PARABOLES

Une parabole veut dire une comparaison. Jésus-Christ a raconté, sous ce nom, de courtes histoires se rapportant à des choses visibles et extérieures qu’il comparait ensuite aux choses du ciel qu’on ne peut pas voir. Le Sauveur s’est souvent servi de paraboles pour faire bien comprendre à ses disciples les leçons qu’Il voulait leur enseigner.

Nous allons étudier ensemble quelques-unes de ces paraboles de Jésus. Je vous les raconterai tour à tour dans leurs deux significations, celle qu’on voit et celle qu’il faut chercher ; mais, avant tout, je vous conseille bien de prendre votre Bible et d’y lire chaque fois, attentivement, le récit tel qu’il est écrit dans les Évangiles et indiqué sous le titre de la parabole.

Le semeur (Mat. 13. 3 à 9 ; 4. 8 à 23. Marc 4. 3 à 9, 14 à 20 ; Luc 8. 4 à 15).

Lorsqu’un champ a été bien préparé, un homme arrive avec un sac plein de grains. Il se promène sur le champ en long et en large, son sac ouvert devant lui. Il plonge la main dedans, en retire une poignée de blé et la jette à droite, à gauche et devant lui ; c’est ce qu’on appelle semer.

Eh bien, dans cette parabole, Jésus-Christ nous raconte qu’un homme sortit pour semer. Il jeta le grain à droite et à gauche.

Une grande partie tomba sur le champ qui avait été préparé et contenait de la bonne terre.

Une partie tomba sur le bord du chemin ; l’on y marchait beaucoup, la terre était dure, le grain ne put s’y enfoncer et les oiseaux l’eurent bien vite mangée.

Une autre partie tomba dans un endroit pierreux recouvert d’une mince couche de terre. Le grain ne pouvant pénétrer profondément poussa bien vite une petite tige verte, mais si mince, si chétive, que le soleil s’étant levé brûlant et la petite plante ne se trouvant pas suffisamment nourrie, elle fut bientôt desséchée.

Une autre partie tomba dans un terrain rempli d’épines. C’était probablement la haie qui bordait le chemin. Lorsque le blé sortit de terre, il ne put croître et fut étouffé faute de place, d’air et de soleil. Il y avait là tant d’épines, tant de ronces et de mauvaises herbes !

Voilà ce que j’appellerai le sens visible de la parabole – l’histoire de ce que l’on voit. Maintenant nous allons passer au sens invisible, à l’histoire cachée, et nous verrons ce que Jésus-Christ veut nous enseigner par cette histoire.

La semence, c’est la Parole de Dieu, ce sont les enseignements religieux que nous recevons à l’église, à la maison, à l’école de la semaine ou du dimanche, c’est tout ce qui en un mot, a pour but de faire de nous de vrais chrétiens.

Le champ, c’est le monde, ce sont nos cœurs à nous tous ; c’est là que doit être jeté le bon grain.

Le semeur, c’est Dieu qui répand dans le champ de nos cœurs les bonnes pensées et les bons désirs et nous donne les occasions de chercher à croître dans la sagesse et dans le bien. Le semeur peut également signifier Jésus-Christ qui vient, au nom de son Père, tourner nos regards vers le ciel, nous apprendre à croire en lui et nous sauver par son sacrifice sur la croix.

On peut aussi voir dans le semeur les envoyés de Dieu sur la terre, tous ceux qui s’efforcent de faire le bien, de parler de Dieu, d’instruire les hommes et de leur apprendre à aimer Dieu et à le prier.

Ainsi, mes enfants, le courageux missionnaire qui quitte son pays et sa famille et renonce aux avantages d’une vie civilisée est un des semeurs de Dieu. Il s’en va porter la bonne Parole (la semence) dans les cœurs des païens qui adorent des idoles et ne savent rien de leur Sauveur.

Des enfants eux-mêmes peuvent être des semeurs. N’avez-vous jamais lu ce joli livre traduit de l’anglais : Le ministère de l’enfance ? On y voit que des enfants riches et des enfants pauvres ont, par leur affection, leurs bonnes paroles et leur bon exemple, enseigné là d’autres enfants à aimer Jésus-Christ. Ces enfants-là étaient de petits semeurs dans le champ de Dieu.

Comme le grain a été jeté dans des terrains bien différents, de même aussi la Parole de Dieu tombé dans des cœurs qui ne se ressemblent pas.

Le bord du chemin où la terre est si dure n’a pas été labouré de même aussi bien des cœurs n’ont pas été pénétrés par de bonnes influences, ne se sont pas ouverts à l’action du Saint-Esprit qui, semblable à une charrue, doit labourer le cœur et le préparer à recevoir l’Évangile. Dans cette vie, Dieu a plusieurs manières de nous amener à lui, de toucher et de disposer nos cœurs ; mais si nous refusons de les ouvrir, alors ils s’endurcissent toujours davantage. Souvent ceux qui n’aiment pas à penser à Dieu ferment leur cœur et bouchent leurs oreilles ne voulant pas écouter. Cela les ennuie d’entendre parler de Dieu ; ils aiment mieux penser à leurs affaires ou à leurs amusements ; leur cœur est comme le bord du chemin où le grain de blé ne peut s’enfoncer.

Qu’arrive-t-il alors de ce grain de blé ? Les oiseaux viennent et le mangent. Les oiseaux, c’est le démon, qui est bien content s’il peut détruire en nous la bonne semence, nous détourner de Dieu, nous pousser à l’oublier et nous rendre mauvais et désobéissants comme lui.

« Oh ! que c’est ennuyeux » disait un jeune garçon à son camarade, « d’aller à l’église et d’entendre parler de Dieu ». Et ce méchant garçon allait s’amuser dans la rue tandis que sa mère malade le croyait à l’église. Il la trompait ; ce qui est bien mal. Il fermait son cœur à toutes les bonnes paroles qui lui étaient adressées de la part de Dieu. Il ne pensait qu’à s’amuser et à faire à sa tête. Plus tard, quand il fut devenu homme, il s’entoura de mauvais compagnons, qui peu à peu l’entraînèrent au vol et même au meurtre. Alors il fut pris mis en prison et condamné à mort. Avant de mourir, il se repentit, regretta sa vie passée et dit à ceux qui l’entouraient : « Ne faites pas comme moi, voyez où cela vous mènerait, écoutez les bons conseils et cherchez à aimer Dieu de bonne heure ».

« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 15).

Les cœurs légers où rien ne pénètre sont représentés par le terrain pierreux. Tels sont les enfants qui écoutent d’abord ce qu’on leur dit et l’oublient tout de suite après, les hommes qui se laissent détourner du bon chemin par les amusements ou les occupations de ce monde. Comme dans la parabole, la semence est à peine levée que le soleil la brûle c’est-à-dire que la première chose venue leur fait bien vite oublier leurs meilleures résolutions. Ils voudraient bien être chrétiens, mais ils n’en ont pas le temps, ou bien ils ont peur qu’on se moque d’eux. Souvent aussi ce sont les plaisirs qui les détournent de Dieu ; c’est le soleil trop brillant qui dessèche en eux le bon grain.

Un jeune garçon avait été élevé par des parents pieux. Dans la maison on lisait la Bible, on faisait ensemble la prière, soir et matin, et le dimanche il allait à l’église avec sa famille. Quand il fut devenu grand, son père le plaça dans une maison de commerce à l’étranger. Là il eut le malheur de se lier avec des jeunes gens légers qui se moquèrent de lui lorsqu’il parla d’aller à l’église, de prier ou de lire la Bible. Il n’eut pas le courage de les repousser et de faire son devoir ; il écouta leurs mauvais conseils, cacha sa Bible et ne fit plus sa prière. La bonne semence qui commençait à germer fut desséchée dans son cœur ; il devint comme un mondain, léger et moqueur, et causa par sa conduite de grands chagrins à ses parents.

Le terrain rempli d’épines représente les cœurs qui laissent les soucis de ce monde grandir et étouffer chez eux la bonne Parole de Dieu. Nous ne devrions pas le faire, puisque Jésus-Christ nous dit qu’une seule chose est nécessaire. Cette seule chose est d’aimer Dieu et de nous préparer pour la vie éternelle.

Nous négligeons trop souvent d’y penser, nous mettons les choses peu importantes à la place de la seule chose nécessaire. Nous oublions que dans nos vies terrestres rien n’est sûr que la mort. Nous ne sommes pas sûrs d’être heureux ou malheureux, riches ou pauvres ; mais nous sommes sûrs que nous devons tous mourir, les uns de bonne heure, les uns au milieu de la vie, les autres plus tard. Accoutumons-nous à cette pensée ; aimons ce Sauveur qui est venu nous ouvrir le ciel et tâchons de faire autant de bien que possible dans nos courtes vies terrestres.

Même un jeune enfant a le pouvoir d’aider, d’aimer et de faire tout ce qu’il peut pour ceux qui l’entourent. Le roi Salomon a dit : « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite » (Prov. 20. 11). Il vaut bien mieux d’ailleurs commencer de bonne heure à aimer les choses du ciel, puisque nous ne savons pas combien de temps nous aurons à vivre. La plus longue vie semble courte et vite passée en comparaison de l’éternité. Le vieux Jacob, qui avait cent trente ans lorsque son fils Joseph le présenta au roi d’Égypte, lui dit : « Les jours des années de mon séjournement sont cent trente ans ; les jours des années de ma vie ont été courts et mauvais, et ils n’ont pas atteint les jours des années de la vie de mes pères, dans les jours de leur séjournement » (Gen. 47. 9), et pourtant il n’est pas probable qu’aucun de nous devienne jamais aussi âgé que le patriarche.

Nous devons donc apprendre à aimer tout ce qui nous parle de Dieu. Malheureusement les épines étouffent trop souvent les bonnes pensées.

Comme dans une haie il y a différentes sortes de ronces, d’épines, d’arbustes et de plantes, de même, dans ce monde, il y a bien des espèces variées de choses qui étouffent le bon grain dans nos cœurs. Les épines, c’est tout ce qui nous fait oublier Dieu. Pour les uns, c’est la richesse, les honneurs et les titres de ce monde ; pour d’autres, c’est la pauvreté. Pour quelques-uns ce sont les plaisirs de la jeunesse ; pour d’autres, même l’indifférence de la vieillesse, car il est dit : « Et souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais, et avant qu’arrivent les années dont tu diras : Je n’y prends point de plaisir » (Eccl. 12. 1).

Quelquefois encore ce sont des talents ou des occupations qui nous absorbent trop, où nous mettons trop notre cœur. Les meilleures choses elles-mêmes peuvent devenir mauvaises, si nous y pensons tant, qu’elles étouffent en nous l’idée de Dieu et du ciel.

Voici un grand prince qui passe ; il possède de si vastes terres, de si beaux domaines ! Ses écuries sont remplies des plus beaux chevaux ; il a beaucoup de monde pour le servir et beaucoup de flatteurs pour lui faire des compliments. Il n’a pas le temps de lire sa Bible ou de penser à Dieu, il faut qu’il donne des fêtes ou qu’il fasse des voyages ; il trouve toujours des excuses, et ses richesses sont les épines qui chez lui étouffent le bon grain.

Un petit garçon avait reçu de son grand-père un joli petit cheval. Il en était si enchanté qu’il ne pensait qu’à son cheval. Il en rêvait la nuit ; il ne faisait plus rien, négligeait ses devoirs, n’apprenait plus ses leçons. Enfin on se vit forcé de le lui reprendre, car si on l’avait laissé, il serait devenu un ignorant et n’aurait jamais rien appris.

Ah ! Il est souvent bien difficile d’empêcher les choses de ce monde de devenir pour nous des idoles que nous aimons par-dessus tout ou des épines qui étouffent le bon grain. Et pourtant il est dit : « Pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre » (Col. 3. 2). Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas aimer tous ceux qui nous sont chers, tous ceux que Dieu nous a donnés à aimer ; mais cela veut dire qu’il faut laisser la première place à Dieu dans nos cœurs afin que nos affections de la terre ne soient pas pour nous, des épines étouffant la bonne semence.

Le bon terrain, c’est le cœur bien préparé qui reçoit la Parole de Dieu et chez qui elle rapporte du grain en abondance. Il ne nous est pas possible, à nous si faibles et si mauvais, de devenir tout à coup de bons terrains bien préparés ; mais si nous désirons sincèrement être de vrais chrétiens, si nous le demandons à Dieu de tout notre cœur, Dieu nous accordera notre demande au nom de son Fils, car il est dit : « Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert » (Mat. 7. 7 et 8).

J’ai connu une bonne et excellente dame qui passait sa vie à faire du bien, à consoler ceux qui souffraient et à se rendre utile à tous ceux qui l’entouraient. En traversant sa cour le dimanche, pour se rendre au temple, elle y rencontrait souvent le fils d’une pauvre voisine ; cet enfant passait des heures là, à jouer avec les enfants du voisinage. Un dimanche, cette bonne dame le prit doucement par la main et le mena avec elle à l’église. Elle avait une voix si douce, un si bon sourire ! Ah ! quand on regardait cette figure pleine de paix et de bonté, on ne pouvait s’empêcher de l’aimer ! Ce petit garçon l’aima donc comme tout le monde. Chaque dimanche il l’attendait, et quand il la voyait venir, il mettait sa petite main dans la sienne et allait avec elle à l’église. Elle a semé le bon grain dans ce jeune cœur. À présent elle est heureuse auprès de son Dieu, et le petit garçon est devenu un homme utile, un bon chrétien. Il est le soutien de sa mère et ses chefs sont très contents de son travail et de sa bonne conduite.

Mes chers enfants, demandons à Dieu de permettre que nos cœurs soient de bons terrains et que sa Parole de vie et de lumière change nos vies et les rende utiles et chrétiennes.

Les talents (Mat. 25. 14 ; Luc 19. 12).

Un grand seigneur partit une fois pour un voyage de longue durée. Avant son départ, il fit venir trois de ses principaux serviteurs et leur confia à chacun une somme d’argent.

Le premier serviteur reçut cinq talents. (Le talent, monnaie de compte en usage à cette époque. Il y en avait de deux sortes le talent d’argent et le talent d’or).

Une fois son maître parti, il ne perdit pas de temps, il acheta et vendit, et fit si bien et de si bonnes affaires, que lorsque son maître revint il avait doublé la somme qu’il en avait reçu, c’est-à-dire qu’il avait encore gagné cinq autres talents. Le seigneur fut très content, le remercia et l’invita dans sa maison où il le traita comme son ami.

Le second serviteur qui avait reçu deux talents fit aussi son possible pour gagner et faire rapporter la somme confiée à ses soins. Comme son camarade, lorsque son maitre revint, il se présenta à lui et eut la joie de lui montrer qu’il avait gagné encore une somme égale à celle qu’il avait reçue. Le seigneur bien content lui fit aussi bon accueil et le remercia de ce qu’il avait fait.

Quant au troisième serviteur, c’était un paresseux qui n’aimait à se donner aucune peine ; il était égoïste et jamais l’idée ne lui venait de tâcher de faire plaisir à qui que ce soit, encore moins de se rendre utile à quelqu’un. Son maitre qui probablement le connaissait, ne lui confia qu’un seul talent. Dès qu’il l’eut reçu, il l’enveloppa dans un linge, fit un trou dans son jardin, l’y cacha et ne s’en occupa plus. À l’arrivée du noble voyageur, il se présente devant lui et commença à faire toutes sortes d’excuses et de raisonnements pour couvrir sa paresse et faire croire qu’il n’avait pas tort.

Je connais bien des enfants qui font comme cela : s’ils écrivent une mauvaise page ; c’est la faute du stylo ; s’ils lisent mal, c’est la faute du livre ; si leurs devoirs ne sont pas faits, c’est qu’il y avait telle ou telle raison. C’est toujours la faute de quelqu’un ou de quelque chose, tandis que pour bien dire la vérité c’est le plus souvent la faute du petit personnage lui-même et non pas celle de ce qui l’entoure. Le serviteur osa même accuser son maître d’être dur et injuste.

Mais celui-ci vit clair au milieu de toutes ces mauvaises excuses ; il ne se laissa pas tromper par tant de phrases, lui reprocha sa paresse, et, pour punition de sa négligence, il lui ôta le talent qui lui était confié pour le donner à celui qui en avait déjà dix.

Le Seigneur représente Dieu. Nous sommes les serviteurs.

Les talents qui nous sont confiés, ce sont toutes les occasions que Dieu nous donne de travailler pour Lui. Le temps de son absence, c’est le temps que nous devons passer sur la terre, et son retour, le dernier jour dans lequel il nous demandera compte du bien et du mal que nous aurons fait.

Nous ne recevons pas tous le même nombre de talents, les uns en ont plusieurs, d’autres un seul. Dieu est le maître. Il peut choisir et donner comme bon lui semble. Les talents représentent des choses très différentes, mais qui toutes doivent être employées pour la gloire de Dieu. Si Dieu donne la richesse, Il veut que l’on s’occupe des pauvres, que l’on fasse du bien, qu’on donne avec plaisir et que l’on tâche d’être utile à ceux qui nous entourent. Si nous ne pensions qu’à employer notre argent à nous amuser, à nous acheter toutes sortes de jolis objets et à ne faire plaisir qu’à nous-mêmes, nous serions comme le serviteur inutile et nos richesses comme le talent enfoui dans la terre.

J’ai connu dans mon enfance un vieux monsieur qui vivait tout seul ; il était très-riche et passait sa vie à faire du bien autour de lui. Il donnait beaucoup d’argent à bien des personnes sans en parler. Il fit bâtir un grand et bel asile pour les aveugles, et rendit encore bien d’autres services d’une manière noble et généreuse. Mais il ne pensait pas seulement à être utile, il voulait aussi faire plaisir. Il avait une grande et charmante propriété au bord d’un beau lac ; eh bien ! au lieu de faire comme tant de gens qui mettent une loge de portier à l’entrée et des grilles pour s’enfermer chez eux et de gros chiens pour empêcher les gens d’entrer, il ouvrit toutes ses grilles, ordonna qu’elles ne fussent jamais fermées, et permit, à tous ceux qui voulurent, d’entrer, de se reposer sous les beaux ombrages et d’admirer les fleurs de ses serres. Pendant environ trente ans, tout le monde put jouir de cette belle campagne ; c’était la promenade favorite, on y menait les étrangers, on y allait en famille, et ce bon vieux monsieur n’était jamais plus content que lorsqu’il voyait beaucoup de monde se promener et jouir de sa propriété. Voilà un homme qui s’est fait aimer et respecter de tous et qui a fait un noble usage du talent des richesses. Il est mort maintenant ; sa propriété a été vendue et divisée entre plusieurs propriétaires qui n’ont pas imité son exemple. Ce n’est donc aujourd’hui qu’un petit paradis perdu et il ne reste plus que le souvenir d’une bonté et d’une générosité qui n’ont pas beaucoup d’imitateurs dans ce monde.

Les enfants qui ont beaucoup de joujoux doivent penser à ceux qui n’en ont pas et leur en donner. Le Seigneur Jésus a dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » et c’est bien vrai. Plus vous apprendrez à donner ; plus vous trouverez une douce joie à le faire, tandis qu’il est souvent bien pénible de recevoir.

Si Dieu donne la pauvreté, Il veut qu’on la supporte avec courage et sans envier ceux qui ont ce que nous n’avons pas. Il veut qu’on travaille et qu’on gagne son pain en tâchant de ne pas murmurer et se laisser abattre par les difficultés de la vie. Il y a dans la Bible l’histoire d’un homme nommé Job qui devint bien pauvre. Il ne lui restait plus rien, il était malade et manquait de tout ; eh bien, il employa sa pauvreté à glorifier Dieu. Il donna un bon exemple de patience, de douceur et de résignation, et Dieu fut si content de ce serviteur fidèle qui avait si bien employé le talent de la pauvreté, qu’il lui rendit au double tout ce qu’il avait eu.

Si Dieu envoie la santé, c’est pour que nous apprenions à l’employer au service de nos semblables pour nous montrer gais, actifs, contents et reconnaissants, car c’est un don précieux. Enfants chéris, si Dieu vous donne la santé, soyez aussi complaisants que possible. C’est si gentil de voir de petites filles qui cherchent à être utiles, à rendre tous les petits services qu’elles peuvent à ceux qui les entourent, et des petits garçons qui courent faire des commissions sans grogner, même si cela les dérange au milieu de leurs jeux ! Voilà comment vous pouvez bien employer au service de Dieu le beau don de la santé qu’Il donne volontiers à votre âge. Soyez gais et de bonne humeur, comme des rayons de soleil, pour tous ceux qui vous entourent.

Si Dieu nous envoie la maladie, c’est pour que nous tâchions de le glorifier par notre bon exemple. Un des fidèles serviteurs de Dieu dans notre France, Adolphe Monod, était si malade qu’il allait mourir. Mais au milieu de ses cruelles souffrances, il ne pensait qu’à se réjouir de ce qu’il était chrétien et de ce qu’il allait au ciel. Il disait dans un beau cantique qu’il composa pendant sa maladie :

Que ne puis-je, Ô mon Dieu ! Dieu de ma délivrance !

Remplir de ta louange et la terre et les cieux ;

Les prendre pour témoins de ma reconnaissance,

Et dire au monde entier combien je suis heureux !

La souffrance était dans ses mains comme un talent qu’on employait pour la gloire de son Maître.

Lorsque Dieu envoie l’épreuve, le deuil et le chagrin, c’est pour que nous courbions nos têtes sous sa volonté et que nous apprenions à porter la croix qu’Il nous donne. Il y a souvent des choses que nous voudrions bien avoir et que nous ne pouvons pas obtenir malgré toutes nos prières. Il faut tâcher de se résigner sans murmurer et croire que Dieu sait mieux que nous ce qui nous est nécessaire. Nous le comprendrons un jour.

Chers enfants, vous aurez aussi des chagrins dans vos vies ; rappelez-vous que Dieu vous les envoie pour votre bien, même si vous ne le voyez pas tout de suite. Nous devons tout accepter de la main de notre Dieu, les chagrins aussi bien que les joies, la pluie comme le beau temps, les leçons qui quelquefois vous ennuient, comme les jeux qui vous amusent.

Le temps est aussi un grand talent. Celui-là Dieu le donne à tous ; il faut apprendre à l’employer d’une manière profitable au lieu de le perdre inutilement.

Enfin Dieu nous donne aussi des qualités et des aptitudes très différentes. Toutes sont autant de talents qu’il faut faire valoir pour notre Maître.

Ceux qui auront l’intelligence devront tâcher de répandre la lumière autour d’eux, d’instruire les hommes et de développer en eux le bien. Plus il nous aura été donné, plus aussi il nous sera redemandé. Il est dit dans la Bible : « Et les sages brilleront comme la splendeur de l’étendue, et ceux qui ont enseigné la justice à la multitude, comme les étoiles, à toujours et à perpétuité » (Daniel 12. 3). Ceci s’applique aux serviteurs fidèles qui ont reçu le beau talent de l’intelligence et qui l’auront bien employé au service du Seigneur.

Une petite fille de douze ans, qui était très-intelligente et qui avait bien profité des leçons qu’on lui avait données, sut se rendre très utile, et voici comment. Son père perdit toute sa fortune et se décida à aller vivre en Amérique avec sa famille. C’était dans un endroit où il y avait de grands bois, mais pas d’école. La petite Emma se mit à donner des leçons à ses sœurs plus jeunes qu’elle et les instruisit tant et si bien que, grâce à elle, ses sœurs surent bientôt lire, écrire et compter. Elles seraient restées bien ignorantes, si Emma n’avait pu se rendre utile de cette manière. Ne trouvez-vous pas qu’elle a bien employé le talent de l’intelligence ?

Les uns ont reçu en partage un caractère doux et égal. Salomon dit : qu’« une réponse douce détourne la fureur, mais la parole blessante excite la colère » (Prov. 15. 1) et souvent, par la patience, par la douceur, par un bon exemple, on fait plus de bien que par tous les plus beaux discours du monde.

C’est dans la paix que tu dois vivre,

Enfant de Dieu, disciple du Sauveur ;

Par son Esprit, ton âme doit le suivre

Sur le sentier de la douceur.

Nous n’avons pas tous les mêmes dons; mais ceux que chacun de nous a reçus de Dieu, nous devons les employer à sa gloire en faisant tout le bien que nous pouvons à notre prochain. C’est la meilleure manière de faire rapporter les talents confiés à nos soins.

Prions Dieu de nous aider à en faire un bon usage, afin que lorsqu’il nous en demandera compte, nous ne soyons pas condamnés comme des serviteurs paresseux.

La brebis perdue et la pièce d’argent (Luc 15. 4.)

Lorsque les moutons ont passé toute la journée aux champs et qu’ils rentrent le soir à la bergerie, le berger a soin de les introduire un à un, afin de pouvoir les compter et de bien s’assurer qu’aucun ne manque.

Un berger qui avait cent brebis s’aperçut, un soir, en les comptant qu’il lui en manquait une. Il était bien fatigué, il avait déjà tant marché pendant la journée. Pourtant, il sort aussitôt sans s’inquiéter de sa fatigue, de l’heure avancée, de la nuit qui devenait très-noire. Il était inquiet, il ne pensait qu’à sa pauvre brebis égarée et tout son désir était de la retrouver.

Chers enfants, quand il vous arrive d’être malade, vos parents ne pensent qu’à vous, ils sont bien tourmentés et ne se sentent de nouveau tranquilles que lorsque Dieu a entendu leurs prières et vous a rendu la santé.

Le berger chercha partout ; il chercha longtemps, jusqu’à ce qu’enfin il aperçut la pauvre brebis qui ne savait plus comment s’en sortir. Tout joyeux, il la prend, la met sur ses épaules et la ramène à la maison. On vient à sa rencontre, et toute la famille se réjouit avec lui de ce qu’il avait retrouvé et ramené la pauvre brebis perdue.

Il y avait aussi une femme qui avait gagné dix pièces d’argent. On les appelait des drachmes dans son pays. Vous savez, en effet, mes enfants, que l’argent a des noms différents suivant les pays où l’on se trouve. Un jour, elle se mit à compter ses pièces et trouva qu’il n’y en avait plus que neuf ; une était perdue. Elle ne fit pas comme certains petits enfants de ma connaissance qui ne se donnent pas la peine de bien chercher ce qu’ils ont perdu. Vite, elle allume une lampe et se met à regarder partout, sur la table, dessous, entre les livres, sous le tapis dans les armoires. Elle ne la trouve pas ! Alors que fait-elle ?

Elle prend un balai et se met à balayer bien soigneusement toutes les chambres de la maison. À force de se donner de la peine et de chercher, que voit-elle enfin briller dans un coin d’où elle avait enlevé la poussière ? Sa pièce d’argent ! Elle la ramasse bien vite et se met à crier à ses amies et à ses, voisines d’un ton joyeux : « Venez, venez, vous réjouir avec moi, car j’ai enfin retrouvé la pièce que j’ai tant cherchée ! » et tout le monde vient se réjouir avec elle.

Ces deux paraboles ont le même sens caché. Toutes d’eux nous parlent de l’amour infini de Dieu qui a envoyé son Fils unique dans le monde, afin de chercher et de sauver ceux qui étaient perdus. Dieu nous a créés à son image mais nous avons tous péché, nous avons tous désobéi et nous nous sommes éloignés de Dieu.

Nous sommes tous comme des brebis égarées ou des pièces d’argent perdus jusqu’à ce que notre bon Sauveur nous ait retrouvés et rachetés. Nos âmes immortelles sont si précieuses aux yeux de Dieu qu’Il a jugé nécessaire d’envoyer son Fils sur la terre et de le laisser mourir pour nous afin de nous sauver et de nous faire retrouver le chemin du ciel. Et là-haut dans ce beau ciel, si plein de lumière et de bonheur, les anges qui entourent le trône de Dieu se réjouissent pour chacun de nous qui se repent de ses péchés, qui écoute la voix du bon Berger et retourne à son Dieu.

Comme le berger n’épargne ni peines ni fatigues, comme la femme de la parabole cherche sans s’arrêter, de même le Sauveur nous cherche, nous appelle avec sollicitude et s’efforce de nous attirer à Lui. Nous ne devons pas endurcir nos cœurs, mais nous tourner vers Lui, aller à Lui, car nous n’aurons de paix que lorsque nous serons sous sa garde.

Comme les bêtes sauvages qui sont prêtes à dévorer les pauvres brebis égarées, de même le démon cherche à nous faire tout le mal qu’il peut ; il est plus rusé et plus fort que nous, c’est pourquoi il nous fait bien vite tomber dans le péché quand il nous trouve seuls, comptant sur nos propres forces. Mais si nous mettons toute notre confiance dans notre Sauveur, alors nous savons qu’on ne peut rien nous faire et que nous serons gardés de tout mal. Plus nous aimerons Dieu, plus nous sentirons combien notre cœur est mauvais et, au lieu d’être satisfaits de nous-mêmes nous nous affligerons de ne pas faire davantage pour ce Dieu si plein de bonté envers nous.

Le fils prodigue (Luc 15. 11).

Il y avait une fois un père de famille qui avait deux fils. L’aîné était sage et appliqué, aimait son père et avait du plaisir à se trouver auprès de lui. Mais le fils cadet était si désobéissant, si négligent, qu’il ne donnait aucune satisfaction à sa famille. Lorsqu’il fut grand, il vint trouver son père, et lui demanda de lui donner la partie de sa fortune qu’il lui destinait et de le laisser s’en aller où bon lui semblerait. Le père fut bien triste quand il entendit ces paroles ; mais comme il savait bien que son fils n’écoutait pas ses remontrances et s’ennuyait de rester à la maison, il lui remit une belle somme d’argent et le laissa partir. Le jeune homme s’en alla bien loin de là. Là-bas, il s’installa et trouva bientôt des compagnons de plaisir. Ce n’est pas difficile : il y a tant de jeunes gens qui aiment mieux s’amuser que de travailler ! Les compagnons de jeux se trouvent plus facilement que les compagnons de devoir.

Toutes les nuits, c’étaient des bals, des spectacles ou des soupers ; le jour on se levait tard et l’on ne songeait qu’à se promener ou à s’amuser.

Ce genre de vie dura longtemps jusqu’à ce qu’un matin, le jeune homme en voulant prendre de l’argent dans sa boite, la trouva absolument vide ! Rien, plus rien ; tout son argent avait été dépensé dans des folies et des plaisirs. Il se rassura pourtant et se dit que ses amis lui en prêteraient sans doute. Mais, lorsqu’il leur en demanda, l’un donna une excuse, l’autre une autre et dès qu’ils s’aperçurent qu’il avait dépensé tout son argent, leur amitié s’évanouit, ils ne remirent plus les pieds chez lui et même lui tournèrent le dos, dans la rue, lorsque le jeune homme voulut les saluer et s’approcher d’eux.

Chers enfants qui m’écoutez, souvenez-vous bien que ceux qui nous flattent quand nous sommes riches et heureux, ou qui ne viennent chez nous que pour s’amuser, ne font pas preuve d’une vraie amitié envers nous. Les vrais amis sont ceux qui n’ont pas peur de nous dire la vérité, de nous aider à nous corriger de nos défauts ; ils nous encouragent à faire ce qui est bien et sont prêts à nous consoler si nous sommes tristes, à nous aider si nous sommes dans l’embarras. On n’en a pas beaucoup de ceux-là, mais il faut bien les aimer et les apprécier, car ils sont précieux. Que Dieu vous donne, mes enfants, de vrais amis, pendant le cours de votre vie, et vous garde des compagnons faux et flatteurs.

Vous voyez que ce jeune homme trouva des compagnons, tant qu’il s’agissait de s’amuser, mais dès qu’il tomba dans la peine, pas un ne vint à son secours et il vit bien alors que ce n’étaient que des amis de ses richesses et pas de lui-même. Il fut obligé de vendre tout ce qu’il possédait pour avoir de quoi manger. Il alla se présenter chez plusieurs négociants, les priant de lui donner une place, afin, d’avoir de quoi vivre, mais tous refusèrent. On savait que c’était un jeune homme qui ne pensait qu’à s’amuser ; aussi personne ne se souciait-il de lui donner du travail. Il devint si pauvre et si malheureux qu’un jour, à la campagne, il supplia un paysan de lui donner un emploi. Celui-ci lui fit garder ses porcs. Il dormait sur la paille dans un misérable hangar ; ses habits étaient déchirés. Il était si affamé qu’il s’estimait bien heureux chaque fois qu’il pouvait prendre quelques bribes de la nourriture grossière qu’on donnait aux porcs. Mais souvent on oubliait de lui en donner et alors il n’avait rien à manger. Oh ! comme il était triste, le pauvre garçon ! Souvent il s’asseyait sur une pierre et se mettait à pleurer. Il n’y avait là personne pour le consoler ou lui adresser une bonne parole. Il se tenait là assis dans le champ avec les porcs qui grognaient en cherchant leur nourriture, sans se soucier de son chagrin.

C’est alors qu’il se souvint de la maison de son père. Qu’on y était bien ! Comme tout y était chaud et confortable, propre et bien arrangé ! Quelle abondance de biens ! Comme il avait eu tort de quitter ce bon père qui l’aimait tant, qui l’avait si bien soigné et entouré de tant de sollicitude ! Il l’avait abandonné, il avait été ingrat et égoïste ! Ah ! certainement, tous les plaisirs qu’il avait tant recherchés ne valaient rien en comparaison de la joie et du bonheur tranquille dont on jouissait dans la maison paternelle. Comment avait-il pu abandonner de vrais biens pour des plaisirs passagers, qui ne laissent après eux que du dégoût et de la fatigue ? À force de penser à toutes ces chose-là, il lui vint au cœur un ardent désir de retourner chez son père. Il regretta ses fautes, il pleura d’avoir pu être si négligent si mauvais et d’avoir fait tant de peine à un si bon père, « Oh ! » dit-il tout à coup en sanglotant, « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes mercenaires » (Luc 15. 18 et 19)

Il ramena les porcs à leur étable et annonça, à son maître qu’il voulait partir le lendemain. Avant le lever du soleil, l’enfant prodigue était déjà debout et se mettait en marche. La Bible l’appelle enfant prodigue parce qu’il avait prodigué ou dépensé en choses inutiles tout son argent. Quelle différence entre ce voyage-ci et celui qu’il avait fait pour venir ! Alors, il partait de chez lui bien habillé, bien équipé, la bourse pleine d’or ; tout lui semblait gai et facile ; maintenant il revenait à pied, marchant tout le jour, se reposant seulement quelques heures la nuit, sous une haie au bord de la route. Ses habits étaient déchirés. Il n’avait rien pour se nourrir qu’un morceau de pain noir qu’on lui donnait de temps en temps par charité. N’est-ce pas, mes enfants, que vous auriez mieux aimé, à en juger par la mine, être celui qui partait que celui qui revenait ?

Mais peut-être que Dieu, qui voit au fond de nos cœurs, pensait autrement que vous. Dieu regarde au cœur et non pas à l’apparence. Il voyait que le pauvre garçon qui revenait à pied avec des habits en lambeaux se repentait de ses péchés, son cœur était attristé de tout le mal qu’il avait fait et il se disposait à demander pardon à son père, tandis que le jeune homme riche qui s’éloignait était plein d’orgueil et d’égoïsme. Dieu ne regarde pas aux vêtements que l’on porte, Il regarde aux pensées qu’on a dans le cœur et Il sait si nous cherchons à l’aimer oui ou non.

Le pauvre garçon était encore bien loin de chez lui lorsqu’on vint annoncer au père de famille que son fils, qu’on avait cru perdu, arrivait. Oh ! quelle joie il y eut dans le cœur de ce père ! Il ne pensa plus à tout le chagrin que son fils lui avait causé : toutes les choses pénibles étaient oubliées ; sans attendre, sans hésiter, il se précipite à sa rencontre ; dès qu’il est près de lui, il lui ouvre les bras, le serre sur son cœur et l’embrasse tendrement. Le fils fut si touché de la bonté de son père que toute sa conduite passée lui parut bien plus coupable encore que jamais ; il dit en pleurant : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils » (Luc 15. 21).

Lorsque le père vit son fils ainsi repentant et humilié, il pardonna, oublia tout et ne pensa qu’à se réjouir de son retour. Il fit un grand festin et l’on servit tous les meilleurs plats qu’on put trouver ; il fit revêtir son fils de beaux habits et le présenta avec joie à tous les amis invités au festin.

Au milieu de la fête, le frère aîné, qui était au champ, revient, à la .maison et, tout étonné du bruit, il demande à un serviteur de lui dire ce qui se passe. On lui raconte ce qui est arrivé et lui, au lieu de se réjouir, se met de mauvaise humeur et commence à bouder sans vouloir entrer. Il était envieux, et, lorsque son père sortit pour lui parler, il lui fit ce reproche : « Voici tant d’années que je te sers, et jamais je n’ai transgressé ton commandement ; et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ; mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras » (Luc 15. 29 et 30).

Alors le père lui répondit avec douceur : « [Mon] enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; mais il fallait faire bonne chère et se réjouir ; car celui-ci, ton frère, était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Luc 15. 31 et 32).

Cette parabole est si belle, si claire et si facile, qu’il me semble qu’elle n’a pas besoin de bien longues explications.

Le père de famille représente Dieu qui est notre bon Père céleste. L’enfant prodigue, c’est nous tous mes enfants, car nous oublions tous trop souvent notre Dieu ; nous préférons nos distractions à nos devoirs, nos plaisirs, à notre travail. Nous voulons trop souvent faire notre volonté, et nous avons beaucoup de peine à nous soumettre à celle de Dieu.

N’est-il pas vrai qu’il paraît difficile d’obéir, mes chers enfants ? Et pourtant, il faut le faire, puisque nous le devons ; et de même qu’un enfant n’est pas heureux quand il est méchant, de même nous ne serons jamais heureux ni tranquilles, tant que nous n’aurons pas, un sincère repentir de nos péchés et que nous ne nous serons pas retournés du côté de la maison paternelle pour aller demander pardon à notre Père céleste. Oh ! Il faut que nous le fassions tous, chacun de nous, vieux et jeunes, grands et petits ; il faut que nous éprouvions un vrai chagrin pour tout l’orgueil, l’égoïsme et l’étourderie qui sont dans nos cœurs. Tout cela, il faut le dire à Dieu et lui demander pardon. Nous sommes sûrs qu’Il nous pardonnera au nom de son Fils, parce qu’il a promis dans la Bible qu’Il le ferait.

« Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique, ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, – et à notre Dieu, car il pardonne abondamment » (És. 55. 7).

Les deux esclaves (Mat. 18. 23 à 35).

Jusqu’à présent, les paraboles que nous avons lues nous ont enseigné surtout nos devoirs envers Dieu ; en voici qui nous parleront davantage de nos devoirs envers notre prochain. Le devoir c’est ce qu’il faut faire. Le prochain, ce sont tous ceux qui nous entourent, tous ceux que nous voyons. Dieu nous aime ; il est plein de bonté envers nous. Comme Il a pour nous patience, support et indulgence, de même nous devons avoir de l’amour pour notre prochain, tâcher de ne pas nous mettre en colère si on nous offense, de ne pas nous impatienter si on nous ennuie, et de ne pas éprouver de la jalousie si notre prochain a quelque chose que nous ne pouvons pas avoir.

Jésus a dit en Matthieu 18. 28 : « Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers »). Ce n’était qu’une petite somme, bien petite en comparaison de celle qu’il devait lui-même au roi. Le roi venait de lui pardonner. Qu’auriez-vous fait à sa place ? Oh ! n’est ce pas que, dans votre joie, vous auriez aussi pardonné à votre camarade, et vous lui auriez dit que vous ne lui redemanderiez plus les cent deniers ? Eh bien, ce mauvais esclave, au lieu d’agir ainsi, saisit son camarade par le col, l’étrangla presque et lui ordonna de lui payer à l’instant tout ce qu’il devait. N’était-ce pas bien mal ? Aussi ceux qui le virent et l’entendirent furent-ils si indignés de cette conduite qu’ils allèrent le dire au roi.

Celui-ci fit venir aussitôt son esclave et lui dit : « Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié ; n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, comme moi aussi j’ai eu pitié de toi ? » (Mat. 18. 32 et 33) Et son maître, irrité de le voir si mauvais, le fit mettre en prison jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.

Cette parabole nous donne une grande leçon, mes enfants ; elle nous montre, que nous devons agir envers notre prochain comme nous aimerions que Dieu agisse envers nous. Si cet esclave avait été bon avec son camarade et lui avait remis sa dette comme le roi le lui avait fait à lui-même, il n’aurait pas été mis en prison. Le maître c’est Dieu ; l’esclave, c’est trop souvent nous-mêmes ; le compagnon de service de l’esclave, c’est notre prochain. Dieu nous a beaucoup pardonné ! Il a toujours de la patience avec nous, et pourtant nous l’offensons continuellement par nos désobéissances, nos mensonges et nos impatiences.

Jésus-Christ, pendant qu’il était sur la terre, a été pour nous un parfait modèle ; il nous a dit : « Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez » (Jean 13. 15).

Il est aussi écrit : « Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux ; et ne jugez pas, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés ; acquittez, et vous serez acquittés ; donnez, et il vous sera donné : on vous donnera dans le sein bonne mesure, pressée et secouée, et qui débordera ; car de la même mesure dont vous mesurerez, on vous mesurera en retour » (Luc 6. 36 à 38)

Puisque Dieu nous aime et nous pardonne tant de choses, nous devons aussi aimer notre prochain et lui pardonner s’il nous offense. Or, c’est ce que nous ne faisons pas assez !

Bien des enfants, oubliant toute la bonté de Dieu à leur égard, n’agissent pas toujours avec leur prochain comme ils le devraient. Il y a de grands garçons qui battent de plus petits qu’eux : c’est une honte, cela ! Il y a des petites filles qui sont gourmandes ou qui se disputent, ce qui est très-mal ! Il y a des enfants qui disent des mensonges ; ils oublient que Dieu les entend et qu’ils ne peuvent pas le tromper. Il y a encore des enfants qui ne veulent pas se déranger quand on leur demande un service ; qui sont insolents ou impolis avec les autres ; qui se croient tout permis et ne veulent pas obéir. Tout cela est bien mal ! Chers enfants, quand vous sentez que vous allez vous fâcher ou vous mettre en colère, ou que vous êtes de mauvaise humeur, tâchez de vous arrêter et de penser que Dieu a de la patience et de la bonté envers vous, et qu’à cause de cela, vous devez en avoir aussi envers ceux qui vous entourent. Prions Dieu de nous aider à faire aux autres comme notre Père céleste nous fait à nous-même, et à nous souvenir que nous sommes mauvais et que nous devons avoir delà patience, de la bonté et de la charité vis-à-vis de ceux qui pourraient l’être à notre égard.

Le bon Samaritain (Luc 10. 29 à 37).

Sur un chemin de montagne qui va de Jérusalem à Jéricho dans un endroit écarté et désert, était étendu un pauvre homme. Il avait été attaqué par des voleurs qui lui avaient pris tout ce qu’il possédait et comme il cherchait se défendre, ils l’avaient percé de plusieurs coups et laissé là, sur le chemin. Le sang coulait de ses blessures ; il était dépouillé de son manteau, incapable de se lever ou de continuer sa route. Il avait soif, il avait froid, il se sentait bien mal et se demandait avec angoisse si personne ne passerait par ce chemin avant la nuit, si nul n’aurait pitié de lui et ne viendrait à son aide. De longues heures se passèrent ainsi. Oh ! quand on souffre et qu’on est dans la peine, que le temps semble long ! Le pauvre homme, au milieu de ses souffrances, levait de temps en temps la tête ; il cherchait à voir sur le chemin, mais personne ne voyait. Hélas ! faudra-t-il passer la nuit-là, tout seul, sans appui et sans secours ? Certainement, il en mourra.

Mais non il lui semble voir un point noir sur la route. Ce point se rapproche ; c’est un homme, il le distingue : c’est un de ses compatriotes, un Juif comme lui. Il reconnaît d’aussi loin qu’il le peut, à ses vêtements, que c’est un sacrificateur. Quel bonheur ! Sans doute, ce voyageur va s’arrêter, lui venir en aide, lui donner ses soins. Il est tout près, il regarde le pauvre homme qui gémit en essayant de se soulever: Mais que fait donc le sacrificateur ? Serait-ce possible ? Il l’a bien vu cependant ; mais au lieu de s’approcher il détourne la tête, prend un autre sentier et s’en va sans rien lui dire. Oh ! quel désappointement pour le pauvre blessé ! Comment ! ce sacrificateur n’a pas eu pitié de lui ! Il a passé outre et continué son chemin, et il va le laisser mourir, là, sur le bord de la route, faute de soins et de secours ! Le pauvre blessé pleure et se lamente, mais il ne veut pas se décourager .encore. Qui sait si quelqu’un de plus charitable ne passera pas bientôt…

On dirait qu’il y a encore quelque chose sur la route; tout là-bas… il ne se trompe pas… Oui, c’est quelqu’un d’autre qui vient. Oh ! cette fois-ci il sera secouru. Il reconnaît un lévite. Sans doute, cet homme qui est toujours dans le temple de Dieu aura pitié et compassion de lui. Mais non ! Oh ! quelle déception amère ! Comme le sacrificateur, le lévite se détourne aussi et passe son chemin, froid, cruel, indifférent aux souffrances du pauvre blessé. Ah ! c’est pour le-coup que celui-ci se sent désappointé et désolé dans le fond de l’âme ! Pauvre homme ! n’est-ce pas que c’était bien dur d’être ainsi abandonné pour la seconde fois ? Une longue heure se passe : brisé de douleur; le blessé pleurait et gémissait.

Mais voici de nouveau un voyageur qui apparaît à l’horizon. Le misérable regarde… Hélas ! cette fois c’est un Samaritain. Les Samaritains habitaient un pays au nord de la Judée ; ils croyaient en Dieu, mais ne suivaient pas toutes les pratiques de la loi de Moïse. À cause de cela les Juifs les détestaient plus encore que les païens et ne voulaient rien avoir de commun avec eux. Le blessé n’ose pas même l’appeler. Puisque ses propres compatriotes l’ont délaissé, qu’attendre d’un étranger et, qui pis est, d’un Samaritain ? Sans doute, il va passer tout droit sans même faire semblant de le voir ; et pourtant la nuit approche et il aurait tant besoin de secours !…

Mais si le sacrificateur a été inhumain et hypocrite en faisant semblant de ne pas voir le blessé pour n’avoir pas à le secourir, si le lévite a été bien coupable dans sa cruelle indifférence, le Samaritain, lui, a bon cœur ; il ne peut pas voir souffrir sans chercher à aider et à soulager ceux qui souffrent. Il aime Dieu et tâche de faire aux autres comme il voudrait qu’on lui fasse. À la vue de cet inconnu, étendu là blessé et souffrant sur le chemin, quoique pressé de continuer sa route, il s’arrête, descend de sa monture et, s’approchant, bande ses plaies et y verse de l’huile et du vin. Puis voyant que le pauvre malheureux était trop faible pour marcher, que fait-il ? Il le met sur sa monture, le mène à une hôtellerie et prend soin de lui.

Comme c’était bon, n’est-ce pas, de sa part ! On aurait fait cela à un frère, et cet homme n’était pour lui qu’un étranger, de plus un Juif qui le méprisait et ne voulait rien avoir à faire avec lui ! Mais cela lui est égal ; il ne pense qu’à aider là où on a besoin de son secours et il le fait aussi bien qu’il le peut. Le Samaritain ne pouvait pas s’arrêter là bien longtemps, il devait aller plus loin ; aussi, le lendemain, se prépara-t-il à partir. Mais avant de s’en aller, il tira deux deniers d’argent, les donna à l’hôte et lui dit : « Aie soin de cet homme, et tout ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour ».

Le Seigneur Jésus racontait cette parabole à un jeune docteur de la loi qui lui disait : « Qui est mon prochain ? » Après l’avoir racontée, il lui demanda : « Lequel donc de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs ? » Et le jeune homme répondit sans hésiter : « C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui ». Il était bien facile de voir, en effet, que le Samaritain était le seul qui eût agi comme il le devait, le seul qui eût été bon et charitable envers le blessé. Jésus lui répondit : « Va et fais la même chose ». Ce qui veut dire que partout où cela nous est possible, nous devons nous employer au service de notre prochain ; partout où nous pouvons faire le bien, il ne faut pas passer outre, mais nous arrêter et agir.

Nous devons regarder tous les hommes comme notre prochain, ceux qui sont pauvres aussi bien que ceux qui sont riches, ceux qui sont dans l’affliction autant que ceux qui sont dans la joie, les petits et les humbles comme les grands et les puissants.

J’ai lu dans un livre bien intéressant l’histoire d’une pauvre petite qui avait été battue et maltraitée dès son enfance. Elle ne se souvenait même plus de ses parents, elle croyait qu’elle avait poussé hors de terre comme un champignon. Tout le monde la méprisait et la traitait durement ; aussi était-elle devenue très rusée et méchante ; elle mentait, elle volait, elle cherchait toujours à rendre le mal pour le mal. Elle fut envoyée dans une maison où était une douce et bonne petite fille nommée Eva.

– Qu’est-ce qui te rend si méchante, Topsy ? lui dit un jour cette petite fille.

Et comme la petite lui répondit qu’il ne valait pas la peine de chercher à devenir meilleure puisqu’elle n’était qu’une enfant que chacun méprisait, que personne n’aimait, et qui n’aimait personne, Eva lui dit :

– Oh! Topsy ! pauvre enfant ! je t’aime, moi ! je t’aime parce que tu n’as ni père, ni mère, ni amis, parce que tu es une enfant pauvre et méprisée… je t’aime, et je voudrais te rendre bonne. Essaie de le devenir pour l’amour de moi !

Et la pauvre petite Topsy fondit en larmes ; l’amour d’Eva avait touché son cœur. Depuis ce jour, elle s’efforça de se corriger de ses défauts et y parvint avec l’aide de Dieu.

Il ne faut pas non plus ne faire du bien qu’à nos amis, il faut en faire aussi aux gens qui n’ont pas de bienveillance envers nous ou qui rendent notre vie pénible et difficile. Jésus dit dans l’Évangile : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et vous persécutent… Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense en aurez-vous ? Et si vous ne faites accueil qu’à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? »

Deux petits garçons étaient à l’école ensemble. Charles était jaloux d’Édouard, parce que celui-ci était doux et aimable et se faisait chérir de tout le monde, et aussi parce qu’il était plus appliqué et avait plus de livres et de joujoux que son camarade. Charles animé d’un mauvais sentiment, cherchait dans toutes les occasions à être désagréable à Édouard, à le tourner en ridicule, à se moquer de lui ou même à lui faire du mal. Un jour de congé, en hiver, comme tous les garçons patinaient sur l’étang, Charles s’approcha trop d’un endroit défendu ; la glace se rompt tout à coup, et le voilà qui disparaît dans l’eau. Les garçons effrayés restent là à regarder sans bouger ; mais Édouard ne perd pas sa présence d’esprit : il s’élance, plonge sans hésiter, retire le garçon ,qui se débattait, et avec beaucoup de peine parvient à le ramener au rivage. Charles, qui était resté un bon moment dans l’eau glacée, fut très-malade et eut une forte fièvre. Édouard obtint la permission d’aller le voir ; il passait près de son lit tous les instants qu’il avait de libres, lui faisait la lecture, lui racontait des histoires et cherchait à le distraire et à lui faire du bien. Charles. ne parlait pas beaucoup ; mais un jour, quand il était presque guéri, il se jeta en pleurant dans les bras d’Édouard, lui demandant pardon pour toute sa conduite passée.

– J’ai été si méchant et si injuste envers toi, mon cœur était plein d’envie et de jalousie contre toi, je te détestais j’étais ton ennemi !… et toi tu m’as rendu le bien pour le mal, tu m’as sauvé, la vie tu m’as fait tout le bien que tu as pu. J’ai honte de ma conduite envers toi ; veux-tu me pardonner et m’aider à devenir bon comme toi ?

Édouard l’embrassa, lui promit de l’aider à faire son devoir, et depuis ce temps Charles a toujours été l’ami le plus fidèle et le plus dévoué qu’il ait jamais eu dans sa vie. Si Édouard avait rendu le mal pour le mal, il n’aurait pas touché le cœur de Charles et gagné ainsi un ami.

– Emma, dit une dame, à sa fille, puisque tu sors cette après-midi, je voudrais bien que tu portes ces oranges au petit garçon de notre couturière ; tu sais qu’il a la fièvre ; il est bien malade et désirerait tant en manger. J’ai promis de lui en envoyer le plus tôt possible.

Emma était une bonne fille ; seulement elle n’aimait pas à se déranger ou à faire quelque chose qui lui coûtât de la peine. En ce moment, elle était pressée, ayant mis beaucoup trop de temps à sa toilette et devant aller à une petite réunion chez ses amies. Comme elle se sentait en retard, elle se décida, à laisser dans sa chambre le panier d’oranges qu’elle se promit de porter le lendemain matin en allant à l’école. Elle s’amusa bien chez ses amies, ne revint que le soir et ne pensa plus à l’enfant malade.

Le lendemain matin, lorsqu’elle arriva chez la pauvre femme, elle la trouva pleurant amèrement près du petit lit. L’enfant était mort le matin même. À la vue du panier d’oranges, les larmes de la mère redoublèrent.

– Mon pauvre petit ! Toute l’après-midi, hier, il me demandait si votre mère n’enverrait pas les oranges ; il avait si grande envie d’en manger une ! Cela lui aurait fait tant de plaisir !

Oh ! comme Emma fut fâchée et combien elle regretta d’avoir été égoïste et paresseuse, de n’avoir pensé qu’à son propre plaisir au lieu de faire son devoir envers les autres. Mais il était trop tard maintenant ! Ce fut une leçon pour toute sa vie ; elle ne chercha plus à s’éviter la peine. Chaque fois qu’un devoir lui semblait pénible et difficile à accomplir, elle pensait à ce pauvre petit garçon à qui une orange aurait fait tant de plaisir. Elle se levait alors et faisait vite ce qu’elle devait faire.

Nous ne devons pas non plus fermer les yeux sur les détresses du prochain et faire semblant de ne pas les voir. Dieu nous met dans ce monde pour nous aider les uns les autres. Il place près de nous bien des misères et des tristesses pour que nous essayions de leur venir en aide dans la mesure de nos forces. Chaque fois que nous nous détournons .d’une souffrance, nous écartons de notre tête la bénédiction qu’elle nous eût apportée si nous l’eussions soulagée.

« Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Éternel qui lui rendra son bienfait » (Prov. 19. 17).

« Et quiconque aura donné à boire seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits, parce qu’il est mon disciple, je vous dis en vérité qu’il ne perdra point sa récompense » (Mat. 10. 42).

L’homme riche et le pauvre Lazare (Luc 16. 19 à 31).

Devant une table chargée de mets recherchés, de plats succulents et de vins généreux, un homme jeune encore était assis. Ses vêtements étaient magnifiques et de l’étoffe la plus coûteuse ; il était vêtu de fin lin et de pourpre. Le lin est une plante qu’on tisse et dont on fait des étoffes de tout genre. Les plus fines coûtaient très cher et les gens très-riches avaient seuls les moyens de les acheter et de les porter. Quant à la pourpre, c’était une admirable couleur rouge tirée d’un petit coquillage ; on en teignait la laine. Les rois seuls et les grands seigneurs portaient cette pourpre qu’on préparait dans la ville de Tyr ; située au bord de la mer, dans la Phénicie, pays resserré entre la Méditerranée et le Liban, au nord de la Terre Sainte.

Pour en revenir à notre histoire, il fallait donc que cet homme fût bien riche pour être si magnifiquement vêtu. Sous ses pieds s’étendaient de moelleux tapis ; autour de lui de riches tentures, de beaux tableaux ; des statues de grand prix frappaient les regards ; sur la table étincelait de la vaisselle d’or et d’argent ; partout le grand luxe ; des fleurs aux doux parfums ; une musique délicieuse ; de nombreux esclaves richement vêtus et prêts à satisfaire ses moindres désirs. Avec ses trésors, il pouvait acheter tout ce qu’il voulait et réaliser à l’instant tous ses caprices.

Voici maintenant un autre tableau : à la porte de ce beau palais, étendu sur le pavé de la rue, voyez ce pauvre homme. Ses vêtements sont en lambeaux et tiennent à peine sur son corps décharné ; il est dans la pauvreté la plus affreuse, il manque de tout ; il n’a rien à manger, pas de quoi se vêtir, pas même un endroit où il puisse aller dormir la nuit ; il est même couvert de plaies et les chiens viennent le lécher par compassion. Il voudrait avoir les miettes qui tombent de la table du riche ; il a toujours si faim.

Mes enfants, lequel de ces deux hommes auriez-vous voulu être ? L’homme riche, n’est-ce pas ? Car rien ne devait être plus affreux que de se trouver dans une misère pareille à celle de ce pauvre homme, et pourtant, écoutez ce qui arriva : « Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham » (Luc 16. 22) ce qui veut dire appelé à jouir de la société d’Abraham et à aller au ciel. « Et le riche aussi mourut, et fut enseveli. Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein » » (Luc 16. 22 et 23).

Pourquoi cette différence ? Est-ce donc un péché d’être riche et d’avoir beaucoup de biens ? Est-ce au contraire un grand mérite d’être pauvre et de manquer de tout ? Non, certainement : l’un n’est pas plus un péché que l’autre n’est un mérite, car c’est Dieu qui donne aux uns la richesse et aux autres la pauvreté. Il fait comme Il lui plaît, et les riches ont tort lorsqu’ils méprisent les pauvres parce qu’ils n’ont rien, de même que les pauvres ne doivent pas non plus porter envie aux riches parce qu’il a plu à Dieu de leur donner des biens qu’eux-mêmes ne possèdent pas.

Ce n’est pas d’après notre position sur la terre que nous serons jugés, car c’est Dieu qui décide dans quelle condition nous devons naître ; mais nous serons jugés d’après l’usage que nous en faisons.

Les richesses de l’homme riche l’ont empêché d’être heureux dans le ciel, parce qu’elles lui ont fait attacher son cœur aux choses d’ici-bas. Il a mis tout son cœur dans les jouissances que ses richesses pouvaient lui procurer. « Il se traitait magnifiquement tous les jours » dit le Sauveur, ne se refusant rien, et ne pensant qu’à ses plaisirs. Son cœur n’a pas été accessible à la pitié. Froid et égoïste, l’homme riche se détourna du pauvre et refusa durement de le secourir ! Il laissa là, dans la misère, au froid, dans la boue, sans lui donner ni aide ni appui, ce malheureux qui mourait de faim à sa porte et qui lui demandait seulement un peu de son superflu. Lui, cependant, était assis sur de moelleux divans, mangeait les mets les plus délicats et se reposait dans la mollesse et dans le luxe ! Ah ! ce n’était pas bien, n’est-il pas vrai, mes chers enfants de fermer ainsi son cœur, d’être si impitoyable et si dur…

Pourquoi croyez-vous que le pauvre soit allé au ciel après sa mort ? Est-ce parce qu’il a tant souffert sur la terre ? Non, mes enfants, puisque c’est Dieu qui envoie la souffrance et qu’un peu plus tard ou un peu plus tôt, sous une forme ou sous une autre, chaque homme est appelé à la connaître et a pour devoir de la supporter.

Si donc le pauvre est allé au ciel, c’est qu’au milieu de ses afflictions, il espérait en Dieu et mettait en Lui sa confiance. Il supportait ses maux avec patience, avec résignation, sans murmurer. Il aimait Dieu ; aussi Dieu, qui lit dans nos cœurs, a vu son humilité et son obéissance et, au nom de ce Sauveur qui aime les humbles et les petits, l’a fait entrer dans son repos. Ce pauvre homme, qui s’appelait Lazare, n’avait plus maintenant ni faim ni soif. Il était heureux pour toujours.

« Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation, et ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple ; et celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux. Ils n’auront plus faim et ils n’auront plus soif, et le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur, parce que l’Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Apoc. 7. 14 à 17)

Le riche, qui avait été comblé de jouissances, était maintenant en hadès, loin de Dieu, où il ne pouvait plus espérer ni même se repentir. Il était si tourmenté que, levant les yeux et voyant de loin Abraham et Lazare, il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme » (Luc 16. 24).

Il croyait qu’Abraham, pourrait lui venir en aide et l’appelait père parce que toute la nation juive descendait d’Abraham ; mais celui-ci ne pouvait rien faire pour lui, car il y a un abîme entre le ciel et l’enfer, de sorte que ceux qui voudraient passer ne le peuvent ni d’un côté ni de l’autre. Aussi demandait-il à Abraham d’envoyer Lazare sur la terre pour parler à ses cinq frères et les avertir qu’ils eussent à changer de conduite s’ils voulaient aller au ciel. Mais Abraham le lui refusa encore, ajoutant qu’ils avaient Moïse et les prophètes, et que s’ils ne les écoutaient pas, ils n’écouteraient certainement pas mieux quelqu’un qui viendrait directement à eux du haut du ciel.

L’homme riche fut condamné pour avoir vécu dans l’égoïsme et pour n’avoir aimé ni son Dieu, ni son prochain. Nous serions bien coupables si nous agissions de même ; nous avons plus que Moïse et les prophètes, car nous avons le Seigneur Jésus lui-même qui est descendu du ciel pour nous chercher et nous sauver, et nous serions plus répréhensibles encore que cet homme riche, si nous négligions le salut qui nous est offert.

Une petite fille, appelée Laura, avait été élevée au sein de la plus grande opulence. Elle avait tout ce qu’on peut désirer, abondance de joujoux, de livres, de toilettes. Rien ne lui manquait. Mais, au milieu de tout cela, elle n’était pas heureuse ; elle s’ennuyait, on ne lui avait appris qu’à penser à elle-même : et la pauvre enfant ignorait la douce joie qu’il y a à s’occuper des autres, à donner et à faire plaisir. Voyait-elle un pauvre, elle lui jetait bien quelques sous en passant, mais là se bornait toute sa charité. Les parents de Laura moururent, et. elle alla vivre dans une autre ville, chez une de ses tantes. Elle fut bien étonnée quand elle vit que sa tante faisait venir des pauvres chez elle, leur parlait avec bonté, et s’intéressait à eux. Elle le fut bien plus lorsque sa tante la mena avec elle dans de misérables demeures, et lui fit voir des malheureux qui manquaient de tout.

– Mais, tante, pourquoi n’y envoies-tu pas un domestique au lieu d’y aller toi-même ?

– Parce que je sais, reprit sa tante, que ces pauvres gens auront plus de plaisir à me voir moi-même, et que je pourrai mieux me rendre compte de ce dont ils ont besoin. Jésus nous a dit : « En vérité, je vous dis : En tant que vous l’avez fait à l’un des plus petits de ceux-ci [qui sont] mes frères, vous me l’avez fait à moi » (Mat. 25. 40). Si donc nous voulons leur faire du bien, il faut les aimer et se donner la peine d’aller les voir nous-mêmes.

Si Laura avait toujours vécu dans sa première demeure, elle serait probablement devenue une femme égoïste et dure, et ses richesses l’eussent peut-être empêchée l’aller au ciel. Mais Dieu permit que, sous la bonne direction de sa tante, elle apprît à aimer les pauvres et les malheureux, à se dévouer et à se donner. Après une vie passée à faire le bien et à employer sa fortune d’une manière noble et utile, elle mourut heureuse et paisible dans la foi en son Sauveur.

« Mon pauvre enfant, Vous souffrez donc bien ? » Ainsi parlait une dame à un petit garçon de dix ans, étendu sur la paille, pâle et dévoré de fièvre et recouvert seulement d’une mince couverture toute déchirée. Son corps était d’une maigreur effrayante ; une toux sèche lui déchirait la poitrine ; il était malade depuis longtemps, et ne pouvait presque plus rien manger.

– Oh ! oui, madame, répondit-il, mais pourtant je suis, si heureux !

– Qu’est-ce qui vous rend heureux, cher enfant ?

– C’est reprit-il, parce que je sais que le Seigneur Jésus est venu pour nous sauver et qu’Il me prendra près de lui dans son beau ciel, où il n’y aura plus ni douleur, ni tristesse.

Et puis, ajouta-t-il avec un doux sourire, tout le monde est bien bon pour moi ; voyez ce que Philippe m’a apporté ce matin. Et, de son doigt amaigri, il montra à la dame une petite motte de terre sur laquelle croissait un peu de gazon bien frais et bien vert avec une petite pâquerette au milieu.

Philippe était un autre pauvre garçon qui courait toute la journée pour faire des commissions, gagnant ainsi sa vie. On l’avait envoyé de grand matin hors de la ville ; là sur le bord du chemin il avait trouvé et apporté cette petite fleur pour faire plaisir à son petit camarade souffrant.

Rien qu’une petite pâquerette ; direz-vous ! et pourtant cela avait suffi pour réjouir toute la journée le cœur et les yeux du jeune malade, qui n’était pas gâté comme beaucoup d’entre vous et auquel une babiole faisait plaisir !

Mes chers enfants, si vous êtes riches, donnez, donnez joyeusement ; pensez aux pauvres et tâchez de faire du bien autour de vous.

Si vous êtes pauvres, si la vie est dure pour tous ne murmurez pas, c’est Dieu qui le veut ainsi ; priez-le de vous donner patience, force et courage. Mais, riches ou pauvres, souvenez-vous tous qu’une seule chose est nécessaire c’est d’aimer Dieu de tout son cœur et de croire en Jésus-Christ son Fils qui nous aime, et qui est descendu parmi nous pour nous sauver.

Le pharisien et le publicain (Luc 18. 9 à 14).

Qu’il était beau le temple de Salomon à Jérusalem ! Superbe et majestueux, il était là debout, exposé à tous les regards, et brillant aux rayons du soleil sur le Mont Morija ! De tous les quartiers de la cité on l’apercevait, et lorsque le soir arrivait            dehors dans la ville sainte, la première chose qui frappait les regards était ce temple dans sa magnificence et dans sa splendeur.

Les Juifs en étaient fiers ; ils l’aimaient comme leur plus glorieux monument, comme le joyau précieux confié à leur garde, comme la maison de leur Dieu, leur maison de prière ! Avez-vous jamais lu, mes chers enfants, la belle prière que fit le roi Salomon lorsque, le temple achevé, il le dédia à l’Eternel, en présence du peuple tout entier, implorant pour la première fois sur ce bel édifice la bénédiction de Dieu ? Vous la trouverez dans le premier livre des Rois, au chapitre 8, en commençant au verset 22.

Entre autres choses, Salomon demande à Dieu d’entendre et d’exaucer toutes les prières qui seront faites dans son temple. Il n’est donc pas étonnant que les habitants de Jérusalem s’y rendissent pour prier.

Un jour, comme les derniers rayons du soleil couchant se reflétaient .sur le marbre et le beau plancher de cèdre et se jouaient dans les rideaux de soie, deux hommes se tenaient debout près du sanctuaire à une petite distance l’un de l’autre. Ils étaient venus, après le travail de la journée, pour invoquer l’Eternel ; mais, s’ils étaient différents de mine et d’aspect, combien leurs requêtes l’étaient aussi.

L’un était un pharisien ; il appartenait à cette secte orgueilleuse qui se croyait bien supérieure aux autres hommes. Les pharisiens prétendaient observer exactement tous les préceptes de la Loi et s’y conformer beaucoup mieux que le reste de la nation.

L’autre était un pauvre publicain. La Judée était alors sous la domination des Romains qui obligeaient les Juifs à leur donner de l’argent. C’est ce qui s’appelle payer un tribut ou une taxe. Les hommes chargés d’aller de maison en maison recueillir la taxe .pour les Romains se nommaient des péagers ; plusieurs d’entre eux étaient injustes et voleurs ; ils demandaient plus qu’il ne leur était dû et gardaient une partie de l’argent pour eux ; les Juifs qui étaient très humiliés d’avoir à payer ce tribut et d’être obligés de se soumettre aux Romains, méprisaient beaucoup les péagers.

Tous cependant n’étaient pas mauvais, comme vous allez le voir par la- conduite de celui dont nous parle notre histoire.

Le pharisien, habitué à rechercher la louange des hommes, se tenait debout au milieu du temple, raide, orgueilleux, satisfait de lui-même, et voici ce qu’il disait à l’Éternel : 0 Dieu ! je te rends grâces de ce que ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ni même aussi comme ce péager ! Il se vantait des vertus qu’il croyait avoir ; il jugeait avec sévérité son prochain ; il racontait tout ce qu’il faisait de bien, et c’est ainsi qu’il parlait à ce Dieu qui connaît nos plus secrètes pensées, qui sait combien le meilleur d’entre nous, est encore plein de péchés, à ce Dieu dont les pensées sont élevées au-dessus de nos pensées autant que les cieux sont élevés par-dessus la terre !

Le pauvre péager, lui, se tenait éloigné à l’entrée, dans l’ombre, n’osant pas s’approcher ; ni même lever les yeux vers le ciel. Il était humblement courbé, se frappant la poitrine et disant : « Ô Dieu, sois apaisé envers moi qui suis pécheur ! »

Il sentait profondément combien il était indigne de s’adresser à ce Dieu saint et juste dont les yeux sont trop purs pour voir le mal ! Il sentait qu’il péchait souvent, que même avec les meilleures intentions, il offensait chaque jour son Dieu, et que ce Dieu avait le droit d’être irrité contre lui ; aussi le suppliait-il humblement de ne tenir aucun compte de ses fautes ; mais d’user de miséricorde envers lui.

Chers enfants, vous êtes bien jeunes encore ; et cependant vos consciences vous disent que vous êtes bien souvent désobéissants, paresseux, querelleurs, gourmands, ou grognons. Vous savez que Dieu est bon, saint et pur, qu’Il n’aime pas le mal, que la prière est une demande, et que, lorsque nous nous adressons à Dieu, nous devons le faire avec humilité et respect. Dieu ne veut pas que nous nous vantions dans nos prières, mais que nous lui demandions humblement tout ce dont nous avons besoin. Aussi ne serez-vous pas étonnés que Jésus-Christ, en racontant cette parabole à ses disciples, leur ait dit en parlant du publicain : « Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève, sera abaissé ; et celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 18. 14)

Dieu n’aime pas les orgueilleux, mes chers enfants ; souvenez-vous-en ; n’ayez donc pas une trop haute opinion de vos petites personnes et priez Dieu de vous rendre vraiment humbles de cœur, de vous donner cet esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Lui.

Ceux d’entre vous qui ont lu l’histoire ancienne doivent se rappeler qu’il y avait une fois un roi nommé Nebucadnetsar. Il se croyait le plus grand roi de la terre. Or un jour que, dans son orgueil, il était là debout, sur la terrasse de son palais, à se vanter, à rappeler complaisamment toutes les belles choses qu’il avait faites, savez-vous ce que Dieu fit ? Il lui envoya un terrible châtiment pour le punir de son orgueil ; Dieu lui retira tout à coup la raison : Nebucadnetsar devint fou.

Il sortit de son palais et se mit à errer dans les champs, laissant croître sa barbe, ses cheveux et ses ongles ; grattant la terre pour trouver des racines, et mangeant de l’herbe comme les animaux. Il resta dans ce triste état pendant sept ans. C’est ainsi que Dieu punit l’orgueilleux.

Il y a encore, dans l’Ancien Testament, une histoire bien remarquable sur la manière dont Dieu châtie.

Ézéchias roi de Juda, avait été dangereusement malade, .et Dieu, dans sa bonté, l’avait miraculeusement guéri ; mais, nous dit le livre des Chroniques, Ézéchias ne fut pas reconnaissant du bienfait qu’il avait reçu, car son cœur fut élevé.

Devenu un grand roi, il s’enfla d’orgueil. Le roi de Babylone lui ayant envoyé des ambassadeurs, il les promena dans tout son palais, leur montrant toutes ses richesses, et se vantant devant eux de tous ses biens. Après leur départ, Dieu lui envoya le prophète Ésaïe, qui lui annonça qu’en punition de son orgueil, tous ces beaux trésors dont il avait tiré vanité seraient pris pendant la guerre et emportés à Babylone.

Si nous réfléchissons aux belles histoires de la Bible, nous y verrons toujours au contraire que Dieu a constamment choisi les petits et les humbles pour leur confier les plus belles missions.

Joseph, vendu par ses frères, emmené en pays étranger, comme un pauvre esclave, finit cependant par devenir le gouverneur de l’Égypte et le plus puissant seigneur après le pharaon.

Moïse, fils d’un de ces pauvres Hébreux affligés et asservis en Égypte, fut choisi par. Dieu pour être le conducteur d’Israël et retirer son peuple de la servitude.

Samuel, qui n’était qu’un pauvre et tout petit enfant, entendit la voix de Dieu qui s’adressait directement à lui et devint plus tard un des plus grands prophètes d’Israël. David, qui n’était qu’un petit berger tua le géant Goliath et devint roi.

De pauvres pêcheurs du lac de Génésareth furent appelés par Jésus-Christ à devenir ses apôtres, et Jésus-Christ lui-même a voulu naître dans l’humilité et la pauvreté, Lui, qui aurait si bien pu, s’Il l’avait voulu, paraître sur la terre entouré de gloire et de puissance.

Il est si triste de voir un enfant qui se vante sans cesse, qui est constamment occupé de lui-même, tandis que l’on a tant de plaisir, au contraire, à voir un enfant doux et humble, qui ne cherche qu’à être agréable aux autres, et à être poli et aimable envers tous.

La nature elle-même semble nous montrer que, la douceur et l’humilité ont plus d’attrait que les apparences vaines et pompeuses. N’est-ce pas que vous avez du plaisir à cueillir, dans les champs et sous les haies, les petites violettes parfumées qui se cachent modestement dans l’herbe, et que vous trouveriez bien laid un gros bouquet fait avec des tournesols ou d’autres fleurs de ce genre ? Est-ce que vous ne préférez pas les jolis petits agneaux qui gambadent sur le gazon, au lion du désert qui rugit si fort, que tous les animaux épouvantés s’enfuient et se cachent en tremblant ? Et les gracieuses hirondelles qui reviennent chaque printemps, et dont il est si agréable de suivre le vol dans les airs, ne les préférez-vous pas au hardi vautour, qui a l’air si rude et si dur avec son bec crochu et ses yeux fauves ?

Plus nous serons nous détachés de nous-mêmes pour nous occuper utilement du prochain, plus nous serons heureux ; aimer, voilà le vrai bonheur en ce monde. Chaque fois que nous avons à choisir entre quelque chose à faire pour le prochain, ou quelque autre chose à faire pour nous-mêmes, accomplissons sans hésiter ce que réclame le bien du prochain, et nous n’en aurons jamais de regret. Que Dieu ôte de vos cœurs, mes chers enfants, l’orgueil et l’égoïsme ; qu’il vous aide à n’avoir pas une trop haute opinion de vous-mêmes et vous donne de pouvoir prier avec la foi et l’humilité du publicain.

D’après texte écrit en 1878

QU’EST-CE QUE L’HOMME ?

1. Petitesse de l’homme et grandeur de Dieu

« Éternel ! qu’est-ce que l’homme, que tu prennes connaissance de lui ? » Psaume 144. 3.

« Voici, je suis une créature de rien, que te répliquerai-je ? » Job 39. 37.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant ». Cette pensée de Blaise Pascal rappelle combien l’homme est petit, faible et fragile, si on le compare à l’immense univers qui l’entoure.

Devant le déchaînement des éléments de la nature, ou lorsqu’il faut affronter de graves difficultés, des épreuves, des souffrances, des maladies, la mort… où l’être humain peut-il trouver du secours ?

Dans la Bible, nous voyons le roi David exprimer à plusieurs reprises l’angoisse qu’il éprouve devant la puissance de ses adversaires. Job, par contre, est frappé par toute une série d’épreuves très graves. Mais tous les deux se tournent vers Dieu pour comprendre ce qu’Il veut leur enseigner.

Job demande à Dieu : « Qu’est-ce que l’homme, que tu fasses grand cas de lui, et que ton cœur s’occupe de lui, et que tu le visites chaque matin, que tu l’éprouves à tout moment ? » (Job 7. 17 et 18). Il est profondément conscient de sa propre insignifiance devant Dieu mais, en même temps, à travers les épreuves qui le frappent, il reçoit une grande instruction : lui, une créature aussi peu importante, est l’objet des soins du grand Dieu du ciel et de la terre, du Dieu Tout-puissant !

C’est là une leçon que nous devons aussi apprendre pour nous-mêmes. Fixons nos yeux sur Dieu, afin de Le connaître non seulement comme le Créateur Tout-puissant, mais aussi comme Celui qui nous délivre, le Dieu Sauveur. Il veut nous parler, nous conduire, et instaurer un vrai rapport d’échange de nous avec Lui ; Il veut nous instruire pendant notre vie terrestre, être pour nous un Père qui prend soin de ses enfants.

2. Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme

« Nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la souffrance de la mort, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout » Hébreux 2. 9.

« Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur » 1 Corinthiens 1. 31.

La Bible pose la question et fournit aussi la réponse : « Quand je regarde tes cieux, l’ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as disposées : Qu’est-ce que l’homme, que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, que tu le visites ? » (Ps. 8. 3 et 4). Dieu, le Créateur de l’immense univers, prendrait-il soin de moi, une créature si fragile et insignifiante ? Le texte qui suit est encore plus surprenant : « Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur ; tu l’as fait dominer sur les œuvres de tes mains ; tu as mis toutes choses sous ses pieds » (v. 5 et 6).

Un homme qui domine sur tout l’univers… Qui cela peut-il être ? La réponse se trouve dans les Évangiles : Jésus Christ, le Fils de Dieu, Celui par lequel tout a été créé, dans le ciel et sur la terre.

Comme homme – Fils de l’homme – Il a été fait un peu inférieur aux anges afin de pouvoir mourir et prendre sur Lui le châtiment que nos péchés méritaient. Sur la croix, Jésus a vaincu la mort. Comme étant en même temps Homme et Dieu, Il a été ressuscité et élevé dans le ciel où Il se trouve désormais. « Jésus Christ, qui est à la droite de Dieu (étant allé au ciel), anges, autorités et puissances lui étant soumis » (1 Pier. 3. 21 et 22).

Nous ne voyons pas encore Jésus exercer son autorité sur la terre, car Satan est encore « le chef de ce monde » (Jean 12. 31) à cause du péché qui fait des hommes ses esclaves. Mais Jésus a vaincu Satan et bientôt, lorsqu’Il viendra pour prendre possession du gouvernement du monde, tous Lui seront complètement assujettis. Le croyant qui place sa confiance en Jésus sait qu’il est uni à Lui et qu’il participera à sa gloire à venir.

D’après « Il buon seme » janvier 2024

LA PATIENCE

« Vous avez besoin de patience » (Héb. 10. 36).

« Usez de patience » (1 Thess. 5. 14 ; Jac. 5. 7 et 8).

« Possédez vos âmes par votre patience » (Luc 21. 19).

Chers frères et sœurs en Christ,

Nous allons aborder un sujet bien difficile à mettre en pratique, la patience. De la plus tendre enfance jusqu’à l’extrême vieillesse, nous avons des problèmes pour mettre en pratique ce fruit de l’Esprit, de Galates 5. 22 (patience ou longanimité). Nous avons à user de patience avec les autres, mais aussi avec nous-mêmes dans nos épreuves, maladies, infirmités… et plus nous souffrons, plus nous avons besoin de patience, dans l’attente du retour du Seigneur et de la fin de nos misères.

Beaucoup de versets nous en parlent pour notre exhortation ; voyons-en quelques-uns. En effet, comme nous avons besoin de patience ! Et ce passage d’Hébreux 10, nous dit aussi : « Ne rejetez donc pas loin votre confiance, qui a une grande récompense… Car encore très peu de temps, et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas. Or le juste vivra de foi ».

La confiance en Dieu, la foi dans ses promesses, la certitude du prochain retour du Seigneur, sont indispensables pour une marche dans la patience.

L’exhortation à user de patience nous est rappelée dans deux passages. En 1 Thessaloniciens 5. 14, il est d’abord dit : « Avertissez les déréglés, consolez ceux qui sont découragés, venez en aide aux faibles », puis « usez de patience ». Cette patience nous est nécessaire tout particulièrement vis-à-vis de personnes « compliquées », des déréglés, des découragés, des faibles… Nous perdons naturellement vite notre patience avec eux, avec elles !

L’autre passage, dans Jacques 5, nous dit : « Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur. Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il reçoive les pluies de la première et de la dernière saison. Vous aussi, usez de patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche. Ne murmurez pas les uns contre les autres… Mes frères, prenez pour exemple de souffrance (note : ou : mauvais traitement) et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent l’épreuve avec patience. Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, [savoir] que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux.

(note : patience, ailleurs : constance, longanimité, comme en Hébreux 6. 12).

Ce passage nous montre plusieurs choses :

L’attente a une fin certaine et heureuse : le retour du Seigneur.

La patience est synonyme de persévérance (jusqu’à).

Nous avons l’exemple du laboureur qui doit d’abord travailler (son rôle à lui) et puis il lui reste à attendre la pluie bienfaisante qui ne dépend pas de lui.

Ce n’est pas une attente « en se tournant les pouces » mais pour affermir notre cœur.

C’est une attente, une patience heureuse, non pas dans les murmures et les gémissements.

La patience est en général liée à la souffrance.

Nous avons comme exemple les prophètes, qui ont souffert pour le nom du Seigneur (Jérémie, Jean le Baptiseur, sont des exemples marquants).

La patience est synonyme d’endurance, c’est-à-dire de prendre et de supporter les coups durs dans la durée.

Le résultat, la récompense immédiate, actuelle, lorsqu’on vit dans cette patience, c’est la bénédiction de Dieu, c’est-à-dire son approbation, sa douce présence pleinement ressentie et rafraîchissante.

Un dernier exemple de patience est celui de Job. Personnellement, je ne l’aurais pas cité comme exemple de patience, mais Dieu voyait au fond de son cœur, et malgré son incompréhension, son sentiment d’injustice, et l’acharnement de ses amis appelés des « consolateurs fâcheux », jamais il n’a maudit Dieu ni ne s’est révolté contre lui.

L’histoire de Job témoigne surtout de la miséricorde et de la compassion de Dieu.

User de patience est donc une activité permanente, ou plutôt un état d’esprit, qui demande un effort particulier et qui doit devenir une habitude, une constante dans notre vie.

Le 3ème verset du titre : « Possédez vos âmes par votre patience » (ou posséder en acquérant) (Luc 21), est aussi cité dans un contexte de persécutions. La patience est nécessaire pour préserver notre âme d’être troublée (Ps. 6. 3), d’être abattue (Lam. 3. 20), d’être triste (Ps. 119. 28), d’être dans l’amertume (És. 38. 15). Tout cela dans quel but ? « Afin que [mon] âme te loue par des cantiques et ne se taise point. Éternel, mon Dieu ! Je te célébrerai à toujours » (Ps 30. 12).

Bien-aimés qui souffrez, qui passez par l’épreuve, Dieu ne vous oublie pas ! À travers vos circonstances difficiles, Il veut continuer à vous former et à vous rapprocher de Lui. Écoutons l’apôtre Paul, en Romains 5. 3 à 5, qui, comme Job, a passé par des épreuves terribles : « Nous nous glorifions dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience, et la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance ; et l’espérance ne rend point honteux » (Rom. 5. 3 à 5). Et que nous dit Jacques ? (1. 3 et 4) : « Sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien » (Jac. 1. 3 et 4).

Nous pouvons nous glorifier en Christ lorsque les difficultés que nous traversons avec Lui nous amènent à user d’une patience « divine ». Elles nous donneront de l’expérience dans les soins et la tendresse de notre bon Berger, en vue de notre perfectionnement (2 Cor. 13. 9), et nous aideront à attendre « la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu » (Tite 2. 13). La fin du verset est surprenante : « ne manquant de rien » ! Se trouver dans les tribulations et ne manquer de rien… comment est-ce possible ? En mettant en pratique 1 Timothée 6. 8 : « Ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits » et Philippiens 4. 11 et 12 : « Non que je parle ayant égard à des privations, car, moi, j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ».

Qu’est-ce qui nous aidera à user de patience envers tous et dans les difficultés ? « Réjouissez-vous toujours. Priez sans cesse, en toutes choses rendez grâces… n’éteignez pas l’Esprit… retenez ce qui est bon » (1 Thess. 5. 14 à 22).

C’est bien ce que nous lisons en Romains 12. 12 : « vous réjouissant dans l’espérance ; patients dans la tribulation ; persévérants dans la prière » ; Phil. 4. 4 et 5 : « Car le Seigneur est proche ».

La patience se nourrit aussi par la lecture de la Parole de Dieu : « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15. 13).

Nous l’avons dit plus haut, la patience est un fruit de l’Esprit et fait partie d’une chaîne de vertus du croyant. Nous avons à manifester tous ces caractères.

« Mais le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Gal. 5. 22 et 23).

« Joignez à votre foi, la vertu ; et à la vertu, la connaissance ; et à la connaissance, la tempérance ; et à la tempérance, la patience ; et à la patience, la piété ; et à la piété, l’affection fraternelle ; et à l’affection fraternelle, l’amour » (2 Pier. 1. 6).

« Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité vous supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres…. Et par-dessus toutes ces choses, [revêtez-vous] de l’amour… Et que la paix du Christ… préside dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants » (Col. 3. 12).

« Je vous exhorte… à marcher d’une manière digne… avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour ; vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 1 à 3).

« Poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit ; combats le bon combat de la foi » (1 Tim. 6. 11).

La patience est une des facettes de l’amour. « L’amour use de longanimité » (1 Cor. 13. 14) et elle est sans doute l’une des vertus les plus difficiles à exercer.

Elle est aussi intimement liée à la foi. Voir plus haut 2 Pierre 1. 6 ; 1 Timothée 6. 11, ainsi que les passages suivants : « Que vous ne deveniez pas paresseux, mais imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent ce qui avait été promis… Et ainsi Abraham – croyant caractérisé par sa foi – ayant eu patience, obtint ce qui avait été promis » (Héb. 6. 12 et 15). À propos de l’assemblée à Thessalonique : « Nous souvenant sans cesse de votre œuvre de foi, de votre travail d’amour, et de votre patience d’espérance » (1 Thess. 1.3) ; « Nous nous glorifions… au sujet de votre patience et de votre foi dans toutes vos persécutions et dans les tribulations que vous supportez » (2 Thess. 1. 4). À l’assemblée de Thyatire, il est dit : « Je connais tes œuvres, et ton amour, et ta foi, et ton service, et ta patience » (Apoc. 2. 19).

Il y a encore deux autres assemblées dont la patience est soulignée :

a) Éphèse – « Je connais tes œuvres, et ton travail, et ta patience… et tu as patience, et tu as supporté [des afflictions] pour mon nom, et tu ne t’es pas lassé » (Apoc. 2. 2 et 3).

b) Philadelphie – « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, moi aussi je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur la terre habitée tout entière » (Apoc. 3. 10). C’est une vertu que nous avons à exercer individuellement, mais aussi collectivement. Suis-je un exemple dans « mon » assemblée locale ?

L’apôtre Paul a, lui aussi, été un exemple de patience à toute épreuve : « Nous recommandant comme serviteurs de Dieu, par une grande patience, dans les tribulations, dans les nécessités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes, par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par l’Esprit Saint, par un amour sans hypocrisie » (2 Cor. 6. 4).

« Certainement les signes d’un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience, [par] des signes, et des prodiges, et des miracles » (2 Cor. 12. 12).

À Timothée, Paul écrit : « Tu as pleinement compris ma doctrine, ma conduite, mon but constant, ma foi, mon support, mon amour, ma patience » (2 Tim 3. 10).

En relisant les versets ci-dessus, je remarque qu’en plus d’être souvent liée à la foi, la patience est encore plus souvent liée à l’espérance. Relisez donc les passages, et vous le remarquerez vous-même. En 1 Thessaloniciens 1. 3, la foi est liée aux œuvres, l’amour au travail, la patience à l’espérance. La foi, l’espérance et l’amour de 1 Corinthiens 13. 13 sont des moteurs.

Notre Père céleste est un « Dieu de patience et de consolation » (Rom. 15. 5) : « Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants » (Éph. 5. 1). « Que le Seigneur incline vos cœurs à l’amour de Dieu et à la patience du Christ ! » (2 Thess. 3. 5), étant fortifiés en toute force, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et constance, avec joie, rendant grâces au Père (Col. 1. 11 et 12).

Nous avons donc vu quelques exemples de croyants – et d’assemblées – ayant manifesté cette patience, « C’est pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui [nous] enveloppe si aisément, courons avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi » (Héb. 12. 1).

Chers aînés, je vous laisse avec un dernier verset qui vous concerne tout particulièrement et qui couronne notre trilogie : « Que les vieillards soient sobres, graves, sages, sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience » (Tite 2. 2).

Ah ! donne à notre âme

plus de sainteté,

plus d’ardente flamme,

de sérénité ;

plus de confiance

pour rester debout,

plus de patience

pour supporter tout.

Fais qu’elle contemple

sans cesse l’Agneau,

son parfait exemple,

sa croix, son tombeau,

sa grâce fidèle,

son immense amour,

sa gloire éternelle,

son prochain retour.

Jésus, à nos larmes

Tu veux compatir,

de toutes tes armes

viens nous revêtir.

que dans la lumière,

marchant avec toi,

sans cesse en prière,

nous vivions de foi !

Forme à ton service

des cœurs plus joyeux,

prompts au sacrifice,

toujours sous tes yeux

Qui chantent, qui tremblent,

remplis de ferveur ;

des cœurs qui ressemblent

au tien, cher Sauveur.

Hymnes et Cantiques n° 226

Prière : Seigneur, apprends-moi la patience, jour après jour, heure après heure !

Avec toute mon affection,

Marco

Avril 2023

LA MAISON CHRÉTIENNE

Plan d’étude

– La maison de Dieu, modèle de la maison chrétienne.

– Le mariage, base du couple.

– Le couple, base de la maison chrétienne.

– Les relations entre les parents et les enfants.

– Le rôle d’une maison chrétienne.

Introduction générale

Le sujet de la maison du chrétien peut paraître bien banal. Toutefois, si nous étudions ici un sujet qui touche au quotidien, il touche aussi à l’éternité.

Pourquoi donc un tel sujet ?

– Parce que c’est un sujet qui nous concerne tous : jeunes et moins jeunes, sœurs ou frères, mariés ou célibataires.

– Parce qu’il y a une incidence dans le ciel pour tout ce que nous faisons ici et maintenant.

– Parce qu’il est important aux yeux de Dieu : le mariage est la première institution divine, et le couple est la seule représentation qu’Il nous ait donnée pour nous parler de la relation Christ – l’Assemblée.

– Parce qu’il est, de façon visible, de moins en moins important aux yeux des hommes : unions libres, familles désunies, ses membres ne respectant pas l’ordre de soumission ou d’obéissance établi par Dieu, divorces en constante progression…

– Parce que Satan a une intention négative : il attaque la maison du croyant (groupes de prières pour la désunion des maisons chrétiennes, divorces au sein même des familles chrétiennes) et parallèlement celle de Dieu (divisions de toutes sortes…). Toutes les choses saintes de Dieu sont insupportables pour l’ennemi, c’est pourquoi il les attaque.

LA MAISON DE DIEU, MODÈLE DE LA MAISON CHRÉTIENNE

Par ce premier sujet, de toute importance, parce qu’il touche directement à la Maison de Dieu, nous voudrions montrer que cette maison est étroitement liée (ou interdépendante) à l’état de celle du croyant, et qu’elle en est le modèle (ou plutôt, devrait servir de modèle).

Pourquoi ce sujet est-il si essentiel ?

Parce que, comme nous l’avons déjà dit en introduction générale, les attaques de Satan contre les maisons chrétiennes se font parallèlement à d’autres, dirigées contre celle de Dieu.

Parce que « biologiquement », les deux maisons sont directement liées : point d’assemblées sans familles ou foyers (dont elles sont constituées).

Parce que spirituellement, des familles sont enrichies par leur engagement dans l’Assemblée. Exemple : Obed-Edom et toute sa maison en 2 Samuel 6. 11. Mais inversement, l’Assemblée est elle aussi enrichie : « Des familles unies font des assemblées fortes » a dit quelqu’un ; autrement dit, une assemblée ne peut pas être plus forte que les familles dont elle est constituée…

L’Assemblée de Dieu est présentée dans la Parole sous différents aspects, qui ont chacun une signification : le Corps de Christ nous parle d’unité, l’Épouse, d’amour, le Troupeau, des soins du Berger, la Maison de Dieu (ou l’Habitation de Dieu ou le Temple de Dieu) :

– en tant que famille, d’affection.

– en tant qu’édifice, de stabilité, de solidité (Mat. 16. 18).

A – GÉNÉRALITÉS

LA MAISON DE DIEU

Ses caractères

« La sainteté sied à ta maison, ô Éternel » (Ps 93. 5).

Le temple de Dieu est saint…

Un temple saint dans le Seigneur » (Éph. 2. 21).

« Colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim.3. 15).

« … un Dieu de paix, comme dans toutes les assemblées des saints » (1 Cor.14. 33).

Salutations du Seigneur aux disciples (Jean 20. 19) et des apôtres aux assemblées dans les épîtres.

L’amour nous est montré particulièrement sous l’aspect de la famille de Dieu, et il est souvent présent dans les salutations au début des épîtres.

L’unité. Il y a un Corps mystique, le seul corps de Christ (Éph. 4. 3 à 4).

LA MAISON DU CROYANT

Ses caractères

Un exemple de l’Ancien Testament, celui des Récabites, est un modèle de sainteté pratique.

« … et tels vous êtes » (1 Cor. 3. 17).

Le mari incrédule est sanctifié par la femme… (1 Cor. 7. 14).

« Tes enfants marchant dans la vérité » (2 Jean 4 et 3 Jean 4). Cf. aussi Proverbes 14.11.

« Dans quelque maison que vous entriez, dites premièrement : Paix sur cette maison ! » (Luc 10. 5 et 6 et 1 Sam. 25. 6). Cf. Proverbes 15. 6.

La maison d’Isaac qui, à son début, était marquée par l’amour (Gen. 24. 67), sera, à la fin, marquée par la haine entre les 2 fils…

La maison du croyant est celle de l’unité, mais celle de l’incroyant, à la suite de l’introduction du christianisme, peut être divisée (Luc 12. 51 à 53).

Dieu a choisi, dès l’Ancien Testament, des maisons dans lesquelles son nom est invoqué.

C’est Lui qui « nomme toute famille dans les cieux et sur la terre » (Éph. 3. 15).

Dieu est et reste là aussi le seul vrai architecte.

« Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc » (Mat. 7. 24 et 25).

Le Psaume 127. 1 nous avertit que « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain ». Des ennemis sont là pour « renverser des maisons entières » (Tite 1. 11). Comme les sage-femmes craignirent Dieu, Il leur fit des maisons » (Ex. 1. 21).

Dans le même passage, un parallèle est fait pour que les femmes soient « soumises à leur mari ».

Cette présence, Dieu nous la propose (Luc 19. 5 et Apoc. 3. 20) et nous la Lui demandons (Luc 24. 29).

Ces différents caractères (et d’autres encore), s’ils sont réalisés avec équilibre, vont donner une certaine « atmosphère » à une assemblée ou à une famille chrétienne. Cette atmosphère aura un témoignage positif ou non. On « se sentira bien » ou repris dans un tel endroit, qui sera accueillant pour ceux qui y entrent.

En dehors de ces divers caractères, qui relèvent en grande partie, de notre responsabilité, il y en a d’autres, immuables, car ils font partie des plans éternels de Dieu, et qui relèvent de sa puissance et de son amour. C’est de quelques-uns de ces caractères, dont nous allons parler maintenant.

LA MAISON DE DIEU

C’est un choix divin délibéré, dans ses conseils Dieu a choisi, dès l’Ancien Testament, des maisons dans lesquelles son Nom est invoqué de toute éternité, qui « a choisi Sion et l’a désiré pour être son habitation » (Ps. 132. 13). C’est Lui qui nomme toute famille dans les cieux et sur la terre (Éph. 3. 15).

L’architecte de cet édifice, c’est Dieu, qui est et reste là aussi le seul vrai Dieu (selon Héb. 11. 10). Pour cela, Il s’est servi de Paul, au début de l’histoire de l’Église (1 Cor. 3. 10).

Le fondement, c’est Christ, le véritable Roc (Mat. 18. 20), même si, là aussi, Il s’est servi des apôtres, selon Éphésiens 2. 20.

– « Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc » (Mat. 7. 24 et 25).

La croissance est de Dieu, comme le prouvent divers passages, comme 1 Corinthiens 3. 6 à 9 et Colossiens 2. 19.

Le Psaume 127. 1 nous avertit que « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain ». Mais notre responsabilité est engagée là aussi, comme on le voit en Éphésiens 4. 16, par exemple.

Des ennemis sont là pour « renverser des maisons entières » (Tite 1. 11). Parce que les sages-femmes craignirent Dieu, « Il leur fit des maisons » (Ex. 1. 21).

– En Éphésiens 5. 24, l’Assemblée est vue comme étant « soumise » au Christ, caractère qu’elle porte et qu’elle doit porter !

Enfin, autre caractère – et non le moindre : la présence du Seigneur au milieu d’elle : Matthieu 18. 20.

2 – Les divers membres de la Maison de Dieu

– Le Père : en 2 Corinthiens 6. 18, nous lisons : « Et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, le Tout-Puissant ».

– Le Fils, « fidèle, comme Fils, sur sa maison » (Héb. 3. 6), « grand sacrificateur établi sur la Maison de Dieu » (Héb. 10. 21), « chef… de l’Assemblée », selon Éphésiens 5. 25, « l’héritier de toutes choses », selon Hébreux 1. 2 et Matthieu 21. 38.

– Le Saint Esprit est, entre autres, le lien parfait qui nous unit ensemble, selon Éphésiens 4. 3 et nous unit à Dieu, selon Galates 1. 4 et 6.

– Les « gens de la Maison de Dieu » (Éph. 2. 19) sont considérés sous divers noms dans la Parole :

Des enfants : « le droit d’être enfants de Dieu » nous a été donné par Dieu (Jean 1. 12).

Des fils : « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le Christ Jésus » (Gal. 3. 26).

Des frères, nom que « le » Fils « n’a pas honte » de nous donner (Héb. 2. 11 ; Mat. 12. 50).

Des héritiers, selon Romains 8. 17.

Des « pierres vivantes », selon 1 Pierre 2. 5.

Des serviteurs.

LA MAISON DU CROYANT

2 – Les divers membres de la Maison chrétienne

– Les exemples de pères de familles ne manquent pas dans la Parole. Ils sont toujours considérés en même temps comme chefs sur leur maison.

– La réalité de la présence du Saint Esprit dans nos maisons devrait être une chose de plus en plus ressentie, recherchée et goûtée (même si cette présence est assurée individuellement).

Ces termes utilisés ici sont les mêmes pour la maison du croyant. La distinction est toutefois établie (Héb. 12) entre les enfants et les fils, ces derniers héritiers, connaissant clairement les pensées du Père.

C’est là un terme spécifique à la Maison de Dieu.

Une notion essentielle se dégage pour les deux maisons : la complémentarité (1 Cor. 12. 21 à 26), liée aux divers âges spirituels (1 Jean 2), aux diverses fonctions et responsabilités suivant que l’on est un frère ou une sœur (Rom. 12. 6 à 8). Il s’établit donc naturellement une certaine hiérarchie entre les « administrateurs » (1 Cor. 4. 1 et 2), les « anciens » et les « serviteurs », même si nous restons tous égaux quant au sang de Christ !

B – LE FONCTIONNEMENT

LA MAISON DE DIEU

1 – Les diverses fonctions

L’adoration : « vous-mêmes aussi… êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 Pier. 2. 5).

L’édification : nous sommes « édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l’Esprit », et « l’accroissement du corps lui-même (se fait) en amour » (Éph. 2. 22 et 4. 16).

L’accueil, l’hospitalité : l’Assemblée doit être accueillantes envers « ceux du dehors », comme cette « hôtellerie », dont il est parlé en Luc 10. 34, prête à accueillir n’importe quel homme. C’est encore une « ville de refuge » (Nomb. 35 ; Jos. 20).

Le témoignage de l’Assemblée est rendu principalement à la Table du Seigneur lorsque nous « annonçons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11. 26). Un mauvais témoignage était rendu par l’assemblée à Corinthe (5. 1 ; 11, 18), alors que l’Assemblée est « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15). Nous avons aussi à « annoncer les vertus » de Christ (1 Pier. 2. 9).

La prière : « ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples » nous dit l’Éternel en Ésaïe 56. 7. On trouve un exemple d’assemblée en prière en Actes 12. 12.

L’autorité conférée à une assemblée locale en matière de décision (admission, discipline, etc…) se voit en Mat. 16. 18 -19 et 18. 18, par exemple.

Les dons individuels qui s’exercent dans le cadre de la Maison de Dieu sont donnés par le divin Donateur pour le bien de tous. Des listes (non exhaustives) de ces dons se trouvent 1 Corinthiens 12 et Romains 12.

L’attente de l’épouse pour son divin Époux doit être une réalité constante, et son cri d’espoir est de Lui dire : « Viens » (Apoc. 22. 17).

2 – Les responsabilités qui en découlent

– « Prendre soin de l’Assemblée de Dieu » (1 Tim 3. 5) et « paître le troupeau de Dieu » (1 Pier. 5. 2), sont de la responsabilité des surveillants ou des anciens.

– « Savoir comment se conduire dans la Maison de Dieu » (1 Tim. 3. 15) :

– en manifestant l’amour pour croître : Éphésiens 4. 16 : « tout le corps… produit… l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour ».

Par exemple, « faisons du bien… surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6. 10).

Notre modèle de l’amour, c’est Christ :

– « Comme aussi le Christ a aimé l’Assemblée… » (Éph. 5. 25).

– « Celui que le Seigneur aime, Il le discipline » (Héb. 12. 5 à 8).

– en manifestant la vérité : la doctrine doit être « pure » (Tite 2. 8), la séparation, vécue (2 Tim. 2. 19).

– en étant des ouvriers utiles et non pas inutiles, voire nuisibles (1 Cor. 3. 10 à 15, Aggée 1. 8).

Pour cela, plusieurs conditions sont requises :

– ne le faisons pas en étant dans n’importe quel état : David était disqualifié pour bâtir la Maison de l’Éternel car il était « un homme de sang » (1 Chron. 28. 3).

– restons ensemble proches dans le temps et l’espace (cf. Néh. 2).

– et surtout, souvenons-nous que c’est Lui qui bâtit, et que sans Lui, nous ne sommes rien. « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain » (Ps. 127. 1).

Les « uns les autres » ou « l’un l’autre », nous avons à :

– « Nous parler » (Mal. 3. 16).

– « Se recevoir » (Rom. 15. 7).

– « Se servir » (Gal. 5. 13).

– « Porter les charges » (Gal. 6. 2).

– « Se supporter » (Éph. 4. 2).

– « Être soumis » (Éph. 5. 21).

– « S’aimer » (1 Thess. 4. 9 ; Rom. 13. 8).

– « Se consoler » (1 Thess. 4. 18).

– « S’exhorter » (1 Thess. 5. 11).

– « Nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres » (Héb. 10. 24).

– « Être revêtus d’humilité » (1 Pier. 5. 5).

LA MAISON DU CROYANT

1 – Les diverses fonctions

L’adoration doit être continuelle (« sans cesse », selon Héb. 13. 15), donc aussi dans les maisons ! C’est d’ailleurs tous les jours que la « corbeille » est préparée, avant d’aller au « lieu que l’Éternel… a choisi » (Deut. 26. 2).

– Dans l’Ancien Testament, les parents devaient « inculquer » les vérités essentielles pour l’édification de leurs enfants.

– Que nos maisons soient des maisons accueillantes envers « ceux du dehors », comme pour « ceux du dedans » ! « N’oubliez pas l’hospitalité » nous exhorte, entre autres, Hébreux 13. 1 ; Luc 8. 16 ; 11. 33.

– La famille de Coré a été un témoignage de la grâce divine, ainsi que tant d’autres. Nous avons à avoir un témoignage clair, « afin que ceux qui entrent voient la lumière » (Luc 8. 16). Nos maisons doivent avoir un aspect différent de celles du monde (ne serait-ce qu’en affichant quelques versets – tel l’Israélite d’autrefois « sur les poteaux et les portes de sa maison » (Deut. 6. 9).

– En 1 Pierre 3. 7, on voit que les prières du couple « ne doivent pas être interrompues ». Daniel « s’en alla à sa maison… pour implorer le Dieu des cieux » (Dan. 2. 17).

L’autorité du chef de famille lui est aussi conférée par Dieu : il « commande à ses fils » (Gen. 18. 19), il les « discipline », mais sans despotisme. Il les enseigne, avertit ou donne l’instruction.

– Certains dons individuels peuvent s’exercer dans la cadre plus restreint de la maison chrétienne, telles que les prophéties des filles de Philippe en Actes 21. 9. De toute façon, tout don exercé dans l’Assemblée doit être « préparé » dans le cadre de la famille : lire, à ce sujet, Exode 35.

– En famille, l’attente du Seigneur doit être aussi réalisée : Siméon, Anne et « tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient » la consolation d’Israël, Christ (Luc 2).

Notre maison porte-t’elle le caractère de l’attente ?

2 – Les responsabilités qui en découlent

– « Savoir conduire sa propre maison », dans le même passage de 1 Timothée 3. 5 est directement considéré comme un préalable nécessaire pour « prendre soin de l’Assemblée » ! Ceci est valable aussi pour les « serviteurs » (v. 12), et est confirmé pour les anciens en Tite 1. 6 à 9.

– Pas de croissance de la famille sans amour : « comme une nourrice chérit ses propres enfants », comme un père qui exhorte (1 Thess. 2. 7 et 11).

– « Faisons du bien à tous » (donc aussi aux membres de notre famille !)

« … Maris, aimez vos propres femmes » (Éph. 5. 25).

– « N’irritez pas vos enfants, mais élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éph. 6. 4).

– Il était encourageant pour l’apôtre Jean de constater que les enfants de la dame élue et de Gaïus « marchent dans la vérité » (2 Jean 4 et 3 Jean 4).

– Là aussi, soyons des ouvriers utiles, des aides, de ceux qui « apportent » positivement aux membres de leur famille.

Les mêmes conditions que pour la Maison de Dieu sont indispensables, pour qu’il y ait croissance :

* un état moral qui dénote un esprit de paix.

* une unité d’action dans le combat à mener.

* une réelle dépendance de Dieu : « Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain » (Ps. 127. 1).

Les « uns les autres » ou « l’un l’autre », les responsabilités qui nous incombent dans le domaine familial sont les mêmes que celles que nous trouvons dans le domaine de la Maison de Dieu.

Si nous suivons ces exhortations (listées de manière non exhaustive), et ce, sans acception de personnes, alors les prétendus « problèmes de générations » auront tendance à disparaître, et dans les cas les plus désespérés, nous pourrons nous appuyer sur cette merveilleuse promesse divine : « Il fera retourner le cœur des pères vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères » (Mal. 4. 6).

Conclusion

« Il y a deux maisons qui occupent une place très éminente dans les pages inspirées : ce sont la Maison de Dieu et la maison du serviteur de Dieu. Dieu attache une immense importance à sa Maison ; et cela, à juste titre, parce qu’elle est sienne. Sa vérité, son honneur, son caractère, sa gloire sont inclus dans le caractère de sa Maison ; aussi est-ce son désir que l’expression de ce qu’Il est fasse partie d’une manière évidente de ce qui Lui appartient…

Beaucoup d’âmes peuvent être disposées à comprendre la vérité et l’importance des principes relatifs à la Maison de Dieu, mais il y en a peu, comparativement, qui donnent une attention suffisante aux principes qui doivent gouverner la maison du serviteur de Dieu. Cependant, si quelqu’un posait cette question : « Quelle est la maison qui, après celle de Dieu, a le plus d’importance ? », on lui répondrait indubitablement : « C’est la maison du serviteur de Dieu ». (extraits de « Toi et ta maison ou le chrétien chez lui », par C. H. Mackintosh).

De cette citation, et de notre exposé, nous tirerons donc les deux conclusions suivantes :

– Puisque la Maison de Dieu est celle qui a le plus d’importance à ses yeux, ne devrait-il pas en être ainsi aussi pour nous ? N’avons-nous pas à lui donner la priorité, à « l’élever au-dessus de la première de nos joies » (Ps. 137. 6). C’était d’ailleurs l’état d’esprit d’un David qui, dans un élan d’amour, disait : « Si j’entre dans la demeure de ma maison, si je monte sur le lit où je couche…si je permets à mes yeux de dormir, à mes paupières de sommeiller, jusqu’à ce que j’aie trouvé un lieu pour l’Éternel, des demeures pour le Puissant de Jacob ! » (Ps. 132. 3 à 5)

Plus tard, hélas, ce ne sera plus la priorité des Israélites, qui entendent Dieu leur reprocher, par la bouche d’Aggée : « Est-ce le temps pour vous d’habiter dans vos maisons lambrissées, tandis que cette maison est dévastée ? » (1. 4) Alors, nous voyons au v. 9 que, puisque la priorité pour eux était « la » maison (c’est-à-dire la leur), alors que « ma » maison (c’est-à-dire celle de Dieu) « est dévastée », alors l’Éternel « a soufflé dessus », anéantissant tous leurs efforts. Quel avertissement pour nous, Occidentaux qui, plus de 2000 ans après, nous sommes petit à petit attachés à notre bien-être matériel !

– Puisque, pour Dieu, après sa maison, c’est celle de son serviteur qui a le plus d’importance, ne négligeons pas non plus nos maisons ! Pensons plutôt aux vérités suivantes :

* Sa maison (quant à sa position, et quant au fait que c’est Lui qui la bâtit) nous est présentée comme modèle pour nos maisons. Quel stimulation pour nous à refléter ce modèle !

* Dieu Lui-même nous est un secours des plus importants pour cela. Le monde sans Dieu ne peut comprendre ces choses, essayant de bâtir lui-même ses maisons sans le Divin Bâtisseur, et au mieux avec quelques valeurs morales, de ce fait inefficaces.

Dans un tout récent sondage, il ressort que la famille fait la quasi-unanimité des Européens, 96% d’entre eux voyant en elle une valeur essentielle – valeur, hélas, trop souvent dévalorisée par les faits. Mais dans le même sondage, on découvre que les choses de Dieu (appelées ici la religion) sont laissées loin derrière, en dernière position, avec seulement 39 %. Quelle illusion, l’un ne pouvant pas aller sans l’autre, comme nous l’avons vu !

* Tout ce que nous faisons, disons, pensons, dans nos maisons (choses qui leur donnent une certaine « atmosphère ») a une répercussion immédiate et inévitable sur celle de Dieu (et donc aussi sur son « atmosphère »). Il est, par exemple, illusoire de désirer la paix dans l’Assemblée, si elle n’est pas recherchée et goûtée dans nos maisons. Quel avertissement pour nous !

* Inversement, tout ce que nous faisons, disons ou pensons dans la Maison de Dieu a un effet (positif ou négatif) direct sur nos maisons. Si nous vivons tout pour l’Assemblée, quelle bénédiction pour nos maisons !

* Des deux points précédents, va-t’on en conclure qu’un domaine a plus de conséquences sur l’autre ? Lequel d’entre nous oserait s’avancer sur ce point ? En effet, les « deux maisons » (si l’on peut s’exprimer ainsi, puisqu’elles ne sont pas sur le même plan au niveau des affections divines) sont si intimement liées, si interdépendantes, qu’il est évident que ce qui est fait dans l’une a une conséquence immédiate sur l’autre. La preuve en est que « nous sommes sa Maison » tous les jours de la semaine, et pas seulement le dimanche !

* Enfin, pensons aussi au témoignage vis à vis de ce monde. La Maison de Dieu est un lieu spirituel, « abstrait » pour les gens du monde. Notre maison est située en un lieu géographique précis, concret, visible, souvent plus accessible à tous nos voisins. Ils ont ainsi, plus souvent, notre maison sous les yeux comme exemple. S’y dégage-t’il une atmosphère céleste ? Est-elle le reflet de cette Maison invisible pour les yeux de l’homme naturel ?

LE MARIAGE, BASE DU COUPLE

Le préalable essentiel au mariage chrétien

Dans notre entretien sur le choix de l’épouse, les fiançailles et le mariage, nous supposerons que la question du salut est déjà réglée. Si ce n’est pas encore le cas, chacun a pour lui-même la grande responsabilité de franchir cette étape essentielle de la vie chrétienne.

On voit bien par exemple que le choix d’Ésaü à l’égard du mariage a montré son état véritable. Il choisit d’abord pour femmes deux Héthiennes, ce qui était une véritable provocation (Gen. 26. 34 et 35 ; lire aussi Ex. 34. 11 à 16). Elles furent une amertume d’esprit pour Isaac et Rebecca. Plus tard, il voit son père bénir son frère Jacob et l’aider dans son choix d’une épouse (Gen. 28. 6 à 9). Il perçoit que les filles de Canaan sont mal vues d’Isaac. Alors, cherchant à regagner sa faveur, il va vers Ismaël et prend aussi pour femme une de ses filles. Ses motifs n’étaient pas de ceux que la crainte de Dieu inspire.

L’exemple du monde en la matière, exemple qui peut nous influencer

Ce n’est certainement pas le monde avec sa souillure qui peut nous donner dans ce domaine – comme dans tout autre – une direction convenable. Bien des motifs douteux ou franchement mauvais inspirent bien des mariages dans ce monde, et ils peuvent même se manifester chez des croyants s’ils laissent agir la chair.

Saül donne ainsi Mical à David, dans l’espoir, bientôt déçu, qu’elle lui soit en piège (1 Sam. 18. 21, 25 à 29). Plus tard, David, désobéissant à l’enseignement de la Parole de Dieu, épouse la fille du roi de Gueshur, Maaca. Avait-il des raisons matérielles pour le faire, ou était-ce par orgueil ou par convoitise ? En tout cas, le fruit de cette union sera la naissance d’Absalom, dont nous connaissons la triste histoire (2 Sam. 3. 3).

Nous pensons aussi au cas de Samson. Quels sont ses motifs pour épouser une Philistine, malgré les reproches de ses parents ? « Elle plaît à mes yeux » (Jug. 14. 1 à 3). N’est-ce pas une raison qui joue souvent un grand rôle pour amener un croyant à se placer sous ce que Dieu appelle pourtant « un joug mal assorti » ? (2 Cor. 6. 14)

Les bases sur lesquelles Dieu a institué le mariage

Nous devons retenir les bases sur lesquelles Dieu a établi le mariage et quelles sont donc ses directions à cet égard. « Et l’Éternel Dieu dit : il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Gen. 2. 18). « Et l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, et il dormit ; et il prit une de ses côtes, et il en ferma la place avec de la chair. Et l’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme (Isha) parce qu’elle été prise de l’homme (Ish). C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair (Gen. 2. 21 à 24).

On voit déjà dans ces versets de l’Écriture plusieurs des caractères fondamentaux du mariage dans la pensée divine. La femme est pour l’homme une aide qui lui corresponde, elle a été formée près de son cœur et donnée par Dieu à l’homme.

Désormais cet homme et cette femme sont inséparables devant Dieu : « une seule chair ». Dans la pensée divine, il n’y a pas de divorce. Ailleurs, dans l’Écriture, nous trouvons la confirmation d’un ordre selon Dieu (1 Cor. 11. 3) et des enseignements précis concernant les relations entre les époux (1 Cor. 7. 1 à 5 ; Héb. 13. 4 ; 1 Pier. 3. 7 en particulier) – et sur les relations avec les enfants, question qui sera abordée plus tard.

À propos du célibat

Mais avant de poursuivre ce sujet, il nous paraît opportun de parler du célibat, qui est souvent ressenti comme une frustration par les célibataires, quand ils se comparent à ceux qui sont mariés – et pourtant : « Celui qui n’est pas marié a le cœur occupé des choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur » (1 Cor. 7. 32). Les paroles du Seigneur (Mat. 19. 12) permettent de distinguer trois sortes de personnes :

– celles qui ne s’estiment pas aptes à se marier, par suite d’une infirmité de naissance. Mais la sollicitude du Seigneur est tout particulièrement engagée en faveur de ceux qui sont atteints d’une infirmité, et Il est puissant pour se glorifier en elle (Jean 9. 1 à 3 ; 2 Cor. 12. 9).

– celles qui ont été faites eunuques par les hommes. Ce sont, de nos jours, ceux qui renoncent au mariage, du fait d’ordonnances humaines. Ce qui jadis était opéré corporellement chez l’eunuque, l’est actuellement par des interdictions religieuses, contraires à l’enseignement de la Parole (1 Tim. 4. 3). Nous pensons aux prêtres sur lesquels pèsent cette interdiction, ce qui les conduit parfois vers toutes sortes de désastres moraux.

– celles qui renoncent volontairement au mariage, à la suite d’une décision du cœur de servir le Seigneur sans entraves (1 Cor. 7. 28, 32 et 34).

Les intérêts de Dieu peuvent plus librement remplir la vie d’un célibataire et y produire des effets heureux :

S’il s’agit d’un homme, le Seigneur sera vraiment le centre de sa vie et le désir de son cœur sera de Lui plaire à tous égards. L’apôtre Paul en est un exemple éloquent (1 Cor. 9. 5) et bien des frères à sa suite.

Quant aux jeunes filles célibataires, leur désir sera de garder la sainteté de corps et d’esprit, et de servir pleinement le Seigneur, sans être accaparées par les exigences d’une famille. Le souhait profond de maintes jeunes filles, qui est de se marier, n’est pas exaucé. Il s’ensuit des exercices cachés dont Dieu seul connaît l’intensité. Il sait de quelles sollicitations elles peuvent être l’objet de la part de jeunes gens inconvertis et l’opprobre qu’elles peuvent éprouver dans leur célibat. Mais le Seigneur saura manifester au temps convenable des fruits pour sa gloire dans l’obéissance à tout prix à sa Parole. Dieu bénira finalement les fidèles en contraste avec les épreuves présentes (És. 54. 1 ; 56. 3 à 5).

Selon l’enseignement de 1 Corinthiens 7. 37, celui qui a la conviction que le Seigneur l’appelle à Le servir sans être marié et reçoit la force de rester ferme, ayant pris cette décision dans le secret de son cœur, « fait bien » de rester tel qu’il est. Celui qui accepte sa condition de la main du Seigneur, comme don de grâce, recevra de sa part une vie bien remplie pour Lui.

Le « choix » d’une épouse

Pour le chrétien ayant à cœur de faire la volonté de Dieu, le « choix » d’une épouse sera celui du Seigneur, et non celui de sa volonté propre. En Proverbes 18. 22, il est dit : « Celui qui a trouvé une femme trouvé une bonne chose, et il a obtenu faveur de la part de l’Éternel ». Il s’agit donc de « trouver » celle que Dieu nous destine et non de « choisir » celle que nous voulons.

Cela ne se fera pas sous l’effet d’une impulsion subite. Ce sera le fruit d’un long exercice de prière, dans la dépendance du Seigneur et le respect des enseignements de sa Parole (Prov. 3. 6). Un des points essentiels étant l’amour réciproque, celui-ci doit être l’œuvre de Dieu seul, et Il prend le temps nécessaire pour cela.

On peut conseiller à un jeune frère qui envisage de demander en mariage une jeune fille pour laquelle il éprouve plus que de l’estime, de lire d’abord soigneusement Proverbes 31. 10 à 31. Ce sont les épouses qui bâtissent le foyer. Le prix d’une femme vertueuse est estimé au-dessus des rubis. Avant tout « le cœur de son mari se confie en elle et il ne manquera pas de butin ». « Elle lui fait du bien et non du mal, tous les jours de sa vie » (Prov. 31. 11, 12, 20, 26 et 27). « La femme qui craint l’Éternel, c’est elle qui sera louée » (v. 30).

Il est donc absolument exclu d’épouser une personne incrédule (Amos 3. 3 ; 2 Cor. 6. 14). Ce n’est qu’en se mettant pratiquement au même niveau que celui de l’incrédule que le croyant pourrait trouver une base commune pour marcher ensemble. Il ne peut en résulter que de la tristesse, toutes sortes de misères. Il y a des cas, très rares, où la grâce de Dieu opère. Sinon l’on est uni pour la vie avec quelqu’un qui sera loin de Dieu pour l’éternité ! Voilà des époux qui ne peuvent pas prier ensemble.

Les premiers pas ont souvent de grandes conséquences. Nous sommes en contact, à l’école, au travail avec les inconvertis. Il faut veiller à ne pas se mêler à eux. Être avec eux de pair à compagnon est dangereux car je suis un enfant de Dieu, et peut conduire au mariage. Si une jeune sœur, par exemple, n’accepte pas les attentions d’un incrédule, elle ne se mariera jamais avec lui ! Notre première réaction sera sans doute d’affirmer que jamais l’on n’envisagera un mariage avec un incrédule… Mais les affections qui peuvent se développer dans nos cœurs sont souvent imprévisibles. Attention aux petits commencements ! Comme nous avons besoin de veiller et de prier. Longtemps inaperçues, ces affections peuvent brusquement se révéler fortement enracinées. C’est comme une toile d’araignée, et la confiance en soi, que nous portons tous en nous, aidant, l’on peut se retrouver pris au piège comme Samson (Jug. 16. 20).

Si chacun suit les instructions de la Parole, bien des difficultés seront évitées. Chacun peut se marier avec celui vers qui le Seigneur le conduit, ce sera alors forcément « seulement dans le Seigneur » (1 Cor. 7), c’est-à-dire en reconnaissant son autorité.

Mais il nous faut préciser qu’une autre étape de la vie chrétienne à ses débuts aura normalement une grande influence sur le choix ultérieur d’une épouse. C’est le choix de la compagnie de croyants avec lesquels le Seigneur désire que je me souvienne de Lui dans la fidélité aux enseignements de l’Écriture et le respect de ses droits (Deut. 26. 2 ; Luc 22. 9). Comment pourrait-il y avoir une réelle unité si le mari et la femme, tout en étant l’un et l’autre des enfants de Dieu, n’ont pas la même pensée quant à l’enseignement des Écritures ? À-t-on pris ouvertement position pour le Seigneur en demandant sa place à sa table ? Un compromis, là encore, ne sera pas en bénédiction.

Et si les parents se rendent par conviction personnelle à un rassemblement différent (qui s’est formé ou non sur les bases scripturaires), les enfants aussi seront déboussolés, et peut-être finiront-ils par ne suivre ni l’un, ni l’autre des parents ! La lecture attentive de Nombres 27 et surtout de Nombres 36 place sur notre cœur à chacun cette pensée importante qui a été imposée aux filles de Tselophkhad. L’attachement à l’héritage conduira un cœur fidèle à se marier, selon le commandement de l’Éternel, dans la tribu de ses pères. « Elles deviendront femmes de qui leur semblera bon ; seulement qu’elles deviennent femmes dans la famille de la tribu de leurs pères, afin que l’héritage ne passe pas de tribu en tribu chez les fils d’Israël » (Nomb. 36. 6 et 7).

En pratique, il peut y avoir de grandes différences de personnalités, même entre croyants. Par exemple, une jeune fille élevée dans l’aisance sera-t-elle prête à épouser un jeune homme plutôt pauvre ? Il pourrait y avoir aussi le problème que pose une grande disparité physique (un jeune homme solide et une jeune fille plutôt maladive), sans compter les grandes différences d’âge, de langue, de peuple… Sur le plan spirituel, a-t-on le même désir de se dévouer au service du Seigneur ?

Les chrétiens, tout comme les autres hommes, varient grandement en caractère, en comportement. Leur état spirituel aussi varie beaucoup, et c’est une question importante, dont il faut se préoccuper bien avant le mariage. Sinon, les conjoints peuvent être très malheureux dans leurs relations. Il s’ensuit un triste témoignage devant le monde, et la communion avec le Seigneur laisse beaucoup à désirer.

Les fiançailles

C’est un engagement devant Dieu et les hommes. Un jeune croyant doit être attentif à ne pas s’engager vis à vis d’une jeune sœur, sans avoir à son égard des intentions sérieuses. Il en va de même pour la jeune sœur. C’est déshonorer le Seigneur que de se livrer, comme c’est l’usage dans le monde où nous vivons, au flirt ; et bien des cœurs peuvent être brisés par suite de cette triste conduite,

Répétons que c’est après un temps d’attente et de prière pour connaître la pensée de Dieu, que ce jeune homme et cette jeune fille peuvent se fiancer. Il faut un certain degré de maturité et de ressources pour qu’une nouvelle famille puisse se former sur des bases durables (Prov. 24. 27). L’amour ne résout pas tous les problèmes, en particulier si l’un des conjoints n’est pas assez mûr pour fonctionner sans ses parents. Faute d’études ou d’apprentissage, on peut ne pas avoir de travail qui permette de vivre, et c’est une pierre d’achoppement pour plus d’un mariage pour le jeune homme.

Le temps des fiançailles doit être un temps heureux, où l’on regarde ensemble au moment où on sera unis. C’est un temps sanctionné par l’Écriture (Jér. 2. 2). Pensons à Isaac et Rebecca, à Joseph et Marie. Ces derniers n’étaient pas encore mariés, mais ce moment est anticipé (Mat. 1. 20). « Marie, ta femme ». Il en va de même pour les chrétiens aujourd’hui « fiancés à un seul mari » (2 Cor. 1. 2). Il serait tout à fait inconvenant pour une jeune fille fiancée d’accepter des attentions de la part d’un autre jeune homme. Il en va de même pour un chrétien, s’il se complaît avec un monde souillé (Cant. 7. 13).

Fiancés, nous désirons montrer nos affections, notre amour. Mais il y a dans ce monde des jeux dangereux, des « ambiances » que des enfants de Dieu doivent soigneusement éviter. Manifester des affections est une chose juste et convenable à sa place, mais ce peut-être un piège dangereux pour celui qui se montre imprudent. Un instant de relâchement, un manque de vigilance donnent à notre ennemi et à notre chair, vite complice, l’occasion de se manifester. Les jeunes chrétiens élevés dans ce jour du plus grand relâchement possible dans ce monde, doivent se laisser guider par la Parole de Dieu et non par ce qu’ils peuvent voir autour d’eux. En parlant de ce qui se pratique ouvertement dans ce monde, la Parole parle de bêtes sans raison (Jude 10).

Répétons-le, montrer ses affections est une chose tout à fait convenable à sa place et Dieu nous a donné des capacités pour le faire. Mais une manière déplacée de le faire, et qui tend à se répandre, conduit à gratifier notre chair à bon marché. Ce qui a sa place dans le mariage, ne l’a pas pendant les fiançailles (1 Pier. 2. 11). Demandons au Seigneur de nous garder, nous en recueillerons plus tard les fruits, et le couple goûtera ensemble une joie réelle, celle que Dieu, dans sa grâce, a voulu lui donner de connaître en créant Ève, l’épouse dont Adam avait justement besoin.

LE COUPLE, BASE DE LA MAISON CHRÉTIENNE

Les principes divins

  1. Sur le mariage chrétien

Dieu a voulu comme cacher dans le mariage ses pensées les plus précieuses. Son dessein était d’avoir « une épouse pour son fils » (Gen. 24. 4).

Le mariage est une institution de Dieu. C’est Lui qui prend l’initiative en Genèse 2. 18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Cette pensée sera confirmée par le Nouveau Testament, entre autres en Marc 10. 9 : « Ce que Dieu a uni… ».

Le mariage ne doit pas être rompu par l’homme : « que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10. 9). Il peut être rompu par la mort d’un des deux conjoints, c’est-à-dire par la main de Dieu. Selon 1 Corinthiens 7. 39 : « Si le mari est endormi, elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur ».

Le mariage est pour la terre : « Car, quand on ressuscite d’entre les morts, on ne se marie, ni on n’est donné en mariage, mais on est comme les anges dans les cieux ». (Marc 12. 25).

Le mariage ne confère, en lui-même, aucune grâce qui ait valeur éternelle (voir 1 Cor. 7. 28 à 31). Certes, nous pouvons glorifier le Seigneur dans le mariage et en cela il y a un gain éternel, mais tout autant dans le célibat.

2) Sur le couple

Le couple chrétien est un témoignage devant Dieu et devant les hommes, de ce qu’est l’union de Christ et de l’Assemblée. Voyons ensemble quelques passages fondamentaux.

Genèse 2 : « Dieu forma (ou bâtit) une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme » (Gen. 2. 21 et 22).

– Elle n’est pas tirée de son pied : elle ne sera pas une esclave.

– Elle n’est pas tirée de sa tête : elle ne sera pas le chef.

– Elle est tirée de son côté, c’est-à-dire près de son cœur : elle sera un être aimé.

– Elle ne sera pas une rivale, mais une « aide », un complément à ses côtés.

La chute est intervenue avec ses terribles conséquences, mais Dieu ne change rien à ses pensées et le Nouveau Testament confirme sous la pleine lumière de la révélation, ce que nous n’avions qu’entrevu sous les premiers rayons de cette révélation.

Éphésiens 5 : Le mari est le « chef » de la femme (Éph. 5. 23 ; 1 Cor. 11. 3). Il est le chef (ou tête), car il est une image de Christ qui est le Chef (c’est un titre précieux et glorieux du Seigneur Jésus, souvent mis en évidence dans les épîtres).

La fonction de chef a plusieurs caractères :

– Il domine (voir par exemple Rom. 14. 9).

– Il va devant, il conduit.

– Il commande, selon 1 Thessaloniciens 4. 16. Tout le commandement d’un corps humain est dans la tête. Un corps souffre si la tête ne commande plus. Cette fonction est donc essentiellement positive.

– Il travaille pour le bien et il avertit du danger, selon 1 Thessaloniciens 4. 16.

– Enfin, et ce n’est pas moralement le dernier de la liste, il montre l’exemple.

L’époux, comme Christ, a 3 fonctions, vis à vis de son épouse.

– « Il la sanctifie ». La Parole de Dieu lue, mais aussi les paroles du mari, auront cet effet.

– « Il la nourrit » : pas seulement en apportant par son travail les moyens de subsistance, mais aussi spirituellement. La piété personnelle du mari est donc essentielle.

– « Il la chérit » : dans l’original, ce mot a le sens de consoler.

Dans ce passage, il n’est demandé qu’une chose à l’épouse (comme à l’Assemblée) : la soumission : « Femmes, soyez soumises à vos propres maris comme au Seigneur ; parce que le mari est le chef de la femme… ». La raison biblique qui en est donnée est très claire : « … afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée » (Tite 2. 5). Ce caractère semble, ici, être la condition nécessaire pour que l’épouse (et l’Assemblée dont elle est l’image) puisse profiter pleinement du service d’amour de son mari (service imparfait vu dans le mari – parfait vu en Christ).

« Maris, aimez vos propres femmes ». Il ne pourrait être une image de Christ sans cela. C’est l’exhortation capitale qui lui est faite et qui conditionne les trois fonctions précitées. Cet amour doit être selon Dieu, « versé dans nos cœurs par le Saint Esprit » (Rom. 5. 5 ; Gal. 5. 22), et dans ce cas-là, il s’exercera quelle que soit la réponse à cet amour.

Il n’y a sans doute rien que l’on commande moins à l’homme, et pourtant Dieu nous exhorte environ 25 fois dans le Nouveau Testament à nous aimer l’un l’autre et entre autres : « Maris, aimez vos propres femmes ». L’exhortation est là, de la part de Dieu, reconnaissons humblement que son appel est souvent nécessaire (voir aussi Col. 3. 19).

Une seule fois, en Tite 2. 4, il est dit que les jeunes femmes doivent être « instruites à aimer leurs maris », la chose semblant souvent plus naturelle à une femme qu’à un homme.

1 Pierre 3 : « étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie » (1 Pier. 3. 7). Voici une expression bien touchante pour nous dire que les époux croyants ont une part commune à la grâce de Dieu. Ils ont cet héritage en commun. Sur ce plan-là, ils sont égaux. Mais ils ne le sont pas quant à la nature : la femme est « un vase plus faible, c’est-à-dire féminin ».

Le mari est particulièrement exhorté à ne pas oublier ces deux éléments, « pour que vos prières ne soient pas interrompues ». Le couple est donc appelé à prier d’une façon ininterrompue. Le couple où l’on ne prie pas est, a-t-on dit, « une maison sans toit ouverte à toutes les intempéries ».

1 Corinthiens 7 : « afin que vous vaquiez à la prière, et que vous vous trouviez de nouveau ensemble… » (1 Cor 7. 5). La prière en commun n’enlève nullement la responsabilité et le privilège de la prière individuelle, alimentant la piété personnelle qui viendra renforcer l’unité et la communion du couple.

Ce passage de 1 Corinthiens 7. 3 et 4 nous montre que Dieu a placé des joies particulières dans la vie conjugale, et mari et femme sont exhortés à ne pas se « frustrer » l’un l’autre sans consentement mutuel, ce qui déstabiliserait le couple. « Frustration » ou « consentement mutuel » : il faut toujours choisir la seconde solution « afin que vous vaquiez à la prière ».

« Afin que vous vaquiez à la prière » (v. 5) : le Saint Esprit ne présente pas le couple comme se suffisant à lui-même dans des joies qui pourraient devenir égoïstes, mais se privant « pour un temps » de celles-ci, « d’un consentement mutuel » pour vaquer à la prière, en intercession ou en supplication, pour tous les besoins qui les entourent. Quel équilibre béni mais fragile, car Satan pourrait déséquilibrer le couple par un service spirituel accaparant (fin du v. 5).

Pourquoi l’apôtre Paul nous entretient-il de telles choses ? « Par indulgence, non comme commandement » (v. 6).

B – Quelques exemples de vies conjugales et leurs leçons respectives

Adam et Ève (Gen. 3) : Satan, vu dans le serpent, tente Ève, c’est-à-dire « le vase plus faible ». N’aurait-elle pas dû parler de la proposition du diable à son mari, au lieu de dialoguer avec le serpent ? Pour les choses importantes, une épouse doit s’enquérir de la pensée de son mari, pour qu’ils décident ensemble.

Autre domaine important : le choix du prénom des enfants. Ève n’a pas non plus, semble-t-il, demandé conseil à son mari pour donner les noms de ses enfants (Gen. 4. 1 et 25). Un changement intervient au ch. 5. 3 : c’est Adam qui nomme Seth. Quant à la contradiction apparente entre les chapitres 4. 25 et 5. 3, nous citons G. C. Willis (dans « Aux parents de mes petits-enfants » p. 18 et 19) : « Nous pensons apercevoir quelque chose de cette unité de pensée et d’action à la naissance de Seth, puisque le ch. 4. 25 paraît contredire le ch. 5. 3, tandis qu’ils se complètent ».

Lémec et ses deux femmes (Gen. 4. 23) : c’est le premier homme à avoir deux femmes, ce qui constitue une déviation par rapport à la volonté de Dieu. C’est l’image déplorable d’un couple en révolte contre Dieu, où la chair gouverne (voir v. 23).

Abraham et Sara (Gen. 12 à 23) : c’est le couple sur lequel il nous est donné le plus de détails dans la Parole.

En Genèse 12. 11 à 13, ils conviennent entre eux de dire un mensonge ; un « demi-mensonge » diront les opportunistes, puisqu’elle est sa demi-sœur (fille de son père, mais pas de sa mère), mais Dieu juge que c’est un mensonge. Ils récidiveront en Genèse 20. 2, ce qui est toujours plus grave, mais jugeront le péché en Genèse 20. 12. Toutefois, cela a constitué un mauvais exemple pour leur fils (26. 7). Il est nécessaire de dire la vérité aux autres et aussi au sein du couple.

D’autre part, nous pouvons penser qu’Abraham aimait beaucoup Sara, mais toutefois pas assez pour mourir pour elle : « Ils me tueront » (à la différence de Christ pour l’Assemblée).

En Genèse 16. 2, « Abraham écouta la voix de Sara », ce qui est en l’occurrence la voix de la chair impatiente et aigrie. Ni l’un ni l’autre ne s’attache en ce moment à la sûre promesse de Dieu, et Ismaël naît, ancêtre des Arabes, peuple ennemi d’Israël. Certes, un mari doit écouter la voix de sa femme, mais seulement quand celle-ci « ouvre sa bouche avec sagesse » (Prov. 31. 26). D’autre part, un des conjoints doit relever l’autre quand il est défaillant quant à sa foi (cf. Éccl. 4. 9 et 10).

En Genèse 21. 10 à 12, Sara a recouvré le discernement spirituel de la pensée de Dieu, aussi son mari peut, sur l’ordre divin, écouter sa voix : « Chasse la servante et son fils ». Il faut chasser la chair (non pas quant à sa présence, mais quant à ses manifestations) de nos foyers pour que le Divin Isaac soit à l’honneur.

Isaac et Rebecca (Gen. 25 à 27) : c’est l’image d’un couple qui commence bien, mais finit mal. « Et Isaac pria instamment l’Éternel au sujet de sa femme » (25. 21). Prions pour nos épouses, comme Isaac. Il y a aussi de la piété chez Rebecca : elle consulte l’Éternel (v. 22). Mais les enfants vont désunir ce foyer, par la faute même des parents : « Isaac aimait Ésaü car le gibier était sa viande, mais Rebecca aimait Jacob » (v. 28). Attention aux préférences, non à cause d’Ésaü lui-même mais à cause d’un met. Triste fin : Rebecca va tromper son mari aveugle. Sa dernière parole relevée par l’Écriture est désespérée . « J’ai la vie en aversion… à quoi bon pour moi de vivre » (v. 46). Elle mourra sans revoir son « préféré ».

Jacob et Rachel (et Léa) (Gen. 29 et 30) : « Jacob servit pour Rachel sept années et elles furent à ses yeux comme peu de jours, car il l’aimait » : belle image de Christ qui s’est acquis l’Assemblée. Mais trompé, Jacob a deux épouses, Rachel et Léa, ce qui amène dans ce foyer rivalité, amertume, aigreur, souffrance : ce qui n’est pas selon la pensée de Dieu produit toujours ces résultats. Pour notre avertissement, l’Esprit de Dieu nous rapporte une « scène de ménage » (30. 1 et 2). Jacob dit ici à sa femme une chose juste, mais n’y met pas le bon ton : et nous ? Après ce moment d’aigreur, un travail précieux se fera dans l’âme de Rachel (v 22 et 23) et Dieu donnera Joseph.

Il est précieux de relever que l’amour de Jacob pour Rachel se maintiendra vivant jusqu’au bout de leur course ensemble, et le souvenir en demeurera bien des années après (voir Gen. 48. 7). Un amour fort, malgré des défaillances.

Moïse et Séphora (Ex. 4. 25) : Séphora, n’étant pas du peuple de Dieu quant à son origine, semble heurtée par la pratique de la circoncision. Toute jeune fille apporte avec elle un bagage de coutumes et de sensibilités, lié à sa culture, à son rang social, à la famille où elle a vécu avant le mariage, aux amis qu’elle a fréquentés… Elle devra, dans sa vie conjugale, abandonner certaines de ces choses, surtout si elle s’unit à un serviteur de Dieu. Car l’essentiel, c’est d’avoir ensemble la pensée de Dieu. Séphora s’y soumet quand elle voit son mari en danger de mort, mais vraiment à contrecœur : « Tu m’es un époux de sang » (v. 25).

L’a-t-elle suivi pour sa mission difficile en Égypte ? Il semble que non, puisqu’elle vient avec ses fils et son père vers Moïse à la montagne de Dieu après la sortie d’Égypte (18. 5). À-t-elle rebroussé chemin dans le désert, comme Marc plus tard ? On ne sait pas. Cela nous montre qu’il n’est pas facile de marcher aux côtés d’un serviteur de Dieu, et une jeune fille doit « calculer la dépense » – et aussi en discerner tout le privilège.

Manoah et sa femme (Jug. 13) : Dans ce temps si sombre du livre des Juges, il est précieux de rencontrer un tel foyer. Ce qui les caractérise : communion, intimité, partage. Il est important de se parler entre époux (v. 6, 10, 22 et 23). L’épouse semble ici plus spirituelle que son mari : c’est elle qui le rassure. Remarquez dans sa réponse sa logique de foi. C’est vraiment une femme vertueuse : « le cœur de son mari » a tout lieu de « se confier en elle ». Sa soumission et son effacement sont tels que son nom n’est pas donné, sinon qu’elle est « la femme de Manoah ».

Élimélec et Naomi (Ruth 1. 1 à 3) : Sous la pression de la famine, ils quittent Bethléem pour s’en aller aux champs de Moab, sans consulter Dieu. C’est l’exemple d’un foyer où il n’y a pas de dépendance, pas de prières communes pour demander le vrai chemin à Dieu. Les conséquences en sont tristes.

Elkana et Anne (et Pennina) (1 Sam. 1) : C’est toujours le même constat : il y a souffrance et difficulté supplémentaires, quand l’on s’éloigne de la pensée de Dieu. Nous avons, dans ce foyer, à la fois le spectacle émouvant d’un mari aimant, mais impuissant devant le chagrin et la souffrance de sa femme, dus à une rivalité.

Un bon conseil en pareille circonstance aurait été : « Parles-en directement à Dieu ». C’est ce qu’Anne a fait, obtenant soulagement et délivrance. Dieu donne Samuel, et ce couple sort, nous le voyons, fortifié de ce moment de crise : … « d’année en année, quand elle montait avec son mari pour sacrifier le sacrifice annuel » (2. 19).

Tout mari a devant lui, un jour, une épouse en pleurs ; les raisons en sont plus ou moins graves et plus ou moins cachées : « C’est un vase plus faible, c’est-à-dire féminin ». Souhaitons, en apprenant d’Elkana et d’Anne, que l’issue en soit aussi heureuse que dans leur foyer…

David et ses femmes (2 Sam.) : Dieu a supporté, sous l’ancienne alliance, même chez ses serviteurs, la polygamie, mais cela, sans jamais l’approuver et en laissant les conséquences avoir leur cours. Au foyer de David, c’est surtout la rivalité entre les enfants de ces différentes femmes….

Mais la grande leçon de la vie de David, c’est qu’aucun couple n’est à l’abri de l’adultère (2 Sam. 11) : l’un des conjoints infidèle à l’autre, le mari étant certainement plus exposé à manquer. Nous devons tous nous encourager à être fidèles l’un à l’autre, car c’est « la volonté de Dieu » de 1 Thessaloniciens 4. 3. Veillons aussi à ce que notre attitude ne pousse pas l’autre à l’infidélité…

Achab et Jézabel (1 Rois 21) : « Achab se vendit pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, sa femme Jézabel le poussant » (v. 25). C’est le couple le plus sinistre de la Parole, par leur vie et par leur mort. Celle qui aurait dû être « une aide » « pousse » encore davantage son mari dans le mal.

Job et sa femme : la femme de Job n’est pas « une aide » pour son mari dans l’épreuve mais, alors que naturellement la souffrance tend à nous aigrir, Job répond avec douceur et respect à cette première « consolatrice fâcheuse » : « Tu parles comme parlerait une des insensées… » et non pas : tu es insensée (Job 2. 10). La chair ne répond pas à la chair, ici, comme au foyer de Jacob et Rachel (voir plus haut).

Le Bien-Aimé et la Bien-Aimée du Cantique des Cantiques constituent un sujet trop élevé pour qu’il soit développé ici.

Zacharie et Élisabeth (Luc 1) : le Saint Esprit peut rendre un témoignage précis à la justice pratique de ce couple âgé : « Ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du Seigneur, sans reproche » (v. 6). Toutefois, cette fidélité ne garantit pas l’absence d’épreuves : « Ils n’avaient pas d’enfant » (v. 7). La ressource pour eux, et pour nous en pareil cas : la prière. C’est un merveilleux exemple d’un couple uni, en prières. « Ne crains pas Zacharie, parce que tes supplications ont été exaucées… » et Dieu leur promet Jean. La foi première de ce mari faillira (v. 18 à 20), mais restauré, il prophétisera rempli du Saint Esprit à la gloire de son Dieu (v. 67 à 79). Élisabeth, elle aussi remplie du Saint Esprit (v. 41), se maintient à un niveau élevé.

En somme, c’est un couple âgé (v. 18), uni dans le même discernement de la pensée et de la gloire de Dieu.

Anne et son mari (Luc 2) : « Anne vécut avec un mari sept ans depuis sa virginité et veuve d’environ quatre-vingt-quatre ans » (v. 36). Bien courte vie conjugale – seulement sept ans – hélas interrompue par la mort de son époux, par la volonté de Dieu. Refusera-t-elle d’être consolée ? Elle trouve dans son Dieu une compensation précieuse à sa solitude et son long veuvage est bien rempli à la gloire de Dieu ! Luc 2. 36 à 38 :

– « Elle ne quitte pas le temple… » : la présence de Dieu.

– « … servant Dieu… » : le service de Dieu.

– « … en jeune et en prière nuit et jour… » : une sainte et continuelle relation avec Dieu.

– « … louait le Seigneur… » : une adoration pour Dieu.

– « …parlait de Lui… » : un témoignage pour Dieu.

– « …à ceux qui attendaient la délivrance » : unie à d’autres dans l’espérance de Dieu.

Ananias et Saphira (Act. 5) : ce couple est uni, mais pas pour une bonne cause : « Ananias, de connivence avec sa femme » (v. 2), ment « à l’Esprit Saint » (v. 3), « à Dieu » (v. 4). Ils ont « convenu entre eux de tenter l’Esprit du Seigneur » (v. 9) et leur cœur (v. 3 et 4) est la source de ce manque de droiture.

Dans le domaine matériel, financier (déclarations de tout ordre…!) que d’occasions de frauder comme le monde et comme ces deux conjoints de concert. N’y aura-t-il, comme ici, aucun des deux pour dire : « Je crois qu’il nous faut finalement marcher avec droiture devant le Seigneur, quoiqu’il nous en coûte, maintenant ».

Aquilas et Priscilla : ils sont toujours nommés ensemble dans le Nouveau Testament, et cela à six reprises. Ce sont deux inséparables.

En Romains 16, on voit qu’ils tirent ensemble au joug, « le joug aisé » du Seigneur pour « l’Œuvre du Seigneur », exposant ensemble leur vie pour celle de Paul (v. 4). C’est un couple à qui étaient redevables toutes les assemblées des nations (v. 4) et qui loge l’assemblée (v. 5).

En Actes 18. 26, c’est un couple, qui avec tact et amour, peut apporter un complément précieux à la grande connaissance d’Apollos.

Avaient-ils des enfants, une famille à eux ? Il est possible que non. Mais ils ont œuvré pour la grande famille de Dieu. Avons-nous de l’émotion devant un tel témoignage rendu à ce couple, ou bien parlons-nous encore « de la terre » (Jean 3. 31), mais nous avons envie de dire qu’au tribunal de Christ, le jour des récompenses, ils seront encore côte à côte (comme Abraham et Sara en Hébreux 11).

C – Quelques conseils pratiques

Trois conseils de base peuvent être donnés aux couples :

Savoir se pardonner (Col. 3. 13). Il serait bien surprenant que la chair agisse partout, sauf au sein du couple. Avons-nous déjà dit à notre conjoint : « Je te demande pardon » ?

Savoir s’accepter l’un l’autre, accepter l’autre dans ses faiblesses et ses infirmités, sans chercher constamment à les stigmatiser ou à les faire disparaître, sachant que nous-mêmes nous avons d’autres défauts. Ne pas le ou la comparer avec une autre personne. Attention, à ce sujet, aux présences trop proches dans les jeunes foyers (jeunes filles au pair, autre couple dans la maison, etc…).

Manifester beaucoup de patience et de grâce, en somme le « fruit de l’Esprit » de Galates 5. 22.

Pourquoi l’homme sage a-t-il « foui profondément » pour bâtir sa maison sur le roc ? (Luc 6. 47 à 49) Parce que le fleuve, l’inondation va se jeter tôt ou tard contre sa maison. Ainsi les foyers chrétiens, nos foyers, sont oppressés par Satan et le monde de l’extérieur, et par la chair des conjoints de l’intérieur. Il faut, pour résister, que les fondations soient bonnes (voir « pré-fiançailles » et « fiançailles ») et une vigilance constante, mais surtout la seule grâce de Dieu.

Attention aux petites fissures qui vont s’agrandir, telles dans un barrage… Les choses sont à régler chaque jour ! Éphésiens 4. 26 nous dit : « Que le soleil ne se couche pas sur votre irritation ». Le mari est particulièrement exposé à « s’aigrir » contre son épouse (Col. 3. 19). Colossiens 3. 12 nous parle de « longanimité », mot qui signifie « long souffle ». Avant de parler, et pour éviter la colère, prenons le temps de respirer ! (voir aussi Job 32. 20)

Mais si une fissure grave est déjà là, que faire ?

Foyers en difficulté

Pouvons-nous aider un foyer en difficulté ? Il est très difficile d’aider un foyer, même si on désire le faire de la part du Seigneur ; si le couple le demande, les choses peuvent être différentes.

Les couples en difficulté devraient avoir la liberté d’aller ensemble voir un frère (ou un autre couple) de l’Assemblée, connu pour sa piété, son expérience de la vie conjugale, et pour sa discrétion, pour lui dire : « Nous ne savons pas ce qui nous arrive, mais depuis quelque temps, nous ne nous comprenons plus… ». Ce frère, peut alors les aider à regarder vers Celui qui « fait tout » (Éccl. 11. 5).

Pourquoi devons-nous régler un conflit conjugal ?

– Parce qu’il est un déshonneur pour Dieu, qui a inscrit dans cette union des choses si merveilleuses.

– Parce qu’il ne fera que s’aggraver et qu’il est un « divorce en puissance », c’est-à-dire une séparation qui n’est pas dans le plan de Dieu (Mat. 19. 9).

– Parce que Satan se cache derrière et cherche à nous diviser.

– Parce que nous sommes tous les deux malheureux.

– Parce que nous rendons malheureux ceux qui nous entourent : « Si un membre souffre, tous souffrent avec lui ».

– Parce que cela ruinerait rapidement notre service pour le Seigneur.

– Parce que nous risquons de troubler nos frères et sœurs dans l’assemblée locale (et affaiblir l’Assemblée).

– Parce que nous sommes appelés à « demeurer » ensemble.

– Parce que le Seigneur le veut, et peut nous aider…

Voilà beaucoup de raisons de nous « réconcilier » (1 Cor. 7. 11) !

Comment devons-nous régler un conflit conjugal ?

– Nous humilier ensemble devant le Seigneur de cet état de choses.

– Lui demander son secours indispensable dans une prière commune.

– Se pardonner les torts. Dire à haute voix à son conjoint : « Je te demande pardon ». Rien ne « débloquera » autant l’autre, et il est bien rare que les torts soient d’un seul côté.

Nous ferons alors l’expérience précieuse de la délivrance que le Seigneur accorde à ceux qui se placent loyalement, droitement devant lui, et nous serons encore plus unis après l’orage qu’avant.

Pourquoi n’avons-nous pas pu régler ce conflit conjugal ?

– Parce que nous n’avons pas dit à notre conjoint : « Viens, nous allons confesser au Seigneur, dans la prière, ce désaccord et Lui demander qu’Il nous aide à trouver une solution.

– Parce que notre orgueil (Prov. 13. 10) ne veut pas céder devant l’autre et nous empêche de dire : « Je te demande pardon ».

– Parce que nous ne le voulons pas vraiment.

– Parce que nous idéalisons le mariage et avons des exigences irréalisables.

À propos des relations d’un jeune foyer avec les parents.

Les parents doivent offrir un espace de liberté au jeune couple. « L’homme quittera son père et sa mère » : « l’homme » car il ne doit pas y avoir deux chefs dans un foyer. Le jeune foyer est dorénavant responsable de ses décisions.

La promiscuité du jeune foyer avec celui des parents a été un sujet de souffrances pour bien des générations. Attention aux « maisons pleines de personnes et de problèmes » (!), selon l’expression d’un frère. Le mariage de leurs enfants doit marquer la fin de l’influence journalière et du contrôle immédiat des parents, ce qui n’empêchera pas aux enfants de les « honorer ».

Divers autres conseils :

Il est nécessaire aussi qu’il y ait de la « transparence » dans le couple : ne rien cacher à sa femme ou à son mari (comme Rachel avec les théraphim : Genèse 31. 32). Exemple : s’il y a une attirance coupable pour une tierce personne, pourquoi ne pas en parler à son conjoint ? Cela donnerait la possibilité de prier ensemble à ce sujet, et le péché serait jugé en son germe… Cela ne veut pas dire quand même qu’il faille tout lui dire (problèmes d’assemblée, compte-rendu « détaillé » des réunions d’administration…).

Donc, ne rien cacher, mais ne pas charger outre mesure inutilement son conjoint. Il faut apprendre à « être vrai dans l’amour » (Éph. 4. 15), et il y a des vérités qui blessent.

Au sujet des combats spirituels à mener : un jeune frère, nouvellement marié, devra-t-il s’engager dans de grands combats spirituels pour le peuple de Dieu ? La sagesse de Dieu dans un passage comme Deutéronome 24. 5 doit être plus sage que la nôtre !

D’autre part, sachons ménager davantage « d’espaces de liberté » pour notre conjoint. Cela demande des petits « sacrifices », des petites attentions de tous les moments.

L’homme doit « se réjouir de la femme de sa jeunesse » (Prov. 5. 15 à 20) – même si elle n’est plus aussi jeune qu’elle ne l’a été. L’épouse cherchera encore « à plaire à son mari » (1 Cor. 7. 34).

Au sujet de l’infidélité (ou adultère) : le mari est certainement plus exposé à ce danger. Son épouse en sera consciente et cherchera à l’aider par les moyens que lui suggérera son amour.

Travail des épouses à l’extérieur du foyer : 1 Timothée 5 et Tite 2 délimitent clairement le cercle premier de la femme : la maison. Mais là aussi, il faut respecter le choix de son épouse, tout en recherchant les véritables motivations (gagner plus d’argent « superflu », augmenter son « standing de vie », avoir son indépendance financière vis-à-vis de son conjoint… ?).

Des solutions intermédiaires peuvent être trouvées, laissant la possibilité de s’occuper de ses enfants (mi-temps, métiers avec des horaires peu contraignants…). Dans tous les cas, ne sacrifions pas notre foyer, mais recherchons son équilibre.

Adoption d’un enfant. L’Écriture ne semble pas la proscrire, puisque le Saint Esprit prend même cette image pour parler de ce que Dieu a fait à notre égard… Toutefois, là aussi, il faut que nous soyons conduits par Dieu et par un dévouement vrai – non pas pour être mû par une volonté propre qui voudrait se procurer ce que Dieu ne nous a pas accordé dans sa sagesse.

Limitation des naissances : Dieu nous a-t-il donné des moyens naturels ? L’abstinence momentanée ne serait-elle pas une forme de « tempérance » (c’est-à-dire de maîtrise de soi) qui est un « fruit de l’Esprit » ? « Contre de telles choses, il n’y a pas de loi » (Gal. 5. 22 et 23).

Pouvons-nous « user » (1 Cor. 7. 31) des moyens mis à notre disposition par le monde moderne ? Chaque couple doit en faire un sujet particulier de prières devant le Seigneur dans la droiture de son cœur. Il nous montrera certainement ce qu’Il approuve ou désapprouve, et cela dans les différentes étapes de la vie du couple.

Deux écueils à éviter :

– Imiter d’autres couples (mêmes chrétiens) sans exercices personnels, et donc faire les choses en l’absence de convictions personnelles.

– Imiter « les principes du monde » (1 Jean 4. 5) qui sont en ce domaine comme en d’autres : tout contrôler, tout gouverner, tout programmer. Et d’ailleurs, Dieu aura tôt fait de nous montrer que, dans ce domaine aussi, Il est celui qui seul décide !

Deux paradoxes à accepter :

– Nous sommes responsables de nos actes dans ce domaine, comme dans d’autres.

– Dieu est souverain : s’il veut nous donner une grande famille, c’est une bénédiction que nous ne devons pas refuser. Les voies de sa sagesse sont merveilleuses (voir le témoignage ci-dessous).

Ainsi, laissons-nous conduire par une telle sagesse.

« … et un petit enfant les conduira » Ésaïe 11. 6.

Sauvés par un nouveau-né

Un de mes plus grands privilèges au cours de mes voyages, est de pouvoir rendre visite à des missionnaires dans le monde entier.

Ceux d’entre nous qui jouissons du confort et de la sécurité de nos maisons en Occident, ne peuvent imaginer ce que peut être la vie d’un missionnaire. Souvent, ils n’ont pas d’eau potable et ne peuvent se procurer que la nourriture la plus simple. Ils sont menacés en permanence par toutes sortes de maladies et d’infections. Certains vivent à des endroits très sauvages, où leur vie est constamment en danger. À ma grande tristesse, mais pour la gloire de Dieu, je dois dire que la liste des hommes et des femmes qui, par amour pour Christ, laissent leur vie sur le champ missionnaire, s’allonge de jour en jour. Ils sont généralement aux premières lignes du front, souvent à des postes isolés, mais ils savent que le Maître qui les y a placés se tient à leurs côtés.

Un jour, j’ai rendu visite à un couple missionnaire qui habitait un coin très retiré de l’Afrique. Leur petite maison était nichée dans un paysage de rêve avec une vue magnifique sur des lacs et des montagnes. Ils possédaient très peu de biens de ce monde, mais ils étaient riches en grâce et vivaient dans un site que beaucoup de gens fortunés auraient payé très cher. Dans leur petite cabane vivaient entassés leurs six enfants, dont le dernier n’avait que quelques mois. « Suivez-moi », me dit la femme du missionnaire en prenant le bébé et en sortant de la maison. « Je voudrais vous raconter une histoire ». Nous nous sommes assises sur un banc. À nos pieds s’étalait un panorama grandiose. On voyait partout des montagnes couvertes de forêts et parsemées de lacs et de cascades.

C’est souvent une lourde charge pour un missionnaire d’avoir une famille nombreuse, me confia-t-elle. Le moment vient où on est obligé d’envoyer ses enfants dans son pays d’origine, parce que par ici il n’y a pas de bonnes écoles. Nous essayons donc d’en profiter au maximum, aussi longtemps qu’ils sont petits.

Elle se tut un instant et regarda l’enfant endormie dans ses bras.

Quand elle reprit, sa voix tremblait d’émotion : quand j’ai appris que j’allais avoir un autre enfant, je me suis rebellée contre Dieu.

Nous avions déjà cinq enfants en bas âge et il ne me semblait pas que c’était juste que je sois obligée d’en porter un sixième. Ma santé n’était pas des meilleures et la perspective de la venue de cet autre enfant me rendait triste et malheureuse ».

Pendant qu’elle parlait, des larmes coulaient sur ses joues.

« Ce n’était donc pas assez d’avoir cinq enfants ? Que n’ai-je pas crié à Dieu ! Par moments, je souhaitais même qu’il me fasse perdre cet enfant.

Puis vint le moment où je devais accoucher. J’étais très faible et il n’y avait pas de médecin dans les parages. Nous n’avions personne pour garder les enfants, aussi mon mari nous a-t-il tous embarqués dans la voiture et conduits dans une ville où il y avait un bon hôpital missionnaire. Nous y sommes restés jusqu’à la naissance du bébé ».

La petite commença à bouger dans ses bras. Elle s’étira, puis se mit à bailler. Elle était si mignonne. La voix de la maman devint très tendre. « En rentrant chez nous avec notre nouveau-né, nous avons appris que pendant notre courte absence, les redoutables Mau Mau avaient fait un raid dans la région et y avaient massacré tous les blancs. Si nous avions été là, ils nous auraient également tués ».

Elle serra le bébé contre sa poitrine. Les larmes coulaient toujours sur son visage. « La petite chérie, c’est Dieu qui l’a envoyée pour nous sauver la vie. Plus jamais, je ne me révolterai contre les voies de Dieu ».

Mariés tous deux inconvertis, j’ai appris à connaître le Seigneur : dois-je quitter mon mari (ou ma femme) incrédule ? Lire attentivement 1 Corinthiens 7. 12 à 17 et 1 Pierre 3. 1.

Le couple et l’argent : Apprenons à vivre avec ce que le Seigneur nous a donné et nous donne, en faisant attention aux dettes (elles ont de bien tristes compagnons en 1 Samuel 22. 2) !

Laissons de la place à la vie de la foi (Mat. 6. 24 à 34). Pour cela, il est important d’avoir sensiblement la même « mesure de foi », sinon il peut y avoir des tensions.

Prières en commun : L’homme, par principe, est la bouche de la femme. C’est lui le chef. L’amen que sa femme dira à ses prières équivaut à un consentement (cf. Nomb. 5. 22). Mais une question se pose : peut-elle prier à voix haute devant lui ? Les avis divergent suivant les couples. C’est justement au couple à décider ensemble, en évitant absolument que le mari « fasse pression » sur la conscience de sa conjointe ! En tout état de cause, la prière orale par les deux est vécue par bien des couples comme une réelle bénédiction.

Et si le rôle est inversé entre l’homme et la femme (celle-ci prenant l’ascendant sur son mari) ? Juges 4. 9 nous dit que ce n’est pas à l’honneur de l’homme qu’il en soit ainsi. Mais là encore, il nous faut nous garder de juger de manière extérieure tel ou tel couple, les torts, dans ce domaine, étant souvent partagés, et rechercher patiemment l’équilibre et l’harmonie voulue par Dieu dans le nôtre.

Le divorce : Quelle que soit notre vision sur ce sujet dont la réalité, hélas, nous environne dans ce monde de toutes parts, il y a des principes simples dont il est important de nous souvenir.

Nous ne pouvons que mettre ce sujet en dernier dans notre exposé, car il est l’échec de tout ce qui a précédé, et il faut qu’il nous apparaisse comme tel. Il n’est pas avant tout l’échec du mariage, mais l’échec de la recherche patiente, volontaire, persévérante, de l’harmonie de la vie conjugale de tous les jours, et cela, bien davantage dans le foyer chrétien. Le divorce est l’accumulation de petits divorces en puissance, de petites fissures non colmatées, de petits péchés non confessés. Le divorce, comme toute division, est un échec global dû à une multitude de petits échecs.

Moïse n’a-t-il pas parlé de lettre de divorce, font remarquer les pharisiens en Matthieu 19. « À cause de la dureté de votre cœur » leur répond le Seigneur. « Au commencement, il n’en était pas ainsi » (v. 7 et 8).

Le Seigneur n’entrevoit-il pas cette possibilité du divorce « pour cause de fornication » (v. 9). Oui, seulement dans l’évangile du Royaume où tout acte d’infidélité est et sera sanctionné (c’est dans ce sens que Dieu prend cette image pour expliquer ses voies gouvernementales en discipline pour son peuple infidèle, mais dans un but de restauration et non pas de rejet définitif. Par exemple : Osée 2. 2, mais v. 14 à 17 ; Ésaïe 50. 1, mais Ésaïe 54. 7). Mais non pas dans l’évangile du Serviteur (Marc 10) où le divorce ruinerait invariablement le service du serviteur du Seigneur.

Dans tous les cas, le divorce définitif n’est jamais présenté dans l’Écriture comme un moyen de régler des conflits conjugaux – encore pire, d’être à un autre. Nous devons plutôt rester ensemble et les régler, selon ce qu’on a dit plus haut…

Conclusion

La sagesse et l’amour de Dieu ont institué le mariage et ordonné la vie conjugale. Il voudra certainement nous aider à réaliser dans nos foyers une bienheureuse harmonie.

Ce sera le plus beau cadeau que nous pourrons donner à nos enfants.

LES RELATIONS ENTRE LES PARENTS ET LES ENFANTS

Introduction

Le foyer chrétien est une sphère privilégiée dans laquelle les relations entre parents et enfants sont appelées à s’exercer dans le Seigneur. Il est remarquable de constater qu’Éphésiens 6. 1 à 4 et Colossiens 3. 20 et 21 placent justement ces relations « dans le Seigneur », c’est-à-dire là où son autorité est reconnue. Cela est de toute importance à considérer, et c’est ce qui nous démarque d’un monde qui vit comme il peut, avec les références qui sont les siennes.

Première partie : enseignements donnés aux enfants vis-à-vis des parents

Ce que Dieu demande aux enfants pourrait se résumer simplement en trois mots : obéir, écouter, honorer. Et ce qu’un enfant apprend là dans sa relation avec ses parents, c’est aussi ce qu’il va être appelé à vivre dans sa relation avec Dieu. Voilà ce qui fait l’importance de ces relations et les place d’emblée à un niveau élevé.

Obéir

L’obéissance n’est pas aujourd’hui un mot à la mode. C’est pourtant la première chose que Dieu demande.

Sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons relevé quelques caractères liés à l’obéissance :

« Enfants obéissez à vos parents ».

– L’obéissance est liée à une autorité reconnue.

– L’autorité suprême, c’est Dieu.

– Dieu a aussi institué des autorités dans le monde pour que l’ordre y soit maintenu. Romains 13. 1 et 2 présente à cet égard un principe général, dont la seule restriction est donnée en Actes 5. 29 : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ».

– Dans la famille, cette autorité est confiée aux parents, et en particulier au père. Mais la mère a droit à l’obéissance de ses enfants autant que le père ! Il est écrit en effet : « Enfants obéissez à vos parents ». Voir également Proverbes 30. 17.

« Enfants obéissez… car cela est juste ».

Juste, c’est à dire selon la pensée de Dieu, selon l’ordre voulu de Dieu dans la famille.

« Enfants obéissez… car cela est agréable ».

– Nous voyons habituellement l’obéissance comme une contrainte, une obligation et, à vrai dire, assez peu souvent comme quelque chose d’agréable ! Pourtant la Parole nous montre qu’il y a un véritable bonheur à obéir. Voir Jean 13. 17 et Jean 14. 23.

L’amour est la clé de « l’obéissance agréable ». Quand on aime, tout se fait plus facilement. Et si j’obéis par amour pour mes parents, par amour pour le Seigneur, cela sera (et me sera) agréable dans le Seigneur !

Obéir implique la dépendance et suppose la confiance.

Ne pas obéir, c’est manifester de l’indépendance. Dans le monde, aujourd’hui, on favorise l’esprit d’indépendance. Il faut que, tout jeune, l’enfant affirme sa personnalité ! Mais ce n’est pas du tout ce qu’enseigne l’Écriture ! La Parole veut nous apprendre à ne pas mettre notre volonté propre en avant, mais à la soumettre à la volonté de Dieu, elle nous apprend à dépendre de Lui. Et cela commence à s’apprendre tout jeune… pour pouvoir continuer à le vivre ensuite ! Est-ce un joug insupportable ? Voir Lamentations de Jérémie 3. 27.

C’est quelque chose de très heureux lorsque l’obéissance et la dépendance se vivent dans la confiance. Si je fais confiance à mes parents, j’obéirai beaucoup plus facilement lorsqu’ils vont me demander quelque chose ! Bien sûr, la confiance doit être cultivée, entretenue, développée, et à cet égard la responsabilité des parents est évidente.

Enfin l’obéissance dans la confiance est une grande sécurité pour l’enfant qui obéit. Et c’est aussi ce que Dieu veut que nous apprenions dans nos relations avec Lui !

Comment obéir ?

Obéir « en toutes choses », c’est-à-dire pas seulement quand cela me plaît, ou quand cela correspond à ma pensée ! Il n’y a pas d’exception à l’obéissance d’un enfant à ses parents (sauf celle déjà citée en Actes 5. 29, mais nous ne supposons pas ce cas dans un foyer chrétien).

– Obéir, c’est obéir tout de suite ! Quelqu’un disait : « Obéir lentement, ce n’est pas obéir ! » Retenons à ce sujet l’exemple de l’enfant Samuel, qui obéit aussitôt avec cette expression qui caractérise si bien l’obéissance immédiate : « Me voici ».

– Obéir, c’est aussi obéir sans discuter, sans raisonner ! Là encore l’esprit du monde peut nous influencer à tort, parce que, au fond, discuter c’est déjà refuser d’obéir ! Mais cela ne veut pas dire du tout que l’obéissance doit être inintelligente ! Bien au contraire, elle pourra être pleine de zèle et intelligente, si elle est liée à l’amour et à la confiance.

Depuis quand, et jusqu’à quand obéir ?

– L’obéissance peut être inculquée déjà au tout jeune enfant (voir Prov. 22. 6), et il est normal qu’elle demeure ensuite tant que l’enfant vit dans le foyer de ses parents.

– Plus tard, les choses sont sans doute différentes lorsque l’enfant a quitté le foyer familial. Toutefois la Parole ne nous autorise pas à dire qu’un enfant devenu grand ne doit plus obéir à ses parents. Nous avons ainsi le bel exemple des Récabites qui ont obéi à leur père Jonadab (voir Jér. 35. 6 à 19), et qui ont reçu à cause de cela une bénédiction particulière de la part de Dieu.

Écouter

– Écouter est quelque chose d’essentiel. Nous venons de voir l’importance de l’obéissance, mais pour obéir il faut d’abord savoir écouter !

– L’Écriture est remplie d’exhortations à écouter et à cet égard chacun peut rechercher avec profit ce qu’en dit le livre des Proverbes, par exemple :

* Écouter son père et sa mère : Proverbes 1. 8.

* Écouter, pour être en sécurité : Proverbes 1. 33.

* Écouter, pour être sage : Proverbes 8. 33 ; 15. 31 ; 19. 20 ; 23. 19.

* Écouter, lié à des promesses ou à des bénédictions : Proverbes 4. 10.

– L’Écriture nous donne aussi maints exemples instructifs à considérer. Un des plus beaux est sans doute encore celui du jeune garçon Samuel. Voir 1 Samuel 3. 10.

– En revanche, refuser d’écouter est toujours quelque chose qui a des conséquences graves :

* Le fils indocile de Deutéronome 21. 18.

* Samson, en Juges 14. 3.

* Saül, en 1 Samuel 15. 22.

Honorer son père et sa mère

C’est un des commandements de la loi que Dieu a donnée à son peuple (Ex. 22. 12). Il est rappelé en Éphésiens 6. 23, comme étant le premier commandement lié à une promesse.

– Comment se manifeste l’honneur rendu à ses parents ?

* Par le respect. Le père et la mère ont droit à ce même respect. Voir Lévitique 19. 3 et Deutéronome 27. 16.

* Par le comportement que l’on a à leur égard.

* Dans les paroles. On ne parle pas avec ses parents comme on parle avec ses camarades !

* Cela n’empêche pas du tout la liberté et la communication d’un enfant avec ses parents, mais les contiennent dans un ordre et une convenance qui sont selon Dieu.

* Une marque particulière de l’honneur rendu à ses parents doit se manifester lorsque ceux-ci avancent en âge. Par exemple :

– Se lever devant les cheveux blancs est lié à la crainte de Dieu (Lévitique 19. 32).

– Ne pas avoir de mépris, particulièrement à l’égard d’une mère âgée (Proverbes 23. 22). Rendre à ses parents les soins que l’on en a reçu. C’est aussi un témoignage de reconnaissance. Ne pas le faire, c’est être pire qu’un incrédule ! (1 Tim. 5. 4 et 8).

L’exemple du Seigneur Jésus

En conclusion de cette partie, considérons l’exemple du Seigneur Jésus :

– Enfant, il était soumis à ses parents (Luc 2. 51).

– Il avait l’oreille ouverte pour écouter (Ésaïe 50. 4).

– Il était soumis à la volonté de son Père céleste, faisant continuellement ce qui Lui plaisait (Jean 8. 29).

– Il pouvait dire aussi en vérité : « Moi… j’honore mon Père » (Jean 8. 49).

– Il a encore pris soin de sa mère, alors qu’Il souffrait sur la croix (Jean 19. 26 et 27).

Le Seigneur Jésus reste pour nous le modèle parfait en toutes choses. Sachons Le contempler et apprenons de Lui !

Deuxième partie : enseignements donnés aux parents vis-à-vis des enfants

Si Dieu nous confie des enfants, c’est pour que nous les élevions pour Lui et pour préparer avant tout leur âme pour le ciel.

C’est à la fois une tâche belle et noble, mais difficile, qui demande d’être beaucoup à genoux, pour rechercher la sagesse et le secours auprès du Seigneur.

La prière

– Nous avons déjà vu l’importance de la prière dans un couple (1 Pier. 3. 7). Lorsque les époux deviennent parents, la prière reste la ressource essentielle, vitale.

– Les parents ont déjà le privilège de prier pour leur enfant dès avant sa naissance :

* Anne, pour Samuel (1 Sam. 1. 10, 11 et 20).

* Manoah et sa femme, pour Samson (Juges 13. 8 et 9).

– Après et pendant toute la vie, prier pour ses enfants reste pour les parents un privilège, une nécessité et une responsabilité de tous les moments !

* Job pour ses fils (Job 1. 5).

* Moïse, placé dans la corbeille de roseaux, en image entouré des soins et des prières de ses parents.

La droiture et la soumission à Dieu

– Il faut d’abord être soi-même soumis à Dieu et régler sa propre conduite devant Dieu ; pourrais-je enseigner à mes enfants ce que je ne pratique pas moi-même ? Pourrais-je leur demander d’obéir, si moi-même je n’obéis pas à Dieu ?

– Puis il y a l’exemple pratique que nous donnons chaque jour. Nos enfants nous voient vivre, nous observent… Il nous appartient, à nous parents, d’être vrais, d’être droits dans toute notre manière d’agir, aussi bien que dans nos paroles. L’exemple donné par le père ou la mère est particulièrement mis en évidence dans l’histoire des rois d’Israël et de Juda. Nous retrouvons souvent cette expression « comme son père avait fait », ou « comme son père et sa mère ». Cela souligne bien l’importance de l’exemple que nous donnons à nos enfants !

L’exercice de la discipline. L’éducation

1) Qu’est-ce que la discipline, l’éducation ?

– C’est tout ce que contient le fait d’élever nos enfants.

Élever signifie : conduire, diriger selon une certaine ligne, c’est-à-dire donner une orientation, un but. Quel est le but que nous nous proposons ? Élevons-nous nos enfants pour la terre ou pour le ciel ? Est-ce que Dieu pourrait dire de nous ce qu’Il a dit d’Abraham en Genèse 18. 19 ?

– La discipline, l’éducation, c’est l’ensemble des soins donnés avec amour et bonté mais dans le strict respect de l’autorité et de l’obéissance.

– N’oublions pas non plus que nos enfants sont comme des plantes délicates, que nous avons à entourer de soins, à protéger, à nourrir, avec le désir de leur vrai bien, de leur développement physique aussi bien que de leur développement spirituel.

2) Comment mettre en œuvre cette discipline ?

Nous sommes exhortés à élever nos enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur :

– Selon le modèle que la Parole nous donne, c’est-à-dire celui de notre Père céleste. Voir Hébreux 12. 5 à 11. La manière de faire de Dieu doit être un modèle pour nous.

– En avertissant, en reprenant, et en châtiant si nécessaire.

* Nous ne devons pas négliger cet aspect-là de la discipline et la crainte doit être inculquée à nos enfants.

*·Corriger ne signifie pas seulement châtier, mais c’est d’abord redresser une trajectoire qui n’est pas droite, et nous avons la responsabilité de redresser ce qui va de travers avant qu’il ne soit trop tard.

* Par exemple, nous ne devrions pas tolérer le mensonge, ou la désobéissance, mais reprendre avec fermeté et punir s’il le faut parce que nous pensons au bien de notre enfant ! Voir Proverbes 13. 24 ; 22. 15 ; 23. 13 et 14 ; 29. 15 et 17.

– La Parole nous donne des exemples solennels de manquements à cet égard : celui d’Éli (1 Sam. 2. 3) ou celui de David à propos d’Adonija (1 Rois 1. 6).

– Avec mesure et avec justice : toutefois nous devons agir avec patience et justice, pas sous le coup de la colère, mais en ayant égard à la faiblesse, à la sensibilité de nos enfants. Aussi sommes-nous exhortés à ne pas les provoquer, ni les irriter, afin de ne pas les décourager (Éph. 6. 4 ; Col. 3. 21; Prov. 19. 18).

– Nos enfants ont aussi besoin d’être conduits avec douceur et bienveillance, d’être compris, d’être aidés dans leurs problèmes, dans leurs difficultés.

3) Apporter la nourriture spirituelle

– C’est un aspect essentiel de l’éducation que nous devons à nos enfants. Si nous veillons à la nourriture physique, aux besoins de leur corps, combien nous devrions aussi être attentifs aux soins de leur âme.

– Dans ce service-là, la responsabilité du père de famille est évidente, et il faut premièrement qu’il se nourrisse lui-même de la Parole afin de pouvoir ensuite en faire part aux siens ! Mais la mère n’est nullement exclue de ce service, qu’elle peut exercer particulièrement à l’égard des plus petits, ou lorsque le père est absent de la maison. Voir Deutéronome 6. 7 et 11. 19 ; 2 Timothée 1. 5 ; 3. 15. Le livre des Proverbes est également rempli d’instructions à ce sujet.

– La lecture en famille : À cet égard, ne négligeons jamais de consacrer du temps chaque jour pour la lecture en famille et pour la prière. Ce ne sera jamais du temps perdu !

– Les réunions de l’assemblée : ne manquons pas non plus d’emmener nos enfants aux réunions de l’assemblée. Ils y ont leur place et nous pouvons ainsi leur montrer pratiquement que nous tenons à ces réunions que le Seigneur nous accorde. La Parole nous donne d’ailleurs des exemples propres à nous encourager à cet égard. Exode 10. 9 ; Josué 8. 34 et 35 ; 2 Chroniques 20. 12 ; Joël 2. 16 ; Actes 21. 5.

Cultiver la confiance et la liberté de communication

Sans confiance, on ne peut pas avancer. Sans communiquer librement, on ne peut pas se comprendre.

Veillons donc à entretenir la confiance avec nos enfants. Soyons vrais avec eux. Allons vers eux. Il faut aussi savoir prendre du temps pour venir parler avec eux, tous ensembles peut-être, mais aussi individuellement. Les circonstances de chaque journée peuvent nous fournir mille occasions de nous entretenir avec eux. À nous parents de les découvrir et de bien vouloir prendre le temps pour cela.

Créer une atmosphère heureuse

C’est en veillant à tous ces détails que nous pourrons réaliser une atmosphère heureuse dans nos foyers. La présence du Seigneur doit y être ressentie, goûtée. Cette présence amène à la fois la crainte et la joie :

* La crainte, parce que si nous sommes conscients que le Seigneur est présent dans notre foyer, nous veillerons à ne pas y laisser entrer le monde sous toutes ses formes. Veillons en particulier à toutes les sources auditives ou visuelles dont la facilité de pénétration dans nos maisons en font des dangers majeurs.

* La joie aussi, parce que nous avons des motifs d’être heureux. Savons-nous encore chanter dans nos maisons ? Chanter des cantiques élève notre âme, c’est une source de joie et d’édification, cela chasse les mauvaises pensées, c’est une occasion pour louer le Seigneur ! Et puis il y a toutes les joies simples de la famille que le Seigneur veut aussi nous donner pour que nous soyons reconnaissants !

Les relations avec l’extérieur

– De même que nous devons veiller à ne pas laisser le monde entrer dans nos maisons, nous devons aussi veiller à ne pas laisser aller nos enfants vers le monde ! Faisons attention, en particulier, aux liaisons amicales avec les camarades du monde, même du monde religieux. Ce qui n’est peut-être que simple camaraderie au départ peut ensuite conduire beaucoup plus loin qu’on ne l’aurait pensé ! Nous le savons bien, l’amitié du monde est inimitié contre Dieu. Et 1 Corinthiens 15. 33 déclare que « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs ».

– Prenons donc garde aux petits commencements, même à ce qui paraît tout à fait anodin au début ! Combien de chagrins ont été la conséquence d’un tout petit commencement ! L’exemple de Dina en Genèse 34 montre de façon très solennelle à quoi peut aboutir un de ces petits commencements !

– En contrepartie, en pensant notamment au témoignage que nous sommes appelés à rendre, la porte de notre maison peut sans doute rester ouverte pour accueillir les petits camarades et voisins, du moins si nous avons le désir de leur parler du Seigneur Jésus. Mais là aussi, il importe d’être prudent, et il faut que le Seigneur nous donne la sagesse pour savoir jusqu’où nous pouvons aller et quand nous devons nous arrêter !

– Et puis il y a les rencontres, les compagnies que nous pouvons au contraire favoriser et qui peuvent conduire à des amitiés saines et heureuses dans le Seigneur. Ruth 2. 22. Psaume 119. 63 : « Je suis le compagnon de tous ceux qui te craignent ».

La grâce du Seigneur

C’est notre ressource suprême. Nous en avons besoin continuellement. Nous nous sentons souvent limités, démunis, manquant de sagesse pour élever ces enfants que Dieu nous confie. Mais apportons-les avec foi et confiance au Seigneur en priant beaucoup, et comptons sur sa grâce !

LE RÔLE D’UNE MAISON CHRÉTIENNE

Plan : 1) L’intention de Dieu en regroupant les hommes par familles.

2) Comment le croyant peut répondre à cette intention de Dieu :

A) En témoignage vis à vis :

– des anges.

– du monde.

– dans l’assemblée.

B) Dans son service (l’aspect plus actif) :

– à l’égard du monde.

– de l’assemblée.

– directement pour Dieu.

1 – L’intention de Dieu en regroupant des hommes par familles

a) C’est le reflet, l’image de réalités spirituelles : Dieu veut nous aider à comprendre ces réalités, et à en saisir l’importance, en particulier celles-ci :

– II est notre Père.

– Il nous a engendrés (Jac. 1. 18 ; Jean 1. 18), nous a donné la vie (nouvelle naissance).

– Il nous a adoptés (Éph. 1. 5), nous a donné des droits.

– Puisqu’Il nous a créés à son image et que nous sommes « sa race » (Act. 17. 29), nous Lui ressemblons (Mat. 5. 45) et devons Lui ressembler (1 Pier. 1. 17).

– De plus Il a autorité sur nous, Il s’occupe de nous : Il nous forme, nous corrige, nous discipline (Héb. 12), nous instruit, nous aime (Jean 14. 21 ; 16. 27), et pourvoit à nos besoins.

– Il est aussi le Père de tous (Éph. 4. 6 ; Jac. 3. 9 ; Mal. 2. 10) en tant que Créateur, à la ressemblance duquel a été fait l’homme, et comme Celui qui prend soin de ses créatures.

– Les liens entre les membres de la famille chrétienne illustrent ceux de la famille de Dieu, mais aussi …

– Les liens entre Christ et l’Assemblée (à un niveau plus élevé).

– La nouvelle naissance : Dieu nous associe à la transmission de la vie, pour la formation de ses futurs adorateurs.

b)  La famille fait partie de l’ordre que Dieu a donné dans la première création, dès le commencement. C’est la première structure, avant même la chute (mais dans la pensée de Dieu, l’Assemblée date d’avant la fondation du monde). Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix (1 Cor. 14. 33).

c)   Continuité dans l’enseignement entre les générations : transmission de la vérité et de la connaissance de Dieu : « Tu les inculqueras à tes fils » (Deut. 6. 7 ; cf. les quatre générations de 2 Timothée 2. 2 et Psaume 78. 5). Éducation des enfants : « Allaite-le pour moi » (Ex. 2. 9). Permettre la transmission de la vie, amener jusqu’à son accomplissement la promesse faite à la descendance de la femme (Gen. 2. 5). Formation par là d’un peuple d’adorateurs, d’où l’importance du service des sages-femmes hébreues en Exode 1, et la récompense correspondante : Dieu leur bâtit des maisons.

d) Par là aussi, dans sa grâce, Dieu satisfait nos besoins :

– intellectuels : partager.

– affectifs : aimer.

– ceux de nos corps : instinct maternel, ne pas « brûler » (1 Cor. 7). Il veut même nous réjouir (Éccl. 9. 9).

Ainsi sa sagesse si diverse est donnée à connaître (cela est dit à propos de l’Assemblée, mais même passage, Éphésiens 3, mentionne la famille, liée au Père). À nous « d’orner » l’enseignement (Tite 2. 10).

2 – Comment le croyant peut-il répondre à cette intention de Dieu ?

Nous sentons combien nous illustrons mal la vérité, et pourtant, nous devons y veiller « afin que la Parole ne soit pas blasphémée » (Tite 2. 5), et cela peut être l’occasion de mettre des personnes en relation avec Dieu. Sa gloire peut et doit être mise en évidence (cf. 1 Rois 10. 7 et 1 Cor. 14. 25).

A. En témoignage :

a) Vis à vis des anges : les anges observent attentivement la façon dont Dieu agit (1 Tim. 3. 16 ; 1 Pier. 1. 12). Tous les anges, pas seulement les anges élus, peuvent voir la sagesse de Dieu (Éph. 3. 10) dans l’assemblée, et dans le respect de l’ordre qu’Il a établi dans la création (1 Cor. 11) pour la place respective de l’homme et de la femme (ce qui se lie au vêtement). Dieu aime se glorifier, vis à vis des anges, de la piété des siens (cf. Job, qui avait, en particulier, grand soin de sa maison : il prie pour ses enfants et se comporte de manière admirable vis à vis de sa femme). Voir aussi l’histoire de la reine de Shéba. Dieu aime à rappeler en Hébreux 11 le comportement de Noé par rapport à sa maison. Veillons aussi à nos paroles, car les anges nous écoutent ! (Eccl. 5. 6).

b) Vis à vis du monde : en face du monde nous pouvons rendre témoignage de la même manière, en vivant notre vie de famille harmonieusement, chacun jouant son rôle à sa place devant Dieu.

Montrons la lumière, sans ostentation, mais sans fuir non plus les occasions de montrer ce qu’est une famille chrétienne, comment elle fonctionne (Sait-on encore dans le monde ce qu’est un père ? L’épanouissement d’une femme mariée passe-t-il nécessairement par une activité professionnelle ?…)

Dans quelle mesure avons-nous à exercer l’hospitalité ? Et l’hospitalité, c’est bien l’amour des étrangers (Héb. 13. 1, littéralement : « que l’amour des frères demeure, mais n’oubliez pas l’amour des étrangers » cf. aussi 1 Timothée 5. 10.

Même un célibataire peut pratiquer l’hospitalité : l’apôtre Paul leur est pour cela un bel exemple en Actes 28. 30 et 31, dans des conditions autrement plus difficiles qu’aujourd’hui !

Le témoignage est possible partout : même dans la « maison de César » un témoignage était rendu à la gloire de Dieu (Phil. 4. 22).

Il y a toutefois bien des points qui peuvent et doivent se voir de l’extérieur, par exemple :

L’importance des réunions de mariage, c’est l’occasion privilégiée de présenter ces sujets. Dommage qu’on n’en parle guère que là !

L’occupation du dimanche, qui surprend souvent, et ce n’est pas toujours facile pour nos enfants d’être différents sur ce point. Les voisins voient partir la famille tout entière. Exode 10. 9 : « Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles ». C’est souvent le point de départ de conversations.

Mentionnons encore, en dehors de l’hospitalité, ce que peuvent observer tous ceux qui ont l’occasion d’entrer dans nos maisons : aides ménagères, ouvriers, peintres etc… De l’intérieur, on en voit davantage :

Une façon de concevoir la famille et le mariage, de prendre des décisions, une maison solide parce que fondée sur le roc : Christ, la Parole. Les liens familiaux ne sont pas vécus de façon égoïste, pour son épanouissement personnel.

La prière à table, puis le repas vécu dans l’amour (Prov. 15. 17) et avec simplicité (Act. 2. 46) : à ce propos, lorsque nous invitons ne faisons pas forcément des prouesses culinaires !

La lecture en famille (sans que ce soit forcément une réunion d’évangélisation destinée à la personne incrédule présente !)

La place de la femme, dans une soumission heureuse et non pas imposée, l’obéissance des enfants…

La façon de s’occuper de personnes âgées (1 Tim. 5. 4), car cela est agréable devant Dieu.

– Les objets qui y ont de l’importance (És. 39. 4). Attention donc à ce qui y rentre !

En résumé : la lumière dans nos habitations (Ex. 10. 23), vue non seulement par ceux qui sont dans la maison (Mat. 5. 15), mais aussi par ceux qui y entrent (Luc 11. 33).

c) Vis à vis de l’assemblée :

Dans l’assemblée aussi il y a un témoignage à rendre, être en exemple, sans pour autant se présenter forcément comme tels (cf. « Moi et ma maison » de Josué 24 , ou les Récabites en Jérémie 35).

Nous avons là aussi à être des témoins (= une « maison-témoin ») de ce qu’est une maison chrétienne, comme Aquilas et Priscilla. Les vérités sont en général connues parmi les amis de l’assemblée, mais elles ont besoin d’être rendues concrètes. Exemple : les soins réciproques des époux, l’amour du mari pour sa femme, le souci pour la femme d’être un complément utile…

B) Dans son service à l’égard du monde, de l’assemblée et directement pour Dieu

Il est difficile sur certains points de distinguer le service de la maison chrétienne du service individuel. Nous ne pouvons pas découper le christianisme en tranches distinctes.

La famille est toujours concernée par le service du chef de famille, nous le voyons bien dans le cas de familles de missionnaires ou de colporteurs ; nous l’oublions plus facilement dans le cas d’un frère ayant un autre ministère public (prophète, docteur, pasteur, ancien).

Le service actif essentiel de la famille en tant que telle, c’est l’hospitalité. Par nature, l’hospitalité est celle de toute la maison, et il faut qu’elle le soit. Quand les enfants sont petits, il n’est pas question de leur demander leur avis, mais il faudra progressivement les impliquer, en particulier quand ils ont la vie de Dieu. Ce n’est pas facile pour eux d’ouvrir leur chambre à des petits enfants, qui laisseront souvent tout en désordre, de s’occuper d’autres, pendant que les parents parleront entre eux. Il faut en parler avec nos enfants, préparer de telles invitations, prier avec eux pour cela, afin que l’hospitalité soit « sans murmures » (1 Pier. 4. 9).

Elle s’exerce à l’égard des étrangers à la maison de la foi (Gal. 6. 10 et 1 Tim. 5. 10). Cf. Abraham et Lot, qui ne savaient pas qui ils recevaient, et Juges 20. Elle n’attend pas de contrepartie. Les anciens l’exercent (1 Tim. 2 et Tite 2). Elle est l’expression de l’amour pour le Seigneur (Mat. 25 ; Jean 12) et de l’amour fraternel dans l’assemblée.

Dans le cadre de l’assemblée, justement, l’hospitalité est nécessaire aux échanges. Mais là encore tout n’est pas simple, même sur le simple plan matériel : par exemple à l’égard de familles nombreuses, souvent peu reçues. Le problème se pose de savoir s’il vaut mieux recevoir en groupe ou individuellement, le caractère des moments passés ensemble n’étant pas du tout le même dans chaque cas.

Le chef de famille doit être très attentif aux conversations à sa table, elles seront plus faciles à orienter si l’on n’est pas trop nombreux. Il vaut la peine de prier auparavant, individuellement et en famille, pour qu’elles soient heureuses et utiles. Est-ce que le lavage des pieds est quelque chose de vécu et d’apprécié par les visiteurs ? Notre maison se « voue-t-elle au service des saints », comme celle de Stéphanas ? (1 Cor. 16. 15) D’autre part, notre maison rend-elle le témoignage d’être une maison où l’on chante des cantiques ?

Mentionnons la bénédiction qu’il y a à recevoir un frère à l’œuvre (2 Rois 4), ou à loger l’assemblée (Rom. 16. 5, Obed-Edom).

Il reste à citer ce service accompli simplement pour Dieu, qu’est le fait d’avoir des enfants, de les élever « pour Lui » (Ex. 2. 9), de les enseigner et de leur donner un exemple.

Dieu n’est jamais notre débiteur, Il nous bénira toujours si nous sommes fidèles dans ce qu’Il nous a confié, « quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu, cependant il a établi avec moi une alliance éternelle, à tous égards bien ordonnée et assurée ».

D’après Réunions de Jeunes au Pin Avril 1994

TRADUCTION DE FEUILLETS (69)

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Jean 3. 16.

AVEUGLE ET SOURD

Dans les montagnes du Liban, une missionnaire invitait chaque soir des enfants pour leur apprendre à lire et profiter de cette occasion pour leur parler du Seigneur Jésus. Mais parmi ceux qui l’écoutaient se trouvait un vieil homme aveugle et sourd.

– Renvoyez-le, lui conseilla une amie, il n’entendra rien de ce que vous direz aux enfants. Il perturbe simplement vos cours avec ses marmonnements.

– Je ne peux pas faire ça, répondit la missionnaire, car alors l’enfant qui le conduit ne viendrait plus non plus.

Le vieil homme continua donc à venir tous les soirs. Alors la missionnaire a eu une idée. Elle lui a pris la main et a écrit le mot « Dieu » à l’intérieur, en caractères arabes. Il l’a compris et l’a répété. Le lendemain, la dame continua et a écrit : « C’est ainsi que Dieu a aimé. » Le troisième jour, elle ajouta : « C’est ainsi que Dieu a aimé le monde. » Cela a continué jusqu’à ce que le vieil homme apprenne tout le texte de Jean 3. 16 : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ».

À partir de ce moment-là, on voyait chaque jour le vieil homme assis près du marché et proclamant ce verset biblique à haute voix. Tous ceux qui passaient pouvaient entendre ce qui avait apporté la paix à son âme et la joie dans son cœur.

D’après Näher zu Dir juin 2024

« Il continua son chemin tout joyeux ». Actes 8. 39.

EN ROUTE – MAIS COMMENT ?

Nous sommes tous en mouvement. Notre vie est comme un voyage vers l’éternité. Tout le monde n’est pas de la même humeur lors de ce voyage.

– Certains avancent avec courage et gaieté. Ils ne savent encore rien des journées chaudes et fatigantes et des nuits sombres de souffrances. Ils sont jeunes et profitent de la vie. D’autres se fraient un chemin avec défi et obstination. Ils sont déterminés à suivre « leur » chemin malgré tous les obstacles. Personne ne doit s’immiscer dans leur vie.

– D’autres encore se traînent, fatigués et apathiques. Ils ont perdu la joie de vivre parce que leur vie est devenue trop difficile et n’offre plus aucune perspective.

– Il y a encore les gens irréfléchis, qui avancent avec la masse sur des sentiers battus. Ils n’ont pas d’objectif propre, mais sont guidés par l’opinion de la majorité.

Le verset du jour parle de quelqu’un qui repartait en voyage avec joie. Le disciple du Seigneur Jésus, Philippe, lui avait annoncé l’évangile, qu’il avait reçu dans son cœur. Sa vie, maintenant, n’était ni un rêve naïf ni un combat acharné. Au contraire, il avait abandonné toutes ses propres voies, ordonné sa vie devant Dieu et s’était remis au Seigneur Jésus. Il avait le pardon des péchés et la paix avec Dieu. C’est pourquoi son cœur était si heureux.

Celui qui emprunte ce chemin et se laisse conduire par Dieu connaîtra la joie du Seigneur, qui ne dépend pas des circonstances. S’il recherche la volonté de Dieu dans la Bible, il peut avancer avec joie vers le but : la Maison du Père.

D’après Näher zu Dir juin 2024

« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres ». Jean 8. 36

L’AMOUR DE SOI

Le tsar de la mode Karl Lagerfeld (1933-2019) s’intéressait aux beaux tissus et aux parfums, mais surtout à lui-même. Lorsqu’on lui a posé une question sur Dieu, il a répondu : cela commence par moi ; cela finit par moi, c’est tout ! Il n’avait pas de place pour Dieu.

Il y a des gens qui ne tournent qu’autour d’eux-mêmes et qui n’ont de place que pour eux-mêmes dans leur vie : ni pour le conjoint, ni pour l’enfant, et certainement pas pour Dieu. Un partenaire n’est le bienvenu que s’il flatte son propre ego – sinon, il est rejeté. Un enfant ne ferait que perturber son propre développement dans la vie : il est rejeté (et souvent avorté). Un Dieu qui formule des normes n’est qu’un facteur perturbateur.

L’égocentrisme – se focaliser sur soi-même – est un problème qui nous touche tous plus ou moins. Lorsqu’il fut promis au premier couple humain : « Vous serez comme Dieu », ils furent trompés et tombèrent dans le péché (Gen. 3. 5). Et si nous sommes honnêtes, nous avouerons que notre propre vie montre aussi exactement cet effet destructeur de notre comportement égoïste : amitiés brisées, mariages rompus, enfants rejetés, vieillissement solitaire… Nous n’avons souvent pas non plus de place pour Jésus-Christ dans notre vie : parce qu’Il nous dérange et nous gêne, parce qu’Il nous dit ce qui est bien et ce qui est mal. Il veut nous libérer de ne penser qu’à notre propre condition ; Il veut guérir, réconcilier et donner ; Il veut élargir notre perspective et nous rendre « vraiment libres ».

Une vie qui ne tourne qu’autour d’elle-même est solitaire et pauvre ; en revanche, une vie transformée et orientée par la foi en Jésus-Christ et son œuvre accomplie sur la croix est libre et riche. C’est une vie qui vaut vraiment la peine d’être vécue, qui se vit dans l’amour et qui a le ciel pour avenir.

D’après die gute Saat juin 2024

« Tu feras un jour à l’arche, et tu l’achèveras en lui donnant une coudée d’en haut ; et tu placeras la porte de l’arche sur son côté ». Genèse 6. 16.

LE TÉMOIGNAGE RENDU PAR NOÉ

Il a été dit que la construction de l’arche par Noé était l’un des plus longs sermons qui aient été prononcés. Noé lui-même est nommé dans la Bible « un prédicateur de justice » (2 Pier. 2. 5). Tout le mépris et le péché qui entouraient Noé ne l’ont pas empêché de faire ce que Dieu lui avait commandé.

Avant que le déluge ne commence, Noé entra dans l’arche par sa seule porte, et Dieu ferma la porte derrière lui. Cela signifiait une sécurité parfaite parce que c’était Dieu qui l’avait fait. Dieu connaissait tout ce qui concernait le jour de jugement proche, ainsi que le jour où l’arche serait ouverte de nouveau. Quand l’arche fut élevée au-dessus des eaux, laissant sans être sauvés tous ceux qui n’y étaient pas entrés, Noé et sa famille étaient parfaitement en paix. Ils restèrent dans l’arche pendant un an et dix jours, et pendant ce temps-là leur foi fut mise à l’épreuve. Mais ils pouvaient regarder vers le ciel par la fenêtre vers Dieu qui les avait sauvés du déluge.

Dieu purifiera à nouveau la terre par le jugement, et il y aura un résidu qui passera par ces grands jugements et sera sauvé pour une terre purifiée. Mais même aujourd’hui nous pouvons nous réjouir dans la sécurité et la protection qui sont trouvées en Christ, Celui qui « nous délivre de la colère qui vient ». Avant que le jugement puisse tomber sur la terre, nous serons enlevés vers la gloire, comme cela est vu en figure par l’enlèvement d’Énoch avant le déluge. Étant encore dans le monde, nous ne sommes pas du monde, mais nous pouvons, même maintenant, jouir de notre relation avec le ciel en attendant notre avenir glorieux.

D’après the Lord is near avril 1985

« Par la foi, Abel offrit à Dieu un meilleur sacrifice que Caïn ; par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu lui-même rendant témoignage à ses dons ; et par celui-ci, étant mort, il parle encore ». Hébreux 11. 4.

UNE FOI QUI ADORE

« Par la foi, Abel offrit à Dieu ». La foi d’Abel le poussa à apporter une offrande à Dieu. Son offrande rend témoignage à l’enseignement complet que Dieu avait donné à Adam et Ève, et eux à leurs enfants, sur la manière de s’approcher de Dieu.

Abel comprit les instructions de Dieu et y fut obéissant. En conséquence, Dieu le reconnut et accepta son sacrifice. Peut-être que le feu de Dieu descendit et consuma l’offrande.

Au tout début de la race humaine, Abel comprit la vérité fondamentale que « sans effusion de sang il n’y a pas de rémission » (Héb. 9. 22). En apportant un agneau – le premier-né de son troupeau – Abel reconnut sa condition de pécheur. L’agneau, une image de Christ, l’Agneau de Dieu, est le symbole de l’innocence et de la soumission de Christ. Dans l’agneau égorgé, Abel reconnaît aussi qu’il est sous la sentence de mort, et montre en même temps son besoin d’un substitut.

Êtes-vous venu à Dieu par la foi, de la manière qu’Il a désignée ? Vous êtes-vous reconnu comme étant mort dans vos fautes et dans vos péchés ? Avez-vous vu dans le Seigneur Jésus Christ l’Agneau de Dieu, Celui qui est votre Substitut, dont le sang a été versé et qui a donné sa vie en rançon pour votre âme ? S’il n’en est pas ainsi, nous vous pressons de venir maintenant – où que vous soyez car maintenant est le temps acceptable, maintenant est le jour du salut (2 Cor 6. 2).

Si vous venez de la manière fixée par Dieu, votre foi sera récompensée, vous serez accepté par Dieu, et Il rendra témoignage à votre être intérieur que vous êtes rendu juste devant Lui. Alors, par la foi, vous pourrez offrir à Dieu le sacrifice de louange, le fruit de vos lèvres, rendant grâces à son nom.

D’après the Lord is near avril 1985

« En vérité, en vérité, je vous dis : celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie ». Jean 5. 24.

L’ASSURANCE, POUR LE PRÉSENT ET L’ÉTERNITÉ

Comme ce verset donne pur réconfort, encouragement et repos à l’âme qui a été troublée par le fait sérieux de ses péchés, et qui est incertaine quant à avoir une relation réelle avec Dieu ! Le Seigneur Jésus parle, avec insistance : « En vérité, en vérité ». Sa Parole est fidèle, elle a la pleine autorité de Dieu, exprimée dans la pleine unité avec le Père qui L’a envoyé. On peut lui faire absolument confiance. Et le Seigneur exprime deux choses simples : d’abord, que l’on doit entendre sa Parole, c’est-à-dire l’accepter honnêtement comment étant vraie. Et deuxièmement, croire que le Père a envoyé le Fils. Fait merveilleux ! – fait vital pour qu’une âme soit sauvée. Car Dieu a envoyé son Fils pour qu’Il meure pour nos péchés et ressuscite d’entre les morts le troisième jour.

Et pour quiconque ces deux choses simples sont vraies, il est maintenant assuré d’avoir la vie éternelle. Assurance précieuse et merveilleuse. Et pour qu’il ne reste aucun doute quant à cette merveilleuse déclaration, le Seigneur ajoute que, quant à l’avenir, tout est parfaitement réglé. À une telle personne est donnée la vie et non le jugement : elle ne viendra jamais en jugement, mais elle est déjà passée de la mort à la vie. Tout dépend, non de quelconques sentiments ou œuvres de la personne, mais de la puissance et de la grâce si grandes du Père et du Fils, auxquelles le croyant fait simplement et réellement confiance.

D’après the Lord is near avril (L.M.G.)

« Le matin venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir ». Matthieu 27. 1.

LA RELIGION ET LA CROIX

Il n’y a rien qui sonde le cœur aussi profondément que la doctrine de la croixle sentier de Jésus de Nazareth rejeté et crucifié. Cela met à l’épreuve le cœur de l’homme jusque dans ses profondeurs. S’il était seulement question de religiosité, l’homme peut aller très loin ; mais la justice n’est pas Christ. Regardez un moment le palais du souverain sacrificateur, qu’y voyez-vous ? Une rencontre spéciale des conducteurs du peuple.

Vous avez là la religion dans une forme très imposante. Nous devons nous souvenir que ces sacrificateurs, scribes et anciens, étaient regardés par le peuple professant de Dieu comme les grands dépositaires de la connaissance sacrée, comme la seule autorité dans toutes les questions de religion, et comme ayant reçu leur rôle sous Dieu dans ce système qui avait été ordonné par Dieu aux jours de Moïse. Et que faisaient-ils ? Ils « tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir » Il y avait là des hommes religieux, et des hommes instruits et influents au milieu du peuple, et cependant ces hommes haïssaient Jésus, et ils se réunissaient en conseil afin de comploter sa mort – pour Le faire crucifier et Le tuer. Ils étaient capables de parler de Dieu et de son culte, de Moïse et de la loi, du sabbat et de toute la religion juive. Mais ils haïssaient Christ.

Souvenez-vous de ce fait si solennel ! Les hommes peuvent être très religieux, même des conducteurs et des docteurs pour les autres, et cependant haïr le Christ de Dieu. C’est une leçon solennelle à apprendre dans ce palais de Caïphe, le souverain sacrificateur. La religiosité n’est pas Christ ; au contraire, les hommes les plus zélés dans la religion ont souvent été ceux qui ont haï le plus amèrement et avec la plus grande véhémence ce Sauveur béni.

D’après the Lord is near avril 1985 (C.H.M.)

« Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez ». Jean 5. 43.

L’ORGUEIL, LE GRAND MAL CHEZ L’HOMME

Cet orgueil de l’homme qui recherche l’honneur de la part de l’homme est vraiment aveugle. Pourtant ce grand mal prédomine de façon alarmante dans toute notre société aujourd’hui. Sans avoir conscience, honnêtement, d’être sous le regard de Dieu, l’homme devient, d’une part d’une arrogance d’acier et d’autre part d’une ignorance lamentable. Mais le Fils du Dieu, béni, est venu, ne recherchant aucun honneur de la part de l’homme, mais l’honneur qui vient de Dieu seul. Car Il est venu au nom de son Père, recherchant exclusivement l’honneur de son Père. Les hommes fiers et se recherchant eux-mêmes n’ont pas compris cela. Il ne les a pas flattés pour obtenir leur faveur. Ils n’ont pas voulu Le recevoir, car ils n’avaient dans le cœur aucun respect réel pour son Père.

Un autre viendra en son propre nom, faisant honorer son nom, s’exaltant lui-même, et Israël, dans son ignorance, le recevra. C’est, évidemment, « l’homme de péché » de 2 Thessaloniciens 2. 3 à 10, appelé en 1 Jean 2, l’Antichrist. Cet homme étalera l’orgueil de la chair, mais ses prétentions se termineront brusquement dans une humiliation totale. Comment les Juifs pouvaient-ils croire au Fils de Dieu, doux et humble, aussi longtemps qu’ils manifestaient le même orgueil que celui de l’antichrist, recherchant l’honneur de simples humains ? Ils n’avaient pas dans leurs pensées le désir de recevoir l’approbation de Dieu.

Si nous admirons le dévouement parfait de notre Seigneur pour le Père, que son exemple nous impressionne profondément afin que nous puissions rechercher l’approbation de Dieu seul, en L’honorant dans nos actes et nos paroles.

D’après the Lord is near avril 1985 (L.M.G.)

« Notre Sauveur Jésus Christ, qui a annulé la mort ». 2 Timothée 1. 10.

« Dieu l’a ressuscité, en déliant les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle ». Actes 2. 24.

POUR CELUI QUI CROIT EN JÉSUS, LA MORT EST VAINCUE

Tandis que l’Écriture insiste fortement sur la gravité et la puissance de la mort, il y a de nombreux passages qui en parlent en contraste avec la puissante action de notre Seigneur qui en a annulé le pouvoir, en l’éteignant et la désarmant de manière infiniment puissante.

L’homme, dans sa chute, a déshonoré Dieu, et cela a entraîné une grande perte pour lui. La désobéissance et la rébellion ont amené inévitablement mort et jugement. Mais un autre Homme a affronté la mort, non parce qu’elle est inévitable, mais de son propre accord, en humilité et totale obéissance, en parfaite soumission, et en cela « même la mort de la croix ».

Quelle gloire immense et excellente éclaire cette scène sombre de la mort de notre bien-aimé Seigneur. Il a changé la mort en un endroit où Dieu a été glorifié, en une place de triomphe, et en écartant tout adversaire ! Comme Goliath, l’ennemi a été mis à mort par sa propre épée. La captivité a été rendue captive, et la délivrance et la liberté sont venues à ceux qui reçoivent le bénéfice de cet acte sublime de sacrifice et d’amour. L’amour divin s’est montré plus fort que la mort. La force de l’opposition de l’ennemi à Dieu a été le moyen de la contre-attaque de Dieu contre lui !

D’après the Lord is near avril 1985

« Que rien ne se fasse par esprit de parti ou par vaine gloire ; mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres ». Philippiens 2. 3 et 4.

LES RELATIONS ENTRE CHRÉTIENS

La Bible nous montre que la vie de notre pensée est un aspect extrêmement important et vital du fait d’être un chrétien. Ce que nous sommes est largement déterminé par la manière dont nous pensons. Proverbes 23. 7 dit : « Comme il a pensé dans son âme, tel il est ».

Un esprit humble est une part importante du contrôle de son esprit. Cependant, on parle beaucoup plus de la responsabilité de combattre l’orgueil que de mettre cela en pratique. Le passage ci-dessus, de Philippiens 2 nous donne quelques indications sur la manière d’acquérir l’humilité de l‘esprit. Le verset 3 nous donne des conseils très pratiques pour commencer à identifier notre tendance à l’orgueil. Ne pensez jamais que vous êtes meilleur ou plus grand que la personne avec qui vous avez à faire – même si vous êtes plus grand ou plus riche ou plus âgé, ou de figure plus plaisante, ou plus athlétique… En fait, considérez toujours « l’autre » comme plus important que vous-même.

Il est certain que quelques-uns des chrétiens de l’assemblée de Philippe étaient plus doués que d’autres, que certains portaient plus la charge que d’autres, et que certains étaient plus spirituels que d’autres. Et cependant les conseils de Dieu dans cette situation étaient pour chacun, de regarder chaque autre frère comme une personne plus importante que soi !

Vous pouvez être certains que si nous suivions cette ligne de pensée, le problème de l’orgueil serait résolu et que nous aurions plus de contrôle sur notre esprit. Un chrétien fier a l’apparence d’avoir toutes choses, mais l’orgueil non retenu ressort toujours à la vue des autres, par des vagues méchantes, et il est un signe sûr d’un esprit non surveillé devant Dieu.

D’après the Lord is near avril 1985

SONGES ET VISIONS

Une des vérités les plus importantes à retenir, est que Dieu parle à l’homme. Cette vérité se trouve tout au long des Écritures ; les Écritures même en sont la preuve irréfutable. Heureux ceux qui écoutent sa voix.

Ce qui caractérise le méchant, c’est qu’il n’a pas d’oreilles ou qu’il est semblable à l’aspic sourd qui se bouche l’oreille et qui n’entend pas la voix des charmeurs (Ps. 57. 4 et 5). « Prête l’oreille à ma loi, mon peuple ! Inclinez vos oreilles aux paroles de ma bouche. J’ouvrirai ma bouche en paraboles » (Ps. 78. 1 et 2). « Oh ! si mon peuple m’avait écouté ! » (Ps. 81. 13). Nous pourrions multiplier les passages qui nous parlent de cette vérité.

Il a parlé aux hommes de plusieurs manières. Il l’a fait du haut du sommet fumant du Sinaï, alors sa voix ébranla la terre. Il a parlé en Fils, comme il est dit dans le premier chapitre de l’épître aux Hébreux : quelle prédication que celle du Fils devenu un homme au milieu des hommes. Maintenant il parle du haut des cieux, nous faisant entendre la voix de sa grâce et la proclamation d’un plein salut pour ceux qui reçoivent son Fils pour leur sauveur. Bientôt il leur parlera dans sa colère et, dans sa fureur, il les épouvantera. Alors, malheur aux habitants de la terre !

Souvent, il s’est servi d’hommes pieux pour faire entendre sa voix. Conduits par le Saint Esprit, ils pouvaient dire : « Ainsi dit l’Éternel ». Quelquefois sa voix s’est faite entendre directement du ciel. Entre autre lorsqu’il a dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ; écoutez-le ! » (Mat. 17. 5).

Il a parlé par des événements ou par des circonstances douloureuses par lesquels il avertit les hommes. Une fois même, il a réprimé la folie d’un prophète par la bouche d’une bête de somme. Souvent, enfin, il a parlé par des songes et par des visions.

C’est de cette manière de parler que nous aimerions entretenir nos lecteurs pendant cette année, si toutefois, Dieu nous accorde la grâce de la passer ici-bas, dans un monde où tout est ébranlé et qui mûrit pour le jugement. Bientôt il n’y aura plus ni songes, ni visions de grâce, ainsi que l’annonce le prophète Michée au chapitre 3 de son livre (v. 6 et 7) : « C’est pourquoi vous aurez la nuit, sans vision, et vous aurez les ténèbres, sans divination ; et le soleil se couchera sur les prophètes, et le jour s’obscurcira sur eux. Et les voyants seront honteux, et les devins seront confondus, et ils se couvriront tous la barbe, parce qu’il n’y a pas de réponse de Dieu. Dieu ne parlera plus, sa voix ne se fera plus entendre et il ne restera plus que le jugement ». Écoutons-donc aujourd’hui ; n’endurcissons pas nos cœurs, croyons sa Parole et nous vivrons !

La vision d’Agar, l’Égyptienne (Gen. 21. 14 à 22)

« Et Abraham se leva de bon matin, et il prit du pain et une outre d’eau, et les donna à Agar, les mettant sur son épaule, et il lui donna l’enfant, et la renvoya. Et elle s’en alla, et erra dans le désert de Beër-Shéba. Et l’eau de l’outre étant épuisée, elle jeta l’enfant sous un des arbrisseaux, et s’en alla et s’assit vis-à-vis, à une portée d’arc ; car elle disait : « Que je ne voie pas mourir l’enfant ». Et elle s’assit vis-à-vis, et elle éleva sa voix et pleura. Et Dieu entendit la voix de l’enfant, et l’Ange de Dieu appela des cieux Agar, et lui dit : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l’enfant, là où il est. Lève-toi, relève l’enfant et prends-le de ta main ; car je le ferai devenir une grande nation ». Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d’eau ; et elle alla et remplit d’eau l’outre, et fit boire l’enfant. Et Dieu fut avec l’enfant, et il grandit, et habita dans le désert et devint tireur d’arc. Et il habita dans le désert de Paran ; et sa mère lui prit une femme du pays d’Égypte ».

Pauvre Agar ! La voici qui erre dans un désert ; ses ressources diminuent à vue d’œil, le pain va manquer et l’eau de l’outre est tarie ; devant elle, la mort qui va l’emporter, elle et son enfant. Hélas ! elle pleure, assise, en présence de sa douleur. Il y avait bien de quoi verser des larmes amères. Il semble qu’elle ne voit plus que sa misère et qu’elle a oublié le Dieu dont elle avait entendu parler dans la maison d’Abraham.

Cette triste histoire n’est-elle pas celle de bien des hommes encore aujourd’hui ? Le monde est un vaste désert dans lequel ne se trouve rien qui puisse satisfaire une âme immortelle. De plus les choses que nous avons entre les mains s’en vont les unes après les autres : santé, jeunesse, amis ; tout passe rapidement. Les nuages reviennent après la pluie ; les hommes forts se courbent, on se lèvent à la voix de l’oiseau, car le sommeil fuit les yeux ; la faiblesse nous gagne et nous craignons ce qui est haut et facilement nous tremblons sur le chemin ; bientôt il faudra s’en aller dans la demeure des siècles et notre corps retournera à la poussière. Tout cela, parce que l’homme a oublié son Dieu.

Mais si l’homme l’oublie, Dieu ne l’oublie pas ; il entend nos cris et il n’est pas sourd à nos larmes. Il a entendu la voix d’Agar et aujourd’hui encore il entend ceux qui pleurent : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains pas ». C’est comme s’il lui disait : j’ai des ressources que tu ne connais pas. Il faut, pour cela, qu’il lui ouvre les yeux afin qu’elle soit capable de les voir et d’en profiter.

Oh ! quelle vision : un puits d’eau, là, tout près d’elle, et elle ne le savait pas ! Il n’est pas nécessaire de courir bien loin pour trouver le bonheur ; il est là, à la portée de chacun ; la source des eaux qui donnent la vie, la vie en abondance, la vie éternelle, est près de nous.

Le Seigneur a-t-il ouvert nos yeux ? Avons-nous vu après qu’il s’est révélé à nous ? Les visions de la grâce et de la miséricorde de notre Dieu Sauveur sont infiniment plus merveilleuses que tout ce que l’œil naturel peut contempler et admirer. Avons-nous chanté ? :

Source de lumière et de vie,

Source de grâce pour la foi,

Repos, bonheur, paix infinie,

Nous les avons trouvés en toi.

La vision d’Abram

Abram, plus tard Abraham, est l’un des hommes les plus remarquables de l’Ancien Testament. Dieu s’est révélé à lui d’une manière extraordinaire, et même il n’a pas eu honte de l’appeler son ami. Ces insignes faveurs ont été la conséquence de sa foi. Abram crut Dieu, nous est-il dit ; et cela lui fut compté à justice (Jac. 2. 23).

La foi est le grand principe qui est à la base de toute bénédiction pour l’homme ; sans elle, il est impossible de plaire à Dieu, et, sans elle, il est inutile de penser obtenir quelque chose de lui. La foi glorifie Dieu, et Dieu se plaît à la récompenser.

Au chapitre 12 du livre de la Genèse, nous lisons que l’Éternel fit à Abram de grandes et précieuses promesses, et en retour, Abram bâtit un autel à l’Éternel, et l’adora. Jouissant de ces promesses, il ne fit aucun cas des richesses que lui offrait le roi de Sodome (ch. 14). Puisque le Dieu Très-Haut, souverain possesseur des cieux et de la terre lui avait fait des promesses, cela lui suffisait. En agissant ainsi, il montrait sa foi par ses œuvres, et il était conséquent avec la connaissance qu’il avait de la fidélité de l’Éternel en qui il avait mis sa confiance.

Au chapitre 14, l’Éternel vint confirmer les promesses qu’il avait faites à son serviteur et il lui en élargit le champ. Il voulut ainsi fortifier la foi d’Abram et lui donner encore une part plus grande que celle qu’il avait possédée jusqu’à ce jour. Dieu se plaît à ajouter d’autres bénédictions à ceux qui savent se montrer dignes de ce qu’ils ont reçu de lui.

Qui connaîtra jamais l’étendue des richesses de la grâce de Dieu ? « Regarde vers les cieux, dit l’Éternel, et compte les étoiles, si tu peux les compter ». Précédemment, il lui avait promis des bénédictions pour la terre ; maintenant il dirige ses regards vers les cieux ! Avons-nous, nous aussi, contemplé les choses qui sont dans les cieux ?

Mais, voici le soleil qui se couche, et tout devient ténébreux : une frayeur et une grande obscurité tombent sur Abram. Comme tout est changé en un moment ! Que va devenir sa foi ? Dans ce moment solennel, il a une vision extraordinaire : une fournaise fumante, et un brandon de feu qui passe entre les pièces des animaux qu’il venait de sacrifier à l’Éternel. Tout est-il fini pour l’homme de foi ? L’ardeur de la fournaise va-t-elle tout consumer, détruire et la foi et les promesses ? L’obscurité profonde va-t-elle voiler, aux yeux de celui qui avait cru, les choses glorieuses que Dieu lui avait promises ? La fumée épaisse qui monte de la fournaise va-t elle obscurcir les cieux et lui faire perdre de vue les splendides étoiles qui brillent dans le firmament et oublier celui qui les a créées ? La frayeur va-t-elle être toujours la part d’Abram ? Non. Toutes ces choses, ne sont, dans la main de l’Éternel, qu’un moyen pour éprouver la foi de son serviteur et en faire voir toute la merveilleuse beauté.

En attendant l’accomplissement des promesses, et alors qu’il ne possédait encore rien, victorieux au travers de toutes les souffrances qui seront sa part, et la part de sa semence, il peut dire : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? » (Ps. 27. 1) Fournaise, fumée, obscurité, frayeur, ne sauraient détruire ce que possède la foi ; et rien ne pourrait en voiler la contemplation aux yeux de celui qui croit, car le brandon de feu inextinguible, que Dieu a allumé, les éclaire sans cesse.

Les songes de Joseph (Gen. 37. 5 à 11)

Joseph, le fils bien-aimé de Jacob, eut deux songes lorsqu’il était encore auprès de son père et de ses frères, dans le pays de Canaan ; songes si simples à expliquer que ces derniers mêmes n’eurent aucune peine à les interpréter.

« Écoutez, je vous prie, dit Joseph à ses frères, ce songe que j’ai songé : voici, nous étions à lier les gerbes au milieu des champs ; et voici, ma gerbe se leva, et elle se tint debout ; et voici, vos gerbes l’entourèrent, et se prosternèrent devant ma gerbe. Et ses frères lui dirent : Est-ce que tu dois donc régner sur nous ? Domineras-tu sur nous ? » L’interprétation est des plus faciles à saisir : Joseph doit être exalté, et ses frères devront lui rendre honneur et obéissance.

Le second songe ne présente pas plus de difficultés que le premier : « Voici, j’ai encore songé un songe ; et voici, le soleil, et la lune, et onze étoiles, se prosternaient devant moi. Et il le conta à son père et à ses frères. Et son père le reprit, et lui dit : qu’est-ce que ce songe que tu as songé ? Est-ce que moi et ta mère, et tes frères nous viendrons nous prosterner en terre devant toi ? » Ces deux visions parlent de la gloire future de Joseph : il sera exalté très haut et, tous les genoux se plieront devant lui.

Il est évident que si ces choses n’avaient concerné que le fils de Jacob, le Saint Esprit ne nous les eût pas rapportées. Son but est de nous faire connaître le divin Joseph, le Fils unique et Bien-Aimé du Père, dont les Écritures, rendent témoignage du commencement à la fin.

Dans l’épître aux Philippiens il nous est dit que Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 9 à 11). Si les gerbes qui sont sur la terre, le soleil, la lune et les étoiles qui sont dans les cieux devaient se prosterner devant Joseph, de quelle gloire Celui qui a mis sa majesté au-dessus de la terre et des cieux ne doit-il pas être entouré ?

Autrefois, il a été abaissé et humilié et, il est devenu obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. Lui qui s’est abaissé plus qu’aucun, sera bientôt le plus élevé. Maintenant, il est caché dans les cieux, le Saint Esprit, par l’Évangile, nous fait connaître sa gloire : ceux qui le confessent de leur bouche comme Seigneur et qui croient dans leurs cœurs que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts seront sauvés. Bientôt, il descendra des cieux dans toute sa gloire et tout œil le verra. Alors, tous devront le reconnaître comme Seigneur, tous les genoux se ploieront devant lui, mais ce sera pour le jugement. Celui qui est maintenant le Sauveur sera alors le Juge !

Les songes du grand échanson et du grand panetier du roi d’Égypte

Il nous est dit, dans le chapitre 41 du livre de la Genèse, que l’échanson et le panetier du roi d’Égypte péchèrent contre leur Seigneur. Il fut irrité contre eux et les mit sous garde dans la tour ; ils furent là plusieurs jours. Nous pouvons nous représenter quelle était leur angoisse, en attendant ce que le monarque puissant décréterait, contre eux.

Or, voici, que tous deux songèrent un songe en une même nuit. Leur perplexité est grande : est-ce que Dieu, par ce moyen, va leur apporter quelque lumière pour les éclairer au sein des ténèbres qui enveloppent leurs âmes ? Si, au moins, il y avait quelqu’un pour leur interpréter ces songes ! Mais ils sont en prison et ils ne connaissent personne capable de le faire. Or, il y a un Dieu dans les cieux qui conduit toutes choses : celui qui leur avait envoyé les songes avait aussi placé auprès d’eux celui qui leur en donnerait l’explication. C’était Joseph, alors prisonnier comme eux. Je vous prie, leur dit-il, contez-moi vos songes.

Et le chef des échansons conta son songe à Joseph, et lui dit : « Dans mon songe, voici, un cep était devant moi, et sur ce cep, trois sarments ; et il était bourgeonnant, sa fleur monta, ses grappes produisirent des raisins mûrs ; et la coupe du Pharaon était dans ma main, et je pris les raisins, et les pressai dans la coupe du Pharaon, et je mis la coupe dans la main du Pharaon ». Joseph donne une heureuse interprétation : dans trois jours le chef des échansons va être tiré de la maison de la fosse et rétabli dans son office d’échanson. Quel heureux message pour le pauvre captif ! Nous nous représentons facilement la joie qui inonda son cœur en entendant les paroles de Joseph.

Le panetier vit qu’il interprétait favorablement, et il dit à Joseph : « Moi aussi, j’ai vu dans mon songe, et voici, trois corbeilles de pain blanc étaient sur ma tête ; et dans la corbeille la plus élevée il y avait de toutes sortes de mets pour te Pharaon, d’ouvrage de paneterie ; et les oiseaux les mangeaient de la corbeille ». Hélas ! Trois jours, et il serait tiré de sa prison pour être pendu à un bois !

Pour l’un la parole de Joseph était un message de joie, pour l’autre elle était un message de jugement. De fait, ces deux hommes sont une image de ce que sont tous les hommes en rapport avec Jésus, le divin Joseph. Tous sont coupables, tous attendent une sentence : celle de Dieu, le Souverain juge, qu’ils ont offensé ; les ténèbres morales les enveloppent, et nul parmi les hommes ne saurait leur révéler le sort qui les attend.

Mais Jésus s’est abaissé jusqu’à nous et de sa bouche sont sortis une bonne nouvelle, un message de grande joie. Mais de cette même bouche sortira bientôt une parole de jugement, de condamnation éternelle. La question qui se pose pour chacun de nous est celle-ci : sommes-nous avec le grand échanson qui avait entendu une bonne nouvelle ? En un mot : sommes-nous sauvés ? Sinon, comme le grand panetier, nous entendrons une affreuse sentence : perdus pour l’éternité !

Les songes du Pharaon

Si Dieu s’occupe de pauvres prisonniers, comme nous venons de le voir, il s’occupe aussi des grands de la terre : un Pharaon, un esclave ont, tous deux, du prix pour son cœur. Il s’occupe aussi des événements de ce monde et il les dirige selon sa sagesse et sa puissance, faisant concourir toutes choses pour le bien de ceux qui l’aiment. Il fait faire un songe au grand échanson et au grand panetier, il envoie aussi une vision au Pharaon. En une même nuit, il eut deux songes qui le troublèrent dans son esprit ; et il envoya, et appela tous les devins de l’Égypte, et tous les sages. Et le Pharaon leur raconta ses songes ; et il n’y eut personne qui les interprétât au Pharaon. Tous durent constater leur ignorance et leur incapacité pour lui annoncer ce qui devait arriver dans le pays d’Égypte.

C’est Dieu qui donnera la réponse, et, chose précieuse, une réponse de paix, par la bouche de Joseph. Le grand échanson se souvint de Joseph et parla de lui au Pharaon, qui envoya, et le fit sortir de sa prison.

Le Pharaon dit à Joseph : « Dans mon songe, voici, je me tenais sur le bord du fleuve ; et voici, du fleuve montaient sept vaches grasses de chair, et belles à voir, et elles paissaient dans les roseaux. Et voici, sept autres vaches montaient après elles, chétives, et très laides à voir, et maigres de chair : je n’en ai pas vu de semblables en laideur dans tout le pays d’Égypte. Et les vaches maigres et laides mangèrent les sept premières vaches, les grasses : elles entrèrent dans leur ventre, et il ne paraissait point qu’elles fussent entrées dans leur ventre, et leur aspect était aussi laid qu’au commencement. Et je m’éveillai. Et je vis dans mon songe ; et voici, sept épis montaient sur une seule tige, pleins et bons ; et voici, sept épis desséchés, pauvres, brûlés par le vent d’orient, germaient après eux; et les épis pauvres dévorèrent les sept bons épis ».

L’interprétation ne présente pas de difficultés pour Joseph : « Par les songes, dit-il, Dieu déclare au Pharaon ce qu’il va faire. Il va envoyer sept années de grande abondance dans tout le pays ; la terre rapportera à pleines mains du blé en quantité, comme le sable de la mer. Ces sept années d’abondance seront suivies de sept années de famine : une famine telle qu’elle consumera le pays, car elle sera très intense. La chose est assurée et Dieu se hâte de la faire.

Émerveillé de la sagesse unique de Joseph, le Pharaon l’exalte aussitôt bien haut et lui donne un nom remarquable : révélateur des secrets, sauveur du monde : devant lui tous doivent s’agenouiller. Quelle gloire que la sienne ! L’histoire de l’Égypte est aussi l’histoire du monde et celle de Joseph nous donne quelques rayons de la gloire de Jésus : n’est-il pas le Sauveur du monde, le Révélateur des secrets de Dieu ?

Ce que Joseph a dit est arrivé et ce qui est sorti de la bouche de Jésus s’accomplira aussi à la lettre. L’abondance de la grâce répandue sur le monde depuis que Jésus est exalté sur le trône du Père dépasse, en richesse, toute l’abondance de l’Égypte. Tous ceux qui fléchissent les genoux devant lui sont mis au bénéfice de cette grâce ; une grâce qui est plus grande que toute la misère de l’homme.

De même que le temps d’abondance s’est terminé, le temps de grâce, lui aussi, prendra fin. Alors Dieu enverra une famine ; non une famine de pain, ni une soif d’eau, mais d’entendre les paroles de l’Eternel. Et ils erreront d’une mer à l’autre, et du nord au levant ; ils courront çà et là pour trouver la parole de l’Éternel, et ils ne la trouveront pas (Amos 8. 2).

Une grande vision

Lorsqu’il gardait le troupeau de Jéthro, son beau-père, derrière le désert, Moïse eut une vision extraordinaire : l’Ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson d’épines (Ex. 3). Il regarda, et voici le buisson était tout ardent de feu, et le buisson n’était pas consumé. Moïse dit : « Je me détournerai et je verrai cette grande vision, pourquoi le buisson ne se consume pas ». En effet, c’était chose étrange, car les épines brûlent rapidement et, du reste, elles ne sont bonnes que pour le feu, on ne saurait en faire aucun autre usage. Venues sur la terre à la suite du péché, elles sont l’image de ce que l’homme est aux yeux de Dieu ; ainsi qu’il nous est dit : le meilleur d’entre eux est comme une ronce, et le plus droit pire qu’une haie d’épines (Michée 7. 4). Moïse aurait aimé, avoir la solution de ce grand mystère et il s’approche pour voir.

Si le buisson demeurait intact au milieu des flammes, c’est que l’Éternel, lui-même, était au milieu du buisson. Le Dieu saint, en la présence duquel Moïse devait ôter ses sandales et se cacher la face était descendu au milieu du buisson, non pour juger, mais pour sauver. « J’ai vu, j’ai vu, dit-il, l’affliction de mon peuple, j’ai entendu le cri qu’il a jeté à cause de ses exacteurs, je connais ses douleurs, et je suis descendu pour le délivrer. Délivrer qui ? Des méchants qui n’étaient bons que pour le feu.

Le pain d’orge de Gédéon (Jug. 7. 13)

L’Éternel a conféré à Gédéon un honneur qui n’a été décerné qu’à un très petit nombre d’hommes. Il l’a mis sur la liste des hommes de foi qui ont combattu les combats de l’Éternel ; nous le trouvons mentionné au chapitre 11. 32 de l’épître aux Hébreux. Il l’a aussi appelé : fort et vaillant homme (Jug. 6. 12).

Pourtant, dès le début de son histoire, nous voyons en Gédéon un homme des plus craintifs. Il battait son froment dans le pressoir par crainte des Madianites. Lorsque l’Éternel l’envoie, de nouveau il montre sa crainte en pensant que son millier est le plus pauvre en Manassé et qu’il est le plus petit dans la maison de son père. Lorsqu’il voit que c’est l’Ange de l’Éternel qui lui parle, il a peur et l’Ange est obligé de le rassurer en lui disant : « Paix te soit, ne crains point, tu ne mourras pas ».

Lorsqu’il fallut renverser l’autel de Baal et couper l’ashère, il craignit son père et les hommes de la ville et n’osant le faire de jour, il le fit de nuit. Après cela, il demande un signe : « Que la rosée soit sur la toison et le sec sur la terre » ; un contre signe : « Que la toison soit sèche et la rosée sur la terre ». Après tous ces témoignages, nous aurions pensé que, sans crainte maintenant, il allait livrer bataille à l’ennemi. Non.

Au moment suprême, l’Éternel lui dit encore « Si tu crains d’y descendre, descends vers le camp et tu entendras ce qu’ils diront, et ensuite tes mains seront fortifiées ». Et il descendit, montrant ainsi qu’il craignait encore malgré les signes que l’Éternel lui avait donnés ; que, de fait, il ne valait pas mieux que les vingt-deux mille hommes du peuple qui s’en retournèrent à cause de la crainte qui remplissait leurs cœurs.

Lorsqu’il arriva vers le camp des ennemis, voici, un homme racontait un songe à son compagnon ; et il disait : « Voici, j’ai songé un songe ; et voici, un gâteau de pain d’orge roulait dans le camp de Madian, et il arriva jusqu’à la tente et la heurta, et elle tomba ; et il la retourna sens dessus dessous, et la tente était là renversée ». Et son compagnon lui répondit et dit : « Ce n’est pas autre chose que l’épée de Gédéon, fils de Joas, homme d’Israël : Dieu a livré Madian et tout le camp en sa main ». Et il arriva que lorsque Gédéon entendit le récit du songe et son interprétation, il se prosterna… ».

Nous comprenons facilement qu’il pouvait adorer en la présence de la fidélité du Dieu qui, avec tant de patience, chassait toutes les craintes de son pauvre serviteur ; et qui, pour fortifier sa foi chancelante, se servait même de la bouche d’un ennemi pour lui annoncer la victoire qu’il allait remporter. Et quelle victoire ! Une armée nombreuse comme des sauterelles, ayant des chameaux sans nombre, qui fuit éperdument devant trois cents hommes qui n’ont d’autres armes que des trompettes et des flambeaux.

Le songe et son interprétation se sont donc accomplis à la lettre : le gâteau de pain d’orge a donc renversé la tente et mis en déroute l’ennemi. À juste titre, Gédéon a été appelé : fort et vaillant homme. Comment donc se fait-il que l’Éternel a pu lui accorder une telle victoire et un tel honneur lui qui était si craintif ?

C’est là un secret précieux que j’aimerais confier à tous ceux qui craignent en pensant à leur faiblesse, à ceux qui tremblent en pensant à la puissance de l’ennemi de leurs âmes : Gédéon, malgré toutes ses craintes, a toujours obéi à la parole de l’Éternel ; malgré ses craintes, il faisait ce qu’Il lui avait commandé. Le secret des hommes forts et vaillants, c’est leur obéissance.

La vision merveilleuse de Manoah (Jug. 13.)

L’Ange de l’Éternel, voilant sa gloire sous une forme humaine, apparut un jour à un homme nommé Manoah et à sa femme comme ils étaient aux champs ; il leur annonça la naissance d’un fils qui serait nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ; c’est lui, dit-il, qui commencera à sauver Israël de la main de ses ennemis. Ce fils, nommé Samson, fut un homme renommé par sa force extraordinaire.

Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : « Laisse-nous te retenir, et t’apprêter un chevreau. Et l’Ange de l’Éternel dit à Manoah : si tu me retiens, je ne mangerai pas de ton pain ; et si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Eternel. Car Manoah ne savait pas que ce fût l’Ange de l’Éternel. Et Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : Quel est ton nom, afin que nous t’honorions, quand ce que tu as dit arrivera ? Et l’Ange de l’Eternel lui dit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. Et Manoah prit le chevreau et le gâteau et il les offrit à l’Éternel sur le rocher. Et il fit une chose merveilleuse, tandis que Manoah et sa femme regardaient. Et il arriva que, comme la flamme montait de dessus l’autel vers les cieux l’Ange de l’Éternel monta dans la flamme de l’autel, Manoah et sa femme regardant ; et ils tombèrent sur leurs faces contre terre ».

Ils avaient vu un homme dont le nom est merveilleux qui a fait une chose merveilleuse. Manoah a bien compris que cet homme était Dieu lui-même lorsqu’il dit à sa femme : « Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu ». Dieu devenu un homme !

Profond mystère, dans lequel aucune sagesse humaine ne pourrait pénétrer. En Le contemplant, seule l’adoration convient à l’homme mortel et pécheur. Là, sur la terre, cet homme dont le nom est Merveilleux, a accompli une chose merveilleuse (tout est merveilleux dans cette page du saint livre). Il est monté dans la flamme qui consumait l’holocauste et de là, il est monté vers les cieux ! Nous sommes ici dans les ombres de l’Ancien Testament ; ombres dont le corps est du Christ, et qui nous sont pleinement révélées à la lumière du Nouveau Testament.

Chers lecteurs, permettez-moi de vous poser quelques questions, non par vaine indiscrétion, mais dans le but de vous faire mieux comprendre, en les méditant, les glorieuses réalités cachées derrière cette merveilleuse vision. Connaissez-vous celui qui a été le vrai nazaréen de Dieu ? Qui est Celui dont le nom est Merveilleux, Dieu et homme tout à la fois? Savez-vous que cet homme est entré dans le feu du jugement de Dieu à votre place ? Savez-vous qu’Il est monté dans les cieux ? Si vous savez ces choses, certainement vous adorerez.

Le Dieu qui parle dans la nuit

Dans le premier livre de Samuel nous avons le récit de la vie de celui dont le livre porte le nom : Samuel. Sa naissance fut la réponse à l’ardente supplication de sa pieuse mère, Anne. Aussi, l’appela-t-elle de ce nom qui veut dire « Dieu a exaucé ». Non seulement la naissance de cet homme de Dieu, mais aussi toute sa vie, a été la récompense de la foi de cette femme. Elle l’avait prêté à l’Éternel, pour tous les jours de sa vie, et jusqu’à sa blanche vieillesse il a servi l’Éternel et son peuple fidèlement.

Heureuses les mères qui peuvent dire, comme Anne : « J’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite ». Mais Anne ne s’est pas seulement contentée de prier pour son enfant, mais elle l’a aussi amené, lorsqu’il était encore un très jeune garçon, dans la maison de l’Éternel, afin qu’il paraisse devant lui et qu’il habite là pour toujours. Elle a voulu le bonheur de son fils et elle a mis toute son énergie pour obtenir les choses excellentes qu’elle désirait pour lui.

Samuel a donc vécu dès sa plus tendre enfance et a grandi dans l’atmosphère bénie du sanctuaire de Dieu ; là il a appris à Le servir. C’était une vie bien différente de celle de bien des jeunes gens qui gaspillent dans le péché leurs plus belles années. Malgré tout cela, il manquait encore quelque chose à Samuel : de fait, il ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée. Toute la piété d’une mère ne peut sauver son enfant, il faut que celui-ci ait affaire avec Dieu personnellement, et que Dieu se révèle à lui.

Samuel était couché dans le temple de l’Éternel durant les veilles de la nuit. Cela nous fait penser au merveilleux Psaume 134 : « Voici, bénissez l’Éternel, vous, tous les serviteurs de l’Éternel, qui vous tenez durant les nuits dans la maison de l’Éternel ! Élevez vos mains dans le lieu saint, et bénissez l’Éternel ! Que l’Éternel qui a fait les cieux et la terre, te bénisse de Sion ! »

L’Éternel, en effet, allait lui faire part de la plus excellente des bénédictions, en se révélant Lui-même à son jeune cœur. Dans le silence solennel du sanctuaire, lorsque les ténèbres couvraient la terre, une voix se fait entendre : « Samuel ! Samuel ! » Celui-ci pense que c’est la voix d’un homme, celle du grand sacrificateur, Eli ; il court vers lui et lui dit : « Me voici ». Le grand sacrificateur ne l’avait pas appelé. Cela a lieu par trois fois. Qui donc était celui qui faisait entendre sa voix et qui persistait à appeler Samuel ? C’était l’Éternel Lui-même.

Oui, Dieu parle aux hommes, Il les appelle de diverses manières : dans un songe, dans une vision de nuit, par des événements divers. L’avons-nous entendu et avons-nous dit : « Parle, Éternel ? »

La vision du prophète Ézéchiel

Nombreux sont les lecteurs du prophète Ézéchiel qui se sont demandé quelle pouvait bien être la signification de la vision extraordinaire qu’il nous raconte dans le premier chapitre de son livre. Dans ses paroles, comme dans ses œuvres, Dieu nous fait sentir sa grandeur et notre petitesse.

Qui peut sonder les profondeurs de l’océan, et qui peut compter le nombre des étoiles ? Qui, parmi les hommes, peut entrer dans toute la révélation que Dieu nous a laissée de Lui-même dans sa Parole ? Puisque nous sommes en présence de l’infini, devons-nous nous décourager et négliger la lecture et la méditation du Saint Livre qu’Il a bien voulu placer entre nos mains ? Non, Il nous l’a confié pour notre bénédiction ; et s’Il a caché aux sages et aux intelligents les choses qui y sont renfermées, Il veut bien les révéler aux petits enfants. Il est écrit : « considère ce que je dis ; car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses » (1 Tim. 2. 7).

Les astronomes ont découvert bien des merveilles en considérant avec patience la voûte étoilée ; et le lecteur diligent, humble et dépendant, en méditant les Écritures, trouvera des merveilles à ne pouvoir les raconter, et cela même dans les pages qui lui paraissent les plus obscures et les plus fermées.

La vision du prophète Ézéchiel, si compliquée et difficile à comprendre qu’elle puisse paraître au premier abord, nous a été donnée pour notre profit comme, du reste, toutes les pages de la Parole de Dieu. Faisons comme le Psalmiste qui disait : « Ouvre mes yeux, et je verrai toutes les merveilles qui sont dans ta Loi ». Voyons donc un peu ce chapitre qui nous dépeint cette vision.

Sans doute, nous n’avons pas la prétention d’entrer dans les nombreux détails qui nous sont donnés ; cependant il nous sera facile de découvrir les grandes lignes du sujet et cela, pour la joie et la bénédiction de nos âmes, car les Paroles de notre Dieu illuminent et donnent de l’intelligence aux simples.

Premièrement, nous distinguons quatre animaux symboliques qui marchent au milieu d’une tempête. La description de leur face est en rapport avec les attributs de Dieu révélés en jugement : 1° l’intelligence représentée par un homme ; 2° la force, par le lion ; 3° la marche ferme que rien n’arrête par le bœuf ; 4° la rapidité, par l’aigle qui fond sur sa proie en un clin d’œil. Voyez à ce sujet Apocalypse 4. 6 à 8.

Ces animaux marchent droit devant eux, (qui pourrait les arrêter ?) et au milieu du feu ; le feu qui consume tout ce qui est incompatible avec la sainteté de Dieu. Ces animaux conduisent un char dont les roues ont des jantes d’une hauteur effrayante : que l’homme est petit en leur présence ! Elles sont aussi pleines d’yeux tout autour, rien ne leur est caché, et ce n’est pas aveuglement qu’elles écrasent ce qui est sur leur passage. Ces roues ont une structure si remarquable qu’elles peuvent aller de tous côtés : aussi bien à droite et à gauche qu’en avant et en arrière ; leur structure est comme si une roue eût été au milieu d’une roue.

Ce char a aussi des ailes, de telle manière qu’il peut aller, s’arrêter et s’élever de dessus la terre. Sa course est donc aussi bien dans les cieux que sur la terre. Enfin, celui qui conduit ce char merveilleux a la ressemblance d’un homme, qui est assis, bien haut, au-dessus de l’étendue (l’étendue, ce sont les cieux : Gen. 1. 8). Quel personnage glorieux, et quel char que Celui qu’il conduit par son esprit, dans sa sagesse et dans sa puissance ! Il est « plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur ses lèvres ».

Dans sa majesté et dans sa magnificence, il mène en avant ce char que rien ne peut arrêter, ni dans les cieux, ni sur la terre. C’est le char de son gouvernement par lequel Il écrasera tous ses ennemis avec une parfaite connaissance de toutes leurs actions. Sa droite lui enseignera des choses terribles et ses flèches transperceront le cœur de tous ses ennemis. Cher lecteur, connaissez-vous cet Homme auquel Dieu a remis tout jugement, car Il est fils de l’homme ? Savez-vous que cet humble Jésus, que les hommes ont rejeté, mais que Dieu a exalté et fait Seigneur et Christ, va venir dans sa gloire, manifesté aux yeux de tout l’univers ? Vous réjouissez-vous à la pensée de son triomphe, ou les roues de son char sont-elles pour vous un sujet d’épouvante ?

Le songe de Nebucadnetsar

Le livre du prophète Daniel contient le récit d’un grand nombre de songes, visions et révélations extraordinaires. Dieu, par ce moyen, faisait connaître à son peuple coupable, ses pensées à son égard, et à l’égard des nations auxquelles il était asservi à cause de ses péchés. C’était encore un témoignage de sa fidélité envers eux, malgré le châtiment qu’Il leur avait infligé en les chassant de ce bon pays qu’Il leur avait donné autrefois et dans lequel II devait les ramener plus tard.

Le premier de ces songes se trouve au chapitre 2 du livre de Daniel; il est si remarquable que nous voulons le rapporter ici dans son entier : Nebucadnetsar eut un songe et il voyait « et voici une grande statue : cette statue était grande, et sa splendeur, extraordinaire ; elle se tint devant toi, et son aspect était terrible. La tête de cette statue était d’or pur ; sa poitrine et ses bras, d’argent ; son ventre et ses cuisses, d’airain ; ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. Tu vis, jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains ; et elle frappa la statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya ; alors, furent broyés ensemble le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or, et ils devinrent comme la balle de l’aire d’été ; et le vent les emporta, et il ne se trouva aucun lieu pour eux ; et la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne qui remplit toute la terre. C’est là le songe ».

Mais qui en donnera l’interprétation ? Babylone ne manque pas de sages, de devins, d’enchanteurs et de magiciens pour se tenir devant le roi. Mais de beaux discours et des choses extraordinaires ne suffisent pas au roi ; ce qu’il veut, c’est une parole de vérité ; celui qui pourra lui raconter le songe, montrera par ce moyen, qu’il est aussi capable d’en donner l’interprétation. De grands honneurs seront sa récompense, sinon, un jugement inexorable les atteint tous : un décret rigoureux les condamne tous à la peine de mort. Grand émoi parmi tous ces sages : toute leur sagesse est venue à néant, et ils doivent avouer que Dieu seul peut révéler un tel secret ; mais, hélas ! ce Dieu n’habite pas avec eux et ils ne le connaissent pas. Pauvres ignorants que ceux qui sont sages sans Dieu. Comme leur folie, tôt ou tard, est rendue manifeste !

Mais le Dieu inconnu des sages, est un Dieu qui se révèle à l’humble disciple qui se confie en lui : Il entend les prières de ceux qui Le craignent et qui Lui obéissent. Daniel et ses compagnons, qui n’étaient que de pauvres captifs dans une terre étrangère, implorent le Dieu des cieux. Heureux ceux qui L’invoquent au jour de la détresse. Ce. Dieu qui avait envoyé le songe à Nebucadnetsar – par le moyen d’un songe aussi envoie la réponse à son fidèle serviteur. Son secret est pour ceux qui Le craignent. Daniel peut se présenter devant le roi et lui dire le songe, et lui en faire connaître l’interprétation par une parole de vérité. Nebucadnetsar, malgré toute sa grandeur, tombe sur sa face et se prosterne devant le serviteur du Dieu vivant. Où sont les sages ?

Le grand arbre de Nebucadnetsar

Lisez encore, cher lecteur, le récit que le roi Nebucadnetsar fit d’un autre songe : il s’adresse à tous les hommes (Dan. 4).

« Nebucadnetsar, le roi, à tous les peuples, peuplades et langues, qui habitent sur toute la terre : que votre paix soit multipliée. Il m’a semblé bon de faire connaître les signes et les prodiges que le Dieu Très-haut a opérés à mon égard. Ses signes, combien ils sont grands ! Et ses prodiges, combien ils sont puissants ! Son royaume est un royaume éternel, et sa domination est de génération en génération. Moi, Nebucadnetsar, j’étais en paix dans ma maison, et florissant dans mon palais. Je vis un songe, et il m’effraya, et les pensées que j’avais sur mon lit, et les visions de ma tête, me troublèrent… Or, les visions de ma tête sur mon lit, étaient celles-ci : je voyais, et voici, un arbre au milieu de la terre, et sa hauteur était grande. L’arbre crût et devint fort ; et sa hauteur atteignit jusqu’aux cieux, et on le voyait jusqu’au bout de toute la terre. Son feuillage était beau et son fruit abondant, et en lui, il y avait de la nourriture pour tous ; sous son ombre se tenaient les bêtes des champs, et dans ses branches habitaient les oiseaux des cieux ; et de lui toute chair se nourrissait. Je voyais, dans les visions de ma tête, sur mon lit, et voici un veillant, un saint, descendit des cieux. Il cria avec force, et dit ainsi : abattez l’arbre et coupez ses branches, faites tomber son feuillage et dispersez son fruit ; que les bêtes s’enfuient de dessous lui, et les oiseaux de ses branches. Toutefois, laissez dans la terre le tronc de ses racines, avec un lien de fer et d’airain autour de lui, dans l’herbe des champs ; et qu’il soit baigné de la rosée des cieux, et qu’il ait, avec les bêtes, sa part à l’herbe de la terre ; que son cœur d’homme soit changé, et qu’un cœur de bête lui soit donné; et que sept temps passent sur lui. Cette sentence est par le décret des veillants, et la chose, par la parole des saints, afin que les vivants sachent que le Très-haut domine sur le royaume des hommes, et qu’il le donne à qui il veut, et y élève le plus vil des hommes. Ce songe, moi, le roi Nebucadnetsar, je l’ai vu ».

Songe effrayant ; le roi en fut troublé. Daniel, lui aussi, en fut stupéfié pendant une heure environ, et ses pensées se troublèrent. L’interprétation qu’il allait donner était bien de nature à produire un tel effet sur tous ceux qui entendaient ces choses. Ce grand arbre était Nebucadnetsar lui-même. Il était grand dans son élévation, dans sa puissance, mais aussi dans son orgueil. Toute cette grandeur allait disparaître sous la puissante main de Dieu. Par ce songe, il lui fait savoir ce qui va lui arriver. Toute sa splendeur va lui être enlevée, et il va être abaissé au niveau des bêtes des champs, et chassé du milieu des hommes, il mangera de l’herbe, comme les bœufs, lui, le grand roi qui se glorifiait de la puissance de sa force et de la grandeur de sa magnificence. Il fut baigné de la rosée des cieux, jusqu’à ce que ses cheveux fussent devenus longs comme les plumes du gypaète, et ses ongles, comme ceux des oiseaux… Tous les peuples doivent l’entendre : le Dieu Très-haut est puissant pour abaisser ceux qui marchent avec orgueil.

La vision de Belshatsar

Le roi Belshatsar fit un grand festin à mille de ses grands, et il but du vin devant les mille. Dans ce festin le roi montra toute l’iniquité qui remplissait son cœur – iniquité qui revêtait un caractère particulièrement odieux d’insolence contre le seul vrai Dieu. Pendant ce festin, il loue les dieux d’or, d’argent, d’airain, de fer, de bois et de pierre ; des choses inanimées qui ne voient, ni n’entendent ; qui ne peuvent délivrer et ne sont d’aucun secours. Où la folie d’un homme peut-elle le conduire lorsqu’il est aveuglé par son orgueil ! Non content de cela, il envoie chercher les vases sacrés du temple de l’Éternel, vases que Nebucadnetsar avait fait transporter de Jérusalem à Babylone, et il y boit du vin, lui et ses grands, ses femmes et ses concubines ; se moquant ainsi de l’Éternel et insultant par ce fait le Dieu des cieux et de la terre qui lui avait donné le royaume.

Pourtant ce Dieu tenait son souffle dans sa main, et bientôt Il allait le lui retirer. On ne se moque pas de Dieu, et ce qu’un homme sème, il le moissonne aussi. En ce même moment les doigts d’une main d’homme sortirent et écrivirent, vis-à-vis du chandelier, sur le plâtre de la muraille du palais du roi ; et le roi vit l’extrémité de la main qui écrivait. Alors le roi changea de couleur, et ses pensées le troublèrent ; et les liens de ses reins se détachèrent, et ses genoux se heurtèrent l’un contre l’autre. Quatre mots seulement étaient tracés sur la muraille : Mené, Mené, Thekel, Upharsin. Quelle était donc cette main mystérieuse ? Que voulaient dire ces mots tracés sur la muraille ?

On fit venir tous les sages de Babylone, mais les voici dans l’impossibilité même de lire l’écriture, et bien plus encore, d’en donner l’interprétation ; tous sont bouleversés, les forts, les grands, les sages ; leur incapacité, leur impuissance sont manifestes pour pénétrer dans le mystère qui est là, sous leurs yeux. Avec tout cela, leur mauvaise conscience leur crie bien haut que ces quatre mots ne leur annoncent rien de bon. Il en est toujours de même lorsque le pécheur se trouve en présence d’une manifestation de la puissance de Dieu : il a peur.

Dieu permet que son serviteur Daniel vienne pour lire l’écriture et en donner l’interprétation. Hélas ! Il n’a rien de favorable à annoncer, seulement un jugement prononcé qui ne laissait même pas lieu à la repentance. Tout était perdu pour ceux qui s’étaient moqué de Dieu. Dieu avait compté toute chose, il avait pesé leurs actions, le royaume allait passer en d’autres mains. Et cette nuit même, Belshatsar s’en fut vers le roi des épouvantements, faire son entrée à toujours dans le lieu où même une goutte d’eau froide est refusée. Une nuit d’orgie, une éternité de malheur !

Les songes de l’échanson et du panetier (Gen. 40)

Les songes de ces deux serviteurs infidèles du Pharaon nous présentent une image frappante de la condition morale de tous les hommes devant Dieu, et une illustration des vérités de l’Évangile. Dans la scène que l’Esprit de Dieu ouvre devant nous dans ce chapitre, nous trouvons ces deux hommes dans la prison, attendant anxieusement la sentence que le roi allait prononcer à leur égard en punition de leurs fautes.

N’est-ce pas là Le tableau de l’état de la race humaine tout entière dont la condamnation a été déclarée par la Parole divine à cause de sa désobéissance ? Car il n’y pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu (Rom. 3. 23). Ainsi toute bouche est fermée et tout le monde est coupable devant Dieu (v. 19).

Considérons un peu les songes de ces deux hommes. L’échanson vit un cep et sur ce cep trois sarments… Ses grappes produisirent des raisins mûrs… « et je pris les raisins et les pressai dans la coupe du Pharaon et je mis la coupe dans la main du Pharaon » (Gen. 41. 9 à 11). Le vin versé dans la coupe du roi nous rappelle le fruit du vrai Cep dans lequel Dieu trouve ses délices, tandis que la vigne d’Israël n’avait produit que des raisins sauvages et avait dû être arrachée (És. 5).

La coupe que le Seigneur institue et donne à ses disciples la nuit qu’Il fut livré est la communion de son sang versé pour la rémission de nos fautes. En instituant ce précieux mémorial de ses souffrances et de sa mort expiatoire, notre adorable Sauveur ajoute ces paroles : « Faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi » (1 Cor. 11. 25).

Ainsi, nous avons, chez l’échanson, une figure de ceux que Dieu amène à la jouissance du pardon de leurs fautes, non en vertu de quelque mérite qu’Il ait trouvé en eux, mais à cause de l’excellence d’une œuvre de rédemption accomplie en leur faveur par la sainte Victime, en laquelle Dieu a trouvé la réponse aux exigences de sa gloire. De même que l’échanson fut rétabli, le troisième jour, dans la faveur du Pharaon, de même, sur le terrain de la résurrection (dont le troisième jour est l’image), le croyant est délivré de la condamnation qui pesait sur lui, en vertu de l’œuvre de Christ ; il jouit de la paix avec Dieu et de sa faveur par la foi en cette œuvre et se glorifie dans l’espérance de sa gloire.

L’échanson rappelle ses fautes devant le roi (Gen. 41. 9). Il ne s’appuie sur aucun mérite personnel et ne doit son salut qu’à la miséricorde du souverain. Compagnon de Joseph, dans la prison où ce dernier avait été jeté à la suite des accusations mensongères d’une méchante femme, il ressemble à celui qui était cloué sur une croix à côté de la sainte Victime et qui pouvait dire : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41).

Objet de grâce, il échappe à la condamnation qu’il avait méritée et son histoire nous enseigne la vérité que nous trouvons exprimée, de diverses manières, dans toutes les pages de l’Écriture et qui sera le thème de la louange éternelle des rachetés. Nous ne voulons cependant pas dire qu’il y eût, chez l’échanson, une œuvre divine, lui permettant de comprendre et d’apprécier la grâce de Dieu envers lui, mais plutôt que le récit fait ressortir la leçon typique que nous présentent son songe et sa délivrance.

Le cas du panetier est bien différent ; c’est une image solennelle du jugement qui attend les propres justes. Il vit dans son songe trois corbeilles de pain blanc sur sa tête… Et dans la corbeille la plus élevée, il y avait toutes sortes de mets pour le Pharaon, d’ouvrage de paneterie (v. 7). C’est l’image d’une vie de propre justice, remplie des œuvres de l’homme, que celui-ci présente à Dieu, dans son aveuglement, pour être agréé de Lui. C’est ainsi que fit Caïn, qui offrit des fruits d’une terre maudite, sans se souvenir du jugement qui pesait sur lui.

La corbeille la plus élevée, remplie d’ouvrage de paneterie est celle sur laquelle s’abattent les oiseaux, image du jugement qui atteindra les œuvres de la chair, apparemment les plus belles et les plus propres à être présentées au souverain. Le jugement que Dieu prononce sur toute l’activité religieuse de l’homme dans la chair est abondamment exprimé dans la Parole : « Je ne puis supporter l’iniquité et la fête solennelle. Vos nouvelles lunes et vos assemblées, mon âme les hait, elles me sont à charge, je suis las de les supporter. Vos mains sont pleines de sang (És. 1. 14 et 15).

Il est inutile à l’homme de venir, en la présence du Dieu saint, avec le fruit de son propre travail, en faisant un vain étalage de l’ouvrage de ses mains, tout en méprisant et en rejetant la grâce qui lui apporte le salut dans le Christ Jésus. C’était ce que faisaient les chefs de la nation juive, tout en haïssant le Seigneur et en se préparant à Le mettre à mort. Sept fois le Seigneur rejeté prononce sur eux un solennel : « Malheur à vous ! » (Mat. 23)

Le panetier nous rappelle le malfaiteur impénitent qui, cloué comme son compagnon à côté de l’Homme obéissant, ne pensait qu’à échapper à son sort sans aucune repentance, ni aucun sentiment du jugement de Dieu qui allait l’atteindre à cause de ses crimes. Tous deux furent atteints par la main du juste Juge, comme le seront tous ceux qui s’avancent avec insouciance et dans une vaine confiance en leurs propres mérites, à la rencontre de la colère du Dieu saint : « Méprises-tu les richesses de sa bonté et de sa patience et de sa longue attente, ne connaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? » (Rom. 2. 4)

Joseph, ayant été jeté en prison, pouvait faire connaître à ses compagnons de captivité le chemin de la vie et celui de la mort. S’il n’avait pas été plongé dans les eaux de l’affliction, il n’aurait pu interpréter leurs songes. Il en fut de même du précieux Sauveur dont il était le faible type. Il descendit dans la sombre vallée de la mort afin d’ouvrir devant nous le sentier de la vie et du salut. Il nous dit maintenant à tous : « qui croit au Fils a la vie éternelle, mais celui qui désobéi au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3. 36).

Les quatre grandes bêtes du prophète Daniel

La vision dont nous allons nous occuper se trouve dans le chapitre 7 du livre du prophète Daniel. Le récit en est trop long pour que nous puissions le transcrire ici en entier. Nous engageons vivement nos lecteurs à le lire : le temps consacré à la lecture de la Parole de Dieu n’est jamais perdu.

Cette vision est effrayante. Daniel, lui-même en fut troublé et sa couleur fut changée en lui. Il y a bien de quoi trembler : des ténèbres, les quatre vents des cieux déchaînés, la mer en furie, les nuées des cieux, quatre grandes bêtes effrayantes à voir, un trône de feu, un fleuve de feu, l’Ancien des jours dans sa majesté, le jugement, les livres ouverts et d’autres choses semblables, sont bien de nature à faire frémir même les hommes les plus forts et les plus vaillants.

Daniel était un fidèle prophète de l’Éternel qui, par le moyen de cette vision, lui a révélé les grandes lignes de l’histoire des quatre grandes monarchies auxquelles Il a donné l’autorité sur la terre prophétique pendant le temps où Israël est laissé de côté à cause de ses péchés. Pourquoi si peu de personnes s’intéressent-elles à la prophétie ? Négliger la recherche des révélations que Dieu a bien voulu nous faire, c’est se rendre coupable d’indifférence, et s’exposer à rencontrer le jugement qui va être exécuté sur le monde.

Les événements actuels devraient, semble-t-il, éveiller en nous le désir d’en savoir davantage sur ce qui va arriver. Car Dieu n’a rien caché et ceux qui cherchent trouveront. Sa parole prophétique n’est-elle pas comme une lampe qui éclaire dans un lieu obscur ?

Dans la vision qui nous occupe, Dieu nous dépeint, sous la forme de quatre bêtes féroces, les quatre monarchies dont nous avons parlé plus haut. Elles sortent de la mer en furie. La mer représente souvent les peuples dans leur agitation.

La première de ces bêtes était comme un lion, caractérisant la noblesse et l’énergie ; elle avait des ailes d’aigle, symbolisant la rapidité de ses conquêtes. C’est l’empire de Babylone. C’est cet empire qui a détruit Jérusalem et a emmené le peuple juif en captivité.

La seconde de ces bêtes, semblable à un ours, dévorait beaucoup de chair. De stature plus lourde que la première, elle était aussi plus féroce, mais n’en n’avait ni l’énergie, ni le vol rapide. C’est l’empire Médo-Perse qui a succédé à l’empire babylonien.

La troisième bête, semblable au léopard agile, avait quatre ailes sur le dos. Elle semblait voler plutôt que marcher ; elle avait quatre têtes. Lorsqu’on a compris ce que représentent les deux premières bêtes, il n’est pas difficile de discerner, dans la troisième, l’empire d’Alexandre le Grand et ses rapides conquêtes – empire qui, à sa mort, a été partagé entre les quatre généraux.

La quatrième bête, qui occupe la plus grande place dans notre récit, est particulièrement effrayante. Il n’y a pas, sur la terre, d’animal assez féroce pour la représenter. Excessivement forte, elle dévorait et écrasait et, ce qui restait, elle le foulait avec ses pieds. Tout ce qui peut caractériser la méchanceté de l’homme, sa voracité, son orgueil, sa hardiesse, son intelligence pour faire le mal semble être concentré dans cette bête. C’est l’empire romain qui nous est ainsi dépeint, surtout dans sa dernière forme encore à venir.

Toutes ces monarchies ont eu un instant de puissance et de gloire. Mais comme tout passe ici-bas ! La mort arrive et il ne reste que le jugement – souvent, pour son malheur, l’homme l’oublie. Après ces bêtes, le prophète voit un trône qui est dressé ; un trône de jugement : il est de flammes de feu, ses roues sont un feu brûlant, et devant lui coule un fleuve de feu. Qui pourrait subsister devant ce trône ? L’Ancien des jours y est assis : Lui seul demeure éternellement. Que les rois de la terre sont petits devant Lui, et que leur règne est éphémère devant Celui qui vit aux siècles des siècles ! Les livres sont ouverts : toutes choses, même les plus cachées, sont mises au grand jour et estimées à leur juste valeur. En ce jour-là, les saints posséderont le royaume, un royaume éternel.

La vision du bélier et du bouc

Le nom du Dieu de l’Évangile est merveilleux. Sa gloire se montre dans toutes ses œuvres et dans toutes ses paroles. Heureux ceux qui ont des yeux pour contempler ses merveilles et des oreilles pour écouter sa voix. Il conduit les astres dans l’espace et Il donne la vie à un moucheron. Dans un court chapitre de son livre, il nous raconte la création des cieux et de la terre et, par l’image d’un simple animal, il dépeint un empire avant sa formation, mieux que ne pourront le faire les chroniqueurs, lorsque son histoire sera terminée.

Nous venons de voir quatre animaux qui dépeignent, par leurs caractères respectifs, celui des grandes puissances auxquelles Dieu a donné, sur la terre, l’autorité qu’Il ôta à son peuple Israël.

Dans le chapitre 8 du livre du prophète Daniel dont nous allons nous occuper, nous trouvons la vision que vit le prophète, de deux autres animaux symboliques, bien différents des quatre premiers. D’abord parut un bélier ayant deux cornes, l’une plus haute que l’autre – la plus haute s’éleva la dernière. Ce bélier heurtait vers l’occident, vers le nord et vers le midi. Il était doué d’une telle puissance qu’aucune bête ne pouvait tenir devant lui et qu’il n’y avait personne qui puisse délivrer de sa main ; il agit selon son gré et devint grand. Dans les Écritures, les cornes sont le symbole de la puissance, et celles de cet animal étaient hautes ; mais la puissance de l’homme est de courte durée.

Ensuite survint un bouc, à la marche si rapide qu’il ne touchait pas la terre. Il s’approcha du bélier et s’exaspéra contre lui. Ce bouc n’avait qu’une seule corne, entre les yeux ; mais cette corne était de grande apparence. Il frappa le bélier et brisa ses cornes, et le bélier fut sans force pour tenir devant lui ; il le jeta à terre et le foula aux pieds, et il n’y eut personne qui put délivrer le bélier de sa main. Le bouc devint grand et lorsqu’il fut devenu fort, sa grande corne fut brisée. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails historiques, mais nous voulons simplement faire remarquer que, dans le bélier, nous avons une figure de l’empire des Mèdes et des Perses, et dans le bouc, une figure de celui d’Alexandre.

L’histoire rapporte qu’Alexandre, jeune encore, mourut brusquement, et que son empire passa à quatre de ses généraux : ce sont les quatre cornes de grande apparence. De l’une d’elles, sortit une petite corne, et elle grandit extrêmement vers le midi et le levant, et vers le pays de beauté (la terre d’Israël) ; mais cette petite corne, un roi au visage audacieux, fut brisée sans main : le souffle de l’Éternel passe sur elle, et, comme les autres, elle disparaît. Les cornes, les grandes cornes sont brisées ! En fait, l’homme puissant ne vaut pas mieux que l’éphémère qui voltige, un instant, sur la surface des eaux. Leurs jours sont comptés et, du soir au matin, ils disparaissent.

Les chevaux du prophète Zacharie

Dans les six premiers chapitres de son livre, le prophète Zacharie nous raconte huit visions qu’il a eues pendant la nuit – visions qu’il ne comprenait pas lui-même ; les ténèbres environnaient son âme aussi bien que son corps. Souvent il nous arrive, à nous aussi, de ne pas comprendre les choses que Dieu nous dit. Aussi nous en perdons le profit, parce que nous ne sommes pas aussi sages que Zacharie, le prophète.

Lorsqu’il ne comprenait pas, il demandait. Sans cesse, dans son livre, nous trouvons des questions telles que celles-ci : « Que sont ceux-ci ? Que viennent-ils faire ? Que sont ces choses ? » De même, il n’avait pas honte de confesser son ignorance, et lorsque le messager céleste qui parlait avec lui, disait : « Ne sais-tu pas quelles sont ces choses ? » En toute humilité, il répondait : « Non, mon Seigneur ». La foi a de précieux secrets qui lui permettent d’entrer dans la connaissance des choses profondes de Dieu : celui qui demande reçoit, et Dieu donne la grâce aux humbles.

Autre remarque, le prophète Zacharie lève sans cesse les yeux : « Et je levai les yeux, et je regardai; et de nouveau, je levai les yeux », lisons-nous dans son livre. Il avait bien compris ce qu’un poète a exprimé en ces termes : « C’est d’en-haut que vient la lumière » – vérité que la Parole nous enseigne du commencement à la fin. Il savait qu’en regardant vers la terre, il n’y découvrirait que ténèbres et confusion. Nous aussi, levons en haut les yeux et nous serons illuminés, et nos faces ne seront pas confuses ; nous retirerons ainsi un vrai profit en lisant les visions du prophète Zacharie.

La première de ces visions évoque à nos yeux une scène dont la partie principale, le fond du sujet, est un homme monté sur un cheval roux qui se tient au milieu des myrtes. Cet homme est l’Ange de l’Éternel Lui-même. Ce nom est toujours donné, dans l’Ancien Testament, au représentant symbolique de Christ avant sa manifestation en chair.

Après Lui, sont des chevaux de diverses couleurs. « Que sont ceux-ci ? » dit le prophète. Son ignorance ne le décourage pas. – Ce sont ceux que l’Éternel a envoyés pour se promener par la terre. Ils avaient reçu une mission de la part de l’Éternel, mais comment s’en étaient-ils acquittés ? Se trouvant devant le Seigneur, ils doivent Lui rendre compte de ce qu’ils ont fait. Hélas ! Au lieu de faire le bien, ils avaient aidé au mal ; et avec cela, ils pensaient que tout allait pour le mieux : à leurs yeux, toute la terre était en repos et tranquille. Ils s’attirent ainsi le courroux de l’Ange de l’Éternel, et sa colère allait fondre sur eux.

Ici, comme dans toutes les pages du saint Livre, Dieu nous parle pour notre profit ; Il veut nous instruire. Qui que nous soyons : grands ou petits, que nous allions à pied ou que nous soyons montés sur des chevaux comme les personnages de notre récit, nous aurons, un jour ou l’autre, à rendre compte de ce que nous aurons fait. En ce jour-là, entendrons-nous la voix du courroux de Dieu, d’un Dieu que nous aurons offensé ? Ou sera-ce la voix du Maître qui dira : « Cela va bien, bon et fidèle esclave ?

La vision des quatre cornes

Le récit de la seconde vision du prophète Zacharie, à la fin du premier chapitre de son livre, est si court que nous pouvons la donner ici, en entier ! « Et je levai les yeux et regardai ; et voici quatre cornes. Et je dis à l’ange qui parlait avec moi : que sont celles-ci ? Et il me dit : ce sont ici les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem. Et l’Éternel me fit voir quatre ouvriers. Et je dis : que viennent faire ceux-ci ? Et il parla, disant : ce sont là les cornes qui ont dispersé Juda, de manière que personne ne levait la tête ; mais ceux-ci sont venus pour les effrayer, pour jeter loin les cornes des nations qui ont levé la corne contre le pays de Juda pour le disperser ».

Nous avons déjà fait remarquer, à propos des visions du prophète Daniel, que les cornes sont le symbole de la puissance. Les quatre cornes que nous trouvons ici représentent donc la puissance des quatre empires si souvent mentionnés par les prophètes, et qui ont dominé sur la terre d’Israël. C’est leur force brutale qui s’est montrée dans la dure oppression qu’ils ont exercée sur le peuple de Dieu ; sans aucun ménagement, ils ont assujetti, dispersé, de telle manière que nul d’entre le peuple n’osait lever la tête.

Mais Dieu est le Dieu des délivrances ; Il a les yeux sur les opprimés ; Il a, dans sa main, des instruments, des ouvriers, comme ils sont appelés ici, pour accomplir son œuvre de salut. Serions-nous comme entourés par les cornes des buffles, environnés d’ennemis puissants ; Satan et tous ses agents seraient-ils unis en bataille contre nous, n’oublions pas que notre Dieu est puissant : Il combat pour les siens, Il entend ceux qui crient à Lui. Il a détruit, dispersé, anéanti les quatre grandes cornes ; pour Lui, détruire un empire est une chose plus facile que pour un charpentier de scier une corne.

La vision de l’homme au cordeau à mesurer

La troisième vision du prophète Zacharie se trouve au chapitre 2 de son livre. Elle est aussi simple que la seconde. Mais, dans l’une comme dans l’autre, il est nécessaire d’avoir la lumière et le secours divins pour les comprendre : « Et je levai les yeux, et je regardai ; et voici un homme, et dans sa main un cordeau à mesurer. Et je dis : où vas-tu ? Et il me dit : je vais pour mesurer Jérusalem, pour voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur ».

Au moment où le prophète avait sa vision, Jérusalem était dévastée depuis plus de soixante-dix années ; quelques personnes pieuses étaient remontées de Babylone, avaient rebâti l’autel de l’Éternel sur son emplacement et avaient posé les fondements du temple ; mais la ville était encore en ruines ; murailles et remparts menaient deuil, ils languissaient ensemble, nous dit le prophète Jérémie dans le sublime langage de ses lamentations ; ses portes étaient enfoncées dans la terre, ses barres étaient brisées et une grande partie du peuple se trouvait encore en captivité parmi les nations ennemies.

Tout est perdu, ce n’est que de l’orgueil et de la présomption que de vouloir relever ces ruines, pouvait dire l’incrédulité. Rien n’est perdu, tout est assuré, pouvait répondre l’humble fidèle qui se confiait dans les promesses de Dieu qui ne peut changer.

C’est dans ce moment même que l’Éternel vient encourager ces pauvres bâtisseurs par le moyen de la vision du prophète : la ville était donc dévastée. Elle sera de nouveau bâtie, et sur quelle étendue ! Il faudra le cordeau d’un ange pour en prendre les dimensions ! Le peuple était dispersé aux quatre vents des cieux « Ho, ho ! », c’est l’Éternel lui-même qui l’appelle et le rassemble : « Fuyez de Babylone et du milieu de nations où vous êtes dispersés ; Jérusalem sera encore habitée ; une multitude d’hommes et même de bétail sera encore en elle ».

Ils étaient dans le deuil et pleuraient : « Exulte, dit l’Éternel, et réjouis-toi, fille de Sion, car voici, je viens, et, je demeurerai au milieu de toi ». Ils étaient dans l’humiliation : « Je serai ta gloire au milieu de toi », leur crie encore l’Éternel. Et cette pauvre muraille ruinée de toutes parts, hélas ! Comment pourrait-elle protéger le peuple contre les attaques de leurs ennemis ? « Moi, l’Éternel, je serai pour elle une muraille de feu tout autour ». C’est Lui qui protège ceux qui se confient en Lui. Quand Dieu parle, toute chair fait silence devant Lui, Il accomplit tout ce qui plaît à sa bonté. Heureux ceux qui se confient en Lui !

La vision du grand sacrificateur

Le troisième chapitre du prophète Zacharie nous donne le récit de sa quatrième vision. De nouveau, il voit l’Ange de l’Éternel, mais cette fois, c’est le grand sacrificateur Joshua qui se tient devant lui. Malgré la haute position qu’il occupe dans le sanctuaire de l’Éternel, il doit, tout aussi bien que les chefs des grands empires, rendre compte de ses actes ; personne ne peut échapper au jugement de Celui que Dieu a établi juge des vivants et des morts. Comment subsister devant le Dieu saint, car les vêtements de Joshua sont sales ? Avec tout cela, un accusateur redoutable, Satan lui-même, vient s’opposer à lui.

Dans ce récit, nous avons, de fait, l’histoire de tous les hommes : tous sont coupables et, de mille manières, ils ont fourni à l’ennemi l’occasion de les accuser. Que répondre ? Comment se justifier ? Pas plus que Joshua, nous ne le pouvons. Ses vêtements sales témoignaient contre lui, et nos fautes crient contre nous-mêmes. Le Dieu saint va-t-il nous jeter dans le feu éternel comme nous ne l’avons que trop mérité ? Satan voudrait bien qu’il en soit ainsi et que nous soyons précipités dans le malheur avec lui. N’y a-t-il personne qui vienne plaider pour le coupable, personne qui puisse le délivrer ?

Merveilleuse grâce, c’est le Dieu même qui a été offensé qui va prendre en mains la cause de celui qu’Il devrait condamner ; c’est Lui qui va fermer la bouche à l’accusateur : « Que l’Eternel te tance, Satan ». L’ennemi est confus, le coupable est délivré; c’est Dieu lui-même qui le justifie. Qui donc pourrait le condamner ? « J’ai fait passer de dessus toi ton iniquité ; ôtez de dessus lui ses vêtements sales… je te revêts d’habits de fête ». C’est Dieu qui a tout fait pour lui. Il glorifie sa miséricorde envers des pécheurs. Un tison a été sauvé du feu et personne ne pourra l’y jeter de nouveau. Bienheureux qui a cru ces choses !

La vision du chandelier et des deux oliviers (Zach. 4)

« Et l’ange qui parlait avec moi revint et me réveilla comme un homme qu’on réveille de son sommeil. Et il me dit : Que vois-tu ? Et je dis : je vois, et voici un chandelier tout d’or, et une coupe à son sommet ; et ses sept lampes sur lui ; sept lampes et sept conduits pour les lampes qui sont à son sommet, et deux oliviers auprès de lui, l’un à la droite de la coupe, et l’autre à sa gauche.

Et je pris la parole et dis à l’ange qui parlait avec mot, disant : que sont ces choses, mon Seigneur ? Et l’ange qui parlait avec moi répondit et me dit : ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? Et je dis : non, mon Seigneur. Et il répondit et me parla, disant : c’est ici la parole de l’Éternel à Zorobabel, disant : ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées. Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel ? Tu deviendras une plaine : et il fera sortir la pierre du faite avec des acclamations : grâce, grâce sur elle !

Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : les mains de Zorobabel ont fondé cette maison, et ses mains l’achèveront ; et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé vers vous. Car qui a méprisé le jour des petites choses ? Ils se réjouiront, ces sept-là, et verront le plomb dans la main de Zorobabel : ce sont là les yeux de l’Éternel qui parcourent toute la terre.

Et je répondis et lui dis : que sont ces deux oliviers, à la droite du chandelier, et à sa gauche ? Et je répondis une seconde fois et lui dis : que sont les branches des oliviers qui, à côté des deux conduits d’or, déversent l’or d’elles-mêmes ? Et il me parla, disant : ne sais-tu pas ce qu’elles sont ? Et je dis : non, mon Seigneur. Et il dit : ce sont les deux fils de l’huile, qui se tiennent auprès du Seigneur de toute la terre ».

Nous avons trouvé bon de transcrire ici, en entier, la cinquième vision du prophète Zacharie ; elle vaut la peine d’être lue, relue et méditée. Elle semble être la plus merveilleuse des huit visions du prophète ; elle est aussi la plus difficile à comprendre. Lui-même confesse plusieurs fois son ignorance et son incapacité à comprendre le tableau que le Saint Esprit plaçait devant ses yeux. Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? lui dit le messager céleste qui parlait avec lui. Non, mon Seigneur, répond-il.

Notre ignorance est-elle une raison pour que nous nous découragions et que nous négligions ces choses que Dieu nous a données ? Pour l’incrédule ou le paresseux peut-être, mais non pas pour la foi. Elle regarde en haut, elle demande, elle sait que Dieu nous parle pour notre profit, que la gloire de Dieu est de cacher une chose et que la gloire du roi est de sonder une chose.

Tout d’abord, l’ange qui parlait au prophète doit le réveiller comme un homme qu’on réveille de son sommeil. Souvent il nous arrive de dormir même en présence des choses les plus merveilleuses et dans les moments les plus solennels. Les trois disciples, sur la montagne de la transfiguration, dormaient en présence de la gloire magnifique ; ils dormaient encore dans le jardin de Gethsémané, lorsque le Seigneur était dans l’angoisse du combat. Jonas, le prophète, dormait profondément lorsque le navire, sur lequel il était monté, menaçait d’être englouti dans les eaux de la mer en furie, à cause de la désobéissance du prophète. Bien des coupables dorment lorsque la mort et le jugement sont près de les atteindre. Zacharie, lui-même, dormait, et si l’ange ne l’avait réveillé, il n’aurait pu contempler la merveilleuse vision de laquelle nous nous occupons.

L’objet principal de la scène qu’il est admis à contempler est un chandelier d’or et ses sept lampes sur lui. Il est à peine nécessaire de dire que ce chandelier avec sa plénitude de lumière symbolise Christ. Lui est la lumière du monde ; quiconque croit en lui ne demeure pas dans les ténèbres et celui qui le suit aura la lumière de la vie. La scène que nous contemplons nous fait penser au passage bien solennel que nous lisons dans l’épître aux Éphésiens chapitre 5. 14 : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi ».

Zacharie, une fois réveillé, contemplait le chandelier, et les sept lampes brillaient sur lui de tout leur éclat. À l’examen, ce chandelier est merveilleux. Il est tout d’or, le métal le plus précieux et qui est le symbole de la justice divine. En lui, rien ne manque. Deux oliviers fournissent sans cesse l’huile qui remplit la coupe d’or placée à son sommet ; les sept conduits d’or alimentent les sept lampes qui brillent au milieu des ténèbres enveloppant les mortels.

« Par devers Toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière », dit le psalmiste. Lorsque nous voulons nous approcher de Christ, l’ennemi de nos âmes met sur notre chemin des obstacles pour nous empêcher d’aller nous réjouir à sa lumière ; ces obstacles semblent aussi infranchissables que de grandes montagnes, mais devant celui qui croit Dieu, ils deviennent comme des plaines unies. Il n’est nécessaire ni de force, ni de puissance. Au reste, quelle force avons-nous ?

Mais, par la puissance de l’Esprit de Dieu qui a créé les mondes, nous sommes délivrés de la puissance des ténèbres et amenés dans sa merveilleuse lumière. C’est Lui qui commence l’œuvre et c’est Lui qui l’achève. C’est Lui qui a posé la pierre de fondement d’un glorieux édifice et c’est Lui qui posera la pierre du faîte, et cela au milieu des acclamations : « Grâce, grâce sur elle ! » Le Seigneur de toute la terre se glorifie en faisant briller toute l’étendue de sa grâce.

La vision du rouleau qui volait (Zach. 5. 1 à 3)

Les visions du prophète Zacharie dont nous nous sommes occupés précédemment portaient un caractère de grâce bien manifeste. Nous avons pu y constater la grâce d’un Dieu qui vient consoler son peuple opprimé, le délivrer, lui faire des promesses, justifier un coupable, réveiller un pauvre dormeur, et faire briller, sur lui, la lumière divine. La vision que nous allons étudier maintenant porte, par contre, un caractère de jugement.

De nouveau, le prophète lève les yeux. C’est bien là, le vrai moyen d’être instruit dans les pensées de Dieu. Il voit un rouleau qui volait. Ce rouleau est long de vingt coudées et large de dix coudées. L’ange lui dit : « C’est la malédiction qui sort sur la face de toute la terre ». Cette malédiction atteindra nécessairement tous ceux qui n’auront pas accepté la grâce de Dieu. Elle est inévitable, puisqu’elle sort sur la face de toute la terre. Prendre les ailes de l’aube du jour et aller se cacher au haut de la terre ne servirait de rien car, là encore, la main puissante de Dieu y saisirait le coupable.

Ce rouleau était écrit sur ses deux côtés : de l’un étaient les sentences contre ceux qui ont causé du tort à leurs semblables : les voleurs. De l’autre, étaient les sentences contre ceux qui ont offensé le Dieu saint : ceux qui jurent faussement par son nom, ceux qui pensent pouvoir associer Dieu au mal. Ce sont là les deux grands caractères du mal : ces offenses envers nos semblables et celles envers Dieu, le Dieu saint. Cette malédiction doit être effrayante, à en en juger par les dimensions extraordinairement grandes de ce rouleau ; et avec quelle rapidité elle vient sur les coupables : elle vole ! Elle va se loger dans la maison du pécheur et tout y consumer de telle façon qu’il n’y restera rien, ni bois, ni pierre. Malheur à ceux qu’elle atteindra !

La vision de la femme assise au milieu de l’épha (Zach. 5. 5 à 11)

« Et l’ange qui parlait avec moi sortit et me dit : « Lève tes yeux et regarde ; qu’est-ce qui sort là ? » Et je dis : « Qu’est-ce ? » Et il dit : « C’est l’épha qui sort ». Et il dit : « C’est ici leur aspect dans toute la terre ». Et voici, un disque de plomb fut soulevé : et il y avait là une femme assise au milieu de l’épha. Et il dit : « C’est la méchanceté ». Et il la jeta au milieu de l’épha, et il jeta le poids de plomb sur l’ouverture. Et je levai mes yeux, et je vis ; et voici, deux femmes sortirent, et le vent était dans leurs ailes, et elles avaient des ailes comme des ailes de cigogne, et elles soulevèrent l’épha entre la terre et les cieux. Et je dis à l’ange qui parlait avec moi : « Où celles-ci emportent-elles l’épha ? » Et il me dit : « Pour lui bâtir une maison dans le pays de Shinhar ; et là elle sera fixée et posée sur sa base ».

Nous avons ici la septième vision du prophète Zacharie. Elle peut paraître compliquée et difficile à comprendre. Toutefois, souvenons-nous que, nous aussi, nous pouvons lever les yeux, et Celui qui demeure en haut nous fera entrer, non dans les choses qui pourraient satisfaire notre curiosité, mais dans celles qui seront profitables à nos âmes et qui répondront à leurs besoins. Tout est infini dans les visions du prophète Zacharie comme, du reste, dans toute la Parole de Dieu. Nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie ; bientôt, ce qui est en partie aura sa fin.

Le sujet principal de toute cette vision est représenté par une femme appelée méchanceté. Généralement, dans les Écritures, une femme est un symbole représentant un principe moral ou religieux, soit bon, soit mauvais. Par exemple, nous trouvons la femme vertueuse du livre des Proverbes (ch. 31. 10 à 31) ; la femme qui a introduit le levain parmi les trois mesures de farine (Mat. 13. 33). Ici, elle représente la méchanceté ; elle est assise au milieu de l’épha.

L’épha est une grande mesure de capacité. Bientôt, ayant comblé la mesure de sa méchanceté, elle sera comme saisie et enlacée dans les cordes de son péché. Enfermée et captive dans sa propre iniquité, elle est transportée dans le pays de Shinhar, là où se trouve Babylone, la mère des prostituées et des abominations de la terre, pour y recevoir, avec elle, le juste châtiment qu’elle a mérité.

Nous avons vu, dans la vision du rouleau qui volait, le jugement du mal moral ; ici, c’est le mal religieux qui, lui aussi, sort pour être jugé. Le mal religieux revêt toujours le même caractère par toute la terre : il met de côté ce que Dieu a fait pour l’homme pécheur et il enseigne une foule de choses que l’homme devrait faire pour être sauvé. Il ignore la justice de Dieu et cherche à établir la justice de l’homme. Sous tous les cieux, toutes les religions des hommes ont le même aspect : des ordonnances qui peuvent peut-être changer quant à ce qu’elles exigent, mais qui toujours se résument par ce seul mot : faire ; tandis que Dieu dit : croire.

Que peut bien faire, pour son salut, un être pécheur, perdu et déjà condamné ? C’est un fol orgueil qui peut conduire le cœur ignorant sa misère, son incapacité en présence de la sainteté de Dieu, à écouter la parole de la femme méchante, et à être entraîné par ses séductions dans « les voies conduisant au shéol, descendant dans les chambres de la mort ». Hélas ! « Cette femme a fait tomber bien des blessés à mort, et ceux qu’elle a tués sont très nombreux ».

D’après Le Salut de Dieu 1932

LES ANIMAUX DANS LA BIBLE (3)

LE RENARD

« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas de lieu pour reposer sa tête » (Luc 9. 58).

Le « Fils de l’homme » c’est le Seigneur Jésus Lui-même. Dans ce passage de l’évangile selon Luc, le Seigneur monte vers Jérusalem. Il sait ce qui L’y attend. Malgré la perspective terrible de la croix, Il continue son ministère de bénédiction, allant au-devant des hommes pour les secourir.

Trois personnes se trouvent sur son chemin, toutes veulent bien le suivre, mais chacune a quelque chose de plus important à faire auparavant. La première déclare : « Seigneur, je te suivrai où que tu ailles ». C’est facile à dire, aussi Jésus ne lui cache-t-Il pas les difficultés qu’il y a à Le suivre. Où sont les obstacles ? Le plus souvent, dans notre cœur.

Sais-tu qu’il est parlé plusieurs fois du renard dans la Bible ? Il habite dans une tanière ou dans des ruines désolées (Lam. 5. 18). Il n’est pas dangereux pour les hommes ; il ne les attaque jamais. Il se contente, pour nourriture, de la volaille des basses-cours ou des petits animaux de la forêt. Il chasse souvent seul ; son menu est très varié, mais il aime particulièrement les fruits.

Il est très rusé (le roi Hérode est comparé à un renard en Luc 13. 31) ; il est prudent.

Autrefois on entourait les vignes d’une haie ou d’un muret, et des gardiens veillaient du haut d’une tour afin qu’aucun animal sauvage, en particulier le renard, n’y pénètre et n’y fasse des dégâts. Regardant sa vigne et les fleurs du printemps si fragiles, le bien-aimé du Cantique des cantiques s’écrie : « Prenez-nous les renards, les petits renards qui ravagent les vignes, car nos vignes sont en fleur » (Cant. 2. 15). Les petites grappes de raisin apparaissent très tôt sur les branches, dès que les bourgeons s’entrouvrent. Le risque est grand, alors, que les renards viennent folâtrer dans les vignes et détruisent fruits et fleurs.

Le Seigneur Jésus désire que ceux qu’Il a rachetés produisent des fruits pour Lui. Quels sont ces fruits ? N’est-ce pas un cœur qui l’aime, qui Lui est soumis et qui Le sert humblement ? Méfions-nous de ces « petits renards » : telle habitude, telle lecture malsaine, tel vilain trait de caractère qui revient sans cesse, tel « petit mensonge » ou entorse à la vérité, d’apparence insignifiante… Ne les tolérons pas. En grandissant, ces « petits renards » deviendront de plus en plus tyranniques et rusés, et nous empêcheront de porter du fruit pour Dieu.

Mais revenons à Luc 9. En contraste avec les renards ou les oiseaux, le Seigneur ne peut se reposer sur la terre ; Il n’a pas de demeure. Ce verset veut-il dire que le Seigneur nous interdit d’avoir un logement, un lieu pour dormir et manger ? Non. Simplement, Il nous enseigne que la terre, avec son atmosphère souillée par le péché, n’est pas un lieu de repos pour Lui, ni pour nous. Il en est ainsi « à cause de la souillure qui amène la ruine » (Michée 2. 10).

Les Évangiles nous montrent Jésus travaillant dans ce monde souillé qui Le rejette. Il se rend de village en village. Sans doute habite-t-Il quelque temps à Capernaüm (Mat. 4. 13), ou pénètre-t-Il dans différentes maisons. Mais souvent Il passe la nuit, isolé ou sur la montagne des Oliviers (Luc 21. 37 ; Jean 8. 1), parce qu’aucune maison ne s’ouvre pour Le recevoir (Jean 7. 53).

Comment Le suivre fidèlement ? En étant un étranger sur la terre, comme lui. À son entrée dans le monde, on ne Lui donne qu’une crèche, et à la fin de sa vie sur la terre, Il est cloué à la croix. Lui, le Créateur, ne possède même pas un refuge, à l’inverse des petits animaux. Ce monde ne peut être son chez-soi. Et si même tu habites maintenant dans un logement confortable, le monde qui nous entoure pourrait-il vraiment être ton « chez-toi » ?

LE PASSEREAU

La Bible nous parle de passereaux à plusieurs reprises. Quel oiseau désigne-t-elle ainsi ? Sûrement n’importe quel petit oiseau, comme le rossignol, la mésange ou le moineau.

En parlant avec ses disciples, le Seigneur Jésus s’est servi du passereau pour montrer l’amour de Dieu envers ses créatures. On vend des passereaux pour peu d’argent et même pour rien (lis et compare Mat. 10. 29 et Luc 12. 6). Mais « pas un seul d’entre eux n’est oublié devant Dieu ». Si Dieu prend soin des plus petits oiseaux, combien plus s’occupera-t-Il des hommes, et spécialement des croyants !

En général les passereaux sortent en bandes ; ce sont des oiseaux sociables. Ils se posent volontiers sur les toits plats des maisons de la Palestine, qui servent de terrasses, et où les habitants s’installent pour converser.

Lisons ce verset (porté sur la page de couverture) : « Je veille, et je suis comme un passereau solitaire sur un toit » (Ps. 102. 7). De quoi est-il parlé ici ? De solitude. Et de qui est-il question ? De Celui qui a été seul sur la terre, méprisé et affligé, le Seigneur Jésus (És. 53. 3 et 4).

Dans le jardin de Gethsémané, Il a été seul à veiller pour prier alors que ses disciples dormaient. À l’heure de la croix, « tous le laissèrent et s’enfuirent » (Marc 14. 50). Durant toute sa vie, le Seigneur a éprouvé cette solitude au milieu des hommes de son temps. Un homme se sent d’autant plus seul qu’il est différent des autres. Jésus était parfait, à la fois vrai homme et vrai Dieu ; Il fut incompris, méprisé et détesté. Même ses disciples, qui L’aimaient pourtant, ne Le comprenaient pas quand Il leur parlait de son œuvre, de ses souffrances, de sa mort, de son départ.

Le Psaume 102, qui décrit de façon frappante la solitude du Seigneur, porte la suscription : « Prière de l’affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l’Éternel ». Remarquez ce verbe répandre, qu’on trouve aussi en 1 Samuel 1. 15 et au Psaume 62. 8. C’est devant Dieu et non devant les hommes que le fidèle vide son cœur pour chercher du secours.

Au Psaume 102, la prière de l’affligé ne contient ni impatience, ni murmure, ni révolte ; c’est la soumission, l’acceptation d’une souffrance douloureusement ressentie. Incompris des hommes, Jésus était approuvé de Dieu et marchait dans la communion avec Lui. Il dit : « Le Père ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8. 29).

Même si ces choses sont au-delà de notre portée, quel modèle le Seigneur reste pour nous !

Peut-être as-tu vécu toi-même une solitude prolongée, de sorte que tu peux comprendre en partie ce que cela a signifié pour ton Sauveur ?

Combien souvent, dans les difficultés, l’incompréhension ou le rejet des autres, on se révolterait ! Si facilement on pourrait se plaindre auprès de l’un ou de l’autre, étant occupé de soi ou de ses tristesses, replié sur soi-même. La peine peut être si grande que l’âme en est abattue ; mais la foi toujours vaillante dit : « Attends-toi à Dieu ! » (Ps. 42. 11). Oui, le Seigneur peut t’aider à accepter la solitude, la souffrance, l’injustice, si tu te laisses transformer par Lui, selon le modèle qu’Il a laissé.

LA COLOMBE

La colombe, le pigeon et la tourterelle sont des oiseaux identiques ou très voisins.

Il est souvent question de la colombe dans la Bible. C’est un oiseau doux et affectueux, qui fait son nid dans les fissures du rocher (Cant. 2. 14). La colombe hiverne dans le Sud, et quand elle revient, son roucoulement annonce le printemps. En effet on lit dans le Cantique des cantiques (2. 12) : « la saison des chants est arrivée, et la voix de la tourterelle s’entend dans notre pays ». Son cri peut être aussi un gémissement ; il est alors plaintif (És. 38. 14) et a une résonance triste.

Après le déluge, Noé lâcha un corbeau, puis, par trois fois, une colombe. La première fois, tandis que le corbeau allait et venait, la colombe revint ; n’ayant trouvé que des lieux boueux, d’instinct, elle ne voulut pas s’y poser (Gen. 8. 6 à 12). La seconde fois, elle rentra, une feuille d’olivier au bec, preuve que le sommet des arbres émergeait de l’eau. La troisième fois enfin, quand les eaux eurent baissé, la colombe lâchée ne revint pas. En opposition avec le corbeau, animal impur (Lév. 11. 15), elle montra ainsi son besoin de pureté, dont elle est généralement le symbole.

Le Seigneur Jésus a fait aussi allusion à sa simplicité, qui était proverbiale : « soyez… simples comme des colombes » (Mat. 10. 16). Celui qui est simple ne suppose pas le mal ; il agit sans calcul. Ainsi la colombe est l’image d’un esprit innocent.

Dans différentes occasions le peuple d’Israël devait offrir à Dieu des sacrifices et des offrandes, par exemple un taureau ou un agneau. Toutefois, si l’on n’en avait pas les moyens, Dieu avait indiqué qu’on pouvait offrir deux oiseaux purs : une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes (Lév. 5. 7 ; 12. 8). C’est ce qu’ont fait Joseph et Marie lorsque l’enfant Jésus fut présenté au temple (Luc 2. 22 à 24). Cela fait ressortir leur pauvreté et l’humilité dans laquelle, pour nous, le Seigneur Jésus est venu sur la terre.

À cette époque, les marchands de colombes destinées aux sacrifices étaient installés jusque dans le temple. Le Seigneur renversa leurs sièges et les chassa (Mat. 21. 12).

Mais venons maintenant au baptême du Seigneur Jésus par Jean le Baptiseur.

«… Jésus…ayant été baptisé et priant, le ciel s’ouvrit ; alors l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe ; et il y eut une voix qui venait du ciel : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » (Luc 3. 21 et 22).

À l’appel de Jean le Baptiseur, les hommes pieux avaient dû se repentir, confesser leurs péchés et être baptisés. Le Seigneur Jésus se joignit à eux et fut baptisé, mais Il n’avait aucun péché à confesser. La Parole nous dit : « il n’a pas commis de péché » (1 Pier. 2. 22), « il n’a pas connu le péché » (2 Cor. 5. 21) et « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3. 5). Lorsque Jésus remonta de l’eau, une scène merveilleuse se déroula : le ciel s’ouvrit et le Saint Esprit descendit sur Lui comme une colombe.

Le Saint Esprit avait bien agi par l’intermédiaire des prophètes, mais c’était une chose toute nouvelle que Dieu le Saint Esprit descende de façon visible sur un homme. Cela prouvait la pureté absolue de Jésus, l’homme parfait.

De plus, en présence de tous les assistants, le Seigneur Jésus reçut de son Père une parole d’approbation et d’amour : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir ». Il n’était pas possible que l’Homme parfait fût confondu avec les autres hommes. Le Père approuvait devant tous Celui qui faisait ses délices, sa joie de toute éternité. Remarquons que, dans cette scène, nous sommes en présence de toute la Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Par le symbole de la colombe, cette scène magnifique annonça l’humilité, la grâce, la douceur, la pureté qui caractérisèrent la vie du Seigneur Jésus. Les hommes ne L’ont pas connu ; ils L’ont méprisé, outragé et crucifié. Mais, pour le cœur du croyant, rien n’est comparable à Jésus.

LE SERPENT

Le serpent est un animal dépourvu de pattes. Il se déplace en « marchant sur son ventre » (Gen. 3. 14), par reptation. Il est souvent dangereux pour l’homme, qui redoute ses morsures venimeuses, infligées par une dent spéciale en forme de crochet. Comme il n’a pas d’oreille externe, on a parfois pensé qu’il était sourd (Ps. 58. 4 et 5). Il se dissimule pour attendre sa proie, aussi le Seigneur Jésus le prend-il comme exemple de prudence (Mat. 10. 16).

Mais en général, la Bible le présente comme repoussant et dangereux. La loi le classe parmi les animaux impurs (Lév. 11. 42). Sa morsure douloureuse et redoutable en fait l’image de la méchanceté (Ps. 58. 4). Il est dangereux quand on le dérange, même si c’est sans le vouloir ; l’Ecclésiaste nous dit : « Qui renverse une clôture, un serpent le mord » (Eccl. 10. 8) ; le serpent représente ici le danger que nous courons si nous repoussons l’enseignement de la Parole.

Au commencement de l’histoire des hommes, dans le jardin d’Éden, Satan a pris la forme du serpent, l’animal le plus rusé (Gen. 3. 1), pour tromper Ève et Adam. Le diable, ou « serpent ancien » (Apoc. 12. 9), fut ainsi la cause de la chute et de la misère des hommes. Mais aussitôt, Dieu annonça leur délivrance par le moyen d’un Sauveur qui devait venir et souffrir : la semence de la femme (Jésus) brisera la tête du serpent, tandis que celui-ci Lui brisera le talon – première allusion à la croix (Gen. 3. 15).

C’est de ce grand salut que le Seigneur Jésus parle à Nicodème lorsqu’Il lui dit : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, de même il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». (Jean 3. 14 et 15).

Nicodème était un chef des Juifs. Il connaissait l’histoire du peuple d’Israël. Il savait comment celui-ci, en route vers Canaan, s’était maintes fois révolté. Dégoûté de la manne que Dieu lui avait donnée, le peuple incrédule s’était laissé aller au découragement, aux plaintes et aux murmures. Alors, Dieu avait envoyé des serpents venimeux qui mordaient les gens (Nomb. 21. 6) et cette morsure était mortelle. Les Israélites avaient alors reconnu et confessé leur péché.

Moïse avait prié pour eux et l’Éternel avait ordonné un remède : un serpent d’airain attaché sur une perche et élevé à la vue de chacun. Dans la Bible, l’airain représente la justice de Dieu qui juge le péché. Celui qui regardait le serpent d’airain était guéri ; il vivait (v. 9). Quel moyen sûr et simple pour être sauvé !

Le Seigneur Jésus explique à Nicodème qu’il fallait que Lui-même, le Fils de l’homme, soit élevé comme le serpent l’avait été dans le désert. Sur la croix, élevé à la vue de tous, rejeté de la terre, Il devait être présenté à Dieu comme une victime offerte sur l’autel à la place du coupable. Il fallait que le Seigneur Jésus soit « fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21), qu’Il soit assimilé à la puissance du mal, au serpent, et qu’Il subisse toute la condamnation et le jugement de Dieu contre le péché (Rom. 8. 3).

Parce qu’Adam et Ève ont été trompés et ont désobéi à Dieu, nous sommes tous nés pécheurs. Semblables aux Israélites mordus par les serpents, nous sommes condamnés à une mort certaine. Mais, dans son merveilleux amour, Dieu a préparé un moyen simple de salut. Un regard de foi vers la croix où je vois Jésus élevé, et je suis sauvé de la perdition éternelle ; j’apprends à connaître l’amour de Dieu pour le pécheur.

« Si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » (Jean 12. 32).

LA BREBIS

La Bible nous parle très souvent des brebis. C’est un animal domestique qui procure des peaux, de la viande, du lait et de la laine. La brebis est affectueuse, docile (Jean 10. 3 et 4), douce (Jér. 11. 19). Sans défense naturelle, donc faible lorsqu’elle est laissée à elle-même (Mat. 10. 16), elle est une proie facile pour les prédateurs.

Il lui faut un berger pour la délivrer de l’attaque d’un ours ou d’un lion, comme l’a fait David (1 Sam. 17. 34), ou la retrouver quand elle s’égare (Luc 15. 4).

Déjà Abel s’occupait de menu bétail (Gen. 4. 2). Plus tard, les patriarches hébreux en possédaient de grands troupeaux (Gen. 12. 16). Leurs descendants en Égypte (Gen. 46. 34), dans le désert (Ex. 10. 9), puis en Canaan, continuèrent à s’occuper d’élevage (2 Chron. 32. 29 et Luc 2. 8). Ils avaient ainsi de quoi se nourrir, se vêtir, couvrir leurs tentes. De plus, la brebis était un animal pur qu’ils pouvaient offrir à Dieu en sacrifice (Lév. 1. 10).

« Il a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n’a pas ouvert sa bouche » (És. 53. 7).

Dans son char, le riche et puissant ministre de Candace, reine des Éthiopiens, lisait ce passage de l’Écriture (Act. 8. 27 et suivants). Mais ce texte était obscur pour lui. II se demandait de qui le prophète Ésaïe parlait.

Alors Philippe, envoyé par un ange du Seigneur, s’approcha du voyageur et, invité à monter dans le char, il lui « annonça Jésus ».

Ce passage d’Ésaïe 53 nous parle en effet du Seigneur Jésus. Il a été comme une brebis docile qui se laisse tondre sans résister. Au moment de son procès, Il s’est présenté devant ses ennemis, sans défense. Les chefs du peuple ne cherchaient pas à établir la vérité ; ils désiraient trouver quelque faux témoignage contre Lui, de manière à Le faire mourir. Délaissé, trahi, méprisé, opprimé, Il n’a pas ouvert sa bouche et n’a exprimé aucune plainte.

Faussement accusé, devant le souverain sacrificateur, « Jésus gardait le silence et ne répondit rien » (Marc 14. 61). Alors qu’Hérode l’interrogeait, « Il ne lui répondit pas même un seul mot » (Mat. 27. 14) ; à Pilate « Jésus ne lui donna pas de réponse » (Jean 19. 9). Après avoir été déclaré innocent, le Seigneur Jésus fut finalement condamné.

Lorsque nous sommes accusés, nous avons tous tendance à nous justifier, même si nous sommes coupables. Christ ne cherchait pas à se justifier : « lorsqu’on l’outrageait, il ne rendait pas l’outrage, quand il souffrait, il ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pier. 2. 23). Quel exemple pour nous ! Parfois nous devons souffrir en faisant le bien, rencontrer de la moquerie parce que nous sommes chrétiens. La Parole de Dieu nous dit : « C’est digne de louange devant Dieu, car c’est à cela que vous avez été appelés ; car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (1 Pier. 2. 21).

L’OURS

L’ours brun est un mammifère omnivore, bas sur pattes. Il était assez répandu dans les montagnes et les forêts d’Israël aux temps de l’Ancien Testament. L’ours se nourrit de fruits, de racines, d’œufs, de nids d’abeilles. Sa jolie fourrure et son allure pataude lui donnent un air inoffensif. Mais cette fourrure cache, sur ses pattes, de terribles griffes. Quand il est affamé, il s’attaque aux troupeaux (1 Sam. 17. 34).

Rencontrer cet animal féroce, entêté et fort, est extrêmement dangereux, surtout lorsqu’il est à la recherche d’une proie (Prov. 28. 15) ou lorsqu’il s’agit d’une ourse privée de ses petits (Prov. 17. 12 ; Osée 13. 8).

David obtint une grande victoire en délivrant, de la gueule d’un ours, un mouton de son troupeau (1 Sam. 17. 35 à 37). Plus tard, des enfants du village de Béthel furent déchirés par deux ourses parce qu’ils s’étaient moqués du prophète Élisée (2 Rois 2. 23 et 24). La violence de cette bête féroce, conséquence du péché, disparaîtra quand le Seigneur établira son règne de mille ans : « la vache paîtra avec l’ourse » (És. 11. 7).

L’ours est l’image d’une violence sans pitié qui s’abat d’une façon inattendue. Cela nous fait penser à l’ennemi de nos âmes, Satan, qui veut nuire au troupeau du Seigneur quand celui-ci montre son insouciance ou sa sottise.

Que cela nous rende sérieux ! Attachons-nous aux instructions du Seigneur. Surtout, ouvrons notre cœur à l’amour qui a conduit le Seigneur Jésus à exposer et même à donner sa vie pour son troupeau.

Le prophète Jérémie montre que Dieu peut devenir l’adversaire de son peuple désobéissant. Dans ses lamentations, le prophète Jérémie déclare : « Il a été pour moi un ours aux embûches… et m’a déchiré » (Lam. 3. 10 et 11). Jérusalem s’étant obstinée dans le mal, Dieu a dû déverser sur elle son jugement. Jérémie, lui, n’était pas coupable, mais il s’associait à la situation et au péché de son peuple. Il ressentait le châtiment qui tombait sur Jérusalem comme s’il tombait sur lui-même. Dans ce livre, il exprime sa souffrance profonde et sa détresse en voyant que Dieu a abandonné son peuple et s’est tourné contre lui pour le juger.

Comme souvent, les sentiments des hommes de Dieu de l’Ancien Testament nous parlent à l’avance des sentiments du Seigneur Jésus. Durant les trois heures sombres de la croix, le Seigneur a expié nos péchés. Il a été notre substitut, c’est-à-dire qu’Il a rencontré Dieu comme un juge et a pris notre place sous son courroux. Dieu a déversé contre Lui toute sa fureur (Lam. 3. 1).

À cause de notre obstination dans le mal, Dieu a fait venir sur Lui un jugement sans miséricorde ; Il L’a « amené dans les ténèbres » (v. 2) et a fait une clôture autour de Lui (v. 7). Le Seigneur qui, seul, avait toujours connu la faveur infinie de son Dieu, a dû être abandonné (Mat. 27. 46). Dieu a « fermé l’accès à sa prière » (Lam. 3. 8), qui est restée sans réponse (Ps. 22. 2). Quelle souffrance infinie pour notre Sauveur !

Peux-tu dire au Seigneur Jésus, pour toi-même, avec reconnaissance :

Oh ! comme ils ont pesé sur toi,

Seul, dans cette heure sombre,

L’abandon, l’angoisse et l’effroi

De nos péchés sans nombre !

Cantique 42 strophe 2

L’AGNEAU

L’agneau est le petit de la brebis. Comme elle, il est doux, inoffensif et sans défense. Dans les premières pages de la Bible, nous trouvons le récit de l’offrande d’Abel. Il était berger et il apporta « des premiers-nés de son troupeau » (Gen. 4. 4). II avait compris qu’il était indigne et qu’il ne pouvait s’approcher de Dieu qu’avec le sang d’une victime ; il avait saisi par la foi qu’on ne peut apporter à Dieu que ce qu’Il a Lui-même donné et non le fruit de son propre travail (Héb. 11. 4).

Alors que Dieu éprouvait Abraham en lui demandant d’offrir son fils unique, le patriarche montra une foi admirable en disant à Isaac : « Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste » (Gen. 22. 8). Il était persuadé que Dieu lui rendrait son fils après cette épreuve. Il discernait aussi que Dieu donnerait Lui-même un jour « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).

« Vous aurez un agneau sans défaut… la congrégation l’égorgera… je verrai le sang » . (Ex. 12. 5, 6 et 13).

Le peuple d’Israël était esclave en Égypte et durement opprimé. Le Pharaon, obstiné et endurci, ne voulait pas le laisser s’en aller. Moïse lui annonça alors une terrible plaie : le fils aîné de chaque famille mourrait. Mais les Israélites seraient épargnés de ce désastre à condition de suivre les instructions que Dieu leur donnerait.

Chaque chef de famille devait prendre, de son troupeau, un agneau sans défaut. Il fallait le garder pendant quatre jours, puis l’égorger et enduire de son sang le linteau et les deux montants de la porte de la maison. Puis il fallait rôtir la chair et, la nuit tombée, la famille au complet devait rester paisiblement à l’intérieur, et chacun devait manger sa part de l’agneau. Ce repas spécial était appelé « la pâque ». Pendant la nuit, l’Éternel passerait par toute l’Égypte et frapperait les premiers-nés dans toutes les maisons, sauf là où il verrait le sang de l’agneau.

Néanmoins quelle inquiétude pouvait ressentir le fils aîné d’une famille israélite ! La foi de ses ancêtres et celle de son père ne suffiraient peut-être pas pour le sauver. Il n’était pas meilleur devant Dieu que les premiers-nés d’Égypte. De plus, il ne voyait pas le sang depuis l’intérieur de la maison. Pour être finalement en paix, il lui suffisait de croire ce que Dieu avait dit et de savoir que le sang avait été placé avec foi et obéissance là où Dieu l’avait demandé. « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous » (v. 13).

L’agneau de la pâque est pour nous une image du Seigneur Jésus (1 Cor. 5. 7). Nous avons tous péché (Rom. 3. 22) et le péché mérite la mort. Pour nous sauver, il fallait une victime, une victime parfaite, mourant à notre place. Pendant toute sa vie, le Seigneur Jésus a toujours montré sainteté et perfection. Sa nature sainte le mettait à part du péché (Héb. 4. 15). Il n’a pas connu le péché (2 Cor. 5. 21) et il n’en a pas non plus commis (1 Pier. 2. 22).

À l’image de l’agneau pascal, sans défaut et mis en garde quatre jours, il était véritablement « l’Agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde » (1 Pier. 1. 19). Mais sa vie parfaite ne pouvait effacer nos péchés. Il fallait qu’Il s’offre en sacrifice et que son sang soit répandu : Il s’est donné pour cela. C’est donc son sang, le sang de la victime parfaite, qui nous rachète de notre état misérable et qui nous met à l’abri du jugement. Nous avons la paix avec Dieu par le sang de la croix (Col. 1. 20).

Il faut que chacun de nous « mange la pâque », c’est-à-dire s’approprie par la foi la mort expiatoire du Seigneur Jésus. Aux yeux de Dieu, son sang est parfaitement efficace pour ôter le péché. Ainsi, reposons-nous avec confiance sur la valeur parfaite du « sang précieux de Christ » (1 Pier. 1. 19).

LA POULE

Pour tous ceux qui sont allés à la campagne, c’est un spectacle familier de voir les oiseaux des basses-cours couver leurs œufs. Quand les œufs sont éclos, la poule s’occupe de ses poussins. Elle leur apprend à picorer, elle les protège et les rassemble sous ses ailes.

Le coq, de son côté, est remarqué pour ses belles plumes colorées et pour son chant. Il chante dès le lever du jour. Pendant la nuit où le Seigneur Jésus a été jugé, son disciple Pierre a prétendu ne pas Le connaître. Il L’a renié. Et, au matin, le Seigneur s’est servi du chant du coq pour toucher la conscience de Pierre, comme Il le lui avait annoncé (Luc 22. 34).

Dans la Bible, les ailes des oiseaux sont souvent l’image de la protection divine. Sous les « ailes du Très-Haut » nous trouvons le salut, l’abri, le refuge, le réconfort, la sécurité ; notre cœur jouit de la paix. « Je me réfugierai sous l’abri de tes ailes » (Ps. 61. 4). « À l’ombre de tes ailes je chanterai de joie » (Ps. 63. 7).

Autrefois Ruth, la Moabite, une femme étrangère au peuple de Dieu, est venue s’abriter sous les ailes du Dieu d’Israël. Elle n’y avait aucun droit, mais elle a saisi la grâce que Dieu lui offrait (Ruth 2. 12). Et toi, es-tu venu au Seigneur pour te réfugier à l’abri de ses ailes ? Il veut te protéger tous les jours. « Il te couvrira de ses plumes, et sous ses ailes tu auras un refuge… tu n’auras pas peur des frayeurs de la nuit » (Ps. 91. 4 et 5).

C’est à l’ombre de ses ailes

Qu’on trouve la paix…

Les oiseaux dans leurs nids frêles,

Sous les plumes maternelles,

Ne s’épouvantent jamais :

Ils dorment en paix !

Vrai repos, paix parfaite et bonheur ;

Sous les ailes du Seigneur.

« Jérusalem…, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Mat. 23. 37).

Quand le Seigneur est venu sur la terre, au milieu du peuple d’Israël, chacun s’était tourné vers son propre chemin. Ces hommes étaient comme un troupeau qui n’a pas de berger, « dispersé sur les montagnes » (1 Rois 22. 17). La foi avait presque disparu du pays. Seules quelques personnes pieuses attendaient « la consolation d’Israël ».

Alors, « voyant les foules, le Seigneur fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés » (Mat. 9. 36). Il désirait rassembler ce peuple pour l’Éternel et Il a travaillé pour cela : « l’Éternel m’a formé… pour lui être serviteur afin de lui ramener Jacob… » (És. 49. 5). Mais le peuple ne L’a pas voulu. C’est pourquoi, en considérant la ville de Jérusalem, le Seigneur Jésus pleure sur elle (Luc 19. 41).

Cependant, par sa mort sur la croix, le Seigneur Jésus a rassemblé en un les enfants de Dieu dispersés (Jean 11. 52). Tous ceux qui croient, Juifs ou non, constituent le peuple pour Dieu. C’est l’accomplissement d’une prophétie d’Ésaïe dans laquelle le Seigneur dit : « Quoique Israël ne soit pas rassemblé, je serai glorifié aux yeux de l’Éternel ». Et Dieu lui répond : « Je te donnerai pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre » (És. 49. 6).

L’AIGLE

L’aigle est un oiseau de proie aux ailes puissantes, au vol rapide, à la vue perçante. Son bec impressionnant le rend capable de déchirer ses proies. Ses longues serres et ses griffes acérées lui permettent d’agripper facilement et d’emporter de petits rongeurs ou même de jeunes agneaux. Il bâtit son nid, qu’on appelle une aire, au haut des arbres ou des rochers (Job 39. 30). Là, les aiglons attendent, en sécurité, le retour de leurs parents, partis à la recherche de nourriture. L’aigle prend soin de ses petits. Il les force à s’envoler tout en assurant leur protection ; il plane au-dessous d’eux ou même les porte sur ses ailes.

La Parole se sert de l’image de l’aigle pour rappeler au peuple d’Israël le secours puissant et continuel de Dieu envers lui. « Vous avez vu… comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle » (Ex. 19. 4). « Comme l’aigle éveille son nid, plane au-dessus de ses petits, étend ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes, l’Éternel seul l’a conduit » (Deut. 32. 11). Pour nous, maintenant, Dieu a les mêmes soins.

Dieu utilise aussi l’aigle comme figure de l’orgueil humain. De tout temps, l’homme a voulu s’élever. À la suggestion de Satan dans le jardin d’Éden, il a désiré être égal à Dieu (Gen. 3. 5). Ayant cédé à la tentation, il a désobéi et le péché est entré dans le monde. Plus tard, c’est pour essayer d’atteindre jusqu’au ciel qu’il a voulu construire la tour de Babel (Gen. 11. 4). Dans le monde d’aujourd’hui, le désir de s’élever est souvent la motivation des activités humaines.

On peut donner comme exemples l’ambition dans les domaines du sport ou de la technique ou encore de la conquête spatiale, et les efforts pour dominer ou pour s’enrichir. Dieu ne supporte pas cette arrogance du cœur. « Quand tu élèverais ton nid comme l’aigle, je te ferai descendre de là, dit l’Éternel » (Jér. 49. 16). « Si tu t’élèves comme l’aigle, et que parmi les étoiles tu mettes ton nid, je te ferai descendre de là, dit l’Éternel » (Abdias 4). Le Seigneur Jésus, au contraire, s’est abaissé Lui-même (Phil. 2. 6 et 7) ; Il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces (1 Pier. 2. 21).

Dans la vision de Jérémie, l’aigle représente le Seigneur exerçant son jugement : « Voici, il monte comme un aigle, et il vole, et il étend ses ailes sur Botsra » (Jér. 49. 22). Botsra est une ville d’Édom, peuple voisin d’Israël. Nous savons que Dieu est saint et que ses yeux sont trop purs pour voir le mal (Hab. 1. 13). Bien sûr, Il est patient, « ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9).

Mais lorsque le mal est venu à son comble, Il intervient pour le juger. Le jugement tombe alors sur les hommes ou sur les peuples comme l’aigle fond sur sa proie. Les moyens que Dieu emploie alors sont « plus rapides que les aigles des cieux » (Lam. 4. 19). Dans ce cas, l’aigle est une image de la rapidité et de la précision du jugement de Dieu. L’aigle apparaît dans la vision d’Ézéchiel comme dans celle de Jean (Éz. 1. 10 et Apoc. 4. 7) ; avec trois autres animaux, il proclame la sainteté de Dieu (Apoc. 4. 8).

Pour l’instant, le jugement que réclame cette sainteté est retenu ; l’évangile de la grâce est annoncé, et Jésus « nous délivre de la colère qui vient » (1 Thess. 1. 10). Plus tard, cependant, Christ apparaîtra pour exécuter le jugement. Ce sera le jour de « la colère de l’Agneau » (Apoc. 6. 16). Sa gloire brille maintenant dans sa bonté, elle brillera alors dans son jugement. Nous pouvons nous réjouir de tout notre cœur de ce que le Seigneur, autrefois méprisé, introduira par la justice son glorieux règne de paix.

LE LION

La Bible mentionne plus de cent fois le lion. La lionne, et même les lionceaux sont cités maintes fois. Cet animal était connu des écrivains de la Parole, car il était répandu en Palestine. Plusieurs épisodes en témoignent. Au temps des Juges, Samson descendait à Thimna lorsqu’un jeune lion qui rôdait dans les vignes vint à sa rencontre. Usant de la force exceptionnelle que l’Éternel lui avait donnée, Samson déchira le lion (Jug. 14. 5 et 6).

Alors que David, jeune homme, était berger, un lion vint et emporta un mouton de son troupeau. David, avec l’aide de l’Éternel, tua ce lion et délivra ainsi son mouton (1 Sam. 17. 36 et 37). Plus tard, un des hommes forts de David, le courageux Benaïa, frappa un lion dans une fosse par un jour de neige (2 Sam. 23. 20).

La crinière épaisse du lion, sa gueule et ses pattes puissantes, le rugissement de ce grand fauve, font de lui un animal imposant et terrifiant. La Bible elle-même déclare : « le lion a rugi : qui n’aura peur ? » (Amos 3. 8) Elle le nomme « le fort parmi les bêtes » (Prov. 30. 30). Il domine parmi les animaux car, quand il se couche, qui le ferait lever ? (Gen. 49. 9) Il a une grande assurance (Prov. 28. 1). Il ne craint rien ni personne (2 Sam. 17. 10), seule la famine le met en danger (Job 4. 11).

Dans la Parole, le Saint Esprit se sert plusieurs fois du lion comme d’une image pour nous communiquer des pensées différentes. Nous prendrons deux exemples ici.

Dans le premier, l’apôtre Pierre compare notre adversaire, le diable, à un lion rugissant qui rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pier. 5. 8). En effet, Satan veut nous faire peur et nous nuire. Si nous appartenons au Seigneur Jésus, nous sommes du côté du vainqueur, qui a rencontré l’Ennemi et triomphé de lui à la croix (Col. 2. 15).

C’est pourquoi l’apôtre Jacques dit : « Résistez au diable et il s’enfuira de vous » (Jac. 4. 7). Toutefois, si nous ne résistons pas et que, au contraire, pris par surprise, nous cédons à l’Ennemi et faisons le mal, il en profitera ; aussi l’apôtre Pierre nous avertit : « Soyez sobres, veillez » (1 Pier. 5. 8). Tenons-nous donc tout près du bon Berger qui veut protéger chacune de ses brebis (Jean 10. 11 et 17. 12).

Le verset suivant donne notre second exemple. « Voici, le lion qui est de la tribu de Juda, la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux » (Apoc. 5. 5). Au chapitre 5 de l’Apocalypse, l’apôtre Jean décrit la vision qu’il a eue d’une scène qui se déroule dans le ciel. Une question tient tout l’univers céleste en suspens : « Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? » (5. 2). Ce livre scellé est un livre de jugement. Qui pourra donc exécuter ce jugement et dominer sur la terre de la part de Dieu ?

La réponse est donnée par notre verset 5. Il faut pour cela une dignité, une majesté et une puissance royales, comme celles du lion, qui représente ici le Seigneur Jésus Lui-même. II a droit à cette domination car Il est le Fils, « héritier de tout » (Héb. 1. 2). Il peut aussi légitimement réclamer « les nations pour héritage » car Il est le Messie (Ps. 2. 8). Il tire en effet son origine de la tribu royale de Juda (Gen. 49. 10). Il est le descendant ultime de David et la vraie origine (racine) de sa force. Toutefois le péché est entré dans ce bel héritage. Christ ne peut donc l’obtenir qu’en donnant son propre sang pour ôter le péché. Aussi apparaît-il à Jean comme un agneau immolé : Il a racheté nos âmes ainsi que son héritage. Tout est maintenant dû à ce Rédempteur puissant et la louange monte autour de Lui. Voyez Apocalypse 5. 9 et 12.

LA BREBIS

« Le bon berger laisse sa vie pour les brebis » (Jean 10. 11).

« Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connais, et elles me suivent » (Jean 10. 27)

La brebis est un animal peu intelligent, faible et sans défense naturelle. Laissée à elle-même, elle est bien capable de s’égarer ou de se blesser ; elle est alors une proie facile pour les voleurs ou les bêtes féroces. Les brebis doivent donc être rassemblées en un troupeau dont un berger prend soin.

Moralement, nous ressemblons à ces brebis. À travers toute la Bible, l’image du berger et du troupeau illustre les soins de Dieu envers les siens : « Comme un berger prend soin de son troupeau… ainsi je prendrai soin de mes brebis… » (Éz. 34. 12).

La Parole souligne le beau caractère de berger chez plusieurs hommes : Jacob, Joseph, Moïse et David en particulier. Un berger rassemble, protège et nourrit son troupeau sans se lasser. Jacob s’est dévoué jour et nuit pour le troupeau de Laban (Gen. 31. 38 à 40). Joseph aussi fut berger (Gen. 37. 2) ; plus tard, sous le titre de « sauveur du monde » (Gen. 41. 57), il nourrit les Égyptiens et les Hébreux (Gen. 42. 6).

Moïse a pris soin quarante ans du troupeau de Jéthro, son beau-père ; il l’a conduit de pâturage en pâturage aux abords du désert (Ex. 3. 1). C’est ainsi qu’il a appris à connaître le désert, et surtout, à faire confiance à Dieu dans chaque difficulté. Dieu a pu lui confier son peuple pour le conduire hors d’Égypte, pour lui indiquer un chemin, l’enseigner et passer devant lui. « J’ai envoyé devant toi Moïse » (Michée 6. 4). David, dans sa jeunesse, risqua sa vie face à un lion et face à un ours pour délivrer le bétail de son père (1 Sam. 17. 34 à 36). Dieu, qui lisait dans son cœur (1 Sam. 16. 7), l’aima et le prit d’auprès des moutons pour le faire roi sur son peuple Israël (2 Sam. 7. 8).

« … le bon berger laisse sa vie pour les brebis… » (Jean 10. 11).

Le voleur vient tuer et détruire (Jean 10. 10). L’employé (l’homme à gages, v. 12 et 13) laisse le troupeau sans défense face au loup, qui disperse les brebis. En contraste, le Seigneur Jésus se présente comme le bon Berger : pour acheter son troupeau, Il a donné sa vie. Plus dévoué et plus puissant que David, Il nous a délivrés d’un ennemi plus terrible que le lion ou l’ours, Satan lui-même. L’amour du bon Berger nous a sauvés pour toujours : « je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais » (v. 28).

« Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent… » (Jean 10. 27)

Christ a aimé et racheté chacun de nous personnellement ; Il veut maintenant s’occuper de nous tout au long de notre vie. Le Père Lui a donné ses brebis (v. 29) et Lui leur donne la vie éternelle. « Personne ne les ravira de ma main », dit-Il (v. 28). Un lien intime s’est établi entre le Sauveur et sa brebis ; dans le fond de notre cœur nous connaissons sa voix, de sorte que nous pouvons Le suivre (v. 4 et 27) lorsqu’Il nous conduit « dans de verts pâturages » ou nous « mène à des eaux paisibles » (Ps. 23. 2).

À chaque instant nous profitons des soins de ce Berger ; Il sait comment agir avec chacun de nous. Méfions-nous donc de la voix des étrangers et suivons notre Sauveur et notre Conducteur lorsqu’il nous appelle par notre nom (Jean 10. 3 et 5).

Enfin, Christ veut aussi nous rassembler tous autour de Lui, comme les brebis d’un troupeau autour de leur berger. Autrefois, les brebis d’Israël étaient maintenues ensemble par la loi de Moïse, comme par une clôture ; le Seigneur en a fait sortir les croyants juifs (v. 3) et a ajouté à ce premier troupeau les croyants des nations (v. 16) ; il y a maintenant « un seul troupeau, un seul berger » (v. 16).

Dorénavant ce ne sont pas des murs qui maintiennent ensemble les brebis, mais une Personne, le seul Berger. Se plaçant au milieu de nous, le Seigneur nous attire, nous réconforte et nous rassure.

D’après la Bonne Nouvelle 1997

ÉLIE ET ÉLISÉE

Un prophète : Élie (1 Rois 17.1 à 16)

Vous vous souvenez que, parmi les mauvais rois qui régnèrent sur Israël, il en est un qui se signala par plus d’impiété et de méchanceté que tous les autres. C’est le roi Achab. Il épousa une étrangère, une méchante femme idolâtre, nommée Jézabel, qui était la fille du roi de Sidon. Sous l’influence de sa femme, Achab introduisit en Israël le culte des divinités sidoniennes, en particulier le culte affreux d’un faux dieu appelé Baal, à qui l’on offrait des sacrifices humains (Jér. 19. 5).

Il est dit de ce méchant couple : « Certainement il n’y eut point de roi comme Achab, qui se vendit pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, sa femme Jézabel le poussant » (1 Rois 21. 25).

Le peuple suivait le triste exemple donné par ses rois. Il avait d’abord servi les idoles établies par Jéroboam, le premier roi d’Israël séparé de Juda ; et il se trouvait maintenant prêt à adorer Baal. Presque tous se détournaient ouvertement de l’Éternel.

Le roi et son peuple en étaient arrivés à un tel mépris de Dieu quand se présenta devant Achab un homme venu de Galaad qui dit au roi : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant, qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole » (1 Rois 17. 1).

Qui pouvait parler avec une telle assurance et prétendre à une puissance pareille ? Cet homme, nommé Élie, était un prophète de l’Éternel : c’est dire qu’il parlait de la part de Dieu, et non de son propre fond. Il se tenait devant Dieu, en relation constante avec Lui et sous sa dépendance. Et alors que tout Israël se détournait vers Baal, il revendiquait pour l’Éternel le titre de Dieu d’Israël. Il Le connaissait comme « son Dieu », et il L’appelait ainsi en s’adressant à Lui (v. 20 et 21) ; mais quand il en parlait aux autres, il Le proclamait Dieu de son peuple (v. 1 et 14).

Le Nouveau Testament nous donne le secret de la puissance du prophète : « Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous, et il pria avec instance qu’il ne plût pas » (Jac. 5. 17). Élie désirait que l’Éternel soit de nouveau honoré et servi par Israël son peuple. Instruit par Dieu, il savait que cette nation rebelle ne pourrait être ramenée que par une épreuve longue et douloureuse.

Sujet aux mêmes infirmités que nous, il n’avait en lui-même aucun pouvoir pour opérer ce retour, mais il fit de cette restauration du peuple un sujet de prières instantes, et Dieu ne pouvait pas manquer d’exaucer ces demandes faites avec foi, pour sa gloire, et selon sa volonté : « Et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois ; et Élie pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit » (Jac. 5. 17 et 18).

Sachons imiter un peu un tel exemple. Sachons, nous aussi, nous tenir devant Dieu ; restons bien près du Seigneur, qui a dit : « Séparés de moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15. 5). Recherchons toujours la gloire de Dieu et le bien des siens ; prions avec une foi persévérante, en nous appliquant à discerner la pensée de Dieu. Enfin, témoignons sans crainte devant les hommes quand nous y sommes appelés.

Et Dieu dit à Élie « Va-t’en d’ici, et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et il arrivera que tu boiras du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là » (1 Rois 17. 3 et 4).

À sa manifestation publique devait succéder pour Élie un temps d’obscure retraite. Il allait être soumis, lui aussi, aux conséquences de la sécheresse ; et ce témoin fidèle devrait partager le châtiment qu’il avait dû demander pour le peuple coupable. Mais il était assuré des soins de Dieu pendant ce temps d’épreuve. La promesse de l’Éternel pouvait paraître étrange : les corbeaux sont des oiseaux voraces, et sauvages. Mais Dieu fait agir toutes ses créatures à son gré. Élie obéit donc sans hésiter : « Il s’en alla et fit selon la Parole de l’Éternel » (v. 5). Il restait continuellement sous la dépendance de Dieu, aussi empressé à se retirer qu’à paraître en public, selon ce qui lui était commandé.

Régulièrement, matin et soir, sans jamais manquer, les corbeaux apportaient au prophète du pain et de la viande, et il buvait de l’eau du torrent. Loin du peuple impie et de son méchant roi, il goûtait les soins et la proximité de son Dieu.

Au bout de quelque temps, le torrent sécha, car il n’y avait pas de pluie dans le pays. Élie attendit les instructions de Dieu qui lui dit : « Lève-toi, va-t’en à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu habiteras là ; voici, j’ai commandé là à une femme veuve de te nourrir » (v. 9).

Dieu donnait encore à Élie un ordre surprenant. Sortir d’Israël, lui le témoin de l’Éternel, aller vers Sidon, le pays même de la méchante Jézabel, et se faire nourrir là par une femme de ce pays idolâtre ! Mais c’était l’Éternel qui parlait : Il avait autorité de commander aussi bien aux corbeaux et à une femme étrangère qu’au prophète lui-même. De nouveau, sans hésiter, Élie obéit : « il se leva et s’en alla à Sarepta » (v. 10).

Dieu avait préparé la rencontre avec la personne qui devait l’héberger. À l’entrée de la ville, une femme veuve ramassait du bois. Élie lui cria : « Prends-moi, je te prie, un peu d’eau, afin que je boive » (v. 10). L’eau devait être rare, car la famine sévissait, aussi dans cette région. La femme s’empressa cependant d’aller en chercher.

Mais Élie lui cria encore : « Prends-moi, je te prie, un morceau de pain » (v. 11). La femme lui exposa alors sa détresse : « L’Éternel, ton Dieu, dit-elle, est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche ; et voici, je ramasse deux bûchettes, afin que je prépare cela pour moi et pour mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons » (v. 12).

Chose merveilleuse : cette femme de Sidon prenait à témoin l’Éternel, le Dieu d’Élie, et elle était disposée par Dieu même à croire le prophète et à lui obéir !

Et Élie lui dit : « Ne crains point ; va, fais selon ta parole ; seulement fais-moi premièrement de cela un petit gâteau et apporte-le-moi ; et, après, tu en feras pour toi et pour ton fils ; car ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre » (v. 13 et 14).

La foi de cette femme était mise à rude épreuve : sacrifier ainsi à cet étranger le peu de nourriture qui lui restait ! Mais, docile, « elle s’en alla, et fit selon la parole d’Élie » (v. 15). Elle faisait passer l’ordre de Dieu exprimé par le prophète avant sa propre subsistance et celle même de son fils. Faisons-nous ainsi toujours « premièrement » ce que Dieu nous demande ?

« Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses – le manger et le boire – vous seront données par-dessus » dit le Seigneur (Mat. 6. 33). La femme en fit une riche expérience: la promesse du prophète, si incroyable qu’elle ait pu paraître, s’accomplit jusqu’au bout, car toutes choses sont possibles à Dieu (Marc 10. 27). « Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie » (v. 16). Alors que tout Israël, qui s’était éloigné de son Dieu, souffrait de disette, cette famille d’un pays étranger, honorée par la présence du prophète de l’Éternel, put manger à sa faim, un an durant, jusqu’au terme de la famine.

Le Seigneur Jésus, méprisé par ses concitoyens, leur rappelait cet exemple de la grâce de Dieu passant par-dessus les frontières d’Israël pour bénir ceux des nations étrangères qui avaient foi en lui : « En vérité, je vous dis qu’il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu’il y eut une grande famine par tout le pays ; et Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve » (Luc 4. 25 et 26).

En tout temps, sans s’arrêter aux privilèges dont se prévalent volontiers les hommes, Dieu recherche et bénit ceux qui Le croient et Lui obéissent. Aujourd’hui, pour être sauvé, il ne suffit pas d’appartenir à une famille chrétienne, il faut croire soi-même en Jésus.

Un prophète : Élie (1 Rois 17. 17 à 24 ; 18. 1 à 20)

Le prophète Élie séjournait chez la veuve de Sarepta vers qui l’Éternel l’avait envoyé. Dans ce temps de grande famine provoquée par la sécheresse, Dieu, toujours fidèle, pourvoyait à la nourriture de cette famille : la farine et l’huile ne s’épuisaient pas.

Mais l’Éternel voulait se faire connaître un peu mieux à cette femme étrangère, et elle dut pour cela traverser une grande épreuve : son fils tomba malade et mourut.

Dans sa détresse elle vint dire à Élie : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour mettre en mémoire mon iniquité et faire mourir mon fils ? » (1 Rois 17. 18). Cela revenait à dire : « Nous n’avions rien à faire ensemble. Pourquoi es-tu venu ici ? Tu es un représentant du Dieu saint ; moi, je suis une femme qui ai péché ; et c’est pour cela que maintenant mon fils meurt ».

Elle discernait la présence de Dieu dans la personne du prophète ; et, devant Dieu, le pécheur découvre son état misérable. Pour que la conscience soit ainsi touchée, il faut parfois passer par des peines profondes. Aux prises avec la mort, qui est « le salaire du péché », la veuve de Sarepta se sentait et se déclarait coupable. Mais dès que l’on reconnaît son péché devant Dieu, Il est prêt à pardonner et à délivrer.

« Donne-moi ton fils », dit Élie. Et il prit l’enfant, l’emporta dans la chambre où il logeait, le coucha sur son lit, et cria à l’Éternel : « Ô Éternel, mon Dieu ! as-tu aussi fait venir du mal sur la veuve chez qui je séjourne, en faisant mourir son fils ? »

Élie savait quelles ressources il y a dans la prière. Il s’étendit sur l’enfant trois fois et cria encore à l’Éternel : « Éternel, mon Dieu ! fais revenir, je te prie, l’âme de cet enfant au-dedans de lui » (17. 20 et 21). Il connaissait l’Éternel, le Dieu puissant d’Israël, comme son propre Dieu ; et dans cette épreuve personnelle, qu’il partageait avec la mère affligée, il s’adressait à Lui avec la même confiance et la même insistance que quand il s’entretenait avec Lui des besoins du peuple entier.

« L’Éternel écouta la voix d’Élie, et fit revenir l’âme de l’enfant au-dedans de lui, et il vécut » (17. 22). Dans le Psaume 65 Dieu est appelé Celui « qui écoute la prière » ; et l’apôtre Jean déclare dans sa première épître (5. 14) : « Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ». La prière d’Élie était, cette fois encore, conforme à la volonté de Dieu qui désirait bénir cette veuve, et il fut exaucé.

Élie rapporta l’enfant à sa mère et lui dit : « Vois, ton fils vit ». La femme répondit : « Maintenant, à cela je connais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est la vérité » (17. 23 et 24). Tous ses doutes étaient dissipés. Elle avait entièrement foi désormais en la Parole de Dieu apportée par le prophète. Elle connaissait l’Éternel dans la personne de son envoyé, non plus seulement comme le Conservateur des hommes qui pourvoyait à sa nourriture, mais comme le Dieu Sauveur, qui pardonne les péchés, et qui donne la vie aux morts.

Le connaissons-nous tous ainsi ? Il s’est révélé à nous, non pas par un prophète, mais par son Fils bien-aimé, Jésus notre Seigneur, dont Élie n’est qu’une faible figure. Quand Élie s’étendait trois fois sur l’enfant, il faisait seulement le geste de se placer avec lui dans la mort. Le Seigneur Jésus, Lui, a pris effectivement notre place sous le jugement de Dieu et a passé trois jours dans la mort pour nous. Maintenant Il est ressuscité et tous ceux qui croient en Lui sont passés avec Lui de la mort à la vie. Ils ont la vie éternelle. Est-ce bien votre part, cher jeune ami ?

Quand approcha la fin du temps de sécheresse, qu’il avait lui-même fixée, l’Éternel dit à Élie : « Va, montre-toi à Achab, et je donnerai de la pluie sur la face de la terre » (18. 1). Toujours prompt à obéir, Élie s’en alla pour se présenter devant Achab.

Or le roi Achab avait à son service un intendant nommé Abdias, qui craignait Dieu. Quand la reine Jézabel exterminait les prophètes de l’Éternel, Abdias avait pris cent prophètes et les avait cachés dans une caverne où il les avait nourris de pain et d’eau. Il avait montré là beaucoup de dévouement pour ces serviteurs de Dieu, car si Jézabel l’avait appris, il risquait d’être lui-même mis à mort.

Abdias était donc un homme pieux, mais il n’appartenait à Dieu qu’en secret, par crainte de ses maîtres, et publiquement il servait le roi idolâtre. Manquant d’énergie pour quitter sa position élevée auprès d’Achab, il continuait à vivre dans ce milieu impie et en subissait l’influence. Or, comme l’a dit le Seigneur, « nul ne peut servir deux maîtres ». Et l’apôtre Paul nous avertit : « Ne soyez pas séduits : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Cor. 15. 33). Pour être fidèle à Dieu, il faut rompre tout lien qui nous assujettit au monde.

La sécheresse avait amené une grande famine dans tout Israël et dans sa capitale Samarie. Achab appela Abdias et lui dit : « Va dans le pays, à toutes les sources d’eau et à tous les torrents ; peut-être trouverons-nous de l’herbage, et nous conserverons la vie aux chevaux et aux mulets, et nous ne serons pas obligés de détruire de nos bêtes » (18. 5). Malheureux Achab, plus préoccupé du sort de ses chevaux que de la misère de son peuple ! Et le pauvre Abdias, lié à son roi, était obligé d’agir comme lui.

Achab et Abdias se répartirent le territoire à explorer et allèrent chacun de son côté. Comme Abdias cheminait ainsi, Élie le rencontra. En le reconnaissant, Abdias tomba sur sa face et lui dit : « Est-ce bien toi, mon seigneur Élie ? C’est moi, répondit le prophète ; va, dis à ton seigneur : voici Élie ! » (18. 7 et 8).

Abdias avait tenté avec le roi de remédier à la sécheresse par leurs recherches, au lieu d’attendre l’apparition d’Élie qui allait apporter la délivrance. Et quand Élie apparaissait enfin, le voilà saisi de peur et non de joie. Au lieu de s’empresser d’exécuter l’ordre de Dieu donné par le prophète, il se mit à élever des objections.

Achab avait fait chercher Élie, non seulement dans tout Israël, mais même dans tous les pays voisins ; il espérait sans doute le contraindre à faire cesser la sécheresse qu’il avait annoncée. Caché par Dieu même au torrent du Kerith ou chez la veuve de Sarepta, le prophète était resté introuvable. Et maintenant Abdias redoutait la colère du roi. « Dès que je m’en irai d’auprès de toi, dit-il à Élie, l’Esprit de l’Éternel te portera je ne sais où ; et je serai venu informer Achab, et il ne te trouvera pas, et il me tuera » (18. 12).

Pour fléchir le prophète, Abdias assura qu’il craignait l’Éternel dès sa jeunesse et rappela ce qu’il avait fait pour sauver cent prophètes. Et il conclut en répétant : « Et maintenant tu dis : va, dis à ton seigneur : voici Élie ! Et il me tuera ». Pauvre Abdias ! Il craignait vraiment l’Éternel, mais il redoutait plus encore la colère d’Achab. Il n’avait pas confiance dans le prophète, pas assez de foi pour obéir simplement à Dieu. À quelle faiblesse l’influence du monde peut réduire un croyant !

Élie condescendit à le rassurer : « L’Éternel des armées, devant qui je me tiens, est vivant, qu’aujourd’hui je me montrerai à lui » (18. 15). Quel langage différent de celui d’Abdias ! Élie, séparé du monde, se tenait toujours devant l’Éternel, et cette proximité le remplissait d’assurance.

Abdias partit enfin à la recherche d’Achab et lui rapporta sa rencontre avec Élie. Quand Achab se trouva en présence du prophète, il l’interpella durement : « Est-ce bien toi, celui qui trouble Israël ? » Mais Élie réfuta fermement cette accusation effrontée : « Je ne trouble pas Israël, mais c’est toi et la maison de ton père, parce que vous avez, abandonné les commandements de l’Éternel et que tu as marché après les Baals » (18. 18). Et c’était bien en effet l’idolâtrie, dans laquelle le roi avait entraîné son peuple, qui était la source de tous leurs maux, et qui avait attiré sur eux ce terrible châtiment de la sécheresse et de la famine.

Puis, avec l’autorité du représentant de Dieu lui-même, Élie ordonna au roi : « Et maintenant, envoie, rassemble vers moi tout Israël, à la montagne du Carmel, et les quatre cent cinquante prophètes de Baal, et les quatre cents prophètes des ashères, qui mangent à la table de Jézabel » (18. 19). Et Achab, ainsi repris, ne put qu’exécuter ce que prescrivait le prophète et préparer ainsi la rencontre solennelle de l’Éternel avec son peuple et les représentants des faux dieux.

Un prophète : Élie (1 Rois 18. 20 à 46).

À la demande du prophète Élie, le roi Achab rassembla sur le mont Carmel tout le peuple d’Israël et les prophètes des faux dieux.

Le Carmel est un promontoire qui se dresse sur la côte de la Méditerranée à 180 mètres au-dessus de la mer. Quelle scène imposante se déroulait là : Élie se trouvait seul en face du roi d’Israël, de la multitude du peuple et de plusieurs centaines de prêtres des idoles ! Mais il était là pour son Dieu et se confiait en Lui.

Prenant hardiment l’initiative du débat, il s’approcha de tout le peuple et dit : « Combien de temps hésiterez-vous entre les deux côtés ? Si l’Éternel est Dieu, suivez-le ; et si c’est Baal, suivez-le ! » (18. 21)

Parmi le peuple se trouvaient sans doute bien des indécis qui, sans renier ouvertement l’Éternel, suivaient par entraînement le courant de l’idolâtrie. Or il y avait un choix catégorique à faire ; « Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face », prescrivait le premier des dix commandements gravés sur les tables de la Loi (Ex. 20 ; Deut. 5). Le culte de l’Éternel ne s’accommodait d’aucun compromis. On ne pouvait pas servir à la fois le vrai Dieu et les idoles. On ne peut pas davantage aujourd’hui suivre le Seigneur et vivre en même temps comme le monde gouverné par Satan.

Le peuple ne répondit pas un mot à cet appel du prophète. Il n’y avait là personne qui fût franchement décidé pour Dieu. Tous craignaient le roi que l’on savait favorable au culte de Baal.

Élie poursuivit : « Je reste, moi seul, prophète de l’Éternel, et les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante hommes. Qu’on nous donne deux taureaux ; et qu’ils choisissent pour eux l’un des taureaux, et qu’ils le dépècent, et qu’ils le placent sur le bois, et qu’ils n’y mettent pas de feu ; et moi j’offrirai l’autre taureau, et je le placerai sur le bois, et je n’y mettrai pas de feu. Et vous invoquerez le nom de votre dieu, et moi j’invoquerai le nom de l’Éternel, et le dieu qui répondra par le feu, lui, sera Dieu » (v. 22 à 24).

Élie ne craignait pas de rappeler qu’il était seul représentant de Dieu. Il soulignait son infériorité apparente en face des nombreux prêtres de Baal. On est facilement enclin à suivre la multitude ; or Dieu allait manifester avec puissance que la vérité était, non pas du côté du grand nombre, mais du côté du prophète, son seul témoin. Gardons-nous de nous laisser influencer par les opinions généralement admises, quand elles sont opposées à la pensée de Dieu révélée dans sa Parole. « Tu n’iras pas après la foule pour mal faire », prescrivait la Loi (Ex. 23. 2).

L’épreuve proposée par Élie était simple et indiscutable ; le peuple ne pouvait que l’accepter. « La parole est bonne », répondit-il (v. 24).

« Choisissez pour vous l’un des taureaux, dit Élie aux prophètes de Baal, et offrez les premiers, car vous êtes nombreux, et invoquez le nom de votre dieu, et ne mettez pas de feu » (v. 25). Les prêtres de Baal prirent donc un taureau, l’offrirent en sacrifice, et invoquèrent leur idole depuis le matin jusqu’à midi : « Ô Baal, réponds-nous », disaient-ils en sautant autour de leur autel. Mais il n’y eut pas de réponse.

Vers midi Élie se moqua d’eux et leur dit : « Criez à haute voix, car il est un dieu ; car il médite, ou il est allé à l’écart, ou il est en voyage ; peut-être qu’il dort, et il se réveillera ? » (v. 27). Le culte des idoles méritait bien ces propos ironiques. Comment des hommes peuvent-ils être assez insensés pour adorer comme dieux des statues qu’ils ont eux-mêmes façonnées ! Le prophète Ésaïe tourne de même en dérision l’idolâtre qui prend la moitié d’une pièce de bois pour s’en faire un dieu qu’il prie et adore, et qui brûle l’autre moitié pour se chauffer ou cuire ses aliments (És. 44. 14 à 20).

Les prophètes de Baal continuaient cependant à appeler leur dieu à grands cris et, selon leur coutume, ils se tailladaient avec des épées et des piques, jusqu’à faire couler le sang. Mais tous leurs appels restaient sans réponse et, à l’approche du soir, il était évident que leurs efforts de toute la journée avaient échoué.

Alors Élie, qui avait attendu patiemment le moment d’agir, invita tout le peuple à s’approcher de lui et, sous les regards attentifs de la multitude, il prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob à qui l’Éternel avait dit : « Israël sera son nom » ; et il bâtit avec ces douze pierres un autel au nom de l’Éternel (v. 30 à 32).

Le royaume d’Israël gouverné par Achab ne comptait alors que dix tribus. Les deux autres formaient le royaume de Juda. Cette division était la conséquence de l’infidélité de Salomon. Mais elle proclamait ainsi que, aux yeux de Dieu, tous les descendants de Jacob formaient un seul peuple, héritier des promesses faites aux patriarches.

Quand Christ établira son règne glorieux sur la terre, Il dominera sur les douze tribus réunies en une seule nation. De même aujourd’hui l’Assemblée, formée de tous les enfants de Dieu, se trouve, par suite de nos manquements, dispersée dans une multitude de sectes, mais Dieu la voit comme formant un seul corps, le corps de Christ, dans l’unité parfaite qui résulte de l’œuvre de la croix et de l’opération du Saint Esprit. Et bientôt, quand le Seigneur Jésus nous aura tous rassemblés auprès de Lui, cette unité sera manifestée en gloire.

Élie creusa un fossé tout autour de l’autel, arrangea le bois, dépeça le taureau et le plaça sur le bois. Puis, à trois reprises, il commanda de verser quatre cruches d’eau sur la victime et le bois, si bien que l’autel fut complètement aspergé, et le fossé plein d’eau. Il écartait ainsi tout soupçon de fraude, et augmentait même la difficulté. L’intervention de Dieu allait en être rendue encore plus éclatante.

À l’heure où la Loi prescrivait d’offrir le gâteau qui accompagnait l’holocauste du soir (Ex. 29. 41), Élie s’approcha et dit : « Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac, et d’Israël, qu’il soit connu aujourd’hui que toi tu es Dieu en Israël, et que moi je suis ton serviteur, et que c’est par ta parole que j’ai fait toutes ces choses. Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, et que ce peuple sache que toi, Éternel, tu es Dieu, et que tu as ramené leur cœur » (v. 36 et 37).

Cette prière, faite avec foi, pour la gloire de Dieu et pour le bien du peuple, fut aussitôt exaucée : le feu de l’Éternel tomba, et consuma l’holocauste, et le bois, et les pierres, et la poussière, et lécha l’eau qui était dans le fossé. Et tout le peuple, voyant ce miracle, se prosterna et dit : « L’Éternel, c’est lui qui est Dieu ! L’Éternel, c’est lui qui est Dieu ! » (v. 39)

Dieu répondait ainsi pleinement à la prière de son serviteur : non seulement il faisait éclater sa gloire et confirmait la mission du prophète, mais Il ramenait aussi à Lui le cœur de son peuple.

Élie fit aussitôt saisir et mettre à mort tous les prophètes de Baal.

Rien n’empêchait désormais l’Éternel de redonner la pluie à son peuple. Le ciel sans nuage ne laissait pas prévoir qu’il puisse pleuvoir prochainement ; mais Élie était assuré que l’épreuve, ayant atteint son but, ne se prolongerait pas ; aussi il dit à Achab : « Monte, mange et bois, car il y a un bruit d’une abondance de pluie » (v. 41).

Puis lui-même monta au sommet du Carmel d’où la vue s’étendait au loin sur la mer. Et là il pria l’Éternel de redonner la pluie sur la terre. Lui, qui venait de remporter un tel triomphe public, se tenait devant son Dieu dans l’attitude la plus humble : courbé jusqu’à terre, sa face entre ses genoux. Sept fois il envoya son serviteur regarder si aucun signe de pluie n’apparaissait à l’horizon, du côté de l’ouest; et pendant tout ce temps-là il priait avec instance, sans se lasser.

À la septième fois enfin le jeune homme vint annoncer : « Voici un petit nuage, comme la main d’un homme, qui s’élève de la mer » (v. 44). Sans douter un instant que c’était là la réponse de Dieu, Élie répondit : « Dis à Achab : attelle, et descends, afin que la pluie ne t’arrête pas ». En attendant, le ciel se couvrit d’épais nuages noirs poussés par le vent, et une forte pluie se mit à tomber.

Achab monta dans son char et rentra à Jizreël. La main de l’Éternel fut sur Élie et, sur tout ce trajet de plus de quarante kilomètres, le prophète courut en avant du char. Il avait su résister en face au roi rebelle quand les droits de Dieu étaient en jeu. Maintenant que l’Éternel était reconnu comme seul Dieu, il rendait au chef de son peuple l’honneur qui lui était dû, en manifestant là encore combien peut être grande la force que Dieu fournit.

Un prophète : Élie (1 Rois 19).

Le roi Achab raconta à sa femme Jézabel tout ce qui s’était passé sur le mont Carmel, et comment Élie avait fait tuer tous les prophètes de Baal. La reine aurait dû reconnaître la divinité de l’Éternel qui s’était manifestée par le feu descendu du ciel sur l’holocauste, et elle aurait dû redouter la juste colère de Dieu. Mais au contraire son cœur s’endurcit ; elle s’irrita contre Élie et jura de le mettre à mort dès le lendemain (19. 1 et 2).

Et voici qu’Élie, qui venait d’affronter les plus grands dangers pour son Dieu et qui, sans faiblir, avait résisté au roi et à des centaines de prêtres idolâtres, prit peur à la menace de cette femme. Il avait pourtant éprouvé les soins fidèles de l’Éternel depuis longtemps ; mais sa foi défaillait tout à coup et, oubliant la toute-puissance de Dieu toujours prêt à le garder, il s’enfuit pour sauver sa vie.

Cet homme, qui jusque-là s’était tenu devant l’Éternel, le perdait maintenant de vue et, au lieu d’attendre ses directives, suivait les impulsions de son propre cœur. Nous n’avons pas à juger la défaillance de ce grand serviteur de Dieu, mais à tirer instruction de ce récit pour nous-mêmes : dès que nous ne regardons plus au Seigneur, nous perdons toute puissance, car notre force n’est qu’en Lui.

Élie quitta en hâte le territoire du royaume d’Israël où il aurait dû continuer à rendre témoignage et, se dirigeant vers le sud, il traversa le royaume de Juda jusqu’à son extrême limite, Beër-Shéba. Il laissa là son serviteur et, pendant une journée encore, il poursuivit seul son chemin en avançant dans le désert. Il s’arrêta enfin, s’assit sous le faible abri d’un genêt, et demanda la mort à Dieu en, disant : « C’est assez ! Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères » (v. 4). Puis, épuisé, il se coucha sous le genêt et s’endormit.

Jusque-là Élie s’était donc cru meilleur que les autres. Il se glorifiait sans doute de tout ce que l’Éternel avait opéré par lui. Il avait à apprendre cette difficile leçon que, par nous-mêmes, nous ne sommes rien.

Mais si Élie perdait de vue l’Éternel, l’Eternel n’oubliait pas son serviteur découragé. Lui qui l’avait nourri et rafraîchi autrefois par les corbeaux et l’eau du torrent, ou par la veuve de Sarepta, envoya maintenant dans le désert un ange qui déposa à son chevet un gâteau cuit et une cruche d’eau, puis le réveilla et lui dit : « Lève-toi, mange » (v. 5).

Élie mangea, but et se recoucha. Ces tendres soins de Dieu le laissaient comme insensible. « Son âme refusait d’être consolée » (Ps. 77. 2). Plein de miséricorde, l’Éternel n’allait pas l’abandonner à son désespoir. L’ange revint, le réveilla de nouveau et insista : « Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi » (v. 7). Avec quelle patience Dieu s’occupait d’Élie, et s’occupe encore constamment de nous ! « Ses compassions ne cessent pas ; elles sont nouvelles chaque matin » (Lam. 3. 22 et 23).

Élie comprit enfin que Dieu l’appelait à se remettre en route. Il se leva, mangea et but, et il alla avec la force de ces aliments, quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu (v. 8). On voit bien là la puissance du secours de Dieu. L’énergie puisée dans les aliments fournis par l’ange suffisait au prophète pour une telle course.

Horeb était la montagne où Dieu avait donné la Loi à Moïse. Ce lieu correspondait bien à l’état d’esprit d’Élie qui n’envisageait pour le peuple que les rigueurs de la loi, sans partager les pensées de grâce de Dieu. Là Élie entra dans la caverne et y passa la nuit.

Sur cette « montagne de Dieu » l’Éternel, devant qui il avait cessé de se tenir, allait le rencontrer : « Que fais-tu ici, Élie ? » lui dit-il. Dieu s’adressait à la conscience de son serviteur venu là de sa propre volonté au lieu de poursuivre son ministère an milieu d’Israël. Mais Élie, sans comprendre, entreprit aussitôt de se justifier : « J’ai été très jaloux pour l’Éternel, le Dieu des armées ; car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels et ils ont tué tes prophètes par l’épée, et je suis resté, moi seul, et ils cherchent ma vie pour me l’ôter » (v. 10).

Élie ne pensait qu’à lui-même. Il osait se glorifier devant Dieu. Il portait accusation contre le peuple de l’Éternel à l’endroit même où Moïse, autrefois, avait pris la défense de ce peuple coupable. Le découragement et l’amertume le détournaient de la vérité : il oubliait qu’au Carmel, Dieu avait ramené le peuple à Lui-même, et il n’osait pas dire qu’en réalité il n’était lui-même menacé que par une femme. Quand nous sommes en faute, gardons-nous de chercher à nous justifier par de mauvaises excuses en manquant de droiture.

L’Éternel dit alors à Élie : « Sors, et tiens-toi sur la montagne devant l’Éternel ». Et Dieu fit passer successivement devant lui un grand vent impétueux qui déchirait les montagnes et brisait les rochers, puis un tremblement de terre, puis encore du feu. Et l’Éternel n’était ni dans le vent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. Dieu rappelait sa puissance en jugement qu’Élie avait exercée de sa part, mais Lui-même n’était pas dans ces signes redoutables.

Après le feu se fit entendre une voix douce et subtile. Élie comprit que c’était maintenant la voix de l’Éternel Lui-même. Il enveloppa son visage dans son manteau de prophète et se tint à l’entrée de la caverne. La voix douce et subtile, succédant aux menaces de destruction, indiquait que Dieu différait ses jugements envers son peuple et voulait encore user de grâce envers Lui.

L’Éternel renouvela sa question : « Que fais-tu ici, Élie ? » Dieu insistait pour sonder à fond son serviteur. Cela revenait à lui dire : « Ta place n’est pas ici sur la montagne de la loi, mais au milieu d’Israël pour le détourner de ses mauvaises voies, afin que je puisse encore faire grâce ».

Hélas, le prophète orgueilleux refusait encore d’entrer dans les pensées miséricordieuses de Dieu et il répéta mot pour mot la première réponse qu’il avait faite : il se prétendait seul fidèle à l’Éternel, et restait sans compassion pour le peuple qu’il accablait.

L’Éternel lui dit : « Va, retourne par ton chemin, vers le désert de Damas, et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour qu’il soit roi sur la Syrie ; et Jéhu, fils de Nimshi, tu l’oindras pour qu’il soit roi sur Israël, et tu oindras Élisée, fils de Shaphath, d’Abel-Mehola, pour qu’il soit prophète à ta place » (v. 16).

Dieu avait prévu les hommes qu’il emploierait pour châtier en temps voulu Israël et la maison d’Achab, et il chargeait Élie de les désigner publiquement. Mais il choisissait aussi quelqu’un pour remplacer le prophète défaillant. Élie, mis ainsi de côté, devait apprendre enfin qu’il était loin d’être le seul fidèle en ce temps-là : « Je me suis réservé en Israël, ajouta l’Éternel, sept mille hommes, tous les genoux qui n’ont pas fléchi devant Baal, et toutes les bouches qui ne l’ont pas baisé » (v. 18).

Élie, humilié, avait enfin compris la leçon. Au lieu de se hâter d’accomplir les deux premières missions qui lui étaient confiées pour un jugement futur, et qui lui auraient valu quelque importance encore aux yeux des hommes, il allait les laisser à son successeur, et il commença par aller trouver Élisée pour l’établir à sa place. Il montrait ainsi qu’il se courbait, soumis, sous la discipline de Dieu, et qu’il estimait bien qu’il n’avait qu’à s’effacer devant le nouveau prophète de l’Éternel.

Élisée labourait avec douze paires de bœufs devant lui, et lui-même était avec la douzième. Élie jeta sur lui son manteau, l’insigne du prophète. Élisée abandonna aussitôt ses bœufs et courut après Élie. Il se déclara prêt à le suivre après avoir pris congé des siens. Mais Élie lui dit : « Va, retourne ; car que t’ai-je fait ? » N’étant plus rien à ses propres yeux, il ne se jugeait pas digne d’inviter quelqu’un à le suivre.

Cependant Élisée, mis à l’épreuve par cette réponse, avait parfaitement compris à quel service il était appelé. Il prit la paire de bœufs, et les sacrifia en les faisant cuire sur leur harnachement, puis il en donna la chair au peuple. Il montrait ainsi qu’il renonçait aux occupations de la terre pour se consacrer, avec tout ce qui lui appartenait, au service de l’Éternel et au bien de son peuple.

Et il s’en alla après Élie et il le servait (v. 21).

Un prophète : Élie (1 Rois 21).

Avant que le nouveau prophète, Élisée, commence son service, qui devait être un ministère de grâce, l’Éternel chargea encore Élie de deux messages de jugement pour les rois d’Israël, l’un adressé à Achab, l’autre, plus tard, à son fils Achazia.

Achab avait sa résidence royale. à Samarie et, en même temps, un palais à Jizreël. C’est là, nous nous en souvenons, qu’il s’était arrêté quand, précédé par Élie, il était descendu précipitamment du Carmel, sous une pluie battante, après la mise à mort des prophètes de Baal (1 Rois 18. 45 et 46).

Un habitant de Jizreël, nommé Naboth, possédait une vigne à côté du palais royal. Achab eut envie de cette vigne pour en faire un jardin attenant à sa demeure, et il demanda à Naboth de la lui céder, en lui proposant, soit de lui en donner une meilleure en échange, soit de lui en payer le prix.

Mais Naboth était un Israélite pieux, attaché à l’héritage que lui avaient transmis ses ancêtres. Dieu avait en effet partagé le territoire entre les fils d’Israël, et chaque famille devait conserver le lot qui lui était attribué, comme un dépôt confié par l’Éternel, le véritable possesseur du pays (Lév. 25. 23). Aussi Naboth répondit-il au roi : « Que l’Éternel me garde de te donner l’héritage de mes pères » (21. 3).

Achab retourna chez lui, triste et irrité. De mauvaise humeur, il se coucha et refusa de manger.

Il s’était laissé aller à la convoitise qu’interdisait le dixième commandement de la Loi : « Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain… ni rien qui soit à ton prochain » (Ex. 20. 17). Et maintenant il souffrait de voir ses désirs contrariés. Ne rien envier de ce qui est à autrui, nous contenter de ce que nous avons présentement, nous donne au contraire un cœur paisible et heureux.

Bien qu’il ait été roi, Achab n’osait pas s’emparer de force de la vigne de Naboth ; mais sa femme Jézabel ne s’arrêtait pas à de tels scrupules. Quand Achab lui raconta sa déception, elle le reprit : « Est-ce toi qui exerces maintenant la royauté en Israël ? », ce qui revenait à lui dire : « Voyons, puisque tu es le roi, ne peux-tu pas faire tout ce qui te plaît ? » Et elle ajouta : « Lève-toi, mange du pain, et que ton cœur soit gai ; moi, je te donnerai la vigne de Naboth, le Jizreélite » (v. 7).

Achab la laissa faire. Cette mauvaise femme décida aussitôt de faire périr Naboth pour parvenir à ses fins. Usant de l’autorité du roi, elle écrivit en son nom aux anciens et aux nobles de Jizreël et leur commanda de prendre deux « fils de Bélial », c’est-à-dire deux méchants hommes, pour accuser faussement Naboth d’avoir maudit Dieu et le roi. Les anciens devraient saisir ce prétexte pour le condamner et le mettre à mort.

La corruption en Israël était telle que ces magistrats, chargés de maintenir la justice et le droit, s’empressèrent au contraire d’obéir à l’ordre inique de la reine. Ils rassemblèrent le peuple comme pour s’humilier dans le jeûne d’un grave péché qui aurait été commis, et les deux faux témoins affirmèrent devant tous : « Naboth a maudit Dieu et le roi » (v. 11 à 13).

C’est en vain que le juste Naboth put protester de son innocence. Sur la déposition mensongère de ces deux méchants hommes il fut condamné, mené hors de la ville et assommé à coups de pierres comme le prescrivait la Loi à l’égard des blasphémateurs (Lév. 24. 15 et 16).

Pour qu’une accusation soit retenue, la Loi exigeait qu’elle soit portée par au moins deux témoins (Deut. 19. 15). Ces notables affectaient de respecter la Loi et de maintenir la gloire de Dieu. Quelle hypocrisie ! Bien souvent dans l’histoire de l’Église, de fidèles croyants ont été persécutés jusqu’à la mort par des hommes religieux qui, en agissant ainsi, prétendaient servir Dieu. Le Seigneur Lui-même a été condamné de semblable manière par le souverain sacrificateur et les chefs des Juifs, sur le rapport de deux faux témoins et sous l’accusation d’avoir blasphémé (Mat. 26. 60 à 66).

Leur forfait accompli, ces juges iniques envoyèrent dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé, et il est mort » (v. 14). La reine vint aussitôt l’annoncer à Achab et l’engagea à s’emparer sans plus attendre de la vigne de Naboth, qui ne serait plus là pour s’opposer à ses désirs. Le roi suivit ce conseil et se hâta de prendre possession du terrain qu’il convoitait.

Mais ce crime affreux n’avait pas échappé à l’Éternel, et il envoya Élie le prophète annoncer à Achab le châtiment qui devait en résulter. Le roi était descendu dans la vigne de Naboth quand Élie, conduit par la parole de l’Éternel, vint l’y rencontrer. À la vue du représentant de Dieu, Achab fut saisi de peur et repris peut-être dans sa conscience : « M’as-tu trouvé, mon ennemi ? » s’écria-t-il. C’était lui-même qui se constituait ennemi de Dieu. Quelle situation terrible !

« Je t’ai trouvé, répondit Élie, parce que tu t’es vendu pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel » (v. 20). Et il lui annonça que Dieu ferait périr tous les hommes de sa famille. Pour Jézabel il précisa : « Les chiens mangeront Jézabel à l’avant-mur de Jizreël ». Et il ajouta : « Celui de la maison d’Achab qui mourra dans la ville, les chiens le mangeront, et celui qui mourra dans les champs, les oiseaux des cieux le mangeront » (v. 21 à 24).

Ce meurtre n’était que la suite de toute la conduite passée de ce triste couple. L’Écriture donne à ce récit une conclusion sévère : « Certainement il n’y eut point de roi comme Achab, qui se vendit pour faire ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, sa femme Jézabel le poussant. Et il agit très abominablement, en allant après les idoles, selon tout ce que faisaient les Amoréens que l’Éternel avait dépossédés devant les fils d’Israël » (v. 25 et 26).

Quand on se détourne de Dieu, on suit Satan, le diable, qui est menteur et meurtrier. C’est lui, le Méchant, qui a poussé Achab, Jézabel et les chefs de Jizreël à commettre ce crime. Il cherche à entraîner tous les hommes au mal ; il n’y réussit que trop bien, hélas, avec ceux qui sont loin de Dieu. Il essaie aussi de séduire les croyants ; pour être à l’abri de ses attaques, il faut nous tenir tout près du Seigneur, le bon Berger.

Quand Achab entendit les châtiments annoncés par le prophète, il fut terrifié. Il savait bien que la Parole de l’Éternel s’accomplissait immanquablement. En signe d’humiliation, il déchira ses vêtements, se couvrit le corps d’un sac et jeûna. Il couchait enveloppé de ce sac et marchait à pas lents.

Se repentait-il réellement de toutes ses mauvaises actions ? On peut en douter, car il n’est pas rapporté qu’il ait reconnu et confessé ses fautes, et la fin de sa vie ne montre pas chez lui un vrai retour vers l’Éternel. Il paraît plutôt s’être courbé, effrayé par la colère de Dieu et tremblant devant les châtiments annoncés par Élie. Quelle triste condition : ne connaître Dieu que comme un juge redoutable que l’on cherche à fléchir par des pratiques extérieures ! La foi, opérant dans le cœur, nous amène au contraire à revenir vers Dieu comme à Celui qui pardonne et à Lui confesser humblement nos péchés.

Dieu eut toutefois égard à ces marques d’humiliation et, dans sa grande miséricorde, il différa l’exécution des jugements qu’il avait prononcés. Il dit à Élie, qui restait son confident : « Vois-tu comment Achab s’est humilié devant moi ? Parce qu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le mal en ses jours ; mais dans les jours de son fils, je ferai venir le mal sur sa maison » (v. 29).

L’Éternel enseignait encore à son prophète que s’Il était un Dieu juste, Il était aussi un Dieu de patience. Ce sursis accordé au roi coupable semblait désavouer la sentence prononcée par Élie. Mais celui-ci avait maintenant appris à entrer dans les pensées de grâce de Dieu, et il accueillit sans la moindre réflexion cette nouvelle communication de l’Éternel. Plus tard, un autre prophète, Jonas, manqua de cette communion avec Dieu et osa s’irriter de ce que l’Éternel ne fasse pas tomber sur Ninive le châtiment que lui, Jonas, avait été chargé d’annoncer.

Aujourd’hui encore le Seigneur use de patience, « ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pier. 3. 9). Nous qui Le connaissons, partageons ses compassions envers les hommes perdus, et proclamons fidèlement le message de sa grâce (2 Cor. 5. 14 et 20).

Un prophète : Élie (2 Rois 1).

Le roi Achab périt dans une bataille qu’il avait livrée aux Syriens malgré l’avertissement donné, non cette fois par Élie, mais par un autre prophète de l’Éternel nommé Michée (1 Rois 22). Achab avait cru se mettre à l’abri des coups de l’ennemi en se déguisant en simple guerrier, au lieu de combattre orné de ses vêtements royaux, à la tête de son armée. Or une flèche, tirée à l’aventure, mais dirigée par Dieu, vint le frapper à la jointure de la cuirasse. Pendant toute la journée, le sang s’écoula de sa blessure, jusqu’au fond de son char. Vers le soir, il mourut.

Son corps fut ramené à Samarie, et son char souillé fut lavé à l’étang où les chiens léchèrent le sang d’Achab selon la parole de l’Éternel (1 Rois 22. 34 à 38). Dieu peut différer les châtiments qu’Il a prononcés, mais tôt ou tard ses jugements s’exécutent. « Dieu aura-t-il parlé et ne l’accomplira-t-il pas ? » (Nomb. 23).

Un des fils d’Achab, nommé Azaria, succéda à son père comme roi sur Israël à Samarie. Il fit lui aussi ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel et servit l’affreuse idole Baal au lieu de rendre culte au vrai Dieu (22. 52 à 54). L’Éternel le punit par un accident qui aurait dû parler à sa conscience : Achazia tomba par la fenêtre de l’étage supérieur de son palais à Samarie et en fut très malade.

Au lieu de se repentir et de se tourner vers l’Éternel, il envoya des messagers à Ekron, dans le pays des Philistins, pour y consulter un faux dieu de cette ville, Baal-Zebub, et lui demander s’il guérirait de cette maladie (2 Rois 1. 2). Certaines divinités avaient la réputation usurpée de dévoiler l’avenir ; leurs prêtres exploitaient ainsi la crédulité des foules. Toutes les pratiques idolâtres étaient au fond le culte des démons (1 Cor. 10). Satan, par ce moyen, détournait les hommes du vrai Dieu. Ses propres idoles ne suffisaient pas à Achazia, et ce roi superstitieux s’adressait à celles des pays voisins.

Mais l’ange de l’Éternel avertit le prophète Élie et lui commanda : « Lève-toi, monte à la rencontre des messagers du roi de Samarie et dis-leur : est-ce parce qu’il n’y a point de Dieu en Israël que vous allez consulter Baal-Zebub, dieu d’Ekron ? Et c’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel : tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté, car tu mourras certainement » (v. 3 et 4). Élie obéit aussitôt, toujours intrépide, prêt à porter sans peur la parole de son Dieu devant les hommes et devant les rois.

Les messagers, arrêtés sur leur chemin par Élie, retournèrent vers Achazia et lui rapportèrent les paroles du prophète qu’ils n’avaient d’ailleurs pas reconnu. Aux questions du roi, ils purent seulement répondre que c’était « un homme vêtu de poil, et ceint sur ses reins d’une ceinture de cuir ». À cette description Achazia reconnut l’homme de Dieu et dit : « C’est Élie, le Thishbite » (v. 5 à 8).

Le roi connaissait donc les interventions de l’homme de Dieu sous le règne de son père, et l’avertissement qu’il recevait maintenant par son moyen de la part de l’Éternel aurait dû le remplir d’une sainte crainte. Mais ce souverain orgueilleux, loin de se courber sous la sentence de Dieu, voulut s’en prendre à son représentant, et il envoya une troupe de cinquante hommes à la recherche du prophète.

Élie était assis au sommet d’une montagne. Comme le Seigneur Jésus aimait le faire plus tard, il se retirait là à l’écart du monde, seul avec Dieu. Le chef de la cinquantaine monta vers lui et, sans égard pour le représentant de l’Éternel, il lui commanda rudement : « Homme de Dieu, le roi dit : descends ! » Élie, qui dépendait de Dieu seul, n’avait reçu de Lui aucun ordre de se rendre auprès du roi. Devant ce déploiement de forces envoyées contre lui il répondit : « Si je suis un homme de Dieu, que le feu descende des cieux et te dévore, toi et ta cinquantaine ! » Et il en fut aussitôt ainsi : le feu descendit des cieux et consuma toute cette troupe et son chef (v. 9 et 10).

Le roi, loin de se repentir, s’endurcit encore et envoya une nouvelle compagnie de soldats avec un ordre plus impérieux encore que la première fois. Le chef de cette troupe dit à Élie : « Homme de Dieu, ainsi dit le roi : « Descends promptement ! » Et cette fois encore, à la parole d’Élie, le feu descendit du ciel et dévora le chef et sa cinquantaine (v. 11 et 12).

Toujours plus rebelle, le roi envoya une troisième troupe. Mais le chef de cette dernière cinquantaine, au lieu de suivre l’exemple impie et orgueilleux des deux précédents, aborda humblement Élie. Il se mit à genoux devant le prophète et le supplia de l’épargner : « Homme de Dieu, dit-il, je te prie, que ma vie et les vies de ces cinquante hommes, tes serviteurs, soient précieuses à tes yeux. Voici, le feu est descendu des cieux et a dévoré les deux premiers chefs de cinquantaine et leurs cinquantaines ; mais maintenant, que ma vie soit précieuse à tes yeux » (v. 13 et 14).

Ce capitaine ne transmettait même pas l’ordre du roi. Il reconnaissait qu’il se trouvait devant une autorité supérieure à celle de son souverain. Dans la crainte de l’Éternel, il s’en remettait aux compassions de son prophète. Il discernait que Dieu, dont la juste colère est parfois terrible, pouvait être aussi un Dieu qui fait grâce. Son attitude ne pouvait qu’être agréée ; aussi l’ange de l’Éternel dit à Élie : « Descends avec lui ; ne le crains pas » (v. 15). Cette parole épargnait la troupe de soldats et son chef, et en même temps, assurait de nouveau Élie de la protection de son Dieu.

Élie se rendit donc auprès du roi et lui confirma la sentence qu’il lui avait adressée par les messagers : « Ainsi dit l’Éternel, déclara-t-il : puisque tu as envoyé des messagers pour consulter Baal-Zebub, dieu d’Ekron, est-ce parce qu’il n’y avait point de Dieu en Israël pour consulter sa parole ?… c’est pourquoi tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté ; car tu mourras certainement » (v. 16). L’envoi des messagers à Ekron était non seulement un acte d’idolâtrie qui offensait l’Éternel, mais un mépris de sa parole.

Achazia mourut selon la parole de l’Éternel. Il n’avait régné que deux ans sur Israël. Comme il n’avait pas de fils pour lui succéder, ce fut son frère Joram, un autre fils d’Achab, qui régna à sa suite.

Vous êtes peut-être surpris de la rigueur du châtiment que le prophète Élie fit tomber sur les deux premières troupes envoyées vers lui. Mais en s’attaquant au prophète, le roi et ses soldats se rebellaient contre Dieu Lui-même. Élie revendiquait les droits de l’Éternel par le jugement.

Quand le Seigneur Jésus était sur la terre, il eut un jour à traverser la Samarie pour se rendre à Jérusalem (Luc 9. 51 à 56). Il envoya devant lui des messagers qui entrèrent dans un village de ce pays pour lui préparer un logis. Les Samaritains, hostiles aux Juifs, refusèrent de Le recevoir parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Deux de ses disciples, Jacques et Jean, voyant cela, dirent à Jésus : « Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume, comme aussi fit Élie ? »

Jacques et Jean avaient assisté peu auparavant, avec Pierre, à une scène magnifique sur une haute montagne : Jésus avait été transfiguré en gloire devant eux et avait été proclamé Fils de Dieu par Dieu Lui-même parlant du ciel. Tout pénétrés de la dignité de leur Maître, ils étaient indignés de l’affront qu’osaient lui faire les Samaritains, et ne pensaient qu’à en tirer vengeance.

Comme les autres disciples, ils avaient reçu du Seigneur le pouvoir de faire des miracles, en particulier celui de guérir les malades et de chasser les démons. Et voilà qu’ils parlaient d’employer en jugement la puissance que Jésus leur avait confiée pour en user en grâce !

Ils n’avaient pas compris que Jésus apportait un ordre de choses tout nouveau. Le temps des rigueurs inflexibles de la loi, représentées par Élie, était passé. Jésus n’était pas venu pour juger, mais pour sauver (Jean 3). Le Seigneur reprit vivement les deux disciples si prompts à la colère : « Vous ne savez, leur dit-il, de quel esprit vous êtes animés ». Et, sans relever l’insulte qui lui était faite, il alla avec les disciples dans un autre village.

Nous devons nous-mêmes refléter les caractères de notre Maître humble et débonnaire. L’impiété croissante du monde va attirer sur lui, très prochainement, des jugements terribles. Mais aussi longtemps que le Seigneur use de patience pour le salut des pécheurs, soyons les heureux messagers de sa grâce, et montrons-nous comme Lui miséricordieux, pleins de support, prêts au pardon.

Un prophète : Élie (2 Rois 2. 1 à 14).

La vie d’Élie sur la terre allait prendre fin. Mais Dieu lui réservait la faveur extraordinaire de quitter ce monde sans passer par la mort : l’Éternel allait le faire monter aux cieux dans un tourbillon.

Élisée, choisi par Dieu pour être prophète à sa suite, accompagnait Élie et le servait, comme nous l’avons vu à la fin de 1 Rois 19. Les deux hommes se trouvaient ensemble à Guilgal quand Élie dit à Élisée : « Reste ici, je te prie ; car l’Éternel m’envoie jusqu’à Béthel » (2 Rois 2. 2).

Élie demeurait jusqu’à la fin le serviteur dépendant, n’agissant que sur l’ordre de son Dieu. Si, en même temps, il invitait Élisée à le laisser aller seul, c’était pour le mettre à l’épreuve. Mais Élisée répondit : « L’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, que je ne te laisserai point ». Il affirmait ainsi, par une formule de serment fréquemment employée en Israël, sa ferme détermination d’accompagner son maître jusqu’au bout.

Ils vinrent donc ensemble à Béthel. Les fils des prophètes qui étaient dans cette ville sortirent vers Élisée et lui dirent : « Sais-tu qu’aujourd’hui l’Éternel va enlever ton maître d’au-dessus de ta tête ? » (v. 3). On appelait « fils des prophètes » des hommes pieux qui se groupaient pour vivre ensemble suivant les enseignements des prophètes dont ils étaient les disciples ou les fils spirituels. Ils recevaient les communications de Dieu, et ceux de Béthel savaient que ce jour-là Élie allait être enlevé.

Élisée leur répondit : « Je le sais, moi aussi ; taisez-vous ». Lui, serviteur et compagnon d’Élie, savait, bien mieux qu’eux tous, ce qui allait arriver ; et il voulait profiter des derniers instants à passer avec son maître sans être distrait par les propos des autres.

Élie, dit alors à son compagnon : « Élisée, je te prie, reste ici ; car l’Éternel m’envoie à Jéricho ». Mais Élisée répondit, comme il l’avait fait à Guilgal : « L’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, que je ne te laisserai point » (v. 4). Élie continuait à aller selon le commandement de l’Éternel, et Élisée s’attachait toujours à ses pas.

Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho s’approchèrent d’Élisée et, comme ceux de Béthel, lui dirent : « Sais-tu qu’aujourd’hui l’Éternel va enlever ton maître d’au-dessus de ta tête ? » Ne pensant qu’à suivre Élie de près sans s’attarder à aucun entretien, Élisée répondit comme à Béthel : « Je le sais, moi aussi ; taisez-vous » (v. 5).

Pour une dernière épreuve Élie dit à Élisée : « Reste ici, je te prie ; car l’Éternel m’envoie au Jourdain ». Mais Élisée affirma une troisième fois sa décision inébranlable de suivre le prophète : « L’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, que je ne te laisserai point » (v. 6).

Nous sommes engagés à la suite d’un Maître plus grand qu’Élie. Sommes-nous attachés au Seigneur Jésus, le Fils bien-aimé du Père, comme Élisée l’était au représentant de l’Éternel ? David disait à son Dieu : « Mon âme s’attache à toi pour te suivre » (Ps. 63. 8).

Ce n’était pas au hasard que l’Éternel conduisait Élie dans ce dernier pèlerinage à travers Israël : les lieux traversés symbolisaient à la fois les bénédictions passées du peuple et son triste état actuel.

À Guilgal se dressait le monument des douze pierres prises dans le lit du fleuve ; c’était une image des douze tribus unies en un seul peuple arraché aux eaux de la mort. C’était à Guilgal, lieu de la circoncision, que le peuple devait revenir après chaque victoire, dans le sentiment de sa propre faiblesse et le jugement indispensable de lui-même (Jos. 4 ; 10. 15, 43, etc.).

Béthel, dont le nom signifie « Maison de Dieu », évoquait les promesses que l’Éternel avait multipliées à Jacob quand il s’enfuyait loin de son frère Ésaü, et l’autel dressé par ce patriarche à son retour dans le pays (Gen. 28 et 35).

Jéricho était la première ville de Canaan livrée par Dieu entre les mains des Israélites et rappelait la puissance victorieuse de la foi.

Le Jourdain, traversé autrefois par tout un peuple sous la protection de l’arche, parlait à l’avance du triomphe de Christ sur la mort.

Maintenant, hélas, Guilgal était abandonné ; le jugement de soi-même dans la crainte avait fait place à l’orgueil démesuré du roi et de la nation ; l’unité du peuple de Dieu, qu’Élie avait proclamée sur le mont Carmel en édifiant l’autel de douze pierres, était pratiquement détruite. À Béthel, « la Maison de Dieu », se dressait encore le veau d’or, idole nationale établie par Jéroboam (1 Rois 12. 26 à 33 ; 2 Rois 3. 3). Jéricho avait été rebâtie comme un défi lancé à l’Éternel (1 Rois 16. 34). En parcourant ces anciennes cités le prophète jetait un dernier regard sur la déchéance d’Israël. Son ministère avait ramené à l’Éternel, pour un instant seulement, ce peuple qui parfois honorait Dieu des lèvres mais dont le cœur restait fort éloigné de Lui.

Élie était appelé à repasser en la seule compagnie d’Élisée, et en sens inverse, le Jourdain à travers lequel Israël tout entier était entré jadis dans la terre promise. Avant même de quitter ce monde, il mettait le fleuve de la mort entre le peuple et lui. Rien dans tous ces lieux ne pouvait retenir Élisée qui restait étroitement attaché à Élie seul.

Tous deux parvinrent ainsi au bord du Jourdain pendant que cinquante des fils des prophètes les regardaient de loin. Élie plia son manteau et en frappa les eaux du fleuve qui se séparèrent en deux ; et ils passèrent ensemble à pied sec. Quand ils eurent passé, Élie dit à Élisée « Demande ce que je ferai pour toi avant que je sois enlevé d’avec toi. Tout ce que désirait Élisée, c’était d’être comme son maître et de poursuivre le service de celui-ci au milieu d’Israël à la gloire de Dieu. Il répondit : « Qu’il y ait, je te prie, une double mesure de ton esprit sur moi » (v. 9).

Élie ne pouvait disposer lui-même de son don de prophète ; il répondit : « Tu as demandé une chose difficile ; si tu me vois quand je serai enlevé d’avec toi, il en sera ainsi pour toi ; sinon, cela ne sera pas » (v. 10).

Plus que jamais Élisée fixait donc les yeux sur Élie pour ne pas manquer l’instant où il serait enlevé. Ils parlaient ensemble en marchant, mais cet entretien même n’empêchait pas le disciple de suivre toujours du regard son cher maître. Et voici que soudain ils furent séparés par un char de feu et des chevaux de feu ; et Élie monta au ciel dans un tourbillon. Dieu avait envoyé une compagnie d’anges pour ravir au ciel son serviteur.

Élisée le vit et s’écria : « Mon père ! Mon père ! Char d’Israël et sa cavalerie ! » (v. 12). Il exprimait ainsi son attachement filial à celui qui le quittait, et il proclamait ce qu’avait été Élie dans son ministère : le soutien puissant du peuple d’Israël.

Dès que son maître eut échappé à sa vue, Élisée déchira en deux ses vêtements en signe de deuil et releva le manteau d’Élie qui était retombé. Il pouvait laisser de côté ses vieux habits, signes de ce qu’il avait été jusque-là, et s’envelopper du manteau du prophète : l’esprit d’Élie reposait sur lui comme il l’avait demandé.

Nous nous souvenons que quand le Seigneur Jésus fut transfiguré sur la sainte montagne devant trois de ses disciples, Moïse et Élie leur apparurent en gloire, parlant avec Lui. Élie, qui est entré au ciel sans passer par la mort, est une figure des croyants qui vivront encore sur la terre à la venue du Seigneur et qui seront transmués et enlevés à sa rencontre, tandis que Moïse représente les morts en Christ qui seront alors ressuscités pour être eux aussi introduits dans la gloire.

Mais dans tout ce récit nous discernons aussi en Élie un type de Christ, avec analogies et contrastes. Étape après étape, Jésus a refait, tout à la gloire de son Père, le chemin dans lequel le peuple d’Israël avait déshonoré l’Éternel. Il a été, Lui, le témoin de Dieu sans défaillance, « le témoin fidèle et véritable » (Apoc. 3. 14) ; son témoignage ayant été rejeté, Il est remonté auprès de Dieu. En traversant le Jourdain avec Élisée, Élie l’entraînait en figure à travers la mort ; Jésus est entré effectivement dans la mort, mais en est ressorti dans la puissance de sa vie impérissable ; et ses rachetés sont morts et ressuscités avec Lui. Pour monter au ciel, Jésus n’avait pas besoin des chariots de feu et du secours des anges, mais Il a été élevé dans la gloire par sa propre puissance et par celle du Père. Élisée reçut la double mesure de l’esprit d’Élie qu’il avait demandée ; Jésus, monté en haut, envoya sur les siens le Saint Esprit qu’Il leur avait promis.

L’ascension d’Élie couronne dignement la carrière de ce grand serviteur. C’est le dernier trait par lequel il a l’honneur de préfigurer le Seigneur Jésus, Celui qui a été par excellence le « prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple » (Luc 24. 19).

Un prophète : Élisée (2 Rois 2. 14 à 25 et 3).

Après avoir vu Élie enlevé au ciel, Élisée retourna vers Jéricho. Arrivé sur le bord du Jourdain, il prit le manteau d’Élie et en frappa les eaux du fleuve comme l’avait fait son maître. Et il dit : « Où est l’Éternel, le Dieu d’Élie ? » Il invoquait ainsi le Dieu qu’avait servi le prophète et dont il allait à son tour manifester la puissance. Cette fois encore les eaux se partagèrent en deux et Élisée passa au milieu d’elles sur le lit à sec du Jourdain (2 Rois 2. 14).

Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho le virent de loin et dirent : « L’esprit d’Élie repose sur Élisée » (v. 15). Ils vinrent à sa rencontre et se prosternèrent devant lui, reconnaissant qu’il était le nouveau prophète de l’Éternel. Ils ne pouvaient cependant pas admettre qu’Élie eût été enlevé au ciel pour toujours. « L’Esprit de l’Éternel, dirent-ils, l’aura peut-être emporté et l’aura jeté sur quelque montagne ou dans quelque vallée » ; et ils proposèrent à Élisée d’envoyer cinquante hommes à sa recherche.

Élisée refusa d’abord puis, lassé par leur insistance, il y consentit. Ces hommes cherchèrent donc Élie partout pendant trois jours et, ne l’ayant pas trouvé, revinrent à Jéricho vers Élisée. Celui-ci se contenta de leur dire : « Ne vous avais-je pas dit : n’y allez pas ? » (v. 16 à 18) Si nous nous obstinons, par incrédulité, à agir selon nos propres pensées au lieu d’obéir à la Parole de Dieu, nous serons certainement confus comme les fils des prophètes.

Élisée demeura quelque temps à Jéricho. Cette ville reconstruite au mépris de la volonté de Dieu (1 Rois 16. 34), conservait la marque de la malédiction qui avait été prononcée sur elle : les eaux y étaient malsaines. Les habitants vinrent trouver Élisée et lui exposèrent leurs difficultés : « Les eaux sont mauvaises et la terre est stérile » (v. 19). Ils avaient recours à l’Éternel en s’adressant à son prophète, et Dieu ne pouvait que répondre à leur attente.

« Apportez-moi un vase neuf, et mettez-y du sel », demanda Élisée. Puis il vint à la source qui alimentait la ville et y jeta le sel en disant : « Ainsi dit l’Éternel : J’ai assaini ces eaux ; il ne proviendra plus d’ici ni mort, ni stérilité » (v. 21). Et les eaux furent assainies.

Élisée se gardait bien d’agir en son propre nom ; il avait bien soin au contraire d’attribuer à l’Éternel la puissance qui lui était confiée.

Les eaux malsaines jaillissant de la source de Jéricho nous parlent de toutes les souillures qui sortent du cœur de l’homme placé sous la malédiction (Mat. 15 ; Marc 7). Le sel s’oppose à la corruption ; il est placé ici dans le vase neuf qui évoque une nouvelle nature : il faut la puissance sanctifiante de la grâce – le sel – pour faire de nous un être nouveau. Le cœur – la source corrompue – est alors purifié et rendu capable de faire le bien. C’est là une œuvre de Dieu ; elle est définitive, comme pour les eaux de Jéricho qui furent assainies « jusqu’à ce jour ». Quand nous venons à croire au Seigneur Jésus tout est changé : nous sommes sauvés par sa grâce ; nous sommes lavés de nos péchés dans son sang ; nous recevons une vie nouvelle ; nous sommes à Lui pour toujours.

Refaisant en sens inverse le chemin parcouru avec Élie, Élisée monta à Béthel. Des petits garçons sortirent de la ville et se moquèrent de lui en criant : « Monte, chauve ! Monte, chauve ! » Élisée se retourna et les maudit au nom de l’Éternel. Alors deux ourses sortirent de la forêt et déchirèrent quarante-deux de ces enfants (v. 23 et 24).

Ces enfants tournaient en ridicule l’ascension d’Élie et le vénérable Élisée qui, sans être encore un vieillard, avait sans doute perdu ses cheveux. Ils l’invitaient ironiquement à s’élever au ciel comme son maître. Ils offensaient Dieu dans ses prophètes, et Dieu les livra au pouvoir des ourses. L’ours, la bête féroce, est une figure de Satan ; et les moqueurs auront le triste sort d’être la proie de ce terrible ennemi de nos âmes.

On pense parfois que ce n’est pas bien méchant de se moquer des autres ; pourtant on peut leur faire ainsi beaucoup de peine. Aussi la Bible est sévère à l’égard des moqueurs : « Le moqueur est en abomination aux hommes ». « Si tu es moqueur, tu en porteras seul la peine ». « Les jugements sont préparés pour les moqueurs » (Prov. 24. 9 ; 9. 12 ; 19. 29). Et quand l’homme ose se moquer de Dieu, quelle folie ! à quels terribles jugements il s’expose ! Les petits garçons de Béthel en sont un solennel exemple.

Élisée se rendit de Béthel à la montagne du Carmel sur laquelle Élie, seul en face de tous, avait vaillamment témoigné pour l’Éternel. Puis il retourna à Samarie, la capitale du royaume d’Israël (v. 25).

Joram, fils d’Achab, avait succédé à son frère Achazia. Comme roi sur Israël, il avait renoncé au culte de Baal mais continuait à servir les idoles établies par Jéroboam, le premier roi d’Israël, et il se détournait de l’Éternel (3. 1 à 3).

Joram s’associa à Josaphat, roi de Juda, et au roi d’Édom pour faire la guerre à Moab. Au bout de sept jours de campagne, l’eau vint à manquer. Le roi Joram osait accuser l’Éternel du désastre qui les menaçait. Mais Josaphat, qui craignait Dieu, désira consulter un prophète fidèle. On lui signala la présence d’Élisée, connu comme l’ancien serviteur d’Élie, et Josaphat lui rendit ce témoignage : « La Parole de l’Éternel est avec lui » (v. 9 à 12).

Les trois rois vinrent donc vers Élisée. Celui-ci n’avait aucune réponse à donner à l’idolâtre Joram qu’il renvoya à ses faux dieux. Mais, par égard pour le pieux Josaphat, il consentit à consulter l’Éternel et il demanda un joueur de harpe. Comme celui-ci jouait, la main de l’Éternel fut sur le prophète et il dit : qu’on remplisse de fosses cette vallée. Car ainsi dit l’Éternel : vous ne verrez pas de vent, et vous ne verrez pas de pluie, et cette vallée sera remplie d’eau, et vous boirez, vous et vos troupeaux et votre bétail ». Et il ajouta que l’Éternel livrerait entièrement Moab entre leurs mains (v. 16 à 19).

Le lendemain, à l’heure où l’on offrait l’holocauste du matin, des eaux vinrent du pays d’Édom et remplirent la vallée. Les Moabites virent le soleil levant se refléter dans les eaux qui leur parurent rouges comme du sang. Croyant que les troupes d’Israël, de Juda et d’Édom s’étaient battues entre elles et mutuellement détruites, ils s’avancèrent hardiment vers le camp d’Israël. Mais les Israélites se levèrent et les mirent en déroute, puis saccagèrent entièrement le pays. Le roi de Moab s’enfuit et, dans son désespoir, offrit en sacrifice à ses idoles son fils aîné, héritier du trône.

À plusieurs reprises au cours de son règne, Josaphat, roi de Juda, commit la grave faute de s’allier au roi impie d’Israël ; et chaque fois l’Éternel lui fit sentir qu’il faisait fausse route. Mais en même temps, toujours prêt à user de grâce, Il délivra Josaphat quand celui-ci rechercha son secours. Si nous nous sommes écartés comme ce pauvre roi, et si même notre faute est une récidive, n’hésitons pas à revenir, humbles et repentants, à notre Dieu qui se plaît à pardonner.

Élisée rejetait Joram et déplorait la présence du roi de Juda dans cette fâcheuse compagnie. C’est pour détourner ses pensées de cette triste scène, et être à même de recevoir les communications pleines de grâce de l’Éternel, qu’il demanda un joueur de harpe dont la mélodie dissipait ses pensées sombres et élevait son âme vers Dieu.

Les eaux qui apportaient la délivrance ne vinrent pas sous la forme d’une pluie, image de la bénédiction qui descend du ciel, mais coulèrent, de la façon la plus inattendue, du pays d’Édom maintes fois voué à la malédiction dans la Parole. Dieu exerçait son droit souverain de tirer le bien du mal. Mais pour en profiter il fallait l’obéissance de la foi ; il fallait, pour recueillir cette eau précieuse, creuser au préalable des fosses dans la vallée selon le commandement d’Élisée, Quand Dieu parle, nous devons commencer par obéir, pour qu’Il puisse ensuite nous bénir.

Enfin Dieu accordait cette délivrance à l’heure de l’offrande, c’est-à-dire au moment où, à Jérusalem, était sacrifié l’holocauste du matin. (Car chaque matin et chaque soir un agneau était offert en holocauste). Toutes les compassions de Dieu sont liées au sacrifice de la croix que préfigurait cette offrande. L’eau qui donne la vie découle de la mort de Christ. Et les mêmes eaux qui apportaient le salut au peuple de Dieu ont été l’origine du désastre pour les ennemis qui persistaient, jusqu’au plus abominable sacrifice, dans le culte de leurs idoles. La mort de Jésus est à la fois le salut pour ceux qui croient, et la condamnation du monde incrédule.

Un prophète : Élisée (2 Rois 4. 1 à 37)

Le prophète Élisée ne se bornait pas à délivrer les rois et leurs armées ; il répondait aussi avec une grâce touchante aux demandes des humbles qui s’adressaient à lui. Il montrait ainsi à l’avance les caractères du Seigneur Jésus, accessible à tous, toujours prêt à secourir grands et petits.

Nous avons vu qu’il y avait alors des groupes d’hommes pieux appelés « les fils des prophètes ». L’un d’eux vint à mourir et sa veuve se trouva dans une grande détresse : elle avait des dettes qu’elle ne pouvait pas rembourser, et le créancier, c’est-à-dire l’homme à qui elle devait de l’argent, voulait prendre, en paiement, les deux enfants de cette pauvre femme comme serviteurs.

C’était là une pratique admise en Israël. La Loi prévoyait le cas où un homme à bout de ressources se vendait ainsi pour un temps (Lév. 25. 39) ; et dans la parabole de l’esclave impitoyable, on voit l’homme, la femme et les enfants menacés d’être vendus pour régler une dette (Mat. 18. 25).

La femme vint exposer sa détresse à l’homme de Dieu. Elle n’avait pas d’autre ressource que le représentant de l’Éternel. Élisée lui répondit : « Que ferai-je pour toi ? Dis-moi ce que tu as à la maison ». Il la poussait ainsi à avouer son dénuement complet.

La femme répondit : « Ta servante n’a rien du tout dans la maison qu’un pot d’huile » (v. 1 et 2). L’ayant ainsi amenée à se reconnaître absolument incapable de se tirer d’affaire elle-même, le prophète pouvait intervenir et la délivrer par la puissance de Dieu. « Va, lui dit-il, demande pour toi, du dehors, des vases à tous tes voisins, des vases vides (n’en demande pas peu) ; et rentre, et ferme la porte sur toi et sur tes fils, et verse dans tous ces vases, et ôte ceux qui seront remplis » (v. 3 et 4).

Comme nous l’avons vu en d’autres cas, le prophète de l’Éternel faisait appel à l’obéissance qui montre la réalité de la foi. La femme s’empressa de faire ce qu’Élisée avait commandé. Enfermée chez elle avec ses deux fils, elle se mit à remplir les récipients empruntés ; et l’huile continua à couler jusqu’à ce que tous les vases soient pleins (v. 5 et 6).

Avant de disposer de toute cette abondance, la femme revint vers l’homme de Dieu et lui raconta ce qui s’était passé. Profondément reconnaissante, elle désirait continuer à recevoir ses directions. « Va, lui dit Élisée, vends l’huile, et paie ta dette ; et vous vivrez, toi, et tes fils, de ce qui restera » (v. 7). La femme était, non seulement délivrée de la menace présente, mais assurée par le prophète même d’être pourvue du nécessaire pour l’avenir.

Nous sommes tous incapables de satisfaire aux exigences de la Loi de Dieu qui se présente comme un créancier intraitable nous réduisant à la servitude. Nous n’avons d’autre ressource que de confesser à Dieu notre misère et de saisir avec soumission par la foi la délivrance qu’Il nous offre. Il nous faut avoir affaire à Lui personnellement, dans le secret de notre cœur, comme la pauvre veuve qui avait fermé soigneusement la porte.

La grâce du Seigneur est pour nous comme une huile inépuisable qui apporte le salut, donne la vie, et entretient ensuite cette vie nouvelle. Le prophète Élisée parcourait le pays d’Israël. Il lui arriva de passer par Sunem, ville de la tribu d’Issacar, où une femme riche l’invita à manger chez elle. Depuis lors, chaque fois qu’il passait par là, il s’arrêtait dans cette maison pour un repas.

Cette Sunamite (ou habitante de Sunem) dit à son mari : « Voici, je connais que c’est un saint homme de Dieu qui passe chez nous continuellement. Faisons, je te prie, une petite chambre haute en maçonnerie, et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un chandelier ; et quand il viendra chez nous, il se retirera là » (v. 10).

Cette femme pieuse avait reconnu, à la conduite et aux paroles d’Élisée, qu’il était un fidèle serviteur de l’Éternel. Elle montrait elle-même sa piété intelligente en lui donnant une hospitalité adaptée au caractère de l’homme de Dieu. La petite chambre haute était sans doute une petite pièce indépendante bâtie sur le toit en terrasse, où le prophète pouvait se retirer à l’aise, bien chez lui. Le mobilier, très sobre, était en harmonie avec la simplicité de l’homme, étranger aux vanités de ce monde.

Un jour Élisée fit demander à son hôtesse ce qu’il pourrait lui rendre en retour de toutes ses bontés. Désirait-elle qu’il intervienne pour elle auprès du roi ou du chef de l’armée ? « J’habite au milieu de mon peuple », répondit-elle simplement, voulant dire par là qu’elle était satisfaite de son sort, heureuse d’appartenir au peuple de Dieu, et qu’elle n’avait rien d’autre à demander.

Mais le serviteur d’Élisée, nommé Guéhazi, dit à son maître : « Elle n’a pas de fils et son mari est vieux » (v. 14). C’était l’ardent désir de toute femme en Israël d’avoir au moins un fils. Pour celle-ci, soumise dans cette épreuve, tout espoir à ce sujet semblait bien perdu. Mais rien n’est impossible à Dieu, et Élisée, messager de l’Éternel, lui assura que dans un an elle aurait un fils. Et au temps fixé, la promesse s’accomplit.

L’enfant grandit. Un jour d’été, il alla trouver son père qui était avec les moissonneurs. Tout à coup, frappé d’un mal subit, il se plaignit : « Ma tête ! ma tête »  Le père le fit porter à sa mère qui le garda sur ses genoux jusqu’à midi. À cette heure-là il mourut. La mère le coucha sur le lit d’Élisée ; elle le laissait là comme sous la garde de l’Éternel, le Dieu du prophète.

Puis elle demanda à son mari une ânesse conduite par un serviteur pour aller rapidement vers l’homme de Dieu. À son mari qui s’étonnait, elle répondit seulement : « Tout va bien ». Elle voulait sans doute épargner au père toute inquiétude ; mais pour cette femme de foi, tout allait vraiment bien puisqu’elle pouvait recourir à l’Éternel dans la personne de son prophète.

En toute hâte la Sunamite se dirigea vers le Mont Carmel où se trouvait Élisée. Dès qu’il la reconnut de loin, le prophète craignit que cette visite inattendue n’annonce un malheur et il envoya son serviteur à la rencontre de la femme pour s’en enquérir. Mais aux questions de Guéhazi : «Tout va-t-il bien ? Ton mari va-t-il bien ? L’enfant va-t-il bien ? » elle se contenta de répondre comme à son mari : « Bien » (v. 26). C’est à l’homme de Dieu, sans intermédiaire, qu’elle voulait avoir affaire. C’est au Seigneur Lui-même que nous pouvons toujours nous adresser.

La femme vint jusqu’à Élisée sur la montagne et, se jetant devant lui, saisit ses pieds. Guéhazi s’avança pour la repousser, mais Élisée lui dit : « Laisse-la, car son âme est dans l’amertume, et l’Éternel me l’a caché et ne me l’a pas déclaré » (v. 27). Dieu avait laissé Élisée ignorer la mort de l’enfant pour que la foi de la mère fût exercée jusqu’au bout.

« Ai-je demandé un fils à mon seigneur ? dit-elle. N’ai-je pas dit : ne me trompe pas ? » (v. 28). Pour elle la mort subite de son enfant aussi bien que sa naissance miraculeuse, tout était entre les mains de Dieu qui fait mourir et vivre (1 Sam. 2. 6).

Élisée donna alors son bâton à Guéhazi en lui enjoignant de se rendre en toute hâte à Sunem et de mettre ce bâton du prophète sur le visage de l’enfant. Mais la mère voulait l’intervention d’Élisée en personne. Elle s’attachait à lui comme il s’était lui-même attaché à Élie le jour de son enlèvement.

Usant des mêmes paroles elle dit : « L’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, que je ne te laisserai point » (v. 30). Et Élisée se mit en route avec elle. Dans toute difficulté, recourons au Seigneur, et Il ne nous abandonnera pas.

Guéhazi les devança. Mais quand il mit le bâton du prophète sur le visage de l’enfant, celui-ci ne réagit nullement. Le serviteur ne put que retourner à la rencontre de son maître et lui dire : « Le jeune garçon ne s’est pas réveillé » (v. 31).

Élisée vint à la maison de la Sunamite et trouva l’enfant mort couché sur son lit. Il entra, ferma la porte sur eux deux, et supplia l’Éternel. Puis il se coucha sur l’enfant, bouche contre bouche, yeux contre yeux, mains sur mains, et à son contact le corps du petit garçon se réchauffa. Élisée continua ses prières et ses soins, allant çà et là dans la maison, puis revenant s’étendre sur le petit corps toujours inerte. Enfin le jeune garçon éternua par sept fois et ouvrit les yeux. Dieu avait répondu aux supplications du prophète et l’avait ramené à la vie, comme il avait, quelques années auparavant, ressuscité le fils de la veuve de Sarepta à la prière d’Élie.

La mère, appelée, accourut. « Prends ton fils », lui dit Élisée. Mais avant de prendre dans ses bras et d’emporter son cher enfant de nouveau vivant, la Sunamite se prosterna aux pieds du prophète. Le premier mouvement de son cœur était de rendre hommage à Dieu qui, dans sa puissance, lui avait donné jadis un fils inespéré, et qui le lui rendait maintenant en résurrection.

Un prophète : Élisée (2 Rois 4. 38 à 6. 7).

Élisée revint un jour à Guilgal alors que la famine sévissait dans le pays. C’est un châtiment que l’Éternel a dû souvent infliger à son peuple rebelle ; mais dans ces temps de détresse, Dieu prenait toujours tendrement soin des siens. Comme Élisée était entouré des fils des prophètes assis devant lui, il dit à son serviteur : « Mets la grande marmite et cuis un potage pour les fils des prophètes » (4. 38).

Vous vous rappelez que le Seigneur Jésus, quand Il était sur la terre, nourrissait ainsi les foules qui étaient venues l’écouter. Élisée, qui à bien des égards montrait à l’avance les caractères de grâce du Seigneur, pourvoyait lui aussi à la nourriture du corps aussi bien qu’aux besoins de l’âme des fidèles groupés autour de lui. Malgré la disette il faisait mettre la grande marmite afin qu’il y ait une bonne portion pour chacun.

L’un des fils des prophètes crut devoir sortir dans les champs à la recherche de ce qu’il pourrait bien adjoindre au potage. Il trouva une plante grimpante qu’il ne connaissait pas, dont les feuilles ressemblaient aux feuilles de vigne et qui portait des fruits de belle apparence. C’étaient des coloquintes, sorte de petites courges de la grosseur d’une pomme, très amères et vénéneuses.

L’imprudent en remplit sa robe, les coupa en morceaux et les ajouta à la soupe qui cuisait. Quand on servit le potage, les premiers qui le goûtèrent ne purent en manger et, effrayés par son amertume, ils s’écrièrent : « Homme de Dieu, la mort est dans la marmite ! » (v. 40).

Quelle déception pour ces gens affamés ! Mais ils avaient au milieu d’eux le représentant de l’Éternel qui allait répondre aussitôt à leur cri. « Apportez de la farine », demanda Élisée. Il jeta la farine dans la marmite puis commanda : « Verses-en à ce peuple, et qu’ils mangent » (v. 41). Tous les convives pouvaient manger sans crainte : il n’y avait plus rien de mauvais dans la marmite ; la farine avait tout assaini.

Aujourd’hui encore, c’est la famine spirituelle autour de nous : le monde ne peut rien offrir qui réponde à nos vrais besoins. Mais le Seigneur pourvoit abondamment par sa Parole à la nourriture des siens rassemblés autour de Lui. Gardons-nous de chercher ailleurs quoi que ce soit à ajouter à ce qu’Il procure Lui-même.

On risque de se laisser tenter par des lectures attrayantes, des raisonnements de belle apparence, des théories nouvelles qui piquent la curiosité : ce sont autant d’éléments séduisants mais dangereux qui ne peuvent que gâter le sain enseignement. Si l’erreur ou le péché sont ainsi introduits, le remède c’est encore Christ dont l’humanité parfaite est représentée par la farine. Il faut revenir au Seigneur, aux grandes et saintes leçons de sa vie pour retrouver ce qui nourrira et fera prospérer nos âmes.

En ce temps de famine arriva un homme qui apportait à Élisée du pain des premiers fruits, vingt pains d’orge et du grain en épi dans son sac (v. 42). L’orge est la céréale la plus précoce (Ex. 9. 31). Sans prendre le temps de battre le grain en épi, cet homme dévoué se hâtait d’apporter au prophète les prémices de sa moisson.

Sans rien garder pour lui-même, Élisée dit : « Donne cela au peuple, et qu’ils mangent ». Son serviteur incrédule objecta : « Comment mettrai-je ceci devant cent hommes ? » Mais Élisée répéta : « Donne-le au peuple et qu’ils mangent ». Puis, faisant toujours intervenir la puissance de Dieu, il ajouta : « Car ainsi dit l’Éternel : on mangera et il y en aura de reste. Et ils mangèrent et en eurent de reste, selon la parole de l’Éternel » (v. 42 à 44).

Ces provisions apportées au prophète diffèrent entièrement des coloquintes jetées à la dérobée dans le potage. Le pain d’orge est une nourriture grossière mais substantielle ; il représente un Christ humilié, Celui qui n’avait ni forme ni éclat, en qui il n’y avait point d’apparence pour le faire désirer, et pour qui on n’a eu aucune estime (És. 53. 2 et 3).

Le grain, que l’on fait sortir de l’épi en le froissant, nous rappelle encore Christ, le vrai grain de blé tombé en terre et mort pour porter du fruit, Christ ressuscité après avoir donné volontairement sa vie.

Élisée, multipliant cette nourriture par la parole de l’Éternel, préfigure le Seigneur Jésus rassasiant les foules. Mais c’est par sa propre puissance que Jésus, avec quelques pains, donnait à manger, non plus à une centaine, mais à des milliers d’hommes ; et les restes ramassés par les disciples se comptaient alors par corbeilles. Or notre Seigneur, toujours le même, demeure attentif à nos besoins et est puissant pour y répondre.

Vous vous souvenez de cette petite fille du pays d’Israël qui vivait au temps d’Élisée et qui fut emmenée captive dans la maison du général syrien Naaman. C’est une touchante histoire, et le témoignage fidèle de cette enfant conduisit ce chef de l’armée ennemie à venir implorer auprès du prophète de l’Éternel la guérison de sa terrible maladie, la lèpre.

Naaman dut se plier à l’ordre d’Élisée et se plonger sept fois dans le Jourdain pour être guéri. Ainsi nous sommes lavés de nos péchés par la mort du Seigneur Jésus sur la croix. Nous n’avons qu’à croire avec soumission les déclarations de la Parole qui nous présente le sacrifice de Christ comme l’œuvre parfaite par laquelle seule nous pouvons être sauvés.

Par contre, hélas, Guéhazi, le serviteur d’Élisée, en cédant à la convoitise des richesses, s’est attiré un terrible châtiment : la lèpre de Naaman s’est attachée à lui pour toujours, en rappel permanent de son péché.

Avec le début du chapitre 6 nous retrouvons Élisée au milieu des fils des prophètes. Lui, que les grands de ce monde venaient solliciter, se plaisait dans la compagnie des humbles fidèles de son temps. Notre Seigneur Jésus Christ, le Roi de gloire, s’entourait de même de simples pêcheurs de la mer de Galilée et de gens du commun.

La demeure commune des fils des prophètes se trouvait trop petite pour eux, probablement parce leur nombre avait augmenté. Recherchant toujours l’avis de leur maître, ils dirent à Élisée : « Tu vois que le lieu où nous habitons devant toi est trop étroit pour nous. Allons, s’il te plaît, jusqu’au Jourdain, et nous y prendrons chacun une pièce de bois, et nous y bâtirons un lieu pour y habiter » (6. 1 et 2).

« Allez », leur répondit simplement l’homme de Dieu. Mais il ne suffisait pas à ces hommes pieux d’avoir l’approbation d’Élisée. Ils éprouvaient le besoin de sa présence avec eux, même pendant leur travail, et l’un d’eux dit : « Consens, je te prie, à venir avec tes serviteurs » (v. 3). Désirons-nous ainsi avoir toujours notre Maître, le Seigneur Jésus, avec nous ?

Heureux certainement d’entendre cette invitation, Élisée répondit aussitôt : « J’irai », et il alla avec eux.

C’est avec le même empressement que le Seigneur Jésus accédait à la demande de ceux qui le sollicitaient : « J’irai », dit-il lui aussi au centurion de Capernaüm. Peu de temps après, à la demande de Jaïrus, il se leva et le suivit (Mat. 8. 7 ; 9. 19). Aujourd’hui encore souvenons-nous que Lui-même a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point » (Héb. 13. 5).

Sur les bords du Jourdain, les fils des prophètes se mirent avec ardeur à couper des arbres. Alors que l’un d’eux abattait une pièce de bois, le fer de sa hache tomba à l’eau. « Hélas, mon maître ! cria-t-il à Élisée, il était emprunté ! » (v. 5). Cet honnête homme, angoissé de ne pouvoir rendre ce qu’on lui avait prêté, n’avait d’autre recours que le prophète. Quelle grâce qu’Élisée, invité à les accompagner, se trouvât là !

L’homme de Dieu coupa un morceau de bois et le jeta dans l’eau à l’endroit où le fer était tombé. Et, prodige admirable, le fer surnagea, si bien que le fils des prophètes n’eut qu’à étendre la main pour le reprendre à la surface de l’eau.

Dieu modifie à son gré les lois de la nature qu’Il a Lui-même établies. Une fois de plus le prophète faisait intervenir la puissance de ce Dieu souverain en faveur d’un nécessiteux qui se confiait en lui. Fidèle à sa promesse, Jésus est avec nous tous les jours, prêt à répondre à nos prières avec amour et puissance.

Un prophète : Élisée (2 Rois 6. 8 à 39 et 7).

Le chef de l’armée des Syriens, Naaman, avait été guéri de la lèpre sur la terre d’Israël par Élisée, le prophète de l’Éternel. Cela n’empêchait pas le roi de Syrie de faire la guerre contre le peuple de Dieu. Tel est le monde : ingrat et méchant. Pendant sa vie le Seigneur Jésus n’a reçu qu’injures et mépris en retour de ses bienfaits, jusqu’à ce qu’enfin on Le fasse mourir sur la croix, Lui qui apportait le salut et la vie.

Mais Élisée, instruit par Dieu des dispositions secrètes que prenait le roi de Syrie, en informait chaque fois le roi d’Israël, si bien que l’ennemi voyait ses desseins toujours déjoués, sans qu’il puisse comprendre pourquoi. L’un des chefs syriens, qui connaissait la puissance de l’homme de Dieu, finit par dire à son maître : « Élisée, le prophète qui est en Israël déclare au roi d’Israël les paroles que tu dis dans ta chambre à coucher » (6. 8 à 12).

« Allez, répondit le roi, et voyez où il est, et j’enverrai et je le prendrai ». C’est à Élisée même, au bienfaiteur de Naaman, que s’en prenait le méchant roi de Syrie. Ayant appris qu’Élisée était à Dothan, il y envoya de fortes troupes, avec des cavaliers et des chars, qui de nuit environnèrent la ville. Dothan était une cité de la tribu de Manassé, dans une région montagneuse, à une quinzaine de kilomètres au nord de Samarie.

En sortant le matin, le serviteur d’Élisée aperçut les troupes ennemies qui entouraient la ville et vint le rapporter à son maître en disant : « Hélas ! mon seigneur, comment ferons-nous ? » « Ne crains pas, répondit Élisée ; car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux ». Puis, s’adressant à Dieu, le prophète pria et dit : « Éternel, je te prie, ouvre ses yeux, afin qu’il voie » (6. 16 et 17).

Ce jeune homme discernait bien les choses de la terre et l’armée des Syriens ; mais les choses célestes lui restaient invisibles. À la prière d’Élisée, Dieu lui fit voir la montagne pleine de chevaux et de chars de feu. C’étaient les anges de l’Éternel qui entouraient le prophète pour le protéger, créatures de feu infiniment plus puissantes que les soldats ennemis.

Les Syriens, qui ne se doutaient nullement de cette intervention divine, descendirent vers Élisée pour le prendre. Celui-ci pria encore l’Éternel et lui demanda de frapper les ennemis d’aveuglement. Dieu fit ainsi, et les Syriens ne discernaient plus où ils étaient ni où ils allaient. Élisée leur dit : « Ce n’est pas ici le chemin, et ce n’est pas ici la ville ; venez après moi, et je vous mènerai vers l’homme que vous cherchez » (6. 19). Il mena toute cette troupe jusqu’en pleine ville de Samarie, la capitale du royaume. Là, Élisée pria encore et, à sa demande, l’Éternel rendit la vue aux Syriens qui s’aperçurent avec effroi qu’ils se trouvaient au milieu de Samarie, à la merci du roi d’Israël.

Celui-ci les aurait volontiers mis à mort ; mais Élisée lui commanda de les traiter avec bonté, de les restaurer et de les renvoyer libres chez eux. Après un grand festin ils retournèrent donc vers leur maître et, pour un temps, les Syriens ne revinrent plus attaquer Israël. Cette démonstration pacifique et généreuse de la puissance de l’Éternel apportait la sécurité à Israël mieux que ne l’aurait fait une victoire sanglante.

Cependant la méchanceté reste liée au cœur de l’homme, et, par la suite, les Syriens reprirent la guerre et vinrent assiéger Samarie. Dans la ville complètement isolée, les vivres furent bientôt épuisés et le peuple connut une famine effroyable, telle que les mères en vinrent à dévorer leurs propres enfants. Le roi Joram osa s’en prendre à l’Éternel et décida de mettre à mort son prophète. Avant que le messager du roi arrive chez Élisée, celui-ci, prévenu par l’Esprit de Dieu, dit aux amis qui l’entouraient : « Voyez-vous que ce fils d’un meurtrier envoie pour m’ôter la tête ? »

Il commanda donc de lui fermer la porte en annonçant que Joram lui-même approchait. Le roi impie, qui suivait, hélas, le triste exemple de son père Achab, survint en effet et déclara : « Voici ce mal est de par l’Éternel ; pourquoi m’attendrais-je encore à l’Éternel ? » (6. 32 et 33).

À cette provocation, Élisée répondit par une promesse de Dieu pleine de grâce. S’en référant toujours aux déclarations de l’Éternel dont il ne voulait être que le porte-parole, il dit : « Écoutez la parole de l’Éternel. Ainsi dit l’Éternel : demain à cette heure-ci, la mesure de fleur de farine sera à un sicle, et les deux mesures d’orge à un sicle, à la porte de Samarie » (7. 1). C’étaient là des prix très bas, signes d’une grande abondance, alors que dans la famine on payait quatre-vingts sicles pour une tête d’âne ! (6. 25)

Le capitaine sur qui s’appuyait le roi, refusant de croire à cette parole de Dieu prononcée par le prophète, répondit : « Voici, quand l’Éternel ferait des fenêtres aux cieux, cela arriverait-il ? » Élisée lui dit solennellement : « Voici, tu le verras de tes yeux, mais tu n’en mangeras pas » (7. 2).

Or, à l’entrée de la porte de la ville se tenaient quatre lépreux. Ils vivaient là, à l’écart de la population comme le leur imposait leur terrible maladie contagieuse. Ils raisonnaient tristement entre eux : soit qu’ils entrent dans la ville où régnait la famine, soit qu’ils restent là à la porte, ils ne pouvaient que mourir de faim. Ils n’avaient donc rien à perdre en passant dans le camp des Syriens, qui peut-être les laisseraient vivre.

À la nuit tombante ils se dirigèrent vers le camp ennemi et, à leur grande surprise, ils n’y trouvèrent personne. L’Éternel était intervenu, selon la parole d’Élisée, pour délivrer Samarie : Il avait fait entendre dans le camp des assiégeants un bruit de chars et de chevaux, le bruit d’une grande armée. Les Syriens crurent que d’autres peuples venaient au secours d’Israël ; pris de panique, ils s’enfuirent pour sauver leur vie, en abandonnant leurs tentes avec tout ce qu’elles contenaient, et jusqu’à leurs chevaux et leurs ânes.

Les lépreux entrèrent dans une tente, mangèrent et burent, puis emportèrent de l’or, de l’argent et des vêtements qu’ils cachèrent. Ils retournèrent piller ainsi une autre tente. Mais tout à coup ils pensèrent à tous les habitants de la ville qui souffraient de faim et se dirent l’un à l’autre : « Nous ne faisons pas bien. Ce jour est un jour de bonnes nouvelles et nous nous taisons. Si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, l’iniquité nous trouvera » (c’est-à-dire : nous serons coupables et punis). « Allons, conclurent-ils, et rapportons-le à la maison du roi » (7. 9).

Ils vinrent donc crier aux portiers de la ville ce qu’ils avaient trouvé et cela fut aussitôt annoncé au roi. Mais ce dernier, toujours incrédule, au lieu de voir là l’accomplissement de la promesse d’Élisée, prétendit que c’était une ruse des Syriens qui s’étaient cachés en embuscade pour saisir ceux qui sortiraient de la ville. Deux chars furent enfin envoyés en reconnaissance et constatèrent que, jusqu’au Jourdain, le chemin était jonché de vêtements et d’objets abandonnés par les Syriens dans leur fuite précipitée.

Le peuple sortit et pilla le camp des ennemis. Il y trouva des vivres en abondance, si bien que la fleur de farine et l’orge se vendirent aux bas prix annoncés par Élisée. Le roi avait confié la garde de la porte au capitaine sur qui il s’appuyait. Dans la bousculade, cet officier fut foulé aux pieds par le peuple et mourut. Ainsi s’accomplit ce que l’homme de Dieu avait déclaré : le capitaine moqueur et incrédule vit l’abondance d’aliments vendus aux prix annoncés par Élisée, mais lui-même n’en mangea pas.

Nous savons, biens chers enfants, que la lèpre est l’image du péché. Nous étions tous des pécheurs perdus, n’ayant devant nous que le jugement éternel, ce qui est bien pire que de mourir de faim. Comme ces quatre lépreux, nous ne pouvions échapper à notre condition misérable et personne au monde ne pouvait nous en tirer.

Mais Dieu est intervenu comme Il l’a fait pour les pauvres gens de Samarie : Jésus est venu sur la terre, est mort sur la croix, et a ainsi vaincu Satan, l’ennemi qui nous tenait en son pouvoir. Et maintenant, si nous avons cru au Seigneur Jésus, nous sommes comme les lépreux sauvés, rassasiés et enrichis : nos péchés sont pardonnés, nous trouvons dans la Parole de Dieu la nourriture de nos âmes et nous possédons les trésors du ciel.

Mais pensons un peu à tous ceux qui ne connaissent pas le Seigneur Jésus. Ils ne savent pas que c’est un jour de bonnes nouvelles, le jour où Dieu fait encore grâce. Pouvons-nous nous taire ? Empressons-nous de leur dire la grande délivrance que Dieu a opérée pour nous, et qui est pour eux aussi s’ils veulent croire.

Hélas, quel triste sort que celui du capitaine foulé aux pieds par le peuple ! Il aurait pu avoir part lui aussi à la profusion de biens annoncée par le prophète ; mais il s’est moqué du message de grâce et a porté les terribles conséquences de son incrédulité. Qu’aucun de vous, jeunes amis, ne laisse sans réponse l’appel du Sauveur, car « comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? » (Héb. 2. 3)

Un prophète : Élisée (2 Rois 8, 9, 10 et 13)

Au temps du prophète Élie, l’idolâtrie du peuple et de son roi Achab avait entraîné trois ans et demi de sécheresse. Sous le règne de Joram, aux jours d’Élisée, Israël était retombé dans les mêmes péchés, et l’Éternel dut faire venir la famine sur le pays pendant sept ans.

Élisée, conduit par Dieu, prévint de cette calamité la femme sunamite chez qui il logeait parfois et dont il avait ressuscité l’enfant : « Lève-toi, lui dit-il, et va-t-en, toi et ta maison, et séjourne où tu pourras séjourner ; car l’Éternel a appelé la famine, et même elle viendra sur le pays pour sept ans» (2 Rois 8. 1). La femme obéit à l’homme de Dieu et, avec sa famille, alla demeurer pendant sept ans au pays des Philistins.

Elle avait reçu Élisée comme un prophète, et maintenant elle recevait « la récompense d’un prophète » (Mat. 10. 41) : elle bénéficiait des révélations que Dieu accordait à Élisée. Cet exil devait toutefois être bien pénible pour cette Israélite attachée à l’héritage de l’Éternel, et qui jadis s’était déclarée comblée parce qu’elle « habitait au milieu de son peuple » (4. 13).

Enfin, au bout de sept ans, elle revint au pays d’Israël ; mais elle trouva sa maison et ses champs occupés par des gens sans scrupules qui s’en étaient emparés en son absence. Elle alla, avec son fils, demander justice au roi. Pouvait-on attendre d’un impie comme Joram qu’il s’occupe de cette pauvre femme ?

Mais Dieu préparait Lui-même cette rencontre pour que l’opprimée eût gain de cause. Joram était alors en conversation avec Guéhazi, l’ancien serviteur d’Élisée, et lui demandait le récit des grandes choses que le prophète avait faites. Le roi, insensible aux avertissements de l’Éternel, s’intéressait seulement au côté merveilleux des miracles accomplis. Bien des gens, hélas, lisent la Bible par curiosité seulement, sans que la Parole touche leur cœur ni leur conscience. Qu’il n’en soit jamais ainsi de vous !

Guéhazi racontait précisément au roi la résurrection du fils de la Sunamite quand celle-ci vint présenter sa requête. Et Guéhazi s’écria : « Ô roi, mon seigneur ! c’est ici la femme, et c’est ici son fils auquel Élisée a rendu la vie » (8. 5). Vivement intéressé, Joram interrogea la femme et lui fit rendre tous ses biens. Nous voyons dans ce fait la puissance souveraine de Dieu qui incline le cœur d’un roi à tout ce qui Lui plaît, comme des ruisseaux d’eau (Prov. 21. 1). En même temps apparaît son amour qui fait travailler toutes choses pour le bien de ceux qui l’aiment (Rom. 8. 28).

Des trois missions confiées à Élie sur le mont Horeb, deux restaient à remplir : oindre Hazaël comme roi sur la Syrie, et Jéhu comme roi sur Israël (1 Rois 19. 15 et 16). Nous avons vu qu’Élie, se jugeant indigne d’accomplir ces actes d’autorité au nom de l’Éternel, les avait laissés à Élisée qu’il s’était empressé d’appeler comme prophète à sa place.

Le moment était venu de consacrer enfin ces nouveaux rois. Élisée se rendit à Damas, la capitale des Syriens. Le roi de Syrie, Ben-Hadad, tombé malade, envoya son serviteur Hazaël consulter le prophète. Élisée considéra en pleurant ce messager cruel qui, il le savait bien, infligerait de grands maux à Israël ; puis il lui déclara : « L’Éternel m’a montré que tu seras roi sur la Syrie » (8. 13). Hazaël, de retour auprès de Ben-Hadad, fit mourir son maître et régna à sa place (8. 15).

La guerre ne tarda pas à reprendre entre Israël et la Syrie. Les deux nations se disputaient la possession de Ramoth de Galaad à l’est du Jourdain. Le roi Joram fut blessé là au cours d’un combat contre les Syriens et retourna à Jizreël pour se faire soigner, pendant que ses troupes continuaient la lutte. Parmi les chefs de l’armée se trouvait Jéhu que l’Éternel avait choisi pour devenir roi sur Israël.

Élisée, prophète de grâce, n’alla pas lui-même à Ramoth pour oindre Jéhu qui devait exercer le jugement. Il en chargea l’un des fils des prophètes. Ce jeune homme demanda à parler à Jéhu en particulier et, seul avec lui, versa sur sa tête l’huile qui lui conférait la royauté ; puis il lui annonça qu’il aurait à exterminer les descendants d’Achab (9. 1 à 10).

Jéhu, acclamé comme roi par l’armée, se rendit en hâte à Jizreël. D’une flèche tirée à l’arc il tua Joram qui était sorti à sa rencontre, et il fit jeter son cadavre dans le champ de Naboth, la vigne usurpée autrefois par Achab au prix d’un horrible meurtre (9. 21 à 26).

Quand Jéhu arriva à Jizreël même, il fit précipiter du haut d’une fenêtre la veuve d’Achab, la méchante Jézabel qui vivait encore, et la foula aux pieds de ses chevaux. Lorsqu’il donna ensuite l’ordre de l’enterrer, on ne retrouva du corps de la vieille reine que quelques débris. Les chiens avaient dévoré le reste (9. 30 à 37). À Samarie soixante-dix fils d’Achab furent tués en un seul jour. Puis Jéhu acheva de mettre à mort tous les membres de cette famille maudite (10. 1 à 11 et 17).

Ainsi s’accomplirent à la lettre les terribles jugements que le prophète Élie avait annoncés de la part de Dieu à Achab, le roi impie qui a fait plus que tout autre ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel (1 Rois 21. 20 à 26).

Jéhu, plein de zèle pour détruire la maison d’Achab et abolir le culte de Baal, laissa subsister et servit même les idoles établies autrefois par Jéroboam à Béthel et à Dan. Son fils Joakhaz, puis son petit-fils Joas lui succédèrent sur le trône d’Israël et, comme lui, hélas, maintinrent le culte de ces faux dieux.

Élisée arrivait au terme de sa course après un long service. Plus de soixante ans s’étaient écoulés depuis qu’Élie l’avait rencontré en train de labourer et avait jeté sur lui son manteau. Malade et près de la mort, il reçut la visite du roi Joas, le petit-fils de Jéhu. Joas, penché sur le visage du prophète, pleura et dit :

« Mon père ! mon père ! Char d’Israël et sa cavalerie ! » (13. 14). Il rappelait la glorieuse fin d’Élie en répétant les paroles par lesquelles Élisée avait salué l’ascension de son maître (2. 12). Bien qu’idolâtre, le roi connaissait la puissance de l’Éternel et comprenait la perte qu’était pour lui et pour tout le peuple la mort du prophète.

Mais avant de quitter Joas, Élisée avait encore une promesse de Dieu à lui communiquer. « Prends un arc et des flèches, lui dit-il. Mets ta main sur l’arc ». Ainsi fit le roi. Le prophète mourant mit ses propres mains sur celles de Joas comme pour lui communiquer la puissance qui ne peut venir que de l’Éternel; puis il lui ordonna de tirer une flèche par la fenêtre ouverte vers l’orient. « Une flèche de salut de par l’Éternel, dit-il, une flèche de salut contre les Syriens ; et tu battras les Syriens à Aphek, jusqu’à les détruire » (13. 17).

Puis, pour mettre à l’épreuve la foi de Joas, il lui commanda de prendre les flèches et de frapper contre terre. Le roi frappa trois fois et s’arrêta. Élisée, en colère, le reprit : « Il fallait frapper cinq ou six fois, alors tu eusses battu les Syriens jusqu’à les détruire ; mais maintenant tu ne battras les Syriens que trois fois » (13. 19).

Joas limitait l’étendue de la délivrance que l’Éternel était prêt à accorder. Gardons-nous de restreindre, nous aussi, par manque de foi, les bénédictions de Dieu. « Demandez et il vous sera donné », a dit Jésus.

Élisée mourut et fut enterré. Mais même après sa mort, il fut encore le moyen d’un miracle extraordinaire. Au début de l’année suivante, on allait ensevelir un homme quand survint une troupe ennemie. Les amis du mort, pris au dépourvu, jetèrent son corps dans le sépulcre d’Élisée ; et au contact des os du prophète l’homme reprit vie et se leva (13. 20 et 21).

C’est par cette démonstration de puissance de vie par-delà la mort que s’achève l’histoire de ce grand prophète qui est, dans ses multiples activités en grâce, un type admirable du Seigneur Jésus. Nous-mêmes nous recevons une vie nouvelle, la vie éternelle, en entrant en contact par la foi avec Jésus mort pour nous.

C’est de Lui, le Fils bien-aimé du Père que, directement ou en figure, nous parle toute la Parole.

En terminant ces entretiens, je prie instamment le Seigneur de vous accorder la grâce suprême de Le connaître et de L’aimer toujours davantage.

D’après La Bonne Nouvelle 1976

QU’EST-CE QUE LA VÉRITÉ ?

« Ta parole est la vérité ». Jean 17. 17.

« La grâce et la vérité sont venus par Jésus Christ » Jean 1. 17.

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » Jean 8. 32.

Dans notre société, la vérité est souvent mélangée avec l’erreur et le mensonge. Nous désirons connaître la vérité mais, si elle nous dérange, nous nous contentons alors d’une « demi vérité » ou d’une vérité « relative ». On dira : À chacun sa vérité, ou : Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. Ce sont des façons de parler. Mais certains se posent la même question que Pilate adressa à Jésus Christ : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18. 38).

La Bible, Parole de Dieu, nous présente ce qui est vrai pour Lui. Lorsque nous sommes illuminés par cette Vérité, nous prenons conscience de ce que nous sommes : « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (Éph. 2. 1).

Jésus est venu nous apporter la grâce et la vérité :

– La grâce aime le pécheur, et veut pardonner quiconque reconnaît ses propres erreurs et met sa confiance dans l’œuvre de Jésus Christ à la croix.

– La vérité rappelle que le péché est entré dans le monde à cause de la désobéissance de l’homme et que, en conséquence, l’homme est un pécheur perdu.

La Bible ne nous présente pas seulement la vérité sur notre condition humaine, mais elle nous enseigne aussi ce qui est vrai concernant tous les aspects de notre vie. Elle nous rappelle ce qui est juste et droit devant Dieu, qui veut nous faire connaître « la sûre norme des paroles de vérité » (Prov. 22. 21).

Jésus a dit : « Moi… c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la vérité » (Jean 18. 18).

D’après « Il buon seme » décembre 2023

« L’OREILLE » DE CHRIST

(Jésus dit : ) « Celui qui m’a envoyé est vrai, et ce que j’ai entendu de lui, moi, je le déclare au monde ». Ils ne connurent pas qu’il leur parlait du Père ». Jean 8. 26 et 27.

« Je suis crucifié avec Christ ; et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ». Gal. 2. 20.

« Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » Jean 1. 29.

Trois textes de l’Ancien Testament parlent en figure de « l’oreille » de Jésus Christ. Chacun d’eux fait allusion à une étape de sa vie.

1. Sa naissance est annoncée dans le Psaume 40 : « Au sacrifice et à l’offrande de gâteau tu n’as pas pris plaisir : tu m’as creusé des oreilles ; tu n’as pas demandé d’holocauste, ni de sacrifice pour le péché. Alors j’ai dit : Voici, je viens ; il est écrit de moi dans le rouleau du livre » (v. 6 à 8). La langue hébraïque est figurative : l’expression « Tu m’as creusé des oreilles », dans la première traduction grecque de l’Ancien Testament (traduction dite des Septante) a été traduite par : « Tu m’as formé un corps » ; elle est employée ainsi par l’écrivain de l’épître écrite aux croyants hébreux (10. 5). Le Christ, annoncé déjà dans le livre de la Genèse, entre dans le monde pour répondre – au prix de sa vie – au problème du péché, qu’aucun sacrifice d’animaux n’avait jamais pu résoudre. Dieu lui « ouvre l’oreille », le formant dans le sein de Marie : signe de sa parfaite humanité.

2. La deuxième mention de l’oreille évoque l’obéissance de Christ, sa communion avec Dieu et sa vie de prière : « Il [me] réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne. Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière » (És. 50. 4 à 6). Jésus Christ, durant sa vie sur la terre, a toujours maintenu une étroite communion avec Dieu son Père, comme le montre le fait qu’Il se levait avant le jour pour prier (Marc 1. 35).

Son exemple nous encourage à nous réveiller au son de la Parole de Dieu et par la prière.

3. Un troisième texte de l’Ancien Testament évoque ses souffrances et sa mort sur la croix. Autrefois, dans le peuple hébreu, un serviteur était libre de quitter son maître après six années de service. Toutefois, si son maître lui avait donné une femme pendant cette période, le serviteur ne pouvait pas l’emmener avec lui. De même s’il avait eu des enfants, il devait les laisser. Mais il existait une alternative : « Si le serviteur dit positivement : J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas sortir libre ; alors son maître le fera venir devant les juges, et le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon ; et il le servira à toujours » (Ex. 21. 5 et 6). Dans cette oreille percée contre le poteau de la porte, nous voyons une allusion au sacrifice de Jésus Christ. Par amour pour son Dieu (le maître), pour sa femme (l’Église) et pour chacun de ceux qui ont cru en Lui (les enfants), Jésus Christ n’a pas eu seulement l’oreille percée, mais Il a donné sa vie en se laissant clouer sur la croix ! Il aurait pu « sortir libre » car la perfection de son Être et de sa vie l’exonérait de l’obligation de mourir. Mais son amour pour nous a été plus fort : son sang a été versé pour nous laver de nos péchés, nous libérer de l’esclavage de Satan, et nous introduire dans une relation d’amour avec Lui-même et avec le Père.

D’après « Il buon seme » – décembre 2023