PSAUME 22

Chers amis, est-ce que nous n’avons pas le cœur étreint au plus profond de nous-même lorsque nous écoutons ensemble ce que nous venons d’entendre dans la lecture de ces versets ? Nous avons, placée devant nous, l’immensité de l’amour de Dieu, l’immensité de l’amour du Seigneur Jésus.

On dit quelque fois qu’il nous faudrait toujours aborder le saint livre avec le plus profond respect. Et que dire ? Nous abordons un Psaume qui est, comme il a été dit, le centre moral de tous les autres Psaumes. Nous sommes placés d’emblée, dès le premier verset, devant les souffrances expiatoires de Celui qui a été « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1. 29).

Et ce cri déchirant qui est monté du sein des ténèbres du Calvaire retentit encore aujourd’hui : « Mon *Dieu ! Mon *Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Cela devrait étreindre notre cœur, nous le redisons, au plus profond de nous-même. Combien notre précieux Sauveur est grand dans ce qu’Il a réalisé entièrement à la gloire de Dieu.

Nous venons de le lire : « Tu m’as mis dans la poussière de la mort » (Ps. 22. 15). Chers amis, nous nous arrêtons devant ces paroles insondables. Combien notre Dieu est grand ! L’éternité n’épuisera pas la méditation de nos cœurs devant ce qu’Il aura fait.

Avec quelle crainte nous lisons de tels passages, et pensons à ce que le Seigneur a dit alors que Judas sortait. En Jean 13 il nous est dit : « Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même ; et aussitôt il le glorifiera ». Puis le Seigneur ajoute : « Là où moi je vais, vous, vous ne pouvez venir », et un peu plus loin Il peut dire : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard » (Jean 13. 31 à 33, 36). Voilà ce qu’Il dit à Pierre. Et pour nous, nous pouvons nous arrêter au début de ce que le Seigneur dit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ». Nous ne pouvons pas entrer dans ce que furent les douleurs de l‘abandon de la croix. Nous pouvons nous prosterner et adorer.

Pensons aussi à ce que le Seigneur a pu exprimer dans sa vie. Pensons à ce verset de Jean 8. 29 : « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent ». On peut dire que nous avons là ce qui a marqué, ce qui a caractérisé la vie du Seigneur sur la terre. Il a toujours fait les choses qui plaisaient à son Père et Il n’était pas seul. Mais voilà, à la croix Il faisait encore les choses qui plaisaient à Dieu, mais Il a connu l’abandon de Dieu.

Ce cri qui commence ce Psaume 22, ces paroles du Seigneur, ce sont les paroles qu’Il a prononcées à la neuvième heure ; et de la sixième à la neuvième heure il y a eu des ténèbres sur tout le pays. C’est une scène que l’œil humain n’a pas pu contempler, aucun homme n’a pu voir ce qui s’est passé là ; toutes les bouches des hommes qui auparavant avaient crié leur méchanceté, leurs injures au Seigneur, toutes les bouches se sont tues. Ces trois heures se sont passées entre Dieu et le Seigneur Jésus.

Cette parole : « Mon *Dieu ! Mon *Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? », c’est le Seigneur qui la prononce. Ce ne sont pas les hommes qui disent qu’Il est abandonné de Dieu. Non, c’est le Seigneur ! Et on ne peut en mesurer toute la profondeur. Lui seul pouvait mesurer toute la profondeur de ce qu’Il connaissait à cette heure-là. Et si ces trois heures ont été des heures de ténèbres sur le pays, aujourd’hui c’est le jour de la grâce. Un jour qui dure pendant plus de deux mille ans.

Les trois heures de ténèbres pour le Seigneur ont été pour Lui une éternité. Quand nous lisons les évangiles, le Seigneur s’adresse à son Dieu et Père et Il emploie pratiquement toujours le terme « Père » : Mon Père, Père juste, Père saint, Abba Père. Là, à la croix, nous avons : « Mon Dieu ». Nous savons pourquoi !

La croix de notre Seigneur Jésus Christ est au centre de l’histoire du monde et de l’éternité. Elle était déjà dans les pensées de Dieu avant que le temps fût, comme cet Agneau préconnu dès avant la fondation du monde. Et bientôt, lorsque nous serons avec le Seigneur, nous Le verrons encore comme cet Agneau qui a été immolé. Il remplira nos cœurs de cette louange éternelle. Cette œuvre merveilleuse, unique, suffisante, est le fondement de notre salut présent et éternel. Elle est aussi le fondement de notre vie chrétienne pratique. Elle est aussi le fondement du message de l’évangile.

Et ce qui touche nos cœurs lorsque nous lisons ces premiers versets, c’est que nous sommes devant un infini de souffrance. Et comme l’Éternel pouvait dire à Moïse lorsqu’Il est apparu dans le buisson ardent : « Dieu l’appela… : Moïse ! Moïse ! Et il dit : Me voici. Et il dit : N’approche pas d’ici ; ôte tes sandales de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte » (Exode 3. 4 et 5).

Il en est de même lorsque Josué était près de Jéricho. « Et il arriva, comme Josué était près de Jéricho, qu’il leva ses yeux et vit ; et voici, un homme se tenait debout devant lui, son épée nue dans sa main ; et Josué alla vers lui et lui dit : Es-tu pour nous, ou pour nos ennemis ? Et il dit : Non, car c’est comme chef de l’armée de l’Éternel que je suis venu maintenant. Et Josué tomba sur sa face contre terre, et lui rendit hommage, et lui dit : Qu’est-ce que mon Seigneur dit à son serviteur ? Et le chef de l’armée de l’Éternel dit à Josué : Ôte ta sandale de ton pied, car le lieu sur lequel tu te tiens est saint. Et Josué fit ainsi » (Josué 5. 13 à 15).

C’est bien ce qui nous convient en présence d’un Psaume qui est profondément émouvant, qui touche nos cœurs, non pas par des sentiments humains parce que des sentiments humains peuvent très bien s’épancher en des pleurs, en des manifestations extérieures et puis ça s’efface comme le mirage, mais c’est l’Esprit de Dieu qui peut profondément toucher nos cœurs. Dans ce cri que le Seigneur Jésus a prononcé sur la croix, Il nous rappelle sa confiance inébranlable en son Dieu quoiqu’il Lui en coûtât. « Mon *Dieu ! Mon *Dieu ! ». Un peu plus loin, on retrouve cette expression : « Mon Dieu » (v. 10).

Il y a un contraste avec ce qui est arrivé à Job, au chapitre 13. Au verset 15 Job dit : « Voici, qu’il me tue, j’espérerai en lui ; seulement, je défendrai mes voies devant lui ». C’est vrai que Job a une confiance merveilleuse – il a dit au milieu d’épreuves terribles et de souffrances terribles : « Je sais que mon rédempteur est vivant » (Job 19. 25) – mais quel contraste avec le Seigneur quand il peut dire : « Je défendrai mes voies », alors que le Seigneur a pris sur Lui toutes nos iniquités et tous nos péchés.

Oui, que l’Esprit de Dieu veuille agir dans chacun de nos cœurs dans la plus grande simplicité pour que chacun jeune et moins jeune, devant cette question qui a été posée : Mon *Dieu ! Mon *Dieu ! Pourquoi ?… », pour que chacun puisse dire au plus profond de son cœur : « C’est pour moi », et qu’il puisse dire comme ce frère qui a écrit cette poésie :

« Ce cri, mon cœur a pu l’entendre

Et il y reste toujours gravé.

À mon âme il a fait comprendre

Pourquoi Jésus tu m’as sauvé.

Ici-bas, Jésus je t’adore.

Si tu souffris, Jésus, ce fut pour moi.

Là-haut je saurais mieux encore

Ma part au douloureux « Pourquoi ».

La scène de la croix est le centre de l’histoire, mais c’est aussi le centre de la louange. Et on remarque dans la souscription de ce Psaume : Au chef de musique, qui semble faire écho à ce que l’on trouve à la fin de notre lecture : « Je te louerai au milieu de la congrégation » (Ps. 22. 22). Ce Psaume était donc donné au chef de musique, celui qui conduisait la louange dans le temple, et ce Psaume nous est donné, comme beaucoup d’autres mais d’une manière particulière, pour nous conduire à la louange.

Et la louange n’est pas l’expression de sentiments humains, mais c’est l’expression de ce que l’Esprit nous donne de saisir dans ce que Dieu a trouvé d’agréable pour son cœur dans ce chemin, dans cette place que le Seigneur a prise. Et il nous faut pour cela toute la grâce de Dieu et la conduite du Saint Esprit.

Je voudrais faire encore une remarque. Ce Psaume est sur le mode « Ajéleth-Hashakhar », ce qui signifie « la biche de l’aurore », et c’est le seul Psaume qui est sur ce thème musical. Et cette biche de l’aurore nous fait penser à la victoire qui suit ces heures terribles de la croix. Et c’est à la fin de ces heures que le rappel de ce qui a été la part du Seigneur est présenté devant nos cœurs pour que nous puissions exprimer quelque chose de la louange.

 Nous ne pouvons pas exprimer quelque chose de la louange, de l’adoration qui est juste devant Dieu en rappelant ce qui a été la part du Seigneur, sans nous placer au-delà de la croix et des résultats merveilleux qui sont pour nous, mais pensons d’abord au résultat merveilleux pour Dieu. Dieu avait été offensé par la conduite de l’homme qui a agi selon sa propre volonté. Mais Il a été pleinement glorifié par Celui qui a été obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix.

Et puis c’est un Psaume de David, et David est le bien-aimé. La première fois que David est mentionné dans la Parole, si je ne me trompe pas, c’est à la fin du livre de Ruth où quatre noms nous sont donnés, qui évoquent quatre caractères de la personne du Seigneur Jésus. Il y a Boaz, celui en qui est la force ; il y a Obed, le serviteur ; il y a Isaï, le riche ; et puis il y a David, le bien-aimé.

Et le Seigneur est Celui en qui est la force ; Il a été le parfait serviteur ; Il a été le riche qui a vécu dans la pauvreté pour nous afin que par sa pauvreté nous soyons enrichis ; mais Il est avant tout le bien-aimé de l’Éternel. Et c’est Celui qui jouissait pleinement de cet amour avec le Père qui s’exprime ainsi : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Un frère l’a rappelé aussi : « Il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent ». Voilà ce que le Seigneur pouvait dire, et qui nous est rapporté en Jean 8. 29. Il y a eu une pleine perfection de communion entre le Père et le Fils dans l’éternité passée, mais aussi pendant sa vie sur la terre car le Seigneur nous est présenté là comme Celui qui vient sur la terre comme homme. Il y a une pleine perfection de communion et pourtant Il doit dire : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Encore une remarque : peut-être faut-il préciser, insister sur le fait que la Parole dit : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! », et que ce que l’on entend quelque fois : « Il a été abandonné du Père », n’est pas selon l’Écriture. Il est peut-être bon de le préciser pour chacun. La raison pour laquelle on ne doit pas employer cette expression, c’est parce qu’elle n’est pas dans les Écritures.

Et quand on aborde le sujet qui concerne la personne du Seigneur, et de ses souffrances, il est bon que nous nous en tenions strictement aux expressions des Écritures, de crainte de laisser s’introduire des choses qui ne sont pas selon la pensée de Dieu ou la pensée de l’Esprit. C’est une raison simple mais à laquelle il faut être attentif. Le Seigneur a toujours employé dans sa vie, en parlant de Dieu, cette expression : « Mon Père », expression qui évoque ses relations et l’intimité qu’Il avait avec Lui, de toute éternité, Celui qui est appelé son nourrisson dans Proverbes 8. 30.

« Mon Dieu » évoque la pensée de la sainteté de Celui dans la présence duquel Il était placé quand Il portait nos péchés. Et c’est ce que nous trouvons dans ce Psaume quand Il dit : « Et toi, tu es saint » (Ps 22. 3). La sainteté de Dieu faisait que, pendant ces heures terribles – ces trois heures sombres de la croix – Celui qui était fait péché pour nous a dû être abandonné. Dieu est saint. Il a les yeux trop purs pour voir le mal (Hab. 1. 13).

Et le Seigneur a non seulement porté nos péchés comme le dit l’apôtre Pierre au chapitre 2 de la 1ère épître, mais Il a été fait péché pour nous (2 Cor. 5. 21), ce que l’on trouve aussi en Romains 8. 3 : « Dieu a condamné le péché dans la chair ». Et à cause de cela, Il a été abandonné de Dieu. Nous l’avons dit, nous sommes sur un terrain saint, et quand nous abordons ces questions, nous avons toujours la crainte d’avoir une parole au-delà ou en deçà de ce que dit l’Écriture. C’est avec crainte et tremblement que nous nous arrêtons sur ces passages.

Je voudrais faire encore une remarque. Trois fois Il dit : « Mon *Dieu » : « Mon *Dieu ! Mon Dieu » au v. 1, et « Mon Dieu ! Je crie de jour » au v. 2. Il me semble qu’à ces trois fois correspondent l’expression de la confiance : au v. 4, « Nos pères se sont confiés en toi ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés », au v. 5, « Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont point été confus ».

Par trois fois, le Seigneur peut rappeler que les pères se sont confiés en Dieu et n’ont jamais été confus. Et le Seigneur vient de dire par trois fois : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné » et « Mon Dieu… tu ne réponds point ». Ce que les hommes qui se confiaient en Dieu n’ont jamais connu, Lui l’a connu. C’est un mystère insondable, et nous nous arrêtons et nous adorons.

Ce cri de douleur unique, « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné », est la seule chose que nous retrouvons dans les évangiles de Matthieu et de Marc. Il s’adresse à son Dieu, pour Lui faire part, de façon intime, de ses souffrances intérieures, des souffrances qu’Il ressentait et qu’Il n’a pas exprimées à haute voix lorsqu’Il était sur la croix. Mais ce sont des souffrances intimes, qu’on ne peut pas raconter, dans lesquelles nous n’entrons pas ; mais ce sont, en quelque sorte, des souffrances qui L’ont broyé moralement, intérieurement.

Lorsqu’Il se confie, Il se compare à un ver et non point à un homme. C’était le résultat du poids de nos péchés qui pesaient sur Lui, mais aussi du mépris dont Il était entouré de la part des hommes, et de l’abandon de son Dieu. Il était là comme une chose insignifiante, un ver, « Je suis un ver, et non point un homme ». Certainement, aucun de nous n’a jamais eu une telle pensée de soi-même. Eh bien, Lui le Seigneur, intimement, aux oreilles de son Dieu, a prononcé cette parole. « Je suis un ver, et non point un homme ».

Ce sont des choses qui nous sont révélées ici dans ce Psaume 22. Pendant les trois heures de ténèbres, qui sont caractéristiques du sacrifice pour le péché, l’homme est mis de côté, tout est divin. Il a été fait péché pour nous, Il a pris nos péchés en son corps sur le bois pour les expier à notre place, pour que nous, nous soyons sauvés. Lui a accepté le jugement terrible de Dieu sur le péché.

« Dieu a les yeux trop purs pour voir le mal ». Et pendant les trois heures de ténèbres où le Seigneur a porté cette charge, ce fardeau des péchés qui étaient les nôtres et dont nous étions coupables – à ce moment-là Il a été comme anéanti. Il a été fait péché, Il a été considéré par Dieu comme étant le péché lui-même, la racine du péché, la culpabilité du péché ; et c’est à ce titre qu’Il a été abandonné. David a pu dire : « J’ai été jeune, et je suis vieux, et je n’ai pas vu le juste abandonné » (Ps. 37. 25).

La vision de David était limitée, mais ici nous avons quelque chose d’infiniment plus élevé, nous avons l’anéantissement de Celui qui est le Prince de la vie, qui était pur, l’Agneau sans défaut et sans tache, sans un péché, sans une faute, sans une erreur, dont la marche sur la terre a pleinement satisfait la gloire, la majesté, la justice et la sainteté de Dieu. Il n’a eu aucune faute, aucun péché, aucune tache, aucune chute, aucune faiblesse – et pourtant Il est abandonné, parce que durant ces trois heures de ténèbres, toute la colère de Dieu contre le péché (dont nous sommes tous coupables, dont nous étions coupables) a pesé sur Lui, est tombée sur Lui. Et toute la justice inflexible de Dieu s’est appesantie sur Lui.

Alors Il peut dire au v. 2 et dans la suite : « Mon Dieu » : Il s’adresse encore à son Dieu, parce que c’est son Dieu intimement – on a remarqué qu’à la croix le Seigneur ne dit pas : Mon Père, mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné. Non. Les relations de Père à Fils étaient pleinement maintenues, mais le Dieu saint ne pouvait pas supporter la vue du péché que le Seigneur Lui-même portait. Eh bien, au v. 2, Il dit : « Mon Dieu ! je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, et il n’y a point de repos pour moi ».

Chers frères et sœurs, cette terrible charge de péché qu’Il portait sur Lui, c’était nos péchés. Lorsqu’Il était sur la croix, pas un de nos péchés n’a été oublié, Il les a tous pris à sa charge. C’est une chose tellement profonde qu’on ne peut guère l’exprimer avec des mots humains, mais nous en touchons quand même quelque chose ici dans le déploiement de ce Psaume jusqu’au v. 22. Nous voyons le terrible châtiment que le Seigneur a porté à notre place, pour nous l’épargner.

Pendant les trois heures de ténèbres, son âme sainte a sondé toute l’horreur du châtiment qui nous était réservé – qui est toujours réservé aux âmes incrédules qui ne se convertiront pas et qui seront jetées dans l’étang de feu et de soufre. Non pas que le Seigneur y ait été jeté, mais Il a mesuré toute la profondeur, toute la douleur qui sera la part de ceux qui n’y échapperont pas. Alors on peut saisir un peu à quel point notre adorable Sauveur a souffert. Et c’est bien là, effectivement, le thème de notre adoration.

Nous ne pouvons pas adorer complètement tant que nous sommes dans les limites de notre corps, tant que nous sommes encore sur la terre. Mais lorsque nous serons avec Lui dans le ciel, lorsque nous aurons revêtu un corps semblable à celui du Seigneur ressuscité et glorifié, alors le langage que nous emploierons exprimera complètement toute la profondeur de ces vérités, bénies entre toutes.

David a pu dire avec raison que jamais un homme juste ne fut abandonné de Dieu. Mais ici nous avons cet homme parfait, cet homme qui est venu du ciel, ce serviteur parfait, abandonné de Dieu. Nous avons ici, répété deux fois « Mon Dieu ! ». C’est le seul qui a pu dire « Mon Dieu », c’est le seul qui a pu dire : c’est le Dieu dans Lequel, moi, personnellement, j’ai mis toute ma confiance, le seul qui ait fait tout son plaisir, Lui qui était l’homme parfait, qui était le Serviteur parfait.

Et nous voyons ici ces paroles prophétiques que David a pu dire et que nous retrouvons dans les deux évangiles – dans l’évangile selon Matthieu où nous voyons le Messie, Celui qui a été oint de Dieu, Celui qui, un jour, sera le Roi des rois au-dessus de tout ; et nous Le voyons aussi dans l’évangile selon Marc où Il est le Serviteur parfait.

Et dans ces deux évangiles, nous l’entendons dire dans le langage original : « Éloï, Éloï, lama sabachthani ? » (Mat. 27. 46 ; Marc 15. 34). Est-ce que cela touche nos cœurs, qu’un homme ait pu dire à la fin de ces trois heures sombres : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » Nous n’entendons rien pendant ces trois heures, un silence que nous ne pouvons [et ne pourrons] jamais sonder. Que s’est-il passé pendant ces trois heures de ténèbres, de ténèbres absolues, loin de Dieu – ce que nous avons mérité, c’est Lui qui l’a enduré : Il a enduré d’être abandonné de Dieu.

Jamais le juste ne l’a été, mais Lui l’homme parfait, l’Agneau de Dieu, fut abandonné de Dieu. « Mon Dieu » : c’était son Dieu ; et c’est son Dieu qui L’a abandonné, Dieu, l’Éternel, Éloï, qui L’a abandonné ; El, Celui qui existe toujours L’a abandonné. Pourquoi cela ? – À cause de mes péchés, de tes péchés, c’est pour cela qu’Il a été fait péché et a dû être abandonné.

La première chose que nous pouvons dire, c’est que Dieu Lui-même a couvert cette scène. Rien n’est sorti. Nous n’entendons que ce que le Seigneur a dit à la fin de ces heures. Et cette scène, nous ne pouvons pas en parler. Nous avons ici les sentiments de notre Seigneur. Nous savons que, sur la croix, il y a eu les trois premières heures où, le Seigneur a souffert de la part des hommes, pour Dieu : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi » (Ps. 69. 9).

Et après, il y a eu ces trois heures sombres qui sont là devant nous, et ce que nous entendons ici, ce cri du Seigneur qui nous donne une indication de ce qu’a été son cœur durant ces moments qu’Il a traversés, qui nous montre quelle révérence nous pouvons avoir devant une telle scène. Le Seigneur a dit : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! ». Il a été dit que, pendant toute sa vie, le Seigneur a utilisé cette expression : « Mon Père ».

Pendant les trois premières heures de la croix, la communion était là. Jean 16. 32 : « Voici, l’heure vient, et elle est venue, que vous serez dispersés chacun chez soi, et que vous me laisserez seul ; – et je ne suis pas seul, car le Père est avec moi ». Il avait la croix devant Lui et Il l’appréhende, mais dans le jardin Il était soutenu. Pendant ces trois premières heures Il était soutenu.

Mais ici dans ces trois heures sombres, le Seigneur était là pour accomplir l’expiation. Ésaïe nous dit : « À cause de la transgression de mon peuple, lui a été frappé » (És. 53. 8). Il a été frappé à notre place. « Épée, réveille-toi contre mon berger, contre l’homme [qui est] mon compagnon » (Zach. 13. 7). Voilà ce que nous avons là. Et le Seigneur a enduré toute la rigueur de la justice de Dieu. Il a dû dire : « Mon Dieu ! ». Le Seigneur a toujours dit : « Mon Père » ; une fois Il a dû dire : « Mon Dieu ».

Après la résurrection quand Il s’adresse à Marie, Il lui dit : « Va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20. 17). Et nous avons là une illustration de Celui qui a toujours revendiqué et satisfait les droits de Dieu. Il était Celui pour lequel Dieu était son Dieu dans toute la dimension, qu’Il a parfaitement honoré.

Nous comprenons bien que ce moment qui est devant nos yeux, « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? », est le centre de l’histoire du monde. Et nous voyons dans cette parole le contraste qu’il y a, d’une part entre la sainteté de Dieu, la justice de Dieu, et d’autre part le péché, le péché comme tel, qui avait tellement blessé Dieu dans sa justice et sa sainteté.

Et alors, dans ce cri du Seigneur, nous ressentons la mesure, aux yeux de Dieu, du péché qu’il y avait dans le monde. Le Seigneur a porté nos péchés, oui Il a été le sacrifice pour le péché. Il a été aussi le sacrifice pour le délit. Mais alors, le sacrifice pour le péché, c’était le sacrifice qui était nécessaire pour que, aux yeux de Dieu, une fois, le péché tout entier sera ôté.

Et c’est ici la réponse sublime de ce que nous lisons en Jean 1. 29 : « Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » – qui ôte le péché du monde, ce qui était si horrible aux yeux de Dieu. Le Seigneur l’a ici ressenti, et c’est pour cela que nous restons toujours à distance de ce qui s’est passé là. Le frère a dit tout à l’heure : il nous reste une chose : adorer, admirer la beauté morale de Celui qui a souffert.

On vient de parler du sacrifice pour le péché, et nous nous souvenons de ce qui devait avoir lieu au jour des expiations, ce que nous pouvons lire en Lévitique 16. 21 : « Et Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités des fils d’Israël et toutes leurs transgressions, selon tous leurs péchés ; il les mettra sur la tête du bouc, et l’enverra au désert par un homme qui se tiendra prêt [pour cela] ; et le bouc portera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre inhabitée » (Lév. 16. 21 et 22).

Une terre inhabitée, voilà ce qui correspond à ces trois heures de ténèbres. Le Seigneur était là, abandonné de Dieu. Dans l’épître aux Hébreux nous lisons : [Il] « a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Héb. 5. 8). Il savait ce que c’était que l’obéissance ; ce qu’Il a appris, c’est de souffrir. Combien, pendant ces trois heures, Il a appris la souffrance.

Abandonné de Dieu au moment où, selon notre esprit humain, Il aurait eu le plus besoin de son secours et de son soutien, Dieu, dans sa sagesse et dans sa perfection, L’abandonne. Le Seigneur est seul. Et si nous ne pouvons absolument pas mesurer, sonder, comprendre, ce que furent ces douleurs, nous pouvons dire que Dieu, dans sa grâce, donne dans ces versets du Psaume 22 quelques expressions qui soulignent devant nous la perfection et l’excellence de la Personne du Seigneur Jésus à ce moment-là.

Dans ce premier verset du Psaume 22, il est question « des paroles de mon rugissement ». Des lèvres du Seigneur pendant sa vie, il n’est sorti que des paroles de grâce, des paroles pleines de douceur. Et voilà qu’à ce moment-là, Il peut dire : « des paroles de mon rugissement » qui traduisent l’intensité des souffrances que le Seigneur éprouvait là, ce cri qui montait. Mais le Seigneur a traversé en perfection ces heures-là et – en employant encore une expression humaine – en toute lucidité.

Le Seigneur a pleinement ressenti chacun des instants qu’Il traversait. Et Il exprimait là, la pensée remarquable : « Mon Dieu ! Je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, et il n’y a point de repos pour moi » (Ps. 22. 2). Quand nous pensons un peu à ce qu’étaient les journées du Seigneur, à ce qu’étaient les nuits du Seigneur – à ce moment-là Il pense à ce qu’Il a connu sur la terre : « Je crie de jour, mais tu ne réponds point ; et de nuit, il n’y a point de repos pour moi ».

Nous savons bien faiblement ce que c’est qu’une nuit sans repos, mais le Seigneur là en éprouvait toute la profonde réalité. « Et toi, tu es saint, toi qui habites [au milieu des] louanges d’Israël » (Ps. 22. 3). À ce moment où Il ressent l’abandon de Dieu, ses pensées vont vers ce qui est le désir du cœur de Dieu d’avoir un peuple d’adorateurs, et Il pense à la louange d’Israël qui sera le but, le terme de ces heures de la croix.

Dans le Psaume 65, David peut dire : « Ô Dieu ! la louange t’attend dans le silence » (Ps. 65. 1). Pendant ces trois heures, la louange attendait dans le silence, mais elle doit être le résultat de ces heures de la croix, de ces heures de souffrances que le Seigneur a endurées et dont Il a mesuré toute l’intensité.

Un mot sur le verset suivant. « Nos pères se sont confiés en toi » (Ps. 22. 4). Nous pensons à ces patriarches, à ces hommes de Dieu, qui ont manifesté une confiance, une foi en Dieu ; et nous pensons à Abraham en Genèse 22, dans cette scène que nous connaissons bien. Genèse 22. 7 et 8 : « Et Isaac parla à Abraham, son père, et dit : Mon père ! Et il dit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste ».

Abraham se confiait en Dieu. Et la réponse de Dieu se trouve quelques versets plus loin : « Et il dit : N’étends pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car maintenant je sais que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique » (Gen. 22. 12). C’est la démonstration de ce verset 4 du Psaume 22 : « Nos pères se sont confiés en toi ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés ». Nous savons quelle a été la part du Seigneur Jésus. Nous l’avons déjà dit, sa confiance en Dieu était inébranlable, et à cette heure-là elle était toujours la même.

« Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22. 1). Dans nos traductions, l’astérisque devant Dieu indique que c’est El, le Dieu fort, le Fort, le Puissant. Il y a eu la puissance créatrice, il y a aussi la sainteté, et puis il y a aussi dans « fort » la force du jugement, de la condamnation – ce qui est en rapport avec l’intensité des souffrances du Seigneur. On a dit qu’on n’a jamais vu le juste abandonné, et là c’est une exception dans l’éternité, le Juste est abandonné. Il y a aussi une chose extraordinaire à la croix : le Prince de la vie entre dans la mort, Celui qui est vivant entre dans la mort.

Il y a des applications. Bien sûr on a dit : la satisfaction de Dieu avant tout. On peut l’appliquer aussi à la louange. On sort du culte, un dimanche matin, et on dit : Quel beau culte on a eu. Oui, tant mieux. Mais la meilleure réflexion est : Quel beau culte Dieu a eu, quelle belle louange Dieu a reçue ! Si nous, nous en avons une part, tant mieux, mais quelle satisfaction Dieu a eue de ce culte ?

Une autre application : si le Seigneur a tant souffert, s’Il a porté le jugement – on a dit qu’en ces trois heures il y a eu une éternité de châtiment, pour cumuler l’éternité de chacun de nos péchés en enfer. Voilà, un infini. L’intensité de ses souffrances qu’Il a portées en trois heures, ce n’est pas mesurable.

Mais les conséquences sont en Jean 17. 3 : « C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». « C’est ici la vie éternelle ». Vous êtes croyant, vous connaissez Dieu et Celui qu’Il a envoyé, Jésus Christ. Vous savez que Jésus Christ a porté les péchés, a été abandonné de Dieu. Donc il y a la vie éternelle. Elle vient de là, elle est en relation avec cela.

Douter de la vie éternelle, ou dire qu’on peut la perdre, c’est faire quoi des souffrances du Seigneur ? S’Il a souffert, c’est irréversible. Il ne peut pas avoir connu des souffrances pareilles pour que quelqu’un, reniant la foi, perde cette vie éternelle. Des croyants en rapport avec ce qu’ils ont pu commettre, ou de ce qu’ils ont peur de commettre – et tous nous pouvons trembler quant à notre conduite – ne peuvent pas mettre en jeu ce que le Seigneur a souffert, son abandon et l’intensité du jugement qu’Il a connu.

La Parole de Dieu, la connaissance de Jésus Christ, sont supérieures aux expériences que vous avez pu voir parmi les chrétiens et les croyants. En ceci, s’il y a une part pour nous, il faut la retenir.

On a rappelé tout à l’heure la scène de Lévitique 16 sur le grand jour des propitiations en relation avec ce qu’il en a coûté au Seigneur. Et peut-être faut-il noter qu’avant qu’il soit question du bouc azazel [le bouc qui s’en va], il y avait ce bouc dont le sort était tombé pour l’Éternel, et qui devait être égorgé sur l’autel d’airain ; puis son sang était porté jusque dans le lieu très saint, et cela a une profonde signification pour nous. Il fallait que l’offense faite à Dieu par l’introduction du péché dans le monde soit ôtée.

Sans même qu’un seul racheté soit introduit dans le ciel, ce qu’on ose à peine dire, il fallait que cette offense que les hommes avaient faite à Dieu soit ôtée, et elle a été ôtée par Celui qui a pris la forme d’un homme, qui est devenu homme, et qui a été l’homme parfait sur la terre. Et il y a quelque chose de cela dans le cri : « Mon *Dieu ! Mon *Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? ». On remarque d’ailleurs que, dans ce Psaume 22, il n’est pas parlé, comme dans les Psaumes 40 et 69, du bourbier fangeux, du puits de la destruction, des eaux qui passent par-dessus sa tête.

Et puis une autre remarque concernant ce bouc azazel. Notre frère l’a lu tout à l’heure : le sacrificateur posait ses deux mains sur la tête du bouc. Quand il est parlé du sacrifice pour le péché que le coupable amenait pour confesser son péché et être pardonné, il posait sa main sur le bouc. Est-ce qu’il n’y a pas là, dans cette différence, la pensée que le Seigneur a connu pleinement le jugement que nous avions mérité à cause de nos péchés alors que nous, nous ne pouvons pas en mesurer toute la gravité ?

Nous ne mesurons pas ce qu’est pour Dieu un seul péché, l’offense qui est faite à Dieu, et nous ne pouvons pas la mesurer parce que nous n’en porterons pas le jugement, mais le Seigneur l’a pleinement mesurée. Et c’est ce que nous trouvons dans ce cri que le Seigneur a poussé à la croix, à la fin des trois heures sombres : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » – et comme cela a été remarqué dans le texte original : « Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ».

Ce sont des choses qui nous confondent, et dans lesquelles nous ne pouvons nous tenir qu’avec des pieds déchaussés, dans le sentiment de la distance qu’il y a entre ce que nous pouvons saisir, et ce que la Parole place devant nous, que nous ne pouvons aborder que dans l’adoration.

Devant ces scènes si insondables et si saintes, si nous voulons connaître un peu ce que Dieu pense du bien et du mal, c’est là que nous le voyons. Tout le reste est relatif, là c’est absolu. Ce que Dieu pense du bien et du mal, nous l’avons là. Romains 8. 32 : « Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils ». Pour une pensée d’orgueil, pour un mouvement de propre volonté, le Seigneur Jésus a dû être abandonné.

Ce sont des moments insondables. Voilà ce que Dieu pense du bien et du mal. Il a abandonné son propre Fils quand Il portait nos péchés. Comme cela devrait avoir des conséquences sur notre vie de tous les jours : peut-être pour un petit mensonge que je me permets, et si je pensais à ce que le Seigneur a dû endurer ?

Lamentations de Jérémie 3. 1 à 3 : « Je suis l’homme qui ai vu l’affliction par le bâton de sa fureur. Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière. Certes c’est contre moi qu’il a tout le jour tourné et retourné sa main ».

Lamentation de Jérémie 1. 12 : « N’est-ce rien pour vous tous qui passez par le chemin ? Contemplez, et voyez s’il est une douleur comme ma douleur qui m’est survenue, à moi que l’Éternel a affligée au jour de l’ardeur de sa colère ». Il y a là comme une interpellation qui peut nous toucher aujourd’hui. « N’est-ce rien pour vous tous qui passez par le chemin ? »

Et il est frappant de voir l’accent qui est mis sur les souffrances. Ce ne sont pas les souffrances que les hommes ont infligées à Celui qu’ils ont crucifié, mais c’est « à moi que l’Éternel a affligée au jour de l’ardeur de sa colère », la colère de Dieu.

C’est peut-être quelque chose qui peut nous arriver, peut-être un dimanche matin, de passer à côté, légèrement ; que d’une certaine façon les souffrances du Seigneur, et ce qu’Il a souffert pour nous, et ce qu’Il a souffert de la part de Dieu, ne soit rien ou peu de chose pour nous ce matin-là. Et nous pourrions parfois prendre le pain et le vin, le souvenir que le Seigneur est mort – mais c’est quelque chose qui est passé – les prendre légèrement.

Et c’est peut-être une prière que nous pouvons faire le dimanche matin lorsque nous nous retrouvons autour du Seigneur : Seigneur, que ce que tu as souffert, ce ne soit pas rien pour moi.

Un frère aurait peut-être quelque chose à nous dire au sujet de l’expression du 1er verset de ce Psaume 22 : « Te tenant loin de mon salut », dont on n’a pas parlé ce matin.

Je ne sais pas si la pensée répond à cette question, mais est-ce qu’on ne peut pas relier cette expression, « Te tenant loin de mon salut », avec ce que le Seigneur Jésus a exprimé en Gethsémané : « Si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » (Luc 22. 42) ?

Le Seigneur avait devant Lui en Gethsémané les heures d’abandon. Il était dans l’angoisse du combat, dans l’agonie, comme on le chante dans un cantique, qui signifie cette angoisse du combat en présence de ce qui était devant Lui. Le Seigneur ne pouvait pas désirer passer par cette heure. Il est aussi Dieu et Il réalisait pleinement ce qu’était cette heure terrible où Il allait porter les péchés, où Il allait être fait péché pour nous ; mais Il a pu dire : « Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite ». « Te tenant loin de mon salut ».

« Te tenant loin de mon salut ». C’est le Seigneur Jésus, avec le poids énorme de ce fardeau dont Il était chargé, qui le dit. Et cette expression nous montre que, pour le Seigneur Jésus, comme on l’a dans le cantique 46, c’était « l’éternité de notre châtiment » (Hymnes et Cantiques 46 strophe 3) qui était là, et cette distance : « loin de mon salut » nous parle des souffrances de Christ, à quel point elles ont été aiguës.

Nous ne pouvons pas entrer très loin, nous sommes tellement limités, mais combien elles ont été aiguës ! « Te tenant loin de mon salut ». Et le Seigneur dira plus loin : « Sauve-moi de la gueule du lion » (Ps. 22. 21). Et puis il y a la réponse à la fin : « Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles » (22. 21).

Lamentations de Jérémie 3. 5 à 9 : « Il a bâti contre moi, et m’a environné de fiel et de peine. Il m’a fait habiter dans des lieux ténébreux, comme ceux qui sont morts depuis longtemps. Il a fait une clôture autour de moi, afin que je ne sorte point ; il a appesanti mes chaînes. Même quand je crie et que j’élève ma voix, il ferme l’accès à ma prière. Il a barré mes chemins avec des pierres de taille ; il a bouleversé mes sentiers ». Verset 13 : « Il a fait entrer dans mes reins les flèches de son carquois ».

Nous ne pouvons pas imaginer ce que c’était pour Lui d’être abandonné de Dieu. Comme nous l’avons déjà dit, l’éternité de notre châtiment était sur Lui. Pendant ces trois heures sombres, Il a ressenti tout le poids de la colère de Dieu, tout ce jugement contre le péché était sur Lui, et pendant ces trois heures, Dieu était loin de son salut.

Il y a peut-être un autre lien à faire avec cette expression et l’un des caractères propres à ce Psaume. Nous avons lu dans ces versets qui suivent le v. 4, les souffrances que le Seigneur a rencontrées de la part des hommes. Et il y a une chose qu’on ne trouve pas dans ce Psaume et qu’on trouve souvent dans les autres Psaumes, c’est l’appel à la vengeance, l’appel au fait que ceux qui trouvent leur plaisir dans ces souffrances connaissent eux-mêmes des souffrances.

On le trouve dans le Psaume 40. 13 à 15 : « Qu’il te plaise, ô Éternel ! de me délivrer. Éternel ! hâte-toi de me secourir. Que ceux qui cherchent mon âme pour la détruire soient tous ensemble honteux et confondus ; qu’ils se retirent en arrière et soient confus, ceux qui prennent plaisir à mon malheur. Que ceux qui disent de moi : Ha ha ! ha ha ! soient désolés, en récompense de leur honte ». Et nous ne pouvons pas lire ce Psaume 22 sans nous arrêter sur le fait que c’est le seul Psaume dans lequel il n’y a pas d’appel de ce genre.

Le Seigneur est placé là, portant le jugement contre le péché, Il est seul devant Dieu. Et même si les souffrances de la part des hommes sont écrites dans ce langage imagé que nous avons, il n’est pas parlé de vengeance. Et Il attend le salut de Dieu, mais Il n’appelle pas la vengeance sur ceux qui Le font souffrir. Et peut-être qu’il faut souligner ce point : dans ce Psaume, nous avons le côté de l’abandon de Dieu dans les trois heures, puis nous avons aussi le côté des souffrances que le Seigneur a endurées de la part des hommes

On remarque que l’abandon de son Dieu est donné, présenté avant les souffrances qu’Il a connues de la part des hommes. Pourquoi ? – Parce que c’était pour cela qu’Il était venu. Mais il fallait aussi que la méchanceté des hommes soit manifestée à son comble. Et ces souffrances de la part des hommes sont décrites.

Et il y a une chose que nous voulons faire remarquer aussi c’est que, en présence de la haine de l’homme contre son bien-aimé, Dieu s’est tu. Nous trouvons cela dans l’évangile selon Luc, quand le Seigneur dit à ceux qui viennent Le prendre : « Mais c’est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres » (Luc 22. 53). On se sent bien petit devant ces choses, et je le répète encore, on a toujours peur d’aller trop loin ou au delà de ce que le Seigneur a connu, et on préfère contempler, méditer en silence, que vouloir trop en dire.

Hébreux 5. 7 et 8 : « Le Christ qui… durant les jours de sa chair, ayant offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, quoiqu’il fût Fils, a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ».

Il faut bien comprendre que la mort, c’était une désapprobation de Dieu sur l’homme qui pèche, et que si pour nous, la mort est une délivrance des choses de la terre, pour Christ sur la croix, la mort avait encore son aiguillon.

Et quand Christ a crié sur la croix pour demander à Dieu son salut, c’est qu’Il avait effectivement sur son âme sainte tout le poids que méritaient nos péchés, l’aiguillon de la mort, la mort qui passait devant Lui, qui était la désapprobation de Dieu contre le péché. C’est pour cela que le Seigneur a crié : « Ne te tiens pas loin de moi », loin de mon salut !

Versets 6, 7, et 8 : « Mais moi, je suis un ver, et non point un homme ; l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête : Il se confie à l’Éternel : qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre, car il prend son plaisir en lui ! ».

Le Seigneur exprime là tout ce qu’Il ressent de la part des hommes, Lui la Parole devenue chair et habitant au milieu de nous – et nous vîmes sa gloire. Mais Il vint chez soi et les siens ne L’ont pas reçu (Jean 1). Et tout cet opprobre, ce mépris, que le Seigneur a connus, Il l’a ressenti pleinement avec l’excellence de la divinité sensible de son cœur.

Nous ne pouvons pas, là encore, entrer dans ce que furent pour le cœur du Seigneur toutes ces railleries et toutes ces moqueries, qui n’ont pas été rien pour le Seigneur, toutes ces accusations injustes. Puis il y a le verset suivant : « Mais c’est toi qui m’as tiré du sein [qui m’a porté] ; tu m’as donné confiance sur les mamelles de ma mère. C’est à toi que je fus remis dès la matrice ; tu es mon *Dieu dès le ventre de ma mère » (Ps. 22. 9 et 10).

Il peut là rappeler à Dieu tout ce qu’Il a été pour Lui dans sa vie, toute cette confiance qu’Il a manifestée, le plaisir que Dieu a trouvé en son Fils unique et bien-aimé. Et si le Seigneur s’en était tenu à ce qu’Il éprouvait de la part des hommes, à la façon dont Il avait glorifié Dieu sur la terre, Il aurait pu descendre de la croix. Mais nous avons là le témoignage de l’immensité de son amour : Il est resté sur la croix parce qu’Il ne s’est pas arrêté à ce que nous appellerions des causes secondes. Non !

Pour Lui, il y avait une cause principale, la vérité principale. Et c’est bien ce que nous trouvons dans cette expression « Te tenant loin de mon salut ». Il était venu pour accomplir ce salut, et rien n’a pu L’arrêter dans cet accomplissement. Nous disons souvent, et comme c’est vrai : l’amour du Seigneur a brillé d’un éclat tout particulier à la croix.

Puis au verset 11, « Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure ». « La détresse est proche » : quelle parole dans la bouche du Seigneur ! Lui, le Fils de Dieu qui avait en Lui toute ressource, Il sent la détresse et Il peut dire : « Il n’y a personne qui secoure ». Quand nous lisons la fin du Psaume 60 ou du Psaume 108, il est écrit : « La délivrance qui vient de l’homme est vaine » (Ps. 60. 11 ; 108. 12). Le Seigneur, Lui, ne s’est pas attendu à l’homme. Au travers de ces heures terribles, sa confiance demeurait toujours dans son Dieu.

Nous lisons en Lévitique 6. 17 : « Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle à Aaron et à ses fils, en disant : C’est ici la loi du sacrifice pour le péché : au lieu où l’holocauste sera égorgé, le sacrifice pour le péché sera égorgé devant l’Éternel : c’est une chose très-sainte » (Lév. 6. 17 et 18). Il en est de même en Lévitique 7 : « Et c’est ici la loi du sacrifice pour le délit ; c’est une chose très-sainte. Au lieu où l’on égorge l’holocauste, on égorgera le sacrifice pour le délit » (Lév. 7. 1 et 2).

On voit toujours cette perfection liée aux souffrances du Seigneur. On ne peut pas disséquer cette œuvre infinie. Si Dieu nous a donné des images dans l’Ancien Testament, c’est pour nous aider à entrer un peu, d’un côté dans les perfections du Seigneur Jésus, tout ce qui était pour Dieu, l’holocauste – et de l’autre côté ce qui était pour nous, le sacrifice pour le péché.

Lévitique 16 était le côté de la propitiation et le côté de la substitution. Nous lisons en 1 Jean 2 : « Lui est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » (1 Jean 2. 2). C’est la ressource de Dieu.

Pourquoi aujourd’hui Dieu peut-Il accepter un misérable pécheur, tel que nous étions, sur le terrain de la justice ? – Parce qu’une propitiation a été faite, et s’Il pardonne, c’est sur le terrain d’une parfaite justice. Nous sommes déjà au bénéfice de cette œuvre par la grâce de Dieu.

Hébreux 9. 26 : « Il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice ». Les croyants sont déjà au bénéfice de cette œuvre, mais ce qu’il y a de merveilleux, c’est l’abolition du péché. Dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, il n’y aura plus trace de péché. Cela correspond un peu au 1er chapitre de l’évangile selon Jean : « Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (Jean 1. 29).

Alors, il y a quelque chose qui nous touche très profondément dans ces versets que nous venons de rappeler. Matthieu 27. 43 : « Il s’est confié en Dieu ; qu’il le délivre maintenant, s’il tient à lui ; car il a dit : Je suis fils de Dieu » (Mat. 27. 43). Est-ce qu’on peut entendre un outrage aussi épouvantable à l’égard de Dieu : « S’Il tient à Lui ? »

Si nous pensons au prix que le Seigneur Jésus avait pour son Père, pour son Dieu – bien sûr, on a rappelé ce matin qu’Il était là sous le jugement de Dieu – si nous pensons au prix que le Seigneur avait pour Dieu, on est étonné que Dieu ait pu supporter cet outrage ! Il aurait pu anéantir le monde en entendant un pareil outrage. N’est-ce pas un amour qui touche profondément nos cœurs ?

Alors, sans doute, nous avons entendu cette parole merveilleuse que le Seigneur a prononcée plusieurs fois dans l’évangile, – au paralytique : « Tes péchés sont pardonnés » (Mat. 9. 2 et 5 ; Marc 2. 5), – à la femme de Luc 7 : « Tes péchés sont pardonnés » (Luc 7. 48) ; – à la femme adultère de Jean 8 : « Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs ? Nul ne t’a-t-il condamnée ? Et elle dit : Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, – dorénavant ne pèche plus » (Jean 8. 10 et 11). Les nombreux péchés sont pardonnés.

Chers amis, chers jeunes amis, est-ce que nous avons entendu cette parole reçue du Seigneur dans nos cœurs : « Tes péchés sont pardonnés » ? Avons-nous mesuré le prix de cette parole ? Aujourd’hui, le Seigneur parle à nos cœurs pour nous faire comprendre un peu à quel prix nos péchés ont été pardonnés.

Il est peut-être bon que l’on revienne sur ce mot de « propitiation » pour en expliquer plus le sens. L’œuvre de la croix est la propitiation pour nos péchés, et pour les péchés du monde entier. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’en vertu de cette œuvre, Dieu est favorable, qu’Il reçoit favorablement l’homme qui s’approche en vertu de cette œuvre. Mais les péchés ne sont expiés que si l’on reçoit l’œuvre de la croix, c’est-à-dire que si l’on croit, si l’on accepte dans son cœur que cette œuvre a répondu à son propre état de péché et à sa culpabilité devant Dieu.

Et alors, ceux qui peuvent entendre cette expression : « Tes péchés sont pardonnés », ce sont ceux qui reconnaissent leur état de péché et qui reçoivent ce que Dieu offre : le salut en vertu de l’œuvre de la croix. Il y a donc le côté de la propitiation : Dieu est favorable et reçoit favorablement tout homme qui s’approche en vertu de cette œuvre. Mais on ne peut s’approcher de Dieu autrement que sur la base de cette œuvre.

J’aime rappeler, pour expliquer ce mot propitiation, ce qu’on trouve dans le livre d’Esther : Il n’était permis à quiconque d’entrer auprès du roi s’il n’avait pas été appelé. Et si quelqu’un entrait auprès du roi sans être appelé, si le roi lui tendait le sceptre d’or, il n’était pas mis à mort, mais à condition que celui qui entrait touche le sceptre d’or. N’est-ce pas une image de ce qui nous concerne ? Nul homme ne peut s’approcher de Dieu si ce n’est en vertu de l’œuvre de la croix, et en s’appropriant cette œuvre de la croix.

Je voudrais aussi dire une pensée sur cette expression : « Je suis un ver, et non point un homme » (Ps. 22. 6). Un ver est un être sans protection, sans défense, incapable de fuir ; et c’est ce que le Seigneur exprime quand Il est placé là comme étant l’objet de l’abandon de son Dieu, mais aussi l’objet de toute la haine de l’homme, « l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple » (Ps. 22. 6). Le méprisé est quelqu’un qui est tenu pour rien. Que le Seigneur nous donne de mesurer un peu la portée de ces images que l’Écriture emploie pour nous parler de ce que le Seigneur a rencontré.

Au v. 11 de ce Psaume 22, nous avons lu : « Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure ». À quelle détresse devons-nous penser ? Le Seigneur est là sur la croix, Il a devant Lui une grande détresse : Il était là abandonné de Dieu et, quand nous pensons à cet abandon de Dieu, nous voyons en cela la seconde mort, qui est l’abandon éternel par Dieu. Le Seigneur Jésus l’a goûté dans ces trois heures de ténèbres. C’est pourquoi Il parle ainsi.

Mais il y a encore autre chose. Il y a encore cette autre détresse, celle de l’homme parfait devant aller dans la mort, dans la première mort – dans cette mort que le Seigneur Jésus a subie également, et il n’y avait personne pour L’aider, personne pour Le sauver de cette mort. C’était là le chemin qu’Il avait devant Lui.

Et il est très beau de voir que le Seigneur Jésus – c’est Lui qui parle – ajoute à cette pensée du v. 11 : « Ne te tiens pas loin de moi, car la détresse est proche, car il n’y a personne qui secoure » cette parole du v. 14 : « Je suis répandu comme de l’eau, et tous mes os se déjoignent », mais surtout la première phrase : « Je suis répandu comme de l’eau », L’eau, on ne la reprend plus quand elle est répandue.

C’est d’ailleurs une expression que nous trouvons dans un autre passage dans 2 Samuel 14. 4 : « Car nous mourrons certainement, et nous sommes comme de l’eau versée sur la terre, qu’on ne peut recueillir ». Nous sommes comme de l’eau, on ne peut plus la ramener, ce n’est plus possible. C’est un chemin sans issue, qui mène là à ce qui est devant le Seigneur, à cette détresse qu’Il doit mourir, que la mort L’atteindra.

D’une part, la mort qui L’atteint. Nous trouvons aussi cette expression : « Tu m’as mis dans la poussière de la mort » (Ps. 22. 15). C’est Dieu qui L’a mis dans la mort ; d’autre part nous avons aussi la pensée que Lui-même est entré dans la mort ; et nous avons la troisième pensée, et je crois que celle-là est devant nous ici, que les hommes L’ont tué. C’est dans les Actes que nous trouvons cela : « Vous avez mis à mort le prince de la vie », dit l’apôtre Pierre (Act. 3. 15 – Lui, l’homme parfait.

Entre les deux pensées – celle de l’éloignement de Dieu et celle de la détresse – il y a un mot concernant les taureaux : « Beaucoup de taureaux m’ont environné, des puissants de Basan m’ont entouré » (Ps. 22. 12). « Ne te tiens pas loin de moi », la détresse est là et voilà qu’elle arrive dans ces taureaux, ces puissants de Basan qui sont là et qui ne veulent rien d’autre que de mettre à mort. Le Seigneur les voyait.

Tout cela accompagne les douleurs, les souffrances que le Seigneur avait concernant cette seconde mort, là où Il était tout seul devant son Dieu ; il y a encore ces pensées qui sont là également. Et maintenant Il voit ces taureaux qui sont là, les grands du peuple qui ne voulaient pas de Lui, qui avaient décidé de Le faire mourir.

Ésaïe 53 nous parle profondément des souffrances du Seigneur. Ésaïe 53. 8 : « Il est ôté de l’angoisse et du jugement ; et sa génération, qui la racontera ? Car il a été retranché de la terre des vivants ; à cause de la transgression de mon peuple, lui a été frappé ». Que dire ? Il a été retranché de la terre des vivants, de cette génération. Qui rappellera sa génération ? Cette génération qui était là, tous ces hommes qui L’entouraient, toute cette génération qui était là contre Lui, représentée dans les taureaux et dans les puissants de Basan qui ont voulu sa mort. Ils étaient là pour Le faire mourir.

Et nous trouvons ensuite, encore dans ce verset d’Ésaïe 53, qu’il est dit : « À cause de la transgression de mon peuple, lui, a été frappé ». Qu’est-ce que c’est que « la transgression de mon peuple » ? – Ce n’est pas là la pensée du substitut, que le Seigneur Jésus prenait les transgressions de son peuple, mais ce sont les actes de transgression que ces taureaux, que ces puissants de Basan ont commis contre Lui. C’est à cause de la transgression de tous ces gens-là, de toute cette génération qui L’entourait, qu’Il a connu la mort.

Voilà ce que je vois aussi dans cette expression : « Beaucoup de taureaux m’ont environné, des puissants de Basan m’ont entouré ; ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant » (Ps. 22. 12 et 13). Alors maintenant, le Seigneur sait très bien que ceux qui sont là, ces taureaux, sont la voix de Satan, ils parlent selon ce que Satan leur dit ; c’est ainsi qu’ils parlent, qu’ils ouvrent leur bouche.

Et nous voyons, quand le Seigneur était mis à mort, quand ils ont décidé de Le faire mourir, ce tumulte qui était là, tous ces gens, c’est pour cela que je dis : toute cette génération, tout ce tumulte qui était là. Ce n’était pas dans un tribunal où tout est fait d’une façon posée, comme c’est nécessaire dans un tribunal. Mais c’était tout autre chose. Dans ce tribunal qui a été réuni contre Lui, c’était la haine qui était là, c’était les cris : « Crucifie ! Crucifie-le ! » qu’on entendait.

Et les grands, les scribes, les anciens, les souverains sacrificateurs les incitent encore à crier ainsi. Voilà ce que nous avons là. Et le Seigneur n’a-t-Il pas profondément senti toute cette haine qui se déchaînait contre Lui, ces taureaux qui étaient là contre Lui qui était comme un agneau ? Jérémie 11. 19 dit : « Et moi j’étais comme un agneau familier qui est mené à la tuerie ; et je ne savais pas qu’ils faisaient des complots contre moi, [disant] : Détruisons l’arbre avec son fruit, et retranchons-le de la terre des vivants, afin qu’on ne se souvienne plus de son nom ». Mais Lui savait « qu’ils faisaient des complots » contre Lui.

Cela doit nous toucher profondément, parce que le Seigneur avait des sentiments si purs et si clairvoyants, parce qu’Il voyait dans le cœur de ceux qui hochaient la tête, qui étaient contre Lui et voulaient sa mort. Et je crois que c’est cette détresse – et personne n’est là pour Le secourir. Les disciples s’en étaient allés, on comprend bien qu’ils n’auraient pas pu aider. Il n’y a personne, le Seigneur était là déjà seul, la solitude était sa part.

Arrêtons-nous sur ce petit animal. Le Seigneur dit : « Je suis un ver », quelque chose qui est méprisé, un ver de terre, et on voit bien que le Seigneur dit : « l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple » (Ps. 22. 6). Mais il y a aussi, dans ce petit animal, le ver luisant. L’amour du Seigneur brillait sur la croix. Nous le chantons quelquefois : « Tu brilles à la croix » (Hymnes et Cantiques 46 strophe 2). Sa splendeur dans ses douleurs était là.

Ces taureaux, ces puissants de Basan, plus loin ces chiens, qui étaient, comme on vient de le dire, dirigés par Satan lui-même, ces hommes qui étaient là tous ligués contre Christ, le Fils de Dieu, nous pouvons penser : Quel abîme de mal se trouvait dans leurs cœurs ! Mais chers amis, chers frères et sœurs, chers jeunes, Dieu ne nous a-t-Il pas donné quelque peu, lorsque nous sommes venus à Christ, de sonder les profondeurs de notre propre cœur en inimitié contre Dieu ?

Et ces versets qui sont devant nous, et qui nous parlent d’une manière unique de la Personne du Seigneur Jésus dans son abaissement profond pour glorifier son Dieu et Père et sauver les misérables pécheurs que nous étions tous, ces versets ne nous montrent-ils pas l’infini de la grâce, de la miséricorde, de notre Dieu Sauveur, de Celui qui s’est confié en son Dieu, (si on peut dire) envers et contre tout ?

Chaque jour, nous apprenons – et veuille que le Seigneur Jésus le fasse par sa bonté, par son Esprit, par l’action de sa Parole sur nos âmes – à connaître à la fois ce qu’est notre cœur naturel incurable, quel cas il faut faire de ce cœur et, en même temps, et pour répondre à cela, un amour insondable, l’amour du Christ Jésus pour le pécheur perdu qui aujourd’hui encore, comme cela a été dit tout à l’heure, vient à la croix, reconnaît que c’est pour lui – pour toi comme pour moi – que Jésus Christ est venu et a pris cette place, devant laquelle nous ne pouvons qu’adorer et nous prosterner.

Bientôt nous Le verrons avec les yeux qui ne seront plus ceux de la foi, mais en réalité, et nous verrons sa beauté et l’amour qui est et qui reste pour l’éternité envers ceux qu’Il est venu chercher et sauver. Que nous ayons bien dans nos cœurs ce sentiment profond que nous ne valions absolument rien – mais en même temps que c’est à de tels que le Seigneur Jésus est venu pour s’approcher, pour livrer sa propre vie, pour entrer dans la mort et en ressortir – quelle grâce – en glorieux Vainqueur.

Satan, la mort, ont été vaincus. Le monde qui nous entoure est conduit par le chef de ce monde dont le Seigneur a dit : « Il n’a rien en moi » (Jean 14. 30). Que le Seigneur nous accorde la grâce de vivre pour Lui !

Quelles bénédictions sont les nôtres qui vont jusque dans l’avenir, comme nous l’avons vu. Mais quand nous sommes ensemble pour annoncer la mort du Seigneur, ces pensées n’ont pas la priorité.

Chers amis, quand nous sommes ensemble pour rendre culte, c’est la Personne du Seigneur Jésus dans sa beauté, dans sa beauté morale, dans son œuvre de la croix, ses souffrances, sa mort, voilà ce qui doit être le sujet de notre culte. Nous sommes occupés très longtemps, des bénédictions que nous avons, nous sommes occupés très souvent, très longtemps du fait que nous pouvons entrer dans le sanctuaire, que nous avons été sauvés, que toutes sortes de bénédictions nous appartiennent.

Et pourtant le Seigneur attend exactement ce que nous avons ici dans le Psaume 22 devant les yeux. Nous avons vu, cette première partie, jusqu’au v. 22, parle uniquement du Seigneur. Ensuite, c’est Lui qui chante. Mais jusque-là nous avons seulement le Seigneur dans ses souffrances, et je crois que c’est la joie de son cœur que nous essayions d’entrer un peu dans les pensées qu’Il a. Vous me comprenez, n’est-ce pas, et acceptez que je dise qu’Il veut que notre cœur soit occupé de Lui, et non pas de nos bénédictions, de Lui seul, et Il est digne de notre louange !

Les sacrificateurs qui entraient dans le lieu saint allaient à l’autel d’or. Ils présentaient le parfum, le parfum de ses souffrances, le parfum de sa mort. Le feu avait été pris sur l’autel d’airain. C’est bien un encouragement pour nous. On a parlé de la mort du Seigneur Jésus, de ce qu’elle était pour Lui : Il a goûté la mort pour tout, la mort, tout ce qu’elle inspirait de terreur pour le premier Adam, mais aussi d’horreur pour le dernier Adam.

C’est dans le Psaume 102 aussi qu’il est dit : « J’ai dit : Mon *Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours ! … » (Ps. 102. 24). Et au Psaume 55, il est dit aussi : « Et toi, ô Dieu ! tu les feras descendre dans le puits de la destruction : les hommes de sang et de fourbe n’atteindront pas la moitié de leurs jours » (Ps. 55. 23). Le jugement du péché, les gages ou salaire du péché, c’est la mort (Rom. 6. 23).

Au Psaume 102. 24 à 26, nous avons la réponse de Dieu : « Tes années sont de génération en génération ! Tu as jadis fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; eux, ils périront, mais toi, tu subsisteras ; et ils vieilliront tous comme un vêtement ; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés ».

Nous avons donc, dans ces versets qui sont placés devant nous, tout ce que le Seigneur a souffert de la part des hommes. On a dit que les taureaux, ces puissants de Basan, qui nous parlent des chefs du peuple, unissent leur pouvoir à leur puissance pour mettre à mort le seul Juste que la terre ait porté.

En Actes 4.27, on peut lire : « Car en effet, dans cette ville, contre ton saint serviteur Jésus que tu as oint, se sont assemblés et Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d’Israël ». Il me semble bien qu’on trouve tout cela dans ces taureaux et dans ces puissants de Basan. Basan était un peuple qui s’était opposé au peuple d’Israël avant son entrée dans le pays de Canaan – on trouve cela dans le livre des Nombres et celui du Deutéronome.

Ils ont associé leur pouvoir et leur puissance pour faire le mal contre le seul juste. Et puis alors le lion nous parle de toute la haine et de toute la cruauté avec lesquelles ils ont agi. Et on pense à cette cruauté déversée contre le Seigneur quand toute la cohorte s’est assemblée contre Lui et qu’on s’est moqué de Lui, qu’on L’a fouetté et qu’on Lui a craché au visage et qu’on a tressé pour Lui une couronne d’épines. Et puis après, il est parlé des chiens.

Notre frère J. N. Darby a écrit : « Les chiens, des êtres sans cœur et sans conscience, sans honte et sans entrailles, qui trouvent leur plaisir dans la honte et la souffrance des autres ». Et on trouve quelque chose de cela dans un Psaume, le Psaume 59 qui nous parle de ce caractère du chien : « Ils reviennent le soir, ils hurlent comme un chien, et font le tour de la ville » (Ps. 59. 6). Encore, un peu plus loin dans ce Psaume 59 : « Et ils reviendront le soir, ils hurleront comme un chien, et feront le tour de la ville » (Ps. 59. 14).

Non seulement on a insulté le Seigneur alors qu’Il était sur la croix, mais on y est revenu. Il semble que rien n’a arrêté la méchanceté de l’homme à ce moment-là, et le Seigneur n’a pas répondu. Non seulement Il n’a pas répondu, mais nous nous souvenons de ce qu’Il avait exprimé comme Il venait d’être crucifié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23. 34) ; « Ils me contemplent, ils me regardent » (Ps. 22. 17).

Dans l’évangile de Luc, il est dit que les foules s’étaient assemblées à ce spectacle (Luc 23. 48). Quelle tristesse de penser que l’homme trouve son plaisir à contempler ce qui est la manifestation de toute sa méchanceté et de toute sa haine. Et alors, pour revenir sur ce que notre frère a dit, si l’homme s’est assemblé à un tel spectacle, nous nous assemblons, non pas comme à un spectacle loin de là mais pour contempler ce que le Seigneur a été pour son Dieu dans ces moments-là.

Dans l’encens qui était offert entre autres à l’autel d’or, l’encens des drogues odoriférantes en particulier, il y a trois parfums, le stacte, la coquille odorante et le galbanum. Ces trois parfums, l’homme n’était pas autorisé à les flairer, c’est ce que nous pouvons présenter à Dieu. Le stacte, c’est ce qu’il y a de plus profond dans les souffrances de Christ, que seul Dieu a pu discerner. C’est cette goutte de myrrhe limpide qui s’est solidifiée.

La coquille odorante vient d’un mollusque tiré de la profondeur des mers. Et le galbanum nous parle d’amertume, d’une odeur désagréable. Et n’est-ce pas ce que nous exprimons quand nous chantons cette strophe 3 du cantique 46 :

« Tu souffris, ô Jésus, Sauveur, Agneau, victime ! » : le stacte.

« Ton regard infini sonda l’immense abîme » : la coquille odorante.

« Et ton cœur infini, sous ce poids d’un moment, porta l’éternité de notre châtiment » : le galbanum, toute l’amertume qui a été la sienne pour porter toute l’éternité du châtiment que nous avions mérité.

Nous aurions été des hommes de ce temps-là, soit nous aurions fait comme les disciples qui se tinrent loin, soit nous aurions été avec ceux qui sont appelés des chiens. Mais maintenant, étant une nouvelle création, nous nous arrêtons en présence de la croix et nos cœurs désirent présenter devant Dieu le Père tout ce qu’Il a trouvé d’excellent dans l’œuvre de son Fils.

Nous avons considéré ce que c’était, pour notre Seigneur, d’être abandonné de son Dieu, Lui qui s’était confié en Lui pendant toute sa vie, depuis même avant sa naissance comme il est écrit ici. Et puis ils se sont moqués de Lui parce qu’Il se confiait pleinement en son Dieu, Lui qui était tellement dépendant de Dieu qu’Il montrait dans tous ses actes qu’Il faisait la volonté de son Dieu, et c’était la volonté de Dieu qu’Il aille jusqu’à la croix.

Et là, alors qu’Il était sur la croix, ils se moquaient encore de Lui. « Une assemblée de méchants m’a entouré » (Ps. 22. 16), une meute de personnes auxquelles Il n’avait fait que du bien, même ceux qu’Il avait guéris étaient avec eux, tous assemblés contre Lui pour Le mettre à mort. Qu’est-ce que cela a dû être pour Lui de voir toute cette assemblée de méchants autour de Lui !

« Ils me regardent ». Cela leur plaisait de Le voir souffrir. Nous aurions fait la même chose. Un frère a dit qu’on serait parti, je me vois mal ne plus Le voir du tout. Mais ceux qui L’ont mis à mort et qui ont vu, est-ce que cela leur a plu de Le voir souffrir ? « Car des chiens m’ont environné, une assemblée de méchants m’a entouré ». Des chiens qui ne veulent que dévorer. C’était nous. Des chiens, des animaux impurs qui ne veulent que déchirer.

Qu’est-ce que cela a dû être pour Lui, une Personne pure, d’être entouré par ces créatures que Lui avait créées pour régner sur cette terre et que Satan a tellement déformées et qui voulaient mettre à mort le Créateur.

Et on voit encore ce qu’Il a souffert personnellement. On a vu des souffrances de la part de Dieu, on a vu des souffrances de la part des hommes, et maintenant des souffrances qu’Il a endurées sur la croix, les souffrances les plus cruelles pour une personne qui a été crucifiée – on dit que la crucifixion, c’est la façon la plus cruelle de faire souffrir une personne, et nous le voyons dans ces versets qui sont devant nous. « Je compterais tous mes os ».

Pour une personne clouée sur une croix, tout le poids tire sur les mains clouées sur le bois, et pendant qu’elle a encore de la force en s’aidant des pieds qui sont aussi cloués elle essaie de se soulever, et tout le poids tire sur ces clous et tous les os se disjoignent, les ligaments se déchirent et ne tiennent plus. Elle peut ressentir tous ses os et cela doit être des douleurs terribles – et toutes les douleurs imaginables, Il les a endurées.

Aucune souffrance ne fut épargnée au Seigneur Jésus, souffrances morales, souffrances physiques. On a parlé des taureaux, des puissants de Basan, des chiens. Dans ces puissants de Basan, on voit une image du peuple juif ; dans les chiens, on voit davantage les nations. L’humanité toute entière s’est liguée contre le Seigneur Jésus. Et d’après ce qu’on peut lire quand il est question de Basan, il s’agit des pâturages les plus riches de Palestine, et on peut penser un peu à ce qu’étaient ces taureaux de Basan, à la force qu’ils pouvaient avoir, et ils se sont ligués contre le Seigneur.

Mais en plus de ces souffrances morales, ces souffrances physiques sont celles qui L’ont atteint au plus profond de Lui-même dans son cœur : « Mon cœur est comme de la cire, il est fondu au dedans de mes entrailles » (Ps. 22. 14). Quelle image des douleurs que le Seigneur Jésus a connues à ce moment-là. Nous le savons : la cire, à température ambiante, est solide. Pour qu’elle fonde, il faut l’amener à une température élevée.

C’est cette profonde douleur que le Seigneur a connue dans son cœur. « Mon cœur est comme de la cire, il est fondu au dedans de mes entrailles ». « Ma vigueur est desséchée comme un têt » – cet instrument que l’on utilise dans les laboratoires, en terre réfractaire qui peut résister à tout, que l’on chauffe jusqu’à ce qu’il ne reste plus la moindre humidité, tout disparaît et il ne reste plus que des cendres – voilà cette chaleur que le Seigneur Jésus a connue.

Et ce qu’il y a de remarquable dans la perfection du Seigneur, c’est que, au milieu de ces souffrances intenses qu’Il a connues, Il accomplissait la Parole de Dieu. « Afin que la parole de Dieu fût accomplie, Il dit : J’ai soif » (Jean 19. 28). Et c’est ce que nous trouvons là : « Ma langue est attachée à mon palais ». Le Seigneur a connu la soif. Il a été l’homme obéissant, Il n’a rien laissé de ce qui était placé devant Lui. Dans les moments où Il souffrait le plus, sa pensée était toujours d’obéir à Dieu, d’accomplir la volonté de Dieu. Si nous ne pouvons, là encore, discerner ce que cela a été pour le Seigneur Jésus, nous ne pouvons que Le bénir parce que, ce que le Seigneur Jésus a connu dans ces heures-là, c’est pour que nous, nous en soyons éternellement épargnés.

Luc 16. 23 et 24 : « Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Et s’écriant, il dit : Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme ». Quel sort terrible pour ceux qui, aujourd’hui encore, refusent la grâce qui est offerte, le salut qui est offert gratuitement.

Mais nous qui sommes au bénéfice de l’œuvre de la croix, nous serons préservés de telles souffrances, nous connaîtrons la félicité de la maison du Père, nous serons avec le Seigneur. Nous l’avons exprimé à plusieurs reprises, nous verrons sa gloire. Mais ne l’oublions pas, nous verrons toute la magnificence et la majesté qui sont les siennes, [sa gloire] qui brillera d’un éclat incomparable. Mais nous verrons aussi ses mains et son côté percés, et nous nous souviendrons éternellement des souffrances qui furent sa part à l’heure de la croix.

« Ma langue est attachée à mon palais », quelle souffrance ! Nous ne pouvons, là encore, que nous prosterner devant ce que le Seigneur a connu à cette heure-là.

Nous avons entendu que les chiens parlent des nations, et tout spécialement des soldats qui étaient là et qui se sont aussi moqués du Seigneur Jésus.

Matthieu 27. 27 à 31 : « Alors les soldats du gouverneur, ayant emmené Jésus au prétoire, assemblèrent contre lui toute la cohorte. Et lui ayant ôté ses vêtements, ils lui mirent un manteau d’écarlate ; et ayant tressé une couronne d’épines, ils la mirent sur sa tête, et un roseau dans sa main droite ; et fléchissant les genoux devant lui, ils se moquaient de lui, disant : Salut, roi des Juifs ! Et ayant craché contre lui, ils prirent le roseau et lui en frappaient la tête. Et après qu’ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, et le revêtirent de ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier ».

Je crois que nous n’avons pas beaucoup plus à dire sur ce qui s’est passé là. Le Seigneur a ressenti que ces hommes brutaux qui étaient là, faisaient un spectacle de Lui, le Fils de Dieu, le Fils de l’homme, l’homme parfait ; ils faisaient cela, ils se moquaient de lui, des qualités qu’Il avait, qui étaient connues. « Roi des Juifs », ils riaient de cela.

Puis, après, ils ont percé les mains et les pieds du Seigneur. C’était des mains qui ont guéri, des mains qui ont béni, des mains qui ont aidé beaucoup de personnes, des mains qui ont arrêté la civière sur laquelle se trouvait le fils de la veuve à Naïn, des mains qui avaient touché aussi ce lépreux pour le guérir, des mains bénissantes, maintenant transpercées, et la bénédiction était arrêtée !

Les pieds évoquent] la marche parfaite du Seigneur qui allait çà et là faisant du bien. Mais si nous voulons voir les étapes par lesquelles Il est passé, il fallait qu’Il passe par Samarie, Il allait à Nazareth, Il allait à Capernaüm, Il allait à Bethsaïda, en apportant grâce et amour. Et maintenant ces pieds sont arrêtés sur ce chemin, arrêtés pour le monde juif – parce que c’est vrai, pour eux c’était aussi la fin ; pour les Juifs, pour le peuple de ce temps-là.

C’était aussi la fin de toutes ces bénédictions auxquelles ils ont goûté pendant plusieurs années. C’était arrêté, et ils étaient eux-mêmes les coupables, la transgression du peuple du Seigneur s’est montrée là. Et il y a des détails dans ces versets qui doivent nous toucher aussi profondément. Et quand il est parlé de ses vêtements, ces vêtements qui montrent le caractère du Seigneur, ce vêtement sans couture qui parlait de ce qu’Il était pour son Dieu, vraiment parfait. Alors, tout cela, on Le lui a pris, on Lui a pris l’honneur, un honneur qui était intrinsèque, qu’Il possédait.

Ils ont essayé de Lui prendre tout cela alors qu’Il était sur la croix, méprisé du peuple. Aujourd’hui, pour ceux qui Le connaissent, qui ont reconnu la vérité de ce Psaume, quelle est notre pensée ? Quel est notre sentiment pour Lui ? Un sentiment d’amour, un sentiment d’admiration, un sentiment d’adoration pour une telle beauté, pour un tel amour qui s’est abaissé jusque-là, qui s’est laissé faire par tous ces hommes-là.

Il a accepté cela, Il le dit, Il constate cela. Chers amis, Il ne se plaint pas devant son Dieu mais Il constate tout ce qui est là, et Dieu le voit. Et Dieu qui a tout vu, comme nous l’avons chanté tout à l’heure dans ce cantique 14 strophe 2 :

« Sa sainteté, son amour, sa justice,

Ta croix, Jésus, a tout magnifié ».

Quand nous parlons des souffrances du Seigneur avec la Parole, ce chemin qu’Il a pris sur la terre en s’abaissant, en venant sous la forme d’un homme, c’est le chemin qui L’a conduit à la gloire. Le Seigneur Jésus s’est abaissé jusqu’à prendre la forme d’un homme, Il est devenu le Fils de l’homme, Il est descendu du ciel pour revêtir cette nature humaine, semblable à nous (nous dit l’Écriture) à part le péché ; mais dans le court passage que nous avons lu dans l’évangile de Matthieu, nous Le voyons en proie aux moqueries, aux injures, aux crachats, on Le cloue finalement sur le bois maudit, sur ce bois sur lequel pesait une malédiction : « Maudit est quiconque est pendu au bois » (Gal. 3. 13 ; voir Deut. 21. 23).

Il le savait, Il était venu pour cela. C’est là que sa gloire a brillé le plus dans cet abaissement. N’oublions pas qu’Il est Dieu manifesté en chair, Dieu le Fils, mais c’est Dieu qui est venu chercher sa créature dans la perdition. Il est venu là où nous étions, dans la perdition, et Il nous a offert le salut, Il nous a ouvert le chemin du salut. Il a connu toutes les douleurs, non seulement de la crucifixion mais toutes les douleurs morales auxquelles nous étions voués s’Il n’était pas venu nous chercher dans la misère.

Nous étions voués à comparaître devant le grand trône blanc dans un jugement sans appel et à être jetés dans l’étang de feu pour l’éternité. Eh bien, Il a accepté cela pour Lui-même, non pas d’être jeté dans l’étang de feu, mais Il a accepté de subir sur la terre toutes les conséquences de la crucifixion, la souffrance, la séparation de son Dieu – ce qui a été certainement sa souffrance la plus intense et intime – mais c’est Dieu, qui est venu nous chercher dans la mort, dans le péché. Il a pris nos péchés en son corps sur le bois pour les expier à notre place.

Mais c’est là que Dieu est venu sur la terre, prenant la forme d’un homme pour être puni à notre place. C’est là que sa gloire a brillé le plus, dans cet abaissement accepté, voulu. Il est venu pour cela. Rien n’a pu Le retenir, même l’horreur [de ce qui L’attendait] dans le jardin de Gethsémané, où Il nous est montré que sa sueur découlait de son front comme des grumeaux de sang tellement son angoisse était intense.

Au moment de subir cet ultime supplice, Il ne pouvait pas désirer ces moments. Il en avait horreur, mais Il accepta malgré tout la coupe que le Père Lui tendait, parce qu’Il était venu pour cela. « La coupe que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas ? » (Jean 18. 11) Voilà ce qu’Il déclara à ses apôtres et à Pierre en particulier.

Oui, Il était venu pour boire cette coupe de malédiction qui débordait de nos propres péchés, de nos fautes, de nos chutes – Il les a pris sur Lui et Il a bu la coupe jusqu’au fond, jusqu’à la dernière goutte. C’est à ce moment-là, où Dieu, sous la forme d’un Homme, accepte d’être puni à notre place par la terrible justice divine, que sa gloire a brillé le plus.

Dans le fond, ces versets que nous avons devant nous, le poète chrétien les a bien résumés : « Rien n’arrêta son ineffable amour » (Hymnes et Cantiques 26 strophe 2), ni les efforts de l’ennemi, ni la méchanceté des hommes, rien ne l’a arrêté. Et il faut penser que, lorsque nous abordons une épreuve, nous avons une petite idée souvent de ce qui nous attend, mais nous ne la connaissons pas.

Ce que nous lisons a été écrit à peu près mille ans avant la croix, et cela a été écrit avec précision, en décrivant un supplice que l’homme dans sa méchanceté n’avait pas encore inventé. Il en a inventé des choses dans sa méchanceté ! mais il ne l’avait pas encore inventé. Cela a été décrit avec précision quant au sort des vêtements. Eh bien, le Seigneur Jésus le savait.

Et c’est pourquoi dans le Psaume 45 il y a cette petite expression « homme vaillant » (Ps. 45. 3). Il était celui qui savait ce qui L’attendait, celui qui n’a pas reculé. L’épître aux Hébreux nous dit : « Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte » (Héb. 12. 2). On comprend bien que nous sommes devant des choses très élevées. Mais que l’Esprit de Dieu puisse travailler nos cœurs pour nous le faire goûter, estimer, à la lumière d’en haut !

Il est en effet remarquable que ces souffrances du Seigneur nous soient décrites prophétiquement environ mille ans avant qu’elles n’aient lieu, et qu’elles n’ont pas été décrites par quelqu’un qui en a été témoin. Pourquoi ? – Un témoin oculaire n’aurait pas pu rendre le témoignage que l’Esprit de Dieu a rendu. Et il faut toute la grâce de Dieu et la puissance du Saint Esprit pour appliquer cela à nos cœurs et nous faire ressentir sur le plan spirituel quelque chose de ce que le Seigneur a connu.

Les apôtres ont peu écrit sur les souffrances du Seigneur, si ce n’est qu’ils ont dit que le juste est mort pour nous, injustes (voir 1 Pier. 3. 18), « Vous, vous avez renié le saint et le juste » (Act. 3. 14). Mais seul l’Esprit de Dieu peut nous décrire ce qu’il en était de Lui.

Et alors on comprend ce que le Seigneur Jésus a dû dire aux disciples d’Emmaüs quand Il leur ouvrait les Écritures et que « commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les Écritures, les choses qui le regardent » (Luc 24. 27). La Parole ne nous dit pas ce que le Seigneur a dit, mais il est simplement dit qu’Il leur a ouvert les Écritures. Et c’est ce que Dieu veut faire en nous accordant la grâce de méditer ces choses.

On a parlé avec raison des souffrances du Seigneur. Quand les hommes ont mis les mains sur le Seigneur, qu’est-ce que Dieu a fait ? Quand ils l’ont fait souffrir, Il s’est tu. Mais, nous le disons avec crainte, qu’est-ce que cela a dû être pour le cœur de Dieu de voir comment on maltraitait Celui qu’Il avait envoyé dans le monde. « Ayant donc encore un unique fils bien-aimé, il le leur envoya ». Mais ils dirent : « Venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous ».

Et le Seigneur peut conclure la parabole en disant que Dieu fera périr ces misérables (Mat. 21, Marc 12, Luc 20). Mais Dieu ne fait périr que ceux qui ne veulent pas reconnaître leur culpabilité, et leur propre culpabilité dans ce qui a été accompli là.

Nous disons que Dieu s’est tu. Il s’est tu jusqu’à ce que l’œuvre ait été achevée. Et quand l’œuvre a été achevée, on peut bien dire ce qu’on a dans ce verset [21 du Psaume 22] : « Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles. Il y a ces prières qui montent : « Délivre mon âme de l’épée, mon unique de la patte du chien » (Ps. 22. 20).

L’homme n’avait aucun pouvoir pour toucher à la vie du Seigneur. C’est Lui qui l’a donnée Lui-même. Dieu Lui a répondu d’entre les cornes des buffles. Et alors Il peut dire : « J’annoncerai ton nom à mes frères » (Ps. 22. 22) – le nom que le Seigneur Jésus connaissait parfaitement. Et nous savons comment Jésus a laissé ce message à Marie de Magdala : « Va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20. 17). Et nous connaissons maintenant le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.

Chers enfants, si on vous demandait : Qu’avez-vous entendu, qu’avez-vous vu aujourd’hui, plusieurs répondraient sans doute : « Nous avons vu le Seigneur Jésus sur la croix ». Il était là de la troisième heure à la neuvième heure, autrement dit depuis neuf heures du matin jusqu’à trois heures de l’après-midi. Pendant les trois premières heures, Il a été injurié, méprisé, et Il n’a pas ouvert sa bouche.

Et comme on l’a rappelé, et comme nous le chantons quelquefois dans un cantique : « Et tout ce que nous sommes fût là manifesté » (Hymnes et Cantiques 213 strophe 2). Alors arrêtons-nous un instant pour prier que le Saint Esprit opère dans nos cœurs cette conviction de péché.

On peut apprendre ce que sont nos cœurs avec le Seigneur, sans forcément avoir une chute. Et quelquefois, nous devons apprendre malheureusement ce que sont nos cœurs par une chute. Le Seigneur est déshonoré et ce n’est pas ce qu’Il souhaite pour nous. Nous devons être conscients de la grâce de Dieu, toujours plus conscients.

Nous avons donc la description de cette journée où le Seigneur était sur la croix, et comme on l’a dit, ces trois premières heures ont manifesté la perfection du Seigneur, et elles ont manifesté aussi l’horreur de nos propres cœurs. Mais dans les trois heures de ténèbres, tout était caché, l’homme et la création ne devaient pas voir ce qui se passait là.

On pose souvent cette question à des personnes que nous rencontrons. Ce sont des chrétiens, des chrétiens qui ont fait du catéchisme, comme on dit. Encore l’autre jour j’ai dit : Savez-vous ce que le Seigneur Jésus a fait sur la croix ? Eh ben, non ! – Non ? C’est oublié. On pose souvent cette question, mais malheureusement, c’est assez rare qu’on nous donne la réponse.

Une fois, un petit garçon a répondu. Il avait sept ans. Il a dit : Oui, le Seigneur Jésus est mort pour moi sur la croix. Nous ne sommes pas là pour relever tout ce qui se passe autour de nous, mais nous devons quand même dire ceci, que la plupart du temps la croix est présentée comme une œuvre d’amour, c’est l’exemple suprême de l’amour, Jésus qui se donne. Voilà ! On est d’accord, tous sont d’accord que Dieu est amour. Oui, Dieu est amour.

Et puis on entend ceci aujourd’hui : Il va sauver tous les hommes parce qu’Il est amour. Ah oui ? – Eh bien non ! Et la question solennelle qui sera posée un jour sera celle-ci : Qu’as-tu fait de mon Fils ? Bien sûr que tu es pécheur, mais ce ne sont pas seulement les péchés qui vont t’emmener en enfer, mais parce que tu as méprisé le don de Dieu, tu as méprisé le moyen que Dieu te donnait pour avoir l’assurance de la vie éternelle. On a lu : « Te tenant loin de mon salut » (Ps. 22. 1).

Mais le Seigneur dit dans l’évangile de Matthieu : « Allez-vous en loin de moi, maudits » (Mat. 25. 41). C’est terrible ! On n’est pas là pour épouvanter, n’est-ce pas. Ce n’est pas du tout cela, mais on doit quand même adresser cette parole solennelle, parce que peut-être que, comme enfant, c’est une mélodie qui peut couler sur nous sans que nos cœurs soient profondément atteints.

C’est pour cette raison que nous demandons que le Seigneur agisse par son Esprit pour nous donner cette conviction de péché, cette repentance qu’on ne prêche pas trop de nos jours, mais c’était, et c’est, le message de l’évangile : la repentance envers Dieu et la foi au Seigneur Jésus.

C’est là alors qu’on comprend ce qu’est la substitution – comme on l’a rappelé tout à l’heure, un substitut, c’est un remplaçant ; le Seigneur Jésus, c’est Celui qui a pris ma place sur la croix. C’est un message d’amour, merveilleux, qui retentit encore aujourd’hui, mais c’est aussi un message solennel qui doit toucher chacun de nos cœurs. Et puis, si nous avons fait un bout de chemin, que le Seigneur nous donne d’être toujours plus conscients de la grâce de Dieu.

Nous avons peur de tomber dans les habitudes, dans le formalisme, et nous supplions le Seigneur que l’Esprit de Dieu agisse profondément dans nos cœurs, particulièrement le dimanche matin quand nous avons le privilège de rappeler les souffrances et la mort du Seigneur.

Il semble qu’il est nécessaire d’ajouter encore quelque chose sur ce que nous avons dit, et nous arrêter sur ce dernier verset qui a été lu : « J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation » (Ps 22. 22). Le nom que le Seigneur a à annoncer à ceux qui s’étaient confiés en Lui et qui L’avaient reconnu comme le Fils de Dieu – c’est ce que Pierre avait dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16. 16) – ce nom c’est le nom dans lequel le Seigneur, comme homme, connaissait Dieu, Il était son Dieu et son Père.

Et nous sommes introduits, par pure grâce, dans la même relation, bien que Lui ait une place au-dessus de tous. Et Il a ajouté : « Je te louerai au milieu de la congrégation ». Le Seigneur avait dit à la Samaritaine au puits de Sichar que « le Père cherche des adorateurs qui L’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4. 23). Mais ces adorateurs ne pouvaient être introduits devant le Père dans l’exercice de cette fonction que par l’œuvre que le Seigneur a accomplie.

Parce que, comme cela nous a été dit, à cette heure suprême, sa sainteté, son amour, sa justice ont été manifestés dans la croix. Et nous avons besoin de nous arrêter sur ce que sont la sainteté, la justice et l’amour de Dieu, qui sont ses caractères mêmes, exprimés dans leur plénitude dans l’œuvre de la croix – pour être en mesure d’être ses adorateurs. Et ainsi un adorateur selon la pensée de Dieu ne peut que présenter ce que Christ a été à la croix pour la pleine satisfaction du cœur du Père.

Hébreux 12. 2 : « Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix ». Il y a certainement cette joie qu’avait le Seigneur d’avoir une famille d’adorateurs, une épouse, un peuple de rachetés pour le cœur de Dieu. Mais je pose la question : N’y avait-il pas pour le cœur du Seigneur la joie de satisfaire le cœur du Père ? Dieu a été pleinement satisfait par cette œuvre.

Le péché qui L’avait offensé d’une horrible manière, ce péché qui a commencé par le doute qui est monté dans le cœur de l’homme, quand Satan lui a dit : « Quoi, Dieu a dit… ? » et l’homme a écouté, mettant en doute la Parole de Dieu. Eh bien, le Seigneur a, si j’ose dire, relevé l’offense. Il a été l’homme obéissant jusqu’à la mort, Il s’est confié en Dieu même dans la mort, et Il en est sorti victorieux. Il a été ressuscité par la gloire du Père. Effectivement, nous pouvons nous arrêter sur la joie du Seigneur d’avoir un peuple d’adorateurs, mais pensons à la joie du Seigneur d’avoir pleinement accompli ce que le Père Lui avait donné à faire pour la pleine satisfaction du cœur de Celui-ci.

Le Seigneur Lui-même a dit en Jean 4. 34 : « Ma viande (ou : ma nourriture) est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre », l’œuvre que le Père Lui avait donné à faire ; au v. 19 du Psaume 22 : « Ma Force ! hâte-toi de me secourir ». Le Seigneur était là, dépouillé de tout. Sa seule force était la confiance en son Dieu et Père. C’était sa seule force, Il n’avait aucune défense, mais Il avait cette confiance même dans la mort.

Le verset 21 commence par : « Sauve-moi de la gueule du lion », et se termine par : « Tu m’as répondu d’entre les cornes des buffles ». Cela est très remarquable : les versets, en hébreu, ont en général ma fonction suivante : il y a une première partie qui est donnée, puis une deuxième qui est parallèle à la première et dans laquelle la pensée première est soulignée ou bien expliquée, ou bien encore expliquée par le contraire.

Ici nous avons cette profonde prière du Seigneur, et dans le même verset (c’est comme si c’est parallèle) la réponse de Dieu. Entre les deux parties de ce verset, nous trouvons la mort du Seigneur, nous trouvons les mots : « C’est accompli », et cela pour ainsi dire soudé dans un seul verset. Je pense que, pour quelqu’un qui lit l’hébreu, c’est encore plus remarquable qu’il y ait ces deux phrases liées dans un seul verset. Prière, et réponse immédiate, et entre les deux : « C’est accompli », à la gloire de Dieu. Dieu a sa joie dans le Seigneur.

Tout à l’heure nous avons vu comment le Seigneur trouve sa joie dans le fait d’avoir honoré le Père, d’avoir glorifié le Père. Et ici nous pouvons voir aussi la joie de Dieu qui répond à la prière de son Fils et qui L’honore par une réponse que le Fils reçoit avec la joie de son cœur.

Il y a en hébreu un lien qu’on ne peut pas voir dans la traduction, entre les deux parties du verset 21.

Dans les tout derniers mots de ce Psaume, et il y a ces trois petits points qui font comme une séparation : « … il a fait [ces choses] » (Ps. 22. 31). « Il a fait ces choses ». Cela fait penser, d’une façon, troublante, frappante, à ce que le Seigneur disait avant la croix : « J’ai achevé l’œuvre » en pensant à ce qui était devant Lui : achevé l’œuvre !

Puis sur la croix ses dernières paroles furent, on vient de le rappeler : « C’est accompli » – puis : « Père ! entre tes mains, je remets mon Esprit » (Luc 23. 46). Et dans ce Psaume qui a présenté l’abandon du Seigneur, les souffrances infligées par les hommes, la mort du Seigneur et puis la résurrection, l’Esprit de Dieu place à la fin de ce Psaume 22 écrit mille ans auparavant, sous la forme de quelque chose qui est passé, alors qu’il s’agit là d’une prophétie : « Il a fait ces choses ».

Le temps du verbe, le passé composé, dit que c’est quelque chose de terminé, et dont on a les conséquences encore maintenant. Longtemps avant que le Seigneur passe par ces souffrances que nous avons lues dans ce Psaume, l’Esprit de Dieu a placé à la fin ces quelques mots qui ont été rendus dans la traduction avec ces trois points comme une séparation, comme isolés, comme s’il y avait cette séparation finale qui est là aussi pour nous : « Il a fait ces choses ». Le Seigneur soit béni pour ce qu’Il a fait.

Quelle victoire ! Nous avons vu les profondeurs dans lesquelles notre Seigneur est allé, les profondeurs du jugement, les profondeurs de la mort. Puis, « J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation » (Ps. 22. 22). Nous voyons aussi un peu un parallèle dans le Psaume 40. 2 et 3 : « Il m’a fait monter hors du puits de la destruction, hors d’un bourbier fangeux ; et il a mis mes pieds sur un roc, il a établi mes pas. Et il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, la louange de notre Dieu. Plusieurs le verront, et craindront, et se confieront en l’Éternel ».

Et nous avons aussi la citation de ce Psaume 22 dans l’épître aux Hébreux ch. 2. 6 à 15 : « Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme que tu le visites ? Tu l’as fait un peu moindre que les anges ; tu l’as couronné de gloire et d’honneur, [et l’as établi sur les œuvres de tes mains] ; tu as assujetti toutes choses sous ses pieds ; car en lui assujettissant toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti ; mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties ; mais nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout.

Car il convenait pour lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances. Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un ; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, disant : « J’annoncerai ton nom à mes frères ; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges ». Et encore : « Moi, je me confierai en lui ».

Et encore : « Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés ». Ainsi, puisque les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, Il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ; et qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude ».

Quelle victoire ! Et c’est Lui qui entonne ce cantique nouveau dans nos cœurs, et quand nous sommes réunis autour de Lui, c’est Lui qui entonne cette louange.

« J’annoncerai ton nom à mes frères ». Ces frères, sont-ils une élite ? Sont-ils des croyants plus fidèles que d’autres ? Sont-ils des disciples plus fidèles que d’autres qui ont cette part ? Non ! On peut citer deux ou trois exemples.

Matthieu 27. 41 à 44 : « Pareillement aussi les principaux sacrificateurs avec les scribes et les anciens, se moquant disaient : Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même… Il s’est confié en Dieu ; qu’il le délivre maintenant… Et les brigands aussi qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière ».

Dans un autre évangile, on voit qu’un des brigands est avec Jésus le même jour dans le paradis (Luc 23). Ce n’était pas un Lévite. Je pense aussi que parmi les chiens, les méchants, il y avait un esclave du souverain sacrificateur qui était venu, dont Pierre avait coupé l’oreille droite. Le nom de l’esclave était Malchus – c’est-à-dire qu’Il était connu dans l’église, dans l’assemblée, et Malchus est probablement devenu un croyant. La fuite de Pierre, son reniement, bien des choses, s’il était fidèle, ce n’était quand même pas une élite. Non !

C’est bien les souffrances du Seigneur, son œuvre à la croix, que nous avons vues au premier verset, qui amènent à ce qu’il y a des frères, il y a des saints, il y a des gens justifiés. Du brigand à l’esclave qui venait, et peut-être aussi des soldats.

Cantique des Cantiques 4. 6 : « Jusqu’à ce que l’aube se lève, et que les ombres fuient, j’irai à la montagne de la myrrhe et à la colline de l’encens », la myrrhe qui nous parle des souffrances du Seigneur Jésus. C’est une montagne, nous avons en quelque sorte commencé à en faire un peu le tour aujourd’hui. Ce sera notre part pour l’éternité.

Mais jamais nous ne sonderons la colline de la myrrhe. Pour nous le matin va se lever, les ombres vont fuir, bientôt le Seigneur reviendra. Nous avons une espérance dans nos cœurs, nous allons bientôt connaître comme nous avons été connus. Mais jusque-là nous sommes invités à nous rendre régulièrement à cette colline de la myrrhe pour contempler quelque chose de ce que nous avons contemplé aujourd’hui, et faire monter devant notre Dieu et notre Père cet encens que nous sommes appelés en quelque sorte à amonceler comme cette colline. Que ce soit notre part, chers amis !

Chers frères et sœurs, je dis cela à l’intention de la jeunesse : nous avons un privilège énorme. Nos anciens nous ont appris ce que c’était que le culte selon la Parole, être occupés des souffrances expiatoires de Christ. Pour avoir assisté à quelques offices, c’est quelque chose qui est maintenant complètement mis de côté. On fait appel à la sensibilité humaine, mais on a oublié ce qu’était la contemplation des souffrances, ces souffrances qui nous ont acquis notre salut.

C’est un privilège que le Seigneur nous accorde. Qu’Il nous accorde de le maintenir encore longtemps sur la terre pour que nous puissions Lui apporter cette louange qu’Il attend à cause de ses souffrances, endurées de la part des hommes, sans doute de notre part – nous devons bien le confesser, le redire – mais ces souffrances qu’Il a endurées de la part du Dieu juste et saint, devant lequel Il nous a représentés, portant nos péchés devant sa justice.

Que nous puissions rester dans sa présence, de manière particulière pour nous tous, lorsque nous sommes réunis autour de Jésus. Que nous ayons le souvenir de ce cri douloureux qu’Il a fait monter vers son Dieu : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22. 1), et que de tous nos cœurs s’élève vers Lui la reconnaissance, réalisant, comme nous l’avons entendu, que « C’est pour moi qu’Il a donné sa vie ».

Le Seigneur a dit : « Mon *Dieu ! mon *Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22. 1) et Il a dit à la fin du v. 15 : « Tu m’as mis dans la poussière de la mort ». Et nous lisons en Ésaïe 53. 10 : « Mais il plut à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance ».

Une pensée au sujet du culte. Nous lisons en Hébreux 13. 15 : « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom ». Et nous avons lu dans ce verset 22 du Psaume 22 : « J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation ».

Le culte est lié à la connaissance du nom de Dieu. Et le nom est l’expression de ce qu’est la personne dans son caractère. Ce que Dieu est dans son caractère a été manifesté dans la Personne du Seigneur Jésus. Il est amour, certes, mais Il est aussi justice et sainteté. Et ce que Dieu est dans sa personne, manifesté dans la Personne du Seigneur Jésus qui nous a révélé ce que Dieu est, nous l’avons en plénitude dans ce qui s’est passé à la croix.

Et c’est cela le culte. C’est exprimer ce que Dieu est, vu dans la personne de Christ, et exprimer ce que Christ est pour le cœur de Dieu parce qu’en Lui Il a trouvé son plaisir. Et dans le mot plaisir il y a la pensée que le Seigneur Jésus répond au caractère même de Dieu. Alors le culte ne peut pas être l’expression de sentiments humains, le culte ne peut pas être simplement la présentation de ce que sont nos bénédictions. Le culte est beaucoup plus élevé que cela.

Et c’est ce que Dieu cherche, des adorateurs qui L’adorent en esprit et en vérité. En esprit, c’est-à-dire non plus sous forme d’images comme le faisait le peuple d’Israël autrefois, et en vérité, c’est-à-dire selon la pleine révélation que Dieu a faite de Lui-même. Que le Seigneur nous aide à mieux entrer dans ce à quoi nous sommes appelés déjà présentement sur la terre et ce qui sera notre fonction pendant l’éternité.

On l’a rappelé, le Seigneur Jésus a souffert, a tout souffert infiniment. Il a souffert spirituellement, ces souffrances insondables relatives à la mort, la seconde mort éternelle que nous méritions. Il a souffert en son âme, Il a souffert en son corps. Il a tout souffert et de toutes manières pour nous sauver tout entiers, esprit, âme et corps, pour que nous, qui étions morts spirituellement, nous puissions avoir la vie par Christ, pour que nous qui étions dans nos fautes, qui étions sans Dieu et sans espérance dans le monde, nous puissions maintenant avoir un Objet, nous puissions aimer Celui que nous n’avons pas vu, nous réjouir en Lui d’une joie ineffable et glorieuse, recevant la fin de notre foi, un salut d’âme.

Et puis, par Lui, nous avons cette espérance de bientôt, très bientôt, connaître la rédemption de notre corps parce que Celui qui est déjà là où est notre place, là où est notre cité viendra nous chercher pour nous transformer en la ressemblance du corps de sa gloire.

Alors, qu’en L’attendant, certainement chaque jour se fasse entendre de nos cœurs cet appel à Celui qui a tout fait pour nous, et qu’on trouve en 1 Thessaloniciens 5. 23 : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera » (1 Thessaloniciens 5. 23 et 24).

Qu’est-ce que cette sanctification sinon la séparation de tout ce qui n’est pas Lui, sinon la disposition à ce que Lui alors puisse prendre toute la place, le désir que Celui qui a tout enduré, qui a tout souffert, qui a tout accompli, puisse avoir toute la place dans toute notre vie à chacun comme aussi en assemblée.

Réunion près de Pau (2017)

TRADUCTION DE FEUILLETS (95)

« En ceci est l’amour : non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima, et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés » 1 Jean 4. 10.

L’AMOUR DE DIEU

Dieu nous a aimés, nous les humains, et c’est pourquoi il nous a envoyé son Fils Jésus-Christ comme Sauveur. Il ne voulait pas que nous soyons perdus pour toujours à cause de nos péchés. C’est pourquoi Il a Lui-même fait le premier pas pour résoudre le problème de notre culpabilité devant Lui. Le fait qu’Il ait agi pour nous découle de son grand amour pour nous.

Ce qui est incroyable, c’est que Dieu nous a aimés alors même que nous étions ses ennemis et que nous nous étions rebellés contre Lui. Nous n’aimions pas Dieu et ne cherchions pas à Le connaître. Mais Lui nous a montré son amour : Jésus Christ, le Fils de Dieu, s’est fait homme et est mort sur la croix pour nous racheter de notre culpabilité afin que nous puissions être sauvés en croyant personnellement en Lui.

Comment réagissons-nous à l’amour de Dieu ? Acceptons-nous son offre de salut et de pardon de nos péchés ? Ou fermons-nous notre cœur à son amour, qui ne veut que le meilleur pour nous ? Chacun de nous doit y répondre personnellement.

Lorsque nous faisons confiance à l’amour de Dieu, nous nous tournons vers Lui et Lui confessons nos péchés. Nous croyons également que le Seigneur Jésus a pris sur Lui, sur la croix, le châtiment divin que nous avions mérité. Alors Dieu nous pardonne. Mais Il veut nous donner encore plus : Il fait de nous ses enfants ! Quel bonheur de connaître maintenant le grand Dieu du ciel comme notre Père !

D’après Näher zu Dir décembre 2024

« L’Éternel des armées est avec nous. Le Dieu de Jacob nous est une haute retraite » Psaume 46. 7.

LA GRÂCE DE DIEU POUR CEUX QUI ONT MANQUÉ

Le Dieu de Jacob est le Dieu de ceux qui ont manqué. Il ne les écarte pas, mais fait d’eux des canaux de bénédiction. Selon toute évaluation humaine, la vie de Jacob fut une vie de trompeur. Il trompa son père, il trompa sa mère. Il trompa son frère, il trompa son oncle. Il trompa ses épouses. Il trompa ses fils. Mais Dieu ne trompa pas Jacob. Il l’aimait, lui destinait de la bénédiction, et finalement, par une discipline appropriée, fit de lui une de ces âmes choisies qui portent du fruit dans la blanche vieillesse (Ps. 92. 14).

Il y a un Jacob en chacun de nous. Comme lui, nous devons apprendre toujours à nouveau le prix de la propre volonté et de la vanité. Dieu éduque ses Jacob en les mettant avec des personnes même pires qu’eux. Il permet qu’ils voient, dans la tromperie des Laban de ce monde, la tromperie de leur propre cœur.

Dieu est apparu cinq fois à Jacob. Il l’a corrigé, et lui a donné une nouvelle occasion de se confier en Lui. Le Dieu de Jacob ne laisse pas de tâche incomplète. Jacob pourrait oublier ses vœux, mais Dieu ne manque pas d’être fidèle.

Jacob fut béni après que sa force humaine fut brisée. Alors Jacob (le supplanteur) devint Israël (un prince de Dieu). Il est heureux de voir ses dernières années – par la foi il bénit les fils de Joseph et adora Dieu.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Étant pleinement fortifiés, selon la puissance de sa gloire, pour toute patience et toute persévérance, avec joie » Colossiens 1. 11.

LE BUT ET LE RÉSULTAT DES ÉPREUVES

Les épreuves nous enseignent la patience. Apprendre à endurer est une longue école, et la patience est la grâce finale de la vie chrétienne. Quand elle a complété son œuvre, nous sommes « parfaits et accomplis, ne manquant de rien » (Jac. 1. 4). C’est pourquoi, souvent, la dernière leçon de la vie spirituelle est apprise dans l’école de la souffrance.

Les épreuves nous enseignent le courage. Elles nous libèrent de la crainte de souffrir alors que nous faisons l’expérience de la grâce de Dieu qui nous soutient. Elles nous poussent à nous revêtir de sa force et de son courage, et à nous élever au-dessus de l’action de la crainte jusqu’à ce que nous supportions le conflit, et finalement que nous en sortions du conflit avec les blessures de la lutte, mais avec la victoire comme bons soldats de Jésus Christ.

Les épreuves font de nous des modèles en pratique pour aider d’autres croyants, et pour la gloire de Dieu. Elles montrent au monde ce que Christ peut faire pour les enfants de Dieu, et ce que des vies remplies de Christ peuvent accomplir là où d’autres faillissent. Dieu désire que nous soyons des épîtres vivantes de Christ (2 Cor. 3. 3) devant le monde, devant les anges et devant les hommes. Nous pouvons leur montrer par notre exemple que Christ peut nous garder dans toutes les situations, et que la puissance de sa grâce est en pratique, surnaturelle, et adaptée à toutes les vies humaines.

Les épreuves nous rendent à même d’en aider d’autres, par les leçons que nous avons apprises par notre propre expérience (2 Cor. 1. 4). Le cœur insensible et peu exercé est peu qualifié pour réconforter, conseiller, et bénir un monde qui souffre. Dieu doit tout d’abord brûler ce qui est en nous pour que nous donnions quelque chose à nos proches. L’épreuve douloureuse de l’expérience réelle nous qualifie pour réconforter, fortifier et encourager l’âme de ceux auxquels le Seigneur doit nous envoyer, et auxquels nous pouvons dire : J’ai passé par là, et je peux vous dire, de ma propre expérience que « Mon Dieu comblera tous vos besoins selon ses richesses en gloire dans le Christ Jésus » (Phil. 4. 19).

D’après The Lord is near janvier 1987

« Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin » Jean 13. 1.

LE SEIGNEUR JÉSUS GARDERA LES SIENS JUSQU’À LA FIN DE LEUR COURSE DANS CE MONDE

À mesure que nous nous approchons, dans l’évangile, des scènes finales de la présence du Seigneur avec ses disciples, nous apprenons le motif qui poussait le Seigneur, dans cet acte de grâce, à prononcer ces paroles d’adieu, et à exprimer sa dernière prière. Si l’occasion était le fait que le Seigneur passait au Père, le motif en était son amour pour les siens. Il quitte ce monde, mais il y a ceux qu’Il laisse dans le monde, que le Seigneur se plaît à nommer « les siens ».

C’est une compagnie de croyants sur la terre qui appartiennent à Christ dans le ciel. Ils sont à Lui comme les fruits de son œuvre : ils sont à Lui comme donnés par le Père. Ils peuvent n’avoir que peu de valeur aux yeux du monde, mais ils sont très précieux aux yeux du Seigneur.

« Ayant aimé les siens… il les aima jusqu’à la fin ». Il les laisse peut-être, mais Il ne cessera pas de les aimer. L’amour humain cesse souvent. Nous nous laissons les uns les autres, nous nous oublions les uns les autres, et nous nous désintéressons les uns des autres. Le prophète nous dit qu’une femme peut même oublier son enfant, « mais moi, je ne t’oublierai pas » (És. 49. 15). Si le Seigneur allait quitter ce monde, Il n’oublierait pas les siens et ne cesserait pas de les aimer. Hélas ! Nos cœurs peuvent se refroidir envers Lui, nos mains peuvent se lasser de bien faire, nos pieds peuvent errer ; mais nous pouvons être assurés de ceci, c’est que Lui ne nous manquera jamais. Son amour nous portera et prendra soin de nous « jusqu’à la fin », et à la fin l’amour nous recevra dans la demeure de l’amour éternel, où il n’y a pas de cœurs froids, ni de mains qui retombent, ni de pieds qui s’écartent du chemin.

D’après the Lord is near janvier 1987

« La hauteur de l’homme sera humiliée, et l’élévation des hommes sera abaissée, et l’Éternel seul sera haut élevé en ce jour-là » Ésaïe 2. 17.

LES TEMPS DE LA FIN

Toute la création soupire pour le jour du Seigneur, un jour dans le plus grand contraste avec le jour de l’homme, auquel il a été permis de durer plusieurs siècles. Le jour de l’homme arrivera à sa terrible apogée quand l’homme de péché, le fils de perdition, dressera une image idolâtre, nommée « l’abomination de la désolation » dans le lieu saint, c’est-à-dire dans le temple à Jérusalem (Mat. 24. 15 ; Apoc. 13. 11 à 19).

Jusque-là Dieu aura permis à l’homme de suivre son propre chemin dans un monde qu’il a continuellement mal employé et corrompu. Alors ce grand champion du défi de l’homme envers le Dieu vivant affirmera hardiment être lui-même Dieu (2 Thess. 2. 3 et 4). Ce qui est encore plus tragique, c’est que beaucoup le suivront dans sa manœuvre audacieuse pour bannir leur Créateur de sa propre création. Là, l’orgueil de l’homme s’élèvera jusqu’à insulter et défier l’autorité de Dieu et de son Fils bien-aimé, le Seigneur Jésus Christ.

Que peut-on espérer d’autre, sinon que Dieu accepte le défi, bien qu’Il ait supporté pendant des siècles les voies de péché de l’homme ? Le jour de l’homme a donné la preuve de ce qu’est l’homme. Ensuite le Jour du Seigneur prouvera ce qu’est le Seigneur. Il se lèvera pour secouer terriblement la terre, pour abattre l’orgueil hautain de l’homme, pour causer des désolations sur la terre, les pires que l’histoire ait jamais vues. Toute élévation de l’homme sera abaissée, toute fière arrogance de l’homme sera humiliée dans la poussière.

Le Seigneur seul sera exalté en ce jour-là. Le croyant, du fond de son cœur, approuve ce résultat merveilleux, car le Seigneur Jésus, auparavant, aura pris son Église dans sa présence. Là, nous nous réjouirons profondément de Le voir recevoir tout honneur au ciel et sur la terre, car le Jour du Seigneur ne se terminera pas par le jugement, mais par une bénédiction merveilleuse.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Écarte l’homme de parti après un premier et un second avertissement, sachant qu’un tel homme est perverti et pèche : il se condamne lui-même » Tite 3. 10 et 11.

COMMENT GÉRER UN ESPRIT D’HÉRÉSIE

Les hérésies ne sortent pas tout à coup de nulle part. Derrière toute hérésie, il y a un hérétique, un homme qui insiste sur un point quelconque pour diviser les frères. L’hérétique est un homme qui divise, qui crée des partis.

Alors que certains hérétiques prêchent des contre-vérités, la plupart insistent sur une partie de la vérité au détriment de l’ensemble du sujet. Ce déséquilibre qu’ils créent par leurs demi-vérités est cause de beaucoup plus de divisions dans les rassemblements que les nombreux problèmes qui sont survenus à cause de fausses doctrines. Les mots « hérétique » et « secte », dans l’Écriture, sont dérivés de la même racine grecque, qui veut dire prendre position ou diviser.

Les versets ci-dessus nous disent ce qu’il faut faire au sujet de l’hérésie quand nous la trouvons au milieu de nous : Allez à la source du problème – à l’hérétique lui-même – et prévenez-le. S’il écoute l’admonestation, et renonce à insister sur son point de vue hérétique, Dieu en soit béni. Sinon, avertissez-le de nouveau. Si, après la seconde mise en garde, il persiste dans sa voie sectaire, en cherchant encore à rassembler des adhérents à sa cause ou à son point de vue, repoussez-le comme un opposant à l’unité. Autrement dit, refusez de l’écouter, car sa version de la vérité est réellement devenue une perversion. Il s’est condamné lui-même.

Dieu a ses raisons pour permettre l’hérésie. En 1 Corinthiens 11. 19, Paul nous donne le côté positif : « Car il faut aussi qu’il y ait des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés apparaissent clairement parmi vous ». Si vous vous trouvez au milieu d’une situation dans laquelle un hérétique se manifeste, prenez courage. C’est le moyen dont Dieu se sert pour nettoyer la maison, et fortifier ce qui reste.

D’après the Lord is near janvier 1987

« L’homme… ses jours sont comme l’herbe ; il fleurit comme la fleur des champs » Psaume 103. 15.

LE TEMPS EST TROP COURT POUR QU’ON REPOUSSE LE MOMENT DE CROIRE EN JÉSUS CHRIST

Le niveau de vie élevé des nations industrialisées, et notre entière façon de vivre, pèsent sur l’environnement au-delà de ce qu’il peut supporter. À cause de cela, de grands efforts sont faits pour essayer de diminuer la pollution de l’air et la pollution de l’eau. Les gens craignent que, sans cela, la terre puisse, un de ces jours, ne plus être habitable. Et souvent les croyants sont interpellés par des questions telles que : Pourquoi ne faites-vous pas quelque chose pour cette planète ? Pourquoi ne travaillez-vous pas de toutes vos forces à créer un meilleur environnement ?

La réponse que nous pouvons donner à ce genre de questions est simple : Environ quatre milliards d’humains vivent aujourd’hui sur notre planète. Au siècle prochain, pratiquement tous ceux-là auront disparu de sa surface – ils seront morts et leurs corps seront en décadence. Mais selon la parole de Dieu, la terre durera au moins encore un millier d’années. Il est donc évident que notre devoir n’est pas d’améliorer le monde, mais plutôt d’annoncer l’évangile de la grâce de Dieu, le message d’espérance pour toute l’humanité ; car chacun de ces plus de quatre milliards d’humains en vie actuellement a une âme immortelle.

La vie de l’homme est terriblement courte, comparée à l’âge de la terre, et cependant elle est décisive pour l’éternité à venir. Quiconque ne reçoit pas, dans cette vie présente, le Seigneur Jésus Christ dans son cœur et dans sa vie, comme le Sauveur des pécheurs perdus, Le rencontrera après la mort comme Juge – sans espoir de grâce. Il est encore temps maintenant. Il est encore possible aujourd’hui de fuir loin du jugement et de la condamnation éternels qui sont proches.

« Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Act. 16. 31).

D’après the Lord is near janvier 1987

« Le Seigneur connaît ceux qui sont à lui » 2 Timothée 2. 19.

« Votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela » Matthieu 6. 32.

« Éternel ! tu m’as sondé et tu m’as connu !» Psaume 139. 1.

DIEU ME CONNAÎT !

Les guillemots sont des oiseaux marins arctiques qui fréquentent les falaises rocheuses des régions côtières du Nord. Des milliers d’entre eux vivent ensemble en colonies sur des superficies relativement petites.

En raison de l’exiguïté, les femelles déposent leurs œufs en forme de poire en une longue rangée les uns à côté des autres sur un rebord étroit. Étant donné que presque tous les œufs se ressemblent, il semble impossible pour une mère oiseau d’identifier son œuf. Mais des études montrent qu’elle peut retrouver son propre œuf à tout moment, même si vous le placez à un autre endroit. La mère oiseau ramasse ensuite son œuf sur ses pattes palmées et le remet à son emplacement d’origine.

Dans la Bible, nous lisons que Dieu connaît tous ceux qui croient en Lui. Plus encore : Il connaît leurs pensées et leurs sentiments : « Tu connais quand je m’assieds et quand je me lève, tu discernes de loin ma pensée. Tu connais mon sentier et mon coucher, et tu es au fait de toutes mes voies » (Ps. 139. 2 et 3).

C’est incroyable pour moi ! Mon Dieu et Père sait tout ce que je pense et fais. Il connaît aussi les mots que je m’apprête à dire.

Cette merveilleuse omniscience de Dieu n’est pas du tout effrayante. Au contraire, elle me pousse à Le louer et à L’adorer de tout mon cœur. Elle me procure un sentiment indescriptible de sécurité et de confiance. Si Dieu sait tout dans ma vie, je n’ai rien à craindre ni à m’inquiéter de rien.

D’après die gute Saat décembre 2024

SOYEZ UNIS DANS LE SEIGNEUR !

Jeunes époux, dans la carrière

Où vous allez entrer à deux,

Tout vous semble joie et lumière

Tout paraît conforme à vos vœux.

Ah ! qu’il fait bon de vivre ensemble !

Aucune larme aux cils ne tremble,

Mais si, dans ce commun voyage,

S’élevait un sombre nuage,

Du soleil vous cachant l’image,

Que deviendrait votre bonheur ?…

Soyez unis dans le Seigneur !

Deux âmes, l’une à l’autre unie,

Deux cœurs chantant à l’unisson !

Combien charmante est l’harmonie

De cette joyeuse chanson !

Pas une note discordante

Ne trouble aujourd’hui votre entente ;

C’est un concert plein de fraîcheur.

Mais qu’un grain de sable s’engage

Inattendu, dans les rouages,

Que devient la paix du ménage ?…

Pour en retrouver la douceur,

Soyez unis dans le Seigneur !

La femme, à son mari soumise,

Du Seigneur comprenant les droits ;

Le mari, – comme Christ l’Église –

Aimant l’épouse de son choix ;

Tous deux, puisant dans la Parole

Ce qui soutient, ce qui console

Dans l’épreuve ou dans la douleur,

Et, sur leur carnet de voyage,

Gravant dès la première page

Ces mots : Lui rendre témoignage,

Lui consacrer ses mains, son cœur,

En vous aimant dans le Seigneur !

DE LA LUMIÈRE EN LEURS HABITATIONS (Ex. 10. 23)

Les pyramides austères et leurs fronts audacieux

La vallée du grand Nil et son sol plantureux ;

Tout est plongé dans l’ombre, c’est la nuit, c’est l’effroi

De la cabane des bergers, à la chambre du roi,

De la tour d’un pouvoir despotique

Au berceau d’un enfant qui crie pris de panique,

La nuit, partout la nuit, une nuit sépulcrale,

Les foyers sont éteints et les enfants sont pâles ;

Le pays oppresseur et son prince rebelle

Sont plongés dans la nuit : jugement solennel.

Où trouver un rayon, où donc est la lumière

Qui réchauffe et conduit, tout homme sur la terre ?

Chez le peuple de Dieu, opprimé sans raison

Il y avait la lumière, dans leurs habitations.

Le monde par son prince est aussi dans la nuit.

De ténèbres morales de toute part empli.

Mais les foyers chrétiens, sur ce sombre horizon

Ont, eux seuls, la lumière, en leurs habitations.

Un homme est dans la nuit, c’est tout homme sans Dieu

Il cherche en tâtonnant, le bonheur précieux

Oh s’il passait un jour près de votre maison

Qu’il puisse voir la lumière en votre habitation !

Un homme est dans la nuit, son cœur est oppressé,

Il est seul sans appui, il pleure un être aimé ;

Pour consoler son cœur dans l’affliction,

Oh qu’il voit la lumière, en votre habitation.

Un homme est dans la nuit, c’est un jeune croyant

En proie au mal et loin de ses parents ;

Qu’il soit fortifié pour vaincre les tentations,

En voyant la lumière en votre habitation.

Si, comme à Béthanie, vous recevez Jésus,

Pour joindre au dévouement de Marthe qui s’est tue,

La communion du frère et puis l’adoration,

Vous aurez la lumière en votre habitation.

Que jamais le boisseau de votre activité,

Ou le lit de la paresse ne cache sa clarté,

Que la porte entrouverte, de votre maison,

Laisse voir la lumière en votre habitation.

Vous aurez la lumière, en votre habitation

En marchant chaque jour, dans la communion

Chaque jour à ses pieds pour lire sa Parole

Instruits, guidés, repris, à sa divine école.

Jusqu’au jour bienheureux où les ombres auront fui

Autour du Rédempteur, enfin tous réunis,

Nous louerons à jamais, notre Dieu, notre Père,

Dans la pure harmonie du Séjour de Lumière.

PLUS PRÉCIEUX QUE L’OR

« J’ai de la joie en ta parole, comme un homme qui trouve un grand butin » Psaume 119.162.

(Jésus a dit : ) « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » Matthieu 24. 35.

Louise avait vécu toute sa vie à Lyon, très modestement. Âgée, devenue veuve, elle dut déménager dans une misérable mansarde. Un jour, elle remarqua dans la paroi un emplacement rectangulaire légèrement bombé. S’agissait-il d’une cachette ? Elle se souvint qu’autrefois, beaucoup de gens cachaient leurs économies de cette manière. Elle tapota la paroi : l’endroit sonnait creux. Un trésor y était peut-être caché… Intriguée, elle réussit à ouvrir la cachette. À sa grande déception, elle ne trouva là qu’un vieux livre poussiéreux au lieu de l’argent et de l’or espérés. Elle allait refermer la cache sans éprouver le moindre intérêt pour ce livre, quand l’idée lui vint que des documents de valeur avaient peut-être été glissés entre les pages. Mais elle ne trouva rien de précieux. Pourquoi avait-on caché ce livre si soigneusement ? Sa curiosité était éveillée. Elle commença à lire…et cela continua jusque tard dans la nuit.

C’était une vieille Bible qui datait du temps des persécutions contre les huguenots. Louise fréquentait bien une église mais jusqu’alors, l’Écriture Sainte lui était restée inconnue. Le lendemain, elle ouvrit à nouveau le vieux livre et reconnut bientôt qu’elle avait découvert un trésor. Petit à petit, sa vie fut transformée par la Parole éternelle. Louise était remplie de joie et de reconnaissance.

De nombreux chrétiens ont été et sont encore arrêtés et emprisonnés parce qu’ils possèdent la Bible. Quelle estime avons-nous aujourd’hui pour ce livre ?

D’après La Bonne Semence Septembre 2013

LES RICHESSES DU CHRÉTIEN

« Dieu… nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus, afin de montrer dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus » Éphésiens 2. 6 et 7.

Un homme avait des terrains bien exposés qui produisaient des récoltes abondantes. Malgré tout, il aurait bien voulu acquérir une petite parcelle qui aurait bien complété son avoir. Pour connaître le propriétaire il alla voir son notaire et lui demanda d’effectuer des recherches pour savoir à qui cette parcelle appartenait. Après bien des recherches, le notaire le convoqua et lui : Monsieur, cette parcelle vous appartient !

Chrétiens, n’agissons-nous pas comme cet homme ? Lisons Éphésiens 2. 5 à 9.

Maintenant que nous appartenons au Seigneur réalisons-nous toutes les richesses que nous possédons en Christ ? Nous sommes sauvés par grâce et sommes assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Est-ce que nous savons que nous sommes, déjà maintenant, là-haut ? On rencontre parfois des chrétiens qui sont tristes, qui soupirent après le ciel et qui envisagent leur passage sur la terre comme un désert aride. N’ont-ils pas oublié leur position dans le ciel ? Bien évidemment, nous sommes sur la terre mais nous y sommes de passage. Le Seigneur veut donner plus que cela : dès à présent le ciel nous appartient et nous y avons une place que nous pouvons occuper par la foi. Notre cœur est-il là-haut ? Ou sommes-nous de ceux qui se traînent sur la terre ? Ces richesses nous appartiennent ! Pourquoi ne nous en emparons-nous pas ? Doutons-nous de ce que Dieu nous dit ? Et pourtant, Il vient redire aujourd’hui, à ceux qui connaissent le Seigneur Jésus comme leur Sauveur personnel : Il nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Serrons toutes les vérités de la Parole de Dieu sur nos cœurs !

LE TISSERAND

Si nous pouvions pousser les portes de la vie,

Entrer et découvrir tout le travail de Dieu,

Nous saurions expliquer nos luttes infinies

Les mystères cachés s’offriraient à nos yeux.

Mais non, pas aujourd’hui. Alors, souris mon âme !

Ses Desseins s’ouvriront tels des lys clos encore ;

Surtout, ne forçons pas leur délicate trame,

Le temps révèlera les beaux calices d’or.

Quand, après nos labeurs, nous atteindrons la Rive

Du Repos Éternel, aux pieds du Divin Roi,

Quand tout s’éclairera de Sa Lumière vive,

Nous dirons sûrement : « Dieu savait mieux que moi ».

Derrière mon destin, se tient le Tisserand ;

Il accomplit en moi Son Dessein étonnant.

Et je remets ma vie à Sa grande Sagesse,

Pleinement confiant en Sa parfaite adresse.

Et si, d’un grand mystère, Il entourait Son Plan,

Si ma courte vision se troublait un moment,

Je ne tenterais pas de tout voir et comprendre,

Mais je Lui laisserais chaque fil à reprendre…

Pas avant que le bruit du métier n’ait cessé,

Et l’ultime navette achevée de passer,

Dieu ne révèlera de Son Plan le mystère,

Ni ne dira pourquoi Lui étaient nécessaires

Le fil noir, le fil gris, le fil disgracieux,

Autant que le fil d’or et d’argent précieux,

Pour que dans la Main sûre et capable du Maître,

Un motif admirable, enfin puisse paraître.

LE SEIGNEUR VOUS TEND LA MAIN

Saisir la main du Seigneur pour se rapprocher de Lui

« Pierre dit (à l’homme infirme) : Je ne possède ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne ; au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche » Actes 3. 6 et 7.

Si vous vous égarez sur le chemin de la foi, nous voudrions vous aider à vous rapprocher du Seigneur. Avant tout, nous voudrions vous encourager à faire un premier pas : Priez le Seigneur Jésus. Peut-être ne Lui avez-vous jamais parlé, mais vous avez quand même compris qu’Il est le Sauveur et qu’Il est vivant. Vous pouvez donc Lui adresser une prière simple pour le recevoir dans votre cœur. Il écoute attentivement ce que vous Lui dites, et Il entend aussi vos soupirs. Cherchez un endroit tranquille et adressez-vous à Lui avec vos propres mots, du fond de votre cœur.

Vous pourrez ainsi dire au Seigneur que, dans votre vie, vous avez accompli de mauvaises actions, que vous vous sentez inutile, que vous êtes dans le doute, dans l’hésitation, que vous avez peur de la mort… Dites-Lui en toute simplicité que vous avez besoin de Lui.

La Bible parle de nombreuses personnes qui sont venues à Jésus même avec peu de paroles ; c’est ce que vous pouvez faire aujourd’hui ! Reconnaissez que vous avez vécu jusqu’à maintenant à votre guise. Confessez-Lui vos mensonges, vos mauvaises pensées, votre jalousie, votre mauvais comportement… Et surtout, dites-Lui : Pardonne-moi et purifie-moi de mes péchés. Il le fera certainement, parce qu’Il est le Sauveur que Dieu vous a donné : Il est mort sur la croix pour nous pardonner toutes nos fautes. Demandez-Lui de prendre le contrôle de votre vie, de vous transformer complètement. Et puis demandez-Lui aussi de vous libérer des mauvaises relations qui constituent pour vous un obstacle.

« Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Act. 2. 21). « Invoquer », cela signifie demander de l’aide, prier pour avoir du secours.

Faites-le dès à présent, ne tardez-pas : Jésus vous saisira de sa main puissante.

Saisir la main du Seigneur pour rester près de Lui

(Jésus dit : ) « Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connais, et elles me suivent ; moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main » Jean 10. 27 et 28.

Barnabas « les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur » Actes 11. 23.

Si vous avez accepté Jésus comme votre Sauveur, Il ne vous lâchera jamais la main. Il vous aidera dès les premiers pas de votre vie de chrétien. Êtes-vous allé à Lui par la prière ? Continuez ainsi et maintenez un contact permanent avec Lui. Ayez recours à Lui, en lui disant simplement : « Seigneur Jésus ».

Il est le bon Berger ; Il vous répondra et vous reconnaîtrez sa voix en l’écoutant par la lecture de la Bible, qui fortifiera votre foi et la fera croître (Rom. 10. 17). Par son moyen, vous trouverez courage et paix intérieure, vous serez heureux de suivre tranquillement votre Sauveur. Il donne la vie éternelle à ses brebis (Jean 10. 28). Vous êtes ainsi à l’abri, car Il dit en effet, en parlant de ses brebis : « Personne ne les arrachera de ma main ». Cela sous-entend que le monde dans lequel nous vivons est hostile à ceux qui, comme témoins de Christ, désirent le bien.

Votre relation avec Lui est personnelle et unique – toutefois, le Seigneur Jésus, le bon Berger, s’occupe de toutes ses brebis – son troupeau sur la terre. Si vous le suivez, Il vous fera rencontrer d’autres croyants là où vous vivez. La compagnie des autres croyants est utile pour lire la Bible ensemble, pour prier et pour chanter des cantiques à Dieu. Ces activités, conduites par le Seigneur Jésus et par son Esprit, maintiennent et fortifient les croyants dans la foi (Col. 3. 16).

Vous demandez-vous ce qui vous permet de porter le nom de « chrétien » ? C’est le fait d’avoir cru en Christ et d’avoir été baptisé au nom de Jésus (Act. 2. 41). À cela se lie une responsabilité : celle d’être ses disciples, qui témoignent de Lui et l’honorent dans leur vie.

D’après « Il buon seme » – juin 2024

TRADUCTION DE FEUILLETS (94)

« Ta parole est bien affinée, et ton serviteur l’aime » Psaume 119. 140.

LA PAROLE DE DIEU A-T-ELLE DU PRIX POUR NOUS, COMME POUR LE PSALMISTE ?

Est-ce que j’aime la Parole de Dieu ? La place qu’elle tient dans ma vie montre bien si j’aime mon Dieu. Est-ce que je lis sa Parole ? Est-ce que je la lis soigneusement et avec attention ? Est-ce que je la médite ? Est-ce que je la lis pour qu’elle me transforme ? Pour apprendre de Dieu et de sa Parole, j’ai besoin de temps et de persévérance – et d’amour.

Deux femmes, en 1943, dans un camp japonais de détenus, commencèrent à transcrire de mémoire, sur des morceaux de papier – les notes de morceaux de musique – des passages de Brahms et de Beethoven. Finalement ces voix instrumentales furent chantées dans le camp – par des femmes qui n’avaient plus la force de se lever, et chantaient assises. Pour les détenus du camp de prisonniers – de camps de la faim – c’était merveilleux dans leur misère.

Ces deux femmes aimaient tellement la musique qu’elles connaissaient par cœur des œuvres entières et pouvaient les transcrire. Qu’est-ce que je pourrais citer ou écrire par cœur de la Bible ? De quels passages est-ce que je me souviens ?

Le psalmiste, alors, ne connaissait pas la richesse de la révélation de Dieu, que nous avons maintenant. Mais on découvre sa faim, son désir et son amour pour cette Parole. Les premiers chrétiens connaissaient bien les écrits de l’Ancien Testament. Sinon ils n’auraient pas pu montrer aux Juifs, à l’improviste, par les Écritures, que Jésus était le Christ (Act. 9. 22 ; 18. 28)

Dieu nous parle par sa Parole. Il nous révèle ses pensées et sa volonté, nous montre ce qui est important pour Lui et ce en quoi Il trouve son plaisir. Aimons-nous tellement sa Parole que nous y sommes chez nous ?

D’après der Herr ist nahe décembre 2024

« Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien ; habite le pays et repais-toi de fidélité, et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur. Remets ta voie sur l’Éternel, et confie-toi en lui ; et lui, il agira » Psaume 37. 3 à 5.

FAITES CONFIANCE À DIEU

En tant qu’étudiant, j’ai travaillé dans une entreprise pendant les vacances pour gagner un peu d’argent. Le propriétaire de cette entreprise était un chrétien fervent. J’ai pu rester avec lui pendant ces semaines et déjeuner chez lui. Au cours de ces repas, il me raconta à plusieurs reprises sa vie et comment il avait vécu des expériences particulières avec Dieu.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, il décida de ne pas travailler dans le domaine des armements. En tant que chrétien, il ne pouvait en répondre devant Dieu. Il ne lui restait plus que sa décision, une entreprise et de nombreux employés : quels biens devait-il produire maintenant que le commerce international était au point mort ?

Alors qu’il servait dans l’armée, il a rencontré un entrepreneur qui fabriquait des vélos dans son usine. Mais à cette époque, il lui manquait des transmissions manuelles. Ils ont donc convenu que le chrétien lui ferait des transmissions à vélo. C’est ainsi que lui et sa compagnie ont survécu à la guerre. Comme il était reconnaissant envers Dieu pour cette solution ! Après la guerre, il s’est tourné vers d’autres produits.

Cette histoire m’a vraiment impressionné. Une fois de plus la promesse de Matthieu 6. 33 s’accomplissait : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus ».

D’après Näher zu Dir décembre 2024

« Tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » Jérémie 15. 16.

UNE VIE AVEC DIEU

Un chrétien de 95 ans que je connaissais est décédé. On m’a demandé de faire un service dans la maison de retraite où il vivait. Il avait choisi trois textes de la Bible à lire à haute voix le jour de son enterrement. L’ensemble du personnel et de nombreux résidents de la maison étaient présents. Tout le monde était très triste et accablé.

Le premier texte était : « C’est ici ma consolation dans mon affliction, que ta parole m’a fait vivre » (Ps. 119. 50). L’homme avait vécu dans une clinique spéciale pour handicapés pendant plus de vingt ans avant de venir dans cette maison de retraite. Le texte qu’il avait choisi dans les Saintes Écritures était un résumé de cette période de sa vie. Sa foi en Jésus-Christ l’avait soutenu ! Oui, pour ceux qui acceptent la Bible comme étant la Parole de Dieu, c’est une graine de vie qui germe, s’épanouit et porte du fruit.

Le deuxième texte était : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé » (2 Cor. 4. 13). Lorsqu’il a été amené dans cette maison de retraite, il a d’abord été si perturbé qu’il est resté dans sa chambre pendant une année entière sans aucun contact extérieur. Puis un jour, il est sorti et a parlé à tous ceux qu’il rencontrait de son bonheur de croire au Seigneur Jésus. Il avait compris que Dieu appelle le croyant chrétien à témoigner de son Sauveur.

Le troisième texte représentait un point culminant : « L’amour ne périt jamais » (1 Cor. 13. 8). Notre ami âgé avait voulu donner une dernière fois, à tous ceux qui l’avaient connu, cette référence à l’amour de Dieu. Lui-même avait apprécié et rayonné cet amour dans sa vie.

D’après die gute Saat décembre 2024

« Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » Matthieu 11. 28.

LE VRAI REPOS N’EXISTE QU’AVEC DIEU

L’ère numérique fait désormais partie intégrante de notre quotidien. Toujours en ligne, toujours disponible, des actualités et des offres alléchantes en un seul clic. Le monde du marketing nous attire avec un flot de produits attractifs. Chaque jour, nous recevons de nombreux courriels qui réclament notre attention. La devise, c’est d’être toujours à jour.

Notre cerveau est inondé d’informations. La numérisation est censée nous soulager, mais d’une certaine manière, c’est le contraire qui se produit. Si l’on regarde autour de nous, on voit des personnes stressées se précipiter d’un rendez-vous à l’autre. Nous avons également du mal à nous détendre. L’actualité, avec de nouvelles histoires d’horreur chaque jour, nous terrifie. La dépression et l’épuisement professionnel ont augmenté rapidement dans la société et les délais d’attente pour les psychologues sont longs.

Derrière la façade du monde numérique se cache un voile sombre de stress, de désespoir, de peur et de pensées paralysantes. Les techniques de yoga et de méditation sont en plein essor. Mais elles ne donnent pas la vraie paix – au contraire, elles endorment la conscience.

Un seul peut donner le repos, c’est Jésus-Christ. Ceux qui viennent à Lui ne seront pas à l’abri du stress quotidien, mais ils trouveront la paix intérieure – alors que le péché provoque le plus grand malaise intérieur : il nous prive de la paix et de l’espoir, dont nous avons absolument besoin.

Jésus est venu sur la terre et est mort sur la croix du Calvaire pour apporter le salut, afin que les gens puissent se réconcilier avec Dieu et trouver la paix. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », a assuré Jésus à ses disciples. Quiconque croit en Lui est en paix avec Dieu, qui lui donne une « paix qui surpasse toute intelligence » dans la vie quotidienne trépidante et dans les tempêtes de la vie (Col. 1. 20 ; Jean 14. 27 ; Phil. 4. 6 et 7).

D’après Die gute Saat décembre 2024

« Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » Romains 3. 23.

L’ACTION DE LA PAROLE DE DIEU SUR L’HOMME

Nous étions sur la route, dans le quartier de la drogue et des lumières rouges d’une grande ville allemande, et voulions apporter l’évangile pour annoncer aux gens que Quelqu’un les aime et qu’Il est mort pour eux : Jésus Christ. Pour entrer en conversation avec eux, nous avions de petits cadeaux avec nous.

Trois semaines plus tard, quand nous étions là, à parler avec le tenancier d’un bar, il nous demanda s’il pouvait échanger son cadeau pour un autre. Il expliqua : Avant, on m’avait donné une lampe avec un verset de la Bible dessus : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». Je ne peux pas supporter de lire et relire ce verset de la Bible…

Oui, il y a des versets de la Bible qui sont gênants, qui accusent, qui nous brûlent. Quelquefois ils nous rappellent quelque chose que nous ne pouvons pas oublier. Mais peut-être que c’est par ce verset-là que Dieu veut nous parler personnellement. Aussi, au lieu de réagir par ennui, nous ferions bien de nous demander ce que Dieu veut nous dire par ce moyen.

Pensons donc à ce message de la Bible comme venant de Quelqu’un qui est bon et honnête avec nous. Quand un médecin nous fait part de notre mauvais diagnostic, ce n’est certainement pas plaisant non plus, mais c’est le premier pas vers la guérison. Et peu de gens seront assez insensés pour éluder les recommandations qui peuvent apporter la guérison : habituellement, nous en sommes reconnaissants et nous nous procurons les médicaments dès que possible.

L’homme avait lu : Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. – et il savait que cela voulait dire : J’ai péché et je suis privé de la gloire de Dieu. Et cela était un bon commencement.

D’après the good Seed décembre 2024

« Mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui et, le voyant, fut ému de compassion : il s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre bête, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui » Luc 10. 33 et 34.

LE SENS DE LA PARABOLE DU BON SAMARITAIN

Blessé, dépouillé, et laissé à demi-mort par des brigands, cet homme est une image frappante de chacun de nous dans notre état naturel sur la terre. Le pouvoir de Satan nous a causé beaucoup plus de dommages que nous ne pouvons l’imaginer, et la source de notre aide n’est pas plus en nous-mêmes qu’elle ne l’était pour cette pauvre victime. Il avait un besoin désespéré d’une autre aide, et nous de même. Le sacrificateur ritualiste passe à côté de lui sans s’arrêter, car qu’est-ce qu’un rite peut faire pour un homme tombé si bas ? Le Lévite ne fit rien non plus : il devait être le serviteur, l’actif, mais il ne fit rien pour l’homme à demi-mort. Personne non plus n’a jamais, par ses œuvres, amené quelqu’un d’autre au ciel.

Mais un Samaritain – celui qui était méprisé par les Juifs et considéré comme inférieur – passa où était l’homme et fut ému de compassion envers lui. Cela illustre d’heureuse manière la miséricorde du Seigneur Jésus – quoiqu’Il n’ait pas été un Samaritain. Cependant Il était traité comme tel par son propre peuple, les Juifs, qui parlaient de Lui de cette manière par mépris (Jean 8. 48).

Ayant bandé les plaies de l’homme, le Samaritain y versa de l’huile et du vin. « Christ a été blessé pour nos transgressions » (És. 53. 5). Il est certainement bien qualifié pour bander les blessures du péché pour nous. L’huile parle de l’Esprit de Dieu qui nous est donné par pure grâce – le vin, du sang de Christ qui purifie de tout péché et apporte la joie au lieu de la misère, car le vin parle aussi de joie. Mettre le blessé sur sa propre bête indique que Christ nous met à sa propre place – c’est-à-dire que nous sommes vus par Dieu comme étant « en Christ ». L’auberge à laquelle le blessé est amené est un type de l’Église, la demeure de Dieu sur la terre. L’hôtelier parle de l’Esprit de Dieu qui préside dans l’Assemblée, et le Seigneur nous remet à ses soins jusqu’à ce qu’Il revienne comme Il l’a promis. Provision de grâce précieuse et merveilleuse !

D’après the Lord is near janvier 1987 (L.M.Grant)

« Il est bon pour moi que j’aie été affligé, afin que j’apprenne tes statuts. La loi de ta bouche est meilleure pour moi que des milliers de pièces d’or et d’argent » Psaume 119. 71 et 72.

LE RÉSULTAT HEUREUX DES ÉPREUVES

Les épreuves nous enseignent à prier et nous obligent à être beaucoup seuls avec Dieu. Elles amenèrent Jacob sur ses genoux aux gués de Jabbok (Gen. 32. 23 à 30). Elles enseignèrent au psalmiste à trouver « la demeure secrète du Très-Haut » (Ps. 91). Elles firent, de la vie de l’apôtre Paul, une dépendance continuelle de la présence de son Seigneur, et elles ont inspiré et soutenu la communion divine que nous avons appris à éprouver comme la ressource suprême et la solution aux questions de notre vie.

Il est très humiliant que Dieu soit obligé de rapprocher ses enfants de Lui par des souffrances et des besoins. Mais hélas, trop souvent l’aise et le confort nous amènent à être, au moins en partie, indépendants de Lui. Nos périodes marquées par plus de piété et les temps qui ont amené Dieu le plus près de nous ont été celles dont nous avons pu dire : Tu as connu mon âme dans l’adversité.

Les épreuves nous enseignent l’amour. Quand Dieu désire nous adoucir et affiner notre esprit, et répondre à nos prières demandant la patience et l’amour, Il doit permettre que la discipline de mauvais traitements, d’injustice, et souvent de maux sévères nous oblige à aller vers Lui pour avoir l’amour qui « supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout » (1 Cor. 13. 7). Bien sûr, nous trouvons d’abord que nous n’avons pas l’amour qui endure la mise à l’épreuve. Mais quand le Saint Esprit nous convainc de nos péchés, Il nous conduit à la source de la force. Alors, en apprenant progressivement la leçon humiliante, nous sommes conduits par Lui, jour après jour, à plus de mise à l’épreuve et à un raffinement plus doux, jusqu’à ce que nous puissions Le remercier pour le feu qui nous a apporté plus de grâce de son Esprit, et son propre amour insurpassable.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » Jean 8. 32.

« Qu’est-ce que la vérité ? » Jean 18. 38

LA QUESTION CRUCIALE

Lorsque Jésus Christ a été amené devant Ponce Pilate, la Vérité absolue et permanente s’est trouvée devant le relativiste confus. À mesure que l’interrogatoire se poursuivait, et que Pilate cherchait des réponses aux questions qui se posaient alors, Christ lui offrait la vérité pour l’éternité. Quand Pilate cherchait à convaincre Christ de trahison, pour Lui faire admettre que l’accusation de royauté était vraie, Christ lui présenta la vérité : « Tu le dis, que moi, je suis roi. Moi je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix » (Jean 18. 37).

Ponce Pilate a-t-il écouté Christ ? A-t-il écouté le Roi des rois qui lui disait qu’Il était à la fois le Témoin de la vérité, et la Vérité elle-même ? Non. Il a manqué l’occasion, le demi-tour de sa vie. Il était tellement occupé de la décision du moment qu’il a manqué de prendre la décision pour l’éternité. Quand Christ l’a confronté avec la vérité, tout ce qu’il a réussi à dire était la faible défense d’un penseur confus : « Qu’est-ce que la vérité ? »

Il était tellement pris par les détails techniques de ce cas – comment il pourrait paraître aux yeux de Anne, de Caïphe, du sanhédrin, de César, du peuple, même de sa femme, qu’il oublia ces yeux qui étaient fixés sur les siens, et qui lui offraient la vérité qui sauve pour l’éternité. Pilate était pris par ses circonstances présentes et, frustré à ce moment-là, il posa la question classique de l’éthique : « Qu’est-ce que la vérité ? » L’homme, tout seul, ne peut pas répondre à cette question, parce qu’il ne connaît pas la vérité. Avec Christ, on ne pose plus la question, parce qu’on a la Vérité.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle, pour laquelle tu as été appelé et tu as fait la belle confession devant beaucoup de témoins » 1 Timothée 6. 12.

ÊTRE FIDÈLES À JÉSUS CHRIST DANS LES COMBATS JOURNALIERS

Il a été estimé que, pendant la terrible bataille sur Omaha Beach le Jour J, pendant la deuxième guerre mondiale, un cinquième seulement des hommes dans les compagnies les plus effectives employèrent leurs armes. Pourquoi cela ? Il y a sans doute plusieurs raisons. Peut-être que certains étaient épouvantés, ou ne pouvaient pas voir l’ennemi, ou avaient été blessés. Nous qui jouissons de la liberté à cause de leur grand sacrifice ne pouvons certainement pas porter de jugement.

Cependant, nous pouvons tirer un parallèle frappant avec notre combat spirituel : Combien de chrétiens, aujourd’hui, emploient leurs armes spirituelles dans notre combat contre Satan et ses armées ? Il nous a été dit de combattre le bon combat de la foi, en employant des armes qui ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction de forteresses.

Certains d’entre nous se sont-ils retirés de la bataille par peur ? Avons-nous perdu de vue l’ennemi, en regardant plutôt dans d’autres directions quand il porte ses assauts contre Christ et les siens ? Peut-être que certains d’entre nous avons été blessés – toute notre force et notre énergie sont tournées vers nous-mêmes et nos blessures. Pire que tout, certains des soldats de l’armée du Seigneur ont-ils pointé leur arme l’un vers l’autre plutôt que vers l’ennemi ?

Les paroles de notre Commandant sont claires et simples : « Combats le bon combat de la foi ». Christ a triomphé de Satan à la croix du Calvaire, et nous appelle à partager son triomphe. La bataille impliquera des difficultés, des souffrances, et du renoncement à soi-même ; mais cela n’en vaut-il pas la peine afin que nous puissions plaire à Celui qui nous a engagés comme ses soldats ?

D’après the Lord is near janvier 1987

« Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et le frère Timothée » Colossiens 1. 1.

NOUS TENIR À LA PLACE OÙ DIEU NOUS MET, ET Y ÊTRE FIDÈLES

L’apôtre Paul, avant sa rencontre avec le Seigneur Jésus sur la route de Damas, se considérait être un serviteur de Dieu : il avait été désigné et autorisé par le souverain sacrificateur, qui lui avait donné des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait quiconque était de la voie, homme ou femme, il les amène, liés, à Jérusalem. Dans un sens, il était un apôtre du souverain sacrificateur, vers lequel il était venu, en se recommandant lui-même pour ce qu’il pensait être un devoir nécessaire approuvé par Dieu.

Tout changea quand le Seigneur Jésus le rencontra sur cette route. Pendant les trois jours où il fut aveugle, les yeux de son cœur furent ouverts, et il prit conscience qu’il n’était pas du tout dans la volonté de Dieu. Il appela Seigneur Celui qu’il avait persécuté, et devint son serviteur ; et plus que cela, il devint son apôtre par la volonté de Dieu. Comme tel il fut donné à l’Église pour le perfectionnement des croyants, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps de Christ. Il ne se recommanda pas lui-même pour cette tâche ; il fut choisi pour elle par Celui qui le désigna. Et c’est seulement alors qu’il fut réellement le ministre de Dieu.

En tant que chrétiens, vous et moi avons reçu un don de Dieu et avons été donnés à l’Église pour la servir. Nous n’avons pas à nous recommander nous-mêmes pour ce qui nous semble le plus approprié pour nous ; nous n’avons pas à nous contenter d’être engagés par des hommes, quelque haut-placés qu’ils puissent être ; mais nous avons à demeurer à la tâche que notre Maître nous a confiée et autorisée, et pour laquelle Il nous a équipés. Alors nous abonderons dans l’œuvre du Seigneur, sachant que notre travail n’est pas vain dans le Seigneur.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise » Jacques 1. 14.

LE DIABLE CHERCHE TOUJOURS À TENTER LES CHRÉTIENS ET À LES FAIRE TOMBER

De nombreux passages montrent que nos convoitises viennent du dedans, de notre propre cœur mauvais. La convoitise est aussi naturelle dans l’homme que le sont les mauvaises herbes dans le champ. « Chacun », croyant ou pécheur, « est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise. » – amorcé par cette convoitise, dont la pratique lui cause du plaisir. Aucune personne ne peut accuser Satan de toutes les mauvaises actions qu’elle peut faire. Ces actions viennent de sa propre convoitise, qu’elle a permise et dont elle a joui, plutôt que de la repousser et de la haïr.

L’activité de Satan a un but tout à fait différent. La suprématie est sa convoitise maîtresse. Il convoite la place de Christ, et il agit avec cela en vue. Nous ne doutons pas qu’il désire beaucoup voir les enfants de Dieu s’adonner à la convoitise. Tout ce qui s’oppose à Dieu et discrédite son nom lui plaît. Maintenant que Dieu œuvre pour remplir le ciel d’âmes sauvées, le diable s’y oppose, comme Éphésiens 6. 10 à 18 le montre bien, mentionnant « les flèches enflammées du Méchant ».

Quand les cieux seront remplis, et que Dieu se tournera vers la terre pour la remplir d’hommes rachetés et de sa gloire, Satan emploiera aussi son pouvoir, comme Apocalypse 12 l’enseigne.

Notre chair, le siège de nos convoitises, n’est pas une chose intelligente, mais ce principe mauvais dans l’homme que les pécheurs aiment et nourrissent – et que les croyants haïssent et refusent. Mais Satan est une créature intelligente, ambitieuse, orgueilleuse. Il est l’ennemi acharné de Dieu, envieux de Christ, et toujours prêt à employer n’importe quoi pour s’opposer à Christ, et spécialement en imitant les choses de Christ. Son grand rôle, depuis toujours, a été de contrefaire. Nous ne sommes pas ignorants de ses desseins. Puissions-nous ne pas le laisser prendre avantage sur nous.

D’après the Lord is near janvier 1987

« Ayez donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus, lui qui, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave… étant trouvé quant à son aspect comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » Philippiens 2. 5 à 8.

JÉSUS CHRIST, LE SEUL MODÈLE POUR LE CHRÉTIEN

Le Seigneur Jésus est le divin remède contre l’envie et la jalousie, les luttes et la vaine gloire – contre l’occupation de soi-même, dans toutes ses formes hideuses. L’écrivain inspiré introduit à nos cœurs l’Homme Christ Jésus, humble, vidé de soi-même, obéissant.

Nous voyons là Celui qui possédait tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. La majesté et la gloire divines étaient à Lui. Il était Dieu sur toutes choses, béni éternellement. Par Lui toutes choses ont été créées, et par Lui elles subsistent. Et cependant Il est apparu dans ce monde comme un homme pauvre – un serviteur. Les renards et les oiseaux, des créatures qu’Il avait formées, étaient mieux équipées que Lui, leur Créateur. Ils avaient une tanière ou un nid pour s’y reposer. Lui n’avait rien de cela.

Jésus Christ pensait aux autres, prenait soin d’eux, agissait pour eux, pleurait avec eux, les enseignait ; mais Il ne faisait jamais une chose pour Lui-même. Nous ne le trouvons jamais prenant la peine de se procurer quelque chose pour Lui-même. Sa vie était un parfait renoncement à soi-même. Lui, qui était tout, se fit n’être rien. Il était en contraste absolu avec le premier Adam qui, n’étant qu’un homme, voulut être comme Dieu, et devint l’esclave du serpent. Le Seigneur Jésus, qui était le Dieu suprême, prit la place la plus basse au milieu des hommes.

Il est absolument impossible qu’aucun homme puisse prendre une place aussi basse que Jésus. Il était la racine qui sort d’un terrain sec. Il n’avait ni forme ni éclat, aucune beauté aux yeux des hommes. Il était l’Homme méprisé, négligé, vidé de soi-même, doux et humble, du début à la fin. Il donna tout, jusqu’à sa propre vie. Son renoncement était entier.

D’après the Lord is near janvier 1987 (C.H.M.)

« Quel est donc l’esclave fidèle et sage que son maître a établi sur les domestiques de sa maison, pour leur donner leur nourriture au temps convenable ? Heureux cet esclave-là que son maître, quand il viendra, trouvera faisant ainsi. En vérité, je vous dis qu’il l’établira sur tous ses biens » Matthieu 24. 45 à 47.

ÊTRE FIDÈLES LÀ OÙ LE SEIGNEUR NOUS PLACE

L’esclave fidèle est mis en contraste avec celui des versets suivants, qui est méchant et bat ceux qui sont esclaves avec lui plutôt que de les nourrir. Pour le premier serviteur, la venue du Seigneur est une bénédiction merveilleuse – pour le second, cette venue sera un jugement sans appel. Le premier est un vrai croyant. Pour lui le Seigneur viendra au moins sept ans avant de venir pour le second. Car il y a deux phases distinctes de sa venue. La première, c’est pour prendre tous les vrais croyants hors de ce monde, vers la maison du Père. Toutes ses bonnes œuvres seront pleinement récompensées, et dans le royaume millénaire à venir tous les serviteurs fidèles seront placés sur les possessions de notre Seigneur Lui-même : grâce merveilleuse.

La deuxième phase de cette venue sera pour le juste jugement de tous ceux qui ont refusé sa grâce ou, comme dans le cas du mauvais serviteur, ont abusé de leurs privilèges avec un mépris hautain des serviteurs fidèles de Dieu – et donc du Seigneur Lui-même. Quelquefois, quand l’Écriture parle de la venue du Seigneur, les deux phases peuvent être impliquées. Cependant elles sont toujours distinguées.

Le croyant attend le Seigneur Lui-même. Il est prêt à Le recevoir quand Il viendra, et d’ici-là, il recherche la véritable bénédiction des autres. Le mauvais serviteur ne veille pas du tout, et il n’est pas préparé pour cette terrible venue du Seigneur en jugement.

Soyons fidèles et prudents, sensibles aux besoins des autres – et attendant continuellement le Seigneur.

D’après the Lord is near janvier 1987 (L.M.Grant)

« Fortifiez-vous et soyez fermes ; ne craignez point et ne soyez point effrayés devant le roi d’Assyrie… car avec nous il y a plus qu’avec lui : avec lui est un bras de chair, mais avec nous est l’Éternel, notre Dieu, pour nous aider et pour combattre nos combats » 2 Chroniques 32. 7 et 8.

LE COMBAT DU CHRÉTIEN

La Bible ne laisse aucun doute sur le fait que tout chrétien est impliqué dans un combat spirituel. Plusieurs tactiques de Satan, notre ennemi, de même que des principes spirituels pour le vaincre, sont vus en figure dans les batailles de l’Ancien Testament. En 2 Chroniques 32, les tactiques du roi d’Assyrie sont semblables, de manière frappante, aux tactiques de Satan – il insulte (v. 10), il tord la vérité (v. 11 et 12), il menace et cherche à terrifier (v. 13 à 19), et il tente (2 Rois 18. 31 et 32).

Voyons en détail les insultes. Les Assyriens se moquent : En quel genre de Dieu vous confiez-vous, qui vous laisse assiégés ? Cela n’est-ce pas commun ? Où est tout ce bonheur que vous êtes supposés avoir comme chrétien ? Comment pouvez encore croire en ce Dieu de votre école du dimanche, qui vous promet tout, et ne vous le donne pas ? De nombreux chrétiens qui seraient soldats se découragent devant la bataille. Ils ne peuvent pas gérer les tentations du diable. Ils ne voient pas que le Seigneur n’a pas promis une délivrance instantanée dans les batailles spirituelles.

La délivrance de Dieu vint à la fin à la ville assiégée de Jérusalem (2 Chron. 32. 20 à 23). 185 000 soldats ennemis furent abattus en une nuit (2 Rois 19. 35). Quelle délivrance miraculeuse ! Le siège se termina par la délivrance, non pas par la défaite, parce que le peuple de Dieu regarda à Lui et s’attendit à Lui, et ils ne furent pas trompés par les tactiques de l’ennemi. Ne serait-ce pas un grand témoignage à la gloire de Dieu, si vous pouviez dire, au sujet de votre combat spirituel présent : Assiégé, mais pas abattu ?

D’après the Lord is near janvier 1987

« Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure » Matthieu 25. 13.

QUELLE EST L’ISSUE DE VOTRE VOYAGE DE LA VIE ?

Nous sommes tous en voyage. Le riche, le mendiant, le vieillard qui se voit près de sa fin, l’enfant qui saute dans son jeu, le soldat sur le champ de bataille, le marin sur le navire de guerre – ils sont tous en voyage, mais dans quelle direction ?

Que sera la fin ? C’est la question qui se pose toujours. Cette question est infiniment plus sérieuse en ce qui concerne l’éternité et ses questions solennelles. Et cela est d’autant plus sérieux quand nous considérons qu’aucun de nous ne sait quand la fin du voyage – le voyage vers l’éternité – sera atteinte.

Par exemple, dans le cas d’un accident de métro qui se produisit, il y a longtemps, où les 86 passagers de ce train du malheur ne savaient pas que c’était leur dernier trajet – non pas vers leur demeure de banlieue, mais vers la mort et l’éternité !

Il se peut que vous soyez avec ceux-là avant la fin du jour de demain. Êtes-vous prêt ?

La fin viendra, que ce soit aujourd’hui, l’année prochaine, ou dans cinquante ans, mais elle viendra !

Êtes-vous prêt ? Où passerez-vous l’éternité ?

Un groupe de personnes évacuées avait été amené à un endroit considéré comme sûr. Mais la zone de bataille se rapprochait de manière critique. Aussi les autorités leur ordonnèrent de rassembler leurs affaires et de monter sur un navire pour être conduits à un endroit plus sûr. Quand ces personnes évacuées furent à bord du navire, elles savaient qu’elles étaient en voyage, mais ne savaient pas vers quelle destination. Que c’était triste ! Mais c’est exactement la condition de beaucoup sur le voyage de la vie : ils ne savent pas où ils vont. Peut-être en est-il ainsi de vous ?

D’après the Lord is near janvier 1987

LE SAINT ESPRIT (2)

Les symboles

La colombe : Gen. 8. 8 et 9 ; Jean 1. 32.

La rosée : Nomb. 11. 9 ; Ps. 133. 3.

L’eau : Ex. 17. 5 et 6 ; 1 Cor. 10. 4 ; Jean 4. 13 et 14 ; Jean 7. 37 à 39 ; Apoc. 22. 17 ; Ps 1. 3.

L’huile : Ex. 27. 20 ; 40. 9, 1 Pierre 1. 2 ; 1 Rois 17. 4 ; 2 Rois 4. 4 ; Éph. 5. 18 ; És. 1. 6 ; Luc 10. 34.

Le Saint Esprit prend corporellement la forme d’une colombe en Jean 1, ce qui nous rappelle qu’Il est une personne divine qui compose la trinité. Lors du baptême du Seigneur, les trois personnes de la déité sont présentes : le Seigneur Jésus, le Saint Esprit sous la forme d’une colombe et Dieu le Père qui s’exprime (Mat. 3. 16 et 17).

Les autres symboles ou images nous aident à comprendre comment Il agit.

La manne, image de Christ, ne descendait pas sur une terre sèche mais après la rosée. Ainsi les cœurs doivent être préparés par l’Esprit Saint avant de pouvoir recevoir Christ.

En Jean 7. 37, le Seigneur montre que l’eau est un symbole du Saint Esprit. Comme l’eau Il vient rafraîchir le croyant, Il l’abreuve de Christ. C’est l’eau vive qui apporte ce rafraîchissement, à la différence de l’eau stagnante, qui nous parle de la Parole, comme l’eau de la cuve d’airain par exemple.

L’eau qui coule du rocher, c’est une eau courante qui est l’image du Saint Esprit.

Proche de Dieu, comme l’arbre planté près du ruisseau, le croyant va porter du fruit, Ps 1. 3.

L’image de l’huile traverse toute la Parole : l’huile dans les lampes du chandelier, l’huile de l’onction pour consacrer au service sacerdotal (Ex. 29. 7), pour oindre les rois…

Le Saint Esprit agit pour purifier, sanctifier, consacrer ou mettre à part pour Dieu, pour exercer un service, il rend intelligent pour comprendre les pensées de Dieu, il agit dans les croyants et dans l’Assemblée.

En Matthieu 25, les vierges sages ne peuvent pas donner de l’huile aux vierges folles. Nous ne pouvons pas transmettre la vie de Dieu à celui qui ne l’a pas, il faut que chacun se l’approprie et alors il reçoit le Saint Esprit en lui.

1 Rois 17 et 2 Rois 4 nous montrent que cette ressource de l’Esprit de Dieu est inépuisable. La limite est toujours de notre côté, l’huile s’est arrêtée quand il n’y a plus eu de vase. Il peut toujours nous apporter ce dont nous avons besoin, direction et connaissance, seulement il peut être attristé par l’état de notre cœur.

Onction, sceau et arrhes

Éphésiens 1. 13 et 14 ; 2 Corinthiens 1. 21 et 22, Romains 8. 14 à 16.

« En qui aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse » (Éph. 1. 13).

Un sceau royal était un signe d’appartenance au roi, il marquait ainsi sa propriété. Le croyant est scellé de l’Esprit, ce sceau atteste que nous appartenons à Dieu et nous apporte la certitude que nous sommes sauvés, que notre place est acquise.

C’est la marque de l’autorité de Dieu sur l’enfant de Dieu.

Le Saint Esprit habite dans le croyant et dans l’Église.

Il est parlé de l’onction en Lévitique 2. 2 et 4 pour l’offrande de gâteau, figure de Christ dans son humanité. Le Seigneur a été oint du Saint Esprit, Actes 10. 38, et le croyant l’est lui aussi.

Christ signifie oint pour une œuvre spécifique.

Les arrhes sont une avance qui est donnée sur ce qui est acquis, sur l’héritage, c’est aussi une garantie.

« Dieu… nous a donné les arrhes de l’Esprit dans nos cœurs » (2 Cor. 1. 22). C’est comme un avant goût de ce qui nous attend au ciel, c’est l’action de l’Esprit dans nos cœurs et dans l’Assemblée pour nous rappeler notre héritage.

L’Esprit Saint en nous est une bonne nouvelle : Dieu ne nous dit : tu es à moi, il envoie son Esprit en nous. C’est un Esprit d’adoption (Rom. 8. 15) qui nous donne la certitude que nous sommes enfants de Dieu.

Par le sceau il met son empreinte sur nous ; elle va nous aider à marcher, à être comme le Seigneur.

Quand la vie est difficile, quels que soient les découragements, les tristesses, la banalité du quotidien, pensons que nous avons l’Esprit Saint, que Dieu nous dit : tu es à moi, il nous a déjà donné un avant goût de ce qui nous attend, cela nous aide à relever la tête.

Avant toute chose, quand Dieu nous regarde, il nous dit : tu es mon enfant ; c’est ce que l’Esprit nous dit en premier : tu es un enfant de Dieu.

Et s’il y a des arrhes c’est qu’il y a un héritage !

Le croyant est oint, sanctifié pour Dieu, scellé, une distinction est faite, séparé du monde et racheté, il a reçu les arrhes.

La nécessité de l’opération du Saint Esprit dans le pécheur

Tite 3. 3 à 5 ; Jean 3. 3, 5 ; 16. 7 à 11 ; Actes 7. 51 ; Hébreux 3. 7 et 8 et 10. 29.

On ne peut pas convertir les autres, ni donner à Dieu leur rançon (Ps. 49. 7) mais nous avons à montrer le chemin du salut.

Si on est incapable de toucher un cœur, il y a le rôle du Saint Esprit qui travaille dans les cœurs.

Par exemple, le brigand a réalisé qu’il était un pécheur alors que juste avant il insultait le Seigneur. Le Saint Esprit lui a donné de comprendre qu’il ne pouvait pas se présenter devant Dieu avec ses péchés.

Comment avons-nous réalisé que nous étions perdus ? C’est le Saint Esprit qui nous a donné cette conviction, Jean 16. 8. Ensuite il montre à chaque âme le chemin du salut.

L’homme est incapable de s’approcher de Dieu, il est mort, coupable.

Pour s’approcher de Dieu il faut la nouvelle naissance, c’est l’action du Saint Esprit. Comme la rosée rafraîchit la terre, le Saint Esprit prépare le cœur des incrédules pour qu’ils acceptent Christ.

Le Saint Esprit rend responsable de son état et amène l’âme à reconnaître son état de pécheur.

En Actes 2. 37, ils eurent le cœur saisi de componction, ils prennent conscience de leur état et on voit la conséquence au verset 41 : trois mille âmes ont été sauvées.

« Vous résistez à l’Esprit Saint » (Act. 7. 51). On rencontre des personnes qui ont conscience de leur état et de leur impossibilité de s’approcher de Dieu et ils en restent là, ils résistent (Act. 26. 28, le roi Agrippa).

C’est important de se reconnaître pécheur, incapable de s’approcher de Dieu et de croire au Seigneur Jésus, c’est le pas de la foi qui sauve.

L’Esprit ouvre le cœur, il aide l’homme à se tourner vers Dieu et après il se convertit (Act. 16. 14 ; 2. 37).

Il y a une œuvre initiale pour amener une âme au Seigneur, puis il y a son action dans le croyant qui dès sa conversion fait des choses qu’il ne faisait pas avant, il prie et lit la Parole, cela l’intéresse tout à coup. Ces actions sont activées par le Saint Esprit.

La louange est aussi rendue par l’Esprit.

Quand on voit l’œuvre de l’Esprit dans le cœur, on comprend que le croyant n’a aucun mérite, que tout est de Dieu et qu’il n’y a pas d’excuse pour celui qui refuse tout ce que Dieu pourrait faire dans son cœur par l’Esprit.