TRADUCTION DE FEUILLETS (108)

« La Loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » Jean 1. 17.

GRÂCE ET VÉRITÉ

Lorsque le Fils de Dieu est devenu homme et a vécu en Israël il y a environ 2000 ans, la grâce divine est apparue sur terre. Cela a entraîné un changement majeur. Jusqu’à ce moment, Dieu exigeait du peuple d’Israël l’obéissance à ses commandements. Mais depuis lors, Il a offert gratuitement le salut éternel à tous les hommes.

Cette grâce, qui cherche à sauver les coupables et les perdus, va de pair avec la vérité. Dieu ne ferme pas les yeux sur les péchés commis par ses créatures. Il ne change pas non plus son critère du bien et du mal pour être miséricordieux envers eux. Il maintient sa vérité.

C’est pourquoi Jésus-Christ a dû souffrir et mourir sur la croix pour les péchés des autres. Par sa mort sacrificielle, il a accompli les justes exigences de Dieu en matière de punition des péchés. Ainsi, Dieu peut déployer sa grâce et offrir aux hommes le salut gratuit sans négliger la vérité.

Celui qui reçoit la grâce pour le salut confesse aussi la vérité. Il se soumet au jugement de Dieu sur sa vie et admet sa culpabilité devant Lui. Il reconnaît également qu’il mérite la punition de Dieu. Il accepte avec foi que la mort du Rédempteur était nécessaire et entièrement suffisante pour expier sa culpabilité.

Quiconque s’appuie sur la grâce divine de cette manière-là et croit au Seigneur Jésus sera sauvé. Il reçoit le pardon de ses péchés et est réconcilié avec Dieu.

D’après Näher zu Dir mars 2025

« L’homme… ses jours sont comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs ; car le vent passe dessus, et elle n’est plus » Psaume 103. 15.

QUE LA VIE EST COURTE !

Chaque printemps, nous sommes étonnés de voir avec quelle vigueur l’herbe commence à pousser. Les prairies pleines de pissenlits sont particulièrement impressionnantes. En un rien de temps, tout est recouvert de fleurs jaunes. Mais la période de floraison ne dure pas longtemps. Bientôt, nous voyons les parapluies de graines blanches emportés par le vent.

Dans la Bible, l’homme est comparé à l’herbe ou aux fleurs, pour illustrer la brièveté de sa vie. Il grandit, termine un apprentissage et se retrouve bientôt au milieu de sa vie professionnelle. Certaines personnes s’épanouissent comme une fleur : elles réussissent et sont très appréciées par beaucoup. Mais le temps passe. Bientôt, elles devront quitter la scène de la vie.

Moïse était conscient de la brièveté de la vie humaine (Ps. 90. 10). Il en conclut : « S’ils avaient été sages, … ils auraient considéré leur fin » (Deut. 32. 29). Une parole bien vraie ! La fin signifie la mort. La mort met fin à notre vie sur la terre. Mais la vie continue dans l’au-delà – soit au ciel avec le Seigneur, soit en enfer.

C’est pourquoi il est bon de penser en temps utile à notre fin et de se préoccuper de ce qui vient après la mort. Si nous acceptons Jésus-Christ comme notre Sauveur, nous passerons l’éternité avec Lui. Il a payé de sa vie pour expier nos péchés devant Dieu et pour nous sauver de l’enfer. Prenez une décision pour Lui aujourd’hui, en croyant en Lui personnellement !

« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 4. 7)

D’après Näher zu Dir avril 2025

« Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est plongé dans le mal » 1 Jean 5. 19.

QU’EST-CE QUI NOUS DÉTERMINE ?

L’apôtre Jean écrit que le monde entier est plongé dans le mal. C’est pourquoi nous, chrétiens, sommes exposés à de nombreuses influences mauvaises. Nous devons donc veiller à ce que nos pensées et nos actions ne soient pas influencées négativement. Parallèlement, nous souhaitons prendre des mesures positives pour contrer ces dangers. Comment est-ce possible ?

En Romains 12. 2, nous trouvons une réponse : « Ne vous conformez pas à ce monde, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour que vous discerniez ce qu’est la bonne, agréable et parfaite volonté de Dieu ». Notre façon de penser doit être réajustée toujours à nouveau afin que nous ne nous adaptions pas imperceptiblement au monde. En renouvelant notre esprit, nous ne prenons pas seulement conscience du mal dans le monde. Nous reconnaissons également la volonté bonne, agréable et parfaite de Dieu pour nos vies.

Comment renouveler notre façon de penser ? Le premier outil est la lecture régulière de la Bible. Lorsque nous étudions la Parole de Dieu, nous nous concentrons intérieurement sur Lui. La deuxième aide est la prière. Prenons le temps de parler à Dieu. Nous acquérons alors la bonne attitude envers ce qui nous entoure. Un troisième outil, c’est d’être avec d’autres enfants de Dieu pour nous édifier et nous encourager les uns les autres dans notre marche de foi.

D’après Näher zu Dir avril 2025

« Il sera comme un arbre planté près des eaux, et il étendra ses racines vers le courant ; et il ne s’apercevra pas quand la chaleur viendra ; et sa feuille sera toujours verte ; et dans l’année de la sécheresse il ne craindra pas, et il ne cessera de porter du fruit » Jérémie 17. 8.

COMME UN ARBRE

En plusieurs endroits de la Bible, Dieu compare le croyant à un arbre fruitier. Ce symbole a beaucoup à nous dire. Le verset du jour mentionne les racines, les feuilles et les fruits d’un arbre. Ils ont une signification spirituelle pour nous :

Les racines donnent à l’arbre la stabilité nécessaire pour qu’il puisse rester debout par temps orageux. Elles lui fournissent également la nourriture nécessaire. Ainsi, comme croyants, nous devons vivre en relation constante avec notre Seigneur. Il peut alors nous donner stabilité et nourriture à travers la Parole de Dieu. Sans racines intactes, il n’y a ni beau feuillage ni bons fruits.

Les feuilles parlent du témoignage que nous rendons en tant que chrétiens. Que voient nos semblables lorsqu’ils nous observent ? Peuvent-ils reconnaître les caractéristiques de Dieu dans notre comportement ? Les dirigeons-nous vers Jésus-Christ ? Ou bien montrons-nous dans nos vies une grande partie de ce qui vient du monde ? Alors nous n’avons pas étendu nos racines au bon endroit.

Les fruits sont tout ce que Dieu estime et dont Il se réjouit dans nos vies. Cela ne peut être que quelque chose qui Lui correspond et qui a été réalisé par Lui. Dieu veut voir dans notre comportement le fruit de l’Esprit (Gal. 5. 22 et 23), qui a également caractérisé la vie du Seigneur Jésus. Dieu attend de nous des fruits valables – pour sa gloire.

D’après Näher zu Dir avril 2025

« Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » Hébreux 10 .14.

RENDUS PARFAITS

Celui qui croit au Seigneur Jésus et à son œuvre sur la croix reçoit, d’après le verset biblique d’aujourd’hui, la certitude d’être sauvé pour le temps et l’éternité.

La mort du Sauveur est un sacrifice qui ne doit jamais être répété. Sur la croix, Jésus Christ s’est donné pour expier les péchés de ceux qui croient en Lui. Il a payé le prix fort pour eux lorsqu’Il a pris sur lui la punition divine pour leurs péchés et a donné sa vie pour eux. Puis il il a été ressuscité des morts et est monté au ciel. Là, il a pris place à la droite de Dieu. Cela confirme qu’Il a tout réglé par sa mort en sacrifice.

Ceux qui confessent leurs péchés devant Dieu et s’appuient avec foi sur l’œuvre que le Seigneur Jésus a accomplie sur la croix seront rendus parfaits. Ils ont maintenant le pardon de leurs péchés et se tiennent devant Dieu comme s’ils n’avaient jamais péché. Ils ne se sont pas sanctifiés eux-mêmes, mais ils ont été sanctifiés par Dieu, à cause du sacrifice de leur Rédempteur. Ils ont ainsi une position parfaite devant Lui – par pure grâce.

Le sacrifice du Seigneur Jésus sur la croix du Calvaire demeure éternellement valable. La valeur de son sang qu’Il a donné demeure éternelle aux yeux de Dieu. C’est pourquoi les croyants sont rendus parfaits pour toujours. C’est leur position inviolable devant Dieu. Que Dieu en soit béni.

D’après Näher zu Dir avril 2025

« Alors Samuel pria l’Éternel » 1 Samuel 8. 6.

SAMUEL – UNE PRIÈRE

La prière tenait un rôle majeur dans la vie de Samuel. Sa mère Anne pria Dieu dans sa détresse. Elle a expérimenté comment Dieu lui a d’abord donné la paix dans son cœur, puis a répondu à sa demande d’avoir un fils.

Samuel a prié dans sa jeunesse. Alors qu’il était jeune garçon, il vint avec ses parents à Silo, où se trouvait le tabernacle, pour servir Dieu. Il est écrit : « Il se prosterna là devant l’Éternel » (1 Sam. 1. 28). Même les enfants croyants peuvent prier le Seigneur Jésus et Le remercier pour leur salut. S’ils ont un problème, ils peuvent le Lui dire en toute confiance.

Samuel a prié au milieu de sa vie. Son ministère prophétique en Israël était exigeant. Un jour, les Philistins arrivèrent avec une grande armée. Alors les Israélites eurent peur et dirent à Samuel : « Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu » (1 Sam. 7. 8). Nous aussi, nous voulons prendre du temps pour la prière au milieu de notre vie. Que de soucis dans la famille et parmi les croyants !

Samuel a prié dans sa vieillesse. Au cours de ses dernières années, il ne fut plus en mesure d’exercer ses fonctions de juge et de prophète. Mais il était toujours capable de défendre le peuple de Dieu dans la prière. Il déclara : « Loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous » (1 Sam. 12. 23). Prenons Samuel comme exemple pour être des personnes de prières jusque dans la vieillesse.

D’après Näher zu Dir avril 2025

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! » Luc 11. 28.

LA JOURNÉE DU LIVRE

Le 23 avril, c’est la Journée mondiale du livre. Cette journée d’action a été instaurée par l’Unesco il y a 30 ans dans le but de sensibiliser à l’importance du livre et d’encourager la lecture.

La Bible est un livre d’une importance toute particulière, et pas comme les autres : ses paroles ont de la puissance et changent des vies ! Il s’agit d’une bibliothèque entière de livres à laquelle ont contribué de nombreux écrivains de classes sociales très diverses et à des époques différentes. Néanmoins, elle est cohérente, parce que la Bible est la Parole de Dieu.

Pour le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804), Dieu n’était que le Dieu Créateur et non un Dieu personnel, et il ne croyait pas non plus en Jésus-Christ. Néanmoins, il a dit de la Bible : « La Bible est le livre dont le contenu lui-même témoigne de son origine divine. La Bible est mon trésor le plus précieux, sans lequel je serais malheureux ».

Parce que la Parole de Dieu n’est pas liée à une culture particulière, la Bible a quelque chose à dire à chacun. Elle a donc été traduite (en tout ou en partie) dans plus de 3 300 langues. Soyons reconnaissants pour l’invention de l’imprimerie, qui a permis de diffuser largement la Bible, et soyons reconnaissants de ce que la Bible ait été traduite dans notre langue maternelle afin que nous puissions lire et comprendre la Parole de Dieu !

À travers la Bible, nous apprenons comment Dieu a créé une relation avec l’humanité et comment l’homme, qui s’est éloigné de Dieu par la chute, peut revenir à Dieu.

Si vous avez une Bible, nous vous encourageons chaleureusement à la lire. La Bible est comme un médicament : il ne suffit pas de l’avoir ; il faut aussi le prendre pour bénéficier de ses effets.

« Ta Parole est la vérité » (Jean 17. 17).

D’après die gute Saat avril 2025

« La voie du fou est droite à ses yeux, mais celui qui écoute le conseil est sage » Proverbes 12. 15.

SE LAISSER CONSEILLER

Nous pouvons regarder ce passage de deux manières. D’une part nous pouvons le voir comme une observation pratique que le Seigneur place devant nous. Les fous qui disent dans leur cœur « Il n’y a pas de Dieu », pensent toujours que leur parole est la seule vraie. J’espère que vous ne lisez pas de livres écrits par de tels fous – mais si vous en avez lu quelques-uns, vous vous serez rendu compte comment les philosophes – ceux qui ont été instruits ainsi, et aussi ceux qui se proclament tels eux-mêmes – estiment toujours que leur manière de penser et d’évaluer est la norme pour tous.

Combien sont différent ceux qui sont venus au Seigneur comme pécheurs ! Ils acceptent aussi de prendre conseil du Seigneur. Et Lui, qui est le Conseiller par excellence, leur donne son bon conseil dans sa Parole. D’autre part ils ont l’aide du Saint Esprit demeurant en eux. Quel avantage !

Mais nous pouvons aussi lire ce passage d’une autre manière. Cela nous rappelle comment nous devons nous comporter. Malheureusement il y a un grand nombre de chrétiens qui ont du mal à renoncer à leurs vieilles habitudes. Ils ont reconnu la vérité de l’affirmation du Seigneur : Tous ont péché. Mais il leur semble plus difficile d’admettre leur déchéance totale, et le fait, en conséquence, qu’ils n’ont pas de sagesse en eux-mêmes. On les trouve souvent se vantant de leur propre sagesse, et cela même au milieu des chrétiens. Ce sont vraiment des fous, et leur conduite trouble sérieusement la paix au milieu des chrétiens. Trouvez-vous de l’agitation parmi les frères et sœurs ? Reconnaissez que c’est souvent parce qu’il y a des fous à l’œuvre.

Un chrétien devrait être toujours prêt à tenir compte du conseil de la Parole de Dieu. Y a-t-il des problèmes de relations, de comportement, et de services dans l’Église ? Tournez-vous vers la Parole de Dieu, car là il y a conseil. Les hommes et les femmes sages seront heureux de le recevoir.

D’après the Lord is near juin 1987

« Les douze étaient avec lui (Jésus), et aussi quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et d’infirmités : Marie, qu’on appelait Magdeleine, dont étaient sortis sept démons, … qui l’assistaient de leurs biens » Luc 8. 1 à 3.

« Près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, ainsi que Marie de Magdala » Jean 19. 25.

« Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vint le matin au tombeau, comme il faisait encore sombre ; et elle voit la pierre enlevée de l’entrée du tombeau… Marie se tenait près du tombeau, dehors, et pleurait » Jean 20. 1 et 11.

MARIE DE MAGDALA

Où que ce soit que nous lisions dans le Nouveau Testament, nous trouvons Marie de Magdala en relation avec un récit concernant le Seigneur Jésus, à partir du moment où elle fit l’expérience de sa puissance pour la délivrer. Il l’avait délivrée – Il avait fait sortir d’elle sept démons – et Il était son Sauveur. Par cette relation elle avait été attirée à Lui, et ensuite elle recherchait constamment sa présence. Elle s’attachait à Lui autant dans ses souffrances, son opprobre et sa honte sur la croix que dans toutes autres circonstances.

La véritable mise à l’épreuve du dévouement, c’est qu’une personne reste près de Christ dans un jour mauvais. Le jour vient où Christ aura toutes choses dans sa propre voie, et il est heureux de porter nos regards vers ce jour à venir. Mais combien sont ceux qui, de cœur et d’esprit, sont avec Lui maintenant, alors qu’Il n’a pas pris ses propres droits et titres ? Question solennelle !

Ceux qui sont pieux, ce sont ceux qui demeurent avec Christ pendant qu’Il est rejeté et repoussé par cette génération. Jusqu’à quel point nous tenons-nous avec Lui ? Sommes-nous prêts à nous tenir près de Lui en ce moment-même, quels que soient le coût, la perte, la souffrance, et la honte ? C’est la mise à l’épreuve de toute loyauté et piété envers Lui.

D’après the Lord is near juin 1987

« Que la parole du Christ habite en vous richement, vous enseignant et vous exhortant l’un l’autre en toute sagesse, par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels, chantant de vos cœurs à Dieu » Colossiens 3. 16.

CHANTER POUR LA GLOIRE DE DIEU ET L’ÉDIFICATION DES CROYANTS

La Parole de Dieu est composée en perfection dans le but même de demeurer dans le cœur de l’homme. Dieu, qui connaît le cœur, sait ce qui lui est nécessaire pour le satisfaire et le remplir – et à cause de son profond intérêt pour l’homme, Il nous a donné sa merveilleuse Parole, précieuse et vivante. C’est pourquoi il ne nous est pas dit de faire habiter la Parole dans notre cœur, comme si cela était difficile – mais qu’elle habite, car rien n’est plus normal et juste que cela. C’est seulement si l’on préfère le péché et la propre volonté que cela est un empêchement. Bien entendu, prendre du temps pour lire la Parole et la méditer exigera de la fermeté dans la décision et de l’assiduité, mais c’est une chose heureuse quand nos yeux sont ouverts pour voir qu’elle est précieuse parce qu’elle donne à Christ sa place suprême d’honneur et de dignité. La Parole ne sera pas, alors, seulement lue et oubliée ; elle aura une place permanente dans notre cœur, comme étant une nécessité vitale pour notre vie elle-même.

Plus que cela, elle fera déborder notre cœur envers les autres. Chaque croyant aura à cœur d’enseigner et de conseiller sagement l’autre, de partager la vérité de Dieu qui aidera à nous édifier les uns les autres, et de faire usage de cette même Parole pour nous inciter l’un l’autre à une plus grande diligence, en agissant avec la simplicité de la foi.

Ensuite, toutefois, les besoins émotionnels des croyants sont pleinement envisagés. Chanter avec la grâce dans le cœur est très encourageant. La grâce dans le cœur est plutôt en contraste avec une simple excitation émotionnelle et une stimulation qui pense plus à la musique qu’aux paroles. Mais la douceur du chant sera beaucoup augmentée quand des paroles de vérité, précieuses, sont chantées du cœur à Dieu.

D’après the Lord is near juin 1987 (L.M. Grant)

« Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Luc 24. 41.

LES NOURRITURES DU CROYANT, QUI PEUVENT RETOURNER AU SEIGNEUR JÉSUS

Quel privilège particulier, pour nous, de pouvoir donner quelque chose à notre Seigneur, de partager quelque chose avec Lui pour Lui plaire. Quelle grâce merveilleuse de la part du Seigneur, de poser cette question à ses disciples. Il voulait les assurer de sa présence corporelle réelle, mais aussi s’associer avec eux. Il se mettait même à leur niveau, afin qu’ils puissent partager avec Lui ce qu’ils avaient. Évidemment, quand nous pouvons partager quelque chose avec le Seigneur, c’est parce qu’Il nous a d’abord enrichis. Mais qu’Il est heureux de recevoir de nous ce qu’Il nous a donné d’abord !

Sans nous écarter aucunement du sens littéral de ces versets, nous pouvons les appliquer spirituellement comme un message pour nous. Le poisson représente les hommes ; les disciples étaient appelés à être des pêcheurs d’hommes. C’est seulement par la grâce souveraine de Dieu que le poisson a été envoyé dans le filet (comp. Luc 5 et Jean 21). Mais les pêcheurs doivent accomplir leur tâche selon les directives du Seigneur. Nous ne pouvons pas comprendre tout le processus ; nous ne pouvons pas assimiler le point de vue de Dieu dans le récit : c’est pourquoi les disciples donnent au Seigneur seulement « un morceau de poisson cuit ». Il y a aussi un deuxième point à remarquer : le Seigneur ne peut l’accepter qu’après que ce morceau soit passé par le feu. Cela parle du fait d’identifier la valeur de son œuvre à la croix, et d’être en accord avec la justice et la sainteté de Dieu.

Puis il y a le rayon de miel, qui suggère une structure ingénieuse contenant quelque chose de doux. Cela représente l’Assemblée selon la pensée de Dieu, si précieuse pour Lui. Combien le Seigneur désire que nous Lui apportions quelque chose en retour, en actions de grâce et en adoration, de la douceur de ces relations dans la famille de Dieu, qui sont basées sur sa résurrection ! Cela est aussi la preuve que, dans notre mesure limitée, nous avons compris ses pensées au sujet de cet organisme merveilleux, l’Assemblée.

D’après the Lord is near juin 1987

« Et les fils d’Israël firent selon tout ce que l’Éternel avait commandé à Moïse : ainsi ils campèrent selon leurs bannières, et ainsi ils partirent, chacun selon leurs familles, selon leurs maisons de pères » Nombres 2. 34.

L’ORDRE DANS LE CAMP DES ISRAÉLITES, FIGURE DE L’ORDRE DANS L’ASSEMBLÉE

Après que Dieu ait racheté les fils d’Israël de l’Égypte, Il a établi un lieu au milieu d’eux, où Il pouvait demeurer Lui-même. Ensuite Il leur a donné des directives sur la manière de s’approcher de Lui avec des sacrifices acceptables. Dans les Nombres, Il les a comptés et les a placés en ordre de marche, en ne laissant à aucun d’entre eux le choix de sa propre place suivant ses propres idées. L’arche du témoignage était le centre autour duquel ils étaient disposés.

Tout cela a une signification profonde pour la véritable Église, l’habitation de Dieu par l’Esprit aujourd’hui. On peut déplorer que l’ordre primitif ait été si rapidement détourné dans une question de formes extérieures, qui ont détruit le bel ordre spirituel. Et on ne peut pas non plus comparer avec raison les nombreuses dénominations dans la chrétienté aux tribus d’Israël campant autour du tabernacle, car la tendance aux divisions parmi les chrétiens est explicitement condamnée en 1 Corinthiens 1. Prenons garde, également, à ne pas chercher à substituer, à l’ordre spirituel, un arrangement artificiel et des règles humaines.

Il était nécessaire, pour toutes les personnes, les familles, et les tribus, en Israël, de prendre leur place indiquée par l’Éternel, et cela exigeait soumission et obéissance à Dieu. Des essais de rébellion contre cet ordre étaient sévèrement punis. Mais même un ennemi d’Israël, le faux prophète Balaam, admirait la beauté qu’il voyait en Israël demeurant dans des tentes suivant leurs tribus, et disait « Que tes tentes sont belles, ô Jacob ! Et tes demeures, ô Israël ! Comme des vallées elles s’étendent, comme des jardins près d’un fleuve » (Nombres 24. 5 et 6).

D’après the Lord is near juin 1987

PLUS QU’UN AMI

L’épisode suivant se situe à l’époque de la guerre de Sécession. Dans un cimetière du sud des États-Unis, quelqu’un vit un étranger occupé à couvrir de fleurs la tombe d’un soldat.

« Votre fils est-il enterré là ? » lui demanda-t-il en posant sur lui un regard compatissant.

« Non, monsieur ».

« Un frère ? »

« Non plus ».

« Quelqu’un de votre parenté ? »

Il reçut de nouveau une réponse négative.

« Alors, si j’ose vous le demander, de qui chérissez-vous la mémoire avec tant de fidélité et de tendresse ? »

L’étranger se tut un instant, puis il raconta d’une voix émue : « Lorsque la guerre a éclaté, j’ai été recruté. N’ayant pas de remplaçant, je n’ai pas eu le choix : il a fallu me préparer à partir pour la guerre. Au moment où j’allais quitter la maison et rejoindre mon régiment, un jeune homme du quartier se présenta et me dit : « Vous êtes père d’une famille nombreuse. Votre femme ne pourra jamais subvenir à ses besoins, à elle seule. Moi, je suis célibataire et n’ai personne à ma charge. Laissez-moi partir à votre place ». Et c’est ce qu’il a fait. Grièvement blessé au cours d’un engagement, il a succombé bientôt après, et on l’a enterré ici. Depuis que j’ai appris sa mort, j’ai souhaité visiter sa tombe ».

Après avoir fait ce récit bref et touchant, il planta ses dernières fleurs, puis il posa au pied du tertre une plaque sur laquelle on pouvait lire ces mots :

« Il est mort pour moi ».

Ton cœur bat sans doute de penser qu’un homme ait pu en aimer assez un autre au point de donner sa vie pour lui. Es-tu tout aussi ému en songeant à Celui qui est mort pour toi, ayant été cloué à la croix à ta place ? Ou bien cela t’est-il indifférent de savoir qu’il a tant souffert pour toi ?

Comme ce jeune soldat qui s’est sacrifié pour son voisin, Jésus a donné sa vie pour toi. Il est même allé bien plus loin que lui. En partant pour la guerre, le jeune homme pouvait toujours espérer en revenir sain et sauf. Mais Jésus n’ignorait pas, en venant dans ce monde, qu’Il allait mourir pour toi. Plus encore, Il savait que tu ne L’aimais pas, que l’avenir de ton âme était sans doute le moindre de tes soucis. Il te voyait courir tête baissée à ta perte. Aussi s’est-il sacrifié pour toi, et Il a souffert à ta place. Et toi, n’aurais-tu pas même une pensée émue pour Lui ?

As-tu peut-être pu croire que parce qu’Il est le Fils de Dieu, cela ne le touche pas ? Si c’est le cas, tu te trompes gravement. Lis comment Jésus a pleuré sur Jérusalem, comment Il a été peiné de voir que son propre peuple, vers lequel Dieu l’avait envoyé, ne voulait rien savoir de lui (Luc 19. 41). Ou pense à ses paroles, la veille de sa crucifixion : « Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort », et « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi » (Mat. 26. 38 et 39).

Pour nous qui entendons ces choses depuis notre petite enfance, nous risquons bien, hélas, de les avoir en mémoire comme on connaît les fables de La Fontaine…

Seigneur, que ton sacrifice et ton amour SI GRAND puissent toucher nos cœurs chaque jour, comme si c’était la première fois que nous en entendions le récit !

D’après La Bonne Nouvelle 2003

SUR LES TRACES DE LA BIBLE

LES MANUSCRITS DE LA MER MORTE QUMRAN – 1947

Un jeune Bédouin vit avec ses parents dans le désert.

Aujourd’hui, il garde un petit troupeau de chèvres dans la région de Qumran, près de la mer Morte. La lumière du soleil brûlant se réverbère sur les rochers couleur de sable. Tout à coup, notre jeune berger remarque qu’une chèvre a disparu. Sans doute s’est-elle glissée dans une caverne pour trouver un peu d’ombre. Par cette chaleur, il n’a aucune envie de partir à sa recherche. Il ramasse donc quelques pierres et les jette en direction de l’entrée d’une des grottes qui l’entourent. Il sait bien viser, et déjà la première pierre pénètre à l’intérieur de la caverne. Mais à la place du bêlement attendu, il entend un bruit d’argile qui se brise. Très excité, il croit avoir peut-être découvert un trésor. Cette pensée lui fait oublier la chaleur et ses chèvres. Vite, il se précipite à l’intérieur de la caverne.

Ses yeux s’habituent rapidement à l’obscurité. Il découvre alors, dans un coin à même le sol, de grandes cruches d’argile. Un trésor ? Il exulte !

Il fouille les débris de la cruche brisée par sa pierre, et en retire un paquet noir et sale, qui dégage une forte odeur de cuir. Il l’examine avec précaution. Comme cela sent mauvais ! Il y découvre une écriture qu’il ne connaît pas. Pour lui, aucun doute : ce n’est pas de l’arabe. S’agit-il d’un ancien manuscrit ? Il sait que certaines personnes payent très cher ces vieilles pièces de cuir qu’elles collectionnent ! Il décide donc d’emporter sa découverte. Il sort de la grotte, redescend prudemment le long de la paroi rocheuse et rentre vite au campement pour raconter son aventure !

Les jours suivants, les Bédouins examinent consciencieusement la caverne. Ils découvrent beaucoup de cruches d’argile contenant des rouleaux de cuir portant cette écriture étrange. Ils décident de montrer ces écrits à un cheik qui séjourne près de Bethléhem. Mais pour lui, l’origine de ces manuscrits est un mystère. Il se rend avec quelques exemplaires chez un de ses amis antiquaire. Ce dernier, enfin, est d’avis que ces rouleaux ont une valeur importante.

De retour à Jérusalem, le cheik en vend un au prêtre d’un monastère. Celui-ci a immédiatement reconnu que ces manuscrits sont écrits en ancienne langue hébraïque. Il suppose même que ce sont de vieux textes de la Bible. Ce serait une découverte extraordinaire, vu l’ancienneté de ces rouleaux !

Quelques semaines plus tard, le prêtre rencontre un savant expert en langues hébraïques. À l’aide d’une loupe, ce dernier examine avec soin une partie des rouleaux. Quelques minutes lui suffisent pour poser son diagnostic : il s’agit d’une ancienne copie d’un extrait du livre du prophète Ésaïe ! En revanche, ce savant n’est pas capable d’en déterminer l’âge exact. Il poursuit ses recherches. Un an plus tard, il envoie des photos des manuscrits à un collègue américain. La réponse est immédiate : ils ont été écrits 100 ans avant Jésus Christ !

Au cours des semaines suivantes, cette nouvelle sensationnelle est révélée par les journaux et les magazines spécialisés.

Par la suite, des archéologues se mettent à examiner en détail onze grottes dans lesquelles sont retrouvés près de 800 rouleaux ; 200 contiennent des textes bibliques qui ont été écrits entre 250 et 100 ans avant notre ère. On a pu identifier des parties de tous les livres de l’Ancien Testament (excepté celui d’Esther). Le plus ancien texte biblique trouvé à Qumran est probablement un fragment des livres de Samuel, datant de la fin du 3ème siècle av. J.-C. La découverte la plus importante est celle du manuscrit du livre du prophète Ésaïe, qui est la plus ancienne copie, connue à ce jour, d’un livre entier de la Bible. Le texte est écrit avec beaucoup de soin, en cinquante-quatre colonnes, sur dix-sept pièces de cuir cousues bout à bout, et dont la longueur totale est d’environ 7,30 mètres. Cette copie date du 2ème siècle av. J.-C.

Les historiens expliquent de la façon suivante ce qui s’est réellement passé dans la région de Qumran. Vers l’an 70 de notre ère, les armées romaines ont envahi la Palestine. Les Juifs de l’époque, de peur de voir les précieux écrits de l’Ancien Testament disparaître, les cachèrent dans des cruches d’argile qu’ils déposèrent au fond des cavernes de cette région.

Pour vous, la découverte des manuscrits de la mer Morte est fondamentale. Vous avez peut-être parfois entendu, soit un camarade, un voisin, un intellectuel ou un journaliste, affirmer que les textes bibliques se sont déformés au cours du temps et que, par conséquent, la Bible n’est pas la Parole de Dieu. Erreur ! L’étude approfondie des manuscrits de Qumran a prouvé au monde entier, et vous le prouve aussi, que Dieu a gardé sa Parole et que celle-ci n’a pas été déformée. Alors qu’Il était parmi ses disciples, le Seigneur Jésus a dit :

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Marc 13. 31). La Bible que vous lisez chaque jour est véritablement la Parole de Dieu, inspirée de Dieu et préservée jusqu’à aujourd’hui afin que vous puissiez y rencontrer la Personne du Seigneur Jésus qui veut vous instruire et vous bénir.

LE PARCHEMIN P52

Nous sommes en Égypte, en 1920, dans l’oasis de Fayoum, à l’ouest du Nil.

La mère d’Ahmed et de Fatima est en train de préparer un banquet pour le mariage de son fils aîné. Il faut maintenant emporter des corbeilles d’épluchures de légumes à la décharge publique. Les adultes n’aiment pas beaucoup aller vers ce tas d’ordures puantes derrière l’oasis. C’est pour cela que c’est encore au tour d’Ahmed et de Fatima d’accomplir cette corvée. En approchant, ils aperçoivent deux hommes qui semblent chercher quelque chose. Ce ne sont pas des Arabes : à leurs habits, Ahmed reconnaît immédiatement qu’il s’agit d’Européens.

Fatima s’arrête. « Mais c’est complètement fou ! » s’exclame-t-elle. Seules les personnes les plus pauvres – et parfois les moins fréquentables – fouillent les ordures à la recherche de nourriture. « Regarde comme les rats sautent là où ces hommes ont déjà remué les ordures ! C’est absolument incroyable ! » Ahmed sourit. « Ils ne font pas cela parce qu’ils sont pauvres, au contraire ! Ils fouillent les ordures car ils sont riches ! »

« Salam aleikum ! » Ahmed salue les deux hommes en costume européen. « Aleikum salam », répondent-ils. « Que faites-vous donc ici ? » demande Ahmed. L’un des hommes rit. « Je suis M. B.P. Grenfell », se présente-t-il. « Et voici mon collègue M. A.S. Hunt. Nous creusons votre tas d’ordures car nous recherchons celles qui sont les plus anciennes ! » « Nous ne sommes pas des collaborateurs de la décharge de Fayoum », plaisante M. Hunt, « nous sommes des archéologues. Notre profession nous amène à fouiller ce que les ancêtres – les vôtres et les nôtres – ont laissé. Nous fouillons la terre, les débris, le sable et, dans le pire des cas, les ordures des gens qui nous ont précédés ».

« Et… que cherchez-vous là ? » risque timidement Fatima.

M. Grenfell explique : « Depuis des millénaires, les habitants de l’oasis de Fayoum apportent leurs déchets à cet endroit. Nous recherchons d’anciens supports d’écritures, comme des papyrus. Le climat de ce pays contribue à maintenir le papyrus au sec et le sable permet aux vieilles écritures de ne pas se décolorer au soleil ».

Ahmed et Fatima sont très surpris par ce qu’ils viennent d’entendre. Ces messieurs si sérieux passent leur temps au milieu des ordures ! Le comble, ils recherchent des vieux supports d’écritures… du papier en fait ! Et du papier, Ahmed en a beaucoup dans son cartable…

MM. Grenfell et Hunt continuent à creuser et s’enfoncent de plus en plus dans les montagnes de déchets. Leurs recherches sont bientôt couronnées de succès. Ils découvrent de grandes quantités de lambeaux de papyrus très bien conservés sous des couches de détritus. Ces papyrus vont être envoyés en Angleterre pour être analysés.

Un des morceaux de papyrus découverts, de la grandeur de la paume d’une main, est tout à fait remarquable. C’est en effet la copie la plus ancienne, connue à ce jour, d’un livre du Nouveau Testament. Comme nombre de documents découverts à cette époque, il reçoit un nom de code scientifique : le papyrus P52. Mais en 1920, la signification précise de ce manuscrit n’est pas encore déterminée.

En 1935, le chercheur C.H. Roberts l’examine, déchiffre les lignes tracées au recto et au verso de ce document et en découvre le contenu : il s’agit de versets de l’évangile de Jean.

Un dernier examen chimique permet de déterminer l’âge de ce manuscrit. Le résultat est sensationnel : le papyrus P52 a été écrit entre 100 et 125 après J. C., c’est-à-dire peu après le décès de l’apôtre Jean !

Cette histoire nous fait penser au verset : « Qui cherche trouve » (Luc 11. 10). Les archéologues sont pour vous des exemples de persévérance. Vous pouvez demander au Seigneur cette qualité qui vous sera en aide dans tous les domaines de la vie. De la persévérance, vous en avez besoin pour lire la Bible, pour y rechercher la volonté du Seigneur. Ainsi vous pourrez réaliser un autre verset :

« J’ai de la joie en ta Parole, comme un homme qui trouve un grand butin » (Ps. 119. 162).

LA DÉCOUVERTE DU CODEX SINAÏTICUS

Nous sommes en 1844, en Allemagne. Konstantin von Tischendorf est un savant, spécialiste des vieux manuscrits bibliques, qu’il recherche et étudie avec la volonté de prouver que la Bible que nous avons correspond bien aux textes originaux. Un certain nombre de scientifiques de cette époque commencent à affirmer que la Bible ne peut pas être d’inspiration divine, car ils pensent que, au fil des millénaires, les copistes ont petit à petit dénaturé le texte original.

Tischendorf est persuadé qu’il existe encore de vieux documents écrits à la main datant du début du christianisme. Il pense que ces textes doivent se trouver dans d’anciens monastères éloignés et imagine déjà ces trésors enfouis sous la poussière, à moitié dévorés par les souris ! D’après lui, c’est en Égypte qu’il faut les chercher.

Le 12 mai 1844, notre héros quitte le Caire à dos de chameau. Au bout de dix jours d’un voyage périlleux à travers monts et déserts, il atteint les premiers rochers abrupts de la montagne du Sinaï. En contrebas, il découvre le monastère de Sainte-Catherine. Ses murs sont impressionnants : massifs, hauts, sans aucune porte… Pour y pénétrer, Tischendorf doit emprunter un « ascenseur » : c’est un panier attaché à une corde, elle-même fixée à une grosse poutre, qu’un moine actionne par le moyen d’une poulie. Notre ami grimpe donc dans cette nacelle et se laisse emporter jusqu’au sommet du mur d’enceinte.

Une fois à l’intérieur, Tischendorf peut commencer ses recherches. Jour après jour, il passe dans toutes les pièces, explore tous les recoins. Rien, il ne trouve désespérément rien. Un jour, dans la bibliothèque, il heurte une corbeille pleine de papier. Il s’agit d’une poubelle dont le contenu est destiné à être brûlé. Sous une bonne couche de poussière, il découvre une feuille de parchemin écrite en grec ancien. En cherchant davantage, il découvre un deuxième parchemin. Puis un autre, et ainsi de suite. En tout, ce ne sont pas moins de 129 feuillets qu’il trouve dans cette corbeille !

Ces manuscrits sont une copie d’une ancienne traduction de l’Ancien Testament. « Certainement la copie la plus ancienne connue à ce jour », pense Tischendorf. Le grand intérêt de Tischendorf pour ces feuillets a éveillé la curiosité et la méfiance des moines. Ils commencent à entrevoir leur importance et refusent de les lui céder. Konstantin parvient tout de même à les persuader de lui prêter 43 feuillets. Il passe la nuit à les recopier en vue de les faire expertiser. En repartant du monastère, Tischendorf sent que l’avenir de ces manuscrits restés dans la corbeille est incertain.

En 1854, Tischendorf pense encore aux 86 autres feuillets non copiés qui sont restés dans le cloître. Il décide donc de repartir. Arrivé au monastère de Sainte-Catherine, le temps ne semble pas avoir eu d’impact sur les lieux. En revanche, il ne retrouve pas les manuscrits et les moines présents ne semblent pas être au courant de leur existence.

Quatorze ans plus tard, Tischendorf entreprend son troisième voyage au Sinaï, sur ordre du Tsar de Russie. À nouveau, il ne trouve rien. Le soir précédent son départ, le supérieur du monastère lui montre fortuitement une très vieille bible grecque dans laquelle il a l’habitude de lire. Konstantin est stupéfait : les 129 feuillets provenaient de cette bible manuscrite complète ! Elle a été écrite 350 ans après Jésus Christ. Chaque page vaut une fortune : il n’existe pas de bible plus ancienne !

Tischendorf s’installe au Caire, dans un autre cloître, pour recopier cette bible, soit 110 000 lignes de grec ancien ! Plus tard, l’original sera offert au Tsar par le monastère. Cette bible s’appelle le Codex Sinaïticus. En 1933, le British Museum de Londres achètera ce précieux document pour 100 000 livres sterling.

Aujourd’hui encore, on peut y admirer ce Codex. Il ne s’agit que d’une copie, l’original étant soigneusement conservé à l’abri de la lumière… et de vols éventuels ! En effet, la valeur du Codex Sinaïticus est inestimable. Avec ce document, le monde scientifique possède un témoin authentique du début de l’ère chrétienne. Après de nombreuses heures d’études, les spécialistes ont constaté que le texte biblique copié en l’an 350 est le même que celui que nous pouvons lire dans la Bible. Dieu a veillé sur sa Parole !

Tischendorf est un bel exemple de persévérance. Il a passé sa vie à rechercher de vieux écrits pour prouver au monde scientifique et à chacun que la Parole de Dieu que nous avons entre nos mains correspond aux textes inspirés, et qu’elle a été divinement gardée pendant de nombreux siècles. Voilà une leçon pour nous : quelle portion de nos capacités, de notre temps, mettons-nous au service du Seigneur ? Prenons-nous le temps de chercher les trésors que contient la Parole de Dieu, conservée miraculeusement jusqu’à nos jours ?

Voici deux versets du Psaume 119 (v. 17 et 18) qui devraient être notre prière quotidienne. Que le Seigneur nous aide à le réaliser !

« Fais du bien à ton serviteur, et je vivrai et je garderai ta parole. Ouvre mes yeux, et je verrai tes merveilles qui sont dans ta Loi ».

D’après La Bonne Nouvelle 2002

LE PLUS ANCIEN MANUSCRIT

« Celui qui… a vu rend témoignage, et son témoignage est véritable (lui sait qu’il dit vrai) afin que vous aussi vous croyiez » Jean 19. 35.

Pendant les années durant lesquelles des fouilles ont été effectuées à Oxyrhynchus, en Égypte, les scientifiques Anglais B.P. Grenfell et A.S. Hunt ont trouvé à plusieurs reprises d’anciens textes écrits sur des papyrus.

Dans cet endroit aride, ce matériel délicat avait été épargné de l’humidité et les bancs de sable avait empêché les rayons du soleil d’effacer ce qui avait été écrit.

Les deux chercheurs ont apporté leurs trouvailles en Angleterre où elles ont été progressivement déchiffrées. Cela a permis d’apporter un éclairage tout à fait nouveau et intéressant sur la vie de tous les jours des Égyptiens d’il y a environ 2000 ans.

Mais c’est un fragment de papyrus qu’ils trouvèrent en 1920 qui est devenu célèbre dans le monde entier. En 1935, lorsque le chercheur C.H. Roberts a passé au crible le matériel découvert, ce fragment a attiré son attention. Il présentait, au recto et au verso, sept lignes écrites en Grec ancien, ce qui fut suffisant pour déterminer de manière concluante qu’il s’agissait de quelques versets de l’évangile selon Jean. L’âge du papyrus put aussi être établi avec une grande certitude : environ 125 ans après J.C. Ainsi, on avait découvert le plus ancien manuscrit du Nouveau Testament !

Vers 1920, beaucoup de critiques étaient d’avis que l’évangile de Jean avait été rédigé si tard qu’il n’était pas possible qu’il ait été écrit par l’apôtre Jean lui-même. Selon la tradition, l’apôtre serait mort à un âge très avancé, vers la fin du 1er siècle après J.C. Cependant, si une copie de l’évangile était utilisée en Égypte quelques années plus tard seulement, cet argument des critiques s’effondre.

Relisez, s’il-vous-plaît, le verset de ce jour en gardant cela à l’esprit.

D’après « The Good Seed » avril 2025

QUE SIGNIFIE PRIER ?

« Celui qui a planté l’oreille n’entendra-t-il pas  Celui qui a formé l’œil ne verra-t-il pas ? » Psaume 94. 9.

« Ô toi qui écoutes la prière ! » Psaume 65. 2.

Pour certaines personnes, la prière se limite à réciter quelques versets appris par cœur. Mais en réalité, prier signifie se tourner vers Dieu et Lui parler comme un enfant parle à son père. Dieu entend la plus simple des prières – même si des millions de personnes Lui parlent au même moment. Aucune parole ou pensée ne Lui échappe.

Plusieurs Psaumes de David nous confirment explicitement ce fait… « Tu discernes de loin ma pensée… la parole n’est pas encore sur ma langue, que voilà, ô Éternel ! tu la connais tout entière » ; « L’Éternel regarde des cieux ; il voit tous les fils des hommes. Du lieu de sa demeure il considère tous les habitants de la terre » (Ps. 139. 2 et 4 ; 33. 13 et 14).

Prier, cela signifie présenter nos besoins et nos désirs à Dieu, et avoir l’assurance qu’Il nous écoute et qu’Il répondra selon son amour infini et sa parfaite sagesse. Il sait ce qui est bon pour tous ceux qui se tournent vers Lui.

Dans un certain sens, Dieu recherche un dialogue : Il nous parle par sa Parole, la Bible, et nous sommes invités à Lui parler par la prière.

Dieu est honoré lorsque nous nous tournons vers Lui par la prière et que nous Lui présentons tout ce qui nous préoccupe ; et Il est prêt à nous répondre. Bien sûr, le prérequis pour cela est que nous soyons humbles et sincères, et que les choses que nous demandons par la prière plaisent à Dieu. Ceux qui présentent des prières égoïstes ne peuvent pas s’étonner de ne pas recevoir de réponse.

Ceux qui sont encore loin de Dieu n’ont pas l’habitude d’exprimer des prières non écrites. Ils doivent tout d’abord entrer dans une relation vivante avec Dieu. Mais même cela se fait par la prière : « Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche » (És. 55. 6).

D’après « The Good Seed » – janvier 2025

LA PRIÈRE DU CHRÉTIEN

« Quand tu pries, ne sois pas comme les hypocrites, car ils aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense. Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, et, après avoir fermé ta porte, prie ton Père qui [demeure] dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » Matthieu 6. 5 et 6.

En tant que chrétien, que puis-je apprendre sur la prière dans ces paroles du Seigneur Jésus ?

Ma prière s’adresse à Dieu, mon Père, ou au Seigneur Jésus. C’est à Lui que j’adresse mes requêtes et mes actions de grâces. Il ne s’agit pas de transmettre un message à d’autres – dans ma propre famille ou à d’autres croyants. Sinon, comme les Pharisiens, je ne ferais que chercher à impressionner les gens par ma prière.

Ma prière devrait être exprimée sans que je sois perturbé. C’est pourquoi j’ai besoin d’un endroit approprié, un moyen de me retirer de la vie quotidienne (la fameuse « chambre » – voir Mat. 6. 6).

Ma prière est comme une « conversation » familière entre moi et Dieu. La prière me donne l’occasion de parler personnellement avec Dieu au sujet de questions et de besoins importants, et de les Lui présenter. En prière, je peux demander à Dieu son aide, sa bénédiction, sa miséricorde. Cela fait que je me sens très petit devant moi-même et aussi devant les autres.

Le Seigneur Jésus ne dit pas que je ne puisse prier que lorsque je suis seul (Mat. 6. 6). Je peux aussi prier quand je conduis ou au travail, par exemple. Je peux le prier partout et en tout temps.

Et encore un point étonnant : Dieu veut même me récompenser pour ma prière. Prier, c’est reconnaître que j’ai besoin de Dieu pour tout, pour chaque pas. Mais le simple fait que je prenne conscience de cela est apprécié et récompensé par mon Père qui est dans les cieux. Comment cela ? – Peut-être par le fait même qu’Il écoute ma prière.

Quel don merveilleux que la prière ! Est-ce que j’en fais usage ?

D’après « The Good Seed » avril 2025

TRADUCTION DE FEUILLETS (107)

« Et il arriva, après trois jours, qu’ils (les parents de Jésus) le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant » Luc 2. 46.

LE CARACTÈRE BÉNI DE TOUTE LA VIE DU SEIGNEUR JÉSUS

Dieu avait confié un trésor extraordinaire à Joseph et Marie, d’avoir l’enfant Jésus, son Fils bien-aimé, comme faisant partie de leur famille. Dans ce passage, nous trouvons le Seigneur Jésus, comme enfant âgé de douze ans, absorbé dans les affaires de son Père. Apprécions-nous les choses de notre Père, et en sommes-nous occupés ? Cherchons-nous à être formés par Lui, à avoir les mêmes intérêts que Lui ?

Il peut y avoir des moments, dans notre vie – même de longues périodes, malheureusement – où nous nous contentons d’une forme de religion sans puissance, parce que nous L’avons perdu, Lui. Nous suivons la coutume de la fête, (qui peut être correcte en elle-même), mais nous L’avons perdu de vue. Et même quand nous nous en rendons compte, nous essayons de Le trouver au milieu de « la troupe des voyageurs ». Un groupe entier peut même être caractérisé par de telles influences, de telles pratiques, et des routines, et ainsi L’oublier, Lui, même en faisant des suppositions exactes.

Mais dans le verset ci-dessus, nous avons des choses selon la pensée de Dieu : une scène au temple, où le Seigneur Jésus est au milieu.

Nous voyons aussi, ici, les perfections du Seigneur comme jeune garçon à l’âge de douze ans, dans sa réponse à la question pleine de reproches de sa mère, Marie. Et quelle réponse parfaite : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? » Occupé à cela, Il était le Centre réel. Bien que son âge l’ait empêché de prendre la première place de manière publique, cependant, Il était moralement le Premier, le véritable centre de toute cette belle scène.

Seigneur béni, que Tu es parfait ! Puissions-nous apprendre de Toi et suivre Ton exemple !

D’après the Lord is near mai 1987

« La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » Tite 2. 11.

LA GRÂCE DE DIEU

En lisant le texte biblique d’aujourd’hui, nous pouvons nous poser la question : la grâce de Dieu a-t-elle une « date d’apparition » ?

– Oui ! Avec la venue de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, sur la terre comme Être humain, avec sa mort sur la croix et sa résurrection, un long « jour » de grâce a commencé – un temps qui n’est plus caractérisé par la loi, mais par la grâce.

La loi signifie que l’homme doit faire quelque chose pour être accepté par Dieu – mais il ne le peut pas.

La grâce proclame que Dieu a tout fait pour le salut des pécheurs. Pendant ce long « jour » qui dure encore aujourd’hui, Dieu offre à tous les hommes sa grâce pour le salut.

L’accès au salut est donc accessible à tous. Mais seuls ceux qui se repentent de leurs péchés, confessent leur culpabilité à Dieu et croient en Jésus-Christ comme leur Sauveur seront réellement sauvés et recevront le pardon de leurs péchés.

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour un grand nombre » (Marc 10. 45).

« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2. 8).

D’après Näher zu Dir mars 2025

« Ils viennent ensuite à Bethsaïda ; on lui (à Jésus) amène un aveugle et on le prie de le toucher. Il prit la main de l’aveugle et le mena hors du village » Marc 8. 22 et 23.

LES LEÇONS À TIRER DE LA GUÉRISON DE L’AVEUGLE

Voyons les circonstances particulières de la guérison de cet aveugle à Bethsaïda. Le Seigneur Jésus avait souvent accompli des miracles là, qui rendaient témoignage de sa gloire divine. Cependant les gens méprisaient la lumière du ciel et ne se repentaient pas. Mépriser la grâce a pour résultat le juste jugement ; le Seigneur avait prononcé un malheur sur la ville. Mais sa miséricorde demeure à toujours ! Comment pouvait-Il retenir sa miséricorde à l’égard d’un pauvre homme aveugle dans le besoin, même là où Il avait été tellement méprisé ?

Cette guérison est accomplie d’une manière remarquablement différente de toutes les autres guérisons rapportées dans les Évangiles. Le Seigneur, avec tendresse, prend l’aveugle par la main et le conduit hors du village pour s’en occuper loin de la foule incrédule. Moïse avait agi de même en Exode 33, quand il avait dressé la tente d’assignation hors du camp, après qu’Israël ait offensé la sainteté de Dieu. Cependant, ceux qui, individuellement, recherchaient la communion avec Dieu, pouvaient y aller, pour être dans la présence de Dieu, séparés du mal dans le camp.

Le Seigneur aurait pu accomplir la guérison par une parole, mais Il guérit cet homme par étapes. Cependant, Il fait toutes choses bien. Non seulement Il restaure la vue de l’homme ; mais Il lui donne aussi la capacité de distinguer et de discerner clairement. Il a fait de même pour nous, nous donnant d’abord de Le voir, puis nous donnant aussi la sagesse pour discerner entre ce qui est saint et ce qui est profane, entre la vérité et l’erreur, les choses terrestres et les choses célestes.

Ne méprisons pas les témoignages de Dieu comme les hommes de Bethsaïda. Laissons plutôt le Seigneur nous conduire par la main au lieu où Il peut s’occuper de nous et nous aider selon la grâce et la tendresse de Son cœur plein d’amour.

D’après The Lord is near juin 1987

« De là vient aussi qu’il (le Seigneur Jésus) peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui : il est toujours vivant afin d’intercéder pour eux » Hébreux 7. 25.

NOTRE SAUVEUR, JÉSUS CHRIST, EST UNIQUE

Nous ne connaissons jamais la force de l’amour du Seigneur Jésus, notre grand souverain Sacrificateur, jusqu’à ce que nous nous soyons appuyés sur Lui avec un fardeau de tentations, de peines et de craintes. Alors nous prenons conscience et faisons l’expérience qu’Il est l’Homme égal à Dieu, l’Homme de la droite de Dieu, qu’Il a fait fort et puissant pour qu’Il sauve complètement ceux qui viennent à Dieu par Lui. Alors nous ressentons qu’Il connaît la peine trop lourde pour l’aide humaine. Il peut comprendre. Et nous faisons l’expérience de la merveilleuse tendresse, de l’amour plein de compassion, de la sympathie parfaite de Celui qui est affligé dans toute notre affliction et qui intercède continuellement pour nous dans les lieux très-hauts.

Un tel souverain Sacrificateur est à nous au ciel – tout-puissant, connaissant toutes choses, plein d’amour, glorieux dans sa sainteté, sa puissance et sa vérité ; inexprimablement plein de grâce et de compassion. Il est un véritable Homme, ayant souffert et triomphé comme Homme, et plein de sympathie maintenant avec les siens comme un Homme sur le trône, nous amenant en Lui-même – Jésus – l’océan de l’amour divin. Car bien qu’Il soit véritablement Homme, connaissant les limitations de l’humanité, ses épreuves, ses fardeaux, ses faiblesses, et ses peines, la plénitude de la Déité habite en Lui. Il est notre Sauveur, notre Ami et notre Guide, Celui qui nous aime éternellement, l’Époux de nos âmes – aussi bien dans l’ombre que dans le soleil, au milieu de nos défaites et de nos victoires, de nos peines et de nos joies : « Jésus Christ est le Même, hier, et aujourd’hui, et éternellement » (Héb. 13. 8).

D’après The Lord is near juin 1987

« Quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva » Tite 3. 4 et 5.

LE PLAN DE SALUT DE DIEU

Ce passage, d’où sont pris ces versets, présente un beau tableau du grand salut de Dieu. Voyons-en les détails.

Le matériel de Dieu

Dieu commence avec un matériel bien pauvre. Le verset 3 décrit la condition misérable de ceux qu’Il sauve : « insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la méchanceté et la jalousie, détestables, nous haïssant l’un l’autre ». Cette liste bien laide décrit exactement toute personne non convertie.

Le motif de Dieu

Nous ne comprenons peut-être pas cela, mais nous pouvons bien nous en réjouir. Dieu s’est proposé de montrer de l’amour et de l’affection à ses créatures rebelles, en envoyant son Fils unique et bien-aimé dans le monde pour mourir pour eux. Sur le Calvaire, Christ « a souffert pour les péchés, le juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu » (1 Pierre 3. 18).

La méthode de Dieu

Trois choses sont mentionnées au verset 5 : Sa miséricorde, le lavage de la régénération, le renouvellement du Saint Esprit. Toutes les trois sont données entièrement par Dieu. Nos propres œuvres de justice ne contribuent en rien à notre salut, bien que nous devions accepter ce salut par la foi.

Le chef-d’œuvre de Dieu

Ceux que Dieu justifie par sa grâce deviennent ses héritiers. Que notre Dieu Sauveur est merveilleux !

D’après The Lord is near juin 1987

« Lui (Jésus) se tenait à l’écart dans les déserts et priait » Luc 5. 16.

SERVIR DANS LA DÉPENDANCE DU SEIGNEUR

Tout service pour le Seigneur doit être accompli dans sa dépendance.

La prière, dans la vie du Seigneur Jésus quand Il était sur la terre, nous montre sa dépendance parfaite de Celui qui L’avait envoyé pour accomplir l’œuvre du salut.

Dès l’enfance Il avait le désir d’être occupé des affaires de son Père. Au cours de toute sa vie Il a démontré ce qu’est la véritable dépendance. Il s’est volontairement renoncé à Lui-même et a pris la forme d’esclave. Oui, le Seigneur Jésus est apparu comme Celui qui est saint, dans un monde plein de corruption et d’égoïsme. Il est venu pour servir.

Quelquefois des personnes dans le besoin cherchaient son aide, comme nous le lisons dans le verset 12 de ce chapitre. L’homme couvert de lèpre souhaitait que le Seigneur le guérisse de cette maladie terrible. Le Seigneur, dans sa grâce, exerça son autorité sur les effets du péché, et dit : « Je veux, sois net ».

Notre bien-aimé Seigneur était Dieu manifesté en chair. Mais qu’il est beau de voir ici ce même Seigneur exercer son pouvoir divin comme un Serviteur dépendant du Père ! Tout de suite après cet épisode, le Seigneur se retira dans le désert, où Il priait, son service étant accompli. Il ressentait le besoin d’être seul, en communion avec son Père. Nous sommes souvent fervents dans la prière avant d’accomplir un service particulier auquel nous sommes appelés pour le Seigneur. La vraie dépendance recommande aussi notre service dans les mains de Dieu après qu’il a été accompli.

Peu après cela, le Seigneur Jésus se consacra de nouveau à l’enseignement des foules, et la puissance de Dieu était là pour les guérir. C’est là aussi une leçon pratique pour nous. Tout notre service doit découler de cœurs dépendant de Lui ; sans Lui nous ne pouvons rien faire. Prenons exemple de la vie de prière du Seigneur Jésus quand Il vivait et servait sur la terre.

D’après The Lord is near juin 1987

« Et tu diras en ce jour-là : Je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, et ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé » Ésaïe 12. 1.

L’HISTOIRE IMPRESSIONNANTE D’ISRAËL

Après des siècles de désobéissance, de rébellion, de peine et de souffrances pour la malheureuse nation d’Israël, un tel langage sortant de leurs lèvres sera vraiment merveilleux. La colère de l’Éternel envers eux avait de bonnes raisons, car leurs nombreuses années de refus de sa parole apportée par ses serviteurs les prophètes, et de rébellion contre elle – en étaient arrivées au rejet du Fils de Dieu qui était venu en grâce, en humilité et en bonté telles que le monde n’en avait jamais vues. Ils dirent à Pilate, avec arrogance : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » (Mat. 27. 25). Les conséquences terribles de cela ont été pires que ce qu’ils avaient pu imaginer. Ils ont été éparpillés jusqu’aux extrémités de la terre, et ont souffert plus qu’aucun peuple. Méprisés et persécutés par de nombreuses nations, des millions d’entre eux ont été cruellement mis à mort.

Durant ces dernières années, beaucoup sont retournés dans leur propre pays. Cependant la haine de nombreuses nations est encore contre eux, en particulier de la part des pays voisins de leur très petit pays. Leurs peines semblent être interminables. L’Éternel est-Il encore en colère contre eux ? – Oui, car malgré toutes les souffrances qu’ils ont endurées, ils refusent toujours absolument de reconnaître Jésus comme le Fils de Dieu, le vrai Messie d’Israël. En conséquence ils n’ont pas à cœur de confesser leur terrible culpabilité, d’avoir crucifié Celui que Dieu avait envoyé.

Mais des souffrances bien pires les attendent avant que, enfin, ils se courbent devant le Fils du Dieu béni. Il leur faudra endurer des tribulations telles que le monde n’en a jamais vues, pendant lesquelles deux-tiers d’Israël seront mis à mort. Mais le résidu, avec une repentance sincère, sera humilié et recevra ce Sauveur plein de grâce et d’amour, et ils prendront conscience qu’Il est l’Éternel Lui-même – et leur louange à son nom sera vibrante et incessante.

D’après The Lord is near juin 1987 (L.M. Grant)

« Ton bien-aimé, qu’est-il de plus qu’un autre bien-aimé, que tu nous adjures ainsi ? Mon bien-aimé est blanc et vermeil, un porte-bannière entre dix mille » Cantiques des cantiques 5. 9 et 10.

LE SEIGNEUR JÉSUS EST AU-DESSUS DE TOUS DANS SA VALEUR ET SON AMOUR

Nous ne serons jamais protégés des contrefaçons, des attractions et des tentations de ce monde, jusqu’à ce que nous connaissions Celui qui les met toutes dans l’ombre pour nous. Il y a deux puissances, dont l’une commande tout être humain : l’une, c’est le monde, l’autre, c’est Christ. Et nous pouvons être certains que nous ne sommes pas protégés de l’une si nous n’avons pas trouvé l’autre.

Je suis souvent bien étonné de constater qu’il y a si peu de cette intimité bénie, simple et personnelle avec Christ, qui se réjouit en Lui comme en une Personne, pas seulement une doctrine à son sujet. On ne connaît guère plus de Lui que s’Il n’était qu’une simple doctrine ; on a peu conscience qu’Il est un Homme vivant sur le trône de Dieu dans les cieux – une Personne divine qui peut combler tous les désirs du cœur, et que je connais comme étant Dieu dans un Homme – ce qui est merveilleux.

Je connais Dieu en Jésus. Comment puis-je connaître Dieu autrement ? Je ne peux connaître Dieu que dans cette Personne bénie, ce qui est merveilleux. Un véritable Homme, l’Homme Lui-même, réellement homme, et pourtant le Dieu tout-puissant. Je le répète pour nous, nous ne sommes pas à l’abri, nous ne sommes pas en sécurité, nos cœurs ne sont pas protégés jusqu’à ce que Christ soit le seul – et Celui qui commande – sur son trône. Quand c’est le cas, et qu’Il est là personnellement, nous avons les bons motifs, et le bon ressort, et la puissance réelle pour marcher et témoigner pour Lui ici-bas. Christ recherche cela – notre cœur – c’est-à-dire nous-mêmes.

D’après The Lord is near juin 1987

« Le Seigneur dit encore : Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, fortifie tes frères » Luc 22. 31 et 32.

L’ÉPREUVE, CHEMIN DE LA BÉNÉDICTION

Le Seigneur a vraiment la bénédiction en vue. C’est l’objectif dont Il ne s’écarte jamais. Quand arrivent des temps particuliers d’épreuve, la conscience de la faiblesse visible partout, et l’amour que nous avons les uns pour les autres, nous feraient désirer de chercher à nous en échapper, pour nous et pour les autres. Mais, grâce à Dieu, cela est aussi vain que peu sage, et incrédule. Satan crible le froment de Dieu, et il est vraiment bien sérieux d’avoir à faire avec lui, mais le crible est la méthode de purification qui est ordonnée.

Voyez Simon Pierre, comme un bon exemple de cela dans les Évangiles : il était en grand danger, et le Seigneur lui avait annoncé qu’il tomberait, et cependant le crible ne peut pas lui être épargné. « J’ai prié pour toi » lui a dit le grand Intercesseur – non pas pour qu’il ne soit pas criblé, ni même pour qu’il ne tombe pas – mais, « moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, fortifie tes frères. » Il résulterait du bien de ce criblage de Satan, même pour celui qui aurait pu paraître avoir complètement failli.

Quel réconfort pour nous en cela, soit que nous pensions à nous-mêmes ou à d’autres ! Il se peut que le Seigneur, dans sa grande bonté, ait une œuvre à faire pour Lui, prête à être mise entre nos mains. Que c’est extraordinaire si, tout d‘abord, il Lui plaisait de nous faire apprécier, par le chagrin et la souffrance, la valeur d’être criblé par Satan ! Il nous ferait peut-être même trouver notre voie à travers notre propre confiance en nous-mêmes et notre imprudence, comme le fit Pierre.

D’après The Lord is near juin 1987

« Amendez vos voies et vos actions, et je vous ferai demeurer dans ce lieu » Jérémie 7. 3.

ACCORDONS NOS VOIES POUR POUVOIR NOUS TENIR DANS LA PRÉSENCE DE DIEU

Jérémie reçut instruction de la part de l’Éternel, de se tenir à la porte du temple par laquelle le peuple passait pour adorer l’Éternel. Le prophète emploie ici un langage fort : « Amendez vos voies et vos actions ». Leurs manières d’agir, apparemment, ne correspondaient pas à ce qu’ils professaient.

Dans tous les domaines de la vie, ils étaient déficients quant aux normes et aux exigences de Celui qu’ils venaient adorer.

Le Dieu de l’Ancien Testament n’est pas différent du Dieu du Nouveau Testament. L’apôtre Pierre, dans ses épîtres, est très occupé de la sainteté du Seigneur. Quel déshonneur nous accumulons sur la tête de notre bien-aimé Sauveur quand notre marche n’est pas en accord avec ce que nous professons. Où nous trouvons-nous ? La lecture de Jérémie 7 nous interpelle fortement, si nous avons l’esprit ouvert et que nous laissons la Parole parler à notre cœur et à notre conscience. Le Saint Esprit nous l’appliquera pendant que notre Seigneur au ciel prie pour nous, afin que nous ne manquions pas de marcher en Lui étant agréables.

Amender nos voies et nos actions aura un grand effet sur notre bonheur et notre joie dans le Seigneur Jésus. La promesse pour le peuple, au temps de Jérémie, était qu’ils demeureraient à Jérusalem, l’endroit que Dieu avait choisi. Le désir des fils de Coré, qui ont écrit le Psaume 84, était de demeurer dans la maison de Dieu pour Le louer sans cesse, restant toujours dans la présence de l’Éternel. Quelle joie et quelle bénédiction pour le croyant aujourd’hui, de demeurer en Lui ! Cela donne la paix dans les temps très troublés où nous vivons. Écoutons donc aussi la voix du Seigneur par Jérémie, amendons nos voies et ainsi demeurons avec Lui.

D’après The Lord is near juin 1987

« C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie. Je parle comme à des personnes intelligentes : jugez vous-mêmes de ce que je dis » 1 Corinthiens 10. 14 et 15.

MÊME UN CHRÉTIEN PEUT TOMBER DANS L’IDOLÂTRIE

Il serait faux de dire que tomber dans l’idolâtrie est chose impossible pour un chrétien. Cependant, c’est exactement ce que faisaient les Corinthiens. Ils disaient qu’ils savaient qu’une idole n’était rien, et en conséquence cela ne leur faisait rien de manger de la viande qui avait été offerte à des idoles païennes. Ils pensaient qu’ils pouvaient même aller un pas plus loin, et s’asseoir et manger dans les temples d’idoles. L’apôtre, au contraire, maintient le principe que l’on prend part ainsi à un mal que l’on n’a peut-être pas fait soi-même, et spécialement dans les choses saintes. La vraie sagesse dans de tels cas, c’est de s’en tenir absolument à l’écart.

C’est de l’intelligence spirituelle, de participer, ou même de donner l’apparence de participer, à ce qui est faux du point de vue religieux. Il est vain de plaider que le cœur n’est pas réellement engagé dans ce en quoi l’on se permet extérieurement – non seulement sur le plan moral, mais aussi parce que cela méprise Christ et que l’on feint d’ignorer les ruses de Satan. Le chrétien n’est-il pas racheté de l’esclavage de l’ennemi ? N’a-t-il pas été acheté à prix pour glorifier Dieu ? L’apôtre dit immédiatement aux Corinthiens de se juger eux-mêmes, en les mettant dans la présence de l’institution centrale et actuelle de la communion dans l’assemblée. Où était maintenant leur compréhension pratique de cela ?

D’après The Lord is near juin 1987

« VOICI, JE ME TIENS À LA PORTE ET JE FRAPPE »

– Maman, maman ! s’écria le petit Willy Kramer, un dimanche vers midi, en entrant bruyamment dans la cuisine. Maman ! a-t-on frappé à la porte ce matin ?

– Que veux-tu dire, mon chéri ? répondit Madame Kramer, qui préparait le repas.

– Est-ce que quelqu’un a frappé à la porte ?

– Pas que je sache, dit la mère. Personne n’est venu ici ce matin.

– Le prédicateur a dit, continua le petit, qu’il y a quelqu’un qui va partout, qu’il frappe à chaque porte et qu’il apporte quelque chose à chacun. Et il a dit qu’il faut faire bien attention pour entendre quand il frappe et lui ouvrir aussitôt, parce qu’autrement, il s’en va et ne revient plus jamais.

L’enfant était très animé, ses joues étaient toutes rouges. Ce qu’il avait compris de la prédication de ce matin était tombé dans son cœur et remplissait toutes ses pensées.

– Eh bien, dit la mère, personne ne peut dire que nous n’ouvrons pas quand on frappe à notre porte. Je n’ai jamais fait attendre quelqu’un dehors. S’il vient ici, je lui ouvrirai tout de suite. Mais ce matin, je n’ai pas quitté la cuisine un seul instant, et si l’on avait frappé, même doucement, je l’aurais certainement entendu.

Willy poussa un soupir de soulagement ; mais tout à coup, il reprit :

– Maman, il est peut-être venu hier ?

– Dans ce cas, il faudra qu’il revienne, car hier je n’étais pas à la maison, répliqua Madame Kramer avec impatience. Mais de qui veux-tu donc parler ? Qui est-ce qui frappe ainsi de porte en porte ?

Willy hésita.

– Je ne sais pas, dit-il enfin à mi-voix, le prédicateur a seulement dit qu’il venait frapper à la porte de chacun.

– Je n’ai pas entendu dire qu’il soit venu dans le voisinage, dit Madame Kramer, et s’il avait apporté des cadeaux, on me l’aurait certainement dit. Qu’est-ce qu’il apporte ? Est-ce de l’argent ?

– Non, je ne crois pas que ce soit de l’argent. Mais le prédicateur répétait toujours qu’il fallait que chacun le laisse entrer.

– Il n’avait pas besoin de le dire. Ce serait bien impoli et bien ingrat de laisser dehors un tel visiteur. Mais Willy, tu aurais dû être plus attentif, afin de pouvoir me dire ce qu’il apporte réellement.

– Le prédicateur a dit que c’était quelque chose dont chacun a besoin, répondit Willy.

– Il semble avoir fait une étrange prédication aujourd’hui, remarqua Madame Kramer. Est-ce tout ce dont il a parlé ?

– Je crois que oui, maman. Dans le passage de la bible il n’y avait que cela, et j’ai été tout le temps tourmenté en pensant qu’il pourrait venir avant que je sois de retour à la maison.

– Ah ! il en a été question dans le texte ? Tu aurais dû me le dire tout de suite. Madame Kramer avait l’air si contrariée en disant cela que, pendant un moment, Willy n’osa plus parler. Mais il avait le cœur trop rempli de ce qu’il avait entendu.

– C’est très vrai, maman, répéta-t-il. Le prédicateur l’a dit plus d’une fois, qu’il va partout. Je suis sûr que c’est vrai.

– Bah ! dit la mère avec impatience, tu as mal compris. Ne dis donc plus de telles folies. Je parlerai une fois au prédicateur et je lui dirai que c’est ridicule de raconter de telles histoires.

Pauvre Willy ! Il était tout triste d’entendre sa mère parler ainsi. Le discours du prédicateur lui avait paru si beau, si saisissant, et il avait parlé si sérieusement… Il lui semblait même qu’il avait regardé plus d’une fois vers le banc où Willy était assis. Il était tout à fait convaincu que bientôt quelqu’un viendrait frapper à la porte et apporterait quelque chose de très beau, et il désirait ardemment que ce soit ce dimanche-ci, pendant que tous seraient à la maison.

Enfin le père arriva et tous trois se mirent à table.

– Willy a entendu aujourd’hui une étrange prédication, dit Madame Kramer.

– De quoi y était-il question ? demanda amicalement le père, qui estimait qu’une promenade était plus agréable et plus salutaire pour lui que d’écouter un discours pendant une heure. Peux-tu me répéter le texte, mon petit ?

– Le texte ! dit Madame Kramer en riant. Ah oui ! Willy est revenu tout agité à la maison avec un drôle de conte, disant qu’il y a un monsieur qui va de maison en maison frapper à la porte et qu’il apporte un cadeau à chacun. As-tu jamais entendu pareille folie ?

– Mais oui, papa, interrompit le petit. Le prédicateur dit que c’est réellement ainsi ! Je voudrais que tu aies été là et que tu l’aies entendu.

– Des choses semblables n’arrivent pas, dit Madame Kramer. Qui a déjà entendu un prédicateur raconter de telles folies ? Willy l’a sûrement mal compris.

– Non, non, papa, dit Willy ; les yeux pleins de larmes. Vois-tu, il a lu le texte dans la Bible, et il nous a dit qu’il fallait faire bien attention quand on frapperait. Sinon, il pourrait passer et ne plus jamais revenir.

– Eh bien, sois tranquille mon enfant, dit calmement le père. Nous avons de bonnes oreilles et nous l’entendrons bien.

Quand le repas fut terminé, Willy se leva, appuya avec confiance sa tête sur l’épaule de son père et lui dit :

– Papa, n’as-tu pas une Bible ?

– Oui ; il doit y en avoir une ici, mais je ne sais pas où elle est. Mais tu ne vas pas te fatiguer la tête à lire la Bible ; ce serait trop difficile pour toi.

– Tu l’as sans doute déjà lue en entier, n’est-ce pas, papa ?

Le père réfléchit un moment et dit :

– Non, mon petit; mais ton grand-père, oui. Il lisait très souvent dans la Bible. Moi, j’ai toujours dû beaucoup travailler et j’ai eu trop peu de temps pour lire.

Willy se tut et resta pensif pendant un moment. Puis il dit :

– Si tu avais ta Bible ici, tu le trouverais bien tout de suite.

– Trouver quoi ?

– Mais le passage où il est dit que quelqu’un vient frapper à la porte. Peut-être pourrais-tu même nous dire s’il viendra aujourd’hui. Puis, avec un regard suppliant, il ajouta : – Ne crois-tu pas que tu pourras voir dans la Bible quand il viendra et ce qu’il nous apportera ?

Le père secoua la tête.

– Non, mon enfant, dit-il. Je ne le crois pas. Mon père connaissait la Bible d’un bout à l’autre, et s’il y avait lu quelque chose de si étrange, il n’aurait pas manqué de m’en parler. Mais pourquoi ne le demanderais-tu pas cet après-midi à la monitrice de l’école du dimanche ? Elle saura peut-être t’expliquer la chose.

– Eh quoi ! dit la mère. Vas-tu soutenir le petit dans sa folie ?

– Et si nous ne recevons jamais le cadeau ? osa objecter Willy.

– Va, va, apprends ton cantique, dit Madame Kramer avec impatience. Cela vaudra mieux que de parler de choses auxquelles tu ne comprends rien.

Une demi-heure plus tard, Willy était assis à sa place habituelle à l’école du dimanche. Cette fois, la prière et le cantique lui parurent durer bien longtemps. Dès que la monitrice eut dit : « Amen ! », il laissa sortir ce qui remplissait son cœur et demanda :

– S’il vous plaît, Mademoiselle, voudriez-vous me dire à quelle heure il viendra et ce qu’il apportera ?

La monitrice, presque effrayée en voyant l’agitation de l’enfant et son visage tout rouge, lui demanda :

– Que veux-tu dire, Willy ?

– Je pensais que vous le sauriez, dit Willy tout déçu. Et mon père le pensait aussi. Je veux parler de ce monsieur dont le prédicateur a dit ce matin qu’il vient frapper à toutes les portes, et mon père croyait que vous sauriez où se trouve le passage qui le dit.

La monitrice qui avait assisté à la prédication comprit ce que voulait dire Willy, et quand elle vit son visage sérieux et la curiosité éveillée chez ses camarades, elle pensa qu’il valait mieux laisser de côté la leçon préparée pour ce dimanche, et répondre à la question du petit Willy. Elle raconta alors aux enfants, devenus bien attentifs, beaucoup de choses concernant cet Ami divin qui, avec tant de patience, vient frapper au cœur de chacun, et qui pourtant est si souvent laissé dehors. Elle leur parla de son grand amour, de sa merveilleuse bonté, même envers ceux qui le haïssaient. Elle leur dit comment les méchants le maltraitèrent et le clouèrent enfin sur la croix. Elle leur affirma aussi que ceux qui recevaient cet hôte béni avaient leurs cœurs remplis de paix et de joie.

Willy écouta avec la plus grande attention. Il ne saisit pas tout ce que la monitrice disait, mais il comprit que ce qu’il avait dit était vrai, que c’était dans la Bible et qu’il pouvait attendre du ciel, à chaque instant, celui qui vient frapper à la porte. À la fin de l’heure, il pria la monitrice de lui écrire sur un billet le passage où il était parlé de quelqu’un qui frappe à la porte, afin que son père puisse le chercher et le lire.

– A-t-il déjà frappé à ta porte, Mademoiselle ? lui demanda-t-il quand elle eut écrit le passage sur un morceau de papier. Une expression de joie se peignit sur ses traits lorsqu’elle répondit avec émotion :

– Oui, Willy, mais d’abord, j’ai été très méchante ; je ne voulais pas le laisser entrer. Et comme il ne cessait pas de frapper, je lui ai ouvert et il est entré, et alors je suis devenue plus heureuse que je ne l’avais jamais été de ma vie. En disant cela, des larmes brillaient dans ses yeux.

Les enfants étaient tous profondément émus, aucun n’osait dire un mot. Mais Willy était tellement intéressé qu’il ne put s’empêcher de lui poser encore une question.

– Est-il resté longtemps chez toi ? demanda-t-il, en arrêtant sur elle un regard qui la pénétra jusqu’au fond du cœur. Elle mit son bras autour du cou de l’enfant et, le serrant contre elle, elle lui dit avec sérieux :

– Il reste toujours avec nous, mon cher petit.

Willy était satisfait. Il prit brusquement congé de sa monitrice et courut d’un trait à la maison.

il y arriva tout essoufflé en criant :

– C’est vrai, papa ; c’est vrai ! La demoiselle a dit que tout est vrai, et elle a écrit pour toi le passage.

– Qu’est-ce qui est vrai ? demanda Monsieur Kramer en grommelant, car la brusque arrivée de Willy l’avait réveillé en sursaut de sa sieste. Sa femme, qui lisait un journal, comprit vite ce que son fils voulait dire, et en mettant sa bouilloire sur le feu, elle dit :

– Voilà ce que c’est que de l’avoir encouragé à poser des questions à sa monitrice !

– Mais c’est vrai, maman. Il a déjà frappé à sa porte ! Elle me l’a dit elle-même.

Willy s’arrêta un instant, pendant que le père jetait à sa femme un regard d’étonnement, puis il continua :

– Je lui ai demandé de m’écrire le verset. Le voilà, papa. Elle nous a aussi dit qu’il fallait faire bien attention quand il frappait, que d’abord elle n’avait pas ouvert, et qu’il est toujours revenu frapper, et qu’enfin elle lui a ouvert, et qu’alors elle est devenue très heureuse. Et vois-tu, papa, quand elle nous a dit cela, elle pleurait de joie.

– Qui est-ce donc qui veut venir ? interrompit la mère avec impatience. Ce n’est sûrement qu’une parabole, comme on dit.

– Non, non, maman ; c’est la vérité.

Monsieur Kramer regarda encore sa femme, qui dit :

– Dis-nous donc enfin qui est celui qui vient !

– C’est le Seigneur Jésus Christ, répliqua l’enfant avec un grand sérieux et d’un ton plein de respect.

Madame Kramer ne dit rien ; mais son mari, arrêtant les yeux un instant sur Willy, lui dit :

– Et celui-là, la demoiselle l’a vu, dis-tu ?

Le petit hésita un moment : il ne se rappelait pas si la monitrice avait dit cela.

– Je ne sais pas au juste, répondit-il tranquillement. Mais bientôt il ajouta comme en triomphe :

– Bien sûr papa, qu’elle doit l’avoir vu. Ouvrir la porte à quelqu’un sans le voir, c’est impossible, n’est-ce pas ?

– En cela tu as bien raison, répondit le père. Et il tomba dans de profondes réflexions. Involontairement il se rappelait tant de choses qu’il avait entendues de son père, un homme pieux, tranquille et modeste, qui, à l’occasion, savait parler à sa famille des vérités qu’il avait apprises dans la Parole de Dieu. Willy aussi avait gardé le silence, mais bientôt il reprit :

– Papa, s’il venait pendant la nuit, pourrais-tu l’entendre si tu dormais ?

– Non, mon petit. À moins que l’on ne frappe très fort, je ne peux pas entendre quand je dors.

Willy regarda son père avec anxiété, mais bientôt ses traits se détendirent et, tout heureux, il dit :

– Papa, nous avons un gros marteau à notre porte. Il nous réveillera certainement, même en ne frappant pas très fort. Car il ne peut pas frapper fort, vu qu’il a des plaies aux mains.

– Des plaies aux mains ? demanda Monsieur Kramer, tout étonné.

– Oui, papa; des hommes méchants lui ont planté de gros clous aux mains et aux pieds. N’est-ce pas terrible, papa ?

– À présent, je te comprends, répondit Monsieur Kramer. Oui, on l’a pendu à une croix entre deux malfaiteurs. Mon père m’a souvent raconté cela, mais il y a longtemps que je n’en ai plus entendu parler. Mon père connaissait la Bible du début à la fin.

– Alors il savait bien qu’il allait partout frapper aux portes. A-t-il aussi frappé à la porte du grand-père ?

– Non mon petit, je ne le crois pas ; en tout cas il ne m’en a jamais parlé.

– Avez-vous maintenant assez babillé ? interrompit Madame Kramer d’un ton moqueur. Venez, asseyez-vous, le repas est prêt.

Monsieur Kramer fut bien soulagé d’échapper ainsi aux questions embarrassantes de son petit garçon. Après le repas, un voisin entra et on ne reparla plus de ces choses ce soir-là.

Quelques heures plus tard, un silence profond régnait dans tout le village, et dans la maison des Kramer, tous dormaient. Tout à coup, Willy se réveilla et s’assit sur son lit, les yeux grand ouverts, tandis que son cœur battait fort. Avait-il rêvé ou était-ce une réalité ? Il lui semblait avoir entendu frapper doucement mais distinctement à la porte de la maison. Il écouta un instant sans oser respirer, puis soudain, il sortit de son lit et courut dans la chambre voisine où dormaient ses parents.

– Papa, dit-il doucement, papa, lève-toi vite ; il a frappé. Et comme il ne recevait pas de réponse, tout tremblant d’émotion, il répéta plus fort : Papa, réveille-toi ! J’ai entendu frapper tout doucement, comme Mademoiselle l’a dit. Descends vite lui ouvrir.

– Quoi ? Qu’y a-t-il ? demanda Monsieur Kramer encore à moitié endormi et en se frottant les yeux. Quelle heure est-il ? Il n’est pas encore cinq heures ; il fait tout sombre. Sa femme se réveilla aussi, s’assit tout effrayée dans son lit et demanda :

– Qu’est-ce qui se passe ? Qui a parlé ?

– J’ai entendu frapper à notre porte, papa, dit de nouveau le petit. J’en suis sûr, car cela m’a réveillé. Je t’en prie, papa, viens vite lui ouvrir la porte.

– A-t-on jamais entendu parler d’une chose pareille ! s’écria Madame Kramer toute fâchée. Comment ! Il parle encore de la prédication ! Dépêche-toi de retourner au lit si tu ne veux pas être puni. En tout cas, tu n’iras plus écouter ce prédicateur. Effrayer ainsi un enfant, c’est trop fort.

Tout triste, le pauvre Willy retourna se mettre au lit, et ses parents se recouchèrent pour achever leur nuit de sommeil. Mais tout à coup, le père se réveilla en sursaut en criant :

– Qu’est-ce que l’on entend ?

Sa femme et lui écoutèrent.

– Ce n’est que la pluie qui frappe contre les vitres, dit la femme impatientée. Il pleut fort, et c’est tout ce que l’on entend. Vraiment, je crois que tu es bientôt aussi agité que Willy.

De nouveau le silence se fit dans la chambre, mais Willy avait aussi entendu le bruit de la pluie et était toujours plus inquiet. « Hélas ! » se disait-il, « il est peut-être dehors attendant qu’on lui ouvre. Que pensera-t-il de nous si nous le laissons à la pluie alors que nous sommes dans nos bons lits ? » Cette pensée devint si insupportable au cœur du pauvre enfant qu’il sauta de nouveau en bas de son lit et retourna dans la chambre de ses parents.

– Papa, dit-il en sanglotant. Il pleut si fort ; ne veux-tu pas te lever pour le faire entrer ? Il sera tout mouillé et aura froid ; peut-être ne sait-il pas où aller ?

– Comment ! te voilà encore, cria la mère. Tu me le paieras demain. Retourne vite au lit.

– Oh ! papa, fais-le entrer, dit Willy en pleurant. Il pleut tellement ; peut-être qu’il partira et ne reviendra plus chez nous.

Un mouvement se fit dans le lit.

– Tu ne veux quand même pas te lever pour faire la volonté de l’enfant, dit Madame Kramer à son mari.

– Oui, ma femme ; mais ce n’est que pour tranquilliser le pauvre enfant. Reste seulement au lit.

– Il ne manquerait plus que cela, que je me lève aussi, répliqua-t-elle en colère. Voilà une belle éducation !

Monsieur Kramer mit ses pantoufles, prit Willy dans ses bras, descendit l’escalier, ouvrit la porte toute grande, et regarda comme si lui-même attendait quelqu’un.

– Tu vois bien qu’il n’y a personne, dit-il à l’enfant. Willy soupira de soulagement et s’avança tant qu’il put sur les bras de son père, cherchant à percer la nuit de son regard, mais il ne vit rien. La pluie tombait encore doucement, mais les nuages se séparaient et, çà et là, laissaient paraître quelques étoiles brillantes.

– Papa, dit doucement Willy, il est peut-être retourné au ciel. Les étoiles sont si claires ; on dirait qu’il y a juste la place pour passer entre elles. Penses-tu que Dieu l’a rappelé près de lui ?

Monsieur Kramer ne savait que répondre.

– À cette heure de la nuit, personne n’est dehors, dit-il enfin. Regarde comme tout est tranquille.

– Alors ce n’est pas lui qui aura frappé, n’est-ce pas ? Il aurait bien attendu qu’on soit venu lui ouvrir. Il savait bien que nous étions tous au lit. Peut-être qu’il reviendra demain, quand la pluie aura cessé. Sais-tu où il est maintenant ?

– Je pense qu’il est là où il a toujours été, répondit Monsieur Kramer en hésitant. Mon père m’a enseigné qu’il est au ciel. Je ne peux t’en dire plus. On a peut-être une nouvelle Bible depuis que j’étais jeune garçon.

– Oui ; autrement tu aurais su qu’il va partout. N’aimerais-tu pas le voir venir chez nous, papa ?

Monsieur Kramer aurait-il aimé le voir face à face, celui dont Willy parlait si simplement et avec tant de confiance ? Il ne pouvait se résoudre à répondre « oui », mais il hésita à l’avouer à Willy. Celui-ci en aurait été bien étonné. Les enfants ne comprennent pas tout le sérieux de telles questions, et comme elles peuvent parler à la conscience. Ils ne savent pas comme la lutte incessante et pénible pour l’existence ici-bas absorbe les pensées, et comme il est difficile, pour un homme, de rester dans le droit chemin. Ne recevant pas de réponse, Willy continua :

– Papa, tu ne sais pas comme il est bon. La monitrice nous disait qu’il ne désire pas savoir si quelqu’un a fait peu ou beaucoup de mal, qu’il est toujours prêt à pardonner, et qu’il veut que chacun soit heureux et puisse entrer au ciel.

– Eh bien, je pense que toi tu y entreras certainement, mon petit, car il me semble que la monitrice veut faire de toi un prédicateur.

– Mais papa, je n’aimerais pas aller au ciel sans toi, ni sans maman. Il faut aussi que tu y viennes. Je ne peux pas y aller seul ; j’aimerais que tu me tiennes par la main. La monitrice dit qu’il reçoit tous ceux qui viennent à lui.

– Bien, bien, dit Monsieur Kramer pour le calmer, peut-être irons-nous tous ensemble. Mais maintenant il nous faut vite retourner au lit, car il fait froid.

Willy regarda encore une fois vers le ciel étoilé et dit doucement :

– Bonne nuit, mon cher Seigneur Jésus ! Le père ferma la porte, prit son petit garçon en haut et le posa dans son lit. Willy mit les bras autour du cou de son père et, lui donnant un baiser, il lui dit :

– Je t’aime tant, cher papa ! Je suis bien triste qu’il n’y ait eu personne, mais quand il viendra, je lui raconterai que tu es venu ouvrir la porte pour qu’il ne reste pas à la pluie.

Le cœur de Monsieur Kramer était ému.

– Je ne suis pas un si bon papa, dit-il. Mais quand un homme doit tellement travailler pour subvenir honnêtement aux besoins des siens, il est peut-être excusable. Après avoir posé un baiser sur le front de son petit garçon, il retourna dans sa chambre.

– Eh bien, y avait-il quelqu’un ? demanda Madame Kramer d’un ton moqueur.

– Non, il n’y avait personne, pour autant que j’aie pu voir. Mais pour le moment dormons, car je suis fatigué.

Le lendemain matin, Madame Kramer aurait dû, pour être franche, confesser qu’elle était mal à l’aise. En réfléchissant à tout ce qui s’était passé la veille et durant la nuit, elle ne pouvait se cacher qu’elle avait commis une grosse faute. Elle sentait qu’elle s’était opposée à son enfant qui avait cherché de la sympathie auprès d’elle dans une chose qui occupait vivement son jeune esprit. Elle cherchait à se persuader que tout cela n’était qu’une folie et une absurdité, et cependant son cœur maternel la condamnait. Elle découvrait aussi que son Willy n’était plus tout à fait vis-à-vis d’elle ce qu’il était auparavant. Ce n’est pas qu’il soit devenu désobéissant ou méchant, au contraire ; mais elle s’aperçut à plusieurs reprises que sa confiance en elle n’était plus la même, et qu’il s’était attaché à son père plus qu’il ne l’avait été jusque-là. Monsieur Kramer n’était pas tendre de nature et ne recherchait pas les caresses ; mais maintenant, un lien tout nouveau semblait s’être formé entre lui et l’enfant. Madame Kramer se fit de sérieux reproches et regrettait même que Willy ne lui pose plus de questions sur le sujet qui l’intéressait tellement. Que le cœur du petit en soit aussi rempli qu’au commencement, elle le savait ; mais il s’efforçait de ne plus en parler devant elle. Elle regrettait de s’être montrée si impatiente envers son unique enfant, et de l’avoir éloigné d’elle, alors que jusque-là elle avait été tout pour lui.

Quand, à midi, son mari rentra, et comme Willy était allé faire une commission, elle commença d’elle-même à parler de la chose.

– Je n’ai jamais vu, dit-elle, un enfant être pareillement rempli d’une pensée. Je n’y comprends rien, mais ce n’est sûrement qu’une absurdité.

– Je ne sais pas si ce n’est qu’une absurdité, répliqua Monsieur Kramer d’un air réfléchi ; bien que j’admette qu’il n’ait pas tout bien compris, et que tout ne soit peut-être pas vrai.

– Rien n’est vrai, répondit vivement Madame Kramer, qui aurait aimé trouver une excuse à sa manière d’agir envers son enfant. Mais, ajouta-t-elle, il n’est pas responsable d’avoir raconté de telles folies et de s’en être pareillement agité. En tout cas, il n’est plus le même enfant qu’auparavant.

– Je ne sais pas qu’en penser, remarqua Monsieur Kramer ; je n’ai autrefois rien entendu de pareil, et pourtant mon père était un homme pieux qui connaissait bien sa Bible.

– Et qui disait toujours la vérité, ajouta la mère. Je me demande ce qu’il aurait dit de cette histoire.

– C’est bien étrange, dit encore Monsieur Kramer. Willy disait que c’était dans la Bible. En tout cas, ce n’était pas dans la sienne, car il me l’aurait dit. Il la lisait beaucoup, et jamais je ne l’ai entendu dire une méchante parole. Je n’étais pas à la maison quand il est mort, après une courte maladie ; mais on m’a dit que sa fin avait été si heureuse ! Oui, c’était vraiment un homme bon.

– Comme toi, répondit Madame Kramer, car je ne désire pas un meilleur mari que toi.

– Non, ma femme. Je ne suis pas toujours ce que je devrais être. Mais c’est le moment de retourner à mon travail. Quand Willy reviendra, envoie-le-moi : j’ai trouvé un joli nid d’oiseau et je suis sûr qu’il sera content de le voir.

Il s’éloigna d’un bon pas, et ce fut seulement quand il eut disparu que sa femme remarqua qu’il avait oublié sur la table sa pipe toute bourrée, chose qui ne lui était jamais arrivée depuis qu’ils étaient mariés.

Lorsqu’il rentra le soir, il fut tout étonné de trouver sur la petite table près de la fenêtre, un livre qu’il reconnut immédiatement à sa reliure noire.

– Hé ! s’écria-t-il, voilà la Bible de mon père ! Il y a bien une dizaine d’années que je ne l’avais vue.

– Je l’ai cherchée, parce que tu m’en as tant parlé, dit sa femme, et j’ai aussi pensé que Willy serait content.

Elle essuya du coin de son tablier la poussière de dessus ce précieux livre. Si à ce moment-là Monsieur Kramer avait regardé sa femme avec attention, il se serait aperçu qu’elle avait les yeux rouges. Avait-elle pleuré ?

Tout à coup, elle entendit d’en haut la voix de Willy qui allait se coucher.

– Maman, maman ! Je voudrais te dire quelque chose.

Presque effrayée, elle dit :

– Qu’y a-t-il encore, Willy ?

– Maman, j’avais complètement oublié de te dire de me réveiller quand il viendra.

– Oui ; je te le promets. Maintenant sois sage et couche-toi.

– Et vous ferez bien attention, n’est-ce pas ? Papa, je voudrais aussi te demander de ne pas pousser le verrou d’en haut. Il faut tellement de temps pour tirer les deux verrous que cela le ferait attendre trop longtemps.

– Bien mon petit, dit le père ; cette nuit, je ne pousserai aucun des verrous.

– Merci papa ; bonne nuit maman. Et tout heureux, il se retira dans sa chambre et se coucha.

Les parents retournèrent à la cuisine et, après un moment, Monsieur Kramer, regardant sa femme, lui dit :

– Donne-moi ce livre et dis-moi ce qu’il y a d’écrit sur le billet que la monitrice a donné à Willy. Il tira de sa poche de gilet un petit morceau de papier qu’il donna à sa femme. Madame Kramer lut : « Apocalypse 3, verset 20 », et son mari se mit à chercher dans la Bible depuis le commencement, car il la connaissait bien peu ou même pas du tout. Naturellement, cela prit un bon moment, mais enfin il trouva le livre et le chapitre. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant le verset indiqué souligné à l’encre rouge !

– C’est mon père qui doit avoir fait cela, se dit-il en lui-même. Il connaissait donc bien ce verset et le trouvait très important. Et d’une voix presque tremblante, il se mit à lire : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi ». Ils en croyaient à peine leurs yeux et leurs oreilles. Willy avait donc raison ; c’était comme il l’avait dit. Comment avait-il bien pu retenir le passage dans sa jeune mémoire ? Se trouvait-il dans la vieille Bible du grand-père ? Ces questions étaient maintenant résolues. Un silence solennel régnait dans la chambre.

Qu’est-ce qui poussa Mademoiselle Rollen, la monitrice de l’école du dimanche, à passer justement ce soir-là chez les Kramer, en retournant chez elle, pour apporter à Willy un petit Nouveau Testament qu’elle pensait d’abord ne lui donner que le dimanche ? Elle n’aurait pu le dire. C’était, certes, une main invisible qui conduisait ses pas vers la demeure des parents de son petit élève. Comme il était déjà tard, elle voulait seulement donner le livre et poursuivre son chemin. Mais lorsqu’elle eut frappé deux coups avec le lourd marteau de la porte, elle entendit comme un cri de joie à l’intérieur, puis des pas précipités vers la porte qui s’ouvrit. Et elle vit devant elle Monsieur Kramer tout étonné, tenant dans ses bras Willy en pyjama, et Madame Kramer qui, d’un air effrayé, regardait par-dessus l’épaule de son mari.

– Papa, c’est Mademoiselle Rollen ! s’écria Willy tout joyeux. Mademoiselle, est-ce qu’il viendra ce soir ? Oh ! comme je serais content qu’il vienne pendant que nous sommes tous réveillés !

Si Mademoiselle Rollen avait premièrement l’intention de repartir tout de suite, il ne s’agissait plus d’y penser. Il lui fallut absolument entrer et s’asseoir dans la petite cuisine. Là, devant elle sur la table, se trouvait la Bible et tous trois la regardaient comme s’ils attendaient quelque chose d’elle. Entendre frapper à la porte, au moment où ils venaient de lire le passage de l’Apocalypse, avait été pour les parents comme un coup qui avait retenti dans leur cœur. Et il fut donné à notre amie d’aider à pousser les verrous rouillés qui, depuis si longtemps, avaient tenu ces cœurs fermés.

Pendant un long moment, ils restèrent assis ensemble, le saint Livre ouvert devant eux, et Mademoiselle Rollen eut beaucoup à faire pour répondre aux questions de Willy et de ses parents. Il semblait à ceux-ci que le jour commençait enfin à luire, comme après une longue nuit d’obscurité. Que leur vie passée leur apparaissait tout d’un coup autre qu’ils ne l’avaient pensé ! Jusqu’alors, ils avaient cru être de très bons et honnêtes gens, et voilà qu’ils apprenaient qu’ils étaient des pécheurs souillés et perdus, qui avaient besoin d’un Sauveur. Les voies miséricordieuses du Seigneur, qui avait heurté à la porte de leur cœur d’une manière si frappante, les remplissaient à la fois d’admiration et de crainte.

Ce soir-là fut comme un tournant dans la vie de la famille Kramer. Il semblait au père que des écailles lui tombaient des yeux. De nombreux passages qu’il avait entendus du grand-père Kramer, « qui connaissait sa Bible d’un bout à l’autre », revenaient avec force à sa mémoire, avec un tout autre sens et une autre portée. Il ne pouvait pas comprendre qu’il ait pu être aussi aveugle et aussi insensible ensuite. Depuis ce moment, on le vit chaque soir lisant et relisant sa vieille Bible.

Un jour, Mademoiselle Rollen se trouvait chez ses nouveaux amis, près de qui elle était toujours la bienvenue. Willy, comme d’habitude, était assis près de son père, tandis que sa mère était occupée à quelque ouvrage ménager. Après s’être entretenus quelque temps du sujet qui leur était maintenant devenu si précieux, Willy saisit tout à coup la main de son père en lui disant :

– N’est-ce pas, à présent nous irons tous ensemble au ciel, toi, maman et moi ?

– Oui, mon enfant, répondit son père tout ému ; oui, nous y serons ensemble, puisque le Seigneur nous a fait connaître sa grâce.

Ensuite il pria la monitrice de leur lire le chapitre 3 de l’Apocalypse. Il était devenu leur passage de prédilection, parce que le Seigneur, qui ne se lasse pas de frapper à la porte des cœurs des pauvres pécheurs si insensibles et si sourds à sa voix, s’en était servi pour leur parler la première fois, les réveiller de leur sommeil spirituel, et pour entrer chez eux.

Mademoiselle Rollen prit la vieille Bible et lut lentement le chapitre tout entier. Tous trois écoutèrent avec un profond recueillement. Leur cœur sentait qu’à eux aussi avaient été donnés gratuitement l’or passé au feu, la robe blanche et le nouveau nom. Ils savaient que leurs oreilles avaient entendu la voix du bon Berger et que les yeux de leur âme avaient vu Celui dont le nom est « Merveilleux », car c’était d’une manière merveilleuse qu’Il les avait attirés à Lui et que, dans ses infinies compassions, il s’était souvenu d’eux. Il était entré dans leur humble demeure comme un hôte bienvenu, pour ne plus jamais les quitter ; et sa précieuse Parole y était désormais lue, entendue et appréciée.

« Voici, je me tiens à la porte et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi ».

– Est-il déjà entré chez toi, cher jeune lecteur ? Certainement qu’il a déjà frappé plus d’une fois. Lui as-tu ouvert la porte de ton cœur ? Aujourd’hui, en ce moment, il frappe encore – ouvre-Lui, toi qui ne l’as pas encore fait, de peur qu’Il ne passe pour ne plus revenir !

D’après La Bonne Nouvelle 1998

« NE CRAINS PAS, CAR JE SUIS AVEC TOI »

Ces événements se sont déroulés dans un pays où il était interdit de posséder une Bible.

Sur le quai de la gare, Alex s’apprête à prendre le train. Il a reçu pour mission de transporter secrètement des Bibles dans la ville voisine. Il monte dans le train et pose sa valise dans le filet à bagages. Il se trouve d’abord presque seul dans son compartiment, mais peu à peu, d’autres voyageurs le rejoignent. Il connaît fort bien le trajet qu’il va faire, mais jamais il ne lui a paru aussi long qu’aujourd’hui. Quelques personnes entament une conversation avec lui, mais son esprit est ailleurs : ses pensées reviennent sans cesse à sa valise. Que se passerait-il si la police en découvrait le contenu ? Son imagination travaille. Il n’aurait pas été plus effrayé s’il avait transporté de la dynamite ! C’est alors que deux versets lui viennent à l’esprit : « La Parole de Dieu est vivante et opérante… » et « Ne crains pas, car je suis avec toi ». Il se met à prier silencieusement, demandant l’aide du Seigneur. Pourquoi devrait-il avoir peur ? Ne sert-il pas le Dieu vivant qui dirige toutes choses ?

Tout à coup, une idée traverse son esprit comme un éclair : « Quitte le train un arrêt plus tôt que prévu ! » Pourquoi donc ? Ne serait-ce pas absurde de descendre en pleine campagne et de continuer à pied avec une valise qu’il peut à peine porter ? Mais plus il approche de l’arrêt en question, plus l’idée devient certitude : « Tu dois descendre ! » Il saisit alors sa valise, quitte le train et se met à marcher. « Pourvu que personne ne me remarque avec ma valise si lourde ! » Tandis qu’il traîne tant bien que mal son bagage, le doute l’assaille : N’aurait-il pas agi trop vite ? Mais en son for intérieur, une voix lui murmure à chaque pas : « Ne crains pas, ne crains pas ! »

Soudain, il entend une voiture s’approcher derrière lui. Instinctivement, il lève le pouce pour faire de l’auto-stop. Lorsqu’il prend conscience, à son grand effroi, qu’il s’agit d’une voiture de police, il est déjà trop tard. L’auto s’arrête, l’agent baisse sa vitre et lui demande sa destination. Que peut bien faire Alex ? Il n’a pas le choix et répond courageusement : « Je dois me rendre dans la prochaine ville ». « Bien, c’est justement là que nous allons. Montez dans la voiture, mais faites vite, car nous sommes pressés ! » Alex s’installe sur la banquette arrière, sa valise à côté de lui. Curieusement, il se sent parfaitement calme. Il comprend que la suite repose entièrement entre les mains de Dieu. Les policiers ignorent totalement leur passager et discutent entre eux. Apparemment, ils sont en route pour arrêter quelqu’un. Cette procédure n’a rien d’inhabituel dans ce pays, aussi Alex ne prête pas davantage attention à leur conversation. Mais soudain, il entend une remarque qui lui fige le sang dans les veines. Le policier qui tout à l’heure l’a invité à monter dans le véhicule presse son collègue qui conduit : « Dépêche-toi un peu, sinon nous ne serons pas à temps pour l’arrivée du train. Imagine-toi un peu la tête du type lorsqu’il se fera coffrer à peine descendu du train, avec sa valise pleine de Bibles ! Ha ! Ha ! Ha ! »

À ce moment-là, ils atteignent les premières maisons de la ville. Alex tremble de tous ses membres, et lorsque l’agent se tourne vers lui et lui demande : « Où devez-vous vous rendre au juste ? », Alex doit rassembler tout son courage pour pouvoir lui répondre : « Vous pouvez me laisser aux prochains feux, je ferai le dernier bout à pied ».

Déjà la voiture est loin, mais Alex reste encore un moment comme pétrifié au bord de la route. « Si Dieu ne m’avait pas parlé d’une manière aussi claire », se dit-il « j’aurais été arrêté par la police. Quelqu’un a dû me trahir, mais Dieu a déjoué ses plans ! » À nouveau, cet encouragement lui revient à l’esprit : « Ne crains pas, car je suis avec toi ! » Dieu a veillé sur lui, il en est certain !

Alex prend sa valise et se rend aussi vite que lui permet le poids de son bagage à l’adresse où il doit livrer sa précieuse marchandise. Une fois parvenu à bon port, il raconte son aventure. Ses amis remercient tout d’abord Dieu du plus profond de leur cœur pour sa protection. Puis, naturellement, ils ouvrent la valise. Beaucoup d’entre eux se réjouissent d’avoir enfin leur propre Bible, la Bible étant en effet un cadeau extrêmement rare pour eux, et d’un si grand prix !

D’après La Bonne Nouvelle 1998

LA FOI DE JEAN SÉBASTIEN BACH

Jean-Sébastien Bach (1685-1750) est né à Eisenach en Allemagne. Comme de nombreuses biographies le confirment, il nous a laissé un exemple très vivant de musicien et de compositeur ayant la crainte de Dieu.

Comment Bach vivait-il sa foi ? – En contraste avec d’autres compositeurs, sa foi et son œuvre étaient étroitement liées. Par sa musique, il voulait rendre honneur à Dieu. Un biographe remarque au sujet du contenu spirituel de ses cantates : « Bach n’a jamais oublié ce que signifiaient les mots péché, culpabilité, mort, et l’expérience de ce qui est éphémère ». C’est pourquoi il pouvait s’exprimer au sujet du pardon et de la rémission des péchés. Nous trouvons dans ses œuvres, manifestés d’une façon si évidente, les contrastes de la vie humaine, de la culpabilité – de l’expérience du pardon et de la mort.

Ainsi ce n’était pas par pure routine qu’il terminait chacune de ses œuvres en apposant les initiales « S.D.G. » (Soli Deo Gloria = À Dieu seul soit la gloire. On trouve aussi souvent sur ses manuscrits les lettres « J. j » (Jesu juva = Jésus aide).

La Bible de Bach

Sa bibliothèque se composait de livres sur la théorie musicale et d’écrits chrétiens. Tandis que les premiers ont été conservés par ses enfants, les écrits chrétiens n’ont pas été gardés, par manque d’intérêt. C’est pour cela qu’ils ont disparu, à l’exception de sa Bible qui a réapparu aux États-Unis. Il s’agit d’une édition de 1681, en trois volumes, traduite par Martin Luther. Elle contient des commentaires bibliques dérivés des écrits de Luther. Cette Bible est d’autant plus intéressante que des annotations personnelles de Bach y figurent en marge.

Bach commente notamment le passage de 2 Chroniques 5. 13 de la manière suivante : « La présence de Dieu et sa grâce sont toujours assurées, lorsqu’une telle musique pleine de ferveur y est jouée ».

Bach et l’expulsion des Salzbourgeois

En 1732, l’archevêque de Salzbourg ordonna à tous ses sujets qui avaient accepté la foi évangélique luthérienne de quitter l’archevêché dans les huit jours. Ainsi, un temps de souffrances débuta pour les croyants. Les Salzbourgeois débarquèrent alors en foules nombreuses à Leipzig. La population de cette ville les accueillit à bras ouverts. Un des dimanches suivants, on chanta pour la première fois la cantate de Bach intitulée : « Donne ton pain au pauvre ». Le texte de cette cantate démontre clairement que le message de Bach va bien au-delà de l’amour pour le prochain. En plus des exigences « Donne, donne ton pain au pauvre, et emmène chez toi ceux qui sont dans la misère. Si tu vois quelqu’un qui est nu, apporte-lui un vêtement… », ces paroles dirigent les pensées de l’auditeur vers l’offrande à Dieu. Pour Bach, il s’agit « de ressembler à son Créateur alors que nous sommes encore sur la terre, et de le faire dans l’ombre », car « le Dieu riche nous fait part de ses abondantes bénédictions, c’est lui aussi qui nous a donné le souffle de vie ».

Bach nous fournit donc un bel exemple d’équilibre. Sans rester insensible aux besoins matériels et corporels de son prochain, il s’efforçait de montrer également que Dieu seul peut apporter le remède à tous les besoins. Bach comprenait de quelle façon Dieu s’adresse à l’homme, et il l’a interprétée par le moyen de la musique.

D’après La Bonne Nouvelle 1998

JOHN WESLEY

Au feu ! au feu ! Une vieille maison de bois est en flammes à Epworth (Angleterre). C’est là que Samuel Wesley vit avec sa nombreuse famille. Conscient du danger, il a pu s’enfuir à temps avec les siens, sauf John, un petit garçon de six ans, qui dort encore à poings fermés. Lorsqu’il se réveille et se rend compte du danger, il se met à crier à l’aide, d’une manière qui fend le cœur. Son père essaie de le secourir, mais il est retenu par des flammes infranchissables. Et comme il a perdu tout espoir de sauver son fils de cette mort cruelle, il se met à genoux dans la rue et le remet aux soins du Seigneur. Dans sa miséricorde, Dieu intervient. Un homme monte sur les épaules d’un autre, parvient à saisir l’enfant et le met en sécurité. Samuel Wesley déborde de reconnaissance. Il réunit ses voisins, se remet à genoux, mais cette fois pour rendre grâces à Dieu.

Le projet de Satan a ainsi échoué, John étant destiné à accomplir une grande œuvre. Mais il avait encore à apprendre de nombreuses leçons, avant d’être prêt à faire la volonté de Dieu.

La mère de John fit de son mieux pour l’encourager dans les choses importantes et elle lui enseigna à mener une vie honnête. Aussi bien à l’école de Londres qu’au collège d’Oxford, il manifesta une conduite honorable et fut promu pasteur. Mais malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à trouver la paix et la joie qui découlent du pardon divin.

Il partit en Amérique du Nord, accompagné de son frère Charles, dans le but d’annoncer l’Évangile aux Indiens. Mais les deux frères n’étaient eux-mêmes pas convertis, et leur entreprise se termina par un échec.

John revint en Angleterre, découragé et désespéré. Il dut prendre conscience que servir Dieu par sa propre force conduit toujours à une expérience décevante.

À cette époque, il décrivit son état d’âme dans son journal intime. Il admit que, malgré tout son savoir, ses bonnes œuvres, ses aumônes et ses prédications, il n’était qu’un pécheur perdu ayant besoin de pardon. Il désirait sincèrement trouver la paix et la certitude du salut, d’autant plus qu’il avait appris que son frère Charles s’était converti.

Un tournant se produisit dans sa vie alors qu’il se trouvait au rassemblement d’Aldersgate Street. On y lisait l’introduction à l’épître aux Romains de Martin Luther. Tandis que le prédicateur décrivait le changement que Dieu produit chez celui qui croit en Christ et à son œuvre à la croix, le cœur de John s’enflamma. Il reconnut l’unique chemin du salut, reçut la certitude du pardon de ses péchés et commença immédiatement à rendre témoignage de sa foi en Christ.

Après avoir enfin trouvé le salut et la paix, John Wesley se mit aussitôt à annoncer l’Évangile.

Beaucoup d’auditeurs furent outrés par ses prédications. C’est pourquoi on lui interdit de présenter la Parole dans bien des églises de Londres. Cette opposition conduisit John en Allemagne, où il fut particulièrement béni par les prédications d’un menuisier, Christian David. Le fier ecclésiastique était maintenant disposé à écouter la vérité sortant de la bouche d’un croyant sans formation théologique.

Personne n’est à même de décrire l’œuvre de John Wesley, consacrée à Dieu. Quelles misères et quels dangers n’a-t-il pas connus ? Ni la neige, ni la glace, ni le brouillard ni la pluie ne l’empêchaient de se déplacer pour apporter la bonne nouvelle. Il affrontait avec un courage inébranlable des malfaiteurs qui étaient décidés à l’assassiner. Il fut agressé par des foules excitées par des hommes brutaux. Il fut accusé par de faux témoins, on lui lança souvent des pierres. Il poursuivit toutefois fidèlement son chemin au service de Christ. Ni l’âge ni la maladie ne purent le retenir. Il disait : « Aussi longtemps que Dieu m’accordera la force pour accomplir mon travail, je dois en faire usage ».

Des foules furent attirées par ses prédications, qui ont été au nombre de 42 000, la dernière alors qu’il avait 88 ans. Des communautés, constituées à la suite de ses prédications, se formaient dans toute l’Angleterre, le pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande. Il voyagea en Hollande et en Allemagne, et prêcha partout. Durant le temps de son service pour le Seigneur, il couvrit plus de 160 000 km, parfois à cheval, souvent à pied, et lorsqu’il fut plus âgé, en diligence.

Alors qu’il effectuait son dernier voyage pour aller présenter la Parole, il prit froid et déclina rapidement. Il disait à ceux qui venaient l’entourer : « Au revoir, l’essentiel, c’est que Dieu soit avec nous. Il laisse aller son serviteur en paix ».

À sa mort, des centaines de milliers de personnes s’étaient converties par son moyen. Ce puissant réveil produit par Dieu préserva l’Angleterre des résultats dévastateurs de la révolution, qui causa tant de victimes en France.

En réactivant l’intérêt pour l’évangile du salut, John Wesley et d’autres ont posé les bases nécessaires à la propagation de la vérité concernant l’Assemblée, les prophéties et par-dessus tout la grandeur de la révélation de Dieu dans le Christ Jésus.

Comme nous pouvons être reconnaissants que ce jeune garçon d’Epworth ait été sauvé d’une mort prématurée !

D’après La Bonne Nouvelle 1998 (Frank Wallace)