Bienvenue ! Ce site a été réalisé spécialement pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Il est là pour présenter l’évangile et vous aider à grandir dans votre vie avec le Seigneur. N’hésitez pas à poser des questions ou à nous suggérer des sujets qui vous intéressent, par l’intermédiaire de l’espace questions. Nous essayerons d’y répondre !
Il y a dans la parole de Dieu selon l’expression d’un de nos frères « des miroirs qui ne sont jamais ternis ».
Aussi pouvons-nous sans cesse revenir à ces histoires de l’Ancien Testament avec joie et profit pour nos âmes. Quel est l’enfant, ici ou ailleurs, qui peut rester indifférent à l’histoire de Joseph ?
Mais cela ne suffit pas, car ce à quoi Dieu veut nous conduire en dépeignant quelques-unes des gloires du Seigneur à travers ces figures de l’Ancien Testament, c’est à être capables de jouir du Seigneur, Celui qui remplit le cœur de Dieu et avec Lequel Il veut nous associer car notre communion est avec le Père et avec le Fils.
Lorsque nous lisons aux enfants un de ces récits, ils sentent bien qu’il s’agit d’une histoire réelle, non inventée, non imaginaire. La Parole de Dieu s’impose à l’âme d’un enfant comme étant lavérité, comme une réelle certitude, 35 siècles plus tard.
Ce n’est pas un « musée historique ». De la première à la dernière phrase, la Parole de Dieu est pleinement suffisante pour s’imposer aux âmes.
L’homme de Dieu, c’est la « phalange » de l’Ancien Testament. 12 chapitres pour Joseph, 60 pour David, le bien-aimé de l’Éternel, et à travers lui Dieu veut nous parler du Seigneur, du Fils bien-aimé de son Père. Ainsi nous avons plusieurs parallèles entre sa vie et celle de Christ.
Dieu va employer un grand homme pour l’introduire dans sa fonction : le prophète Samuel, qui ne va pas prendre une fiole d’huile pour oindre David comme il l’avait fait pour Saül (1 Sam. 10. 1 et 1 Sam. 16. 1) mais une corne d’huile dans l’intelligence des pensées de Dieu et préfigurant ainsi la puissance de Celui qui va régner demain aux siècles des siècles : « Voici, il vient avec les nuées, et tout œil le verra, et ceux qui l’ont percé » (Apoc. 1. 7).
Ainsi David est oint par Samuel comme le Seigneur sera précédé par Jean le baptiseur, le plus grand des prophètes. Mais Samuel va commettre une erreur : « Il vit Éliab, et il dit : Certainement l’oint de l’Éternel est devant lui ».
Il se basait sur les apparences en voyant le premier-né d’Isaï, et Dieu doit le reprendre : « Ne regarde pas son apparence, ni la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté ; car l’Éternel ne regarde pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au cœur ». « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence » (Ps. 39. 6).
« Il reste encore le plus jeune », celui dont personne ne se souciait. « Fais-le amener ; car nous ne nous placerons pas autour de la table, jusqu’à ce qu’il soit venu ici ». Ainsi nous ne pouvons « nous mettre à table », rien goûter de l’amour de Dieu sans que Christ soit là.
Alors, avant le règne, nous avons les combats du désert contre le lion et l’ours, et la haine de Saül. Malgré l’onction du roi, il est méprisé et n’est reconnu et suivi que par un petit nombre. Comme aujourd’hui, avant que Christ soit établi comme roi, quelques-uns seulement Le suivent.
Dans ce chapitre quelques détails illustrent ceux que le Seigneur même reconnaît comme sien, ce petit résidu qu’Il saura toujours préserver. En son peuple terrestre, ce résidu représente ce que la nation entière aurait dû être.
Pour l’Église c’est l’esprit de Philadelphie tel que Dieu le désire pour la joie de son cœur, épargnée du jugement. Puissions-nous suivre ce « David » rejeté, dans l’attente de son règne !
Les premiers cités parmi les hommes forts de David sont les frères de Saül. C’est l’histoire de notre condition à tous. « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ » (Éph. 2. 4 et 5).
« Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous… étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (Rom. 5. 8 et 10).
Ces hommes devenus amis de David, leurs qualités, leurs caractères sont remarquables. « Armés d’arcs, se servant de la main droite et de la main gauche pour lancer des pierres, et pour tirer des flèches avec l’arc ; ils étaient d’entre les frères de Saül, de Benjamin ».
Nous avons une première leçon pour nous : quand nous étions parmi les nations, Dieu avait les yeux sur nous, Il voulait nous approcher par le sang de Christ.
v. 8 : « Et, des Gadites, il se détacha, pour se joindre à David dans le lieu fort au désert, des hommes forts et vaillants ». Deuxième leçon : la foi n’est pas quelque chose de collectif. Il faut se détacher de sa famille, du monde auquel on appartient, pour se joindre à Christ par la foi, dans le faisceau des vivants.
Enfants du monde devenus enfants de Dieu. « Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu » (1 Jean 3. 1). Il n’y a que deux familles dans ce monde : les sauvés et les perdus, malgré les apparences, les habits – même l’habit religieux. Si le cœur n’est pas joint à David c’est-à-dire à Christ, tout reste à faire.
Quelles étaient les conditions de Gad ? Nous souvenons-nous de l’émoi de Moïse en Nombres 32 lorsqu’ils dirent (car les troupeaux des fils de Gad et de Ruben étaient en grand nombre) : « ne nous fais pas passer le Jourdain » (v. 5) ? Moïse est épouvanté…
Quel enseignement pour nous, pour ne pas regarder en arrière, en essayant d’associer les choses du monde avec celles de Dieu ! Le Seigneur n’a pas dit qu’il était difficile de servir deux maîtres, mais impossible !
Ce sont des croyants mais qui ne réalisent pas que nous sommes morts au monde, à la chair, au moi. Que leur manque-t-il ? Ils n’ont pas de centre, l’arche n’est pas restée parmi eux. – Et que leur arrivera-t-il ? – La triste destinée de partir les premiers en captivité. « Et le Dieu d’Israël réveilla l’esprit de Pul, roi d’Assyrie… et Il transporta les Rubénites, et les Gadites, et la demi-tribu de Manassé, et les emmena à Khalakh, et à Khabor, et à Hara, et au fleuve de Gozan, où ils sont jusqu’à ce jour » (1 Chron. 5. 26).
Quelle est l’application pour nous ? Le croyant ne doit pas se laisser séduire par le monde, même si ses intérêts terrestres « ses nombreux troupeaux » ont trouvé un pays propre pour eux, où ils auront de l’herbe en abondance. On ne peut associer les deux choses !
Mais il n’est jamais trop tard pour changer ! La preuve : ils se rendent compte qu’il faut se joindre à David. Que pouvons-nous trouver dans ce monde pour satisfaire le cœur du croyant ?
Certes il n’y a pas que des choses sordides, mais elles sont toutes marquées par le chef de ce monde opposé à Dieu. Ce monde a commencé à la sortie du jardin d’Éden, et pour nous il a mené à la croix sans autre alternative.
Ils passent le Jourdain pour joindre le Seigneur ; il faut passer le Jourdain alors, non pas à pied comme sur le sec (Jos. 3. 17), mais au premier mois quand il regorge par-dessus tous ses bords, le mois de la Pâque, le mois de la fête des pains sans levain.
Il faut réaliser que nous sommes morts avec Christ, mort libératrice car Christ l’a vaincue. Dieu ne nous demande pas de mourir mais de faire mourir les actions du corps. Dieu m’attribue à moi ce qui est arrivé à Christ : « Vous êtes morts » (Col. 3. 3). Tenez-vous vous-mêmes pour morts afin que le corps du péché soit annulé et que vous viviez en nouveauté de vie.
Quelle doit être notre attitude extérieure, notre détermination dans les temps fâcheux lorsque nous avons passé le Jourdain ? – Pas d’équivoque, mais prompts comme des gazelles, prompts à obéir. « Ils mirent en fuite ceux de toutes les vallées, vers le levant et vers le couchant ».
Les combats du désert avant la traversée du Jourdain ne sont pas de vrais combats. Seuls comptent pour Dieu les combats de Canaan (Éph. 6) au levant et au couchant.
Ange de lumière ou prince des ténèbres, Satan essaie ces deux attitudes, mais ces hommes sont vainqueurs sur les deux fronts. L’ennemi est mis en pièces vers le levant et vers le couchant. Chacun est invité à le faire pour être heureux sans fardeau sur les épaules !
Pensez-vous que l’apôtre Paul était malheureux dans sa prison, sentait-il le poids des chaînes ? « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur [pas dans les circonstances], encore une fois, je vous le dirai, réjouissez-vous » (Phil. 4. 4).
v. 16 : « Et des fils de Benjamin et de Juda allèrent vers David ». Nous n’avons qu’à nous reporter à 1 Samuel 22 pour comprendre la défiance de David.
Mais il ne les repousse pas : « Si c’est pour la paix que vous venez vers moi, pour m’aider, mon cœur sera uni à vous ». Pour quoi suivons-nous le Seigneur ? En attendons-nous des champs, des vignes ? (1 Sam. 22. 7) Quels motifs nous gouvernent ?
Il n’y a pas de situation neutre. Mais le cœur du Seigneur est toujours prêt à s’unir au nôtre malgré nos défaillances. Comme cela nous touche ! Mais nous devons rester attentifs comme ce disciple que Jésus aimait et qui avait la primeur de ses pensées, couché sur son sein (Pierre ne s’y était pas trompé quand il l’envoie en éclaireur). Et à qui le Seigneur donnera-t-il l’Apocalypse à écrire ? – À Jean.
v. 19 : « de Manassé, il y en eut qui passèrent à David ». Nous lisons : « ils ne leur aidèrent point » au v. 19 et « ils aidèrent David » au v. 21. Y aurait-il une contradiction ? Non, c’est que David et ses hommes chez les Philistins n’étaient pas à leur place pour faire couler le sang d’Israël malgré le rejet de Saül du cœur de Dieu.
C’est tout le discernement du croyant pour savoir qui nous suivons. « Fixant les yeux sur Jésus ». À Tsiklag ils peuvent suivre David. Paul nous offre un exemple remarquable : « Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ » (1 Cor. 11. 1). Voilà le chemin sûr.
Nous ne devons pas suivre Démas ou quelque autre frère le plus zélé possible, mais le Seigneur seul, notre unique modèle !
v. 23 : À Hébron. Des fils de Juda, de Siméon, de Lévi, ressort un nom, Tsadok, jeune homme fort et vaillant. Nous avons l’explication au chapitre 6. 12 et 9. 11 : sacrificateur, prince de la maison de Dieu.
Une parenthèse : on dira : pourquoi lire tous ces noms, toutes ces généalogies. Ils nous fatiguent… ! – Non certainement pas, ce sont des perles pour Dieu.
Ce service de la maison de Dieu est encore valable aujourd’hui. Quelles sont les conditions pour participer à la cène du Seigneur, au culte ? – Être un enfant de Dieu. Le Seigneur est mort pour moi. « Faites ceci en mémoire de moi », nous demande-t-Il. Il nous invite à nous manifester pour Lui, à remplir ce service de sacrificateur dans l’œuvre du service de la maison de Dieu.
C’est le service du culte qui est le plus élevé, car tous les autres qui ont leur place : évangélisation, visites aux malades, collectes, etc. prendront fin. Le culte, prélude à la gloire éternelle, ne cessera jamais mais s’épanouira dans la plénitude du Saint Esprit et pour l’éternité.
v. 32 : « des fils d’Issacar, qui savaient discerner les temps ». Quel est le discernement aujourd’hui qui doit nous caractériser dans ce monde qui nous entoure ? « Regardez en haut, et levez vos têtes… Voyez le figuier et tous les arbres » (Luc 21. 28 et 29) dit le Seigneur. « Quand ils ont déjà commencé à pousser, vous connaissez par vous-mêmes, en les voyant, que l’été est déjà proche. De même aussi vous, quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le royaume de Dieu est proche » (v. 30 et 31).
v. 33 : Deux remarques sur Zabulon.
1 – « sachant garder leur rang ». Dans ce monde nous assistons à tout autre chose. Il s’agit de s’élever le plus possible en écrasant les autres. Mais le Seigneur a pris la dernière place (Phil. 2 : Il s’est anéanti lui-même) et Il nous invite à faire de même.
« Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus » (v. 5). Et ailleurs : « Je dis à chacun de ceux qui sont parmi vous de ne pas avoir une haute pensée de lui-même » (Rom. 12. 3).
2 – « n’ayant point un cœur double ». C’est un cœur tout plein de Christ et qui n’est préoccupé que par sa gloire. Il n’y a pas de place pour une autre part, un autre intérêt, un autre maître.
v. 38 : « Tout le reste d’Israël était d’un seul cœur ».
Il y a trois chemins, trois voies : n’ayant pas un cœur double (v. 33), d’un cœur droit et d’un seul cœur (v. 38) qui ne forment qu’un tout, qu’une âme, qui aime et désire servir son Seigneur.
Conduire un âne, un chameau, un mulet ou des bœufs, ne demande pas d’études prolongées ! Apporter de la farine, des gâteaux de raisins secs, du vin, de l’huile, peut sembler bien modeste ! Il n’était pas nécessaire aller à l’université, d’avoir un diplôme de théologie.
S’il en était ainsi parmi nous, si nous étions animés d’un seul cœur pour aimer et servir Christ, la dernière parole de notre chapitre serait bien encore actuelle : il y aurait de la joie pour la gloire du Seigneur ici et partout, en ce jour encore.
Ce livre de Ruth apparaît comme un rayon de soleil dans ce temps si sombre des Juges, que l’Esprit de Dieu caractérise de cette manière : « Chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (Jug. 21. 25).
Et de fait, c’est ainsi, on peut dire, que le livre de Ruth commence. Dieu permet qu’il y ait une famine dans le pays d’Israël, et précisément dans cette ville de Bethléhem dont le nom signifie : la maison du pain.
Plus tard, nous pouvons le dire d’une manière si frappante pour nos cœurs, devait y naître David et un plus grand que David, notre Sauveur et Seigneur Lui-même. Et dans cet endroit où Dieu avait expressément promis la bénédiction, il y a la famine.
Est-ce que Dieu a cessé de montrer sa grâce vis-à-vis de son peuple ? Nous savons qu’il n’en est rien. Mais ce peuple est là sous les conséquences de ses inconséquences, de son éloignement de Dieu.
Il nous suffirait de lire ce livre des Juges, et nous l’avons certainement remarqué plusieurs fois, pour voir comment ce peuple, malgré la miséricorde de Dieu à son égard, ne cessait de s’égarer dans son cœur.
Cela nous fait penser à un verset de l’épître aux Hébreux ; au chapitre 3. Là il est question du désert, mais c’est exactement la même chose, car le cœur de l’homme n’a pas changé, et notre cœur n’est pas différent – il faut bien que nous le comprenions – de celui du peuple d’Israël.
Dans l’épître au Hébreux nous lisons : « C’est pourquoi j’ai été indigné contre cette génération, et j’ai dit : Ils s’égarent toujours dans leur cœur et ils n’ont point connu mes voies » (ch. 3. 10). « Ils s’égarent toujours dans leur cœur » : Est-ce que nous nous égarons dans nos cœurs, ce cœur qui appartient au Seigneur, ce cœur dont il est dit expressément dans le livre des Proverbes : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (23. 26) et « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (4. 23) ?
Un mauvais choix est vite fait. Si nous nous éloignons de la dépendance du Seigneur, eh bien ! nous serons sur un chemin qui nous conduira beaucoup plus loin que nous ne l’avions pensé. C’est ce qui est arrivé à Élimélec.
Quelle différence entre lui et cet homme que nous trouvons dans le petit prophète Habakuk ! C’était un temps bien difficile que traversait ce prophète, puisqu’il pouvait dire : « le figuier ne fleurira pas, et il n’y aura pas de produit dans les vignes ; le travail de l’olivier mentira, et les campagnes ne produiront pas de nourriture ; les brebis manqueront dans le parc, et il n’y aura pas de bœufs dans les étables » (3. 17). Quel tableau, n’est-ce pas !
Mais il ajoute : « Mais moi, je me réjouirai en l’Éternel, je m’égayerai dans le Dieu de mon salut. L’Éternel, le Seigneur, est ma force ; il rendra mes pieds pareils à ceux des biches, et il me fera marcher sur mes lieux élevés ».
Voilà une âme qui, au milieu de la souffrance, au milieu de l’épreuve, est en communion ininterrompue avec le Seigneur. Est-ce que c’est notre cas, chers amis ? Est-ce que nos yeux sont sur Dieu au temps de l’épreuve, au temps peut-être de la famine ? Et nous comprenons bien que, au-delà de ce qui pourrait concerner les biens matériels, il puisse y avoir aussi les biens spirituels. Et Dieu peut permettre sans doute qu’au milieu des siens – encore une fois, comme conséquence de nos inconséquences – nous éprouvions comme il est dit ailleurs, que la parole de Dieu est rare (1 Sam. 3. 1) et que finalement il y a comme une sorte de famine par laquelle Dieu veut parler à nos cœurs.
Et que faut-il faire dans ces circonstances ? Eh bien ! comme toujours, nous tourner vers le Seigneur. C’est assez facile de nous tenir près de Lui quand tout va bien. Mais quand vient le jour de l’épreuve, le Seigneur attend que nous nous attendions à Lui, que nous manifestions notre communion avec Lui et que nous nous confiions en un fidèle Créateur qui prend soin des siens, qui sont dans un temps sans doute de faiblesse extrême, un temps dans lequel, au sein même de l’assemblée, celle qui porte le nom du Seigneur, un grand besoin se manifeste.
Est-ce que nous devons pour autant abandonner ce lieu où le Seigneur a promis sa présence ? Ce serait pour nous, nous pouvons le dire, une ruine totale. Restons là où le Seigneur se trouve. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ».
Le Seigneur est semblable à cette maison du pain. C’est là que se trouve la vraie nourriture de notre âme. Mais sans doute il faut une foi particulière, il faut une vertu particulière pour nous tenir dans le chemin de la foi au moment où, en quelque sorte, les eaux ont baissé et où nous pouvons voir, comme l’a dit l’un de nos frères, le fond de la rivière.
Mais si notre cœur est attaché au Seigneur, s’il y a en nous de vives affections pour le Seigneur – qu’Il a le droit de trouver dans les siens – eh bien ! nous resterons là, près de Lui – et près de Lui nous trouverons la bénédiction, même dans un jour de ruine.
Chers amis, que le Seigneur nous garde de faire comme cet homme, Élimélec ! Oh ! ce n’était pas loin, n’est-ce pas, Moab. Et le monde n’est pas loin, nous le savons bien. Il est là tout autour de nous. Il nous enserre en quelque sorte. C’est si facile de faire quelques pas vers ce monde. Un peu de prospérité, un peu d’insouciant repos, comme il est dit, et notre misère viendra comme un voyageur et notre dénuement comme un homme armé (Prov. 6. 11).
Moab – cinquante kilomètres – ce n’est pas loin. Mais il faut passer le Jourdain, il faut sortir des limites de ce pays que Dieu avait assigné à son peuple. Et c’est particulièrement à Josué qu’il avait été ordonné d’en prendre possession, comme nous le voyons au début de son livre. Et il lui avait été dit : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné » (Jos. 1. 3). Chers amis, quel prix a pour notre cœur, non plus l’Israël d’autrefois, mais l’Israël céleste ?
Nous aimons rappeler quelles sont pour nous les conséquences immenses de l’œuvre de Christ à la croix. Nous lisons souvent l’épître aux Éphésiens. Et que trouvons-nous dans cette épître ? D’abord, ce qu’était notre condition d’autrefois : nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés. Et ensuite :
« Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés par la grâce), et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le christ Jésus ». Notre position dans le Seigneur est intouchable, elle est parfaite. Et chaque chrétien, chaque enfant de Dieu, peut avec certitude s’appuyer sur les déclarations de la Parole de Dieu. Il est déjà en quelque sorte assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Quelle chose, n’est-ce pas, chers amis !
Mais comment prenons-nous possession du pays ? Quel prix a le pays pour nous ? Dans un Psaume, en parlant du pays d’Israël il est dit : « Ils méprisèrent le pays désirable » (106. 24). Et c’est une chose grave que Dieu – qui voit dans le cœur, dans chacun de nos cœurs – dise de ce peuple : « Ils méprisèrent le pays désirable ». Et comment méprise-t-on le pays désirable ? Eh bien ! tout simplement en cherchant ailleurs, en cherchant dans ce monde qui a rejeté Christ et en montrant que nos cœurs, que nos affections, ne sont pas là-haut.
Il nous est dit : vous êtes morts avec Christ. Eh bien ! Qu’est-ce que cela veut dire ? On peut lire un passage dans l’épître aux Colossiens : « Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances, – ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! » (v. 20 et 21).
Et puis au chapitre 3 : « Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu ; pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre » (v. 1 et 2). C’est clair cela, n’est-ce pas. Et c’est une parole qui s’adresse à chacun de nos cœurs, à mon cœur, à votre cœur. « Cherchez les choses qui sont en haut… pensez aux choses qui sont en haut ».
Quelle place ont-elles aujourd’hui dans mon cœur ? Cette place est-elle uniquement pour le Seigneur ? Est-ce que ces choses ont grandi ou est-ce qu’elles se sont affaiblies dans mon cœur depuis que je Lui appartiens ? C’est extrêmement sérieux, cela.
Nous savons que le Seigneur désire avoir tout notre cœur. Il désire qu’en approchant de ce séjour de la gloire, nous soyons préparés à cette rencontre bénie, comme l’épouse se prépare à la rencontre de son époux.
Eh bien ! voilà un homme qui est sorti de Bethléhem de Juda. Oh ! bien sûr, il y avait la famine. Alors il est allé dans les champs de Moab. Il n’avait pas l’intention d’y rester sans doute…
Que de jeunes gens, que de jeunes filles ont dit peut-être : « Non, bien sûr, mais il faut bien quand même profiter des choses de la terre pour un moment, n’est-ce pas ? J’ai besoin de penser à ma protection, à mon bien-être. Je désire aussi ceci, cela ». Et puis on est allé pour séjourner dans les champs de Moab. Et ensuite, qu’est-ce qui s’est passé, chers amis ?…
Cet homme, Élimélec avait un très beau nom, nous le savons : « L’Éternel est mon roi ». Ce n’est pas le tout d’avoir le nom de Christ invoqué sur nous. Comment vivons-nous Christ ? Est-ce que nous sommes la bonne odeur de Christ au milieu de ce monde ? Est-ce que, pratiquement, nous montrons que nous lui appartenons ?
Sinon nous avons perdu notre raison d’être. Nous ne sommes plus ce sel de la terre, nous ne sommes plus cette lumière dans les ténèbres. Eh bien ! cet homme a habité là avec sa femme. Il a entraîné sa famille avec lui. Et que pouvons-nous enseigner à notre famille, chers frères et sœurs ? Il y a un chemin qui descend…
On ne pensait pas aller si loin, bien sûr, encore une fois, mais voilà, les circonstances sont là. Il y a tant de choses, il y a le train de ce monde. Et puis le train de ce monde nous entraîne et il ne cesse de s’accélérer. Ceux qui sont dans les champs savent bien ce qui se passe, comment le champ est délaissé. On arrive aux réunions, on est vide, on n’a rien. On n’a pas passé le temps nécessaire aux pieds du Seigneur et nos vies sont vides.
Oh ! elles sont très remplies ces vies, extrêmement remplies, mais elles ne sont pas remplies de Christ. Il n’y a que cela qui a de la valeur. C’est une pensée extrêmement sérieuse de penser à ce qu’il en sera de moi durant l’éternité. Il ne demeurera que ce qui est de Christ. Combien de choses cela élimine de ma vie !
Je sais qu’il est dit que nous devons travailler paisiblement, travailler de nos propres mains, sans doute. Mais est-ce que, pour autant, nous donnons au Seigneur la place qui Lui appartient ? Est-ce que nous vivons pour nous-mêmes ou est-ce que nous vivons pour Celui qui est mort pour nous et qui a été ressuscité ? (2 Cor. 5. 15) Tout est résumé là.
À chacun de nous de donner la réponse au Seigneur. Nos chemins sont différents, mais est-ce que le Seigneur est Celui sur lequel nous fixons les yeux, notre regard, comme « chef de la foi et celui qui la mène à l’accomplissement » ? (Héb. 12. 2) L’apôtre Paul ne faisait pas trente-six choses. ? Ce n’était pas quelqu’un qui remplissait plusieurs fonctions en même temps. Non. Il dit : « Je fais une chose… » (Phil. 3. 14), une seule chose.
Paul était un homme qui avait les mêmes penchants que nous, n’est-ce pas, mais c’était un homme qui pouvait dire : Christ est ma vie (voir Phil. 1. 21). Alors il courait vers le but. Et les choses qui pour lui étaient auparavant un gain, étaient devenues pour lui une perte. Chers amis, ce n’est pas par nos efforts que nous pouvons faire cela. Non. Il y a une seule chose qui peut produire cela dans nos cœurs : c’est un amour fervent pour le Seigneur.
Tournons-nous vers lui. Disons-lui : « Seigneur, que je t’aime en retour, que je sois à toi ». Il n’y a que ce moyen et cela est vrai de la force exclusive des affections nouvelles pour le Seigneur. Il y a peut-être des chaînes. On a parlé tout à l’heure des chaînes dans le cantique : « Ô toi qui brisas nos chaînes… ». Peut-être, chers amis, que parmi nous il y a des chaînes, et peut-être des chaînes secrètes qui font que nos âmes sont rivées au sol et que par nous, nous pouvons dire, toute l’assemblée en souffre, car si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui (1 Cor. 12. 26). Souvenons-nous de cela.
Si nous occupons notre place à la table du Seigneur, si nous appartenons pratiquement à l’Assemblée, à ce témoignage qui est rendu au Seigneur pendant le temps de son absence, eh bien ! sachons bien que de notre conduite inconvenante, c’est toute l’Assemblée qui en souffre, et plus que l’Assemblée, le Seigneur lui-même, car la louange qui doit Lui être rendue ne peut pas l’être de la même manière parce que nous sommes nous-mêmes attachés à cette chaîne. C’est triste à dire.
Alors, demandons au Seigneur de remplir notre cœur. Nous chantons ce beau cantique : « Jésus, de ton amour viens remplir notre âme » (68. 1). Ah ! que le Seigneur voie dans nos cœurs que nous le chantons avec foi, sans ensommeillement ! Prenons garde, chers amis, tant de choses peuvent nous égarer.
Je pense à l’instant à ce qui nous est dit : « Prenez garde ». Je le dis pour les jeunes gens d’une façon particulière, parce que nous avons tous besoin d’être sur nos gardes. Il est dit : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par de vaines tromperies, selon l’enseignement des hommes, selon les principes du monde, et non selon Christ » (Col. 2. 8).
Eh bien ! il y a un véritable danger permanent, celui d’adopter la manière de raisonner de ce monde, sa manière de penser, alors que nous savons bien, n’est-ce pas, que ce qui doit avoir du prix pour nos cœurs, c’est la Personne du Seigneur et Lui tout seul. Le Seigneur disait aux disciples : « Si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Mat. 18. 3). Si nous avons perdu tant soit peu cette simplicité quant aux principes, si nous n’avons pas cette foi d’un petit enfant, eh bien ! il faut la redemander au Seigneur.
Car autrement les raisonnements, la philosophie, notre intelligence peut-être, sont pour nous un véritable piège. Chers amis, combien nous vous supplions de la part du Seigneur de vous tourner entièrement vers Lui ! Vous savez que l’ennemi est là, il rôde, il cherche qui il pourra dévorer (1 Pier. 5. 8). Peut-être que nous oublions cela. Nous sommes dans un monde dans lequel Satan règne. Et c’est un ennemi cruel. Peut-être que quelques-uns d’entre nous ce soir en avons éprouvé la morsure.
Et si Dieu nous a délivrés, eh bien ! gardons-nous d’y revenir. Souvenons-nous de ce que disait l’Éternel à Job : « Mets ta main sur lui : souviens-toi de la bataille, – n’y reviens pas ! » (40. 27) Restons près du Seigneur. C’est seulement là que nous serons bien gardés.
Et alors voilà Élimélec dans ces champs de Moab. Et finalement il meurt et puis ses fils vont aussi loin que lui, comme toujours. Ils prennent des femmes moabites, ce qui était formellement interdit par la loi. Il était dit du Moabite : « L’Ammonite et le Moabite n’entreront pas dans la congrégation de l’Éternel ; même leur dixième génération n’entrera pas dans la congrégation de l’Éternel, à jamais » (Deut. 23. 3).
Finalement, après dix ans de patience, Makhlon et Kilion sont morts. Et voilà Naomi qui reste seule, seule avec ses belles-filles étrangères. Et nous voyons bien son état, son état misérable. Et pourtant Dieu va opérer dans le cœur de Naomi. Il a fallu qu’elle soit à vide pour retrouver le chemin de la bénédiction. Mais Dieu avait l’œil sur elle.
Elle était, peut-on dire, en présence d’un vrai cimetière, entourée de morts. Tous ses bien-aimés sont partis. Eh bien ! c’est le moment que Dieu va choisir, comme Il le fait ce soir, pour opérer dans son cœur. Ses voies ne sont pas nos voies. Chers amis, ne cessons pas de prier pour ceux que nous aimons, que l’ennemi a entraînés. Même dans le pays lointain, Dieu les voit.
Et s’il leur faut peut-être manger des gousses, eh bien ! Dieu voudra un jour peut-être, si nous prions avec foi – car Il peut tout – Il peut produire ce travail de conscience et de cœur qui fera que ce fils ou cette fille que nous aimons, dira : « Je me lèverai et je m’en irai vers mon père » (Luc 15. 18).
On pourrait dire : mes ressources ne sont pas bien élevées, il me manque encore bien des choses. Il n’y a pas beaucoup de repentance dans le cœur de Naomi, mais essentiellement l’idée de nourriture. J’ai entendu dire au pays de Moab que l’Éternel a visité son peuple pour lui donner du pain. Alors elle s’est dit : « Quand même, je vais rentrer, je vais rentrer à Bethléhem ».
Et s’il était besoin d’avoir en quelque sorte cette réserve sur l’état de cœur et de conscience de Naomi à ce moment-là, et bien des incertitudes supposées, cela pourrait nous éclairer, chers amis. Quand nous sommes nous-mêmes en chute, comme l’était alors Naomi, malgré ce premier retour, eh bien ! nous pouvons bien difficilement aider les autres. Nous ne sommes pas un exemple pour ceux qui nous entourent. Nous ne pouvons pas parler de Christ à ceux qui nous entourent, alors que nous-mêmes nous sommes la démonstration de quelqu’un qui a, hélas ! abandonné le chemin de la bénédiction.
Et alors Naomi se met en chemin. Le Seigneur veut que nous arrivions au but. Elle se met en chemin avec ses belles-filles qui l’accompagnent. Mais alors, combien sont solennelles ces paroles qui sortent constamment de la bouche de Naomi : « Allez, retournez chacune dans la maison de sa mère » (v. 8), « retournez, mes filles » (v. 11), « retournez, mes filles, allez » ! (v. 12)
Cela fait de la peine, chers amis, comme si Naomi n’avait pas compris où était la bénédiction, comme si elle ne l’avait pas reçue pour elle-même. Elle encourage, en quelque sorte, ses belles-filles à retourner à leur peuple où étaient les idoles. Elle emploie des paroles, on pourrait dire spirituelles : « Que l’Éternel use de bonté envers vous, comme vous avez fait envers les morts et envers moi ! L’Éternel vous donne de trouver du repos, chacune dans la maison de son mari ! » (v. 8 et 9).
Est-ce que vous pensez que nous pouvons trouver la paix, le repos, ailleurs que dans la présence du Seigneur ? C’est une chose absolument impossible. « Les vains bonheurs de ce monde infidèle n’enfantent rien que regrets et dégoût ; nous avons soif d’une joie éternelle » (Cantique 210 strophe 3). Est-ce que nous avons soif, chers amis ? Notre cœur à tous a soif. Et nous pouvons dire qu’Un seul peut remplir notre cœur et c’est le Seigneur.
Le monde est trop petit pour notre cœur. Nous en avons peut-être fait l’expérience, plus ou moins. Il y a un homme dans l’Écriture (dans l’Ecclésiaste), le roi Salomon, qui a fait l’expérience que nous ne pouvons pas faire. Il avait tout, absolument tout, et il a cherché le bonheur partout. Quelle est la conclusion à laquelle il arrive ? « Vanité des vanités ! Tout est vanité » (1. 2). Tous les biens de la terre n’ont pu suffire pour remplir son cœur. Pensons-nous qu’ils pourraient remplir le nôtre ?
Alors Naomi était dans une grande amertume. La main de l’Éternel s’est étendue sur elle, mais elle engage ses belles-filles à la quitter, à partir tout simplement et à retourner à Moab. Et nous savons ce qui s’est passé, n’est-ce pas. Il est sûr qu’Orpa a pleuré, elle a embrassé sa belle-mère. Il y avait de l’affection dans son cœur pour Naomi, mais elle est repartie.
Mais Ruth s’est attachée à elle. Et cela a été encore l’occasion, on peut dire, de mettre un peu plus à l’épreuve la foi de cette chère Ruth dont nous aimerions dire quelques mots. Vous le savez, chers frères et sœurs, chers enfants peut-être, nous avons eu la grâce très grande de connaître la vérité. Le Seigneur nous a amenés dans sa présence, pour la plupart d’entre nous de bonne heure, et nous avons entendu parler de Lui et de sa grâce et nous connaissons son amour.
Mais Ruth, que savait-elle, sinon la honte de venir dans un pays où, en quelque sorte, il n’y avait rien pour elle ? Il fallait une foi, une foi qui s’attache entièrement au Seigneur pour y aller. Mais elle est prête, on peut dire, à faire ce pas avec le Seigneur et le Seigneur va la bénir.
Naomi insiste auprès d’elle et lui dit : « Voici, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne-t’en après ta belle-sœur ». Elle était inquiète au sujet de la manière dont Ruth serait reçue dans ce pays. Tout de même, le nom de l’Éternel était connu et ce peuple devait se tenir à l’écart de tous les autres peuples et en particulier des Moabites.
Mais pour Ruth, sa foi se fonde sur Dieu seul. Est-ce que Dieu peut repousser quelqu’un qui vient à Lui avec une foi simple ? Impossible. Ruth nous apparaît ici, pourrions-nous dire, comme un précieux avant-goût de ce que nous trouvons dans l’Écriture.
Je voudrais lire simplement le récit concernant le Seigneur en Ésaïe 49 où il est dit au verset 6 : « C’est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre ».
Voilà quels étaient les plans admirables, les desseins de notre Dieu Sauveur, de notre grand Dieu Sauveur, dès l’éternité passée. C’était que sa grâce, en quelque sorte, dépasse les frontières d’Israël, comme nous le voyons pour Joseph : « ses rameaux poussent par-dessus la muraille » (Gen. 49. 22), c’est « le mur mitoyen de clôture » (Éph. 2. 14). C’est la grâce de Dieu étendue à nous, les nations. Nous qui n’étions pas un peuple, qui n’avions aucun droit de cité en Israël, aucune part aux promesses – il peut être dit que nous sommes maintenant le peuple de Dieu.
Et nous avons cité ce précieux passage de l’épître aux Éphésiens. Nous avons là tout le propos de Dieu. « Vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, dans le christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ » (2. 12 et 13).
Voilà le moyen magnifique que Dieu avait en réserve. Déjà nous pouvons dire que l’Agneau était auprès de Lui, cet Agneau préconnu dès avant la fondation du monde. Ruth va faire l’expérience de cette grâce de Dieu à son égard. Vous savez qu’elle est entrée dans la lignée du Messie lui-même. C’est lui « qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture » (2. 14).
Nous avons maintenant par Lui, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit (2. 18). « Ainsi donc vous n’êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu » (2. 19). Retenons cette belle expression au début du v. 17 : « Il est venu ». Dans l’épître aux Hébreux il est dit : « Voici, je viens » (10. 9) et ici l’apôtre dit : « Il est venu ». Le Seigneur Jésus est venu et Il a accompli cette œuvre de la rédemption. Dieu a pu dire : « J’ai trouvé une propitiation » (Job 33. 24). Il justifie celui qui est de la foi de Jésus.
Chers amis, est-ce que ces choses, nous pourrions dire si familières à chacun de nos cœurs, ont le prix qu’elles doivent avoir ? Nous devrions nous réjouir chaque matin, comme à nouveau, de ce salut dans lequel nous sommes. Le cantique 148 dit : « Tout bonheur vient de toi ». Est-ce que nous nous réjouissons tous les jours dans un Sauveur parfait ? Si nous sommes occupés de lui dans nos cœurs, de son œuvre expiatoire, occupés de sa personne adorable, eh bien ! ce sera pour nous le meilleur des antidotes vis-à-vis de ce monde. Si le Seigneur remplit notre cœur, Satan ne pourra rien y mettre.
C’est à notre honte d’avoir délaissé de nous nourrir de Christ pratiquement par sa Parole, en écoutant le Saint Esprit qui prend de ce qui est à Christ et nous le communique. Nous tombons sous les coups de l’Adversaire, nous nous traînons, on peut dire à ras du sol, alors que nous devrions être toujours avec des ailes. Il devrait toujours être visible que nous appartenons au ciel.
Voilà Ruth qui a cette parole de foi : « Où tu iras, j’irai, et où tu demeureras, je demeurerai : ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (v. 16). On peut dire ici que Ruth est bien une illustration de la foi, de l’amour, de cette énergie dévouée d’une âme nouvellement convertie qui se donne sans calculer. Nous aimons beaucoup calculer, chers amis. Nous désirons avoir des assurances de tout genre dans notre vie, et finalement la foi fait complètement défaut. Et cela est la part de tous ceux qui s’ennuient, et cela suscite des difficultés dans notre vie, et nous voilà complètement sans ressources alors que nous avons pour Père le Dieu Tout-puissant qui nous aime. Que cela est triste !
Chers amis, Ruth aurait pu dire : « Qu’est-ce que je vais faire dans ce pays, qu’est-ce qui va se passer ? C’est de la folie pour moi. Ici j’ai ma famille, j’ai mes dieux, finalement j’ai une certaine joie, il y a des fêtes, il y a ceci et cela. Je connais tout le monde. Qu’est-ce que je vais faire de ce peuple ? Ils vont me repousser. Et Dieu, est-ce que Dieu va me recevoir ? »
Eh bien, non, Ruth a choisi et elle dit : « Ainsi me fasse l’Éternel, et ainsi il y ajoute, si la mort seule ne me sépare de toi ! » (v. 17) Et Naomi vit qu’elle était résolue, arrêtée dans son esprit. Cela nous fait penser à Daniel quand il est dit de lui : « Daniel arrêta dans son cœur qu’il ne se souillerait pas par les mets délicats du roi » (1. 8). Et rien ne peut séparer cette femme de foi de Celui qu’elle a décidé de suivre. Chers amis, est-ce que cela aussi est dans nos cœurs ?
Alors elles ont marché toutes les deux, elles ont marché ensemble vers la ville de Bethléhem. Et comme elles entrent dans la ville, toute la ville est émue à leur sujet. C’est important de penser à cela, que la grâce de Dieu opère pour que ceux qui se sont égarés reviennent. Comment celui qui revient est-il accueilli, chers amis, au milieu de l’assemblée ? Comment est-ce que nous l’accueillons ?
Ici toute la ville s’est émue en les voyant. Cela fait penser à ce père qui a accueilli son fils en Luc 15. Il est dit : « Son père le vit et fut ému de compassion » (v. 20). Mais nous, chers frères et sœurs qui connaissons le Seigneur, nous sommes là en quelque sorte pour manifester sa grâce. Comment est-ce que nous accueillons ceux qui s’approchent, qui reviennent ? La ville s’est émue à leur sujet disant : « Est-ce là Naomi ? »
Et elle leur dit : « Ne m’appelez pas Naomi, appelez-moi Mara » (v. 20). Nous savons, en Luc 15, ce qu’il en est du fils aîné, cet homme qui était resté dans la maison. Ah ! il se jugeait absolument sans reproche et comme il était peu préparé à recevoir son frère, ce frère qui était mort et qui était maintenant revenu à la vie !
Cela est très sérieux, chers amis, pour chacun de nous, et nous en sommes là. Que le Seigneur nous donne un cœur plus large, un cœur rempli des mêmes affections que les siennes !
« Alors Pierre, s’approchant de lui, dit : Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
C’est pourquoi le royaume des cieux a été fait semblable à un roi qui voulut compter avec ses esclaves. Et quand il eut commencé à compter, on lui en amena un qui lui devait dix mille talents. Et comme il n’avait pas de quoi payer, son seigneur ordonna qu’il fût vendu, [lui], et sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avait ; et que le payement fût fait. L’esclave donc, se jetant à ses pieds, lui rendit hommage, disant : Seigneur, use de patience envers moi, et je te payerai tout. Et le seigneur de cet esclave-là, touché de compassion, le relâcha et lui remit la dette.
Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers ; et l’ayant saisi, il l’étranglait, disant : Paye, si tu dois quelque chose. Celui donc qui était esclave avec lui, se jetant à ses pieds, le supplia, disant : Use de patience envers moi, et je te payerai. Et il ne voulut pas ; mais il s’en alla et le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette.
Or ceux qui étaient esclaves avec lui, voyant ce qui était arrivé, furent extrêmement affligés, et s’en vinrent et déclarèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé. Alors son seigneur, l’ayant appelé auprès de lui, lui dit : Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié ; n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, comme moi aussi j’ai eu pitié de toi ? Et son seigneur, étant en colère, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qui lui était dû. Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère » (Mat. 18. 21 à 35).
« Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité, vous supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi [faites] de même » (Col. 3. 12 et 13).
« Si donc tu offres ton don à l’autel, et que là il te souvienne que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton don devant l’autel, et va d’abord, réconcilie-toi avec ton frère ; et alors viens et offre ton don » (Mat. 5. 23 et 24).
Exemples du Seigneur et d’Étienne :
« Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort » (Luc 23. 34).
« Et s’étant mis à genoux, il cria à haute voix : Seigneur, ne leur impute point ce péché. Et quand il eut dit cela, il s’endormit » (Act. 7. 60).
Il faut prendre l’habitude dans un couple de prier ensemble et de prendre l’habitude dès le départ de se pardonner. Il ne faut pas laisser passer le temps !
« Mettez-vous en colère et ne péchez pas : que le soleil ne se couche pas sur votre irritation » (Éph. 4. 26).
« mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éph. 4. 32).
« Une rencontre virtuelle ne remplace jamais complètement une réunion d’assemblée. Elle ne peut être qu’un pis-aller – si tant est que ce soit réellement une solution de repli » E.A.Bremicker.
Le Seigneur nous a accordé par grâce la possibilité de rencontres virtuelles en utilisant tel ou tel logiciel sur nos ordinateurs ou nos téléphones. Nous avons pu ainsi maintenir les réunions. Mais ces « rencontres » n’ont rien à voir avec ce que sont les réunions d’assemblée, autour du Seigneur.
En faisant le point avec les frères sur cette période, nous avions convenu que les réunions de prières et d’étude de la Parole avaient été plutôt heureuses, mais les réunions d’adoration laissaient une impression de malaise à plusieurs. On sentait bien que « ce n’était pas çà ».
Dès que cela a été possible, nous avons repris les réunions d’assemblée au local. Mais en continuant les visioconférences pour les personnes âgées ou malades… avec des risques de dérives pour ceux qui continueraient de se connecter aux réunions sans être ni âgés, ni malades, ni contraints ponctuellement (préférer rester chez soi ou partir en vacances sans se préoccuper de trouver un lieu de rassemblement et suivre les réunions à distance).
Mais quant à la cène du Seigneur, ce n’est pas seul chez soi ou ailleurs, ou dans un camping-car qu’on peut y participer ! Et puis c’est dans le lieu où deux ou trois sont assemblés à son Nom que le Seigneur se trouve au milieu d’eux ». Même s’il est avec nous dans notre maison, toutefois, en son jour, Il rassemble les siens autour de Lui par son amour. Comment pourrions-nous négliger un tel rendez-vous sans un impératif fort ? Préfèrerait-t-on son confort au Seigneur ?
Et encore, la communion fraternelle se goûte particulièrement lorsqu’ensemble, nous sommes assemblés autour du Seigneur, lorsque ensemble nous prenons part au mémorial de ses souffrances et de sa mort en participant au seul pain qui nous rappelle que nous sommes un seul corps. Comment réaliser cette précieuse vérité en restant loin des saints ?
La Parole nous enseigne sur les réunions d’assemblée autour du Seigneur et n’envisage pas autre chose. Les réunions virtuelles ont pu être utiles, mais ce n’est pas la pensée du Seigneur qu’elles se maintiennent lorsqu’Il nous fait la grâce de pouvoir être réunis autour de Lui – ce qui n’est pas le cas en virtuel. Cela peut avoir également un impact sur les relations fraternelles.
Les dangers sont bien réels, et Satan sait trouver nos points faibles pour nous éloigner du Seigneur. Qu’avons-nous appris de cette période éprouvante où nous étions confinés chez nous ? Si nous maintenons ces visioconférences – sauf cas majeur – nous ne ferons que nous diriger vers l’abandon du rassemblement de nous-mêmes, danger sur lequel la Parole de Dieu nous met en garde (Héb. 10. 25 : « … n’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes, comme quelques-uns ont l’habitude [de faire], mais nous exhortant [l’un l’autre], et cela d’autant plus que vous voyez le jour approcher »).
Si on désire se contenter de réunions virtuelles, on recherche son propre intérêt et non pas ceux de Jésus Christ (Phil. 2. 21 : « parce que tous cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ »), on préfère son propre confort égoïste à la présence du Seigneur, et on méprise son invitation à être groupés autour de Lui en son jour, comme aussi dans la semaine, lors des réunions de prières, si importantes aussi. Il n’y a plus de possibilité de participer activement aux réunions, on reste un spectateur passif devant son écran. Est-ce comme cela qu’on peut honorer le Seigneur ?
Ce n’est pas une mise sous la loi de parler ainsi. Prions pour que le Seigneur touche la conscience et le cœur de nos chers frères et sœurs qui s’égarent et s’éloignent du lieu de la bénédiction, du lieu où se trouve « la mémoire de mon nom », comme le disait l’Éternel à son peuple à de nombreuses reprises dans le Deutéronome, là où Il désire voir les siens assemblés (Ex. 20. 24 ; Deut. 12. 4 à 7, par exemple).
Le Seigneur annonce son départ et la venue du Saint Esprit présenté comme le Consolateur. Il n’est ni une puissance, ni une force mais une Personne. Ce mot Consolateur est le même qu’avocat : 1 Jean 2. 1. C’est celui qui prend en main les intérêts de quelqu’un. Le Seigneur est notre avocat, il avait accompli ce service envers ses disciples quand Il était sur la terre et Il leur annonce que cet autre Consolateur viendra, qu’Il agira comme Lui et que, même, cela leur est avantageux.
Il est là pour les croyants et Il est connu des croyants.
Le Seigneur dit Lui même qu’il est avantageux qu’Il s’en aille (16. 7), en effet Il n’était pas continuellement avec eux, alors que le Saint Esprit habite dans le croyant, Il est toujours là pour le conduire.
On peut remarquer que, comme Dieu a plusieurs titres, Tout Puissant, Père…, ou le Seigneur Jésus, Fils de l’homme, Fils de Dieu, l’Homme Christ Jésus… ainsi le Saint Esprit en a aussi, Il est le Consolateur, l’Esprit de vérité (Jean 14. 16, 15. 26), l’Esprit de Dieu en Genèse 1. 2.
Il est intéressant de chercher les différents titres donnés aux Personnes divines.
Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit, c’est un infini que nous ne sommes pas capable de cerner.
Dieu est trois Personnes distinctes, tout en étant un. Il nous faut accepter cette vérité telle que la Parole nous en parle. On parle de la déité, les trois Personnes de la déité travaillent ensemble tout en ayant des rôles différents. Ainsi le Fils prie le Père, le Père envoie l’Esprit, ch. 14. 16 et le Seigneur L’envoie, ch. 15. 26.
Le Saint Esprit n’est pas moins important que Dieu le Père ou le Seigneur, nous n’avons pas à faire une hiérarchie, c’est la même entité.
C’est une question fondamentale de la foi chrétienne : trois Personnes qui n’en forment qu’une.
Un exemple pour mieux comprendre : l’eau peut se trouver sous trois formes différentes, liquide, glace et vapeur, ces trois formes sont pour autant constituées de molécules d’eau ; malgré leur apparence extérieure différente, c’est toujours de l’eau.
Une personne est composée d’un corps, d’une âme et d’un esprit, cet ensemble en fait une seule et même personne.
« Dieu (Élohim pluriel) créa (singulier) » Genèse 1. 1 et « Faisons l’homme » (v. 26). Ces passages montrent bien que les trois Personnes divines n’en sont qu’une et agissaient ensemble dans la création.
Nous croyons en un seul Dieu qui se révèle en trois Personnes distinctes et non pas en trois dieux !
Plusieurs versets montrent que le Saint Esprit agit comme une Personne, qu’Il ressent comme une personne, pour bien montrer qu’Il n’est pas une puissance mais bien une Personne.
« La pensée de l’Esprit » : Rom. 8. 6.
« L’Esprit dit à Philippe », Actes 8. 29, comme le ferait une personne.
« Le Saint Esprit intercède » Rom. 8. 25 à 27. Cette Personne divine sur la terre, dans les croyants et dans l’Église, intercède pour les saints (comme le Seigneur dans le ciel intercède pour eux).
« Tu as menti à l’Esprit Saint ». Actes 5. 3, d’une part, quand on ment, on ment à quelqu’un : cela souligne que le Saint Esprit est une Personne et le v. 4 montre que cela revient à mentir à Dieu. Ce qui montre que le Saint Esprit est Dieu.
Le serviteur d’Abraham est une image du Saint Esprit, en étant une personne. Abraham a besoin de quelqu’un pour aller chercher une épouse pour son fils et il envoie son serviteur qui va rendre témoignage de lui devant Laban, ainsi que du fils unique à qui le père a tout donné et qui ensuite va accompagner Rebecca jusqu’à Isaac, Genèse 24. Ainsi le Saint Esprit accompagne l’Église dans le désert, il fait brûler son cœur pour lui faire désirer d’être avec son Seigneur à la fin du voyage.
En Luc 10. 35, l’hôtelier est aussi une image du Saint Esprit qui va prendre soin de l’homme à demi mort amené par le Bon Samaritain. Le Seigneur continue à prendre soin de nous en nous remettant entre les mains du Saint Esprit qui prend soin de nous.
En Jean 3. 5 et 6, le Seigneur compare l’action du Saint Esprit à celle du vent. On ne sait d’où vient le vent ni où il va, on ne le voit pas, par exemple, mais on voit les feuilles bouger. Ainsi nous ne voyons pas le Saint Esprit, Il agit dans le cœur pour la nouvelle naissance, de façon un peu mystérieuse ; nous voyons les conséquences de son activité, le changement de comportement de quelqu’un qui est né de nouveau.
« N’attristez pas le Saint Esprit » (Éph. 5. 30). Qu’est ce qui peut être attristé ? Seulement une personne peut éprouver un sentiment de tristesse.
Le corps du croyant est l’habitation du Saint Esprit, quand nous péchons, cela l’atteint, Il peut être attristé ou même éteint par notre comportement. (L’Esprit peut être « éteint » du fait de notre conduite collective dans l’Assemblée de Dieu également).
Trois choses identifient une personne : l’intelligence ou laperception, la volonté, les émotions ou sentiments.
Perception et intelligence : le Saint Esprit intercède, aide, prend soin (Rom. 8. 26 et 27) il enseigne et rappelle, Jean 14. 26, Il parle (Act. 8. 29), Il témoigne (Jean 15. 26).
Il a une volonté pour donner la nouvelle naissance (Jean 3. 6), Il distribue des dons spirituels comme Il lui plaît (1 Cor. 12. 11), Il vivifie (Jean 6. 63).
Il a des sentiments : Il se réjouit (1 Thess. 1. 6), Il s’attriste (Éph. 4. 30), Il aime (Rom. 15. 30), Il est outragé (Héb. 10. 29).
Son action en nous dépend de nous. Nous sommes comme un tuyau par lequel de l’eau passe. Si le tuyau se bouche, l’eau qui va couler ne sera plus qu’un filet et finira par ne plus couler du tout.
Il peut arriver que l’Esprit soit éteint, Il ne peut plus agir à cause de notre mauvais état. Notre responsabilité est engagée pour qu’Il puisse agir librement.
Nous avons donc vu que le Saint Esprit est bien une Personne. Il est aussi Dieu Lui-même.
En Actes 5. 3 et 4, en Hébreux 9. 14, il est question de l’Esprit éternel. Peut-il y avoir quelque chose d’éternel à part Dieu ? L’éternité est un caractère de Dieu seul, car tout passe.
Les trois Personnes divines sont intimement liées et mises sur le même plan en Matthieu 28. 19 : « les baptisant pour le nom (et non les noms) du Père, du Fils et du Saint Esprit ».
Plusieurs se servent de Jean 4. 23 et 24 pour avancer la fausse doctrine de l’adoration au Saint Esprit. L’adoration est due au Père et au Seigneur. On adore le Père par le Saint Esprit, mais on n’adore pas le Saint Esprit.
Dieu est esprit signifie que Dieu n’est pas un Dieu physique, on l’adore avec notre esprit et non avec des choses matérielles.
La Parole nous montre beaucoup d’exemples de prières, de doxologies, et toutes sont adressées au Père ou au Fils, jamais au Saint Esprit. On ne Lui adresse pas non plus la louange.
Le Seigneur a dit : « celui-là me glorifiera », et non sera glorifié. Le Saint Esprit nous met en relation avec le Père et le Fils pour les adorer.
Son action est de haut en bas pour nous parler du Seigneur et de bas en haut pour l’adorer (Jean 16. 14). On glorifie Dieu par le Saint Esprit.
Romains 8. 9 nous montre la grande différence entre un croyant et un incrédule, l’un est « dans l’Esprit » et l’autre « dans la chair » quant à sa position.
Un incrédule ne peut pas comprendre la pensée de Dieu, seul le croyant, par l’Esprit, comprend, Il le conduit dans toute la vérité comme une personne. Jean 16. 13.
« C’est l’Esprit qui vivifie », prérogative de Dieu de donner la vie ; l’Esprit le fait, ce qui montre qu’il est Dieu (1 Pier. 3. 18).
Actes 7. 51 : « Vous résistez toujours à l’Esprit Saint, comme vos pères aussi », comme le dit Moïse en Deutéronome 31. 27 : « vous avez été rebelles à l’Éternel » ; le Saint Esprit est Dieu.
« Or il y a diversité de dons de grâce, mais le même Esprit : et il y a diversité de services, et le même Seigneur ; et il y a diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous » (1 Cor. 12. 4 à 6).
« [Il y a] un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel. [Il y a] un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. [Il y a] un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout, et partout, et en nous tous » (Éph. 4. 4 à 6).
Ces deux passages réunissent les trois Personnes divines. Il est frappant de voir cette intention de mettre le Saint Esprit au même plan que Dieu le Père et le Fils.
Le fait d’affirmer que le Saint Esprit est une Personne et qu’Il est Dieu a des conséquences pour notre vie.
Nous pouvons nous demander : quelle est ma relation avec cette Personne ?
– Soit, je considère que c’est une puissance que je veux utiliser comme je veux. Voir l’exemple de Simon le magicien en Actes 8. 18 et 19. C’est très dangereux et peut rendre malheureux.
– Soit, je comprends que je suis un outil dans sa main, que c’est l’Esprit qui me conduit. Cela fait une très grande différence pour notre vie chrétienne.
« Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche. Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort.
Et le peuple se tenait là, regardant ; et les gouverneurs aussi se raillaient de lui [avec eux], disant : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l’élu de Dieu. Et les soldats aussi se moquaient de lui, s’approchant, et lui présentant du vinaigre, et disant : Si toi, tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même.
Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques : Celui-ci est le roi des Juifs.
Et l’un des malfaiteurs qui étaient pendus l’injuriait, disant : N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. Mais l’autre, répondant, le reprit, disant : Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises : mais celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire. Et il disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume.
Et Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure ; et le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu. Et Jésus, criant à haute voix, dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira » (Luc 23. 33 à 46).
Deuxième passage en Matthieu 27. 45 : « Mais, depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Et quelques-uns de ceux qui se tenaient là, ayant entendu [cela], disaient : Il appelle Élie, celui-ci ! Et aussitôt l’un d’entre eux courut et prit une éponge, et l’ayant remplie de vinaigre, la mit au bout d’un roseau, et lui donna à boire. Mais les autres disaient : Laisse, voyons si Élie vient pour le sauver. Et Jésus, ayant encore crié d’une forte voix, rendit l’esprit » (Mat. 27. 45 à 50).
Troisième passage en Marc 15. 33 : « Et quand la sixième heure fut venue, il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui, interprété, est : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Et quelques-uns de ceux qui étaient là présents, ayant entendu cela, disaient : Voici, il appelle Élie. Et l’un d’eux courut, et ayant rempli une éponge de vinaigre et l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donna à boire, disant : Laissez, voyons si Élie vient pour le faire descendre. Et Jésus, ayant jeté un grand cri, expira. Et le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Et le centurion qui était là vis-à-vis de lui, voyant qu’il avait expiré en criant ainsi, dit : Certainement, cet homme était Fils de Dieu » (Marc 15. 33 à 39).
Quatrième passage en Jean 19. 25 : « Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, [femme] de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère, et le disciple qu’il aimait se tenant là, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela Jésus, sachant que toutes choses étaient déjà accomplies, dit, afin que l’écriture fût accomplie : J’ai soif. Il y avait donc là un vase plein de vinaigre. Et ils emplirent de vinaigre une éponge, et, l’ayant mise sur de l’hysope, ils la lui présentèrent à la bouche. Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit son esprit » (Jean 19. 25 à 30).
Tout ce qui concerne la Personne du Seigneur Jésus est grand, parfait, gloire. Et nous sommes admis à contempler ce que le Seigneur Jésus a fait dans sa vie. Tout est grand, tout est parfait, tout est beau.
Il nous est permis d’entendre les paroles du Seigneur Jésus, toutes celles qu’Il a prononcées dans son chemin, et là nous avons les dernières paroles que le Seigneur Jésus a prononcées à l’heure de la croix. Tout est grand, tout est beau, tout est parfait.
Et quand nous contemplons la Personne du Seigneur Jésus, quand nous Le voyons agir, quand nous L’entendons, nous ne pouvons que nous prosterner devant Lui et adorer. Et c’est bien ce qui nous est réservé aujourd’hui, de pouvoir nous prosterner devant la grandeur de l’œuvre accomplie à la croix par le Seigneur Jésus.
Nous avons devant nous les sept paroles qu’Il a prononcées. Quelles paroles ! Toutes avaient une portée, une valeur, une signification. Que nous sommes loin des paroles humaines qui, souvent sont sans intérêt. Mais les paroles du Seigneur traduisent tout ce qu’il y a dans son cœur.
Les trois premières paroles qu’Il a prononcées :
– « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font »,
– « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis »,
– « Femme, voilà ton fils… Voilà ta mère »,
sont des paroles qui traduisent toute la douceur divine du cœur du Seigneur, qui expriment toute la tendresse du cœur du Seigneur, au moment où il ne Lui reste que quelques heures à passer sur la terre.
traduisent la douleur profonde que le Seigneur connaissait à ce moment-là, douleur dans son corps, douleur dans son cœur.
Et puis, il y a ces deux dernières paroles :
– « Père ! entre tes mains je remets mon esprit », et
– « C’est accompli ». Là alors, ce sont des paroles de victoire, des paroles de triomphe, des paroles de satisfaction car alors, le Seigneur a accompli la volonté de son Dieu et Père.
Nous sommes placés devant une scène unique dans les annales de l’histoire et de l’éternité. Et l’œuvre de la croix, c’est l’œuvre de Dieu. Elle est glorieuse et magnifique.
Et ces paroles prononcées par le Seigneur Jésus – que nous venons d’entendre – devraient toutes étreindre profondément nos cœurs.
Au sujet de la croix de Christ, chers amis, un de nos frères autrefois a pu écrire : « Rien ne peut être comparé à la croix, sinon le cœur de Celui qui mourut sur elle ».
Jésus, notre précieux Sauveur, tend aujourd’hui sa main libératrice peut-être vers une âme ici qui sent pour elle-même le fardeau de ses péchés, qui a un poids sur ses épaules ou sur son cœur, et qui ne sait pas vers qui se tourner, ni comment s’en sortir : Jésus, le divin Crucifié du calvaire.
L’œuvre de la croix est là aujourd’hui pour annoncer et proclamer à l’humanité toute entière la grandeur de l’amour de Dieu, pour proclamer son absolue sainteté. Nous sommes sur un terrain d’une extrême sainteté. Nous aimons à le redire, nous nous approchons avec foi, mais en tremblant.
C’est l’Esprit de Dieu qui seul sonde les choses profondes de Dieu. Nous pouvons alors avoir les yeux ouverts, nous pouvons avoir l’intelligence spirituelle comme renouvelée. Nous sommes placés ensemble devant cette œuvre de la croix. Nous sommes placés ensemble devant Celui qui a prononcé de telles paroles.
Nous ne pouvons nous arrêter qu’en tremblant et dans l’adoration, et demander encore à notre Dieu que, dans sa grande miséricorde, Il nous fasse entrer quelque peu dans l’intelligence des choses qui nous sont révélées. La croix, c’est la révélation de Dieu.
Que Dieu est grand ! Quel est-Il ? L’apôtre Jean le proclame, Dieu est lumière, Dieu est amour, et la croix de Christ le proclame encore aujourd’hui à l’humanité toute entière.
Dans les sept paroles du Seigneur que nous étudions, le premier mot du Seigneur a été : « Père », « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » ; et dans la dernière parole du Seigneur, Il dit aussi « Père », « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » ; et cela, on le lit seulement dans l’évangile selon Luc.
Parce que c’est seulement dans cet évangile de Luc que nous lisons du Seigneur Jésus qu’Il vint pour faire les affaires de son Père, et Il vint pour faire et accomplir les choses que son Père Lui avait données à faire.
Dans ces trois paroles de l’évangile selon Luc, nous voyons aussi particulièrement le Seigneur s’occuper de la condition des hommes. Il y avait ceux qui Le crucifiaient, il y avait ces deux brigands qui méritaient ce jugement qui était porté sur eux.
Et puis il y avait la question de la mort qui est le salaire du péché. Et le Seigneur demande à son Père de pardonner à ceux qui Le crucifient, Il donne cette parole de salut au brigand, et Il entre dans la mort pour en sortir victorieux et en briser les portes pour que nous puissions en connaître la victoire pour nous-mêmes, pour tous ceux qui croient.
Il est beau de voir comment le Seigneur, dans cet évangile s’occupe ainsi de la condition de l’homme. Dans l’évangile selon Luc, le Seigneur apporte la grâce et la vérité. Il est la Parole qui devint chair, et Il est Celui qui accomplit les Écritures jusqu’à leur achèvement.
Mais Il est aussi le Fils de Dieu, et, comme tel, tout ce qu’Il est se manifeste. Puis nous avons la parole centrale de la croix, qui est la seule parole que rapportent Matthieu et Marc. Dans l’évangile selon Matthieu, Jésus avait été annoncé comme Celui qui sauverait son peuple de leurs péchés. Et cette parole qui nous est rapportée nous parle de ce que cela Lui a coûté, de sauver son peuple de leurs péchés.
Dans l’évangile selon Marc, Il est le parfait Serviteur, Il est Celui qui a été obéissant jusqu’à la mort, mais Il a appris l’obéissance par les choses qu’Il a souffertes (Héb. 5. 8). Et c’est dans ces deux évangiles que nous trouvons cette parole centrale qui a retenti comme un cri.
Nous osons à peine la prononcer avec force comme nous la lisons, mais Il a dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et nous voulons aussi noter que cette parole, qui est dans le Psaume 22, a été prononcée par le Seigneur dans la langue même dans laquelle elle a été écrite.
Cela touche nos cœurs, et nous confond, même si nous ne mesurons certainement pas la valeur de ce fait, que cela ait été prononcé par le Seigneur dans la langue dans laquelle cette parole avait été écrite.
« Pour mon amour, ils ont été mes adversaires ; mais moi [je me suis adonné à la] prière » (Ps. 109. 4). « Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres » (Ps. 45. 2). C’est bien ce que notre Seigneur, notre Sauveur bien-aimé, manifeste au moment où Il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Bien sûr, cela est divin. On ne peut pas le comprendre.
Qu’est-ce que le Seigneur voyait ? Il voyait les conséquences de ce que ces hommes faisaient : une grande souffrance pour eux, en particulier pour ce peuple. C’est un peu comme quand Dieu revêt Adam et Ève dans le jardin d’Éden avant de les châtier. Qu’est-ce que Dieu a vu ? Il a vu la grande souffrance de sa créature. C’est là le cœur de Dieu.
Aujourd’hui quand je pèche, la première pensée que je devrais avoir, c’est la souffrance de mon Seigneur. N’avons-nous pas, dans cette parole, ce que la douceur implique ? Le Seigneur a dit : Je suis débonnaire et humble de cœur (Mat. 11. 29). Et Il a dit aussi : [Je suis] « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8. 25).
Et puis nous connaissons cette parole, que le Seigneur ne change pas. Et dans ces circonstances terribles, le mot « doux » exprime la flexibilité, c’est-à-dire la souplesse quelles que soient les circonstances.
Par exemple, nous prenons la toison d’un mouton. Elle est douce, c’est-à-dire : quand nous la touchons elle n’offre pas de résistance. Tout ce qui est doux est agréable aussi. Et si nous imaginons un mouton qui passe dans un buisson d’épines, est-ce que la toison se raidit ? Non, combien moins celle d’un agneau.
Et nous pensons à la parole de Jean, qui a dit, après avoir eu la révélation qu’il avait devant lui l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, peu de versets après, en regardant Jésus marcher : « Voilà l’agneau de Dieu ! » (Jean 1. 29 et 36)
Ici, nous avons devant nos yeux ce caractère de la douceur malgré les circonstances terribles. Pour son amour, ils Lui ont rendu la haine. Quelle beauté de notre Seigneur dans ces paroles. Et puis un autre point : nous sommes admis à entendre ces paroles entre le Père et le Fils. Jean a écrit : « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1. 3). Même dans ces circonstances, quelle bonté, quelle marque d’amour !
Quel contraste absolu il y a entre le verset 33 et le verset 34 [de Luc 23]. Comme dans toute cette scène, la Parole est d’une extrême sobriété. « Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne ». Cela souligne, pour nous, toute l’horreur de ce lieu des exécutions ; mais cela nous rappelle aussi notre condition d’hommes pécheurs.
Lorsque, en Éden, l’Éternel avait dit à Adam : De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas… nous connaissons tous bien la suite : le péché est entré dans le monde, et avec le péché la mort.
« Ils le crucifièrent là » – c’est tout ce qui est dit dans cet évangile – « et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche ». Cela a été souvent souligné, c’était comme si le Seigneur Jésus, le Seigneur de gloire, le saint Fils de Dieu fait homme, était le plus coupable.
Voilà ce que nous sommes. Voilà notre cœur à chacun. Qu’est-ce qui répond à cet état misérable, désespéré ? L’immense grâce de Dieu, la bonté d’un Dieu qui pousse encore chacun de ceux qui n’ont pas encore cru au Seigneur Jésus à la repentance et à la foi en Lui, en cette heure-même – qui sauve pour l’éternité celui qui confesse ses péchés et croit que le Seigneur Jésus est mort pour lui.
Que dit le Seigneur ? Verset 34 : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Le pardon de Dieu est offert aujourd’hui. Demain n’appartient à personne. C’est aujourd’hui le temps favorable. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur (Héb. 3. 15 ; 4. 7). Nous nous souvenons de Saul de Tarse sur le chemin de Damas, il le dit lui-même : persécuteur et outrageux (1 Tim. 1. 13). Que répondit le Seigneur à sa question : « Qui es-tu Seigneur ? » – « Je suis Jésus que tu persécutes » (Act. 9. 5). C’est la grâce divine qui est là, qui brille, qui a brillé pour Saul de Tarse, qui a brillé pour beaucoup d’entre nous ici, pour tous nous le souhaitons, qui est encore là. Que personne ne laisse passer ce moment où Dieu présente, à l’âme encore dans ses péchés, son saint Fils, le Fils de son amour, Celui qu’Il avait en réserve pour chacun dans cette humanité pécheresse et perdue.
Le Seigneur est venu, Il est là, Il est sur la croix devant chacun de nous, Il est glorifié, Il est dans le ciel, Il prie, Il intercède. Que chacun voie là où il en est devant Dieu, ce Dieu sauveur « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité », qui est le Seigneur Lui-même.
Deux pensées concernant la première parole que le Seigneur a dite quand Il était sur la croix. Nous avons lu qu’« ils le crucifièrent là ». Nous ne pouvons pas nous imaginer ce que c’était pour le Seigneur, un vrai homme, corps, âme, esprit, d’être crucifié.
Dans le Psaume 109, quelques expressions qui nous parlent de l’amour du Seigneur.
– Déjà au v 2, il est dit : « Car la bouche du méchant et la bouche de la fraude se sont ouvertes contre moi : ils parlent contre moi avec une langue menteuse, et ils m’ont entouré de paroles de haine, et ils me font la guerre sans cause » (Ps. 109. 2 et 3).
– Et au verset 5 : « Et ils m’ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour ». C’est ce que nous voyons ici.
Il est remarquable que l’évangéliste Luc ne parle pas d’abord de tout ce que ces offenseurs ont fait et ont dit. Nous lisons au v. 35 et 36, au sujet des soldats, de la foule qui regarde, qui trouve son plaisir dans ce Sauveur qui est crucifié – comme d’ailleurs nous trouvons cette pensée dans le Psaume 22 : « Ils me regardent » (Ps. 22. 17) ; et nous avons bien compris avec quel motif ils regardaient le Seigneur.
Nous, par grâce, aujourd’hui nous pouvons regarder le Seigneur avec un tout autre motif : voir en Lui tout cet amour divin dans cette Personne. Mais alors, c’était des regards de haine. Tout cela est mentionné après, mais l’évangéliste commence par cette parole du Seigneur, qui dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
Cela donne ici le sujet, le thème principal, c’est-à-dire l’amour du Seigneur qui, dans ses souffrances, a encore une pensée de pardon pour ceux qui L’outrageaient, ceux qui L’ont crucifié. C’est surhumain, c’est divin. Cette attitude d’amour que le Seigneur a montrée est un amour divin.
Et maintenant la seconde pensée que je voudrais juste mettre devant nous, c’est le peuple juif, qui avait entendu les paroles du Seigneur, qui avait vu aussi tout son amour, dont beaucoup avaient profité – non seulement de ses paroles d’amour pour eux – mais qui avaient profité aussi dans toutes les difficultés, les chagrins, les maladies de la vie, ils ont vécu tout cela. Est-ce que cela les a impressionnés ?
On se le demande quelquefois, mais nous sommes comme cela. Il y a certainement beaucoup de personnes qui ont appris comment le Seigneur a ressuscité le fils de la veuve de Naïn, également, que le Seigneur a aussi ressuscité la fille de Jaïrus. Est-ce que cela les a impressionnés ?
Ils sont là maintenant pour se moquer et pour être contre le Seigneur. C’est un peuple qui est vraiment très coupable mais quelle est la conséquence de cette culpabilité ?
« Et lorsque vous aurez péché par erreur, et que vous n’aurez pas fait tous ces commandements que l’Éternel a dits à Moïse, tout ce que l’Éternel vous a commandé par Moïse, depuis le jour que l’Éternel a donné ses commandements, et dans la suite en vos générations, s’il arrive que la chose a été faite par erreur, loin des yeux de l’assemblée, alors toute l’assemblée offrira un jeune taureau en holocauste, en odeur agréable à l’Éternel, et son offrande de gâteau et sa libation, selon l’ordonnance, et un bouc en sacrifice pour le péché.
Et le sacrificateur fera propitiation pour toute l’assemblée des fils d’Israël, et il leur sera pardonné, car c’est une chose arrivée par erreur, et ils ont amené devant l’Éternel leur offrande, un sacrifice par feu à l’Éternel, et le sacrifice pour leur péché, à cause de leur erreur.
Et il sera pardonné à toute l’assemblée des fils d’Israël et à l’étranger qui séjourne parmi eux, car [cela est arrivé] à tout le peuple par erreur ».
Mais nous lisons ensuite, au v. 30 : « Mais l’âme qui aura péché par fierté, tant l’Israélite de naissance que l’étranger, elle a outragé l’Éternel : cette âme sera retranchée du milieu de son peuple, car elle a méprisé la parole de l’Éternel, et elle a enfreint son commandement : cette âme sera certainement retranchée ; son iniquité est sur elle » (Nomb. 15. 22 à 26, 30 et 31).
Nous avons là, dans la loi que Dieu a donnée, une différence entre le péché par erreur et le péché par fierté. Et ce que le peuple fait ici en réalité, si nous le regardons bien, c’est un péché par fierté. Et le Seigneur, par ses paroles, change le péché commis par fierté en un péché commis par erreur. Quel amour de sa part pour son peuple parce que le péché par fierté aurait signifié la fin de la nation.
Le Seigneur, dans sa grâce et son amour pour son peuple, change ce péché par fierté en péché par erreur. Voilà l’amour du Seigneur pour son peuple. Quel Sauveur !
Quels sont les motifs intérieurs de notre Seigneur pour chacun de nous et pour son peuple, et cela doit toucher nos cœurs, que le Seigneur ait prononcé ces paroles-là dans cette circonstance, circonstance où toute cette infamie qui était contre Lui, cette cruauté qu’ils ont commises contre Lui. Nous entendons : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
« Et maintenant, frères, je sais que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi » (Act. 3. 17).
Et puis cette parole d’Étienne en Actes 7. 60, quand Étienne est lapidé : « Et s’étant mis à genoux, il cria à haute voix : Seigneur, ne leur impute point ce péché ».
On voit comment, autant Pierre qu’Étienne, ont les mêmes pensées que le Seigneur. Cette parole du Seigneur a de l’influence sur leurs pensées. Est-ce qu’il en est de même pour nous ? Elle nous remplit, bien sûr, d’adoration. Mais, est-ce qu’elle agit sur nos cœurs naturellement durs, nos cœurs naturellement rancuniers ? Nous avons parlé de la douceur du Seigneur. Est-ce que ces paroles du Seigneur ont de l’influence sur nos cœurs et sur nos pensées ?
À propos du péché par erreur, nous pouvons ajouter en Lévitique 4. 3 : « Si c’est le sacrificateur oint qui a péché selon quelque faute du peuple, alors il présentera à l’Éternel, pour son péché qu’il aura commis, un jeune taureau sans défaut, en sacrifice pour le péché ».
Verset 13 : « Et si toute l’assemblée d’Israël a péché par erreur et que la chose soit restée cachée aux yeux de la congrégation, et qu’ils aient fait, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et se soient rendus coupables, et que le péché qu’ils ont commis contre le [commandement] vienne à être connu, alors la congrégation présentera un jeune taureau en sacrifice pour le péché » (v 13 et 14).
« Si un chef a péché, et a fait par erreur, à l’égard de l’un de tous les commandements de l’Éternel, son Dieu, ce qui ne doit pas se faire, et s’est rendu coupable, si on lui a fait connaître son péché qu’il a commis, alors il amènera pour son offrande un bouc, un mâle sans défaut » (v. 22 et 23).
« Et si quelqu’un du peuple du pays a péché par erreur, en faisant à l’égard de l’un des commandements de l’Éternel, ce qui ne doit pas se faire, et s’est rendu coupable, si on lui a fait connaître son péché qu’il a commis, alors il amènera son offrande, une chèvre, une femelle sans défaut, pour son péché qu’il a commis » (v. 27 et 28).
Nous sommes frappés de voir mentionnées, toutes les catégories du peuple, depuis le sacrificateur, toute l’assemblée, un chef du peuple, et quelqu’un du peuple, qui ont commis par erreur un péché. Il n’y a pas une catégorie de personnes qui puisse dire : Je suis à l’abri en raison de mon rang. Ce que je commets par erreur n’est pas grave.
Nous ne devons jamais oublier que l’ignorance n’enlève pas la culpabilité. Et c’est ce que nous avons dans ces paroles du Seigneur, qui prie le Père et dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34).
C’est tout à la fois l’amour du Seigneur qui est manifesté, mais quand le Seigneur manifeste son amour, Il ne met pas de côté la justice et la sainteté de Dieu. Et dans cette parole que le Seigneur prononce à l’heure de la croix, il y a à la fois la manifestation de l’amour de Dieu, et la justice de Dieu qui serait satisfaite.
Et si, dans le livre du Lévitique, nous voyons qu’il y avait un sacrifice qui devait être offert pour que le péché commis par erreur puisse être pardonné, à l’heure de la croix il y a cette parole du Seigneur s’adressant à son Père : « Pardonne-leur », et peu de temps après la victime sera offerte, le sang sera versé et le pardon pourra être offert.
Qu’il est magnifique de voir la perfection de l’accomplissement de tout ce que Dieu a prévu, accompli de manière complète et parfaite, par le Seigneur Jésus.
Le Seigneur, à ce moment-là, s’adresse [à son Père] : « Père, pardonne-leur ». Nous trouvons en Luc 2. 24 : « Le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés ».
Le Seigneur allait accomplir l’œuvre de la croix, Il allait verser son sang, Il avait toute autorité pour pardonner les péchés. Non, Il ne le fait pas bien sûr, mais Il s’en remet à son Père, Il remet toutes choses entre les mains de son Père. Si nous voyons briller la douceur, la puissance du Seigneur, nous voyons briller aussi son humilité.
Dans les deux évangiles, de Luc et de Matthieu, nous avons sept classes de personnes qui sont représentées, toutes les classes de la société, de l’humanité.
Dans l’évangile de Luc, nous avons :
– les gouverneurs
– les soldats.
Dans l’évangile de Matthieu, nous avons :
– les principaux sacrificateurs,
– les scribes,
– les anciens,
– les brigands,
– ceux qui passaient par là.
Toutes les classes de la société.
Par rapport à ces trois croix qui sont placées devant nous, il y avait le divin Crucifié, le Seigneur Jésus, puis un brigand de chaque côté. Notre frère Jean Muller, dans une méditation, pouvait dire : Les deux brigands qui étaient là, l’un à la droite l’autre à la gauche du Seigneur, c’est parce qu’ils en avaient trop fait, et ils étaient là crucifiés. Le divin Crucifié, le Seigneur Jésus, Lui en avait trop dit et c’est pour cela que les hommes L’ont rejeté, L’ont haï, et L’ont mis à mort.
En Jean 1. 11: « Il vint chez soi ; et les siens ne l’ont pas reçu ». C’était son peuple, c’étaient les siens. Et quelles sont ces paroles qui sortent de la bouche du Seigneur ?
La grâce qui est répandue sur ses lèvres, mais aussi dans le bien-aimé dont il est parlé dans le Cantique des cantiques « ses lèvres, des lis distillant une myrrhe limpide » (Cant. 5. 13), c’est la grâce, la grâce du Seigneur.
Nous voyons au début de cet évangile de Luc, Luc 4. 22 : le peuple « s’étonnait des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche », c’était tout au début de son ministère.
Maintenant, son ministère était terminé, et qu’est-ce qui sortait encore de la bouche du Seigneur Jésus ? Des paroles de grâce, et toute sa vie sur la terre a démontré qu’il y avait des paroles de grâce qui étaient dans la bouche du Seigneur Jésus.
Nous venons de dire : Il en avait trop dit. C’est pour cela que les hommes L’ont rejeté, L’ont haï. En Jean 8. 25 : « Ils lui disaient donc : Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument ce qu’aussi je vous dis ». Qu’est-ce qui est donné dans la note au bas de la page ? « Sa parole, son langage, le présentaient lui-même, étant la vérité ».
Il leur a apporté la grâce et la vérité. Et à cet instant ultime, Il prononce encore des paroles de grâce et de vérité, Il apporte encore cela. En Exode 28, au bas de la robe du souverain sacrificateur, qu’y avait-il ? Il y avait une clochette et une grenade et les disciples ont pu dire sur le chemin d’Emmaüs : « Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole » (Luc 24. 19).
Et dans le Psaume 17. 3, le Seigneur pouvait dire prophétiquement : « Ma pensée ne va pas au-delà de ma parole ». Nous avons là le cœur du Seigneur Jésus dans ces paroles. Tout était dans un parfait équilibre.
En Ésaïe 50 le Seigneur Jésus était réveillé chaque matin pour qu’Il ait la langue des savants. On voit encore ces paroles de grâce qui sortent de sa bouche à cet instant ultime sur la croix. Cela nous sonde.
Toujours en liaison avec les clochettes et grenades en alternance, le Seigneur Jésus en qui tout était en parfait équilibre, avait pu enseigner en Matthieu 5. 44 : « Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent], et priez pour ceux qui [vous font du tort et] vous persécutent ».
Le Seigneur Jésus a orné parfaitement cette parole qu’Il avait prononcée. Il a aimé ses ennemis, Il a prié pour ceux qui Lui faisaient du tort. Que nous reste-t-il quant à nous bien-aimés ?
En Jean 13. 34 : « Comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre ». Colossiens 3. 13 : « Comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi [faites] de même ». Voilà ce que le Seigneur Jésus veut laisser sur chacun de nos cœurs aujourd’hui. La mesure est insondable et nous n’y atteignons pas, mais c’est aimer comme Christ nous a aimés, pardonner comme Christ nous a pardonnés.
À la lecture des chapitres 4 de Lévitique et 15 des Nombres, on note que, lors d’un péché par erreur, que ce soit le peuple, les principaux ou le commun du peuple, il fallait amener un sacrifice. Et le Seigneur tourne ce péché qui était un péché par fierté en un péché par erreur ; mais il faut amener un sacrifice.
En Ésaïe 53. 6 : « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». Les mots « errants » ou « erreur » ont la même racine, et il est bien dit « nous avons tous été errants ».
Qui est-ce qui se présente comme le sacrifice ? C’est le Seigneur. Et Dieu frappe à la place de ceux qui sont placés sous le privilège d’avoir agi par erreur son Fils Lui-même. « Il plut à l’Éternel de le meurtrir » (És. 53. 10).
« L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». Nous avons dit que cette prière du Seigneur concerne d’une manière particulière son peuple, et cela se voit dans les deux passages du livre des Actes qui nous ont été lus : l’un dans la bouche de Pierre, l’autre dans la bouche d’Étienne, mais ceux qui crucifiaient le Seigneur, c’était ceux des nations.
Et dans un autre passage du livre des Actes, il nous est dit que les nations et les Juifs sont responsables de la mort du Seigneur, et nous aussi, nous sommes au bénéfice de cette prière. Le prophète a dit : « L’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous ». Il y a le sacrifice.
Ceux qui L’avaient livré savaient très bien qu’Il n’avait rien fait de mal. Et Pilate avait dit trois fois qu’Il n’était pas coupable, qu’il n’y avait rien qui mérite la mort, mais il avait dit juste quelques versets auparavant qu’il faisait ce qu’ils demandaient.
Alors ils emmenèrent Jésus et Le crucifièrent. Ils L’ont mis sur le bois maudit, sur ce bois où il avait été dit que, si quelqu’un avait mérité la mort, il irait sur ce bois. Ils L’ont mis dessus. D’abord, ils L’avaient fouetté, ils Lui avaient craché au visage, et toutes les exactions qu’ils pouvaient imaginer, ils l’avaient fait contre Lui mais Il n’a rien dit. Les hommes n’auraient pas supporté cela. Lui n’a pas ouvert sa bouche. Voilà ce qui nous est dit de Lui.
Maintenant, Il est sur la croix, cloué sur le bois entre deux malfaiteurs, et nous entendons cette première parole : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34). On a bien dit que ce ne sont pas seulement les Juifs, mais aussi les nations qui L’ont mis là c’est-à-dire nous tous. Nous avons tous péché, et nous ne l’avons pas fait par erreur. Ils savaient très bien ce qu’ils faisaient.
Nous n’avons pas voulu de Lui, mais nous voyons cette grâce, cette grâce qui brille sur la croix. Naturellement, nous la voyons encore davantage dans les trois heures de ténèbres. Mais déjà cette première parole nous montre cette grâce infinie. « Père, pardonne-leur ». Qu’est-ce que cela a dû être pour le Père de voir son Fils, ce Fils unique, ce Fils qui avait toujours fait sa volonté, ce Fils qui était pur, sans péché, ce Fils de Dieu, le Saint, cloué sur la croix comme un malfaiteur !
Normalement, ce Père saint aurait dû juger tout de suite toute cette humanité. Mais cette parole, cette première parole du Seigneur nous montre déjà que le Seigneur voulait pleinement accomplir cette œuvre, qu’Il voulait faire la volonté de son Père. Et déjà là Il intercède pour ces malfaiteurs, pour ceux qui L’ont mis sur la croix, Il intercède pour eux : « Père, pardonne-leur ».
En Nombres 35. 9 à 12 : « Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Quand vous aurez passé le Jourdain [et que vous serez entrés] dans le pays de Canaan, alors vous vous désignerez des villes ; elles seront pour vous des villes de refuge, et l’homicide qui, par mégarde, aura frappé à mort quelqu’un, s’y enfuira. Et ce seront pour vous des villes de refuge de devant le vengeur, afin que l’homicide ne meure point qu’il n’ait comparu en jugement devant l’assemblée ».
Voilà, il nous est donné ces villes de refuge pour l’homicide. Voilà, ils l’ont fait par mégarde ; « ils ne savent pas ce qu’ils font », dit-Il. Leurs yeux étaient vraiment aveuglés. Satan avait tellement aveuglé leurs yeux, à eux qui étaient dans les ténèbres. Et Lui, le Seigneur, est allé dans les ténèbres pour que Lui qui était la lumière puisse leur donner la lumière.
Il nous a donné ces villes de refuge, et Lui, le sacrificateur, pouvait offrir ce sacrifice pour le péché. En Ésaïe 53. 10 : « S’il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence ». C’est Lui qui offrit sa vie en sacrifice pour le péché.
Il y a un lien étroit entre ces deux paroles du Seigneur qui sont citées dans l’évangile selon Luc. Le Seigneur avait dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».
Et ensuite, l’évangéliste Luc nous rapporte cet entretien du Seigneur avec ce brigand qui était crucifié là. Et que dit le brigand ? Il reprend son compagnon [crucifié de l’autre côté], et lui dit : « Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises ». Ce brigand reconnaît sa culpabilité dans le fait d’être attaché à la croix. Et peut-être aussi, sans l’exprimer clairement, sa culpabilité quand auparavant il insultait le Seigneur.
Et une fois qu’il a confessé sa culpabilité, que lui répond le Seigneur ? « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23. 41 et 43). « Il lui sera pardonné ». C’est ainsi que se concluent tous ces paragraphes de Lévitique 4 et aussi de Nombres 15.
Celui qui apporte son sacrifice est maintenant celui qui se présente en vertu de la valeur du sacrifice que le Seigneur présente Lui-même. Il lui est pardonné. « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Quelle beauté ! Et est-ce qu’une telle pensée ne pousse pas nos cœurs à la reconnaissance et dans l’adoration ?
Le Seigneur invoque l’erreur, le brigand (nous sommes tous des brigands ; nous avons tous ravi la gloire de Dieu ; tandis que le Seigneur a dit prophétiquement « Ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu » (Ps. 69. 4), ce brigand reconnaît sa culpabilité, se tourne vers le Seigneur, et il lui est pardonné.
Ce n’est pas seulement un péché par erreur, mais un homicide. Et nous devons lire en Matthieu 27 ce que le peuple a dit. Matthieu 27. 25 : « Et tout le peuple, répondant, dit : Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! ».
En Actes 3, on voit Pierre en Actes 3 qui dit au v 15 : « Et vous avez mis à mort le prince de la vie ». En fait, ils sont sous la condamnation d’un homicide. Le peuple d’Israël se met sous la condamnation d’un homicide, le sang est sur eux. Et le Seigneur, dans cette parole, « ils ne savent ce qu’ils font », les met sous un homicide involontaire, dans cette ville de refuge.
« Et qu’ainsi le sang ne soit pas sur toi » (Deut. 19. 10). On peut voir ainsi que le Seigneur transforme cet homicide volontaire en homicide involontaire, et cela prend tout le sens qu’on voit dans les passages qui parlent du résidu futur comme des réfugiés ; nous trouvons là, la ville de refuge.
C’est toujours dans un esprit de prière et de supplication que nous devons nous pencher sur les paroles écrites du doigt de Dieu, cette révélation que nous avons entre les mains, qui nous parle de ce fait si grand, si merveilleux.
Dieu est lumière et Dieu est amour. La croix du Seigneur Jésus le proclame. Les paroles qu’Il a prononcées, nous le redisons, resteront gravées sur les tablettes de nos cœurs.
Nous nous approchons aussi toujours avec un esprit d’adoration. Nous nous sentons tellement petits, tellement limités. Dieu seul est grand, et aussi Celui que nous avons devant les yeux, dans ces paroles qu’Il a prononcées.
Ce qu’Il désire – chers amis, nous le ressentons tous – c’est attacher réellement nos cœurs à Lui, à l’unisson.
Ce qui brille, entre autres, dans cette deuxième parole que le Seigneur prononce sur la croix, c’est de considérer une fois de plus comme les paroles du Seigneur étaient toujours à propos. Il savait comment parler à chacun, à chaque instant, dans chaque circonstance.
Le Seigneur ne se trompait jamais dans ce qu’Il disait ni au moment où Il parlait. Il est, tout à la fois le Fils de Dieu, le Fils de l’homme, l’Homme parfait. Nous avons vu, dans cette première prière où Il a autour de Lui une foule qui Le menace et qui Le fait souffrir, qu’avec toute la grâce qu’Il a dans son cœur, Il fait monter vers son Père cette prière.
Maintenant, Il a à côté de Lui ce brigand qui manifeste une foi remarquable. On a dit à juste titre que c’était un brigand pardonné parce qu’il avait une foi réelle et vivante, une foi d’une très grande beauté, qui lui a fait discerner en quelques instants Qui il avait à côté de lui.
La foi de ce brigand ne repose pas sur les miracles qui ont pu avoir lieu autour de la croix, parce que ces miracles n’avaient pas encore eu lieu, le voile n’avait pas été déchiré, le tremblement de terre n’avait pas eu lieu, la pierre devant la porte du sépulcre n’avait pas été roulée : non, l’œuvre de la croix ne s’était pas encore produite. Mais ce brigand, qui est aux derniers instants de sa vie, utilise ces derniers instants pour discerner Qui il a à côté de lui.
Et il le fait avec une intelligence absolument remarquable. Il peut dire : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42). Il a discerné qu’il avait à côté de lui Celui qui allait régner, un Roi, et pourtant il avait à côté de Lui, au centre, un crucifié.
Rien ne pouvait faire penser que c’était un roi qui était là. Et il peut Lui dire : « quand tu viendras dans ton royaume ». Mais comment pouvait-il savoir qu’Il allait revenir, si ce n’est qu’il avait, en quelques instants compris, saisi par la foi, que Celui qui était à côté de lui, le Seigneur Jésus, allait ressusciter.
Et quand nous considérons cette prière si belle de ce brigand, nous pouvons aussi considérer la réponse que le Seigneur lui fait, qui est d’une très grande valeur. Le brigand Lui dit : « Souviens-toi de moi », il demande seulement que le Seigneur se souvienne de lui, que le Seigneur ait une pensée pour lui et le Seigneur lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi ». Le brigand demande une pensée, pour réponse il aura une présence.
« Quand tu viendras dans ton royaume ». Qu’est-ce qu’il demande ? Il demande une place dans un royaume, un royaume terrestre. Il aspire à avoir une place sur la terre. Et le Seigneur lui déclare : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », un paradis céleste. Le Seigneur lui donne une place, non pas sur la terre, mais dans le ciel avec Lui.
Le brigand Lui avait dit : « Quand tu viendras », c’est plus tard. Il n’aspirait pas à autre chose que d’avoir une réponse plus tard. Et le Seigneur répond : « Aujourd’hui », une réponse immédiate ! Quelle beauté dans la foi de ce brigand et dans la réponse que le Seigneur lui accorde !
Si le Seigneur répond ainsi à la foi de ce brigand, Il répond toujours à la foi de chacun des siens. Mais quand le Seigneur avait autour de Lui ces hommes qui Le faisaient souffrir, le Seigneur s’exprimait à haute voix – à plusieurs reprises il est fait mention de parler à haute voix, de ces grands cris – et cela témoigne que le Seigneur, jusqu’aux derniers instants de la croix, était dans la plénitude de sa force et de toutes ses capacités.
Plénitude de sa force, cela veut dire qu’Il ressentait pleinement les souffrances qu’Il pouvait endurer. Ce n’étaient pas la fatigue et le déclin qui atténuaient les souffrances. Non, le Seigneur les goûtait toutes pleinement. Et de la plénitude de son cœur, Il pouvait prononcer à haute voix tout ce qu’Il exprimait, dans une pleine intelligence, une pleine communion encore avec son Père. Et quand le brigand s’exprime et fait cette demande, le Seigneur est là sur la croix, et Il n’avait autour de Lui que des hommes qui L’insultaient, qui Le menaçaient.
Quelle souffrance pour le cœur du Seigneur qui ressentait tout. Mais là, voilà une parole qui a pu réjouir le cœur du Seigneur !
Il y avait un changement dans ce brigand. Il était parmi ceux qui L’insultaient. Il L’insultait aussi comme tous les autres. Il était semblable à eux. Nous voyons cela dans l’évangile selon Matthieu 27. 44 : « Et les brigands aussi qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière ». Il L’insultait donc. Mais tout à coup, qu’est-ce qui l’a fait changer ? – Il a entendu la voix de Celui qui disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font », et il a vu le Seigneur souffrir là, comme Il était tranquille quand ils L’ont mis sur la croix. Il a vu ce Seigneur est saint, est pur, et il a entendu cette voix, et cela l’a fait changer. Il avait vu et entendu ; et puis il avait vu, dans ce Crucifié à qui on avait même enlevé les vêtements et à qui on avait mis sur la tête une couronne d’épines, il avait vu dans Celui-là le Roi qui allait venir, Celui qui était annoncé depuis des siècles, le Messie.
Il L’avait vu dans le Seigneur, et on voit sa foi, une foi qui lui fait dire : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42), une foi qu’il montre dans ce qu’il dit au Seigneur. Et le Seigneur lui répond, lui révèle quelque chose de beaucoup plus grand que le royaume à venir sur la terre. Il lui dit qu’il y a quelque chose de céleste dans ce condamné à mort – bien qu’Il soit ce Messie rejeté, crucifié et qui va mourir, non pas seulement pour ce peuple, mais qui va mourir pour tous ces pécheurs qui vont se tourner vers Lui – qu’ils auront un avenir avec Lui – et non pas seulement un royaume sur la terre, mais avec Lui. Et quel avenir c’est pour nous ! Peut-être que nous aussi, un jour, nous allons mourir, mais nous attendons plutôt le Seigneur qui va nous enlever – mais aussi quelle consolation pour ceux qui se sont endormis : ils sont avec Lui dans le paradis. Quelle consolation pour ce brigand d’avoir reçu cette vérité. « En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
Et nous savons que ce brigand ne pouvait rien faire, il n’avait fait que du mal. Mais à la fin de cette carrière de mal, il eut cette foi, et cette foi l‘a sauvé. On voit alors qu’on n’a nul besoin de bonnes œuvres, ni d’une onction, ni de quoi que ce soit – il n’a même pas pu se faire baptiser. Mais le Seigneur lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
Cela nous amène à une question. Qu’est-ce qui a fait que ce brigand ait cette foi en lui ? Pourquoi a-t-il eu cette foi ? Était-il un très bon frère, bien spirituel, ayant compris beaucoup de choses ? Pas du tout ! Il n’a pas eu le temps pour tout cela. Nous, pour certains d’entre nous, cela fait peut-être cinquante et quelques années que nous sommes sur les bancs des rassemblements et que nous écoutons la Parole de Dieu jour après jour, depuis notre plus tendre enfance. D’autres bien plus, d’autres moins.
Mais il y a quelque chose qui s’appelle la grâce, la grâce de Dieu. Pourquoi Dieu a-t-Il choisi ce brigand et pas l’autre ? C’est une question qui pour nous reste sans réponse. La grâce de Dieu est quelque chose qui nous est accordé sans que nous ne méritions absolument rien. Et nous, nous sommes comme ce brigand-là. Nous n’avons rien mérité, et Dieu nous a donné cette grâce. Et avec la grâce, Il nous a donné aussi la foi et tout ce qui vient avec. Donc on peut, comme on l’a souligné plusieurs fois, déchausser nos pieds, nous agenouiller et adorer.
Les deux brigands avaient les mêmes possibilités, c’est vrai, mais Dieu a ouvert les yeux de l’un d’eux, qui était prêt aussi à se laisser ouvrir les yeux. Qu’est-ce qu’il avait vu ? Première chose : nous méritons d’être ici sous ce jugement. C’est la première chose, de reconnaître notre culpabilité et ce que nous sommes devant Dieu. Il l’a reconnu.
La deuxième chose, c’est qu’il a vu cette différence tellement grande entre lui et Celui qui était au milieu. Celui-ci, il L’avait entendu dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Qu’est-ce que cet homme au milieu a dit et quels en sont les motifs pour parler ainsi ? Comment Celui-là a-t-il parlé d’un Père ? Alors la question a été posée : qu’est-ce qui a amené cet Homme à cela ? Et je crois aussi que, ce qu’il avait vu, contemplé et entendu maintenant, au milieu des trois croix, c’était une Personne extraordinaire.
Cela me rappelle quelque chose que nous lisons dans l’évangile selon Luc 19. 12 : c’est le Seigneur Jésus qui parle : « Il dit donc : Un homme noble s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir. Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit : Trafiquez jusqu’à ce que je vienne » (v. 12 et 13).
Un homme noble était au milieu des trois. Un homme noble, c’était un tout autre Homme. Alors Dieu a permis qu’Il ouvre les yeux sur cette Personne-là, que c’était vraiment cet homme noble. Nous ne savons pas s’il avait entendu aussi peut-être ces paroles-là, mais Dieu a mis dans son cœur que cet Homme noble va revenir, Celui qui est maintenant sur la croix, qui allait mourir. Alors, est-ce la fin de la vie, la fin de la carrière, la fin de tout ? Non, Il va revenir ; et ce qu’il voit, c’est qu’Il va revenir en Roi, dans un royaume, exactement ce que nous trouvons au chapitre 19.
Cet homme noble, c’était Lui qui était au milieu. Et c’est quelque chose que ce brigand a compris et qui l’a rendu capable de dire ces quelques mots pour la joie du Seigneur. Et on peut être sûr que c’est l’Esprit Saint qui a mis dans la bouche de ce malfaiteur ces mots-là : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (23. 41), et ce qu’il dit là est étonnant. Pilate avait dit qu’Il était innocent, qu’il ne trouvait pas de culpabilité en Lui. « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ».
Tout était à sa place. On ne comprend même pas qu’il ait pu dire cela. Mais c’est le jugement de Dieu que ce brigand exprime ici : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire ». Il a répondu en tout à ce que Dieu attendait. Quel beau témoignage que cet homme rend.
Et cette Personne qui est à côté de lui, il sait qu’Il va revenir dans son royaume. Il va ressusciter. Lui-même croyait qu’il allait mourir : « Nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises », nous méritons la mort, nous allons passer par la mort, l’un comme l’autre des malfaiteurs. Mais pourtant il sait là qu’Il pourra se souvenir de moi, Il ne m’oubliera pas.
C’est aussi sa propre résurrection. Quelle foi nous pouvons voir dans cet homme ! Et quelle réponse courte mais si importante et si merveilleuse il reçoit ! Nous en avons parlé déjà. « Je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Le paradis, notre frère l’a dit, ce n’est pas sur la terre, c’est dans le ciel. C’est quelque chose de plus élevé encore qui lui est promis ici. Et encore quelque chose, il ne sera pas seulement dans le paradis, mais le Seigneur dit : « tu seras avec moi dans le paradis ». Le Seigneur se lie avec cet homme. Quelle réponse reçoit cet homme !
– Et pourquoi ? Parce qu’il s’était laissé ouvrir les yeux de la foi par l’Esprit Saint, par le Père aussi, qui lui a fait exprimer des choses que jusque-là encore personne n’avait jamais dites du Seigneur. Un brigand, un malfaiteur, amené dans la lumière de Dieu, peut témoigner ainsi ; et quant à la réponse du Seigneur, nous ne pouvons qu’admirer cette façon de parler maintenant à cet homme, de lui donner cette promesse. Nous pouvons nous représenter aussi peut-être un peu comment c’était maintenant pour cet homme. Il avait maintenant un avenir que son Seigneur, cet homme noble, lui avait donné.
On peut aussi poser cette question : comment cet homme, ce brigand a-t-il discerné la noblesse de Celui qui était crucifié au milieu d’eux ?
On a fait remarquer que les brigands avaient entendu cette parole du Seigneur : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». En présence de la mort, l’homme qui a un certain discernement pense au fait qu’il va comparaître devant Dieu ; et après la mort, le jugement.
Mais pour le Seigneur, Il n’est pas inquiet. Cet homme qui était là au milieu n’était pas inquiet pour Lui, pour ce qui allait advenir de Lui ; mais Il s’inquiétait – si j’ose employer ce mot – de ceux qui Le crucifiaient. Et il y avait là une noblesse du Seigneur que le brigand a reconnue.
Le Seigneur prie, non pas pour Lui-même, mais pour ceux qui Le crucifient et aussi pour tous ceux qui L’insultaient. Cela a été pour cet homme quelque chose qui a certainement frappé son esprit, son cœur, et l’a amené à se tourner vers le Seigneur et à Le reconnaître comme Celui qui allait venir dans son royaume. On a noté aussi tout à l’heure que nous ne pouvons invoquer que la grâce de Dieu pour être sauvé.
Mais on peut remarquer aussi qu’il y avait deux brigands. Et il y en a un qui a dit : « N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi » (Luc 23. 39), et en fait, il emploie une expression qui met en doute ce qu’est le Seigneur. « N’es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ». Et le doute est le contraire de la foi.
Le brigand qui a confessé sa culpabilité montre sa foi, l’autre reste dans le doute. Et ainsi il y a celui à qui le Seigneur peut dire : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », et puis l’autre qui est mort dans ses péchés.
Une autre remarque. Il n’est plus parlé du brigand ensuite. La fin de son histoire est résumée dans ces paroles du Seigneur : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Et c’est la fin de tout croyant qui doit passer par la mort. Et on l’a dit, c’est une précieuse consolation pour tous ceux qui connaissent le deuil, de savoir que pour eux aussi, « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
Et ce n’est pas la fin, si j’ose parler ainsi, de l’histoire du Seigneur sur la terre. Et c’est après, que la Parole nous parle des trois heures sombres de la croix. C’est après, que la Parole nous parle du prix qui a dû être payé pour que le Seigneur puisse dire à cet homme : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
La culpabilité du brigand est ôtée, le Seigneur la porte à sa place. Et pour nous qui, par grâce, et c’est une grâce infinie de Dieu, avons cette certitude que notre place est prête dans le ciel, nous prenons conscience que la Parole, après nous avoir donné cette espérance, cette certitude, vient nous parler du prix qui a été payé pour que cette place nous soit acquise.
« Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure » (Luc 23. 44). Je le répète, l’histoire du brigand est terminée. Sa place est dans le paradis. L’histoire du Seigneur sur la terre n’est pas terminée. Sa place, c’est les trois heures sombres.
En rapport avec ce brigand qui s’est converti, il peut dire à son compagnon : « Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? Et pour nous, nous y sommes justement ».
Proverbes 1 7 : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance ». Proverbes 9. 10 : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse, et la connaissance du Saint est l’intelligence ».
Le Seigneur Jésus, selon les expressions qui sont données dans l’épître aux Hébreux, au chapitre 7, était saint, innocent, sans souillure (7. 26). Voilà ce que le brigand a su discerner dans le Seigneur Jésus, le divin Crucifié. Et il a eu cette intelligence, cette connaissance du Seigneur Jésus. Pourquoi ? Parce qu’il a eu la crainte de Dieu dans son cœur.
Il est dit au début du livre des Actes, où toute âme était ajoutée à l’assemblée : « Toute âme avait de la crainte » (2. 43). Et aujourd’hui, le Seigneur pourrait nous dire à chacun : « Où est la crainte qui m’est due ? » (Mal. 1. 6).
En Romains 10. 9 : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé ».
Il a confessé que le Seigneur Jésus était le Juste par excellence, il a pu discerner qu’Il était innocent, sans péché. Dans l’évangile de Luc, c’est le sixième témoignage à l’innocence du Seigneur Jésus. Le dernier sera celui du centurion qui reconnaîtra que « cet homme était juste » (Luc 23. 47), et dans un autre évangile, qu’Il était le Fils de Dieu (Mat. 27. 54). Donc, il a confessé de sa bouche qu’il était un pécheur perdu.
Aujourd’hui, nous disons cela parce qu’il y a des personnes venant régulièrement dans les rassemblements autour du Seigneur Jésus et qui n’auraient pas été saisies par cette conviction de péché, et ensuite par cette conviction que le Seigneur Jésus a aimé le pécheur repentant qui confesse ses péchés et qui les abandonne pour obtenir miséricorde.
Mais c’est ce qui s’est réalisé pour ce brigand sur la croix, c’est ce à quoi toute âme doit être amenée pour saisir encore aujourd’hui à la grâce qui est à la portée de chacun, qui entend aujourd’hui l’appel du Seigneur. « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3. 15).
Alors il y a ce brigand qui a saisi la grâce de Dieu. Et il y a l’autre brigand qui n’a pas su la saisir et qui a été perdu pour l’éternité. L’un entre dans le paradis, et l’autre entre dans les tourments éternels. C’est solennel !
Le brigand a su discerner que Celui qui était là, le divin crucifié, allait non seulement mourir, mais ensuite ayant un royaume, Il allait ressusciter. Le passage de Romains 10 dit : « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur », le brigand a pu lui dire : « Seigneur, souviens-toi de moi » ; et ensuite il a su discerner la gloire du Seigneur Jésus qui allait ressusciter. Il a été sauvé pour l’éternité. Ne restons pas insensible en entendant l’appel de la grâce de Dieu.
Juste encore un mot en rapport avec cette expression que nous avons déjà lue : « Aujourd’hui », « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23. 43). On a déjà relevé ce regard de la foi qui était tourné vers le Seigneur Jésus qui était à côté de ce brigand ; cette conviction de péché ; cette repentance qui naît dans son âme ; ce regard de quelqu’un qui sent tout son besoin et qui se tourne vers le Seigneur Jésus comme son seul refuge, comme sa seule espérance.
Il avait encore une espérance, pour plus tard, mais il n’osait pas espérer qu’elle ait un effet immédiat : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume » (Luc 23. 42). Et le Seigneur lui montre quelque chose de plus élevé ; non pas un règne terrestre, mais une gloire, une place céleste avec Lui.
Et puis : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Nous avons maintenant une espérance céleste, mais nous savons aussi que le Seigneur désire que les résultats de son œuvre à la croix, dans une vie nouvelle, une vie qui vient d’en haut et qu’Il nous a communiquée, puissent être réalisés, manifestés et grandir dans nos vies déjà aujourd’hui.
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », dit-Il à ce brigand ; et aujourd’hui, de même, le Seigneur désire que les résultats de son œuvre, de sa victoire à la croix, puissent descendre d’en haut dans la vie de chacun d’entre nous.
Mentionnons un verset dans les Psaumes en rapport avec les deux mots « avec moi », dans le Psaume 73. C’est Asaph qui l’écrit et il est dans des circonstances difficiles. Et au verset 17, il dit : « Jusqu’à ce que je fusse entré dans les sanctuaires de Dieu » ; et au verset 25, il dit : « Qui ai-je dans les cieux ? Et je n’ai eu de plaisir sur la terre qu’en toi ».
Quand le Seigneur nous amènera dans la gloire, nous Le verrons. Et quand quelqu’un est décédé, facilement nous disons : il est auprès du Seigneur. Et c’est une bonne chose, la meilleure des choses. Nous désirons souvent être avec Lui quand les circonstances de notre vie sont difficiles, comme chez Asaph peut-être. Mais le désir dans notre cœur devrait être que nous verrons le Seigneur quand Il nous aura amenés dans la gloire. Le brigand était avec Lui dans la gloire.
« Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». On l’a déjà entendue, on peut la répéter.
– « Aujourd’hui » – quelle promptitude, pas d’attente.
– « Tu seras » – c’est une certitude.
– « Avec moi » – quelle compagnie. Et
– « dans le paradis » – quel lieu !
Le Seigneur a pu dire à ce brigand : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Aujourd’hui encore, Il nous dit à chacun : « Moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle » (Mat. 28. 20). Il est là !
Dans le Psaume 121, je rappellerai une pensée qui me revient, exprimée par notre frère Finet. Psaume 121. 8 : « L’Éternel gardera ta sortie et ton entrée, dès maintenant et à toujours ».
Concernant les enfants de Dieu, maintenant les rachetés du Seigneur, qui sont près de s’en aller et d’entrer dans la maison du Père, ceux qui les entourent jusqu’à leurs derniers moments, qui peuvent les accompagner jusqu’à cette sortie définitive de ce monde ; mais quant à leur entrée, c’est-à-dire, leur introduction dans le paradis – on peut prendre ce mot, le Seigneur seul est là avec eux.
Peut-être qu’on peut voir pour ce brigand que c’est à la fois pour la sortie de ce monde où il n’avait comme compagnon qu’un autre brigand et aucune consolation, aucune présence apaisante. Mais il avait finalement le Seigneur à côté de lui, qui a pu lui parler de son entrée dans cet autre monde, dans le paradis.
Nous venons de nous arrêter sur cette deuxième parole du Seigneur, et cette promesse qu’Il fait à ce brigand qui va quitter cette terre. La part de ce brigand est maintenant la part de tous ceux qui délogent dans le Seigneur. C’est une part précieuse, merveilleuse d’être auprès du Seigneur, avec le Seigneur.
Alors on pourrait peut-être s’interroger et se dire : le Seigneur s’occupe de ceux qui sont dans le paradis, mais qu’en est-il des siens qui sont sur la terre ? Et nous voyons que le Seigneur pense à tout et a une réponse à nos interrogations avant même que nous y pensions.
Dans cette parole que nous avons lue en Jean 19, quand Il s’adresse à sa mère, et Il lui dit : « Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19. 26 et 27). Quelle puissance de la parole du Seigneur, qui en quelques mots exprime ce qu’Il a à dire, et qui peut consoler un cœur et fortifier la foi.
Le Seigneur sait tout. Il savait à ce moment-là, sans aucun doute, ce que Marie pouvait penser. Il se souvenait de cette prophétie qui avait été annoncée à sa naissance par Siméon et que nous avons dans l’évangile selon Luc 2. 34 : « Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira (et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées » (Luc 2. 34 et 35).
Marie, à ce moment-là, ne se souvenait-elle pas de cette parole ? N’y avait-il pas cette épée qui transperçait sa propre âme de voir sur la croix celui qui avait été son fils ? Et le Seigneur est là pour venir l’apaiser par une parole, en disant simplement : « Femme, voilà ton fils ». Quelle parole !
Le Seigneur est toujours là pour, du haut du ciel, s’occuper de chacun de nous. Il sait exactement ce que nous pouvons traverser, connaître, avoir au plus profond de notre cœur comme souffrances, comme peines, et Il a la parole qui vient nous apaiser. Et sans doute, Il s’adresse aussi à Jean, lui disant : « Voilà ta mère ».
Une parenthèse : nous voyons l’attitude que le Seigneur a à l’égard de Marie. S’il y avait eu un moment où Il aurait pu honorer Marie et lui donner une place particulière, cela aurait été probablement à ce moment-là. Le Seigneur ne fait là aucune mention, il n’y avait pas de mention à faire. Il pense à la souffrance que Marie peut éprouver dans son cœur, et par une parole Il vient la fortifier et la consoler.
Il nous montre dans cet exemple, dans cette parole, les liens qui maintenant nous unissent, nous croyants, les uns aux autres. Il dit à Marie : « Femme, voilà ton fils », et au disciple Jean : « Voilà ta mère ». Et ce sont ces liens que nous avons entre membres du corps et entre tous ceux qui sont liés à Christ la tête.
Dans la suite de ce verset : « Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean 19. 27), l’attitude du disciple est très belle parce qu’il ne nous est pas simplement dit que le disciple la prend dans sa maison, ce qui est exact, ce qu’il fait n’est pas simplement d’introduire Marie dans sa maison, mais « chez lui » : c’est-à-dire que journellement, continuellement, il y avait une relation entre Marie et le disciple, et le disciple a veillé sur Marie.
Il y a eu entre Marie et le disciple Jean sans aucun doute des communications heureuses, bénies. Pourquoi ces communications étaient-elles bénies ? Parce qu’elles étaient dirigées sur la Personne du Seigneur Jésus. Et c’est bien le privilège que nous avons aujourd’hui, de savoir que du haut du ciel le Seigneur ne nous oublie pas, qu’Il nous voit chacun dans nos circonstances, et que nous pouvons, les uns et les autres, nous encourager et nous fortifier, en comptant sur le Seigneur, en étant occupés de Lui.
Le Seigneur avait dit à ce brigand : « Tu seras avec moi dans le paradis ». Cet état c’est un état transitoire.
C’est un état qui est bien meilleur que celui que nous connaissons sur la terre, mais ce n’est pas l’état de perfection dans lequel nous serons amenés. Cet état de perfection sera quand les saints ressusciteront et seront introduits par le Seigneur dans les places qui nous sont préparées dans la maison du Père.
Les corps des saints qui ont été portés dans le tombeau ressusciteront ; leur âme et leur esprit sont dans le paradis ; mais leurs corps participent à la corruption et attendent le jour de la résurrection, où nous serons introduits avec le Seigneur dans ces places qui sont prêtes.
Le Seigneur a connu cet état, si j’ose dire, transitoire puisqu’Il a remis son esprit entre les mains du Père en attendant la résurrection au troisième jour.
Encore un détail pour les jeunes qui sont là, qui n’ont peut-être pas encore donné leur cœur au Seigneur. En Romains 2. 4 : « La bonté de Dieu te pousse à la repentance ».
Quelle différence y a-t-il entre moi avant ma conversion et le brigand ? – Il n’y a pas de différence, sinon que j’ai eu des parents chrétiens et qui m’ont peut-être dit un jour : Tu pèches, le Seigneur t’aime. Nous savons qu’après la mort, c’est le jugement pour ceux qui n’ont pas cru.
Mais cette crainte de Dieu par rapport au jugement, ce n’est pas la crainte du croyant. Bien sûr on a peur de Dieu quand on n’est pas un croyant, parce qu’il y a quelque part en nous cette pensée – Dieu a placé en nous cette pensée dans nos consciences – on a peur de Dieu parce qu’après la mort, il y a le jugement parce qu’on n’a pas cru. Mais c’est « la bonté de Dieu qui te pousse à la repentance ». Oui, je pèche, je mens, je dis des mensonges. « La bonté de Dieu te pousse à la repentance ».
Le brigand a entendu la prière du Seigneur. Cela a commencé là. Je suis un pécheur, mais Il m’aime. C’est cela qui touche la conscience.Ce n’est pas le jugement. On le voit bien dans le premier homme. Si tu fais cela, tu mourras. Cela n’a pas eu d’effet. C’est la bonté de Dieu qui m’a poussé à la repentance. Et c’est toujours ainsi aujourd’hui. Quelle grâce !
Un musulman m’a dit : Le Seigneur Jésus n’a pas aimé sa mère. Il a dit : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? » (Jean 2. 4), quand elle a dit qu’il n’y avait pas de vin à Cana. Son heure n’était pas encore venue, alors Il doit la reprendre parce qu’elle allait trop vite. Elle Le connaissait comme Celui qui était l’Oint de Dieu, qui pouvait faire des miracles, et elle espérait aussi que Lui aussi comme Messie fasse quelque chose, que cette joie pour le peuple allait venir.
Mais son heure n’était pas encore venue. C’est pourquoi il fallait qu’Il lui dise : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue ». Une autre fois, sa mère et ses frères étaient là, et ils voulaient L’empêcher de parler aux foules : « Il est hors de sens » (Marc 3. 21). « Ses frères ne croyaient pas en Lui » (Jean 7. 5). Alors là aussi Il dit : « Qui est ma mère, ou [qui sont] mes frères ? » (Marc 3. 33). Là aussi, un non-croyant pourrait dire : Il a renié sa mère.
Mais là aussi ils n’ont pas vu que c’était Celui qui était le rejeté, qui allait souffrir. Même ici peut-être elle espérait encore. Elle savait qu’Il est le Messie, qu’Il était venu de Dieu, la sainte Chose qui est appelée le Fils de Dieu. Maintenant elle voit son fils qu’elle aime, qu’elle a certainement admiré, dont elle a vu tous les miracles qu’Il avait faits, elle avait peut-être espéré qu’Il allait aussi établir le royaume sur cette terre, et maintenant elle Le voit sur cette croix. Il y avait vraiment cette épée qui transperçait son cœur.
Quelle douleur pour une maman de voir son fils qui n’a fait que du bien, un fils exceptionnel qui obéissait à ses ordres, à ses parents – on le lit dans l’évangile selon Luc, cet enfant de douze ans qui obéissait à ses parents – nous avons aussi des enfants de douze ans, il y en a aussi ici des enfants qui n’ont pas du tout obéi, moi non plus. Mais Celui-là, Il obéissait, Il était parfait.
Maintenant cet homme parfait, qui n’avait fait que du bien, était sur la croix, et quelle épée transperçait ce cœur de mère. Et quelle douceur, quel amour du Seigneur vis-à-vis de cette mère, vis-à-vis de sa mère. Il y avait ses frères qui ne croyaient pas encore en Lui, je suppose au moins. Plus tard ils croiront en Lui.
Cette mère était vraiment bénie, elle n’était pas la mère de Dieu, elle était la mère du Fils de Dieu, selon la chair. Alors elle est restée une femme comme les autres, mais qui croyait en ce Fils de Dieu. Maintenant ce fils, son fils, allait disparaître, n’allait plus être là.
Mais il y avait un disciple qu’Il aimait et qui répondait à cet amour, ce disciple qui se tenait près du Seigneur, qui était là à son côté pendant le repas, le dernier repas, qui était maintenant là au pied de la croix. De tous ses disciples, il n’est parlé que de celui-là, qui était là, et de sa mère. Il y avait encore des autres femmes, mais on n’entend rien des autres disciples, on n’entend rien de ses frères ou sœurs. Mais ce disciple qu’Il aimait était là, et c’était le seul auquel Il pouvait confier sa mère.
Et quelle tendresse ! C’était deux personnes qu’Il aimait et qu’Il voulait joindre ensemble, pour s’occuper l’un de l’autre, qui aimaient cette même Personne. S’ils étaient ensemble, qu’est-ce qui les unissait ? Cette même Personne, et c’est un lien que nous connaissons aussi, nous frères et sœurs, nous connaissons ce Seigneur, et c’est Jésus qui nous unit en amour et Il veut que nous nous occupions l’un de l’autre aussi. Mais ici c’est spécialement avec ces deux-là qu’Il aimait.
Alors ce disciple la prit chez lui et prit soin d’elle. Le Seigneur lui avait confié cela, et nous sommes sûrs qu’il l’a fait autant qu’il le pouvait. C’est le disciple qui probablement est devenu le plus vieux. Il avait d’abord occupé son temps à s’occuper de cette mère, et il avait aussi occupé son temps à servir le Seigneur dans la famille de Dieu et Il parlera plus tard de la famille de Dieu. Il a montré ce que sont les liens dans la famille de Dieu.
La parole est très sobre, dans l’évangile, sur ce que le Seigneur a connu de la sixième à la neuvième heure. Il nous est simplement dit, nous l’avons lu : « il y eut des ténèbres sur tout le pays », et la parole nous rapporte ce que le Seigneur a prononcé à la fin de ces trois heures sombres de la croix. Nous aimerions lire quelques passages de l’Ancien Testament qui nous montrent un peu ce que le Seigneur a rencontré.
Ésaïe 53. 8 : « Il est ôté de l’angoisse et du jugement ; et sa génération, qui la racontera ? Car il a été retranché de la terre des vivants ; à cause de la transgression de mon peuple, lui, a été frappé ».
« Je suis l’homme qui ai vu l’affliction par la verge de sa fureur. Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière. Certes c’est contre moi qu’il a tout le jour tourné et retourné sa main » (Lam. 3. 1 à 3) ; « Il a bandé son arc, et m’a placé comme un but pour la flèche. Il a fait entrer dans mes reins les flèches de son carquois » (Lam. 3. 12 et 13). Souvenons-nous, et gardons cela dans nos cœurs, que pendant ces heures de ténèbres le Seigneur a porté le châtiment de notre paix, comme nous le lisons aussi dans le prophète Ésaïe (53. 5).
Mais nous préférons rester très sobres, et nous en tenir à ce que dit l’Écriture concernant ces trois heures sombres de la croix. Les témoins n’ont vu que des ténèbres : « il y eut des ténèbres sur tout le pays » (Mat. 27. 45) ; et les témoins n’ont entendu que ce que le Seigneur a prononcé à la fin de ces trois heures sombres, comme nous l’avons lu : « Vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éli, Éli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46).
David disait dans ses vieux jours dans un Psaume : « J’ai été jeune, et je suis vieux, et je n’ai pas vu le juste abandonné » (Ps. 37. 25) ; et pourtant Celui qui, dans le livre de Job est appelé « le juste parfait » (Job 12. 4), ou « le tout juste », a été abandonné de Dieu. Et pourquoi ? Parce qu’à cette heure-là Il prenait la place des coupables, de ce brigand auquel Il avait donné cette parole, mais de nous tous aussi, et nous ne pouvons que nous ranger derrière ce brigand qui, par la foi, a saisi la grâce de Dieu.
Nous sommes placés devant quelque chose qui restera pour nous un mystère pour l’éternité. Dans le Psaume 42. 7 : « Un abîme appelle un autre abîme à la voix de tes cataractes ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi ».
« Délivre mon âme de l’épée, mon unique de la patte du chien. Sauve-moi de la gueule du lion » (Ps. 22. 20 et 21).
Le Seigneur a connu des souffrances, pour ainsi dire, de la patte du chien. Tout ce que l’homme a pu manifester comme méchanceté, comme cruauté même envers le Seigneur, Il l’a connu.
Il y avait bien le lion qui était là, qui poussait ainsi l’homme et qui voulait empêcher le Seigneur d’accomplir son œuvre. Et aussi nous avons cette expression : « Délivre mon âme de l’épée », dans le livre de Zacharie, chapitre 13 verset 6 : « Et on lui dira : Quelles sont ces blessures à tes mains ? Et il dira : Celles dont j’ai été blessé dans la maison de mes amis ».
Et : « Épée, réveille-toi contre mon berger, contre l’homme [qui est] mon compagnon, dit l’Éternel des armées ; frappe le berger, et le troupeau sera dispersé » (Zach. 13. 7). Enfin au chapitre 11, au verset 17 : « Malheur au pasteur de néant qui abandonne le troupeau ! L’épée [tombera] sur son bras et sur son œil droit ».
Cette épée, qui était destinée au pasteur de néant, s’est réveillée contre le divin berger, notre Seigneur, notre Sauveur. Cela fait partie de ces nombreux contrastes. Dieu n’a pas épargné son propre Fils, mais L’a livré pour nous tous.
Et pourtant, « un homme épargne son fils qui le sert » (Mal. 3. 17). Et quel homme a mieux servi son Père que le Seigneur ? Et au verset 25 du Psaume 37 : « J’ai été jeune, et je suis vieux, et je n’ai pas vu le juste abandonné ». Et voilà que nous entendons ce cri que le Seigneur a poussé sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46). Et aussi : « Les hommes de sang et de fourbe n’atteindront pas la moitié de leurs jours » (Ps. 55. 23), mais le Seigneur a dû, dans le Psaume 102, demander : « Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours ! » (Ps. 102. 24). Il se trouvait dans la situation comme s’il était un homme de sang et de fourbe.
Que de contrastes, que de choses profondes qui nous montrent un peu ce que le Seigneur a dû connaître à ce moment où Il a fait l’abolition du péché par son sacrifice. Il a porté nos péchés en son corps sur le bois, Il les a confessés comme étant les siens, et le poids de la colère divine est tombé sur Lui, Il a été abandonné, et nous comprenons bien que c’est pour que nous, nous ne soyons jamais abandonnés.
Assurément, le Seigneur Jésus a souffert, Il était l’homme de douleurs, II a souffert de la part des hommes, mais Il a aussi souffert de la part de Dieu. Ici pendant les trois heures sombres sur la croix, quand Il a crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », oui, Il a été abandonné par son Dieu, Lui le Bien-aimé de son cœur, l’objet de ses délices.
Et pourtant Il a été abandonné pour vous et pour moi. Celui qui n’a pas connu le péché, en qui il n’y avait aucun péché, qui n’a jamais péché, a été fait péché pour vous et pour moi, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu.
Oui, si quelqu’un, vieux ou jeune, ne connaît pas le Seigneur Jésus comme son Sauveur personnel, laissez-moi vous dire : le Seigneur vous aime, et Il est mort sur la croix pour vous et pour moi. N’attendez pas trop tard ; ne dites pas : je suis trop jeune, j’ai le temps, j’aimerais finir mes études, j’aimerais avoir un bon travail, j’aimerais me marier, j’aimerais voyager autour du monde. « Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme ? » (Mat. 16. 26). Ne remettez pas à plus tard, venez à Lui maintenant.
Frères et sœurs, ne traitez pas le péché légèrement. Cela a coûté à Dieu l’abandon de son Fils.
« Mais, depuis la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à la neuvième heure ». La Parole de Dieu ne dit pas autre chose : les ténèbres sur tout le pays, de la sixième à la neuvième heure. Il ne nous est rien rapporté de ce qui s’est passé pendant ces trois heures, si ce n’est, à la fin, la parole du Seigneur : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27. 46).
Nous comprenons peu combien nous devons être sobres, ne pas laisser notre imagination essayer de penser à ce qui a pu avoir lieu pendant ces trois heures. Nous comprenons un peu, vraiment très peu, toute la souffrance que le Seigneur a pu connaître pendant cette éternité qui a duré trois heures.
Nous pensons à ce que Caïn a pu exprimer alors qu’il venait de tuer son frère Abel en Genèse 4 : L’Éternel dit à Caïn… « Qu’as-tu fait ? », et Caïn entend la malédiction que l’Éternel fait tomber sur lui. Alors Caïn prononce cette parole au verset 13 : « Mon châtiment est trop grand pour que j’en porte le poids. Voici, tu m’as chassé aujourd’hui de dessus la face de la terre, et je serai caché de devant ta face » (Gen. 4. 13 et 14).
Il y a probablement dans cette expression : « Je serai caché de devant ta face », l’expression de la plus grande souffrance qu’une âme pourra connaître quand, éternellement, elle sera loin de Dieu, quand la face de Dieu lui sera cachée. Nous avons pu voir dans les paroles précédentes, le bonheur du croyant d’être avec Jésus. Mais pour celui qui sera éternellement loin, il sera caché de devant la face de Dieu. C’est d’une très grande solennité.
Nous devons rester muets devant ces trois heures de ténèbres ; et nous ne pouvons que penser à ce que nous trouvons dans l’Ancien Testament en Deutéronome 21. 18 : « Si un homme a un fils indocile et rebelle, qui n’écoute pas la voix de son père ni la voix de sa mère, et qu’ils l’aient châtié, et qu’il ne les ait pas écoutés, alors son père et sa mère le prendront et l’amèneront aux anciens de sa ville, à la porte de son lieu ; et ils diront aux anciens de sa ville : Voici notre fils, il est indocile et rebelle, il n’écoute pas notre voix, il est débauché et ivrogne ; et tous les hommes de sa ville le lapideront avec des pierres, et il mourra » (Deut. 21. 18 à 21).
Voilà ce qui était enseigné en ce temps-là concernant un fils indocile, que les parents devaient prendre et amener aux anciens de la ville, et qui devait être lapidé. Et quand nous lisons la Parole de Dieu, des fils indociles il y en a eu sans aucun doute, mais jamais nous ne trouvons un exemple d’un fils indocile amené par son père et sa mère aux anciens de la ville et qui ait été lapidé. Jamais ! Il n’y a pas d’exemple.
Et nous l’avons dit, des fils indociles il y en a eu. On pourrait citer un fils particulièrement rebelle, Absalom ; Absalom qui détournait le cœur de ceux qui passaient près de lui et qui a voulu prendre le royaume à David son père. Qu’a fait David ? A-t-il amené Absalom ? Non. Il y a un verset très sérieux en 2 Samuel 18. 5 : « Et le roi commanda à Joab, et à Abishaï, et à Itthaï, disant : Usez-moi de douceur envers le jeune homme, Absalom ».
Voilà la conduite de David, qui se laisse guider par ses sentiments humains naturels, on pourrait dire bien compréhensibles, et qui épargne son fils Absalom. Et puis quand nous tournons les pages, nous arrivons au Nouveau testament où il y a un Fils qui a été obéissant, Celui dont le Père a toujours été satisfait et qui a pu rendre ce témoignage : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3. 17).
Et c’est Lui qui a été sur la croix, c’est Luique le Père n’a pas épargné.
Si nous voulons mesurer la gravité du péché aux yeux de Dieu, il faut bien que nous venions à la croix. Le Seigneur a porté nos péchés en son corps sur le bois. Par l’Esprit prophétique, Il a dit : « mes iniquités m’ont atteint » (Ps. 40. 12).
Tous les actes contraires à la pensée de Dieu, pas forcément jugés mauvais par les hommes, mais contraires à la pensée de Dieu, que j’ai pu commettre, le Seigneur en a répondu à la croix. Nous avons lu : « À cause de la transgression de mon peuple, lui, a été frappé » (És. 53. 8) ; et je peux dire : À cause de ma transgression, lui, a été frappé.
Et puis il a été dit que le Seigneur a été fait péché pour nous (2 Cor. 5. 21) ; c’est-à-dire qu’Il a été traité selon la nature qui nous caractérise, qui est une nature de péché. Et Il a porté en son corps la condamnation que nous méritions à cause de ce que nous sommes par nature. Et pendant ces trois heures sombres de la croix, le Dieu qui a les yeux trop purs pour voir le mal a voilé sa face, Il s’est enveloppé d’un nuage comme d’un manteau, Il a fermé l’accès à sa prière.
Dieu est juste, Il frappe Celui qui prend nos péchés sur Lui. Dieu est saint, Il détourne sa face de Celui qui est fait péché à notre place. Et nous le répétons, Dieu est amour, Il n’épargne pas son propre Fils, Il Le livre pour nous.
Il y eut des ténèbres. Ce n’est pas seulement la nuit, c’est l’obscurité totale, c’est l’absence totale de lumière. Dieu est lumière, et Il a détourné sa face.
En Matthieu 25, il est parlé des « ténèbres de dehors » : « Et jetez l’esclave inutile dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Mat. 25. 30). Les ténèbres de dehors, à l’extrémité, aussi loin que possible. Il y avait des ténèbres sur la terre avant que la lumière vienne éclairer cette terre, avant que Dieu dise : « Que la lumière soit » (Gen. 1. 3). Il y avait des ténèbres sur la terre avant que le Seigneur vienne ici-bas, Lui qui était la lumière, mais les ténèbres ne L’ont pas reçu.
Mais maintenant Celui qui était la lumière entre dans ces ténèbres. Ce Dieu qui habite une lumière inaccessible, qui ne peut pas voir le péché, a dû faire que son propre Fils soit fait péché, a dû détourner sa face de ce Fils, et ce Fils était dans les ténèbres.
Lamentations de Jérémie 3. 2 : « Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière ». L’éternité de notre châtiment était sur Lui pendant ces trois heures de ténèbres. L’éternité que nous méritions était sur Lui. Nous ne pouvons pas mesurer ce que Lui a enduré, c’est insondable.
Il est bien vrai que nous ne pouvons pas comprendre ce qui s’est passé pendant ces trois heures de ténèbres. Dieu a mis ce voile sur la terre. Personne ne pouvait voir quand le Dieu saint a exercé son jugement saint contre Celui qui portait nos péchés.
L’éternité de nos péchés, de notre châtiment. Nous ne pouvons pas comprendre mais nous pouvons adorer, admirer ce que le Seigneur a souffert.
Très souvent nous cherchons des mots pour exprimer un peu ce que nous ressentons en ce qui concerne ces trois heures. Il me semble qu’un des auteurs de cantiques l’exprime. Strophe 3 de ce cantique 46 : « Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, Victime ! Ton regard infini sonda l’immense abîme », ton regard infini, personne sauf Lui n’a un regard infini qui sonde jusqu’au fond ce qu’il y a aussi dans son âme, dans son cœur ; Il a senti jusqu’au plus profond ce que c’était que le péché. Quel péché ? Le péché de toi et de moi.
Et puis, « Et ton cœur infini », son cœur infini. Personne n’a un cœur infini. « Sous ce poids d’un moment », un moment, trois heures… « Porta l’éternité de notre châtiment ». Quand nous chantons ce cantique, soyons très attentifs aux mots que nous prononçons. Ils sont vraiment selon l’Écriture et d’une profondeur inouïe.
Ces paroles de ce cantique se rapprochent de ce qu’on trouve en Exode 30, lorsqu’il est parlé de l’encens composé qui était fait de stacte, de coquille odorante et de galbanum.
Le stacte, nous le savons, c’est une goutte de myrrhe limpide qui se trouve au cœur d’une goutte de myrrhe qui a durci ; et seul Dieu pouvait discerner la profondeur des souffrances du Seigneur Jésus. « Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, Victime ! ».
La coquille odorante va se chercher au fond de la mer : « Ton regard infini sonda l’immense abîme ».
Le galbanum est quelque chose d’une odeur répulsive : « Et ton cœur infini, sous ce poids d’un moment, porta l’éternité de notre châtiment ».
Et souvenons-nous que cet encens composé ne devait être présenté que devant Dieu. Seul Dieu pouvait en apprécier la valeur. Nous ne pouvons pas entrer dans ce qu’ont été les souffrances du Seigneur pendant ces heures sombres de la croix, mais nous les présentons devant Dieu qui les apprécie et y entre pleinement.
Si nous ne pouvons comprendre, et si nous n’avons pas cherché à comprendre ce que furent pour le Seigneur les douleurs de ces trois heures de ténèbres, nous ne pouvons comprendre la douleur que le Seigneur a exprimée dans la parole suivante qu’Il a prononcée : « J’ai soif » (Jean 19. 28).
C’est une douleur liée à son humanité ; et ce qui est remarquable c’est que, quand le Seigneur Jésus commença son ministère sur la terre, Il a eu avant même, pourrait-on dire, de le commencer, ces trois tentations de la part de l’ennemi, et quand nous lisons le début de l’évangile selon Matthieu, nous trouvons au chapitre 4 ce verset : « Et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela il eut faim » (Mat. 4. 2).
Le Seigneur commence sa vie en ayant faim, Il termine sa vie en ayant soif. Nous voyons là la parfaite humanité du Seigneur, qui nous fait quelque peu saisir que dans chacun de ses pas Il a éprouvé tout ce qu’un homme, un être humain peut connaître dans son corps.
Sans doute, à la croix quand Il prononce cette parole : « J’ai soif », c’était une soif combien profonde liée aux douleurs qu’un crucifié peut connaître. Quand effectivement nous lisons le livre du frère Paul Regard sur les sept paroles de la croix, il décrit d’une manière frappante, saisissante, les douleurs qu’un crucifié peut connaître, mais ce n’est pas sur ce point-là que nous avons à nous arrêter, mais plutôt toucher du doigt les souffrances que le Seigneur a éprouvées.
Et quand Il prononce ce cri : « J’ai soif », il est ajouté : « afin que l’écriture fût accomplie » (Jean 19. 28). Et peut-être que c’est là ce qui peut être le plus beau car, si le Seigneur n’avait connu que la soif dans son corps, probablement qu’Il n’aurait rien dit, parce qu’Il ne s’est jamais plaint de ce qu’Il a rencontré, mais il est souligné : « afin que l’écriture fût accomplie ».
Du commencement à la fin de sa vie, le Seigneur a accompli les Écritures, quel que soit le prix qu’Il devait en payer. Et là, à l’heure de la croix, rien ne L’arrête : « afin que l’écriture fût accomplie ». Quelle valeur, quel prix l’Écriture avait pour le Seigneur.
Au début de l’évangile de Jean, le Seigneur a dit à une femme, une pécheresse : « Donne-moi à boire » (Jean 4. 8 et 10), et la Parole ne nous dit pas qu’elle Lui ait donné à boire. Il peut lui dire : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais » (Jean 4. 14).
À la fin de l’évangile, le Seigneur dit : « J’ai soif ». Et qu’est-ce que l’homme Lui donne ? – Du vinaigre. « Dans ma soif, ils m’ont abreuvé de vinaigre » (Ps. 69. 21) : il fallait que cette Écriture soit accomplie, et elle montre que l’homme ne peut donner au Seigneur que quelque chose qui est gâté, du vin aigri.
Cela nous montre que, jusque dans les derniers moments du Seigneur sur la terre, Il n’a reçu de l’homme que de la méchanceté, ou des choses gâtées. Il est celui qui a pu dire qu’Il a bu du torrent dans le chemin. Et c’est vrai que la confession de cette femme qui a pu dire au début de l’évangile : « Celui-ci n’est-il point le Christ ? » (Jean 4. 29) a été pour Lui comme un baume au milieu du chemin, de la même façon que la conversion de ce brigand à l’heure de la croix. Mais de l’homme en Adam, le Seigneur n’a reçu rien de bon.
Il faut aussi que nous nous arrêtions sur cette dernière parole du Seigneur, puis sur ce que la Parole nous en dit en particulier dans l’évangile selon Jean. « Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit : C’est accompli » (Jean 19. 30). Il avait accompli l’œuvre, Il avait accompli les Écritures. Il était venu pour accomplir l’œuvre que le Père Lui avait donnée à faire, et Il était venu pour accomplir les Écritures, parce que les Écritures parlent de Lui.
Et quand le Seigneur parle aux deux disciples sur le chemin menant à Emmaüs, Il leur dit : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent » (Luc 24. 26 et 27).
Le Seigneur est Celui qui, dans la perfection, a accompli ce que le Père Lui avait donné à faire et a accompli les Écritures qui parlent de Lui. Et nous remarquons que c’est Lui qui met le sceau sur son œuvre.
Au chapitre 17, Il avait pu dire : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17. 4), anticipant ce moment où l’œuvre allait être achevée ; et ici au chapitre 19, il dit : « C’est accompli ». Ce n’est pas Dieu qui fait entendre sa voix et dit : « C’est accompli », mais c’est le Seigneur qui peut le dire.
L’œuvre est achevée, le Seigneur en a fini avec ce pour quoi Il était venu sur la terre, et Il met le sceau de sa parole sur son œuvre et sur ce qu’Il a été. Et ensuite, Il remet son esprit ; et c’est bien un acte divin que le Seigneur accomplit : Il remet son esprit.
Des hommes qui sont morts, il nous est dit par exemple de Rachel : « comme son âme s’en allait » (Gen. 35. 18), son esprit sort, mais il n’est pas au pouvoir de l’homme de remettre son esprit. Mais le Seigneur avait dit : « Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre » (Jean 10. 18).
Et dans le fait de remettre son esprit, Il montre qu’Il accomplit ce qui est en son pouvoir, Il laisse volontairement sa vie ; et ainsi ce n’est pas l’homme qui Lui a ôté la vie, c’est Lui qui l’a donnée volontairement. Dans l’évangile selon Jean, Il remet son esprit.
Dans l’évangile selon Luc où nous trouvons : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23. 46), c’est l’expression de son entière confiance en Dieu. Celui qui avait pu dire : « Tu m’as donné confiance sur les mamelles de ma mère » (Ps. 22. 9), exprime cette confiance en son Père jusqu’à la fin, Lui qui a pu dire : « Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » (Ps. 16. 1).
Et toute cette scène de la croix nous parle de ce que le Seigneur a rencontré pendant les trois heures sombres de cet abandon, avant elles et après elles, et l’accent est mis sur cette confiance que le Seigneur avait en son Père, malgré les souffrances, et ce qu’Il a pu rencontrer de la part de son Dieu.
Concernant cette dernière parole du Seigneur : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23. 46), on a déjà rappelé que dans la première parole, le Seigneur s’adresse à son Père, et que dans la dernière parole Il s’adresse à nouveau à son Père, dans une communion qu’Il a pleinement goûtée et manifestée de manière publique.
« Père ! entre tes mains je remets mon esprit ». C’est entre les mains du Père, et nous lisons en Actes 2 : « comme vous-mêmes vous le savez, ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, – lui, vous l’avez cloué à [une croix] et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques, lequel Dieu a ressuscité » (Act. 2. 22 à 24).
Voilà ce que les mains des hommes sont capables de faire. Dans l’épître aux Hébreux, il nous est dit : « C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (Héb. 10. 31), qui nous parle de la solennité de rencontrer Dieu quand on ne Le connaît pas comme un Dieu sauveur.
Mais le Seigneur, là, à la fin des heures de la croix, quand Il remet son esprit, c’est entre les mains du Père. Que ces mains du Père sont douces, qu’elles sont précieuses ; précieuses pour le Seigneur qui peut remettre son esprit entre les mains du Père ; et pour nous, nous savons ce que nous avons dans l’évangile selon Jean au chapitre 10, cette promesse que le Seigneur peut faire : Personne ne peut ravir les brebis de la main de mon Père (Jean 10. 29).
Nous, nous sommes entre les mains du Père ; et l’ennemi peut nous accabler, nous assaillir, nous attaquer, quelquefois nous faire tomber, mais jamais il ne pourra nous enlever des mains du Père qui sont des mains d’amour, et des mains fortes.
« Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le christ Jésus » 1 Pierre 5. 10.
Dieu s’est révélé lui-même comme le Dieu de toute grâce, mais combien il est difficile de croire qu’Il est plein de grâce ! Notre sentiment naturel est exprimé par l’homme dans la parabole : « Je t’ai craint, parce que tu es un homme sévère » (Luc 19. 21). Il y a en chacun de nous, naturellement, un manque d’intelligence de la grâce de Dieu.
Il y a quelquefois la pensée que la grâce implique que Dieu passe par-dessus le péché. Au contraire ! Pour Dieu, le péché est une chose horriblement mauvaise qu’il ne peut pas tolérer, et rien d’autre que la grâce gratuite ne peut satisfaire les besoins du pécheur. Si c’était au pouvoir du pécheur d’améliorer ses voies, et de s’améliorer lui-même, il n’y aurait pas besoin de la grâce !
Du moment où je comprends que je suis un pécheur et que le Seigneur est venu pour moi parce qu’Il connaissait toute l’étendue et la nature odieuse de mon péché, alors je peux comprendre ce qu’est la grâce. Alors je vois que la grâce de Dieu est plus grande que mon péché.
Il est bon de réaliser que le Seigneur qui a laissé sa vie pour moi est le même Seigneur avec lequel j’ai à faire chaque jour de ma vie. Toutes ses voies envers moi sont sur le même principe de grâce. Combien il est précieux, combien il est fortifiant de savoir que Jésus en ce moment même ressent et exerce le même amour en grâce envers moi que quand Il est mort sur la croix pour moi.
Supposez, par exemple, que j’ai un mauvais caractère que je trouve difficile à surmonter. Si je l’apporte à Jésus, alors la vertu sort de Lui pour satisfaire mon besoin. Mon propre effort ne sera jamais suffisant. Une puissance réelle est le résultat du fait que le Seigneur est plein de grâce.
Si, dans sa présence, nous nous reconnaissons nous-mêmes exactement comme nous sommes, nous constaterons qu’Il ne nous manifestera rien d’autre que la grâce. Nous avons le droit de nous oublier nous-mêmes et notre péché, mais nous n’avons jamais le droit d’oublier Jésus.
« Cette grâce dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu » 1 Pierre 5. 12
Il n’y a rien d’aussi difficile pour nos cœurs que de demeurer dans le sentiment de la grâce et de ne pas permettre certaines actions de nos propres pensées en nous – elles ne peuvent jamais atteindre les pensées de Dieu à notre égard. Tout ce en quoi je pense que j’ai le plus petit droit à espérer ne peut pas être la pure et libre grâce de Dieu.
Un sentiment constant de la grâce dans la présence de Dieu, c’est le secret de toute sainteté, paix, et tranquillité d’esprit. La grâce de Dieu est si infinie, si complète, si parfaite que nous ne pouvons en avoir une vraie conscience hors de sa présence. Si nous essayons de la connaître hors de sa présence, nous ne ferons que la transformer en laisser-aller. La grâce suppose que par Jésus, tout le péché qui est en nous a été mis de côté.
Dans Romains 7 nous trouvons la description d’une personne qui est née de nouveau mais dont les raisonnements arrêtent la grâce. Au lieu de regarder à Dieu par la foi tel qu’Il s’est révélé Lui-même en grâce à nous, c’est tout le temps je, je, je.
La grâce se réfère à ce que Dieu est et non à ce que nous sommes. Si j’ai le plus léger doute sur la position où je me tiens, je dirai : « Je suis malheureux parce que je ne suis pas ce que je devrais être ». Mais ce n’est pas la question. La vraie question est : Est-ce que Jésus est tout ce dont nous avons besoin ? Si la conscience de ce que nous sommes nous pose des problèmes, nous sommes en dehors du terrain de la pure grâce.
Il vaut mieux penser à ce que Dieu est plutôt qu’à ce que nous sommes. Regarder à nous-mêmes est réellement de l’orgueil résultant du manque de conscience qu’en nous-mêmes nous ne sommes bons à rien. La vraie humilité ne consiste pas tellement à penser du mal de nous-mêmes, qu’à ne pas penser du tout à nous. Ce que j’ai besoin de faire alors c’est de m’oublier moi-même et de regarder à Celui qui pensait à moi bien longtemps avant je pense à Lui !
On raconte qu’un homme, s’en allant mourir, un de ses anciens amis, devenu son détracteur, vint auprès de lui, implorant son pardon pour les calomnies et les insinuations malveillantes qu’il avait colportées sur son compte. Il les regrettait amèrement et ferait n’importe quoi pour réparer le mal accompli.
– Je te pardonne volontiers, lui dit le moribond. Et puisque tu voudrais « réparer », fais-moi, je te prie, un dernier plaisir.
– N’importe quoi, répéta l’autre avec émotion.
– Eh bien ! prends un sac de plumes, monte au clocher de l’église et secoue les plumes à tous les vents.
– Tout de suite, dit l’ami, croyant satisfaire au délire d’un mourant.
Au bout de quelques minutes, il revient annoncer que la chose était faite.
– Mais ce n’est pas fini, dit le malade. Va maintenant, et retrouve chacune des plumes que tu as vu s’envoler.
– Tu sais bien que ce n’est pas possible, protesta l’homme, croyant de plus en plus aux divagations de la fièvre. Elles se sont dispersées dans toutes les directions et hors de ma portée. Il est très peu probable que j’en retrouve une seule.
– Je le sais, fit le mourant, avec le plus grand calme. J’ai seulement voulu te montrer ainsi, que, malgré mon pardon, le mal fait par la calomnie et les insinuations perfides ne se « répare » jamais. Les paroles, comme ce qui est écrit, ne sont plus au pouvoir de celui qui les a lancées à travers l’espace. Dis à tes fils, d’après ta propre expérience, qu’il n’y a rien dans la vie de plus tragique, que l’irréparable.
À l’époque actuelle, de plus en plus de personnes divorcent, que ce soit dans le monde ou, hélas, parmi les chrétiens !
Pour pallier à cela, de nombreuses personnes ne se marient pas et vivent en union libre, oubliant en cela ce que le Seigneur a dit à la femme du puits de Sichar, qui avait eu cinq maris et qui vivait avec un homme : « Celui que tu as maintenant n’est pas ton mari » (Jean 4. 18). Malheureusement, lorsque de tels couples vivants en union libre, se séparent après un certain temps, ils se rendent compte que cela laisse des cicatrices…
La pensée divine au départ est : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et les deux seront une seule chair. Il sera uni à sa femme » (et non pas à ses femmes ! ou à sa femme et à une concubine !)
De nombreux contemporains, qui pourtant ont été heureux avec leur conjoint, parlent après le divorce du père de leurs enfants, ou de la mère de leurs enfants et non plus de leur ancien mari ou de leur ancienne femme !
Que dire face à de tels souffrances ?
Deux situations sont à envisager : celle des incrédules et celle des croyants.
Les incrédules se marient. Ils ont des attirances l’un pour l’autre et s’aiment, souvent profondément. Le jour où une difficulté surgit : le conjoint qui trompe l’autre, l’attirance vers une autre personne, les désillusions de toutes sortes, ils se séparent parfois. L’incrédule ne peut pas s’appuyer sur une personne divine : Dieu ou le Seigneur Jésus.
Il n’a pas la notion que le divorce est un péché contre Dieu et contre son conjoint et s’il le pressent, parfois il le tourne à la plaisanterie : « Je vis dans le péché ! ».
Dieu peut se servir de tout et même de ces circonstances pour que les incrédules réfléchissent au sens de leur vie, à la notion de péché, à ce qui est irréparable et à ce qui est réparable.
Dieu veut le bonheur de sa créature non seulement sur la terre mais aussi pour l’éternité !
Les croyants (c’est-à-dire les enfants de Dieu) se marient dans le Seigneur (c’est-à-dire qu’Il est le Maître de leur vie, qu’Il a des droits sur leurs cœurs).
À la différence des incrédules, ils cherchent à plaire au Seigneur.
Mais ce qui peut entrer en jeu, hélas, c’est leur propre volonté ! Ils peuvent se marier avec un ou une incrédule, ils peuvent se marier sans consulter le Seigneur en suivant leurs penchants naturels. Le temps passe et les désillusions arrivent. Que faire ? Là aussi la situation est soit irréparable, soit réparable mais de toute façon, le croyant (ou la croyante) a la possibilité de confesser cela à Dieu, car tout péché est contre Dieu, et à son conjoint. Les cicatrices seront toujours là mais le Seigneur peut aider à les atténuer, à réparer en partie les dommages subis.
Si le conjoint incrédule abandonne le croyant, celui-ci n’est pas libre de se remarier tant que son conjoint vit. Mais à la mort de celui-ci, il peut se remarier sans pécher. Ceci veut dire aussi que si l’on divorce et que l’on se remarie, alors que l’autre conjoint est vivant, c’est un péché devant Dieu.
Si le croyant s’est marié avec un autre croyant et qu’ils divorcent c’est un péché. La Parole dit clairement que Dieu ne veut pas que l’on soit séparé. Il hait la répudiation (Mal. 2. 16).
Nous voulons dire clairement à tous les jeunes que le diable veut toujours nous rendre malheureux, que ce soit en étant malheureux parce que l’on ne se marie pas, soit parce que l’on se sépare de son conjoint.
Dieu, au contraire, veut que sa créature soit heureuse, soit dans un célibat accepté, soit dans un mariage heureux.
Beaucoup de jeunes ont peur de se tromper, considèrent ceux qui sont « mal » mariés, ceux qui divorcent… Du coup, les années passent et ils n’ont plus l’élan de jeunesse. Ils peuvent se marier à un âge tardif (et il vaut mieux de marier tard et bien se marier) mais peuvent regretter de ne pas s’être mariés plus tôt.
Ne vaut-il pas le coup de faire la volonté de Dieu ? Ne vaut-il pas le coup d’en faire un exercice devant le Seigneur ? Sa réponse sera merveilleuse si nous nous appuyons sur Lui. « Tu garderas dans une paix parfaite, l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi » (És. 26. 3).
« Il est tel ami plus attaché qu’un frère » (Prov. 18. 24).
Le gouvernement britannique a nommé, en 2018, un ministre de la solitude pour s’occuper de ce qu’on a appelé l’épidémie de la solitude.
D’après une enquête, on estimait que 200000 personnes n’avaient pas parlé à un ami, ou à un membre de leur famille, depuis au moins deux mois. La moitié des personnes de plus de 75 ans, soit environ 2 millions, vivraient seules ; 85 % des jeunes adultes handicapés ressentiraient la solitude.
Beaucoup passent des jours, voire des semaines, sans avoir de contact avec d’autres personnes. Depuis longtemps, les médecins ont averti que l’isolement peut avoir des conséquences physiques, psychologiques et affectives.
Dieu nous a conçus pour vivre en société. Quand il a créé Adam, il a dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde » (Gen. 2. 18).
Il est aussi allé voir Adam dans le jardin d’Éden. Il savait, en effet, que l’homme avait besoin d’une relation horizontale avec ses semblables mais aussi, et surtout, d’une relation verticale avec Dieu.
Le gouffre qui s’est établi entre l’homme et Dieu, à cause du péché, est la principale raison de la solitude. Le problème n’est pas limité à un pays, il est universel.
Je ne veux pas discuter de ce que le Premier ministre britannique a entrepris pour essayer de faire face à cette épidémie.
J’aimerais simplement diriger nos regards vers Jésus. Il est venu sur cette terre pour régler la question du péché qui nous séparait de Dieu. Il a ainsi rétabli notre relation avec lui.
À tous ceux qui se sont repentis de leurs péchés et l’ont reçu personnellement comme leur Sauveur, il dit : « Je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Héb. 13. 5).
Le Seigneur Jésus est cet Ami qui « aime en tout temps » (Prov. 17. 17).
L’amitié et l’amour des hommes nous déçoivent souvent, mais Jésus nous aime dans les bons et les mauvais moments. Il est un Ami fidèle : « Les blessures faites par un ami sont fidèles » (Prov. 27. 6). Il ne passera pas sous silence nos péchés et nos fautes. Quand nous avons mal agi, il nous le montre ; mais si nous nous approchons de lui pour confesser nos péchés, il nous pardonne tout de suite.