autrefois, Joseph avait dit à ses frères : « Approchez-vous de moi » (Gen. 45. 4), Josué dit au peuple : « Approchez d’ici, et écoutez les paroles de l’Éternel, votre Dieu » (v. 9). Pour connaître la pensée de Dieu, il faut s’approcher de Lui (Héb. 4. 16), par la prière, quel que soit le caractère de la réunion. C’est son désir que nous nous tenions près de Lui. Au verset 7, l’Éternel dit à Josué : « Comme j’ai été avec Moïse, ainsi je serai avec toi ».

Tout en rapportant les paroles de Dieu au peuple, Josué ne dit pas : L’Éternel sera avec moi », mais « Vous connaîtrez que l’Éternel est au milieu de vous » (v. 9 et 10). Le serviteur s’efface. Les peuples se faisaient des idoles sculptées, d’or, d’argent, de pierre, de bois, ouvrages d’artisan : faux dieux inertes, sans vie… Mais, Josué dit à Israël : « Vous connaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous » (v. 10), Celui qui a la vie en Lui-même, et qui a la puissance de couper les eaux du Jourdain jusqu’à ce que le peuple ait passé. Et c’est le même Dieu, tout-puissant, omniscient, Dieu d’amour qui se tient au milieu de nous, par le Seigneur Jésus, et en nous par son Esprit.

À la Pâque, il fallait sacrifier un agneau pour que Dieu soit propice au peuple. À la Mer Rouge, Dieu était pour le peuple arraché à l’Égypte. Nous-mêmes, comme rachetés, nous jouissons de la présence divine qui est pour nous. Au milieu de son peuple, Dieu les introduit dans le pays promis par sa toute-puissance, en dépossédant les ennemis « Je suis avec vous tous les jours » (Mat. 28. 20). Dieu promet que les siens ayant franchi le Jourdain (l’affranchissement), les ennemis, si nombreux soient-ils, seront vaincus. Pour cela, il fallait que l’arche se tienne au milieu du fleuve de la mort (v. 1) et le peuple suivant l’arche était assuré de la victoire.

Les nombreux ennemis d’Israël figuraient les « œuvres de la chair » (Gal. 5. 19 à 21). Mais « ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises » (v. 24). La victoire nous est acquise par le sacrifice du Seigneur à la croix. Affranchis du vieil homme, qui est un instrument de péché entre les mains des « puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes », vivons donc comme des ressuscités en Christ. Chacune des sept nations du v. 10 était plus puissante qu’Israël, mais la victoire appartenait à Dieu, et le pays leur était donné d’avance. Il fallait combattre afin de le conquérir. Le don de Canaan est un don de Dieu, sans repentir. Et, à la fin du règne de Christ (le millénium), les ennemis envahiront le pays par millions, mais le Seigneur les détruira définitivement (Apoc. 20. 7 à 9). C’est par amour que Dieu a délivré Israël de l’Égypte et l’a introduit dans ce pays ; et Il a choisi ce peuple parce que c’était le plus petit de la terre (Deut. 7. 7 et 8).

Quant à nous, chrétiens, « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31) C’est en suivant le Seigneur que nous serons victorieux des ennemis, car nos combats sont conduits par « le chef de l’armée de l’Éternel » (ch. 5. 13 à 15), le Seigneur Jésus, et c’est Lui qui domine le combat (v. 14). C’est au moment du franchissement du Jourdain que Dieu est appelé « le Seigneur de toute la terre » (v. 11 et 13). Pour nous, Il est Seigneur dans le ciel et sur la terre. La grande tribulation d’Israël est préfigurée par le débordement du Jourdain (v. 15).

Aux v. 14 à 17, ce qui était annoncé se réalise. L’arche (Christ entré le premier dans la mort qui n’a plus de pouvoir sur nous), entre dans le Jourdain, et les eaux s’arrêtent loin de là, près d’Adam (peut-être symbolisant que le châtiment est tombé sur le second Adam pour épargner le premier) (Ps. 42. 7). Les eaux se sont accumulées en monceau très loin du peuple ayant traversé le fleuve à sec, sans inquiétude car, par la foi, les sacrificateurs sont entrés sans hésiter dans le Jourdain. Nous-mêmes sommes sauvés par la foi seule, le Seigneur nous ayant « ouvert un chemin nouveau et vivant » (Héb. 10. 19 à 22) ayant subi, Lui seul, le jugement que nous méritions.

Les v. 15 et 16 évoquent la moisson, la bénédiction et les fruits que l’on retrouve en Ruth 1. 22). La Mer rouge et le Jourdain associés (Ps. 66. 5 et 6 ; 114. 2 et 3), rappellent l’œuvre de Christ, pour nous, sous différents aspects. Le Seigneur nous a épargné de la mort éternelle dont Il a mesuré toute l’horreur, dans son âme sainte, sur la croix. Le seul Juste a été abandonné. Quelle grâce !

Ch. 4.

Au ch. 3. 12, l’Éternel commande à Josué de choisir un homme par tribu, sans lui dire la raison de ce choix. Et Josué obéit (ch. 4. 4). L’Éternel lui fait connaître sa raison au v. 3. Ces douze hommes représentaient les douze tribus d’Israël et c’était sa volonté que les douze tribus entrent en Canaan, et possèdent le pays. Mais deux tribus et demie avaient choisi de s’établir en deçà du Jourdain, contre la pensée divine. Plus tard, elles seront les premières à partir en captivité.

Ils devaient enlever douze pierres du milieu du Jourdain, prises de là où s’étaient tenus les pieds des sacrificateurs. Cette précision est importante, car elle nous rappelle que le Seigneur, « souverain sacrificateur des biens à venir » se tient en permanence au milieu de nos difficultés et de nos iniquités, afin d’intercéder pour nous, auprès de Dieu, après nous avoir sauvés par sa mort sur la croix.

Les pierres symbolisant les douze tribus d’Israël sont associées à l’endroit précis où se sont tenus les pieds des sacrificateurs, dont l’office habituel est d’intercéder pour le peuple, en offrant des sacrifices expiatoires.

Les « merveilles » que Dieu se proposait d’opérer au milieu de son peuple (ch. 3. 5), se réalisent aux ch. 3 et 4. Dans ces douze pierres (Israël complet), nous pouvons voir, pour nous, l’unité de l’Église du Seigneur, belle à ses yeux, unité qui n’est plus à réaliser par quelque effort que nous devrions faire, car c’est l’œuvre définitive du Seigneur seul. De même que son peuple en garde le souvenir dans la Parole (Ps. 111. 4), nous aussi nous sommes assurés que cette unité, formée par le Seigneur Lui-même, est intouchable, malgré les divisions imputables aux hommes (1 Cor. 10. 17). Voilà comment Dieu voit l’Assemblée chrétienne, malgré ses divisions.

Plusieurs passages rappellent cette unité des douze tribus aux yeux de Dieu, alors que deux tribus et demie sont installées en dehors de Canaan, notamment lorsque le royaume sera divisé – ensuite, lorsque Juda et Benjamin remonteront de la captivité (Esd. 6. 17), où douze boucs pour le péché seront offerts, en sacrifice pour tout Israël. Quant aux dix autres tribus actuellement perdues dans le monde, le Seigneur les retrouvera, en son temps, et les ramènera dans le pays qu’Il a donné à Israël. Les douze hommes désignés ne sont pas nommés car ils représentent le peuple tout entier. Les deux tribus et demie étaient donc représentées. Elles auraient dû entrer avec le reste du peuple. Cependant, quarante mille hommes en armes ont participé à la conquête du pays, mais n’y sont pas restés. De même, dans la chrétienté divisée, nous avons des frères partout, même si nous ne pouvons marcher avec eux. Gardons, en ce qui nous concerne, la vérité qui nous a été transmise par nos devanciers, et efforçons-nous de suivre le Seigneur, comme II nous y invite (Jean 21. 22).

Quant aux douze pierres, Dieu savait qu’elles intrigueraient les générations suivantes. Les pères avaient donc ce devoir d’instruire leurs fils qu’elles représentaient un souvenir pour eux, et étaient une instruction pour leurs descendants (v. 6, 7, 21 à 24). À la sortie d’Égypte, la Pâque que le peuple avait célébrée, devait être perpétuée d’année en année, et expliquée aux enfants (Ex. 12. 26 et 27). « Que signifie pour vous ? » (v. 6). Rappelons à nos enfants ce que le Seigneur a fait « pour nous » personnellement, et parlons-leur en particulier de la signification, pour nous, du mémorial de ses souffrances : « le Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré Lui-même pour moi » (Gal. 2. 20). Parlons à nos enfants de la grâce de Dieu pour nous, personnellement, non pour nous glorifier, mais pour glorifier le Seigneur, car la conversion d’une personne est toujours à la gloire de Dieu.

Instruisons aussi les enfants de ce que nous vivons avec le Seigneur, et de ce que nous en recevons (Deut. 6. 6 à 8). Reconnaissants envers le Seigneur, nous devons avoir ce saint désir de Lui obéir. Les enfants, alors, comprendront pourquoi nous désirons suivre notre Sauveur. 2 Timothée 1. 5 donne un exemple vivant de la transmission de la foi, de génération en génération. Les jeunes chrétiens sont exhortés à « garder ce qui leur a été confié » (1 Tim. 6. 20). Dans ces passages, le peuple a pleinement obéi à Josué qui n’était que le porte-parole de Dieu (v. 8 à 10).

Les douze pierres arrachées du milieu du Jourdain et qui devaient être déposées à Guilgal, figuraient les douze tribus d’Israël. Ces pierres représentaient deux mémoriaux distincts. Le passage du Jourdain, fleuve de la mort ; et celui du « roulement de l’opprobre de l’Égypte », dans la circoncision du peuple né dans le désert (ch. 5. 9). Ces douze pierres symbolisent également l’identification des croyants au Seigneur, mort et ressuscité. C’est de cela que nous nous souvenons durant le culte et à la cène.

Après notre conversion, Dieu nous voit, désormais, « ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (Éph. 2. 6). Si nous avons reconnu notre état de mort à cause du péché, Dieu nous communique, avec la foi en Christ, l’état de résurrection dont son Fils est les prémices. Les ch. 6. 1 à 11 de Romains donnent la doctrine chrétienne de notre identification à un Christ mort et ressuscité. On en retrouve la symbolique dans ces douze pierres arrachées du lit du Jourdain, et des douze autres déposées au fond du fleuve recouvertes par les eaux. Ces images nous parlent avec force de la terrible mort expiatoire du Seigneur, objet du souvenir qu’Il nous a laissé dans la cène : le Prince de la vie est entré dans la mort en vainqueur, et en est ressorti en pillant « les biens » de Satan : les saints de tous les temps, désormais vivants en espérance, pour l’éternité.

Les pierres ensevelies dans les eaux du Jourdain et que le peuple ne voyait plus, rappellent notre mort avec Christ : « Si un est mort pour tous, tous donc sont morts » (2 Cor. 5. 14 et 15). Le ch. 15 de la première épître aux Corinthiens montre à l’évidence que le Seigneur est vraiment ressuscité, sinon la résurrection des croyants n’aurait plus aucune possibilité de se réaliser. Il est, Lui, « le premier né d’entre les morts », et le fondement même de la nouvelle création, à la gloire de Dieu.

Dans le désert, le peuple était nourri de la manne, image du Seigneur nourrissant les siens ayant encore besoin de « lait spirituel » (1 Cor. 3. 1 et 2). Ayant traversé le Jourdain, le peuple, dès le lendemain de la Pâque, est désormais nourri « du vieux blé du pays », image de Christ glorifié ; « du grain rôti », Christ ayant subi le jugement à notre place, et enfin, du « pain sans levain » rappelant la nécessité d’une vie purifiée (ch. 5. 11).

Le peuple, désormais entré dans le pays, il y aura des combats. Pour nous-mêmes, la vie chrétienne est jalonnée de luttes spirituelles. Durant le passage du peuple à travers le Jourdain, l’arche est restée dans le lit à sec du fleuve, rappelant que le Seigneur se tient fidèlement au milieu de nos difficultés, tant que nous n’en avons pas franchi l’obstacle. Mais, dès que le peuple entier eut passé, « à la hâte » (v. 10 ; Ex. 12. 11), l’arche est repassée devant le peuple pour le diriger. Le Seigneur nous dit : « Suis-moi » (Jean 21. 20). Hâtons-nous de croître dans sa connaissance personnelle (Col. 3. 1 à 3) Il est, Lui, à la fois « créateur de toutes choses », et le « premier né d’entre les morts », et il est le « chef de l’Assemblée » (Col. 1. 16 et 18).

Les v. 12 et 13 montrent quarante mille hommes sur cent dix mille, des deux tribus et demie passant « devant l’Éternel », et qui participeront à la conquête de Canaan. Néanmoins, ces Israélites n’ont pas apprécié la vraie valeur de l’héritage donné par l’Éternel à son peuple. La perspective du ciel, où est le Seigneur, est-elle précieuse à nos cœurs, notre trésor ? Ou bien les attraits de la terre nous retiennent-ils ? « Mes brebis écoutent ma voix… et elles me suivent » (Jean 10. 27).

Les chrétiens ne sont plus sous la loi, comme le peuple, autrefois, mais sous la grâce. Cependant, par amour pour le Seigneur, nous devons renoncer à toute prétention à Le suivre par nos propres forces. Seule, la grâce du Seigneur nous donne la force de vivre pour Lui. Aux Galates, voulant revenir à la loi en pratiquant la circoncision, Paul dit : « Vous vous êtes séparés de tout le bénéfice qu’il y a dans le Christ, vous tous qui vous justifiez par la loi ; vous êtes déchus de la grâce » (Gal. 5. 4). Certes, nous n’avons pas la liberté de faire des choses qui déshonoreraient le Seigneur. Cependant, laissons agir l’Esprit Saint, qui nous montrera ce que nous devons faire pour plaire au Seigneur.

Josué, serviteur de l’Éternel, avait obéi à la lettre à ses commandements, et les avait transmis fidèlement au peuple pour le franchissement du Jourdain. En réponse à sa fidélité, l’Éternel l’élève « aux yeux de tout Israël, et ils le craignirent comme ils avaient craint Moïse, tous les jours de sa vie » (v. 14). Josué est un type du Seigneur Jésus que Dieu a élevé « au-dessus de tous les cieux » et « couronné de gloire et d’honneur » (Ps. 8. 5 ; 21. 3 à 5).

Craignons, quant à nous, de déplaire au Seigneur de gloire auquel seront « assujetties toutes choses » (Éph. 1. 22), « comme Fils sur sa maison » (Héb. 3. 5 et 6). Sa gloire sera reconnue universellement dans son règne (1 Pier. 1. 21 ; Phil. 2. 9 à 11), comme pour Salomon, en son temps et à sa mesure (1 Chron. 29. 23 à 25) ; ou encore comme Ézéchias qui « fut élevé aux yeux de toutes les nations » (2 Chron. 32. 23). L’élévation de ces personnes de l’Ancien Testament, vient de la seule appréciation de Dieu (ch. 6. 27). L’Éternel était avec Josué, comme Il a été avec Joseph, avec Samuel, et comme Il a été avec le Seigneur (Act. 10. 38). Dieu est toujours fidèle à ses promesses ; même si, à cause de nos désobéissances, Il est parfois obligé de changer ses voies, c’est toujours en vue de réaliser ses promesses. Ici, l’obéissance de Josué est récompensée par son élévation aux yeux du peuple, comme l’Éternel le lui avait promis au ch. 3. 7.

Sous la conduite de Moïse dans le désert, le peuple s’est souvent rebellé. Cependant, le Dieu de grâce, avec miséricorde, passe par-dessus ces misères (v. 14). Il était indispensable que le peuple reconnaisse en Josué, qui lui-même, étant jeune, avait servi Moïse dans le désert, le chef qui devait mener la conquête de Canaan. Paul dira à Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse » (1 Tim. 4. 12).

Comme les sacrificateurs qui portaient l’arche étaient entrés dans les eaux de Jourdain au commandement de l’Éternel, ils ont attendu un nouveau commandement pour en remonter, dans une remarquable dépendance (v. 15 à 18). Le Jourdain représentait un obstacle infranchissable pour l’entrée du peuple en Canaan. C’est par la foi que les sacrificateurs sont entrés dans les eaux et qu’ils se sont maintenus dans le lit à sec du Jourdain, durant le passage du peuple, et jusqu’à ce que l’Éternel leur demande d’en remonter. Alors, les eaux sont revenues, regorgeant par-dessus tous les bords. Mais elles ne représentaient plus un obstacle pour le peuple. L’arche est entrée la première dans les eaux, et en est remontée la dernière : le Seigneur est « l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin » (Apoc. 21. 6).

Le Seigneur tout-puissant se tient toujours au milieu de nos difficultés pour nous permettre de continuer dans le chemin de la foi. On ne peut rester toujours au milieu du Jourdain : ce serait vivre en Romains 7. Mais réalisons notre mort et notre résurrection avec Christ, et vivons dans l’esprit de délivrance de Romains 8. Par sa mort et sa résurrection, le Seigneur a ouvert le chemin pour venir à Dieu pour quiconque croit (1 Pier. 1. 18 à 21 ; Héb. 11. 1). Lorsque le Jourdain retombera, un jour, il sera trop tard pour ceux qui ne l’auront pas franchi « à sec ». La grâce de Dieu leur sera retirée.

Les choses que le Seigneur a faites pour nous, et ce qu’Il nous enseigne dans sa Parole doivent être transmises fidèlement de génération en génération (v. 21 à 23 ; Ps. 78. 3 à 6). Les fils seront amenés à poser des questions auxquelles nous devons répondre clairement (v. 6 à 8, 21 à 24). Dieu avait transmis l’autorité d’Élie à Élisée (2 Rois 2. 15) Ici, c’est l’autorité de Moïse qui reposait, dès lors, sur Josué. Nous sommes tenus de transmettre soigneusement à nos enfants ce que Dieu a fait pour nous et ce qu’Il nous enseigne. Si nous ne le faisons pas, nos descendants peuvent se détourner et ne plus être des croyants.

Israël pouvait dire : ma place était là, au fond des eaux, mort ; mais Dieu m’en a délivré. C’est le témoignage que les parents doivent avoir envers leurs enfants. Et la responsabilité des enfants est de recevoir et de garder les vérités qui leur sont transmises. Sinon elles seront perdues, par ignorance ou indifférence (Jug. 2. 10 à 13). Chaque génération doit se soumettre à la Parole. Soumettons-nous à nos conducteurs. « Achète la vérité et ne la vends point » (Prov. 23. 23 ; 1 Jean 2. 14).

Ch. 5

Au ch. 23, nous avons ce que l’Éternel à fait en faveur d’Israël, à la Mer Rouge et au Jourdain. Au v. 24, nous voyons le double but de Dieu : « Afin que tous les peuples de la terre connussent la main de l’Éternel, qu’elle est forte, afin que vous craigniez toujours l’Éternel, votre Dieu ». La main de l’Éternel est révélée à tous les peuples ; mais elle a deux effets contraires : soit elle effraie et repousse les incrédules qui restent ennemis de Dieu (ch. 5. 1) ; soit elle tourne les cœurs vers Lui, et c’est le cas de Rahab qui, elle-même, effrayée autant que les rois des Amoréens et des Cananéens (ch. 2. 9 et 10 ; Ps. 81. 14), s’est mise sous la protection de ce Dieu tout-puissant (v. 12 et 13).

Esdras, en son temps, fera l’expérience de la puissante main de Dieu, en protection (Esd. 7. 28 ; 8. 22). À l’inverse, le Seigneur Jésus, sur la croix, a subi la puissante main de Dieu, en châtiment contre notre péché dont Il s’était chargé (Lam. 3. 3). Comme autrefois, dans la peur de Dieu, les hommes Le rejettent ou s’y soumettent par la foi. Dans la crainte de la méchanceté du monde, le Seigneur nous encourage : « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ».

À Guilgal, l’Éternel prépare son peuple aux combats victorieux de la conquête du pays : la circoncision (mise de côté de la chair (v. 2 à 9). La Pâque (communion avec le Seigneur). Le vieux blé du pays, le grain rôti et des pains sans levain (importance de se nourrir d’un Christ mort, ressuscité et glorifié). Enfin, la certitude que les combats seront conduits, non par Josué, mais par Celui qui se révèle être « le chef de l’armée de l’Éternel » (v. 14).

La cause de toutes ces nations détruites se trouve en Genèse 15. 16 : « Leur iniquité était arrivée à son comble ». Loin d’imiter le monde, nous devons « demeurer en Christ » (Col. 2. 11 et 12), qui a tout fait pour nous délivrer de la méchanceté du monde conduit par Satan. Étant morts et ressuscités avec Christ, notre vieil homme, judiciairement, est mort aux yeux de Dieu : marchons en nouveauté de vie » (Rom. 6. 1). Que nous puissions dire, comme Paul : « Pour moi, vivre c’est Christ » (Phil. 1. 21).

La Pâque, la Mer Rouge, le Jourdain, Guilgal, typifient notre délivrance du jugement de Dieu, des ennemis, de la chair en nous. Nous devons donc vivre pratiquement ces réalités (2 Cor. 4. 10), et revenir à « Guilgal » continuellement, après chaque victoire (Jos. 10. 15 ; Phil. 3. 2 et 3 ; Col. 2. 6 et 7). La circoncision montrait qu’un Israélite appartenait au peuple de Dieu et devait obéir à la loi. Le baptême chrétien montre extérieurement qu’on appartient à Dieu. Cependant, pour être sauvé, il est indispensable de se convertir par la foi en Christ.

Le baptême doit être une preuve qu’on a changé de camp ; un témoignage que, désormais, on est passé du monde à Jésus, notre Sauveur. Veillons à ne pas nourrir la chair (Col. 3. 5 à 7), mais le nouvel homme en nous, par la Parole de Dieu (v. 8 à 11). Colossiens 3 nous identifie comme étant « morts, et vivants en Christ » (c’est le Jourdain). Le v. 5 « Mortifiez vos membres » (c’est Guilgal). v. 16 : nous nourrir de Christ par la Parole. v. 17 : se mettre sous l’autorité du Seigneur, c’est se laisser conduire par Christ, le chef, dans nos combats.

On retrouve la même structure qu’en Josué 5. Les Israélites sortis d’Égypte avaient bien été circoncis. Mais rebelles, ils sont morts dans le désert, comme ils l’avaient souhaité (Nomb. 14. 2). Dieu, dans sa colère, les a pris au mot. Lutter contre la chair est inutile : nous serons toujours vaincus, car elle n’aime pas être tenue pour morte ! Après le combat contre Amalek (la chair dans le croyant) (Ex. 17. 14), Dieu dit qu’Il effacera la mémoire d’Amalek, mais qu’Il aura la guerre contre lui, de « génération en génération » Nous avons encore la chair en nous, aussi longtemps que nous sommes sur la terre. Les Israélites nés dans le désert n’avaient pas été circoncis, et Josué doit les soumettre à la circoncision afin qu’ils puissent manger la Pâque. Ce type, pour nous, nous montre que nous devons tenir la chair dans la mort, car « notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes » (Éph. 6. 12).

Avant de combattre les ennemis, le croyant doit réaliser la mise de côté de la chair, la circoncision (v. 1 à 9). Se nourrir du Seigneur dans les Écritures : la pâque, ici, assimilée au souvenir de la mort du Seigneur. Le vieux blé du pays, le grain rôti (v. 10 à 12). Se soumettre à son autorité dans notre vie (v. 13 à 15). En Éphésiens 6. 10 et 12, Paul présente la force du Seigneur avant de parler de la méchanceté de l’ennemi. Notre nourriture spirituelle, c’est Christ : « vieux blé du pays » (le peuple l’a trouvé dès son entrée dans le pays) : « vieux », car II était dans le sein du Père de toute éternité. Il est le « grain rôti », ayant souffert le jugement divin à notre place.

Puis, il y avait le pain sans levain, représentant une vie purifiée. Sans cette nourriture puissante, nous ne pouvons affronter l’ennemi. Toute cette préparation du ch. 5 précède la prise de Jéricho (ch. 6). Dès le lendemain de la Pâque, la manne a cessé. En Luc 22. 14 à 18, le Seigneur mange avec ses disciples la dernière Pâque ayant toute sa valeur pour les Juifs. Mais aussitôt après, Il institue le repas du souvenir de Lui-même, de sa mort et de sa résurrection. Pour nous, nous sommes à la fois dans le désert, nous nourrissant d’un Christ dans sa vie sur la terre, telle que les évangiles nous le montrent ; et en même temps, nous sommes assimilés au Seigneur assis dans les lieux célestes (Éph. 2. 4 à 6).

Il est « ma vie », « ma joie », « mon but » (Philippiens). Nous sommes exhortés à sonder les Écritures qui nous parlent de Christ, et à ne pas rester au niveau des premiers rudiments de la foi (Héb. 5. 13 et 14 ; 6. 1 à 3). Malgré cela, il y a de la nourriture pour les petits enfants dans la foi, et pour les hommes faits. Cependant, dans le désert, nous avons le privilège de nous nourrir du souvenir de Christ, en nous rappelant que nous le faisons comme membres de son corps. Certes, c’est dans une grande faiblesse que nous commémorons cette grande chose : Christ mort et ressuscité !

On peut penser que Josué était préoccupé par la vue de Jéricho (v. 13), fermé et ayant « barré ses portes » (ch. 6. 1). Mais l’homme qui lui apparaît, son épée nue dans sa main (le Seigneur Lui-même), vient pour l’encourager. Et Josué, humble, se soumet avec une piété remarquable, comme Moïse devant l’Éternel (Ex. 3. 2 à 6). Moïse et Josué ont été conduits à se déchausser, étant sur une terre sainte. Dieu est saint et Il sanctifie tout ce qui se trouve dans sa présence.

Réunis autour du Seigneur (Mat. 18. 20), nous nous trouvons « en terre sainte » et « ôter nos sandales » équivaut à renoncer à toute gloire personnelle devant Dieu. Dans le livre de Ruth, l’homme (type de la loi pour Israël), et qui avait le droit de rachat sur Naomi, ne l’avait pas sur Ruth, une étrangère. Aussi, il renonce à son droit et ôte sa sandale, laissant toute prérogative à Boaz, le maître (Ruth 4. 1 à 8).

Pour servir, il faut un contact avec le Seigneur comme Moïse devant le « buisson ardent » qui ne se consumait pas ; il sera conducteur du peuple. Ou comme Josué devant « l’homme à l’épée » devant lui, et il sera un combattant. À chaque serviteur, est révélé le caractère spécifique du service qui lui est dévolu.

Dans le ch. 6, on ne voit pas Israël combattre : il fait le tour de la ville sept jours. Et le septième jour, il en fait le tour sept fois. Puis, jetant un grand cri, le peuple voit les murailles s’effondrer sous elles-mêmes (v. 20). Enfin, le peuple investit la ville et détruit tous les habitants, sauf Rahab et sa famille. Puis il incendie Jéricho. Cependant, cette victoire est due à l’intervention directe du Seigneur (l’homme à l’épée), et non à un combat du peuple.

À la question de Josué (v. 13), le Seigneur se révèle au-dessus des hommes, bons ou mauvais. Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance ». « Non » répond le Seigneur, je ne suis pas votre allié, je viens pour combattre pour ma gloire. Il nous fait entrer dans ses combats, mais c’est Lui le Chef victorieux (2 Chron. 20. 17), et « nous sommes des serviteurs inutiles ». « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous » (Rom. 8. 31 ; Ex. 23. 20 à 22). Le Seigneur est intervenu à point nommé pour encourager Josué sentant sa faiblesse devant Jéricho. Plus tard, il encouragera Gédéon dans sa crainte des ennemis (Jug. 7. 10), Le Seigneur, dans sa miséricorde, entre toujours dans nos angoisses et y répond.

Ch. 6

Certains pensent qu’en voyant le peuple tourner autour de Jéricho, les habitants de la ville devaient se moquer d’eux. Les ch. 2. 11 et 24 et 5. 1 démontrent le contraire : leurs cœurs se fondaient devant les fils d’Israël, leur courage ne se soutenait plus et les portes de la ville étaient fermées et barrées (ch. 6. 21). Le spectacle de six cents mille personnes défilant calmement autour de la ville, les trompettes retentissantes sonnant sans arrêt, devait être impressionnant !

Au ch. 5, nous apprenons que Dieu prépare soigneusement son peuple, avant de l’envoyer au combat : Il le nourrit des produits du pays (v. 10 à 12), et lui dévoile son chef (v. 13 à 15). Au ch. 6. 11, Il lui donne la marche à suivre pour vaincre (v. 2 à 5). Ayant pleinement obéi, le peuple est vainqueur car Dieu a fait écrouler les murailles de Jéricho (v. 6 à 27). Mais s’ils ont obéi sans murmurer, Dieu va révéler les cœurs au ch. 7. Voyant les murailles s’écrouler au bruit de leur cri, le peuple s’est-il enorgueilli ? A-t-il pensé qu’il était pour quelque chose dans cette victoire si facile ? Avait-il déjà oublié que l’Éternel avait ouvert son chemin au travers du Jourdain pour lui permettre de passer ? Toujours est-il qu’Acan a pris de l’anathème en secret, et l’a caché dans sa tente, de sorte que, ni Josué ni le peuple n’en savaient rien. Prenons garde aux moindres victoires spirituelles que le Seigneur nous accorde : elles sont toujours le produit direct de sa grâce, et nous n’y avons aucun mérite.

Nos combats doivent être dirigés par le Seigneur. « Car, en marchant dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair ; car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Cor. 10. 3 à 5). Mais c’est dans l’obéissance que la victoire est assurée. Lorsque les espions sont revenus, leur foi, soutenue par ce qu’ils ont vu et entendu (ch. 2. 8 à 11), ne doute pas que l’Éternel leur a déjà accordé la victoire (v. 24 ; Héb. 11. 1 ; v. 30). C’est pourquoi Dieu dit : « Vois, j’ai livré en ta main, Jéricho » (ch. 6. 2).

Le ch. 7 nous avertit de rester humbles dans nos victoires, et dépendants du Seigneur, avec foi. Dieu avait averti le peuple que tout ce qui provenait de Jéricho, image du monde organisé sans Dieu, était anathème : Acan a désobéi. Si, au ch. 6, la confiance en Dieu est active, au ch. 7, c’est la confiance en la chair qui surgit : et c’est la défaite ! Acan a péché, mais tout le peuple est anathème (v. 10 et 11) ! On ne peut rien cacher à Dieu.

« Et Jéricho était fermée, et avait barré ses portes… personne ne sortait, et personne n’entrait » (ch. 6. 1). Le monde qui rejette Dieu, est fermé à la vérité. Rien de Dieu n’entre dans les cœurs et rien n’en sort pour Dieu, de sorte que ce monde est tout entier anathème. Comme le peuple a obéi aux instructions de Dieu et a vaincu les ennemis, obéissons afin de vaincre pour la gloire de Dieu (Deut. 7. 21 à 24). Dieu a mis la foi du peuple en exercice (ch. 6. 3 à 5), et veut que leur foi soit visible. Faire le tour de la ville n’avait rien de guerrier, mais la foi se voyait, comme en 1 Rois 17. 11 à 16, et 2 Rois 4. 3 à 5, pour la femme de Sarepta et celle de Sunem.

En obligeant le peuple à tourner autour de la ville durant six jours, Il a mis à l’épreuve la patience de la foi, qui a eu « son œuvre parfaite » (Jac. 1. 4). Nous pouvons avoir un « Jéricho » dans notre vie chrétienne, et notre foi est éprouvée jusqu’à la délivrance. C’est « le combat de l’Éternel » (Ex. 14. 13 et 14). La victoire sur Jéricho ne reposait pas sur « la sagesse des hommes (ils ne devaient pas prononcer un seul mot), mais sur la puissance de Dieu » (1 Cor. 2. 5, 28 et 29). Durant les sept jours de l’épreuve, l’arche était au milieu du peuple, et les trompettes faisaient retentir la louange : la gloire de Dieu éclate.

Dans les combats collectifs, le Seigneur est sans doute au milieu des Siens. Lui est le Centre de gloire au milieu des siens rassemblés. Au Jourdain, l’arche ouvrait la marche, car Christ est entré dans la mort et nous y fait entrer à sa suite. Au v. 12, Josué manifeste sa promptitude à exécuter les ordres divins, et le peuple fait le tour de la ville, puis revient à Guilgal où la chair a été mise de côté. C’est important pour nous sinon l’Ennemi dressera toujours des « forteresses » devant nous. À la sortie d’Égypte, la Mer Rouge était devant, l’ennemi derrière. Ici, le Jourdain est derrière et l’ennemi devant, mais Dieu se glorifie dans les situations extrêmes, dans le chemin de la foi.

Au début du chapitre, la foi, obéissante et patiente, s’appuie sur Dieu. À partir du v. 12, la foi a de l’énergie (2 Pier. 1. 5). La vertu est cette énergie de la foi, pour suivre le Seigneur. Elle est communicative (v. 15). Les trompettes donnent un témoignage clair vis-à-vis des ennemis et rappellent au peuple que Dieu a promis la victoire (Nomb. 10. 9). Esdras 8. 22 illustre ce que doit être notre témoignage devant les hommes. Esdras avait dit clairement au roi que Dieu le protégerait. L’honneur et la gloire de Dieu étaient en jeu, et Dieu répond à la foi. Devant des dangers, ne nous appuyons pas sur nous-mêmes, ni sur les hommes, mais sur Dieu, avec foi (1 Jean 5. 4). Rahab n’a pas douté de la victoire de l’Éternel et a montré sa foi en cachant les deux espions (v. 17 et 25).

Josué et le peuple vont suivre à la lettre les instructions données par Dieu, et la prise de la ville sera extraordinaire. Pour remporter des victoires de la foi dans notre vie individuelle, de famille et collective, souvenons-nous que c’est en suivant à la lettre ce que Dieu nous commande, que la victoire sera possible. C’est un aspect important de la vie chrétienne, que de marcher en obéissant à Dieu, comme ici le peuple autour de la ville, et autrefois dans le désert, conduit par la nuée (Ex. 13. 21). Parfois, Dieu demande de rester immobile. Que le Seigneur nous donne de marcher d’une manière qui Lui plaise, déjà de bonne heure le matin et jusqu’au septième tour de la ville. Nous ne pourrons pas Lui plaire si nous ne Le suivons pas.

« Car l’Éternel vous a donné la ville » déclare Josué au peuple (v. 16). Aussitôt après, des avertissements très précis sont donnés (v. 17 et 18). Pourtant un homme n’en aura pas tenu compte (ch. 7). Rahab n’avait pas une grande connaissance, mais elle avait la foi. Parfois nous avons la connaissance, mais pas de foi. Les autres hommes de Jéricho n’ont pas été sauvés à cause de leur incrédulité. « La ville sera anathème » (v. 17), et il fallait se garder de l’anathème (v. 18). Dieu l’avait dit dans le désert (Deut. 7. 1 à 6). Le chrétien doit veiller à garder une séparation d’avec le monde, notamment dans la vie professionnelle, qui est de plus en plus mélangée à la vie personnelle.

Le peuple a un témoignage puissant : il marche par la foi ; il obéit sans murmures au commandement de l’Éternel ; et il sonne des trompettes en marchant. Toutes les conditions morales étaient réunies pour que Dieu donne la victoire. Le peuple a marché, sans prononcer une parole pendant six jours. Une marche pratique, en obéissance à la Parole, avec une foi persévérante, est un témoignage puissant, à la louange et à la gloire de Dieu (1 Pier. 1. 7).

Les trompettes, comme celles de l’Apocalypse, avertissent les hommes du jugement de Dieu. La foi de Rahab, comme celle du geôlier de Philippe, est communicative envers sa famille. Ils trouvent refuge dans la maison, seule sécurité, image de Jésus-Christ, seul moyen de salut. Les hommes de Jéricho ont peur, leurs cœurs se fondent, mais ils ne se tournent pas vers Dieu. Le cri du peuple a été le signal de l’écrasement de la muraille (v. 20). C’était bien insignifiant, mais c’était le signal de Dieu. Dieu se sert de notre faiblesse pour être glorifié (1 Cor. 1. 27). Lorsque Dieu veut se servir de quelqu’un qui a des capacités, il va d’abord le briser. Après cette victoire de la foi, chacun monte devant soi, avec l’énergie donnée par Dieu, et détruit toute la ville.

On pourrait être surpris que tous les habitants, hommes, femmes, enfants aient été détruits. Dieu avait patienté pendant que son peuple était serviteur en Égypte. Mais l’iniquité des Amoréens était arrivée à son comble et Dieu les a jugés (Gen. 15. 16). Rahab, elle, a eu foi et a été sauvée (Héb. 11. 31). Le cordon d’écarlate de sa maison était le moyen de salut, image du sang de Christ qui nous délivre de la colère de Dieu. En Exode 12, l’Éternel voyait le sang et passait par-dessus. Celui qui n’est pas à l’abri, qui n’est pas couvert par le sang du Seigneur, va vers un jugement irrémédiable, comme les habitants de Jéricho. Depuis le départ des espions, Rahab avait accroché le cordon d’écarlate à sa fenêtre (ch. 2. 21). C’était un témoignage visible pour les habitants de Jéricho, comme l’arche du temps de Noé. Pendant les six jours où le peuple a fait le tour de la ville, les habitants de Jéricho ont été avertis du jugement, et les fils d’Israël ont pu se souvenir que cette maison devait être préservée.

Les espions s’étaient engagés envers Rahab (ch. 2. 14). Elle et sa famille, confinées dans la maison, ont peut-être craint pour leur vie, mais ils ont eu foi et sont restés dans la maison jusqu’à ce que les espions les fassent sortir (v 23 et 24). Dans les familles chrétiennes, il y a une protection particulière pour les enfants, comme pour la famille de Rahab ou celle du geôlier de Philippe (Act. 16). Ils sont « saints », c’est-à-dire mis à part, objets particuliers de la grâce de Dieu (1 Cor. 7. 14). Mais la foi qui sauve est individuelle.

Une fois délivrés, Rahab et sa famille ont été laissés en dehors du camp d’Israël (v. 23). Rahab a ensuite habité au milieu d’Israël (v. 25). Elle est devenue femme de Salmon et a eu un fils, Boaz (Mat. 1. 5). Josué a conservé la vie à Rahab et à sa famille (v. 25), comme Joseph a été conservateur de la vie et sauveur du monde (Gen. 41. 45 ; 45. 5 et 7). Le Seigneur nous a conservés la vie éternelle. Il est le pain de vie, cette nourriture qui donne la vie pour toujours (Jean 6. 35).

Il fallait que le peuple détruise toute la ville. Seuls l’argent, l’or et les vases d’airain et de fer, qui sont la propriété de Dieu, ont été mis dans le trésor de la maison de l’Éternel, après avoir été purifiés par le passage du feu (v. 19 et 24). Acan a désobéi et cela a eu de graves conséquences. Le chrétien n’a rien à trouver dans le monde et ne peut pas avoir communion avec le monde, ni faire de compromis avec lui. « Donne-moi les personnes et prends les biens pour toi » avait dit le roi de Sodome à Abram (Gen. 14. 21). Abram a délivré Lot, mais n’a rien accepté du roi de Sodome.

La prophétie concernant Jéricho s’est accomplie jusque dans les détails, du temps d’Achab (v. 26 ; 1 Rois 16. 34). Dieu avait dit à Caïn qu’il serait maudit de la terre et vagabond (Gen. 4. 11 et 12). Pourtant, il s’est bâti une ville, indépendamment de Dieu, comme Hiel a rebâti Jéricho. Le chrétien, lui, est de passage sur la terre, et sa cité est céleste.

L’Éternel était avec Josué (v. 27). Le Seigneur a été l’exemple parfait dans sa communion avec Dieu. « Car Dieu était avec lui » (Act. 10. 38). Sa renommée s’est répandue « dans tout le pays », car il marchait à la gloire de Dieu.

Par grâce, le peuple a été fidèle et a eu confiance en Dieu jusqu’au ch. 6. Le ch. 7 sera un tournant désastreux : le peuple aura confiance dans sa propre force. N’ayons pas confiance en nous-mêmes, mais confions nous en Dieu.

Ch. 7

Jusqu’au ch. 6, Josué et le peuple ayant écouté l’Éternel et obéi sans un murmure, est allé de victoire en victoire. Mais Dieu lit dans !es cœurs où tout se joue, avant de passer dans les faits concrets. Pourtant les avertissements solennels de Dieu prévenaient le peuple qu’il y aurait de l’anathème à prendre quoi que ce soit, lors de la destruction de Jéricho (ch. 6. 18).

Acan n’en a pas tenu compte et a péché. Mais au ch. 7. 1, on lit : « Mais les fils d’Israël commirent un crime au sujet de l’anathème ». On peut penser que ces victoires remportées jusqu’ici, sans combat, ont réveillé l’orgueil qui ne tarde jamais à se manifester dans les cœurs : Josué ne consulte pas l’Éternel, et le peuple ayant pris confiance en lui-même, se confie en sa propre force ! Alors, c’est une défaite humiliante devant une petite ville où !es hommes sont peu nombreux (v. 3). « Ils frapperont Aï », dirent les espions.

Le peuple avait vite oublié que l’éclatante victoire sur Jéricho était l’œuvre de Dieu seul, et qu’Israël n’avait eu qu’à suivre à la lettre les instructions de Dieu. Faire le tour de la ville six jours, puis, sept fois le septième jour et « crier » au commandement, pour voir les remparts s’écrouler ! Les espions avaient estimé que deux mille ou trois mille hommes suffiraient : « ne fatigue pas tout le peuple… car ils sont peu nombreux ». C’était oublier que Dieu voit le peuple comme étant un. Pour nous, Dieu nous voit aussi un en Christ et nous sommes tous solidaires en Lui qui est la tête, et nous son corps. Dieu veut que nous nous appuyions toujours sur Lui, étant sans illusions sur nos propres forces. Jéricho a été une grande victoire de l’Éternel – Aï, une grande défaite du peuple qui n’a pas consulté l’Éternel, et qui, dès lors, est découragé. La désobéissance cachée d’Acan entraîne de terribles conséquences sur lui-même, mais aussi sur sa famille et sur tout le peuple : « Israël a péché » (v. 11). Il a fallu faire mourir Acan et sa famille, et détruire tout ce qui lui appartenait (v. 24 et 25).

Jusqu’au ch. 6, Josué, type de Christ, conduit le peuple à la victoire. Au ch. 7, il redevient simplement l’homme Josué qui, se confiant en son propre jugement de la situation, envoie le peuple depuis Jéricho, lieu de la victoire, au lieu de l’envoyer depuis Guilgal, lieu de la mise de côté de la chair ! Si, dans les Nombres, il était estimé comme un homme en qui est l’Esprit, ici, l’Esprit n’était sûrement pas libre d’agir en lui ! L’Esprit Saint, seul, s’Il est libre d’agir dans nos cœurs, nous donnera le discernement dont nous avons besoin.

Les espions d’Aï n’étaient sûrement pas dans les mêmes dispositions que ceux qui avaient exploré Jéricho et s’étaient conduits à la gloire de Dieu. Comme Acan (de la tribu royale, Juda), nous sommes la famille de Dieu, de qui nous dépendons entièrement, pour les petites choses comme pour les plus grandes. À Aï (tas d’immondices), l’arche est absente de la scène, l’orgueil conduit le peuple, et c’est la défaite ! Prenons garde qu’il n’y ait quelque Aï cachée dans nos cœurs, et dont nous négligerions la gravité. De plus, l’envoi des espions à Jéricho, puis à Aï, ne répondait sans doute pas aux mêmes besoins selon Dieu. Mais ce qui importait, c’était que six cent mille hommes concernés montent au combat (et non trois mille seulement), et Dieu aurait détruit Aï.

Josué comprend que le problème n’est pas d’ordre « militaire », mais que rien n’est possible sans Dieu. À Jéricho, le cœur des ennemis « se fondait » devant Israël (ch. 5. 1). À Aï, « le cœur du peuple se fondit et devint comme de l’eau » (v. 5). Josué s’humilie alors devant l’arche avec les anciens du peuple, et leur attitude est convenable, mais le v. 7 montre quelque incrédulité quant au bien-fondé de leur entrée dans le pays. Il semble pourtant que Josué se ressaisisse, disant : « Que feras-tu pour ton grand nom » ? (v. 9) Instruit auprès de Moïse, il montre le même état d’esprit pour la gloire de Dieu (Ex. 32. 11 à 13). Dans nos défaites, recherchons les causes dans nos cœurs, sans nous polariser sur les effets de nos manquements ; et reconnaissons que nous avons jeté par terre les droits de Dieu. Dans l’affaire du veau d’or, Moïse, en communion avec Dieu, devine que quelque chose ne va pas, avant même de voir de quoi il s’agissait. Josué ne le comprend qu’après la défaite d’Aï.

On trouve un reproche dans la prière de Josué au v. 7. Mais au v. 8, il se ressaisit et entre dans les pensées de Dieu, s’inquiétant pour le sort futur du peuple, et enfin, pour la gloire du nom de Dieu (v. 9). Dans toute affaire, c’est ce qui est important : « Non point à nous, ô Éternel !… mais à ton nom donne gloire » (Ps. 115. 1).

Après la victoire sans combat lors de la prise de Jéricho, (victoire de Dieu), le peuple a cru que rien, désormais, ne viendrait contrarier son avance, et qu’il n’était plus indispensable de consulter l’Éternel. Mais, devant la défaite inattendue, Josué comprend qu’il y a quelque chose qui ne va plus. Dès lors, il s’humilie, se jetant sur sa face devant l’arche (v. 6). C’est à cela que l’Éternel voulait en venir : que Josué et le peuple se repentent de leur esprit d’indépendance vis à vis de Dieu (2 Cor. 7. 10 et 11), et qu’ils comprennent que sans Lui, ils étaient impuissants ! Puis, enfin, qu’ils soient soucieux de la gloire de l’Éternel.

L’Éternel révèle alors à Josué qu’Israël a péché : « ils ont transgressé mon alliance… ils ont pris de l’anathème… ils ont volé… ils ont menti, et ils l’ont aussi mis dans leur bagage » (v. 11). Toute cette transgression s’accompagnait du mensonge contre l’Éternel, comme pour Ananias et Sapphira qui sont tombés morts devant Dieu (Act. 5. 1 à 11).

Pour Israël, il fallait aller jusqu’au fond de la repentance et de la purification : la mort du coupable et de tout ce qui lui appartenait (v. 15 et 25). On voit là la gravité de pécher sans repentance et sans confession – aussi bien sur le plan individuel que sur le terrain de l’Assemblée. Un seul avait péché et le peuple l’ignorait. Mais Dieu voyait Israël comme étant un devant Lui et, par la faute d’Acan seul, tout le peuple était souillé aux yeux de Dieu, car : « un peu de levain fait lever la pâte tout entière… Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte » (1 Cor. 5. 6 et 7 ; Gal. 5. 9). Le levain est une image du péché, moral ou doctrinal, qui s’étend s’il n’est pas ôté rapidement. Il fallait donc que l’anathème souillant le peuple soit radicalement détruit pour que le peuple retrouve la faveur divine.

Ces versets montrent la succession des choses : la découverte du péché, la confession et la repentance, et la purification. Il convient de s’humilier avant d’agir. En Juges 20. 18 à 23, le peuple a agi sans humiliation et en a subi les conséquences. Dieu a dû les humilier à deux reprises. Ici, Il dit : « Je ne serai plus avec vous si vous ne détruisez pas l’anathème » (v. 12). De même, dans l’Assemblée, s’il y a un mal connu, il convient de s’en humilier avant de l’ôter, afin de pouvoir résister à l’ennemi qui cherche toujours à nous « dévorer » (1 Pier. 5. 8). « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom. 8. 31)

Cependant, la faveur de Dieu pour nous est dépendante de notre communion avec Lui. Le Seigneur dit, en Matthieu 5. 29 et 30 : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi… Si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ». Satan, le grand ennemi, sait utiliser notre chair (cet autre ennemi), pour nous faire pécher, si nous ne nous tenons pas près du Seigneur, qui seul nous gardera. Ces pages de Josué sont un sérieux avertissement pour nous, afin de nous inciter à nous purifier, personnellement et en assemblée (Jos. 7. 13), car dans la chrétienté, beaucoup marchent dans la pureté personnelle, mais ignorent la purification collective.

« Sanctifiez-vous pour demain » dit l’Éternel à Josué. Il est nécessaire d’être purifié avant d’assister à une réunion dans la présence du Seigneur, mais aussi, à tout moment de notre vie. Sans cette purification, le Saint Esprit est gêné pour agir en nous dans nos circonstances personnelles – mais aussi durant nos réunions qui, alors, deviennent pesantes, sans joie, et ont du mal à s’élever spirituellement jusqu’à Dieu. La cène requiert tout particulièrement cette purification personnelle.

De même, les assemblées locales ne sont pas indépendantes les unes des autres, quant au mal qui peut se trouver dans l’une d’elles.

Dieu connaissait le coupable et ce qu’il avait fait (v. 11), et Il aurait pu désigner Acan immédiatement à Josué. Mais l’anathème se trouvait au milieu du peuple, et il fallait que Josué et le peuple soient exercés. Dieu donne donc des instructions précises afin que le coupable soit découvert (v. 13 à 15). Et Josué obéit scrupuleusement aux directives de l’Éternel (v. 16 à 18). L’exécution de cette procédure laborieuse a dû être longue avant d’aboutir à ce que Acan soit désigné ; et durant tout ce temps, Josué et le peuple ont eu un sérieux exercice de cœur. Si des difficultés surgissent dans l’assemblée, cherchons premièrement quelle peut être notre part de responsabilité dans cette situation.

Lorsque le Seigneur dit à ses disciples : « l’un d’entre vous me livrera » (Jean 13. 21), Il exerce leur conscience et les pousse à Lui poser cette question personnelle : « Seigneur, est-ce moi ? » (Mat. 26. 20 à 22). Le Seigneur savait d’avance que Judas le trahirait ; mais il fallait que chacun prenne conscience qu’il était capable de la même trahison. Dans une situation difficile au sein d’une assemblée, rendons-nous compte que nous sommes tous liés au coupable, et que nous avons à nous humilier et à nous purifier tous ensemble. Se voyant pris, Acan ne peut plus ne pas avouer son forfait (v. 20 et 21). Cependant, cette confession tardive appelait une purification complète. Non seulement Acan devait périr, mais toute sa famille, son bétail, et tout ce qui lui appartenait, devait être détruit ! Si nous péchons, confessons très vite notre faute, et humilions-nous devant le Seigneur, et devant les frères si cela affecte directement l’état de l’assemblée. La question précitée des disciples au Seigneur, doit aussi réveiller nos consciences personnelles.

Dieu a la même horreur pour le péché qu’autrefois. Mais le Dieu de grâce a fait tomber le châtiment de sa justice sur son Fils qui, par sa mort, a aboli le péché, et nous a purifiés de nos péchés dans son sang. Le péché de l’un affecte toujours la marche de l’assemblée tout entière. Cependant, sous la loi, la mort d’Acan et de sa famille répondait au gouvernement de Dieu envers le coupable, et correspondait à la mise hors de communion, durant la période de la grâce, aujourd’hui – non en jugement, mais en vue de la restauration, après la confession. « Il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (Ps. 130. 4).

Mais laissons le Seigneur nous sonder : « Sonde-moi, ô Dieu ! Et connais mon cœur » (Ps. 139. 23 et 24). Si le Seigneur restaure un pécheur qui s’est repenti, nous devons « ratifier » notre amour envers lui (2 Cor. 2. 5 à 8). Cet « amour que Dieu a versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5. 5), nous avons à l’exercer entre nous. La grâce divine ne connaît pas de bornes. La confession du péché honore Dieu, dont le nom avait été profané par la faute d’Acan (v. 19 ; És. 48. 9 à 11).

L’amorce du péché appelle toujours le même enchaînement : « J’ai vu… j’ai convoité… j’ai pris… » (v. 21 ; Gen. 3. 6 ; 1 Jean 2. 15). Acan pressé d’avouer, sa confession vient trop tard ! Le châtiment doit avoir lieu.

Le manteau de Shinhar évoque cette plaine où les hommes ont voulu rester ensemble afin de se « faire un nom », et bâtir une tour qui toucherait aux cieux (Gen. 11. 1 à 4), alors que Dieu avait ordonné aux hommes de remplir la terre et de l’assujettir (cf. Gen. 1. 28). Shinhar évoque la désobéissance à Dieu, mais aussi la corruption et l’orgueil, symbolisés par la construction de la tour. Ils avaient la brique (fabrication humaine contrairement à la pierre qui fait partie de la création divine), et le bitume (produit de la corruption de divers matériaux, dans le sol). Et puis, Acan convoitait la richesse que Dieu ne lui avait pas donnée (Jac. 1. 14 et 15).

En son temps, David avait gravement péché, mais Nathan lui ayant révélé son péché, David s’était profondément repenti (2 Sam. 12. 13). Cependant, l’enfant qui était né de son péché est mort ! Dieu permet que certains deviennent riches, même parmi les croyants. Acan, lui, désirait devenir riche (1 Tim. 6. 9 et 10), et sa désobéissance lui a coûté la vie, car Dieu avait déclaré anathème tout ce qui touchait à Jéricho, et le comportement d’Acan dénote une nature corrompue ; lui et toute sa famille en ont subi les conséquences (v. 25 et 26).

Ch. 8

Lors de la première bataille contre la ville d’Aï, le peuple a été vaincu, à cause de l’anathème qui se trouvait au milieu d’Israël, à l’insu de Josué et du peuple. De plus, Josué n’avait pas consulté l’Éternel qui n’avait rien commandé au sujet de cette ville-là. L’Éternel ne pouvait plus conduire le peuple à la victoire, aussi longtemps que l’anathème n’était pas ôté. Qui plus est, présomptueusement ils avaient estimé que trois mille hommes suffiraient ! Cette défaite a fait comprendre à Josué qu’il ne pouvait combattre victorieusement que sous la conduite de l’Éternel. Il a donc fallu que le peuple se purifie de l’anathème, en mettant à mort le coupable : Acan et toute sa famille.

À la prise de Jéricho, symbole du monde ennemi de Dieu, où tout est corrompu et souillé, il fallait s’abstenir de prendre quoi que ce soit, car tout était sous la malédiction. Mais, au ch. 8. 1, c’est Dieu qui prend l’initiative, et encourage Josué qui, dès lors, reçoit l’instruction de monter avec « tout le peuple de guerre », soit trente mille hommes. De plus, l’Éternel lui dit qu’il faut mettre en place une embuscade et qu’il doit recourir à un stratagème : simuler une fausse fuite ! Ensuite, ici, le peuple devra piller les biens d’Aï : en type Canaan représente le ciel pour les chrétiens, avec toutes les bénédictions spirituelles dont ils doivent s’emparer, après avoir vaincu, chacun pour lui-même, l’esprit du monde (Jéricho) – mais en se laissant conduire par le Seigneur seul.

Nos combats, tandis que nous sommes sur la terre, possèdent ce caractère de lutte céleste (Éph. 6. 12). À la conquête de Canaan, sous la conduite du « chef de l’armée de l’Éternel » (ch. 5. 14), le peuple s’emparera du pays peu à peu, et de ses bénédictions terrestres. C’est Dieu qui organise le combat afin d’obtenir la victoire, à Jéricho et à Aï. Purifié, Israël a retrouvé la communion avec Dieu qui reprend en main les intérêts de son peuple.

En Osée 2. 14 et 15, à la vallée d’Acor (la vallée des pleurs), Dieu promet que cette même vallée sera, pour le peuple repenti, « une porte d’espérance ». C’est dans la repentance que ce qui nous fait pleurer peut devenir pour nous une porte d’espérance, dans notre vie personnelle et collective. Sans la communion intime avec Dieu, Satan devient un ennemi dangereux pour nous : c’est « un lion rugissant cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pier. 5. 8). De la confiance en Dieu à la confiance en soi-même, on tombe de la victoire à la défaite, et ensuite, retrouver la communion avec Dieu peut s’avérer difficile : la victoire, à Aï, n’a pas été simple à obtenir !

Du ch. 1. 9, au ch. 8. 1, on retrouve l’amour de Dieu resté le même et qui se manifeste de nouveau, après que le peuple s’est purifié. Le Seigneur use du même amour pour nous afin que nous soyons encouragés et que nous recherchions la communion. Comme Timothée, il semble que Josué s’effrayait, parfois, en affrontant les difficultés, et peut-être, aussi, manquait-il de discernement (ch. 7. 6 et 10). Enseigné à l’école de Moïse, il n’avait pourtant pas tout oublié. Il restait près du peuple (v. 3, 9, 10, 13, 15, 21 et 26), et il était une image du Seigneur nous conduisant à la conquête de nos bénédictions spirituelles. Avec son javelot tendu dans sa main, il dirigeait le combat sous la conduite de Dieu. Seul, le Seigneur, avec la Parole, nous conduit à la victoire dans nos luttes contre l’ennemi. « Soyez tous prêts » (v. 4) dit Josué aux hommes de l’embuscade. C’est à nous que le Seigneur le dit.

Josué, au verset 9, « passe la nuit au milieu du peuple ». Nous sommes dans la nuit de ce monde et nous ne voyons pas toujours clair dans nos difficultés. Cependant, le Seigneur est là, au milieu de nous, prêt à nous rendre « plus que vainqueurs en Celui qui nous a aimés ». « Il se leva de bonne heure » (v. 10), manifestant ainsi que les intérêts du Seigneur avaient du prix pour lui. Plus tard, Néhémie aura affaire à des ennemis qui chercheront à le décourager de poursuivre le travail de restauration de la muraille de Jérusalem en ruines. Mais lui et ses jeunes hommes sont vigilants, ne se déshabillant pas, ni jour ni nuit, prêts à répondre aux ennemis. La Parole de Dieu est remplie d’encouragements pour nous, si nous savons nous en emparer. Le Seigneur écoute nos prières et y répond selon sa grâce et sa sagesse : Lui seul est notre aide et notre secours.

Dieu ayant repris ses relations avec son peuple purifié, le mène au combat contre Aï, et lui accorde la victoire, après avoir dressé devant Josué son plan de bataille. Mais cette seconde phase de la prise de la ville se montre beaucoup plus ardue que ce que Josué et le peuple pouvaient penser. D’abord, Josué a dû conduire lui-même trente mille hommes sur le champ de bataille (et non plus trois mille) ; puis, selon l’ordre de Dieu, il a fallu dresser une embuscade et simuler une fuite destinée à attirer les hommes d’Aï hors de la ville, que l’embuscade a dû investir et incendier ; enfin, le peuple, feignant de fuir, s’est finalement retourné contre l’ennemi qui les poursuivait et qui, pris entre deux troupes d’Israël, fut détruit.

Ainsi qu’Israël a dû l’apprendre, nous non plus, nous ne pouvons être victorieux dans nos luttes qu’en employant les armes que Dieu met à notre disposition : « l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu » (Éph. 6. 17), ainsi que la prière, dans une entière dépendance. À Aï, tous les habitants furent tués, et le roi pendu jusqu’au temps du soir, puis, descendu et enseveli, afin que la terre d’Israël ne soit pas souillée (Deut. 21. 22 et 23). Le Seigneur crucifié, Lui-même, a été descendu de la croix avant la nuit.

Après la victoire sur l’ennemi, Josué a bâti un autel à l’Éternel, fait de pierres entières, non taillées, et enduites de chaux. De plus, il n’y avait pas de degrés pour y monter, conformément à Exode 20. 24 à 26, et il y sacrifie des holocaustes et des sacrifices de prospérité. Contrairement à Jéricho tombé par la seule puissance de Dieu et où tout était placé sous l’anathème, à Aï, le peuple ayant combattu, devait piller pour lui-même le butin et les bêtes (v. 2). Nous devons toujours rechercher, jusqu’à ce qu’elle soit claire, la pensée divine, et nous y soumettre, car notre dépendance honore Dieu, qui connaît toutes choses et poursuit ses buts.

Après l’humiliation de la première bataille contre Aï, Josué et le peuple ont le saint désir d’obéir aux commandements divins (v. 26 et 27), commandements clairs et précis de Deutéronome 27. 1 à 15. Ils ont fait strictement selon les ordres de l’Éternel. Peut-être Josué aurait-il dû bâtir cet autel dès le franchissement du Jourdain par le peuple (Deut. 27. 2). Attendre, alors que Dieu a dévoilé clairement sa pensée, n’est pas selon sa volonté. Cependant, Josué a obéi à Dieu : « Gardez tous les commandements que je vous commande aujourd’hui » (Deut. 27. 1). Notre cœur est-il toujours étroitement attaché à la Parole ? Ni tradition orale, ni « nouveautés » n’ont de valeur devant Dieu ; la Parole seule nous garde dans un chemin droit.

Nous ne sommes pas sous la loi, mais la Parole garde toute son autorité. Au v. 12 de Deutéronome 27, la bénédiction devait être lue sur la montagne de Garizim pour le peuple. Cependant, la bénédiction n’est pas clairement détaillée, contrairement à la malédiction des v. 15 à 26 sur la montagne d’Ébal. Le peuple, sous la loi, incapable de s’y conformer, était sous la malédiction. Sous le principe des œuvres de loi, nous serions placés sous la malédiction. Mais le Seigneur Jésus, ayant accompli la loi, nous a placés sous la grâce, ayant ôté la malédiction pour les croyants, qui sont bénis. « Le juste vivra de foi ». La dernière malédiction est reprise par Jacques (ch. 2. 10). Des six tribus se tenant sur la montagne de Garizim, quatre sont des types du Seigneur. Sur la montagne d’Ébal, Ruben et Dan avaient mis le mal en évidence. Les sacrifices offerts sur cet autel parlent du sacrifice du Seigneur Jésus, alors encore futur.

Josué a écrit toute la loi sur ces pierres, devant tout Israël (v. 32 et 33), revenu à l’obéissance, et que Dieu peut bénir. Revenir à la Parole est la « pierre de touche », condition de la bénédiction. Peu de temps après, les Gabaonites trompeurs vont faire tomber Josué et le peuple, trop confiants en leur propre jugement ! Qu’en est-il de nous ? Appliquons-nous à garder toute la Parole intacte dans nos cœurs (Apoc. 22. 18 et 19). Femmes, enfants, étrangers, dont sans doute Rahab et sa famille, étaient là (v. 33 à 35), comme anticipation de la grâce de Dieu envers tous les hommes, Israël et les nations. Ayons à cœur d’être présents lors des réunions, en famille, avec nos enfants, dans la mesure où nous le pouvons, nous souvenant des paroles du Seigneur : « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).

Ch. 9

Le ch. 8 relate une victoire éclatante sur les ennemis, car Josué et le peuple ont suivi strictement les instructions divines. Et Josué a, alors, bâti un autel à l’Éternel, et y a offert des holocaustes et des sacrifices de prospérité. Cependant, une victoire obtenue avec l’Éternel ne garantit en rien notre sauvegarde ultérieure. Au ch. 9, Josué et le peuple en font la triste expérience. S’appuyant sans méfiance sur leur sagesse, ils sont trompés par les Gabaonites. Déjà, lors de la première bataille contre Aï, où ils mettaient leur confiance dans leurs propres forces, ils avaient été honteusement battus.

Le v. 14 du ch. 9, nous montre la faute d’Israël dans cette circonstance : « et on n’interrogea point la bouche de l’Éternel ». Gardons-nous de jamais nous confier en nos propres forces, ni en notre propre sagesse : Dieu seul est notre guide et notre force (Prov. 3. 5 à 8). La sagesse de l’homme est opposée à celle de Dieu (Jac. 3. 15 à 17).

Le caractère de Satan, c’est la violence du « lion rugissant ». Ici, il rassemble tous les ennemis pour faire la guerre à Israël : Il est aussi le trompeur, le serpent rusé qui, déjà en Éden, a trompé Ève et l’a fait tomber, entraînant Adam dans sa chute. Dans notre chapitre, sa ruse a fait tomber Josué et a trompé le peuple. Les Gabaonites étaient des ennemis comme tous les habitants de Canaan, et leur corruption était telle que Dieu voulait les détruire. Leur ruse les a sauvés de la destruction (v. 14 et 15) !

Au temps d’Esdras, les ennemis avaient usé de ruse avec Israël. Mais Zorobabel et Joshua, ainsi que les chefs, avec sagesse, avaient éventé le piège et n’avaient pas cédé à l’adversaire (Esd. 4. 1 à 3). Alors, les ennemis usèrent d’intimidation, et le peuple cessa de bâtir le temple (v. 4, 5 et 23). Satan se dissimule souvent derrière ses ruses, et il est très dangereux dans ces moments-là. Veillons en restant près du Seigneur, et II nous aidera à discerner les pièges de l’ennemi. Satan se révèle aussi comme « un ange de lumière », comme on le voit au v. 9. Les Gabaonites prétendent venir vers le peuple « au nom de l’Éternel ton Dieu » ! Satan veut toujours mêler le monde, même le monde religieux, aux vrais croyants, afin de mieux les faire tomber.

Les Gabaonites, déguisés, flattent l’orgueil d’Israël (v. 10), et leur fourberie réussit à endormir la méfiance de Josué et des chefs (v. 14 et 15). Leur fausseté ne vise qu’à établir une alliance avec le peuple de Dieu (v. 6), car ils avaient craint pour leur vie (v. 24). Cette alliance d’Israël avec Gabaon était en contradiction avec le fait que Josué et le peuple se tenaient souvent à Guilgal (v. 6 ; ch. 10. 6 et 15), lieu de la circoncision, après leur entrée en Canaan. Dieu avait clairement commandé de détruire entièrement tous les ennemis en Canaan (Ex. 34. 11, 12, 15 et 16). Pour nous, nous allier avec le monde conduit à l’affaiblissement de notre vie spirituelle : ce n’est jamais le « bien » qui l’emporte sur le mal, mais le « mal » qui prévaut sur le « bien », et l’on perd le discernement. De plus, la faiblesse de la spiritualité personnelle se répercute sur la vie de la famille et de l’assemblée.

C’est Dieu qui a fait entrer Israël en Canaan et lui assurait la victoire sur les ennemis, et c’est Lui qui commandait de ne traiter aucune alliance avec eux (Deut. 7. 1 et 2). Un serviteur tel que Josué, que Dieu avait exhorté avec insistance à tenir « très ferme » (ch. 1. 6, 7 et 9), et qui, de plus, est un type du Seigneur Jésus, s’est écarté du commandement de l’Éternel, et tout le peuple est tombé avec lui. Nos ressources, afin de ne pas avoir de défaillance devant la méchanceté de Satan, nous les avons en Éphésiens 6. 11 et 17. La prière est une ressource puissante dont nous devons user abondamment « en tout temps » ; et la supplication est plus que la simple prière (v. 18). Cette faute de Josué et des chefs a eu des conséquences sur toute l’histoire suivante d’Israël. Et cela nous fait toucher du doigt qu’une chute de notre part peut avoir des prolongements tout au long de notre vie.

Après avoir traité alliance avec les Gabaonites, Josué et les chefs étaient tenus par leur serment, de respecter strictement l’alliance (Nomb. 30. 2 et 3). De même, que notre parole soit franchement « oui, oui » ou « non, non » (Mat. 5. 33 à 37).

Si, parmi le peuple quelqu’un avait remarqué que nul n’avait « interrogé la bouche de l’Éternel » (v. 14), il aurait fallu l’écouter. Mais personne ne semble y avoir pensé ! Alors, l’Éternel laisse faire. Si nous agissons dans l’indépendance, Dieu peut nous laisser faire, mais ce sera à notre détriment. Nous devons être attentifs à nous enquérir de la pensée du Seigneur, et à agir conformément à ce qu’Il nous dit, par la bouche d’un frère, particulièrement, lorsque nous ne voyons pas clair dans une affaire quelconque.

Josué et les princes font un serment aux Gabaonites au nom de l’Éternel (v. 19), ce qui obligeait le peuple à respecter ce serment. Cela aura des conséquences dans l’histoire d’Israël, notamment au temps de Saül qui, ayant voulu faire mourir les Gabaonites, David dut leur livrer sept des fils de Saül qu’ils firent mourir (2 Sam. 21. 1 à 6). Et, à cause de ce serment fait en son nom, l’Éternel a protégé les Gabaonites de la colère du peuple (v. 18). Si les frères qui sont à la tête d’un rassemblement parlent au nom du Seigneur, cela engage l’assemblée à agir selon ce qui a été dit. Toute l’assemblée est concernée. Si nous avons une décision à prendre, mettons-nous à genoux, et demandons au Seigneur sa direction, avec dépendance.

Sans ce mensonge des Gabaonites, ils auraient été exterminés, selon la volonté divine. Leur attitude dictée par la crainte de mourir, était bien différente de celle de Rahab qui, dans sa confession aux deux espions israélites, avait clairement rendu témoignage que l’Éternel est Dieu, dans le ciel et sur la terre (ch. 2. 11). Ainsi, elle eut la vie sauve, ainsi que sa famille. Les Gabaonites, sauvés de la destruction, ont été asservis pour toujours à Israël (v. 23). En Esdras 8. 20, on retrouve les Nethiniens, serviteurs des lévites, qui semblent être les descendants des Gabaonites. Si le monde craint le témoignage de la foi chrétienne, il peut avoir recours à des subterfuges pour nous tromper. N’oublions pas que la croix nous sépare du monde.

Cependant, Dieu est le Dieu de la grâce, non seulement pour Israël, mais aussi pour les nations. Il a fait grâce à Rahab et aux Gabaonites, mais aussi à nous, qui sommes des gens des nations. Souvent, Dieu se sert de nos erreurs qui L’obligent à changer ses voies envers nous, afin d’atteindre le but qu’Il s’est fixé en grâce pour nous. C’est ce qui se produit : malgré la faute de Josué, Dieu prépare les combats victorieux pour son peuple.

Ch. 10

On voit cela au ch. 10, où cinq rois des Amoréens se coalisent contre le peuple. Et l’Éternel encourage Josué : « Ne les crains pas, car je les ai livrés en ta main » (v. 8). Le peuple, désormais, doit combattre pour conquérir le pays. Nos combats, à nous, sont spirituels, contre les ennemis qui sont dans les cieux (Éph. 6. 12). Dieu est fidèle à ses buts et à ses promesses qu’Il accomplit toujours, malgré nos manquements. Il est fidèle pour chacun en particulier, mais aussi, en assemblée, partout où Il a allumé « une lampe » pour Lui. Nos chutes retardent l’accomplissement des desseins de Dieu, à cause des conséquences qui s’ensuivent, et dont Dieu se sert pour nous discipliner ; mais Dieu parvient toujours à ses fins. Si nous n’avons pas la pensée du Seigneur, n’avançons pas selon nos propres pensées qui nous égareraient. Ce que Dieu veut, c’est qu’en obéissant à ses pensées, nous « parvenions tous… à l’état d’hommes faits… » (Éph. 4. 13), en mettant nos pas dans ceux du Seigneur.

Selon le train du monde, les cinq rois s’unissent pour être plus forts, et détruire Gabaon qui a trahi leur cause. Mais Dieu surmonte cette union et les détruit Lui-même, plus que le combat du peuple (ch. 10. 11 ; És. 8. 9 et 10). Gardons-nous de nous unir au monde, même religieux, sous prétexte d’être plus attrayants, donc, plus forts. Dieu veut que nous restions fidèles, et nous dit : « Ne les crains pas ». Ainsi encouragé, Josué agit avec une grande foi et, puissamment aidé par l’Éternel, le peuple triomphe, et les victoires sont à l’Éternel. Dans l’obéissance au Seigneur, « nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rom. 8. 37), car Il nous vient en aide chaque jour. Le Seigneur est puissant pour nous délivrer de tous nos ennemis qui sont dans les lieux célestes.

Les v. 12 à 14 nous rappellent des circonstances parmi les plus exceptionnelles de toutes les Écritures : Dieu intervient de manière spectaculaire sur la création, et ceci, à la prière d’un homme ! Seule la foi des croyants reconnaît là la toute-puissance divine, s’exerçant en faveur de son peuple élu, Israël, dans son combat contre les ennemis, jusqu’à leur complète destruction. Créateur de l’univers, Dieu peut en faire ce qu’Il veut, au moment voulu.

Ici, à la demande de Josué animé d’une foi extraordinaire et désirant une victoire complète, Dieu arrête la course du soleil et de la lune, donnant ainsi le temps à son peuple de compléter sa victoire (v. 13). À l’instar de Josué, notre foi doit s’appuyer sur la Parole. Dieu parle, nous croyons. Dans une profonde communion avec Dieu sur qui il s’appuie, Josué se laisse conduire par sa foi, de sorte que les astres s’arrêtent, dans le ciel, durant presque un jour (v. 12 à 19). Josué, dans une telle communion, semble deviner la pensée divine, selon 1 Jean 5. 14 et 15, et se place sous cette dépendance. Il sait que la toute-puissance de Dieu va agir selon sa demande. Cette circonstance cosmique est historique, et a été écrite dans le « livre de Jashar » (livre du juste droit). De plus, cet évènement extraordinaire semble être confirmé par les savants astronomes et mathématiciens modernes qui, s’attachant à remonter les temps passés en les datant, se sont aperçu que, dans leurs décomptes, quoiqu’ils fassent, il manque un jour ! La puissance divine n’a aucune limite, car Dieu est infini en Lui-même ; et, la demande de la foi ne sert qu’à déclencher l’action de Dieu, car c’est Lui qui combat en faveur d’Israël. Les buts que Dieu poursuit en notre faveur sont immuables. Et si, à cause de nos fautes, Il est quelquefois amené à changer ses voies, le but final sera toujours atteint.

Comme pour Josué dont Il a exaucé la foi, Dieu se plaît à répondre à la foi de ses bien-aimés, s’ils demandent selon la volonté divine. Cependant, pour connaître sa volonté, il faut se trouver en bon état spirituel (1 Jean 3. 21 et 22), et demander avec foi (Jac. 1. 5 à 8). En assemblée, la prière doit être formulée avec l’assurance que tous sont d’accord sur ce qui est demandé (Mat. 18. 19). En Matthieu 17. 19 à 21, la foi peut déplacer une montagne, et par sa foi, Josué a arrêté le cours des temps. Si ces choses nous paraissent difficiles, c’est parce que nous avons peu de foi (Marc 9. 23).

La persévérance de Josué ne se contente pas de combattre à moitié, mais veut une victoire complète, définitive (v. 13). Quant à nous, chrétiens, notre lutte contre les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes (Satan et les démons), durera aussi longtemps que nous serons sur la terre car, ici-bas, rien n’est jamais définitivement acquis. La victoire complète sera atteinte lorsque le Seigneur nous aura enlevés à sa rencontre, et que Satan sera précipité sur la terre ; car le Seigneur ne supportera pas qu’il soit encore dans le ciel, lorsque les croyants y seront. Ne nous relâchons pas dans ce combat spirituel.

Le vrai soleil, c’est le Seigneur, source de vie et de lumière, qui « s’arrête » pour nous et demeure en nous. Suivons-Le dans notre combat (Jean 8. 12). Sa Parole nous éclaire dans notre marche (Ps. 119. 105). Le retour à Guilgal nous invite, après chaque victoire, à nous souvenir que notre chair a été crucifiée ; c’est Dieu qui est victorieux, et nous ne sommes rien (Jean 15. 5). Reconnaissons pratiquement notre mort avec Christ, non comme les Gabaonites qui sont allés à Guilgal (ch. 9. 6), sans se rendre compte que ce lieu symbolise la mort du vieil homme Le Seigneur nous communique sa puissance pour la victoire, car nous-mêmes sommes sans force.

Les rois coalisés s’enferment dans une caverne (v. 16), pendant que la conquête continue. Ils préfigurent ce qui se passera lorsque le Seigneur jugera la terre (Apoc. 6. 15). Dans la terreur, les hommes désireront disparaître sous terre, plutôt que de subir la terrible « colère de l’Agneau ». Le v. 24 nous amène au triomphe du Seigneur selon le Psaume 110. 1. Alors, « Satan sera brisé sous nos pieds » (Rom. 16. 20). Enfin, la conquête est menée à bonne fin, quoique incomplète, car Josué fit tout « comme l’Éternel l’avait commandé » (v. 40). Prophétiquement, le Seigneur détruira ses ennemis, et établira son royaume de paix.

Ch. 11

Malgré toutes les défaites infligées aux rois que Josué a combattus, les ennemis se font plus nombreux, pensant être plus forts en se coalisant contre ce petit peuple qu’ils méprisent.

Mais c’est Dieu Lui-même qui exerce sa puissance en faveur d’Israël ; et l’Éternel dit à Josué : « Ne les crains point, car demain… je les livrerai tous tués devant Israël ». « Et l’Éternel les livra en la main d’Israël » (v. 8). C’est la guerre de l’Éternel contre les ennemis du peuple élu (v. 5 à 9). C’est le Seigneur qui conduit nos combats contre « les puissances de méchanceté qui sont dans les lieux célestes », car aucun de nous n’a de force pour lutter victorieusement contre elles, sans la puissance et la direction de Dieu ! En gardant toute la Parole, dans la communion avec le Seigneur, nous serons « plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rom. 8. 37).

S’enorgueillissant de leur puissante cavalerie et de leurs nombreux chars, les ennemis d’Israël, pleins d’assurance, tombèrent dans la main de Dieu, et « Josué les détruisit entièrement, comme Moïse, serviteur de l’Éternel, l’avait commandé » (v. 12). Josué et Israël, s’abandonnant à la direction divine, triomphaient de tous les ennemis, contrairement au ch. 9. 14, où on n’avait pas « interrogé la bouche de l’Éternel ». C’est un exemple pour nous. Lors de l’affaire des Gabaonites, l’ennemi s’était dissimulé pour tromper le peuple. Ici, il se montre sous sa forme de « lion rugissant » (1 Pier. 5. 8). Qu’il séduise ou qu’il attaque, restons bien près du Seigneur « nous serons bien gardés ».

Au v. 1er, nous trouvons le roi « Jabin, roi de Hatsor » : un nom qu’on retrouve dans la Parole en Juges 4. 1 et 2 : un autre roi régnant dans la même ville, mais plus tard. Ce sont deux personnages régnant au même endroit, et portant le même nom, et étant tous deux ennemis d’Israël ! La Parole nous avertit, ainsi, que l’ennemi envoie souvent ses mêmes « troupes » contre nous, cherchant obstinément à nous faire tomber. Il emploie le monde, répétant ses mêmes pièges, contre lesquels il nous faut sans cesse lutter… et lutter encore ! – mais lutter avec le Seigneur, sinon nous serons vaincus. Le. Seigneur dirige nos circonstances pour nous amener , par expérience, à ne pas compter sur nous, mais sur Lui seul.

Tenté par le diable par trois fois, le Seigneur Jésus, au désert, a répondu chaque fois par sa soumission indéfectible à la Parole. Il est notre exemple irremplaçable. La délivrance de Dieu se trouve toujours au bout du chemin de l’obéissance dans l’humilité (Phil. 1. 28).

La principale raison que Josué a eue de brûler Hatsor, est que cette ville, capitale de tous ces royaumes, était une grande ville, et que Dieu ne voulait pas que son peuple s’arroge une cité d’une telle importance, afin qu’il ne s’en enorgueillisse pas. Les croyants doivent rejeter tout ce qu’offre le monde, et plus particulièrement, ce qu’il donne de grand selon la chair (1 Jean 2. 15). L’amour du monde est plein de pièges pour nous. L’Éternel avait donné des commandements à Moïse ; il les avait transmis à Josué qui les a appliqués fidèlement.

Ayant reçu la Parole dans son intégrité retrouvée au 19ème siècle, gardons-la fidèlement pour la vivre, et transmettons-la telle que nous l’avons reçue. Dans ce chemin d’obéissance jalonné de victoires, Josué a détruit trente et un rois (ch. 12. 24) ! Il a obéi jusqu’à respecter les villes qui « étaient demeurées tranquilles » (v. 13), selon Deutéronome 20. 10 à 13. Seulement, ces villes-là, plus tard, n’ont pas respecté leur neutralité et sont devenues ennemies. Dieu a usé de grâce envers ceux qui voulaient la paix avec Israël.

À Jéricho, nous découvrons que Dieu est vraiment tout-puissant. À Aï, nous perdons la confiance en nous-mêmes. À Guilgal, où les Gabaonites rencontrent Josué et le peuple, nous découvrons que nous avons besoin de Dieu, dans sa dépendance. Alors, il s’ensuit des victoires. C’est à Guilgal que Dieu parle avec Josué qui se tient dans la dépendance (Jean 15. 5 ; Phil. 4. 13). Les Anakim (v. 22), ces géants, ont été détruits, car Israël les a affrontés avec Dieu, contrairement à Nombres 13. 34 où le peuple les voyait sans l’Éternel. Regardons les choses de ce monde avec les yeux de Dieu.

Ch. 13

Ce ch. se divise en deux parties. Le rappel de tout ce qui reste de pays à conquérir (v. 2 à 12) – puis, la distribution, par Moïse, aux deux tribus et à la demi-tribu du pays conquis au-delà du Jourdain. Partout, les ennemis sont vaincus, mais certains ne sont pas détruits (v. 13), et seront un piège, plus tard, pour Israël. À la croix, le Seigneur a vaincu tous nos ennemis ; cependant, nous en tolérons certains, dans nos vies, et ils sont des pièges, pour nous, nous affaiblissant spirituellement.

Aux v. 1 et 2, l’Éternel reconnaît l’âge avancé de Josué, et lui rappelle « qu’un très grand pays reste à conquérir » ; et II énumère en détail les territoires qu’Il a donné à Israël, et dit à Josué qui, peut-être affaibli par l’âge, a besoin d’être encouragé : « Moi, je les déposséderai devant les fils d’Israël. Seulement, répartis par le sort ce pays en héritage à Israël, comme je te l’ai commandé. Et maintenant, distribue ce pays en héritage aux neuf tribus, et à la demi-tribu de Manassé » (v. 6 et 7). Malgré son âge avancé, Josué n’était pas au terme de sa vie, car on le retrouve aux ch. 23 et 24.

Au ch. 23. 3, Josué rappelle au peuple que c’est l’Éternel qui a combattu pour Israël. Il semble que le peuple ait faibli, dans le courant de la conquête, malgré la fidélité de Josué à son Dieu, de sorte que, les années ayant passé, il restait un grand territoire à conquérir. L’énergie avait visiblement faibli, car Israël avait laissé de nombreux ennemis sans les détruire. Plusieurs « Mais » restreignaient les résultats des combats victorieux (ch. 13. 13 ; 15. 63 ; 16. 10 ; 17. 12).

Il en fut de même en 1 Samuel 15. 3 ; 9, au sujet d’Amalek que Saül s’est abstenu de détruire, alors que Dieu le lui avait commandé. « Écouter est meilleur que sacrifice » (v. 22 et 23). Lorsque le Seigneur commande une chose, obéissons entièrement, sous peine de désobéir, et d’en subir les conséquences.

Enfin, Josué répartit par le sort le pays entre les tribus. « On jette le sort dans le giron, mais toute décision est de par l’Éternel » (Prov. 16. 33). Dans cette façon d’agir, pour certaines décisions, Dieu dirigeait le résultat par sa volonté, selon sa sagesse. Dans ce grand pays qu’il restait à conquérir, Dieu désigna qu’il s’y trouvait un gros obstacle : « Il est réputé appartenir aux Cananéens » (v. 3). Pour nous, Dieu nous montre les « cananéens » qui habitent notre cœur naturel : l’orgueil, l’ambition, le monde etc… choses qui nous empêchent de jouir des bénédictions que Dieu veut nous donner. Demandons-Lui de nous montrer nos entraves intérieures ; mais Dieu nous dit : « Moi, je le déposséderai ».

Nos conquêtes sont de nature céleste et spirituelle. « Ce grand pays », pour nous, est une figure de la place toute préparée pour chacun, dans le ciel, mais que nous avons à conquérir par la soumission à la Parole et que nous occuperons entièrement lorsque le Seigneur nous aura pris auprès de Lui. Israël, quant à lui, possédera le pays intégralement durant le millénium.

Dans le partage du pays, Lévi seul n’a pas reçu d’héritage, à part quarante-deux villes comme habitations, et leurs banlieues pour leurs troupeaux. L’Éternel – et les sacrifices – étaient leur héritage. Le Seigneur, parfait Lévite, n’avait rien d’autre sur la terre, que l’Éternel (Ps. 16. 5 et 8). Le Seigneur est notre héritage « immarcescible » (1 Pier. 1. 4). Ne nous attachons pas aux biens terrestres. En Matthieu 21. 38 et 39, les pharisiens voulaient l’héritage d’Israël sans l’Héritier ! Ils n’ont eu ni l’un ni l’autre. Nous sommes, nous, héritiers, et cohéritiers avec Christ, au ciel.

Caleb manifeste son énergie en réclamant à Josué qu’il lui donne la montagne possédée par les Anakim, des géants, car cela était selon la promesse de Dieu, formulée par Moïse (Deut. 1. 36). À quatre-vingt-cinq ans, Caleb était encore fort comme à quarante ans, mais il comptait sur l’Éternel pour lui donner la victoire sur les ennemis (Jos. 14. 12). Sa foi hardie désirait s’approprier la promesse de Dieu formulée quarante-cinq ans plus tôt ! Et il a triomphé.

Sa fille, Acsa, a eu la même foi ferme, pour réclamer à son père qu’il lui donne « les sources du haut et les sources du bas » (Jug. 1. 15). Une foi hardie chez les parents et les grands-parents, peut communiquer une foi solide, honorant Dieu, à leur tour chez les enfants.

Ch. 14

Moïse n’avait pas donné d’héritage à la tribu de Lévi, car Jacob avait pris pour lui les deux fils de Joseph, Éphraïm et Manassé, pour être deux tribus, attribuant double portion à Joseph (Gen. 48. 5). Malgré cela, Israël restait composé de douze tribus. Douze » est le chiffre qui représente la responsabilité de l’homme en relation avec la gloire divine en justice. Israël avait cette responsabilité d’appliquer la justice de Dieu. Donner un héritage à Lévi aurait fait treize tribus.

Néanmoins, Dieu pourvoit aux besoins de Lévi, tribu sacerdotale, en lui attribuant quarante-deux villes et leurs banlieues. Et les Israélites ont fait « comme l’Éternel l’avait commandé » (v. 2 et 5). Et l’Éternel béni son peuple. Sous la loi, le peuple était contraint d’obéir. Nous, nous pouvons obéir à la Parole de Dieu, volontairement, par amour.

La figure de Caleb domine ce ch. 14, et se distingue au milieu du peuple. Lui et Josué étaient sans doute alors les deux seuls hommes âgés, puisque tous ceux qui étaient sortis d’Égypte avaient péri dans le désert. Lors de l’exploration du pays, en Nombres 13, les dix autres espions avaient décrié le pays, à cause des géants qu’ils y avaient vus. Seuls de leur génération, Josué et Caleb héritèrent du pays (ch. 14. 30 et 38).

Quarante-cinq ans plus tard, Caleb pouvait rappeler les paroles de Moïse : « tu as pleinement suivi l’Éternel » (v. 9), car il avait « rapporté la chose comme elle était dans son cœur » (v. 7). En Nombres 14, la plus grande confusion s’était emparée du peuple dominé par la peur des géants. Au ch. 13, Caleb, avec une foi solide, avait plaidé pour encourager le peuple : « Montons hardiment et prenons possession du pays » (v. 31). Mais ils avaient répondu : « Nous ne sommes pas capables de monter contre ce peuple » (v. 32). Et au ch. 14. 10, le peuple parle de les lapider. Seuls, Josué et Caleb, ont tenu tête au peuple entier, au péril de leur vie, avec un courage qui est un puissant exemple pour nous dans la vie de l’assemblée, dans les difficultés. De quel esprit sommes-nous animés ? Nous rangeons-nous dans la majorité pour ne pas avoir d’ennuis, ou tenons-nous ferme pour dire les choses telles qu’elles sont dans notre cœur ?

L’Éternel a pleinement approuvé Josué et Caleb, reconnaissant que celui-ci a été « animé d’un autre esprit » et qu’il héritera du pays qu’il a exploré (v. 24). La fidélité de Dieu ressort en comparant Nombres 14. 36 à 38 et Josué 14, en relation avec la foi de Caleb où, selon la promesse divine, il hérite de la montagne où vivent les Anakim. Mais cette même fidélité se manifeste aussi envers les hommes qui ont refusé de monter à la conquête de Canaan : ils sont tous tombés dans le désert, et aucun n’est entré dans le pays promis !

La montagne occupée par les Anakim, et promise à Caleb, est désormais à sa disposition, mais il faut la conquérir. Si nous manquons de l’énergie de la foi, nous passons « à côté » des bénédictions que Dieu veut nous donner. Bien que fort pour la guerre à quatre-vingt-cinq ans comme à quarante, Caleb compte sur Dieu pour la victoire (v. 12). Dans le combat contre les puissances célestes qui nous sont opposées, c’est le Seigneur Lui-même qui combat pour nous. Il faut nous revêtir de « l’armure complète de Dieu ». Et « près de moi, tu seras bien gardé » (1 Sam. 22. 23). Dès lors, la victoire est assurée. Unis par les mêmes épreuves, Josué et Caleb, tous deux âgés, n’ont pas la même place dans les plans divins : Josué a reçu le commandement du peuple. Et Caleb, sans jalousie, avec déférence, lui demande d’hériter de la montagne. Lot, invité par Abraham à choisir, choisit ce qu’il pense être le meilleur (Gen. 13. 9 à 11). Caleb, avec foi, choisit le plus difficile, mais avec Dieu.

Hébron lui est donné en héritage. Pourtant, il semble qu’il l’ait cédée aux lévites, comme ville de refuge (ch. 20. 7 ; ch. 21. 1 et 11). Caleb n’a gardé pour lui que la campagne environnante et les hameaux alentour (v. 12). Bien qu’il ait dû combattre pour conquérir Hébron, Caleb se montrait désintéressé et généreux. « Si les biens augmentent, n’y mettez pas votre cœur » (Ps. 62. 10).

Ch. 15

Que ce soit dans l’ancienne alliance où l’on jetait « le sort dans le giron », ou dans Ia nouvelle alliance actuelle, où l’on s’en remet au Saint Esprit, « toute décision est de par l’Éternel » (Prov. 13. 33). Les apôtres ont jeté le sort une seule fois, avant de recevoir le Saint Esprit (Act. 1. 26). Depuis, toute décision doit être prise en écoutant l’Esprit Saint qui est en nous, et en cherchant à obéir à la Parole.

Dieu donne beaucoup de détails sur l’héritage respectif de chaque tribu. Les villes sont soigneusement répertoriées, car rien de ce qui concerne son peuple terrestre ne Le laisse indifférent. Nous devons nous attacher de tout notre cœur à notre héritage céleste que le Seigneur nous a acquis en mourant sur la croix, alors même que nous sommes encore sur la terre.

Avec une foi qui ne doute pas un instant de la fidélité divine à ses promesses, dont Caleb a attendu patiemment la réalisation pendant quarante-cinq ans, Caleb demande à Josué qu’il lui octroie la montagne où se trouve Hébron, une portion du territoire de Canaan parmi les plus difficiles à conquérir, car il était habité par des géants. Il sait qu’il devra combattre, mais il s’appuie sur l’Éternel, bien qu’il soit encore « fort pour la guerre, à quatre-vingt-cinq ans comme à quarante ». Nous-mêmes, nous devons nous appuyer sur le Seigneur car bien des expériences nous ont montré que, sans Lui, nous sommes impuissants dans les « combats » spirituels qui sont les nôtres. La foi honore Dieu, et Dieu honore la foi.

Caleb a su montrer une patience exemplaire dans le désert, mais le moment venu, il se révèle être un homme d’action et de décision ferme. Il a été un exemple pour d’autres personnes de son entourage. Pour sa fille Acsa, en particulier, mais aussi pour son neveu Othniel. Avons-nous la même influence sur notre famille (nos enfants et nos neveux) ? Un autre exemple nous est donné dans l’épître aux Colossiens, par Barnabas et son neveu.

De plus, Caleb est un homme qui s’attache à exercer la foi des autres et à les entraîner dans l’action (v. 16). Othniel écoute son oncle et, avec sa propre foi, se lance dans un combat victorieux, et Acsa lui est donnée pour femme. Dès lors, Acsa manifeste sa foi à son tour en demandant « un champ », d’abord, puis, sa foi s’enhardissant tout à fait, elle réclame à son père une « bénédiction ». Alors Caleb la satisfait bien au-delà de son désir, en lui donnant « les sources du haut et les sources du bas » (ch. 15. 18). La répétition de cette scène se retrouve en Juges 1. 1 à 15. Puis, en Juges 3. 9 à 11, Dieu donne Othniel pour juge en Israël, et par lui le peuple a été délivré. N’hésitons pas à encourager nos jeunes frères à prendre leur part d’actions spirituelles durant les réunions d’assemblée. Il en résultera de la bénédiction pour eux-mêmes et pour l’assemblée locale.

Bien que Dieu ait ordonné de déposséder les habitants de Canaan, Israël n’a pas obéi entièrement partout (v. 63). Certains frères et sœurs ont eu une foi persévérante et communicative et sont en bénédiction pour d’autres et la Parole nous enjoint « d’imiter leur foi ». Acsa, par sa foi hardie, fait penser à Jabets en 1 Chroniques 4. 10, qui demande à Dieu quatre bénédictions que Dieu lui accorde. La foi d’Acsa s’oppose aux « timides » d’Apocalypse 21. 8, qui n’hériteront pas du salut.

Paul exhorte Timothée à être tout entier à l’étude de la Parole, afin que ses progrès « soient évidents à tous ». Demandons toujours avec foi de riches bénédictions, et sondons la Parole illimitée, en priant et en nous laissant conduire par l’Esprit, et non par notre intelligence car elle nous semblerait aride. Ainsi, en nous laissant « irriguer » par l’Esprit Saint et la prière (les sources du haut et les sources du bas), Christ se forme en nous. L’intendant de la reine de Candace, réduit à sa seule intelligence naturelle, en lisant Ésaïe, avait besoin que la Parole lui soit ouverte par Philippe qui, ayant l’Esprit en lui, comprenait sa vraie signification. Dans nos réunions, nous trouvons ce que notre état spirituel vient y chercher. Elles peuvent être « sèches », comme une « terre du midi », sans sources d’eau… et donc, sans fruits.

Au v. 63, les Jébusiens n’ont pas été dépossédés et ont cohabité avec Israël, jusqu’à ce que David les en dépossède. Soyons tous animés de la foi d’Acsa.

Ch. 17

A partir du ch. 13. 1, où l’Éternel constate le vieillissement de Josué, l’ardeur pour la conquête du pays semble s’être singulièrement refroidie : sept tribus sur douze n’ont pas encore reçu d’héritage ! De plus, différentes tribus n’ont pas dépouillé les ennemis qui, désormais, ont vécu au milieu d’Israël (ch. 16. 10 ; ch. 17. 12 et 13). Le livre des Juges en rend compte de façon plus complète. Dans cet esprit d’affaiblissement de l’ardeur pour la conquête, les fils de Joseph se plaignent à Josué de l’exiguïté de leur territoire, mais ne veulent pas combattre pour l’agrandir (v 14 et 16).

Ne soyons pas négligents quant à la « conquête de notre territoire » céleste, par l’étude de la Parole, et laissons-nous conduire par l’Esprit Saint, afin que nous approfondissions la compréhension spirituelle qui nous est librement donnée, pourvu que nous « combattions ». « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (ch. 1. 3). Toutes les bénédictions que Dieu veut nous donner sont à notre disposition, mais il faut combattre avec l’aide du Seigneur. Toute la Parole nous parle de Lui, avec une infinie richesse et, dans cette « conquête », nous trouverons de nombreuses traces du Seigneur (1 Pier. 2. 21) qu’Il nous invite à imiter. Il est « la lumière de la vie » (Jean 8. 12), et Lui seul veut et peut éclairer notre route et enrichir notre vie spirituelle. Nous avons les mêmes faiblesses qu’Israël, et l’Esprit Saint peut seul nous donner le désir de nous emparer des bénédictions spirituelles.

Aux propos quelque peu prétentieux des fils de Manassé, Josué répond en se plaçant sur leur propre « terrain ». « Si tu es un peuple nombreux, monte à la forêt et coupe-la pour t’y faire de la place » Et « Tu as une grande puissance » (v. 15 et 17) Mais les chars de fer (Jug. 1. 19) des ennemis leur font peur pour s’emparer de l’héritage que Dieu leur donne. Ils ont oublié les nombreuses victoires que Dieu leur a assurées, aussi longtemps qu’ils ont combattu avec foi. Josué leur a montré l’exemple en demandant pour lui-même « la ville de Thimnath-Sérakh, dans la montagne d’Éphraïm » (ch. 19. 50). Lui-même « bâtit la ville et y habita » Il est un exemple pour le peuple et pour nous.

Tout le ch. 19 relate le partage du pays. Mais Josué ayant eu la hardiesse de réclamer une ville difficile dans la montagne, il peut leur parler avec sévérité (ch. 18. 3), et les envoyer relever le pays qui restait à conquérir (v. 4 et suivants). Nous manquons souvent de foi, comme les Israélites, pour nous emparer des bénédictions que Dieu nous réserve.

Comme Manassé, nous avons tendance à dire : « nous ne pouvons pas » (v. 16). Nous n’avons aucune puissance en nous, mais la force est en Christ, et la foi est puissante par Dieu pour renverser les forteresses. Dans une assemblée, le grand nombre peut nous conduire à nous enorgueillir, comme si nous étions « quelque chose », alors que nous sommes sans force. N’accusons personne sinon nous seuls. Dans nos combats, le Seigneur nous mène à sa suite et nous conduit à la victoire, si nous restons dépendants de Lui. Ces exemples de l’Ancien Testament nous sont autant d’avertissements pratiques (1 Cor. 10. 11). La vie chrétienne est un combat continuel. Seule la dépendance de la foi nous assure la victoire. Nous avons aussi à « couper la forêt » des choses du monde qui encombrent notre vie quotidienne et étouffent notre vie spirituelle, en crucifiant la chair et en laissant toute liberté à l’Esprit.

À Manassé, Josué ne laisse aucun doute sur l’issue de son combat. La montagne « sera à toi jusqu’à ses extrémités » (v. 18). Aussi puissant que soit l’ennemi, la foi triomphera toujours de lui par la puissance de Dieu, « n’étant en rien épouvantés par le adversaires » (Phil. 1. 27 et 28). Notre opposition à l’ennemi a toujours l’approbation de Dieu.

À Silo (paix), Josué stigmatise la « lâcheté » du peuple à s’emparer du pays que Dieu leur a donné (ch. 18. 3). Cela nous caractérise aussi. Des hommes sont envoyés pour partager eux-mêmes le pays restant, mais c’est Dieu qui choisit le territoire dévolu à chacune des tribus. Dans le désert, les lévites avaient leurs fardeaux respectifs – de même qu’en Esdras. Notre place, dans l’assemblée, est choisie par le Seigneur, et nous devons nous y tenir. Les « pierres vivantes » que nous sommes sont façonnées pour être placées à un endroit précis de l’édifice.

Ch. 18

Silo était une ville de Canaan, située dans le territoire déjà attribué à Éphraïm. La tente d’assignation et l’arche étaient placées, dès lors, en un lieu déjà conquis par Israël ; l’Éternel demeurait au milieu du pays occupé par son peuple. De même, le Seigneur se plaît à être présent au milieu de ceux qui se réunissent à son nom, et non où il n’y a pas de rachetés. Cependant l’arche, au grès des circonstances heureuses ou malheureuses, s’est trouvée en plusieurs lieux après avoir été prise par les Philistins et amenée à Asdod, avant d’être ramenée en Israël, puis Kiriath-Jéarim. Ensuite, elle fut amenée dans la maison d’Abinadab. Puis, David, plus tard, la fit placer dans la maison d’Obed-Édom, puis à Jérusalem, définitivement (1 Sam. 6 ; ch. 7. 1 ; 2 Sam. 6. 3 à 10, 16). Elle est une image du Seigneur bénissant les maisons où II est reçu dans les cœurs, et où Il trouve la fidélité.

Le Psaume 132. 1 à 9 dévoile l’attachement de David pour l’arche, image de Christ. Malgré tout, dans un premier temps, David n’avait pas recherché la manière d’amener l’arche à Jérusalem selon l’ordonnance : elle devait être portée à l’épaule, et non mise sur un chariot, même neuf. Il s’en est suivi la mort d’Uzza, ayant porté la main sur elle afin qu’elle ne tombe pas. N’oublions pas que tout ce qui touche à la sainteté du Seigneur doit être abordé avec beaucoup de crainte et de respect. La paresse spirituelle et l’incrédulité, (v. 3) qui nous sont naturelles, sont à redouter. « Viens en aide à mon incrédulité ».

La tente d’assignation était-elle la même que celle d’Exode 33 ? La Parole n’en dit rien. Ce qui importe, c’était que l’arche demeurait sous la tente.

Josué désirait que le peuple se hâte de prendre possession de tout le territoire que Dieu lui donnait. Pour cela, il fait désigner trois hommes par tribu afin de les envoyer reconnaître le pays, et le partager entre les sept tribus qui n’avaient pas encore de possession. Et tout se fit dans l’harmonie, bien que cela ait dû se montrer quelque peu difficile. Souhaitons que les héritages entre les chrétiens se passent aussi paisiblement ! Les fils d’Israël avaient bien combattu et étaient en paix ; mais l’énergie leur manquait pour continuer la conquête. Si, dans nos combats spirituels, nous avons remporté des victoires, nous sommes en danger de nous reposer sur nos acquis, et de revenir en arrière : dans la vie chrétienne, si on n’avance pas, on recule. Pierre, se croyant plus fort que ses condisciples, n’avançait plus, et il est tombé.

Comme l’apôtre Paul, « tendons avec effort vers les choses qui sont devant ».

Remarquons aussi l’humilité de Josué. Il a attendu que l’ensemble du pays soit partagé entre toutes les tribus, pour demander sa part qu’il avait choisie : Thimnath-Sérakh dans l’héritage d’Éphraïm (ch. 19. 49 à 51). Ville qu’il a « bâtie » et qu’il « habita ». Tous les détails que Dieu donne sur chaque héritage sont importants aux yeux de Dieu, comme pour nous aussi. C’est Lui, et Lui seul qui prend soin des siens, et rien ne lui est indifférent, car « Il connaît la fin avant le commencement », et chaque difficulté nous conduit à crier à Dieu pour qu’Il nous aide.

Pour Israël, les tribus reçoivent selon la conduite de ceux qui sont à la tête. Ruben et Siméon ont eu des parts peu en vue. Mais la grâce opère pour Siméon, au milieu de la tribu royale, Juda (19. 1). Benjamin (un loup qui déchire (Gen. 49. 27), a été placé entre Juda et les fils de Joseph (18. 11). Les généalogies étaient importantes pour Israël. Dans le millénium, l’héritage des tribus se partagera du Jourdain à la Méditerranée, en lignes droites. Sept tribus au nord. Puis l’offrande élevée pour y placer le sanctuaire, et qui sera pour les sacrificateurs. D’un côté et de l’autre de la sainte offrande, sera la possession du Prince. Et enfin, les cinq tribus restantes au midi (Éz. 48. 1 à 29).

Ch. 20

La ville de refuge était une image du Seigneur Jésus, Sauveur et Rédempteur par sa mort et sa résurrection. L’Israélite, meurtrier involontaire, devait s’y réfugier sans tarder, avant que « le vengeur du sang » ne l’atteigne et ne le mette à mort.

Quant au meurtrier volontaire, il n’y avait pas de recours pour lui. Le sang qu’il avait versé devait être vengé par sa propre mort, selon la sentence divine prononcée en Genèse 9. 6, et permanente : « Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ». Cependant, la grâce de Dieu s’exerçait pour l’homicide involontaire.

Ces villes de refuge étaient visibles de loin, car toutes situées sur des hauteurs. L’homicide devait parler aux anciens de la ville qui, apprenant son affaire, le recueillaient ; il ne devait pas en sortir sous peine de mort. Parmi nous, si quelqu’un doit confesser un péché, il serait bon qu’il le fasse devant des anciens, qui eux, devraient rester discrets.

Lorsque le Seigneur a été crucifié, Il a dit : « Père pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34), mettant ainsi le peuple au bénéfice de l’ignorance de la gravité du crime qu’il commettait. Ainsi, lorsque le Seigneur apparaîtra au peuple sur le Mont des Oliviers d’où Il est remonté au ciel après sa résurrection, le résidu fidèle, en Le voyant avec ses mains, ses pieds et son côté percés, Le reconnaîtra comme Celui qu’il a crucifié autrefois – et il se repentira et croira en Celui qu’il avait rejeté alors (Zach. 12. 10). Ce résidu sera sauvé pour le règne millénaire de Christ.

Quant aux chefs religieux, qui ont incité volontairement le peuple à demander la mort de leur Messie, ils l’avaient identifié comme étant « l’Héritier » d’Israël, et ont dit entre eux : « Venez, tuons-le, et possédons son héritage » ; puis ils L’ont tué (Mat. 21. 38 et 39 ; Luc 19. 14). Paul lui-même avait agi dans l’ignorance et l’incrédulité (1 Tim. 1. 13 et 14). Pour ceux-là il n’y a pas de salut. Pour nous, chrétiens des nations, nous étions dans l’ignorance lorsque les Romains (gens des nations), L’ont mis à mort, et nous sommes sauvés par la foi en Lui et en son œuvre.

Prophétiquement, un petit nombre de Juifs ont cru, et, par la foi, se sont « enfuis » du système judaïque, pour saisir l’espérance chrétienne, cette « ancre de l’âme qui entre jusqu’au-dedans du voile » – le ciel où se trouve le Seigneur (Héb. 6. 17 à 20), où nous-mêmes nous entrons par la foi, et où nous sommes protégés dans la présence du Seigneur. Quelle certitude bénie ! Quant au reste du peuple incrédule, il a été détruit en l’an soixante-dix par les Romains. Actuellement, le peuple juif, moralement, est comme « enfui » dans une ville de refuge, loin de son héritage, attendant la « mort » (la fin) de la sacrificature légale selon Aaron, et la nouvelle sacrificature, selon l’ordre de Melchisédec – le Seigneur Jésus, durant son règne, où II sera roi et sacrificateur, assis sur son trône, ces deux fonctions coexistant en Lui en parfaite harmonie (Zach. 6. 12 et 13).

Pour nous, le Seigneur intercède comme sacrificateur et avocat, et II règne sur nos cœurs, assis sur le trône du Père, et attendant qu’Il s’asseye sur son propre trône royal.

Quant à ceux (Juifs et nations) qui suivront l’Antichrist, ils seront détruits par le Seigneur. Dans le christianisme, même ceux qui ont péché volontairement mais qui se sont repentis et ont confessé leurs péchés au Seigneur, en croyant en Lui, sont sauvés par grâce. Lui-même a confessé nos péchés, et « a été fait péché pour nous » « Le sang de Jésus Christ nous purifie de tout péché » (1 Jean 1. 7). Quant à ceux « qui habitent sur la terre » attachés à leurs seuls intérêts terrestres, méprisant le Seigneur et son salut par grâce, et qui suivront « la bête qui monte de la mer », le chef de l’empire romain reconstitué, et « la bête qui monte de la terre » (d’Israël), l’antichrist – ils seront marqués du nombre diabolique (666), les distinguant de ceux qui seront marqués comme appartenant à l’Agneau de Dieu (Apoc. 7. 3), et gardés pour jouir du règne du Seigneur.

Ch. 21

Au ch. 21, les lévites reçoivent les villes de leurs habitations et leurs banlieues pour leurs troupeaux. Finalement, Israël est entré en possession de tout le pays, et toutes les promesses de Dieu ont été accomplies (v. 43 à 45).

Ch. 22

Les v. 1 à 6, mettent en relief la fidélité de Gad, Ruben et la demi-tribu de Manassé, tout le temps qu’ont duré les combats. Bien que la conquête de Canaan soit terminée, ce ne sont pas ces Israélites-là qui réclament de repartir chez eux, mais Josué qui les appelle et reconnaît leur obéissance au commandement de Moïse en ce qui les concerne (ils devaient passer le Jourdain avec le reste du peuple et combattre pour leurs frères) – qu’ils avaient obéi en tout ce que Josué leur avait commandé, et fidèlement marché dans toutes les voies de l’Éternel (v. 2 et 3). Au-dessus de Josué, c’était Dieu qui reconnaissait leur fidélité, bien qu’il y ait eu des défaillances.

Enfin, Josué le renvoie dans leurs possessions au-delà du Jourdain, en leur recommandant de rester fidèles aux commandements de l’Éternel : « Seulement, prenez garde » (v. 5) – recommandation qui nous est précieuse à nous aussi. Dans nos combats spirituels, nous sommes appelés à garder de tout notre cœur ce que le Seigneur nous a donné dans sa Parole, et à la vivre, jusqu’à ce qu’Il nous enlève auprès de Lui. Nous sommes à la fois dans le désert et dans la conquête de nos bénédictions célestes. Comme Josué, soyons plus portés à reconnaître ce que Dieu a produit chez nos frères qu’à les critiquer.

Dans les épîtres (sauf à celle aux Galates), l’apôtre Paul rappelle tout d’abord ce qui, dans les assemblées, était produit à la gloire de Dieu. De même en Apocalypse 2 et 3, dans les sept épîtres aux assemblées. Ces mêmes recommandations adressées aux deux tribus et demie, Josué les répétera à tout Israël, au dernier chapitre.

Au chapitre 21. 43 à 45, c’est plutôt la fidélité de Dieu qui est mise en avant. Pour ces deux tribus et demie, cette fidélité se révélait d’autant plus difficile et méritoire, qu’elles ne combattaient pas pour leur propre profit, mais pour leurs frères. Et les combats durèrent sept ans ! Sept ans loin de leurs familles établies de l’autre côté du Jourdain, ces hommes ont pu connaître des circonstances douloureuses dues à leur longue absence de chez eux ! Ayant tout accepté sans murmures, le moment du « repos » (v. 4) est venu pour eux aussi. Josué leur dit : « le pays de votre possession, que Moïse… vous a donné ». C’était le pays qu’ils avaient convoité (Nomb. 32. 5, 9 et 19), et non le pays que l’Éternel donnait au peuple.

L’expression : « Moïse serviteur de l’Éternel » revient constamment : déjà cinq fois dès le premier chapitre. Portons-nous, chacun, ce vrai caractère de serviteur ? Le Seigneur a un service pour chaque frère ou sœur, mais c’est Lui-même qui le choisit et nous y prépare. Comme pour ces deux tribus et demie, pour nous aussi, les choses sont plus faciles lorsque nous marchons dans le chemin de Dieu que lorsque nous suivons un chemin de propre volonté. Exemple : la vie d’Abraham, dépendante de Dieu a été bénie alors que celle de Lot, son neveu, se passait à se tourmenter (2 Pier. 2. 8), et n’a porté que des fruits amers ! Cet « autel de grande apparence » que Gad, Ruben et la demi-tribu de Manassé on construit est une des complications qu’a produit le choix de « leurs possessions » du mauvais côté du Jourdain.

Avant d’ériger cet autel, ils n’ont pas interrogé l’Éternel, et ils ont failli provoquer une terrible guerre fratricide. Plus tard, ils se détourneront de l’Éternel, et ils seront les premiers à être déportés en Assyrie. Notre propre volonté peut gâcher toute notre vie spirituelle.

En souci pour eux, comme pour tout Israël, Josué leur dit de partager avec leurs frères, toutes les richesses qu’ils avaient acquises. Les lévites, sans héritage en Israël (ch. 21), n’avaient pas ce souci d’habiter « leurs terres ». Nous aussi, partageons nos biens spirituels entre nous. Le v. 5 est précieux pour nous : « Pratiquer les commandements du Seigneur, L’aimer et s’attacher à Lui en Le servant (Jean 14. 21 à 23). La prière, et porter les charges les uns des autres, sont des services précieux. Enfin Josué bénit les deux tribus et demie et la demi-tribu de Manassé établie en Canaan : il ne fait pas acception des personnes. Quant à Phinées, il montre beaucoup d’amour pour les deux tribus et demie ; les invitant à entrer dans le pays de Canaan au lieu de leurs « possessions » en Galaad (v. 19). Sur les bords du Jourdain, un autre monument rappelait l’unité du peuple : les douze pierres érigées à Guilgal, sur la rive de Canaan, le pays de la promesse !

La décision des deux tribus et demie de s’installer au-delà du Jourdain dans les plaines de Galaad, et de bâtir un autel « de grande apparence (v. 10), va entraîner des difficultés pour tout Israël (v. 12). Les dix autres tribus pensent devoir faire la guerre à Gad, Ruben et à la demi-tribu de Manassé. Par grâce, Phinées, accompagné de dix princes d’Israël, sont envoyés pour parlementer et demander des explications aux deux tribus et demie, soupçonnées de révolte contre l’Éternel. Dans les difficultés surgissant dans la vie de l’assemblée, la première réaction devrait être de s’entretenir ensemble, afin d’essayer de tirer la situation au clair.

Pour Phinées et les princes d’Israël, il ressort de leur démarche heureuse, que ce qui avait poussé les deux tribus et demie de bâtir cet autel, ne constituait pas une révolte contre l’Éternel, mais répondait à leur crainte d’être plus tard, rejetés par leurs frères (v. 21 et suivants). Ayant reçu cette réponse qui les rassure, Phinées, et les princes qui l’accompagnent, usent de grâce envers eux, et s’en retournent en Canaan. Nous-mêmes, nous devons nous souvenir que « la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1. 17).

Cependant, les deux tribus et demie, pour s’installer en Galaad, n’avaient pas consulté l’Éternel, pas plus que les dix tribus d’Israël, pour monter en guerre contre elles ! Mais la grâce de Dieu opère malgré la faiblesse de tous, par le moyen de Phinées qui, de façon heureuse, s’enquiert diligemment avant de monter en guerre. Contrairement à la crainte de Gad, Ruben et Manassé, qui craignaient que les autres tribus disent que l’Éternel avait mis une « frontière » (le Jourdain) entre eux et le reste d’Israël (v. 25), c’étaient eux-mêmes qui avaient dressé cette frontière, en accordant leur intérêt au pâturages abondants qu’ils trouvaient en Galaad pour leurs nombreux troupeaux (Nomb. 32) Attachons-nous aux intérêts du Seigneur plus qu’aux nôtres. C’est pour nous servir d’avertissement que ces choses anciennes ont été écrites (1 Cor. 10. 11).

Gad, Ruben et Manassé pensaient établir la preuve que cet autel témoignait de l’unité du peuple, alors qu’il en était un contre-témoignage. Cette « grande apparence » de l’autel répondait à ce que les hommes recherchent habituellement, l’apparence extérieure (Ps. 39. 6). Mais Dieu, Lui, « regarde au cœur » (1 Sam. 16. 7). Nous-mêmes, nous sommes sous le regard de Dieu. Si nous nous écartons de Lui, le chemin se complique, et nous rencontrons des difficultés. Ces deux tribus et demie, malgré leur installation en Galaad, manifestaient leur « bonne volonté » pour paraître « religieuses » ; mais la bonne volonté des hommes n’est pas la volonté de Dieu.

Dieu avait placé, sur le bord du Jourdain, en Canaan, le symbole de l’unité du peuple : les douze pierres dressées sur le rivage, en étaient le témoin. Dans la chrétienté morcelée, les multiples « professions de foi » censées montrer l’unité chrétienne, sont, au contraire, les signes de la division ! La profession de foi que nous devons garder pour être fidèles, c’est la Bible dont la totalité constitue la vérité (Ps 119. 160).

Phinées, que l’on trouve déjà en Nombres 25. 12 à 16, et ici, en Canaan, a traversé le désert, avec Josué et Caleb. Sa fidélité lui a valu de ne pas périr avec ceux qui s’étaient rebellés. Au v. 16, Phinées et les princes parlent au nom de « toute l’assemblée de l’Éternel », comme s’ils considéraient que les deux tribus et demie n’en faisaient plus partie ! Simplement, elles n’étaient pas à leur place, et cela a failli se terminer par une guerre. Lorsque nous rompons le pain, nous nous souvenons que tous les enfants de Dieu forment ensemble le seul corps de Christ, représenté par le seul pain. De nombreux chrétiens pieux sont mal instruits quant à la vérité du « seul corps » et, si nous ne pouvons pas rompre le pain avec eux à cause des erreurs et fausses doctrines dans lesquelles ils se trouvent, afin de ne pas cautionner la division, ils sont nos frères en Christ.

Pour fédérer Israël, Jéroboam avait établi un culte tel qu’il le concevait. Mais ce n’était pas selon la pensée de Dieu. Le Seigneur voit son Assemblée, une, et telle Il se la présentera. Gardons ce qui nous a été confié. Le v. 16 comporte des paroles dures. Phinées reconnaît qu’ils ne se sont pas purifiés de l’affaire de Péor (v. 17). Prenons à cœur de nous purifier de tout ce qui trouble l’assemblée.

Bien que Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé se soient installés au-delà du Jourdain, alors que Dieu voulait que tout Israël prenne possession du pays de Canaan, les hommes de guerre de ces deux tribus et demie ont participé fidèlement à la conquête du pays. Revenus dans leurs possessions, ils dressent « un autel de grande apparence » sur le bord du Jourdain, alors que l’Éternel avait dit que son autel devait être à Silo, là où se trouvait la tente d’assignation. Dès lors, les dix tribus et demie s’en émeuvent, craignant la colère de Dieu sur tout Israël, car Il considère son peuple comme étant un.

Aussi, ils sont prêts, en première conséquence, à entrer en guerre contre Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé. Par sa grâce, Dieu suscite l’envoi d’une ambassade pour s’informer de leurs véritables intentions concernant cet autel. Deuxième conséquence, ils sont obligés de se justifier aux yeux de leurs frères venus les interroger. Si nous marchons dans l’indépendance, dans l’assemblée, nous serons amenés à nous chercher des justifications. Mais Dieu agréera-t-Il nos explications ? Sa volonté, c’est que nous « montions » tous à la conquête des bénédictions qu’Il nous réserve. Nous subissons toujours les conséquences d’un esprit d’indépendance.

Outre cette liberté que les deux tribus et demie ont prise par rapport aux autres tribus, et au lieu où Dieu avait établi sa présence, Phinées relève deux autres dangers. Le mal religieux typifié par l’affaire de Péor (Nomb. 25. 1 à 3) ; puis le mal mondain avec le péché d’Acan (Jos. 7), qui a « aimé le monde et les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2. 15). Le mal religieux ou mondain d’un croyant souille toute l’assemblée. La volonté divine, c’est que – comme son peuple terrestre (que Dieu voulait qu’il soit séparé des nations) – nous aussi nous soyons, moralement, séparés du monde et de sa corruption (2 Cor. 6. 14 à 18 ; ch. 7. 1).

Les frères sont toujours dépendants les uns des autres. Ce que je fais en bien ou en mal, se répercute sur l’état de l’assemblée, car, tous ensemble, nous sommes un dans le Seigneur. Il veut nous réunir autour de Lui, dans sa communion, car Il nous aime tous, et nous demande de nous aimer l’un l’autre. Les dix tribus auraient pu rester indifférentes quant à l’érection de cet autel de grande apparence. De leur côté, les deux tribus et demie auraient pu regimber sous les reproches de leurs frères. Non, ils ont donné des explications simples et claires qui ont rassuré tout Israël. Il convient donc de se parler, lorsque quelque chose trouble l’assemblée. Mais évitons tout procès d’intention et d’inquisition. N’imputons pas des intentions que Dieu n’a pas manifestées, mais ne négligeons pas celles que le Seigneur révèle clairement.

Prendre la cène entre frères suppose la purification de nos manquements ; mais cela ne se limite pas à ceux qui sont en communion : tout mal, dans l’assemblée, doit être jugé et ôté, afin de délivrer un frère coupable. Quant à la cène, elle ne doit être donnée qu’à un croyant avec qui nous jouissons d’une heureuse communion ; néanmoins, n’oublions pas d’y associer, dans nos cœurs, tous les croyants dans le monde. Le Seigneur avait annoncé à Pierre qu’il Le renierait quelques heures plus tard, mais Il lui a donné la cène à lui aussi. La donner à un incrédule lui ferait « manger et boire un jugement contre lui-même, ne distinguant pas le corps » (1 Cor. 11. 23 à 29). Prendre la cène exige de nous être purifiés de nos chutes et de nos manquements. Mais nous devons la prendre, et non pas nous en abstenir. Deux exemples opposés sont donnés dans la Parole, concernant le comportement des personnes. Caïn qui tue son frère qu’il haïssait (Gen. 4. 8 et 9). Et Abraham qui aimait Lot, et l’a délivré (cf. Gen. 14. 14 à 16).

Dans nos relations, la douceur doit rester la règle, afin que la communion soit maintenue (Prov. 15. 1), et que nous habitions « unis ensemble » (Ps. 133. 1). Les dix tribus d’Israël ont été convaincues et apaisées. Pierre, étant entré chez Corneille, le centurion romain, a dû s’expliquer devant ses frères à Jérusalem, avec douceur, et les a convaincus que le salut était destiné aussi aux nations (Act. 10 et 11), et tous glorifient Dieu. Ne faisons pas comme les deux tribus et demie, coupables, qui, en s’expliquant, se confient à Dieu, certes (v. 22), mais rejettent la faute hypothétique sur les fils des autres tribus (v. 24). Soyons vrais.

Malgré les apparences et ce que craignaient les dix tribus, (représentées ici par Phinées et les dix princes), il n’y avait pas eu de péché contre l’Éternel, de la part des deux tribus et demie : « Vous n’avez pas commis ce crime contre l’Éternel » (v. 31). La guerre, prête à éclater, n’eut pas lieu.

Dans la chrétienté, bien des choses ne sont pas selon l’enseignement de la Parole. Cependant, bien des cœurs sont droits devant Dieu ; et, sans les suivre, nous devons les respecter.

Phinées et les princes, revenus de leur entrevue avec les deux tribus et demie, rendent compte à leurs frères qui, rassurés, « bénirent Dieu, et ne pensèrent plus à monter en bataille contre eux » (v. 33). Comme en Actes 15, des frères, humbles, pieux et fidèles peuvent avoir la confiance de l’assemblée dans une affaire difficile. À Jérusalem, les disciples ont été convaincus que Dieu avait vraiment fait parvenir l’évangile aux nations. Dieu connaît les cœurs. La grâce et la miséricorde divines se manifestent là où les âmes sont dans l’ignorance, à cause d’un enseignement incomplet ou volontairement faussé. À Thyatire, le Seigneur reconnaît ce qui s’y trouve de bon, mais réserve un châtiment de mort pour les responsables volontaires des erreurs idolâtres s’y trouvant. Cependant, Il encourage ceux qui en sont les victimes involontaires, à garder et à tenir ferme ce qu’ils ont (Apoc. 2. 24). L’ignorance est épargnée du châtiment.

Dans notre chapitre, Dieu discerne que les deux tribus et demie n’ont pas l’intention de se séparer de Lui. Cependant, l’autel de grande apparence qu’elles ont bâti est une conséquence directe de leur décision malheureuse de s’installer en Galaad. Si nous abandonnons ce qui nous est enseigné, nous rencontrerons des conséquences difficiles. L’Esprit travaille dans nos cœurs afin que nous recevions ce que la Parole nous enseigne et que nous le gardions.

Ce récit clôt la conquête du pays. Très vite viendra le temps des Juges, relatant la décadence du peuple, avec tous les désordres qui s’ensuivirent dans l’apostasie !

Ch. 23.

Les ch. 23 et 24 rappellent les encouragements de Josué pour le peuple, après son départ, afin qu’il garde tout ce que Dieu avait commandé – ainsi que la fidélité divine à ses promesses : « Tout vous est arrivé » (ch. 23. 14). Il les exhorte à s’attacher de tout leur cœur à l’Éternel (v. 8). Nous avons, nous-mêmes, cet avertissement du Seigneur : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14. 21). Le Seigneur attend de nous des preuves tangibles de notre amour pour Lui. Le Seigneur nous a aimés alors que nous étions dans nos péchés, et perdus. Il a aimé son peuple, et des anges, à la naissance du Seigneur, ont proclamé à des bergers qu’un Sauveur était né à Israël.

Mais Israël L’a rejeté et a crié : « Ôte, ôte, crucifie-le » ! Le peuple, dès lors, a été mis de côté pour un temps. Dieu, déjà, a rétabli une partie du peuple dans le pays. Il rassemblera le reste des tribus plus tard. Durant le millénium, Il écrira ses commandements, non plus sur des tables de pierre, mais sur leurs cœurs (Héb. 8. 10 à 12). Enfin Il détruira les ennemis.

Josué discernait que très vite, le peuple se détournerait de l’Éternel (v. 15 et 16). Dieu avait averti le peuple du piège que représentaient les nations qu’Israël laisserait subsister dans le pays, et Josué insiste sur les conséquences de la négligence du peuple à ce sujet. Il ne fallait pas que le peuple fasse même mention du nom de leurs dieux (les idoles), ni jurer par eux, ni les servir, ni se prosterner devant eux (v. 7). L’avertissement est aussi pour nous, en ce qui concerne tout ce qui, dans notre vie, pourrait devenir une idole.

Dieu nous aime et aucune puissance au monde ne peut nous « séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 8. 39). Et « nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4. 19).

Ch. 24.

Les ch. 23 et 24 représentent le testament de Josué pour le peuple, de la même manière que ce que dit Paul aux anciens d’Éphèse (Act. 20. 17 et suivants). En rappelant sa propre fidélité (ch. 24. 15), il exhorte beaucoup le peuple à demeurer fidèle envers l’Éternel, sachant qu’après sa mort, Israël s’en détournerait. Trois exhortations se trouvent au ch. 23. 6. Garder la Parole de Dieu dans son intégralité, et la pratiquer. Cela nous concerne aussi. v. 8. S’attacher à l’Éternel comme ils l’avaient fait jusque-là. Et v. 11 : aimer l’Éternel. Exhortation que nous trouvons souvent dans le Nouveau Testament. Veillons à ce qui entre dans nos esprits, dans nos maisons, et dans l’Assemblée.

Sans séparation de l’esprit du monde (moral, politique et religieux), progressivement, l’apostasie irréversible se manifesterait (v. 7).

Josué, conscient que le moment de sa mort est proche, ne s’occupe pas de lui-même, mais s’inquiète beaucoup du comportement futur d’Israël, car il le connaît bien, étant sorti d’Égypte avec lui, et l’ayant suivi durant quarante ans dans le désert : il a assisté à toutes leurs rébellions ; il se souvient de tous leurs murmures contre l’Éternel et Moïse, alors qu’ils souhaitaient même être tombés dans le désert, ou désiraient retourner en Égypte – ainsi que des nombreuses disciplines auxquelles Dieu les a soumis, jusqu’à ce que toute cette génération soit morte avant l’arrivée en Canaan.

Mais il leur rappelle aussi tout ce que l’Éternel a fait pour son peuple, l’ayant nourri de la manne et abreuvé durant quarante ans. Seuls, Josué et Caleb, fidèles jusqu’au bout, entrèrent dans le pays promis ! Pourtant, ici, le peuple est sincère dans son désir de servir l’Éternel. Mais Josué sait qu’il ne pourra pas servir ce Dieu saint et jaloux, s’il L’abandonne et se tourne vers les idoles (ch. 24. 19 et suivants). Josué ne se trompait pas.

Le peuple resta fidèle tant que vécurent ceux qui avaient participé aux combats de la conquête de Canaan (v. 31). Mais la génération née dans le pays, et qui n’avait pas connu la guerre, abandonna l’Éternel (Jug. 2. 10 à 13 ; ch. 3. 1 et 2). Les combats spirituels que nous sommes parfois obligés de mener nous affermissent contre les tentations d’abandonner la vérité. C’est un sérieux avertissement pour la jeune génération qui « n’a pas connu la guerre ». Si l’on se rappelle toute la fidélité de Dieu dans ses promesses, et que nos cœurs s’attachent à Lui, Il ne peut que nous conduire à la victoire. Le monde conduit aux difficultés.

Rassemblé à Sichem, le peuple se tient devant Dieu. Attitude qui doit nous caractériser afin que nous soyons gardés. Dieu rappelle l’origine du peuple : Abraham, d’abord idolâtre, mais appelé par pure grâce. Puis, le peuple issu de lui est entré en Égypte où la Pâque (la rédemption), a été célébrée. Vient ensuite la délivrance (l’affranchissement) à la Mer Rouge. Enfin, le désert (notre marche dans ce monde, comme pèlerins) – et à la fois, en Canaan (le ciel). Ces rappels nécessaires pour le peuple (mais aussi pour nous), c’était dire à Israël : souvenez-vous de votre état misérable en Égypte : vous étiez des esclaves. Et maintenant, regardez ce bon pays que je vous ai donné ; un pays ruisselant de lait et de miel ! Et moi, l’Éternel, j’ai combattu pour vous le donner.

Ces paroles sont aussi pour nous : morts dans nos fautes et dans nos péchés, nous étions esclaves de Satan. Et maintenant, délivrés de la mort et de tous nos ennemis par la foi en Jésus Christ, nous marchons, dans le désert du monde, vers notre vraie patrie et la maison du Père. Dieu a combattu pour nous, par le sacrifice de son Fils sur la croix, et tous nos ennemis sont définitivement vaincus. C’est Dieu seul qui a remporté la victoire sur les ennemis (v. 12). Ayons ce désir de rester fidèles à Celui qui nous a tant aimés et qui veut nous combler de ses innombrables bénédictions. Trop souvent, c’est nous qui retenons la main de Dieu de nous bénir.

Bénissons-Le de toute la bonté qu’Il a déployée avec puissance pour nous délivrer. Les v. 6, 7 et 8 du ch. 24 en sont des exemples. Souvenons-nous du ch. 5. 13, où un homme, son épée nue à la main, apparaît à Josué, venant comme « chef de l’armée de l’Éternel ».

Les v. 9 et 10 rappellent ce que Dieu a fait en faveur d’Israël : « Je ne voulus pas écouter Balaam, et il vous bénit expressément ». Les maux et les biens viennent de l’Éternel (Lam. 3. 38). Dieu, au-dessus de tout, veut « faire du bien à la fin ». Les bénédictions que Balaam prononça pour Israël s’enrichissaient de plus en plus (Nomb. 24). Dieu veut nous bénir de ses bénédictions illimitées. C’est nous qui freinons sa main ! Jacob, dans son désir d’être béni, avait usurpé la bénédiction de son frère premier-né. Mais Dieu a répondu à son désir. Les bénédictions de Dieu nous sont-elles précieuses ?

Le v. 14 nous rappelle que, pour servir Dieu, nos cœurs doivent avoir la crainte de Lui déplaire par une attitude d’indépendance. Mais aussi, gardons fidèlement sa Parole. « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13. 17). Au v. 15, l’Éternel dit : « Choisissez ». Dieu laisse toujours les hommes libres de choisir entre le chemin de la soumission à sa volonté, et le chemin de la propre volonté humaine. Cependant, Il montre toujours le bon chemin, et les conséquences de la propre volonté (Deut. 30. 19). En Genèse 2. 16 et 17, il place Adam devant son libre choix, concernant les arbres du jardin ; mais Il l’avertit solennellement des terribles conséquences qui résulteraient de sa désobéissance : la mort qui a passé à tous les hommes.

Le chemin de la vie et de la bénédiction est encore placé devant tous : la foi en Dieu et dans le Seigneur Jésus. Dans notre vie, nous ne pouvons servir Dieu et les idoles que nous pouvons garder dans nos cœurs (Mat. 6. 24). Les v. 14 à 24 plaçaient le peuple devant ce choix : ou servir Dieu ou servir les idoles.

Et Josué déclare positivement : « Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel » (v. 15). La sûreté de son choix découlait de la fidélité qui caractérisait sa « maison ». Le peuple, déjà en Exode 19. 8, avait déclaré présomptueusement : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». Cependant, il en a été incapable. Servir Dieu exclut que nous nous confiions en nos propres forces.

Jacob avait purifié sa maison des idoles qui s’y trouvaient avant de monter vers Joseph, en Égypte (Gen. 35. 2). Israël avait été fidèle dans toute la période des combats. Il était sincère dans son désir de servir l’Éternel. Mais il était trop sûr de lui. La génération ayant connu la guerre est bien restée fidèle. Mais la suivante a abandonné l’Éternel (Jug. 2 et 3). Notre fidélité d’un jour n’est jamais une garantie pour le lendemain. Gardons précieusement la Parole tout entière, car elle est « un trésor à l’entrée de nos sacs », toujours prête à nous guider et à nous fortifier. Elle est aussi l’eau purificatrice qui lave notre cœur après une chute. Nous ne pouvons pas entrer dans la présence du Seigneur avec de la souillure.

De même, le Seigneur seul peut nous délivrer des « idoles » que nous pouvons conserver dans notre vie. En Égypte comme dans le désert durant quarante ans, le peuple avait servi des dieux étrangers (Act. 7. 42 et 43). En Canaan aussi, il s’était attaché aux idoles (Éz. 23. 8). Même des petites choses, peut-être légitimes, mais qui nous accaparent trop, freinent en nous une vraie vie de foi. La responsabilité du chef de famille est engagée, au sein d’une « maison », en ce qui concerne la marche habituelle de sa famille. « Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel », dit Josué, connaissant l’engagement de chaque membre de sa famille. Dieu connaissait la fidélité de Noé et de sa « maison » (Gen. 6. 8 ; 7. 1) ; Puis celle de Stéphanas (1 Cor. 16. 15).

Dieu réserve des bénédictions particulières pour la maison des croyants où chacun reste fidèle (1 Cor. 7). Également en Actes 16. 31 et 34. En Luc 19. 6 et 9, le Seigneur parle de la « maison » de Zachée où le salut était entré. Nous sommes sous la grâce. Si nous nous détournons, il y a toujours un « retour » possible.

Dans l’avenir, il y aura un retour pour le peuple repentant (Zach. 12. 10 à 14), que Dieu placera alors sous sa grâce, dès qu’il reconnaîtra le Seigneur comme le Messie promis. Alors, Dieu écrira sa loi sur leurs cœurs (Héb. 8. 10 à 12). Il y a des similitudes entre ce chapitre et Actes 20, avec ce que Paul dit aux anciens d’Éphèse : mise en garde contre les idoles (Josué), et les fausses doctrines (Actes). De même en Josué 24. 26 et 27, et Actes 20. 32 : la pierre-témoin, c’est ce qui reste : ce que Dieu a dit. « Je vous recommande à Dieu, et à la Parole… » (Act. 20. 32).

Le peuple a réaffirmé plusieurs fois sa détermination sincère de servir l’Éternel (v. 16, 18, 21 et 24). Dès lors, Josué « établit un statut et une alliance » selon la loi, à Sichem, à mi-chemin entre Garizim, montagne de la bénédiction, et Ébal, montagne de la malédiction ; probablement le lieu du sanctuaire, où Josué avait bâti un autel à l’Éternel, sur lequel ils avaient offert des sacrifices, selon le commandement de Moïse (Deut. 27 ; Jos. 8. 30 et 31), tandis que la tente d’assignation était à Silo (ch. 18. 1).

Cette grande pierre, que dresse Josué, confirme que le peuple est toujours sous la loi, à laquelle il s’assujettit de nouveau volontairement (v. 24), passant sous silence les idoles qu’il gardait dans son cœur (v. 23). L’alliance était caduque avant même de commencer, car les hommes sont incapables d’être fidèles sans faille à la loi. Seul le Seigneur Jésus l’a pleinement accomplie. Rappelons que la génération qui avait connu les guerres de Canaan est restée fidèle, mais ne pouvait être garante du comportement des générations suivantes qui ont abandonné l’Éternel. Longtemps après, Néhémie reconnaîtra que le peuple avait péché (Néh. 9. 37).

Josué, quant à lui, était sans illusion sur le comportement futur d’Israël. Le v. 27 montre qu’il s’incluait dans le devoir d’obéissance, tant qu’il était encore en vie ; et que la grande pierre qu’il avait dressée serait témoin « contre vous » lorsqu’il ne serait plus là, et que le peuple abandonnerait la loi. La vie de Josué, près de Dieu, lui donnait ce discernement.

Dieu avait donné la loi à Israël afin de le convaincre de son incapacité à y obéir, étant dans la chair, malgré sa présomption à l’accomplir. La grande pierre dressée était un témoin symbolique de l’incapacité du peuple à satisfaire aux exigences de la loi. Ce verset nous exhorte à rester fidèles à toute la Parole, et à nous garder de tout ce qui peut représenter une infidélité à Dieu. Cette fidélité de Josué jusqu’à la fin de sa vie lui vaut, ici, d’être appelé : « serviteur de l’Éternel » (v. 29) – un point commun avec le Seigneur qui est, Lui, le vrai Serviteur, et qui, après sa mort, a été mis au tombeau à Jérusalem (la ville du grand Roi). Josué a été enseveli dans son héritage, en Éphraïm. C’est à la mort de Moïse ayant terminé son service, que débute le service de Josué qui, arrivé à son terme, meurt à son tour.

Être serviteur n’est pas réservé à une élite, mais à chacun des croyants. Enfants de Dieu, nous sommes appelés à Le servir. Les v. 14 à 30 de Matthieu 25 nous enseignent à servir fidèlement et à porter du fruit pour Dieu, pour sa joie. À sa venue, Il manifestera à chacun, sa satisfaction ou son blâme (cf. Mat. 25. 21 et 26), ainsi que l’attribution des premières et des dernières places, suivant notre fidélité dans nos œuvres.

À la fin de ce chapitre nous sont rapportés trois ensevelissements. Celui de Josué, figure de Christ nous conduisant dans la conquête de nos bénédictions célestes, celui de Joseph, type de Christ comme notre Sauveur, et enfin, celui d’Éléazar, image du Seigneur, souverain sacrificateur éternel.

Tout comme Josué et Caleb, Éléazar a traversé le désert, est entré en Canaan, et est mort dans le pays de la promesse. Joseph, au-delà de sa puissance et de sa gloire en Égypte, est resté fidèle à son Dieu et au pays promis où il voulait que ses os soient transférés (Gen. 50. 24 et 25), espérant ainsi en la promesse de la résurrection, de même que Jacob (Gen. 49. 29 à 32).

Nous ressusciterons aussi, mais pour le ciel (Canaan) et non pour la terre (l’Égypte). Ceux qui ont connu des combats spirituels et ont souffert, restent souvent fidèles (v. 31). Ce que Dieu nous a donné, gardons-le et transmettons-le aux jeunes générations, en les encourageant à la fidélité (Deut. 11. 1 à 7). Être dans « l’héritage » nous amène à le posséder de façon pratique et non symbolique seulement. La connaissance de la vérité par la Parole nous fait un devoir de la garder envers et contre toutes les sollicitations à nous en écarter.

Le livre des Juges nous avertit des dangers guettant ceux qui s’écartent de la vérité révélée. Aidons les nouveaux convertis, ainsi que les jeunes nés dans l’assemblée, à ne pas « reculer la borne ancienne » (Prov. 22. 28 ; 23. 10). Proverbes 23. 12 nous montre la ressource.

La traversée du désert se termine par la mort de Moïse et Aaron. A la fin de la conquête, Josué et Éléazar meurent. « Souvenez-vous de vos conducteurs… et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi » (Héb. 13. 7).

D’après Réunion d’étude à Bordeaux-Lac

PEUT-ON PERDRE SON SALUT ?

« De ceux que tu m’as donnés, je n’en ai perdu aucun » Jean 18. 9.

PEUT-ON PERDRE SON SALUT ?

Quiconque a accepté l’œuvre propitiatoire de Jésus Christ pour lui-même a reçu le pardon de ses péchés et ne viendra pas en jugement. C’est une très bonne nouvelle ! Mais quelqu’un pourrait-il perdre son salut éternel ? Certains le pensent. Cependant, ce que Dieu dit dans sa Parole est déterminant.

Jésus Christ, le bon Berger, a dit : « Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connais, et elles me suivent ; moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les arracher de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10. 27 à 30).

Qui pourrait nous arracher de la puissante main de Jésus ? Il a remporté la victoire sur le diable et lui a ôté sa puissance. Lorsqu’Il s’adresse à son Père par la prière, avant les souffrances de la croix, Jésus Lui a parlé à plusieurs reprises de « ceux que tu m’as donnés » (Jean 17). Est-ce que quoi que ce soit que Dieu le Père a donné à son Fils pourrait Lui être enlevé ? Impossible !

Cela ne signifie pas que celui qui a mis sa foi en Christ peut vivre dans le péché parce que rien ne peut lui arriver. Quiconque agirait ainsi montre qu’il ne fait pas partie de ceux pour lesquels Dieu a donné son Fils, car Jésus a dit, de ses brebis, qu’elles écoutent sa voix et Le suivent. Elles Lui obéissent car elles réalisent qu’elles Lui appartiennent. Jésus les garde, et ainsi personne ne peut les toucher ou toucher à leur salut éternel.

D’après « The Good Seed » – décembre 2023

LE TEST DE LA FOI

« Quand vous serez en butte à diverses épreuves (ou : tentations), estimez-le comme une parfaite joie, sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la patience » Jacques 1. 2 et 3.

« Que personne, quand il est tenté, ne dise : Je suis tenté par Dieu – car Dieu ne peut pas être tenté par le mal, et lui ne tente personne » Jacques 1. 13.

LE TEST DE LA FOI

Dans la Bible, la tentation est souvent présentée comme une occasion de mettre à l’épreuve la foi du croyant. Il en est ainsi chaque fois que sa foi est placée devant un carrefour qui l’oblige à choisir entre un chemin qui conduit vers Dieu et un autre qui l’éloigne de Lui. La tentation se trouve aussi dans toutes les situations dans lesquelles notre convoitise est stimulée, ou lorsque nous voulons accomplir par nous-même une promesse de Dieu sans attendre son moment. Jacob, par exemple, a menti à son père afin d’obtenir la bénédiction qui lui était promise par Dieu (Gen. 27).

Pour le croyant, donc, la tentation est avant tout un « banc d’essai », un test de la foi. Pour que nous en sortions victorieux, notre foi a besoin d’être fortifiée et notre confiance en Dieu affermie.

La clé qui permet de vaincre la tentation, c’est de se confier dans ce que Dieu a dit. Jésus, tenté par le diable, a remporté la victoire en citant les Écritures : « Il est écrit » (Mat. 4. 4, 7 et 10). L’autre grande ressource dont nous disposons est la prière : « Priez, afin que vous n’entriez pas en tentation » (Luc 22. 46).

Dieu ne tente personne, dans le sens qu’Il ne pousse jamais sa créature à pécher, mais qu’Il permet plutôt que notre foi soit mise à l’épreuve afin qu’elle soit fortifiée. Dans la vie, il ne nous est pas possible d’éviter l’épreuve de la tentation. Elle sert parfois à nous faire progresser dans notre chemin spirituel.

Dans de telles circonstances, ne nous décourageons pas, mais recherchons le Seigneur et appuyons-nous sur ses promesses. Il est fidèle et Il viendra à notre secours.

D’après « Il buon seme » – novembre 2023