Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
« L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » Psaume 110. 1.
Comme plusieurs autres psaumes, le psaume 110 parle prophétiquement du Seigneur Jésus. Sa gloire, comme Homme élevé à la droite de Dieu, son autorité comme juge et souverain, et son sacerdoce éternel, sont les sujets de ce psaume.
Le 1er verset de ce psaume montre la place que Dieu a donnée à l’Homme Christ Jésus : la place d’honneur, à sa droite. Ce qui touche particulièrement nos cœurs, c’est que le Seigneur Jésus a été élevé à une telle hauteur à cause de son humiliation. C’est la réponse de Dieu à l’humiliation et à la réjection que le Seigneur a connues ici-bas.
Ce que Dieu désire, c’est que son Fils reçoive toujours l’honneur qui Lui est dû. Quoi que les hommes puissent penser de Lui, Le rejetant et ayant une piètre opinion de Lui, Dieu mettra son Fils à la place d’honneur et de gloire. C’est pour cela qu’Il L’a fait asseoir à sa droite après que l’œuvre de la rédemption a été accomplie. Cette place élevée assure au Seigneur le droit de régner sur tout l’univers. Il dira à ses disciples après sa résurrection : « Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre » (Mat. 28. 18).
Le Seigneur, cependant, attend encore que Dieu mette ses ennemis sous ses pieds. Alors Jésus de Nazareth, le méprisé, le rejeté, s’assiéra sur son propre trône à Jérusalem, où sera le siège de son gouvernement sur la terre. La gloire et l’honneur que Dieu avait destinés à son Fils seront vus de tous. Personne ne pourra alors mettre la main sur Lui ; tous plieront les genoux devant Lui.
C’est dans le paradis terrestre, ce lieu de délice où l’Éternel Dieu avait placé l’homme, que, pour la première fois, une question a été posée. Satan, le père du mensonge, est venu lui dire : « Quoi Dieu a dit… » – cette question odieuse qui venait insinuer le doute et l’incrédulité dans le cœur d’une créature qui était parfaitement heureuse dans un jardin où tout était très bon.
Hélas ! depuis le jour néfaste où l’homme a écouté la voix de son ennemi, tout bonheur a été perdu. Il a peur de son Créateur, il s’enfuit et se cache de Lui ; les ténèbres ont envahi son âme, mille questions se pressent chaque jour dans son cœur et restent sans réponse : tout, pour lui, est vague, incertain et souvent effrayant, et cela même en présence des manifestations de la bonté de Dieu.
Or, que le doute et l’incrédulité sont angoissants ! Pas de certitudes, pas de paix et, par conséquent, pas de bonheur ; la face du Dieu bienheureux est comme voilée devant les yeux de tous ceux qui osent douter de sa Parole.
Six mille ans ont passé depuis que Satan est venu en Éden, mais la mauvaise semence qu’il a jeté dans le cœur de l’homme y lève encore et y produit avec abondance ses fruits amers et mortels. Depuis qu’Adam a été chassé du Paradis, Dieu a parlé bien des fois, mais sa parole a toujours rencontré des oreilles fermées et des cœurs endurcis.
Noé, prédicateur de justice, a annoncé le jugement par les eaux du déluge ; Moïse a donné la Loi sainte, juste et bonne ; les prophètes ont parlé au nom de l’Éternel, et chaque fois en vain. Les hommes du temps de Noé ont péri dans les eaux du déluge ; nul n’a observé la Loi ; et la voix des prophètes a retenti sans rencontrer d’écho. Ésaïe a pu dire : Qui a cru à ce que nous avons fait entendre ?
Chaque fois, c’était le : « Quoi Dieu a dit… » du jardin d’Éden dans son insolence, mais aussi dans ses terribles conséquences. Après les prophètes, le Fils de Dieu, Lui-même, la Parole faite chair, est venu au milieu des hommes ; Il leur a parlé de la part du Père, mais Lui aussi a rencontré le doute et l’incrédulité.
Les pharisiens disaient : « Pourquoi ? » ; le docteur de la Loi disait : « Comment ? » ; le gouverneur : « Qu’est-ce que la vérité ? » et sortait avant d’avoir la réponse ; un des disciples disait : « Je ne croirai point ». Le « Quoi, Dieu a dit… » était dans toutes les bouches.
Enfin, le Saint Esprit est venu rendre témoignage à un Christ glorifié et à la valeur de son œuvre à la croix : un salut plein et gratuit est annoncé à tous les hommes, en vertu du sang qui a été répandu en rémission des péchés. Les uns disent : « Je me suis toujours bien conduit » ; les autres : « Je veux changer de conduite » ; d’autres : « Dieu est trop bon pour envoyer des hommes en enfer ».
Sous une forme ou une autre, c’est toujours le : « Quoi Dieu a dit… » du commencement ; et les uns et les autres se privent ainsi du grand salut de Dieu. Qui nous dira tout le malheur qui a été et qui sera la part de ceux qui ont écouté les subtilités de l’Ennemi et qui ont osé mettre en doute ce que Dieu a dit !
Où es-tu ?
La voix de l’Éternel-Dieu se fait entendre dans le jardin d’Éden : « Où es-tu ? » Il semble que c’est un père plein d’amour qui appelle son enfant bien-aimé. Pourquoi donc ne répond-il pas et ne vient-il pas au-devant de lui avec joie et reconnaissance ?
« J’ai eu peur et je me suis caché ». Voilà la triste réponse. Oui, Adam avait désobéi, il avait acquis une mauvaise conscience, tout son bonheur s’était enfui, en un mot, il était perdu. Où était-il donc ? Il était caché derrière les arbres du jardin. Oh ! Que sa folie était grande ! Comment se cacher aux yeux de Celui devant Lequel toutes choses sont nues et découvertes ?
Le roi David l’a exprimé par l’Esprit Saint dans le Psaume 139 : « Où irai-je loin de ton esprit ? et où fuirai-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au shéol, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aube du jour, si je fais ma demeure au bout de la mer, là aussi ta main me conduira et ta droite me saisira. Et si je dis : « Au moins les ténèbres m’envelopperont », alors la nuit est lumière autour de moi. Les ténèbres même ne sont pas obscures pour me cacher à toi, et la nuit resplendit comme le jour, l’obscurité est comme la lumière ».
Pauvre Adam ! Il était tombé dans un abîme sans fond, et avec lui il a entraîné toute sa race. Le psalmiste en avait bien conscience, lorsqu’il disait : « Je t’ai invoqué des lieux profonds, ô Éternel » (Ps. 130. 1).
Un jour, dans notre vie, avons-nous vu que nous étions perdus, sans espoir de pouvoir nous tirer nous-mêmes de la condition dans laquelle nos péchés nous avaient placés ? C’est une découverte effrayante.
Oui, encore aujourd’hui, Dieu vient dire à chacun de nous : « Où es-tu ? » C’est la bonté de Dieu qui venait chercher Adam, et c’est la même bonté qui vient nous appeler. Le Bon Berger veut sauver sa brebis égarée, il la cherche avec diligence, car elle est chère à son cœur. Lorsqu’il l’a trouvée, elle peut répondre avec une indicible joie à la solennelle question « Où es-tu ? » : « Sur les épaules du Bon Berger ».
Elle n’est plus perdue, elle est en pleine sécurité, elle ne peut plus s’égarer, car c’est lui qui la porte sur ses propres épaules. Bientôt, elle pourra dire : « Je suis dans la maison de Dieu comme un olivier vert ». Elle a été tirée de l’abîme et amenée dans les demeures célestes, là où jamais aucun mal ne l’atteindra plus. Quel contraste avec cet homme qui doit dire : « Je suis tourmenté dans cette flamme » . Il n’a pas même une goutte d’eau pour rafraîchir sa langue. Oh ! Où est-il donc pour toujours ? On n’ose y penser.
Qu’as-tu fait ?
L’Éternel-Dieu avait placé Adam dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. De quelle manière l’a-t-il cultivé ? Dieu n’a pas trouvé bon de nous le dire, mais, par contre, nous savons qu’il l’a fort mal gardé : l’Ennemi est venu, l’homme a écouté sa voix ; l’aide qui lui correspondait a pris du fruit défendu et lui en a donné : tous deux en ont mangé. « Qu’est-ce que tu as fait ? », lui dit l’Éternel.
Hélas ! En transgressant le commandement de l’Éternel et en obéissant à Satan, il a tout gâté, tout perdu. Son bonheur s’est enfui, toute sa race a été entraînée dans le malheur, la souffrance et la mort. Un seul pécheur a détruit beaucoup de bien, nous est-il dit. Plus tard, Caïn, le fils d’Adam, tua son frère Abel et, de nouveau, l’Éternel a dit : Qu’as-tu fait ? ». Il avait répandu le sang du juste. Quelle chose affreuse !
Depuis lors, ces mots retentissent comme un cri douloureux aux oreilles de tous les hommes. C’est comme une terrible accusation à laquelle il ne saurait échapper. Qui donc, parmi les fils des hommes, n’a pas violé les saintes lois de Dieu ? Qui oserait se vanter de n’avoir jamais désobéi ?
Soyons bien assurés que la mesure de la sainteté de Dieu n’a pas changé et qu’une seule désobéissance, aujourd’hui, est aussi grave à ses yeux qu’au commencement, Il ne change ni ne se renie. J’aimerais que nous soyons tous pénétrés par le fait que le péché est odieux à ses yeux, et que ces mots : « Qu’as-tu fait ? » pénètrent profondément dans nos cœurs, afin que nous puissions dire avec le roi David : « Je connais mes transgressions, et mon péché est continuellement devant toi. Contre toi seul j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mauvais à tes yeux ; afin que tu sois justifié quand tu parles, trouvé pur quand tu juges » (Ps. 51. 4).
Quelqu’un, sans doute, va se récrier et dire « Je n’ai pas, comme David et Caïn, répandu le sang de mon semblable ». C’est possible, mais Adam, lui aussi, n’avait pas tué lorsqu’il fut chassé du paradis : il avait désobéi ; et nous, nous avons tous désobéi. Serions-nous assez insensés, pour penser pouvoir entrer dans le paradis céleste, alors qu’Adam, à la suite d’une seule désobéissance, a été chassé du paradis terrestre ?
Voulons-nous encore écouter la voix de Satan qui vient nous dire : « Après tout, tu n’es pas plus mauvais qu’un autre ; Dieu est trop bon pour t’envoyer en enfer. Il te recevra bien tel que tu es : tu n’as ni tué ni volé ». Mon cher lecteur, dites-moi, je vous en prie : que s’est-il passé lorsque le seul Juste, le seul Homme parfait a été crucifié entre deux malfaiteurs ? Un seul homme a-t-il pris sa défense ?
Par conséquent, tous les hommes étaient coupables de ce meurtre ; tous en étaient solidaires, sauf le meurtrier qui était pendu à côté de lui. Lui a dit : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ». Oserions-nous dire que nous sommes meilleurs que ceux qui entouraient la croix, railleurs indifférents ? Du reste, n’est-il pas écrit que celui qui hait son frère est un meurtrier (1 Jean 1. 15) ? Qui d’entre nous n’a jamais eu une pensée de haine ?
Oui, le « Qu’as-tu fait ? » retentit à nos oreilles aujourd’hui comme au commencement afin que, les uns et les autres, saisis de componction, nous disions : « Que ferons-nous ? » La réponse ne se fera pas attendre : « Repentez-vous ! » C’est là ce que nous devons tous faire, car il est écrit que : « Dieu ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act. 17. 30). Après cela, Dieu nous fera connaître ce qu’Il fait : Il pardonne, Il sauve.
Alors nous pourrons chanter devant les hommes et dire : « J’ai péché et j’ai perverti la droiture, et il ne me l’a pas rendu. Il a délivré mon âme pour qu’elle n’allât pas dans la fosse et ma vie verra la lumière » (Job 33. 27 et 28). Nous connaîtrons le bonheur de celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert. Le « Qu’as-tu fait ? » remplira nos cœurs de reconnaissance et nos bouches de louange, et à ce « Qu’as-tu fait ? », nous répondrons « Qu’est-ce que Dieu a fait ? »
Où l’avez-vous mis ? (Jean 11. 33)
Quatre mille ans après la création, Celui qui avait tiré du néant les cieux et la terre est venu dans le monde. Par un miracle de sa puissance, II a revêtu un corps semblable à celui qu’Il avait formé pour Adam. Ainsi, Il vint vers ceux qu’Il aimait. C’est une manifestation touchante et précieuse de sa grâce pour tous ceux qui ont des yeux pour Le contempler et des cœurs pour L’aimer.
Lorsqu’Il arrive au village de Béthanie où habitaient ceux qui lui étaient particulièrement chers, Il les trouve tous dans les larmes : les Juifs pleuraient, Marthe pleurait, Marie pleurait : quelle cène ! Il y avait bien de quoi pleurer, car Lazare, son ami, n’était plus au milieu de ceux qui l’affectionnaient. « Où l’avez-vous mis ? » leur dit-Il. « Viens et vois ». Hélas ! Ils l’avaient mis dans le sépulcre. Il était là depuis quatre jours et la corruption s’était déjà emparée de son corps : il sentait déjà. Il y avait bien de quoi frémir en voyant où sa créature était tombée et où le péché l’avait mise.
Combien ces mots : « Où l’avez-vous mis ? » sont poignants dans la bouche de Celui qui avait mis l’homme dans un lieu de délices où tout était très bon. Que s’était-il passé depuis lors ? Hélas ! Vous qui pleurez (ils sont nombreux, aujourd’hui, ceux qui versent des larmes), vous qui considérez l’horreur d’une terre où tout a été gâté par le péché, vous qui ne savez où trouver de la consolation, voyez les larmes versées par le Sauveur ; sachez qu’Il sympathise d’une manière parfaite.
Si vous croyez en Lui, vous verrez sa gloire. Allez à Lui avec toutes vos peines ; il n’en est point de trop grandes pour qu’Il ne puisse les ôter, il n’est pas de plaies trop saignantes pour qu’Il ne puisse les guérir.
Viens âme qui pleures,
Viens à ton Sauveur.
Dans tes sombres heures,
Dis-lui ta douleur.
Il est Celui qui aime, il est aussi Celui qui délivre ; Il est la résurrection et la vie. Celui qui croit en lui, encore qu’il soit mort, vivra ; et quiconque vit, et croit en lui, ne mourra point à jamais. Croyez-vous cela ?
Il est venu jusqu’au sépulcre où Lazare avait été déposé, et à sa voix puissante, voici que ce dernier sort du tombeau. Jésus a triomphé de toute la puissance de la mort, Il a fait tarir toutes les larmes et Il a rempli tous les cœurs d’une joie inexprimable. Il nous a dit : « Je reviendrai ».
Bientôt Il accomplira sa promesse et redescendra des cieux : alors tous ceux qui ont cru en Lui ressusciteront, et ceux qui seront trouvés vivants sur la terre ne mourront point à jamais. Quelle espérance glorieuse, au-delà de toute expression ! En attendant, Il recueille nos larmes dans ses vaisseaux, Il réjouit les siens même au sein des pires souffrances ; Il les met dans le secret de sa tente et les cache à l’ombre de ses ailes, là où ils chantent de joie.
Qui donc est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent?(Marc 4. 41)
Parmi les nombreuses questions que nous trouvons dans la Parole de Dieu, il n’en est peut-être pas une qui, au premier coup d’œil, semble plus facile à résoudre que celle qui est en tête de notre article. Interrogeons un enfant quelconque et demandons-lui qui peut commander aux vents et à la mer ; sans aucune hésitation il répondra : C’est Dieu.
Oui, nul ne peut commander aux éléments en furie si ce n’est Celui qui a créé toutes choses, qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains et qui a dit à la mer : « Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ». Mais voici que la question se complique singulièrement lorsque nous considérons Celui qui parlait avec une telle autorité et puissance.
Il était un Homme au milieu des autres hommes, un Homme fatigué dans une barque ballottée sur une mer orageuse ; il profitait de la traversée pour prendre un peu de repos après une journée de labeur et, la tête posée sur un oreiller, Il dormait profondément. À son réveil, comme si c’était pour Lui la chose la plus naturelle, Il reprend le vent, et dit à la mer : « Fais silence, tais-toi ; et le vent tomba, et il se fit un grand calme ».
Maintenant, la question qui paraissait si simple au début devient singulièrement difficile, mystérieuse, angoissante même. Il semble que toutes les questions qui agitent, et souvent troublent notre pauvre humanité, ne sont rien en présence de celle qui se place devant nous dans ce moment. Au lieu d’une solution, c’est une multitude de questions nouvelles qui se pressent dans nos cœurs : Dieu est-il donc devenu un Homme ? Comment a-t-Il pu s’anéantir d’une telle manière ? Pourquoi venait-Il donc au milieu des hommes ? Quel accueil a-t-Il donc reçu de la part de sa créature ? Pourquoi n’est-Il plus sur la terre ?
Des questions, des questions sans nombre se multiplient au fur et à mesure que nous cherchons à y répondre. Le trouble même s’empare de nos âmes en y pensant : Qui nous donnera la réponse à toutes ces questions ? Y avons-nous pensé ? Avons-nous trouvé la clef du plus grand de tous les mystères ? Qui cherche trouve, et c’est dans la Parole de Dieu elle-même qu’est la réponse. La sagesse humaine ne saura jamais nous la donner, mais la simple foi en ce que Dieu a dit nous suffit. Dieu est devenu un homme. Nous le croyons, sans le comprendre, et nous adorons !
Il est venu tout près de nous, avec sa grande puissance, pour nous délivrer de toutes nos détresses, pour calmer les flots d’une mer en furie, et pour donner un grand calme, non seulement dans les circonstances de ceux qui sont avec Lui, mais aussi dans leurs pauvres cœurs agités.
Ils ont crié au Seigneur dans leur détresse, et Il les a fait sortir de leurs angoisses ; Il arrête la tempête, la changeant en calme, et les flots se taisent, et ils se réjouissent de ce que les eaux sont apaisées, et il les conduit au port qu’ils désiraient. Qu’ils célèbrent le Seigneur pour toute sa bonté, et pour ses merveilles envers les fils des hommes !
Depuis trois mille ans, des myriades d’hommes pieux se sont penchés sur la question qui maintenant est devant nos yeux. Plus ils l’ont considérée, plus le point d’interrogation qui la termine devient démesurément grand. Il est posé sur la terre et il semble toucher aux cieux.
Le plus profond des mystères en présence duquel l’humanité entière se soit jamais trouvée, la plus angoissante des questions est là, devant qui se donne la peine de réfléchir. Est-il possible qu’un juste se soit pleinement confié en Dieu et que ce Dieu l’ait abandonné ? Se peut-il que ce Dieu juste et saint ait fermé ses oreilles et son cœur lorsqu’Il Lui disait dans son rugissement : « Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure » ?
Des chiens l’avaient environné, une assemblée de méchants l’avait entouré ; on avait percé ses mains et ses pieds : personne ne l’a secouru, et son Dieu l’a mis dans la poussière de la mort. Qui nous fera entendre la voix de la sagesse, et où se trouve le révélateur des secrets qui nous donnera la réponse à cette énigme ? Les interprétations ne sont-elles pas à Dieu ?
C’est donc vers Lui que nous avons à aller, à Lui que nous devons nous adresser. Si en tout temps nous savions Lui parler de toutes nos circonstances et de nos difficultés, quelle serait notre sagesse et comme nous serions heureux ! sa parole est la lumière qui seule peut nous éclairer dans notre chemin au milieu d’un monde où tout est ténébreux : « Par ses préceptes je suis devenu intelligent », disait le psalmiste (Ps. 119. 104).
Considérons maintenant notre question à la lumière de cette Parole. Et tout d’abord, qui a dû dire : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Le Psaume 22 nous dit que ses mains ont été percées, que ses vêtements ont été partagés, et que sur sa robe on a jeté le sort. Ces quelques renseignements sont pleinement suffisants pour nous Le faire connaître, car le chapitre 27 de l’évangile de Matthieu nous apprend que c’est Jésus, et cela sans erreur possible. C’est bien de Lui que nous parle notre Psaume.
Maintenant, posons la question à fond et demandons-nous, vous et moi, mon cher lecteur : pourquoi Jésus a-t-Il supporté tant de maux ? Pourquoi a-t-Il été abandonné de son Dieu lorsqu’Il était sur la croix du Calvaire ? Toute intelligence humaine se tait ; tous les sages mettent leurs mains sur leur bouche, l’homme juste se révolte ; il n’y a que le cœur, le cœur d’un coupable qui puisse répondre. Qui d’entre nous peut le faire ?
Lecteur ! avez-vous dit : c’est pour moi ! Le juste a souffert pour les injustes afin de les amener à Dieu ! Voici la réponse du Dieu d’amour : Il a abandonné son Fils unique et bien-aimé afin de sauver des méchants. Nous comprenons que le Père et le Fils seront adorés éternellement par une multitude de pauvres coupables qui seront la réponse au cri douloureux qui est monté depuis la croix de Golgotha.
Quelles sont ces blessures à tes mains ? (Zach. 13. 6)
Le prophète Zacharie, dans le commencement de son livre, contemple des visions extraordinaires qu’il est incapable de comprendre. Ce sont des choses que nulle sagesse humaine ne saurait nous expliquer. Que fait le prophète en présence de cela ? Va-t-il prétexter son incapacité et rester dans son ignorance, comme le font bien des personnes en présence de toutes les merveilles contenues dans la Parole de Dieu ? Non ! Il veut savoir, il veut comprendre, car il sait que celui qui cherche trouve, et que celui qui demande reçoit.
Aussi, à chaque nouvelle scène qui se déroule devant ses yeux, il demande ; et à chaque instant, dans les premières pages de son livre, nous lisons : « Que sont ceux-ci ? Que viennent-ils faire ? Où vas-tu ? Que sont ces choses ? » et d’autres questions semblables. Même il ne craint pas de confesser son ignorance, et lorsque le messager céleste lui disait : « Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? Il répond, en toute humilité : « Non, mon Seigneur ».
Il est toujours vrai que Dieu résiste aux orgueilleux et qu’Il donne la grâce aux humbles. Il cache ses merveilles aux sages et aux intelligents et Il les révèle aux petits enfants. Zacharie, le prophète, savait que c’est d’en-haut que vient la lumière, aussi ce n’est pas en bas qu’il regarde pour avoir la réponse à ses questions, c’est vers le ciel qu’il dirige ses yeux : « Et je levai les yeux ; et, de nouveau, je levai les yeux », dit-il souvent. C’est là le secret de toute connaissance. En agissant ainsi, nous apprenons à connaître les paroles des sages et leurs énigmes.
Après avoir contemplé les visions de l’Éternel, Zacharie entend ses oracles : « Et la parole de l’Éternel des armées vint à moi », lisons-nous souvent, depuis le chapitre 7 de son livre. Après avoir entendu la voix de l’Éternel, il peut enseigner ses semblables et leur dire : « Ainsi dit l’Éternel, mon Dieu ». Ainsi, il a fait de merveilleux progrès dans la connaissance de Dieu.
Pourquoi resterions-nous dans l’ignorance lorsque nous avons la clef de la connaissance ? Ne vaut-il pas la peine de rechercher les choses dans lesquelles des anges désirent de regarder de près ?
Les pages de notre petite feuille ne seraient pas suffisantes pour méditer la prophétie de Zacharie ; mais, au milieu de toutes les merveilles qu’elle contient, il est pourtant une question, de nature à toucher tous les cœurs, et j’aimerais attirer sur elle l’attention de tous nos lecteurs. La question est celle-ci : « Quelles sont ces blessures à tes mains ? » (13. 6).
Nous l’avons mise en tête de ces lignes et pensons que la réponse ne présente aucune difficulté pour personne ; que tous peuvent répondre sans aucune hésitation : « Ce sont les blessures qui sont dans les mains de Christ, les blessures de la croix ». Elles sont devant les yeux de tous les hommes le témoignage, combien puissant, de son amour ; d’un amour qui L’a fait se sacrifier pour des méchants ; amour plus grand que toute la méchanceté de sa créature.
Vous et moi, nous avons à les considérer. Avons-nous pensé à Celui qui a été ainsi meurtri pour nos iniquités et blessé pour nos transgressions ? De quelle manière avons-nous répondu à cet amour ? Pouvons-nous chanter en adorant :
« Nul n’est comme le Dieu de Jeshurun, qui est porté sur les cieux à ton secours… Le Dieu d’ancienneté est ta demeure, et au-dessous de toi sont les bras éternels » (Deut. 33. 27).
« Toi, tu domines l’orgueil de la mer ; quand ses flots se soulèvent, Toi tu les apaises… à Toi est le bras de puissance, ta main est forte » (Ps. 89. 9 et 13).
« Éternel, use de grâce envers nous… Sois leur bras tous les matins, et notre salut au temps de la détresse » (És. 33. 2).
Moïse, le conducteur fidèle, est arrivé au terme de sa vie. Il n’y aura plus ses bras qui ont porté le peuple d’Israël durant le long voyage au désert. Mais il y aura toujours les bras de Dieu, du Dieu fidèle, les bras éternels qui ne feront jamais défaut.
Ce Dieu est le Dieu Tout-puissant. À Lui est le bras de puissance ! À Lui la mer obéit ! Il domine l’orgueil de la mer. Nous en avons deux exemples aux jours de l’Évangile : le vent se lève, les vagues remplissent la nacelle des disciples. Le Seigneur Jésus dort, car Il est parfaitement homme. Puis II se lève et dit à la mer : « Fais silence, tais-toi ! Le vent tombe, il se fait un grand calme, parce qu’Il est parfaitement Dieu (Marc 4. 39).
Une autre fois, on est à nouveau sur la mer. Le vent est contraire. Le Seigneur Jésus vient alors, marchant sur les flots, et Il s’adresse aux disciples : « Ayez bon courage ; c’est Moi ; n’ayez point de peur. Et il monta vers eux dans la nacelle et le vent tomba » (Marc 6. 50). Il est vraiment Dieu, Celui qui domine l’orgueil de la mer.
Il y a aussi des orages, des tempêtes dans notre vie. Qu’il nous soit donné de regarder à notre Dieu, à Celui qui est plus puissant « que les puissantes vagues de la mer » ! (Ps. 93. 4)
Avec Ésaïe, le prophète, nous disons « Éternel, use de grâce envers nous : nous nous sommes attendus à Toi ». En pensant à nos frères et sœurs éprouvés, nous redisons encore : « Sois leur bras tous les matins » (És. 33. 2).
Dieu prépare
La grâce de notre Dieu est grande. Durant l’éternité nous en chanterons les immenses richesses. Alors que nous étions des vases de colère tout préparés pour la destruction, Il a fait de nous des vases de miséricorde qu’Il a préparés d’avance pour la gloire (Rom. 9. 22 et 23). Il nous a amenés à Lui, de sorte que maintenant, nés de Lui, nous sommes à Lui. Nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles (Éph. 2. 10).
Tout le long du chemin, Il prend soin de ses enfants dans les moindres détails de leur existence. C’est Lui qui prépare la terre, qui prépare la pluie pour la terre, qui prépare les blés. Le pain de tous les jours nous est ainsi assuré et, en confiance, nous pouvons élever notre âme à Lui et dire : « Tu prépares mon lendemain » (Ps. 65. 9 ; Ps. 147. 8).
L’affliction ne manque pas pour le racheté du Seigneur ; l’épreuve est là pour fortifier sa foi. Mais il n’est pas abandonné ; il fait l’expérience des consolations divines, de ces biens que, dans sa bonté, Dieu a préparés pour l’affligé (Ps. 68. 10).
Chaque enfant de Dieu a un service à accomplir ; et, pour que nous l’accomplissions à sa gloire, Il nous forme et nous discipline comme autrefois son serviteur Jonas. C’est Lui qui prépara le grand poisson, c’est Lui qui prépara le kikajon, c’est Lui qui prépara le ver, c’est Lui encore qui prépara le doux vent d’orient (Jonas 2. 1 ; 4. 6 à 8).
C’est ainsi que les sentiments de nos cœurs sont mis en évidence et que nous voyons nos faiblesses, notre indépendance, notre désobéissance, notre volonté propre, notre découragement, qui peuvent nous amener à dire : « Mieux me vaut la mort que la vie ». Dieu veuille que nous nous laissions façonner par Lui pour que nous soyons des vases à honneur, sanctifiés, utiles au maître, préparés pour toute bonne œuvre (2 Tim. 2. 21) !
Nous ne sommes que de passage ici-bas. Jésus, par son œuvre, est allé nous préparer des places dans le ciel : « Je vais vous préparer une place », a-t-Il dit ; « et si je m’en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi » (Jean 14. 2 et 3). Étrangers et forains sur la terre, semblables à ceux qui ont vu de loin et salué les choses promises, nous marchons vers le ciel, notre vraie patrie, notre pays natal, car c’est là que Dieu nous a préparé une cité (Héb. 11. 16).
Comme II le fit jadis pour Israël, II envoie devant nous un ange pour nous garder dans le chemin et pour nous amener dans le lieu béni qu’Il a préparé (Ex. 23. 20), et que nous allons occuper bientôt. Alors se réalisera la parole du cantique de Moïse anticipant la gloire millénaire : « Tu les introduiras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel ! le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi » (Ex. 15. 17). Telle sera la part du peuple terrestre de Dieu – la nôtre, céleste, est plus élevée.
Une fois que le Seigneur Jésus sera venu chercher son Église, ses jugements fondront sur la terre. Le jour de sa colère approche ! Il a déjà préparé son trône pour le jugement (Ps. 9. 7) ; ce qui est préparé pour l’impie et l’incrédule se hâte (Deut. 32. 35).
Il va renouer ses relations avec son peuple Israël, mais la plupart courront après un autre (Ps. 16. 4). Seul un petit résidu restera fidèle au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il aura beaucoup à souffrir au travers de la grande tribulation mais, au désert, il trouvera un lieu de repos préparé par Dieu pour qu’il soit nourri là mille deux cent soixante jours (Apoc. 12. 6).
Ceux d’entre les nations qui recevront le petit résidu du peuple de Dieu auront une part au refuge de Christ ! « Venez, les bénis de mon Père, héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde », leur sera-t-il dit devant le trône du Fils de l’homme.
Mais ceux qui ne se seront pas occupés de Lui seront chassés : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges » (Mat. 25. 34 et 41). Topheth, la géhenne, le feu éternel, est préparé depuis longtemps ; il est préparé pour le roi aussi, dit le prophète, pour l’antichrist, (És. 30. 33).
Une fois que la terre aura été purifiée, le Seigneur établira son règne. Il vient pour régner, sa sortie est préparée comme l’aube du jour (Osée 6. 3) – un matin sans nuages – et les nations marcheront par sa lumière, selon qu’il est dit : « J’ai préparé une lampe à mon Oint » (Ps. 132. 17).
Alors sera parfaitement réalisé ce que dit Siméon en prenant le petit enfant dans ses bras : « Mes yeux ont vu ton salut, lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples : une lumière pour la révélation des nations, et la gloire de ton peuple Israël » (Luc 2. 31). L’Église dans le ciel, et Israël sur la terre, avec toutes les nations soumises, chanteront la gloire du Seigneur et célébreront la magnificence du Roi dans un cantique nouveau.
Ce cantique, nous le commençons déjà ici-bas. Le Seigneur en est digne. Nous avons tous les motifs de le faire, en pensant à « ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment, ce que l’œil n’a pas vu, et que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Cor. 2. 9).
Que son saint nom en soit béni à toujours !
Dieu encourage dans les évangiles
Avant de quitter ses chers disciples, le Seigneur Jésus leur dit ces paroles bénies : « Vous avez de la tribulation dans le monde, mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16. 33).
Durant son séjour sur la terre, souvent cette parole fut sur ses lèvres : « Aie bon courage ! » :
– À un paralytique, porté par plusieurs, Il dit : « Aie bon courage, mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (Mat. 9. 2). Il a cru, son âme est sauvée, son corps est guéri ; il peut dès lors se lever, prendre son petit lit et aller de l’avant avec courage en comptant sur son Sauveur.
– À une femme pauvre, tourmentée par une perte de sang depuis douze ans, Il dit aussi : « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie; va-t’en en paix » (Luc 8. 48). Elle venait de toucher le bord de son vêtement, de la puissance était sortie de Lui, elle se sentit guérie instantanément.
– À Bartimée, l’aveugle, assis sur le bord du chemin, Il fait dire : « Aie bon courage, lève-toi, Il t’appelle » (Marc 10. 49). Jetant loin son vêtement, celui-ci se lève en hâte, vient à Jésus et recouvre la vue ; dès lors, il suivra son Sauveur dans le chemin avec la force que Lui seul peut fournir.
Comme ces trois infirmes, nous avons trouvé le Seigneur. Dans sa grâce, Il nous a attirés à Lui et nous a appris à Le connaître comme Celui qui sauve et qui guérit. Dans les épreuves et les difficultés de la vie qui ne manquent pas, Il est là, encore aujourd’hui, pour nous dire : « Aie bon courage ! »
Rappelons en terminant la nuit de la tempête : Jésus marche sur la mer de Galilée. Il passe à côté de la nacelle où ses disciples se tourmentent à ramer. Il se met à parler avec eux et leur dit ces paroles si touchantes : « Ayez bon courage, c’est Moi ; n’ayez point de peur » (Marc 6. 50).
Oui c’est Lui qui est avec nous et qui sera avec nous jusqu’à la fin.
L’apôtre Paul
Plus tard, mais cette fois du haut de la gloire, ces mêmes paroles retentirent pour l’apôtre Paul : « Aie bon courage ! »
– Après avoir failli être mis en pièces pour son peuple, il vit le Seigneur se tenir près de lui dans la solitude de la forteresse et lui dire : « Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome » (Act. 23. 11).
– Il part donc pour l’Italie ; mais la navigation ne tarde pas à être périlleuse. Les vents sont contraires, un courant particulièrement violent descend de l’île de Crête, le navire est battu par la tempête, de sorte que durant plusieurs jours toute espérance de pouvoir se sauver fut ôtée.
Alors un ange apparaît de nuit à l’apôtre confiant et lui dit : « Ne crains point, Paul : il faut que tu comparaisses devant César ; et voici, Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi. C’est pourquoi, ô hommes, ayez bon courage ; car je crois Dieu, et je sais que la chose arrivera comme il m’a été dit » (Act. 27. 24 et 25). Effectivement la chose se réalisa à la lettre : ils arrivèrent tous dans l’île de Malte sains et saufs.
– Après un séjour de trois mois dans cette île, ils remirent la voile, et les frères de Rome vinrent à leur rencontre jusqu’au Forum d’Appius. Ce dut être une entrevue bien précieuse. Aussi l’Écriture dit-elle : « et Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage » (Act. 28. 15).
Ainsi, chers amis, vous voyez que dans ce livre des Actes, le Seigneur, ses saints anges et ceux qui sont plus grands que les anges, c’est-à-dire les frères, s’unissent pour souhaiter d’un seul cœur « bon courage » au grand apôtre des nations, au prisonnier de l’Évangile.
Écoutons ce que nous dit le livre de la Sagesse : « Si tu perds courage au jour de la détresse, ta force est mince » (Prov. 24. 10). Le Seigneur est pour nous. Il a promis de nous garder. Nous ne devrions pas nous décourager. Souvenons-nous de la parole du prophète : « Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force » (És. 30. 15).
Si nous passons par des moments difficiles en suivant notre divin Maître, n’oublions pas que « Il a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même » afin que nous ne soyons pas las, étant découragés dans nos âmes (Héb. 12. 3).
L’apôtre Paul aussi désirait recevoir de bonnes nouvelles de ses chers Philippiens afin d’avoir « bon courage » (Phil. 2. 19). Il ne cherchait pas ses propres intérêts, mais ceux de son Maître. D’autre part il sentait le besoin d’exhorter les croyants à Éphèse à ne pas perdre courage à cause des afflictions qu’il devait endurer pour eux (Éph. 3. 13).
Imitons ce pieux roi de Juda, Josaphat, qui, au milieu d’un temps d’affreuse idolâtrie, prit courage dans les voies de l’Éternel (2 Chron. 17. 6). Des années auparavant, Josué avait lui aussi reçu la force de la part de Dieu pour mener son peuple à la victoire sur Jéricho. Devant eux, est-il dit, « le courage d’aucun homme ne se soutient plus » (Jos. 2. 11).
Que nous dit l’apôtre Paul ? « Au reste, frères, réjouissez-vous; perfectionnez-vous ; soyez encouragés ; ayez un même sentiment ; vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous » (2 Cor. 13. 11).
Ayons à cœur de vivre de telles exhortations, et nous serons rendus capables de consoler ceux qui sont découragés, de venir en aide aux faibles, d’user de patience envers tous (1 Thess. 5. 14). Il en résultera de la gloire pour notre Seigneur, du bien pour l’Assemblée du Dieu vivant, de la joie pour nos âmes !
Le Dieu de paix
Dieu seul possède la paix en Lui-même, Lui seul à le pouvoir de la communiquer à d’autres.
À sept reprises, dans les épîtres, il est parlé du Dieu de paix.
– « Or, que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen » (Rom. 15. 33). L’apôtre Paul, après de nombreux exercices, a vu son chemin de monter à Jérusalem. La décision a été prise. Dieu lui accorde sa paix à cet égard. Son désir maintenant est que le même Dieu de paix soit aussi avec les frères auxquels il s’adresse.
– « Or le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds ! » (Rom. 16. 20) Il est à noter qu’il n’est pas parlé ici du Dieu Fort ou du Dieu Tout-puissant. Il est parlé du Dieu de paix, parce que Satan fait tout pour troubler la paix parmi les frères et causer des divisions (v. 17). Un jour cet ennemi redoutable sera détruit sous leurs pieds. À eux la victoire sera donnée.
– « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Cor. 14. 33). L’apôtre souligne tout d’abord que les esprits des prophètes sont assujettis aux prophètes. Nous ne pouvons pas donner libre cours à nos propres pensées ou à nos sentiments naturels dans le cadre de l’action dans l’assemblée. Il faut qu’il y ait un contrôle de nous-mêmes, réalisé dans la dépendance de l’Esprit de Dieu. Si ce contrôle n’existe pas, il y aura du désordre. Or Dieu est un Dieu de paix, de cette paix qui résulte de l’ordre dans l’exercice d’un ministère selon Lui.
– « Vivez en paix : et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous » (2 Cor.13. 11). Pour connaître la présence du Dieu de paix, il importe entre autres que nous vivions en paix. Comment pourrait-il en être ainsi, si les mésententes, les intrigues et les querelles nous divisent ?
« Faites ces choses, et le Dieu de paix sera avec vous » (Phil. 4. 9). Il y a certaines choses qui doivent occuper nos pensées, et tout d’abord les choses qui sont vraies, les choses qui ont trait à la vérité. Qu’est-ce donc que la vérité ? C’est ce que Dieu est (sa nature), ce que Dieu pense (son Esprit), ce que Dieu dit (sa Parole). C’est ce que le Seigneur, Lui, la Vérité, nous a révélé en plénitude. C’est cela que l’on pouvait voir dans l’apôtre. S’il en est de même pour nous, nous pourrons alors réaliser la présence du Dieu de paix.
– « Or le Dieu de paix Lui-même vous sanctifie entièrement » (1 Thess. 5. 23). Il est à noter qu’il n’est pas parlé du Dieu saint ou du Dieu très saint, mais du Dieu de paix, car Il est Celui qui veut nous amener à la jouissance de sa paix. Or une telle paix ne peut se connaître que dans un chemin de mise à part pour Lui, de complète séparation de ce qui n’est pas à sa gloire.
– « Or le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis… vous rende accomplis en toute bonne œuvre pour faire sa volonté » (Héb. 13. 20). Ce Dieu, qui a ressuscité le Seigneur Jésus, a le pouvoir de nous faire marcher paisiblement dans le chemin des bonnes œuvres préparées par Lui-même. Il y a d’autre part son œuvre à Lui : faisant en nous ce qui est agréable devant Lui, par Jésus Christ. N’est-Il pas digne de toute gloire aux siècles des siècles ?
Et, comme conclusion de ce que la Parole de Dieu dit du Dieu de paix, nous citons le vœu de l’apôtre : « Or le Seigneur de paix lui-même vous donne toujours la paix en toute manière. Le Seigneur soit avec-vous tous ! » (2 Thess. 3. 16)
Dieu console
Dieu, notre Père, nous console. N’est-Il pas le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation ? (1 Cor. 1. 3)
Le Seigneur Jésus, Dieu le Fils, en Lui se trouve toute consolation (Phil. 2. 1), et par Lui notre consolation abonde (2 Cor. 1. 5).
Le Saint Esprit, le Consolateur promis – l’Esprit de vérité qui procède du Père – rend témoignage de la Personne de Christ (Jean 15. 26).
Les Écritures : « C’est ici ma consolation dans mon affliction, que Ta Parole m’a fait vivre » (Ps. 119. 50). L’apôtre Paul confirme : « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant, ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation des Écritures, nous ayons espérance » (Rom. 15. 4).
Nous sommes dans un monde triste à tous égards ; c’est la vallée de l’ombre de la mort. Mais le Bon Berger est avec nous ; sa houlette et son bâton, ce sont eux qui nous consolent (Ps. 23. 4).
Du haut de la montagne, le Seigneur Jésus déclare : « Bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés » (Mat. 5. 4). Puis par Ésaïe, le prophète, Il nous redit : « C’est Moi, c’est Moi qui vous console ! » (És. 51. 12). Il aime à nous mener à l’écart, à nous parler au cœur et à nous dire de bonnes paroles, des paroles de consolation (Osée 2. 14 et Zach. 1. 13).
Le Seigneur, enfin, aime à diriger nos regards en haut, loin de la terre où l’on pleure, là où Il est, et là où, sans fin et sans ombre, nous jouirons d’une consolation éternelle (2 Thess. 2. 16). Alors, comme quelqu’un que sa mère console, nous serons consolés dans la cité céleste (És. 66. 13).
Qu’il nous soit donné de jouir de Lui et de redire dans l’élan de notre cœur : « Tes consolations ont fait les délices de mon âme » (Ps. 94. 19).
Ton Nom est un parfum répandu (Cant. 1. 3)
Nom de Jésus que nul ne sonde,
Nom du Dieu Fort d’Éternité,
Et de l’Agneau, Sauveur du monde,
Et de l’Homme ressuscité.
Le Nom du Seigneur est un parfum répandu – et cela, au travers de toute la Parole de Dieu. Au premier livre déjà, Jacob, luttant avec l’Ange de l’Éternel, demande à savoir son Nom (Gen. 32. 29). L’Ange lui répond seulement : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? » et II le bénit là. Il le bénit, il pouvait le bénir en vertu déjà de l’excellence de ce nom qui ne serait révélé que plus tard.
Moïse, se rendant vers le Pharaon, veut savoir le nom de Celui qui l’envoie. « Je suis Celui qui suit, dit l’Éternel, c’est là mon nom éternellement » (Ex. 3. 14). C’est le nom qui exprime la pérennité de son être, de Celui qui existe toujours, qui est Dieu d’éternité en éternité.
Manoah désire savoir quel est l’hôte mystérieux qui lui rend visite : « Quel est ton nom, afin que nous t’honorions ? » L’Ange de l’Éternel lui répond par une autre question : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux » (Jug. 13. 18). C’était en effet un nom merveilleux, c’est-à-dire caché, qui ne pouvait être donné à connaître que plus tard.
Agur, confessant son ignorance totale des choses saintes, désire savoir également quel est le Créateur des éléments de l’univers, l’air, l’eau, la terre. « Quel est son nom, demande-t-il, et quel est le nom de son fils, si tu le sais ? » (Prov. 30. 4) Il pose la question, mais il n’y a pas de réponse donnée. Mais aussi, dans cette question posée, la Personne d’un Dieu le Fils est entrevue.
Le prophète Ésaïe, saluant l’arrivée du divin Enfant, auteur de la gloire à venir, annonce qu’il sera appelé : « Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (És. 9. 6) – noms empreints de majesté, et dont le premier, « Merveilleux », cache encore un nom plus doux, qui va être révélé bientôt.
En effet, le Nouveau Testament est à peine ouvert que nous apprenons ce nom caché : « Livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mat. 1. 1).
C’est le nom de Jésus, le nom qui sauve. « Tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 21).
L’apôtre Pierre peut dire aux anciens du peuple : « Il n’y a de salut en aucun autre, car aussi il n’y a point d’autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés » (Act. 4. 12).
Le Nom de Jésus est aussi le Nom qui rassemble, car le Seigneur Lui-même le dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon Nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).
Nom qui rassemble, en ton absence,
Tes rachetés autour de Toi .
Ce sera encore au Nom de Jésus que bientôt tout genou des êtres célestes et terrestres et infernaux se ploiera et que toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2. 10).
Nom souverain, que Dieu le Père
Établira Seigneur de tout,
Devant qui cieux, enfer et terre
Un jour courberont les genoux.
Quant au racheté, reçu dans le temple de son Dieu, il sera écrit sur lui le nom de son Dieu, et le nom de la cité nouvelle, et un nouveau nom, le nom de Jésus, de Jésus glorifié (cf. Apoc. 3. 12).
L’activité pastorale ou le travail des bergers a été l’une des premières activités de l’homme. Les patriarches, déjà, ont été des bergers. Abel paissait le menu bétail, Abraham et Isaac, Jacob et ses fils, avaient de nombreux troupeaux (Gen. 4. 2 ; 13. 7 ; 26. 10 ; 46. 32). Job ne possédait pas moins de sept mille brebis, plus des chameaux, des bœufs, des ânesses (Job 1. 3).
Plusieurs conducteurs en Israël ont été également des bergers. Moïse faisait paître le bétail du sacrificateur de Madian, son beau-père (Ex. 3. 1). Le roi David a été pris des parcs des brebis pour paître Jacob, le peuple de Dieu (Ps. 78. 70). Le prophète Amos, qui était d’entre les bergers de Thekoa, déclare qu’il n’était pas prophète, mais qu’il gardait le bétail (Amos 1. 1 ; 7. 14).
Ce rappel des bergers d’autrefois nous amène à Celui qui a été et qui est le Berger suprême, au Seigneur Jésus Lui-même, Seigneur de gloire. Il se présente aux pharisiens d’Israël, conducteurs prétentieux du peuple, comme étant le bon berger : « Moi, je suis le bon berger » et annonce aussitôt qu’Il s’en va mourir : « le bon berger met sa vie pour les brebis » (Jean 10. 11 et 15).
Mais aussi Il ressuscitera, ce que confirme l’auteur de l’épître aux Hébreux (13. 20), en déclarant que le grand pasteur (ou berger) des brebis a été ramené d’entre les morts par le Dieu de paix. L’apôtre Pierre enfin annonce que le souverain pasteur (ou berger) sera un jour manifesté en gloire et, avec Lui, tous ceux qui se seront occupés avec vigilance du troupeau de Dieu (1 Pier. 5. 4).
En attendant que s’accomplisse une telle espérance, nous sommes conscients que notre Seigneur, fidèle et bon berger, s’occupe des siens. Nous parlerons de ses diverses activités ici-bas et, comme l’indique le livre de l’Apocalypse, jusque dans la vie éternelle.
Tu vins du ciel, Berger fidèle,
Chercher ici-bas tes brebis,
Leur donner la vie éternelle
Et les conduire au paradis.
Le berger cherche et trouve une brebis égarée
Plusieurs passages de la Parole de Dieu parlent d’une brebis qui s’est égarée et qui a été retrouvée. Le Seigneur Jésus Lui-même en parle à deux reprises : dans l’évangile selon Matthieu et l’évangile selon Luc.
Dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 12, Jésus dénonce l’attachement de l’homme à ce qui n’est que tradition. Les pharisiens prétendaient se conformer aux ordonnances de la Loi, au point qu’ils Lui reprochent de guérir en un jour de sabbat un homme atteint d’une atrophie de la main.
Le Seigneur alors de leur répondre : « Quel sera l’homme d’entre vous, qui aura une brebis et qui, si elle vient à tomber dans une fosse un jour de sabbat, ne la prendra et ne la relèvera pas ? Combien donc un homme vaut-il mieux qu’une brebis ! » (v. 12)
Si donc on ne tenait pas compte du jour du sabbat quand il s’agissait de sauver une brebis, combien plus Dieu travaillerait-Il tous les jours pour sauver l’homme tombé moralement très bas ! Le psalmiste pouvait déjà célébrer Celui qui avait sauvé son âme du shéol profond (Ps. 86. 12).
Jésus dit alors à l’infirme de tendre la main. Celui-ci obéit : il étendit sa main, et elle fut rendue saine comme l’autre. Ayant cru, il a été guéri. Cela montre donc que c’est par la simple foi au Seigneur Jésus qu’on est sauvé, et non pas par l’observance de quelque forme religieuse.
Dans l’évangile selon Luc, au chapitre 15, le Seigneur dénonce la propre justice de l’homme, lequel prétend ne pas avoir fait de mal dans sa vie : pourquoi donc devrait-il se repentir ? La Parole de Dieu déclare : « Nous avons tous été errants comme des brebis » (És. 53. 6). Et que dit le berger, quand il a trouvé la brebis qui s’était égarée ? « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue. Je vous dit qu’ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance » (v. 7).
Ce n’est donc pas en observant certaines traditions ou en se croyant sans reproche qu’on sera sauvé. On ne le sera que par un seul moyen : la repentance. N’est-ce pas là l’ordre que Dieu donne ? « Dieu ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent » (Act. 17. 30).
Plus tard l’apôtre, lors de ses paroles d’adieu à Milet, rappellera qu’il n’a cessé d’insister auprès de quiconque sur la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus Christ (Act. 17. 30 ; 20. 21). N’y a-t-il pas lieu de noter que ce fut là le premier appel de notre Seigneur, entrant dans son ministère : « Repentez-vous et croyez à l’Évangile » ? (Marc 1. 15)
Le berger prend soin de ses brebis
Nombreux sont les passages du saint Livre qui parlent des soins de Dieu à l’égard des siens. De tels soins sont souvent comparés à ceux d’un berger pour son troupeau.
Jacob, arrivant au terme de sa vie, fait appel à la bénédiction de Celui qui a été son berger dès le jour de sa naissance jusqu’aux jours de sa vieillesse (Gen. 48. 15). Moïse, en son dernier cantique, rappelle que Dieu a pris soin de son peuple, le conduisant çà et là (Deut. 32. 10). Le patriarche Job déclare que Dieu lui a donné la vie et que ses soins ont gardé son esprit (Job 10. 12).
David, le doux psalmiste d’Israël, proclame les soins de son Dieu quand il dit : « L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien ». Le Psaume 23 est, en effet, un tableau admirable des soins de Dieu vis-à-vis de ceux qui Lui appartiennent : repos et rafraîchissement de l’âme, direction assurée quant au chemin à suivre, présence du berger aux heures sombres de la vie, communion avec Lui dans un monde hostile. Le psalmiste peut bien dire : « Ma coupe est comble » ! (v. 5)
Il est d’autres psalmistes qui ont réalisé que Dieu était leur berger. Asaph prie et dit : « Berger d’Israël ! prête l’oreille, Toi qui mènes Joseph comme un troupeau » (Ps. 80. 1). Un autre certifie que c’est Lui qui est notre Dieu ; et nous, nous sommes le peuple de sa pâture et les brebis de sa main (Ps. 95. 7).
Les prophètes ont également rendu un témoignage éloquent à la fidélité des soins de l’Éternel. Alors que de mauvais pasteurs ne se sont pas enquis des brebis de son peuple, le prophète Ézéchiel, entre autres, dit : « Me voici, moi, et je rechercherai mes brebis, et j’en prendrai soin… je les ferai paître dans un bon pâturage… je les ferai reposer, dit le Seigneur, l’Éternel » (34. 6, 11, 14 et 15).
Le Seigneur Jésus Lui-même enfin, après avoir dénoncé l’indifférence et l’égoïsme des chefs du peuple qui ne se mettaient pas en souci des brebis, se présente comme étant le bon berger : « Je connais les miens… et je mets ma vie pour les brebis » (Jean 10. 13 à 15). Heureux sommes-nous d’appartenir à un tel Berger ! Nous pouvons librement rejeter sur Lui tout notre souci. N’est-il pas en effet Celui qui a soin de nous ? (1 Pier. 5. 7)
Jésus Christ est pour nous
et toujours avec nous :
Demeurons constamment
près d’un Berger si doux.
Le Berger conduit les brebis de son troupeau
Moïse, avant de s’en aller, a exprimé le vœu qu’il y eût après lui un homme qui conduisît le peuple d’Israël, afin que « l’assemblée de l’Éternel ne soit pas comme un troupeau qui n’a pas de berger » (Nomb. 27. 17).
Au temps des rois, un prophète du nom de Michée a dû dire à Achab, conducteur impie du peuple de Dieu : « J’ai vu tout Israël dispersé sur les montagnes comme un troupeau qui n’a pas de berger » (1 Rois 22. 17).
Du Seigneur Lui-même l’Évangile dit que, voyant les foules, il fut ému de compassion, car elles étaient lasses et dispersées. N’ayant pas de conducteurs selon Dieu, elles étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger (Mat. 9. 36).
Dieu, par contre, n’a cessé de s’occuper de son peuple pour le conduire dans le droit chemin. Moïse, au terme de sa vie, regardant au passé, déclare : « Il le trouva… et il le conduisit çà et là, il prit soin de lui, il le garda… l’Éternel seul l’a conduit » (Deut. 32. 10).
C’est ce que rappellera plus tard le psalmiste : « Il fit sortir son peuple comme des brebis et les mena comme un troupeau dans le désert ; et il les conduisit sains et saufs » (Ps. 78. 52). Il en sera de même dans l’avenir : « Voici le Seigneur viendra avec puissance… Comme un berger il paîtra son troupeau… il conduira doucement celles qui allaitent » (És. 40. 11).
David rend, de l’Éternel qui est son berger, ce témoignage : « Il me conduit dans des sentiers de justice à cause de son nom ». Il continuera par la suite à prier son Dieu : « À cause de ton nom mène-moi et conduis-moi… Que ton bon Esprit me conduise dans un pays uni » (Ps. 23. 3 ; 31. 3 ; 143. 10).
Vers le terme de son ministère, le Seigneur Jésus, Seigneur de gloire, a dit à deux reprises : « Moi, je suis le bon Berger. Il appelle ses propres brebis par leur nom et les mène dehors. Il va devant elles, Il les conduit. Il les connaît. Le connaissant, elles le suivent » (Jean 10. 4). Il est venu leur apporter la vie, la vie éternelle, la vie en abondance. Heureux sommes-nous d’être des brebis d’un tel troupeau !
Nous sommes conduits par le divin Berger. Il est à souhaiter que nous sachions apprécier de telles bénédictions, que le prophète énonçait déjà en déclarant : « L’Éternel te conduira continuellement et rassasiera ton âme dans les sécheresses… tu seras comme un jardin arrosé » (És. 58. 11).
Le berger garde les brebis de son troupeau
Garder les brebis d’un troupeau n’est pas la moindre des activités d’un berger. La Parole de Dieu en parle plus d’une fois. Dans l’Ancien Testament par exemple, il est parlé de Jacob qui, pour une femme, Rachel, garda les troupeaux (Osée 12. 13). Et dans le Nouveau Testament, lorsque la naissance du Sauveur est annoncée, il est parlé de bergers gardant leurs troupeaux durant les veilles de la nuit (Luc 2. 8).
Le Seigneur Jésus, pensant à ses brebis, à celles qui écoutent sa voix et qui Le suivent, déclare comme elles sont gardées sûrement : « Personne ne les ravira de ma main,… personne ne peut les ravir de la main de mon Père » (Jean 10. 28 et 29).
Le peuple d’Israël est souvent comparé à un troupeau gardé par son Dieu : « Mon troupeau, le troupeau de ma pâture, dit le Seigneur, l’Éternel » (Éz. 34. 31). « II le garda, dit Moïse en ses dernières paroles, comme la prunelle de son œil » (Deut. 32. 10). Josué, au terme de sa vie, rend hommage à Celui qui les a gardés dans tout le chemin par lequel ils avaient marché (Jos. 24. 17). Le roi David, arrivé à un âge avancé, parle de ceux qui glorifient leur Dieu : « ils seront gardés à toujours » (Ps. 37. 28). Et son fils, le roi Salomon, certifie : « Quand tu dormiras, Il te gardera » (Prov. 6. 22).
Un prophète a été chargé d’annoncer que Dieu, à la fin des jours, reprendrait ses relations avec son peuple terrestre : « Il gardera Israël comme un berger garde son troupeau » (Jér. 31. 10). Il sera alors vu que ce peuple demeure son peuple, le peuple de sa pâture, les brebis de sa main (Ps. 95. 7).
Considérant enfin le témoignage des apôtres, nous entendons l’apôtre Paul attestant que la paix de Dieu gardera nos cœurs dans le Christ Jésus (Phil 4. 7). L’apôtre Pierre, de son côté, certifie que nous sommes gardés par la puissance de Dieu, par la foi (1 Pier. 1. 5).
N’avons-nous pas de nombreuses raisons de proclamer avec l’apôtre Jude la réalité de cette puissance en adorant : « Or, à Celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez… au seul Dieu, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, force et pouvoir, dès avant tout siècle, et maintenant, et pour tous les siècles ! Amen » ? (Jude 24 et 25)
Le berger rassemble les brebis de son troupeau
Rassembler les brebis de son troupeau est l’une des activités obligatoires d’un berger. Il ne saurait tolérer la dispersion de ses brebis. Il sait que son devoir est de les rassembler.
Tel est le désir de Dieu à l’égard de ceux qui Lui appartiennent. Si nous pensons tout d’abord à son peuple terrestre, le peuple d’Israël, nous apprenons selon les Écritures qu’Il le rassemblera à la fin des jours. Nombreux sont les prophètes qui parlent d’une telle espérance. Le prophète Ésaïe dit en effet : « Comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux » (40. 11). Et le prophète Jérémie : « Et moi, je rassemblerai le reste de mon troupeau… je le ferai retourner à leurs pâturages… il n’en manquera aucun, dit l’Éternel » (23. 3).
Le prophète Ézéchiel annonce : « Je les rassemblerai, et les amènerai dans leur terre… je les ferai paître dans un bon pâturage… Moi-même, je paîtrai mes brebis, et moi, je les ferai reposer dit le Seigneur, l’Éternel» (34. 13). Le prophète Michée, encore, certifie que ce rassemblement aura lieu : « Je te rassemblerai certainement, Jacob, tout entier » (2. 12), et le prophète Sophonie confirme cette promesse : « Je vous amènerai dans ce même temps où je vous rassemblerai, car je ferai de vous un nom et une louange parmi tous les peuples de la terre » (3. 20).
Il est intéressant de lire ce que dit un autre prophète, qui attribue l’initiative de ce rassemblement aux enfants d’Israël eux-mêmes. L’Esprit de Dieu aura fait son œuvre dans leur cœur : « Et les fils de Juda et les fils d’Israël se rassembleront et s’établiront un chef » (Osée 1. 11). Ils reconnaitront pleinement l’autorité de leur Messie, de Celui que leurs ancêtres auront rejeté et mis à mort.
Le Seigneur Jésus Lui-même enfin a aussi parlé d’un tel rassemblement, quand un jour Il sera vu tel que le Fils de l’Homme venant avec une grande puissance et avec gloire : « Il rassemblera ses élus… depuis le bout de la terre jusqu’au bout du ciel » (Marc. 13. 27).
Le bon Berger, notre Seigneur, n’est pas venu seulement pour rassembler les brebis du peuple juif, de son peuple terrestre. Il est venu aussi dans le but de rassembler les brebis d’entre les nations. Il le dit Lui-même : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi… et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10. 16). Le souverain sacrificateur Caïphe ne prophétisera-t-il pas un peu plus tard, que Jésus allait mourir… non seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés ? (Jean 11. 52)
Nous avons vu que, dans les jours à venir, Dieu rassemblera les enfants de son peuple terrestre, selon que l’annonce le prophète : « Je susciterai sur eux un pasteur qui les paîtra… lui les paîtra, et lui sera leur pasteur » (Éz. 34. 23).
Mais actuellement un autre peuple est formé, un peuple céleste, l’Église ou l’Assemblée du Dieu vivant, que les apôtres appellent le troupeau de Dieu, la famille de Dieu, le corps et l’Épouse de Christ, la Maison de Dieu.
Dans l’attente d’être à jamais auprès du Seigneur, dans la gloire du ciel, les enfants de Dieu ont le privilège et le devoir de se rassembler ici-bas autour de Lui, en son nom, selon qu’il est écrit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mat. 18. 20).
Il existe donc une réunion d’assemblée. L’apôtre Paul en parle à Corinthe, par exemple, quand il écrit : « Quand vous vous réunissez en assemblée » ou « Quand donc vous vous réunissez ensemble » (1 Cor. 11. 18 et 20). Une réunion de famille, une réunion de chant, une réunion de jeunes, ne sont pas des réunions d’assemblée, lesquelles sont caractérisées par la présence même du Seigneur Jésus au milieu de ceux qui sont assemblés en son nom.
Comme il est à désirer que nous aimions l’assemblée, recherchant toujours son bien ! Notre Seigneur, qui l’a aimée et qui s’est livré Lui-même pour elle (Éph, 5. 25), n’est-Il pas digne d’un service dévoué, constant, plus particulièrement pour l’assemblée à laquelle nous nous rattachons ? Qu’Il veuille dans sa grâce nous rendre conscients, jeunes et moins jeunes, de nos responsabilités à l’égard de ce qui est son témoignage !
Le berger fait reposer les brebis de son troupeau
L’une des préoccupations d’un berger digne de ce nom est de veiller au repos des brebis qui lui sont confiées. Le psalmiste peut dire de Celui qui est son berger : « Il me fait reposer dans de verts pâturages » (Ps. 23. 2). David, dans ce passage, lie la pensée du repos à celle de la nourriture. Son fils, le roi Salomon, en rapport avec la crainte de Dieu, s’exprime de même : « La crainte de l’Éternel mène à la vie, et l’on reposera rassasié » (Prov. 19. 23).
Le chrétien a d’inestimables privilèges. Il possède le repos de la conscience, il goûte le repos du cœur, il s’avance vers le repos éternel. Et, quant à la vie de tous les jours, le Seigneur sait que nous avons besoin de périodes de repos. N’a-t-Il pas dit un jour à ses disciples qui avaient beaucoup travaillé : « Venez à l’écart vous-mêmes dans un lieu désert et reposez-vous un peu » ? (Marc 6. 31)
Il est à souhaiter que nous cultivions la communion avec notre Berger qui, au moment voulu, donnera ce qui est nécessaire, soit l’heure du service, soit le temps du repos.
La Sulamithe nous est donnée en exemple. Elle demande : « Dis-moi, toi qu’aime mon âme, où tu pais ton troupeau, où tu le fais reposer à midi ». Il lui est répondu : « Si tu ne le sais pas… sors sur les traces du troupeau, et pais tes chevreaux près des habitations des bergers » (Cant. 1. 7 et 8). Puissions-nous rechercher la présence de telles habitations, là où l’assemblée se réunit, là où le Seigneur suscite des bergers qui, de sa part, donnent la nourriture dont nos âmes ont besoin !
Il y a un contraste saisissant dans le rappel des paroles de l’Éternel, évoqué par le prophète en présence de son peuple : « C’est ici le repos, faites reposer celui qui est las ; et c’est ici ce qui rafraîchit. Mais ils n’ont pas voulu entendre » (És. 28. 12).
Aujourd’hui est le temps des travaux, des efforts, le temps où l’on peine. Mais le jour vient où tout cela passera. Alors se réalisera – et pour toujours – la promesse énoncée par un autre prophète quant à l’avenir de son peuple : « Je les ferai reposer en sécurité » (Osée 2. 18).
Un berger protège les brebis de son troupeau
Veiller sur les brebis de son troupeau est certes l’un des premiers devoirs du berger. Elles peuvent être attaquées par divers ennemis, des bêtes fauves par exemple, comme la Parole de Dieu le montre. Il y est parlé entre autres du lion et du loup.
C’est ainsi qu’un prophète fait mention du peuple d’Israël comme étant une brebis pourchassée par les lions et même dévorée (Jér. 50. 17). Un autre prédit que Dieu sauvera les fils d’Israël comme le berger sauve sa victime de la gueule du lion (Amos 3. 12).
Le Seigneur Jésus, d’autre part, compare les conducteurs infidèles du peuple à des loups qui ravissent les brebis et les dispersent. Ils n’ont nullement cherché à les protéger, alors que le bon Berger s’en est occupé au point de mettre sa vie pour elles.
L’apôtre Paul, plus tard, exhortera les anciens de l’assemblée à Éphèse à prendre garde à eux-mêmes et à tout le troupeau, car des loups redoutables allaient entrer parmi eux, n’épargnant pas l’assemblée de Dieu que les anciens, eux, avaient à paître (Act. 20. 29). Un autre apôtre exhorte aussi les anciens, c’est-à-dire ces croyants lourds de poids moral, à paître de bon gré le troupeau de Dieu, et cela dans l’attente de la manifestation glorieuse du souverain Pasteur, le fidèle et bon Berger (1 Pier. 5. 2).
Ces divers passages montrent comme sont actifs nos ennemis. « Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer » (1 Pier. 5. 8). Nous avons un urgent besoin de la protection de notre Dieu, comme le patriarche des jours d’autrefois, entouré de toutes parts d’une haie de protection (Job 1. 10).
Le Seigneur, qui nous a sauvés, veut nous protéger au cours des nombreux dangers que nous courons. Le prophète n’a-t-il pas annoncé sa venue, la venue d’un Homme qui serait comme une protection contre le vent et un abri contre l’orage ? (És. 32. 2). Ne sommes-nous pas encouragés par l’assurance du psalmiste, quand il déclare : « Tous ceux qui se confient en toi se réjouiront et chanteront de joie à toujours » – et pourquoi cela ? – « Tu les protégeras » !
Le berger fortifie les brebis affaiblies de son troupeau
C’est le prophète Ézéchiel qui déclare que l’Éternel est Celui qui fortifie les brebis malades de son peuple en contraste avec les mauvais pasteurs dont il doit être dit : « Vous n’avez pas fortifié les brebis faibles » (34. 4). Nous ne devons pas oublier qu’en fait, tout croyant par nature est un être faible. Il n’a aucune force en lui-même.
Déjà au sujet d’Aaron, le souverain sacrificateur, il est écrit qu’il était lui-même aussi enveloppé d’infirmité (Héb. 5. 2). David, conscient de sa faiblesse, pouvait dire : « L’Éternel est la force de ma vie ». Et encore : « Toi, tu es ma force » (Ps. 27. 1 ; 31. 4). À la fin de sa vie, il dira à son fils : « Fortifie-toi… l’Éternel Dieu, mon Dieu, sera avec toi, Il ne te laissera point » (1 Chron. 28. 20). Conscients donc que le Seigneur est la source unique de notre force, nous sommes exhortés, personnellement, à nous fortifier en Lui et dans la puissance de sa force (Éph. 6. 10), et aussi pour pouvoir fortifier les mains lassées (És. 35. 3).
L’apôtre Paul lui-même a dû réaliser sa faiblesse. Souffrant d’une infirmité, – physique probablement – d’une écharde dans la chair, il a supplié trois fois le Seigneur de l’en délivrer. Il a entendu alors cette réponse suprême : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité ». Fortifié, il prend courage et peut déclarer ce qu’il a appris au cours de l’épreuve : « Quand je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12. 9 et 11).
Notre bon Berger est aussi le grand Pasteur des brebis. Ramené d’entre les morts, Il est maintenant assis à la droite de Dieu le Père. Comme nous aimons à le dire dans un cantique, son cœur Lui présente ses brebis chéries. D’en haut Il veut bien nous accorder la force qui est indispensable pour que nous marchions, servions, combattions à sa gloire. Il est réellement digne de toute gloire : À Lui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen (Héb. 13. 20 et 21).
La tonte des brebis
La Parole de Dieu parle fréquemment des pasteurs et des bergers, elle parle nécessairement des tondeurs des brebis et des agneaux.
Au livre de la Genèse, il est parlé de Laban qui s’en alla tondre son menu bétail au pays de Canaan (Gen. 31. 19). Un peu plus tard nous apprenons que Juda, fils de Jacob, s’est rendu à Thimna, où l’on tondait ses troupeaux (Gen. 38. 12).
Au jour de David, nous faisons connaissance avec un homme du nom de Nabal, qui possédait de nombreux troupeaux. Quand David le vit, il était occupé à tondre ses moutons (1 Sam. 25. 4).
Nous rappelons encore le passage bien connu, où le prophète annonce la venue du Messie, du Seigneur Jésus, et révèle le chemin de souffrances qu’Il aurait à suivre. Il a souffert de la part des hommes et de la part de Dieu Lui-même. Il a été méprisé, délaissé des hommes, l’Homme de douleur de qui on a détourné sa face, pour Lequel on a eu aucune estime.
Il a souffert de la part de Dieu, dont il est écrit qu’il Lui a plu de le meurtrir. Pensée insondable que nous ne comprendrons jamais ! « Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent et il n’a pas ouvert sa bouche. Il a été retranché de la terre des vivants » (És. 53. 7).
Et c’est la lecture de ce passage qui, par le moyen de Philippe, a amené un homme fort riche à connaître le Seigneur Jésus. Il lisait un passage des Écritures, Ésaïe 53, et, à partir de ce passage, il a appris à connaître Jésus. Dès ce moment-là, il a pu poursuivre son chemin tout joyeux (Act. 8. 32 à 39).
Le Seigneur Jésus, le souverain pasteur de nos âmes dans l’éternité
Les titres de la gloire à venir de notre Seigneur sont nombreux. Le livre de l’Apocalypse Le présente comme étant le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, le Tout-puissant entrant dans son règne (Apoc. 17. 14 ; 19. 6 et 16).
Autrefois le prophète L’avait vu comme étant l’Ancien des jours, vêtu de blanc, auquel une domination éternelle a été donnée (Dan. 7. 22). Puis, tout à la fin de l’Ancien Testament, Il apparaît comme étant le Soleil de justice (Mal. 4. 2). Plus tard l’apôtre verra son visage brillant comme le soleil quand il luit dans sa force (Apoc. 1. 16).
Tels sont quelques traits essentiels de la gloire de Jésus, du Fils de l’Homme qui, sur cette terre, aura souffert et aura été mis à mort. C’est Lui qui, durant les jours de sa chair, se sera présenté comme étant le bon Berger qui met sa vie pour les brebis. Il est descendu dans la mort, Il vit éternellement. Durant l’éternité nous serons occupés de Lui qui, dans son amour pour Dieu et pour ses brebis, se sera livré pour elles.
Il est au livre de l’Apocalypse un passage qui rappellera sans cesse ce qu’auront été ses soins à l’égard de ses rachetés cheminant ici-bas. L’Agneau les paîtra, les rafraîchira, les consolera : « L’Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (7. 17).
C’est là une pensée merveilleuse ; que la cause de tant de chagrins et de larmes versées sur cette terre sera enfin arrivée à son terme. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine ; et la mort ne sera plus (Apoc. 21. 4). C’est là la consolation éternelle dont parle l’apôtre Paul (2 Thess. 2. 16) et dont le Berger de nos âmes nourrira nos cœurs à jamais.
Un chrétien, qui a été un serviteur fidèle du Seigneur, posait un jour la question suivante : combien de cantiques chantons-nous durant notre vie ici-bas ? Il lui a été répondu : de nombreux cantiques ! – Et dans le ciel combien en chanterons-nous ? Il répondit lui-même à cette question : un cantique, un seul, celui que la Parole de Dieu appelle le cantique nouveau.
Introduction
L’expression « un cantique nouveau » se rencontre neuf fois dans les Écritures : dans les Psaumes, dans le livre du prophète Ésaïe et dans l’Apocalypse. À ce sujet, une réponse doit être donnée, au préalable, à trois questions :
– Quel sera l’Objet de ce cantique ? C’est Dieu Lui-même et personne d’autre : l’Éternel dans l’Ancien Testament, l’Agneau de Dieu dans le Nouveau Testament. Il est dit en effet dans le premier des neuf passages : « Célébrez l’Éternel… chantez-lui un cantique nouveau » (Ps. 33. 3). Et dans le dernier : « Voici l’Agneau se tenant sur la montagne de Sion… ils chantent un cantique nouveau devant le trône » (Apoc. 14. 1 et 3).
– Où ce cantique sera-t-il chanté ? Soit dans le ciel comme il est écrit au chapitre 5 de l’Apocalypse, soit sur la terre comme l’indiquent, entre autres, les divers psaumes qui en parlent.
– Par qui sera-t-il chanté ? Par les croyants de toutes les économies, ressuscités ou transmués, présentés par le symbole des anciens de l’Apocalypse. Ils célébreront l’œuvre de la croix, la mort et la résurrection de Jésus, la victoire qu’Il aura remportée sur toute la puissance de Satan, le malin, afin d’acheter « pour Dieu par son sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation, une multitude d’adorateurs » (H.R.).
Les croyants de l’économie actuelle chantent maintenant déjà, par anticipation, le cantique nouveau. Ressuscités avec Christ, devenus des êtres célestes, ils peuvent, dans l’imperfection il est vrai, exprimer la louange éternelle dont bientôt retentiront les espaces incommensurables des cieux en haut et les vastes champs de la terre en bas (C.H.M.).
Considérons maintenant les différents passages de la Parole de Dieu qui font mention d’un cantique nouveau.
Psaume 33
« Exultez en l’Éternel, vous justes !… chantez-lui un cantique nouveau » (v. 1 à 3). Ces versets font suite au dernier verset du Psaume 32 : « Réjouissez-vous en l’Éternel, et égayez-vous, justes ! ». Le croyant est invité à se réjouir parce qu’il sait qu’il est un juste, c’est-à-dire un être justifié, un être rendu juste par la grâce de Dieu.
Il peut dire au début de ce psaume : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée… l’homme à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité » (v. 1 et 2). Il y a pardon de la part de Dieu, mais aussi confession, notons-le, de la part du pécheur : « Je t’ai fait connaître mon péché… et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 5). Il n’y a donc pas de pardon réel sans confession préalable.
La doctrine de la justification par la grâce de Dieu et par la foi est développée dans l’épître aux Romains : « Étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire par la foi en son sang » (Rom. 3. 24). Puis, au chapitre 4, verset 7, le Psaume 32 est cité.
Connaissant pour nous-mêmes une telle œuvre, nous sommes alors en mesure de chanter le cantique nouveau à la gloire de Celui qui a été livré pour nos fautes et qui a été ressuscité pour notre justification (Rom. 4. 25).
Le Psaume 33 montre que nous avons encore d’autres motifs de célébrer notre Dieu : la puissance de sa parole en création (v. 6), son autorité absolue (v. 9), la permanence de son conseil (v. 11), sa toute-connaissance des habitants de la terre et de leurs œuvres (v. 14), enfin sa grande bonté qui remplit la terre (v. 5). Celui qui voit tous les fils des hommes veut bien abaisser son regard sur ceux qui s’attendent à une telle bonté.
N’est-Il véritablement pas digne que nous chantions le cantique nouveau à la gloire de son nom, le nom de Celui qui nous a justifiés, et qui maintenant intervient dans nos circonstances en nous délivrant, en nous aidant, en nous protégeant, en voulant nous réjouir tous nos jours ? (v. 18 à 22).
Psaume 40
Si le Psaume 33 (avec le Psaume 32), en rapport avec l’invitation à chanter le cantique nouveau, nous a parlé de justification, le Psaume 40, par contre ne nous parle pas d’une œuvre accomplie, en rédemption ou en expiation par exemple. Il nous parle de la Personne de Christ, de sa résurrection en particulier. D’emblée, notre Seigneur déclare prophétiquement : « Il m’a fait monter hors du puits de la destruction, hors d’un bourbier fangeux… Et Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu » (v. 2 et 3).
Il a été écrit que le Psaume 40 est le tableau de toute l’histoire de Christ (H. R.). Il dit d’abord ce que furent sa venue et sa vie ici-bas : « Voici, je viens… c’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (v. 7 et 8). La perfection de sa personne en obéissance et en soumission est là devant nous.
Dans les versets qui suivent, nous avons la perfection de son service : « J’ai annoncé ta justice… je n’ai point célé ta bonté et ta vérité dans la grande congrégation » (v. 9 et 10). Enfin la perfection de son dévouement nous est présentée, d’un dévouement qui a été jusqu’à la mort, plus encore jusqu’à faire siennes nos iniquités dans le sacrifice de Lui-même. Il ajoute : « Mon cœur m’a abandonné » (v. 12).
Abandonné de ses disciples, abandonné de son Dieu, Il l’a été encore de son propre cœur. Il a donc connu la mort, la passion de la mort, mais Il n’y est pas demeuré. Il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père (Rom. 6. 4).
Ayant été sauvé de la mort, exaucé à cause de sa piété, Il loue aussitôt. Comment loue-t-Il ? Nous l’avons vu au début de notre Psaume : « Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu » (v. 3). Dans l’expression d’une telle louange Il n’est pas seul. Il y associe les siens, qu’il s’agisse d’un résidu fidèle en Israël, ou de l’assemblée chrétienne naissante. Le Psaume 22 développe cette vérité en déclarant que Dieu est l’objet de l’adoration, et que c’est Christ, l’Homme ressuscité, qui entonne la louange.
Tel est le cantique nouveau que nous avons le bonheur de chanter. Il est nouveau parce qu’en rapport avec la position nouvelle de Christ à la suite de sa résurrection,et en rapport aussi avec la condition nouvelle du croyant, lequel est désormais ressuscité avec Christ. C’est là la louange qu’il nous est donné d’exprimer, sur la terre déjà, avec notre Seigneur, à la gloire de Dieu notre Père.
Psaume 96
Le Psaume 96 est, à la suite des Psaumes 33 et 40, une nouvelle invitation à chanter un cantique nouveau. Il fait partie de l’ensemble des Psaumes 93 à 100, qui annoncent l’établissement du règne de Christ sur la terre. L’expression « L’Éternel règne ! » y revient en effet fréquemment.
Le Psaume 93. 1 commence par ces mots : « L’Éternel règne, Il s’est revêtu de majesté ». Au Psaume 94. 20 il est parlé d’un trône d’iniquité, qui fait contraste avec le trône de l’Éternel, dont la justice et le jugement sont les bases (97. 2).
Au Psaume 95, le peuple d’Israël est invité à chanter à haute voix à Celui qui est un grand Roi par-dessus tous les dieux (v. 3).
Aux Psaumes 96. 10 et 97. 1, non seulement la nation d’Israël, mais toutes les nations de la terre sont appelées à louer l’Éternel qui entre dans son règne et qui va juger le monde avec justice.
Au Psaume 98. 6 toute la terre pousse des cris de joie devant le Roi.
Au Psaume 99. 1, l’Éternel, qui est entré dans son règne, établit le siège de son gouvernement : Il est assis entre les chérubins.
Le Psaume 100. 3, enfin, nous apprend ce que sera la louange universelle exprimée, tant par toute la terre que par Israël, le troupeau de sa pâture, à Celui qui est Dieu, bon et fidèle.
Il est donc parlé au Psaume 96, d’un cantique nouveau : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! » (v. 1). Les thèmes en sont élevés : son salut, sa gloire, ses œuvres merveilleuses, sa majesté et sa magnificence, sa force et sa beauté, telles qu’elles sont admirées en son sanctuaire, la gloire de son nom (v. 2 à 9). Vraiment notre Seigneur est grand et fort digne de louange ! (v. 4).
La joie ne manque pas d’accompagner une telle adoration. Tout, dans l’univers, est invité à se réjouir : les cieux, la terre, la mer. Même les champs et les forêts sont personnifiés pour proclamer cette louange : tous les arbres de la forêt chanteront de joie (v. 11 et 12).
Tel est le cantique nouveau qui, aux jours paisibles et heureux du millénium, sera chanté sur la terre. Il ne s’agira plus d’un cantique ancien, tel que le cantique de Moïse qui magnifiait la délivrance d’un peuple privilégié. Tout aura changé lorsque régnera le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, dominant sur toutes les familles des peuples (v. 7). On comprend qu’en cette scène entièrement nouvelle, la louange ne pourra s’exprimer que par un cantique nouveau.
Psaume 98
Avec le Psaume 98 se poursuit la glorieuse prophétie du règne de l’Éternel, telle qu’elle est présentée au cours des Psaumes 93 à 100. Il se divise en deux parties : les versets 1 à 3 et les versets 4 à 9.
Comme au Psaume 96, il y a d’abord une invitation à chanter à l’Éternel un cantique nouveau. Puis, dans les versets 1 à 3, les motifs d’un tel cantique sont précisés : les choses merveilleuses que Dieu a faites, son salut, la délivrance opérée en faveur de son peuple (v. 1), sa justice révélée aux yeux des nations (v. 2), sa bonté et sa fidélité envers la maison d’Israël (v. 3).
Les merveilles de Dieu, selon le témoignage des Écritures, sont souvent le thème de la louange des hommes de Dieu. Moïse, le conducteur, peut dire après avoir traversé la mer Rouge : « Qui est comme Toi… ô Éternel ? Qui est comme Toi… opérant des merveilles ? » (Ex. 15. 11).
Asaph, le psalmiste, de même : « Toi, tu es le Dieu qui fais des merveilles » (Ps. 77. 14). Un prophète aussi annonce le temps où les enfants d’Israël loueront le nom de leur Dieu qui aura fait des choses merveilleuses pour eux (Joël 2. 26). Il a été donné enfin à un apôtre d’entendre le cantique de Moïse – le cantique ancien, et le cantique de l’Agneau – le cantique nouveau : grandes et merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, Dieu, Tout-puissant… ô Roi des nations ! (Apoc. 15. 3)
Dans la deuxième partie du Psaume 98, versets 4 à 9, en retour de telles merveilles retentissent des appels réitérés à la louange universelle. « Toute la terre » et la mer sont invités à pousser des cris de joie, d’allégresse et de triomphe avec la harpe, avec des trompettes et le son du cor, devant le Roi, l’Éternel (v. 6). Toutes les familles de la terre viendront se prosterner devant le Roi, l’Éternel des armées (Zach. 14. 17).
Même les éléments de la nature, comme au Psaume 96, sont personnifiés : les fleuves et les montagnes chantent de joie ensemble devant l’Éternel qui vient pour juger la terre avec justice et droiture (v. 8 et 9).
Une voix de cantique, celle du cantique nouveau ! (v. 5). Tel sera le cantique qui, un jour, sera chanté sur cette terre, à la gloire de notre Seigneur Jésus Christ, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, par un peuple restauré, auquel un cœur nouveau et un esprit nouveau auront été donnés (Éz. 36. 26).
Psaume 144
Comme les Psaumes 33, 40, 96 et 98, que nous avons considérés jusqu’à présent, le Psaume 144 fait également mention d’un cantique nouveau : « Ô Dieu ! je te chanterai un cantique nouveau ; je te célébrerai sur le luth à dix cordes » (v. 9). Ce verset est comme la charnière, le point de jonction entre l’enseignement des versets qui précèdent (v. 1 à 8) et celui des versets qui suivent (v. 10 à 15).
Dans les versets 1 à 8 le psalmiste parle de deux sujets : ce que Dieu est pour lui et ce qu’est l’homme. Dieu est son rocher, son lieu fort, sa haute retraite, son bouclier, son refuge, Celui qui l’enseigne, qui le délivre et qui le conduit à la victoire. Quant à l’homme, il est peu de chose. Ses jours passent comme une ombre. Il est un être vain dans ses paroles, menteur dans ses actes (v. 3 à 8). « Qu’est-ce que l’homme, dit le psalmiste, que tu tiennes compte de lui ? » Cette réflexion a déjà été émise par Job : « Qu’est-ce que l’homme, que tu fasses grand cas de lui ? » (Job 7. 17) et par David au Psaume 8 : « Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui ? »
Alors l’auteur de notre Psaume, regardant à son Dieu et saluant le jour d’une prochaine délivrance, s’exclame en disant : « Ô Dieu ! je te chanterai un cantique nouveau ».
Dans la deuxième partie du Psaume (v. 10 à 15), tandis qu’on est encore dans la lutte, le psalmiste continue à faire appel à la délivrance (v. 10 et 11). Puis il demande à son Dieu de riches bénédictions en rapport avec les nécessités de la vie présente. Il pense tout d’abord à la famille, à l’heureux développement des enfants que Dieu nous confie, à « nos fils » croissant comme les plantes dans la nature et à « nos filles » devenant comme les pierres qui ornent un palais (v. 12).
Il demande aussi que le bétail et les cultures bénéficient de la faveur de Dieu, et qu’il y ait de la nourriture en abondance. Il souhaite enfin que notre vie se déroule dans une parfaite tranquillité : « qu’il n’y ait pas de brèche… pas de cri dans nos rues » (v. 14).
C’est là le tableau de la merveilleuse grâce de Celui qui aime à bénir. Elle se manifestera d’une façon particulière aux jours du millénium à l’égard d’un peuple dont il sera dit : « Bienheureux le peuple pour qui il en sera ainsi ! Bienheureux le peuple qui a l’Éternel pour son Dieu ! » (v. 15). Bienheureux, oui, parce que détenteur de bénédictions dont Dieu seul est et sera la source. On comprend qu’un tel Dieu est digne de recevoir en retour un cantique nouveau, toujours nouveau !
Psaume 149
Le Psaume 149 est le dernier des psaumes qui font mention d’un cantique nouveau : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Chantez sa louange dans la congrégation des saints » (v.1).
Telle sera la louange chantée à la fin des jours dans la congrégation ou l’assemblée des enfants d’Israël. Ayant reçu un cœur nouveau et un esprit nouveau (Éz. 36. 26), ils se réjouiront en Celui qui les aura créés à nouveau et qui sera leur Roi (v. 2).
Un autre Psaume dit : « Le peuple qui sera créé louera Jah » (Ps. 102. 18). Ce sera la joie réalisée durant l’ère millénaire dont la fête des tabernacles est une figure, de laquelle il était écrit : « Et tu ne seras que joyeux » (Deut. 16. 15). Le Seigneur Lui-même, d’autre part, se réjouira en eux : « L’Éternel prend plaisir en son peuple » (v. 3 et 4). Ainsi s’accomplira ce que dit le prophète : « L’Éternel, ton Dieu, se réjouira avec joie à ton sujet, Il se reposera dans son amour » (Soph. 3. 17).
Il est une pensée qui prédomine en ce Psaume 149, c’est la pensée d’une victoire remportée. Il est en effet parlé de salut, de gloire, de triomphe, de vengeance assouvie, de jugement exécuté (v. 4 à 9). Le Seigneur, leur Messie enfin reconnu, aura armé ses saints de l’épée à deux tranchants pour que soit exécuté le jugement contre les nations qui n’auront pas connu Dieu et qui auront dévoré son peuple (Ps. 79. 6 et 7). Et c’est ce peuple qui aura finalement la victoire !
Il est dit que le jugement est écrit (v. 9). Comme il y a eu une Loi écrite du doigt de Dieu (Ex. 31. 18) et une malédiction écrite dans ce livre (Deut. 29. 20), il y a de même un jugement qui est écrit, c’est-à-dire inexorablement décrété par Dieu. Mais il y a aussi ce que la grâce de Dieu opère actuellement. N’est-il pas parlé de noms écrits dans les cieux (Luc 10. 20) ou de l’assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux ? (Héb. 12. 23)
Dans le dernier verset de notre Psaume il y a comme un rayon de cette grâce, tandis qu’il est dit : « Cette gloire est pour tous ses saints ». La gloire sera en effet la part à jamais de tous ceux qui, pour leur salut éternel, auront mis leur confiance dans le Seigneur Jésus. N’est-Il pas digne de leur louange dès maintenant, du cantique nouveau qui un jour retentira partout, dans les cieux et sur la terre ?
Ésaïe 42
A la suite des Psaumes qui ont été rappelés, il y a encore, dans l’Ancien Testament, un passage qui annonce le chant d’un cantique nouveau : « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau, sa louange du bout de la terre » (És. 42. 10).
Le Seigneur Jésus Lui-même en sera le thème : « mon serviteur… mon élu en qui mon âme trouve son plaisir (v. 1). Ce passage est cité en Matthieu 12. 18 en contraste avec la haine des pharisiens qui cherchaient à Le faire périr. C’est Jésus Christ, le Nazaréen, le saint Serviteur Jésus selon l’expression des apôtres dans leur prière (Act. 4. 27 et 30), qui est venu ici-bas dans l’humilité.
Il ne criera pas, dit le prophète, il n’élèvera pas sa voix, il ne la fera pas entendre dans la rue. Il dit aussi qu’il ne se lassera pas d’user de grâce et qu’il ne se hâtera pas d’exercer les justes jugements de Dieu à l’égard d’un monde qui ne L’a pas reçu (És. 42. 2 à 4). Dieu en effet n’a pas envoyé son Fils dans le monde, afin qu’Il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par Lui (Jean 3. 17).
Mais il y aura un jour où Jésus, qui a été rejeté, sera vu tel que le Serviteur qui sera exalté, élevé, placé très haut (És. 52. 13). Il sera donné pour être une alliance du peuple et une lumière des nations, pour libérer ceux qui sont assis dans les ténèbres d’une prison (És. 42. 6 et 7). Tels seront les titres de gloire de notre Seigneur dans les jours à venir. Et Dieu, l’Éternel, ajoute : « Je ne donnerai pas ma gloire à un autre » (v. 8). La gloire, toute la gloire, sera à Lui seul, et à personne d’autre.
« Voici, dit encore l’Éternel, les choses passées sont arrivées ». Ce sont les choses d’autrefois, l’abaissement profond de Jésus. « Et je déclare les choses nouvelles » (v. 9). Ce sont les jours à venir où éclatera sa gloire : la gloire d’un Juge qui alors criera, détruisant et engloutissant (v. 14), et la gloire d’un Roi qui régnera sur les œuvres de ses mains.
Alors sera chanté le cantique nouveau. Il le sera partout dans le monde habité, délivré du joug de Satan : sur la mer par ceux qui y descendent, dans les îles, dans les villes et les villages du désert, dans les montagnes : qu’on donne gloire à l’Éternel et qu’on déclare sa louange dans les îles ! (v. 10 à 12).
Toute adoration sera dirigée vers Celui qui aura été ici-bas l’humble Serviteur et qui, aux jours de la gloire millénaire, sera salué comme étant le Libérateur élevé au siège de l’empire universel (H. R.).
Apocalypse 5
Il est encore deux passages du Nouveau Testament qui parlent d’un cantique nouveau. Ils se trouvent au livre de l’Apocalypse, chapitres 5 et 14. Parmi les textes considérés jusqu’ici, le chapitre 5 est certes le plus élevé. Si, au chapitre 4, l’objet de la louange est le Créateur, « notre Seigneur et notre Dieu », Celui qui a créé toutes choses (v. 11), Il est au chapitre 5 Celui qui, par son sacrifice, est devenu le Rédempteur.
Ce chapitre nous introduit dans le ciel, là où est Dieu, Celui qui est assis sur le trône (v. 1). Il s’ouvre par une question posée par un ange puissant : « Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? » (v. 2). Ce livre est le livre des conseils de Dieu qui doit s’ouvrir en vue de l’établissement du règne de Christ sur la terre.
Qui peut l’ouvrir ? Personne, si ce n’est Celui qui est appelé le Lion de la tribu de Juda. Il a vaincu (v. 5), Il a droit à toute domination dans le ciel et sur la terre à la suite d’un sacrifice qui a brisé la puissance de Satan.
Il est donc aussi l’Agneau qui a été un jour humilié et immolé, que l’apôtre voit, se tenant au milieu du trône. Ayant souffert jusqu’à la mort et jusqu’à la mort de la croix, notre Seigneur devient par là-même le centre des conseils de Dieu (H. R.). À Lui revient donc toute adoration !
Selon les versets 8 à 14 cette adoration est exprimée par trois ensembles d’adorateurs : les rachetés du Seigneur, les anges, toutes les créatures qui sont dans le ciel et sur la terre.
Les rachetés du Seigneur sont représentés par vingt-quatre anciens. Ce sont les croyants de toutes les économies. Vingt-quatre anciens, comme il y avait aux jours du roi David vingt-quatre classes de sacrificateurs selon l’ordonnance d’Aaron, leur père (1 Chron. 24. 7 à 19). C’est ce que sont et seront les rachetés pour Dieu : rois et sacrificateurs.
Il est dit qu’« ils chantent un cantique nouveau, disant : Tu es digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation, et tu les as faits rois et sacrificateurs pour notre Dieu » (v. 9). Par ces termes une nouvelle réponse est donnée à la question de l’ange puissant: Qui est digne ? Un seul est digne, Celui qui un jour, sur cette terre, a été immolé.
Les rachetés du Seigneur ne sont pas seuls à chanter ses louanges. Il y a un deuxième chœur céleste qui les exprime, le chœur des anges. Il n’est pas dit qu’ils chantent. Ils ne le peuvent pas, car ils ne connaissent pas la grâce de Dieu en leur faveur. Ils disent seulement. « J’ouïs, dit l’apôtre, une voix de beaucoup d’anges… des myriades de myriades et des milliers de milliers, disant à haute voix : digne est l’Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction » (v. 12).
C’est une septuple louange qui retentit à la gloire de Celui qui est digne de recevoir la puissance, soit la domination souveraine ; la richesse, soit la possession de toutes choses ; la sagesse ou la plénitude d’intelligence pour administrer le royaume selon Dieu ; la force, c’est à dire la capacité d’agir en vue d’amener tous les peuples à une parfaite obéissance ; l’honneur ou la proclamation de son excellence ; la gloire ou l’ensemble des perfections divines, car Lui-même est Dieu ; la bénédiction enfin, septième objet de la louange, qui est l’expression d’une reconnaissance infinie en retour des bienfaits innombrables de la bonté de Dieu. Tel est le tableau de la louange qui un jour sera exprimée par les anges.
Il y a un troisième chœur qui adore l’Agneau de Dieu. C’est le chœur de toutes les créatures qui sont dans le ciel, et sur la terre, et au-dessous de la terre, et sur la mer, et toutes les choses qui y sont. Elles disent : « À Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! » (v. 13).
C’est de fait la réponse donnée pour la troisième fois à la question posée au début du chapitre : « Qui est digne ? » (v. 2). Elle est donnée la première fois par les rachetés, la deuxième fois par les anges, et la troisième par les créatures de partout. D’une telle louange, la louange universelle, seul l’Agneau est digne.
Il est accordé au croyant, sur cette terre déjà, de chanter le nouveau cantique. C’est en effet notre bonheur de pouvoir exalter dès maintenant la grandeur infinie de Celui qui, ayant sacrifié pour nous sa vie, a été élevé plus haut que les cieux.
Apocalypse 14
Dans ce livre de l’Apocalypse la Parole de Dieu fait mention une fois encore d’un cantique nouveau. C’est le cantique nouveau qui sera chanté non seulement dans le ciel, mais aussi sur la terre.
Il a été donné à l’apôtre Jean de voir l’Agneau se tenant sur la montagne de Sion. Il n’est pas vu dans le ciel comme au chapitre 5 de l’Apocalypse, mais sur la terre, sur la montagne de Sion, « le centre de la grâce royale » (W. K.). Sion est en effet connue comme étant la montagne de la grâce, car c’est là qu’un jour Dieu, plein de compassion pour son pauvre peuple, lui donna un roi en la personne de David (2 Sam. 5. 3 et 7).
Ainsi, que le Seigneur soit vu par l’apôtre en Sion, cela montre que nous nous approchons du jour de l’établissement du royaume, car l’Agneau n’est personne d’autre que le Roi oint sur Sion, annoncé au livre des Psaumes (2. 6).
Autour de l’Agneau sont assemblés cent quarante-quatre milliers qui ont été achetés d’entre les hommes. Ressortissants du peuple terrestre de Dieu, ils représentent le résidu de Juda, c’est-à-dire ceux qui seront tirés du milieu des Juifs coupables du rejet et de la mort de leur Messie. Ils ont son nom écrit sur leurs fronts, ils Lui appartiennent. Un témoignage de grande fidélité leur est rendu : aucune trace de souillure n’est trouvée en eux, ni dans leurs affections ni dans leurs paroles. Ils sont irréprochables.
Il a été donné en outre à l’apôtre d’ouïr une voix venant du ciel, semblable au son de joueurs de harpe. Il est dit qu’ils chantent un cantique nouveau devant le trône, un cantique que nul ne pouvait apprendre, sinon les cent quarante-quatre milliers qui ont été achetés de la terre (v. 3).
Il y aura donc, de ce résidu de Juda, deux catégories de témoins : ceux qui, ayant été mis à mort durant la grande tribulation, seront ressuscités et chanteront dans le ciel le cantique nouveau; et d’autre part ceux qui seront encore sur la terre, les cent quarante-quatre milliers, lesquels apprendront le cantique à l’ouïe de leurs compagnons célestes. Il y aura donc une parfaite unanimité entre les deux sphères, céleste et terrestre, pour dire la gloire du règne de l’Agneau, Fils de David et Messie d’Israël (H. R.).
Épilogue
Résumant les pensées exprimées à propos du cantique nouveau, nous sommes amenés à tirer les conclusions suivantes de cette étude.
– Quel est son objet ? – C’est la Personne de notre Seigneur, vu tel que l’Agneau de Dieu, qui a souffert et est mort, mais qui aussi aura un jour autorité sur tous et sur tout : au milieu du trône, un agneau qui se tenait là comme immolé (Apoc. 5. 6).
– Quel est son contenu ? – Le grand pardon de Dieu et la délivrance d’un pécheur qui vient à Lui y sont célébrés (Ps. 32. 33), de même que la résurrection du Seigneur (Ps. 40) et la gloire de son règne (Ps. 96, 98,144 et 149).
– Où et par qui sera-t-il chanté ? – Dans le ciel, par les saints glorifiés de toutes les économies, ressuscités ou transmués, et sur la terre, par les fidèles du résidu du peuple d’Israël (Apoc. 14) et par ceux des nations qui viendront se prosterner devant le Roi, l’Éternel des armées (Zach. 14. 16).
– Pourquoi ce cantique est-il dit nouveau ? – Parce qu’il célèbre les gloires nouvelles de Christ, le Fils de l’Homme ressuscité, qui s’est levé « selon la puissance d’une vie impérissable » (Héb. 7. 16), le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. Il sera en outre chanté par les saints célestes, témoins de la grâce de Dieu qui ont été renouvelés en vertu de l’œuvre de l’expiation (Éph. 4. 23), et par les saints du peuple terrestre de Dieu, auxquels un cœur nouveau et un esprit nouveau auront été donnés (Éz. 36. 26).
Il le sera enfin par les nations qui seront amenées de l’idolâtrie à la connaissance du vrai Dieu par les appels de l’Évangile du royaume, et cela sur une terre renouvelée, purifiée par l’exercice des jugements divins (És. 42).
Tel est le cantique nouveau qui, un jour, sera chanté dans les cieux et sur la terre, sans la moindre note discordante. Ici-bas nous chantons de nombreux cantiques. Là-haut nous n’en chanterons qu’un, le cantique du triomphe de notre Seigneur et de sa domination enfin reconnue. Lui seul en est et en sera réellement digne ! (H. R.)
J’ai tout remis entre tes mains (Venez à Moi n°96)
1.
J’ai tout remis entre tes mains :
Ce qui m’accable et qui me peine,
Ce qui m’angoisse et qui me gêne,
Et le souci du lendemain.
J’ai tout remis entre tes mains (bis).
2.
J’ai tout remis entre tes mains :
Le lourd fardeau traîné naguère,
Ce que je pleure, ce que j’espère,
Et les « pourquoi » de mon chemin.
J’ai tout remis entre tes mains (bis).
3.
J’ai tout remis entre tes mains :
Que ce soit la joie, la tristesse,
La pauvreté ou la richesse,
Et ce que jusqu’ici j’ai craint.
J’ai tout remis entre tes mains (bis).
4.
J’ai tout remis entre tes mains :
Que ce soit la mort ou la vie,
La santé ou la maladie,
Le commencement et la fin.
Car tout est bien, entre tes mains (bis).
Dis tout à Jésus (Venez à Moi n°187)
1.
Es-tu lassé, rempli de tristesse ?
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Son cœur est ouvert à ta voix sans cesse.
Oh ! dis tout à Jésus !
Refrain
Dis tout à Jésus !
Oh ! dis-Lui tout !
Combien son accueil est doux !
Il peut comprendre,
Il aime à t’entendre :
Dis-lui simplement tout ! Refrain.
2.
Il voit tes yeux rougis par les larmes ;
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Il connaît ton cœur, il sait tes alarmes.
Oh ! dis tout à Jésus ! Refrain.
3.
Si ton passé surgit comme une ombre,
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Son sang efface tes péchés sans nombre.
Oh ! dis tout à Jésus ! Refrain.
4
Et pour demain ce que tu redoutes,
Dis tout à Jésus ! Dis tout à Jésus !
Il est près de toi le long de la route.
Oh ! dis tout à Jésus ! Refrain.
Un jour à la fois…
Je n’suis qu’une femme/un homme, juste une femme/un homme
Aide-moi à croire à ce que je peux être, à ce que je suis
Montre-moi le chemin pour mieux t’aimer/pour progresser
Mon Dieu, pour mon bien
Guide-moi toujours un jour à la fois.
Un jour à la fois, ô mon Dieu
C’est tout ce que je demande
Le courage de vivre, aimer
D’être aimé, un jour à la fois.
Hier, c’est passé, ô mon Dieu
Et demain ne m’appartient pas
Mon Dieu aide-moi, aujourd’hui
Guide-moi un jour à la fois.
Tu m’as tout prêté, la vie et la santé
Je veux croire en toi
En ta grande bonté pour l’humanité
Une voix pour chanter, une âme pour aimer
Aide-moi à vivre, oui, aide-moi à vivre,
Un jour à la fois.
Un jour à la fois, ô mon Dieu
C’est tout ce que je demande
Le courage de vivre, aimer
D’être aimé, un jour à la fois.
De tout cœur, parlons-Lui.
Si l’inquiétude nous poursuit,
Nous pouvons compter sur Lui.
Il veille sur nous, Il nous cajole.
Si tendre est sa Parole
Et les frères qui nous consolent !
Et puisqu’à chaque jour suffit sa peine
Vivons un jour à la fois.
Car demain s’écrira lui-même
Nous gardons la joie.
Un jour à la fois.
Quel bonheur de te connaître,
Ô toi qui ne peut changer,
Mon Sauveur, mon divin Maître,
Secourable et bon Berger !
Tu devances mes besoins ;
Rassuré par ta houlette,
Je m’abandonne à tes soins.
Hymnes et Cantiques n°189
Dans tes bras éternels, Dieu Fort d’éternité,
Tu nous tiens à l’abri du vent, de la tempête
Rien ne peut ébranler
Le cœur humble et soumis qui sur toi seul se fonde.
Hymnes et Cantiques n°196
Et lorsque nous voyons, isolés, sans défense,
Quelque danger surgir,
Cherchant un sûr abri dans ta seule présence,
Te laisser seul agir !
Te laisser seul agir, et, sûrs de ta victoire,
Nous reposer en toi
Hymnes et Cantiques n°206
Il y a des moments dans la vie
Où l’on est triste, où l’on n’est pas content,
C’est pour nous que Jésus a dit,
Déchargez-vous de vos soucis
Sachez que je vous comprends.
Chant pour enfants
Sur ton cœur tu me portes,
Faible et souvent lassé ;
Tes mains douces et fortes
Me tiennent enlacé.
Ah ! tes deux mains percées,
Saignantes sous les clous…
Et des choses souffertes
Gardant le souvenir,
Ces mains restent ouvertes,
Ouvertes pour bénir.
Hymnes et Cantiques n°133
Juin 2024
Chers frères et sœurs en Christ,
Ces deux premiers cantiques « J’ai tout remis entre tes mains » et « Dis tout à Jésus », je les connais bien, depuis que je suis petit, et sans doute que beaucoup d’entre vous, les connaissent aussi.
Mais en les réécoutant et en faisant attention aux paroles, j’ai pris conscience combien peu c’était ma réalité de tous les jours. Si effectivement je lui disais tout ce que j’ai sur le cœur, mes peines et mes joies, et si je mettais réellement tout ce qui concerne ma vie entre ses mains, n’en serait-il pas fini de mes inquiétudes, de mes irritations, de mon amertume, de ma tristesse accablante, de mes découragements, de mon manque d’énergie, de foi, d’amour, de paix et de joie ?
Je demande au Seigneur que ces cantiques redeviennent une réalité pour moi, et s’il en est de même pour vous, qu’Il en soit infiniment béni !
Dire tout à Jésus, notre Bon Berger, raconter tout à notre Père céleste, sous-entend d’avoir une communion intime de tous les jours, de chaque instant avec Lui.
Il est donc primordial de prier et de lire la Bible régulièrement. Mais cela ne suffit pas ; je peux lire tous les jours un passage de la Parole et prier plusieurs fois par jour (notamment pour remercier lors des repas), mais ce n’est pas pour cela que je vais « rencontrer » mon Seigneur ou mon Père. N’est-ce pas trop souvent le cas, nous ne « (re)sentons » rien lors de ces moments et nous continuons notre journée sans changement notoire dans notre état d’esprit, donc dans notre marche ? N’avons-nous pas trop souvent des prières « habitudes », des prières « vaines redites », des prières sans consistance, sans amour, sans foi, sans joie, sans vie ?
Chaque moment passé en prière, ou dans la lecture de versets, devrait nous remplir de paix et de joie parce que nous avons vu le Seigneur, parce que nous avons dialogué avec notre bon et tendre Père. Avant même de demander quelque chose ! Avant même de parler de nous !
(Ré)apprenons à jouir – tout simplement – de l’amour du Seigneur, de la bonté de Dieu, de la grandeur de notre Maître, de la magnificence de notre Créateur. Plaçons-nous entre les mains de notre Sauveur, couchons-nous dans le sein de Jésus, sachant que nous sommes aimés de Lui, comme Jean, l’apôtre de l’amour : « Or l’un d’entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table tout contre le sein de Jésus » (Jean 13. 23).
Que notre premier désir dans la prière et la lecture de la Parole soit de Le rencontrer, Lui, pour partager un moment de communion. Notre cœur sera alors rempli de son amour et nous ne pourrons faire autrement que de faire monter vers Lui des chants de louange, de reconnaissance et d’adoration.
Ensuite, nous aurons toute liberté pour Lui présenter nos manquements, notre faiblesse, nos requêtes, nos soucis, nos craintes, et notre espoir en Lui.
« Es-tu lassé, rempli de tristesse… tes yeux sont rougis par les larmes… ? Il peut comprendre, il aime à t’entendre… Et pour demain ce que tu redoutes => Dis tout à Jésus » : c’est ce qu’a fait Anne, la future maman du prophète Samuel, qui était désespérée de ne pas avoir d’enfants.
Anne… pleurait, et ne mangeait pas… elle avait l’amertume dans l’âme, et elle pria l’Éternel et pleura abondamment… Éternel… ! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante… Et Anne parlait dans son cœur… je suis une femme qui a l’esprit accablé… je répandais mon âme devant l’Éternel… c’est dans la grandeur de ma plainte et de mon chagrin que j’ai parlé… Va en paix ; et que le Dieu d’Israël t’accorde la demande que tu lui as faite ! Et elle dit : Que ta servante trouve grâce à tes yeux ! Et la femme s’en alla son chemin ; et elle mangea, et elle n’eut plus le même visage. Et ils (Anne et son mari) se prosternèrent devant l’Éternel… et l’Éternel se souvint d’elle (1 Sam 1. 1 à 19).
Son mari, bien qu’il l’ait aimée, ne comprenait pas la profondeur de sa peine, et l’autre femme de son mari était méchante avec elle. Chez qui aller exposer sa détresse, qui pouvait la comprendre ? Personne, si ce n’est Dieu qui nous a créés, car « comme un père a compassion de ses fils (ou de ses filles), l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière… la bonté de l’Eternel est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent » (Ps 103. 13,14,17).
Dieu connaît très bien notre situation, mais il attend que nous allions à Lui pour le Lui dire. Il se plaît à nous écouter lorsqu’Il voit que nous désirons Lui faire confiance. Et si notre foi est chancelante, Il la fortifiera.
Écoutez l’appel d’Ésaïe 55 : « Ho ! quiconque a soif, venez aux eaux,… venez… oui, venez… Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra… Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche… Car vous sortirez avec joie, et vous serez conduits en paix » (v. 1, 3, 6 et 12).
Quatre fois, il nous est dit de venir, mais aussi de Le chercher, d’écouter, de L’invoquer. Il nous appelle, mais c’est à nous de Le (re)chercher, c’est-à-dire de nous isoler avec Lui, en laissant tout le reste de côté. Matthieu 6. 6 nous dit : « Entre dans ta chambre, et après avoir fermé ta porte, prie ton Père qui [demeure] dans le secret ». C’est dans le calme et le silence que nous pourrons alors écouter Dieu – en lisant la Parole ou en laissant des versets nous venir à l’esprit, en mettant nos propres pensées de côté, en écoutant aussi notre conscience nous parler, en laissant le Seigneur remplir notre âme. Ensuite, nous serons dans les bonnes dispositions pour invoquer le Seigneur : « priant par toutes sortes de prières et de supplications » (Éph. 6. 18).
Tu es accablé, triste, découragé… ? Ne te laisse pas abattre, il y a une solution pour trouver du repos pour ton âme. Écoute ton bien-aimé Seigneur qui t’appelle et va vers Lui : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
Si tu le fais sincèrement, alors t’arrivera ce qui est arrivé à David en 1 Samuel 30. 6 : « Et David fut dans une grande détresse, car le peuple parlait de le lapider ; car l’âme de tout le peuple était pleine d’amertume… Et David se fortifia en l’Éternel, son Dieu ».
Chers amis, ayons cette habitude de nous adresser à Dieu dans chacune de nos circonstances, plutôt que de nous plaindre, ou d’être angoissés. Oui, cette attitude devrait être un réflexe !
Et dès le matin, nous devrions commencer notre journée de cette manière : « Éternel ! le matin, tu entendras ma voix ; le matin, je disposerai [ma prière] devant toi, et j’attendrai » (Ps. 5. 3). Et si tu n’oublies pas les délivrances et les soins de Dieu envers toi dans le passé, alors tu pourras déclarer : « Et moi je chanterai ta force, et, dès le matin, je célébrerai avec joie ta bonté : car tu m’as été une haute retraite et un refuge au jour où j’étais dans la détresse » (Ps. 59. 16).
« J’ai tout remis entre tes mains : ce qui m’accable et qui me peine, ce qui m’angoisse… Et le souci du lendemain… J’ai tout remis entre tes mains… car tout est bien entre tes mains ».
Que de soucis n’avons-nous pas concernant nos journées et nos lendemains : problèmes de santé, handicap invalidant, difficultés familiales, soucis financiers, voisins difficiles, visites ou séjours à l’hôpital… ! Vous pouvez y rajouter ce qui vous concerne particulièrement… => Dites TOUT À JÉSUS, REMETTEZ TOUT ENTRE SES MAINS… TOUT, ABSOLUMENT TOUT ! C’est si simple et nous le faisons si peu !!! Et le Seigneur doit alors nous faire ce reproche : « Pourquoi êtes-vous en souci ? » (Luc 12. 26). => « Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mat. 6. 34).
Tu te lèves le matin, découragé(e), même sans savoir pourquoi… dis-le à Jésus ! Tu es irrité(e) contre quelqu’un qui t’as fait du tort ou qui t’a agacé… dis-le à Jésus ! Tu dois faire face à un contretemps, à une situation difficile… fais-en part au Seigneur ! Tu es triste en pensant à ton conjoint, ton enfant, ton ami que tu as perdu… dis-le à Jésus ! Tes rhumatismes te font particulièrement mal… dis-le à Jésus ! Tu es stressé(e)… dis-le tout simplement à Jésus !
Tu souffres à cause de tes (petits) enfants non sauvés ou en « décrochage » … remets ce problème entre les mains de Dieu. « Lève-toi, crie de nuit au commencement des veilles ; répands ton cœur comme de l’eau devant la face du Seigneur. Lève tes mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim » (qui se privent du Pain de vie) (Lam. 2. 19). Tu vas peut-être devoir quitter ta maison pour aller en maison de repos… remets tout entre ses mains ! « Je répands devant lui ma plainte, je déclare ma détresse devant Lui » (Ps. 142. 2). => « L’Éternel est près de tous ceux qui l’invoquent… il accomplit le souhait de ceux qui le craignent : il entend leur cri, et les sauve » (Ps. 145. 19).
Tu as peur de vieillir avec tout ce que cela comporte ? Inspire-toi du Psaume 71 : « En toi, Éternel ! j’ai mis ma confiance… Sois pour moi un rocher d’habitation, afin que j’y entre continuellement… tu es mon rocher et mon lieu fort… mon attente… ma confiance dès ma jeunesse. Je me suis appuyé sur toi dès le ventre… tu es le sujet continuel de ma louange… tu es mon fort refuge. Ma bouche est pleine de ta louange [et] de ta magnificence, tout le jour. Ne me rejette pas au temps de [ma] vieillesse ; ne m’abandonne pas quand ma force est consumée… je redirai sans cesse toutes tes louanges. Ma bouche racontera tout le jour ta justice [et] ton salut… J’irai dans la puissance du Seigneur Éternel… Ô Dieu ! tu m’as enseigné dès ma jeunesse… jusqu’à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu ! ne m’abandonne pas, jusqu’à ce que j’annonce ton bras à [cette] génération, ta puissance à tous ceux qui viendront… je chanterai tes louanges ».
Je dis tout à Jésus, je remets tout entre ses mains… c’est très bien, mais ça ne suffit pas ! Je dois lui faire entièrement confiance, avoir une foi inébranlable fondée sur le Rocher, croire fermement en ses promesses, MÊME si je ne vois pas de réponses immédiates, ou selon mes désirs ! « Goûtez et voyez que l’Éternel est bon ! Bienheureux l’homme qui se confie en lui ! » (Ps. 34. 8). « Et tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, ils chanteront de joie à toujours, et tu les protégeras ; et ceux qui aiment ton nom s’égayeront en toi » (Ps. 5. 11). As-tu cette joie ?
Cette confiance aveugle en un Dieu tout-puissant et aimant nous donnera une paix royale : « Tu garderas dans une paix parfaite (paix, paix) l’esprit qui s’appuie [sur toi], car il se confie en toi » (És. 26. 3). « Que le Dieu de paix soit avec vous tous ! Amen » (Rom. 15. 33).
« Demeure tranquille, [appuyé] sur l’Éternel, et attends-toi à lui » (Ps. 37. 7) => c’est la clé du succès. Il nous connaît bien mieux que nous-mêmes, Il connaît à l’avance tous les tenants et les aboutissants de notre vie, Il sait pourquoi nous passons par ces moments qui nous troublent. Il veut que nous allions à Lui, que nous Lui disions tout ce qu’il y a sur notre cœur et dans nos pensées, que nous Lui remettions en paix nos problèmes, nos craintes, que nous nous rapprochions de Lui et jouissions encore plus de son amour. Dans les choses importantes de la vie, MAIS AUSSI dans les petites ; souvent nous ne Lui racontons pas nos « petits » soucis.
Souvent, les choix, les décisions que nous avons à prendre, nous angoissent car nous ne savons pas ce que nous devons faire, et nous pourrions facilement faire un mauvais choix. C’était le cas de Josaphat lorsque des troupes ennemies se sont rapprochées pour combattre. « Ô notre Dieu… il n’y a point de force en nous devant cette grande multitude qui vient contre nous, et nous ne savons ce que nous devons faire, mais nos yeux sont sur toi ! »(lire 2 Chron. 20). Et voici la réponse apaisante de Dieu : « Ne craignez point, et ne soyez point effrayés à cause de cette grande multitude ; car cette guerre n’est pas la vôtre, mais celle de Dieu… tenez-vous là, et voyez la délivrance de l’Éternel [qui est] avec vous… ne craignez pas et ne soyez pas effrayés… et l’Éternel sera avec vous ». N’oublions pas ensuite, lorsque Dieu nous a exaucés ou tranquillisés, de Le remercier, de Le louer, de Le célébrer pour sa bonté !
Peut-être que Josaphat a vécu ou entendu parler de ce que son père Asa avait expérimenté lorsque, dans une situation semblable, il s’était confié en Dieu. Lisons 2 Chroniques 14. 11. « Et Asa invoqua l’Éternel, son Dieu, et dit : Éternel ! il n’y a pas de différence pour toi, pour aider, entre beaucoup [de force] et point de force. Aide-nous, Éternel, notre Dieu ! car nous nous appuyons sur toi… Tu es l’Éternel, notre Dieu ; que l’homme n’ait point de force contre toi ! » Malheureusement, il ne s’est pas toujours appuyé sur Dieu (Voir 2 Chron. 16. 2 et 3). « Tu t’es appuyé sur le roi de Syrie, et… tu ne t’es pas appuyé sur l’Éternel, ton Dieu ». « Asa… dans sa maladie aussi, il ne rechercha pas l’Éternel, mais les médecins ». Ce n’est pas parce qu’à un moment nous avons fait confiance à Dieu, qu’il en sera toujours ainsi. À chaque occasion, dans chaque bataille, pour chaque décision, nous avons à revenir aux pieds du Seigneur pour nous réfugier ou pour rechercher ses forces et sa direction. Restons humbles, dépendants et soumis !
J’ai tout remis entre tes mains => « Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains » (És. 49. 16), et « personne ne les arrachera (mes brebis) de ma main… et personne ne peut les arracher de la main de mon Père » (Jean 10. 28 et 29).
Dis tout à Jésus => « Et les apôtres se rassemblent auprès de Jésus ; et ils lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait ». Et les prenant avec lui, il se retira à l’écart (Marc 6. 30 ; Luc 9. 10).
Chers amis, la suite, Dieu voulant, le mois prochain. Avec mes salutations, Marco.
La ville de Jérusalem est située sur une chaîne de montagnes, s’étendant du nord au midi, à peu près parallèle au fleuve du Jourdain. Les sommets, peu considérables du reste, s’élèvent davantage vers le midi à une trentaine de kilomètres de distance, jusqu’à la ville de Hébron, qui est à une altitude de 924 mètres au-dessus de la Méditerranée, tandis que Jérusalem n’est qu’à 777 mètres.
Mais celle-ci se distingue de toutes les autres villes du pays, et peut-être du monde entier, par le fait qu’elle est entourée d’un ravin profond et large, qui l’enserre de trois côtés, à l’est, à l’ouest et au midi, formant ainsi une forteresse naturelle, près de la source du torrent du Cédron. Du côté du nord, le niveau du plateau se maintient sur une distance considérable.
Ces quelques détails pourront servir à faire mieux comprendre pourquoi la ville est devenue la capitale du royaume, depuis le moment où le roi David est parvenu au pouvoir.
Avant son temps, elle est peu mentionnée dans l’histoire sacrée. Elle avait cependant son roi à elle lorsque les Israélites, sous la conduite de Josué, entrèrent dans le pays de Canaan pour en prendre possession (Jos. 10. 1 à 27). À cette occasion, l’Éternel fit arrêter le soleil et la lune sur la demande de Josué, le capitaine de l’armée Israélite (cf. Hababuk 3. 11).
Quant à Jérusalem elle-même, les Jébusiens y restèrent. La ville était à l’extrémité méridionale du territoire attribué aux Benjaminites ; mais nous lisons, à deux reprises, que les fils d’Israël ne purent pas les en chasser (Jos. 15. 8 et 63 ; 18. 28 ; Jug. 1. 21). Par la suite, il semble que les Jébusiens s’étaient fortifiés sur la colline de Sion, de façon telle que les Israélites en prirent leur parti et ne se donnèrent pas la peine de la leur enlever.
Or, lorsque David fut couronné roi sur tout Israël (à peu près quatre siècles après l’entrée des Israélites dans le pays de Canaan), il tint compte des avantages naturels de l’endroit ; et l’un de ses premiers actes fut de prendre la forteresse de Sion et d’en chasser les Jébusiens pour tout de bon (2 Sam. 5. 6 à 9). Dès lors, Jérusalem entra dans une phase nouvelle. David et son neveu Joab, chef de l’armée, y bâtirent.
Beaucoup plus tard, le roi fit des préparatifs pour les travaux de Salomon, son fils (1 Chron. 11. 7 et 8 ; 2 Chron. 3. 1). Car il échut à Salomon d’y construire le temple magnifique, où il plaça enfin l’arche de l’Éternel, restée jusque-là sous des tentes (2 Sam. 7. 6 ; 1 Rois 8. 1 à 13).
Comme une preuve de la considération accordée aux descendants des Jébusiens, restés après tant d’années dans le pays d’Israël, il suffit de rappeler que l’emplacement du temple fut acheté par David d’un Jébusien, nommé Ornan, à l’occasion de l’autel qu’il devait dresser là, afin que la peste qui dévastait le pays fût arrêtée en réponse à la prière du roi.
L’Éternel s’était servi du prophète Gad dans cette circonstance pour exercer la conscience de David. Et l’Éternel « lui répondit par le feu des cieux sur l’holocauste », alors que l’ange destructeur « remit son épée dans son fourreau ». Quel bel exemple de l’évangile dans son principe élémentaire ! La victime sainte est offerte à Dieu en sacrifice, passant par le feu du jugement divin, et le peuple coupable, par le même fait, en est mis à l’abri (1 Chron. 21. 25 à 22. 1).
Ayant joui de cette réponse à sa prière, David n’avait plus de doutes quant à l’emplacement voulu de Dieu pour la « maison », où l’arche devait rester en permanence. Cependant la construction du temple revint à Salomon, divinement doué d’une sagesse exceptionnelle dans ce but. Commençant en l’an quatre cent quatre-vingt après la sortie des fils d’Israël du pays d’Égypte, il l’acheva en sept ans (1 Rois 6. 1 et 38).
Malgré toutes les faveurs dont il avait joui de la part de l’Éternel, le peuple se tourna constamment vers l’idolâtrie, s’obstinant à ne pas écouter les avertissements continuels des prophètes à cet égard, jusqu’à ce que la patience de Dieu fût épuisée. Alors II en livra dix tribus au roi Shalmanéser, qui les transporta en Assyrie ; et cent trente ans plus tard, Nebucadnetsar détruisit la ville de Jérusalem, et brûla le temple qui avait existé pendant 417 ans.
Pendant soixante-dix ans, le pays resta désolé, jusqu’à la destruction du pouvoir chaldéen par le roi Cyrus, qui permit aux captifs bien disposés de retourner à Jérusalem, et d’y rebâtir un édifice adapté au service divin, mais dénué de la gloire du temple de Salomon. Bien plus tard, il fut beaucoup élargi et embelli par le roi Hérode. Et c’est à ce temple-là que le Seigneur est venu, le reconnaissant comme « la maison de son Père » (Jean 2. 13 à 17).
Hélas, les désordres de tout genre n’y manquaient pas. Quant à l’arche, le signe de la présence de Dieu, il n’en fut plus question après la destruction du temple de Salomon. Mais Jérusalem est restée la capitale du pays, subordonnée alors à la puissance des nations perse, grecque et romaine, successivement. Le service de Dieu ne pouvait plus être que partiel, mais on y offrait des sacrifices, plus ou moins d’après l’ancienne coutume. Quant à ceux qui étaient au pouvoir, tant Pharisiens zélés pour la loi, que Sadducéens, rationalistes endurcis et leurs ennemis déclarés, ils se mirent d’accord pour rejeter le Sauveur, et mettre le sceau à leur iniquité en Le crucifiant.
Dès lors, Jérusalem s’identifie avec le Calvaire. Pour l’avenir encore, tout autant que pour nos jours actuels, c’est la ville « qui est appelée spirituellement Sodome et Égypte, où le Seigneur a été crucifié » (Apoc.11. 8).
On peut y assister d’année en année à des scènes honteuses de superstition, et à des querelles entre les sectes qui se réclament du nom de chrétiennes ; mais il s’y produira des événements plus terribles même que la prise de la ville par les Romains, quarante ans après la mort de Christ.
Nous en avons une description en Zacharie 14. Alors le Seigneur viendra en gloire pour y établir son règne. Il y aura un bouleversement complet de tout le pays, bien que l’emplacement de la ville reste le même, mais elle sera élevée considérablement ; et le nouveau temple se trouvera construit sur une montagne qui n’existe pas encore, à environ quatre ou cinq kilomètres au nord de la ville. Alors « la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer » (Nomb. 14. 21 ; És. 11. 9 ; Habakuk 2. 14).
Le ministère de notre Seigneur Jésus Christ s’est accompli presque exclusivement en Galilée, cette Galilée méprisée par les conducteurs religieux des Juifs. Le Seigneur se rendit quelquefois à Jérusalem à l’époque des fêtes ; mais ce ne fut guère qu’au terme de son service qu’Il visita de nombreux endroits qui n’avaient pas eu auparavant le privilège de Le voir.
Son objectif était alors Jérusalem, en vue de sa mort prochaine ; mais II trouvait bon d’avertir ceux qui pourraient avoir le privilège de Le recevoir le long de sa route, en envoyant devant Lui les soixante-dix messagers dont parle Luc (ch. 9. 51 ; 10. 1).
Remarquons ici que ce n’est que Luc qui rapporte ce voyage avec quelques détails. Matthieu ne mentionne que le fait (ch. 19. 1 et 2), et Marc, de même, ajoutant qu’Il « enseignait encore comme Il avait accoutumé » (ch. 10. 1). Mais dans le récit de Luc, le voyage occupe un tiers du livre, depuis la fin du chapitre 9, jusqu’à la fin du chapitre 19. Et c’est là que se trouvent les précieuses paraboles qui, de tout temps, ont servi d’illustrations de l’évangile de Dieu.
Le lecteur sérieux n’aura pas de difficulté à s’en rendre compte, car l’objectif du voyage est rappelé plusieurs fois par l’auteur du livre. Voyez chapitres 9. 51 et 52 ; 10. 1; 13. 22 ; 17. 11 ; 18 31 à 34 ; 19. 11, 28 et 41. Jean parle de la fin de ce voyage, disant que le Sauveur est allé aux confins de la Judée et par-delà le Jourdain, entre la fête de la Dédicace, en hiver, et la dernière Pâque (ch. 10. 22 et 40 ; 11. 54 et 55).
Il est un passage dans l’évangile de Luc, qui est reproduit aussi en Matthieu 23, montrant le caractère moral de Jérusalem, la ville sur laquelle les soins bienveillants de Dieu avaient été particulièrement prodigués dans le passé. Soit que l’on pense à sa gloire du temps de Salomon, qui y avait construit le temple où l’arche de Dieu fut placée d’une manière définitive, soit que l’on rappelle l’intervention de Dieu en faveur des captifs renvoyés de Babylone sous l’égide des rois de Perse, Cyrus, Darius et Artaxerxès, on ne peut qu’en retirer un sentiment profond de sa fidèle bonté ; et assurément toutes ces choses ont été « écrites pour notre instruction » (Rom. 15. 4).
Toutefois, c’est là, à Jérusalem, plus qu’ailleurs, que l’inimitié naturelle du cœur de l’homme contre Dieu a été mise en évidence. Le Seigneur Lui-même l’exposa en disant : « Il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem ».
Quel témoignage solennel destiné à nous faire comprendre ce qu’est le cœur de l’homme, le cœur naturel de tous les hommes sans exception ! Ne devrions-nous pas y regarder, chacun, comme dans un miroir, pour y trouver la description de notre cœur à nous ?
Voici donc la lamentation du Seigneur, qui suit les paroles que nous venons de citer (Luc 13. 33 à 35) : « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! Voici, votre maison vous est abandonnée ; et je vous dis que vous ne me verrez point jusqu’à ce qu’il arrive que vous disiez : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (cf. Ps. 118. 26).
En Matthieu, ces paroles, adressées aux scribes et aux pharisiens, conducteurs reconnus, et soi-disant orthodoxes, du peuple juif, viennent à la fin du chapitre où le Seigneur expose leur hypocrisie. Gardiens des Écritures Saintes, ils se trouvaient dans une position d’autorité incontestable ; et dans les synagogues, chacun tout naturellement les écoutait. On comprend alors sans peine combien la lutte devenait intense à mesure que le Seigneur s’approchait de Jérusalem.
Plusieurs des chefs avaient déjà comploté sa mort en Galilée, mais dans la capitale, à très peu d’exceptions près, tous étaient d’accord pour se défaire du Christ, faisant valoir le respect qu’on leur témoignait pour détourner le peuple de leur Sauveur, et condamner Celui-ci à mort et, comme un brigand, à la mort de la croix.
Aujourd’hui, presque partout dans la chrétienté, on est porté à ensevelir et à oublier ces faits, afin d’exalter le nom de Christ d’une façon purement humaine, en Le traitant comme un grand réformateur, tout comme Bouddha, Confucius, ou tel autre philosophe célèbre.
Sur ce terrain, le christianisme disparaît, et l’on devient la proie de l’ennemi des âmes ; les païens idolâtres et ceux qui ont une religion peuvent se donner la main avec les chrétiens de nom qui, au fond, ne sont que des incrédules ; tous chemineront ensemble, sur « le chemin spacieux qui mène à la perdition ».
La « porte étroite » sera bientôt fermée pour ce pauvre monde ; hâtons-nous donc d’y entrer tandis qu’il est dit : « Aujourd’hui », afin qu’aucun d’entre nous ne s’endurcisse par la séduction du péché (Héb. 3. 13 ; 4. 7). En suivant le train dont il marche à présent, le monde ne reconnaîtra plus le « chemin resserré qui mène à la vie ». Mais le Sauveur a dit : « Peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mat. 7. 13 et 14).
La pierre de touche partout et pour tous, c’est la croix de Christ ; car si la justice était comptée à un homme d’après les bonnes œuvres qu’il aurait faites et dont Dieu est le seul juge, « Christ serait mort pour rien » (Gal. 2. 21). Sur ce terrain-là, il aurait été impossible que le brigand entre dans le paradis avec le Sauveur (Luc 23. 43). Aussi était-il avant tout nécessaire que la condamnation du Seigneur ait lieu à Jérusalem où était le temple, et par le moyen de ceux qui présidaient aux services qui s’y accomplissaient.
Nous pouvons encore ajouter que, pour l’accomplissement des types et des prophéties de l’Ancien Testament, sa mort devait avoir lieu le jour même de la Pâque, chose que les principaux sacrificateurs voulaient précisément éviter, de crainte qu’il n’y ait un tumulte parmi le peuple (Marc 14. 2).
Mais Christ était le vrai Agneau pascal désigné d’avance lorsque les Israélites sortaient d’Égypte, au commencement de leur histoire nationale (Ex. 12. 2 à 14). Jésus mangea la pâque avec ses disciples pour la dernière fois, le jour même où le type devait avoir son accomplissement dans le royaume de Dieu, et en sa propre Personne sur la croix.
Revenons à présent un peu en arrière pour arrêter notre attention sur les circonstances qui précédèrent le dernier voyage du Seigneur à Jérusalem, dont nous avons parlé plus haut. Vers le terme de son ministère dans ces régions lointaines, Il était allé avec ses disciples à l’extrémité septentrionale du pays, dans le territoire autrefois assigné à la tribu de Dan.
Là se trouvait, dans un emplacement magnifique aux pieds de la montagne de l’Hermon, la ville de Césarée, fondée par Hérode et agrandie par son fils Philippe, tétrarque de l’Iturée (Luc 3. 1). L’endroit était de toute beauté, rempli de sources qui alimentaient le Jourdain.
Dans l’isolement de cette localité retirée, ayant fini son témoignage public, Jésus posa clairement à ses disciples, la question quant à sa propre Personne : « Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme ? » (Mat. 16. 13). On faisait en effet bien des raisonnements sur ce sujet ; car l’humilité du Seigneur était telle qu’Il se faisait le serviteur de tous (Luc 22. 27). En général, on Le comparait à Jean le baptiseur, ou bien aux anciens prophètes dont ils avaient entendu parler. Mais Jésus cherchait de leur part une confession personnelle, disant : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? »
Il fut donné à Pierre de présenter inconsciemment la réponse voulue du Seigneur, qui lui en indique immédiatement l’origine ; elle ne venait nullement des appréciations ou des raisonnements humains, mais directement par l’inspiration de Dieu le Père, dans les cieux : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».
« Le Christ » : cela voulait dire qu’Il était bien Celui dont tous les prophètes avaient parlé, attendu non seulement des Juifs mais de ceux qui étaient en rapport avec eux, comme la femme samaritaine (Jean 4. 25).
« Le Fils », c’est Lui qui seul peut faire connaître Dieu le Père (Jean 1. 18). On ne peut exagérer l’importance de cette déclaration ; toute la certitude de la foi en découle, ainsi que la force morale pour la marche chrétienne. En effet, nous lisons, dans la première Épître de Jean : « Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en Lui, et Lui en Dieu » ; puis : « Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu » et : « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1 Jean 4. 15 ; 5. 1 et 5).
Remarquons encore que cette question que posait Jésus à ses disciples, est d’un côté l’épreuve quant à l’état réel de tout cœur humain aux yeux du Dieu saint qui connaît et qui scrute tous les cœurs ; et d’autre part, elle met en évidence la valeur intrinsèque de la mort du Sauveur pour ce qui regarde le pardon des péchés et la relation avec Dieu dans laquelle, par sa grâce, Il fait entrer le croyant.
Le croyant est envisagé comme étant « en Christ, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption » (1 Cor. 1. 30). Et c’est en Lui que l’on jouit de la relation actuelle avec le Père, par le moyen du Saint Esprit donné au croyant (Gal. 3. 26 ; 4. 6 et 7 ; 1 Jean 5. 20).
Toutes ces bénédictions merveilleuses rendaient nécessaire la mort du Sauveur ; aussi en parle-t-Il clairement à ses disciples pour la première fois (Mat. 16. 21). Pierre ne pouvait pas le supporter, et Lui dit : « Dieu t’en préserve, cela ne t’arrivera point ». Mais Jésus juge ses paroles comme venant de l’adversaire, et insiste sur la nécessité de porter sa croix en Le suivant.
Mais une semaine après, Il prend Pierre et les deux fils de Zébédée sur la montagne afin qu’ils aient le privilège d’y voir sa gloire et d’entendre de leurs propres oreilles le témoignage du Père au sujet de son Fils. Quelle grâce infinie ! Pierre en laisse le récit comme son legs à l’église peu avant sa mort (2 Pier. 1. 16 à 21). « Cette voix venue du ciel », non seulement confirme toutes les prophéties quant au Christ dans l’Ancien Testament, mais elle ouvre encore devant le croyant la réalité et la gloire de la relation avec Dieu dans laquelle le croyant se trouve déjà placé. Jean, l’un des trois témoins, laissé en vie comme le dernier des apôtres, en expose la bénédiction dans son Évangile et dans son Épître.
La mort du Sauveur est donc le centre de tout. En descendant de la montagne, le Seigneur en parle encore à ses disciples, et dès lors, « Il dresse sa face résolument pour aller à Jérusalem » (Luc 9. 36, 44, 45 et 51).
Comme nous avons eu déjà l’occasion de le rappeler, « Sodome et Égypte » représentent l’état de la ville de Jérusalem, dès le moment où le Seigneur y a été crucifié (Apoc. 11. 8). Dans les deux noms, il y a toutefois une porte ouverte à l’action de la grâce souveraine de Dieu : Lot fut retiré de Sodome, et les descendants de Jacob furent retirés d’Égypte.
Au moment de la première captivité, qui dura soixante-dix ans, le prophète Jérémie s’était écrié : « La peine de l’iniquité de la fille de mon peuple est plus grande que la peine du péché de Sodome, qui fut renversée comme en un moment, sans qu’on ait porté les mains sur elle » (Lam. 4. 6).
Quelques années plus tard, comme la durée de la captivité touchait à sa fin, Daniel rappela dans sa prière comment Dieu avait accompli les paroles d’avertissement données par ses prophètes, « en faisant venir sur les Juifs un mal si grand que rien ne s’est fait sous tous les cieux comme ce qui a été fait à Jérusalem » (Dan. 9. 12).
La longue patience de Dieu fut alors épuisée ; mais Il permit aux captifs de rentrer sous les ordres du roi Cyrus, et de rebâtir le temple, afin que le service régulier de l’Éternel y fût rétabli ; seulement, il n’y avait plus d’arche dans le sanctuaire. Quatre-vingts ans plus tard, le roi Artaxerxès permit à Néhémie de rebâtir les murs de la ville.
Mais il ne devait plus y avoir de roi. Dieu l’avait décrété ainsi par le ministère du prophète Jérémie, à l’occasion de la captivité du jeune roi Jéconias, fils de Jehoïakim qui fut gardé en prison à Babylone pendant trente-sept ans. Voici ses paroles : « Inscrivez cet homme comme privé d’enfants, comme un homme qui ne prospérera pas pendant ses jours ; car, de sa semence, nul ne prospérera, assis sur le trône de David, ou dominant encore en Juda » (ch. 22. 30).
Son petit-fils, Zorobabel, remonta de Babylone avec les autres captifs, suivant le décret de Cyrus ; il était reconnu gouverneur, mais non pas roi.
Chose triste à rappeler, l’effet du réveil ne dura pas longtemps. Malgré tous les soins fidèles de Dieu déployés en faveur des captifs, ceux-ci dégénéraient toujours quant à la fidélité envers Lui et sa loi sainte. Néhémie avait assez de peine à maintenir l’ordre à Jérusalem, et le témoignage de Malachie, vingt ans plus tard, ne fait que peser sur la corruption des sacrificateurs. Finalement, lorsque le Seigneur Lui-même entra dans la ville, exactement comme cela avait été annoncé prophétiquement par Zacharie (ch. 9. 9), les chefs ne Le reconnurent pas, et, huit jours plus tard, ils demandèrent à Pilate qu’Il fût crucifié ; c’est-à-dire, qu’ils exigèrent dans son cas la peine réservée aux pires malfaiteurs.
Le châtiment terrible qui s’ensuivit, ainsi que l’état actuel de la ville, toujours incrédule, restent comme un avertissement solennel de la part de Dieu, quant aux jugements qui vont fondre également sur une chrétienté corrompue. Le Seigneur disait déjà aux quatre disciples qu’Il avait choisis en premier lieu, assis alors avec Lui sur la montagne des Oliviers, vis-à-vis du temple : « Il n’y sera point laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas » (Marc 1. 16 à 20 ; 13. 1 à 9). Or tout cela a été accompli à la lettre.
Quelques siècles plus tard, après la chute de l’empire romain, la ville tomba au pouvoir des Musulmans, et tous les efforts des croisades n’ont fait que justifier les paroles prophétiques portant que Jérusalem serait « une pierre pesante pour tous les peuples » (Zach. 12. 3). Et cela n’est pas encore fini.
Beaucoup de passages dans les Écritures indiquent un retour dans leur pays des Juifs à présent dispersés, mais sans le repentir national voulu de Dieu. Les efforts des nations en leur faveur, quelque bien intentionnés qu’ils soient, n’aboutiront qu’à une détresse plus grande (És. 18. 5 et 6).
Car le Seigneur Lui-même va se charger du rétablissement final de son peuple, d’abord des Juifs descendus de Juda et de Benjamin, éparpillés à présent sur toute la terre, et, après cela, du résidu des Israélites transportés anciennement par les rois d’Assyrie, et perdus encore au milieu des habitants de l’Asie, en divers endroits.
Toutefois ce rassemblement glorieux dans l’avenir sera accompagné ou précédé par « un signe » dont parle Ésaïe dans son dernier chapitre, chapitre 66. 19, confirmant ainsi le dernier verset du chapitre 18 : « En ce temps-là, un présent sera apporté à l’Éternel des armées [ le présent ] d’un peuple répandu loin et ravagé, et de la part d’un peuple merveilleux dès ce temps et au-delà, de la part d’une nation qui attend, attend, et qui est foulée aux pieds, de laquelle les rivières ont ravagé le pays,… au lieu où est le nom de l’Éternel des armées, à la montagne de Sion ».
C’est alors que le Psaume 48 aura aussi son accomplissement ; la « montagne de Sion », changée et renouvelée, deviendra le centre d’attraction pour toute la terre.
Or, n’avons-nous pas dans ces voies merveilleuses de Dieu en faveur de son ancien peuple qu’Il avait tiré du pays d’Égypte, une belle illustration de l’évangile de sa grâce présenté à toutes les nations sans distinction, ainsi qu’aux Juifs qui avaient crucifié le Seigneur de gloire ? La longue patience de Dieu brille au-dessus de toutes ses œuvres (Ps. 145. 8 et 9).
« À vous premièrement », dit l’apôtre Pierre aux habitants de Jérusalem, coupables d’avoir « mis à mort le Prince de la vie ». La rémission des péchés leur est présentée, tout d’abord à eux. La résurrection du Sauveur était même la garantie d’un pardon complet, octroyé à tous ceux qui recevraient simplement l’évangile de Dieu (Act. 2. 32 ; 3. 15, 18, 19 et 26).
De même Paul, spécialement envoyé aux nations, ne pouvait jamais oublier les Israélites, « ses parents selon la chair », malgré toute leur haine contre Christ, haine dont son propre cœur à lui avait été rempli avant sa conversion merveilleuse (Rom. 9. 1 à 5 ; 10. 1 à 4). Il le leur avait dit à Jérusalem, au commencement de sa captivité (Act. 22. 3 à 5).
Si Dieu pouvait sauver autant de Juifs au jour de la Pentecôte et plus tard (Act. 2. 1 et 41 ; 4. 4), n’est-Il pas le même aujourd’hui pour recevoir à bras ouverts le pécheur le plus endurci qui, comptant seulement sur l’efficacité de la mort propitiatoire de Christ, se tourne vers Lui dans un vrai repentir ? Dieu veuille que tous nos chers lecteurs qui n’auraient pas encore l’assurance de leur salut, prennent à cœur ces choses !
Nous vivons dans un temps solennel, ou Dieu parle à voix haute aux nations soi-disant chrétiennes, mais, hélas, incrédules pour la plupart. Nous voyons, et nous entendons parler tous les jours, d’horreurs que l’on n’aurait pas cru possibles, d’holocaustes humains, sans qu’un résultat tangible soit apparent ; et malgré tout cela, combien y en a-t-il qui discernent la main de Dieu étendue sur les nations, chrétiennes de nom, qui se sont détournées de Lui, et qui se moquent de sa sainte Parole ?
C’est encore un temps de grâce, et le jugement du monde, annoncé partout dans les Écritures, est prêt à venir. Si l’ancien peuple d’Israël, reconnu de Dieu comme étant à Lui, reste encore incrédule, il en est de même de la chrétienté ; et l’avertissement donné à celui-là, se répète pour celle-ci : « Prépare-toi à rencontrer ton Dieu » (Amos 4. 4 à 12). « Le mystère d’iniquité opère déjà », dit l’apôtre (2 Thess. 2. 7) ; mais Dieu attend encore, jusqu’à ce que son action s’exerce contre « l’inique, le fils de perdition, qui s’oppose et s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est un objet de vénération ».
Puis le Seigneur viendra en Personne pour le juger, lui, en même temps que le chef des puissances de l’occident ; ils seront « tous les deux, jetés vifs dans l’étang de feu embrasé par le soufre, où ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles » (Apoc. 19. 20 ; 20. 10).
Or, le jugement prédit par le Seigneur a été exécuté sur Jérusalem, une quarantaine d’années après l’accomplissement de la promesse faite par les anges à ses disciples, témoins de son ascension dans le ciel.
Après sa résurrection, le Seigneur pensait naturellement à ses disciples. Quarante jours plus tard, s’étant déjà montré à eux en Galilée, Il les conduisit hors de la ville jusqu’à Béthanie, sur la montagne des Oliviers. Puis, en les bénissant, « Il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel » (Luc 24. 50 et 51).
« Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu’il s’en allait (jusqu’à ce qu’une nuée l’emporta de devant leurs yeux), voici, deux hommes, en vêtements blancs, se tinrent là à côté d’eux, qui aussi dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec, vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel » (Act. 1. 9 à 11).
Or cette assurance confirme précisément la prophétie de Zacharie qui parle du jugement des nations assemblées contre Jérusalem aux derniers jours, dont nous approchons à grands pas. Voici ses paroles :
« L’Éternel sortira et combattra contre ses nations comme au jour où il a combattu au jour de la bataille. Et ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers, qui est en face de Jérusalem, vers l’Orient ; et la montagne se fendra par le milieu, etc. » (ch. 14. 3 et 4).
Nous ne nous occupons pas à présent de ce qui suit, nous bornant à relever le fait, que le Seigneur, lors de son retour pour intervenir personnellement en faveur de son ancien peuple au moment de sa plus grande détresse, apparaîtra à l’endroit même où, à la vue de ses disciples, Il quitta la terre après sa résurrection. On ne peut trouver quelque chose de plus précis.
Mais faisons attention aux mots dont se sert le Saint-Esprit ; il s’agit d’une apparition personnelle : « ses pieds se tiendront… ». Les disciples avaient contemplé le Seigneur montant jusqu’à la nuée qui Le cacha à leurs regards. Il s’agit donc, dans ce cas, de choses qui se passent sur la terre.
Par contre, une révélation fut faite à l’apôtre Paul, au moment où il écrivait sa première épître aux Thessaloniciens, portant qu’avant de s’occuper en jugement des choses terrestres, le Seigneur va recueillir auprès de Lui, « dans les nuées », tous ceux qui auront reçu l’évangile de sa grâce : II ressuscitera les morts et changera les vivants, afin que nous soyons tous auprès de Lui pour toujours (1 Thess. 4. 13 à 18, et 1 Cor. 15. 51 à 58).
Quelle précieuse attente pour les croyants. Puissions-nous être trouvés « veillant » !
Nous avons indiqué, d’une façon très sommaire, les châtiments de Dieu qui ont atteint le pays d’Israël et la ville de Jérusalem, à la suite du rejet de Christ, condamné par les chefs de son peuple, à la mort de la croix, ainsi que les effets de ses voies de grâce, basées sur la résurrection du Sauveur, et annoncées au peuple par l’apôtre Pierre, le jour de la Pentecôte.
Cette fête eut lieu dix jours après l’ascension de Christ, depuis la montagne des Oliviers. La grâce de Dieu eut libre cours alors, car l’évangile annoncé à cette occasion fut béni abondamment, en ce que trois mille parmi les assistants, réunis de tous les pays entourant la Palestine, furent convertis au Seigneur.
Mais cette bénédiction passagère ne fit aucune impression sur les chefs du peuple, incrédules pour la plupart ; les sacrificateurs au pouvoir dans ce moment, étaient des sadducéens rationalistes ou matérialistes. Une forte persécution ordonnée par eux, eut pour effet de chasser de la ville presque tous ceux qui avaient cru lors de la prédication des apôtres. Ceux-ci annoncèrent l’évangile partout où ils allèrent, mais seulement à des Juifs.
Un peu plus tard, quelques-uns du nord de l’Afrique commencèrent à en parler aux Grecs, en sorte qu’à Antioche en Syrie, les disciples de diverses nationalités furent appelés chrétiens (Act. 11. 19 à 26). Dans ce temps-là, Saul de Tarse fut envoyé du Seigneur de manière définie « aux nations » (Act. 22. 21). C’est lui, le premier, qui traversa l’Hellespont, afin de porter l’évangile en Europe.
À tous ces soins de Dieu, nous devons la bénédiction sans prix de connaître sa grâce en faveur des pécheurs. Elle était bien grande en effet, car le brigand crucifié à côté de Christ, qu’il reconnut comme son « Seigneur », en fut le premier exemple. Or, si c’est par la grâce que nous sommes sauvés, ce n’est plus sur le principe des œuvres (Rom. 11. 5 et 6).
Il fallait en effet que Christ passe par la mort, afin de nous ouvrir en justice la porte de la grâce ; car c’est Lui qui porta alors devant Dieu la peine de nos iniquités. La grâce s’unit ainsi à la justice de Dieu, pour nous offrir le salut d’une façon qui Le glorifie. Que son nom soit à jamais béni !
N’oublions pas toutefois que la proclamation de la grâce, de Dieu dans ce monde, devenue aujourd’hui presque universelle, n’empêche nullement l’exécution de ses voies gouvernementales, qui se résument ainsi : « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6. 7). La dispersion actuelle des Juifs en reste comme une preuve, qui doit parler hautement à la conscience des Gentils, aussi bien qu’à la leur.
Ces deux choses, la dispersion nationale dont nous parlons, et la proclamation de l’évangile, ont commencé à Jérusalem. Mais nous constatons avec joie que si la dernière a eu lieu immédiatement, Dieu attendit une quarantaine d’années avant que se réalisât la prophétie du Seigneur, alors qu’Il pleurait sur la ville, au moment où ses disciples disaient : « Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts ! » (Luc 19. 37 à 44). Comme est solennelle sa lamentation, et quel avertissement pour ceux qui négligent aujourd’hui encore l’évangile de la grâce ! Voici ses paroles :
« Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux. Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées, et t’environneront, et te serreront de tous côtés, et te renverseront par terre, toi et tes enfants au dedans de toi ; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps de ta visitation ».
Le gouvernement de Dieu est aussi redoutable que sa grâce est riche et caractérisée par son insistance miséricordieuse. Il est cependant un précieux passage qui rappelle que la colère de Dieu a un terme. Le psalmiste dit : « Il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur ; le soir, les pleurs viennent loger chez nous, et le matin il y a un chant de joie » (Ps. 30. 5).
Il en sera ainsi pour Jérusalem. Les nations, malgré elles, se voient obligées de s’en occuper, et cela en luttant les unes contre les autres, mais, comme nous l’avons déjà vu leurs machinations n’aboutiront pas. Dieu se chargera du relèvement du peuple et de la ville, d’une façon tout à fait inattendue du monde incrédule.
Ajoutons encore que Dieu n’a pas oublié les restes des dix tribus d’Israël dispersées lors de leur défaite par les rois d’Assyrie, environ 130 ans avant la prise de Jérusalem et sa destruction par Nebucadnetsar, roi de Babylone. Elles sont restées dès lors perdues parmi les nations, et, par conséquent, elles n’ont pas pris part au crucifiement du Seigneur Jésus.
La prophétie de Zacharie, ch. 11, qui indique la trahison de Judas Iscariote, prélude de la condamnation et de la mort du Seigneur, mentionne aussi la mise à part d’Israël, pour qu’il ne participe pas aux résultats moraux du crime de Juda en crucifiant Christ.
La réunion finale des tribus dispersées avec Juda n’aura donc lieu qu’après la « grande tribulation » qui tombera surtout sur les Juifs, c’est-à-dire sur les deux tribus de Juda et de Benjamin. Pour le moment, la « fraternité entre Juda et Israël » est rompue (v. 14). Leur réunion finale est traitée en détail par Jérémie aux chapitres 30 et 31, après la journée de détresse à laquelle il n’y en aura point de semblable (v. 7). En Apocalypse 7. 5 à 8, les noms des dix tribus paraissent entre ceux de Juda et de Benjamin.
Il est à noter que Jérusalem n’est pas mentionnée dans ces deux chapitres de Jérémie ; mais à Zacharie, spécialement suscité, avec Aggée, pour encourager les captifs rentrés dans le pays pour y rebâtir le temple, beaucoup de détails furent donnés. Son chapitre 12 en est occupé tout entier.
Un fait surtout réclame notre attention spéciale, étant deux fois mentionné : c’est que malgré les bouleversements extraordinaires qui vont avoir lieu, l’emplacement actuel de la Jérusalem de l’avenir ne sera nullement changé. Nous lisons : « Jérusalem demeurera encore à sa place, à Jérusalem ». Plus loin, nous trouvons un détail de plus : « Elle sera élevée », mais « elle demeurera en son lieu, depuis la porte de Benjamin jusqu’à l’endroit de la première porte, jusqu’à la porte du coin, et depuis la tour de Hananeël jusqu’aux pressoirs du roi » (ch. 12. 6 ; 14. 10). Que peut-il y avoir de plus précis ?
En rapport avec cela, il est intéressant d’observer la place qu’elle a dans les « cantiques des degrés ». Il y en a quinze : dans cinq, Jérusalem est spécialement mentionnée, trois fois au Psaume 122, une fois aux Psaumes 125, 126, 128. De même, on trouve Sion, sept fois dans cette série de Psaumes. Puis, dans les Psaumes qui suivent, 135 et 137, Jérusalem paraît quatre fois, et Sion trois fois.
Sion était le lieu d’habitation du roi David, où il gardait l’arche de Dieu dans une tente, près de sa demeure, en attendant que le temple fût bâti par son fils Salomon ; et il dit expressément : « L’Éternel a choisi Sion; il l’a désirée pour être son habitation » (Ps. 132. 1 à 3). Puis la réponse de Dieu suit immédiatement : « C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée ».
En outre, le rétablissement des captifs est célébré dans le Psaume 126, de façon que les nations elles-mêmes reconnaissent la fidélité et les soins de Dieu en faveur de son ancien peuple. Les deux derniers versets semblent être une allusion faite à Christ comme divin Semeur, semant avec larmes, mais qui reviendra avec chant de joie, « portant ses gerbes », au jour où Il fera rentrer son peuple racheté dans l’héritage de leurs pères.
Comparez le Psaume 118. 19, où le Seigneur est le seul qui peut entrer en vertu de sa propre justice, et dire : « Ouvrez-moi les portes de la justice ; j’y entrerai, je célébrerai Jah » (c’est-à-dire ce que Dieu est en relation avec son peuple, eu égard à l’immutabilité et à l’éternité de son Être).
Évidemment, il n’y a que Christ qui puisse répondre à cela, ayant pris une forme humaine sur la terre. Ensuite, y étant entré, Il devient Lui-même la porte par laquelle « les justes » peuvent suivre, afin de jouir des bénédictions déjà préparées pour eux. Voyez Jean 10. 7 à 9, où le Seigneur dit : « Je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ».
Pour ce qui regarde la divine moisson, dont nous venons de parler, rappelons-nous que le Seigneur se présente comme le « Semeur », dans les trois premiers Évangiles. Puis, dans le quatrième, Il est la semence même, passant par la mort, afin de porter « beaucoup de fruit » (Jean 12. 24). En Matthieu 13. 37. « Celui qui sème la bonne semence, est le Fils de l’homme ». On retrouve toujours la mort et la résurrection de Christ, comme la clef pour comprendre toutes les merveilles de la grâce de Dieu. Voyez aussi une allusion à la moisson en Jean 4. 35.
Un seul verset du premier chapitre de l’Évangile de Matthieu résume ainsi les siècles écoulés entre l’appel d’Abraham (Gen. 12) et la naissance du Sauveur à Bethléhem.
« Toutes les générations, depuis Abraham jusqu’à David, sont donc quatorze générations ; et depuis David jusqu’à la transportation de Babylone, quatorze générations ; et depuis la transportation de Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations ».
Or Abraham était pèlerin et voyageur dans le pays de Canaan. Il fut donné à David, spécialement nommé par l’Éternel, « un homme selon son cœur » (1 Sam. 13. 14), d’établir Jérusalem comme la capitale du royaume, et c’est là que son fils Salomon bâtit le temple, où fut placée l’arche, « le trône de Dieu ».
L’arche y resta jusqu’à la captivité, et à la destruction du temple et de la ville par Nebucadnetsar, roi des Chaldéens ; car Dieu ne permit pas aux rois d’Assyrie de toucher à la ville de Jérusalem (És. 10. 33 et 34 ; 37. 36 à 38). Tout ce qui restait du peuple juif fut alors transporté à Babylone par les Chaldéens (Habakuk 1. 5 à 10).
Nos lecteurs qui voudront bien se donner la peine d’examiner, dans nos Bibles, la carte des « Quatre empires des nations », lesquelles, depuis la transportation des Juifs à Babylone, ont dominé successivement sur eux, n’auront pas de peine à constater que Jérusalem se trouve au centre des terres dont il est question dans les prophéties : d’abord, depuis les rives de l’Espagne à l’ouest, jusqu’aux limites des conquêtes d’Alexandre, à l’est ; et ensuite dans l’autre sens, depuis le midi de l’Égypte jusqu’aux montagnes de l’Arménie et à la mer Caspienne.
Ne semble-t-il pas tout naturel que le gouvernement à venir, pendant le règne du Seigneur, soit établi à Jérusalem ? Il est bien clair qu’il y aura des bouleversements remarquables dans les temps futurs, surtout au midi de la Palestine, mais l’emplacement de la ville ne sera nullement changé, malgré le fait incontestable qu’elle sera soulevée (Zach. 12 ; 14. 10). Nous en parlerons tout à l’heure.
À cet égard, nous citons d’un opuscule « Le livre du prophète Sophonie », par H. R. les paroles suivantes : « En Sophonie, Jérusalem, comme lieu de naissance du résidu, occupe le premier plan dans la restauration d’un peuple futur, mis à part pour Dieu, du milieu d’un entourage incrédule, corrompu et persécuteur » (Comp. És. 65. 13 à 19).
Le passage d’Ésaïe 18. 4 à 7, bien que les termes en soient symboliques, est précis. Dieu laissera faire jusqu’à ce que la réussite finale des plans des nations intéressées leur semblera assurée ; « la floraison finie », le raisin vert commençant déjà à mûrir, l’indique bien. Mais dans ce moment même, tout sera anéanti ; car il « coupera les pousses avec des serpes, et ôtera les sarments », en sorte que les nations resteront confuses par le renversement de tous leurs complots.
Dieu a d’autres projets en vue, pour la gloire de son Fils bien-aimé.
Pour nous donc, au point de vue de la terre, le grand événement futur est le retour personnel du Seigneur Jésus Christ ici-bas, qui suivra l’enlèvement des saints. Quant à l’Église, c’est-à-dire, les croyants d’entre les Juifs ainsi que d’entre les nations, depuis le moment de la descente du Saint-Esprit sur les disciples au jour de la Pentecôte (Act. 2), elle aura déjà été enlevée à la rencontre du Seigneur dans les airs. Et sans doute, tous les croyants depuis le commencement du monde, bien qu’ils n’appartiennent pas à l’Église, seront ressuscités en même temps. Pour tous ceux-là, leur part est avec Christ dans le ciel ; puis notre foi les considère déjà comme « les esprits des justes consommés » (Héb. 12. 23). C’est la « Jérusalem céleste », qui est « notre mère » (Gal. 4. 26).
Ce ne sera qu’à la fin de cela que le Seigneur commencera à s’occuper personnellement de la terre. Puis Il viendra comme nous l’avons déjà dit sur la montagne des Oliviers : « L’Éternel mon Dieu viendra et tous les saints avec toi » (Zach. 14. 5).
Ce sera un moment de crise à Jérusalem alors que toutes les nations seront rassemblées contre elle, correspondant sans doute au chapitre 19 de l’Apocalypse, où nous voyons que la « bête » – chef reconnu des puissances l’Occident – et le « faux prophète » chef des Juifs apostats, ligués avec la bête, seront « tous deux jetés vifs dans l’étang de feu embrasé par le soufre » (v. 20).
C’est alors que la montagne des Oliviers se fendra par le milieu, comme nous voyons en Zacharie 14. 4. Mais il y aura encore d’autres changements ; car la ville elle-même « sera élevée » (v. 10), bien que sa position géographique ne soit pas changée ; car elle « demeurera en son lieu » (ch. 12. 6 ; 14. 10) cette élévation sera très considérable ; elle embrassera toute cette partie du pays, depuis Guéba, au nord, jusqu’à Rimmon « au midi de Jérusalem ». Si l’on suppose que cet endroit est dans le voisinage de Bethléhem, l’étendue du pays mentionné aurait une vingtaine de kilomètres en longueur, du nord au midi.
Il y aura cependant un autre soulèvement beaucoup plus considérable, savoir « la montagne de la maison de l’Éternel, établie sur le sommet des montagnes, et élevée au-dessus des collines », au nord de Jérusalem, à environ cinq kilomètres du centre de la nouvelle ville de Jérusalem, d’après les mesures données par Ézéchiel (ch. 45. 1 à 6). Le prophète Michée répète, au commencement du chapitre 4, les mots d’Ésaïe 2. 2. Ils s’accordent avec le Psaume 48. 2, qui donne à cette montagne le nom de « Sion », « aux côtés du nord, la ville du grand Roi ».
Or il est à noter que, sauf ce passage, il n’y a pas dans l’Ancien Testament une indication topographique précise de Sion, la forteresse des Jébusiens prise par le roi David. On connaît l’endroit par ses associations, comme « la ville de David » ; et cela est important pour comprendre les allusions continuelles qui lui sont faites dans les Écritures, autant que pour l’intelligence de son avenir prophétique.
Anciennement, Sion était une partie intégrante de la ville de Jérusalem. Dans l’avenir elle en sera détachée, au nord, « une très haute montagne », d’où il fut donné à Ézéchiel de contempler la ville « du côté du midi » (ch. 40. 2). L’ancienne forteresse de Sion était le lieu d’habitation de David ; la Sion de l’avenir est la montagne où le temple d’Ézéchiel sera construit, juste au milieu du carré de la « Sainte offrande élevée », appropriée à l’Éternel, et prise du terrain mis à part, comme la « possession » du futur prince d’Israël, pendant le règne millénaire du Seigneur (Éz. 48. 8 à 22).
Ajoutons que ces changements dans le niveau du terrain ne seront pas limités aux abords de la ville ; car, selon l’arrangement nouveau des tribus dans le dernier chapitre d’Ézéchiel, il faudra qu’il y ait de la place pour que les cinq tribus, au midi de la « possession du prince », puissent s’étendre du côté de l’occident sur un terrain couvert à présent par l’eau de la mer.
« L’Éternel desséchera la langue de la mer d’Égypte », et le Nil reprendra paraît-il son ancien lit, et se jettera dans la Mer Rouge. Les alluvions provenant de tout ce que le Nil a déposé pendant les siècles passés, étant soulevées, seront une riche acquisition pour les tribus méridionales, tandis que celles du nord pourront s’étendre du côté oriental, quand le désert se réjouira et « fleurira comme la rose » (És. 11. 15 ; 35. 1 et 2). Les tribus du midi ne pourront s’étendre du côté oriental ; car les pays de Moab et d’Ammon leur seront conservés (Jér. 48. 47 ; 49. 6).
Quel beau jour, lorsque « la lune rougira, et le soleil aura honte ; car l’Éternel des armées régnera en la montagne de Sion, et à Jérusalem, et devant ses anciens, en gloire » (És. 24. 23). Alors le règne millénaire de Christ commencera ; mais cela ne suppose pas qu’Il restera ici-bas sur la terre pendant ce temps. D’après la dernière moitié du chapitre 21 de l’Apocalypse, il semblerait que la cité terrestre sera éclairée par la gloire de la cité céleste, dont « l’Agneau est la lampe » (v. 23).
La « nouvelle Jérusalem », céleste, représentera tous les rachetés, les « prémices de la terre » déjà réunis autour du Seigneur Jésus dans la gloire. Il est « l’Agneau », par le sang duquel ils sont purifiés et rendus propres pour la présence du Dieu saint.
La ville elle-même, dont les fondements sont les « douze apôtres », représente l’Église glorifiée. Les « portes de perles », sont gardées par douze anges, et sur elles sont écrits les noms des douze tribus des fils d’Israël (v. 12) ; cela nous fait donc comprendre qu’il y aura beaucoup d’âmes sauvées qui jouiront de la cité céleste, mais qui ne constituent pas la cité elle-même.
Tels sont les saints croyants de tous les âges qui, comme Abraham, croyaient en Dieu, et d’autres encore, atteints par les terribles persécutions des derniers jours, après que l’Église aura été enlevée, et que le Seigneur se la sera présentée à Lui-même, comme son épouse (Éph. 5. 25 à 27).
Quant à cet état de choses, la Jérusalem terrestre de l’avenir, éclairée par la cité céleste, nous lisons encore en Zacharie que ce sera « un jour connu de l’Éternel, pas jour et pas nuit ; et au temps du soir il y aura de la lumière » ; puis encore : « l’Éternel mon Dieu viendra, et tous les saints avec toi » (ch. 14. 5 à 7). Quelle réunion glorieuse de tous les croyants !
On a demandé si le Seigneur sera Lui-même sur la terre, pendant le règne de mille ans ?
Nous pensons que les faits déjà mentionnés fournissent la réponse. Il viendra en Personne au commencement pour exécuter le jugement sur « la bête et l’antichrist » (Apoc. 19), et sur leurs armées rangées en bataille contre Jérusalem ; puis Il restera le centre de la cité céleste, son temple, et sa « lampe » (Apoc. 21. 22 et 23).
En outre, le Seigneur dit à ses disciples qui L’avaient suivi en Galilée : « Dans la régénération, quand le fils de l’homme se sera assis sur le trône de sa gloire, vous aussi, vous serez assis sur douze trônes jugeant les douze tribus d’Israël » (Mat. 19. 28). Les douze disciples auront donc une autorité à exercer sur la terre renouvelée, mais cela ne fait pas supposer qu’ils se promèneront ici-bas comme jadis avant d’avoir reçu leurs corps de résurrection. Comparez encore Matthieu 22. 30, où le Seigneur dit positivement que l’on sera alors « comme des anges de Dieu dans le ciel ».
Un autre témoignage vient s’ajouter à ce qui précède, savoir que, pendant les mille ans du règne glorieux du Seigneur sur la terre, il y aura un prince terrestre sur les douze tribus d’Israël de ce temps-là. Celui-là aura une possession à lui, au milieu du pays, s’étendant de la mer, à l’occident, jusqu’à la limite orientale ; elle embrassera les deux côtés du carré central, approprié à la nouvelle ville de Jérusalem, et à la sainte montagne de « Sion ». Le carré, comme nous l’avons vu plus haut, est appelé « la sainte offrande élevée » (Éz. 48. 22).
Envisagée du nord au midi, la possession du prince se trouvera entre la portion assignée à Juda et celle de la tribu de Benjamin.
Dans ce temps-là, il y aura une prolongation de la vie humaine, qui continuera d’ailleurs comme à présent, mais assujettie à un gouvernement de Dieu plus direct (voyez Ps. 101. 6 à 8). Par conséquent on pourra s’attendre à une répétition de vies longues, comme avant le déluge, car celui qui mourra âgé de cent ans, sera estimé un enfant (És. 65. 20).
Rappelons en terminant que toutes ces choses nous sont révélées, non pas pour satisfaire notre curiosité quant à l’avenir, mais plutôt pour nous faire comprendre que le but du Seigneur Jésus, en devenant un Homme ici-bas, était la révélation du nom d’Emmanuel, « Dieu avec nous ». C’est le commencement et la fin de l’Évangile de Matthieu (ch. 1. 23 ; 28. 20).
Dans l’état éternel, « l’habitation de Dieu sera avec les hommes et Il habitera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu » (Apoc. 21. 3). Or ce grand fruit des intentions de Dieu à notre égard devrait être continuellement dans nos pensées.
C’est pour cela que le Sauveur a dit : « Venez à moi et je vous donnerai le repos » – le seul véritable repos de l’âme. Et c’est pour cela que l’évangile est prêché de jour en jour.
Tout au long du livre des Juges, nous retrouvons ce même déroulement : les fils d’Israël s’écartent de leur Dieu pour servir les idoles ; l’Éternel doit les châtier jusqu’à ce qu’ils crient à Lui ; alors, Il leur suscite un juge qui les délivre. Sous la houlette d’Othniel, leur premier juge, « le pays fut en repos quarante ans. Et Othniel, fils de Kenaz, mourut » (Jug. 3. 11).
« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et l’Éternel fortifia Églon, roi de Moab, contre Israël, parce qu’ils faisaient ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel. Et Églon assembla auprès de lui les fils d’Ammon et Amalek, et il alla et frappa Israël ; et ils prirent possession de la ville des palmiers. Et les fils d’Israël servirent Églon, roi de Moab, dix-huit ans » (v. 12 à 14). « Et les fils d’Israël crièrent à l’Éternel ; et l’Éternel leur suscita un sauveur, Éhud, fils de Guéra, le Benjaminite, qui était gaucher » (v. 15).
C’est avec une petite épée à deux tranchants qu’Éhud met hors d’état de nuire Églon, roi de Moab. Cette épée a donné la mort à ce méchant roi qui opprimait les fils d’Israël. L’Épître aux Hébreux compare la Parole de Dieu, vivante et opérante, à une épée à deux tranchants (Héb. 4. 12). Elle est bonne et précieuse pour ceux qui se laissent guider par son moyen, elle condamne et fera périr ceux qui n’auront pas cru. Jésus a dit, de ceux qui ne reçoivent pas ses paroles : « C’est la parole que j’ai dite qui le jugera au dernier jour » (Jean 12. 48 ; Apoc. 19. 13).
Éhud, après avoir mis à mort Églon, roi de Moab, revient vers le peuple. Tout de suite, il « sonnera de la trompette dans la montagne d’Éphraïm ; et les fils d’Israël descendirent avec lui de la montagne, et lui devant eux. Et il leur dit : Suivez-moi, car l’Éternel a livré en votre main vos ennemis, les Moabites. Et ils descendirent après lui, et… ils frappèrent Moab, environ dix mille hommes, tous forts et tous vaillants, et pas un n’échappa. Et en ce jour-là, Moab fut abattu sous la main d’Israël ; et le pays fut en repos quatre-vingts ans » (Jug. 3. 27 à 30).
« Et après Éhud, il y eut Shamgar, fils d’Anath ; et il frappa les Philistins, six cents hommes, avec un aiguillon à bœufs. Et lui aussi sauva Israël » (v. 31). L’arme de Shamgar peut aussi se comparer à la Parole de Dieu, comme le monde la voit : un livre sans aucune valeur apparente. Qu’est-ce qu’un aiguillon à bœufs pour délivrer Israël de l’ennemi ? Pourtant ce simple objet a suffi pour remporter la victoire. L’apôtre Paul écrit, en parlant de la prédication : « nous prêchons Christ crucifié, … pour les nations folie, mais pour ceux qui sont appelés, … Christ la puissance de Dieu » ; et concernant les porteurs de l’Évangile : « Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages ; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes » (1 Cor. 1. 23 et 27). Éhud, gaucher, fait penser à la faiblesse de l’homme ; l’aiguillon de Shamgar met en évidence la faiblesse d’un instrument. Les deux mots font ressortir la puissance de Dieu qui délivre ceux qui crient à Lui : « Car toi, Seigneur ! tu es bon, prompt à pardonner, et grand en bonté envers tous ceux qui crient vers toi » (Ps. 86. 5). Si, avec l’épée de l’Esprit qui est la Parole de Dieu, nous nous opposons à Satan, alors « nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Rom. 8 v. 37).
« Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; or Éhud était mort. Et l’Éternel les vendit en la main de Jabin, roi de Canaan, qui régnait à Hatsor ; et le chef de son armée était Sisera, …. Et les fils d’Israël crièrent à l’Éternel ; car Jabin avait neuf cents chars de fer, et il opprima fortement les fils d’Israël pendant vingt ans. Et Debora, une prophétesse, femme de Lappidoth, jugeait Israël en ce temps-là » (ch 4 v. 1 à 4).
L’état du peuple s’était aggravé, à tel point que c’est une femme qui doit remplir l’office de juge. Malgré cela, Debora, « une mère en Israël », reste dans le cadre que Dieu lui assigne. Dans cette perspective, il est de toute importance, pour les jours actuels, de comprendre et d’accepter l’ordre donné par le Seigneur pour la marche de l’Église (l’Assemblée) ; lire : 1 Cor. 14. 34 ; 1 Tim 2. 11 à 15. Debora reste sous son palmier et on vient vers elle. Elle ne va pas de lieu en lieu pour juger les fils d’Israël comme le faisait Samuel. C’est une femme de foi, avec le sentiment profond de l’état humiliant du peuple de Dieu. Elle voit comme une honte, pour les conducteurs d’Israël, dans le fait que Dieu confie une position d’activité publique à une femme au milieu du peuple. Barak est repris par Debora : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, ne l’a-t-il pas commandé ? » (v. 6). Bien qu’il soit cité comme un homme de foi (Héb. 11. 32), il hésite à remplir la mission reçue et dit à Debora : « Si tu vas avec moi, j’irai ; mais si tu ne vas pas avec moi, je n’irai pas ». Et elle répond : « J’irai bien avec toi ; seulement ce ne sera pas à ton honneur dans le chemin où tu vas, car l’Éternel vendra Sisera en la main d’une femme » (v. 9).
« Et Sisera rassembla tous ses chars, neuf cents chars de fer, et tout le peuple qui était avec lui », … « Et Debora dit à Barak : Lève-toi, car c’est ici le jour où l’Éternel livrera Sisera en ta main. L’Éternel n’est-il pas sorti devant toi ? Et Barak descendit du mont Thabor, et dix mille hommes après lui. Et l’Éternel mit en déroute Sisera, et tous ses chars, et toute l’armée, par le tranchant de l’épée, devant Barak ; et Sisera descendit de son char, et s’enfuit à pied » (Jug. 4. 13 à 16). La victoire est totale, Sisera, le chef de l’armée ennemie, est mis à mort dans la maison de Jaël. « Et en ce jour-là, Dieu abattit Jabin, roi de Canaan, devant les fils d’Israël » (v. 23). « Et Debora chanta, … avec Barak, fils d’Abinoam, en disant : parce que des chefs se sont mis en avant en Israël, parce que le peuple a été porté de bonne volonté, bénissez l’Éternel ! Rois, écoutez ! princes, prêtez l’oreille ! Moi, moi, je chanterai à l’Éternel ; je chanterai un hymne à l’Éternel, le Dieu d’Israël. Éternel ! quand tu sortis de Séhir, quand tu t’avanças des champs d’Édom, la terre trembla, et les cieux distillèrent, … » (5. 1 à 5). « Bénie soit, au-dessus des femmes, Jaël, femme de Héber, le Kénien ! Qu’elle soit bénie au-dessus des femmes qui se tiennent dans les tentes ! ». Dieu se servit de Debora et de Jaël pour réveiller les fils de son peuple, et eux, une fois réveillés, prenant leur responsabilité, « ils retranchèrent Jabin, roi de Canaan » (4. 24). Que la foi de ces juges et leur ardeur pour les intérêts du peuple de Dieu nous stimule pour que nous nous attendions au Seigneur et L’attendions des cieux car : « voici, il vient » !
« Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés ; car du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré… Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère » (Mat. 7. 1, 2, 5).
Les paroles de Jésus nous interpellent (texte du jour). Devons-nous rester indifférents au mal et ne pas avertir ceux qui s’y laissent entraîner ? Non, « la crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal » (Prov. 8. 13). « Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal » (És. 5. 20).
Mais Jésus notre Seigneur veut ici nous mettre en garde contre l’esprit de jugement, contre cette fâcheuse tendance que nous avons à voir le mal chez les autres et à fermer les yeux sur nos propres fautes. À l’époque de Jésus, cette tendance était très marquée chez les chefs religieux, notamment chez les pharisiens. Nous éprouvons une juste répugnance vis-à-vis de leur attitude hypocrite, mais, soyons honnêtes, parfois nous leur ressemblons un peu ! Soyons donc prudents, et ne pensons pas être à l’abri de cette dérive.
Jésus rappelle aussi que nous « moissonnons ce que nous avons semé » (Gal. 6. 7). Nous récoltons les conséquences de nos actes et de nos paroles, et nous nous exposons à être jugés avec la sévérité dont nous avons nous-mêmes fait preuve dans nos jugements. Il attire encore notre attention sur le fait que tout ce qui n’est pas en ordre dans notre vie personnelle (la poutre dans notre œil) obscurcit notre discernement spirituel, et par conséquent nous disqualifie pour une bonne appréciation des choses chez autrui. Aussi, encourageons-nous à être bienveillants avec nos proches ; quant à nous, laissons-nous sonder par la lumière de Dieu : « Ô Dieu… éprouve-moi, et connais mes pensées » (Ps. 139. 23).
Les rencontres de Jésus : Simon Pierre (Luc 5. 1 à 12)
« Or il arriva, comme la foule se jetait sur lui, pour entendre la parole de Dieu, qu’il se tenait sur le bord du lac de Génésareth. Et il vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Et montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre ; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle.
Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Mène en pleine eau, et lâches vos filets pour la pêche. Et Simon, répondant, lui dit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris ; mais sur ta parole je lâcherai le filet. Et ayant fait cela, ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.
Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider – et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient. Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus disant : Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux .qui étaient avec lui, (à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire ; de même que Jacques et Jean aussi, fils de Zébédée, qui étaient associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes. Et ayant mené les nacelles à terre, ils quittèrent tout et le suivirent ».
Livré à lui-même et à sa science, l’homme ne peut rien ; nous en avons un tableau saisissant dans le récit de la « pêche miraculeuse », qui nous est fait au commencement de Luc 5. Simon et ses associés, Jacques et Jean, avaient fourni un gros effort, ils avaient travaillé toute la nuit mais en vain, car ils n’avaient rien pris. Pourtant ils étaient pêcheurs de métier, ils connaissaient, par expérience, le moment et l’endroit les plus favorables, tous trois étaient bien organisés pour la pêche, ils avaient des nacelles et des filets ; ils ne manquaient ni de méthode, ni de courage ; aussitôt rentrés, nous les voyons occupés à vérifier et à laver leurs filets, en vue d’une nouvelle pêche qu’ils espéraient, sans doute, plus heureuse.
Cependant le Maître est là qui les observe, il les connaît à fond et il va au-devant même des désirs de leur cœur. Montant dans la nacelle de Simon, il s’adresse d’abord à la foule avide de l’entendre, puis, avec son autorité de créateur des mondes et de ce qu’ils contiennent, il dit : Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche.
Simon ne peut s’empêcher de faire remarquer qu’il a travaillé toute une nuit et, à vue humaine, dans les conditions les plus favorables, cependant il obéit, et dans sa confusion, sa foi, si faible soit-elle, ne va pas être déçue : aussitôt lâché, le filet se trouve rempli d’une surabondance de poissons telle qu’il commence à se rompre. Les pêcheurs de l’autre nacelle doivent vite venir se porter au secours du pêcheur émerveillé, et même, les deux nacelles enfoncent sous la charge !
Simon a compris, mais voici que cette pêche merveilleuse qui aurait dû être pour lui un sujet de joie et une bénédiction, devient un sujet de frayeur ; il se jette aux pieds de Jésus : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ». Jésus lui, dit : « Ne crains pas ; dorénavant tu prendras des hommes ».
Maintenant les choses du monde ne comptent plus, non seulement pour lui, mais aussi pour ses associés ; ils quittèrent tout et le suivirent.
Chers amis, vous est-il arrivé de vous jeter aux pieds du Seigneur et de vous écrier : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur ? » Aujourd’hui, c’est encore le temps de la grâce et, comme sur le bord du lac de Génésareth, le Sauveur se tient près de vous et sa voix se fait entendre : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).
Vous qui travaillez et qui gémissez, vous qui vous confiez en vous-même, dans votre travail et dans votre science, dans vos biens ou dans vos amitiés, ne restez pas sourds et indifférents aux appels de la grâce. Venez au Sauveur tels que vous êtes, dans vos misères, dans vos infirmités, dans vos péchés, acceptez le salut qui se donne gratuitement à « quiconque » veut.
Ne travaillez pas en vain, seuls, loin de Lui, loin de la bénédiction ; obéissez à sa Parole, confiez-vous entièrement en Lui et non pas dans vos propres ressources. N’a-t-il pas donné sa vie pour vous à la Croix ? Ses mains et ses pieds troués, son côté percé, son sang répandu, tout cela ne parle-t-il pas à votre cœur de l’amour de Christ pour le pécheur ?
Avec Christ vous viendrez à bout de tout ; la bénédiction sera là, dans votre travail, dans vos affaires, et vous pourrez la conserver et en jouir pleinement ; le filet ne se déchirera pas et la nacelle tiendra ; vous serez parfaitement heureux et votre joie débordante sera un témoignage puissant à la gloire de Dieu.
Les rencontres de Jésus : Nicodème (Jean 3)
« Mais il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs. Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui. Jésus répondit et lui dit : en vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?
Jésus répondit : en vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas de ce que je l’ai dit : il vous faut être nés de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Nicodème répondit et lui dit : comment ces choses peuvent-elles se faire ? Jésus répondit et lui dit : Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ?
En vérité, en vérité, je le dis : nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si je vous ai parlé des choses terrestres, et que vous ne croyez pas ; comment croirez-vous, si je vous parle des choses célestes ? Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle.
Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises ; car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises ; mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu ».
Jésus, poursuivant sa carrière terrestre, étonnait la ville de Jérusalem par ses miracles, et quelques-uns de ceux qui en étaient témoins, enthousiasmés par eux, déclaraient croire en lui. Mais, est-il dit, « Jésus ne se fiait pas à eux, car lui-même savait ce qui était dans l’homme ». Que voyait-il donc dans l’homme ? Comment l’appréciait-il ? Sa conversation avec Nicodème nous l’apprend. Elle nous apprend aussi de quoi l’homme, de quelque origine, de quelque pays, de quelque situation sociale qu’il soit, a besoin d’avoir de la foi, non pas en une vague puissance surnaturelle, mais en un Sauveur, et cela parce qu’il est perdu.
Voici un homme intelligent, instruit dans la religion judaïque, dans la Loi de Dieu, que celui-ci avait donnée à son peuple Israël ; il est versé plus que quiconque dans ses exigences, il l’enseigne au peuple. C’est de plus un homme considéré, un chef des Juifs. C’est un sage parmi les plus sages. Il a vu Jésus à l’œuvre. Il a été saisi. Alors que ses collègues, les pharisiens et les principaux du peuple, tiennent Jésus pour un imposteur, lui est convaincu qu’il s’agit d’un prophète authentique, et, poussé par un besoin plus profond qu’il ne le pense lui-même, il se rend auprès de Jésus, secrètement toutefois, de nuit, de peur de se compromettre.
Nicodème croit faire beaucoup et honorer Jésus en mettant pour ainsi dire sa sagesse à son service : « Maître, dit-il, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui ».
Assurément, Nicodème disait vrai. Les miracles montraient en Jésus un envoyé de Dieu, Mais, s’en tenant là, il savait bien peu de chose ! Ce n’est pas la sagesse humaine qui peut nous révéler ce qu’est Jésus.
Jésus met à nu l’ignorance profonde du docteur de la Loi en dévoilant devant lui tout un monde nouveau.
Tout d’abord ceci : que la nature humain incorrigible, impossible à amender, étrangère aux choses de Dieu, est à mettre de côté. En effet, il faut naître de nouveau pour obtenir la faveur divine, entrer dans le royaume de Dieu. On entend souvent parler, de nos jours, du royaume de Dieu, de l’avancement du royaume de Dieu de l’amélioration du monde en vue du royaume de Dieu. Disons nettement, fondés sur la Parole de Dieu, que ce royaume ne peut pas s’établir par le progrès de l’homme, mais par sa mise de côté entière : il faut naître de nouveau pour y entrer.
Une nouvelle naissance ? Nicodème s’étonne. La sagesse humaine élève son « Comment ? »
Il faut être nés de nouveau, répète Jésus, né d’eau et de l’Esprit. Il faut une œuvre nouvelle opérée non par le sang et la chair, mais par la Parole qui purifie, par l’Esprit qui donne la vie Si haut que l’homme paraisse s’élever à se propres yeux, il n’accomplit aucun progrès moral véritable, il n’a aucune entrée dans les choses divines sans la nouvelle naissance.
Le sage Nicodème va d’étonnement en étonnement. « Comment ces choses peuvent-elles faire ? »
Et voici balayées toutes les prétentions de sagesse humaine, même de la sagesse la plus religieuse, la plus orthodoxe comme celle de Nicodème : « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ! »
Ah c’est que ces choses sont les choses du ciel. Et qui en parlera, sinon celui qui est descendu du ciel ?
« Tu es un docteur venu de Dieu », avait dit Nicodème. Il ne faut pas en rester là. D’où vient-il, ce docteur ? D’où, cet homme qui parlait comme jamais ne parla aucun homme, qui faisait des miracles que nul autre ne pouvait faire ? Qui était-il ? Nous entendons ici la réponse. Le Fils de l’homme qui est descendu du ciel… et puis : le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Par-là, Jésus énonce le mystère de sa personne, le mystère de la Parole faite chair. Il est un vrai homme, le fils de l’homme, mais descendu du ciel, le Fils de Dieu venu sur la terre, et qui est toujours dans le ciel quoique marchant sur la, terre. Le ciel visite la terre…
Et pourquoi est-Il là ?
Ses miracles et ses paroles rendent témoignage de ce qu’Il est. Mais cela ne sauverait pas l’homme, ne le tirerait pas de son état moral inguérissable, cela ne lui donnerait pas le pardon, le repos, la vie. Cela ne le ferait pas naître de nouveau. Cela ne tirerait pas de la chair pécheresse, la vie de l’Esprit.
Pour donner la vie, il faut que Jésus meure. Il faut que dans sa mort nos péchés soient expiés. « Il faut », reprend-il, « il faut que le fils de l’homme soit élevé, comme Moise éleva le serpent dans le désert, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Le serpent d’airain mis par Moïse sur une perche aux yeux du peuple afin que ceux qui, regarderaient vers lui fussent guéris de la blessure mortelle des serpents brûlants, n’est-ce pas la figure même du péché recevant son jugement ? Le fils de l’homme, Jésus, l’homme parfait, devra être élevé comme tel, traité comme le péché même à la place de l’homme pécheur.
Oh ! mon cher lecteur, avez-vous compris qu’il fallait, pour votre salut à vous, la mort du Sauveur sur la croix, avez-vous cru qu’Il a été fait malédiction pour vous ?
Jésus va plus loin. Il dévoile le secret même de Dieu, le cœur de Dieu ; Il donne le pourquoi de cette œuvre de l’expiation. Il ne parle plus cette fois à l’intelligence, Il ne confond plus la sagesse humaine, Il parle au cœur. Il lui parle de l’amour de Dieu ! « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle ». Qu’ajouter à ce message béni, répété tant de fois, qui a été le moyen de salut de tant d’âmes, et qui vient une fois encore vous offrir ce salut ? Il l’offre à quiconque. Une seule condition est requise : croire. Qui croit au Fils de Dieu a la vie éternelle.
Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie. Dieu a tant aimé le monde… Ils errent, ceux qui représentent sans cesse Dieu comme courroucé, s’acharnant au malheur de sa créature coupable. Non, Dieu veut son bonheur éternel. Il a pour cela donné son propre Fils. Mais il faut être d’accord avec Lui et sur l’état de l’homme, pécheur perdu, et sur la Personne de Jésus, son Fils bien-aimé, le don de son amour. « Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (ch. 3. 18).
C’est Lui qui vous est présenté aujourd’hui, Lui, la lumière du monde. Dans la nuit, elle brillait devant Nicodème. Elle brille maintenant devant vous. Elle éclaire votre état misérable, mais elle vous montre le salut. Voulez-vous la fuir ? Le cœur naturel, d’instinct, la fuit, car la conscience parle, et dans la lumière nos œuvres apparaissent mauvaises. Mais Celui qui a l’autorité de juger, c’est Celui-là même qui sauve, et qui vous appelle à venir à Lui pour avoir la vie.
La fin de l’entretien ne nous est pas rapportée dans les évangiles. Mais nous voyons par la suite (Jean 7. 49 à 52) que Nicodème a compris, qu’il est venu à la lumière. Il est devenu disciple de Jésus, quoique en secret ; il ose élever la voix pour le défendre devant les pharisiens, sans avoir cependant la décision de cœur voulue pour le suivre.
Et plus tard (ch. 20), nous le retrouvons au pied de la croix, le soir du jour où fut consacré le sacrifice, où l’Agneau de Dieu fut offert ; où, comme le serpent de Moïse élevé dans le désert, le Fils de l’homme fut élevé sur la croix. Ses yeux virent son Sauveur mort pour lui ; le soir tombait sur le monde coupable, mais à la face de ce monde, Nicodème put rendre un pieux hommage à Celui qu’autrefois il était venu trouver de nuit, et qu’il retrouvait dans l’immense lumière de la croix.
Ô Christ, ta charité profonde
Touche et pénètre notre cœur !
Tu meurs pour le salut du monde,
Toi seul es notre Dieu Sauveur !
Mon cher lecteur, croyez-vous au nom du Fils unique de Dieu ?
Pécheur, tu marches à la mort et au jugement ; mais Jésus – si tu l’acceptes – a été ton substitut sous la colère, et Il t’offre la vie, par sa mort accomplie.
Ne termine pas ta vie dans la tristesse d’un rebelle, mais dans la joie du croyant qui peut chanter :
Je vois ainsi venir le terme
De mon voyage en ces bas lieux,
Et j’ai l’attente vive et ferme
Du saint héritage des cieux.
Sur moi si la tombe se ferme,
J’en sortirai tout glorieux.
Les rencontres de Jésus : le jeune homme riche (Marc 10. 17 à 27)
« Et comme Jésus sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : Bon Maître, que ferais-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse.
Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix. Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à ses disciples : combien difficilement ceux qui ont des biens entreront ils dans le royaume de Dieu !
Et les disciples s’étonnèrent de ses paroles ; et Jésus, répondant encore, leur dit : enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. Et ils s’en étonnèrent excessivement, disant entre eux : et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu car toutes choses sont possibles pour Dieu ».
Quel empressement, quelle humilité, quelle confiance, caractérisent cet homme riche ! Il accourt au-devant de Jésus, se jette à ses genoux. Comblé des biens de ce monde, il s’incline aux pieds de Celui qui n’a pas même un lieu où reposer sa tête, l’appelant : Bon Maître…
Juif zélé, attentif observateur de la Loi de Moïse, il en a gardé les commandements dès sa jeunesse ; mais il se dit qu’il doit, sans doute, faire plus encore pour « hériter » de cette vie autrefois promise par Dieu à qui accomplirait toute sa volonté. Il s’est gardé du mal, il a honoré ses parents. Que lui manque-t-il ? « Bon Maître, que ferai-je… ? »
Jésus le regarde, – et quel regard tendre et pénétrant ! – appréciant la simple et confiante droiture, les qualités de cet homme jeune et riche. Il lui donne comme une marque d’estime, Une mesure particulière de son amour. Puis il tourne ses pensées vers le chemin étroit qui mène à la vie : une chose te manque, une seule, mais combien importante ! Tu as servi le Dieu de sainteté, sachant qu’Il est lumière, sers-Le maintenant comme le Dieu d’amour, aimant ton prochain comme toi-même ; vends tes biens, tout ce que tu as, donne aux pauvres. Le trésor céleste doit avoir plus de prix pour ton cœur que tous les biens de la terre ! Dès lors, plus rien ne pourra t’empêcher de venir après moi ; tu me suivras, chargeant la croix.
Solennelle instruction ! Mais le Maître, – un bon Maître, en vérité, – n’a-t-il pas prêché d’exemple. Il était riche, terre et ciel Lui appartenant, et Il vit dans la pauvreté, marchant vers la croix, où Il doit mourir pour nous sauver, par un chemin de renoncement et de douleurs. Toutefois, la vie, en résurrection et en gloire, doit en être le terme final. « Jeune homme aimable, viens, suis-moi, charge la croix. Les trésors du ciel, la vie éternelle t’appartiendront ! »
Affligé, le riche se relève et s’en va. Renoncer à tout ici-bas, tout perdre, souffrir, quelle impossibilité ! Ses grands biens, hélas, possèdent son âme plus qu’il ne les possède lui-même ; ses grands biens lui ferment l’entrée du royaume de Dieu.
Et quand les disciples s’étonnent de la parole de Jésus, le Maître regarde tout à l’entour ; ayant tout quitté pour Le suivre, les siens sont là, sa seule richesse présente, chères brebis du troupeau de Dieu dont Il est le Bon Berger… « Enfants, dit-il, combien il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Et ils s’étonnent excessivement : qui donc peut être sauvé, si même les objets de la faveur divine, les riches en Israël, les bénis sur la terre de la promesse, ne peuvent entrer là ? Tout quitter, dit Jésus, tout laisser pour l’amour de moi et l’amour de l’Évangile… Puis, la vie éternelle, après les souffrances, les persécutions même. Mais combien des premiers seront les derniers ; comblés des biens qui passent, ils n’auront pas même la goutte d’eau pour rafraîchir sa langue, que désirait en vain le riche dans les tourments éternels (Luc 16. 24).
Quelles richesses d’ici-bas, ami lecteur, t’ont jusqu’ici barré le chemin du ciel ? Auxquels des biens de ce monde ton cœur s’est-il voué ? Ne sais-tu pas que Jésus dit : « Encore que quelqu’un soit riche, sa vie n’est pas dans ses biens » ? Fortune, honneurs, gloire humaine ; joies légitimes de la famille ; joies de l’esprit fécond en travaux, calculs et projets; quels biens sont ton trésor, ton but, ta raison de vivre ?Où est Jésus en tout cela ? Lui seul est la vie éternelle et Il nous donné cette vie en se donnant Lui-même. « Celui qui a le Fils de Dieu a la vie » (1 Jean 5. 12).
Mais celui qui n’a .pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Le jeune homme riche est venu jusqu’aux pieds du Bon Maître, et il s’en est allé tout triste. L’appât de ses biens fut plus fort que l’appel divin ; il a fait la perte irrémédiable, celle de son âme immortelle, eût-il possédé le monde entier. Il a laissé Jésus, retournant à ses biens pour son malheur éternel.
Bien des fois, peut-être, tu t’es aussi approché de Jésus.
– Viens, suis-moi, disait-Il. Mais te suivre, Sauveur méprisé, c’est connaître la croix et la haine du monde ; c’est la mort à soi-même dans l’entier renoncement ; quel douloureux chemin !
– Viens, suis-moi ! L’appel était pressant et la promesse ferme : trésors du ciel. Ma présence pour l’éternité, joie et bonheur ineffables !
Ah! pourquoi n’as-tu pas répondu ? Que puissant est donc l’attrait d’un présent fugitif et d’incertaines réalisations, qui ne laisseront pas ton cœur satisfait ; car tout le travail de l’homme est pour sa bouche, pour lui-même, et cependant son désir n’est pas satisfait (Eccl. 6. 7).
Écoutez cette histoire véridique. Avant la révolution russe, la fille d’un noble immensément riche, lisant les Saintes Écritures, fut saisie par le récit de l’Évangile qui nous occupe aujourd’hui. Elle vint trouver son père, et lui mettant sous les yeux le Livre divin, demanda :
– Père, le Livre dit-il vrai, toujours ?
– Toujours, mon enfant.
– Si le Livre dit vrai, une chose nous manque. Vends, donne aux pauvres…
Un silence embarrassé ; la flèche du carquois de Dieu fut vite détournée. On parla d’autre chose. Mais le cœur de l’enfant ne connut plus la paix.
Vint la tourmente soviétique. Privée de tous ses biens, sans famille, sans aucune ressource que le pain assuré par un travail mercenaire, la fille de ces nobles déchus, exilée, est maintenant heureuse, plus riche qu’aux temps de sa fastueuse jeunesse. Elle a trouvé Jésus, vie de son âme rachetée. Elle a dès ici-bas cent fois autant, car la paix et la joie que Jésus donne sont infiniment plus précieuses que les biens dont on l’a dépouillée ; cent fois autant, – avec les persécutions qui abondent là-bas pour les chrétiens fidèles, – et vie Éternelle en Jésus son Sauveur.
Dieu, sans doute, ne t’imposera pas une telle épreuve. Mais ce qui importe devant Lui, c’est être prêt à renoncer à tout pour saisir Jésus par la foi et le suivre ici-bas dans le renoncement à soi-même ; car c’est là charger la croix. Lui l’a portée dans toute son horreur ; sur la croix, Il s’est offert, le Juste pour nous injustes, afin de nous amener à Dieu. Et la part des siens ici-bas, de ceux qui vraiment lui appartiennent dans ce monde, c’est de réaliser pratiquement ce dépouillement entier d’un moi qui a pris fin en Lui à la croix.
Ami, qu’un tel chemin, en vérité pénible et redoutable pour ton cœur non renouvelé, non encore amené à la vie divine, ne te fasse point reculer comme le jeune homme riche. S’il te faut, pour l’amour de Jésus, renoncer à ce qui a captivé jusqu’ici toutes tes affections, laisse-toi attirer par la grâce parfaite de Celui qui te dit, une fois encore : viens, suis-moi…
Les rencontres de Jésus : la femme samaritaine (Jean 4)
« Il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assis près la fontaine ; c’était environ la sixième heure. Une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : donne-moi à boire » (car ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres). La femme samaritaine lui dit donc : comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme Samaritaine ? (Car les Juifs n’ont point de relations avec les Samaritains). Jésus répondit et lui dit : si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de eau vive. La femme lui dit : Seigneur, tu as rien pour puiser, et le puits est profond ; où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail ? Jésus lui répondit et lui dit : quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle.
La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser. Jésus lui dit : va, appelle ton mari, et viens ici. La femme répondit et dit : je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : tu as bien dit : je n’ai pas de mari ; car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari en cela tu as dit vrai. La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer.
Jésus lui dit : femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous, vous adorez, vous ne savez quoi ; nous, nous savons ce que nous adorons ; car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. La femme lui dit : je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient ; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle ».
Habituée au péché où elle s’était plongée, la Samaritaine avait perdu tout sentiment de pudeur ; pour elle, la fidélité n’avait aucune existence réelle et semblait n’être qu’un mot sans valeur ; « la vérité » lui apparaissait vaguement, dans les nuages d’un avenir lointain, quand viendrait « le Messie », dont elle avait entendu parler, mais duquel personne ne savait dire quand Il arriverait. Aussi ne s’en inquiétait-elle pas davantage.
Jamais, dans le monde qui l’entourait, elle n’aurait eu la pensée de chercher la vérité ; en fait de religion, elle ne connaissait que le mensonge, et sa vie intérieure et extérieure en portait l’empreinte. Sa préoccupation était de passer ses jours avec le moins d’ennui possible ; aussi, pour éviter l’expression du mépris des personnes plus honnêtes qu’elle, elle s’en va à la fontaine, puiser de l’eau à midi, heure inaccoutumée aux autres.
C’est là qu’elle rencontre cet étranger inconnu qui allait bientôt opérer un changement radical dans sa vie entière. La réponse de la femme à la première parole que Jésus lui adresse : « donne-moi à boire », montre la difficulté immense, ou plutôt l’impossibilité pour l’homme, d’atteindre un tel cœur, un cœur qui, endurci dans son avilissement, était, en même temps, orgueilleux au point de refuser le plus léger service à un étranger, parce qu’il était Juif.
« Comment, toi, qui es Juif, dit-elle, me demandes-lu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? » La femme partageait toute la haine de sa nation contre les Juifs, et leur rendait mépris pour mépris. Sa position morale, si triste soit-elle, ne l’empêchait nullement de manifester cette inimitié.
Comment faire naître, dans une âme animée de semblables sentiments, le désir de connaître la grâce, chose dont elle ignorait la valeur et dont elle ne sentait pas le besoin ? Tel est le problème que nous voyons résolu, dans cette touchante histoire, par l’amour divin du Sauveur. Les paroles de la femme auraient repoussé tout autre, mais elles ne peuvent ni froisser Jésus, ni le détourner de son but. Il voulait gagner ce cœur, et, avec une délicatesse exquise, Il sait y trouver et toucher la corde qui pouvait vibrer.
Sa seconde parole fait ressortir la divine beauté de la première. En ne dédaignant pas de prendre vis-à-vis de la Samaritaine, l’humble attitude de quelqu’un qui demande, le Seigneur lui enseigna quelle est la vraie, la seule manière de recevoir de la part de Dieu, savoir, de demander. Pour cela, il fallait que son orgueil fût humilié. Il la place donc dans la présence de Dieu, non pas en jugement, mais en grâce.
Il voile, pour ainsi dire la tendre répréhension que renferment ses paroles derrière la parfaite bonté du caractère de Dieu qu’Il lui fait entrevoir : « Si tu connaissais, lu dit-Il, le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé et il t’eût donné de l’eau vive ».
Quelle profondeur ne trouverons-nous pas dans ces paroles, si nous arrêtons notre pensée sur Celui qui les prononça ! C’était le Fils du Dieu vivant, descendu ici-bas pour nous faire connaître Dieu et nous révéler l’étendue infinie de l’amour dont il jouissait de toute éternité, Lui, le Fils unique dans le sein du Père. C’est Lui, qui pouvant gagner une âme à Dieu son Père, condescend à s’humilier devant une misérable pécheresse telle qu’était la Samaritaine. Le caractère du Dieu qui est amour trouve ainsi sa parfaite expression, dans la manière dont Jésus agit.
Cet appel produit son effet ; mais qu’elles ne sont pas les contradictions étranges du cœur humain ! Plus la misère est grande, plus on voit trop souvent comme une sorte de désespoir qui ôte à l’âme le désir d’en sortir.
La femme se sent mal à l’aise en la présence de Dieu; elle n’aime pas à entendre parler d’un don gratuit qui exclut les efforts de l’homme, et elle se hâte de changer de terrain pour tranquilliser sa conscience.
Ce qui concerne les besoins matériels est plus simple et a pour elle plus d’attraits que ce qui tient à Dieu, et elle s’efforce, si possible, de ramener l’entretien à ce niveau des choses tangibles et pratiques : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond d’où as-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits ; et lui-même en a bu, et ses fils et son bétail ? »
Jésus répondit et lui dit : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif, mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai sera en lui une fontaine d’eau jaillissante en vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif, et que je ne vienne pas ici pour puiser ».
La réponse du Seigneur dissipe entièrement la défiance du cœur de la Samaritaine ; elle l’amène à se placer elle-même dans la position qu’Il avait d’abord prise pour l’instruire. À son tour, elle demande. Sans doute, elle ne comprend pas encore ce qui est l’objet de sa requête, mais son cœur est gagné par Jésus, et elle est préparée pour recevoir dans sa conscience la sonde divine.
Les dernières paroles de la pauvre femme décèlent son état véritable ; la tristesse cachée qui remplissait son âme se fait jour, et montre combien elle avait besoin de l’eau vive qu’elle demanda. Être obligée de sortir pour puiser de l’eau, exposer sa honte, combien cela devait être pénible, effet, pour celle qui n’osait affronter les regards et les mépris des autres.
Pour la première fois elle rencontre Quelqu’un qui veut bien sympathiser avec sa misère, et son cœur, altéré d’un bonheur qu’elle a vainement cherché dans un monde qui ne le possède pas, trouve un asile dans le cœur de Christ. Elle peut verser sa tristesse dans le cœur de cet étranger inconnu, et, bien qu’elle ignore encore qu’Il était descendu de la gloire du ciel pour rechercher des misérables comme elle, son âme se sent attirée vers Lui.
L’instant était venu de toucher sa conscience Jésus lui dit : « va, appelle ton mari, et viens ici » Elle veut parer le coup et dit : « Je n’ai point mari ». Elle ne savait pas être en la présence Celui qui est la lumière du monde. Jésus lui dit « Tu as bien dit : je n’ai pas de mari ; car tu eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; en cela tu as dit vrai ».
La conscience de la femme est atteinte et réveillée, et, par-là, une certaine intelligence pénètre dans son âme : « Seigneur, dit-elle à Jésus, je vois que tu es un prophète » elle comprend que les circonstances de sa vie lui sont connues ; ce qui fait sa honte est dévoilé par Celui qui lui a parlé avec une si parfaite bonté ; elle ne peut le quitter mais, se sentant serrée de trop près, elle cherche à détourner la question personnelle en s’engagea dans une polémique religieuse.
Que d’âmes, ainsi remuées dans leur conscience s’efforcent d’échapper de la même manière ! Une forme religieuse en vaut une autre, dit-on, pour quelques différences secondaires, on n’est pas dans une pire position que ceux qui se vantent d’une religion meilleure et plus vraie ; c’est une affaire de convenance, de naissance, d’habitude ou bien d’école où les docteurs doivent décider, et, ceux-ci diffèrent entre eux, qui osera affirmer que l’un a raison plus que l’autre ? Voilà ce que pensent tant de gens de nos jours, et c’est ainsi que pensait la femme samaritaine : « Nos pères, dit-elle, ont adoré sur cette montagne-ci, et vous (vous autres Juifs), vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer ».
Mais le Seigneur ne se laisse point écarter du but qu’Il poursuit. Il fait entendre à la femme des choses nouvelles et glorieuses, dans les profondeurs desquelles elle ne pouvait entrer alors, et qui ne devaient lui être pleinement révélées que plus tard.
Mais ces choses étaient une partie des bénédictions que Dieu donnait gratuitement et que son Fils était venu faire connaître dans ce monde (v. 21 à 23). Connaître Dieu, le Dieu vivant ; le connaître comme Père ; être rendu capable de l’adorer en esprit et en vérité : telles étaient les grandes et merveilleuses choses que Jésus annonçait, à la femme de Sichar.
Elle semblait presque en possession de ces grâces. Le Seigneur de gloire la sollicitait de croire. Mais cela paraissait trop grand, trop excellent pour être vrai ; en tout cas, il semblait que ce fût impossible à réaliser sur l’heure. Comme le roi Agrippa et tant d’autres depuis, elle voulait renvoyer à un autre temps le moment de se rendre et de se soumettre pleinement à la vérité. Ce serait à la venue du Messie, pensait-elle, et jusque-là elle pouvait bien attendre. Voilà son dernier effort contre la grâce, alors qu’elle se trouvait presque entre les bras de son Sauveur. « Je sais, dit-elle que le Messie, qui est appelé le Christ, vient. Quand celui-là sera venu, il nous- fera connaître toutes choses ». Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle ». Telle est la parole suprême de Jésus, et la Samaritaine, forcée dans son demi-retranchement, devient la captive du Seigneur.
L’arrivée des disciples interrompt l’entretien mais l’œuvre de la grâce était accomplie ; ce pauvre cœur, naguère si vide, était rempli et débordait. Le puits, la cruche, tout est oublié. Elle retourne à la ville et dit aux habitants : « venez voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait, celui-ci n’est-il point le Christ ? »
Elle n’a plus rien à cacher maintenant ; elle peut parler hardiment de sa vie passée, car Celui qui connaît tout, qui pénètre au fond des cœurs, lui a révélé les richesses de la grâce de Dieu. Elle ne dit rien des choses nouvelles que le Seigneur lui avait annoncé, et qui auraient été de nature à exciter la curiosité des hommes de Sichar.
C’est la personne même de Christ qui remplit sa pensée ; c’est à Lui qu’elle veut les amener. Sa conscience avait été atteinte, sa vie de péché mise à nu ; par là, elle avait connu le Sauveur ; c’est de la même manière qu’elle veut agir sur les autres. L’amour qu’elle avait trouvé en Christ était un trésor trop grand pour qu’elle le gardât pour elle seule, il fallait qu’elle en fît part à d’autres, et la pauvre pécheresse est transformée en une messagère de la bonne nouvelle.
La lumière et l’amour divins avaient accompli leur œuvre bénie. Un vase de louanges à Dieu le Père avait été cherché et trouvé parmi les plus vils, une race méprisée.
Il y a plus : la grâce qui avait sauvé la Samaritaine, la fait aussi entrer dans cette joie qui est inséparable des activités de l’amour divin – la joie qui remplit le cœur du Berger lorsqu’il retrouve sa brebis perdue et appelle ses amis à se réjouir avec Lui – la joie qui se trouve au ciel devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent Luc 15). Voici ce que nous dit le récit divin :
« Or, plusieurs Samaritains de celte ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage : Il m’a dit tout ce que j’ai fait. Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux; et il demeura là deux jours. Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons ; car nous-mêmes nous l’avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde ».
Deux choses étaient indispensables pour avoir cette connaissance personnelle du Sauveur : l’exercice de conscience produit dans l’âme par la lumière qui manifeste tout, en sorte que l’on soit amené à confesser : il m’a dit tout ce que j’ai fait ; puis, l’action bénie de l’amour de Dieu qui attire le cœur, en lui apprenant que le même Jésus qui dévoile les pensées secrètes du pécheur est le Sauveur du monde. En Lui est la lumière ; en Lui est la vie.
Mais, bien que les Samaritains eussent fait la connaissance personnelle du Sauveur, ils n’en sentent pas moins le besoin de faire part à la femme, de la paix qu’ils avaient trouvée en Christ.
Elle conserve la position que la grâce lui avait donnée, celle d’avoir été le héraut de la bonne nouvelle pour la ville de Sichar. D’une manière toute spéciale, elle avait part à la joie du Sauveur du monde.
Qu’il est beau cet amour qui, ayant saisi le cœur d’un pauvre pécheur, le remplit tellement que celui qui vient d’être sauvé n’a rien de plus pressé que d’aller chercher d’autres âmes pour les amener à la source de sa joie nouvelle !
La femme de Sichar reçoit de Jésus la vie éternelle, et elle sera dans la gloire un témoin de ce que l’amour de Dieu a opéré sur la terre.
Bien-aimé lecteur, la même grâce vous est présentée, car c’est maintenant le jour du salut. Ne voulez-vous pas entrer aussi dans la jouissance de cet amour qui a atteint une des plus viles, aussi bien qu’elle avait pu, en d’autres circonstances (Nicodème, Jean) atteindre l’un des plus honorables parmi les hommes, tout en montrant que l’une et l’autre étaient des pécheurs perdus ?
Ne vous laissez pas détourner par la pensée que ces âmes étaient particulièrement favorisées par le Seigneur, tandis que vous êtes privé de leurs avantages. Rappelez-vous que cette histoire se trouve dans la Parole de Dieu, qu’elle est écrite pour vous, s’adressant directement à vous, pour faire voir comment le Dieu d’amour attend pour vous faire grâce (És. 30. 18).
Une remarque en terminant. Nous trouvons dans ce chapitre 4 deux : il faut, une double nécessité, qui sert à mettre en évidence le caractère de l’œuvre de la grâce. « Car Dieu est Esprit, dit le Seigneur Jésus, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » Mais où trouver ces adorateurs réels ? Pour cela, il fallait (v. 4) que Jésus traversât la Samarie et qu’il rencontrât personnellement la femme de Sichar.
Il connaissait la nécessité divine de l’amour qui voulait absolument trouver le chemin du cœur du pécheur même le plus endurci. Il poursuit son but et l’atteint. Quel bonheur pour nous, de savoir que cette nécessité divine est la raison suprême de notre salut, et qu’elle est la cause qui fait que Dieu cherche et trouve encore actuellement sur la terre de vrais adorateurs.
Puissions-nous, cher lecteur, être du nombre de ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité, et être toujours plus pénétrés du caractère qui appartient au véritable culte que demande le Père.
Les rencontres de Jésus : la pécheresse (Luc 7. 36 à 50)
« Et un des pharisiens le pria de manger avec lui. Et entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table. Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum ; et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à les arroser de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum.
Et le pharisien qui l’avait convié, voyant cela, dit en lui-même : Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme que le touche, car c’est une pécheresse. Et Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et il dit : Maitre, dis-le. Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante ; et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus ?
Et Simon, répondant, dit : j’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit : tu as jugé justement. Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison ; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum.
C’est pourquoi je te dis : ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu. Et il dit à la femme : tes péchés sont pardonnés. Et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? Et il dit à la femme : ta foi t’a sauvée va-t-en en paix.
« Une femme dans la ville, qui était une pécheresse… » Nous ne savons rien de plus d’elle, de son nom, de sa vie. Elle reste désignée par cette appellation dégradante. « C’est une pécheresse », dit le pharisien Simon. Et Jésus ne scelle pas ses « nombreux péchés ».
Elle avait suivi ses instincts coupables, et cherché le bonheur par des voies impures. Elle avait voulu, comme on dit aujourd’hui, vivre sa vie, la vivre à sa guise, la vivre dans la joie et l’indépendance, sans retenue.
Et, à la fin du, compte, elle avait trouvé ceci : qu’elle était une pécheresse, et que c’était là quelque chose d’affreux. Elle l’avait compris, elle l’avait senti tristement, amèrement. Et le jour où elle s’était trouvée sur le chemin de Celui qui était la sainteté même, l’homme parfait, l’homme divin, Jésus, elle avait vu toute la profondeur de sa misère morale, et son cœur avait éclaté.
Elle n’a pas une parole. Que dirait-elle ? Plaiderait-elle une cause perdue ? Elle est une pécheresse. Ses larmes disent sa repentance, le retour douloureux sur sa vie perdue. Son attitude aux pieds du Maître, derrière, disent son humiliation. Elle ne fait aucun cas d’elle-même, mais attirée par Lui, certaine qu’Il ne la repoussera pas, elle est venue. Elle ne s’est pas laissé arrêter par le mépris public : en plein jour, elle est entrée dans la maison du pharisien, elle a traversé les groupes de gens respectables qui se détournaient… Mais ce qu’elle fait, dit en quel honneur elle tient la personne de Celui qui est là : pour ses pieds, le parfum, indigne même d’oindre sa tête ; et cette gloire de la femme, cette chevelure que si souvent elle avait ornée avec art, elle l’emploie à essuyer les pieds saints sur lesquels coulent ses pleurs.
Que dirait-elle ? C’est de Lui qu’elle attend une parole, la parole libératrice, celle qui donnera la paix à son âme.
Or, quelqu’un a hâtivement, témérairement, porté un jugement sur cette scène. Il l’a fait en lui-même, mais Jésus lit dans les cœurs. Simon le pharisien avait reçu Jésus chez lui : les foules tenaient ce dernier pour un prophète, il faisait des miracles. Par curiosité, peut-être, ou par vague sympathie, ou simplement pour se rendre populaire, Simon invite chez lui l’homme du jour.
Du reste, il ne lui témoigne aucun de ces égards qu’en ce temps et en ce pays on rendait aux hôtes de distinction : pas d’eau pour laver ses pieds, nul baiser de bienvenue, point de parfum pour oindre sa tête. Et maintenant, Simon, regardant la femme aux pieds de Jésus, conclut que s’il était un prophète il ne souffrirait point cet avilissant contact… Une pécheresse !
Jésus prend la parole.
Une parabole limpide place devant son hôte, devant les conviés, devant tous, devant nous, mes chers lecteurs, la question capitale, celle de la dette humaine vis à vis de Dieu : la dette de nos péchés. Simon n’y avait point songé pour lui-même ; il se croyait juste, il était de ceux qui, contents d’eux et de leur valeur morale, pensent que Dieu est bien aise d’agréer leurs bonnes œuvres, et qui n’ont point besoin d’un Sauveur. Ils n’ont jamais pleuré sur leurs péchés ; comment aimeraient-ils Celui qui les pardonne ? Comment le reconnaîtraient-ils ?
Pour eux « il n’y a point d’apparence en lui pour le faire désirer… On n’a pour lui aucune estime ». Simon n’a aucune idée de la gloire de Jésus, encore moins de la grâce. « Celui à qui il est peu pardonné aime peu ». Cela voudrait-il dire que Simon eût peu à se faire pardonner, que quelqu’un, que vous-même soyez si peu pécheur qu’il ne vaille pas la peine de parler de cela, tellement moins pécheur que les autres que le pardon soit pour vous de peu de conséquence ? Dieu vous garde de vous laisse abuser ainsi ! Quiconque s’est réellement vu devant Lui a dit comme Job, l’homme qui, cependant, avait eu une vie parfaite et droite entre toutes : « J’ai horreur de moi ! » (Job 42. 6)
Ce qui est exact, hélas, c’est que des milliers et des milliers d’hommes se croient justes, comme Simon le pharisien et ne pensent, en aucune manière, aux droits de Dieu sur eux, à la dette du péché, qu’ils ne peuvent acquitter. Ils sont en bonne santé, croient-ils, et n’ont pas besoin de médecin. L’Évangile n’a rien à dire à ceux-là, sinon les avertir qu’ils se trompentet les supplier de revenir de leur erreur tandis qu’il n’est pas trop tard, avant de comparaître devant le créancier, Jésus ne les intéresse pas. Ils passent indifférents, à peine un peu curieux, souvent hostiles, auprès de Celui qui est venu du ciel pour chercher et sauver ce qui était perdu.
Mais elle, la pécheresse, elle, perdue, mais vous qui avez senti le poids de vos péchés et qui gémissez sur eux, où irait-elle, où iriez-vous, sinon à Lui ? Ayez en Lui la foi qu’elle montre : pour Simon, Jésus pouvait, tout au plus, être un prophète ; mais un prophète n’aurait pu remettre ses péchés à une pécheresse !
Ce qu’il lui faut, ce qu’elle vient chercher, ce qu’elle trouve, c’est le Sauveur de pécheurs perdus ! Le peu de cas qu’elle fait d’elle-même, l’honneur qu’elle rend à la sainte Personne, prouvent qu’elle a compris pourquoi Il est là, sur la terre, l’Homme parfait, le Fils de Dieu qui s’est fait « l’ami des publicains et des pécheurs ». Elle a compris qu’elle, la pécheresse, est aimée du Sauveur. Et comment son cœur brisé ne déborderait-il pas ? Ce qu’elle fait montre son amour à elle répondant à l’amour dont elle est l’objet.
« Ses nombreux péchés sont pardonnés », dit-Il. Et à elle directement : « Tes péchés sont pardonnés ». C’est là ce qu’il lui fallait, la parole dont elle avait besoin. Quelle grandeur était là, inconnue de ceux qui se trouvaient à table avec Lui et qui murmurent : il y avait là Celui qui peut pardonner les péchés !
La femme a tout écouté, sans mot dire. Objet du débat, elle n’y a pris aucune part. Mais la conclusion est pour elle : « Ta foi t’a sauvée va-t-en en paix ». Voilà ce qu’il lui fallait, la paix. Le pardon est assuré. Il l’est à la foi. Aux témoins, Jésus peut dire que l’amour montré par cette pécheresse prouvait qu’elle avait trouvé le Sauveur et qu’elle était pardonnée de ses nombreux péchés. Mais la cause, le secret de son pardon est dans sa foi.
Elle est venue en pleurant, mais avec foi. Elle a témoigné de son amour pour Celui l’a sauvée. Elle s’en ira en paix.
Je désire m’adresser à ceux dont les péchés ne sont pas pardonnés, pour leur dire : avez-vous eu affaire avec Celui qui les pardonne ? Affaire avec larmes, avec humiliation, avec reconnaissance, enfin, en l’entendant vous dire : « Ta foi t’a sauvé, va-t-en en paix ». Vous avez besoin de croire seulement en Lui, le Sauveur mort sur la croix pour vos péchés. À ce prix, la dette a été acquittée.
Mais je m’adresse à vous aussi, lecteurs chrétiens, qui vous savez pardonnés, car la leçon est grande aussi pour nous. Si nous avons le sentiment de l’immensité de la grâce qui nous a été faite, et si nous avons conscience de ce qu’étaient nos péchés qui ont été expiés, ah, de quel amour devons-nous être étreints envers Celui qui donné sa vie pour nous !
Notre tiédeur coupable à son égard ne vient-elle pas de ce que nous n’avons pas pleuré à ses pieds comme a pleuré la pécheresse ? La sagesse doit être justifiée par ses enfants (v. 35). Notre amour pour Lui doit se voir ; notre attitude doit en témoigner. « Vois-tu cette femme ? » dit Jésus à Simon. Il peut être dit de nous : « Voyez comme ils aiment Jésus », et si nous sommes pénétrés de ceci : il nous a été beaucoup pardonné.
Les rencontres de Jésus : la femme adultère (Jean 8. 3 à 11)
« Et au point du jour, il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui; et s’étant assis, il les enseignait. Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère ; et l’ayant placée devant lui, ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent de quoi l’accuser.
Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Et comme ils continuaient à l’interroger, s’étant relevé, il leur dit : Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant encore baissé, il écrivait sur la terre. Et eux, l’ayant entendu, sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu’aux derniers ; et Jésus fut laissé seul avec la femme devant lui.
Et Jésus, s’étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit : femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, dorénavant ne pèche plus ».
La Loi était formelle : « Moïse nous a commandé dans la Loi de lapider de telles femmes ». La Loi donnée par Moïse était la Loi de Dieu, dont les dix commandements expriment les injonctions morales, la Loi sainte, juste, bonne, mais terrible, inexorable pour quiconque la transgresserait. Ayant porté atteinte à la sainteté de Dieu, le transgresseur devait mourir.
Les scribes et les pharisiens, zélés pour la Loi qu’ils enseignaient, ennemis de Jésus qui dénonçait leur hypocrisie, se flattent de le mettre dans une situation critique. Voici une femme coupable selon la loi. L’absoudra-t-il ? Il se trouvera en contradiction avec la Loi divine. La condamnera-t-il ? N’est-ce pas alors se condamner lui-même, qui s’est constitué « l’ami des publicains et des pécheurs » ? Qu’apporte-t-il de nouveau, s’il revendique les droits de la Loi au même titre que les docteurs d’Israël ?
Jésus écoute avec une apparente indifférence leurs accusations pressantes. Il écrit sur la terre… Mais n’était-ce pas là le doigt de Dieu lui-même, le doigt qui, autrefois, avait écrit la Loi sur les tables de Sinaï ? Sans que ses adversaires s’en doutent, le Maître de la Loi est là… Ils insistent. Il se relève et parle.
Il parle comme Celui qui est la vérité. À ceux qui se réclament ainsi de la loi, Il présente la Loi dans toute son étendue, Il donne à cette arme tout son tranchant. Moïse a commandé ? Que l’on exécute sa parole ! Seulement, y a-t-il sur la terre quelqu’un qui puisse saisir cette arme sans en être lui-même blessé ? « Que celui qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ». Et, se baissant de nouveau, Il laisse la Parole divine opérer sur les consciences.
Cette courte phrase, dans sa terrible simplicité, donne, en effet, à la Loi de Moise sa place, comme étant la Loi de Dieu. Et devant elle il n’y a pas de grand et de petit péché, il y a « le péché » qui entraîne toujours la condamnation. Les hommes jugent de la gravité des fautes selon leur appréciation particulière, en se comparant les uns aux autres, toujours à leur propre avantage : il est humain, n’est-ce pas, d’exagérer les fautes de son voisin et d’excuser les siennes propres.
Et d’autre part, il est exact que la société, sous peine de disparaître, doit réprimer les formes les plus grossières du mal, graves par leur répercussion, si l’on veut conserver la famille, la propriété, l’État, il faut bien réprimer l’adultère, le vol, le meurtre, l’immoralité ouverte. C’est dans ce sens que sont faites les lois humaines, et on peut à bon droit s’en référer à la Loi de Dieu.
Mais les fautes soigneusement cachées, les actes secrets qui laissent, si honteux soient-ils, la conduite extérieure satisfaisante aux yeux des hommes, sans parler des intentions mauvaises qui foisonnent dans le cœur, tout cela est-il moins coupable parce que cela ne s’étale pas au grand jour ? Pour Dieu à Qui rien n’échappe, il n’est pas de degrés dans la culpabilité. La simple convoitise qu’interdit le dernier commandement et dont aucun cœur pourtant ne peut se défendre, est aussi grave que le meurtre ou l’adultère. Maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la Loi pour les faire (Deut. 27. 26).
Il suffit à la morale humaine que les apparences soient respectées. Mais devant Celui qui sonde les cœurs, dans la lumière qui révèle tout, nul n’osera dire : je suis sans péché. Et la Loi de Dieu, inflexible, juste, vient dire : qui a péché doit mourir.
C’est ainsi que Jésus donne à la Loi toute son autorité. Bien loin d’affaiblir cette loi, Il l’établit, en rangeant sous elle tous les hommes, accusés et accusateurs. Contre tous, le glaive se trouve tourné. Tous sont rendus « inexcusables », comme le dit l’apôtre dans cette épître aux Romains, dont nous recommandons vivement la lecture des premiers chapitres, à cette occasion, montrent précisément avec force qu’il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu.
Les scribes et les pharisiens sont bien forcés de, s’en rendre compte. Mais leur orgueil ne veut pas l’avouer. Silencieusement, sans arguer encore de cette Loi sous le coup de laquelle ils tombent eux-mêmes, ils sortent ; ils ne peuvent supporter cette lumière trop vive. Ils ont leur réputation à conserver, ils ne sauraient s’abaisser à la confession humiliante qu’eux aussi sont des pécheurs. Ils quittent la partie, en commençant par les plus anciens, les plus respectés sans doute, chargés de savoir et d’autorité morale, chargés aussi, hélas, d’un passé de culpabilité qu’ils ne veulent pas avouer.
Jésus reste seul avec la femme coupable. Lui seul, qui est sans péché, a le droit d’user de ce glaive de la Loi que les accusateurs ont laissé tomber de leurs mains impures.
Mais il n’est pas venu sur la terre pour cela.
Certes, Il n’excuse point le péché. Et Il est bien venu à cause du péché de l’homme. Mais s’Il exécute le jugement demandé par la loi, qui subsistera ? Tous, la femme adultère et ses accusateurs dont Lui connaît à fond la vie et la culpabilité, auraient dû être immédiatement balayés par ce jugement. Car Il est venu apporter la grâce, aussi bien que la vérité.
Et la coupable qui est demeurée là, sous la pénétrante lumière, entend des mots de pardon. Le terrain était déblayé du côté des hommes : nul n’avait le droit de la frapper sans se condamner soi-même comme transgresseur de la même loi. Et Jésus, l’Homme Dieu, Jésus, retient le glaive, car s’Il est le seul Juge, Il est d’abord le seul Sauveur.
Il n’enlève rien à la Loi qui avait été donnée par Moïse, mais il y a là un plus grand que Moïse, Celui qui, lui-même, avait donné la Loi à Moïse et qui vient de la grandir à son vrai niveau, le niveau divin, en faisant ressortir par elle l’état de culpabilité de tous les hommes, à commencer par les pharisiens les plus respectés.
Mais Dieu est là justement parce que l’homme ne peut échapper à la condamnation. Il n’y a qu’un moyen pour le soustraire aux justes exigences de la Loi de Dieu : et ce moyen est la rédemption. Jésus est venu pour porter Lui-même la malédiction due à nos péchés. Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous (Gal. 3. 13). Il peut pardonner parce qu’il est venu porter, sur la croix du Calvaire, le châtiment de notre péché.
Quelle puissante leçon dans ce simple récit de l’Évangile ! L’avons-nous tous comprise ? Il nous faut apprendre que nous sommes tous condamnés sans appel par la juste Loi de Dieu que nous avons offensé par nos péchés ; il nous faut ensuite recevoir, par la foi, le pardon de la bouche de Celui qui, ayant seul le pouvoir de nous juger, a, dans son insondable amour, voulu porter Lui-même notre jugement, expier nos péchés, nous sauver.
Connaissons-nous tous Jésus comme notre Sauveur ? Il n’y a de salut en aucun autre.
Les rencontres de Jésus : la femme cananéenne (Mat. 15. 21 à 28)
« Et Jésus, partant de là se retira dans les quartiers de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne de ces contrées-là, sortant, s’écria, lui disant : Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon. Et il ne lui répondit mot. Et ses disciples, s’approchant, le prièrent, disant : renvoie-la, car elle crie après nous. Mais lui, répondant, dit : Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Et elle vint et lui rendit hommage disant : Seigneur, assiste-moi. Et lui, répondant, dit : il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. Et elle dit : oui, Seigneur ; car même les chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus, répondant lui dit : ô femme, ta foi est grande ; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie ».
Quelle détresse s’exprime dans cette supplication : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! » C’est à Jésus, l’Homme-Dieu compatissant à tous les maux de sa créature souffrante, qu’est adressé cet émouvant appel. Et cette fois, le cri d’une mère angoissée semble rester sans réponse. « Jésus ne lui répondit mot ». La miséricorde dont Il use envers tous lui serait-elle refusée ? Elle crie après les disciples ; peut-être seront-ils plus accessible que le Maître ? « Seigneur, renvoie-la », disent-ils…
Pas de pitié pour cette pauvre femme cananéenne. Elle appartient à une race maudite vouée à l’extermination, car Moïse avait dit au nom de l’Éternel : « Tu ne leur feras pas grâce (Deut. 7. 2). Étrangère aux promesses faites aux Juifs, elle n’a point de droit au secours qu’elle implore en vain du Fils de David, du Messie d’Israël.
Mais elle ne se lasse pas de crier sa peine. Elle sait que Jésus seul peut délivrer sa fille, cruellement tourmentée d’un démon. Sans s’arrêter à l’apparente dureté d’un tel refus, elle se tient là, obstinément confiante en Celui qui peut d’un mot chasser l’esprit malin. Sa douleur est grande, son besoin pressant, et elle est venue pleine d’espoir. Quand Jésus, mettant sa foi à l’épreuve, déclare qu’il est envoyé seulement aux brebis perdues de la maison d’Israël, elle s’approche et lui rend hommage : « Seigneur, dit-elle, assiste-moi ! »
C’est le simple, mais l’émouvant appel d’un cœur de mère brisé par les souffrances de sa fille. Ah ! si le Fils de David ne peut rien pour elle, pauvre étrangère, qu’au moins l’entende le Seigneur de tous ! « Seigneur, assiste-moi ».
Mais l’épreuve se prolonge : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux chiens (aux petits chiens) ». Est-ce vraiment là le langage de Celui qui est doux et humble de cœur ? La suppliante devrait être découragée. Mais parce que ses besoins sont pressants, parce que sa peine est immense, rien ne coûtera à la pauvre femme pour recevoir la réponse ardemment désirée. S’il faut s’abaisser, elle le fera. N’est-elle pas déjà courbée par la douleur ? « Oui, Seigneur, dit-elle ; car même les chiens (les petits chiens) mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ».
Elle comprend, pauvre Cananéenne maudite, que sa place ne peut être qu’aux pieds de la table servie par le Fils de David aux enfants d’Abraham. Elle se tient donc là, prenant l’attitude profondément humiliée de ceux qui ne peuvent attendre que des miettes, mais qui les apprécient comme leur seul espoir et leur seul bien.
Ah ! Seigneur, qu’il y ait quelques miettes pour moi !…
« Ô femme, dit-il, ta foi est grande, qu’il te soit fait comme tu veux ». Et dès cette heure-là sa fille fut guérie.
Grande foi que celle qui pense d’aussi grandes choses du Dieu d’amour. Foi éprouvée, à laquelle Jésus répond, dans la joie de la grâce pressée de se déployer, dès que l’âme chargée de sa misère accepte la seule place où elle puisse être bénie, la place d’une entière humiliation.
Cette place, l’avez-vous prise, cher lecteur ? Autrement dit, votre cœur touché à salut a-t-il accepté la sentence divine : « Tous ont péché » ? (Rom. 3. 23)
De même que cette pauvre Cananéenne n’avait point de droit à la bénédiction des fils d’Israël, de même le pécheur ne peut s’attendre qu’à la miséricorde divine, Mais s’il n’a point d’autre titre à faire valoir que ce titre de pécheur, son seul espoir c’est la grâce du Sauveur : son amour s’exerçant envers ceux qui en sont indignes. Or, cette grâce parfaite a conduit Jésus à opérer une œuvre de salut que tous sont maintenant invités à accepter. Il a fait la paix par le sang de sa croix, et cette paix est l’heureux partage de la foi. Maintenant la justice de Dieu est manifestée, la justice de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous et sur tous ceux qui croient…, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus (Rom. 3. 21 à 25).
La femme cananéenne, par sa touchante insistance, montrait que tout son espoir reposait sur la compassion du Seigneur, même si sa grande foi était mise à l’épreuve. Elle s’attachait de tout son cœur au Seigneur Lui-même, comme Jacob le fit près du gué de Jabbok, disant : « Je ne te laisserai point aller que tu ne m’aies béni ! » Et la bénédiction n’a pas manqué : dès cette heure-là sa fille fut guérie.
Peut-être, cher lecteur, attendez-vous depuis longtemps la réponse divine à votre prière instante : « Ô Dieu, accorde-moi le sentiment de ton pardon ! » Peut-être avez-vous souvent déjà demandé au Seigneur qu’Il vous délivre du poids oppressant de votre péché, du lourd fardeau de votre misère morale ? Dans ce combat douloureux, ne vous lassez pas ; criez sans cesse au Sauveur, qui est prêt à vous répondre, quoi qu’il en paraisse. Il conduit Lui-même le travail de Sa grâce en votre cœur et Il ne laissera pas cette œuvre inachevée.
Puissiez-vous seulement lui confesser toute votre indignité ; quant à sa riche bénédiction, soyez assuré que dès lors Il vous dira : « qu’Il te soit fait comme tu veux ». « Que celui qui veut, dit Jésus, prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22. 17). Il s’agit du vouloir de l’âme, que rien ne détourne de l’objet de sa foi : Jésus le Sauveur, et qui trouve en Lui seul salut, délivrance et vie éternelle.
Les rencontres de Jésus : le jeune homme riche (Marc 10. 17 à 27 ; voir aussi Mat. 19. 16 à 26 et Luc 18. 18 à 27)
« Et comme il sortait sur la route, un homme accourut, et, se jetant à genoux devant lui, il lui demanda : bon Maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? Et Jésus lui dit : pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon, sinon un seul, Dieu. Tu sais les commandements : ne commets point adultère ; ne tue point ; ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais tort à personne ; honore ton père et ta mère. Et répondant, il lui dit : Maître, j’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse. Et Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : une chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, et viens, suis-moi, ayant chargé la croix.
Et lui, affligé de cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus, ayant regardé tout à l’entour, dit à ses disciples : combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu ! Et les disciples s’étonnèrent de ses paroles ; et Jésus, répondant encore, leur dit : enfants, combien il est difficile à ceux qui se confient aux richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile qu’un chameau passe par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. Et ils s’en étonnèrent excessivement, disant entre eux : Et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit : pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu ».
Voici un homme dont la situation ici-bas est on ne peut plus enviable. Matériellement, il est riche. Moralement, il est d’une conduite exemplaire ; il peut dire en toute droiture qu’il a observé les commandements de la Loi dans tous ses rapports avec ses semblables. Si quelqu’un croit avoir le droit d’entrer au ciel en raison de sa bonne conduite, c’est bien lui.
Et pourtant il n’est nullement assuré de son avenir, ni parfaitement satisfait de lui-même. Dans son cœur, un trouble persiste. Quelque chose lui manque. Il recherche la certitude de la vie éternelle, à laquelle il est encore étranger ; il voudrait connaître ce qu’il a encore à faire pour l’obtenir. Ni ses richesses, dans lesquelles cependant, en bon Israélite, il pouvait voir un témoignage d’approbation de Dieu, ni sa vie honorable entre toutes aux yeux des hommes ne sauraient lui donner une pleine sécurité. Mais il se croit capable de faire tout ce que Dieu peut exiger.
Or, voici qu’une suprême bénédiction lui est accordée : il fait la rencontre de Jésus, il peut L’entendre ; mieux encore, il nous est dit que Jésus, reconnaissant et appréciant tout ce qu’il y avait d’attrayant chez lui, l’aima. Ah, certes, il est bien près de la porte du ciel à ce moment. Entrera-t-il ?
Il reconnaît que Jésus peut l’enseigner, lui dire enfin ce dont il a besoin. Mais il ne voit en Lui qu’un homme, bon entre les hommes, à qui il peut espérer s’égaler en cultivant ce qu’il y a de bon en lui-même. Aussi Jésus commence par diriger ses pensées vers Celui qui seul est bon, et auprès duquel tout ce qui est humain pâlit. Même le vrai Fils de l’homme, Jésus lui-même, homme parfait, approuvé de Dieu en toutes choses, pouvait dire, dans sa parfaite dépendance : « Tu es le Seigneur, ma bonté ne s’élève pas jusqu’à toi ».
Combien donc les meilleures actions des hommes paraîtront-elles « comme un linge souillé » devant ce Dieu seul bon. Au vrai, si cet homme avait saisi ce qu’avait d’unique la bonté du « bon maître » auquel il s’adresse ici, il aurait reconnu en Lui la divinité descendue ici-bas en grâce.
Sans tarder, Jésus met le doigt sur la « chose qui manque » à cet homme, ce jeune homme, comme l’appelle l’évangile selon Matthieu. Il met en évidence la fêlure de ce cœur, semblable à tous les cœurs d’hommes pécheurs, et incapable du vrai bien devant Dieu. Qui peut supporter l’épreuve de la lumière divine ? Il apparaît vite que ce jeune homme, doué de si belles qualités, n’est en réalité que le misérable esclave de ses richesses.
Pour faire cette épreuve de son cœur, Jésus n’a que quelques paroles à dire :
« Vends tes biens et donne aux pauvres ». On verra ainsi si vraiment tu aimes ton prochain plus que tes richesses.
« Tu auras un trésor dans le ciel ». Il s’agit donc de savoir si tu tiens au ciel plus qu’à tes richesses.
« Et viens, suis-moi ». On verra ainsi quel cas tu fais de moi-même, si tu me préfères, moi, à tes richesses.
Il y a un choix à faire, et ce choix est déchirant pour ce jeune homme. Il s’en va, triste, mais il s’en va. Il préfère ses « grands biens ». Il les préfère à son prochain, il les préfère au ciel, il les préfère à Jésus. Il choisit l’éphémère jouissance des biens d’ici-bas. Il les garde, mais il garde avec eux, inguérissable cette fois, la plaie de son cœur. Ils ne lui donneront pas le bonheur sur la terre : il s’en va tout triste. Et ils le priveront de la bénédiction éternelle.
Lecteur, que préférez-vous ? Ce monde périssable, ou Christ ? Avez-vous la seule chose nécessaire, le trésor dans le ciel, la vie éternelle, et déjà durant cette vie terrestre, le trésor de la connaissance de Jésus – le vrai bonheur ?
En quoi vous confiez-vous ? À quoi que ce soit des « choses qui se voient » ? Richesses, position, considération ? Tout cela n’est que pour un jour, et tout cela ne saurait même remplir votre cœur durant cette vie passagère. Et il y a devant vous l’éternité, au seuil de laquelle il faudra tout laisser. Ne voulez-vous pas y prendre garde ?