PERSÉVÉRER QUOTIDIENNEMENT DANS LA PRIÈRE

« Moi, je crie à Dieu ; et l’Éternel me sauvera. Le soir, le matin, à midi, je médite et je me lamente ; et il entendra ma voix » (Ps. 55. 17 et 18).

J’aimerais dire quelque chose à propos de la valeur des temps réguliers de prière dans nos journées. Les heures du sacrifice du matin et du soir dans le temple juif n’étaient pas établies sans signification. Nous n’avons pas à établir des règles, mais je dirai seulement qu’il est essentiel pour la santé de notre âme de faire de la prière une part entière de notre quotidien, tout au long de notre vie.

Comme nous prenons du temps pour manger, dormir et travailler, réservons aussi du temps à la prière. Choisissons chacun nos propres horaires et nos durées. Mais essayons au minimum de parler avec Dieu le matin, avant d’entrer en contact avec le monde, et parlons avec Dieu le soir, après en avoir fini avec le monde pour la journée. Gardons en tête que la prière est quelque chose de vital pour chacune de nos journées. Ne négligeons pas ce temps ; ne gardons pas seulement les miettes, les minutes délaissées de notre journée.

Quoi que nous fassions pendant la journée, nous sommes sous le regard de notre Père, et vivons en intimité avec notre Seigneur, heureux de pouvoir tout partager dans la prière avec eux. N’oublions pas que nous pouvons lier ensemble les temps de recueillement du matin et du soir par une chaîne infinie de petites prières pendant toute la journée. C’est dans ce sens que nous sommes exhortés à prier « sans cesse » (1 Thess. 5. 17). C’est être toujours ouverts et disponibles pour notre Dieu, au milieu même des occupations, en sachant que nous pouvons toujours trouver auprès de lui l’aide et la sagesse dont nous avons besoin (voir Jac. 1. 5). Même en compagnie d’autres personnes, ou pendant que nous travaillons, ou marchons dans la rue, nous pouvons envoyer dans le ciel de manière silencieuse de petits messages, comme Néhémie l’a fait en présence du roi Artaxerxès (Néh. 2. 4).

Et ne pensons jamais que ce temps consacré à Dieu pour la prière est du temps perdu. Il est appréciable que nous parlions avec notre cœur, que nous soyons fervents, chaleureux, et que nous fassions nos requêtes à Dieu avec un réel intérêt.

Un chrétien n’est jamais perdant sur le long terme en persévérant dans la prière.

D’après Le Seigneur est proche Décembre 2024 (J.C. Ryle)

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LE SAINT ESPRIT DANS LE CROYANT

Jésus a dit : « Le Consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » Jean 14. 26.

« Quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » Jean 16. 13.

L’Esprit Saint, promis par le Seigneur Jésus, est descendu sur la terre le jour de la Pentecôte (Act. 2). Au cours du temps, Satan a réussi à obscurcir et voiler la vérité de cette présence du Saint Esprit dans les croyants. Combien de chrétiens sont conscients que l’Esprit n’est pas seulement une puissance ou une source d’énergie divine, mais vraiment une Personne divine ? Combien ont la certitude que cette Personne divine habite en eux ? Et pourtant, la Parole de Dieu le déclare explicitement : « Votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous et que vous avez de Dieu » (1 Cor. 6. 19) ; « Vous êtes… dans l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il n’est pas de lui » (Rom. 8. 9).

Si nous nous rendions compte que Dieu, par le moyen de l’Esprit Saint, habite en chaque croyant (Éph. 1. 13 ; 2 Cor. 1. 22), et qu’Il veut diriger et guider notre vie selon ses pensées, celle-ci en serait transformée ! Si l’Esprit était seulement une puissance qui agit en moi, je pourrais faire des projets et les mener à terme en ne faisant appel qu’occasionnellement à cette source d’énergie. Par contre, si cette Personne divine habite en moi, je ne peux que me laisser utiliser par elle. De cette manière, ce n’est plus moi qui agis, mais je suis un instrument employé par l’Esprit. Quel privilège, d’être employé par le Dieu Tout-puissant pour le servir et accomplir sa volonté !

D’après « Il buon seme » – juin 2024

LE PSAUME 16

« Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi » Psaume 16. 1.

« Il s’est confié en Dieu, qu’il le délivre maintenant s’il tient à lui » Matthieu 27. 43.

Ce Psaume, écrit par David, et cité dans le Nouveau Testament (Act. 2. 25 à 28), s’applique principalement au Seigneur Jésus. Il commence par cette affirmation : « Je me confie en toi ».

Cette confiance en Dieu avait manqué à nos premiers parents. Mettant en doute la parole de leur Créateur, Adam et Ève avaient cru à la parole du « menteur » (Jean 8. 44). Le Fils de Dieu, venu sur la terre comme un homme, mettait en son Père une confiance totale. En cela Il rendait à Dieu l’honneur dont Il avait été frustré depuis le commencement de l’humanité.

Les ennemis de Jésus, se moquant de Lui alors qu’Il était sur la croix, déclarent : « Il s’est confié en Dieu ». Oui, Il a publiquement proclamé sa confiance en Dieu ! Crucifié comme un malfaiteur, Jésus se donne à Dieu et porte la peine de nos péchés. Les souffrances immenses de Christ qui expie nos péchés ne sont pas rapportées dans ce Psaume 16. Elles sont décrites dans le Psaume 22, où nous lisons : « Tu m’as donné confiance » (v. 9). Rien ne peut altérer l’amour que Jésus éprouve pour Dieu, aucun doute ne peut troubler son cœur. Il reste fidèle jusqu’à la mort : « Le juste est plein de confiance, dans sa mort [même] » (Prov. 14. 32).

Lorsqu’Il remet son esprit, Jésus se confie encore et toujours aux soins de Dieu son Père : Il le ressuscitera. Le Psaume 16 se termine effectivement avec le « rassasiement de joie » qui se trouve dans la présence de Dieu.

Imitons notre Seigneur, modèle de confiance sans limite envers son Père !

D’après « Il buon seme » – juin 2024

BERACA 46 : SAMSON

Les Juges se succèdent, le peuple s’habitue au calme et, malheureusement, s’abandonne à ses mauvais penchants. « Et les fils d’Israël firent de nouveau ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel ; et l’Éternel les livra en la main des Philistins pendant quarante ans » (Jug. 13. 1). Autrefois libérés de l’esclavage, les fils d’Israël sont sous la domination des Philistins (Jug. 14. 4).

Malgré l’égarement du grand nombre, il y avait certainement des âmes attachées à l’Éternel. Dans toutes les époques, Dieu s’est gardé des fidèles comme plus tard, aux jours d’Ézéchiel quand, dans une vision le prophète voit un homme vêtu de lin, ayant un encrier d’écrivain à ses reins, qui reçoit l’ordre de marquer « les hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui se commettent au-dedans de Jérusalem » (Éz. 9. 4).

C’est ainsi qu’aux temps des derniers juges d’Israël, « il y avait un homme de Tsorha, de la famille des Danites, et son nom était Manoah ; et sa femme était stérile et n’enfantait pas. Et l’Ange de l’Éternel apparut à la femme, et lui dit : Voici, tu es stérile et tu n’enfantes pas ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. Et maintenant, prends garde, je te prie, et ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange rien d’impur ; car voici, tu concevras, et tu enfanteras un fils ; et le rasoir ne passera pas sur sa tête, car le jeune garçon sera nazaréen de Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins » (Jug. 13. 2 à 5).

Et la femme parla à Manoah, son mari, décrivant l’homme qui l’avait visitée comme « un ange de Dieu, très-terrible » (v. 6). Elle ne lui avait pas demandé son nom, ni d’où il venait. Après une longue espérance, un enfant viendrait les réjouir – un enfant qui devra être entièrement séparé pour Dieu, tel devait être le nazaréen (voir Nomb. 6. 2).

« Et Manoah supplia l’Éternel, et dit : Ah, Seigneur ! que l’homme de Dieu que tu as envoyé, vienne encore vers nous, je te prie, et qu’il nous enseigne ce que nous devons faire au jeune garçon qui naîtra. Et Dieu exauça la voix de Manoah ; et l’Ange de Dieu vint encore vers la femme, comme elle était assise aux champs, et Manoah, son mari, n’était pas avec elle. Et la femme se hâta et courut et rapporta à son mari, et lui dit : Voici, l’homme qui était venu vers moi l’autre jour m’est apparu. Et Manoah se leva et suivit sa femme ; et il vint vers l’homme, et lui dit : Es-tu l’homme qui a parlé à cette femme ? Et il dit : C’est moi » (Jug. 13. 8 à 14).

Cette scène nous amène au début de l’Évangile de Luc, où l’ange Gabriel annonce à Marie la venue glorieuse du Sauveur ici-bas. Seulement, il y a des conditions à remplir pour la mère comme pour l’enfant : s’abstenir d’une forme de joies qui sont la part des autres hommes, représentées par le fruit de la vigne : une séparation pour Dieu qui conduit les enfants de Dieu à vivre pour Christ dans ce monde sans suivre les principes qui gouvernent le monde, car « tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père » (1 Jean 2. 16).

Manoah désirait voir ce visiteur extraordinaire, et l’Ange s’est manifesté à eux deux. Alors, il lui dit : Laisse-nous te retenir, et t’apprêter un chevreau. « Et l’Ange de l’Éternel dit à Manoah : si tu me retiens, je ne mangerai pas de ton pain ; et si tu fais un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel. Car Manoah ne savait pas que ce fût l’Ange de l’Éternel » (Jug. 13. 16). Toutefois il veut connaître son nom et l’interroge : « Quel est ton nom, afin que nous t’honorions, quand ce que tu as dit arrivera ? Et l’Ange de l’Éternel lui dit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux » (v. 17 et 18).

Comme Gédéon autrefois, Manoah apporte un holocauste mais avec un discernement spirituel plus élevé : contrairement à Gédéon, il n’a pas cuit le chevreau, mais l’a apporté tel quel, prêt à être passé au feu et accompagné d’un gâteau (voir Ex. 12. 9 ; Lév. 1 et 2). L’holocauste, « un mâle sans défaut » ; l’offrande de gâteau, « de fleur de farine pétrie à l’huile, sans levain » annonçait les perfections de Christ, l’Homme venu du ciel qui est sans péché et qui marcha « dans la puissance de l’Esprit » (1 Jean 3. 5 ; Luc 4. 14).

Ces deux éléments du sacrifice sont posés par Manoah sur le rocher, et le rocher évoque Celui qui devait venir pour être frappé à notre place afin que nous ayons la vie éternelle et l’Esprit Saint en nous. Nous lisons : « … et le rocher était le Christ » (1 Cor. 10. 5). Considérez aussi : Exode 17. 6 ; Ésaïe 53. 4 et 12 ; Jean 7. 38 et 39, tous ces passages manifestant Christ. Manoah, qui avait désiré voir le visiteur céleste et connaître son nom, obtient pour seule réponse : « Mon nom ? Il est merveilleux » (v. 18). Pour connaître vraiment qui était cet Ange, ouvrons nos Bibles en Ésaïe 9. 6 : « On appellera son nom : Merveilleux » ! Et parce qu’Il est merveilleux, Il ne pouvait faire qu’une « chose merveilleuse » par laquelle nous Le connaissons aussi. « Il arriva que, comme la flamme montait de dessus l’autel vers les cieux, l’Ange de l’Éternel monta dans la flamme de l’autel » (Jug. 13. 20). Notre Seigneur Jésus, son œuvre achevée, après avoir parlé aux disciples « fut élevé en haut dans le ciel » (Marc 16. 19). L’Ange et Jésus sont donc une seule et même Personne.

Si la vision du Seigneur, entrant dans la gloire du ciel, a réjoui les disciples (Luc 24. 52), l’Ange montant dans la flamme a suscité la peur dans le cœur de Manoah, qui « dit à sa femme : Nous mourrons certainement, car nous avons vu Dieu » (Jug. 13. 22). En ce moment-là, la femme est pour son mari l’aide qui lui correspond : elle lui dit : « Si l’Éternel eût pris plaisir à nous faire mourir, il n’aurait pas accepté de notre main l’holocauste et le gâteau, et il ne nous aurait pas fait voir toutes ces choses, et ne nous aurait pas fait entendre, dans ce moment, des choses comme celles-là » (v. 23).

Qu’il est précieux d’avoir la paix avec Dieu ! Cette paix découle de la croix : « ayant fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1. 20). « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons trouvé aussi accès, par la foi, à cette faveur dans laquelle nous sommes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu » (Rom. 5. 1 et 2). « Et la femme enfanta un fils, et appela son nom Samson ; et l’enfant grandit, et l’Éternel le bénit ».

TRADUCTION DE FEUILLETS (93)

« Le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront : Paix et sûreté, alors une subite destruction viendra sur eux » 1 Thessaloniciens 5. 2 et 3.

PEARL HARBOR

Fred Kamaka, 17 ans, arrivait devant le bâtiment de l’école à Hawaï. C’était le matin du 7 décembre 1941, peu après sept heures et demie, une matinée calme et belle, se souviendra-t-il plus tard, avec un air de velours et un parfum de fleurs. Seuls quelques nuages de coton blanc planaient au-dessus des montagnes. La vue s’étendait jusqu’à Pearl Harbor, où les huit grands cuirassés étaient sur le quai comme sur un plateau, et à côté d’eux, huit croiseurs, vingt-neuf destroyers, ainsi que des sous-marins, des mouilleurs de mines et des navires de ravitaillement de la flotte américaine du Pacifique.

Quand j’ai vu les premiers avions survoler la crête de la montagne, je n’y ai pas pensé au début, rapporte le témoin. Mais de plus en plus sont venus, et après un bref battement d’ailes, ils sont passés à un piqué. J’ai vu une boule de feu et des nuages de fumée avant que je puisse entendre le fracas. Personne n’était préparé à l’attaque japonaise. Mais soudain, il est devenu clair que la guerre avait éclaté pour les États-Unis et toute la région du Pacifique. Tout cela a eu des conséquences terribles : il suffit de penser aux bombardements atomiques ultérieurs du Japon.

Le jour du jugement du Seigneur apportera encore plus de choses terribles. Les prophètes de l’Ancien Testament, et Jésus-Christ et ses apôtres en parlent. Oui, ce jour arrivera aussi soudainement, mais non sans un avertissement de la grâce. Dieu ne veut pas que les gens soient perdus, mais que tous puissent être sauvés. C’est pourquoi les chrétiens mettent en garde en son nom : Réconciliez-vous avec Dieu ! (1 Tim. 2. 3 à 7). « Nous persuadons les hommes… Nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! Celui qui n’a pas connu le péché, (Dieu) l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5. 11 et 21).

D’après die gute Saat décembre 2024

« Voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle » Matthieu 28. 20.

NOUVEL AN

L’avenir est devant nous comme un pays inconnu. Plus d’un croyant a franchi le seuil de la Nouvelle Année en tremblant, même s’il sait que le but de son pèlerinage, c’est la gloire éternelle. Le but de notre sentier n’est pas la chose qui lui cause de l’incertitude. Il peut dire honnêtement : « Nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu » (Rom. 5. 2). C’est le chemin qui conduit à ce but glorieux qui fait trembler son cœur, parce qu’il passe à travers un monde mauvais, dans lequel il est devenu toujours plus évident que les fondations même des choses sont branlantes.

Mais le verset d’aujourd’hui est merveilleusement réconfortant. Ces paroles ont été prononcées par Jésus Christ, le Seigneur ressuscité qui a donné sa vie précieuse pour nous, et auquel est donné tout pouvoir sur la terre et dans les cieux. Ces paroles ont un sens particulier au début d’une nouvelle année, qui est sombre devant nous. Non seulement le Seigneur a tout pouvoir dans sa main : Il sera aussi avec nous tous les jours de notre vie jusqu’à l’achèvement du siècle. Il nous soutiendra par son amour, sa miséricorde, et sa sympathie.

Si donc vous Lui avez remis votre cœur, à Lui, l’Ami de votre âme, vous pouvez aussi Lui faire confiance pour votre sentier. Que la nouvelle année soit heureuse et remplie de bénédiction dépend de ceci : que vous restiez en communion proche avec Lui. Vous trouverez alors le réconfort, la paix et la joie en abondance.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Et ils dirent : Allons, bâtissons-nous ne ville, et une tour dont le sommet atteigne jusqu’aux cieux ; et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre » Genèse 11. 4.

LE PLUS PRÈS DU CIEL OÙ CERTAINS D’ENTRE NOUS SERONT – MAIS JAMAIS AU CIEL

Ce qui fait le titre de ce feuillet est ce qu’indique une brochure qui décrit le World Trade Center dans la ville de New-York. En effet, on a l’impression d’être loin au-dessus quand on jette un regard depuis la plateforme supérieure, d’où l’on a une vue spectaculaire sur des kilomètres dans toutes les directions.

Le slogan est supposé être malin – et un peu humoristique. Mais en fait il exprime une vérité tragique. Combien de ceux qui regardent en bas depuis ces hauteurs du World Trade Center n’aurons pas de part dans la cité dont Dieu est l’architecte et le créateur !

De plus, le slogan n’exprime que la moitié de la vérité. Car ce n’est pas seulement que des multitudes n’atteindront jamais le ciel – mais qu’elle atteindront l’enfer ! Et cela, bien que nous ayons un « Dieu Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2. 4).

Notre bien-aimé Seigneur Lui-même dépeint cela très clairement lorsqu’Il se lamente sur une autre ville, Jérusalem, par ces paroles : « Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu » (Mat. 23. 37).

Êtes-vous de ceux sur lesquels Il se lamente aussi – parce que vous ne serez jamais plus près du ciel que depuis un gratte-ciel ?

D’après the Lord is near janvier 1987

« Priez par toute sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit » Éphésiens 6. 18.

L’IMPORTANCE DE LA PRIÈRE PERSONNELLE

La négligence de la prière est la voie certaine vers une chute complète. Un homme de prière avec un talent peut accomplir les plus grands résultats ; tandis que le serviteur qui ne prie pas est sans puissance et faible. Un homme de prières est presque tout-puissant. Qui, ou qu’est-ce qui peut le toucher ? – En lui même il est faible et sans défense, mais le Dieu éternel est sa force et sa protection.

Commencez et terminez chaque journée avec Dieu dans la prière. Parlez-Lui en tous temps, en toutes circonstances. Assurez-vous de garder des contacts fréquents entre vous et Dieu. Quoi que ce soit que vous deviez mettre de côté par manque de temps, ne négligez jamais la prière personnelle, persévérante, pleine de foi. Si cela est nécessaire, limitez vos devoirs publics, mais pas votre temps de prière personnelle. Soyez certains que plus vous vous adonnerez à la prière et à la supplication, plus votre vie et votre service en seront marqués. On a bien besoin d’hommes et de femmes caractérisés par « Je fais une chose » – des personnes décidées.

Le temps actuel est celui de l’activité incessante. Le temps passé sur vos genoux est vu par certains comme du temps perdu ! Dans le jour de la manifestation (1 Cor. 3. 13) on découvrira que beaucoup de ce qui est maintenant regardé comme une œuvre chrétienne, sera brûlé, et que l’ouvrier en subira une perte. Ce n’est pas le volume, mais le caractère du service qui sera en question pour juger des œuvres. « Bien, bon et fidèle serviteur » seront les paroles de bienvenue du Seigneur alors (Mat. 25. 21).

Travaillez ! Priez ! Veillez ! Ce ne sont pas seulement des formules, mais ces mots contiennent en eux-mêmes les éléments moraux du bon résultat dans la vie chrétienne. Nous ne pouvons pas nous en passer.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Que rien ne se fasse par esprit de parti ou par vaine gloire ; mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même ».

« Je supplie Évodie et je supplie Syntiche d’avoir la même pensée dans le Seigneur » Philippiens 2. 3 et 4.

LE BESOIN URGENT D’HUMILITÉ

Les yeux perçants et exercés de l’apôtre détectaient une certaine racine de mal dans la bien-aimée assemblée de Philippes – une racine d’envie et de disputes. Le développement de cette racine se voit clairement dans l’animosité entre deux sœurs, Évodie et Syntiche.

Il ne fait pas de doute que Évodie et Syntiche contribuèrent à envoyer une aide à Paul, bien qu’elles ne se soient pas bien arrangées entre elles dans les relations de la vie quotidienne et dans le service. Cela n’est malheureusement pas une exception. De nombreux frères et sœurs sont prêts à contribuer à aider quelque serviteur de Christ éloigné, et cependant ne marchent pas dans la communion quotidienne. Comment cela se fait-il ? – C’est qu’il y a un manque de renoncement à soi-même.

Nous sommes certains que c’est là le vrai secret de tellement de « partis » ou de « vaine gloire », qui se manifestent malheureusement au milieu même des croyants.

Paul ne cherche pas à savoir qui avait raison, mais il les supplie toute les deux d’avoir « la même pensée dans le Seigneur ». C’est là qu’est le secret divin. C’est le renoncement à soi-même. Mais il faut qu’il soit réel. Il ne sert à rien d’en parler, tout en continuant à l’entretenir. Nous prions quelquefois avec beaucoup de ferveur pour être capables de mettre le moi dans la poussière, et tout de suite après, si quelqu’un semble se mettre sur notre chemin, le moi se redresse comme un porc-épic avec la queue en l’air. Cela n’ira jamais. Dieu veut que nous soyons vrais quand nous prions, pour avoir la force de nous renoncer à nous-même. Cette grâce est très impérative dans l’assemblée de Dieu.

D’après the Lord is near janvier 1987 (C.H.M.)

« Comme l’aigle éveille son nid, plane au-dessus de ses petits, étend ses ailes, les prend, les portes sur ses plumes, l’Éternel seul l’a conduit, et il n’y a point eu avec lui de dieu étranger » Deutéronome 32. 11 et 12.

« … au-dessous de toi sont les bras éternels » Deutéronome 33. 27.

LE BUT ET LE RÉSULTAT DES ÉPREUVES

Les épreuves nous enseignent la foi. L’épreuve est le terrain fertile pour la confiance. Les difficultés sont les stimulants qui exigent et développent notre confiance dans la fidélité et l’amour divins.

L’aigle ne peut enseigner à ses petits à voler qu’en les précipitant en l’air où, laissés à leurs propres ressources, ils doivent voler ou tomber. C’est alors qu’il doivent apprendre la puissance latente de leurs petites ailes. En se débattant en l’air, ils découvrent le secret d’une vie nouvelle. Petit à petit ils apprennent à diriger leur chemin au travers du firmament sans chemins, et à voler sur les ailes du vent, dans la lumière du soleil.

De même Dieu enseigne à ses enfants à employer les ailes de la foi en troublant leurs nids, en leur retirant leurs soutiens, et en les poussant dehors, dans un abime d’impuissance. Ils doivent alors, ou se noyer, ou apprendre à se confier en se jetant dans le vide apparent. Mais ils trouveront que Dieu est là en-dessous d’eux comme l’aile que l’aigle étend sous sa faible couvée et qui les soutient.

Il est si facile, pour nous, de nous appuyer sur les choses que nous pouvons voir et ressentir – que c’est une expérience tout à fait nouvelle de nous tenir seuls et de marcher avec le Dieu invisible, comme Pierre a marché sur la mer. Mais nous devons apprendre cette leçon pour que nos âmes demeurent dans le calme éternel de Dieu, où la foi doit être notre seul sens, et Dieu, notre tout.

Le Seigneur adapte avec douceur l’épreuve à notre peu de force, et nous conduit. Lui faisons-nous confiance dans les moments durs de la vie, nous affermissant en endurant les difficultés, comme de bons soldats de Jésus Christ ?

D’après the Lord is near janvier 1987

« La Loi a été notre conducteur jusqu’à Christ, afin que nous soyons justifiés sur la base de la foi » Galates 3. 24.

LA LOI CONDUIT À CHRIST

Le mot « conducteur » est synonyme de pédagogue, – un enseignant. Mais le mot original n’est pas exactement un enseignant ; c’est vraiment un conducteur, un dirigeant, et ce mot était employé dans les anciens foyers grecs, pour un esclave qui avait le soin des petits enfants, veillait sur leur côté moral, les protégeait d’associations avec d’autres qui n’étaient pas bons comme camarades, et les accompagnait jour après jour de la maison à l’école, à la responsabilité du maître – et les ramenait chez eux le soir.

L’apôtre dit ici : « La loi a été notre conducteur jusqu’à Christ » – c’est-à-dire que Dieu n’a pas laissé les siens sans un code de morale jusqu’à la venue de Jésus, qui a mis devant nous le code de morale le plus merveilleux que le monde ait connu. La loi a servi de manière réelle à les protéger et les retenir loin de beaucoup de l’immoralité, de l’iniquité, de la bassesse et de la corruption qui se trouvent dans la vie païenne autour d’eux. Aussi longtemps que le peuple vivait en obéissant à cette Loi, ils étaient protégés de beaucoup de méchanceté et de mal. « La Loi a été notre conducteur jusqu’à Christ » – non pas pour nous amener à Christ, mais elle l’a été « jusqu’à Christ »

« La Loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jean 1. 17).

Maintenant que Christ est venu, nous sommes arrivés à la porte de l’école de la grâce ; et nous avons appris la vérité bénie de la justification par la seule foi en Celui que Dieu a envoyé pour être la propitiation pour nos péchés. Nous ne sommes plus sous un conducteur. Nous sommes maintenant sous Christ.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu : tu sais de qui tu les apprises » 2 Timothée 3. 14.

LES SUITES D’UN RÉVEIL

Tout réveil authentique agit dans la même direction : il rassemble les chrétiens, les sépare du monde et montre à nouveau la puissance de la parole de Christ ; il fait revivre la douceur de son nom. La conscience des maux dans l’Église professante, insupportable aux consciences et aux cœurs réveillés par Christ, en a obligé beaucoup, par obéissance à la Parole, à « se séparer de l’iniquité ».

Malheureusement, ils n’ont pas été capables de garder la bénédiction plus qu’un enfant ne peut garder le rayon de soleil qu’il a dans la main. Si de tels mouvements sont liés à quelque principe que retient la conscience naturelle, ou à quelque affirmation de droit que les hommes estiment être leur possession, de tels mouvements peuvent se développer, même plus rapidement que précédemment, alors que leur véritable vitalité a disparu.

Il est facile de voir que cela doit se produire, à moins que la puissance de Dieu retienne cette évolution normale. La première génération, à l’appel de Dieu, a dû rompre avec l’environnement naturel ; ils avaient appris de Dieu avec des cœurs exercés, et L’ont suivi à travers des souffrances et en se renonçant à eux-mêmes. Leurs enfants arrivent dans l’héritage que leurs pères ont acquis, mais sans l’exercice qu’ont eu leurs pères. La nature les attire dans ce sentier, mais ne les met pas en garde à cet égard. Ils l’acceptent facilement, et peuvent facilement le perdre. Ils ne connaissent pas la joie du sacrifice. Ils n’ont pas la force acquise par la peine de l’acquérir. Il est facile de prédire ce qui suivra naturellement – non pas de quelque chose de faux dans ce qu’ils tiennent comme étant la vérité, mais à cause de l’incapacité des mains qui la retiennent.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Les arbres allèrent pour oindre un roi sur eux » Juges 9. 8.

LE DANGER DU FAUX-SEMBLANT

Ces mots introduisent une petite parabole amusante mais frappante sur le sujet de l’autorité. Ils ont été prononcés par Jotham, le fils de Gédéon, un homme qui avait beaucoup souffert sous une fausse autorité. Ils fournissent une mise à l’épreuve pour détecter les faux conducteurs.

La parole est simple. Les arbres, qui désiraient un roi, demandèrent d’abord à l’olivier, puis au figuier, puis à la vigne, de régner sur eux. L’olivier répondit : Laisserais-je ma graisse, par laquelle on honore par moi Dieu et les hommes, et irais-je m’agiter pour les arbres ? Le figuier, comme la vigne, répondirent dans le même sens.

Pourquoi refusèrent-ils tous de régner sur les arbres ? – Parce que cela aurait signifié d’échanger leur place de fertilité désignée par Dieu, et leur bénédiction, pour une simple apparence – pour un faire-semblant au-dessus des arbres. Voici la caractéristique d’un véritable chef. Ce n’est pas quelqu’un qui se montre avec fierté, ni un vantard faisant tourner les gens en rond, mais un exemple. Considérez les paroles de notre Seigneur bien-aimé : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22. 27).

Mais les arbres voulaient encore quelqu’un qui domine sur eux, aussi ils s’approchèrent de l’épine, qui fut bien d’accord. Quelles étaient ses qualités pour diriger ? – Produire des épines pour blesser quiconque s’aventurerait trop près – la promesse d’abriter sous son ombre (Imaginez obtenir de l’ombre d’un buisson d’épines !) – et la menace de brûler ceux qui oseraient refuser son autorité – même à l’égard des cèdres du Liban.

Combien de tels cèdres ont été trompés et endommagés par des dirigeants comme des buissons d’épines ? – Seigneur, donne-nous plutôt des dirigeants-serviteurs !

D’après the Lord is near janvier 1987 (G.W. Steidl)

« Si j’évangélise, en effet, ce n’est pas pour moi un motif de gloire : car c’est une nécessité qui m’est imposée ; oui, malheur à moi si je n’évangélise pas. En effet, si je fais cela volontairement, j’en ai un salaire ; mais si c’est malgré moi, c’est une administration qui m’est confiée. Quel est donc mon salaire ? C’est que, en évangélisant, je rends l’évangile exempt de frais, pour ne pas profiter personnellement de mon droit dans l’évangile » 1 Corinthiens 9. 16 à 18.

C’EST LE SEIGNEUR QUI ENVOIE LES CROYANTS ÉVANGÉLISER

Prêcher n’est pas une chose dont on peut se vanter. C’est une obligation – un devoir envers Celui qui a appelé quelqu’un, et lui a conféré un don dans ce but précis. C’est donc une nécessité pour de tels, non pas un rôle d’honneur à réclamer, ni le droit de discuter. Christ a le droit d’envoyer, et Il envoie en effet des ouvriers dans sa vigne. Cela est vraiment une nécessité donnée à celui qui est envoyé. Selon l’Écriture, l’Église n’envoie jamais personne prêcher l’évangile. Les relations sont faussement comprises par de telles prétentions. C’est le Seigneur qui envoie et qui dirige l’ouvrier. Il est d’une importance capitale que cela soit maintenu, avec une responsabilité directe devant le Seigneur.

Il ne fait pas de doute que celui qui fait cela volontairement a une récompense, et le cœur va avec ce service béni, si pénible et plein de jugements qui l’accompagnent. Mais si ce n’est pas par sa propre volonté que quelqu’un agit, Dieu peut lui confier une administration ou la gestion d’un tel service. Mais, d’un administrateur, il est demandé qu’il soit trouvé fidèle. Il était convenable que quelqu’un comme l’apôtre Paul, appelé de manière extraordinaire, agisse avec une grâce extraordinaire – et c’est ce qu’il a fait. Il a rendu l’évangile gratuit pour les autres, tous les frais étant pour lui.

D’après the Lord is near janvier 1987 (W. Kelly)

LES RÉUNIONS D’ASSEMBLÉE (2)

Matthieu 16. 13 à 20 : « Or, lorsque Jésus fut venu aux quartiers de Césarée de Philippe, il interrogea ses disciples, disant : Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme ? Et ils dirent : Les uns disent : Jean le baptiseur ; les autres : Élie ; et d’autres : Jérémie ou l’un des prophètes.

Il leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Et Simon Pierre, répondant, dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et Jésus, répondant, lui dit : Tu es bienheureux, Simon Barjonas, car la chair et le sang ne t’ont pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre ; et sur ce roc je bâtirai mon Assemblée [ou mon Église], et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Alors il enjoignit aux disciples de ne dire à personne qu’il fût le Christ ».

Matthieu 18. 15 à 20 : « Et si ton frère pèche contre toi, va, reprends-le, entre toi et lui seul ; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère ; mais s’il ne t’écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que par la bouche de deux ou de trois témoins toute parole soit établie. Et s’il ne veut pas les écouter, dis-le à l’Assemblée [ou l’Église] ; et s’il ne veut pas écouter l’Assemblée [ou l’Église] non plus, qu’il te soit comme un homme des nations et comme un publicain.

En vérité, je vous dis : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que si deux d’entre vous sont d’accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu’ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ; car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux ».

2 Timothée 2. 19 à 22 : « le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur.

Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre. Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ».

Psaume 133. 1 à 3 : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! C’est comme l’huile précieuse, répandue sur la tête, qui descendait sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descendait sur le bord de ses vêtements ; comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ».

Pour introduire le sujet, il me semble utile de rappeler ce qu’est l’Assemblée ou l’Église, ekklesia, c’est-à-dire tirée hors de, des personnes tirées hors du monde et amenées au Seigneur. L’Église est composée de tous les croyants, tous les croyants où qu’ils se trouvent, tous ceux depuis la descente du Saint Esprit à la Pentecôte jusqu’au moment où le Seigneur reviendra pour enlever son Église et l’amener avec lui dans le ciel.

En général la Parole parle de l’Assemblée, l’Église, traduit par l’Assemblée dans notre version, l’Assemblée universelle comme étant composée de tous les croyants sur la terre à un jour donné.

Cette Église est l’Épouse de Christ. La Parole nous le dit en Éphésiens 5, ce qui exprime les liens d’affection et d’intimité profonds qui existent entre le Seigneur et l’Église.

Évidemment nous pensons surtout à l’amour du Seigneur pour son Église qui a aimé l’Assemblée, qui s’est livré lui-même pour elle, qui la nourrit et qui la chérit. Le Seigneur la voit ainsi et nous, nous devons aussi la voir ainsi.

Malgré toutes les imperfections qui la caractérisent, elle est toujours l’objet de cet amour profond et immuable du Seigneur qui se la présentera à lui-même glorieuse, sans ride, ni tache, ni rien de semblable. Dans le passage que nous avons lu, le Seigneur dit : « Je bâtirai mon Assemblée » et dans cette expression « mon Assemblée » on ressent toute l’affection, tout le prix, que cette Assemblée a pour le Seigneur. Et nous, nous devons avoir cette même vision de l’Église.

L’Église est aussi le corps de Christ. Elle est constituée des membres. C’est un corps, un corps vivant, un corps qui fonctionne sous l’impulsion de la tête qui est Christ maintenant glorifié dans le ciel. Tout part de la tête, la tête ou le chef.

Et les croyants, quels qu’ils soient dans ce monde, sont des membres de ce corps. On n’est pas membre d’une assemblée, on est des membres du corps de Christ. Cela nous est rappelé dans beaucoup de passages (1 Cor. 12 ; Éph. 1 ; Col. 1). Nous avons été baptisés d’un seul Esprit pour être les membres du corps de Christ. Ce corps est un. Il y a un seul corps sur la terre, un seul corps de Christ : le Christ.

L’unité de ce corps est le fondement de tous les principes du rassemblement. « Le principe du rassemblement » est l’unité de ce corps, uni par le Saint Esprit, unis ensemble en un seul corps, unis ensemble au Seigneur qui est la tête. Cette unité s’exprime à la table du Seigneur et elle s’exprime dans le seul pain que nous prenons.

Souvent nous évoquons lorsque nous rompons le pain cette pensée que dans ce pain il y a non seulement le corps que Christ a pris pour venir sur la terre et qu’il a offert en sacrifice mais aussi l’ensemble de tous les croyants sur la terre où qu’ils soient.

Cette Église est aussi la maison de Dieu, l’habitation de Dieu par son Esprit (Éph. 2). Le Seigneur construit un édifice. Il a dit en Matthieu 16 : « je bâtirai ». C’est le Seigneur qui construit. Là l’Église nous est présentée comme un édifice que Christ bâtit.

Il le disait au futur parce que cette construction ne pouvait commencer qu’après l’œuvre accomplie à la croix, sa glorification dans le ciel et l’envoi du Saint Esprit à la Pentecôte. Cette construction commence donc à la Pentecôte et se poursuit. Elle n’est pas achevée. Le Seigneur ajoute chaque jour des pierres vivantes comme cela nous est dit en 1 Pierre 2, des pierres qui ont la vie et qui sont fondées sur cette pierre précieuse, élue, qui est la personne du Seigneur, ce seul fondement qui est posé, qui est Christ. Cette construction s’achèvera, nous ne savons pas quand, lorsque le Seigneur aura fini d’ajouter des pierres à cet édifice et qu’elle sera emportée dans le ciel.

Il y a d’autres comparaisons aussi qui sont dans la Parole, comme le chandelier où les lampes étaient tirées d’un seul pied fait d’or battu.

Et puis il y a des assemblées locales et la Parole nous parle d’assemblées locales. Nous connaissons bien les assemblées de Judée, de Samarie. Au début il n’y avait que l’assemblée de Jérusalem. Mais rapidement il y a eu des assemblées locales, c’est-à-dire des croyants qui se rassemblaient dans une localité, à Éphèse, à Corinthe etc. Il en est de même toujours aujourd’hui, mais l’assemblée locale est toujours la représentation de l’Assemblée universelle.

Elle est constituée, par exemple dans un village, de tous les croyants rachetés du Seigneur qui sont dans cette localité. Il faut avoir toujours cette notion à l’esprit de ce que le Seigneur voit. Le Seigneur connaît ceux qui sont siens et malheureusement maintenant il y a une dispersion, une confusion, mais dans le cœur du Seigneur et dans notre cœur, nous avons toujours à considérer cette unité du corps de Christ.

Le corps est parfait, la maison est parfaite, ce que Christ fait est parfait et demeurera éternellement. Mais la Parole nous montre aussi que la construction de cette maison a été confiée à la responsabilité de l’homme et alors là c’est la ruine. L’homme a toujours ruiné ce que Dieu lui a donné. Et nous constatons cette ruine, non seulement dans l’Église universelle, mais aussi dans le témoignage que le Seigneur avait laissé à notre responsabilité.

Nous profitons de cette introduction pour dire que la génération des anciens est particulièrement confuse et humiliée en pensant aux jeunes qui observent ce qui se passe dans les assemblées. Qui ne sentirait pas avec douleur ces choses ? Les anciens le confessent et s’en humilient, et s’en humilient devant le Seigneur et supplient les jeunes de ne pas abandonner ces vérités de la Parole, des vérités qui sont absolues.

Elles sont mal vécues. Nous les avons mal vécues. Mais ces vérités sont absolues et l’Église pour le cœur de Dieu n’a pas changé. Bien sûr que tout le monde devrait se réunir à Saint-Agrève autour de la table du Seigneur. Ce n’est pas le cas. À cause de la confusion, à cause du mauvais enseignement, à cause de l’action du diable, il en est ainsi maintenant. Les rassemblements se réduisent à deux ou trois personnes. Mais là le Seigneur a fait des promesses. C’est ce qu’on a lu dans Matthieu 18.

Et puis il y a des réunions d’assemblée, c’est-à-dire des cas où l’assemblée comme telle, expression locale du corps de Christ, se réunit régulièrement à un endroit précis, ensemble. Nous avons des passages qui nous le disent en 1 Corinthiens 11. 20 : « Quand donc vous vous réunissez ensemble » et la note dit : « ensemble, en un même lieu », autour de la table du Seigneur.

Nous retrouvons la même expression au ch. 14. 23 : « Si donc l’Assemblée tout entière se réunit ensemble » et la note dit : « ensemble, en un même lieu ». C’est une réunion d’assemblée, c’est une réunion toute particulière, c’est une réunion où le Seigneur se tient au milieu de cette Assemblée selon Matthieu 18.

Il y a trois circonstances de réunion d’Assemblée très précises dans la Parole : les réunions pour le culte, les réunions pour la prière en Assemblée, et les réunions pour l’édification. On pourrait y ajouter peut-être les réunions d’humiliation dans certains cas, peut-être associées aux réunions de prières.

Il y a bien d’autres occasions où les chrétiens se réunissent. Nous sommes en réunion d’étude, mais ce n’est pas une réunion d’assemblée. Bien sûr que le Seigneur est là, l’Esprit aussi agit ou il est contristé. Mais ce n’est pas la réunion d’Assemblée comme telle, réunion des membres du corps de Christ réunis à la table du Seigneur. Il y a des réunions de jeunes, réunions pour jeunes, par exemple, qui sont bénies et utiles. Il y a des réunions de frères de passage, d’un docteur qui vient, qui fait une réunion. Ce ne sont pas des réunions d’Assemblée. Il y aussi des réunions à l’occasion des mariages ou des enterrements.

Les réunions d’Assemblée sont caractérisées par cette présence toute spéciale du Seigneur selon Matthieu 18 qui nous parle d’une assemblée locale. Matthieu 16 nous parle du principe général de l’Assemblée universelle construite par Christ sur le fondement qu’il est le Fils du Dieu vivant. Matthieu 18 nous parle d’une assemblée locale et du fonctionnement d’une assemblée locale avec des difficultés entre frères, avec une autorité que le Seigneur lui a confiée.

Là le Seigneur dit : « Je suis là ». Il ne dit pas : « mon Esprit », il dit : « je suis là », c’est-à-dire une présence toute particulière et personnelle du Seigneur et on se demande si souvent nous n’avons pas oublié cette présence du Seigneur et si nous n’avons pas oublié la crainte qui lui est due lorsqu’il est présent personnellement au milieu de ces deux ou trois assemblés à son nom. Il y a une promesse dans ce passage, mais il y a aussi une condition.

Je voulais seulement terminer en disant que le Seigneur quand il est présent au milieu de ces deux ou trois, nous regarde comme il avait regardé Pierre. C’est un regard d’amour, mais c’est aussi un regard qui sonde nos cœurs et nos consciences. Lorsque nous lisons ces passages, nous ne devons pas les lire comme un mode d’emploi d’une machine-outil, sans que notre cœur soit engagé.

Le Seigneur veut notre cœur. Il disait à Ephèse : « j’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour ». Le Seigneur ne sonde pas l’étendue de nos connaissances, il sonde ce qu’il y a dans notre cœur. Que pendant ces réunions nous puissions lire ces passages en ayant notre cœur engagé pour le Seigneur !

Peut-être pour nous aider à comprendre ce que notre frère nous a dit concernant cette vérité de l’unité du corps de Christ, vécue pratiquement, il faut nous souvenir que dans le conseil de Dieu concernant l’Assemblée, il n’y avait pas d’assemblées locales, et bientôt le Seigneur va venir assembler tous les saints. Les assemblées locales sont là sur la terre par nécessité.

Il y avait des conversions en nombre au début des Actes où on voit 5000 personnes. Sans doute qu’on ne pouvait pas réunir tous ces frères et sœurs dans un même lieu. Bien qu’il y ait différents lieux, ça demeure la même Assemblée avec le même Seigneur. On ne voit pas d’assemblée indépendante dans la Parole de Dieu, comme il y a un seul Seigneur, il y a un seul Esprit.

Il y a un verset dans les Actes qui nous a toujours encouragés au chapitre 9 : « Les assemblées donc, par toute la Judée et la Galilée et la Samarie, étaient en paix, étant édifiées, et marchant dans la crainte du Seigneur ; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit » (v. 31). Et on a une petite note qui dit : L’Assemblée. Que ce soit les assemblées, l’Assemblée, c’est une même chose. Que le Seigneur nous aide à vivre ces vérités avec nos cœurs et c’est ce qu’on désire en ayant un cœur large, en pensant que tous les chrétiens sont des frères et sont membres du corps de Christ comme on l’a dit. Nous pouvons le vivre avec un cœur large en pensant à tous les chrétiens, en ayant le désir de suivre le chemin que le Seigneur nous trace dans sa Parole.

Le Seigneur parle au futur en Matthieu 16 en disant : « Je bâtirai mon Assemblée ». Cela nous montre qu’il introduit là quelque chose qui est entièrement nouveau. Il y avait autrefois des croyants, notamment dans le peuple d’Israël, mais pas seulement.

Mais Dieu avait formé son peuple et il leur avait même donné des instructions très fortes pour construire un sanctuaire, un lieu où il allait habiter et rassembler les siens. Il leur a même demandé dans le chapitre 25 de l’Exode d’apporter les matériaux pour construire ce tabernacle. Il a donné des hommes capables de fabriquer les différents éléments, les différents meubles de cette construction.

Et puis il a donné dans les premiers livres de l’Ancien Testament, les livres de Moïse tout spécialement, beaucoup d’instructions relatives à la manière de s’approcher de Dieu, individuellement et surtout aussi collectivement. Et puis il a institué la sacrificature dans la famille d’Aaron pour être particulièrement occupée de tout ce qui concerne le sanctuaire et le rassemblement du peuple de Dieu.

Tout cela avait lieu sur la terre, déjà avec beaucoup de manifestations de gloire de la part de Dieu dans le désert de Sinaï lorsque le peuple est sorti d’Égypte et plus encore lorsque le peuple ayant été amené dans le pays de Canaan, Dieu a donné à David des instructions et des moyens de faire construire le temple de Jérusalem qui a été effectivement préparé par David et construit par Salomon qui a été le roi de gloire que le Seigneur a employé pour cela.

Donc on voit combien c’est une pensée tout à fait ancienne que Dieu avait à l’égard de ceux qu’il appelle ses saints, non pas qu’ils fussent des hommes parfaits, mais des gens mis à part par la foi pour lui appartenir en propre et manifester sur la terre sa volonté, sa présence, son action.

Mais justement on voit comment l’épître aux Hébreux nous dit que Dieu a autrefois à plusieurs reprises et en plusieurs manières parlé aux pères, aux patriarches, par le moyen des prophètes, en commençant justement spécialement par Abraham, puis Moïse et toute la liste des prophètes, mais à la fin de ces jours-là, il leur a parlé dans le Fils, en Fils. Il a envoyé son Fils unique.

L’amour de Dieu a été manifesté en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui (1 Jean 4. 9), pour faire sortir de la mort ceux qui étaient dans leurs fautes et dans leurs péchés, non pas seulement pour les mettre à part sur la terre pour en faire un peuple à part qui puisse exprimer quelque chose, la louange à Dieu comme cela avait lieu par le moyen des sacrifices et du rassemblement des fils d’Israël, mais en esprit et en vérité, dans une relation nouvelle avec lui qui soit dans son fondement tout à fait divine.

La Parole nous dit que tous ceux qui ont cru en lui sont maintenant rendus participants de la nature divine (2 Pier. 1. 4). Le Seigneur lui-même a dit à la femme samaritaine que Dieu cherchait des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. Il y a tout un ensemble de déclarations qui remplissent toute la Parole parce que si ces choses sont nouvelles, elles étaient annoncées et réalisées par le Seigneur Jésus lui-même sur la base de l’œuvre qu’il a accomplie à la croix. Toute la Parole se tient.

On aura certainement l’occasion de le rappeler, déjà dans l’Ancien Testament nous trouvons beaucoup de figures et d’enseignements qui ont toute leur valeur pour le rassemblement de saints, des croyants, de ceux qui ont reçu le Seigneur Jésus comme leur Sauveur dans le temps présent.

Psaume 133. 1. Ce verset, quand nous y pensons, nous remplit de honte et c’est ce qui nous manque comme notre frère l’a exprimé, spécialement à nous qui sommes les plus âgés parmi les croyants qui sont ici présents : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! »

Quand nous voyons la dispersion des enfants de Dieu sur la terre, et même parmi ceux qui ont à cœur de rechercher la présence du Seigneur étant assemblés à son nom, cela nous couvre de honte et de confusion, dans la pensée exprimée par Dieu : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! »

Ce qui est extrêmement consolant, chers amis, ce sont les versets qui suivent : « C’est comme l’huile précieuse, répandue sur la tête, qui descendait sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descendait sur le bord de ses vêtements ; comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ».

Chers amis, si dans la pensée que des frères sont appelés à être unis ensemble, et que malheureusement ce qu’ils sont par nature et leurs défaillances conduisent à la dispersion – ce qui est bon descend d’en haut. « Tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, en qui il n’y a pas de variation ou d’ombre de changement » (Jac. 1. 17).

Il est frappant de voir dans ces versets du Psaume133 que l’on voit trois fois le verbe descendre. Dieu s’il réunit les siens, c’est une action divine qu’il veut opérer. Nous avons besoin de le réaliser pour être des enfants obéissants, pour venir vers Lui avec ce désir ardent d’être obéissants pour recevoir de lui ce qui descend réellement d’en haut. Il n’y a pas d’autre bénédiction que celle qui descend d’en haut.

L’huile précieuse descendait sur Aaron – dans lequel bien sûr nous voyons l’image de Christ – était répandue sur ses vêtements. Et puis la rosée de l’Hermon descendait sur les montagnes de Sion, venant d’en haut. Que le Seigneur nous accorde d’être profondément conscients dans nos cœurs que nous avons à faire à Lui pour recevoir ce qui vient d’en haut !

En Matthieu 16, nous avons trouvé le Seigneur qui demandait ce que les gens pensaient de Lui. Il demande ce que, eux, les disciples pensent de Lui. Il y a la révélation du Père selon laquelle Pierre peut dire : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Quelle est la réponse du Seigneur ? Il dit : premièrement c’est mon Père qui est dans les cieux qui t’a fait cette révélation, et la deuxième pensée que le Seigneur exprime, c’est que sa pensée va vers un trésor qu’il a devant lui, qui est déjà devant ses yeux : voilà une Assemblée, c’est-à-dire qu’il dit : sur ce roc – c’est-à-dire sur sa personne même – je bâtirai mon Assemblée, et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle.

C’est un peu, comme un frère disait, comme un jeune homme qui veut parler à ses camarades, à ceux qui l’entourent, de celle qui a trouvé son amour : il y a une fiancée, il n’est pas encore fiancé, mais elle est déjà chère à son cœur, il peut dire à ses camarades : Écoutez, j’ai quelqu’un devant moi, quelqu’un de tout à fait précieux pour mon cœur. C’est ici pour la première fois que le Seigneur parle de cette Assemblée.

Cela nous montre à quel point cette Assemblée qu’il veut bâtir sur lui-même est chère à son cœur de telle sorte qu’il ne peut pas faire autrement que, quand il y a eu cette révélation pour Pierre, le Christ, le Fils du Dieu vivant et Lui, il parle de son Assemblée. Voilà quelque chose qui doit toucher aussi nos cœurs en voyant combien cela occupait le cœur du Seigneur.

Dans ce passage de Matthieu 16, il est peut-être intéressant de remarquer que nous ne sommes ni à Jérusalem ni dans un cadre juif. Nous sommes dans un cadre de nations. Et nous avons déjà peut-être une préfiguration de ce qui nous est dit en Hébreux 13. 13 : « Sortons vers lui hors du camp ».

La scène de ce paragraphe nous présente deux sphères, introduites l’une et l’autre par une question du Seigneur. La première question – et les deux questions d’ailleurs – touchent à sa Personne.

La première question « Qui disent les hommes que je suis ». C’est la sphère de l’homme. On est peut-être un peu étonné de voir qu’on n’a pas parlé du Seigneur d’une manière péjorative. Ailleurs on voit qu’on Le traite de Samaritain, dans Jean 8, fils du charpentier, séducteur, mais pas là. On Le compare à un prophète, à Jean le baptiseur, à Élie, à Jérémie, mais qu’est-ce que ces réponses ont en commun ? – Ce sont des pensées humaines.

Et dans les rassemblements ce n’est pas les pensées humaines, même si nous y mêlons le nom du Seigneur, dont nous avons besoin – nous avons besoin d’autre chose. Et le Seigneur, lorsqu’Il pose sa deuxième question, ouvre une autre sphère dans laquelle l’esprit de l’homme n’atteint pas. Et le Seigneur le souligne après la réponse de Simon Pierre en disant : Ce n’est pas toi, ce n’est pas la chair et le sang, mais c’est mon Père qui est dans les cieux.

Bien sûr, le Saint Esprit n’était pas encore sur la terre, mais aujourd’hui c’est la prérogative absolue, unique, un monopole du Saint Esprit, de nous communiquer Christ comme il doit être communiqué. C’est très solennel pour les frères et sœurs dans un rassemblement, de dire des choses sur le Seigneur. C’est facile, surtout quand on a grandi au son de la Parole de Dieu.

Mais donner ce qui vient de Dieu par la puissance du Saint Esprit, doit exercer profondément nos cœurs. Bien sûr nous le vivons mal, mais attachons-nous à ces choses.

Pour parler de Christ nous avons besoin de l’Esprit de Dieu, et le Seigneur le souligne : « tu es bienheureux, Simon Barjonas », la chair et le sang ne t’ont pas communiqué cela. Nous sommes en danger. Finalement ce n’est pas très difficile de faire une prière avec l’habitude que nous en avons. Quelqu’un a même dit : avec l’habitude que nous avons de nos réunions de culte, où tel cantique peut appeler telle pensée, telle prière peut appeler tel cantique, etc. nous pourrions faire une construction complètement humaine dont le Saint Esprit serait complètement absent. C’est très solennel.

Le Seigneur est le bâtisseur : « Je bâtirai », il en est le propriétaire : « mon Assemblée », il en est le fondement. Qu’il veuille faire que nous comprenions toujours mieux que c’est bien sa personne qui a de l’importance. Nous ne nous réunissons pas pour faire du christianisme et se sentir un peu mieux à la sortie de la réunion. Si nous nous sentons bien à la fin de la réunion, tant mieux, mais ce n’est pas le but de nos rassemblements, de nos réunions, de faire du christianisme à notre niveau pour que, dans notre vie spirituelle bien sûr, nous en retirons du bien, mais est-ce que notre foi s’élève jusqu’à ce niveau ?

Quelquefois on dit : On a eu une bonne réunion. Oui, on a eu une bonne réunion, mais qu’est-ce que le Seigneur en a pensé ? Quelle a été la part de notre Seigneur ? Nous ne sommes que périphériques par rapport à ces choses, bien-aimés. Nous avons besoin de nous recentrer sur sa merveilleuse Personne. Qu’il nous aide à cela !

Je voudrais ajouter deux pensées. La première : on a évoqué ce que l’Assemblée devrait être pour nos cœurs, mais elle ne le sera que dans la mesure où nous apprécierons le prix que le Seigneur a payé pour se l’acquérir, et le prix que Dieu lui-même a payé pour se l’acquérir. Nous lisons ces deux choses, la première en Éphésiens 5 : « Christ a aimé l’Assemblée et s’est livré lui-même pour elle » (v. 25), et puis en Actes 20 il est parlé de Dieu : « l’Assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils » (v. 28).

C’est bien en regardant l’Assemblée au prix auquel le Seigneur et le Père l’ont acquise, que cette Assemblée aura aussi du prix pour nos cœurs. On a dit aussi qu’il fallait nous recentrer autour de Christ, et cela est particulièrement vu dans ce passage de Matthieu 16 où le Seigneur se présente comme celui qui aime l’Assemblée, Celui qui en est le fondement et Celui qui la bâtit. Et puis dans Matthieu 18, c’est Celui qui rassemble.

En 2 Timothée 2, c’est ce que doit être notre marche pratique pour réaliser un tel rassemblement. On a vu, on le verra sans doute plus en détail : se retirer de l’iniquité, se purifier des vases à déshonneur, et puis poursuivre avec ceux qui invoquent le nom du Seigneur d’un cœur pur. Et puis dans le Psaume 133, c’est Lui qui bénit, c’est lui qui donne la bénédiction à ceux qui sont ainsi rassemblés selon sa pensée et selon le désir de son cœur.

En 2 Timothée 2, nous avons des instructions qui peuvent paraître élevées ou qui dépassent ce que nous pouvons réaliser. Il est bon de se souvenir que ce passage commence au v. 1 par cette exhortation : « fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus ».

On a parlé à juste titre de l’état de honte et de confusion dans lequel nous sommes, qui nous fait courber la tête. Est-ce une raison pour renoncer à tout ? – Non. On trouve dans la grâce du Seigneur, cette grâce qui est dans le Christ Jésus, à la fois les ressources et la force pour réaliser, même dans un temps de ruine, ce que le Seigneur attend de ses rachetés. Ce n’est pas en nous-mêmes, ce n’est pas par des contraintes qu’on pourrait s’imposer, que nous pouvons réaliser quelque chose de l’enseignement de la Parole de Dieu. C’est en cherchant dans cette grâce de Dieu, les ressources pour marcher d’une manière qui soit digne du Seigneur et ainsi pouvoir réaliser, même si nous ne sommes rassemblés que deux ou trois, quelque chose de ce que le Seigneur désire, et éprouver la bénédiction qui résulte d’un tel rassemblement.

Je reviens sur ce passage : « je bâtirai mon Assemblée ». Voilà la prérogative du Seigneur. J’ai deux passages en tête sur ce que le Seigneur fait. Le Seigneur donne des dons. Pierre avait reçu des dons comme apôtre etc. mais nous lisons dans Actes 2 – Actes des apôtres – plutôt de l’Esprit du Seigneur – au v. 47 : « Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’Assemblée ceux qui devaient être sauvés ».

Grâce merveilleuse du Seigneur, quelque chose de merveilleux toujours pour nous, qui ressemble à un miracle, qui est un miracle que le Seigneur ajoute. Ce n’est pas, même après la prédication de Pierre, mais c’est le Seigneur qui ajoutait. Cela est corroboré dans le chapitre 5. 14 : « et des croyants d’autant plus nombreux se joignaient [étaient ajoutés] au Seigneur, une multitude tant d’hommes que de femmes ». Il y a donc toujours cette indication que le Seigneur ajoute, que des âmes sont ajoutées au Seigneur. Il y a là le Seigneur qui rassemble.

Une brève remarque relative au mot « Assemblée » qu’on a déjà expliqué. Il n’y a qu’un seul mot effectivement dans le texte original qui soit traduit par Assemblée ou Église. Pourquoi le traducteur a-t-il préféré le mot Assemblée plutôt que le mot Église qui vient plus directement au point de vue langue du mot ekklesia, une dérivée du mot ekklesia ?

– L’inconvénient c’est qu’il a pris des acceptions particulières qui sont bien ancrées dans la pensée du public, ce qui fait que cela risque d’être mal compris, en particulier le mot est devenu la désignation du bâtiment dans lequel des hommes et des femmes, des chrétiens, se réunissent, ce qui n’est pas du tout le cas dans le mot original. Il est même saisissant de voir que, dans le Nouveau Testament, il est à peine question de locaux de réunion. Il y a quelques passages qu’on pourrait citer qui montrent justement que ce n’était pas du tout la préoccupation des croyants de ce temps-là.

Alors, ce terme est employé dans différents sens. Il est employé par le Seigneur quand Il dit : « je bâtirai mon Assemblée ». Là c’est le terme le plus général – on l’a souligné – qui englobe tous les croyants, depuis le moment où l’Assemblée a été formée par le Saint Esprit dans le chapitre 2 des Actes, lors de la descente du Saint Esprit, jusqu’au moment où le Seigneur viendra enlever son Assemblée, se la présenter à lui-même, glorieuse. C’est le sens que nous avons aussi en Éphésiens 5, lorsqu’il est dit que Christ a aimé l’Assemblée.

D’autre part ce mot – on l’a souligné aussi – signifiait simplement l’ensemble des croyants qui sont sur la terre, partout sur cette terre à un moment donné, par exemple dans le chapitre 12 de la 1ère épître aux Corinthiens et d’autres passages, dans le chapitre 20 du livre des Actes, où Paul dit aux anciens d’Éphèse que l’Esprit Saint les « a établis pour paître l’Assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils », verset déjà cité.

On a souligné aussi que le Seigneur emploie ce terme dans le chapitre 18 de Matthieu pour désigner l’assemblée locale, « Dis-le à l’assemblée », à ceux qui sont là, sans chercher au bout de la terre d’autres croyants qui ne sont pas là. Il est employé fréquemment dans le Nouveau Testament par les apôtres, notamment dans les épîtres.

On trouve presque la définition de ce qu’est l’assemblée locale dans le verset 1er du chapitre 13 des Actes où il est dit : « il y avait… dans l’assemblée qui était là ». Il me semble que cela peut être considéré comme la définition, en quelque sorte, de l’assemblée locale, composée de tous les croyants, comme on l’a dit, qui sont dans une même localité.

Et puis alors, quatrième sens : c’est l’assemblée réunie. On a remarqué que l’Assemblée existe, bien sûr, parce que le Seigneur la bâtit. Lui, la voit tout entière alors que nous, nous ne pouvons pas la voir effectivement telle qu’elle est dans son ensemble, ni même voir l’assemblée locale parce que nous ne connaissons pas tous ceux qui appartiennent au Seigneur dans une localité.

On a souligné aussi que cela ne veut pas dire qu’elle ne soit pas visible, qu’il n’y ait pas la responsabilité qu’elle soit manifestée. Mais elle n’est rendue littéralement visible que dans la mesure où les croyants, qui sont tous des membres du corps de Christ, qui appartiennent à cette assemblée, ont à cœur de se réunir, et comme on l’a dit, de se réunir comme le Seigneur lui-même l’a enseigné, se réunir à son nom, se réunir en assemblée selon l’expression que l’apôtre Paul emploie en 1 Corinthiens 11. 18.

Ce que je voulais souligner : N’est-il pas vraiment significatif que le Saint Esprit ait jugé bon de n’employer qu’un seul mot pour désigner ces entités qui sont, bien sûr, un peu différentes, mais qui constituent cependant une même unité ? L’Assemblée des saints sur la terre à un moment donné est une partie de l’Assemblée complète que le Seigneur se présentera à lui-même lorsqu’il viendra.

L’assemblée locale, on l’a dit, c’est l’ensemble de ceux qui sont au Seigneur dans une localité, c’est une partie de cette Assemblée qui est présente actuellement sur la terre. Quand l’assemblée se réunit et qu’elle peut être vue dans un même lieu – on a souligné le terme – elle est là rendue visible dans la mesure où cela a lieu selon la pensée du Seigneur et le Seigneur l’honore de sa présence puisqu’il a dit : « là où deux ou trois sont assemblés en [à] mon nom, je suis là au milieu d’eux ».

Ce n’est qu’une partie de cette assemblée locale qui est composée de tous les saints présents et absents dans le rassemblement. Je redis encore combien le fait que le Saint Esprit ait jugé bon de ne pas employer deux ou trois mots – il aurait pu le faire – pour ces différentes acceptions, uniquement ce seul mot, en montre d’une manière particulière l’unité précieuse à notre cœur.

À ce propos je pense qu’il faut mettre en garde contre certaines expressions qu’on a pu entendre au cours de cérémonies de mariage ou autres : mon Église, ton Église. Ce sont des expressions qui sont tout à fait fausses. Ce sont des expressions qui consacreraient le morcellement de l’Église.

Mais il n’y a qu’une Église, l’Assemblée du Dieu vivant, un seul corps. Cette unité est absolue. L’expression par exemple : j’appartiens à l’Église darbyste, est une expression qui est une horreur. Notre devancier n’a fait que trouver dans la Parole ce que l’Esprit voulait y enseigner, cette seule entité dont on vient de parler, qui est l’Assemblée ou l’Église du Dieu vivant.

Nous avons déjà abordé ce passage de Matthieu 18, sur lequel il est nécessaire de revenir peut-être plus en détail. Ce passage concerne donc le fonctionnement d’une assemblée locale, une assemblée où le Seigneur a prévu qu’il pouvait y avoir des difficultés entre frères, et qui montre qu’il y a une autorité, celle de cette assemblée locale. Cette assemblée locale aussi se trouve en prière et elle se trouve aussi amenée à prendre des décisions, à lier ou à délier.

Le verset 20 « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » se rapporte à toutes ces situations de l’assemblée locale réunie en réunion d’Assemblée. On dit très souvent que dans ce verset 20 il y a une promesse. Mais oui, il y a une promesse, c’est tout à fait certain, la promesse de la présence du Seigneur dans cette assemblée locale. Mais il y a une condition qu’on oublie quelquefois et sur laquelle je crois qu’il faut insister, c’est : là où deux ou trois sont réunis comment ? « À mon nom ».

Je pense qu’il sera nécessaire de préciser ce que signifie cette expression « à mon nom » – ou autour, ou envers, ou en direction de mon nom. C’est quelque chose qui a une très grande signification et c’est une condition, de sorte qu’on peut dire que le Seigneur n’est pas présent dans toutes les assemblées de chrétiens. Il est là où on est assemblé à son nom. Le Seigneur n’est pas partout. Le Saint Esprit est présent partout. Il est sur la terre. Le Seigneur l’a envoyé sur la terre. Il habite dans la maison de Dieu et Il y habitera jusqu’à ce qu’elle soit enlevée. Le Saint Esprit sera enlevé lorsque l’Église sera au ciel. Le Saint Esprit est partout, mais on ne peut pas dire que le Seigneur se trouve dans tous les rassemblements de chrétiens.

D’une certaine manière ce n’est pas tout à fait notre affaire de nous occuper de ce que peuvent vivre d’autres chrétiens. L’important pour nous, c’est de nous soumettre à la Parole et, par la grâce du Seigneur et de son Esprit, vivre ces choses d’une manière qui l’honore.

Pour ce passage de Matthieu 18. 20 on peut s’arrêter sur le mot « là ». Là, c’est un lieu. Dans l’Ancien Testament c’était un lieu géographique. L’Éternel manifestait sa présence dans le tabernacle. Il manifestait sa présence dans le temple, et déjà à ce moment-là , alors que Israël cheminait dans le désert, il y avait ces injonctions que nous pouvons peut-être lire en Deutéronome 12, parce qu’elles sont bien importantes.

L’Éternel parle, d’une manière à venir : « dans le pays que l’Éternel, le Dieu de tes pères, te donne pour le posséder… Vous ne ferez pas ainsi à l’Éternel, votre Dieu » (v. 1 et 4). C’est donc bien par rapport à Lui que nous avons à agir. Et puis tout de suite après « mais vous chercherez », non pas vous établirez, « le lieu que l’Éternel votre Dieu choisira ».

Si on prenait un panel de chrétiens d’un peu tous les milieux, des chrétiens sérieux, on prend un baptiste, on prend un mennonite, des enfants de Dieu, sauvés par le sang du Seigneur et qu’on leur demande : Voilà, comment est-ce qu’on est sauvé ? On serait très heureux d’entendre dire : c’est le sang du Seigneur Jésus qui nous sauve, c’est lui qui est mort sur la croix. Nous serons tout heureux d’entendre en effet une harmonie. Je pense à des chrétiens sérieux.

Puis la deuxième question : Et pour se rassembler ? Alors on risque d’entendre : moi je pense, moi j’estime, moi je vois les choses comme çà, moi je vais ici, moi je vais là, comme si le Seigneur que nous connaissons avait prescrit un moyen de salut et que pour le rassemblement il nous laisse à notre imagination. Certainement pas.

Nous voyons déjà dans l’Ancien Testament et combien cela existait ! Le père des hauts lieux, qui est-ce ? Mais c’est Jéroboam. Qu’a dit Jéroboam ? Il n’a pas dit : Astarté. Non, il n’a pas dit cela. En faisant ces veaux, un au nord et un au sud du pays, un à Dan et l’autre Béthel, il a dit : « voici tes dieux, Israël ! qui t’ont fait monter du pays d’Égypte » (1 Rois 12. 28). Il fait référence au Dieu de la délivrance.

Il y a deux sortes de hauts lieux dans l’Écriture. D’ailleurs on dit que Asa a détruit les hauts lieux et après il est dit qu’il ne les a pas détruits. Alors est-ce qu’il les a détruits ou non ? – Il y a deux sortes de hauts lieux. Il y a les hauts lieux de l’Éternel où on rend des cultes à l’Éternel, toute sorte d’endroits, et puis il y avait les hauts lieux idolâtres. Asa a purifié le pays des hauts lieux idolâtres, mais quant à la pensée de Dieu et au lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter son nom, là Asa n’est pas allé aussi loin.

Si nous avons un terrain géographique dans l’Ancien Testament, dans le Nouveau Testament, ce « là » est un terrain spirituel, moral. Réunis au nom du Seigneur, ce n’est pas de s’appeler Jacques, Pierre ou Paul. Le nom du Seigneur, ce sont ses caractères, les caractères du Seigneur qui doivent être maintenus dans le rassemblement. Alors nous pouvons dire : nous nous réunissons au nom du Seigneur. On peut le dire beaucoup. Mais cela n’implique pas une réalité.

Nous avons besoin d’avoir beaucoup à faire au Seigneur pour que nous puissions réaliser ce qu’il est et que sur cette terre où le Seigneur n’a rien eu, sinon une crèche pour naître et une croix pour mourir, et entre les deux toute la contradiction des hommes, il y ait un endroit, bien-aimés du Seigneur, où Il est chez Lui, où ce n’est pas l’homme qui décide, où ce ne sont pas les pensées des hommes qui prévalent, mais « Seigneur, là, tu es chez toi. Tu as été rejeté de ce monde, eh bien ! sur cette terre il y a un endroit où Tu es chez toi, un endroit où c’est Toi qui décide, un endroit, Seigneur, où Tes caractères sont respectés ».

Que le Seigneur nous donne de voir le rassemblement à ce niveau-là, et que nous reconnaissions toujours mieux quels sont ses caractères. Une fois j’ai entendu quelqu’un qui m’a dit : « les doctrines du rassemblement, c’est trop compliqué ». Mais un enfant qui est dans cette salle peut le comprendre. Les enfants, tout ce qui est digne du Seigneur et de sa Parole, doit exercer et attacher nos cœurs, je dirais presque : le reste est un peu égal.

On peut remarquer toutefois que la Parole ne dit pas : « réunis au nom du Seigneur ». Mais « en mon nom » et le nom évoque toute la personne, ses caractères, et aussi tout ce qu’il a fait. C’est le nom de Jésus, de celui qui n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais qui s’est anéanti, prenant la forme d’un homme. Il a été aussi comme un esclave et il a été obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. C’est le nom de Jésus.

On chante dans un cantique : « Ô Jésus ! que ton nom pour une âme fidèle, est grand et précieux » parce qu’il rappelle tout ce qu’il a fait. C’est le nom du Sauveur. Et ce n’est que comme des rachetés et des objets de grâce que nous pouvons nous rassembler. Ce n’est pas en fonction de nos affinités, en fonction de nos connaissances, non, c’est comme rachetés de Christ.

Et alors bien sûr, si nous saisissons un peu ce que le Seigneur a fait pour nous, jusqu’où il est allé par amour pour nous, comment il nous a tirés des ténèbres de ce monde pour nous amener à lui, alors nous reconnaîtrons son autorité. C’est dans la mesure où nous jouissons de l’amour du Seigneur et où nous sommes conscients de la grâce dont nous sommes les objets que nous pourrons nous soumettre à son autorité parce que c’est une autorité d’amour, une autorité bienfaisante, une autorité qu’on apprécie parce qu’on sait que cela conduit à la bénédiction.

C’est bien ce que nous trouvons dans ce passage-là, le lieu spirituel, comme cela a été évoqué. Deux ou trois, ce n’est pas le nombre qui importe. On est affligé avec raison de voir combien de rassemblements des saints sont en si petit nombre, mais le Seigneur y accorde sa bénédiction comme à ceux qui sont en grand nombre. Deux ou trois, cela suffit.

On a souvent fait remarquer que le Seigneur a donné l’expression la plus petite du rassemblement : deux. Il suffit que dans un lieu, on soit deux pour se rassembler au nom du Seigneur, au nom de Jésus, le Sauveur. Et puis « assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux » : alors c’est la bénédiction. Et de cette bénédiction dont nous avons quelque chose dans le Psaume 133.

J’aimerai faire cette remarque au sujet de ce Psaume parce qu’il nous parle de la bénédiction liée à la présence du Seigneur, certainement, mais ce Psaume dans la lecture le frère a souligné qu’il faisait partie de cette liste des Psaumes qui s’appelle les cantiques des degrés, et c’est l’avant dernier de ces quinze Psaumes des cantiques des degrés. Le Psaume précédent nous parle justement du lieu : Dieu a choisi Sion, et de la présence du Seigneur : l’arche.

C’est bien dans la mesure où nous aurons compris où est le lieu où le Seigneur veut nous voir rassemblés, et que notre désir c’est d’être là à son nom pour jouir de sa présence, que nous jouirons des bénédictions liées à sa présence.

On a souligné que le Seigneur en Matthieu 16 dit : « Je bâtirai mon Assemblée » au futur et il s’en réserve l’autorité. Il est le seul effectivement à pouvoir effectuer cette construction. Il dit aussi : « les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ». C’est quelque chose qu’il bâtit, quelque chose qui est solide et qui subsiste au travers des âges, jusqu’au moment où le Seigneur Jésus viendra prendre son Assemblée auprès de Lui, glorieuse.

Quand le Seigneur parle au chapitre 18 « là où deux ou trois sont assemblés à mon nom, je suis là au milieu d’eux », il parle au présent. Comme cela est solennel pour nous, chers amis ! Chaque fois que nous sommes assemblés, la question se pose : Est-ce que le Seigneur estime que nous sommes là, aujourd’hui, assemblés à son nom ?

Peut-être qu’on peut relever que le « car » du v. 20 est lié aux versets 18 et 19. « Je vous dis encore » est lié à l’administration de l’Assemblée et aussi à la réunion de prières. C’est pour cette raison qu’il est bon de considérer toujours tout le contexte dans lequel les choses sont écrites. On n’a nul doute que beaucoup de chrétiens qui aiment le Seigneur peuvent goûter sa présence, mais il est important de comprendre que sa présence est liée aussi à ce qui revient à son nom, c’est-à-dire la sainteté et la vérité.

Et concernant ces choses il y a une administration qui est donnée. Elle est donnée sur l’Assemblée entière, comme on l’a rappelé tout à l’heure, dans cette unité réalisée puisqu’il est dit : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel », sur la terre, dans tous les rassemblements réunis selon ce principe de l’unité du corps. Ce ne sont pas des décisions prises dans l’indépendance des assemblées, mais il y a encore là l’administration est réalisée dans le sentiment de l’unité du corps confiée aux frères par le Seigneur.

Cette administration est justement donnée afin que le Seigneur soit honoré dans toute sa Personne, tout ce qui revient à sa Personne bénie, à la sainteté de son nom, à la sainteté de la maison de Dieu. Donc il est bien important de considérer ce qui est lié à ce « car » : l’administration et la présence aussi du Seigneur pour les réunions de prières ici tout particulièrement.

Que le Seigneur nous aide à jouir toujours plus de sa présence, que nos cœurs soient engagés et que toute action qui est donnée, même dans l’administration, soit faite pour la gloire du Seigneur et dans l’amour ! Que le Seigneur nous aide à réaliser ainsi sa présence, concernant la sainteté qui convient à son nom mais aussi à l’amour qui remplit nos cœurs !

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » : nous avons besoin d’être gardés d’un écueil : c’est d’être un peu dichotomique. Dichotomique, c’est blanc ou c’est noir. On ne peut pas dire que la vérité de Dieu soit relative. La vérité de Dieu est absolue. Nous avons à nous attacher à ce que nous dit l’Écriture, mais à partir du moment où nous voulons vivre ces choses – et nous en avons tous le désir – ces choses ne sont plus absolues, elles sont liées à nos limites.

Nous avons en 1 Corinthiens 13, le chapitre de l’amour qui nous parle de cette expression « en partie », « nous connaissons en partie ». Nous réalisons ces choses en partie. Qui peut dire que dans une réunion, si heureuse qu’elle ait été, réunion de culte, nous avons pleinement et d’une manière absolue réalisé la présence du Seigneur ? – Personne ne peut dire cela, nous sommes bien d’accord. C’est lié à nos limites.

Un frère me rappelait hier : Même l’apôtre Paul dit : « Non que j’aie déjà reçu le prix ou que je sois déjà parvenu à la perfection, mais je tends avec effort ». Quelquefois on pourrait dire : Ah ! non, les frères disent qu’ils se réunissent autour du Seigneur et moi je vois tout à fait autre chose. Et alors on va jusqu’à traiter les frères et sœurs d’hypocrites dans un rassemblement. Il faudrait qu’on introduise ce côté relatif, non pas, encore une fois, dans la doctrine absolue – la vérité est en Jésus, qui est absolue et nous avons à nous y attacher d’une manière absolue – mais dans notre réalisation.

D’ailleurs même ma communion avec le Seigneur est toujours relative. Je peux toujours goûter quelque chose de plus du Seigneur. Ces choses sont importantes, alors nous nous réunissons comme il est dit dans 2 Timothée de poursuivre. Ce terme « poursuivre » nous montre bien aussi le côté relatif de la réalisation de ces choses. Pourquoi est-ce que je me réunis dans le rassemblement ? Parce qu’on réalise cela pleinement ? – Non.

Parce qu’il y a ce désir, ce même sentiment, cette même pensée, ce même désir que le Seigneur soit honoré au milieu des siens, le désir partagé dans une communion heureuse que ces caractères, non pas que nous les réalisions pleinement, ce sera pour le ciel – que nous y tendions avec effort et avec exercice. Il me semble que c’est important que nous voyions les choses comme cela parce qu’autrement – j’ai été aussi jeune et de temps en temps en voyant certaines inconséquences on risque de se retirer… Non, cherchons à tendre vers ces choses avec le sentiment que le partiel est pour la terre et que l’absolu est pour le ciel.

Le Seigneur ressuscité s’est trouvé au milieu des siens. Nous voyons en Luc 24. 36 : « comme ils disaient ces choses, il se trouva lui-même là au milieu d’eux ». Nous le voyons aussi en Jean 20. 19 : « Le soir donc étant venu, ce jour-là, le premier de la semaine, et les portes du lieu où les disciples étaient, par crainte des Juifs, étant fermées, Jésus vint et se tint au milieu d’eux ».

On souligne cette expression « au milieu d’eux » puisqu’elle nous renvoie à la promesse du Seigneur en Matthieu 18. Mais, pour compléter ce qui vient d’être dit : Le Seigneur se trouve au milieu des disciples et alors nous voyons qu’ils sont tout effrayés et remplis de crainte (Luc 24. 37). Le Seigneur doit leur dire : « Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi monte-t-il des pensées dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds ; que c’est moi-même » (Luc 24. 38 et 39).

Oui, peut-être que l’une des choses qui font que nous réalisons, nous saisissons si mal la présence du Seigneur Jésus au milieu des siens, au milieu de nous, c’est les pensées qui montent dans nos cœurs, c’est le trouble, c’est ce qui vient de nous, c’est ce qui vient de nos propres cœurs. Et le Seigneur leur dit : « touchez-moi, et voyez ». En Jean 20. 20 il est dit : « il leur montra ses mains et son côté ». Il se fait reconnaître à eux.

C’est ce qui est important aussi dans la façon dont – si nous avons à cœur de saisir cette réalité de la présence du Seigneur Jésus au milieu de nous – est-ce qu’il ne nous faut pas d’abord apprendre, d’une part à mettre de côté nos craintes. Nous venons parfois avec des cœurs remplis de crainte : que va-t-il se passer, comment va se passer la réunion, les choses vont si mal ? Mettre de côté nos propres pensées, ces pensées qui montent dans nos cœurs, les mettre de côté pour quoi ? Pour regarder à lui, à celui qui est là au milieu, détourner nos regards de nous-mêmes pour les fixer vers Lui qui nous apporte la paix et la joie de sa présence.

En Jean 20 nous trouvons la paix et la joie. Que le Seigneur nous aide pour que ces choses que nous connaissons et qui sont précieuses pour nous, soient des réalités vécues. La première des choses, c’est d’apprendre devant le Seigneur, à mettre de côté nos pensées pour regarder à lui et au témoignage qu’il nous donne de son amour dans l’œuvre qu’il a accomplie et dans la parole qu’il nous dit, ce qu’il dit à nos cœurs : « Paix vous soit » !

On souligne effectivement ce terme : « au milieu d’eux » qu’on a en Matthieu 18. 20, et ailleurs aussi comme on l’a rappelé. Peut-être qu’on peut lire un autre verset en Matthieu 28. 20 où on voit un autre terme employé, c’est une autre promesse que le Seigneur fait : « Et voici, moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle ».

Lorsqu’on parle de présence du Seigneur, on peut préciser. Le Seigneur a fait cette promesse d’être avec tous les siens partout, tout le temps, sans exception. C’est vrai pour tous les croyants, qu’on soit seul ou qu’on soit avec d’autres. Donc la présence du Seigneur peut être goûtée par tous.

Mais par contre ce qui est tout à fait différent, c’est ce qui est dit en Matthieu 18. 20, c’est « au milieu de ». Là c’est quelque chose de collectif. Il faut être deux ou trois et le Seigneur est au milieu. Ce terme « au milieu » traduit bien ce qu’on a déjà présenté, le fait de cette autorité du Seigneur qui est là comme Seigneur et qui préside, on peut dire, la réunion. On a parlé de lier, délier en son nom etc. Le fait d’être rassemblés autour du Seigneur n’est pas n’importe quelle réunion.

C’est le fait qu’on laisse au Seigneur cette place centrale au milieu de nous et c’est le Seigneur qui apprécie si réellement nous sommes réunis à son nom ou pas. C’est lui qui apprécie et qui peut venir à ce moment-là au milieu de nous, ou pas. Ce n’est pas parce qu’on dit qu’on est réuni au nom du Seigneur, cela ne suffit pas. Il faut qu’on soit vraiment conscients dans nos cœurs à quoi cela correspond, le fait qu’on Lui reconnaît cette place d’autorité au milieu de nous.

C’est son Assemblée, son Église. Elle lui appartient. Il est là chez lui et c’est cela, être réuni au nom du Seigneur et qu’Il soit là au milieu de nous. Donc ce n’est pas contradictoire avec le fait que le Seigneur soit présent avec tous les croyants, partout, et même réunis dans d’autres occasions. Il est important de bien faire la distinction. Dans la suite du sujet de notre étude, ce sont les réunions d’assemblée ou celles qui ne sont pas d’assemblée. On a plutôt le côté un peu général de ce qu’est l’assemblée, comment le Seigneur la présente lui-même, comment il la bâtit etc.

Peut-être qu’on pourrait souligner qu’il y a d’autres images que le Seigneur emploie concernant son Assemblée, alors même qu’elle n’est pas encore formée. On a l’image du troupeau, par exemple, lorsque le Seigneur dit en Jean 10. 16 : « il y aura un seul troupeau, un seul berger ». Dans ce sens du troupeau, on voit les soins du berger, comment le troupeau est nourri par le berger. Dans la suite on verra que, pour nourrir son troupeau, le Seigneur va employer les siens.

Pierre, par exemple, sera appelé à paître les brebis du Seigneur. Il y a des dons, on en reparlera sans doute pour les soins qui sont donnés aux âmes. Même si c’est le Seigneur qui demeure le Berger, il le fait à travers les siens.

Il y a une autre image que le Seigneur emploie en Luc 10 dans la parabole qu’on a appelé la parabole du bon Samaritain.

« Jésus, répondant, dit : Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi mort… un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion, et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui. Et le lendemain, s’en allant, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, et lui dit : Prends soin de lui ; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai » (v. 30, 33 à 35).

C’est le Seigneur lui-même qui donne cette parabole, qui donne cette image. À l’égard de celui qui est tombé entre les mains du voleur, qui est couvert de blessures etc. on voit que le bon Samaritain, le Samaritain, l’amène à l’hôtellerie où il y a un hôtelier à qui il le confie. Il lui donne ces deux deniers pour prendre soin de lui pendant le temps de son absence.

On connaît bien cet enseignement : l’hôtellerie représente justement l’assemblée, dans laquelle le Saint Esprit, l’hôtelier, va utiliser ces deux deniers, images sans doute de la prière et de la Parole, pour prendre soin ce celui qui a été ainsi secouru par le Samaritain et amené là dans l’hôtellerie. Donc là aussi il y a une image qui est importante.

On a vu le troupeau, là c’est une autre image où l’on voit les soins qui sont donnés à ceux qui sont, on peut dire, les blessés de la vie. L’Assemblée est ce lieu où les soins sont donnés. On se pose la question : dans quelle mesure est-ce que nous réalisons cela collectivement ?

C’est vrai qu’il y a ce que Dieu veut produire pour Lui-même, c’est le saint sacerdoce, offrir des sacrifices agréables à Dieu par Jésus Christ, pour l’adoration qui est un des côtés, très important, de ce que le Seigneur attend de ceux qu’Il rassemble ainsi pour apporter l’adoration à son Dieu et Père. C’est le sacerdoce qui est tourné vers Dieu, on peut dire. Et puis il y aussi selon 1 Pierre 2 un deuxième sacerdoce qui est le sacerdoce royal. Là c’est un sacerdoce qui est tourné vers les autres, annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Nous sommes réunis collectivement pour cela aussi, pour qu’il y ait ce témoignage qui soit rendu. C’est dans la mesure où ce témoignage est rendu que l’assemblée locale peut être une lampe qui brille dans les ténèbres qui l’entourent, devant ceux qui l’entourent. Pour nous il s’agit d’avoir cet équilibre entre ces deux sacerdoces et de veiller à cet équilibre.

Le Seigneur a révélé à la femme samaritaine : « le Père en cherche de tels qui l’adorent » (Jean 4. 23), « qui l’adorent en esprit et en vérité ». À qui dit-il cela ? – Il le dit à cette femme samaritaine qu’il a trouvée au bord du puits de Sichar, qui venait là pour puiser de l’eau, honteuse, à un moment où elle pensait ne rencontrer personne, parce que c’était une femme de mauvaise vie, comme on dirait aujourd’hui. On voit qu’elle a trouvé là le Seigneur, et on voit comment le Seigneur lui parle. On voit qu’elle va devenir un témoin. Elle dit ensuite, à tous : « Celui-ci n’est-il point le Christ ? », elle raconte ce que le Seigneur a fait pour elle. Le Seigneur lui a dit : « l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem… les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent ». Il lui parle déjà de l’adoration.

Chers frères et sœurs, est-ce que nous sommes conscients, aujourd’hui aussi, que le Père cherche des adorateurs ? Mais où les prend-Il ? – Il les prend parmi ceux qui sont comme cette femme samaritaine, des gens qui sont, au départ, dans la boue du péché. Il faut d’abord qu’ils en soient tirés, qu’ils soient lavés de leurs péchés, que des soins leur soient donnés de façon qu’ils soient rendus capables d’être des adorateurs. Dans quelle mesure est-ce que, dans les rassemblements, nous avons cette capacité d’accueillir ces blessés de la vie que le Seigneur veut toucher, amener à Lui, pour en prendre soin, de façon qu’ils puissent ensuite être vraiment des adorateurs qui adorent en esprit et en vérité ?

Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Cela c’est un des grands points sur lequel nous allons peut-être nous interroger. Nous savons ces choses, mais dans quelle mesure est-ce que nous les réalisons ? Est-ce que les âmes qui sont ainsi blessées peuvent trouver dans le rassemblement, lorsque l’Assemblée est réunie, lorsqu’elles sont amenées là, vraiment cet accueil, cette écoute, tout ce dont elles ont besoin ?

Bien sûr que le Seigneur va donner des dons, des dons de pasteur en particulier, pour soigner les brebis blessées etc. c’est vrai. Mais il y a aussi un aspect collectif. Comment est-ce que nous accueillons, comment savons-nous écouter, comment est-ce que nous recevons ces personnes ? Et s’il y a des frères ou des sœurs que le Seigneur emploie en leur donnant des dons pour cela, pour parler à des âmes qui sont à l’extérieur , qui sont sur le bord des chemins, et les amener dans le rassemblement, comment ces âmes sont-elles accueillies, comment en prend-on soin ?

Est-ce que le Seigneur a la liberté aujourd’hui d’amener ces blessés de la vie dans les rassemblements pour qu’on en prenne soin ou est-ce qu’ils sont soignés ailleurs ? Cela aussi c’est une grande question, et malheureusement, dans les rassemblements il y a des personnes ayant de grands besoins, qui ont vraiment des problèmes, de grandes blessures etc. et qui ne trouvent pas là les soins – et qui peut-être vont aller ailleurs et qui vont trouver de la part du Seigneur des soins qui vont les faire grandir spirituellement, qui vont les nourrir du Seigneur, qui vont les affermir dans la foi, mais ailleurs, alors qu’ils n’ont pas trouvé cela dans les rassemblements.

Ce sont des réalités que nous constatons, des choses qui doivent nous parler profondément. Dans quelle mesure est-ce que nous saisissons bien la pensée du Seigneur concernant son Assemblée dans tout ce qu’elle comporte ? Nous parlons beaucoup du côté de l’adoration. C’est très important, mais il y a d’autres aspects. Est-ce que réellement nous avons à cœur d’avoir le Seigneur devant nous, c’est son Assemblée, comment est-ce que Lui voit les choses ? Qu’est-ce qu’Il attend de nous aussi collectivement par rapport à ses pensées à Lui ?

Qui, comme Lui, était occupé de la gloire du Père lorsqu’il était sur la terre ? Il était là pour faire sa volonté, il lui rendait gloire et sa viande était de faire la volonté de son Père, et pourtant il était aussi occupé des autres de la part de Dieu. Il était là pour leur apporter quelque chose, et son but était d’amener à Dieu ceux que le Père lui avait donnés. C’était sa part à lui, bien sûr, unique. Mais en ce qui nous concerne, être occupés du Seigneur, de sa gloire, de ses intérêts, d’apporter l’adoration à Dieu, c’est important aussi.

Mais les intérêts du Seigneur, ce sont aussi les âmes, ceux qu’Il veut sauver et ceux qui sont sauvés, les Siens. Dans quelle mesure est-ce que nous en sommes vraiment intimement persuadés, pour avoir ce cœur ému de compassion comme l’était celui du Seigneur ? Nous avons un Dieu miséricordieux, et nous sommes exhortés à être miséricordieux comme Dieu est miséricordieux.

On lit en Colossiens 3. 12 : « Revêtez-vous… d’entrailles de miséricorde ». Est-ce que c’est quelque chose que nous vivons réellement, chacun de nous ? Et est-ce que cela se voit aussi extérieurement ? Entrailles, cela nous parle de l’intérieur, c’est le cœur, et en même temps, c’est revêtu, c’est donc un vêtement, quelque chose qui se voit. Est-ce que vraiment on perçoit cela en nous et aussi lorsque quelqu’un vient dans le rassemblement, pour que vraiment ces âmes soient touchées et qu’on puisse s’en occuper comme le Seigneur le désire ?

Les caractéristiques de notre Dieu sont l’amour, Dieu est amour, il est lumière aussi, il est justice, il est saint. L’apôtre Paul, lorsqu’il écrit aux Corinthiens concernant le désordre qui se passait dans les réunions de l’Assemblée réunie, peut leur dire en 1 Corinthiens 14 : « s’il entre parmi vous quelque incrédule, qu’il soit finalement convaincu puisque les secrets de son cœur sont devenus manifestes, qu’il soit convaincu que Dieu est véritablement au milieu de vous ».

Les caractéristiques de nos réunions d’Assemblée doivent refléter l’amour de Dieu – Dieu est amour – doivent refléter la lumière, oui. Le royaume de Dieu est montré par l’Esprit Saint au moyen de l’apôtre Paul dans l’épître aux Romains au chapitre 14, par la justice, la paix et la joie. « Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint » (v. 17).

Dans nos réunions d’assemblée, toutes ces caractéristiques devraient être senties, vécues, par l’un et par l’autre et par tous : l’amour que nous avons pour le Seigneur, et aussi l’amour que nous avons pour les âmes. La joie, particulièrement, doit être manifestée . Pourquoi ? – Parce que le Seigneur est présent. Lorsqu’il s’est trouvé au milieu des disciples qui s’étaient enfermés par crainte des Juifs au jour de la résurrection, qu’est-il dit ? « Les disciples se réjouirent donc quand ils virent le Seigneur » (Jean 20. 20).

Il est là, il est présent. Que cette joie qui habitait les disciples à ce moment-là, nous habite aussi ! On ne vient pas à la réunion avec crainte. On vient dans la paix. Pourquoi ? – Parce qu’on a jugé nos pensées, on a marché dans des sentiers de justice.

Et puis encore une pensée : Comment est-ce que Dieu nous montre son peuple au travers de la bouche de Balaam ? « Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, ni n’a vu d’injustice en Israël » (Nomb. 23. 21). Souvenons-nous que nous sommes vus par Dieu en Christ et que nous sommes tous et chacun, si nous sommes venus à lui, comme Christ.

Est-ce qu’il y aurait quelqu’un ici qui n’aurait pas donné son cœur au Seigneur ? Il ne peut pas être vu en Christ. Mais donnez votre cœur au Seigneur, acceptez par la foi qu’il est mort pour vos péchés, qu’il est ressuscité pour votre justification. Prenez la main qu’il vous tend pour marcher avec lui. Alors la joie qui habitait l’eunuque d’Éthiopie, qui suit son chemin tout joyeux parce qu’il a connu le Seigneur, cette joie va vous habiter.

Et notre témoignage, non seulement lorsque nous sommes réunis, notre témoignage extérieur doit refléter que nous avons été dans la présence du Seigneur. Il est reflété par Moïse lorsqu’il entrait et qu’il ressortait de l’intérieur de la tente et qu’il parlait, comme il est dit, avec Lui, avec Dieu, que son visage rayonnait. Qu’il en soit ainsi de nous lorsque nous quittons le lieu du rassemblement des saints, que notre visage rayonne, que la joie nous habite !

Une remarque pour terminer sur Matthieu 18 : « deux ou trois sont assemblés en mon nom », il n’est pas dit s’assemblent. Ce n’est pas un rassemblement volontaire, c’est « sont assemblés ». Autour de la table du Seigneur, il n’y a que des pécheurs que le Seigneur est allé chercher et qu’Il a assemblés autour de Lui.

Il faut qu’on passe maintenant à 2 Timothée 2, pour dire qu’il faut faire une grande différence entre ce qu’est l’Église véritable que le Seigneur aime, pour laquelle il s’est livré et qu’il emportera au ciel, et ce qu’est la chrétienté, qui est l’Église que l’homme a faite et dans laquelle il a introduit beaucoup de mauvaises choses, du foin, du chaume, des choses qui ne résisteront pas au feu. C’est l’Église professante, composée de tous ceux qui se disent chrétiens. Il y a des vrais chrétiens et il y en a des faux. Mais tous ceux qui se disent chrétiens font partie de cette Église professante qui est le résultat du mauvais travail de l’homme et qui est appelée dans 2 Timothée la grande maison dans laquelle il y a des vases à honneur, c’est-à-dire des personnes qui sont à l’honneur du Seigneur, et d’autres qui ne le sont pas. Eh bien ! nous sommes dans cette période maintenant la maison de Dieu est devenue cette grande maison au milieu de laquelle il y a un tri à faire.

Ce passage de 2 Timothée commence par cette expression au v. 19 : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau, Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur ».

On ne peut pas connaître tous les croyants de la localité où l’on habite. On peut remarquer que le Seigneur ne nous demande pas de tous les connaître, mais le Seigneur les connaît tous. Et cela doit être une consolation pour nos cœurs. Dans l’état de confusion dans lequel se trouve la chrétienté, et cette dispersion des croyants au milieu de tant de systèmes religieux, il y a une consolation pour ceux qui désirent honorer le Seigneur, c’est que le Seigneur les connaît.

Certes si j’en rencontre, je me réjouis et j’irai avec eux aussi loin que je peux. Je pourrais me réjouir d’avoir le même Sauveur, et même avoir des échanges heureux, mais il y a ce qui est de notre responsabilité : c’est de se retirer de l’iniquité ou de l’injustice, ce qui nous parle de se retirer de tout ce qui est contraire à la pure obéissance à la Parole de Dieu. Tout à l’heure nous avons évoqué que nous connaissons en partie et c’est bien selon la connaissance que nous avons de ce que Dieu nous a donné, que nous nous séparons du mal. Mais il y a cette responsabilité de chacun de se retirer.

Et puis il y a cette responsabilité de se purifier des vases à déshonneur, et notre frère a dit que ce sont des vases qui n’honorent pas le Seigneur. On peut remarquer qu’il s’agit là de responsabilité individuelle. « Quiconque prononce [ou invoque] le nom du Seigneur » doit se retirer de l’iniquité. Je ne peux pas prononcer le nom du Seigneur, et là c’est bien le nom du Seigneur, et puis rester attaché à quelque chose qui est contraire à la pensée du Seigneur. « Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci », c’est aussi individuel.

La Parole dit ensuite « fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur ». Il me semble que ces convoitises de la jeunesse ne touchent pas seulement les jeunes, mais peuvent nous toucher nous aussi, les plus anciens. Mais ce sont les convoitises qui animent la jeunesse et qui peuvent s’implanter dans nos cœurs comme l’orgueil, l’ambition ou toute autre chose. C’est à ce moment-là qu’il y a des choses à poursuivre avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur. C’est quand la responsabilité individuelle est réalisée et mise en pratique, que nous pouvons poursuivre avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur.

Il est peut-être important de dire un mot sur ce qu’est un cœur pur. Nous savons qu’en 1 Chroniques 12 il est parlé de ceux qui avaient un cœur pur, c’est-à-dire ceux qui étaient tout entiers engagés pour David. Puis il y a ceux qui sont d’un cœur double. On trouve cette pensée aussi dans l’épître de Jacques : « purifiez vos cœurs, vous qui êtes doubles de cœur » (4. 8), c’est-à-dire ceux qui ont un cœur et un cœur, un cœur partagé.

Le cœur pur est celui qui est tout entier pour le Seigneur. Il n’y a pas chez lui le désir de satisfaire ses ambitions, de chercher dans le monde la réponse à certaines de ses aspirations, et d’un autre côté de vouloir honorer le Seigneur. Non, il veut honorer le Seigneur et c’est là son seul but. C’est cela que nous avons à poursuivre.

On nous a souvent fait remarquer l’ordre dans lequel ces choses sont données. La justice est mentionnée en premier, et la justice est liée à l’obéissance à la Parole. Cela rejoint Romains 14 : le royaume de Dieu est justice. C’est la première chose qui est donnée. Il ne peut pas y avoir la joie et la paix s’il n’y a pas d’abord la justice, l’obéissance à la Parole, et puis la foi.

La foi dans notre passage ici, « poursuis la justice, la foi », c’est l’ensemble de la doctrine chrétienne. Il s’agit de maintenir cet enseignement que nous avons par la Parole de Dieu, le poursuivre pour le vivre et certes nous le vivons en partie, mais nous avons à poursuivre. Et puis l’amour et la paix. L’amour est une chose à poursuivre et la paix aussi.

Est-ce qu’il serait utile de dire un mot sur l’expression qu’on entend parfois : l’Église à la maison ? Quel lien y a-t-il entre la pensée de la maison du croyant et la notion de l’Assemblée ? On entend parler de croyants qui pensent pouvoir se réunir – on entend même l’expression Église de maison – où les croyants cherchent, en petit nombre, à se réunir pour lire la Parole, pour louer le Seigneur.

Est-ce que la Parole nous parle de cela ? – En un sens, oui. On le voit dans le livre des Actes au début au chapitre 2. Je lirai d’abord le v. 42 qui nous décrit – on l’a évoqué déjà – les différents aspects de la vie de l’Assemblée dès le moment où elle a été formée par le Saint Esprit : « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières ». C’est très saisissant de voir qu’ils n’ont pas été rassemblés pour que quelqu’un leur apprenne comment ils allaient se conduire ou pour établir un cahier des charges, en quelque sorte, de ce qu’allaient être leurs réunions, non. Dès le moment où le Saint Esprit est intervenu pour rassembler les saints, ils persévéraient, le mot est même saisissant, ils continuaient, ils n’ont pas commencé à apprendre en quelque sorte, ils persévéraient dans ce qui a été littéralement donné de Dieu dans le fait même que l’Assemblée a été formée.

Je reviens au sujet des maisons au v. 46 : « et, rompant le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple » (v. 46 et 47). Dans le chapitre 12 du même livre nous lisons que, quand Pierre était gardé dans la prison : « l’Assemblée faisait d’instantes prières à Dieu pour lui ».

L’Assemblée à Jérusalem était nombreuse, elle avait plus de cinq mille personnes, même plus, cinq mille frères, plus les familles. Quand l’ange réveille Pierre et le fait sortir de la prison, où va-t-il ? Il va dans une maison. « Pierre, étant revenu à lui, dit : Je connais à présent certainement que le Seigneur a envoyé son ange, et m’a délivré de la main d’Hérode et de toute l’attente du peuple des Juifs. Et s’étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, où plusieurs étaient assemblés et priaient » (v. 11 et 12).

Il se manifeste à eux. Après qu’il leur ait parlé, « il leur raconta comment le Seigneur l’avait fait sortir de la prison ; et il dit : Rapportez ces choses à Jacques et aux frères. Et sortant, il s’en alla en un autre lieu » (v. 17).

Autrement dit, on voit, quand l’Assemblée faisait d’instantes prières, qu’ils étaient réunis dans plusieurs maisons différentes, peut-être un grand nombre, dans lesquelles ils priaient ensemble. C’est quelque chose qui est corrélatif avec le fait que nous ne voyons pas du tout de grands lieux de réunion pouvant recevoir des milliers de personnes. Les croyants se réunissaient effectivement dans leurs maisons, mais constituaient-ils des assemblées de maison ? Pas du tout.

L’ensemble de ces croyants était réuni dans différents lieux, dans les maisons des chrétiens, Cinq fois dans le Nouveau Testament nous trouvons l’expression, à propos d’une personne mentionnée : et l’assemblée qui se réunissait dans leur maison, dans une localité déterminée. L’ensemble de ces croyants réunis, pourtant dans des maisons différentes – ils n’avaient pas d’autre grand lieu de réunion – constituait l’assemblée locale.

Je crois que c’est une chose très importante de reconnaître effectivement cet enseignement de la Parole, qui montre que les croyants peuvent être réunis dans différents lieux, dans différentes localités. Je me souviens qu’un frère de nos devanciers avait écrit que la difficulté de nous trouver devant un lieu de rassemblement, nous protégerait de la prétention de réunir des assemblées très nombreuses. Pour autant, il ne faudrait pas du tout confondre cela avec l’unité de l’Assemblée, notamment en ce qui concerne l’assemblée locale.

C’était l’Assemblée qui faisait d’instantes supplications ensemble, et pourtant les croyants étaient réunis dans différents lieux. L’assemblée à la maison, oui, on trouve cela dans la Parole, mais ce n’était pas une assemblée de maison. C’était une assemblée partiellement réunie là en fonction des nécessités du moment.

Sur cette question d’assemblée de maison, c’est effectivement dans la chrétienté, une question qui est soulevée fréquemment, mais je crois que l’idée de fond qui est derrière, ce n’est pas tellement de préciser le local, mais c’est de s’opposer aux grandes Églises, aux grandes organisations, et de penser que quand on est chez soi dans une maison, on réalise ce qui est selon la Parole.

Mais le vrai problème, le grand danger dans ce cas-là, est un problème spirituel qui est un problème d’indépendance, parce qu’on croit que, étant chez soi, on fait ce qu’on veut, et la pensée de l’unité est complètement perdue. C’est cela le problème.

Réunion à Saint-Agrève (2018)

REGARDEZ AU SEIGNEUR JÉSUS !

« Je vous ai dit cela afin qu’en moi vous ayez la paix. Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » Jean 16. 33.

Quand nous considérons l’agitation de notre temps et des évènements actuels, la crainte et l’inquiétude montent facilement dans nos cœurs. Mais il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Le Seigneur Jésus nous encourage à regarder à Lui au milieu de l’affliction et, avec Lui, à trouver la paix.

Peut-être avons-nous peur de ce qui va arriver. Nous craignons pour notre travail, parce que la situation économique s’est aggravée. Ou nous avons peur devant une opération chirurgicale et nous nous demandons : Que va-t-il arriver ?

Le Seigneur sait que nous sommes inquiets et Il nous encourage : « Ne crains pas, car je suis avec toi ; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu » (És. 41. 10). Dans les difficultés que nous pouvons connaître, Il ne nous laisse jamais seuls, même un instant. Il nous assure : « Je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Héb. 13. 5).

Il peut nous arriver de rester réveillés durant la nuit, ressassant nos soucis ; nous ne pouvons pas trouver le repos parce que les problèmes de la vie quotidienne pèsent lourdement sur nous. Nous ne savons pas comment nous accomplirons notre tâche du lendemain.

Notre Seigneur connaît les soucis qui nous empêchent de trouver le repos. Il nous rappelle : « Ceux qui s’attendent à moi ne seront pas confus » (És. 49. 23). Et quant à l’avenir, Il nous exhorte : « Ne soyez pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Mat. 6. 34).

D’après « The Good Seed » juin 2024

JUSTE UN PETIT ASPECT NÉGATIF

« Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle relation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? » 1 Corinthiens 6. 14 et 15.

Luc, un jeune chrétien, connaît bien Laure, une élève de son école… Ils deviennent amis, ils découvrent qu’ils ont les mêmes goûts, et deviennent amoureux l’un de l’autre. Luc en parle à ses parents : Nous sommes faits l’un pour l’autre ! Il y a juste un petit aspect négatif : elle n’est pas chrétienne ; mais elle s’intéresse à ma foi, elle est très ouverte et me pose beaucoup de questions. Elle a besoin de moi. De plus, elle veut m’accompagner aux réunions chrétiennes ; elle se convertira à Christ, j’en suis certain !

Ses parents l’avertissent : Comment envisager une vie en commun si l’on ne partage pas dès le début ce qui est le plus important dans la vie d’un croyant, et qui influencera ses choix ? Comment penser vivre ensemble en ayant des priorités et des intérêts différents ?

Mais rien ne peut dissuader Luc de sa décision d’épouser Laure !… Un an après leur mariage, Laure n’accompagne plus toujours Luc aux réunions, et la foi ne l’intéresse plus ; elle a d’autres intérêts. Puis Luc cesse de fréquenter des amis chrétiens. Enfin, sa Bible quitte sa table de chevet pour finir dans un tiroir.

Chers jeunes, ne vous bercez pas d’illusions. Si vous être un vrai croyant, vous appartenez à votre Sauveur : vous ne serez pas heureux avec un conjoint qui n’est pas croyant. Généralement, c’est celui qui ne croit pas qui attire le croyant loin de Dieu, et pas l’inverse. Si la personne que vous aimez est le conjoint que Dieu vous destine, Il se chargera de l’attirer à Lui et de la convertir avant que vous vous engagiez. De nombreux chrétiens en ont fait l’expérience. Laissez Dieu prendre soin de votre vrai bonheur !

D’après « Il buon seme » mai 2024

DEUX « JEUNES HOMMES » DE L’ÉCRITURE

LE PREMIER JEUNE HOMME – VAINCU

GENÈSE 1 à 3

Il y a trois mille ans qu’une question très importante a été posée par un roi : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? » et l’Esprit de Dieu a donné la réponse : « Ce sera en y prenant garde selon ta Parole » (Ps.119. 9).

Ce témoignage est vrai, et si vous désirez que votre vie soit pure, et être un homme heureux – un véritable homme de Dieu, le secret est de prendre garde à la Parole de Dieu.

Je la tiens dans ma main. Je connais des hommes qui s’en moquent. Je sais que nous vivons dans un siècle infidèle, incrédule, mais je désire commencer cette série de réunions avec des jeunes gens, en confessant simplement que je crois qu’il s’agit bien de la Parole de Dieu, une révélation de ce qu’Il est, et qui contient tout ce dont vous et moi avons besoin pour nous guider dans le temps, et également pour l’éternité.

Je crois vraiment que la Bible est la Parole de Dieu. Je l’accepte comme telle, de la première à la dernière page. Je fais ces remarques parce que je sais que la tendance de notre siècle est de douter, et il est très frappant que, quand un jeune homme devient sceptique, il croit être un homme intelligent ! Pourtant un jeune homme qui est un croyant simple et respectueux de la Révélation, est beaucoup plus heureux et bien mieux séparé du mal qu’un homme qui a des doutes au sujet de la Parole de Dieu.

Nous regarderons d’abord ce que Dieu dit sur la création du premier homme. C’est lui que j’ai osé appeler « le premier jeune homme » parce qu’il arrive sur la scène, pur et nouveau – un nouvel homme de qualité. Je crois le récit de Dieu, et non la théorie de l’homme sur la manière dont l’homme est entré dans le monde. Je sais parfaitement bien que l’on prétend de nos jours – car les hommes en arrivent à des conclusions étonnantes – que l’homme n’est qu’une sorte de protoplasme amélioré, ou – avec un « maillon manquant » à découvrir – le descendant direct d’un singe ; en langage simple, un joli singe bien développé, dont la queue a disparu à force de s’asseoir dessus. On nous demande de croire à cette stupide absurdité pour expliquer nos origines.

Je crois que toute cette théorie n’est qu’un mensonge du diable. Je crois que Dieu nous donne ici le récit de l’origine de l’homme, tout ce qu’il nous est nécessaire de savoir à ce sujet. Je sais que les hommes sont actifs pour essayer de déterrer des vestiges de ce qu’ils se plaisent à appeler « l’homme préhistorique », mais quand je lis ce que l’Écriture dit au sujet du « premier homme Adam » (1 Cor. 15. 45), je ne doute pas que Dieu parle du premier homme qui ait jamais existé, et que ce qu’Il dit concernant son origine est vrai.

Vous et moi, nous pouvons être certains que nous avons devant nos yeux l’histoire du premier homme que le monde ait jamais vu. J’accepte comme tout à fait vraie la ruine de cet homme ! J’accepte aussi comme tout à fait vrai que le monde aussi est ruiné. Mais, si l’homme est ruiné et si la scène qu’il traverse est également ruinée par son péché, les ressources de Dieu ne sont pas ruinées !

L’Écriture nous montre ce qu’Il peut faire en faveur de l’homme ruiné. Vous y trouverez qu’il n’y a que deux hommes. Le premier et le dernier. Le premier homme c’est Adam, et le second – le dernier Adam – c’est le Seigneur Jésus.

Regardons ce que l’Écriture dit de l’histoire de ce premier homme, du lieu où il apparaît, et jetons un regard rapide sur son cadre de vie. J’aime voir un « jeune homme » dans son cadre habituel, et si je peux le faire, me former une assez bonne opinion de ce qu’il est lui-même. « Noscitur a socciis » a dit un ancien ». « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ». On apprend à connaître quelqu’un en regardant avec qui il se lie.

Quel est le cadre dans lequel ce premier jeune homme se trouve ? – Regardons comment Dieu l’avait entouré. Les premiers chapitres de la Genèse le présente très naturellement et très simplement. Actuellement on nous dit très fréquemment que les Écritures et la géologie ne peuvent se concilier, et que la science – de nos jours – est tellement avancée que nous devons croire les géologues et non les Écritures.

Avec ou sans votre permission j’ai l’intention de croire l’Écriture, et si le géologue n’est pas d’accord avec elle, je ne vais pas le suivre ! Je n’ai rien à dire contre ses faits, mais je suis en désaccord avec ses conclusions. Il réclame des périodes de temps illimitées pour le dépôt des diverses couches de la croûte terrestre. Je les admets. Mais regardez votre Bible : Dit-elle que Dieu a fait son travail de création en six jours ? Elle ne dit rien de la sorte. Les mots du début de la révélation de Dieu sont : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » (Gen. 1. 1).

Vous direz : Quand le commencement a-t-il eu lieu ? Vous n’étiez pas là, et je n’étais pas là, aussi nous ne pouvons le fixer ; mais retournez en arrière aussi loin que vous le voulez, et vous trouverez que le Créateur seul était là. L’homme n’était pas là, et il ne sait rien à ce sujet. Dieu révèle ce qui a eu lieu.

Entre le premier et le deuxième verset de Genèse 1, il y a, sans aucun doute, une période aussi longue que l’aimerait le plus incrédule et insatiable géologue. S’il dit qu’il doit y avoir des millions, ou même des milliards de trillions d’années, on le lui permet volontiers. Vous trouverez l’intervalle pour elles entre le premier et le deuxième verset de Genèse 1.

La première déclaration de Dieu est qu’il a créé les cieux et la terre, et la déclaration suivante ne dit rien au sujet des cieux. Elle ne parle que de la terre, simplement parce l’homme devait s’y trouver. Le deuxième verset ne s’occupe que de la terre : « Et la terre était désolation et vide ».

Vous dites : Ainsi Dieu a fait de la terre une désolation ? – Non ; Il ne l’a pas fait. Vous répliquez : Le premier chapitre de la Genèse le dit. Non, il est dit : « Et la terre était désolation et vide ». Si vous avez lu votre Bible soigneusement, et si vous ne l’avez jamais fait, je vous prie de commencer à le faire à partir d’aujourd’hui. Vous lirez un verset dans le 45ème chapitre du livre d’Ésaïe qui dit que Dieu n’a pas fait de la terre une désolation : « Car ainsi dit l’Éternel… qui a formé la terre et… l’a faite, celui qui l’a établie, qui ne l’a pas créée [pour être] vide, qui l’a formée pour être habitée » (És. 45. 18).

« Ainsi dit l’Éternel » : c’est le véritable appel à notre attention de la part du prophète ; et bien que des critiques érudits du dix-neuvième siècle nous disent qu’Ésaïe était un écrivain enthousiaste mais démodé, qu’il ne faut pas le croire, – pourtant je crois ce qu’il a écrit sous la dictée du Saint Esprit : « Ainsi dit l’Éternel ». Or l’Éternel ne dit jamais de mensonges – ce que l’on ne peut pas dire de l’homme.

C’est Dieu qui a créé les cieux, qui a formé la terre et qui l’a faite, Celui qui l’a établie, qui ne l’a pas créée – au commencement – pour être vide [le même mot est traduit en Genèse 1. 2 par : « désolation et vide »], qui l’a formée – pendant les six jours – pour être habitée : « Moi, je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre » (És. 45. 18).

Que l’Écriture est belle ! Si vous avez eu des difficultés et des doutes au sujet de Genèse 1, l’Esprit de Dieu, par le prophète, dit que Dieu n’a pas créé la terre « désolation et vide ». Vous vous tournez vers moi et vous dites : Comment est-elle devenue telle ? Je ne peux pas vous le dire, mais ce n’était pas de cette manière que Dieu a créé la terre.

Le deuxième verset décrit la condition dans laquelle elle a été trouvée, quand Il a posé sa main sur elle pour lui donner une forme, de sorte qu’Il puisse y placer l’homme. Cette partie de son œuvre Lui a pris six jours, mais la création en tant que telle a eu lieu « au commencement ». À ce sujet, nous sommes absolument clairs, car « par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent » (Héb. 11. 3).

Comment la terre est-elle devenue désolation, ou pourquoi, l’Écriture ne nous le dit pas ; et quand l’Écriture ne parle pas, je pense que ni vous ni moi ne devons nous hasarder à formuler une opinion.

Notre géologue a demandé des millions innombrables d’années pour le dépôt de la croûte terrestre, et il a même indiqué l’ordre dans lequel ces diverses couches ont été déposées. Toute la durée qu’il désire, l’Écriture la lui accorde dans l’intervalle dont nous avons parlé. Mais il dit aussi que la surface de la terre a certainement subi – si je me rappelle exactement – environ vingt-neuf soulèvements évidents. En fait, toute la croûte terrestre a explosé à plusieurs reprises, et il se peut qu’il y ait eu vingt-neuf soulèvements.

Qu’ont produit toutes ces explosions ? – Le granit a été formé au fond ; il se trouve maintenant en haut, et c’est avec lui que nous construisons des maisons. Le charbon que vous obtenez maintenant a été manifestement formé beaucoup plus bas qu’on ne le trouve maintenant, et s’il n’y avait pas eu ces soulèvements – qui ont rendu la terre « désolation et vide » – il n’aurait jamais été atteint par la pioche et la pelle du mineur.

Dans sa sagesse infinie, Dieu a disposé et produit ces choses pour mener à bonne fin son dessein ; et ainsi la terre s’est trouvée dans une condition vraiment adaptée pour que l’Éternel la façonne ou la « forme » comme le dit Ésaïe, quand le moment est arrivé pour Dieu puisse y mettre l’homme.

À ce moment-là, l’Écriture parle de jours : « Et il y eut soir, et il y eut matin : premier jour ». Que le récit que Dieu donne de la création est simple et parfait ! Il a en premier lieu tout créé, au commencement : les cieux et la terre ; et en deuxième lieu, à une date que nous ne pouvons pas estimer, Il a reformé et façonné la terre, et Il a ensuite mis l’homme sur elle. Il n’a pas créé le monde en six jours, l’Écriture ne le dit pas. Des lecteurs l’ont dit avec légèreté.

Un menuisier peut façonner une table, mais il ne peut pas créer le matériau nécessaire. La « création » du bois et la fabrication de la table sont deux choses totalement différentes.

Si maintenant nous jetons un coup d’œil aux six jours, nous voyons en premier lieu que Dieu apporte la lumière. C’est ce dont nous avons tous besoin. Vous devez avoir la lumière. C’est un moment merveilleux dans la vie d’un homme quand Dieu lui dit : « Que la lumière soit ! »

La chose a-t-elle eu lieu dans votre histoire ? Dieu a-t-Il dit au sujet de votre âme remplie de ténèbres : « Que la lumière soit » ? Ainsi vint la lumière.

Le deuxième jour Il fait apparaître les cieux. Ceci, je pense, est très beau : Il l’a fait avant de s’occuper de la terre. Elle n’était pas destinée à être le lieu de repos éternel, mais le ciel peut être à vous et à moi par le précieux sang de Jésus versé à la croix.

Les mers sont ensuite séparées l’une de l’autre ; et le royaume végétal vient à l’existence le troisième jour.

Le soleil, la lune et les étoiles – les puissances qui devaient régner sur la terre – sont vues ensuite, le quatrième jour.

Le cinquième jour vous avez une partie du royaume animal – les poissons et les oiseaux – créés par un simple ordre de Dieu.

Le sixième jour apparaît une autre partie du monde animal – les bêtes des champs – tout cela attire notre attention. Nous entendons Dieu dire au verset 24 : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail, et tout ce qui rampe ».

Le sixième jour nous avons une déclaration de Dieu au sujet de l’origine de l’homme. Et maintenant, si vous avez des doutes au sujet de votre origine, voulez-vous, je vous prie, écouter Dieu pendant un moment ? « Et Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer » etc. C’est de l’homme, en tant que race, dont il est parlé ici, quand nous lisons : « il le créa à l’image de Dieu ; il les créa mâle et femelle ».

Dieu (Elohim) a tenu un conseil solennel à propos de la création de l’homme. Elohim c’est le pluriel d’Eloah, « Le Suprême ». C’est la déité, Dieu dans l’absolu ! Dieu, en tant que Dieu, tient conseil et dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». Ces deux termes sont tout à fait différents. Une image donne l’idée d’une représentation ; la ressemblance donne l’idée d’une qualité morale.

« Faisons l’homme à notre image ». Il devait représenter Dieu sur la terre, et y régner. C’est ce qui est exprimé par les paroles : « qu’ils dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout animal rampant qui rampe sur la terre » (v. 26).

Le résultat de l’œuvre de ces six jours a été que Dieu a déclaré que tout ce qu’Il avait fait était bon. Maintenant, observez que quand Il fait l’homme et le met sur la terre, dans le dernier verset du premier chapitre, Il dit : « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon ». Comme un ouvrier, Il contemple l’œuvre de ses mains et les cieux déclarent sa gloire. Les premières œuvres sont bonnes, mais quand la plus belle de toutes, l’homme, à l’image de Dieu, et à la ressemblance de Dieu, est créé, Il annonce l’appréciation qu’Il en a : elle est très bonne.

Les trois premiers versets du chapitre 2 appartiennent au chapitre 1, et ils nous disent que Dieu s’est reposé. Pendant six jours Il a travaillé, et ensuite Il s’est reposé.

Au verset 7 il nous est dit : « Et l’Éternel Dieu [Jéhovah-Elohim] forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante ». Il y a un immense domaine de vérité dans ces mots, mais le temps me manque pour entrer beaucoup dans le détail. Vous voyez, cependant immédiatement, que le corps de l’homme a été formé à partir de la poussière de la terre.

L’apôtre Paul dans le quinzième chapitre de la 1ère épître aux Corinthiens écrit : « Le premier homme est tiré de la terre, poussière » (v. 47). C’était la vérité révélée en Genèse 2 ; et de là le langage utilisé par l’Esprit de Dieu en 1 Corinthiens 15. 47 : « Le premier homme est tiré de la terre, poussière ».

Observez que c’est exactement ce que Dieu fait ici. Il a pris de la poussière et il a formé le corps de l’homme ; et qu’est-ce qui est arrivé après ? Il « souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante ». Ici nous avons la vérité quant à l’origine de l’homme. C’est merveilleux, justement parce que c’est divin. L’homme est l’ouvrage de Dieu, et sa vie vient de Dieu. Il a soufflé dans ses narines une respiration de vie, et il est devenu une âme vivante.

Je pense que c’est bien mieux que d’être simplement le descendant évolué d’un singe. Si vous abandonnez le récit de Dieu dans le deuxième chapitre de la Genèse quant à l’origine de l’homme, vous devrez aussi abandonner Christ. Remarquez ce que le Saint Esprit dit en Le concernant en tant qu’Homme.

Dans l’évangile de Luc (ch. 3) sa généalogie nous dit qu’il est fils « de Seth, d’Adam, de Dieu ». L’homme provient de Dieu et a obtenu sa vie de Lui. Il est directement de la race de Dieu, comme l’apôtre Paul le dit en s’adressant aux Athéniens : « car en Lui nous vivons et nous nous mouvons et nous sommes, comme aussi quelques-uns de vos poètes ont dit : Car aussi nous sommes sa race » (Act. 17. 28).

Le commencement de l’homme dans le monde était donc divinement parfait, pas évolutif. Dans ses narines, Dieu avait Lui-même soufflé « une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante ». L’immortalité en dépend, et la raison pour laquelle vous êtes une âme immortelle, c’est que l’homme descend directement de Dieu. Vous avez dans votre sein – chacun de vous – l’immortalité, et vous devez exister aussi longtemps que Dieu existe !

L’immortalité et la vie éternelle ne présentent pas la même pensée. Chaque homme possède la première ; seuls, ceux qui sont de Christ, possèdent la dernière, car avoir le Fils de Dieu, c’est avoir la vie (1 Jean 5. 12). Dans l’Écriture l’immortalité signifie l’existence éternelle, et l’homme – malgré le scepticisme audacieux actuel – a devant lui une existence éternelle. Où la passera-t-il, cela, c’est autre chose.

Nous parlons de la vie éternelle et du jugement éternel. Ce sont les deux seules bornes de l’homme. Votre existence sera éternelle. Où la passerez-vous ? C’est important pour vous.

Je sais où je passerai l’éternité – avec le Sauveur, qui en grâce et en amour est mort pour moi. Vous avez l’immortalité, et vous ne pouvez pas l’éviter. L’annihilation est un mensonge du diable. Vous ne pouvez rien détruire sur la terre. Vous pouvez modifier la forme de la matière, mais vous ne pouvez pas l’annihiler.

Vous pouvez brûler cette table, mais ses constituants restent – poids pour poids – sous la forme de carbone, d’eau, de sels et de gaz. Ainsi en est-il de l’homme. Sa forme peut être changée, mais il demeure. Vous avez une âme immortelle. Elle a pris son origine en Dieu, et le salut de cette âme est une question très sérieuse et très importante pour vous et pour moi.

Nous avançons maintenant un peu plus loin dans l’Écriture, et nous voyons ce qu’est devenu l’homme qui a ainsi commencé si divinement et si glorieusement son chemin. L’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient ». Éden signifie plaisir, charme. Il est appelé le paradis dans la traduction grecque, la version dite des Septante.

Nous avons entendu parler du « paradis perdu » et du « paradis reconquis », mais l’Écriture ne parle pas du dernier ; une fois perdu, le paradis de l’homme ne sera jamais reconquis, mais Dieu, dans sa grâce, a ouvert un paradis céleste. En Éden il y avait deux arbres : « l’arbre de vie » – celui de la grâce souveraine en Christ – et « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » ; il concerne la responsabilité de l’homme, c’est un test pour son obéissance.

Dieu a placé l’homme dans ce jardin pour y jouir de sa libéralité, de sa bonté, et, par-dessus tout, de Lui-même. Adam était le chef de tout ce qu’il embrassait du regard. Il était en relation avec Dieu, et était le monarque de toute la création. Tout ce qu’il voyait était bon, mais il y avait une réserve de son Créateur, qui montrait ainsi son autorité.

« Et l’Éternel Dieu commanda à l’homme, disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement » (Gen. 2. 16 et 17). L’homme est placé devant sa responsabilité, et elle était simplement d’être obéissant à l’égard de cet arbre, et seulement de cet arbre. Je ne sais pas quel était précisément cet arbre. L’Écriture ne le dit pas. C’était le seul test de son obéissance et de sa responsabilité devant Dieu.

Voyons alors comment Dieu travaille pour que tout soit en bénédiction et pour la joie de l’homme. Il était dans une heureuse relation avec Dieu, il jouissait de Lui ; et il était aussi en relation avec la création, il régnait sur elle. Observons cela – je pense que c’est très intéressant : l’homme était inférieur à Dieu et ne pouvait L’atteindre, il était supérieur aux animaux, et eux ne pouvaient l’atteindre. À cause de cela il était seul, ses affections, son cœur, en tant qu’homme, n’étaient pas satisfaits ; et pour cette raison Dieu introduit une autre relation, celle d’égalité.

La femme est introduite, et maintenant l’homme est vraiment complet. Dieu amène la femme à cet homme, et le moyen que l’Éternel emploie pour l’introduire est très frappant. Adam tombe dans un profond sommeil, et pendant qu’il dort Dieu prend une côte, et de cette côte il forme la femme. C’est un beau type frappant du Seigneur Jésus entrant dans la mort, afin que de sa mort puisse venir la vie pour ceux qui ne la possédaient pas. Je ne doute pas que c’est une belle figure de Christ et de l’Église.

Maintenant au chapitre 3, qui va s’introduire dans cette scène de délice absolu ? Tout est charmant et agréable, et l’homme avec sa femme y domine sur tout. Satan ne peut que désirer de tout gâter. Au troisième chapitre l’ennemi vient sous la forme d’un tentateur. Il ne s’approche pas en disant : Je suis votre ennemi ; je suis l’adversaire de Dieu et le séducteur de l’homme – bien que de telles déclarations auraient été vraies. Le diable ne se présente jamais ouvertement à nous.

Il vient vers la femme et l’entretient de la parole de Dieu. Il sait qu’il était impuissant à moins qu’il ne réussisse à la séduire. Il dit : « Quoi, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? Et la femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin ; mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez ».

Le fait était qu’elle allait au-delà de l’Écriture, car dans ce que nous lisons, Dieu n’avait pas dit de « ne pas toucher » l’arbre ; et quand nous allons au-delà de l’Écriture nous sommes sûrs d’être en danger. Satan dit effrontément : « Vous ne mourrez point certainement ».

Et que se passe t-il ensuite ? Séduite par de douces paroles, Ève prend du fruit. « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent ; et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi à son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea ». La chose défendue est exactement celle que nous désirons. Nous savons chacun ce que c’est que la tentation. Le diable ne se montre jamais comme étant le diable. Le mal est fait, et séduite, la femme en donne à son mari. Il prend lui aussi du fruit, et ainsi « par l’homme le péché est entré dans le monde ».

Dans un moment de faiblesse, la femme a écouté le mensonge de l’ennemi, et Adam, avec les yeux ouverts et non pas séduit comme elle, l’a suivie dans le chemin du péché. Hélas ! « par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et… ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché » (Rom. 5. 12). Le péché est l’iniquité, l’homme faisant sa propre volonté. Terrible chute pour l’homme ; immense victoire pour Satan !

Quelles en sont les conséquences ? Elles ont une portée considérable et éternelle. Le couple savait ce qui était bien, sans la puissance de le faire ; et ils ont su ce qui était mal sans avoir la puissance pour lui résister. Telle est la conscience : c’est la connaissance du bien et du mal. Il n’y a pas un homme qui fasse le mal sans savoir qu’il le fait. Vous avez une conscience et quand vous faites le mal, elle vous le montre !

J’admets pleinement que vous pouvez chercher à la « droguer », à la bâillonner. Elle finit par se cautériser, à devenir de moins en moins sensible. Un péché se répète et notre conscience nous en avertit, et pourtant on se refuse à le confesser et à l’abandonner ! Il n’y a pas une âme vivante qui ne sache quand elle fait le mal ! Adam a péché et il le savait ! Vous péchez et vous le savez !

Le péché d’un homme a toujours des conséquences, car le salaire du péché, c’est la mort (Rom. 6. 23). Le premier jeune homme a suivi sa femme dans le péché, et plus d’un homme parmi nous a aussi suivi une femme dans le mal. Qui peut le nier ? Cher lecteur ami, dans ces conditions, vous avez l’empreinte de la mort sur vous, et le jugement est encore à venir : « Tu mourras certainement » a dit Dieu.

« Vous ne mourrez point certainement » déclare Satan. Qui dit la vérité ? Mais il y a plus à considérer. Leurs yeux furent ouverts, et ils connurent qu’ils étaient nus. Ils sont allés se cacher derrière les arbres du jardin quand l’Éternel est descendu pour converser avec l’homme. Oui, ce jeune homme voudrait mettre les arbres du jardin entre lui et Dieu. Mais l’Éternel lui dit : « Où es-tu ? » Quelle question ! Il avait péché. Il en a conscience, et cherche à s’éloigner de Dieu. Il Le connaissait assez pour Le craindre et Le fuir. Connaissance pitoyable ! Il cherche à mettre un arbre de la création entre lui et Dieu.

Que pouvez-vous mettre entre vous et Dieu ? Votre travail, votre recherche de confort, vos convoitises, vos affaires ? Quelque chose d’autre ? Notez que Dieu dit à tout « jeune homme » maintenant aussi : « Où es-tu ? » Et à moins que vous ne soyez converti, que vous vous soyez déjà tourné vers le Seigneur et que le pardon ne vous soit assuré par le sang du Seigneur Jésus, cette question solennelle continue à se poser : Jeune homme, où en es-tu ? Êtes-vous près de Dieu, ou cherchez- vous encore à vous cacher loin de Lui ? Que la question est sérieuse !

Quelle a été la réponse d’Adam à la question de l’Éternel ? « J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur ». Le péché fait peur à l’homme.

Je me souviens de ce qui a conduit à la conversion d’un jeune homme dans cette ville. Il travaillait à côté d’un vieux charpentier pieux, qui l’avait pris en profond intérêt. « William », lui dit-il un jour, « quand tu rentres à la maison ce soir, veux-tu aller dans ta chambre, prendre une Bible, et l’ouvrir au troisième chapitre de Jean ? Ensuite tu te mettras à genoux, et tu diras : « Il n’y a personne dans cette chambre que Dieu et moi ».

Le jeune homme s’est alors écrié : « Je ne ferai cela pour rien au monde ». Il était effrayé de se trouver seul avec Dieu. Ainsi êtes-vous, amis, encore dans vos péchés. Vous avez peur de ce que vous ne connaissez pas !

La conscience fait de nous tous des poltrons : le péché fait peur à l’homme. Adam aurait voulu garder Dieu à une certaine distance. Quelle folie ! L’Éternel vient vers lui, et Adam donne ses raisons : « J’ai eu peur, car je suis nu ». Il avait des vêtements de feuilles de figuier, n’est-ce pas ? Oui, cela peut suffire à un homme de se couvrir ainsi. Il cherche à cacher sa vie, son histoire et sa condition, aussi longtemps qu’il reste loin de Dieu. Mais dès qu’il entend sa voix, sa conscience l’amène à voir le Dieu saint. Alors il prend conscience qu’il est un pécheur ruiné, nu et coupable. Tout homme doit sentir qu’il est un pécheur, et apprendre où l’on peut trouver la rédemption.

L’Éternel l’interroge davantage et Adam rejette la responsabilité de son propre péché sur sa femme ou, pire encore, sur Dieu. « La femme que tu m’as donnée pour être avec moi, elle, m’a donné de l’arbre ; et j’en ai mangé ». Nous aimons blâmer les autres. Cette femme que Dieu lui avait donnée comme épouse, j’admets qu’elle l’avait entraîné à mal faire, mais il n’aurait pas dû se laisser entraîner. Il aurait dû l’empêcher de se tromper, car il était à côté d’elle. Avez-vous été entraîné à faire le mal ? Ne blâmez pas votre femme, ou quelqu’un d’autre ! Blâmez votre propre cœur. Le jugement de soi-même est toujours bon !

Que les suites du péché sont tristes et soudaines ! Adam met le blâme sur Dieu et dit, en réalité : « Je n’aurais pas été entraîné dans ce désordre sans elle » Ah ! quel misérable lâche est un pécheur loin de Dieu. L’Éternel se tourne ensuite vers la femme, et elle met, elle, le blâme sur le serpent. « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé ». C’était tout à fait vrai ! Même si vous cherchez à rejeter la faute sur quelqu’un d’autre, vous ne serez jamais capable de la cacher à Dieu, et vous ne pouvez pas échapper à son jugement – à moins que vous ne vous abritiez sous les mérites de la merveilleuse mort du Seigneur Jésus Christ.

Dieu s’adresse ensuite au serpent, et Il porte un jugement sur lui : « La descendance de la femme » – quelle belle promesse ! – « te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon ». Il viendra sur la même scène que la nôtre un autre Homme, le Sauveur, la descendance de la femme.

Le plan de rédemption de Dieu est révélé au moment du premier péché de l’homme ! Le besoin de l’homme est satisfait par les ressources de Dieu ; au moment où nous perdons le paradis terrestre, Dieu dit : Je vous en donnerai un meilleur. Je vous ouvrirai le ciel.

On trouve l’antithèse de cette scène en Luc 23, où le brigand mourant reçoit l’assurance du paradis. « Toi tu lui briseras le talon ». Cela se rapporte à la croix et à la mort du Seigneur Jésus. Il est mort pour nos péchés afin qu’Il puisse nous amener à Dieu et dans sa présence éternelle.

Ayant prononcé leur jugement : « tu es poussière et tu retourneras à la poussière », Dieu revêt le couple de « vêtements de peau », qui ne pouvaient être obtenus que par la mort d’une victime. Il ne peut être fait face à la ruine de l’homme que par la mort, et dans le revêtement de ce couple coupable et triste, nous avons un beau type de la mort expiatoire du Seigneur Jésus. Christ doit être mon abri et mon vêtement.

C’est toute la différence qu’il y a entre les « ceintures » que l’homme fait, et les « vêtements de peau » que l’Éternel Dieu a faits et mis sur eux. Quelle différence avec les efforts de l’homme pour se réformer lui-même, s’améliorer lui-même, faire des œuvres personnelles pour se sauver. Tous nos efforts sont sans valeur ; nous sommes aussi nus après qu’avant. Le vêtement que Dieu offre a été son propre travail.

Le salut vient par la grâce souveraine. Si vous devez être sauvé, ce ne sera que par Dieu. Il apporte ce vêtement à Adam pour cacher sa nudité ; et je peux tout à fait comprendre pourquoi l’apôtre Paul dit, quand il désire être revêtu de son domicile qui est du ciel : « si toutefois, même en étant vêtus, nous ne sommes pas trouvés nus » (2 Cor. 5. 3). Lui, pour ainsi dire, autrement dit : « Ne soyez pas comme Adam ». Il a été trouvé « nu » quand il pensait être revêtu. Beaucoup – tous ceux qui auront cru – seront comme lui bientôt. Ressuscités des morts, étant vêtus – c’est-à-dire, ayant leur corps – ils seront nus devant Dieu. Ils n’auront pas Christ comme couverture devant Dieu !

La fin du premier chapitre de l’histoire de l’homme est tristement solennelle. « Et l’Éternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ; et maintenant, afin qu’il n’avance pas sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vie et n’en mange et ne vive à toujours… ! Et l’Éternel Dieu le mit hors du jardin d’Éden, pour labourer le sol, d’où il avait été pris : il chassa l’homme, et plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie ».

Satan a beaucoup éprouvé l’homme au commencement. Il l’a vaincu complètement par ruse et par tromperie. Il s’est ainsi comporté vis à vis du premier jeune homme, et il a agi ainsi à l’égard de tous ses descendants.

Cet homme est ruiné, misérable, il a peur de Dieu, il blâme sa femme, il connaît le bien mais il est incapable de le faire, il connaît le mal mais se montre incapable par lui-même de s’en abstenir, il est sous la sentence de mort, pratiquement esclave de Satan qu’il a écouté plutôt que Dieu, il est chassé d’Éden dans un désert !

Dans cette sentence, on aperçoit de la miséricorde. Avoir mangé de l’arbre de vie, et perpétuer une existence de misère sur la terre, aurait complété sa douleur ! Dieu a empêché cela en chassant l’homme loin de l’arbre de vie. Mais avant d’être chassé, la foi, qui compte sur Dieu, semblerait avoir jailli dans le cœur d’Adam : il appelle le nom de sa femme, Ève, « parce qu’elle était la mère de tous les vivants ». À ce moment-là, tous étaient sous la sentence de mort ; mais la Parole de Dieu, au sujet de la semence de la femme, a fait que la foi et l’espérance ont certainement jailli !

Une remarque reste à faire. Si le chef de la race est tombé, ne sommes-nous pas tous de sa famille ? S’il avait un besoin impérieux de rédemption, toute sa postérité n’en avait-t-elle pas aussi grand besoin ? Si lui, quand il était sans péché, a été vaincu par Satan, quel est son descendant, né dans le péché, qui soit de taille à lutter avec le diable ?

Et si, au moment de sa misère et de son angoisse, Adam s’est cramponné à la parole de Dieu, tout jeune homme ne devrait -il pas suivre ses traces à cet égard ? Tous, sûrement, le doivent. Aussi, à nouveau je demande : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? – Ce sera en y prenant garde selon ta Parole ».

LE SECOND HOMME – VAINQUEUR

MATTHIEU 3, 4 ; LUC 2 à 4

Nous avons devant nous un sujet beaucoup plus heureux. Nous avons vu la défaite complète, la déroute totale de l’homme auquel nous sommes rattachés par nature. Nous avons vu le premier homme battu, vaincu et le triomphe complet de Satan. Et finalement l’homme est chassé du paradis à la suite du juste verdict de Dieu. Oui, il est déshonoré et chassé dans le monde, où désormais Satan, le péché et la mort règnent directement jusqu’au moment de la venue de Celui, dont allons lire quelque chose maintenant.

Il n’est pas bon de nier le fait que nous sommes tous liés à cet homme tombé. Nous sommes tous ses descendants et il est ruiné, perdu, condamné, et tous ceux qui appartiennent à sa famille le sont aussi. Tu en fais partie, jeune homme, si tu n’as pas rencontré Jésus.

Je ne sais si tu as trouvé le sentier de l’Homme victorieux. Si ce n’est pas encore le cas, notre ardente prière est que tu puisses suivre son chemin avant qu’il ne soit trop tard. Il veut te bénir, te sauver ! Comment pouvez-vous le savoir, dites-vous peut-être ? Parce qu’Il m’a béni et m’a sauvé, quand j’avais à peu près l’âge de la plupart d’entre vous – vingt ans.

Quatre mille ans s’étaient écoulés depuis ce dont nous avons parlé. Ces longues années dans l’histoire de l’homme et du monde, depuis Adam jusqu’à Christ, ont été marquées, du côté de l’homme, par une succession continuelle de péchés et de désobéissance. L’homme a failli à tous égards. Le fils aîné d’Adam a tué son frère Abel ; Noé, placé sur une terre purifiée par le Déluge, s’est enivré.

Je me demande si Dieu a pu voir un jeune homme dans cette salle dans le même état. Vous ne pouvez pas montrer Noé du doigt. C’était un pécheur – vous l’êtes aussi. Noé a péché – vous également. Descendons le cours du temps. Dans les jours d’Abraham, l’homme était devenu un idolâtre (voir Jos. 24. 2). Laissez-moi me servir de l’histoire d’Israël. L’Éternel a donné à Aaron un merveilleux privilège – celui de la sacrificature – les fils d’Aaron ont offert un feu étranger à Dieu.

Salomon a été le roi le plus puissant et le plus sage que le monde ait connu. Sa sagesse et sa magnificence ont été incomparables. Rien n’a dépassé la gloire de son règne. Mais Salomon a sombré complètement. Il « aima beaucoup de femmes étrangères », et « ses femmes détournèrent son cœur auprès d’autres dieux » (1 Rois 11. 1 à 13). La faillite déjà du premier homme a été absolue. Son cœur s’est éloigné de Dieu et il est devenu pécheur dans sa nature. Il était désormais sous la puissance de Satan. Si le diable réussit à mettre la main sur quelqu’un, il fait tout son possible pour le garder sous sa coupe.

Mais peut-être dites-vous : Je ne crois pas à l’existence du diable. Si vous niez que Satan est une créature qui existe, vous scellez votre propre condamnation. Notez cela ! Si l’on nie la puissance de Satan, il faudra être séparé de Christ lorsqu’Il apparaîtra sur la scène.

Le chemin du premier homme – opprimé et gouverné par Satan – a été un chemin de péché, de souffrance, de misère et d’éloignement de Dieu pendant quatre mille ans ! Mais enfin « l’Orient d’en haut » s’est levé sur le monde. Rien d’étonnant à ce que le ciel ait été dans l’extase quand Jésus est né. Les anges du Seigneur ont annoncé aux bergers de Bethléhem ces glorieuses nouvelles : « Aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2. 11). Nous voudrions que votre cœur connaisse un peu tout cela ! Pourquoi une si grande joie dans le ciel ?

Ils ont reconnu que si le Sauveur, envoyé par Dieu, était là, c’était la réponse indiscutable à la grave question : Comment l’homme pouvait-il être sauvé de sa condition de perdition ? – « Dieu a été manifesté en chair ». Le Fils Éternel de Dieu est descendu du ciel pour être le Sauveur du monde, Il est apparu comme « l’Homme Christ Jésus ».

Sa Personne et son service ont été révélés par les paroles des anges. Avant sa naissance son nom a été déclaré : « Voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom JÉSUS. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut ». C’est ce qu’a entendu Marie (Luc 1. 31 et 32).

De plus, Joseph était le père putatif, quoique nous sachions qu’il ne l’était pas. Selon la loi juive, dès que deux personnes étaient fiancées, elles étaient considérées comme mari et femme. Avant que l’enfant soit né, un ange du Seigneur s’est adressé à Joseph de la manière suivante : « Ne crains pas de prendre auprès de toi Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint ; et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom JÉSUS ».

Nom adorable ! Il n’y a pas de nom comme celui-là. « Car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1. 20 et 21). Faites-vous déjà partie de son peuple ? Quel homme parmi nous peut-il dire honnêtement : « J’appartiens à son peuple » ?

Ami, laissez-nous vous demander : le Nom de Jésus a-t-il du prix pour vous ? C’est un Nom très précieux. Quand le nom de tous les hommes que l’on a beaucoup estimés aura passé pour toujours et qu’ils seront oubliés, le nom de Jésus sera le « cantique » et la « joie » de son peuple ! Il est vrai qu’il est écrit : « Mes ennemis me souhaitent du mal, Quand mourra-t-il ? Quand périra son nom ? » (Ps. 41. 5) – Non, grâces à Dieu, jamais !

Savez-vous ce que Dieu dit ? « Je rappellerai ton nom dans toutes les générations ; c’est pourquoi les peuples te célébreront à toujours et à perpétuité » (Ps. 45. 17). Grâces à Dieu, je suis parmi ceux qui se le rappellent avec adoration ; j’espère que tu en seras aussi, mon ami. Penses-y ! Son nom ne pourra jamais périr !

Grâces à Dieu, Il est mort pour nous ! Il pouvait le faire justement parce qu’Il n’était pas soumis à la mort. Étant mort et ressuscité, Il a maintenant un Nom au-dessus de tout nom – le nom de Jésus. Et je désire que votre cœur soit attiré vers ce Jésus béni, s’il ne l’a pas encore été.

Nous avons le récit de la naissance de notre Seigneur dans le 2ème chapitre de Luc, qui nous parle aussi de son enfance. Là, avec les paroles de l’Écriture, il nous est dit qu’Il était soumis à ses parents et qu’Il « avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (2. 52).

À douze ans, on Le voit dans le temple parmi les docteurs – Il n’avait pas l’effronterie du jour actuel, où plus d’un enfant de douze ans pense qu’il sait beaucoup mieux les choses que son père. Quel beau tableau moral ! « Ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ».

Le voile tombe maintenant sur dix-huit ans, et l’Écriture est silencieuse sur ce qui a eu lieu pendant ces dix-huit ans, sauf qu’il était soumis à ses parents.

« Celui-ci n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? » ont été apparemment des paroles d’incrédulité légère et méprisante. Mais je ne pense pas que ces dix-huit années ont été des moments d’oisiveté pour notre cher Seigneur. Il était toujours aux affaires de son Père. Ce Bienheureux, alors qu’Il est Lui-même un homme réel, véritable, était le Fils éternel de Dieu, et avait visité la terre en grâce.

« La Parole devint chair, et habita au milieu de nous… pleine de grâce et de vérité » (Jean 1. 14). Dieu lui-même, sous une forme humaine, a habité sur la terre. C’est un côté de la vérité ; mais, de l’autre, que le Seigneur Jésus ait travaillé de ses propres mains, pendant ces années d’isolement et de solitude, semble tout à fait évident.

Enfin le moment est arrivé où Dieu fait appel à son Fils – cet Homme béni, humble, obéissant – et Il s’est présenté. Dans quel but ? – Pour lutter avec l’ennemi qui avait vaincu le premier homme. À cette époque il y avait une grande agitation parmi les Juifs. Jean le baptiseur était sorti dans le pays. Avec une grande puissance il avait parlé avec insistance aux hommes au sujet de leurs péchés. Jean ne cherchait pas à atténuer les choses.

Tous sont pécheurs et tous doivent rencontrer Dieu au sujet de leurs péchés. Tu as péché. J’ai péché. Tout homme a péché. « Tous ont péché » (Rom. 3. 22). Dieu prend t-il le péché à la légère ? S’Il le faisait, Il ne serait pas Dieu. Tu peux maintenant prendre à la légère le péché, mais tout à l’heure tu ne le pourras pas. Jean a prêché la repentance et le baptême en rémission des péchés. Les hommes étaient troublés. Plût à Dieu qu’ils le soient maintenant ! Les hommes ont senti qu’ils étaient sous la condamnation de Dieu. Ils sentaient leurs péchés.

Jean pouvait seulement leur demander d’être baptisés en rémission de péchés. Il ne pouvait pas alors, comme nous le faisons aujourd’hui, leur annoncer le pardon actuel des péchés. Mais tandis qu’il continuait son service, et prêchait à des multitudes repentantes sur le bord du Jourdain, un Homme inconnu s’est approché. Comme le précise le 1er chapitre de Jean : Jean « voit Jésus venant à lui, et il dit : Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! »

Jésus a désiré être baptisé et l’a été – certainement pas en confessant des péchés, car Il n’en avait pas, mais en prenant sa place en grâce avec des hommes pieux, et qui par leurs actions montraient qu’ils l’étaient – et Jésus ayant été baptisé, les cieux se sont ouverts, et – fait frappant – au moment où Il est produit en public, nous Le voyons comme un Homme qui prie.

Dans l’évangile de Luc vous trouverez le Seigneur Jésus en prière devant Dieu à de nombreuses reprises, et ici c’est la première occasion. Vous avez ici devant vous l’Homme sans péché dans une dépendance parfaite de Dieu, et le Père Lui dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir » ; et on a dans l’Écriture – des témoignages qui, l’un après l’autre, montrent la perfection de cet Homme.

Il a dit Lui-même : « Qui d’entre vous Me convainc de péché ? » (Jean 8. 46) Les gardes des pharisiens envoyés pour Le prendre, confondus par la grâce et la puissance de ses paroles, ont déclaré : « Jamais homme ne parla comme cet Homme » (Jean 7. 46). Pilate, quand Christ a été amené dans la salle de jugement, a dit à trois reprises : « je ne trouve aucun crime en Lui » (Jean 18. 38 ; 19. 4 et 6).

Le malfaiteur mourant a dit : « Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 41). Paul a écrit de Lui qu’Il « n’a pas connu le péché », mais qu’Il a été « fait péché pour nous » (2 Cor. 5. 21). Un autre apôtre dit de Lui : « qu’Il n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude » (1 Pier. 2. 22). Et un dernier témoin ajoute : « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3. 5). C’est un Homme unique, Il reste seul dans la gloire de sa personne – unique dans le fait qu’Il était absolument sans péché. Mais remarquez-le : C’était vraiment un Homme, authentique, tel que nous sommes – à part le péché.

Quand Dieu a introduit le premier homme, il était « tiré de la terre, – poussière » ; mais le second Homme est le Seigneur venu du ciel (1 Cor. 15. 47). Quelle chose merveilleuse, que dans un monde de péché et de mort , un Homme qui était le Seigneur soit venu du ciel ! Il a apporté Dieu à l’homme dans sa vie, et Il apporte l’homme à Dieu par la justice obtenue par sa mort.

Nous ne devons pas être séduits par l’idée que l’incarnation du Seigneur a attiré l’homme à Dieu, ou imaginer que Christ étant devenu un Homme, l’homme a été de cette manière élevé jusqu’à Dieu. Il n’y a pas une telle doctrine dans l’Écriture.

Ses propres paroles ont été : « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12. 24).

En premier lieu, Il a été éprouvé, tenté et, grâces à Dieu ! Il s’est révélé être le Vainqueur de celui qui avait vaincu le premier homme ! Sa victoire sur Satan a été complète et Il aurait pu en toute liberté retourner au ciel. Mais qu’a t-Il fait alors ? Il est resté sur la terre ; Il est descendu et Il est mort pour vous et pour moi.

Nous vous disons : « Voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » À la question : Qui est ce Jésus ? Nous répondons : Il est le Fils éternel de Dieu. Jésus est devenu un Homme dans ce monde afin de délivrer l’homme de la puissance de l’ennemi.

En Luc 3 nous voyons que le Saint Esprit descend sur Lui, exprimant ainsi le plaisir que le Père trouve en Lui. Dieu prend plaisir dans cet Homme à cause de sa propre perfection absolue. Dans ce chapitre, observez aussi que la généalogie de Jésus remonte directement jusqu’à Dieu.

Nous désirons rendre un ferme témoignage contre cette idée que l’homme est simplement, au départ, une simple cellule qui s’est ensuite différenciée, ou si vous voulez, un descendant amélioré du singe. L’homme a son origine en Dieu, comme le livre de la Genèse nous le dit, Jésus est apparu parmi les hommes, sa généalogie remonte par l’intermédiaire d’Héli jusqu’à Dieu (Luc 3. 24 à 38).

Si l’homme avait son origine dans les animaux inférieurs, c’est à ce moment-là que ce fait aurait dû être enregistré, et il aurait été écrit : « de Seth, d’Adam, des animaux inférieurs ». Au lieu de cela nous lisons : « de Dieu » (Luc 3. 23 à 38). De plus nous lisons : « nous sommes sa race » (Act. 17. 28).

Jésus était le Fils de Dieu de deux manières. Il était le Fils éternel – toujours avec le Père. Mais nous lisons : « Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré » (Héb. 1. 5). Il était donc Fils de Dieu comme Homme né dans le temps.

Ensuite nous lisons que « Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par l’Esprit dans le désert, étant tenté par le diable quarante jours ». Observez que sa tentation était dans le désert. Adam était dans le paradis – en Éden si vous voulez – un jardin de délices. Il avait tout sous la main. Dieu lui avait donné tout ce qui pouvait servir à son plaisir et à sa joie, néanmoins il tomba dans les mains de Satan, et devint sa dupe et son esclave à partir de ce jour-là.

Christ a été conduit au désert, et tenté quarante jours. Il n’était pas dans le paradis, mais l’Écriture nous dit « dans le désert quarante jours, tenté par Satan ; et il était avec les bêtes sauvages » (Marc 1. 13). Non seulement Il était avec les bêtes sauvages, mais il n’y avait rien pour Le servir. L’Écriture nous dit qu’Il a jeûné quarante jours. C’était un temps de privations complètes.

Il a été tenté par le diable pendant quarante jours, mais la plus grande tentation a eu lieu à la fin des quarante jours. Elle était triple : il y avait « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie ». C’était la même triple tentation que dans le jardin d’Éden.

Quand Ève « vit que l’arbre était bon à manger » – c’est la convoitise de la chair – « et qu’il était un plaisir pour les yeux » – il s’agissait de la convoitise des yeux – « et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent » – c’est l’orgueil de la vie – « elle prit de son fruit et en mangea ». Satan fait passer devant le Seigneur Jésus les mêmes sortes de tentations.

La première : « Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain ». C’était une tentation personnelle – aide-toi – sers-toi de ta puissance.

La deuxième est mondaine ; Satan Lui offre tous les royaumes du monde, s’Il abandonne sa fidélité envers Dieu.

La troisième tentation est de nature spirituelle. Il serait un objet d’intérêt pour tous. En premier lieu, Satan dit : « Prends soin de toi, pense à toi, transforme ces pierres en pain. Fais pour toi plus que Dieu n’a fait en ta faveur ». C’était une tentation personnelle. En second lieu il Lui montre l’ensemble des royaumes du monde en un instant et lui dit : « Je te donnerai une bonne place dans le monde ».

Plus d’un jeune a vendu son âme au diable pour la bonne place qu’il ambitionnait d’obtenir dans le monde ! Enfin, Satan aurait voulu que Jésus mette Dieu à l’épreuve en se jetant Lui-même depuis le faîte du temple.

Un homme intelligent m’a dit une fois : « Je ne crois pas à cette histoire d’un diable « personnel », le diable est dans un homme. Qu’est-ce que le diable alors ? Vous répondez : Le diable est le penchant au mal dans le cœur de l’homme. Vous croyez cela ? Arrêtez !

Si c’était vrai nous ne pourrions pas être sauvés. Pourquoi ? La réponse est simple. Si vous pensez que le diable est le penchant au mal qui se trouve dans le cœur de l’homme, vous devez en même temps admettre qu’il y avait des penchants au mal dans le cœur de Jésus, car Il était un Homme, et qu’Il était « tenté par le mal », et alors vous avez perdu le Sauveur.

Cet homme qui aurait des penchants au mal dans son cœur ne peut pas être votre Sauveur ni le mien. Non, chers lecteurs, la Parole de Dieu est claire. Il n’y avait pas de penchants au mal en Jésus – cependant Il a été tenté par le diable. Dieu soit béni, c’était un Homme sans péché, et Satan s’approche et l’éprouve en Lui présentant ces tentations.

Quel a été son moyen de défense ? – Il est basé uniquement sur l’Écriture. C’est un Homme vraiment dépendant, et attaché à Dieu seul. Comment répond-Il au diable ? – Avec l’épée de l’Esprit dans sa main – la Parole de Dieu – et il la cite comme telle.

Jésus réfute les ruses du diable, uniquement en citant l’Écriture : « Il est écrit que l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute Parole de Dieu ». Il déjoue la première attaque.

Il répond à la seconde tentation de la même manière. Le diable Le mène sur une haute montagne et Lui montre les royaumes du monde. Christ sait qu’ils Lui appartiennent de fait, mais Il ne recevra pas le monde dans son état de péché. Il aura tous les royaumes du monde, sur le terrain de la rédemption, et Il les recevra de la main de Dieu, et non de la main du diable. Sa réponse est de nouveau simple : « Il est écrit : Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul ».

La dernière tentation propose à Christ de se jeter depuis le faîte du temple pour tenter Dieu, en faisant de Lui-même une attraction. Si vous arrivez en haut d’un grand sommet et que vous pouvez vous jeter en bas sans vous blesser, je suis sûr que pas un d’entre vous ne refusera de le faire. Vous l’essaierez, juste pour montrer que vous pouvez le faire, et vous serez un objet d’intérêt pour tous les spectateurs. C’est l’orgueil de la vie.

Il est bon de noter que Satan peut citer l’Écriture pour prendre au piège les imprudents. Il cite, ou plutôt cite mal, l’Écriture tirée du Psaume 91 – « Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, pour te garder ; et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre ».

Avez-vous observé que le diable omet quatre petits mots ? Dieu avait dit : « Il commandera à ses anges à ton sujet, de te garder en toutes tes voies ». Le diable a laissé tomber ces quatre derniers mots. Depuis, il a souvent mal cité l’Écriture à des âmes séduites, et les a entraînées dans des chemins très dangereux, ceux du péché.

Mais Jésus connaissait les Écritures, il était attaché à Celui qui les avait écrites, et par sa dépendance Il a remporté une grande victoire morale sur Satan, qui « se retira d’avec lui pour un temps ».

Avant de quitter cette partie de mon sujet, je désire ajouter quelques mots qui peuvent vous aider. Moïse, dit-on de nos jours, doit être considéré comme un auteur très démodé, dépassé, et même douteux. En fait, l’on affirme très audacieusement que Moïse n’a pas écrit le Pentateuque. Si vous cherchez à être compté parmi les sages, à être à la page, vous devez ne plus tenir aucun compte du Pentateuque, et retrancher complètement ces cinq livres de vos Bibles. C’est ce que des érudits religieux « infidèles » et les professeurs de la haute critique disent de nos jours.

Il y a cependant une chose très remarquable. Lors de ce triple assaut, Jésus répond à Satan en se servant du Pentateuque seulement, et plus tard dans sa vie, Il se réfère fréquemment à Moïse. Nous ferons mieux de nous tenir avec Jésus qu’avec ses adversaires à ce sujet. Ces prétendus sages, qui taillent en pièces l’Écriture, oublient que la Parole de Dieu est l’épée de l’Esprit. Le diable hait la Parole de Dieu. Il ne peut pas la supporter ; et le secret de la force des « jeunes gens » – au sens où Jean parle d’eux dans une épître, les considérant comme des chrétiens – s’appuie sur le fait qu’ils possèdent la Parole de Dieu.

Je crois que quelques-uns d’entre vous sont des chrétiens. Si vous voulez croître dans la connaissance et le service du Seigneur, et si vous désirez obtenir la victoire sur le diable, ce n’est possible qu’en se servant l’Écriture ; car elle seule est l’épée de l’Esprit.

Mais regardons à nouveau cette scène de Luc 4. Elle est admirable ! Satan se retire battu. Nous avons vu comment le premier homme a été chassé d’Éden. Satan était le vainqueur, et l’homme, le vaincu ; mais ici nous voyons qu’un Homme qui se tenait dans la dépendance de Dieu a vaincu Satan sur tous les points.

Je lis : « Et ayant accompli toute tentation, le diable se retira d’avec lui pour un temps ». Satan s’est retiré battu, et il l’est toujours quand nous citons l’Écriture en la présentant comme la Parole de Dieu. Jeunes gens, étudiez-la ; qu’elle soit précieuse à vos âmes ; faites-en « l’homme de votre conseil », l’homme de votre droite.

En premier lieu, la Parole vous fait savoir que vous êtes sauvés par la foi en Jésus, et ensuite, elle vous guide et vous aide à tirer profit de cette scène. Nous devons rencontrer la tentation. Je ne pense pas que le diable « tente » les pécheurs – il les gouverne, et les pousse au mal. Il ne tente que les enfants de Dieu.

Il conduit ses propres cohortes les yeux bandés vers la ruine éternelle, elles sont sous son pouvoir. Il place la tentation devant l’homme qui n’est pas en son pouvoir. Si Christ ne vous a pas délivré, vous êtes encore l’esclave du diable, – sous son influence – car il « séduit la terre habitée tout entière » (Apoc. 12. 9).

Remarquez maintenant comment le Seigneur agit. Ayant vaincu l’Ennemi, Il sort dans le monde pour délivrer l’homme, et son chemin est rempli de bonté et de miséricorde. Ses miracles de miséricorde proclament qu’Il est le Fils de Dieu – ou le Christ de Dieu.

Quand vous parvenez au chapitre 9 de Luc vous Le trouvez montant au sommet de la montagne, où Il est transfiguré devant trois de ses disciples ; tandis que le Père Le désigne à nouveau, en disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Il aurait pu monter dans la gloire depuis cette montagne de la transfiguration, mais au lieu de cela, Il retourne en grâce sur la terre pour mourir, afin que d’autres hommes, rachetés par sa mort, Lui soient associés dans la gloire dont Il est estimé digne comme Homme.

Quand Il est redescendu, Il chasse à nouveau les démons ; et l’un de ses serviteurs – Jean – vient Lui dire : « Nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom » – son Nom était puissant ! – « et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne te suit pas avec nous. Et Jésus lui dit : Ne le lui défendez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous » (Luc 9. 49 et 50).

Eh bien ! dites-vous, je pense que je suis pour Lui. Arrêtez ! À ce moment-là Il déclarait que tous ceux qui n’étaient pas contre Lui, étaient pour Lui. Si vous allez au chapitre 11 c’est l’inverse. Là, ses opposants commençaient à dire : « Il chasse les démons par Belzébul, le chef des démons » (v. 15).

Sa réponse est remarquable : « Quand l’homme fort, revêtu de ses armes, garde son palais, ses biens sont en paix ; mais s’il en survient un plus fort que lui qui le vainque, il lui ôte son armure à laquelle il se confiait, et fait le partage de ses dépouilles. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse » (v. 21 à 23).

Vous voyez le sens. Si vous n’êtes pas entièrement pour Lui, vous êtes contre Lui. C’est ainsi que Christ vous considère. Mais qui est l’homme fort ? Je ne doute pas que c’est le diable : l’homme fort, c’est Satan. Il est trop fort pour vous, et pour moi – pour tous les hommes. Et comment est-il armé ? Je vais vous le dire : Il est armé avec ce qui peut triompher de vous, et de ce qui gardera votre conscience dans le silence. Il dit à un jeune homme : « À quoi sert-il de penser dès maintenant à ton âme ? tu auras encore largement le temps quand tu seras âgé ».

N’écoutez pas sa voix ! Qui vous donnera un regain de vie, qui vous donnera l’assurance que vous verrez la journée de demain ? Ne serez-vous pas déjà jeté dans l’éternité ? J’ai entendu parler d’un docteur qui allait faire une visite chez un patient. Cette dame a attiré son attention sur le fait qu’il paraissait malade.

« Ce n’est pas grand-chose » a-t-il dit et il a promis de repasser le jour suivant. Elle l’a attendu le lendemain, mais il n’est pas venu, car Il était mort. Il avait infecté un de ses doigts en pansant la plaie d’un patient ; il avait ainsi absorbé du poison, et il était mort dans les vingt-quatre heures. Si dans vingt-quatre heures vous devez mourir, où passerez-vous l’éternité ? Vous feriez mieux d’accepter aujourd’hui le Seigneur Jésus comme votre Sauveur. Un homme fort vous retient prisonnier, mais il y en a un qui est encore plus fort : Jésus.

Le monde est le palais de Satan, et les pécheurs sont ses biens ; mais il y a un Sauveur. Comment est-il devenu un Sauveur ? – En s’abaissant et en venant mourir pour les hommes. La question : « Ce qu’il a pris sera-t-il enlevé à l’homme fort, et celui qui est justement captif sera-t-il délivré ? » (És. 49. 24) à reçu sa réponse divine en Christ et dans son œuvre.

« Car ainsi dit l’Éternel : Même le captif de l’homme fort lui sera enlevé, et ce qui a été pris par l’homme puissant sera délivré » (És. 49. 24 et 25). Christ, vainqueur de l’homme fort, est le Libérateur du pécheur « justement » captif.

Vous devez avoir à faire avec cet Homme plus fort. Si vous ne Le rencontrez pas pendant le « jour de la grâce », vous devrez Le rencontrer au jour du jugement. Christ s’est déjà tenu à la barre de l’homme, et Il a été rejeté.

Pilate a dit : « Voici l’homme ! » Alors que les ennemis de Christ réclamaient sa vie à grands cris. Nous connaissons la fin de l’histoire : ils L’ont couronné d’épines, et cloué sur la croix entre deux brigands.

C’est dans cette circonstance que l’un des brigands mourants s’est tourné vers l’autre, et lui a dit : « Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises, mais Celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire » (Luc 23. 40 et 41).

Remarquez ces mots : nous parlons de la mort d’un Homme qui n’a rien fait qui ne se dût faire. Il me semble entendre ce pauvre brigand mourant dire à son voisin : « Nous n’avons jamais rien fait de bien, et voilà un Homme qui n’a jamais fait le mal, et je vais me confier en Lui ».

Sa foi s’est donnée libre cours dans cette prière : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand Tu viendras dans Ton royaume ». À ce cri de foi Jésus a répondu : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Nous avons déjà vu un pécheur chassé du paradis de l’homme à cause de son iniquité, mais nous voyons ici un brigand reçu dans le paradis de Dieu, sur la base de la rédemption – avec le Sauveur qui meurt pour lui. Ce sont des nouvelles bénies pour vous et pour moi !

Ainsi Jésus est mort, et après trois jours, Dieu L’a ressuscité. Je sais qu’ils ont mis des gardes autour du sépulcre qui, en plus, a été également scellé. Pourquoi ce sépulcre a-t-il été scellé ? – C’est la peur qui conduisait à mettre des gardes tout autour du sépulcre. Ces poltrons surveillent un homme mort…

C’était le désir du monde de Le garder dans le tombeau ; mais les hommes n’ont pas pu le faire. Christ est ressuscité avant que la pierre ne soit roulée ; mais cette pierre a été roulée pour permettre qu’on regarde dans le tombeau et qu’on y voie les preuves de la victoire du Sauveur ressuscité et victorieux. C’est un glorieux fruit de la croix.

Vous savez que le salaire du péché, c’est la mort. La mort était l’évidence de la victoire de Satan sur le premier homme. Christ est ensuite descendu dans la mort pour la gloire de Dieu, pour la bénédiction de l’homme, et pour détruire la puissance de Satan. Je ne doute pas que Satan ait pensé qu’il avait remporté un grand succès quand le monde a été témoin de la mort de Christ, mais c’était une chose insensée de sa part.

Christ est entré dans la mort et Il l’a annulée. Il est entré dans la forteresse de Satan et l’a démolie. Il a aussi ôté le péché, en faisant face aux exigences de Dieu en justice. Il a annulé la mort, et vaincu Satan. Il a accompli l’œuvre qui vous donne le droit d’aller là où Christ se trouve maintenant. Il n’a pas été vaincu par la mort. Sa défaite « apparente » a été sa victoire la plus glorieuse.

Comme un hymne le dit, avec simplicité :

« Par la faiblesse et la défaite (apparente),

Il a gagné la récompense et la couronne ;

Il a écrasé tous nos ennemis

Et les a foulés aux pieds.

Il a abattu l’enfer ;

« Fait péché », Il a vaincu le péché !

Descendu dans le tombeau, Il l’a détruit ;

Et Il a vaincu la mort ».

Par la mort Il a vaincu la puissance de Satan ! Il est ressuscité d’entre les morts et maintenant Dieu appelle partout les hommes à se repentir « parce qu’Il a établi un jour auquel Il doit juger en justice la terre habitée, par l’Homme qu’Il a destiné à cela, de quoi Il a donné une preuve certaine à tous, L’ayant ressuscité d’entre les morts » (Act. 17. 31).

Jésus est maintenant exalté à la droite de Dieu. C’est en tant que vainqueur triomphant qu’Il y est contemplé maintenant par la foi. Son exaltation est le témoignage, de la part de Dieu, du plaisir qu’Il trouve en Lui, et de sa satisfaction absolue dans l’œuvre qu’Il a accomplie dans sa mort. Son front est couronné de gloire en réponse à ses souffrances et à sa mort.

« C’est Lui que Dieu a exalté par sa droite Prince et Sauveur, en apportant la repentance… et la rémission des péchés » (Act. 5. 31). Ces dons de la grâce, ce glorieux Vainqueur les accorde « avec justice » aux hommes que Satan avait vaincus. Qui d’entre nous les a-t-il reçus ?

Remarquez que tous, nous aurons à rencontrer le Seigneur. Nous pouvons Le voir maintenant par la foi, mais il nous est dit : « tout œil Le verra ». Aimeriez-vous Le voir ? Si vous n’êtes jamais venu au Seigneur, faites-le aujourd’hui.

Décidez-vous pour le Seigneur. « Celui qui n’est pas avec Moi, est contre Moi », et ceux qui ne sont pas pour Lui sont encore du côté du prince de ce monde ! Que votre cœur soit gagné pour Christ. Ne perdez pas de temps : Vous êtes pécheur, enfant d’Adam, sous la sentence de mort. La mort, la tombe, et le jugement éternel vous attendent.

Mais Quelqu’un est venu dans ce monde, Il est devenu un Homme afin de pouvoir mourir. Nous mourrons parce que nous sommes des hommes ; Lui est devenu un Homme « afin qu’Il puisse mourir », et Il est maintenant ressuscité et assis à la droite de Dieu, et Il dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28).

Regardez en haut et voyez le Sauveur élevé, victorieux. Regardez en haut et voyez Celui qui a lutté avec l’ennemi et qui en a triomphé. Levez les yeux en haut et confiez-vous en Celui qui est le Sauveur vivant à la droite de Dieu. Ne voulez-vous pas Le croire, âme coupable, dès aujourd’hui ?

Lecteurs, pensez-vous que, pour un jeune homme, devenir un chrétien , c’est peu de chose ? Il n’y a rien de plus grand, de plus beau, de plus merveilleux que de se trouver du côté du Seigneur, et chacun doit rendre grâces à Dieu, du fond de son cœur, d’avoir été converti de bonne heure. Les années suivantes ont été employées pour les intérêts du Sauveur, au lieu de l’être au service du diable. Dieu veut vous bénir et vous sauver sans plus attendre.

ÉTUDE SUR ROMAINS 14. 1 à 23 et 15. 1 à 7

On peut dire que le sujet du chapitre que nous avons devant nous, c’est quelque chose de quotidien, de la vie normale d’un rassemblement et de la vie des frères et sœurs entre eux.

Nous sommes différents les uns des autres. Dieu nous a faits ainsi. Il y a des différences de différents registres : des tempéraments, des vécus, des âges. L’apôtre Jean nous parle de petits enfants, de jeunes gens, de pères (1 Jean 2. 12 à 14).

L’auteur de l’épître aux Hébreux évoque en interpelant les Hébreux qu’ils devraient être des docteurs et pas des petits enfants. Voilà deux aspects :

– Un aspect normal, si on peut dire. On est enfant, on grandit, on arrive à l’âge mûr et puis après l’âge avance, on vieillit. C’est notre état sur la terre avec bien sûr la conséquence du péché qui est comme un arrière fond.

– Et puis un état anormal, celui que j’ai évoqué dans l’épître aux Hébreux : vous devriez être des docteurs et vous êtes restés des petits enfants.

Voilà deux types de situations et là dans notre chapitre, cet aspect, ces différences, sont abordés par les mots « faible » et « fort ».

On sera certainement amenés à considérer cela dans l’épître aux Corinthiens au chapitre 8. On retrouve aussi cette distinction entre les uns qui sont faibles sur un point et les autres qui sont ou se croient forts.

Dans le contexte de l’épître aux Romains, d’abord, on a juste rappelé ces deux grandes parties jusqu’au chapitre 8 qui traite le sujet de la justification et qui s’adresse à tout le monde, à tout croyant d’où qu’il soit, avec des distinctions entre l’homme des nations et le Juif. Mais en même temps, tous retrouvés pareils devant Dieu quant à ce qu’il en est de nos péchés, de notre état devant Dieu sans l’œuvre du Seigneur, mais aussi tous pareils en Christ, justifiés de la même manière par cette même œuvre.

Les chapitres 9 à 11 concernent les promesses faites à Abraham et c’est ce qui fait le lien avec notre chapitre 14 qui reprend un peu certains aspects.

Le Juif avait eu la Loi, il avait été mis à part, il avait été appelé. Les promesses faites à Abraham, tout un ensemble de choses le mettait à part des nations. D’un côté c’est tout un ensemble qui pouvait le faire s’enorgueillir. C’est ce qu’on trouve tristement à travers les évangiles, c’est l’état que le Seigneur rencontre, trouve, dans son peuple en général.

Au milieu de ce peuple il y avait ceux qui craignaient Dieu, ceux qui s’attachaient aux promesses, ceux qui cherchaient quelque chose d’autre, une relation, des réponses. Et puis il y avait toutes ces ordonnances : « Fais ceci et tu vivras ».

Toutes ces choses – l’épître aux Hébreux, l’épître aux Romains, nous le montrent -, ont eu leur temps et elles ont leur fin. Tous ces chrétiens d’origine israélite avaient cette difficulté : Que faut-il faire de tout cela ? Quelle place donner à tout cela ?

Inversement tous ces chrétiens originaires des nations avaient effectué un demi-tour complet, comme il est dit des Thessaloniciens, qui s’étaient « tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai ». Ces chrétiens avaient abandonné tout un ensemble de choses mais pour saisir quoi ? La Loi, les commandements ? Non, saisir Christ, saisir la liberté en Christ, saisir la libération en Christ. Et toutes ces choses de la Loi, c’est du passé.

On a deux cheminements différents, deux passés différents, qui ont amené les uns d’origine juive, les autres d’origine des nations, ensemble et maintenant à cohabiter, fonctionner, vivre, croître, avancer ensemble en ayant Christ en commun, Christ à la première place, Christ comme source de toutes choses, Christ comme but. Chacun ayant dû laisser des choses, pour les gens des nations peut-être plus facilement, mais pas forcément, pour les Juifs peut-être plus difficilement, mais pas forcément.

Là je veux arriver à ce que ce chapitre, dans ses grandes lignes bien sûr, devra avoir à nous dire à nous. Peut-être – je n’en sais rien – il n’y a personne parmi nous qui soit d’origine juive, issu du judaïsme. Nous sommes probablement, pour le plus grand nombre, venus des idoles.

Venant du monde, les idoles sont une réalité bien présente sous une autre forme que celle qu’on pouvait voir à Corinthe ou à Rome. Par grâce beaucoup d’entre nous, peut-être pas tous, ont grandi en connaissant le Seigneur dès leur plus jeune âge. Je ne veux pas dire par là qu’ayant grandi dans une famille chrétienne, nous serions assimilés à ceux qui étaient d’origine juive, je ne veux pas dire cela du tout.

Je veux dire que pour nous, faibles et forts, il nous faudra décliner un peu autrement que ce que Paul présente dans cette épître. Et pourtant nous devons revenir sans arrêt à ce que nous avons là quand il est parlé du « jour », quand il est parlé du « manger ».

Ce sont les exemples que l’apôtre utilise là pour parler de choses concrètes, familières à chacun. Ces choses-là, nous allons peut-être devoir les traduire en d’autres critères, en d’autres pierres de touche, dans nos relations fraternelles.

En ligne directrice je voudrais aussi placer devant nous que ces différences qui sont mises là devant nous ne touchent pas au péché directement. Il nous est bien parlé à la fin du chapitre 14 du péché, mais nous arriverons à une explication de ce paragraphe. Mais les pierres de touche qui sont là le fil conducteur de ce sujet ne sont pas des choses entre bien faire et mal faire, par rapport au péché.

Manger ou ne pas manger, ce n’est pas pécher ou ne pas pécher. C’est des appréciations de choses, c’est des états d’avancement dans la manière dont on a saisi Christ, c’est une dynamique dans quelque chose qui nous tend vers Christ.

J’ai évoqué l’épître aux Corinthiens à laquelle nous serons peut-être amenés à faire allusion, par rapport aussi à des histoires de manger et de ne pas manger. Dans les Colossiens il nous est parlé aussi de jours. Et dans les Colossiens comme dans les Corinthiens nous sommes dans un contexte essentiellement de croyants issus des nations.

Les jours… Est-ce que tous les jours sont égaux ? Est-ce que les jours ont des valeurs différentes comme dans le calendrier donné à Israël. Quelle est la valeur de ce calendrier pour le chrétien ? En soi la question est un peu secondaire, mais elle nous amène à réfléchir sur ce que c’est que marcher en Christ dans la liberté par rapport à tout ce qui nous entoure, les choses de la terre, les choses que Dieu a données et qu’il a mises de côté, les choses du monde dans lequel nous vivons qui ne sont pas spécifiquement du mal, mais qui sont peut-être des habitudes et qui ne sont pas forcément innocentes et qui peuvent être amenées à être remises en question.

Et puis pour apporter encore une autre direction à ce tableau, je voudrais mettre un peu en perspective un sujet que nous évoquerons peut-être mais qui sera certainement bien trop long à développer :  c’est celui qui est abordé dans l’épître aux Galates : revenir à des choses de la Loi, ce qui est un danger permanent pour le chrétien : « Ne fais pas ceci, ne fais pas cela, fais ceci et alors tu auras cela. Si tu ne fais pas ceci, tu n’auras pas telle bénédiction ».

On a comme un sujet qui traverse ce chapitre 14 et le début du chapitre 15, qui est une présentation de quelque chose de plus vaste, que d’autres passages du Nouveau Testament nous présentent sous d’autres angles, et l’ensemble a comme but de nous placer tous ensemble dans cette même liberté devant Dieu.

C’est là un encouragement à marcher ensemble, avec nos différents âges spirituels, nos différents états, avec le même but, la même direction. Chapitre 15. 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Dans ces uns et autres il y a dans le contexte, bien sûr sous-entendu, soit l’origine juive, soit l’origine des nations. Généralisons-le tout en gardant cet arrière-plan. Et puis surtout « comme aussi le Christ vous a reçus ».

Je voudrais juste lire un verset dans l’épître aux Éphésiens où l’on retrouve ce « comme » d’une manière un peu similaire mais sur un sujet voisin : « soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (4. 32), comme imitateurs de Christ dans une marche ensemble, dans nos relations les uns avec les autres.

Et puis la fin de ce verset 7 : « comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». À la gloire de Dieu, c’est-à-dire que cela exclut tout autre sujet comme objet de gloire. Ça nous sort de nous-mêmes, ça nous tourne vers Lui, ça nous détourne de nous-mêmes et cela en regardant notre frère ; ça nous tourne vers Dieu, pour sa gloire, notre frère étant celui que Christ a reçu comme moi, celui que Dieu a pardonné en Christ comme Il m’a pardonné.

Toutes nos différences s’estompent pour nous amener à nous voir tous pareils, comme objets de grâce, comme objets de l’amour de Dieu.

Voilà quelques mots pour introduire.

Un petit verset pour introduire ce chapitre 14, c’est au chapitre 13. 14 : « Mais revêtez le Seigneur Jésus Christ, et ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises ». Voilà ce qui est important. Nous allons voir tout au long de ce chapitre 14 qu’il est important de revêtir Christ. On voit combien souvent cela est mentionné, de ne pas prendre soin de la chair, et ne pas satisfaire à ses convoitises.

Au v. 1 du chapitre 14 il est parlé des faibles en foi. C’est quelque chose qui nous concerne aussi beaucoup. Pourquoi ? Parce que le fait d’avoir des faibles et des forts nous a conduits à des divisions. Ce n’est pas ce que le Seigneur veut. Il désire qu’on se reçoive les uns, les autres. C’est aussi quelque chose de très important et peut-être avons-nous des choses à confesser à ce sujet-là.

Souvent on considère que l’un est trop près de la Loi, ou il revient à la Loi, alors que nous devrions le considérer comme peut-être faible, mais ayant une conscience beaucoup plus exercée que la nôtre. Ce qu’on fait alors pour qu’il y ait l’unité, on met les faibles d’un côté, on les chasse et d’un autre côté il n’y aura plus que les forts. Ce n’est pas ce que désire la Parole de Dieu.

La Parole de Dieu nous montre que nous sommes exhortés à habiter ensemble comme on l’a entendu. Ici les personnes qui sont faibles, ce sont les personnes qui reviennent à la Loi, comme on l’a vu, le fait de manger des herbes etc.

Mais là l’apôtre considère cela comme une infirmité. Comme on l’a entendu, dans l’épître aux Galates et l’épître aux Colossiens, ce sont des personnes qu’il faut fuir. Pourquoi ? Parce que ce sont des personnes qui veulent revenir à la Loi et la Loi met tout le christianisme par terre.

Dans l’épître aux Galates on voit qu’il faut se méfier des faux docteurs mais dans l’épître aux Corinthiens les faibles, ce sont des personnes avec lesquelles nous sommes appelés à vivre, tout cela pour la gloire de Dieu.

Comme on l’a dit tout à l’heure dans l’introduction, la ville de Rome était une ville extrêmement cosmopolite. Il y passait toute sorte de personnes, de toutes races, de toutes religions. Il y avait des Juifs. Si nous ouvrons la Bible en Actes 18 nous lisons que l’empereur avait dit que tous les Juifs devaient sortir de Rome ; c’est donc qu’il y en avait.

Plus tard lorsque Paul lui-même serait à Rome, il y avait toute une congrégation juive qui était là puisque les principaux sont venus. On verrait dans ce dernier chapitre des Actes que certains ont été persuadés. Il y avait aussi une autre dimension à Rome qui n’était pas facile à gérer non plus : dans l’épître aux Philippiens, quand Paul est en prison dans sa première captivité, il donne des salutations de ceux de la maison de César. Il y avait peut-être aussi une dimension sociale importante : ceux de la maison de César qui semblaient être devenus des chrétiens. Voilà que le Saint Esprit met aussi bien ces Juifs, que ceux de la maison de César, que ces gens de nations avec le polythéisme énorme qui existait, il les met tous ensemble.

Nous n’échappons pas à notre éducation. Nous pouvons nous demander qu’est-ce qui fait que nous soyons ensemble dans le rassemblement ? Est-ce que c’est une dimension sociale, culturelle ? Est-ce que ce sont des gens qui pensent la même chose sur la Parole ? C’est très important de nous interroger là-dessus. Ce qui nous lie, bien-aimés du Seigneur, c’est que nous avons un même Sauveur, un même Seigneur, un même Père.

Imaginons la difficulté parce qu’il y a peut-être une autre dimension qu’il faut souligner. Là nous sommes tous avec notre Bible en main, Ancien et Nouveau Testaments. Très bien. Mais imaginons ce que c’était pour ces gens-là. On ne tirait pas comme ça le livre de la bibliothèque.

On avait la Torah, peut-être dans certaines familles, et encore ! On l’avait surtout entendue. Il y avait quelques épîtres qui commençaient à circuler, peut-être un évangile ou deux. Et ces gens sont là ensemble avec tout leur passé, avec le système juif qui est là, ces jours d’observation, ce qu’il fallait faire, ce qu’il ne fallait pas faire. Il y avait aussi tout ce que les nations avaient dans leur religion passée qui ne leur semblait pas si mauvais que cela, même s’ils avaient reçu le Seigneur.

On l’a dit : il y avait des difficultés chez les Galates, chez les Hébreux, chez les Colossiens où il y avait aussi des docteurs juifs. Il fallait vivre dans une bonne harmonie, non pas dans des compromis : « Je te cède là-dessus, mais tu acceptes ceci » comme on fait dans le monde où on négocie et on trouve une espèce de compromis plus ou moins boiteux. Non.

Le Saint Esprit les invitait à autre chose et le Saint Esprit nous invite aussi dans les rassemblements à autre chose : « Garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix » (Éph. 4. 3). C’est un verset qui peut résonner dans chacun de nos cœurs par rapport à notre vie d’assemblée.

J’aimerai juste rappeler aussi que ce passage s’inscrit dans la suite des exhortations qui commencent au chapitre 12. D’une certaine manière les premiers versets du chapitre 12 sont une préface et on pourrait dire un guide pour comprendre tout ce qui suit.

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent. Et ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite » (Rom. 12. 1 et 2).

Nous n’avons pas à étudier ce verset, mais j’aurai souhaité simplement souligner d’abord : « Je vous exhorte ». Il ne s’agit pas de placer des commandements, de placer des normes, de placer des règles, pour encadrer la vie des croyants ici. Il s’agit d’un ministère d’exhortation, d’encouragement, d’avertissement, destiné à stimuler notre foi, notre amour fraternel.

C’est ainsi que ces différentes questions qui se posent au chapitre 14 peuvent être abordées, non pas par un encadrement, par des règles, mais par cet esprit d’exhortation à vivre selon les compassions de Dieu, ce que nous avons appris des compassions de Dieu. Nous sommes tous les objets de cette immense compassion de Dieu qui nous a aimés et qui nous a pris dans notre misère et qui nous a sauvés.

Notre frère, c’est le frère pour lequel Christ est mort comme il est dit dans ce passage (v. 15). Quelle valeur il a aux yeux de Dieu et aux yeux de Christ par les compassions de Dieu !

Et nous sommes appelés non pas à nous mettre en avant nous-mêmes, non pas à nous faire valoir, mais « à présenter nos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est notre service intelligent ». Alors cela nous donne l’esprit dans lequel toutes ces exhortations, ces enseignements de l’apôtre Paul sont placés devant nos cœurs. Ils ne sont pas placés devant nos intelligences. Ils sont placés sur nos cœurs et sur nos consciences.

Et puis on a parlé de la Loi très brièvement et du légalisme. Le légalisme est un danger. Un frère disait une fois : « Comment se fait-il que l’apôtre nous appelle à supporter les faibles, alors que par ailleurs le légalisme est un tel danger qu’il faut qu’il soit complètement supprimé, ôté ? »

Et effectivement l’épître aux Galates est, si on peut dire, sans pitié pour le légalisme. Mais ce n’est pas exactement de légalisme qu’il s’agit ici. Il s’agit de conscience, une conscience qui peut être faible, une conscience qui peut être mal instruite. Mais c’est par conscience que certains s’abstiennent, que certains honorent un jour, que certains prennent telle ou telle attitude. C’est leur conscience qui leur dit cela.

Le légalisme est différent. Simplement il y avait un grand danger de développer le légalisme à travers ces exercices de conscience. Si par conscience envers le Seigneur, par conscience envers Dieu, j’estime qu’un jour est plus important qu’un autre jour, j’estime que je ne dois pas manger ceci ou que je ne dois pas boire de vin, c’est ma conscience devant le Seigneur.

Elle est faible car je ne jouis pas pleinement de la liberté que le Seigneur m’a acquise. Mais c’est ma responsabilité, en quelque sorte, devant le Seigneur. Mais si je dis que non seulement j’estime que je ne dois pas boire de vin, je ne dois pas manger ceci, je dois respecter tel ou tel jour, et si je viens dire : De toute façon vous savez bien que vous êtes sauvé par la foi, mais si vous n’y ajoutez pas le respect de tel jour, si vous n’y ajoutez pas le respect de tel commandement, si vous vous permettez de boire du vin, si vous vous permettez telle attitude, alors vous n’êtes pas un vrai chrétien, vous n’êtes pas un croyant fidèle, vous n’êtes pas ce que le Seigneur attend de vous. – alors si je commence à imposer quelque chose qui était dans ma conscience, mais que je vais maintenant imposer comme une règle pour mes frères, alors là c’est du légalisme et le légalisme devient une catastrophe, cette catastrophe que Paul combat dans l’épître aux Galates en disant : Mais vous êtes insensés, vous que le Seigneur a placés dans la liberté, vous avez ajouté une ordonnance et une autre et vous allez dire : La vie chrétienne ce n’est pas de marcher par la foi, c’est de marcher par la foi, plus le respect des ordonnances.

Alors là on tombe effectivement dans le légalisme et c’est une catastrophe. Ce chapitre 14 est particulièrement important pour nous parce qu’il nous montre justement que l’apôtre, en quelque sorte, sentait ce danger du légalisme. Il sentait le danger de glisser de ce qui est ma conscience devant le Seigneur, même si elle est faible.

La conscience de mon frère, c’est sa conscience devant le Seigneur. Je suis appelé à en tenir compte. Le danger de glisser de cela vers le légalisme, qui est que je vais imposer à tous les frères ce que je ressens moi dans ma conscience, en leur disant : Vous ne serez pas de bons chrétiens – si je peux parler ainsi – tant que vous n’aurez pas prouvé votre foi en y ajoutant telle et telle ordonnance. Et c’est là le grand danger du légalisme.

Encore deux ou trois remarques introductives. On a déjà parlé des trois textes qui ont à faire plus ou moins avec le même sujet. On a parlé sur 1 Corinthiens 8, sur Éphésiens 4 et ici sur Romains 14. Dieu ne nous donne pas la Bible comme nous voudrions l’avoir quelquefois, peut-être juste un livre sur le sujet A, un deuxième livre sur le sujet B. Ce n’est pas ainsi que l’Esprit Saint agit.

Il prend toujours la situation dans une assemblée, parmi les croyants et Il mentionne les points essentiels, importants, pour eux. C’est pour cela que nous trouvons ce sujet dans différents livres, aussi dans les Galates et les Colossiens. 1 Corinthiens 8 nous donne ce sujet dans le cadre de l’ordre dans l’assemblée.

C’est l’assemblée dans l’ordre de Dieu qui est présentée dans les différents chapitres. Cette question de l’ordre dans l’assemblée a une importance. En Éphésiens 4 il nous est demandé de garder l’unité de l’Esprit dans le lien de la paix et nous trouvons que dans cette exhortation il faut se supporter – mais l’Esprit nous montre qu’il y a certainement des limites à cela.

L’unité de l’Esprit, ce n’est pas une unité humaine. Et ici dans notre chapitre nous trouvons que ces choses, faibles et forts, ont à faire avec nos relations personnelles l’un avec l’autre dans le royaume que nous trouvons dans le verset 17. Comme croyants nous ne sommes pas seulement placés dans la création, nous ne sommes pas placés seulement dans l’assemblée, mais aussi dans ce royaume de Dieu où Dieu a l’autorité et où les croyants ont à faire l’un avec l’autre comme nous le voyons ici avec des différences et comme nous l’avons entendu avec aussi des éducations différentes.

Et pour cela Dieu nous enseigne comment on peut se comporter l’un avec l’autre dans une autre unité comme nous l’avons lu dans le v. 7 du chapitre 15 : « Recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Il y a une unité aussi dans cette sphère, une unité de cœur, d’accepter de recevoir.

Certainement ce n’est pas ici une question de la réception à la table du Seigneur, mais de l’un l’autre dans cette sphère des contacts personnels que nous avons tous, j’espère bien, entre nous parmi les croyants.

Deuxièmement nous avons déjà entendu dans l’introduction que le problème direct pour la plupart d’entre nous n’existe pas, mais certainement qu’il y a des pays où ce problème existe encore. En Israël par exemple où il y a des Juifs qui se convertissent, ça reste vraiment un problème existant.

Il y a une deuxième ligne que nous avons aussi dans nos pays encore aujourd’hui. En France avec ma culture allemande, avec mon éducation qui est un peu différente de l’éducation, de la culture ici en France. Peut-être que ce n’est pas directement ici en France, mais il y a des croyants, particulièrement en Europe de l’est avec des expériences et une culture différente. Pour eux quelqu’un qui boit de l’alcool, c’est certainement un incrédule. Dans notre culture c’est différent. Si les croyants de ces deux cultures viennent ensemble, ça peut causer des problèmes.

Il y a une troisième ligne que nous avons vue : il y a tant de choses qui sont une question de conscience et pas une question de doctrine. Il y a deux dangers. On peut faire de toute question une question doctrinale. L’apôtre nous montre que c’est faux. Certainement que l’autre côté existe aussi. On dit : Il n’y a que des questions de conscience. Et ça aussi c’est faux.

Et pour cela il faut vraiment toujours regarder chaque point. Chacun de nous a une expérience différente certainement, et l’un est plutôt du côté tout est conscience, et l’autre est plutôt du côté tout est doctrinal. Il faut que nos consciences et nos pensées soient enseignées par la Parole et cela éclaire les choses.

Dernière remarque : l’apôtre maintenant avec cette question – c’est remarquable – fait une distinction « faibles et forts ». J’ai pensé : il va développer afin de faire du faible un fort, pour enseigner le faible, mais il ne le fait pas. Certainement dans le Nouveau Testament les apôtres nous apprennent des choses pour vivre la liberté chrétienne. Mais ici sur ce point l’apôtre ne le fait pas et je crois que c’est important pour nous.

S’il y a un point où il y a des différences entre mon frère et moi, la première chose n’est pas d’essayer de l’enseigner sur ce point. Mais la première pensée, comme nous le voyons dans le verset 1, c’est : « Recevez-le ». Ça veut dire que premièrement on reçoit et on n’essaie pas de changer son frère ou sa sœur, mais de le recevoir. Et par la communion, souvent les choses changent aussi. Mais est-ce que c’est vraiment mon attitude de recevoir mon frère, même s’il est différent dans sa conscience sur ces points ?

On a fait un peu le lien entre ces trois chapitres, 12, 13, 14. Il me semble qu’il y a une ressemblance avec 1 Corinthiens 12, 13 et 14.

Dans le chapitre 12 ici, on a la fonction de chacun. Dans 1 Corinthiens 12 aussi, il y a le bras, l’œil, l’oreille et toutes les différences, la fonction de chacun. Mais chacun a une fonction. Tu as une fonction, les sœurs aussi. Chacun, on n’y échappe pas. On a reçu une fonction. Dès qu’on appartient au Seigneur, on ne peut pas dire : Maintenant je suis tranquille. On a un service, une fonction. C’est ce chapitre 12.

Le chapitre 14 c’est la conduite. 1 Corinthiens 14, c’est aussi la conduite. Les gens regardent, ils hochent la tête, ils disent : « Ah ! il est croyant. Extraordinaire : ils s’aiment ». Ce n’est pas extraordinaire, c’est naturel. C’est la conduite de chaque croyant. Ils s’aiment. C’est cela qui est important. 1 Corinthiens 13 nous parle de l’amour. Et ici aussi.

J’aime relever aussi le verset 10 de Romains 13 : « L’amour ne fait pas de mal au prochain ; l’amour donc est la somme de la Loi ». Si on transgresse et qu’on n’ait pas l’amour dans nos cœurs, je ne veux pas dire que le chapitre 14 est inutile, pas du tout, mais on passe dessus. On a compris le chapitre 14 : « L’amour ne fait point de mal au prochain ».

Je voudrais dire aussi les principes que l’on a. Les principes sont importants. S’il n’y a pas de principes, c’est la tolérance, on admet n’importe quoi, c’est l’anarchie en quelque sorte. Là dans ce chapitre on a trois principes : la liberté chrétienne, la responsabilité chrétienne et la solidarité chrétienne. Juste un mot sur ces choses.

– La liberté chrétienne : chacun est libre. On dit : on est chrétien, on est libre. Mais où commence la liberté et où finit-elle ? Philémon : tu es libre, tu es libre de faire ce que tu veux faire. Oui, « toutes choses me sont permises » dit l’apôtre ailleurs (1 Cor. 6. 12).

Alors je peux faire ce que je veux. Ah ? Du moment que tu es converti, du moment que tu as cru au Seigneur Jésus, tu appartiens à un Maître. Tu es esclave. Tu es libre, mais tu es esclave. Et cela c’est un esclavage extraordinaire. Nous devrions tous nous réjouir d’être esclaves d’un tel Maître. Libres, mais esclaves. Esclave, j’use de ma liberté pour quoi ? Pour faire du bien ou pour essayer justement de dire : Ah ! je ne veux pas être comme cela, difficile et tout, moi je fais n’importe quoi, je peux me permettre n’importe quoi. Tu peux te permettre ? Non, ce n’est pas vrai. On est esclave du Seigneur.

Même de mon corps : ça, c’est 1 Corinthiens 6. C’est là qu’il est écrit : « Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune ». Et on voit exactement 1 Corinthiens 14. Il est parlé beaucoup d’édification.

Dans Romains 14, notre chapitre, est-ce que ce que je fais édifie ? Remarquez que jamais on ne peut édifier sur quelque chose de négatif. Si on est négatif vis-à-vis de quelqu’un, on ne parle pas des forts et des faibles. On parle des forts et des faibles : je fais une petite parenthèse. Ici il faut être honnête – ici vous dites : Moi, je suis dans la catégorie des forts. Est-ce qu’il y en a qui disent : Ah ! non, moi je suis dans la catégorie des faibles ?

Mais si j’utilise ma force pour faire broncher un faible – dans le chapitre14 c’est cela – à quoi sert ma force ? Je suis libre, mais je suis libre pour édifier, pour agir en amour. C’est cela la liberté chrétienne.

Ça nous fait tomber dans le deuxième principe qu’on a dans ce chapitre :

– La responsabilité individuelle. Vous savez, un jour on rendra compte. On voit ici dans le v. 10 qu’il est parlé du tribunal de Dieu. Dans 2 Corinthiens 5 il est parlé du tribunal de Christ. C’est un peu différent.

Au tribunal de Christ, on ne dit rien du tout, les choses sont manifestées, on regarde, on voit ce qui s’est passé ; toute notre vie se déroulera comme un film quand on sera dans le ciel au tribunal de Christ. Ici on doit rendre compte. Là on rend compte de ce que l’on a fait, on est responsable. Je ne serai pas responsable vis-à-vis de ce que tu as fait ou bien vis-à-vis de toi, de ce que tu as fait vis-à-vis d’un autre frère. Ça, ça m’est égal.

Le Seigneur ne te demandera pas, Il ne demandera à personne : Pourquoi t’es-tu comporté comme cela vis-à-vis de ton frère ? Il te demandera : Comment t’es-tu comporté vis-à-vis de moi ? On est responsable vis-à-vis du Seigneur à cet égard. C’est la responsabilité.

Il y a trois choses qui sont très importantes, sur lesquelles il faut quand même insister. – La première : il nous faut avoir une unité de pensée sur les questions doctrinales. On ne parle pas de doctrine ici mais dans Romains 8. 1 : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus ».

Si je commence à te dire : « Oui, oui, d’accord, si tu pèches, tu perds le salut ». Ça c’est une fausse doctrine. Dans toute question on a Éphésiens 4. 3 qui est tellement important : « vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ». On aura la pensée de Christ et une unité de pensée dans la saine doctrine. Ça c’est tout à fait important. On ne peut pas commencer à avoir des fausses doctrines ou à partager des choses qui sont tout à fait fausses concernant la personne de notre Seigneur, concernant l’œuvre de notre Seigneur Jésus Christ. Il faut avoir une unité.

– Deuxième chose : c’est ce qu’on voit là dans notre chapitre 14 en particulier. C’est la liberté chrétienne. L’apôtre Paul ne réclame jamais l’uniformité de pensées, on l’a rappelé, on souligne cela. Tu as une pensée sur ce passage, j’ai une autre pensée. On ne va pas commencer à faire des disputes théologiques sur une pensée là où l’apôtre Paul dit : l’uniformité n’est pas importante, pas ici.

Alors si elle n’est pas importante, je peux aussi accepter. Il y a la liberté sur une pensée différente sur un verset ou sur un autre. Des fois, cela a été source de conflits, simplement pour des pensées qui n’étaient pas importantes. L’apôtre ne réclame pas l’uniformité à cet égard.

– La troisième chose qui est importante aussi, c’est qu’en toutes choses, il nous faut avoir aussi de la charité. Unité, liberté, charité. La troisième chose qu’on voit aussi ici, c’est la solidarité (c’est le 3e point, après la liberté et la responsabilité chrétiennes). Remarquons qu’il y a toujours un impact sur la manière dont je me comporte vis-à-vis d’un frère. C’est ce qu’on voit à la fin, dans le dernier paragraphe, v. 13 et à la fin, le frère qui est faible, qui n’a pas tout compris. Ce n’est pas qu’il n’a pas tout compris, mais il a d’autres choses.

Moi aussi je suis faible vis-à-vis d’un autre frère parce que l’autre frère dira : Ah ! mais alors il se permet ceci ou cela, des choses qui ne sont pas importantes, on a parlé de boissons, on a parlé de repas, on parle de jours. Vis-à-vis de mon frère faible, il y a un impact, il y a toujours un impact dans ce que tu fais vis-à-vis de ton frère. On est solidaires les uns des autres. Il s’agit du frère pour lequel Christ est mort (v. 15).

Le Seigneur Jésus est mort pour ton frère, mais le Seigneur Jésus est mort pour toi aussi. Et s’il est mort pour toi, c’est qu’il a fait un immense sacrifice et puis toi, tu n’es même pas capable de faire un tout petit sacrifice pour ton frère ! Solidarité : tout ce qu’on fait a un impact sur mon frère, sur ma sœur, sur ma famille. On voit cela dans les familles déjà.

La liberté, la responsabilité individuelle de chacun vis-à-vis de Dieu – cela nous met à notre place – et puis la solidarité, l’impact qu’il y a sur nos frères et nos sœurs. L’amour dont le Seigneur nous a aimés, cet amour-là c’est la somme de la Loi. L’amour ne fait point de mal au prochain, impossible.

On a évoqué les versets 12 et 13. Il est remarquable que dans les versets 12 et 13 les adresses sont générales. L’apôtre ne s’adresse pas à une catégorie ou à une autre de croyants. C’est ce premier verset du chapitre 14, qui comme au bout d’un développement, dit : Et maintenant, que faut-il faire quant à celui qui est faible ?

Plus loin il est dit : « L’un croit pouvoir manger de toutes choses ; l’autre qui est faible, mange des herbes ». « L’un croit pouvoir manger » : il n’a pas encore parlé de forts. Il a parlé de celui qui est faible et de celui qui a le regard vers l’autre qu’il appelle faible, et qui se croit donc fort, qui croit pouvoir manger de toutes choses. D’abord « quant à celui qui est faible en foi, recevez-le ». Voilà il est faible en foi et alors ? Il n’est pas différent, recevez-le.

Et puis il y a une deuxième partie du verset. J’ai longtemps eu de la peine avec cette deuxième partie. Comment fallait-il la prendre ? « Non pas pour la décision de questions douteuses ». D’autres traductions disent plutôt : sans critiquer ou discuter ses opinions. Il y a un peu de tout cela. La décision, c’est trancher dans quelque chose. Je prends exprès ce mot « trancher ». Parce qu’il y a ce qui est d’un côté et il y a ce qui est de l’autre une fois que j’ai tranché. J’ai séparé en deux parties, j’ai tranché et j’ai ôté une partie pour en garder une autre.

Il ne s’agit pas de cela : « recevez-le ». Après il parle de questions « douteuses », (douteuses entre crochets), de questions, d’interrogations, de sujets à mûrissement, à réflexion. On va trancher là-dedans alors que c’est quelque chose qui doit faire son chemin, prendre son temps. Non, tout cela, laissez-le de côté, « recevez-le ». Recevez-le et tout le reste viendra après.

Ce n’est pas une condition pour recevoir mon frère. Bien sûr là, une précision quand même : il ne s’agit pas de la réception à la table du Seigneur, il s’agit de se recevoir l’un l’autre dans nos relations l’un avec l’autre, accepter de recevoir l’autre comme il est.

Cette phrase, l’apôtre la plaque en quelque sorte et après il l’explique, il l’illustre. « L’un croit pouvoir manger de toutes choses ; l’autre qui est faible, mange des herbes ». Remarquons que manger des herbes, je n’ai pas en tête que la Loi interdisait de manger de la viande.

La vie est à Dieu, le sang c’est la vie. Je n’ai pas le droit de manger de viande parce que la vie appartient à Dieu, je ne mange que des herbes. Ici, on touche vraiment à la question qui a déjà été évoquée, des scrupules, des exercices de conscience sur un sujet ou bien une réflexion. Il y a un vrai exercice.

« L’un croit pouvoir manger de toutes choses ; l’autre qui est faible, mange des herbes ». Le faible là est mis en relation avec cette retenue vis-à-vis de quelque chose à l’égard de laquelle celui qui est ou qui se croit fort – il y a les deux côtés qui se présentent – n’a pas de problème, n’a pas de difficulté, ne voit peut-être même pas le problème.

Je ne vois pas le problème qu’il y a à manger de la viande. C’est ce qu’on entend assez facilement : je ne vois pas le problème de ceci ou cela. Et quand je ne vois pas le problème, je n’arrive pas à me mettre dans la peau de l’autre. Le v. 3 s’adresse à chacun, à l’un et à l’autre. Il ne s’adresse pas qu’aux forts. Le verset 1 disait : « celui qui est faible en foi, recevez-le ». Donc ça s’adresse plus aux forts. Le verset 3 dit : « que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas ; et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange ».

Il y a deux regards croisés l’un vers l’autre. Je regarde au frère et lui me regarde. Et on constate une différence sur quelque chose que nous ne faisons pas de la même façon. Et puis cette différence, qu’est-ce qu’on en fait ? Elle m’amène moi, peut-être, à mépriser ou à juger l’autre. Mais l’un comme l’autre, nous avons tort, l’un comme l’autre nous avons une attitude qui n’est pas le regard de Christ, tout simplement. « Car Dieu l’a reçu ».

Et c’est vrai pour le regard du faible vers le fort, c’est vrai pour le regard du fort vers le faible. Nous ne faisons pas la même chose, nous ne faisons pas pareil, nous avons un exercice qui n’aboutit pas au même résultat. Nous avons une tendance, nous devons la reconnaître. Si j’ai tendance à juger mon frère, ou si j’ai tendance à mépriser mon frère, nous remarquons bien : « que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas » : c’est comme s’il regardait de haut avec condescendance et « que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange » : celui qui est faible juge l’autre.

Attention ! tu fais quelque chose qui n’est pas permis, qui n’est pas bon. Au fond en jugeant ou en méprisant, il y a toujours un regard de supériorité sur l’autre. Donc au fond on parle de faible et de fort, mais chacun de son point de vue se retrouve avec le même regard décalé. Le v. 3 se termine par : « car Dieu l’a reçu ». Et le v. 4 enchaîne : « Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? » « Qui es-tu ? » Le « tu » s’adresse à chacun. « Qui es-tu », c’est comme la voix de Dieu qui me dit : Et toi, qui es-tu ? Qui t’a donné l’autorité et la fonction de porter ce regard d’appréciation sur ton frère ?

J’en reviens à ce que j’avais vaguement évoqué dans l’introduction : on a, tout au long de ce chapitre, de ces interpellations ; on a là ce « qui es-tu », on a au v. 10 : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? » Et puis on peut passer les deux chapitres en revue, et on a toujours de nouveau ces interpellations.

C’est l’apôtre Paul qui parle, mais qui parle au fond comme si c’était le Seigneur qui nous le disait, comme si le Seigneur nous interpellait chacun : Et toi, ce que tu fais là, qu’est-ce que cela a comme conséquences, qu’est-ce que ça révèle de ton regard, de ton appréciation, quel effet cela a sur ton frère, quelles conséquences cela va avoir sur ton frère ?

« Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? » le domestique. On a évoqué le terme d’esclave tout à l’heure. Oui, esclave, domestique. Paul se présentait comme esclave du Seigneur Jésus. Nous sommes tous dans cette position d’esclaves. Le Maître, c’est Lui. Est-ce que le regard qui méprise, le regard qui juge, ce ne serait pas une prétention à prendre la place du Seigneur et à se mettre à sa place comme Maître ?

 « Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? Il se tient debout ou il tombe pour son propre maître ». Il a son Maître qui l’utilise pour un service, qui le forme pour ce service, qui lui donne les indications, qui le conduit. « Il se tient debout ou il tombe » : c’est des chemins que le Maître a décidés, différents. Mais le verset ne se termine pas comme cela. « Et il sera tenu debout, car le Seigneur est puissant pour le tenir debout ».

Cela me fait penser au livre de Daniel au chapitre 5 lors du festin de Belshatsar où, quand Daniel reprend Belshatsar en lui rappelant le cheminement qui a été celui de son père, où il présente la grandeur qu’avait Nebucadnetsar : « Il tuait qui il voulait, et il conservait en vie qui il voulait ; il exaltait qui il voulait, et il abaissait qui il voulait » (v. 19).

Deutéronome 32. 39 et 40 : « Voyez maintenant que c’est moi, moi, le Même, et il n’y a point de dieu à côté de moi ; Moi, je tue, et moi, je fais vivre ; moi, je blesse, et moi, je guéris ; et il n’y a personne qui délivre de ma main ». La pleine souveraineté de Dieu mise en paraphrase de la puissance que Dieu avait donnée à Nebucadnetsar, mais ici nous avons quelque chose de différent : la pleine souveraineté de Dieu qui a tous les droits pour tenir debout ou faire tomber, mais parce qu’Il s’est révélé en Jésus en grâce – « Il sera tenu debout, car le Seigneur est puissant pour le tenir debout ».

Le faible comme le fort seront tenus debout. Dieu est puissant, Dieu les gardera, Dieu agira, pour tenir son serviteur, son domestique, son esclave, debout. Alors quel regard avons-nous la prétention d’avoir sur notre frère ?

On a parlé de la conscience. Nous avons tous une conscience et depuis la chute a été ajoutée cette notion du bien et du mal. Nous n’avons jamais à violenter notre conscience, à ne pas tenir compte de notre conscience. Ça c’est une première chose. D’autre part notre conscience n’est pas une norme du bien et du mal.

C’est dit même par l’apôtre Paul dans la 1ère épître aux Corinthiens au chapitre 4 : « Je n’ai rien sur ma conscience ; mais par là je ne suis pas justifié » (v. 4). Il y a un danger parmi nous de dire : J’ai ma conscience avec moi, et justement imposer des exercices de conscience comme si notre conscience était une norme. Non.

Nous avons besoin que notre conscience soit affûtée, si on peut prendre cette expression, affûtée par la Parole de Dieu, pas par nos pensées.

On a parlé de doctrine. Je voudrais ajouter une chose : c’est les coutumes. Je voudrais mettre une pensée sur le cœur de tous nos jeunes ici, qui s’interrogent peut-être sur beaucoup de choses qui se passent dans les rassemblements ; demandez-vous toujours : Est-ce que c’est une doctrine dont la Parole de Dieu rend compte ou bien est-ce que c’est une coutume ?

Parce que, comme cela a été dit, ce n’était pas une question de doctrine, c’était une question de coutume qu’on ramenait de son éducation, qu’on ramenait de son ancienne religion. C’est très important que vous fassiez ce distinguo entre ce qui est une doctrine et ce qui n’est pas une doctrine, et une coutume. Vous voulez quelques exemples ?

Que les femmes ne s’expriment pas dans le rassemblement, c’est une coutume ou une doctrine ? Que nous nous asseyions les messieurs d’un côté et les dames de l’autre, c’est une coutume ou une doctrine ? Je ne donne pas la réponse, je vous laisse vous interroger. Que nous ayons un cantique, une prière, un cantique, une prière, un cantique, une prière…, c’est une doctrine ou une coutume ? Posez-vous la question.

Que nous nous rassemblions le dimanche et pas un autre jour, c’est une doctrine ou une coutume ? On est libre le samedi finalement aussi.

Je voudrais ajouter autre chose. Certains disent : Oui, ça c’est une coutume et on va essayer de la dégager le plus rapidement possible. Et en la dégageant vous allez mettre une autre coutume à la place. Vous voulez un exemple ? On parlait tout à l’heure, les messieurs d’un côté, les femmes de l’autre. Il y a d’autres pays où l’on se met par familles, où on met les enfants plutôt devant.

Bien sûr quelquefois ça s’est fait dans nos rassemblements et certains ont vu rouge lorsque des jeunes se sont mis ensemble. Attention ! c’est difficile à justifier par la Parole, le fait d’être séparés hommes et femmes. C’est quand même très difficile. Ceux qui ont voulu transpirer pour le faire, le résultat n’était pas très convaincant. Quand même, ceux qui veulent enlever les coutumes ou remplacer les coutumes, il faudrait que tu te places d’abord devant le Seigneur en te posant la question : Pourquoi est-ce que je veux enlever cette coutume ?

Est-ce que je suis dans la contestation, est-ce que je veux faire la leçon aux autres ? Il y a un cas où il faut enlever une coutume, c’est quand une coutume contrarie l’action du Saint Esprit et est négative pour qu’Il puisse s’exprimer.

Par rapport à ce qui vient d’être dit on pourrait lire deux ou trois versets dans l’épître aux Colossiens au chapitre 2.

« Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances, – ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! – (choses qui sont toutes destinées à périr par l’usage,) selon les commandements et les enseignements des hommes (qui ont bien une apparence de sagesse en dévotion volontaire et en humilité, et en ce qu’elles n’épargnent pas le corps, ne lui rendant pas un certain honneur), pour la satisfaction de la chair ? » (v. 20 à 23)

Ici je m’adresse plutôt à ceux parmi nous qui sont plus âgés. Faisons aussi attention à toutes ces règles. Il est bien dit que ces règles ont une apparence de sagesse en dévotion, en humilité, mais ce n’est qu’une apparence. Et cela en effet lorsque nous parcourons différents pays, on voit qu’il y a des habitudes différentes.

Je me rappelle quand j’étais adolescent, je suis arrivé dans un certain pays où on interdit la télévision, on ne pouvait pas fumer, on ne pouvait pas boire d’alcool. Ce sont des règles qui ont une bonne apparence, mais par contre la majorité des sœurs avaient les cheveux coupés courts. Ça la Parole le dit clairement\Sur cette question, la Parole est très claire. Je prends un exemple : la télévision était interdite dans certaines régions, dans certaines contrées ; par contre on écoutait la radio qui était interdite auparavant. Le danger c’est lorsqu’on a été empêché de regarder la télévision, lorsqu’arrive le moment où on a la possibilité de le faire, on n’a pas été habitué à contrôler ce que nous faisons avec la télévision.

On le voit maintenant avec Internet, et c’est bien plus dangereux que la télévision. On peut voir des choses immorales sans que personne ne le sache, 24 heures sur 24. Nous devons donc apprendre à bien gérer ces choses-là. Là on ne peut pas l’interdire. Nous savons qu’Internet, nous en avons besoin dans tous les domaines de notre vie et nous ne devons jamais oublier que nous devons faire attention pour nous-mêmes. Et parfois il faut couper notre main, retirer notre œil, s’il est dangereux pour moi. Mais je ne dois pas forcer les autres à faire la même chose.

Juste sur ces deux attitudes que nous avons trouvées dans le verset 3 : mépriser et juger. Si on a une vue claire sur une chose, il y a toujours le danger de mépriser ceux qui ne l’ont pas, peut-être pas encore. Et de l’autre côté, il y a toujours le danger de juger l’autre personne – et c’est maintenant plus général que cette portion ici.

Je vois quelque chose que fait cette personne, et souvent je juge les motifs. Je crois que dans notre vie journalière, c’est une éducation de se comparer l’un l’autre. Il faut toujours se comparer à l’école, dans le travail, et que cette attitude de jugement de l’autre peut entrer très vite dans tous nos cœurs. Et pour cela je crois qu’on apprend quelque chose sur ce sujet ici.

L’apôtre nous enseigne à ne pas penser qu’on peut juger l’autre personne par une chose qu’elle fait. Certainement je ne parle pas des péchés, je ne parle pas non plus de la mondanité. Mais il y a tant d’autres choses et même quelquefois – je ne donne pas d’exemple, mais – j’ai connu une situation où j’ai jugé une autre personne à cause d’une chose qu’elle avait fait, et après quand j’ai parlé avec cette personne, j’ai compris la raison pour laquelle elle avait fait cela.

C’est pourquoi soyons très prudents pour juger l’autre personne, le frère, la sœur. Je crois que l’attitude de critique est dans tous nos cœurs. Comme il est dit dans le v. 4, laisser chacun dans des questions personnelles devant son Maître. J’ai mon Maître et Maître veut dire autorité. Le Maître pour mon frère, ma sœur, a aussi autorité sur lui et dans mes affaires pour moi.

On peut s’arrêter sur la fin du verset 5 : « que chacun soit pleinement persuadé dans son propre esprit ». L’apôtre utilise comme exemples le côté de manger ou de ne pas manger, de tenir compte d’un jour plus que d’un autre ou pas, et là il place devant nous que ce choix de faire ou de ne pas faire ne se fasse pas sans exercice, que chacun soit persuadé dans son propre esprit. Ça suppose que c’est une chose que j’ai considérée.

On a évoqué les habitudes. Si je le fais par habitude ou parce qu’un autre me l’a dit, ou parce que je l’ai senti comme ça et sans y réfléchir plus, sans m’y arrêter plus, il y a un problème. Il faut que ce que je fais soit le résultat d’un exercice avec le Seigneur. Cet exercice arrive à un moment donné à une conclusion qui ne sera peut-être pas immuable.

Le Seigneur va me former, va me conduire, m’amener à considérer les choses aujourd’hui dans ce registre de choses, aujourd’hui d’une certaine manière, demain d’une manière un peu différente. Il me fera saisir mieux – si on reste sur le manger – ce que la nourriture est dans ma vie.

Bien sûr pour l’Israélite il y avait les animaux purs et les animaux impurs. Et à Pierre, Dieu a dit : « Ce que Dieu a purifié, toi, ne le tiens pas pour impur » (Act. 10. 15). C’est une image pour parler des nations à Pierre mais elle a une portée plus lointaine\vaste. C’est des choses que l’on apprend petit à petit. Mais dans notre marche, nous devons marcher en prenant des décisions, en faisant des choix, qui sont le résultat de quelque chose, d’un bout de chemin avec le Seigneur. « Que chacun soit pleinement persuadé dans son propre esprit ». Je ne fais pas ces choses à la légère, je les fais après les avoir soigneusement considérées.

Il aborde ensuite la question des jours, il revient sur la question de manger, en insistant sur « à cause du Seigneur ». C’est bien cela. « Persuadé dans son propre esprit » – c’est « à cause du Seigneur » que je fais ceci. Ce n’est pour nulle autre raison que « à cause du Seigneur ». Aujourd’hui, à l’instant, j’ai compris ceci comme cela pour le Seigneur et puis le Seigneur me conduira et m’amènera plus loin pour Lui, à cause de Lui.

Et puis il y a ce « rendre grâces ». « À cause du Seigneur, car il rend grâces ». Manger la nourriture et l’autre ne mange pas à cause du Seigneur et il rend grâces à Dieu. Nous prenons les choses de sa main, nous sommes dans sa main, sous son regard, avec Lui. C’est très beau, la façon dont cela décrispe les problèmes. Quand on est à regarder son frère : mon frère fait comme ceci, moi je fais comme cela, lui se permet ça, ah ! lui est encore lié à ça, on est entre nous, tout est crispé.

Quand c’est devant le regard du Seigneur pour la nourriture, ça coule de source on peut dire. Je rends grâces, oui, le Seigneur me donne cette nourriture. Les choses prennent une autre mesure. C’est lui qui me donne. Je profite, je jouis de ce qu’il me donne sous son regard et j’avance avec Lui. On aurait tendance à parler à la manière du monde, en disant qu’il y a une relativisation des choses, mais ce n’est pas une relativisation dans le sens : tout est relatif, ça n’a pas grande importance.

Mais c’est ramener les choses à leur juste mesure devant Dieu dans sa présence, sous son regard. C’est quelque chose de très encourageant. Je ne suis pas livré à moi-même pour juger si ceci est mieux que cela. Je suis sous son regard et Lui m’enseignera à ce sujet-là. « Car nul de nous ne vit ayant égard à lui-même, et nul ne meurt ayant égard à lui-même ». Ce n’est pas nous-mêmes qui comptons, ce n’est pas mon frère qui compte – bien sûr il compte sous un autre angle – mais c’est le Seigneur, c’est pour Lui, c’est à sa mesure.

On peut dire que la manière de faire de l’apôtre Paul est toujours identique par l’Esprit de Dieu, que ce soit avec ceux qu’il connaît particulièrement, même de visage, ou avec ceux qu’il ne connaît que parce qu’il sait qu’ils sont les enfants du même Père et des rachetés du même Seigneur. Il désire ramener les cœurs de ces croyants, et les nôtres aussi, à Dieu, au Seigneur.

Il est remarquable – je ne veux pas revenir en arrière par rapport à ce que nous avons déjà dit, mais depuis le chapitre 12, pendant tous ces chapitres exhortatifs, toutes les exhortations de l’apôtre sont toujours dans ce fil d’or que l’on retrouve à travers ces chapitres : c’est de ramener les choses à Dieu.

Si vous regardez seulement ces deux exemples dans le chapitre 12 au v. 3, il dit : « Je dis à chacun de ceux qui sont parmi vous de ne pas avoir une haute pensée de lui-même » – il traite un autre sujet que celui de notre chapitre – « au-dessus de celle qu’il convient d’avoir, mais de penser de manière à avoir de saines pensées, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun ». Nous voyons comment l’apôtre tourne la question, si lancinante pour la chair, de l’orgueil, même spirituel. Mais il va placer les âmes devant Dieu, « selon la mesure ». Dieu a donné une mesure à chacun. C’est là le point important.

Si nous regardons au chapitre 13, il s’agit d’un autre sujet, se soumettre aux autorités. L’apôtre leur dit : « Il n’existe pas d’autorité, si ce n’est de par Dieu ; et celles qui existent sont ordonnées de Dieu ».

Voilà qui place dans un tout autre contexte la question de savoir s’il faut ou non se soumettre aux autorités. Si je réalise qu’elles sont données de Dieu, la difficulté, pour ainsi dire, va s’estomper et le chemin va s’éclaircir. Dans notre chapitre 14 on peut dire que cette pensée est de plus en plus prédominante. Nous venons de la voir à la fin du v. 5 dans ce que Jacques nous a présenté, mais encore au v. 6 davantage, et nous l’avons vu déjà un peu plus haut, et nous le verrons encore dans la suite du chapitre.

Toute la question de la relation des croyants entre eux avec les difficultés qui peuvent se présenter, est comme changée dès le moment où j’ai moi-même à faire avec mon Dieu dans ma relation personnelle – et dès le moment où je vois mon frère dans sa relation personnelle avec son Dieu, avec son Seigneur, les choses sont toutes changées et nous pouvons faire cet exercice.

Je le dis aux plus jeunes, moi-même je n’ai pas inventé ces choses, j’ai été instruit, nous avons des écrits qui nous en parlent, je les ai lus. Quand on réalise ce que l’apôtre enseigne, de quelle manière il enseigne ces croyants, si nous relisons les mêmes passages avec cette vision que nous avons à faire individuellement avec le Seigneur d’abord, que mon frère et ma sœur ont à faire avec le Seigneur, cela nous donne une tout autre lecture du même passage.

Je prends un simple exemple. Nous avons évoqué que nous ne pouvions pas nous arrêter à une chose ou l’autre qui concerne notre frère, qu’il aurait fait ou dit, et pour ainsi dire le réduire à cela. Mais c’est dans la mesure où moi-même je réalise que Dieu ne me réduit pas à ce que j’ai pu dire ou faire, ou à ce que je pense, ou à ce que je fais, mais que Dieu use d’une patience et d’une bonté, et d’un support et d’une grâce divine à mon égard, c’est dans la mesure où je peux jouir de ces choses que la relation avec mon frère ou ma sœur est toute différente. Je vais la voir autrement.

Combien il est remarquable de voir qu’en effet l’apôtre ne va pas, au fond, dans tout ce qu’il évoque, résoudre les questions qui sont celles qui préoccupent les Romains. Il va à chaque étape et plus on avance dans le chapitre, plus tout nous ramène à une question de relation entre notre âme et notre Seigneur.

Ça ne veut pas dire que les exhortations que nous avons entendues et qui sont devant nous maintenant, n’ont pas leur place, mais dans ce contexte-là avoir conscience que Dieu opère en chacun de nous, que nous avons ce privilège d’avoir une relation avec un Dieu si grand, mais en même temps si profondément plein de grâce pour chacun de nous. Et quand nous avançons et que nous nous trouvons au tribunal de Christ ou de Dieu comme nous le voyons un peu plus loin, sans doute que c’est quelque chose de solennel.

Mais quel moment ce sera quand nous verrons les choses comme Dieu les voit et que ce qui aujourd’hui nous paraît difficile parce que nous ne comprenons pas pourquoi mon frère ou ma sœur voient les choses ainsi. Mais à ce moment-là, pour ce qui nous concerne, nous aurons cette bénédiction de voir les choses comme Dieu les voit. En attendant sa grâce nous aide, nous supporte.

Que veut dire l’expression « à cause du Seigneur » ? Je fais quelque chose à cause du Seigneur. Il y en a qui le font, il y en a qui ne le font pas. Nous avons vu ces deux côtés-là. « À cause du Seigneur », ça veut dire, je pense, par amour pour le Seigneur.

Quand nous regardons les choses de cette façon-là, nous comprenons très bien que l’un est tout à fait sincère devant le Seigneur comme l’autre est lui aussi tout à fait sincère devant le Seigneur. C’est quelque chose que Dieu attend de nous, une vraie sincérité devant lui. La sincérité, c’est d’ailleurs une attitude que Dieu approuve, qui trouve son approbation.

C’est dans beaucoup de questions que Dieu nous demande d’être sincères. Je peux faire une chose avec sincérité, je peux faire la même chose en ayant une autre pensée qui n’est pas tout à fait sincère. Donc, attention ! il s’agit d’être sincère devant Dieu. Et peut-être encore ceci : quand nous sommes sincères devant Dieu, nous avons aussi une attitude d’humilité devant Dieu. J’aimerai bien mentionner quand même cette expression : l’humilité devant Dieu évite ou m’empêche de critiquer. Est-ce que j’ai le droit de critiquer mes frères ?

Dans cette humilité devant Dieu, je laisse tout cela à Dieu. C’est à lui de juger, ce n’est pas à moi. Et cela nous ramène aussi bien sûr à cette autre expression que nous trouvons plus tard, le tribunal de Dieu, parce que c’est là où Dieu dit son jugement concernant chacun de nous, concernant chacun de ses enfants qui se trouvent ici devant lui, que ce soit les faibles, ou que ce soit les forts.

Une deuxième pensée. Quand il est parlé de faibles et de forts, nous avons quand même aussi une pensée de croissance. Je crois bien que c’est cela ou est-ce que je me trompe ? C’est aussi une question de croissance spirituelle. C’est la même chose d’ailleurs dans le premier verset quand nous avons la question : « non pas pour la décision de questions douteuses ». Pour cela il ne faut pas le demander aux faibles.

Donc c’est une question de croissance spirituelle par l’expérience spirituelle dans la communion avec le Seigneur. Quelqu’un qui a vécu pendant beaucoup d’années avec le Seigneur est arrivé à un autre niveau spirituel, à une maturité, pour pouvoir aussi parler de quelques questions qui peuvent être douteuses. Il me semble que c’est là une question entre faibles et forts.

Ce n’est pas la même chose que ce que dit l’apôtre dans la 2ème épître aux Corinthiens au chapitre 12 quand il parle de la faiblesse, quand il dit : « Quand je suis faible, alors je suis fort » (v. 10). Attention ! ça c’est autre chose. Ici fort et faible, c’est une question de croissance vraiment spirituelle.

Dans l’autre cas, en 2 Corinthiens 12, c’est autre chose, c’est de ne pas avoir de force en moi-même et l’apôtre dit : s’il s’agissait de ma force à moi-même, je suis faible. Je compte sur Dieu. C’est sa force, la grâce est là et la force de la grâce.

Je voudrais juste revenir sur ce dernier aspect, à la fois le côté de la sincérité et de la croissance. On a un exemple qu’on peut mettre en relation avec ce qu’on a ici dans 1 Chroniques. Dans 2 Samuel où on a le même récit, quand David va chercher l’arche. Il veut la faire monter à Jérusalem. Il doit s’y prendre à deux fois.

La première fois ils mettent l’arche sur un chariot et la montent à Jérusalem et là il y a cette faute : Uzza croit que l’arche va se renverser sur un cahot de la route et il veut la retenir. Dieu doit le frapper.

Mais dans 1 Chroniques 15, David convoque les Lévites. Il leur dit (v. 2) : « Il ne convient pas que l’arche de Dieu soit portée par personne excepté les Lévites ; car l’Éternel les a choisis pour porter l’arche de Dieu et pour en faire le service à toujours ». Et au v. 13 : « Parce que vous ne l’avez pas fait la première fois, l’Éternel, notre Dieu, a fait une brèche parmi nous ; car nous ne l’avons pas recherché conformément à l’ordonnance ».

On ne peut aucunement douter de la sincérité de David et des Lévites avec lui quand ils ont cherché cette arche. Cette sincérité était absolument nécessaire, mais en même temps il fallait un apprentissage, il y avait des choses qui avaient été perdues de vue, qui avaient été oubliées, qu’aussi bien David que les Lévites ont dû retrouver pour faire les choses dans l’intelligence de la pensée de Dieu, que ce soit les Lévites qui portent l’arche sur leurs épaules et qu’on ne la mette pas sur un chariot comme les Philistins avaient fait pour la renvoyer à Israël.

C’est une situation un peu différente de ce qu’on a là, en ce sens que dans la première situation il y avait une ignorance qui était coupable, qui était fautive. Mais je veux juste relever ce côté : on ne doute aucunement de la sincérité de David. Il voulait ramener cette arche. Elle avait sa place dans le lieu que l’Eternel a choisi qui n’était pas encore désigné à ce moment-là et il voulait le faire de tout son cœur. Et il y a eu la nécessité d’une « croissance » pour que dans cette sincérité il puisse faire selon Dieu et qu’il puisse entrer plus avant, plus à fond, plus entièrement, dans la pensée de Dieu dans cet acte-là.

Je vais peut-être dire un petit mot sur le fait de juger. Voyez, on ne juge pas, on laisse tout faire. On entend aussi qu’on n’a pas le droit de juger les personnes, mais qu’on peut juger les actes. Je ne sais même pas si c’est juste de parler comme cela. Il y a un passage dans Jacques qui est quand même très solennel. Il n’est pas question de juger mais quelque chose qui est assez proche : « Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères. Celui qui parle contre son frère ou qui juge son frère, parle contre la Loi et juge la Loi » (4. 11).

Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’avec les meilleures intentions du monde, je peux mettre mon opinion comme étant prioritaire par rapport à la Loi de Dieu et donc je n’honore pas la Loi, je la déshonore. C’est en cela que juger les motifs, juger les personnes, juger les faits – je crois qu’il y a quelque chose de plus simple. Est-ce que ce n’est pas de dire : Ne jugeons pas mais laissons la Parole juger les choses ?

Même quand il s’agit du mariage, nous pourrions juger les choses par rapport à notre ressenti. Imaginez un croyant qui se conduit mal, qui est adultère, pour prendre cet exemple. Je suis très choqué parce que moi je ne vis pas comme cela. Et alors j’ai jugé les choses par rapport à moi. Mais le Seigneur nous appelle à autre chose. C’est de juger les choses par rapport à Lui et par rapport à ce qu’Il nous dit dans la Parole de Dieu et non pas parce que je suis choqué.

Bien sûr que ça nous charge, c’est normal. Mais nous avons à établir les choses par la Parole de Dieu. La fornication, le Seigneur nous en parle ; l’adultère, le Seigneur nous en parle. C’est cela qui doit faire autorité et non pas même le fait que je sois choqué par ceci ou par cela.

Je dois donner encore deux très beaux exemples de quelqu’un, de deux personnes, deux serviteurs, même trois peut-être. Je pense à la bataille des rois. Nous connaissons l’exemple d’Abraham, nous qui quelquefois sommes tentés de penser que le défaut de mon frère c’est de ne pas être comme moi.

– Abraham a emmené du monde lorsqu’il est allé à la guerre contre ces rois. Il a emmené Aner, il a emmené Eshcol, il a emmené Mamré. Et quand le roi de Sodome est venu lui faire des propositions alléchantes, que dit-il ? « J’ai levé ma main vers l’Éternel, le Dieu Très-haut, possesseur des cieux et de la terre : si, depuis un fil jusqu’à une courroie de sandale, oui, si, de tout ce qui est à toi, je prends quoi que ce soit ».

Voilà un exercice profond. Il s’est placé devant Dieu, il a un exercice profond. Va-t-il maintenant vouloir que tous les autres fassent les mêmes exercices que lui ? Pas du tout. Eux, s’ils veulent prendre, qu’ils prennent. Est-ce que nous n’avons pas dans ce temps déjà bien reculé quelque chose qui nous parle du sujet que nous avons là ?

Au lieu de penser que ceux qui étaient avec lui auraient dû avoir la même attitude que lui, il concède à Aner, Eshcol, Mamré, de se conduire peut-être autrement que lui et ne pas vouloir que les autres se comportent exactement comme luiToutefois, il n’aurait pas été bon devant Dieu que les autres se conduisent d’une manière différente et acceptent la proposition du roi de Sodome.

– Il y a un autre exemple qui m’a quelquefois un peu troublé. C’est dans 2 Rois 5. Nous connaissons l’histoire de Naaman. Naaman a été guéri et puis Naaman qui n’a pas eu autant de réunions que nous, a un problème. Il se projette déjà dans le moment où il va se trouver avec le roi et puis il va y avoir la maison de Rimmon et puis, comme c’est un notable, il va être avec le roi et quand le roi va se prosterner, il va forcément être entraîné à se prosterner dans la maison de Rimmon.

Je ne sais pas comment nous aurions réagi. Ah ! non c’est une affreuse idole. Comment peux-tu l’envisager même ? Ce n’est pas ce que dit Élisée. « Va en paix ». Pourquoi ? Parce qu’il se refuse d’être un directeur de conscience pour Naaman, mais il a la confiance que celui qui a commencé une bonne œuvre dans cet homme, allait l’achever jusqu’au jour de Christ. Il sait bien que ce Dieu dont Naaman a éprouvé la puissance, la délivrance et l’amour, allait conduire Naaman dans un chemin qui l’honorerait.

– Il y a un autre exemple, que peut-être plusieurs ont à la mémoire. Il y avait de quoi faire un énorme problème dans l’assemblée de Colosses. Qu’est-ce que c’était ? Vous aviez d’un côté un certain Philémon qui était un homme nanti, qui avait de l’argent, qui avait des serviteurs, et d’un autre côté vous aviez un esclave qui s’appelait Onésime. Et voilà que ces deux vont se retrouver dans le même rassemblement.

Le problème pouvait être conséquent lorsque les partis s’en mêlent, en disant : Regardez, et puis il est là, et puis il lui a peut-être volé de l’argent… Onésime pouvait dire : Je fais le fier. Il ne veut rien me pardonner. Cela pouvait faire un problème énorme et une division. Il faut toute la délicatesse dont nous avons tellement à apprendre dans le livre de Philémon.

Au lieu de faire un bras de fer en disant : Il faut que tu fasses cela, Philémon, on voit un apôtre Paul qui se présente, non pas comme le grand apôtre mais qui dit : Je suis un vieillard et je suis en plus maintenant prisonnier. Voilà ce qu’il met en avant, et non pas une force comme les hommes savent en mettre. Non pas : Je te commande, mais Je te prie.

Est-ce que nous savons nous mettre aux pieds de nos frères ? J’aurai pu te commander, je ne te commande pas. Pourquoi ? Parce que si je te commande – vous pensez bien que Philémon allait lui obéir – et le fruit pour Dieu ? Rien du tout. Lorsque nous contraignons quelqu’un à faire quelque chose, on peut être bien content en se disant : Maintenant il est à peu près d’équerre sur le plan spirituel. Quel fruit y a-t-il pour Dieu ? Rien du tout.

Pourquoi l’apôtre Paul pose-t-il autant de questions aux Corinthiens ? Est-ce qu’il ne savait pas ce qu’il fallait faire à Corinthe ? Bien sûr qu’il le savait, mais il voulait que le fruit soit produit dans le cœur, dans la conscience. Et comme le dit l’apôtre Paul à Philémon : « afin que le bien que tu fais ne fût pas l’effet de la contrainte » mais qu’il y ait quelque chose que l’Esprit de Dieu allait produire dans Philémon et qui serait pour la joie du Seigneur.

Ce qui honore le Seigneur, ce n’est pas nos règlements. Ce qui honore le Seigneur, c’est ce qu’il peut produire dans un cœur dans la mesure où nous nous attendons à lui, dans la mesure où nous savons nous mettre aux pieds de nos frères de manière à ce que toute la gloire soit pour son saint Nom.

C’est pour cela que dans le passage que nous avons sous nos yeux aujourd’hui, nous avons cette progression pour ainsi dire entre le premier verset et le dernier verset. Dans le premier verset il nous est dit : « Quant à celui qui est faible en foi, recevez-le ». Ensuite, l’apôtre va plus loin. Quand on arrive au chapitre 15 verset 7 : « C’est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu ». Ce n’est pas seulement recevez-le, mais recevez-vous à la gloire de Dieu. C’est là le point important et en particulier quand on parle de juger, si je peux me permettre encore d’insister sur ce point.

Je voudrais pour qu’il n’y ait pas de méprise à ce sujet, rappeler ce que l’apôtre Paul dit aux Corinthiens dans le passage bien connu de 1 Corinthiens 5 : « Car qu’ai-je affaire de juger ceux de dehors aussi ? Vous, ne jugez-vous pas ceux qui sont de dedans ? Mais ceux de dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous-mêmes » (v. 12 et 13).

Nous comprenons que le point essentiel, capital, c’est ce qui touche à la gloire de Dieu. Il y a un moment où dans la sphère de responsabilité où nous nous trouvons, que ce soit dans notre responsabilité individuelle ou dans celle de la famille, si nous avons un foyer avec des enfants par exemple, ou dans la sphère de l’assemblée locale où nous nous trouvons, il y a un moment où il faut juger le mal quand il s’agit de la gloire de Dieu.

Mais combien nous aurions hélas, tendance à outrepasser cette mesure-là et à juger de notre point de vue, même le mal que l’on peut entendre, qui se passe ici ou là, au loin ou au près. Il nous faut faire attention. Il y a des sphères de responsabilité où nous avons à être exercés parce que c’est là que nous avons à rendre compte.

Mais il y a tant de situations dans lesquelles nous ne connaissons rien des circonstances et des exercices de nos frères, peut-être même de l’assemblée à côté, où nous n’avons pas à nous immiscer dans ce qui concerne la responsabilité d’une personne ou d’une famille, ou dans l’assemblée voisine. Il y a un danger à ce que la question de juger ne soit pas bien comprise quelquefois parmi nous.

Nous jugeons là où nous ne devrions pas juger et nous ne jugeons pas nos propres cœurs et ce qui nous concerne dans le domaine des responsabilités où nous nous trouvons. Que le Seigneur nous donne aussi de croître dans cette question si importante. Il s’agit de la gloire de Dieu. Il y a des choses, comme nous l’avons vu ce matin, qui sont des coutumes, dans lesquelles la gloire de Dieu n’est pas mise en jeu. Mais il y a des choses qui touchent à la gloire du Seigneur, de sa personne, de son œuvre et en particulier dans son caractère de sainteté parmi les croyants et là nous devons être très sérieux parce qu’il y va de sa gloire.

Personne ici ne peut dire : c’est un sujet qui ne me concerne pas. Qu’on soit âgé, qu’on soit jeune, qu’on soit un enfant, n’avons-nous pas tous cette tendance à juger les autres ?

Le problème est encore plus important lorsqu’on est un chrétien parce qu’un chrétien qui juge, c’est quelque chose qui n’est vraiment pas bien. Dans ce monde on sait que c’est ainsi. Et nous avons toujours notre ancienne nature qui est là et qui nous pousse à juger. Et juger, ça peut faire beaucoup de dégâts. Dans ce verset 4 que nous avons lu : « Qui es-tu, toi qui juges le domestique d’autrui ? » – qui es-tu pour juger les autres ? ou quel droit prends-tu pour juger les autres ?

J’aimerais lire quelques versets dans l’évangile de Matthieu au chapitre 7 : « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés : car, du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré. Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne t’aperçois pas de la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment dis-tu à ton frère : Permets, j’ôterai le fétu de ton œil ; et voici, la poutre est dans ton œil ? Hypocrite, ôte premièrement de ton œil la poutre, et alors tu verras clair pour ôter le fétu de l’œil de ton frère » (v. 1 à 5).

Est-ce que ce ne sont pas des versets solennels ? « Du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré ». Je suis dur envers les autres, je juge les autres durement, je serai jugé de la même manière. C’est ce que veut nous dire ce passage.

Alors nous devons faire très attention parce que c’est notre tendance naturelle. Dans notre passage nous avons : « Qui es-tu, toi qui juges » et puis le v. 10 : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? » Là encore on a dit : nous devons juger le mal. Alors pourquoi juges-tu ? Est-ce que c’est parce qu’il y a de la jalousie, est-ce que souvent on ne juge pas les autres et comme cela on ne pense pas à ce que nous, nous faisons ?

Un passage dans l’évangile de Jean au chapitre 8 : « Et au point du jour il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui ; et s’étant assis, il les enseignait. Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère ; et l’ayant placée devant lui, ils lui disent : Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? » (v. 2 à 5).

Ici il s’agit d’un vrai péché et on voit les pharisiens qui viennent au Seigneur et qui portent ce jugement et qui disent même ce qu’Il doit faire. Cette femme, d’après la Loi, doit être lapidée. Est-ce que nous ne pouvons pas nous aussi avoir des jugements durs lorsqu’il y a même un vrai péché ? Alors nous avons lu pourquoi. On voit la raison ici pour quoi ils amènent cette femme vers Jésus.

Ce n’est pas parce qu’ils avaient souci de la sainteté de Dieu. Il nous l’est dit plus bas : « Or ils disaient cela pour l’éprouver, afin qu’ils eussent\aient de quoi l’accuser » (v. 6). On voit qu’ici la raison n’est pas bonne du tout. N’avons-nous pas parfois nous aussi de telles attitudes ? Nous avons peut-être envie de juger quelqu’un, quand dans notre cœur il y a cette envie de juger ; et cela peut être un jeune vis-à-vis d’un plus âgé, un jeune vis-à-vis d’un frère de l’assemblée : il dit cela parce qu’il a telle attitude et nous le jugeons. Cela peut être aussi l’attitude d’un frère plus âgé qui juge un jeune.

Que devons-nous faire dès que cette pensée arrive ? C’est de prier, de prier pour ce frère qui nous énerve peut-être, qui nous agace. Mais prions pour lui. Pour ce jeune, prions pour lui. C’est la première chose que nous devons faire. Et quand on prie pour quelqu’un, on n’a plus envie de le critiquer. Il y a à côté du fait de juger, celui de critiquer et de médire. Ce sont des choses similaires.

En fait on peut juger dans son cœur, mais souvent on passe aux critiques et les critiques, c’est vis-à-vis d’autres personnes. On juge quelqu’un et on parle à d’autres personnes. Mais quels dégâts nous faisons en cela, déjà si ces jugements sont dans nos cœurs, mais si en plus nous les manifestons à d’autres ! Bien-aimés, lorsque nous venons du culte, lorsque nous sommes à table, de quoi parlons-nous ? Est-ce que nous jugeons tel frère ou telle sœur ?

Est-ce que nous critiquons devant les enfants, des attitudes, des paroles, tel choix de cantique ?… Cela aussi, et particulièrement devant des enfants, fait beaucoup de dégâts. Ne jugeons pas, ne critiquons pas, mais prions !

On nous a parlé de croître dans la connaissance de la Parole. Et c’est vrai. Plus nous connaîtrons la Parole, moins nous aurions tendance à critiquer ceux qui ne sont pas à notre niveau Il y a « croître dans la Parole », mais il y a autre chose aussi. On peut bien croître dans la connaissance de la Parole et oublier quelque chose.

Lisons dans la 2ème épître de Pierre. « Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » (3. 18). Il est d’abord parlé de la grâce, croître dans la grâce. Est-ce qu’en tant que frères, connaissant la Parole, apprenant à mieux la connaître, est-ce que nous n’oublions pas parfois aussi de croître dans la grâce ? Si nous croissons dans la grâce et dans la Parole, nous n’aurons pas envie de juger les autres, nous n’aurons pas envie de critiquer, mais au contraire nous aurons envie de prier pour eux et ainsi les effets seront bien sûr bien plus bénéfiques.

Citons simplement encore un exemple de l’Ancien Testament, un exemple négatif. C’est l’exemple des amis de Job. Ils ont induit un péché chez Job et ce qui est dramatique dans ce livre, c’est qu’au bout d’un moment ils ne se parlent plus. Et c’est certainement quelque chose qui doit exercer nos cœurs quand dans un rassemblement des frères, des sœurs, ne se parlent plus.

Parce qu’ils disaient : C’est un propre juste, il ne veut rien entendre et en même temps Job a passé combien de chapitres à se sentir agressé sans amour par ses amis qui étaient sûrs qu’il avait péché et que Dieu le châtiait… Comme disait quelqu’un : « Job se trompe en disant que Dieu est contre lui sans raison ; ses amis se trompent en disant que Dieu est contre lui, avec raison ». La vérité, c’est que Dieu était pour Job.

Cet exemple est solennel, surtout dans le moment où il y a rupture de contact. On ne se parle plus. Et quand la confiance est brisée entre des frères, c’est quelquefois si difficile de la retrouver. On a besoin de toute la grâce de Dieu pour que le contact puisse être rétabli. Mais cela demande un brisement ;il faut se mettre comme l’apôtre Paul vis-à-vis de Philémon, tout à fait par terre, aux pieds de ses frères, sans prétention, sans esprit de jugement.

Nous pouvons bien supplier si dans un rassemblement représenté ici il y a ainsi des frères, des sœurs, qui ne se parlent plus ; jetez-vous aux pieds du Seigneur car il y a une urgence. Pourquoi ? Parce qu’il y en a un derrière qui voudra à tout prix exploiter cette situation tant il est vrai qu’il est celui qui divise les frères.

Nous parlons beaucoup de ce jugement. Dans ce passage il y a deux dangers. Il y a le danger de juger et il y a le danger de mépriser. Et c’est bien ce que nous voyons aussi au v. 10 : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Ou aussi toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? »

Le danger de juger, si on peut dire un peu schématiquement, c’est pointer du doigt l’attitude de notre frère, ce qu’il fait, et de dire : c’est mal. Le danger de mépriser est encore plus subtil. C’est de dire : il n’a pas compris, il n’est pas bien. Il n’a pas compris la liberté dans laquelle nous sommes placés, il n’a pas compris ce que c’est que le christianisme. Il est ou il n’est pas quelque chose.

Et c’est un danger peut-être encore plus grand que le danger de juger. N’oublions pas d’abord cette expression qu’on trouve dans le livre de Job : « Dieu est puissant et ne méprise personne ; il est puissant en force d’intelligence » (36. 5). Qui peut être puissant comme Dieu, intelligent ? Qu’est-ce que notre intelligence au regard de l’intelligence de Dieu ? Qu’est-ce que notre puissance au regard de la puissance de Dieu ? Il y a un Dieu qui est puissant en force d’intelligence et qui ne méprise personne.

En contraste avec ce mépris, nous connaissons la réponse que nous donne l’apôtre Paul dans l’épître aux Philippiens, cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus. « Que dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres » (2. 3 et 4). Estimer l’autre supérieur à soi-même…

Si on s’arrête sur cela, on sait que ce n’est pas facile. L’apôtre Paul, avec les dons que le Seigneur lui avait donnés, est-ce qu’il allait estimer supérieures à lui-même ces sœurs par exemple à Philippes, qui se querellaient ? Eh bien, oui ! « Que dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même ». Pourquoi ? Le seul moyen d’estimer l’autre supérieur à soi-même, c’est de regarder ce que le Seigneur lui a donné.

Et le Seigneur a donné à notre frère, à notre sœur, des dons, des grâces, des témoignages de son amour. Peut-être qu’il lui a donné de la patience dans une circonstance où nous, nous nous serions impatientés ; peut-être qu’il lui a donné de supporter une situation médiocre alors que nous, nous aimons bien avoir une situation plus élevée. Le Seigneur a donné.

Et puis c’est quelque chose de très pratique. Quand nous sommes en présence d’un supérieur, nous savons très bien comment nous pouvons l’honorer. Simplement en lui témoignant le respect qui lui est dû, en le laissant passer, en écoutant ce qu’il a à nous dire. Estimer l’autre supérieur à nous-mêmes, ce n’est pas se perdre dans toute sorte de pensées compliquées au sujet de l’autre pour savoir si réellement il m’est supérieur ou pas.

C’est d’abord reconnaître ce que le Seigneur lui a donné, l’écouter, lui laisser la place que le Seigneur Lui-même lui donne. Le Seigneur nous encourage à ne mépriser personne. C’est un danger subtil parce qu’il pouvait partir précisément de la conscience de ce que le Seigneur avait donné à un croyant, de la façon dont il comprenait sa position chrétienne ; et il était amené à mépriser celui qui saisissait moins bien cela. Que le Seigneur nous aide !

C’est quelque chose qui n’est pas compréhensible intellectuellement, quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre par notre intelligence naturelle ou par le monde dans lequel nous vivons. Dans le monde professionnel nous voyons bien que ceux qui ont une place élevée ne considèrent pas les autres supérieurs à eux-mêmes.

Mais nous, nous avons l’exemple du Seigneur Jésus, du Fils de Dieu, qui est venu jusque-là où étaient les plus pauvres, les plus misérables, les plus malheureux, pour leur apporter le salut et qui a été aussi au milieu de ses disciples. Le Seigneur ne leur a pas caché qu’ils avaient peu de foi, qu’ils n’étaient pas intelligents, mais jamais le Seigneur n’a eu une parole de mépris pour eux.

S’il a dû les reprendre, il l’a fait avec un cœur qui était engagé, qui était touché par leur manque de foi ou leur manque d’intelligence : N’avez-vous pas encore compris ? Mais toujours en replaçant devant eux ce qu’il avait fait, ce qu’il faisait et plus que cela en les prenant par la main pour les faire grandir, pour les faire croître. Nous pouvons aussi suivre le Seigneur en cela.

Quand nous relisons au v. 13 « Ne nous jugeons donc plus l’un l’autre ; mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère », l’apôtre Paul fait un jeu de mots. « Ne nous jugeons donc plus l’un l’autre » : cela concerne le jugement réciproque. Le jugement a lieu de deux manières : c’est soit le mal, soit l’infirmité.

Pour l’infirmité nous avons Christ qui s’est chargé de nos infirmités. Ce souverain sacrificateur est là pour sympathiser à nos infirmités. Nous avons aussi le péché et cela comme dans 1 Corinthiens 5, nous devons nous séparer du péché. Mais après il est dit : « mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ». Ce jugement nous concerne nous-mêmes.

C’est aussi quelque chose que nous devons faire : ne plus nous juger l’un l’autre parce qu’il s’agit des infirmités. Lorsqu’il s’agit du mal, nous avons un avocat auprès de Dieu et le sang de Christ nous purifie de tout péché. Mais alors pour nous il est dit de se juger pour ne pas être une pierre d’achoppement ou une occasion de chute.

C’est aussi important parce que même si ceux qui pensent être forts, peuvent dire lorsqu’ils ont un accident de voiture : Moi, d’après le code de la route, j’avais raison. À côté il y en a qui sont blessés et morts. C’est pourquoi lorsqu’il est parlé de se juger nous-mêmes, nous avons ceci à faire : ne pas être une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant notre frère.

Alors dans les versets 5 à 9 nous avons cette pensée qu’il y a une responsabilité personnelle envers le Seigneur parce qu’il y a une conviction personnelle (v. 5), parce que nous pensons toujours à ce que notre frère, notre sœur vit pour le Seigneur (v. 6), parce que dans les versets 7 à 9 il y a seulement le Seigneur qui domine, qui a autorité sur nous, même dans les choses les plus importantes de nos vies, c’est-à-dire vivre et mourir.

C’est lui seul qui donne la vie, qui maintient la vie et qui prend la vie. Et si c’est le Seigneur lui-même et le Seigneur seulement, c’est Lui qui a autorité sur moi et qui a autorité sur mon frère. Ça veut dire que ce sont des relations personnelles avec le Seigneur.

Par ailleurs le v. 9 est touchant. Nous pensons souvent à la mort de notre Seigneur seulement concernant la réconciliation et l’expiation. Mais on trouve dans le Nouveau Testament que le Seigneur est mort pour beaucoup d’autres raisons et pas seulement pour nous acheter pour Dieu. Ici nous voyons dans le v. 9 : « Car c’est pour cela que Christ est mort et qu’il a revécu [qu’il est ressuscité], afin qu’il dominât et sur les morts et sur les vivants ». Ça veut dire que par sa mort le Seigneur a le droit sur les vivants comme sur les morts.

Comme on l’a entendu, pour cela ce n’est pas moi qui peut dominer sur quelqu’un, sur ses pensées, sur ses convictions, mais c’est le Seigneur et lui-même et lui seul qui a cette autorité, cette domination. Dans le verset 10 nous avons vu le contraire, l’opposé, que nous faisons quelquefois : « Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? » J’espère que nous avons bien compris.

Il y a beaucoup de cas et nous avons vu ces exhortations solennelles et importantes où il ne faut jamais juger. Et il y a d’autres parties de la vie de l’assemblée où il faut certainement juger.

Mais ici dans ce cadre « pourquoi juges-tu ton frère ? » quand le Seigneur a la seule autorité. C’est lui seulement qui a cette autorité. « Pourquoi méprises-tu ton frère ? » Ça ne doit jamais être notre attitude de mépriser quelqu’un qui n’a pas encore compris peut-être quelque chose, qui est encore jeune dans sa vie, qui est peut-être dans des églises dans lesquelles nous n’allons pas. Mais lui il vit avec son Seigneur, comme moi je vis avec mon Seigneur.

« Car nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu ». C’est maintenant encore la deuxième autorité que l’apôtre donne. Premièrement le Seigneur avec toute son autorité et maintenant il nous parle de ce tribunal de Dieu. Ça veut dire qu’il n’est pas seulement question du Seigneur, mais de Dieu Lui-même.

C’est Dieu qui va juger et Lui, Il a le droit de juger. Il va le faire. Pourquoi ? Nous avons cité ce matin 1 Corinthiens 4. 5, de ne pas le faire avant le temps. Non, laissons à nous tous peut-être ce temps de croître, mais de toute façon c’est Dieu qui va juger et c’est son droit et pas le mien.

En fait si on compare 2 Corinthiens 5 et Romains 14, qui sera sur ce siège du tribunal ? C’est Christ. Et le jugement sera divin, son caractère sera divin. C’est pour cela que c’est le tribunal de Dieu. « Car il est écrit : ‘’Je suis vivant, dit le Seigneur, [c’est Dieu] que tout genou se ploiera devant moi, et que toute langue confessera hautement Dieu’’ ». C’est la citation d’Ésaïe comme nous le voyons dans la note. Et nous voyons que vraiment c’est Christ qui sera sur ce tribunal. C’est Lui et c’est intéressant de voir que c’était déjà dit dans l’Ancien Testament.

C’est aussi pour ceux dont l’apôtre parle ici, les faibles. Ça peut les aider eux aussi de comprendre que déjà dans l’Ancien Testament, il y a des doctrines, des explications que nous trouvons dans le Nouveau Testament et que Dieu dans toute l’Écriture parle à nos cœurs pour ne pas seulement tenir ferme les ordres, les lois de l’Ancien Testament ; mais il veut nous montrer même par l’Ancien Testament la liberté que nous pouvons avoir aujourd’hui comme chrétiens dans notre temps.

Oui, le Seigneur va juger les choses, toutes nos pensées, nos convictions, nos sentiments. Laissons le Seigneur le faire d’une manière divine. Ça serait absolument objectif. Moi, je ne peux pas être objectif. J’ai peut-être quelques pensées sur ce que mon frère fait, mais ce n’est jamais objectif. Il y a une seule personne, Dieu, le Seigneur, qui va juger justement et qui va saisir les sentiments, les motifs, qui peuvent être beaucoup plus élevés que je pense ou que je peux avoir. Il va juger justement.

Remarquons dans cette série de versets, la manière dont l’autre est désigné. Au v. 4 c’est le domestique d’autrui : c’est une relation simplement hiérarchique si on peut dire. Au v. 10 ton frère : c’est une relation affective, mais d’égal, du même niveau, ton frère, celui qui est comme toi. Au v. 13 « ne nous jugeons donc plus l’un l’autre ». C’est le côté du réciproque, dans les deux sens.

Et puis au v. 13 est introduite cette idée de pierre d’achoppement, d’occasion de chute. C’est que non seulement je porte un regard sur mon frère qui n’est pas à sa place, qui ne convient pas, mais en le faisant j’apporte quelque chose de négatif. Je fais du tort à mon frère.

À la fin du v. 15 « Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort ». Avant c’était le domestique du Maître qui se tient debout pour son propre Maître. Maintenant c’est « celui pour lequel Christ est mort ». Et puis au v. 20 « À cause d’une viande, ne détruis pas l’œuvre de Dieu ».

On a là une gradation dans la gravité qu’il y a à apporter cette pierre d’achoppement. Au début il n’était pas du tout question de la pierre d’achoppement. C’est la manière dont je regarde mon frère. L’un entraîne l’autre. En le regardant comme cela, je prends la mauvaise place, je le mets à une mauvaise place, j’oublie que nous sommes à la même place l’un et l’autre et en faisant cela j’en arrive à la fois à toucher à celui qui est l’objet de l’amour du Seigneur qui a donné sa vie et par là même, à toucher à l’œuvre même de Dieu.

On n’imagine pas quand on voit juste au début, que l’un mange des herbes et l’autre mange de la viande, que l’un a égard à un jour et l’autre n’a pas égard à ce jour. On pense que ce sont des détails. Mais la manière dont je le perçois m’amène jusqu’à ce verset 20 : « À cause d’une viande, ne détruis pas l’œuvre de Dieu ». C’est solennel, quand on lit cela.

Peut-être un petit mot encore sur le tribunal de Dieu. On a cité tout à l’heure le tribunal de Christ dans 2 Corinthiens 5. Je pense qu’on peut dire que le tribunal de Dieu est une notion qui englobe d’une manière plus générale toutes les sessions du jugement. Il y a une différence fondamentale par rapport au tribunal de Christ devant lequel nous serons tous manifestés.

C’est qu’il s’agit d’un tribunal révélateur et non pas un tribunal accusateur. Ça c’est fondamental. Certaines âmes ont été troublées par cela en disant : mais alors je vais être devant le tribunal. Mais ce sera un tribunal révélateur. Pourquoi ? Parce que judiciairement notre culpabilité, Christ l’a portée.

Mais ce tribunal de Christ précèdera les noces de l’Agneau, de manière à ce que tout ce que nous n’avons pas vu dans notre vie, le déploiement de la grâce au milieu même de nos manquements que nous avons oubliés depuis longtemps ou que nous n’avons même pas saisis, il faut que tout cela soit révélé, mis en lumière, pour que nous puissions mesurer dans cette révélation la grâce dont nous avons été les objets et que nous puissions adorer dans l’éternité en connaissance de cause.

Le tribunal de Christ est un tribunal révélateur et non pas accusateur. On a entendu tout à l’heure que celui qui est assis sur le tribunal, sur le trône, c’est le Seigneur. Le Père a donné tout le jugement au Fils (Jean 5. 22). « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds » (Héb. 1. 13) citation du Psaume 110 induit déjà ce jugement.

Dans ce jugement il y a plusieurs sessions. J’en vois en tout cas deux, on a parlé du tribunal de Christ, révélateur, avant les noces de l’Agneau. Il y a une session de ce tribunal de Dieu lorsque le Seigneur apparaîtra pour établir son règne et qu’il jugera les méchants. On trouve cela par exemple dans Matthieu 25. 31. Nous serons associés à ce jugement.

« Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire », c’est bien l’apparition du Seigneur pour établir son règne, ce n’est pas la venue du Seigneur pour nous chercher, «  et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront assemblées devant lui ; et il séparera les uns d’avec les autres ».

À ce moment-là avant d’établir son règne, le Seigneur va faire le tri entre ceux qui entreront dans son règne et ceux qui seront jugés, c’est-à-dire qu’ils seront précipités dans la mort. Et après le règne, lorsque les mille ans se sont déroulés, le règne de justice et de paix que le Seigneur Jésus va instituer, nous avons une autre session, une session définitive, de ce jugement judiciaire que nous trouvons à la fin de l’Apocalypse au chapitre 20 : « Et je vis un grand trône blanc » (v. 11) et à ce moment-là, même ceux qui ont été jugés avant le règne, précipités dans la mort, seront ressuscités.

Tous les hommes ressusciteront, pas seulement les croyants. Tous les hommes ressusciteront, ils auront de nouveau un corps, mais non pas une résurrection de vie, mais une résurrection de mort. Entre les deux résurrections, il y a mille ans, entre la première résurrection à laquelle nous participons et la deuxième résurrection qui est une résurrection de morts.

Là nous aurons la session définitive du tribunal de Dieu accomplie par le Seigneur Jésus sur le grand trône blanc qui précipitera dans l’étang de feu et de soufre tous ses opposants qui auront été ressuscités pour cette occasion.

En tous cas ceux-là qui auront été précipités dans cet étang, ne pourront rien dire. Ils n’auront pas droit à la parole. Ils se seraient peut-être beaucoup excusés, que ce n’est pas de leur faute etc. Eh bien ! ils ne pourront rien dire. Dans notre verset il est écrit : « toute langue confessera hautement Dieu ». Mais c’est déjà maintenant qu’on peut le dire. « Toute langue confessera hautement Dieu ».

Voilà à quoi sert notre langue, chers amis. Il est écrit : « à cause du Seigneur » (v. 6) ; « ayant égard au Seigneur » (v. 8) ; et « il rend grâces à Dieu », « et il rend grâces à Dieu » (v. 6). Ici il confesse hautement Dieu.

L’action de grâces très souvent – j’ai remarqué cela pour moi-même – est placée entre l’autre et moi, entre l’opinion des hommes et moi. Je n’ai pas besoin de savoir quelles sont les opinions des hommes. On a dit : Ce n’est pas ma conscience qui ne me reproche rien du tout ; il ne faut pas faire attention à ce que disent les autres. D’accord, ça c’est une chose. Mais il faut faire attention à ne pas juger non plus les autres.

Si je rends grâces, je ne juge pas, je suis gardé de juger. « Toute langue confessera hautement Dieu ». À quoi sert notre langue ? Justement à cela. Au lieu d’abreuver peut-être notre voisin ou notre prochain d’accusations, ou de penser médisances ou critiques, confessons hautement Dieu, rendons grâces à Dieu. Nous pouvons déjà l’adorer maintenant.

Je voulais dire quelque chose sur cette occasion de chute. Marie de Béthanie a fait une action magnifique. Il n’y a que le Seigneur qui l’a comprise. Tous les disciples l’ont critiquée. Ils ont critiqué son motif, ce n’était pas bien. Ils ont critiqué son action, c’est encore pire etc. Ils n’ont rien trouvé. Le Seigneur la défend. Quand quelqu’un te critique, le meilleur défenseur que tu peux avoir devant ces accusations, c’est le Seigneur.

Par contre, si tu commences à te défendre toi-même, le Seigneur sortira un petit peu derrière et puis il dira : « Écoute, tu as trouvé des avocats, tu te défends toi-même, je n’ai pas besoin de faire mon travail en quelque sorte ». Mais le Seigneur nous défend.

Je me rappelle un frère qui me disait, il me l’a dit une ou deux fois : « Tu sais, il y a un principe qui est très important. Si tu es sévère envers toi-même, tu seras indulgent vis-à-vis des autres ». Ce qui se passe, c’est souvent le contraire. On est très sévère vis-à-vis des autres et puis très indulgent pour soi-même.

On a parlé de jugement :  il faut juger, il ne faut pas juger. D’accord, il faut juger les choses parce qu’elles sont peut-être en mauvais état. Mais quand on juge les choses et puis qu’on est très tolérant pour soi-même et intolérant pour les autres, ça ne va pas non plus. Les disciples dans une autre occasion, ont été indignés. On les voit plusieurs fois indignés, même dans la présence du Seigneur : Ce n’est pas normal, Seigneur, que tu acceptes cela etc.

Par exemple on les voit indignés quand il y en a deux qui disent : Nous aimerions être à ta droite et à ta gauche dans le ciel. Les autres sont indignés parce qu’ils aimeraient aussi avoir la même place, donc ils jugent leurs frères et ils ne se disent pas : Mais le Seigneur est là, il a tout entendu, il a connu non pas ce que je suis en train de dire, mais il a connu ce que j’étais en train de penser et qui malheureusement est sorti par des paroles. Gardons parfois nos pensées, ne les exprimons pas toujours tout de suite.

Les frères sont indignés et le Seigneur dit : « Et quiconque sera une occasion de chute pour un des petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui mît au cou une pierre de meule, et qu’il fût jeté dans la mer » (Marc 9. 42). Là justement les disciples avaient dit : « Oh ! quelqu’un ne nous suit pas, etc. » Ils avaient été frappés d’exclusivisme : Il y a nous, et à part nous il n’y a personne.

Le Seigneur leur dit : Attention ! vous êtes une occasion de chute pour des petits. Eux, ils ne sont pas arrivés à ce niveau-là. Un défaut d’intelligence est bien moins grave qu’un défaut de caractère. Corrigeons nos défauts de caractère. Pour un défaut d’intelligence, si on vit près de Dieu, Il nous amènera à faire des progrès.

Les disciples disaient : il ne nous suit pas. Et le Seigneur leur dit : Attention ! vous êtes une occasion de chute pour des petits. Et qui le Seigneur prend-il comme exemple ? Il prendra toujours un petit enfant. C’est très curieux d’ailleurs. Quand le Seigneur a besoin de prendre un exemple, il y a un petit enfant toujours à côté de lui, pratiquement. Les petits enfants aimaient le Seigneur.

Si nous sommes petits à nos propres yeux, nous serons très larges pour les autres, mais nous serons très étroits par rapport au péché, par rapport à mes péchés, par rapport à moi-même, à ce que je suis moi-même. Je serai extrêmement sévère. Mais cette sévérité envers moi-même est toujours compatible avec l’indulgence pour les autres. « Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés » (Mat. 7. 1). Et après l’apôtre ici dans le verset 13 dit : « Ne nous jugeons donc plus l’un l’autre ; mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère ».

Encore un verset pour ajouter à cette pensée que nous avons entendu par notre frère dans Jean 5, parce que je crois que comme il l’a dit, pour des âmes sensibles c’est vraiment un problème. Est-ce qu’il y a encore un jugement ou quelque chose comme cela ?

Le Seigneur dit clairement : « En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement » (Jean 5. 24). C’est un tribunal révélateur, ce n’est pas un jugement. Celui qui a accepté Jésus comme Seigneur, n’entre jamais en jugement parce qu’il y a eu quelqu’un qui a été notre place dans le jugement.

Si Dieu jugeait encore une fois, ce serait juger la vie que Lui nous a donnée ; ça veut dire juger le Seigneur une deuxième fois parce que la vie, c’est le Seigneur lui-même. C’est pour cela qu’il n’y a aucune question pour nous qui avons accepté Jésus comme Sauveur, d’entrer encore dans un jugement.

Dans ce verset nous trouvons aussi que c’est vraiment l’honneur que Dieu donne au Seigneur : « Car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils ; afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » (v. 22 et 23) et plus tard on voit dans ce chapitre que c’est le Seigneur comme fils de l’homme qui va exercer ce jugement.

Concernant cette pierre d’achoppement qui est une occasion de chute, c’est vraiment très solennel. Nous voyons ici qu’en mangeant de la viande, avec cette chose extérieure, on peut devenir une pierre d’achoppement, c’est-à-dire une occasion de chute pour la vie de foi pratique, pour la vie de foi en fait. Parce qu’à cause de nous quelqu’un mange cette viande avec une conscience qui n’est pas en paix et peut même s’écarter du chemin.

Maintenant, pour nous, je pense que c’est clair, ce n’est pas le problème de la viande ou des jours, normalement. Mais le principe que nous trouvons ici c’est que par mon comportement – peut-être que je pense que j’ai la liberté de faire ceci ou cela – je peux être l’occasion de la chute de mon frère ou de ma sœur.

Je reviens sur ce mot « juger ». Quelqu’un s’en va, quitte les rassemblements. On peut dire : Bon, c’est lui. Mais peut-être que c’est ma faute, peut-être que c’est à cause de moi. Certainement il faut être équilibré aussi sur cette question. Ce n’est pas qu’il ne faut jamais dire quelque chose à un frère ou une sœur, s’il y a des problèmes, si c’est fait par une attitude juste, cette attitude du Seigneur (Phil. 2), si c’est après des prières, pour le Seigneur, on peut le faire.

Mais ici, mon comportement, ma liberté peut-être, cela peut être une occasion de chute. Pour cela, avant de faire quelque chose, est-ce que je regarde vers le Seigneur, est-ce que je regarde le v. 15, l’amour ? Cela veut dire : Regardez mon frère, est-ce que ça peut être un problème pour mon frère ou est-ce que c’est pour le bien de mon frère ?

« Car si, à cause d’une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour ». La liberté chrétienne, ce n’est pas seulement que j’ai la liberté de faire quelque chose, mais aussi de renoncer à certaines choses. Parce que nous parlons des choses qui ne sont pas nécessaires pour notre vie. Est-ce que je suis prêt à renoncer pour le bien de mon frère ou est-ce que je dis : Non, je n’ai aucune pensée pour mon frère, mais je fais les choses dont je suis convaincu ?

Non, ça veut dire que tu ne marches plus selon l’amour. « Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort » : ici ce n’est pas par la viande, mais par ta viande. Cela personnalise pour ainsi dire ces choses. Tu penses : C’est mon droit. Non. L’apôtre dit : tu peux détruire l’œuvre de Dieu, celui pour lequel Christ est mort. Qu’est-ce que le Seigneur a fait ? Il est venu pour mourir pour toi, pour moi.

Et après si je dois renoncer à une chose, c’est trop pour moi ? Regardons vers le Seigneur. Il est mort pour cette âme. Alors je vais suivre les pas de notre Seigneur, renoncer pour le bien, par amour pour mon frère.

Pour prendre la suite du passage qui a été cité où le Seigneur a pris un petit enfant, on voit Jacques et Jean, tout de suite après, qui ont dit : On a rencontré des gens qui chassaient des démons. On trouve cela dans Luc 9. 49 et 50. « Et Jean, répondant, dit : Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, et nous le lui avons défendu, parce qu’il ne te suit pas avec nous. Et Jésus lui dit : Ne le lui défendez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous ».

Bien-aimés, ne perdons pas notre temps à faire le procès des autres et même pas des milieux croyants. Nous risquerions d’établir une espèce de légitimité en torpillant les autres. Ne faisons pas cela. Ce n’est pas édifiant. Que nous puissions nous attacher à ce que nous avons compris de la vérité et laissons les autres avec leur Seigneur. Il y a un état d’esprit dont nous avons besoin d’être gardés, c’est de vouloir censurer les chrétiens et de donner cette impression qui n’est peut-être pas si fausse que cela, que nous pensons être les meilleurs. Nous avons besoin que le Seigneur nous délivre de cela.

Quelquefois cela s’appuie sur un esprit de jugement que nous avons vis-à-vis des autres croyants. Nous avons besoin d’être gardés de cela. C’est aussi une forme de jugement que le Seigneur ne nous autorise pas à avoir vis-à-vis des autres croyants. Nous avons besoin qu’il nous attache à ce que nous avons compris de la vérité sans faire le procès des uns et des autres.

Il y a un autre exemple dans l’Ancien Testament, c’est en Nombres 11. Il y a deux hommes qui prophétisent dans le camp. Ils s’appellent Eldad et Médad. Dans la fougue de sa jeunesse, Josué dit à Moïse : « Empêche-les ». Il est très près de Jacques et Jean. On leur a défendu. Nous voyons l’attitude de Moïse : Oh ! si tout le peuple prophétisait !

Que nous puissions avoir cette largeur de cœur, un cœur large dans un chemin étroit, nous attachant à ce que le Seigneur a bien voulu nous révéler, mais nous gardant de stigmatiser d’une manière un peu pharisaïque ce qui peut se faire ailleurs ! Nous ne mesurons pas la responsabilité des autres. D’ailleurs ils n’ont pas à faire à nous, ils ont à faire à leur Seigneur.

Chers amis, permettez-moi de dire encore quelque chose quant au sujet qui nous a occupés tout à l’heure. Nous avons parlé de jugement et que nous ne voulons pas juger. Nous avons lu ce passage de Matthieu 7. Nous avons bien vu que le jugement est aussi quelque chose qui peut tomber sur nous. Attention ! nous l’avons bien compris. Mais d’autre part nous ne voulons pas oublier qu’il y a quand même aussi une appréciation que nous donnons concernant les choses que nous voyons.

Je pense à la famille, je pense à l’assemblée locale. Il peut y avoir quand même des choses que nous devons apprécier, que nous devons aussi dans ce sens-là, juger. Sinon on pourrait laisser aller toutes choses comme elles ne sont rien. Tout serait possible. Eh bien, non, ce n’est pas tout est possible. Attention donc aussi à ce côté-là. D’ailleurs l’Écriture nous met des limites. Ce que nous avons ici, ce sont des appréciations. Nous avons vu que ce qui est permis ou pas permis par la conscience.

Mais il y a aussi des choses que l’Écriture permet et ne permet pas. Alors nous ne devons pas nous tromper quant à cela. Il y a des limites que la Parole nous donne. Il y a aussi des commandements que nous connaissons. Le Seigneur Jésus lui-même dit qu’il y a des commandements et celui qui a ses commandements et qui les garde, c’est celui-là qui l’aime. Est-ce que nous ne voulons pas aimer le Seigneur ? Oui. Alors nous allons aussi faire attention aux commandements que nous trouvons.

Quant à ces commandements donc, nous ne devons pas avoir une attitude légère pour dire : Oui, oui, ou bien c’est possible ou ce n’est pas possible. Je trouve que c’est peut-être nécessaire de le souligner encore. Nous le savons, il est vrai, mais j’aimerais bien quand même le dire aussi pour que nous cherchions à connaître la pensée du Seigneur, à connaître quand le Seigneur nous dit : Voilà, c’est un commandement.

Il y a des commandements que nous comprenons bien comme dans Jean 13 quand le Seigneur dit : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre » (v. 34). Mais il y a aussi d’autres commandements. Il y a aussi des commandements que nous trouvons dans le Nouveau Testament. Ce n’est pas parler de la Loi, c’est parler des choses qui plaisent à Dieu.

Nous comprenons que cela plaît au Seigneur. Pour le savoir, il nous faut être près du Seigneur, il faut avoir l’oreille près du cœur du Seigneur pour comprendre : voilà une chose qui Lui plaît et voilà une chose qui ne Lui plaît pas. Et quant à cela nous pouvons nous aider les uns les autres. Ce n’est pas tout à fait ce que nous avons ici mais c’est un côté que je ne voulais pas laisser tomber.

Au v. 15 « Car si, à cause d’une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour ». C’est une direction qui est donnée dans la marche et dans la marche à l’égard de mes frères et sœurs. Quel est le leitmotiv, quel est le fil conducteur, vers quoi est-ce que je tends, ce par quoi je suis alimenté ? L’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit.

Est-ce que je marche animé par ce mouvement, par ce regard, qui est marqué par l’amour de Dieu qui est versé en moi ? Si on continue plus loin : « ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort. Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé ». Tout n’est pas à reprendre.

Nous ne sommes pas les uns et les autres, le fort dans son mépris, le faible dans son jugement, nous ne sommes pas que cela. Nous sommes autre chose aussi. « Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé ». Il y a des choses qu’il faut poursuivre, il faut aller de l’avant en poursuivant, et qu’il n’y ait pas ce regard sur l’autre qui masque, qui cache, qui ralentit, qui occulte, qui noie ces bonnes choses et ces choses qui sont le fruit de l’Esprit.

Plus loin que nous est-il dit ? Il nous est parlé d’être agréable à Dieu et approuvé des hommes. Et puis ensuite : « Poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l’édification mutuelle ». Mais je voulais d’abord voir le v. 17 : « Car le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint ». Le royaume de Dieu n’est pas manger et boire. Manger et boire, c’est des choses qui ont leur place. Laissons-les à leur place.

Ce qui nous occupe dans la sphère de la marche de l’assemblée sur la terre, ce n’est pas cela. Oui, le monde peut dire : « Mangeons et buvons car demain nous mourrons ». Il n’a pas d’autre espérance. Il est sans Dieu et sans espérance dans le monde. Mais nous avons autre chose. Ce qui anime, ce qui est l’atmosphère de ce royaume de Dieu, c’est « justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint ».

Je voudrais justement relever ces trois mots. Ce n’est pas justice tout court, ce n’est pas paix tout court, ce n’est pas justice et paix, c’est justice, et paix, et joie. Justice : la mesure de Dieu est là, pleinement à sa place, pleinement reconnue, en toutes choses, le Dieu juste, le Dieu qui nous a justifiés, qui nous a rendus justes. Sa justice est là. Elle a pleinement – si je puis dire comme cela, c’est un peu faible – voix au chapitre. C’est une atmosphère, c’est-à-dire que ce n’est pas l’absence de conflit, c’est quelque chose qui nourrit, c’est quelque chose de positif dans le sens que c’est un ciment, c’est quelque chose qui nous lie, c’est quelque chose qui est dans toutes nos relations.

Et puis s’ajoute à cela la joie. On ne serait pas étonné au fond dans notre attitude naturelle, si on peut dire, dans nos raisonnements, de voir la justice et la paix et que ça s’arrête là. Mais non, il y a aussi la joie. La joie, c’est la conséquence. Y a-t-il joie quand je suis à regarder mon frère, ce qu’il fait et à critiquer ce qu’il fait ? Y a-t-il possibilité même de joie ?

Si on prend juste ces mots ensemble, l’amour du v. 15, ce qui est bon en vous, puis justice, paix et joie dans l’Esprit Saint, on a un tableau de quelque chose de totalement différent de ce qu’on avait au début de ce chapitre. On a un tableau qui est opposé, c’est un tableau d’une harmonie, c’est un tableau où, visible et sous-jacent, il y a le Seigneur. Visible parce que c’est par égard pour lui que nous faisons ceci ou cela. C’est en l’ayant, Lui, devant nous, c’est en étant nourris de Lui. C’est avec mon frère, avec ma sœur, pas avec quelqu’un qui est un étranger.

Est-ce qu’il ne nous arrive pas de considérer notre frère comme un adversaire ? Je dis des mots qui sont très forts. Parmi nous, justice, paix, joie, dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire autant que c’est Lui qui rend cela possible, agissant en nous, si nous lui laissons la place, le champ libre pour agir. Nous pouvons empêcher l’Esprit Saint d’agir, nous pouvons le laisser agir. Si nous le laissons agir, alors il y a justice, paix, joie.

Peut-être encore une deuxième pensée sur le v. 16 : « Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé ». Dans celui qui était fort, il y avait quelque chose de bien. Ça veut dire qu’il était tout à fait bien de jouir de cette liberté chrétienne. Mais si je détruis par cette liberté l’œuvre de Dieu, l’œuvre de Christ, dans l’âme de mon prochain, de mon frère, même ce bien est blâmé. Ce bien que Dieu nous a donné comme liberté, sera blâmé parce qu’en utilisant cette liberté, je fais tomber mon frère.

C’est pour cela qu’il faut être vraiment prudent pour ne pas utiliser cette liberté qui est bien en elle-même certainement. Mais si ce n’est pas en amour, pour le bien de mon frère, c’est même le bien qui peut être blâmé. Car le royaume de Dieu, nous comprenons bien qu’il s’agit aujourd’hui des caractères moraux de ce royaume ; ce n’est pas une chose extérieure, ça sera le cas plus tard certainement.

Mais aujourd’hui ce n’est pas une question de manger et de boire, mais ces trois caractères, l’essence de ce royaume. La justice nous donne les limites en fait. Je ne peux pas accepter tout, certainement pas. Il faut être dans la justice de Dieu. Ce doit être sur le juste chemin avec l’appréciation de Dieu. C’est la première chose, ça doit être juste. Deuxièmement : Est-ce que ce que je fais, est-ce que ce que je laisse, est pour la paix de nous deux ? Ou est-ce que ça donne des troubles ?

Si je prends ma liberté, c’est pour le trouble de mon frère. Si je juge le fort, c’est pour le trouble de notre relation. Est-ce que nous poursuivons vraiment la paix entre nous ? Ou est-ce que je cherche à être celui qui a raison ? Il y a justice, et paix, et joie. Est-ce que mon comportement vis-à-vis de mon frère a comme résultat la joie vraie ? Ou est-ce que ça donne de la tristesse ? Est-ce que ça donne des problèmes dans le cœur de mon frère et même dans le mien ?

Dans le caractère du royaume de Dieu, ce sont ces trois choses : justice, et paix, et joie, et comme nous l’avons entendu, dans l’Esprit Saint. Il est remarquable que nous trouvions dans ces choses qui nous semblent simples, le Seigneur, Dieu et l’Esprit Saint. Ça veut dire vraiment Dieu dans son unité. Ces personnes de la déité s’occupent de nous dans ces choses. Si ces choses sont si importantes pour Dieu, ça doit aussi vraiment changer nos attitudes, nos comportements, pour le bien de notre frère, pour vraiment établir pratiquement ces caractères du royaume.

Le verset 18 nous donne par rapport au fil d’or évoqué tout à l’heure, un point important : servir le Christ. Nous avons l’occasion de servir le Christ là où l’ennemi voudrait semer le trouble et la division et la dissension et les difficultés entre les frères et les sœurs.

Il est remarquable que l’apôtre emploie ici pour le mot servir, l’expression que nous avons dans le chapitre 6 des Romains. Servir, ici, nous dit la note i, comme au chapitre 6 verset 6 : « sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché » et la note j au sujet de servir nous dit : servir, ici : être esclave, servir comme tel.

Donc la fin de la démonstration – dans ce paragraphe en tout cas -, si nous pouvons dire ainsi, de l’apôtre Paul conduit par l’Esprit de Dieu, c’est de nous dire : Vous avez là une occasion de manifester que vous êtes esclaves de Christ, esclaves de Celui qui a servi comme personne n’a jamais servi et qui est maintenant le Seigneur. Et si nous repassons simplement en revue dans ce premier paragraphe ce que nous avons vu de ce fil d’or, au chapitre 14. 3 nous avons vu que Dieu l’a reçu, nous avons vu au v. 4 que le Seigneur est puissant pour le tenir debout.

Je ne veux pas revenir sur l’enseignement qui nous a été donné. Nous avons vu au v. 6 que celui qui mange ou qui ne mange pas, le fait à cause du Seigneur. Nous voyons au v. 15 : « Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort ». C’est toujours cette raison fondamentale qui va gouverner les relations entre les croyants.

Quand nous en venons à ce qui nous a été dit par l’apôtre quant au tribunal de Dieu, et que chacun rendra compte pour lui-même à Dieu, on peut dire que là le Seigneur apparaît comme si l’apôtre disait : N’allez pas ravir au Seigneur la gloire qui est la sienne, qui a été annoncée longtemps à l’avance dans le chapitre 45 d’Ésaïe. C’est Lui qui est établi juge des vivants et des morts.

N’allez pas en jugeant ou en méprisant, au fond vous substituer à ce qui est la prérogative du Seigneur et ainsi ôter quelque chose de sa gloire ou en tout cas y attenter. Nous voyons que la direction dans laquelle l’apôtre conduit les pensées des croyants de Rome, c’est de les tourner vers le Seigneur, vers Celui dont ils désirent comme tous les croyants, être des serviteurs. Eh bien ! nous avons l’occasion de servir le Seigneur de cette manière.

En faisant cela, comme on l’a dit souvent, l’ennemi fait une œuvre qui le trompe. Que nous ne donnions pas occasion à l’ennemi en suivant ses pièges, mais qu’au contraire nous soyons dirigés par l’Esprit de Dieu afin de servir le Seigneur !

Dans les deux paragraphes qui suivent, quelle explosion, on peut dire ! Autant il y avait des remarques et des exhortations, et des choses qui prêtaient plus à reproche presque, autant maintenant nous sommes placés devant tout ce qui est positif, tout ce qui est produit par cet Esprit de Dieu dans ceux qui servent le Seigneur.

Nous voulons tous servir le Seigneur, n’est-ce pas ? Nous voulons être utiles pour Lui. Alors maintenant, nous l’avons lu, nous pouvons être utiles pour Lui, le servir Lui, si nous présentons comme nous l’avons lu dans le début du chapitre 12, notre corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu.

Et maintenant qu’est-ce qui nous a été dit dans les versets depuis le début du chapitre 12 ? Premièrement nous sommes membres du corps, comment nous pouvons servir les uns et les autres ; et l’autre aspect, dans le chapitre 13, c’était comment nous pouvons nous comporter dans le monde vis-à-vis du gouvernement, des autorités.

Maintenant ici, comment nous qui nous sentons souvent tellement forts, qu’avec notre force nous pouvons même écraser les faibles, détruire les faibles, détruire même leur foi. Alors maintenant il nous est dit à la fin de tout cela, c’est ainsi que nous pouvons faire un service agréable à Dieu : « Car celui qui en cela sert le Christ est agréable à Dieu ».

Au début du chapitre 12 nous avons vu de qu’est un sacrifice agréable à Dieu, d’offrir nos corps en sacrifice vivant. C’est cela notre service ici dans ce monde, un service vis-à-vis des membres du corps, un service dans notre entourage, comment nous nous comporterons. Est-ce que notre liberté chrétienne nous l’utilisons pour montrer combien nous sommes forts, ou est-ce que nous l’utilisons comme cela nous a été dit dans le v. 17 ?

C’est justice, ce qui est juste devant Dieu ; paix, cherchons la paix. Est-ce que nous sommes ceux qui sèment le trouble ou des gens qui cherchent la paix ? La paix surtout aussi vis-à-vis de nos frères et sœurs. Combien il y a des luttes, des malentendus entre frères et sœurs parce qu’on a d’autres pensées sur des petites choses, parce que nous nous sentons plus forts, parce que ce que nous avons jugé comme bon, nous voulons le dire à d’autres. Mais c’est notre pensée. Si c’est une pensée qui est fondée sur la Parole, si c’est la pensée de Dieu, il nous faut insister sur les pensées de Dieu, mais pas sur nos pensées.

C’est justice et paix et joie. Si je suis en paix avec Dieu, si je poursuis la justice, si je suis en paix avec mes frères et sœurs, quelle joie, quelle joie nous avons de marcher ensemble, selon la pensée de Dieu, selon sa Parole, si nous montrons ainsi que nous sommes ses témoins dans ce monde, quelle joie ! Ici cette joie se montre dans notre comportement ensemble.

Et cette joie va se montrer dans ce monde. Ils vont dire : Voilà ce n’est pas des chrétiens qui sont toujours tristes. Non. C’est des chrétiens qui sont joyeux dans le Seigneur, qui ont la joie de se réunir ensemble, qui ont la joie de suivre ensemble le Seigneur. C’est cela notre service envers Dieu, « agréable à Dieu », cherchant ce qui est agréable à Dieu.

Et puis ce n’est pas seulement agréable à Dieu. Il y a ces deux aspects, l’aspect vis-à-vis de Dieu, et aussi vis-à-vis des hommes. « Et approuvé des hommes ». On voit que c’est « agréable à Dieu » et « approuvé des hommes ». Souvent que cherchons-nous en premier ? C’est d’avoir une bonne renommée, que les hommes nous estiment. Mais c’est premièrement « agréable à Dieu ». Et ainsi c’est aussi « approuvé des hommes ».

Le chapitre a commencé par cette exhortation assez simple : « Quant à celui qui est faible en foi, recevez-le ». On peut se demander : mais qu’est-ce que ça veut dire « recevoir » ? Je pense que ça veut dire : J’accepte d’avoir une relation positive avec tel frère, j’accepte cela, je cultive le fait d’avoir une relation positive avec un frère, avec mon frère, que le Seigneur me donne.

Nous avons parlé de juger et de mépriser. C’est quelque chose qu’on fait de très loin. Quand on est proche, quand on a accepté d’avoir une relation positive avec un frère, avec une sœur, dans un sens on ne peut pas juger, on ne peut pas mépriser, parce que c’est quelque chose que l’on fait de loin. Quand on est en présence de ce frère, on ne pourrait pas le lui dire. Si même il y avait quelque chose à juger, à redresser, nous avons un chemin très clair, très positif que le Seigneur nous donne. Il faut se laver les pieds les uns aux autres. Il y a un chemin pour cela.

Mais le Seigneur nous fait découvrir par ce passage que nous devrions être très attentifs au bien que le Seigneur a placé dans mon frère, et le bien que le Seigneur a placé en moi, mon frère devrait le percevoir aussi. Nous trouvons ici des indications quant à ce bien et qui va parfois très loin parce que nous avons vu dans le début du paragraphe que, outre le fait que celui qui respecte par exemple le jour, y a égard à cause du Seigneur ; il mange à cause du Seigneur, il rend grâces à Dieu, c’est une chose extrêmement positive, extrêmement noble.

C’est vraiment ce que Dieu nous demande de faire, ce que le Seigneur nous demande, que nous acceptions et que nous vivions sous son autorité et que nous soyons reconnaissants en toutes choses. Or celui-là qui s’est tenu à distance de son frère, il ne sait même pas ce que le frère fait de positif – il ne le sait pas. Il n’a pas de proximité, il n’a pas de communion, avec ce frère. Il passe à côté de ce que ce frère réalise devant Dieu.

Et puis ici il est dit dès le début au sujet du domestique : « Il se tient debout ou il tombe pour son propre maître ». C’est quand même quelque chose d’extrême d’être prêt à tomber pour son maître, à perdre sa vie pour son maître. C’est une chose extraordinaire et voilà je suis passé à côté de cela, parce que pour une raison ou une autre, une chose qui peut-être était quand même de peu d’importance, j’ai refusé d’avoir une relation positive avec ce frère. Je ne l’ai pas reçu et je ne me suis même pas rendu compte que ce frère, tel qu’il est, Dieu l’a reçu. Dieu l’a reçu et moi, je ne suis pas capable de le recevoir.

Mais alors justement dans la partie que nous abordons maintenant, nous avons des choses très positives. Nous avons tellement besoin les uns des autres et c’est pour cela aussi que le Seigneur nous a donnés les uns aux autres. C’est tout le bien que nous pouvons nous faire, mais avec la connaissance aussi que nous avons les uns des autres.

Par exemple dans le v. 21, il est dit : « Il est bon de ne pas manger de chair, de ne pas boire de vin, et de ne faire aucune chose en laquelle ton frère trébuche, ou est scandalisé, ou est faible ». Ça veut dire que dans la relation et la communion que j’ai avec mon frère, je sais quels sont les points où il peut avoir des problèmes car je connais mon frère. Je sais qu’il y a des choses qui peuvent le faire broncher, je les connais et où il peut être choqué, scandalisé.

Je les connais parce que j’ai une vraie proximité avec mon frère. Je sais qu’il y a une chose où il est faible et donc, je vais faire attention à cela. Mais c’est aussi parce que je le sais. Mais je ne peux pas savoir cela de loin, ce n’est pas possible. Il faut que j’aie une proximité avec mon frère. Je dois travailler à cela.

Ensuite nous retrouvons des choses qu’on a déjà vues v. 17 et 18. Nous avons au v. 19 des choses qui tendent à la paix, des choses qui tendent à l’édification mutuelle. Ça veut dire que ce n’est plus du tout la destruction, mais c’est la construction. Les uns et les autres, nous pouvons nous faire grandir.

Et puis si nous allons dans le chapitre 15, nous voyons que les forts portent les infirmités des faibles. Ça aussi c’est extraordinaire. On ne peut pas faire cela de loin : porter les infirmités des faibles. On peut rappeler aussi effectivement comme on l’a déjà dit, une infirmité, ce n’est pas un péché. Mais c’est une chose que l’on peut porter avec son frère.

Et puis chercher à plaire à son prochain en vue du bien, pour le bien, pour l’édification de mon frère. Tout cela dépend de cette attitude de départ : recevez-le. Est-ce que j’accepte de me donner à mon frère et d’avoir une relation positive avec mon frère ? Les choses vont encore beaucoup plus loin parce que ces deux frères qui en apparence au départ ne sont pas du tout faits pour marcher ensemble, qui ont de grandes différences, de grands problèmes, est-ce que ces deux frères vont arriver ensemble à glorifier Dieu d’un commun accord, d’une même bouche ?

Et c’est bien à cela que nous sommes appelés, ensemble, unis ensemble par de vrais liens, des liens profonds, des liens de connaissance, des liens de communion, des liens d’amour, des liens dans la justice, dans la paix et dans la joie. Que nous puissions nous présenter là le dimanche matin au culte avec un même sentiment selon le Christ Jésus, dans un commun accord, dans une même bouche et glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ !

Avoir un même sentiment ou avoir une même pensée, ça ne veut pas dire forcément penser la même chose. Avoir une même pensée, un même sentiment, c’est ce sentiment que le Seigneur soit glorifié. On peut avoir des pensées différentes sur plusieurs points, mais avoir ce profond désir que le Seigneur soit glorifié.

Ces quatre mots, amour, justice, paix, joie, bien-aimés, que nous puissions être tous exercés pour que ce soit l’ambiance de toute notre vie d’assemblée. Quelquefois on se dit : « Nous avons une bonne doctrine », et puis nous la discréditons complètement. Nous parlons de l’unité du corps et nous sommes complètement divisés dans un rassemblement. Mais qui est-ce que nous cherchons à tromper ?

Si quelqu’un vient, comme on dit, « de l’extérieur », qu’il entre dans un rassemblement, vous savez, ce n’est pas beaucoup la doctrine qui va l’impressionner. Mais si justement il respire une atmosphère d’amour, de justice, de paix, de joie, des gens qui sont très différents les uns des autres, mais qui enseignés par le Saint Esprit pour manifester cela, voilà quelque chose qui est à la gloire du Seigneur et qui accréditera une doctrine juste à laquelle nous sommes attachés.

Pour ne pas scandaliser je voudrais dire encore deux choses. Nous avons dans le chapitre 17 de Matthieu où même le Seigneur, possesseur des cieux et de la terre, créateur des mondes, dans son humilité, a dit à son disciple Pierre : « … afin que nous ne les scandalisions pas » (v. 27). Quelle humilité et en même temps quelle puissance pour commander à un poisson de faire venir un statère dans la gueule de ce poisson pour payer ces impôts ! Quelle grandeur morale !

« Afin que nous ne les scandalisions pas ». Il nous donne cet exemple. Pierre qui avait cru défendre son Maître comme il le fera plus tard à Gethsémané. « Les receveurs des didrachmes vinrent à Pierre, et dirent : Votre maître ne paye-t-il pas les didrachmes ? » Bien sûr qu’il paye, c’est un bon Juif, mon Maître ! « Que t’en semble, Simon ? » Le Seigneur montre sa position, qu’Il est au-dessus de tout ; mais malgré cela : « pour que nous ne les scandalisions pas » …

La dernière chose que je voudrais dire, c’est peut-être une difficulté. Peut-être que plusieurs d’entre nous ont pensé à un passage où on pourrait dire : mais pourtant l’apôtre Pierre lorsqu’il était avec des nations mangeait avec eux (Gal. 2 à partir du v. 11) et puis ensuite quand sont venus des gens de Jérusalem, de chez Jacques, c’est-à-dire certainement un frère principal de Jérusalem, il s’est retiré. On dira : c’est très bien, il ne voulait pas les scandaliser, il ne voulait pas les choquer.

Il s’agit de points qui touchent à la conscience, sur laquelle la Parole ne tranche pas, et non pas sur des points de doctrine. Tout de même je ne vais pas aller désobéir pour ne pas attrister mon frère. Il y a quelque chose qui ne va plus là, nous sommes bien d’accord. Et en effet le fait de se retirer parce qu’il avait peur de la réaction de ces Juifs, était en train de mettre à mal l’enseignement et combien Paul y était sensible, lui qui écrira aux Éphésiens que le mur mitoyen de clôture est rompu, qu’il n’y a plus de Juifs, qu’il n’y a plus de Grecs, qu’il n’y a plus d’esclaves, qu’il n’y a plus d’hommes libres.

Là c’était porter atteinte à la vérité telle que le Seigneur l’avait donnée. Et alors là il n’y a plus de question de scandaliser ou d’attrister, il fallait qu’il soit conforme à l’enseignement qu’il avait reçu du Seigneur. Cet exemple que l’on trouve en Galates 2, est que Paul reprend vertement Pierre, surtout que Pierre avait eu des expériences lorsque la toile est descendue et qu’il avait été enseigné par ces choses.

Voilà qu’il retombe dans ce même travers, de vouloir dire : Non, il y a les Juifs d’un côté et puis il y a les nations de l’autre ; et puis il ne mangeait plus parce qu’il disait : On va me faire des reproches. C’est bien une question de conscience sur des points que la Parole ne touche pas et non pas de faire des compromis avec la doctrine et la vérité telle que l’Écriture nous la révèle.

Alors dans le v. 19 on a pour ainsi dire ce résumé des versets précédents : que nous poursuivions les choses qui tendent à la paix, nous cherchions la paix. Ici, ce n’est pas concrétiser la paix entre les frères, mais c’est le résultat si nous marchons selon l’amour.

Et deuxièmement les choses qui tendent à l’édification mutuelle. Est-ce que j’ai à cœur d’avoir vraiment l’édification, le bien de notre frère ? Ne pensons jamais : je suis utilisé pour l’édification de l’autre. Non, c’est mutuel. C’est pour le bien de nous deux. Ne pensons jamais que c’est juste pour le bien de l’autre. Je sais déjà tout et je fais comme le Seigneur ? Non. C’est mutuellement pour les uns comme pour les autres.

Les versets 20 à 23 touchent le point que nous avons déjà vu : la conscience. Si je fais des choses contre ma conscience, l’apôtre dit : c’est pécher. Soyons vraiment clairs que nous ne devons jamais agir contre notre conscience. Mais comme nous l’avons entendu, la conscience n’est pas la mesure, mais c’est la Parole de Dieu.

Nous lisons ces versets pour croître dans la connaissance de la Parole, du Seigneur, dans la grâce. Mais si je fais quelque chose qui est un modèle pour mon frère, et si par moi il fait quelque chose contre sa conscience, c’est moi aussi qui suis coupable pour le péché de mon frère. Gardons nos pensées et nos comportements pour le bien de notre frère.

« Toi, tu as de la foi ; aie-la par devers toi-même devant Dieu » (v. 22). Nous sommes tous devant Dieu. Et si j’ai la foi, je peux accomplir des choses devant Dieu certainement, s’il n’a pas touché la conscience de mon frère. Et si je ne le fais pas pour mon frère, Dieu le voit.

Il voit que j’ai la liberté, mais je renonce à cette liberté pour mon frère et cela sera pour mon salaire parce que Dieu voit que je renonce pour mon frère, pour Dieu. Dieu nous montre que la conscience a sa place dans nos vies et qu’il faut être prudent pour ne pas toucher négativement la conscience de mon frère.

Une petite remarque sur les choses qui tendent à la paix, celles qui tendent à l’édification mutuelle. On a dit au début de cette réunion qu’il ne s’agissait pas pour les uns ou pour les autres de forcer notre frère. Il ne s’agit pas en effet de forcer, mais de présenter ce qui tend à l’édification, il s’agit d’accompagner, si on peut dire, de placer sur le cœur de chacun, sur la conscience aussi ce qui va contribuer à nous faire avancer dans ce chemin de la connaissance de la pensée de Dieu, dans ce chemin de la liberté en Christ.

On a souligné que cette édification mutuelle, c’est ce qu’on trouve dès le début de l’épître aux Romains. C’était, si on peut dire, le but de l’apôtre Paul lorsqu’il écrit cette épître ou lorsqu’il leur dit : « Je désire ardemment de vous voir, [comme il ne pouvait pas les voir à ce moment-là, il leur écrivait] afin de vous faire part de quelque don de grâce spirituel, pour que vous soyez affermis, c’est-à-dire pour que nous soyons consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l’autre » (1. 11 et 12).

L’apôtre Paul savait très bien qu’il y avait ceux qui étaient plus forts et ceux qui étaient plus faibles et l’apôtre Paul lui-même jouissait certainement plus que beaucoup d’autres de cette liberté qu’il avait dans le Seigneur. Son désir était bien que les croyants soient affermis, son désir était bien l’édification.

Mais pour autant il n’oublie pas cet aspect mutuel lorsqu’il dit : « pour que nous soyons consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l’autre ». L’apôtre savait discerner et désirait discerner cette foi qui était dans un frère qui pouvait paraître plus faible et il était prêt à recevoir aussi un encouragement, une source de consolation, en voyant cela, par cette foi du frère. « Consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi ». C’est cette édification mutuelle.

Après effectivement nous voyons que l’apôtre va mettre les choses en regard, si nous pouvons dire. Est-ce que nous pouvons mesurer l’importance des choses, est-ce que nous pouvons mesurer d’un côté ce que je me sens être libre de faire – là c’était une viande, manger ceci ou cela, je suis libre -, mais d’un autre côté qu’est-ce qui est mis en face de cela ? L’œuvre de Dieu. Alors qu’est-ce qui a le plus de poids, qu’est-ce qui a le plus de valeur, ma liberté de manger, ou l’œuvre de Dieu ?

Si nous sommes droits devant le Seigneur, la réponse est évidente pour chacun de nous. Il est bon de ne pas faire cette chose dans laquelle un frère bronche ou est scandalisé ou est faible. Qu’est-ce qui est important ? Que je mange de la chair, que je boive, et quelle est l’importance de cela par rapport au risque que mon frère soit scandalisé, qu’il soit faible et que cela au lieu de l’édifier, je vais l’amener à se ramener encore plus sur sa faiblesse, peut-être ressasser sa faiblesse, parce qu’il va voir la liberté que j’ai et lui n’a pas cette liberté ?

L’apôtre nous appelle à mettre les choses en face l’une de l’autre, ce qu’est ma liberté, ma liberté en Christ et puis ce qu’est l’œuvre de Dieu, le bien de mes frères. Il souligne : « Toi, tu as de la foi ; aie-la par devers toi-même devant Dieu » et « celui qui hésite, s’il mange, est condamné, parce qu’il n’agit pas sur un principe de foi ».

On peut entraîner facilement notre frère. On lui dit : « Mais écoute, mon frère, tu vois bien, nous sommes des chrétiens, nous sommes libres, tu vois bien que moi je suis libre, il y a d’autres frères qui sont libres de faire ceci ou cela. Tu as des scrupules, mais enfin comprends bien que les scrupules, c’est déplacé. Viens avec nous, fais comme nous ».

C’est facile, on peut le faire avec beaucoup de bonne volonté pour encourager un frère. Et puis il va le faire parce qu’il est entraîné, mais il a un remords, il hésite, il bronche, il a quelque chose dans son cœur qui fait qu’il n’est pas à l’aise.

Il est bon de nous encourager et de nous exhorter à travailler à l’édification, mais pas de forcer la conscience d’un frère, pas de l’amener à faire quelque chose qui peut-être est juste, mais à propos de quoi sa conscience n’est pas libre et il va trébucher.

Je pense que c’est vraiment important parce qu’on peut commettre une erreur comme cela avec beaucoup de bonne volonté, le désir d’encourager quelqu’un à saisir la liberté dans laquelle il est. Mais ce n’est pas en forçant sa conscience qu’on le fera, c’est en recherchant ensemble ce qui tend à l’édification et même, comme l’apôtre Paul le disait, en étant encouragé chacun par la foi qui est dans l’autre. Si mon frère réalise que sa foi m’encourage, est-ce qu’il ne va pas lui-même être encouragé à progresser ?

Avant de continuer sur ce sujet, excusez-moi de revenir en arrière sur ce qui a été dit plus tôt. Je n’ai pas été au bout de ma pensée concernant la femme surprise en adultère. Les pharisiens, les scribes, viennent au Seigneur Jésus pour la juger. Ce qu’ils disent est vrai, elle a été surprise en adultère. D’après la Loi elle doit être lapidée. Que répond le Seigneur ? Le Seigneur dit : « Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle ».

Du plus âgé au plus jeune, ils s’en vont. Pourquoi ? « Du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés » (Mat. 7. 2). Bien sûr l’adultère était un grave péché. Il est dit aussi de la Loi « quiconque gardera toute la Loi et faillira en un seul point, est coupable sur tous » (Jac. 2. 10). Ils doivent s’en aller. Et puis, ce qui est extraordinaire, le Seigneur dit : « Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ». Incroyable pour nous ! Il y avait la grâce de Dieu qui était là.

Il savait ce qu’il y avait dans le cœur de cette femme et que dit-il ? « Moi non plus, je ne te condamne pas ». Ensuite « Va, – dorénavant ne pèche plus ». La grâce est là. Au détriment de la vérité ? Non. « Dorénavant ne pèche plus ». Mais la grâce était là. Bien-aimés, est-ce que nous souvent nous n’agissons pas comme les pharisiens ?

Nous voyons le côté de la sainteté de Dieu et c’est important. N’oublions pas le côté de l’amour de Dieu, de la grâce de Dieu. Lui sait ce qu’il y a dans les cœurs.

En revenant maintenant à ce sujet, nous avons donc lu au v. 13 : « Jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère ». Nous avons lu au v. 15 : « Car si, à cause d’une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour ». Et nous avons lu ici : « Il est bon de ne pas manger de chair, de ne pas boire de vin, et de ne faire aucune chose en laquelle ton frère bronche, ou est scandalisé, ou est faible ».

Il est bon de prendre des exemples. Cela nous parle beaucoup plus. On peut parler dans l’abstrait mais soyons concrets. Prenons donc un exemple. Nous avons entendu le fait d’être séparés, homme et femme. On n’a pas eu la réponse mais on a bien compris que ce n’était pas une affaire de doctrine, mais de coutume, d’habitude.

Si maintenant je décide : Moi, je vais me mettre avec ma femme du côté femmes, tant pis. Est-ce que tu fais quelque chose de mauvais quant à la vérité ? Non. Mais par contre si tu attristes les frères et sœurs, si tu causes du trouble à cause de cela, eh bien, ne le fais pas, sinon c’est pécher.

Un autre exemple qui, je pense va nous parler à tous : c’est peut-être un sujet dont il est délicat de parler, mais c’est un sujet qui touche beaucoup de personnes : le port du pantalon pour la femme, pour les sœurs. Un sujet qui a déjà créé beaucoup de troubles. Première question : Est-ce que porter un pantalon maintenant, est-ce que c’est porter un pantalon d’homme ? Franchement je ne vais pas acheter un tailleur-pantalon et le mettre, moi. C’est très clairement un habit de femme, pantalon, veste. Il y a des pantalons qui sont typiquement des pantalons de femme que je ne mettrais jamais.

Donc pour une sœur, pour une femme, porter un pantalon, ce n’est plus quelque chose qui est contre la doctrine. Mais si maintenant je me dis : Puisque je suis libre de le faire, puisque ce n’est pas quelque chose de contraire, je vais le faire. Eh bien, nous avons lu que si en faisant cela tu attristes ton frère ou ta sœur, nos frères et sœurs âgés notamment, ce n’est pas une bonne chose. Nous n’avons pas à attrister. Si cela crée du trouble dans l’assemblée, tu n’as pas à le faire.

Il nous est dit aussi de ne pas être une pierre d’achoppement, une occasion de chute. Peut-être que toi dans ta conscience tu es libre de le faire, mais peut-être que tu vas être un exemple pour les plus jeunes, tu vas peut-être créer des conflits dans des familles, à cause de cela, pour un plus jeune qui n’a pas compris la même chose. Alors pour cette deuxième raison, ne le fais pas non plus, même si tu te sens libre.

Tu es libre devant Dieu, mais à partir du moment où tu crées de la tristesse, des troubles, une occasion de chute, il ne faut pas le faire. Tu peux maintenant en tant qu’enfant le dire aussi : J’ai entendu maintenant que ce n’était pas une mauvaise chose. N’oublie pas non plus qu’en tant qu’enfant tu dois obéir à tes parents. Si tes parents t’ont dit de ne pas le faire, ne le fais pas, par obéissance au Seigneur. Voilà un exemple très concret.

Nous pouvons faire des choses si nous avons la liberté de les faire, mais nous devons faire attention aux résultats que cela peut engendrer. Alors on peut dire : Oui, mais, voilà quand je suis dans le privé, je mets un pantalon et puis à l’assemblée je n’en mets pas. C’est hypocrite. Qu’est-ce qu’il y a dans ton cœur ? Est-ce que tu le fais dans un sentiment où tu n’es pas à l’aise ou est-ce que tu le fais pour plaire au Seigneur ?

Tu es libre de mettre un pantalon, mais pour plaire au Seigneur, tu te changes. Je connais des familles où les filles mettaient le pantalon, mais quand c’était pour manger à table quand le grand-père venait, elles se changeaient. Pour faire plaisir au Seigneur, pour ne pas créer du trouble. Voilà un exemple mais nous pouvons en trouver d’autres.

Que ce que nous faisons, nous le fassions pour le Seigneur, pour la paix. Et nous avons ce verset : « Poursuivons les choses qui tendent à la paix » (v. 19). Bien-aimés, la paix, pourquoi devons-nous la poursuivre ? Parce qu’elle nous fuit. Combien vite arrivent les conflits ! Nous devons rechercher la paix.

Il y a deux autres versets dans la Parole qui nous en parlent. « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur, veillant de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu » (Héb. 12. 14 et 15). De nouveau poursuivre la paix et la sainteté de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu, cette grâce si importante.

Un autre verset dans la 1ère épître de Pierre au chapitre 3. Nous lisons au v. 8 : « soyez tous d’un même sentiment, sympathisants, fraternels, compatissants, humbles » et puis au v. 11 : « qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ». Est-ce que nous avons le désir d’avoir la paix dans nos familles, dans l’assemblée ? En ayant cette paix, ce sera l’édification aussi. C’est la paix qui édifie. N’avons-nous pas tous besoin de cette paix ?

Une dernière remarque : Un frère a dit que quelqu’un qui vient de l’extérieur, lorsqu’il entre dans une assemblée, ce n’est pas la doctrine qu’il va juger, c’est l’atmosphère. J’aimerais lire un verset dans l’évangile de Jean au chapitre 13 : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (v. 34 et 35).

Le verset 1 du chapitre 15 va introduire une conclusion : « Or nous devons, nous les forts, porter les infirmités des faibles, et non pas nous plaire à nous-mêmes ». On peut relever d’abord « nous les forts ». Paul s’associe lui-même à ceux qu’il appelle forts. Mais en même temps on peut dire qu’il place la barre assez haut.

Au lieu d’avoir ce regard qu’on a évoqué tout au long de la journée sur celui qu’on qualifie de faible, il faut avoir un autre regard. La faiblesse de l’autre, d’abord est-elle réelle ? Mais ce n’est plus là le sujet. Supposons qu’il y a faiblesse. Nous avons à porter cette faiblesse avec lui, « porter les infirmités ».

La deuxième partie de la phrase nous éclaire sur ce que cela veut dire par une négation : « non pas nous plaire à nous-mêmes », non pas se complaire dans le sentiment qu’on est fort. Alors tout de suite, au v. 3, l’apôtre place devant nous le modèle : « Car aussi le Christ n’a point cherché à plaire à lui-même, mais selon qu’il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi » avec ce rappel qu’on a à plusieurs reprises dans d’autres passages, pour quoi ces choses de l’Ancien Testament ont-elles été écrites, à quoi elles nous servent. Elles sont là pour notre instruction.

Le Seigneur est devant nous un modèle que nous sommes appelés à regarder, être des imitateurs de Christ, apprendre de lui. Bien sûr la mesure de ce que le Seigneur a accompli, nous ne l’atteignons pas. Je crois qu’il nous est utile quand même de lire en rapport avec ce qui vient d’être dit, ce que Paul dit sur ce sujet, dans un contexte un peu différent, en 1 Corinthiens 8 où il conclut le chapitre en écrivant : « C’est pourquoi, si la viande est une occasion de chute pour mon frère, je ne mangerai pas de chair, à jamais, pour ne pas être une occasion de chute pour mon frère » (v. 13).

C’est carrément définitif. Paul envisagerait de ne plus manger de viande du tout si cela est une occasion de chute pour son frère. Et au chapitre 10 il nous dit : « Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses sont permises, mais toutes choses n’édifient pas. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui » (v. 23 et 24). Ne cherchons pas à nous plaire à nous-mêmes, notre propre intérêt.

Il y a une mesure là que nous ne pouvons pas aborder sans prendre la référence suprême, celle du Seigneur qui a tout laissé pour venir sur la terre, pour aller ce chemin jusqu’à la croix et pour mourir sur la croix à notre place, qui a tout laissé.

Le verset du Psaume 69 cité nous dit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi ». Les outrages de ceux qui outragent Dieu sont tombés sur lui. Ça va bien au-delà de tout ce qui a été abordé dans tous les versets précédents. Que sont manger et boire, que sont les jours, que sont même ce qu’on vient d’évoquer, comparés à ce que le Seigneur Jésus a vu, lui, ce à quoi il a renoncé, pour la gloire de Dieu et par amour pour nous ?

« Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance ». Et puis alors cette prière que fait l’apôtre : « Or le Dieu de de patience et de consolation vous donne d’avoir entre vous un même sentiment selon le christ Jésus, afin que, d’un commun accord, d’une même bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ ».

Toute cette phrase, tous ces deux versets sont remplis de tout ce qui nous unit : le commun accord, la même bouche, le même sentiment, tout ce qui nous réunit dans un même but, dans une même direction. Nous ne regardons plus l’un vers l’autre, mais nous regardons vers Dieu pour glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ. Nous replaçons à cette mesure-là les choses comme celles que nous venons d’évoquer qui peuvent amener à des sentiments différents, des manières d’agir différentes.

Quelle valeur ont-elles face à cela, face à l’œuvre du Seigneur, face à la gloire de Dieu ? Est-ce qu’une viande, un vêtement, tout ce que chacun peut penser, des choses qui ont toutes en commun d’être liées à la marche sur la terre, sont-elles suffisamment importantes pour brouiller ce qui devrait nous faire tendre vers cet esprit uni pour glorifier le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ ?

Le verset 7 résume un peu : « Recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu » pour que « vous glorifiiez le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ ». Il est frappant que l’apôtre n’ait pas dit cela au début. Il a d’abord développé tout cela sur des aspects qui plaçaient cette mesure presque mineure, mais qui sont importants quand même parce que c’est notre quotidien, c’est nous-mêmes, c’est nos limitations, mais qui petit à petit nous amènent à la mesure la plus élevée de ce qui compte, de ce qui est vraiment important.

On trouve alors ici trois ressources divines dans ces versets 3 à 5 :

Premièrement, la personne de notre Seigneur comme modèle, comme il s’est identifié avec Dieu. Il est notre modèle pour que nous nous identifiions avec lui, comment pardonner tout pour nos frères, pour nos sœurs.

Deuxièmement les Écritures. Pour eux c’était les Écritures de l’Ancien Testament, pour nous en fait c’est toute la Parole qui nous montre la patience et la consolation, l’instruction pour la patience, être patient envers l’un, envers l’autre et mutuellement.

Consolation : ce peut être traduit par encouragement, exhortation. Ce sont des choses de l’Écriture qui nous exhortent, qui nous encouragent pour être pour le bien de l’autre. Et Dieu Lui-même est le Dieu de patience et de consolation. Ça veut dire le Dieu qui nous donne patience, consolation, encouragement et exhortation. Dieu agit même aujourd’hui pour que nous ayons vraiment dans nos cœurs, dans nos vies, cette patience l’un envers l’autre et aussi cette consolation, cet encouragement, cette exhortation.

Le v. 7, c’est vraiment comme le but. Nous avons commencé au v. 1 par « recevez-le », le faible, v. 3 « car Dieu l’a reçu ». Ici « recevez-vous les uns les autres ». C’est déjà une autre perspective que de penser seulement que les forts doivent recevoir les faibles, mais que c’est une chose mutuelle.

J’ai besoin de cette réception comme mon frère aussi et pas seulement comme Dieu l’a reçu, mais comme aussi le Christ vous a reçus à la gloire de Dieu. Encore une fois le Seigneur est Dieu. Ensemble ils travaillent pour notre bien. Le Seigneur nous a reçus – nous avons pensé à cela déjà ce matin – à la gloire de Dieu. Ça nous montre même dans ces petits détails de notre vie, que nous pouvons glorifier Dieu. Mais comme nous l’avons vu aussi, on peut faire le contraire.

Mais c’est le but pour notre vie, de glorifier Dieu. Nous avons nous-mêmes été reçus par le Christ. Alors « recevez-vous les uns les autres à la gloire de Dieu ».

Études à Mutzig (2019)